La Lumière électrique
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- La Lumière Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
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- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- L'Éclairage Électrique
- Lj.
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- -o-œ-c—
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. d’ARSONVAL
- A. BLONDEL
- Eric GERARD
- PROFESSEUR AU COLLÈGE DE FRANCE, PROF. A i/ÉCOLE DES PONTS ET CHAUSSEES, DIRECTEUR DE L’iNSTITUT
- MEMBRE DE L’iNSTITUT MEMBRE DE i/lNSTlTUT ÉLECTROTECHNIQUE MONTEFIORE
- M. LEBLANC
- PRÉSIDENT DE LA COMMISSION ÉLECTROTECIINIQUE INTERNATIONALE
- G. LIPPMANN
- PROFESSEUR A LA SORBONNE, MEMBRE DE L’iNSTITUT
- D. MONNIER
- PROFESSEUR A i/ÉCOLE CENTRALE DES ARTS ET MANUFACTURES
- A. WITZ
- I)n DE LA FACULTÉ LIBRE DES SCIENCES DE LILLE, MEMBRE CORR1 DE L’iNSTITUT
- TOME XXV (2« Série)
- I or TRIMESTRE I 9 I 4
- REDACTION et ADMINISTRATION
- I 4 2 , RUE DE RENNES, l42
- PARIS, VIe
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- Trente-sixième année.
- SAMEDI 3 JANVIER 1.914.
- Tome XXV (3e série). - N» 1.
- La Lumière Électrique
- SOMMAIRE
- J. Spielhein. — Sur l’absorption des ondes électromagnétiques par un conducteur cylindrique (effet Kelvin)...................... 5
- A. Schoen et M. Charlet. — Le secteur électrique de la Compagnie Electrique de Franche-Comté (fin)....................... i3
- Publications techniques
- Eclairage.
- L’appréciation de t'uniformité d’éclairage par
- l’œil, par J. R. Cravath.................. 20
- Lampes électriques portatives de mines, par
- H. Clark.................................. 20
- L’éclairage électrique des automobiles, par A.
- E. Waller................................. 'n
- Applications mécaniques. Perforatrices électriques................... 22
- Une ingénieuse application de la soudure électrique ....................................... a 2
- L’électricité dans la fabrication des articles
- de quincaillerie........................ . . . 23
- Télégraphie et téléphonie.
- Les conditions d’isolation des lignes sur les
- côtes autrichiennes......................... 25
- Influence de l’étal atmosphérique sur l’intensité des signaux de télégraphie sans fil. . . . 25
- Sensibilité d’un téléphone..................... 26
- Statistique.
- Les entreprises électriques au Japon en 1912 26
- Etudes et Nouvelles Economiques . . ......... 28
- Renseignements Commerciaux..................... 3o
- Adjudications.................................. 32
- SUR L’ABSORPTION DES ONDES ELECTROMAGNETIQUES PAR UN CONDUCTEUR CYLINDRIQUE (EFFET KELVIN)
- Kelvin en, vue des applications numériques. L’auteur développe une simple que celui qui consiste à passer par l’intermédiaire des
- Exposé de la théorie de. l'effet nouvelle méthode d'intégration plus fonctions de Besset.
- M. Swingedauw a développé dans cette Revue C) la théorie de l’effet Kelvin. Nous avons pensé être utile aux ingénieurs en complétant cette étude au point de vue des applications numériques. La décomposition classique des lonc-tions de Bessel en « ber » et « bei » (p. 7Ô) a l’avantage formel de donner des séries absolument convergentes pour toutes les valeurs de l’argument, mais, pratiquement, celte méthode devient assez incommode pour des valeurs un peu grandes de l’argument, puisque les séries de Bessel convergent alors très lentement. Nous avons donc cherché à intégrer directement les équations différentielles pour l’effet Kelvin, sans (*)
- (*) Lumière Electrique, 11 octobre 1913, p. 4°-
- passer par l’intermédiaire des fonctions de Bessel. D’ailleurs, nous allons’essayer de présenter le problème en considérant surtout les propriétés du champ électromagnétique.
- On appelle effet Kelvin, comme l’on sait, l’augmentation de la résistance effective d’un conducteur avec la fréquence du courant.
- Soit un conducteur cylindrique homogène de section circulaire de rayon a, parcouru par un.
- ü TZ
- courant sinusoïdal de période —. En introdui
- ü>
- sant les coordonnées semi-polaires r, <p, z, nous pouvons admettre, par raison de symétrie, que la densité du courant 0 est indépendante jle cp, et que, de plus, elle est une fonction sinusoïdale du temps, de même période que le courant.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). — N° 1.
- Posons encore pour les composantes de S :
- 8. = o, §r = o.
- Cela revient à supposer S parallèle à l’axe du conducteur, ce qui est toujours possible, si on néglige les courants de déplacement.
- A l’intérieur du conducteur, l’intensité du champ électrique est définie par la loi d’Ohin :
- f=P 3
- p étant la résistivité du conducteur.
- Soient A et B deux points d’une génératrice du cylindre, / leur distance et u la tension donnée entre A et B, mesurée le long de la génératrice. (Le champ électrique ne dérivant pas d’un potentiel, il importe de préciser le chemin d’intégration).
- Nous pouvons maintenant définir l’intensité du champ électrique par les propriétés suivantes :
- à la surface du conducteur
- fz — & cos wf = partie réelle de &e—i'“l
- à l’intérieur du conducteur
- = o, /; = o.
- Dans l’air, on a fr o ; la discontinuité de la composante normale de l’intensité correspond à une charge électrique sur la surface du conducteur.
- De plus, pour toutes les grandeurs,
- Le problème se pose donc de la manière suivante : étant donné le champ à la surface du conducteur, calculer en grandeur et en phase le courant traversant ce conducteur.
- (') Pour des fréquences très grandes, la condition — — o n’est plus remplie, la distribution du cou-& z
- rant variant avec z, mais on peut supposer avec une très grande approximation que, dans chaque section, la distribution du courant soit telle, que si la condition — — o, était remplie (Emil Cohn, Das Elektro-"û z
- magnetische Feld, p. 467). Il suffit donc de prendre l assez petit pour pouvoir calculer l'effet Kelvin en suppo-5 v
- 3ant — — o. Le résultat est encore vrai pour un con-"5 z
- ducteur de longueur quelconque.
- Champ constant.
- Considérons d’abord le cas w = o. La densité du courant est constante à l’intérieur et égale à
- Le courant total est égal à
- I = ita240. (2)
- Le champ dérive d’un potentiel; la tension u entre deux sections droites du cylindre estégale à l’intégrale de l’intensité du champ le long d’une génératrice :
- u = 9l = !# = Rio, (3)
- oc a
- l étant la distance des deux sections et R la résistance du tronçon considéré.
- Champ variable.
- Si m> o, le problème est beaucoup plus compliqué : 8 varie avec la distance à l’axe en grandeur et en phase, le champ ne dérive plus d’un potentiel.
- Si l’on veut mesurer avec un voltmètre la tension entre deux points A et B d’une génératrice du cylindre, on obtiendra des valeurs différentes suivant la position des fils de connexion. Soit i le courant total dans le cylindre. Nous savons que / sera une fonction sinusoïdale du
- 2TC
- temps de période —, de sorte que l’impédance
- Ü)
- i = partie réelle de I e~imt (I étant une fonction complexe de /•)
- du tronçon du cylindre compris entre les sections A et B se compose de la résistance effective R' et de la réactance (L/-)- Le) o>, L/ta étant la réactance provenant du champ magnétique à l’intérieur du cylindre, Lew la réactance du champ extérieur. L’impédance est donc représentée par l’expression complexe :
- z — R’ —j (L,-’ -(- Lc) o).
- En disposant les fils d’un voltmètre suivant la ligne pointillée A, /, <7, r, m, B, on mesurera une ten-sionégalcàla valeurefïcetive de iz. En remplaçant le voltmètre par un oscillographe, on mesurera
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- la partie réelle de iz. En disposant les fils suivant A,q,r,s, B, on mesurera une autre tension
- ii = iz', avec z' = R' — y LA»,
- le fluxdu champ magnétique extérieur ne traversant plus le circuit du voltmètre.
- D’autre part, on a :
- u =
- l’intégrale étant prise suivant la génératrice, et, comme à la surface, le champ a une intensité donnée :
- /= & cos tùt,
- on aura :
- $le—iat — iz’ — lz’e~int,
- Fig. i.
- ou bien :
- 9l=\z'. (4)
- En égalant les seconds membres de (3) et de (4) il vient :
- z' R' — /L ,'w________ I0
- R = R ’ — T'
- Cai.cui, de
- Io I
- Le courant est égal au flux du vecteur S à travers une section quelconque du cylindre. Pour une section droite, on a:
- i = partie réelle de
- Fig. a.
- D’ailleurs 3. est aussi une fonction sinusoïdale du temps. Nous pouvons donc poser :
- — partie réelle de A e~iut.
- En substituant et en divisant par e~i*1 :
- l — -i. iz f r&dr. (6)
- Jo
- Ainsi, pour connaître la résistance effective et la réactance intérieure d’un courant de fré-
- quence v
- —, il suffit de calculer
- 2 TZ 1
- Pour calculer cette intégrale, considérons une surface circulaire plane S, concentrique à la section droite et limitée par un cercle c dé rayon r. En négligeant les courants de déplacement, oq
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- L'A' LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2* Série). — N°l.
- a pour l’intensité du champ magnétique la relation :
- Çhsdft — !\t. ^J'è„dS,
- ou bien :
- X2ts /»r
- hj dy — aic/7tT = /iic / ‘iitri.dr.
- Jo
- En difïérentiant et en divisant par a it :
- 4ieS;r. (7)
- Tr th’r}
- La loi de l’induction nous donne une autre relation entre h? et 8*. Prenons dans la section méridionale une surface rectangulaire Si limitée par un contour Ci,formé des quatre droites :z—zl} z = z, -(- l, r = o, r — r. ‘h étant le flux à travers Si on a :
- Lt,d’ =L>Xds=--t,=-
- mais /,=o et par suite :
- PM) = —f V-hildr-
- I r = ?* O l J0
- En différentiant par rapport à /• et en divisant par l :
- dS, d . p 57 = 57
- .•(»)
- Pour éliminer /i, multiplions les deux membres de (8) par / et différentions par rapport à r : en comparant avec la dérivée de (7) par rapport au temps, on obtient :
- 1 d / ô8 \ ____4711*08*
- /• dr V dr) ~ p ~dt'
- En substituant A e—i*1 à la place de et en divisant par e—Jut :
- 1 d ( dA\ , 4xu.t>)/ r Tr V dr ) + "7“ °'
- Enfin, en posant:
- *' = *, (9)
- et en divisant par - :
- r
- ~~ (.r A') = — x\ ou A" -|—* A' -f- A = o. (10)
- (IX X
- Pour A nous prendrons une solution telle, que A (ka) — A0,
- ce qui est toujours possible. Par conséquent:
- 10 za2A (ka). (11)
- Pour calculer I, substituons (6) dans (10); il vient :
- /M 21c
- I = ait / rùkdr—— I xbdx= Jo «Vo
- ait
- "k*
- . * au.i A'
- a/A'| =------—— (Æu)
- Le rapport cherché dans (5) devient :
- ka A (Ært)
- z
- R
- i A' (ka)
- M
- Mais ka est égal à la valeur de x à la surface du cylindre :
- x — ka = ,r0,
- x0 variant avec le rayon.
- Posons :
- _ _ X (,X0) - - -^77-p
- alors :
- AA"
- = — T7 — *0 + *0 7T7
- A')3
- et en multipliant par x0 :
- A"
- •*0X' — * + *0* + X.r0 37 = 0
- .3)
- X .r0
- Multiplions (10) par —:
- A*
- t — X2 X.r0 — — o;
- >4)
- . X.r0A"
- éliminons ——— entre (i3) et (14) :
- x0\‘ — aX -f- X2 -j- ^02 = o.
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- En substituant k —- i = y, il vient :
- -vay' + y1 = i — • • (i5)
- et
- R
- \_y_±2
- .6)
- Ainsi, pour résoudre la problème, il suffît .d’intégrerl’équation différentielle (i5). C’est une équation de Riecati (*). L’intégrale ne peut pas être représentée par des fonctions simples.
- Essayons un développement en série :
- On voit de suite que y ne contient que des puissances paires de ,r0.
- D’ailleurs, pour u = o ou bien x0 = o, on a z' = R et par suite y = i.
- Nous pouvons donc écrire :
- y = «+ «2-V+ «/, •*o4+ ae -t'o* + as *,o8+ — xy' = 2rt2Æ'02+4a4-V+ 8a„ .r08-j-...
- y2— i -\-‘>.aîxà1-\-‘±a u |^'o4-|- »o6
- «22| 2<72a4
- x06-{- ia8 x0H
- *8 2«2«« O2 4
- En additionnant les deux dernières équations et en tenant compte de (i5), on a identiquement :
- ^o8+...
- «2
- 2«2« J
- 2æ2<zc
- aCl
- () Cette transformation rappelle la proposition suivante : toute équation linéaire et homogène,
- éPy , . dy , ,
- T^+P[x)dx + <i^y^°
- par une substitution z— —> --f— se transforme en une
- y d x
- équation de Riecati :
- dz
- clx
- + <1 + PB + *2 = °-
- On calcule aisément que la fftusformation que nous avons employée, - = —xy conduit aussi à une équation de Riecati :
- a: ~ + a:2 — (xp 4-1 ) z + qz* ~ o.
- donc : »
- (H — - — 2 «22 — 2~4
- « . - ~ ' \ ^ = j a—8
- «B = - 24 aajrtj. = — a—8
- as — — __L2-8 3o
- 36 a"
- et par suite :
- 1 + y
- Z
- R
- 48
- 18o
- Cette série est connue. Elle est absolument convergente, tant que |.r„| est inférieur au module de la plus petite racine du dénominateur A', qui est égale à = 3,83..
- Posons, en tenant compte de (9) :
- p.w./,ita2 .
- x0* r- j x0 I7 == —------------j = 8/.2y,
- avec :
- En substituant la valeur de x0 dans (17), on obtient :
- R'
- .L/'ti)
- R R J R
- , ‘à 4 o , , 1 .
- = i4--r--------...—/(y.------------y.G4-..
- 3 45 ^ JK 1 ~
- Cette série converge très lentement pour xa >> 3, mais pour |.r0| ^ 2, c’est-à-dire y.2 ^o,5 on a, avec une erreur < o,5 % :
- R'
- R
- +b
- Lj'w
- ir
- =r x2 (1 — 1/6 y.4
- (!9)
- y,2 a une signification physique très simple ; on sait que, dans le cas du courant continu, le coefficient de self-induction interne L,-(provenant du champ magnétique à l’intérieur d’un tronçon
- cylindrique de longueur l) est égal à L,- = - pde
- ' !A
- sorte que :
- = - V-l- ,
- 2P -1 pl.
- R
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- T. XXV (2° Série). — N° 1.
- x2 est égal au rapport Te la réactance interne du conducteur cylindricju e à sa résistance, dans le cas d’une distribution uniforme de la densité du courant à l’intérieur du conducteur.
- En éliminant R entre (19) et (20), on obtient les formules approchées :
- R' x4 L/ _ x4
- R - 1 + 3 ’ L, 6
- La formule (uo) m’a été aimablement communiquée par M. Emde, directeur de l’Institut Electroteehnicpie de Stuttgart.
- condense sur la périphérie du conduoteur. En effet, d’après (18), quel que soit w, ,r0 ne chango pas si w a2 reste constant. On peut toujours, sans changer la distribution du courant, remplacer 0) par o)0, en prenant en même temps
- comme rayon du cylindre a' = a 4 —. Or, nous
- V <*>o
- savons par expérience que les conducteurs, absorbent l’énergie des ondes électromagnétiques (courants de Foucault, effet Joule). On peut donc prendre un conducteur de rayon suffisamment grand pour que toute l’énergie éleclromagné-
- 4-00
- 300
- IOO
- l.E *10
- Grandes fréquences.
- fit?-
- Le développement précédent n’est plus valable pour des grandes valeurs de .r0. Il faut doiite chercher d’autres moyens pour intégrer l’équation (i5).
- Pour les fréquences très grandes,le courant se
- 3.
- tique soit absorbée sur une épaisseur néglir geable par rapport au rayon. Pour une fréquence donnée et pour un rayon infiniment grand l’épaisseur de la couche active reste finie. Le courant total I sera de l’ordre de a', tandis que le courant I„, qui est proportionnel à la section totale du conducteur, sera de l’ordre de a'2.
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- z' I
- Ainsi donc j-" est de l’ordre de a' ou bien
- de l’ordre de a-0.
- En revenant aux rayons finis, tout en conservant la' valeur de wa2, nous voyons que, pour o> très grand, toute l’énergie électromagnétique est absorbée sur une couche d’épaisseur négli-
- 'T’t
- geable par rapport au rayon; de plus, ^ est de
- l’ordre de ,r0.
- Nous pouvons donc essayer le développement :
- y = -J- n0 "4* a—î^o 1 H- a—ia:o 2 “f-
- En substituant dans (i5) et en identifiant les /deux membres, on obtient, par un calcul facile :
- Mais, on a toujours > ° ; d’où :
- R' . 1 , 3 i
- lî - V' + 4 + 6^ +
- LAo _________3________3
- lt * 64 y. 1 y.8 x2
- V_ _ 1_______3________3_
- L( y. 6 4 y.9 1 a 8 y.4
- Ce développement a été indiqué par M. Som-merfeld (*).
- En ne prenant que les termes calculés, nous aurons pour .r0 — 4,5 (*2 2,53) une valeur ap-
- prochée à o,5 % près, tandis que pour x0 = 3,5, (3£2 — i,53), l’erreur devient égale à 2 % .
- Valeurs moyennes de æ0.
- Les formules approchées (19) et </j.'3) ne sont
- pas suffisamment exactes pour o,5 ^ y.2 ^ 2,5.
- „ . , , R' L'/ o* 4 . L'(
- .Nous donnons un tableau de —,—^— et ue — cn
- fonction de y.2 dans cet intervalle, à o,5 % près. Nous avons utilisé, pour le calcul, les tables de
- M. Pcdcrsen (•) qui donnent les valeurs de —et de cn fonction de ,r0 à 0,1 % près.
- Tableau I.
- a/2 R' L> L
- X R R L,
- 0,5 1,078 0,4806 0,9612
- 0,55 1,094 0,5246 o,9538
- 0,60 I , I I I 0,5674 0,9457
- o,65 1,127 0,6092 0,9372
- 0,70 1,144 0,65oo 0,9286
- 0,75 1,164 0,6897 0,9196
- 0,80 1 ,i83 °>7279 0)9«99
- o,85 I ,203 0,7653 0 ,goo3
- 0,90 I ,223 0,8015 0,8906
- o,95 1 ,244 o,8365 0,88o5
- I ,oo 1 ,264 0,8705 0,8705
- 1,10 1,3o8 0,9351 0,85oi
- I ,'iO 1,351 0,9960 o,83oo
- 1,3o 1,393 1 ,o52 0,8092
- 1,40 1,437 1,106 0,7900
- 1,5o 1 /»79 I,i57 0,7 713
- 1,60 I ,520 I ,2o5 0,7531
- 1,7° 1,56i I ,25o 0,7353
- 1,80 1,601 l 293 0,7183
- 1,9° 1,641 I ,334 0,7017
- a ,00 1,678 i,373 o,6865
- a ,ao 1,750 1,446 0,6573
- 2,40 1,820 1 ,516 0,6317
- 2 ,Go 1,885 1,58o 0,6077
- Représentation graphique.
- Posons u = 1, et soit Ri — ——— la résistance de ' ’Ka1
- l’unité de longueur du conducteur. On a, d’après
- (18) :
- o __ <*>
- * ~2R, R/
- v étant la fréquence dn courant.
- O11 voit que, pour g = 1, l’ellet Kelvin est le
- f) Sommekfkld, Physikalische Zeitschrift, t. VIII, 1907 p. 8o5.
- (<) Pedersen, Jahrbuch der drahtlosen Télégraphié und Telephonie, 1911, p. Soi.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2° Série). ~ Ng 1,
- môme pour des conducteurs ayant la même
- résistance par unité de longueur, quelle que soit
- la nature du conducteur.
- La figure (3) représente une famille de
- . . v v? .
- droites —• = — = constantes %- variant propor-Ri tc
- tionnellement à IL et en raison inverse de v, il est facile de déterminer x2 pour toutes les valeurs de Ri et de v.
- La figure 4 nous donne alors les valeurs approchées :
- IV _ R —
- I ,0!»
- L',w V,
- — — o,3o j— = 0,99.
- Pour
- v = itios-c—1,
- 1 0 2 0 3.0 4.0 6.0
- Fig. 4.
- Par exemple pour transmettre un courant de :>oo ampères, on prendrait un câble en cuivre d’une section égale à 400 millimètres carrés; cela
- , . , ohm
- correspond a R, = 0,437. io—4.-
- m
- Cherchons cpielle est la valeur de y.2 pour la fréquence v — 4a se — '. On trouve y.2 = o,3.
- on trouve :
- R' r L> L',
- y- = 0,72, —- r= 0,66, j- ss 0,9a.
- Jean Spielrein,
- Licencié ès sciences,
- Aisislanl à l’Institut Electrotechniquo de l’Eoole Polytechnique de Stuttgart,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 13
- 3'Janvier 1014.
- LE SECTEUR ÉLECTRIQUE DE LA COMPAGNIE ÉLECTRIQUE DE FRANCHE-COMTÉ (Fin) (*).
- Dans la première partie de cet article les auteurs ont exposé les origines de l'entreprise, et donné une description generale du réseau des postes de transformations et des dispositifs de protection employés,
- Duns celte deuxième partie, il sera plus particulièrement question des stations génératrices. Station centrale ou Moulin ou Pu
- Les turbines (le cette usine sont du type parallèle, noyées. Elles ont été construites par la /maison Lacroix frères, à Dole, et sont placées en dessous de l’ancien moulin.Elles actionnent, par des roues coniques, une transmission générale qui commande l’alternateur installé dans la salle des machines. Celui-ci, sortant des ateliers de la Compagnie Générale Electrique de Nancy, est construit pour absorber la puissance totale des deux turbines en produisant directement, sous forme de courants triphasés, une tension de 5 ooo volts aux bornes.
- La salle des machines a également été aménagée dans l’ancien moulin, ce qui explique ses dimensions assez exiguës, très suffisantes au début, mais où il n’a été ensuite possible d’installer les tableaux et accessoires nécessaires qu’au prix d’assez sérieuses difficultés.
- Réserve a vapeur.
- Pour assurer le service d’une manière certaine pendant les périodes d’indisponibilité momentanée du matériel hydraulique, il a été installé à l’usine génératrice du Moulin du Pré, dans un local ajouté en appendice à la salle des machines proprement dite, un groupecomprenant un générateur à vapeur type demi-fixe, pression io kilogrammes, et un moteur compound tournant à i5o tours par minute, construit par la maison Lanz, de Mannheim. Sa puissance est d’environ 125 chevaux; il entraîne, par l’intermédiaire d’un renvoi de transmission, un alternateur triphasé, 5 ooo volts, de la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques, de Belfort, de puissance correspondante.
- Lorsque ce premier groupe à vapeur devint, insuffisant pour assurer le service de secours, on fut dans la nécessité de construire, à côté du
- bâtiment principal, un local spécial destiné à. abriter un nouveau groupe générateur à vapeur beaucoup plus puissant que le premier. Deux chaudières type Larbodière, une machine Boulte, type pilon à deux rangs de manivelles, d’une puissance de 3oo chevaux, ont été installées dans ce local, ainsi que tous leurs accessoires. Le moteur conduit un alternateur de même tension et de même fréquence que les deux premiers groupes, construit par la Société Alsacienne de Belfort et actionné directement par courroie Etant donné le processus imposé pour le développement successif des installations, il ne faudrait pas chercher dans cette station centrale l’homogénéité d’aspect que l’on est habitué à rencontrer dans une grande station moderne.
- L’ensemble comprend un bâtiment très vieux et des annexes ajoutées après coup, le tout réuni le mieux possible, suivant les nécessités du moment.
- Il n’en est pas moins vrai que cet ensemble répond effectivement, d’une manière très satisfaisante, au but poursuivi et que le service y est facile et commode.
- Il va de soi que les trois groupes électrogènes de cette usine doivent pouvoir facilement fonctionner en parallèle sur le réseau commun, la vapeur n’étant, en principe, utilisée que pour fournir les appoints d’énergie non disponible aux turbines.
- La station à vapeur a été prévue de manière à ce que sa puissance puisse aisément être doublée et même quadruplée au cas de besoin.
- Tableau de distribution.
- Le tableau comprend trois panneaux d’alternateurs et six panneaux pour départs de ligne. La figure 9 en montre les dispositions principales.
- En vue de la mise en parallèle des différents groupes, il a été installé* en outre, le long de la
- (t) Lumière Electrique, 27 décembre 1913, p. 399.
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- EPS
- XXXXXXXX*XXXXXXXXXX*X*XX*
- X XX XXXXXXX X X X X X X’X < X X X X X X X
- XVXXXXXXXXVXXXXXXXXXX XX X X
- XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
- XXXXXXXXXXXXXXXXX XXXXXXXX
- XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
- X XXXXXXXXXXXX.XXXXXXXXXXXX
- XXX XXXXXXX XXXyxXXXXXXXXXX
- X X X XXXXXXX XXX XXXXXXXX XXXX
- 'Fig. 9. — Tableau principal de distribution. 0nc-
- A, A2, à3, panneau d’alternateurs; Bj, B2,,..B6, panneaux de feeder (départs); C1? C3, disjoncteurs automatiques à maximum (type S.A.C.L.M ) ; C2, disj ita-leurs automatiques à maximum (type M. et B.); D, ampèremètre d’alternateur ; E, ampèremètre d’excitation; F, commutateur de rhéostat d’aimantation (exc de tion d’alternateur); G, commutateur de rhéostat de champ (excitation shunt); H, rhéostat de champ; I, fréquencemètre (Abraham Carpentier); K, voltmètre station (à champ tournant); L, interrupteur tripolaire de commande du moteur du régulateur (machine Boulte); M, commutateur du fréquencemètre ; N, disjoncteur automatique (maximum) de feeder (type S.A.C.M.); N', disjoncteur automatique (maximum de feeder (type M. et B) ; 0, ampèremètre de feeder; P, wattmètre de feeder.
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- paroi voisine de la salle des machines un tableau dit de synchronisation portant les • fréquencemètres, transformateurs, voltmètres, indicateurs déphasés, interrupteurs et commutateurs nécessaires aux manœuvres d’accouplement.
- Les appareils à ta ooo volts, qui serviront à raccorder la station génératrice d’Aranthon et celle du Moulin du Pré aux distributeurs à t a ooo volts de Mercey à Auxonnc-Poncey, seront placés sur une galerie régnant immédiatement au-dessus des tableaux principaux.
- A chaque panneau de départ correspond un disjoncteur automatique à huile, à maximum, ainsi qu’un jeu de broches à fusibles servant de sectionneur.
- Etant donné la distance qui sépare le tableau principal de distribution du groupe Boultc Larbodière, la conduite de la machine Boultc présenterait quelques difficultés, la mise en synchronisme pouvant n’êtrc pas aussi facile à effectuer qu’il est désirable.
- Pour y remédier, on a installé un dispositif spécial agissant sur le régulateur centrifuge d’admission de vapeur de cette machine.
- Ce dispositif consiste eh un petit servo-moteur (type triphasé asynchrone) commandé du tableau de distribution même. Et pour que l’opérateur placé au tableau puisse se rendre compte de l’effet obtenu, l’action ne pouvant être instantanée, il a été installé, entre le tableau et le servo-moteur, 3 fils de retour avec deux lampes témoins de couleurs différentes dont les allumages et extinctions indiquent si le mouvement voulu a été effectivement transmis aux organes de réglage.
- Pour faciliter encore l’opération, il a été installé au tableau de distribution un fréquencemètre à indications continues, modèle Abrahain-Carpentier, de sorte que la mise en parallèle peut se faire dans les meilleures conditions et sans le moindre à-coup dans les réseaux de distribution.
- Station df. Montramdeiit.
- Voyant que la puissance hydraulique disponible à la première usine dite du Moulin du Pré ne tarderait pas à devenir insuffisante, l’équipement d’une deuxième station génératrice fut décidé et l’on choisit une chute sur l’Ognon à Montrambert.
- Cette chute présentait un certain intérêt, en raison de la non-coïncidence des périodes de hautes eaux de l’Ognon et du Doubs.
- La turbine est du type centripète, avec un aspirateur à section elliptique.
- Bien que la puissance de cette station ne dépasse point une centaine de chevaux, elle présente toutefois quelques dispositifs particuliers que nous indiquerons sommairement.
- AlTE II NA'I'Ë lï It AS Y N C H It ON lî.
- L’alternateur installé à Montrambert et construit par la Compagnie L’Industrie Electrique, de Genève, est disposé pour fournir au réseau l’appoint d’énergie électrique emprunté à la turbine et ceci à volonté, soit au synchronisme, soit en marche asynchrone.
- On s’est arrêté à cette solution pour les motifs suivants.
- Le surveillant de la station, électrique n’est autre que le meunier qui préside en même temps au fonctionnement du moulin à farine contigu à la station électrique.
- D’une part, il était à craindre que cet agent, tout au moins pendant la période de début, ne posséderait pas la compétence nécessaire pour effectuer, sans quelques risques d’accidents, la synchronisation et la mise eil parallèle de l’altcl'-nateur, opération assez simple, il est vrai, mais nécessitant cependant certaines précautions.
- D’autre part, les deux stations n’étant pas reliées par une communication téléphonique directe et permanente, l’entente préalable des opérateurs placés aux deux stations génératrjqeS était plus difficile. En effet, on ne disposait que de postes téléphoniques de l’Etat non susceptibles d’assurer lès communications en dehors des heures réglementaires des bureaux. Il a donc été décidé que, tout au moins pour les premiers temps, la station de Montrambert fonctionnerait en marche asynchrone.
- A ce régime, les bagues de prise de courant, que l’on distingue sur la figure io, sont court-circuitées et la machine fonctionne comme un moteur triphasé asynchrone ordinaire, restituant de l’énergie électrique au réseau lorsqu’on le fait tourner à une vitesse un peu supérieure à celle du synchronisme. Dans ces conditions, les manœuvres se réduisent à leur plus simple expression, à savoir la fermeture et l’ouverture
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- ji’un intervnpteur tripolaire et. l’admission de f’çaq sur la turbine, Sitôt le vannage de celle-ci complètement ouvert, la turbin® débite en plein, le réglage de tension ains^i que la fréquence dépendant essentiellement de la station géné-? tutrice. dq Moulin du Pré,
- 11 importait toutefois de prévoir éventuelle-: ment le fonctionnement indépendant de la station de Montrambcrt, par exemple pour le cas d’indisponibilité momentanée des autres stations ou de rupture accidentelle de la ligne de connexion.
- Kig.. 1,0. — ÀltcRnàLeuv. Liriphasé a-sync-brone-syncht orie, 70. çbçyuu.x, 220 vclis* $o périodes.
- Dans ce bpt, il a été installé, à côté de l’alternateur, une petite excitatrice (non visible sur la figure) disposée pour fournir à son rotor le courant d’aimantation nécessaire au fonctionnement en, alternateur indépendant. Le. courant d’aimantation pénètre alors dans l'inducteur par les bagues susdites.
- En vu.e de réduire à cette allure les pertes dans le. stator et d’obtenir une plus grande souplesse pour Le réglage, on relie alors « en triangle» . le bobinage statoriqne.
- Pour la marche asynchrone, au. contraire, afiui de réduire l'ampérage des courants d’aimantation (ou courants déwattés), qui, sans cette.prér caution, prendraient une importance excessive, le’bobinage du stator est relié « en étoile ».
- II.suffit de renverser, soit.en,haut, soit,en.bas, le commutateur tripolaire visible sur. la. figure i.o, poyr réaliser le groupement en. étojje ou; en triangle^ Rien d’ailleurs n’empçche de faire, fonctionner cet alternateur en parallèle avec upc., où les autres stations génératrices ; à cefc effet, le, tableau est pourvu des. dispositifs, habituels, tels.
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- que : indicateurs de phases, fréquencemètres, voltmètres.
- Transformateur élévateur.
- A côté de l’alternateur asynchrone, il a été installé un transformateur élévateur dont le côté basse tension • (220 volts) est relié directement aux bornes du stator, tandis que les bornes haute tension sont branchées sur le réseau extérieur (à 12000 volts).
- La puissance de cet appareil est de 65 K. Y. A.
- Bien que la pratique moderne de construction consiste a établir les appareils de cette puissance, fonctionnant à ce voltage avec bain d’huile, on a renoncé à cette disposition par crainte des dangers d’incendie.
- En effet,, la statipn génératrice de Montrambert est contiguë, au moulin du même nom et l’expé-*. rien ce a montré maintes fois, que la présence de l’huile peut aggraver un, commencement d’incen^. die, que. celui-ci soit dû au fait de l’installation électrique ou à toute autre cause extérieure. Plus, d’une station génératrice importante a été mise entièrement hors d’usage par suite de l’huile enflammée ou des gaz produits, faisant explosion et propageant rapidement les plus violents désastres.
- Tout en fonctionnant à l’air libre et sans aucune ventilation artificielle, ledit transforma^ tour fonctionne d’une manière satisfaisante depuis sa mise en route. Avant de quitter les ateliers de construction, il a subi avec succès, un essai de tension so.us 24 000 volts appliqués pendant 3o minutes.
- Station. oÉNÉitATHieE u’Auasn.thon-.
- L’entreprise continuant à se développer .régu*. lièreni^nt et ladésignatipn initialedonnant L’idée d.’une entreprise Locale.dje moindre imiportasnoe, on décida de donner à la Société la nouvelle désit--ignation de « Compagnie Electrique de Franche-Comté » (J. Bpsse.rt et Cic).-
- ! Ces développements motivèrent l’adjonction dïune nouvelle station hydraulique- et L’on lit l’acquisitiondfùno nouvelle, chute, cellp d’Àran-th.on (commune dîOssellejisituée sur le Doubs-, à' environ, 6i kilomètres- en. amont- du. Moulin dn Pré.
- Trois turbines capables de fournir aooichevaux.
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- chacune y sont actuellement en voie d’installation j elles serviront à actionner un alternateur capable d’absorber la puissance disponible et fournissant des courants triphasés à la tension de 5 ooo volts aux bornes.
- Pour le service à i»ooo volts, il sera installé à cette station, de môme qu’à celle du Moulin du Pré,des transformateurs-élévateurs,de 400K.V.A. chacun, type à huile et à refroidissement naturel.
- L’exécution du matériel destiné à cette installation a été confiée à la maison Singriin frères pour les moteurs et les transmissions, et à la Compagnie de l’Industrie Electrique et Mécanique pour le matériel électrique.
- Station génkeateice d’Audelange.
- L’énergie disponible à Aranthon ne tardera pas à être entièrement absorbée, le réseau continuant à s’étendre dans la direction de Dôle et Auxonne et les demandes de force et lumière augmentant plus rapidement que les disponibilités.
- Il a donc fallu envisager l’aménagement d’une nouvelle station génératrice. C’est pourquoi MM. Bossert et Ci0 s’assurèrent la possession d’une quatrième chute, située également sur le Doubs, celle d’Audelangc.
- Celle-ci se trouve à environ i kilomètres de la station de Moulin-Rouge, de la ligne du chemin de fer de Besançon à Dijon et à 18 kilomètres en aval du Moulin du Pré (voir la carte d’ensemble).
- Comme celle d’Aranthon, elle sera équipée pour une puissance de (>oo chevaux environ. Il va de soi que cette nouvelle usine génératrice sera aménagée de manière à pouvoir débiter sur le réseau général, qui sera complété de manière à former des boucles fermées permettant de sectionner le réseau par tronçons et de débrancher facilement telle ou telle portion sans occasionner aucune interruption ou perturbation dans l’ensemble.
- Puissance disponible.
- La puissance disponible, installée dans les quatre stations génératrices, atteindra donc prochainement: ;
- En turbines hydrauliques : environ i 5oo chevaux ;
- Matériel à vapeur ; /,5o chevaux.
- En vue de faire face au développement de con-. sommation dans les portions du réseau situées dans la Côte-d’Or, le tronçon de ligne comjiris entre Saint-Vit et Merccy-le-Grand sera modifié sous peu,de manière à fonctionner sous i » ooo volts avec la nouvelle station génératrice d’Aranthon.
- Réseau généhai,.
- Le plan d’ensemble, reproduit au début de cet article (fig. i ), montre l’aspect général du réseau et la.situation des usines génératrices.
- Les lignes ont été équipées éconoiïiiquement sur poteaux en bois résineux imprégné au sulfate de cuivre ou au bichlorure de mercure. Dans certaines parties on a fait emploi de poteaux en bois dur imputrescible, en palétuvier de Conacry.
- L’expérience montrera si la durée de ces derniers est presque illimitée, ainsi que l’affirment les importateurs de ees bois.
- L’emploi de poteaux métalliques ou de pylônes de treillis a été réservé pour des points spéciaux, tels que traversées de chemin de fer par lignes aériennes ou traversées des rivières.
- Le réseau dessert surtout des petites agglomérations et des régions ou l’industrie principale' consiste en cultures. Aussi l’application de l’électricité aux travaux agricoles a-t-elle été envisagée dès le début de l’entreprise.
- TnANSPOBT DE l’OECE DE FllAlSANS.
- Entre la station génératrice du Moulin du Pré et les Usines de Fraisans de la « Société des Forges de Franche-Comté »’ fonctionne un transport de force à haute tension (5 ooo volts) présentant quelque intérêt pour nos lecteurs.
- La figure n montre le poste récepteur; on y voit au centre le moteur avec son excitatrice adossée au bâti.
- Ce moteur, construit par la maison Olivier et Ci0, d’Ornans, est disposé comme un alternateur triphasé ordinaire avec inducteur mobile à pôles saillants et induit fixe.
- Voici comment s’opère la mise en route :
- Les usines de Fraisans possèdent une petite station électrique à courant continu, basse tension, dont on empriuite le courant nécessaire pour lancer un moteur auxiliaire à courant con^
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- tinu (dont une partie seulement est visible sur la), figure, au premier plan sur la gauche).
- Ce moteur commande une transmission qui entraîne, par engrenages à friction, une poulie-volant sur laquelle vient s’enrouler la courroie du moteur principal. Le moteur auxiliaire peut ainsi amener à sa vitesse normale le moteur
- principal. Puis, on excite son excitatrice, ce qui permet d’obtenir entre ses bornes la tension normale alternative (5 ooo volts).
- Ceci fait, et l'interrupteur de ligne (non visible surxla figure) du type aérien fixé à l’entrée de l’immeuble étant fermé, le circuit étant d’ailleurs coupé à l’usine génératrice, le personnel de cette dernière est averti de la mise en route à
- Fraisans par un dispositif acoustique et optique actionné par le secondaire d’un petit transformateur placé en dérivation entre les bornes de la ligne Fraisans.
- Lorsqu’il perçoit le signal, l’électricien de service à la station du Moulin du Pré relie la ligne de Fraisans aux rails auxiliaires de la station, les machines génératrices en service étant connectées aux rails principaux, et compare au « tableau de synchronisation » la tension et les phases des alternateurs de la station génératrice et de Fraisans. Agissant au besoin sur la vitesse de son ou de ses alternateurs pour faire concorder les fréquences, il lui suffit alors de saisir l’instant de coïncidence de phase et de fermer l’interrupteur d’accouplement entre réseau principal et réseau auxiliaire pour produire l’accrochage. Avec quelque habitude, cette opération s’effectue d’une manière parfaitement régulière et sans le moindre à-coup.
- Ceci fait, il n’y a plus qu’à régler définitivement les excitations et les vitesses pour réaliser le régime normal, et le moteur de Fraisans peut fonctionner à son régime de pleine charge.
- A la station réceptrice,le seul réglage consiste à faire varier l’excitation du moteur synchrone jusqu’à réaliser le minimum d’ampé-, rage.
- Ladite figure n montre au fond le tableau avec ses appareils de mesure, portant au centre un voltmètre enregistreur, ainsi qu’un ampèremètre enregistreur, tous deux construits par la maison Olivetti, de Milan.
- Au-dessus du tableau, on voit les interrupteurs à broche, à double fusible, utilisés aussi comme « séparateurs » et au-dessus de ceux-ci se trouvent les parafoudres à haute tension du type Schoen et Félix.
- Les machines et le tableau de cette station réceptrice ont été établis et installés par la maison Olivier et Cie; le fonctionnement
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- de cet ensemble donne entière satisfaction.
- L’existence d’un moteur auxiliaire de démarrage présente, il est vrai, une petite complication et une dépense supplémentaire; par contre, elle fournit une sécurité de plus, pouvant à son tour venir en aide à la station génératrice focale ou être utilisé comme excitatrice de secours.
- Applications diveiises.
- Parmi les applications particulièrementintércs-santes, nous signalerons les batteuses électriques.
- La Compagnie Electrique loue aux cultivateurs, pendant la saison des récoltes, des batteuses complètes portant leur moteur avec tous ses accessoires. Il suffît de relier celui-ci à la canalisation secondaire existante au moyen de câbles souples terminés par des prises spéciales que l’on peut brancher directement sur la ligne à basse tension. Le battage peut être ainsi effectué dans des conditions plus avantageuses qu’avec une batteuse actionnée par une locomobile à vapeur.
- L’extrême facilité du service, la suppression du chauffeur et du mécanicien, et du combustible, la réduction du personnel, l’instantanéité de la mise en route, assurent à la batteuse électrique des avantages de tout premier ordre. Enfin et surtout la suppression presque absolue de tout danger d’incendie provenant d’un moteur nécessitant un foyer, tant à redouter avec l’emploi de locomobiles, justifierait déjà la généralisation de l’emploi des batteuses électriques. Pour les fermes de moindre importance, ne motivant pas l’emploi de grandes batteuses, on a installé des moteurs de 2 à 3 chevaux, portatifs dans certains cas, que l’on substitue aux anciens manèges entraînés par de malheureux quadrupèdes dont le travail était d’autant plus inefficace et pénible que, très souvent, l’emplacement disponible étant plutôt restreint, l’effort développé était employé dans les conditions les plus défavorables. Dans plusieurs localités, les cultivateurs se sont groupés pour se procurer à frais communs des moteurs portatifs que l’on substitue à ces anciens manèges ; un simple compteur horaire placé sur le même socle que le moteur et ses accessoires permet de déterminer la redevance à payer par chacun au prorata de sa consommation.
- Conclusions.
- De tout ce qui précède nous pouvons conclure
- qu’une entreprise comme celle faisant l’objet de la présente monographie, un secteur électrique? établi surtout pour desservir des agglomérations rurales et n’atteignant que peu de centres plus importants, peutdevenir une affaire intéressante et rémunératrice, même dans une région où il n’existe que des basses chutes, donc d’un établissement relativement coûteux, à condition que l’affaire soit conduite avec toute la prudence et la compétence nécessaires.
- Entre les mains d’une puissante société qui aurait dù immobiliser, dès le début, un capital considérable et en supporter les charges, puis aurait dû s’adresser pour la plupart des travaux et fournitures à des intermédiaires toujours onéreux, société qui eût difficilement possédé la souplesse nécessaire pour se plier aux circonstances et s’adapter aux conditions du moment, l’affaire aurait probablement périclité, comme beaucoup d’autres,pour être ensuite reprise à vil prix par un groupe différent.
- Les fondateurs de l’entreprise, dont nous avons esquissé les grandes lignes, y ont consacré tous leurs efforts et toute leur énergie, ne reculant devant aucune difficulté et consentant à tous les sacrilicesjugés nécessaires, ils ontfini par triompher de tous les obstacles.il est juste de remarquer, d’ailleurs, qu’ils ont été puissamment aidés dans cette besogne par un Conseil de surveillance réunissant d’éminentes personnalités bizontines aussi dévouées que clairvoyantes. Tous les efforts dépensés ne tarderont pas à être récompensés par un succès définitif et, puisque les recettes continueront longtemps encore à croître dans une progression bien plus rapide que les charges, le rendement financier de l’entreprise ne peut que s’améliorer toujours davantage.
- Et, comme nul n’est prophète dans son pays, nous tenons à faire remarquer,en terminant,que la presque totalité du capital,investi dans l’éntreprise, a été recueilli directement dans la contrée même. Nous trouvons donc ici un exemple intéressant d’une entreprise locale,commencée petitement et qui, sans immobilisation importante, sans l’aide de la haute financera su prendre, en quelques années,une ampleur que personne n’aurait pu soupçonner au début et qui promet actuellement de devenir sous peu l’un des secteurs
- électriques les plus prospères. ___________
- A. Scmoen et M. Charlet,
- Ingénieurs -Conseils, à Lyon.
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- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- ÉCLAIRAGE
- L’appréciation de Tuniformité d’éclairage par l’œil. — J.-R. Cravath.
- Les experts en matière d’éclairage savent parfaitement qu’il n’est pas facile d’apprécier à l’œil de petites différences d’éclairage quand les surfaces éclairées avec des intensités différentes ne sont pas suffisamment rapprochées pour rendre le contact évident. Cependant, ces experts mêmes se rendent difficilement compte du manque de sensibilité de l’œil pour apprécier de grandes différences d’éclairage.
- L’auteur cite deux exemples caractéristiques 'du degré d’erreur possible en pareille matière.
- La première observation qu’il a faite se rapporte à une rue de Chicago, Dearborn Street, éclairée par des lampes à arc-flamme, à charbons verticaux. Ces lampes sont placées sur tous les poteaux du trolley du tramway, à 7 m, 5o environ au-dessus de la chaussée et à intervalles de '33 à 38 mètres, la rue a 24 mètres de largeur. La hauteur inusitée de ces lampes et leur large distribution de lumière produisent la sensation d’un éclairage uniforme de la surface de la rue. L’auteur a observé lui-même, se trouvant dans un tramway et 11e voyant pas les lampes, que l’éclairage de la chaussée variait très peu d’intensité d’un point à un autre.
- Cependant, en faisant des mesures de l’éclairage horizontal dans cette rue à l’aide d’un photomètre Sharp-Miller, il a trouvé une variation d’intensité lumineuse dans le rapport de 10 à 1 entre les points immédiatement au-dessous des lampes et ceux à mi-distancè de deux lampes. R faut remarquer toutefois qu’on peut apprécier la grande différence d’éclairage outre ces deux points lorsqu’on se promène dans la rue en essayant de lire un journal.
- L’auteur a observé, d’autre part, que, dans une pièce éclairée par des foyers lumineux à éclairage direct, on apprécie assez facilement le point où l’ombre de la tête d’une personne, par exemple, est la plus noire, tandis que l’appréciation est beaucoup plus difficile lorsque l’éclairage est
- indirect, et cependant de§ essais photométriques ont établi que, dans le premier cas, l’ombre portée réduisait l’éclairage sur la surface correspondante de 5i % alors que, dans le second cas, elle le réduisait de 45 % . La différence n’est donc pas très considérable,mais si l’on apprécie mieux à l’œil l’ombre de plus grande intensité dans l’éclairage direct, c’est que les contours en sont plus nets et plus tranchés.
- (Electrical World, 28 novembre 1913).
- Lampes électriques portatives de mines.
- M. H. IL Clark, ingénieur chargé des études électriques au Bureau des Mines des Etats-Unis, a fait, le 5 décembre dernier, une conférence au Coal Mining Institute of America, de Pittsburgh, sur l’emploi des lampes électriques portatives dans les mines et sur les spécifications proposées par le Bureau des Mines pour ces lampes.
- Bien que, employées déjà en grandes quantités dans les houillères européennes, ces lampes sont relativement nouvelles en Amérique. Dès 1887, (5oo lampes portatives furent mises en service dans un charbonnage du pays de Galles et, lors d’un récent concours en Angleterre, il 11e fut pas présenté moins de 195 types différents de lampes électriques portatives de mines. En ces cinq dernières années, les constructeurs électriciens et les exploitations minières se sont vivement intéressés au développement des lampes électriques de sûreté. Le Bureau des Mines en conseille l’emploi parce qu’elles réduisent les dangers d’explosion et d’incendie. Si les filaments incandescents des lampes peuvent enflammer les mélanges gazeux explosifs en cas de rupture de l’ampoule, on a reconnu que des étincelles produites sous un voltage inf erieur à 6 volts n’enflamment pas ordinairement le grisou. Dans les lampes admises pour le service des mines, l’ampoule doit être protégée de telle façon qu’elle ne puisse se briser quand les filaments sont à des températures suffisantes pour enflammer les mélanges détonants.
- Les principales conditions à demander à une lajnpe portative de mineur sont d’Ôtre çle fonc-1
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- tionnement sûr, de fournir un éclairage su disant, d’ètre légères et peu encombrantes, d’un fonctionnement et d’un entretien économiques et d’éviter le risque d’écoulement de l’électrolyte.
- Voici le minimum des conditions que propose de fixer le Bureau des Mines des Etats-Unis :
- Intensité lumineuse à toute
- époque de la durée de la lampe. 0,4 bougie Flux lumineux permanent :
- Pour les lampes à main...... o ,o lumens
- Pour les lampes de chapeau.. i ,5 Durée d’éclairage par charge... 12 heures
- Durée moyenne des ampoules.. 3oo —
- (pas plus de 5 % ne devront avoir une durée inférieure à 25o heures).
- Durée moyenne des piles....... 3 Goo heures
- Variation dans la consommation
- d’énergie des ampoules...... io %
- Angle du réflecteur.. ........ ioo°
- Récemment,le Bureau des Mines a eu à examiner 6 types de lampes de mines, dont 3 ont été acceptés avec certaines modifications.
- Le dispositif de sûreté de la première lampe (Ceag), du type à main, consiste à suspendre l’ampoule entre deux ressorts à boudin, de telle façon que, si l’ampoule ou le globe de verre qui l’entoure viennent à se briser, le circuit de la lampe se trouve ouvert. Dans un certain nombre d’essais, le filament de l’ampoule brisée est resté intact dans 4o % des cas environ, mais n’a pu enflammer le mélange explosif environnant, grâce au dispositif de sûreté.
- La lampe de chapeau Hirsch est également munie d’un interrupteur automatique qui la protège contre les chocs de front.Une lame de verre, disposée en avant de la lampe, retient dans sa position normale un ressort interrupteur. Si cette lame vient à se briser, le ressort est libéré et ouvre le circuit. Pour assurer la protection contre les coups venant d’autres cûtés, on a construit le chapeau de la lampe en trois enveloppes concentriques métalliques : les enveloppes externe et interne sont reliées au pûle positif et l’enveloppe intermédiaire au pôle négatif de la pile. De cette façon, tout choc qui pourrait briser l’ampoule écrase ces enveloppes l’une sur l’autre et mot la batterie en court-circuit, ce qui éteint lé filament. La lampe Wico de chapeau a son ampoule maintenue dans la douille par un étrier en fil métallique qui réagit contre la pression de ressorts. Si l’étrier est enlevé ou l’ampoule brisée, les ressorts éjectent celle-ci.
- En terminant, l’orateur a fait remarquer qu’il lui semble inutile d’insister, auprès de représentants de l’industrie houillère, sur la perfection que doivent avoir tous les accessoires employés dans les mines. Cette perfection sc traduit, dans les lampes électriques portatives, par la simplU cité de construction, la robustesse des organes et des montures, la forme des parties mobiles et démontables et l’établissement des circuits et contacts électriques.
- (Electrical World, 6 décembre iç)i3).
- L’éclairage électrique des automobiles. — A. E. Waller.
- L’auteur indique que, d’après des essais très développés, on a trouvé que l’éclairage électrique le mieux approprié aux phares des automobiles était celui de lampes à filament de tungstène de 11 bougies, 6 volts, avec réflecteur parabolique de a3o millimètres de diamètre et de 9.5, 3 millimètres de distance focale. Cette lampe suffit â l’éclairage de routes de i5 mètres de largeur sur 3oo mètres de longueur.
- Pour les lanternes latérales et arrière, il suffit de lampes de a à 4 bougies. Un jeu de a phares, a lanternes latérales et i lanternes arrière, consomme au total, 9,3 ampères à G volts, sans compter l’éclairage intermittent du compteur de vitesse. Il faut donc prévoir une dynamo de io ampères avec batterie de 3 accumulateurs pour les arrêts; la dynamo doit, être calculée pour une vitesse de la voiture de 3o kilomètres à l’heure. La permutation de la dynamo et de la batterie se fait automatiquement au moyen d’un relai électromagnétique, qui ouvre ou ferme le circuit de charge de la batterie pour une tension déterminée. Les eonjoncteurs centrifuges sont rarement employés.Pour les grandes vitesses d’automobiles, la vitesse de la dynamo est maintenue constante par un accouplement à friction, ou bien des résistances sont intercalées dans l’enroulement de champ par un régulateur centrifuge.
- Certains constructeurs emploient des dynamos à plusieurs enroulements de champ dont les actions sc contrarient, aux grandes vitesses; enfin, on insère également des résistances de réglage dans le circuit de l’induit. L’auteur emploie une machine shunt dont le réglage se fait par une série de résistances intercalées dans le champ et normalement en court-cir-
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- cuit; lorsque l’intensité maximum est atteinte, ces résistances sont insérées dans le circuit par un relai. La dynamo tournant à i ooo tours pèse i5,8 kilogrammes, mais cette dernière permet l’accouplement direct au moteur. A i ooo tours, le chargement de la batterie commence à une vitesse de marche de 12 à i5 kilomètres à l’heure. (Rapportée réduction, 1 :3 2 1 :5); la commande se fait alors par chaîne et pignon de chaîne, (vitesse max : 20 mètres par seconde).
- La batterie doit être calculée pour 80 ampères-heure et pour une intensité de décharge de 10 ampères; tous les circuits doivent être à deux fils et les interrupteurs fixés sur de petits tableaux.
- Ainsi que l’indique A. Churchward, les dynamos compound à courant continu et vitesse constante conviennent particulièrement à l’éclairage et à la charge des accumulateurs en raison de leur rendement elevé, de leur grande sécurité de fonctionnement et de leur ()on réglage pour les automobiles. L’emploi de dynamo compound permet de charger la batterie iqême lorsqu’elle débite.
- [Proceedings Am. Inst. Elect. Eng. novembre 1913).
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Perforatrices électriques.
- On sait que lq ville de New-York vient de faire construire un gigantesque aqueduc pour son alimentation en eau potable. Au cours de ce travail, on a fait des essais sur trois types de perforatrices électriques pour le percement des parties en tunnel. Ces essais sont relatés daqs le Sibley Journal of Engineering, d’octobre 1913.
- On a constaté que les perforatrices électriques procuraient une économie sur l’installation initiale et la consommation d’énergie, comparativement aux perforatrices pneumatiques, bien qu’elles percent plus lentement. L’économie nette dépend pour beaucoup de la section du tunnel: c’est ainsi que daqs le percement d’un tunnel de chemin de fer à deux voies, les frais par unité de section ne seraient pas supérieurs à 5o % des frais correspondants pour un tunnel à voie unique ou un tunnel d’aqueduc.
- Si l’on compare les consommations d’énergie, on constate qu’en moyenne une perforatrice à air comprimé de 82 millimètres absorbe 25 chevaux, tandis qu’une perforatrice électrique de
- même puissance 11’absorbe pas, en fonctionnement, plus de 4 chevaux ; si l’on admet qu’elle fonctionne pendant 60 % de la durée d’un poste, cela fait en moyenne une consommation de 2,4 chevaux par heure de travail.
- On voit donc que là où il est nécessaire d’employer le courant électrique pour produire l’air comprimé,ce qui, dans les conditions ordinaires, est beaucoup plus coûteux que l’emploi de la vapeur, la différence dans la consommation d’énergie prend une très grande importance au point de vue économique.
- (Eleclrical Review & Western Electrician, 39 nov. 1913).
- Une ingénieuse application de la soudure électrique.
- La soudure électrique est maintenant d’un usage général pour .certaines catégories de travaux et présente un vaste champ d’applications. En voici un exemple.
- Pour fixer une série de pièces à usiner sur le plateau d’un tour, on avait établi un montage constitué par une sorte de couronne de 33o millimètres de diamètre intérieur. Cette couronne avait été moulée en fonte en deux demi-couronnes terminées par des brides d’assemblage. La section droite, suivant un rayon, affectait la forme d’un U. Pour le travail à exécuter, il était indispensable que ce montage, fixé sur le plateau par des boulons de serrage, exerçât sur la pièce une pression régulière sur toute la circonférence. Quand on voulut employer le dispositif établi comme nous venons de le décrire, on s’aperçut qu’aux environs des joints des deux demi-couronnes et sur une certaine longueur d’arc de cercle, le montage n’appuyait pas suffisamment.
- Pour éviter les retards dans l’exécution d’un autre montage, on décida de couper lés demi-couronnes en quarts de cercle. Il fallait alors prévoir des brides pour l’assemblage de ces quarts de cercle. A cet effet, on a préparé deux blocs de fonte s’ajustant à la section en U de la couronne et on les a soudés à l’arc électrique au milieu de chacune des demi-couronnes. Cela fait, on a scié celles-ci par le milieu des blocs soudés et l’on a obtenu ainsi, de chaque demi-couronne, deux quarts de cercle avec des brides à chaque extrémité. Il a suffi alors de percer les brides pour les boulons d’assemblage.
- La soudure a été faite en employant un arc
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- jaillissant entre des charbons et un courant d’environ 3oo ampères. L’opération consistait essentiellement à fondre du métal dans le joint entre les deux parties à réunir et à porter en même temps le métal des lèvres de la soudure à la température de fusion. La durée de l’opération a été d’une heure et demie, tandis que l’usinage des blocs de fonte, le sciage et le perçage après soudure ont nécessité environ quatre heures. Par suite, en cinq heures et demie, grâce à la soudure électrique, on a fait un travail qui eût nécessité autrement, pour le moulage de quatre secteurs en fonte y compris la confection du modèle, une durée de 8 à io jours.
- {Machiner)-, 7 novembre igi3).
- L’électricité dans la fabrication des articles de quincaillerie.
- Cet article a pour but de montrer que si la consommation d’énergie électrique aux Etats-Unis par les ateliers de construction mécanique est probablement supérieure à celle de toute industrie, il y a encore beaucoup à faire dans cette direction, au point de vue de la vente du courant par les stations centrales. L’auteur y étudie les conditions relatives à la commande mécanique des machines-outils en général et de celles employées pour la fabrication des articles de quincaillerie, en particulier.
- L’un des facteurs les plus importants dans la direction des ateliers est la production qu’on peut obtenir avec un personnel, un outillage et un emplacement disponible bien déterminés, et pour un certain nombre d’heures de travail quotidien. Sans qu’on ait eu besoin d’augmenter l’un quelconque de ces facteurs, la substitution de moteurs électriques à la commande mécanique a relevé la capacité de production de divers ateliers, dans des proportions variables entre 5 et 100 % . En d’autres termes, on produit davantage de travail par machine opératrice et par jour en maintenant simplement la vitesse maximum de coupe sous des conditions de charge variables; la commande électrique permet, en outre, une disposition meilleure pour l’éclairage naturel ou artificiel des machines, puisqu’on n’est pas lié à la transmission mécanique rigide, et elle facilite l’accès aux machines et leur succession dans un ordre conforme à la suite des opérations à exécuter. Enfin, la propreté plus grande de l’atelier, son atmosphère plus pure et les conditions
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- hygiéniques généralement meilleures du milieu dans lequel se trouve l’ouvrier, ont une influence favorable sur sa santé et sur son activité, ce qui a une répercussion sensible sur la production.
- Dans les ateliers de mécanique commandés par courroies, on estime à 7$ watts par cheval la perte d’énergie à chaque chaise pendante. Si cela peut paraître excessif, ce 11’est nullement improbable, quand on considère que les chaises doivent être assez rapprochées sur une ligne de transmission et sont souvent hors d’alignement en raison de la flexion des planchers sous des charges variables et de l’effort latéral exercé par les renvois, toutes conditions qui augmentent les pertes par frottement. Avec la commande par courroie, la vitesse d’une machine est pratiquement constante, à moins d’employer des changements de vitesse par cône et engrenages; au contraire, la commande individuelle par moteur électrique donne, de façon rapide et facile, une grande série de vitesses s’adaptant aux conditions variables du travail. Cette particularité augmente le rendement total de la machine, élargit son champ d’action et économise le temps autrement perdu pour transporter la pièce d’une machine à l’autre et pour la monter sur plusieurs machines; au total, économie de temps, de force motrice et de salaires.
- La nécessité d’un démarrage automatique sur et d’un appareil de contrôle de la vitesse répondant aux exigences de l’outillage moderne a fait naître une série de types d’appareils de contrôle et de réglage, automatiques ou commandés à la main, de dispositifs électro-pneumatiques et électro-mécaniques appropriés à toutes les conditions d’emploi d’un moteur à la commande des machines. Si le prix dès appareils de démarrage automatiques est parfois prohibitif de leur usage, on constate qu’en définitive ces appareils sont réellement économiques et beaucoup plus satisfaisants que tous les autres.
- Dans le çhoix d’un moteur pour la commande d’une machine-outil, il faut soigneusement étudier les conditions de travail de cette machine et tenir compte des conditions anormales qui peuvent lui être momentanément imposées. Lorsqu’une machine travaille à une charge à peu près uniforme, on peut employer un moteur shunt: mais si la charge est tantôt faible, tantôt considérable, au cours d’une même opération d’usinage, il faut un moteur à enroulement com-
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- pound. Tel est le cas de la raboteuse qui, pendant la course de travail, absorbe une énergie considérable, tandis que sa consommatlion de force tombe, par course de retour, au travail juste nécessaire au déplacement de la table. La variation d’énergie est brusque aux deux changements de course avant et arrière et il faut que le moteur soit construit pour répondre à ces conditions sévères ; sinon il donnera des étincelles aux balais, chauffera' et peut-être même sera grillé.
- Un moteur à enroulement compound disposé sur la traverse supérieure de la raboteuse et commandant la machine par courroie donne un résultat très satisfaisant. La commande par engrenages ne convient pas, en raison del’impor-tance des efforts au renversement du mouvement de la table; la commande par courroie est plus flexible car elle peut glisser et épargner ainsi au moteur un effort qui serait bientôt néfaste.
- Les mêmes conditions se rencontrent à un degré moindre pour les étaux-limeurs. En employant un moteur dont la série de vitesses est égale au rapport de réduction du harnais d’engrenages, il est possible d’obtenir une série ininterrompue de vitesses dans les limites de 4,15 à 115. Une meule d’émeri nécessite un grand effort au démarrage, effort qui diminue beaucoup lorsque la meule est lancée mais qui varie suivantla pression plus ou moins grande exercée par l’outil ou la pièce sur la meule.
- Les perceuses sensitives, les alésoirs, les fraiseuses, les machines à mortaiser et autres, pour lesquelles la diversité des travaux nécessite des vitesses très différentes, suivant, la nature des pièces et du métal, exigent une étude très précise des conditions de fonctionnement pour déterminer le choix du moteur à employer. La majorité des machines à traA^ailler le bois ont besoin de moteurs à grande vitesse et d’une puissance unitaire généralement plus faible que celle des machines à travailler les métaux.
- Dans les ateliers de quincaillerie, les tours doivent travailler dans des conditions très variables de vitesse et jusqu’à la limite de leux-puissance ou de leur production, limite définie par la nature du métal travaillé ou de la pièce usinée. Quand on transforme, en vue de la commande éleotrique, un tour commandé mécaniquement, on dispose généralement le moteur sur un bâti au-dessus du cône de la poupée; la
- commande de ce cône se fait alors par une grande xoue dentée engrenant avec un pignon sur l’arbre du moteur, ou bien encore un engrenage intermédiaire. L’appai-eil de démarrage, s’il est automatique, sera disposé soit derrière les pieds du tour, soit au mur ou sur une colonne voisine, mais toujours de façon à le mettre à l’abri de tout contact pendant le travail sur le tour. Un bouton de commande n’employant qu’un courant d’une fraction d’ampère sera seul disposé sur la machine, les fils étant placés de façon à être aussi peu exposés que possible.
- Aujourd’hui, on construit des machines-outils dans lesquelles le moteur fait pai-tie intégrante de la machine ou bien dont le bâti porte, venue de fonte, une console pour la fixation du moteur.
- A titre d’exemple, l’auteur cite une fabrique de seri-ures de dimensions et modèles divers, s.xoïpixî sap adiCi a y aiuuxoa .la.iopxsuoa jnad uo£nb de ce genre. Cette usine travaille du bronze, de l’acier, do la fonte et de la fonte malléable. D’un bout de l’an née à l’autre, elle produit en moyenne Go ooo serrures ou verrous par journée de io heures, soit 5 ooo douzaines. La consommation d’énergie électrique par 100 douzaines de serrures manufacturées est de 5,5 kilowattheures.
- L’usine dispose de moteurs à induit en cage d’écureuil, répartis par petits groupes pour la commande des machines et fournissant au total 85 chevaux. En raison des dimensions des ateliers, la question de chauffage pendant la saison d’hiver a soulevé de graves difficultés quant aux conditions dans lesquelles la station centrale pourrait fournir le courant nécessaire à ces ateliers. En définitive, on trouva que la solution actuellement la plus économique était de prendre, pendant l’été, le courant à la centrale électrique et d’utiliser pendant l’hiver, pour une partie au moins des machines, la machine à vapeur de 35 chevaux qui existait déjà dans l’usine. On a pu faire ainsi des comparaisons directes entre la commande à vapeur et la commande électrique. Partant du mois d’avril, la consommation du courant en kilowatt-heure passe de i 3io à 7 090 en août, 7 55o en septembre pour descendre à 1 280 en mars.
- Les moteurs sont répartis de la façon suivante entre les divers services :
- Atelier d’estampage : x moteur de i5 chevaux
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- commandant une ligne de transmission de 24 mètres.
- Atelier des machines-outils : i moteur de 75 chevaux, commandant une transmission de 18 mètres; 1 moteur de 10 chevaux, commandant une trasmission de 24 mètres ; et un moteur de 5 chevaux, commandant une transmission de j8 métrés; cet atelier est actionné en hiver par la machine à vapeur.
- Dans l’atelier de vernissage, il y a deux moteurs de 5 et 7,5 chevaux et dans l’atelier de galvanisation, deux moteurs, l’un de 5 et l’autre de 3o chevaux.
- L’article analysé donne le détail des machines commandées par chacun des moteurs.
- (Electrical Review & Western Electrician, 6 déc. 1913).
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Les conditions d'isolation des lignes sur les côtes autrichiennes.
- L’exploitation des lignes télégraphiques des zones côtières souffre vivement,comme on le sait, des conditions défavorables d’isolation ; les dérivations sontparfois si importantes qu’elles suscitent de grosses difficultés.
- Sur la côte autrichienne de l’Adriatique, les dépôts de sel marin sur les fils exercent une influence particulière et produisent fréquemment de fortes pertes à la terre.
- Pour étudier la façon dont se comportent les longues lignes téléphoniques dans les régions côtières, on a fait, en février, mars et avril 1913, des observations approfondies sur la nouvelle ligne téléphonique de Vienne à Zara et au Sud de la Dalmatie par Trieste. Ces recherches ont établi que le degré d’isolation dépend notablement du vent régnant. On constate une faible isolation (jusqu’à 0,6 megohm par kilomètre de ligne) quand souffle le sirocco, vent du Sud-Est humide et chaud ; par contre, les jours où règne le bora, vent sec venant de l’Est-Nord-Est, on a pu mesurer des isolations de 100 à 200 megohms par kilomètre. Cependant, le bora lui-même exerce une influence défavorable en provoquant, sur les fils, les isolateurs et les poteaux, des dépôts salins. A partir du moment où le vent passe du bora au sirocco, c’est-à-dire devient humide, l’isolation tombe immédiatement à des valeurs très basses, parce que les particules sali-
- nes se dissolvent partiellement et que la couche de sel devenue humide livre au courant un passage facile à la terre.S’il survient de fortes pluies, ce qui est le cas la plupart du temps avec le sirocco, la croûte saline est délayée et les lignes retrouvent leur isolation normale. Le service de cette ligne n’a pas souffert, même avec les dérivations les plus fortes. Par contre, on ne pourrait attendre aucun succès de la pupinisation en raison des conditions défectueuses d’isolation.
- (Eleklrotechnische Zeitschrift, 27 novembre igi3).
- Influence de l’état atmosphérique sur l’Intensité des signaux de télégraphie sans fil.
- Le professeur E. W. Marchand a donné à la British Association un compte rendu des expériences faites par lui entre Liverpool et Paris sur les variations diurnes de l’intensité des signaux émis par les postes de télégraphie sans fil. Bien que ces expériences aient été de longue durée, il n’est donné que les résultats obtenus en juillet.
- Les observations les plus précises ont été faites au moyen des signaux émis par la Tour Eiffel à 10 h. 45 du matin et à 11 h. 45 du soir. Dans les premiers essais, on a employé un détecteur Perikon, en série avec un galvanomètre et un téléphone.Dans les essais ultérieurs, on s’est servi d’un galvanomètre Einthoven-Saiten avec lequel on a pu observer l’intensité de réception des ondes émises à Paris avec une précision de ± 5 % .
- Le résultat des expériences montre que le maximum de variation diurne d’intensité des signaux au cours du même mois est de 0,6 à i,3, l’intensité moyenne étfint 1,1. Par une belle nuit claire, le signala une intensité égale à 1,7 fois celle du signal de jour.
- En ce qui concerne l’influence de l’état atmosphérique sur l’intensité des signaux émis et reçus, on n’a pas encore une expérience définitive. Toutefois, les observations montrent que la pluie à Paris diminue toujours l’intensité de réception. 11 est arrivé une fois qu’un vent soufflant du Nord-Ouest à une vitesse de 6 mètres par seconde a abaissé de moitié l’intensité normale de réception. Le temps couvert est le plus favorable pour la station expéditrice comme pour la station réceptrice ; si le ciel esLclair ou s’il n’y a que de légers nuages, les signaux sont plus faibles. La pluie à la station réceptrice ne semble
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- avoir qu’une influence relativement faible.
- Les expériences qui ont été faites à la Tour Eiffel, le 26 juillet iyi3 entre 7 et 10 heures du soir, ont montré le renforcement de l’intensité des signaux immédiatement après le coucher du soleil, renforcement qui a atteint brusquement 70 % . Avant le coucher du soleil, il n’y a pas eu de variations remarquables, mais, après ce brusque renforcement, l’intensité des signaux est restée constante. Ceci donne à supposer que, dès le coucher du soleil, les signaux subissent une plus forte modification que du fait des conditions normales de la nuit.
- ( Wireless World, octobre 1913).
- Sensibilité d’un téléphone.
- M. R. Gans a étudié les meilleures conditions d’aimantation et de dimensions d’un électroaimant de téléphone et les métaux qui conviennent le mieux à sa construction. Dans un champ magnétique complètement enveloppé par une bobine à N spires, soit : lt, la longueur de fer, la, l’entrefer,
- S, la section,
- B, l’induction,
- h, r intensité du champ.
- La force portante de l’électro-aimant sera :
- B2
- F
- 8 %
- et l’on aura la relation
- IU, + B 4 = 4 ic N i. La sensibilité est exprimée par l’équation de Hoffmann :
- dB
- rfF
- di
- . et, d’après
- dt
- di
- NS
- li
- B
- dH
- 1 +
- LdB L dH
- dB
- L’auteur désigne l’expression « perméabi-
- lité réversible » u... Posons £ = s.
- f-i
- est proportionnelle au rapport K
- la sensibilité
- - B|'" .. La
- 1 + e!V
- valeur de K, c’est-à-dire la sensibilité, est discutée pour le cas e = o, c’est-à-dire pour celui dhin aimant indéfini et pour un rapport de dimensions quelconques de l’aimant.
- Lesj-résultats de cette étude peuvent se résumer comme il suit :
- i° Le meilleur métal est celui pour lequel le produi t de la perméabilité initiale par la saturation a la valeur la plus grande;
- 20 Pour l’acier Rémy recuit, avec un faible rapport des dimensions (e < 0,00109) l’induction B= 10 800 est la plus favorable; pour de grands rapports de dimensions (s > 0,00109) l’induction doit être aussi grande que possible;
- 1° Il convient pratiquement de ne pas prendre un rapport de dimensions supérieur à £=0,00109, mais peu importe la valeur de s entre o et 0,00109. Si l’on est oblige de faire e > 0,00x09 on le choisira aussi petit que possible ;
- 4° Au point de vue qualitatif, les mêmes résultats sont valables pour l’acier Rémy trempé mais, pour celui-ci, la puissance maximum de l’électro-aimant 11’est que les trois cinquièmes de celle de l’acier recuit; il est donc préférable d’employer l’acier recuit pour un téléphone lorsqu’on peut donner aux aimants des proportions telles qu’on réalise les inductions lès meilleures.
- [Archiv fiir Elektrotechnik, n° 3, 1913),
- STATISTIQUE
- Les entreprises électriquesau Japonen!912.
- Le ministère des Finances du gouvernement japonais a public son i3e rapport annuel qui donne un aperçu du développement de la vie économique au Japon. Les progrès se sont continués normalement pendant l’exercice 1911-191» considéré. Le gouvernement commence à limiter prudemment, les dépenses et à les mettre en harmonie avec les ressources du pays. Cette tendance a naturellement une répercussion sur l’industrie privée qui semble également être devenue plus circonspecte.
- Voici comment se repartissaient en 1910 et 1911, d’après l’agent moteur, les machines employées dans les usines (voir;tableau I page 27).
- Toutefois, il y a lieu de signaler qu’en ce qui concerne les moteurs à gaz, les deux chiffres correspondant à 1910 paraissent manifestement erronés.
- C’est l’industrie textile qui compte le plus grand nombre de fabriques (4 655) et qui emploie la plus grande force motrice (5 241 moteurs de tous genres et dynamos et 171 o5i chevaux, sur lesquels les dynamos et moteurs en semble entrent pour un total de 1 262 unités et 49387 chevaux),
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- Tableau I.
- - 1910 1911
- Nombre d’usines employant des moteurs. . . . Moteurs à vapeur Moteurs à gaz Moteurs à pétrole Turbines hydrauliques Roues Peton Dynamos Moteurs électriques f» / unités 6 8o5 788 t 079 120 168 988 1 9ia 3i IIP total 338 6/,7 68 76/, 7 277 e9 297 18 168 247 5oo 66 844 7 7 unité» 6 888 962 1 187 144 196 1 017 2 881 56 IIP totnl 3q3 /,/,6 2 4 625 8 285 108 532 24 4 86 248 000 1 21 398
- 11 814 816 49a i3 198 928 763
- La puissance globale des dynamos a augmenté de 40 % et celle des moteurs de *5% par rapport à l’année précédente. En ces dernières années, le Japon a vu se développer de façon extraordinaire son industrie textile, et spécialement les filatures de coton où la commande électrique commence à s’introduire.
- Les industries spéciales, dans lesquelles on range les exploitations minières, sont passées en un an de 44 000 chevaux à 89 000. La production des mines japonaises se chiffre par 265 millions.
- Quant au nombre des ouvriers employés dans les diverses industries, il s’est accru d’environ 10 % et atteint à près de 800 000, dont 4a5 898 dans l’industrie textile, 71 088 dans les constructions mécaniques et métalliques, 72761 dans les industries spéciales et, sur ce dernier chiffre, 3 851 pour rélectrotechnique. Le total d’ouvriers employés dans l'industrie électrique estétonnam-ment faible si l’on pense que le Japon produit lui-même tous les articles d’installations et de canalisations, et les lampes à incandescence, dont l’importation est devenue depuis longtemps presque nulle, en raison de tarifs douaniers prohibitifs.
- Les salaires se sont également accrus au cours de l’année 1911; ils sont en augmentation de 5o % par rapport à l’année 1900 et, en certains cas mêmes, de 75 %. Le Japon voit donc disparaître peu à peu l’avantage que lui donnait le bas prix de la main-d’œuvre. 11 faut d’ailleurs considérer que les industriels japonais ignorent encore les charges sociales qui pèsent sur les industries étrangères telles que les assurances contre les maladies, l’invalidité, les retraites ouvrières.
- Dans le rapport précédent, il était déjà indiqué que les lampes à filament de carbone
- étaient exclusivement fabriquées dans le pays et que, d’ici peu, les lampes à filament métallique le seraient aussi. On a, en effet, récemment projeté la création d’une nouvelle fabrique de lampes à filament de tungstène, en sorte que l’importation de cet article disparaîtra bientôt.
- Le nombre des compagnies d’éclairage électrique est passé de 122 à 155, mais le capital de 122000000 de yens n’a pas changé. Le chiffre des abonnés atteint près d’un million.
- Les chemins de fer et tramways électriques n’ont pas non plus progressé beaucoup : le nombre des entreprises de tramways est passé de 40 à 47, le capital global de 161 millions à 182 000 oooycns,sur lesquels 120 000000représentent les tramways municipaux de Tokio et Osaka.
- Le prix du kilomètre de ligue, y compris le terrain, les bâtiments, voitures, etc., se chiffre en moyenne par 478 000 francs, chiffre très élevé, si l’on considère que le Japon achète extrêmement bon marché, par suite de la concurrence internationale. L’ensemble des tramways n’a transporté que 458 000 000 de voyageurs, soit une moyenne de 10 voyages par tête sur le total de la population. La ligne électrique du chemin de fer de l’Etat Tokio-Yokohama était encore en construction à l’époque de la rédaction du rapport. Quant aux lignes télégraphiques et téléphoniques, elles sont en progression légère. O11 compto4 65/( bureaux télégraphiques eUjgSolieues de lignes qui ont expédié ou transmis 82, 4 millions de télégrammes; on compte, d’autre part, 1 988 bureaux téléphoniques, dont 889 stations automatiques et 2 740 lieues de lignes. -
- (Elektrotechnische Zeitschrift, 27 novembre 1913.)
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- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- La Société des Etablissements Maljournal et Bourron a présenté, le 3o octobre dernier, des résultats particulièrement intéressants pour ses actionnaires comme pour tous ceux qui s’occupent d’appareillage électrique. En dehors d’un chiffre de bénéfices nets, toutes charges et amortissements déduits, qui atteint 4&7 192 fr. 48» soit 22,85 % du capital social, nous constatons que la Société a pu, avec ce capital de 2 millions, réaliser un chiffre d’affaires de 3627040 fr. 80; près du double. Ce résultat n’a pas été obtenu sans difficultés, comme le rapport le consigne dans cette phrase : « Le mouve-« ment que nous venons d’analyser a non seulement « absorbé nos moyens de toute espèce,mais a occupé « parfois jusqu’à l’excès nos ressources d’installation « et d’activité » ; mais le bénéfice brut acquis, qui ressort à 32,2 % , justifie les efforts de la direction pour augmenter et maintenir la situation commerciale de l'affaire. Cet état de choses a conduit le conseil à demander d’approuver une augmentation du capital de 2 à 3 millions ; de suite, il a réalisé une première tranche de 400 000 francs qui a servi à racheter au taux de 200 francs par litre les parts de fondateur. Celles-ci ont touché, pour l’exercice écoulé, 33 fr. 48, ce qui mettait leur valeur réelle bien au-dessus de ce prix de négociation. La Société a donc fait une opération heureuse qui aura pour conséquence de profiter aux actions de capital ’car la substitution de titres de cette espèce aux parts rend disponibles, sur la base d’un dividende de 8 % ou 8 francs et de résultats analogues à ceux de l’exercice, une somme de 34 866 fr. qui peut être répartie aux 24 000 actions ta.it anciennes que nouvelles. En dehors de l’opportunité immédiate de ces échanges, la réalisation des projets d’agrandissements élaborés et la situation de trésorerie de la Société pouvaient exiger dans un avenir rapproché l’adaptation du capital à leurs nécessités.
- Le bilan présente à l’actif 662 479 fr.58 de valeurs disponibles ou réalisables contre 484 95o fr. d’exigibilités; l’écart entre les deux postes est restreint quand on envisage le montant des marchandises en magasin, des travaux en ateliers et des répartitions à faire en raison des votes de l’assemblée générale ; il faut tenir compte en outre delà progression des af-
- faires pour l’exercice en cours, dépassant de 35o ooofr. celles de l’exercice écoulé et nécessitant l’augmentation des stocks ou des marchandises en cours de fabrication. Sibienque l’appel de 600 000 fr. à des conditions à déterminer ne saurait tarder ; les disponibilités ainsi acquises serviront en partie à construire une nouvelle usine « conçue en prévision de l’avenir «et pouvant assurer toute la stabilité désirable ».
- Ensuivantle chiffre d’affairesde la Société Maljournal et Bourron puis df's Etablissements Maljournal et Bourron depuis la création en 1894,on constate que, sauf de 1907 à 1909, il a toujours été en augmentant, l’écart le plus grand d’une année à l’autre étant en faveur du dernier exercice. L’action de la Société s’étend maintenant sur toute la France, mais elle est plus particulièrement efficace à Lyon, centre de deux réseaux importants, et dans les départements environnants; cette situation privilégiée ne saurait prévaloir contre la concurrence qui est aussi active dans cette branche de la construction électrique que dans toutes les autres, mais l’organisation du travail et le monopole de certaines spécialités rend la lutte plus facile et les bas prix n’excluent pas, comme nous l’avons vu, des bénéfices intéressants pour l’avenir. Si nous comparons les charges sociales, y compris les frais généraux de fabrication et les amortissements industriels, au chiffre d’affaires,nous vérifions qu’il est un peu supérieur à 27 % , tandis que l’ensemble des bénéfices bruts atteint presque 40 % du même chiffre ; l’écart entre ces deux pourcentages peut risquer de se réduire, sans pour cela que la part faite aux actionnaires et aux réserves cesse d’être d’un ordre satisfaisant. La répartition des profils de l’exercice que nous rappelons ci-dessous, n’a absorbé que 67 % et la constitution de la réserve spéciale,qui atteint 385 000 francs, permet le cas échéant la stabilisation du dividende ; de plus, réserves et amortissements atteignent déjà i5,6 % du capital. Nous donnons avec la répartition des bénéfices le résumé du bilan.
- Actif.
- Immobilisé....................... i 193 685 85
- Réalisable....................... i 85g 672 58
- Disponible............... ....... 4o5 011 g5
- 3 458 37o 38
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- Passif.
- Envers la Société................. 2 000 000 »
- Réserves et amortissements........... 5oi 212 60
- Envers les tiers..................... 484 950 5o
- Comptes d’ordre....................... i5 014 80
- Bénéfices............................ 45? 192 48
- 3 458 870 38
- Répartition des bénéfices.
- Réserve légale........................ 22 859 65
- Aux actions de capital 8 % par action. 160 000 00
- Au Conseil............................ 33 433 24
- Aux parts............................. 66 866 55
- Réserve spéciale..................... 174 o33 o3
- Total....................... 457 192 48
- Les Tréfileries et Laminoirs du Havre poursuivent leur marche ascendante. Laissant de côté pour un instant les bénéfices résultant de la prime à l’émission de 68000 actions parce qu’ils présentent un caractère exceptionnel, nous voyons que les bénéfices bruts industriels s’élèvent à 4 56o 973 fr. 16 et les bénéfices nets à 3 949 i5o fr. 66. On entend ici par bénéfices industriels les résultats des usines, déduction faite de tous les frais généraux, administratifs, commerciaux et de fabrication ; les bénéfices nets s’entendent déduction faite des seules charges obligatoires. Ils apparaissent comme très supérieurs à ceux de l’exercice précédent et fixent le rendement du capital au minimum à 15, 8 % : nous disons au minimum car il faut tenir compte de ce fait que les nouvelles actions n’ont été souscrites qu’en décembre 1912 et janvier 1913 et que le second semestre seul a pu bénéficier de l’appoint qu’apportait à la société ce complément de moyens. A ce bénéfice industriel, il faut ajouter, pour avoir le solde à répartir, le report de 55g 733 fr. 06 de l’exercice précédent et le prélèvement de 567 120 francs sur la prime d’émission ; ce prélèvement représente approximativement la part de dividende se rapportant à la période écoulée du ier juillet 1912 au jour de la libération des nouvelles actions. Le solde créditeur du compte profits et pertes s’élevait donc à 5 076 oo3 fr. 72.
- Les actionnaires avaient pensé que, devant ces résultats, le conseil proposerait de porter le dividende de i2fr. 5o à i5 francs: cette mesure nécessitait un décaissement supplémentaire de 760 000 francs, chose toujours possible si on ne considère que la situation présente: en dehoisde r 564 64ifr.7i de valeurs disponibles, les valeurs réalisables figurent
- au bilan pour 2 ! 639937 fr. 5o, tandis que les créditeurs divers ne se montent qu’à 7 829325 fr. 44*
- La Société pouvait donc envisager l’éventualité de diminuer momentanément ses disponibilités de pareille somme. Mais le Conseil a estimé qu’il fallait profiler de la situation pour ramener la valeur de toutes les usines à un chiffre qui ne pût donner lieu à aucune critique et pour porter les réserves au maximum possible. Ainsi, 1 171 355 fr. 66 ont été affectés à l'amortissement des usines, à la réserve extraordinaire et aux bénéfices reportés : la part des actionnaires est encore de 3 ia5o00 francs, correspondant à un dividende de 12,5 % au cours nominal du titre, et de 4,* % au cours du jour.
- Les actionnaires récents estimeront que, pour une valeur industrielle, ce n’est pas suffisant ; mais leur acquiescement à la politique du conseil aura permis de placer les Tréfileries du Havre parmi les mieux assises au point de vue financier. Pour un capital de 25 millions, les réserves diverses ou provisions pour fluctuations des cours des métaux s’élèvent à 19 i3i 806 francs ; les immobilisations qui ont coûté 27 329 007 francs sont amorties de 13 400 352 francs et ne figurent plus que pour 13 928 654 francs ; l’ensemble des valeurs disponibles réalisables et des marchandises diverses se chiffre par 49 4*5 284 fr. 14 ï par contre, les engagements envers les tiers ne sont que de 19 517 240 fr. 41 ; si bien qu’en les balançant, comme il convient, avec le chapitre précédent, on constate que le montant du capital est représenté avec une plus-value de 5 millions par des valeurs réalisables. Peu d’affaires se présentent de telle façon à l’analyse.
- Le portefeuille atteint cette année 4 687 913 fr. ; il comprend, en grande partie, des actions de la filiale, la Société Italienne Trafilerie e Laminatoi di Me-talli. Celle-ci a commencé son exploitation et tout fait espérer que l’exercice en cours verra s’ouvrir Père des bénéfices. Ce poste du bilan contribuera dès lors pour sa part à accroître les profits.
- On peut admettre, en manière de conclusion, que, sauf un ralentissement important des affaires et la prolongation peu désirable de la situation politique actuelle, le conseil des Tréfileries du Havre consentira l’année prochaine à une augmentation du dividende. T. R.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2° Série). — N° 1.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Afrique. — Un décret du 24 décembre autorise le gouvernement général de l’Afrique Occidentale Française à emprunter une somme de 167000000^)0 francs, pour l'exécution des travaux ci-après désignés et à l’achat du matériel nécessaire à leur exploitation :
- Achèvement du chemin de fer de Thiès à Kaycs, a5 000 000 de francs; construction du chemin de fer Bamako à Bougouni, ia25oooo francs; prolongement du chemin de fer de la Guinée de Kankan vers Beyla, a5 000000 de francs; prolongement du chemin de fer de la Côte d’ivoire, de Bouaké vers le Comoé et embranchement de Dimbokro vers Daloa, 44 000 000 de francs; prolongement du chemin de fer du Dahomey : de Savé vers Djougou par Parakou; construction de la ligne de Grand-Popo vers Lokossa avec raccordement à la ligne de Cotonou à Segboroué; construction de la ligne de Porto-Novo à Cotonou, 3o 5oo 000 francs.
- Maroc. — L'Information annonce qu’il s’est constitué tout récemment, à Tanger, une Société franco-espagnole ayant pour but de construire un réseau de tramways électriques pour desservir la ville de Tanger et ses environs. L’entreprise comprend des capitalistes anglais, français et espagnols ; elle aura son siège social à Tanger, et un conseil d'administration composé de douze membres plus le directeur.
- ÉCLAIRAGE ET FORCE MOTRICE
- Aiïl. — Une enquête est ouverte à Coliguy sur le projet de distribution d’énergie électrique, déposé par l’Union Electrique.
- Allier. - Le conseil municipal de Neuilly-le-Réal a approuvé le cahier des charges relatif à l’éclairage électrique, présenté par la Compagnie générale française d’Electricité.
- Ardèche. — Le conseil municipal de Saint-Agrève a accepté le cahier des charges concernant la fourniture de l'éclairage électrique présenté par M. Menul.
- L’éclairage électrique va être installé prochainement à Mauves.
- Ardennes. —L’Est Electrique a été nommé conces-siounaire de la distribution d’éclairage et de force motrice à Thilay.
- Aveyron. — Le conseil municipal de Sainl-Lanrent-d’Olt a reçu une demande de concession concernant l’éclairage électrique, présentée par M. Jules Boyer.
- Ca.lva.doS- — La municipalité de Gouvix a émis un avis favorable à la demande d’installation d’énergie électrique déposée par M. Foy.
- Le conseil municipal de Moutiers-en-Cinglais a donné un avis favorable à la demande de concession d’énergie électrique pésenlée par M. Domange de Subligny.
- Le conseil municipal de Bretteville-sur-Laize a approuvé le contrat passé entre le maire et la Société d’Electricité de Caen.
- Cantal. — U est question d’installer l'éclairage électrique à Antignac. La force motrice serait fournie au moyen d’un barrage sur la Sumaine.
- La municipalité de Thiézac a approuvé le cahier des charges concernant l’éclairage électrique.
- Le conseil municipal de Champs a émis un avis favorable à la demande de concession d’éclairage électrique présentée par M. Fouclier.
- Cher. — M, Belot, ingénieur à Saint-Florent, est chargé de l’installation de l’éclairage électrique au Châtelet.
- Creuse. — Il est question de faire installer l’éclui-rage électrique à Lavaveix-les-Mines.
- Eure-et-Loir. — La municipalité de CluUeauneuf a décidé la mise à l’enquête du projet de distribution d’énergie électrique présenté par MM, Bagués frères. La même décision a été prise par les municipalités de Brou et Bonneval.
- Finistère. — Un accord vient d’intervenir entre la Compagnie provinciale et le conseil municipal de Quim-perlé pour l’installation de l’éclairage électrique.
- Gers. — U est question d’installer l’électricité à Mouchon.
- Hauté-Saône. — Le maire de Raddon est chargé d’entrer en pourparlers avec la Société des Houillères de Ronchamp pour l’installation de l’éclairage électrique.
- Isère. — Le conseil municipal de Chafïonnay a émis un vœu favorable au projet d’éclairage électrique présenté par la la Société Force et Lumière de Grenoble.
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- 3 Janvier 1914
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- Loire. — La municipalité de Roanne a décidé la mise •à l'enquête du projet de concession concernant l'éclairage et la force motrice.
- Loiret. — Le conseil municipal de Poilly a éuiis un vote de principe en faveur du projet d’installation de l’éclairage électrique présenté par la Société l’Energie Industrielle.
- Lot. — M. Landes, industriel à Bagnac, est autorise il installer l’éclairage électrique à Mareilhac-la-Tour.
- Manche. —- M. le maire de Coutances a fait connaître au conseil municipal que plusieurs demandes ont été faites par des entrepreneurs pour l’établissement à Coutances de l’éclairage électrique, notamment par M, Dumond, de Granville^ MM. Molinié et Duval, de Saint-Lô.
- D'autre part, si le projet de la ligne des tramways électriques soumis au conseil général aboutit, la Compagnie ferait également des propositions à ce sujet.
- Enfin, la Compagnie du £az, d’après son traité, serait appelée également à concourir.
- Le conseil municipal a renvoyé la question à l’élude de la commission des travaux.
- Marne. — Le conseil municipal de Magenta a émis un avis favorable à la demande de concession de distribution d’énergie électrique présentée par la Société des Usines à gaz du Nord et de l’Est.
- Meurthe-et-Moselle. — Le conseil municipal de Jouaville a décidé de traiter de gré à gré avec la Société Energie et Eclairage pour l'éclairage électrique des rues et des écoles.
- Nièvre. — Le conseil municipal de Villiers-sur-Yonne a décidé de faire installer l’éclairage électrique dans cette' commune. *
- Nord. — L’Energie Electrique du Nord de la France a obtenu la concession de distribution d’énergie électrique à Quesnoy-sur-Deule.
- Oise. — Le conseil municipal de Froissy a décidé de faire installer l’éclairage éleclzûque dans la commune.
- Rhône. — Le conseil municipal de Champagne-au-Monl-d’Or a décidé de faire installer l’éclairage électrique dans la commune.
- Savoie. — La municipalité de La Chapelle-Blanche a décidé de faire installer l’éclairage électrique dans la coin inune.
- SOCIÉTÉS
- Tableau des recettes d’exploitation du mois d’octobre 1913.
- DÉSIGNATION ANNÉE 1913 DIFFÉRENCE ENTRE LES RECETTES DES DIX PREMIERS MOIS en 1913 et en 1912
- Recettes du mois d’octobre Recettes depuis le début de l’année en faveur de 1913 en faveur de 1912
- francs francs francs francs
- Energie Electrique du Nord de la France 366 364 2 949 6l4 671 5i8
- Société Roubalsicnne d'Eclairage 291 349 2 390 627 '118 o36
- Electrique Lille, Roubaix, Tourcoing 200 489 i 852 36a 202 179
- Compagnie Electrique de la Loire et du
- Centre 540 .340 o o5i 7^5 714 953
- Société Générale de Forces Motrices et d’Eclai-
- rage de la ville de Grenoble 49 S/»2 367 248 1 g 668
- Société des Forces Motrices du Haut-Grési-
- vaudan 621?3o5 58i i38 25 174
- Union Electrique 112 588 i 010 724 173 492
- Société d'Electricité de Caen 73 841 628 953 io5 592
- Société Méridionale de Transport de Force.... 186 840 1 649 371 212 443
- Sud-Electrique 341164.7 2 o56 9o5 424 732
- Est-Electrique *03^909 829 834 325 685
- Electricité de Bordeaux et du Midi 146 779 1 104 382 108 628
- Energie Electrique du Sud-Ouest 23o 185 1 891 122 402 56i
- Energie Electrique du Littoral Méditerranéen. 604 2l3 6 o35 5a6 469 33o
- Chemins de Fer Electriques départementaux de
- la Haute-Vienne 77,’9 80 7i4T959 338 768
- Tramways de Roubaix-Tourcoing 199 732 1 775 873 73 222
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV(2e Série). — N°l.
- Compagnie Française pour l’Exploitation des Procédés Thomson-Houston.
- Comparaison des recettes des exploitations du ior janvier au 3o novembre 1912-1913.
- RECETTES
- RECETTES
- DÉSIGNATION
- DES
- RÉSEAUX
- Compagnie des chemins de fer Nogentais______
- Ci« F“ des tram, ëlect. et omnib. de Bordeaux, Compagnie des tramways de Nice et du Littoral. Compagnie des tramways de Rouen.. .......
- Société des tramways d’Amiens.............
- Société Versaillaise de tramways électriques. Société des Tramways Algériens............
- DU MOIS DE NOVEMBRE
- DU Ie' JANVIER AU 30 NOVEMBRE
- augmentation augmentation
- 1912 1913 en 1912 igi3 en igi3
- 1913 totale : */•
- 3i3 258,80 336324,75 a3 o65,g5 38oi 4i3,65 3q36o33,qo i34 620,25 3,52
- 5o5474,a5 53g ria,3o 33638,05 50948,15 545i 019,15 5700 586,25 4 15a 507,80 255567,05 4,68
- 309818, a5 360766,40 3954881,48 197626,32 4,99
- 285076,05 307 4i5.35 21 73g,3o 2 957 835,35 3 140886 » i83o5o,65 6,18
- 6883o,o5 74000.40 5236,35 773938,20 7943o3,i5 20 364,95 2,63
- 48474,10 54 720,20 145 181,40 6 246,10 586438,75 614975 # 28536,25 85426,3o 4,86
- i3o668,25 i45i3, i5 1395181,15 1 480607,35 6,12
- CONSTITUTIONS
- . Société des Tramways Electriques d’Alicante. — Durée : 3o ans. — Capital : 1 5oo 000 francs. — Siège social : Bruxelles.
- Compagnie Générale de Radiotélégraphie. — Objet : la fabrication, l’achat, la vente, la location, l’installation et l’exploitation par tous moyens de tous appareils et objets relatifs à la télégraphie et à la téléphonie sans fil ; à cet effet, l’achat, la vente, l’échange, la location, l’apport en société de tous brevets d’invention, certificats d’addition, brevets de perfectionnements, marques de fabrique, immeubles et établissements commerciaux et industriels; l’obtention, l’acquisition, l’exploitation et la cession de toutes concessions et de toutes entreprises publiques ou privées concernant la téléphonie et la télégraphie, par tous moyens; et généralement toutes opérations commerciales, financières, industrielles et même immobilières se rattachant directement ou indirectement aux objets ci-dessus et à la production des ondes électriques sans conducteur en général et à leur utilisation, soit seule, soit en participation par voie de formation de sociétés particulières, de souscription et d’achat d’actions et de parts d’intérêts ou autrement. — Durée : 90 ans. — Capital social : 1 5oo 000 francs divisé en 3 000 actions de 5oo francs. — Siège social : a4, boulevard des Capucines, Paris. — Fondateur : Compagnie Générale d’Electricité, 5, rue Boudreau, Paris.
- CONVOCATIONS
- Société d’Entreprises Générales d’Electricité. —
- Le 7 janvier, 19, rue Blànche, à Paris.
- L’Electrique du Blésois. — Le 10 janvier, io5, rue Saint-Lazare, à Paris.
- V
- Compagnie de Fives-Lille. — Le i5 janvier, 8, rue d’Athènes, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- ERANCE
- L’Administration des Chemins dé fer de l’Etat, à Paris, va procéder à l’achat de câbles triphasés à haute tension.
- Les industriels désireux de remettre des offres de prix pour cette fourniture pourront, pour obtenir tous renseignements et documents utiles, s’adresser à M. l’ingénieur en chef des approvisionnements généraux, 42, rue de Châteaudun, à Paris, tous les jours ouvrables, de 9 heures à 12 heures et de 14 à'18 heures.
- Les offres devront parvenir à M. le président des adjudications des chemins de fer de l’Etat, 4a, me de Châteaudun, à Paris, le 5 janvier au plus tard.
- Un concours est ouvert entre entrepreneurs français pour l’installation de l’éclairage électrique au quartier Luxembourg, à Vesoul. Pour renseignements, s’adresser au chef du Génie de Belfort.
- BELGIQUE
- Le 14 janvier, à 11 heures, en la salle de la Madeleine, à Bruxelles, fourniture d’appareils téléphoniques pour l’administration des téléphones (cahier des charges spécial n° 209) : ier lot, commutateur àjacks et à fiches; caut. : 200 francs ; — 2e lot, commutateurs à numéro ; caut. ; 200 francs; — 3e lot, micro-téléphones pour poseurs; caut. : 100 francs. Soumissions recommandées le 10 janvier.
- Le 14 janvier, à 11 heures, en la salle de la Madeleine à Bruxelles, fourniture d’appareils et d’accessoires destinés au service des télégraphes (cahier des charges spé-cialn°ai5) : i8r lot, commutateurs et sonneries; caut. : 100 francs; — 2e lot, boutons d’appel, commutateurs électro-graduateurs, manipulateurs, récepteurs et rouets Morse, milliampère mètre?, résonateurs et sonneries; caut. : 2 800 francs. — 3‘ lot, commutateurs et tableaux d’annonciateurs ; caut. : 1 200 francs. Soumissions recommandées le 10 janvier.
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- Paris. » imprimerie levé, 17, rds camrttb.
- Le Gérant : J.-B. Noue»
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- Trente-sixième! annéé. SAMEDI 10 JANVIER 1914. Tome XXV (2° série). — N» à
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- J. Reyval. — L’électrification des chemins de
- fer suisses................................ 33
- Dethiollaz. — Fixation des conducteurs aux isolateurs.................................... 4*
- Publications techniques
- Stations centrales.
- Le montage des appareils de protection contre les surtensions............................... 44
- Transmission et Distribution.
- Le développement des industries hydro-électriques dans les Pyrénées [fin).......... 48
- Une installation hydro-électrique, de 3oooooche-vaux sur le Mississipi : la ligne à 11 o 000 volts allant à Saint-Louis.....................7... 5a
- Fourniture de courant à l’Exposition Univer-
- selle de San-Francisco................. 54
- Eclairage.
- L’éclairage électrique des automobiles, par Emil Dick............................. 55
- Applications mécaniques.
- Les moulages en acier électriques....... 56
- Bibliographie........................ 57
- Correspondance .............58
- Etudes et Nouvelles Economiques ........ 59
- Renseignements Commerciaux.............. 61
- Adjudications.......................... 63
- L’ÉLECTRIFICATION DES CHEMINS DE FER SUISSES
- __________
- La Commission suisse d’études pour la traction électrique des chemins de fer a recherché quel serait le système d’électrification le plus avantageux tant au point de vue technique qu’au point de vue économique. Après avoir comparé les avantages et inconvénients de différents systèmes, elle s’est prononcée en faveur du courant monophasé.
- L’importance capitale pour la Suisse de la ' question de l'électrification de ses chemins de fer n’est pas due surtout aux avantages techniques de la traction électrique, mais bien plutôt au fait qu’elle lui permettra la mise en valeur de ses forcés hydrauliques et leur substitution à la houille pour laquelle la Suisse est entièrement tributaire de l’étranger.
- Les travaux de la Commission suisse d’études pour la traction électrique des chemins de fer, que nous résumons ici, d’après une série de communications très documentées de M. le professeur Dr Wyssling, avaient donc pour but, non seulement d’établir l’utilité de la traction électrique en général, et de choisir le système le plus avantageux, mais encore d’élaborer des
- projets exacts d’exploitation permettant de conclure que la traction électrique serait au moins aussi économique que la traction à vapeur actuelle.
- I. Le choix du système.
- Systèmes en présence. -*- Pour des raisons que nous venons de donner, il s’agissait principalement de trouver un système qui puisse être mis en œuvre au moyen des forces hydrauliques suisses avec le maximum d’avantages économiques.
- Les expériences faites jusqu’à maintenant ont prouvé qu’on 11e peut prendre en considération que les trois systèmes’suivante :i ;
- Courant continu, soit avec troisième'rail pour
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2* Sérié). —N» 2.
- les tensions jusqu’à 8oo volts, soit avec lignes aériennes pour les tensions jusqu’à 3 ooo volts, éventuellement 23 ooo volts avec la disposition à trois fils.
- Dans les deux.cas, l’énergie est fournie, grâce à la présence de stations de transformation, sous la forme de courant triphasé à haute tension conduit parles lignes aériennes.
- Courant alternatif triphasé, avec deux lignes aériennes de 5 ooo à 8 ooo volts de tension entre phases, et une fréquence de i5. à 5o périodes par seconde, avec distribution primaire de courant triphasé à haute tension jusqu’à des stations de transformation, qui éventuellement pourront être aussi des stations d’accumulation.
- Courant alternatif monophasé, avec ligne aérienne jusqu’à i5 ooo volts et une fréquence de i5 à a5 périodes, le courant primaire pouvant être, soit du monophasé, soit du triphasé à haute tension transformé ensuite dans des stations d’alimentation qui pourraient aussi servir à l’accumulation.
- Les limites admises pour la tension ont été les suivantes :
- Courant continu. — i 5oo volts aux collecteurs, 3 ooo volts par moteur, 8oo volts pour le troisième rail, 3 ooo volts par conduite unipolaire, a><3 ooo par conduite bipolaire.
- Courant triphasé. — 5 ooo à 8 ooo volts pour conduite aérienne, transformateurs dans le véhicule, et éventuellement, grands moteurs,
- Courant monophasé. — 3oo à 5oo volts pour moteurs-série purs; 6ooo volts pour moteurs à collecteurs, i5 ooo volts pour transformateurs et conduites aériennes.
- La fréquence peut être fixée entre 15 et 25 pour le monophasé; les mêmes fréquences conviendraient aussi pour le triphasé de même que les périodicités de 40 ou 5o qui sont en usage dans les centrales.
- Comparaison des systèmes au point de vue purement technique.
- A) CoM PA SAISON DES SYSTEMES AU POINT DE VUE
- DES EXIGENCES DU SEHVICE D’EXPLOITATION DU
- CHEMIN DE FEU.
- i°) Puissance des moyens de traction électrique. — 11 estactuellcment hors de doute que l’on peut réaliser des moteurs électriques assez puissants
- pour assurer l’exploitation des chemins de fer à grand trafic.
- La traction par automotrices, qui, pendant longtemps, a été presque uniquement employée, permet de répartir la puissance sur un nombre variable de moteurs de puissance relativement plus faible, mais on s’est rendu compte que, de cette manière, 011 arrivait à des puissances totales telles qu’elles dépassaient de beaucoup celles qui pouvaient être envisagées pour le réseau étudié.
- La traction par locomotives, qui nécessite de plus grandes unités pour les moteurs, est indispensable pour les trains express, et ceux de marchandise^, et notamment pour le transit des express étrangers, amenés à la frontière suisse par des locomotives à vapeur.
- D’ailleurs, pour l’équipement des grandes locomotives, d’énormes progrès ont été faits ces dernières années. Mentionnons parmi les dernières unités construites :
- En continu, locomotive de 2 ooo chevaux et locomotive double de 4 ooo chevaux, fournies par la Société Westinghouse au Pensylvania; en triphasé, locomotive de 1 700 chevaux, pour le tunnel du Simplon et de 2 ooo chevaux pour le tunnel de Giovi, livrées par Brown-Boveri; en monophasé, locomotives de 1 ooo et 2 ooo chevaux du New-York-New-Haven et de 1 5oo chevaux des Chemins de fer du Midi fournies par Brown-Boveri.
- On peut dire avec certitude que les trois systèmes sont aptes à livrer des moteurs et des locomotives développant une puissance et un effort de traction plus que suffisants.
- 20) Possibilité de maintenir l'horaire. — Le service d’exploitation des chemins de fer exige à ce point de vue :
- à) La possibilité de faire varier la vitesse entre des limites espacées pour chaque effort de traction donné. Les courbes des figures 2, 3, 4, 5, qui se rapportent à quelques moteurs de traction modernes, montrent dans quelle mesure il a été possible de réaliser le réglage de la vitesse sans avoir recours aux résistances de réglage, c’est-à-dire de réaliser le déplacement de la courbe « effort de traction-vitesse » (dite caractéristique mécanique).
- Le moteur monophasé à collecteur est celui qui présente les plus grandes facilités pour le réglage de la vitesse en assurant la constance de l’effort de traction et sans perle dans les résistances.
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- 10 Janvier 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 3t>
- b) L’observation des temps de parcours prévus à l’horaire pour tous les poids de trains, et cela indépendamment de ce poids et de la charge du tronçon considéré.
- Le moteur monophasé à collecteur, seul, remplit économiquement cette condition et permet, grâce au transformateur de réglage de faire face à des chutes'de tension extraordinaires.
- c) La possibilité de marcher à la vitesse maxiina autorisée sur les rampes.
- Le moteur monophasé à collecteur satisfait à cette condition, comme d’ailleurs le moteur d’induction triphasé, tandis que le moteur à courant continu ne la réalise pas complètement.
- d) La possibilité, en vue de rattraper les retards de marcher exceptionnellement à la vitesse maxima admissible, même lorsqu’on devrait
- s’en abstenir pour des raisorfs économiques.
- L’augmentation exceptionnelle de la vitesse serait, à la rigueur, réalisable avec le moteur à courant continu, en affaiblissant le champ par shuntage des inducteurs, bien qu’on soit limité par la chute de tension dans la ligne de contact; et avec le moteur d’induction triphasé à l’aide d’une résistance spéciale, mais le transformateur de réglage du moteur monophasé à collecteur permet seul de satisfaire très bien à la condition.
- Les courbes de la page suivante ont été tracées en partant d’un même effort de traction « normal » et d’une même puissance uni-horaire normale pour les différents systèmes de moteurs. On a fait figurer aussi une courbe se rapportant à un moteur de « puissance constante » qui serait le moteur « idéal » tant au point de vue électrique
- Tableau 1
- Efforts de traction et puissance absorbée correspondante pour les moteurs des différents systèmes.
- EFFORT DE TRACTION EN POUR CENT DE 1,’EFFO.RT NORMAL
- 5o 100 i5o 200 a5o 3oo
- Moteur de tract don à cour ant contin u Alioth C i. T. M. 65
- pour 750 volts et 65 chevaux de puissance uni -horaire.
- Consommation, en kilowatts : du
- moteur seul 2,4 ' 4 ,7 7 »° 9,4 11,7 14,0
- Du moteur et des résistances de
- démarrage à voltage normal cons-
- tant IO ,0 >4,8 16 ,i 18,6 22 jO 24 ,0
- Moteur de locomotive à courant triphasé, Brown, Boveri et C
- D i6/6-5oo-3ao pour 35o chevaux de puissance uni-horaire, 1 6 périodes, 3 000 volts.
- Consommation en kilowatts.'........ 210 420 63o 840 1 o5o 1 26c
- » kilovolts-ampères. 320 640 960 1 280 i 600 1 920
- Facteur de puissance 0,655 o,655 0,655 o,655 o,655 0,655
- Moteur monophasé à commutateur système Déri, de Brown, Boveri et Ci0,
- pour 3oo chevaux de puissance uni-horaire, 16 2/z périodes, 1 000 volts.
- Consommation en kilowatts ' 65 92 122 154 190 228
- » kilovolts-ampères. 265 395 53o 670 810 95o
- Facteur de puissance 0,24 0,24 0,24 0,24 0,24 0,24
- Moteur série monophasé à commutateur des Ateliers d’Oerlikon, 12 WB,
- pour 1 000 chevaux de puissance uni-horaire, i5 périodes, 5oo volts.
- Consommation en kilowatts 20 60 97,5 140 *9° 250
- » kilovolts-ampères. i38 280 420 56o ^OO 860
- Facteur de puissance 0,15 0 ,*9 O ,23 0,25 0,27 0,29
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- LA LUMIÈRE ÉLECf RlQUE
- T. XXV(28 Sérié);—N» à:
- qu’à celui de ['uniformité de la demande du courant aux centrales hydro-électriques.
- 3°) Conditions du démarrage. — Pour assurer un bon démarrage, il a été reconnu qu’il suffisait largement de réaliser un effort au démarrage double de l’effort normal. De plus, pour éviter d’absorber une trop grande puissance, l’accélération ne doit pas être produite par une force de traction constante, mais, au contraire, cette force et l’accélération qu’elle engendre doivent diminuer peu à peu pendant le démarrage.
- Caractéristique mécanique de différents moteurs de même effort de traction normal et de même vitesse normale.
- Fig. i.—I. Moteur idéal de puissance constante ; II. Locomotive à vapeur ; III. Moteur-série courant continu; IV. Moteur à dérivation courant continu; V. Moteur monophasé; VI. Moteur d’induction triphasé.
- Le tableau I donne quelques exemples des efforts de traction et de la puissance correspondante absorbée par les moteurs des différents systèmes. Ces moteurs sont précisément ceux auxquels se rapportent les courbes caractéristiques des pages 37, 38 et 3<j que nous avons déjà étudiées.
- En définitive, la consommation de courant au démarrage, pour un effort de traction double de l'effort normal, en tant qu’elle intéresse les conduites, etc., est à peu près la meme avec les trois systèmes de moteurs, tandis que la consommation en watts, importante pour la consommation d’eau des centrales, est minimum avec le moteur monophasé.
- 4°) Possibilité de la. traction multiple. — Cette possibilité doit exister non seulement pour les automotrices, mais aussi pour les locomotives, étant données les conditions extrêmement variables de l’exploitation envisagée.
- Les moteurs-série, aussi bien à courant continu que ceux à courant alternatif monophasé, ne présentent aucune difficulté lorsqu’on leur fait attaquer simultanément des essieux appartenant à des véhicules différents, les puissances absorbées sc répartissant entre les moteurs proportionnellement à leur capacité d’absorption.
- Avec les moteurs d’induction triphasés, au contraire, lorsqu’il existe des différences de diamètres des bandages des roues qui imposent dès vitesses angulaires différentes aux moteurs, le moteur qui tourne le plus vite ne peut absorber toute sa quote-part de la puissance et peut même se transformer en générateur, tandis que l’autre moteur est surchargé.
- En pratique, ce défaut théorique ne donne pas lieu à des difficultés notables, et il peut être corrigé en introduisant une résistance dans le rotor.
- La traction multiple est donc réalisable avec tous les systèmes, bien que plus sûrement avec le moteur à courant continu et le moteur monophasé qu’avec le moteur d’induction à courant triphasé.
- B). Comparaison des systèmes de traction au point
- DE VUE DE e’ÉCONOMIE TECHNIQUE.
- x°) Poids mort des moteurs, équipement et véhicules. — II est préférable de rapporter ce poids mort au couple moteur en mètre-kilogramme, autrement dit à l’eff ort de traction, comnie c’est l’usage pour les locomotives à vapeur, plutôt que de le rapporter à l’unité de puissance exprimée en chevaux, car la vitesse à atteindre inlluence beaucoup sur les chiffres obtenus dans ce dernier cas. Le tableau II montre que les trois systèmes de traction électrique réalisent une économie importante du poids mort relativement à la traction à vapeur, comme le montrerait toute comparaison avec les locomotives à vapeur modernes; tandis que les petites différences entre les trois systèmes de traction électrique sont de peu d’importance, et que même, le poids un peu plus élevé qui ressort au système monophasé améliore la régulation de la vitesse.
- 20) Consommation d’énergie et rendement des systèmes. — Il ne faut pas perdre de vue que le rendement des systèmes ne fournit un critérium pour la comparaison des systèmes qu’autant que ce rendement est envisagé conjointement avec les dépenses d’exploitation, d’entretien et d’inté-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- rêt : il n’a donc pas par lui-même une importance i meme pour le rendement des lignes conduisant prédominante. I aux postes d’alimentation ou de transformation.
- Tableau II
- POIDS PAU HP. DF. PUISSANCE ET PAR MKG DE COUPI.E MOTEUR Continu COU1UN T Triphasé Monophasé
- Des locomotives électriques pour des vitesses de ( 5o-55 kg/HP 45-60 kg/np 50-75 kg/HP
- 40-60 km/h 11 kg/mkg 10-12 kg/mkg 11 -13 kg/mkg
- De l’équipement des automotrices pour des vîtes- a8-3o kg/HP 3o-35 kg/HP 3o-35 kg/HP
- ses de 40 km/h 6-7 kg/mkg 7-8 kg/mkg 7-8 kg/mkg
- Le rendement des moteurs varie considérablement pour un même moteur, suivant les conditions momentanées du service, et pour des moteurs de même type, suivant la grandeur de ces moteurs ; tandis que les rendements de moteurs alimentés par des courants de nature différente, mais de même puissance normale, diffèrent peu les uns des autres.
- Les courbes caractéristiques suivantes se rapportent à des moteurs pour lesquels la régularisation de la vitesse est obtenue sans aucune perte dans les rhéostats. On n’obtient ainsi pour le courant continu et le triphasé qu’une régulation à quelques étages ; aussi est-il impossible en pleine marche d’éviter, dans ces deux cas, l’emploi de résistances pour réaliser les vitesses intercalaires. Il en résulte des pertes qui réduisent le rendement total des organes de traction et des dispositifs de régulation, et ainsi s’évanouit l’avantage apparent du courant continu relativement au monophasé, avantage résultant du meilleur rendement et du meilleur facteur de puissance du moteur seul ; le courant triphasé devient aussi moins avantageux que le monophasé.
- Il est très difïicile de tirer parti des mesures effectuées sur le rendement des trains entiers, car celles-ci s’appliquent à des cas particuliers et peuvent difficilement être généralisées à tout le service, toutefois on peut admettre les valeurs suivantes du rendement moyen des trains.
- Courant continu : 0,70 — 0,80;
- Courant triphasé : o,65 — 0,70 ;
- Courant monophasé : 0,68 — 0,75.
- Le rendement des lignes de contact peut être augmenté à volonté en y mettant le prix ; il est très voisin pour les trois systèmes, il en est de
- Ce sont les installations de transformation qui exercent l’action la plus importante sur les rendements. 1
- Représentation graphique des caractéristiques mécaniques, du facteur de puissance et du rendement de moteurs de traction de différents systèmes soumis à une régulation rationnelle.
- (L’effort’de traction et la vitesse pour lesquels le moteur est normalement construit sont mentionnés spécialement).
- O tOQ ZOO 300 400 500 600 700 Kj
- Effort de traction à lajante
- Fig. _ Moteur-série, à courant continu, de la Société d’Electricité Alioth, pour 66,5 IIP. et ^50 volts. — i. Couplage en série; 2. Couplage en parallèle; 3. En couplage en parallèle avec 3o % de courant de shunt; 4- En couplage en parallèle avec Go % de courant de shunt.
- Elles consistent, pour le courant continu, en stations pourvues de transformateurs rotatifs.
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- avec ou sans batterie-tampon et leur rendement annuel varie entre 0,70 et 0,90.
- Pour le courant alternatif, triphasé ou monophasé, les transformateurs donnent lieu à des pertes dans le cuivre, variables avec la charge, .donc faibles en moyenne, et à des pertes constantes dans le fer.
- S *S
- &0.6
- 6*0 iuo isto tste 3toost*o**oo sito siet s*toKg. Effort de Lr Action à la jante
- Fig. 3. — Moteur d’induction triphasé, de 85o HP, 3 ooo volts et i5 périodes avec 4 changements de pôles, de la Société Brown, Boveri et Cie.
- Des mesures du rendement annuel des postes de transformation ont fait ressortir un rendement de 60 % au chemin de fer Bcrthoud-Thoune et de /|5 % au chemin de fer de la Yalteline.
- Toutefois, dans des installations plus modernes, ces pertes peuvent être beaucoup moindres, car 011 peut augmenter notablement l’espacement des stations et les dimensions des unités transformatrices, ce qui est bien plus avantageux au point de vue des rendements.
- Les calculs et expériences effectués jusqu’à présent conduisent à admettre en moyenne les chiffres suivants (Tableau III) qui montrent que les différences entre les rendements des système ne sont pas bien considérables.
- 3°) Possibilité d’égaliser les variations de la puissance nécessaire. — Ce point intéresse spécialement l’installation des centrales, et il est d’une importance prédominante pour l’électrification des chemins de fer suisses au moyen des chutes d’eau du pays.
- -ci 49
- Sfc2 ffo 'tditr, icdôni art v
- 460 320 1300 10*0 1300 tTSO 3lt0 3(00 *1*0 *(00Kg
- Effort de traction à lajante
- Fig. 4. — Moteur monophasé de 3oo HP, i ooo volts, 16 */3 ériodes, de la Société Brown, Boveri et C‘«, système rown, Boveri-Déri, avec 6 positions différentes des balais.
- Il est facile de voir que le rapport de la puissance maxima à la puissance moyenne variera dans des limites éloignées suivant la longueur, le trafic, et le profil en long de la section envisagée; et'le système qui sera le plus avantageux sera celui qui pourra faire face le plus facilement à ces variations, tout en affectant le moins possible les conditions de marche des centrales.
- D’après les calculs de la Commission d’études et les observations faites sur différents chemins
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- Tableau III
- Rendements des trois systèmes rapportés à l'énergie journalière et annuelle.
- COURANT COURANT COURANT
- CONTINU T R I IMI A S 15 MONOPHASÉ
- Pour les trains (véhicules) 0,70-0,80 0,65-0,75 0,68-0,75
- Pour la ligne de contact et les rails 0,94-0,98 0,94-0,98 0,94-0,98
- Pour la transformation dans des machines rotatives 0,70-0,90 » ))
- Pour la transformation statique : (Transformateurs de construction ancienne) )) (0,70-0,80) (0,80-0,90)
- (Transformateurs de type récent) )> 0,80-0,90 0,90-0,95
- Pour les lignes de transport à haute tension 0,9° 0,95 °j9°-°,95 0,90-0.98
- Pour tout le système de la génération du courant des centrales jusqu’à la jante des roues 0,42-0,67 o,44-o,63 0,53-0,63
- de fer électriques, le rapport entre la puissance maxima consommée et la puissance moyenne est environ 3,5; dans ces conditions, l’utilisation des machines des centrales ne serait au plus que
- <: Sa
- 20
- de tract ioj i m Irma,
- C; GO
- 1000 zooo 3000 4000 5000 6000 7000 8000Kg
- Effort de traction à la jante
- Fijr. 5. — Moteur monophasé de i ooo HP, 5co volts, i5 périodes des Ateliers de Constructions Oerlikon, avec 7 tensions différentes aux bornes.
- d’un tiers, et l’on a cherché à réaliser une marche plus constante de ces machines en emmagasinant pendant les périodes de faible charge l’énergie utilisée, et en restituant cette énergie pendant les périodes de forte consommation,
- au moyen de dispositifs appropriés tels que les accumulateurs électriques ou l'accumulation hydraulique (réservoirs d’eau avec pompes et turbines).
- Des projets et des devis pour des installations pourvues de batteries-tampons ont été établis dans des conditions se rapprochant le plus possible de la réalité; le rapport entre la puissance maxima et la puissance moyenne a été fixé à 4, et la comparaison entre les trois systèmes a été faite d’abord dans le cas d’un trafic moyen, puis le cas d’un trafic très intense; c’est à ce dernier cas que se rapportent les chiffres entre parenthèses du tableau IV.
- Bien que ces chiffres ne soient qu’approximatifs, on voit très nettement l’avantage du courant monophasé sur les autres systèmes.
- Des projets comparatifs analogues élaborés pour l'accumulation de l’eau n’ont montré «aucune différence notable entre les trois systèmes.
- Etant donnés les frais considérables d’installation nécessaires pour l’accumulation, on a cherché s’il ne serait pas plus avantageux d’établir les centrales en vue de la fourniture directe de la puissance maxima, et de renoncer à toute accumulation.
- Une étude comparative fut entreprise pour un cas moyen, type de 5oo kilowatts de puissance moyenne, et a ooo kilowatts de puissance maxima, l’énergie étant supposée fournie par une cen-j traie utilisant une chute de aoo mètres. j
- Le tableau V montre très nettement l’avantage marqué de la fourniture directe des surcharges par la centrale. .. j
- On conclut donc que le système le plus écono-j mique sera celui qui comporte les plus petites
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- Tableau IV
- Pertes et augmentations des dépenses résultant de Vaccumulation*
- AVEC l’emploi DU COURANT
- V - CONTINU TRIPHASÉ MONOPHASÉ
- do 3 000 volts avec do 5 000 volts avec
- accumulation accumulation contralo do 15 000 volts avec
- dans difFëronlos stations. sans modification do la fréquence. accumulation contralo.
- Pour chaque kilowatt-heure à fournir à la ligne de contact par la distribution à haute tension, il faut compter en kilowatt-heures i,54 (i,4o) 1,65 (i,55) 1,65 (r,5o)
- Le coût de cette dernière énergie est compara-tivément, en % IOO (ioo) 107 (111) i°7 (107)
- Le coût de la transformation devient proportionnellement, en % i 36 (64 ) 93 (5o) 68 (43)
- Le coût des kilowatt-heures fournis, en % .... a36 (164) aoo (161) 175 (i5o)
- variations delà puissance maxima. (lellcs-ci sont les moindres pourdes moteurs-série, vu la diminution de leurs vitesses dans les rampes, et l’avantage reste incontestablement au moteur-série à courant monophasé.
- /i°) Récupération de Vénergie, — Théoriquement, on peut tenir compte de la récupération de la force vive comme travail de freinage et de celle du travail d’ascension que l’on peut regagner à la descente, et il semble à première vue que, dans un pays montagneux comme la Suisse ce dernier mode de récupération soit d’une grande importance.
- Pour la récupération, les moteurs doivent tra-
- Tàui
- vailler comme générateurs, ce qui exige pour tous les systèmes l’élévation de la force électromotrice des moteurs au-dessus de la tension de la ligne. Si l’on renonce à l’emploi des génératrices auxiliaires, d’excitateurs séparés d’une trop grande complication, on prive le moteur-série à courant continu de sa propriété de pouvoir fonctionner comme générateur. D’autre part, il ne peut être question d’employer le moteur de dérivation à courant continu. On ne peut donc employer pour la récupération que le moteur d’induction triphasé, ou le moteur monophasé avec transformateur de tension.
- La récupération sous forme de travail de frei-uj V
- Rapports des dépenses totales annuelles pour Vexploitation, Ventretien^ Vintérêt et Vamortissement de la centrale et éventuellement des dispositifs d'accumulation.
- LES SURCHARGES ÉTANT FOURNIES DIRECTEMENT PAR LA CENTRALE
- PUISSANCE CONSTANTE DE LA CENTRALE ET BATTERIES - TAMPONS DANS LE RÉSEAU
- Pour le cas où une distribution à longue distance n’est pas nécessaire, les dépenses sont dans le rapport de........................
- distribution sans transformation, à une distance de 5o km......
- — — — ioo km.......
- — — — i5o km.......
- distribution avec transformation au point de consommation,
- x à une distance de 5o km...................................
- — ioo km.................................
- — i5o km.................................
- IOO à 18a
- IOO à 1 4 a
- IOO à 13a
- IOO à 1 a 4
- IOO à 180
- IOO à 144
- IOO à Tl 4
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- nage est si minime, comparée an travail total, qu’il n’y a pas lieu d’en faire état.
- Au contraire, la récupération de l’énergie libérée à la descente a été réalisée principalement par les chemins de fer de montagne proprement dits, tels que le chemin de fer de Barmen, le chemin de fer de Filder près de Stuttgart, le chemin de fer du Gornergrat et d’Engclbcrg.
- Outre les chemins de fer de montagne, la récupération est utilisée en Suisse sur la ligne Ber-thoud-Thoune et en Italie sur la ligne de la Valte-line et dans un tunnel des Giovi.
- En se basant sur les résultats de nombreuses
- mesures, et en tenant compte des conditions moyennes des chemins de fer suisses, on peut évaluer avec sécurité à 4 % le gain total en énergie récupérée pendant les descentes.
- On voit donc que, sauf pour des cas particuliers, la récupération de l’énergie n'a pas une importance aussi grande qu’on pourrait le croire pour l’exploitation des chemins de fer suisses à voie normale, et que, pourvu que I on ne choisisse pas le courant continu, la récupération à la descente est toujours possible avec l’un des autres systèmes.
- (A suivre.) .1. K k y val.
- FIXATION DES CONDUCTEURS AUX ISOLATEURS
- Description de différents modes d'attache des. conducteurs aux isolateurs et en particulier d'une agrafe permettant de se passer d'un personnel exercé pour le montage et s'adaptant indifféremment à tous les conducteurs.
- Pendant longtemps rétablissement des lignes de transport d’énergie électrique a été traité avec une certaine insouciance, un certain dédain, il ne semblait pas nécessaire de se mettre en frais d’imagination, ni de faire de la bonne construction, pour supporter, à quelques mètres au-dessus du sol, de simples (ils métalliques.
- L’indifférence a été poussée si loin qu’on n’a même pas eu l’idée de proliter de l'expérience acquise par les P. T. T. dans le tracé et la construction des lignes. On a refait école, il a fallu que les accidents succèdent aux accidents pour qu’on s’aperçoive qu’il était préférable d’éviter des fautes qui, tôt ou tard, portaient leurs fruits. Pour sortir d’une routine sans excuses, les dures et persistantes leçons de l’expérience ont été nécessaires.
- Aujourd’hui, les lignes sont en général bien construites, leur coût de premier établissement est plus élevé, mais les frais d’entretien sont infiniment moindres et la continuité du service, si necessaire à cette industrie, est assurée autant que possible. Toutefois il reste encore deux points faibles dans les lignes de transport d’énergie électrique : l’isolateur et rattache du conducteur à ce dernier. A l’heure actuelle on ne voit pas encore la possibilité d’améliorer beaucoup les isolateurs, mais il n’en est pas de même des attaches ou ligatures.
- Elles sontgénéralement en fil souple, de même métal que le conducteur. Quel qu’en soit le système, leur bonne confection dépend d’un ouvrier plus ou moins habile ou consciencieux, qui, suivant ses dispositions du moment, donne un serrage quelconque assez difficile à vérifier.
- Les ligatures, même bien faites, arrivent toujours à se relâcher par les variations de tension mécanique des conducteurs et leurs vibrations qui les tiraillent en tous sens. Les inconvénients sont alors les mêmes que si elles étaient insuffisamment serrées : les lignes se dérèglent, les conducteurs s’usent par frottement en se déplaçant contre la porcelaine, jusqu’à la rupture, notamment lorsque le câble repose dans la gorge supérieure de l’isolateur où s’accumulent les poussières.
- Le froid ou les surcharges font, quelquefois, rompre la ligature avant le conducteur, lorsque celui-ci est d’un certain diamètre.
- Le mode d’attache actuel ne donne donc ni sécurité, ni garantie. Il dépend du tour de main de l’ouvrier, c’est-à-dire de quelque chose de très variable et d’aléatoire. Si on ajoute à ces inconvénients la difficulté de plus en plus grande de recruter de bons monteurs et aussi qu’en exploitation on est obligé, pour des raisons d’économie, d’employer la main d’œuvre indigène, souvent réfractaire à ce genre de travail, on con-
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- T. XXV (2e Série). — N°2
- Çoit qu’un système d’attache ne demandant aucune habileté d’exécution, tout en supprimant les inconvénients des ligatures actuelles, rendrait un signalé service aux exploitants des réseaux de distribution d’énergie électrique.
- Il y a déjà longtemps que cette question préoccupe les spécialistes, mais les différents systèmes, imaginés depuis a5 ans environ, pour les lignes télégraphiques, ne se sont pas répandus; ils présentent d’ailleurs des inconvénients ne permettant pas de les employer sur les lignes de transport d’énergie électrique.
- L’un d’eux consiste en une boule de zinc, coulée sur le fil, formant arrêt lorsqu’elle repose dans un logement ménagé sur la tête de l’isolateur où elle est maintenue par une goupille.
- On remarque aussi un système se composant
- Fig. i.
- d’un étrier dont les branches se terminent en boucles dans lesquelles on passe le fil préalablement; puis ensuite l’isolateur, dontla tête conique est filetée, est mis en place en le vissant jusqu’à ce que l’étrier et le fil viennent dans la gorge.
- Comme dispositif plus récent, nous citerons un étrier de fabrication anglaise analogue au précédent (fig. i).
- L’étrier embrasse l’isolateur I, les têtes T sont ouvertes horizontalement pour recevoir le conducteur G qui est maintenu par des clavettes verticales bloquées au moyen d’une pince spéciale qui sert également à cintrer le conducteur C pour lui faire épouser la gorge de l’isolateur. Cette dernière opération n’est plus possible avec les fils d’un certain diamètre; d’autre part, il ne pourrait que difficilement être appliqué à des isolateurs à haute tension dontla jupe supérieure, très aplatie, ne permettrait pas la mise en place des clavettes. Il a, paraît-il, un certain succès en Angleterre et se fait en fer galvanisé ou en cuivre
- rouge. Lorsque les conducteurs sont en cuivre on les protège contre le matage dû au serrage des clavettes par un petit fourreau de même métal.
- On a créé aussi des systèmes qui rappellent les dispositifs de fermeture des bouteilles de vin mousseux.
- Nous croyons, qu’en général, on s’est trop préoccupé du prix des attaches, c’est pourquoi on a abouti à des dispositions qui ne résolvent pas le problème, on a trop voulu rester dans des prix bas parce que les ligatures faites à la main ont, bien à tort du reste, la réputation d’être lion marché.
- Fig. 2.
- Pour supprimer le tour de main de l’ouvrier, il faut nécessairement en arriver à un système mécanique qui devra, pour être pratique, pouvoir s’adapter indifféremment à tous les conducteurs.
- La figure a montre un type d’attache réalisant ces conditions; son njode d’emploi est des plus simples. Un collier souple embrasse la tête de l’isolateur. On intercale généralement entre le collier et l’isolateur, une petite bande de plomb qui évite toute blessure à l’émail de la porcelaine tout en répartissant mieux la pression. Le collier est maintenu sur l’isolateur par un boulon de serrage et porte à ses deux extrémités une gorge dans laquelle viendra se placer le conducteur. Le boulon de serrage sert d’axe de rotation à une pièce articulée, filetée à son extrémité et portant une cale de serrage. Cette pièce est relevée au moment voulu et la cale vient assujettir le conducteur dans les gorges du collier, à l’aide d’un écrou. Les écrous sont rendus indesserrablcs par un dispositif extrêmement simple.
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- On remarque que ce système peut recevoir des fils de diamètres quelconques dans les limites habituelles de la pratique. Les isolateurs étant armés en magasin de cette attache, il ne reste plus à serrer surplace que l'écrou de la cale de serrage, travail qui peut être fait par n’importe qui.
- Le cable est immobilisé par frottement dans les gorges et surtout par les trois petites inflexions qu’il prend, sous l’action de l’écrou de la cale de serrage, aux points d’appui et entre eux.
- Lorsqu’un isolateur avarié laisse un are s’amorcer à travers la porcelaine, entre le conducteur et la ferrure, une rupture se produit par recuit ou par fusion du métal. Avec ce système d’attache, le conducteur n’étant pas en contact avec l’isolateur, l’arc ne pourra s’amorcer qu’entre la ferrure et le collier, celui-ci, étant en acier doux, résistera beaucoup mieux que le cuivre, ou l’aluminium, et, meme s’il venait à être coupé, il est probable qu’il pourrait encore retenir le conducteur. D’ailleurs, ce dernier, restant intact, ne tomberait pas à terre si on a eu soin de faire le montage du collier de manière que le cable soit placé entre l’isolateur et le plateau comme cela doit se faire. Cet avantage est appréciable, les ruptures de conducteurs pouvant entraîner des accidents redoutables.
- Afin d’éviter que les cables soient blessés par les arêtes des gorges du collier, celles-ci sont garnies de fourrures en métal mou.
- Cette nouvelle attache semble devoir être particulièrement utile aux lignes en aluminium, dont les ligatures demandent beaucoup plus de soins que celles en cuivre, nécessitent des monteurs très expérimentés, et malgré toutes les précautions se relâchent facilement; ces inconvénients, inhérents à l’aluminium, seront évités.
- Les fourrures des gorges du collier et la cale de serrage étant en même métal que le conducteur, celui-ci ne risquera pas d’être blessé. Les lignes d’aluminium seront alors dans d’excellentes conditions mécaniques et électriques, comme celles du cuivre d’ailleurs, qui, toutefois sont moins délicates.
- La clientèle des distributions d’électricité ne se développera qu’à la condition que le service soit assuré sans interruption. C’est pourquoi on se préoccupe beaucoup, depuis quelques années, de l’insuffisance des ligatures en fil simple, qui n’est pas du tout en harmonie avec les dispositions mécaniques appliquées actuellement à la cons-
- «
- truction des lignes. Il est évidemment peu logique d’édifier des supports très robustes encastrés dans des fondations en béton, de calculer méticuleusement la fatigue du métal des conducteurs, pour, en fin de compte, les ficeler aux isolateurs. On a perdu de vue qu’eu matière de construction les dispositifs à effets incertains et dcréglables, doivent être rigoureusement proscrits. L’oubli de ce principe a causé quantité d’accidents. Les ruptures de conducteurs et de ligatures en ont leur bonne part.
- Même en mettant tout au mieux, l’attache finit par se relâcher avec le temps, et l’accident qu’on a voulu éviter à grands frais se produit faute d’un petit appareil qui augmentera (souvent il le diminuera) le coût du kilomètre de ligne de quelques francs. Il y a là une inconséquence frappante. Pour le moment, le seul point faible des lignes aériennes devrait être l’isolateur en attendant qu’à son tour il puisse être amélioré.
- Le dernier système d’attache que nous venons de décrire, parait remplir toutes les conditions requises : il supprime une main-d’œuvre conteuse, difficile à recruter; son montage, très rapide, peut être fait par n’importe qui; en exploitation, le remplacement d’un isolateur ne demande que quelques minutes. Enfin, il met les conducteurs à l’abri des ruptures par amorçage d’arc ou par usure. 11 y a lieu de noter aussi que le coefficient de dilatation des métaux étant de beaucoup supérieur à celui de la porcelaine ou du verre, le serrage du collier sur plomb évite aux isolateurs une fatigue qui peut devenir excessive par les froids rigoureux.
- Nous ne pouvons pas passer en revue tous les systèmes, mais nous dirons quelques mots d’un mode d’attache pour lignes à isolateurs suspendus en série qui parait satisfaisant.
- Il se compose d’un manchon en deux parties monté sur le câble, sa forme extérieure est celle d’un fuseau conique ; le serrage s’obtient à l’aide de ’> flasques, accrochés au chapelet d’isolateurs, percés de trous de même conicité que le manchon dans lesquels celui-ci pénètre, le rapprochement des flasques par boulons bloque le manchon et le câble qui ne peuvent plus se déplacer dans aucun sens. Ce système très mécanique doit êlre un peu cher, mais nous le répétons, qu’est-ce qu’une dépense supplémentaire de quelques francs, d’ailleurs vite récupérée, devant les avantages obtenus. Déthiollaz.
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- T. XXV (2e Série). — Nü2.
- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- STATIONS CENTRALES
- Le montage des appareils de protection contre les surtensions.
- Nous extrayons d’une intéressante étude publiée par M. Pfiffncr dans VElekùrolechnih und Maschi-nenbau sur <c la théorie et la pratique de la protection contre les surtensions », les considérations suivantes relatives au montage des appareils destinés à réaliser celte protection.
- ô o 6
- Fig i.
- Dans tout réseau à deux ou trois fils, dont tous les pôles sont isolés, le montage des appareils de protection contre les surtensions peut se faire, soit d’après le schéma de la figure i, soit d’après celui de la figure %. Suivant le mode d’isolement des appareils et de la ligne à protéger, le montage de la figure i peut cire suffisant ou il est nécessaire de recourir à celui de la figure a.
- Fig. 2.
- En effet, il peut fréquemment arriver que l’un des pôles d’une ligne soit mis à la terre. Dans ce cas, le potentiel de la ligne mise à la terre se rapproche de celui de la terre elle-même; quant aux autres pôles, ils prennent alors, par rapport à celle-
- ci, un potentiel correspondant à la tension totale du réseau. Le potentiel de ces pôles par rapport à la terre sc trouve donc alors multiplié par a dans le cas d’un réseau à deux fils et par y/3 dans de cas d’un réseau triphasé. Or, l’appareil de protection ne doit pas, en général, s’amorcer pour de telles tensions; sans quoi ces appareils fonctionneraient constamment et seraient détériorés avant que la ligne cesse d’être à la terre. La tension de décharge des appareils de protection doit donc être plus élevée que la tension de service normale entre pôles. Etant donné que, dans le montage de la figure i, il existe entre deux pôles deux distances explosives, dont chacune est ainsi réglée, il s’ensuit que l’appareil ne s’amorcera que pour une surtension entre pôles dépassant le double de la tension normale. Dans certains cas, par exemple dans les installations où les pôles sont séparés par des cloisons mises plus ou moins franchement à la terre,uce montage n’offre pas d’inconvénients, étant donné que l’éclatement d’un arc entre pôles n'est pas possible ; toute surtension ne peut s’équilibrer, en effet, que parla terre. De même, dans les stations de transformateurs, où l’éclatement direct d’un arc entre phases est peu fréquent, (la plupart du temps ce sont les isolateurs d’entrée, par exemple, qui sont percés), le montage de la figure i est également suffisant. Par contre, dans d’autres cas, par exemple avec les câbles à plusieurs conducteurs, il peut arriver que l’isolement entre deux de ceux-ci soit plus faible que l’isolement par rapport à l’armature mise à la terre. Dans ce cas, il est donc recommandable de régler les appareils de telle sorte que ceux-ci soient plus sensibles à un éclatement entre phases, c’est-à-dire de recourir au montage de la figure a. Avec ce montage, en effet, chacune des trois distances explosives d’un réseau à deux fils, ou chacune des quatre distances explosives d’un réseau à trois fils, est réglée pour la moitié de la tension de décharge ; de la sorte, la tension de décharge entre pôles est la môme qu’entre chaque pôle et la terre.
- Le montage de la figure a est plus favorable que le montagediten triangle sans mise à la terre, que l’on emploie parfois pour les réseaux de câbles ; en effet, avec le montage de la figure a, les différences de potentiel par rapport à la terre sont également limitées.
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- Or, ces différences de potentiel peuvent, meme avec les câbles qui ne sont pas soumis aux charges statiques ou atmosphériques, s'écarter sensiblement de leurs valeurs en service normal, par exemple s'il se produit des surtensions dues à ce que tous les pôles d’un interrupteur quelconque ne s’ouvrent ou ne se ferment pas simultanément. Le montage de la ligure i réunit donc les avantages du montage en étoile et du montage en triangle. Les condensateurs ne se montent qu’avec le point neutre à la terre.
- Le mode d’action des déchargeurs à étincelles est déterminé par l’équation :
- ^ Yi
- Pi = P i ----------; >
- Yi + Y 2 + -[j
- Yi et y2 désignant les conductibilités par rapport aux ondes de la ligne à protéger avant et après le point de connexion de l’appareil de protection et R la résistance à la décharge de cet appareil; est la tension de l’onde de surtension se dirigeant vers l’appareil, p-2 la tension de l’onde qui passe de l’appareil dans la ligne à protéger. On doit rendre p% aussi faible que possible. Si l’on considère R comme donnée, il faudrait rendre Yi petit et y2 grand. Mais ce n’est par là le seul point de vue à considérer. Il faut veiller à ce que l’amorçage de l'éclateur soit favorisé, ce qui nécessite une tension élevée.
- Or, la tension avant l’amorçage de l’éclateur est donnée par l’expression :
- Afin que celte tension ne soit pas trop faible, ya ne doit pas être trop grand; le mieux est donc de choisir yi = Y2>ce présente, en outre, l'avantage de réaliser une disposition symétrique pour les deux sens de propagation des ondes. 11 y a donc lieu de rendre la résistance aux ondes de la ligne, avant et après le point de connexion de l’appareil de protection, aussi grande que possible ; le meilleur moyen de réaliser ceci est d’intercaler quelques spires d’une bobine de self, lesquelles peuvent, lorsque les intensités enjeu ne sont pas trop fortes, être constituées par du fil de fer. L’adjonction de ces bobines de self n’est pas absolument nécessaire et n’est pas non plus habituelle jusqu’à présent; cependant l’auteur estime qu’elle améliorérait sensiblement le fonctionnement de l’appareil de protection.
- En ce qui concerne les lignes de branchement de
- l’appareil de protection, celles-ci doivent être choisies aussi courtes que possible et de section suffisamment forte. Toutefois, cette considération n’est pas aussi importante avec les éclateurs à étincelles qu’avec les condensateurs.
- A ce propos, une solution intéressante consiste à éviter complètement la ligne d’adduction à l’appareil de protection, ainsi que cela a été réalisé dans le système de Blathy, fréquemment employé. Dans ce système, le condensateur se compose d’un grand cylindre de tôle, lequel ne forme à proprement parler que l’une des armatures de ce condensateur, tandis que l’autre armature est constituée parles parties du bâtiment reliées à la terre. Ce cylindre de tôle est placé directement sur la ligne ou forme même une partie de celle-ci.
- Indépendamment de ce que la capacité du condensateur est ainsi relativement faible, ce mode de connexion des condensateurs semble être le meilleur. Avec ceux-ci, la longueur de la ligne de terre ne joue aucun rôle, lorsque cette ligne est d’une section suffisamment forte pour que sa résistance aux ondes soit négligeable. Afin de réaliser une économie de matériel, il y a lieu, toutefois, de disposer les condensateurs de manière à ce que la ligne de terre soit courte et constituée par un conducteur de grande capacité, par exemple un tube, un cable ou un ruban mince. Par contre, la ligne de connexion au condensateur doit, non seulement présenter une faible résistance aux ondes, mais encore être aussi courte que possible.
- Pour qu’il ne sc produise pas d’oscillations électriques lorsqu’on met la batterie de condensateurs, soit en circuit, soit hors circuit, il y a lieu de prévoir, à la place des couteaux de séparation ordinaires, des interrupteurs à action progressive; ceux-ci peuvent être constitués de la manière la plus simple par des cylindres de verre, remplis d’eau ou de glycérine et munis d’un fond métallique, dans lesquels plonge une électrode mobile. La colonne liquide forme la résistance de protection, laquelle se trouve mise peu à peu en court circuit, grâce au mouvement de pénétration de l’électrode.
- De tels interrupteurs à action progressive sont employés, ainsi que le montre M. Riidenberg, pour la mise en circuit des lignes de câbles dans les centrales, afin de diminuer les ondes réfléchies qui sont renvoyées dans les enroulements des génératrices. Or, l’auteur estime que de tels interrupteurs ne peuvent jouer que très incomplètement le rôle d’appareils de protection contre les surtensions ; ces
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- interrupteurs ne modifient, en effet, que l’amplitude des ondes, mais non leur forme. En outre, ils sont relativement coûteux; si, par mesure d’économie, on les choisit insuffisamment robustes, ils peuvent constituer une nouvelle source de perturbation.
- Par contre, à l’aide d’une bobine de self et d’un condensateur, on peut constituer un dispositif de protection simple et peu coûteux, efficace non seulement contre les ondes qui se produisent à la fermeture d’un circuit, mais aussi contre les terres accidentelles et les courts-circuits. L’auteur a calculé qu’un condensateur de o,oi microfarad, relié aune ligne aérienne possédant une résistance aux ondes de 5oo ohms environ, donne à la chute de tension une valeur maxima de o,33 px volts par kilomètre. Si l’on admet que la conductibilité des lignes de connexion aux génératrices de l’installation est le triple de celle de la ligne aérienne et que, d’autre
- Fig. 3.
- part, la vitesse de propagation des ondes dans l’enroulement est, à amplitude égale, le i/5 de ce qu’elle est sur les lignes aériennes, la chute de tension maxima dans l’enroulement sera de 5 pi volts environ par kilomètre, ce qui, dans la plupart des cas, est parfaitement admissible.
- A titre d’exemples, l’auteur indique quelques montages dans lesquels des bobines de self et des condensateurs convenablement disposés peuvent constituer une protection suffisante contre les surtensions. Tous les appareils indiqués ne sont pas absolument indispensables dans tous les cas, mais ils permettent d’obtenir une protection sûre et efficace. C’est à l’ingénieur de prévoir, lors de l’établissement du projet, les appareils nécessaires pour réaliser une protection suffisante, en se basant sur les indications suivantes :
- a) Centrale avec départs de lignes aériennes, (fig. 3).
- La prise de terre humide i sans bobine de self est absolument indispensable. Il en est de même des condensateurs a avec bobines de self, lorsque l’on a à faire des lignes aériennes de plusieurs centaines de mètres de longueur parcourant des régions exposées. Les déchargeurs à étincelles 3 avec bobine de self, placés dans les lignes de connexion aux génératrices, lorsque ces dernières fournissent de grandes puissances et sont soumises à de fortes variations de charge, doivent être choisis convenablement, c’est-à-dire, en moyenne pour une absorption de courant comprise entre o, i I et I; I étant l’intensité normale du courant. Enfin, le condensateur 4, destiné à aplanir la forme pointue de la chute de tension des ondes qui se produisent à la fermeture du circuit, doit être mis à la place des interrupteurs de protec-
- Fig. 4.
- tion, mais seulement lorsqu’il s’agit de grosses génératrices.
- b) Centrale avec départs de lignes de câbles (fiS- 4). _
- La prise de terre humide i de la figure précédente fait ici défaut. Les déchargeurs à étincelles 2, destinés à protéger les câbles et leurs embouchures, sont indispensables dans les grandes installations, ainsi que les déchargeurs à étincelles 3, destinés à la protection des enroulements des génératrices. Enfin, les condensateurs 4, destinés à aplanir les chutes de tension sont très recommandables dans les installations de câbles, au cas où de fortes bobines de self ne sont pas intercalées, pour limiter les courts circuits, dans les circuits des génératrices.
- c) Grande station de transformateurs (fig. 5).
- La prise de terre humide 1 est absolument indispensable, au cas où le réseau n’est pas, d’autre part,
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- suffisamment mis à la terre. Le condensateur 2 est indispensable à cause des surtensions atmosphériques sur les lignes aériennes. Les déchargeurs à étincelles 3 sont recommandables avec les gros transformateurs pour écarter les surtensions. Enfin, il est absolument
- Fig. 5.
- nécessaire de placer un parafoudre 4 sur le circuit à basse tension.
- d) Petite station de transformateurs (fig. 6).
- La prise de terre humide n’est pas nécessaire, si l’on admet que le réseau est d’autre part suffisamment mis à la terre. Le condensateur 2 avec bobine de self est indispensable pour réaliser une protection suffisante contre les surtensions. Dans le cas de toutes petites stations, il n’est pas nécessaire que toutes celles-ci soient pourvues de condensateurs, mais il suffit d’en munir quelques-unes de bobines de self.
- e) Installations de moteurs (fig. 7)
- Les gros moteurs synchrones ou asynchrones
- Fig. C.
- exigent : i° des prises de terre humides sans bobines de self absolument indispensables avec les lignes aériennes ;
- 20 Des condensateurs 2 absolument nécessaires pour la protection contre les surtensions atmosphériques;
- 3° Des déchargeurs à étincelles 3, indispensables dans le cas de grande puissance et de fortes variations de charge;
- 4° Un condensateur 4, recommandable pour la protection des enroulements contre les ondes qui se produisent à la fermeture du circuit.
- Dans le cas de lignes de câbles, il n’y a lieu de prévoir que les appareils 3 et 4*
- Fig. 7.
- f) Station de distribution (fig. 8).
- Les appareils nécessaires sont : i° Une prise de terre humide ;
- 2° Des bobines de self 2 pour la protection des appareils de distribution ;
- 3° Des déchargeurs à étincelles 3 dans le même but. Les installations de distribution ne nécessitent pas dans tous les cas la présence de dispositifs de protection contre les surtensions; toutefois, il est recommandable de prévoir, dans l’intérêt des appareils, une protection convenable, réduite s’il y a lieu. Dans tous les montages précédents, on a considéré
- Fig. 8.
- en première ligne la protection des machines et des transformateurs. La plupart du temps les appareils sont également protégés ; toutefois il n’est pas possible d’éviter la production de surtensions en tous les points des installations. Il est par suite nécessaire de prévoir de grands coefficients de sécurité dans la construction des appareils de manœuvre et des transformateurs de mesure, étant donné que la protection
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- assurée de ces appareils présente un grand intérêt économique. Les enroulements des transformateurs de mesure doivent être prévus tels qu’ils ne soient pas endommagés par les ondes en pointe des surtensions; s’il y a lieu, il faut intercaler dans leurs circuits des bobines de self ou de petites distances explosives.
- Dans sa conclusion, l’auteur estime que, si la nature des dispositifs de protection contre les surtensions à employer n’estplus soumise à aucun doute, la détermination par le calcul de ces dispositifs se heurte encore à des difficultés, qu'il n’est pas toujours possible d’éliminer complètement. Ces difficultés proviennent de ce que l’allure des phénomènes électriques intervenants dépend de nombreuses con-
- ditions. En particulier l’amplitude des surtensions dues à la manœuvré des appareils dépend de la vitesse de manœuvre et des dimensions de l’appareil; même lorsqu’il s’agit d’appareils de la même construction, cette amplitude est à peine constante. L’on manque également de données suffisantes sur la propagation des ondes électriques à l’intérieur des enroulements des machines et des transformateurs.
- Certaines de ces inconnues pourraient, sans doute, être précisées par des recherches complètes, mais il n’en est peut-être pas de même de certaines autres. C’est pourquoi une certaine dose de sentiment et d’expérience pratique sera toujours nécessaire pour obtenir, dans chaque cas, le résultat convenable.
- M. K.
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Le développement des industries hydroélectriques dans les Pyrénées (Suite et fin) (*).
- II. — PyhÉ.NÉES CENTHAI.ES.
- C’est dans la région des Pyrénées Centrales que l’industrie de la production d’électricité pour la vente au public s’est, de nos jours, développée avec le plus d’intensité. On le doit en particulier à l’initiative prise par la Société Pyrénéenne d’Energie Electrique, qui n’a pas hésité à engager 28 millions dans une entreprise considérable, et dont on peut dire, aujourd’hui, qu’elle est assurée d’un brillant avenir. La Société Pyrénéenne, à la différence des compagnies alpestres, ne compte dans son sein aucun constructeur; elle a été fondée, en 1907, dans l’unique but d’exploiter des chutes d’eau, et de vendre de la lumière ou de l’énergie. Sa politique a donc consisté à s’assurer des forces naturelles, à les discipliner et à les commercialiser.
- A sa constitution, elle a acquis trois groupes de chutes : celui d’Orlu et celui de Signer dans l’Ariège, et celui d’Oo, près Luchon, dans la Haute-Garonne. Les deux derniers ne sont pas encore aménagés.
- La chute d’Orlu a été installée de 1907 à 1910. Elle était la'j>ropriété de M. l’ingénieur Baudon de Mony, qui avait formé une société d’études pour son
- (1) Lumière Electrique, 6 décembre 1913, p. 314-
- utilisation. Les premiers travaux étaient en bonne voie lorsque la Société Pyrénéenne en opéra l'achat. Celle-ci acheva le creusement du tunnel d’amenée, qui a 2 000 mètres de longueur, et se prolonge par une conduite forcée de 1800 mètres de long et o m. 60 de diamètre. Une seconde canalisation est actuellement en voie d’installation et le tunnel a été construit pour alimenter même une troisième conduite. La, Société Pyrénéenne possède, en effet, à Orlu, l’avantage inappréciable de puiser les eaux d’un lac supérieur, le lac de Naguilhes, dont le bassin versant a plus de 11 millions de mètres carrés de surface, et peut, d’ailleurs, être accru si l’on relie ce réservoir naturel au lac d’En Beys, situé à 100 mètres plus haut, dans la vallée de l’Ariège. Le bassin d’En Beys a 6 600 000 mètres carrés de superficie. Un tunnel de 3 kilomètres de longueur devrait être percé pour la liaison des lacs.
- Le barrage de Naguilhes atteint 17 mètres de hauteur, sur 44,70 de long. La prise d’eau a été établie à 10 mètres au-dessous du niveau normal des eaux. Le flot arrive à Orlu sous une hauteur de chute de 9'3<) mètres, et actionne 4 turbines de 3 5oo chevaux, accouplées avec 4 alternateurs à 5 000 volts. La puissance présentement aménagée à Orlu s’élève donc à 14000 chevaux. Le lac de Naguilhes peut, effectivement, assurer une puissance de 21 000 chevaux, et sa jonction avec le lac d’En Beys pourrait porter cette puissance à 80 000 chevaux. Aussi la Société a-l-elle bâti sa station centrale pour
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- 9 groupes électrogènes. Celle-ci comporte un hall de 70 mètres sur 25, adossé à un bâtiment de 5 étages contenant les appareils à haute tension. La chute d'Orlu est encore aujourd’hui la plus élevée qui ait été aménagée en Europe.
- Dans le but d’éliminer toute concurrence, et de s’assurer des débouchés, la Société avait acquis, dès 1908, un certain nombre de petites usines de plaine, sises dans le Tarn : usines d’Arthez, près d'Albi (1 000 chevaux), de Marssac (400 chevaux) et de Bessières (400 chevaux), toutes à basse chute, et qui, dans l’avenir, pourront débiter 35 000 chevaux au total.
- Dans le groupe d’Oo, on doit faire rentrer les forces du lac d’Oo, éloigné de Luchon de i3 kilomètres et cèlles de la Picadère. Ces dernières sont seules aménagées. Elles empruntent les eaux de la Neste, de l’One et d’Oo, à 1 5oo mètres de Luchon, sous une chute de 100 mètres, qui approvisionne d’énergie la ligne de Superbagnères. Cette chute est gérée par la Société Luchonnaise.
- La chute d’Oo atteindra 5oo mètres, et le lac de Séculèze pourrait servir de bassin régulateur ; on envisage une production de force de 9 000 chevaux environ.
- Enfin, le groupe de Signer comprendra les chutes de Broquenat et de Gnouré, à une vingtaine de kilomètres de Tarascon-sur-Ariège, hautes respectivement de 640 et 83o mètres.
- La puissanceprobable a été évaluée à 7 000 chevaux. Lorsqu’elle disposera de tous ses moyens, la Société Pyrénéenne pourra donc fournir une puissance de 45 000 chevaux environ, et soutiendra la comparaison avec les grandes sociétés de la région alpestre.
- Mais la Pyrénéenne a dû songer à acquérir une clientèle à une assez longue distance de sa station génératrice. L’Ariège était, en effet, pourvu avant la fondation de la Pyrénéenne; Toulouse était éclairé par le Bazacle. La Pyrénéenne, sans hésitation, s’est adressée au Tarn, aux communes de la Haute-Garonne jusque-là déshéritées ; déjà elle étend son réseau sur le Gers. Demain elle conquerra l’Ariège. Les résultats qu’elle a obtenus à Lavelanet sont une garantie de son succès. Lavelanet possédait, en eiïet, plusieurs petites chutes sur l’Hers, qui sont aujourd’hui plus ou moins délaissées avec la venue de la Pyrénéenne dans ces parages. Mais la arande Société d’Orlu aura sans nul doute à vain-
- O
- cre quelques difficultés. L’Ariège n’est-il pas couvert d’usines minuscules de 'production électrique, sur le Salat, celles de Soueix (1902, 2 m. 5o de
- chute, 3o kilowatts), de Saint-Lizler (igo3, 3 mètres de chute, 23 kilowatts), de Seix (1903, 3.mètres de chute, 35 kilowatts), sur le Sios, celles de Saint-Paul (1857, 6 mètresde chute, 22 kilowatts), de Mont-gailhard (1876, 6 mètres de chute, 11 kilowatts) ?
- A Saint-Girons, une usine fondée en 1903, avec' 3 mètres de chute empruntée au Salat et au Lez, fournit 25o kilowatts. Sur le Lez, fonctionnent les usines de Caslillon (1900, 2 mètres de chute, 33 kilo-: watts), d’Engomer (1903, 7 m. 5o de chute, 10 kilowatts), de Sentein (igo5, 2 m. 5o de chute,. 8 kilowatts), de Moulis (1912, 2 mètres de chute, 3o kilowatts). L’usine d’Oust, sur le Garbet (1897,' 3 mètres de chute) accuse une puissance de 12 kilowatts ; celle de Massat, sur l’Arac (1902, 5 mètres de chute) 3o kilowatts ; celle d’Aleu (1904, 3 m. 5o), également sur l’Arac, 20 kilowatts. Sur l’Arizè on cite les usines de la Bastidè-de-Sérou (1892, 3 m. 5b, 20 kilowatts) et du Mas-d’Azil (1908 et 1912, 3o et i3 mètres de chute, i5o et 8 kilowatts).
- A Aulus, l’usine du Fouillet (1891), sous 95 mètres de chute, produit 75 chevaux de force. Des-quantités d’usines utilisent les eaux de l’Ariège : Ax-les-Thermes (G in. 5o et 5 m. 5o de chute, i5 kilowatts),' Saverdun (1892, 3 mètres de chute, GG kilowatts),; sans parler des anciens établissements de' Varilhes (Las Rivés,’1903, 5 mètres de chute, 45 kilowatts), des usines Guillot et de Crampagna (200 chevaux) qui envoient du courant à Pamiers, déjà approvisionnée par les usines de la ville.
- D’autres ont été construites sur la rivière de Vicdessos. Vicdessos (4 mètres de chute, i3 kilowatts), Saut-du-Teil (i858, 5 mètres de chute, 55 kilowatts), sur l’Hers: Belesta (1844-1845, 7 et 5 mètres, 5i et 36 kilowatts), Yilhac et Aiguillanes I7 mètres de chute, 5o kilowatts), Mirepoix (3 mètres de chuté, 45 kilowatts), Mazères (1894, 2 m. 25 de chute, 5o kilowatts) ; sur le Tonyré, affluent de l’Hers, Léran (2 m. 80 de chute, 10 kilowatts).
- A Bonnac,, près de Pamiers, un ancien moulin a été transformé en 1911 en usine électrique. La chute de 3 m. 5o y peut débiter 400 chevaux.
- Nous avons intentionnellement tenu à donner une liste presque complète de ces établissements — jusqu’ici non inventoriés — pour montrer combien la petite industrie hydro-électrique s’est développée dans les Pyrénées Centrales, et établir que les statistiques actuelles de la houille blanche sont insuffisantes pour la région du Midi.
- Dans la Haute-Garonne, deux usines occupent une place particulière : l’usine du Bazacle, à Toulouse,
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- et celle deLuchon. La Société du Bazacle, au capital de 9 iSoooo francs, est aujourd’hui sous la dépendance de la Pyrénéenne. Elle dispose d’une grande usine, qu’alimente la Garonne sous une hauteur de chute de 4 m. 20. Le fleuve méridional débite dans Toulouse de aoà4o mètres cubes,soit 3oen moyenne. Il a été barré par la Société du Bazacle sur toute sa largeur, soit 180 mètres. En 1889, 4 turbines Fontaine de 3oo chevaux actionnaient a génératrices Thury, accouplées en série, fournissant du courant continua lao volts et a groupes à vapeur de secours de 3oo chevaux chacun pouvaient, en cas d’accident, les suppléer.
- En 1905, l’usine a subi une transformation, 3 turbines centripètes Francis de 3oo chevaux ont été installées, actionnant sur le même arbre vertical une génératrice à courant continu de a4o volts, à la vitesse de uo tours par minute.
- En 191a, on a placé de nouveau 3 turbines du même système, de 3^5 chevaux, pouvant utiliser la chute totale de l’eau quel que soit le niveau de cette dernière. Un alternateur, monté sur le même arbre vertical, produit du courant triphasé à 5oo volts, 5o périodes. Des transformateurs élèvent le courant à i3 5oo volts.
- Pendant les basses eaux, l’usine se trouve néanmoins dans l’impossibilité de répondre à la demande. Il a donc fallu prendre des mesures pour parer à cette éventualité. La Société a : i° relié ses postes de transformation au réseau d’Orlu ; 20 installé 3 machines à vapeur, de 3oo chevaux chacune, comme secours ; enfin, 3° elle [a acquis l’usine des Sept-Deniers, construite en 1907 par la Compagnie Thomson-Houston. Cette dernière usine comporte : 3 groupes de chaudières Biétrix à surchauffeurs vaporisant 4 000 kilogrammes.d’eau à l’heure, 3 turbines à vapeur Curfcis, de 1 000 kilowatts chacune, actionnant des alternateurs triphasés, tournant à 1 5oo tours.
- L’usine des Sept-Deniers est reliée aux stations urbaines par un câble d’acier faisant le tour de la ville. Ces stations sont au nombre de 5. En outre, pour égaliser le voltage, on a installé 4 batteries d’accumulateurs de 1 5oo ampères-heure sous 240 volts. Ces batteries sont chargées la nuit par le Bazacle, et débitent au moment des pointes; i5o ouvriers sont au service de la Société du Bazacle.
- Beaucoup moins importante apparaît l’usine de la Société Luchonnaise d’Eclairage et d’Electricité, à Luchon, qui remonte à 1902. Elle emprunte ses eaux à la rivière d’One, qui débite 1 800 litres à
- l’étiage et appartient à la Société d’Orlu. Un canal d’amenée en tunnel de 1 7^0 mètres, et une conduite forcée de z5o mètres de long et o m. 80 de diamètre, précipitent le flot, sous une chute de 100 mètres, sur 2 turbines de 5oo chevaux et une de 25o chevaux. En fait, l'usine n’utilise guère qu’un millier de chevaux pendant la saison d’été, et 200 pendant le reste de l’année. Elle fournit, de plus, l’électricité au chemin de fer de Superbagnères (turbine spéciale de 600 chevaux). La Société de Luchon possède une chute d’environ 200 chevaux, qui pourrait, quelque jour, être aménagée comme installation de secours.
- La Haute-Garonne n’a point multiplié, comme i’Ariège ou les Pyrénées-Orientales, les usines de production électrique pour l’éclairage. Ceci tient, probablement, à ce que les cours d’eau de la Haute-Garonne ont un gros débit, et que d’importantes dépenses eussent été indispensables pour leur aménagement. Nous devrons, cependant, signaler que la papeterie Berthier, à Saint-Martory, dispose de 35o chevaux, dont une partie affectée à l’éclairage. L’usine d’Eup, à la Société des Marbres de Saint-Béaty, qu’alimente un torrent débitant 5 000 litres, produit 1So chevaux de force et éclaire le bourg d’Eup. La Société Anonyme d’Eclairage Electrique de la Neste, à Ausson, près de Montrejean, a le monopole de l’électricité dans deux communes. Elle dispose de i5o chevaux. L’usine de Yalentine, sur le canal d’Anné, avec 20 chevaux de puissance, livre également du courant électrique.
- Nous devrons donc reconnaître que la Haute-Garonne vient loin derrière I’Ariège en ce qui concerne ITitilisation de la houille blanche pour la production de force ou de lumière.
- Il en va de même, d’ailleurs, des Hautes-Pyrénées, où deux Sociétés seulement ont pris quelque développement : la Société des Forces Motrices du Lac Bleu, àBagnères-de-Bigorre (capital 5oo 000 fr.) et le secteur de Montgaillard, à Tarbes. La Société du Lac Bleu a aménagé, en 1907, le médiocre ruisseau du Lac Bleu, qui débite entre 162 et 44o litres, mais plus souvent 25o litres seulement. Une conduite forcée d’environ 600 mètres de longueur, envoie l’eau sur les turbines, qui peuvent produire 1 000 chevaux, mais sont réduites, la plupart du temps, à fournir 200 chevaux.
- La Société possède bien d’autres chutes : sur l’Adour une chute de 227 mètres, sur l’Adour et le Lac Bleu une chute de 92 mètres, sur l’Ardalos une chute de 3oo mètres. Mais ces trois chutes ne sauraient produire au total que 24 000 chevaux de force,
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- soit respectivement 900,700 et 800 chevaux. L’Adour a, en effet, un débit ridicule en été. Souvent il ne laisse filtrer qu'un petit filet d’eau. Cependant, il existe à Bagnères-de-Bigorre une seconde usine électrique, ancienne scierie disposant d’une chute de 7 mètres; le canal d’amenée n’a guère plus de 3oo mètres de longueur, 2 turbines débitent ensemble i5o chevaux. Elles approvisionnent de courant le jour un atelier de fabrication de wagons, et, la nuit, assurent l’éclairage de Bagnères.
- En amont de Bagnères, à Campan, une chute de
- 2 mètres permet de recueillir une puissance électrique de 5o chevaux. Uue petite chute a été également aménagée au nord de Tarbes, à Maubourguet. L’usine électrique de Yic-Bigorre doit souvent recourir à un moteur à gaz pauvre pour servir sa clientèle, et l’usine de Villecomtal (Gers) ne produit pas plus de 100 chevaux.
- Au contraire, le secteur de Montgaillard accuse un essor remarquable. Il a fait édifier en 1907, sur l’Adour, entre Bagnères-de-Bigorre et Tarbes, l’usine de Montgaillard, qui utilise les eaux de l’Adour et de divers ruisseaux, dispose ainsi d’un débit de 5 à 6 mètres cubes à l’étiage, et de 8 à 9 pendant les trois quarts de l’année. Le canal d’amenée a 800 mètres, et la chute 7 m. 3o. La puissance aménagée atteint 5oo chevaux, on a prévu l’installation d’une seconde turbine de même force.
- En 1912, le secteur, dont les affaires sontprospères, a repris l’usine d’Arras, sur le Gave de Pau, illustrée parles recherches du trop fameux Lemoine. Cet établissement emprunte l’onde du Gave d’Arrens, dont le débit oscille entre 4 et 20 mètres cubes (10 en moyenne). Une conduite forcée de 100 mètres amène, sous une chute de 23 mètres, les eaux sur l’arbre d’une turbine de 5oo chevaux. Le secteur a projeté l’installation de 1 000 chevaux supplémentaires, et la construction d’unbassin de 40 000 mètres cubes. D’ailleurs, il a des projets plus grandioses encore, et pense à aménager une chute de i5o mètres au voisinage de l’usine d’Arras. Un débit moyen de 8 mètres cubes, permettrait la production de
- 3 5oo à 4 000 chevaux de force. Cette création serait justifiée, en présence des sollicitations de l’administration militaire de Tarbes, qui demande 800 chevaux au secteur. On peut donc admettre que, d’ici quelques années, les Pyrénées Centrales fourniront une puissance d’environ 100000 chevaux pour la force et la lumière ce qui ne serait pas un médiocre résultat.
- III
- Pyrénées Occidentales.
- La région des Pyrénées Occidentales ne renfermait, jusqu’en 1913, aucune grande usine de production d’électricité pour la consommation du public. Par contre, elle est couverte d’une multitude d’usines secondaires qui ont permis l’éclairage de la plupart des bourgs. Toutefois, certains de cesétablissements ont été groupés, et rélèvcnt de sociétés assez puissantes, dont la principale était, jusqu’alors, la Société Electrique des Pyrénées, dont le siège social est à Pau.
- Au capital d’un million, la Société Electrique des Pyrénées dispose de quatre usines, toutes alimentées par le gave de Pau. Les usines de Nay et Billères remontent à 1890, celles de Bizanos à 1899, eelle de Claracq-Nay à 1903, La chute de Nay a 2 m. 90 et un débit constant de 10 mètres cubes, permettant une production d’énergie de 200 chevaux. L’usine de Billères avec un débit de 6 mètres cubes, et une hauteur de chute de 2 m.tio, fournit 170 chevaux. L’établissement de Bizanos s’alimente d’une chute de 2 mètres avec un débit constantde6 mètres cubes. La puissance aménagée y atteint 140 chevaux. Enfin àClaracq, le débit estde 8 mètres cubes, la chute de 2 m. 5o, et la force de 200 chevaux. Au total, la Société Electrique des Pyrénées produit 800 chevaux. Ses canaux d’amenée, tous à ciel ouvert, ont respectivement 5oo, 3 000 et 1 000 mètres.
- LaSociété des Usines Hydro-Electriques des Hautes-Pyrénées, au capital de 1 35oooo fr., avait, semble-t-il, pour objet primitif, de faire du carbure et de recueillir de l’énergie pour la transporter à distance. Elle avait aménagé, dans ce but, aux abords de Pierrefitte, à Villelongue, les chutes d’Isaby et Passpich, hautes de 730 mètres, qui furent installées vers 1902. Malheureusement, le débit de ces sources est essentiellement variable. Il oscille, d’après les dernières observations, entre 400 et 2 000 litres. La conduite forcée, en ciment armé, longue de 800 mètres, avait été construite pour recueillir 5 58o HP, dont 1 400 de secours. Cette puissance n’était jamais atteinte, tant s’en faut; la société a loué son usine à la Société de Silico-Manganèse, et ses lignes de transport, qui vont jusqu’à Pontacq, au secteur de Montgaillard.
- Dans la haute vallée du Gave de Pau, de nombreux hôtels ont aménagé de petites chutes pour leur éclairage. Cependant, à Lourdes, la lumière est plus spé-
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- cialement livrée par la Société du Funiculaire du Grand Ger, qui dispose d’une bassechute de 3 m. 5o, compensée par un débit de io mètres cubes, et actionnant deux turbines de i5o chevaux chacune.
- Gomme à Pau, une usine thermique de secours a été édifiée.
- Toutefois, la Compagnie du Funiculaire du Grand Ger songe à installer une nouvelle chute de 3oo chevaux.
- Entre Lourdes et Pau, la Société d’Eclairage de Bélharram a pu aménager une puissance de i5o chevaux. Mais c’est surtoutdans la régiond’Oloronquela houille blanche a été employée sur une assez large échelle.
- La Société du Gaz et de l’Electricité d’Oloron éclaire la ville et loue de l’énergie à de nombreux industriels des environs. Une seconde usine élevée à Soaix, à 5 kilomètres d’Oloron, a acquis une chute jadis créée pour les besoins d’une forge.
- Des établissements empruntent les eaux du gave d’Aspe, qui roule beaucoup d’eau en toutes saisons ; leurs chutes ne dépassent guère 5 ou G mètres de hauteur, mais l’abondance du débit permet la production de plusieurs centaines de chevaux.
- Enfin nous mentionnerons les innombrables usines électriques locales de Thardets, de Bedons, de Saint-.lean-Pied-de-Port, de Saint-Etienne de Baïgorie, de Saint-Palais, de Navarrenx (usine municipale), de Sauveterre, de Salies-de-Béarn, de Labastide-Clai-rcnce, d’Hasparren, de Bidache, d’Kspelcttc etd’Us-taritz, de Lescar, de Merlaas, d’Orthez.
- Nous croyons que la plupart de ces usines auront bientôt cessé de fonctionner. Une puissante société s’est, en effet, constituée, le a5 août 1910, la Société Hydro-Electrique des Basses-Pyrénées, au capital de 4 millions, (dont 2 millions d’actions de priorité plus 6 000 000d’obligations), qui semble vouloir marcher surles traces des grandes compagnies des Pyrénées Centrales et Orientales. Ce groupe a racheté les lignes et les droits de la Société Franco-Espagnole, dont l’usine du Val Carlos alimentait le versant septentrional de la Rhune. 11 a fait construire à Banca une station génératrice, qui emprunte les eaux de la Nive des Aldudes. Ce torrent a un débit de 2 mètres cubes pendant 5 mois, de quatre mètres cubes pendant le reste de l’année, cl peut, par conséquent, assurer une force variant entre 1 900 et 3 700 chevaux. Un canaPd’amenée de 4 700 mètres, dont 1 200 en tunnel et 3 000 en ciment armé, et des conduites forcées de 180 mètres de long et 1 m. 40 de diamètre précipitent
- les eaux, sous une chute de 100 mètres, sur l’arbre des turbines.
- La machinerie de l’usine de Banca comprend trois groupes électrogènes constitués par des turbines Francis de 1 Goo chevaux, accouplées à des alternateurs triphasés de 8G0 kilowatts, tournant à 750 tours sous 5 000 volts, et deux groupes d’excitatrices, dont un à vapeur. L’usine a été mise en marche, le i5 octobre dernier.
- Le courant produit est envoyé, sous 3o 000 volts, par une ligne haute tension de 70 kilomètres, aune sous-station installée aux portes de Bayonne, comportant elle-même une station thermique de secours (deux machines de 3oo chevaux et un moteur Diesel de 600 kilowatts).
- La Société Hydro-Electrique des liasses-Pyrénées possède d’autres chutes qui pourront venir renforcer l’usine de Banca.
- *
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- En résumé, si la région pyrénéenne n’a pas encore pris le puissant développement de la région alpestre en matière d’utilisation des forces naturelles, un grand mouvement s’est récemment dessiné en faveur de l’industrialisation de la houille blanche dans le midi français.
- De même que dans les Alpes, les usines de plaine ont exigé une immobilisation de capitaux telle que les hautes chutes ont pu conquérir des places de la zone basse, malgré la perte en ligne et le coût élevé de lignes de haute tension en grande étendue.
- Ainsi a pu se développer le magnifique réseau électrique du Languedoc et du pays toulousain, et s’accuser un progrès qui aura une répercussion immense sur l’avenir économique et social de ces riches provinces.
- A. P.
- Une installation hydro-électrique de 300 000
- chevaux sur le Mississipi : la ligne à
- 110 000 volts allant à Saint-Louis.
- De la centrale hydro-électrique de Keokuk à Saint-Louis, soit sur un parcours de 2.32 kilomètres, s'étend une ligne de transmission à 110 000 volts, constituée par deux circuits doubles, supportés parallèlement dans des plans verticaux par une; seule lile de pylônes. Chaque câble se compose de 19 torons en cuivre étiré et son diamètre total est de iG millimètres. La charge de rupture du câble est de (1300 kilogrammes, ce qui donne un large facteur de sécu-
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- rite, même en admettant les conditions extrêmes d’un revêtement de i3 millimètres de glace avec un vent de 96 kilomètres à l’heure et à la température .de — 18 degrés (onF). Dans de pareilles conditions, 011 estime (pie la charge ne dépasserait pas 3 180 kilogrammes sur la portée normale, de «44 mètres adoptée', pour la ligne. I/effet u corona » se manifeste pour ces conducteurs à 148 000 volts, soit à une tension supérieure de près de 35 % au voltage normal.
- Les pylônes en acier de la ligne de Saint-Louis mesurent, en alignement droit, «o mètres de hauteur et 5,i X 5 m. 1 à la hase. Chacun pèse 4,45 tonnes. Les càhles sont portés par des isolateurs à suspension, chaque circuit se trouvant dans un plan vertical sur un côté du pylône. Ces isolateurs à suspension sont constitués chacun par 7 disques de. «34 millimètres, les montages du câble sur l’isolateur mesurant en tout 1 m. «2 de longueur. Ces isolateurs ont été soumis à des essais à see à 440000 volts et à des essais humides à 33oooo volts.
- Les pylônes normalement employés avec le type de construction à suspension libre dans les parties en courbe sont établis pour supporter le poids et la traction latérale de tous les conducteurs dans les conditions atmosphériques les plus rigoureuses et, en outre, la traction déséquilibrée qui peut être exercée par deux câbles rompus. Chaque pied de ces pylônes est ancré à une fondation eu béton armé pesant deux tonnes et s’enfonçant jusqu’à 1 m. 85 au-dessous du sol. Dans les marais et les vallées traversés par la ligne, la fondation arrive au niveau des plus hautes eaux. Les pylônes ont été dressés en place au moyen d’une sorte de chèvre, articulée sur la fondation, de façon à pouvoir s’enlever pour laisser le pylône reposer directement sur ses assises en béton. Les portées de câble sont tendues au dynamomètre. A intervalle de 10 pylônes en alignement droit, ainsi qu’aux angles, aux traversées de chemins de fer et partout où les câbles sont à bout perdu, des pylônes de construction plus robuste ont été employés. Ceux-ci mesurent 18 m. 75 de hauteur et (i, 1 x<> m. 1 à la base et pèsent approximativement 5 tonnes. Ils reposent sur 5 socles en béton enfoncés de « m. 4r» dans le sol et pesant chacun 7,5 tonnes. Ces pylônes sont établis pour supporter chacun une traction totale non équilibrée de «« 700 kilogrammes.
- En outre des six câbles principaux supportés à 3 mètres d’intervalle de chaque côté des pylônes, le sommet de ces derniers porte un câble de mise à la terre de i3 millimètres, en acier Siemens-Martin galvanisé. Ce câble a une charge de rupture (le 5 000 kilogrammes bien que sa tension possible, dans les conditions atmosphériques les plus rigoureuses, 11e puisse atteindre qu’à « 5oo kilogrammes.
- Quittant la station centrale par une portée de 855 mètres au-dessus du Mississipi, la ligne traverse l’Illinois sur la majeure; partie de son parcours. Elle franchit à nouveau le Mississipi, puis le Missouri, avant d’aboutir à Saint-Louis, fai zone de terrain réservée à la ligne est de 3o m. 5o de largeur, ce qui permettra de la doubler au besoin.
- Pour la portée de 855 mètres franchissant le Mississipi à la station centrale, l’un des supports est constitué par la charpente établie sur le toit de l’usine et l’autre, sur la rive de l’Illinois, par des pylônes de 41 mètres sur fondation en béton.
- Les câbles employés pour ces longues portées franchissant les fleuves se composent d’une âme en acier spécial à grande résistance de 16 millimètres et de «o fils de cuivre formant les torons extérieurs qui donnent un diamètre total de «« millimètres. Pour la traversée des fleuves, les conducteurs sont montés dans un plan horizontal à G m. to d’intervalle pour éviter le danger d’oscillation par le grand vent. Chaque câble est porté par une série de six rangs parallèles d’isolateurs, un système ingénieux de leviers équilibreurs répartissant uniformément l’elTort sur chaque isolateur. La charge de rupture des câbles franchissant cette portée est de «3 Goo kilogrammes bien que, par les conditions atmosphériques les plus défavorables, les charges 11c puissent excéder n 000 kilogrammes. Au-dessus des câbles conducteurs sontsuspendus des câbles de mise à la terre de iG millimètres, à raison de 1 par circuit. Ces câbles de mise à la terre supportent les fils téléphoniques et servent également à la suspension des wagonnets pour l’inspection et la réparation des portées au-dessus du fleuve. Des portées établies de façon similaire sont employées pour les autres traversées de cours d’eau et, en un cas, il a fallu des pylônes de 70 mètres de hauteur d’un type intermédiaire entre le pylône ordinaire et le pylône pour câbles à bout perdu.
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- A la traversée des voies ferrées, on a observé les recommandations de la National Electric Light Association. On a établi trois courtes portées dont deux de chaque côté de celle qui franchit les voies, les pylônes extérieurs formant ancrages. Les câbles sont à bout perdu à tous les pylônes et soumis à une tension égale à la moitié de la tension normale dans les trois portées de manière à réduire le plus possible les risques de chute de câbles. Parallèlement à la ligne de transmission depuis Kcokuk jusqu’à Saint-Louis on a établi un circuit téléphonique sur poteaux en cèdre de 9 mètres de hauteur; cette ligne borde la bande de terrain réservée ; elle est protégée par un fil de mise à la terre. A intervalles de 0,4 kilomètres, se trouvent des postes téléphoniques tandis que des habitations pour surveillants sont édifiées à intervalles de 29 kilomètres. Des précautions très grandes ont été prises pour l’isolation des lignes téléphoniques.
- La charge principale produite à la centrale de Keokuk sera naturellement transmise à Saint-Louis mais une sous-station de transformation, établie à Metten, prélèvera plusieurs milliers de kilowatts pour les transmettre à Alton (Illinois) sous 60 000 volts. Une fabrique de ciment prendra 10 000 chevaux à Ilull et un contrat a été passé avec la Central Illinois Public Service C° pour la fourniture de 2 000 kilowatts à son réseau dans la zone centrale Ouest de l’Etat. De Keokuk, une ligne à n 000 volts part de la rive de l’Illinois sur le Mississipi vers Burlington et Fort-Madison (Iowa). La Keokuk Electric C° exploitera également des entreprises d’éclairage électrique et de traction, à Keokuk et dans les communes voisines. D’autres communes emploieront égale-
- ment l’énergie produite parla Centrale hydroélectrique du Mississipi.
- (The Electrician, 5 décembre 1913).
- Fourniture de courant à. l’Exposition universelle de San-Francisco.
- Voici ce qu’on sait déjà au sujet de la fourniture du courant à l’Exposition de San-Francisco, en IQl^.
- Le courant d’éclairage sera de l’alternatif à 60 périodes, »3o ou ni volts. Cette dernière tension sera employée dans les halls de l’Exposition.
- Les moteurs pourront fonctionner avec du tri-phasé à 60 périodes, Tio volts et du monophasé à n5 volts. En outre, durant les heures d’exposition, on disposera de continu à 125 et a5o volts mais seulement dans certaines conditions et pour quelques halls tels que celui des Machines, celui des Mines et le pavillon des Transports.
- Tous les appareils d’éclairage électrique devront être préalablement acceptés par la direction de l’Exposition. L’acception sera régie par les règles ordinaires de l’électro-technique. Le prix de chaque branchement avec compteur sera de 20 ou i5 dollars suivant son emplacement. Pour les branchements auxquels le courant sei’a livré à tarif forfaitaire, il sera payé ij ou 5 dollars. Il y aura 3 tarifs de vente du courant : un tarif forfaitaire à i5 dollars par mois au-dessous de 2 kilowatts et 2,h) dollars au-dessous de : 16 watts ; un tarif dégressif pour branchements de plus de 2 kilowatts, auxquels le compteur sera imposé; et des tarifs spéciaux réduits pour les abonnés ne prenant du courant que la nuit.
- Les machines d’exposition mobiles paieront 3 cents (i5 centimes) le kilowatt-heure.
- (Eleklrische Kraftbetriehe und Bahnen,4 décembre 1913).
- ÉCLAIRAGE
- L’éclairage électrique des automobiles. — Emil Dick.
- Les établissements Siemens Scliuckert autrichiens construisent depuis quelques temps un dispositif d’éclairage électrique des automobiles par dynamo actionnée par l’essieu. Ce dispositif comporte :
- i° Une petite dynamo shunt blindée, étanche à l’eau, de construction extrêmement robuste, actionnée par l’arbre du moteur ;
- 20 Un petit régulateur qui assure automatiquement la mise en circuit et hors circuit de la dynamo et en contrôle le débit ;
- 3° Une petite batterie d’accumulateurs chargée par la dynamo pour fournir le courant pendant
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- les arrêts clc la voiture ou lorsque le moteur est débrayé;
- 4° Un tableau de distribution ;
- 5° Les fils et les appareils d’éclairage.
- La dynamo actionnée par le moteur fournit le courant d’éclairage et le courant de charge de la batterie. Son débit maximum est de io ampères sous i5 volts à la vitesse de i 3oo à 4 ooo tours par minute. La dynamo est à 4 pôles et la vitesse normale du moteur la fait tourner à 2000 tours. Les enroulements de champ, l’induit et les balais sont complètement protégés en sorte qu’aucun corps étranger ne puisse s’introduire dans la machine ni y occasionner de détériorations. I/induit à encoches a un enroulement série en tambour. Le collecteur a 4 balais en charbon à 90° l’un de l’autre. Les paliers ont des enroulements à billes et exigent peu de surveillance. Le poids de la dynamo est de 12 kilogrammes environ.
- Le régulateur comporte, outre le régulateur proprement dit, un conj011cleur automatique monté avec lui sur une plaque en fonte et protégé. Il mesure uoo millimètres de hauteur sur 208 millimètres de largeur, ii5 millimètres de profondeur et pèse avec son coffret environ (> kilogrammes. Il sert, comme on l’a déjà dit, à connecter la dynamo à la batterie d’accumulateurs et aux lampes à incandescence. Il se compose d’un électro-aimant constitué par deux enroulements et d’une armature pivotante à deux bras aux deux extrémités de laquelle sont fixés des contacts. En facedu contact se trouve un contact en charbon. Un ressort établit le rappel de l’armature ; quand cette dernière est attirée, les contacts ferment le circuit.
- En raison de la vitesse variable de la dynamo et pour maintenir dans les limites permises l’intensité et la tension du courant, le régulateur est nécessaire. Il règle la tension aux bornes par modification de la résistance du circuit d’excitation de là dynamo. Ce régulateur de tension est constitué par un solénoïde à deux enroulements
- dont l’un à nombreuses spires est en fil de cuivre isolé, tandis que l’autre, en gros fil, a un petit nombre de spires.
- Le noyau de fer doux est mobile en partie dans ïe solénoïde et en partie dans un récipient cylindrique contenant 5o grammes île mercure. Dans la région correspondant au niveau du mercure, la paroi de ce cylindre présente un certain nombre de bagues de contact séparées par des bagues isolantes et reliées à la résistance. Lorsqu’il ne passe pas de courant dans le solénoïde, le noyau de fer doux, qui porte à son extrémité inférieure un piston en matière isolante, se trouve, dù fait de son poids, à sa position la plus basse dans le récipient à mercure, ce qui met en court-circuit toutes les bagues de contact. Lorsque le noyau est attiré dans le solénoïde, le niveau du mercure s’abaisse et les résistances se trouvent intercalées dans le circuit d’excitation de la dynamo.
- La batterie d’accumulateurs a une capacité variable avec le nombre et l’intensité des lampes à filament métallique et avec la réserve nécessaire. En général, elle est calculée pour fournir environ G heures d’éclairage de secours sans le la dynamo. Tous les éléments sont placés dans une cilve commune. Généralement, la batterie en comporte six en série.
- Le tableau de distribution comporte des fusibles sur les circuits de chacune des lampes pour localiser les courts-circuits. Il porte, en outre, trois interrupteurs, l’im pour les phares, l’autre pour les lanternes de côté, le troisième pour la lampe d’éclairage du numéro. Cette dernière est en série avec une lampe tubulaire verte qui s’allume quand le filament de la lampe du numéro vient à bïuler. *De plus, à côté de la lampe verte se trouve une lampe de contrôle intercalée dans le circuit principal de la dynamo pour indiquer au chauffeur si la dynamo débite quand le moteur est en marche.
- (Elekiroiechnik und Mas chine nb au, i4 décembre 1913).
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- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Les moulages en acier électrique.
- Au Congrès des Fondeurs américains à Chicago M. F. T. Snyoer a fait une communication sur les moulages en aciei* électrique d’où il résulte que remploi du four électrique pour les petits moulages d’acier se développe rapidement dans les fonderies, dont beaucoup coulent moins de io tonnes par jour, par simple fusion de charges froides de riblons d’acier et cela pour les raisons suivantes :
- i° L’acier en petites quantités peut, dans les con-
- creusels. La méthode électrique est aussi meilleur marché que le procédé au petit convertisseur à soufflage latéral, car elle ne demande que des riblons ordinaires d’acier plus économiques que la fonte très siliceuse exigée par le convertisseur. Pour les petits tonnages d’acier de beaucoup de fonderies, un petit four Martin est aussi moins économique qu’un four électrique, car il n’a à marcher qu’une partie du jour.
- Voici des prix de revient aux Etats-Unis (tableau I).
- Il est à noter que la main-d’œuvre coûte en Amé-
- Tableau I.
- DURÉE DE TRAVAIL 12 heures 24 heures
- PRODUCTION JOURNALIÈRE 4 t. 8 t. 1 *. t. 4 t. 10 t. .20 t.
- Coût de la tor inc fondue \ (Prix en sh. d.i
- Main-d’œuvre 10 K J 3 G 11 G G 3
- Electricité 4 » 3 a G 80 G 2G 21 G
- Fournitures 8 /i 8 /. 9 '> 9 8 6
- Frais de fabrication 5 9 \ 2 2 88 4 9 G y '28
- Riblons r. \\ fi'i ri Zi'i i i
- Ferros d’addition 2 G 2 g 2 G 2 2 2
- 10‘j (5 88 8 8', G <)) G 88 <) ! 74
- ditions ordinaires, être coulé à un prix moindre avec un four électrique qu’avec des fours ordinaires;
- 2° La qualité de tels moulages d’acier électrique est meilleure.
- L’amélioration de qualité consiste dans une plus grande résistance aux chocs et à la traction, par suite de la plus forte densité de l’acier électrique qui provient d’un volume moindre des souillures microscopiques.
- Comparée à la fusion au creuset, la fusion électrique est moins chère par suite de l’économie de
- rique io à 20 francs par jour et le kilowatt-an 70 francs.
- On voit que la marche à 2\ heures est plus économique que celle à 12 heures, ce qui est évident.
- Le développement de la pratique du four électrique dans les petites fonderies réside dans la fusion des riblons d’acier froids plutôt que dans l’affinage de fonde liquide de cubilot, le coût étant moindre. Pour une production de fi tonnes par 12 heures, la marche en fonte liquide-coûtcrait 20 francs de plus à la tonne qu’avec les riblons.
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- BIBLIOGRAPHIE
- La Pratique des moteurs Diesel, par Jean Lorfèvre, enseigne de vaisseau, ancien élève de l’Ecole Navale, préface de M. Paul Fainlevé, membre de l'Institut. — Un volume in-8° de 320 pages avec 24 planches hors texte. —E. Monroty, éditeur, Paris. — Prix, relié : i5 francs.
- L’auteur a réuni dans cet ouvrage les éléments nécessaires à l’instruction de quiconque peut avoir à conduire des moteurs Diesel.
- Il a partagé le volume en deux parties principales : dans la première, après les explications théoriques nécessaires et des renseignements sur les huiles combustibles et celles de graissage, on trouvera une description très détaillée des multiples formes sous lesquelles on rencontrera le plus souvent les divers organes des moteurs Diesel à 4 et à 2 temps; dans la seconde partie, dont la précédente n’a, en somme, été que la préparation, l’auteur a donné toutes les indications nécessaires à la conduite pratique des moteurs Diesel; lancement, réglage en route,avaries et incidents de marche, autant de questions traitées très longuement, où l’auteur a donné toutes les mesures à prendre, toutes les précautions dont il est nécessaire de s’entourer.
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- * *
- Electricité agricole, par A. Petit, ingénieur agronome etingénieur électricien. — Deuxième édition revue et augmentée. — Un volume in-18 de 4.86 pages, avec 95 figures. — J.-B. Baillière et fils, éditeurs, Paris. — Prix broché : 5 francs; cartonné : 6 francs.
- M. Petit présente d’abord quelques considérations générales sur l’adaptation de l’électricité à la ferme, sur l’énergie et quelques notions générales d’électricité. Il étudie ensuite la production de l’énergie électrique par tous les moyens pratiques possibles : dynamos, moteurs hydrauliques, à vapeur, à gaz, à pétrole, à vent; il examine les facilités de cette production, les conditions de prix, les conditions mécaniques et électriques. L’énergie produite est conduite par des fils conducteurs jusqu’aux appareils devant l’utiliser. M. Petit étudie tous les appareils compris entre les appareils générateurs et récepteurs dans un chapitre « Transport et Distribution ».
- Enfin l’énergie transportée sur les appareils récepteurs est utilisée par eux sous diverses formes. C’est le chapitre « Utilisation », dans lequel l’auteur étudie toutes les applications pratiques de l’électricité à la ferme :
- i° Utilisation mécanique : labourage électrique, battage électrique, commande électrique des scieries, des machines à glace, des pompes, des turbines à sucre, des écrémeuses, des broyeurs, concasseurs, coupe-racines, hache-paille, etc.
- 20 Utilisation pour l’éclairage et le chauffage : technique des installations agricoles d’éclairage électrique.
- 3° Applications agricoles de Vélectrochimie.
- Ces trois chapitres essentiels sont complétés par l’action du courant sur l’homme et le traitement des accidents dus à l’électricité. Puis l’auteur décrit un certain nombre d’inslallations-types et donne enfin des notions sur la conduite, l’entretien, les accidents qui surviennent aux installations électriques, sur la manière d’étudier un projet et de l’exécuter soit pour son compte, soit indirectement sous forme de coopératives d’électricité.
- Agenda Dunod pour 1914 (Electricité), par J.-A. Montpellier, rédacteur en chef de L’Electricien. — Un petit volume in-16 de 4°8 pages. —- Dunod et Pinat, éditeurs, Paris. — Prix, relié : 3 francs.
- Le succès ininterrompu de cet agenda est largement justifié par les améliorations que son auteur y apporte chaque année. Il contient tout ce qu’il est essentiel de connaître sur les quantités et unités physiques, géométriques et mécaniques, sur les phénomènes magnétiques électriques et électromagnétiques, thermiques, et pholométriques, sur la production de l’énergie électrique, sur les accumulateurs, les canalisations, l’éclairage électrique, etc.
- Parmi les adjonctions les plus intéressantes, il convient de signaler des renseignements particulièrement intéressants sur les canalisations électriques, les conditions techniques auxquelles doivent satisfaire les distributions d’énergie électrique, un extrait du règlement relatif à la sécurité des travail-
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- leurs dans les établissements qui mettent en œuvre des courants électriques.
- Sous sa forme actuelle, ce volume constitue un aide-mémoire complet et concis de toute l’électro-technique industrielle.
- Des tables et formules usuelles de mathématiques et de physique complètent utilement ce livre portatif qui contient la matière d’un gros volume, dont un répertoire alphabétique rend la consultation facile et rapide.
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- Le Petit Constructeur-électricien, par H. de Graffigny. (Deuxième édition). — Un volume in-12 de 225 pages, avec 153 figures. — H. Desforges, éditeur, Paris. — Prix: broché, 2 fr. 5o, relié, 3 fr. 25.
- Ce petit manuel pratique « pour construire soi-même », du vulgarisateur qu’est M. de Graffigny, a été accueilli avec une faveur marquée. L’auteur a tenu, dans la nouvelle édition, à compléter son travail primitif par l’addition de plusieurs descriptions d’appareils nouveaux, particulièrement ceux relatifs à la télégraphie sans fil. L’amateur trouvera donc dans cet ouvrage l’indication des meilleures méthodes à adopter pour mener à bien la construction
- des appareils électriques usuels, tels que piles de tous systèmes, accumulateurs, dynamos, petits moteurs, lampes à arc, téléphones, etc.
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- Travail des métaux, par J. Michel, ingénieur civil. — Nouvelle collection des Recueils de Recettes rationnelles. — 1 vol. in-12 de 356 pages avec i53 figures. — H. Desforges, éditeur, Paris. — Prix, broché 5 francs, cartonné, 5 fr. ^5.
- L’auteur a rassemblé, dans ce petit volume, commodément et de telle sorte que chaque renseignement y puisse être trouvé facilement, une collection de recettes sur la composition et la préparation des alliages, sur le moulage et la fonderie, sur l’outillage, les montages sur machines-outils, la confection de dispositifs ingénieux et pratiques, l’aciérage du fer, la trempe, le recuit et le revenu des aciers, les soudures et brasures.
- De nombreux croquis simples et clairs permettent de comprendre d!un coup d’œil tous les modes de montage, toutes les formes de pièces à usiner ; un index alphabétique très complet et une copieuse table méthodique rendent presque instantanée la recherche de tout renseignement.
- CORRESPONDANCE
- Sur le calcul approximatif de l’énergie nécessaire à 1 électriflcation d’un chemin de fer de m ontagne par courants triphasés.
- M. l’ing. Aldo Righi nous adresse, à propos de sa communication sur le calcul approximatif de l'énergie nécessaire à Vélectrification d'un chemin de fer de montagne par courants triphasés, dont une partie a été reproduite dans notre numéro du 20 décembre 1913 (p. 371), les explications complémentaires suivantes :
- Le diagramme reproduit à titre d’exemple a été relevé à l’aide d’un kilowatt-mètre sur un train électrique de la ligne des Giovi et l’on y a superposé le diagramme de base calculé avec la même consommation spécifique. Les différences les plus notables s’expliquent aisément par ce fait que dans la pratique la vitesse du train n’est pas toujours constante, à cause des démarrages et des arrêts.
- Les autres diagrammes de base sont relatifs à d’autres lignes en partie à traction électrique triphasée, en partie en cours d’électrification par le même système.
- On se fait une idée concrète du diagramme de l’énergie en cause directe que si l’en a affaire à un train de 5oo tonnes, roulant à la vitesse de 5o kilomètres à l’heure, pour lequel W — i5 (y compris les pertes sur le fil de travail), 1 millimètre des ordonnées représente 5o kilowatts, 5o millimètres des abscisses représentent 1 heure, et par suite, 1 millimètre carré représente 1 kilowatt-heure.
- . M. Righi est en train d’appliquer sa méthode à l’étude complète de quelques lignes qu’on va électrifier prochainement. Cette méthode est enseignée par M. le professeur Ponté dans son cours à l’Ecole Polytechnique de Turin.
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- .10'Jànviflr 4014'. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- MM. Merton évaluaient au 3i décembre les stocks visibles de Cuivre en Europe à 29520 tonnes contre 26 218 au i5 décembre et 26 757 fin novembre ; il y avait donc augmentation de 3 3oa tonnes pour la quinzaine et de 2 763 tonnes pour le mois. En Angleterre et en France, les stocks étaient à la même date de 21 000 tonnes, à Rotterdam, Hambourg et Brême, de 8 520 tonnes en augmentation .également par rapport au i5 décembre. Cependant, le cours du Cuivre, sur des nouvelles, d’Amérique présentant la situation industrielle comme plus favorable, était monté de plus d’une livre en fin d’année : depuis il a légèrement rétrogradé. Son prixà 65 livres sterling étonne toutefois certains publicistes surpris de constater que plus les stocks diminuent plus le Cuivre a baissé, puisque fin octobre il cotait 73,26 livres sterling.
- On ne se rend pas bien compte, en effet, que la réduction du disponible ait eu pour conséquence une baisse des prix ; on peut expliquer cependant que les consommateurs ne se sont approvisionnés qu’au fur et à mesure de leurs besoins, car voulant éviter les hauts prix, ils ont réglé leur conduite sur celle des vendeurs : se montrant réservés si ceux-ci étaient empressés, au contraire assez amateurs s’ils étaient réservés. Le ralentissement industriel des Etats-Unis ne fut pas sans influence puisqu’ils constituent en période de prospérité les plus gros consommateurs ; mais la réduction très importante de la production compensa cette cause de fléchissement des cours. Il s’établit plutôt un équilibre sur le marché qui ne fut rompu par aucun événement particulier, fût-ce la grève des mineurs de Rio-Tinto, ou la fin des guerres balkaniques qui devaient être le signal d’un renouveau extraordinaire.
- En fin d’une année et au début de la suivante rappelons, non sans quelque ironie, que pour plusieurs nous aurions dû, au cours de 1913, voir le Cuivre atteindre et dépasser 100 livres sterling, tandis qu’il n’a pas été traité au-dessus de 75 livres sterling.
- Félicitons-nous d’ailleurs que durant, cette période de prospérité, cette situation ait facilité grandement ce qu’on est convenu d’appeler communément les affaires d’Electricité.
- L’année 1914 s’annonce comme critique en France, et comme brillante aux Etats-Unis. Une loi modifiant le système monétaire et bancaire vient d’être votée par le Sénat américain qui institue plusieurs banques centrales sous le contrôle et la surveillance d’un conseil fédéral résidant à Washington.
- Ces banques centrales seront seules dépositaires des fonds du gouvernement; elles auront la faculté de réescompter les effets des banques privées des Etats-Unis, de négocier les effets sur l’étranger, d’acheter et de vendre du numéraire. Le nouvel organisme s’inspire de celui de notre Banque de France, mais tient compte de la décentralisation qui existe en Amérique et de certaines habitudes des marchés financiers qu’il a fallu respecter. D’une façon générale, la réforme est accueillie favorablement parce qu’elle évitera à l’avenir les difficultés financières contre lesquelles les Etats-Unis s’étaient toujours débattus en temps de crise en raison du peu de cohésion qui existait entre toutes les banques. Enfin le président Wilson paraît modifier sa politique contre les trusts s’efforçant d’obtenir par persuasion la rupture d’associations considérées comme contraires à la loi.
- Le gouvernement vient ainsi d’obtenir que la Western Union Telegraph Company se sépare de l’American Téléphoné and Telegraph Company évitant de la sorte un procès qui aurait préoccupé pendant longtemps le monde des affaires, et influé sur la reprise qui se dessine.
- En Allemagne, on parle d’un relèvement des prix: la situation monétaire, au.contraire des années précédentes, y est très satisfaisante. Ce qui fait dire qii’il y a quelque chose de changé puisque l’Allemagne jusqu’à présent avait toujours manqué de numéraire et avait dû emprunter à l’étranger pour faire face aux échéances de fin d’année ! Cette situation provient d’un arrêt dans ses extensions industrielles et des profits que sa politique commerciale commence à lui rapporter, elle a inondé le monde entier de ses produits; elle s’est intéressée au développement de multiples entreprises quir après lui avoir acheté tout leur matériel, la font participer à leurs bénéfices; elle réalise ses titres étrangers
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- pour des remplois de même ordre. Il n’y a donc rien de surprenant à voir l’aisance s’établir sur ses divers marchés financiers à un moment où l’hésitation des capitalistes est générale en raison dejla situation politique internationale.
- Nous devrons maintenant compter que nous ne sommes plus vraiment les seuls à être les banquiers de l’univers et nous nous apercevrons de plus en plus que la lutte commerciale est doublée d’une lutte financière : il suffit d’ailleurs de suivre les événements pour s’en rendre compte.
- Le Sud-Electrique vient pour la première fois de répartir 4 % à ses actions de priorité ; rappelons que le capital de onze millions est constitué par 39 5oo actions de 25o francs chacune et par 4 5oo actions ordinaires de même valeur. Si on considère que le premier exercice 1907-1908 est un exercice de mise en route, c’est après cinq années d’exploitation que la Société a réalisé des bénéfices suffisants pour commencer à en distribuer une partie à ses actionnaires : ceci est tout à fait normal, et doit être envisagé comme un minimum pour des entreprises qui, à l’égal du Sud-Electrique, s'adressent à une clientèle répartie par petits groupements sur une grande surface.
- La population totale agglomérée desservie est maintenant de 38o 563 habitants, répartie en 166 communes, soit une moyenne de 2 292 habitants par agglomération. Il n’a pas fallu moins de 1 399 kilomètres de lignes, dont 1042 en haute tension et 35^ en basse tension, pour la desservir.
- Les capitaux engagés s’élèventà 22 440 013 francs, ce qui équivaut à une dépense de 58 fr. 90 par habitant : il no faut pas omettre de noter que la Société achète son courant en très grande partie à l’Energie Electrique du Littoral Méditerranéen et qu’en conséquence ses dépenses ont été principalement consacrées à des installations de sous-stations de transformation et de lignes.
- On sera surpris de constater que sur une population de cette importance, la Société dessert seulement 21 924 abonnés représentant 213 000 lampes, et 3 358 moteurs, ayant consommé, pour 17 5oo ki-
- lowatts installés, 26 533 660 kilowatts-heure.
- Les recettes de vente de courant se sont chiffrées par 3 271 997 francs représentant en moyenne environ 8 fr. 5o par habitant et 149 franc? par abonné.
- Les applications de l’énergie électrique se multipliant chaque jour, mais chaque jour surtout chacun se rendant compte davantage des économies et commodités que procure son emploi, il n’est pas douteux que le nombre des abonnés augmente plus sensiblement que dans les premiers exercices. Leur liaison au réseau n’exigerâ que peu ou point de frais ; et l’on conçoit que l’ère des répartitions s’ouvre avec l’espoir de plus values assez prochaines. Cependant le Conseil a demandé, dans une assemblée extraordinaire, l’autorisation d’émettre de nouvelles actions et obligations pour donner à la trésorerie l’élasticité dont elle pourrait avoir besoin : en un mot pour rembourser les avances de ses banquiers et consolider sa dette flottante.
- L’obligation de rémunérer ces nouveaux capitaux pourra reculer le moment des augmentations de dividende.
- Pour 2401 842 fr. i3 de recettes, les dépenses se sont élevées à 1 319 563 fr. 28 : le coefficient d’exploitation ressort donc à 54 % En ajoutant aux produits de l’exploitation les revenus du portefeuille et en déduisant les frais généraux, on trouve, comme solde du compte profits et pertes, 526980 francs qui est un peu inférieur aux 5 % du capital. D’un exercice à l’autre le bénéfice net est passé de 25o 282 francs à 521 480 francs, en augmentation de plus de 100 %, justifiant notre remarque notée plus haut.
- Le Conseil en a profilé pour amortir en totalité le mobilier et l’outillage et en grande partie les frais de constitution et d’augmentation du capital. L’affaire est sortie de la période de début bien qu’elle continue à s’agrandir par les concessions nouvelles qu’elle acquiert dans son rayon d’action ; mais les éléments qui la constituent sont maintenant suffisants pour lui assurer une marche intéressante.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Puy-de-Dôme. — Le conseil municipal de Clermont-Ferrand a adopté le projet concernant 1 extension du réseau des tramways suburbains ; il comprend les lignes suivantes :
- i° Une ligne de Clermont, place Gambetla-Beaumont-Ceyrat ;
- a° Une ligne Clermont, boulevard Lafaÿetle-Aubière, en passant par la route d’Aubière.
- La longueur de ce réseau serait de 8 km. 900.
- La concession a été accordée à la Compagnie des Tramways Electriques de Clermont-Ferrand.
- Vosges. — Le conseil général a adopté le rapport concernant l’extension du réseau des chemins de fer départementaux.
- En ce qui concerne la ligne d'Epinal à Rambervillers le rapporteur expose que la ville d’Epinal a porté sa subvention éventuelle de 5o 000 à 76 5oo francs. De ce fait, le contingent demandé aux communes intéressées est complètement couvert. Il ne reste plus qu’à trouver des demandeurs en concession.
- La ligne de Remiremont au Val-d’Ajol, Plombières, la gare de Bains et Fontenoy-le-Chàteau a été étudiée complètement par les demandeurs en concession, MM. Demouy, Villemain, Cramazou, Buisson et C18.
- Les futurs concessionnaires ont mis au point leurs dernières propositions.
- La ligne aura une longueur totale de 56 km. 201 Elle sera à traction électrique : la force sera fournie, soit par les Houillères de Roncliamp, soit par la Compagnie Lorraine d’Electricité, La dépense totale sera de 4 874 000 francs, soit environ 86 730 francs par kilomètre. Les communes et particuliers intéressés offrent une participation de 484 000 francs. La concession aura une durée de cinquante ans.
- Italie. — La Societa Trazioneed Impresse Elettriche de Milan a été autorisée à substituer la traction électrique à la traction à vapeur sur la ligne de Milan-Gal-larate.
- Un groupe de capitalistes italiens et belges est en pourparlers pour la concession de la ligne électrique Modena-Pavullo-Lama-Mocogno, qui serait dotée d’une très importante subvention gouvernementale,
- Autriche-Hongrie. Le gouvernement vient de présenter à la Chambre un projet comportant la con-
- struction de 94 lignes ferrées locales nouvelles, d’une longueur totale de 2 100 kilomètres. La dépense est estimée à 487 millions de couronnes et l’Etat y interviendrait directement pour 287 millions en accordant sa garantie sur le solde.
- Roumanie. — Le gouvernement a décidé de soumettre au Corps législatif le vole du projet déposé au printemps dernier pour l’ôavcrture d’un crédit de 4o5 millions de francs en vue do nouvelles investilions aux chemins de fer roumains. Le premier crédit de 4o5 millions sera porté à 420 millions, les i5 raillions en plus étant destinés à la construction de la ligne Cobadin-Dobrilch, dont la nécessité est urgente par suite de l’annexion du nouveau territoire.
- Ces 405 millions serviront à construire de nouvelles lignes — pour le surplus des 6 millions en plus de 18 millions votés par une loi spéciale, — à des commandes de matériel roulant, doublement de lignes, agrandissement des ateliers, nouvelles lignes de garage, etc.
- Il sera construit, en dehors de la ligne Gobadin-Dobritch, de nouvelles lignes d’une étendue de 1 645 kilomètres, la longueur des lignes actuelles étant de 3 5qo kilomètres. Los travaux dureront sept à huit ans.
- Chine. — Le gouvernement chinois a décidé la construction de la ligne Shasi-Singyifu qui doit relier Pékin aux provinces méridionales de la Chine. Il vient de conclure à ce sujet un arrangement avec lord French, représentant les entrepreneurs britanniques MM. Pauling, pour son établissement. Cette ligne de 1 200 kilomètres environ partirait de Shasi, à l’Ouest de Hankow, pour aboutir à Singyifu, à la frontière du Yunnan, en traversant le Hunan, Un embranchement longeant la rive sud du lac Tungting aboutirait à Changsha ou Tschangscha, sur la future ligne Hankow-Canton. A Singyifu la ligue rencontrera le chemin de fer français de Hanoï au Yunnan, et la tète nord de la nouvelle ligne serait reliée à Hankow. Ainsi cette nouvelle ligne mettrait en commu-! nication le Tonkin avec le centre du réseau ferré de la • Chine-Hankow.
- ÉCLAIRAGE ET FORCE MOTRICE
- Seine-et-Marne. — Le conseil municipal d e Choisy-en- Brie a nommé une commission dans le but d’étudier un projet d’éclairage électrique,
- La Société d’Etudes et d’Exploitations Electriques vient d’obtenir la concession d’électricité de Coulommiers,
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- Seine-Inférieure. — Le conseil municipal de Bel-lencombre a décidé de faire installer l’éclairage électrique.
- Vendée. — Une enquête a été ouverte aux Sables-d’Olonne sur le projet de distribution d’énergie électrique présenté par la Compagnie provinciale des Eaux, du Gaz et de l’Electricité, de Paris.
- Portugal. — Une récente décision du conseil municipal de Lisbonne ayant autorisé une distribution d’électricité et de gaz, la Gesellscbaft für Elektricitat Unlerneh-mungen, de Berlin, a été chargée de la construction du réseau électrique.
- Suède. — La municipalité de Stockolm doit émettre un emprunt de 18 j5o -ooo francs pour l’extension de son réseau de distribution d’électricité.
- Russie. — Un groupe de financiers polonais, agissant de concert avec la Gesellschaft für Elektricitat Unternehmungen, de Berlin, vient de constituer une société au capital de i million de roubles en vue de la distribution de la force électrique et de l’éclairage dans les faubourgs du Sud-Ouest de Varsovie dont le développement est actuellement très rapide. La concession est accordée pour une durée de soixante ans.
- Turquie. — Le Moniteur Officiel du Commerce annonce que la vente des appareils d’éclairage électrique devient de plus en plus importante à Constantinople, où la mise en service d’un secteur électrique est annoncée pour les premiers mois de 1914» il desservira la ville entière. Au fur et à mesure des constructions nouvelles et lorsqu’il aura été permis d’apprécier les avantages de l’électricité, la vente de ces articles augmentera.
- Tous les types courants d’appareils sont employés sans préférence bien marquée.
- En ce qui concerne les conditions de paiement, on accorde des délais pour ces articles comme pour tous les autres ; cependant il n’existe pas de règles fixes et certains exigent le comptant. On doit toujours faciliter les achats aux bons clients.
- TÉLÉPHONIE
- Paris. — La Chambre de commerce de Paris est autorisée à avancer à l’Etat, au fur et à mesure des besoins, une somme de 3oo ooo francs en vue de concourir aux dépenses d’établissement de nouvelles lignes téléphoniques interurbaines.
- Tjirquie. — Pour la première fois dans l’Empire Ottoman, un service de téléphonie publique va être ouvert à Constantinople. Il compte déjà près de 4 ooo abonnés.
- Irlande. — Le nouveau câble posé entre Carna-vonshire et Horoth a été inauguré la semaine dernière pour les communications téléphoniques publiques. Ce câble renferme quatre lignes et il est l’un des plus longs câbles sous-marins du monde.
- DIVERS
- Paris. — La Compagnie Générale Electrique de Nancy est chargée de l'équipement électrique des appareils de propulsion et de manœuvre des deux nouveaux submersibles que la Marine vient de mettre en chantier.
- La Société des moteurs Sabalhé a obtenu du ministère de la Marine, le maximum de primes à la consom-1 mation pour l’essai de quatre moteurs de 4&o chevaux.
- En plus de cette marque de satisfaction, la Marine lui a remis une nouvelle commande pour deux machines de 65o chevaux, et six autres de 900 chevaux.
- Seine-Inférieure. -- La Chambre de commerce du Havre est autorisée à emprunter une somme de 1 mil- lion 53o ooo francs en vue de subvenir aux dépenses 1 d’établissement de quinze grues électriques sur le quai de Pondichéry et de deux grues électriques sur le quai . Renaud, au port du Havre, à titre d’extension de l’outillage public qu’elle administre dans ce port.
- Grèce. — Le gouvernement d’Athènes a décidé de confier à l’industrie française les travaux de changement des chaudières des croiseurs Psara, Hydra et Spetzia.
- INFORMATIONS
- Congrès International d’Electricité deSan Francisco.
- Un Congrès International d’Electricité se tiendra à San Francisco, du i3 au 18 septembre igi5, sous les auspices de l’Institut Américain des Ingénieurs Electriciens et sous l’impulsion de la Commission Electrotechnique Internationale, pendant l’Exposition Internationale du Panama-Pacifique. Le L)r C.-P. Steinmetz a accepté la présidence d’honneur du Congrès. Les travauxduCongrès ! seront divisés en douze sections et auront trait exclu-. ; sivement à l’électricité et à ses applications. Il y aura ! probablement a5o communications. La première invitation sera lancée en février ou mars 1914.
- Ce Congrès d’Electricité sera tout différent du Congrès International des Ingénieurs qui se tiendra à San Francisco pendant la semaine suivant immédiatement le Congrès d’Electricité. Le Congrès des Ingénieurs estpro-voqxié par la Société des Ingénieurs civils, mécaniciens . des constructions navales, ainsi que par d’éminents : ingénieurs de la côte du Pacifique qui s’occupent active
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- ment de son orgahisation. Le Congrès s’occupera des questions générales intéressant l’art de l’ingénieur.
- Les sujets se rapportant à l’électricité seront étudiés uniquement par l’une des onze sections et feront l’objet d’environ douze communications, se rapportant principalement aux applications de l’électricité dans l’industrie.
- La réunion de la Commission Electrotechnique Internationale se tiendra pendant la semaine qui précédera le Congrès d'Electricité.
- NOMINATIONS
- Exposition Internationale de Lyon.
- Par arrêté du ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, en date du icr décembre igiî, M. Louis Pradel, vice-président delà Chambre de commerce de Lyon, a été agréé en qualité de commissaire général adjoint de l’Exposition internationale urbaine de Lyon en 1914.
- Compagnie des Chemins de fer de l’Est,
- Par décision du Conseil d’administration de la Compagnie des Chemins de fer de l’Est du 18 décembre igi3, M. Lancrënon, ingénieur en chef des ponts et chaussées, ingénieur en chef adjoint du matériel et de traction, a été nommé ingénieur en chef du matériel et de la traction, en remplacement de M. Salomon, admis à la retraite, sur sa demande, et nommé ingénieur en chef honoraire du matériel et de la traction, à dater du ior janvier 1914.
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Station d’électrioité d’Agnicourt-et-Séchelles, Veuve Wallschmitt et Cle. — Objet : l’exploitation du réseau électrique d’Agnicourt-et-Séchelles, comprenant actuellement les concessions des communes de Tavaux-Ponl-sericourt, Saint-Pierremont, Bosmont, la Ville-aux-Bois, Renneval, Bucy-les-Pierrepont, et les communes d’Agnicourt-et-Séchelles, Chaourse et Vigneux-Hocquet; l’extension dudit réseau électrique, soit par concessions, soit par permissions de voirie sur toutes localités environnantes du département de l’Aisne, et de départements limitrophes; toutes autres exploitations analogues se trouvant dans le rayon d’action de la société. — Durée : 3o années et 5 mois. — Il est apporté à la Société : i° l’usine électrique sise à Agnicourt, avec le terrain et les divers bâtiments qui la composent, ainsi que la chute dont elle dispose sur la rivière la Serre; 2° le matériel de ladite usine dans son intégralité ; 3° les différents secteurs desservis par l’usine ; 4° la clientèle attachée à l’usine; 5» le mobilier des bureaux desdits lieux, ainsi-
- que les éludes, plans, devis, et lignes se rapportant tant aux secteurs en exploitation qu’aux nodvcaux secteurs à établir sur les communes de Bucy-les-Pierrepont, Cler-mont-les-Fermes, Boncourt et Lappion. — Il est attribué à la Société Veuve Wallschmitt et G10, apporteur, représentée par M. Fernand Martinet, en rémunération des apports ci-dessus : i° 200 actions entièrement libérées de 5oo francs chacune; 20 une somme de i5o 000 francs en espèces ; les apports sont délivrés quittes et nets de toutes charges. — Capital social : 400 000 francs divisé en 800 actions de 5oo francs chacune, dont 200 d’apports et 600 à souscrire en espèces. — Siège social : Agnicourt (Aisne).
- CONVOCATIONS
- Société Centrale d’Energie Electrique. — Le
- 12 janvier, 19, rue Blanche, à Paris.
- Compagnie des Tramways de Nantes. — Le 24 janvier, 25, rue de Châteaudun, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- L’Administration des chemins de fer de l’Etat, à. Paris, ouvre un concours pour la construction d’une usine de production d’énergie électrique à Dieppe.
- Ces travaux comprennent l’exécution complète, y corn-: pris fondations des bâtiments et annexes de l’usine,
- ; salles des machines, accumulateurs, magasins, bureaux, ateliers, etc.
- Les concurrents qui désirent prendre part à ce concours doivent adresser la demande, par lettre recommandée, à l’ingénieur en chef du service électrique, 43, rue de Rome, à Paris, avant le i5 janvier 1914.
- Le 27 janvier, au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, io3, rue de Grenelle, â Paris, fourniture de cordons souples pour postes d’abonnés et bureaux centraux téléphoniques (9 lots).
- Les demandes d’admission à cette adjudication devront être parvenues au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, le 17 janvier 1914.
- GRÈCE
- Le 28 février 1914, à l’hôtel de ville, à La Canée, adjudication de l’installation d’un réseau de tramways à traction électrique dans ladite ville et ses environs.
- Durée de la concession : 5o ans.
- Cautionnement : j5 000 francs.
- RUSSIE
- Le 16 février, à 1 heure, â l’hôtel de ville, â Varsovie, fourniture de deux machines à vapeur verticales com-pound avec des pompes à piston, à plongeur ou différentielles, ou bien deux turbines à vapeur avec pompes cen-
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- trifuges ou turbo-pompes, chacune d'une puissance de 5oo litres par seconde à une hauteur de 3o à 37 mètres, moyennant 3i m. 5o, avec un pont roulant et tous les accessoires; caut. : 20 000 roubles.
- URUGUAY
- Le 20 février 1914» au ministère des Travaux publics, administration du port, ealle Ituzaingo, i5ia, à Montevideo, fourniture de plusieurs lots de cinq générateurs à vapeur, destinés aux dragues « IV » et « V », ainsi qu’aux vapeurs Présidente Cuestas et Cisterna Montevideo.
- O11 peut consulter le cahier des charges et plans (texte en langue espagnole), relatifs à cette adjudication, à l’Office national du Commerce extérieur, 3, rue Feydeau, à Paris (20).
- BELGIQUE
- Le 3o janvier, à 11 heures, à la direction du service de l’électricité, 52, boulevard du Régent, à Bruxelles, entretien, amélioration et extension des installations de paratonnerres établis sur les bâtiments civils et militaires de l’agglomération bruxelloise pendant trois ans finissant le 3i décembre 1916; caut. : 5oo francs (cahier des charges n° 217; prix : o fr. 80; s’adresser, i5, rue des Augüstins, à Bruxelles). Soumissions recommandées le 26 janvier.
- Le 3i janvier, à ti heures, à la maison communale, à Farciennes (Hainaut) ; i" installation d’une centrale électrique; caut. : 8000 francs; — 2» établissement d’un réseau de distribution d’énergie électrique ; caut. : 10 000 francs; — Caut. pour l’ensemble : i5 000 francs; 3° éventuellement exploitation pendant deux ans de ladite installation; cahier des charges et plan : 20 francs. Soumissions recommandées le 3o janvier.
- Prochainement, en la salle de la Madeleine, à Bruxelles fourniture d’appareils de levage nécessaires au service de la traction et du matériel des chemins de fer de l’Etat.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS »
- FRANCE
- a3 décembre. — Au sous-secrétariat des Postes et des Télégraphes, io3, rue de Grenelle, Paris, fourniture de tableaux commutateurs téléphoniques.,
- Ier lot. — 5o tableaux à 100 directions. .
- Société Industrielle des Téléphones) i. 471,90, — Compagnie Française Thomson-Houston, 1 354. — Le Matériel Téléphonique, 46 avenue de Breteuil, Paris, adj. à 1 349.
- Série A. — i0» et 2e lots. — Comprenant chacun 4o tableaux à 5o directions. . .
- Société Industrielle des Téléphones, 2 lots à i 008,45.
- — Le Matériel Téléphonique, 2 lots à 936. — Compagnie
- Française Thomson-Houston, 10, rué de Londres, Paris, 1 lot à 929 la pièce, adj. d’un lot au même prix. — Association des Ouvriers en Instruments de précision, 8, rue Charles-Fourier, Paris, 1 lot à g3o, adj. d’un lot à 926,90 la pièce. • • •
- Série B. — itr et 2e lots. — Comprenant chacun 40 tableaux à 25 directions.
- Société Industrielle des Téléphones, 2 lots à 5go,6o.
- — Le Matériel Téléphonique, 2 lots à 5^2 — Compagnie Française Thomson-Houston, 1 lot à 575 la pièce, adj. d’un lot au même prix. — Association des .Ouvriers en Instruments de précision, 1 lot à 576, adj. d’un lot à 569,95 la pièce.
- 6» lot. — 10 tables interurbaines. . .
- Société Industrielle des Téléphones, 1 084,85; — Compagnie Française Thomson-Houston, 1 182. -—Le Matériel Téléphonique, 1 129. — Association des Ouvriers en Instruments de précision, adj. à 1 o55 la pièce.
- BELGIQUE
- 27 décembre. — A’la direction du Service d’électricité, 5?, boulevard du Régent, à Bruxelles, équipement électrique ati port d’Ostende du pont de l’avant-port, des deux ponts-barrages et des deux ponts de l’écluse maritime (cahier des charges n° i4o).
- A. E. G. Union Electrique, à^Bruxelles, 91 925 francs, avec modifications au cahier des charges. — Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi, id. 110 000 fr.
- — l’Eclairagé Electrique, à Paris, m 632 francs.
- v
- La reproduction des articles de
- la Lumière Electrique est interdite.
- Paris. — imprimerie levé, 17, rue cassette.
- Le Gérant : J.-B. Nouet
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- Trente-sixième année. SAMEDI 17 JANVIER 1914. Tome XXV (2* * sérié). - N» 3
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- Statistique
- Statistique des stations centrales allemandes au iur avril 1913.............................. 87
- Traction
- L’électrification de chemin de fer du Nord
- Canadien..'................................... 89
- Ligne électrique de chemin de 1er entre Tokio
- et Yokohama...... v............................89
- Le problème de l’électrification des chemin des
- fer........................................... 89
- Electrométallurgie
- Le développement de l’électro-chimie et de
- l’électro-.métallurgie dans les Pyrénées.. . . 90
- Etudes et Nouvelles Economiques................. 9a
- Renseignements Commerciaux..................... 9/1
- Adjudications................................... 95
- J. Reyval. — L’électrification des chemins de
- fer suisses (Suite)....................... fi5
- P. Jégou. — Le Détecteur éleclrolytique. . . 69
- P. Bougault. -r— Le projet de loi sur les usines
- hydrauliques des rivières publiques [Fin). . 70
- Publications techniques
- Distribution
- Hystérésis et perles par courants de Foucault dans les pylônes des lignes de transmission 81
- Erreurs commises dans l’interprétation des essais d’électrolyse des canalisations souterraines, par Carl IIering................. 8 5
- Eclairage
- Recherches sur les lampes à filament métallique remplies d’azote........... 85
- L’ÉLECTRIFICATION DES CHEMINS DE FER SUISSES (Suite) (')
- Dans le précédent article, le système d'électrification avait été étudié au point de vue purement technique et à celui de l'économie technique. Dans cette seconde partie, rauleur étudie quelques autres propriétés techniques des différents systèmes cl'électrification. Puis après les avoir comparé au
- point de vue du coût des installations et des frais monophasé.
- G) Comparaison de quelques autres propriétés
- TECHNIQUES DBS-DIFFERENTS SYSTEMES. •
- i°) Sécurité du service et solidité de la ligne de contact. — Il est incontestable que la sécurité cle la traction électrique dépend surtout de la solidité de là ligne de contact, cardes dégâts sur celle-ci, produisent dans le service des perturbations plus sérieuses que des dégâts sur les véhicules.
- Le troisième rail présente des avantages caractérisés, tels que sa robustesse, sa facilité d’accès ; encombrement moindre que celui des lignes aériennes;absence d’action du vent. Mais il présente aussi des inconvénients qui 11’existent pas avec les lignes aériennes : entretien onéreux
- . t
- (*) Lumière Electrique, 10 janvier 1914, p. 33.
- d'exploitation, il conclut en faveur du courant
- des enveloppes, impossibilité de réaliser l’isolation pour de hautes tensions, danger pour le’personnel et les voyageurs.
- D’autre part, les immenses progrès qui ont été réalisés pour la construction et T entretien des lignes à haute tension permettent'de conclure que les systèmes qui nécessitent une ligne aérienne ne présentent aucun désavantage sur les systèmes à basse tension qui. permettent; l’emploi du troisième rail.
- Enfin, pour les systèmes à haute tension, on doit, au point de vue de la sécurité du service, accorder la préférence à un système pourvu de la ligne aérienne unipolaire — courant monophasé — sur un système à ligne bipolaire — courant triphasé.
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- 2°) Influence de la traction électrique sur les canalisations à faible courant. — Cette question est très importante au point de vue du fonctionnement du service des télégraphes et téléphones ainsi que des dispositions de signalement des chemins de fer.
- Les phénomènes très compliqués qui se produisent donnent lieu à différentes perturbations :
- a) Par induction statique;
- b) Par induction dynamique;
- c) Par suite des courants vagabonds qui se ré-pandentpresque également pour tous les systèmes de traction dans les canalisations à courant faible quand celles-ci utilisent le retour par la terre.
- Des essais très nombreux furent exécutés par la Direction Fédérale des Télégraphes et l’Inspection des Télégraphes des Chemins de fer fédéraux en collaboration avec les Ateliers Ocrlikon sur la ligne Seebach-Wettingcn.
- On peut exprimer comme suit le résultat de ces expériences :
- , L’élimination des perturbations produites dans les lignes à faible courant par les lignes de contact est un peu plus difficile avec le courant mono-ou triphasé qu’avec le courant continu, bien (pie toujours réalisable d’une façon satisfaisante. Il est nécessaire, dans tous les cas et pour tous les systèmes de traction, ne fùt-ce que pour éliminer les courants vagabonds, de faire usage de boucles et de renoncer au retour par la terre pour toutes les lignes à courant faible, qui doivent être parallèles à la voie et ne peuvent en être éloignées suffisamment. Pour les lignes téléphoniques, il faudra recourir à un croisement plus ou moins fréquent, suivant les circonstances; pour les appareils moins sensibles (block-signal) on pourra, dans bien des cas, employer un fil de retour commun à plusieurs fils d’aller. Afin d’éviter l’action statique, on veillera à une répartition aussi égale que possible de la capacité et on s’abstiendra de brancher des câbles sur la canalisation aérienne. Il faut empêcher, avec les systèmes de traction à courant alternatif la production d’harmoniques, ce qui, au début, parut plus difficile avec les moteurs monophasés qu’avec les moteurs d’induction triphasés, mais cette différence n’existe plus aujourd’hui.
- Enfin, si l’on compare les divers systèmes au point de vue de leur action sur les installations à courant faible, on peut dire qu’il n’existe entre eux aucune différence importante.
- 3°) Fréquence du courant monophasé et triphasé. — La commission d’étuclcs s’est placée principalement au point de vue du meilleur fonctionnement des moteurs et ensuite à celui du coût des installations.
- Pour le courant monophasé, il est indiqué cle fixer la fréquence normale à i5 périodes par seconde, les limites supérieure et inférieure
- admissibles étant ^-= 16 a/3 et — = i3 i/3 poul-
- ies chemins de fer qui devront emprunter l’énergie des centrales fournissant du courant dont la fréquence est comprise entre \o et 5o périodes par seconde.
- Pour le courant triphasé, on pourrait adopter indifféremment 40 ou 5o périodes.
- Enfin, le fait que la période i5 se prête mal à là production de la lumière ne joue aucun rûle dans la question de l’éclairage des trains qui sera fourni indépendamment.
- Conclusion au sujet nu choix du système,
- ENVISAGÉ 1IU POINT DE VUE TECHNIQUE.
- Si l’on envisage les avantages et les inconvénients des trois systèmes considérés, 011 aboutit, en tenant compte du poids à attribuer à chaque facteur, à la conclusion que c’est le courant monophasé qui présente lcplus d’avantages techniques.
- Comparaison des systèmes au point de vue du coût.
- Les considérations techniques précédentes ne suffisent pas pour fixer le choix du système, et il reste à déterminer si les systèmes différent, et dans quelle mesure, au point de vue du coût des installations et en dernier à celui des frais d'exploitation.
- Des projets comparatifs complets d’installation et d’exploitation pour des réseaux déterminés et étendus ont été établis par la commission d’études avec tous les détails utiles.
- Bases des projets comparatifs. — Il a paru nécessaire de fixer ces bases, non pas d’après les conditions de la traction actuelle à vapeur, mais en conformité avec le développement du trafic qui peut être escompté comme conséquence de l’établissement delà traction électrique.
- C’est pour cette raison qu’on a fait les hypothèses suivantes : Les vitesses admises ont été celles du tableau I. Les vitesses de la traction à vapeur sont entre parenthèses.
- Les poids maxima. remorqués furent supposés ;
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- Pour les express, de 400 tonnes, correspondant j lions et aux frais d'exploitation. — Ils ont été aux maxiina actuels. I établis pour les trois systèmes principaux et dans
- Tableau 1
- NATURE DES TRAINS SUR DES RAMPES DE
- 0 *Voo 5 «/ou 10 «/«O . 15 O/oo. 20 «Zoo 26 «/ll0
- Express. . Omnibus Marchandises 90 (70-85) 75 (5o-55) /,5. (35-38) 78 (05*75) 70 (/|5-5o) 45 («5-35) 68 (5o-6o) Go (4o-/|5) 45 (ao-3o) Go (40-481 55 (3o-35j 40 (ao-a5) 55 (35-4o) 5a (a5-3o) 37 (15-ai) 5o (3o-4°) 5o (ao-aG) 35 (i5-i8)
- Pour les trains de marchandises, de 700 tonnes, en augmentation notable.
- Pour les trains omnibus, de a5o tonnes, allégement du à l'accroissement du nombre des trains par suite de la traction par automotrices.
- F,es poids moyens furent arretés à des chiffres supérieurs aux chiffres actuels.
- Nombre et espacement des trains. Pour les express, rcspaccmentactuel est conservé, mais le nombre des trains est doublé dans le milieu de la journée. Les omnibus sont espacés régulière-
- cliaquc cas avec ou sans dispositifs tampons par accumulateurs électriques, pour élucider la question de l'accumulation.
- liOrs de rétablissement de ces projets compara Lii s, on n’était pas encore en possession des calculs définitifs concernant les centrales et Ton a pris comme prix unitaires de l'énergie au départ de la centrale ceux des avant-projets. F^cs calculs ultérieurs plus rigoureux ont fourni des prix plus bas pour l’unité d’énergie au départ de la centrale. Mais la comparaison de ces chiffres
- mentdeuneheureàunc heureetdemie. Les trains
- prouva; que la situation relative des systèmes au
- Tableau 11
- TRAFIC ANNUEL (Tonnes kilométriques) POIDS TOTAL (( REMORQUÉ » DES TRAINS SANS LES LOCOMOTIVES
- Variante A Variante B ..... 1 7 10 000, supérieur de 10 % au trafic actuel, a 3oo 000, — 5o % . —• i 3oo 000, soit 20% déplus qu’en 1907. 1 760 000, soit 60 % —
- de marchandises et facultatifs circuleront à peu près dans les condi tions actuelles.
- Le trafic total admis comporte environ 6 333 000 tonnes-kilométriques par jour. Pour le trafic annuel, on a envisagé deux variantes :
- A. Le chiffre de 6 333 000 tonnes kilométriques a été pris comme celui d’un jour de trafic maximum.
- B. Le chiffre de G 333 000 tonnes-kilométriques a été pris comme celui d’un jour de trafic moyen, le jour de trafic maximum étantdéterminé en majo-rantde54 % le trafic journaliermoyen (TableaulF).
- Le calcul des lignes de distribution de l’énergie a été fait en prévoyant des postes d’alimentation à Goldau, Amslcg, Lavorgo, Gubiaseo, el Mélide, et des centrales a Amsteg, Goschenen, Lavorgo et Piotta.
- Projets et calculs relatifs au coût des installa-
- point de vue économique reste la meme pour les deux séries de prix.
- Fjes projets comparatifs devaient se limiter au prix de revient de l'énergie au fil de contact, ce prix englobant toutes les dépenses à effectuer en arrière du fil de contact, car le eoiit des installations, et les dépenses annuelles pour les autres organes de traction électrique, tels que les véhicules-moteurs,'"sont les memes pour tous les systèmes.
- Résultats des projets compahaties al* point de
- VUE DU COUT DE L ÉXEHUÏE.
- a) Pour tous les systèmes, les installations avec centrales équipées pour produire directement la puissance maxiina sont bien plus avantageuses (pie celles qui sont munies de balleries-lampon.
- b) Le système à courant continu est beaucoup
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- moins avantageux que le système monophasé comme le montre la comparaison des dépenses a n n u elles.
- c) Le système triphasé lui aussi est bien moins économique que le monophasé.
- Compléments des projets comparatifs. — Pour ne pas laisser place au moindre doute, les projets ont encore été complétés par la prise en considération des véhicules et des autres installations
- Tablj
- Conclusion au sujet du choix du système.
- Etant données les conditions du réseau suisse à voie normale, le système le plus avantageux, tant au point de vue technique qu'au, point de vue économique, est le système à courant monophasé avec moteurs à collecteur à caractéristique série construits \pour une fréquence de 15 périodes par v III
- AVEC LE TRAFIC SUIVANT VARIANTE V B
- ET LE SYSTÈME MONOPHASÉ i5 périodes TRIPHASÉ 5o périodes MONOPHASÉ i5 périodes TRIPHASÉ 5o périodes
- Le coût des installations sera (comparativement) : Pour : Les centrales. Fr. 27 i5o ooo Fr. 24 865 ooo Fr. 3o 45o ooo Fr. 27 865 ooo 6 717 ooo
- Installations pour la distribution de l'énergie Installations électriques pour le service de l’exploitation (véhicules-moteurs, courant faible et divers).. . . Augmentation du matériel roulant en vue de l’accroissement du trafic x 53i ooo 6 717 ooo 2 531 ooo
- x8 641 ooo 32 211 ooo 28 64 * ooo 32211 ooo
- 6 t\i6 ooo 0 0 w <0 c 0 0 <£> i5 765 ooo
- 64 736 ooo 70 209 ooo 77 387 ooo 82 558 ooo
- Les dépenses totales annuelles pour le service de 1; Pour dépenses indirectes : Installations pour l’exploitation du chemin de fer proprement dite : Intérêts 1 traction sei 1 146 ooo 'ont (compai 1 289 ooo ativement) : 1 i/|6 ooo 1 289 ooo
- Amortissement 9*3 ooo 111 ooo 93 ooo III ooo
- Renouvellement 348 ooo 375 ooo 348 ooo 375 ooo
- 1 587 ooo 1 775 ooo 1 587 ooo 1 775 ooo
- Augmentation du matériel roulant en vue de l’accroissement du trafic, intérêts, amortissement, renouvellement 329 ooo 329 ooo 819 ooo 819 ooo
- 1 916 ooo 2 104 ooo 2 406 ooo 2 5g4 ooo
- Pourdépenses directes,pour la traction proprementdite: Energie exclusive 4 689 ooo 4 780 ooo 5 491 ooo v* 00 1 U5 O O O
- Coût de l'énergie au départ de la centrale x 172 ooo 1 989 ooo 2 486 ooo 2 229 OOO
- Coût de la distribution 316 ooo 853 ooo 3i6 ooo 853 000
- Total 9 093 ooo 9 726 ooo 10 649 ooo 11 259 ooo
- nécessitées par la traction électrique, en laissant toutefois de côté le courant continu.
- Nous récapitulons dans le tableau III les résultats des projets ainsi complétés en ne considérant que les projets basés sur la fréquence la plus avantageuse. Le résultat qualificatif reste le même ; il est simplement plus accentué et confirme la conclusion précédemment émise en faveur du courant monophasé.
- seconde environ et une tension de ligne de 15 000 volts, éventuellement, de 10 000 volts.
- Les études des chemins de fer des Etats prussien, bavarois, autrichien et suédois, appuyées sur des essais pratiques de traction en grand, ont conduit, comme on sait, aux mêmes résultats et aux mêmes conclusions positives ; la Suisse peut donc s’y rallier avec d’autant moins de craintes.
- {A suivre). J* Rkyval.
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- LE DÉTECTEUR ÉLECTROLYTIQUE
- L auteur expose le principe du délecteur électrolj/lique, les principales /'ormes pratiques qui lui ont clé données cl ses divers modes d'association avec Vanlenne.. Il définit ensuite la notion de a Tension critique » d'un détecteur électrohjtique et en donne quelques valeurs pour certains électro-h/tiqucs et certains électrodes. Il est enfin amené à considérer deux sortes de tensions critiques : la tension anodique ou normale et la tension cathodique.
- Principe. — Formes diverses pratiques. — Association avec l’antenne pour déceler les ondes.
- Le principe du détecteur électrolytique a été donné par le commandant Ferrié en 1900 au Congrès International d’Electricité, il le décrivait alors de la façon suivante :
- Un vase en verre V (lig. 1) contenant de l’eau acidulée sulfurique repose sur un socle portant une potence AB, dans laquelle est engagée une vis à large tête moletéc T. A l’extrémité de cette vis est fixé un fil fin de platine; /'effleurant la surface de l’électrolyte. Dans cet, électrolyte plonge d’autre part un fil de platine formant la seconde électrode du système.
- Si on l’intercale en série avec une pile de force électromotrice convenable et un écouteur téléphonique, en ayant soin clc connecter le pèle positif de la source à la pointe fine de platine /',
- T
- I'ig. 1.
- dont on règle soigneusement la plongée en agissant sur la vis T, on constate que l’écouteur, silencieux à l’état normal, rend un son quand des ondes hertziennes viennent frapper l’élément sensible ainsi formé.
- Sous cette forme assez primitive, sa sensibilité était évidemment assez instable, puisque le réglage délicat du contact de la pointe sensible avec l’électrolyte était susceptible de se modifier sous l’action des moindres chocs, voire même des
- simples trépidations inévitables, sans parier de l’évaporation du liquide qui, petit à petit, modifiait la qualité du réglage.
- Pour toutes ces raisons, son usage semblait une véritable sujétion jusqu’au moment où (190'J), indépendamment les uns des autres, le commandant Ferrié, Schlomilch et Fessenclen lui donnèrent une forme réellement pratique et d’exécution aisée, tout en lui assurant une sensibilité extrêmement élevée, absolument invariable et régulière, ce qui le fit adopter rapidement dans la plupart des postes radiotélégraphiques. Le
- Fig. 2.
- nouveau détecteur donnait, en effet, à ce moyen de communication, la sécurité et la rapidité que chacun attendait pour justifier sa confiance dans l’efficacité et l’avenir tant rêvé de cette découverte merveilleuse.
- il apparut alors sous les deux formes suivantes d’ailleurs à peu près équivalentes, mais dont l’une constituait le modèle français (Ferrié) et. l’autre le type allemand (Telefunken).
- Une ampoule de verre A (fîg. a) contient de
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- T. XXV [2” Série;. — Nü 3.
- l’eau acidulée sulfurique à ou «5° 13. Dans celle ampoule sont soudes, d’une part, un fil de platine g formant la cathode, d'aulrc part, le tube T qui contient le fil m, soudé vers l’extrémité du tube à un filament de platine / extrêmement fin de i/ioo à a/ioo de millimètre de diamètre, lequel est scellé à l’extrémité du lubc que l’on ferme à la lampe et coupé au ras de la pointe de verre ainsi formée. Cette électrode constitue la pointe sensible ou anodeà contact ponctiforme du détecteur. L’ampoule est elle-même fermée à la lampe-ce qui assure une étanchéité complète et permet d’onfermer le détecteur dans une petite boite, soigneusement enveloppée de coton, avec un couvercle traversé par les deux (ils ou éleelrodes de l’élément étalon.
- Le détecteur allemand diffère pou de celui-ci ; l’ampoule est remplacée par un vase en ébonite V ( fi g-. 3) fermé par un couvercle à vis P également en ébonite. Dans ce couvercle sont fixés, d’une part le fil g formant cathode et, d’autre part, l’électrode sensible T de forme et constitution analogues à l’électrode sensible du détecteur précédent. Sous cette forme, il présente l’avantage de permettre de changerl'électrode sensible détériorée ; mais l’eau acidulée noircit petit à petit, par suite d’une attaque lente de l’ébonite.
- Depuis lors, d’autres formes plus pratiques lui ont été données ; nous «ôterons, par exemple, les détecteurs électrolytiques créés par la. Société Française Radio-Electrique. Dans le premier modèle (lig. 3 bis) on remarquera l’usage d’une pointe sensible interchangeable dont la forme indiquée par nous est très avantageuse, surtout!» cause du petit bourrelet, de veri'e, souillé au mohient de la fabrication et qui, en empêchant la pointe de glisser, s’oppose en môme temps à toute dérivation de courant par le bouchon de
- caoutchouc toujours légèrement humidilié par l'eau acidulée de l’éleclrolyle.
- Dans l'autre type qui a élé créé par la Télégraphie militaire (fig. 3 1er) le détecteur.est aussi à pointe interchangeable mais monté de façon à recevoir simultanément !\ pointes qui peuvent être utilisées alternativement et très rapidement, par le simple jeu d'une sorte de. contact commutateur à plots, constitués par les têtes «les anodes.
- A litre d’indication lig. '\qaa!er\. nous rappel-
- Fig. 3 bis.
- Fig. 3 1er.
- lei’ons une autre forme de détecteurs faisant usage d’une cathode en plomb dont le rôle sera iniliqué plus tard.
- En même', temps «pie ces auteurs modifiaient si avantageusement la forme primitive du détecteur éleet.rolyti(|ue, ils indiquaient en même temps une association plus rationnelle du détecteur avec la source électrique auxiliaire reconnue nécessaire pour le sensibiliser-; au lieu «l’appli-quer directement un nombre' convenable «l’élé-incnls de pile, ils eurent, recours au montage dit" « potentiométrique » utilisé «mnramment dans les laboratoires «le mesure} pour disposer d’un voltage variable d’une façon continue cl précise, ce qui «levait s’approprier parfaitement à la sensibilisation «lu «létectcur «huit la «pialité «lépcn-ilait directement de la valeur «le la tension' appliquée à ses bornes.
- Cette tension optima dite « tension critique » eoiTospond sensiblement à celle «pii amorce l’électredyse de l’eau acidulée «'hernie.
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- La tension critique <les détecteurs décrits ci-dessus étant environ y» v. fi, le schéma de montage du détecteur avec la source et le potentiomètre est indiqué (fig. ',) où P représente un accumulateur douldr donnai)! à la charge normale f\ volts; il débile sur une résistance 11 qui peut être constituée, par exemple, par du fil de maillcchort enroulé sur un tu Le isolant en spires jointives que Ton découpe suivant une génératrice sur laquelle court un curseur G qui permet de prendre la tension variable à laquelle on veut soumettre le détecteur I).
- Cette résistance R joue, en elïel, un rôle poten-liométrique facile à démontrer. L’accumulateur en débitant sur la résistance 11 y détermine un
- &
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- \à ^—7
- La tension aux bornes du détecteur est alors toujours II 1 dont la valeur varie avec I, ce qui est obtenu en faisant varier la valeur de R r intercalée aux bornes de la source.
- Nous'aurons ainsi sullisammenI développé le rôle el les Cormes du potentiomètre si nous avons soin d’ajouter qu'il peut être préférable pour la sécurité du fonctionnement, en évitant tout contact incertain d’un curseur sur des (ils dénudés, de disposer d'une série de plots entre lesquels on intercale des résistances de valeur appropriée aux variations de voltage qu’il convient de réaliser et do régler alors la tension aux bornes du détecteur en déplaçant une manette M de plot en plot (schéma fi g- fi). Nous ferons aussi remarquer que, pour éviter de décharger trop rapidement l’accumulateur, il importe de prendre des résista liées potenti orné triques telles que leur ensemble forme une résistance assez élevée sans être cepen-
- p P
- j qualcv.
- m d
- courant 1. Suivant la position du curseur G, la tension appliquée sur le détecteur, dont la résistance peut être regardée comme très grande par rapport à la résistance R, sera rl dont la valeur varie avec /, laquelle peut varier de O à R en déplaçant le curseur G progressivement vers la gauche. On peut donc rechercher ainsi avec toute l’approximation désirée la tension convenable.
- Il est bien évident qu’il reviendrait au même de prendre les points d’application de la tension en deux points tels qu’il existe entre eux une résistance fixe R et, de faire varier lentement une résistance r intercalée en série avec cotte résistance (schéma fig. à).
- dant hors de proportion avec la résistance des écouteurs téléphoniques, car alors l’eiîet sur les écouteurs serait diminué.
- Enfin, nous aurons encore précisé les conditions de fonctionnement du détecteur si nous ajoutons que l’expérience a montré l’intérêt qu’il y avait à utiliser des écouteurs téléphoniques de résistance très élevée, c’est-à-dire renfermant des électros dont les enroulements sont constitués par du fil très lin et en couches très nombreuses, lesquels agissent sur des membranes très minces en métal magnétique de qualité spécialement choisie (Sullivan 7 000 <0 et 10 000 ta fil de 1/100 à 2/100 de millimètre
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- T. XXV (2e Série). — N°3.
- de diamètre. Ducretet, mêmes caractéristiques).
- Nous rappellerons cependant que nous avons indiqué 1’usagc avantageux d’une bobine transformatrice spéciale (*) qui, associée avec des écouteurs téléphoniques de basse résistance, permet d’obtenir un rendement équivalent à celui (pic procurent les écouteurs spéciaux que nous venons d’indiquer.
- Il ne nous reste plus qu’à indiquer comment ce système, qui constitue le récepteur d’ondes proprement dit, est associé à ranlenne collectrice des ondes qui sillonnent l’espace, laquelle, en vibrant, est le siège d’un courant induit à liante fréquence qu’il s’agit de reporter sur le détecteur.
- Le dispositif le plus simple et le plus évident consiste à intercaler directement le détecteur dans l’antenne en connectant un des pôles du détecteur à la terre et l’autre pôle à l’antenne.
- P
- (L’expérience montre que le sens des pôles est indifférent). C’est le principe de la réception dite en direct que représente le schéma (lig. 7). Tel quel ce montage ne comporte aucun réglage pour accorder l’antenne collectrice sur la longueur des ondes à recevoir; pour cette raison, il donne des résultats très imparfaits. O11 lui adjoint une self ou un condensateur, ce qui permet alors d’amener la période propre de l’an tenue en coïncidence avec la période ou longueur des ondes (fui viennent frapper l’antenne, mais le rendement reste encore bien médiocre à cause de
- (*) Comptes Rendus de VAcadémie des Sciences t i5juin 190801 25 janvier 1909. —Bulletin de la Société Internationale des Electriciens, février 1911.
- la résistance du détecteur (plusieurs milliers d’ohms) qui empêche l’antenne de vibrer énergiquement, ce qu’on exprime en disant que l’intercalation du détecteur dans l’antenne lui donne un amortissement considérable la rendant susceptible de vibrer indifféremment pour toutes les longueurs d’ondes, mais sans acuité ou énergie ni pour les unes, ni pour les autres.
- Le montage de la réception dite, en indirect est bien préférable et généralement utilisé; son rendement est considérablement. meilleur, son acuité d’accord très grande. Il consiste, comme l’indique le schéma (lig. 8) reproduisant le dispositif classique de la réception indirecte, à placer en série sur l’antenne une self réglable appelée k résonateur ». En déplaçant un curseur sur cette self, 011 met d’une part ranlenne en résonance pour la période des ondes à recevoir; et, d’autre part, le flux hertzien, en circulant dans les spires
- 7-
- de la self intercalées dans l’antenne, induit dans la bobine entière par auto-induction des ondes de même période dont les éléments (tension, intensité, amortissement) se trouvent transformés avantageusement pour répondre à la qualité de l’onde la plus apte à impressionner l’élément sensible du détecteur, tout en profitant des clîels intenses attachés à la résonance que l’on réalise dans ce second circuit, fermé sur l’élec-Irolyte, dont on branche les bornes aux extrémités respectives du résonateur.
- Remarquons que ces elTcts sont indépendants du condensateur c intercalé entre un des pôles du détecteur et l’extrémité correspondante du I résonateur, celui-ci ne jouant qu’un rôle pure-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- ment passif pour les ondes hertziennes et dont la présence ne s’explique que par la nécessité de s’opposer à la direction du courant que recevrait le résonateur directement branché aux bornes du détecteur, ce qui s’opposerait au maintien de la tension réglée aux bornes du détecteur.
- Le montage indirect figuré au schéma (lig. y) est dit montage allemand. 11 ne comporte pas de condensateur, le résonateur étant directement traversé par le courant de la source avec laquelle il est intercalé en série ainsi qu’avec le détecteur et les écouteurs.
- Le potentiel zéro du sol doit être considéré comme reporté à la borne-téléphone du détecteur, et la tension optima, duc à la résonance par effet Oudin, est alors reportée directement sur l’autre borne du détecteur.
- Tous ces montages s’emploient également bien avec une association de la self d'antenne de résonance agissant par induction sur une autre self indépendante, ce qui constitue une sorte de transformateur ou résonateur à circuit inducteur et i nduit complètement séparés. Ce couplage de l’antenne avec le détecteur est dit couplage indirectpixv induction ou couplage, en, Tesla, tandis (pic le couplage par auto-induction estdit couplage indirect par dérivation ou couplage en Oudin.
- Tension critique. — La tension critique d’un détecteur électrolytique peut être définie comme étant la tension capable d’amorcer l’électrolyse visible ou apparente de l’électrolyte choisi pour constituer la cellule électrolytique sensible. Cette tension est aussi, en général, celle qui dans la pratique rend le détecteur susceptible de
- révéler l’action des ondes hertziennes avec le maximum de sensibilité.
- Nous disons, dans la. pratique, car il est loisible de constater qu’une sensibilité légèrement plus grande peut correspondre à des tensions légèrement supérieures déterminant une légère éleetrolyse; mais comme cette électrolyse se traduit, comme nous l’avons dit, par un crissement continu ou sorte de friture dans l’écouteur téléphonique, lequel tend à couvrir les craquements que les ondes engendrent dans l’écouteur et à empêcher par conséquent la lecture des signaux faibles, on conçoit aisément que ce régime de fontionnement n’est pratiquement pas utilisable ni utilisé.
- Remarquons de suite que cette tension critique dépend directement de l’électrolyte employé et
- des électrodes qui y plongent mais qu’elle a une valeur bien déterminée pour un électrolyte donné associé à des électrodes dont le métal est aussi bien défini. Bref cette tension critique a tous les caractères de la notion de force électromotrice de polarisation considérée couramment dans l’étude de l’électrolyse. Si les deux électrodes du détecteur n’étaient pas essentiellement dissymétriques, ces deux notions se confondraient strictement et les nombres qui les mesureraient seraient les mêmes. Comme dans le détecteur électrolytique une des électrodes est très petite et constitue avec l’électrolyte un contact pour ainsi dire ponctiforme, nous devons nous attendre à rencontre]’ les phénomènes électrolytiques étudiés par l’artifice bien connu de la grande et de la petite électrode, artifice mis à
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- profit pour étudier séparément les caractères de la polarisation anodique et cathodique (M. Rothé). Ces effets se passant, comme nous Verrons, pour des tensions différentes de la tension dite depolarisation, la notion de tension critique introduite dans l’étude du détecteur éléctrolytique doit différer de la force électromotrice de polarisation.
- Il importe d’ailleurs de remarquer que, si l’électrode, à contact ponctiforme dite électrode sensible ou active du détecteur, est le plus souvent étudiée comme jouant le ré le d’anode parce que c’est dans ce sens d’application de la source auxiliaire que le détecteur se comporte avec le maximum de rendement, il n’en résulte pas que ce soit là son seul aspect de fonctionnement qui puisse être intéressant.
- Il est facile de constater en effet que l’électrode sensible peut également être prise comme cathode et qu’il existe encore sous cette forme une tension critique d’électrolysc. différente de la tension critique normale ou anodique et que c’est encore au voisinage dé cette tension critique que la cellule éleetrolytique présente un maximum de sensibilité pour déceler les ondes. Cette sensibilité qui, généralement, est inférieure à la sensibilité anodique mais encore très notable est loin d’être dénuée d’intérêt, comme nous le verrons plus tard, à propos de l’étude du détecteur électrolytique très sensible fonctionnant sans source électrique auxiliaire, que nous avons réalisé.
- Ainsi donc, à la notion de tension critique anodique (pointe active comme anode) nous croyons intéressant d’adjoindre pour chaque espèce de détecteurs électrolytiques la notion de tension critique cathodique (pointe active comme cathode).
- C’est à ce titre que nous donnons, pour un électrolyte à base d’acide sulfurique et pour différentes électrodes inactives peu oii pas attaqués par l’eau acidulée, le tableau suivant des tensions critiques anodiqnes et cathodiques-Tension critique anodique.
- Cathode plomb,........ a v. 8 à .a v. g
- Cathode platine....... a,v. (i environ.
- Cathode mercure....... a v. i à % v. a
- Cathode mercure-zinc. . a v. g environ.
- Cathode charbon...... a v. 5 »
- Tension critique cathodique.
- Anode plomb............ a v. 3 environ.
- Apode platine......... a v. a »
- Anode mercure......... o v. 5 »
- Anode mercure-zinc.... o v.
- Anode charbon.......... . a v. à a v. t
- A ce tableau nous ajouterons quelques nombres que no us avons recueillis au cours d’essais divers, :
- Par exemple avec un électrolyte à base d’acide azotique que l’on a conseillé au début de l’application du détecteur électrolytique mais qui en réalité donne de moins bons résultats que l’acide sulfurique, nous avons trouvé comme tension critique anodique pour le platine c’est-à-dire pour le platine comme cathode i v.7 à 1 v, 8 pour le mercure 1 v. a avec un électrolyte à base de soude et cathode en ferro-niekel, nous avons constitué de bons détecteurs dont la ,tension critique anodique était sensiblement de a v, 5.
- Le tableau ci-dessus réclame d’ailleurs quelques observations. Tout d’abord il importe de remarquer la valeur de la tension critique anodique du plomb, laquelle est légèrement supérieure à la tension critique anodique du platine, métal qui constitue généralement l’électrode inactive des détecteurs courants. Ayant observé que cette tension critique du plomb était très légèrement supérieure à la tension fournie par deux éléments Leclanché montés en série dont la force électromotrice est sensiblement de 1 v. t\(S soit 2 v. 92 pour les deux éléments, nous avons préconisé dès 1909 l’emploi de détecteurs à cathode dé plomb pour constituer des récepteurs simplifiés se passant du potentiomètre et exigeant le minimum d’éléments comme source sensibilisatrice.
- Ces récepteurs ont été spécialement étudiés comme récepteurs horaires et ont une sensibilité excellente.
- D’autre part si nous avons considéré la tension critique anodique et cathodique du mercure seul et de l’amalgame mercure-zinc c’est que ces nombres seront intéressants à considérer et à rapprocher quand nous étudierons le fonctionnement et la constitution de notre détecteur électrolytique sans source électrique et qui, précisément, utilise l’amalgame mercure-zinc.
- Enfin, nous conclurons cette étude en énonçant un principe relatif à la tension critique de l’association de deux ou plusieurs métaux pour former l’électrode inactive du détecteur : de ccttc association il résulte tou jours que c’est le métal à tension critique minima qui détermine la tension critique résultante pour le détecteur. Paul Jégou,
- Ingénieur, Ancien élève de l’Ecole Supérieure d’Electricité, ex-préparateur ù l’Ecole radiotélégraphique.
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- LE PROJET DE LOI SUR LES USINES HYDRAULIQUES DES RIVIÈRES PUBLIQUES (Fin) {,)
- M. P. Bougault termine aujourd'hui ses éludes sur la discussion qui a eu lieu au Sénat au sujet du projet de loi sur les usines hydrauliques. Cet article est consacré particulièrement à l'examen de Vamendement qui, présenté par M. Savary et adopté par le Sénat, a modifié gravement le projet de ta Commission.
- Nous arrivons n laséancedu 20 novembre 191V. il faut suivre les divers incidents de la discussion qui a eu lieu ce jour-là, pour montrer avec quelle rapidité, un amendement, peu important à première vue, fait lamentablement effondrer un projet nniri et soigneusement élaboré. Pour rééditer un mot célèbre, il semble que les propositions de loi, tout comme les ministères, rencontrent quelquefois une pelure d’orange sur leur roule.
- I
- Rappelons tout d’abord la vraie question que le Sénat abordait et voidait résoudre, en délibérant sur les usines des cours d’eau du domaine publie, c’était l’étude des moyens propres à faciliter la mise en valeur de nos richesses naturelles qui, en hydraulique, ne se trouvent plus que dans les rivières classées; le mot faciliter devrait avoir en France pour synonyme le mot simplifier : car la machine administrative est lourde à se mettre en branle, et il faudrait souvent, pour obtenir un simple décret, un rhéostat de démarrage... Que serait-ce s’il fallait une loi, c’est-à-dire l’intervention des deux Chambres, en plus des formalités qui s’élaborent dans les Ministères et au Conseil d’Etat i1 Voilà pourquoi le projet, après une étude approfondie, avait déclaré que l’existence d’un cahier des charges « conforme » à un ou plusieurs types approuvés par décret rendu au Conseil d’Etat serait une sauvegarde suflisante pour que la concession puisse être donnée par décret rendu en la forme des règlements publics, pour toute chute ne devant pas détourner les eaux sur une longueur de plus de ^0 kilomètres et 11e donnant pas une puissance
- (') Lumière Electrique, 29 novembre et i3 décembre 1913, p. 27C) et 343.
- supérieure à plus de ijooo kilowatts d’étiage.
- De plus, les usines sont nanties du droit d’occuper les propriétés privées dans la mesure ou cela est nécessaire à l’appui des ouvrages de retenue et à l’établissement des canaux souterrains. Mais ces servitudes doivent être précédées d’une notification directe aux intéressés, et d’une enquête spéciale dans chacune des communes oit doiveütêtre établis les ouvrages précités, avec le contrôle du Tribunal civil (art. 8); c’est le système suivi depuis la loi de 190b pour les distributions d’énergie et il a au moins l’avantage de ne pas être inconnu.
- La Commission et le Gouvernement avaient accepté cette rédaction parce que la publicité qu’elle assure leur paraissait suffisamment large pour permettre à tous les intérêts opposés de se faire jour à haute et intelligible voix. La garantie est donc double : d’abord elle est exercée par le Conseil d’Etat au moment de la rédaction du cahier-type, personne n’ignore avec quelle conscience cette rédaction est faite, revue, corrigée pour appeler l’attention des pouvoirs publics sur les intérêts à sauvegarder ; ensuite chaque hypothèse particulière donne lieu à Un cahier spécial qui est encore examiné par le Conseil, sur la présentation du Ministère des Travaux Publics qui en a déjà revu tous les termes ; l’intervention du Conseil d’Etat est obligatoire puisque la loi dit que tout décret particulier doit être rendu en la forme d'un règlement d'administration publique.
- Nous regrettons de ne pouvoir entrer dans l’exposé complet ou même plus exactement dans la définition des mots que nous venons de souligner : cela allongerait trop notre étude : mais quelques personnes ayant, demandé des éclaircissements sur ces mots si fréquemment répétés « règlements d’administration publique » et « décret en ta forme des règlements d’administra don
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- publique », nous croyons devoir satisfaire en quelques mots leur curiosité.
- Le pouvoir législatif, surtout depuis quelque temps, fait au pouvoir exécutif de très nombreux appels pour compléter les lois qu’il élabore : les textes contiennent à ce sujet des expressions différentes, le Parlement renvoyant l’application de la loi, tantôt à un règlement d’administration publique, tantôt à un décret rendu en la forme d’un règlement d’administration publique, tantôt à un décret rendu en Conseil d’Etat.
- L’expression la plus répandue est celle de règlement d’administration publique, et c’est regrettable au point de vue du style, car comme le fait très bien observer M. Moreau (dans son excellent livre Le règlement, administratif, page i3a), elle est aussi baroque que traditionnelle, tout règlement concerne l’administration : et comme l’administration est toujours publique, les deux mots employés concourent à faire un pléonasme parfait : disons tout de suite qu’en pratique ils désignent seulement un règlement qu’une loi autorise le gouvernement à publier après avoir consulté le Conseil d’Etat : cette indication se trouve pour la première fois dans la Constitution de l’an VIII, et, après avoir eu des fortunes diverses, sous les Gouvernements qui se sont succédés jusqu’à nos jours, elle a été affirmée définitivement par la loi organique du Conseil d’Etat du 24 mai 1872 dont l’article 8 est ainsi conçu :
- « Le Conseil d’Etat donne son avis... 3°: sur les projets de décret et en général sur toutes les questions qui lui sont soumises par le Président de la République ou par les Ministres. Il est appelé nécessairement à donner son avis sur les règlements d’administration publique et sur les décrets en forme de règlement d'administration publique.
- Ces termes nous indiquent que toutes les fois (pie nous lirons dans un texte législatif la mention suivante : « il sera pourvu à l’exécution de la loi, par un règlement d’administration publique, ou par un décret en la forme d’un règlement (Tadministration publique », nous devons comprendre tout simplement que le règlement ou le décret à intei'venir serait nul si le Conseil d’Etat n’avait point été entendu préalablement à sa promulgation : c’est pourquoi, comme le fait encore observer M. Moreau, la clarté gagnerait à l’emploi du minimum de mots cabalistiques : et il serait
- infiniment plus simple de dire toujours : règlement en Conseil d’Etat; décret en Conseil d’Etat.
- Cette communauté d’origine ou de contrôle constitue en effet la seule ressemblance qui existe entre le règlement d’administration publique, et le décret en la forme de ce règlement : à tous les autres points de vue, il existe une grande différence : le règlement d’administration publique est de portée générale, impersonnelle, et de nature législative, le décret en forme de règlement d’administration publique est un acte individuel, personnel, particulier, avec toutes les conséquences de ces différences en ce qui concerne la compétence en matière d’interprétation, etc...
- Mais sans nous étendre, outre mesure, sur ces différences, nous remarquerons que 1 article 6 du projet de loi contient, à lui seul, les deux expressions : il renvoie 1 établissement du cahier-type à un décret rendu en Conseil d Etat et 1 octroi de la concession à un règlement en la forme d’un règlement d’administration publique ('). Nous répétons que cela avait paru a la Commission une garantie suffisante, en dessous des chiffres de 20 kilomètres et de i5 000 kilowatts.
- Il
- Cet article 0 a eu les honneurs d’un amendement déposé par M. Savary, qui se résume ainsi : « Le décret sera suffisant pour toute dérivation « de 10 kilomètres au maximum, et pour toute « usine ne donnant pas plus de 5 000 kilowatts « à l’étiage : mais au delà, par conséquent pour « plus de 10 kilomètres ou plus de 5 000 kilo-« watts, il faudra une intervention du pouvoir « législatif, c’est-à-dire une loi votée par les deux « Chambres. »
- Pour appuyer son amendement, M. Savary a employé trois arguments : le premier lui a servi à prendre les devants ; il constitue une réplique
- C) Il est assez piquant de remarquer qu’il aurait été plus correct et plus logique de renverser les ternies employés et de dire que le cahier-type serait approuve comme un règlement d’administration : car ce cahier en lui-même est bien un règlement puisqu’il s’impose à l’administration pour toutes les concessions à donner dans l’avenir. Au contraire, chaque décret particulier contenant l’application par des chiffres delà loi générale à telle ou telle force motrice est un décret simplement approuvé par le Conseil d’Etat.
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- avant la lettre, une réfutation faite a priori d’une objection qu’il pressentait : on va m’objecter, dit-il, que la procédure devant le Parlement entraînera des longueurs : mais ces longueurs existent déjà, « car tout le monde sait qu’à partir « du moment où une affaire contentieuse (sic) est « portée devant le Conseil d’Etat, il ne faut pas « espérer la voir juger avant plusieurs années ».
- En second lieu, M. Savarv fait le procès des enquêtes administratives : elles sont, d’après lui, d’une déplorable insuffisance : elles se font, sans que personne s’en doute, on ne les connaît que quand elles ont eu lieu ; seul, le Parlement peut rassurer les populations : c’est lui qui a une compétence unique pour ouvrir l’œil et servir d’avocat aux oppositions timides qui n’ont pas su se montrer : le vrai Tribunal entre les intérêts opposés, c’est le Parlement!
- Et enfin, attaquant directement son sujet, M. Savarv nous convie à nous méfier, avec soin, des usines de très grande puissance, notamment de celles qui devraient produire i5 ooo kilowatts, et, tout en se défendant de prendre des exemples vécus ou même susceptibles d’être mis en pratique, M. Savary envisage quelques dérivations qui, bien que colossales, ne donneraient pas ij ooo kilowatts : la Seine débite à Paris 48 mètres cubes à la seconde : canalisée jusqu’au Havre ce qui est évidemment un trajet), elle n’aurait qu’une chute de 3o mètres de haut, et seulement 14 117 kilowatts : la Loire, à Orléans, n’a que 40 mètres cubes; supposons qu’on la dérive même jusqu’au confluent du Cher, on n’obtiendrait que i3 828 kilowatts. Le Rhône, à Lyon, débite 160 mètres cubes à l’étiage ; si l’on suppose une dérivation de 1/4 de ce volume jusqu’au portes de Vienne (Isère), on obtiendra ijooo kilowatts, mais alors il faut une dérivation de 40 kilomètres.
- Enfin, l’entreprise de Jonage, sous le régime de la nouvelle loi, serait valablement autorisée par décret, bien que sa puissance en étiage n’atteigne pas ij 000 kilowatts. Or, ce sera une bien grave innovation, puisque précisément, en 1892, une loi a été jugée nécessaire par le Parlement lui-même!
- Vous allons reprendre un à un les arguments de l’honorable sénateur, et dire, en toute franchise, les réflexions qu’ils nous ont inspirées.
- Tout d’abord, l’exemple des lenteurs du Con-
- seil d’Etat opposées aux lenteurs *du Parlement nous paraît mal choisi, et, en tout cas, se complique d’un mot malheureux : M. Savary a-t-il eu autrefois un procès qui l’a amené au Conseil d’Etat? Nous l’ignorons, mais ce serait bien possible, puisqu’il n’a conservé le souvenir que de la section du Contentieux, c’est-à-dire de celle qui juge les différends entre les administrations et les particuliers ; ce n’est point une raison, parce que l’on a pénétré seulement dans une partie d’un bâtiment pour croire qu’elle constitue le bâtiment tout entier. Sans doute, la section du Contentieux est encombrée ; elle l’est même tellement, que, par une loi du 8 avril 1910 (article 96), il a fallu la doubler d’une section dite spéciale du Contentieux, composée de conseillers nouveaux, et enfin diviser en sous-sections l’ancienne section primitive et même celle que l’on venait de créer. Mais, à côté du Contentieux, il y a d’autres sections qui sont : celle de la Justice, Législation et Affaires étrangères; celle de l’Intérieur, de l’Instruction publique et des Beaux-Arts; celle des Finances, de la Guerre, de la Marine et des Colonies et enfin la section des Travaux Publics. Ce sera cette section qui aura à statuer sur le cahier des charges; comme les avocats n’y pénètrent pas, elle est infiniment moins occupée que celle du Contentieux; elle présente aussi cet avantage, qu’en plus des conseillers en service ordinaire, qui sont des fonctionnaires de carrière, elle contient des conseillers en service extraordinaire, détachés du Ministère des Travaux Publics et faisant partie des grandes administrations intéressées par tout ce qui regarde l’établissementd’un travail public;le rôle de la section, qui compte ainsi les personnes les plus compétentes et les- plus autorisées, est précisément de prendre la défense des intérêts publics et généraux contre les entreprises privées : et si le fait d’avoir compulsé, depuis 2j ans, bien des dossiers administratifs, nous donne le droit de parler avec un peu d’expérience, nous dirons volontiers qu’il n’y a pas de crible plus serré que cette vérification faite par le Conseil d’Etat.
- En tous cas, si vraiment M. Savary tient à affirmer l’existence des lenteurs de cette haute assemblée, il nous fait entrevoir un spectacle peu engageant en demandant d’y ajouter les lenteurs législatives. D’après les lois eTlâ pratique, le contrôle du Parlement ne suffît pas,
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- mémo dans les cas où il est nécessaire : il ne doit intervenir qu’en dernier lieu, lorsque Je projet a traversé tous les rouages administratifs : les autorités locales, les ministères, le Conseil supérieur des Ponts et Chaussées et le Conseil d’Etat; ensuite viendront les rouages Législatifs, Chambre des Députés et Sénat. Certes cela ne peut pas s’appeler une diminution fie temps; aussi croyons-nous qu’il faut, seulement s’attacher à celle question : le contrôle suprême du Parlement est-il vraiment nécessaire ou utile pour des dérivations de io kilomètres?
- Et cela nous amène tout naturellement à examiner le second argument deM. Savary : ce contrôle est nécessaire, dit-il, à cause de l’insuffi-sanoo des enquêtes administratives, de l'attention distraite que leur prêtent les intéressés, le peu de publicité que reçoivent les projets d’administration, les abus auxquels peut donner lieu un si lamentable état de choses...
- Si M. Savary a raison, la conséquence pratique est bien facile à tirer : c’est, d’un seul mot, toute la condamnation do notre droit administratif qu’il vient de faire, la critique véhémente de tous les procédés employés depuis i833 : et si le tableau qu'il a esquissé est vrai, il faut rompre avec tous les errements du passé, bien qu’ils aient déjà permis de faire un certain nombre de kilomètres de voies ferrées, même quelques canaux, sans que le Parlement ait été entendu et, sans que l’on ait pu alléguer l'écrasement des populations par l’arbitraire administratif.
- M. Savary parait croire que, parce qu’il se trouve en présence d’une loi nouvelle, il a devant les yeux une innovation compléta, une formule sans précèdent. C’est une erreur : seulement, pour la dissiper, il est nécessaire de préciser rapidement Thistorique de cette distinction, cféjà bien ancienne entre les travaux publies qui réclament une loi pour leur approbation et ceux qui peuvent se contenter d’un simple décret. Le principe de cette dualité d’origine — la loi et le décret — a été admis pour la première fois, par la loi de i833 sur l’expropriation pour cause d’utilité publique, dans les termes suivants : « Tous grands travaux publics, routes royales, « canaux, chemins de fer, canalisations de vice vières, bassins et docks entrepris par l’Etat ou « par Compagnies particulières, avec ou sans « péage, avec ou sans subside du Trésor, avec « ou sans alienation du domaine public, ne pour-
- | a ront'ôlrc exécutés qu’en vertu d’une loi, qui ne i « sera rendue qu après une enquête administra-! « tive.
- ' « Une ordonnance royale suffira pour autoriser
- k l’exécution des routes, des canaux et chemins « de 1er d'embranrhemcnl, de moins de 'jO (1(10 : « mètres de longueur, des ponts et de tous autres « travaux de moindre importance. Cette ordon-« nance devra également être précédée*, d’une « enquête. »
- .Vous faisons cel le double constatai ion : depuis j 833, le pouvoir exécutif peut autoriser par décret une dérivation de >.o kilomètres, et, la publicité par enquête a toujours paru la véritable manière de renseigner exactement soit le (ionvernemeut;, soit le Parlement, pour tout travail public que l'un ou l'autre a à approuver.
- lia loi de i833 fut complétée par une ordonnance — nous dirions aujourd’hui un décret — quiétablitlesformalitcsà suivre dans lesdeuxcas.
- On est stupéfait quand on voit qu’elles ne sont différenciées que par des nuances les plus légères et qu’au contraire, dans les (Unix cas, les vrais moyens de consulter le public ont été conservés ; les enquêtes ont lieu au chef-lieu des départements et des arrondissements que la ligne des travaux doit traverser ; à l’expiration du délai, la commission, composée de membres pris parmi les principaux propriétaires de terres, de bois, de vignes, les négociants, les armateurs et les chefs des établissements industriels, se réunit pour entendre les ingénieurs des ponts et chaussées et des mines employés dans le département: et, après avoir recueilli, auprès de toutes les personnes qu’elle jugerait utile de consulter, les renseignements dont elle croira avoir besoin, elle donnera son avis motivé, tant sur l’utilité de l’entreprise, que sur les diverses questions qui lui auront été posées par les administrations. Les chambres de commerce, les chambres consultatives des arts et manufactures des villes, intéressées à l'exécution des travaux, seront appelées à délibérer, et à exprimer leur opinion sur l’utilité et la convenance de l’opération.
- Quelle est donc la différence entre l’instruction du projet qui doit être soumis à une loi, et l’instruction du projet qui doit être simplement approuvée par décret ?
- La voici ; pour les travaux de la seconde catégorie si la ligne des travaux n’excède pas les limites de l’arrondissement dans lequel ils sont
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- situés, le délaide l'ouverture des registres et d u dépôt des pièces, sera lixé au plus à un mois et demi (au lieu de quatre mois) et au moins vingt jours i'au lieu d’un mois).
- La commission d’enquête se réunira au ehef-lieu de l’arrondissement (au lieu du chef-lieu du département.) et le nombre de ses membres variera de fi à 7 (au lieu de q à 1 $).
- Au moment où fut discutée la loi de 1841, celte publicité a été trouvée suffisante et elle a été maintenue parla loi du ! mai 184 1.
- Légèrement restreinte par le sénatus-consulte de 18Ü2, la théorie de 1841 fut restaurée do la laçion la plus complète par la loi du a7 juillet 1870 sous l’empire de laquelle nous vivons encore : il y est dit. en termes exprès « qu’un décret « impérial, rendu en la forme des règlements « d’administration publique, et également prête cédé d’une enquête, pourra autoriser l'exécute lion des canaux et chemins de fer d’embran-« ehement de moins (le 20 kilomètres de longueur « et tous autres travaux de moindre imparti tance ».
- Nous 11c voulons pas prolonger plus loin cet historique ; il nous aurait paru néanmoins intéressant de souligner par des exemples que le Parlement et le Gouvernement, depuis 1870, se sont trouvés d’accord pour diminuer le plus possible les formalités administratives notamment en 1880 dans la loi sur les chemins de fer d’intérêt, local et les tramways.
- Quoi qu’il en soit, c’est pour ne point innover que la Commission en rédigeant son projet, et en tenant compte que la création d’une force motrice n’est en réalité que l’ouverture d’un canal, avait répété les termes mêmes de la loi de 1870, en autorisant par décret l’établissement d’une dérivation inférieure à 20 kilomètres ; ce qui soumettra tout projet à la publicité de la circulaire de 1R fi 4 - Si .vraiment cette publicité, qui se recommande d’une pareille ancienneté, permet d’autoriser, comme le dit M. Savary, des «ouvres publiques presque à la sourdine, si vraiment la grande voix du Parlement est seule capable de prendre la défense des opprimés, il faut se demander comment un sénateur n’a pas encore pris l’initiative, depuis longtemps, de faire naître un projet de loi supprimant pour toujours le système qui, dans le passé, aurait permis, depuis 80 ans, une compression à la muette de tant d’intérêts sacrés !!
- Et si vraiment les députés et‘sénateurs sont les seuls défenseurs des opprimés, leur rôle no serait-il pas plus fécond et plus utile, s’ils se bornaient à comparaître, comme ils en ont toujours h> droit, à la Commission d’cmjuêtei1 C'est en présence des plans, en relisant les dépositions, «ni compulsant, les dossiers, en sollicitant — ce qui est. toujours ordonné — des comparutions contradictoires, qu’ils peuvent faire valoir le bien-fondé de leurs observations; le caractère sérieux et grave «pii s’attache, souvent à leur personne, et toujours à leurs fonctions, leur permettra de disposer d’une grande influence, et. cela devant le juge instruit, documenté et nanti d’un dossier. Ne sera-ce pas plus concluant qu’une discussion au Parlement, qui se produira toujours devant deux catégories de personnes : les indifférents qui sont la majorité, et ceux qui arrivent avec une idée préconçue: dans tout œuvre publique, il y a des personnes favorables et des adversaires irréductibles, je ne crois pas qu’un personnage politique puisse échapper à l’une ou l’autre de ces catégories ; et, comme par une sorte d’ironie des choses, il y a toujours un peu de vrai dans chaque camp, une assemblée étrangère aux luttes politiques et aux questions de clocher, ine parait seule pouvoir juger avec une indépendance absolue.
- Quant aux exemples cités par M, Savary, peut-être est-il préférable de 11e pas insister beaucoup; il faut rendre hommage à sa loyauté, en remarquant qu’il s’est défendu de donner des exemples acceptables en pratique ; il a voulu seuleinentindiquer que, pour avoir des chutes.de 15 000 kilowatts, il faudrait dériver des rivières sur des étendues considérables : la Seine de Paris au Havre, le Rhône de Lyon à Vienne (Isère).
- Mais, à ce titre, sa précaution oratoire consistant à dire que les exemples cités par lui 11e constituaient que de pures hypothèses était inutile : en effet, tous les exemples qu’il a cités confirment la loi puisque toutes les dérivations envisagées parlui auraient précisément plus de 20 kilomètres et, par conséquent, 11e seraient autorisées, quelle que soit leur puissance, que par le pouvoir législatif, de plus, les conditions économiques d’un projet interdisent absolument la dérivation d’une rivière à pente extrêmement faible : au contraire, c’est refuser d’aider les projets les plus intéressants que de- compliquer l’instruction d’une entreprise destinée à donner.
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- sous une dérivation faible, une puissance relativement forte.
- Mais il est cependant un exemple cité par M. Savary que nous n’avons point le droit de laisser passer sous silence : c’est celui de .louage. Comme l’a très bien dit M. Cordier, si le projet de la commission avait été accepté, une entreprise de la nature de celle de .louage aurait pu s’effectuer sans une loi. A cela M.Savary objecte que c’est une innovation bien grave, puisque autrefois une loi a paru nécessaire, précisément pour cette entreprise !
- Cette réponse démontre que M. Savary ne connaît pas l’histoirede Jonage: la voici résumée en quelques mots :
- Lorsque le syndicat d’études fit les premières démarches pour la dérivation du Rhône en amont de Lyon, il se proposait seulement de procéder à un canal de 18 600 mètres : dans la suite — et en vertu de cet axiome que l’appétit vient en mangeant — il prépara un cahier des charges qui, au lieu de se contenter de couper la boucle du Rhône, prévoyait l’extension du canal jusqu’à Vilette-d’Anton : immédiatement cela donnait une longueur supplémentaire de 6 kilomètres.
- Tant que le canal devait avoir la première longueur fixée, l’administration 11’avait pas eu le moindre scrupule, et dans le rapport qui précède le projet de loi, présenté au nom de M. Carnot par M. Viette (rapport annexé au procès-verbal de la séance du ri avril 1892, documents parlementaires, Chambre des Députés, n° 207!$), il est dit :
- « L’œuvre projetée par le syndicat lyonnais « paraît donc comparable à ces entreprises d’in-« terêts collectifs, irrigation, déssèchement,
- « pour la réalisation desquelles le. pouvoir « d’expropriation peut être exercé suivant les « formes prévues par les lois existantes, à la
- « suite d’une autorisation: donnée, soit par une « loi spéciale, soit par un décret en la forme dès « règlements d'administration publique dans les « cas prévus par la loi du 7.7 juillet 1870. »
- Voilà bien le principe établi. Pourquoi a-t-il fallu une loi?
- Continuons la lecture du rapport :
- « Le canal concédé, à titre ferme, n'a que « i8fioo mètres de longueur, mais le cahier des « charges prévoit la concession éventuelle d’un « prolongement de <> kilomètres. La longueur « totale prévue dépasse ainsi 20 kilomètres, la « concession de la dérivation; considérée comme « canal navigable, 11e peut donc être déclarée « d’utilité publique que par une loi en vertu de « l’article iurde la loi du 27 juillet 1870 ». >
- Si bien que, au cas où la longueur primitive du canal était restée ce qu’elle devait être, Peu-treprise de Jonage aurait été concédée par un simple décret.
- Mais il faut aller plus loin.
- Dans la suite le rapporteur explique que, comme il s’agit d’une première œuvre, qui comprend, de plus, la distribution par voie d’expropriation publique de l’énergie produite, il est bon d’avoir « au moins pour une première application » l’intervention du législateur.
- Cela se passait le 12 avril 1892, on comprend les timidités de cette époque : depuis lors, on voudra bien admettre que les dérivations, même les plus importantes, sont entrées dans le domaine de la pratique courante et que les chutes d’eau sont un peu plus connues qu’en 1892.
- Aussi, présenter comme un exemple de ce qui doit être fait ce qui a été fait à pareille époque, c’est à notre avis 11e pas donner au progrès la place qu’il pourrait avoir.
- Paul Boucault,
- Avocat à la Coiir d'Appel de Lyon.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- DISTRIBUTION
- Hystérésis et pertes par courants de Foucault dans les pylônes des lignes de transmission.
- Quand des câbles de transport de force sont supportés par des poteaux ordinaires en bois, il n’y a pas de perte sensible d’énergie dans les poteaux, mais lorsque des lignes à haute tension sont montées sur des pylônes ou des poteaux en acier, ceux-ci se trouvent magnétisés jusqu’à un certain degré, ce qui donne lieu à des pertes par hystérésis ou par courants de Foucault, ou par les deux à la fois. Cela a surtout chance de se produire lorsque les câbles traversent une boucle d’acier fermée dans le pylône. Ces pertes sont-
- 0 18 36 56 72 90 108 126 166 162 HO 198 216 triphasé 0 10 20 30 60 50 60 70 80 90 100 110 monophasé Ampères
- Fig. i. — Perles par hystérésis et courants de Foucault.
- de la ligne, entre -i8 watts à 2r> périodes cl 28,8 watts à’60 périodes, pour chaque pylône. 1 Les lignes1 de transport de'force’’e.ii question seront établies de Big Creek à Los Angeles (38G km ). Trois lignes doivent (itre installées pour porter chacune 4 5oô K V A à i5o ooo volts à la fréquence de 25 périodes' Les pylônes sont de dimensions uniformes et espacés de 183 mètres à 214 mètres environ. Chaque câble se compose d’une Ame à 7 fils d’acier enveloppés de 3o torons d’aluminium donnant un diamètre total de 24 millimètres. Des isolateurs à suspension com-
- clles sérieuses au point de vue pratique? C’est pour répondre à cette question qu’ont été’faits les essais décrits ci-après.
- C’est, à propos du projet des pylônes d’une ligne à 5 200 volts pour la Pacific Light and Power Corporation, de Los Angeles‘(Californie) que la Stone and Webster Engineering Corporation, de Boston, a demandé à l’Institut, technologique du Massachusetts- d’étudier la valeur de ces pertes. Cette étude a été faite par MM. Oscar, M. Arnold et Henry C. Harrison, sous la haute direction du Dr flarald Pender. >
- Comme on s’y attendait, on a constaté que les pertes étaient excessivement faibles, 'variant' à 200 ampères, intensité normale de pleine charge
- portant de 9 a n disques sont, employés sur ces lignes.
- Les pylônes se composent chacun d’une pyramide rectangulaire portant en son sommet une console à angle droit de la direction de la ligne et à il m. 10 au-dessus du sol. Les câbles sont suspendus à 1 m. 67 environ au-dessous de cette consolera écartement de 5 m. 3o l’un de l’autre dans un plan’horizontal. Un de ces pylônes a été érigé sur un terrain vague près des laboratoires de l’Institut de Boston. Ne disposant que de courant monophasé, pour reproduire à peu près les trois phases, on a établi la ligne de telle manière qu’elle descendait d’un côté dit pylône, revenait par le centre, redescendait de l’autre
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- col.o o.l revenait encore par lo cenlro. Los connexions ont été établies de façon à varier le nombre d’ampères-tours autour du pylône. Un interrupteur à double direction reliait la ligne tantôt à une batterie d'accumulateurs, tantôt à la basse tension d’un ItansformatoLir do tension. Le côté haute tension du transformateur pouvait être relié à un réseau à a a ou à ôo périodes.
- Un second interrupteur à double direction entre rinstrument et la source d’énergie renversait le courant dans la ligne et dans les circuits de l’appareil de mesure pour éliminer les erreurs dues aux champs de dispersion. Le schéma des
- Ligne dupy/ôn<
- Z5périodes. 60périodes
- Voltage de la batterie d - de fat ligne .
- Fig. 3. — Schéma <les connexions pour les essais de pertes dans les pylônes.
- connexions est donné dans la figure b Le watt-mètre employé était un électrodynamomètre à champ magnétique sans fer et à grosses bobines série spécialement enroulées pour ecs essais, l'on tes les lectures étaient faites à la meme position de la bobine mobile, par la méthode du zéro.
- Les essais de perte sur la ligne ont été faits avec du courant continu et du courant alternatif à 60 et a5 périodes. La perte totale était celle de la ligne à partir du laboratoire, augmentée de celle dans le pylône. Il n’y avait à
- proximité de la ligne aucune construction en fer ou en acier qui put déterminer des pertes extérieures par hystérésis ou courants de Foucault. La chute de voltage totale dans la ligne était de :> volls, l'isolement étant très soigné et les essais faits par temps sec. Au préalable, on régla le waltmèlro de façon à ce que la fermeture du circuitde tension ne produise aucun mouvement de l’aiguille, afin d’éliminer Pintlucnce du champ terrestre.
- Les lignes furent reliées à la batterie d’aceu-mulalciirs et l'intensité réglée *à une valeur constante que maintenait un observateur, tandis qu'un second lisait le wattmètre, l'ampèremètre à lecture directe1, et les voltmètres à courant continu et à courant alternatif. Le courant était alors renversé, réglé à la valeur précédente et maintenu constant pour une nouvelle série de lectures. Après quoi, la ligne fut reliée à un circuit alternatif à fio périodes, le courant réglé 1 à la meme intensité que précédemment et maintenu constant pour la troisième série de lectures. Ensuite, la ligne fut de nouveau reliée a une source de courant continu et pour une nouvelle valeur de l’intensité on répéta les opérations précédentes. Après les essais, tous les instruments ont été soigneusement étalonnés à l’aide d’un potentiomètre. La courbe d’aimantation du pylône a été relevée au moyen d’une bobine d’exploration de io tours placée sur ce pylône en un point voisin de la console et en connectant en série avec l’enroulement d’essais un solé-noïde sans fer et un galvanomètre balistique. L'étalonnage de celui-ci a été effectué à la manière ordinaire; on renversait brusquement le courant dans la ligne et on lisait en meme temps le courant de ligne et la déviation do l’aiguille du galvanomètre. Le calcul a montré que l’effet Kelvin dans les conducteurs tels qu’ils étaient disposés dans le pylône était négligeable.
- Les courbes ci-jointes (fig. i) donnent les résultats généraux des essais. Elles sont établies d’après la différence de la moyenne des mosursc faites dans les diverses conditions avec du courant continu et courant alternatif. La combe A indique la perte d’énergie dans le pylône pour un courant à 60 périodes, l’action magnétisante des ampères-tours s’ajoutant, ce qui est le cas de la perte maximum; la courbe B donne le cas de la perte minimum, les tours en opposition. La
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- courbe C esl. obtenue avec le courant à •>.‘> pé-riopes les ampères-tours s’ajoutant, la perle avec les tours en opposition étant trop faible pour être mesurée à cette fréquence.
- Avec la perte totale dans le circuit, mesurée avec; une; précision de 0,4 % , la perte; dans le pylône est connue à \ % près. La courbe d'aimantation du pylône est également donnée dans la ligure 4, les abscisses correspondant au courant de ligne mesure'- et les ordonnées au llux traversant l’enroulement explorateur. Une grande partie du circuit magnétique est formée par l’air mais la réluctance de cette partie esl si grande comparativement à celle de l’acier qu’on a admis que toutes les lignes de llux passaient, dans la charpente métallique enveloppée par l’enroulement explorateur. On a essayé la perméabilité à coo ampères avec du courant triphasé et l'on a
- trouve; qu’elle était de p'iîi, l’intensité du champ étant de 0,28(5 ligne de force par centimètre carré.
- Nous donnons le résumé des résultats dans le; tableau ci-dessous.
- Taiu.eau.
- AMPÈRES (courant triphasé) PERTES EN WATTS 60 périodes DANS EK PYLONE A a5* périodes
- r»o .,8 0,4
- IOO 5,9 1,8
- ifio 16,1 fi,8
- •Zoo 9.8,8 18,0
- D’après ces chiffres, le maximum de pertes dans les pylônes, pour les trois lignes à (>o périodes, serait de 149 kilowatts, soit 0,19.4 % de la puissance transmise.
- La fréquence du système (-tant de x> périodes, ces pertes seront réduites dans les conditions réelles d’exploitation.
- Ces essais indiquent «pic la perte d’énergie dans les pylônes esl largement compensée par les avantages (pie procure leur construction mécanique.
- [Elcelrical World, ï<j novembre
- Erreurs commises dans l’interprétation des essais d’électrolyse des canalisations souterraines.— Cari Hering.
- L’auteur montre que les erreurs commises dans l'interprétation des essais relatifs à l'élec-trolyse des canalisations souterraines peuvent conduire à des conclusions radicalement, fausses; il critique notamment la méthode indirecte do mesure des courants.
- On a souvent alïirmé que, si le voilage, mesuré entre deux conducteurs enterrés est, élevé, les courants vagabonds (pii provoquent la corrosion du fer deviennent extrêmement destructeurs. En fait, le. contraire, est probablement la vérité. Si, par exemple, deux tuyaux sont noyés dans une caisse pleine de sable parfaitement sec, sans contact entre, eux, il 11e passera absolument aucun courant de l’un à l’autre en dépit d'une différence de potentiel élevée, tandis que, sous un faillie voltage, il pourra se produire un courant fortement destructeur si l’on verse dans la caisse à sable un seau de lessive.
- Une simple lecture de voltage n’est donc nullement, un critérium; un voltage, élevé, indique simplement une plus forte tendance au passage d’un courant de grande intensité, tandis qu’un faible voltage n’indique nullement que ce courant ne puisse passer. Eu outre, le voltage; peut être purement, sialique, c’est-à-dire sans passage de courant et, par conséquent, inoffensif: à cet égard, la résistance intérieure du voltmètre peut être fréquemment un facteur important : trop faible, elle peut donner des résultats absolu ment faux.
- Il arrive souvent qu’on mesure le voltage supposé du sol au moyen de deux prises constituées parfois par des tuyaux en fer. Si l’un des piquets est un tuyau rouillé et l’autre un tuyau galvanisé neuf, on aura constitué ainsi, grâce au zinc et à la rouille, une pile dépolavisée qui sera seule cause de la différence de potentiel mesurée.
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- Donc, pour sc rendre compte de ce" qui se passe dans le sol, il faut s’assurer qu’il passe ou non du courant, ce qui n’est pas toujours facile. De plus, le courant observe peut être tout à fait inoffensif s’il sort, par exemple, de la conduite métallique par une connexion métallique et non à travers l’électrolyte constitué par les liquides du sol.
- On a affirmé que, la surface des tuyaux étant grande, il peut très bien passer du tuyau dans le sol un courant de grande intensité sans autre détérioration que la rouille ordinaire; mais, généralement, la sortie du courant est concentrée à une région relativement faible de la conduite où les condftions sont les plus favorables et ce courant, jugé inoffensif, peut être très dangereux.
- On a dit également qu’il fallait au moins un certain voltage pour la sortie du courant, autrement dit, celui-ci doit vaincre tout d’abord une certaine force contre-électromotrice ; c’est également une erreur. La force contre-électromotrice du fer peut être en réalité négative, c’est-à-dire qu’elle tend par elle-même à produire un courant qui passera s’il se trouve à la cathode correspondante un bon dépolarisant.
- Les piqûres des tuyaux, souvent attribuées à la corrosion par électrolyse, peuvent être dues à de tels courants spontanés, localisés en certains points soit par la nature du sol, soit par des points à nu dans la peinture des tuyaux. D’autre part, la résistance virtuelle d’une surface métallique par rapport au sol peut être très élevée et parfois même agir comme une isolation moyenne. On connaît les difficultés d’établissement d’une bonne connexion avec le sol à faible résistance pour le passage d’un fort courant. Quant au sol lui-même, il semble avoir une résistance assez faible lorsque le courant l’a pénétré à une certaine profondeur et s’y est convenablement distribué.
- L’auteur signale l’inanité des mesures faites avec un volt-ampèremètre pour déterminer la résistance ohmique du sol entre les rails et une conduite ou entre deux conduites quand il passe des courants dans les deux et quand il existe entre elles une différence de potentiel. Que signifie, dit-il, la insistance ainsi mesurée?
- Parfois, quand on réunit une conduite à un rail par une faible résistance, il passe un courant de grande intensité qui peut paraître effrayant
- et ne présenter, eu fait, aucun danger. En effet, un tuyau peut être positif par rapporta un rail voisin et même être placé dans la zone dangereuse sans courir aucun risque si le sol intermédiaire est rendu positif par rapport au tuyau, en raison de la présence de quelque autre conducteur.
- On a beaucoup écrit sur la corrosion des tuyaux à un mauvais joint mais ces cas sont-ils si fréquents? 11 est probable qu’en pareil cas, en raison de la résistance superficielle élevée, le courant passe dans le sol par une large surface et ne se concentre pas en un anneau autour du tuyau à l’endroit du mauvais joint. Une autre erreur assez commune se produit quand on mesure et exprime un voltage réel sous forme d’une résistance en ohms. Une force contre-élee-tromotricc est, physiquement, très différente d’une résistance, bien que l’une et l’autre tendent à s’opposer au passage du courant. Si la mesure d’un voltage en ohms se justifie en certains cas, elle ne doit être faite qu’en parfaite connaissance de cause.
- Très souvent, Tune des mesures les plus difficiles dans ces essais d’électrolyse est celle de courants passant dans des conducteurs enterrés et inaccessibles ou dans le sol même. La mesure des intensités est alors fréquemment l’une des plus importantes, celle du voltage ne suffisant pas. Ordinairement, pour cette mesure, on admet une certaine résistance pour une portion de conduite et on la divise par la chute de voltage entre les points extrêmes de cette portion de conduite; mais,la résistance effective d’un tuyau enterré peut être absolument différente de celle du tuyau neuf, sur laquelle on se hase; l’auteur a trouvé des différences de io % ; de plus, à la traversée des vallées, les conduites d’eau sont renforcées et il est impossible d’en déterminer l’épaisseur d’après l’aspect extérieur.
- L’auteur a déjà indiqué, dans VElectric Railway Journalàw 11 octobre 191Ü, une méthode pour ces mesures de résistance de conduites enterrées. Une autre méthode souvent appelée méthode indirecte consiste à mesurer le voltage E entre deux points d’une conduite, d’un rail, etc., dans lequel on croit qu’il passe du courant. Après quoi, au moyen d’un ampèremètre, on mesure l’intensité I du courant entre les mêmes points et simultanément le nouveau voltage affaibli e. Le courant passant normalement dans le conducteur
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- est alors calculé par l’expression
- E I
- Cette
- E —e
- méthode suppose que le courant entre et sort en des points suffisamment éloignés l’un de l’autre, donc traverse des résistances avant de pénétrer dans la .partie soumise aux essais. Soit i ohm, la valeur de cette résistance inconnue et io ohms, celle de la partie essayée, le voltage initial étant de ii volts. Le courant passant normalement dans la pièce en essai sera de i ampère et le voltage E entre les deux points essayés sera de io volts. Relions maintenant à ces deux points un ampèremètre ayant, avec ses cordons une résistance totale de o,5 ohms. On lira une intensité d’environ 7,1 ampères et e sera de 5,55 volts environ. L’intensité calculée par la formule ci-dessus sera alors de 11 ampères, tandis qu’on a vu dans ce qui précède qu’elle est, en réalité, de 1 ampère. Erreur énorme, de plus de 1 000 % ! Or, dans la pratique, on ne connaît pas l’intensité réelle et, par conséquent, on ignore l’erreur commise en acceptant le résultat comme vrai.
- Cette méthode suppose que le courant total passant entre ces deux points est le même avant et après l’application de l’ampèremètre. Mais qui peut affirmer cela ? Tout dépend du voltage, généralement inconilu. On peut croire correct de supposer que le courant est constant quand la partie de canalisation essayée est reconnue comme ne correspondant qu’à une faible fraction de la résistance totale qui produit le courant, c’est-à-dire lorsqu’il s’agit d’un court tronçon d’une longue file de tuyaux. Ceci suppose encore qu’011 sait en quel point est réellement appliqué le voltage ; hypothèse dangereuse !
- La méthode indirecte peut conduire à de plus graves absurdités, comme le montre le cas pratique suivant :
- Entre deux bouches d’incendie distantes de 3o mètres sur une conduite d’eau en fonte, de 4o centimètres de diamètre, on constate une différence de potentiel de 5oo millivolts, ce qui paraît sérieux, lai résistivité normale d’un pareil tuyau peut être de l’ordre de o,o33 inilliohm par mètre, soit un inilliohm pour 3o mètres. Ainsi le courant calculé passant dans la conduite serait de 5oo ampères.
- Pour vérifier si cela est vrai, appliquons la méthode indirecte. L’ampèremètre donne 25o ampères et le voltage réduite se trouve de 25o millivolts, soit la moitié du voltage initial E. Le courant calculé d’après ces observations serait de 5oo ampères; la confirmation de l’estimation première est telle qu’on l’acceptera généralement comme preuve de contrôle. Deux méthodes entièrement différentes ont donné le même résultat; le vérificateur est satisfait et le propriétaire de la conduite est ennuyé. Or, en réalité, il existe dans le cas actuel un joint parfaitement isolant sur ce tronçon de 3o mètres de tuyau et, normalement, il ne passe absolument pas de courant dans la conduite, ce qui montre la fausseté très grave des résultats que peuvent donner ees mesures. Et ceci n’est nullement un cas spécial mais peut très facilement se produire. L’auteur cite un exemple où l’on croyait à l’existence d’un circuit alors qu’il n’y en avait pas. D’ailleurs, d'aussi graves erreurs, sinon d'aussi grandes, se présenteront si le joint, au lieu d’une isolation parfaite, ne procure qu'une isolation médiocre.
- fies exemples montrent donc a quels résultats erronés et déconcertants on peut arriver par l’interprétation d’essais faits maladroitement ou sans précaution.
- (Electrical Railway Journal, 29 novembre igi3)
- ÉCLAIRAGE
- Recherches sur les lampes à filament métallique remplies d’azote.
- Afin d’établir l’influence de l’azote sur les lampes à filament métallique, MM: J. Langmuir et J.-A. Orange ont procédé à quelques expériences comparatives sur des lampes à incandescence munies d’un filament disposé simplement en étrier ; on fit brûler ces filaments, d’une part dans le vide, d’autre part
- dans l’azote à la pression atmosphérique, à une tension telle que la température absolue du filament fût de 285o°C.
- Quelques-uns des filaments avaient un diamètre de 0,127 millimètre, les autres un diamètre de o,25 millimètre. Les filaments de 0^127 millimètre de diamètre donnèrent, pour une consommation de o,65 watt par bougie Hefner, une durée d’environ
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- 20 heures, tandis que les filaments plus épais (o,25 millimètre) donnèrent, pour une consommation de o,56 watt par bougie llefner, une durée de 3oo heures environ. Les parois de verre situées vis-à-vis du filament restèrent claires ; à la partie supérieure de l'ampoule se formait un léger dépôt de nitrure de tungstène. Les lampes brûlant dans le vide accusèrent une consommation de 0,4 i watt par bougie Hcfner seulement, mais les ampoules se noircirent rapidement ; au bout de /(o minutes l’intensité lumineuse de ces dernières lampes avait diminué de <So % et leur durée n’était que de a à 5 heures.
- La présence de l’azote semble donc avoir pour effet de réduire sensiblement la volatilisation du tungstène.
- Les expériences montrèrent également qu’il est préférable d’employer des filaments de fort diamètre. En effet, on arrive ainsi à augmenter non seulement le rendement lumineux, mais encore, et sensiblement, la durée de la lampe. D’autre part, il n’est pas recommandable de choisir de trop gros filaments.
- En effet, le courant consommé parle filament croît comme la puissance 3/2 du diamètre de celui-ci. C’est ainsi que pour maintenir les divers filaments à la température de 2 85o°C, les intensités suivantes fuient nécessaires ;
- DIA.MKTIIIS 1>U II1. AM CNT INTENSITÉ DU GOUHANT
- 0,127 watt 3,o ampères
- 0,254 » oc
- o,5o8 )> 2 4 »
- .
- Si l’on ne peut employer des tensions très faibles, l’énergie consommée avec les filaments épais est si grande que l’on ne peut établir que des lampes de très fortes intensités lumineuses. Il faut donc employer des filaments longs et épais.
- C'est pourquoi la meilleure disposition pour le filament a été reconnue comme étant celle d’une spirale à enroulement serré.
- En ce qui concerne les ampoules à employer, il faut tenir compte de ce que celles-ci ont à supporter une surélévation de température plus élevée. En effet, dans les lampes à vide ordinaires, l’ampoule reçoit 'environ 20 % de l’énergie rayonnée par le filament et s'échauffe» Dans la lampe remplie d’azote, en dehors de cette première quantité de chaleur,
- l’ampoule en reçoit par. convection une certaine quantité supplémentaire, variant de 6 à 40 % selon le type de la lampe.
- Les courants de convection qui véhiculent cette dernière quantité de chaleur montent perpendiculairement au filament et n’atteignent qu’une partie relativement faible de l’ampoule, laquelle est surchauffée. La hauteur des ampoules doit donc être sensiblement plus grande que leur diamètre. Diverses sortes de verres résistant à la chaleur ont été essayés et ont permis de réaliser des ampoules relativement petites. Des ampoules en quartz transparent ont été également essayées, mais, étant donné leur prix élevé, elles ne semblent pas présenter d’avantages sur les verres spéciaux.
- Pour les fils dé connexion on a renoncé complètement au platine et employé des alliages présentant le même coefficient de dilatation que le verre. On a également essayé des sortes de verres spéciaux auxquels on peut souder directement le filament de tungstène ou de. molybdène. Il est nécessaire de prévoir des écrans protecteurs pour que la soudure ne soit pas endommagée par la chaleur.
- Avec les lampes au tungstène remplies d'azote on ne peut obtenir une durée de plus de i 5oo heures pour une consommation spécifique de o,5o watt par bougie Hefner qu’avec des sources de forte intensité lumineuse consommant plus de 10 ampères. Des lampes consommant 0,6 à^ 0,7 watt par bougie Hefner, ont, par contre, pu être établies pour des intensités de courant allant jusqu’à 5 ampères.
- Il n’y a aucune difficulté à établir des lampes à haut voltage. Avec les lampes à azote à la pression atmosphérique, il n'y a pas de tendance à l’amorçage d’un arc, même à la tension de a5o volts.
- O11 a établi actuellement les types de lampes suivants :
- i° Des lampes de forte intensité lumineuse et de faible consommation spécifique (0,4 à o,5 watt par Hefner) pour des durees d’allumage de 1 5oo heures et plus, consommant de ao à 3o ampères. Ces lampes doivent être alimentées de préférence par courants alternatifs transformés à basse tension; on obtient ainsi des lampes de 700 watts pour a5 à 3o ampères, soit pour o,45- watt par Hefner, 1 670 bougies Hefner.
- a° Des lampes de faible intensité lumineuse à bas voltage, consommant environ 10 ampères sous 4 à 5 volts ; la consommation spécifique varie de 0,6 à i,25 watt par Hefner. Ces lampes conviennent particulièrement à l’éclairage des rues par lampes en
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- série, ainsi qu'aux lanternes de projection et aux phares d'automobiles.
- 3° Des lampes à no volts. Les grosses unités (plusieurs milliers de bougies) ont une consommation spécifique de o,5 watt par Hefner. Pour les intensités plus faibles le rendement lumineux n'est pas aussi favorable.
- L’éclat des lampes remplies d'azote est estimé a
- i *200 bougies par centimètre carré, tandis qu’avec les lampes ordinaires au tungstène (à i,î*5 watt par Hefner), il est de i5o Hefner environ par centimètre carré. L’éclat des lampes remplies d’azote est donc environ huit fois plus élevé que celui des lampes brûlant dans le vide.
- (Proc. Amer. fnst. ofElectric. EnTome XXXII, 1913)
- STATISTIQUE
- Statistique des Stations centrales allemandes au 1er avril 1913.
- 11 n’était plus paru d’édition de cette statistique depuis 1911; elle sera dorénavant publiée tous les deux ans seulement. L’édition de cette année accuse
- tivement, dans les deux dernières périodes de deux ans. Le nombre des localités pourvues d'une distribution serait de plus de 17 5oo, en augmentation de 60 % environ, depuis deux ans. La puissance totale des installations a doublé dans quatre ans. Les résiil-
- Tableau I.
- LAMPES A INCANDESCENCE LAMPES A ARC
- Nombre des consommateurs Kilowatts installés Nombre des consommateurs Kilowatts installés
- 1911 16 209 233 810 462 245 772 122 886
- 1913 /)2 554 381 1 227 719 232 I90 I16 096
- MOTEURS FIXES A PP A R E ILS U E C1 IA U F F AG 1 :
- Nombre Puissance KW Cl ISINE, RTC. KW
- 1911 ... 285 302 1 083 401 376 IO7 78 120
- 1913 5o4 3i5 1 643 4^4 417 041 82 8/,<>
- TRANSFORMATEURS PARTICULIERS, d’ÜSINES, ETC. 1 PUISSANCE TOTALE
- kw Installée en kw
- 1911 f » 2 46 ï 97(>
- 1913 238 618 3 72 > 7(i9
- un développement considérable des stations centrales allemandes, dans les deux dernières années. Leur nombre actuel serait de 4 100 environ, avec une augmentation de i5i4, au lieu de 048) respec-
- tats, comparatifs des deux statistiques de 1911 et 1913 sont indiqués ci-dessus. (Tableau I).
- On ne remarquera pas, sans interet, que pour la première fois, le nombre des lampes à arc, ainsi que
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- leur puissance, sont en décroissance, comme le développement des lampes à incandescence à grandes intensités le fait prévoir.
- Dans les deux dernières périodes de deux ans, l’augmentation de la puissance des stations centrales' est de 260ooo et 600000 kilowatts respectivement
- nombre de ces derniers est certainement incomplet.
- On n’a pu relever que dans 733 stations l’accroissement du nombre de kilowatts-heures produits, qui atteint presque 2 milliards, en progréssion de 28 % par an, depuis deux ans, au lieu de i5 % dans la période précédente.
- Tableau II
- NOMBRE I)E STATIONS
- A VA1M UH HYDRAULIQUES AVEC MOTEURS A EXPLOSION A COMMUTATIUCES OU TRANSTORMATEUKS A VAPEUR ET HYDRAULIQUES DE SYSTÈMES DIVERS ET INCONNUS
- 1911 790 253 382 ,n7 402 582
- 1913 691 353 392 486 377 1.741
- et cette puissance est actuellement de plus de 2 millions de kilowatts.
- L’accroissement des batteries d’accumulateurs se trouve ralenti, du fait du développement des distributions triphasées.
- Le nombre des stations de plus de 5 000 kilowatts a presque doublé dans la dernière période et s’élève à io3 dont 5o de plus de 10 000 kilowatts.
- Dans les 1880 stations à courant continu, 1 oi5 emploient le système à 2 fils, 862, le -3 fils et 3, le 5 fils.
- Dans 028 localités, l’éclairage public au gaz coexiste avec la distribution électrique, mais dans 1 076 localités, le gaz n’existe pas.
- Le nombre des stations appartenant à des sociétés privées est de 2 833 ; tandis que 1012 sont exploitées par les municipalités ou l’Etat.
- Dans 122 distributions, les lignes sont souterraines, aériennes dans 2 221, et mixtes dans 610.
- Quant à l’emploi des compteurs, on en trouve 707 35g pour l’éclairage seulement, 152821 réservés à la force motrice, et 792852 sans distinction. On a pu relever i5 167 compteurs à tarification automatique, et 1/16730 abonnés à forfait, mais le
- Les résultats ci-dessus (Tableau II) donnent une indication sur le développement des divers systèmes de force motrice des stations centrales.
- Au point de vue de l’âge des stations, celles qui ont cinq ans d’existence sont les plus nombreuses au icr avril 1913 ; on en compte 80 qui ont plus de vingt ans d’existence.
- Enfin, les stations de plus de 4o 000 kilowatts sont celles de Berlin (192 732 kilowatts) Dusseldorf (65 000 kilowatts) Gleiwitz (Silésie) (69 oookilowatts) et Hambourg (44325 kilowatts).
- Cette intéressante statistique, établie par les soins de l’Association des Electrotechniciens allemands (V. D. E.) et dont il n’est donné ci-dessus qu’un faible aperçu, doit comporter, à l’avenir, une division des usines centrales des stationsproductrices et stations de transformation ; le développement gigantesque des distributions ne permettant plus de réunir, pour l’ensemble des stations, les résultats et les données d’une période de deux années.
- [Eleklrotechnische Zeitschrift, 18 décembre igi3)
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- TRACTION
- L'électrification du chemin de fer du Nord Canadien.
- L’électrification du tunnel et de la gare terminus à Montréal du chemin de fer du Nord Canadien, c’est-à-dire du tronçon situé à l'extrémité orientale de cette nouvelle ligne transcontinentale, a été récemment décidée; on a adopté le courant continu à •>. 400 volts ; 7 locomotives et H automotrices, ainsi que l'équipement de la sous-station, ont été commandés. L’électrification s’étendra sur une longueur de ifi kilomètres de voie double, entre les gares de voyageurs et de marchandises de Montréal, d’une part, et, d’autre part, les halls à marchandises de Carti-drille près de Monnt Royal, où les trains montants et descendants changeront de locomotives. Les automotrices sont destinées à permettre de développer et d’accélérer le service de banlieue. Quant aux locomotives, fournies par la General Electric C°, leur poids en service sera de No tonnes ; elles seront munies de deux bogies à deux essieux avec quatre moteurs à courant continu ; ces moteurs, pourvus des pèles auxiliaires de commutation, seront bobinés pour 1 200 volts, isolés pour 1 400 volts et montés par deux en série. La commande s’opérera au moyen de relais accouplés, le courant de commande étant fourni par un dynamotcur.
- La sous-station, située à l’extrémité occidentale du tunnel, recevra des courants triphasés à 11 000 volts et 60 périodes.
- On a prévu actuellement deux groupes convertisseurs, d’une puissance individuelle de 1 5oo kilowatts, capables de supporter pendant^ minutes une surcharge de 200 %. Ces groupes se composent chacun de deux dynamos à pèles auxiliaires de commutation pour 1 aoo volts, montées en série et entraînées par un moteur synchrone d’une puissance de 2 100 kilowatts.
- Lorsqu’elle sera complètement achevée, la
- sous-station doit recevoir un troisième groupe de machines, de sorte qu’elle possédera mie capacité totale de 4 5oo kilowatts.
- [Electric Uailway Journal, Tome XLII, 1913)
- Ligne électrique de chemin de fer entre Tokio et Yokohama.
- Escomptant un accroissement de trafic entre Yokohama et Tokio (distance 29 kilomètres) quand l’électrification de la ligne actuelle sera terminée, c’est-à-dire au printemps de 1914, le bureau des Chemins de fer du gouvernement japonais a amélioré la superstructure de cette ligne et porté de 2 à 4 le nombre des voies.
- La station centrale qui fournira le courant va cire terminée prochainement à Kabata, à mi-dis-tancc entre la capitale et Yokohama. Quand celle centrale sera terminée, elle fournira le courant au chemin de fer surélevé de Tokio, e’est-à-dire à la ligne de Yamanolc qui traverse les faubourgs de Tokio de la station d’Lyeno, au Nord de Tokio et Gofukulbashi, et par le centre de la ville, aboutit en face du nouveau dépôt central des chemins de fer, actuellement en construction. La nouvelle station centrale soulagera celle de Tokio qui a été, depuis quelque temps, incapable de fournir tout le courant nécessaire à la ville.
- (Electric Raihsay Journal, 29 novembre U)i3)
- Le problème de l'électrification des chemins de fer.'
- UElectric- Rail-way Journal, du 20 octobre 191 H, publie une communication de M. A. Armstrong à la Société Canadienne des Ingénieurs Civils.
- L’auteur après avoir passé en revue les différents systèmes d’électrification dans tous les chemins de fer américains, conclut très nettement à la supériorité du système d’alimentation directe par la haute tension.
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- LÀ LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série).—N° 3.
- ÉLECTRO-MÉTALLURGIE
- Le développement de l’électro-chimie et de Télectro-métallurgie dans les Pyrénées.
- L’électro-chimie et l’clectro-niétallurgic, si florissantes dans la région des grandes Alpes françaises, n’ont pas encore atteint, dans les Pyrénées, le développement qu’on est en droit d’escompter. Deux causes peuvent, semble t-il, expliquer le retard apporté à l'installation de nombreuses usines : i° la nécessité qui s’imposait aux puissantes sociétés alpestres de ne pas disséminer leurs efforts ; a" l’impossibilité de recueillir des capitaux pour de pareilles entreprises dans un oays essentiellement agricole, et légèrement réfractaire à des industries nouvelles. Il faut ajouter que les fondateursdesélablissementsalpesli es 'ont, en général, témoigné quelque dédain à l’égard des forces naturelles de la chaîne pyrénéenne. Pour toutes ces raisons, l’électro-chimie et l'électro-métal* lurgic demeurent encore à leur aurore dans le Midi français. Toutefois, de grands projets sont en cours d’exécution, et il est possible d’entrevoir un prochain essor de ces industries dans la zone des Pyrénées Centrales.
- Comme dans les Alpes, c’est la fabrication du carbure de calcium, si rémunératrice jusqu’alors qui a le plus progressé au cours de ces dernières années.
- La principale usine de production se trouve dans l’Ariège, au Castclet, à 5 kilomètres d’Ax-les-Thermes. Elle appartient à la Société H ydro-Electrique des Pyrénées, société au capital de i inoooo francs, dont le siège est à Toulouse. L’établissement de Castclet à été ouvert en i 8q8 . L’un des premiers dans le Midi, il a mis la houille blanche au service de la grande industrie. L’usine emprunte les eaux de l’Ariège, qui roule à réliage /* mètres cubes, en moyenne 5 à 6, et parfois uo à 2Ü. Une conduite forcée de r»f»o mètres de longueur et de a m. 20 de diamètre envoie l’eau sur l’arbre des turbines, sous une chute de 3o mètres. La puissance aménagée atteint, au total, a aoo kilo-watLs. CcLte force est recueillie par turbines, actionnant des alternateurs monophasés de /|5ok\v. En outre il existe un groupe de courant continu de 70 k\v pour
- les excitatrices.
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- L’usine du Castelet, dont la production va en croissant, ne pourra bientôt plus répondre aux besoins (le sa clientèle, Aussi la Société étudie-t-elle Famé-
- nagcincnl prochain d’une seconde chute, haute de 169 mètres, qu’alimenterait le torrent du Nagear. Les eaux de ce ruisseau seraient captées à Savignac, et conduites à la station génératrice du Castelet, distante seulement de f\ à 5 kilomètres. On peut évaluer à 3 000 tonnes environ la production de l’usine arié-geaise.
- Moins importante est l’usine de Mancioux ^Haute-Garonne), propriété de MM. Lanne et Cartier, qui utilise une basse chute de la Garonne entre Muret et Sainl-Gaudens. Sa puissance peut être évaluée à
- I 9'jo k\v., et sa production à 800 tonnes.
- On établit, à l’heure actuelle, sur le val Bastan, entre Farcge et Luz, une usine qui disposera d’une chute de 180 à *200 mètres pouvant débiter 45o à r>oo k\v. La prise d’eau sera aménagée aux abords du pont de Belpouey, à 1.100 ou 1 200 mètres de la station génératrice.
- Comme la Société Hydro-Electrique des Hautes-Pyrénées a abandonné la fabrication du carbure, qu’elle avait entreprise à Villelongue, la production du carbure dans la région pyrénéenne serait donc fort restreinte, si l’usine d’Auzat ne venait fournir à cette industrie un appoint considérable.
- L’établissement d’Auzat est, de beaucoup, le plus important de toute la région du Midi. Il est destiné non seulement à la préparation du carbure, mais encore à la fabrication de l'aluminium etdes chlorates.
- II a été créé en 1908 par la Société des Produits Electro-Chimiques et Métallurgiques des Pyrénées, qui possédait déjà, sous un autre nom, les usines de Chcddc cl d’Kpicrre.
- Les installations hydrauliques d’Auzat sont aussi remarquables, d’après M. Pawlowski, que celles d’Orlu. Les ingénieurs ont été conduits à envisager l’aménagement des lacs de Fourcat, Izourt et Bassiès, situés entre 1 600 et 1 800 mètres d’altitude. Le lac de Foureat seul a été asservi jusqu’ici. La réserve d’eau atteint ainsi 8 000 000 de mètres cubes ; elle sera portée ultérieurement à 12000 000 de mètres cubes. Trois prises d’eau ont élé installées aux cotes 1 i83, 1 191 et 1 211. Un canal d’amenée, à flanc de coteau, de plus de 10 kilomètres, relie les barrages entre eux etaVec la station génératrice, édifiée à Auzat, sur son parcours, il est contraint de franchir une
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- vallée ; aussi a-t-on construit un siphon métallique de
- 1 m. 4ode diamètre. Une chambre de décantation, de 5 mètres de longueur, précède la conduite forcée, longue de ioo mètres, qui amène les eaux sur les turbines au nombre de 19 dont n de 1 100 kw., 7 de 40 kw.el 1 de i5okw. Lasalledes machines comporte en outre 10 dynamos et 2 alternateurs. La hauteur de chute est de 4*^0 mètres, pour un débit moyen de 3 000 litres, pouvant atteindre 4 000. On procède, de plus, «à l1 aménagement de la chute de Bassiès, qui doit donner 1 960 kw. normalement, sous 45omètresde hauteur. La force recueillie sera transportée à Auzat. D’un autre côté, la Société d'Auzat pourra encore accroître la puissance dont elle dispose, de 4 000 kw. environ, en installant des chutes à Arthiès et Mounicon. 33o ouvriers sont au service de t'usine, qui jette sur le marché journellement 6 à 7 tonnes de chlorates, 10 à 12 de carbure et 4 1/2 d’aluminium.
- La fabrication du carborundum et de l’cmeri doit, logiquement, se développer dans les Pyrénées Centrales, où l'on a découvert de riches gisements de bauxite, produit qui entre dans la composition de l'émeri. C'est sans doute pour cette raison qu’une nouvelle usine est en construction à Marcus, entre Tarascon-sur-Ariège et Foix. Un barrage est en voie d'achèvement sur l’Ariège. Il permettra la production, sous une chute de 17 mètres, d'une force de
- 2 fioo à 4 ooo kilowatts. Mentionnons enfin que la poudrerie de Toulouse dispose d'une chute de 7& kilowatts sur une dérivation de la Garonne.
- Enfin, un grand quotidien publiait récemment une lettre dans laquelle un admirateur de Ludion se plaignait qu'une société anglaise se proposât d'installer à Luchon une vaste usine d'électro-chimie, alimentée par les eaux de la rivière. L'usine en question serait destinée à fabriquer du blanc de zinc; elle aurait une puissance de 760 kilowatts.
- *
- ♦ *
- L’industrie électro-méLallurgique n’est guère pratiquée dans les Pyrénées que par les usines d’Auzat, productrice d'aluminium, et de Mancioux, qui fabrique des fcrro-alliages. Cependant, depuis quelques années, a été installée à Pierrefitte une usine de silico-manganèse, dont le siège est à Lyon. Cette Société a loué la chute de Passpich à la Société Hydro-Electrique-des Hautes-Pyrénées, et utilise l’énergie
- recueillie pour la marche de 7 fours,, dont 4, autrefois consacrés à la préparation du carbure à Villelonguc, et 3, de grande capacité, montés spécialement à la gare de Pierrefitte.
- E11 outre, une grande usine hydro-électrique est actuellement en construction au Plan-d'Àrcm, sur le territoire de la commune de Eus, dans la haute vallée de la Garonne. Empruntant les eaux du fleuve avec un débit moyen de 5 000 litres, sous une chute de 20 mètres, l'usiné disposera de 2000 à 4000 kilowatts .
- Il convient, d’autre part, de remarquer que la Société Métallurgique de l’Ariège tendra vraisemblablement à entreprendre, avant peu, la fabrication des aciers électriques. Elle ne tardera pas, en effet, à disposer d’une puissance électrique appréciable. Elle a acquis, pour ses besoins, l’usine de Las Rives, à Varilhes, distante de Pamiers de 10 kilomètres. Elle a, de meme, acheté des chutes voisines de Pamiers, telles celles de Bcnagucs, haute de 2 mètres, et qui alimentait naguère une petite forge, de Gam-pragnat, haute de 3 m. 70 et l’usine Guillot, en voie de transformation au-dessus de Las Rives.
- * *
- Il y a lieu d'observer que la métallurgie pyrénéenne, suivant en cela la tradition, a, de longue date, discipliné les cours d’eau pour se procurer la force qui lui était nécessaire. L’énergie hydraulique actionnait les martinets ou les laminoirs. On voit encore à Gudanes, commune de Château-Verdun fAriège), une forge appartenant à M. Baudon de Mony, et dont les marteaux sont mis en mouvement par le torrent de l’Aston, amené à l’usine par un canal à ciel ouvert de 1 5oo mètres. De petites turbines ont, en outre, été installées à Gudanes, mais la puissance aménagée totale ne dépasse pas i5o kilowatts.
- A Toulouse même, la Pointcric et Trélilcrie du Bazacle recueille 110 kilowatts en utilisant l'eau du canal de fuite de l'usine du Bazacle. Une forge demande au Canalet 100 kilowatts.
- Les forges de Toulle, remontant à 1860, ont capté le Salat, dans la Haute-Garonne, et aménagé une chute de 200 à 200 kilowatts. On pourrait aisément multiplier ces exemples,
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- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- Tous les journaux financiers ont consacre un de leurs derniers articles à une revue de Tannée i<)i L L'opinion commune est la même : cette année ne sera regrettée par personne. Les événements politiques ont lourdement pesé sur les affaires: et si le début de l’exercice a été satisfaisant pour presque toutes les branches de l'industrie et du commerce, la fin en a été marquée par un commencement de crise dont les effets se répercutent sur toutes les valeurs, quelles qu’elles soient. Il paraît assez naturel que toutes les rentes d'Etat en aient subi le contrecoup; que les matières premières en soient devenues meilleur marché, sauf le charbon et le coke. Mais on peut être surpris de constater que des valeurs industrielles comme les valeurs de traction ou d’entreprises de distribution en ressentent le contre-coup d’un façon très marquée : cependant les recettes n’ont pas cessé d’augmenter et la diminution des prix de matières sont plutôt favorables à l'abaissement des prix de revient.
- Le Cuivre qui atteignait le cours de 77 livres sterling en janvier iQi3se tenait péniblement aux environs de 64 livres sterling fin décembre ; la fonte avait baissé de 16 francs la tonne ; le charbon de 0,40 avec tendance à une réduction plus importante. Malgré cela, le Métropolitain recule de 63Gà 594, le Nord-Sud de '229 à 13o, les Tramways de Paris et du département de la Seine de 3i6 à'284, les Tramways de l'Est parisien de 69 à 65,5o ; la Société d’Electricité de Paris qui avait atteint le cours de 835 est maintenant à 765 ; la Compagnie Parisienne de distribution finit à 621 après avoir côté 716; le Secteur Edison est descendu de 8n5 à 705 ; le Secteur de la Place Clichy de 1900 à 1600; la Thomson-Houston de 761 à 720; les Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l'Est de 490 à 457.
- En dehors de la situation générale on croit pouvoir attribuer toutes ces baisses à la liquidation de positions à la hausse imprudemment maintenues. Il faut bien ajouter que, pour nombre de ccs titres, la valeur intrinsèque ne correspondait pas à la position en Bourse et qu’à la moindre alerte, il a suffi de quelques ventes pour rétablir Téquilibre. L’augmentation du loyer de l’argent n'a pas été non plus étrangère à ce mouvement.
- Electricité et Gaz du Nord avait convoqué le 26 décembre ses actionnaires en assemblée ordinaire et en assemblée extraordinaire. L’assemblée extraordinaire a reconnu et constaté la sincérité de la déclaration de souscription et de versement relative à l’émission de 40 000 actions nouvelles de 25o francs destinées à porter le capital de '25 millions à 35 millions.
- Ces actions ont été émises à 355 francs avec une prime de io5 francs et, suivant les déclarations du président du Conseil, 35 000 actions ont été souscrites par les anciens actionnaires et les porteurs de parts : moins de 5 000 actions sont restées non souscrites. Mais elles ont été prises ferme par un syndicat de garantie qui avait pris l’engagement de souscrire tous les titres non attribués. M. Berthelot a expliquélonguement les raisons quiavaient déterminé le Conseil à faire appel au concours de Sociétés amies pour former ce syndicat; c’est que leConseilavait à se défendre du reproche que les actionnaires lui avaient adressé de ne pas avoir divisé les nouvelles actions en titres réductibles et irréductibles, permettant ainsi à tout actionnaire qui l'eût désiré de ne point limiter sa souscription à la quantité de une nouvelle pour 5 anciennes.
- Nous avons vu presque chaque fois à l'occasion des augmentations de capital de sociétés prospères, se produire le même incident : l’actionnaire qui ne considère que son effort personnel et limite à son horizon le succès de l'opération s’étonne volontiers de mesures prises dans l’intérêt de l'affaire et les qualifie volontiers de défiance à son égard et de contraire à son droit; mais le Conseil qui a le souci de réussir une opération indispensable au bon fonctionnement des services et au développement de la Société se doit à lui-même de prendre toutes les garanties propres à assurer la couverture de la souscription. Il est évidemment désagréable à celui qui eut pu augmenter son intérêt en profitant d’un cours avantageux d'en voir le bénéfice assuré à un syndicat auquel il reste étranger.
- Mais au cas où 5 000 actions eussent été souscrites par les anciens actionnaires au lieu de 35 000, qu’aurait-il pensé ? Il eût probablement qualifié les dirigeants [d’imprévoyance !
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- Le président d’Electricité et Gaz du Nord a montré qu’en procédant comme il est dit plus haut l’opération avait été faite très vite, qu’elle avait réussi d'une façon économique, le Syndicat ayant souscrit les titres non réclamés aux mêmes conditions que les anciens actionnaires ou porteurs de part. En ce moment où toutes les affaires végètent, on ne pouvait mieux faire. Il était nécessaire d’ailleurs qu’il en fût ainsi.
- Le bilan au 3o septembre 1913, approuvé par l’assemblée ordinaire, fait ressortiraux disponibilités une somme de 996 178 fr. 3i, et aux exigibilités le chiffre beaucoup plus important de 4 18a ïîo fr. 49 ; soit en faveur du passif une différence de plus de 3 millions ! L’assemblée ayant voté la répartition d’un dividende de 1.2 fr. 5o aux actions ordinaires et de 10 fr. 71 aux parts, il fallait incessamment trouver en plus 1 307 142 francs; l’augmentation du capital permettra de faire face aux nécessités de la trésorerie mise à l’étroit par les dépenses qu’ont nécessitées la construction et l’aménagement de la Centrale de Loin me, l’établissement de son réseau de distribution, l’agrandissement de la Centrale de Jeumont, l’extension des canalisations de gaz, les études relatives à la construction d’une Centrale à Louvroil, les sondages entrepris en vue des recherches de charbon et les participations prises tant dans la Société d’Electricité de la Région de Valenciennes-Anzin que dans la Société des Forges et Ateliers de la Longueville.
- Le seul chapitre usine, réseaux et concessions ligure à l’actif pour i5 67/1 8ti fr. 27 en augmentation de 3 6q5 347 fr. 71 ; puis un compte d’ordre de 3226629 francs comprend toutes les sommes restante appeler sur les titres composant le portefeuille évalué à i3 263 336 fr. 22.
- Le rapport dit que l’exercice écoulé n’a pas démenti les espérances qu'il était légitime de concevoir au sujet du développement de la Société, et que la marche des affaires a été satisfaisante et les bénéfices réalisés suffisants pour permettre 460 000 francs d’amortissements et la distribution d’un dividende. Les ventes de gaz ont augmenté de 16 % , et le débit de la Centrale de Jeumont est passé
- de 2i millions de kilowatts-heures à 28 766 000 kilowatts-heures.
- Les bénéfices d’exploitation et les produits du portefeuille se sont élevés à 1 984 197 fr. 28, laissant un solde, après amortissements et déduction des frais généraux, de i 44o 116 fr. 4°- C’est après trois ans d’existence un rendement net de 5 fr. 78. Le conseil, en déclarant qu’il venait d’obtenir une concession d’Etat pour la distribution de la force motrice sur le territoire des communes comprises entre Jeumont et Aulnoye, Feignies, Boussières et Ferrière-la-Grande, et qu’il demandait des concessions vers le Nord jusqu’à Villiers, vers le Sud jusqu’à Anor en passant par Avesnes et Fourmies, a donné un aperçu de sa politique qui tend à attribuer à l’Electricité et Gaz du Nord l’exclusivité du quadrilatère compris entre la frontière franco-belge suivant une ligne parallèle aux directions Lille, Valenciennes, Jeumont, et les trois autres lignes Jeumont-Anor, Anor-Cambrai, Cambrai-Lille. La région est la plus active du département du Nord, la plus peuplée et la plus susceptible de développement.
- Comme la Société a la possibilité de porter son capital de 35 à 5o millions, elle possède le moyen de réaliser une partie de son programme ; mais la totalité ne pourra se réaliser sans de nouvelles augmentations.
- Nous résumons ci-dessous le bilan au 3o septembre 1913.
- Actu-,
- Portefeuille titres 13 263 336 22
- Immobilisations *7 169 593 72
- Réalisable I 476 209 43
- Frais de constitution 89 664 56
- Compte d’ordre 3 2'l6 6a5 00
- 35 225 -Un U 00 93
- Passii-.
- Capital . . 25 OOO 000 00
- Réserves i 36o 774 95
- '97 912 58
- Profits et perles . . 1 44o 116 40
- Compte d’ordre 3 226 (>2& OO
- 35 2 2 5 4‘4 8 93
- T. R.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Italie. — La direction générale des chemins de fer de l’Etat a commandé aux usines italiennes 77 locomotives et, de plus, ouvre un concours national pour une commande de 2i5 locomotives à vapeur,
- La Société des Tramways Toscans avait introduit une demande de concession du tramway électrique de Carrara à Marina. Les autorités compétentes ayant donné un avis favorable, les travaux commenceront incessamment.
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Angleterre. — Le groupe Marconi vient de constituer la Transoceanio Wirelcss Telegraph Company, au capital de 200 000 livres sterling, pour l'exploitation d’un service de télégraphie sans fil entre la côte galloise et les Etats-Unis.
- DIVERS
- Lampe de sûreté électrique.
- Le ministre des Travaux publics,
- Vu l’article 146 du décret du i3 août 1911 portant règlement général sur l’exploitation des mines de combustibles, ledit article ainsi conçu : « Les lampes de sûreté doivent être conformes à un des types agréés par le ministre des Travaux publics »;
- Vu l’avis de la commission des recherches scientifiques sur le grisou cl les explosifs employés dans les mines, en date du octobre 19r 3 ;
- Sur la proposition du directeur des mines,
- Arrête :
- Article premier. — Est agréée pour être employée dans les mines grisoulcuscs ou poussiéreuses la lampe de sûreté dite « lampe Van liastelaer » dont la description est donnée ci-dessous.
- Description de Vappareil,
- 1. Accumulateurs, — L’accumulateur plomb à liquide immobilisé, comporte deux éléments groupés en parallèle.
- Chaque élément est contenu dans une boite en caoutchouc.
- 2. Boite. — L’accumulateur est renfermé dans une boîte robuste en fer étamé de o mm. 8 d’épaisseur.
- La section carrée mesure 70 mtn, X 7° millimètres.
- La boîte est fermée par un couvercle soudé qui est réuni au chapeau porte-lampe par une bague filetée comportant trois filets en prise.
- La fermeture de la lampe en service est assurée par
- un système à rivet de plomb du type Dinoire modifié.
- 3. Lampe. — La lampe à incandescence à filament métallique est du type Osratn.
- Le pouvoir éclairant est de 1 bougie 5.
- La durée d’éclairage est de i5 à 16 heures.
- La lampe est enfermée dans un verre cylindrique de j millimètres d’épaisseur, cimenté dans deux armatures métalliques.
- Ce verre est protégé par un chapeau métallique soutenu par cinq colonnettcs de 5 millimètres de diamètre.
- Il n’y a pas d’organe de commutation : la lampe est remise allumée à l’ouvrier et celui-ci n’a pas la possibilité de l’éteindre.
- Dimensions et poids. — Hauteur totale : 275 millimètres. Seclion : 70 min, X 70 millimètres. Poids en ordre de marche : 3 kg. 85.
- NOMINATIONS
- Par décret en date du 3i décembre 1913, rendu sur le rapport du ministre des Travaux publics, M. Doerr, inspecteur général des ponts et chaussées de ilc classe, membre de la commission des distributions d’énergie électrique, a été nommé membre du Comité permanent d’électricité, pour l'année -1914, en remplacement de M. l’inspecteur général Jullien, admis à la retraite.
- Par arreté en date du 3 janvier 1914, MM de Préàu-deau, inspecteur général des ponts et chaussées ; Guil-i.ain. président du conseil d'administration de la Compagnie française pour l’exploitation des brevets Thomson-Houston, et Monmkrqué, inspecteur général des ponts et chaussées, sont maintenus respectivement dans les fonc-lionsde président, vice-président et secrétaire du Comité permanent d’électricité pour l’année 1914.
- Sont attachés audit Comité, pour l’année igi4,en qualité de secrétaires adjoints, MM. Girousse, ingénieur des télégraphes, et Le Gavrian, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Par arrêté en date du 10 janvier 1914» MM. Monnet, ,Lk CouwF.fi et Salle (Georges), inspecteurs généraux des ponts et chaussées, sont nommés membres de la Commission des distributions d énergie électrique, pour l’année 1914» en remplaçant de MM. les inspecteurs généraux Jullien et lleude, admis à la retraite, et Marion, décédé.
- Par arrêté en date du to janvier 19 1.f, M. Doerr, inspecteur général des ponts et chaussées de i‘e classe, membre delà Commission des distributions d'énergie
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- électrique, est désigné pour remplir, pendant l’année 1914» les fonctions de président de cette commission.
- Sont nommés dans l’ordre national de la Légion d’honneur :
- Au grade d'officier.
- M. Devise (Fernand-Albert), maître des requêtes honoraire au conseil d’Etat. Président du conseil d’administration de la Compagnie des chemins de fer à voie étroite : Saint-Etienne, Firminy, Rive-de-Gier et extensions. Administrateur et membre du comité du Chemin de fer électrique souterrain Nord-Sud de Paris. Administrateur de l’Omnium Lyonnais de chemin de fer et tramways* Administrateur de la Compagnie générale transatlantique ; a4 ans de services civils et de pratique industrielle. .
- Au grade de chevalier.
- M. Sagnet (Pierre-Constant-Napoléon), secrétaire général de la Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de Paris; 22 ans de services civils à l’administration centrale des travaux publics, 1 an de services militaires et 9 ans de pratique industrielle.
- SOCIÉTÉS
- ADJUDICATIONS*
- L'Administration des Chemins de fer de l’Etat, à Paris, a l’intention d’acquérir diverses maehiues-outüs destinées à l’Atelier central de réparation du matériel électrique à La Garenne.
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service électrique (3e division), 7a, rue de Rome, à Paris (8e), les mardi et vendredi, de i5 à 17 heures, jusqu’au 2 5 janvier 1914.
- L’Administration des Chemins de fer de l’Etat, à Paris, a l’intention d’acquérir i5o frotteurs universels de prise de courant complets pour voilures automotrices électriques de banlieue.
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard dans les bureaux du service électrique (3e division), 72, rue de Rome, à Paris (8e), les mardi et vendredi, de i5 à 17 heures, jusqu’au 3i janvier 1914*
- Le 3i janvier, à la préfecture de Gap (Hautes-Alpes), concours pour l’exécution et la fourniture des conduites forcées de l’usine hydro-électrique du Pont-du-Loup.
- Compagnie Française pour l’Exploitation des Procédés Thomson-Houston.
- Comparaison des recettes des exploitations du ier jauvier au 3i décembre 1912-1913.
- DÉSIGNATION
- DES
- RÉSEAUX
- Compagnie des chemins de fer Nogcntais.... Çio pso des tram, élect. et omnib. de Bordeaux. Compagnie des tramways de Nice et du Littoral.
- Compagnie des tramways de Rouen..........
- Société des tramways d’Amiens............
- Société Versaillaise de tramways électriques. Société des Tramways Algériens...........
- RECETTES
- DU MOIS DE NOVEMBRE
- 1912 1913 augmentation en kji3
- 319231,35 312 703,70 6 327,65
- 5i5121,25 52o5q3,4o f»47a*<5
- 368927,45 386485,45 17 558, »
- 25q584,95 264479.8a 4894,90
- 68 683,10 67 743.5o 940,60
- 49234,40 51670,95 2 446,55
- i39336,4o 147 331,70 7993,30
- RECETTES
- DU Ier JANVIER AU 3l DÉCEMBRE
- augmentation
- 1912 1913 en 1913
- totale %
- 4 120645 , » 4248737,60 128 o<)S.6o 3,io
- 5966 140 40 6227 179,65 261 039,25 4,37
- 432.3 808 93 4 538 993,25 215 184.32 4*97
- 'Î217 420 3o 3 -io5 365,85 187945,55 5,84
- 842 621 3o 862 045,65 19424,35 2,3o
- 035663 i5 666645,95 3o 982,80 4^87
- 1 534517 55 1 (ri 7 939,05 93 421,5o 6,08
- Energie Electrique du Littoral Méditerranéen.
- Ventes du i«r janvier 1913 au 3o novembre 1913....................Fr. 6 658 75o*
- Ventes du ior janvier 1912 au 3o novembre 1912......«.............Fr. 6 136 85o
- Différence en faveur de 1913. Fr. 5ai 900
- CONVOCATIONS
- Compagnie Electro-Mécanique. — Le 19 janvier, 94, rue Saint-Lazare, à Paris.
- Société des Téléphones automatiques. — Le 24 janvier, 27, rue du Général Foy, à Paris.
- Les concurrents qui désirent prendre part à ce concours doivent en adresser la demande, par lettre recommandée, à M. YVillelm, ingénieur en chef des ponts cl chaussées, à Grenoble, avantlc 3i janvier 1914*
- BELGIQUE
- Le 18 février, à 11 heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, fourniture et pose des cables armés souterrains et sous-tluviaux destinés à l’alimentation de la ligne vicinale de Bruxelles à Haecht. Soumissions recommandées le 17 février.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série).
- — Nc 3
- VOLOMES REÇUS
- P. Pascal. Ancien élève de l’Ecole normale supérieure, maître de conférences à la Faculté des Sciences de Lille. — L’additivité despropriélés diamagnétiques et son utilisation dans la recherche des constitutions, — une. brochure in-8° de 26 pages avec ligures. — À. Hermann et fils, éditeurs, Paris. — Prix broché : 1 franc.
- G. Mis. —L’Electricien amateur à l’entraînement. — avec une préface de M. J. A. Montpellier, rédacteur en chef de Y Electricien, — un volume in-16 de 168 pages avec 63 ligures. — H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix broché : 2 fr. 5o.
- A. Witz, Docteur ès sciences, ingénieur des Arts et Manufactures, correspondant de l’Institut. —La machine à vapeur, — un volume in-16 de 432 pages avec 144 figures, - (3° édition). — J.-B. Baillière et fils, éditeurs, Paris; —. Prix cartonné : 5 francs.
- David Owicn, B. A. (Cantab.), B. Sc. (Lond.), lecturer in Phisics, Birbeck College London. —• Recent Physical Research, — un volume in-8° raisin de i56 pages avec 53 ligures — The Electriciau, éditeur, London. — Prix cartonné 4 francs.
- S. Mariens. —Télégraphie sans fil, — un volume in-8° raisin de 100 pages. — Ch. Amat, éditeur, Paris.—Prix broché, 2 francs.
- G. Dett.mak. — Deutscher Kalender fur Elektrotech-niker, — deux volumes in-16, i'° partie, 646 pages avec 154 figures. — R. Oldenbourg, éditeur, Munich et Berlin. — Prix, 5 marks.
- A. Iliovioi. Ingénieur expert près la Cour d’appel
- de Paris, ancien chef de: travaux au Laboratoire centra et à l’Ecole Supérieure d’Electricité. — Unités et étalons mesures absolues. Calcul des erreurs, — un volume in-4° de 118 pages avec 14 ligures. — L. Geisler, imprimeur éditeur, Paris. — Prix, broché, 2 fr. 5o.
- L. Roiiida. Ingénieur des Arts et Manufactures.—L’Eclairage électrique des automobiles — un volttme im-4” de 119 pages avec 5g ligures. — Bibliothèque Omnia, Paris. — Prix, cartonné, 2 francs.
- G. E. Petit. Ingénieur des Postes et Télégraphes, directeur^ technique de la Compagnie Générale Radiolélé-graphique et L. Boutiiili.on, ingénieur des Postes et Télégraphes, chargé du service de la Télégraphie sans fil. Préface du professeur A. d’Arsonval, membre de l'Institut. — T. S. F. La Télégraphie sans fil. La Téléphonie sans lil. Applications diverses — un volume in-8° de 243 pages avec 184 figures, 20 édition. — Charles Delagrave, éditeur, Paris. — Prix, broché,' 7 fr.‘5ô4'relié, 9 francs. '
- J. Loiu'èke. — Le développement de l’hydrométrie en Suisse, — un volume in-f° de 86 pages avec 99 planches hors texte. — Publiépar leBureau hydrométrique fédéral sur l’ordre du département fédéral de l’Intérieur.
- Ph. Mauot. — Le petit atelier de l’amateur, — un volume in-40 couronne de 3oo pages avec 3o3 figures. — Bibliothèque Omnia, Paris.— prix, relié, 7 fr. 5o.
- II. Ollivier. — Cours de physique générale. Tome I. Unités, gravitation, électricité et magnétisme, ions et électrons, symétries, — pn volumein-8° de 712 pages avec 370 figures dans le texte et deux planches hors texte. — Hermann et fils, libraires, Paris. — Prix, broché, 18 francs.
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- Paris. — imprimerie i.evé, 17, rue cassette.
- Le Gérant : J.-R. NoueT
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- Trente-sixième année. SAMEDI 24 JANVIER 1914. Tome XXV (2e série). — N° 4.
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- Devaux Gharbonnel. — Lignes téléphoniques
- hétérogènes.................................. 97
- P. Jégou. — Le Détecteur électrolytique
- (fin)........................................ 100
- J. Reyval. — L’électrification des chemins de
- fer suisses (fin)............................ 106
- Publications techniques
- Stations Centrales
- Les centrales électriques municipales de Cle-
- veland. — A. D. Williams................ 112
- Les installations des centrales de traction.... 11'i
- Applicalions Mècan iq ues La dénaturation du courant de chauffage... x i5
- Electrochimie
- Quelques essais de l’accumulateur Edison.
- — G. W. Bennett et H. N. Gilbert...... 116
- Téléphonie
- Les appareils téléphoniques à prépaiement automatique. — Teuffert................... 119
- Correspondance. — Moteurs triphasés à vitesse variable e.t à caractéristique shunt. —
- A. Rudenbebg et H.-K. Schrage......... 12$
- Traction
- Le développement de la traction à courant continu à haute tension en Amérique. — J.
- A. Dewhurst. ......................... 114
- Le premier tramway électrique de Gonstanli-
- Notes industrielles. — Le réglage automatique de la pression des gaz au moyen du régulateur électrique Thury....................... • 124
- Etudes et Nouvelles Economiques. Renseignements Commerciaux.
- 120
- 126
- La propagation d'un courant sinusoïdal, à travers une ligne et des appareils- quelconques, est soumise aux lois des lignes homogènes, si on ne considère que les phénomènes aux extrémités et un seul sens de propagation. Il existe un coefficient d'affaiblissement et une caractéristique. Mais celle caractéristique a une valeur différente, pour chaque sens de propagation.
- En s'appuyant sur ces propriétés, l’auteur montre ici, comme il l'a déjà exposé pour les lignes homogènes, comment on peut déterminer expérimentalement le coefficient d'affaiblissement, quelle que soit la composition de la ligne, et les avantages qu’on peut retirer de la comparaison de cette valeur à celle qu'on déduit du calcul.
- Dans un article du i3 mai 1911, nous avons exposé comment il est possible de déterminer par expérience, et sans avoir à procéder à tics calculs compliqués, les constantes de la propagation pour une ligne homogène. Il suffit, après avoir mesuré la caractéristique, de comparer la valeur des courants au départ et à l’arrivée, la ligne étant, fermée sur une impédance ('gale à sa caractéristique.
- Nous allons montrer que pour les lignes hété-
- rogènes, la même méthode est applicable et que les procédés d’expérimentation ne sont pas plus compliqués.
- Mettons tout d’abord en parallèle les formules qui s’appliquent aux lignes homogènes et aux lignes hétérogènes.
- O11 sait qu’une ligne homogène jouit de la propriété qu’en chaque point la force électromotrice E et l’intensité I du courant "peuvent être”représentées par des formules exponentielles eri'fone-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). — N° 4.
- tion de la distance x à une extrémité de la ligne. E = Peax -j- Qe~nx 1 = — \ (P eax — Q
- LÀ
- a et Z étant le coefficient d’afïaiblisscmeni et la caractéristique.
- Il existe alors entre les valeurs de E et, de I, en deux points de la ligne, des relations linéaires
- E0 — AE(l -f- Bl„ j . .
- I0 = A I„ + CE,. J W
- Les coefficients A, B, C, ayant les valeurs
- A B
- C
- et remplissant la condition A2 — BC = i.
- Pour une ligne hétérogène les formules sont un peu dilTérentes, quoique les relations soient analogues.
- On aura tout d’abord
- Eo = A'E„ -)- BI„ |
- I0 = A"I„ + CI„) W
- avec la condition
- A'A" — BC — r.
- Pour établir cette proposition, il sullit de vérifier qu’elle est exacte dans les différents 'cas qui peuvent, se présenter : ligne formée de deux •parties homogènes, d’une partie homogène et d’une partie hétérogène, enfin de deux parties hétérogènes.
- Sion cherche alorsà donner àE et à J des valeurs qui correspondent aux expressions (i), on trouve que les équations (4) seront satisfaites dans deux cas : la première correspondant à la condition A' — A" 11e s’applique pas auxlignes hétérogènes; le deuxième conduit aux expressions
- 0ax — y/A'A" —(- y/îîC
- /ÂA" — \/BC ^
- \
- qui sont symétriques en A' A".
- Si on considère la propagation du courant se
- = cos hyp. ax ~ Z sin hyp. ax
- = — sin hyp. ax j
- (3)
- faisant en sens inverse, on a, comme point de départ, les équations
- E„ = A"E0 —f— B 1„ — A' I0 -f- CE0
- 11e différant des équations (4) (pie par la permutation des lettres À' et A". Il en résulte que nous aurons encore les relations (5).
- Il y a donc une grande, analogie, entre les lignes des différentes catégories. La caractéristique est différente suivant qu’on considère le courant partant d’une extrémité ou de l’autre. O11 trouve en effet pour Z les deux valeurs
- Mais il y aura dans les deux cas un coefficient// qui sera le même et qui, par analogie avec les lignes homogènes pourra s’appeler le coefficient d’affaiblissement. Il sera d’ailleurs facile de le calculer par les méthodes ordinaires, en mesurant à une extrémité l’impédance de la ligne bouclée ou isolée à l’autre extrémité.
- O11 aura en effet
- £
- Â7’
- 7" —
- fj -----
- A'
- G~
- ÂJb
- /TC
- Z0 — >/Z'0Z"0 — y/—
- -vïws
- 1 + h _ v/A'A" + y/B G 1 “ h s/ÏJh!' — v/BG
- (7)
- Quant aux valeurs de A', A", B et C on les calcule sans difficultés en remarquant que
- Z. _A' _ B
- Z„ — A"’ J°Z" “ C
- et en combinant les valeurs avec celles données par les équation!; (5).
- On a
- /z„ 1
- A'=\ / 0 / z» cos hyp. ax i
- A” = ^ /%* / Z0 cos hyp. ax ! (8)
- B = \/zoZ„ sin hyp. a. 1:
- C = — sin hyp. ax
- za,
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- 24 Janvier 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Equations analogues aux équations ( >) des lignes homogènes et qui n’en different que par l'introduction des caractéristiques Z0 et Z« des deux extrémités de la ligne hétérogène à la place de la seule caractéristique Z de la ligne, homogène.
- Le calcul du cocfiioient d'alïaiblissemcnt a donné par les formules (7) est assez pénible. Le résultat dépend de la précision avec laquelle sont mesurées les valeurs Z' et Z" des impédances à circuit fermé et à circuit ouvert. D’ailleurs, quand la ligne est longue, ces deux impédances ont des valeurs voisines et le calcul manque de précision. Aussi est-il bien préférable d’opérer comme nous l’avons déjà indiqué pour les lignes homogènes et de mesurer directement l'affaiblissement par des expériences faites aux deux extrémités de la ligne.
- Si, en effet, nous fermons une extrémité sur la caractéristique qui lui correspond, nous aurons entre les intensités, mesurées au Duddell par exemple, des relations très simples.
- dans un sens et
- dans l’autre sens. On
- Les expériences devront être conduites de la façon suivante.
- On mesure à chaque extrémité l’impédance en circuit ouvert et en circuit fermé. La caractéristique se calcule sans difficulté, c'est la moyenne géométrique des lieux impédances, donnée par les équations (7).
- On mesure ensuite les courants !„ et 1„ aux deux extrémités de la ligne, le courant partant
- 99
- de l’extrémité I0 cl la ligne étant fermée en 1„ sur la caractéristique Z„, puis on fait l’opération inverse la ligne, étant'fermée en l0 sur la caractéristique Z0.
- L’équation (7) donne immédiatement la valeur de. a.
- Cette méthode présente, le grand avantage de faire concourir au résultat final des données fournies par un courant qui a traversé toute la ligne, dans les mêmes conditions que le courant téléphonique lui-même. O11 est à l’abri de toute erreur d’expérience, et. la valeur obtenue est affectée par toutes les particularités de la transmission, par toutes les irrégularités qui peuvent exister, ou tous les accidents qui peuvent se produire en ligne..
- Il lie faut pas oublier, en effet , que les mesures doivent être surtout faites pour découvrir les défauts qui affectent une communication, et la valeur mesurée de, l'affaiblissement doit être immédiatement comparée, à la valeur qui correspond. aux differents éléments de la ligne supposée en bon état.
- D’une façon générale, le coefficient total d’affaiblissement doit être, la somme des coefficients do chacune des parties. Ceci n’est rigoureusement exact que si les caractéristiques des différentes parties ont à peu près les mêmes valeurs, ou bien, si les parties qui ont des caractéristiques très dissemblables, n’ont qu’un minime affaiblisse ment individuel.
- Nous nous proposons de revenir ultérieurement sur celle, question, et de montrer comment, ou doit calculer l’affaiblissement, total d’un circuit en tenant compte de scs differents éléments : transformateurs, annonciateurs, organes de protection, traversées «le bureàux. parties, souterraines et aériennes. Mais nous désirons, dès maintenant, attirer l’attention s’ilr la nécessité de comparer le résultat de la mesure au résultat calculé, et dans le cas de divergence d’en rechercher la cause, afin de supprimer les défectuosités là où elles existent.
- I ) 1 : y a 1: x ’Cn.Mutoxxm,.
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- 100
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2° Série). — N° 4.
- LE DÉTECTEUR ÉLECTROLYTIQUE (Fin) (l)
- Dès les premières applications du détecteur électrolytique, on . a voulu essayer de se rendre compte des phénomènes mis en jeu dans cette cellule électrolytique pour déceler si simplement les oscillations qui viennent la frapper. Après quelques tâtonnements, aujourd’hui on est généralement d'accord pour y voir un phénomène de dépolarisation de Vélectrode sensible. Nous sommes même amené à nous faire une sorte de conception physique sur le mécanisme de cette dépolarisation. Comme on le verra, elle rend assez palpables les différents phénomènes que nous avons exposés.
- Nous terminons celte étude par des considérations sur le principe et le fonctionnement de notre détecteur électrolytique qui, comme les cristaux, fonctionne sans source électrique mais qui présente l'avantage de ne pas se dérégler.
- Phénomènes divers.
- Nous résumerons ici les observations plus ou moins cohérentes que l’on a pu faire sur les conditions de fonctionnement du détecteur électrolytique.
- i° Tout d’abord disons de suite que, dès le début, on a observé ce'phénomène assez cnrieux : que le détecteur électrolytique, avec électrolyte à base d’acidc sulfurique et électrodes de platine, fonctionnait sous l’action d’ondes énergiques sans l’application d’une force électromotrice auxiliaire de polarisation ou de sensibilisation.
- Le Commandant Ferrié a noté le phénomène dès iyo5 (2) en faisant bien remarquer que le courant révélateur de l’effet, des ondes est de sens inverse de celui qui est provoqué dans le cas où le détecteur est associé à une source électrique : c’est ce que met en évidence aisément un galvanomètre branché à la place des écouteurs téléphoniques.
- 2° Nous relaterons un certain nombre d’observations faites par M. Tissot (3) qui a analysé de près ce que révèle le galvanomètre dans les différents états du détecteur.
- Conformément au phénomène relaté ci-dessus M. Tissot divise .son étude en deux parties suivant que le détecteur est associé ou non à une source électrique auxiliaire de polarisation.
- (() Lumière Electrique, 17 janvier 1914, p. 69.
- (~) Comptes rendus de VAcadémie des Sciences. juin 1905.
- (3) Journal de Physique, janvier 1908.
- a) Cas où le détecteur est associé à une source auxiliaire.
- Au moment où 011 ferme le courant sur le détecteur, on observe une élongation du spot A qui diminue rapidement d’abord, puis lentement jusqu’à une valeur S" sensiblement fixe.
- Sous l’action des ondes, le spot subit une nouvelle élongation assez brusque 5; si on maintient la production des ondes, on voit alors le spot
- AAMÂAVVWWWV
- Fig. 10.
- revenir très lentement jusqu’à une déviation limite §( <^S (légèrement), §! â° (notablement).
- VOir ligure 10 le sens et' la grandeur de ces élongations.
- Quand les ondes cessent, le spot descend brusquement à une valeur §2 > §„ (notablement) mais cette déviation c-2 diminue petit à petit et tend
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- 24 Janvier 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 101
- sensiblement vers la limite primitive à l’état normal S0.
- La différence §i —S0 augmente pour une même énergie des ondes avec la tension appliquée sur l’électrolyte; pour une même valeur de la tension, cette différence croît avec la puissance des ondes mais tend rapidement vers une limite de sorte que la proportionnalité n’existe que pour les actions très faibles.
- Avec le galvanomètre, les effets c’est-à-dire la différence 8t — 80 sont plus accentués quand la tension d’électrolyse est légèrement dépassée, de sorte que, si on veut actionner un relais avec le détecteur électrolytique, il est avantageux pour la sensibilité de fonctionnement, comme nous l’avons observé, de soumettre le détecteur à une tension franchement supérieure à la tension d’électrolyse ou tension critique. Il importe alors de remarquer que la déviation résiduelle S2 qui suit l’action de l’onde nuità la régularité du fonctionnement sur relais, lequel, en ne revenant pas immédiatement au zéro, est incapable de suivre la cadence des signaux Morse, tout au plus peut-il servir de déclancheur ou d’appel.
- b) Cas où le détecteur nest pas associé à une source auxiliaire.
- Le détecteur présente alors un caractère de fonctionnement plus simple et plus régulier, il n’y a plus d’effets résiduels mais simplement des effets temporaires tant que dure l’action des ondes. A l’état normal le galvanomètre reste au zéro, il ne peut en effet y avoir de courant puisque le détecteur que nous étudions a ses deux électrodes en platine c’est-à-dire en un même métal dans un même électrolyte.
- Sous l’action des ondes, on observe, comme nous l’avons dit, une déviation S3 — 80 inverse de la déviation 8, — 80 donc un courant qui va de l’électrode inactive vers l’électrode active.
- D’autre part, on observe que ces déviations o3 sont proportionnelles à l’énergie des ondes qui frappent le détecteur c’est-à-dire au carré de l’amplitude du courant dans l’antenne réceptrice (observations confirmées pour des mesures au bolomètre).
- î° L’action de la chaleur sur le détecteur électrolytique a fait le sujet d’études de la part de MM. Abraham et Branly.
- M. Abraham (*) a montré que la résistance d’un
- (') Compte* rendus de l'Académie des Sciences, 24 février 1908.
- détecteur électrolytique est, à l’état normal, de plusieurs milliers d’ohms et que celle-ci tombe à quelques centaines d’ohms seulement en la chauffant vers 120". Cette faible résistance pourrait être avantageuse pour l’acuité de la résonance.
- D’après le même auteur, la capacité d’un détecteur à froid est de quelques centièmes de microfarad, à chaud elle peut s’élever jusqu’à environ un demi-microfarad.
- M. Branly (*) a signalé un maximum de sensibilité du détecteur vers 6o° et sous l’action d’un barbotage de gaz dans l’électrolyte.
- L’effet de la chaleur n’a pas apparu dans les études deM. Tissot (* 2).
- M. Fessendcn a montré qu’en soumettant les liquides du détecteur à une pression de 3 et 4 atmosphères la sensibilité était légèrement augmentée.
- 4° Voici quelques phénomènes que nous avons eu l’occasion d’observer nous-même dans nos essais sur ce détecteur.
- a) L’électrode active qui réalise un point de contact infime avec l’électrolyte, puisque le fil de platine de 0,01 à 0,02 millimètre de diamètre est coupé au ras de l’extrémité du tube de verre d’où il émerge, peut avoir, avons-nous observé, une certaine longueur jusqu’à !» et 6 millimètres, de long, si on a soin, peu de temps avant de l’utiliser comme électrode active , de passer le fil à la lampe pour le rendre incandescent, ce qui a évidemment pour effet de débarrasser le platine des gaz qui y sont occlus.
- P) Lorsque des ondes puissantes agissent sur un détecteur polarisé et ainsi convenablement sensibilisé, il est facile de constater un dégagement gazeux assez notable s’échapper tout autour de l’électrode inactive.
- y) Nous avons fait remarquer (3) que, si on monte deux ou même plusieurs pointes sensibles ou électrodes actives en parallèle dans le circuit source-téléphones, la sensibilité générale n’est pas modifiée malgré la multiplicité des points de contacts ainsi créés avec l’électrolyte. Tandis que le fonctionnement cesserait aussitôt, si on essayait de réaliser une électrode active présen-
- (') Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 0 mars 1908.
- (2) Journal Physique, janvier 1908, p. 46.
- (3) Comptes rendus de l’Académie des Sciences, séances des 22 juin et 5 octobre igo8. — Bulletin de la Société Internationale des Electriciens, février 1911.
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- 102
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- tant mi contact de surface équivalente à la somme des points de contacts ainsi crées.
- Théories. — On résume souvent le détecteur électrolytique en disant que c’est un petit Wenhelt : ceLte expression peut avoir un sens quand il s’agilde définir sommairement sa forme, laquelle, en elïet, ne diffère de l’intenupteur Wenhelt que par les proportions qui sont considérablement réduites ; elle ne peut assurément prétendre avoir une portée théorique. Dans les deux cas les phénomènes mis en jeu doivent notablement différer puisque leur état de fonctionnement est lui-mème très dilTércnt: dans le détecteur électrolytique, nous avons une cellule électrolytique soumise à une tension voisine de l’élcctrolysc; dans rinterrupteur Wenhelt. au contraire, nous dépassons considérablement cette tension critique. Dans le premier cas, l’électrode active 11e présente aucun effet lumineux et, très probablement, aucun échauHement ; dans l’autre cas, au contraire, nous voyons une auréole entourer l’électrode de plu line, conséquence naturelle d’un échauiîement énergique du fil anodique facile à concevoir.
- D’ailleurs, les tentatives faites pour donner une idée des phénomènes mis en jeu dans le fone-tionnemenldu détecteur électrolytique sont indépendantes de celles données pour le Wenhelt. Elles sonL assurément intéressantes à exposer pour tacher d’y découvrir quelque peu le mystère de l’action de l’onde sur cette cellule sensible et révélatrice des oscillations extrêmement faibles (pii viennent l’impressionner.
- Une des premières explications proposées a été donnée par le commandant Ferrie dès iqof» (’) : scion lui, l’action serait différente suivant que le détecteur est soumis ou non à une force électro-motrice auxiliaire. Sans source électrique sensibilisatrice, le détecteur jouerait un rôle pur et simple de soupape; avec une source de polarisation, le détecteur constituerait un condensateur électrolytique, dont les armatures chargées à la tension de la source crèveront alternativement sous l’action des ondes au point de contact de la pointe avec l’électrolyte par suite de la crevaison d'une bulle diélectrique ou ga/cusc enveloppant le contact punctiforme de la pointe sensible.
- Fessenden, ayant lancé son détecteur éleclro- (*)
- (*) Comptes rendus de l’Académie des Sciences, juin iç>o5.
- T. XXV (2e Série).—N° 4.
- lytique sous le nom de « barretter », a voulu émettre une théorie qui mettait en jeu un phénomène calorifique ou effet thermique provoqué par le passage du courant hertzien à travers l’électrolyte.
- Ces diverses théories ont aujourd’hui quelque peu perdu leur intérêt primordial, car, d’une part, la crevaison d’une couche diélectrique et, d’autre part, réchauffement de l’électrolyte sous l’action des faibles oscillations décelées, 11e semblent pas pouvoir rendre tangibles les phénomènes mis en jeu qui, assurément, doivent être d’un ordre, pourrions-nous dire, plus subtil.
- O11 s’attache plus volontiers à une théorie qui met en valeur les phénomènes relatifs à la polarisation des électrodes plongeant dans un électrolyte et on admet que le courant dccélateiir de l’action de l’onde sur la cellule est le résultat d’une dé polarisa lion de l’électrode sensible.
- Suivant cette théorie, quand 011 ferme le courant de la source sur le détecteur, la lorte élongation A, dont nous avons parlé à propos des expériences de M. Tissot (phénomènes divers a0), provient alors du courant de polarisation du détecteur; ce courant, naturellement, diminue rapidemcntd’abord, puis plus lentement, jusqu’à devenir très faible, c’est alors le courant dit de diffusion dont le rôle est d’entretenir la polarisation des électrodes aux dépens des pertes par diffusion. La déviation permanente du galvanomètre est la manifestation même de ce courant de diffusion.
- Quand les ondes frappent la cellule électrolytique, il y a alors dépolarisation de l’électrode sensible ou active et une élongation 34 provenant du courant qui tend à rétablir la polarisation. Ce courant, qui parait d’ailleurs uniforme dans le galvanomètre, est l’auteur du son engendré dans les écouteurs téléphoniques; il est en effet rythmé suivant les impulsions ou trains d’ondes hertziens, car chaque train d’ondes détermine naturellement un courant instantané tendant à détruire à chaque instant l’effet dépolarisatcur du train d’ondes.
- L’élongation résiduelle o2 que M. Tissot signale, laquelle diminue lentement après l’action des ondes, n’csl, somme toute, (pie la phase finale de l’élonaation A de la polarisation de la cellule dont la valeur diminue graduellement vers la limite normale c0.
- Suivant cette théorie, la différence 8, —80 ou.
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- l’effet utile de Fonde doit mesurer Fimportance de la depolarisation, ce qui s’accorde d’autant mieux avec les laits que la variation de cette différence, en fonction de la tension de polarisation, a sensiblement même forme que la variation de 50 pour cette même variable, mettant ainsi en évidence que ces deux phénomènes résultent d’une même cause.
- Ainsi donc, la théorie de la dépolarisation de l’électrode sensible sous Faction des ondes s’accorde parfaitement avec les faits d’expérience signalés ci-dessus.
- Elle explique aussi le phénomène que nous signalons dans le chapitre des phénomènes divers (4° P) et que nous avons observé chaque fois qu’un détecteur électrolytique polarisé est soumis à Faction d’ondes énergiques. Pour nous, le dégagement gazeux que l’on voit alors apparaître autour de l’électrode inactive doit être dû tout simplement à ce que l’électrode active se dépolarise énergiquement sous Faction des ondes. D’autre part, comme le courant polarisa-leur qui en résulte ne peut plus polariser l’électrode inactive qui reste polarisée à fond ou saturée d’ions, celle-ci est contrainte de laisser se dégager les ions qui se forment par le passage du courant qui tend à repolariser entièrement l’électrode active.
- Bref, c’est là, sous une autre forme, la reproduction d’expériences bien connues sur la polarisation lorsqu’une des électrodes est saturée tandis que l’autre ne l’est pas. On observe alors un dégagement gazeux autour de l’électrode polarisée à fond tant que l’autre électrode n’a pas acquis une polarisation équivalente.
- Telle quelle, nous voyons cette théorie de la dé polarisation ne pouvoir s’appliquer qu’aux phénomènes que nous venons d’exposer, lesquels démontrent l’existence d’une dépolarisation de l’électrode active sans préjuger du mécanisme de Faction de Fonde sur la dépolarisatiou, ou, si on veut, de quelle façon les courants hertziens peuvent, en passant, dépolariser l’électrode active.
- Nous proposerions, pour compléter cette théorie, d’adjoindre les considérations suivantes qui, comme nous allons le démontrer, semblent présenter le précieux intérêt d’expliquer aisément les autres phénomènes que la théorie précédente ne pouvait justifier.
- Pour nous si l’électrode active doit nécessai-
- rement être en platine et non en un autre métal susceptible d’être étiré en fils également lins, c’est que le platine est un métal bien connu par sa porosité et par son pouvoir dit d'occlusion des gaz, de sorte qu’au point *de vue radioteehnique qui nous occupe, le platine de l’électrode active peut être considéré comme une sorte de limaille agglomérée susceptible de cohérer comme les coliéreurs à limaille agglomérée dans un solide (expérience de M. Branly sur les radioconnec-teurs à limaille agglomérée dans du soufre) en chassant les gaz occlus, c’est-à-dire en se dépolarisant.
- D’autre part, nous mettrons en jeu simultanément les effets du « Skin-Effect » ou de pénétration superficielle des ondes de hautes fréquences, lesquels sont tels que pour la fréquence io8 les ondes n’ont plus que le i/ioo de leur énergie superficielle à une profondeur do 0,029 millimètre.
- D’où il résulte que la dépolarisation de l’électrode active par cohération du platine considéré comme une sorte de limaille agglomérée, ne se produira qu’à partir de la surface et jusqu’à une profondeur telle que l’énergie de Fonde est encore suffisante pour déterminer cette cohération.
- Ainsi, nous nous rendons déjà compte pourquoi le diamètre du fil fin de platine employé pour constituer l’électrode active est de l'ordre de grandeur de la pénétration de Fonde, un i/ioo de son énergie superficielle.
- D’ailleurs, si le fil de platine ne plonge dans l’électrolyte que sur une longueur infime, toute Fonde passera forcément par l’extrémité de l’électrode avant de se disperser dans l’élcctrolyle et on conçoit alors qu’à cette condition seulement le contact ponctiforme de l’électrode puisse subir une dépolarisation énergique. De là résulte clairement les trois conditions auxquelles doit nécessairement satisfaire l’électrode active d’un détecteur électrolytique à savoir : i° être en platine; a° être en fils extrêmement fins; 3° ne présenter qu’un point de contact infime avec l’électrolyte.
- D’autre part, nous avons dit que le détecteur électrolytique sans association avec une source électrique auxiliaire décèle les ondes énergiques par un courant rythmé provoquant une déviation S4 constante dans un galvanomètre, -laquelle est de sens inverse à la déviation Si — SD que
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- T. XXV (2*‘Sérié). — N° 4.
- l’on obtient quand le détecteur est polarisé.
- Cette lois encore notre théorie delà dépolarisation par cohération intérieure du platine de l’électrode active explique la naissance du courant inverse sous l’action dés ondes.
- En ell'et le fait qu’il y a une action cohérente sur l’électrode active entraîne évidemment la création d’un couple électrique dans la cellule électrolytique; car les deux électrodes ne se trouvent plus dans le môme état. Tout naturellement le pôle négatif du couple électrique sera l’électrode active puisque c’est elle qui a son état modifié sous l’action de l’onde.
- Cette interprétation est d’ailleurs conforme au sens du courant décelé par le galvanomètre, lequel va de l’électrode inactive vers l’électrode active.
- Le fait que nous avons pu réaliser des détecteurs électrolytiques avec une électrode active en fils de platine extrêmement fins mais plongeant dans l’électrolyte sur 5 à 6 millimètres de longueur, si ce fil a été auparavant porté à l’incandescence, n’infirme aucunement notre théorie, au contraire c’est un phénomène que nous expliquons encore aisément.
- En effet, dire que le fil de platine a été porté à l’incandescence c’est dire qu’on l’a débarrassé dans toute sa masse des gaz qui y étaient occlus.
- En plongeant ce fil dans l’électrolyte, il est naturel d’admettre que sa surface seule va, au début, s’imprégner de gaz ou se repolariser; comme d’autre part les ondes, qui sont conduites par l’électrode, vont se disperser petit à petit dans l’électrolyte à partir de l’origine de la partie du fil de platine qui plonge dans l’électrolyte, on conçoit que l’énergie hertzienne diminue à partir de cette même origine, de sorte qu’elle ne peut guère chasser les gaz occlus par cohération que sur la surface seule vers l’extrémité du fil; ainsi s’explique la dépolarisation de l’électrode et le fonctionnement de tels détecteurs, si le fil n’atteint que quelques millimètres de longueur.
- Enfin, le phénomène remarquable du fonctionnement de plusieurs détecteurs montés en parallèle, comme s’ils étaient indépendants malgré la multiplicité des points de contact avec l'électrolyte, peut s’expliquer ainsi : les ondes se subdivisent naturellement suivant les diverses branches ou électrodes sensibles montées en paral-
- lèle dans l’électrolyte; d’autre part chaque pointe de platine étant très fine et très courte, l’onde pénètre encore suffisamment dans chacune d’elles pour cohérer ou les dépolariser entièrement. Il n’en serait pas du tout de même si on avait une électrode présentant une surface de contact équivalente à la somme des surfaces de contact présentées par chacune des pointes sensibles.
- L’onde en effet ayant la même pénétration, laquelle ne dépend que de la fréquence des ondes, n’aurait plus d’action sur le centre de l’électrode et celle-ci, ne se dépolarisant pas suffisamment, ne provoquerait pas le courant polarisateur qui décèle l’action de l’onde.
- Détecteur électrolytique sans force électromotrice auxiliaire.
- Au Congrès de l’Association Française pour l’Avancement des Sciences, qui se tenait à Lille
- Fig. ii.
- en 1909, nous avons indiqué le principe d’un détecteur électrolytique capable de déceler avec sensibilité les ondes sans le secours d’une source électrique auxiliaire.
- Ce détecteur ne’ différait des détecteurs ordi-
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- naires que par l’électrode inactive qui était un amalgame de mercure étain (fig. ii), Comme nous l’indiquions à l’époque, cet amalgame n’était qu’un choix judicieux fait parmi les métaux pas ou quasi pas attaqués par l’électrolyte et susceptibles d’être employés pour former l’électrode inactive. Au contact de ceux-ci naît évidemment une légère force électromotrice intérieure susceptible de sensibiliser plus ou moins la cellule électrolytique mais avec une persistance d’effet très variable suivant le métal employé (polarisation de l’élément ainsi formé).
- Avec le détecteur à électrode inactive constituée par un amalgame de mercure avec quelques traces d’étain, nous avons obtenu des détecteurs très sensibles, aussi sensibles que les détecteurs polarisés par une source extérieure, et rendant des sons extrêmement clairs.
- Quant à la constance de la sensibilité, il a été reconnu qu’elle dépendait directement de la pureté des substances constitutriccs du détecteur; moyennant ces précautions la sensibilité pouvait alors parfaitement se maintenir.
- Depuis lors nous avons reconnu que l’amalgame mercure-zinc (') donnait des résultats bien supérieurs à tous les points de vue techniquement intéressants : sensibilité, clarté des sons perçus dans les écouteurs et surtout constance des phénomènes.
- Si on examine de près le fonctionnement de ces détecteurs, il est bien certain que la sensibilité de la cellule électrolytique est due, comme nous l’avons dit, au couple électrique qui naît au contact des deux électrodes dilférentes avec l’électrolyte; mais ce qui est plus intéressant à remarquer, c’est qu’ici l’électrode active, c’est-à-dire l’électrode sensible à contact ponctiforme avec l’électrolyte, fonctionne sous l’action d’un (*)
- courant de sens inverse au ‘courant appliqué lorsque le détecteur est associé à une source électrique auxiliaire : bref l’électrode active agit comme cathode et non comme anode suivant le montage habituel.
- En effet, c’est l’amalgame mercure-zinc qui est attaqué légèrement par l’éleclrolysc et qui, par conséquent, constitue le pôle négatif de l’élément.. A l’intérieur de cet élément le courant va donc de l’électrode mercure-zinc vers l’électrode sensible; ce sens est bien $ inverse du courant normal dans le détecteur polarisé.
- Il importe d’ailleurs de remarquer que la haute sensibilité de ce détecteur est due précisément à ce que sa tension critique cathodique intrinsèque, seule intéressante dans le cas présent, est précisément égale à la force électromotrice développée par le couple intérieur de la cellule électrolytique ainsi formée. C’est ce que démontre le tableau des tensions critiques cathodiques apparentes que nous avons donné au cours de notre étude et qui se chiffre par zéro volt pour une anode mercure-zinc, démontrant ainsi l’inutilité d’une force électromotrice auxiliaire pour procurer ou accroître la sensibilité de cette cellule électrolytique.
- La polarisation intégrale de cette cellule électrolytique à l’état normal empêche l’élément de débiter, ce qui explique sa longue durée sans avoir besoin de renouveler l’amalgame. Les ondes seules en passant dépolarisent l’électrode active et provoquent le passage du courant déeélateur qui engendre le son des trains d’ondes dans les écarteurs directement accouplés avec le détecteur, ce qui rend les montages de réception particulièrement simples.
- Paui. Jkgou,
- Ingénieur, Ancien élève de l’Ecole Supérieure d’Electricité, ex-préparateur à l’Ecole radiotélégraphique. ,
- (*) Brevet n° 5a. 016.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2° Série). — N» 4.
- L’ÉLECTRIFICATION DES CHEMINS DE FER SUISSES (Fin) (')
- Après avoir étudié le problème de la traction électrique des chemins de fer suisses au point de vue du choix du système, la Commission d’études s était prononcée en faveur du courant monophasé avec moteurs à caractéristique série.
- Nous analysons en terminant un des projets qui ont été élaborés et qui s applique à l électrification de l’ancienne ligne du Gothard.
- Etude du projet pour l’électrification de l’ancienne ligne du Gothard.
- Les études comparatives, faites par la « Commission suisse d’études pour la traction électrique des chemins de fer », avaient abouti à la conclusion que le système de traction le plus avantageux pour l’ensemble des chemins de fer suisses, tant au point dé vue technique qu’au point de vue économique, était le système à coudant monophasé avec moteurs à collecteur à caractéristique série (2)
- j° Données techniques concernant le trafic
- QUI ONT SERVI DE RASES.
- Bien que l’électrification ait pour but, en première ligne, d’affranchir la Suisse de l’im-
- (*) Lumière Electrique, 10 et 17 janvier^ 1914, p. 33 et 65.
- (a) D’après une communication de la Commission suisse d'études pour la traction électrique des chemins de fer, par M. le Prof. D. Wysslinc.
- portation de la houille, elle doit aussi permettre d’améliorer le trafic même dans le cas où cette amélioration nécessiterait des installations spéciales.
- Aussi, les projets ont-ils été établis dans l’idée que, dans la mesure du possible, le trafic sera plus intense qu’il 11e l’est actuellement.
- Vitesse. — Tout d’abord, on a admis une augmentation, souvent importante, de la vitesse par rapport à la traction à vapeur, particulièrement pour les omnibus et les trains de marchandises sur les rampes maxima.
- Nous allons étudier en détail le projet complet élaboré sur ces bases, qui s’applique à l’électrification de l’ancienne ligne du Gothard.
- Données de la statistique du trafic. — On a fait grand usage de cette statistique pour fixer le poids et le nombre des trains, et pour établir les horaires en vue des projets définitifs. Le tableau I renseigne sur l’augmentation de trafic pour la traction électrique future comparativement à la traction à vapeur des années 1904 et 1907.
- Tableau 1.
- Récapitula tion du travail de transport du chemin de fer du Gothard, pour la traction électrique future, comparativement à la traction à vapeur actuelle, en milliers de tonnes-kilomètres brutes de poids remorqué-.
- \ catégories de trains EN TRAFIC MOYEN EN TRAFIC MAXIMUM
- PAH AN PAR JOUR PAR JOUR
- Traction à vapeur en 1904 Traction i» vapeur en 1907 Traction électrique Traction électrique Traction à vapeur en 1904 Traction h vapeur en 1907 Traction électrique
- Trains directs 113 296 4l8 1,145 0 ,G4'4 1 ,3o3 2,0 3 3
- Omnibus 11% i35 226 0,620 0,320 0,558 0,874
- Trains de marchandises.. . 441 670 793 2,470 1 ,574 2,5o4 3,585
- Total 776 l IO I / 1 487 4,242 2,537 4,365 6,492
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- Le trafic, exprimé en tonnes-kilométriqucs brutes remorquées prises pour bases de la traction électrique future, représente donc, en moyenne, i85 % de celui de 1904, et i3o % de celui de 1907, tandis que le trafic maximum admis est le •.>.55 % de celui de 1904, et le it>o % de celui de 1907. Il atteindra donc à peu près la limite de ce qui est praticable, étant donné l’aménagement de la ligne du Gotliard.
- 20 L’énergie nécessaire pour la traction
- ÉLECTRIQUE.
- a) L’énergie nécessaire aux rails. — La détermination de la quantité d’énergie à fournir journellement et annuellement aux rails, c’est-à-dire à la jante des roues motrices, fut entreprise en se conformant strictement à l’horaire admis, et en évaluant, successivement, le travail de frottement dû à la résistance au roulement, le travail d’ascension, le travail de démarrage, et la dépense d’énergie, faible il est vrai, nécessaire à l’éclairage des trains.
- b) Puissance maxirna à la jante des roues. — La détermination de cette puissance maxirna est nécessaire pour calculer les dimensions des centrales, des sous-stations, et des lignes de transport. Pour cela, il faut établir la courbe de la puissance en chevaux ou en kilowatts par rapport au temps : en pratique, on doit se contenter d’établir cette courbe par points.
- «
- Tableau II.
- Puissance maxirna nécessaire à la jante des roues pour la traction électrique future du chemin de fer du Gothard.
- EN CHEVAUX
- POUR LA RÉGION pour le trafic moyen pour le trafic maximum
- Bassin de la Reuss 10 53o 10 170 9 3oo i3 700 . 21 820 i5 240 12 370 13 880 20 760 3i 840
- Tessin nord
- Tessin sud
- Tftfifiin entier
- V° arrondissement entier.
- La totalisation des puissances ressortissant à chaque train s’étendait pour l’ensemble de la ligne à n ou i5 trains: 011 a d’abord effectué une sommation de 10 en 10 minutes, puis on a divisé l’heure la plus chargée en intervalles de
- 5 minutes, et même, à certains moments critiques, on considéra des intervalles de une minute, les maxirna certainement les plus élevés qu’il soit possible de constater, et ils ont conduit aux chiffres du tableau 11.
- Des calculs précédents, on a pu déduire, par comparaison, le rapport entre la puissance maxirna et la puissance moyenne à la jante des roues. Cependant, ces chiffres ne peuvent être utilisés tels quels pour le calcul des installations, car il faut leur ajouter la puissance perdue de la centrale à la roue.
- c) Pertes dans les installations des centrales aux roues motrices. — Les pertes dans tous ces organes intermédiaires varient beaucoup avec la charge; d’autre part, la simple estimation des « charges moyennes » et du rendement qui s’en déduirait serait trop inexacte. On obtient des méthodes sérieuses lorsqu’on détermine, en tenant compte des conditions réelles, la charge des moteurs et des autres organes, de telle sorte qu’à chaque état distinct on attribue dans le calcul un « poids » convenable exprimant la fréquence de cet état.
- Pour les véhicules moteurs, tout d’abord, la variation du rendement et du facteur de puissance en fonction de l’effort de traction réel, et aussi de la vitesse, fut prise comme base. La vitesse moyenne vraie pour chaque catégorie de véhicules moteurs put être déduite de l’horaire et de l’organisation du service. D’autre part, la puissance moyenne vraie se déduit de la puissance à la jante des roues calculée précédemment. De ces puissances et vitesses moyennes, on déduit les efforts de traction moyens correspondant et leurs rapports aux efforts normaux. A ces valeurs du rapport, correspondent, de nouveau, des valeurs bien déterminées des rendements et des facteurs de puissance des trois catégories de véhicules moteurs. Dans le tableau III, 011 a fait aussi entrer, vu son importance, la consommation spécifique d’énergie électrique par unité de trafic.
- On peut de même obtenir les rendements et consommations d’énergie maxirna en partant des puissances absorbées aux moments des maxirna de la vitesse et de l’effort de traction.
- Enfin, les pertes dans la ligne de traction, dans les transformateurs de sections qui Falimentent, dans les lignes de transport, dans les génératrices et les transformateurs élévateurs des centrales,
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- peuvent être calculées avec une approximation En moyenne annuelle, pour le trafic moyen : suffisante en se basant sur la puissance moyenne G5 % .
- Tableau 111
- Rendement et consommation d'énergie moyens des oehicu les-moteurs.
- POUR LE TRAFIC MOYEN POUR LE TRAFIC MAXIMUM
- * Consommation Consommation
- VÉHICULES-MOTEURS Rende- Facteur d’énergie wh/tkm Rende- Facteur d’énergie wh/tkm
- ment de à la jante au fil ment de à la jante au fil
- en % puissance des de en % puissance des de
- roues contact roues contact
- Locomotives de trains
- directs 68 0,48 0,40 38 56 70 64 0,52 38 55
- Automotrices 60 35 57 0,45 35 54
- Locomotives de trains
- de marchandises 72 0,90 29 40 73 o,9* a7 38
- Ensemble 68 0,58 32 47 70 0,62 32 46
- et niaxima ou sur la charge de ces | organes.
- On obtient ainsi les rendements indiqués au , tableau IV qui serviront de base pour les calculs subséquents.
- Tous les calculs qui précèdent permettent
- 3° Les centrales.
- Les études approfondies de la Commission ont montré qu’il sufïisait d’aménager trois chutes d’eau, celles de Goschencn, d’Amsteg et du Ritom
- Tableau IV
- Rendements, de la jante des roues à Varbre des turbines, pour la traction électrique future
- du chemin de fer du Gothard.
- POUR LES ORGANES POUR LE TRAFIC MOYEN POUR LE TRAFIC MAXIMUM
- Pour la, puissance journalière maxima Pour la puissance journalière moyenne Pour la puissance journalière maxima Pour la puissance journalière moyenne
- Véhicules 0,75 0,68 ° >78 0,7°
- Lignes de contact 0,95 0,98 o,94 °>97
- Transformateurs °?97 0,94 °?97 0,94
- Lignes de transport °,93 °,98 0,90 0,96
- Génératrices et transformateurs o,88 0 ,81 o,89 o,83
- Ensemble o,56 / c kC, 0 o,57 0,51
- d’établir comme suit la puissance eL rénergie nécessaires à l’arbre des turbines des centrales pour la traction* électrique future du chemin de-fer du Gothard.
- Pour connaître la quantité d’eau à fournir aux turbines, on a admis les chiffres suivants pour le rendement des turbines :
- \ Pour la charge correspondante à la puissance inaxima des centrales : 7.3 % .
- En moyenne, pour un jour detrafie moyen:'68 % .
- (Piotta). On dispose ainsi, de chaque côté du tunnel du Gothard, de centrales qui suffiraient éventuellement à, assurer la traction sur tout le versant auquel elles appartiennent, sans le secours des centrales de l’autre versant. Le tableau VI montre que, par sécurité, on a été dans les projets au delà de la puissance inaxima prévue.
- Centrale du Ritom. — Alimentée [par le lac Ritom, avec accumulation supplémentaire éventuelle au moyeiéd’une retenue du lac; utilise la
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- chute brute de 828 mètres entre le lac et le Tessin, près de Piotta; 3 conduites forcées, calculées chacune pour i5 000 chevaux doivent
- Tableau Y»
- POUR LA RÉGION PUISSANCE maxima en RP TRAVAIL journalier maximum en HP-heures TRAVAIL annuel en HP-heures
- Bassin de la Reuss. 27 000 25o OOO 58 000 000
- Tessin nord 22 OOO 260 000 59 000 000
- Tessin sud 2 5 000 180 000 43 000 000
- Tout le Tessin.. . 37 OOO 440 OOO 102 000 000
- Tout le Ve arrond. 56 000 690 OOO 1C0 000 000
- alimenter finalement 7 turbines de 7500 chevaux chacune, accouplées à des génératrices à courant monophasé de 6000 kilowatts et 16000 volts avec deux groupes d’excitatrices. L’énergie qui ne sera pas fournie directement au fil de contact sera transformée à 4’>ooo volts.
- Centrale de Goschenen. — Utilise l’eau de la
- batiment des machines, au bord de la Reuss au-dessus d’Amsteg, sera aménagé pour 5 groupes de 7^00 chevaux chacun, et 2 groupes d’excitatrices.
- 4° Lus installations dis distribution u’kniuujsr et
- l)K LA MUNIS DE CONTACT.
- L’alimentation du fildccontactpour 16 000 volts aura lieu, d’une part directement par les centrales (dont les génératrices donnent jusqu’à 16000 volts), d’autre part par l’intermédiaire de 3 sous-stations situées à Goldau, Giubiasco, et Lugano. Celles-ci, qui sont aménagées pour servir à la fois de stations de transformation et de postes de commutation, reçoivent l’énergie des centrales (grâce à des transformateurs logés dans ces centrales et élevant la tension de i6oooà/|5 000 volts) au moyen de lignes de transport à 4^> 000 volts.
- Les centrales sont reliées entre elles par des lignes de liaison à 16 000 volts.
- Enfin les lignes d’alimentation à i5 000 volts parallèles à la voie amènent l’énergie au fil de
- contact situé au-dessus de la voie. Celui-ci est Tableau VI
- Puissance nécessaire et puissance installée des centrales pour la traction électrique future
- du chemin de fer du Gothard.
- A L’ARBRE UES TURBINES DES CENTRALES
- — DANS LES
- POUR LA RÉGION : Puissance maxima Puissance des turbines CENTRALES DE :
- nécessaire. installées (*).
- W HP
- 20 OOO Gôschenen.
- Bassin de la Reuss 27 000 3o 000 Àmsteg.
- Bassin du Tessin 0 0 £ fC) 37 5oo Ritom (Piotla).
- Tout le Ve arrondissement 56 000 87 5oo
- (l) Machines en service, auxquelles s’ajoutent encore les groupes de réserve.
- constitué par un fil profilé de 100 millimètres de section en cuivre, monté d’après le système de suspension multiple sur un fil d’acier. Les supports du fil de traction et, des lignes d’alimen-lation sont des pylônes à treillis simples bétonnés dans le sol.
- Sur les sections à voie unique cl à ciel ouvert ces pylônes sont situés d'un seul côté de la voie et portent la suspension multiple au moyen de consoles: sur les sections à double voie .et dans les gares, ils sont placés des deux côtés de la
- Reuss, du Trou d’Uri jusqu’au-dessus de Goschenen, au moyen d’une galerie horizontale située sur la rive droite et de 2 conduites forcées. Il y aura 4 turbines accouplées avec 4 génératrices de 5 000 chevaux et deux groupes d’excitatrices.
- Centrale dAmsleg. — Outre l'eau de la Reuss, dérivée au PfalTensprung, cette centrale emploie encore l’eau de FEtzlibaeh et du Kerst.e-ieiibaeh, avec «82 mètres de chute brute et 2 conduites forcées pour 10000 chacune. Le
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- no
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- voie, et la suspension forme pont transversal au-dessus de la voie.
- Les lignes d’alimentation sont aussi posées sur les pylônes des lignes de traction.
- On a fixé à i5 %, au plus, la chute totale de tension dans les conduites et dans les rails pour les puissances maxima.
- 5° Le matériel roulant.
- Pour les véhicules moteurs, nous avons déjà vu antérieurement que la traction par les locomotives était indispensable pour les express et les trains de marchandises; un type unique de locomotives a été choisi pour chacune de ces catégories.
- Pour les trains omnibus, au contraire, la traction par automotrices est préférable, et il était indiqué d’avoir recours à 2 types, l’un plus léger que l’autre, le type lourd pouvant assurer le service des trains directs sur certaines sections.
- Pour le service des manœuvres, on a pris des locomotives à vapeur.
- L’extension du parc des wagons, nécessitée par l’augmentation du tralic, a été comprise dans les frais d’établissement pour l’électrification, en raison des avantages économiques qui seront dus à cet accroissement.
- Des acquisitions diverses concernant le matériel ont été prévues pour l’éclairage et le chauffage des wagons pendant la période transitoire où l'éclairage et le chauffage électrique ne pourront pas être introduits dans tous les wagons.
- O
- G" Diverses installations nouvelles et modifications POUR LA TRACTION ÉLECTRIQUE.
- Des modifications et installations spéciales, dans les dépôts et ateliers de réparations, seront nécessitées par l’introduction delà traction électrique.
- La transformation des installations à courant faible a été étudiée dans le chapitre « Comparaison des systèmes ». On a prévu que les lignes du service du chemin de fer seraient maintenues dans le voisinage de la voie à 20 mètres de distance environ, et que les lignes de la direction de& Télégraphes seront séparées de celles-ci et reportées suivant un tracé plus éloigné qui suit
- en général la route et peut être surveillé de cette dernière.
- Il a fallu, de plus, par suite de l’accroissement, du trafic, compter sur une augmentation du nombre des lignes à faible courant reliant les gares entre elles.
- Calcul du coût des installations pour l’électrification du chemin de fer du Gothard pour le trafic futur adopté comme base.
- CENTRALES
- Travaux hydrauliques et partie générale : Centrale de Ritom-Piotta. 6 800 000 Fr.
- — Goschenen... 3 5oo 000
- — Amsteg....... 6 960 000 17 260 000
- Partie électrique et mécanique ;
- Centrale de Ritom-Piotta. 1 92!» 000 — Goschenen... 920 000 — Amsteg....... 1 275 000 4 120 000
- Coût total des centrales............ 21 370 000
- INSTALLATIONS POUn LA DISTRIBUTION
- Lignes de transport : Fr.
- Amsteg-Goldau, Amsleg-Gôschenen, Gôsclienen-Piotta, Piotta-Giubias-co, Piotta-Lugano, direction, intérêts intercalaires, divers, imprévu. 5 994 000
- Sous-stations :
- Stations de transformation 4 5 000/16 000 volts, à Goldau, Giubiasco et Lugano : installations spéciales pour la fourniture de courant à 16000 volts (pour autant que cela n’a pas déjà été compté) dans les centrales d’Amsteg,
- Goschenen et Piotta, direction de l’entreprise, intérêts intercalaires,
- divers et imprévu................. i 636 ouo
- Coût total des installations pour la
- distribution....................... 7 63 o 000
- LIGNES DE CONTACT ET D’ALIMENTATION
- Lignes de contact, lignes d’alimentation, connexion de la voie et des rails ; lignes de contact et stations de couplages des gares ; constructions spéciales et travaux de transformation aux ponts, toits des quais, passages à niveau, inférieurs
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- 24 Janvier 1914. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- et supérieurs, passerelles, aux tunnels surtout, transformations de croisements à haute tension et de sémaphores; direction, intérêts intercalaires; divers et imprévu. .... 9 770 000
- Coût total des lignes de traction et d'alimentation..................... 9 770 000
- MATÉRIEL ROULANT
- Véhicules-moteurs :
- i5 locomotives pour trains directs................. 3 460000
- 38 locomotives pour trains
- de marchandises....... 6 840 000
- 14 automotrices lourdes.. 2170000 7 automotrices légères.. 67*000
- Matériel de réserve................
- Installations de chauffage et divers :
- 15 chaudières sur les locomotives de
- trains directs, 10 wagons de chauffage, équipement des wagons à voyageurs (854 essieux), à bagages et postaux, pour le chauffage à l’électricité, et des wagons de voyageurs d’autres arrondissements qui circulent sur le Gothard; diverses modifications au matériel roulant existant........................
- Coût, total du matériel roulant pour Vélectrification.................. 14 739 000
- Augmentation du matériel roulant ordinaire en vue de l’accroissement du trafic :
- Nouveaux wagons à voyageurs, *56 essieux...... 3 3*8 000
- Nouveaux wagons à marchandises et fourgons,
- 753 essieux........... i 883ooo 5 an 000
- Coût total du matériel roulant..... 19 950 000
- CONSTRUCTIONS ET MODIFICATIONS RELATIVES AUX DÉPÔTS ET ATELIERS DE REPARATIONS
- Modifications aux dépôts, nouvelles installations à Erstfeld et Chiasso,
- outillage pour l’entretien des lignes de traction, modifications et agrandissements des ateliers de répara-
- tions ......................... 1 950 000
- Dépenses totales pour dépôts et ateliers............................ 1 950 000
- TRANSFORMATION DES INSTALLATIONS A COURANT FAIBLE
- Lignes pour le service du chemin de fer et imprévu................. 2 5oo 000
- Installations de la direction fédérale des télégraphes et imprévu... 1 000 000
- Coût total de la transformation des
- lignes à courant faible....... 3 5oo o00
- IMPRÉVU GÉNÉRAL
- Majoration des sommes pour « imprévu » des différents postes jusqu’à ce que l’ensemble [atteigne le 8 % des dépenses totales............... 3 33o 000
- RÉCAPITULATION DES DEPENSES
- Centrales.............................. 21 370 000
- Installations pour la distribution de
- l’énergie........................../ 7 63o 000
- jg§£, . 29 OOO 000
- Lignes(de traction et d’alimentation.. 9 770 000
- Matériel roulant....................... 19 p5o 000
- Dépôts et ateliers de réparations..... 1 g5o 000
- Installations à courant faible....... 3 5oo 000
- Imprévu général.................'.... 3 33o 000
- Coût total des nouvelles installations. 67 5oo 000 Le même, sans augmentation du matériel roulant non électriqué en vue de l’accroissement du trafic et sans sa quote-part d’imprévu
- (5 5oo 000 fr.).................... 62 000 000
- .1. Reyval.
- i3 132 ooo 600 ooo
- 1 007 ooo
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). — N°4:
- iiî
- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- STATIONS CENTRALES
- Les centrales électriques municipales de Cleveland. — A. D. Williams.
- On construit actuellement à Cleveland (Ohio) une centrale municipale d’éclairage de 5oo kilowatts qui sera la plus importante de la" région. Il existe déjà deux petites stations centrales municipales d’éclairage datant, l’une de 1901, et l’autre de 190G, et qui sont devenues la propriété de la Ville à la suite de l’absorption pareclle-ci des deux petites communes qui les avaient construites. En outre, il existe un réseau d’éclairage appartenant à la Cleveland Electric Illumina-ting C°.
- Il y a trois ans, une vigoureuse campagne fut entreprise en faveur de la création d’une grande centrale électrique d’éclairage et l’on fit valoir comme argument à l’appui de ce projet que la Ville payait plus cher que d’autres pour l’éclairage de ses rues.
- La question de tarification est, ici particulièrement intéressante. La Cleveland Electric Illu-minating C° a un tarif dégressif. Le maximum pour les branchements d’habitations et de magasins est de 5o centimes par kilowatt-heure, le minimum est de centimes, le prix moyen d’environ io centimes. Pour les branchements pour force motrice, les prix décroissent de façon analogue jusqu’à un minimum voisin de 10 centimes par kilowatt-heure.
- Ces tarifs sont inférieurs à ceux de la plupart des grandes villes des Etats-Unis, tant’pour la consommation domestique que pour la consommation industrielle. Cependant, les usines municipales ont vendu le courant jusqu’ici à des prix légèrement audessous de ceux de la Compagnie d’éclairage et il a été prévu que le maximum du tarif de vente de la nouvelle centrale serait de i5 centimes par kilowatt-heure avec tarif inférieur et dégressif pour les gros consommateurs.
- En mars iyiü, le service électrique municipal
- a mis en vigeur un tarif sur cette hase pour les contrats de 5 ans passés avec des consommateurs s’engageant à une consommation moyenne de 5o kilowatts au moins.
- Le graphique ci-joint sert au calcul de la taxation à appliquer pour une consommation mensuelle donnée.
- En ordonnées, à gauche, sont portées les puissances inaxima des branchements, à droite et correspondant aux diagonales les tarifs à appliquer en centimes (o fr. o5) par kilowatt-heure et en abscisses la moyenne des heures de consom-
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- Moyenne des heures de consommation. Graphique de tarification du courant.
- malion. Prenons, par exemple, un abonné ayant un branchement de 200 kilowatts et qui aura en un mois consommé 9,0 000 kilowatts-heures. 11 sera tarifé pour ce mois sur une consommation moyenne de 100 heures à la pleine capacité de son branchement, soit à i,G cent (8 centimes le kilowatt-heure).
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- 24 Janvier 1914.
- Le diagramme donne la taxe par kilowattheure en cherchant le point de croisement de la ligne horizontale correspondant à 200 kilowatts avec l’ordonnée correspondant au nombre d’heures de consommation moyenne. Si la consommation a été de 5o ooo kilowatts-heures cela correspond à a5o heures de consommation moyenne à 200 kiloAvatts. L’intersection de l’horizontale de 200 kilowatts avec celle de 25o heures tombe sur la diagonale de i cent (5 centimes) le kilowatt-heure. Pour les contrats d’une année, le tarif ainsi obtenu est majoré de io % .
- En outre, il est stipulé un minimum de garantie de consommation de ^5 cents (3 fr. 75 par kilowatt et par mois).
- [Power, 25 novembre I<)l3.)
- Les installations des centrales de traction.
- M. Wood a montré au Congres Américain des Tramways que l’exploitation par centrales à moteurs à gaz, dont les frais d’installation s’élèvent à 4-5 francs environ par kilowatt contre. u65 francs avec les turbines à vapeur, ne peut être envisagée que lorsque le prix du charbon dépasse 3o à 40 francs la tonne. Avec les centrales à vapeur on peut surtout réaliser des économies dans la chaufferie.
- Le rendement des chaudières et de leurs foyers pour divers taux de, vaporisation au mètre carré de surface de chauffe atteint, pour les chaudières marines chauffées aux huiles lourdes, une valeur constante assez élevée (environ 180 % ) ; pour les chaudières type locomotive, dont les foyers sont chargés à la main, et pour des taux de vaporisation élevés, le rendement total tombeau-dessous de r>o % (maximum 7!> % ), tandis que les chaudières multituhulaires à foyers mécaniques donnent en allure normale (coefficient de vaporisation 3,5) un rendement- tic 80% , «pii ne tombe qu’à 70 % pour un coefficient de vaporisation de 8,5.
- Les frais d’installation de la chaufferie peu-
- vent donc, moyennant une légifre diminution de rendement, être réduits de plus de moitié (de 160 à 63 francs par kilowatt), si l’on admet que, conformément aux indications précédentes, les chaudières peuvent être surchargées de 100 % aux moments de la charge maximum. De la sorte on peut, avec du charbon coûtant 13 fr. 2.5 par tonne, économiser environ 5 fr. 2,5 par kilowatt et par an.
- Contre les perturbations de service dues aux courts-circuits, le meilleur dispositif de protection consiste à intercaler des bobines de self sans fer dans les lignes de câbles ; ces bobines sont reliées à des interrupteurs automatiques à relais qui, selon les besoins, les mettent en court-circuit en les intercalant dans le circuit principal, ce qui améliore le facteur de puissance.
- Une autre mesure de protection est la mise à la terre des points neutres, grâce à laquelle la tension par rapport à la terre est réduite à 58 % de la tension entre conducteurs; l’accroissement du courant est limité par l’intercalation de résistances dans la ligne de terre. Toutefois, avec de longues lignes aériennes, la mise à la terre des points neutres 11’est pas recommanda ble.
- Pour la mise hors circuit des génératrices, lorsque des court-circuits accidentels se produisent dans celles-ci, il convient d’employer des relais contre le retour du courant sur les interrupteurs principaux.
- Les câbles de distribution doivent, par contre, être protégés par des relais contre les surcharges. Avec.de longues lignes de transport d’énergie, il y a lieu d’employer des relais à action différée.
- Enfin, la commande électrique à distance des robinets d’arrêt des chaudières se recommande dans les grandes installations; cette disposition assure la fermeture de ces robinets en cas de rupture de conduites de vapeur ou d’accidents du même ordre.
- [Electric Railway Journal, iG octobre 1913.)
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- TRACTION
- Le développement de la traction à courant continu & haute tension en Amérique. — J.-A. Dewhurst.
- Depuis la mise en service, en 1907, du chemin de ter d’Indianapolis et Louisville, d’une longueur de G5 kilomètres, alimenté en courant continu à 1 *200 volts, (et sur certaines sections à Goo volts), 2} lignes d’une longueur totale de 2 3oo kilomètres ont été exploitées aux Etats-Unis avec du courant continu à haute tension ; 5 autres lignes, d’unelongueur totale de 1 000 kilomètres environ, sont en construction. Sur l’ensemble, 011 compte une longueur de 42o kilomètres environ de lignes urbaines ou exploitées à Goo volts; quant aux sections interurbaines, elles sont exploitées avec des tensions de 1 xoo, de i 5oo et de 2 400 volts. La plupart de ces lignes sont situées en Californie où elles atteignent une longueur de 726 kilomètres ; la Piedmond Traction C° a en construction en Caroline un réseau d’une longueur de 65o kilomètres.
- Le matériel roulant correspondant comprend au total 640 automotrices et G3 locomotives, en construction ou en service. Le poids moyen des automotrices est de 43 tonnes, le nombre des places assises, de 55; la vitesse maxima varie entre 5o et 100 kilomètres à l’heure. L’équipement électrique se compose, en règle générale, de 4 moteurs de 80 chevaux, montés par deux en série ; environ 70 % des automotrices possèdent des dispositifs de commande automatique par relais à leurs deux extrémités. Sur les sections à Goo volts, la vitesse est réduite de moitié; à pleine vitesse, un simple couplage série-parallèle est nécessaire. Pour l’alimentation des circuits d’éclairage et de commande, on a ordinairement prévu un moteur-générateur spécial, lequel porte le nom de « dynamoteur » et possède un collecteur en deux parties (pourla marche à 1 200 et à Goovolts).
- Le poids des locomotives est, en moyenne de 5o tonnes, celles-ci sont, pour la plupart, équipées avec quatre moteurs de 120 chevaux, commande par relais avec manœuvre à la main; elles sont pourvues du freinage par l’air comprimé. Les locomotives du Butte-An acon da-Paci fi c-Railway exploité à 2 400 volts, ont un poids de 80 tonnes, ho (il de contact est, sur la 'plupart des lignes, muni de la suspension caténaire ordinaire; Je
- troisième rail n’est employé que sur deux lignes. A l’exception de trois lignes alimentées directement, le transport de l’énergie s’effectue à l’aide de courant triphasé à haute tension (33 000 volts); la plupart des sous-stations à 25 périodes sont équipées avec des coin imitatrices ; les moteurs générateurs sont aussi fréquemment employés; à Go périodes on couple dans la plupart des cas, deux machines à 600 volts en série.
- Il y a lieu de. remarquer que, sur les 28 lignes mentionnées plus haut, 17 seulement sont nouvelles; G d’entre elles étaient antérieurement exploitées à la vapeur; les autres marchaient en courant monophasé ou en courant continu à basse tension.
- [General Electric lieview, novembre 1913.)
- Le premier tramway électrique de Constantinople.
- Le 4 août 1913, on a ouvert à un service d’essai, la première ligne électrifiée des tramways de Constantinople. Cette ligne, dite de Tunnel-Chichli, est à voie unique avec circulation à intervalles de 4 minutes de trains comprenant une automotrice et deux remorques. La Compagnie dispose actuellement de 40 automotrices de première classe et 70 de seconde classe ; de plus, elle a 20 remorques nouvelles et 31 voitures trans-formées de l’ancien service à chevaux. L’équipement électrique de chaque voiture comprend deux moteurs à pôles de commutation. Le poids total d’une automotrice à vide est d’environ 12 tonnes. En raison des fortes rampes qui atteignent jusqu’à 7,3 % et des courbes de faible rayon, toutes les automotrices sont pourvues de freins sur rails etde freins à main, tandis que les remorques ont des freins à main et des freins à solénoïde.
- Le réseau complet comprenant 3 lignes à voie unique d’une longueur totale de 46,5 kilomètres, sera alimenté par une centrale fournissant^ le courant triphasé à 9600 volts et 5o périodes à 3 sous-stations. L’une de ces sous-stations est équipée de 2 eommutatrices de 4ào kilowatts et chacune des autres, de 3, toutes fournies par la Thomson-IIouston. .[/équipement électrique des voitures a été fourni par Siemcns-Sehuckert et l’A. E. G. et l’équipement de la ligne aérienne par l’A. E. G. seule,
- (Electric Railway Journal, 27 décembre 1913.)
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- La dénaturation du courant de chauffage.
- En Italie, en raison de l’impôt sur le courant d’éclairage électrique, il est à peu près impossible d’utiliser ce courant pour le chauffage. Or, tout le monde est aujourd’hui d’accord dans ee pays pour déclarer que si l’Etat voulait enfin favoriser, par abolition ou réduction de l’impôt à un taux très faible, la diffusion du chauffage électrique, il ferait œuvre utile à la fois pour l’industrie et pour l’économie nationale. Mais la difficulté est surtout de trouver un procédé sur qui garantisse l’Etat contre les fraudes, car il est ('vident que des fraudeurs seront tentés d’utiliser l'énergie exempte d’imposition et destinée au chauffage pour s’éclairer à bon marché. De là, l’idée de trouver un dispositif qui rende l’énergie électrique distribuée pour le chauffage inutilisable comme courant d’éclairage, en un mot, de la dénaturer de façon analogue en quelque sorte au traitement de dénaturation que l’on fait subir à l’alcool industriel.
- Bien que cette dénaturation soit parfaitement possible, il ne s’est, guère offert jusqu’ici de dispositif pratique, peu coûteux et de fonctionnement sur, à l’abri de toute manœuvre illicite, permettant de la réaliser dans le but que nous venons de préciser. Cependant, il existerait déjà des appareils actuellement en essai et YElettri-cista se déclare autorisée à déclarer résolu le problème de la dénaturation ; en effet, la période d’étude et d’épreuve de ces dispositifs toucherait à sa fin, et l’on pourrait bientôt envisager la réduction tant désirée de la taxe sur le courant de chauffage. L’un de ces appareils de dénaturation est dû au Prof. R.-Arnô,' de l’Institut Technique tle Milan. Il est basé sur l'observation suivante de la différence entre l’effet lumineux et l’effet calorifique : dans les appareils électriques d’éclairage il n’y a pas accumulation d’énergie dès que le courant est interrompu, l’effet lumineux cesse immédiatement; dans les appareils de chauffage, au contraire, de meme que dans les moteurs, il est possible d’accumuler l’énergie calorifique ou mécanique de telle façon que le dégagement de chaleur ou le travail puisse se continuer après interruption du courant. Se basant sur cette
- remarque, le Prof. R. Arnô a étudié un appareil qui interrompt périodiquement le circuit du courant à dénaturer avec des périodes d’interruption et de fonctionnement calculées de telle façon qu’elles donnent le maximum de rendement calorifique combiné à une grande irrégularité dans le passage du courant rendant intolérable l’éclairage à l’aide de ce courant. Malgré cette irrégularité le fonctionnement des appareils de chauffage alimentés par ce courant et leur rendement doivent rester pratiquement constants. Remarquons de suite que les principales recherches du Prof. R. Arnô ont tendu vers la détermination des rapports entre les durées de passage et d’interruption du courant propres à donner le maximum de rendement calorifique dans les divers appareils et le maximum de perturbation au point de vue de l’éclairage. Le Prof. R. Arnô a pu, d’après les résultats de ces expériences, créer deux ou trois types d’appareils répondant à tous les cas pratiques de chauffage domestique ou industriel et offrant, en même temps qu’une grande simplicité, une grande sécurité de fonctionnement.
- Pour les installations de faible ou moyenne importance (5 à io ampères et 5 à 25 ampères) la dénaturation du courant se fait par un appareil à dilatation thermique, auto-régulateur, peu encombrant, et à l’abri de toute fraude qu’on pourrait tenter tant sur l’appareil même que sur le circuit qui l’alimente ou encore par jonction à d’autres circuits. Cet appareil est de dimensions réduites et d’un prix minime, ce qui répond bien aux conditions de semblables appareils pour les usages domestiques.
- Lorsque les installations de chauffage ont besoin d’un courant de plus grande intensité, les appareils sont du type à servo-moteur élce-tique ou à solénoïde aspirateur (de '!o à 5o ampères), ou à petit moteur (au-dessus de 5o ampères). Leur prix est naturellement supérieur à celui des précédents appareils, mais en rapport avec l’importance des installations à chauffer.
- Tous ces appareils seront naturellement installés à côté de leur compteur respectif et munis
- des plombs de garantie habituels. — -------
- (Elettricista, i5 décembre igi3.)
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). — N° 4.
- ÉLECTROCHIMIE
- Quelques essais de l’accumulateur Edison.
- C. W. Bennett et H. N. Gilbert.
- L’accumulateur Edison tel que le construit l’Edison Storage Battery C° constitue, disent les auteurs cités ci-dessus dans une communication à la Société Américaine d’Electrochimic, une addition extrêmement importante à l’outillage électrochimique. A l’heure actuelle, il y a eu service journalier environ ’ioo ooo accumulateurs de i5o ampères-heure. Cependant, cette compagnie seule a étudié de façon complète les propriétés de cet accumulateur et l’on a pensé qu’il serait utile d’avoir des mesures faites à un point de vue désintéressé par divers expérimentateurs.
- La batterie qu’on a utilisée à cct effet n’étant disponible que pendant peu de temps, on a décidé de faire quelques essais de rendement à différentes intensités de charge, d’étudier les effets de la charge à des intensités différentes, de contrôler les mesures de capacité et d’étudier le fonctionnement de l’accumulateur à basse température. Les accumulateurs employés étaient du type normal A 8 de foo ampères-heure, se chargeant et se déchargeant à Go ampères. Ces accumulateurs étaient placés en série. Pour mener à bien les expériences dans le peu de temps disponible, on avait décidé de charger les accumulateurs jusqu'à ce que le voltage restât pratiquement constant pendant uneheure dans la partie la plus élevée de la courbe. On a désigné cette charge sous le nom ch; charge complète au lieu de la charge de sept heures à Go ampères recommandée par la Compagnie Edison. Ainsi, la batterie complètement chargée était déchargée à l’intensité voulue jusqu’à ce que le voltage en court-circuit de chaque élément fût tombé à 0,7 volt. Pour le calcul du rendement, 011 a pris pour base l’énergie nécessaire pour relever le voltage à sa valeur initiale. Les mesures ont clé faites avec des appareils enregistreurs et Pou a calculé h; voltage moyen en înesurant l’aire des diagrammes au planimètrc; l’intensité était naturellement constante. Les appareils de mesure ont été soigneusement cali-
- brés et les erreurs, réduites au minimum possible.
- A titre de comparaison, le diagramme ci-dessous montre les courbes de charge et de décharge à Go ampères avec une courbe de déchargea 1 20 ampères. On voit que pour la charge
- or Z 3 9 5 6 78
- Heures
- Fig. 1. — Diagramme.
- normale, le voltage moyen est d’environ 7 volts pour la batterie de 4 accumulateurs, tandis que le voltage moyen de décharge est de 4,5 volts, soit 1,1 a volt par élément. Ce voltage décroît constamment pendant la décharge. Le tableau I donne les résultats numériques correspondant aux courbes ci-dessus :
- Energie absorbée............ 410 amp.-h.
- Débit....................... 35o »
- Rendement en ampères-heure. 85,4 %
- Energie absorbée............ a 875 watts-h.
- Débit....................... 1 589 »
- Rendements en watts-heure. . 55,a %
- Les chiffres du tableau II donnent une idée de ce qu’on peut attendre de ces accumulateurs au point de vue de la capacité, la charge étant normale ; toutefois, il ne faut pas les considérer comme d’une extrême précision, car ils 11e représentent chacun qu'une seule mesure.
- On remarque la diminution du rendement on watts-heures aussi bien que la capacité et l’on peut conclure de ces chiffres (pic l’accumulateur est capable de fonctionner sous de grandes intensités avec une réduction remarquablement faible du rendement en watts-heures et de la capacité. Laehutcdu voltage moyen estétonnamment faible aux intensités les plus élevées.
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- Tableau I
- INTENSITÉ DK DÉCHARGE AMPÈRES VOLTAGE MOYEN RENDEMENT EN WATTS-HEURE % DÉ ampères-lieure BIT watts-heure
- 60 4,55 55 35o 1 593
- 120 4 ,3o 53 260 1 1 18
- 200 3,8o 38 2 25 855
- 27O 3 ,5o 32 180 63o
- On a prétendu qu’en pratique on pouvait forcer la charge de la batterie et Ton a, pour le vérifier, essayé des intensités anormales de charge avec décharge à l’intensité normale et calculé le rendement. Voici les résultats de ces essais :
- vice immédiatement après la charge, on a chargé la batterie à un voltage defini et déchargé cette batterie en partant de ce mémo voltage et Ton a mesuré le débit. Ce voltage choisi arbitrairement devait être supérieur à celui de la batterie en
- Tableau II
- CHARGE WATTS énergie absorbée HEURE débit RENDEMENT EN WATTS-HEURE %
- 2 h. à 120 ampères, le reste à 60 ampères 3 143 1 463 46,5
- 1 h. à 200 ampères, » 60 » 2 941 i 536 52 ,2
- 1 h. à 3oo ampères, » 60 » 3 95» I 543 39,0
- La charge forcée à 200 ampères a été complète en 4 heures 25 minutes environ et la batterie a donné un débit bien supérieur à sa capacité nominale avec un rendement à peu près égal à celui donné par la charge normale.
- L’accumulateur Edison perd, dit-on, environ 10 % de sa charge en circuit ouvert au bout de 24 heures, après quoi, il n’y a plus pratiquement tle perte de charge; cela étant, on a laissé, après la charge, la batterie au repos pendant 3o heures, puis on a mesuré le débit de décharge. Le voltage de la batterie était tombé à 6 volts environ et la décharge a donné les résultats ci-après.
- Décharge après 30 heures à Vintensité normale.
- Voltage initial............... 5,98 volts
- Voltage moyen................. 4,54 »
- Débit : watts-heure........... 1 884 »
- « ampères-heure............. 3o5 »
- La diminution de débit est d’environ 10 % par rapport à la capacité normale. Afin de voir si cette perte ne pourrait pas être évitée dans les cas où une batterie 11c doit pas être mise en ser-
- circuit ouvert au bout de 3o heures. La différence de potentiel dans la batterie en charge, lorsqu’on ferme momentanément le circuit, ayant été trouvée supérieure de ifi % au voltage de la batterie en circuit ouvert, on chargea donc la batterie jusqu'à ce que la différence de potentiel fût supérieure de i(i % au voltage de la batterie chargée depuis 3o heures. Par suite, la charge fut maintenue jusqu’à obtention d’un voltage de 7,1 volts. On obtint les résultats suivants :
- Batterie chargée à 1,1 volts et déchargée à l'intensité normale.
- ÉNERGIE ABSORBÉE
- Watts-heure......................... 2 101
- Ampères-heure.................... 3i5
- Rendement en watts-heure......... 64 %
- DÉBIT
- Watts-heure...................... t 343
- Ampères-heure.................... 290
- On voit par là que le débit est.--pratiquement le même cpie celui fourni par la décharge de la
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). —N° 4.
- batterie après 3o heures île repos. Le rendement est très satisfaisant dans ces conditions et, avec une pareille charge, il semble que l'accumulateur supporte favorablement la comparaison avec l'accumulateur au point de vue du rendement.
- Au point de vue de l’influence des basses températures, on a fait un essai par une charge et une décharge de la batterie à 4° C.
- Charge et décharge à 4° C à l’intensité normale.
- Voltage : charge....... 7,36, décharge 4,46
- Ampères-heure : charge 3g6, décharge 233
- Watts-heure : charge... 2 920, décharge 1 037
- Durée, heures : charge 6h24', décharge 3h52'
- O11 n’a pas pu calculer exactement le rendement : il y a ici une influence très marquée. La différence de voltage entre la charge et la décharge est anormalement élevée. La batterie a été ultérieurement chargée à l’intensité normale dans les conditions ordinaires, ce qui a fourni des données comparables à celles ci-dessus pour le calcul du rendement. C’est d’ailleurs le inode normal d’emploi des accumulateurs dans les pays froids. Sur les voitures, la batterie se déchargera naturellement à basse température, mais elle sera chargée au garage à la température des locaux. Voici les données relatives à cette charge.
- Charge à la température ordinaire après décharge à 4° C.
- Voltage moyen................ 6,94 volts
- Energie absorbée : amp.-h.... 460 »
- » watts-heure.. 3 190 »
- Rendement calculé de la décharge
- précédente . . ............. 33 %
- Le fait qu’il a fallu plus d’énergie pour cette charge que pour la précédente indique probablement qu’à la température de 40 C, il ne s’est pas formé de sesquioxyde de nickel, parce que la charge n’a pas dû être suffisamment prolongée. Ces essais montrent qu’il y a, en tout cas, une plus grande différence de voltage entre la charge et la décharge à basse température que dans les conditions normales; par suite, le rendement doit être inférieur à la normale.
- Conclusions : De ces expériences sur l’accumulateur Edison, on peut tirer les conclusions suivantes :
- i° Le rendement en watts-heure à l’intensité normale est de 55 % environ et le rendement en ampères-heure de 85 % ;
- 2° L’accumulateur peut fonctionner de façon continue sous de fortes intensités ;
- 3° A l’intensité correspondant à une décharge en 40 minutes, la charge étant faite à l’intensité normale, le rendement en watts-heure est d’environ 32 %, le rendement en ampères-heure étant environ 60 % du débit nominal ;
- 4° L’accumulateur peut être chargé sous des intensités élevées, le rendement étant à peu près normal lorsque l’intensité de charge est forcée jusqu’à 3 1 /3 fois la valeur normale pendant une heure. Il n’y a aucune raison qui s’oppose à ce que l’accumulateur soit chargé à 2 fois l’intensité normale pendant quelques minutes.
- 5° Si l’accumulateur doit être chargé la veille de son emploi, l’énergie est conservée lorsqu’on continue la charge jusqu’à ce que le voltage atteigne environ 1,73 volt au lieu de pousser cette charge jusqu’au bout; en d’autres termes, il ne faut pas qu’il se produise de sesquioxyde de nickel pendant la charge, la perte d’énergie en circuit ouvert étant probablement due à la décomposition spontanée de cet oxyde ;
- 6° Si l’on arrête la charge avant que des produits d’oxydation supérieure du nickel se soient formés, le rendement est plus élevé que le rendement normal et atteint environ 64 % ;
- 70 A 4° C, l’accumulateur peut donner plus des deux tiers de son débit normal lorsqu’il est chargé à la même température. Le voltage est naturellement inférieur à la normale, car la résistance intérieure de l’accumulateur est plus élevée aux basses températures. Le rendement est également bas;
- 8°L’accumulateur peut indubitablement rester chargé pendant un temps indéfini sans se détériorer ;
- 90 Sa souplesse est telle que l’accumulateur peut être employé dans les conditions les plus défavorables ;
- io° La méthode de charge, jusqu’à ce que le voltage se soit maintenu constant pendant une heure, donne des résultats satisfaisants, mais nécessite soit une surveillance, soit l’emploi d’un voltmè tre e n rcgistreur ;
- ii° La chute continuelle de tension à la décharge (environ 10 % par heure) est un désavantage de ect accumulateur par rapporté l’accumulateur au plomb.
- (The Electrician, 26 décembre 1913.)
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- TÉLÉPHONIE
- Les appareils téléphoniques à prépaiement automatique. — Teuffert.
- Les appareils téléphoniques dits à prépaiement automatique trouvent leur emploi chez les abonnés soumis au régime de la conversation taxée. Avec ces appareils, il faut, en effet, que l’abonné verse dans une fente ménagée spécialement à cet usage, une pièce de monnaie correspondant à la taxe de la conversation avant d’obtenir la communication.
- Ces appareils sont employés en assez grand nombre sur les réseaux de l’administration des postes allemands. Ils se partagent en deux catégories : dans-les uns, le dispositif d’encaissement fait partie de l’appareil lui-même; les autres sont des appareils téléphoniques ordinaires auxquels on adjoint un dispositif d’encaissement. La plupart des appareils employés jusqu’à ce jour étaient disposés de telle sorte que la chute de la pièce de monnaie provoquât un signal acoustique que l’employée du bureau central percevait dans son récepteur. Dans les anciens appareils automatiques, la pièce formait, en tombant le long de la glissière, un circuit qui shuntait la batterie microphonique, l'ar suite du mouvement même de la pièce, il se produisait, dans le circuit du microphone, des variations de l’intensité du courant qui se transmettaient à la ligne et provoquaient un bourdonnement dans le récepteur de l’employée.
- Les appareils d’un modèle plus récent sont munis d’une cloche contre laquelle vient buter la pièce de monnaie introduite dans l’ouverture. Lq son ainsi produit se transmet mécaniquement au microphone; il est donc; perçu par l’employée.
- Dans les appareils à dispositif d’encaissement séparé, le signal est produit d’une manière analogue. Après avoir introduit la pièce, l’abonné tire à lui un levier qui fait retenti]' un gong. Le son ainsi produit se transmet également au microphone et l’employée l’entend. Le levier ne doit être tiré que lorsque l’employée a invité l’abonné à acquitter la taxe. Sinon, elle ne peut
- entendre résonner le gong et s'assurer ainsi que la taxe a été réellement payée. L’encaissement, ne peut donc s’opérer qu’avec le concours de l’abonné et de l’employée; il n’est pas réellement automatique.
- Pour réaliser rencaissement automatique, des appareils d’une construction spéciale sont nécessaires. Ces derniers appareils présentent de grands avantages; en effet, l’employée n’a plus à prier l’abonné d’acquitter la taxe et à surveiller l’encaissement de celle-ci. Il en résulte une économie de temps qu’il y a lieu de faire entrer en ligne de compte dans les grands bureaux centraux, dont elle permet d’augmenter le rendement. En outre, l’emploi d’appareils entièrement automatiques élimine les erreurs qui se produisent parfois avec les dispositifs précédemment décrits. Avec ces derniers appareils, il peut arriver, en effet, qu’une communication soit donnée, sans que la taxe ait été acquittée ou qu’au contraire, si l’abonné a introduit la pièce avant d’y avoir été invité par l’employée, celle-ci n’ait pas entendu le signal correspondant; l’abonné doit alors acquitter encore une fois la taxe.
- Un appareil complètement 'automatique doit réaliser les conditions suivantes : la communication avec le bureau central ne doit être obtenue qu’après l’introduction de la pièce de monnaie. Si la communication demandée est donnée, la pièce doit tomber dans la boite disposée à cet effet. Par contre, si cette communication n’est pas donnée, la pièce doit être éjectée automatiquement par une ouverture ménagée spécialement dans l'appareil.
- L’appareil dont la figure i représente la disposition schématique, répond à ces conditions. L’auteur se place dans l’hypothèse du service par batterie centrale et de l’encaissement entièrement automatique ; le montage des lignes d’abonnés au bureau central correspond à la disposition habituelle, par exemple, à celle du bureau de Hambourg(yoirfig. a). L’appel s’obtient en décrochant le récepteur. Le relai Alla attire alors son armature i (fig. i); un contact pulsatoirc passe alors par celle-ci cl par l’armature de T R a,
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- laquelle n’est pas encore attirée ; la lampe d’appel A la s’allume et oscille. A Hambourg-, c’est l’employée A qui, en recevant ce signal, introduit la fiche d’une ligne de distribution libre
- Bureau Central
- Comptent.
- ] iid sel aire p*
- Fig
- dans le jack K« correspondant à la lampe Al a; l’employée A transmet ainsi le signal à l’employée B. Après avoir demandé l’abonné désiré, dans le
- bureau A, l’employée C peut alors demander l’abonné dont le numéro lui a été donné et établir la communication. Lorsqu’elle introduit la fiche dans le jack K c de la ligne désirée, un cou-
- Appareil automatique
- Ouverture dintroiuct.
- Boite d 'encQLSsemenl
- i.
- rant d’appel s’établit dans cette ligne. Ce contact n’est interrompu que lorsque l’abonné appelé a décroché son récepteur. Le compteur de convcr-
- groupe correspondant, cette dernière doit donner à l’employée C par la ligne de service, le numéro de la ligne de distribution employée du
- l'ig. 3.
- sationE Z a se trouve alors sans courant et attire son armature ; celle-ci reste maintenue et le mouvement d’horlogerie X n’avance d’une dent
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- rjiie lorsque le contact cesse de passe_r dans l'enroulement. de maintien de E Z a. Ceci se produit lorsque l’employée A, coupe la. communication.
- Dans les appareils du type représenté schématiquement par la figure i, l'ouverture d’introduction de la monnaie sc trouve d’abord démasquée lorsqu’on décroche le récepteur (au moyen d’un dispositif non représenté sur la figure). Ce n’est que lorsque la pièce a été introduite que la communication est établie avec le bureau central. En effet, celle-ci déplace dans sa chute le ressort supérieur du contact Fd et ferme le circuit d’alimentation. Le. relais A R a attire son armature et la lampe A se met à vaciller ; en outre, le relais A R a a se trouve également sous courant. Ce dernier relais remplace le second enroulement de A R a c’est-à-dire, du relais d’alimentation employé dans le montage ordinaire des bureaux centraux (voir aussi fig. •>.). L’appel est transmis, comme toutes les communications locales ordinaires, par le. bureau B au bureau C. Lors de l’introduction de la fiche en K a, le relais TRa entre en action. En dehors de son rôle ordinaire qui est de fermer le contact correspondant, l’armature de ce relais écarte, en outre, le petit pendule P i de sa position de repos, — de droite à gauche dans le cas de la figure, — et le maintient dans sa nouvelle position jusqu’à ce que le courant cesse de passer dans T R a. après interruption de la communication. Lorsque l’armature de T R a retombe, P i revient à sa position de repos. En venant buter contre la vis AS i, le pendule P i s’anime d’un mouvement oscillant et vient toucher le ressort a, tandis qu’il s’éloigne du ressort 3. Par suite, d’une, part,, un contact négatif passe dans le fil a de la ligne de l’appàreil automatique, tandis que, d’autre part, le relais A R a a est mis hors circuit. On peut naturellement relier également l’armature de T R a à un contact glissant, disposé de manière à agir dans le sens convenable, à condition toutefois que la force électromagnétique de TR a soit suffisante pour vaincre les frottements de ce contact glissant. Quant au pendule, il suffit d’un effort très faible pour le déplacer.
- Si la ligne demandée est occupée, le deman-deurdoitracerocbcr le récepteur et lancer un nouvel appel après un certain temps ou renoncer à la communication. Etant donné que, dans ce cas, la communication demandée n’a pas été établie,
- la pièce de monnaie doit être restituée. Ceci se produit quelques secondes après que le récepteur a été raccroché, dès que. la fiche a été retirée du jaek Ka au bureau A. Le courant cesse alors de passer dans le relais T R a dont l'armature tombe ; le pendule P i oscille, et un courant passe alors les contacts i et a de. ce pendule, le fil a de la ligne de l’appareil automatique et, ensuite, par l’enroule ment 11 du relais polarisé R h, le, commutateur à crochet U et la terre. 1.6 relais A/c entre en action et libère le levier II i. Ce levier, dont le bras supérieur a jusqu’alors maintenu la pièce se déplace latéralement (vers la droite, dans le cas de la figure) ; la pièce tombe dans la glissière de retour B a et sort de l’appareil par l’ouverture ménagée au bas de celle-ci. En même temps, le contact F a, dont le ressort i ne supporte plus le poids de la pièce et se trouve d’autre part libéré après la chute du levier II i par le ressort de verrouillage F b, s’ouvre. Ce dernier ressort a pour but d’assurer une meilleure fermeture du contact F a que le poids de la pièce seul. Le levier II a tombe en même temps que II i.
- Des qu’on décroche le récepteur pour un nouvel appel, le crochet de celui-ci replace (à l’aide d’un dispositif non représenté sur la figure), les deux leviers IIi et Ha sous les becs dont est munie l’armature de R/c; la pièce qui vient d’être introduite ne peut alors passer par la glissière de retour, puisque celle-ci est de nouveau fermée par le bras supérieur de II i. Au bureau central, les choses sc passent comme précédemment. Mais si, cette fois, la communication demandée a été obtenue, le compteur de conversations E Z a et le relais R su, monté en série avec l'enroulement de maintien de E Z ci, "entrent en action au bureau central dès que le courant d’appel cesse de passer dans la ligne de l’abonné demandé. Un circuit s’établit alors par les armatures attirées de AKacJ et de Kte u et par le fil a de la ligne de l’appareil automatique; ce courant passe par un transformateur spécial lequel produit un bourdonnement qui rend toute conversation impossible et qui ne cesse que lorsque le demandeur a appuyé sur le bouton rouge K/i placé sur son appareil et a ainsi dégagé la pièecdesaposition d’attente. Cette pièce tombe alors dans la glissière d’encaissement Bi et vient buter contre le ressort i du contact Fc. Malgré le déplacement de la pièce, le contact Fa reste fermé grâce à son ressort i,
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- lequel est encore maintenu par le ressort clc verrouillage F/; jusqu’à ce que le récepteur soit raccroché et que le levier lli tombe. Or, ainsi qu'il a été expliqué précédemment, ceci ne se produit que lorsque la communication a été coupée au bureau central.
- I ai pièce, en butant contre Fc, applique le ressort î contre le ressort 3 et éloigne en meme temps celui-ci du ressort x. Le fil // de la ligne de l’appareil automatique est alors mis à la terre dans l'appareil meme parle graduaient* (1, les ressorts i et 3 de Fc et les ressorts i et 2 du commuta-
- teur U.
- Il s’ensuit qu'au bureau central rarmature de Alht tombe et interrompt le bourdonnement. D’autre part, le maintien du contact Fc* esta ssuré par le ressort de verrouillage F<L Le graduaient* (i et le relais R/c doivent offrir la meme impédance aux courants de conversation. Dès que la conversation est terminée et que la communication est coupée au bureau central, le contact cesse de passer dans le relais Tka, le pendule Pi oscille et envoie un courant négatif dans le fil a de la ligne de l’appareil automatique ; le relais R/c de ce dernier entre alors eu action, le levier ID tombe, la pièce glisse dans la boite disposée à cet clïet, les ressorts Fb et Fc? reprennent leur position de repos et les contacts F a et Fe s’ouvrent. .
- 11 peut arriver, avec le montage qui vient d’être décrit, que le bourdonnement exerce une influence perturbatrice sur les lignes voisines. Si cela se produisait, il faudrait, au lieu de relier à la terre l'enroulement secondaire du transformateur de bourdonnement, établir, par l'intermédiaire des deux relais AKaa et l\sn et d’un condensateur, une connexion spéciale avec le fil b de la ligne de l'appareil automatique. Le circuit de bourdonnement, n’empruntant plus la terre, ne pourrait plus ainsi influer sur les lignes voisines. Les deux relais Alt cm et Rs« devraient toutefois, dans ce but, être pourvus chacun d’un deuxième contact de travail.
- Il reste à expliquer comment l’appareil peut se prêter à l’encaissement de la taxe de 20 pfennigs centimes) représentant le tarif des conversations échangées avec la banlieue ou des conversations de nuit en Allemagne, où les conversations urbaines ordinaires sont, d’autre part, tarifées à 10 pfennigs (ri cent. 5). Fn effet, le dispositif qui vient d’être décrit 11e s'applique
- sous cette forme qu’à l’encaissement d’une seule pièce de 16 pfennigs, pour permettre de constater également, rencaissement de la seconde pièce dans le cas de communications taxées à 20 pfennigs, la solution la plus simple est la suivante. Si l’on tient compte de ce que les conversations avec la banlieue sont beaucoup moins fréquentes que les conversations urbaines de jour, on peut admettre que, pour les premières, l’encaissement ne soit plus entièrement automatique; l’employée peut, en effet, le vérifier sans perte de temps sensible. Cette vérification s’opère à l’aide d’un signal acoustique obtenu grâce au relais Re et au pendule P2 (fig. 1). L’employée doit alors, avant de donner la communication demandée, prier l’abonné d’appuyer sur le bouton K«. La pièce tombe dans la glissière d’encaissement Ri et ferme, pour un instant, le contact Fe; un circuit, parcouru parle courant de la batterie,, s’établit alors par le fil A de la ligne de l’appareil automatique et le relais lte. L’armure de Re est un instant attirée et le pendule P», écarté de sa position de repos; mais ce pendule vient buter contre la vis Aa*a ; il oscille donc pendant quelques secondes et vient toucher tantôt l’un, tantôt l’autre des deux ressorts extérieurs, ouvrant et fermant ainsi alternativement le circuit de la ligne b de l’appareil automatique. Les oscillations du pendule P2. se traduisent dans le récepteur de l’employée par un ronflement. L’encais sèment de la seconde pièce a lieu de la même manière. Le passage des deux pièces dans la boîte disposée à cet effet s’opère automatiquement, comme dans le cas des conversations à 10 pfennigs, lorsque le relais R/t entre en action par suite de l'interruption de la communication au bureau central. Si l’on munissait le relais R«> d’un mouvement de compteur, ce mouvement, avançant d’une dent à chaque passage d’une pièce dans la glissière Ri, indiquerait,la recette réelle. Par contre, au bureau central, serait, disposé un compteur n’enregistrant que les communications avec la banlieue ou les communications de nuit.
- Il y a encore lieu de remarquer qu'iJ n’est pas nécessaire de prévoir un relais spécial pour l'appel de l'abonné possédant un appareil automatique, étant donné qu’on peut utiliser dans ce but le relais d’encaissement R/c.
- La figure 3 représente le schéma simplifié d’un appareil à prépaicmcnt automatique.
- (Elektroiechnische Zeitschrift, icr janvier 1914.)
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- CORRESPONDANCE
- Moteurs triphasés à. vitesse variable et à, caractéristique shunt.
- Monsieur LE DIRECTEUR,
- Permettez-moi d’ajouter un bref commentaire aux notes sur les moteurs triphasés à vitesse variable et à caractéristique shunt et avec alimentation par des bagues et régulation par deux Jeu.c de balais, qui ont paru dans vos numéros des a/j mai et 5 juillet iqi3.
- Le premier mode de régulation de ce genre a été décrit dans un brevet français n* 41 a 7G7 des Eta-blissements Siemens-Schuchert (voir § 5 du résumé de ce brevet), dont la priorité remonte au aa février 1909 et se trouve, par conséquent, beaucoup plus ancienne que celle du brevet français n° 4 40 701 sur le même objet, auquel se réfère votre collaborateur. De la même manière, le brevet autrichien correspondant n° 5i336, qui a été délivré le n janvier 1910 et dont la figure 1 a été extraite, est relatif au même dispositif de régulation de la vitesse par un double eu de balais.
- A A A A A
- V v V V V V V
- A A A A A f * / A *]
- VV VV VV'^V
- Fig. 1.
- La firme précitée a bien essayé, le 3 août 1910, de faire protéger par un brevet allemand une machine de ce genre pour le cas spécial du moteur proprement dit, ce qui n’était plus possible cependant. Il ne lui a été délivré que le certificat d’emploi n°45o 489, chose qu’il est possible, comme l’on sait, d’obtenir sans faire la preuve d’une stricte nouveauté.
- Tous ces brevets et demandes des Etablissements Siemens-Schuckert qui représentent les inventions du soussigné sont considérablement plus
- anciens que les brevets dénommés de l’Allmanna Svenska Elektriska Aktiebolaget et des Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, cités dans les communications en cause.
- Tous ces arguments ne se rapportent qu’à la priorité de l’idée de la régulation, mais non à la validité du brevet 438 090 de l’Allmanna Svenska Electriska A. Veuillez agréer, etc.
- Dcrlin-Westend, u8 novembre 1913. H- RuuEXIiERG.
- Monsieuu LE Dihecteur,
- Au sujet de la lettre de M. Iludenberg du '-*8 novembre 1913, je dois faire deux observations parce qu’il me semble que M. Rudenberg a passé sous silence deux faits très importants.
- Tout d’abord, je dois signaler que dans le brevet français n° tti'i jOy des Etablissements Siemens-Schuckert, en date du 12 janvier 1910, il n’est question que de transformateurs de fréquence, ainsi que cela ressort nettement de toute la description du brevet et spécialement aussi du titre: Procédé et dispositif pour la régulation des transformateurs de fréquence avec excitation par le stator. M. Rudenberg admet cela indirectement en ce sens qu’il a lui-même convenu que les Etablissements Siemens-Schuckert n’avaient demandé que beaucoup plus tard un brevet pour le moteur réglable. Si les Etablissements Siemens-Schuckert n’ont pas obtenu ce brevet, cela ne peut s’expliquer que par le fait que M. Rudenberg n’avait pas saisi la grande importance pratique de ces moteurs; cela découle encore du fait que la firme Siemens-Schuckert n’a jamais essayé de mettre ces moteurs en vente.
- Maintenant, qui, de M. Rudenberg ou de moi, a eu le premier l’idée d’un moteur réglable !’ La question est très incertaine car je puis démontrer, par des témoignages, que j’avais fait cette proposition bien avant que nous n’ayons demandé le brevet en Suède. Si nous n’avons pas demandé immédiatement ce brevet, cela tient simplement à ce que nous croyions que la commutation se ferait de façon très défavorable. Ce n’est que lorsque j’eus reconnu qu’au contraire la commutation était très bonne, pour la raison qu’il suffisait de faire passer jlans le commutateur une faible partie du courant, que nous avons demandé un brevet pour le moteur. Cet avantage
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- concernant la commutation a été reconnu comme très important par l’Office des Brevets Allemands et ce point a été, en conséquence, nettement mis en relief dans le brevet allemand.
- Mais, en dehors de la question de savoir lequel de M. Rudenberg ou de moi est arrivé quelques jours avant l’auteur à l’idée du moteur réglable, M. Rudenberg devra bien admettre sans difficulté que j’ai le premier compris la grande importance pratique de ces moteurs, car, il est un fait certain, c’est que
- l’Allmanna Svenska Elektrika Aktiebolaget a mss en vente avec un grand succès ces moteurs depuis deux ans environ et qu’au contraire les Etablissements Siemens-Schuckert n’ont jamais fait de tentative dans celte direction.
- En raison de ces faits, je laisse aux gens impartiaux le soin de décider à qui revient l’honneur de l’invention de ces moteurs.
- Veuillez agréer, etc.
- Vesteras, 3i décembre igi3. H. K. Schiiage.
- NOTES INDUSTRIELLES
- Le réglage automatique de la pression des gaz au moyen du régulateur électrique Thury.
- Le régulateur bien connu, inventé par M. Thury, et depuis longtemps appliqué au réglage de machines ou appareils électriques divers, fonctionne sous l’action d’une balance qui provoque le réglage, dès qu’elle est dérangée de sa position d’équilibre, en empruntant l'énergie nécessaire à un petit électromoteur indépendant.
- Cette balance reste librement suspendue et sa mobilité est indépendante de l’effort nécessaire au réglage : ceci permet de la commander par des organes extrêmement légers et sensibles, par exemple, l’aiguille d’un manomètre. C’est le cas, précisément, de l’application que nous voulons signaler ici et qui consiste à maintenir constante la pression dans des réservoirs ou canalisations d’air ou de gaz quelconques.
- Le régulateur Thury peut influer de plusieurs façons sur cette pression :
- i° En modifiant la vitesse du compresseur, par réglage de l’électromoteur qui l’actionne ;
- a0 En modifiant la section du conduit d’aspiration d’un compresseur à vitesse constante ;
- 3° En agissant sur une valve intercalée dansla canalisation, pour modifier la section de passage du gaz et contre-balancer ainsi les variations de pression provenant du compresseur.
- Les deux premiers modes de réglage peuvent généralement être réalisés par l’action directe du régulateur Thury sur les organes du compresseur ; pour le troisième, il est préférable, surtout si la canalisation est importante, d’employer comme intermédiaire un électromoteur auxiliaire manœuvrant la valve. Réglage de Vélectromoteur du compresseur. —
- Dans ce système, spécialement applicable aux moteurs à courant continu, le régulateur Thury porte uncadranà touches, aumoyen duquel ilmodifie l’excitation du moteur et ses résistances de démarrage.
- Dans un autre régulateur, installé dans une fabrique de lampes à incandescence, et chargé de maintenir à 3 m. 5o d’eau la pression d’un compresseur qui alimente des forges et des chalumeaux, le réglage agit d’abord sur le rhéostat d’excitation du moteur, puis sur quelques résistances en série avec l’induit. Le démarrage et l’arrêt de ce moteur sont assurés automatiquement par le régulateur.
- Réglage de la pression du gaz dans la canalisation même. — Ce système a été appliqué, notamment, au réglage de la pression du gaz des hauts fourneaux, grâce à l’emploi d’un robuste moteur auxiliaire qui actionne la valve par l’intermédiaire d’une vis sans fin. Le régulateur Thury ne joue ici que le rôle de commutateur automatique, mettant en marche dans l’un ou l’autre sens le moteur auxiliaire; la position intermédiaire sert à freiner ce moteur.
- Le régulateur de 'ce modèle est muni d’une colonne portant un débrayage automatique de fin de course, pour empêcher que le réglage agisse en dehors des limites voulues.
- Le régulateur peut être placé à distance quelconque de la valve, pourvu que son manomètre soit relié à la canalisation par une tubulure assez courte et de diamètre suffisant pour transmettre instantanément les variations de pression dans la canalisation. On peut brancher aussi sur la canalisation, en amont ou en aval de la valve, deux manomètres ordinaires, placés côte à côte, pour vérifier l’efficacité du réglage : l’aiguille du manomètre-aval doit rester presque immobile (on obtient le réglage à i % près de la pression normale).
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- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- La grève des mines de Rio Tinto a partiellement pris fin : un accord est en voie de se conclure entre la direction des mines et ses ouvriers.
- Au Mexique la situation ne se modifie guère et influe sur la production des mines de cuivre. Malgré ces deux causes de réduction, les stocks augmentent: la consommation diminue donc d’une façon sensible et les cours du métal sont maintenant plus en harmonie avec la réalité. On attribue ces résultats aux Etats-Unis qui semblent, dans l’expectative des événements mexicains. C’est l’incertitude partout, à Paris et à New-York principalement. L’année 191'! aura marqué un arrêt important dans la production, évaluée pour les Etats-Unis seuls à 1223700000 livres, en diminution de 19 568 720 livres sur l’année 1912; et un progrès plus important dans la consommation, les seules exportations des Etats-Unis s’étant élevées à 379 000 tonnes, en augmentation de 5oooo tonnes environ sur l’année précédente : 1914 ne présentera probablement pas la même situation à en juger par les symptômes actuels.
- L’Union Electrique, dont le siège est à Saint-Claude, a réalisé en 1912-1913 un bénéfice net de 346 187 fr. 07 pour un capital de 4 millions. Après attribution à divers fonds d’amortissements d’une somme de 116 563 fr. 65, il a été réparti 200000 francs aux actions ou 5 % , et affecté à une réserve spéciale pour amortissements d’installations et divers une somme de i8 653 fr. o5. L’Union Electrique comprend deux secteurs, celui du Saut-Mortier et celui de Cize-Bolozon : leurs recettes d’ensemble se sont élevées à 1 209 229 francs, tandis que les frais d’exploitation étaient de 718 875 francs, ce qui fait ressortir le coefficient d’exploitation à 40 % • En même temps que le fonctionnement des usines hydrauliques a été assuré au maximum par l’abondance des eaux, la consommation a augmenté dans une grande proportion : la production des usines a été de 14 615 562 kilowatts-heure dont 3n 040 kilowatts-heure fournis par les groupes à vapeur ; le kilowatt produit a donc rapporté 8 fr. 27 et a coûté 4 cent. 91. Le rapport fait mention de la mise en service de la nouvelle usine hydraulique du lac Ghalain qui est venue en aide aux usines du Saut-Mortier pendant la période des basses eaux ou les heures de superposition de l’éclairage et de la force motrice.
- L’Union Electrique a de plus réalisé une entente avec la Société des Forces de l’Oignon qui mettra à sa disposition tout son courant disponible : l’Union construira la ligne de raccordement entre son poste de transformation de Cize-Bolozon et l’usine de l’Oignon et facilitera un emprunt obligatoire de 5oo 000 francs destiné à couvrir les dépenses de premier établissement. Enfin, d’un accord pris avec la Compagnie Electrique de la Loire et du Centre, il résulte que celle-ci mettra à la disposition de l’Union une puissance de 3oo kilowatts et la secourera en cas de besoin, avec engagement de réciprocité. La Compagnie de la Loire et du Centre a d’ailleurs facilité à l'Union Electrique la consolidation de sa situation financière en lui consentant une avance de
- 3 5oo 000 francs à transformer au plus tard en 1915 en actions et en obligations à émettre. Le passif présente de ce chef un poste créanciers divers à terme de 4 524 600 francs, tandis que les exigibilités immédiates, dividende compris, figurent pour 1012 726 fr. 46 ; les disponibilités ne s’élevaient au 8 juillet 1913 qu’à 463 760 fr. 70. L’actif immobilisé représente avant amortissements i3 784 923 fr. 29 et après amortissements 12025873 fr. 5g. Les charges obligataires sont de 3 461 000 francs en titres de
- 4 % et 4 1/2 % ; il faut y ajouter la charge d’emprunt dont il a été parlé plus haut. L’Union, après avoir incorporé à son domaine les chutes de Cize et de Serrières, étudie l’extension de ses réseaux au Nord de Saint-Claude et Lons-le-Saunier en même temps qu’elle augmente les réseaux des communes déjà raccordées.
- En rendant compte dans notre numéro du 17 janvier des résultats obtenus par Electricité et Gaz du Nord, nous avons signalé la participation qu’elle avait prise dans la constitution de la Société d’Elec-tricité de la région de Valenciennes-Anzin ; au sujet de cette constitution le Conseil de la Compagnie générale pour l’éclairage et le chauffage par le gaz s'exprime ainsi dans son rapport à l’assem blée du 18 décembre: « Nous avons avec un puiser sant groupe financier et industriel fondé en mars « 1913 cette société qui a pour objet la distribution « de l’énergie électrique dans la région industrielle « de Valenciennes, Le capital est dé'20 millions de a francs représenté par 80000 actions de 25o francs,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). — N°4.
- « il a été créé en outre ioooo parts bénéficiaires ». La combinaison réalisée le fut avec le groupe des Ateliers de Jeumont. Ce dernier s’était assuré une année auparavant la concession des tramways de la région et menaçait évidemment dans son développement la Compagnie Générale qui, par ses stations de Valenciennes et de Cambrai et ses projets à l’étude, tenait à s’assurer de son côté un privilège de concessionnaire d’éclairage, sinon de force motrice ; mais sa principale station de Valenciennes était insuffisante pour fournir toute la demande envisagée et son premier souci eût été de l’agrandir en la doublant tout en la modifiant profondément. Des accords intervenus, il résulte que la nouvelle Société a construit une usine de 20 000 kilowatts comprenant quatre groupes turbo-alternateurs de 5 000 kilowatts, susceptibles d’ailleurs d’être doublés par des groupes plus puissants et capables en tous cas de se substituer dès leur mise en service aux anciennes installations de la Départementale Electrique. La Compagnie générale pour l’éclairage et le chauffage par le gaz exploite en Belgique, en France et même en Italie nombre d’autres usines à gaz ou' d’électricité dont les particularités sont les suivantes : le développement des conduites de gaz est de 863 531 mètres, desservant 57 861 abonnés : le développement des canalisations primaires d’électricité est de 268 962 mètres, celui des canalisations secondaires de 341 8i5 mètres, la puissance installée aux Centrales étant de 13 693 kilowatts pour un débit de 17 829 100 kilowatts-lieure : ce dernier chiffre est en augmentation de 3 197 127 kilowatts-heure.
- Les capitaux immobilisés de ce dernier chef, s’élèvent à 7 366 371 fr. 04, somme dans laquelle l’usine et le réseau de Valenciennes rentraient pour 3 479 5z5 fr. 5o. Les résultats généraux de l’exploitation de toutes les usines se chiffrent par un bénéfice de 3 261 876 fr. 09; le capital engagé est supérieur à 3o millions. A ce bénéfice, il y a lieu d’ajouter les intérêts divers, les revenus du portefeuille. La Compagnie générale est intéressée en effet dans nombre d’affaires de distribution de gaz ou d’électricité dont les principales sont les Compagnies réunies de gaz ou d'électricité de Lisbonne, la Société d’Electricité du bassin de Charleroi, la Société d’Electricité du Nord de la Belgique, la Société d’Electricité de Boripage, etc... Toutes ou presque toutes ces sociétés ont distribué des dividendes pour leur exercice écoulé et l’ensemble de leurs valeurs, portées au bilan pour iSSipôoofr. 54 a rapporté à la Compagnie 1017 314 fr. 4o. En tenant compte de cette somme, maisaprès déduction des frais généraux, le compte de profits et pertes se solde en définitive par 3 5o8.636 fr. 55 Une large part a été faite aux amortissements : elle estdei 807 ioofrancsplusde 5o % ; le solde à répartir n’était plus que de 1 701 536 fr. 55 permettant de distribuerauxactionnaires un dividende de 12,5 % ou 52 fr, 5o par action. En regard des immobilisations dont nous avons donné plus haut un aperçu et qui se totalisent à l’actif du bilan par 3i 3o4 791 fr. 93, on trouve au passif 20 8i3 278 fr. o5 de réserves diverses, compte de prévisions et amortissements.
- T. R.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — La commande des 1 85o wagons de la Compagnie des Chemins de fer de l’Est a été répartie ainsi qu’il suit :
- 225 wagons-tombereaux, à la Franco-Belge.
- •22.5 wagons-tombereaux, à Baume et Marpenl. i5o wagons-tombereaux, aux Ateliers du Nord de la France (Blanc-Misscron),
- 675 wagons couverts, à. la Société Lorraine Dietrich (Lunéville).
- wagons couverts, aux Ateliers du Nord de la France 173 wagons plats, à Baume et Marpent.
- 173 wagons plats, à Malissard-Taza, à Anzin.
- Belgique. — L’Administration des Chemins de fer de l’Etat belge commande,’en mars, 854 wagons à marchandises de types différents.
- ÉCLAIRAGE ET FORCE MOTRICE
- Espagne. — D’après les I)aily Consular and Trade Reports, de Washington, l’emploi de l’électricité comme moyen d’éclairage se généralise de plus en plus dans le sud de l’Espagne. Les lampes électriques et accessoires trouvent, en conséquence, des débouchés intéressants daus ces régions. La Compagnie du gaz de Séville vient d’ailleurs d’installer un réseau électrique pour concur-
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- 24 Janvier 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 127
- rencer la Société d'électricité. Le courant fourni est continu et triphasé à 5o périodes; le voltage est de no et 120 volts.
- Le conseil municipal de Villarubia los Ajos (province dé Ciudad Real) a accordé une concession pour l’éclairage électrique de la ville pendant une période de vingt ans.
- Le conseil municipal de Villanubla (province de Yalla-dolid) demande que des propositions lui soient soumises en vue de la concession de l'éclairage électrique.
- Turquie d'Asie. — La municipalité de Trébizonde a accordé une concession de quarante ans pour la distribution de l’électricité. La population est de 60 ooo habitants. On utilisera une chute d:eau sur la rivière Deirrnen.
- DIVERS
- Examen pour le contrôle des distributions d'énergie électrique.
- Aux termes d’un arreté en date du 17 novembre 1913,
- PUBLICATIONS COMMERCIALES Ateliers de Construction Oerlikon (Suisse •
- Le moteur électrique dans l’industrie textile.
- *
- * *
- Société Française d’Electricité A. E. G.
- 72, rue d’Amsterdam, Paris.
- A. E. Gdécembre 1913. — Le 76e anniversaire d’Emile Rathenau.
- Les turbo-compresseurs A. E. G. pour un volume d’air aspiré de 100 000 mètres cubes à l’heure.
- Les progrès des turbo-pompes à vapeur dans les usines élévatoires.
- L’installation électrique d'une papeterie anglaise.
- Une visite à l’exposition permanente de l’A. E. G.
- SOCIÉTÉS
- Tableau des recettes d’exploitation du mois de novembre 1913.
- DÉSIGNATION ANNÉE 1913 DIFFÉRENCE ENTRE LES RECETTES DES DIX PREMIERS MOIS en 1913 et en 1912
- Recettes du mois de novembre Recettes depuis le début de l’année en faveur de 1913 en faveur de 1912
- fraucs francs francs francs
- Energie Electrique du Nord de la France 375 980 3 3a5 694 771 i5i
- Société Roubaisienne d'Eclairage 3i6 773 2 707 400 124 797
- Electrique Lille, Roubaix, Tourcoing 186 908 2 039 270 224 637
- Compagnie Electrique de la Loire et du
- Centre 568 266 5 619 991 760 140
- Société Générale de Forces Motrices et d’Eclai-
- rage de la ville de Grenoble 5o 317 417 565 9 o5/,
- Société des Forces Motrices du Haut-Grési-
- vaudan 65 5q8 646 736 3i 366
- Union Electrique 121 092 1 i3i 816 196 944
- Société d’Elcctricité de Caen 86 655 7i5 608 120 547
- Société Méridionale de Transport de Force. ... 187 385 1 836 766 234 290
- Sud-Electrique 2G4 137 2 321 042 473 896
- Est-Electrique 114 484 944 3i8 365 375
- Electricité de Bordeaux et du Midi 180 682 1 285 064 117 787
- Energie Electrique du Sud-Ouest 233 368 2 124 49° 432 288
- Energie Electrique du Littoral Méditerranéen. 62 3 22 3 fi 658 748 52 1 '899
- Chemins de Fer Electriques départementaux de i
- la Haute-Vienne 74 260 789 219 364 717
- Tramways de Roubaix-Tourcoing 185 400 I 961 273 90 124 n-
- des examens auront lieu le jeudi 3o avril 1914* dans les villes qui seront désignées ultérieurement, pour l’obtention du certificat d’aptitude au contrôle des distributions municipales d’énergie électrique, dans les conditions fixées par l’arrêté du 27 décembre 1907.
- Pour être admis à subir les épreuves, les candidats doivent être Français et âgés de plus de vingt et un ans au ier janvier 1914*
- 'foutes les demandes d’admission devront être adressées* sur papier timbré, avant le ict* avril 1914? au ministère des Travaux publics, par l’intermédiaire du préfet du département où résident les candidats.
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de Paris.
- 1913 1914
- Du 101' au 14 janvier... 2 3o6 i3i 70 2 404 378 66
- Du 15 janvier........... 161 678 55 180 677 60
- 2 467 710 25 2 585 o56 i5
- Chemin de fer Electrique souterrain Nord-Sud de Paris.
- Les recettes du i,:r au 10 janvier 1914 se sont élevées à 398 794 fr. 45 contre 292 5o5 fr. o5 pendant Ta même période en 1913, soit une augmentation de 2fi 289 fr. fo.
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- T. XXV (2° Série). — N° 4.
- Omnium Lyonnais de Chemins de fer et Tramways.
- Tableau comparatif des recettes du ier janvier au , io janvier.
- Cannes 681 20 j5 396 »
- Fontainebleau ... 4 i65 )) 3 648 25
- Bourges ... 5 5ai 40 5 727 40
- Poitiers ... 4 9°3 65 4 873 35
- Troyes 8 463 20 8 io3 65
- 5 996 , 25 6 >49 5o
- Cette 3 6a5 55 3 472 95
- Armentières . 648 35 2 45o 85
- Totaux 014 60 49 821 95
- Avignon ... 4 874 5o 5 680 35
- Saint-Etienne, Firminy ... 56 172 55 58 532 2 5
- CONSTITUTIONS
- L’Electrique de l’Est. — Capital : i5o ooo francs. — Siège social : Stenay (Meuse).
- Société Charentaise de Distribution Electrique. —
- Capital : 200 .000 francs. — Siège social : 6, rue Saint-Vincent-de-Paul, Paris.
- Compagnie Parisienne pour la Fabrication des Compteurs et appareils divers. — Objet : exploitation d’objets ou appareils se rattachant à la production ou l’emploi du gaz, de l’électricité et tous agents d’éclairage et de chauffage. — Durée : 99 ans. — Capital :
- 1 125 000 francs, divisé en 2 200 actions de 5oo francs, dont 1 45o attribuées à la Compagnie pour l’Eclairage des villes en représentation de ses apports. — Siège social : 106, rue de Lourmel, Paris.
- Compagnie Générale de Secteurs Electriques Français. — Objet : la construction, l’entretien et l’exploitation de toutes usines et de tous réseaux ou lignes de transport ayant pour but de produire, transporter et distribuer l’énergie électrique et particulièrement dans la région de la Côte-d’Or et de l’Ailier et tous actes et
- toutes opérations se rapportant à l’objet de la Société. — Durée : ?5 années. — Capital social : 2 000 000 de francs, divisé en 4 000 actions de 5oo francs.chacune, dont 120 sont des actions d’apport et 3 880 à souscrire en numéraire et à libérer d’un quart à la souscription.
- CONVOCATIONS
- Société d’Electricité Industrielle. — Le 26 janvier, 85, rue Richelieu, à Paris.
- Société d’Etudes des Forces Hydro-Electriques de l’Ance. — Le 27 janvier, 94, rue Saint-Lazare, à.Paris.
- Société des Usines à Gaz du Nord et de l’Est. —
- Le 27 janvier, 27, rue de l’Arcade, à Paris.
- Société Française de Matières Isolantes et d’Appli-cations Electriques.,— Le 6 février, 19, rue Blanche, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- BELGIQUE ,
- Le ii février, à 11 heures, en la salle de la Madeleine, à Bruxelles, fourniture de bouchonsde buis et de bobines thermiques pour l’administration , des télégraphes et des téléphones (cahier des charges spécial, n° 226); ier lot, 172 000 bouchons obturateurs pourjacks non utilisés de commutateurs de batterie commune et 1 200 id. de tables standard; caut. : 1 3oo francs; — 2e lot, 4 000 bobines thermiques pour parafoudres de postes d’abonnés et 22 000 id. pour répartiteurs; caut. : 800 francs. Soumissions recommandées le 7 février.
- Le 20 février, à midi, à. l’hôtel de ville, à Anvers, fourniture et montage de 3 chaudières à vapeur ii l’usine hydraulique du Nord, quai Est du bassin de Kattendijk j caut. : 2 000 francs; cahier des charges, o fr. 5o.
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- Punis. — IMPRIMERIE LEVÉ, 13, RLE CASSETTE.
- Le Gérant : J.-B. Nouet
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- Trente-sixième année. SAMEDI 31 JANVIER 1914. Tome XXV i2« série). — N° &
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRB
- L. Barbillion. — Champs multiformes et for-
- cés électromotrices d’induction qui en dérivent (Addendum)......................... iay
- L. Isambbrt. — Température des machines électriques destinées à un service intermittent..................................... 133
- A. Gavan». — Les relais d’intensité dans les stations centrales. Leur fonctionnement lors d’un court-circuit brusque en ligne..... i36
- Publications techniques
- Essais de machines
- Les distances explosives dans les installations
- électriques. — Gino Rebora.................. 140
- Calcul de la température intérieure des bobines inductrices. —L. Binder............... i.'*3
- Distribution
- Nouveaux isolateurs tendeurs en porcelaine. . 144
- Les distributions municipales d’électricité en
- Angleterre.................................. i44
- Traction
- Navire à propulsion électrique par groupes
- électrogènes à moteurs Diesel. — J. R.
- Wilson.................................... i4:j
- Automotrice pétroléo-électrique des chemins
- de fer suédois............................. 14b
- Fourgons postaux automobiles.................. 146
- Statistique
- Les concessions de chutes d’eau accordées en
- Italie pendant l’exercice 1911-191-.»...... 147
- Les exportations électriques des Etats-Unis
- en octobre 1913............................ 147
- Notes Industrielles. — Localisation des défauts d’isolement et des ruptures dans les
- câbles sous-marins......................... 148
- L’importance de l’électricité ponrles fabriques
- de ciment................................ 151
- Protection des trains contre l’incendie....... ioo
- Moteurs synchrones pour ventilateurs........ 155
- Nécrologie.......... . ..................... 1 î>6
- Erratum. .................................... i56
- Etudes et Nouvelles Economiques............... 107
- Renseignements Commerciaux................... i"m)
- Adjudications................................. 160
- CHAMPS MULTIFORMES ET FORCES ÉLECTROMOTRICES QUI EN DÉRIVENT
- L’étude mathématique très simple publiée dans la Lumière Electrique (Numéros des 20 et 27 décembre 1913) (*) a provoqué, de la part de quelques-uns de nos excellents confrères électriciens, quelques remarques relatives à la forme d’exposition d’une part, et aux conceptions initiales de Vautre, dont il a été fait usage dans ce petit travail. On nous permettra d’essayer de répondre ci-après à trois demandes, plus particulièrement précises, d’éclaircissements qui nous sont parvenues. Ces demandes visent les points suivants :
- A. — Définitions des coefficients de réduction des flux et des coefficients dè réduction des forces électromotrices, coefficients dont il est fait usage dans les ateliers et qui prêtent souvent matière à des confusions réciproques.
- lî. — Comparaison des valeurs des forces électromotrices d'induction dans les cadres induits, suivant que les champs inducteurs varient ou non avec le temps.
- C. — Expressions les plus générales de ces forces électromotrices lorsque Vinduction n’est pas représentée par des fonctions sinusoïdales du temps et de l'espace.
- A. — Coefficients de réduction des flux et de force électromotrice.
- En réalité, le problème de la détermination de la force électromotrice d’induction engendrée
- (4) Champs multiformes et forces électromotrices d’induction qui en dérivent. L. Barbillion. Lumière Electrique, 20 et 27 décembre igi3, p. 358 et 38g.
- dans un enroulement composé de v cadres, suppose donc la détermination des valeurs algébriques des flux <I»i (l), <J>2 (t), 4»,(Z), embrassés par chacun des cadres ; la force électromotrice engendrée est ainsi égale à la valeur, affectée du signe — des dérivées en question.
- On ne confondra donc pas deux éléments bien distincts, jouant un rôle important dans
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2° Série). — lï* S.
- l'établissement des dynamos el plus généralement des machines électriques.
- i° Le coefficient de réduction du flux qui est le rapport du flux réel réalisé avec un dispositif d’enroulement, de denture, etc., donné au flux théorique, qu’on obtiendrait avec des ampères-tours tous concentrés, suivant les lignes interpolaires (notion surtout utile pour les bobinages répartis);
- 2° Le, coefficient de réduction des forces électro-motrices, c’est-à-dire le rapport de la force-électro-motrice obtenue dans l’enroulement induit (v cadres occupant des situations diverses) à la valeur de cette force électromotrice, si tous les cadres étaient superposés de façon à ce que les conducteurs occupent des situations coïncidant avec les axes interpolaires.
- Le coefficient de réduction du flux dépend surtout de l’enroulement de l’inducteur : \e, coefficient de réduction des forces électromotrices d’induction est lié au premier, mais aussi intimement à l’enroulement induit.
- On voit que la détermination des llux <Iq {l), <I>2 (t)... «Iq (t), sous leur forme la plus générale, constitue un problème complexe. En effet, ce problème revient, quand le flux n’est pas réparti sinusoïdalement par rapport à l’espace et quand le courant ne varie pas sinusoïdalement dans le temps à une détermination empirique de ces fonctions représentatives.
- Quand l’ensemble de ces cadres passe d’une région polaire Nord à une région Sud, la variation des flux embrassés est 2 <I>,, 2<ï>2.... 2 <Iq, la force électromotrice moyenne, développée dans les v cadres associés est :
- 2<I>, -j- 2*1*2 + • • • + a<I’v
- : ë '
- 0 étant le temps
- du passage d’une région
- polaire à l’autre.
- La force électromotrice optirua aurait été :
- E
- ’moy —
- 2<]>jV
- ~1T
- d’où :
- Enmv ___ '!>, -f- *1*2 ~j~ • • • ~4~ *1*.
- E'nioy V<1>,
- Ce mode de calcul très simple, et pour l’établissement duquel nous avons simplement supposé l’induction indépendante du temps, est souvent très suffisant en pratique. Mais s’il peut être considéré comme rigoureux en ce qui concerne l’obtention des valeurs moyennes, certaines distributions anormales de flux ou le mauvais choix d’une répartition des cadres, peuvent donner naissance à des forces électromotrices instantanées peu compatibles avec la forme pseudo-sinusoïdale, ou plus généralement avec la variation continue qu’on cherche à réaliser.
- B. — Comparaison des valeurs des forces électro-motrices d’induction dans les cadres induits, suivant que les champs inducteurs varient ou non avec le temps.
- Cas où le champ inducteur ne varie pas avec le temps.
- Gomme nous l’avons dit, on procède souvent ainsi : on commence par calculer le coefficient de réduction du flux h, c’est-à-dire le rapport du flux produit dans un pôle avec des ampères-tours disposés comme ils le sont en réalité, au flux qui serait créé si les ampères-tours étaient bobinés suivant les lignes neutres.
- On a ainsi le flux dans l’espace polaire envisagé. On calcule, en supposant ce flux uniformément réparti dans cet espace polaire, le quantum de flux embrassé par
- x le cadre i <1>,
- le cadre 2 <1>2
- le cadre v «I»,.
- Cas d'un courant inducteur fonction du temps.
- Remarque. — Dans ce qui précède, nous avons supposé que le courant inducteur était constant.
- Dans le cas où le courant inducteur est variable, les variations des flux embrassés par les cadres, quand ceux-ci se déplacent d’une région polaire à une autre, dépendent de deux causes :
- i° Le déplacement du cadre;
- 20 La variation de l’induction dans le temps.
- Soit 0 le temps nécessaire au repère, milieu du système, pour passer d’un axe polaire à l’axe suivant (voir fig. 19).
- Les* flux embrassés ont pour valeur, à l’instant t :
- <Iq = «Iq0 COS (Q£ — o)
- «I\ = «I>,0 cos (ü£ — 0)
- <ï>V.. 'I>°v, valeurs des flux embrassés (quand I le repère se trouve en face d’un axe polaire) par ! les cadres 1,..., v, d'ans l’hypothèse où le courant excitateur est maximum (i0).
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- 31 Janvier ldl4.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 131
- i0 cos g (valeur initiale du courant excitateur, à l’instant o).
- Au bout du temps 0, les flux embrassés sont: — <1»!° cos (£22 — g -f- 120)
- — <1>,° cos (£22 — g -f- £20)
- car les flux pénètrent dans les cadres par une face différente de celle correspondant au départ et, si le courant excitateur restait constant, il
- 11 y v JT
- . l'i;/. 1 !)•
- faudrait bien adopter le signe — devant l'expression absolue de ces flux. Les variations'de flux sont donc :
- A<I>, = O'i0 cos (£22 — g) -)- d’i0 cos {O.t — a -f- £20)
- A<I>V — <I>„« cos (£22 — g) -f «1»," cos (£22 — g -f- £20) ou
- 1 £20"i £20
- A<J>, = ad*!0 cos • + t] COS
- A«I>, 1 , £20 | 1 £20
- 2<I>„# COS ü,- cos-
- Pour 2 = o, c’est-à-dire au départ, il vient simplement :
- r £20 -i £20
- A»!*! = 2 '!>,° cos-----------G I cos —
- 1 -» J 2
- r £20 i A<bv = a O’»0 cos —----------rs I
- £20
- La force électromotricc moyenne totale est donc :
- E,,
- £20 r £20 t r
- 7C0BLt-8JL
- ‘V + 'V4- ... <1>V°
- }
- En particulier, sio:=:o (au point de départ). On aura :
- w _ 2 ûônv + «V+ ••• +(V]
- Etot. moy. — 2 cos I ---------^--------- |.
- Cette expréssion est prise en valeur absolue.
- Pour que Ë totale soit nulle, il*faudrait que :
- £20 r.
- — = - ou £2 0 == ic. a a
- C’est du reste évident : au moment où les cadres, après avoir quitté la position de symétrie pur rapport à l’axe polaire n° i, sont venus se placer en lace de l’axe polaire n° a, le courant inducteur s’est renversé. La polarité ne s’est doue pas modifiée dans la région polaire correspondante. 11 n’y' a pas de variation de flux, donc pas de production de forces électromotrices moyennes.
- Nous examinerons (‘gaiement, dans le même ordre d’idées, l’expression de la force électromotricc totale dans le cas le plus général, c’est-à-dire dans celui où il n’est pas fait usage, pour sa représentation, de fonctions sinusoïdales.
- C. — Recherche de l’expression de la force électromotrice totale dans le cas le plus général.
- Ayant obtenu cette répartition par rapport à l’espace — / (/>?), o angle d’écart du repère utilisé pour définir les espaces par rapport à un axe polaire, par exemple (dans l’hypothèse sinusoïdale cette loi est : 2® = é30 cos pS), il restera à trouver les lois <I>, (2), <1>2 (2), etc. des flux
- embrassés aux divers instants par les diverses bobines i,v.
- On peut, par exemple, dans le cas d’une répartition de l’induction par rapport à l’espace plus ou moins complexe, calculer ou trouver graphiquement ces flux aux instants 22... 2 v, et former une loi approchée des variations <I>) (2), <]>2 (2J... <I>v (2), traduite graphiquement
- ‘fl, (2.) <I>2 (2j) . *I\ (2,)
- ‘1>, (22) <i>2 (22) ... 4», (22)
- <1*! Uj) 'I>2 (tj) <l>« (2y)
- La solution mathématique rigoureuse de la question supposerait qu’on forme successivement les fonctions :
- (par rapport à l’espace o mesuré par rapport à un axe polaire).
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- 132
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2« Série). — N° 5.
- Si ce flux est étendu à la bobine i, nous prendrons les limites
- + - à
- ip
- ip‘
- S’il est étendu à la bobine 2, il faudra prendre comme limite
- + (^ + “) 01
- a étant l’angle qui sépare les conducteurs voisins des deux bobines.
- Nous aurons «loue :
- •I',
- J
- \T,,
- 10 [') — di 1
- •I',
- -P
- f‘)
- = I en \o) —- do
- j ' .
- / „ „ DL <!>., — I en (8)------------------------------ci
- Ces fonctions de l’angle 2 définissent les flux passant dans les cadres i, 2... v, quand ces cadres restent fixes. T.’expression des flux embrassés par les cadres est donnée par les expressions suivantes, quand les cadres se déplacent :
- -I f
- -(ç-'l
- Dans ces expressions, en peut être aussi fonction du temps (courant inducteur alternatif). La forme la plus générale sera donc :
- 4è+",() .
- (V; — di.
- <J\ = / en
- «' Tr
- 7.
- [5,—
- en (S,
- ' -a-)
- ,ik+-+>*]
- K r— j as (s.i) «/s.
- -[5—'—<—*>.]
- Dans le cas particulier d’une double répartition sinusoïdale, nous aurions :
- =r t'30 cos p 3 cos Qt.
- Nous retomberions aisément sur les iornies déjà données plus haut pour les forces électromotrices développées dans ce cas.
- Dans le cas le plus général, la force électromotrice totale sera donc donnée par l’expression :
- L|otalo-----
- DL d
- 2 dt
- Jè+u/+(v7')a]
- I en(tli)di+...+ I t8(£,S)rfâ.
- L-(,7—) -[^—<—>-] J
- Algébriquement, cette force électromotrice s'écrira :
- blnialo-- —
- DL
- /
- r!
- *-/>
- ^cd,/12!r/24-...fAïl2)^-7.-,..(v_lia+w^_
- _(è+ü')
- 1 ^l/ia,^(~J+(v_l)a+ü)*
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- 31 Janvier 1914.
- LA LUM1ÈUE ÉLECTKIQUE
- i:k!
- ou
- E totale —------------
- DL
- 2
- »P-Af'!l+ / -^i/,5U/3 +
- D«+-/
- ... + « !/(/,*) —
- ,r*r
- 4 '
- f étant une fonction obtenue eu remplaçant,
- dans [t, S), S par
- (•7^ + (v — k' a + “*)’
- f étant également une fonction obtenue en remplaçant, dans dï (7, S), 3 par
- V>
- (v — k) a — (<it
- f [t,a) = iR —\- (v — k\ a -|- “7 J
- /j (/,»' = ô? |^, -----------.-f- (v — k) a -f-
- (K nombre entier, dépendant du rang de la spire considérée, c’est-à-dire variant entre v et i .
- L. Raiiiiii.i.iox.
- TEMPÉRATURE DES MACHINES ÉLECTRIQUES DESTINÉES A UN SERVICE INTERMITTENT .
- Cet. article, qui intéressera surtout les constructeurs de machines électriques, donne le moyen, à l'aide d'essais simples sur un type de machine donné, de calculer un coefficient qui, reporté dans une formule, permet de déterminer le rapport, entre ta puissance de celte machine en service continu et sa puissance en service intermittent.
- I,a température atteinte en régime permanent par une machine électrique (quel que soit d’ailleurs son genre, moteur ou dynamo, et la forme du courant qu’elle produit ou .reçoit) est facile à déterminer une fois pour toutes pour un type donné; et les constructeurs, quand ils ont établi une nouvelle série de machines, ont de suite des données assez précises, à ce point de vue, sur chaque élément de cette série.
- Il n’en est pas de même pour la température atteinte par ces mômes machines en service intermittent (moteurs de treuils de pont roulant, de cabestan, etc...). En effet, le régime est très différent suivant les conditions de l’intcrmit-lence qui peut, être définie, si l’on veut, par le rapport du temps de pause au temps de travail ; et, les essais directs sont assez difficiles à faire en plate-forme rigoureusement dans les mêmes conditions que dans la pratique.
- Nous nous proposons d’établir, par une formule simple, le rapport des puissances d’une même machine pour un service intermittent bien défini, et son service continu.
- L’on peut tracer la courbe d’échaufîement fonction du temps de marche d’une machine électrique soumise à un régime de charge donné et constant (courbe 1).
- Temps en mm ut es
- Fig. i.
- L’on peut également tracer la courbe de refroidissement fonction du temps de repos de la même machine (courbe II).
- Si ces courbes sont tracées toutes deux dans des limites assez étendues, il sera facile de chercher graphiquement, à l’aide de ces courbes.
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- 134
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2° Série), — W 5..
- quelle est la température atteinte ppur ijq .service intermittent dont on connaît à la fois le temps de travail eL le temps de repos, il suflira de tracer la courbe brisée de la figure a, en s’aidant à la fois des courbes I et IL
- Si maintenant nous appelons n le rapport du. temps de pause au temps de travail, nous pouvons écrire pour la température d’équilibre xx.
- 9 — K — *’<>) P s .... P s (*'! — .r0)
- --- fl ---------------- .
- a a
- D’où l’on tire
- 9 — (n + 0 Ps (^'i — >'«)
- En exprimant Q en watts à l’aide d’un coefficient k
- w = *(/i + i)PS(.n—*o)- ('•)
- Posons
- » L’on voit que la position d’équilibre sera telle que le rapport des tangentes aux courbes d’échaufïement et de refroidissement soit égal au rapport du temps de pause au temps de travail. Soit maintenant : •
- Q, la chaleur produite par seconde en calories x, la température de la machine au temps T, 'x0, la température ambiante,
- C, le coefficient de rayonnement extérieur en calories par centimètre carré,
- S, la surface extérieure totale de la machine considérée (ou mieux de la partie la plus chaude de la bobine d’induit par exemple),
- M, la masse de la partie considérée,
- O, la chaleur spécifique.
- Posons
- . M >< C, == a.
- Nous aurons, comme équation, pour la courbe d’échauffemcnl
- Qdt — pS (.< — .t.’0) dt --- ad.v (i)
- d’où
- K p — - et 0 = ./ i — xü, a
- 0 étant l’accroissement de température* on aura
- - = * (5)
- W (n + 1)0 v 1
- Pour déterminer a il est nécessaire de faire une expérience sur la machine. Prenons la formule dans le cas particulier du service continu pour lequel N — O, on a
- S a
- w7 = 5
- d’où
- a =:
- se
- w;
- -(C)
- Un simple essai en marche continue pourra donc déterminer a à l’aide de la formule (6).
- L’on voit d’ailleurs que puisque a et S ne dépendent que du type de la machine ; pour un type donné l’augmentation admissible de watts consommés clans la partie considérée du moteur pour passer du service continu au service intermittent sera :
- d.v Q — {. V — .r0) p S
- H. =----------—- • W
- L'équation de la courbe de refroidissement, sera :
- p S (.r — .r0) dt == — a dx
- d’où
- dx
- dt
- pS (x — x0)
- r*)
- w
- “ n. -J— t .
- Augmentation correspondante de puissance au moteur.
- Prenons par exemple le cas d’un induit de ifioteur et établissons par le calcul le rapport des pertes fixes aux pertes variables avec la puissance. Dans cet induit, si nous ne tenons pas
- a
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 135
- compte des pertes frottements que nous supposons être dissipées par les paliers eux-mêmes, nous.n’aurons à considérer que les pertes danslc fer d’une part qui sont sensiblement fixes quelle que soit la puissance et les pertes cuivre qui croissent proportionnellement au carré de la puissance pour un enroulement donné et une
- tension donnée, soit — ce rapport, nous aurons :
- 9
- Wtoluux __ 9 + 1
- AVvariables 9
- Mais d’après la formule (5) nous avons vu que nous pouvons admettre une augmentation de pertes de n -j- I pour un service intermittent, c’cst-à-dire que :
- q _L_ i
- AV ^ — AV — Il AV|0taux r=: H AA variables - •
- 9
- Si nous égalons AV aux AV totaux.
- Donc :
- Wvarinblcs+Wi—W , »(9+>) .
- ------—------------ — i ~i-------. (.7 )
- V> variihlcs Ç
- Cette dernière équation exprime l'augmentation possible des watts variables quand on passe de la valeur n = o à la valeur n du coefficient d’intermittence.
- Et comme la variation de la puissance est proportionnelle à la racine carrée de la variation de ces pertes il vient, en appelant P n la puissance intermittente et P«=o la puissance en service continu :
- r.. = r .-vA+ïîîiO.
- Il faut falie une grande attention dans l’évaluation du rapport des pertes variables aux pertes fixes. En effet les pertes fer ne sont pas certainement. des pertes fixes, attendu qu’il y a souvent avantage à saturer les machines à service in termittent plus fort que les machines à service continu, et que cette saturation augmente les pertes fer.
- Il faut donc avoir soin si l’on veut utiliser la formule (8) d’établir les pertes fer dans le calcul en partant de l’excitation renforcée ou d’en tenir compte par une augmentation convenable de la quantité g.
- Si l’on a affaire à un moteur blindé, toutes les pertes entreront en jeu pour constituer les watts chauffant le moteur. Les frottements et les pertes fer sont des pertes fixes, sauf la remarque faite plus haut en cc qui regarde la saturation. Les pertes par effet Joule dans l’induit, et le collecteur doivent être classées dans les pertes variables et les pertes par effet Joule dans l’excitation sont des pertes fixes, même s’il s’agit d’un moteur à excitation série, car il sera toujours facile de modifier le nombre de spires et la section du cuivre à mesure que l’on augmentera l’intensité qui passe dans ces spires.
- En résumé, pour une machine moyenne, le coefficient q étant environ 1,7 on aura:
- r désignant le temps de repos, a désignant le temps de pause.
- (8)
- L. ISAMBIÎHT.
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- îiifi
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2« Série). — N° 5.
- LES RELAIS D’INTENSITÉ DANS LES STATIONS CENTRALES.
- LEUR FONCTIONNEMENT LORS D’UN COURT-CIRCUIT RRUSQUE EN LIGNE
- Les interrupteurs automatiques en usage dans tes Stations Centrales constituent un système de rupture beaucoup trop sensible aux perturbations brusques des réseaux. Dans le but. d'éviter les extinctions regrettables provenant du fonctionnement intempestif des disjoncteurs des machines génératrices, nous pensons qu’il y a lieu de « temporiser » leur action, quitte à étendre, s’il est nécessaire, l'emploi des réactances en vue de limiter les surintensités, et à installer concurremment d’autres appareils faisant office de capacité pour diminuer le décalage des réseaux.
- Les relais d’inlcnsité à champ tournant et action directe employés à la commande des interrupteurs à haute tension n'érhuppent pus à certaines critiques si l’on se place au point de vue de la continuité de la distribution d’énergie.
- En dehors de leur rôle qui consiste à protéger les machines génératrices contre les effets des surintensités, il leur est demandé la condition de sécurité suivante : accuser pour une même perturbation dans le réseau une sensibilité croissante à mesure qu’on s’éloigne dans le sens des courants. Autrement dit, dans une distribution comportant des génératrices M, des transformateurs T et des feeders F flig. i • les
- relais tics interrupteurs devront agir dans tous les cas avant ceux placés en amont. 11 est clair que, dans ces conditions, si un à-coup se produit sur l’un des feeders F, il n’entraînera pas la disjonction des transformateurs, ni celle îles machines : l’alimentation des autres lignes ne sc trouvera pas ainsi compromise.
- La pratique a montré qu’étant donnés les rapports de transformation des réducteurs d’intensité sur lesquels sont branchés les relais, et les limites inférieures admises par les constructeurs pour les intensités de disjonction, on ne pouvait obtenir un réglage convenable de ces appareils
- que pour des surintensités brusques, .notablement inférieures à celles des courts-circuits francs.
- Cette remarque mérite un certain développement.
- Nous indiquerons tout d’abord le mode de fonctionnement du relais à champ tournant et action directe en général. Cet appareil comprend essentiellement nue bobine parcourue par le courant secondaire d’un transformateur d’intensité; les deux extrémités du noyau de cette bobine embrassent un disque mobile autour de son axe. Sous l’action du couple électromagnétique qui s’exerce sur ce disque, celui-ci se met en mouvement jusqu’à ce qu’il ferme un circuit auxiliaire alimentant la bobine de disjonction de l’interrupteur asservi.
- Le montage des relais s’effectue sur les types <le réducteurs servantà la mesure des intensités : on monte généralement en série le relais et l’ampèremètre de mesure.
- L’adoption d’unités génératrices de puissance
- déplus en plus grande a conduit les constructeurs
- à augmenter le rapport de transformation de ces
- réducteurs. Dans un but d’uniformité, ils ont
- établi la série de leurs appareils suivant des rap-
- , 100 i5o xoo 600 , ,
- ports simples : —, —, -----...--- et au delà.
- 10 10 10 10
- Le choix de l’un de ces rapports n’offre aucune
- difficulté : on affectera, par exemple, un réduc-
- . doo .1 .....
- teur de -- a un alternateur dont 1 intensité en
- 10
- régime normal est voisine de îoo ampères.
- Considérons deux relais similaires, l’un A
- monté sur un transformateur de affectéàune
- 10
- machine génératrice, et l’autre B monté sur un
- transformateur de -— affecté à un feeder sud-10
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- 31 Janvier 1814,,
- LA ;lumiere Electrique
- '\y * y. ,'i
- 137
- posé branché directement aux barres d’alimentation. Lorsqu’il passe un courant de 6oo ampères dans le primaire, l’appareil A se trouve soumis au couple produit par io ampères, tandis que B, toutes choses égales d’ailleurs, l’csl au couple produit par 3o ampères.
- De nombreux essais ont montré que le temps t, mis par la partie mobile pour fermer le circuit auxiliaire, est représenté en fonction du courant i par une courbe telle que (i), figure 2, qui se rapproche de l’hyperbole équilatère (2) à laquelle elle se raccorde par sa branche supérieure. t________
- 10--------:------------------------------------
- 9-----------------—---------------------- —----
- g----------------------------------------------
- / |-----1—M 1------1+ 4----1----I---1---1
- L’équation de la courbe (2) est
- t -
- C
- 1 — a
- La courbe (1) est toujours moins inclinée que la courbe (2), et semble admettre en outre une asymptote
- B étant voisin de - de seconde, 5
- Les droites asymptotiques
- correspondent au courant minimum de démarrage du système.
- Le paramètre a dépend:
- i° Du moment d’inertie de la partie mobile, lequel est réglable dans certains types d’appareils : 1
- 20 De la portion du disque embrassée par le noyau de la bobine, c’est-à-dire du couple dû à l’unité de courant, couple également réglable.
- Nous avons construit les courbes pour diffé-
- rentes valeurs de a. Celles ayant pour asymptote
- \.ï . '
- 1 = «i y
- et
- 1 — a,
- correspondent aux valeurs extrêmes de a.
- C est une constante qui, pour chaque valeur de a, dépend du nombre de tours que le disque doit accomplir pour fermer le circuit auxiliaire. Afin de faciliter l’établissement de ces courbes, nous avons opéré avec la valeur de Cmax- Pour des valeurs inférieures, nous aurions des courbes qui se rapprocheraient davantage des axes de coordonnées.
- Le réglage des relais à champ tournant et action directe consiste à fixer, pour chaque appareil, une constante Ç et un paramètre a, tels que la condition de sécurité énoncée plus haut soit satisfaite pour toutes les intensités. Supposons les relais A et B réglés en a(. Etant donnés les rapports de transformation des réducteurs, le ^passage de 600 ampères sollicitera le relais A en deux secondes etle relaisB en une demi-seconde ; la condition énoncée se trouvé donc satisfaite ici pour un même réglage. Néanmoins, en pratique, il y a lieu de donner au relais A un réglage olx compris entre <xt et a„. Une étude approfondie des puissances distribuées par les différentes artères dai tableau de distribution conduira à une détermination satisfaisante de ax. Nous ne pouvons nous étendre sur ce point sans sortir du cadre que nous nous sommes tracé.
- Les constructeurs établissent leurs appareils pour des valeurs at inférieures à l’intensité normale des réducteurs. Ainsi, lin relais monté
- . , 60O ! ' A ' , , '
- sur un transformateur de — peut etre réglé
- pour fonctionner vers 7 ampères au secondaire (fig. 2). Ceci exige que ie système mobile ait un moment d’inertie assez faible. Dans ces conditions, sous l’action d’un courant dé l’ordre dè quatre fois le courant normal du réducteur, le disque agit pour le réglage a„, en lin tèmps inférieur à une seconde. On comprend dès lors, que pour les intensités de court-circuit, brusqué qui sont plus de vingt fois cellë_du courant normal des génératrices, les relais A et B tra-
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- T. XXV (2° Série), — N°5.
- 138
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- vaillent l’un et l’autre sur la branche inférieure de leurs courbes, même si l’on 'a affecté au relais A, le réglage
- &//) Cjjiojc
- et au relais B, le réglage
- c’est-à-dire si l’on s’est placé dans les meilleures conditions de sécurité possibles au point de vue qui nous occupe. Si nous supposons enfin que, dans ce fonctionnement rapide, le relais B ait agi sur son interrupteur avant A, comme l’inertie de ces appareils n’est pas négligeable, le relais À continuera sa course sous l’impulsion du couple moteur considérable, et arrivera inévitablement à fermer son circuit auxiliaire. Ce fait u’est malheureusement que trop vérifié.
- . On est arrivé à atténuer cet effet de l’inertie dans une certaine mesure, par l’emploi d’un dispositif de freinage magnétique.
- ' Celte action intempestive du relais A n’est pas à craindre si la surintensité, au lieu d’être brusque, s’établit d’une façon progressive..En effet, dans ce cas, l’appareil B pouvant agir sur son interrupteur avant que A ne commence à fonctionner, il ne saurait être question de l’intervention de l’inertie.
- Si nous nous reportons aux courbes de la figure a, nous remarquons que le fonctionnement rapide des relais à champ tournant et action directe, sous les fortes intensités, no permet pas de construire la courbe limite d’étalonnage a„, au delà des intensités supérieure^ à quatre fois le courant normal du réducteur. D’autre part, il est évident que, si les parties mobiles permettaient d!obtenir des disjonctions dans un temps appréciable lors des courts-circuits brusques, les valeurs de on seraient de ce fait beaucoup trop fortes, car la plage de réglage comprise entre an et oc„ se trouverait rejetée beaucoup plus à droite, les appareils au lieu de pécher dans les limites supérieures d’intensités pécheraient dans les limites inférieures. Leur réglage se compliquerait en outre de ce que l’on ignore la valeur exacte des intensités de court-circuit franc : celles-ci varient (railleurs suivant une certaine loi durant les prerpiers instants qui suivent leur établissement.
- 'Get^c dernière remarque nous conduit à dire uiVinot des phénomènes dont résultentles suvin-
- tensités lors de la mise en court-circuit brusque d’un alternateur. Nous extrayons l’analyse qui suit d’une remarquable étude présentée par M. Boucherot au Congrès Elcctrotechnique.de Turin en 1911 (*).
- Au premier moment du court-circuit, il y a production d’un courant permanent cfansl’induit, lequel dépend du courant d’excitation de l’alternateur; puis induction d’un courant continu dans l’inducteur par suite de la variation de flux dans ce dernier. Les courants dans l’induit atteignent de ce fait des valeurs très grandes, puisqu’il y a proportionnalité entre les courants induits et le" courant inducteur. Par un mécanisme analogue, des courants continus prennent également naissance dans les circuits de l’induit et engendrent encore un courant alternatif dans l’inducteur. Il s’ensuit que l’intensité efficace résultant dans
- Fig. 3. — 1. Turbo-alternateur; 2. Alternateur-volant.
- l’induit peut atteindre 20 à 3o fois celle du courant normal. Mais cette valeur est celle du courant à l’instant initial; et il convient de remarquer que cet instant est suivi d’une période variable durant laquelle le courant s’amortit.. En effet, les courants continus et alternatifs, qui prennent naissance dans l’inducteur et dans l’induit, s’amortissent suivant une exponentielle dont l’allure dépend des constantes de temps en jeu. La figure i montre la période variable du courant continu induit, dans l’inducteur. Pour un turboalternateur dont les fuites sont très faibles et dont les constantes de temps sont par suite plus ' élevées que celles des alternateurs-volants, la valeur initiale du courant est considérable et l’amortissement notable. Dans une telle machine, l’intensité efficace résultant dans l’induit met de
- 1 à i secondes pour atteindre le — de sa valeur
- 10
- initiale.
- (’) Les phénomènes électromagnétiques qui résultent de la mise en court-circuit brusque d’un alternateur.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 3i Janvier 1914 .c
- De cette brève analyse, on déduit que les efforts mécaniques, qui s’exercent sur les enroulements lors de la mise en court-circuit, sont maxima au temps t — o : aucun appareil de sécurité, aussi rapide qu’il puisse être, ne peut donc soustraire les alternateurs aux premiers effets de ces phénomènes.
- En admettant que ces machines résistent lors de ces premiers efforts, elles résisteront a fortiori pendant leur période décroissante. Quant à la quantité de chaleur dégagée par le court-circuit, elle est représentée par l’intégrale
- RjfWf.
- I, étant l’intensité efficace du courant de court-circuit résultant dans l’induit
- R, la résistance de ce dernier.
- M. Boucherot donne, dans son rapport de Turin, l’expression complète du courant de court-circuit instantané dans différents cas.
- Cette quantité de chaleur, bien que très grande, n’a pas le temps de provoquer un échauffement dangereux des alternateurs, si les interrupteurs automatiques fonctionnent au bout d’un temps t variant de quatre à six secondes seulement.
- Dans les débuts des turbo-alternatèurs, leur mise en court-circuit brusque a conduit à des effets mécaniques parfois désastreux. Les constructeurs ont été amenés à adopter des dispositions spéciales pour la fixation des enroulements dans leurs encoches et la consolidation de leurs parties latérales.
- Dans le but de limiter les surintensités, on fait usage de réactances aux bornes de l’induit et des transformateurs. Malheureusement, ces appareils absorbent une tension importante en quadrature avec le courant débité par les alternateurs; ce qui oblige ceux-ci à fournir en charge une tension supérieure de i5 à îo % à la tension pour laquelle ils ont été prévus. Mais si l’efficacité de ces réactances est réellement reconnue, n’y aurait-il pas place aune application judicieuse des
- « avanceurs de phase » (') avec* les principaux moteurs asynchrones des sous-stations, en vue d’une diminution du décalage des réseaux ? Leur emploi pourrait compenser et le prix d’acquisition des appareils à réactance et le supplément de dépenses de premier établissement que ces derniers entraînent du fait qu’ils nécessitent une augmentation de la puissance apparente des unités génératrices.
- Grâce aux dispositions spéciales dont nous avons parlé plus haut, les turbo-alternateurs ; résistent très bien à l’heure actuelle à tous les \ efforts mécaniques causés par les perturbations des réseaux. A ce point de vue, ils paraissent offrir line sécurité satisfaisante. !
- De ces diverses considérations, il ressort que le relais à champ tournant et action directe ne semble pas approprié à la commande des machines génératrices ou des transformateurs alimentant un certain nombre de lignes importantes. Il semble que la commande des interrupteurs de feeders doit lui être uniquement dévolue. Pour les groupes de transformateurs des stations centrales et surtout pour les unités génératrices, le « relais temporisé » à action indirecte (c’est-à-dire où la fermeture du circuit auxiliaire est produite par des organes mobiles dont la vitesse est indépendante de la valeur du couple électromagnétique) paraît mieux satisfaire à la eonti-| nuité de la distribution dont l’arrêt général est ! toujours regrettable. Cet appareil n’agit sur le ; circuit auxiliaire que dans les cas où ceux placés I en aval n’ont pu fonctionner. Or, dans une sta-! tion centrale, pourvue d’un personnel compétent.
- ' un contrôle périodique de tous les relais doit ! permettre d’éviter dans une large mesure ces 1 cas fortuits. '
- ! A. Gavand,
- Ancien élè ve de l’Ecole Supérieure «l’Électricité.'
- {*) Lumière Electrique, 22 mars 1913, résumé d’une j communication faite par M. Miles Walker à 1* « Institut I of Electrical lînginecrs » et Bulletin de la Société Inter- nationale des Electriciens, décembre 1908, Appareils 1 et machines à courant et mouvements alternatifs, par ' M. P. Bouchebot.
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- LÀ LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2‘ Série). V N» 5/
- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- ESSAIS DE MACHINES
- Les distances explosives dans les installations électriques. — Gino Rebora.
- En 1910 l’auteur a exposé les résultats d’expériences sur les décharges électriques dans l’air; il a alors indiqué les distances explosives quand l’étincelle jaillit entre deux pointés d’aiguilles et ilaremarqué que, toutes autres conditions égales, ce n’est qu’avec des forces d’électrodes déterminées qu’on peut obtenir des résultats comparables et dans un rapport donné avec les tensions employées. Sans méconnaître la valeur de la courbe des distances explosives entre pointes d’aiguilles ou entre électrodes de forme déterminée, on peut se demander quelle loi suivent, en pratique, les décharges entre conducteurs métalliques ét parois, murs en ciment, par exemple, dans lés ateliers, les tableaux de distribution, etc., ou bién encore entre des fils et des charpentes métalliques.
- Pour répondre à cette question, l’auteur a fait une série d’expériences qui démontrent, en particulier, qu’il y a lieu d’observer de plus grandes distances entre les parties métalliques pourvues de pointes vives et qu’en fait tout organe qui présente une pointe est dangereux parce qu’il facilite les décharges. Il suffit d’un grain de poussière, d’un poil, pour provoquer immédiatement une effluve visible dans l’obscurité et perceptible à l’oreille par un bruit de friture. Dans une installation à i5 000 volts, quelques fibres d’une garniture d’amiante suffiront à produire le phénomène en question.
- Les phénomènes électrostatiques sont, en général, l’origine de puissantes actions destructrices. La surtension ne peut guère avoir une énergie suffisante pour provoquer de graves dommages, mais elle prépare la voie en produisant, par exemple, une perforation imperceptible de l’isolant entre les spires d’un transformateur, en provoquant une effluve lumineuse sur un conducteur. Ces phénomènes intermédiaires ne font donc tout au plus qu’amorcer les graves acci-
- dents qui peuvent survenir ensuite aux machines et aux appareils. Un conducteur qui présente Une pointe, une aspérité quelconque, peut être l’origine d’une mise à la terre qui ne se serait produite qu’à une tension de 3o % supérieure peut-être si la pointe n’avait pas existé. Il est donc nécessaire d’avoir des appareils, des conducteurs et, généralement, des organes métalliques sous tension, de forme ronde, lisses, sans arrêts; en outre, il est indispensable de pouvoir déterminer avec sûreté les distances-limites à adopter, soit entre conducteurs, soit entre conducteurs et la terre.
- En passant, M. Rebora fait remarquer que les traces noires, qu’on observe sur les tableaux de distribution en face des fils à haute tension et qui apparaissent comme la projection de ces conducteurs sur le tableau, révèlent l’existence de faibles décharges continues qui lancent sur les parois les poussières contenues dans l’air.
- Distances entre conducteurs et la terre. — Pour les déterminer, l’expérimentateur a établi une sorte de statistique sur les distances minima réellement existantes dans les installations entre les organes sous tension et les murs ou les charpentes métalliques des locaux; il a noté où et quand se sont produites les décharges. Cette étude a porté sur 3o installations diverses d’Italie et de l’Etranger avec des tensions comprises entre 3 000 et no 000 volts. L’ensemble des observations a permis de tracer une courbe-limite ou de sécurité au-dessous de laquelle il n’est pas prudent de se tenir (fîg. 1).
- Dans le diagramme, on remarquera quelques points numérotés et qui présentent un intérêt particulier. Les points 1 et 1 correspondent à des minimums relevés dans une installation à 3o 000 volts entre couteaux à arêtes vives et maçonneries, et qui ont donné lieu à des inconvénients; dans l’obscurité, on observait des effluves intenses et une luminosité, signes certains de danger. Le point 3 correspond à la distance minimum entre les conducteurs de deux phases différentes d’une autre installation à 3o 000 volts ; dans ce cas également, il y a eu des
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- lamlümière électrique
- 141
- 31 Janvier, 1914.
- décharges réitérées. Le point 4 donne une distance observée . entre conducteur et mur dans une centrale à 55 ooo volts; elle n’a donné lieu à
- 3o tw âo âo jo 8o go 100 no
- Kilovolta .
- Fig. i.
- aucun accident, mais c’est une exception dans l’ensemble des cas observés. Les points marqués 5 correspondent aux distances minima recom-
- A.E.G RiCHAHtKJINt FU
- MAGRIN1
- mandées par la General Electric C°, mais non toujours observées par elle.
- Isolateurs intermédiaires. —* .Une autre recherche a été faite sur les isolateurs intermédiaires employés dans les tableaux de distribution et dont la hauteur détermine la distance des conducteurs aux supports métalliques et aux murs. Les expériences ont porté sur trois types courants représentés dans la figure 2. La longueur b comprend le chapeau métallique et diffère de a de 4o à 5o millimètres. Les isolateurs considérés sont du type lisse en porcelaine. Les tensions varient entre 3 ooo et 13o ooo volts et la courbe (fig. a) donne la relation entre les tensions etles hauteurs des isolateurs. Toutefois, la tension de service n’est que le facteur principal et non le facteur unique; il y a lieu de tenir compte de l’ensemble des phénomènes accessoires plus ou moins nets mais toujours existants, en rapport étroit avec la puissance, la manœuvre effectuée et les inconvénients habituels. Bien entendu, on a considéré l’action des isolateurs au seul point de vue de leur hauteur et non de leur forme.
- Distances explosives entre conducteurs et maçonneries. — S’il est évident qu’en outre de la valeur de la tension la forme et les dimensions de l’électrode influent sur les distances explosives, il n’en est pas moins vrai que l’étude des cas les plus probables et les plus fréquents peut fournir d’utiles renseignements. Dans les expériences exécutées en juillet 1908 et en juin igi3, au Laboratoire d’Electrotcchnique de l’Ecole Polytechnique de Milan, on s’est proposé d’étudier les lois des décharges entre les conducteurs et maçonneries de tous genres.
- Pour cela, on s’est servi de conducteurs en fil de cuivre de 2, 4, 5, 6 et 8 millimètres de diamètre, d’une barre de 3 X 10 et d’un tube de laiton de 2.3/22 millimètres: On a opéré, d’autre part, sur des murs en ciment, en maçonnerie de pierre, de briques creuses, en éternité et sur des charpentes métalliques. La tension maximum disponible a été de 100000 volts à 4® périodes.
- La figure 3 résume les résultats des essais tandis que la figure 4 donne l’ensemble des dispositifs d’expérience. La courbe A donnée dans la figure 3 est celle des distances explosives entre deux pointes et n’est tracée ici qu’à titre de comparaison, tandis que la courbe M donne, au contraire, la loi de variation des distances explosives entre les conducteurs (en bout) et les parois de maçonneries, de ciment, etc. — —
- Les conducteurs placés parallèlement aux pa-
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- rois bui-recourbés se comportent vis-à-vis de ces parois d’une façon à peu près similaire aux pointes d’aiguilles ; en tout cas, les décharges se produisent pour des valeurs nettement supérieures à celles obtenues pour les conducteurs en bout. Pour les conducteurs recourbés en arc de cercle (5, fig. 4) la loi est sensiblement la mégie que celle de la courbe A; il en est de même entre les conducteurs et les charpentes ou châssis métalliques. Avec les conducteurs tubulaires (tube de laiton de u3 millimètres), on a constaté que les décharges, à distance égale, se produisaient pour des tensions plus élevées qu’avec les fils; en fait, les résultats observés se groupent au voisinage de la courbe A et se trouvent même au-dessus de cette courbe.
- Conclusions. — Des essais exécutés on peut tirer les conclusions suivantes :
- i° Les distances explosives entre les conducteurs et les murs en ciment, etc., peuvent être notablement inférieures à celles observées entre
- i /ïftnnn
- 60000
- Millimétrés
- Conducteur
- in bout. parallèle. Essai.
- • Ciment armé o i
- q Maçonnerie de pierre. q 2
- X Brique creuse X 3
- Eternité^ 4
- en bout parallèle Essai
- O Conducteur 5
- JC Charpente ou chàeeis en fer 6
- Tube de lai ton 25mm • Charpente métallique q
- À Maçonnerie de pierre 8
- Fig. 3.
- deux pointes d’aiguilles. Ce fait a une importance considérable en pratique parce que les conducteurs et parois se trouvent souvent en situation de former électrodes. La courbe M résume les nombreux résultats observés pour descensions jusqu’à 100 ooo volts dans les conditions indiquées.
- a0 Les hauteurs minima de sécurité des
- isolateurs intermédiaires et les distances minima de sécurité entre les conducteurs et les parois, observées dans les installations les plus diverses, concordent sensiblement entre elles (fig. i et a).
- 3U Les distances minima de sécurité entre conducteur et terre sont telles qu’elles correspondent à une tension minimum de décharge à la terre variable entre i ,8 et a fois la tension
- normale de service entre deux conducteurs. En d'autres termes, dans un système triphasé, équilibré et isolé, le rapport entre la tension minimum de décharge et la tension réellement existante entre les fils et la terre sera d’environ 3 à 3,5.
- 4° La valeur de la distance dangereuse quand on change d’électrodes dépend de la distribu-
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- LÀ LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- M3
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- tion du champ électrostatique créé. Donc, encore une fois, il est confirmé que la distance par elle-même signifie peu de chose; toutes autres conditions égales, if faut toujours observer et relever soigneusement la forme et les dimensions des électrodes entre lesquelles se produit la décharge. En pratique, ces facteurs ont une influence très grande comparativement à la pression ambiante au degré hygrométrique, etc.
- (Alti dell' Associaiione Elecllrot. Ualiana, n° 3, 1913.)
- Calcul de la. température intérieure des bobines inductrices. — L. Binder.
- La surélévation do température dans les bobines inductrices des dynamos se compose d’un terme t/ dû à réchauffement dos parties environnantes, par exemple de l’induit, et de réchauffement .propre te. La somme t.c -J- tj se détermine par les mesures des résistances à pleine charge ; ta s’évalue également par la mesure de fa résistance, en faisant tourner la machine avec les pûles excités en sens inverse les uns des autres, de sorte qu’aucun courant ne prenne naissance dans l’induit. L’échauffement supplémentaire tf se déduit, donc de ces mesures. Pour une surélévation de température de 5o°C dansd’induit cet échauffement supplémentaire est de ao° dans line machine à courant continu sans pûles auxiliaires, de »5° dans une machine avec pûles auxiliaires, de 3o° lorsqu’il existe un enroule-rnênt de -compensation et de i5°Ç dans le cas d’inducteurs tournants.
- L’auteur indique un procédé graphique pour la détermination de l’échauffement propre te. Celui-ci provient d’un écoulement de chaleur perpendiculairement aux fils et d’un autre longitudinalement dans le plan des fils; ce dernier est dû à ce que la quantité de chaleur qui peut être évacuée entre les pûles est moindre que sur les surfaces frontales. Mais le courant longitudinal est, négligeable. Si l’on désigne par ç la quantité de chaleur dégagée en centimètres cubes de l’espace occupé par l’enroulement, par X la conductibilité calorifique intérieure résul-tanteetpar S2 la profondeur résultante de l’enroulement, la différence entre la température du
- Vitesse périphérique (ni : sec.)..........
- Machines à pôles extérieurs (enroulements
- fixes) h en \valts/cm2/°C...............
- Machines à pûles intérieurs (enroulements mobiles) h en walts/cm2/°C................
- point intérieur le’plus chaud e't la température moyenne de la surface extérieure est *
- ti t ii —
- 8X
- (S/-)*.
- Dans les grosses machines à bobines rectangulaires S/-= S du plus petit cûté du rectangle, dans les machines moyennes S/1 — o,i)5, dans les petites machines i?r — o,8 S. Dans le cas de sections circulaires, il est recommandable de transformer préalablement celles-ci en rectangles équivalents. La mesure de la résistance donne, pour la chute de température intérieure, 0,6 — ta).
- D’autre part, le tableau suivant donne quelques valeurs de la conductibilité calorifique en watts par centimètre carré et degrés centigrades pour divers matériaux:
- Cuivre......................, ....
- Aluminium.......................
- Fer..........................
- Paquet de tôles avec isolement du papier perpendiculaire aux tôles,
- lisse,,,,,,,,,...................
- Paquet de tôles avec isolement du papier perpendiculaire aux tôles,
- rugueux.............
- Caoutchouc
- Amiante ................
- Carton,.........................
- Papier.......... .................
- Coton.........................
- Soie..............................
- Air...........................: . . .
- 3.7 a,3 o.5a
- 0,oi i
- q,oq55
- o,ooa8
- 0,qqi8
- 0,QtM)9
- o,ooi 3
- 0,00062
- o,ooo52
- 0,00024
- La chute de température extérieure se compose de la surélévation de température due à l’échauffement des autres parties de la machine et clc la différence entre la température due à cet échauffement et la température moyenne de la surface extérieure.
- Cette différence est donnée par la relation
- W
- O/i’
- où W représente la chaleur produite en watts, O la surface extérieure des bobines et h la valeur moyenne delà constante de rayonnement calorifique.
- En tenant compte de l’échauffement supplémentaire, il y a lieu de prendre pour h les valeurs suivantes :
- 5 I O 20 40
- 0 ,002') 0 ,oo >o 0,0040 0 ,0060
- 0,0028 o,«>37 0 ,o85t» 0 ,0088
- (Archiv. fü ïr Elektr., tome II, n" 4, i9i3.)
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). — N«5;
- DISTRIBUTION
- Nouveaux isolateurs tendeurs en porcelaine.
- Pour satisfaire aux exigences rigoureuses dues à l’augmentation du poids des lignes aérie'nnes, deux nouveaux types d’isolateurs tendeurs en porcelaine ont été établis par la Westinghouse Electric and Manufacturing C”.
- Ces isolateurs sont une combinaison d’un chapeau métallique pour donner la résistance mécanique nécessaire et d’un bord en porcelaine donnant la résistance diélectrique.
- Fig. i. — Nouveaux types d’isolateurs tendeurs en porcelaine.
- Les parties métalliques de ces isolateurs se composent d’un chapeau en fonte malléable, d’un boulon à œil en acier estampé et d’un manchon en fonte malléable au moyen duquel le boulon à œil est solidement fixé. Les parties métalliques et la porcelaine sont réunies à l’aide de très bon ciment de Portland. Les surfaces cimentées sont ondulées en sorte que le joint en ciment ne peut céder que par cisaillement. La porcelaine est également pourvue d’ondulations sur la face inférieure.
- Comme nous l’avons dit, ces isolateurs se construisent en deux types : P lv et PK,. Les parties métalliques du premier sont shérardisées et celles du type PK|, le plus gros, sont galva-
- nisées à chaud. Le type PK est spécialement employé pour l’isolation de câbles lorsque la charge ne dépasse pas 723 kilogrammes.
- Le boulon à œil du type PK, présente des projections latérales de telle)façon que, lorsque deux ou plusieurs isolateurs sont employés en série, ils ne puissent pivoter que de quelques degrés, ce qui évite le danger de rupture de la garniture de porcelaine si elle venait à frapper le chapeau de l’isolateur voisin.
- [Electric Railway Journal, 20 décembre 1913.)
- Les distributions municipales d’électricité en Angleterre.
- Le Parlement anglais est saisi actuellement de divers projets de loi concernant des entreprises municipales de distribution d’électricité. Plusieurs usines municipales réclament notamment le droit de location directe par l’entreprise des appareils aux abonnés, la vente des appareils électriques et les installations étant confiées à des installateurs.
- En effet, en Angleterre, un certain nombre d’ingénieurs de stations centrales considèrent qu’ils sont considérablement en état d’infériorité vis-à-vis des entreprises de distribution de gaz, parce que les distributions municipales d’électricité 11’ont pas l’autorisation de louer des moteurs et du matériel électrique aux abonnés, tandis qu’ils sont parfaitement satisfaits de passer par l’intermédiaire des installateurs pour la vente des appareils et leur pose chez les abonnés. Les mêmes entreprises municipales qui réclament ce droit demandent également l’autorisation de contrôle de la qualité des matériaux et de l’exécution des installations par les entrepreneurs privés. Enfin, diverses entreprises réclament du législateur le droit d’avoir des magasins d’exposition et de faire de la publicité pour leurs distributions électriques.
- [Electrical Engineering, Sjanvier 1914.)
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- TRACTION
- J 48
- Navire à propulsion électrique par groupes électrogènes à moteurs Diesel. — J.-R. Wilson.
- L’un des navires les plus intéressants qui aient été construits en igi3 est certainement le Tyne-mount, étudié en vue de démontrer les avantages de la propulsion électrique des grands navires au moyen du moteur Diesel. Destiné à la Montréal Transportation C°, ce navire, qui jauge 9. /|00 tonneaux, est équipé avec 2 moteurs Diesel de 3oo chevaux chacun, à 4 temps et 6 cylindres, actionnant à 4oo tours par minute des alternateurs triphasés ; ceux-ci, à leur tour, fournissent le courant à un moteur électrique de 5oo chevaux qui actionne une hélice unique.
- Chaque moteur est divisé en groupes de 3 cylindres et l’arbre de distribution de chaque groupe est commandé par un arbre vertical disposé entre les deux groupes qui sont montés dans le prolongement l’un de l’autre. Le démarrage est opéré par l’air comprimé au moyen de
- Fig. i. — Groupe électrogène complet.
- 3 cylindres pourvus de soupapes de démarrage. Cet air sous pression est fourni par un compresseur à 3 étages directement actionné par l’arbre à manivelle du moteur et placé à l’extrémité arrière du groupe électrogène. Ce prolongement de l’arbre à manivelle commande également les pompes de graissage et la circulation d’eau. Quant aux pompes d’alimentation en combustible, elles sont actionnées par des excentriques de l’arbre de distribution.
- L’équipement électrique se compose de deux alternateurs triphasés, chacun directement accou-
- plé à l’un des moteurs DieseL Entre l’alternateur et le moteur, l’arbre de ce dernier porte, en outre, un volant. A 4oo tours par minute, ces alternateurs débitent chacun un courant de 970 ampères par phase, à 5oo volts, ce qui correspond à la puissance totale du moteur. L’un des alternateurs esta 6 pôles et l’autre à 8. Les fréquences correspondantes sont de 90 et 96,6 périodes respectivement. Une excitatrice est directement accouplée avec chaque alternateur et fournit un courant d’excitation de 3o ampères, normalement suffisant, mais qui peut être porté à 5o ampères pour les manœuvres. Ces deux groupes électrogènes fournissent le courant à un moteur d’induction de 5oo chevaux, de construction spéciale. Le rotor est du type à cage d’éciireuil, mais le stator est pourvu de deux enroulements différents et entièrement distincts, l’un de 3o et l’autre de 40 pôles. Lorsque ces deux enroulements sont alimentés en courant à 20 et 26,6 périodes respectivement, ils donnent la même vitesse de synchronisme de 80 tours par minute. Le moteur absorbe alors l’énergie totale des deux groupes générateurs et actionne l’hélice à 78 tours par minute, cc qui correspond au maximum de vitesse du navire.
- Pour obtenir une vitesse réduite, on modifie les connexions de manière à faire passer dans l'enroulement à 40 pôles du moteur le courant de l’alternateur à 20 périodes. L’alternateur à 90,6 périodes est alors arrêté' et l’enroulement à 3o pôles du moteur ne fonctionne pas. La vitesse de synchronisme du moteur et dé l’hélice est ainsi réduite à (io tours. On ne dispose plus alors pour la propulsion que d’un seul moteur Diesel, mais comme la vitesse du navire est réduite aux trois quarts environ de sa valeur normale, la moitié de la puissance totale des groupes électrogènes est largement suffisante. On réalise ainsi le grand avantage de pouvoir arrêter complètement la moitié des machines, dont on n’a pas besoin à faible vitesse. Remarquons que les deux alternateurs, quand ils fonctionnent ensemble, sont reliés à des circuits entièrement distincts et, par suite, ne marchent jamais en parallèle. Le fonc-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2* Série). — N° 5
- tionnement en parallèle serait absolumentimpra-ticable à bord, d’une part, parce qu’il exige beaucoup d’attention et d’habileté et, d’autre part, parce qu’il retarderait considérablement le démarrage du moteur de l’hélice.
- Le changement de marche est obtenu en permutant les connexions de deux phases. On se sert, à cet effet, de deux organes : un appareil du type contrôleur de tramway, à 5 positions différentes : pleine marche avant, demi-vitesse avant, arrêt, demi-vitesse arrière et pleine marche arrière; et un rhéostat pour introduire des résistances dans le circuit shunt de l’excitatrice. Les contacts des deux appareils se font dans l’huile, mais il ne convient pas que le circuit puisse être ouvert au moyen du contrôleur quand la totalité du courant passe dans le moteur; en conséquence, ce contrôleur est enclenché avec le rhéostat, de telle façon qu’il est impossible de manœuvrer le contrôleur avant que toutes les résistances n’aient été introduites dans les enroulements de champ de l’excitatrice, de manière à réduire pratiquement l’excitation à zéro. Le rhéostat se trouve verrouillé tant que le levier du contrôleur ne se trouve pas placé sur l’un des contacts. Ainsi, toute la manœuvre du navire peut être contrôlée au moyen de deux leviers enclenchés, de façon à les mettre réellement à l’abri de toute fausse manœuvre.
- (Power, 4 novembre 11)• 3.)
- Automotrice pétroléo-électrique des chemins de fer suédois.
- Des automotrices pétroléo-élcctriques sont utilisées depuis environ un an parles chemins de fer suédois.
- Dans ces voitures qui peuvent remorquer à une vitesse de (io kilomètres à l’heure ùn poids de 90 tonnes environ, un moteur Diesel de ^5 chevaux commande uiie génératrice à courant continu de 5o kilowatts, 440 volts. Le démarrage du moteur se fait à l’air comprimé. Deux réceptrices de 3o chevaux chacune attaquent les 2 essieux moteurs.
- La dynamo est reliée directement au moteur Diesel par un accouplement élastique et le groupe ainsi composé est placé perpendiculaire-mentà l’axe de la voiture; il a fallu, pour permettre la ^circulation autour du groupe, donner à la dynamo une forme particulièrement ramassée.
- Une batterie de 20 accumulateurs de 200 ampères-heures fournit l’éclairage et. le courant nécessaires aux organes de manœuvre. Cette batterie est placée dans le châssis de la voiture dans des caisses et peut être chargée par la dynamo génératrice pendant les arrêts ou les descentes.
- Pour le chauffage on utilise l’eau de refroidissement des moteurs Diesel. Le réglage de la vitesse s’obtient en faisant varier le nombre de tours du moteur Diesel.
- La dépense de combustible est d’environ o l'r. 0275 pour un train de 90 tonnes.
- Le rendement du moteur est très élevé puisqu’il n’y a pas interposition de résistance dans le circuit de la génératrice et que le réglage de la vitesse se fait par la variation du voltage.
- Les inconvénients sont le bruit du moteur, les vibrations et l’odeur désagréable.
- (Organ, ier septembre 1913.)
- Fourgons postaux automobiles.
- Le service postal de Vienne a récemment adopté des fourgons automobiles électriques qui ont été soumis à un essai d’une durée de i5 mois correspondant à un parcours total de 525 000 voitures-kilomètres. A la lin de cet essai, on a mis en service 45 fourgons de 2,5 tonnes de capacité. Chacun comporte une batterie de 41 accumulateurs au plomb, d’une capacité de 3oo ampères-heures pour une décharge en 5 heures et une intensité maximum de charge de 60 ampères. Le poids de ces batteries est de 900 kilogrammes et le parcours normal d’un fourgon à pleine charge est de 35 kilomètres. Les moteurs employés ont une puissance maximum de i5 chevaux. Ils sont à enroulement-série, blindés et montés dans les roues.
- Le poids de chaque fourgon à pleine charge est de 6 3oq kilogrammes.
- Le garage de ces fourgons est divisé en compartiments correspondant chacun à une voiture; il comporte en sous-sol l’équipement électrique nécessaire à la charge des accumulateurs. Pour la manutention de ces derniers, un élévateur installé derrière les fourgons reçoit les batteries d’accumulateurs déchargés et monte les batteries chargées de remplacement.
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- STATISTIQUE
- Les concessions de chutes d'eau accordées en Italie pendant l’exercice 1911-1912.
- D’après la statistique récemment publiée par le ministère des Finances d’Italie, il a élé concédé, pendant l’exercice 1911-191:*, io5 chutes
- possédées actuellement sans titre légitime est d’ailleurs extrêmement grand et, 'malgré les sanctions pénales édictées par une loi de 1884, 90 % au moins des dérivations actuellement utilisées se trouvent encore dans ce cas.
- Tahliîau. 1
- CONCESSIONNAIRE BASSIN OU COURS D E VU PROVINCE DÉBIT EN HECTOLITRES PAR SECONDE FORCE MOTRICE EN CHEVAUX
- Soc. Forze Idr, délia Maira Torrent Maira. Cmieo. 64 ,3o 14 1,5o 88 000
- Ville de Rome Rivière Aniene. Rome. 7 54 f 6 100
- Soc. Dinamo. : Torrent Cairasca. Novare. IO
- Ville de Terni Rivière Velino. Perugia. *20 3 665
- Soc. Ligure Toscana di ElcUricilà . Torrent Lima. Lucqucs. 22 ,66 2 365
- Soc. Dinamo Torrent Divéria. Novare. îo 1 429
- Soc. Ferrovie ed Imprese Eleltriche di Camerino Rivière Potenza. Maccrafa. >9 I I '2 '2
- Soc. Ligure Toscana di Elellriciià.. Torrent Corfino. Massa. 5 836
- Soc. Elettrica Ossolana Torrent Ovesca. Novare. 2 712
- Soc. An. Elettricità Alla Italia Rivière Sturp. î Turin. 5 518
- d’eau pour force motrice représentant une force totale de 68 180 chevaux. Il convienld’ajoutcr toutefois que dans ce chiffre sont compris des renouvellements de concessions et parfois des substitutions pures et simples de concessions nouvelles à des précédentes ou des renouvellements avec augmentation légère de débit et de hauteur de chute, ou encore des reconnaissances de droit d’usage gratuit. Les concessions pour force motrice faisant réellcmenl l’objet d’une nouvelle autorisation se réduisent à 70 dont voici les principales, d’une puissance supérieure à 5oo chevaux.
- A l’heure actuelle, le nombre de concessions de chutes d’eau pour force motrice en Italie est de 8 o5a ; leur puissance globale atteint 868 9.9/, chevaux et il est payé à l’Etat pour ces chutes d’eau une redevance de 2 586 886 lires. D’autre part, on estime à plus de 80000 le nombre de dérivations d’eau 11e payant pas de redevance à l’Etat, soit à raison de concessions gratuites et perpétuelles, soit par droit de possession ancienne. Le nombre des chutes d’eau
- Au total, 011 estime à plus de 1 000 000 de chevaux la force hydraulique utilisée par l’industrie nationale italienne.
- (L'Industriel Elettrica, décembre ii)i3)
- Les exportations électriques des Etats-Unis en octobre 1913.
- En 1918, le mois d’octobre a été le meilleur au point de vue des exportations d’articles électriques. Il a dépassé de plus de 200 600 dollars le mois de septembre 1913 et de près de 5oo 000 dollars le mois d’octobre 1912.
- Les nombres d’articles exportés en octobre dans les quatre classes pour lesquelles sont donnés des chiffres, sont : 2 197 ventilateurs électriques, 228 lampes à arc, 218016 lampes à filament de carbone, 76212 lampes à filament métallique.
- Le chiffre total s’élève à 2 5i6 583 dollars dont: 9.45 069 dollars pour les dynamos et génératrices, 411 784 dollars pour les moteurs, 804661 dollars pour les fils et câbles isolés.
- ( tileclricul Iteview, uo décembre igiî.)
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XXV (2'Série). —;N°$;
- NOTES INDUSTRIELLES
- Localisation des défauts d'isolement et des ruptures dans les câbles sous-marins.
- La localisation des accidents qui peuvent se produire dans les câbles sous-marins a toujours été une opération très délicate pour les télégraphistes, car, sans vouloir critiquer les différentes méthodes appliquées jusqu’à ce jour pour déterminer le point précis où un défaut est survenu, nous sommes obligés de constater que toutes ces méthodes relèvent de l’empirisme et laissent souvent, à l’opérateur qui les applique, le plus grand doute sur l’exactitude du résultat trouvé.
- Si le conducteur intérieur d’un câble vient en
- a u
- contact avec la mer, il se forme au point devenu défectueux un véritable élément de pile dont le pôle positif se trouve au cuivre de l’âme et le négatif au fer de l’armature.
- La force électromotrice et la résistance de cet élément sont très variables suivant la grandeur delà surface d’âme exposée, la nature du fond et la profondeur de la mer au point considéré. Deux cas peuvent se présenter : ou l’apparition du défaut ne supprime pas complètement la communication entre les extrémités du câble; ou bien cette communication devient impossible.
- Dans ce dernier cas, l’opérateur ne dispose pour localiser que d’une extrémité de câble, alors que dans le premier il est toujours possible de lui adjoindre à l’autre extrémité un aide avec lequel il pourra correspondre et lui donner des indications sur les manœuvres à faire.
- 11^ ressort donc de cette remarque qu’il apparaît plus facile de localiser un défaut d’isolement qu’une rupture complète, conclusion opposée
- aux résultats fournis par les méthodes employées jusqu’ici.
- Soit un câble A B défectueux en un point C (lig. i). Nous supposerons que les opérateurs placés en A et B peuvent communiquer par l’intermédiaire du câble avarié. Le problème consiste à déterminer le point C, c’est-à-dire les distances X et Y de ce point aux extrémités A et B du câble.
- Dans tout ce qui va suivre, le montage employé dans chaque station sera celui de la figure a qui permet de lire, en même temps que la résistance trouvée, le courant employé pour la mesure.
- Supposons que la station B ait isolé l’extrémité du câble. Si A établit l’équilibre du pont avec une résistance R et un courant (i) on sait que cette résistance R n’est qu’une valeur apparente de l’isolement du câble et qu’elle est essentiellement fonction du courant de mesure (i). En effet, soit un circuit composé d’une pile de force électromotrice E débitant sur une résistance /• dont une extrémité plonge par l’intermédiaire d’un fil de cuivre dans un vase contenant de l’eau de mer et dont l’autre extrémité en ressort par un fil de fer. Si le) est la force électromo-tricc de l’élément cuivre, fer (z) sa résistance intérieure, on a la relation suivante entre la résistance ohmique du circuit entier et le courant (i) lue à l’ampèremètre :
- — E ± e _ E £
- d’où
- E
- - = ,• +
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 149
- ou plus généralement si z varie avec * ou a :
- E
- i
- r±fli).
- La valeur - est la résistance apparente du
- circuit; c’est celle que lira l’observateur qui connaît E et i. On voit qu’elle se compose de deux parties, l’une de résistance r, l’autre de résistance K positive ou négative essentiellement fonction de i; de sorte qu’entre la résistance apparente et la résistance ohmique d’un tel circuit, il existe la relation :
- R = /-±/(*j.
- Donc, si l’opérateur A fait une mesure avec un courant i et si R est la résistance d’équilibre trouvée on a évidemment
- R = .* + K,
- K étant la valeur de la résistance apparente du défaut pour le courant employé.
- Si l’opérateur B prend l’isolement du câble avec le même courant [i) il obtiendi'a une résistance apparente R' ayant pour valeur
- R' — y + K,
- K ayant la même valeur que précédemment de courant de mesure n’ayant pas changé).
- De sorte que la détermination de x et y devient facile il suffit de résoudre
- x + y — R
- j x — y = R — R' — a
- L -f -«
- x —-------
- 2
- d’où :
- L — a
- Pratiquement la mesure pourra se faire de la façon suivante :
- À construira une courbe des valeurs d’isolé-ment en fonction de [i\ pour des valeurs de i) comprises entre o et 2’> milliampères par exemple.
- B construira un tableau des valeurs d’isolement en fonction de (i) pour des valeurs de (/)
- comprises entre les mêmes limites. La communication entre opérateurs étant possible, il donnera ses résultats à A.
- Dès lors, il reste à établir deux courbes (fig. 3) C et C1 dont les différences d’ordonnées pour une même abscisse donneront des valeurs de x—y.
- Cette méthode générale, toujours applicable, donne des résultats très précis. Elle repose sur le principe que la résistance apparente du défaut reste constante si le courant qui le traverse ne Varie pas.
- C’est l’inobservation de ce dernier principe qui fait que la méthode de Blavicr donne toujours de mauvais résultats.
- Si l’un des opérateurs est dans l’impossibilité
- de faire une mesure, soit par-manque d’appareils ou par inaptitude ; ce qui, d’ailleurs, se présente souvent dans les réseaux peu importants des colonies françaises ou étrangères, A sera dans l’obligation de travailler seul, B ne pouvant qu’isoler ou mettre à la terre, soit directement, soit à travers une résistance.
- Dans ce cas, il faut avoir recours à la méthode suivante basée sur le même principe que la précédente et qui donne toujours des résultats précis lorsqu'elle est applicable.
- Pour un courant de mesure \i-: B étant isolé : la résistance lue en A est de la forme :
- H = .* -1- K, ^
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- LA miM 1ÈRE r iÉ L E CT RI QU EK !
- 150
- T XXV (2' Série); — NV 5:
- K étant la résistance du défaut pour le courant employé.
- Si B mot à la terre à travers une résistance * p = R — L
- L étant la résistance totale du câble et si A mesure à nouveau, la résistance de l'ensemble avec un courant de mesure ri on aura :
- R' = .r + - .
- 2
- En eiïet K = y -f- p et le courant n’a pas changé dans le défaut,
- Donc :
- x = i R' — R.
- Cette méthode élimine totalement la résistance du défaut. Elle convient pour la localisation des défauts de grande résistance apparente. A lifre d’indication, nous signalons qu’elle nous a permis de déterminer à demi ohm près une faute dont la résistance apparente variait de r ^oo à :> ooo ohms, sur un câble de résistance total de î5o ohms.
- Pour qu’elle soit applicable il faut que p soit positif ou nul, c’est-à-dire que l'isolement du câble avarié soit plus grand que sa résistance ohmique. À moins que les câbles ne soient extrêmement résistants, il est en général possible d’employer cette méthode au moment où un défaut apparaît.
- En effet, les plus longs câbles ont un CR de 8 ooo ohms; il faudrait donc que, pour un courant donné, leur isolement devienne inférieur à cette valeur, ce qui est très rare, si l'apparition de la faute n’eslpus subite.
- Dans tout ce qui vient d’èlre dit, nous n'avons fait aucune hypothèse sur la nature de la fonction /'(£) reliantla résistance apparente du défaut à l’intensité du courant qui le traverse.‘.Malheureusement pour les ruptures complètes, il ne peut en être ainsi et nous sommes obligés d'admettre pour /* (/) une forme algébrique se rapprochant le plus possible de ce qui se passe en réalité. Si nous considérons un élément de pile à liquide tel qu’on l’emploie dans un laboratoire, nous savons par expérience que la force électromotriec de cet (dément et sa résistance intérieure restent sensiblemcn 1 cous tan Les quelle que soit l'intensité du courant débité. C'est, d'ail-
- leurs sur ce principe que reposent les diverse8 méthodes de mesure des constantes des piles.
- Il ressort clairement que localiser une rupture revient à déterminer les valeurs de la résistance ohmique et la force électromotrice d’un élément de pile placé à l’extrémité d’une résistance x dont, la valeur se déduira aisément de la connaissance des deux premières. Ce qui revient à-dire.que toute méthode .éliminant la force éleetrpmotriee de rupture donnera à une constante près la résistance ohmique de la longueur de câble comprise entre l’opérateur et la rn pl ure. .
- Reprenons le dispositif d’essai de la figure le câble supposé rompu :
- Soit, fie courant lu au milliampèremètre, x la résistance ohmique du câble, v la résistance ohmique de la rupture, e la force éleetromolrice de la rupture,
- R la résistance lue eu A au moment de l’équilibre;
- On aura :
- R =*4- z+-. •
- Une .deuxième mesure faite avec un courant i\ donnerait
- i\i = .v + z + ±
- zole étant constants d’après, le,principe admis plus haut.
- Ces deux équations nous pèrmettent de déterminer e et x -J- z sommes des résistances olimi-quos du câble et du défaut.
- De même que les piles de laboratoire suivant leur nature ont des constantes bien déterminées, les piles qui se forment aux ruptures ont une résistance intérieure variant de a8 à 3o ohms. Il nous suffira donc de retrancher cette valeur de x s pour obtenir x.
- D’ailleurs si e demeure constant, z reste inva-riale et oscille entre les chiffres indiqués plus haut.
- Il nous reste donc à vérifier la constance de e pour nous rendre compte de la valeur de l’essai. Maintenant les mêmes notations et posant
- x z ~ a
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- LA L UMIÈ U E ELECTRIQUE
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- on a :
- ' ' R = fl+-
- a et e étant envisagés comme contantes, celte courbe représente une hyperbole équilatère ayant comme asymptotes l’axe de R d’une part et d’autre part une droite o' i menée à une distance de l’origine o o' — a parallèlement à o I
- (*>& 4)-
- Fig. /,.
- Donc, si (e) est constant, tous les points tels que M obtenus avec tin courant (i.) seront sur une même hyperbole dont la position de l’asymptote inconnue fera connaître .r-J-z.
- Soit
- i M Mj M2 M3, etc.
- une série de points obtenus en faisant varier i de o à 3o milliampères.
- Joignons M M2 par exemple et portons
- MP, = M,Q.
- nous savons que le point Q ainsi obtenu est un point de l’asymptote, cherchée. Si la courbe est une hyperbole équilatère tous les points Qi Q2 Q3 etc. doivent sc trouver en ligne dr oite ituvune parallèle à O I dont l’ordonnée à l’ori-
- gine oo' fera connaître :v -}- z. Eji retranchant alors 3o ohms de cette valeur nous connaîtrons la valeur de a.-.
- La même construction peut se faire en parlant d’un autre1, point quelconque, M2 par exemple, et nous obtiendrons une autre série de points Q dont l’alignement devra se confondre avec le premier.
- Cette méthode, rapide permet de se rendre compte immédiatement de la valeur de l’essai qui vient d’être fait ; les points Q, Qs Q3, etc. seront d’autant mieux sur une parallèle à Ol que la force électromotrice de la rupture se sera maintenue constante pendant l’expérience. [Jne simple soustraction permettra d’obtenir exactement le point où le câble est rompu et nous ne craignons pas d’ajouter qu’au cas où cette méthode'donnerait une courbe irrégulière pour les points QiQ-2Qa il deviendrait inutile de compter sur l’exactitude des résultats fournis par d’autres méthodes de mesure de résistance.
- Les méthodes générales que nous venons d’exposer ne pourront sans doute pas résoudre tous les problèmes de localisation qui se présentent en télégraphie, sous-marine, mais si elles ne mettent pas l’opérateur à l’abri des « kicks » ou d’autres phénomènes du même genre, elles lui signaleront en tout cas le parti qu’il est possible de tirer de l’observation des intensités des courants de mesure.
- 1>. M.
- L’importance de l’électricité pour les fabriques de ciment.
- L’électricité qui a conquis victorieusement sa place dans un grand nombre d’industries qui nécessitent de grand efforts mécaniques n’a pu bien souvent s’imposer qu’en supportant l’épreuve de calculs rigoureux et en les confirmant dans la pratique.
- M. Andriesseu décrit dans la revue de l’A.E.G. son application dans les fabriques de ciment en suivant les grandes lignes schématiques de la fabrication et en examinant comment le moteur électrique s’est acquitté de la tâche qui lui a été imposée.
- Le tableau suivant contient un exposé succinct des procédés de fabrication, très simples au point de vue chimique, et il renseigne en même temps sur la force nécessaire. Les chiffres indiqués pour les_puissances en chevaux s’appliquent à des fabriques de ciment
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- T. XXV l2“ Série;. —• N# B.
- Résume des étapes de la fabrication dans une fabrique
- de ciment.
- OPERATIONS
- PUISSANCE NECESSAIRE POUR UNE PRODUCTION ANNUELLE d'ÈNVIRON 300 000 A I OOO'OOO DE FÛTS
- I.
- Préparation de la poudre brute ou
- des boues.
- u) Les madères premières, presque toujours du calcaire et de l’alumine, sont concassées et mélangées dans la proportion Aroulue? qui dépend dans chaque cas de leur composition chimique.
- 1)) ‘Le mélange est broyé à sec ou bien avec de l'eau (procédé « sec » ou « humide », ce dernier est pratiquement exempt de poussière) et transformé en « poudre brute » ou a boue épaisse ». (La fig. i montre une installation de broyeurs de matières brutes.)
- c) On laisse reposer la poudre brute ou la boue pendant quelque temps dans des silos ou des réservoirs, où elle est mélangée à fond, avant d’arriver aux fours, par des agitateurs, et récemment, par insufflation d’air comprimé au moyen de compresseurs.
- 22 à 77 kw.
- 200 à 900 kw. , \
- i5 à 75 kw.
- II. a) La matière traverse les fours tournants (tambours d’en-' viron 4<> à 70 m. de long, animés d’un mouvement de, rotation lente, fig. 2), où elle est. calcinée, puis séchée, chauffée graduellement et cuite jusqu’à la formation d’aggloméré (environ 1 5oo° G.). (Une fabrique moderne n’utilise que 2 ou 3 grands fours tournants.) > 45 a 1 kw. i t
- Bâtiment , des fours. b) La matière agglomérée est ensuite refroidie clans les larri- 1 bours de refroidissement (fig. 2), qui tournent également. 22 à G5 kw, ‘ ; !
- c) Pour entretenir le feu, on fait arriver aux fours tournants, au moyen d’une « soufflerie à poussier de charbon » (ven-| tilateurs centrifuges), l'air nécessaire, presque toujours’ réchauffé dans les tambours de refroidissement, et , mélangé avec du poussier de charbon. r . i 22 à 90 kw.
- ni. Préparation du charbon. ' Le charbon nécessaire pour le service des fours tournants, soit environ 1/4 à i/3 clc la quantité totale de ciment produite (donc environ 5o à 120 tonnes de charbon par jour 1 pour la production admise de 3oo 000 à i 000 000 de fûts), est séché, concassé, puis broyé et réduit en poussier. 1 60 à i5o kw.
- IV. Broyeur dè ciment. L’aggloméré sortant des tambours (grains durs et irrégu-liers, d’un gris noirâtre, ayant à peu près la grosseur d’une , I noix) est broyé et transformé en ciment dans les broyeurs) à ciment (fig. 3), après avoir reposé un certain temps dansj 1 le hall ou les silos spéciaux, puis transporté dans les. silos à ciment. ‘ : • • • . . . > 200 à 900 kw. .
- V. Organes de manutention. Les manulcnlions necessaire.? pour les opérai ions'succès-' \ sives indiquées plus haut, c’est-à-dire le transport des | 1 matières premières de la poudre brute ou la boue, de l’ag-i 1 gloméré, du charbon et du ciment, représentent. \ » 22 a 90 kw.,
- \ Puissance totale nécessaire dans une fabrique de cimenL : environ Gooà 2 4^Q kw.
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- dont la production annuelle moyenne est d'environ 3oo ooo à i ooo ooo de fûts normaux comptés à ï kilogrammes. Ceci correspond à une production journalière de 140 à 480 tonnes.
- 1 ig. 1. — Broyeurs ù boue dans une lubrique de ciment.
- Comme on peut le voir par ce tableau, les fabriques de ciment exigent des efforts mécaniques considérables. Ce sont surtout les broyeurs 1 b et IV
- fig. 2. — Four tournant (en haut) el tambour rofroidisscur (en bas) dans une fabrique de ciment.
- servant, l’un à préparer la poussière brûle ou boue épaisse, et l’autre à pulvériser l’aggloméré pour le
- transformer en ciment, qui absorbent de beaucoup la plus grande partie de la force nécessaire.
- La plus grande dépense de force est donc concentrée dans deux ateliers de broyeurs (üg. 1 et a)*
- C’est pour cette raison que, dans les fabriques marchant à la vapeur, ccs deux séries de broyeurs, qui représentent sensiblement le commencement et la fin de la fabrication, ont été placés le plus près possible du bâtiment des machines, afin de réduire au minimum les organes de transmission mécanique tels que les cables, les transmissions et les courroies.
- Les autres parties de la fabrique sont ensuite reliées tant bien que mal à la transmission principale.
- La nécessité d’installer pour les broyeurs des transmissions aussi simples et aussi courtes que possible prime donc toutes les autres considérations, meme la tendance à simplifier le transport des matières tant dans les différentes opérations de la fabrication, que pour l’amenée des matières pre-
- Fig. 3. — Schéma d’une lubrique de ciment d’environ 3oo ooo fûts, actionnée par une machine à vapeur avec transmissions. A. Concassage; B. Broyeur; C. Mélangeur à houes; D Charbon; E. Broyeur à charbon; F. Bâtiment clos fours rotatifs; C. Hall à aggloméré; H. Broyeur à ciment; J. Batiment des chaudières; K. Machine a vapeur.
- uiières et la sortie du ciment fini. La figure 3 repré->cnte la disposition schématique d’une fabrique de grandeur moyenne marchant à la vapeur, pour une production d’environ 3oo ooo fûts et une dépense de force d’environ 800 chevaux.
- Mais cette disposition ramassée ne comportant qu'uue seule machine à vapeur n'était possible que clans les fabriques relativement petites. Dans les fabriques plus grandes, on a commencé par conserver les transmissions pour les grands broyeurs en employant des moteurs électriques pour actionner les machines plus petites dans le bâtiment des fours, pour le traitement du charbon, etc. La dynamo génératrice fut installée dans le bâtiment des machines à vapeur et actionnée aussi par l'arbre de transmission.
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- Dans les fabriques très grandes, on a même installé souvent plusieurs machines à vapeur à différents endroits de l'usine.
- La figure 4 permet de comparer avec la précédente une fabrique de ciment moderne à commande exclusivement électrique, où l’énergie électrique est fournie par une génératrice avec turbine à vapeur. Pour plus de simplicité, la centrale comprenant la turbine n’a pas été représentée sur le plan schématique.
- Les avantages du moteur électrique et de la transmission de force électrique sont l’économie, la disposition plus rationnelle de la fabrique et la sûreté de fonctionnement.
- L’économie résulte de la diminution des perles dans les organes de transmission, tels que courroies, câbles, etc., des frais d’entretien et de réparations, ainsi que des frais généraux de personnel.
- Dans les petites fabriques,jusqu’à 3ooooofûts, les pertes sont à peu près les mêmes pour la transmission mécanique et la transmission électrique. Dans les grandes fabriques, les pertes dues aux organes de transmission mécanique (câbles, arbres de transmission, courroies) sont surtout plus importantes à cause des grandes pertes de . marche à vide ou à faible charge. La transmission mécanique est encore plus défavorable quand il est nécessaire de répartir la production de force sur plusieurs machines à vapeur, parce qu’il existe encore de nouvelles pertes,
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- Fig. 4. — Schéma d’une fabrique de ciment moderne de 8oo coo fûts, actionnée électriquement. Commande individuelle partout. A. Concassage; B. Broyeur; C. Silos à boucs; D. Fours rotatifs; E. Silos ù aggloméré; F. Broyeur à ciment; G. Broyeur à charbon; H. Moteurs électriques.
- soit dans les conduites de vapeur dans le cas d’une installation centrale de chaudières, ou par suite de l’augmentation générale des frais généraux, lorsqu’il estnécessaire d’entretenir plusieurs groupes de chaudières.
- La commande électrique a permis de rendre toute la fabrication automatique au point de vue mécanique, surtout avec l’emploi de divers moyens de transport électrique, de sorte que l’on a pu réduire le personnel nécessaire.
- Tous les frais d’entretien et de réparation sont beaucoup moins élevés dans.- les fabriques qui emploient l’électricité.
- La commande électrique a aussi des avantages t relativement à la disposition des fabriques.
- Toute l’énergie électrique nécessaire pour le service d’une fabrique de ciment; même la plus grande, peut être produite dans une centrale unique située en dehors des limites de l’usine, au besoin même à une distance quelconque, par exemple où l’on peut jouir de conditions particulièrement favorables, soit de charbon à bon marché, soit d’une force hydraulique, etc.
- Avec la commande électrique, il n’est plus nécessaire de s’inquiéter de la position du bâtiment des chaudières et des machines de sorte que la disposition générale de la fabrique peut être choisie do la façon la plus rationnelle et en tenant compte dès le début de possibilités d’agrandissements.
- Fig. 5. —'Schéma d'une fabrique de ciment A commande électrique, partie à commande individuelle (par courroie) et partie à commande par groupes. A. Concassage ; B,. B2. Broyeurs; C. Bassins à boues; D. Fours rotatifs ; E, Charbon ; F. Broyeur A charbon ; G. Transport de l’aggloméré ; II. Hall à aggloméré; J,, J2. Broyeur à ciment; K, Silos à ciment; L. Salles des moteurs ; M. Moteurs électriques.
- De même tous les moyens de transporls très primitifs généralement employés peuvent être remplacés par des wagonnets électriques; on a évité ainsi complètement l’accumulation des matériaux dans des hangars dans les nouvelles fabriques où l’on n’emploie plus presque partout que des silos pour le charbon, les boues ou la poudre brute, l’aggloméré et le ciment.
- Tous ces perfectionnements ont eu pour résultat une plus’grande clarté dans toute la fabrication, qui
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- frappe immédiatement celui qui visite une fabrique de ciment moderne.
- Quant à la sûreté du fonctionnement, elle est plus grande avec un moteur électrique, parce qu’il n’est pas nécessaire d’arrêter la machine principale, et par conséquent toute la fabrique, pour réparer des courroies ou des câbles. Les courroies, qui existent encore dans les usines installées à l’électricité, ne forment plus de longues chaînes comme dans les fabriques à vapeur, elles constituent des groupes distincts et indépendants, et qui në peuvent se troubler mutuellement, tout en étant beaucoup plus rares,'les dérangements sont donc limités à quelques groupes tout au plus.
- Les applications des moteurs électriques dans ces fabriques sont aujourd’hui très variées, et chaque constructeur ou installateur d’usines de ciment a déjà trouvé pour ses projets des dispositions s’adaptant parfaitement aux différentes machines.
- Quelques fabriques emploient la commande individuelle, comme celle représentée par la figure /j, avec des moteurs de construction spéciale hermétiques.
- Dans la disposition représentée figure 5, on s’est attaché par contre davantage à centraliser les moteurs dans quelques salles, afin de les mettre autant que possible à l’abri de la poussière et de les rendre plus accessibles pour la surveillance.
- Protection des trains contre l’incendie.
- Le chemin clc 1er du Lancashire et du Yorskhire. a l'ait récemment, construire des voilures pour lesquelles on a tenu compte des enseignements donnés par les récentes catastrophes.
- Parmi les particularités de ces vôitures, il faut citer Jp mode de transport des réservoirs à gaz d’éclairage.
- Ceux-ci sont fixés au châssis de la voiture et sont séparés de son plancher par des plaques de tôle qui protègent également les extrémités des réservoirs. Ils sont munis de valves automatiques pour éviter l’échappement du gaz en cas de rupture des tuyauteries.
- Les autres caractéristiques de ces voitures sont aussi des panneaux de tôle, des planches doubles incombustibles et des fenêtres par lesquelles on peut sortir des voitures.
- Moteurs synchrones pour ventilateur.
- L’emploi des moteurs synchrones pour la commande des ventilateurs dans les mines 'est d’un usage relativement récent.
- h'Engineering and Mining Journal relate un exemple de l’utilisation de ce mode de commande. Deux ventilateurs sont commandés chacun par un moteur synchrone à mise en marche automatique : l’un débite environ 40 mètres cubes d’air à la pression atmosphérique à la minute, à la vitesse de 200 tours par minute et il est commandé par un moteur de 220 chevaux ; l’autre débite environ 3o mètres cubes d’air à 225 tours à la minute et est commandé par un moteur de i^5 chevaux. Ces ventilateurs ont été en service plus d’un an et ont donné toute satisfaction,
- Les rotors sont à cage d’écureuil et entourent les pôles, ce qui permet la mise en marche automatique des moteurs et élimine les effets d’oscillation.
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- NÉCROLOGIE
- L.ouis Brunhes.
- Le io janvier esl décédé subitement à Thonon-les-Bains, Louis Brunhes, ancien élève de l’Ecole Polytechnique, administrateur délégué de la Société d'électricité du Clmblais.
- Sorti de l’Ecole Polytechnique en 1891 dans un très bon rang, il eut un congé avant de terminer Fontainebleau pour prendre à l'Institut Eleclrolechniqne Monlc-fiore, à Liège, le diplôme d’ingénieur électricien. Son succès a l’fnslitut Montefiore lui valut d’y être immédiatement appelé, comme assistant, par le professeur Fric Gérard.
- Il publia divers travaux remarquables dans le bulletin dudit Institut et quelques études, notamment sur la distribution monocyclique, dans la Lumière Electrique.
- 11 resta deux ans a PInstitut de Liège et put, pendan ce court passage, gagner la confiante amitié de ceux qui l’approchaient. Il était encore hier membre du Comité scientilique de l’Association des Ingénieurs de l’Institut Monteliore.
- Après son départ de l’Institut, son activité cessa d’ètre appliquée aux questions purement techniques et il venait d'étudier seul toute l'installation électrique el électrochimique do Bonnevaux comme administrateur délégué de la Société d'électricité du Chablais.
- Le travail de direction effective des installations déjà fort avancées, ajouté aux responsabilités des étu'des, a été trop lourd et il a succombé en plein labeur, comme il y a deux ans, son frère aîné, Bernard Brunhes, était brutalement frappé peu de temps après le succès de son admirable livre sur la dégradation de l’énergie.
- ERRATUM
- Sun l’abSOR PTION DES ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQUES PAR UN CONDUCTEUR- CYLINDRIQUE (eI-I-ET KeLYIN!.
- — J. Spielrein-
- Page 0, deuxième colonne, il faut lire :
- Nous savons que / sera une fonction sinusoïdale
- du temps dé période —, de sorte que
- i = partie réelle de I
- (I étant une fonction complexe de /).
- L’impédance du tronçon......se compose.......
- de la réactance (L'* -j- Le)ü>.
- Page 0, première colonne : la formule (in) s écrit :
- + !/' — 1 — -V-
- Pagedeuxième colonne :
- 9°
- et plus bas :
- .l',(o IV
- u
- -j
- R
- Page 10, figure 3 : v est porté sur Faxe des abscisses,
- IL est porté sur Taxe des ordonnées.
- Le paramètre est y.2 et non 3C2.
- Page Il, première colonne, formules (23)
- L', .. . L'
- -— au heu de
- L / L*.
- Page 12, figure h :
- Sur l’axe des abscisses est porté y.2 et non #C2.
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- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- La question de la semaine anglaise qui a fait l’objet d’une proposition de loi déposée à la Chambre des députés a donné lieu a une enquête conduite parle Conseil Supérieur du Travail. Cette enquête a abouti à l’élaboration de deux rapports dont M. Maudet dans le Moniteur des Intérêts Matériels donne un aperçu succinct auquel il faut s’arrêter. Le rapport du conseiller patron, M. Pralen, conclut au rejet absolu de cette mesure ; le rapport du conseiller ouvrier du travail, M. Briat, conclut au contraire à des mesures mixtes : arrêt du travail à midi pour les femmes et les enfants employés dans l’industrie; arrêt du travail pour les hommes le samedi après-midi dans des industries déterminées par la commission permanente du Conseil supérieur et à des heures fixées d’un commun accord entre les syndicats patronaux et les syndicats ouvriers de la ville ou, à défaut, par les Conseils de prud’hommes. Devant deux opinions aussi diamétralement opposées, le Conseil Supérieur du Travail qui comprend en nombre égal des membres patrons et ouvriers, mais en outre des fonctionnaires et des parlementaires, a adopté les conclusions de M. Briat en spécifiant l’arrêt des travaux à midi le samedi pour les femmes, l’arrêt l’après-midi pour les hommes et les enfants au-dessous de dix-huit-ans ; et en étendant la législation projetée aux établissements commerciaux : soit les établissements de gros, bureaux, banques, assurances et partout où la mesure pourra être réalisée sans préjudice grave pour le public. Ces propositions ne sont encore qu’à l’état de vœux, mais, comme nous le disions plus haut, elles viendront à l’appui de la proposition de loi qu’une prochaine législature discutera peut-être.
- M. Pralen a pu dire avec juste raison que cette mesure était tout à fait intempestive à un moment où la main-d'œuvre subissait chez nous une crise très grave ; à une époque où la concurrence étrangère nous serre de si près que nous devons nous défendre plus contre elle que contre nous-mêmes; à l’heure où l’industrie et le commerce viennent à peine de se remettre des perturbations causées par la réduction des heures de travail et l’obligation du repos hebdomadaire. Mais il aurait pu ajouter que nos moeurs n’étaient point préparées à une modifi-
- cation aussi importante des habitudes et que la législation actuelle était un obstacle à l’adoption de cette mesure. Puisqu’on se plaît à invoquer les exemples de l’étranger, on devrait s’appliquer à mieux les suivre : en adoptant chez nous le repos du samedi après-midi, on réduit de cinq le nombre des heures de travail de la semaine qui n’est déjà plus que de 6o, on provoque la diminution de la production, l’augmentation des salaires, et l’augmentation du prix de la vie. A la rupture d’équilibre qui a suivi l’application dit repos hebdomadaire faisant suite à la loi Millerand dite des 3 paliers, on peut mesurer les conséquences de cette institution de la semaine anglaise qui ramènerait à 55 le nombre d’heures de travail de la semaine ! Allègrement, M. Briat répond que comme beaucoup de consommateurs sont des travailleurs, et que ce sont eux qui réclament le repos du samedi après-midi, il pense que leur voix peut être entendue et écoutée ; et que d’ailleurs une meilleure organisation du marché du travail permettrait une plus grande régularité dans la production et atténuerait ainsi la crise ! Il n’y a là que des mots et des affirmations que les événements se chargeront de démentir. ’
- Avant d’adopter la pratique de la semaine anglaise, en dehors de l’enquête française qui a établi que, sur 5i4 ooo établissements, 397 seulement s’y conformaient, il faudrait se rendre compte de la façon dont les Anglais l’appliquent chez eux ; il y a des modalités correspondantes à chaque genre d’industrie ; il y a des commerces et des industries où on ne l’applique pas. On s’est astreint plutôt à faire un certain nombre d’heures par semaine. C’est à cette solution que nous aurions voulu voir lés patrons s’arrêter, répondant ainsi par une mesure positive au lieu d’une mesure négative, à une proposition qui a chance d’être imposée par la législation.
- Déjà en été toutes les maisons de banque et tous les établissements de crédit ferment le samedi; puis un essai va être tenté dans les établissements de la guerre et de la marine. Quel que soit le résultat de cette tentative, on peut être assuré d’avance qu’il sera déclaré satisfaisant. Pourquoi dans ces conditions ne pas tenter d’enrayer la mesure par une proposition
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. > XV (2° ?érie). — N° 5.
- ISS
- qui pourrait rallier tout le monde : soixante heures de travail par semaine réparties dans chaque genre d’industrie au gré d’un accord intervenu entre patrons et ouvriers, avec cette restriction que la journée normale de travail ne dépassera pas onze heures.
- Ainsi ceux qui le préféreront auront la faculté de fermer /e‘ samedi après-midi, soi! toute l’année, soit seulement l’été ; les autres continueront à suivre les usages antérieurs : et nul rie se trouvera contre son gré et au grand dommage de son commerce ou de son industrie obligé (le suivi'e une règle générale dont l’adoption, si séduisante soit-elle, amènera une nouvelle rupture d’équilibre dans les conciliions économiques dé la vie.
- Les obligataires Je la Madrilène d’Èlectricité ont fini par adopter l’arrangement qui leur était proposé : l’iritérét des obligations aéléramepé à 4 % ; le
- 1 % abandonné sera appliqué à l’amortissement des titres.
- Sur le surplus des recettes, au cas où il y en aurait un, les actionnaires prélèveront 4 % , le solde restant servira à rétablir le service des obligations, dans les conditions de leur émission. Une place dans le conseil d-’administration de l’Union Electrique est réservée a un représentant des obligataires. C’est principaleirierit à la résistance du groupe français qu’est du cet arrangement, car le conseil avait au début entièrement sacrifié les intérêts des obligataires en leur imposant des conditions désastreuses.
- La Compagnie Parisienne de l’Air Comprimé a
- réalisé, aü cours de son dernier exercice, un bénéfice net de 5 180672 fr. 99 dans lequel les intérêts et dividendes Je son portefeuille figurent pour 923 674 fr. 37.
- Ce bénéfice a été réparti de la façon suivante : à laréserve légale, 259 o33 fr. 64 ; aux actionnaires,
- 2 25o 000 francs ; au fonds, de réserve extraordinaire, 2 046 S14 fr. 68; au conseil, 273 731 fr. 14 ; au* parts bénéficiaires, 351 3g3 fr ; 53. On remarquera la large dotation de la réserve extraordinaire. Le Conseil rappelle, en effet, que l’exploitation électrique
- cesse le ier janvier et que la diminution de bénéfices en résultant devra être compensée par l'exploitation de l’air comprimé et l’accroissement de rendement du portefeuille. Ce dernier est composé d’actions de l’Ouest-Lumière et de la Compagnie Parisienne de Distribution ; elles sont évaluées au bilan pour 9627 438 fr. 20 ; l’augmentation du revenu des unes comme des autres ne peut guère être envisagée avant deux ans.
- C’est à l’exploitation de l'air comprimé que la Compagnie devra donc demander un surcroît de bénéfices. Les recettes en ont été en 1912-1913 de 2 977 363 francs en plus-value de ia5 294 fr. 26 mais les dépenses se sont élevées à 1 794 937 fr. ai laissant un écart d’environ 1 200 000 francs. Le nombre d’ascenseurs, de moteurs, d’horloges, desservis,'répartis entre 6 489abonnés, s’élève à 12 627; la clientèle continue à se développer ; mais on né peut nier que ce développement est beaucoup plus restreint que celui des abonnés d’électricité. Les recettes de l’exercice pour celle branche se sont élevées à 7 702 116 fr. 58 près de 3 fois celles de l’air comprimé.
- La période écoulée du i,,r juillet au 3i décembre 1918 marquait une nouvelle progression de 14,5 % ; la suspension de celte exploitation marquera donc comme pour les autres secteurs un arrêt important dans la marche de la compagnie. Mais sa situation financière lui permet d’appliquer son activité au même objet dans d’autres régions tout en multipliant ies emplois de l'air coiriprimé dont elle réduira les prix pour lutter contre la concurrence même dé l’électricité.
- En regard de 31939714 francs de premier établissement, figurent 29408942 fr. 82 de réserves pour amortissements ; les espèces en caisse et en banque figurent pour 17 366 o34 fr. 97 et ïc portefeuille, comme nous l’avons dit plus haut, est évalué à 9 627 438 francs, c’est-à-dire à un total bien inférieur à sa valeur en Bourse.
- La Compagnie de l’Air Comprimé possède en un motles ressources suffisantes pour envisager l’avenir avec sécurité. x
- ( T. R.
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- 31 Janvier 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 159
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- ÉCLAIRAGE ET FORCE MOTRICE
- Aisne. — Le conseil municipal de La Fère a traité avec la Compagnie du gaz pour l’installation de l’élec-Iricité.
- Algérie. — La municipalité d'Isserville a mis à l’élude un projet d’éclairage électrique.
- Cher. — Le conseil municipal de Saint-Martin-d’Auxigny a voté le principe de l’éclairage électrique dans la commune.
- Deux-Sèvres. — Le conseil municipal de Coulon a donné avis favorable à la demande de concession de la Société Force et Lumière pour l’éclairage électrique de la commune.
- Sur l’initiative de M.. Christian Sauve, des pourparlers sont engagés entre la municipalité de Coulonges-sur-FAutize et une Société d’Electricité. Cette Société, qui doit faire une installation importante aux mines de Faymo-reuu, pourrait éclairer Coulanges en même temps.
- Eure-et-Loir. — Le conseil municipal de La Loupe a accepté les propositions de la maison Bagués, pour la distribution de l’énergie électrique, et décidé la mise à l’enquête.
- Gironde. — La Compagnie nouvelle d’Eclairage et de Chauffage par le Gaz vient de renouveler avec la municipalité de Libourne son cahier des charges. La nouvelle combinaison comporte l’éclairage électrique et la vente de la force motrice. Les prix sont désormais : o fr. 70 le kilowatt pour l’éclairage, o fr. 4° le kilowatt pour la force motrice. Ces prix seront abaissés à o fr. 5o et o fr. do lorsque la consommation totale pourra dépasser 5oo ooo kilowatts-heure par an.
- Jura. — La Compagnie Electrique de Franche-Comté a projeté de fournir au moyen de sa station hydro-électrique l'éclairage de diverses communes de la région : Peintre, Chevigny, Rainans, Menolcy, Jouhe, etc.
- Loiret, — Le conseil municipal de Saint-Gondon a reçu des propositions relatives à l’éclairage électrique de la commune.
- Mame. — Le conseil municipal de Ville-sur-Tourbe vient d’approuver un bail de trente-huit années avec M. Vasset, pour l’éclairage électrique de la commune.
- Meuse. — La Société d’éclairage électrique de Con-
- llans-en-Jarnizy va prolonger sa distribution d’énergie électrique jusqu’aux plus importantes communes du canton de Spincourt.
- Orne. — Le maire de l’Aigle est autorisé à signer le cahier des charges relatif à la fourniture de l’énergie électrique.
- Puy-de-Dôme. — Dâns sa dernière séance, le conseil municipal de Saint-Romain a voté à l’unanimité la concession de la distribution publique d’énergie électrique sur le territoire de la commune. Cette concession, d’une durée de quarante ans, est accordée à MM. Dugal et Cie. concessionnaires de l’éclairage électrique de Sainl-Anthême.
- Savoie. — Le conseil municipal de Brison-Saint-Innocent a accepté à l’unanimité les propositions faites par la Compagnie d’éclâi'Fàge d!’Aix-les-Bains. Les travaux d’installation commenceront sous peu.
- SaÔne-et-LÔir6. — Le maire de Remigny a donné connaissance au conseil municipal d’un dossier relatif à l’installation de l’électricité dans la commune par le Secteur de Nolay. Le dossier a été renvoyé à la Commission nommée spécialement à cet effet.
- Seine-et-Oise. — Une enquête a été ouverte à Breacon sur le projet de concession d’énergie électrique déposé à la mairie.
- Seine-et-Mame. — Le projet de concession de distribution d’énergie électrique pour les communes de Lumigny et de Neufmoutiers est soumis à l’enquête.
- Tarn-et-Gàronne. — Le conseil municipal de Ville brunier a décidé d’accorder la concession d'éclairage électrique à M. Brusson, industriel à Villemur.
- Tunisie. — La Société Anonyme d’Electricité de Bcja vient d’être constituée. Celte Société, qui a pour objet la production et la venle de l’énergie électrique sous toutes ses formes, a déjà commencé ses installations. La première assemblée générale a désigné M. Perrier comme président. L’administrateur délégué chargé dè la direction de la Société est M. Paul Rodolphe Calinié.
- VauCÎUS'e. — Le Comité du' syndicat des commerçants et industriels de Carpentras et de l’arrondissement, réuni soùs la présidence de M. Louis Chevaly, a discuté le projet d’éclairage de'la ville par l’électricité et décidé l’élaboration des statuts d’une coopérative d’éclairage.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). — N° 5.
- Vienne. — Comme suite au traité intervenu, au mois de février dernier, entre la ville de Mirebeau et la Compagnie Départementale pour la concession à cette dernière de l’éclairage électrique, l’approbation préfectorale vient d’être acquise au projet. L’usine génératrice restera établie sur le territoire de Mirebeau; à l’expiration de la concession, l’usine fera retour à la ville avec toutes les améliorations apportées aux machines et au réseau.
- TÉLÉPHONIE
- Algérie.. — La Chambre de commerce de Consenti ne est autorisée à avancer au gouvernement général de l'Algérie une somme de 5 700 francs eu vue de l’établissement d’un circuit téléphonique Balna Fesdis.
- Allemagne. — L’Administration allemande des P. T. T. 'pose actuellement un câble téléphonique souterrain qui reliera Berlin à Cologne et qui sera terminé en 1915. Ce câble coûtera î5 millions de francs.
- NOMINATIONS
- Par arrêté en date du 20 janvier 1914, M. Lecoiez, administrateur de la Société Parisienne pour l’Industrie des Chemins de fer et des Tramways électriques, de la Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de Paris et de la Société Anonyme des Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, a été nommé membre de la Commission des distributions d’énergie électrique, pour l’année 1914» en remplacement de M. André Ber-thelot, déchargé de ces fonctions, sur sa demande.
- Par décret en date du 20 janvier 1914, rendu sur le rapport du ministre des Travaux publics, M. Lecouez, administrateur de la Société Parisienne pour l’Industrie des Chemins de fer et des Tramways électriques de la Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de Paris et de la Société Anonyme des Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l'Est, a été nommé membre du Comité permanent d’électricité, pour l’année 1914, en remplacement de M. André Berthelol, déchargé de ces fonctions, sur sa demande.
- SOCIÉTÉS '
- Société Pyrénéenne d’Energle Electrique.
- Durant le inoisde décembre igi3 les recettes annuelles ininima garanties par contrats ont atteint 1715 583 fr., en augmentation de 20 oi5 francs sur le total obtenu le mois précédent. Rappelons qu’au 3i décembre 1913 le total de ces recettes garanties s’élevait à 1 349 55i francs. La garantie de consommation annuelle consentie parla clientèle ancienne et nouvelle s’est donc accrue d’un total de
- 366 000 francs au cours de 1913, troisième exercice d’exploitation, alors que le chiffre correspondant pour l’exercice 1912 était de 3a4 000 francs.
- CONSTITUTIONS ,
- Société Centrale d’Entreprises. — Société en commandite par actions ayant pour signature et raison sociales : ,« Armand D. Rivière et Cie ». — Objet : entreprise et exécution générale de tous travaux, plus spécialement de travaux d’éclairage et de chauffage’ par l’électricité et le gaz, de distribution de force motrice, d’eau et de froid et tous travaux de plomberie et de couverture. — Durée : 25 ans. — Capital : 2 millions de francs divisé eu 8 000 actions de 25b francs, dont 2 400 attribuées à M. Rivière en rémunération d’apports. Il est créé 6 000 parts de fondateur remises également a M. Rivière. — Siège social : 11 et i3, rue de Belzunce, Paris.
- L'Energie Electrique du Médoc. — Durée : 45 années. — Capital social : 35o 000 francs. — Siège social : Pauillac (Gironde).
- CONVOCATIONS
- Société Centrale d’Energie Electrique. — Le 23 février, 19, rue Blanche, à Paris.
- Compagnie des Tramways de Cambrai et de Saint-Quentin. — Le 19 février, 3, rue de Moneey, à Paris.
- LIQUIDATIONS
- Société des Etablissements Farcot, à Saiui-Ouen (Seine). — Capital : 2 000 000 de francs. •— Liquidation judiciaire : jugement du 22 janvier 1914. — Liquidateur provisoire : M. Faucon, rue Lagrange, 16, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- BELGIQUE
- Le 18 février, à 11 heures, en la salle de la Madeleine, à Bruxelles, fourniture, installation et montage à Anvers de commutateurs téléphoniques à batterie centrale pour l’administration des téléphones; çaut. : 600 francs (cahier des charges spécial n° 201). Soumissions recommandées le 14 février.
- Le 19 février, à 10 heures, à la fonderie royale de canons, 80, quai Saint-Léonard, à Liège, fourniture de deux machines à vapeur demi-lixes pour la centrale électrique du camp de Boverioo; caut. : 10 % du montant de la soumission (cahier des charges spécial n° 5). Soumissions recommandées le 16 février.
- Le 7 avril, à midi, à l’hôtel de ville, à Anvers, fourniture et montage d’une machine à vapeur avec pompe de pression à l’usine hydraulique du Nord, n° 21, quai Est du bassin de Katlendijk; caut. : 5 000 francs; cahier des charges, o fr. 5o. Soumissions recommandées le 6 avril
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- Paris. — imprimerie i.bvé, t7, rue cassette.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente-sixième année.
- SAMEDI 7 FÉVRIER 1914. Tome XXV (2« série). — N» 6.
- La Lumière Electriqu
- SOMMAIRE
- M. SouBKiEit* — Les leçons de l'Exposition de
- Gand....................%................. i*6i
- M. d’Aste. — Note sur les trains réversibles . .................................... 16/(
- P. Boucault. — La cession des concessions
- d’eclairage..........;................. 166
- Publications techniques
- Essais de machines
- Transformateur électrique pour produire des oscillations à haute fréquence à l’aide de courant continu..........'.................. 172
- Stations centrales et distribution Un turbo-alternateur Parsons de a5 ooo kilowatts.. .. ......;... :....[............ 17£»
- Nouveau limiteur d’intensité. — H. Stafford
- Hatfield................................ ii-6
- , /
- Eclairage
- Les lampes d’un demi-watt en Angleterre. .. . 178
- Traction
- Le chemin de fer métropolitain souterrain de
- Christiania. — O. Braarud................ 1-79
- Freinage de secours pour véhiculesélectriques. 181
- Statistique
- Le charbon dans le monde en 1913........... i83
- Notes industrielles. — Les électrolyseurs des Ateliers de Construction Oerlikon (Système Dr. O. Schmidt)....................... 184
- Bibliographie.............................. 187
- Etudes et Nouvelles Economiques ............. 189
- Renseignements Commerciaux................... 190
- Adjudications.............................. 19a
- LES LEÇONS DE L’EXPOSITION DE GAND 1913. L’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE ET PROFESSIONNEL EN FRANCE ET A L’ÉTRANGER
- Nous sommes heureux de pouvoir donner à nos lecteurs la primeur des intéressantes conclusions du rapport de M. Soubrier sur V Ex position de Gand, rapport qui est actuellement à V impression.
- L’auteur, après avoir constaté que la France occupe par rapport aux autres nations le cinquième rang, quant à la valeur absolue de Vaccroissement des transactions, et le dernier si Von n’a égard qu’à la valeur relative c’est-à-dire au progrès proprement dit., montre que le remède à cette situation désas-
- treuse peut être trouvé dans une réorganisation .sionnel.
- L’Exposition cle Gand vient à peine de fermer sésportes et déjà d’impressionnantes leçons se dégagent pour nous de cette belle manifestation. Le '-rapport sur l’Enseignement technique vient d’être déposé entre les mains de M. Gabelle, président du groupe I et directeur de l’Enseignement technique au ministère du Commerce, par M. Soubrier,•ingénieur, ancien élève de l’Ecole Polytechnique, au moment où le Moniteur Officiel du Commerce d’octobre 1918 publie les statistiques si instructives de M. Chapsal sur l’accroissement •• dii commerce extérieur de
- somplète de notre enseignement technique profes-
- 1911-1912 et le pourcentage qu’il représente Rapprochons les tableaux suivants extraits de ces deux documents.
- On voit que si la France occupe le cinquième rang quant à la valeur absolue de l’accroissement des transactions, elle tombe au douzième et dernier. rang si l’on 11’a égard qu’à la valeur relative c’est-à-dire au progrès proprement dit. Les chiffres qui ont rapport à rEnseignement technique sont plus décevants encore et suivent une marche parallèle, car ;il. y a im rapport direct, ainsi qu’il est facile de le comprendre, entre la
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). — N° 6.
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- Tableau I.
- NATIONS VALEUR EN MILLIONS DE FRANCS DE L’ACCROISSEMENT DES TRANSACTIONS PROPORTION POUR CENT
- 1. Angleterre a 686 8,9
- a. Allemagne a 367 10,8
- 3. Etats-Unis 1 896 7.G
- 4. République Argentine 868 a5,i . .
- 5. France 800 5,6
- (pour un total de i5 milliards envir.)
- 6. Indes anglaises 761 n,5
- 7. Autriche-Hongrie 7a9 1 a,4
- 8. Japon 1 48a !9>5
- 9. Canada 44a n,7
- 10. Italie 406 7>a
- 11. Suisse a77 9
- ia. Egypte ' I 20 8,3
- Tableau II
- NATIONS NOMBRE D’HABITANTS NOMBRE D’ÉLÈVES SUIVANT LES COURS d’enseignement TECHNIQUE A TOUS LES DEGRÉS
- Suisse 3 millions et demi 5o 000
- Belgique 6 millions et demi 70 ôoo
- France 38 millions 75 000
- Allemagne 6a millions 700 000
- progression économique d’un pays et son enseignement professionnel (^5 ooo élèves en France, 700 000 en Allemagne).
- « La guerre future sera une guerre économique » (Bismarck).
- Incontestablement il est indispensable que la France ne reste pas dans cet état d’infériorité lamentable. Nous devons organiser sans retard notre enseignement technique. Des études nombreuses ont été faites dans ce but. M. Astier, au Sénat, M. Verlot, à la Chambre, ont déposé d’importants rapports; malheureusement la question n’a jamais abouti. Pourtant, la vie économique de la nation a bien son importance et Bismarck a dit : « La guerre future sera une guerre économique; puissent nos successeurs avoir toujours cette préoccupation et prendre soin que, quand selivrera la bataille, nous y soyonsjpréparés. « Or, nous sommes bien loin d’être prêts ainsi qu’il résulte de l’étude de M. Soubrier.
- Organisation de l’enseignement technique. — L’enseignement supérieur. — Une Sorbonne technique au Conservatoire des Arts et Métiers.
- Le rapport de Gand constate d’abord que dans tous les Etats exposants, l’Enseignement technique est rattaché exclusivement au ministère du Commerce, seul qualifié pour connaître les besoins du commerce et de l'industrie. Il ajoute qu’en France l’enseignement officiel supérieur, secondaire et primaire, n’est pas, à proprement parler, dans une situation critique. Cependant, le Conservatoire des Arts et Métiers devrait être, aux yeux du rapporteur, transformé en Sorbonne technique délivrant des certificats de hautes études industrielles à des ingénieurs déjà formés, correspondant aux diplômes des docteurs ingénieurs de l'empire allemand. D’autre part, l’enseignement à l’Ecole Centrale devrait être complété par de nombreux travaux pratiques. L’enseignement secondaire et primaire, représenté par les Ecoles d’arts et métiers, les Ecoles nationales professionnelles et les Ecoles pratiques de com-
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- 7 Février 1914.
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- merce et d’industrie, n’a besoin que d’une simple mise au point et d’un peu plus de souplesse. En particulier les Ecoles pratiques de commerce et d’industrie sont en grand progrès. Elles comptaient 5 4oo élèves en 1900, elles en ont aujourd’hui 14 5oo.
- Le point critique : l’apprentissage et l’enseignement ménager.
- Le point le plus critique est l’apprentissage, l’enseignement ménager et les cours de perfectionnement de l’ouvrier. M. Soubrierrappelle que le nombre des élèves qui ont recours à cet enseignement chez tous nos voisins atteint les 4/S de la totalité des élèves. En France, il devrait s’adresser à 3oo 000 élèves au lieu de 5o 000. Partout on signale les conséquences de cette diminution de la fréquentation scolaire : criminalité enfantine, l’enfant utilisé aux courses et au nettoyage en vue d’un gain immédiat, etc., bref, à l’heure présente, les n/iades enfants sont moralement abandonnés et 1/120 des jeunes filles seulement reçoit des éléments d’enseignement ménager.
- Il semble indispensabled’adopterpour certains métiers tout au moins, le principe de l’enseignement professionnel obligatoire pour les travailleurs des deux sexes de treize à dix-huit ans. Ce principe appliqué dans les pays de langue allemande a donné 700 000 élèves à l’Allemagne pour 62 millions d’habitants et 5o 000 à la Suisse pour 1 millions et demi.
- Le rôle de l’Etat.
- L’Etat devrait en outre donner l’exemple. Il possède des manufactures* des arsenaux, des voies ferrées, etc., qui emploient un nombre considérable d’ouvriers. L’Etat-patron a le devoir strict d’instituer, à titre d’exemple et d’encouragement, une organisation sérieuse de cours d’apprentissage et de perfectionnement de l’ouvrier qui puisse servir de modèle aux industriels.
- Enfin, M. Soubrier estime par comparaison avec l’Allemagne (dépense 40 millions pour 700 000 élèves), la Suisse et la Belgique, que notre budget annuel de l’enseignement technique devrait être porté à if> ou 18 millions, tandis qu’il 11’est à l’heure actuelle que de 9 millions et demi.
- En résumé, d’après le rappoateur, l'enseignement technique industriel et Commercial pourrait être organisé en France de la manière suivante :
- /. Enseignement supérieur.
- i° Conservatoire des Arts et Métiers transformé en Sorbonne technique. (Délivre des certificats de hautes études techniques pour docteurs-ingénieurs.)
- a0 Ecole Centrale des Arts et Manufactures. (Forme des ingénieurs pour 'les grandes administrations.)
- 3° Ecoles Supérieures spéciales (officielles et privées). (Forment des ingénieurs spécialistes : électriciens, mécaniciens, aviateurs, etc.).
- 4" Ecole Normale de l’enseignement technique. (Forme les professeurs de l’enseignement technique.)
- 5° Ecoles Supérieures de commerce (officielles et privées). (Préparent des chefs de grandes entreprises commerciales.)
- II. Enseignement secondaire.
- i° Ecoles Nationales d’Arts et Métiers. (Forment des ingénieurs, des industriels, etc.)
- 20 Ecoles commerciales. (Préparent aux carrières commerciales.)
- 3° Ecoles secondaires spéciales privées (électricité, mécanique, etc.).
- III. Enseignement primaire.
- i° Ecoles nationales professionnelles. (Forment des sous-ingénieurs.)
- 20 Ecoles pratiques de commerce et d’industrie. (Forment des agents aptes à être utilisés immédiatement dans le commerce et l’industrie.)
- 3° Ecoles spéciales (horlogerie, vannerie, etc.).
- IV. Cours d’apprentissage.
- Cours à organiser dans chaque région industrielle et commerciale avec les éléments et locaux de l’enseignement primaire technique par les municipalités, les syndicats, l’initiative privée, etc., subventionnés par l’Etat. (Ces cours sont destinés à former les apprentis pour tous les corps de métiers où cela est reconnu nécessaire. Ils ont comme sanction le contrat et le certificat d’apprentissage.
- V. Cours de perfectionnement de l’ouvrier.
- Analogues aux précédents et destinés aux ouvriers adultes de tous les corps de métiers.
- M. SoUBHIElt, —
- Inspecteur principal des chemins de fer de l’Etat.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- NOTE SUR LES TRAINS REVERSIBLES
- Dans le projet (Télectrification des lignes de banlieue de Berlin préparé par les chemins de fer de VEtat prussien on prévoit le poussage des trains par un tracteur placé en queue. L’auteur rêsjume les expériences faites en vue de déterminer les inconvénients possibles de ce mode de traction.
- Les chemins de fer de l’Etat prussien ont prévu, dans le projet d’électrification du « Stadt-bahn » de Berlin présenté à la 5e session du Reitcshtag en 1912, une disposition nouvelle pour la remorque des trains électriques permettant d’obtenir tous les avantages maintenant classiques du nouveau mode de traction, tout en utilisant sans modification le matériel de remorque actuellement en service.
- Chaque train, dit train complet, circulant pendant les heures d’affluence serait composé d’une rame de i3 voitures à voyageurs ou fourgons et de deux locomotives placées Tune en tête, l’autre en queue.
- Beudant lçs heures de faible trafic, ce train serait divisé-en deux demi-trains circulant isolément et roulant locomotive en tête dans un sens de marche, locomotive en queue dans le sens inverse.
- Des cabines de manœuvre ménagées dans les 2 véhicules placés au centre de la raine complète,- et munies de tous les appareils de commande à distance, contrôleur de train à « unités multiples », frein à main et à air comprimé, etc., permettraient au mécanicien au moment de la séparation du train en deux parties, d’assurer complètement la* conduite de chaque demi-rame de chacune de ses extrémités.
- Grâce à cette disposition, la demi-rame à tracteur unique conserve toutes les propriétés caractéristiques de la rame automotrice complète et notamment la réversibilité : elle peut entrer dans une gare et en repartir immédiatement en sens inverse sans aucune permutation* de véhicules.
- Depuis longtemps, même avec la traction à vapeur, on a songé à constituer des trains réversibles pour s’affranchir des perles de temps considérables qu’entraînent les manœuvres de locomotives, pour simplifier les installations de gare et augmenter leur capacité de trafic. U11 exemple typique de ce genre d’installation nous est fourni parle train tramway du chemin de fer du
- Nord qui dessert la banlieue de Paris dans la direction de Saint-Denis. .
- Le Midland Itailway, le Taff Yale Ry, le London Brighton and South Coast Ry, etc... ont également utilisé des trains légers réversibles composés de deux voitures placées de part et d’autre d’une locomotive à vapeur ordinaire: Le chauffeur reste seul près de la chaudière et il obéit aux ordres qui lui sont donnés soit en langage clair, par téléphone,.soit par un système convenu de signaux au sifflet.
- Le mécanicien se place dans une des cabines ménagées dans les voitures extrêmes et où sont mis à sa disposition les appareils de commande à distance, frein à air, frein à main, téléphone ou sifflet, et quelque fois même des leviers spéciaux lui permettant d’ouvrir ou de fermer lui-même la vanne de vapeur.
- Mais avec la traction à vapeur, ces appareils de commande sont difficiles à installer, leur* fonctionnement est délicat et d’une sûreté douteuse; aussi ces dispositions assurant la réversibilité des trains n’ont-elles reçu que des applications très restreintes.
- Avec la traction électrique, et grâce aux systèmes de « train eontrôl » imaginés par Sprague, toute difficulté disparait et on peut placer sur une voiture de remorque aussi bien que sur une motrice, tous les appareils nécessaires a la conduite du train.
- O11 peut donc dire que la réversibilité des rames même à tracteur unique ne fait pas question au point de vue électrique; mais en est-il de même au point de vue de la traction proprement dite? La circulation de trains « poussés » présente-t-elle des dangers ou des inconvénients spéciaux susceptibles d’entraver l’exploitation ou d’en augmenter le prix et les dangers ?
- Il semble permis dès maintenant de répondre non, au moins quand on utilise un matériel dont le poids par essieu est suffisamment élevé et dont le porte à faux, en dehors des roues por-
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- teuscs, est faible, ce qui est le cas des voitures allemandes'à 3 essieux considérées.
- Dans toutes les lignes de traction électrique où Ton utilise deux ou trois automotrices par train, on sait que l’on peut circuler en toute sécurité meme quand les moteurs de la motrice de tête sont hors circuit. Sur les trains électriques de TOuest-Etat, sur ceux de la Compagnie d’Orléans, sur ceux du Métropolitain, des incidents se sont produits obligeant le mécanicien à marcher pendant un temps plus ou moins long avec 2 ou 3 bogies moteurs en service seulement sur l\ , sans que l’on ait constaté aucune difficulté mécanique spéciale de circulation, quelle que soit la position des bogies moteurs restant en service dans le train.
- Il était toutefois très important d’étudier expérimentalement et d’une façon systématique cette question du poussage des trains par la queue, afin de couper court aux discussions théoriques auxquelles elle n’aurait pas manqué de donner lieu. C’est ce qui a été fait par l’Administration des chemins de fer de l’Etat prussien, qui a procédé dans le courant des années 1912 et 191-!! sur la ligne expérimentale d’Oranienburg et sur la ligne en service de Dessau-Bitterfeld, toutes deux équipées électriquement, à des séries d’essais très complets effectués sur des trains remorqués dans des conditions très variées de composition de rames et de position de tracteurs. Ces essais ont permis d’élucider complètement les questions suivantes.
- A. — Usure des voies. — Une première série d’essais a été instituée en vue de déterminer si la fatigue de la voie était différente quand un train circule tracteur en tête ou tracteur en queue. Des expériences comparatives prolongées pendant tics longtemps avec des trains tirés et des trains poussés de même composition et de même vitesse, ont montré qu’aucune différence appréciable ne pouvait être relevée dans l’usure des voies. Aucune détérioration accidentelle 11c s’est produite pendant la marche en queue.
- B. — Usure des bandages. — Pour déterminer si du fait de mouvements secondaires les bandages des roues de voitures s’usaient plus rapidement quand la rame est poussée (pie quand elle est tirée, on a l’ait circuler toujours dans le même sens, une rame de i/j voitures au centre de laquelle était* intercalée la locomotive. Sept
- voitures étaient donc constamment poussées, les sept autres constamment tirées. Après un parcours d’environ 20 000 kilomètres, on n’a constaté aucune différence d’usure appréciable entre les bandages des voitures des deux parties du train.
- C. — Consommation d'énergie. —Des relevés de consommation d’énergie effectués pendant les essais précédents ont montré * qu’il n’existait aucune différence à ce point de vue entre les deux modes de traction.
- D. — Réactions pouvant produire un déraillement. — Au point de vue des accidents possibles on pouvait craindre qu’une résistance brusque opposée à la inarche du train et appliquée en tête de celui-ci 11c provoquât un déraillement du fait de la « compression » et peut-être du soulèvement des voitures intermédiaires.
- Pour élucider cette question, on a freiné brusquement en pleine marche deux voitures de tête d’une rame de 8 voitures poussée par une locomotive sur laquelle le courant était maintenu pendant l'application des freins sur la tête du train. Aucun trouble ne fut constaté, bien (pie la vitesse ait été poussée progressivement jusqu'à j:> kiloinètres-heure.
- Cette expérience a été répétée avec le même succès sur les lignes mêmes de Ceinture de Berlin avec un train de composition normale circulant machine en queue à la vitesse prévue au tableau de marche.
- Il semble donc bien établi que, tout au moins pour les vitesses usuelles d’un service de banlieue, le roulement des rames de voitures ordinaires s’effectue dans les mêmes conditions, quelle que soit la position du ou des tracteurs dans le train.
- Ce fait peut avoir une importance considérable dans l’étude d’électrification de certaines lignes de grande banlieue à trafic moyen où il ne saurait être question de prévoir la transformation complète-du matériel existant.
- Comme d’ailleurs à partir d’un certain poids de train encore assez faible la traction par locomotive est supérieure au triple point de vue de la puissance, du poids et du prix, à la traction par automotrice, au moins pour le courant monophasé, on s’explique l’intérêt qui s’attachait pour les chemins de fer de l’Ktat prussien aux expériences que nous venons de relater.
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- LA CESSION DES CONCESSIONS D’ECLAIRAGE ET LE DROIT D’APPRORATION
- DES COMMUNES
- (ARRÊT DU CONSEIL D’ÉTAT DU 14 NOVEMBRE 1913)
- En présence des ennuis considérables qii éprouvent les concessionnaires, quand ils veulent céder à d'autres personnes ou sociétés le bénéfice de leur contrat, Vautour croit leur rendre service <en leiü' révélant un arrêt très récent qui remet les choses au point.
- Il est permis, à tous ceux qui s’occupent de droit administratif, d’être blasés sur les étrangetés que présentent parfois certaines affirmations des communes : mais ce n’est pas sans étonnement que l’on revoit toujours arriver, quand une concession est cédée par son titulaire, la prétention des municipalités qui, comme un principe indiscutable, soutiennent qu’elles ont un droit de veto, et peuvent refuser, sans même en donner le motif, toutes les substitutions qui leur sont proposées. Les communes rurales, plus que toutes les autres, sont coutumières du fait: c’est qu’elles aiment, au-dessus de tout, le marchandage, espérant qu’en refusant systématiquement l’approbation d’un nouveau concessionnaire, et en multipliant à ce sujet toutes les difficultés, elfes arriveron t à lasser les courages les plus robustes et à obtenir, par ce moyen, des améliorations dans les prix, des modifications dans le mode de la fourniture ou d’autres avantages encore... On peut dire, que, sur cet article, les discussions les plus extravagantes se sont produites..: Le soussigné n’a-t-il pas vu le cas suivant : une commune qui avait donné une concession à une personne des ])lus modestes comme solvabilité et capacité, et qui, par conséquent, aurait du regretter son acte dangereux en lui-même, voit un jour, parune chance invraisemblable, ce concessionnaire fonder une société solide au point de vue financier, et composée de techniciens: lejouroùle concessionnaire initial, tout joyeux de l’événement, le lui annonce en séance officielle, il se heurte à un refus formel, la. commune l’obligeant à garder lui-même sa propre concession... !
- Généralement, les communes, pour légitimer leur attitude, s’appuient sur une phrase de leur contrat qui leur donne un pouvoir d’approbation et aussi sur ce principe, maintes fois répété
- dans les livres de droit, que la concession de tnwaux publics est un contrat passé intuitupersonne? ce qui veut dire un contrat attaché à lgt personne, par opposition à d’autres conventions de droit commun qui, sauf exceptions, ont trait plus généralement aux choses elles-mêmes qu’aux personnes qui les détiennent.
- Dans une décision toute récente, le Conseil d’Etat vient de calmer une commune qui, ayant cru à son omnipotence sans çontrôle, avait donné à son droit de veto le maximum de son effet.
- Cet arrêt extrêmement important, doit être, non seulement analysé, mais rapproché d’up autre arrêt du 11 novembre 1908 (VuilLaume contre commune de Troisvilles) qui, rendu $ui\lp même objet, le complète d’une façon très claire,.
- I
- L’arrêt du i/J novembre 1918 a été rendu dans les circonstances suivantes ;,1e 8 septembre 1900 la commune de Trun et la Compagnie du gaz acétylène avaient fait un cahier des charges dans lequel 011 avait inséré la clause suivante : « la « Compagnie aura le droit de céder sa conces-.4 sion à une Compagnie, ou à toute autre périt sonne, à condition que cette Compagnie ou « ou autre personne soit agréée par la municipa-tt lité » (article i5). On remarquera que la déchéance n’était pas prévue dans le cas où il serait fait une infraction à cette clause; cette pénalité étant réservée pour l’hypothèse où l’éclairage 11’aurait pas commencé dans le délai fixé : ainsi et c’est un point à retenir, la faillite du concessionnaire elle-même n’entraînait pas la déchéance: et c’est précisément la faillite qui survint le 18 septembre 1907, obligeant le syndic, d’abord à poursuivre la continuation des concessions des /(5 villes qu’éclairait la Société et
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- ensuite aies vendre, par adjudication publique divisées en plusieurs lots. Le vingt-septième lot comprenait la commune de Trun et lut adjugé à M. Girou, industriel et conseiller municipal de la ville de Paris, le 28 juin 1909.
- Quatre jours après, le 2 juillet, M. Girou écrivait au maire de Trun pour lui annoncer son acquisition et son intention de donner tous les développements et tous les perfectionnements désirables ; le 8 septembre, il lui annonçait d’autres perfectionnements ; le 17 du même mois une entrevue avait lieu entre le maire et le concessionnaire, au cours de laquelle une réduction de 25 centimes par mètre cube était accordée pour l’éclairage particulier et confirmée le lendemain par écrit. Tout en entretenant ainsi des pourparlers favorables à ses intérêts, la commune avait écrit au préfet, dès le 8 septembre 1909, une demande d’annulation du contrat, déclarant que ni le concessionnaire, ni le syndic, ne lui avaient demandé son agrément.
- * Le Conseil de préfecture rejeta la demande sur cette considération que le marché intervenu entre la Ville et la Compagnie d’acétylène, 11’avait pas été fait intuitu personne c’est-à-dire 11’attachait pas une importance essentielle à la personne du concessionnaire ; qu’au contraire, le libellé de la clause : « la Compagnie aura le « droit de céder sa concession à une autre Com-« pagnie ou à toute autre personne à la condi-« tion que cette Compagnie ou cette autre per-« sonne soit agréée par la municipalité », posait en principe que la concession était cessible, et que, par conséquent, la commune ne pouvait pas sans motif refuser l’approbation qui devait habiliter le concessionnaire nouveau à prendre la direction du service public.
- La commune s’est pourvue au Conseil d’Etat et elle a de nouveau perdu son procès, par l’arrêt que nous analysons, et dans lequel il faut particulièrement remarquer cette phrase : « Con-« sidérant d’autre part que pour refuser d’agréer a le sieur Girou comme concessionnaire du ser-« vice public dont il avait été déclaré d’adjudi-« caire, la commune sest déterminée par des « motifs étrangers soit à la situation personnelle, « soit à la capacité du sieur Girou quelle a ainsi <( fait de la faculté qui lui était réservée par (( Varticle 15 précité un usage qui navait pu « entrer dans la commune intention des parti. ties. »
- II
- Il semble bien qu’étant données les conditions de fait, dans lesquelles se présentait cette affaire, le Conseil d’Etat 11e pouvait juger autrement. E11 effet, il faut remarquer en premier lieu que le cahier des charges n’envisageait pas la liquidation judiciaire ou la faillite comme devant être une cause de réalisation du contrat. Certains cahiers des charges, en matière de travaux publics, prévoient ces deux événements et en font des cas formels de résiliation : 011 peut citer l’article H7 des clauses et conditions générales du 16 lévrier 1892, et l’article 44 des clauses et conditions générales du 17 juillet 1889 : en matière d’électricité, cette clause est excessivement rare, on la trouverait difficilement dails les contrats municipaux antérieurs à 1908 et, en tout cas, on 11e la trouve pas dans le cahier des charges type du 17 mai 1908. Et il est évident que le juge ne peut point ajouter à un contrat une cause de déchéance qui n’y est point inscrite et qui est contraire à l’article 1795 du Code Civil : n’oublions pas que toute concession constitue un louage d’industrie, et que l’article 1795 du Code Civil 11e prévoit, comme cause de dissolution d’un contrat de cette nature, qu’une hypothèse : celle de la mort de l’ouvrier (ou du concessionnaire) (*).
- (J) Ces principes sont très bien expliqués dans l’arrêt Chanbon et Guébin contre commune de Brie-Comte-Robert, en date du 22 mars 1902 (Dal. 1903 3 87) dont voici le sommaire : en l’absence de toute disposition spéciale d’un contrat intervenu entre une commune et un concessionnaire du service des eaux, il ne résulte ni du caractère de ce contrat, ni du cahier des charges qu’il doive être résolu par la mise eû liquidation du concessionnaire. Mais lorsque le concessionnaire, en interrompant le service de la distribution,, a déclaré que cette interruption devait être totale et définitive, la juridiction contentieuse peut aj^pliquer l’article du cahier des charges d’après lequel la déchéance est encourue en cas d’interruption du service sans attendre l’expiration du délai de 2 mois pendant lequel, aux termes du même article, la commune doit organiser un service provisoire avant de demander la déchéance.
- Lorsque le cahier des charges ne détermine pas expressément les conséquences de la déchéance prononcée, pour interruption du service/ il y a lieu d’appliquer les articles précédents qui déterminent les conséquences de la déchéance dans le cas où cette mesure est prise dans le cas du non achèvement des travaux.
- Ce qui était remarquable dans l'affaire dont le sommaire vient d’être indiqué, c’est que c’était le conces-
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- On ne devra donc pas généraliser l'arrêt que nous étudions, et il faudra toujours faire une lecture altcntive du cahier des charges qui pourrait contenir une clause formelle de résiliation dans rhypothèse d’une faillite ou d’une liquidation judiciaire.
- A un deuxième point de vue, le caractère d’un contrat, nettement attaché à la personne, le caractère de V intuitu. personne n’apparaissait pas comme bien net dans cette affaire : d’abord il ne faut pas exagérer ce caractère : sans doute, il est absolument impérieux dans les contrats administratifs qui auraient pour base la confection d'une œuvre dart : évidemment tout le monde ne peut pas exécuter certains ouvrages qui demandent un talent exceptionnel; il en serait de meme s'il s’agissait d’une cnti'eprise demandant un matériel tout spécial non répandu dans le public, des engins brevetés sans octroi de licence, etc... mais on ne saurait, sans rire, dire que la distribution d’un éclairage public quel qu’il soit, est le privilège de quelques personnes et à plus forte raison d’un particulier ou d’une Société.
- . De plus, le cahier des charges de Trun indiquait par sa rédaction, que la commune n’avait pas considéré le cahier des charges comme vraiment-rédigé intuitu personae : cela résultait de la formule adoptée pour assurer un droit de contrôle à l’autorité concédante, dans ce cas de changement de concessionnaire Ces formules peuvent varier à l’infini :
- On peut lire, par exemple, dans certains contrats, que la défense de toute cession est absolue, si le concessionnaire nouveau n’a pas été au préalable agréé par l’autorité concédan te: nous verrons plus loin, ce qui a été jugé même en cette hypothèse : mais il faut reconnaître que
- sioimaire lui-meme qui invoquait sa mise en liquidation judiciaire comme une clause de rupture et qui n'ayant pu l’obtenir, avait abandonné son exploitation : le Conseil d'Etat a déclaré d’abord que la liquidation judiciaire n’était pas une cause de rupture, mais que l’abandon des travaux en était bien une : seulement, comme la déchéance n’était prévue que pour l’inachèvement des travaux, dans un temps déterminé et non pour l’abandon de la concession, le Conseil d’Elat a appliqué à la seconde hypothèse ce qui était prévu pour la première, sans vouloir, et avec raison, appliquer l’article G8 du contrat qui prévoyait seulement une interruption, dans le service, avec constitution, pendant deux mois, d’un service provisoire. *
- la clause du cahier des charges de Trun était autrement plus large : l’article 15 déclarait que la cession était permise sous condition d'avoir Vautorisation du concédant.
- On ne pouvait donc pas dire que le syndic de la faillite avait commis une faute en ne sollicitant pas au préalable la permission de la commune, d’abord parce que rien ne lui en faisait un devoir dans le contrat, et aussi parce que la vente aux-enchères publiques ne permet pas de connaître quel sera l’enchérisseur, c’est-à-dire le futur concessionnaire : enfin, Giron avait accompli tout ce qui lui était possible de faire en prévenant dès le résultat de l’adjudication, que c’était lui qui était substitué à la Compagnie liquidée; nous avons vu que plusieurs entrevues avaient eu lieu, que le maire avait su arracher un certain nombre de perfectionnements ou de diminutions de tarifs en faveur de la commune, et que le stratagème du refus d’approbation n’avait été créé que pour en obtenir encore davantage : il n’y avait donc pas de faute de la part du concessionnaire : plus exactement, il avait été victime de certaines habiletés mises en œuvre par la municipalité : aussi le Conseil d’Etat a eu un mot très heureux, « Considérant, « dit-il,-que la commune a agi, en faisant de la « faculté qui lui était réservée un usage qui « n’avait pu entrer dans la commune intention « des parties. »
- Quelle est, en effet, cette commune intention, au moment de la rédaction du contrat? c’est bien l’idée de ne pas permettre qu’un insolvable ou qu’un incapable prenne, aux lieu et place du concessionnaire initial, la direction d’un service public; il serait évidemment regrettable de voir, par la seule volonté du concessionnaire, une distribution d’éclairage tomber dans les mains d’une personne qui n’a jamais pratiqué ce genre d’industrie ou d’une Société si peu solide que la première échéance soit susceptible de la faire basculer.
- Mais l’on éprouve une véritable répugnance à admettre que les parties, «après avoir établi un contrat, précisé les tarifs, minutieusement exposé les conditions de la fourniture, aient voulu, dans le meme contrat, prévoir que la commune, par un refus tendancieux, pourrait obliger le concessionnaire substitué à faire des sacrifices sans contre-partie, puisque l’on admet, par hypothèse, que le substitué sera aussi solvable et
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- aussi capable que le substituant ; car si cette identité, de conditions ne se trouve pas, il est bien évident que le concessionnaire pourra être refusé par la commune.
- Il faut aussi reconnaître que, même dans les contrats passés d’une façon rigoureuse « intuitu personae », la jurisprudence administrative veut, aujourd’hui, avoir un droit de contrôle pour examiner si l’autorité qui exerce son droit de veto, est bien dans l’exercice de ses fonctions lorsqu’elle en fait usage, et si au contraire elle ne le met pas au service d’une tendance arbitraire et abusive.
- En effet, il n’y a peifl-être pas de pouvoir discrétionnaire plus connu dans le milieu juridique que celui du ministre de la Guerre, pour refuser à un commerçant le droit de participer aux fournitures de rArmée. L’article 3 du décret du 18 novembre 1882 autorise l’administration à n’admettre au concours que les personnes reconnues capables par l’administration lorsque l’objet de l’adjudication ne peut être sans inconvénient livré à une concurrence illimitée. La jurisprudence est même allée très loin, en donnant le droit au ministre de déelaiier à l’avance « qu’il « est décidé à ne jamais approuver l’adjudication « passée en faveur d’une personne déterminée et « qu’en conséquence celle-ci ne serait pas admise « à soumissionner (l) ».
- En refusant perpétuellement le recours contentieux, contre la décision du ministre de la Guerre à la personne victime de la décision de ce ministre, le Conseil d’Etat a bien voulu caractériser le pouvoir discrétionnaire de cette autorité. Et cependant, un jour, le recours pour excès de pouvoir, s’est ouvert de la façon la plus large devant un sieur Lespinasse, qui avait été exclu par l’autorité militaire de toute fourniture, comme punition de ses critiques à l’encontre des actes du gouvernement, et pour avoir dit que l’Etat « payait la valeur des fournitures sur des <( crédits de l’année courante, que cela consti-« tuait non seulement une irrégularité, mais « encore la preuve d’un déficit considérable sur « un budget non encore voté ». Le ministre avait déclaré qu’il ne pouvait admettre sur la liste des fournisseurs de l’Etat un homme capable de cri- (*)
- (*) Voir sur ce point un arrêt Daurat-Brun contre le ministre de la Guerre en date du 26 juillet 1901 (J)al. 1903, 3/2).
- tiquer publiquement le gouvernement : mais le Conseil d’Etat a admis que les critiques d’un fournisseur ne changent pas la valeur du foin et de l’avoine que mangent les chevaux de l’armée, et il a, dans les termes les plus polis mais les plus fermes, déclaré que M. le ministre de la Guerre pour exclure le sieur Lespinasse des marchés publics s’était appuyé sur « des motifs « étrangers soit à Vexécution des marchés dont le « sieur Lespinasse avait eu à s'occuper? soit à la, a situation ou à la capacité du négociant » (voir cet arrêt et les conclusions de M. Saint-Paul, commissaire du gouvernement, en date du 4 août 1905, Dalloz, 1907, 3 60).
- O11 ne saurait trop rapprocher les deux phrases à peu près identiques des deux arrêts : dans l’affaire Girou, le Conseil d’Etat se trouvant en présence d’un contrat, déclare que la commune a usé de son pouvoir discrétionnaire, dans un but que les parties n’avaient pu envisager, au moment de l’échange des signatures : dans l’affaire Lespinasse, il dit que le motif de l’exclusion ne se trouvait point dans les qualités ou plus exactement dans les défauts du sieur Lespinasse considéré comme fournisseur ; ce n’est en réalité que l’expression d’une même idée : l’autorité contractante a toujours le droit d’user de son pouvoir discrétionnaire dans l’intérêt des services dont elle a la charge : mais si elle le met au service d’une rancune, d’une question politique, d’un but Aexatoire et purement pécuniaire, la situation devient toute différente.
- 11 n’est point sans intérêt de remarquer que les communes, lorsqu’elles sentent le terrain j uridique leur échapper, aiment à se rejeter sur le terrain du fait : la commune de Trun 11’a point manqué de dire (après avoir, soutenu le système du pouvoir discrétionnaire sans limite et sans contrôle) que pendant les premiers jours de l’exploitation, les becs de gaz, au moins quelques-uns, avaient été éclairés tardivement ; et qu’enfin le sieur Girou avait promis des perfectionnements qu’il n’avait point exécutés.
- Le Conseil d’Etat ne s’est point arrêté à de pareilles prétentions. Il était saisi de la question de savoir si, au jour de la substitution, la Ville avait le droit, oui ou non, de refuser sans motif: en fait deux mois après l’adjudication, en se basant sur ce qu’elle avait le veto le plus absolu, elle avait refusé son autorisation : comment concilier cette situation très nette, avec des reproches tirés de
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- certaines irrégularités : pour avoir une attitude précise au point de vue juridique, il aurait fallu que la commune libellât sa prétention de la façon suivante: « j’ai accepté la transmission; r mais je révoque mon acceptation parce que r l’exécution du contrat par le substitué est « incomplète et irrégulière ! ! » or elle prétendait précisément qu’elle n’avait jamais accepté. La même réponse s’impose pour les changements promis par le concessionnaire et non exécutés; d’abord il est étrange que l’on reproche à un concessionnaire, dont on discute le titre, de ne pas avoir fait des perfectionnements comme s’il était déjà concessionnaire : même une municipalité pourrait se rendre compte que s’il y a une façon d’encourager à un distributeur d’éclairage à améliorer la situation des consommateurs, ce n’est pas en lui imposant toutes les incertitudes d’une situation discutée au point de vue juridique.
- III
- Nous ne voulons point terminer ces quelques observations, sans indiquer que la formule du Conseil d’Etat a déjà été employée dans une affaire où une commune avait eu également une bien bizarre attitude : le contrat parla commune de Troisvillés avec les frères Yuillaume contenait une clause relative à la cession de la concession: clause plus stricte peut-être que celle de la commune de Trun, puisque le Conseil d’Etat a relevé qu’en vertu de l’article 12 du cahier des charges du ai octobre 1901, les* sieurs Vuillaume frères pouvaient toujours céder à des tiers le bénéfice de leur contrat, à la condition que les nouveaux concessionnaires aient été au préalable agréés par la commune.
- Les sieurs Vuillaume avaient passé volontaire-ment leur concession par acte notarié du *27 septembre 190a à la Société internationale de l’Acétylène et avaient demandé à la communed’agréer la substitution, le 10 octobre 190*2. Le *25 du même mois la commune réclamait la liste contenant les noms des associés, et après avoir reçu ce renseignement, laissait passer presque trois années sans faire d’observations ; tout d’un coup le 21 février 190a elle envoyait, sous forme d’un refus non motivé, sa réponse à la demande qui lui ayait été remise. Irrités de cette attitude —on le serait à moins —, les sieurs Vuillaume abandonnèrent purement et simplement leur exploita-
- tion. Le Conseil d’Etat a déclaré quela commune, en refusant sans motif d’autoriser la substitution, avait fait de la faculté qui lui était réservée par l’article précité du cahier des charges un usage « qui n’avait pu être dans la commune intention des parties » et que son attitude était de nature à légitimer, de la part des sieurs Vuillaume, une demande eu résiliation.
- Ainsi qu’on le voit, les termes employés par les deux arrêts sont identiques, et cela a une signification qu’il nous paraît utile de signaler: l’Etat ne paraît pas avoir attaché une très grande importance à la différence entre les deux situations de fait que la commune de Trun d’une part, et le sieur Girou d’autre part avaient tous les deux soulignée entre leurs situations réciproques, et la situation qui était celle de la commune de Troisvillés et des sieurs Vuillaume.
- En effet, la commune de Trun disait: « vous « ne pouvez pas m’appliquer l’arrêt de la com-« mune de Troisvillés, car cette commune était « restée trois années sans répondre, et elle s’est « décidée ensuite à imposer un relus : moi, au « contraire, je n’ai jamais demandé d’indication, r mais j’ai refusé dès le début : j’ai eu une atti-« tude autrement plus juridique. »
- Au contraire, le sieur Girou disait : « ma si-« tuation est encore bien meilleure que celle des r frères Vuillaume: ceux-ci «avaient écrit dans r leur contrat qu’ils devraient demander, en cas r de substitution, le consentement préalable, et r ils ne Font demandé qu’après coup. De plus, r ils auraient pu le solliciter puisqu’ils faisaient r une cession volontaire : tandis que moi, au r contraire, je me suis trouvé, en présence d’un r contrat qui 11e pouvait s’accorder avec une r approbation préalable, en ce qui concerne le r consentement de la commune : bien plus, la r façon dont je suis devenu rétroccssionnaire r était une adjudication publique : comment r obtenir l’adhésion même de principe quand r on ignore si l’on sera favorisé par les en-r chères ? »
- Aussi, nous conclurons que la véritable décision de principe se trouve non pas dans l’examen au microscope des circonstances de fait, mais dans cette grande thèse, juridique, normale et vraiment large qui est la suivante : lorsque les parties font un contrat ayant pour but la distribution de la lumière, il est indiscutable que l’autorité compétente peut refuser comme rétro-
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- cessionnaire toute personne ou toute Société ne donnant pas les garanties de solvabilité, de capacité et d’honorabilité. Elle ne pourra user de son pouvoir, d’une façon vexatoire qui ferait dégénérer en abus, l’exercice de son droit normal de contrôle.
- C’est'ce qui vient d’être jugé dans l’affaire de la commune de Troisvilles.
- Nous donnons ci-dessous le texte de l’arrêt delà commune de Trun.
- Le Conseil d’Etat, etc.
- Vu la requête sommaire et le mémoire ampliatif présentés pour la commune Ée Trun (Orne)... tendant à ce qu’il plaise au Conseil annuler un arrêté en date du 16 février 1910, par lequel le Conseil de Préfecture de l’Orne a rejeté la demande en résiliation, faite par la commune, du traité passé par elle avec la Compagnie Urbaine d’éclairage par le gaz acétylène.
- Ce faisant, attendu que la Compagnie aux termes de l’article i5 du contrat ne peut céder la concession à toute autre Compagnie ou à toute autre personne que si le nouveau concessionnaire est agréé parla commune;
- Que la Compagnie Urbaine d’éclairage ayant été déclarée en faillite le 18 septembre 1907, les 4$ concessions qu’elle possédait ont été mises en vente ; que 3o, dont celle du gaz de Trun, ont fait l’objet d’une seule et même adjudication au prolit du sieur Girou ;
- Que l’adjudication ayant lieu le 28 juin 1909, le sieur Girou informa le maire de Trun, le 2 juillet suivant, qu’il s'était rendu acquéreur de l’éclairage de la commune; que la concession, réservant en cas de cession l’agrément de la commune, cette dernière a demandé le 10 septembre 1909 au Conseil de Préfecture de prononcer la résiliation du contrat; que le syndic de la faillite devait avant toute adjudication, demander l’agrément de la commune;
- Qu’au surplus, le sieur Girou, adjudicataire, n’exploite pas de façon satisfaisante la concession;
- Prononcer la résiliation du marché du 5 septembre 1900 avec toutes conséquences de droit et condamnation des défendeurs aux dépens de première instance et d’appel.
- Ouï, Me Porche, maître des requêtes, en son rapport;
- Ouï, Me Labbé, avocat de la commune de Trun et
- Me Bernier, avocat des sieurs Girou etf Armand, en leurs observations ;
- Ouï, Me Pichat, maître des requêtes, commissaire du gouvernement, en ses conclusions ;
- Considérant que par traité du 5 septembre 1900, la commune de Trun a fait concession de l’éclairage de la ville à la Compagnie Urbaine d’éclairage par le gaz acétylène ; qu’à la suite de la faillite de la Société ladite concession a été, le 28 juin 1909, mise en adjudication et que le sieur Girou en a été déclaré adjudicataire ;
- Considérant que la demande formée par la commune de Trun le 10 septembre 1909, devant le Conseil de préfecture, était fondée uniquement sur ce que le sieur Girou n’aurait, contrairement à l’article 16 du traité, ni demandé, ni obtenu l'agrément de la commune;
- Considérant que l’article i5 dispose que la Compagnie Urbaine aura le droit de céder sa concession aune Compagnie ou à toute autre personne, à condition que cette Compagnie ou cette personne, soit dûment agréée parla municipalité ;
- Considérant, d’une part, que le 2 juillet 1909, quatre jours après l’adjudication, le sieur Girou a fait connaître à la commune qu’il avait été déclaré adjudicataire de la concession de l'éclairage de la ville ; qu’il a ainsi fait toute diligence pour obtenir l’agrément prévu à l’article i5;
- Considérant, d’autre part, que pour refuser d’agréer le sieur Girou comme concessionnaire du service public dont il avait été déclaré adjudicataire, la commune s’est déterminée pur des motifs étrangers soit à la situation personnelle, soit à la capacité du sieur Girou;
- Qu’elle a ainsi fait de la faculté qui lui était réservée par l’article i5 précité, un usage qui n’avait pu entrer dans la commune intention des parties et que c’est à bon droit que le Conseil de Préfecture a rejeté la demande de résiliation qu’elle lui avait présentée.
- Décide :
- Article premier. — La requête susvisée de la commune de Trun est rejetée;
- Art. 2. — La commune de Trun est condamnée aux dépens;
- Art. 3. — Expédition de la présente décision sera transmise au ministre de rintérieur.
- Paul Bougault,
- Avocat à la Cour d’Appel de Lyon.
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- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Transformateur électrique pour produire des oscillations à. haute fréquence à l’aide de courant continu.
- Cet appareil décrit par M. W. I. Book, dans la Physical Review diffère considérablement de tous ceux employés jusqu’ici pour produire des oscillations continues bien que les circuits oscillatoires primaires et secondaires soient disposés comme dans les systèmes à arc de Dtiddell et de Poulsen.
- Le transformateur Book se compose d’un puissant électro-aimant (fig. î) à pièces polaires tabulaires a d’environ 7G millimètres de diamètre. Les parois de ces pièces polaires sont fraisées aux extrémités de manière à présenter en bout une épaisseur d’environ 4,5 millimètres-. Sur chaque pièce polaire est fixée une bague b, en fibre, d’environ 100 millimètres de diamètre extérieur. Cette bague d’isolation porte une cathode annulaire r en cuivre de 56 millimètres de diamètre intérieur l’une des pièces polaires est remplie par un tampon en libre c, traversé suivant son axe par une tige de laiton d. A l'extrémité de cette tige, ainsi isolée do la pièce polaire, est fixé un disque de zinc ou de carbone e formant l’anode, de 54 millimètres de diamètre. Les bagues en libre d font légèrement saillie sur les pièces polaires de manière à former des gorges dans lesquelles sont ajustés des disques de mica g.
- Le disefue d’anode et la bague de ca thode sont complètement isolés des pièces polaires et l’intervalle entre l’anode et la cathode se trouve évidemment dans un champ magnétique, très puissant quand les bobines de l’éleclro sont excitées.
- Si l’on établit entre l’anode et la cathode, dans des conditions convenables, une différence de potentiel de 5oo volts, il se produit une décharge qui, s'eus Faction delà force électro-dynamique à laquelle elle est soumise, est forcée de tourner dans l’entrefer annulaire des électrodes. Pour pro-
- duiredes oscillations dans un circuit en dérivation sur l’entrefer, il est nécessaire que l’anode ou la cathode présente une surface rugueuse. E11 pratique, 011 a constaté qu’il était préférable de donner à la bague de cathode une surface rugueuse et régulière. La méthode la meilleure et la plus simple pour cela a consisté à enrouler un fil de
- Fig. 1.
- cuivre doux n° 1 G, par exemple, sur un cercle en fil n° io ou 11. Ce cercle /• a été ensuite soudé dans une gorge taillée dans une feuille de cuivre servant à établir la connexion au conducteur négatif d’alimentation et faisant également office de radiateur de chaleur pour la bague de. cathode.
- Fig. 2.
- Les connexions du transformateur pour la production d’oscillations à haute fréquence dans un circuit secondaire, le courant étant fourni
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- par deux dynamos de 1/4 eh. à courant continu, marchant en parallèle, sont représentées dans la ligure % :
- R0 est une résistance variable permettant de modiiier entre 0,1 et 1,0 ampère l’intensité du courant principal,
- l0 est un milliampèveinètrc a couvant continu,
- L0> une bobine de réactance,
- G, l’entrefer du transformateur,
- Cj et C2 sont des condensateurs variables à huile,
- L* et L2, le primaire et le secondaire d’une bobine d’induction à enroulement serré,
- b un ampèremètre à lil chaud,
- R2 une résistance variable.
- Quand les connexions sont faites et les conditions établies pour l’étincelle de décharge, celle-ci tourne dans l’entrefer du transformateur entre le disque intérieur et la bague extérieure a encoches régulières. En raison des encoches de cette dernière, la distance explosive et, par conséquent, la résistance de l'entrefer passent rapidement d’un maximum à un minimum déterminés tandis quelabobine de réactance maintient un courant d’intensité à peu près constante a travers l’entrefer. Par suite de la résistance périodiquement variable de l’entrefer, il se produit dans le circuit oscillatoire primaire un flux et un reflux périodiques d’énergie. Ce circuit oscillatoire primaire a par lui-même une fréquence naturelle et l’énergie oscillatoire y atteint un maximum quand cette fréquence naturelle est un multiple exact de la fréquence d’oscillation de l’énergie duc à la résistance variable de la distance explosive. Néanmoins, la détermination complète de la relation existant entre les circuits oscillatoires primaires et secondaires* est un problème beaucoup moins simple qu’on ne pourrait le croire, en raison de divers facteurs variables tels que: le voltage du courant traversant l’entrefer, l’intensité du courant dans le circuit principal, la longueur moyenne de la distance explosive, le pas des encoches, l’intensité du champ dans l’entrefer, etc.
- La distance explosive peut varier de longueur moyenne entre 0,2 et a,5 millimètres. Avec un entrefer de cette longueur, il est nécessaire d’amorcer la décharge par des moyens mécaniques. Celui actuellement adopté consiste a repousser un petit fil dans une rainure de la
- fibre, jusque, près de la bague Vie cathode de telle manière que ce lil mette les électrodes en court-circuit. Le circuit principal étant ainsi fermé, on relire immédiatement le fil et la décharge coin ni once.
- boo
- k
- 3oc £3 .6
- Zoo £ <X>
- c0
- 100 ^ *0
- 0 0,6
- y.5
- Largeurs d'entrefer
- zt5
- ' mm
- &
- ho
- 'h.
- £
- Fig. 3.
- Les résultats fournis par diverses distances explosives sont donnés dans le diagramme (fîg. *1). Les courbes supérieures Znt et Cj montrent la variation du <;ourant oscillatoire primaire avec la distance explosive en employant des anodes de zinc et de charbon. Les courbes inférieures montrent la variation de voltage du
- O 1000 2000 3000 Uooo 5000
- Ô3U5S Fig. 4.
- courant continu dans l’entrefer. Les meilleurs résultats sont fournis par une distance explosive d’une longueur de 0,4 à t,5 millimètres et l’expéricncc montre que le zinc, le charbon, le laiton et raluminium, ont pratiquement l<Tmême valeur comme anodes.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Si tous les éléments des circuits principal et oscillatoires sont tenus constants, en]augmentant progressivement le champ, le courant dans le circuit oscillatoire primaire augmente jusqu’à un maximum. On s’en rend compte par les courbes de la ligure /,, — Z/> •!, 3, f> — correspondant à des distances explosives respectives de o,8j, i,3 et »,3 millimètres. Si l’intensité du champ est encore augmentée, l’étincelle de décharge crache ou devient bruyante et l’énergie diminue .plutôt qu’elle n’augmente dans le circuit oscillatoire. Jusqu’à présent, on n’a pas trouve, de. ce fait, d’explication absolument satisfaisante.
- Fig. 5.
- La courbe J, (fig. f>) montre l'augmentation de capacité du circuit; la courbe t0 donne les valeurs correspondantes du courant d’alimentation (entrefer entièrement dans un champ magnétique de /, 5oo gauss). Quand l’intensité du courant principal est trop élevée, la décharge est irrégulière et il passe peu de courant dans le circuit oscillatoire. Si l’on diminue alors progressivement l’intensité du courant d’alimentation, le fonctionnement devient plus régulier et le courant oscillatoire primaire augmente graduellement jusqu’à un maximum pour la capacité alors en circuit. Si l’on réduit encore légèrement l'intensité du courant d’alimentation, l'étinccllc s’éteint ; ce phénomène donne à supposer que l’énergie croissant dans le circuit oscillatoire, on arrive à un point où la force
- T. XXV (2e Série).— N?. 6.
- contrc-élcetromotriec de l’entrefer due aux oscillations réduit le voltage effectif dans l’entrefer à une valeur trop faible pour l’entretien de l’étincelle.
- Un très grand nombre d’encoches par unité de longueur d’arc sur la circonférence de l’entrefer est plutôt désavantageux quant à la quantité d’énergie transmise aux circuits oscillatoires. En effet, quand le nombre d’encoches est trop grand, la décharge se produit entre plusieurs d’entre elles, et. l’on n'obtient plus de variations régulières et considérables de la résistance de l’entrefer. D'autre part, si le nombre d’encoches est trop faible, avec un faible champ clans l’entrefer, le nombre de pulsations par seconde devient insuffisant pour entretenir les oscillations dans le circuit primaire. Les meilleurs résultats sont donnés par une bague de cathode ayant io encoches au centimètre. Si le transformateur fonctionne avec un courant d’alimentation d’une intensité légèrement trop forte, en syntonisant le circuit oscillatoire secondaire sur le primaire, on obtient le même effet qu’eu diminuant graduellement l’intensité du courant d’alimentation, c’est-à-dire que la décharge devient plus régulière et que l’intensité du courant primaire augmente. Au contraire, si l’appareil fonctionne régulièrement avant la syntonisation du secondaire, cette opération aura souvent pour résultat d’éteindre l’étincelle.
- Une intéressante application du transformateur Book est fournie par la télégraphie salis fil. Un moyen de produire des signaux consiste à relier en série avec le secondaire (antenne) Une résistance convenable, — lampes à filament de carbone par exemple, — qui est mise en circuit par la clé du manipulateur. Une autre méthode est la mise en parallèle avec le circuit de l’antenne d’un circuit secondaire qui peut être syn-tonisé avec le primaire. Une clé à double contact est placée dans ces circuits de sorte que lorsqu’on appuie sur cette clé le secondaire synto-nisé est interrompu et le courant passe dans le circuit de l’antenne. On espère pouvoir appliquer le transformateur Book, non seulement à la télégraphie sans fil, mais aussi à la radiotéléphonie.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
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- STATIONS CENTRALES ET DISTRIBUTION
- Un turbo-alternateur Parsons de 25 000 kilowatts.
- Le plus grand turbo-générateur qui ait été construit jusqu’à présent a été terminé récemment par les Ilcaton Works de la Société C. A. Parsons and C°, à New Castle-on-Tyne. Il est construit pour donner une puissance de ïjooo kilo watts à 750 tours par minute pour un facteur de puissance de 0,90, en courant triphasé à ^5 périodes.
- La construction d’un pareil alternateur à 4 5oo
- veloppe de stator et, pour ccs phases, chaque conducteur est pourvu d’un joint boulonné indépendant permettantle soulcvementde la moitié supérieure du stator. Le rotor est du type cylindrique avcccnroulement sur gabarits dontlesextrémités sont portées pardes cloches massives en bronze.
- La carcasse en fonte est en quatre pièces dont deux boulonnées solidement l’une à l’autre forment la moitié inférieure et les deux autres, la moitié supérieure; le noyau est divisé suivant
- volts faisant 750 tours par minute soulève, non seulement des problèmes électriques mais encore des problèmes mécaniques ; en outre des, difficultés se sont rencontrées en raison des limites de poids et de dimensions admissibles pour le transport. La pièce la plus lourde de l’ensemble est la moitié inférieure de l’enveloppe de stator, qui, une fois emballée, atteint au poids de 60 tonnes.
- L’alternateur possède un enroulement triphasé ordinaire couplé en étoile, les enroulements latéraux étant disposés en deux groupes. Deux des phases traversent le joint magnétique de l’en-
- lc plan diamétral horizontal. Ce noyau est constitué par des paquets de tôles minces répartis en 44 groupes que séparent des intervalles de ventilation. La longueur totale du noyau est de % m. ii et le diamètre de l’alésage de 1 m. 90. Le poids d’une moitié du stator sans les enroulements est de 5i tonnes. On compte 8/( barres de stator de 3 m. o5 de longueur logées dans des encoches fermées de n5 millimètres sur 3o millimètres, à raison d’un conducteur par encoche. L’isolant extérieur des barres est moulé au gabarit de manière à être maintenu dans les encoches sans pouvoir se déplacer. Les
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- T. XXV (2e Série);
- ira
- enroulements frontaux sont en ruban de cuivre.
- Le rotor est du type à noyau à encoches et se compose de 3a disques en acier l'orgé montés sur un arbre de même métal. Les canaux de ventilation axiale sont usinés dans la masse. La longueur totale de cet arbre est d’environ g m. i5 et son diamètre maximum est de x m. 06. Les enroulements de champ sont faits sur gabarits. La partie noyée de ces enroulements est placée dans des gouttières de leatheroid ; après les avoir refoulés au moyen de vérins hydrauliques, on les assure en position au moyen de clavettes en laiton contre l’action delà force centrifuge.
- Les dimensions principales du rotor sont :
- Longueur totale sur les flasques.. 3 m. 3i
- Pièce polaire................... 2 m. 28
- Diamètre........................ 1 m. 88
- Le rotor est porté par deux paliers de chacun /,56 millimètres de diamètre et 1 m. 22 de longueur. Le poids total du rotor complet est de 5o tonnes.
- ' L’altçrnateur est complètement blindé; des boucliers en fonte sont boulonnés à chaque extrémité de la carcasse et raccordés aux plaques de fondation. Ces boucliers ferment les conduits pour l’air froid de ventilation fourni par un ventilateur à moteur indépendant et amené par des conduites disposées dans les fondations. Après sa circulation à travers le stator et le rotor, l’air est évacué par un orifice au fond de la carcasse. On a prévu une circulation de 2 36o mètres cubes d’air par minute, afin qu’après une marche continue à 26 000 kilowatts et 4 5oo volts, aucune partie de l’alternateur n’ait une température supérieure à 2i° C ; le ventilateur peut fournir la quantité d’air ci-dessus sous une pression de 90 millimètres de hauteur d’eau.
- L’excitatrice est montée en porte-à-faux à l’extrémité de l’arbre de l’alternateur^ Les bobine» de champ sont portées par un prolongement en forme de brides du palier d’extrémité de l’alternateur. L’excitatrice est à enroulement shunt ordinaire à 4 pôles et25o volts, à auto-excitation.
- (Engineering, 17 octobre »9i3.)
- Nouveau limiteur d’intensité. H. Stafford Hatfleld.
- Dans les installations d’éclairage privées, on a besoin de temps à autre de dépasser la limite normale de consommation, ce que ne permettent pas les limitcurs d’intensité ordinaires. Plusieurs
- moyens se présentent pour tenir compte de cette nécessité: le premier est d’installer à côté du li-mitcur d’intensité un compteur qui ne commence à fonctionne]' que lorsque la consommation dépasse le débit pour lequel le branchement est concédé. La consommation enregistrée par ce compteur étant soumise à un tarif élevé, l’abonné peut avoir, de ce fait, des surprises désagréables lors de la présentation des quittances. Une autre solution consiste à permettre à l’abonné de s’ali-, , monter alternativement, par le liiniteurd’intensité ou par un compteur, à volonté; mais l’inconvé-, nient précédent se représente pour l’abonné si ce dernier oublie de connecter à nouveau son instâllation sur le limiteur d’intensité après le laps de temps pendant lequel il aura eu besoin d’un supplément de courant.
- Fig. 1.
- L’appareil que nous allons décrire a pour but, de parer à cette difficulté, grâce à son fonction-, nement automatique. 11 permet à l’abonné dq dépasser son chiffre de consommation normale un certain nombre de fois par mois, nombre préalablement convenu. Un cadran indique à l'abonné le nombre de soirées à libre consomma-) lion dont il peut encore disposer dans un mois ou un semestre donné. , .
- La figure 1 donne .un schéma de l’appareil dans sa positi011 normale de fonctionnement. Gel;
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- J 77
- M
- appareil est en verre. jll est muni de deux connexions en platine E et F scellées dans le verre et contient une certaine quantité de mercure, représentée en noir sur la figure, ' ainsi qu’une barre de fer B. Cette barre relie les deux surfaces du mercure et permet ainsi au courant de passer dans l’enroulement de l’électroaimant D et, de là, dans les appareils de l’abonné. Le tube est rempli d’un gaz neutre. Lorsque le courant dépasse une certaine limite qui varie suivant la distance des.pèles de l’électro D au tube de verre, la barre B est attirée et le courant est interrompu, puis rétabli immédiatement par la chute de la barre et, ainsi de suite; il se produit donc lin vacillcment rapide de la lumière.
- Fig. 2.
- En C lc'tube est fermé, par un bouchon en matière dense et poreuse. Quand on tourne ce tube d’abord dans la position de la figure a pour le ramener dans la’position de la figure 3, le mercure se trouve distribué de façon différente; on voit qu’il relie dircctement’les deux contacts en platine en sorte que le limiteur île débit est mis bors d’action. Le mouvement de bascule qu’on a imprimé à l’appareil a mis en pression le gaz dans la chambre II mais celui-ci commence immédiatement à filtrer à travers le bouchon poreux dans la chambre K. Le mercure baisse donc peu à peu en K et remonte en II jusqu’à ce qu’il ait repris le niveau normal qui le sépare en deux fractions dans la chambre K. L’appareil se retrouve alors 'dans son état initial. Le temps pendant lequel le gaz comprimé dans la chambre II s’écoule à travers le bouchon C vers la chambre K est constant et pratiquement indépendant de la température; il dépend de la
- résistance de la matière porcusfc à la filtration clu £az.
- Il est bien évident que cet appar eil ne convient que lorsque le tarif établi n’exige pas une précision très rigoureuse et lorsqu’il est simplement convenu que la consommation de courant par l’abonné sera libre pendant toute une soirée ou un nombre donné de soirées dans le mois.
- Le renflement II jonc le rôle suivant : quand'le limiteur d’intensité fonctionne, le mercure étantà sa position normale, l'atmosphère delà chambre K s’échauffe et la dilatation du gaz qui y est contenu refoule rapidement le mercure à un niveau assez bas pour que la barri- de fer ne le touche plus. Le renflement II est destiné à assurer un espace suffisant pour que la pression dans cetté
- chambre II ne s’oppose pas. à la descente du mercure. Il faut alors que l’abonné mette hors circuit l’appareil donnant un excédent de consommation sur le débit normalement prévu pour rétablir le courant. Il est donc impossible de frauder avec cet appareil.
- Celui-ci est monté dans un colîrct sur un disque dont un segment dépasse hors du coffret par une fente. Pour basculer l’appareil, l’abonné fait tourner progressivement ce segment dans le sens indiqué puis en sens inverse. Une fenêtre laisse voir un chiffre indiquant combien de manœuvres clc l’appareil l’abonné peut encore faire. Une ou deux fois par an, un agent du secteur ouvre la porte du coffret et replace l’appareil au nombre convenu de soirées à libre consommation pour la période suivante. Quand ce nombre est atteint, le disque se trouve verrouillé.
- (The Electrician, 9 janvier 1914).
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- T. XXV (2° Série). — N° 6.
- ÉCLAIRAGE
- Les lampes d'un demi-watt en Angleterre.
- L’Eleclrical Review rappelle le très important progrès réalisé dans les lampes à incandescence par la création de la lampe d’un demi-watt. Elle fut annoncée en Angleterre vers la lin d’août dernier par la Britisli Thomson-Houston Co qui exposa à cette époque les premières lampes Mazda à filament de tungstène. Ces lampes, aujourd’hui en fabrication courante, donnent une intensité lumineuse de 2 bougies par watt et ont une durée utile moyenne de 8oo à i ooo heures. Leur lumière est beaucoup plus blanche que celle de la lampe ordinaire à filament de tungstène et se rapproche de la lumière solaire. L’éclat des filaments est 8 fois plus grand cpie celui des filaments de lampes ordinaires, ce qui nécessite l’enveloppement de ces lampes dans des globes dépolis pour l’éclairage intérieur.
- Les intensités lumineuses et les voltages pour lesquels se font actuellement ces lampes sont les suivants :
- Tableau I.
- TENSION volts CONSOMMATION TOTALE watts INTENSITÉ LUMINEUSE bougies anglaises
- 5o-65 ioo-i3o 200-260 3oo et 5oo 5oo, 1 ooo, 1 5oo 1 ooo et 1 5oo 600 et 1 ooo iooo, 2000, 3ooo 2000 et 3 ooo
- Comme on le sait, l’ampoule est remplie d’un gaz inerte tel que l’azote et le filament est enroulé en une spirale fermée et montée en courtes boucles, disposition toute différente de celle à laquelle on est habitué. Il n’est pas besoin de dire que cette nouvelle lampe convient admirablement à l’éclairage indirect ou semi-indirect.
- La General Electric Co fabrique des lampes Osram d’un demi-watt qui diffèrent par des détails de la précédente. Leur durée d’éclairage serait de i ooo heures, avec une intensité lumineuse à peu près constante pendant toute cette période. Le l’apport de l’intensité lumineuse sphérique moyenne à l’intensité maximum horizontale est de 85 % ; la concentration des filaments rend facile l’établissement de réflecteurs pour distribuer à volonté la lumière. Le filament est d’une seule longueur et plus fort que celui de la lampe ordinaire à filament de tungstène. Par contre, le volume de l’ampoule est très inférieur à celui d’une lampe ordinaire de même consommation. Néanmoins, en raison de la forme spéciale de l’ampoule, il ne se produit guère de diminution d’intensité lumineuse par noircissement, car les dépôts sont entraînés dans la zone supérieure parles courants de convection.
- L’Electrieal CoLtdmeten vente la lampe Nitra, également d’un demi-watt par bougie, qui se distingue par l’absence de culot, susceptible de se briser accidentellement, et par le mode de fixation mécanique de la douille à l’ampoule. La lampe Nitra sort des ateliers de l’A. E. G. à Berlin depuis plusieurs mois et donne des résultats satisfaisants.
- L’Edison-Swan Co vend la lampe « Ediswan « pour les consommations et voltages indiqués plus haut au sujet de la lampe Mazda ; elle fait, en outre, des lampes de i ooo et i :>oo watts à :>o-()j volts.
- Les Etablissements Siemens Brothers Dynamo Works Ltd, ont une lampe « Wotan » à filament étiré, d’un demi-watt par bougie, dans laquelle le culot à vis Edison a été conservé.
- La plupart de ces constructeurs ont créé des appareils d’éclairage extérieurs avec réflecteurs, globes en verre opalescent, etc., pour l’emploi de ces lampes.
- (Electrical Review, iG janvier 191/j.}
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- TRACTION
- Le chemin de fer métropolitain souterrain de Christiania. — O. Braarud.
- Le développement sans cesse croissant du trafic des voyageurs entre Christiania et la banlieue de cette ville a nécessité la création d’une nouvelle ligne électrique souterraine. Depuis 1899, ce trafic est assuré par la ligne dite de
- mètres à l’heure, les voitures à bogies présentent une capacité de 48 à 7» places assises. Or, depuis l’ouverture de cette dernière ligne, la banlieue de Christiania s’est considérablement développée ; on peut compter qu’à l’heure actuelle environ nooo personnes se déplacent journellement de la banlieue vers la ville et vice
- Lignes exploitées d° en construction
- d° concédées
- RUSSELOKVEIEN .56.
- ^ Oskarsgate S t s^nduslrigate St tierstuen St
- Bhnderen.
- Gaustad.St.
- Gu))eraasanSt\:.KRAT'T. St,
- SkaadalenSV
- Krematoriet
- \Midtstuen.St
- TRYVANDSHÔiDEN
- de Ruiefokvn.
- HOLMENKOLLEN St
- Holmenkol/en
- Sanatorium
- Holmenkollen St
- Sanatorium.
- Yoksenkollen • Sanatorium
- ' ‘•'V
- • VS.
- Lillevand.Si*>
- Rôd Si
- Fig. i.
- « Holmenkolbahn >> d’une longueur de 6 km. 3: cette ligne à double voie normale (poids des rails a5 kilogrammes) est desservie électriquement au moyen de courant continu à 6oo volts. Les départs ont lieu à intervalles variant d’un quart d’heure en semaine à trois minutes les dimanches; la vitesse de marche est de 35 kilo-
- versa. Certains dimanches, ce chiffre.', s’élève à a5 ooo personnes.
- En raison de cet état de choses, on avait projeté de prolonger la Holmenkolbahn dans les deux sens. On poursuivait ainsi un double^but. Il s’agissait, en effet, tout d’abord, .do-relier directement cette ligne, par un prolongement
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- souterrain, au centre de la ville, afin d’éviter le transbordement des voyageurs et de réduire le temps nécessaire au parcours urbain qui ne pouvait être à cette époque effectué qu’à l’aide des tramways. D’autre part, en prolongeant la ligne à l’extrémité opposée, de Holinenkollen jusqu’au point le plus élevé des environs (Tryvands-hoïden, à 53o mètres au-dessus du niveau de la mer), on comptait rendre la région de Nord-inarken plus accessible au flot des touristes.
- A l’heure actuelle, ces plans sont en voie de réalisation; en effet, d’une part, la ligne souterraine est en construction depuis un an environ et, d’autre part, le prolongement de l’autre extrémité de la ligne a été entrepris récemment. La figure i montre le plan d’ensemble de la ligne existante et des lignes en construction ou à l’état de projet.
- En 1912, on accorda à la Société qui exploitait la ligne déjà construite une concession de fio années pour la construction et l’exploitation d’une ligne souterraine entre Majorstuen (extrémité du premier tronçon de la « llolmen-kolbahn ») et Ruselokveien, au centre de la ville (fig. 1); d’autre part, on prolongea en conséquence la concession du tronçon existant. Les travaux de construction commencèrent en mai 3979.. Aux termes de la concession, la nouvelle ligne doit être terminée et prête pour l’exploitation à la fin de 19x5.
- La longueur totale de la ligne souterraine est de 9 km. 1. Le tunnel a été établi pour une seule voie. Si le besoin s’en fait sentir, on a prévu l’établissement d’un tunnel indépendant pour la seconde voie. De Ruselokveien à Oscars-gatc, le tunnel suit une ligne droite (fig. 1) ; en ce dernier point se trouve une courbe de 3oo mètres de rayon, puis le parcours se poursuit en ligne droite jusqu’à Majorstuen, où commence le tronçon à ciel ouvert. Le profil en long présente une rampe continue de 33 pour 1 000 qui n’est interrompue qu’aux stations par des tronçons de 100 mètres en palier. En outre, on a prévu, auprès de la station de Ruselokveien et en raison de la proximité de l’Institut de physique de l’Université, une contre-rampe en pente douce. La station Majorstuen a été aménagée en gare de bifurcation; c’est en ce point qu’en outre de la lig^ne principale vers Holmenkollen se détache une ligne suburbaine à profil relativement plat vers Riid et Ullern (fig. 1). D’autre part, la gare
- de Majorstuen doit servir au trafic local et au trafic des marchandises et l’on doit installer dans ses dépendances des ateliers et des remises pour le matériel roulant.
- La nature de la maçonnerie du tunnel varie selon les terrains qu’il doit traverser. La figure 2 représente la coupe de ce tunnel. Sur une longueur équivalente à ^5 % du jmreours de la ligne souterraine, on s’est trouvé dans de bonnes roches (schistes à nodules calcaires); sur le reste du parcours, on a dû traverser un banc d’argile bleue plus ou moins hydratée. Comme ballast, on emploie de la pierre dure concassée. Les traverses, en pin créosoté, auront des dimensions de 12,5 X ^ X 25o centimètres et seront
- Câble
- sGJiasiêre \ : ji
- avec 1 i l|
- perche .1 •
- —----------1.
- i 1
- ^Dispositif* d'arrêt automatique
- Fig. 2.
- posées tous les ioà 12 mètres. Le poids des rails est de 35 kilogrammes. La captation du courant (continu à fioo volts) se fera par troisième rail sur le tronçon souterrain et par trolley et ligne aérienne sur le tronçon à ciel ouvert. Les signaux de sécurité et les aiguilles seront pourvus de dispositifs de commande électro-pneumatiques. Les voitures à voyageurs seront à bogies et comporteront quatre essieux ; leur longueur totale sera de 16 mètres, leur largeur maxima, de 3,3o mètres et leur capacité de 80 voyageurs, normalement, de 180 au maximum. Elles pèseront environ 3o tonnes et auront : quatre moteurs-série avec équipement à unités multiples (pour permettre l’accouplement de plusieurs voitures motrices dans un train), frein double à air comprimé, frein à main et frein électromagnétique sur rails. Les freins ont été prévus en considération de là ligne de Uyvards, qui présente une pente continue de 5o pour 1 000.
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- Les dépenses totales de construction du tunnel (y compris le dépôt des voitures) sont évaluées à un peu plus de i iooooo francs, ce qui correspond à un prix unitaire de i o5o francs par mètre courant. Ces dépenses sont très minimes en comparaison de celles qu’a nécessitées rétablissement de lignes analogues dans d’autres grandes villes. Cela doit être attribué, d’une part, à la nature favorable du sous-sol, mais surtout, d’autre part, à la grande profondeur du tunnel uo à 3o mètres au-dessous du niveau du sol c’est-à-dire bien au-dessous des diverses canalisations installées dans la ville et des fondations des immeubles.
- Actuellement» on a déjà percé à coups de mine une section de tunnel de 700 mètres environ. Les travaux se poursuivent sans encombre et l’on espère terminer le tunnel bien avant l’expiration du délai fixé par la concession,
- [Elektrotechnische Zeitschrift, 8 janvier 1914).
- Freinage de secours pour véhicules électriques.
- Pour les tramways électriques qui ne sont pas munis de freins à air comprimé, on emploie, en cas d’un service intensif, généralement des freins électriques, (freins à solcnoïdes ou freins sur rails) qui sont alimentés par le courant de la ligne et souvent aussi par le courant des moteurs en court-circuit. En marche normale on se sert cependant du frein à main et il est de règle générale que l’on augmente d’abord l’efficacité du frein à main en jettant du sable avant d’avoir recours au frein électrique. En cas de danger il dépendra beaucoup de ce que le wattman desserre successivement les différents organes de frein dans l’ordre juste pour obtenir l’arrêt sur un minimum de parcours freiné, mais il faut compter sur un affolement possible de l’homme qui l’empêche de prendre des mesures compliquées.
- En tenant compte de ces circonstances et dans le but de simplifier la manœuvre des freins de véhicules électriques, les Siemens-Schuekert-werke, G. M. b. IL, Berlin, ont relié un levier du sablier avec un levier spécial dont le mouvement met sous courant le frein électrique. De cette façon, le wattmann peut freiner électriquement dès qu’il a jeté du sable, sans abandonner le levier. Afin de pouvoir jeter du sable sans freiner électriquement, comme c’est nécessaire
- au démarrage, il est à recommander de construire l’interrupteur du frein de telle façon qu’il ne se ferme que lorsqu’on'met le levier sur une position déterminée ( « position de danger » ).
- Les figures 1 et *x montrent deux dispositions, possibles.
- Dans la figure 1, l’arbre *7. du sablier porte une pièce de contact isolée b en face de laquelle se trouvent deux doigts de contact c et d. Le doigt; c est relié avec un autre doigt de contact q qui peut être mis en connexion avec la ligne au moyen d’un contact sur le cylindre de direction e. Le doigt de contact d est relié à renroulement/*(cou-rant de la ligne) d’un frein sur rails, l’enroule-
- Fig-. 1.
- mcnt£‘d’un signal avertisseur et l'enroulement h d’un contactcur i. Les autres bornes de ces trois enroulements sont mises à la terre. Les contacts pour le plateau supérieur h du conducteur i sont reliés aux doigts c et d, les contacts pour le plateau inférieur o du contacteur sont relies aux extrémités de l’enroulement en court-circuit /> du frein sur rails.
- Le fonctionnement de l’ensemble est le suivant :
- Pendant la marche, le doigt de contact c est en connexion avec la ligne par le cylindre e. Lorsque, en cas de danger, le levier du sablier est mis eu la position de danger, le contact b relie les_doigts-c et d. 11 passe alors du courant dans la ligne par
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- le cylindre e, les doigts du contact q et c le contact b etle doigt de contacté dans l’enroulement/’ du frein sur rails, dans renroulcment h du con-tacteur i et dans rcnrouleinent g du signal avertisseur. Le frein à courant de ligne est donc serré, le signal retentit et le eontaeteur h touche en haut de sorte que par le plateau de contact/»: et par les lignes m et n les doigts de con tact c et d sont mis en court-circuit. Le plateau inférieur supprime le court-circuit de l'enroulement p du frein sur rail de sorte que si on passe maintenant avec le contrôleur sur la position de freinage par mise en court-circuit du moteur, le courant du court-circuit passe par l'enroulement/; et renforce l’action du frein f.
- Lorsqu'on lâche le levier du sablier, ce dernier est ramené par un ressort dans sa position primitive et interrompt la connexion que la pièce de contact b a laite entre les doigts de contact c et d. Mais ces doigts de contact sont encore reliés d’autre part entre eux par les lignes m et n et le plateau supérieur k de sorte que, même après le retour du levier du sablier, le courant de la ligne passe encore par les enroulements f9g et A. Les freins restent bloqués etle signal continue â avertir. Il fait ainsi savoir au wattman si, après l’arrêt de la voiture, le frein à courant de la ligne est resté en circuit et
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- l’oblige à interrompre le courant de la ligne allant à ce frein. On évite ainsi une mise en circuit prolongée du frein et diminue de ce fait le risque de briller les enroulements; ceci permet d’autre part d’augmenter le nombre de tours de renroulcment du frein et de renforcer sa puissance.
- Une autre forme de réalisation du même principe est montrée par la figure 2. L’arbre a du levier du sablier porte la pièce de contact b, qui se termine par deux plots r et .y. En face de ces plots r et s se trouvent les doigts de contact t et u dont le premier [f.) est relié au doigt de contact q s’appliquant sur le cylindre e du sens de marche, tandis que l’autre (u) est relié au contact supérieur d’un eontaeteur c. Un troisième doigt de contact w se trouve en face à une évasion de la pièce de contact b et est relié à la terre par le coupleur principal y. Entre les doigts de contact L et w sc trouve la bobine x du eontaeteur c, le deuxième contact supérieur de eontaeteur v est relié à une borne terminus des enroulements f et g (frein à courant de ligne et signal avertisseur). Les contacts inférieurs du eontaeteur v sont, comme précédemment, reliés avec les extrémités de renroulcment en court-circuit/; du frein sur rails.
- L’ensemble fonctionne de la façon suivante. Pendant la marche le courant venant de la ligne, passe le cylindre e, le doigt de contact q, la bobine x du eontaeteur v, le doigt de contact z et le contrôleur y et de là à la terre. Le noyau du eontaeteur r est attiré par le plateau supérieur soulevé, il n’y a pas de passage de courant dans les enroulements f et g (frein sur rail et signal avertisseur) et le plateau inférieur met en court-circuit renroulcment p du frein à courant du moteur.
- S’il s’agit d’arrêter la voiture, le courant aux moteurs est interrompu par le contrôleur, y ce qui coupe la ligne de la bobine x par le doigt de contact 5. Le noyau du eontaeteur c tombe, le plateau supérieur met en contact avec le doigt u les enroulements f et g du frein et du signal avertisseur, tandis que le plateau inférieur ouvre le court-circuit du frein p. Lorsqu’on met le levier du sablier dans la position de danger, les trois doigts de contact t, w et u sont reliés par la pièce de contact b. Il passe alors du courant de la ligne par le cylindre de direction, le doigt de contact ty la pièce de contact b, le doigt de cou-
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- tact u, le plateau supérieur du contactent’ e, dans les enroulements /' et g du frein et du signal avertisseur. Le frein est serré et le signal retentit.
- Lorsqu’on met maintenant dans le circuit du moteur l’enroulement p du frein au moyen du contrôle principal y le doigt de contact z est de nouveau relié à la terre, ce qui laisse passer un courant de la ligne par la bobine x à la terre. Malgré cela le noyau du contactent1 reste en bas parce que la bobine x est mise en court-circuit par la pièce de contact h et les deux doigts de contact <et w.
- Lorsqu’on lâche le levier du sablier a, il peut revenir de suite dans la position de repos, sous l’influence d’un ressort de rappel, et interrompre ainsi le freinage, ou bien il peut être retenu dans la position de danger par un verrou jusqu’au moment où le wattman libère ce verrouillage.
- Le signal avertisseur indique si les enroulements des freins sont encore sous courant.
- Lorsque le levier du sablier retourne de la
- position de danger dans la position de repos, la partie évasée de la pièce de contact b interrompt d’abord le courant entre les doigts de contact t et (V et supprime ainsi la mise en court-circuit de la bobine x du contacteur. Cette bobine reçoit donc de nouveau du courant et attire le noyau, interrompt en haut les connexions vers les enroulements f et g-du frein à courant de ligne et du signal avertisseur et met en court-circuit en bas l’enroulement p du frein à courant du mute u r.
- Lorsque le levier du sablier retourne encore davantage, les doigts de contact i et u quittent les plots /• et s. Ceci se fait sans formation d’étincelles puisque le courant est déjeà interrompu au plateau supérieur du contacteur. Lorsque le levier de la sablière est complètement au repos, on met la bobine x du contacteur hors circuit en mettant le cylindre y du contrôleur dans la position d’arrêt,
- (Helios, 4 janvier 1913.)
- STATISTIQUE
- Le charbon dans le monde en 1913.
- La production du monde entier peut être évaluée pour iyi3 à 1 a5o millions de tonnes, contre 1245 millions en 1912, 1 184 en 1911 et 5oo en 1893.
- La plus forte part revient aux Etats-Unis, avec 39 % de la production totale, et à
- l’Allemagne et à l’Angleterre, avec chacune ai %; ensuite, par ordre d’importance, à la France, à la Russie, à la Belgique, à l’Autrichc-Hongrie et à la Hollande.
- La production de la houille en Europe peu être évaluée, pour iyi3, à 55o millions de tonnes dont la consommation se répartit en chiffres ronds de la façon suivante : consommation des mines, 38 millions 5oo 000 tonnes ou 7 % ; métallurgie, 192 5oo 000 de tonnes ou 35 % ; chemins de fer, 55 millions de tonnes ou 10 % ; dépôt de charbon pour la navigation, 55 millions de tonnes ou 10 % ; gaz et lumière électrique,
- 44 millions de tonnes ou 8 % ; industrie, 8a 5oo 000 tonnes ou i5 % ; consommation domestique, 8a 5oo 000 tonnes ou i5 % .
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- NOTES INDUSTRIELLES
- Les électrolyseurs des Ateliers de Construction Oerlikon (système Dr. O. Schmidt).
- Les électrolyseurs construits par les Ateliers de Construction Oerlikon (appareils protégés par plusieurs brevets) répondent au besoin d’un appareil pouvant être relié à un réseau à courant continu à tension normale, par exemple no à no volts, occupant le minimum de place, dont l’exploitation soit exempte de troubles pouvant amener des accidents et dont la disposition claire de tous les organes permette une inspection et une surveillance simple et efficace.
- En construisant l’électrolyseur Oerlikon, on s’est efforcé de disposer l’apparèil de manière à ce qu’il offre le moins de résistance possible au passage du courant. Afin d’atteindre ce but, on lui a donné la forme de filtre-presse; il est composé d’un nombre variable d’électrodes montées en série, séparées les unes des autres par des diaphragmes et isolées au caoutchouc à la périphérie. L’espace libre entre deux plaques, qui est divisé par le diaphragme, forme un
- Fig. i. — ïiiectrode.
- élément. Ensuite on a cherché à munir les cellules ainsi formées d’un dispositif automatique de circulation qui conduise aussi vite que possible dans les collecteurs.-séparateurs les gaz développés, tout en ramenant l’électrolyte entraîné dans ces derniers, afin d’obtenir de cette manière une économie de ce liquide.
- L’arrangement en forme de filtre-presse permet de travailler avec une très petite quantité de liquide et de réduire à sa plus simple expression la distance entre les électrodes.
- Mentionnons encore une autre caractéristique des électrolyseurs Oerlikon : c’est que chaque électrode forme cathode et anode en même temps.
- La tension maximum pour laquelle les électrolyseurs Oerlikon sont construits actuellement est de »5o volts. Pourtant les appareils peuvent être montés en série pour utiliser une tension plus élevée, mais il faudra les isoler proportionnellement à cette tension.
- L’électrolyseur du système du D1 Schmidt se compose d’un certain nombre d'électrodes de fonte de fer séparées les unes des autres par des diaphragmes poreux faits d’un tissu d’amiante spécial; elles sont portées par deux supports cylindriques isolants et maintenues ensemble par un dispositif de serrage. Un système de- canaux permet de conduire l’électrolyte dans chacune des cellules composée par les deux côtés des deux électrodes séparées par le diaphragme et de récolter les gaz dégagés.
- Chaque électrode est munie de nervures verticales servant à augmenter la surface active et à ménager dans les intervalles des espaces suffisants pour le passage des gaz et du liquide.
- De cette manière l’électrolyte se renouvelle constamment aux électrodes, si bien que les forces contre-électromotrices, qui peuvent être engendrées par la condensation du liquide, sont annihilées.
- Chaque électrode est entourée d’un bord épais dans lequel sont percées trois ouvertures, deux à chacun des coins supérieurs et l’autre au milieu en bas. Les deux trous supérieurs servent de conduite de sortie des gaz, tandis que l’ouverture inférieure amène l’électrolyte.
- Les diaphragmes ont des trous correspondants, si bien qu’après le montage des électrodes et des diaphragmes les uns derrière les autres on obtient trois systèmes séparés de canaux.
- La figure i représente une coupe horizontale à travers un électrolyseur, à la hauteur de deux canaux conducteurs de gaz. Les gaz dégagés des deux côtés d’une même électrode bipolaire ne peuvent parvenir chacun que dans un seul des canaux qui les con-
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- duisent dans les deux collecteurs-séparateurs placés au-dessus de l’appareil. Ces derniers sont des réci-
- Fig. a.
- pients cylindriques verticaux, en fonte, dans chacun desquels débouche l’un des canaux amenant les gaz.
- duite menant au gazomètre ou à l’endroit d’utilisation. Un autre tuyau mène de chacun des collecteurs-séparateurs à la conduite formée par les trous placés à la partie inférieure des électrodes, et qui sert à conduire l’électrolyte, Cette conduite est en outre réunie au tube d’adduction de l’électrolyte, placée entre les collecteurs et muni d’un entonnoir. Les collecteurs-séparateurs sont munis de tubes de niveau par lesquels la hauteur du niveau de l’électrolyte peut être vue à chaque instant. Ils sont encore munis de serpentins de refroidissement pouvant être reliés à une conduite d’eau au moyen de tuyaux de caoutchouc, ce qui donne un moyen pratique de régler la température de l'électrolyte.
- À côté des appareils de construction normale qui sont composés d’un grand nombre de cellules,
- Fig. 3. — Electrolyseur Oerlikon type G 125.
- Us sont montés sur l’une des plaques extrêmes ou sur la plaque du milieu. Sur le couvercle de chacun de ces récipients se trouve une tubulure qui est raccordée au moyen d’un tube de caoutchouc à la con-
- comme nous venons de les décrire, au cas où une puissance relativement grande doit être transformée dans le même appareil, les Ateliers de Construction Oerlikon construisent encore des appareils avec des
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- groupes de cellules montés en parallèle (disposition brevetée), car il n’est pas bon de dépasser une certaine dimension d’électrode.
- L’électrolyte employé dans les électrolyseurs Oerlikon se compose d’une solution à io % de carbonate de potassium (potasse) dans de l’eau distillée.
- La tension nécessitée par cellule est aü maximum de 2,7 volts pour une température de 20° environ de l’électrolyte; après une exploitation de plusieurs heures, la température de l’électrolyte s’élève et avec elle sa conductibilité. La tension exigée pour l’appareil chaud (environ 6o° C) est d’environ 2,3 volts. Les électrolyseurs Oerlikon fournissent pour une température d’électrolyte de 4o° C, environ 167 litres 'd’hydrogène et 83 litres d’oxygène par kilowattheure décomposant pour cela environ o 1. 13 d’eau. Le rendement augmenterait encore quelque peu si la température était plus élevée, mais, par égard pour la durée des diaphragmeSj il ne faut pas surpasser la température de 60 à 70°.
- Les pièces des électrolyseurs Oerlikon soumises à l'usure sont les toiles d’amiante dont la durée est d’une année et demie pour une exploitation continue bien conduite. L’usure des électrodes de fonte, qui sont relativement épaisses, est tout à fait minime, leur durée peut s’étendre jusqu’à environ dix ans. Le renouvellement de l’isolation des barres de support n’a lieu normalement, qu’au bout de huit à dix ans grâce à des perfectionnements récemment adoptés. La régénération de l’électrolyte en potasse demande environ chaque année le i5 % de la charge initiale. Le prix de revient des gaz fabriqués dépend donc en première ligne du prix de l’énergie électrique, auquel viennent s’ajouter les intérêts et l’amortissement du matériel utilisé, ainsi que les prix des toiles d’amiante, de l’eau distillée et de la potasse.
- Les frais de surveillance sont très peu élevés, surtout quand, comme cela se rencontre dans la plupart des cas, la fabrication de l’hydrogène et de l’oxygène peut s’annexer à une autre exploitation, dont le personnel peut être facilement mis au courant de la surveillance des électrolyseurs.
- Fig. 4. — Installation d’électrolyseurs du Principal Secretary of State of War, Londres, de 25 kilowatts de puissance. Electrolyseur type G ia5 avec commutateur de cellules et résistance de mise en train montés directement sur lui.
- Il s’ensuit que la fabrication d’oxygène et d’hydrogène au moyen de l’électrolyse de l’eau offre des avantages économiques importants partout où l’énergie électrique est disponible à bas prix, où un impérieux besoin de gaz aussi purs que possible se fait sentir et où l’emploi de gaz comprimés dans des bouteilles d’acier est rendu impossible par suite des difficultés de transports lents et coûteux.
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- BIBLIOGRAPHIE
- La Télégraphie sans fil et la Loi. Télégraphie officielle et privée. Liberté de la réception des signaux ràdiolélégraphiques et possibilité du captage des ondes, par M. A. Perret-Maisonneuve, ancien élève de l’Ecole de Télégraphie militaire de Paris, ancien procureur de la République, juge au tribunal civil d’Amiens. Avec préface de M. le professeur Branly, membre de l’Institut, et avant-propos de M. Dalimier, député de Seine-el-Oise, rapporteur des P. T. T. et de la T. S. F.— Ün vol. in-8° de 487.pages avec figures. —II. Desiorges, éditeur, Paris. — Prix : broché, 7 francs.
- Les nombreux livres publiés jusqu’à ce jour sur la télégraphie sans fil sont tous des ouvrages techniques ou de vulgarisation, mais aucune étude sur l’organisation générale et la législation radiotélégra-phiques n’avait été tentée.. Le statut actuel de JaT, 3. F. est encore embryonnaire : il était utile de coordonner les textes existants, de codifier la télégraphie sans fil, de comparer ce qu’elle est chez nous avec les errements ;de l’étranger, de rechercher s’il n’y avait pas mieux à faire ; il était intéressant surtout d’étudier la question du captage des ondes hertziennes par les particuliers, de préciser l’étendue de leurs droits et de faire connaître leurs devoirs. C’est l’œuvre de M. Perret-Maisonneuve, magistrat distingué, qui joint à sa qualité d’auteur et de jurisconsulte éminent celle d’être un véritable technicien en matière de T. S. F.
- Ce nouvel ouvrage, le premier du genre, renferme non seulement tous les textes législatifs relatifs à la Télégraphie sans fil, mais encore une partie technique et pratique très complète : tous ceux qui ont un poste ou désirent en installer un y trouveront décrits les dispositifs les plus simples. Véritable encyclopédie radiotélégrapliique, le député, le légiste, le magistrat, y puiseront tous les éléments nécessaires à l’étude des lois ; aux professionnels, horlogers, professeurs, amateurs, ce volume donnera des indications pratiques et techniques, ainsi qu’une documentation usuelle très complète.
- Le style même de l’auteur contribuera au succès du livre : par son langage clair et accessible à tous, il a su, malgré l’aridité du sujet, rendre la lecture de son ouvrage véritablement attrayante.
- Nous reviendrons d’ailleurs plus en détail sur
- cette intéressante œuvre que nous ne faisons aujourd’hui que signaler.
- * *
- L’Alimentation méthodique des foyers. Chargeurs mécaniques, stokers, par M. A. Berthier. — Un vol. in-8° de i5o pages avec 110 figures. — H. Des-fokges, éditeur, Paris. — Prix : broché, 4 francs. L’augmentation toujours croissante de la main-d’œuvre et la nécessité de lutter contre des concurrents redoutables, le moteur à gaz et le moteur à pétrole, ont amené les constructeurs de machines à vapeur à étudier certaines améliorations, parmi lesquelles le chargement méthodique des foyers, permettant l’alimentation en combustible et l’enlèvement des résidus sans introduction d’air froid, et, de plus, une alimentation régulière et constante. •
- C’est la description des appareils, aptes à satisfaire à ces exigences, qüe M. A. Berthier a traitée dans ce volume. •
- Cet ouvrage, très clair et bien illustré, est divisé en cinq parties. Dans la première, l’auteur montre les avantagés des stokers ; dans la deuxième, il traite des stokers à alimentation par en-dessus ; dans la troisième, des stokers à alimentation par en-dessous ; enfin, dans les quatrième et cinquième parties, M. Berthier étudie les stokers transportables pour locomobiles et donne des résultats numériques. La question est donc traitée d’une manière complète et logique, et l’ouvragejrépond ainsi absolument à son but.
- * *
- Guide élémentaire du Monteur; Electricien, par Von Gaisberg, traduit sur la 45e éditiou allemande, par E. Bojstel. — Un vol. in-8° de 356 pages, avec 206 figures. — II. Dujsod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : broché, 6 francs; cartonné, 7 fr. a5. Ce volume de von Gaisberg paraît avoir fait ses preuves en son pays d’origine où, en moins de trente ans (1885-1912), il a eu quarante-cinq éditions successivement développées et modifiées parallèlement aux progrès des applications électriques.
- Aujourd’hui, sans pouvoir s’affranchir, moins que jamais, de certaines considérations à côté, plus ou moins connexes, ne fût-ce que pour comparaisons, sur les moteurs électriques notamment, il
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- est rentré plus franchement dans la spécialité de son titre initial. M. Boistel en donne une traduction, dont le style souvent en langage d’atelier est loin d’avoir facilité sa tâche.
- Cette traduction rendra certainement de grands services aux monteurs électriciens.
- T. S. F. Télégraphie Sans fil. La Téléphonie sans fil. Applications diverses par G. E. Petit, Ingénieur des Postes et Télégraphes, Directeur technique de la Compagnie Générale Radiotélégraphique et L. BOU-thillon, Ingénieur des Postes et Télégraphes, chargé du service de la Télégraphie sans fil. Préface du Professeur A. D’ArSOnval, membre de l’Institut. Deuxième édition entièrement refondue. Un vol. in-8, illustré de 184 figures. Prix : broché, 7 fr. 5o; relié, 9 francs. — Ch. Delagkave, éditeur, Paris.
- La télégraphie sans fil est aujourd’hui véritablement entrée dans la phase industrielle et.commer-ciale. Déjà des distances supérieures à 6000 kilomètres ont été franchies et le moment n’est pas loin où le suprême record de portée sera atteint par une èommunication entre une station et son antipode.
- Ce beau résultat ne marquera pas la fin des recherches en télégraphie sans fil, car il restera toujours à perfectionner le matériel des stations petites et grandes. Mais il était intéressant et utile de résumer clairement et simplcmeni l’état de la question. C’est ce qu’ont fait avec une compétence particulière les auteurs de cet ouvrage dont paraît une nouvelle édition complètement refondue et contenant les documents inédits : i° La Convention radiotélégraphique internationale ; 20 Le réglement de service annexé ; 3° L’instruction à l’usage des stations radio-télégraphiques.
- L’ouvrage est divisé en deux parties principales :
- La première partie traite des oscillations électriques et des ondes électromagnétiques (théorie, montages et appareils). Détecteur d’ondes, Propagation, Excitation, etc. La deuxième partie est consacrée aux transmissions à grande distance par les ondes
- électromagnétiques (problème de la radiotélégraphie, historique, technique, stations etc, problème de la radiotéléphonie, transmission des images sans fil, transmission d’énergie à distance sans fil).
- Enfin un important appendice est formé par l'instruction à l’usage des stations radiotélégraphiques. Ainsi théorie, appareil, service de la télégraphie sans fil sont exposés ou décrits dans cet ouvrage dont les auteurs sont des spécialistes à qui l’on doit de nombreux perfectionnements.
- Statistique des installations de courant à. haute tension. — Editée par l’Association Electrotechnique Suisse et par l’Union des Centrales Electriques Suisses (1913), — I volume grand in folio de i85 pages. — Fachschriften-Verlag et Buchdruckerei A. G., éditeurs à Zurich. — Prix, cartonné 8 francs. La Statistique qui vient de paraître donne tous les renseignements techniques et économiques essentiels sur les centrales électriques proprement dites fournissant le courant à des tiers et dans lesquelles il faut distinguer deux catégories :
- i° Les centrales qui produisent elles-mêmes l’énergie électrique pour la vendre directement ou par intermédiaires ;
- 20 Les centrales qui achètent le courant pour le revendre à des tiers soit tel quel, soit après transformation.
- Dans six grandes séries de tableaux, cette statistique fournit toutes les données intéressantes sur les réseaux et leur exploitation ainsi que sur le fonctionnement des centrales au sujet desquelles on a pu obtenir des données complètes. Pour un certain nombre de centrales dont les renseignements sont incomplets ou qui sont de moindre importance, on a rassemblé les données essentielles dans une liste complémentaire. Enfin, les résultats de la statistique sont, dans un chapitre spécial, classés d’après les données caractéristiques d’utilité générale. On y peut trouver beaucoup d’indications extrêmement importantes sur le développement économique de la Suisse.
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- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- Le fait saillant de la semaine a été l’abaissement du taux de l’escompte de la Banque de France. La situation monétaire s’était beaucoup améliorée sur toutes les places depuis le premier janvier et la banque d’Empire avait la première donné le signal à Berlin d’une réduction du taux de l’argent en le fixant à 4 i/a puis Londres avait suivi en l’abaissant de 4 i j-t % à 4 % puis 3 % ; la Banque de France ne pouvait donc tarder à prendre la même mesure et le 29 janvier, son conseil d’escompte décidait d’escompter désormais à 3 1/2 % ; nous pensons que ce taux est passager et que celui de 3 %, très normal pour notre établissement dans l’état actuel de son portefeuille et de ses réserves métalliques, sera pratiqué sous peu. Il est utile à cette occasion de rapprocher l’opinion du directeur de laReischbank de celle du conseil général de la Banque de France. Le premier a fait au Reichstag les déclarations suivantes : « Nous étions l’année dernière à l’apogée « d’une période d’intensité industrielle excessive-« ment forte qui durait depuis neuf ans. Au cours « de cette époque les demandes de crédit ont atteint « un maximum anormal, et la situation s’est aggravée « encore lors de la guerre balkanique. Le maintien « du taux de l’escompte s’est donc imposé... Encore « actuellement le marché monétaire reste extrême-« ment serré... La liquidité temporaire du marché « monétaire est causée par le déclin industriel, par « des affaires moins suivies en Bourse et par l’aug-« mentation de notre exportation, elle provient en « outre de ce que le public a une réelle aversion de « placer son argent en fonds publics et moins en-« core en valeurs à revenu variable. Cette aisance « illusoire ne doit cependant pas nous tromper sur « la situation réelle du marché : elle reste très tcn-« due. Je crois que la continuation du déclin indus-« triel y remédiera, mais seulement peu à peu, car « les nombreuses émissions auxquelles on s’attend « en retarderont l’amélioration. » Le conseil géné-nal s’exprime ainsi de son côté dans son rapport à l’assemblée des actionnaires : « Pendant l'année « 1913, le conflit balkanique a déterminé de telles « perturbations, il a laissé tant d’incertitudes que le « cours normal des transactions financières s’est u trouvé presque suspendu. Notre taux d’escompte,
- « dont le dernier relèvement a dù être maintenu « pendant toute l’année est resté cependant à tout « moment, sensiblement inférieur à ceux des autres « grands marchés directeurs. Sans méconnaître « qu’une tendance générale à la baisse des prix et « certains signes de ralentissement des affaires, « moins marqués peut-être chez nous qu’à l’étranger, « invitent à la prudence, nous pouvons du moins « constater que les transactions commerciales ont « encore progressé en 1913... La modération rela-« tive de notre taux d’escompte ne pouvait être sans « influence sur les changes qui nous sont demeurés « généralement peu favorables. Nous avons eu la « constante préoccupation qu’il n’en résultât aucun « affaiblissement de nos réserves monétaires. Nous « nous sommes même appliqués à mettre à profit « toutes les circonstances propices sans créer au-« cune gêne sur le marché européen, et nous sommes « parvenus non seulement à défendre notre encaisse « or, mais encore à l’accroître de 3i3 millions au « cours de l’année 1913. Ce résultat vous paraîtra « particulièrement satisfaisant à une époque où « plusieurs pays, appréciant les avantages d’une « politique monétaire dont nous avons les premiers « donné l’exemple, s-’assurent d’importantes réserves « métalliques ». Ainsi le président de la Reischbank sous une forme plus précise, le conseil général de la Banque sous une forme plus voilée reconnaissent la situation de crise où l’industrie et le commerce en sont arrivés et en font le point de départ de l’abondance des capitaux disponibles. Ceux-ci par le jeu des émissions d’Etat vont rentrer dans la circulation : mais ils sont moins immédiatement productifs. Nous signalerons qu’en igi3, les escomptes pour la Banque de France, à Paris et dans ses succursales, se sont élevés à plus de 20 milliards. Ce chiffre n’avait jamais été atteint et donne par là même une idée du développement général des affaires d’escompte en France.
- Cette mesure concordante des différentes banques d’Etat a eu pour résultat de stimuler les marchés et d’aider au relèvement des valeurs qui avaient le plus souffert à la précédente liquidation. Les valeurs d’électricité se sont relevées : la Distribution de 552 à 5G/( ; l’Electricité de Paris de 703 à 713, les Ate-
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- T. *XV(2* Série). — N°6
- tiers du Nord et de l’Est de 412 à 425. L’hésitation règne par contre sur le marché de Lille où la nouvelle de la réduction de la production des charbonnages a produit le plus mauvais effet. Le second semestre de 1913 accuse une diminution de 700000 tonnes par rapport à l’exercice 1912; le contraire eût été surprenant à la vérité. Tous les dirigeants se plaignent de la crise de la. main-d’œuvre, de la difficulté de maintenir leur extraction : et c’est le moment qu’on choisit pour réduire les heures de travail et supprimer les longues coupes ! La conséquence immédiate de cette politique d’économistes à rebours est la hausse du combustible qui préjudicie à tout le monde : c’est évidemment un progrèsl On s’ingénie à utiliser la main-d’œuvre étrangère et arabe : mais elle n’a pas les qualités de l’indigène et hon rendement est inférieur. Il faudra bien des mois et bien des immobilisations pour revenir au niveau de la production antérieure.
- La circulaire Merton du 24 janvier, signale une amélioration sur le marché du cuivre. L’attitude plus conciliante du gouvernement des Etats-Unis a stimulé les affaires : les côtes du métal varièrent aux environs de 65 livres sterling et la tendance est plutôt à la hausse. En cuivre affiné, les transactions ont été assez importantes, les consommateurs profitant des prix bon marché encore acceptés par les agences de ventes pour s’approvisionner. On annonce que les ingénieurs de la Braden Copper Cie estiment maintenant les réserves de minerai de cette usine à plus de 100 millions de tonnes pouvant être traitées avec un bénéfice net légèrement supérieur à 2 dollars par tonne. Au début, les évaluations n’avaient été que de 6 millions de tonnes. La nouvelle-est sensa-
- tionnelle : en admettant qu’elle soit exacte pour la quantité découverte, elle est sujette à caution en ce qui concerne le bénéfice par.tonne, nul ne pouvant affirmer que les conditions économiques ne modifièrent pas au cours de l’existence de la mine tous les éléments du prix de revient et du prix de vente.
- La grève de Rio Tinto est maintenant terminée, le tribunal arbitral a décidé que les heures de travail seraient de huit heures et demie et de neuf heures et demie suivant la classe de travail et que les 16000 ouvriers qui désirent travailler sous l’administration directe de la Compagnie au lieu de celle des entrepreneurs seront pris par la Compagnie avant avril 1916. La Compagnie accepte en outre de n’exercer aucune représaille contre les grévistes.
- La Compagnie Générale Française de Tramways annonce un dividende de 28,75 pour igi3 contre 27,50 pour l’exercice précédent.
- Les Tramways de Tunis proposent 6 fr. 54 par action au lieu de 6 fr. 01.
- Le Conseil des Usines à Gaz du Nord et de l'Est vient de se faire autoriser à empruntera Sooooo francs pour exécuter les travaux et les extensions qu’il projette. Plusieurs usines à gaz ont besoin d’être plus abondamment outillées pour répondre aux besoins des populations desservies ; puis de nombreuses concessions d’éclairage électrique obtenues dans ces derniers mois exigent des travaux d’aménagement de réseaux ou d’installation d’usines qu’il est urgent d’entreprendre.
- T. R.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Var. — Par décret du 20 janvier 1914 est approuvée la substitution à M. Lebouvier de la Société anonyme dite : Compagnie des Tramways électriques de l’Ouest-Varois, comme rétrocessionnaire des lignes d’Ollioules au Beausset et d’Ollioules à la Seyne, par Sanary.
- n TÉLÉPHONIE
- Côte-d’Or. — La Chambre de commerce de Dijon est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 242 200 fr.
- en vue de l’établissement d’un quatrième circuit téléphonique Dijon-Paris.
- CôteS-du-Nord. — La Chambre de commerce de Saint-Brieuc est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 18 894 francs en vue de l’extension du réseau téléphonique départemental.
- DIVERS
- Approbation de Compteurs Electriques.
- Par arrêtés du ministre des Travaux publics du 24 janvier 1914.
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- Vu la demande présentée par la Société Française d’Electricité A. E. G., rue de Paradis, n° 42, à Paris;
- Vu l’arrêté du i3 août 1910, fixant les conditions d’approbation des types de compteurs d’énergie électrique ;
- Vu l’avis du Comité d’électricité en date du 12 décembre
- *9*3 ;
- Sur la proposition du directeur des mines, des distributions d'énergie électrique et de l’aéronautique,
- Sont approuvés en conformité de l’article 16 des cahiers des charges des 17 mai et 20 août 1908, les compteurs ci-après :
- i° Type KG pour les intensités de 3 à 100 ampères et les tensions de 5o à 600 volts ou de 2 x 3oo volts ;
- 20 Type GG de i5o à 3 000 ampères et de 5o à 600 volts ou 2 X 3oo volts, ou jusqu’à 5 000 ampères avec deux fils seulement.
- Le compteur « Poly », types :
- D A pour courants triphasés 3 fils (installation à 3 fils) ;
- D A 4 pour courants triphasés 4 fil8 (installation à
- 4 fils);
- D A 2 3 pour courants diphasés 3 fils (à retour commun) ;
- D A 2 4 pour courants diphasés 4 fils (à phases distinctes) ;
- D A 2 5 pour courants diphasés 5 fils (installation à
- 5 fils).
- Pour les calibres de 3 jusqu’à 100 ampères et de 55 à 55o volts sans l'intermédiaire d’accessoires.
- Le compteur Mono, type L. J. C., pour courants alternatifs monophasés et pour les calibres : intensités jusqu’à 200 ampères à 2 fils et xoo ampères à 3 fils; tensions jusqu’à 55o volts.
- Par arrêté du ministre des Travaux publics du 24 jan-vie 1915.
- Vu la demande présentée par la Société Ferranti Limited à Hollinwood (Angleterre) ;
- Vu l’arrêté du i3 août 1910 fixant les conditions d’approbation des types de compteurs d’énergie électrique ;
- Vu l’avis du Comité d’électricité en date du 12 décembre
- *9»3 ;
- Sur la proposition du directeur des mines, des distributions d’énergie électrique et de l’aéronautique,
- Est approuvé, en conformité de l’article 16 des cahiers des charges des 17 mai et 20 août 1908, le compteur Ferranti type C, pour courants monophasés à 2 et 3 fils, à minuterie à rouleaux ou à aiguilles, pour les calibres jusqu’à 55o volts et 1,5 à 200 ampères s’il s’agit des compteurs à 2 fils, i,5 à 100 ampères seulement s’il s’agit des compteurs à 3 fils.
- L’approbation n’est donnée que pour les courants monophasés.
- Par arrêté du ministre des Travaux publics du 24 janvier 1914.
- Vu la demande présentée par MM. tandis et Gyr, à Zoug (Suisse) ;
- Vu l’arrêté du i3 août 1910 fixant les conditions d'approbation des types de compteurs d’énergie électrique ;
- Vu l’avis du Comité d’électricité en date du 23 décembre *9*3 ;
- Sur la proposition du directeur des mines, des distri-tions d’énergie électrique et de l’aéronautique.
- Est approuvé, en conformité de l’article 16 des cahiers des charges des 17 mai et 20 août 1908, le compteur Landis et Gyr, type IB, pour des calibres jusqu’à i5 ampères.
- INFORMATIONS
- Congrès International d’Electricité deSan Francisco.
- L’organisation d’un ou plusieurs trains spéciaux devant conduire de l’Ouest de l’Amérique à San-Francisco les membres du Congrès International d’Electricité de igi5 est déjà avancée. Les trains représenteront le dernier mot de la sécurité et du confort et leur itinéraire sera établi de façon à leur faire traverser les plus beaux paysages de la région.
- Le programme attrayant qui sera proposé aux ingénieurs des Etats-Unis et des axitres pays comprendra un voyage circulaire d’environ trente jours avec des arrêts à Chicago, les chutes du Colorado, la ville du Lac Salé, San Francisco, Ranta Barbara et Los Angelos. A chacune de ces étapes des comités locaux prendront toutes les dispositions pour assurer le confort et des distractions aux membres de l’excursion.
- Suivant les demandes, tin train spécial sera organisé pour conduire directement de Chicago à San Francisco ceux qui ne disposeront que d’un temps limité.
- Le Comité qui organise les moyens de transport envisage aussi la possiblité d’emprunter la voie d’eau par le Canal de Panama.
- NOMINATIONS
- Compagnie du Chemin de fer du Nord, Paris.
- Le Conseil d’administration de la Compagnie du Chemin de fer du Nord, dans sa séance du 23 janvier, a nommé administrateur M. Jules Bénard, régent de la Banque de France, membre de la Société Nationale d'Agriculture, en remplacement de M. Charles Vaury, décédé.
- SOCIÉTÉS
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de Paris.
- Recettes igi3 1914
- Du icr au 27 janvier.. 4 3go 694 75 4 6i3 567
- Du 28 janvier......... i53 390 5o i63 259-60
- 4 544 o85 25 4 476 826 60
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- T. XXV (2° Série). — N° 6.
- y . CONVOCATIONS
- .^Compagnie des Tramways de Tunis. — Le 3 mars, 3, rue Moncey, à Paris.
- Omnium Régional d’Electricité. — Le 8 février, 6, rue Cernugchi, à Paris.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- F.' Ducretet ët E. Roger, 75, rue Claude-Bernard, Paris. ’: Renforçateurs microtéléphoniques.
- - Appareils enregistreurs système A. Tauleigne.
- ADJUDICATIONS
- BELGIQUE i
- Le 11 février, à 11 heures, à la Société du canal et des installations maritimes, à Bruxelles, 5g, rue du Canal, fourniture-de trois grues électriques de deux tonnes à installer quai des Armateurs, à Bruxelles; cahier des charges: 3 francs. Soumissions recommandées le 8 février.
- ESPAGNE
- Le 27 mai, à 11 heures, à la junte des travaux du port de Gijon-Musel, fourniture de quatre grues électriques et dès lignes d’énergie correspondantes, 393401 pes. 28.
- AUTRICHE-HONGRIE
- Prochainement, à l’administration communale, à Gorazda (Bosnie, orientale), installation de l’éclairage électrique de la ville. .
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- FRANCE
- 27 janvier. — Au sous-secrélarial des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à. Paris, fourniture de de cordons souples.
- Ier lot. — 1 000 cordons souples pour récepteurs téléphoniques (n° 3oi — A). — M. Meunier, 1,25. —Société Industrielle des Téléphones, 25, rue du 4-Septembre, adj. à 1,24 la pièce.
- •2“ lot. -— 8 000 mètres de cordon souple à 2 conducteurs pour tableaux commutateurs (n° 5 000 A). — Société Industrielle des Téléphones, 1,10. —MM. Meng, i,o5. —Heinrich, 1,04. — Bassez,o,g9. — Alliot et Roi, 38, rue de Reuilly, adj. à 0,98 le mètre.
- • 3° lot. — i5ooo cordons souples à 2 conducteurs pour tableaux commutateurs à 25, 5o et 100 directions.
- 1 (n° 5 000-124). —^Société Industrielle des Téléphones,
- : 2-,o5. — MM.- Meng, 2. — Heinricli-, 2. Alliot-et Roi, ; 1,98. — M. Meunier, 179, route' de Flandre;; à La. Courneuve (Seine), adj. à 1,97 la pièce.
- - 4* l°t. — 1 000 cordons à 4 conducteurs pour.appareils combinés (n° 3o8-A modifié). —' M. Meünier,', 2,40. — Société. Industrielle des Téléphones, adji ii:2;37 la pièce.
- 5e 16t. — 1000 cordons à-4 conducteurs pour appareils combinés (n° 3o8-B). — M. Meunier, 2,5o.'— - Société Industrielle des Téléphones, adj. à 2,33 la pièce; '
- 6e lot. — 10 000 mètres;de cordon-souple! ir ô.condue-teurs pour transmetteurs mobiles', modèle^ i9'i!o(n0 332-8 bis). — Société Industrielle des Téléphones,- 1,35. — MM. Meng, i,35. — Heinrich, 12, rue Houdart, adj. A 1,82 la pièce. ! 1
- - 70 lot. — 1 000 cordons de raccordement à 6 conducteurs pour appliques murales (modèle 1910). — M. Meng,
- ) 2. — Société Industrielle des Téléphones, adj. à 1,98 la pièce.
- 8° lot. — 4 000 cordons de raccordement à 4 conducteurs pour transmetteurs muraux avec appel magnétique solidaire n° 3o8-D (modèle 1910). — Société Industrielle des Téléphones, 1,72. — MM. Alliot et Roi,. 1,71. — M. Meng, 80, rue Bolivar, adj. à 1,67 la pièce.
- 9e lot. — 10000 mètres de cordon à 1 conducteur pour transmetteurs amovibles. — Société Industriels des Téléphones, o,5o. — MM. Heinrich, o,45. —Alliot et Roi, 0,46. — Bassez, à Colombes (Seine), adj. à o,43 le mètre. 1 . .
- BELGIQUE
- 20 janvier. — A l’hôtel de ville, k Anvers, équipement électrique du bassin-canal prolongé: installation de l’équipement électrique de deux cabines de transformation à construire aux quais n“* 79 et 82.
- Electrotechnische Fabrik, ài Rheydt (Allemagne),
- 8 167 francs; A. E. G. Union Electrique, à Anvers, 22 180; Cio Internationale d’Electricité, à Liège, 26 455; l’Eclairage Electrique, à Paris, 26 602 ou 27 722; L. Des-medt, à Bruxelles, 28 435 ; Chauffage et Electricité Vincent, à Gand, 29 120; Siemens-Schuckert, à Bruxelles, 32 780; Ateliers de Constructions Electriques de Char-leroi, 33 ga5; J.-H. Doorman, à Rotterdam,^ 35 5oo ; Dubois et Baselli, à Bruxelles, 38.282 ou' 40 782; M. Bracke et A. Moniot, à Gand, 89 g85; General Electric Company, i Bruxelles, 44 35o ou 46 5oo,
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- Paris. — imprimerie levé, 17, bue cassette.
- Le Gérant : J.-B.
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- Trente-sixième année.
- SAMEDI 14 FÉVRIER 1914.
- Tome XXV (2e série}. — N“ 7
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- Capitaine P. BRENÛT- — Chronique de télégraphie sans fil........................ 193
- J.-B. SPARKS. — Câbles isolés en aluminium; courbe des prix de revient comparés pour tous les cours du cuivre et de l’aluminium............................ 200
- Publications techniques
- Stations centrales et distribution. Les distributions d’électricité dans les grandes
- villes,...................................... ao.'i
- Nécessité d’avoir un disjoncteur dans les petites stations électriques.................... •JlO'j
- Traction
- Electrification de la ligne de montagne de Chicago, Milwaukee et Saint-Paul. .'............... 208
- Electrification des lignes de banlieue de Lon-
- dres du « London and North Western Rail-way ».................................
- Applicalions mécaniques
- Horloges électriques pour chemins de fer. ... 210
- L’avantage des camions automobiles dans les
- services de voirie......................... 211
- L’économie de la cuisine électrique....... 213
- Breveta. — Perfectionnements aux installations électriques de force motrice....... 214
- Notes industrielles. — La photographie appliquée à la duplication industrielle des documents................................... 216
- Etudes et Nouvelles Economiques.............. îsi
- Renseignements Commerciaux................... 228
- Adjudications............................... aa't
- CHRONIQUE DE TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Dans cet article, l’auteur examine l’état actuel de la technique radiotélégraphique, en ce qui concerne la réception. Malgré la facilité apparente des recherches dans cet ordre d’idées, et le grand nombre d expériences qui ont pu être effectuées par suite de l’extrême vulgarisation du récepteur radiotélégraphique, il faut reconnaître qu’aucun progrès essentiel n'a été réalisé depuis 1908, année durant laquelle entrèrent dans la pratique les détecteurs à cristaux employés aujourd’hui encore.
- Le problème est plus complexe qu’il ne semble, et il n'existe a ucune théorie précise susceptible
- d'orienter nettement les recherches à effectuer.
- L’application de la télégraphie sans fil à l’envoi des signaux horaires a eu comme conséquence la vulgarisation rapide du récepteur radiotélégraphique.
- L’antenne, restée longtemps un organe mystérieux auquel l’imagination publique prêtait les formes les plus extraordinaires, tentacules tendues dans l’espace au sommet de pylônes élevés, réseaux métalliques supportant des cohéreurs gigantesques, etc., est devenue un accessoire familier du matériel pseudo-scientifique de la jeunesse. Avec son mystère, elle a perdu son allure savante, et humblement déguisée en gout-
- tière, en balcon, en tuyau d’eau ou de gaz, elle 11e semble plus avoir aucune personnalité.
- Le récepteur proprement dit n’a _pas eu une fortune meilleure. Avili au rang de jouet de bazar, d’appareil bon marché pour installations domestiques, il dissimule partout son oreille indiscrète. .........
- Cette vulgarisation, où l’on retrouve, en particulier, une des preuves les plus manifestes de la nouvelle orientation des curiosités de la jeunesse, a-t-elle eu, au point de vue delà radiotélégraphie, des résultats pratiques-intéressants ;>
- La facilité apparente des études sur les rccep-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). — K° 7.
- teurs a-t-elle conduit à trouver des perfectionnements importants, à mettre au moins un peu de précision dans les anciennes théories?
- Sans être taxé de pessimisme, on peut répondre non. Les récepteurs de 1913 11e valent ni mieux ni moins, que ceux de 1908, et si les discussions sur leur fonctionnement ont été nombreuses, parfois ardentes..., elles n’ont pas fait jaillir la lumière.
- C’est que le problème est au fond très compliqué, qu’il comprend un grand nombre d’éléments variables, età uneloi dévaluation complexe, qu’il correspond à des phénomènes le plus souvent encore inaccessibles aux mesures précises.
- Ce que nous nous proposons aujourd’hui, c’est donc seulement de faire une sorte de revue rapide des organes de réception, analogue à celle que nous avons publiée en 1910 ('), en signalant brièvement les idées ou perfectionnements de détails qui nous ont paru les plus intéressants.
- 1° — Antenne réceptrice.
- »
- Les conditions principales que doit remplir une bonne antenne réceptrice sont contradictoires.
- Comme l’a fait remarquer Zennck, une antenne disposée pour rayonner beaucoup d’énergie, en tant qu’antenne émettrice, est également excellente comme collecteur d’énergie.
- Mais cette antenne, ayant un bon rayonnement, disperse, au fur et. à mesure, une grande partie de l’énergie qu’elle reçoit.
- Au contraire, une antenne à mauvais rayonnement 11e restitue presque rien': il est vrai qu’elle ne recueille que peu de chose.
- Il parait difficile de tirer une conclusion ferme, après de telles considérations.
- . L’on sait, il est vrai, que l’introduction dans une antenne d’une self-induction et d’un condensateur (que l’on règle pour obtenir la période vibratoire cherchée), affaiblit le décrément de rayonnement. Dès lors, en employant une antenne à grand rayonnement, c’est-à-dire bon « collecteur cFénergie », et en réduisant son décrément par le montage précité, 011 réalise,
- _
- (1) La Lumière Électrique, 6 août 1910. Tome XI, n° 3'i.
- semble-t-il, une disposition satisfaisante dans son ensemble.
- Malheureusement selfs et condensateurs sont par ailleurs des causes de pertes supplémentaires.
- Quoi qu’il en soit, ces observations permettent de s’expliquer dans quelques cas pourquoi certaines grandes antennes émetlrices ne donnent que des réceptions plus médiocres que de petites antennes improvisées.
- Quelques opérateurs emploient deux antennes distinctes pour la transmission et la réception. Cette disposition est d’ailleurs souvent légitimée par d’autres considérations.
- D’une façon générale, chaque cas particulier nécessite une étude spéciale, et des expériences préalables.
- Quand il s’agit de recevoir des signaux de stations puissantes, relativement peu éloignées, l’emploi d’antennes improvisées, très simples, donne le plus souvent des résultats suffisants.
- La réception s’obtient même sans antennes, ou avec des antennes au ras du sol, analogues aux antennes de Kiebitz,
- Les résultats sont variables suivant les obstacles interposés, les couches géologiques du sol.
- Les hypothèses faites pour les expliquer sont nombreuses. Aucune n’a reçu de démonstration nette. Y a-t-il deux mouvements vibratoires, l’un dans l’espace, l’autre au ras du sol? Quelles réflexions se produisent dans les couches supérieures de l’atmosphère..? Quelles interférences interviennent entre les mouvements vibratoires en question ? On est encore dans le domaine de l’hypothèse' Quoi qu’il en soit, toutes ces antennes improvisées, que certains expérimentateurs « découvrent » maintenant, sont d’un usage fort ancien. Dès 1903, en particulier, le major Squier publiait des études sjir l’iililisation des arbres comme collecteurs d’ondes.
- II0 — Montages de réception.
- . Les montages classiques par induction ou par dérivation, avec ou sans circuit intermédiaire, restent les plus employés.
- Dans un grand nombre de récepteurs, en particulier dans la plupart les récepteurs horaires, le circuit secondaire dans lequel est embroché le détecteur, est un circuit apériodique, composé d’un grand nombre de tours de fil lin.
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- 14 Février 1914 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les réglages ne s’elïectuent que sur le circuit de l’antenne. On retrouve ainsi l’ancien montage de presque tous les postes à cohércur d’autrefois. La grande résistance des détecteurs employés justifie d’ailleurs ce dispositif, qui est un peu grossier, mais donne pratiquement des résultats moyens suffisants.
- L’on sait qu’étant donnés deux circuits agissant l’un sur l’autre (circuits primaire et secondaire d’iin récepteur), il existe, que ces circuits soient accordés ou non, un couplage optimum. Quand les circuits sont accordés, ce couplage est donné approximativement par la formule :
- où Yi et '(j, représentent les amortissements des deux circuits.
- En se plaçant dans le cas d’ondes entretenues, M. Bethenod a montré que l’intensité dans le circuit du détecteur était maxima, lorsque l’on établissait la relation suivante entre les caractéristiques électriques des deux circuits :
- L, (o
- C,w Ri
- ~T~ = fi?
- Coto
- io est la pulsation des ondes à enregistrer. L( Ci,Ri représentent la self, la capacité, la résistance apparente de l’antenne, L3 C3 R2 correspondent aux mêmes éléments pour le circuit du détecteur (y compris ce dernier).
- Le coefficient d’induction mutuelle, pour lequel on obtient le maximum d’effet sur le détecteur, est donné par la formule :
- 11 y a donc un couplage optimum, même quand les circuits ne sont pas accordés : au moment de la résonance ce couplage optimum passe seulement par une valeur minimum telle que :
- (o2M2 = R,R2.
- M. Bethenod a d’ailleurs publié récemment une étude intéressante qui embrasse le cas général des ondes amorties, concernant la meilleure valeur que doit avoir la résistance utile
- d’un résonateur soumis à l'actioiï d’un émetteur. Ce résonateur peut être par exemple une antenne réceptrice, comportant un détecteur bolomé-trique embroché, ou un ondemètre à ampèremètre thermique. La résistance utile à déterminer est (selle du détecteur thermique, ou celle de l’instrument de mesure de l’ondemètre (Jahr-huch, iqi'5. Band 6 hcft 5).
- Soit x l'amortissement de l'émetteur, (1 l’amortissement du résonateur qui comprend deux parties, l’une y correspondant aux pertes inutiles, l’autre 3 au détecteur (ou instrument de mesure). On a évidemment p = y -)- S.
- La meilleure valeur à adopter pour 3, en vue d'un effet, maximum, est donnée par la formule
- 3-2 == Y2 + *y-
- Si a = o (cas des ondes entretenues), on trouve S = y.
- En général, dans le cas des ondes amorties, l’on aura S > y : « L’amortissement dû à la partie utile doit être supérieur à celui de la partie inutile. »
- M. Bethenod a donné une interprétation géométrique simple de la formule précédente.
- Il était d’ailleurs évident « priori qu’il devait exister une résistance utile optima pour l’instrument thermique intercalé dans le résonateur; car si ccttc résistance est nulle, l’effet est évidemment nul, et si elle est infinie, il est nul aussi.
- III0 — Construction des récepteurs.
- a) D’une façon générale, l’emploi des condensateurs à air se généralise de plus en plus, tout au moins dans le circuit de l’antenne.
- Dans le circuit du détecteur, où l’amortissement est en général élevé, on peut, sans inconvénients, se contenter de condensateurs à diélectrique solide.
- Dans le circuit de l’antenne, de tels condensateurs introduisent des pertes relativement notables.
- Il existe maintenant dans l’industrie plusieurs modèles de condensateurs a air, peu volumineux, et d’un isolement suffisant, correspondant aux capacités très faibles mises en service dans les récepteurs (quelques millièmes de microfarad).
- D’ailleurs, les condensateurs à ébonite, que l’on règle par déplacement des armatures, don-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV(2° Série). — N° 7.
- lient parfois lieu au phénomène suivant, qui passe fréquemment inaperçu, et explique bien des anomalies signalées dans les réceptions.
- Le frottement de la partie métallique sur Tébonite métallisé peu a peu la surface du diélectrique : le condensateur variable se double alors d’un condensateur fixe, ayant pour diélectrique l’ébonite, et pour armatures les surfaces métallisées de ce diélectrique.
- L’opérateur, qui veut effectuer un réglage, ne peut plus agir que sur une fraction de la capacité totale.
- b) Pour des questions de commodité, on a été amené le plus souvent à réaliser les récepteurs sous forme de boîtes portatives, où les appareils élémentaires sont très groupés.
- Une telle disposition a le grand avantage de réduire les connexions, et de rendre les manœuvres faciles : mais elle peut, quand on n'y prend pas garde, avoir des conséquences fâcheuses, et réduire notablement le rendement général du récepteur.
- Les diverses pièces métalliques massives (condensateurs, bâtis des détecteurs, etc.) sont fréquemment très près des enrbulements, et soumises â des variations de champ intenses : il peut en résulter des pertes appréciables.
- Le voisinage de certains groupes de connexions produit par ailleurs des effets de capacité, qui provoquent des anomalies apparentes dans les réglages.
- A propos d’ailleurs des pertes dans les pièces métalliques, nous tenons à insister, après bien d’autres, sur l'intérêt qui s’attache à ce que les enroulements des transmetteurs, des onde-mètres, des récepteurs soient toujours constitués par des câbles formés d’un grand nombre de fils fins isolés: le rendement général des installations en sera augmenté. Nous avons ainsi constaté des améliorations sensibles, en remplaçant le câble torsadé d’un modèle habituel (diamètre a millimètres), constituant la self d’un
- ondemètre, par un câble formé de 6j brins de —,
- 10
- â double isolement de soie pour chaque brin.
- IV0 — Détecteurs.
- Dans le domaine de la réception, c'est le détecteur qui a été l’objet des plus nombreuses recherchés. Nombre d’inventions ont ainsi été publiées..., et pourtant le*s détecteurs générale-
- ment en service actuellement étaient tous connus en 1908, année où entrèrent dans la pratique de
- divers cotés les détecteurs, â cristaux.
- Les nécessités de la vie commerciale ont entraîné â ce sujet des publications trop souvent intéressées et peu documentées. Il est vrai que dans bien des cas la bonne foi des inventeurs 11c pouvait être mise en doute. Les documents concernant la radiotélégraphie ne sont encore que rarement et irrégulièrement traduits en plusieurs langues; beaucoup d’expérimentateurs consciencieux, qui n’étaient pas des théoriciens, ont fait de patientes recherches dans le silence d’obscures retraites..., et, en moins de 5 ans, certains détecteurs ont ainsi été inventés â Irois ou quatre
- reprises.
- Les détecteurs qui restent aujourd’hui les plus employés sont les détecteurs magnétiques et électrolytiques, les détecteurs â gaz ionisés, et les détecteurs à cristaux.
- Nous ne chercherons pas â les classifier d’après la manière dont ils peuvent être impressionnés par les oscillations électriques.
- Les théories faites à ce sujet il y a plusieurs années, sont bien connues. Aucun élément nouveau n’est venu les modifier de façon essentielle. L’action des oscillations paraît être toujours complexe.
- Seuls les détecteurs « thermiques » pourraient constituer un groupe nettement défini. Il n’en existe pas encore, à notre connaissance, de suffisamment sensibles.
- t.
- Le détecteur magnétique Marconi, le détecteur éleelrolytique Ferrie, les détecteurs â gaz ionisés de Fleming nous paraissent être les seuls détecteurs en quelque sorte industriels, ne nécessitant pas par eux-mêmes une surveillance continue, et des réglages répétés. Sauf le cas d’usure ou de destruction, ils sont toujours prêts à recevoir. 11 n’en est pas encore de même des détecteurs à cristaux.
- a) Parmi les perfectionnements récents apportés an détecteur éléctrolytique et aux détecteurs à gaz ionisés, nous citerons ceux que M. llolweck a été amené à étudier au poste de la Tour Eiffel, dans le personnel militaire duquel-il figurait en 19i l (brevets de 191I).
- Un examen microscopique du détecteur électrolytique pendant son fonctionnement a montré qu’il était nécessaire, pour que le détecteur reste sensible, que la surface isolante, qui entoure
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- 1!)7
- l’anode à son extrémité, soit parfaitement polie : sans quoi, les bulles gazeuses provenant de l'électrolyse s’attachent contre la pointe fine, qu’elles isolent en partie du liquide, et il en résulte une notable augmentation de la résistance du détecteur.
- De plus, on sait que les émissions très énergiques, ou les décharges atmosphériques trop violentes, usent rapidement les détecteurs élce-trolytiqucs : l’examen microscopique a révélé cju’il se forme alors autour de l’anode un ensemble de petites cavités, provoquées parTécail-lcment du verre du à la dilatation du fil de platine qui s’échauffe.
- M. llolweck remédie à cet inconvénient en terminant le petit tube de verre, dans lequel passe l’anode de l’éleetrolvtique, par une perle À (fig. i ), de matière isolante ayant le meme coefficient de dilatation que le métal de l’anode.
- La perle est ensuite parfaitement polie, au
- n
- îmmî
- A
- Kig. i.
- pression d’un millième de millimètre de mercure : les gaz qui restent dans l'ampoule gênent en effet l’émission cathodique, et deviennent d’ailleurs conducteurs sous l’influence de cette émission, ce qui réduit le facteur de redresse-mon t.
- Il est bon de rapprocher l’anode üe la cathode, autant qu’il est, possible, afin de réduire la résistance de l’instrument : on doit lécher de se rapprocher d’un intervalle d’un dixième de millimètre.
- La résistance électrique est encore réduite par l’emploi d’une cathode a large surface, ce qui nroscrit les filaments utilisés généralement. Enfin il faut augmenter autant que possible
- OU
- C
- ÏÏU
- FiR. 3
- rouge d’Angleterre par exemple, au voisinage de l’extrémité de l’anode.
- On réalise ainsi des détecteurs robustes, sensibles, et tous comparables.
- b) Les études que le même, ingénieur a effectuées sur les détecteurs à gaz ionisés, du genre de la valve de Fleming ou de l’audion de Forest, l’ont amené aux conclusions suivantes :
- 11 y a intérêt à rendre la différence de température entre l’anode et la cathode aussi grande que possible, afin d'augmenter la dissymétrie, et par suite le facteur de redressement; du courant (rapport du courant qui passe dans un sens à celui qui passe dans l’autre).
- Pour accroître également ce facteur de redressement, il faut pousser le vide au-dessous d’une
- l’émission cathodique correspondant à une température donnée, et, pour cela, recouvrir la cathode d’une substance propre à cette émission (chaux, etc.) : on diminue ainsi la résistance.
- Il est bon également d’écarter de l’anode les électrodes qui amènent à la cathode le courant qui l’échauffe : sans cette précaution les charges négatives sont en partie dérivées inutilement par le champ créé par les électrodes en question.
- Les figures i et 3 représentent la valve llolweck (brevet n" 456 a 49 du 13 juin 191'i). La cathode cy en platine irridiée, a 1111c épaisseur de deux centièmes de millimètre, sur un millimètre de largeur.
- Elle est tendue entre deux tiges élastiques d (fig. a), qui la maintiennent rectiligne malgré les
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- dilatations. Ces tiges servent à amener le courant. L’anode a, formée par une lame repliée en V, entoure la cathode : elle est constituée par un métal bon conducteur de la chaleur, et à grand pouvoir émissif (cuivre ou platine noirci extérieurement]. Le support ni sert de conducteur. On voit que les tiges d d’amenée de courant sont éloignées de l’anode, et que les dérivations cathodiques sont ainsi réduites au minimum.
- c) Les détecteurs à cristaux se sont vulgarisés à l’extrême.
- Ils présentent l’avantage d’être d’un prix de revient très bas, de pouvoir même être improvisés de toutes pièces, et de donner, dans certains cas, une sensibilité équivalente à celle des meilleurs détecteurs connus d’autre part.
- Leur inconvénient est celui que nous signalions déjà en 1908. Ils ne sont pas sûrs, quand leur réglage est effectué pour une bonne sensibilité.
- Basés en partie sur les propriétés des contacts de certaines surfaces cristallines extrêmement petites, ils ont ainsi une tare originelle : de tels contacts sont instables, et se modifient soit sous l'action de vibrations mécaniques, soit au passage de cou rapts de quelque intensité.
- Les nombreux dispositifs proposés pour remédier à ce défaut ne peuvent être que des palliatifs. Au fond, le détecteur à cristaux le plus pratique est peut-être celui dans lequel on n’a pas cherché à rendre le contact indéréglable, mais seulement à permettre un réglage très rapide : quand le point sensible est perdu ou détruit, on en trouve un autre immédiatement.
- Le défaut en question n’a d’ailleurs pas grande importance pour les récepteurs horaires, ou les postes d’étude : il peut présenter des inconvénients sérieux dans les postes militaires.
- Depuis 1908, il n’a pas, à notre connaissance, été trouvé de détecteur à cristaux entièrement nouveau, vraiment intéressant. La zincite, la chai-copyrite, les pyrites, la galène, la molybdénite, le carborundum, restent les corps les plus employés.
- Dès 1896 d’ailleurs, M. Branly avait étudié un grand nombre de composés employés de diverses façons : galène pulvérisée, sélénium, poudres de sulfures et d’oxydes, plaques métallisées, agglomérés, pyrites de cuivre et de fer, sulfures artificiels, tellure, etc., comparés entre eux, ou avec des métaux. Mais c’est vers 1907 et 1908 que sont
- entrés dans la pratique les divers détecteurs encore employés de nos jours.
- Nous rappellerons en particulier les travaux effectués à cette époque par plusieurs ingénieurs japonais, leDr Asano,MM. Saiki, Wichi Torikata, à Yokohama (1 ), qui établirent plusieurs détecteurs tout à fait sembla blés à ceux que l’on emploie aujourd’hui. Plus de deux cents corps furent expérimentés par ces ingénieurs (oxydes, sulfures, zincite, pyrite, molybdénite, chalcosinc, galène, etc.).
- Ils préconisèrent en particulier l’emploi de cristaux en contact par des arêtes vives, ou de pointes métalliques très fines aflleurant la surface cristalline.
- Nous devons mentionner de nouveau également les études faites à la même époque par Braun et Pierce sur les phénomènes de' conductibilité unilatérale des oxydes et des sulfures, les expériences de Dunvvoody sur le carborundum, l’établissement par Pikard du Silicon (pointe d’acier entre silicium) et du périkon (zincite artificielle ou naturelle et chalcopyritc) (').
- Au printemps de 1908, après l’introduction en France du Silicon et du périkon, nous avions examiné l’emploi, pour des détecteurs, d’un assez grand nombre de corps composes ou simples, comparés entre eux ou avec des métaux : pyrite de fer, galène, oxydes de manganèse, blende, graphites, cobaltine, panabase, magnésio-fer-rilcs, aluminium, silicium, chalcopyrite, zincite, etc.
- Nous nous étions arrêtés finalement à l’emploi du détecteur où nous combinions les propriétés de conductibilité unilatérale du carborundum (découvertes par Dunvvoody), et celles des contacts de petite surface. Le siliciure de carbone utilisé avait une coloration vert clair due à un fondant spécial.
- Le fonctionnement des détecteurs à cristaux 11’est pas encore bien connu. Il semble toutefois qu’après les études de Braun, Pierce, Austin, Fleming, Sachs on ne peut guère les considérer comme des détecteurs thermo-électriques. Nous avons émis l’hypothèse en 1908 que les phénomènes principaux en jeu étaient analogues a
- (1) The Eleclrician, n° 1687, 16 septembre içpo.
- (*) Voir Lumière Electrique, 27 novembre 1909, 6 août 1910, articles de l’auteur (Rapport au Congrès de Marseille, 1908).
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- des phénomènes de polarisation en électrolyte solide.
- D’une, façon générale, le rendement des détecteurs des divers constructeurs varie surtout en raison du soin apporté par ces constructeurs dans le choix des échantillons de cristaux employés; et la meme observation s’applique aux composés artificiels proposés de plusieurs côtés.
- En passant, par exemple, d’un morceau de galène à un autre d’apparence semblable, on obtient les résultats très différents. 11 n’existe pas encore de procédé sur permettant d’éviter les essais méthodiques et répétés. La nature du phénomène est trop indéterminée.
- C’est ainsi que, comme nous l’avons dit plus haut, nous avions réalisé un détecteur à carbo-rundumvert, très sensible sans pile auxiliaire, avec un morceau de carborundum d’origine étrangère, et provenant d’une collection minéralogique. Nous n’avons pas pu par la suite reproduire le carborundum employé, malgré les nombreuses tentatives exécutées dans les usines intéressées : les fragments produits avaient une texture cristalline nettement différente, même pour des colorations identiques. Il eut fallu avoir le temps, la patience, et les moyens, de répéter ,au four d’inlassables essais avec des fondants différents. Les carborundums essayés par la suite n’ont jamais donné la sensibilité régulièrement répartie en presque tous lespoints du premier échantillon.
- d) L’emploi de la télégraphie sans fil pour les signaux horaires et les mesures scientifiques d’une part, l’augmentation du trafic sur certaines lignes hertziennes d’autre part, ont attiré de nouveau l’attention sur les inscriptions photographiques des signaux ayant impressionné les récepteurs.
- Il n’existe pas de ce côté de très grandes diffi-
- cultés, et plusieurs dispositifs Ont été essayés, qui donnent satisfaction.
- Nous citerons en particulier les très intéressantes expériences de M. Abraham, qui a pu enregistrer les signaux du poste de la Tour Eiffel à plus de 6ooo kilomètres.
- Malheureusement, dans bien des cas, les perturbations électriques de l’atmosphère, dont l’oreille parvient en général à éliminer les effets avec les récepteurs acoustiques, apportent des troubles assez sérieux aux signaux enregistrés photographiquement.
- lia même été constaté, avec quelques enregistreurs, que les signaux, produits par les étincelles rares, se retrouvaient parfois plus facilement au milieu des irrégularités dues aux perturbations en question, que les signaux formés par des étincelles musicales. Sur la bande photographique impressionnée, chaque étincelle forme une dentelure, qui est très apparente dans le cas des étincelles rares : ces dentelures permettent de reconnaître les points et les traits, parmi les lignes incohérentes dues aux « parasites ».
- C’est la revanche du vieux système !
- À propos des réceptions troublées par les décharges atmosphériques, signalons enfin, dans le cas de postes émetteurs à ondes entretenues, les ennuis que donnent les tickcrs habituels de réception, lorsque le poste récepteur est atteint par les nombreuses perturbations électriques (et il en est presque toujours ainsi dans les pays chauds) : le ticker transforme les « parasites » au même titre que les signaux du correspondant, et le service devient difficile.
- C’est là encore une revanche des vieux systèmes ! II est vrai que l’on peut remédier à ce défaut par l’emploi de dispositifs spéciaux au poste émetteur ; mais ces dispositifs ont par ailleurs d’autres inconvénients.
- Capitaine P. Bkenot.
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- CABLES ISOLÉS EN ALUMINIUM. COURBES DES PRIX DE REVIENT COMPARÉS POUR TOUS LES COURS DU CUIVRE ET DE L’ALUMINIUM
- Les nombreux avantages des cables en aluminium sur les câbles en cuivre, même en dehors de leur moindre prix, font que leur emploi se répand de plus en plus.
- Mais en raison des fluctuations considérables des cours du cuivre, il est souvent difficile iVévaluer avec certitude Téconomie à réaliser par la substitution de l'aluminium au cuivre dans les câbles isolés.
- L’auteur (') donne une série de courbes permettant de déterminer rapidement sans calcul la différence réelle des prix de revient des câbles de cuivre et cl’aluminium pour tous les prix possibles des deux: métaux.
- Il est bon de noter que les courbes ci-jointes peuvent être utilisées directement pour des mesures exac'es; nous pouvons les fournir séparément, à ceux de nos lecteurs qui nous en feraient Iq demande.
- Un certain nombre de réseaux électriques, tant d’Angleterre que du Continent, emploient beaucoup aujourd’hui les câbles isolés en aluminium à la place'des câbles de cuivre. On réalise ainsi nue économie considérable sur les Irais d’installation et il est surprenant, eu égard aux résultats satisfaisants ob^nus en service, que cette application de l'aluminium né se développe pas plus rapidement.
- L’expérience a montré que les câbles en aluminium satisfont à toutes les conditions de la distribution souterraine et possèdent, sur les câbles en cuivre, certains avantages en dehors même de leur moindre prix. Leur poids plus faillie a une importance considérable quand les moyens de transport sont médiocres ; leur plus grande section pour une conductance donnée permet des densités de courant légèrement plus élevées sans échaulTement excessif; enfin, le fort diamètre est un avantage dans le cas des câbles à très haute tension puisqu’il réduit l'effort diélectrique sur l’isolement.
- Ces câbles sont notamment employés, en Angleterre, à Manchester, Bolton et Ealing, à Londres par la County of London Electric Supply C" et par la Metropolitan Electric Sup-ply C° et, en outre, par de nombreuses entreprises privées et exploitations minières. Sur le Continent, on trouve les câbles d’aluminium employés par les tramways de Paris, de Lyon,
- de Copenhague, de Nuremberg, de Genève, Lauzanne et Zurich, par le chemin de fer dé Ncuilly et les tramways et chemins de ,fer à voie étroite de Belgique. Zurich'emploie 385 kilomètres de câbles en aluminium et les tramways, de Paris en utilisent plusieurs centaines de tonnes.
- L’économie à réaliser par la substitution de l’aluminium au cuivre, dans les câbles isolés, varie naturellement avec les cours des deux métaux et, en raison des fluctuations considérables des cours du cuivre, la différence de prix de revient peut passer d’une quantité négligeable à des pourcentages très élevés. C’est précisément cette variation des cours et l’incertitude (pii en résulte pour les ingénieurs de l’économie à réaliser par le changement, qui sont pour beaucoup dans l'indifférence apparente des ingénieurs de traction à l’égard des câbles d’aluminium.
- L'auteur s’est proposé, en conséquence, de donner une série de courbes permettant de déterminer rapidement et sans calcul la différence réelle des prix de revient des câbles de cuivre et d’aluminium pour tous les prix possibles des deux métaux.
- Le diagramme de la ligure i donne un groupe de courbes pour les câbles isolés au papier et sous plomb. Ces courbes ont été obtenues par transformation en mesures métriques et en monnaie française des diagrammes établis par l’auteur en mesures et monnaie anglaises.
- C) The Eleclrlcal Review, 9 janvier 1914.
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- Frs
- Fr s.
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- Frs. 20.000
- 19.000 18000 17000 16000 15.000 . 14.000 13000 12.000 11.000 10.000 9000 8.000 7.000 6.000 5000 4.000 3.000 2.000 IÛ0O
- Sections___
- Equivali nte MOOO1
- ]jj]00 cm2 .00cm*
- Fig. 2.
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- M. J.-B. Sparks a calculé ses cour lies d’après les prix des câbles construits conformément aux spécifications de l’Engineering Standards Com-mittee quant à l’épaisseur de l’isolement et de l’enveloppe de plomb ; ils sont, basés sur des prix moyens de la main-d'œuvre et des matériaux > autres que le cuivre et l'aluminium. Ces chiffres, obtenus par estimation, ont d’ailleurs été contrôlés par comparaison avec des offres effectives et on peut les considérer comme de bonnes moyennes.
- Il est évident qu’en raison des variations du prix de la main-d’œuvre et des divers matériaux comme aussi des bénéfices variables sur les prix de vente, les indications de ces courbes ne peuvent être qu’approximatives. Toutefois, ces variations étant à peu près identiques pour les deux types de câbles, la différence des prix de revient et l’économie pourcent seront obtenues avec une précision suffisante en pra- i tique. J
- Prenons un exemple d’application de ces courbes
- Supposons qu’on veuille ajouter io kilomètres de feeders à un réseau de tramways, ces feeders étant en câble à conducteur unique isolé au papier et sous plomb, tous d’une section de 6 centimètres carrés en cuivre ou de section équivalente en aluminium. Soit, en outre, •>. IV. a à le prix du fil d’aluminim recuit au kilogramme, supposé égal, pour plus de simplicité, à celui du cuivre.
- Sur la ligne des abscisses de la figure i,
- cherchons la section de fi centimètres carrés de câble en cuivre et remarquons qu’elle corrrcspoiul à une section de io centimètres carrés pour le câble d’aluminium équivalent. De ce point, élevons une ordonnée jusqu’à la courbe correspondant au cours de a IV. a5 le kilogramme de fil d’aluminium recuit. Cela nous donne le prix de la ooo francs par kilomètre de câble d’aluminium de cette section. Prolongeons la même ordonnée vers le bas, jusqu’à la courbe du fil de cuivre à a IV. a à le kilogramme nous trouvons le prix rie ifi af>o francs par kilomètre de câble de cuivre. Bien ([ne ces chilïrcs ne soient qu’approximatifs, leur différence, soit à aào francs par kilomètre, sera pratiquement correcte et nous sommes certains qu’à ces cours des deux métaux nous réaliserons une économie effective sur le prix de revient des câbles de /Ja 5<>o francs pour les dix kilomètres, en adoptant l’aluminium au lieu du cuivre, ce qui représente une économie de afi,a % .
- Les groupes de courbes données dans la figure 2 correspondent aux câbles isolés au bitume et s’emploient exactement de la même manière.
- Il convient de remarquer toutefois que, si l’on a ainsi l’économie nette que peut procurerl’adop-tion de câbles en aluminium, l’économie réelle pour cent au kilomètre de canalisation varie suivant la méthode de pose et il est évidcntquc, plus cette méthode sera onéreuse, plus l’économie pourcentucllc sera faible.
- .1.-13. Sl'AHKS.
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- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- STATIONS CENTRALES ET DISTRIBUTION
- Les distributions d’électricité dans les grandes villes.
- Sur ce sujet, M. G. Klingenberg a présente, le 4 décembre dernier, un mémoire à l’Institution of Electrical Engineers. Il y compare, au point de vue de la production et de la distribution de l’énergie électrique, les villes de Londres, Berlin et Chicago et il met en relief l’infériorité des distributions londoniennes vis-à-vis des deux autres villes au point de vue de l’utilisation des stations centrales. Il nous paraît intéressant d’analyser ici avec l’auteur les causes de cette infériorité.
- Tout d’abord, la consommation de courant en kilowatts-heures par habitant peut s’estimer à peu près aux chiffres suivants :
- Chicago................. 3io kw.-h.
- Berlin.................. 170 —
- Londres.................. no —
- O11 voit donc déjà que, dans ces deux dernières villes, la consommation d’énergie est susceptible d’un accroissement considérable.
- D’autre part, il est un fait frappant, c’est que la productioif du courant à Londres est répartie en un grand nombre de petites stations et qu’au contraire, à-Chicago, le système de centralisation est prééminent. Il en résulte que les prix de revient des installations par kilowatt-heure de puissance sont très différents. Ils s’élèvent :
- A Berlin à 1 190 francs par kilowatt installé;
- A Chicago à 1 5oo francs par kilowatt installé; A Londres à 1 83o francs par kilowatt installé. Toutefois, il est impossible de tirer des conclusions du prix de revient du kilowatt installé à Chicago, tandis que la comparaison entre Berlin et Londres est possible, en raison des moindres divergences dans les conditions d’existence et dans les conditions d’installation des réseaux. Cette comparaison ressort des tableaux I et II ci-dessous :
- Tableau I.
- BERLIN IQI I-I912 CHICAGO IQI I LONDRES I9IO-I9II
- Exploitants Berliner Elektricitâts-Werke. Commonweallh Edison C°. Services municipaux et compagnies diverses de Londres et environs.
- Population approx.... Stations centrales : . . (hab.). 2 600 000 x 200 000 6 5oo 000
- Nombre 6 6 64
- Puissance installée. . • .(kw.j. i3^ 000 221 ^OO 298 4°o
- Puissance moyenne. . .(kw.). 23 OOO 37 000 4 670
- Valeur effective ....(fr). 162 55y 5oo 332 716 280 544 07f> 000
- Tableau II
- Prix du kilowatt installé.
- BERLIN CHICAGO LONDRES
- Station centrale (fr.). Réseau de distribution y compris les compteurs (fr.). \ 444,9* 38 % 742,11 62 % 596,87 40% 904,07 60 % 827,50 45 % 996,25 55 %
- 1 187,02 100 % 1 5oo,44 100 % 1 823,75 100 %
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- On voit donc que les dépenses totales par kilowatt installé, avec des stations centrales de 5 ooo kilowatts environ, sont supérieures d’environ 5o % à celles auxquelles on atteint avec des stations centrales de 25 ooo kilowatts. Cette différence est encore plus grande si, faisant abstraction des dépenses afférentes aux réseaux de distribution, on ne considère que celles des stations mêmes et l’on arrive ainsi à un écart de 8o à 90 % . Le rapport du prix de revient de la centrale à celui du réseau, y compris les compteurs, est également remarquable. Pour. Chicago cl Berlin il est d’environ 40 : 60 et pour Londres,
- A Londres, la charge d’éclairage prédomine (environ Go %).
- A Berlin,les charges de force motrice, d’éclairage et de traction sont plus uniformément répa rtics.
- lin raison de la prédominance de la charge d’éclairage, Londres est, en état d’intériorité notoire par rapport aux deux autres villes au point de vue de l’utilisation de ses installations. Le facteur de charge ne peut d’ailleurs y être amélioré de façon notable par la centralisation ; ce qui s’impose, c’est de modifier la nature de la ^ consommation.
- 111
- i 1 | BERLIN | 1911-1912 CHICAGO | I911 1 LONDRES 191O-I91I
- Charge max. totale (kw). 94 Goo 199 3oo i85 5oo
- Pointe dans chaque station (kwj. 15 800 33 700 2 900
- Kilowatts-heure produits *474 ooo ooo 684 ooo ooo Ln r* O O O O O
- — achetés — 32 ooo ooo —
- — vendus. 21G 3oo ooo 640 ooo ooo 319 243 ooo
- Comprenant % :
- Eclairage 24 l9 Gi
- Force motrice 45 I 2 27
- Traction 31 69 12
- Facteur de charge (kw.-h. produits % ). 33,1 41 *4,9
- Rendement du réseau :
- Kw.-h vendus
- Kw.-h produits °)79 0,894 0,788
- Coefficient de réserve i ,45o 1,11 I,6l
- — d’utilisation totale 0,18 0,33 O, 12 2
- Charbon : la tonne (fr.)„ 24,58 10 l6
- Consommation par kw.-h. vendus (kg) 1,38 i,Gi 2,37
- Rendement total de l’installation ( % ). 9>7 7.G 5
- Produit des kw.-h. vendus (fr.). 4*2 917 5oo 72 3o6 25o 78 ooo OOO
- Dépenses (fr.). 22 045 ooo 36 101 25o 34 755 OOO
- Bénéfice net (fr.). ‘20 872 5oo 36 2o5 000 43 240 OOO
- Pour cent du capital effectif. 12,83 io,87 7,85
- Kilowatt-heure ; prix de vente. . . . (fr.J. 0,1985 o, 113 0,248
- — frais généraux... (fr.). 0, 10*20 0. o565 0,109
- Bénéfice brut 0,0965 i o,o565 0,139
- de 45 : 55. On doit en conclure que le prix de revient de la Station Centrale décroît lorsque sa puissance augmente.
- En ce qui concerne la consommation de courant, les distributions des trois villes sont caractérisées par les proportions suivantes :
- A Chicago, la charge de traction prédomine (environ 70 % ),
- Le facteur de charge n’influe pas énormément sur le pourcentage des réserves. Ce qui affecte surtout l’économie des exploitations, c’est l'importance de la centrale et de son réseau. Les coefficients de réserve r suivants paraissent satisfaire aux besoins normaux des grandes villes :
- Avec une charge maximum sur chaque centrale de 80 ooo kilowatts : / ~ 1,25 ;
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- Avec une charge maximum sur chaque centrale de i5 ooo kilowatts : /* = 1,4 î
- Avec une charge maximum sur chaque centrale de 3 000 kilowatts : r ~~ i,b.
- Cela, en supposant que, dans chaque centrale, il y a au moins un groupe complet en réserve.
- Les coefficients d’utilisation diffère»L considérablement de ceux qu'on pourrait attendre de la nature de la consommation seule. Ces chiffres, ainsi que les facteurs de charge et les données relatives aux dépenses fournies par les tableaux i et 11, ont permis d’établir les courbes de la figure f{ qui donnent les frais généraux par kilowatt en fonction du coefficient d’utilisation. Ces frais généraux tiennent compte d’une rémunération du capital à 10%.
- § 25 '
- à 22.6
- Pri perçt è Ber fn
- Coefficient d'utilisation de! énergie vendue
- Fig.
- Les coefficients d’utilisation réelle sont indiqués par un cercle. Ils représentent le prix de revient normal du courant donnant un intérêt brut de 10 % du capital, abstraction faite des redevances aux municipalités. Les prix indiqués par une horizontale pour chaque ville sont ceux obtenus pendant Vannée considérée, déduction faite des dépenses spéciales. Les calculs ont été établis sur les prix de vente moyens sans entrer dans le détail des tarifs.
- D’après ces courbes, on voit que les stations centrales de Berlin, quoique de puissance
- moyenne inférieure à celles de Chicago, travaillent plus économiquement, tandis que l’exploitation des centrales de Londres est plus défavorable. Neanmoins, les prix effectifs de l’énergie, à utilisation égale sont à peu près les mêmes. La raison de ce fait c’est que le prix de vente est d’environ i3 % inférieur au prix normal pour Londres et, àu contraire, de i3 % supérieur pour Berlin.
- Les frais d’exploitation plus élevés de Chicago comparativement à Berlin, sont dus principalement aux prix de revient plus élevés des stations centrales et réseaux, ainsi qu’à l’élévation des salaires. Les usines de Berlin ont également un avantage quant à la consommation de houille, bien que cet avantage soit contrebalancé en partie par la cherté du combustible.
- On reconnaîtra, à l’examen de ces courbes, l’importance du coefficient d’utilisation, et l’on remarquera qu’entre 10 et 3o % le prix de vente peut être abaissé de plus de 3 % pour chaque relèvement de 1 % du coefficient d’utilisation, sans qu’il soit besoin pour cela d’agrandir ou de modifier les installations existantes.
- La comparaison des chiffres effectivement atteints avec ceux qu’on peut atteindre dans les centrales modernes employant des machines de >.0 000 kilowatts démontre qu’avec le même coefficient d’utilisation, 011 pourrait réduire de plus de moitié les frais de production du courant à Londres. En combinant les réseaux de distribution et surtout en les transformant en un réseau à courant alternatif, on pourrait réduire considérablement les frais de distribution elles pertes.
- Les frais d’exploitation du réseau proprement dit ne diffèrent que très peu et 11e constituent, qu’une fraction relativement faible du total des frais généraux. L’économie à réaliser de ce cêté est minime, la majeure partie des frais généraux étant représentée par la rémunération etl’amor— tissement du capital. Un moyen efficace d’améliorer les comblions actuelles consisterait à remplacer les centrales existantes par de grandes installations modernes, (hitte politique, jointe à une meilleure utilisation, procurerait une économie de 3o % pour un capital engagé relativement faible. Si, par exemple, toutes les stations centrales de Londres étaient fermées et remplacées par de grandes centrales, on pourrait réduire de /(o % environ les frais généraux avec
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- une augmentation de capital inférieure à 20 % .
- A ce sujet, M. Klingcnberg signale une autre possibilité pour réduire ces frais, spécialement dans le cas de grandes centrales. Elle consiste à établir la stationcentrale à proximité immédiate des charbonnages et à faire le transport du courant par des lignes aériennes. Cette solution offrira des avantages partout où il sera possible d’utiliser des combustibles inférieurs et de transmettre le courant par des lignes ayant un bon rendement. Au lieu de chauffer les chaudières à la houille, il peut y avoir avantage, en certains cas, à distiller le combustible et à récupérer les sous-produits, en utilisant le gaz à la production de la force motrice.
- Pendant l’exercice 1910-1911, 25 stations centrales de Londres et des environs ont fourni du courant alternatif à 5o périodes et représenté une puissance totale de 126000 kilowatts. Dans ce nombre, il y a trois compagnies figurant chacune pour une puissance supérieure à i'i 000 kilowatts et faisant ensemble 46 000 kilowatts. Or, ces trois centrales, probablement de construction plus récente que les autres, donnent un meilleur rendement économique et leur remplacement ne serait pas nécessaire. L’auteur considère que la première étape de transformation dans la distribution d’électricité de Londres consisterait à créer une nouvelle centrale d’une puissance de 80 000 kilowatts pour remplacer les 21 autres petites stations et à fusionner leurs réseaux en un grand réseau commun, analogue au système adopté à Berlin dans les récents agrandissements.
- O
- Plusieurs canalisations circulaires seraient établies Concentriquement au centre de la ville et à des intervalles variables suivant la densité de la consommation. En cas d’extension, ces canalisations circulaires seraient doublées et reliées entre elles par des feeders diagonaux.
- L’auteur expose sommairement les grandes lignes d’un projet sur les bases précédentes et dont il estime le devis à !\i 000 francs, soit
- à 534 fr. 06 par kilowatt. D’après son promoteur, ce projet permettrait de rémunérer et d’amortir le capital actuel dans les mêmes conditions que jusqu’ici, de laisser une- disponibilité raisonnable pour l’intérêt et l’amortissement du nou-
- ELECTR1QUE 207
- veau capital, plus un excédent de 6 5oo 000 francs et cela sans toucher au système actuel de distribution. '
- [The Electrïcal Review, 2 janvier 1914-)
- Nécessité d’avoir un disjoncteur dans les petites stations électriques.
- Si l’on considère sa valeur au point de vue de la prévention des accidents graves, le disjoncteur est l’un des éléments d’une centrale ou sous-station à courant alternatif à liante tension sur l’installation desquels 011 11e devrait jamais lésiner. Le coût de cette installation, pour des disjoncteurs placés de part et d’autre de chaque interrupteur à huile à haute tension, représente ordinairement une faillie dépense par appareil. Dans les sous-stations qui exigent un grand écartement entre les conducteurs en raison de l’emploi de voltages extrêmement élevés, le surcroît de sécurité obtenu en installant ces appareils d’une protection absolument efficace entre les barres-omnibus, les interrupteurs et transformateurs à huile, les conducteurs de mise à la terre des parafoudres, etc., mérite la dépense.
- Sans doute, dans une station à haute tension, tout appareil supplémentaire augmente la complication de la disposition intérieure, niais l’encombrement des disjoncteurs eux-mêmes est faible, et s’ils sont prévus dès le début, on ne devra pas y renoncer. En certains cas, la souplesse de conduite de la station sera considérablement augmentée par l’emploi de disjoncteurs pour le sectionnement des barres-o.mnibus, bien que ces appareils 11e soient naturellement pas établis pour être ouverts lorsqu’il y a passage de la charge entre les deux cotés à isoler. En certains cas, il peut y avoir économie à arrêter un côté d’une station pendant l’ouverture temporaire de ces disjoncteurs, suivie de la synchronisation des unités temporairement arrêtées, de façon «à opérer indépendamment des perturbations qui peuvent se produire sur l’autre côté de la station. En d’autres termes, si une installation est trop petite pour justifier l’établissement d’un interrupteur à huile pour la connexion des barres-omnibus, il y aura encore place pour le disjoncteur.
- (Electrïcal World, 27 décembre igi3.)
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- TRACTION
- Electrification de la ligne de montagne de Chicago, Milwaukee et Saint-Paul.
- Le Chemin de fer dé -Chicago-Milwaukee-Saint-raul a décidé d’électrifier line partie de (ses lignes principales desservant la cête du.Pacifique entre Harlowton, Mont Avery-ldaho, sur une distance d’environ 700 kilomètres en traversant.les lignes de montagne de Belt, Rocky et BitterRoot.
- Cette ligne,, actuellement exploitée à vapeur, est divisée en quatre sections, pour changement de machines, correspondant chacune à une pente fondamentale de 2 %, 1,7 %, 1 % et 0,4 % respectivement.
- Les travaux d’électrification seront entrepris tout, d’abord dans la section comprise entre Thrce Forks et Deer Lodge qui a une longueur cfe 180 kilomètres et qui correspond à la pente fondamentale de 2 % sur une longueur de 84 kilomètres. La longueur totale de voie correspondante est d’environ 260 kilomètres.
- La Compagnie de chemin de fer se propose d’effectuer chaque année l’électrification d’une section nouvelle dans les limites indiquées ci-dessus.
- Le système de traction adopté est le courant continu à 2 /,oo volts en utilisant le freinage par récupération sur les longues pentes. Ce système est celui qui a été appliqué sur la ligne de Butte, Anaconda et Pacific avec cette simple addition de la récupération. Le parc de locomotives nécessaires pour assurer le service sur la section considérée comprendra 12 locomotives, de marchandises d’environ 200 tonnes, 4 locomotives à voyageurs d’environ 200 tonnes et 2 locomotives à voyageurs pour trains express, d’environ 100 tonnes. Les manœuvres seront faites également, au moyen de locomotives -électriques. Le courant sera capté à une ligne aérienne du système caténaire complétée par un système de-feeder en cuivre. Le retour sera effectué par les voies et par des feeders spéciaux. La puissance , sera fournie au trolley,par 5 sous^stations placées s» Morel, Newcomb, Grâce, Pied mont et Thrce- Forks, et qui recevront elles-mêmes du courant alternatif triphasé.à 100 ôoô' vôlts..provenant, de la GreatValls Power O.
- La dépense d’électrification, non compris le matériel roulant est estimée à environ 8 000 000 de
- francs soit environ 4 5 000 francs par kilomètre. En comptant sur un trafic journalier de 10000 tonnes dans chaque direction, la consommation de puissance dans la section considérée est évaluée à 47 000 kilowatts-lieure dans un sens et 47 900 kilowatts-heure dans l’autre. Ceci correspond à une consommation approximative annuelle d’environ 88 000 000 de kilowatts-heure. Les sous-stations comprendront -.chacune, des groupes moteurs générateurs, de j;5oo 'kilowatts formées chacune d’un moteur synchrone, 60 périodes, triphasé à 2 800 volts et de 2 génératrices à courant continu, 7:10 kilowatts, 1 200 volts, placées en série. Ces génératrices seront construites de manière à travailler à une surcharge de 200 % pendant 5 mb nutes. Les sous-stations seront susceptibles d’assurer le démarrage des trains les plus lourds, en conservant environ 80 % de réserve. Les locomotives à marchandises sont prévues pour remorquer une charge de 2&oo tonnes sur la pente de 1 96 à la vitesse de 24 kilomètres-heure. Pour les rampes dè 2 %, 2 locomotives seront utilisées pour: la remorque des : mêmes, trains. Toutes les locomotives à marchandises seront à adhérence totale et elles constitueront en réalité 2 unités accouplées, ce qui permettra le ; cas échéant, de diviser des machines en deux et d’utiliser .chaque' moitié isolément pour le service de manœuvres. La partie.motrice comporte 4 bogies à 4 essieux articulés. Chaque essieu est commandé par un moteur à courant continu 2 400 volts avec 2 engrenages; placés un de chaque côté. Les locomotives à voyageurs sont construites de manière à pouvoir remorquer un train de 10 voitures pesant environ 900, tonnes avec une vitesse de 40 kilomètres-heure .sur la ;pente de 2 % . Ces locomotives seront également à; adhérence ; totale et pèseront 200 -tonnes. Les 2 locomotives à voyageurs de 100 tonnes seront calculées de manière à remorquer un train omnibus de- 800 tonnes à la vitesse; maximum de ! 70; kilomètres-heure.
- . Le système de chauffage des voitures à voyageurs avec la traction électrique n’a pas été com-1 p.lètomen t défini. -Toutefois; o n doit ; 1 aisso r dans chaque locomotive un espace .suffisant pour y installer une chaudière à vapeur, chauffée par de l’huile.
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- Electrification des lignes de banlieue de Londres du « London and North Western Railway ».
- Nous extrayons du Railway Gazette les renseignements suivants sur l'électrification des lignes de banlieue du London and Northwestern Railway. Cette Compagnie a décidé d’électrifier ses lignes de la banlieue de Londres sur les sections de EaiTs Court à Willesden Highlesall, de Wil-lesden à Richmond et Kcw Bridge, Willesden à Watford, Willesden à Euston et Broad Street; le développement du réseau électrifié sera d’environ 60 kilomètres de lignes.
- Le système de traction choisi est le système à courant continu, (>5o volts, analogue entièrement a celui employé sur les lignes de banlieue de l'Ouest-Etat et de la Compagnie d’Orléans; le système à courant monophasé, employé sur les lignes voisines du London Brighton, a été rejeté comme trop coûteux. Le courant est amené aux trains par un troisième rail placé latéralement, le conducteur de retour, conformément à la pratique anglaise, est constitué par un quatrième rail placé au milieu des voies de roulement.
- Les rails conducteurs sont en acier doux spécial, à très faible teneur en carbone et pèsent Sa kilogrammes au mètre.
- Ils sont, montés sur des isolateurs en porce-la ine du type habituel, attaches aux traverses par des supports en fonte malléable ; les isolateurs spéciaux d’ancrage sont disposés de dis-laneeen distance pour empêcher le cheminement longitudinal des conducteurs d’alimentation du aux variations de température.
- Chaque coupon de rail est relié au suivant au moyen de 4 railbonds en cuivre flexible d’une section totale d’environ 900 millimètres sensiblement équivalente an point de vue de la résistance, à celle du rail lui-même.
- A. — Station centrale.
- La centrale à vapeur èn construction à Stone-hidge Park produira directement : du courant triphasé à a5 périodes, à la tension de 11 oooyolts. Elle comprendra 5 turbo-alternateûrs de 5 000 kilowatts, susceptibles de. développer. ensemble sans fatigue, pendant deux heures, une puissance de 3i 000 kilowatts,[.mais! .toutes ;dis-positions seront prises de manière que l’usine
- puisse être plus que doublée dans l’avenir (Turbines Westinghouse, alternateurs Siemens).
- La chaufferie comportera ao chaudières Bal)-cock et Wilcox, avec grilles automatiques et économiseurs Green. Les chaudières seront disposées en deux batteries disposées parallèlement à l’axe de la salle des machines et ayant chacune une cheminée spéciale.
- Deux convergeais transporteront le charbon du parc situé près d’une des extrémités de l’usine, dans l’intérieur de celle-ci et deux élévateurs monteront ce .combustible'dans les silos situés au-dessus des* chaudières. Les cendres et les mâchefers seront évacués mécaniquement et le charbon fourni aux chaudières sera pesé automatiquement.
- Une batterie de réfrigérants et de pompes, ainsi que des réservoirs d’eau, assureront la circulation et le refroidissement de l’eau des condensateurs provenant d’une pompe refoulant l’eau d’une source souterraine située à i5o mètres de profondeur. - y,
- B. — Sous-Stations,'
- Le courant à 11 000 volts sera transformé dans les sous-stations en courant continu à 65o volts ; chaque sous-station comprend 3 convertisseurs hexaphascs de ^50 ou 1 000 kilowatts de puissance continue pouvant supporter des surcharges de 100 à ifjo % et munis de dispositifs de synchronisation automatique.
- Le courant alternatif basse tension sera fourni aux convertisseurs par transformateurs à bain d’huile.
- C. — Matériel roulant.
- Le premier lot de matériel roulant en construction comprend 4 rames de 3 voitures. La composition des trains sur la section considérée de EaiTs Court à Willesden sera d’une automotrice, une remorque, et une remorque avec cabine de commande. Deux de ces trains pourront être couplés ensemble de manière â former une rame de f> voitures. Le type de voitures choisi est à couloir central avec portes aux extrémités et in.tercôminùnication entre véhicules.
- Chaque, tracteur sera muni de 4 moteurs de ‘>.40 chevaux montés dans des bogies spéciaux, et les! appareils, de, «;..lrain control » seront rassemblés dans une cabine entièrement en acier, placée à la tête de l'automotrice. _ ___
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- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Horloges électriques pour chemins de fer.
- Les horloges électriques ont été adoptées en Angleterre par un certain nombre de Compagnies de chemins de fer. Le système que nous allons décrire est connu sous le nom de Dalett Control System; il est employé sur le Central London Railway et sur le London Electric Railway.
- L’horloge centrale ou distributrice actionnant celles des stations desservies comporte un balancier battant la seconde construit en acier au nickel à très faible coefficient de dilatation. (On sait que sous le nom d’acier Invar, les aciéries françaises d’impliy fabriquent un acier au nickel ayant un coefficient de dilatation à peu près nul etemployé en horlogerie.) Ce métal est très soigneusement chois] et chaque lingot est essayé au National Physieal Laboratory. Ce balancier est suspendu à la partie supérieure d’un bâti en fonte et, sur une portion de sa longueur, il est lui-même formé d’un cadre ouvert dans lequel sont montés deux pivots. Au pivot inférieur est suspendue une fourchette dont les pointes sont d'inégale longueur et qui sc déplace au-dessus de deux ressorts de contact. Quand le balancier bat dans un sens, et que l’amplitude de ses oscillations commence à décroître, le couteau d’agate de l’un des ressorts
- Âut autres stations
- § ® BêtUrie rfici u/n.
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- Soua - station de cadrans
- Station centrale de contrôle des horloges
- £lectroTdu Qaiancier
- partie inférieure du bâti de balancier et qui donnent ainsi une nouvelle impulsion au balancier.
- Le pivot supérieur, monté dans le cadre qui fait corps avec le balancier, commande, par un système de leviers, une roue à rochet portant trente dents. Cette roue présente, aux deux extrémités d’un de scs diamètres, deux encoches plus profondes que les autres. Quand le cliquet tombe dans Tune de ces deux dents, il s’abaisse un peu plus que dans les autres dents et ce mouvement engage Fextrcmité de l’un de ses leviers de com-
- de contact pénètre dans la fourchette et quand le balancier franchit sa position moyenne, le ressort est abaissé et un contact sc produit; pendant le battement dans l’autre sens, en raison de l’iné-o-alilé des dents de la fourchette, cette dernière glisse sur le contact d’agate sans le saisir.
- Le contact est représenté en a dans le schéma figure i ; on voit qu’Ü ferme un circuit contenant la batterie et deux électro-aimants montés à la
- mande dans une encoche de l’extrémité inférieure d’un ressort de contact. Ce ressort se trouve au milieu du groupe de droite dans la figure ?. La continuation du mouvement produit le contact de ce ressort avec celui de droite, soit de h avec c dans le schéma (Fig. i). On voit sur cette figure que ce contact ferme un circuit de la batterie qui contient le cadran de l’horloge centrale, ainsi qu’un interrupteur magnétique d excité par le
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- courant de la batterie. La fermeture de cet interrupteur complète le circuit de la batterie à la ligne allant aux horloges des stations contrôlées. Les aiguilles de celles -ci se trouvent alors actionnées. La roue à roche! faisant un tour toutes les trente secondes et fermant le circuit deux fois par tour, les aiguilles des stations reçoivent une impulsion à chaque quart de minute.
- On voit à droite du schéma la disposition d’une station réceptrice. S’il y a plus d’un cadran par sous-station, les réceptrices sont connectées en série. Lorsque l’horloge centrale transmet une impulsion dans la ligne, le relai e est actionné et ferme l'interrupteur/’. Celui-ci ferme le circuit de la batterie locale et le courant passe dans les horloges réceptrices. Chaque sous-station comporte un interrupteur de verrouillage# qui a pour but d’éliminer l'effet de différence de self-induction dans les circuits résultant du nombre variable de cadrans pour chaque station. Ce dispositif comporte deux verrous, 1’un porté par l'interrupteur f et l'autre par une bobine protégée g. Lorsque le relai e est excité, et que l’interrupteur/' est fermé, le verrou de ce dernier passe sur l’extrémité du verrou contrôlé par la bobine# qui le maintient jusqu’à ce que le courant de la batterie locale traversant la bobine de verrouillage, ait atteint sa pleine intensité. A. ce moment, le verrou # est abaissé,/'est libéré et ouvert par un ressort. Cette disposition permet de rendre très brève la durée de contact de l’interrupteur principal en prolongeant, suivant les besoins pour chaque station, la fermeture des circuits locaux.
- En certain cas, il convient d’avoir une horloge centrale pour synchroniser les cadrans de différentes lignes. Le cas se présente à Londres où une horloge centrale est installée à Leicester-Square pour synchroniser les horloges distributrices des divers chemins de fer souterrains. Les mécanismes des diverses horloges distributrices sont alors munis chacun d’une came en cœur sur laquelle appuie un galet porté par l’extrémité d’un levier que contrôle une bobine de synchronisation. Lorsque le courant venant de l’horloge centrale principale traverse cette bobine, le levier est abaissé et s’il y a un écart sur l’heure de la pendule contrôlée, le galet du levier fait tourner la came jusqu’à ce qu’il se trouve dans la dépression en Y. Le réglage est effectue ainsi toutes les heures et la came est. établie de façon à corriger une erreur maximum de 7,5 secondes par heure.
- Sur le schéma, on voit qu’à la station de l’horloge centrale, comme aux sous-stations réceptrices, des dispositifs permettent la recharge de la batterie d'accumulateurs, opération pour laquelle il existe des disjoncteurs automatiques à voltage nul.
- A côté de ce système d’horloges électriques, il y a lieu de signaler un indicateur de passage des trains qui permet aux wattmen de connaître l’avance qu’a sur eux le convoi précédent. Ces appareils consistent, en un cadran divisé en i:a minutes et dont l'aiguille est actionnée par un poids commandant un mouvement d’horlogerie à échappement automatique. Ce poids est contenu dans un cylindre de cuivre qui forme frein à air. Lorsqu’un train quitte la station, il appuie sur une pédale qui ferme le circuit d'un solénoïde dont le noyau est attiré. Ce noyau est lixé à une chaîne qui remonte le poids et ramène l’aiguille à zéro. A partir de ce moment, sous l'impulsion du poids, l’aiguille avance jusqu’à ii,5 minutes et s’arrête en ce point jusqu’à ce que le train suivant la ramène au zéro en franchissant la pédale.
- {Engineerings 9 janvier 1914*)
- L’avantage des camions automobiles dans les services de voirie.
- La Chicago Civil Service Commission a publié un rapport sur l’organisation scientifique des services municipaux, notamment- en ce qui concerne le nettoiement des rues et l'enlèvement des balayures et des ordures ménagères. Une partie de ce l’apport est consacrée à la possibilité d’emploi et à l’économie des camions 'automobiles pour l’évacuation des ordures ménagères et le transport du caillou employé à l'entretien des rues.
- Voici les avantages respectifs des moteurs à essence et des moteurs électriques qui permettent de comparer ces deux modes de traction :
- Camions automobiles à essence:
- a) possibilité d’une plus grande vitesse moyenne ;
- b) possibilité d’une marche continue de jour et de nuit ;
- c) indépendance absolue du rayon d’action auquel est lié le camion électrique ;
- d) travail plus considérable en un temps donné s’il n’y a pas de limitations de vitesse ;
- c).lcs moteurs à essence n’exigent pas tant de
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- soins que ceux nécessités par les batteries d’accumulateurs qui nécessitent un personnel plus difficile à recruter ;
- /') ils sont moins sujets aux pannes dans les voies non entretenues.
- Camions automobiles électriques :
- a) ils sont d’un meilleur rendement pour de courts parcours avec nombreux arrêts ;
- b) ils ont également un meilleur rendement dans leur rayon d’action (80 à pf> kilom. par journée de 8 heures) ;
- c) la fo rce motrice en est plus économique ;
- d) les frais d’entretien et de réparation pour cent sont moindres ;
- e) l’amortissement en est plus faible;
- f) ils demandent des conducteurs moins habiles ;
- g) ils sont moins «affectés par les basses températures hivernales.
- - Il est intéressant de connaître les bases sur lesquelles on a calculé les frais d’exploitation pour le§ deux systèmes de traction.
- L’intérêt du capital est compté à 4 % ; l’assurance contre l’incendie et les accidents, à 3 % ; les frais de garage par camion sont estimés à 120 francs par mois et les frais de conducteur à 400 francs. L’amortissement du camion à essence est basé sur un parcours total de 1*21 000 kilomètres et celui du camion électrique, sur un parcours de 161 000 kilomètres. Quant aux bandages, on les amortit sur i3 000 kilomètres.
- A cela, il est ajouté : une dépréciation de 5 % pour tenir compte des nécessités de remplacement imposées par les progrès de la construction ; ‘2 % de frais généraux. Enfin, on tient compte d’une taxe de 20 francs par an payée par la ville pour chaque camion de 3 tonnes.
- Le tableau ci-dessous donne les dépenses de combustible ou d’énergie comparées pour des camions de différentes capacités, d’après les moyennes obtenues en service sur 14 camions à essence et 100 camions électriques, ainsi que par des données expérimentales fournies par l’Institut technologique du Massachusetts.
- Pour établir la comparaison entre le prix de revient au mille (1, 609 km.) du transport des ordures ménagères par camion de 3 tonnes chargé à sa pleine capacité et par tombereau atteléà deux chevaux, tels qu’ils sont employés actuellement, et dont lés attelages sont loués par la ville 27 l’r. 5o par jour on a calculé les courbes
- Tableau.
- CAPACITÉ CONSOMMATION KILOMÉTRIQUE
- DU •• WM |
- CAMION litres d’essence kw-li
- 2 tonnes 0,475 0,46
- 3 *- 0,6o5 0,46
- 4 — 0,740 0,875 0,66
- 5 — 0,76
- représentées par la figure 1. Ce diagramme montre que le prix du transport par camion électrique est moins élevé que celui du transport par camion à essence pour toutes les longueurs de parcours et qu’il devient plus économique que le transport par tombereau à traction animale dès que les parcours dépassent 2 milles (3, 2 km.). Lorsque le prix de la journée de location d’un tombereau attelé à deux chevaux est de 3o francs par jour (dollars) au lieu de 276 fr. 5o l’économie du camion électrique se manifeste dès
- I 2 3,466 76
- Parcours en mite s ( (60$ m)
- Fig’. 1. — Frais comparés du transport des ordures ménagères par tombereaux attelés et par camions automobiles.
- que les parcours dépassent 1 mille ( 1 609 mètres).
- Des essais ont été également faits avec les camions automobiles pourle transport du caillou et des matériaux d’entretien des chaussées. Les conditions de ce service sont généralement favorables, les durées de chargement et de déchargement étant relativement, courtes et le parcours s’effectuant presque entièrement dans les rues de la ville. De plus, le trajet maximum reste dans le rayon d'action des camions électriques.
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- Parmi les conclusions auxquelles la comiVns-sion municipale cle Chicago est arrivée par celle étude, il convient de citer les suivantes:
- Au tarif actuel de location des attelages, Temploi des camions électriques pour le transport des ordures ménagères dans les quartiers où ce transport est considérable procurera une économie d’environ 5, i % sur le transport par tombereaux attelés. Cette économie atteindrait l'j.j 3 % si le tarif des attelages était porté de
- 27,50 à 3o francs par jour pour deux chevaux, et cela ferait pour la ville de Chicago une économie de près de 180000 francs par an. Toutefois, ces estimations sont basées sur un service journalier de huit heures et comme, actuellement les attelages ne font guère que six heures de travail, Féconomio réelle serait supérieure a celle indiquée ci-dessus.
- Enfin, le camion électrique est le plus économique à Chicago, ce qui tient ait faible tarif payé par la ville pour le courant, ainsi qu’aux moindres frais d’amortissement, d’entretien, de réparation et d’assurance payés pour les camions électriques comparativement a ceux payés poulies camions à essence.
- (Electrical World, 3 janvier 1914 )
- L’économie de la cuisine électrique.
- On a fait valoir toutes sortes d’avantages en faveur de la cuisine électrique ; on a dit qu’elle donnait aux aliments un goût plus délicat, que la perte à la cuisson était réduite, etc... Il en est un plus tangible et pour le moins imprévu qui vient d’être constaté au restaurant Romano, dans le Strand, à Londres.
- Dans cet établissement, la cuisine du grill-room qui se faisait précédemment au gaz, et au coke se fait aujourd’hui a l’aide d’un gril électrique. Celui-ci, dont l’encombrement est d’ailleurs bien moindre que celui du gril à gaz, absorbe un courant total de 19 kw. 5 dont 10 kilowatts poulies deux grils proprement dits, 1 kw. 5, pour le bain-marie, 1 kAV. 5 pour le chauffe-assiettes, 4 kilowatts pour le four, etc.
- Un point particulier à signaler, c’est que les deux grils pour le poisson et pour la viande sont munis chacun a leur partie inférieure d’un récipient pour recueillir les graisses. Cette récupé-
- ration constitue précisément le point capital de l’installation au point de vue économique. L’appareil est en service tous les jours, sauf les dimanches, de 10 h. 3o du matin a 3 heures de l’après-midi et de 4 h. 3o après midi jusqu’un peu après minuit. Depuis plus de trois mois qu’elle fonctionne cette installation n’a donné lieu à aucun inconvénient. O11 y prépare tous les plats servis au grill-room à l’exception des légumes qui viennent de la cuisine.
- Voici maintenant les dépenses comparées de l’ancien gril au gaz ou au coke et du nouveau gril électrique.
- Gril au gaz et au coke :
- Les chiffres ci-aprcs se rapportent aux 55 premiers jours de marche et comprennent les dépenses de courant pour les essais, les démonstrations, etc...
- Combustible et gaz pour une période de 55 jours à 5 fr. par jour (gaz à o fr. 10
- le mètre cube)................ Fr. 275,00
- Déduction pour récupération des graisses, etc néant
- Total................... Fr. 275,00
- Gril électrique :
- Courant, 1 861 IIw. à 10,4 centimes. Fr. 194,00
- Dépenses fixes...................... Fr. 64,55
- Location de compteur............. Fr. 5»4o
- Total................... Fr. ""263,95
- Déduction pour récupération desgraisses,
- 2,7 kg. par jour à 1,85 le kilogr. Fr. 275,00
- Bénéfice net............ Fr. ii,o5
- Si l’on compare sur ces données les frais de combustible et de courant pour une année, on trouve :
- Appareil au coke et au gaz, pour l’année;
- dépenses................;..... Fr. 1 835,00
- Appareil électrique, bénéfices... Fr. 54,40
- Economie annuelle par la cuisine électrique........................ Fr. i 889,40
- Il faut, en outre, signaler que l’appareil électrique a une production de 40 à 5o % supérieure aux anciens grils au coke et au gaz et qu’en dehors de la réduction d’encombrement, il procure également une économie sur la main-d’œuvre et sur la perte des aliments à la cuisson.
- [The Electrician, 23 janvier 1914.)
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2L‘ Série). — N° 7.
- BREVETS
- Perfectionnements aux installations électriques de force motrice. — Société Alsacienne de Constructions Mécaniques, — brevet n° 4^1 854, demandé le 7 novembre 1912, délivré le 8 novembre 1913, publié le i3 janvier 1913.
- Les installations auxquelles s’applique l’invention sont celles qui comportent des moteurs électriques actionnantdes engins dont la demande de puissance est fortement variable. Tel est le cas des moteurs actionnant des machines d’extraction, trains de laminoirs, appareils de levage, génératrices électriques de convertisseurs ligner, etc.
- La présente invention a pour objet des moyens permettant, malgré la variation delà puissance résistante, de maintenir sensiblement constant le courant pris sur le réseau par chacun des moteurs, tout en Utilisant de la meilleure manière possible, l’action régulatrice de la force vive du moteur, dos volants qui peuvent lui être adjoints, et de l’engin qui l’actionne. En principe, ces moyens utilisent, par des actions purement électriques, les variations de vitesse subies par le moteur lorsque sa charge varie, ces actions électriques agissant sur les appareils de réglage du moteur de manière à faire varier dans le sens convenable le couple moteur sans que le courant ait à varier, et tout en amplifiant les variations de vitesse, de manière à utiliser la puissance régulatrice des masses tournantes du système.
- Les figures 1, 2, 3, représentent schématiquement trois modes de réalisation de l’invention. Dans toutes ces figures, on a désigné par A le réseau : à courant continu dans les deux premières et à courant triphasé dans la troisième. B désigne le moteur à charge variable muni, par exemple, d’un volant C, et D est l’engin quelconque actionné par le moteur B.
- Dans les figures i et 2, le réglage du moteur se fait au moyend’unepetite génératrice voltmétriqueE (magnéto ou dynamo) qui est actionnée a une vitesse proportionnelle à celle du moteur B et fournit par conséquent une tension variable avec cette vitesse. C’est cette tension qui agit sur les organes de commande des appareils de réglage du moteur, de manière à faire varier dans le sens convenable le couple moteur et à maintenir le courant constant.
- On a supposé dans les figures i et 2 que le réglage
- du moteur B se faisait au moyen d’un rhéostat d’excitation F1 c'est ce rhéostat qui est commandé par la génératrice voltmétriquc E et cette commande se fait içi par l’intermédiaire d’un régulateur G. Ce régulateur G peut être de tout type connu, genre Thury, par exemple, et il pourrait agir directement sur F1 ou par tout autre intermédiaire convenable
- Fig. 1.
- suivant le type de régulateur choisi, ici, par exemple, le servo-inoteur II. Le régulateur est excité par la dynamo K qui alimente, par exemple, la bobine I à l’action de laquelle est opposée celle d’un ressort J (fig. 1) ou celle d’une bobine K (fig. 2), ou toute autre action suivant le type de régulateur.
- Fig. 2.
- Il est à remarquer qu’après chaque déplacement de F1, l’action de I doit reprendre la valeur pour laquelle est réglé l’équilibre du régulateur G, malgré la variation de vitesse de B; comme la tension de E estau contraire essentiellementvariable, il est donc nécessaire de régler cette tension ; c’est ce qui est obtenu par le rhéostat F2 qui est asservi
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- à F!. Dans la figure a, c’est l’action de la seconde bobine K qui est réglée de manière à suivre celle de I.
- Le fonctionnement est le suivant :
- Si l’on suppose, par exemple, que la charge de B augmente, sa vitesse baisse, la tension aux bornes de E diminue et le régulateur G met en marche le rhéostat F1 de manière à diminuer sa résistance. Le couple du moteur B augmente donc et l'augmentation d’excitation est réglée de telle sorte qu’en tenant compte du couple moteur supplémentaire fourni par l’inertie des masses tournantes, le courant absorbé par B reste constant. En même temps, la résistance F2 diminue de manière à maintenir aux bornes de la bobine I la tension qui tend à équilibrer le régulateur.
- Le réglage du moteur B pourrait aussi bien se faire au moyen d’un rhéostat en série avec l’induit, d’un mécanisme de décalage des balais, etc. De même les dispositifs des figures i et 2 s’appliquent immédiatement au cas des courants alternatifs mono-ou polyphasés ; le rhéostat F1 est alors remplacé par l’appareil de réglage convenable suivant le type de moteur : rhéostat polyphasé, impédances variables, transformateurs réglables, système de décalage de balais pour moteurs à collecteur, etc.
- Dans les modes dé réalisation de l’invention que l’on vient de décrire, le réglage se fait en fonction de la vitesse absolue du moteur. Il peut y avoir intérêt au point de vue de la sensibilité du réglage à faire celui-ci en fonction de la chute de vitesse que le moteur subit en fonction de la charge, c’est-à-dire du glissement entre ce moteur et un moteur qui marcherait à vide.
- Une première réalisation s’obtient en actionnant la petite génératrice voltmétrique par les satellites d’un train différentiel dont les roues seraient actionnées respectivement : l’une par le moteur à charge variable à régler, l’autre par un petit moteur synchrone pour un réseau à courants alternatifs, ou, pour un réseau à courant continu, par un petit moteur à courant continu shunt ou même anticom-poundé et en tous cas 11e prenant pas part à l’action-nement de la charge variable.
- Une deuxième solution consiste à remplacer le différentiel mécanique par un différentiel électrique; la petite génératrice voltmétrique serait alors actionnée par l’un des organes : induit ou inducteur du petit moteur auxiliaire (moteur synchrone ou moteur à courant continu suivant les cas), tandis que l’autre organe de ce petit moteur auxiliaire serait
- relié mécaniquement à l’arbre du moteur à charge variable. *
- Dans le cas particulier des moteurs d’induction, une solution très simple est possible et permet de supprimer la petite génératrice voltmétrique. On obtient en effet directement une tension variable avec le glissement en prenant la tension entre deux des bagues L du moteur B (fig. 3). C'est alors cette tension qui alimente le régulateur G actionnant l’appareil de réglage F1 qui est ici un rhéostat triphasé inséré dans le rotor de B. Comme dans les autres cas précédemment décrits, la tension appliquée au régulateur doit être réglée, ce qui se fait au moyen d’un potentiomètre M alimenté entre deux des bagues L et asservi à l’appareil F1.
- Fig. 3.
- On a supposé jusqu’ici que le réglage du moteur à charge variable se faisait par l’intermédiaire d’un régulateur G. On pourrait aussi bien alimenter par la tension de la génératrice voltmétrique (ou la tension entre deux des bagues L dans le cas de la figure 3), un moteur couple ou un solénoïde à noyau plongeur, agissant sur les appareils de réglage du moteur. Dans ce cas, le réglage de cette tension par les rhéostats asservis F2 ou M devrait, bien entendu, être supprimé.
- Dans tous les modes de réalisation de l’invention, on peut d’ailleurs changer à volonté la valeur à laquelle est maintenu constant le courant absorbé par le moteur électrique. Ce r,églage peut se faire en réglantpar exemple l’organe intermédiaire lui-même : régulateur, moteur couple ou solénoïde, ou la transmission par laquelle ilactionne l’appareil de réglage du moteur à charge variable ou encore au moyen d’un rhéostat supplémentaire réglable à la main et inséré en série avec la génératrice voltmétrique.
- Résumé.
- La présente invention a trait à un mode de réglage automatique à courant constant d’un moteur alimenté par un réseau à potentiel constant et accouplé ou
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- non avec un volant, caractérisé par ractionnement de l’appareil de réglage au moyen d’un courant dont l’intensité est fonction de la vitesse du moteur à régler ou, de préférence, de la chute de vitesse entre la marche à vide et la marche à un instant quelconque, l’appareil de réglage étant éventuellement constitué par un régulateur genre Thury (ou analogue) muni d’un asservissement électrique spécial.
- Perfectionnements aux installations électriques. — Société alsacienne de constructions mécaniques. — Brevet n° 461 8i5, demandé le 6 novembre 1912, délivré le 7 novembre 1913, publié le 12 janvier 1914.
- Dans une installation comportant un moteur puissant accouplé à un volant et soumis à des variations de charge considérables, si Ton désire maintenir sensiblement constant, l’appel du courant pris au réseau par le moteur, malgré ses variations de vitesse, l’on peut, suivant l’invention, utiliser le mode de réglage suivant qui permet au volant de jouer un rôle utile qui paraît posséder certains avantages sur ceux déjà connus.
- Si l’on suppose d’abord que le moteur dont il s’agit est asynchrone, son rotor se trouve comme d’habitude relié à des résistances variables qui permettent de faire tomber sa vitesse au fur et à mesure que la charge augmente ; suivant une propriété bien connue il suffit du reste que ces résistances varient proportionnellement au glissement pour que le courant pris au réseau et le cos © demeurent rigoureusement constants, quelle que soit la vitesse. Pour rendre une telle variation automatique, l’on monte, suivant l’invention, aux bornes du rotor un fréquencemètre, genre Hartmann et Braun, par exemple, dont chacune des lames vibrantes entre en mouvement pour une valeur déterminée de la fréquence du glissement, celle-ci pouvant varier, suivant la charge, entre o et 'ao % de la fréquence du réseau, par exemple. Au moyen de relais convenable.s, la vibration successive de ces lames peut donc être utilisée pour accroître automatiquement les résistances intercalées dans le rotor, au fur et à mesure que le glissement augmente
- ce qui résout très simplement le problème en vue.
- Il est a remarquer du reste que la tension du rotor croît sensiblement de façon proportionnelle au glissement, de telle sorte que les électro-aimants faisant vibrer les lames seraient en raison de leur force self-inductance, soumis à des flux constants, quelle que soit la vitesse du moteur; ils fonctionneraient donc dans d’excellentes conditions.
- Enfin, dans le cas d’une installation à courant continu, on pourrait évidemment établir un mode de réglage automatique analogue, en agissant naturellement de préférence sur le courant d’excitation; il en est de même dans le cas d’un moteur mono ou polyphasé à collecteur.
- Dans un tel dispositif, le fréquencemètre serait relié par exemple à une magnéto ou à un petit alternateur auto-excitateur calé sur l’arbre du moteur principal. On pourrait même, éventuellement au moyen d’un dispositif différentiel, analogue à ceux déjà prévus pour d’autres usages (entraînement de convertisseur de fréquence, suivant le brevet français n° 4*3o 940 du a6 août 1910, par exemple), produire un faible courant alternatif proportionnel à la différence entre la vitesse à vide et la vitesse à chaque instant, etc.
- Naturellement, le fréquencemètreà lames vibrantes peut être remplacé par un fréquencemètre basé sur un autre principe quelconque, sans toucher au principe de l’invention. Ce fréquencemètre peut encore commander, par l’intermédiaire éventuel d’un relais, le rhéostat de réglage du moteur principal. Il peut également être utilisé pour régler le courant actionnant un régulateur genre Thury ou autre, avec dispositif spécial d’asservissement, etc...
- RKSUMK.
- La présente invention se rapporte principalement à un mode de réglage automatique à courant constant d’un moteur, alimenté par un réseau à potentiel constant et accouplé ou non avec un volant, ce réglage étant caractérisé par la commande de l’appareil de réglage au moyen d’un fréquencemètre alimenté par un courant dont la fréquence varie en fonction de la vitesse du moteur à régler.
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- NOTES INDUSTRIELLES
- La photographie appliquée à la duplication industrielle des documents.
- Dans l’industrie moderne, dont les ramifications s’étendent dans toutes les branches du commerce et des arts, le problème de la copie fidèle et rapide de divers documents a pris une importance qui va sans cesse grandissante.
- Il est vrai que de nombreuses méthodes de copie existent déjà dans la pratique, depuis la copie manuscrite ou dactylographiée jusqu’à la photographie sur plaque sensible, en passant par le eopie-de-lettre, et le c< Bleu » tiré sur calque ; mais chacune de ces méthodes, ou bien possède des défauts de principe, ou bien s’applique seulement dans des limites nettement déterminées, tel par exemple : le copie-de-lettre, qui ne peut copier que des pièces écrites à l’encre copiante, et le Bleu qui ne peut être impressionné que par des traits tirés sur calque ou autre matière similaire, dont la mi-transparence, donne libre passage aux rayons lumineux.
- Seule la chambre noire du photographe peut réellement a tout w copier, mais au prix de combien de manipulations longues et onéreuses le résultat est-il obtenu. Il fallait trouver mieux, et de cette recherche a jailli le Rectigraph, un appareil qui peut réellement remplir le but visé : la copie universelle des documents.
- Le principe du nouvel appareil, que la Westinghouse Cooper Hewîtt Company présente pour la première fois en Europe, est d’une telle simplicité que, à première vue, on est presque porté à croire qu’on ne se trouve pas en présence d’un fait nouveau ; c’est seulement quand on examine attentivement l’appareil, qu’on s’aperçoit de l’étude approfondie du détail qui a présidé à sa création.
- En principe l’invention consiste en une grande chambre noire, établie sur un châssis-table approprié et muni en avant de l’objectif, d’un prisme transmettant l’image établie sur une surface plane horizontale convdnable, à une feuille de papier sensible verticale. L’impression faite, la feuille est transportée automatiquement dans un bain révélateur, puis dans un bain de fixage, d’où il n’y a plus qu’à la retirer, la laver et la sécher pour avoir une copie fidèle de l’original.
- Un coup d'œil jeté sur les figures schématiques de cet article donnera une impression précise des organes du Rectigraph.
- Le châssis-table A, qui sert de support à tous les organes de l’appareil, comporte en haut deux glissières, et deux autres glissières sont pratiquées dans les deux montants antérieurs. L'objectif composé des lentilles E et du prisme F est fixé au croisillon réunissant les deux glissières supérieures, et le corps principal coulissant dans lesdites glissières et dépla-çableà volontéau moyend’unecrémaillère à pignonH commandé par le volant P, est réuni à l’objectif par le soufilet G permettant une très large mise au point.
- Devant le châssis-table mobile dans les glissières et commandé par le pignon à crémaillère I se trouve le porte-copie C dont l’agencement ingénieux contribue aux excellents résultats obtenus avec le Rec-tîgraph. En effet, le porte-copie consiste en une sorte de boîte à couvercle en verre et à double fond mobile sur ressorts, le plan local est supposé être la surface inférieure du verre, et tout document dont la photographie est désirée, même s’il s’agit d’une page dans un livre volumineux, est appliqué fermement contre le verre, et se trouve ainsi dans le plan local exact de l’objectif.
- Nous avons montré que le corps de l’appareil, ainsi que le porte-copie, étaient tous les deux mobiles, l’un dans le plan horizontal, l’autre dans lé plan vertical. Dans les deux cas, les glissières comportent des traits de repère numérotés de 8 à 27 (soit 8, io, 12, i3, as i/|, 16, 18, 20, 22, 2f\, aC, et 27), et par suite avec un-modèle donné de dimensions moyennes, il est possible d’obtenir soit la reproduction exacte, soit une réduction, ou bien un agrandissement de l’original : quand les originaux dépassent les dimensions maxima de l’épreuve terminée,(33oX»8o millimètres) une réduction proportionnelle de l’image permet toujours de la faire tenir sur l’épreuve, et ce, sans tâtonnements grâce à un repérage spécial tracé sur le porte-copie même et correspondant aux repères de mise au point. Il est également possible, si on le juge désirable en ces circonstances spéciales, d’opérer la mise au point au moyen d’un verre dépoli qui se place contre le cadre antérieur du soufflet G, le corps B étant levé.
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- L’objectif du Jtecligraph a ceci de particulier que, à l’encontre des objectifs donnant une image négative inversée, il fournit une image négative redressée, permettant ainsi la reproduction de copies négatives illimitées sur un seul positif, ou
- bain révélateur ; 3° le rétracteur coupe-papier immer-geur; /(° le bain de fixage 3.
- Le magasin à papier D qui occupe à lui seul toute la partie supérieure du liectigraph à l’arrière du cadre porte-soufflet, se compose d’une boîte rec-
- d’un nombre indéfini de positifs au moyen d’un seul négatif.
- Le corps de l’appareil B, relié à l’objectif E-F par un long soufflet G contient, avec leurs commandes, les quatre organes qui effectuent les différentes opérations nécessaires à la production d’une épreuve. Ces organes sont i° le magasin à papier D; a® le
- tangulaire contenant l’axe de la bobine, les commandes et la tige à galet de l’indicateur; elle est fermée par un rideau à coulisse R. Le magasin entier, monté sur charnières à crochets peut se relever, et même s’enlever instantanément. La bobine de papier sensible se charge en plein jour d’une façon analogue aux appareils Kodak courants, et une fois
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- l’extrémité du papier introduite entre les rouleaux dérouleurs, le papier se présentera normalement jusqu’à débobinage complet. La commande des dérouleurs s’effectue au moyen d’une petite manivelle lv, et la quantité de papier déroulé est indiquée par l’aiguille tournant sur un cadran L. Afin d’éviter des manœuvres intempestives, un bloqueur automatique a été prévu.
- Le bain révélateur est installé dans une cuve plate, placée verticalement sous le châssis de la table, cette cuve comporte un robinet de vidange ainsi qu’un carter empêchant les éclaboussures. Afin d’éviter l’abaissement du niveau du révélateur dans la cuve, du fait des virages successifs, un flacon-réserve à débit est prévu.
- Entre le bain de virage dans lequel l’épreuve se trouve dans une position verticale et demeure reliée au rouleau-magasin, et le bain de fixage dans lequel elle se trouve dans une position horizontale séparée du rouleau et immergée dans l’hyposulfite, est placé un mécanisme commandé par la grande manivelle O, qui, en une seule opération, retire l’épreuve du bain de virage, la sépare du rouleau, et l’immerge complètement dans l’hyposulfile.
- La cuve de fixage est une simple cuvette en tôle émaillée qui s’introduit dans le virage Bect.i-graph par une porte ménagée dans le soubassement de gauche.
- Supposons que l’appareil étant au repos, toutes cuves remplies, et le papier sensible amené à la position d’exposition I, nous désirerions la copie identique d’une lettre dont le format serait par exemple de 21 X 27 centimètres nous opérerions de la façon suivante :
- Nous plaçons la lettre dans le porte-copie, et nous disposons la lumière (lumière du jour ou lumière artificielle) de façon à éviter toute réflexion ou ombre dans la glace du couvercle, puis au moyen des commandes N et I nous amenons les glissières du porte-copie et du corps de l’appareil sur les repères correspondants, soit en la circonstance où nous désirons obtenir un format identique, sur les repères i l as : ceci fait, nous logeons le diaphragme approprié dans la rainure de l’objectif, et nous retirons le chapeau qui recouvre ce dernier. Montre en main nous manœuvrons le levier de l'objectif, et nous effectuons une pose de vingt secondes (période.variable suivant l’éclairage et la netteté de la pièce à copier).
- Le papier sensible est impressionné ; d’un coup de pouce nous dégageons le bloqueur automatique M,
- puis nous tournons la manivelle K dans le sens des aiguilles d’une montre, cette manœuvre déroule le papier, dont la partie exposée, descend dans la cuve du révélateur, et une nouvelle surface se présente pour être impressionnée à son tour. L’arrêt de la manœuvre se produit automatiquement par le fait du bloqueur qui vient caler la manivelle dès que l’aiguille de l’indicateur L a fait un tour complet.
- Après quelques instants passés dans le révélateur (üoà âo secondes en moyenne), le développement est terminé et nous pouvons procéder à l’opération entraînant le fixage de l’épreuve. Pour obtenir ce résultat, nous manœuvrons la manivelle O jusqu’à ce que le cadre mobile qu’elle entraîne arrive à fond de course. Ceci a pour effet d’entraîner l’épreuve, toujours solidaire du rouleau-magasin, hors du premier
- bain, et de l’étaler horizontalement et face en bas au-dessous du bain fixage. C’est à ce moment que les mâchoires des cisailles se referment, séparant l’épreuve du rouleau et la laissant tomber à la surface du bain.
- Une fois que la manivelle est arrivée à fond de course du mouvement rétrograde, nous la ramenons à son point de départ : cette manœuvre a pour effet de ramener tous les organes dans leur position primitive et en même temps, fait agir l’immergeur qui vient noyer l’épreuve dans le bain de fixage.
- Il ne reste plus qu'à recommencer l’opération pour obtenir une nouvelle épreuve, et ainsi de suite jusqu’au moment où le nombre de copies désiré est atteint. C’est alors seulement que l’on retire toutes les épreuves du bain de fixage, les lave à grande eau, et, enfin les fait sécher.
- En somme la seule manipulation nécessaire par ce procédé consiste dans lelavageetleséchage, toulesles autres opérations étant strictement automatiques; il
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- s’cnsuitquelesépreuves sont absolument semblables entre elles, et aucune erreur ne peut se produire.
- Dans la reproduction des documents au moyen du Rectigraph, il serait difficile d’exagérer l'importance du mode d’éclairage choisi. A part la lumière du jour, dont l'intensité varie souventd’un moment à l’autre, par suite du passage des nuages aevant le soleil, entraîne forcément de l’irrégularité, il est reconnu que pour obtenir les meilleurs résultats, tant comme vitesse que comme régularité, rien ne vaut la lumière de la lampe à vapeur de mercure dont la puissance actinique contribue dans une large mesure à la perfection des copies. C’est pour cette raison, et
- copier rapidement un croquis cité, sans a voir à attendre la préparation d’un calque et le tirage d’un bleu. Il en est de même pour la copie rapide d’épreuves et dessins dont il est souvent nécessaire d’effectuer l’envoi avant de compléter les calques. En un mot, dans le bureau et dans l’usine le Rectigraph copie tout, lorsque ion désire la'précision absolue, la reproduction exacte d’un document important,
- Les Américains, gens pratiques, ont vite trouvé de nombreuses et utiles applications de cet appareil qui, d’ailleurs, a fait école en leur pays ; ils ne l’ont pas seulement appliqué à l’industrie, ils l’ont appliqué partout. Les Compagnies d’assurances pour leurs
- Fig
- faisant suite à l'expérience acquise, que la Westinghouse Cooper Hewitt Company comprend une installation delampes spécialesavec chaque Rectigraph.
- Au point de vue industriel et commercial, ces protocopistes paraissent appelés à une généralisation fort intéressante dans de nombreuses circonstances. En effet, de nombreux cas se présentent journellement où l’on désire envoyer un duplicata d’une lettre à une ou plusieurs personnes; par exemple envoyer à ses représentants à l’étranger, la preuve indiscutable d’un contrat, d’un marché, d’une référence fournie par un client important. En outre, dans le service d’usine, il est parfois fort utile de pouvoir
- . 3.
- polices, les sociétés immobilières pour la duplication des pièces des archives publiques, ainsi que d’autres organisations pour opérer des extraits d’actes de l’état civil font tous usage du Rectigraph complété par des lampes spéciales « Cooper Hewitt » à vapeur de mercure.
- Avec ces quelques applications que nous venons de citer, laliste n’est pas close, caries usages possibles de cet appareil sont innombrables. La copie de dentelles et de broderies, la trame desétoffes et#même la copie des papyrus des Pharaons sont des jeux d’enfants pour le Rectigraph, la machine qui écrit correctement.
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- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- La Banque Renauld de Nancy attire l’attention des capitalistes sur les obligations de 5oo francs 5 % nets de la Station Electrique de Millery, anciennement Marcel Vilgrain et Cie. Ces obligations, au nombre de 3 200, rapportent un intérêt annuel de 25 francs nets de tous impôts et charges actuels. L’émission est faite au prix de 5oo francs ; elle appelle deux remarques : la nécessité ou se trouve l’industrie de suivre le mouvement de relèvement du taux d’intérêt de ses emprunts ; la formule spéciale du net d’impôts et charges actuels. La Compagnie prend donc à sa charge l’impôt sur le revenu pour les titres nominatifs et au porteur et le droit de transmission pour ces derniers : l’un et l’autre ne sont point négligeables et augmentent la charge de l’emprunt de 7 à 8 % .
- Ce qu’il est intéressant de signaler, c’est que, pour une population desservie de 34 000 habitants, les recettes en 1913 se sont élevées à 512 000 francs; soit une moyenne de i5 francs par habitant, ce que l'on peut considérer comme un chiffre très élevé. La puissance installée à la station est de 9000 chevaux alimentant un réseau haute tension de 140 kilomètres de développement ; rapportée au nombre d’habitants, la puissance disponible ressort à 1 g watts et demi en moyenne par habitant. Les 1 600 000 francs à provenir de la souscription des nouvelles obligations seront utilisés au développement du réseau qui est prevu pour desservir Go 000 habitants.
- L’entente qui avait été conclue entre les Compagnies de navigation françaises, anglaises, allemandes, belges et hollandaises pour appliquer sur les lignes de l’Amérique du Nord certains tarifs communs vient d’être dénoncée. Elle avait donné d’excellents résultats en permettant à nos compagnies de relever leur situation financière compromise par une lutte inégale pour elles. Comme toujours, dans ces ententes, la prétention de l’une des Compagnies d’augmenter sa participation a amené la rupture. C’est la Hamburg-Amerika qui en est cause ; ayant mis en chantier, en igi3, trente vapeurs de 3gi 000 tonneaux et venant de lancer Yhnperator d’un typa supérieur au Lu.sitanûi, elle réclamait l’augmentation de sa quote part au détriment du Norddeutscher Lloyd : l’accord 11e s'est pas fait et l’échec de la conférence internationale qui
- vient d’avoir lieu à Paris aura de fâcheuses conséquences pour nos compagnies. Depuis trois ans, elles avaient accompli de grands efforts pour renouveler leurs flottes ; l’industrie électrique en particulier s’était ressentie de cet état de choses et avait reçu de nombreux ordres des chantiers navals pour l'équipement de paquebots ou de cargos. On espère que des ententes particulières pourront intervenir entre les anciens adhérents du « Pool Continental » ; mais en attendant leurs conclusions, les chantiers ralentiront leurs commandes : ce débouché, très intéressant pour les constructeurs électriciens, se trouvera en partie momentanément fermé.
- La Compagnie des Eaux et d'Electricité de l’Indo-Chine a pu, cette année, en présence des résultats obtenus par ses exploitations de Saigon, Cholon et Pnom-Penh, répartir un dividende de 5o francs à ses actionnaires au lieu de 45 francs. Cette répartition a absorbé 73 % des bénéfices nets : sur le solde, 181 673 fr. 89 sont affectés aux réserves et 3i 680 fr. 40 au conseil d’administration, Mais il faut remarquer que, par le jeu de l’amortissement des obligations, 266 000 francs ont été consacrés, sur les recettes de l’exercice, au remboursement de 532 obligations. Les recettes ont atteint le chiffre de 2 131 o43 fr. 10, non compris celles provenant des ventes diverses et des installations; le Conseil indique bien que ses dépenses d'exploitation se sont élevées à 1 i25 2iofr. 92, faisant ressortir le coefficient d’exploitation à 52 % , mais il ne donne que le montant des bénéfices réalisés sur les travaux neufs. Ils sont d’ailleurs très satisfaisants puisqu’ils augmentent le bénéfice de l’exploitation de plus de 20 % . Ces travaux neufs ont consisté en canalisations nouvelles pour Pnom-Penh, en installations élévatoires pour divers établissements militaires ou hospitaliers, et en installations d’éclairage ou de force motrice pour les particuliers. La clientèle indigène progresse, paraît-il, tout particulièrement à Saïgon et à Cholon sans avoir atteint d’ailleurs son plein développement. C’est la-centrale de Cho-quan qui assure la fourniture d’énergie à toutes les usines de ces deux villes. Le bilan fait ressortir une situation financière satisfaisante, les réserves et
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. > XV (2e Êerie). — N°7.
- amortissements s’élevant, au bilan d’entrée de 191'i-1914, à 4 3o8 a36 francs en regard de n i3<> .377 fr. d'immobilisations. Les exigibilités au 3o juin dépassaient les disponibilités d’à peu près 200 000 francs; mais les rentrées mensuelles effectuées par les exploitations et l’augmentation de la clientèle auront permis de faire face, le cas échéant, à celte différence. Le bilan peut se résumer comme ci-dessous :
- Actif.
- Immobilisations.............. 11 686 714 60.
- Disponible..................... x 38g 266 94.
- Réalisable...................... 1 679738 27.
- Prime de remboursement des
- obligations................ 382 884.
- i5 o38 6o3 81.
- Passif.
- Capital........................ 5 700000.
- Obligations ................... 2 740 5oo.
- Réserves et amortissements. ... 4 °4a 236 67.
- Créditeurs divers.............. 1 772 38g 36.
- Prolits et perles............. . 783 477 88.
- i5 o38 6o3 81.
- La Société de Moteurs à Gaz et d Industrie Mécanique a présenté le 17 décembre dernier à ses actionnaires des comptes qui marquent le début de sa transformation depuis sa réorganisation et son augmentation de capital. Mais l’exécution du programme prévu ne sera complète qu’au début de 1914, et le bilan de l’exercice en cours ne pourra guère se ressentir des dispositions adoptées. A l’heure actuelle les nouveaux ateliers ne sont pas encore en fonctionnement; les machines-outils sont installées, mais la station centrale qui doit fournir la force motrice et comporte un moteur à gaz de 126 chevaux et un de 25o chevaux est en voie d'achèvement. Les immobilisations nouvelles tant en terrains, et immeubles qu’en construction, outillage, et modifications s’élèvent au 3o juin à 936216 fr. 24 : elles dépasseront 1 100 000 francs pour l’ensemble terminé. Cependant la Société a bénéficié dès le dernier exercice de ses nouveaux accords avec MM. Schneider et Cie et son chiffre d’affaires comme son chiffre de commandes ont augmenté dans une forte
- proportion : les commandes sont passées de 2680 289 fr. 40 à 3 963 445 fr. 93 et les ventes facturées de 3 189847 fr. 40 à 3 447 1 fr. 4&- Au
- point de vue de la construction des voitures automobiles, la Société a continué la liquidation de son stock, tout en cherchant à constituer pour cette branche une société indépendante. Les bénéfices nets se sont élevés à 140 322 fr. 4 5 en augmentation de 63 3oo francs; ils ne pouvaient permettre une répartition quelconque aux actionnaires et ont été entièrement consacrés aux amortissements. En dehors de son augmentation de capital, la Société de Moteurs à Gaz a émis 4 000 obligations 4 1 /2 % dont une partie a été échangée contre des obligations anciennes 5 % encore en circulation : le bilan comporte de ce fait un chapitre obligations à 2 millions qui porte le capital investi ou à investir à 7 mil- lions. Les disponibilités au 3o juin s’élevaient à 2 104 976 fr. 55, les exigibilités à 729872 fr. 04 en diminution de 843 488 francs. La Société dispose donc de moyens suffisants pour réaliser son programme si la mise en route de ses nouvelles installations se fait suivant ses désirs et si la crise ouverte n’apporte pas à ce moment précis une entrave au développement de ses affaires.
- La Compagnie Centrale d Energie Electrique a décidé de répartir cette année un dividende de 25 francs. On sait qu’elle vient de racheter aux Exploitations Electriques leur installation d’Oran en cours de construction : elle possédera dès lors en Algérie deux centres importants, Alger et Oran, prélude probablement à d’autres points d’établissement au fur et à mesure du développement de l'Algérie.
- La Société Brown Boveri et Cie procède actuellement à l’augmentation de son capital de 28 à 32 millions votés par l’assemblée du mois d’août. Les nouvelles actions au nombre de 3 200, au nominal de 1260 francs sont offertes aux anciens actionnaires à 1 5oo francs à raison d’une action nouvelle pour sept anciennes.
- T. R.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- ÉCLAIRAGE ET FORCE MOTRICE
- Allemagne. Witoko (Posen). — On annonce un agrandissement de la station centrale électrique mvini-cipale.
- Suisse. Tramelan. —Le chemin de fer électrique Breuleux-Noirmont a été inauguré pendant le mois écoulé.
- V
- Italie. Mantoue. — La Société Electrique de Bres-ciana qui a en service un tramway électrique à Mantoue réunissant la station du chemin de fer à la porte Molina a reçu l’autorisation de construire deux nouveaux tronçons se dirigeant l’ùn vers la porte Ceresio, l’autre vers la porte Presterla. Les deux tronçons à voie simple et à écartement normal ont respectivement une longueur de i '288 et i o43 mètres. L'énergie électrique sera fournie aux voitures automotrices par une ligne aérienne avec du courant continu à la tension de 55o volts.
- Réglementation du régime des eaux à la frontière italienne. — La Chambre des députés française a approuvé sans discussion une motion ainsi conçue : « La Chambre invite le gouvernement à étudier et à préparer un accord avec les villes voisines de notre frontière dans le but d’élaborer une réglementation internationale du régime des eaux dans toutes leurs applications possibles et en particulier pour l’hydraulique agricole, l’électricité et la navigation internationale ».
- Grèce. — Une récente loi a fixé les droits à payer pour les diverses catégories de marchandises à leur entrée sur les nouveaux territoires acquis par la Grèce. Les droits doivent être payés depuis la date de promulgation de ladite loi. L’article 3 prévoit que les marchandises suivantes qui sont exemptes de droits avec l’ancien tarif le seront encore surles nouveaux territoires acquis. Ce sont : les dynamos et leurs accessoires inséparables; machines industrielles et leurs pièces de rechange ; cables et fils métalliques pour télégraphie et sonnerie; rails avec leurs connexions ; câbles de fer, d’acier ou tout autre métal non forgé.
- Cette exemption pourra être étendue par décret à d’autres articles importés sur les nouveaux territoires à condition qu’ils l’aient été déjà, sous l'ancien tarif. Toutes les autres marchandises devront payer un droit d’importation de i5 % ad valorem.
- ont décidé d’installer à la station centrale un nouveau groupe turbo-alternateur d’un prix de i5o ooo francs.
- ECOSSe. Glasgow. — Les plans de la nouvelle station centrale ont été approuvés par le Comité d'Electricité. Lorsqu’elle sera complètement équipée, cette usine sera la plus importante de l’Ouest de l’Ecosse et sa puissance sera de i5o ooo chevaux.
- Elle est destinée à fournir toute la force motrice nécessaire et à venir en aide aux stations de Port-Dundas et de la Croix-de-Saint-André pour la Lumière.
- DIVERS
- Ministère des Travaux publics.
- Direction des Mines, des distributions d’énergie électrique et de l’aéronautique (3e bureau). Circulaire. Série B, n°i.
- Article n des cahiers des charges types des 17 mai et 20 août 1908.
- Notification annuelle du chiffre devant servir de base pour la détermination du prix de vente du kilowattheure.
- Paris, le 20 janvier 1914.
- Le ministre à M. , ingénieur en chef
- du Contrôle des distributions d'énergie électrique, à
- Certains cahiers des charges de concessions de distributions d’énergie électrique contiennent à l’article 11 des dispositions relatives à la variation des prix de vente du courant d’après le cours des charbons et. la circulaire ministérielle du 20 mars 1913 vous a fait connaître qu’il y avait lieu d'adopter dans ce cas, comme base de fixation du prix de vente du kilowatt-heure, le prix moyen d’achat des charbons par rAclniinislration des chemins de fer de l'Etat.
- J’ai l’honneur de vous informer que le prix moyen des charbons achetés en 1913 par cette Administration a été de 18 fr. 99 contre 20 fr. 47 en i912- Le chiffré de 18 fr. 99 est donc celui qui devra être adopté en 1914*
- Je vous prie de vouloir bien porter cette indication à la connaissance des concessionnaires ou demandeurs en concession dont les cahiers des charges renferment à l’article 11 les dispositions rappelées ci-dessus.
- Par autorisation :
- Le directeur des distributions d’énergie électrique, Weiss.
- Angleterre. Burton-on-Trent. — Les corporations
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). — N° 6.
- SOCIÉTÉS
- Energie-Eclairage. — Les recettes de l’ensemble des exploitations pour l’exercice 1913 atteignent 332 209 francs contre 244 *32 francs précédemment, soit une plus-value de 87 977 francs ou 3o % environ.
- Les bénéfices nets ressortent à 4° 680 francs contre 20 844 francs précédemment, c’est-à-dire qu'ils ont doublé.
- Société des Forces Motrices du Refrain. — Eu janvier 1914> le produit de la vente de courant s’est élevé pour celte Société à 116 991 l’r. 3o, en plus-value de 5 a36 fi1. 5o.
- Du iC1’ juillet 1913 au 3i janvier 1914, les ventes de courant se chiffraient par 778 3i8 francs 60 accusant une augmentation de 7.5 483 fr. 45| sur la période correspondante de l’année précédente.
- Société Franco-Suisse pour l’Industrie Electrique.
- — Le Conseil d’administration de la Société Franco-Suisse pour l’Industrie Electrique de Genève, propose la répartition d’un dividende de 5 1/2 % contre 5 % l’année dernière.
- Société Métallurgique de l’Ariège. — Dans son Assemblée générale ordinaire du 3i janvier 1914, la Société annonce que l’aménagement de la chute de Guil-liot a été commencé dès le mois de septembre; l’équipement de l’usine comprendra tr'ois groupes électrogènes de 1 000 chevaux chacun ; la durée totale des travaux sera de deux ans.
- L’Eclairage Electrique. — Cette Société vient de recevoir des commandés très intéressantes, notamment des administrations de la guerre et de la marine pour des groupes électrogènes et des pompes. Elle s’est fait une spécialité de la pompe de sous-marin, élément délicat et essentiel de cet engin; c’est elle qui a fourni la presque totalité des pompes actuellement en service sur les sons-marins français.
- L’Eclairage Electrique s’est spécialisé aussi dans la construction du moteur pour la fabrication de la Voie Viscose et fournil une quantité importante de ce matériel aux fabriques françaises, belges, russes et anglaises.
- Une installation d’alternateurs pour la traction et l’éclairage, vient encore d’être mise eu roule à Troyes avec succès.
- INFORMATIONS
- Comité d’organisation du Congrès international d’Electricité de San-Francisco (1915).
- Sur la proposition de sou président, M. C. O. Mailloux, l’American Instilule of Eleclrical Enginecrs a nommé iherabres honoraires, pour la France, de ce Comité d’organisation ;
- La reproduction des articles de la
- MM, Maurice Leblanc, R.-V. Picou, F’rédéric Laporte, M. Latour, A. Blondel, M. le prof. Janet, P. Boucherot, J. Blondin, E. Brylinska, général Sébert, M Mazen, M. de Baillehache, M. A. S. Garfield, secrétaire local pour la France.
- Chambre de Commercede Nancy et Société Industrielle de l’Est. — Ces Sociétés qui se complètent l’une l’autre, ont pris l’heureuse habitude de réunir leurs efforts dans les œuvres d’intérêt général. Elles ont décidé d’organiser à Nancy, pendant l’automne prochain, une exposition de l'électricité dans ses applications aux usages dornestif/ues.
- C’est une manifestation spécialisée et d’ordre pratique, analogue à celle du « Bureau Moderne » et de la « Cité Moderne ».
- Elle ne manquera pas d’intéresser vivement les constructeurs d’appareils électriques, les réseaux de distribution et les consommateurs. >
- CONVOCATIONS
- Compagnie Centrale de l’Industrie Electrique. —
- Le 28 février, 143, rue Royale, à Bruxelles.
- Société du Gaz de la Ferté-Milon et Extensions. —
- Le 12 février, boulevard Beaumarchais, 80.
- Energie Electrique de la Basse-Loire. — Le 12 février, rue Saint-Lazare, 94.
- Association Industrielle Française. — Le 14 février, rue Lafayette, 126.
- Produits Electrochimiques et Electrométallurgiques des Pyrénées. — Le 20 février.
- ADJUDICATIONS
- BELGIQUE
- La Société Nationale des chemins de fer vicinaux fera procéder le mercredi 4 mars 1914, à 11 heures du matin, en son local, rue de la Science, 14. à Bruxelles, à l’ouverture publique des soumissions pour la fourniture de poteaux métalliques tubulaires (type télescopique), supports de lignes aériennes pour la traction électrique,
- Les soumissions devront être adressées à M. le directeur général par lettres recommandées remises à la poste au plus lard l’avanl-veille de la date fixée pour l’adjudication.
- Les entrepreneurs pourront prendre connaissance du plan et du cahier des charges au siège de la Société Nationale (3e direction A), ruè de la Science, 14, à Bruxelles, à partir du 10 février 1914.
- Le cahier des charges sera délivré au prix d'un franc par exemplaire.
- Lumière Electrique est interdite.
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, 17, RUE CASSETTE.
- Le Gérant : J.-U. Ncouet
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- Trtpte-slxlèipe année.
- SAMEDI 21 FEVRIER 1814.
- Tome XXV (2» série). — N» 8
- • *
- SOMMAIRE
- Maurice D'ASTE. — Traction électrique et
- traction à vapeur......................... 225
- H. G. SCHRAGE. — Nouveau moteur triphasé à collecteur à régulation shunt par décalage des balais....................... iTi
- « Publications techniques
- Construction et essais çle machines
- Manutention, échantillonnage et essai derfittile pour transformateurs. — George E. 4pms-tiiqng................................. 23<)
- Stations Centrales et Distribution
- Les méthodes anglaises de construction des lignes aériennes de transport à haute tension. — M. MnpBpynN....................... 241
- Réseaux hydro-électriques................... >43
- Applications mécaniques Les commandes par moteurs réversibles et le contrôle automatique. — George W. Cka-
- WENS.................................... 245
- La fabrication de la glace par l’électricité.... 246
- Télégraphie et Téléphonie La situation du Chili au point.de vue de l’établissement des lignes téléphoniques. —Beea
- Gati.................................. 249
- Jilectrométallurgie
- Upe grande aciérie électrique.............. 251
- Bibliographie.............................. 251
- Notes Industrielles. — Nouvelle lampe à filament de tungstène : la lampe Niira........ 252
- Etudes et Nouvelles Economiques.............. a53
- Renseignements Commerciaux................. ‘-*54
- Adjudications ............................. *55
- TRACTION ÉLECTRIQUE ET TRACTION A VAPEUR
- Comparaison purement technique des outils de traction que constituent les locomotives a vapeur et les tracteurs électriques. fjguteitr montre qu'au point de vue des facilités d’exploitaÇpn, de la puissance, delà vitesse, de la capacité de service, de la consommation globale d'énergie, l'emploi de l'électricité présente des avantages techniques assez grands pour justifier la généralisation dé l électrification dans tous les cas où des considérations spéciales financières oit militaires n’interdiraient pas
- a priqri tout changement de mode de traction.
- 11 y a seulement cinq ou six ans, le champ d’applications de la traction électrique semblait devoir rester limité à quelques lignes particulières où la présence 4e tunnels ou de fortes déclivités justifiait l’adoption d’un système de traction spécial et considéré comme « coûteux ». Mais, dans le cas général de la grande traction, la locomotive à vapeur semblait devoir conserver longtemps encore une supériorité incontestable surtout après l’application de la surchauffe.
- Aujourd’hui Jes progrès extraordinairement rapides de la construction des machines électriques de grande puissance et de grande vitesse
- permettent d’escompter l’extension du nouveau mode de traction ?» tous les cas où des considérations financières OH miljtiiif'cs n’imposeront pas le maintien de la vapeur.
- Dans les régions où l’énergie électrique peut être produite à bon poniptc du fait, soit de l’utilisation des chutes d’eau, soit de l’emploi de combustibles de qualités inférieures au lien même d’extraction, le problème de l’électrification mêine de grandes lignes peut se présenter maintenant dans des ponditions favorables non seulement au point de vue technique, mais_en-core au point de vue économique, c’est ce qui se
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- 226 . LA1 LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV(2e Série)*. — N" 8.
- produit notamment pour les ligues Magdebourg-Halle de l’Etat prussien où la centrale de Mul-denstein 'est construite au'milieu même d’un important gisement de lignite, et aussi pour les lignes de la Valteline ou du Mont-Cenis de l'Etal italien auxquelles l'énergie électrique est fournie par d’importantes usines hydrauliques.
- C’est d’ailleurs en Italie que le développement de la traction électrique sur les grandes lignes semble se poursuivre avec le plus d’ampleur et tle continuité : l'électrification en cou-:rants. triphasés est déjà effectué sur . plus de
- donné lieu : les principales installations en service ou en montage sont celles de Dessau-Bittcr-fél'd, de Laubahn à Konigzclt, de Hambourg à Alloua (chemins de fer prussiens), de Rcichen-Hall-Berchtesgaden (chemins de 1er bavarois),du Wiesenthal (chemins de fer hndois), de Vienne-Presbourg (chemins de fer autrichiens), etc... En Suisse, la ligne du Loctsehbcrg, également équipée en couianl monophasé, vient d’être mise en service malgré de nombreuses difficultés de tous ordres électriques et mécaniques, et les Chemins de fer Fédéraux viennent de décider en
- New-York Gëhlrul tSylliidsôn River Railroad.;Dernier type de locomotives à voyageurs à grande vitesse - ‘ - pour le "service delà gare de New-York. ‘ ‘ .....1
- I‘ig. i. — CliAssis et mécanisme de locomotive à voyageurs.
- üoo kilomètres de lignes; installations de la Val- -Icline (lookm.), de Gênes-Rouco par les tunnels de Giovi et de la succursale (io'o km.), de Mo-* dane à Busoleno (Go km.), de Milan à Lecco (Sb.km.) etc... Les projets à l’étude portent sur i plus de i ooo kilomètres de lignes importantes telles que celle de Yintimille à Gènes, de Gênes à la Spezzia, de Turin à Pignerol, etc.
- Dans les pays subissant l'influence industrielle allemande, toutes les études comportent l’emploi exclusif'du courant monophasé malgré les’ nombreux déboires auxquels ce système a
- principe l’électrification de la ligne du Saint-Gothard en remettant toutefois le choix définitif du système de traction.
- En France, les Chemins de fer du Midi ont effectué en courant continu l’équipement de la ligne de Villefranchc à Boni g Modanc, et poursuivent l'installation du courant monophasé sur les lignes de Perpignan, Tarbes, Lourdes, etc.
- La Compagnie du Chemin de fer d’Orléans, la Compagnie de l’Ouest, la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranéc ont électrifié les lignes de Paris-Juvisy, Paris-Versailles, Le Fayet-Chamo-
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- 21‘Février 1914. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- nix en employant du courant continu et ce môme systènïede traction va être étendu à l'ensemble de la banlieue de l’Ouest-Etat.
- En Angleterre et en Amérique le système « up to date « est le courant continu à moyenne et haute tension et l'exemple du New-York Ila-ven Hartford et du London Brighton électrifiés en monophasé ne parait pas devoir être suivi par de nombreux imitateurs. C’est, en courant continu que sont effectués les très importantes installations du New-York Central, du Pensylva-nia Railroad, du Southern-Pacific, de Butte Anxeonda : le même système a été adopté pour l'électrification de la banlieue de Melbourne (i5o km.), de la banlieue Nord-Ouest de Londres (ioo km.), de la banlieue de San Francisco, des lignes de montagne de Chicago-Milvaukec Saint-Paul, etc..
- Cet admirable essor de la traction électrique est dû principalement au haut degré de pcrfcc-
- locomotivc à vapeur est une usine roulante complète qui se s il (U t à elle-même dans tous les cas tandis que le tracteur électrique est un simple organe de transmission de force qui devient inerte si l’énergie qui l’actionne vient à manquer.
- Comparaison technique ne la traction élkc-
- TIMQUE ET DE LA TRACTION A VAPEUR.
- L’avantage particulier de la traction électrique sur la traction à vapeur qui a été la cause essentielle des premières électrifications est la suppression absolue de la fumée. Cette suppression permet la circulation sans danger des trains dans les tunnels et rend possible l’exploitation de lignes entièrement souterraines.
- Des installations comme celles des Métropolitains de Paris, de Londres, de New-York, de Hambourg, etc., comme celles des gares du Quai d’Orsay, du New-York-Central, du Pensyl-
- Fig. 2.
- tion auquel sont arrivés les moteurs'ct les appareils de contrôle et de commande électriques. C’est dans l’établissement des tracteurs, transformateurs d’énergie électrique en énergie mécanique que se sont concentrés les efforts des constructeurs et des exploitants et c’est dans le tracteur que réside-la supériorité qui commence à s’affirmer nettement de la traction électrique sur la traction à vapeur.
- Nous nous proposons de comparer ici les deux outils de traction que constituent la locomotive à vapeur et le tracteur électrique, mais précisément parce que ce parallèle montrera sur presque tous les points la supériorité de l’électricité, il importe de ne pas oublier que la
- vania Rd, etc., n’ont pu'être réalisées que grâce à la traction électrique.
- Ce sont ces applications particulières, dont qnelques-unes remontent déjà à une quinzaine d’années, qui ont permis à la locomotive électrique de faire ses preuves comme outil de traction et l’expérience acquise en service courant, dans tous les pays du monde, indique qu’au point de vue de la régularité, de la continuité et de la sûreté de fonctionnement, la traction électrique no le cède en rien à la traction à vapeur.
- Au point de vue de la sécurité du personnel et du matériel, la traction électrique paraît avoir d’importants avantages : en cas de déraillement ou de tamponnement par exemple, alors que la
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- locomotive à vapeur répand sur les voies i 5oo à 2 ooo kilogrammes de charbon incandescent qui provoquent presque infailliblement l’incendie du train remorque, le courant électrique même à haute tension ne produit pas nécessairement une aggravation d’accident.
- Mais ces avantages très importants, que tout le .monde connaît .maintenant par expérience pour ainsi dire journalière et directe depuis la mise en service des chemins de fer métropolitains, ne sont pas les seuls à considérer et nous allons comparer les deux modes de traction à vapeur et électrique en nous plaçant à un point de vue plus précisément technique.
- A) Puissance.
- C’est en Amérique que l’on a construit les locomotives à vapeur les plus puissantes afin de remorquer normalement des charges que ne comporte pas l’exploitation européenne : 800 tonnes pour les trains de voyageurs, 2 5oo tonnes pour les trains de marchandises. Toutefois, même sur les machines les plus récentes, la puissance à la jante n’excède pas 2 5oo chevaux pour les Pacific et 3 3oo chevaux pour les machines Mallet.
- Le tableau I ci-dessous donne },es caractéristiques de construction d’un certain nombre de locomotives «à vapeur françaises et américaines des derniers modèles à surchauffe.
- Les tracteurs électriques peuvent développer une force beaucoup plus grande puisque, comme nous l’avons indiqué au début, ce sont de simples machines réceptrices transformant l’énergie électrique provenant d’une Centrale de très grande puissance, en énergie mécanique utilisable au crochet de traction ; le tableau II ci-dessous donne les caractéristiques générales d’un certain nombre de locomotives électriques modernes de différents systèmes et montre que dès maintenant 011 dispose de tracteurs de 2 000 à 3 000 et même 4 000 chevaux.
- Par accouplement de deux ou plusieurs locomotives électriques, nous pouvons d’ailleurs augmenter la puissance disponible tout en conservant à ce système à « unités multiples » la même facilité de conduite qu’à une unité isolée.
- Des forces de 4 000 et 6000 chevaux sont donc utilisables dès mninienant dans des cas difficiles comme ceux du service de marchandises du tunnel de Giovioù trois locomotives de 2 000 chevaux, placées deux en tête, une en queue, assurent la remorque de trains de 800 tonnes sur une rampe de 85 millimètres à la vitesse de 45 kilomètres à l’heure.
- Nous venons de voir que la puissance absolue des tracteurs électriques était notablement plus grande que celle des machines à vapeur mais la force des machines seules ne nous permet pas
- Tableau 1
- LOCOMOTIVES A VAPEUR (TYPE) PACIFIC AMÉRICAINE PACIFIC FRANÇAISE DI.r.APOD 8ANTA-PÉ MALLET
- 2 G—I a—C—1— 1—E—0 1—E-I D-D
- Surface de grille (mq). — foyer (mq). — tubulaire ( mq). — surchauffage ( mq ). Puissance approximative (1) (HP.). Poids adhérent (l.). — de la locomotive (1.). — du tender (t.). — total (t.). — par cheval (kg)- Puissance par essieu moteur (HP). 8,8 22,2 334 76 2 7OO 8l 128 75 20 3 75 9“° 4,27 15,37 195 62,6 1 800 54 9» 45 P37 78 600 3,8o 15.10 186 52.10 I 600 77 s 7 85 3i 116 73 320 8, *7 a9.8 480 90 3 000 137 172 83 2.55 85 600 9,18 32,8 487 io5 3 3oo 206 206 77 283 86 412
- (1) La puissance approximative des locomotives A vapeur a été déterminée uu moyen de la formule admise par le Ministère des Travaux publics dans ses statistiques (Bulletin de l'industrie minérale). HP. = 20 ^GGp G surface de grille en mq. C surface de chauffe réduite en mq. p pression en kg cm.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTI^IQi/e
- 21 février 1944.
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- Tableau ,11
- 4
- 2 - ' 3 4 5
- PARIS-ORLÉANS CIOVI MILAN-VARESE 'MIDI LOETSCIIHÈRG
- B—R E 1 — G—1 1 —G—î 1-E-l
- Poids adhérent ...O.). 5o 60 5o . 5/, 77
- — total 5o Go 75 88 107
- Puissance ..(HP). 1 000 2 000 I 800 1 5oo 2 5oo (*)
- Poids par cheval • • -(kg)- 5o 3o 42 r>8 3<>
- Puissance par essieu moteur.
- (HP). 2/|0 400 600 5oo 5oo
- G 7 8 9 ;I0
- PKNSYLVANIA Ri) NEW-YORK NEW-YORK BUTTE NEW-YORK
- central NEW-HAVEN ANACONDA CENTRAL
- , —B —B—I a — D—2 1-J-B —B—l B-B B—B—B—B
- Poids adhérent ...(<.). IOO 64 68 IOO
- — total ...(».). 15o 104 IOO 68 IOO
- Puissance (-j- heure). ..(HP). 2 5oo 2 200 I 400 I OOO 2 4^0
- Régime continu ..(HP). 92° l GOO — — _
- Poids par cheval. , ... • ••(Kg). 60 47 73 68 42
- Puissance par essieu mot. (HP) 620 55o 35o 25o 3oo
- de comparer entre eux les outils de traction considérés, aussi allons-nous compléter cette comparaison en recherchant les puissances spécifiques des machines : rapport de la puissance à la jante ou au crochet au poids total de la machine.
- que pour les machines électriques cette puissance varie en général de 3o à 20 chevaux par tonne (3o à !>o kilogrammes par IIP). #
- On peut donc dire qu’à poids égal une locomotive électrique a une puissance environ double de Celle d’une locomotive à vapeur, tènder compris.
- l‘Ï£, y.
- Puissance spécifique à /a Jante.
- L’examen des tableaux précédents nous montre que les machines à vapeur développent i l chevaux par tonne (7$ kilogrammes par cheval) alors
- Puissance spécifique au crochet.
- Si nous comparons les puissances au crochet nous trouvons un rapport un peu plits^ grand encore en raison des résistances excessivement
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2° Série). — 11*8.
- élevées existant clans les machines à vapeur. La résistance globale au roulement atteint en effet pour ces tracteurs environ 20 kilogrammes par tonne pour la vitesse de marche correspondant à une vitesse linéaire du piston d’environ 7 mètres par seconde.
- Des locomotives françaises, type Pacific, qui sont parmi les plus puissantes machines européennes, 11e peuvent guère développer au crochet du tender à 100 kilomètres-heure qu’une puissance d’environ 1 200 chevaux pour une puissance à la jante de 1 800 chevaux (').
- La puissance spécifique au crochet n’est donc dans ce cas cpie de 8,7 chevaux par tonne
- ——i— — 117 kilogrammes par tonne).
- D’une façon générale on peut dire que, pour la traction à vapeur, la puissance au crochet est au maximum G5 % de la puissance à la jante; la puissance spécifique est donc d’environ 1 8,8 X'o,65 =8,(3 chevaux par tonne (115 kilogrammes par IIP).
- Pour les machines à vapeur, comme l’indique le tableau précédent, les puissances spécifiques sont d’ailleurs plus faibles pour les locomotives de montagne à vitesse modérée que pour les locomotives d*e trains de voyageurs à grande vitesse;
- Les tracteurs électriques ont eux aussi une résistance au roulement plus considérable que les voitures remorquées, mais la différence est beaucoup moins grande que pour les locomotives à vapeur; en admettant que cette résistance soit environ double de celle d’une voiture, la puissance absorbée pour la propulsion du tracteur lùbmême sera d’environ o,85 IIP (12 kilogrammes par tonne) à 100 kilomètres-heure et 0,10 HP (7 kilogrammes par tonne) à 5o kilomètres-heure.
- Les puissances spécifiques des machines électriques ressortiront ainsi à environ a5 chevaux par tonne pour les petites vitesses et environ 18 chevaux pour les grandes.
- La supériorité de la locomotive électrique s’accentue donc considérablement; dans le cas des lignes de montagne, alors que le rapport des puissances spécifiques des tracteurs éleclri-
- (*) Article de M. Contiï surles locomotives Pacific, de la Compagnie d’Orléans [Revue Générale des Chemins de /er,juin 1912).
- ques et à vapeur 11’est guère que de a pour les machines de vitesse, il atteint environ 8 pour les tracteurs de montagne.
- Puissance par essieu moteur.
- La puissance par essieu moteur est particulièrement importante en traction à vapeur en raison du nombre restreint des essieux, a, 8, 4 ou 5, qui peuvent être accouplés mécaniquement; le maximum de puissance semble avoir été atteint sur les dernières machines Atlantic construites par le Pensylvania Rd et qui peuvent développer une force de a 000 chevaux sur deux essieux couplés (soit 1 000 chevaux par essieu). Il faut remarquer d’ailleurs qu’une pareille puissance n’est réalisable qu’en raison de la charge exceptionnellement élevée des roues motrices qui dépasse 80 tonnes par essieu moteur ().
- Pour les services de montagne où 011 a besoin à la fois d’une grande puissance et. d’un grand poids adhérent, on a utilisé, particulièrement en Amérique, des locomotives à vapeur articulées système Mallet et on a pu ainsi porter le nombre des essieux moteurs à 6,8 et même 10. Mais, comme nous l’avons vu dans le tableau I, la puissance par essieu devient dans ce cas relativement faible du fait même de la faible vitesse à laquelle est développé l’effort de traction.
- Avec les machines électriques, il n’y a aucun intérêt spécial, sauf dans des cas très particuliers, à concentrer la puissance motrice sur un petit nombre d’essieux et l’exemple de la dernière locomotive électrique du New-York Central à adhérence totale à quatre bogies moteurs montre bien que la tendance actuelle semble être de répartir la charge sur un grand nombre de roues.
- (i) Les caractéristiques principales de ce type de locomotives sont les suivantes Type Atlantic 2-B-1.
- Surface dégriffé, 5 m(i) 2,5.
- Surface de foyer, 18 mètres carrés.
- Surface tubulaire, 245 mètres carrés.
- Surface de surchauffe, 67 mètres carrés.
- Pression, 14 kg.-m2 5.
- Puissance, \/GCp = 2 000 chevaux.
- Poids adhérent, 60 tonnes.
- Poids de la locomotive, 109 tonnes.
- Poids du tender, 71 tonnes.
- Poids total du tracteur en ordre de marche, 180 tonnes.
- Puissance par tonne, 11 chevaux.
- Puissance par essieu moteur, 1 000 chevaux.
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- 21 Février 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ‘ Toutefois, les locomotives du Pensylvania Rd (colonne G du tableau II) sont à puissance très, concentrée : elles peuvent développer pendant une demi-heure 1 ooo chevaux par essieu chargé d’ailleurs à tonnes.
- En Europe où de pareilles charges no sont pas admises et où le poids adhérent est limite à 9 tonnes par roue motrice on ne'dépasse guère Gooà 750 chevaux par essieu (locomotive triphasée de 11 ooo chevaux à 4 essieux couplés eu construction pour la ligne du Simplon).
- Dans les voitures automotrices électriques où les moteurs « cuirassés » doivent être logés dans l’espace disponible entre les roues des bogies, la puissance maximum par essieu peut être évaluée à '200 chevaux pour des bogies à roues de 1 mètre et a 'ioo chevaux pour des bogies à roues de i,k>o mètres environ i‘i.
- d’environ de
- 16,G chevaux par tonne
- 'ioo IIP 18 T
- pour des véhicules à adhérence totale chargés à 18 tonnes par essieu et munis de .moteurs de •loo HP environ. Cette puissance de iG,G chevaux par tonne correspond à une vitesse d’environ 200 kilomètres-heure, ainsi qu’il résulte des essais eiTectués par les Chemins de fer de l’Etat prussien sur la ligne militaire de Marienfeld à Zossen, où la résistance au roulement a cette vitesse a été trouvée égale à environ kilogrammes par tonne.
- De pareilles vitesses soutenues ne sauraient être envisagées avec des locomotives à vapeur qui devraient d’ailleurs être munies, de roues d’un diamètre tel qu’il empêcherait l'installation de la chaudière. Avec lès machines actuelles on n’a jamais, croyons-nous, dépassé en palier la
- l'L
- B) Vitesses soutenues.
- Les vitesses soutenues de marche actuellement réalisées sont sensiblement les mêmes pour les deux systèmes de traction, électrique et à vapeur, mais il est nécessaire de noter dans une comparaison qu’il est possible d’obtenir avec la traction électrique des vitesses qu’il serait impossible d’atteindre avec la traction a vapeur.
- Cette supériorité tient uniquement à la différence des puissances spécifiques indiquées ci-dessus. Plaçons-nous par exemple dans le cas évidemment défavorable pour la traction électrique des automotrices, nous voyons que même alors nous pouvons disposer d’une puissance
- (1) Cette puissance pourrait être portée à 5oo chevaux avec la ventilation artificielle par une disposition analogue à celle des locomotives du New-York (colonne 7 du tableau II).
- vitesse de i‘îo kilomètres-heure et en pente celle de kilomètres-heure.
- Sans insister sur l’emploi de ccs vitesses (pii 11c semblent pas devoir entrer dans la pratique courante des chemins de fer en raison de l’énorme consommation d’énergie qu’elles imposent, il est permis de dire que la réalisation des grandes vitesses sera beaucoup plus facile à obtenir en toute sécurité avec la traction électrique qu’avec la traction à vapeur.
- * C) Parcours des machines. Longues étapes.
- La capacité de service des machines électriques est beaucoup plus grande que celle des machines à vapeur et alors, par exemple, qu’une locomotive ordinaire de banlieue ne fait guère que 100 kilomètres par jour pendant environ dix mois par an, un tracteur électrique pourra
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série) i — N® 8
- parcourir 2 à 3oo kilomètres par jour pendant on2e mois par an.
- La longueur et la durée maximum de parcours sans arrêt que peut faire une locomotive à vapeur sont limitées par la capacité du tender en eau et en charbon et par la conduite même du feu qui impose un décrassage complet après un certain temps de fonctionnement.
- Grâce à l’emploi d’écoppes Ramsbottom qui permettent le remplissage en pleine marche du réservoir d’eau, grâce aussi à l’emploi de grille à chargement mécanique et décrassage automatique on est arrivé à prolonger notablement la durée possible de marche continue d’un tracteur à vapeur, mais on ne dépasse guère quatre heures pour Un parcours de 3 à 400 kilo mètres.
- Avec la traction électrique, cette limitation pourra être aisément supprimée et il sera possible d’effectuer sans arrêt imposé par les machinés motrices, les parcours les plus longs des réseaux européens. La vitesse commerciale subirait de ce fait une augmentation non négligeable.
- D) Effort de trfiotloti. Accélération.
- C’est certainement dans la réalisation d’efforts de traction très élevés que réside l’un des avantages les plus caractéristiques de la traction électrique ; comme ces efforts dépendent essentiellement du poids .adhérent utilisé, on voit que cette qualité spéciale de la traction résulte de la possibilité de répartir la puissance motrice entre un nombre quelconque d’essieux du train, entre tous si on le désire. Comme 011 s'attache en général à calculer les moteurs de traction, quel que soit leur type, de manière à cc qu’ils puissent sans détérioration faire patiner les roues motrices, ce qui leur assure une protection mécanique absolument automatique, 011 voit que l’effort de traction réalisable électriquement peut atteindre telle valeur que l’on voudra, comprise entre o et i/io kilogrammes par tonne (pour un coefficient d’adhérence de 1/7). C’est grâce à cette utilisation complète de l’adhérence que la traction électrique permet de ré-
- soudre, d’une façon particulièrement avantageuse, deux problèmes en apparence dissemblables, mais qui sont en fait entièrement connexes : la remorque des trains de banlieue et la remorque des trains de montagne.
- Dans un cas, l’effort maximum de traction sera utilisé pendant quelques instants pour obtenir une accélération au démarrage de 0,4 à 1 mètre par sec. sec. (dans les Métropolitains, on utilise normalement des accélérations de o m. 70 par sec. sec.) ; dans l’autre, l’effort maxima de traction sera développé d’une façon soutenue pour effectuer la montée des pentes très raides, 60 millimètres, 100 et même 120 millimètres par mètre, (chemin de fer du Fayet-Chamonix (gd millimètres), tramways de Longemer-Retournetner, tramways de Boulogne et de Laon (pentes de 120 millimètres), etc.)
- Avec la traction à vapeur 011 ne réalise guère que des accélérations de 0,15 à 0,20 par seconde au maximum, c’est-à-dire égales au tiers où au quart de celles pratiquées avec la traction électrique. Les vitesses moyennes de marche qui, pour des parcours de faible longueur, dépendent presque exclusivement de la rapidité de démarrage, seront donc dans ce cas beaucoup plus élevées avec ia traction électrique qu’avec la traction à vapeur.
- Sur les lignes de montagne on ne peut guère remorquer utilement de charge sur une rampe supérieure à 40 ou 5o millimètres par mètre, c’est-à-dire sur une déclivité environ moitié de celle acceptable pour Une installation électrique.
- Celte différence considérable entre les rampes limites admissibles dans un tracé de lignes nouvelles peut procurer des économies Sur les frais de premier établissement dont l’importance, dans certain cas, peut être suffisante pour) couvrir les dépenses même d’électrification.
- Dans tous les cas, l’augmentation de vitesse moyenne de marche qui procure ces grands efforts de traction a, comme conséquence immédiate au point de vue de l’exploitation proprement dite, une augmentation Considérable du débit des lignes et du trafic du réseau.
- (A suivre). Maurice u’Asïk,
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- 21 Février 1914.
- NOUVEAU MOTEUR TRIPHASÉ A COLLECTEUR A RECULAT 10N SHUNT
- PAR DÉCALAGE DES RALAIS
- M. H.-K. Schrage, de l'Allmiinna Svenska Elektriska Aktiebolaget., décrit dans cet article (/) tes principes de construction d'un moteur triphasé à collecteur et régulation shunt, dont nous avons signalé les dispositions essentielles à propos du brevet français de cette Société (2). Il donne l’équation pour Vétablissement du diagramme circulaire du moteur et montre que les résultats calculés concordent avec les résultats d’essai. Il indique l'influence de la position des balais sur le facteur de puissance et sur la capacité de surcharge et compare ce moteur avec le moteur shunt triphasé à contrôleur, au point de vue de la commutation.
- En ces dernières années, les moteurs triphasés à collecteur ont été de plus en plus employés pour le service stationnaire et ils sont déjà utilisés en grand nombre à l’heure actuelle pour les métiers à filer, les ascenseurs, les machines d’extraction, les machines-outils, les ventilateurs, etc... Les moteurs série en particulier, avec leur réglage dérivation par décalage des balais, ont reçu de nombreuses applications et fréquemment dans des cas où un moteur à caractéristique shunt eu t été mieux à sa place, par exemple, pour les machines d’extraction et les continus à filer. Un inconvénient que présentent les moteurs série est précisément que la vitesse dépend en grande partie non seulement de la charge mais aussi des variations de tension dans le réseau. De plus, la pratique du courant continu nous montre que les moteurs shunt conviennent mieux que les moteurs série dans la plupart des cas. Cependant, pendant longtemps, les moteurs à collecteur et réglage dérivation n’ont pas été employés autant que ceux à régulation-série; cela tient principalement à ce que la régulation des moteurs shunt jusqu’ici connus exige des contrôleurs compliqués, beaucoup plus coûteux que les simples dispositifs de décalage des balais des moteurs série.
- Aux moteurs à collecteur et régulation shunt appartient le moteur monophasé à enroulement transversal d’Arnold-La Cour. Comme la régulation de ce moteur se fait sur une seule phase, le contrôleur en est plus simple que pour le courant (*)
- (*) Elektrotechnische Zeitschrift du 22 janvier !914•
- (2) La Lumière Electrique, tome xxxn, 2“ série, n° 21, igi3, page 347.
- triphasé; par contre, ce moteur a l’inconvénient de 11’êtrc réglable qu’entre des limites assez étroites. Au point de vue du réglage, les moteurs triphasés à collecteur et réglage dérivation construits notamment par rAllgemeinc Elektricilats Gesellschaft, par l’Allmiinna Svenska Elektriska Aktiebolaget, etc., sont meilleurs. Les moteurs de la première des sociétés ci-dessus ont été décrits par le Dr Eichberg dans VElektrotechnische Zeitschrift en 1910 et leur théorie a été exposée par Dreifuss et Ilillebrand dans YElektrotechnik and Maschinenbau en 1910 ainsi que par Arnold-La Cour dans l’ouvrage : Technique des courants alternatifs, tome II, partie.
- Fig. 1.
- La figure -1 représente le schéma des connexions de ces moteurs tels qu’ils sont construits depuis 1907 par l’Allmanna Svenska d’après J.-L. La Cour. P est l’enroulement primaire du stator, R est l’enroulement de régulation, également dans le stator, et S est l’enroulement du rotor, établi comme un enroulement à courant continu et collecteur. Le réglage est opéré en faisant varier la tension dans le rotor : pour, cela, l’enroulement de réglage est muni de plusieurs
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- prises de courant. T est un petit transformateur qui sert à fournir au rotor la tension nécessaire pour compenser le décalage de phases.
- Ces moteurs triphasés à collecteur sont beaucoup plus réglables que les moteurs monophasés à collecteur et enroulement transversal d’Arnold-La Cour; l’Allmanna Svcnska les construit pour des limites de réglage dans le rapport i : f\. Néanmoins, ces moteurs n’ont pas eu le succès qu’on aurait pu espérer et n’ont pas reçu jusqu'au un grand nombre d’applications. Cet insuccès doit être attribué en première ligne au prix élevé de ces moteurs, prix dans lequel le controleur entre pour une part qui n’est pas négligeable; en effet, pour une régulation entre de larges limites et avec une progression par faibles degrés, cet appareil est compliqué et coûteux. Si la tension du rotor doit être assez basse, les intensités de courant y sont assez grandes et les contacts du contrôleur doivent être calculés pour ces intensités.
- Fig. a.
- D’après une invention clc l’auteur de cette étude (brevet suédois nu Tl 968), l’Allmatma Svcnska a établi et mis en vente ces derniers temps un moteur triphasé shunt réglable dans lequel le réglage se fait uniquement par décalage des balais et où le contrôleur estainsi complètement supprimé. Cette disposition est non seulement notablement moins chère, mais aussi beaucoup plus simple que l’ancienne ; elle offre, en outre, l’avantage d’une régulation absolument stable. Le schéma de ce nouveau moteur est représenté dans la figure 2. Nous retrouvons ici les mêmes
- enroulements que dans l’&ncicnne disposition : le primaire P, l'enroulement de régulation R et le secondaire S, mais avec celte différence que, dans ce moteur, les enroulements P et R sont dans le rotor et l'enroulement S dans le stator, disposition inverse de l’ancienne. Ici, l’enroulement primaire est alimenté par le réseau au moyen de bagues ; l'enroulement de réglage est établi comme un enroulement fermé à courant continu avec collecteur ; quant à l’enroulement secondaire, il est constitué par trois phases distinctes qui peuvent être fermées individuellement, à l’aide d’une paire de balais, chacune sur une partie de l'enroulement régulateur. De ces trois paires de balais, les balais a2, «3, sont fixés sur un porte-balais commun et les balais bu #3, sur un second porte-balais. Un dispositif semblable a été proposé par Jouas pour la régulation d’un moteur triphasé à collecteur différent (voir Technique des couvants alternatifs, par Arnold La Cour, t. V, 2e partie, page 160); toutefois, le dispositif de Jonas ne permettait la régulation qu’entre d’étroites limites.
- Dans le moteur de la figure 2, plaçons d’abord les deux porte-balais de telle façon que les deux balais d’une phase se trouvent sur une même lame, c’est-à-dire de telle façon que les trois phases Si, S2 et S3, soient chacune en court-circuit; le moteur démarre alors comme un moteur ordinaire d’induction. Décalons les deux porte balais, mais seulement de façon telle que les axes des parties actives de l’enroulement régulateur aient toujours même direction que les phases correspondantes du stator, l’enroulement secondaire sera alors soumis à une tension proportionnelle au nombre effectif de spires de l'enroulement régulateur, soit au nombre effectif de spires entre les balais a été. Nous obtenons ainsi une modification de la vitesse de synchronisme qui est en même temps proportionnelle au nom-lire effectif de spires en circuit de l’enroulement régulateur et qui peut être hypcrsynchrone ou hyposynchronc. La vitesse du moteur à vide s’obtient par la formule :
- 60c tc2 ± iV:i p W2
- où c est la fréquence,
- /?, la moitié du nombre de pôles.
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- tv% le nombre effectif de spires de l'enroulement secondaire,
- W-, le nombre effectif de spires en circuit de l’enroulement régulateur.
- On sait que cette formule s’applique également au moteur de la figure i. Cependant, il y a une différence essentielle entre les deux moteurs. Dans la disposition ancienne, la fréquence du courant aux balais était égale à celle du réseau, tandis que, dans la distribution nouvelle, elle est égale à celle du glissement. La commutation est également tout à fait, différente dans les deux dispositifs et nous y reviendrons plus loin.
- Suivant le diagramme circulaire de llcylaud du moteur ordinaire d’induction, on ne peut, dans le nouveau moteur, tracer qu’un seul cercle
- Fig. 3.
- pour chaque position des balais, mais les conditions sont notablement pins complexes. Le plus simple est de supposer l’curoulcmcnt primaire immobile parce qu’alors le champ tourne dans l’espace à vitesse constante (fig. 5).
- Soit u’t le nombre de spires de l’enroulement primaire,
- w-2, celui de l’enroulement secondaire, w’a, celui de l’enroulement régulateur,
- Faisons =: et = a «>,, en supposant a
- variable. Les balais sont décalés d’un angle p par rapport à la position symétrique et dans le sens de rotation, ce qui correspond dans la construction normale avec primaire tournant à un décalage en sens inverse de la direction du courant. Pour rendre le problème aussi simple que possible, nous erons les hypothèses suivantes :
- i° La courbe d’aimantation est une droite.
- »° Les pertes dans le fer sont négligeables.
- 1° Nous calculons dans le cas de champs sinusoïdaux et en négligeant les harmoniques supérieures des champs locaux.
- 4° Comme l'enroulement primaire et l’enroulement régulateur sont disposés dans les mêmes encoches, nous négligerons la dispersion entre ces deux enroulements.
- r>° Nous négligerons également l'influence des courants de court-circuit sous les balais.
- Nous examinerons ultérieurement, sur un exemple, dans quelle mesure on doit considérer ces hypothèses comme admissibles.'
- Fig. 4-
- La figure 4 montre le diagramme-vecteur du moteur. Nous avons admis qu’il, n’y avait aucune dispersion entre les enroulements primaire et régulateur et nous faisons le calcul comme poulies moteurs ordinaires à induction avec un champ de dispersion primaire et un champ de dispersion secondaire. Le champ de dispersion primaire est produit par un courant L formé de deux composantes, le courant .1, et le courant a J2 de l’enroulement régulateur réduit au nombre de spires du primaire. La tension induite dans l’enroulement primaire par le champ principal est désignée par E, et la tension induite totale dans l’enroulement primaire par E',. Dans l’enroulement de régulation, il existe donc une tension induite aE'i. J,„ est le courant magnétisant du champ principal. La signification des autres symboles, lors-
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- qu’elle n’est pas indiquée, est la même que celle spécifiée dans La Technique des courants alternatifs, par Arnold La Cour.
- Nous avons alors les quatre équations suivantes :
- l’t -f- J,Z, — aJ^e—hX, -j- E, = o (i)
- s El -f- J2 ^2 <3t (P, J 1 /'i) eJf = o (2)
- J,« == <L "f" ^2 Ût*ï2 £î J'f (5)
- E, = J„Xa . (4)
- d’où nous tirons l’équation pour le diagramme circulaire du moteur. Cette équation étant très compliquée, nous ne la donnerons ici que dans le cas simple de p —o, c’est-à-dire pour la position symétrique des balais :
- Centre du cercle :
- 1 __£l_ [k + *i) (•<•» + ^-2) — -V] [*„« — {s* +^|)a°-] a ‘[(a;,,-fa-dfAi + aV,) — xarla][jcao;l+x2x, +x.2xa}
- ___~ fa, + *i) rî(*xa + — et»,) + z„2'-o
- ' » *[(«„ + «1) (#s + aV,) — -f -f Æyrj'
- Rayon du cercle :
- __________-Pp'gfa.+fra—axa)__________
- [{xa+x , )(ra+a‘-V, )-Æ„r 1 a] [xaxl+x2x1+x2xa ]
- On a comparé dans la figure 5, pour un moteur construit, les cercles calculés par ces formules
- ___Mesure
- ____Calcule
- Fig. 5.
- avec les courbes obtenues expérimentalement. S’il n’y a pas concordance absolue, nous constatons du moins que la théorie est suffisamment correcte.
- Dans la figuré 6, on a porté les vitesses et le facteur de puissance en fonction de la puissance fournie par un moteur de 11 kilowatts, dans 5 positions différentes des balais. Ce moteur doit donner de 3,7 à 11 kilowatts entre 5oo et i 5oo tours par minute; la vitesse de synchronisme est de i*000 tours. Comme on le voit par ces courbes, le facteur de puissance pour les vitesses hypersynchrones est très élevé; au contraire, pour les vitesses hyposynclirones, il est d’autant plus faible que la vitesse est plus réduite. A la vitesse miniina de àoo tours par minute, il est d’environ o,65.
- Fig. 6.
- Il y a cependant un moyen assez simple de l’améliorer pour les vitesses hyposynchrones; ce moyen consiste à ne plus décaler symétriquement les deux porte-balais comme on l’a déjà mentionné pour le cas du moteur de 11 kilowatts, •nais à décaler l’un des porte-balais un peu plus vite que l’autre, en sorte que, si les axes de l’enroulement de régulation coïncident à peu près avec ceux de l’enroulement secondaire à la
- Fig. 7.
- vitesse maximum, ils sont décalés d’un petit angle par rapporta ceux-ci a la vitesse minimum. C’est de cette manière qu’est établi le décalage des balais du moteur de 66 kilowatts dont la figure 7 donne les courbes de charge. O11 est parvenu ici à obtenir un bon facteur de puissance
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- même à la plus faible vitesse. Théoriquement, il est possible de rendre uniforme le facteur de puissance pour toute vitesse avec le couple de rotation de pleine charge, mais cela nécessiterait un dispositif assez compliqué pour le décalage des balais. Dans la figure 8, on voit l'influence sur le diagramme circulaire de la rotation des axes de l'enroulement régulateur. Ces cercles correspondent à un glissement à vide d’environ 5o %.
- Par le décalage dissymétrique des balais, on obtient en vitesse hyposynchronc une augmentation de la possibilité de surcharge en même temps qu’un relèvement du facteur de puissance. Cela ressort également de la figure 9 où l’on a porté pour quatre positions différentes des balais le moment de rotation en fonction du glissement.
- Les courbes l et 11 se rapportent à la position symétrique de balais, la première pour un glissement à vide égal à zéro et la deuxième pour un glissement de o,5. Le moment, maximum de rotation pour la courbe 11 est à peu près moitié de celui de la courbe I, mais si l’on décale d’un petit angle en sens inverse de la rotation les
- axes de l’enroulement régulateur, la capacité de surcharge est notablement relevée ainsi que l'indiquent les courbes 111 et IV. Les courbes 1 à IV sont tracées d’après le diagramme-vecteur théorique (fig. 4). Des résultats pratiques concordant complètement avec ces courbes ont été obtenus dans des essais de démarrage. Ils ont montré que ces moteurs étaient capables d’un grand couple de rotation au démarrage sans qu’il soit nécessaire pour cela d’intercaler des résistances de démarrage dans le circuit secondaire.
- Commutation. —Nous allons maintenant étudier la façon dont.se fait la commutation avec le dispositif de décalage des balais, comparativement au dispositif à contrôleur. Supposons deux moteurs, l’un commandé par régulateur, l’autre à décalage des balais, construits tous deux pour les mêmes conditions de service. Les données principales, dimensions de 1er, de collecteur, nombre de lamelles, sont les mêmes dans les deux cas ainsi que le flux par pôle, les tensions et les intensités du circuit secondaire. Si la régulation est, de ± 5o % de la vitesse synchrone c’est-à-dire dans le rapport de 1 à 3, la tension au collecteur avec le dispositif de décalage des balais est moitié moindre qu’avec le dispositif à contrôleur, car pour une régulation à ± 5o % la tension de l'enroulement régulateur doit être
- moitié de la tension de l'enroulement secondaire.
- Pour apprécier la commutation, nous devons tenir compte :
- i° De la tension induite par les champs tournants entre deux segments voisins du collecteur e D ;
- a0 De la tension de commutation ew.
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- Dans le moteur à contrôleur, la tension eD est fonction linéaire du glissement (fig. io) ; elle est maximum à l’arrêt et s’annule pour le synchronisme. Par contre, dans le moteur à décalage des balais, eD est, constante à toutes les vitesses ; dans les deux dispositions, eD a la même valeur au maximum clan minimum do vitesse.
- En dehors de e'D la tension de commutation ew joue un grand rôle, tout au moins pour le dispositif à contrôleur. Dans les moteurs munis de ce dispositif, la tendance à la formation d’étincelles est beaucoup plus grande au maximum qu’au minimum de vitesse, bien que eD ait même valeur dans les deux cas. Ce phénomène doit être attribué à l’influence de la tension de commutation. Dans le moteur à décalage des balais, cette tension est beaucoup plus faible car :
- i° Les intensités de courant sont moitié moindres (nous considérons toujours les deux moteurs à régulation ± 5o % ) ;
- ».° Le nombre de spires entre les lamelles voisines du collecteur est moitié moindre;
- 3° L’enroulement de régulation est placé au sommetdcs encoches du rotor et, par conséquent, comme on peut élargir les encoches en ce point (fig. ii), la self-induction de cet enroulement peut être maintenue faible.
- Les deux régimes les plus dangereux au point de vue de la commutation sont le démarrage et la vitesse maximum. Au démarrage, le moteur à décalage des balais a certainement l’avantage, puisqu’il n’a entre les lames qu’une tension moitié moindre de celle du moteur à contrôleur. Au maximum de vitesse, eD a môme valeur pour les deux moteurs mais, ewest notablement plus faible pour le moteur «à décalage des balais que pour le moteur à contrôleur. Ainsi, même au maximum de vitesse, cette dernière disposition a l’avantage et nous voyons qu’au point de vue de la commutation elle est au moins aussi bonne que le dispositif à contrôleur.
- Pour terminer, deux mots encore sur l’application pratique de ces moteurs. Ils peuvent être employés généralement partout où l’on emploierait des moteurs shunt à courant continu. Il y a, avec les moteurs shunt à régulation du champ, une différence en ce que, dans le présent moteur à collecteur, le champ est constant aux différentes vitesses, en sorte que pour toutes ces vitesses ce moteur peut donner le même couple de rotation.
- 11 y a deux cas où ces moteurs conviennent particulièrement. Prenons, par exemple, le cas d’une fabrique ne disposant que de courant triphasé et où il n’existe essentiellement que des moteurs à vitesse constante et supposons qu’il faille y installer quelques moteurs réglables; on se résoudra difficilement à installer un transformateur pour ces moteurs et on préférera bien plutôt adopter des moteurs à collecteur. Ceux-ci peuvent souvent être employés aussi avec avantage à la place du système Ward-Léonard sur lequel ils l’emportent par leur moindre prix de revient, leur grand rendement et leur plus faible encombrement.
- La caractéristique shunt rend ces moteurs particulièrement appropriés à la commande des machines d’extraction, ainsi que des machines-outils, pour lesquelles la suppression du changement de vitesse par engrenages serait un grand avantage.
- 1L-K. Schkage.
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- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Manutention, échantillonnage et essai de l’huile pour transformateurs. — George E.
- Armstrong.
- L’huile, actuellement employée pour le refroidissement et l’isolation des transformateurs, est obtenue par distillation fractionnée du pétrole brut jusqu’à ce qu’il ait à peu près les propriétés suivantes, représentant la moyenne de l’huile normale pour transformateurs à Go ooo volts :
- Densité : 70 à 85° Baumé;
- Coloration : aussi claire que possible pour une huile non raffinée ;
- Base : de. préférence à hase de parafline ;
- Viscosité : /Jo secondes à /|0° C (viscosimètrc Saybolt) ;
- Teneur en soufre ; o ;
- Réaction : neutre ;
- Degré hygrométrique 1 : aoo 000 ou moins.
- La pratique a montré que l’huile de transformateur s’altère par l’usage et par réchauffement. Lorsqu’elle n’est pas de qualité normale, elle forme un dépôt goudronneux. L’eau, le soufre, cl d’autres matières étrangères en sc mélangeant à l’huile diminuent sa résistance diélectrique au point de compromettre l’existence du transformateur. Par conséquent, 011 doit prendre toutes les précautions possibles dans la manutention de l’huile qui doit être fréquemment analysée avec un soin extrême a lin de déceler toute détérioration dès son origine.
- La Southern California Edison C° ayant eu des ennuis du fait de l’huile employée dans ses transformateurs, a récemment institué un service spécial de surveillance de la manutention, de l’échantillonnage et de l’essai de l’huile de transformateurs afin de réduire le nombre d’accidents à ces appareils. L’auteur de cette étude est chargé de l’essai des huiles et, à ce titre, il a pu démontrer récemment l’utilité de la nouvelle création en révélant la défectuosité de l’huile dont étaient garnis des transformateurs correspondant à une puissance totale de plus de aoo 000 kilowatts..
- L’expédition de l’huile, dans des wagons-citernes ou dans des fiits en acier, rend possible l’introduction d’humidité ou de matières étrangères. Il faut donc filtrer ccttc huile immédiatement avant d’en remplir les transformateurs. Si ce traitement n’est pas praticable, on placera les fûts la bonde en dessous et l’on y fera circuler un jet d’air chaud et sec jusqu’à ce qu’ils aient atteint la température de So1 C qu’on maintiendra pendant 5 heures avant de les remplir d’huile préalablement séchée. Les fûts seront tenus couchés pour empêcher que de l’eau ne puisse se rassembler dans les fonds.
- On séchera les transformateurs dès leur arrivée ou avant leur mise en service, en employant pour cela un jet d’air chauffé électriquement à 80 ou 8:1“ 0. L’air sera refoulé par la grande soupape du fond du transformateur et s’échappera par le trou d’homme du couvercle. Lorsque la température intérieure du transformateur aura atteint (>8° C, on la maintiendra à ce degré pendant à 90 heures suivant les dimensions de l’appareil :
- heures suffisent pour un transformateur de 100 kilowatts tandis qu’il faut 90 heures pour un transformateur de 1 5oo kilowatts.
- Une fois le transformateur séché, l’huile à employer sera pompée à travers un filtre-presse, en prenant soin d’observer rigoureusement les instructions du fabricant sur le chauffage du papier.
- Il faut chauffer à 85° pendant t.!\ heures. La Southern California Edison C° emploie un filtre portatif delà General Electric C° ayant un débit de 11/1 litres à la minute. Il est absolument nécessaire d’employer un tuyau métallique flexible de préférence à un tuyau de caoutchouc. Ce dernier se casse, fuit, mais ce qui est plus grave, il contient du soufre et autres impuretés qui peuvent contaminer l’huile.
- O11 a fait à ce sujet les expériences suivantes : des morceaux de caoutchouc marchand ont été placés dans un échantillon d’Iuiilc de transformateur de densité 0,8^7 ayant supporté l’essai à /18 Goo volts. Au bout de 18 heures i/a de séjour du caoutchouc dans l’huile, on a essuyé à nouveau celte dernière qui n’a pu supporter comme
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- moyenne de 4 épreuves cpie 12900 volts. Une nouvelle expérience a montré cjuc ni le chauffage, ni la filtration double ne pouvaient relever au-dessus de 3o 000 volts la résistance diélectrique de l’huile. Ainsi la quantité de soufre existant dans le caoutchouc est suffisante pour détériorer l’huile de façon définitive.
- Pendant la filtration de l’huile, il faut l’essayer fréquemment. Quand les filtres-presses sont garnis de papier neuf, l’huile se sature de bulles d’air microscopiques qui s’y maintiennent pen-danta/, à/,8 heures etabaisscnteonsidérablement sa résistance diélectrique. On attendra donc de préférence 48 heures avant d’essayer l’huile et l’on procédera pour ces essais de la façon suivante :
- Essais des huiles de transformateurs. — On prélèvera des échantillons d’huile au sommet par le robinet du tube de niveau et au fond par un petit robinet de prélèvement placé aussi bas que possible et jamais au-dessus du dixième de la hauteur totale. Les robinets de vidange pourront souvent servir dans ce but, les robinets de prélèvement seront, en tout cas, soigneusement nettoyés et essuyés avec un linge propre et sec de manière à être certain qu’il 11’y a plus ni humidité ni crasse sur la paroi avec laquelle l’huile viendra en contact. Si l’essai est fait sur place, 011 l'emplira à moitié le récipient d’échantillonnage, on agitera et on jettera l’huile ; après avoir répété cette opération, on remplira le récipient et on laissera reposer l’huile pendant 10 minutes en évitant d’y plonger les doigts et de toucher les surfaces internes du récipient. On aura soin également de préserver l’huile de toute projection d’eau ou chute de poussière. Le récipient normal d’essai employé mesure 61 X 76 X millimètres. Il importe qu’il soit toujours rempli «à la même hauteur, autrement un niveau plus élevé donnerait une résistance diélectrique plus grande. Quand le récipient est plein, l’axe des électrodes doit se trouver à 38 millimètres au-dessous du niveau de l’huile. Peu importe d’ailleurs la forme des électrodes qui peuvent être toutes les deux plates ou l’une plate et l’autre hémisphérique.
- L’expérience a montré que la grandeur de la batterie de transformateurs employés pour ces essais est sans influence sur les résultats d’essais. C’est ainsi qu’on a opéré avec une batterie de transformateurs de io‘kilo watts et une petite bat-
- terie de. 2 transformateurs shunt de 400 watts. La comparaison des voltages de disruption concorde parfaitement, pour les valeurs au-dessus de îü 000 volts ; tandis qu’au-dessous de ces valeurs, la grande batterie donne les chiffres les plus faibles. Il suffit que la distance entre les électrodes soit constante.
- Quand l’huile a été prélevée dans des bonbonnes on en verse une petite quantité entre les électrodes pour rincer le récipient d’essai que l’on vide ensuite. O11 règle la distance entre les électrodes à 5, 1 millimètres au moyen d’un calibre, on remplit le récipient et l’on ferme le circuit jusqu’à ce qu’on ait fait au moins trois essais sur chaque échantillon. On peut à volonté agiter ou non l’huile entre deux essais, cela a peu d’importance car 011 a constaté qu’il se produit une circulation de l’huile résultant de la force électro-motrice. Après usage du récipient d’essai, on le remplira complètement d’huile et 011 le couvrira d’un verre pour le tenir à l’abri de l’humidité et delà poussière. Les faces des électrodes doivent être dressées au moins une foisparsemaine,quand on fait des essais quotidiens de manière qu’elles restent parallèles.
- 0 0,5 4 1,5 2
- Teneur en eau en iûiùo Fig. 1.
- Des expériences très complètes ont été faites pour démontrer l’influence de l’eau sur l’huilë, en sorte qu’on a pu tracer une courbe, fig. 1, donnant les tensions disruptives en fonction de la teneur en humidité. O11 a fait également une expérience pour déterminer le degré de détérioration des huiles de marques et de qualités différentes lorsqu’elles sont mises au contact de l’eau. Pour cela, 011 s’est placé dans les conditions similaires à celles où se développe une petite fuite dans le serpentin réfrigérant d’un transfor-
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- mateur; l’eau s’égoutte alors à travers l'huile et se rassemble au fond du transformateur. Dos quantités égales d’eau et d’huile, soit environ i/a litre de chacune, ont été agitées dans une bonbonne de 3,8 litres de capacité jusqu’à obtention d’une émulsion laiteuse, on a achevé de remplir avec la même huile et abandonné le tout au repos. Des
- Ta ni.:
- qui h’était pas retenue en dissolution de précipiter.'
- Le tableau ci-dessous résume les résultats des divers essais des quatre qualités d’hüiles expérimentées .* i° dans l’état initial; a0 après la première addition d’eau et 3° après la seconde addition. Ces chiffres sont les moyennes des quatre essais.
- LU I.
- ÉCHANTILLON DENSITÉ POINT D’ÉCLAIR Deg. C. viscosité COLORATION VOLT état initial kv AGE DE DISRUP huile additionnée d’eau Uv - mm essai final kv
- A o,85 160 60 ambre clair 19 3o ,5
- B 0,76 120 3o blanche 17 D >9 34 ,9 .
- C 0,86 ino 75 brun foncé 44 a /|, 1 «5 , 7
- D r>* oc 0 •74 77 ambre foncé 40 .6,. 13 ,5
- essais ont été faits 50 jours après sur des échantillons siphonnés de la partie supérieure de la bonbonne et prélevés en un point à 180 millimètres au moins au-dessus de la surface de l’eau.
- Enfin, on a ajouté de l’eau au reste des échantillons qui ont été ensuite agités puis abandonnés au repos pendant iGo jours pour permettre à l’eau
- Un voit ainsi que des huiles à peu près semblables sont affectées à des degrés très différents par le contact de l’eau et qu’il est possible de fabriquer, pour l’isolation des transformateurs, de meilleure huile que celle exigée actuellement par certains constructeurs.
- (Electrical World, -ij décembre 1913.) ,
- STATIONS CENTRALES ET DISTRIBUTION
- Les méthodes anglaises de construction des lignes aériennes de transport à. haute tension.
- Une communication, faite récemment par M. Melbourn à l'Institution of Electrical Engi-neers, donne les renseignements suivants sur les méthodes employées en Angleterre pour la construction des lignes aériennes à haute tension.
- Supports en bois et en acier. — La plus grande partie des lignes déjà existantes ont été établies sur des poteaux en sapin abattus en hiver et injectés à la créosote (procédé Bethell) ; on peut admettre une durée de trente-cinq à cinquante ans pour ces supports, s’ils ne sont pas détériorés et s’ils sont mis en place peu de temps après qu’ils ont été créosotés; par ce moyen, en effet, la créosote fraîche se répand dans le sol autour des pieds du poteau et constitue une
- protection supplémentaire contre les germes.
- Dans ces deux dernières années, on a beaucoup proné l’injection des supports au moyen des procédés Rueping, mais on n’a naturellement aucune expérience au sujet de leur durée pour les quelques lignes qui ont été établies avec des poteaux de ce genre en Angleterre. Les supports injectés par ce procédé ont quelques avantages sur les supports Bethell en ce qu’ils sont à la fois plus légers et plus propres, ce qui facilite leur maniement. A ce point de vue et en raison des résultats satisfaisants obtenus déjà dans d’autres pays, les supports traités par le procédé Powell à la saccharine pourront être également avantageusement employés.
- Pour obtenir les meilleurs résultats, il est essentiel que tous les supports soient choisis, apprêtés, taillés, percés, etc.*., chez le fabricant,
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- avant le créosotage. Le fabricant doit posséder des dessins détaillés indiquant les résultats complots à obtenir, et autant que possible les supports doivent être visités dans scs chantiers. Quand les poteaux sont construits, les assemblages prévus pour l’établissement des supports en A ou en II doivent être préparés avec soin. Toutes les entailles effectuées après le créosotage doivent être revêtues d’une couche de goudron chaud. Il peut être utile également de recouvrir l’extrémité de chaque support avant l’érection, sur f mètres environ, d’un enduit préservatif composé d’un mélange à parties égales de goudron de Stockholm et de chaux éteinte, uni à du goudron de gaz à raison de i parties du mélange pour 7 de goudron.
- Les pylônes en acier doivent être revêtus, avant livraison, d’un enduit bitumineux, et, sur la partie supportant les isolateurs et qui est, par suite, normalement inaccessible, les pièces doivent être galvanisées avant application de l’enduit.
- Pour établir la comparaison entre les supports en bois et ceux en acier, il convient en premier lieu de tenir compte des frais d’établissement et des frais d’entretien. Dans les régions industrielles, il est nécessaire de prévoir assez fréquemment des angles, de sorte que les portées excèdent diflîcilcment 8o mètres. Pour de telles portées, il est préférable d’établir des supports en bois qui n’exigent, pas beaucoup d’entretien. Les supports en acier doivent être employés, au contraire, dans les autres cas. Toutefois, d’après l’auteur, il ne convient d’employer des supports métalliques qu’avec une certaine prudence, lorsque les lignes sont exposées à la fumée; l’expérience qui en a été faite pour les lignes de tramways et de chemins de fer ayant montré que ces supports se détériorent rapidement et entraînent îles frais élevés d’entretien et notanir mont do peinture.
- Les supports d’angle en bois doivent être établis préférablement au moyen de poteaux réunis par des traverses, renforcés s’il y a lieu par dos haubans et montés dans le plan bissecteur de l’angle. Dans le sol peu résistant ou marécagenxi il est souvent nécessaire d’implanter les poteaux d’angle et les haubans dans des massifs en béton. Quant au conducteur, on pourra le faire passer sur deux isolateurs, spécialement quand il a une section assez élevée.
- Conducteurs. — Bien que le cuivre constitue »)j % environ des lignes à haute tension, l’auteur indique (pie notre connaissance de l’aluminium a fait, depuis trois ans, de tels progrès que ce métal peut, dans un grand nombre de cas, être employé plus avantageusement que le cuivre dans la construction des lignes. En particulier, les progrès réalisés dans la préparation de l’aluminium et notamment le laminage à froid ont permis d’accroître sa résistance de io % environ. Après avoir établi et observé plus de /jîlo kilomètres de conducteurs en aluminium, l’auteur estime que ce métal doit être employé dès que le prix de revient de la ligne est inférieur à celui correspondant à la ligne on cuivre de même capacité. De plus, lorsque l’atmosphère est chargée de produits sulfurés, et notamment dans le voisinage de fours à coke, l’emploi de l’aluminium s’impose en raison de la corrosion plus facile du cuivre.
- Les joints ne seront réalisés que sur les isolateurs, le fil étant détendu. Les joints des conducteurs en cuivre s'effectuent sans difficulté par divers procédés. Pour les eAbles en aluminium, on réalise facilement la soudure au moyen du chalumeau, en ayant soin de n’effeetucr ce travail que par temps calme.
- Espacement des conducteurs. — Dans le cas d’uneligne à trois fils, on réalise souvent le montage des conducteurs sur les isolateurs placés, l’un au sommet du poteau, les deux autres aux extrémités d’une traverse. Bien que cette disposition économise de la place, l’auteur ne la conseille pas, en raison de la difficulté d’obtenir une rigidité suffisante du support de l’isolateur supérieur; d’autre part, la pièce en zinc destinée il protéger le sommet de l’isolateur, et dont l’auteur préconise l’emploi, risquerait d’être facilement endommagée. Aussi paraît-il préférable d’employer trois consoles en fonte galvanisécen les disposant soit do part et d’autro, soit d’un même côté dn poteau.
- [/établissement de deux lignes triphasées sur des supports différents présente do tels avantages pour l’entretien et les réparations, qu’il paraît préférable de renoncer à l’économie réalisée 1 en disposant les deux lignes sur les mêmes supports.
- Fixation des conducteurs. — Los dispositifs principaux de fixation des conducteurs sont les ; suivants :
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- i° Les ligatures flexibles ;
- 2° Les colliers semi-rigides;
- 3° Les colliers de fixation rigides.
- Les preiniors sont réalisés au moyen de fil de cuivre ou d’aluminium et constituent, d’après l’auteur, le meilleur procédé de fixation quand le travail estclïoctué par des ouvriers habiles.
- Les colliers de fixation rigides ont l’avantage d’être faciles à fixer, mais leur prix de revient est d’environ quatre fois plus élevé que celui des ligatures flexibles et, de plus, la vibration de la ligne provoque quelquefois la rupture des colliers ou des isolateurs.
- Les colliers semi-rigides Paton sont fixés d’un seul cêté par une torsade ; de l’autre, ils sont simplement agrafés sur le fil. Le conducteur est, de plus, séparé de l’isolateur au moyen d’une sorte d’étui en cuir. Les résultats obtenus au moyen de ce nouveau dispositif paraissent satisfaisants.
- Isolateurs. — Les isolateurs à cloches sont les plus utilisés en Angleterre et le seront encore probablement tant que la tension restera aux environs de 20 000 volts.
- Au-dessus de 6(3 000 volts, il convient d’employer des isolateurs suspendus. Il serait utile, d’ailleurs, dé prévoir toujours la possibilité d’augmenter la tension d’une ligne, spécialement dans les régions industrielles où la charge augmente rapidement.
- L’auteur recommande de veiller à ce qu’il n’existe aucune cavité d’air dans l’isolateur ou le ciment et à ce que la surface en soit bien lisse.
- La couleur de l’isolateur 11’est pas indifférente ; la couleur blanche révèle mieux les fêlures, mais attire plus les regards des lanceurs de pierre.
- On peut recommander, pour les extrémités de lignes, l’emploi d’isolateurs suspendus. L’utilisation des isolateurs d’arrêt aux supports d’angle ou d’extrémité doit être condamnée en raison de la faiblesse de ces isolateurs au point de vue électrique. Les circuits téléphoniques, établis au-dessous des conducteurs à liante tension, doivent être montés sur isolateurs à double cloche.
- Pour fixer les isolateurs sur les supports, on peut employer soit le ciment, soit le chanvre ou la ficelle trempée dans l’huile de lin. La seconde méthode est préférable mais exige un personnel instruit et habile.
- Protection contre les perturbations atmosphériques. — L’emploi d’un fil de terre doit être très vivement recommande, à condition que ce fil soit soigneusement relié à une plaque de terre par un conducteur de section convenable tous les cinq supports environ.
- ('.outre les perturbations atmosphériques de diverses origines, on a employé différents moyens de protection parmi lesquels : les paraloudres à cornes, les parafoudres électrolytiques, les condensateurs Moseieki.
- M. Melbourn préconise un nouveau procédé imaginé par MM. Mcrz et Mac Lcllan. Ce procédé consiste à supprimer tous les parafoudres dans les circuits comprenant des transformateurs.
- Dans la partie des enroulements directement reliée à la ligne, on isole 10 % environ des dernières spires jusqu’à une épaisseur d’isolant de 3 ou 4 fois supérieure à l’isolement des autres spires.
- Les perturbations atmosphériques sont réfléchies par les dernières spires, et les oscillations sont amollies par la résistance ohmique de la ligne.
- Si la ligne est établie sur des isolateurs de bonne qualité, seule une élévation de tension considérable, comme un coup de fondre direct, pourra détruire l'isolement ; en pratique, ou constate quelquefois des piqûres sur les isolateurs extérieurs sans que les appareils de la station soient jamais avariés.
- (Journal of the Institution of Eleclrical Engineers, i!i janvier 1914).
- Réseaux hydro-électriques.
- Nous extrayons, d’une étude publiée par M. Louis Bell dans Y Electrical World, les considérations suivantes sur les progrès réalisés dans la construction des grands réseauxde distribution alimentés par des usines hydro-électriques.
- Les difficultés rencontrées dans l'établissement de ces réseaux ont résidé successivement dans l’insuffisance des machines, dont la construction s’est trouvée assez rapidement améliorée, puis dans la faiblesse des transformateurs et de l’appareillage, à laquelle on a pu remédier, grâce à l’utilisation de l’huileet du refroidissement artificiel, enfin dans les lignes de transport. L’isolateur à cloches ne permettait guère, en effet, de dépasser les tensions de ào à Go000 volts et,
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- d’autre part, l’effet corona constaté pour les tensions élevée^ semblait devoir limiter également le voltage maximum à employer dans les lignes aériennes.
- L’emploi des isolateurs suspendus a permis de dépasser largement la tension de 60.000 volts. L’auteur cite à ce sujet certaines lignes récentes delà Connecticut River Transmission Company, établies pour 120 000 volts, les lignes transmettant jusqu’à Saint Louis à 110 000 volts l’énergie produite à »4o kilomètres de cette ville par l’usine de Keokuk (*), et le projet de transmission à i35 000 volts qui s’étendra sur plus de 38o kilomètres en ligne directe dans le sud de la Californie.
- En ce qui concerne les pertes par l’atmosphère par suite de l’effet corona, l’auteur montre très justement que, bien que cet effet soit loin d’être négligeable, il a en réalité moins d’importance qu’on ne pouvait le craindre.
- Le Goût des lignes étant, en effet, très élevé par suite des nécessités d’isolement des canalisations entre elles et avec la terre, on est amené par raison d’économie à leur donner une grande section pour leur permettre de transporter de grandes quantités d’énergie et, par suite, on réduit par là même l’importance relative des pertes par effet corona.
- En fait, les raisons d’ordre économique sont les seules qui limitent actuellement la tension des réseaux de distribution.
- En dehors des questions de tension, 011 peut noter l’établissement de nouvelles installations qui offrent un intérêt tout particulier. L’usine de Keokuk, sur le Mississipi, qui fournira ultérieurement 15o 000 chevaux, fonctionne dès maintenant avec la moitié de cette puissance. Elle comporte des turbines verticales tournant à la vitesse particulièrement réduite de $7,7 tours par
- (') Voir La Lumière Electrique, tome xxv (a® série) n° a, 10 janvier 1914, page 52.
- minute. L’usine de Big-Creektransmet, depuis le 8 novembre 1918, à Los Angeles, à une distance de 38o kilomètres, 18000 chevaux à i3E> 000 volts. Elle est prévue pour fournir, à son achèvement définitif, 1G0 000 chevaux.
- Les progrès réalisés dans la construction des turbines ontpermis d’augmenter dansune mesure appréciable le rendement des installations.
- L’auteur cite, à titre d’exemple, les turbines de 6 000 chevaux installées’ par l’Appalachian Power Company. Le rendement de ces machines atteint 93,7 % et celui de l’installation complète depuis l’entrée de l’eau aux turbines jusqu’aux barres-omnibus est de 88 %.
- De tels résultats 11e peuvent d’ailleurs être obtenus qu’avec une chute élevée permettant l’emploi de roues du genre Pelton. Ils marquent cependant un progrès considérable dans la construction des machines hydrauliques.
- Dans un autre ordre d’idées, l’étude des conditions de fonctionnement des turbines sous des chutes basses et variables a conduit à une solution originale réalisée dans l’aménagement de la chute du Halé’s Bar sur le Tennessee. Cette chute variant de ri mètres à 6 mètres, on a dù employer, pour chaque groupe, 3 turbineswerti-calcs accouplées à un même générateur, deux d’entre elles étant utilisées dans tous les cas et la troisième 11e fonctionnant que lorsque la hauteur de chute est particulièrement réduite.
- 11 convient de signaler également, comme une des tendances les plus intéressantes des grands réseaux de distribution, la simplification des installations et notamment l’établissement de sous-stations de transformation et de coupure établies à l’air libre.
- La dimension considérable des appareils à haute tension entraîne des frais élevés de bâtiments et des risques d’incendie qui disparaissent grâce à cette solution radicale.
- (Electrical World, 3 janvier 1914.)
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- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Les commandes par moteurs réversibles et le contrôle automatique.
- Au récent Congrès de l’Association of Raihvay Electrical Enginecrs, M. George W- Cravens, [•résident de la Commission des Ateliers, dans cette association, a donné sur ce sujet des renseignements précis dont nous détachons les quelques considérations suivantes.
- Parmi les transformations les plus importantes apportées à la pratique des ateliers par l’adoption de la commande électrique, il faut compter l’application des moteurs réversibles à la commande des raboteuses, des étaux-limeurs, etc. On ne voit souvent, dans la commande électrique, que l’économie réalisée sur les pertes par les transmissions ; bien que celle-ci puisse s’élever à 5o ou 6o % de la dépense totale d’énergie, ce n’est souvent qu’une faible partie de l’économie réelle, car le principal bénéfice réside dans l’accroissement de production et dans la réduction du prix de revient du travail.
- Dans des machines à mouvement alternatif telles que les raboteuses, les étaux-limeurs, etc., une partie du temps est perdue par la nécessité de la course de retour de la table. Le rapport de la durée de cette course à la durée de la coupe est donc un facteur important. Or, avec la commande automatique par moteur réversible à accouplement direct, les vitesses de coupe et de retour sont contrôlées indépendamment l’une de l’autre, et leur rapport peut être réglé à volonté dans les limites pratiques et suivant la nature du travail. Les moteurs donnant un rapport de a : i de la course de retour à la course de travail se rencontrent facilement mais si l’on partait du rapport de 5 : i, on gagnerait ia,5 du temps nécessaire à un travail donné et l’on gagnerait 20 % avec un rapport de 4 : 1. Toutefois, ce dernier rapport est difficile à réaliser parce qu’il exige une construction très robuste de la raboteuse pour résister au choc violent à la fin de la course. La commande directe des raboteuses par moteur réversible est économique, tout d’abord par la suppression des pertes de travail dans les transmissions et du glissement
- des courroies. La comparaison du travail absorbé à vide montre la différence entre les deux systèmes et accuse, en faveur de la commande individuelle par moteur directement accouplé, des économies moyennes supérieures à 40 %. D’autre part, avec le freinage dynamique, 011 supprime le travail nécessaire pour arrêter la table de raboteuse à la fin de sa course, l’énergie développée pour produire cet arrêt étant absorbée dans le moteur.
- Les frais d’entretien et de réparation des courroies de transmission sont supprimés par la commande électrique. O11 a, de plus, constaté par transformation de la commande des raboteuses que leur production était augmentée de 3'i % , en sorte que trois raboteuses suffisent là où autrement il en faudrait quatre.
- Au point de vue de la construction du moteur pour cette application spéciale, il faut remarquer que ce moteur doit permettre l’accélération, l’arrêt et le démarrage en sens inverse ainsi que le réglage de la vitesse. Au cas où le courant viendrait à manquer, il doit permettre l’arrêt automatique avec freinage de la table afin qu’elle 11c sorte pas du banc par la vitesse acquise.
- Malgré cela, tant que le moteur ne reste qu’un simple organe de commande, il 11’ofTre que très peu de supériorité sur la commande par courroie. Son rôle ne devient réellement efficace dans le travail de la machine-outil que lorsqu’il est établi de façon à varier son action suivant les besoins, c’est-à-dire à avoir un contrôle automatique. On a calculé qu’une augmentation de 5 % de la production d’une machine-outil suffit à amortir en deux ans les frais d’installation de la commande individuelle par moteur avec contrôle automatique.
- Une machine ne donne son maximum de production que si elle marche à la vitesse économique la plus grande et fait un travail productif pendant le maximum de temps. Le contrôle automatique assure, pour satisfaire à ces conditions, la limitation à une valeur déterminée au préalable du démarrage, de l’arrêt ct_du renversement de marche ; ces opérations faites dans le
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- temps convenable protègent, d’antre part, le moteur contre les mises à la masse, courts-circuits, accidents aux collecteurs, etc., et limitent le couple moteur.
- l’our la commande électrique des machines-outils, on emploie des moteurs à courant continu ou alternatif, à enroulement shunt et vitesse variable.
- Le contrôle automatique, non seulement dispense l’ouvrier de l’effort physique à faire pour démarrer, arrêter et renverser le moteur, mais aussi de l’clforl mental nécessaire à la régulation correcte d’un moteur par un contrôleur à main. Il permet également d’employer à la commande des machines de la main-d’œuvre à meilleur marché.
- Pour donner satisfaction, le contrôle automatique doit assurer les conditions suivantes :
- i° Le moteur doit démarrer et atteindre la vitesse correspondant au réglage du rhéostat de champ dans le minimum de temps possible, le courant restant dans les limites admissibles ;
- 2° Le moteur doit être renversé de la même manière et avec la même protection automatique ;
- t° Il doit être arrêté par freinage dynamique ou autre méthode similaire. De préférence, la commande doit se faire par simple pression sur un bouton.
- Le contrôle automatique a été appliqué avec succès à des machines ayant de grandes masses à mettre en mouvement et à arrêter, telles que poinçonneuses, cisailles, machines à forger,etc., pour lesquelles le contrôleur automatique remplace l’embrayage et le débrayage par aecouple-m en ts.
- L’une des applications les plus importantes du contrôle automatique dans les ateliers de chemins de 1er a été faite aux tours horizontaux et verticaux ; ce système permet, en effet, de commander de tout point voulu la mise en marche, l’arrêt et le renversement, d’arrêter rapidement la machine par freinage électrique, de remplacer les commandes à friction par des commandes positives, d’arrêter rapidement h\ machine pour le calibrage des pièces et de réaliser ainsi une grande économie de temps. Le moteur ne peut démarrer qu’à petite vitesse pour atteindre rapidement la vitesse de couple voulue èl fixée d’avance. Le moteur peut d’ailleurs être établi de façon à réduire le courant à une valeur
- normale en cas de surcharge et à revenir automatiquement à la vitesse de coupe convenable quand la surcharge a disparu.
- La tendance actuelle des ateliers de chemins de fer aux Etats-Unis est de demander des contrôleurs automatiques qui protègent à la fois le moteur et la machine contre les erreurs de manœuvre et qui assurent l’exécution de certaines opérations en un temps donné. Le développement des applications des moteurs électriques provoque celui des dispositifs de contrôle et, à leur tour, les nouveaux appareils de contrôle ouvrent des champs nouveaux d’application aux moteurs. La responsabilité de la conduite des machines se trouve ainsi déplacée et transférée de l’ouvrier qui conduit les machines à l’électricien qui installe et entretient l’équipement.
- (Electrical Rewiev, io janvier 1914.)
- La Fabrication delà glace par l'Electricité.
- On sait que les Etats-Unis consomment beaucoup de glace. Or, jusqu’ici, les glacières ont été surtout exploitées par la vapeur. D’après M. Ch. Stevcns, de la Brooklyn Edison C°, cela tient à deux raisons : 1° à ce que ces usines produisent la glace avec de l’eau distillée dont la majeure partie est fournie par la vapeur d’échappement des machines, et 2° à ce que, par suite, les stations centrales 11e se sont pas attachées suffisamment à développer leur clientèle parmi les glacières. Cependant, comme l’a expliqué M. George 11. Joncs, de la Comnionwcalt Edison Cy, au Congrès de Chicago delà National Electric Light Association, un des principaux avantages des glacières exploitées électriquement, c’est de pouvoir être établies au centre de la région qu’elles desservent. Cela est très important car les frais de transport figurent pour une part considérable dans les frais généraux de ces entreprises. En outre, l’emploi des moteurs électriques met les glacières à l’abri des inconvénients fréquents provenant de la présence de l’huile dans l’eau de condensation des moteurs.
- Il y a deux méthodes de production de la glace : par l’eau distillée et par l’eau brute. L’avantage de l’eau distillée, c’est que la glace qu’elle donne est transparente et forme un bloc compact. L’eau qui contient des impuretés en dissolution, tend, en se congelant, à éliminer ces impuretés, et plus la congélation est lente, plus l’épuration
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- est poussée. L’agitation pendant la congélation favorise d’ailleurs la séparation des impuretés. Celles-ci qui sont, soit organiques, soit minérales, se rassemblent suivant leur densité à la surface ou au fond.
- Il semble, a priori, que l’électricité ne puisse lutter aVec la vapeur pour la fabrication de la glace à l’eau distillée, étant donnél’emploi des eaux de condensation comme eau distillée; elle est parvenue néanmoins à avoir l’avantage en produisant l’eau distillée nécessaire au moyen d’évapo-raLeurs à multiple effet. On se rend compte du fonctionnement de ires appareils, analogues à ceux employés en sucrerie. Ils sont basés sur ce principe que l’eau s’évapore dans le vide à température beaucoup plus basse qu’à la pression atmosphérique ordinaire.
- Fig. i.
- Dans une glacière marchant à la vapeur etsans condensation, les pertes de valeur sont de io à ao %, c’est-à-dire que pour ion tînmes d’eau distillée recueillie dans les moules, il faut évaporer 115 tonnes au moins d’eau dans les chaudières. Avec un évaporateur à double effet dont la première chaudière marche avec de la vapeur d’échappement à pression un peu supérieure à la pression atmosphérique et la seconde avec un vide de i millimètres de mercure, la quantité d’eau évaporée par tonne de vapeur peut être augmentée déjà dans la proportion de y.,'^5 : i. Si l’usine marche avec une condensation normale, les évaporaleurs peuvent fournir Go % de l’eau distillée cl la production peut cire augmentée dans le rapport de 5,5 : i. Enfin, dans les usines
- actionnées par moteurs électriques et employant des évaporations à octuplc effet, l’économie peut être portée au rapport de G : i en regard de l’usine à vapeur sans condensation etsans évaporatcur; autrement dit, on peut y évaporer six fois plus d’eau par kilogramme de charbon brûlé. Les avantages de Fins lallation électrique peuvent d’ailleurs se résumer comme il suit :
- Production par les évaporatcurs d’eau distillée absolument exemple d’huile et d’air;
- Bas prix de revient de la tonne de glace; [/équipement peut être proportionné à la dépense de combustible, de manière à réduire le prix de revient de l’eau distillée au minimum
- dans tous les cas ;
- La batterie de chaudières est réduite au sixième de ce qu’elle serait dans une usine à vapeur;
- I/cau de réfrigération pour le condenseur est proportionnellement réduite, chaque évaporatcur formant condenseur pour l’appareil qui le pré? cède.
- Le système d’échangeurs de température employés permet de porter à des températures élevées l’eau d’alimentation de la chaudière et des évaporatcurs, ce qui produit une économie considérable.
- Le nettoyage d’un évaporatcur est plus facile que celui d’une chaudière ordinaire.
- Le volume d’eau distillée produite et, par suite, la consommation de combustible peuvent être modifiés suivant les besoins, tandis que dans une usine à vapeur ils sont à peu près constants.
- Dans une usine électrique, les pertes d’eau sont réduites au minimum.
- Pour éviter la nécessité de distiller l’eau, beaucoup d’usines emploient aujourd’hui de l’eau brute et en obtiennent d’excellents résultats, Cela dépend évidemment du degré de minéralisation et de pureté de l’eau mais, en général, il y a peu de différence d’aspect entre la glace d’eau distillée et la glace d’eau brute. On peut produire la glace soit en pains, dans des moules à section généralement carrée, soit eu plaques. Dans les moules carrés, on agite l’eau brute pendant la congélation et l'on élimine, avant la lin de l’opération, l’eau qui reste au centre et dans laquelle se sont concentrées les impuretés. Celle eau est remplacée par de l’eau distillée qui forme une proportion de i5 à /o % de l'eau totale et est fournie par un petit évaporatcur à effet multiple. Dans le second procédérôii im-
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- merge, dans des eiives contenant l’eau brute des plaques creuses dans lesquelles circule la saumure réfrigérante. Lorsque ces plaques ont atteint l’épaisseur convenable, on les enlève et, comme elles mesurent jusqu’à a ni. mè-
- tres X o m. 3o, ou les découpe en pains de dimensions marchandes. Ici, il n’est pas besoin d’employer d’eau distillée. Toutefois, les manipulations demandent un peu plus d’habileté. L'installation est plus coûteuse et son entretien plus onéreux.
- En ce qui concerne le type de moteur à adopter pour ces usines à glace, M. George IL Jones
- prix de revient des installations. L’emploi du voltage primaire offre quelques dangers pour le personnel.
- D’après un propriétaire de grandes glacières américaines, même lorsque les conditions sont favorables à une installation à vapeur, il n’y a, en pratique, aucune différence dans le prix de revient de la glace produite à l’aide de machines à vapeur ou de moteurs électriques.
- Voici, en terminant, quelques renseignements sur la production et l'équipement d’une glacière électrique de la Lincoln Ice C°, de Chicago, qui produit luo tonnes par jour,' soit 37 8J9 tonnes
- Tahliîau I
- NOMBRE DE MOTEURS PUISSANCE CHEVAUX TOURS PAR MINUTE TYPE 1>U MOTEUR ET AFFECTATION N
- I I 5o Jïi/, Moteur asynchrone à bagues pour compresseur de 60 t. accouplement direct;
- I üoo 5i.* Moteur asynchrone à bagues pour compresseur de 120t.
- 2 i5 900 Commandent par courroie un compresseur d’air.
- I . . . 2 I 120 — un agitateur.
- I . . 2 I 120 Directement accouplé à une pompe à eau distillée.
- 2 1 I 120 Chacun directement accouplé à une pompe à huile.
- 2 IO 9°° — à un condenseur.
- 1 5 I 120 — à un élévateur à glace.
- constate que jusqu’ici les grandes glacières ont été équipées avec des moteurs triphasés et qu’en général elles disposeront surtout de courants alternatils. Cet ingénieur préconise l’emploi de moteurs à vitesse constante, et particulièrement de moteurs asynchrones à bagues, à faible vitesse. La résistance à fournir avec le controleur doit suffire simplement au démarrage. Certaines glacières ont adopté des moteurs à 220 volts et d’autres, des moteurs au voltage primaire de i Joo volts pour les gros compresseurs et à faible voltage pour les machines accessoires. Le choix en est dicté par les conditions d’économie résultant de la suppression des pertes dans les transformateurs, ainsi que par la comparaison des
- par an d’après les chiffres de vente. Elle se sert d’eau brute et l’usine fonctionne cent soixante-huit heures par semaine.
- La force motrice totale est de 5i 1 chevaux.il y a 11 moteurs installés qui consomment en moyenne 121 200 kilowatts par mois. Le facteur de charge de l’usine par vingt-quatre heures est de 43 %. La consommation d’énergie électrique par tonne de glace produite est de 5a,2 kilowatts-heure. Le tableau ci-dessus donne la liste des moteurs installés et leur affectation respective Le courant employé est du triphasé à 60 périodes, a3o volts.
- (Electrical Review, 10 janvier 1914). „
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- TÉLÉGRAPHIE ÊT TÉLÉPHONIE
- La situation du Chili atl point de vue dé rétablissement de lignes téléphoniques. — Bêla oati.
- Le Chili s’étend entée 170 -25' et 35° 58" 4o" de latitude sud, soit sur un arc de méridien de /, *So kilomètres environ. En raison de cette grande longueur dé côtes sur le Pacifique et de l’état actuel encore peu développé de ce pays, ou peut, l’assimiler en pratique a une série d’îlots, car les communications par terre sont difficiles, sinon impossibles, et, eh bien des cas, les divers ports sont plus isolés que s’ils étaient effectivement séparés de la terre ferme.
- Le réseau télégraphique a été cependant développé par le gouvernement de façon à relier entre elles les villes les plus reculées du territoire depuis Tacna jusqu’à Chiloé. En 191a, la longueur de lignes télégraphiques existantes était d’environ i5 000 kilomètres. Les tarifs appliqués sont uniformes et modérés. Le Chili faisant partie de l’Union postale universelle, les statistiques du Bureau international de l’Union télégraphique nous fournissent des chiffres sur l’exploitation de son réseau télégraphique. Au contraire, les services téléphoniques étant entre les mains d’entreprises privées, dont la principale est la Chile Téléphone Co, au capital de 7500000 francs, il 11’existe aucune statistique sur les résultats de leur exploitation.
- D’après ics statistiques pour 1910 du Bureau international, les recettes nettes des télégraphes chiliens se sont élevées à -2 210 (îoo francs et les dépenses à 3 0-20993 francs, ce qui fait ressortir un déficit de 810 384 francs. Or, dans presque tous les services télégraphiques européens, on constate des déficits considérables, si bien qu’eu Europe on ne sépare généralement pas, dans le budget général de l’Etat, les dépenses du télégraphe de celle du service des Postes, précisément pour ne pas accuser ce déficit. jVéanmoins, dans tous les pays, les frais d’entretien des lignes télégraphiques correspondent en réalité à des frais de premier établissement ; tels sont, par exemple, les frais de remplacement des poteaux en bois par des poteaux en fer, la pose de tra-
- verses sur les poteaux, etc.. Par suite, lés dépenses de ce chef, qui s’élèvent pour le Chili à 681 /j 14 francs, peuvent être assimilées à des frais de premier établissement et si on les déduit du déficit, celui-ci devient très faible.
- Au point de vue des téléphones, M. Bêla Gàti remarque en passant que la langue espagnole, avec ses syllabes accentuées et sonores, ses mots longs et ses tournures de phrases très courantes, se prête remarquablement aux communications téléphoniques; aussi, toutes les grandes villes de l’Amérique du Sud sont-elles pourvues de bons réseaux téléphoniques urbains.
- Au Chili, dans les conditions actuelles de développement économique dû pays, la création de réseaux interurbains serait très coûteuse et les ressources budgétaires 11’en permettraient pas l’établissement. Le Chili consacre environ 1/4 % de scs dépensés à couvrir le déficit de son service télégraphique. Les lignes téléphoniques interurbaines coûteraient beaucoup plus, et il 11c serait pas possible à l’Etat de consacrer la centième partie de ses ressources aux réseaux télégraphiques et téléphoniques.
- Pour qu’un pareil réseau soit rémunérateur, il faut qtie le tarif des communications soit très bas. O11 11e doit pas craindre que l’importance du trafic télégraphique s’en trouve diminuée.
- L’auteur propose d’employer, pour la téléphonie, le réseau télégraphique qui comptait en K) 10 un développement uc iàoyô kilomètres de lignes avec -28 4 11 kilomètres de fil. Ce réseau pourrait être converti en un réseau téléphonique à deux fils de < 4 000 kilomètres et en un reseau île 1 000 kilomètres à un seul fil avec retour par la terre, soit au total i jooo kilomètres de lignes téléphoniques.
- Pour construire un pareil réseau, il faudrait dépenser i5 millions de francs, tandis qu’il n’en coûtera pas 10 % de cette somme pour transformer les lignes télégraphiques en lignes téléphoniques.
- Or, en Allemagne, où il y a “i7% 838 kilomètres de lignes téléphoniques interurbaines, le kilomètre rapporte annuellement 104 francs ; en
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- Autriche, où ce réseau n’atteint que 54 G98 kilomètres, le produit annuel du kilomètre est de 101 francs. Les 28000 kilomètres de fils télégraphiques du Chili promettraient donc d’espérer un produit annuel de 2800000 francs ; on peut même admettre qu’en raison des difficultés ou de l’absence des communications par voie ferrée et .par terre, on ferait un plus grand usage du téléphone. Si l’on adopte, par conséquent, le chiffre de 3 millions environ, le produit de la première année suffirait à amortir les dépenses de transformation et à compenser le déficit accusé par l’administration des télégraphes. Les années suivantes, au lieu d’un quart pour cent de déficit sur les dépenses budgétaires, on pourrait enregistrer un bénéfice d’un demi pour cent du chiffre total du budget de l’Etat.
- Fig. 1 — Oscillogramme du son A transmis par la méthode de Dysselberghe.
- Au point de vue technique, cette transformation du réseau télégraphique, tout en améliorant, son rendement, n’aurait pas le moindre inconvénient. A cet égard, l’auteur donne deux oscillo-grammes (fig. 1 et 2) reproduisant les courants d’arrivée lorsqu’au poste transmetteur du circuit télégraphique, on prononce le son a devant un transmetteur ordinaire. La ligne, le transmetteur et l’opérateur, étaient les mêmes dans les deux cas; seule la méthode d’insertion de l’appareil téléphonique était différente. D’après les expériences des auteurs sur des fils de fer, la distance des communications téléphoniques sans charger la ligne est de 200 kilomètres. Avec des bobines de pupinisation, ou mieux avec des bobines sliuntées, c’est-à-dire des bobines d’induction intercalées entre les deux fils télégraphiques, on peut utiliser une distance de 5oo kilomètres. Les
- appareils télégraphiques montés sur la ligne sont compensés et ne donnent lieu à aucune difficulté. Avec des lignes en fil de cuivre, la distance est encore plus grande. La transformation n’occasionne pas non plus de difficultés et il suffit d’employer de bons appareils de mesure à haute fréquence. Les mesures sont assez simples; et peuvent être faites avec un micro-ampèremètre.
- Quant aux mesures pratiques à prendre pour assurer un bon rendement à ce réseau téléphonique, M. Bêla Gàti indique en outre des 352 bureaux télégraphiques du Chili, que tous les bureaux de poste qui sont au nombre de plus de mille devraient naturellement être pourvus de postes téléphoniques. Il conviendrait également, con-
- Fig. 2. Oscillogramme du son À transmis par la méthode moderne Gati.
- trairement à la pratique européenne, d’intéresser aux recettes téléphoniques le receveur des postes, ce qui aurait certainement d’excellents résultats au point de vue du rendement financier des lignes. O11 pourrait également favoriser par un tarif réduit les communications téléphoniques de nuit aux journaux, comme cela se fait en Hongrie notamment, où ces communications sont enregistrées au phonographe. Enfin, les communications des établissements commerciaux et industriels se faisant surtout le matin, on pourrait appliquer des tarifs réduits pour les communications faites l’après-midi parles administrations publiques, municipalités, etc. Ces dernières seraient ainsi incitées à faire du téléphone un usage que leur budget ne leur permettrait pas autrement.
- (Telephony, i3 décembre igi3.)
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- ÉLECTROMÉTALLURGIE
- Une grande aciérie électrique.
- La Société Métallurgique Stora Kopparbergs Bergslag C°, en Dalécarlie (Suède), va mettre à exécution un grand projet qui doit augmenter considérablement sa production de fonte et d’àcier. En effet-, les plans établis comportent une augmentation de 200 ooo tonnes sur la production annuelle qui sera ainsi portée de iooooo à 3ooooo tonnes. Ces îoo ooo tonnes seront produites au four électrique et représenteront un accroissement de 25 % de la production globale de la Suède.
- La Compagnie estime à Go ooo ou 70 ooo chevaux électriques la puissance qui va lui être nécessaire et qu’elle compte tirer des chutes d’eau qu’elle possède déjà. 11 lui faudra, eu outre, accroître de 5oo ooo tonnes la production de minerai de ses propres mines.
- La politique de cette entreprise est de n’exporter que des produits laminés finis et de four-
- nir aux forges suédoises les demi-produits et les matières premières dans des conditions économiques. Elle vise à pourvoir également aux besoins de la construction et des chemins de fer nationaux en poutres, rails et profilés. Ces agrandissements se feront naturellement de façon progressive, mais les plans actuels eq prévoient la réalisation intégrale en dix ans.
- On poursuit actuellement des expériences sur le four électrique de Helfîenstein qui n’a certainement pas été soumis à des essais pratiques aussi complets que le four suédois de l’Elcktro-metal C°. Le four Helfîenstein aurait cependant le grand avantage, pour une exploitation en grand, d’admettre un courant de très forte intensité. Il semble pouvoir travailler avec des puissances de 10 ooo à 12000 chevaux, tandis que le four suédois actuel 11e peut guère dépasseV 3 ooo chevaux.
- (Engineering.)
- BIBLIOGRAPHIE
- Annuaire du Bureau des Longitudes pour l’année 1914. — Deux volumes in-16 de 700 pages avec figures. — Gauthier-Vielars, éditeur, Paris. — Prix : broché, 1 fr. 5o.
- Ce Recueil a été, cette année, entièrement remis à jour, en ce qui concerne les tableaux relatifs à la physique et à la chimie.
- Cet ouvrage ne se trouvera pas seulement sur la table du technicien, du physicien, du mathématicien; chacun voudra le consulter pour avoir sous les yeux la liste des constantes usuelles, et aussi pour lire les intéressantes notices de- cette année : celle de M. Bigourdan, Le jour et ses divisions: Les fuseaux horaires et la Conférence internationale de l'heure, et de M. P. Hatt, De la déformation des images par les lunettes.
- L’Electricien amateur à, l’entraînement, services électriques variés, inédits et pratiques, pouvant être réalisés avec la plus grande facilité sur toute installation domestique, alimentée par une batterie de
- piles, par Georges Mis. — I volume in-i6 de 168 pages, avec 63 figures, i— H. Dunod et E. Pinat, éditeurs. Paris. — Prix : 2 fr. 5o.
- M. Georges Mis, poursuivant l’œuvre de vulgarisation commencée par son livre : L'Eleétricité domestique, décrit, dans ce nouvel ouvrage, toute une série de nouveaux travaux d’amateur, faciles à réaliser, grâce aux explications si nettes et si précises qui caractérisent son travail.
- Avec les premières notions que l’électricien amateur aura acquise par la lecture de son premier livre, il lui sera facile de les compléter par la lecture de son nouveau volume, qui répond parfaitement au but que s’est proposé l’auteur : instruire en amusant.
- M. Mis décrit minutieusement les différents dispositifs qu’il a lui-même réalisés et le lecteur n’a qu’à suivre exactement les indications données par l’auteur pour arriver sans efforts au résultat cherché, c’est-à-dire à établir un appareil fonctionnant bien et à augmenter ses connaissances en électricité.'
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- H° b.
- NOTES INDUSTRIELLES
- Nouvelle lampe à filament de tungstène : la lampe Nltra.
- L’A. E. G. annonce une nouvelle lampe intensive à filament de tungstène, qui consommerait seulement o,5 watt par bougie, grâce à une conformation particulière du filament qui brûle dans un globe rempli d’azote.
- Ce résultat serait obtenu en concentrant le filament sur le plus petit espace possible, par exemple en employant un filament en forme de spirale à spires très rapprochées ou en lui donnant toute autre forme quelconque susceptible de réduire la quantité de chaleur cédée au gaz par le filament. On obtient ainsi un bon rendement lumineux sans élever beaucoup la température du filament.
- La volatilisation du filament de tungstène dans un gaz sous une pression élevée est alors plus petite que dans le vide, comme l’ont montré les essais faits par l’A. È. G.
- Fig. i.
- On évite ainsi la trop grande volatilisation du filament, qui a pour effet de réduire le diamètre du filament jusqu’à le faire disparaître complètement, etde recouvrir l’intérieur, du globe d’une couche obscure absorbant la lumière.
- Les nouvelles lampes ne se font actuellement que pour des intensités de 6oo à 3 ooo bougies (fig. i).
- Leur diamètre est sensiblement plus petit que celui des anciennes lampes intensives. Le col est, par contre, beaucoup plus long, car il sert de réfrigérant et d’espace de condensation pour le gaz et pour les
- particules volatilisées du filaméjit entraînées par le courant de gaz chaud à la partie supérieure où elles se déposent, de sorte que lapartieinférieure du globe, qui est la plus importante par le rayonnement de la lumière, reste tout à fait claire, même quand la larnpe a brûlé longtemps.
- La figure 2 montre, pour diverses dispositions, les courbes de la répartition de la lumière d’une lampe de 2 ooo bougies dont le filament est disposé en forme de cône.
- La lampe Nitra consommerait environ o,5 watt par bougie dans ces conditions; sa consommation
- bougies
- bougies ^vec drm^|ùré s4nt réflecteur yxa avec globe verre clair
- bougies
- bougies
- bougies Avec armature et réflecteur bougies Avec armature et réflecteur
- avec globe opalin
- avec globe verre clair
- IjsoolwttO bougies
- bougies
- Lainpe Nitra AEG 2000/220 Fig. a.
- d’énergie serait donc moindre que celle de la lampe à filament de tungstène ordinaire et même que celle des anciennes lampes à arc.
- Les essais de durée ont montré que l'intensité lumineuse des lampes ne commence à baisser d’environ 20 % par rapport à sa valeur initiale qu’après plus de 8oo heures.
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- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- Devant toutes les manifestations que provoquent dans les milieux commerçants et industriels les projets d’impôts en discussion au Sénat, on ne peut s'empêcher de noter la désapprobation unanime d’un système qui effraie tout le monde, et l’avis non moins unanime que notre système actuel d’impôts directs et indirects, remanié sur certains points, donne satisfaction à tous. Les faits continuent d’ailleurs mieux que les protestations justifier la qualité de nos impôts directs. Pour janvier 191/i, ils sont en plus-value sur ceux de janvier 1913: et cependant nous sommes en période de crise. Si donc la fortune s’accroît, elle ne le fait pas sans payer à l’Etat la part qui peut lui revenir légitimement ; de même, les capitaux qui circulent en plus grande abondance ne le font pas sans payer, sous forme de contributions, la prime d’assurance qui garantit leur conservation et leur mise en valeur. D’une statistique établie par le rapporteur général du budget, il résulte que les plus-values budgétaires, réalisées en dix ans depuis 1904, s’élèvent à un milliard 79I 115 îïa francs. C’est principalement en 1911, 1912 et 191 que ces plus-values ont étc importantes : elles furent très voisines du chiffre de trois cents millions donnant la preuve, une fois de plus s’il eût été nécessaire, que l’Etat profite largement de la prospérité du pays, et que toute sa sollicitude devrait se porter vers le développement de cette prospérité. Une note de Berlin signalait dernièrement l’enthousiasme des Allemands en constatant que leur commerce d’exportation était presque équivalent de leur commerce d’importation. Nous sommes loin, hélas ! de les suivre dans ce mouvement et pour janvier 1914 nous enregistrons les chiffres suivants : importations, 743 124 000 francs en augmentation de plus de 3o 000 000 sur 1913. exportations, 4of»634 ooo francs en diminution de plus de 12000000. Des deux côtés, la plus forte diminution se remarque sur les objets fabriqués : c’est la concordance avec les effets de la crise constatés un peu partout.
- En résumé, pour tous ceux qui s’occupent d’affaires — et qui de ce fait savept.ee que c’est qu’un budget de recettes et de dépenses, aussi bien que les inconvénients mais aussi les avantages d’un emprunt, — appliquant à la collectivité de l’Etat les principes
- qui régissent l’administration de leur collectivité de particuliers, il n’est pas de meilleure solution aux difficultés financières actuelles qu’un emprunt gagé par des surtaxes appliquées àux contributions directes actuelles qui épargneront les petites cotes.
- Les nouvelles d’Allemagne sont favorables aux valeurs électriques en vedette. Elles participent largement au mouvement de hausse qui s’est manifesté à la suite de l’aisance monétaire et sont l’objet d’achats pour placement. L’A.E.G. est très recherchée et clôture en hausse à 216,75 marks; Schuckert maintient son cours de 148,75 ; la Deutsch Ubersec Electrik qui vient d’émettre pour 3o millions d’actions de priorité prises ferme tout aussitôt à 107,75, voit son action ordinaire progresser à 178,12. A Paris, il y a plutôt des signes de faiblesse sur les valeurs d’électricité qui clôturent la semaine à huit jours de distance avec de légères moins-values.
- Les renseignements officiels donnés sur les recettes du Métropolitain pour 1913 confirment ceux qu’indiquaient les statistiques hebdomadaires ; la moins-value de recettes atteint 54« 3o8 francs réduisant de 240 000 francs environ la part de la Ville de Paris; la Compagnie touche 36 54o 862 francs.au lieu de 36 840 34o francs.
- L’année 1914 s’annonce comme plus favorable. Les recettes de la ligne 8 ouverte maintenant jusqu’à Auleuil combleront le déficit. Quant au Nord-Sud, il continue à enregistrer des plus-values assez importantes : le nombre des voyageurs s’accroît, et les recettes depuis le janvier sont supérieures de 71 o58 francs à celles de 1913.
- Au marché du cuivre règne toujours de l’indécision; les nouvelles d’Amérique un instant ont été meilleures; les cours sesontrelevés,mais la demande européenne reste de même ordre et rien ne fait prévoir qu’elle se modifie d’ici quelque temps ; c’est donc le statu quo qui est envisagé.
- Nous avons relaté les divers incidents qui avaient marqué lés dernières assemblées générales de la Compagnie Générale de Traction au sujet du rachat d’un certain nombre de ses réseaux par les Exploitations Electriques. Le Conseil d’administration, qui avait pris la charge de négocier des accords nou-
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- veaux, proposerait prochainement aux obligataires l’échange de leurs titres dans les conditions suivantes. Chaque obligation à revenu variable serait remplacée par une obligation à revenu fixe à prélever sur a/, 4^0 obligations à créer. Le capital nominal de ces titres sera de 100 francs ; leur intérêt annuel ^e 3 fr. 5o et l’amortissement en sera effectué, soit par rachats en Bourse, soit par tirages au sort, suivant un tableau d’amortissement s’étendant de 1920 à 1960, étant entendu que si la durée de la Compagnie n’était pas prorogée au delà de 1947, son terme actuel, le capital des obligations restant en circulation serait exigible à cette dernière date. Ces obligations 3 1/2 % seront munies de coupons à l'échéance du ier janvier; la valeur du coupon de janvier 1915 sera calculée.au prorata de la période qui s’écoulera depuis la ratification de la convention nouvelle jusqu’au ier janvier 1915. Chaque obligataire recevrait en outre 1/6 d’aclion de la Société Exploitations Electriques et une demi-obligation 5 % de la même Société. La part d’action jouissance ier août 1913 représente, au taux nominal de l’action îïo francs, en tenanÇcomple de l’intérêt couru, une somme dé 42 fr. 70; les obligations seraient à créer par la Société, jouissance du ier février 1914 et la part ainsi remise représente une somme de 41 fr. 66. En résumé, l’obligation actuelle est estimée valoir en capital i83 fr. 33 et la combinaison proposée assure au porteur des nouveaux titres un revenu brut annuel d’au moins 7 fr. o5.
- ' La Compagnie Lyonnaise d’Electricité a voté, dans son assemblée générale ordinaire du 18 décembre dernier, la répartition d’un dividende de 17 fr. 5o aux actions, égal à celui du précédent exercice. Les bénéfices ont été légèrement supérieurs
- à ceux de l’exercice précédent, et les diverses répartitions aux actions, aux parts et au conseil, absorbant 89 23o francs, une somme de 72 771 francs est affectée aux diverses réserves. Le bilan présente à l’actif une diminution de 74 «45 fr. 38 provenant de l’amortissement de la station de Pertuis qui a cessé d’appartenir à la Société.
- Comme suite à notre information concernant la rupture du Pool des Compagnies de navigation, notons que les hostilités n’ont pas encore commencé et que des tentatives d’entente sont faites par une Compagnie hollandaise. En attendant, notre Compagnie Générale Transatlantique absorbes administrativement parlant, la Compagnie du Sud-Atlantique. De louables efforts avaient été faits au moment de l’adjudication des services postaux des lignes sud-américaines pour écarter nos vieilles compagnies de navigation. La Sud-Atlantique n’a pas mis deux paquebots en service, Gallia et Lutetia, qu’elle recourt aux services et connaissances de ses voisines plus expérimentées et mieux consolidées. Sous les auspices de la Compagnie Générale Transatlantique dont la plupart des membres du Conseil deviennent ses administrateurs, la Compagnie de navigation Sud-Atlantique augmente son capital de 5 millions par l'émission de 20 000 actions de priorité de 2$o francs rapportant 5 % et émises à 262 fr. 5o. Ces actions Ont droit pour les exercices 1914-1915-1916 à un intérêt intercalaire de 5 % net d’impôts français existants au 3i décembre 1913. Le produit de l’émission devrait servir à la Compagnie ^pour constituer sa flotte de paquebots-poste. L’augmentation prévue.est de quinze millions. Il peut y avoir de ce fait quelques travaux en perspective pour les maisons de construction de matériel électrique.
- T. R.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — La Compagnie des chemins de fer de l’Est vient de passer la commande de 80 voitures de troisième classe, dont 20 ont été attribuées aux Ateliers de xConstruction de Saint-Denis; a5 à la Compagnie Française, à Ivry, et 35 aux Ateliers du Nord de la France, à Blanc-Misseron.
- La Compagnie du Nord prépare, de son côté, une commande de 100 fourgons pour mars prochain et étudie une commande de 3o fourgons de grande capacité.
- Pas-de-Calais. — Les Mines de Lens viennent de passer commande de 3oo wagons : 100 vont aux Ateliers de Construction de Saint-Denis, 100 aux Ateliers du Tilleul et 100 aux Ateliers du Nord de la France, à Blanc-Misseron.
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- Nord. — Par décret du a3 janvier 1914, est déclaré d’utilité publique l’établissement, dans le département du Nord, de voies ferrées d’intérêt local, à traction électrique, de Lille à Armentières, Lille à Halluin et Lille à Wambrechies, destinées au transport des voyageurs, des messageries et des marchandises.
- Concessionnaire : l'Electrique Lille-Roubaix-Tourcoing, à Marcq-en-Barœul.
- Par décret du 23 janvier 1914, est déclaré d’utilité publique l’établissement, dans le département du Nord, d’une voie ferrée d’intérêt local, à traction électrique, destinée au transport des voyageurs, entre Douai et Lallaing, par Waziers et Sin-le-Noble.
- Concessionnaire : M. Perret, ingénieur, à Douai.
- TÉLÉPHONIE
- Algérie. — La Chambre de commerce d’Alger est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme totale de 39 5oo francs en vue de l’établissement de circuits téléphoniques : Alger-Pointe-Pescade-Guyotville; Alger-Blida (6e) et Blida-El-ÀfTroun.
- NOMINATIONS
- Par arrêté préfectoral en date du 3 février «914, M. Bur-gunder, 'président honoraire de la Chambre syndicale des entrepreneurs et constructeurs électriciens, a été nommé membre de la Commission supérieure de contrôle de l’électricité, en remplacement de M. Morand, décédé. .
- SOCIÉTÉS
- 45072 francs à celle de la période ’ correspondante de igi3. Depuis le janvier les recettes totales ont été de 6 947 o43 francs et l’augmentation sur igi3 atteint 3io 3oi francs.
- CONVOCATIONS
- Société Générale d’Exploitation des Accumulateurs Sedneff. — Le 26 février, 2, rue Hippolyte-Lebas, à Paris.
- Société de Commentry, Fourchambault et Decaze-Ville. — Le 2 mars, 84, rue de Lille, à Paris.
- L’Electrique Communale. — Le 4 mars, 56, rue du Faubourg Montmartre, à Paris.
- Usines Bouhey. — Le 14 mars, 7, rue de Madrid, à Paris.
- DISSOLUTIONS
- Société Française de Matières Isolantes et d’AppliT Cations Electriques. — Siège social : 33, rue Voltaire, à Puteaux. — La Société est dissoute par l’assemblée du 6 février 1914. M. Bocheux est nommé liquidateur.
- Société Internationale de la Lampe Electrique
- O.-R. — Siège social : 72, boulevard Haussmann, à Paris. — L’assemblée extraordinaire des actionnaires du 27 janvier 1914 réunissant l’intégralité du capital social, a, à l'unanimité, prononcé la dissolution anticipée de la Société et nommé, en qualité de liquidateur amiable, le Conseil d’administration en exercice, composé de MM. R. Boulvin, P. Lauraus, R. Legouêz et Ch. Victor.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- L’Administration des Chemins de fer de l’Etat, à Paris, a l’intention d’acquérir un câble triphasé à haute tension
- Compagnie Française pour l’Exploitation des Procédés Thomson-Houston.
- Comparaison des recettes des exploitations du ier janvier au 3i janvier 1913-1914
- DÉSIGNATION DES RÉSEAUX RECETTES DU 1er JANVIER AU 3l JANVIER
- 1913 i9'4 augmentais totale )n en 1914 pour %
- Compagnie des chemins de fer Nogentais.... 33o 498,20 3i8 070,20 !2 428, » 3,76
- Cic fao aeg tram, élect. etomnib. de'Bordeaux. 5i3 175,55 480 778,25 32 397,30 6,3i
- Compagnie des tramways de Nice et du Littorul. 448 644,90 43o 714,40 17 930,5o 3,99
- Compagnie des tramways de Rouen 271 276,60 269 461,55 1 81.5,05 0,66
- Société des tramways d’Amiens.,.,, 71 404,30 72 66i,35 i 2.57,03 1,74
- Société Versaillaise de tramways électriques. 5i H2,o5 52 282,85 1170,80 2,28
- Société des Tramways Algériens 141 768,30 140 171,80 4 4o3,5o 3,10
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de Paris.
- Pour la première décade de février cette Société accuse^ une recette de 1 664 906 francs, supérieure de
- destiné à relier l’usine centrale de Rouen aux postes de transformation des nouveaux ateliers de Sotteville.
- Les industriels, désireux de concourir à cette fourniture, peuvent se renseigner immédiatement à cet égard
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- dans les bureaux du service électrique (ir« division), 43, rue de Rqme, à Paris (8e), les mardi et vendredi, de i5 à 17 heures, jusqu'au a5 février 1914.
- L’Administration des Chemins de fer de l’État, à Paris, a l’intention d’acquérir : 1 \ 000 connexions électri-
- ques pour rails conducteurs de 76 ks; 15400 connexions électriques pour rails porteurs; i3 000 mètres de câble en cuivre nu de 200 millimètres carrés de section et 3oo mètres de câble en cuivre nu de 4°o millimètres carrés de section.
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner dans les bureaux du service électrique (3* division), 72, rue de Rome, à Paris (8e), les mardi et vendredi, de i5 à 17 heures, jusqu’au 28 février 1914.
- L’Administration des Chemins de fer de l’Etat, à Paris, a l’intention d’acquérir des machines électriques diverses destinées à l’Atelier central de réparation du matériel électrique à La Garenne.
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service électrique (3e division), 72, rue de Rome, à Paris (8e), les mardi et vendredi, de i5 à 17 heures, jusqu’au 10 mars 1914.
- Le 3o avril, à 2 h. 1/2, à la mairie de Saint-Etienne, fournitures diverses à la Manufacture nationale d'armes de Saint-Etienne : Ier lot, 165 magnétos; 2e lot, 155 sonneries trembleuses ; 3e lot, 670 cordons suivant dessins.
- Demandes d’admission le 27 février, au plus tard. Les échantillons devront parvenir le i5 avril.
- BELGIQUE
- Jusqu’au 28 février, à l'administration communale de Queue-duBois (Liège), soumissions pour la concession de l’éclairage électrique.
- Le 4 mars, à 12 heures, en la salle de la Madeleine, à Bruxelles, fourniture, à Namur, d’objets pour l’éclairage électrique des trains nécessaires au service de la traction et du matériel des chemjns de fer de l’Etat (cahier des charges spécial n° i463).
- Le 4 mars, â 11 heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, 14, rue de la Science, & Bruxelles, fourniture de poteaux métalliques tubulaires (type télescopique), supports de lignes aériennes pour la traction
- électrique. Soumissions recommandées à la poste au plus tard le 2 mars.
- Le 5 mars, à 11 heures, à l’hôtel de ville, à Gand, fourniture et placement de transformateurs et pompés électriques, en deux lots. Soumissions recommandées le 3 mars.
- Le 18 mars, à 11 heures, à la Société, nationule des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, équipement électrique aérien de la ligne vicinale de Gand à Loochristy. Soumissions recommandées le 17 mars.
- PORTUGAL
- L’assemblée générale du district de Funchal (Madère), ouvre un concours pour la concession de l’installation et de l’exploitation, pendant une durée de soixante-quinze ans, d’un réseau de tramways électriques dans ladite ville. Cautionnement : 2 000 contos de reis.
- Les offres devront être adressées d’ores et déjà, au Secrétariat de l’assemblée générale du district, à Funchal.
- On peut consulter le programme relatif à ce concours à l’Office national du Commerce extérieur, 3, rue Feydeau, Paris.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- BELGIQUE
- 3i janvier. — A la maison communale, à Parviennes (Hainaut) : 1" installation d’une centrale électrique;
- Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi, 117955, 122695, i3i 4°o ou 140 810 francs; Sté Anglo-belge Electrique, à Bruxelles, i3i 186,90, i34 886,90, 136 88.6.90, 142716,90, 142761,90, 145466,90, 149966,90 ou 156911,90;
- 2° établissement d’un réseau de distribution d’énergie électrique :
- Gaz et Electricité du Hainaut, à Montignies-sur-Sam-bre, ni 5a5 ou 191 372 francs; Electricité Industrielle Biske et Kalinowsky, à Liège, i3g 3o6 ou 146 940; Electricité et Mécanique, à Charleroi, 141 3o5,33; Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi, i45 598,5i ; Sté Anglo-belge Electrique, 157 584 i Siemens- Schuckert, à Bruxelles, 169650; les deux' lots réunis : A. E. Q. Union Electrique, à Bruxelles, 253 860 francs; Sté Anglo-belge électrique, 289 770,90, 292 479,9°j 294470,90, 3oo 300,90, 3oo 345,90, 3o3 050,90, 307 55o,go ou 3i4 495)9°-
- Là reproduction des articles de là Lumière Electrique est interdite. PARIS. « MIPâtMBRIà Là va, 17, nus casditts.
- U Gérant : J,-U. ftous-r
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- Trente-sixième année. SAMEDI 88 FÉVRIER 1914. Tome XXV (2« série). — N» y
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- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- Maurice D’ASTE. — Traction électrique et
- traction à vapeur (fin).................. 257
- Comité français de télégraphie sans fil scientifique.................................. 261
- J. REYVAL. — La Télégraphie sans fil au
- Tchad................................... 262
- L. ISAMBERT. — Calcul des machines à courant continu.......................... 264
- Publications techniques
- Construction et essais de machines Nouveautés en appareils de chauffage électriques pour températures très élevées et
- fortes surcharges...................... 267
- Stations Centrales et Distribution
- Interrupteurs à air pour l’extérieur. — W. A. Coates................................... 268
- Poteaux en béton armé pour le réseau de distribution électrique de Toronto.—'J. G.Jackson...................................... 270
- Applications mécaniques
- L’emploi de l’énergie électrique {lans l’agriculture.— Dr Mario Maifiieni................ 27!
- Innovations dans la construction des ascenseurs électriques. — W. Fold........... 276
- Brevets. — Perfectionnement apporté aux régulateurs électriques.................... 279
- Accouplement électrique..................... 280
- Notes industrielles. — L’électricité dans les fabriques de caoutchouc. — J. S.......... 282
- Etudes et Nouvelles Economiques............ a8î>
- Renseignements Commerciaux................ 287
- Adjudications............................... 288
- TRACTION ÉLECTRIQUE ET TRACTION A VAPEUR (Fin)
- L’auteur continuant l’étude comparative, commencée dans le précèdent numéro, des outils dê traction que constituent les locomotives à vapeur et les tracteurs électriques, montre qu’au point de vue des facilités d'exploitation, de la puissance, de la vitesse, de la capacité de service, de la consommation globale d’énergie, l’emploi de l'électricité présente des avantages techniques assez grands pour justifier la généralisation de l’électrification dans tous les cas où des considérations spéciales finan-* cières ou militaires n’interdiraient pas a priori tout changement de mode de traction.
- Ë. Commande à distance. Réversibilité des trains.
- La mise entête des locomotives constitue dans les grandes gares terminales une sujétion grave qui nécessite des aménagements spéciaux coûteux et encombrants et qui limite considérablement la capacité du débit du réseau. Aussi depuis longtemps se préoccupe-t-on de supprimer cette manœuvre pour les sections à service intensif en plaçant les locomotives à vapeur au milieu du train (train-tramway du chemin de fer du Nord, train réversible du Great Northern Ry). Mais, pour que cette disposition soit possible pratiquement, il fautréaliser la corn-
- ai Lumière Electrique, 21 février 1914, p. »a5.
- mande à distance des appareils de manœuvre. Ce problème n’a pu être qu’incomplètement' résolu avec la traction à vapeur tandis qu’il est devenu d’usage Courant avec la traction' électrique, après les recherches de Sprague, qui dès 1896 utilisa le premier système de «train control » sur le Métropolitain de New-York.
- Ces systèmes de commande à distance permettent de composer un train d’un nombre quelconque de voitures motrices et de remorque et de manœuvrer l’ensemble de la rame d’un point quelconque de celle-ci (').
- (») Nous avons indiqué dans le numéro du 7 février 1914 quelques dispositions spéciales permettant de réaliser la réversibilité des trains avec des rames à tracteur unique,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). — N° 9.
- Les facilités d’exploitation cpii résultent de la réversibilité des rames et d’une accélération rapide permettent d’augmenter considérablement la capacité de débit d’une gare ainsi ejue la capacité de trafic d’une ligne. C’est ainsi qu’au New-York Central on réalise actuellement une circulation de 35 trains par heure et par voie et qu’on espère porter progressivement ce nombre à 45 ou 5o.
- tance moyenne au roulement de 5 kilogrammes partoiyie..
- Si ces consommations sont rapportées au travail réellement utile, c’est-à-dire au tonnage remorqué, elles deviennent :
- % kgr, 5o par kilowatt-heure au crochet ou i kgr. 85 par cheval utile au crochet ou 5 kgr. 5o par ioo tonnes kilométriques remorquées.
- En fait, la dépense de combustible est bien plus
- lië-
- F. Consommation d’énergie.
- La consommation d’énergie est avec la traction à vapeur excessivement considérable malgré les perfectionnements très importants apportés dans ces dernières années aux locomotives et il est bon de rappeler que le rendement global à partir du charbon ne dépasse guère 8 % dans les meilleures conditions.
- Grâce à l’emploi de la surchauffe et aussi du compoundage, on est arrivé à réduire la consommation en pleine marche d’une machine sans condensation à environ 4 grammes de charbon par i ooo kilogrammes-mètre à la jante (*) soit environ i kgr. 08 par cheval-heure ou i kgr. 47 environ par kilowatt-heure, alors qu’avec une bonne machine à condensation à pleine charge, la consommation est d’environ o kgr. 800 par kilowatt-heure à l’arbre.
- Ce chiffre de consommation correspondrait à une dépense de charbon de 3 kgr. 3 par ioo
- tonne-kilomètres de train en admettant unerésis-
- \
- (!) Avec du charbon à 8000 calories cette consommation correspond au rendement thermique de 7,3 %.
- 5.
- considérable et les statistiques générales des réseaux français et étrangers font ressortir une consommation moyenne globale d’environ 7 kilo-
- Pensylvania Railroad. — Locomotive électrique articulée double pour le service du tunnel de New-York.
- ;
- Fig\ t>. — Vue des moteurs et du mécanisme.
- grammes de charbon par 100 tonnes kilométriques remorquées (ou environ 4 kgr. a par 100 tonnes kilométriques totales) au lieu de 5 kgr. 5.
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- 28 Février 1914.
- Ce chiffre de 7 kilogrammes de charbon par 100 tonnes kilométriques remorquées correspond à environ 3 kgr. 2 de charbon par kilowatt-heure utile au crochet.
- Les frais d’achat correspondants de combustible sont d’environ o fr. 17a par 100 tonnes kilométriques remorquées pour un cours de charbon de 2Î> francs par tonne sur tender.
- Pour les chemins de fer de l’Union Allemande, la dépense moyenne de charbon par 100 tonnes kilométriques remorquées ne s’élève guère qu’à o fr. i5 en raison du prix réduit du combustible ; mais les dépenses en quantité sont sensiblement celles indiquées ci-dessus : 7 kilogrammes de charbon par 100 tonnes kilométriques remorquées, 4 kilogrammes par 100 tonnes kilométriques totales.
- A titre documentaire, nous indiquons ci-contre les résultats généraux d’exploitation de chacun des réseaux de l’Union Allemande en ce qui concerne le trafic et la consommation de com- I bustiblei
- Il est bien difficile de dire quelle serait avec la ; traction électrique la valeur correspondante de j la consommation d’énergie au tableau des cen- ! traies par 100 tonnes kilométriques remorquées, car les calculs exacts seraient fort longs et fort compliqués. Des méthodes rapides mais approchées permettent d’estimer toutefois cette dépense d’énergie (*) à 4 kilowatts-heures.
- Si, connue nous l’avons fait précédemment, nous évaluons le travail dépensé à la jante des motrices en tablant sur une résistance moyenne au roulement de 5 kilogrammes par tonne réelle (démarrage, pente, etc... compris) nous trouverons une dépense d’énergie à la jante d’environ i 3,5 watts-heure par tonne kilométrique.
- En comptant, comme pour la traction à vapeur, ; une perte de 35 % pour la remorque du tracteur même (et nous avons vu qu’avec la traction électrique cette perte serait notablement réduite), en j coniptant de plus un rendement global de 60 % j depuis la jante des roues du tracteur jusqu’au tableau de la centrale (rendement très inférieur au
- (*) Dans une conférence faite par M. Bartel au Congrès des électriciens allemands en 1912, cet auteur estime la consommation moyenne d’énergie aux centrales à environ 3 kilowatts-heure par tonne kilométrique brute. Soit environ 4)3 kilowatts-heure par tonne kilométrique en admettant une perte de 3o % pour la remorque des tracteurs.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2° Série). — N°0.
- rendement réel des installations électriques actuellement en service), on aura uneconsommation moyenne de courant haute tention par tonne
- x 3,5
- kilométrique remorquée de
- o,6 X o,65
- : 35 watts-
- heure.
- 11 faut bien remarquer que la dépense d’énergie électrique à la jante des tracteurs ne serait, pour des trains rapides, que de 16 watts-heure à 90 kilomètres-heure par tonne kilométrique et pour des trains de marchandises d’environ 10 watts-heures à 40 kilomètres-heure (').
- Fig. 7. —Chemin de fer Alcliinson, Topeka, Santa-Fé. — Locomotive Mallet à chaudière articulée.
- Pour les services marchandises, le tonnage kilométrique étant de 2 à 3 fois plus grand que pour le service voyageurs, on voit que le chiffre de consommation de 13,5 watts-heure indiqué ci-dessus est certainement approché par excès.
- On peut d’ailleurs, par mesure directe, sc rendre compte des dépenses relatives de charbon et d’électricité des divers systèmes de traction sur des lignes électrifiées ; c’est ainsi que sur les lignes de banlieue à démarrages fréquents et à vitesse moyenne élevée (de l’ordre de 45 kilomètres à l’heure) la consommation de charbon, meme avec des machines modernes à surchaulTe, dépasse 16 kilogrammes par 100 tonnes kilométriques remorquées. Dans les memes conditions
- (*) Il y a lieu de remarquer ici que la consommation d’énergie dépend beaucoup moins de la pente avec 1a traction électrique qu’avec la traction à vapeur, car non seulement on ne dépense pas de courant pendant les descentes, mais il est même possible dans certains cas de récupérer de l’énergie.
- Sans parler de cette récupération, il suffit de signaler que la dépense moyenne de courant par tonne kilométrique sur la ligne des Invalides à Versailles, qui présente une rampe presque continue de 10 millimètres par mètre, diffère très peu de celle de la ligne de Paris à Juvisy qui est pratiquement en palier.
- lia dépense par tonne kilométrique remorquée est par contre notablement plus forte du fait de la proportion très différente entre le poids de la charge et le poids du tracteur.
- de service la consommation d’énergie électrique serait d’environ 6 kilowatts-heure au tableau de la Centrale.
- Dans ce cas particulier, le rapport d’équivalence des consommations serait de 2,65 kilogrammes de charbon par kilowatt-heure, alors que pour l’ensemble des réseaux nous avons admis seulement 1,75 kilogrammes (7 kilogrammes de charbon pour 4 kilowatts-heure).
- La considération des résultats globaux réels fournis par les statistiques va donc nous permettre d’accepter, comme prix de production de l’énergie électrique dans les centrales (amortissement compris), une valeur beaucoup plus élé*-
- Great Northern Railway. — Locomotive triphasée à bogies articulées pour le service du tunnel de la Cascade.
- Fig. 8. — Disposition des bogies.
- vée que celui admis dans les études particulières d’électriücation dans lesquelles on compare en fait des locomotives à vapeur modernes, travaillant dans leurs meilleures conditions d’utilisation, à des tracteurs électriques assurant des services très restreints et par suite à faible rendement.
- Comme nous avons yu précédemment que la dépense de combustible par 100 tonnes kilométriques remorquées s’élevait à environ o fr. i5 en Allemagnectàofr. 175 en France (en admettant un prix de la tonne de charbon sur tender d’environ 25 francs) on obtiendra l’équivalence entre les dépenses de courant dans la traction électrique et de combustibles dans la traction à vapeur si on arrive à produire le kilowatt-heure utilisable à la sortie des centrales au prix de :
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- 0375 t ---------. 1 dans un cas ou de
- o fr.
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- o fr. 437
- o fr. ijS'j
- dans l’autre.
- Il ne semble pas que ce prix d’énergie électrique ne puisse pas être obtenu (amortissement compris) dans de grandes centrales utilisant môme des charbons de bonne qualité.
- En résumé, nous croyons avoir montré que, quel que soit le point de vuc. purement technique auquel on se place, la traction électrique paraît devoir être considérée comme ayant une supériorité marquée sur la traction à vapeur; mais cela ne veut pas dire que, dans l’état actuel de l’industrie électrique, il soit possible d’clfectuer la substitution d’un mode de traction à l’autre sans engager en général des dépenses hors de proportion avec le but à atteindre ; il ne saurait évidemmentêtre question d’électrifier une grande ligne comme celle de Paris à Marseille avec les
- mêmes « moyens » que la ligne de Paris-Versailles ou la ligne de Paris-Juvisy et il faudrait recourir à un système plus moderne utilisant des tensions plus élevées, soit continue, soit monophasée, soit triphasée. Nous nous abstiendrons ici de toute comparaison entre ces 3 systèmes de traction qui présententtous, au moins théoriquement, des avantages particuliers dans leur domaine respectif d’application. Nous avons voulu nous borner ici à établir un parallèle entre la traction électrique en général et la traction à vapeur et, si les progrès réalisés depuis 10 ans dans le domaine de l’électricité nous sont un gage des progrès à venir, il convient toutefois de laisser le temps accomplir son œuvre naturelle de sélection entre les différents modes de traction en présence.
- Mauuice u’Aste.
- GO MITÉ FRANÇAIS DE TÉLÉGRAPHIE SANS FIL SCIENTIFIQUE
- La Conférence internationale de l’Heure, réunie à Paris en 191a, avait envisagé la constitution d’un comité scientifique international, chargé d’organiser et de contrôler des expériences concernant l’étude des ondes hertziennes.
- Les recherches actuellement effectuées à ce sujet manquent de coordination et de méthodes. Elles ne sont pas toujours scientifiquement contrôlées. Enfin trop souvent les résultats publiés ne correspondent pas d’une façon précise à ceux qui ont été véritablement obtenus : les nombreux intérêts en jeu provoquent en effet fréquemment des déformations fâcheuses. La création d’un Comité d’études purement scientifiques, dégagé de toute préoccupation commerciale, est devenue une nécessité.
- Ce Comité est actuellement en voie d’organisation. En France le nouvel organisme en question vient de se constituer.
- Il est présidé par M. A. Blondel, membre de l’Institut, et comprend actuellement neuf membres, MM. Abraham, Broca, le commandant Tissot, le commandant Ferrié, le capitaine Brenot, MM. Bouthillon, Bethcnod, Petit et Jouaust.
- Le Comité se compose de membres actifs et de membres correspondants. Les membres actifs sont au nombre de sept au moins et onze au plus.
- Le Comité a principalement pour but de provoquer et de faciliter en France et dans les colonies françaises :
- i° Des recherches sur la propagation des ondes électriques ;
- 20 Des mesures de radiotélégraphie ;
- 3° L’étude des problèmes qui s’y rattachent.
- Les premières expériences comporteront un 'grand nombre de mesures effectuées par divers correspondants sur la réception de signaux envoyés .à heures fixes parla grande station belge de Laeken et par la station de la Tour Eiffel.
- Le poste de Laeken transmet actuellement le lundi, de 14 h. 3o à i5 h. a!», des appels chiffrés, durant 4 minutes, séparés par des séries de dix traits de dix secondes, à raison d’abord d’un trait par minute, puis d’un trait toutes les vingt secondes à partir de i5 h. 10. Exemple :
- 14 h. 3o — 14 h. 34, appel 82 ;
- 14 h. 35 — 14 h. 45, traits (ou par minute) ;
- 14 h. 45 — 14 h. 49, appel 82;
- 14 h. 5o — i5 heures, traits (idem);
- 15 heures — i5 h. 04, appel 82;
- i5 h. o5 — i5 h. io, traits (idem) ;
- i5 h. 10 — i5 h. 14, traits toutes les 20 secondes ; _
- i5 h. i5 — i5 h. 25 (idem).
- .1. r:
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQÜE T. XXV (2e Sérié). — N° 9.
- LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL AU TCHAD
- Il est particulièrement important pour nos postes militaires du centre de VAfrique, isolés, sans aucun moyen rapide de communication, d’être réunis par un réseau télégraphique. La télégraphie sans fil pouvait seule résoudre le problème.
- L'initiative et le dévouement de la mission du capitaine Chaulard ont permis de doter la région du Tchad de sept postes de T. S. F. sur lesquels nous donnons des renseignements entièrement inédits.
- En 1911, M. Messimy, ministre des Colonies, avait décidé de tenter l’organisation, au centre de l’Afrique, d’un réseau de petits postes radio-télégraphiques mettant le territoire militaire du Tchad en communication avec l’Ouadaï.
- Le manque de moyens de communication rapides dans ces régions entravait l’œuvre de pacification entreprise par le colonel Largeau, et rendait particulièrement pénible la tâche de nos administrateurs et de nos officiers.
- On 11e pouvait penser à installer dans une région encore insoumise un ensemble de lignes télégraphiques susceptibles d’un rendement satisfaisant. Ces lignes auraient d’ailleurs coûté des sommes considérables, pour de maigres services, car elles auraient trouvé, dans la flore et la faune, des ennemis aussi redoutables que les indigènes, et leur vie eût été éphémère, même au prix de grands sacrifices.
- La télégraphie sans fil paraît seule permettre de résoudre la difficulté. Mais la tâche à acconir plir était rude. Les crédits peu élevés ne permettaient d’acquérir que six petits postes : or, les portées à franchir variaient entre 200 et 3oo kilomètres.
- De plus, on ne disposait d’aucun moyen de transports pratiques, le portage à dos d’homme s’imposait pendant des centaines de kilomètres. Le reste du chemin devait être parcouru, soit à dos de bœufs, soit en pirogues.
- M. Messimy eut l’intelligente audace de tenter l’aventure, et s’adressa au Département de la Guerre pour lui préparer le matériel nécessaire.
- Les postes furent répartis en caisses entièrement métalliques étanches, dont le poids total ne dépassait pas 70 kilogrammes.
- Chaque poste disposait de deux mâts d’acier de 3o mètres de hauteur. Les moteurs étaient des moteurs à pétrole lampant de 5 chevaux. Les alternateurs, du type Bethenod, donnaient du courant à i 000 périodes. Les condensateurs
- avaient, par poste, une capacité de cinq centièmes dé microfarad. La note musicale de l’étincelle pouvait être modifiée au moyen du contact d’excitation de l’alternateur.
- C’est le capitaine d’artillerie coloniale Chaulard, l’ancien chef du réseau radiotélégraphique de Madagascar, qui fut chargé de l’organisation complète de la mission. Il disposait d’un lieutenant, et de hommes de la section des télégraphistes coloniaux.
- Au commencement de 1913, les six postes étaient installés et en fonctionnement à N’gui-gmi, Fort-Lamy, Mao, Moussoro, Ati, Abecher. Ils réalisaient ainsi la jonction des réseaux télégraphiques de l’Afrique Occidentale Française et de l’Afrique Equatoriale Française, dont les lignes extrêmes aboutissaient à N’guigmi et Fort Lamy : enfin ils réunissaient ces deux colonies aux principaux centres de l’Ouadaï. Les difficultés que rencontra le colonel Chaulard furent énormes. Les transports ne purent être menés à bonne fin que grâce à son énergie et à celle du lieutenant Poucet. Ils furent réalisés par deux voies, partie par Lagos, Kano (Nigeria anglaise) et Zinder, partie par le Congo, l’Oubanghi et le Chari. Aux ennuis matériels s’ajoutèrent des difficultés techniques dues au climat et à l’ionisation particulière de l’atmosphère dans ces régions.
- Avec des ondes de 1 3oo mètres, les portées des postes n’atteignaient pas i5o kilomètres le jour, toute l’énergie étant rapidement absorbée. En augmentantprogressivement la longueur d’onde à 3 5oo mètres, ces phénomènes s’atténuèrent et, malgré la faible énergie disponible (moins de 5 chevaux), de bonnes communications étaient réalisées à 65o kilomètres. Fort-Lamy « causait » régulièrement avec Abecher. Les mâts de 3o mètres avaient été surélevés au moyen de sapines en bois de 10 mètres de hauteur construites par le personnel, et servant en quelque sorte de piédestal.
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- 28 Février 1914. LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 203
- Les antennes étaient du type en nappe horizontale. Les prises de terre furent améliorées, en enterrant le blindage des caisses de transport. Le personnel construisit sur place les appareils accessoires pour l’augmentation considérable de Ion gueur d’onde qui fut reconnue nécessaire.
- Ces longs mois de durs travaux dans des conditions d’installation déplorables, sous la tente fréquemment inondée et renversée, curent une
- le colonel Largeau commença la* pacification du Borkoo. Le capitaine Chaulard tenta un nouvel effort. Constituant, un septième, poste avec les éléments de rechange des six postes en service, il se transporta à /|Oo kilomètres au Nord, et réalisa du premier coup la jonction du Borkoo à l’Ouadaï (/|6o kilomètres). Il communiqua même directement de Faya avec Fort-Lamy à 7 io kilomètres. Ce dernier effort a motivé une proposi-
- T I B ESTI
- BORKOO
- AFRIQUE OCCIDENT.
- Nquiqmi
- 305 KIL.
- 0 U ADAÏ
- > K/l / Mjxfssoro jXJ
- Abechen
- N I G ER I A
- ANGLAISE
- 'Ligne
- télégraphique allant à Bangui.
- CAMEROUN
- allemand
- M O Y E Ni CO N GO
- A R F O OA
- Fig. 1.
- répercussion pénible sur le personnel. Le lieutenant et plusieurs hommes durent être rapa- i triés.
- Le capitaine Chaulard, qui faillit être emporté par la maladie à deux reprises, triompha de tous les obstacles, montant et maniant lui-même ses moteurs et appareils, quand ses mécaniciens étaient malades.
- La tâche de la mission semblait achevée quand
- tion pour la Légion d’honneur faite par lé colonel Largeau.
- Le réseau Ouadaï-Borkoo a donc été achevé le mois dernier.
- Il montre une fois de plus la valeur du matériel radiotélégraphique français et le dévouement et la compétence des « sans-lilistes » de notre armée coloniale.
- J. Reyval.
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- 264
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2* Série). — N° 9.
- CALCUL DES MACHINES A COURANT CONTINU
- A côté des méthodes de calcul des machines à courant continu permettant de calculer la valeur de la force magnéto-motrice des dents d’armatures, il est intéressant de connaître une construction graphique donnant immédiatement Vinduction réelle et la force magnéto-motrice correspondante en ampères-tours par centimètre.
- Induction dans les dents d'armature
- CONSTRUCTION GRAPHIQUE DE L’iNDUCTION REELLE.
- Dans plusieurs ouvrages de calcul des machines à courant continu, il [est donné de bonnes méthodes permettant de déterminer avec assez de précision la valeur de la force magnéto-motrice des dents d’armature en tenant compte du passage partiel du flux par les entailles.
- Nous ne nous proposons pas, dans la note ci-dessous, de donner une méthode nouvelle différant de celles d’Arnold ou de Picou, nous voulons seulement indiquer une construction graphique permettant d’obtenir immédiatement l’induction réelle et la force magnéto-motrice correspondante en ampères-tours par centimètre en partant de l’induction apparente en un point quelconque de la denture.
- Pour cela nous rappellerons rapidement la démonstration déjà connue.
- Désignons par :
- <J> le flux total émanant d’un pèle ;
- 4>«. le flux passant dans l’air des cannelures suivant une tranche d’induit AB (fig. i);
- <I>/ le flux passant dans le fer des dents; g. la perméabilité dû fer;
- Ba l’induction apparente dans le fer ; BrJ’induction réèlle dans le fer;
- B« l’induction dans l’air;
- /le pas des dents à l’endroit considéré;
- Z l’épaisseur des dents au même endroit ;
- S/ la section du fer dans la tranche AB ;
- Se la section de l’air dans la tranche AB ; lt la longueur axiale totale de l’induit ; lu la longueur utile du fer.
- Admettons que"le flux se répartit proportionnellement aux coYiductances de l’air et du fer, nous aurons :
- i i
- îf — S/ r se
- <I>/ i i,a5 p.S/
- Sc "T
- d’où l’on tire
- <f>„ -j- <t>f __ [J.Sf -f Se _
- [i. Sy f
- d’où
- ' S f -|— <J)/S(, <ï>p,Sy.
- en divisant par S/2 on a
- jA<Iy , S*/ «hA _ $ja sr SJ
- ou
- g.Br = — (g* _ B„Se)
- b/
- R - R B' S‘
- Ba_Br + _ _
- (*)
- appelons maintenant
- Se X i ,^5
- tg a
- (*)
- et portons cette valeur dans (i) nous aurons
- . BB = B,, -f ^ — tg a. (3)
- |A 1,25 ' '
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- 28 Février 1914/
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- tout
- Or la courbe ordinaire donnant H en ampères-' tours par centimètre fonction de B est de la: forme I
- H
- Br
- (x X i,:*5 Mais l’équation (3) peut s’écrire Br i
- B a = B,. +
- |X X 1,25 tg CL
- (4)
- \ I
- D’après l’équation (a) la valeur de l’angle a est;
- déterminée par la construction du triangle auxi-!
- L’ordonnée ÔD représente donc bien la valeur
- <ï>
- de Br, mais on a aussi Ba = _ - or, comme,
- b/
- s/
- on a
- tga =
- <l>
- JC
- b;
- (5)
- B« i,a5 Se
- K étant une constante que nous déterminerons plus loin.
- liaire OMN (fig. 2) dans lequel OM = 1,25 Se et ON = S/ en prenant OY = Ba (fig. 2) et en traçant YC parallèle à MN et CD parallèle à l’axe OH, on a
- DC DC
- YD 6 tg a’
- B
- ou si l’on suppose OD = Br on a DC = ^ ^
- (d’après la relation de la courbe des ampères-tours) donc
- YD =
- B,
- i ,25 y.
- tg a
- et
- OY = OD + DY = B,. 4-d’après l’équation (4).
- B,.
- 1,25 [xtg a
- = Ba
- Portons la valeur dé K en O F on a FYO a. Prenons arbitrairement un point A sur l’axe des abscisses et élevons de ce point une perpendiculaire qui coupe en A, la droite Y F, il est facile d’établir que :
- AA, = (OF — OA soit AA, = ^ (K — OA). Or K.
- Si nous désignons AA, par.r, nous aurons
- (6)
- * = ^(K-OA).
- Le problème revient donc à déterminer Ba d’une part et x de l’autre et par conséquent K.
- B„ se détermine d’après le flüx et la denture suivant la méthode d’Arnold
- Valeur de K. — D’après (5) nous avons
- K ==
- <f>
- 1,25 S«’
- (7)
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- LA. LUMIÈRE: ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2* Série),—-N°9.
- or Se fonction de S/ peut s’écrire
- s- = s'(^â
- d’où
- K — <bzlu
- ~ V-*5 Sf{t — z) l,
- K = B« -TT77—V 1,2b lt [t — z)
- Portons cette valeur dans (6) nous aurons
- ,< = b,-oa|
- _OAiSMzi£
- zlu
- BA — OA i
- i5 !(;-)•
- (8)
- Dans l’équation (8) O A est une valeur choisie par nous arbitrairement, pour plus de facilité dans le calculn, ous prendrons
- OA = 8oo ampères-tours et nous aurons x = — i ooo Q- l-~ (9)
- Résumé. — L’évaluation des ampères-tours des dents se fera donc parles calculs suivants.
- i° Calculer B« (méthode d’Arnold) pour 3 valeurs de t et de z correspondant aux inductions maximum moyenne et minimum ;
- a0 Calculer (-—I) io3pour les mêmes valeurs;
- 1„ z
- 3s° Déterminer x dans les trois cas et passer de la valeur de x à la valeur des ampères-tours et de l’induction par l’emploi de la construction graphique établie précédemment et indiquée dans la figure (3)
- Cette construction donne des résultats absolument identiques à ceux obtenus parla méthode indiquée par Arnold dans l’édition française ( 1904 ) de la machine à courant continu.
- Mais elle nous paraît plus facile à employer dans tous les cas et pour des tôles de perméabilité très dilférente.
- L. ISAMBERT.
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- 28 Février 1914.
- LA ' LÜM1ÉUË ÉLËCTltiQU'Ë
- È(i7
- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Nouveauté en appareils de chauffage élec-. triques pour températures très élevées et . fortes surcharges.
- La maison Hugo Helberger, de München, après plusieurs années d’essais, vient de lancer, un nouveau genre d’appareils de chauffage électriques, pour lequel la demande de brevet a été déposée. La nouveauté consiste à noyer une matière résistante en forme de spirales dans une masse céramique d’un poids spécifique élevé et qui est bonne conductrice de chaleur. Cette opération a lieu sous une énorme pression hydraulique. La composition de la masse céramique "est le résultat de longues expériences et sa fabrication est un secret de la firme. A men- , tionner comme particularité très intéressante de la masse céramique, que, par suite d’une forme appropriée de la spirale chauffante et grâce à sa qualité de parfait conducteur de chaleur, cette masse peut devenir en peu de temps incandescente et constitue ainsi, pour des appareils de chauffage, un corps chauffant à température excessivement élevée. Tout le corps chauffant est directement pressé dans l’appareil sous une forte pression hydraulique et ce procédé, tout en étant très bon marché, assure une parfaite disposition du corps chauffant sous le rapport de l’émission de la chaleur.
- Les appareils de chauffage que l’on a fabriqués jusqu’ici d’une manière semblable ont l'inconvénient que la masse isolante forme isolateur de chaleur autour de la zone chauffante de la matière résistante, de sorte que le rendement calorique obtenu est médiocre. La construction ci-dessus décrite donne une parfaite transmission de la chaleur parce que l’introduction du corps chauffant dans l’appareil sous une forte pression assure la meilleure conduite de la chaleur que l’on puisse obtenir.
- Comme le montrent les figures ci-après, on a fait l’essai suivant avec le corps chauffant d’un
- fer à repasser électrique construit d’après le procédé ci-dessus indiqué, pour une tension de no volts (correspondant à une énergie absorbée de 400 watts). Après avoir soumis le corps à un essai de durée de plus de 1 000 heures sous une chaleur le portant au rouge cerise, on l’a exposé à une tension de 220 volts, ce qui l’a porté au rouge clair à tel point qu’on a pu facilement lire à la lumière émise par lui. Malgré cette extraordinaire surcharge, on n’a pas pu constater une défectuosité quelconque. C’est seulement lorsqu’on a soumis le corps incandescent à une surcharge de 600 % qu’il a été détruit.
- La courbe de la figure 1 montre la faible variation de la résistance pendant des essais de durée de plus de 1 000 heures. Après ces essais qui ont eu lieu avec une chaleur constante correspondant au rouge cerise (env. 700° C) on n’a pu constater qu’une augmentation de la résistance de 2,3 ohms.
- Soo g 00 tooo
- 5oo ' Soo 700
- 5o i5o 2Ô0 5ôo bôo Sâo 6S0 760 $5o g5o
- Heures.
- Fig. 1. — Courbe de résistance pour i ooo heures de marche continue au rouge cerise, environ 700°.
- Un fer à repasser électrique en service fortement surchargé a développé une telle chaleur qu’011 pouvait facilement y allumer des cigares, ce qui montre de quelle façon parfaite la masse incandescente conduit la chaleur.
- La figure 2 montre sous forme d’une courbe exacte la faible variation de la résistance d’un corps incandescent qui a été exposé pendant 800 heures continuellement à une température de 1 000 à 1 2000 C. (Ce corps est encore aujourd’hui en service.) Malgré cette extraordinaire surcharge, on ne remarque qu’une augmentation delà résistance de 3,7 ohms. Cette constance de
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série).—N° 9.
- la résistance est en même temps une preuve que la masse incandescente et le corps chauffant
- joo Soo goo woo
- SSo 6âo ?5o S5o gSo
- Heures .
- Fig. a. — Courbe de résistance pour 800 heures de marche continue au rouge clair, environ 1 ioo°.
- sont si bien composés et assemblés qu’ils garan-
- tissent de ce fait une parfaite solidité et une grande durée, malgré les fortes surcharges auxquelles ils sont exposés.
- Cette nouveauté supprimera donc l’inconvénient des appareils développant une chaleur insuffisante, ce qui sera surtout bien accueilli dans les industries du blanchissage et du vêtement pour lesquelles on a jusqu’ici vainement cherché des fers à repasser durables à grand développement de chaleur.
- La fabrication en grand dé cés appareils, à l’aide de machines spéciales (presses hydrauliques, etc.), a permis de réduire considérablement leur prix.
- (Helios, 3i janvier 1914.)
- STATIONS CENTRALES ET DISTRIBUTION
- !
- Interrupteurs à air pour l'extérieur. — W.-A. Coates.
- M. W.-A. Coates étudie l’emploi des interrupteurs à air dans les postes de sectionnement et sous-stations établis à l’air libre, notamment sur les réseaux américains à haute tension.
- Les premières applications de ces appareils ont été réalisées pour la protection des transformateurs abaisseurs de tension qui sont habituellement installés, [si leur capacité 11e dépasse pas 5o KVA environ, sur de simples traverses fixées aux poteaux des lignes de distribution. , Pour les petits transformateurs, la protection la plus simple consiste dans un fusible qu’on établit sous porcelaine pour de faibles capacités alors qu’on emploie, pour les transformateurs de capacité plus élevée, des fusibles à expulsion 1 (fig. 1 et 2] montés dans des tubes formant sec- ! tionneurs entre deux mâchoires supportées par des isolateurs ordinaires. Ce dernier type de fusible peut être utilisé pour des charges atteignant 3o ampères sous 3 3oo volts.
- Lorsque la capacité des transformateurs dé-paàse 5o KVA, il est nécessaire de les disposer entre deux ou plusieurs supports ; on dispose, par suite, d’un emplacement suffisant pour établir un équipement plus complet. De plus,
- les sectionneurs ou fusibles peuvent être commandés par leviers, ce qui permet de les établir à la partie supérieure des supports et de les isoler parfaitement de la commande placée près du sol (fig. 3).
- Dans cette disposition particulière, l’articula-
- Fig. 1 et 2. — Interrupteur fusible à explosioii sur isolateur de poteau. '
- tion est en bois et elle est traversée au centre par le fil du fusible, ce qui permet de constater les effets de la fusion.
- Ce type de fusible est actuellement construit pour une tension maximum de 22 000 volts correspondant à un espacement de 5o centimètres environ entre contacts. Bien que ces dimensions donnent une sécurité suffisante pour le manie-
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
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- ment de l’appareil en cas de renouvellement du fil fusible, on emploie plus fréquemment pour les tensions élevées des interrupteurs distincts des fusibles.
- L’expérience a montré que les plates-formes établies sur les poteaux en bois ne présentaient pas une stabilité suffisante et on a été conduit à
- Ftg. 3. — Seclionnenrs aériens commandés par levier.
- établir à l’air libre des sous-stations sur des tours en acier qui se prêtent à une construction plus rigide et dont les divers éléments peuvent être
- Fig*. 4* “ Sous-stations aériennes.
- aisément et rapidement assemblés. De semblables installations ont été faites, notamment par la Transmission Engineering Co (fig. /|).
- Les appareils de sectionnement employés sur toutes ces tours sont du type breveté parM. A.-W. Burke. La ligne est amenée d’abord à un interrupteur tripolairc à cornes, puis à une bobine de self montée sur une des branches d’un intervalle à cornes et enfin par un fusible également à cornes aux transformateurs qui sont logés sur une plate-forme immédiatement au-dessous du dispositif de sectionnement.
- L’interrupteur est établi très simplement de la manière suivante. La partie mobile est montée sur deux isolateurs fixés sur une pièce comportant une douille en cuivre tournant autour d’uii axe vertical. La corne mobile est reliée au couteau de l’interrupteur de manière qu’aucun arc ne s’élève entre les cornes avant que la séparation ne soit complètement effectuée entre le couteau et la mâchoire.
- C’est une idée très répandue que la rupture d’un courant alternatif dans l’air donne lieu à des oscillations bien plus importantes que dans le cas de rupture dans l’huile. Or, il résulte des
- Fig. 5.
- essais effectués à l’oscillographe, lors du fonctionnement de l’interrupteur Burke pour la rupture d’une charge de i ooo kilowatts sous !V3 ooo volts, à la fréquence de 6o périodes, que la courbe de la tension a été très peu affectée par cette manœuvre bien que l’opération ne duré pratiquement qu’une seconde (fig. 5).
- Le même interrupteur Burke fut essayé ensuite en court-circuit, et permit également de couper avec succès une charge de 8 ooo kilowatts.
- De même, on a constaté sur les réseaux de la Sierra and San P’rancisco Power Co que la perturbation due à l’ouverture des interrupteurs à air des lignes à io5 ooo volts est à peine perceptible, alors que les interrupteurs à huile fonctionnant dans les mêmes conditions font débiter les parafoudres et donnent lieu à une variation de tension qui atteint 25 % .
- Les sous-stations établies de la manière qui vient d’être décrite reviennent à un prix inférieur de près de moitié à celui des sous-stations du type habituel. Le tableau suivant donne le
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2' Série). — N° 9.’
- prix approximatif de ces installations parkilo-watt.
- CAPACITÉ COUT approximatif par kilowatt
- |3 200 volts 22 OOC volts 33 000 volts
- 75 kilowatts.. 90 — 120 —— i5o — 3oo — Fr. 13.75 12,5o 9,35 7,5o 5 Fr. l6,25 13,75 I 2,5o 9,35 6,25 Fr. 20 16, a5 i3,75 12,5o 7,5°
- Ces prix s’appliquent à des stations établies sur des supports en bois. Dans le cas d’emploi
- Fig. 6. — Un pôle d’interrupleur « corne Burke,
- de tours en acier, le prix est majoré de 31'r. 5o environ par kilowatt.
- Ce type d’équipement à haute tension est particulièrement intéressant pour les petits villages et les fermes, situés sur le parcours des lignes principales et qui ne donneraient pas une rémunération suffisante d’installations plus coûteuses.
- (Electrical Revieiç, 26 décembre igi3.)
- Poteaux en béton armé pour le réseau de
- distribution électrique de Toronto. — J. 6.
- Jackson.
- La plus grande utilisation qui ait été faite jusqu’ici de poteau* en béton armé dans un réseau de distribution électrique ost probablement celle faite pat: l’aviteur même, au cours des années 1910 à *919, pour le; réseau dé forçe et de lumière de Toronto. Ce réseau s’étend surplus de 64okilo-mètres de rues et comporte a5 qoo poteaux en .béton-armé» Ën adoptant ce système qui, dans le cas eu question, n’était mis en : concurrence qu’avec le bois;, .qn a. voulu réaliser, des lignes de
- distribution d’aspect uniforme et même décoratif pour un prix de revient équivalent à celui des lignes sur poteaux en bois; en même temps, on a espéré réduire les frais d’entretien de ces lignes. L’auteur juge cette solution intéressante particulièrement pour les petites villes et pour les quartiers des grandes villes occupés par des villas, c’est-à-dire dans des conditions où l’établissement de lignes souterraines est demandé principalement en raison de considérations esthétiques mais n’est pas justifié pour les recettes probables.
- Fig. 1. — Montrait l’aspect déepratif d’une ligne sur poteaux en ciment armé. ®
- Dans le dessin et la construction des poteaux employés dans le réseau en question, on a cherché à élinnner tousles détails inutiles et à rendre la fabrication aussi simple et aussi rapide que possible, en même temps qu’économique. A cet effet on a adopté la section carrée à angles abattus.
- Cette section permet l’emploi d’un moule de forme simple et, d’autre part, elle est la meilleure pour la répartition dés matériaux. Les efforts exercés sur un poteau étant généralement orientés suivant deux directions perpendiculaires : dans le sens de la ligné et normalement à celle-ci, si l’on dispose les armatures aux quatre, angles de la section, 5o % de ces armatures tra-> vailleront à la traction quelle que soit la direction
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- LÀ LUMIÈKE ÉLECTlUQUE
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- de l'effort normalement à l’une dès faces du poteau. Les poteaux de Toronto étant destinés pour la plupart â porter une applique ornementale, avec lampes à filament métallique, on a logé dans le béton un tube en fer de i3 millimètres débouchant à sa base à la hauteur de la lampe et à sa partie supérieure, au-dessous des fils de ligne,
- Les poteaux en béton armé employés dans cette installation varient entre 7 m. 3o et 10 m. 65 dè longueur; la plupart ont 7 m. 3o. La section courante est de 203 X 2o3 millimètres à la base et 127 X 127 millimètres aù sommet pour les poteaux de 7 m. 3o; elle est de 2.55 X 255 millimètres à la base et i5a X i65 millimètres au sommet pour lés poteaux de 10 m. 65. L’armature est constituée par 3 barres d’acier carrées et vrillées à grande limite élastique. Ces barres sont placées à i3 millimètres de la surface. Elles mesurent 9 mm. 5 dè côté dans les petits poteaux et 12 mm. 7 dans les grands. Lorsque les poteaux devaient être soumis à des efforts considérables on les a pourvus d’une armature supplémentaire sur une partie de leur longueur. Les sections droites des poteaux ont été déterminées non seulement au point de vue de la résistanee et du prix mais aussi au point de vue de leur aspect. Ces poteaux devant être placés dans les rues d’une ville: et, par conséquent, abrités du vent, ori a considéré que les'efforts dus à l’action du vent seraient minimum. Sauf pour les poteaux placés en courbes, les efforts latéraux sont dus principalement aux lignés de branchement aux habitations et il est probable que la plus grandè
- Fig. 2. — Chantier de moulage.
- mais qui ont rarement occasionné des ruptures. Dans des essais après 3o jours de prise du bétori, la rupture des poteaux s’est produite par glissement de l’armature quand celle-ci était constituée de barres de 9 mm: 5 ou 12 111m. 7, tandis que dans des poteaux d’essai à barres d’armature de 6 mm. 3 ces barres se sont rompues sans glissement appréciable.
- La méthode employée à la fabrication de ces poteaux a consisté essentiellement dans la disposition, sur un chantier en plein air, de rangées parallèles de moules, desservies par une voie à l’extrémité des moulés et sur laquelle circulaient des wagonnets spéciaux amenant le béton -des bétonnières. Les moules ont été établis en pin dü Sud, plus sèrré et moins résineux que le pin du Nord. Les fonds de moule étaient espacés de 610 millimètres et encadrés par des rails en bois. On a établi une paire de côtés par 3 fonds. Les côtés étaient d’abord mis en place sur l’un des fonds, le premier d’une série de trois. Les armatures longitudinales étaient maintenues par des dispositifs à croisillon ou à étrier, tels que ceux représentés dans la figure. Sur ces armatures longitudinales, on agrafait ensuite les armatures latérales destinées à résister au cisaillement vertical et constituées par une série de [courtes barres, terminées à leurs deux extrémités par des crochets. Ces barres étaient disposées Sur une certaine longueur au-dessus et au-dessous de là ligne devant correspondre au niveau du sol. Aucune autre liaison n’était établie entre les armatures, la mission de les assembler d’uiig
- Fig. 3 et 4. — Méthodes de fixation des armatures pour le moulage.
- fatigue à laquelle ces poteaux ont été smimis s’est produite pendant leur transport et leur mise en place. L’armature donne une résistance à la rupture d’environ 228 kilogrammes pour les poteaux ordinaires de 7 m. 3o et 265 kilogrammes pour les poteaux de la plus grande longueur, à armature renforcée, effort mesuré par traction horizontale à 610 millimètres du sommet. Aux extrémités des lignes, les poteaux ont été d’ordinaire suffisamment haubannés. Toutefois, il y a eu, en quelques cas, des flexions considérables
- façon invariable étant laissée entièrement au béton. Cette méthode d’armature a réduit au minimum les frais de fabrication et de main-d’œuvre. Le béton, amené au-dessus des moules par des wagonnets, y était déversé de la façon indiquée dans la figure; on évitait ainsi à peu près totalement les bulles d’àir sans qu’il fût besoin de travailler le béton à la truelle, sauf pour finir la face supérieure. Les poteaux ainsi préparés présentaient des surfaces douces et reproduisant les fibres du bois sur trois faces ;
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- T. XXV (2* Série). — N° 9.
- quant à la quatrième, finie à la main, on la dressait ensuite, après démoulage, au moyen de briques de carborundum.
- Ce procédé dé fabrication demande naturellement un mortier de béton très humide. Après essai, on a adopté comme le mieux approprié un mélange d’une partie de ciment, deux parties de sable fin, et quatre parties de calcaire broyé de moins de i3 millimètres de grosseur. On a constaté que le gravier substitué à la pierre cassée donnait également des résultats satisfaisants.
- La succession des opérations de moulage des poteaux était la suivante : le premier jour, on moulait le premier poteau d’une série de 3 de la façon indiquée ci-dëssus; le second jour, on enlevait les côtés du moule, on les fixait au second fond de la série et on moulait le second poteau ; le troisième jour, on procédait de même pour le troisième poteau. Le quatrième jour, le premier poteau moulé était enlevé de son fond en le faisant glisser en bout d’iine distance légèrement supérieure à sa propre longueur; pour éviter la déformation de ces poteaux fraîchement moulés, ce glissement s'effectuait en le tirant par les armatures sur une semelle en planches, légèrement plus large que le poteau. Tous les trois jours, on reculait de même les poteaux jusqu’à prise suffisante soit jusqu’à ce qu’ils aient à peu près io jours de prise. Ils étaient alors chargés sur des camions ou mis en piles.
- A Toronto, on avait créé trois chantiers produisant environ a5o poteaux par jour; deux d’entre eux étaient voisins et produisaient i5o poteaux ensemble, l’autre, éloigné de quelques kilomètres pour réduire les frais de trans-
- port, produisait ioo poteaux. Ce dernier chantier a fonctionné pendant trois années Consécutives; les moules ont bien résisté à ce service prolongé ainsi qu’à l’exposition aux intempéries pendant deux hivers.
- Le transport des poteaux sur les lieux d’érection se faisait sur camions ordinaires munis de cadres en chêne pour supporter les poteaux en plusieurs points.
- Le poids des poteaux de 7 m. 3o était de 5oo kilogrammes* celui des poteaux de 10 m. 65, de 730 kilogrammes.
- Dans des conditions favorables, on a mis en place jusqu’à 3 poteaux par jour et par homme, l’érection se faisant èxactement comme pour les poteaux en bois. Les poteaux ordinaires étaient enterrés de 1 m. *20 et les longs poteaux, de 1 m. 5o. L’auteur fait remarquer que les fouilles étaient plus petites que celles des poteaux en bois, les frais de manutention et d’érection, à peu près équivalents, mais les frais de transport plus onéreux.
- Le prix de revient sur le chantier des poteaux de 7 m. 3o a été évalué à 25 francs environ, et celui des poteaux de 10 m. 65, à 38 fr. 5o. Toutefois, ces prix sont variables suivant les circonstances.
- Bien qu’aucune précaution spéciale n’ait été prise pour leur manutention* le déchet total de fabrication, érection et service pour les trois années considérées a été inférieur à 2 % . Les poteaux brisés en service font un pourcentage bien inférieur à 1 % et leur destruction est imputable soit aux chocs des voitures, soit à des charges évidemment excessives.
- (Electrical World, 27 janvier 1914 )
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- L’emploi de l’énergie électrique dans l’agriculture. — Dr Mario Maifreni.
- L’énergie électrique marche aujourd’hui de façon décisive vers une nouvelle conquête. Après avoir triomphé en matière d’éclairage, elle se développe et s’impose de plus en plus chaque jour dans le champ d’activité de l’industrie et s’oriente aujourd’hui d’un pas sûr vers la conquête des champs.
- Il ne s’agit plus désormais de simples expériences dé pionniers ou d’études, mais de véritables installations établies par ceux qui savent le mieux rechercher leur propre intérêt.
- Lé problème de l’utilisation de l’énergie électrique aux travaux des champs est d’importance capitale pour les agriculteurs qui pourront en tirer des avantages considérables. C’est également un problème vital pour les stations centrales d’énergie électrique qui trouveront dans l’agriculture un débouché propre à l’utilisation de leur excédent d’énergie. C’est, en outre, un problème auquel il est juste que l’Etat donne toute son attention car, de sa solution, l’organisme économique national peut tirer un immense bénéfice, soit par l’utilisation d’une richesse nationale très importante non exploitée convenablement jusqu’ici, soit par la prospérité donnée à l’agriculture qui est et sera toujours la principale force des nations, soit par le progrès social des classés ouvrières agricoles auxquelles l’Etat n’a pas encore donné l’attention qu’elles méritent, peut-être à Cause de leur tranquillité.
- Dans cet article nous examinerons les résultats économiques fournis par les expériences et les installations faites en vue de l’utilisation de l’énergie électrique à l’agriculture, en nous référant spécialement au labour qui, de tous les travaux agricoles, est certainement le plus important au point de vue de la quantité d’énergie qu’il peut nécessiter.
- L’énergie électrique, après s’être imposée au point de vue technique et économique dans les travaux dé battage des grains et d’élévation de l’eau, a commencé depuis quelques années à être
- employée au labourage et elle a souvent procuré des bénéfices intéressants aux agriculteurs intelligents et aux fournisseurs de cette énergie.
- Quand il se trouve un terrain assez étendu à labourer et, à proximité de celui-ci, une ligne pouvant fournir l’énergie suffisante, on peut dire que la convenance du labourage électrique est indiquée, même lorsqu’il n’existe aucune organisation économique. En fait, le coût par hectare du labourage par traction animale varie de 6o à plus de ioo francs suivant la nature du terrain et la profondeur du labour ; le coût par hectare du labourage à vapeur descend rarement à 5o francs quand il existe des conditions spéciales de commodité pour l’approvisionnement en combustible et en eau ; et le coût par hectare du labourage électrique peut facilement descendre au-dessous de 3o francs. Les principales raisons de cette supériorité par rapport au labourage à vapeur résident principalement dans le moindre prix de revient de l’équipement électrique, dans les frais moindres d’entretien, d’amortissement et d’exploitation, par suite du prix inférieur de la force motrice et de la réduction de la main-d’œuvre. Il faut, en outre, signaler la moindre perte d’énergie, étant donné que, dans le labourage, les arrêts et les repos sont fréquents et que, pendant ceux-ci, la consommation d’énergie sera réduite à zéro avec le labourage électrique tandis qu’on n’en peut dire autant du labourage mécanique à vapeur.
- D’après une expérience faite par la Société Electrique Milanaise à la fin de 1912 à Gazzo Veronese, sur les terres du baron Mario Treves de Bonfili (qui a aujourd’hui l’une des meilleures installations de labourage électrique), on a obtenu les prix de revient suivants à l’hectare pour le Labourage à 35 ou 40 centimètres de profondeur :
- Labourage à traction animale. . . 65 à 70 francs
- Labourage à vapeur.. ....... 53 —
- Labourage électrique......... 35,5o —
- pour deux cents jours dé travail par an et a raison dé i5 centimes le kilowatt-heure.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2* Série). — N°é.
- Pour cent jours de travail par an et au tarif de 20 centimes le kilowatt-heure, le prix de l’hectare labouré revient à :
- Labourage à vapeur............... 62 francs
- Labourage électrique.. ......... /|i,5o —
- Les résultats de ces expériences quant au prix du labourage électrique à l’hectare ont été pleinement confirmés par la pratique continue faite avec l’installation établie sur les propriétés du baron Mario Treves de Bonfili. En fait, sur ces terres où il existait une installation moderne de labourage mécanique à vapeur ayant fonctionné trois ans, le prix du labourage de l’hectare est normalement de 35 francs en tenant compte de la dépense quotidienne d’énergie, de l’amortissement et de renlretien de l’équipement électrique, des cabestans et des charrues électriques Violati-Tescari et de l’outillage, de l’intérêt du capital engagé et de toutes les autres dépenses.
- Une autre installation qui mérite d’être donnée en exemple pour sa simplicité et sa perfection est celle faite par le Dr Callisto. Cattadori dans ses deux propriétés de Monticelli d’Ongina (province de Plaisance), installation qui fonctionne déjà depuis sept ans.
- Ces propriétés ne sont pas très étendues ; elles ont une longueur totale de 1 25o mètres et une largeur maximum de 640 mètres. Malgré leur peu d’importance et le prix assez élevé de l’énergie électrique (o fr. 25 le kilowatt-heure) le labourage électrique s’est montré absolument approprié.
- Le prix par hectare du labourage à la profondeur de /(5 à 5o centimètres est d’environ 5o francs. Ce prix, plus élevé par rapport à celui du labourage sur les terres du baron Mario Treves de Bonfili, est dû en partie au tarif supérieur de l’énergie électrique et en partie aussi au peu d’étendue des terres, en partie enfin à la nature même de la propriété, plantée d’arbres et divisée en deux parties par la route provinciale de Plaisance à Crémone.
- On pourrait donner d’autres exemples pour démontrer combien le labourage électrique est convenable mais on ne ferait que répéter ce qui vient d’être dit, puisque les expériences faites par les écoles ambulantes d’agriculture, les propriétaires de terrains et les exploitants d’usines électriques, ainsi que par les applications faites en divers pays, spécialement en Emilie et en
- Vénitie, ont donné à peu près les mêmes bons résultats.
- Certains propriétaires, avant d’utiliser l’énergie d’un réseau de distribution, ont employé pour leurs exploitations l’énergie d’une station hydro-électrique spécialement établie dans la propriété. Ainsi, les installations qui ont utilisé l’énergie d’une station centrale hydro-électrique privée ont précédé celles qui utilisent l’énergie d’un réseau de distribution. L’installation de labourage électrique et autres applications de l’électricité dans la propriété de Fraforeano (Bas Frioul) de M. Asarta, compte effectivement plus de trente années d’existence et l’installation du marquis de Montezemolo, dans sa terre de Tri-nita (Cuneo) a commencé à fonctionner il y a quatorze ans. La plus importante des installations de ce genre est celle du baron Camillio Treves de Bonfili dans ses terres de la Rosta et de la Bragadina, commune de Legnago (province de Verone), dont la centrale fait 120 chevaux.
- Bien que ces installations possédant leur cenr traie hydro-électrique propre soient parfaites au point de vue technique et très pratiques au point de vue économique, elles ne sont pas destinées à un large développement, car il est facile de comprendre qu’elles nécessitent des conditions spéciales. Par contre, les exploitations qui utiliseront des réseaux de distribution déjà existants ou faciles à construire sont appelées à un grand développement, d’autant plus rapide que les entreprises électriques mettront plus d’activité à décider les propriétaires de terres à une révolution profitable de la technique agricole. Les agriculteurs sont conservateurs par nature et se résolvent difficilement à modifier une méthode de culture adoptée depuis des années par tradition insensible. Il appartient donc aux exploitants de l’industrie électrique de vaincre cet esprit enraciné de conservatisme et de servir les intérêts d’autrui en même temps que leurs intérêts propres.
- Pour compléter les données précédentes, nous reproduisons ici un calcul fait par l’ingénieur A. Foresti et le professeur R. Vittorangeli dans une publication de l’Ecole ambulante d’agriculture de la province d’Emilie, sur le prix de revient du labourage mécanique par les divers systèmes. Le calcul est fait pour 3qq hectares de terrain.
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- 28 Février 1914. L A LUMIÈRE É L ECTRl QUE
- Moteurs électriques.
- Prix de revient de l’installation :
- 8 km. de ligne à io ooo volts à i 8oo fr.
- le km.......................... Fr.
- 2 groupes moteurs-générateurs de 5o chevaux chacun avec leurs accessoires Fr. 2 cabestans avec charrues, ancrages, câbles, etc......................... Fr,
- Total.................... Fr.
- Frais d’exploitation ;
- Intérêt amortissement et entretien de la . ligne, à i3 % du capital engagé... Fr.
- Intérêt, amortissement et entretien pour les moteurs, génératrices et accessoires, à i6% . ......................... Fr.
- Intérêt, amortissement et entretien pour les cabestans, charrues, câbles, etc., à 20 % ... ..................... Fr.
- Dépense de courant................ Fr.
- Main-d’œuvre pour la conduite des moteurs et des génératrices ; ioo jours et 2 appareils à 5 francs........... Fr.
- Main-d’œuvre pour la conduite des cabestans et des charrues : 200 journées de .4 hommes à 4 francs............. Fr.
- Graissage et essuyages pour les moteurs........................... Fr.
- Graissage des cabestans et câbles...’ Fr.
- Assurances ouvrières............. Fr.
- Direction......................... Fr.
- 14 000
- 10 000 17 000
- 4» 400
- . 872
- 1 5oo
- 3 400 9 600
- 1 000
- 3 200
- 200
- i5o
- IOO
- 600
- Total..................... Fr. 21 622
- L’énergie disponible au prix forfaitaire de 9 600 francs par an est de 118 656 chevaux-heure (au prix de 8 cent. 09 le cheval-heure). L’énergie consommée par. le labourage peut être considérée comme égale aux chiffres ci-après, en admettant une dépense de 100 kilowatts-heure par hectare :
- 3oo hectares à 100 kw.-h....... kw.-h.
- Pertes en ligne et dans les transformateurs 10 %..................... kw.^h.
- Energie dépensée ppurla marche à vide (*) des moteurs pendant 3 heures à 7 kw. pour 100 jours,,............. kw.-h.
- Total................. kw.-h.
- Equivalent à.................. chx.-h.
- A déduire de l’énergie disponible pour le prix dé 9 dqp francs, spit..., çhx.-h.
- Restent disponibles.. . chx.-h.
- 3o 000 3 000
- 2 IOO 35,100 47 737
- 118 656 70 920
- Pour les autres systèmes ihécaniques, le prix de revient résultant des calculs analogues sont lès suivants :
- Locomobiles à vapeur surchauffée. 21 801,80 Fr.
- Locomobiles à gaz pauvre..... 21 848,00 Fr.
- Locomobiles à huile lourde... 21 425,00 Fr.
- L’énorme avantage du système électrique est évident. En fait, avec ce système et à frais égaux ou sensiblement égaux, on a une disponibilité de 70920 cheVaux-heure sur n8 656, énergie qui peut être employée à d’autres travaux agricoles et vient en déduction des frais de labourage électrique. Cela est d’autant plus vrai que, non seulement le prix de l’énergie laisséè disponible par le labourage doit être imputé aux autres travaux agricoles, mais qu’en pareil cas on ne devrait pas faire porter sur les travaux de labourage seuls l’intérêt, l’amortissement et l’entretien de l’équipement électrique.
- Les travaux agricoles auxquels on peut employer utilement l’énergie électrique sont déjà nombreux et pourront encore, par la suite, augmenter en nombre et en importance. Depuis quelques années, le battage électrique est devenu d’un usage très courant à proximité des réseaux électriques de distribution bien qu’indépendam-inent des installations électriques propres aux installations agricoles. Tantôt l’entreprise de battage est faite par les exploitants des stations électriques, tantôt par des entrepreneurs spécialisés ou des consortiums et coopératives agricoles.
- L’exploitation du marquis de Montezemolo utilise l’élççtri.qité non seulement au labourage mais au hersage des terres, à l’éclairage des ' bâtiments et à’la commande, d’une scierie .mécanique. La station électrique de M. Asarta sert également au battage des grains, à la mise en , balles du foin, à l’élévation d’eau èt à d’autres travaux de moindre importance.1 La. nouvelle centrale de M. Simon, à Cavarzere (Vénétie), sert également au battage, à la compression des ,balles de fourragera l’égrenage et à d’autres travaux; celle du baron Camillo Treves de Bon-fili actionne également un moulin. Beaucoup d’autres petites stations telles que celles du comte Papadopoli Aldobrandini dans ses terres dé Marano et de S. Paolo di Piave (Trévise), du cpmte CL ÎSTobu Camélia à Rossado Veneto (VL'
- (<) Calculée k 10 % de la puissance des moteurs.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). — N° 9<
- cence), du comte Marcello Rocca Saporito, communes de Vigevano et de Gambalo (Pavie), du consortium des propriétaires de Moritodi (Crémone) et beaucoup d’autres encore servent au battage, à l’égrenage, au broyage, à la compression du fourrage, de la paille, aux épuisements et irrigations, à la ventilation, au séchage, aux scieries, laiteries, moulins et autres usages secondaires.
- Ainsi, l’énergie électrique est déjà appliquée avec succès dans beaucoup de travaux, lés uns de caractère immédiatement agricole, les autres ayant un lien intime avec l’agriculture. Avec le temps, le nombre de ces travaux pourra être encore accru à mesure que les progrès de la technique le permettront. Des expériences d’ensemencement mécanique, par exemple, ont donné des résultats satisfaisants tant au point de vue économique que pour la meilleure distribution des graines que permet ce système.
- La possibilité d’étendre toujours davantage le champ d’application de l’énergie électrique aux divers travaux des champs ainsi que de la limiter à un ou plusieurs de ces travaux lui donne une importance économique très grande. Avant tout, comme nous l’avons déjà indiqué en parlant du prix du labourage électrique, plus sera grande, dans une exploitation donnée, la série des travaux agricoles auxquels on appliquera l’énergie électrique, moindre sera le pourcentage d’intérêt, d’amortissement et d’entretien à imputer à chaque travail.
- On aura ainsi une meilleure utilisation du capital fixe, représenté par l’installation ou, en d’autres termes, une diminution du prix de revient de chaque travail.
- En outré, il faut remarquer que les travaux agricoles sont, de leur nature, non pas continus mais périodiques ou intermittents, eu sorte que le besoin d’énergie électrique se manifestera pour chacun d’eux pendant une période seulement ou quelques périodes durant l’année. Par contre, le fournisseur de l’énergie électrique a tout intérêt à employer son énergie de façon continue pour avoir le maximum d’utilisation, Il en résulte donc que si l’agriculteur emploie l’énergie à un travail ou à quelques travaux, seulement, il devra la payer cher pour les périodes durant lesquelles il en a besoin ou la payer à forfait pour toute l'année, renonçant ainsi à en
- user pendant un certain temps. Dans l’un ou l’autre cas, il devra supporter une plus grande dépense.
- Au contraire, en développant le plus possible l’application de l’énergie électrique aux divers travaux, il peut arriver à une continuité satisfaisante. Par exemple, le labourage se fait uniquement pendant une période de cent cinquante jours par an et seulement lorsqu’il ne pleut pas; mais, dans les périodes pendant lesquelles il n’est pas possible de labourer, on pourra faire les semailles, les moissons, le battage, l’égrenage, etc., et pendant les journées de mauvais temps dans la période de labourage, on pourra utiliser l’énergie à l’assèchement des terrains, à la compression du foin, etc.
- La continuité dans l’emploi de l’énergie électrique permettra de l’obtenir à un prix moindre avec un avantage économique évident, d’où il ressort clairement qu’il y a intérêt à étendre le plus possible l’application de l’énergie électrique aux divers travaux agricoles.
- Concluons : nous voyons en nous basant sur des résultats effectifs que le cultivateur de terres suffisamment étendues, à proximité d’un réseau de distribution électrique, a intérêt à employer l’énergie électrique au labourage et que cet intérêt peut devenir plus grand en en étendant l’application à d’autres travaux, puisque, de cetté façon, les dépenses unitaires fixes et variables de la ferme se trouvent réduites.
- (L'Industriel Electrica, janvier 1914.)
- Innovations dans la construction des ascenseurs électriques. — W. Pold
- Les ascenseurs hydrauliques présentent cet inconvénient que leur consommation cl’eau sous pression est toujours maximum et indépendante de>la charge; la consommation d’énergie des ascenseurs électriques, au contraire, est proportionnelle à la charge utile. En ces dix dernières années, les ascenseurs électriques ont fait un progrès extraordinaire. Autrefois, on employait généralement la commande par câble qui nécessitait un préposé spécial à la manœuvre de l’ascenseur; ce n’est qu’après l’invention dé la commande électrique par bouton de pression que l’emploi des ascenseurs par tout le monde est devenu possible sans avoir recours à iin eip-
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- 28 Février 1914. LA LUMIÈRE
- ployé spécial. Rappelons, en quelques mots, le j principe de cette distribution.
- Dans la cabine sont disposés autant de boutons qu’il y a d’étages à desservir. A chaque étage se trouve également un bouton dit appel. La figure i donne le schéma complet de la distribution d’un ascenseur de ce genre. Le courant de commande, en partant du fusible, passe par tous les contacts de porte T|, T2, T3, qui, en cas d’ouverture de la porte, interrompent le courant et empêchent le mouvement de l’ascenseur. De là, le circuit passe par le contact de sûreté A et par les boutons de pression Dt, D2, D3. Si l’on appuie, par èxemple, sur D,, le courant passe par le contact S( de l’étage correspondant qui, par les contacts F, et U,, excite la bobine U, du relais de commutation et par le contact de verrouillage K2 le courant passe dans le second fusible.
- L’excitation du relais Fi ferme un circuit parallèle à A-Dj en sorte que lorsqu’on cesse d’appuyer sur Dj le courant continue à passer. L’appareil de manœuvre se compose d’un disque portant deux segments en laiton et deux pièces .isolantes J. Ce disque est relié à l’arbre du treuil de façon telle que, pour la course maximum, le disque ne fasse qu’un demi-tour. Suivant la position de la cabine, le contact Fi est donc relié à Ui ou Ua (montée ou descente).
- L’électro Ui (relais de commutation) embraye le treuil dans le sens de rotation convenable ; en même temps, l’électro du frein et le démarreur sont actionnés. Ce dernier ouvre le contact de sûreté A. Le contact de verrouillage K, est également soulevé par U, et empêche le passage du courant dans l’électro U2 tant que U2 est excité. Le mouvement du treuil se continue jusqu’à ce que la pièce isolante J du disque arrive sur le contact F,, ce qui interrompt le circuit et arrête le moteur.
- L’auteur décrit en particulier un ascenseur de l’Aufzüge und Râderfabrik Seebach, pour six personnes. Le treuil se trouve installé dans le sous-sol, pour permettre la bonne isolation de la fondation du mécanisme par rapport aux murs des bâtiments. Les câbles de la cabine sont dirigés directement dans la cage sans changement de direction ce qui est la disposition la plus avantageuse au point de vue de l'usure. Les guidages de l’ascenseur sont en tubes d’acier étirés ; ceux du contre-poids sont des fers à T.
- ÉLECTRIQUE *77
- Les principaux dispositifs de sûreté sont les suivants :
- i° Parachute. — Empêchant la chute de la cabine en cas de rupture du câble. Fréquemment, on dispose dans la cabine un régulateur qui bloque le parachute sur les guidages lorsque la vitesse de descente dépasse une certaine limite. Dans l’ascenseur décrit, il n’y a pas de régulateur, mais un dispositif à ressort de tension qui
- Lumière
- Cabine.
- Câble
- Treuil
- "Relais de renversement.
- Schéma des connexions d'un ascenseur.
- bloque le parachute en cas de rupture des deux câbles.
- i° Limiteur de vitesse. — Le moteur assure lui-même la limitation de vitesse, car les moteurs shunt à courant continu comme à courant triphasé débitent et font frein au delà d’une certaine vitesse. Pour les ascenseurs, on -emploie également des treuils à vis sans fin à freinage automatique.
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- 3° Dispositif empêchant VOuverture des portes de la cage, quand la cabine n’est pas à hauteur de la porte. Ce dispositif est constitué par un verrou actionné automatiquement par la cabine. Pour empêcher l’ouverture automatique de la porte par l’air comprimé pendant le mouvement de la cabine, ce qui arrive très fréquemment surtout avec les portes à deux battants, il existe dans l’ascenseur décrit un verrouillage automatique du loquet. Celui-ci fait tourner, ;un arbre qui ferme le contact de porte et est verrouillé par un levier spécial. La rotation du loquet n’est donc possible que si la cabine se trouve en face d’une porte.
- 4° Dispositif pour empêcher Varrêt prématuré de l'ascenseur. — Ce dispositif est constitué par l’interrupteur A (fig. i) relié de préférence au démarreur de façon telle qu’il ne ferme à nouveau le circuit du bouton de manœuvre qn’après remise en circuit de toutes les résistances de démarrage.
- 5° Limitation automatique de la course. — C’est-à-dire dispositif d’interruption du circuit principal lorsque l’ascenseur dépasse les arrêts terminus.
- Autrefois* beaucoup d’ascenseurs produisaient un bruit désagréable dû surtout au moteur. Il est facile d’éviter ce bruit avec suffisamment de précaution, mais il importe, à cet égard, d’isoler avec soin la fondation des machines pour éviter l’effet de résonance, surtout dans les cages fermées et dans les constructions en ciment
- Pour obtenir la douceur de démarrage et d’arrêt, la partie. du treuil tournant à grande vitesse est fréquemment pourvue de volants constitués par l’accouplement lui-même.
- Une innovatiçn importante consiste dans l’éclairage automatique de la cabine. A l’ouverture de la porte, qn contact ferme le circuit d’éclairage, mais pou*; ne pas que le courant soit interrompu à la fermeture de la porte, le fond de la cabine est mobile çn sorte qu’il tient fermé un second contact tant que la cabine est occupée. Par le même procédé, on peut, au moyen d’un certain nombre de lampes placées aux portes de la cage, indiquer si l’ascenseur est libre ou occupé; par un autre contact au fond de la cabine, on peut isoler les boutons d’appel des portes d’étages et empêcher un démarrage involontaire d’un autre étage. Un autre, contact-peut permettre de rappeler la cabine à un aujrè étage ou de là faire redescendre au rez-de-chaussée, même lorsque la porte de cette cabine n’est pas fermée. En ce dernier cas* il faut intercaler un relais de retard afin que la cabine, rappelée à un étage quelconque, ne puisse revenir immédiatement. Les constructeurs cités plus haut disposent tous ces contacts dans un seul coffret.
- Dans les ascenseurs à cage fermée, on emploie également des indicateurs d’étage commandés électriquemènt ou mécaniquement ; dans les indicateurs électriques, le numéro de l’étagè indiqué par l’allumage de petites lampes.
- {Schwèizerische Bauzeitung, iç)i3, n° 6i, et Elektrotechnische Zeitschrift, n° 5 1914.)
- arme.
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- BREVETS
- Perfectionnement apporté aux régulateurs électriques. — Société Alsacienne de Constructions mécaniques. — Brevet n° 46a 644. — Demandé lea6 novembre 191a. —Délivré le 27 novembre igi3. — Publié le 31 janvier 1914.
- La présente invention s’applique-aux régulateurs de tous types, dans lesquels l’un au moins des solénoïdes agissant sur la partie mobile qui commande le réglage doit être alimenté par un - courant alternatif.
- Lorsque la fréquence du courant alternatif est suffisamment élevée et que l’inertie de la partie mobile du régulateur n’est pas trop faible, il n’y a aucune difficulté à alimenter directement le régulateur par le courant alternatif. Il n’en est plus de même lorsque la fréquence est faible et descend, par exemple, à 10 ou 12 périodes; les déplacements de la partie mobile peuvent alors suivre les variations périodiques de l’attraction du solénoïde alimenté par le courant alternatif et tout réglage devient impossible.
- Le perfectionnement qui fait l’objet de l’invention permet de conserver au régulateur son fonctionnement normal, et régulier quelle que soit la fréquence du courant alternatif.
- Èn principe, l’invention consiste à faire agir sur la partie mobile, non plus un solénoïde alimenté directement par le courant alternatif donné, mais deux solénoïdes à actions additionnelles, alimentés par des courants diphasés obtenus en transformant, par tout moyen connu convenable, le courant donné. Les courants parcourant les deux solénoïdes seront, en effet, respectivement de la forme (I étant le courant maximum pendant la période)
- I sin tùt et
- I cos «1)t.
- Comme l’effort exercé par chacun des sole-noïdes est, dans les limites utiles, proportionnel au carré du courant qui le parcourt, l’effort total exercé par l’ensemble des deux solénoïdes sera :
- I2 (sin2 u)t -f- cos2 tùt) = I2, c’est-à-dire que cet effort ne dépendra que de la
- valeur du courant maximum pendant la période, et le fonctionnement du régulateur deviendra absolument indépendant de la fréquence.
- L’application de l’invention est immédiate si le courant alternatif dont on dispose est déjà diphasé; il n’y a qu’à alimenter les deux solénoïdes du régulateur respectivement par les deux phases du courant donné, après transformation de la tension si cela est nécessaire. Avec un courant triphasé, on. pourra utiliser, par
- R*
- Fig. 1.
- exemple, un montage Scott ou tout autre, qui permettra en général de modifier également la
- JL
- Fig. 2.
- tension. Enfin, avec un courant monophasé, on emploiera les transformateurs de phase connus, etc.
- Fig. 3.
- L’invention est applicable à tous les types de régulateurs comportant au moins un solénoïde agissant sur un mobile magnétique : genre Thury, Tirill, Routin, etc. Les deux bobines diphasées pourront être disposées dans chaque cas de la manière qui correspond le mieux à la construction ordinaire du régulateur. Les figures 1, 2 et 3 en donnent schématiquement des exemples de dispositions; dans toutes ces figures, la partie
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). 9.
- mobilç du régulateur a été simplement représentée par un fléau N oscillant autour de l’axe O et soumis d’une part à l’action des deux solénoïdes P' et P2 et d’autre part à l’action antagoniste du ressort Q.
- Dans la figure i, les deux solénoïdes sont placés dans le prolongement l’un de l’autre, de part et d’autre du fléau, et agissent respectivement sur les armatures magnétiques R1 et R2. Dans la figure i, les deux solénoïdes sont encore dans le prolongement l’un de l’autre, mais du même côté du fléau, et ils agissent sur le plongeur R. La figure 3. représente les deux solénoïdes en plan placés côte à côte d’un même côté du fléau et agissant respectivement sur les deux masses magnétiques R* et R2. > : •
- Fig. 4.
- L’invention reçoit une application particulièrement importante dans le cas où le régulateur doit être alimenté par une fréquence qui peut prendre des valeurs très différentes et en particulier qui peut devenir très faible, telle que par exemple la fréquence des courants rotoriques d’un moteur d’induction. Un exemple d’unel telle disposition est donné par la figure 3 du* brevet français demandé le 7 novembre 1912 par^ Ja Société Alsacienne de Constructions M,éca-1 niques pour perfectionnements aux installa-1 tions électriques de force motrice. La figure 4 représente l’application de l’invention à ce cas particulier, la signification des lettres étant la même que dans la figure 3 du brevet cité ci-dcs-sus.\Le régulateur G est alors soumis à l’action des deux solénoïdes P1 et P2 alimentés; respectivement, par l’intermédiaire des poten-i
- tiomètres M1 et M2 asservis au rhéostat F’, par les deux phases du courant obtenu en transformant les tensions triphasées aux bagues L, par le transformateur Scott S monté par exemple en auto-transformateur. Les transformateurs variables T permettent de faire varier à la main la valeur à laquelle est maintenue constante 'intensité du courant absorbé par le moteur B.
- RÉSUMÉ.
- La présente invention a pour objet un perfectionnement aux régulateurs électriques dans lesquels l’un au moins des solénoïdes, agissant sur la partie mobile qui commande le réglage, doit être alimenté par un courant alternatif. Le perfectionnement consiste à remplacer chacun des solénoïdes à courant alternatif par deux solénoïdes à actions additionnelles, alimentés par des courants diphasés obtenus en transformant par tout moyen connu les courants alternatifs donnés, de telle manière que le bon fonctionnement du régulateur est rendu indépendant de la fréquence de ces courants alternatifs.
- Accouplement électrique. — J. L. Routin. — Brevet n° 462 460. — Demandé le aa novembre 1912. — Délivré le 24 novembre 1913.— Publié le 28 janvier 1914.
- L’objet de l’invention est de pouvoir communiquer à plusieurs organes récepteurs des mouvements simultanés et d’égale amplitude.
- Elle est applicable en particulier à la commande des hausses des pièces d’artillerie et à la commande des projecteurs.
- Fig. i.
- Le dessin annexé au présent mémoire rèpré-
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- sente schématiquement l’ensemble du dispositif pour le cas où le nombre des organes récepteurs qui peut être quelconque est réduit à trois.
- Chaque récepteur comporte un convertisseur comprenant un inducteur i et un induit portant un bobinage à courant continu 2 et un bobinage à courant polyphasé 3 entièrement distinct de 2.
- Les inducteurs i sont reliés en parallèle et constamment excités par une génératrice à cou -rant continu 4.
- Les balais qui correspondent aux bobinages a sont connectés en parallèle et reliés à un inverseur 5 qui constitue le poste transmetteur.
- Les balais qui correspondent aux bobinages 3 sont reliés en parallèle.
- 6 est une résistance intercalée dans le circuit qui alimente les inducteurs 1 et qui peut être shuntée automatiquement en lançant un courant dans l’électro 7.
- 8 est une résistance placée dans le circuit des bobinages a.
- Le fonctionnement s’explique comme suit :
- Lorsqu’on lance le courant de 4 dans les bobinages a en agissant sur l’inverseur 5, tous les induits sont mis en mouvement simultanément et pendant le même temps. Si tous les récepteurs pouvaient être rigoureusement identiques dans leur construction et si les couples résistants étaient exactement les mêmes, il est évident que tous les organes récepteurs recevraient comme on le désire des mouvements simultanés et d’égale amplitude : ce n’est toutefois là qu’un cas théorique, car on aura toujours en pratique à compter pour le moins avec des différences sur les couples résistants qui tendraient à faire prendre aux moteurs des vitesses inégales si les réactions des courants engendrés dans les bobinages 3 n’intervenaient pas pour maintenir le synchronisme.
- Le mode d’action de ces bobinages est très facile à comprendre. Tant que les induits ont des vitesses égales, aucun courant ne les traverse,
- car les forces électromotrices induites dans chacun d’eux sont alors égales. Mais tout décalage d’un des rotors par rapport aux autres provoque immédiatement l’apparition dans les bobinages 3 de courants très énergiques qui tendent à ramener les induits au synchronisme.
- Lorsqu’on agit sur les leviers de 5, avant de lancer le courant dans les bobinages 2, on provoque la mise en action de 7 et le brusque renforcement du champ des inducteurs 1 par suite du shuntage de la résistance 6. Ce renforcement du champ magnétique assure un couple de démarrage énergique et évite les décrochages qui pourraient se produire dans le cas d’un démarrage lent. Il est d’ailleurs sans inconvénient pour la conservation des bobinages 1, car, dans toutes les applications, le fonctionnement du dispositif est intermittent et comporte des périodes d’arrêt beaucoup plus longues que les périodes d’activité. Ainsique le montre le schéma lorsqu’on cesse d’agir sur les leviers de 5, les récepteurs se trouvent freinés par la mise en court-circuit des bobinages 2.
- Il est indispensable de placer tous les induits dans des positions homologués par rapport à leurs inducteurs respectifs avant d’agir sur 5.
- niîsimii
- L’invention consiste en un dispositif permettant de communiquer à plusieurs organes récepteurs des mouvements simultanés et d’égale amplitude. Chaque poste est, à cet effet, constitué par un convertisseur comprenant un inducteur constamment excité et un induit portant deux bobinages distincts, l’un pour courant continu et l’autre pour courant polyphasé. Tous les bobinages continus sont reliés entre eux en parallèle, il en est de même pour tous les bobinages polyphasés. Le poste transmetteur comprend un inverseur commandant tous les bobinages d’induit à coui’ant continu avec dispositif de freinage automatique à l’arrêt.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV(2e Série). —N° 8.
- NOTES INDUSTRIELLES
- L'Electricité dans les fabriques de caoutchouc.
- Bien que les fabriques de caoutchouc aient besoin de vapeur en diverses quantités, on a, dans bien des cas, eu d’excellents résultats en employant l'énergie des centrales. Dans bien d’autres cas l’électricité n’est que partiellement employée, mais son emploi est très intéressant comme secours en cas d’avarie aux machines de rusine(1).
- Il ne faut pas perdre de vue, en étudiant les applications de l’électricité aux fabriques de caoutchouc, que cette industrie se présente sous différentes formes suivant que l'on traite la matière première pour en extraire le caoutchouc, que l’on raffine ce produit pour en fabriquer différents objets tels que des câbles, des tubes et autres... ou encore que Ion fasse la récupération du caoutchouc, c’est-à-dire qu’on traite des objets hors d’usage pour en extraire ce qui reste de caoutchouc.
- Bien que la plupart des procédés employés dans ces différents cas soient communs, il y a certaines conditions spéciales à chaque fabrication qui doivent être étudiées à part pour l’installation d’un moteur.
- Etant donnés les besoins de vapeur des fabriques de caoutchouc, l’économie résultant de l’emploi de l’électricité comme force motrice commence seulement à cire reconnue dans les manufactures de caoutchouc. Tandis que dans un nombre sans cesse croissant d’usines on remplace certaines transmissions qui absorbent de la force par des moteurs électriques, ces memes compagnies manifestent une certaine hésitation à pousser plus loin l’électriffcation. La situation est analogue à celle qui se présente dans les sucreries, manufactures de produits chimiques, blanchisseries ou papeteries, dans lesquelles, bien que les besoins de vapeur subsistent toujours, la supériorité de l’énergie fournie par les stations centrales est démontrée.
- Dans le cas de certaines très grandes fabriques de caoutchouc, il a été parfois prouvé que, sous le rapport du seul prix de revient, l’énergie fournie par le réseau de distribution ne peut lutter avec succès contre les installations de force motrice existantes. Cependant, même dans ce cas, la Société de distribution ne doit pas renoncer à les desservir, mais tout son effort doit se porter sur une fourniture partielle pour certains services déterminés ou certains jours de la semaine, par exemple, en dehors des heures de travail normal, ou bien pour la commande de certaines machines supplémentaires dont le développement de l’affaire peut demander de temps à autre la mise en marche.
- (*) Electrical Review du 3i janvier 1914*
- L’emploi de l’électricité peut ainsi beaucoup se généraliser si, en échange de la facilité procurée, le rés?au n’impose pas des conditions trop dures.
- Toutefois, ce qui est bien plus important que le gain réalisé immédiatement, c'est la possibilité pour le secteur, dans le cas fréquent d’avaries aux machines de l’usine, de démontrer d’une façon irréfutable que le prix du courant est secondaire en comparaison de la nécessité d’assurer le service. > ' ? ,
- Fig. f. — Vue generale de machines commandées électriquement dans une fabrique de caoutchouc de Chicago.
- Les manufactures de caoutchouc en général mettent plus ou moins de bonne volonté à laisser connaître la force motrice nécessitée par les diverses machines qu’elles emploient et d’ailleurs les procédés de fabrication sont tenus extrêmement secrets. De ce fait, il est bien difficile d’avoir des renseignements précis sur la puissance et la caractéristique des moteurs employés; d’ailleurs, il serait peu intéressant d’avoir des détails particuliers à cause de la grande spécialisation dès machines employées. Cependant nous avons extrait d’une communication récente de M. Rclsey à l’Institut. Américain des Ingénieurs Electriciens (*) certains renseignements qui peuvent s’appliquer d’une façon générale à toutes les fabriques de caoutchouc et qui concernent principalement les machines qui travaillent le caoutchouc brut et le rendent utilisable pour la fabrication de différents articles.
- La matière brute arrive à la manufacture sous forme de boutes ou biscuits d’environ 3o centimètres de diamètre. Après que ces biscuits ont été coupés en morceaux
- I1) Electrieal Review & Western Electrician*
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- et amollis dans un bain d'eau chaude, ils passent dans une calendre contenant deux ou trois rouleaux entre lesquels passe le caoutchouc qui est broyé et en sort sous forme d’une feuille. L’eau qui passe abondamment dans cette meule entraîne toutes les impuretés qu’il contient.
- Ces calendres tournent à une vitesse de 20 à a5 tours par minute. Là charge est très irrégulière et dépend de I l quantité de matière dont on l’alimente.
- Fig. 2. — Commande électrique d’une calendre.
- Un laveur à trois rouleaux à alimentation continue nécessite une moyenne de 25 à 3o chevaux avec des poiutes de 100 chevaux.
- La feuille brute passe ensuite entre une série de cylindres dont elle sort en feuille mince ou « crêpe ».
- Ces cylindres tournent à une vitesse constante d’environ 26 tours par minute. La charge est presque uniforme. La puissance nécessaire est, en moyenne, de 20 à 25 chevaux et peut atteindre 5o chevaux, quand la feuille repasse entre les cylindres en double épaisseur.
- Après que la crêpe a été déshydratée dans une chambre de séchage où elle est suspendue au plafond ou bien par le vide, le caoutchouc est prêt à la masticaLionetJàl’assi-milalion de différents ingrédients qui doit l’amener à sa composition définitive.
- La crêpe, une fois séchée, doit subir une mastication qui la rende homogène avant d’y mêler d’autres éléments.
- Ceci est fait plus économiquement dans une petite meule que dans une meule à mélange. La puissance demandée au commencement de l’opération est supérieure à celle qui est nécessaire à la fin.
- On estime que dans une meule de i,25, la puissance moyenne demandée est de 37 chevaux et la puissance maximum 74 chevaux, tandis qu’une meule de i,5o demande 90 chevaux moyens et i,5o maximum.
- Le caoutchouc n’est jamais utilisé dans les manufactures de caoutchouc à l’état pur sans lui additionner une autre substance. On emploie différentes substances suivant l’usage auquel on le destine et les caractéristiques
- exigées : celles-ci ne sont additionnées au caoutchouc que lorsque celui-ci a été travaillé à fond et chauffé. La puissance de la meule nécessaire varie suivant le degré d’élasticité finalement exigée.
- La vitesse d- s mélangeurs est de 20 à 25 tours par minute. Une meule de 1 mètre demande environ 20 chevaux en moyenne et 4° chevaux maximum pour une composition assez douce et 25 chevaux moyenne et 55 maximum avec un produit plus dur, tandis qu’avec
- Fig. 3. — Commande électrique d’un mélangeur.
- une meule de i,5o, il faudrait 55 chevaux moyens ét 120 chevaux maximum.
- Dans quelques installations, la composition, après être sortie dos mélangeurs, est passée dans des cylindres qui la laminent dans l’eau et la réduisent à une faible épaisseur.
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- Fig. 4. — Commande électrique d un laminoir.
- Ceci a pour résultat d’expulser les dernières impuretés; la température de la masse s’élève en même temps, mais doit rester inférieure à une température déterminée.
- On peut régler la température finale par la variation de la vitesse; aussi est-il nécessaire d’avoir uu moteur
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- à vitesse variable. Une variation de vitesse de i à 2 est suffisante. Toute l'opération demande 25 chevaux.
- A la sortie du laminoir, la pâte traverse des cylindres très serrés qui lui donnent une épaisseur d’environ un dixième de millimètre par plusieurs passages successifs. Elle est alors prête à être chauffée.
- Ces cylindres tournent à une vitesse constante et charge constante. La puissance demandée ne dépasse pas ?5 chevaux.
- La pâte est chauffée dans des meules analogues aux mélangeurs sauf qu’elles contiennent de la vapeur. La puissance est à peu près équivalente.
- Lorsque le caoutchouc doit être livré sous forme tubulaire ou de bagues, la pâte est forcée à travers des tubes.
- Le plus généralement, le caoutchouc est livré en feuilles. 11 passe alors entre une série de deux ou quatre cylindres superposés d’une surface très unie et dont la distance est réglable avec précision. Ceux-ci sont plongés dans l'eau ou la vapeur pour amener le caoutchouc à la température. désirée.
- La puissance nécessaire pour commander ces cylindres varie dans de larges limites, de même la vitesse suivant les résultats qu'on veut obtenir. Aussi le moteur doit-il être assez calculé pour satisfaire à ces diverses conditions.
- D’après diverses expériences, un lamineur composé de trois cylindres de 45 centimètres de diamètre et 1 mètre „ de long tournant à une vitesse de 11 mètres environ à la minute demande en moyenne 20 chevaux.
- Avec un diamètre de 60 centimètres et 1 m. 25 de long à une vitesse d’environ 10 mètres, il demande en moyenne 35 chevaux.
- En tenant compte des puissances et des vitesses demandées par les différentes machines, on voit que les meules travaillant et mélangeant la pâte ont des surcharges importantes mais peu de durée. On peut réduire la variation de charge totale en groupant toutes ces meules et en les commandant par un seul moteur.
- Au lieu d’avoir des pointes de puissances s’élevant â 200 % de la puissance moyenne, on a reconnu que celles-ci peuvent être réduites à i5o % en commandant par un seul moteur un groupe de six meules pour mastication, mélange et chauffage de la pâte.
- Avec la commande individuelle, le moteur à courant alternatif triphasé, rotor à cage d’écureuil, est celui ‘qui
- suppose le mieux les surcharges élevées. On peut installer des moteurs synchrones qui améliorent le facteur de puissance de l’ensemble. Les meules sont généralement munies d’un embrayage qui permet de faire démarrer le moteur synchrone â vide. Le choix entre les moteurs à cage d’écureuil ou à rotor bobiné dépend de conditions locales.
- On utilise parfois le moteur à courant continu lorsque cette forme de courant est fournie, mais ils sont plus coûteux et supportent moins bien les surcharges.
- Les cylindres, nous l’avons vil, demandent une variation conlinue de la vitesse de 1 à 4. Généralement on la réalise avec un moteur à courant continu. Parmi les méthodes employées, citons celles à voltage multiple et à voltage variable.
- Le moteur a une excitation constante et on fournit à l’induit un courant à voltage variable, ce qu’ôn obtient au moyen d’une série de génératrices à voltage différent ou par un survolteur.
- Une autre méthode consiste dans une alimentation de l’induit un double voltage par une distribution à 3 fils, combinée à une variation du champ au moyen d’un rhéostat de champ.
- La première méthode donne une plus grande gamme de vitesses, mais elle est coûteuse à cause du nombre de machines nécessaires.
- La deuxième méthode donne un moins grand nombre de vitesse, mais elle est plus économique, surtout pour commander un grand nombre de meules.
- On peut obtenir une plus grande gamme de vitesses avec des moteurs à courant continu avec piles de commutation avec un voltagé constant dans l’induit et un champ variable. Cette dernière méthode est la plus simple de toutes. Le moteur doit être plus puissant, mais aussi plus robuste, la commande est extrêmement simple et peut être même entièrement automatique demandant un minimum d’attention et de soins du conducteur.
- La machine qui donne* la forme de tubes à la pâte demande aussi du courant continu et l’on emploiera le mode de réglage décrit en dernier.
- Comme les meules absorbent la plus grande partie de l’énergie, on choisira généralement le courant alternatif. Il faudra donc, pour fournir le courant nécessaire, un groupe convertisseur; on prendra de préférence un moteur synchrone pour améliorer le facteur de puissance.
- J. S.
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- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- Les propositions dont nous avons parlé dans notre dernière chronique au sujet des obligations à revenu variable de la Compagnie Générale de Traction ont été soumises à l’approbation des obligataires le 19 courant. Rectifions deux erreurs qui s’étaient glissées dans notre texte : en dehors d’une obligation de roo francs à revenu fixe et d’un sixième d’action Exploitations Electriques, c’est un douzième d’uné obligation 5 % qui est remis aux obligations et non une demi-obligation ; le revenu de ces trois titres est de 7 fr. 5o et non de 7 fr. o5. Enfin il sera remis en plus une part bénéficiaire donnant droit à 1 148 840-de la portion du dividende dépassant 2 % qui sera distribué sur les 27 000 actions de priorité de la Compagnie des Tramways de l’Ouest-Parisien et devant être attribuées à la Compagnie Générale de Traction en vertu des conventions de réorganisation dudit réseau. Si la Compagnie de Traction ne recevait pas ces actions, les bénéficiaires auraient sur les revenus de la créance actuelle de 5 573 848 fr. 11 qué possède la Compagnie de Traction sur l’Ouest-Parisien, et éventuellement sur le produit de son aliénation, des droits analogues à ceux qui leur sont reconnus sur les 27 000 actions précitées.
- Quelques obligataires n’ont pas accepté sans protester ces propositions qui ont cependant l’avantage de substituer une situation certaine à une situation précaire. Le vote des propositions entraînait ipso facto le désistement des instances et actions pendantes contre la Compagnie, et la dissolution du Syndicat. Il fut acquis à l’unanimité moins 3oo voix d’obligataires absents et quelques abstentions. Le Conseil se préoccupera d’obtenir l’adhésion des absents et la modification se fera.
- Les Tramways de Cambrai et de Saint-Quentin n’ont réalisé au cours du dernier exercice que 47 7^5 fr. 81 de bénéfices nets. Les recettes d’exploitation pour les deux villes se sont élevées à 476 275 fr. 10, mais les dépenses ont atteint 332 447 fr. 44, ce qui fait ressortir un coefficient d’exploitation de 70 % , assez supérieur à celui qui est obtenu dans des exploitations analogues.
- Le solde disponible ne permettant de distribuer aux 18000 actions de 100 francs l’intérêt statutaire
- de 4 %, une somme de 20 000 francs a été portée au compte d’amortissement du capital. Le compte renouvellements et grosses réparations a été doté de 27 893 francs. La gestion des exploitations des Tramways de Cambrai et de Saint Quentin est faite parla Compagnie Générale Française de Tramways. Le mieux qu’on en puisse dire c’est que, malgré une situation difficile, elle n’est pas déficitaire. Etant données les charges des emprunts, qui s’élèvent pour l’exercice écoulé à près de 100 000 francs, les exigences du personnel dont il faut améliorer les conditions du salaire et de la retraite, et la faible progression du trafic, on n’entrevoit guère le moment où les actions toucheront un dividende : elles peuvent espérer le remboursement soit par voie de rachat soit par voie d’amortissement ainsi que le fait prévoir la mesure prise par l’assemblée sur la proposition du Conseil.
- Les Tramways Electriques et Omnibus de Bordeaux, en réalisant, en 1913, 6 63o 760 fr. i5 de recettes contre 4 446 i65 fr. 91 de dépenses, soit un coefficient d’exploitation de 67 %, se trouvent au contraire dans une situation satisfaisante qui leur permet de distribuer 12 fr. 5o à chaque action. Le fonds d’amortissement du capital sera doté de 118 612 fr. jo, somme un peu supérieure à celle de l’an dernier.
- L’importation des charbons étrangers vient de donner lieu à un incident, qui n’a d’ailleurs pas modifié la mesure prise par le ministre des Travaux Publics. A la suite des gelées de janvier et de février, beaucoup d’industries de la région du Centre se sont trouvées- dans une situation très précaire et sur le point de jmanquer de qombus-tible. La Compagnie P.-L.-M. a été alors invitée à demander l’autorisation d’appliquer provisoirement un tarif spécial aux transports de charbons étrangers. Le Comité des Houillères a cru devoir demander des explications sur cette mesure : il lui a été répondu qu’elle avait été prise en vue d’éviter le chômage de nombreuses usines. Evidemment, la pénurie de la main-d’œuvre dans tous nos charbonnages en est la cause initiale, puisTencombre-ment de nos voies ferrées et la difficulté de nos Com--
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- pagnies de chemins de fer à répondre aux demandes de la clientèle. Mais il ne faut pas oublier que grâce aux menaces de grève e.t à la diminution des heures de travail, notre production nationale a baissé pour un seul semestre de plus de 700000 tonnes. Voilà une des conséquences de ces lois votées sans aucune considération des faits économiques, qui n’avait certainement pas été prévue par les promoteurs des huit heures de présence au fond de la mine. Dans de pareilles conditions, le prix du charbon n'a pas de tendance à diminuer non plus que le prix de la vie.
- En Belgique, pour essayer de remédier aux mêmes inconvénients, on a immobilisé en 1913 de 5o à 60 millions en perfectionnement du matériel et de l’outillage. Mais il parait que les essais des haveuses électriques ,ou à l’air comprimé ont été peu satisfaisants en raison de l’irrégularité des courbes étant comme épaisseur que comme inclinaison. Les marteaux perforateurs, mus par l’air comprimé provenant de petits compresseurs électriques, ont seuls donnés d’excellents résultats. Nos houillères pourraient s’inspirer de ces idées pour transformer leurs moyens d’extraction au front de taille et suppléer ainsi au manque de main-d’œuvre. En France d’ailleurs, ,et notamment dans les bassins du centre, les conditions des exploitations sont plus favorables qu’en Belgique pour l’application des moyens mécaniques.
- . Nos constructeurs électriciens devraient de leur côté exécuter de pareils modèles de compresseurs et de haveuses qui trouveraient un écoulement facile.
- L’assemblée extraordinaire des actionnaires des Chargeurs Réunis, du 19 février, a voté l’augmentation ducapitalqui pourra être porté de 12 5oo 000 fr. à 26 millions. Les fonds provenant des émissions successives sont destinés à couvrir les dépenses entraînées par l’acquisition de quatre navires d’un nouveau type qui permettront de doubler les services delà Compignie sur l’Amérique du Sud. Ainsi, à partir de janvier 1915, quatre départs par mois seront assurés du Havre dont deux à service lent et deux à service accéléré. Ces améliorations sont bonnes à noter po,ur le trafic de nos exportations.
- Les pays de l’Amérique du Sud constituent encore à l’heure actuelle et avant que les Etats-Unis leur aient.appliqué leur doctrine de Monroë un débouché
- imporlant pour les marchandises françaises qui y sont appréciées. Les dispositions prises parles Chargeurs Réunis nous permettront.de lutter contre la concurrence allemande soit pour le transport que nous allons chercher aujourd’hui à Anvers, soit pour l’importation qui se fait naturellement quand les relations sont directes. Nos Compagnies de navigation réalisent depuis quelques années un effort dont il faut leur savoir gré et qui produira d’heureux effets sur notre commerce extérieur : il faut d’ailleurs qu’elles s’organisent pour la date d’ouverture du Canal de Panama, de peur que nos concurrents étrangers ne canalisent à leur profit tout le trafic.
- La construction des quatre unités prévues par le Conseil des Chargeurs Réunis est déjà commencée ; elle peut donner lieu, pour les aménagements intérieurs des navires et pour l’outillage de manutention, . à d’importantes fournitures de matériel électrique.
- Au cours de l’assemblée, le président, sans en \ prendre l’engagement, a fait entrevoir que les résul-i tjits de l’exercice en cours permettraient probable-! ment de maintenir le dividende de l’exercice écoulé, j L;* proposition d’augmentation du capital a donné I liep aune discussion intéressante sur l’opportunité | de ja réaliser par émission d’actions ou par.émission 1 d’obligations. C’est la première manière qui a été ; préférée : on ne saurait nier ses avantages pour la Compagnie; mais les anciens actionnaires pouvaient ; paraître la critiquer légitimement parce que les nou-1 veaux actionnaires bénéficieraient des réserves accumulées dans les années antérieures aux dépens du i dividendé.
- La Société Centrale pour l'Industrie Electrique déclare un bénéfice net’ de 83* 7-4!» francs contre 790625 francs pour 1912. Le solde bénéficiaire,y compris le report de l’exercice précédent qui est de ; 957301 francs, permet de répartir un dividende de j 6 96 au capital versé, soit 18 fr. 75 par action au lieu de i5 francs l’an dernier.
- i
- La Société pour l’Eclairage Electrique de 1886 à i Saint-Pétersbourg vient de voter l’augmentation,de , son capital par la création de 10 millions de roubles d’actions ordinaires, et l’autorisation pour le Con-j seil d’émettre pour 10 millions de roubles d’obliga-• tions. T. R.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- ÉCLAIRAGE ET FORCE MOTRICE
- Ain. — Les habitants des communes de Briord> Montagnieu, Serrières-de-Briord, et les hameaux du Bayard, Quirieu, ont étéinformés qu’une Société installerait l’éclairage électrique moyennant la production de 6oo lampes. M. Louis Grobon, à Briord, est chargé de recueillir les adhésions.
- Algérie. — Le conseil municipal de Mostaganem a accepté le projet de prorogation du contrat du gaz et a décidé que la question de l’éclairage électrique ferait l’objet d’une étude particulière.
- Ardèche. — Le conseil municipal do Saint-Félicien s’est occupé de l'éclairage électrique. M. Rémy Delhomme a été désigné par le conseil pour s’occuper du projet. M. Menut étant chargé de l’éclairage électrique de Saint-Agrève, fournirait également Saint-Félicien et Lalouvesc.
- Calvados. — Il est question d’utiliser les chutes d’eau en amont du pont du Coudray, afin de fournir l’énergie électrique suffisante pour distribuer l’éclairage et même la force motrice dans plusieurs communes, sur les deux routes de l’Orne : d’un côté Maizet, Sainte-Hôriorine-du-Fay, Yaux, Maltot, Geuguerolles, Amayé ; de l’autre, Clinchamps, Mutrécy, Saint-Laurent-de-Goudel, Bouloy. Des autorisations ont été demandées et une société serait sur le point de se constituer. L’usine principale serait installée à l’ancien moulin de Buquef.
- Charente. — Une enquête est ouverte à Cognac et aux mairies de Bourg-Charente et d'Angoulême, sur les demandes et l’avant-projet présentés par M. Charrat, en vue d’obtenir la concession d’une force motrice hydraulique à emprunter à la chute de Bourg-Charente, située sur la Charente navigable, dans la commune de Bourg-Charente pour la production d'énergie électrique.
- Corrèze. :— Sur la proposition du maire, le conseil municipal de Chambernet, vu les résultats de l’enquête à laquelle a été soumise la demande de concession présentée par M. Marcellin Bret, a donné un avis favorable à ce projet, qui devra comprendre le monopole pour l’éclairage. Il autorise en outre le maire à signer le cahier des charges. 1
- Corrèze. — Le conseil municipal de Voutezac a nommé une commission municipale pour examiner les propositions de M. Laborie, de Ceynac, relatives à l’éclairage électrique.
- Côte-d’Or. — Des pourparlers sont engagés ent^e M. Edmond Coignet, concessionnaire des chemins de fer électriques de l’Yonne, et le conseil municipal de Jours, en vue d’établir dans la commune la lumière électrique et la force motrice.
- Drôme. — Le conseil municipal de La Chapelle-en-Vercors a décidé de poursuivre l’élude du cahier des charges qui lui a été soumis par la Société Hydro-Electrique de la llaute-Bourne.
- Eure. — On annonce la formation d’un secteur électrique qui pourrait comprendre les communes de la vallée de l’Eure de Garennes à Acquigny), plateau de Bréval (entre la Seine et l’Eure), plateau de Vernon (entre la Seine et l’Eure), plateau dé Saint-André (tout le plateau), environ iy5 communes.
- Eure-et-Loir. — Le conseil municipal de Chàteau-dun a nommé une commission chargée d’étudier un projet d’établissement de l’électricité avec la Compagnie Française de Chauffage et d'Eclairage par le gaz.
- Gers. — Comme suite à une demande de la Société Pyrénéenne d'Electricité, le conseil municipal d’Auch a décidé de faire à cette Société les propositions suivantes: la commune avancera les fonds nécessaires pour l’établissement du réseau de distribution de lumière et de force ainsi que du poste de transformation, soit 20 000 fr., somme réclamée par la Société. Cette somme sera consentie à condition que l’emploi en soit justifié par les devis et cahier, des charges annexés au dossier. Quant aux r 000 francs réclamés pour la dérivation Homps-Monlfort, le conseil estime que cette avance doit être faite par la Société. C’est d’ailleurs ce qu’avait laissé entrevoir le représentant qui vint à Montfort en disant que le courant serait amené par la Société à l’entrée de la ville si la municipalité consentait à fournir la somme nécessaire à l’établissement du réseau de distribution.
- La dérivation pourrait, d'ailleurs, être évitée en amenant le courant de Saint-Clar à Montfort par Tourne-coupe et Bivès.
- En retour de cette avance, la Société Pyrénéenne fournira gratuitement l’éclairage public qui comprendra
- lampes de 5o bougies.
- Italie. — Un décret royal, en date du 8 janvier, a approuvé un règlement relatif à la transmission à distance et à la distribution pour des usages industriels de l’énergie électrique en Tripolitaine et en Cyrénaïque.
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- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Société Française Radio-Electrique,
- io, rue Auber, Paris.
- Détecteur cathodique ou valve système Holweck.
- Societa Itaiiana di Elettrochimica, Rome. Impianto Pescara a° Salto.
- Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l'Est, Jeumont.
- Bulletin, février 1914. — Installation de signalisation électrique du Puits « Sainte-Henriette » des Charbonnages du Hois communal, à Fleurus.
- SOCIÉTÉS
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de Paris.
- Les recettes de la deuxième décade de février se sont élevées à 1 649 356 francs, en augmentation de 56 108 fr. sur celles de la période correspondante de igi3. Depuis le 1" janvier l’augmentation de la recette se monte à 366 3a8 francs.
- Société Electrique du Sarladais. — Le 7 mars 68, rue Michel-Ange, à Paris.
- Société Ver8aillalse de Tramways Electriques et de Distribution d’Energie. — Le 14 mars, 10, rue de Londres, à Paris.
- Compagnie Générale Parisienne des Tramways.—
- Le 18 mars, 7, rue de Madrid, à Paris.
- Compagnie des Chemins de fer de l'Est, -r- Le 20 mars, 84, rue de Grenelle, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le i®r mars, àlamairiede Théziers (Gard), extension de la canalisation de distribution d'eau avec l'établissement d’un moteur électrique et d’une pompe. Montant": 18.225 francs. Cautionnement : goo francs.
- Renseignements à la mairie.
- BELGIQUE
- Le 3 mars, à 10 heures à l’administration communale, 3o, rue de la Ruche, à Schaerbeek-lez-Bruxelles, fourniture du matériel et des accessoires pour l’exécution des raccordements particuliers (tubes en fer plombé, fil de
- Omnium Lyonnais de Chemins de fer et Tramways.
- Tableau comparatif des recettes :
- SEMAINE DU 8 FÉVRIER DU Ior JANVIER
- AU I/f FÉVRIER AU 14 FÉVRIER
- Ml •— - POURCENTAGE
- I9'4 1913 19U 1913
- Cannes 12 648 3o 14 120 5o 76 386 35 80 o5o 60 0 g5g
- F ontainebleau 2 370 ÎO 2 s 21 4o i5 832 3o 14 816 35 1 077
- Bourges . 3 6o3 35 3 i33 i5 22 245 65 22 gi3 » 0 970
- Poitiers 3 4q5 55 3 o85 80 19 977 60 21 142 60 0 944
- Troyes 5 233 85 4 678 3o 3a 35g 85 32 799 i5 0 986
- Pau 4 63g 70 4 56a 76 i7 782 20 2g 3o3 45 0 946
- Cette 2 5a3 70 2 465 90 i5 222 80 i5 583 25 0 976
- Armentières 1 354 28 1 246 35 g 221 38 9 689 70 0 g51
- Totaux 36 068 83 35 514 i5 219 478 88 226 298 10 0 969
- Avignon : 3 600 90 3 553 35 21 223 20 25 297 80 0 838
- Saint-Etienne-Firminy 40 080 4° 37 496 85 243 825 25 249 843 ;5 0 976
- CONSTITUTIONS
- Société Electrique de Samois-sur-Seine. — Objet :
- éclairage électrique et force motrice. — Durée : 40 années.— Capital: 100(000 francs, divisé en 900 actions de loo francs à souscrire et 100 actions d’apport au fondateur.— Siège social : Samois-sur-Seine.— Fondateur: Omnium Français d’Electricité, 157, boulevard Pereice, Paris.
- CONVOCATIONS
- Compagnie Française des Tramways Electriques êt Omnibus de Bordeaux — Le 5 mars, 19, rue Blanche, à Paris.
- cuivre, isolateurs etc.) pour le service de l’électricité.
- Le 20 mars, à- 10 heures, à l’administration communale, 3o, rue de la Ruche, à Schaerbeek-lez-Bruxelles, ! fourniture en 1914 des boîtes d’abonnés et des protège-câbles nécessaires au service de l’électricité.
- GRANDE-BRETAGNE
- Jusqu’au 21 avril, à i5 heures, le M. Deputy Postmaster général, à Melbourne, recevra les soumissions pour la fourniture de 123 commutateurs téléphoniques. Cahier des charges (texte anglais) à consulter au Musée commer-{ cial à Bruxelles.
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- Pan»; — nmoani levé, 17, rue camette.
- Le Gérant : J.-B. Nouet
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- Trente-sixième année. SAMEDI 7'MARS 1914. Tome XXV (2« série). - N« 10
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- L.r CAHEN. — Applications d iverses de formules générales de la transmission des courants électriques sinusoïdaux............. 289
- H. P. — Les automotrices pétroléo-électri-
- ques des chemins de fer suédois.......... 298
- P. BOUCAULT. — Les poursuites judiciaires
- en cas d'arrêté de retrait................ 3oi
- Publications techniques
- Construction et essais de machines
- Le réseau à i5oôoo volts de Big Greek....... 3o4
- La production de l’électricité par récupération de calories perdues .................. 3o5
- Eclairage
- La lampe en quartz à vapeur de mercure. —
- H. Beckeii................................ 3o6
- Un turbo-généraleur d’un kilowatt pour l'éclairage................................. 3o8
- ElectrO métallurgie
- L’acier moulé électrique................. 309
- Applications mécaniques
- Un nouveau système de halage funiculaire électrique des bateaux^ — Ed. Imbeàux.... 3i 1 Correspondance — Localisation des défauts d’isolement dans les câbles sous-marins. —
- Devaux Charbonnel.................. 3i3
- Bibliographie .1............. ............ 314
- Notes industrielles. — Méthode et appareils pour essais à haute tension des câbles et des réseaux souterrains de distribution d’électricité.... ....................... 3i5
- Etudes et Nouvelles Economiques........... 317
- Renseignements Commerciaux................. 3i8
- Adjudications............................. 320
- APPLICATIONS DIVERSES DE FORMULES GÉNÉRALES DE LA TRANSMISSION DES COURANTS ÉLECTRIQUES SINUSOÏDAUX
- La mesure des éléments caractéristiques des lignes téléphoniques prend de plus en plus d’importance pratique et a fait Vobjet de nombreuses communications. M. Devaux Charbonnel a montré ici même (*) comment la notion de coefficient d’affaiblissement et de caractéristique pouvait s'étendre aux ensembles complexes de lignes et d'appareils. °
- Dans le présent article, l'auteur résume et discute les différentes méthodes de mesure, cherche à rendre compte du degré de précision qui elles présentent dans différents cas, et indique divers procédés simples de calcul, de mesure ou de vérification qu'il estime de nature à faciliter la tâche des expérimentateurs.
- Dans un récent article publié ici même, M. Devaux Charbonnel a indiqué ou rappelé les formules générales permettant de calculer les valeurs que prennent le courant et la différence de potentiel à l’extrémité d’un ensemble de lignes même non uniformes en fonction des valeurs de ces mêmes grandeurs à l’autre extrémité.
- (*) Lumière Electrique du a4 janvier 1914» P- 97-
- Ces formules sont les suivantes :
- E0 = A'E + BI I0 = A"E + CE
- avec A'A" — BC = 1 (1)
- où àÜ, E0 sont les intensités du courant et la différence de potentiel à l’origine; I et E l’intensité et la différence de potentiel à l’extrémité (4).
- (•) 11 est nécessaire de se rappeler que E® !<), E et I sont des quantités vcctorièlléè. •
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- 2Ô0
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (28 Série). —N° 10.
- Il est commode de transformer ces équations delà façon suivante (').
- (' /y ' %
- E„ = \/^Ch(al)E +
- = \Æ [Ch{al)E -j- Z2Sh(al) I]
- y z2
- '• = v/|cam‘+7=
- = \/|[-m1 + %]
- («')
- qui mettent immédiatement en évidence le coefficient d epropagation al = (ji + ia) / et les impé-dances caractéristiques aux deux extrémités Zi et Z2, différentes s’il s’agit d’un ensemble de lignes et d’appareils non symétriques par rapport à son milieu.
- Je me propose, dans les articles qui vont suivre, d’appliquer ces formules à la discussion de trois importantes questions : )
- i° La mesure des caractéristiques d’une ligne ou d’un ensemble complexe et principalement du coefficient d'affaiblissement $1 -
- a0 Le calcul des coefficients de réflexion dans un certain nombre de cas pratiquement importants ;
- 3° Les effets produits par Vintercalation sur les lignes, en série ou en dérivation d’impédances et de transformateurs.
- Dans ces articles, je m’inspirerai fréquemment du livre deM.Breisig (Theoretische Télégraphié)-, d’autre part plusieurs des calculs qu’on trouvera plus loin ont été faits avec la collaboration de mon collègue, M. Viard.
- rattachent d’ailleurs aux deux procédés les plus généraux de mesures électriques : la méthode du zéro et celle des déviations.
- A. Méthode du zéro.
- Ici la méthode du zéro consiste à mesurer au moyen d’un dispositif de compensation, tel que le pont de Wheatstone, l’impédance apparente Z0 quand les fils à l’autre extrémité de la ligne sont isolés et l’impédance Z„ quand les fils à l’autre extrémité sont bouclés. Si ou fait usage du pont de Wheastone, le galvanomètre est remplacé par un téléphone et on cherche à l’oreille le minimum de son perçu : la mesure nécessite un double réglage : celui de la résistance ohmique eteelui de la self (ou de la capacité). On a indiqué d’autres procédés de compensation permettant également de déterminer les impédances par le minimum de son perçu : le plus connu est celui de la machine de Francke dont l’emploi rend la perception du minimum plus rapide et plus précise et donne directement le module et le décalage de l’impédance cherchée, ce qui facilite les calculs et diminue les erreurs.
- Ayant Z0 et Zc on en déduit :
- V _ -7 Ch{al) v v Sh(al)' v _J^rT
- Z° ~~ Z* Sh(al) ’ Lc ~ Zj C h[al) ’ Zl ~S'Zo c
- d’où
- o2 al
- + h
- d’où
- I
- Mesuhe des caractéristiques d’une ligne oji- d’un
- ENSEMBLE COMPLEXE SOUS UN COURANT ALTERNATIF DE FRÉQUENCE TÉLÉPHONIQUE (2).
- Il existe deux méthodes de mesure, qui se
- (*) La transformation découle immédiatement de différentes formules données par M. Devaux Charbonnel dans l’article précité.
- (2) Le principe des mesures est évidemment indépendant de la fréquence et peut être appliqué aux lignes industrielles et aux courants de sonnerie : seules les applications mettent en jeu les propriétés des lignes et des appareils aux fréquences téléphoniques.
- (3/ =- iloge
- i -)- h i — h
- et
- al =.
- - arg 2
- i -j- h
- i — h
- Dans l’article précité, M. Devaux Charbonnel fait à cette méthode D ois reproches :
- i° Elle oblige à des calculs assez longs ;
- - Elle n’est plus précise pour la mesure de $1 quand cette quantité devient grande ;
- 3° La mesure, étant faite à une extrémité seu-
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- 7 Mars 1914. LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- S91
- lemënt, ne donne pas la même certitude qu’une autre dans laquelle on reçoit à un bout de la ligne le courant provenant de l’autre.
- Cette troisièmejobjection ne nous paraît pas très grave, car on sera conduit en général à faire une mesure: à chaque bout; en effet, que la ligne soit uniforme ou non, la valeur de h et par suite le nombre trouvé pour $1 doivent être les mêmes aux deux extrémités ; mais, si la ligne n’est pas uniforme et si on veut avoir les deux caractéristiques, il faut faire les mesures à chaque bout et il sera prudent de les faire en tous cas : on aura ainsi une bonne vérification des chiffres trouvés (').
- On peut adresser à la méthode une quatrième objection : c’est qu’il n’y a jamais extinction complète du son à cause des harmoniques du courant : dans ces conditions, la détermination du minimum est parfois assez pénible ; elle demande de longs tâtonnements et dépend de la sensibilité et de l’habitude de l’opérateur.
- Mais, d’autre part, le procédé considéré est le seul qui permette, quand il s’agit d’une ligne uniforme, d’en calculer toutes les caractéristiques. En effet dans ce cas on a Zi = Z2 — Z et
- Z —J— al (p —j— l Ü)X) l
- al , . ,
- — = (s + UÙ'Ol
- p, X, a, y, étant respectivement les valeurs de la résistance, de la self, de la perte et de la capacité kilométriques de la ligne : il faut donc pour déterminer ces valeurs, connaître al, c’est-à-dire non pas seulement [J, mais oc, que ne donne pas la méthode des déviations : la connaissance de a est également utile pour le calcul des réflexions. D’ailleurs, la méthode des déviations elle-même suppose déjà une mesure préalable des impédances Zo et Z„. Il convient donc de chercher à tirer du procédé que nous venons d’examiner le meilleur parti possible, d’une part en simplifiant autant que possible les calculs, d’autre part en examinant dans quelles conditions la précision peut être satisfaisante.
- i° Méthodes de calcul simplifié.
- a) Procédés graphiques.
- Portons sur l’axe des x de part et d’autre de
- l’origine les longueurs OA = OA' = Ze et sur la droite OK faisant avec Ox l’angle 2 <p égal à la différence des arguments de Z0et de Ze, portons la longueur OB ~ Z0. 11 est facile de voir que
- r BA' , , .
- Le rapport peut s obtenir par une construction graphique simple en BD et on peut trouver dans des tables la valeur de %$l connaissant son cosinus hyperbolique.
- Fig. 1.
- Si l’on prenait pour OA et OA' la longueur v/z „ pour OB la longueur \^Z0 et pour
- BA'
- l’angle BOA l’angle cp, le rapport g^ serait égal à eW.
- L’une quelconque des deux méthodes donne pl; la première est plus rapide,; mais la seconde permet d’obtenir aussi 2 al qui, à un multiple de tz près, est égal à l’angle ABA'. b) Calcul par les logarithmes.
- De l’équation (2) on peut tirer
- , *ht
- , , . 1 , > + —rn coscp
- eW — 1 + V + cos<P _ I+V
- 1 -I- Ai2 -j- 2 A, co£* . 2 ht
- 1 + r+v “**
- formule dans laquelle At est le module de h et cp l’argument de h (cp est d’ailleurs le même que dans le § a). ~ — ~
- (*) On verra plus loin qu’avec la méthode de la dévia-
- tion, il faut également faire les mesures aux deux bouts.
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XXV (2* Série). - N° HL
- Si je pose ht =z tg 6, on voit que
- d’où
- a ht
- i -f- At2 —
- sin 2 0,
- i -j- sin 2 6 C0S9 i — sinaO cosip
- et si on pose sin i 0 eos 9 = tg W, on obtient finalement
- on voit que l’erreur relative commise sur fil peut se mettre sous la forme
- '*{ï + v) (f + *)
- d’où en mettant en évidence les erreurs dh et d f commises sur le module et l’argument de A on trouve finalement :
- $l— £ ]°ge tg 0 + VT j = 0,5l5 log,o tg 0 + w'j
- A, et ® étant connus par leurs logarithmes, 0, aô et log sin a Ose lisent immédiatement dans la table et log sin a 0 cos cp s’obtient par une simple addition ; on en tire immédiatement 'F et
- i°g tg (;;+'*’)•
- D’autre part, on verra sans peine que tgaaf = sincp tgaÔ
- et les logarithmes de 9 et de 2 0 ayant pu être lus précédemment dans la table en même temps que ceux de cos 9 et de sin 2 0, 011 en déduit immédiatement a a l.
- c) On pourrait ajouter à <ces procédés de calcul ceux qui se rapportent aux lignes uniformes et courtes. Si la ligne est assez courte pour que les puissances de al d’ordre supérieur à i soient négligeables, on a
- ^0 j—:—rj et Zc = (p -4- /ü)X) l,
- (<T -f- vr 1 >
- D’où p, y, c, X, et par suite (3 et Z.
- Au delà de la longueur où ces équations sont valables, se trouve encore une région où on peut les appliquer avec une correction simple.
- Mais il faut se méfier beaucoup de ces résultats parce que le champ de validité de ces formules est très réduit : on doit surtout se rappeler que c’est a2l2 et non pas seulement P2/2 qui doit être négligeable. Enfin les formules avec correction ont peu d’intérêt pratique, car dès ' que a2/2 n’est plus négligeable, les puissances suivantes prennent rapidement à leur tour de l’importance.
- v 2U Etude de là précision des mesures
- En se reportant à la formule logarithmique,
- dfil 1 2COS26 cosa8 cosçdAt — sin^sinaB^fip
- (3/ 2
- [ 1 — sin2 6 cos29) log,
- 1 -f- sin 26 coscp 1 — sin2Ô cos 9
- (5)
- 0 étant l’angle défini précédemment(0 = arctght).
- 11 est facile d’ailleurs de voir que les mêmes formules sont valables en remplaçant A par son
- inverse ^ — A',
- d’où h' ~ ~ et 9'4 = — 9),
- Ai
- L’égalité (a) devient :
- t 4- A'
- filai —______1
- 1 - A'
- On peut ainsi, dans chaque cas particulier, pré-; ciser l’erreur qu’entraîne sur la connaissance de (3/ une erreur connue sur h\, et sur <p\
- S’il s’agit d’une ligne uniforme, on peut tirer de cette équation quelques conclusions, en examinant comment varient A', et 9' avec la longueur.
- En se reportant aux équations écrites plus haut, on voit que
- A'2, =
- cos 2 a.1
- S A2 p Z —(— sin2 à/
- et
- tg?' = —
- sin 2 al S A 2 j3/’
- Pour f = O, tg9= — -
- quantité qui en prati-
- queest toujours plus grande que 1 en valeurabso-
- lue
- G-
- varie entre 1 et i5
- pour les câbles sous
- papier usuels, entre 2 et 7 pour les lignes aériennes, entre 8 et 3o pour les lignes pupini-sées).
- La courbe indiquant les variations du vecteur A quand/augmente est donc d’abord asymptote à la
- droite^ = —la courbe se rapproche de l’ori-
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- 7 Mars 1914.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 293
- gine, coupe le cercle de rayon i en un point tel
- , puis décrit une spirale qui
- se rapproche asymptotiquement du point où le cercle de rayon i coupe l’axe des.#.
- Revenons à l’équation 5 ; quand h! est très
- TC
- grand, 0 = - + e; on verra qu’une erreur d h'
- >. , . , , „ . d 81
- sur h' est multipliée dans 1 expression -rr~j
- par - ; c’est-à-dire qu’elle influe faiblement.
- Fig. a.
- Une erreur dip' commise sur q>' est multipliée par tgtp' qui est en général très grand. Il est donc surtout intéressant dans ce cas de connaître <p avec précision (l’examen du graphique vu plus haut conduit au même résultat).
- L’erreur est d’autant plus grande que f' est plus grand : elle sera donc à affaiblissement égal plus importante sur les lignes aériennes et pupi-nisées que sur les lignes souterraines.
- Si h' diminue, f', comme nous l’avons vu, décroît également puis h' se rapproche de i : suppo-sons-le égal à i -(- e. Le coefficient de d h' est alors égal à
- -cos œ' 2
- (i — COS2<p') loge
- I -f- cosq/'
- I — cosç'
- Tant qwe cos ç' n’est pas trop voisin de i, la précision est bonne, elle atteint de d h' si
- cos cp'= 0,9 et e = o,i ; l’affaiblissement $1 étant dans ce cas égal à 0,75.
- L’erreur sur <p' a également peu d'importance ; son coefficient est égal à
- e
- sincp' log
- 1 -f- cos<p' 1 — cos^
- soit dans l’exemple précédent —.
- 100
- Ensuite, la courbe se rapproche du point x — 1 y — o. Il est clair qu’au delà d’un certain point, la précision diminue rapidement. Supposons que h' = 1 -j- e et cos cp' ^ 1 — vj, yj et £ étant de même ordre, nous_aurons, pour le coefficient de dh', la'valeur
- £l
- 2
- l^logc —
- ‘O
- ce qui, avec les suppositions faites, grandit indéfiniment : il en est de même du coefficient de rfcp'.
- En fait, on peut avoir de bonnes mesures jusqu’à l’affaiblissement 1 et même parfois jusqu’à .,5.
- Il faut remarquer que l’erreur sur h' et sur <p' est très variable : elle est naturellement d’autant plus forte, étant donnée la manière dont est faite la mesure, que la variation a moins d’influence sur la détermination des caractéristiques de la ligne : d’où il résulte qu’on ne peut pas tirer de conclusions absolues des résultats qui précèdent: clics donnent cependant des indications.
- Quand il s’agit d’une ligne uniforme, il est intéressant de voir quelle précision on peut atteindre dans la mesure des caractéristiques p, y, X et u.
- al
- Z x ni (p + twX) — = 5 -f «uy = Ne1’.
- S’il s’agit d’un câble, l’argument de Z est voisin de — 45° et celui de al de -f- 45°; p, est
- donc voisin de O et v de - ; to*ute erreur commise 2
- sur p se répercutera à peu près proportionnellement sur lùkl et faiblement sur pl; de même toute erreur commise sur v se répercutera à peu près proportionnellement sur 0 et faiblement sur uy;
- . -TC
- d’ailleurs en fait, y sera plus voisin de - que p
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série). — N° 10.
- de i : en sorte que f sera mieux déterminé que a.
- S’il s’agit d’une ligne aérienne ou pupinisée, l’argument de Z est voisin de o et celui de al est
- voisin de - : donc o. sera voisin de - et v de — -.
- X X X
- La self et la capacité seront déterminées avec plus de précision que la résistance et la perte ;
- 1 * * i ^ i j
- et, comme v eçt plus voisin de - que p. ne 1 est
- x
- de o, là encore, c’est la perte qui sera la moins bien connue.
- On a remarqué que, dans certains cas, alors que les valeurs trouvées pour les autres caractéristiques étaient satisfaisantes, on obtenait un nombre négatif pour la perte : ce résultat paradoxal peut, d’après ce qu’on vient de dire, s’expliquer par des erreurs, même légères, dans les mesures ; mais il peut tenir aussi à de faibles irrégularités dans les lignes : pour les lignes hétérogènes, en effet, ce résultat est fréquent (').
- B. Méthode des déviations.
- Cette méthode consiste essentiellement à mesurer simultanément l’intensité du courant aux x bouts de la ligne (2).
- De la seconde équation i, on peut tirer
- L
- T
- C h[al) -}-
- Z,, étant l’impédance de l’appareil mis à l’extrémité opposée à la source de courant.
- Si, en particulier, on choisit Z,. = Z2, on a
- De même la mesure faite avec une source d’énergie placée à l’autre extrémité, et avec l’impédance Zj à l’extrémité réceptrice, donne
- (*) Voir Brei&ig, loc. cit.
- (2)X)n pourrait mesurer également les différences de potentiel, mais la mesure d'intensité est en général plus pràtl^Wé.
- Les avantages de cette méthode sont les suivants : d’abord on lit les déviations, le résultat est donc indépendant de la sensibilité et de l’habitude de l’opérateur ; puis les appareils dont on se sert donnent en général des indications proportionnelles aux carrés des intensités et par suite la précision des mesures est grande.
- Mais l’appareil ne fait pas la> discrimination des harmoniques, d’où une cause d’erreur dont l’importance est presque impossible à déterminer. De plus, on est forcé de transporter des appareils délicats et longs à mettre en station ('). Comme on est forcé de déterminer d’abord l’impédance, il faut de plus avoir à chaque extrémité de la ligne une installation complète de pont,à téléphone; enfin, les valeurs de l’impédance caractéristique sont difficiles à prévoir et on peut avoir de la difficulté à obtenir exactement les capacités nécessaires.
- Il est intéressant de voir quelle est la précision de la mesure. Supposons que le module de Z2 ait été mesuré avec une erreur c?Z2 et son argument ç avec une erreur dy, de même dans Z' supposons que le module de Zt ait été mesuré avec une erreur c?Z, et son argument (j; avec une erreur dty.
- On trouve alors que
- est égal à él$l augmenté d’une série de termes compliqués en dZi, <fZ2, dy, d<.J/, termes dont l’importance relative est très variable suivant le point de l’onde où l’on se trouve. L’erreur peut être fort grande pour les affaiblissements petits et elle diminue quand (Il augmente. Quand (3/ devient égal ou supérieur à 2, l’erreur sur e$l est
- , , rfZü-f-dZ!
- pratiquement égalé a — -------.
- v/Zi z2
- l’erreur sur 9 etifi
- est négligeable dans des limites assez étendues.
- Ainsi la précision de la méthode et son utilité sont surtout grandes pour les grands affaiblissements caractérisés par ce fait qu’on peut confondre Shal et Chal avec eai : c’est ce cas que nous allons maintenant examiner plus en détail.
- Puisque dans ce cas la méthode de déviation est la seule qui permette de déterminer $1, il convient, de 11e pas se fier à un seul essai, mais de voir si on 11e peut pas trouver d’autres moyens
- (*) Cet inconvénient pourrait être réduit par l’emploi de « barretters ».
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- 7 Mars 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- de vérification rapides : il peut être bon d’opérer cette vérification par des méthodes qui ne fassent pas intervenir la valeur de l’impédance, trouvée par la mesure au pont.
- a) Nous avons dit qu’une différence même assez sensible sur <p ct^ influe peu dans le calcul de e$l. Supposons donc qu’au lieu de Z2 et de Zi nous placions au bout des lignes, successivement de chaque côté, des résistances ohmiques égales respectivement à (Z2) et (Zt) ; il est facile de voir que, dans ces conditions, on aura l’équation
- ïo^Lü
- I X 1'
- Si <p et 4* sont tous deux égaux à ïo" l’erreur sur est de 2 % et si" pZ est supérieur à 2, l’erreur relative sur $1 est inférieure à i % .
- D’autre part, le module de l’impédance peut s’obtenir très simplement au moyen d’un milli-ampèremètre thermique et d’une boîte de résistances ohmiques; en substituant par un commutateur la ligne à la boîte, on arrivera rapidement et d’une façon très suffisamment précise à trouver quelle est la résistance équivalente à la ligne.
- Si donc on a vérifié que les angles <p et tl; sont suffisamment petits, on possède un moyen d’obtenir une valeur très approchée de $1 sans être forcé de placer au bout de la ligne un ensemble de condensateurs souvent difficile à préparer.
- b) Si on place à l’extrémité de la ligne un galvanomètre de résistance négligeable, les équations (i) appliquées au cas des lignes longues et dans lesquelles on fait E = 0, donnent
- I° — ü!i/Z2 — fl'tAj.
- ï“TVzI t V z;
- d’où
- eP»
- 2
- Si on suppose fil — 2, l’erreur maximum est de
- 2 %.
- Mais on ne peut jamais avoir un galvanomètre de résistance nulle : soit £ sa résistance (on suppose qu’on emploie le même appareil aux deux bouts de la ligne). O11 verra que
- t\/('+5)0+£)-
- (*) La formule exacte est :
- -f- e a 608 a al.
- L’erreur sera d’autant plus faibfe que les impédances des lignes seront plus élevées.
- Les deux mesures indiquées (§ a et b) peuvent donc, quand il s’agit d’affaiblissements supérieurs à 2, donner de bonnes valeurs pour (Î/ : ees mesures peuvent, d’autre part, être laites extrêmement vite, ce qui a un grand intérêt, en raison des circonstances diverses qui peuvent, d’un momentà l’autre, influer sur l’état des circuits.
- c) Mais ces procédés 11e permettent pas de vérifier la valeur du décalage de l’impédance caractéristique : c’est à quoi peut répondre, dans le cas des lignes uniformes, le procédé suivant.
- La ligne étant uniforme Zi = Z2 = Z.
- Plaçons successivement au bout de la ligne les impédances tp, <pa et <p3
- eal Z + Ç, \ 2 Z 1
- e°l Z + Ç2 ( 2 Z
- «n< Z + Ç3
- 2 Z /
- avec
- Z = x 4- iy Çi = Xi -f- g, i Ç-2 — X2 -f- |A2f Ç3 = X3 -j- 1^3 i
- D’où
- /RA2 _ x* + y2 + aXj^-l- 2gjÿ -|- Xj2-f [2,2 VRa/ x2 -(- y2 -f- ^X2x -f- 2 [k^y -j- X22 -j- p.22
- ou encore
- ** + y2 + 2
- Xi — X2 s2
- x -j- 2
- P-l----12-2^
- +
- X,2 + 1xA-sW-HV
- o.
- On aurait de même au moyen de la troisième mesure avec l’impédance Ç3 l’équation suivante
- dans laquelle t — p-
- *2 + y2 + 2
- x*
- M, + a£î--**
- t2
- t2
- y
- , XA + [V - t2 (X32 + [232) _
- ' T+72 -
- Ces deux équations définissent deux cercles dont le point d’intersection donne l’impédance z = x -f- iy : on en déduit alors facilement fî/r Si les impédances Çt Ç2 et Ç3 sont ohmiques, les
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- 296
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2° Série). —N° 10.
- cercles ont leur centre sur l’axe des x : le centre „ . . , , , X, —
- est à une distance de 1 origine égalé a -------—
- K
- — dans le second,
- dans le premier cas, à
- i — tl
- et les rayons des deux cercles sont respective-
- t , . « (^i -f- ^2) , , t (X! -j- X3)
- ment égaux a —-------—: et a ------— .
- 8 1 — t2 1 — t2
- On devra naturellement choisir les valeurs de
- Ç,, Ç2 et Ç3 assez espacées pour que les cercles se
- croisent sous un angle prononcé; en général, on
- y arrivera en prenant des nombres voisins res-
- pectivement de o, de Z et de —.
- On aura ainsi la vérification que l’on cherche au moyen de trois lectures qu’on poura faire très rapidement en débouchant des fiches dans une boîte de résistance et sans changer aucun montage.
- Si la ligne n’était pas uniforme, 011 pourrait arriver, en mesurant aux deux bouts, à trouver les deux caractéristiques Zt et Z2, mais les calculs seraient pénibles.
- Evidemment, les méthodes indiquées ne peuvent s’appliquer que si l’on dispose d’appareils galvanométriques ayant un champ de lectures assez vaste ; à ce point de vue, les thermocouples ou les barretters sont souvent préférables au thermo-galvanomètre Duddell.
- d) Quand il s’agit de câbles à nombreux conducteurs, on peutencorc, pour trouver (3, procéder de la façon suivante : on place un galvanomètre successivement au bout de n, n -f- 1,... n p longueurs. (On suppose que (3 n l soit déjà supérieur à 2.) On lit les intensités I„... In + I, (en ayant soin de revenir de temps en temps à In pour s’assurer que la source de courant n’a pas changé). Alors
- I
- n
- In-f-l
- 2loZe-“"L
- Z + Zr
- 2l0Ze-^(«+1)L Z -f- Z,,
- , aI„Ze-«(»+p)L
- ,,+p z + z,. •
- Le rapport de deux quelconques de ces intensités permet de déterminer {2 : on aura un grand nombre de mesures.
- Ce procédé, appliqué aux câbles pupinisés
- Paris-Versailles et Lille-Roubaix, adonné de très bons résultats.
- e) Enfin, quand on dispose de deux lignes identiques qu’on peut mettre en série, de façon à avoir au même point les deux extrémités, il est intéressant de faire des essais d’audition comparée entre la ligne A B A', et une ligne artificielle d’affaiblissement réglable et de caractéristique aussi voisine que possible de celle de la ligne à mesurer : on verra de cette façon si l’égalité d’audition correspond bien à l’affaiblissement
- Fig. 3.
- que l’on a mesuré par d’autres moyens): la ligne téléphonique étant destinée à la conversation, il est toujours utile de chercher des procédés de mesure qui se rapprochent des conditions d’utilisation pratique. '
- En résumé, des deux méthodes générales que nous avons rappelées, l’une, plus complète n’est valable que jusqu’à un affaiblissement assez faible : 1 ou i,5; l’autre n’est, au contraire, précise qu’à partir d’un affaiblissement assez grand. Or, il se trouve que le coefficient d’affaiblissement de la grande majorité des circuits français est compris entre 1 et 2 : on 11e cherche pâs en effet, beaucoup, pour les lignes courtes, à réduire ce chiffre en dessous de 1, et sur les lignéâ lbngues, on fait usage du fil de 5 millimètres, en sorte que seules les lignes d’un développement .supérieur à 800 kilomètres ont un coefficient d’affaiblissement supérieur à 2.
- 11 semble donc que ce soient là de mauvaises conditions pour les mesures ; mais d’abord, par suite du développement de plus en plus rapide du système de combinaison, les circuits sont,' pour la plupart, posés par groupes de 2 etdh peut ainsi, en les reliant en série, obtenirun coefficient d’affaiblissement supérieur à 2; d’autre part, si aucune des méthodes ne donne de résultats d’une extrême précision, leur comparaison permet d’obtenir un chiffre moyen qui ne peut s’écarter beaucoup du chiffre vrai : on a récemment mesuré ainsi le circuit Bordeaux-Lyon et les deux procédés ont donné des valeurs très voisines (environ i,5). D’ailleurs, pour les besoins de la
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- pratique, qu'indiquait clans son article M. Devaux Charbonnel, il n’cst pas en général besoin d’une précision parfaite.
- *
- * 4
- Bien que ce soit sortir un pendu cadre de cet article, je crois intéressant de signaler, en terminant, les conclusions auxquelles d’assez nombreuses mesures faites depuis quelque temps sur des circuits français, notamment des mesures faites sur les circuits Bordeaux-Lyon et d’autres circuits du Suddcla FranecparMM. Gilles ctViard, ont permis d’aboutir.
- Si on calcule a priori le coefficient d'affaiblissement d’un circuit en faisant la somme des coefficients correspondant aux sections élémentaire?, l’isolement kilométrique des sections aériennes étant supposé de i mégohm, on voit que les valeurs mesurées s’écartent peu des valeurs calculées : la différence est presque toujours dans le sens défavorable, mais dépasse rarement io % . Cette différence ne provient pas de ce que risoleinent des lignes est inférieur à i mégohm par kilomètre: au contraire, quand on a supprimé les sections souterraines, ou fait les mesures sur de courtes parties aériennes, on a toujours trouvé une valeur de §1 inférieure à celle qui avait été calculée. La différence provient donc, soit des
- réflexions, soit du mauvais état des raccordc-
- 7 â
- men ts aé ro-so ut crrai n s.
- Cette dernière cause doit être prépondérante, car on a constaté dans plusieurs cas qu’en supprimant les sections souterraines, non seulement on augmentait l’audition, mais encore on réduisait la « friture ». Toutefois, les réflexions ont certainement une certaine importance, comme le montreront les calculs que nous ferons dans le prochain article.
- Knfîn, on a constaté aussi que l'affaiblissement des bureaux était très variable suivant les cas et les organes mis en jeu (annonciateurs, protecteurs, transformateurs). Notre troisième article, consacré à l’étude des impédances en série ou en dérivation, donnera quelques précisions à ce sujet.
- I^es mesures des lignes téléphoniques, même non uniformes, même coupées*par des appareils divers, sont donc réalisables d’une façon pratique dans presque tous les cas. Le fait que les mesures ainsi faites concordent suffisamment avec les calculs a priori montre que l’on peut établir d’après ces calculs des tables d’affaiblissement permettant, d’une part de décider si des relations sont possibles entre deux réseaux et, d’autre part, de voir si un circuit est ou non dans un état d’entretien normal.
- L. Cahen,
- Ingénieur des Postes et Télégraphes.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série).— N° 10.
- LES AUTOMOTRICES PÉTROLÉO-ÉLECTRIQUES DES CHEMINS DE FER SUÉDOIS
- Pour répondre au désir exprimé par un certain nombre de nos lecteurs nous complétons ici les indications déjà données dans notre numéro du 'Ai janvier sur les deux automotrices construites pour
- la direction générale des chemins de fer suédois.
- Les automotrices pétroléo-électriques des chemins de fer suédois, représentées sur la figure i, ont été construites par la Société « Allmiinna Svenska Elektriska » à Vcstcras (SuèdeJ et livrées en 1912.
- Le moteur actionne en outre directement un petit compresseur d’air ordinaire pour les appareils de freinage du train.
- Ces moteurs sont de type normal à i temps avec valves de distribution logées dans les fonds de cylindres supérieurs : leur construction est semblable dans leur ensemble à celle des moteurs Diesel type Sulzer mais ils possèdent un ou deux dispositifs nouveaux actuellement
- Fig. 1. — Automotrice pétroléo-électriquc.
- en essai et qui seront probablement modifiés et perfectionnés dans les modèles suivants. Nous ne pouvons donner aucun renseignement sur ces arrangements spéciaux : toutefois nous pouvons indiquer que les précautions prises pour assurer le démarrage semblent être un peu exagérées dans le cas d’une voiture d’une trentaine de tonnes : il n’en serait vraisemblablement pas de même pour des locomotives appelées à remorquer de lourdes charges dont l’étude est actuellement en cours.
- Les trains automoteurs peuvent être composés soit d’une automotrice seule, soit d’une automo-
- trice avec une ou deux remorques. Les poids de trains correspondants sont de 26,5 tonnes, /10 tonnes et 60 tonnes, la vitesse maximum est d’environ fio kilomètres.
- Les moteurs Diesel ont été construits par la Société « Diesels Motorer » à Stockholm ; ils peuvent développer 76 chevaux à 700 tours dans 0 cylindres, le 7e cylindre que l’on voit nettement à gauche de la figure 2 sert à comprimer l’air nécessaire pour l’injection et pour le démarrage.
- La transmission de force du moteur aux roues est effectuée électriquement par l’intermédiaire d’une dynamo génératrice de 5o kilowatts et de deux moteurs de traction ordinaire de io chevaux à engrenages.
- Le moteur Diesel entraîne par l’intermédiaire d’un manchon élastique la génératrice dont la caractéristique de voltage en charge a été rendue, dans certaines limites, aussi voisine que possible d’une hyperbole équilatère afin de permettre au groupe moteur générateur de fonctionner à puissance sensiblement constante à la vitesse normale de 700 tours.
- A vide la vitesse du moteur est toujours maintenue constante et égale à 35o tours par un régulateur mécanique afin de réduire la consommation de combustible et de faciliter le démarrage.
- Un dispositif électrique faisant corps avec le régulateur permet de faire passer progressivement la vitesse du groupe de 35o à 700 tours pendant le démarrage du train. Le courant nécessaire pour la mise en action de ce dispositif est emprunté à une batterie d’accumulateurs de 28 éléments, 200 ampères-heures qui assure en outre l’éclairage des véhicules du train.
- La manœuvre du système est la suivante :
- L’automotrice étant au repos, le moteur Diesel est mis en route nu moyen de l’air comprimé : le groupe tourne à vide à 35o tours.
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- En plaçant la manette d’inversion de sens de marche à la position avant ou arrière, on couple
- entre induit et inducteurs çtaut laites de manière à obtenir le sens de rotation désiré.
- l’ig. s. — Moteur Diesel ù (i cylindres.
- les moteurs directement en parallèle sans résis-
- tif. 3. —Vue en bout du moteur Diesel et de la génératrice, tance intercalée dans le circuit, les connexions
- En pressant le poussoir de la manette principale de commande du contrôleur, on ferme électriquement l'interrupteur principal du circuit de traction et le courant au voltage réduit correspondant à la vitesse de 'Vio tours du groupe générateur osI lancé dans le moteur. En dépla-
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- Puissance en chevaux
- Fig. 4. — Courbe caractéristique de consommation.
- çant la manelle: principale du contrôleur, on agit électriquement sur le dispositif spécial de réglage de vitesse du groupe dont l’allure s’accélère progressivement de Ho à. 700 tours.
- Ce système de commande électrique permet l’emploi de dispositifs de sécurité simples et sûrs
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- analogues à ceux déjà employés sur les automotrices électriques.
- Le poussoir placé dans la manette du contrôleur est disposé de telle sorte que, dès que Ton
- courbes de 100 mètres de rayon, a été très satisfaisant : nous indiquons ci-dessous quelques relevés de consommation de combustible, extraits des comptes rendus d’essais officiels :
- Tableau
- COMPOSITION DU TRAIN POIDS DU TRAIN (en tonnes) LONGUEUR DU TRAJET (en kilom.) COMBUSTIBLE BRULÉ (en kilogr.) VITESSE MOYENNE (on km. à l'heure) 1 COMBUSTIBLE PAR 100 TONNES KILOMÉTRIQUES (en kilogr.) PRIX (l) DU COMBUSTIBLE BRULÉ PAR IOO TONNES KILOMÉTRIQUES (en francs)
- i automotrice 26,5 39 8,8 4o-5o 0,85 0,076
- i automotrice i voiture j 40 37 11,2 40-5o 0,76 0,068
- j i automotrice ) i voiture i et a wagons 60 37 1 2,6 35,5 0,57 0,o52
- i automotrice 170 39 45 0,87 0,078
- i automotrice i i voiture salon ( i 55,5 1 520 I72 40 0,59 o,o53
- (l) Combustible à 90 francs la tonne.
- ce$se de faire pression sur lui, il provoque le déclanchement de rinterrupteur du circuit de traction.
- Des taquets placés de chaque côté du toit de rautomotrice peuvent être rabattus par des verrous solidaires des signaux de la ligne, et qui se trouvent abaissés quand un signal est à la position d’arrêt. Le rabattement d’un quelconque de ces taquets provoque la coupure du courant de traction et le blocage des freins.
- Essais de consommation. — Le service assuré depuis un an par ces voitures, sur des lignes difficiles présentant, des pentes de i/ij et des
- Ces dépenses de combustible correspondent sensiblement à une consommation d’huile de goudron d’environ 180 grammes par cheval-heure à pleine charge.
- Comme on sait, d’autre part, que la courbe caractéristique de consommation totale de combustible dans les moteurs à combustion interne est sensiblement une ligne droite dont l’ordonnée à l’origine est d’environ *a5 % de la consommation à pleine charge, on peut représenter, comme nous l’avons fait sur la figure 4, les caractéristiques appi'oximatives de fonctionnement du moteur en question.
- IL 1\
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- LES POURSUITES JUDICIAIRES EN CAS D’ARRÊTÉ DE RETRAIT
- ACTE DE GESTION ET ACTE RÉGLEMENTAIRE
- A plusieurs reprises, la Lumière Electrique a indiqué les ennuis auxquels se heurtent les municipalités quand elles retirent les permissions données ou poursuivent en contravention pour faire supprimer les violations des arrêtés qui permettent seulement la distribution de la force motrice.
- La Cour de Cassation a admis souvent la théorie de la non-culpabilité pour violation d'un acte de « gestion » mais elle a précisé dans l'arrêt qu'on va lire le caractère très net qu’un acte de retrait doit avoir pour être converti en acte de gestion.
- Tout le monde sait aujourd’hui que les maires ont le droit d’autoriser les occupations du domaine communal, mais sont très souvent gênés par la crainte de ne pouvoir retirer légalement l’autorisation donnée, et de voir considérer leurs arrêtés de retrait comme sans valeur, dépourvus de toute sanction légale : cela provient d’une certaine jurisprudence de la Cour de cassation, qui déclare que les actes de gestion du maire ne sont pas susceptibles d’être la base juridique d’une poursuite en simple police contre le délinquant.
- Pour bien comprendre cette théorie et se garder de l’exagérer il faut se rapporter à certains exemples donnés par la Cour de cassation ; et voir dans quels termes précis elle a défini un arrêté de pure gestion, auxquels elle a refusé le bénéfice de la sanction légale.
- I
- On peut citer un célèbre arrêt Colette, qui a annulé, le 27 juillet 1893, un jugement du Tribunal correctionnel de Sedan rendu dans les circonstances suivantes : le maire de Sedan, le 0 janvier 1890, avait autorisé le sieur Colette à placer des fils électriques sur la voirie urbaine pour l’éclairage des particuliers : le i5 septembre 1891, le maire prend un arrêté de retrait: les termes de cet arrêté ont une importance capitale: dans le préambule, le maire explique par plusieurs « considérants » que s’il prend l’arrêté de retrait, c'est pour prémunir la ville contre toute éventualité d'un nouveau procès pouvant avoir des conséquences très graves et compromettre sérieusement les intérêts de la commune. En un mot, le maire avait cédé à cette tentation d’expliquer à ses subordonnés quels étaient les motifs qui le faisaient agir et il résultait clairement de cet
- arrêté que le retrait de l’autorisation n’était point un acte réglementaire, puisque l’unique motif qui y était porté, indiquait que son but était de gérer les finances de la ville.
- La Cour de cassation constate qu’il résulte des visas et des motifs qui précèdent le dispositif de l’arrêté du îù septembre 1891 que l’autorisation du sieur Colette ne lui a été retirée que pour prémunir la ville contre un procès ; par conséquent, que le maire n’a point agi dans l’intérêt de la voirie, mais il dit lui-même qu’il s’inspire de l’intérêt privé de la commune.
- Une autre espèce a eu aussi son heure d’actualité : c’est le célèbre arrêt, dit « arrêt Raoul Jay » : nous disons célèbre, car il a été rendu dans des circonstances un peu spéciales : le sieur Jay n’avait jamais eu d'autorisation, les poteaux et les fils n’avaient pas fait l’objet d’une permission municipale proprement dite : ils avaient été simplement autorisés, au point de vue de la circulation du courant, dans la forme du décret du i5 mai 1888, par une autorisation probablement préfectorale du 11 mars 1889. En ce qui concerne l’établissement dans la voirie, c’est-à-dire l’emprise dans le sol, la Cour de cassation constate que le maire l’avait simplement toléré ; mais voici qu’un jour la ville est assignée au Conseil de Préfecture par la Compagnie du Gaz, motif pris que le maire tolère une concurrence déloyale résultant de la distribution d’une autre lumière que la sienne : immédiatement, — toujours avec cette manie puérile qu’ont les maires de faire des phrases, — le maire prend un arrêté en date du 18 mars 1893, dans lequel il explique qu’il a sommé le sieur Jay d’enlever tous ses poteaux, pour les motifs qu’il lui a exposés dans l’exploit extra-judiciaire du 28 février, et auquel l’arrêté
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- se rapporte expressément: il dit qu’il a proposé au sieur Jay, ou de déguerpir, ou de prendre à son compte le procès que va faire la Compagnie gazière.
- La Cour, comme dans l’affaire précédente, a soin de ne relever qu’un détail, mais il est péremptoire : l’arrété contient en lui-même l’indication très nette qu’il n’est point réglementaire, mais seulement pris pour empêcher la ville de subir un procès préjudiciable pour ses finances, et elle s’exprime ainsi :
- Attendu qu’il appert des termes de l’arrêté individuel du 18 mars et de la sommation à laquelle il se réfère que le maire de Villeneuve n’a retiré l’autorisation, en vertu de laquelle Raoul Jay avait exécuté ses travaux, que pour soustraire la ville aux conséquences pécuniaires du procès à elle intenté par la Compagnie du Gaz ; attendu que cet intérêt n’étant pas de ceux qui permettent de prendre des arrêtés ayant pour sanction des peines de simple police, le maire a usé de son pouvoir pour un objet autre que celui pour lequel ils lui ont été conférés; attendu qu’en conséquence l’arrêté du 18 mars n’est ni legal ni obligatoire.
- Citons encore, comme affaires célèbres dans les annales des distributions d’énergie électrique :
- i° L’arrêt Peslou contre le Ministère public de Sens. Un arrêté municipal du 22 août 190!! et un arrêté préfectoral du 3 septembre 190‘i retiraient des autorisations précédemment données au sieur Peslou en expliquant (dans leurs visas et motifs) que la condamnation prononcée contre la ville de Sens dans un récent procès obligeait le maire à prendre cette mesure de retrait.
- La Cour suprême ne retient pas autre chose que cette mention dans les visas et motifs du but purement dicté par la gestion des finances municipales : et c’est pour ce motif qu’elle déclare l’arrêté de retrait dépourvu de toute sanction pénale.
- n° L’arrêt Goret du 25 octobre 1900, qui vise un arrêt de retrait du 3o décembre 1898 :
- La Cour constate que du jugement du Tribunal desimpie police de Bar-le-Duc, il résulte que ledit arrêté de retrait n’a été pris que pour prémunir la ville contre les conséquences pécuniaires d’un procès qui était devenu définitif un mois auparavant, le 26 novembre 1897. (Dalloz 1901, 1 206.)
- 3°vL’arrêt, qui est peut-être le plus intéressant parce qu’il est postérieur à la loi de 1906, est celui de l’affaire Patrouilleau du 4 mars 1910 : le
- sieur Patrouilleau avait placé sans autorisation des poteaux et des fils électriques, au-dessus de la rue Saint-Sornin à Vichy : le maire prend un arrêté enjoignant à l’occupant d’enlever son installation dans des termes que la Cour n’a pas manqué de reproduire, en annulant cet étrange plaidoyer pro domo;
- Attendu que l’arrêté sus-visé déduit expressément son dispositif tant de l’antériorité d’une concession conférant à la Compagnie du Bourbonnais un droit exclusif à l'éclairage municipal et privé, que de la considération du préjudice qu’occasionnerait au budget de la ville la perte de redevances s’élevant chaque année à 6 000 francs environ ; qu’il appert que, en statuant dans ces conditions, le maire a agi dans l’intérêt privé de la commune et n’a exercé que des attributions de gestion à la garantie desquelles la loi n’attache aucune sanction pénale.
- Nous croyons en avoir assez dit pour pouvoir nous résumer de la façon suivante : pour que l'arrêté de retrait puisse être qualifié d’acte de gestion, il faut que, dans cet arrêté même, se trouve l’expression du motif purement pécuniaire qui a fait agir le maire.
- Il
- Et il nous reste maintenant à démontrer, par des exemples, le phénomène inverse : c’est-à-dire à montrer une décision rendue par la Cour dans une hypothèse où, l’arrêté de retrait très bref dans ses motifs, se bornait à déclarer simplement sans aucune indication de cause ou de tendance, que l’occupant précédemment installé devait déguerpir, sa permission lui étant retirée.
- C’est ce que l’on appelle en style administratif Varrêté de retrait pur et simple.
- La Cour de cassation, par plusieurs arrêts, dont le plus formel a été rendu le 28 novembre 1908 entre le sieur Laurent et le Ministère public, [Revue des concessions 9 tome VIII, année 1909, page 98,) a consacré cette thèse.
- Le sieur Laurent avait été l’objet d’un arrêté d’autorisation pris à la date du (> octobre 1899, à la suite duquel il avait fait des installations de lignes sur la petite voirie.
- Le 22 décembre 190b, le maire, avait retiré purement et simplement l’autorisation donnée.
- Cet arrêté 11’ayant pas été exécuté, une poursuite eut lieu devant le tribunal de simple police, dont le jugement a au moins le mérite de poser admirablement le principe : les arrêtés des maires, dit-il, sont de leur nature tous réglementaires, à moins que, de leurs propres dispositions, de leur motifs, de leurs ternies, il se dégage
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- nettement la preuve que cet arrêté n’a été pris que dans l’intérêt des finances municipales.
- Le sieur Laurent fut condamné, il fit appel devant le tribunal de Quimper, et la décision du premier juge fut confirmée.
- 11 y eut alors plaidoirie devant la Cour de cassation, pour lui faire dire que la nature de l’acte de gestion pouvait être déterminée par les ambiances et les circonstances de l’arrêté, en un mot, que d’un acte réglementaire on pouvait faire après coup un acte de gestion, au moyen de considérations et de circonstances concomitantes au procès.
- Et si la Cour de cassation avait voulu rentrer dans la voie des interprétations tirées descirconstances ayant précédé, accompagné ou suivi l’arrêté de retrait, je ne crois pas qu’il y ait eu pour elle une plus magnifique occasion de le faire.
- En effet, quelques jours avant l’arrêté de retrait, le Conseil municipal avait pris une délibération invitant le maire à abroger l’arrêté de 1899 et. avait décidé qu’il y avait lieu de supprimer les installations de M. Laurent. Et cette délibération intervenait en 1906, précisément au moment où des propositions étaient faites à la ville pour faire un autre éclairage, de sorte qu’il n’était un mystère pour personne que si la ville supprimait ses autorisations, c’était non pas même pour s’éviter, comme dans les cas précédents, l’ennuyeux paiement d’une indemnité à une Compagnie gazière, mais pour se créer des bénéfices en faisant elle-même la gestion directe ou en acceptant d’autres propositions.
- Aucune disposition de loi ne prescrivant à l’autorité municipale l’obligation de faire précéder ses arrêtés des motifs qui les déterminent, et. la nature de ces arrêtés résultant suffisamment de l’objet même de leurs dispositions, doit être considéré comme légal et obligatoire l’arrêté d’un maire qui rapporte une autorisation de voirie sans motifs ; le visa dans le préambule de cet arrêté d’une délibération du Conseil municipal ne fait pas disparaître le caractère de police de cette mesure.
- Les infractions aux arrêtés de police ne peuvent être sanctionnées que par les pénalités de l’article 471 $ i5 <,lu Code pénal et 11e peuvent justifier l’allocation de dommages-intérêts au profit
- des communes, qui 11e sont pas,4 dès lors, recevables à exercer l’action civile.
- La Cour : après en avoir délibéré en Chambre du Conseil.
- Sur le moyen pris de l’approbation de l’article 47* du Code pénal et de l’arrêté municipal du 23 décembre 1906, en ce que le jugement attaqué a déclaré passible d’une sanction pénale, un arrêté de révocation d’une autorisation de voirie qui n’était fondée sur aucun motif propre a en établirlalégalité etqui, déplus, révèle par ses propres vices, sa nature d’acte de gestion et non de police :
- Attendu que par arrêté municipal, en date du 6 octobre 1899, Laurent a été autorisé à installer une ligne et des appareils destinés à l’éclairage électrique des particuliers dans la commune de Pont-l’Abbé — qu’un arrêt du maire de cette commune en date du a* décembre 1906, visant les articles 94 et 97 de la loi du 5 avril 1884, lui a retiré cette autorisation;
- Attendu qu’aucune disposition de loi ne prescrit à l’autorité.municipale de faire précéder ses arrêtés des motifs qui les déterminent, qu’il suffit que l’objet de l'arrêté résulte de la nature de ses dispositions ;
- Attendu que si la délibération du Conseil municipal visée dans le préambule de l’arrêté pouvait intéresser, dans une certaine mesure, la gestion financière de la commune, celte circonstance ne fait pas disparaître le caractère de police de l’arrêté précité ; qu’il n’y a donc pas eu violation des textes visés au moyen :
- Rejette ce premier moyen;
- Sur le moyen pris de la violation des articles 1 et 2 du Code d’instruction criminelle et 1 382 du Code civil, en ce que le jugement attaqué a condamné Laurent à des dommages-intérêts à la requête de la ville comme partie civile, alors que s’agissant d’un arrêté de police, aucune constitution de partie civile à fin de dommages intérêts n’était recevable ;
- Attendu que les communes n’ont pas, en elles-mêmes, le droit d’obtenir des dommages-intérêts pour les diverses infractions qui peuvent être commises aux arrêtés muuicipauxpris pour réglementer certaines industries et notamment celle qui fait l’objet de l’arrêté sus-visé; que la loi ne leur donne qu’un moyen d’assurer l’exacte exécution de ces arrêtés, c’est de recourir à l’action répressive autorisée par l’article 471 >5 du Code pénal.
- Par ces motifs;
- Casse et annule la disposition du jugement du tribunal de Quimper en date du 22 octobre 1907, qui condamne Laurent vis-à-vis de la commune de Pont-l’Abbé, le jugement demeurant maintenu pour le surplus.
- M. Bonnet, rapporteur; M. le procureur général Baudoin; Ma Frénoy, avocat.
- Paul Bouuault, Avocat à la Cour d’Appel de Lyon.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2° Série): — N° 10.
- PUBLICATIONS
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- STATIONS CENTRALES ET DISTRIBUTION
- Le réseau à 150 000 volts de Big Creek.
- La Pacific Lightand Power Corporation a créé récemment un réseau d’une importance qui comportera dans son état définitif le transport d’une puissance de 120000 kilowatts, sous une tension de i5oooo volts, depuis l’usine ' de Big Creek jusqu’à Los Angeles à une distance tic 385 kilomètres environ.
- L’énergie est fournie par deux usines hydroélectriques produisant du courant .alternatif triphasé à la fréquence de 5o périodes. Les turbines sont doubles et entraînent chacune un alternateur de 17500 KVA fournissant du courant à 6 600 volts à la vitesse de 375 tours par minute, la puissance fournie peut atteindre sans inconvénient 21 000 KVA pendant une minute. Les machines sont calculées de façon à pouvoir supporter une augmentation de vitesse de 100 %. Un double jeu de barres omnibus à 6 600 volts et un double jeu de barres à i5o 000 volts sont reliés aux générateurs et aux transformateurs, d’une part, aux transformateurs et aux lignes, d’autre part, par l'intermédiaire d’interrupteurs à huile.
- A chaque unité correspond un groupe de transformateurs monophasés à huile et à refroidissement par eau, d’une capacité de 5 833 K VA. Les primaires sont connectés en triangle et les secondaires en étoile, de manière à fournir 86 700 volts entre fil et terre et i5oooo volts entre phases. Le neutre de l’étoile est à la terre, mais les transformateurs sont établis de manière à pouvoir fonctionner, le neutre étant isolé. Le neutre est relié à la terre à travers un transformateur de courant qui fait fonctionner une sonnerie en cas de déséquilibre entre phases.
- Les barres omnibus à haute tension sont en tubes de fer forgé de 5 centimètres de diamètre et les connexions en tubes de 3 centimètres dp diamètre. Les grands diamètres ont été employés et les angles ont été arrondis en vue de réduire les pertes par effet corona. Les conducteurs à
- ;
- TECHNIQUES
- haute tension sont maintenus dans leur parcours vertical par des isolateurs tendeurs supportés par l’encadrement du toit, des isolateurs à disques multiples étant employés à la hauteur de chaque étage pour donner de la rigidité à l’ensemble. L’espacement horizontal entre barres à i5oooo volts est de « m.
- t
- tig\ i. — Pylône de la ligne de transport à »5oooo voltfe montrant le mode de fixation des conducteurs aux isola-tours.
- L’installation est protégée par des parafoudres électrolytiques et par des parafoudres à cornes, ces derniers étant montés sur une tour en acier logée sur le toit.
- Les lignes de transport du réseau de Big Creek sont parmi les plus importantes, autant par leur grande longueur que par l’élévation de la tension employée. De Big Creek à la sous-station de Los Angeles, la dis tance est de 385 kilomètres. Les lignes, au nombre de deux, sont établies sur des tours en acier (*), chacune d’elles
- (*) \oir La Lumière'Electrique, 17 janvier 1914, p.,81*
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- supportant trois conducteurs disposés dans un même plan horizontal ; les supports sont espacés entre eux de 200 mètres, sauf dans les régions exposées à la grêle où l’espacement est moindre.
- Les tours, du type Milliken représenté par la figure encontre, sont au nombre de 3 400 environ. La hauteur des conducteurs au dessus du sol est au minimum de 7 m. 5o. Les tours sont montées sur des fondations en acier profilé qui descendent jusqu’à 1 111. 80 au-dessous du sol.
- 65 % des tours sont de même type pesant 25.00 kilogrammes environ. La hauteur normale de la traverse au-dessus du sol est.de i3 mètres. Lés conducteurs sont fixés sur des isolateurs composés de neuf disques suspendus en série. Sur les supports d’angle ou d’ancrage, deux séries de onze disques chacune sont établies en parallèle de chaque côté de la tour. Chaque disque a été éprouvé à la tension de 90 000 volts à sec et à 56 000 volts sous pluiei
- La construction des lignes a exigé l’emploi de 2 700 tonnes de câbles. Lç conducteur est en aluminium avec àme en acier et pèse 1 135 kilogrammes au kilomètre. L’àme en acier est à sept torons de fil doublement galvanisé. Les tours ont été établies pour pouvoir résister à l’effort résultant de la rupture de deux conducteurs d’un même côté et les tours d’ancrage ont été calculées pour le cas de la rupture des trois conducteurs et du fil de terre, et aussi pour l’effet correspondant à un angle de 60 degrés. Le fil de terre est constitué par un câble en adier galvanisé Siemens-Martin. Les conducteurs sont espacés entre eux de 5 111. 25 horizontalement.
- On a établi à Bakersfield, à 2i5 kilomètres de l’usine génératrice, une sous-station de sectionnement dans laquelle des interrupteurs à huile permettent découper les lignes ou de les mettre en parallèle. Le bâtiment a été établi en prévision de l’installation future de transformateurs et d’une nouvelle ligne à i5oooo volts.
- La sous-station d’arrivée à Los Angeles comporte des transformateurs, des compensateurs et des condensateurs destinés à régulariser la tension.
- La distribution est faite au moyen de lignes à 72 000 et 18 000 volts et la sous-station a été prévue pour trois lignes de transport à i5o 000 volts, deux lignes à 72 000 volts et six à 18 000 volts. Actuellement, la tension est abaissée au moyen de 4 groupes de transformateurs de i3 5oo KYA. Les condensateurs, d’une capacité de 15 000 KVA, sont au nombre de deux alimentés par des groupes de trois transformateurs de 5 000 KVA fournissant du courant à la tension de 6 600 volts. Pour maintenir la tension de i5o noo volts aux deux extrémités des lignes de transport, chacun des condensateurs doit fournir i2 Îoo KVA et les alternateurs, 11750 KVA. L’élévation de tension due à la capacité de la ligne dans un condensateur atteint d’ailleurs 9, 3 % à vide.
- La sous-station est divisée en f ec tions correspondant à chaque tension emplo/ém
- Le réseau de Big Creek foncticnr.e en 'parallèle avec deux lignes à 5o 000 volts provenant dé/ l’usine de Kcrn-Rivcr appartenant à la môjjjie compagnie. La jonction sc fait par l’internVe-diaire de compensateurs dont la capacité s’élèVp^ au total à 10 000 KVA.
- (Electrical World, 10 janvier 1914.)
- La production de l’électric.té par récupérateurs de calories oerdues.
- La ville de West-IIartepool produit de l’électricité en utilisant une certaine quantité de chaleur qui était autrefois perdue. Deux turbo générateurs d’une puissance de 1 5oo kilowatts chacun fonctionnent en récupérant la vapeur de la Compagnie des Aciéries Seaton Carew. La station municipale étant toute voisine de cette aciérie fournit à cette Société gratuitement toute l’énergie dont elle a besoin-en échange de sa vapeur qui était autrefois perdue.
- Si l’on calcule l’économie de charbon que cette utilisation de vapeur procure à la station municipale, on trouve qu’elle s’élève à environ 100000 francs par an ce qui lui a permis d’abaisser sensiblement le prix de vente de l’énergie. La consommation s’en est immédiatement accrue dans de grandes proportions.
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- ECLAIRAGE
- La lampe en quartz à vapeur de mercure. — H. Becker.
- La lampe en quartz qu’on trouve dans le commerce depuis un certain nombre d’années est arrivée, par des perfectionnements techniques successifs, aune forme pratique et à un mode de fonctionnement répondant à toutes les conditions de l’éclairage moderne. On sait que cette lampe est à vapeur métallique, l’agent lumineux étant ici la vapeur de mercure enfermée dans des tubes à vide en quartz. Elle se fait aujourd’hui pour courants continu et alternatif et ressemble extérieurement à une lampe à arc. Ses éléments essentiels sont : le brûleur, le dispositif de mise 'en circuit, les résistances, l’enveloppe protectrice, et le globe.
- L’organe essentiel de la lampe, le brûleur, est un tube de quartz de quelques centimètres de longueur qui se termine à chaque extrémité par un récipient transversal. Ces récipients polaires contiennent les deux pôles de mercure et sont enveloppés par des refroidisseurs ou radiateurs en feuilles de cuivre ou d’aluminium disposés en éventail et réglant la dispersion de chaleur. Le courant est amené à travers le quartz aux deux pôles de mercure et, pour protéger les conducteurs contre l’action de la chaleur, ceux-ci sont isolés par des cordons de perles. Le brûleur est suspendu par deux pivots sous un axe a i, incliné sur la direction du brûleur; il est relié d’autre part par la tige » à l’armature r de l’électro q, en dérivation, de telle manière qu’il bascule sur son axe lorsque cette armature est attirée.
- Le dispositif de mise en circuit se compose simplement de l’électro q, de l’armature r, et de la tige u ainsi que de la bobine de réaction l et de son noyau c qui sert à interrompre le circuit de l’électro et à ramener le brûleur à sa position initiale. La bobine de réaction l a, en outre, pour but de rendre le brûleur insensible à une chute brusque de tension dans le réseau, son cifet. d’induction amortissant cette brusque chute de tension.
- Les résistances sont de deux genres : les résis-
- tances de fer h qui ont pour objet de réduire la haute intensité du courant initial, et la résistance variable m en fil de ruthane qui permet de régler les lampes aux diverses tensions de réseau.
- Le globe est en verre clair ou opale dans les conditions ordinaires; il est normalement sphérique ou en champignon pour le petit modèle. Dans le but de combattre la coloration verdâtre
- Fig. i. — Coupe de la lampe normale ù. vapeur de mercure.
- Echelle i : 7,5.
- de la lumière de la lampe en quartz, on a récemment mis en vente des globes rouges dit globes « Ruby ».
- La mise en circuit de la lampe s’opère de la façon suivante : les bornes c et d de la lampe sont reliées au réseau, en sorte que l’électro q, monté en dérivation entre les bornes c et t, reçoit du courant, attire l’armature r et, par cette dernière et la tige u, fait basculer le brûleur; le pôle négatif de ce dernier s’abaisse, le pôle positif se
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- relève et laisse s’écouler du mercure vers le négatif, ce qui ferme le circuit principal. Le passage de courant sous une intensité notable, ainsi déterminé, excite la bobine de réaction l qui attire son armature c et interrompt le circuit de l’élcctro de baseulage q par le contact p. Le brûleur revient à sa position initiale par son propre poids, le mercure se sépare et l’arc jaillit au point de rupture de la veine liquide. Au moment de l’allumage, le brûleur de la lampe en quartz ne demande qu’une très faible tension, environ 3o volts, aussi est-il peu éclairant; ce n’est que lorsque scs récipients polaires sont complètement échaudés que la lame fonctionne à sa tension normale et donne son maximum d’intensité lumineuse.
- ' v
- Fig. a. — Brûleur de cjuartz.
- Dans les lampes en quartz, l’intensité du'eou-rant qui traverse le brûleur n’est pas inlluencée par la modification de la tension du réseau ou des résistances; elle dépend surtout delà température du mercure dans le tube lumineux. Les récipients polaires s’échaudent d’autant plus vite et, par conséquent, l’intensité lumineuse croit d’autant plus rapidement que l’intensité du courant traversant le brûleur au début est plus considérable. Les résistances de fer ne sont intercalées dans le circuit que pour ne pas laisser cette intensité prendre une valeur trop élevée au moment de la mise en circuit. Celles-ci sont portées immédiatement au rouge sombre, à la fermeture du circuit, ce qui multiplie leur résistance mais elles se refroidissent rapidement en sorte qu’après dix à quinze minutes de fonctionnement la tension normale du brûleur est atteinte tandis que, d’autre part, en raison de l’écliaud'ement des récipients polaires, l’intensité est réduite à sa valeur normale pour le pouvoir éclairant maximum de la lampe. Le diagramme (fig. 4) montre l’augmentation de la tension et la
- diminution de l’intensité depuis fiallumage jusqu’à l’établissement du régime normal d’éclairage.
- L’agitation de l’air autour do la lampe et la basse température de l’atmosphère n’ont qu’une faible influence sur l’accroissement de l’intensité de régime. On a constaté que cet accroissement n’était que de o,2 à o,3 ampère pour une température extérieure de ir>° C.
- Schéma des connexions.
- Voici les caractéristiques des modèles courants de lampes en quartz qui fonctionnent de préférence en dérivation à 220 ou no volts :
- Taiilkau I
- INTENSITÉ Ampères TENSION Volts POUVOIR ÉCLAIRANT Bougies Ho filer CONSOMMATION d'énergie Watts WATTS PAR BOUGIE HEFNER
- 3,5 200 à 2/|0 3 ooo 700 à 840 0,256
- ‘2,5 200 à 2/,O i 5oo 5oo à 600 0,367
- 6,5 IOO à 120 a ooo fini) à eao o,3 3o
- Pour l’éclairage de locaux dont l’atmosphère contient des vapeurs acides, on a récemment établi des lampes dites « Silacid » dont l’enveloppe protectrice est en grès.
- Dans le fonctionnement de la lampe en quartz il n’ya aucune combustion, sa durée n’est cependant pas illimitée car, au bout de 5 ooo à (j ooo heures environ, le quartz devient perméable à l’air et l’abaissement du vide ne permet plus le bon fonctionnement de la lampe. Un inconvé-
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- nient de ce mode d’éclairage est sa couleur blafarde, due à l’absence de rayons rouges. Cela n’a pas grande importance dans les locaux industriels, surtout en employant des globes « Ruby », mais, par contre, cette coloration rend ce mode d’éclairage absolument impropre pour les hôtels, salles de bal, théâtres, etc. Dans les fonderies, dont le sol est recouvert de sable noir, l’éclairage p$ir la lampe à vapeur de mercure est au contraire supérieur aux autres, car ce sable a la propriété d’absorber les rayons rouges et de réfléchir la lumière blanche.
- Vol ta
- tension
- totale.
- 0/'som wtiôrrda
- Minutes
- <o
- •O
- s
- 1000
- goo
- §oo
- boo
- Zoo
- Fig. 4. — Intensité, tension et consommation de la lampe de quartz à sa mise en circuit.
- En résumé, les principaux avantages des lampes en quartz sont la suppression complète de tout entretien pour une durée de fonctionne- ; ment de cinq mille à six mille heures, la sup- j pression des charbons coûteux des lampes à arc, • la sûreté de fonctionnement sans aucun réglage ; nécessaire, l’insensibilité à de fortes variations 1 de tension et surtout la faible consommation de ; courant.
- (Zeitschrift des Vereines deutscher Ingenieure, 1913).
- Un turbo-générateur d’un kilowatt, pour l’éclairage.
- On a souvent besoin d’éclairage dans des endroits où l’on ne dispose pas d’énergie électrique mais où, par contre, on dispose de vapeur; tel est le cas sur les chantiers de travaux publics, dans les petits ateliers, etc. C’est pour répondre à ce besoin que la Westinghouse Electric a récemment créé un petit turbo-générateur suffisant pour alimenter une lampe àarc et quelques lampes à incandescence ou environ4o lampes de watts à filament, métallique.
- Turbo-générateur de i kilowatt.
- Ce petit groupe électrogène est très compact car il ne mesure que 90 centimètres de longueur et 4a centimètres de hauteur; il peut s’installer partout à la condition qu’il soit placé horizontalement. Son fonctionnement n’exige pratiquement aucune surveillance, aucun yéglage et tous les organes en sont facilement accessibles.
- La turbine à vapeur et la génératrice sont montés dans le même bâti. La turbine est du type à action et porte un régulateur maintenant la vitesse constante sous toutes les variations de charge et de pression de vapeur. La puissance d’un kilowatt est obtenue à l’aide de vapeur à 6 kg. 3 et on peut obtenir un fonctionnement satisfaisant avec des pressions allant jusqu’à 17 kg. 5. Ce groupe électrogène pèse 128 kilogrammes et fournit du courant à 120 volts.
- (Electrical Review, Ier janvier 1914 )
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- 7 Mars 1914. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ÉLECTROMÉTALLURGIE
- L’acier moulé électrique.
- M. F.-T. Snyclcr a présente, le i 5 octobre dernier, à Y American Foundrymen' s Association, à Chicago, un mémoire sur l’emploi du four électrique dans les fonderies d’acier. Bien que les conditions de l’industrie métallurgique américaine diffèrent quelque peii de celles de l’industrie européenne, ce mémoire n’en présente pas moins un grand intérêt. Il traite tout spécialement des conditions d’exploitation de la petite fonderie d’acier, d’une production journalière d’environ io tonnes, qui fabrique surtout de petites pièces d’acier moulé.
- Le four électrique s’est surtout répandu en Amérique parce qu’il permet de fondre de petites quantités d’acier à un prix de revient bien moindre que le four à sole ou le petit convertisseur. La qualité du métal qu’il produit est égale-
- tonne produite est moindre dans le four électrique que dans le four à creuset. Yis-à-vis du petit convertisseur, le four électrique a déjà un avantage économique : c’est que la charge de riblons employée est moins chère que la charge de fonte grise du convertisseur. D’autre part, les fonderies de petites pièces d’acier n’utilisent généralement leurs fours que pendant une partie de la journée et, dans ces conditions, le four à sole est d’un fonctionnement plus coûteux que le four électrique; mais, il en est encore de même dans le cas d’un fonctionnement continu, parce que, pendant les arrêts, le four électrique ne nécessite ni chauffage, ni surveillance. Le tableau ci-dessous donne d’ailleurs le prix de revient total de l’acier électrique pour 24 et i* heures de service dans des aciéries de production variable de 3 t. 5 à 18 tonnes par jour et pour la région du Centre-Ouest américain.
- Tableau I.
- Prix de revient approximatif d'une tonne d'acier électrique fondu.
- Heures de service par jour 1 2 1 2 1 12 24 a 4 24
- Production journalière Tonnes mélr. 3,6 I I 4,5 9 18
- Prix de revient de l’acier Fr. 1 1 if,75 108 I 22 106 94,5o
- ment bien supérieure d’où, naturellement, une augmentation du chiffre d’affaires des fonderies qui ont des fours électriques.
- L’acier moulé électrique a une plus grande résistance au choc et peut, en conséquence, être employé dans la construction automobile pour certains organes où l’acier au convertisseur, ou même au creuset, est inadmissible. Les pièces moulées en acier électrique supportent avant rupture deux à trois fois plus de coups de mouton que des moulages de même forme et même teneur en carbone, en acier sur sole. La résistance à la traction de l’acier électrique est supérieure de 3,5 à 4, a kilogrammes par millimètre carré à celle de l’acier Martin de même teneur en carbone, ce qui tient en partie au grain plus serré de l’acier électrique.
- En général, les frais de fusion sont moindres au four électrique qu’au fourïi creuselou au petit convertisseur. La consommation de courant par
- En raison du mode usuel de tarification du courant aux Etats-Unis, par abonnement au kilowatt-an augmenté du prix des kilowatts-heure réellement consommés, l’énergie consommée en service de nuit coûte sensiblement moins cher que celle dépensée pendant le service de jour, ce dont il faut tenir compte pour la comparaison des deux modes d’exploitation. Il est d’ailleurs regrettable que l’auteur n’ait pas indiqué le tarif du courant électrique d’après lequel sont établies ses données.
- L’emploi de l’acieréleclrique a eu naturellement sa répercussion sur la technique de la fonderie. C’est ainsi que l’acier électrique étant très chaud se prête parfaitement, au moulage de pièces minces; étant beaucoup moins effervescent que l’acier produit par les autres méthodes, il présente moins de soufflures et moins d’inclusions de scories dues à une désoxydation incomplète. Par contre, en raison de son grain plus serré,
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- cet acier a un plus grand retrait que l’acier Bes semer ou au creuset. Sa plus grande fluidité permet de réduire un peu les dimensions des jets de coulée et des masselottes.
- Pour la production de moulages en aciers spéciaux, le four électrique convient parfaitement car il se prête aux additions diverses sans perle sensible au feu; d’un autre côté, le mouvement, produit dans la masse du bain par le passage du courant, brasse intimement le métal et donne un alliage plus parfait et de composition chimique plus uniforme. En raison de la faible perte au l’eu, il est possible de réemployer avec avantage les jets de coulée et masselottes des moulages en. aciers spéciaux et de ne rien perdre ainsi des métaux d’addition. 11 résulte de ce fait une grande économie, surtout dans la fabrication de l’acier au manganèse.
- heure (par tonne de 907 kilogrammes), ce qui correspond évidemment à une sensible économie, mais elle est grevée, par contre, d’une quantité de frais qui l’emportent sur cette économie. Elle est plus coûteuse, la perte au feu est plus grande. (Tel 11’est pas cependant l’avis de M. A. Ziegler, qui commente ce mémoire dans la Revue Elektrische Kraftbetriebe und Bahnen, et démontre, au contraire, qu’il y a gain dans l’affinage de la fonte sur sole). En outre, la fonte employée contient généralement beaucoup de phosphore et de soufre dont l’élimination prolonge la durée de l’affinage. Il faut également abaisser la teneur en carbone de la fonte jusqu’à celle, très faible, de l’acier de moulage et, pour cela, faire des additions d’oxyde de fer, ordinairement sous forme de minerai. La scorie oxydante ainsi produite nécessite un bon fondeur
- Tabluau II
- Prix de revient comparé de l'acier électrique en employant de la fonte liquide et des ciblons froids.
- pa« toxke(*)
- Production 5 tonnes par a4 heures : Francs Francs
- Fusion cubilot 4,15
- Salaires fl (3 )
- Courant 1 3,5o 5,'AO a3,35
- Divers
- Différence de charge :
- Fonte brute 975 kilogrammes à 67 fr. 5o la tonne
- Riblons g3o kilogrammes à 57 fr. 00 la tonne 58,oo
- Différence 14, JO 4 A,OO
- Soit excédent de dépenses
- Economie sur l’énergie électrique réalisée par la charge en fonte liquide : a56 k\v.-h. à 6,5 centimes 1
- Excédent de dépenses par l’emploi de la fonte ou, par tonne métrique a4,75 a7,a5
- (*) Short tons de 907 kilogrammes.
- Dans les petites fonderies, il convient, en général, d’employer comme charge du four électrique plutôt des riblons froids que de la fonte liquide venant du cubilot. Telle est, du moins, l’opinion de M. Snyder. D’après le tableau 11 ci-dessus, l’emploi de riblons froids serait, en effet, plus économique que le traitement de la fonte liquide. Celle-ci possède bien par elle-même une quantité de chaleur qu’on peut évaluer, dans l’exemple considéré, à >.65 kilowatts-
- pour la conduite du four et plus d’habileté de la part de celui-ci que la charge en riblons. Enfin, il y a une autre raison appelée à prendre de l’importance si l’on désire des moulages de haute qualité et qui tend à faire rejeter l’emploi de la fonte, c’est que moins le métal liquide est en contact avec l’azote atmosphérique et meilleure est la qualité de l’acier. Or, la fonte de cubilot contient beaucoup d’azote.
- (Elektrische Kraftbetriebe und Bahnen, A février
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- APPLICATION? MÉCANIQUES
- Un nouveau système de halage funicu
- laire électrique des bateaux. — M. Ed. Imbeaux.
- Si la question du halage mécanique sur les canaux n’a pas été jusqu’ici bien résolue, ce n’est pas qu’il ait manqué de chercheurs pour étudier ce problème intéressant. Parmi les moyens proposés (louage sur chaîne noyée, remorquage par tracteur flottant ou roulant sur berge, propulsion par hélice immergée ou aérienne, halage funiculaire, etc.), il semble que le halage funiculaire seul donne une solution générale, en ce sens qu’il permet d’utiliser sans modification, d’une part, le matériel flottant, d’autre part le canal lui-même, quels que soient les obstacles placés sur les berges (ponts, tunnels, ouvrages d’art, etc.). Dès 1867, Troll et Menier prenaient un breveta ce sujet; mais ce n’est qu'en 1887 cfue Maurice Levy, avec l’aide de M. Pavie, parvint à des dispositions pratiques permettant d’exploiter le halage funiculaire sur la Marne et les canaux de Saint-Maur et de Saint-Maurice.
- Les résultats obtenus par Maurice Levy furent si intéressants que l’Académie des Sciences fut saisie de la question et que plusieurs de ses membres allèrent visiter les installations de Saint-Maur.
- A l’heure actuelle, ces installations ne fonctionnent plus; mais les dispositifs imaginés par Maurice Levy sont encore utilisés au tunnel du Mont-de-Billy (canal de l’Aisne à la Marne) et si l’emploi ne s’en est pas généralisé, cela tient à ce que l’inventeur a dû employer, faute de mieux, des moteurs à vapeur. Il est, en effet, facile de concevoir que si l’on veut obtenir du système toute la souplesse voulue, il faut que chaque câble sans fin ait une longueur relativement limitée, et comme il est nécessaire d’avoir un moteur par câble sans fin, on était conduit à multiplier le nombre des moteurs; or, les machines à vapeur sont coûteuses, d’une puissance peu élastique et nécessitent un personnel spécial : ce fut la pierre d’achoppement du système,
- Cet état de choses se trouve complètement modifié par les progrès de l’électricité, qui permet de transporter l’énergie tout le long d’un canal et de multiplier à volonté le nombre des moteurs ; ces moteurs sont, en plus, très bon marché, simples et rustiques, ont une grande élasticité (pouvant comme le cheval
- donner le coup de collier), ne nécessitent aucune surveillance et permettent enfin d’obtenir l’énergie motrice à un prix très bas. La plus grave objection au système de Maurice Levy se trouve donc levée.
- C’est dans ces conditions que mon Service a cru devoir s’intéresser à deux essais effectués sur le canal de la Marne au Rhin par la Compagnie Générale Electrique de Nancy : les résultats m’en ont semblé assez intéressants pour mériter, d’une part, d’être portés à la connaissance de l’Académie, d’autre part, d’amener l’administration des Travaux publics à faire une application du système au service commercial dans une partie du canal spécialement difficile.
- Description du procédé. — Sur une berge (ou sur les deux si l’intensité du trafic le justifie), on dispose une série de câbles sans fin, actionnés chacun par un cabestan mû par moteur électrique; l’ensemble d’un cabestan et d’un câble sans fin forme une section. La section a, selon l’intensité du trafic, une longueur variant de 3oo mètres à 5oo mètres et les cabestans sont calculés de manière à donner aux bateaux une vitesse variant, selon la jauge, entre 3 kilomètres et 4 kilomètres à l’heure.
- Le bateau à haler est amarré au câble sans fin par les soins d’un convoyeur qui circule sur la berge et joue à peu près le rôle du charretier actuel ; ce convoyeur met ensuite le cabestan en route et le bateau est tiré tout le long de la section; arrivé à l’extrémité du câble, le convoyeur arrête le cabestan (ce qui peut se faire de l’une ou l’autre extrémité de la section, ainsi que de certains points intermédiaires), puis il détache l’amarre qu’il attache ensuite au câble de la section suivante, dont il met le cabestan en route et ainsi de suite.
- Les bateaux peuvent circuler dans les deux sens, puisqu’il suffit, selon le sens de marche, d’attacher l’amarre à l’un ou l’autre brin du câble sans fin. Le croisement de deux bateaux cheminant en sens inverse se fait pendant qu’on passe les amarres de l’une à l’autre section et, ainsi, ne donne lieu à aucune difficulté spéciale, étant entendu qu’à chaque câble sans fin n’est attaché qu’un seul bateau cheminant dans l’un ou l’autre sens. En service normal, il y a donc sur le canal deux files de bateaux circulant en sens inverse, files dont les éléments de chacune se
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2° Série). — N° 10.
- trouvent à une distance égale à deux fois la longueur d’une section ; les éléments d’une file sont à un moment donné solidaires des cabestans d’ordre impair, les éléments de l’autre étant solidaires de ceux d’ordre pair; après un croisement, l’inverse a lieu.
- Pour les écluses, le système de halage est le même, à cette différence près que la vitesse du câble est réduite, afin que le bateau puisse manoeuvrer dans l’écluse sans risque d’accident.
- Ce qui caractérise le système, c'est sa très grande simplicité et, partant, la faible immobilisation de capitaux pour son installation. Il n’y a ni rails à installer sur la berge, ni locomotive, ni ligne spéciale d’amenée de courant, ni sous-stations de transformation, ni personnel spécial pour la conduite des appareils, ni enfin aucune modification à apporter au matériel flottant, le halage se faisant dans des conditions bien semblables à la traction animale.
- L’application du système peut être faite avec fruit, non seulement dans les canaux à trafic très intense, comme les canaux du Nord ou de Saint-Quentin, mais aussi dans ceux d’un tonnage moins élevé, comme celui de la Marne au Rhin ; de plus, ce système peut être installé sans modification aucune des ouvrages d’art existants, ponts ou tunnels, et sur des chemins de halage de très faible largeur (ce qui est le cas pour les canaux de l’Est).
- La modicité du prix d’établissement (20 000 francs par kilomètre) assure au nouveau système un grand avantage, car les charges d’intérêt du capital et d’amortissement jouent le rôle principal dans le prix de revient du halage mécanique. Des expériences faites, on peut tirer cette conclusion qu’avec ce système le prix de revient du halage serait, selon les cas, de 20 à 40 % meilleur marché qu’avec la traction animale et, qu’en outre, on gagnerait près de moitié du temps des transports actuels.
- Installation d’essai de J ar ville. — Ces dispositifs ont été mis au point, en 1910, dans une première installation à Jarville, ' près Nancy. Deux sections avaient été installées, l’une desservant une écliise, l’autre une portion de bief. On disposait de courant continu, qui était transformé en alternatif au moyen d’un groupe convertisseur; des dispositifs spéciaux permettaient de faire varier la vitesse du groupe convertisseur et, partant, la fréquence du courant alternatif, ainsi que la vitesse des cabestans et d’étudier, tout à la fois, la tenue des bateaux et l’effort nécessaire pour différentes vitesses. Divers perfectionnements de détail ont été faits pendant la durée des essais (une année).
- Installation du souterrain de Mauvages. — Le grand souterrain de Mauvages, sur le canal de la Marne au Rhin, se trouvant en mauvais état, on y procède actuellement à d’importants travaux de réfection. L’exécution en est rendue d'autant plus délicate qu’il s’agit de ne pas interrompre le service de la batellerie : il faut donc ouvrir à la circulation le tunnel quotidiennement pendant quelques heures, puis faire pénétrer les rames de bateaux apportant l’outillage et les matériaux ; on met ensuite.à sec une section d’environ 200 mètres, après avoir constitué deux barrages au moyen de bateaux-portes spéciaux échoués dans des rainures pratiquées ad hoc en travers du canal. A la fin de la journée, ces barrages sont relevés et la rame est ramenée à l’extérieur du souterrain, pour permettre à nouveau le passage des bateaux de commerce.
- Il y avait de grandes difficultés à assurer dans le tunnel la circulation des rames de bateaux à outillage et matériaux et celle des bateaux spéciaux transportant le personnel nécessaire, en raison de ce qu’on ne pouvait y faire pénétrer aucun tracteur roulant ou flottant (puisqu’on démolit le chemin de halage). MM. Fougerolle frères, entrepreneurs, recoururent alors au halage funiculaire électrique et demandèrent à la Compagnie Générale Electrique de Nancy d’équiper le souterrain et ses abords (7 kilomètres). L’installation donne toute satisfaction : elle permet de fractionner à une vitesse de 3 kilomètres à l’heure une rame de trois ou quatre bateaux chargés d’outillage et de matériaux et (à une vitesse de 6 à 8 kilomètres des bateaux amenant chacun une centaine d’ouvriers sur les chantiers. A Mauvages, on a notamment triomphé des difficultés qu’offraient des courbes d’assez faible rayon et l’on a réussi à supprimer presque complètement l’effet de vrillage des câbles.
- Installation projetée au souterrain de Foug et abords. — Ces résultats encourageants ont attiré l’attention de l’Administration des Travaux publics, et mon Service a proposé l’application du système dans une partie de canal où la traction est lente et difficile, le souterrain de Foug (à section très rétrécie, avec effet de pistonnage intense) et ses abords immédiats. Il s’agit d’une longueur d’environ 5 kilomètres, comprenant une portion de 2 km., 5 du grand bief côté Marne, le souterrain proprement dit et trois écluses situées très près l’une de l’autre à la sortie côté Rhin.
- Une décision ministérielle ayant prescrit la mise à l’enquête du projet, et tous les gros usagers du
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- canal ayant appuyé fortement la chose, tout porte à croire que l'installation sera exécutée en 1914. L’exploitation en serait faite par l’Office national de la Navigation, l’entretien et la surveillance des engins électriques étant assurés pendant 3 ans par la Compagnie Générale Electrique (qui ferait naturellement la fourniture et la pose).
- Conclusion. — Les expériences faites et l’installation actuelle de Mauvages ont mis en lumière tout l’intérêt que présente le halage funiculaire électrique des bateaux. Les dispositifs conçus de la façon la plus rationnelle par Maurice Levy n’ont pu être généralisés immédiatement, faute d’un moteur convenable, la machine à vapeur ne se prêtant pas bien
- à cette application ; mais l’énergiq électrique, qui est fournie présentement à bas prix sous forme de courant alternatif sur presque tous les points de la France, permet d’utiliser des moteurs parfaitement appropriés au halage funiculaire, à savoir les moteurs asynchrones à champ tournant, de telle sorte que rien ne semble s’opposer actuellement à la généralisation des procédés de Maurice Levy, généralisation dans laquelle les transports par eau paraissent devoir trouver un très grand bénéfice de temps et d’argent, et la France une meilleure utilisation de son beau réseau de navigation intérieure.
- (Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, 16 février 1914.)
- CORRESPONDANCE
- Localisation des défauts d’isolement dans les câbles sous-marins.
- Monsieur,
- Dans le numéro du 31 janvier de la Lumière Electrique, je trouve une note concernant la localisation des défauts d’isolement dans les câbles sous-marins. Permettez-moi de vous soumettre les réflexions que sa lecture m’a suggérées.
- Les défauts d’isolement sont plus faciles à localiser que les ruptures, à condition toutefois que la résistance du défaut ne soit pas trop élevée.
- Pour la mesurer, il faut tenir compte de la résistance et de la force électromotrice développées au défaut. Je crois qu’il est hardi de supposer qu’on a affaire à une pile de résistance 4Üf force électromotrice constantes. Celte pile dépend des courants qui ont traversé antérieurement les défauts, du temps pendant lequel a cir-
- culé le courant actuel, etc. Il faut, de plus, tenir compte de la force électromotrice du courant tellurique qui n’est pas en général négligeable (o à 5 volts).
- J’ai indiqué, il y a quelques années, une méthode qui m’a donné de bons résultats, et m’a permis, notamment, de localiser un défaut sur le câble Brest-Dakar.
- On emploie pour mesurer la résistance, la ligne étant isolée à une extrémité, la méthode de Blake.
- L’équilibre du pont s’obtient en faisant venir la résistance Ri placée devant le câble, sans toucher à la résistance R2. De cette façon le courant i qui passe dans le câble est constant.
- On a alors la relation
- R = x + z + i 1
- r résistance du défaut, e polarisation et courant tellurique, pour le moment actuel.
- On fait la même mesure à l’autre extrémité, avec une pile égale et la même résistance Rs. On a donc le même courant d’essai i. Mais r a pu venir et e aussi, car il renferme la force éieclromotrice du courant tellurique qui n’est pas constante.
- On fait une série d’expériences croisées et on combine un résultat obtenu à une extrémité, avec les deux qui l’encadrent à l’autre extrémité.
- Les chiffres ainsi obtenus doivent être concordants. Leur degré de concordance donne la mesure de la confiance qu’on doit leur accorder.
- Veuillez...
- Paris, le 7 février 1914.
- Devaux Charbonnel.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. >XV(2e Série). — N° 10.
- BIBLIOGRAPHIE
- La Protection des réseaux et des insta llations électriques contre les surtensions, par G. Capart, ingénieur civil des Mines. Préface de M. L. Barbillion, professeur à la Faculté des Sciences, directeur de l’Institut Electroteclinique de l'Université de Grenoble, — i volume in-8° de 196 pages, avec 187 figures. — H. Dunod et E. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix : broché : 9 francs; cartonné :
- 10 fr. 5o.
- Toute une nouvelle technique de la transmission d’énergie est actuellement, sans aucun doute, en voie de constitution. L’emploi de hautes tensions relativement basses permettait, jusqu’à ces dernières années, le maintien de coefficients de sécurité encore assez larges pour parer aux insuffisances de la théorie sinusoïdale, en ce qui concerne les régimes de surintensité et de surtension, d’une part, et les dangers introduits par la superposition à ces régimes d’effets parasites et transitoires, de l’autre.
- Aujourd’hui, les installations à 100000 volts ont passé du domaine du rêve dans celui de la réalité. Les phénomènes de natures si diverses dont sont le siège les lignes doivent faire l’objet d’une rigoureuse analyse, indispensable préface à une solide protection.
- De l’ouvrage de M. Capart ont été bannies — et nous l’en félicitons sincèrement, dit M. Barbillion dans sa préface, en raison des apparences d’explications souvent décevantes qu’elles fournissent en pareille matière, — toutes considérations mathématiques non immédiatement indispensables. Ce livre constituera une contribution de premier ordre à cette si vivante question de la transmission de l’énergie.
- Notions sur les Accumulateurs électriques, par Paul Gadot. — 1 volume in-16 de 72 pages, avec figures. — H. Dunod etE. Pinat, éditeurs, Paris. — Prix M fr. 5o.
- Ce petit livre, absolument original, renferme une documentation sérieuse et complète ; après l’avoir lu on saura enfin ce que c’est que XAccumulation électrique, et l’on comprendra cet appareil un peu mystérieux : XAccumulateur.
- 11 devrait donc être entre les mains de tous ceux
- qui se servent d’accumulateurs électriques : propriétaires ou chauffeurs d’automobiles pour leurs batteries d’éclairage ou d’allumage, électriciens des sous-marins, industriels qui ont des batteries fixes, docteurs, agents qui s’occupent de la vente, de la réparation et de la recharge des accumulateurs de toutes les marques, etc.
- Les savants, les professeurs et les élèves de nos grandes Ecoles y trouveront l’exposé complet de la Théorie de la double sulfatation, et une étude des surfaces du plomb divisé qui est une nouveauté géométrique très curieuse.
- Enfin les inventeurs y puiseront quelques bons conseils qui leur épargneront beaucoup de recherches et bien des désillusions.
- Les lampes électriques à filament métallique et en particulier résultats d’essais sur les lampes Osmium, Tantale, Zirkon et 'Wolfram, par c. Heinrich Weber. — 1 volume de 453 pages et 216 figures. — Dr. Max Janecke, éditeur, Leipzig. — Prix ; 10 marks.
- Depuis quelques années, par suite de l’utilisation de différents métaux et alliages dans la construction des filaments des ampoules électriques, il s’est produit une révolution dans l’industrie de la fabrication des lampes. De ce fait est résulté un accroissement considérable de l’emploi de l’énergie électrique à l’éclairage et une augmentation des exportations des ampoules électriques qui ont progressé dans la proportion de 1 à 17.
- L’auteur, après avoir fait un historique des méthodes de construction des lampes à filament métallique, étudie plus spécialement les lampes à filaments de platine et d’irridium, la lampe Osmium, la lampe Zirkon, Tantale.... Dans la deuxième partie, l’auteur étudie spécialement la lampe à filament métallique de Wolfram ainsi que les divers procédés de fabrication des filaments dans lesquels ce métal est employé soit seul, soit en combinaison avec d’autres métaux. Viennent ensuite des considérations sur le mode de fixation du filament dans la lampe, la fabrication et le montage des différentes pièces composant la lampe, les essais des lampes avant leur livraison au commerce.
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- 7 Mars 1914. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- NOTES INDUSTRIELLES
- Méthode et appareils pour essais à haute tension des câbles et des réseaux souterrains de distribution d’électricité.
- Les lignes souterraines de distribution d’électricité doivent êtrei soumises, après leur pose, à un essai propre à justifier que cette opération a été conduite de manière à conserver à la ligne les qualités d'isolation que le câble lui-même possède par construction. Cet essai n’a donc pas pour objet de vérifier à nouveau la qualité du câble, qui a été antérieurement contrôlée par des épreuves en usine, mais seulement de s’assurer si les boîtes de jonction ont été correctement montées, et si les manipulations du transport ou tde la pose n’ont pas altéré le câble en quelque point.
- Le mode d’essai consiste à appliquer à la ligne une tension supérieure à celle qu’elle supportera en service régulier; on adopte en général une valeur double de la tension normale de service (sauf pour les tensions très élevées, où la tension d’essai est généralement moindre).
- Or, à mesure que lès tensions d’emploi des courants alternatifs se sont accrues, l’épreuve ainsi définie s’est révélée de plus en plus difficile à réaliser. En effet, lorsque l’on soumet une ligne d’une certaine capacité à une tension alternative, on lui communique un courant de charge dont l’importance augmente comme le carré de la tension et comme la longueur de la ligne ; ce qui conduit à augmenter dans les mêmes proportions la puissance de l’appareillage à employer. On est amené à des dimensions de transformateurs qui, en fait, deviennent rapidement prohibitives.
- D’autre part, on reconnaîtra aisément qu’il n’est pas possible de réduire la capacité totale de la ligne en la sectionnant eten opérant par fractions, car alors les boîtes de coupure échapperaient forcément à l’épreuve, et celle-ci resterait ainsi sans valeur démonstrative complète.
- Or, ce courant de charge n’est d’aucune utilité pour l’essai, c’est seulement un phénomène parasite dû à la nature alternative de la tension d’épreuve. De là est née l’idée de substituer une tension continue à l’alternative, de manière à rendre la dimension des appareils d’essai indépendante de la capacité de la ligne.
- Des essais comparatifs ont démontré que l’on provoque tout aussi bien le claquage d’un défaut avec une tension continue qu’avec une tension alternative. Ils ont montré aussi que les actions sont du même ordre si la tension continue est environ deux fois et demie la tension efficace alternative. Ainsia5 ooo volts continus provoquent à peu près les mêmes perforations que ioooo volts efficaces alternatifs.
- Par exemple, une ligne qui doit fonctionner sous 5ooo volts devrait être essayée à ioooo alternatifs, dont l’équivalent en continu est aü ooo volts environ.
- Dans un nouvel appareil construit par la maison Geoffroy et Delore, on a cherché à produire ces hautes tensions statiques par le procédé le plus simple possible et on a utilisé à cette fin la bobine d’induction dans sa forme classique.
- On sait que les tensions produites par une bobine correspondent à la fermeture et à l’ouverture du circuit primaire. La tension d’ouverture, beaucoup plus élevée que l’autre, donne seule une étincelle si l’écartement des électrodes est suffisant. Les courants instantanés correspondants sont donc tous de même sens, et si une capacité, bouteille de Leyde ou câble, est intercalée dans le circuit, elle se chargera peu à peu jusqu’à la tension d’étincelle. Mais celle-ci serait encore limitée à une valeur trop faible pour la plupart des applications si l’on n’en complétait l’action par l’emploi d’une soupape électrique, dispositif propre à s’opposer au passage en retour des charges progressivement accumulées dans la capacité.
- Il a été reconnu qu’un système de « pointe et plateau », convenablement intercalé en série dans le circuit, forme une soupape très efficace, infiniment plus simple, moins capricieuse et moins fragile que les soupapes à vide étudiées parallèlement.
- La bobine est alimentée par une source de courant de i io volts, continu ou alternatif, réglable par l’intermédiaire d’un rhéostat, et consomme environ 6 à 7 ampères.
- L’interrupteur est constitué par une turbine à mercure shuntée par un condensateur convenable.
- Sous cette forme, l’appareil permet d’essayer jusqu’à ioo ooo volts par exemple un tambour de câble.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2'Série).— NMO.
- Mais quand on veut charger une capacité plus grande, certaines difficultés se présentent.
- En effet, une soupape quelconque travaille toujours assez près de sa limite de sécurité, et il en résulte qu’un arc peut quelquefois s’amorcer à l’envers et décharger brutalement le câble sur la bobine qui pourrait être ainsi détériorée si l’on opérait sur plusieurs kilomètres de câbles.
- Pour amortir cette décharge, on a donc été amené à intercaler entre le câble et la soupape une résistance, en l’espèce constituée par un tube à eau et glycérine, tout en utilisant une petite capacité auxiliaire, afin de conserver à la soupape son bon fonctionnement.
- Cette capacité est reliée directement à la bobine et le câble est monté en dérivation sur la capacité auxiliaire par l’intermédiaire de la résistance liquide
- Ce dispositif permet d’obtenir un bon fonctionnement des soupapes tout en offrant un amortissement efficace pour le cas où un arc s’amorcerait à l’envers.
- Un électromètre relié directement au câble donne la mesure de la tension appliquée.
- L’appareil est ordinairement construit pour une tension variable de 4 ooo à 100 ooo volts, ce qui suffit pour la grande majorité des applications ; il peut d’ailleurs être établi pour dés tensions plus élevées.
- L’essai peut porter sur une longueur pratique-
- ment illimitée de canalisation. Seule la durée de charge s’accroît avec cette longueur, mais elle n’est jamais exagérée et reste de l’ordre de vingt à trente secondes par kilomètre relié.
- Les récentes applications qui en ont été faites ont démontré que ce matériel répond complètement aux besoins qui ont motivé sa création ; les défauts sont perforés et leur localisation est facilitée, s’il est nécessaire, en continuant l’application de la tension pour brûler le défaut. Cet appareil peut également être utilisé comme source de courant â tension élevée pour la localisation des défauts très résistants.
- L’ensemble de l’appareil est enfermé dans un chariot transportable à bras d’homme et capable de rouler sur le sol. Le poids total est de 45o kilog.
- En résumé, cette méthode permet d’appliquer à une canalisation de capacité et par suite de longueur quelconques, une tension d’essai qu’on peut faire varier, par exemple, de 4 ooo à ioo ooo volts, c’est-à-dire dans les limites les plus étendues, au moyen d’un simple rhéostat.
- L'appareil d'essai est simple et portatif; il n’exige aucun réglage spécial, quelles que soient la nature et la capacité du réseau à éprouver, et son fonctionnement peut être assuré au moyen d’une source d’électricité quelconque (courant continu ou alternatif) ne dépassant pas no volts de tension avec un débit de quelques ampères.
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- 7 Mars 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- La situation générale de l'industrie s’améliorerait cependant, si l’on en croit les notes émanant des centres métallurgiques et les bruits qui circulent dans les milieux intéressés. Dans le centre de la France, les usines de spécialités travaillent pour la guerre et la marine; dans l’Est, la reprise n’est point accentuée, le nombre des hauts fourneaux mis hors feu augmentant plutôt ; dans le Nord, ou ne se rappellerait pas d’année plus mauvaise depuis 1870: il y a quelque exagération dans cette dernière appréciation qui ne tient pas compte des profondes modifications survenues depuis lors dans la capacité des usines, mais il est de fait que beaucoup d’ouvriers chôment un et deux jours sur six.
- D’une façon générale les constructeurs de matériel électrique ne paraissent pas avoir encore souffert de la crise autant que leurs collègues des autres industries : mais ils ne sont pas des premiers à s’en apercevoir et ils conservent quelques débouchés que la pénurie de main-d’œuvre tient toujours ouverts.
- La Bourse continue à tenir rigueur aux valeurs des Sociétés d’exploitations des événements qui ont précipité le mois dernier la baisse de certains titres. Leur situation actuelle n’est ni plus mauvaise .ni meilleure qu’auparavant : elle se maintient avec des recettes plutôt en augmentation, et des coefficients d’exploitation sinon constants, du moins très peu différents. La mauvaise tenue de toute la cote rejaillit sur toutes les rubriques sans discernement et cause des appréhensions injustifiées. Ainsi pour les valeurs de cuivre, la situation est plutôt meilleure, caries stocks diminuent, les consommateurs réclament des livraisons urgentes et en Amérique les demandes s’accentuent.
- La grève des mineurs français a échoué ; on peut du moins le considérer ainsi puisque nos deux principaux bassins du Nord et du Pas-de-Calais ont résisté complètement au mouvement des meneurs. Le motif n’était pas de ceux qui peuvent justifier un soulèvement, si tant est que la grève prenne quelquefois un caractère légitime. Le Parlement vient de faire aux mineurs une situation privilégiée par rapport à tous les autres travailleurs en votant la création d’une caisse de retraites autonome avec retraite assurée à 55 ans d’âge après a5 ans de service; c’est mieux que les avantages concédés par la loi des retraites ouvrières. Certains groupes plus révolu-
- tionnaires que travailleurs auraient voulu que la limite d’âge fût abaissée à 5o ans et que la loi fut étendue à d’autres catégories de travailleurs du sous-sol; le Parlement a résisté à ces exigences, considérant qu’il était impossible d’entrer dans cette voie des concessions sans limites qui aboutissent à des surcharges financières pour lès Compagnies et à des augmentations de prix de la matière. La situation générale des mineurs ne justifie pas d’ailleurs de tels privilèges : elle est de beaucoup supérieure, comme gain journalier, comme conditions de travail, de vie sociale et de chômage à la situation des ouvriers agricoles et des ouvriers d’usines; une enquête médicale a prouvé que la mortalité chez eux était moindre que dans les autres métiers. On ne peut donc concevoir ce souci tout particulier de leurs intérêts que pour des raisons étrangères à leur bien-être. En attendant la reprise complète du travail, le charbon commence à manquer dans les usines du Centre; certaines ont dû fermer. La mesure prise dernièrement par le ministre des Travaux publics pour l’importation des charbons étrangers permettra de suppléer à ce déficit; mais les industriels hésitent souvent à s’engager par des marchés de six mois ou d'un an que les vendeurs leur imposent.
- L’assemblée générale ordinaire des actionnaires de la Compagnie Générale de Traction a eu lieu le 28 février. Elle faisait suite aux assemblées extraordinaires qui avaient groupé les obligataires dont l’adhésion aux accords signés par le Conseil d’Administration en exercice avec les Exploitations Electriques était indispensable auparavant. Le bilan présenté se solde par un déficit de 9 618 172 fr. 14, inférieur de 10 000 francs environ à celui de l’exercice précédent. Les conventions intervenues et que nous avons détaillées précédemment modifieront complètement la situation de la Compagnie qui ne pouvait avoir d’autre issue qu’un arrangement onéreux pour les actionnaires, mais définitif et coupant court à toutes difficultés ultérieures et à un état précaire qui ne pouvait guère se modifier. Les Exploitations recevront à titre de prêt une somme de 1 800 000 francs à 5 % l’an nets de tous impôts, présents et futurs, qui sera affectée par elles exclusivement à l’amélioration des anciens réseaux de la Traction.
- _ T, R.
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- LA LÜM1ÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série); *— N° 10'.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Russie. — D’après 1 "Information un groupe d’ingénieurs et de financiers anglais et un groupe d’Américains auraient présenté concurremment des projets de construction d’un chemin de fer électrique métropolitain à Moscou. Les deux projets seront soumis à une commission spéciale de la Douma municipale de Moscou.
- Serbie. — Le Moniteur des Intérêts Matériels annonce que, grâce à l’initiative de la Société Générale, un consortium de constructeurs belges composé des firmes Hiard, Brugeoise-Nicaise-Delcuve, Franco-Belge» Energie, Métallurgique du Hainaut, Baume-Marpent, Ateliers métallurgiques, Rœùlx, Outils Saint-Léonard, a été amené à déposer une offre collective pour la fourniture à l’Etat serbe de 3i locomotives, de voitures d’un train royal et de i 20Q wagons. La soumission est d’environ 10 millions de francs ; elle est conforme à toutes les stipulations du cahier des charges et légèrement inférieure à la soumission autrichienne. Le paiement de ces fournitures serait fait en bons du Trésor serbe 4 1/2 % remboursables en quinze ans par annuités, bons qui seraient réalisés à l’intervention de la Société Générale.
- ÉCLAIRAGE ET FORCE MOTRICE
- Drôme. — Le conseil municipal de Spze-la-Rousse a accordé une concession sans privilège au Sud-Electrique, qui sera tenu de donner le courapt dans un délai de neuf mois après l’approbation du projet par l’administration supérieure.
- Gironde. — Le conseil municipal dp Beaumont-du-Périgord a émis le vote de principe que la commune serait éclairée à l’électricité et a donné (pandat au maire d’obtenir des Sociétés intéressées des projets qui seront soumis à l’examen du conseil.
- Le conseil municipal de Flaujagues; invité à donner son avis sur un projet d'éclairage de la commune par l’électricité, a décidé de faire immédiatement les démarches nécessaires pour arriver à une prompte solution.
- Haute-Saône. —Le conseil municipal d’Alaincourt a l’intention de faire établir dans la commune un réseau de distribution d’énergie électrique.
- \
- Haute^savoie. — Le conseil municipal de Bonne-
- ville a décidé de faire établir les plans et devis pour l’établissement du réseau électrique de Cormand.
- MM. Charrière frères ont formé le projet de créer une usine hydro-électrique sur le Nanl des Brassets, à la Verrerie, et un réseau de distribution d’éclairage et de ; force motrice dans les communes de Thorens, Groisy, Evires, Aviernoz, Villaz. La population totale à desservir est de 6 o45 habitants.
- Le barrage serait établi à la source du Nant des ; Brassets; une canalisation forcée d’environ 860 mètres de longueur créerait une chute d’un peu plus de 200 mètres de hauteur; l’usine génératrice comprendrait deux turbines de i5o chevaux chacune.
- Jura. — Le Moulin de Mathenay, situé sur la Cui-1 sance, entre Mont-sous-Vaudrey et Arbois, qui vient d’être acheté par M. Décotlet et Cio, de Grozon, va être transformé en usine électrique.
- ; Celte usine fournira la lumière électrique aux communes suivantes ; Mathenay, Molamboz, Saint-Pierre, Vadans, La Ferté, Le Petit et le Grand-Abergement,
- 1 Aumont, Tourmant et Grozon.
- Lot-et-Garonne. — La municipalité de Puyrniclan vient de traiter avec l’Energie Electrique du Sud-Ouest pour l’éclairage électrique de la commune.
- Manche. — M. Hardouin a été nommé concessionnaire de l’éclairage électrique de Sartilly. L’installation se fera aussitôt que l’autorisation administrative sera accordée.
- Marne. — Le conseil municipal de Moiremont a voté , l’installation de la lumière électrique dans la commune.
- Meurthe-et-Moselle. — La Circulaire de la | Banque Renauld annonce la constitution à Nancy d’une ; Société dénommée « Compagnie Lorraine pour l éclai-; ragje automatique des wagons par l’électricité ». Le capital initial est de 3oo 000 francs.
- , Oipe. — La commune de Salency sera bientôt dés-= servie électriquement par le Secteur Electrique de la Vallée de l’Oise.
- Puy-de-Dôme. — Le conseil municipal de Gignat a donné pleins pouvoirs au maire pour prendre tous les renseignements utiles auprès des compagnies compétentes en vue de l’installation prochaine de l’éclairage ' électrique.
- Puy-de-Dôme. — Le conseil municipal d*Ambert a
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- 7 Mars 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- décidé de mettre en discussion le cahier des charges relatif à l’éclairage électrique de la ville.
- Saôner-et-Loire. — Des démarches ont été faites par MM. Bourdon et Tielly, auprès de plusieurs Compagnies électriques, en vue de l’installation de l’électricité à Simandre.
- Une délégation a été désignée pour s'entendre avec l’une d’elles. Les prix exigés paraissent très favorables. Il ne manque en ce moment que la décision du conseil municipal pour aboutir. ^
- Savoie. — Les communes de La Croix, de La Rochette, Détrier et La Chapelle-Blanche, vont être éclairées à l’électricité. La Société des Forces Motrices du Haut-Grésivaudan a accepté de faire l’installation des lignes publiques et particulières dans ces communes.
- Un comité vient de se constituer à Saint-Jean-de-Belle-ville pour l’installation d’une usine électrique destinée à l’éclairage des villages du Villard et de la Flachère.
- Il est question d’installer l’éclairage électrique à Brison. La Compagnie d’Eclairage Electrique d’Aix-les-Bains sera probablement chargée de l’installation.
- Seine-et-Marne. — L’Omnium Français d’Electri-cité vient de recevoir l’autorisation de commencer les travaux d’établissement de l’énergie électrique dans la commune d’Etrepilly.
- Seine-et-Oise. — Le projet de distribution d’énergie électrique à Mantes, présenté par la Société Française d’Electricité Economique, des Mureaux, a été soumise à l’enquête prescrite par l’arrêté préfectoral.
- Vosges. — La municipalité de Poussay vient de s’entendre avec la Compagnie Lorraine d’Electricité pour la fourniture de l’électricité dans cette commune.
- La Société Vosgienne d’Electricité a l’intention d’établir une ligne destinée à fournir l’éclairage électrique à Raon-aux-Bois.
- RADIOTÉLÉGRAPHIE
- Mexique. — Les établissements Louis Perbal, de Dombasle, effectuent actuellement, dans leurs ateliers, le montage d'un pylône vertical de 100 mètres de hauteur, destiné à un poste de télégraphie sans fil pour le gouvernement mexicain. Ce pylône fait partie d’une commande de 5o pièces (4o de i5 mètres et 10 de 100 mètres), qui leur a été remise par la Société Française Radio-Eleclrique pour installation au Mexique.
- Cette Société vient également de leur confier l’exécution d’une série de pylônes pour télégraphie sans fil de
- 120 mètres de hauteur, destinés au gouvernement français pour une installation à Saïhon. * .
- Chine. — Le gouvernement chinois vient de signer un traité avec la Marconi Wireless C° pour l’installation d’une série de stations de télégraphie sans fil, d’une portée minimum de 2 000 milles. La Compagnie fournira le capital nécessaire., garanti par le trésor chinois, et exploitera les stations.
- INFORMATIONS
- Société Internationale des Electriciens.
- La Bourse Hughes, fondée pour faciliter les études d’un jeune ingénieur électricien est actuellement vacante. Adresser demande et titres à M. P. Janet, directeur du Laboratoire Central d’Electricité, 14, rue de Staël, Paris.
- NOMINATIONS
- Comité Permanent d’Electricité.
- Par arrêté du 16 février 1914, M. Cahen, ingénieur des postes et télégraphes, a été attaché, pour, l’année 1914» en qualité de secrétaire adjoint, ap Comité Permanent d’Electricité, en remplacement de M. l’ingénieur Girousse, placé, sur sa demande, dans la situation de disponibilité.
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Société d’Eclairage Electrique et de Force Motrice des Beauges. — Objet : l’acquisition de tous terrains, chutes d’eau, droits mobiliers et immobiliers nécessaires pour le transport et l’utilisation de l’énergie électrique, notamment pour l’éclairage des communes des Beauges et régions limitrophes. — Durée : 90 ans. — M. le docteur Camille Drivet, au Châtelard, et M. Bornhauser, constructeur à Grenoble, fondateurs, font apport : i° du bénéfice de diverses promesses de rente, concernant les droits de riveraineté sur la rivière du Chéran, canaux, i dérivations, bief, droits de passage; 2° du bénéfice de promesses de concessions pour l’éclairage électrique ! accordées par les communes du Châtelard, Doucy, ; Sainte-Reine, La Motte-en-Beauges, Lescheraines, Le | Noyer, Saint-François-de-Sales ; 3° leurs projets, études 1 et travaux. — Capital : i5o 000 francs. — Siège social : au Châtelard (Savoie).
- , CONVOCATIONS
- Energia Electrica de Cataluna. — Le 10 mars, 24, boulevard des Capucines, à Paris.
- Société des Etablissements Ch. Lefebvre et Cie.
- Le. 12 mars, io5, rue Sainl-Lazarè, à Paris.
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- 320
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV(2* Série). — N» 10.
- Compagnie Générale Parisienne des Tramways. —
- Le 18 mars, 7, rue de Madrid, à Paris.
- . Société de l'Eclairage Electrique des Véhicules. —
- Le a3 mars, 5, rue S. de Rothschild, à Suresnes.
- - Energie Electrique du Nord de la France. —Le
- 27 mars, 7, rue de Madrid, à Paris.
- Société Roubaisienne d’Eclairage par le Gaz et l'Electricité. — Le 27 mars, 7, rue de Madrid, à Paris.
- Compagnie Electrique du Jura-Doubs. — Le
- 3o mars, 364, rue Lécourbé, à Paris.
- , ADJUDICATIONS
- FRANCE
- L’Administration des Chemins de fer de l’Etat, à Paris, a l’intention d’acquérir deux câbles électriques triphasés à H. T., destinés à relier les sous-stations de la Garenne et de Suresnes-Puteàux.
- Les industriels, désireux de concourir à cette fourniture, peuvent se renseigner immédiatement à cet égard, dans les bureaux du service électrique (ira division), 43, rue de Rome, à Paris (8e), les mardi et vendredi, de i5 à 17 heures, jusqu’au 5 mars 1914.
- BELGIQUE
- Jusqu’au 11 mars," avant midi, à l’hôtel de ville, à Liège, soumission pour la fourniture et le montage d’un groupe moteur générateur de 600 kilowatts destiné à la distribution d’électricité ; cahier des charges : 1 franc.
- Le i®r avril, à 11 heures, à la Société nationale des chemins de fer vicinaux, à Bruxelles, équipement électrique aérien du prolongement de la section de Namur-Station à Namùr-Citadelle jusqu’à La Plante par le bou-’ levard nouveau dit « Route Merveilleuse ». Soumissions recommandées le 31 mars.
- Le i5 avril, à 11 heures, en la salle de la Madeleine, à Bruxelles,' entreprises, pour l’administration des télé-' graphes ét des téléphones (cahier des charges spécial n° 211) : Ier lot, fourniture, installation et montage des tables téléphoniques commutatrices du type multiple, à jacks en dérivation,’ à batterie centrale et à signaux lumineux. ainsi que des répartiteurs et des autres accessoires nécessaires à l’équipement du bureau central des téléphones de Namur; caut. : 6 000 francs. — 20 lot, fourniture des postes téléphoniques et des accessoires destinés à être raccordés audit bureau central; çaul. : 3 800 francs. Soumissions recommandées le 11 avril.
- La reproduction des artieles de la
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- BELGIQUE
- 22 février. — A l’hôtel commùnal, à • txelles-lez-Bruxelles, fournitures nécessaires au service de l’électricité :
- a) Compteurs électriques (les prix sont renseignés par compteur);
- ier lot, 160 compteurs à.2 fils, 5 ampères, 220 volts : Compteurs Aron, à Andprlecht, • 22 fri 35 ou! 46 ;fr. 20; Siemens-Schuckert, à Bruxelles, a3 ; Landis et Gyr, à Zup; (Suisse), 25; Force et Eclairage par l’Electricité, à ! Saint-Gilles, 26,60 ou 49>5o; A. E. G. Union Electrique, à Bruxelles, 3i ou 40; Isaria Zahlerwerke', à Munich (Bavière), 34,5o; L. Van Loey, à Schaerbeek,’3g; Société Anonyme Westinghouse, à Paris, 57,59;
- 2» lot, 160 compteurs à 3 fils, 2X5 ampères, 2 X aoo volts : Siemens-Sckuckert, 46 francs ; Isaria Zahlerwerke, 46,5o; Compteurs Aron, 47,40; Force et Eclairage par l’Electricité, 5o,45; Landis et Gyr, 52; A. E. G. Union Electrique, 5a,5o; Société Anonyme Westinghouse, 58,80; L. Yan Loey, 70;
- 3° lot, 40 id., 2 X 10 ampères, 2 X 220 volts : Siemens-Schuckèrt, 46,5o; Landis et Gyr, 5a ; Force et Eclairage par l’Electricité, 52,i5 ; A. E. G. Union Electrique, 53-5o; Société Anonyme Westinghouse, 60,5o; L. Van Loey, 75;
- 4e lot, 20 id. 2 X *5 ampères, id. : Compteurs Aron', 46,55; Isaria Zahlerwerke, 47 ; Siemens-Schuckert, 48,5o; Force et Eclairage par l’Electricité, 53,i5; A. E. G.
- : Union Electrique, 54 ; Landis et Gyr, 54; Société Ano-1 nyme Westinghouse, 62,5o; L. Van Loey, 82. i 5e lot, 20 id., 2X 20'ampères, id. ; — 6e lot, i5 id.,
- ’ 2 X 3o ampères, id.; — 7e lot, 10 id., 2 X 5o ampères id. et 8e lot, 4 id., 2 X loo ampères, id. : Isaria Zahlerwerke, respectivement 48, 49) 5i et 65 francs; Siemens-Schuckert, 49) 54, 56,5o et 67 ; Compteurs Aron, 49,75, 55,35, 55,6o et 89,30 ; Landis et Gyr, 54) 58, 76 et 'g5; Force et Eclairage par l’Electricité, 57,75, 61,95, 72,55, et 8i; A. E. G. Union Electrique, 58, 58, 6oet70 ; Société Anonyme Westinghouse, 63,60, 6g,25, 74 et 89,25; L. Yan Loey, 87, 92, 97 et 110.
- b) Câbles armés pour réseau à basse tension : A. E. G.
- ; Union Electrique, à Bruxelles, 57 36o francs; Heddern-1 heimer Kupferwerke und Süddeutsche Kabelwerke, à
- Mannheim (Allemagne), 58 387,5o; Felten et Guilleaume, à Mulheim-sur-Rhin, 5g 107; Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi, à Bruxelles, 5o 178 ; Hiroux et C'°, id., 5g 698,10; Deutsche Kabelwerke, à Lichtenberg-Berlin, 5g 757,40; Kabelwerke Rheydt, à Bruxelles, 59 911,80; Cassirer et Cie, à Charlotlenburg, Berlin, 5g 977,20 ; Siemens-Schuckert, à Bruxelles, 63 298,75; Land und Seekabelwerke, & Cologne-rNippes, 69 a5o,3o;. Société Industrielle des Téléphones, à Paris, 71 5g3.
- Lumière Electrique est intérditè.
- paxis. — turuMMui uvi, 17, *u* camitti.
- Le Gérant 1 J.-B. Nouet
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- trente-sixième année. . SAMEDI 14 MARS 1914. Tome XXV (2’ série). — N» il
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- L. DESCROIX. — Les vérins électriques de levage dans les ateliers de chemins de fer... 321
- J. CARLIER. —L’utilitééconomique de la traction électrique pour les chemins de fer belges...................................... 327
- Publications techniques
- Electrotechnique Générale Résonance des harmoniques 3 des transformateurs en courant triphasé. — Swynoedauw. 33i Sur l’influence du montage des transformateurs triphasés dans les transports d’énergie à haute tension. —A. Blondel.............. 33a
- Traction
- Utilisation de la force vive des trains en mar-
- che pour réduire les pointes des diagrammes de charge des centrales................. . 335
- Applications mécaniques
- Le système de contrôle centralisé pour les
- écluses du canal de Panama.............. 33y
- Essais relatifs aux effets de la glace sur les interrupteurs aériens à haute tension...... . 3/|/j
- Brevets.
- Moteur série triphasé à commutateur......... 3/|5
- Etudes et Nouvelles Economiques.......... 3/,8
- Renseignements Commerciaux................. 35o
- Adjudications............................... 352
- LES VÉRINS ÉLECTRIQUES DE LEVAGE DANS LES ATELIERS
- DE CHEMINS DE FER
- '/'adoption de vérins électriques de levage pour le soulèvement des locomotives et voitures dans les ateliers de réparations de chemins de fer réalise une sensible économie sur l’emploi de vérins à main. Un équipement de ce genre comporte aujourd'hui quatre chevalets portant chacun une vis de levage et une transmission mécanique,deu.v traverses supportant la locomotive, et un moteur sur chariot actionnant deux des vérins par arbres télescopiques et joints à la, Cardan.
- Dans les ateliers de réparalion des chemins de fer, on a besoin, pour changer les roues, de soulever les wagons et locomotives à une certaine hauteur au-dessus des rails afin de sortir les trains de roues par l’avant.
- Pour les voitures, les charges à soulever atteignent jusqu’à 5o tonnes avec les grands wagons à bogies, — et même jusqu’à 70 tonnes en Amérique. Le diamètre des roues ne dépasse pas un mètre, mais le soulèvement doit être assez grand pour éviter, en sortant les essieux montés, de rencontrer les cylindres de frein, les réservoirs d’air, les batteries d’accumulateurs d’éclairage, les appareils de train-control des voitures électriques, etc.
- Avec les locomotives, les charges sont beaucoup plus élevées et atteignent environ 100 tonnes ; la hauteur de soulèvement doit être également plus grande, puisque le diamètre des roues peut atteindre 2 mètres.
- Dans les grands ateliers de réparation mo -dernes, on emploie fréquemment des systèmes conjugués de 2 ponts roulants ayant chacun une force de 5o tonnes pour manutentionner rapidement les plus grosses machines, mais dans les dépôts régionaux on a dù se contenter de tout temps de moyens plus économiques et plus rudimentaires constitués par des crics, des grues à portique, des vérins.
- Les vérins hydrauliques placés aux quatre
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série). — NM1.
- coins des longerons ou deux par deux sous des poutres passées sous les traverses de tête des véhicules permettent d’obtenir facilement des élévations à de faibles hauteurs de machines lourdes. Pour la montée des pièces à une hauteur suffisante pour le changement de roues, il faut recourir, à moins de procéder à des calages successifs, aux vérins à vis ou chevalets de levage.
- Tout d’abord on a employé les vérins à vis à commande à main par double manivelle à chaque chevalet d’une puissance unitaire de io à i5 tonnes. La manœuvre de ces vérins nécessitait 2 hommes à chaque manivelle, soit, au total, 16 hommes; elle était lopgue et pénible et entraînait à une grosse perte de temps pour tout L’atelier, réquisitionné à cet effet.
- On a eu alors l’idée de simplifier et d’accélérer cette opération en faisant appel au moteur électrique pour la commande des vérins et l’on est tombé de suite dans l’exagération au point de vue de la vitesse de levage. En effet, on a visé à obtenir une levée de 40 centimètres par minute. Avec de pareilles charges, il en résultait des vibrations considérables, des calages de moteurs et d’assez gros dangers sans aucune nécessité réelle puisqu’il suffît, pratiquement, de soulever par jour 2 ou 3 machines en moyenne.
- Il a donc fallu revenir à des vitesses beaucoup plus modérées et l’on est ainsi arrivé à la pratique actuelle basée sur une levée de 5 à 12 centimètres par minute, ou de 2 mètres en 20 minutes en moyenne. La puissance des moteurs nécessaires se trouve ainsi notablement diminuée.
- Calculons, en effet, la force que doivent avoir ces moteurs, en supposant pour le moment qu’un moteur est appliqué à chaque vérin et en admettant dans ce cas une perte de puissance dans les transmissions mécaniques d’environ 5o % .
- Le soulèvement de 100 tonnes par 4 vérins exige pour chacun un effort de 25 tonnes; à la vitesse de 40 centimètres par minute, cela donne pour le moteur une puissance nécessaire de :
- 25 0O0 X 0,40 60 X 7& X £>,5o
- = 4,5 chevaux.
- -, v
- ou, pour l’ènsémble des 4 vérins i
- 4 X 4)5 chx = 18 chevaux environ.
- Si l’on réduit la vitesse à 10 centimètres par minute, il 11e faudra plus que le quart de la puissance précédente ou, au total, 4,5 chevaux.
- Enfin, si la vitesse tombe à 5 centimètres par minute, cette puissance pourra être encore réduite de moitié.
- On a réalisé tout d’abord la commande électrique des vérins en remplaçant sur chaque chevalet la manœuvre à main par l’entraînement électrique au moyen d’une réduction de vitesse appropriée par engrenages ou à vis; mais avec les vitesses de 3o ou 40 centimètres, indiquées ci-dessus, il était particulièrement nécessaire d’obtenir un fonctionnement synchrone des 4 moteurs indépendants. Avec des moteurs triphasés ou des moteurs série, on espérait obtenir des mouvements assez réguliers, grâce à l’augmentation automatique de la charge sur les moteurs de levage tournant le plus vite, mais les applications réalisées d’après ce principe n’ont pas eu le succès qu’on en attendait.
- Une autre solution, déjà meilleure, assure la levée de la charge rigoureusement synchrone sur chacun des groupes de 2 vérins avant ou arrière en actionnant par un moteur unique chacune de ces paires de vérins, le chevalet moteur de chaque groupe transmettant son mouvement par chaîne au chevalet voisin.
- L’inconvénient commun à ces deux dispositifs c’est que les chevalets sont alourdis du poids des moteurs qui y sont fixés et qu’un seul jeu de vérins se trouve équipé à la fois.
- Beaucoup plus maniable et plus économique est le système adopté aujourd’hui par la plupart des constructeurs et dans lequel les 4 vérins sont actionnés par l’intermédiaire d’arbres télescopiques et de joints à la cardan, par un seul moteur monté sur un chariot indépendant des chevalets. Ceux-ci sont rendus, par le fait, beaucoup plus légers, et le moteur 2>cut fonctionner successivement avec plusieurs jeux de chevalets. Nous donnons ici des photographies et dessins se rapportant à des jeux de vérins de ce sytème, établis par la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques et par les Etablissements Farcot Frères et Cic.
- L’équipement se compose essentiellement de 4 chevalets ou vérins à vis montés sur galets de manière à se déplacer facilement et à pouvoir s’espacer suivant la longueur des machines ou voitures à soulever. On immobilise les chevalets
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- an place, soit par des cales, soit par relèvement des galets an moyen .d’un dispositif excentrique ou autre.
- Chaque vérin se compose d'une ossature en acier laminé sur laquelle sont fixés les différents organes mécaniques. L'ossature est constituée par un socle de grandes dimensions dans lequel sont fixés deux montants en U servant de guidage à l’écrou de la vis et supportant son centrage supérieur; ils sont, de plus, reliés au socle par deux contre-fiches sur lesquelles sont fixés les supports intermédiaires de la commande.
- Entre les montants et pris entre les longerons
- la locomotive. Le guidage supérieur de la vis est assuré par une douille en bronze placée dans un support en fonte fixé entre les montants.
- La vis reçoit à sa partie inférieure une couronne en acier coulé, a denture droite taillée, destinée à lui transmettre un mouvement de rotation.
- La manœuvre peut se faire au moteur ou à bras. La commande électrique des deux groupes de vérins placés aux extrémités d’une locomotive est assurée par un arbre télescopique relié au chariot moteur et aux vérins par des joints de cardan tourillonnant autour d'un point et
- l'ig. i. — Jeu de 4 vérins avec inolcur électrique sur chariot et transmission pur arbres télescopiques ot cardans,
- type de la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques.
- du socle, se trouve un support recevant le pivot de la vis ; ce pivot est constitué par une butée à billes placée sur le support qui présente une portée sphérique.
- La vis, en acier demi-dur, est a filet carré et pas a droite pour •>. vérins, à gauche pour les deux autres. Elle mesure ordinairement ioo millimètres de diamètre intérieur et iao millimètres de diamètre extérieur et elle reçoit un écrou en acier coulé, garni d’une douille en bronze, filetée et munie d’un fort collet pour supporter la charge. Deux prolongements de l’écrou coulissent entre les moulants et empêchent la rotation surla vis, La partie supérieure del’écrou csi eylin-Hi-inue et forme centrage des traverses recevant
- permettant ainsi des obliquités relativement grandes sans créer d’efforts supplémentaires sur les organes. Le rendement global de la transmission de force est cependant diminué d’une façon appréciable.
- Le mouvement est transmis à un arbre horizontal placé à la partie inférieure de l’appareil qui attaque un harnais d’engrenages en acier à denture droite taillée, dont la roue fait corps avec un manchon portant un pignon conique et qui tourne sur l’arbre des manivelles, alors fixe.
- Ce pignon conique entraîne une roue calée sui un arbre vertical qui transmet le mouvement è In vis par l’intermédiaire d’un pignon et de h couronne portée par cette vis.
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XXV (2-Série). - NM4.
- Pour la transmission au vérin situé du cAté de la voie oppose à celui où se trouve le moteur, le premier arbre intermédiaire porte un pignon recevant une chaîne Galle démontable accouplant les vérins.
- Cette chaîne porte sur deux tendeurs qui sont
- pour dégager le ou les essieux séparés de la machine avant son soulèvement.
- Afin de permettre la commande à bras, le second arbre intermédiaire sur lequel sont calés deux manivelles porte un pignon qui peut être amené en prise avec la roue conique de l’arbre
- Fijr. a. — Soulèvement d'une locomotive pai* un jeu fixés il l’aide d’un boulon et permettent de la tendre pendant les mouvements de montée et de descente. La chaîne est sans fin eld’unelongueur suffisante pour la placer sur scs pignons sans avoir à rapprocher ou a éloigner les vérins. Ce détail est important puisque la locomotive une fois soulevée, il faut enlever l’une des chaînes
- de vérins avec moteur sur chariot, système Farcot. vertical. Cet embrayage est obtenu en poussant l’arbre dans le sens convenable, le manchon en relation avec le moteur est alors désengrené et la manœuvre à bras peut être opérée sans que le moteur soit entraîné.
- L’arbre des manivelles est maintenu dans l’une de ses deux positions par une main rabattable et
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
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- pendant la commande par moteur il est immobilisé par un linguet s’engageant dans un crochet.
- Les a vérins placés, à une meme extrémité d’une locomotive reçoivent une traverse en acier laminé qui se termine par deux fourches se posant sur les écrous des vérins, ('.es traverses supportent la locomotive ou la voiture sous les traverses porte-tampons et de la façon qu’indique clairement la photographie (lig. a).
- Pour le gabarit de 3 m. 200, Lécartement des vérins d'axe en axe des vis est de 3 m. Goo, ce qui donne une largeur libre de 3 m. /ioo. La distance entre les vérins de tète et ceux de queue est variable suivant la longueur des machines. La course de levage est de 2 m. 5oo à 2 m. Goo, le plan supérieur des traverses qui supportent la locomotive étant à Goo ou 700 millimètres au-
- Pourune vitesse de levage de 70 a 420 millimètres par minute, la Société Alsacienne emploie un chariot analogue portant un moteur protégé de 1") chevaux, calculé pour une marche de 20 minutes suivie d’un arrêt de/|0 minutes.
- Quand on fait usage d’un moteur à courant continu, on prévoit un réglage par le champ permettant de faire varier la vitesse entre a00 et 800 tours par minute. Si l’on emploie un moteur asynchrone, la vitesse devra pouvoir varier dans des limites analogues, /|00 à 700 tours par exemple, par insertion de résistances dans le rotor. Ce réglage de vitesse n’est pas absolument indispensable mais il facilite beaucoup la manœuvre, surtout pendant le remontage de la machine. Le rendement global est assez faible et il ne dépasse guère 25 % .
- Chariot du moteur électrique de levage des vérins, système Farcol.
- dessus des rails à la position la plus basse de cos traverses.
- Quant à l’équipement électrique, celui des jeux de chevalets Farcot, auxquels la description précédente se rapporte plus spécialement, est constitué par un moteur sur chariot faisant ii chevaux à t i5o tours et donnant une vitesse de levage de 8 centimètres par minute. Le chariot porte le contrôleur, les résistances de démarrage et le rhéostat de réglage.
- La transmission du mouvement du moteur à l’arbre télescopique se fait par un train de quatre engrenages; un pignon de 119 millimétrés sur l’arbre du moteur attaquant une roue de 490 millimètres et un pignon semblable au précédent actionnant une roue de 7G millimètres, ce qui donne un rapport de réduction de 1 : iG,5. L’arbre télescopique fait donc 1 1 5o : iG,5 = 70 tours par minute.
- Dans des essais effectués récemment, on a trouvé avec un moteur triphasé à 5oo volts, 5o périodes, une intensité de courant de 10 ampères par phase avec cos. «p = 0,7, pour le levage à la vitesse de 80 centimètres par minute d’une locomotive de 100 tonnes.
- Les differents rendements de cette installation s’établissent donc ainsi qu’il suit :
- . .. 100 000 X 0,08
- Puissance utde --------------- = 1,70 cnx.
- 60 X 75
- Puissance absorbée 10 X !>oo X 0,7 X \/3 =: 6,i5 kw. ou 8,35 dix.
- 1 >78 /
- Rendement global —— = 21,3 r% .
- Le. rendement de la transmission est donc
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série). — N» 11.
- alors, en comptant sur une perte de 20 % dans le moteur proprement dit :
- 21,3
- —— = 26,6 %
- 0,8
- La consommation annuelled’énergie nécessitée par Tcmploi de vérins électriques est excessivement faible puisqu’elle correspond à une utilisation de 3 à 400 heures au maximum. E11 comptant le kilowatt-heure à o fr. i5, la dépense correspondante sera d’environ 400 francs par a n.
- Les poids et prix d’un système de chevalets de levage à commande électrique par moteur unique monté sur chariot mobile sont approximativement les suivants :
- Tableau
- POIDS PRIX
- 4 chevalets 2 traverses, chaînes, mani- 5 400 kg. mo 000fr.
- velles, etc 1 chariot muni d’un moteur électrique de 12 chevaux avec contrôleur de commande, résistance de démarrage et de réglage de la vitesse, interrupteurs, fusibles et arbres télescopiques avec joints universels, câble de prise de 2 600 —
- courant avec coupleur 15oo — 4 000 —
- Total 9 5oo kg- 14 000 fr.
- L’installation d’un jeu de vérins électriques dans un dépôt n’entraînera donc qu’une charge annuelle d’amortissement de 1 000 à 1 5oo francs et, en comptant les dépenses d’entretien, de réparation des appareils ainsi que l’achat du courant, on voit que les frais totaux annuels s’élèveront à peine a 2 000 ou 2 aoo francs, dont seulement Goo à 1 000 francs afférents à la partie électrique.
- La dépense d’électrification est donc largement couverte par l’économie de main-d’œuvre correspondant à l’utilisation de 16 ouvriers pendant au moins une heure par jour, soit au bas mot 11 5oo francs par an.
- De très nombreuses installations de ce genre ont été réalisées récemment par toutes les compagnies de chemins de fer français et notamment par la Compagnie P.L.M., la Compagnie de l’Est et la Compagnie d’Orléans.
- Il est peut-être utile de signaler en terminant que dans les localités, de plus en plus rares d’ailleurs, où l’on ne dispose pas encore d’électricité, on peut remplacer le moteur électrique par un moteur à pétrole d’une quinzaine de chevaux; le poids du chariot passe de 1 5oo à 4 000 kilogrammes et son prix de 4 000 à 6 000 ou 7 000 francs. Malgré cette augmentation de dépense, l’installation peut encore être Justifiée si le moteur à pétrole est entretenu avec soin par un personnel comfœtent.
- L. Deschoix,
- Ingénieur conseil,
- Ancien élève de l’Ëcolc Polytechnique.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- L’UTILITÉ ÉCONOMIQUE DE LA TRACTION ÉLECTRIQUE POUR LES CHEMINS DE FER RELGES
- Sans entrer dans le détail des avantages de toute espèce que présente la traction électrique sàr la traction à vapeur, on peut cependant se convaincre, question de charges financières mise à part, de la supériorité de ce mode de traction, par les diverses comparaisons, faites ci-après, entre les trains à vapeur et les trains électriques.
- I. — Traction par locomotives électriques.
- trouverait pour les mêmes rapports :
- Pour une charge remorquée de 409 tonnes, le poids total du train à vapeur remorqué en régime d’essai en juin 1910, sur la ligne de Bruxelles à Anvers, était de 618 tonnes.
- Le locomoteur à vapeur comptait donc dans le poids total pour i5q tonnes, la locomotive proprement dite pour 102 tonnes et le tender pour 07 tonnes (*).
- Par rapport à la charge remorquée, on a :
- P>9
- 459
- 102
- 6,34 ; tt“ — 0,22;
- 4&9
- 459
- — 0,12.
- Si on substituait à la locomotive à vapeur un locomoteur électrique, tel celui à courant continu du « New-York Central Railway » (2), on
- (*) La situation est la même pour les locomotives d’autres compagnies. Pour la locomotive Pacific n° 6001 du P.-L.-M., exposée à Gand, on trouve :
- q3 3 Jo kg (poids de Ialocomotivc)-|-Goâ8o kg (poids du tender) 48; 000 kg
- = o,3160 ;
- q3 34o kg 487 000 kg
- 60 58o kg 487 000 kg
- = 0,124.
- A s’en rapporter aux essais, celte locomotive est un peu moins puissante que la Pacific de l’Etat belge :
- La Pacificde l'Etal belge a donné, à l’essai de juin 1910, une puissance au crochet de i 475 chevaux; la Pacific du P.-L.-M. a donné, à l’essai du 6 février igi3, une puissance maximum au crochet de 1 420 chevaux et une puissance moyenne de 1 274 chevaux.
- Pour la locomotive du Nord, on a :
- 109*090 31 a t
- 0,349(1 ;
- 70*820 311 t
- 0,2269;
- 38*270
- 3l2 t
- : 0,1 22.
- (3) Cette locomotive a été décrite par l’auteur dans le Bulletin de la Société belge des Electriciens, de mai 1907. En 1909, le « New-York Central » a modifié ce type, par le remplacement des essieux porteurs extrêmes par deux bogies ; la Compagnie vient de mettre en service des locomotives articulées à huit essieux moteurs
- 93 t 4&9 t
- 0,20 ;
- 93 t o t
- 459 t 409 t
- Ce locomoteur répond au* caractéristiques suivantes :
- Poids total........... 93 000 kilogrammes.
- Poids adhérent. ...... 64 5oo —
- Puissance normale de la
- locomotive (*)..... 2 aoo chev.-vapeur.
- Puissance maximum.. . 3 000
- Effort de traction... i5 400 kilogrammes.
- La charge parasite du tender dans la traction
- à vapeur est ainsi —f- ou de 12 % , mais la réduc-459
- tion de charge morte de la traction électrique par locomotives, sur la traction à vapeur, est de 14 % .
- Encore la locomotive électrique du «New-York Central » est-elle beaucoup plus puissante que
- (adhérence totale) dont le poids est de 90 720 kilogrammes.
- En service régulier, ces dernières peuvent développer d’une manière continue (pendant une heure) 2 280 chevaux (382 chevaux par moteur) et jusqu’à 5 000 chevaux pendant de courtes périodes de temps ; elles remorquent ainsi 907 tonnes métriques (1 000 tonnes) à 96 km. 5oo à l’heure (60 milles).
- (*) Cette locomotive correspond amplement, quant à sa puissance, à celle du type 10, relatée ci-dessus et qui a servi, en l’occurrence, à remorquer le train de 459 tonnes dont il est question. On pourrait même prétendre que cette locomotive est plus puissante, puisqu’elle peut supporter le coup de collier plus longtemps et que les poids adhérents sont respectivement de 57 tonnes (vapeur) et de 64 t. Soo (électrique à quatre essieux moteurs).
- Si on avait pris l’exemple de la locomotive électrique du « New-York Central » à adhérence totale, de 1912, on aurait des résultats comparatifs encore plus avantageux qu’avec la locomotive du « New-York Central », dont les caractéristiques sont indiquées ci-dessus” et qui date de igo5.
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- 328
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série). — N° 11,
- l’autre! On peut donc affirmer que la suppression de charge morte est de 16 % au moins.
- II. — Traction par automotrices.
- La traction électrique peut aussi être faite avec de sérieux avantages, lorsqu’il s’agit de trains de voyageurs, par des automotrices groupées en unités multiples.
- Ce système conviendrait probablement en Belgique à la plupart des lignes; sur la ligne Bruxelles-Anvers, l’application du principe est en quelque sorte laite avec le plus grand succès aux trains blocs.
- La traction des trains par les automotrices présente l’avantage de la diminution du poids total, par rapport à celle par locomotives. En effet, l’adhérence nécessaire à Belfort de traction est prise surle poids, à peu près total, des voilures, alors que, dans la traction par locomotives, c’est le poids du locomoteur lui-même qui est utilisé a cette fin. f
- Mais les équipements électriques répartis sur les essieux des voitures pèsent et les longerons, organes de suspension, etc., doivent être renforcés. 11 y a donc une majoration de poids par rapport aux voitures simplement remorquées.
- D’autre part, la subdivision de deux ou quatre moteurs groupés dans la locomotive, en douze ou seize, comporte un double désavantage, à savoir : celui de la diminution du rendement électrique et de l’augmentation de rentrclien.
- On peut encore ajouter (pie la complication des moyens de traction est plus grande, la simplicité, et surtout la facilité de l’exploitation, moindres.
- Par contre, si les trains doivent, aux différentes heures de la journée, présenter des capacités variables du simple au quadruple par exemple, ce système proportionne d’une manière absolue la puissance de traction aux charges Utiles. Ainsi sont supprimées ces erreurs d’exploitation, parfois obligées, il est vrai de dire, en traction à vapeur consistant, soit à faire remorquer des trains ayant trois ou quatre fois la capacité nécessaire par des locomotives puissantes, soit de faire tirer des trains de faible charge par des locomotives dont la puissance est excessive ; tout cela, parce qu’il n’est pas possible de proportionner toujours, et à tous les moments de lu journée^ la puissance de la locomotive à vapeur
- à la charge et au régime de vitesse du train ou de proportionner la composition et la capacité du train aux nécessités du trafic aux différentes heures de la journée.
- Les trains dits à unités multiples ont ce grand avantage de se prêter très facilement à des changements de composition et de capacité, sans que les difficultés ou le rendement électrique en soient notablement modifiés. Us ont pour eux l’élasticité par excellence et se prêtent à tous les caprices de l’intensité du trafic.
- Au point de vue de l'économie des frais de traction, ces considérations-là sont très importantes. Est-ce à dire qu’il ne faille pas songera la traction électrique des trains de voyageurs par locomotivesC) ? Non, parce qu’il est des cas où il est nécessaire de répondre à une demande qui est tout à fait différente de celle formulée ci-dessus. Pour les trains internationaux, par exemple, dont la composition du matériel est fort hétérogène ou pour la traction sur des lignes électriques prolongeant des lignes à vapeur, la locomotive s’impose évidemment. La traction n’y sera pas aussi économique qu’avec les automotrices, bien que l’avantage sur la vapeur s’y affirme nettement, grâce à la proportionnalité de l’énergie électrique dépensée au travail résistant. .La proportion de poids mort par rapport au poids utile remorqué sera dans ce cas plus grande.
- 111. — Suppression de charge morte obtenue par les deux systèmes précédents par rapport à la traction à vapeur.
- En reprenant l’exemple cité ci-dessus, d’un train de 499 tonnes de poids utile, on arriverait donc, dans les deux cas de traction électrique visés ci-dessus, à la suppression de poids mort ci-après :
- r ' , i\f>t
- Locomotive eiæctkjoue :------— 0,9.0... suppres-
- '.5g t *
- sion de charge morte par rapport à la traction à vapeur de ifi % .
- Tkàix composé d’automothices. — Nous nous baserons sur les réalisations les plus récentes pour établir nos comparaisons.
- Les chemins de fer de l’Etat français ont exposé à Gand une automotrice pour trains de
- (4) Il est clair que la traction des trains de marchandises n’cfct possible qu’avec des locomoteurs.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 329
- banlieue, faisantpartied’un lot de dix-huit unités. Cette voiture est partagée en trois compartiments : un de première et deux de secondes pour les voyageurs, une cabine à bagages et deux cabines pour le wattman.
- La caisse est entièrement métallique, le châssis est constitué par deux brancards en tôles et cornières découpés suivant une forme d’égale résistance et offrant les dégagements nécessaires à l’orientation des bogies.
- Un seul bogie est moteur ; il comporte deux moteurs série-parallèle de 225 chevaux chacun, alimentés par courant continu de 6oo volts, capté par quatre frotteurs montés latéralement à chaque extrémité. Cette puissance permet une allure de 70 kilomètres à l’heure.
- La longueur de bout en bout est de 23 m. 220.
- Lenombre de places assises estde 16 —j— 48 = 64 ; le nombre total de places, y compris celles debout, est de 200 environ.
- Le poids de la voiture est de 60 tonnes.
- Un attelage central permet d’accoupler les voitures et d’établir entre elles une communication deserviceau momentoù l’affluence desvoyageurs nécessite une augmentation de la capacité des trains.
- L’intercommunication électrique, entre deux ou plusieurs voitures, est assurée par un câble souple à neuf conducteurs reliant les appareils de commande dé la première voiture aux appareils correspondants des voitures suivantes et permettant ainsi la manœuvre simultanée de toutes les unités du train.
- La moitié du poids de la voiture et du train, qui est composé avec ces voitures, est utilisée pour l’adhérence ; dans la traction à vapeur et dans les locomoteurs électriques, on a environ :
- 57 t (type 10 Etat belge) . 618 t
- = 0,092, soit 9,2 % (vapeur);
- Par place assise offerte, le poids est donc de :
- 459 t
- = 607 kg.
- 756 places
- Mais pour le poids total du train, on trouve par place assise :
- 618t „ ,
- 1Î6 =f"’ tft'
- Pour un train composé d’automotrices, le poids de 469 tonnes pourrait servir à véhiculer environ :
- 45g
- • = 6,65; soit 7,65 X 64 = 489 places assises;
- ou plus exactement, en y comprenant le poids du moteur à vapeur :
- 618
- •g— = io,3; soit io,3 X 64 = 65g places assises. Par place assise offerte, le poids est donc de :
- 60 tonnes , , „
- —— = & k«- (')•
- Les chemins de fer du Midi ont exposé à Gand une automotrice électrique monophasée qui fait partie d’un lot de trente automotrices. Une automotrice comporte quatre moteurs de 125 chevaux chacun, montés sur deux bogies.
- Les caractéristiques principales sont résumées ci-aprcs :
- COURANT D’ALIMENTATION
- Nature du courant : monophasé 16 2/3 périodes Tension................ 12000 volts
- MOTEURS
- Type des moteurs.........
- Nombre...................
- . 1 Horaire.....
- Puissance j Continue.....
- Régulateur...............
- Rapport des engrenages....
- Série compensé 4
- 125 à 140 ch. 100 chevaux par contacteurs ao/63
- et
- 64l5 (poids adhèrent locomotive du New-York Central) gg
- 495t(P0Îds remorqué 95 t poids du locomoteur) J *
- soit 11,68 % .
- Le train à vapeur, pris comme terme de comparaison, comportait pour 45g tonnes de poids, environ 756 places assises, dont 180 de première et de deuxième et 576 de troisième. En plus, dans ce poids, est compris un fourgon à bagages.
- (*) Il y a lieu de remarquer :
- i° Que le poids d’une automotrice à courant continu est toujours plus faible que celui d'une automotrice à courant monophasé ;
- 2° Que les poids par place assise, en vapeur et en électricité, sont 817 et 937 kilogrammes, c’est-à-dire très peu différents; mais l’automotrice peut recevoir, en outre, des voyageurs debout, que le train à vapeur ne comporte pas. On a alors : 3oo kilogrammes au lieu de 817 kilogrammes;
- 3° La voiture comporte aussi un compartiment à bagages.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série).— N® 11.
- BOGIES
- Nombre d’essieux par bogie......... i
- Ecartement d’axe en axe :
- des essieux d’un bogie............ 2m54o
- des fusées d’essieu............... 2mooo
- Diamètre des fusées.................. omi4o
- Longueur des fusées................... om3oo
- Diamètre de roulement des roues.... imoao
- CHASSIS
- Longueur totale hors tampons...... i9,ni4o
- Longueur totale du châssis......... i7m84o
- Ecartement d’axe en axe des pivots des
- bogies....................... . . . iam64o
- Ecartement des tampons............... i,n72o
- Hauteur de traction à vide........... imo65
- CAISSE
- Longueur extérieure de la caisse...... i^,n94o
- Largeur extérieure de la caisse à la
- ceinture............................ ain94<>
- Nombre de compartiments...
- Longueur d’un compartiment.
- Largeur d’un compartiment .
- Nombre de places.........
- Largeur du couloir.......
- de ir° cl.. . 2
- de a"” cl. . 4
- à bagages. 1
- de ire cl.. . ami3o
- de 2me cl. . G© UT UT
- à bagages. 4mooo
- de ir® cl.. . 2m025
- de 2m® cl. . 2mo85
- à bagages. 2m76o
- de ire cl.. . 12
- de 2l,ie cl. . 32
- de iro cl.. . o,IJ7oo
- de 21,10 cl. . om64o
- Poids à vide
- roms
- 55l3oo
- Par place assise offerte, le poids est donc de i i5a kilogrammes. Il y a lieu de remarquer :
- i° Que l’équipement électrique ambulant du monophasé est plus lourd que celui du continu ;
- a® Que la voiture comporte deux compartiments à bagages ;
- 3® Qu’un certain nombre de voyageurs peut assurément être transportés debout.
- Les trains électriques du Midi sont composés normalement comme suit :
- Une automotrice avec des remorques dont le poids total est de ioo tonnes entre Montrejeau et Tarbes, et i5o tonnes entre Tarbes et Pau.
- Le poids par place assise offerte dans un train descend à environ 700 kilogrammes.
- La vitesse maximum est de 85 kilomètres à l’heure.
- Pour un train de 100 tonnes sur rampe de 16 par mètre, la vitesse est de 5o kilomètres à l’heure, et, sur rampe de 33 par mètre, de 37 kilomètres à l’heure.
- Pour un train de i5o tonnes, la vitesse sur rampe de 16 par mètre, est de 41 kilomètres à l’heure.
- Suivant les essais effectués sur le parcours de Montrejeau à Tarbes, la consommation par tonne-kilomètre est de 49,5; watts-heure.
- L’équipement électrique des voies est revenu à environ 22 000 francs par kilomètre de. voie, double comportant, avec transport de:foreé,:des poteaux constitués par des rails assemblés^; ayec fils de travail (suspension caténaire);de iôp;milli-mètres carrés et à fils en aluminium de j8,3 miîlib mètres carrés. . .}
- L’usine génératrice est hydraulique et a; fine puissance de 21 000 chevaux; elle est alimentée par deux chutes d’eau dé 110 et 260 .mètres de. hauteur. Le kilowatt-heure revient à.o Dvôi 5 environ.
- Pour une puissance normale de 2 000 chevaux-vapeur, constitués par des moteurs répartis sur, les essieux des voitures, le poids de l’équipement électrique serait de 45 tonnes environ.
- Le renforcement des châssis des voitures et des éléments du matériel prendrait 25 tonnes environ. Au total, 70 tonnes pour 4^9 tonnes,
- soit -• =0, i5a5...; suppression de charge 459 t
- morte, par rapport à la traction à vapeur de 19 % .
- Le train d,'automotrices fait gagner environ 3 % de poids mort sur le train à locomoteur électrique.
- Le grand avantage des automotrices n’est pas seulement là, nous l’avons vu; mais il existe surtout et avant tout dans leur très grande facilité à se prêtera toutesles fluctuations dans l’affluence des voyageurs.
- (à suivre.) J. Cahliee,
- Répétiteur du Cours d’Exploitation des Chemins de fer à l’Université de Liège.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
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- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- ÉLECTROTECHNIQUE GÉNÉRALE
- Résonance des harmoniques 3 des transformateurs en courant triphasé.
- Le flux créé par l’alternateur dans un transformateur à circuit magnétique saturé n’est plus sinusoïdal; un grand nombre d’expérimentateurs et notamment M. Maurice Joly ont signalé que l’hystérésis introduit dans le flux un harmonique 3 d’autant plus prononcé que le fer est plus saturé.
- Considérons un alternateur triphasé à force électromotrice sinusoïdale alimentant une ligne par l’intermédiaire d’un transformateur triphasé à circuit magnétique saturé. Supposons les étoiles de l’alternateur et des enroulements des transformateurs isolés; soit/la valeur moyenne de l’harmonique 3 du flux engendré par l’hysté-résis du fer à travers chacune des spires du primaire et du secondaire.
- Ce flux f engendre dans les n spires d’une
- phase primaire la force électromotrice — n^f et
- dt
- dans les n' spires d’une phase secondaire la force électromotrice — n’ ^et, si l’on néglige les résistances du transformateur et de l’alternateur devant leur réactance, l’équation du primaire branché sur l’alternateur s’écrit :
- df df' di
- fl —“h ^ —;— -f— £ a ~r dt dt dt
- Va ---- Vtj
- Va et vt étant les potentiels de l’étoile de l’alternateur et de celle des enroulements primaires du transformateur ; £a étant l’inductance de l’alternateur pour l’harmonique.3 ; f' étant le flux harmonique créé par les courants engendrés dans le primaire et dans le secondaire par la variation, du flux /; f est d’ailleurs donné par l’équation
- (SVf> — ti%(ni -f- n'i'), (2)
- dt' étant la réluctance du circuit du flux f. Etant
- donné que ce circuit sc ferme surtout par l’air,/' est proportionnel aux ampères-tours.
- Supposons la capacité de la ligne secondaire localisée à l’extrémité et soit l’inductance de la ligne et R' sa résistance.
- L’équation du secondaire s’écrit :
- n’ ï+ %t + ^ Tt+ R'V + ^ ~ w (3)
- V[, — v't étant la différence du potentiel entre l’extrémité de la ligne et]l’étoile tlc du secondaire du transformateur.
- L’équation (3) peut s’écrire grâce à (1) et (2), en posant
- £t —
- 4ic«2
- (SV
- £'e
- 4 m12 (SV :
- £a —
- Cw2
- £t + £a ~
- — n'k& = (J?, + k£'t) ~ + R’i' + e'L - (4)
- C étant la capacité équivalente aux deux capacités en série : Ca d’une phase de l’alternateur et C« d’une phase du primaire du transformateur; v'L — v't étant lié au courant i' par la relation
- ’ = c' 7(^
- C' étant la capacité équivalente aux deux capacités en série : C/ capacité d’une phase de l’enroulement secondaire et C'L capacité d’une des lignes par rapport au sol.
- L’équation (4) peut se traduire par cette proposition fondamentale :
- Le régime des courants et tensions créé dans la ligne par l’harmonique 3 du flux introduit par l’hystérésis est le même que si la ligne était alimentée directement par un alternateur dont la force électromotrice contient un harmonique 3 qui soit égal à k fois la force électromotrice engendrée par f dans l’enroulement secondaire du transformateur et dont la réactance intérieure est égale à k fois l’inductance totale d’une phase de l’enroulement secondaire du transformateur.
- Deux cas principaux sont à distinguer : '
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T.XXV(2« Série). — N°14.
- PnKMiEit cas. — Les points neutres des enroulements de l'alternateur et du primaire du transformateur sont isolés.
- £a et £t sont notablement plus petits que g—| ;
- par suite k se réduit à l’unité.
- D’après ma Note du 12 janvier 1914, il y a danger de surtension si l’étoile du secondaire du transformateur est connectée à la terre, la ligne à vide, ou branchée sur des récepteurs isolés.
- Il y a également des surtensions importantes à craindre sur le primaire et sur l’alternateur, car les ampères-tours du primaire doivent compenser à peu près exactement ceux du secondaire.
- Or, on a :
- I ~ Cad)Ua — Gtb)Uf,
- Ua et U/ désignant les tensions efficaces des étoiles de l’alternateur et du transformateur par rapport au sol.
- A cause de la petitesse des capacités C« et C(, le courant primaire I ne peut devenir important qu’à la condition que les tensions U« et U* deviennent considérâtes.
- Deuxième cas. — Les points neutres de l’alternateur et du primaire du transformateur sont connectés à la terre.
- D’après des mesures faites sur un alternateur et un transformateur d’une puissance de quel-£a
- ques kilowatts, — est une fraction de l’ordre
- £t
- de — ; on peut écrire
- Etant données, d’une part, la grande amplitude de l’harmonique 3 du flux et, d’autre part, la grande valeur de l’inductance des lignes pour l’harmonique 3, des surtensions par résonance, mais moins élevées que dans le premier cas, sont encore à craindre sur la ligne, lorsque l’enroulement secondaire du transformateur de départ a son étoile connectée à la masse et les récepteurs isolés; mais les primaires et l’alternateur ne sont pas exposés à la surtension.
- On montrerait absolument de la même façon que les transformateurs à la station réceptrice engendrent des surtensions analogues.
- Tout danger de surtension disparaît dans les divers cas examinés lorsqu’on empêche les harmoniques 3 du courant de passer dans les lignes en associant en triangle les enroulements du secondaire de la station de départ et ceux du primaire de la station réceptrice.
- Note de M. Swyngedauw, transmise parM. Blondel.
- ( Comptes rendus des Séances de l'Académie des Sciences,
- 16 février 1914.)
- Sur l’influence du montage des transformateurs triphasés dans les transports d’énergie à haute tension.
- La note très intéressante de M. Swyngedauw appelle l’attention sur les harmoniques 3 de la force électromotrice, qui peuvent prendre naissance dans les transformateurs à courant triphasé et traite un cas particulier important. Je crois utile, pour achever d’éclaircir cette question, de montrer l’influence du montage des transformateurs.
- Il y a actuellement deux procédés pour transformer les courants triphasés : l’emploi de trois transformateurs monophasés et l’emploi d’un seul transformateur à trois noyaux magnétiques et trois enroulements triphasés.
- Dans les deux cas, on est généralement obligé de grouper les enroulements à haute tension en étoile pour éviter l’emploi de fils trop fins (qu’exige le montage en triangle) et pour diminuer les difficultés d’isolement; car avec le montage en étoile, on peut se contenter, pour les différentes bobines haute tension, d’un isolement à la masse croissant à partir du centre de l’étoile.
- Le cas de trois transformateurs séparés présente une différence importante par rapport au cas du transformateur à trois branches ; c’est que, quel que soit le rang d’un terme harmonique dans les trois courants, les flux que ceux-ci produisent se ferment normalement par le noyau de fer doux comme le flux de l’harmonique principal; au contraire, dans le transformateur unique, les seuls flux qui puissent se fermer de cette manière sont ceux dont la somme totale est constamment nulle. Tel est le cas, par exemple, pour les harmoniques 1, 5, 7, et généralement pour tous les harmoniques non multiples de 3 ; au contraire, les flux produits par les harmoniques multiples de 3, étant constamment de phases concordantes dans les trois branches, ne
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- peuvent se fermer les uns Sur les autres, mais se ferment seulement par des fuites à travers l’air. De,là, naissent des courants de Foucault intenses dans les bacs métalliques contenant ce genre de transformateurs, si l’on n’a pas soin d’établir des joints isolants verticaux dans le métal de ces bacs.
- I. Alternateur alimentant directement une ligne aboutissant à un poste transformateur. — Lorsqu’un réseau est alimenté par un alternateur triphasé pour produire des forces électromotrices sinusoïdales pures de pulsation w, les flux dans les transformateurs devraient être tels qu’ils produisent également des forces électromotrices sinusoïdales dans chaque phase; si le couplage des transformateurs est fait en triangle, le flux dans chaque noyau devrait être lui-même parfaitement sinusoïdal. Par suite de la saturation variable du fer pendant une alternance et des phénomènes d’hystérésis, le courant nécessaire pour produire un flux sinusoïdal ne peut pas être lui-même sinusoïdal, mais est une fonction de Fourier :
- f=li sinwi-f-13 sin (3 —<p3) -f-15 sin (5 lût — <ps) -f-...
- contenant toute une série de termes harmoniques dont l’importance relative varie suivant les propriétés du fer employé. Par exemple, d’après des relevés oscillographiques, que j’ai fait faire récemment sur un transformateur moderne de ioo kilowatts, on peut avoir pour un courant harmonique i, égal à l’unité, un courant harmonique 3 de 18 pour ioo, un courant harmonique 5 de ïî pour ioo et d’autres harmoniques supérieurs plus faibles (d’autres transformateurs donnant des résultats différents, cet exemple n’est donné que pour indiquer un ordre de grandeur).
- Les courants harmoniques 3 sont produits par des flux parasites, qu’ils étouffent dans le transformateur.
- Si les bobines des transformateurs à trois branches ou des groupes de trois transformateurs monophasés sont groupées en étoile, mises à la terre aux points neutres du transformateur et de l’alternateur, les conditions restent analogues puisque l’harmonique 3 peut circuler librement entre l’alternateur et le transformateur ; le flux de chaque branche reste sinusoïdal, si l’on peut négliger les chutes de tension des harmoniques 3 dans l’alternateur. Sinon, ces variations mettent
- * un peu la capacité en jeu, comme* l’a suggéré M. Swyngedauw.
- Si l’on vient à supprimer la mise à la terre de l’étoile du transformateur (ou des transformateurs), les courants harmoniques multiples de 3 ne peuvent exister (sauf les petits courants dus à la capacité des enroulements par rapport à la terre), puisqu’ils sont de même phase; les seuls courants qui puissent circuler sont ceux des autres harmoniques, grâce au fait que leur somme est toujours nulle. Il en résulte que les flux de chaque branche, étant produits par la série de Fourier précédente diminuée des termes harmoniques multiples de 3, ne seront plus sinusoïdaux mais contiendront des termes harmoniques de tous les indices multiples de 3 ; ce sont ceux qui auraient été compensés par les courants magnétisants qui manquent. Il en résulte dans chaque branche de l’étoile des forces électromotrices harmoniques multiples de 3, mais qui n’apparaissent pas entre les fils de phase, parce qu’elles sont détruites deux à deux dans les deux branches de l’étoile. Ces forces électromotrices ne donnent lieu à aucun courant sensible, parce que le centre de l’étoile transformatrice est isolé; elles ne sont donc pas dangereuses.
- Les conditions changent quand on isole le point neutre de l’alternateur et qu’on met à la terre celui du ou des transformateurs ; alors les forces électromotrices, dues à l’absence des courants harmoniques, peuvent produire dans chaque branche un échange de courant entre la terre et les fils conducteurs par suite de la capacité entre la terre et ces fils, qui constitue une fermeture du circuit; il y a des oscillations de courant de fréquence 3 ou multiple de 3 entre la terre et la ligne, et l’intensité de ces courants dépend de la capacité mise en jeu et de la self-induction du ou des transformateurs. Cette self-induction est très grande si l’on emploie trois transformateurs séparés, bien plus petite si l’on emploie des transformateurs uniques à trois noyaux. C’est dans ce cas surtout qu’on peut considérer les transformateurs comme des générateurs d’harmonique 3.
- IL Alternateur alimentant la ligne par un transformateur élévateur. — C’est le cas traité par M. Swyngedauw. Si l’alternateur est en étoile non reliée à la terre, son transformateur se comporte comme le transformateur récepteur considéré ci-dessus.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2* Série).’— N° 11.’
- Si l’étoile de l’alternateur est reliée à celle du transformateur, l’harmonique 3 est amorti, si la self de l’alternateur est négligeable. Dans le cas contraire, tout se passe comme si les circuits haute tension du ou des transformateurs élévateurs, ayant du côté haute tension une self de fuite L„ entre enroulements en harmonique 3, étaient reliés à la terre, chacun par l’intermédiaire d’une réactance égale à celle d’une phase de l’alternateur L, multipliée par le carré du rap-
- port de transformation, soit donc L,
- /N.y.
- W’
- soient
- C la capacité d’un des fils de ligne par rapport à la terre, w la pulsation, L la self-induction totale (induction mutuelle comprise) de chaque fil de ligne, les condensateurs pouvant être supposés placés au milieu de cette dernière, la condition de résonance sera :
- (3.)>[ï + i, + l„(5.;)*]c=,.
- Pour éviter les inconvénients de ces harmoniques, il paraît difficile de recourir à la mise en triangle des circuits haute tension pôur les motifs indiqués plus haut; d’autre part, la mise à la terre des deux points neutres augmente dans une certaine mesure les chances d’interruption de service lors d’accidents à l’isolement des lignes; enfin, la mise à la terre du point neutre de l’alternateur seul a l’inconvénient déjà signalé de faire résonner les harmoniques 3 de l’alternateur.
- A notre avis, les deux meilleurs moyens de protéger sans ces inconvénients les transports d’énergie contre les harmoniques 3 sont :
- i° Le montage américain employé actuellement dans la plupart des bonnes installations existantes et qui consiste dans l’emploi de transformateurs (ou groupe de transformateurs) de départ et d’arrivée ayant tous deux leurs circuits
- de basse tension couplés en triangle et leurs circuits haute tension couplés en étoile. Les circuits basse tension, dans lesquels les flux harmoniques 3 (ou multiples de 3) produisent des forces électromotrices concordantes, jouent le rôle de véritables amortisseurs par rapport à ces flux (*).
- a0 L’emploi d’un fil d’équilibre métallique isolé, réunissant les points neutres des enroulements haute tension du poste de départ et du poste d’arrivée. Ce fil d’équilibre rend indépendants les flux des trois noyaux et leur permet d’être sinusoïdaux; il court-circuite, d’autre part, les forces électromotrices harmoniques 3 ou multiples de 3. Il a donc tous les avantages de la double mise à la terre sans en avoir les inconvénients.
- Si l’on a soin que l’alternateur ne présente que de très faibles harmoniques 3 (ou multiples de 3) ce qui est facile en formant, par exemple, chaque phase d’un nombre d’encoches multiple de 3, les courants harmoniques 3 seront assez peu intenses pour n’exiger qu’un fil de retour de section beaucoup plus réduite que celle des fils de phase.
- Ce fil de retour peut être placé soit dans l’axe du câble triphasé, soit sous forme d’une armature de cuivre entourant le câble sous l’armature en fer, la self-induction du câble par rapport à l’harmonique 3 est alors réduite et n’est influencée en rien par l’armature de fer.
- Note de M. André Blondel. (A suivre.)
- (Comptes rendus des séances de l'Académie des Sciences, 16 février 1914.)
- (*) L’emploi, à la station de départ, d’un transformateur de ce genre, a en outre, l’avantage de court-circuiter sur ce transformateur les harmoniques multiples de 3 de la force électromotrice de l’alternateur quand ce dernier est en triangle; ce court-circuitage est surtout efficace lorsque le transformateur est du type unique à trois noyaux, qui réduit beaucoup l’impédance par rapport à ces harmoniques.
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- TRACTION
- Utilisation de la force vive des trains en marche pour réduire les pointes des diagrammes de charge des centrales ou sous-stations & transformateurs rotatifs.
- Dans une installation de traction électrique, spécialement de chemin de fer, il y a une très grande importance à répartir uniformément la consommation d’énergie sur la période du service journalier.
- Il est évident que l’installation dans laquelle le rapport entre les pointes maximums du diagramme de charge et la valeur moyenne de la charge est minimum et se rapproche le plus possible de l’unité répond à la conception du maximum d’économie. Quand l’énergie est vendue au compteur, la chose ‘ prend une importance capitale parce que le réseau fournisseur exige une surtaxe très élevée par kilowatt-heure de surcharge au-dessus d’un certain maximum fixé d’avance. On ne peut d’ailleurs pas dire que cette prétention soit absurde ; au contraire, elle est logique et juste en considération de la majoration des frais de premier établissement résultant de la nécessité où se trouve la station centrale de tenir constamment à la disposition de l’abonné une plus grande quantité d’énergie qui n’est utilisée que pendant de courts instants de la journée.
- Nous ne ferons que rappeler succinctement les moyens adoptés aujourd’hui dans beaucoup d’installations électriques pour subvenir aux besoins exceptionnels et instantanés d’énergie correspondant aux pointes maximums des diagrammes de charge, tels que l’utilisation de réservoirs naturels comme les lacs de montagne où viennent s’accumuler les dans lesquels eaux des torrents, ou de réservoirs artificiels la centrale accumule l’eau pendant les heures de faible charge, ou même, dans certains cas, l’emploi de volants mécaniques lorsque les quantités d’énergie mises en jeu ne sont pas trop importantes.
- L’auteur se propose de comparer ici ces moyens à la méthode qu’on va décrire et qui tend également à réduire ou amortir ces pointes
- en les déplaçant convenablement suivant l’axe des abscisses dans les diagrammes des centrales électriques de traction où le type spécial de moteur permet la récupération de l’énergie.
- En somme, il s’agit d’utiliser la force vive des trains en marche en la faisant fonctionner par moment comme volants.
- Supposons un train en marche à sa vitesse de régime et remorqué par une locomotive triphasée, par exemple. La vitesse de régime des bons moteurs à induit en court-circuit ne diffère que de 2 à 3 % de celle de synchronisme. Dans ces conditions de marche, supposons qu’on abaisse assez rapidement de 2 à 3 % la valeur normale de la fréquence. La vitesse de régime des moteurs concorde à cet instant avec la vitesse angulaire du champ tournant et les moteurs ne reçoivent plus, à ce moment, aucune énergie de la ligne. Au lieu de 2 ou 3 % seulement, imaginons maintenant qu’on abaisse par degré la valeur de la fréquence, de 10 à i5 % par rapport à la normale. Alors, la vitesse des moteurs sera hyper-synchrone et non seulement le train en marche n’absorbera plus d’énergie de la ligne, mais il fera l’office d’un véritable volant et lui en restituera en fonctionnant en parallèle avec la station centrale. Les moteurs, comme cela arrive ordinairement dans les installations où se pratique la récupération, se transformeront en générateurs et restitueront sous forme électrique l’énergie antérieurement emmagasinée sous forme dynamique pendant la marche du train.
- Il est notoire que les véritables pointes maximums des diagrammes de charge sont déterminées généralement parles démarrages des trains et durent, par conséquent, autant que ces démarrages. Par suite, si, au moment où la station centrale travaille à pleine charge parce qu’il y a beaucoup de trains en marche sur la ligne, un autre train démarre et détermine en conséquence une pointe à laquelle la centrale ne pourrait sub- venir en aucune façon par son énergie disponible, l’abaissement de la fréquence dans des limites convenables provoquera soit une réduction momentanée de l’énergie absorbée, soit une
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- 336
- L'A LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Sètfe). .~c-Nb H.
- restitution d’énergie de la part des trains en marche et pourra suffire ainsi par elle-même au démarrage et à l’accélération de l’autre train.
- De cette façon, nous aurons réduit ou émoussé la pointe qui, naturellement, ne sera pas supprimée mais se trouvera déplacée le long de l’axe des abscisses du diagramme vers la dépression la plus voisine.
- Les choses devront,être ensuite réglées pour que, dès que la valeur instantanée de l’énergie demandée à la centrale commencera à diminuer, la fréquence revienne graduellement à sa valeur normale. Dans les instants où la demande d’énergie est faible, il conviendra de permettre le relèvement préventif de quelques pointes au-dessus de la valeur normale de ladite fréquence afin d’avoir un champ d’action plus vaste et une plus grande quantité d’énergie à sa disposition aux moments critiques.
- Ce 'phénomène se produit d’ailleurs par la force des choses dans les installations de traction électrique à moteurs triphasés, mais pour beaucoup dans une mesure très restreinte, d’autant que les régulateurs de vitesse des machines motrices accouplées aux alternateurs tendent toujours à contrarier les effets favorables qui peuvent résulter d’une grande tolérance dans la,variabilité de la fréquence. Il est donc,nécessaire d’amplifier, d’accentuer le phénomène susdit entre des limites pratiques faciles , à déterminer en étudiant l’emploi de dispositifs de régulation de la marche des groupes électrogènes qui admettent d’assez grands écarts de vitesse des machines motrices avec une rapidité relative que l’expérience pratique permettra d’apprécier.
- Il va de soi qu’aux variations du nombre de tours des groupes électrogènes devra correspondre une augmentation convenable de l’excitation des alternateurs pour , que la diminution du nombre de périodes n’entraîne pas un abaissement trop sensible de la tension en ligne, ce qui annihilerait en partie les avantages du système.
- Le problème doit donc être posé et résolu dans les termes suivants : utilisation d’une quantité déterminée d’énergie à fréquence légèrement variable dansdes limites pratiques et suivant les conditions particulières . et instantanées ; de charge de la ligne. , ,
- Avant d’aller plus loin, il nous paraît utile dè faire quelques remarques sur le fonctionnement:
- d’un système élémentaire de traction par moteurs asynchrones, triphasés, par exemple, et de le comparer avec le système de traction, théoriquement plus parfait, par moteurs à excitation-série. Il semble a priori qu’une pareille comparaison, surtout au point de vue de la variation de vitesse, soit absurde. En dépit des polémiques violentes entre les tenants des deux systèmes, la vérité est ici, comme toujours, dans un juste milieu. Mais nous ne voulons nullement aborder ce terrain. 11 nous suffira dè faire une analyse simple et complète du mode de fonctionnement d’un système de traction par moteurs asynchrones, triphasés, par exemple, dans une hypothèse spéciale, et, il apparaîtra par cette analyse que. les deux partis adverses ne sont pas irréconciliables comme on le croit communément.
- Supposons donc un système de traction triphasée ainsi constitué : une station centrale avec un groupe générateur triphasé établi de façon à fournir une tension déterminée à des fréquences variables entre des limites relativement étroites, c’est-à-dire avec un régulateur ne fonctionnant qu’aux limites maximum et minimum dü champ de variation des vitesses. L’excitation du générateur sera réglée par un dispositif spécial de façon à maintenir une tension effective constante aux bornes de la machine malgré la variation continue ou brusque de la valeur de la fréquence.
- Supposons que ce groupe générateur, soit destiné à alimenter un seul train remorqué par une locomotive triphasée, sur une ligne à profil moyennement accidenté. Suivons lé train dans sa marche et l’alternateur dans les différentes phases de son fonctionnement.
- Nous comprenons de suite que le système électrique constitué par l’alternateur et par le moteur triphasé du train fonctionne, dans son en-i semble, au point de vue pratique comme au point i de vue traction et dans les limites prédétermi-i nées de variation de vitesse, comme un véritable i moteur à;courant continu ou monophasé à exci-| tation-série. ;
- Le train absorbant toujours la même quantité d’énergie oblige le> inoteur et, par conséquent, l’alternateur à : maintenir la ; vitesse moyenne
- • normale pour les parcours .en paliérs ; ;il provo-l que un ralentissement dans les rampes et une
- accélération ;sur les pentes, ni rplus ni moins
- • que dans le cas d’un train ordinaire à vapeur.
- 1 : Ge$ . considérations ;ont naturellement; jpour
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- l’instant, une valeur purement démonstrative dans le but de faire remarquer qu’on peut, si •l’on- veut, ramener le fonctionnement d’un moteur asynchrone de traction à celui d’un moteur-série à collecteur. Généralisons maintenant l’exemple précédent et supposons que nous ayons plusieurs trains en marche et plusieurs générateurs à la station centrale ; le raisonnement fait est également applicable, toujours en considérant dans son ensemble le système électrique constitué, d’une part, par tous les moteurs et tous les trains et, d’autre part, par tous les groupes générateurs. 11 est vrai que, dans ce dernier cas, il serait nécessaire de maintenir les variations,de vitesse entre des limites notablement plus étroites si le tracé de la ligne exploitée présentait un profil très accidenté.
- Il est facile de démontrer que, dans ces conditions, si la régulation de la vitesse des alternateurs se faisait entre de larges limites, il se produirait de trop grands écarts entre la puissance développée par les diverses locomotives en raison des conditions du profil de la ligne.
- Ceci exposé, nous expliquerons maintenant, par un exemple purement mécanique, comment on peut arriver avec de bons* résultats .pratiques- à amortir les pointes aiguës des diagrammes de charge par une large tolérance quant à la variation continue de la fréquence.
- Considérons une transmission mécanique normale d’atelier mise en mouvement, par exemple, par un moteur à explosion ou un moteur électrique série et actionnant diverses machines de disposition courant.* L’embrayage et le débrayage des poulies de la transmission se font par à-coups avec des variations continuelles du nombre de machines en mouvement, en train de démarrer ou débrayées. Il est évident que, dans le système des machines commandées et de la machine motrice, il y a un ralentissement progressif à l’embrayage d’une machine et . une accélération progressive au débrayage. Plus exactement, il arrive qu’une partie de l’énergie nécessaire à la mise en marche de la machine arrêtée est cédée parles machines déjà en mouvement. Au contraire, quand une ou plusieurs unités sont débrayées, le système atteint à; la vitesse maximum permise par les régulateurs et accumule sous forme de force vive l’énergie en excès; celle-ci sera ainsi disponible au moment voulu pour compenser l’insuffisance du moteur.
- ÉLECTRIQUE 337
- . Si, dans l’exemple déjà cité, nous substituons au moteur de la transmission les groupes générateurs de la station centrale d’un réseau de traction électrique par moteurs asynchrones et à la transmission mécanique, le courant triphasé, si nous assimilions la fréquence au nombre de tours et les trains aux machines commandées, nous nous trouvons précisément en présence d’un système de traction triphasé où les pointes aiguës du diagramme de charge n’ont plus de raison d’être.
- Dans une exploitation de chemin de fer, lés choses ne seront pas aussi simples que dans l’exemple précédent. Il s’y rencontre des complications et des difficultés beaucoup plus grandes et l’on conçoit qu’il s’agisse ici de tout autre chose que d’obtenir l’uniformité du diagramme de charge caractéristique du système mécanique cité plus haut. Il est néanmoins indéniable que nos remarques peuvent être fécondes en résultats pratiques notables et que la réduction des pointes aiguës de charge, caractéristiques des installations où l’on veut, à tout prix, maintenir la fréquence, peut être assez facilement obtenue par le système proposé. On ne peut avoir le moindre doute au sujet du parfait fonctionnement d’un système de traction électrique fondé sur une assez large tolérance dans la variation de fréquence entre des limites que des études ultérieures approfondies, jointes à l’expérience pratique, pourront assigner. .
- Quand les locomotives des trains en marche devront, pour des raisons dépendant des conditions spéciales et instantanées de l’exploitation, intervertir leur fonction de moteurs en celle de générateurs, il n’en résultera dans la marche de ces trains aucun trouble ni anomalie. Cette inversion du fonctionnement, ne pouvant précisément se produire que graduellement, ne sera effectivement marquée ni par des chocs, ni par des contre-coups. Pratiquement, cela ne pourra, se comparer ni plus ni moins qu’au léger ralentissement progressif que subit un train à vapeur ou même électrique équipé de moteurs série à collecteur,en passant d’un palier à un autre par une rampe. Pour mieux se convaincre de l’absence absolue d’à-coups, il suffit de remarquer que les ralentissements , que subira le train à raison de la restitution d’énergie se maintiendra en toute sûreté entre des limites inférieures à_i5 %-de la vitesse de régime, tandis qu’au contraire le
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- ralentissement proportionnel d’un train à vapeur ou électrique à moteurs série abordant une rampe est bien plus considérable. Or, qui peut dire que le ralentissement du train soit désagréable aux voyageurs dans ces conditions de marche?
- Pour empêcher que l’inversion du rôle des moteurs se traduise par un faible à-coup dans la marche régulière des trains, il y a deux facteurs très importants qui interviennent ; ce sont : l’inertie propre des masses en rotation des groupes générateurs de la station centrale, qui contribuent sensiblement à la restitution d’énergie, et la force vive du train même, force si considérable que si elle devait se transformer presque instantanément (comme cela est nécessaire à la production du choc) en énergie électrique dans les moteurs du train, ceux-ci seraient mis en assez fâcheux état.
- En résumé, il n’y a donc aucune crainte à avoir pour la marche régulière des trains.
- Il, reste à examiner quelle importance pratique peut avoir, sur l’observation des horaires, la légère variation de vitesse. A ce sujet également, on ne peut opposer aucune objection sérieuse au système. Tout d’abord, comme nous l’avons déjà dit, la réduction procentuelle instantanée est assez faible. Ensuite, elle est très brève et correspond à peu près à la durée des pointes, soit à quelques minutes. En troisième lieu, les ralentissements peuvent être compensés par des accélérations pendant les instants de moindre charge, sans compter que l’habileté du mécanicien peut intervenir comme facteur très important pour regagner éventuellement les distances soit dans les pentes, soit dans les arrêts et les démarrages.
- Avant de passer aux conclusions, et afin d’épuiser complètement le sujet, nous croyons qu’il n’est pas inutile de dire quelques mots des dimensions à donner aux machines, eu égard au nouveau mode d’exploitation, et cela sans avoir la prétention d’empiéter sur le domaine technique des constructeurs.
- Il n’est pas douteux qu’en variant la valeur de la fréquence et en maintenant constante la valeur effective de la tension aux bornes de la machine, on provoque une variation correspondante de l’induction magnétique, variation dont il faut tenir compte au point de vue de la saturation des circuits magnétiques, de la puissance des
- machines et de leur rendement. Toutefois, il ne s’agit jamais que de variations relativement faibles dont l’importance ne peut créer ni sérieux embarras, ni difficultés insurmontables pour les constructeurs.
- Pour une moyenne de i5 périodes, il sera certainement plus que suffisant d’avoir une variation de fréquence entre les limites de i3 1/2 et 16 1/2 périodes. A tension égale aux bornes, on aura une induction des circuits magnétiques de la machine maximum à la fréquence i3 1/2 et minimum à 16 1 /a. Cela veut dire que les alternateurs et autres machines électriques du réseau de traction devront être proportionnés pour une fréquence de i3,5 périodes, d’où une augmentation de poids et de prix. Mais cette augmentation sera doublement compensée par les avantages réels que permettront d’obtenir ces caractéristiques.
- Nous ne parlons pas des économies très appréciables résultant de la meilleure utilisation de l’énergie, que celle-ci soit produite par la force hydraulique ou par moteur thermique. Dans ce dernier cas, nous avons déjà indiqué au début que cela revenait, en francs et centimes, à la nécessité de maintenir constamment aux chaudières une surproduction de vapeur pour les besoins momentanés, bien que normalement de courte durée.
- Cela nous force à conclure en affirmant une fois encore notre conviction pleine et entière de l’opportunité et de la convenance au point de vue économique de l’application, dans les installations de traction électrique par moteurs asynchrones, d’une large tolérance dans les variations instantanées de la fréquence, en établissant toutes les machines à cet effet.
- L’expérience pratique pourra donner comme résultat final tous les éléments propres à appliquer cette innovation dans les meilleures conditions possibles. Elle permettra d’obtenir deux résultats également importants :
- i° La réduction des pointes maxima des diagrammes de charge des centrales ;
- 20 La disparition de l’objection fondamentale faite au courant triphasé par ses adversaires et qui est la rigidité de marche du moteur à champ tournant.
- Francesco Spineeli.
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- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Le système de contrôle centralisé pour les écluses du canal de Panama.
- Pour assurer le transit rapide et sûr des plus grands navires par le canal de Panama, on a établi un vaste système centralisé de contrôle électrique des écluses. Tout l’outillage du canal est d’ailleurs actionné électriquement, à l’exception du chemin de fer de Panama dont l’électrification future est d’ailleurs projetée.'
- L’ensemble des installations de force motrice pour la manœuvre des écluses, les locomotives de halage, l’éclairage des écluses et des bâtiments et la commande des moteurs ne faisant pas partie du système de contrôle des écluses comportent :
- Une usine hydro-éleetrique de 7 5oo kilowatts à 2 200 volts au barrage de Gatun;
- Une usine électrique de 4 5oo kilowatts, 2 200 volts, à turbogénérateurs Curtis, à Mira-flores, servant d’usine de secours et ayant été utilisée aux travaux de construction ;
- Une double ligne de transmission à 44 000 volts, reliant à travers l’isthme Colon et Balboa aux deux stations centrales ;
- Quatre sous-stations à 44000/2 ioo dont deux, aux stations centrales, relèvent la tension à 44 000 volts, et deux, aux extrémités de la ligne, l’abaissent à 2 200 volts ;
- Trente-six stations de transmission à 2 200/240 volts pour la distribution de la force motrice, la traction et l’éclairage, aux écluses de Gatun, Pedro Miguel etMiraflores ;
- Trois stations de transformation à 2200/220-110 volts pour les tables de contrôle des écluses ;
- Enfin, à Colon et à Balboa, des stations pour les appareils de manutention du charbon, les ateliers de mécanique et les cales sèches.
- Il serait trop long de décrire toutes les particularités intéressantes de cette importante installation. Nous nous bornerons à étudier ici le système de contrôle des écluses et les méthodes ingénieuses qui ont été adoptées pour se mettre dans la mesure du possible à l’abri de toute fausse manœuvre dans l’exploitation du canal. Le courant pour la manœuvre des écluses et pour les locomotives de halage est transformé au voi-
- sinage immédiat de son point d’utilisation dans; l’une des 30 stations de transformation. Une semblable station comporte deux groupes de transformation de 200 kilowatts, triphasés 2 200/240 volts, pour la force motrice, et un groupe de 25 kilowatts monophasé 2 200/220-110 volts, pouiT’éclairage. Pour donner une idée du nombre de moteurs à contrôler pour la manœuvre des écluses nous reproduisons le tableau.
- Les moteurs sont démarrés et contrôlés par des tableaux individuels dont les interrupteurs à relais ferment les circuits des gros moteurs et sont eux-mêmes contrôlés du poste de contrôle éen-tral. Les petits moteurs sont mis en marche par mise en circuit directe. Deux commutateurs bipolaires sont employés, un pour la marche avant, l’autre pour la marche arrière. Dans le cas des gros moteurs pour la manœuvre des portes d’écluses, des vannes, etc., le démarrage s’opère au moyen d’une résistance sur deux des phases du circuit triphasé.
- Les portes d’écluses sont à deux battants massifs manœuvrés indépendamment l’un de l’autre. Elles divisent les écluses en biefs de 3oo millimètres de longueur. En outre, à chaque extrémité des trois groupes d’écluses se trouvent des portes de sûreté. Pour réduire, en outre, la consommation d’eau des écluses, chaque bief est divisé par des portes intermédiaires en deux compartiments. Quandles écluses sont fermées, elles sont bloquées en position par une machine spéciale.
- Comme les portes ouvertes s’effacent dans des parties rentrantes ménagées dans les murs de l’écluse et comme, d’autre part, chaque porte est surmontée d’une passerelle avec garde-fou, il est nécessaire d’éclipser ce garde-fou quand les portes sont ouvertes, car il gênerait le passage des locomotives de halage. Cette manœuvre est effectuée par un moteur logé sous la passerelle et mis en mouvement par une pédale.
- Des chaînes de défense sont tendues en travers du canal devant toutes les portes d’écluses et devant les portes de sûreté. Ces chaînes sont abaissées quand les portes d’écluses s’ouvrent
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- Tableau I
- MACHINES ET MANŒUVRE NOMBRE DE MOTEURS PAR MACHINE PUISSANCE CHEVAUX ISOMBF Gatun 11! DE MOTEURS Pedro Miguel » DES ÉCLUS Miraflorcs ES DE Total PUISSANCE TOTALE
- Portes d’écluses ; ouverture de chaque battant I a5 40 24 28 92 2 3oo
- Verrouillage des portes d’écluses.. I 7 io 1 2 14 46 322
- Chaînes de défense (pompe) I 7° 16 16 16 48 3 36o
- — (vanne de manœuvre) I o,5 16 16 16 48 24
- Vannes de' remplissage ou de vidange des biefs I /(O 56 'M 36 116 4 640
- Vanne cylindrique I 7 Go 20 40 120 840
- Vanne de protection I 25 6 6 6 18 450
- Vanne auxiliaire I 4 .. 4 4 . J 4 . 12 84
- Totaux 218 122 160 • 5oo 12 020
- pourlaisscrlibrepassage au navire ; elles sontre-levées quand la porte est fermée, de façon à arrêter le navire qui arriverait sur les portes «à une vitesse dangereuse. Le relèvement et la descente des chaînes sont effectués par deux moteurs suivant le principe des ascenseurs hydrauliques, un moteur fournit de l’eau sous pression et l’autre contrôle par une vanne la direction du mouvement de la chaîne. Le remplissage et le vidage des écluses se fait par trois canaux en maçonnerie, un dans le mur central et un dans chaque mur latéral. L’écoulementde l’eau estcontrôlé par des vannes verticales placées à chaque extrémité de l’écluse. Ces vannes sont disposées par paires et doublées; les conduits so^it eux-mêmes divisés en deux moitiés parallèles, à hauteur de ces vannes, au moyen d’une cloison verticale. Cela réduit, les dimensions de chaque vanne entre 2 m. 4o et 5 m. 5o et en rend la manœuvre plus facile.
- Telles sont les principales dispositions mécaniques des écluses. Si l’on remarque qu’à Gatun, par exemple, les écluses s’étendent sur une longueur de i 900 mètres et que les principaux moteurs sont répartis sur une distance d’environ 1 200 mètres, on se rend compte de l’impossibilité à peu près absolued’établir une transmission mécanique pourle contrôle central des machines. L’Isthmian Canal Commission ayant spécifié que
- la position des portes d’écluses, vannes, chaînes I de défense et niveaux d’eau dans les différents Indicateur dépositions des chaînes
- Interrupteur de contrôle
- Tableau de con trôle
- I Transmetteur n 3obmes du
- [Tableau de relais de /'interrupteur
- distribution de la transmission mécanique _
- Fig. 1 — Schéma de commande de l’indicateur de position des chaînes.
- biefs devrait être, autant que possible, indiquée par des modèles en petit des machines, l’indication devant être progressive et en synchronisme
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- avec le mouvement de ces machines, on a dû avoir recours à un système de transmission électrique. Après de multiples expériences on a répondu aux conditions stipulées au moyen d’un dispositif dit indicateur synchrone et constitué par deux machines ayant chacune un stator et un rotor.
- L’une des machines est mécaniquement commandée parles moteurs des écluses sur lesquels
- d’autre part à aucune source de courant. Leurs enroulements sontuniquement excités par induction par les rotors. Ces derniers sont bipolaires et établis pour être excités par courant monophasé à iio volts aT> périodes; les rotors du transmetteur et du récepteur sont reliés au même circuit.
- Le mouvement du rotor du transmetteur, mécaniquement actionné par le moteur de l’écluse,
- t'ig-, 2. — Tuble de contrôle des manœuvres des écluses de Mirafloros.
- ou près desquels elle est disposée. Le second moteur, de même type, est relié électriquement au premier et monté sous la table de contrôle dont il actionne mécaniquement l’indicateur de position. Le premier moteur est appelé transmetteur et lesecond, récepteur. Le transmetteur et le récepteur, ont des stators à enroulement triphasé reliés l’un à l’autre, chaque phase individuellement (fig. i); ces stators ne sont reliés
- engendre dans le stator du transmetteur un champ qui le polarise dans la direction de l’axe du rotor et produit une tension dans les enroulements du stator. Ce voltage est transmis par la connexion des trois phases aux enroulements du stator du récepteur et donne à ce dernier même voltage et même polarité que ceux du stator du transmetteur, mais en sens inverse. Le rotor du récepteur recevant du courant dans la même
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- direction que celui du transmetteur subit la réaction du stator polarisé jusqu’à ce que les axes magnétiques coïncidentetque les rotors des doux appareils soient dans la même position relative. Lorsque les rotors sont dans cette position, il ne passe plus de courant d’un stator à l’autre. Toute différence de position entre les rotors du transmetteur et du récepteur détermine une différence de potentiel entre eux, et, par suite, un afflux de courant et un couple qui déplace le rotor du récepteur et l’amène dans la même position relative que celui du transmetteur.
- Le couple augmente rapidement avec l’écart angulaire de position des deux rotors et, comme la réluctance magnétique et le flux traversant les enroulements du stator sont uniformes, le rotor du récepteur suit de très près et doucement les mouvements du rotor du transmetteur. Comme ce dernier actionne un indicateur de position sur la table de contrôle, le mouvement imparti à cet indicateur correspond exactement au mouvement de l’organe mécanique correspondant de l’écluse.
- La figure 2 représente l’ensemble de la table de contrôle des manœuvres des écluses de Mira-flores. Cette table estœn miniature un plan des écluses; les appareils indicateurs et contrôleurs qu’elle porte occupent les uns par rapport aux autres les mêmes positions relatives que les organes correspondants des écluses. Les murs latéraux et le mur central sont figurés par des plaques de fonte à surface dépolie et l’eau est simulée par des plaques de marbre bleu. On voit au premier plan les chaînes indiquant la position des chaînes de défense et qui s’éclipsent dans une rainure de la surface de la table. Sur le côté antérieur, se trouvent une série d’indicateurs de la position des vannes tandis que les indicateurs du niveau de l’eau dans les différents biefs sont placés sur les plaques de marbre. Le mécanisme de commande des divers indicateurs occupe l’espace compris entre les panneaux verticaux delà table et l’étage au-dessous de celui où est installé cet appareil. Les écluses, dont on ne voit pas les indicateurs dans la figure 2, sont représentées comme le montre la figure 3 par deux palettes d’aluminium, mobiles au-dessus de la plaque de marbre et s’effaçant latéralement. Chaque palette, de même que chaque battant de la porte d’écluse, est commandée indé-
- pendamment. A cet effet, l’arbre vertical actionnant le mécanisme du transmetteur est commandé par la machine opérant la manœuvre 'de l’écluse ; il fait à peu près 3y tours pour le
- Fig. 3. — Indicateurs de position des cluses.
- déplacement complet de la porte. Cet arbre est fileté et porte un écrou sur lequel est taillée une crémaillère (fig; 4) qui engrène avec un pignon
- Fi^. 4* — Transmetteur des écluses, sur l’arbre du transmetteur. Cela- donne un rapport de transmission d’environ 75 à 1, en sorte que le moteur tourne de 1 782 pendant que
- Fig. 5. — Indicateur de la hauteur de levée des vannes.
- ; son arbre vertical fait 37 tours. Le mouvement du transmetteur agit, comme nous l’avons indi-
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- qué plus haut, sur le rotor du récepteur qui, par une transmission mécanique appropriée, fait mouvoir la palette correspondant, sur la table de contrôle, à un battant de l’écluse.
- Pour les chaînes, la transmission se fait de manière analogue, chaque bout de chaîne étant actionné par un récepteur indépendant et étant accroché à un petit bras de sémaphore. Celui-ci est horizontal lorsque la chaîne est baissée et vertical lorsqu’elle est levée, son inclinaison dans toute position intermédiaire indique exactement le degré d’abaissement ou de relèvement de la chaîne.
- i
- Les vannes, du type vertical, mesurent i m. 45 de largeur et ont une course de levage de 5 m. 5o; elles sont manœuvrées par un moteur actionnant deux vis verticales, le transmetteur correspondant tourne également de i98°environ pour la levée complète. L’indicateur (fig.5) estcon-stitué comme un petit ascenseur en miniature dont la position de la cabine marque la hauteur de levée* de la vanne. La corde qui fait monter et descendre la cabine, ou mieux l’index mobile, passe sur un tambour actionné par un récepteur au moyen d’un train d’engrenages. Une extrémité de la corde est fixée au sommet de l’index et l’autre extrémité à sa base, avec interposition d’un ressort de tension.
- Naturellement, dans tous ces mécanismes, on s’est attaché à réduire le frottement au minimum. Pour rendre, l’index plus visible, un dispositif de lampe placé sous la table éclaire de bas en haut la cage de l’indicateur, en sorte que la partie au-dessous de l’index est éclairée et la partie au-dessus est obscure.
- Pour les indications de la manœuvre des portes d’écluses, des chaînes et des vannes,
- Fig. 6. — Indicateur de niveau d'eau pour différence de niveau de i5 mètres.
- les spécifications ont prévu unfe précision à 3 % de la position réelle des machines principales. Au contraire, pour les indicateurs de niveau d’eau, elles ont stipulé une précision de i5 millimètres de niveau réel. Pour une différence de niveau de i5 millimètres, cela fait un degré de précision du millième. Or, pour assurer la synchronisation automatique de l’appareil indicateur, il faut que la portée totale corresponde à moins d’une demi-révolution du moteur d’indicateur et comme, sur i8o°, il y a un retard de i,5 % du moteur récepteur sur le moteur transmetteur, il étaitimpossible d’arriver au degré de précision voulu avec un moteur seul. On a donc réalisé l’indication approximative par
- Fig. 7. — Manette des appareils de contrôle.
- rotation d’un moteur de 178° au maximum et l’indication précise à l’aide d’un autre moteur qui fait au maximum 10 tours. L’indication de précision sera alors exacte ou bien décalée d’un nombre entier de tours du moteur. Dans ce dernier cas, l’erreur sera apparente et on la corrigera en faisant faire à la main un ou plusieurs tours au moteur correspondant.
- L’indicateur du niveau d’eau (fig. 6) est constitué par une colonne carrée dont la hauteur est proportionnelle à l’échelle de niveau du~ bief considéré. Chaque colonne a deux faces formées
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- de glaces et portant deux graduations disposées de telle façon qu’on puisse les lire de n’importe quelle position. Les graduations mesurent i pouce par pied (a5 millimètres pour 3o5 millimètres), les moteurs récepteurs sont montés sous ces colonnes. ; )
- Celui de l’indication approximative actionne par engrenages un tambour fileté sur lequel est enroulé une corde sans fin qui monte sur l’un des côtés de la colonne et redescend parle centre. Cette corde porte une petite bille d’aluminium émaillée rouge.
- Le moteur pour l’indication de précision actionne deux tambours montés sur un même arbre et portant deux cordes sans fin. Ces cordes soutiennent un tube vertical en aluminium de ioa millimètres de longueur muni de deux pointes, une pour chaque échelle. La bille d’aluminium peut se mouvoir librement et indépendamment du tube. Quand l’indication précise est porrecte, la bille reste à l’intérieur du tube ; quand l’indication est décalée d’un demi-tour de moteur ou plus, la bille rouge est visible au-dessous ou au-dessus du tube et il faut alors rétablir le rotor du moteur d’indication précise à saf'^lf^ition exacte.
- Nous passons sous silence d’autres dispositifs de contrôle et nous signalons en terminant les manettes des appareils de contrôle visibles sur la table en 4 rangées. Ces manettes sont montées sur de petits contrôleurs (fig. 7) et leur manœuvre se fait par un mouvement d’un quart de tour. Des plaques indiquent les positions d’ouverture, de fermeture et de mise hors circuit. Les manettes des chaînes so.nt moletées pour les distinguer des autres.
- Ajoutons en terminant que les appareils dépendent d’un système complexe d’enclenchements automatiques pour éliminer autant que possible les erreurs de manœuvre.
- Tout le projet d’équipement électrique du Canal a été étudié par la General Electric C° et tout le matériel employé a été exécuté dans Ses ateliers.
- J. Reyval.
- Essais relatifs aux effets de la glace sur les interrupteurs aériens à haute tension.
- De nombreux essais ont été exécutés cet hiver par la Delta-Star Electric C° à Chicago, en vue d’étudier la manière de se comporter des interrupteurs aériens des lignes à haute tension soumis à des effets de glace.
- La curieuse figure que nous reproduisons ici montre un interrupteur tripolaire sous 3'i 000 volts, fermé, après avoir subi pendant plusieurs heures une aspersion d’eau.
- Interrupteur aérien recouvert de gluce.
- La formation d’une couche épaisse de glace n’a nullement empêché le fonctionnement de cet interrupteur et cette expérience nous a parti; intéressante à signaler, étant donné l’importance du rôle joué par ces appareils dans les grands transports de force et les conditions climatériques très dures auxquelles ils sont souvent soumis.
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- BREVETS
- Moteur-série, triphasé à, commutateur. —
- Brown Boveri etG‘“.—Demandéle i8septembre 1913. — Délivré le 29 novembre 1913. — Publié le 4 février 1914.
- Lorsqu’un moteur-série triphasé, à commutateur, est connecté suivant le schéma de connexion (fig. 1) avec l’enroulement secondaire
- - Fie. 1. -
- d’un transformateur, le stator et le rotor étant connectés directement en série et l’alimentation du rotor étant hexaphasée, il peut quelquefois se superposer, pendant sa marche en moteur, par-dessus le courant alternatif, un courant continu auto-excitateur.
- Ce courant continu suit le circuit indiqué à la figure, il circule par conséquent dans le même sens dans chacune des trois phases du stator. A celte figure, P désigne l’enroulement primaire du transformateur d’énergie, et S son enroulement secondaire. St désigne le stator du inoteur-série à commutateur, L son rotor, et B1, B2... B° désignent les balais du collecteur de ce moteur.
- 1% P, IP, IP, III', IIP sont, respectivement, les commencements et les fins des trois enroulements de phases du stator. Si le stator est construit à enroulement normal des bobines, sans chevauchement, de telle sorte qu’un coté de bobine couvre un tiers de la division polaire,
- les courants dans les côtés voisins des bobines sont toujours de sens opposés, et ils engendrent un champ magnétique constant ayant un nombre de pôles triple de celui du champ tourant.
- A la figure 2 }a répartition du courant pour un tel enroulement est marquée par des points et des croix. Les lettres N, N, N désignent les trois pôles nord créés parle courant continu; les lettres S, S, S sont les pôles sud correspondants. Le même champ est alors créé dans l’enroulement du rotor également par le courant continu, l’enroulement étant supposé en tambour, au pas du diamètre. Un décalage des balais d’un angle déterminé signifie pour le champ à courant continu, ayant un nombre de pôles triple de celui du champ tournant, un décalage de trois fois cet angle, c’est-à-dire qu’entre les limites du décalage des balais pour la marche en moteur, la dynamo peut, au point de vue du courant continu, travailler à certaines positions des balais comme génératrice, elle peut par conséquent engendrer ce courant continu elle-même, et elle montre de l’auto-excitation en marche comme motrice. La cause en est que les trois phases du stator sont toutes traversées par du courant continu dans le même sens, et que cette distribution du courant est impossible pour le courant triphasé.
- Pour éviter cet inconvénient, les phases du stator et du rotor sont connectées, suivant la présente invention, de telle façon qu’il ne peut y avoir, pour un courant continu traversant les trois phases du stator et du rotor, qu’une seule distribution du courant qui correspond à une valeur momentanée quelconque du courant triphasé, chaque phase du stator étant en même temps le conducteur de retour des deux autres phases. Car, comme les champs engendrés par la valeur momentanée du courant triphasé agissent dans toute l’étendue des décalages possibles des balais qui est à considérer, .dans un sens moteur, l’action du champ du courant continu doit être motrice également ; une auto-excitation est par conséquent impossible. —
- Un exemple d’exécution du cas où le rotor est
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- pourvu exclusivement de balais mobiles est représenté à la figure 3.
- Les trois phases de l’enroulement secondaire du transformateur d’énergie sont subdivisées chacune en deux moitiés S1, S2 qui sont indé-
- Fig. 3.
- pendantes l’une de l’autre, mais qui se trouvent placés sur le même noyau, et qui sont couplées en étoile ou en triangle. Les trois phases de l’enroulement du slator sont composées également de deux moitiés parallèles S/1 et S/2. Chacun
- des deux systèmes secondaires triphasés du transformateur alimente en série l’une des moitiés des bobines du stator, ainsi que trois balais, lesquels sont décalés, dans le schéma
- Fig. 5.
- bipolaire, de i jio0 entre eux, et de 6o° par rapport aux balais du second système. Le couplage doit avoir lieu de telle manière que les forces électro-
- motrices des courants qui sont engendrées dans les deux bobines secondaires d’un noyau du transformateur, agissent respectivement dans le même sens au stator et au rotor.
- Avec des balais fixes et des balais mobiles le couplage suivant la figure 3 est impossible, car comme les tensions aux deux séries de balais sont déphasées l’une par rapport à l’autre, il faudrait appliquer aussi des tensions déphasées tandis qu’il est engendré, dans les deux systèmes secondaires du transformateur, des tensions de même phase.
- On peut appliquer, par contre, dans ce cas, le couplage suivant la figure 4 ou 5, dans lequel sont subdivisés chacun en deux parties, montés sur des noyaux en fer, non seulement les enroulements secondaires du transformateur d’intensité mais aussi les enroulements primaires. Au transformateur d’énergie unique pour la totalité de l’énergie, sont substitués deux transformateurs d’énergie T1 et T2 pour environ la moitié de l’énergie chacun, dont les enroulements primaires sont couplés en série. Des phases égales des deux enroulements primaires sont couplées en tension. L’un des systèmes secondaires alimente, étant connecté en étoile ou en triangle, les balais B1' B3, B6, qui sont connectés avec un pont porte-balais fixe tandis que l’autre alimente les balais B2, B1, B° qui sont connectés avec un pont porte-balais mobile. La connexion du stator peut en même temps être celle suivant la figure 4, toutes bobines du stator étant connectées en série avec les balais fixes (ou avec les balais mobiles) correspondant, soit celle'suivant la figure 5, dans laquelle les phases de l’enroulement du stator sont subdivisées chacune en deux parties Si1 et S£2, dont l’une Si2 est connectée en série avec les balais du pont fixe, tandis que l’autre, S/1, est connecté en série avec les balais du pont mobile.
- Le couplage doit être établi de telle manière que les deux systèmes de courant engendrent aux différentes phases du stator des forces magnéto-motrices de même sens, et également aux phases du rotor, lorsque le pont porte-balais est écarté de i8o° par rapport au pont mobile.
- Comme l’indique la figure !>, l’axe des balais fixes peut coïncider avec l’axe de l’enroulement du stator, bien que les deux axes puissent aussi former des angles quelconques l’un avec l’autre. Un avantage particulier du dispositif représenté
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- à la figure 5 se constate au démarrage du moteur. En effet, comme au démarrage les balais fixes conservent invariablement leur position dite de court-circuit, la pomme des tensions est à l’arrêt :
- E2 — Enr = O (en cas de sur-eompensalion ce n’est qu’approximati-vcmenl = O),
- E"r désignant la tension entre deux balais fixes, et E2 la tension aux enroulements S£2 du stator qui sont couplés en série avec les balais fixes.
- La tension au transformateur T2 est par conséquent au démarrage également = O, et la tension du réseau est entière au transformateur T1, qui alimente l’autre moitié St' de l’enroulcmeut du stator, ainsi que les balais mobiles qui ont été décalés par rapport à la position du court-circuit. Or normalement ce transformateur n’est dimensionné que pour la moitié du réseau. Il sera par conséquent au démarrage fortement saturé et son enroulement primaire contiendra un courant de magnétisation d’une grande intensité. Ce courant de magnétisation traverse alors aussi l’enroulement primaire du transformateur T3. Comme ce transformateur n’est pas saturé, il règne à peu près une égalité d’ampères-tours entre ses deux enroulements p2 et .s2 et l’accroissement de son courant primaire par le courant de magnétisation du transformateur T3 a pour conséquence une augmentation correspondante du courant secondaire du transformateur T2. Or ce courant secondaire constitue une partie du courant de travail du moteur, qui augmente par conséquent au démarrage par suite de la saturation du transformateur T1, tandis que le champ qui est engendré par la tension secondaire du transformateur T* prend une valeur moindre par suite de la saturation de T1. Le fractionnement du transformateur d’énergie et de l’enroulement du stator a par conséquent pour résultat cet avantage extrêmement important que le moteur démarre avec un champ relativement réduit et une intensité relativement considérable.
- Pendant la marche du moteur, la répartition de la tension sur les deux transformateurs se modifie par suite des forces électro-motrices de rotation, de telle sorte que ces transformateurs
- travaillent l’un et l’autre à une, saturation à peu près égale et normale. Les conditions de démarrage les plus favorables permettent une augmentation de l’intensité du champ en marche normale, tout en évitant de fortes étincelles au démarrage, ce qui constitue une augmentation de la puissance des machines.
- résumé
- i° Ce moteur-série triphasé à commutateur, avec connexion directe en série du stator et du rotor et à alimentation hexaphaséc du rotor, est caractérisé en ce que les phases du stator et du rotor sont couplées en série de manière telle qu’un courant continu qui traverse les trois phases des deux enroulements, peut seulement circuler à travers les enroulements du stator, de telle sorte que la direction du champ à courant continu dans une phase est inverse de celle dans au moins l’une des deux autres phases dans le but d’empêcher, pendant la marche comme moteur, la naissance d’un champ à courant continu du nombre triple de pèles et par suite l’auto-excitation par du courant continu.
- a0 Dans un moteur qui est muni exclusivement de jeux de balais réglables et qui est alimenté par l’intermédiaire d'un transformateur d’énergie, le système secondaire triphasé qui est formé par l’enroulemeut du stator et l’enroulement secondaire du transformateur d’intensité, est divisé en deux moitiés parallèles qui sont couplées en série chacune avec un groupe de balais mobiles du rotor qui se compose de trois balais qui sont décalés de 1-20° (dans un schéma bipolaire) les uns par rapport aux autres.
- 1° Dans un moteur ayant un jeu de balais fixes et un jeu de balais réglables, et qui est alimenté par l'intermédiaire d’un transformateur d’énergie ce transformateur est subdivisé en deux transformateurs dont les enroulements primaires correspondants sont couplés en tension, tandis que le système secondaire de l’un des transformateurs alimente les balais fixes, et le système secondaire de l’autre transformateur les balais mobiles, l'enroulement du stator pouvant pour cela, soit être intercalé tout entier dans l’un des deux systèmes secondaires, soit cire réparti également ou dans des proportions quelconques sur les deux systèmes.
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- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- A la suite de l’administration des finances, tous les organes de la presse financière signalent la plus value des rendements des impôts indirects et monopoles pour le mois de février 1914 surles recouvrements du mois correspondant de 1913; ceux-ci avaient eux-mêmes dépassé de beaucoup les précédents. La preuve de la valeur de notre système fiscal s’effectue donc tous les jours en dépit des attaques qu'il subit et des circonstances défavorables que traversent l’industrie et le commerce, cependant; les symptômes d’un ralentissement des échanges se constatent par l’augmentation de l’encaisse de la Banque de France supérieur de 3oo millions à celui de février 1913, la réduction de son portefeuille et l'augmentation des comptes particuliers; si bien que, pour notre établissement national, la proportion de l’encaisse aux engagements est au 26 février dernier, de 62,49 % contre 67,40 % en 1913.
- Il ne faut pas se dissimuler d’ailleurs que les excédents du début de l’année 1914 pourraient se changer rapidement en moins values ; nos exportations diminuant, nos importations vont faire de même ; les recettes des douanes en subiront le contrecoup ; l’impôt sur les valeurs mobilières encore en plus value restera plutôt stationnaire parce que les sociétés prudentes n’augmenteront pas leurs dividendes ; enfin, les recettes de nos compagnies de chemins de fer qui reflètent exactement la situation générale économique du pays sont en baisse de 18 millions depuis le 1" janvier. On ne saurait donc se montrer trop prudent dans l’évaluation des revenus publics à venir, mais leur diminution ne saurait entraîner la condamnation du système qui en est la source.
- En supprimantlâ crainte de certaines éventualités, les capitaux inemployés circuleront de nouveau, toutes les valeurs en bourse remonteront et automatiquement; par le seul jeu du droit de transmission ou de l’impôt sur les opérations à terme, l’Etat encaissera des plus values.
- Nos valeurs d’entreprises de distribution ou de traction subissent comme toutes les valeurs industrielles une crise de dégoût de la part du public. Leur situation est pourtant la même qu’il y a quatre mois ; mais nul raisonnement ne convaincx-a
- le spéculateur forcé de liquider une position trop chargée.
- Le Nord-Sud ne modifie guère sa situation à i56 francs ; le Métropolitain est autour de 640 ; la Parisienne de Distribution varie de 640 à 646; quelques notes à son sujet font prévoir que les bénéfices du premier exercice ne répondront pas à l’attente des porteurs ; la Société d’Electricité de Paris finit à 685 ; l’Energie Electrique du Littoral à 402 5o ; les anciens secteurs de Paris sont tous en baisse.
- Seule, la Compagnie Centrale d’Energie Electrique fait exception en cotant 5o6. L’assemblée du 28 février a ratifié les comptes de l’exercice 1913 qui se soldent par un bénéfice de 1 880 752 francs, en augmentation de 552 969 francs sur ceux de l’année précédente. Le dividende a été porté de 20 à 25 fr. et le conseil a été autorisé à porter le capital de i5 à 20 millions.
- M. Laurent, président du Conseil, a pu déclarer que, malgré les circonstances défavorables qui avaient influencé toutes les affaires au cours de igi3, les résultats étaient aussi satisfaisants que ceux de 1912. Le capital entièrement versé reçoit 6 % ; les bénéfices du portefeuille ont passé de 358 4 11 fr. à 4o3 860 francs.
- De plus, la Société a étendu son champ d’action en apportant à un groupe d’établissements français et russes le contrôle et la direction de la Société Force Electrique de Bakou et en prenant une participation intéressante dans la Société Gaz et Electricité de Lisbonne à la suite de son augmentation de capital. La situation de la Société s’est encore fortifiée depuis la dernière Assemblée.
- La Société Versaillaise de Tramways Electriques, malgré l’augmentation de ses bénéfices nets qui se sont élevés report compris à 3qo 243 francs, distribuera le même dividende qu’en 1912 : soit 37 fr. 5o aux actions de priorité, 32 fr. 5o aux actions ordinaires et 7 fr. 5o aux actions de jouissance.
- La Société des Forces Motrices de la Loue procède en ce moment à l’émission de 4 000 obligations de 5oo francs du taux de 41/2 % net de tous impôts français actuels ou leur équivalent en cas de rempla-
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- cément ; le prix d’émission est fixé à 476 francs. A ce prix et suivant la formule adoptée, ces obligations rapporteront net 4,73 % jusqu’au jour où la loi de finances en préparation portera à 5 % l’impôt sur le revenu des valeurs mobilières. Ce taux de capitalisation est intéressant étant données les garanties de l’affaire et son avenir assuré dans une région où le développement des applications de l’énergie électrique n’est qu’à son début.
- La Société des Forces motrices de la Loue, constituée en principe pour l’aménagement de la chute de Mouliner sur la Loue et son utilisation pour la distribution d’énergie dans les communes groupées en syndicat intercommunal d’Ouhans, est parvenue à s’assurer de suite et en dehors de ces premières concessions, un débouché important par le rachat des réseaux exploités par la Compagnie Electrique du Jura-Doubs et la Compagnie Electrique Loue-Lizon, et par la reprise des réseaux, marchés ou concessions de M. Rilter dans les communes de Gilley, La Chaux, La Cluse et Pontarlier. L’ensemble de ces divers réseaux constitue un secteur de distribution qui s’étend dans les départements du Doubs et du Jura depuis la frontière suisse jusqu’aux environs de Dôle ; les recettes effectuées, d’ailleurs susceptibles d’augmentation, garantissent, dès maintenant le service des obligations. Le produit de l’émission de ces dernières servira en premier lieu au paiement du solde duprix des acquisitions failesà M. Ritter qui reçoit 6oo obligations pour le prix de l’usine de la Source de la Loue ; en second lieu, à l’achèvement du développement des réseaux et aux premiers travaux d'aménagement de la chute de Mouthier. Cette dernière, qui a i3o mètres de hauteur, sera amenagéepour unepuissanccde ioooochevaux.
- Des accords conclus en septembre 191J avec la Société Civile d’Etudes pour l’utilisation des eaux des lacs de Saint-Point et de Rémoray et la régularisation du cours du Haut-Doubs ont rendu la Société
- de la Loue propriétaire des terrains ou promesses de vente et projets relatifs à l’aménagement d’une deuxième chute sur la Loue dont le régime complétera la marche de l’usine de Mouthier. Celle-ci se trouvera ainsi dans les meilleures conditions pour assurer à toute époque le service des réseaux rattachés.
- Nous noterons enfin que les obligations nominatives toucheront un intérêt supplémentaire de 5o centimes par an, et qu’aucune hypothèque, aucun gage ou nantissement ne sera conféré ou constitué par la Société à ses créanciers actuels ou futurs sans que les obligataires ne jouissent du même droit de préférence.
- Le Métropolitain de Berlin sous la raison sociale Gesellschaft ffir electrische Iloch und Untergrund-hahnen a réalisé, en 1913, 3393670 marks contre 3 331 906 marks en 1912. Les recettes d’exploitation et diverses se sont élevées à n 201 020 marks laissant un bénéfice brut de 7 107 626 marks. Malgré la légère diminution des bénéfices nets, le dividende a été maintenu à 6 % sur le capital autorisé de
- 42600000 marks; 146 100 marks sont affectés aux réserves et 633 5oo marks sont reportés à nouveau. L’assemblée a voté l’augmentation du capital qui sera réalisée par plusieurs grandes banques de Berlin.
- L’accord entre les divers groupes viennois, français et allemand qui participeraient à la constitution et à la construction du Métropolitain de Vienne serait signé. L’entente s’est, faite avec le concours de la Banque des Pays Autrichiens.' Le projet a été soumis pour étude à l’administration municipale. La construction, confiée à l’Omnium Lyonnais, de Chemins de fer et Tramways durerait cinq ans environ. Aucun détail n’est encore donné sur l’organisation financière de l’affaire.
- T. R.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Norvège. -- Une Société vient d’être constituée à Christiania pour la construction et l’exploitation d’une nouvelle ligne de tramway électrique d’une longueur de 5 1/2 kilomètres et reliant les environs de Christiania au réseau actuellement existant. Le coût des travaux atteindrait 2 180 ooo francs, y compris 2ç5 ooo francs de dépenses attribuées à l’achat du matériel roulant.
- Turquie. — Le consulat général de Belgique, à Smyrne, annonce qu’un groupe de notables et de capitalistes de Tripoli de Syrie vient d’adresser aux autorités compétentes une demande en concession pour un réseau de tramways. électriques dans ladite ville. La longueur des lignes serait de 6 kilomètres.
- ÉCLAIRAGE ET FORCE MOTRICE
- Algérie. — Le conseil municipal d’Assi-Ameur a décidé de prendre en considération la (Jemando d’une concession de distribution d’énergie électrique à tous usages dans la commune, qui lui a été présentée par M. Bouloi, ingénieur électricien, au nom de la Société « Les Exploitations Electriques ».
- Aube. — Le conseil municipal de Maizières-la-Grande-Paroisse examinera prochainement un projet d’éclairage, soit par le gaz ou l’électricité.
- Côte-d’Or. — Il est question d’installer l’électricité à Chanceaux.
- Deux-Sèvres. — Le G février a eu lieu à la mairie de Niort, la réunion de tons les maires des environs, en vue de l’organisation d’un syndicat communal dont le but serait de réaliser une distribution publique d’énergie électrique dans la région, tant pour l’éclairage que pour la force motrice. Etaient présents : les maires de Magué, Sainte-Pozenne, Souché, Ouïmes, Coulonges, Saint-Hilaire-des-Loges, Sainl-Pompain, Prahecq, Epannes, Echiré, Breloux, Souvigné, Le Bour-det, Saint-Hilaire-la-Palud, Mougon, Le Vanneau, Fron-tenay-Rohan. Avaient adressé leur adhésion écrite, les maires des communes deSaint-Ligugirc, Coulon, François, Ch.erveux, Arçais.
- Un comité d’études a été nommé, il se compose de MM. Poineau, Cibiel, F'rère, Schaeffer, Cail, Gentil et Pierre de Lacoste.
- Drôme. — Une usine électrique a été installée dans l’immeuble de la minoterie de MM. Roussin frères, à Aubres, par les soins de ces derniers qui ont mis à profit leur chute d’eau comme force motrice.
- La commune des Pilles sera dotée sous peu, de ce fait, de l’éclairage électrique.
- Eure. — La Compagnie Générale du Gaz qui a le monopole de l’éclairage et de l’énergie électrique à Lou-viers étudie la transformation de son usine qui deviendrait tributaire d’un des grands secteurs électriques formés aux environs auquel elle emprunterait le courant.
- Le conseil municipal de Damville a décidé en principe l’organiser la distribution de l’électricité concurremment avec le gaz.
- Le maire expose une demande de concession adressée par la Société Normande de Distribution d’EIectricité.
- Le conseil décide d’inviter le directeur de la Compagnie du gaz à faire connaître dans le délai d'un mois, s’il entend demander la concession de l’éclairage élec-l'ique à des conditions au moins égales à celles proposées par la Société Normande.
- Eure-et-Loir. — Le conseil municipal de Digny autorise M. Esnault à joindre à sa concession actuelle d’éclairage électrique le privilège de fournir la force motrice électrique.
- Une enquête publique est ouverte dans la cojnmune de Fraze sur le projet de concession de distribution d’énergie électrique présenté par la maison Bagués frères.
- Ille-et-Vilaine. — Les propositions de là Compagnie du gaz relatives à l’électricité n’ont pas été retenues par le conseil municipal de Redoni Mais M. Contrestin, de Saint-Nazaire, se serait offert de solutionner l'affaire.
- Loire. — Le conseil municipal de Veauche a pris en considération la demande d’une concession nouvelle formulée par la Compagnie Electrique de la Loire; le maire a été chargé de la transmettre à l’ingénieur en chef du contrôle des distributions d’énergie électrique afin d’être étudiée.
- Lot-et-Garonne. — La Compagnie concessionnaire d’Agen, en vertu de son récent traité avec la ville, de l’éclairage et du chauffage au gaz, ainsi que de l’éclairage électrique, vient de remettre à la municipalité pour être soumis à l’autorité supérieure, le dossier complet de son projet de distribution d’énergie électrique dans la ville d’Agen.
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- Le directeur gérant des forces motrices d’Escoutles n fait connaître au conseil municipal de Cancon qu’il serait en mesure de lui soumettre en mai prochain un projet d’éclairage électrique.
- Marne. — Les communes de Moiremont, La Neu-villc-au-Pont et Yienne-ln-Ville vont être éclairées à l’électricité. M. Maurice Laidebeurre, propriétaire des Grands Moulins de la Neuville-au-Pont fournira la force motrice.
- Morbihan. — Le conseil municipal de Lorient est appelé à donner son avis sur une demande de la Société Bretonne d'Electricité. Cette Société demande à emprunter le domaine public pour établir un réseau d’énergie électrique à Lorient, réseau qui sera établi pour tous les usages, sauf pour le chauffage et l’éclairage. La canalisation sera souterraine et sous le contrôle des ponts et chaussées. Le conseil donne un avis favorable à cette demande.
- Nord. — Le conseil municipal de Bousbecque a approuvé le contrat passé entre la commune et l’Energie Electrique du Nord de la France pour la distribution de la force motrice.
- Saône-et-Loire. — Le conseil municipal de Mont-cenis a décidé que, en ce qui concerne l’éclairage électrique, une deuxième concession devra être faite pour obtenir la haute tension. Ce marché ne sera préparé que pour la haute tension.
- Seine-et-OiSe. — Au cours de l’Assemblée générale de l’Union des Commerçants qui eut lieu à Herblay, M. Crosnier a donné connaissance des pourparlers engagés entre les municipalités de Cormeilles, Monti-gny, Herblay, La Frette, Franconville, Plessis-Bouchard, et la Société d’Eclairage et de F’orce par l’Electricité en vue de l’installation d’un réseau électrique desservant en lumière et force ces communes. Les pourparlers sont déjà très avancés et l’on peut espérer une prompte solution de ce projet.
- Le conseil municipal d’Etampes a examiné les propositions faites par le Sud-Lumière.
- La Société fournirait l’énergie électrique nécessaire à l’alimentation de a5o lampes à incandescence d’une puissance moyenne de 5o bougies, pour la somme forfaitaire annuelle de 10 ooo francs.
- Ce prix forfaitaire est offert sous réserve que la durée de la concession donnée par la ville d’Etampes a la Société Sud-Lumière sera prolongée de manière à atteindre quarante ails. Si la concession actuelle ne recevait aucune prolongation, le prix forfaitaire serait porté à 12 ooo francs.
- Le conseil s’est déclaré d’accord sur le principe et a
- décidé que des essais d’éclairage se*raicnt faits rue Saint Jacques et rue Sainte-Croix.
- Yonne. — Il est question d’iustuller l’éclairage électrique à Brion.
- INFORMATIONS
- Deuxième Congrès International des Ingénieurs-Conseils et Ingénieurs Experts.
- Ce Congrès des ingénieurs-conseils, organisé par la Fédération Internationale, aura lieu à Berne à l’occasion de l’Exposition Nationale Suisse, du i5|au 22 juillet 1914. Il sera précédé de réunions des membres des commissions qui auront lieu à Lyon avant les réunions de Berne.
- La Fédération Internationale des Ingénieurs-Conseils et Ingénieurs-Experts a été créée l’année dernière lors de l’Exposition de Gand ; elle a pour but de grouper les Associations existantes des divers pays et d’établir un lien général entre ses membres.
- Son siège est : 18, rue Marie-Thérèse, à Bruxelles,
- PUBLICATIONS COMMERCIALES Société Française d’Electricité A. E. G.
- 72, rue d’Amsterdam, Paris.
- A. E. G., février 1914. — L’isolement à haute tension. L’électrification des chemins de fer d’Usui à Toge (Japon).
- Usines hydrauliques sur le Rhin Supérieur.
- SOCIÉTÉS
- Energie Electrique du Littoral Méditerranéen.
- Ventes du icr janvier 1913 au 3| décembre igi3.........................Fr. 7 341 349
- Ventes du iai' janvier 1912 au 3i décembre 1912.........„...............Fr. 6 742 877
- Différence en faveur de igi3. Fr. 5g8 472
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de Paris.
- Les recettes du 21 au 28 février 1914 se sont élevées à 1 35o 209 francs, en augmentation de 45 g32 francs sur celles de la période correspondante de 1913. Les deux preinièrs mois de l’exercice accusent une recette de 9 946916 francs en plus-value de 4>a 65o francs sur celle des deux premiers mois de 1913.
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- Omnium Lyonnais de Chemins-de fer et Tramways.
- Tableau comparatif des recettes
- SEMAINE DU l5 FÉVRIER AU 21 FÉVRIER DU Ier JANVIER AU 21 FÉVRIER POURCENTAGE
- 1914 1913 19H •9*3
- Cannes 14 554 ÏO 11 624 80 91 3qo 45 91 676 4° 0 996
- Fontainebleau. 2 541 l5 2 141 10 18 374 45 16 957 45 1 083
- Bourges 3 947 5o 2 989 85 26 ig3 10 2.5 902 85 0 oit
- Poitiers 3 53o 35 2 645 55 23 507 75 23 788 i5 0 988
- Troyes . . . 1 5 2,5q 20 4 025 3o 37 619 o5 36 824 45 1 020
- Pau 4 565 10 4 i52 55 32 347 3o 33 456 » 0 966
- Cette 2 5o2 55 2 187 85 17 725 45 17 77I IO ° 997
- Armentières 1 4*>7 •3 1 226 20 10 688 51 10 915 90 0 972
- Totaux 38 367 08 3o 3q3 20 257 846 06 257 291 3o I 002
- Avignon 3 625 70 3 407 9.5 24 848 90 28:705 76 0 865
- Saint-Etienne-Firminy. . . . 4o 761 85 36 4°7 ». 284 587 10 286 25o 75 0 994
- CONVOCATIONS
- La Lampe Osram. — Le 20 mars, 20, cité Trévise, à Paris.
- Société des Forces Hydrauliques du Sud. — Le
- 23 mars, 149, rue de Rome, à Paris.
- Compagnie Générais de Distribution d’Energie Electrique — Le 24 mars, 7, rue de Madrid, à Paris.
- Société Nouvelle de l’Accumulateur Fulmen. — Le 26 mars, 94, rue Saint-Lazare, à Paris.
- Etablissements de Dion-Bouton. — Le 26 mars, 36, quai National, à Puteaux.
- Société des Forces Motrices de la Vis. — Le 26 mars, 94, rue Saint-Lazare, à Paris.
- Société pour l’Exploitation des Procédés Westinghouse-Leblanc. — Le 27 mars, 7, rue de Berlin, à Paris.
- L’Electrique de Montmorency. •>— Le 3i mars, 53, rue des Dames, à Paris.
- Compagnie des Chemins de fer Nogentais. — Le 3 avril, 19, rue Blanche, à Paris.
- Compagnie Générale Parisienne des Tramways. —
- Le 4 avril, 7, rue de Madrid, à Paris.
- Compagnie Générale de Travaux d’Eclairage et de Force. — Le 6 avril, a3, rue Lamartine, à Paris.
- Compagnie des Tramways de Tunis — Le 21 avril, 3, rue Moncey, à Paris.
- niture peuvent se renseigner immédiatement, à., cet égard, dans les bureaux du service du matériel et de la traction (matériel), 44, rue de Rome, à Paris, tous les jours de la semaine de 2 à 5 heures de l’après-midi.
- ESPAGNE
- La Société Espagnole des Chemins de fer secondaires, Paseo de Recoletos, 10, à Madrid, ouvre un concours pour la fourniture de six locomotives-tenders pour la ligne stratégique de Huelva à Ayamonte. Les propositions sont reçues au siège de ladite Société jusqu’au 24 mars 1914. On peut se procurer le programme relatif à ce concours auprès de la Société précitée.
- Le 22 avril 1914* au ministërio de Fomento, k Madrid, adjucatiou de la concession d’un tramway électrique reliant les lignes de la rue Mayor à la rue d’Atocha, en passant parla place Mayor. Cautionnement : 6 371 pesetas. Cahier des charges relatif à cette adjudication au ministère précité.
- Les 18 et 20 avril 1914, au ministère de la Marine, à Madrid, fourniture des Appareils nécessaires aux stations radiotélégraphiques :
- i° Du poste de Carthagène ;
- 20 Du poste maritime du Ferrol.
- Cautionnements : i" 7 5oo pesetas; 20 10 000 pesetas.
- On peut se procurer les cahiers relatifs à ces adjudications à l’Etat-Major central du ministère delà Marine, à Madrid. . . .
- ADJUDICATIONS
- L’Administration des Chemins de fer de l’Etat, à Paris, a l’intention d’acquérir 22 locomotives à simple expan-siôn, à deux cylindres et à surchauffe, type Mikado.
- Les industriels désireux de concourir à cette four-
- KUSSIE
- ' }
- Le 14 mai 1914, à l’hôtel de ville de Marioupol, gouvernement d’Ekaterinoslaw, installation et exploitation d’une ligne de tramways dans ladite ville. On peut se procurer le cahier des charges relatif à cette adjudication à la mairie précitée.
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- PaBIS. — IMMUMEBIE LEVÉ, 17, BUE CASSETTE.
- Le Gérant : J.-B. Nouet
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- Trente-sixième année.
- SAMEDI 21 MARS 1914.
- Tome XXV (2® série). — N® 12
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- MAURICE LEBLANC Fi/s. — L’éclairage par tubes................................... 353
- H. PARODI. — Note sur une disposition de bagues ou de balais pouvant remplacer le collecteur dans les dynamos.............. 359
- J. REYVAL. — Les réseaux télégraphiques et radio-télégraphiques du Maroc. — La télégraphie sans fil en Mauritanie............ 36o
- J. CARLIER. —L’utilité économique de la traction électrique pour les chemins de fer belges [fin).............................. 363
- Publications techniques
- Electrotechnique Générale
- L’émissivité électrique de la matière. —
- Dr J.-A. Harker.......................... 369
- Construction et essais de machines
- La machine à condensateur; nouvelle machine électrostatique. — Dr'H.' Wommelsdorf. .. 371
- Dispositif pour l’alimentation des moteurs à courant alternatif en employant un transformateur à gradins et un transformateur tournant ................................... 373
- Applications mécaniques
- La plus grande usine élévatoire d’irrigation
- du monde................................ 376
- L’électricité dans l’industrie céramique... 3^5
- Electrométallurgie
- Les propriétés magnétiques de la fonte. —
- Dr E. Gumlich............................ 378
- Etudes et Nouvelles Economiques............ 381
- Renseignements Commerciaux.................. 38a
- Adjudications............................... 384
- L’ÉCLAIRAGE PAR TURES
- Les tubes à vapeur de mercure, les tubes au néon, les tubes Moore constituent des systèmes d'éclairage ayant de nombreux caractères communs. L'auteur se propose de résumer brièvement l’état actuel de cette industrie. Après avoir rappelé en quelques mots la théorie de ces appareils, il indique les types actuellement employés et leurs régimes de fonctionnement; il aborde ensuite la question si
- importante de la, coloration de leur lumière et celle en indiquant quel usage est actuellement fait de ces
- L’éclairage électrique utilise soit l’incandescence des solides (lampes à incandescence, lampe à arc à charbon ordinaire), soit l’incandescence des vapeurs (lampe h arc flamme, lampes quartz, tubés à vapeur de mercure, tubes Moore, tubes au.néon). Dans cette seconde classé d’appareils, les différents types de tubes! cités ci-dessus formentune catégorie nettement caractérisée par une série d’avantages et d’inconvénients communs. Nous nous proposons dans cet article de résumer brièvement l’état actuel de ce procédé d’éclairage.
- On a eu depuis longtemps l’idée d’utiliser pour
- de la photomètrie des sources linéaires. Il termine tubes et l'avenir qui parait leur être réservé.
- l’éclairage les effets lumineux si brillants des tubes de Geissler; la question était séduisante : ces tubes qui restaient froids pendant leur fonctionnement semblaient apporter une solution au problème de la lumière froide; malheureusement on s’aperçut vite que leur intensité lumineuse était extrêmement faible et que, si on voulait augmenter l’intensité du courant qui les traverse, on réussissait seulement à fondre leurs électrodes; en outre, 011 constataitqu’après un très petit nombre d’heures de fonctionnement, la différence de potentiel nécessaire pour faire passer une décharge dans le tube devenait
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). — N° 12.
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- de plus en plus grande et le tube Unissait môme par refuser de fonctionner; ceci correspond à une augmentation du degré de vide dans le tube due à une absorption encore mal expliquée du gaz par le verre du tube et les électrodes.
- L’ingénieur américain Moore cependant poursuivit avec persévérance des essais dans cette voie et réussit à mettre au point un système d’éclairage permettant une marche de longue durée. 11 réussit à compenser l’absorption des gaz intérieurs en munissant le tube d’une soupape qui/laisse automatiquement rentrer du gaz par petites quantités de manière à garder constant le vide intérieur du tube précisément à la valeur donnant le meilleur rendement lumineux. Cette valeur est comprise entre o mm. i et o mm. 09 de mercure et est légèrement supérieure à la pression critique pour laquelle la conductibilité du tube est maximum et qui est Comprise entre o mm. 09 et o mm. 08. Cctle soupape qui est un modèle d’ingéniosité est sensible à des variations de pression de l’ordre
- --E
- WW
- A/N
- Fig. 1. — Soupape Moore. I. Electrodes du tube. J. Résistance formée par du sable fin empêchant la décharge de jaillir d’une électrode ù l'autre directement à travers ce
- tube en U. — K. Inductance.
- de ------d’atmosphère. Son fonctionnement est
- 40 000
- le suivant (fig. 1) : le gaz doit pénétrer dans le tube en passant à travers un cône de charbon poreux A, ce cône de charbon est immergé entièrement ou non dans le mercure B suivant le niveau de celui-ci dans le récipient C dans lequel arrive par D le gaz que l’on veut faire pénétrer dans le tube.
- Si la pointe du cône est découverte, le gaz traverse le cône et pénètre dans le tube.
- Les variations de niveau du mercure sont dues au mouvement d’un tube en verre E qui est entraîné par une pièce en fer doux F ; le mouvement de celle-ci est causé par le solénoïde G parcouru par le courant primaire du transformateur II, qui alimente le tube.
- Quand la pression dans le tube diminue, sa conductibilité augmente, le courant dans le solé-noïde croit, la pièce de fer doux F et le tube E sont soulevés, la pointe du cône de charbon est découverte et il rentre du gaz dans le tube jusqu’à ce que la pression intérieure normale soit rétablie. Le tube « respire » ainsi deux fois par minute et sa consommation peut atteindre 200 litres d’azote par an pour un tube de 5o mètres. Les gaz employés par Moore sont l’azote ou l’anhydride carbonique; l’azote qui donne une lumière jaune rosé est emprunté à l’air atmosphérique débarrassé de son oxygène par son passage sur un bâton de phosphore, le gaz carbonique qui donne de la lumière blanche est produit dans un flacon générateur spécial par l’action de l’acide chlorhydrique sur le carbonate de calcium (').
- Depuis quelques années, M. Georges Claude a repris le même problème avec le gaz néon (2).
- Le néon est un des gaz rares de l’atmosphère
- où il 11’existe que dans la proportion de ---—
- 66 000.
- M. Claude, grâce aux énormes quantités de gaz liqu éfiés dans ses appareils à air liquide, peut l’obtenir en quantités appréciables, un appareil permettant de produire 5o mètres cubes d’oxygène à l’heure donne environ 100 litres de néon par jour.
- M. Claude a réussi à se débarrasser de la soupape, ce qui constitue un grand progrès (3).
- (') The llluminating Engineer, avril 1907, p. j6iài65.
- Proceeding of Am. Inst. El. Eng., avril 1907, p. 5a3 à 56o.
- La Revue Electrique, n° 88, 3o août 1907, p. 116 à 120.
- (2) G. Claude. — Bulletin delà Société Internationale des Élèctriciens 1912, I, p. 5o5.
- G. Claude. — Supplément au bulletin mensuel de la Société Internationale des Electriciens, n° 27 (3e série), juillet igi3, p. 201
- (3) Il est possible de faire des tubes au néon avec soupape. La société Moore en a mis un en essai l’année dernière à Berlin.
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- 21 Mars 1914.
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
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- Il avait cependant observé sur ses premiers tubes qui ne duraient que quelques heures le phénomène de la disparition du gaz, il en chercha la cause et reconnut que le néon était absorbé par le dépôt métallique qui se produisait sur les parois du tube au voisinage des extrémités et qui provenait de la volatilisation des électrodes.
- L’expérience lui montra qu’en prenant des électrodes d’assez large surface, au moins 5 décimètres carrés par ampère, la volatilisation des électrodes et par suite l’absorption du gaz est très faible et la durée de fonctionnement du tube très longue ; d’autant plus longue que le tube est plus long, c’est-à-dire que le volume du néon est plus considérable pour une dimension d’électrodes etuneintensité de courant données.
- Le néon présente encore un grand avantage sur les autres gaz, c’est de n’exiger que des différences de potentiel beaucoup plus basses grâce à sa très faible cohésion diélectrique mise eu évidence par M. Bouty.
- En revanche, la fabrication des tubes au néon exige des procédés de purification du gaz extrê-ment parfaits car le néon refuse de s’illuminer s’il est mélangé même avec des quantités extrêmement faibles de gaz étrangers, d’hydrogène ou d’hélium par exemple, qui sont les gaz dont il est le plus'difficile de le débarrasser complètement.
- Les tubes Cooper lïewitt, à l’inverse des tubes précédents, fonctionnent sur courant continu à basse tension 55 ou i io volts, mais ne fonctionnent pas sur courant alternatif; quoique les phénomènes qui se passent dans les tubes à vide soient très mal connus, il ne semble pas cependant qu’on ait affaire à deux phénomènes différents, mais seulement à des conditions de fonctionnement différentes. Dans le tube Cooper lïewitt, la pression est plus élevée, de l’ordre du millimètre de mercure pendant la marche; les chutes de tension aux électrodes sont plus basses; la cathode en mercure qui est volatilisée parle passage du courant se reforme continuellement par condensation exactement semblable à ce qu’elle était; enfin elle se refroidit très rapidement par convection du mercure et c’est sans doute à cela qu’il faut attribuer l’impossibilité du fonctionnement sur courant alternatif.
- Cette cathode liquide facilite l’amorçage qui s’effectue en inclinant le tube de manière à faire
- couler le mercure de la cathode vers l’anode; aussitôt que le eourt-circuitest établi, on redresse le tube : le blet de mercure se rompt et il jaillit un arc qui s’étend peu à peu d’une électrode à l’autre.
- A cet allumage par basculement qui n’est pas sans présenter quelque difficulté pour les tubes de grande dimension, on peut substituer un allumage par étincelle à haute tension produite par la décharge d’une bobine de self.
- Types de tubes. Installation.
- Les installations de tubes Moore sont livrées en longueurs de 20 à 5o mètres et construites sur place en soudant ensemble des morceaux de tubes de verre de 2 m. f>o de long et 44 millimètres de diamètre. Les extrémités qui pénètrent dans une boite de protection sont munies d’électrodes creuses en graphite de 18 à a5 centimètres de longueur et connectées au secondaire d’un transformateur à haute tension. L’ensemble est suspendu de manière à permettre la dilatation
- \—"T" -ttj
- Fig. 2. — Tube au néon rectiligne.
- des tubes de verre, le vide est fait sur place à l’aide d’une pompe à huile rotative spéciale, on procède en même temps au traitement électrique destiné à débarrasser les électrodes des gaz étrangers qui y sont dissous ; cette opération demande une vingtaine d’heures. L’ensemble des opérations de l’installation est en résumé assez compliqué.
- Elle est beaucoup plus simple pour les tubes au néon qui sont fabriqués entièrement à l’usine; les premiers tubes fabriqués furent des tubes droits de 6 mètres de longueur et de 40 millimètres de diamètre (fig. 2), mais depuis M. Claude a réussi des formes beaucoup plus compliquées, arceaux, losanges, étoiles, il est même arrivé plus récemment à reproduire les textes des réclames les plus compliquées, à l’aide de lettres en tube de 7 millimètres île diamètre fixées sur des formes en bois découpées.
- Les tubes à vapeur de mercure sont de dimensions beaucoup plus faibles, les plus longs n’atteignent pas 2 mètre s, ils sont rectilignes, avec deux parties renflées, la plus grande renfermant le mercure de la cathode et servant en
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XXV (2® Série). — N° 12.
- même temps de chambre de condensation (’) (fig. 3).
- Distance entre colliers dite en aie
- Partie éclairante
- __Longu^ejjrt.otale____
- Fig. 3.
- Ceux destinés à fonctionner sur courant alternatif présentent deux électrodes positives (2) (fig- 4)-
- Les tubes pour courant continu fonctionnent sous no volts et sont construits pour des intensités variant entre 3,5 et i5 ampères; les diamètres des parties lumineuses sont inversement
- Longueur totale :
- Fig. 4.
- proportionnels aux intensités, celui du tube de 3,5 ampères est de 26 millimètres. Ces tubes sont mis directement en dérivation sur le réseau, en série avec une résistance ohmique et une inductance sans laquelle le tube ne tient pas allumé, la tension aux bornes du tube représente environ les deux tiers de la tension du réseau. Pour des tensions supérieures à no volts, les tubes peuvent être mis facilement en série.
- Régimes électriques.
- Les tubes Moore fonctionnent sur courant alternatif, la tension nécessaire aux bornes du tube croît avec sa longueur, mais moins vite que celle-ci à cause des chutes de tension aux électrodes qui sont très élevées *
- Il faut compter, pour 3o mètres, 7 000 volts; pour 60 mètres, 12 000 volts ; l’intensité maximum dans le tube est o,o5 ampère. Ses consommations sont les suivantes :
- Tube de 23 mètres, 2 kilowatts.
- (') Maurice Leblanc. Bulletin de la Société Inter-tuUionale des Electriciens, i® série, tome V, 1905, n° 45, p. 36i.
- (2),E. Darmois. Revue Electrique, janvier 1913.
- Tube de 26 à 40 mètres, 2 kw. 75.
- Tube de à 60 mètres, 3 kw. 5.
- Tube de 62 à 72 mètres, 4 kw. 5.
- Le facteur de puissance est faible, 0,75 à 0,60.
- Dans les tubes au néon, la tension par mètre de tube est inversement proportionnelle au diamètre du tube, elle est de 100 -volts par mètre pour les tubes de 45 millimètres, de 700 volts pour les tubes de 7 millimètres.
- La chute de tension aux électrodes est d’environ 400 volts pour les deux électrodes. Le facteur de puissance varie de 0,7 pour les gros tubes à o,5 pour les petits. L’intensité est de 1 ampère pour les tubes de 45 millimètres, de o,o3 ampère pour les tubes de 7 millimètres. Une bobine de self à noyau variable placée dans le circuit à basse tension du transformateur permet d’amener l’intensité dans le tube à la valeur voulue.
- Dans les tubes Cooper Ilewitt, la chute de tension par mètre de tube est d’environ 5o volts pour les tubes de 3,5 ampères, elle est plus faible pour les tubes de plus grande intensité, les chutes de tension aux électrodes sont petites, 4 à 5 volts par électrode.
- Coloration de la lumière.
- Les vapeurs incandescentes, au lieu de donner un spectre continu comme les solides incandescents, donnentdes spectres de lignes diversement réparties dans le spectre suivant la nature du gaz. La lumière qu’elles produisent est, par suite, teintée et modifie la couleur naturelle des objets qui y sont exposés.
- Les tubes Moore à acide carbonique donnent une lumière blanche comparable à celle du jour, cependant cette lumière donne l’impression d’être trop pâle et trop bleuâtre; les tubes à air raréfié, une lumière jaune orangé; les tubes à azote, une lumière jaune rosé.
- Le spectre du néon contient de nombreuses et superbes raies dans le rouge, l’orangé et le jaune et trois lignes importantes dans le vert; malheureusement rien dans le bleu, ni dans le violet; la résultante est une couleur rouge exagérée, difficilement acceptable dans beaucoup de cas', mais qui permet de superbes effets d’illumination.
- La A'apeur de mercure possède deux raies jaunes, une raie verte, une raie bleue, une raie violette et un grand nombre de raies ultra-violettes qui sont absorbées par le verre du tube; sa lumière est entièrement privée de rayons rouges.
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- 21 Mars 1914.
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- M. J. Bloch a publié récemment (*) des chiffres caractérisant la coloration des diverses sources lumineuses usuellement employées.
- On compare au photomètre la source colorée à celle d’un jour où le ciel est couvert successivement à travers un verre rouge, un verre bleu et un verre vert spécialement choisis. On a ainsi trois rapports correspondant aux trois verres colorés. On caractérise la source par deux nombres, le premier obtenu en divisant le rapport obtenu avec le verre rouge par le rapport obtenu avec le verre vert, le second en divisant le rapport du verre bleu par celui du verre vert; on multiplie ces nombres par ioo pouréviter les décimales. On obtient alors les nombres caractéristiques suivants :
- Tableau I
- SOURCE LUMINEUSE ROUGE VERT BLEU VERT
- Lumière du jour, ciel couvert... . IOO IOO
- Incandescence par le gaz 185 51,5
- Lampe à fil mét. 1 w. par bougie. •2 56 53
- — — o,5 w. par bougie 200 6i,5
- Lampe à arc flamme lumière blan-
- che 1 a5,5 9 65
- Lampe à vapeur de mercure .... 32,5
- Lampe à vapeur de mercure avec
- écran de rhodamine 27,5 34
- Tube Moore à acide carbonique. . 85 108
- — à azote 655 i5
- — à néon 2 240 6
- Malgré de nombreux essais on n’a pu réussir à corriger la couleur des lampes à vapeur de mercure en mélangeant au mercure un corps présentant un spectre riche en radiations rouges, le courant électrique empruntant soit les molécules d’un des corps, soit celles de l’autre suivant la température du tube. On a dû résoudre la question par une voie différente, on a muni les tubes de réflecteurs fluorescents en rhodamine transformant en radiations rouges une partie des radiations de courte longueur d’onde de l’arc à vapeur de mercure (2).
- 11 semblait naturel d’essayer de corriger les tubes au mercure par les tubes au néon, malheu-
- (*) Elektrotechnische Zeitschrift, i3 novembre igi3.
- (2) L'Arc au mercure à lumière blanche, E. Darmois et Maurice Leblanc fils, La Lumière Electrique, 23 septembre 1911.
- reusement les premiers sont faits pour les réseaux à courant continu, les seconds pour les réseaux à courant alternatif, ce qui rend le problème insoluble.
- M. Claude a essayé sans succès également d’obtenir dans un meme tube la lumière du néon et celle du mercure. Il a alors constitué des tubes correcteurs qui sont des tubes ' au néon semblables aux tubes ordinaires mais contenant un peu de mercure.
- Ces tubes s’illuminent sur le courant alternatif et présentent d’abord la couleur du néon, mais le mercure se volatilise progressivement et sa lumière bleue envahit tout le tube.
- En dosant convenablement les quantités de lumière au néon et les quantités de lumière au mercure, on peut par ce procédé produire une lumière tout à fait comparable à celle du jour.
- Photométrie. Rendement lumineux. Eclat.
- La mesure de la puissance lumineuse de ces sources rectilignes est rendue difficile par deux causes.
- i° On a l’habitude d’employer comme étalons des sources lumineuses que l’on peut considérer comme ponctuelles, ce qui rend la comparaison des tubes difficile. On définit alors l’intensité lumineuse d’un tube par la lumière visible émise par une tranche de 1 centimètre de largeur normale à l’axe et .rapportée à la distance de cet axe, puis calculée pour une longueur de 1 mètre de tube. O11 détermine photométriquement l’intensité lumineuse d’une longueur déterminée du tube (*).
- 20 Les lumières de ces sources sont fortement colorées, or il est très difficile d’apprécier dans un photomètre l’égalité d’éclairement de deux plaques diversement colorées. O11 emploie généralement des photomètres à papillotement, cependant MM. Broca et Laporte ont préféré employer un prisme de Ritchie (3) ; en tous cas
- (*) J. Pôle. E. T. Z., 1911, p. 44o.Lumière Electrique, tome XY (a8 série), p. ao5.
- J. Pôle. E. T. Z., i5 février 1912. T.umière Electrique, tome XVII (2e série), p. 336.
- I>r K. Norden. E.T.Z., i3 mars igi3.
- W. Wedding. E. T. Z, tome XXXI, 19 et 26 mai 1910, p. 5oi et 53o.
- (2) Broca et Laporte. Bulletin de la Société Internationale des Electriciens (2e série), tome VIII, 1908, n° 76.
- Broca et Laporte. Loc. cil. (3° série), tome III, igi3. n° 22.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série). — N» 12.'
- :ïô8
- on a avantage à opérer avec des intensités aussi faibles que possible.
- On peut admettre, les rendements lumineux suivants pour ces différentes sources :
- Tube Moore à azote de 37 mètres de long, 41,4 bougies par mètre. Consommation spécifique, 1,70 watt par bougie internationale.
- Tube au néon de 7 mètres de long, 180 bougies par mètre. Consommation spécifique, 0,70 watt par bougie.
- Tube à vapeur de mercure 3,5 ampères, 1 000 bougies par mètre. Consommation spécifique, o,45 watt par bougie.
- Les éclats de ces sources croissent en même temps que le nombre des bougies par mètre, mais restent toujours beaucoup plus faibles que ceux des autres sources industrielles.
- Tableau II.
- BOUGIES PAR r.t}
- Arc électrique 20 000
- Manchon Auer 4,8 à 6,7
- Ciel nuageux 0,62 à 1,60
- Tube à vapeur de mercure Tube au néon 2,00
- Tubes Moore 0,16
- Influence physiologique.
- MM. Broca et Laporte ont étudié la lumière des tubes à vapeur de mercure et celle des tubes au néon au point de vue de leui action sur l'œil. Ils ont trouvé par la mesure de la cpnstric-tion pupillaire et par celle de la persistance des images résiduelles de l’œil exposé à la lumière de la source que la lampe à vapeur de mercure était légèrement meilleure que les autres sources industrielles (lampe à incandescence, lampe à arc), et que la lumière du néon était indiscutablement supérieure dans tous les cas où la présence d’objets en mouvement 11e met pas en évidence ses variations d’éclat avec le courant alternatif générateur, variations qui produisent, une fatigue d’un genre spécial (‘). (*)
- (*) Broca et Laporte. Science et Art de l’Eclairage, n° 4, octobre 1913.
- Usages.
- Le développement des installations de tubes Moore semble actuellement arrêté par la complexité et le prix des installations ainsi que par le faible rendement lumineux des tubes, on 11e peut guère citer à Paris qu’une seule grande installation, celle des Galeries Lafayette qui date déjà de quatre années.
- Le tube au néon n’a pu pénétrer jusqu’ici dans l’éclairage industriel, quoique dans la plupart des usines la question de coloration de la lumière ne soit que secondaire, un gros obstacle réside dans le coût do la première installation lumineuse et dans le rendement lumineux qui ne peut concurrencer celui des lampes à arc flamme ou des lampes en quartz. Mais il a trouvé un magnifique débouché dans l’illumination et dans l’éclairage de publicité où il permet d’obtenir des effets lumineux inégalables; son industrie est en plein développement.
- Le tube Cooper Ilevitt, en dehors des applications particulières pour lequel il présente des avantages tout à fait spéciaux (prises de photographie, tirage des bleus, éclairage des scènes de prise de films cinématographiques), a largement pénétré dans l’industrie, surtout aux Etats-Unis ; il est particulièrement apprécié dans les ateliers encombrés de machines et de courroies car sa lumière diffuse y supprime les ombres.
- Quel est l’avenir de l’éclairage par tubes ? Depuis quelques années tous les efforts se sont portés vers le développement des sciences lumineuses à haut rendement et à grand éclat (lampe à arc flamme, lampe quartz, lampe à incandescence à i/a watt) mais au prix d’un tel accroissement de la fatigue de l’œil qu’il est probable qu’il y aura une réaction. On s’apercevra, à cause du prix toujours décroissant de l’énergie électrique, que la question du rendement lumineux de la source n’est plus primordiale et qu’il y a avantage à employer les sources lumineuses qui, comme les tubes, donnent un éclairage diffus se rapprochant de celui de la lumière du jour auquel notre œil est adiipté.
- Maurice Leblanc Fils.
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- NOTE SUR UNE DISPOSITION DE BAGUES OU DE BALAIS POUVANT REMPLACER LE COLLECTEUR DANS LES DYNAMOS
- Note de M. II. Parodi, Ingénieur en chef du Service électrique de la Compagnie du Chemin de fer d’Orléans, présentée à VAcadémie des Sciences par M. Bouly, le 9 mars 191k.
- On a déjà construit des dynamos électriques à collecteur dans lesquelles cet organe de la machine était constitué par une partie de l’enroulement induit : les spires de l’induit étant dénudées sur une fraction de leur longueur pour permettre le contact avec les balais fixes. Ces balais dans la disposition classique ont une épaisseur supérieure au pas de l’enroulement, afin de toucher toujours au moins deux spires sur une certaine longueur.
- On ne changera évidemment rien au fonctionnement électrique de la machine si on utilise pour le contact la totalité du contour de l’induit dans le plan xy, c’est-à-dire si on remplace les balais ordinaires par deux bagues collectrices xx', yy' entourant l’induit et le touchant.
- X
- Inducteur
- Fig. i. — Montrant la disposition des
- Si nous réduisons maintenant l’épaisseur de ces bagues de manière à ce qu’elle devienne inférieure au pas de l’enroulement, le contact ne se fera plus que sur une seule spire et il n’y aura plus commutation au sens ordinaire du mot, mais simplement contact continu d’un anneau collecteur fixe sur la bague hélicoïdale mobile constituée par l’enroulement lui-même.
- Le point de contact entre l'enroulement et l’anneau collecteur se déplace par rapport à ce dernier en tournant sur lui avec une vitesse de rotation N fois plus grande que celle de l’induit si l’enroulement induit a N spires.
- Nous ne changerons rien à la disposition en question si nous « matérialisons » le contact mobile au moyen d’un balai tournant qui glisse à la fois sur l’anneau fixe et sur l’enroulement mobile. Ce balai, dans son mouvement relatif par rapport à l’induit mobile, décrit une trajectoire qui se confond avec l’enroulement lui-même et dans son mouvement relatif par rapport aux inducteurs, il décrit le plan xx' ou yy'.
- Ceci posé, nous voyons que l’on peut dire d’une façon générale qu’il est possible de réaliser une jonction continue et uniforme entre les extrémités d’un ou plusieurs enroulements fixes avec des jmints variables d’un enroulement mobile à condition de donner aux balais de contact un mouvement absolu tel :
- bagues pouvant renq lacer le collecteur.
- i° Que dans leur mouvement relatif par rapport au rotor, ils décrivent une courbe coïncidant avec l’enroulement même du rotor.
- »° Que dans leur mouvement relatif par rapport au stator, ils décrivent une surface dont la position est définie à chaque instant par une condition géométrique caractéristique du type de moteur considéré. (Plan xy fixe par rapport aux inducteurs dans le cas d’une dynamo à courant continu, par exemple.)
- Il devient possible de concevoir toute une série de dynamos à courant continu ou alternatif, à mouvement continu ou alternatif, à pas d’en-
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- 360
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série). — N° 12.
- roulement constant ou variable, entièrement semblables aux dynamos électriques à collecteur correspondantes dans lesquelles le collecteur
- de construire (fig. 2) un moteur à répulsion à mouvement alternatif en donnant aux balais tournants ou aux bagues collectrices un mouve-
- 1 - . . . 1 11 1 1
- ibbt\dr\ A \èp ent\ e/ternetif J ïîft
- £1
- -si
- Afbre_ moteur Excentrique de commande
- desbagues de dïstribution
- -'1'
- ' I
- Baques reliées en court circuit ayant un mouvement de va et vient
- Position des balais pourra marche
- firn'erlt Avant
- Fig. 2. — Moteur à répulsion à mouvement alternatif.
- serait remplacé par un système de bagues collectrices ou de balais tournants.
- C’est ainsi, par exemple, qu’il serait possible
- ment de va-et-vient par rapport aux inducteurs, analogue au mouvement du tiroir de distribution dans une machine à vapeur. H. Pauodi.
- LES RÉSEAUX TÉLÉGRAPHIQUES ET RADIO-TÉLÉGRAPHIQUES DU MAROC
- Le Maroc nous fournit un exemple très curieux, et que l’on n’a pas souvent l’occasion de rencontrer à notre époque, d’une organisation télégraphique, téléphonique et radiotélégraphique, entièrement réalisée et dirigée par du personnel militaire.
- Hàtons-nous de dire que les résultats obtenus sont tout à l’honneur des officiers et sapeurs du génie qui ont participé à cette œuvre, si dillieile à mener à bonne fin dans une région où tout était à créer.
- En 1912, le nombre de mots échangés sur le réseau marocain s’élevait à 18 millions. Il a été de 29 millions en 1918, soit :
- 26 38o 098, pour les lignes télégraphiques ;
- 585 58/,, pour la télégraphie optique ; x2 o5/, 34/,, pour la T. S. F.
- Sur 5oo 000 dépêches, on a enregistré seulement 53 réclamations ou demandes d’enquête.
- Dix nouveaux bureaux télégraphiques ont été ouverts en igi3 à Maazis, Dar-Caïd-Ito, Sfran, Tissa, Christian, Khremisset, Sefrou, Tadla, Bonjad, Tedders.
- Les postes de Oulmés, Agouraï, Anoceur vont bientôt être mis en service, en même temps que deux bureaux dans la région de Meknès.
- Si l’on tient compte de quelques suppressions de postes, rendus inutiles par l’extension du réseau téléphonique, on peut considérer que le service télégraphique exploitera en 1914 quinze bureaux supplémentaires.
- Le nombre de postes téléphoniques s’est d’un autre côté considérablement augmenté.
- On compte à Casablanca 64 postes, à Fez 3o, à Meknés 8, à Rabat 29, à Marrakech u, à Ber-Rechid 4, à Settat 2, soit au total 148 postes.
- Le développement des lignes, entièrement posées par le service du génie, atteint 5 000 kilo-
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- 21 Mars 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 361
- mètres, dont plus de i 5oo ont été établis en i9l3-
- On a employé surtout les poteaux en bois de 8 mètres, avec isolateurs de verre, ces derniers ayant finalement été reconnus les plus économiques. Le fil est du fil bimétallique de a millimètres, sur les lignes intérieures.
- Le réseau radiotélégraphique a fourni une exploitation très régulière.
- Son trafic, qui atteignit un million de mots en 191a, a dépassé deux millions de mots en 191L
- La moyenne mensuelle du seul poste de Fez atteint 90 000 mots.
- Ce poste écoule sur Taourirt et l’Algérie tout le trafic officiel et privé du Maroc Occidental pour la Métropole, l’Algérie et la Tunisie. Seuls les télégrammes « étrangers » sont dirigés par T. S. F. de Casablanca sur Tanger.
- Par contre les télégrammes officiels et privés de la Métropole à destination du Maroc prennent la voie radiotélégraphique Tanger-Casablanca.
- Le poste de Marrakech a échangé 170 000 mots en 1913. Celui d’Agadir, installéau mois de juillet dernier, avait transmis ou reçu i5oooo mots à la fin de décembre.
- Les postes radiotélégraphiques, tous à émission musicale, sont au nombre de quinze (fixes ou mobiles).
- Les postes mobiles sont peu puissants (3oo watts à 2 kilowatts), et sont transportés, soit sur voitures Lefèvre, ou sur caissons, soit à dos de mulets.
- Ils changent de position en même temps que les centres d’occupation.
- Les antennes sont soutenues par des mâts
- d’acier, en éléments de 2 mètres tous interchangeables, permettant d’atteindre des hauteurs de 2/1 et de 3o mètres.
- Les postes fixes, tels que celui de Fez, ont des puissances de â kilowatts, en général.
- Le matériel a donné toute satisfaction.
- Les postes radiotélégraphiques fixes sont actuellement les suivants :
- Taourirt, Guersif, Mgoun (Confins Algéro-Marocains), Bon Dénib (idem, au sud des précédents), Fez, Casablanca, Mogador, Agadir, Marrakech.
- Les stations de Casablanca et Mogador sont exploitées par l’administration télégraphique chérifienne.
- C’est à tort que l’on a vu à plusieurs reprises critiquer ce que l’on appelait « la mainmise » de l’autorité militaire sur les communications télégraphiques au Maroc.
- L’Administration militaire, sur le rapport des chefs techniques, n’a cessé de demander que, au fur et à mesure de la marche en avant, les services de « l’arrière » soient assurés par l’administration chérifienne des télégraphes. Son personnel est, en effet, complètement débordé, et fatigué par l’effort énorme qu’il a fourni.
- Mais actuellement encore les services civils 11’assurent entièrement le service qu’à Casablanca et à Rabat.
- 11 a fallu maintenir un personnel mixte à Fez, Marrakech, Settat, Meknés, Kenitra et Mohcydia. Partout ailleurs le personnel est militaire, l’administration chérifienne 11’ayant pu trouver encore des éléments suffisants.
- J. Reyval.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV \2* Série).— N° 12.
- LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL EN MAURITANIE
- En 1916 de sanglantes surprises attirèrent l’attention sur nos colonnes d’occupation opérant en Adrar et en Mauritanie. Leur isolement absolu rendait leur ravitaillement difficile, et empêchait toute coordination d’efforts contre les bandes organisées, sans cesse approvisionnées eu armes par le Rio deOuro (voir carte ci-jointe).
- Le gouverneur de l’Afrique Occidentale décida de tenter l’installation de postes de T. S. F. dans deux des principaux centres d’opération de l’Aclrar, à Atar et à Chinguetti.
- A Chinguetti serait organisée une petite station atteignant Atar, à i5o kilomètres environ à l’Ouest. A Atar un poste plus important communiquerait avec Port-Etienne, situé à 4 a 5 kilomètres environ, sur la côte de Mauritanie.
- Le poste de Port-Etienne, qui est en service depuis plusieurs années, lut construit pour relier le centré de pêcheries du cap Blanc à Rufisque (près Dakar).
- Les postes de Rufisque et Port-Etienne sont semblables. Ils disposent d’une puissance de 10 kilowatts, fournie par -accumulateurs et moteur à pétrole lampant, et leur antenne est soutenue par quatre pylônes de 70 mètres. Leur portée diurne est de 1 000 kilomètres.
- L’installation des postes d’Atar et Chinguetti devait présenter de très grosses difficultés, par suite en particulier du manque de moyens de transport. Elle a pu réussir néanmoins, grâce au dévouement et aux efforts de la mission militaire du capitaine Brossier.
- Depuis le 3 mars, tous les télégrammes de l’Adrar sont transmis au Sénégal par Atar et Port-Etienne.
- Le poste d’Atar est un poste à émission musicale, d’une puissance de 5 kilowatts fournie par un moteur à pétrole lampant. L’antenne est sou-
- tenue par 4 mâts démontables de 3o mètres de hauteur, en tubes d’acier.
- Le poste de Chinguetti est analogue, mais il ne dispose que de deux mâts et sa puissance 11e dépasse pas deux kilowatts.
- Pont-Etienne w CspBlant
- S E N EGAL
- Fig. i.
- Les alternateurs employés sont des alternateurs à 1 000 périodes.
- J. Reyval.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- 363
- L’UTILITÉ ÉCONOMIQUE DE LA TRACTION ÉLECTRIQUE POUR LES CHEMINS DE FER BELGES (Fin)
- U auteur, après avoir examiné dans la première parte de son étude J1) la suppression de charge morte obtenue grâce à la traction électrique, par comparaison avec la tractiony à vapeur, examinef en terminant, les avantages économiques résultant de l'économie considérable des frais de traction, ainsi que de la meilleure utilisation du capital engagé.
- IV. — Avantages économiques de la traction électrique.
- L’utilité économique de la traction électrique sc trouve principalement :
- . 1° Dans Véconomie considérable des frais de traction;
- 2° Dans Vutilisation meilleure du capital engagé, dans le matériel de traction et dans les voies ferrées.
- 1° Economie des frais de traction.
- A l’appui de l’économie des frais de traction, on peut dire que :
- A. Le kilowatt-heure d’énergie électrique, livré sous haute tension aux fils de trolley, coûterait, tous les frais de production et les charges financières d’usine centrale et du câblage de transport compris, 6 centimes (2). Sous forme de courant continu à i 200, 1 5oo ou 2400 volts, cette
- énergie coûterait, livrée au troisième rail, les charges financières et les rendements des sous-stations étant compris, 6 centimes.
- p) Voir La Lumière Electrique, 14 mars 1914,
- p. 3i6.
- (2) Ce chiffre est basé sur le prix du charbon type IV, Etat belge, à ia francs la tonne, la rémunération des capitaux engagés à 3 %, sur une utilisation en toutou en partie de la puissance pendant 8 760 heures par an (24 heures par jour), et une charge moyenne d’environ 70 % de la charge maximum.
- M. Deleu, ingénieur des chemins de. fer de l’Etat belge, a calculé, dans son étude L’Electrification totale du railway belge (Bulletin des ingénieurs sortis de Louvain, 1904), la consommation maximum et la consommation moyenne d’énergie électrique qu’il faudrait pour alimenter tous les trains de l’Etat belge, circulant pendant %t\ heures. Il a trouvé pour le service d’une journée, en janvier iqo3, une puissance maximum de 124348 chevaux à midi; à minuit, la puissance utilisée tombe à 53 292 chevaux; la moyenne est ainsi de 88 820 chevaux-vapeur.
- B. — Du troisième rail (courant continu) à la jante des roues motrices, il y a une perte d’environ 3o % , ce qui revient à dire que le kilowattheure de puissance mécanique à la jante des roues motrices coûterait, sans considérer les charges financières du matériel roulant, ni son entretien, ni sa conduite : 7 c. 8.
- C. — Le kilowatt-heure vaut 367 200 kilogram-mètres.
- Or, il résulte de neuf essais effectués en 1907, par les ingénieurs de l’Etat belge, sur une locomotive à vapeur compound Atlantic (type Orléans) que les consommations moyennes par 10000 kilogrammètres de travail fourni aux cylindres sont :
- En charbon : 53 grammes.
- En eau : 383 grammes.
- De quatorze essais effectués comparativement, sur une locomotive du type 9 de l’Etat belge, à surchauffe, il résulte que les consommations trouvées ont été :
- Charbon : 46,4 grammes.
- Eau : 35o grammes.
- 11 semble que l’on puisse tabler d’une manière générale sur 5o grammes de charbon consommé par 10000 kilogrammètres de travail fourni aux cylindres, soit sur 10 000 kilogrammes — 1 000 ki-logrammètre (rendement organique des cylindres à la jante des roues) — 9 000 kilogrammètres de travail à la jante des roues motrices.
- Pour 367 200 kilogrammètres de travail rendu par le kilowatt-heure d’énergie électrique, la consommation de charbon nette dans la locomo-, _ 367 200
- tive a vapeur serait de : —----- 40,80; soit :
- 9 000
- 5o grammes X 4o,8o — 2 040 grammes.
- Le charbon en briquettes d’usage courant revenait à l’Etat belge, en 1910, à 21 fr. 008 tandis que le charbon, type IV Etat belge, revenait en centrale à 14 fr. 25 centimes.
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- /
- -(.320
- (.800
- -^.24o0-
- 2,roo
- (. 700- -
- • 2,300-
- --1.5(5-------
- Locomotive type Pacific du P.-L.-M., eompound, à quatre cylindres et vapeur surchauffée, exposée à Gand.
- 364 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T.XXV(2° Série)'. — N* 12.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 365
- Les a o4o grammes valent ainsi 4 c. 284.
- Mais on n’a pas encore satisfait aux dépenses de graissage, de personnel et d’entretien, qui sont spéciales à la locomotive à vapeur et que la locomotive électrique ne comporte pas, sinon en proportion infime. De plus, le chiffre 4 c .284 est le coût de la puissance provenant de la consommation de charbon utile; mais la dépense de charbon réelle pour l’unité de travail envisagée dans la locomotive à vapeur et pour l’ensemble des locomotives d’un réseau est de loin supérieure à ce chiffre.
- Des essais effectués par le P.-L.-M., les 4, 5, 6, 7, 12 et i3 février 1918 sur la locomotive Pacific n° 6 001, exposée à Gand (voir la figure), il résulte que la dépense de charbon par cheval-vapeur-heure absorbé au tender est comprise entre
- 1 kg. 58 (charge remorquée : 487 tonnes) et
- 2 kg. 09 (charge remorquée : 278 tonnes) (’).
- Pour 867 200 kilogrammètres de travail, la consommation devient ainsi :
- 367 200. 270 000
- à
- X 2 kg. 09 =1,6 X 2 kg. 09 = 3 kg. 344.
- 1,6 X 1 kg. 58 = 2 kg. 528.
- La dépense de charbon représente, sur la base du prix indiqué ci-dessus :
- et :
- 3 kg. 344 X 2 c. 10 = 7 c. 022
- kg. 528 X 2 c. 10 = 5 c. 3o8.
- Ces chiffres, provenant tout comme, ccux.de 4 c. 284, des locomotives à vapeur les plus perfectionnées, neuves, conduites par des mécaniciens habiles et recueillis au cours d’essais minutieux, sont intéressants à rapprocher de celui de 7 c. 8, afférent à la traction électrique par courant continu.
- La dépense dans les conditions exceptionnelles citées, de la traction à vapeur par rapport à la traction électrique, est ainsi de :
- 4 c. 284
- 7 c. 8
- = 0,55 ;
- 5 c. 3o8 7 c. 8
- - : 0,68
- 7 C. 022
- 7 c. 8
- = 0,90.
- Soit dit en passant, la dépense de 7 c. 8, pour le kilowatt-heure de travail effectif à la jante des roues, est plutôt élevée (').
- Quant aux chiffres de la dépense en charbon de la traction à vapeur, ils sont pratiquement de beaucoup supérieurs à ceux envisagés, et cela, parce qu’en traction à vapeur il faut :
- i° Compter avec la déperdition calorifique de la locomotive pendant les arrêts aux gares, les stationnements avant les départs et après les arrivées, et pendant qu’elles sont tenues en réserve ;
- 20 Considérer la dépense de chaleur pour la mise en pression de la chaudière, la perte calorifique après le service et lors du lâcher des eaux et des lavages ;
- 3° Se rendre compte de ce que la locomotive à vapeur n’a son rendement optimum que pour certaines vitesses et certaines charges comprises entre des limites assez resserrées (2) ; qu’aux démarrages notamment, la détente de la vapeur est trop faible ; que le profil de la ligne, la charge et la vitesse moyenne ne sont pas toujours adéquats aux dimensions et à la conception de la locomotive ; qu’il y a des pertes de chaleur importantes par les soupapes de sûreté et entre les joints, les injecteurs, par la grille du foyer, la boîte à fumée et par le rayonnement calorifique de la chaudière ; qu’enfin, l’entretien de la locomotive, tant en ce qui concerne la réfection des parties usées que la propreté des organes de transmission de la chaleur, du degré de poli des surfaces frottantes et de l’étanchéité des organes de distribution et d’utilisation de la vapeur, est d’ordre primordial pour ménager les pertes de chaleur possibles.
- En résumé, les pertes par les multiples causes envisagées sont considérables et il faut encore y
- (*) Des essais pratiques effectués entre Monlréjau et Tarbes, il résulte que la tonne-kilomètre, en traction monophasé et en rampe consomme 42,5 watts-heures.
- Les 367 200 kilogrammètres consomment à ce taux :
- 1 000 kilogrammes X 1 ooo mètres 367,200 kilogrammètres 42,5 wh
- 2,72
- 2,72
- = i5,62 wh.
- (*) Cette locomotive est compound à 4 cylindres et à vapeur surchauffée. L’expérience a fait ressortir'que ce système est le plus économique. Les relevés ont été effectués sur une machine parfaitement au point, conduite par un mécanicien d’élite.
- (2) La preuve en est éclatante dans l’essai de la Pacific du P.-L.-M., relaté ci-dessus : sur le même profil, la dépense en charbon par cheval-vapeur-heure au crochet varie de 1 k. 58 à 2 k. 09 soit de 24,2 % lorsque la charge varie de 278 tonnes à 487 tonnes soit de 7 % .
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- T. XXV (2° Série). —N» 12.
- ''ajouter celles qui résultent de la perte directe de charbon, au cours des manipulations de chargement du charbon dans les tenders des locomotives, ainsi que celles qui sont la conséquence de la nécessité, pour la locomotive à vapeur, de remorquer un poids mort de tender augmentant, comparativement, le poids du locomoteur à vapeur de 16 % .
- Pour pouvoir déterminer le chiffre pratique de la consommation de charbon des locomotives à vapeur de l’Etat belge, par unité de travail effectué, il faudrait connaître les travaux réellement effectués aux crochets de traction des tenders de tous les trains, pendant une année entière. La division de la consommation globale de charbon par le nombre de kilogrammètres de travail donnerait ce chiffre pratique à l’unité.
- L’écart entre ce chiffre et celui relevé aux essais, tel celui du P.-L.-M., exprimerait la valeur assez approchée des pertes de toutes espèces, qui sont le corollaire de l’emploi de la locomotive à vapeur.
- Malheureusement, il est bien difficile sinon impossible de connaître exactement la somme des travaux effectués aux crochets des tenders de toutes les locomotives à vapeur d’un réseau. Mais on pourrait rapporter la consommation globale de combustible à la tonne-kilofnètre moyenne. La différence entre ce chiffre-là, extrait de la comptabilité de la traction et celui qui résulte d’essais sérieux, exprimerait la perte par tonne-kilomètre moyenne remorquée, inhérente au système de la traction par la vapeur.
- Dans la comptabilité des dépenses pour 1908, de la traction et du matériel des chemins de fer de l’Etat belge, nous lisons ces chiffres intéressants :
- Moyenne par locomotive-train-kilomètrc.
- A. — Personnel.................. o fr. i6358
- ! Charbons et l f K briquettes.) 0 r' Manutention o fr. 01458 C. — Graissage................. . o fr. 01424
- D. — Dépenses diverses : visite, virage, nettoyage, allumage (dépense en combustible exceptée) des locomotives,service hydraulique, entretien et alimentation x des séchoirs à sable, etc....... o fr. 06789
- Dépense totale et moyenne : o fr. 60667 par locomotive-train-kilomètre.
- Le chiffre, qui doit attirer en premier lieu notre attention, est celui figurant sous la rubrique combustible, de o fr. 35 638 par locomotive-tra'n-kilomètre. Il correspond à une consommation de :
- 1 874 807 tonnes de charbon 112 324 900 train-kilomètres
- = 16 kg. 69
- de charbon demi-gras par locomotive-kilomètre.
- Vu l’absence déchiffrés, concernant le tonnage moyen annuel remorqué sur le réseau de l’Etat belge, et puisqu’il est impossible, d’autre part, d’avoir la détermination du travail réel livré à tous les trains par les locomotives, force est de recourir à une hypothèse plausible, pour supputer la perte de charbon dont il a été question ci-dessus.
- On admettra aisément que le chiffre de consommation à la tonne-kilomètre, tiré des essais du P.-L.-M.,est applicable à tous les trains d’un réseau, puisque c’est là une consommation trouvée sur une rampe de 8 par mètre, c’est-à-dire que la tonne monte de 8 000 millimètres au kilomètre, en même temps qu’elle parcourt ce kilomètre. Ce chiffre-là est large; car sur un réseau entier, il y a, d’une part, à peu près autant de déclivités positives que négatives et, d’autre part,-un tiers de parcours est effectué sans vapeur. Ce chiffre, appliqué à Un réseau entier, vaut donc à peu près le double de ce qui se passe en réalité; en d’autres mots, le travail rendu au crochet par tonne-kilomètre d’un réseau entier vaut la moitié environ de ce qui a été observé aux essais du P.-L.-M.
- Sur le parcours d’essais du P.-L.-M. de i33 kilomètres, à 8 par mètre, il a été consommé-3 116 kilogrammes pour tractionner 487 tonnes, c’est-à-dire que la tonne-kilomètre a consommé en charbon :
- 3 116 kilogrammes 64 771 tonnes-kilomètres
- = o kg. 0481.
- Admettons la moitié de cette consommation pour la moyenne par tonne-kilomètre sur un réseau entier soit : 0,024 kilogramme.
- Un train à l’Etat belge 11’atteignait pas, en 1908, en moyenne, plus de 3oo tonnes remorquées, on aura ainsi par train-kilomètre, la consommation de charbon exprimant le travail utile 7,2 kilogrammes.
- La différence 16,61 kilogrammes — 7,2 kilo-
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- 367
- grammes = 9,49 kilogrammes exprime la perte par train-kilomctre moyen remorqué en 1908 sur le réseau de l’Etat belge pour les différentes causes énumérées précédemment.
- En argent, cela représenterait, pour 1908,
- fr. o,35638 X = fr. 0,1995,
- IV,VÇ)
- soit56 % delà dépense réelle de combustible.
- En second lieu, le chiffre o l‘r. o i /,58 par train-kilomètre n’existerait plus dans le cas de la traction électrique, car le coût de la manutention du charbon aux usines d’électricité est compris dans le prix du kilowatt-heure, indiqué ci-dessus.
- De même, le poste D : 0,057 69 franc serait fort diminué, car les frais de l’alimentation hydraulique sont compris dans le prix du kilowatt-heure, et les allumages et virages .sont supprimés.
- Enfin, le coût du personnel et du graissage serait diminué.
- En résumé, l’on pourrait prévoir dans le cas de
- l’électrification :
- A. — Personnel................. o fr. i6358
- B. — Combustible (le prix du kilowatt-heure est traduit en cliar-
- . bon consommé)................. o fr. 1995
- C. — Graissage................. o fr. 010
- D. — Dépenses diverses......... o fr. 020
- Dépense totale......... o fr. 020
- par locomotive-train-kilomètre électrique.
- Soit 65 % de la dépense delà locomotive-train-kilomètre à vapeur.
- De ce qui a été dit ci-dessus, on peut donc conclure que 367 200 kilogrammètres de travail à la jante des roues d’une locomotive à vapeur coûtent pratiquement,
- 4 c. 284 (essais de 1907 de l’Etat belge)
- 5 c. 3o8 ou 7 c. 022 (essais de 1918 du P.-L.M.)
- mais (’)
- 4 c- 284 o,56
- = 7 c. 65
- 5 c. 3o8 o,56
- = 9 c. 46
- 7 c. oaa o,56
- 12 c. 53.
- Le coût pratique de la Iractiop à vapeur rapportée à la traction électrique est ainsi de :
- 7 c, 65 7 c. 8
- = 0,98;
- 9 c- 46
- 7 c. 8
- = 1,21 ;
- 12 c. 53 7 c 7
- = «,(>•
- Ces quotients méritent l’interprétation suivante :
- Le premier est extraordinaire ; il correspond à un rendement tout à fait supérieur de la locomotive à surchauffe, en l’occurrcncc le type 9 de l’Etat belge, qui peut être considéré comme fort réussi.
- Le deuxième est basé sur l’un des résultats trouvés lors des essais du P.-L.-M., mais pour la pleine charge de la locomotive ; il est donc un peu exceptionnel.
- Le troisième, basé aussi sur un essai du P.-L-M., n’est lias normal, car la charge remorquée dans l’essai est trop faible.
- Il faut plutôt s’approcher du deuxième quotient et prendre un décime supérieur: i,3o par exemple.
- Il semble bien, après tout cela, que l’on puisse considérer que la traction électrique est de 3o % plus économique que la traction à vapeur.
- Ce résultat se conçoit d’ailleurs et s’accepte facilement si l’on réfléchit qu’indépendamment des pertes calorifiques et de combustible de toute espèce, la traction à vapeur prend un poids mort de 16 % au moins supérieur à la traction électrique.
- Mais si l’on va plus loin dans la comparaison, en se servant des chiffres donnés par la comptabilité de l’Etat, on constate que la traction électrique amène encore une diminution d’autres dépenses et qu’ainsi la locomotive-train-kilomètre électrique supposée étendue à tout le réseau de l’Etat belge coûte 0,89 3o8 franc lorsque la dépense de la locomotivc-train-kiloinètre à vapeur est, d’après les comptes de l’Etat de 1908, 0,60667 franc.
- L’économie globale est ainsi de :
- 0,60667 — o,3o3o8 0,60667
- = 0,352, soit 35
- % .
- C) Le coefficient o,56 constitue le pourcentage de charbon dissipé sans profit, mais inhérent au système, par rapport au combustible total consommé.
- La conséquence économique sur les postes de comptabilité de 1908 ne manquerait pas d’être
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- 3Ç8
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T.XXV(2eSéFie).^N012.
- imposante. En effet, la dépense globale de 1908 :
- A. — Service des machinistes,
- des chauffeurs, etc....fr. x4 i3i 368,x8
- B. — Combustible............. 3a 045 o36,34
- C. — Graissage................ 1 229 227,03
- D. — Dépenses diverses...... 5 000 995,62
- Total.......... 62 406 627,07
- se chiffrerait par ;
- 52 406 627 fr. 07
- x6 842 329 fr. 47
- 35 564 297 fr. 60.
- L’économie, sur ces postes, serait de 16 millions 842329 fr. 47'
- 2° Meilleure utilisation du capital engagé.
- A l’appui de l’utilisation du capital engagé dans le matériel de traction et dans les voies ferrées, on peut dire que :
- A. La capacité des voies augmente de 3o % environ, grâce aux accélérations de vitesse plus grandes des trains électriques lors des démarrages ;
- B. Le matériel de traction électrique demande un entretien infime, comparé à celui de la traction à vapeur; il chôme donc beaucoup moins et accomplit un plus grand nombre de trains-kilomètres par jour.
- Songe-t-on que, en 1908, à l’Etat belge :
- Sur 12x5 locomotives à voyageurs, formant l’effectif, il y en avait 20,41 % d’immobilisées ?
- Sur 2 295 locomotives à marchandises, formant l’effectif, il y en avait 12,99 % d’immobilisées?
- Dans les dépenses d’exploitation, les chiffres de dépenses concernant l’entretien du matériel de traction (5 888 186 fr. 12 en 1908) et la réparation de ce même matériel (12459410 fr. 84) seraient très considérablement diminués aussi, si l’on fractionnait à l’électricité.
- Quant aux capitaux à investir, ils ne seraient guère supérieurs à ceux investis dans la traction à.vapeur. Au contraire, puisque l’utilisation du matériel de traction et de transport des voyageurs peut être doublée.
- Nous avons, en effet, supposé que le courant continu était livré au troisième rail, à raison de o fr. 078 le kilowatt, tous frais payés. Le èoût supplémentaire de la voie actuelle résiderait
- dans le troisième rail (cas du courant continu) et dans l’arrangement des joints de rails. Cette dépense supplémentaire compenserait largement la diminution de dépenses proportionnelles dans les acquisitions de matériel électrique de traction et de transport.
- •k
- ¥ ¥
- En résumé, l’application de là traction électrique aux lignes de chemins de fer belges ne pourra qu’entraîner des économies de frais d’exploitation considérables et, en même temps, développer encore le trafic.
- La possibilité de recevoir presque sur toutes les lignes de l’énergie électrique provenant de centrales privées, à meilleur compte que si l’Etat la produisait lui-même, rend l’exécution de l’électrification immédiatement possible, car ce problème ne se complique plus d’immobilisations financières pour les usines de production. Dès lors, les frais d’installation spéciaux à la traction électrique se réduiraient à l’éclairage et à la pose d’un troisième rail.
- L’électrification n’obligerait pas l’Etat à engager annuellement dans ses chemins de fer, de plus gros capitaux que ceux qu’il consacre bon an mal an à la construction de nouvelles locomotives à vapeur et de matériel de transport.
- Les 20 à 3o millions que l’Etat dépense annuellement pour l’achat de matériel nouveau serviraient presque entièrement à l’acquisition de matériel de traction électrique et de transport. Le matériel de transpoi’t ancien 11e serait d’ailleurs pas sans usages sur les lignes électriques ; mais, dans le cas de l’usage d’automotrices pour les trains de voyageurs, l’ancien matériel de transport pour voyageurs serait réjeté sur les voies 'exploitées à la vapeur.
- Au bout d’une dizaine d’années, à peu près la moitié des lignes belges importantes seraient armées et exploitées électriquement ; le vieux matériel serait remplacé, au fur et à mesure de l’électrification, par du matériel à vapeur provenant des lignes nouvellement électrifiées et finalement par du matériel électrique.
- J. Caiu.ikh,
- Répétiteur du Cours d’Exploitation des Chemins de fer h l’Université de Liège.
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- PUBLICATIONS
- ÉLECTROTECHNIQUE GÉNÉRALE
- L’émissivité électrique de la matière. — Dr J. A. Harker.
- Le Dr J. A. Ilarker, du National Physical Labo-ratory, a fait récemment deux conférences à la Royal Institution de Londres sur ce sujet, d’un intérêt théorique et pratique considérable.
- L’étude critique du problème de l’émissivité semble indiquer qu’une bonne part de ce que l’on a attribué à l’émission d’électrons peut être mise sur le compte de réactions ou d’affinités chimiques, exactement de même que la force électromotrice de contact est généralement reconnue aujourd’hui comme dépendant des affinités chimiques différentes des deux métaux en contact pour le ^Siz qui les enveloppe ou y adhère. La question de l’émissivité touche intimement au problème de l’éclairage par incandescence.
- Tout d’abord, le Dc J. A. Harker rappelle que la conductibilité des corps n’est qu’une question de température; aux températures élevées, tous les corps sont conducteurs et cela est si vrai, qu’on ne connaît plus alors de bons isolants. D’autre part, Guthrie a observé qu’une sphère de fer chargée d’électricité perd sa charge au rouge si elle est électrisée positivement, et au blanc, quelle que soit la nature de son électricité. Le phénomène de l’émissivité électrique a été étudié pour la première fois par Elster et Geitel ; ils ont placé une bande du métal à étudier dans une ampoule de verre et disposé au-dessus une plaque métallique reliée à un électroscope. Dans cette expérience, les résultats dépendent beaucoup de la nature du gaz contenu dans 1 ampoule, des dimensions de l’appareil, de la poussière et des impuretés dégagées par le métal, etc. J. J. Thomson a enveloppé le métal à chauffer dans un tube à vide, d’un cylindre de platine relié à un électromètre et il a confirmé les observations précédentes. Il a constaté qu’il était très difficile de maintenir un haut degré de vide quand les fils étaient chauffés et que le courant passant du fil axial au cylindre de platine n’obéissait pas
- TECHNIQUES
- à la loi d’Ohm. Poursuivant ces recherches, O. W. Richardson, est arrivé à cette conclusion que ces courants à saturation dépendent uniquement de la température suivant la loi :
- _ b
- l = a y/Ôe !
- où 0 est la température absolue, a et b sont des constantes. D’après le Dr Harker, les résultats concordent avec cette formule pour un grand nombre de métaux et dans de larges limites.
- Un autre phénomène connexe de l’émissivité est l’effet Edison : Quand on place entre les deux brins d’une boucle d’un filament de carbone ordinaire d’une lampe à incandescence une plaque de métal et qu’on intercale un galvanomètre entre le brin positif ou la borne -)- de la lampe et la plaque métallique, on observe des courants jusqu’à o,oo3 ampère, tandis qu’on n’observe aucun courant quand la connexion est faite avec le brin négatif. Le filament émet des particules de carbone mais celles-ci sont, d’après J. J. Thomson, absolument insuffisantes à expliquer les courants observés et ceux ci doivent être attribués aux électrons émis par tous les corps chauds quelle qu’en soit la matière. Cette hypothèse a été confirmée par d’autres recherches.
- D’après les expériences du Dr Harker, en collaboration avec le Dr Kaye, tous lps métaux et le carbone, traversés par un courant servant simplement au chauffage, émettent des particules positi ves aux basses températures pendan t l’expulsion des impuretés et des gaz du métal et, ensuite des particules négativesauxhautes températures; cette dernière émission devient très, forte au voisinage du point de fusion. Dans le cas du fer, elle commence à i i5o°C et reste positive. Dans les autres cas, il y a un changement de signe influencé par la nature de la substance, le gaz résiduel et sa pression, et, à un plus haut degré encore, parles impuretés de la matière.
- L’auteur a ensuite signalé les remarquables recherches poursuivies dans les laboratoires de la General Electric C°, à Schenectady par MM. Whitney, Langmuir, Coolidgc et autres
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- expérimentateurs pour améliorer le rendement des lampes à incandescence à l’aide des métaux réfractaires. D’apres la formule citée, de Richardson, les courants électroniques atteindraient des valeurs considérables aux températures des lampes à incandescence. Comme l’émissivité électrique augmente avec la perfection du vide, M. Langmuir a essayé de la supprimer en employant des atmosphères de gaz neutres à la pression ordinaire. 11 est ainsi arrivé à une durée commerciale raisonnable des filaments de tungstène à plusieurs centaines de degrés au-dessus de la température ordinairement atteinte par les lampes à vide actuelles. Dans l’azote pur, il y a peu d’émissivité ou d’évaporation électrique, — ainsi que le professeur-P. W. Richardson a récemment baptisé ce phénomène, — tandis que le rayonnement lumineux aux hautes températures augmente considérablement, malgré les pertes plus grandes de chaleur par convection et conductibilité. L’auteur donne quelques détails sur la construction et la consommation de ces lampes. Il a démontré qu’une grande quantité d’oxydes, denitrures, etc., pouvait être expulsée d’une barre de tungstène chauffée jusqu’à son point de fusion. L’expérience a été faite dans un grand récipient de verre rempli d’azote n’ayant pas subi une dessiccation spéciale. En chauffant la barre de métal à l’aide d’un fort courant alternatif, le récipient s’est rempli d’un épais brouillard.
- Les perfectionnements réalisés à Schenectady et ailleurs ont eu pour objet d’empêcher, par l’addition d’une pression de gaz, la désintégration des filaments et de supprimer l’effet Edison ou émission d’électrons. La suppression de ce dernier phénomène n’a pas été possible avec le carbone qui se désintègre trop rapidement. Pour obtenir le degré de vide le plus élevé, on avait, à Schenectady, enveloppé les lampes et autres récipients d’une chambre également vide, de façon à éviter, sous l’effet de la pression atmosphérique, l’écrasement de l’ampoule ramollie par la haute température.
- Ces recherches systématiques ont apporté des perfectionnements considérables aux lampes à incandeséencc, puisqu’elles ont réduit de moitié la consommation en watts par bougie et porté de 5 % à 15 et ao % leur rendement lumineux.
- L’émissivité électrique a été l’objet d’une autre application pratique par Fleming qui a utilisé
- l’effet Edison pour établir des détecteurs d’ondes hertziennes moins susceptibles que les détecteurs de cristal aux perturbations par l’électricité atmosphérique; ces appareils sont très employés dans les stations à grande puissance.
- D’autre part, M. W. D. Coolidge, dè Schenectady, a créé un tube de Roentgen d’une très grande puissance. Cet appareil se compose d’une ampoule présentant deux prolongements tubulaires diamétralement opposés. La cathode occupant le centre de l’ampoule est une spirale en filament de tungstène de 33,4 millimètres de longueur en fil de 0/2 millimètre et formant 5 spires ; elle est reliée à une batterie d’accumulateurs par dés conducteurs de molybdène, soudés dans le verre à des conducteurs de cuivre aboutissant à des bandes de platine. En face de cette cathode se trouve une anticathode formée d’une barre cylindrique de tungstène épaissie à son extrémité et pourvue de conducteurs de molybdène. Ces derniers sont supportés dans leur tube et refroidis par des bagues fondues et des bandes rectangulaires de molybdène. La première spirale est enveloppée par un cylindre de molybdène servant à concentrer les rayon s. L’énergie transportée par les électrons qui émanent de la spirale chaude peut être assez grande pour creuser un trou dans l’anticathode, bien que le point de fusion du tungstène pur soit supérieur à 3ooo”C. Cette ampoule aurait, à 39 mètres de distance, le pouvoir de pénétration d’une ampoule de Roentgen ordinaire à 90 centimètres. Sa manipulation est, par suite, dangereuse avec de grandes puissances, à moins de précautions exceptionnelles; mais elle présente de grands avantages : elle est insensible aux variations de pressions du gaz ; le foyer reste stationnaire ; les voltages de démarrage et de marche sont identiques ; l’intensité est facilement contrôlée en marche continue pendant deux heures ; le verre ne s’échauffe pas et ne donne pas une fluorescence verte, probablement parce qu’il n’y a paa de bombardement par des rayons secondaires.
- Le Dr Ilarkër et le Dr Kaye ont fait des expériences en employant une tige de charbon placée entre deux gros blocs de même matière et enveloppée dans un cylindre de charbon. Les blocs étaient entaillés de façon à pouvoir loger un isolant entre eux et le cylindre. La tige étant chauffée pour la première fois, il se dégageait du charbon des impuretés (silicium, fer, etc.) pro-
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- duisànt dans la courbe d’émission une bosse qui ne se représentait plus par la suite, mais les particules émises n’étaient pas simplement des électrons au sens delà formule de Richardson et des particules gazeuses y étaient probablement adhérentes. Les impuretés distillées formaient ainsi une toile d'araignée de silice qui troublait les expériences à moins de faire traverser le cylindre par un gaz inerte. Les effets perturbateurs des gaz ont été éliminés en opérant dans le vide, et les expériences minutieuses de .l.-M. Pring et A. Ilarker, militent fortement en faveur de l’hypothèse d’après laquelle les courants d’ionisation seraient dus à une action l’éciproque du carbone ou des impuretés et des gaz environnants, action qui produit l’émission d’électrons. Pring a chauffé la tige ou la bande de charbon ou de métal, dans une grande ampoule et il a placé, à quelque distance au-dessous, une électrode collectrice (chargée au potentiel de -f- aso volts pour opérer des mesures). Pring et Harker ont constaté que l’ionisation du carbone à très basse pression du gaz est réduite dans une proportion beaucoup plus grande (deux milliers de fois) que ne l’indique la formule de Richardson. Celui-ci a donc révisé ses constantes déduites d’expériences avec le platine, mais les nouvelles expériences de Pring ont donné des micro-ampères la où l’on aurait dû observer des ampères d’après la formule modifiée.
- Dans ses expériences, Pring a essayé divers gaz et observé que les courants d’ionisation augmentent à très basse pression avec le gaz
- employé et dans l’ordre suivant : hélium, argom azote, hydrogène, oxyde de carbone, acide carbonique ; c’est précisément l’ordre d’activité chimique entre ces gaz et le carbone. Lorsqu’on admet à nouveau du gaz, l’effet augmente et l’absorption et l’élimination de gaz peuvent être suivies par les courants d’ionisation. Ces conclusions concordent avec celles de Grcinacher, K. Fredenhagcp et IL Kiistner, qui ont constaté que l’effet photo-électrique ou émission d’électrons par des surfaces métalliques propres et éclairées, diminue et disparait même quand on fait le vide. D’après ces savants, d’après R. Pohl, P. Pringsheim et d’autres, l’action chimique joue probablement le rôle principal dans ces effets thermo-ioniques et photo-électriques, et le Dr Ilarker est d’avis que pour beaucoup de corps, la température n’est pas le seul facteur des courants d’ionisation, mais bien que l’action chimique intervient. L’influence de la pression ambiante est également importante aux très hautes températures.
- En terminant, l’auteur a signalé les recherches toutes récentes de MM. Haie et King, à l’observatoire de Mount-Wilson, cpii sont arrivés à cette conclusion cpie les champs magnétiques puissants (de 5 ooo unités) existant dans le soleil, et qui semblent nécessaires à l’explication de certains phénomènes des taches, résulteraient de l’émission d’essaims de particules électriques chargées.
- (Engineering, 25 féviier 1914.)
- CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- La machine à condensateur ; nouvelle machine électrostatique. — Dp H. Wommelsdorf.
- L’auteur décrit une machine de son invention qu’il appelle machine à condensateur en raison de la disposition des plateaux qui rappelle celle d’un condensateur. Les plateaux tournants et fixes, c’est-à-dire les champs électrostatiques a et b alternent et s’enveloppent réciproquement
- (fig- *)
- On sait que dans une machine à influence, les plateaux tournants ne sont influencés que d’un seul côté, tandis que l’électricité produite est
- recueillie sur l’autre face. La caractéristique de la nouvelle machine, c’est qu’au contraire les plateaux tournants n sont influencés des deux côtés tandis que l’électricité produite est recueillie à la périphérie dans une gorge de ces plateaux, au moyen de lils d’acier b.
- Il en résulte, d’après la théorie du condensateur F. D
- et la formule C = 1 -----, que la quantité d’élec-
- /} TC a
- tricité reçue et débitée par chaque plateau est double de celle produite dans une machine à influence. En pratique, en raison d^vantages
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- résultant de sa disposition favorable, la machine à condensateur fournit une quantité d’électricité sensiblement plus grande que celle qu’on pourrait espérer. En particulier, le rapprochement des plateaux permet d’avoir un débit vingt à cinquante fois plus grand avec la machine à condensateur qu’avec les machines à influence de même grandeur qu’on trouve presque exclusivement dans le commerce et notamment que les machines à rotation de Iloltz-Wimshurst, à peu près seules eu usage jusqu’ici.
- Fig. i. — Schéma d’une machine i\ condensateur à 4 plateaux tournants.
- La nouvelle machine se distingue encore des anciennes machines à influence en ce que les secteurs métalliques ne sont pas collés à la surface des plateaux mais noyés dans ces plateaux par vulcanisation. Par là, le débit, la tension et l’auto-excitation de la machine se trouvent notablement augmentés ainsi que la durée des plateaux.
- Au point de vue de la construction, la machine comporte un fort bâti fixe complètement fermé g à l’intérieur duquel sont, disposés les plateaux fixes ou champs statiques. Entre ces plateaux fixes et, par conséquent, également à l’intérieur du bâti tournent les plateaux déjà décrits. On voit donc que, par cette disposition complètement fermée, tous les organes générateurs d’électricité se trouvent non seulement protégés contre la poussière mais soustraits à des pertes très notables par rayonnement.
- Le polariseur rotatif p (fig. 2) a la forme d’une simple barre de mise en court-circuit et est disposé de façon à être employé simultanément
- pour la mise en court-circuit des électrodes et celle des champs statiques. Son principal but qui est la production et le maintien d’une polarisation déterminée dans les conducteurs influencés est réalisés par combinaison avec les contacts fixes q et les deux contacts mobiles e par lesquels il est mis en communication avec les plateaux tournants.
- Le polarisatcur est assuré en position au moyen d’une vis moletée u montée dans la traverse isolante i. Deux dispositifs v, à distance explosive réglable, intercalés entre les organes
- Fig. a. — Vue d’une machine à condensateur à un plateau tournant.
- de prise de courant et le conducteur k servent à régler l’action du courant et deux commutateurs, à mettre en communication ou isoler des bouteilles de Leyde l. Au premier plan, on remarque également deux électrodes l à distance explosive variable, qui permettent d’obtenir des décharges oscillatoires de condensateurs et qui peuvent être intercalées pour servir avec des appareils à haute fréquence.
- Grâce au dispositif qui consiste à recueillir le courant à la périphérie des plateaux, on est arrivé dans cette machine à obtenir une longueur d’étincelle supérieure à la moitié et même au deux tiers du diamètre de ce plateau, chose tenue généralement pour impossible avec les machines à influence.
- Autre détail important : c’est par l’emploi d’une isolation spéciale appelée bakelit, sorte d’ambre artificiel découvert il y a environ trois ans, qu’on a pu rendre pratiquement utilisable la machine à condensateur. Les disques en caoutchouc durci en sont complètement recou-
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- verts. Cette couche isolante de bakelit est insoluble, résistante et très brillante, comme un émail foncé. Elle donne au disque une surface extrêmement dure et qui ne s’écaille pas et empêche le caoutchouc durci de devenir conducteur au bout de quelque temps, ce qui ne pouvait être évité auparavant en raison des tensions élevées et de la grande vitesse de rotations de la machine et par suite de l’action de l’ozone produit.
- Lorsque les bouteilles de Leyde sont isolées des conducteurs, la décharge sc fait par une étincelle extrêmement ramifiée qui devient de plus en plus dense à mesure qu’on diminue la distance explosive pour passer finalement à une forme en arc continu et ronflant. Avec une machine de grand modèle à 5. plateaux, la décharge jusqu’à une distance d’électrodes de aoo millimètres environ, se fait sans ramifications. Si l’on met en circuit les bouteilles de Leyde, suivant les dimensions de celles-ci, on obtient un courant d’étincelles brillantes et crépitantes mais ne faisant rien perdre de la distance explosive. Le polarisateur de la machine permet de produire et de faire cesser à un moment très précis le courant de la machine.
- Il sert, en outre, à inverser les pôles quand, par exemple, un tube Roentgen est mis en circuit à contre sens.
- L’application pratique des machines à condensateur se trouve principalement dans le domaine de l’électrothérapie et des rayons X.
- [Elektroteclinisclie Zeitschrift, i5 janvier igi4-)
- Dispositif pour l’alimentation des moteurs à courant alternatif en employant un transformateur à gradins et un transformateur tournant.
- Lorsque des moteurs à courant alternatif doivent être alimentés sons des tensions diverses, le mieux est de les brancher sur un transformateur à gradins et on emploie en outre un transformateur tournant quand le passage d’une bobine à l’autre doit avoir lieu constamment. On a déjà employé des transformateurs tournants à deux enroulements et commandé en outre, par le transformateur tournant, un contrôleur qui accouple alternativement les bornes du transformateur fixe avec les deux enroulements du transformateur tournant. Il est bien
- entendu qu’il ne faut, en aucun cas, couper le courant dans le contrôleur; pour cela, on a fait les touches de ce contrôleur suffisamment longues, pour que deux échelons voisins du transformateur soient reliés chacun avec une des bornes du transformateur tournant. Alors la partie du transformateur fixe située entre les deux échelons est fermée sur le transformateur tournant et, par suite de la faible résistance inductive des enroulements du transformateur tournant, il peut se produire un courant de court-circuit assez important qu’il est nécessaire de couper dans le contrôleur.
- Cette coupure est évitée par le dispositif faisant l’objet du brevet N° aGtf 5g6 des Siemens-Schuckertwerke, G. m. b. H., Berlin, en ce sens que le commutateur ne sert qu’à préparer la coupure et que la commutation se fait au moyen
- l 31
- 0 9 : "C
- -08 !
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- Schéma des connections.
- d’un commutateur spécial. Cette modification évite toute espèce de production d’étincelles au contrôleur, tandis que le commutateur spécial n’est qu’à peine éprouvé par les étincelles, ou bien peut être muni facilement d’un bon système pare-étincelles.
- La figure représente schématiquement une disposition dans laquelle les deux enroulements du transformateur tournant sont séparés l’un de l’autre et le commutateur spécial est un commutateur placé entre deux bornes appartenant chacune à un des enroulements du transformateur tournant et le conducteur allant au moteur. —
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- i est le transformateur à gradins, avec ses bobines 2 à 6, 7 à 12 sont les doigts de contact du contrôleur i3, et 14 à 19 les touches du contrôleur; 20 représente le transformateur tournant avec son enroulement primaire 21 et ses enrou lemcnls secondaires 22 et 23 ; 24 est le levier du commutateur, qui, suivant sa position, établit la liaison avec les bornes 2a ou 26 des deux enroulements 22, 2'i; 27 est l’interrupteur principal avec lequel est accouplé un interrupteur auxiliaire 28 pour coupler une partie de l’enroulement de compensation 29 du moteur 3o en parallèle avec la bobine 2 du transformateur à gradins 1.
- Le fonctionnement est le suivant :
- Au commencement du démarrage, le doigt 7 frotte sur la louche i5 du contrôleur i3 ; le levier du commutateur 24 appuie sur la borne 25 et la partie mobile du transformateur tournant est amenée dans une position telle que la tension induite dans l’enroulement secondaire 22 équilibre la tension du transformateur fixe. Le démarrage commence alors par la fermeture de l’interrupteur principal 27. Il passe alors du courant depuis les échelons 2 et 3 du transformateur fixe 1 parle doigt 7, les touches i5, 14, le doigt 11, l’enroulement 22, la borne 25, le levier 24, l’interrupteur principal 27 au moteur 3o et de là retour au transformateur fixe par la terre. Comme la tension de l’enroulement 22 est opposée à celle des bobines 2 et 3, c’est la différence de ces tensions qui agit sur le moteur. Alors 011 tourne le transformateur pour que la tension opposée de l’enroulement 22 diminue et, par suite, que la tension agissant sur le moteur augmente. Lorsque la rotation atteint 90°, la tension induite dans 22 est nulle et la tension totale des bobines
- 2 et 3 du transformateur fixe 1 est active. Lorsque l’on continue à tourner, il est induit dans l’enroulement 22 une tension de même sens que celle du transformateur fixe, la tension au moteur continue à monter, et, lorsque la rotation atteint 1800, la tension additionnelle fournie par l’enroulement 22 aux bobines 2 et 3 est la moitié de la tension de la bobine 4* En même temps, le doigt 8 est venu frotter sur la touche 17 et est, par suitç, relié parla touche 19 et le doigt 12 avec l’enroulement 23 du transformateur tournant, qui prend alors une position telle que la tension qui y est induite s’oppose à celle du transformateur fixe. Comme la tension de l’enroulement 23 est aussi égale à la moitié de celle de la bobine 4, on a à la borne 26 la même tension qu’à la borne 25 et on peut tourner le commutateur 24 sans qu’il se produise d’étincelle appréciable. Il ne peut se produire un courant de court-circuit que dans le circuit: bobine 4, doigt 8, touches 17 et 19, doigt 12, enroulement 2}, contact 26, levier 24, contact 25, enroulement 22, doigt 11, contacts 14 et i5, doigt 7, bobine 4, et par suite d’inégalités entre les bobines 3, 4, 5, 6, d’une part, et 22, 23, d’autre part. Mais comme le commutateur 24 est manœuvré très rapidement, ce courant de court-circuit ne peut pas prendre une valeur élevée.
- La suite de l’élévation de la tension se fait, de la façon qui vient d’être décrite, en continuant à tourner le transformateur tournant.
- Au lieu d’un transformateur tournant à deux enroulements secondaires décalés de 1800, on peut en employer un à quatre enroulements secondaires décalés de 90° en modifiant les connexions en conséquence.
- (Ilelios, iei' mars 1914.)
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- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- La plus grande usine élévatoire d'irrigation du monde.
- Le district d’irrigation de Gem dans l’Idaho occidental (Etats-Unis) comprend une superficie de i2 ooo hectares occupant l’un des points les plus élevés de la vallée de la rivière Snake à environ 700 mètres au-dessus du niveau de la mçr. Il borde cette rivière au Sud à une distance de 29 kilomètres. Depuis le mois de mai dernier, ce territoire a été mis en valeur au moyen de l’irrigation par l’eau de la rivière Snake élevée par des pompes électriques dans des canaux creusés sur le plateau. Les deux usines élévatoires de la Crâne Falls Power and Irrigation C° for ment l’installation la plus puissante du monde pour un service de ce genre. Cette installation comprend neuf pompes Worthington commandées par moteurs électriques et réparties en quatre groupes.
- Quand toutes ces pompes sont en fonctionnement, elles absorbent une puissance de 5 685 chevaux. Toutefois, les besoins immédiats du territoire sont satisfaits avec une puissance de i 5oo chevaux. Le débit total des pompes est d’environ 760 000 mètres cubes par vingt-quatre heures. Le sol de la région dont il s’agit est constitué en majeure partie par des cendres volcaniques; plusieurs cours d’eau le traversent et ont déposé dans leurs lits des quantités d’allu-vions considérables. La fertilité de ce sol est très grande. Le projet d’irrigation a été organisé par une loi d’Etat et réalisé par une émission d’obligations qui reviendra après exécution complète du projet à un maximum de 365 francs par hectare. Pendant les trois premières années, l’énergie électrique pour le pompage est fournie gratuitement et les intérêts à payer sont excessivement faibles : 2 fr. 5o par hectare.
- Cominencés en 1911, les travaux ont été terminés en mai 1913. Le courant est fourni à 40 000 volts par l’Idaho Railway Light and Power C° et ramené à la tension de 2 200 volts pour la commande des moteurs.
- La plus grande usine comprend :
- Un groupe de trois pompes centrifuges de 457 millimètres débitant chacune 1 m’ 070 par seconde sous une hauteur de refoulement de
- 54 mètres et actionnées par des moteurs de 1 100 chevaux;
- Un groupe de trois pompes centrifuges de 5io millimètres débitant chacune 1 220 litres par seconde sous une hauteur de refoulement de 33 mètres et commandées par des moteurs de 750 chevaux;
- Un groupe de deux pompes de 5o8 millimètres débitant chacune 85o litres par seconde sous une hauteur de refoulement de 21 m. 3o et actionnées par un moteur de 35o chevaux.
- Dans l’usine élévatoire n° 2 se trouvent deux pompes de 367 millimètres débitant 455 litres par seconde sous une hauteur de refoulement de 33 m. 5o.
- (Electrical World, 3i janvier 1914 )
- L’électricité dans l’industrie céramique.
- Le choix de remplacement d’une fabrique de briques, de tuiles ou de poterie céramique dépend en premier lieu des moyens de transport, de l’ap-provisionnementeneau, en charbon eten matières premières; or, si l’on emploie l’électricité comme force motrice, surtout lorsqu’elle est fournie par des stations centrales, la question d’approvisionnement en eau et en combustible devient secondaire et le problème se simplifie. Ensuite, les divers ateliers doivent être disposés le plus avantageusement possible au point de vue de l’exploitation, sans pour cela qu’on soit gêné par les nécessités de la transmission mécanique de la force motrice. La commande individuelle des divers machines ou desdivers ateliers garantit, en outre, davantage le fonctionnement régulier de ceux-ci, en les rendant indépendants d’un moteur central dont les arrêts immobilisent la fabrique entière. Les moteurs électriques conservent, en pratique, une vitesse constante dans leurs limites de puissance et il en résulte un accroissement de la production sur la commande par moteur à vapeur dont la vitesse varie, non seulement avec la pression à la chaudière, mais encore avec la charge.
- Longtemps on a considéré, dans l’industrie céramique, que le besoin de vapeur d’échappement pour les séchoirs primait toute autre-considération et imposait l’emploi de la vapeur. Ce
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- n’est que récemment qu’aux Etats-Unis, on a étudié de plus près la question de la commande électrique des machines, soit par groupes, soit individuellement. Un des gros inconvénients des transmissions par courroie, c’est que la fine poussière d’argile qui flotte dans l’air se dépose sur les courroies et les poulies et encrasse les paliers, produisant, d’une part, un glissement exagéré des courroies, d’autre part, des pertes considérables par frottement. On éprouve souvent de grosses difficultés dans cette industrie à maintenir la vitesse convenable des machines à pleine charge, et les glissements de courroie limitent la production de bien des usines. En pareil cas, l’adoption du moteur électrique actionnant chaque machine peut augmenter la production de io à 3o % sans rien changer au reste de l’équipement,
- Prenons, par exemple, la fabrication de la tuile en poudre sèche. Les matériaux comprenant duflint, du feldspath et de l’argile sont mélangés par charges de i 8oo kilogrammes environ avec de l’eau et brassés dans un malaxeur vertical jusqu’à consistance uniforme de crème épaisse, opération qui dure généralement six heures. Après quoi, la pâte traverse des tamis en fil de cuivre de i 55o mailles au centimètre carré, de manière à en éliminer tous les nodules, matières étrangères, etc... elle arrive ensuite dans une cuve où elle est maintenue en agitation constante en attendant son traitement ultérieur. Les malaxeurs A'crti-caux, tamis et cuves d’agitation sont placés très près les uns des autres pour éviter la nécessité de pompages; ils sont généralement actionnés par courroie au moyen d’une transmission ; or, quand la charge augmente, c’est-à-dire quand la masse traitée offre une plus grande résistance au mouvement des palettes des malaxeurs, les courroies glissent et le rendement des machines est grandement diminué. La coin mande directe par moteur électrique a augmenté de i5 % le rendement des machines antérieurement commandées par courroie.
- Delà cuve d’agitation, la pâte passe dans un filtre-presse où elle est refoulée par des pompes qui travaillent en partant d’une contre-pression nulle pour atteindre, vers la fin de l’opération, à 7 et 8 kilogrammes. La commande de ces pompes nécessite de très larges courroies, avec une tension excessive et dont le glissement augmente très rapidement avec la pression, d’où
- perte de puissance et de temps. Avec des pompes actionnées par courroies, il faut de 45 à 5o minutes pour pomper une charge d’une tonne ; avec des pompes commandées par moteur électrique, le même travail se fait en if> minutes.
- A ce degré de préparation, la pâte est utilisable telle quelle pour la fabrication en pâte molle; si l’on veut fabriquer les tuiles en poudre sèche, il faut la soumettre à un séchage suivi d’un broyage en poudre fine. Cette pulvérisation s’effectue d’ordinaire dans des cylindres de o m. 90 à 1 m. u5 de diamètre munis de palettes ou de ventilateurs qui tournent à grande vitesse, — 1 200 tours environ par minute — dans une enveloppe en fonte. Cette grande vitesse jointe au glaçage des courroies par la poussière d’argile et à la tension excessive de ces courroies pour réduire le glissement, donne lieu à de multiples inconvénients, ruptures et chutes de courroies, pertes excessives par frottement, etc., pertes de temps pour remédier aux
- Vue de la commande électrique de machines dans une poterie.
- accidents. Un de ces broyeurs qui ne pouvait produire que 4 tonnes par heure en fonctionnant sans interruption a atteint une production horaire de 5 tonnes par commande à l’aide d’un moteur indépendant ; il faut noter, en outre, que la vitesse étant plus régulière, on a obtenu un produit de qualité plus fine. La poudre sèche est moulée ensuite en tuiles dans des presses à bras.
- L’argile à poterie est prise au filtre-presse et brassée dans un malaxeur pour en uniformiser le degré d’humidité. Ce malaxeur est du type
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- vertical et se compose d’une cuve et d’un arbre vertical armé de bras qui travaillent l’argile et la poussent en même temps vers l’orifice de sortie d’où la p«àte sort en un boudin d’environ ao centimètres de diamètre. Après son moulage à la forme définitive, les poteries sont passées à l’étuve, subissent une première cuisson, puis sont décorées, cuites de nouveau et glacées. La gla-çure employée offre une grande analogie avec le verre; elle estpulvérisée dans des tubes broyeurs comme ceux' employés dans les cimenteries et dans les mines. Ce sont des cylindres en acier revêtus intérieurement de briques de.porcelaine et contenant plusieurs centaines de kilos de petits galets de silex; la « fritte » ainsi qu’on appelle les matériaux destinés à la glaçure (généralement quartz et feldspath) est broyée par rotation dans ces cylindres en une fine poussière qui additionnée d’eau constitue la couverte. Les poteries sont plongées entièrement dans cette bouillie tandis que les tuiles ne sont glacées que sur une face. Les produits sont alors soumis à une cuisson finale. Etant donnée leur fragilité quand ils ont été dégourdis, on ne les manutentionne que dans des cylindres de terre appelés cazettes.
- Dans une fabrique de poterie de l’Ohio où l’on utilisait autrefois la commande mécanique, il y avait un moteur Corliss de 8o chevaux actionnant une longue ligne de transmission dans l’atelier de préparation : malaxeurs verticaux, tamis, cuves d’agitation, pompes des filtres-presses, broyeurs, pulvérisateurs, transporteurs et cribles à poudre sèche. En outré, un moteur à gaz de 8o chevaux actionnait un générateur électrique fournissant le courant à des moteurs qui commandaient par groupes des machines diverses des broyeurs à boulets, l’atelier de fabrication des cazettes et de broyage de la fritte pour la glaçure. Le prix de revient par mois de la force motrice, y compris salaire du mécanicien, entretien des courroies, etc., s’élevait à % 140 francs. Les accidents de courroie étaient fréquents, surtout aux pulvérisateurs, en raison de leur grande vitesse de marche et de la nécessité d’avoir de grandes poulies sur la transmission et de petites sur les arbres des appareils.
- La consommation de force motrice devenant
- de plus en plus grande, la fabrique remplaça son équipement par 35 moteurs électriques alimentés par le réseau et ne conserva en tout que six commandes par courroie. Celte transformation permit d’augmenter de 20 % la production de l’usine pour une consommation de courant ne dépassant pas 77a francs par mois, d’où une économie de 1 365 francs malgré l’accroissement de production.
- D’autre part, on réalisa une [sensible économie sur la main-d’œuvre. Dans l’atelier de fabrication des cazettes, par exemple, où il fallait autrefois huit ouvriers pour entretenir le stock de 85 000 à 90 000 cazettes, il n’en faut plus aujourd’hui que 6.
- Au moment de la transformation, une difficulté s’est présentée dans la question du chauffage du séchoir. Celui-ci était chauffé par la vapeur d’échappement des machines ; aujourd’hui, on utilise à cet usage la chaleur perdue des fours. Lorsqu’une cuisson est terminée, au lieu d’abandonner le four et son contenu à un refroidissement lent, on les refroidit par circulation d’air produite par un ventilateur qui envoie ensuite cet air dans les séchoirs ; comme il y a toujours plusieurs fours à refroidir en même temps, la chaleur ainsi récupérée est plus que suffisante pour le séchage.
- L’article analysé donne, sous forme de tableaux la description de l’équipement électrique de diverses fabriques de céramique. Nous y relevons entre autres celle d’une fabrique d’isolateurs en porcelaine à haute tension produisant environ 3o 000 isolateurs par jour. Cette usine occupe r 10 ouvriers et 70 femmes travaillant 10 heures par jour. Elle est alimentée en courant triphasé à 60 périodes, 220 volts, et équipée de i3 moteurs pour la plupart à induit en cage d’écureuil. La puissance globale est de 71 chevaux et la consommation moyenne d’énergie par mois 12 074 kilowatts. Le facteur de charge pour les 24 heures est de 3i % et pour les heures de travail, de 63 % .
- La consommation d’énergie électrique moyenne estde 14,7 kilowatts-heures par 1 000 isolateurs fabriqués.
- (Electrical Review and Western Electrician,
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- Les propriétés magnétiques de la fonte. — D1 E. Gumlich.
- Les propriétés magnétiques de la fonte et de ses alliages jouent aujourd’hui un rêle considérable par leur application .à l’électrotechnique. L’auteur se propose donc, en se basant sur le diagramme d’aimantation du 1er doux et de la lonte, d’étudier les qualités que doit posséder ce dernier métal pour son application aux différents usages de la construction électrique. Il montre comment ces qualités sont influencées et modi fiées par des teneurs variables en différents constituants.
- Ce maximum d’induction magnétique 03 qu’on atteint pour le maximum d’intensité du champ magnétique considéré Ht est, comme on le sait, notablement plus faible pour la fonte que poulie fer doux et cela a lieu jusqu’à saturation des deux métaux par augmentation de l’intensité du champ magnétique, saturation que nous désignerons par /( tc I, I étant l’intensité d’aimantation (03 = 4 tc I -)- 3C).
- Or, abstraction faite d’une seule exception récemment découverte par Preuss et Weiss (alliage de fer avec 34 % de cobalt ayant une saturation supérieure de io % environ à celle du fer doux), on a toujours observé jusqu’ici que la saturation magnétique du fer doux était supérieure à celle de tous ses alliages.
- Nous désignons ici par alliages toutes les variétés de métaux ferreux et particulièrement la fonte qui contient jusqu’à : 4 % de carbone; 4 % de silicium; une assez grande quantité de manganèse, de phosphore, etc., au total 8 à io % d’impuretés.
- D’après leur influence sur l’aptitude à l’aimantation du fer, on peut classer ces impuretés en deux groupes : i° les éléments non magnétiques, c’est-à-dire passifs par rapport au fer qui ne font que prendre sa place dans l’alliage et pour ainsi dire la section de métal; tels sont le silicium et l’aluminium ; 2° les éléments actifs, c’est-à-dire dont la combinaison avec le fer ou la dissolution dans ce métal réduisent plus fortement encore l’aptitude à l’aimantation ; à cette catégorie appar-
- tiennent le carbone et le manganèse. On n’est pas encore très fixé sur l’influence, à cet égard, du phosphore et du soufre. Le Laboratoire d’essai des matériaux de Gross-Licbterfclde, doit faire des expériences sur ce point. L’action nuisible du manganèse sur la saturation du 1er se manifeste très fortement pour des concentrations de 5 à 6 % et au-dessus, tandis qu’au-dessous de cette teneur, les valeurs de la saturation magnétique faiblissent très rapidement; toutefois, ces teneurs sont rares.
- Pour le carbone, il faut distinguer entré la forme combinée à l’état de carbure Fe3 C (perlite et cémentite) et le carbone dissous (martensite) ; d ans le premier cas, i % de carbone abaisse d’environ 7 % la saturation magnétique du fer et d ans le second cas, la même teneur produit un
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- -16000
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- Courbes d’aimantation du fer doux (A) et de la fonte (A'), abaissement de i5 % . Il en résulte déjà que l’on peut relever notablement le chiffre de saturation magnétique de la fonte par un recuit convenable suivi d’un refroidissement lent qui transformeront la martensite de la fonte en perlite et cémentite. Si l’on fait abstraction, néanmoins, de ces influences particulièrement nuisibles des impuretés et si on ne les considère que comme de simples corps étrangers non magnétisables qui occupent la place du fer et réduisent la section de fer d’une pièce considérée, on constate que lesdites impuretés ayant une densité relativement faible par rapportai! fer réduisentla section de fer d’environ 20 à 3o % . 11 est donc naturel que les chiffres de saturation de la fonte soient
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- inférieurs à ceux du fer doux. Par exemple, les valeurs de saturation 4^1 de*la fonte avant et après recuit ont été trouvées de 16420 et 16750 gauss respectivement, tandis que celles du fer électrolytique étaient de ai 600 gauss.
- Si l’on veut, par conséquent, augmenter sensiblement la saturation magnétique de la fonte et, par suite, sa perméabilité aux fortes intensités du champ magnétique, il n’y a pas d’autre solution que d’éliminer une notable partie des impuretés et surtout du carbone, puisque celui-ci a une influence active nuisible. D’autre part,
- 11 ne convient pas d’abaisser la teneur en silicium qui agit également de façon nuisible sur la saturation du fer, participe, de plus, à l’influence déjà très préjudiciable du carbone, ainsi que nous le verrons plus loin. Une saturation plus élevée aura généralement pour conséquence également une perméabilité plus grande aux faibles intensités de champ magnétique mais ce n’est pas la condition unique. Considérons dans la figure l’intensité de champ relativement faible OD ; pour le fer doux, elle correspond à une induction DE et pour la fonte, à une induction DE'. La perméabilité g., c’cst-à-dire le rap-
- DE DE' . . .
- P°r^ ÔD O11 ÔD’ 6St ainsi keaucouP plus laible pour la fonte que pour le fer doux; elle le sera d’autantplus que la courbe d’aimantation OA' sera plus couchée ou, ce qui revient à peu près au même, que la force coercitive sera plus grande. Cette force dépend pour beaucoup de la teneur en carbone et de la forme sous laquelle se trouve cette impureté ; elle est le plus fortement accrue par le carbone dissous. Aux hautes températures, le fer peut dissoudre environ 1,8 % de carbone ; si on le trempe, on conserve l’état martensitique qui donne une force coercitive atteignant 70 gauss alors que celle du fer doux n’est que de o,5 à 1 gauss et celle de la fonte non recuite, de 8 à
- 12 gauss. Un métal ayant la force coercitive de la martensite serait donc inutilisable pour les bâtis de dynamos, etc., caria boucle d’hystérésis serait si large et la courbe OA si inclinée, que le maximum de perméabilité ne pourrait être qu’extrêmement faible.
- Par contre, dans le refroidissement lent de la fonte, se forme, comme on le sait, du carbure de fer qui, jusqu’à la teneur en carbone de 0,9 % , se présente sous forme de pei'lite, le surplus étant sous forme de cémenlite. Ces deux formes
- ne sont évidemment pas favorables, au point de vue magnétique, mais sont beaucoup moins nuisibles que la martensite. La force coercitive d’une structure perlitiquc à 1,8 % de carbone, pour du fer autrement dépourvu d’impuretés, est d’environ 12 et elle augmente naturellement encore un peu avec la teneur en carbone.
- Abstraction faite de la réduction de section du fer, le carbone graphitique, ou carbone de recuit, est à peu près inoffensif au point de vue magnétique. En conséquence, on doit chercher à faire passer la plus grande partie possible du carbone total à l’état de graphite, ce qui s’obtient par recuit et refroidissement très lent et par l’action d’une teneur notable en silicium. C’est à une teneur de 3 à 4 % de silicium que certaines tôles dont la fabrication a été conseillée par l’auteur doivent leurs excellentes propriétés magnétiques. C’est très probablement à la même raison qu’il faut attribuer les progrès accomplis par Nathusius dans la fabrication de la fonte magnétique. Le meilleur métal produit par lui ne contient à peu près pas de carbone combiné et renferme : 1,7 % de graphite, 6,2 % de silicium, 0,4 % de manganèse et 0,1 % de phosphore. Sa force coercitive n’est que de 1,7; sa perméabilité maximum est de 2.100. Ce sont là des propriétés bien supérieures à celles de la fonte non recuite et qui approchent beaucoup de celles de l’acier moulé. Cela 11e s’applique naturellement qu’aux faibles intensités de champ car, pour des intensités àê = i65, cette fonte a une induction £8 =r i3 800 seulement contre 19000 pour l’acier moulé. Cela tient à la plus grande teneur en impuretés, carbone, silicium et manganèse, qui atteint environ 8 % en poids, soit 27 à 28 % en volume, et qni réduit la section de fer d’environ 1/4 par la présence de ces éléments étrangers non magnétiques. Cette réduction du volume de fer, due à l’influence des éléments étrangers y compris le silicium, se manifeste également aux faibles intensités de champ, mais elle est secondaire par rapport à l’avantage signalé et n’apparait réellement qu’aux fortes intensités.
- Le manganèse agit à l’inverse du silicium et en grande quantité il est extrêmement nuisible, parce qu’il empêche la précipitation du carbone à l’état graphitique et qu’en outre, il augmente la force coercitive et réduit l’induction. Néanmoins, de faibles quantités de manganèse,
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- jusqu’à o,5 % environ, sont sans action appréciable.
- En raison de ce qui précédé, pour produire une fonte utilisable au point de vue magnétique à la construction des carcasses de dynamos, etc., on doit chercher à réduire le plus possible la teneur en carbone et en manganèse et à n’employer de silicium que la quantité nécessaire à la précipitation du carbone total à l’état de graphite. Plus il y a de carbone, et plus il faut de silicium et par suite, plus faible est la perméabilité pour les fortes inductions. Les moulages de fonte seront, de préférence, recuits et refroidis très lentement. Si l’on veut éviter ce traitement thermique, on devra chauffer les moules de façon que le refroidissement à partir de 65o° C soit très lent.
- Jusqu’ici nous n’avons eu en vue que le métal des carcasses de dynamos où, à côté des propriétés magnétiques, la question de prix joue un rôle prépondérant. Mais on a recommandé en ces derniers temps une autre application de la fonte, susceptible de se développer, la fabrication des aimants permanents. Les conditions à satisfaire sont ici exactement inverses des précédentes : la rémanence et la force coercitive doivent être aussi grandes et la boucle d’hystérésis, aussi large que possible ; cependant, l’induction aux fortes intensités de champ, c’est-à-dire la saturation, doit être lapins grande possible car une faible saturation ne donne jamais une grande rémanence. Ces conditions ne peuvent être réalisées simultanément pour certaines raisons, mais il faut chercher à s’en rapprocher le plus possible.
- Tableau I
- FONTE TREMPÉE ACIER A AIMANT
- Rémanence apparente 1 750 51 1 55o 55,5 1 950 73 gauss
- Force coercitive.. .
- 11 y a quelques années, Albert Campbell a préparé avec de la fonte marchande ordinaire un certain nombre de barres qu’il a trempées à i ooo° C et dont il a comparé la rémanence et la
- force coercitive à celle de deux barres de mêmes dimensions en bon acier à aimant. 11 a obtenu en moyenne les résultats résumés dans le tableau I:
- Il est manifeste que les aimants en fonte sont ici notablement inférieui’S, surtout au second des deux aimants de comparaison, mais il faut considérer, d’autre part, que la fonte étant beaucoup plus facile à couler, elle se prête à la production économique d’aimants de forme compliquée; de plus, par un traitement thermique approprié et une composition convenable de fonte, les aimants en fonte seraient notablement améliorés.
- D’après les expériences de l’auteur sur les propriétés magnétiques des alliages fer-carbone, la force coercitive est directement proportionnelle à la teneur en carbone dissous, tandis que la rémanence est en raison inverse de cette teneur. Comme, à haute température, i,8 % de carbone environ peut passer en dissolution, on peut obtenir de bons résultats avec une teneur de 1,1 à i,5 % de carbone et une température de 85o à 9oo°C. La plus haute teneur en carbone de la fonte ordinaire a une action défavorable, parce que le carbure de fer Fe3 C (cémentite)] dans lequel l’excès de carbone se transforme par refroidissement, est moitié moins magnétique que le fer pur dont ce carbure occupe la place. Il sera donc avantageux pour la fonte destinée aux aimants permanents d’avoir une basse teneur en carbone qui ne dépasse pas, du moins, i % .Le silicium doit être ici complètement éliminé car, avec une teneur élevée en silicium, il est absolument impossible d’atteindre à une grande force coercitive, cet élément favorisant la précipitation du carbone à l’état perlitique ou graphitique, sans compter qu’il tient la place du fer magnétique et réduit l’aptitude à l’aimantation aux fortes intensités de champ.
- Le manganèse a également cet inconvénient à un degré plus élevé encore, mais il est recommandable, parce qu’au contraire du silicium, il empêche la précipitation du carbone par refroidissement et qu’il donne, de plus, par lui-même, une force coercitive plus élevée au fer, propriétés justement importantes dans les aimants permanents.
- (Stahl und Eisen, a5 décembre 1913.)
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- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- Bien que la grève des mineurs ait été de courte durée, les approvisionnements de combustible, déjà très réduits sont devenus plus insuffisants pour nos besoins nationaux. Nous avons dit les causes du déficit qui se crée et nos espérances quant aux conséquences des difficultés de recrutement de la main-d’œuvre. ,
- Ainsi, les chemins de fer de l’Etat sont conduits à interroger les fournisseurs anglais et allemands pour la fourniture de 8oo ooo tonnes que les mines françaises ne peuvent leur garantir et la marine s’adresse à l’Angleterre pour 18 ooo tonnes de briquettes.
- Courrières va demander l’autorisation d’élever son capital de 6 à 18 millions et de consacrer les disponibilités correspondantes à des installations nouvelles où l’électricité devra jouer le rôle prépondérant. Nous souhaitons que ses dirigeants cherchent en France le matériel dont ils ont besoin et sachent l’y trouver. Quand on examine les échanges annuels de l’Allemagne avec la France, on constate non sans regret que nous sommes importateurs de houille pour 159 millions de francs et de machines et mécaniques diverses pour i34 millions ; pour ce dernier chapitre, notre exportation se limite à 8 millions et diminue chaque année. Il est facile de se rendre compte que ce chiffre formidable de i34 millions comporte beaucoup de matériel électrique, des moteurs à gaz pauvre,des moteurs Diesel, des appareils frigorifiques, des machines d’imprimerie et des appareils de meunerie. Notre industrie française est à même de fournir toutes ces choses : mais la façon dont elles sont présentées par nos concurrents trompe les plus avertis et nous fait éliminer pour des raisons d’économie. Notre Syndicat professionnel des Industries électriques a tenté de réagir auprès de ses adhérents et de tous les industriels par une publicationqui leur prouvera lapossibilitéde trouver en France et à des conditions satisfaisantes toutes les machines dont ils ont besoin, cet effort vaut d’être encouragé comme une tentative capable de fournir quelques résultats utiles aux constructeurs.
- Les Tramways-Sud n’ont pas fait durant l’exercice écoulé un progrès très sensible. Leurs recettes pro-
- pres d’exploitation ont légèrement augmenté, passant de 9 893 379 francs à 10 o38 5a8 francs ; mais leurs recettes diverses ont baissé dans la même proportion, si bien que les recettes totales ne se sont élevées qu’à 10578 155 francs. Le coefficient d’exploitation par contre s’est beaucoup amélioré puisqu’il descend de 78 % à 74 %, les dépenses d’exploitation ayant été réduites de près de 200000 francs. Si la S.ociété n’avait pas eu à faire face au service des obligations nouvelles, les résultats de l’exercice eussent été en fin de compte plus favorables. Mais on sait que les Tramways-Sud ont dû émettre près de 10 millions d’obligations pour rembourser l’avance que leur avait consentie la Compagnie Thomson-Houston : le service des intérêts a exigé 775 190 francs au lieu de 315 ooo francs. Le Conseil en réduisant de moitié la provision pour réfection des voies a pu présenter un solde bénéficiaire sensiblement égal au précédent : soit 1 980 137 francs. La répartition proposée est la suivante : réserve légale, 96952 francs; 5 % aux actions de priorité non amorties, 926837 francs; 4 % aux actions ordinaires, 999 470 francs ; amortissement d’actions de priorité, 120 25o francs ; report à nouveau, 36 628 francs.
- Les difficultés dans lesquelles s'est débattue jusqu’à ce jour la Compagnie Générale de Traction, la situation des Tramways-Sud, celle des Tramways de Paris et du Département de la Seine, des Tramways de la Rive Gauche, ne sont évidemment pas de nature à solliciter l’attention des capitaux. Il en a été de même à l’étranger : il ne faudrait pas en conclure que les affaires de traction sont mauvaises par elles-mêmes et malgré tout. La Compagnie Générale Française de Tramways a obtenu des résultats qu’on peut déclarer satisfaisants malgré les difficultés de toute nature qu’elle a rencontrées, prouvant ainsi qu’une bonne organisation du trafic et des tarifs permettait de lutter contre la concurrence, s’il s’en établissait, ou contre les fantaisies des pouvoirs publics. C’est malheureusement à ce motif qu’il faut attribuer tant de pertes, aggravées encore par les exigences de la main-d’œuvre, exigences toujours soutenues et encouragées en haut lieu sans compensation. Les titres de la Compagnie Générale des
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- Omnibus éprouvent en ce moment ce Contre-coup de la méfiance qui atteint toute cette catégorie de titres. La réorganisation dès omnibus automobiles a prouvé cependant qu'il y avait quelque parti à tirer de ce titre : la réorganisation des tramways qui donne lieu pour le moment à tant dé bouleversements dans Paris, mais à d’intéressants résultats là où elle est accomplie, étonnera les plus sceptiques. Les recettes totales au 25 février s’élevaient à 8 844 537 francs en plus-value de 3io 200 francs sur celles de l’an dernier. On se rappelle que la Compagnie a pu prélever sur ses bénéfices de l’exercice 1912 le coupon intercalaire des actions ; les résultats de 1913 seraient plus favorables.
- Les Tramways d’Amiens ont augmenté leurs recettes d’exploitation de 21000 francs environ, et leurs dépenses de 9 739 francs seulement. Les bénéfices de l’exercice se chiffrent par 272324 fr. 74 et représentent pour un capital de 4 millions un revenu de près de 7 % . Les actions touchent 5 % ou 25 francs, ce qui absorbe 200000 francs; la réserve légale et la réserve extraordinaire sont dotées de 73 208 fr. 09. Au bilan, les immobilisations figurent pour 5 078 519 fr. 56, les voies, lignes aériennes et feeders paraissantpour le plus gros chiffre, soit 2 967 oo5 fr. ; il y a un compte indemnités et frais divers pour 178 438 francs qui devrait disparaître. Au passif, à part les obligations qui s’élèvent à 944 000 francs, les engagements envers les tiers ne figurent que pour 67 276 fr. 98, largement balancés par les disponibilités en banque ou en portefeuille.
- Tandis que le coefficient d’exploitation des Tramways-Sud est de 74 % .celui des^Tramways d’Amiens de 64,6 % , celui des Tramways de Rouen s’établit à 58,4 % Les recettes de l’exercice igi'i sont en augmentation de 2o5 353 francs soit de plus de 6 % sur l’exercice 1912, tandis que les dépenses n’ont progressé que de 99 589 francs. Le développement
- incessant de Rouen, la mise en service de lignes nouvelles a contribué à cette amélioration. Le solde bénéficiaire net, intérêts des obligations et amortissements déduits, s’est élevé à 1 204 706 fr. 88 pour un capital de i3 5oo 000 francs. La répartition votée est la suivante : réserve légale 5 % ou 69235 fr. 33; amortissement de i65 actions, 99000 francs; 5 % aux actions de capital non amorties, 636 750 francs; fonds de prévoyance, 138 547 fr. 95; au Conseil,40 526 fr. 04; dividende supplémentaire de 8 fr. 5o à toutes les actions, 229 5oo. Le report à nouveau s’élève à 95 861 fr 73. La situation a permis au Conseil de proposer à l’assemblée un amortissement supplémentaire du capital actions, tout en dotant le fonds de prévoyance des sommes nécessaires pour les travaux de réfection et de renouvellement de voies. Plusieurs concessions de lignes aboutissant aux communes voisines de Rouen, Malaunay, Darnétal, Bihorel ont été sollicitées; les dossiers ont été établis et sont à l’examen du ministère des Travaux publics. La seule ligne de Grand-Quevilly fera l’objet d’un prochain décret de concession, et dès maintenant le Conseil, envisageant les moyens financiers indispensables, a demandé à l’assemblée de créer mille obligations nouvelles de 5oo francs à des conditions à déterminer suivant l’état du marché.
- Les Ardennes Electriques émettent une tranche de deux millions d’obligations 5 % nets, jouissance ict mars 19145 les coupons payables au ier mars et au i,r septembre sont ainsi de 12 fr 5o exempts des impôts actuels; le remboursement se fera en 3o ans à partir de 1919. Les Ardennes Electriques ne sont que des distributeurs de courant; leurs disponibilités sont entièrement consacrées à l’établissement des réseaux haute et basse tensions y compris les postes de transformateurs. Elles échappent aux aléas que courent les entreprises propriétaires de leur station génératrice.
- T. R.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Russie. — Le ministère russe des Voies de communication prépare un projet de loi relatif à la commande de 40 000 wagons pour les chemins de fer de l’Etat, en dehors des i5 ooo wagons pour l’achat desquels une demande de crédit est déjà déposée à la Douma.
- Suède. — L’Administration des chemins de fer de lEtal suédois a l’intention de doter de la traction électrique toutes les lignes sur lesquelles ce mode de traction semble appelé à donner des résultats satisfaisants.
- Les dépenses totales pour l’électrification sont évaluées 5 66 millions de francs, dont 11 millions pour la ligne de Kiruna à Lulea.
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- TÉLÉPHONIE
- . Algérie. — La Chambre de commerce d’Oran est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie \ine somme de 8 900 francs en vue de l’établissement d’un circuit téléphonique Sidi-bel-Abbès-Baudens.
- La Chambre de commerce de Constantine est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme totale de 104 080 francs en vue de l’établissement des circuits téléphoniques Khenchelà-Khangha-Sidi-Nadji (80 000 francs), Khenchela-Edgard-Quinel (i5 950 francs) et Aïn-M’lila-Berteaux (8 i3o francs).
- (brevets Niclausse), créateur à l’étranger d’importants ateliers de construction de générateurs et fournit des chaudières pour les industries et les marines étrangères; 33 années de pratique industrielle/ Officier du 20 mai igo3.
- SOCIÉTÉS
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain, Paris.
- Les recettes de la première décade de mars se sont élevées à 1 65o 302 francs, en augmentation de 74 35g francs sur celles de la période correspondante de 1913. La plus-value depuis le i1-! janvier est portée delà sorte à 486 977 francs.
- Omnium Lyonnais de Chemins de fer et Tramways.
- Tableau comparatif des recettes
- SEMAINE DU 22 FÉVRIER AU 28 FÉVRIER DU Ior JANVIER AU 28 FÉVRIER POURCENTAGE
- 19*4 1913 Ï9'4 1913
- Cannes 14 634 55 i3 899 55 106 025 » io5 574 95 I 004
- Fontainebleau 2 714 o5 2 258 o5 21 088 5o 19 2i5 5o 1 096
- Bourges . ... Poitiers 3 65g 60 3 118 25 29 852 70 29 021 10 1 028
- 3 433 40 3 483 85 26 941 15 27 272 » 0 987
- Troves 4 880 20 4 35i 42 499 25 41 175 90 1 o3j
- Pau . • . 4 683 60 4 387 65 37 o3o 90 37 843 65 0 978
- Cette 2 5g5 4° 2 436 85 20 320 85 20 207 g5 1 oo5
- Armentières 1 438 20 1 166 60 12 126 71 12 082 5o 1 oo5
- Totaux 38 o3g » 35 102 25 295 885 06 292 393 55 I 0 I I
- Avignon ". . . . 3 5i1 3o 3 474 25 28 36o 20 32 180 » 0 881
- Saint-Etienne-Firminy. . . . 38 517 55 35 5o6 85 323 104 65 321 757 60 O O
- Compagnie Française pour l’Exploitation des Procédés Thomson-Houston.
- Comparaison des recettes des exploitations du i»? janvier au 28 février 1913-1914.
- DÉSIGNATION DES RÉSEAUX DU RECETTES MOIS DE FÉVRIER DU Ie’ RECETTES JANVIER AU 28 FÉVRIER
- 1913 I9»4 augmentation en 19*4 19*3 1914 augment en 19 totale ation >4 %
- Compagnie des chemins de fer Nogentais.... 289559,70 292922,60 3362,90 620057,90 610992,80 9065,10 1,46
- C'o Fso des tram, élect. et omnib. dé Bordeaux. 453147,60 468 454,55 i5 3o6,g5 966323,i5 949 2.32,80 i7oqo,35 1,76
- Compagnie des tramway s de Nice et du Littoral. 486653,80 495 4-26,65 8 772,85 935298,70 926141 ,o5 9167,65 °97
- Compagnie des tramways de Rouen 229309,20 245115.80 15 806,60 5oo585,8o 514577,35 i3oqiî55 3.79
- Société des tramways d’Amiens 58786 » 63 691,65 49o5,65 i3o 190,30 i36353 » 6 162,70 4,72
- Société Versaillaise de tramways électriques. 42 710,60 46894,90 4184,3o 93 822,65 99»77>75 5 355,io 5,70
- Société des Tramways Algériens 117349,35 i34 361,40 17012,05 2S9 117,65 28o533,20 21 4i5,35 8,26
- NOMINATIONS
- Promotion dans l’ordre de la Légion d’honneur.
- Au grade de commandeur.
- M. Niclausse (Elie-Pierre-Jules), industriel à Paris, directeur de la Société des générateurs inexplosibles
- Compagnie Générale Française de Tramways.
- (Marseille, Le Havre, Nancy, Orléans).
- Recettes du ier janvier au 28 février 1914. . 2 463 44o 42
- — — — i9l3-- 3-4?7 oa4 95
- Différence en faveur de 1913.......... i3 584 53
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV(2° Série). — N» 12.
- 384
- CONSTITUTIONS
- Compagnie de Tramways Electriques à Voie étroite de Douai à Lallaing. — Objet : établissement et exploitation d’une voie ferrée d’intérêt local à traction électrique de Douai à Lallaing, déclarée d’utilité publique par décret du 23 janvier 1914, ainsi que de toutes voies ferrées qui pourraient être ultérieurement concédées ou rétrocédées à la Société et toutes opérations connexes. — Capital : 5oo 000 francs, divisé en 5 000 actions de 100 francs chacune à souscrire en numéraire et à libérer d’un quart en souscrivant. — Siège social : 32, rue delà Mairie, Douai.
- CONVOCATIONS
- Compagnie de Gaz et d’Electricité du Mans, de Vannes et de Vendôme. — Le 3o mars, au Mans.
- Compagnie Française des Tramways Electriques de Bordeaux. — Le 2 avril, 19, rue Blanche, à Paris.
- 1 Compagnie des Tramways de Nice et du Littoral.
- — Le 2 avril, 12, rue de Londres, à Paris.
- Compagnie des Tramways Electriques de Lille et de sa Banlieue. — Le 3 avril, 5o, rue de Lisbonne, à Paris.
- Compagnie Générale Française de Tramways. —
- Le 3 avril, 7, rue de Madrid, à Paris.
- Société des Groupes Electrogènes Fiat-Lux. —Le 4 avril, 19, rue Blanche, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- . FRANCE . 1 i .
- L’Administration des Chemins de fer de l'Etat* à Paris, va procéder à l’achat de câbles triphasés.
- Les industriels désireux de remettre des offres de prix pour cette fourniture pourront, pour obtenir tous renseignements et documents utiles, s’adresser à M. l’Ingénieur principal des approvisionnements et des magasins, 4a, rue de Chàteaudun, à Paris, tous les jours ouvrables de 14 à 17 heures.
- Les offres devront parvenir à M. le Président des adjudications des chemins de fer de l’Etat, (comptabilité générale), 20, rue de Rome, à Paris, le lundi 23 mars 1914, au plus tard, avant 18 heures.
- L’Administration des Chemins de fer de l’Etat, à Paris, a l’intention d’acquérir 120 voitures à voyageurs à intercirculation et à bogies.
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service du matériel et de la traction (matériel), 44i rue de Rome, à Paris, tous les jours de la semaine de 14 à 17 heures.
- Les offres devront être remises pour le 3o mars au plusMard.
- L’Administration des Chemins de fer de l’État, à Paris, a l’intention d’acquérir six grues électriques destinées à la gare maritime de Dieppe.
- Les industriels, désireux de concourir à cette fourniture, peuvent se renseigner immédiatement à cet égard, dans les bureaux du service électrique (ira division), 43, rue de Rome, à Paris, les mardi et vendredi, de i5 à 17 heures, jusqu’au 3i mars 1914*
- L’Administration des Chemins de fer de l’Etat, à Paris, a l’intention d’appliquer le chauffage et'l’éclairage électriques sur 3o voitures.
- Les industriels désireux de concourir, à cette installation peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service électrique (3e division), 72, rue de Rome, à Paris, les mardi et vendredi, de i5 à 17 heures, jusqu’au 31 mars 1914.
- Le 25 mars, à la Chambre de commerce de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), concours pour l’établissement d’un groupe électrogène de secours dans le bâtiment de la sous-station de transformation que la Chambre de commerce possède sur les terre-pleins du bassin Loubet, au port de Boulogne. Ce groupe devra pouvoir fournir du courant continu à 55o volts et du courant triphasé à 23o volts entre fils. La puissance fournie en courant continu sera de 25o kilowatts; la puissance en courant triphasé, de 80 kilowatts; ces deux puissances ne devront pas être atteintes simultanément. Le groupe comportera un moteur à combustion interne.
- Les concurrents qui désireront prendre part à ce concours doivent en adresser la demande, par lettre recommandée, à M. Farjon, président de la Chambre de commerce de Boulogne-sur-Mer, avant le 25 mars 1914> A 6 heures du soir. ...
- BELGIQUE
- Le ier avril à 12 h. 1/2, en la salle de la Madeleine, à Bruxelles, reprise contre argent de machines à vapeur, dynamos et matériel électrique provenant des services de l’électricité des chemins de fer de l’Etat : icr lot, dynamos; — lot, dynamos et induits ; — 3° lot, id.; 4e lot, culots de lampes à incandescence; — 5e lot, câble souterrain en cuivre; 6e et 7e lots comprenant chacun une machine à vapeur de 100 chevaux. Soumissions recommandées le 28 mars.
- Le 14 avril, à 10 heures, à la fonderie royale de canons, 80, quai Saint-Léonard, a,Liège, fourniture et installation du matériel électrique nécessaire à l’établissement des feeders, du réseau de distribution de la force motrice et de l’éclairage et à l'installation de l’éclairage dans divers bâtiments du camp de Bcverloo, en 3 lois; cautionnement ; 10 % du montant de la soumission (cahier des charges spécial n° 10).
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- Paris. — imprimerie levé, 17, rue cassette.
- Le Gérant ; J.-B. Nouet
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- Trente-sixième année. , SAMEDI 28 MARS 1914. Tome XXV (2« série). — N° 13
- La Lumière Electrique
- *
- SOMMAIRE
- P. BOUVIER. — Remarques sur le calcul des postes radiotélégraphiques à résonance.. 385
- E. HAUDRY. — Machines électriques pour
- exploitations agricoles..,............. 391
- J. REYVAL. — Le compensateur de phase système Brown-Boveri..................... 395
- Publications techniques
- Electrotechnique Générale
- Sur la production et l'effet des harmoniques supérieurs dans les transports d’énergie à haute tension. — A. Blondel............. 4o4
- Stations centrales et distribution
- Les sous-stations à l’air libre. —A. Macomdek. 407 L’exploitation commerciale des entreprises
- municipales et nationales. — Carl Witt. . . 408
- Traction
- Sur quelques conditions de l’électrification des
- chemins de fer. — R. Smith. ........... 41 <>
- Applications mécaniques
- La soudure électrique..................... 4*3
- Etudes et Nouvelles Economiques.......... 414
- Renseignements Commerciaux............... 415
- Adjudications............................. 4*6
- REMARQUES SUR LE CALCUL DES—POSTES RADIOTÉLÉGRAPHIQUES
- A RÉSONANCE
- M. Bouvier présente une méthode de calcul des postes radiotélégraphiques utilisant le phénomène de là résonance primaire. La méthode permet de prévoir les caractéristiques des différentes machines de la station établies pour obtenir une puissance fixée à l’éclateur et une émission d’une tonalité déterminée. Des tables pratiques permettent d’effectuer rapidement les calculs mimétiques.
- On sait qu’un poste radiotélégraphique à résonance comprend essentiellement :
- i° Le circuit de charge d’une batterie de condensateurs comprenant un alternateur, des selfs et un transformateur.
- %Q Le circuit de décharge de cette batterie de condensateurs ou circuit oscillant comprenant un éclateur et une sell-inductance. Ce dernier circuit est accouplé avec l’antenne.
- Les différents éléments du circuit de charge sont réglés de façon qu’il y ail résonance.
- Dans ces conditions, lorsque l’on établit le courant, l’amplitude des alternances va en crois-
- sant jusqu a ce que la tension necessaire pour qu’une étincelle éclate à l’éclateur soit atteinte.
- La batterie se décharge alors en produisant des oscillations dans le circuit à haute fréquence.
- Le condensateur est momentanément court-eircuité par l’étincelle, la résonance est détruite.
- Dès que le court-circuit a cessé, le phénomène recommence et l’on obtient, après plusieurs alternances, une nouvelle étincelle (voir fig. 2).
- Il est nécessaire, pour obtenir un bon fonctionnement, de limiter le plus possible la période de Court-circuit de l’alternateur par l’étincelle et de rendre aussi faible que possible le courant, à
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- 38S
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2* Série). — N° I L
- la fréquence primaire, qui à ce moment traverse l’éclateur.
- Nous supposerons que l’éclateur peut être réglé de façon que l’étincelle éclate au voisinage
- C. Conden«ateu«6
- S . Se£f inductance ,
- T . . * S-C. du C-0
- Fig. i.
- du sommet des alternances (en A par exemple) et que, par suite de sa rotation ou d’une ventilation convenable, il ne se prête pas à la formation d’arc prolongeant la mise en court-circuit de la source (').
- Fig. 2.
- Dans les stations alimentées à basse fréquence (5o à 100 périodes) quelle que soit la longueur d’onde et le décrément des oscillations dans le
- (*) Il y a intérêt à régler l’éclateur de manière à faire éclater l’élincelle au moment où la tension atteint son maximum. On sait, en effet, que dans un circuit en résonance la tension aux bornes du condensateur est en quadrature avec la force électromolrice et par suite .ivec le courant qui est en phase avec la force électro-motrice. Si l’étinreîle éclate quand le voltage atteint son maximum, on a, à cet instant : I = o. Le courant traversant l’éclateur part de o et croît jusqu’à un maximum qui serait atteint environ au bout de i/4 de période si le court-circuit était maintenu. Ainsi qu il est indiqué, d’autre part, dans la plupart des stations la durée du court-circuitxest très brève. Le courant, partant de o, n’a pas le temps d’atteindre une valeur appréciable.
- circuit oscillant, la durée du court-circuit est toujours très faible par rapport à la période de la source. Cela revient à dire que la longueur 8 est négligeable devant A (voir fig. a). On peut dans les calculs négliger sans erreur ce régime.
- lien est de même dans le cas de stations de petite et moyenne puissance, alimentées à fréquence élevée (5oo à i ooo périodes) dont les ondes ne dépassent pas a üoo à ’3 ooo mètres avec des décréments de l’ordre de o,i5 à o,ao. Là encore il est facile de voir que 5 est négligeable devant A.
- Lorsque le poste fonctionne en utilisant Vexcitation par choc, le circuit oscillant est toujours très amorti, on peut également négliger la période de court-circuit.
- Au contraire, dans les grandes stations, alimentées à 5oo ou i ooo périodes, utilisant des ondes peu amorties atteignant 10000 mètres, la durée du court-circuit peut être de l’ordre de grandeur de la période de la source; S n’est plus négligeable devant A. Il est certain qu’en étudiant soigneusement l’éclateur, en le ventilant, ou déplaçant mécaniquement les électrodes, on peut agir sur 8 et le diminuer.
- Il serait désirable que des relevés oscillogra-phiques, effectués sur des postes puissants, donnent des renseignements précis sur la durée de ce court-circuit.
- Dans l’élude suivante, nous nous bornerons à envisager le cas où Von peut négliger la- période où Véclateur est en court-circuit.
- Nous nous proposons de calculer les différentes caractéristiques des machines :
- Alternateur ;
- Self-inductance ;
- Transformateur : permettant d’obtenir:
- i" Une puissance donnée à l’éclateur; *
- •ï' Un nombre donné d’étincelles ; c’est-à-dire une tonalité déterminée.
- Notations.
- Nous désignons par :
- Le la puissance à l’éclateur ;
- P la puissance totale fournie par l’alternateur;
- P„ la puissance perdue dans le "circuit de charge ;
- m le nombre d’étincelles par seconde;
- f la fréquence de l’alternateur;
- w — a r.f la pulsation du courant;
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- 28 Mars 1914.
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- 387
- R la résistance totale du circuit de charge ;
- Lw la réactance totale du circuit de charge y compris la réactance de l’alternateur et la réactance de fuites du transformateur;
- C la capacité de la batterie ;
- a = -II- le facteur d’amortissement du circuit
- JL li
- de charge ;
- Lw . ,, .
- .s = le lacteur de surtension ;
- Ecir la force élcetromotricc de l’alternateur ; lef le courant de l’alternateur ;
- V| la tension aux bornes primaires du transformateur;
- Y2 la tension aux bornes secondaires du transformateur;
- a le rapport de transformation du transformateur.
- À un instant t nous avons :
- E = E0 sin wl = RI + MI + _L_ j'\dt. («)
- Dans cette équation il est entendu :
- i° (lue K tient compte non seulement de la résistance ohmique du circuit, mais encore de la résistance fictive due aux autres pertes du circuit d’alimentation.
- •jl° Que L est la somme de la self-induction de l’alternateur, des connexions, des selfs-inductances auxiliaires et des selfs de fuite du transformateur.
- En résolvant l’équation (i) et introduisant la condition de résonance (*) :
- Étude de la forme du courant primaire.
- On peut, sans grande erreur, supposer que le transformateur est supprimé et que l’alternateur alimente une capacité Crt2 (voir fig. 3).
- A . (SUtouMateui*
- Prenons pour origine des temps l’instant où une étincelle éclate. A ce moment la force élcc-tromotricc est nulle. Nous avons :
- on trouve :
- I = 1^ j(i — e—*1) sinwf -f- coswf.-^- e—
- nous pouvons sans grande erreur négliger le deuxième terme, s étant de l’ordre de 4 à io, et écrire :
- E
- [i — e—**] sinwf (a)
- et.
- Y, =L — - E0| coswf(i —e~ “()4- — e-“'sin w£
- dt R L w .
- a
- h)
- lt
- ; L w
- i
- 1 A'
- le deuxième terme est négligeable et nous avons sensiblement (2) :
- V, = *E0 coswf (i — e—*1). (3)
- E = E0 sinw/.
- Nous supposons que la période court-circuit est très courte et que le courant s’éloigne peu de o (voir note i); nous pouvons alors confondre l’instant où l’étincelle éclate et eelui où le courant commence à se rétablir dans le circuit en résonance.
- A l'origine de la période d’é-tablissement du courant, nous aurons donc :
- t — o ; E = E0 sinwl = o ; I = o
- Les courbes représentatives de l et de Vj (ou de V2 = o Y() sont tracées (fig. 4). La courbe Y2 (i.) représente la tension aux bornes de l’éclateur. Si l’étincelle éclate en A (fig. 4) nous aurons une étincelle à chaque demi-période soit
- (ù La formule Li» == n’est qu’une formule appro-
- ' ' Cifl-w
- cliée. Voir Y Eclairage Electrique, n°/|6, J912---
- (2) Voir l'Eclairage Electrique, n0 52, 1907. J. Bethe-nod. Sur le transformateur à résonance.
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- :î«8
- LA LUMIERE .ELECTUIQUK T. XXV (2e Série). — N® 13.
- pour la fréquence d’alimentation f, a f étincelles. Nous aurons de même :
- Si l’étincelle éclate en :
- t
- 1 2 /
- B — — étincelles par seconde : 2
- G — — -
- 3
- D — — -
- , etc.
- Nous avons ainsi les différentes valeurs de la tension à l’éclateur, en fonction de n et de la surtension :
- « = 1 ; a/’étincelles . V2 = — nsE0 (1 — e 2s) n=i; — — . V2 — + nsE0(i—e -s)
- „ = 3 i ÿ _ . V.
- 2 ——«Ei(i —
- _a*\ e ?»
- successifs de V2. demi-période, c’est-à- n — t\‘, */' : 4 • v, ( --— as E0 ^ i — e -*
- n z — ; nous avons : ••*/ a = 5 ; 5 V, = — asE0(i — e
- R A%fn %n Lu I\f as n = 6; V 6 • va = — fl«E0(i — e ïs
- u>£ = 2 — = ~/i.
- AJ
- Portant ccs valeurs dans (3) il vient :
- T V-l f _JÜ' 1
- V^aV^nsEoL*—e 4*Jcosit/i = ±nA'E0| 1—e -» |
- “ = *l T
- V. = =h flsE0(i—e **).
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- 28 Mars 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 389
- Calcul de l’énergie totale absorbée au réseau par étincelle, lorsque l’étincelle jaillit en A, B, C, etc...
- E ;= E0 sin «o t E
- I = —0 ( i — e—ttt) sin o) t.
- La puissance instantanée fournie est :
- E 2
- El dt = -ry- (i — e~“*) sin2 oit dt.
- n
- L’énergie par étincelle est :
- Jnt JJ 2
- l -^-(f— e~at) sin2 bit dt. ü K
- Effectuant l’intégration, on trouve :
- R U
- 4 (J)
- - (i — e-^j I. w J
- | Calcul de l'énergie dépensée dans le circuit | d’alimentation, par étincelle, lorsque l’étincelle | jaillit en A, B, C...
- L’énergie instantanée dépen'séc dans le circuit est :
- lll2<* = (i — e~x‘\2 sin2u>tdt.
- L’énergie perdue est, par étincelle :
- Wp= I RIïdl = -^ ! (i — «'j2 sin21otdt
- Jo R J o
- En2 C1 '
- = — / ( i —' >. -(- e~îat) sin2 w t dt.
- K t/o
- Résolvant cette intégrale, on trouve : v
- E02 ( t sin2W« i sin iutt
- W,, = l-------------------\- - 4- e-”t--=—:
- R (a Jü). . .a .... . 4W* .
- Supposant que l’étincelle éclate aux points A, B, C, ou D, nous avons pour la valeur de l’énergie par étincelle :
- ,,, ' çvr» »/ -yVl W “ "r" YJf zSl e 2 7 J (1)
- Le terme en sin % iùt est nul car pour les points A, B, C... on a :
- / H
- 2 (0 l = --; =1 2 - n,
- '2/
- n étant un nombre entier d’alternances.
- Nous aurons pour les différentes valeurs de l'énergie par étincelle :
- ‘‘n = i, %f étincelles par seconde;
- W
- n — 2, — étincelles par seconde;
- ^ U.:
- , . sin2w^ ,l
- e-iat------
- - 4 o>
- R 2 av . 1 4 a1
- sin 2lût
- 4 w
- (i — e~at -J- e~2a
- Pour les points A, B, G, D... le terme : sin 2eit — sin 2izn = o
- 1 ___ 2 s
- a w
- Nous avons pour la valeur des pertes dans le circuit d’alimentation par étincelle :
- W
- JVfj_____*(
- R U/' o) V
- tincelles par se
- n = K, étincelles par seconde;
- w=x[^-:(—_£)}
- Dans le cas où le courant est à 1 000 périodes, on a comme formule pratique :
- E 2
- w = =?-
- R ' 4 000 6 280
- (.->-)!
- (5)
- w L„2\ n 2,/ , s ( -'«s)
- w”=ic)+™[l~e s)\
- Dans le cas particulier où f — 1 000 périodes, on a :
- E02 \ n 2 s
- R f 4 000 6 280
- 2X6 280
- Calcul de l’énergie disponible au condensateur par étincelle, lorsque l’étincelle jaillit en A, B, C, etc...
- Cette énergie est :
- we=w-w„=Sî!|î(,-0-Ï)_£(,_X)|
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-
-
- li'JO
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série). — K" 43.
- Cette énergie peut être calculée directement. L’énergie au condensateur est en effet :
- W. = - CV22
- a
- V2 = «6’E0 ( i — e ‘2s) We = Crt2*-2 E02 (i—e
- (lOj
- Or :
- C«2
- Lu»2
- et s -
- Lw
- 1T
- „r s E02 Lw/ -2iV s E02/ -fŸ
- 2 Rio
- (9)
- Remarque I.
- Les puissances P et Pp réelles sont un peu plus considérables que celles données par les formules, car nous avons négligé le courant pendant la période de court-circuit de l’alternateur, période très courte dans les petites et moyennes stations.
- Remarque II.
- Nous pouvons évaluer P puissance fournie en fonction uniquement des données, de n et de s :
- m E02 f n
- ~R~ U?
- r.n
- 2$
- )]
- or .
- Le» formules (q) et (io) sont donc équivalentes.
- Nous conservons la formule (io) qui met en évidence la capacité.
- R==
- Lw
- sCa2w
- / _™y
- ra«E02 \ i — e 2s /
- îPtU
- D’où :
- • En résumé :
- Si nous adoptons le fonctionnement à m étincelles par seconde correspondant à l'une des valeurs entières de n, nous aurons :
- i° Puissance fournie par Valternateur :
- 2° Puissance disponible aux bornes du condensateur :
- P =
- Pc
- -2i\
- 2 s J
- PlV
- 2s )
- Le rendement du circuit d’alimentation est donc :
- 2 s J
- 2
- (14)
- Pe = mW. = m - 2^ (i — e £) '
- a Ko) '
- __ mCaVlÿ ( , c~gV
- a '
- 3° Puissance perdue dans le circuit d'alimentation.
- P P = mWP
- m E02
- R
- n
- 4?
- 7. S (*)
- I
- — e
- — e
- (i3)
- 11 est facile de vérifier que, plus n est petit (c’cst-à-dire plus le nombre d’étincelles est élevé), meilleur est le rendement.
- A titre d’exemple, pour un poste à i ooo périodes, dans lequel s = 6, on a
- n = 2 ; i ooo étincelles ; p = 0,70 n — 3 ; 666 — = 0,60
- n — /, ; 5oo — == o,5o.
- (A suivre.)
- P. Bouvier,
- Ingénieur à la Société Française Radio -Electrique
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- 28 Mars 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 391
- MACHINES ÉLECTRIQUES POUR EXPLOITATIONS AGRICOLES
- Il est complètement inutile de prévoir un moteur spécial pour chacune des machines de la ferme, car beaucoup de celles-ci ne sont utilisées que quelques instants dans ta journée, ou seulement par périodes dans Vannée.
- Nous donnons ici la description de toute une série de moteurs transportables destinés à actionner successivement dans des endroits divers de la ferme les différentes machines agricoles.
- Le manque de main-d’œuvre, qui se fait sentir dans les campagnes, et le développement remarquable des réseaux électriques de distribution, qui commencent à arriver un peu partout, ont attiré l’attention des agriculteurs sur les avantages du moteur électrique qui peut, en beaucoup de cas, faire réaliser un gain de temps sérieux dans les opérations de^ la ferme, tout en ne nécessitant qu’une surveillance et un entretien insignifiants. Le moteur électrique a, depuis longtemps, fait ses preuves dans l’industrie ; il est connu de tous, et la simplicité remarquable de sa mise en marche et de son arrêt qui permet de le mettre dans toutes les mains, en fait bien le moteur le plus recommandable pour l’agriculture, chaque fois que l’on dispose, à proximité de la ferme, de courant électrique. Ce courant a d’ailleurs déjà trouvé son application pour l’éclairage des locaux agricoles et des habitations, où sa facilité d’allumage et d’extinction et la plus grande sécurité qu’il présente contre les incendies, par rapport à tous les autres modes d’éclairage, lui ont assuré la faveur des agriculteurs.
- Mais, tandis que les moteurs industriels sont, en général, installés à poste fixe, dans des endroits où l’on circule peu, les moteurs agricoles sont, au contraire, destinés à être transportés fréquemment dans des endroits divers, en face des machines qu’ils auront à actionner, car il est complètement inutile de prévoir un moteur pour chacune de ces machines, dont beaucoup ne sont utilisées que quelques instants de la journée, ou seulement par périodes dans l’année.
- Les moteurs transportables doivent naturellement être protégés d’une façon efficace, contre la poussière et contre les chocs, ce qui conduit à les faire complètement clos, ou à les enfermer
- dans de solides caisses d’où sortent seules la poulie el les poignées de l’appareil de mise en marche. Les appareils de démarrage, les prises de courant doivent être également de construction robuste, pour que le fonctionnement du moteur ne soit pas arrêté par le défaut d’un accessoire. Aussi, est-ce dans cet esprit qu’ont été étudiés par la Compagnie Générale d’Electricité de Creil. toute une série de moteurs transportables et d’appareils spéciaux que nous allons décrire ci-après.
- Ces moteurs et appareils sont établis pour du courant triphasé, 5o périodes, celui que l’on
- Fig, it — Moteur portatif sur brancard pouvant être utilisé pour la commande successive de plusieurs machines de la ferme.
- trouve dcbeaucouple plus fréquemment dans les campagnes et quiprésente les plus grandes commodités de transport, de transformation, et celui dont les applications présentent le maximum de simplicité dans les manœuvres et de sécurité dans le fonctionnement.
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- Moteurs portatifs sur brancard.
- Les moteurs portatifs (fig. i) sont composés d’un brancard en tubes d’acier, sur lequel est boulonné un moteur triphasé, à rotor en court-circuit, clos, d’une puissance de o,3 à 2 chevaux, avec son appareil de démarrage portant les coupe-circuits et enfermé dans une boite. L’arbre du moteur porte une poulie plate avec 2 gorges de diamètres différents pourdescourroies rondes; l’autre bout de l'arbre peut recevoir également une poulie. On dispose donc, avec un meme moteur, de vitesses bien différentes. Enfin, si l’on demande plus de force et moins de vitesse, on peut fournir le moteur avec un engrenage réduisant la vitesse dans le rapport de i à 6, et portant une poulie plus forte pour courroie plate et pour courroie ronde.
- Un petit tambour, monté sur le brancard, reçoit
- type ouvert, mais enfermé dans une solide caisse en bois. La puissance du moteur est de 2,5 à 12 chevaux; selon les modèles, l’appareil de démarrage, genre contrôleur, possède deux, trois ou davantage de plots; il est placé à l’intérieur de la caisse, sauf son volant ou sa poignée, qui se manœuvre de l’extérieur; la caisse contient également les coupe-circuits, elle est munie d’un support pour enrouler 20 à 3o mètres de cable souple, terminé par une fiche, comme précédemment.
- Le moteur porte une poulie plate ordinaire ou ayant, de plus, deux gorges de diamètres différents.
- Le traîneau complet pèse de 160 à 35o kilogrammes, selon la puissance du moteur. S’il a tendance à glisser, on le fixe en enfonçant dans le sol deux tiges de fer qui sont livrées avec l’appareil.
- Fig. 3, — Moteur sur traîneau commandant une machine à battre.
- le câble souple (jusqu’à 3o mètres), qui amène le courant au moteur. Au bout de ce câble est fixée une fiche de construction robuste qu’on enfonce dans la prise de courant placée sur le mur.
- L’appareil complet pèse de f>5 à 100 kilogrammes, selon la puissance du moteur; on le pose simplement sur le sol où la forme de scs pieds lui donne une bonne assise.
- Moteurs sur traîneau.
- Ces appareils (fig. a), sont composés de deux traverses en bois reliées par des plaques de fer, m u-nics de quatre crochets permettant de les tirer par des chaînes ou des cordes, et sur lesquelles on a boulonné un moteur triphasé, à rotor à bagues,du
- tig. 3. — Moleur portatif sur chariot.
- Moteurs sur chariot.
- C’est un châssis en fer avec plancher en bois, deux fortes roues en bois, une béquille (fig. 3), et portant un moteur triphasé à rotor à bagues, type ouvert, d’une puissance de 2,5 à 9 chevaux selon les modèles. Une solide caisse en bois, non représentée sur la figure, avec toit courbé, recouvre complètement le moteur, l’appareil de démarrage genre contrôleur, les coupe-circuits,' et 11e laisse dépasser que la poulie et le volant de manœuvre. Elle est munie d’un support pour 20 à 3o mètres de câble souple, avec fiche de raccordement aux prises de courant fixes placées contre les murs. La caisse peut s’enlever facilement.
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- Le chariot est bien équilibré; il pèse complet, de *25o à 400 kilogrammes, selon la puissance du moteur. Il est muni d’un timon en bois démontable, garni de ferrures et d’un croisillon pour traîner à la main. Des crochets permettent d’atteler des animaux, ou de fixer le chariot, pendant le travail, si les quatre cales des roues ne suffisent pas. Ces cales ont leur place sous le chariot pendant les déplacements.
- Moteurs sur voitures.
- Pour les puissances plus élevées, oh monte le moteur sur une voiture et les caractéristiques de l’ensemble sont les suivantes (fig. 4) ;
- Le châssis de la voiture est en bois dur, bien
- Pendant le travail on cale les roues au moyen de pièces de bois qui ont leur place 'sur la voiture pendant le transport.
- Dans les voitures sans canal pour la courroie, rintéricur est divisé par une seule cloison en deux parties munies chacune d’une porte. Dans rune d’elles se trouvent le moteur et son contrôleur de mise en marche, dont le volant dépasse' â l’extérieur. Dans l’autre se trouve le câble qui est monté, soit sur un cadre fixe, soit sur un tambour comme le précédent; muni en plus de bagues et de frotteurs. La longueur du câble que l’on peut enrouler sur les tambours varie de 3o à i5o mètres, selon la grosseur de ce câble et le type de la voiture.
- Le moteur électrique est du type ouvert, à
- Fig. 4. — Moteur portatif sur voiture et transformateur sur voiture.
- assemblé par des fers plats et d’une construction solide bien appropriée aux travaux des champs. Les parties extérieures, les portes et le plancher sont rabotés sur les deux faces; le toit recouvert de carton goudronné est bordé de zinc. Les roues sont en bois dur, cerclées et munies de boites à graisse, l’essieu d’avant est à rotule, afin que la voiture puisse passer facilement en terrain inégal. Les deux essieux sont réunis par une tige afin de soulager le châssis.
- Les roues d’avant peuvent être braquées presque complètement.
- Les voitures sont faites en deux types : l’une avec canal latéral pour la poulie et la courroie, voie de 1 335 millimètres, et l’autre sans canal, la poulie dépassant de la voiture, voie de 1 110 millimètres.
- Un frein robuste à manivelle est à l’arrière.
- rotor à bagues; sa puissance est de. 10 à 5a chevaux selon les modèles.
- Le bout d’arbre du contrôleur dépasse de chaque côté de la voiture,'de sorte qu’on peut mettre le volant de manœuvre du côté où le service est le plus commode. Avec sa résistance, il permet le démarrage du moteur sous pleine charge, et dans la position d’arrêt il coupe complètement le courant au moteur.
- La voiture porte des coupe-circuits ou un con-tacteur à maximum et à minimum pour protéger le moteur en cas de surcharge. Le câble à trois conducteurs est un câble souple sous caoutchouc qui, pour des tensions supérieures à a5o volts, est entouré d’un fil que l’on met â la terre et qui sert à empêcher tout danger pour le personnel, en cas de contact accidentel. —
- La voiture peut être munie d’un éclairage
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- intérieur par deux lampes à incandescence entourées d’un grillage de protection, et d’un éclairage extérieur pour pouvoir continuer un travaille soir, un battage, par exemple. Dans ce cas le timon de la voiture est un peu spécial ; il se fixe, comme un poteau, sur le cAté de la voiture et porte les appareils d’éclairage et le cable.
- Les voitures pèsent, en ordre de marche, 85o à i 706 kilogrammes, selon les types et selon la puissance du moteur.
- Transformateurs sur voiture.
- D’ordinaire, le courant de la Centrale Electrique arrive à la ferme à haute tension et il est transformé en courant basse tension, au moyen d’un transformateur fixe. De là ce courant basse tension, beaucoup moins dangereux, est transporté par des fils jusqu’aux différentes prises de courant situées, soit dans la ferme, soit au voisinage immédiat, et qui servent à alimenter les divers moteurs. Cependant, lorsque l’énergie est à transporter trop loin, ou en trop grande quantité, les canalisations basse tension reviendraient trop cher (cas du labourage électrique ou du battage des meules éloignées de la ferme) et l’on a intérêt, dans ce cas, à amener le courant haute tension jusqu’aux endroits principaux où la force électrique est utile, au moyen de canalisations moins chères, et de le transformer sur place en courant basse tension que l'on envoie, par un cable souple, dans le moteur de la batteuse ou du treuil de labourage, jj-(La transformation du courant haute tension en courant basse tension, près du lieu où le moteur est installé, se fait par un transformateur moulé dans une voiture couverte, qui contient de plus tous les appareils de sécurité nécessaires. Le transformateur lui-même est à bain d'huile, analogue à ceux des installations fixes, mais sa cuve est renforcée (fig. 4).
- La voiture est suspendue par de bons ressorts et munie d’un frein à vis ; elle n’a pas de siège, afin que le conducteur n’ait pas tendance à faire trotter ses chevaux. Les roues sont en bois et de grand diamètre afin de donner moins de tirage dans les mauvais terrains. Une cloison sépare rintérieur en deux compartiments munis chacun d’une porte ; la partie haute tension où se trouvent le transformateur, les coupe-circuits qui protègent contre les surcharges et, lorsque la
- tension dépasse 5 000 volts, des bobines de self ; la partie basse tension contient un compteur, des coupe-circuits, la prise det courant pour le câble de départ, et, dans certains cas, un tambour pour enrouler le cable se raccordant au cable porté par les voitures ou chariots à moteur, ce qui permet de laisser une grande distance entre le transformateur et le moteur qu’il alimente.
- Du toit de la voiture partent trois câbles sou-
- Fig. 5. —Commande électrique d’un treuil pour monte-sacs, pies nus ou isolés terminés par des anneaux que l’on accroche au moyen d’une perche isolante, sur les prises de courant placées à mi-hauteur des poteaux. Ces prises de courant sont, des crochets montés sur des isolateurs et raccordés aux Irais fils de la ligne à liante tension. Les crochets
- Fig. (>. — Commande électrique d’une baratte.
- peuvent être combinés avec un interrupteur à cornes qui se manœuvre au moyen de la même
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- perche isolante. Les cables souples, reliant la voiture à la prise de courant placée sur le poteau, ont de 3 à 6 mètres de longueur, afin que Y on ne soit pas obligé d’approcher la voiture juste contre le poteau.
- On place sur voiture des transformateurs ayant une puissance de ^5 à ioo K. V. A.
- Moteurs fixes.
- Indépendamment des moteurs transportables, l’agriculture utilise des moteurs fixes ordinaires, chaque fois que les machines que ces moteurs ont à actionner fonctionnent assez fréquemment et lorsqu’il ne serait pas facile d’amener un moteur
- transportable, qui peut avoir son emploi plus avantageux à un autre endroit. C’est fréquemment le cas pour les pompes, pour les transmissions dans les ateliers, pour les petits appareils de laiterie.
- Les figures 5 et 6 représentent respectivement l'application de la commande électrique à un monte-sacs et à une baratte.
- Il est impossible de dire à l’avance quelle est la meilleure solution à adopter, dans tous les cas, dans le choix des moteurs. Cette solution doit être trouvée, d’un commun accord, entre le fermier et le constructeur des appareils électriques. E. Haudhy.
- LE COMPENSATEUR DE PHASE, SYSTÈME BROAVN-BOVERI
- Le mauvais facteur de puissance que Von constate en général dans les installations triphasées tient, en général, au branchement sur le réseau de moteurs d? induction et principalement de gros moteurs à marche lente. Les inconvénients d'un mauvais facteur de puissance sont nombreux: et on a. employé de nombreux procédés pour Vaméliorer.
- Le dispositif que nous décrivons ici convient particulièrement à la compensation des gros moteurs à marche lente, par exemple des pompes à piston, des -compresseurs# .des défibreuses dans les fabriques de papier et de cellulose# Se trains de laminoirs; de meme qu'en general (dans toutes les installations comportant un grand nombre de moteurs de fiaib’lepuissance travaillant tan meme temps qu'un petit
- nombre de gros motewrs.
- I. Causes d*un mauvais facteur de puissance dans les installations triphasées.
- Le mauvais facteuao1 -de puissance que l’on constate souvent dams les installations triphasées tient en général au bramehement au réseau de moteurs d’induction et principalement, de gros moteurs à marchelente. Mais les moteurs à grande vitesse peuvent exercer également une influence défavorable s’ils tournent à faible charge ou à vide. Pour mettre ce point en évidence, rappelons d’abord en quoi consiste le facteur de puissance.
- Tout moteur a besoin d’excitation ; mais tandis que pour les moteurs synchrones (comme pour les moteurs à courant continu) l’excitation est fournie par une source de courant continu, les moteurs asynchrones doivent emprunter au réseau le courant nécessaire à leur excitation ; ils
- prennent donc au réseau deux sortes de courant: un courant qui sert à la production du travail et l’antre qui sert à l’excitation ou à la magnétisation. La représentation .graphique de ces courants est-donnée par Ua î>rore a ; AB est le courant de'travail, B'C le courant de magnétisation. Celui-ci, qui ne produit pas de puissance et est appelé en conséquence dcAvatté, est en arrière de t)o° par rapport à la tension du réseau, c’est-à-dire que, dans le diagramme vectoriel, il est perpendiculaire au vecteur du courant de travail qui est un courant wafcté. AC, résultante des deux courants composants, représente le courant total emprunté au réseau.
- L’angle BAC mesure le décalage de phase entre la tension et le courant; son cosimis est désigné sous le nom de facteur de puissance. Le courant d’excitation a une valeur àpeu près indépendante delà charge, de sorte qu’une diminution
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- de celle-ci, c’est-à-dire du courant de travail, fait croître l’angle de décalage; à vide, la composante wattée atteint son minimum ; le facteur de puissance descend à 0,10*0,15 et le moteur prend au réseau environ 40 % du courant de pleine charge. Moins un moteur d’induction est chargé,
- plus est faible son facteur de puissance, comme il ressort clairement de la figure 1. En outre cette figure i montre que le facteur de puissance du moteur d’induction ne peut jamais atteindre Limité par suite de la présence du courant d’excitation.
- Des essais rigoureux ont montré que les installations industrielles qui sont équipées avec des moteurs triphasés ont en général un facteur de puissance compris entre 0,6 et o,85; la limite supérieure n’est atteinte que rarement.
- débiter quelle qu’en soit d’ailleurs la répartition en watté et déwatté; les génératrices ne seront complètement utilisées que pour cos <p = I- Si les moteurs asynchrones connectés au réseau, par suite de leur mauvais facteur de puissance, prennent aux génératrices une forte proportion de courant magnétisant, il 11e restera que peu de courant disponible pour le travail. Par exemple, un facteur de puissance égal à o,5 ne permettra d’utiliser que la moitié du courant total pour produire du travail.
- Ce raisonnement s’applique également aux transformateurs et aux lignes de distribution dont l’utilisation en ce cas ne sera que partielle.
- 11 faut encore tenir compte de ce que les pertes dues au courant déwatté, assez réduites pour les génératrices et les transformateurs, peuvent, pour les lignes de distribution, atteindre dans certain cas une grande valeur. Ces pertes croissent comme le carré de l’intensité du courant, de sorte que, si l’énergie électrique doit être transportée à grande distance, l'amélioration du facteur de puissance réduira les pertes d’énergie d’une façon très sensible. 11 est donc de grande importance de trouver un moyen approprié d’amé-
- Vig, 2. — Compensateur de phase de 12 K. Y. A. pour un moteur de 600 chevaux, 5o périodes (moteur de commande 1 cheval, 1 000 tours par minute).
- II. Inconvénients d’un mauvais facteur de puissance.
- Le courant d’excitation nécessaire aux moteurs asynchrones doit être fourni en même temps que le courant de travail par les génératrices de la centrale. L’cchauffement admissible pour ces dernières limite le courant qu’on peut leur faire
- liorer le facteur de puissance, c’est-à-dire de compenser le décalage de phase.
- De plus, lorsque les réseaux s’étendent, il arrive que, par suite de l’accroissement du débit des lignes, la chute de tension augmente de telle sorte que le réglage de l’excitation des générateurs ne suffît plus à tenir la tension normale du réseau. Dans ce cas on peut, par un légej1
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- déphasage en avant, réduire la chute de tension à une valeur acceptable.
- S’il s’agit de créer une nouvelle installation de puissance donnée, l'amélioration du facteur de puissance correspond à une diminution des frais d’installation et d’exploitation.
- Pour une centrale existante qui travaille avec wn mauvais facteur de puissance, l’amélioration de celui-ci donne également des avantages sensibles, spécialement si la centrale est déjà arrivée aux limites de sa capacité. Par des moyens relativement peu coûteux, l’amélioration du facteur de puissance permet d’augmenter la puissance de la centrale sans installer de non- i
- l’énergie en kilowatts-heure utilisés, la comptent en KVA-heure ; dans d'autres cas on fixe une redevance à payer au delà d'un certain nombre d'ampères consommés ou une prime si le facteur de puissance est élevé.
- S’il s’agit de l’installation de nouveaux moteurs, l’amélioration du facteur de puissance par un dispositif de compensation spécial permet de réduire leurs dimensions et leur poids. Par suite de cette diminution du poids, il arrive généralement, surtout pour les moteurs à marche lente, que le prix du moteur, avec dispositif compensateur, ne dépasse pas celui du moteur normal sans compensation.
- Fig-, 3. — Compensateur de phase pour deux moteurs de 240 chevaux chacun.
- relies unités; le matériel, machines et canalisations, est mieux utilisé et le rendement de l'ensemble se trouve accru.
- III. Avantages de 1 amélioration du facteur de
- puissance pour le consommateur de courant.
- Si le consommateur de courant produit lui-mème l’énergie dont il a besoin, ce qui précède montre qu’il y a pour lui un intérêt immédiat, afin que sa centrale soit utilisée le mieux possible, à ce que le facteur de puissance soit maintenu à une valeur élevée.
- S’il achète son courant à une centrale, l'amélioration du facteur de puissance présentera pour lui de l'intérêt dans tous les cas où la centrale, pour tenir compte des désavantages pécuniaires que représente pour son exploitation un mauvais facteur de puissance, fait dépendre le prix de l’énergie de la valeur de ce dernier. Divers cas peuvent se présenter : il existe par exemple des centrales qui, au lieu de compter
- Pour des moteurs existants, la compensation du décalage est d’un grand intérêt si les moteurs travaillent à la limite de leur puissance et si l’on doit chercher à augmenter cette dernière. Cette augmentation de la -puissance est rendue possible par l’emploi d’un compensateur de phase approprié, car le stator, n’empruntant plus alors au réseau son courant magnétisant, peut recevoir un supplément correspondant de courant de travail; quant au rotor, comme la pratique le montre, on peut en général le surcharger sans inconvénient, grâce à sa meilleure ventilation, son enroulement possédant une isolation plus mince que le stator souvent à haute tension.
- IV. Procédé po ir l’amélioration du facteur de puissance.
- Les procédés employés pour l'amélioration du facteur de puissance des moteurs d’induction sc divisent en deux classes ; on peut à d’aide d’une machine unique produire le courant d’excitation nécessaire à l'ensemble des moteurs connectés
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- au réseau, ou bien chaque moteur peut être muni d’un système de compensation qui lui est propre.
- La première catégorie de ces machines supplémentaires comprend les moteurs synchrones surexcités, les moteurs-générateurs synchrones et les commutatrices. Toutes ces machines peuvent être surcompensées quand on les excite suffisamment et qu’on leur donne des dimensions suffisantes, de telle sorte qu’elles envoient au réseau un courant magnétisant qui compense le décalage de phase de ce dernier. Si cette disposition ne peut être envisagée, on prévoit encore un moteur synchrone tournant à vide et servant uniquement à compenser le décalage ; cette solution, surtout employée en Amérique, conduit toutefois à des frais d’établissement et d’entretien importants et n’est pas complètement satisfaisante ces machines apportent en effet
- sible de réduire les dimensions des nouveaux moteurs à installer par cette façon de compenser le décalage, ni de pousser la puissance des moteurs existants.
- La seconde catégorie de moyens dont on dispose pour améliorer un mauvais facteur de puissance comprend tous les dispositifs de compensation individuels des moteurs. Ces dispositifs demandent toutefois, pour être applicables, que l’on dispose d'un ou de plusieurs gros moteurs d’induction tournant constamment. C’est aux dispositifs de cette catégorie qu’appartient le nouveau système de compensation de la Société Brown, Boveri et Cie. Ce système, dont on va décrire le mode d’action et la construction, ne comporte aucun des inconvénients des méthodes dont on vient de parler. [Jn moteur d’induction, muni de ce dispositif auxiliaire, réunit en soi les avantages des machines synchrones et asyn-
- Fig. 4. — Vue des divers organes d’un compensateur de phase.
- avec elles les inconvénients qui leur sont propres, comme difficultés du démarrage, danger des oscillations pendulaires et du décrochage. De plus, les machines synchrones donnent, pour une excitation donnée, un courant magnétisant constant; or, il n’est pas dit que la même valeur soit constamment nécessaire au réseau : si l’on branche, par exemple, à un moment donné, plus de moteurs d’induction, on a besoin d’un plus grand courant magnétisant et l’excitation des machines synchrones doit être modifiée pour que l’on obtienne la compensation du décalage de phase au nouveau régime. Enfin il est à remarquer que, si avec les machines de cette première catégorie la compensation du décalage peut être réalisée sur le réseau, les moteurs d'induction qui y sont relies ne sont eux-mêmes nullement influencés. Il n’est par suite pas pos-
- chrones, sans en avoir les inconvénients.
- V. Le compensateur de phase, système Brown-Boveri J1).
- lMtINCIPE
- La Société Brown, Boveri et Ciü, emploie comme compensateur de phase une machine à collecteur polyphasée, de construction spéciale,, qui est connectée aux bagues du moteur d’induction. Le rotor du compensateur (voir (ig. 4) comporte un enroulement en tambour relié à un collecteur; les barres de cet enroulement sont logées dans les encoches des tôles. Si l’on envoie un courant polyphasé à travers les balais frottant sur le col-
- d) Voir : une nouvelle machine pour la compensation du décalage des moteurs d’induction monophasés et polyphasés, par A. Scherbius (E. T. Z. 191a, n° 42).
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- lecteur, par exemple le courant du rotor du j moteur principal, le dispositif se comporte à l’arrêt comme une bobine de self et produit ainsi une chute de réactance et un décalage en arrière du courant. Pour un courant donné, cette chute de réactance ne dépend que de la fréquence, c’est-à-dire de la vitesse avec laquelle le champ tournant qui se produit dans le compensateur coupe l’enroulement. Si l’on réduit la vitesse relative du champ et de l’enroulement en faisant tourner ce dernier dans le même sens que le champ, la réactance et par suite le décalage décroissent pour atteindre enfin, au synchronisme, la valeur zéro. Si la vitesse dépasse celle du syn-
- compensateur, le moteur d’induction peut même fournir au réseau du courant décalé en avant.
- CONSTRUCTION ’
- Le compensateur de phase présente en général la particularité qu’il ne possède pas de stator. Cependant, pour que les lignes de force puissent se fermer, un anneau de fer entoure l’enrouler ment du rotor. Ce que nous avons dit du principe de l’appareil permet de voir pourquoi le stator et son enroulement sont superflus pour le but à atteindre ; on peut d’ailleurs le préciser encore de la façon suivante :
- Le problème à résoudre est de fournir à un
- — Compensateur Je pliuac avec moteur de commaude.
- Fig. 5.
- chronisme, la réactance prend une valeur négative, et le compensateur se comportant dès lors comme une capacité décale le courant en avant. Si l’on considère que le courant amené au compensateur a une fréquence correspondant au glissement du moteur principal, soit i à 3 périodes, tandis que le nombre de tours du compensateur est choisi de telle façon cpie sa fréquence de rotation atteigne 3o à 5o périodes, il est clair qu’il se produira un courant fortement décalé en avant. Celui-ci servira de courant magnétisant pour le moteur d’induction cpii n’empruntera donc au réseau que du courant watté. Par un dimensionnement convenable du
- moteur d’induction le courant magnétisant nécessaire à son excitation. Ce dernier, comme on l’a déjà dit, est cléwatté, c’est-à-dire que sa production ne nécessite aucun travail. 11 n’y a donc pas à transmettre d’énergie au rotor, c’est-à-dire à développer un couple et le stator] servant à créer ce couple est inutile.
- COMMANDE DU COMPENSATEUR ,
- La commande du compensateur de phase peut être réalisée de différentes façons. Si le moteur à compenser tourne suffisamment-vite, ~on peut accoupler directement le moteur d’induction et le compensateur. Pour les moteurs d’inductioh
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- à marche lente, le compensateur .de phase peut être actionné par une courroie montée sur l’arbre du moteur principal ou enfin par un moteur de commande spécial. Cette dernière disposition présente l’avantage que l’on peut choisir à volonté la vitesse du compensateur et que celui-ci peut être installé à l’emplacement le plus convenable. .
- connexions ,
- La figure 6 représente le schéma des connexions d’un moteur d’induction compensé d’après le système Brown-Boveri.
- Le moteur principal estreliéau réseau au moyen de l’appareillage habituel. Le compensateur de phase est raccordé aux derniers contacts du
- A
- B
- G
- D
- Fig. 6. — Schéma des connexions d’un moteur d'induction avec compensateur de phase.
- moteur principal. ' E = électro de verrouillage,
- compensateur de phase. F = interrupteur principal.'
- démarreur. G = interrupteur avec fusibles mis hors circuit pour
- contact d’interruption. le démarrage. r
- s . AM = moteur de commande.'
- La puissance nécessaire pour la commande du compensateur est trcs’faible (iji i cheval pour des moteurs principaux de i ooo chevaux environ), car on n’a à vaincre que les pertes dues au frottement ; le compensateur ne nécessite aucune autredépense d’énergie, n’ayant à fournir que du courant déwatté.
- démarreur, de sorte qu’une fois le démarrage effectué, le rotor du moteur principal est relié au compensateur par la manœuvre de la poignée du démarreur. Pourlcs intensités de cou tant élevées ou si le compensateur est appliqué à un moteur d’induction existant, il est nécessaire de prévoir un commutateur spécial. Un verrouillage élec-
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- tHque empêche le démarrage du moteur principal tant que le groupe de compensation ne tourne pas et tant que le démarreur n’est pas dans la position de démarrage; toute fausse manœuvre est rendue de ce fait absolument impossible.
- AVANTAGES
- Le principal avantage du compensateur de phase, système Brown-Boveri, qui vient d’être décrit, réside dans sa grande simplicité et sa grande sécurité de marche. La construction simple et robuste de l’appareil, sa ventilation énergique permettent de le charger très fortement de sorte que ses dimensions restent faibles eu égard aux intensités en jeu (voir fig. a).
- Il est à remarquer encore qu’un moteur d’induction compensé au moyen de cet appareil conserve intégralement les propriétés du moteur asynchrone; c’est ainsi que le glissement croît avec la charge, eè*qüi empêche les"'oscillations pendulaires et les décrochages.
- Le facteur de puissance reste pratiquement égal à l’unité pour toutes les charges, sans aucun réglage (voir fig. 8). Le compensateur ne diminue* pratiquement pas le rendement du moteur et même, dans certains cas, il l’améliore.
- Le système est spécialement intéressant pour la construction des moteurs d’induction à marche lente. Si ceux-ci ne sont pas compensés, on doit, pour obtenir un facteur de puissance relativement élevé, les dimensionner plus largement que ne l’exige réchauffement admissible. Aussi n’était-il pas possible^ jusqu’à^ présent de construire de,s moteurs d’induction pour de très basses vitesses, au delà d’une certaine limite. L’emploi des compensateurs déphasé du système décrit ci-dessus permet de construire d’une façon économique des moteurs tournant dans les limites de vitesses les plus étendues. Il faut toutefois remarquer qu’un tel moteur construit pour fonctionner avec compensateur séparé ne pourra donner sa pleine puissance qu’en marchant avec le compensateur.
- Le compensateur de phase, système Brown-Boveri, ne s’emploie pas seulement avec succès dans les installations nouvelles, mais il est encore très indiqué pour compenser le décalage de phase dans les installations existantes, dont les moteurs travaillent avec un mauvais facteur de
- puissance. Il faut remarquer toutefois que les bagues du moteur principal, laissant passer constamment le courant total du rotor, doivent, dans certains cas, être renforcées.
- S’il s’agit de très gros moteurs, ou si l’on désire obtenir un glissement supplémentaire, par exemple pour la commande de trains de laminoirs (pour faire entrer en action les masses des volants), il est bon, pour des considérations d’ordre constructif, de munir le compensateur d’un enroulement de stator : dans ce cas le compensateur comporte souvent deux collecteurs, en raison des grandes intensités en jeu.
- Fig*. 7. • Compensateur de phase pour un moteur de
- 200 chevaux, 25o tours par minute. Puissance du moteur de commande, 0 ch. 5.
- Cette construction s’emploie également avec avantage dans les cas où l’on désire se servir du compensateur d’un moteur donné pour compenser le facteur de puissance de tout un réseau; dans ce cas le compensateur n’a pas seulement à fournir le courant magnétisant du moteur d’induction principal, mais il doit encore débiter le courant magnétisant nécessaire aux autres moteurs raccordés au réseau.
- Le compensateur de phase ne peut être appliqué lorsque la vitesse du moteur d’inrïirction doit pouvoir varier dans de grandes limites. Il est alors intéressant de prévoir le réglage de la
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- vitesse par le système Brown-Boveri-Scherbius, dans lequel la compensation de phase s'effectue directement par le moteur triphasé à collecteur faisant partie du système.
- VI. Quelques applications du compensateur de phase système Brown-Boveri.
- Le compensateur de phase,, système Brown-Boveri, a déjà reçu des applications pratiques très variées.
- Il convient particulièrement à la compensation de gros moteurs d’induction à marche lente, par exemple pour la commande des pompes à piston, des compresseurs, des défibreuses dans les fabriques de papier et de cellulose, de trains de laminoirs, etc.
- coups qui se produisent dans le service du laminage, de dimensionner très largement les moteurs qui, par suite, ne travaillent souvent qu’à une charge réduite. 11 est avantageux de compenser ces moteurs et d’élever ainsi le facteur de puissance total de l’installation. Pour cette application, il est en général nécessaire, par suite des grandes intensités en jeu et de la chute de vitesse à obtenir au moteur principal, d’employer le type de compensateur à Stator.
- Le compensateur de phase se recommande également dans les glaccries pour la commande des machines à doucir et à polir, qui tournent à très basse vitesse et nécessitent des puissances de foo chevaux environ pour la commande individuelle, et de i ooo à aooo chevaux pour la commande par groupe.
- Fig. 8. — Courbes «comparatives du facteur de puissance d’un moteur de 400 chevaux. a) sans compensateur; b) avec compensateur.
- Dans la commande des trains de laminoirs, on doit compter avec un très mauvais facteur de puissance; souvent celui-ci ne dépasse pas la valeur de o,5 à cause des nombreux petits moteurs démarrant fréquemment ou faiblement chargés que comporte l’installation pour la commande des appareils de levage, des cylindres, des chemins de roulement, etc. Les moteurs actionnant les trains de laminoirs eux-mêmes contribuent d’ailleurs à abaisser le facteur de puissance, car ils ont en général une vitesse réduite et doivent être prévus, pour des raisons de construction, avec un grand entrefer, ce qui augmente encore le courant magnétisant. De plus, on est obligé, en considération des à-
- Enfin le compensateur de phase est intéressant d’une manière générale dans les installations comportant un grand nombre de moteurs de faible puissance travaillant en même temps qu’un petit nombre de gros moteurs. Dans ce cas on peut surcompenser les gros moteurs pour fournir aux petits leur courant magnétisant et élever ainsi le facteur de puissance de la centrale. Il est bon alors d’employer, pour la compensation, ceux des gros moteurs dont la charge varie le moins.
- Les groupes convertisseurs avec moteurs synchrones des sous-stations peuvent être avantageusement remplacés par des groupes avec moteurs asynchrones et compensateurs de phase;
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- cette dernière disposition, tout en conservant au facteur de puissance sa valeur « un », ce qui est le principal avantage des groupes à moteur synchrone, facilite le démarrage du groupe et supprime le danger des oscillations pendulaires et des décrochages.
- Le groupe compensateur représenté par la figure 9 est particulièrement intéressant. Il fait partie d’une installation dans laquelle on s’est proposé de réduire la charge des génératrices et des canalisations par l’élévation de la tension à la centrale (de a 700 à 3 3oo volts). Comme tou-
- puissance des moteurs serait en effet sans utilité si on 11e pouvait en meme temps augmenter la capacité des génératrices correspondantes, ce qui est rendu possible par l’emploi de compensateurs de phase; ceux-ci adjoints à de gros moteurs d’induction affranchissent les génératrices de la fourniture du courant magnétisant. Si l’on suppose par exemple que les génératrices aient été calculées lors de leur installation pour un cos <p 0,8, leur puissance peut être augmentée de % par une compensation totale de l’installation, c’est-à-dire à cos o — l.
- ' 1
- Fig. 9- — Compensateur de phase de 5o K. V. A. pour un moteur de 1 200 chevaux. 200 tours pur minute, 5o périodes.
- tefois l’élévation de la tension augmentait la consommation du courant magnétisant, le courant total n’aurait guère varié malgré la diminution du courant de travail si l’on 11’avait muni quelques gros moteurs d’induction de compensateurs de phase destinés à fournir le courant magnétisant.
- Le nouveau procédé de « balayage » des moteurs à gaz, qui permet d’augmenter sensiblement la puissance des moteurs existants donne lieu à une autre application intéressante du compensateur de phase. Cet accroissement de
- Nous n’avons mentionné que quelques-unes des principales applications du compensateur de phase et celles qui ont déjà été sanctionnées par la pratique, mais il existe encore un très grand nombre d’autres problèmes pour lesquels le compensateur de phase constitue une solution simple, sûre et peu coûteuse (1). J. Reyval. (*)
- (*) Il est à rappeler que l’idée première en est déjà, ancienne, et est due à Maurice Leblanc et à Marius Latour, ce qui le fait désigner aujourd’hui dans les revues, meme étrangères (E.T.Z.), sons.le uom de Lc-blanc-Scherbius.
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- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- ÉLECTROTECHNIQUE GÉNÉRALE
- Sur la production et l'effet des harmoniques
- supérieurs dans les transports d’énergie
- à haute tension.
- Dans une précédente note ('), j’ai exposé, à propos d’une communication de M. Swyn-gcdauw (2), que les transformateurs modernes à 1er très saturé, quand ils sont reliés à un alternateur donnant une force électromotrice parfaitement sinusoïdale, créent non seulement des forces électromotriccs harmoniques d’indice 3 ou multiple de 3, mais encore dès harmoniques d’indices différents et particulièrement l’harmonique d’indice 5; par exemple, la figure 4 montre une courbe d’intensité de courant obtenu dans un bobinage primaire du transformateur auquel j’ai fait allusion,monté en triangle et alimenté par un turbo-alternateur de force électromotrice sensiblement sinusoïdale; les harmoniques 3 et 3 du courant ont sensiblement les valeurs relatives ï8 et n % par rapport à 1’intcnsitc de l'harmonique fondamental. L’harmonique est donc tics important.
- Les forces électromotrices que décèlent ces courants (les courants harmoniques 3 et 5 étouffent très sensiblement les forces électromotriccs harmoniques 3 et 5) sont à peu près du même ordre. D’une manière générale, on peut admettre qu’un transformateur excité par une force électromotricc ellicace Et, de pulsation Q, produit, par le fait même, des forces électromotrices harmoniques parasites :
- e3 = A(Ej), e5 = /î(E1), =/;t(E.),
- les f étant des fonctions numériques qui dépendent des propriétés (saturation et hystérésis) du fer employé dans le transformateur.
- (') Comptes rendus, t. CXIV, séance du 1G février 1914, p. 45 iv Voir Lumière Electrique du 14 mars 1914, p. 33'>..
- j2I K. Swïngedauw, Sur les harmoniques 3 des transformateurs [Comptes rendus, séance du 16 février 1914, p. 434).
- D’autre part, les alternâteurs produisent souvent dans leur force électromotrice un important harmonique 5, provenant, soit des encoches lorsqu’on met seulement six encoches par champ (disposition qui produit alors en même temps un harmonique 7), soit de la forme des pièces polaires lorsqu’on emploie des inducteurs à pôles séparés.
- Par exemple, j'ai eu occasion, il y a huit ans, de faire relever au moyen de l’oscillographe, par mon ancien assistant M. l’ingénieur Ragonot, les courbes de force électromotricc et des courants d’un altcrnateurà six encoches par champ et ces courbes ont mis en évidence dans la force électromotricc E (fig. 1)1111 harmoniques fort important
- Fig. 1. —- Force éicctromotrice à circuit ouvert de l’ulternateur.
- dont l’amplitude représente 10 % de l’harmonique fondamental. L’elfctde cet harmonique sur une ligne aérienne de 85 kilomètres était tellement fort, lorsque le secondaire du transformateur à l’extrémité de la ligne était ouvert, que l’harmonique fondamental du courant au départ
- fig. 1. — Tension JE) et courant (I) débité sur la ligne à vide.
- (fig. 2) disparaissait presque en comparaison de l’amplitude énorme prise par l’harmonique 5. O11 voit ici qu’une ligne industrielle, bien trop courte pour se mettre en résonance sur l’harmonique fondamental, peut présenter une capacité de l’ordre de grandeur convenable pour s’approcher
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- cle la résonance à une fréquence 5 fois plus forte et l’on en déduit l’intérêt que présente, dans les installations du transport d’énergie, l’harmonique 5 (et éventuellement l’harmonique 7). La figure '3, qui indique la tension (') aux bornes du circuit secondaire ouvert du transformateur d’arrivée, montre qu’il ne faut pas compter trop sur les causes d’amortissements souvent invoquées (courants de Foucault, hystérésis magnétique et diélectrique, résistance, etc.), pour prévenir la production des surtensions tant que le réseau 11’est pas en charge.
- Fig. 3. — Tension secondaire aux bornes du transformateur d’arrivée.
- Je me propose donc, dans ce qui suit, d’indiquer comment on peut chercher les conditions de résonance sur l’harmonique 5, et plus généralement un harmonique de rang n quelconque (2)
- (1) On notera la déformation produite au sommet des alternances par la saturation du fer du transformateur.
- (2) Il est à remarquer que les harmoniques 5, 7, etc., dans les alternateurs à courants triphasés, présentent elles-mêmes le caractère d’un système triphasé, car 011 voit facilement, par exemple, que
- 5
- 3
- “ 1 + 5’et 5 x J “ 3 + ?
- les harmoniques 5 dans les trois phases successives de l’alternateur présentent donc bien entre elles une différence de* phase de un tiers de leur période; le sens de rotation du champ est l’inverse de celui de l’alternateur? en même temps que la vitesse absolue par rapport au stator est cinq fois plus grande. De même, l’harmonique 7 produit des courants triphasés de pulsation 7 fï et un champ tournant dans le même sens que le champ principal et avec une vitesse sept fois plus grande, etc.
- Ces champs tournants sont fermés entre l’induit et l’inducteur par l’enlrefer; comme ils donnent naissance dans les masses polaires à des courants de Foucault, la self-iuduction qui leur est applicable dans l'alternateur est au plus égale à celle que rencontre le champ tournant de fréquence fondamentale. Cette self-induction est tout à fait différente de celle que présente l’alterna cur pour les courants harmoniques d’indice 3 ou multiple de 3, car alors le flux de réaction fixe doit se fermer par l’air entre les faces de l’inducteur et de l induit per-
- d’un alternateur alimentant, par l’intermédiaire d’un transformateur élévateur, une ligne ouverte à son extrémité libre.
- Soient u> la vitesse de pulsation de l’harmonique (a) = «Q, en appelant Q la vitesse de pulsation de l’harmonique fondamental) ; / le symbole imaginaire, y ™ \/— 1.
- Soient : /«, la les constantes (résistance globale, pertes comprises et self-induction) Me l’alternateur; l celles de la ligne et C sa capacité totale; /'i, li les constantes analogues du circuit primaire basse tension du transformateur; ri}1-2 celles du circuit secondaire relié à la ligne (');
- Fig. 4. — Courant sans un transformateur à vide.
- N
- ni le rapport de transformation —2 des bobinages
- N 1
- du transformateur, M leur coefficient d’induction mutuelle.
- On posera pour simplifier :
- l\j—; Lj — 5 13g—/'aL2——.
- 2
- Soient encore, en valeurs symboliques, Ea la force électromotrice de rang n dans l’alternateur; Ei et Ej les forces éleetromotriees de rang n provoquées par le flux de rang n dans les deux circuits du transformateur (E3 ^ m Et); lt et L les courants dans ces deux circuits; U2 la tension au milieu de la ligne, où l’on suppose concentrée la capacité. Nous aurons entre ces variables les trois relations suivantes, dont la première se rapporte au circuit primaire, la seconde au circuit
- pendiculaires à l’arbre; cette réluctance est donc notablement plus grande et la self-induction plus faible que pour l’harmonique fondamentale.
- Dans les transformateurs, comme je l’ai montré dans ma précédente communication, la self-iuduction des harmoniques est constante; il y a seulement exception pour les harmoniques 3 et multiples de 3, quand 011 emploie un transfor mateur unique à trois branches.
- P) Les inductances Zj, Z2 sont les inductances totales des enroulements.
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- secondaire et la troisième au circuit de capacité, dérivé au milieu de la ligne par approximation :
- (.) (R, +>L,)I, +>MI2 = E, - E„,
- (2) (R2 -|-jix>La)!^ -j- ywMIj = E2 — Uj,
- (i) I2 ——0)CU2.
- D’où, en éliminant U2 par (3) et I, par (1), ('5) donne
- I2 +
- w2M2I2 -(-_/o>M (E, — E„)
- R2! + w2L2,
- (Ri “l- /ajL;) — o,
- ou, en posant
- wM idL,
- h — . . et langO= —,
- \/R\ + u^L2!
- E2 -f- h (E„ — E2) (sin 8 -f- / cos Û)
- I.=
- R, H— R1 -f- J ( <dL2
- (dC
- — 7<2(d L,
- La valeur de U2 s’en déduit par (3) en valeurs imagi nail’es.
- Tout se passe pour le circuit secondaire comme si une force électromotricc résultante obtenue en composant géométriquement E2 avec h (E! — Ea)
- tourné de l’angle - -f 0 en arrière agissait sur un 2
- circuit ayant une résistance R2 + /i2R,
- et une inductance
- (L3-^c) “/<2L”
- Appelon s [6,.] la force électromotricc réelle résultante de E2 et h (E2 — Ea) définie ci-dessus; la valeur réelle de ‘U3 est finalement
- La condition de r.ésonance est
- (dL-2 —— — /l'tdL, — O.
- (dC.
- On peut écrire, en négligeant R, devant w L,, sensiblement
- M2
- /<2L‘ :(£+4
- __44______________. A4
- 44 4 -f- 4- la -f- 4*
- en appelant comme d’habitude coefficient de dispersion du transformateur
- D’où
- 44-M2
- G = -----
- 44
- h1 Lj — ( 1 — g) A
- 1
- — G
- 4
- 1
- Le dénominateur peut en général être remplacé par l’unité, et la condition de résonance devient alors, en-négligeant 7 devant l’unité et en remar-
- 4 /N, y
- quant que — = I — I :
- 1 1 1 zi /N2 \ ;
- 0) -------- -j- ffw/2 “f- I rr \ lût a — O.
- “ ü)ü ' iX '
- N,
- C’est la même relation que celle que j’ai indiquée, dans ma précédente communication, pour l’harmonique 3. Mais les coefficients d’inductance 4, L et g qui y figurent ne sont en général pas les mêmes, puisque les flux se ferment différemment.
- Quand la résonance est atteinte, le dénominateur de l’expression de lV2se réduit à son premier terme sous le radical et l’amplitude atteinte dépend à la fois des résistances globales et de la résultante [<Sy] des forces électromotrices; cette dernière varie elle-même suivant l’amplitude et l’écart de phase des deux composantes. Pour pouvoir l’étudier plus complètement, il serait nécessaire de connaître la forme de la force électromotrice de l’alternateur et les fonctions f, définies plus haut pour le transformateur, en grandeurs et en phases (').
- Noie de M. André Blondel.
- [Comptes rendus des séances de l'Académie des Sciences.
- Séance du 2 mars 1914.)
- (*) Théoriquement, il faudrait tenir compte aussi de ce que chaque flux harmonique dans le transformateur peut donner lui-même naissance à d’autres flux harmoniques de fréquence plus élevée; mais nous supposons qu’ils seraient du second ordre et par conséquent négligeables vis-à-vis des flux parasites considérés comme corrections du premier ordre.
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- STATIONS CENTRALES ET DISTRIBUTION
- Las sous-stations à, l’air libre. — Alexander Macomber.
- Les sous-stations à air libre, dont les premiers exemples remontent à six années environ, tendent de plus en plus à supplanter celles établies à l’intérieur des bâtiments, et ce fait montre bien l’aptitude de la technique à se plier aux exigences nouvelles de la pratique. Au début, comme il arrive souvent, on a été conduit à réaliser ce type d’installations dans un but d’économie pour desservir de petits consommateurs. Le perfectionnement de l’appareillage nécessité par ces conditions spéciales a ouvert un nouveau champ au développement des sous-stations et les progrès ainsi réalisés méritent de retenir l’attention.
- Les appareils qui ont dû subir des modifications importantes en raison de ce nouveau mode d’emploi sont de trois sortes : les dispositifs de protection, les transformateurs et les appareils de contrôle.
- Les dispositifs de protection les plus propres à être utilisés sur les lignes à haute tension paraissent être actuellement les parafoudres électrolytiques. Grâce aux progrès réalisés dans la construction de ces appareils, et notamment dans la constitution de l’électrolyte, il est possible maintenant déplacer l’appareil compléta l’air libre, même dans les régions où les conditions climatériques sont les plus mauvaises. Il est vrai que les perturbations atmosphériques dues à des orages sont peu fréquentes en hiver; mais il n’en est pas moins important d’assurer en toute saison le parfait fonctionnement de ces appareils, également destinés à absorber les perturbations dues au fonctionnement des interrupteurs.
- Pour les transformateurs, il subirait de modifier pour ce nouvel emploi la partie supérieure, de façon à préserver l’appareil de l'humidité. Cependant, il y a lieu de prévoir la congélation de l’huile et la condensation de l’humidité et, bien que le courant sulïisc en général à conserver une température convenable, on a été amené à établir de petites bobines disposées dans la
- cuve et aux extrémités du transformateur et destinées à le réchauffer. La congélation de l’huile est particulièrement à craindre lorsque l’appareil n’est pas en service, car, si la température est assez basse, les enroulements peuvent être avariés avant que l’huile n’ait eu le temps de se liquéfier. Il est possible cependant d’employer des huiles se congelant au-dessous de i j° C et présentant, par suite, eu général, des garanties suffisantes. De même, la congélation de l’eau, dans les transformateurs refroidis par ce moyen, peut être évitée en protégeant convenablement les tuyauteries extérieures.
- Les appareils de contrôle, tels que les sec-tionneurs et les interrupteurs, doivent satisfaire également à des conditions toutes particulières et l’on a pu réaliser en particulier des appareils fonctionnant à l’air â de très hautes tensions, même sous la neige ou le givre. Il a été néces saire pour cela ‘de protéger certains organes, mais on peut dire que rien ne s’oppose actuellement à leur emploi et il est probable que de notables améliorations viendront prochainement les rendre tout à fait aptes â ce genre de service.
- Dès maintenant on peut envisager l’emploi des sous-stations à l’air libre soit pour de petites fournitures isolées, soit pour des postes de grande capacité, soit encore à titre d’installations complémentaires des stations centrales.
- Les premières installations du type à air libre ont été destinées à l’alimentation de petits consommateurs isolés utilisant au plus quelques centaines de kilowatts. Ces postes peuvent être établis très simplement en des endroits quelconques, et moyennant une dépense très faible. Les interrupteurs sont en général à rupture dans l’air et les dispositifs de protection sont constitués par des parafoudres du type électrolytique ou plus simplement du type â cornes. Le développement rapide de ce genre d’installations, d’un coût peu élevé et d’un entretien facile, montre l’intérêt qu’elles présentent.
- L’application des sous-stations à l’air libre aux installations de grande capacité où les circuits
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- LA LUMIÈRE‘ ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série).—N° la;
- peuvent être nombreux nous met en présence de problèmes plus complexes. .
- De telles sous-stations exigent une surveillance et nécessitent par suite rétablissement d’un bâtiment affecté au moins à une partie de l'installation, il peut être avantageux dans certains cas de ne laisser à l’extérieur qu'une partie des appareils en plaçant, par exemple, â l’intérieur les appareils de contrôle des circuits secondaires. De même, il pourra être utile de prévoir un emplacement couvert où seront effee-tuées les réparations des transformateurs avariés.
- Les stations centrales comportent, en général, de grands bâtiments affectés à l’équipement haute tension et à l’appareillage correspondant. On réalisera une économie appréciable dans les frais d’établissement en plaçant à l’extérieur toute cette partie du matériel. Cette application du nouveau type de sous-stations semble particulièrement digne d’attention et d’étude.
- En résumé, les avantages des installations à l’air libre sont : le coût peu élevé, la facilité d’extension, la diminution des chances d’incendie, la simplicité d’établissement; les inconvénients sont les difficultés d’entretien et de manœuvre, le danger et l’aspect inesthétique.1 Les avantages sont importants, surtout en ce qui concerne le prix qui, en particulier pour les postes de faible importance, est inférieur de a 5 à 5o % â celui des postes couverts. Quant aux inconvénients, l’expérience a montré que jusqu’ici les avaries constatées sur le matériel employé dans ces installations sont relativement rares.
- Il existe dès maintenant, en fonctionnement ou en cours de construction, 3oo ooo K VA environ de transformateurs de type â l’air libre et les conditions satisfaisantes dans lesquelles fonctionnent les installations actuelles permettent d’affirmer que les difficultés qu’on peut rencontrer sont exceptionnelles.
- ( Proceeding of the American Institute of Electiical En-gineers, février 1914.)
- L’exploitation commerciale des entreprises
- municipales et nationales. — Cari Witt.
- Il y a quelques années, en Allemagne, la conception commerciale manquant dans les exploitations nationales et municipales, on attribua à cette cause le mauvais rendement financier de
- ces entreprises et on jugea qu’il convenait d’y introduire cet esprit commercial et de les réorganiser. Les parlements et administrations nationales et municipales transformèrent et améliorèrent. O11 chercha, de ce côté, en modifiant les conditions d’exploitation, les méthodes de tenue des livres,’ etc., à apporter une anïëlio’ràtiôn dans le sens indiqué; d’autre part, on apporta plus d’attention au choix du personnel et, jugeant insuffisante la préparation des directeurs dé ces*
- , entreprises, on créa des ingénieurs économistes^ j Depuis, quelques années se sont écoulées, sans1 [- qu’on entendît parler de ce sujet, mais voici que ; brusquement les journaux annoncent qu’au sein* ï du comité du Conseil du royaume de Bavière/
- ; on a plaidé en faveur de l'abandon " d’une ] partie notable des entreprises industrielles de i l’Etat. La raison donnée est que ces explôitâtiofis placées entre les mains de l’Etat sont inaptes à: la concurrence, étant dirigées sans esprit ebfm-mcrcial et sans profits. Comment s’expîifjùer cette opinion autorisée lorsque, députf? des années, on a'fàit tout ce qui était possible pour mettre ces entreprises sur uii pied/commercial et économique ? : '•*' J
- Telle est la question que l’auteur se propose d’examiner. * - 1 >
- Entre la façon de diriger les affaires des entreprises municipales ou nationales et celles des entreprises privées, il y a tout d’abord une différence essentielle :
- A l’assemblée générale des actionnaires d!une société anonyme, chargée de statuer sur le chiffre du dividende à répartir pour l’exercice écoulé, ces actionnaires posent généralement une question au Conseil d’administration sur les prévisions pour l’exercice en cours. A cette question-, le Conseil répond par des explications se tenant plus ou moins dans les généralités. Jamais il n’entre dans des détails de chiffres. De plus-, cela se passe régulièrement alors qu’un trimestre est déjà écoulé sur l’exercice courant. Au contraire dans une entreprise d’Etat ou de commune, six mois avant le commencement d’un exercice annuel, la Direction doit établir soigneuseinent un état détaillé des prévisions comme recettes et dépenses, frais d’exploitation, etc. Ce budget est soumis à la discussion et à la décision de commissions et d’assemblées plénières et examiné flans tous ses détails. Le public est ainsi mis au courant de façon complète et plusieurs mois
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- (l’avance des recettes et dépenses de l’exploitation pour l’exercice à venir. De son côté, le directeur de l’entreprise doit être en mesure de fournir neuf mois plus tôt que son collègue de l’industrie privée les renseignements les plus détaillés sur son exploitation et d’indiquer numériquement ses recettes futures. Or s’il est possible en bien des cas de prévoir avec quelque certitude les résultats de l’exploitation annuelle, cela n’estpas absolument général. Mais admettons pour un instant qu’il en soit ainsi, ces chiffres devraient alors être connus aussi exactement dans les entreprises privées en concurrence avec les exploitations municipales et nationales. Cependant, on s’y garde bien de les produire malgré l’intérêt qu’auraient à cela les actionnaires.
- C’est cette communication du budget d’exploitation et sa divulgation au public qui met précisément les entreprises municipales et nationales en état d’infériorité vis-à-vis de l’industrie privée qui leur fait concurrence. Cela ne revient à rien moins qu’à publier les frais généraux de l’entreprise, donnée essentielle à l’établissement, des prix et qui est considérée comme l’un des secrets commerciaux. Grâce à cette publication, l’industrie privée concurrente est en mesure de disséquer le budget de sa rivale officielle jusque dans les plus petits détails, d’établir sur quels points son exploitation est plus économique, sur quels autres elle est plus onéreuse. La conséquence de cet état de choses est évidente.
- Un autre inconvénient du contrôle budgétaire, c’est que, pour s’éviter des difficultés, le directeur de l’entreprise municipale ou nationale n’a plus d’autre préoccupation constante que de s’en tenir à la stricte réalisation de ses prévisions budgétaires. Ainsi, le fonctionnaire se substitue forcément en lui à l’administrateur commercial.
- Malgré toutes les réformes et les améliorations qu’on a pu faire et qu’on a faites jusqu’ici, il n’a pas été possible de remédier à ces inconvénients ; la proposition faite au Conseil du royaume de Bavière en est la preuve.
- Sur quelles bases pourrait-on donc accomplir avec succès d’autres réformes ?
- L’exercice du contrôle budgétaire est intangible mais il serait possible, pour tenir compte
- de cette nécessité, de ne faire porter l’établissement du budget que sur le chapitre du personnel et de n’inscrire au chapitre des recettes et dépenses d’exploitation qu’un chiffre global en laissant à l’Administration de l’entreprise le droit de dépasser ce chiffre ou de rester au-dessous. Les principes administratifs actuellement en vigueur ne se trouveraient ainsi nullement atteints. c
- Si l’on ne veut pas rentrer dans cette voie, déclare l’auteur, il ne reste que la solution peu élégante du monopole, d’ailleurs frappée de tous les inconvénients exposés ci-dessus, à moins qu’on ne préfère exploiter en régie.
- En ce qui concerne spécialement le développement des centrales régionales, il est probable qu’il se fera principalement dans l’avenir sous forme d’entreprises communales. Il n’est pas certain qu’elles puissent conserver leur caractère actuel de monopole. Cela sera impossible dans les régions industrielles. Si l’on ne juge pas opportun le monopole général sur les bases légales indiquées ci-dessus, il faudra envisager l’abandon de l’exploitation municipale pour préscrverles communes contre des catastrophes. Cela ne veut pas dire que les communes devront perdre le bénéfice des usines qu’elles ont créées. Au contraire, on séparera ces entreprises de l’administration communale, on les dotera des capitaux et de l’autonomie nécessaires et on leur donnera la personnalité légale. Peu importe d’ailleurs qu’en pareil cas on adopte une forme d’exploitation mixte si, par ce moyen, on peut écarter pour toujours l’insécurité actuelle de l’exploitation.
- Les administrateurs et organisateurs capables de mettre en A'aleur de telles entreprises n’ont jamais fait défaut. Quant à la comptabilité, on l’établira sur des bases commerciales. Ainsi pourront aboutir à un résultat satisfaisant les tentatives faites depuis plusieurs années vers une organisation commerciale. Les Municipalités ou Etats propriétaires de telles entreprises, au lieu d’avoir, comme jusqu’ici, à combattre toutes sortes d’ennuis, pourront alors être fiers de leurs exploitations et contribuer à améliorer leurs ressources financières.
- (Elektrotechnische Zeitschrift, 12 février 1914.)
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- TRACTION
- Sur quelques conditions de l’électrification des chemins de fer. — Roger T. Smith.
- Chaque pays se trouve dans une situation particulière en ce qui concerne les conditions techniques et économiques de l’exploitation des chemins de fer, et le resserrement monétaire autantque les exigences de l’industrie empêchent actuellement les compagnies anglaises d’expérimenter l’électrification autrement que sur une petite échelle. 11 conviendra d’examiner en premier lieu si l’électrification peut remplacer la vapeur, d’essayer ensuite de fournir par le courant électrique ce que la vapeur ne peut donner, enfin de réaliser cette réforme de façon qu’il en résulte une amélioration financière dans l’exploitation des chemin de fer.
- Pour l’examen de ces questions, les différents services des chemins de fer peuvent être répartis en trois groupes ;
- I. Transports urbains et suburbains de voyageurs;
- II. Transports rapides de voyageurs ;
- III. Transports de marchandises à grande ou petite vitesse.
- I. Services urbains et suburbains de voyageurs. Services urbains.— La traction électrique purement urbaine correspond à des services si spéciaux et qui ont été si excellemment établis qu’il paraît inutile d’en discuter la nécessité.
- Pour la traction souterraine, et indépendamment des avantages de l’électricité dans le cas d’arrêts fréquents, l’emploi de la vapeur ne sauraient être envisagé au xxe siècle.
- Services suburbains. — Les services suburbains de traction sont destinés à permettre à la classe ouvrière et aux employés de vivre en dehors de la ville. L’extension des agglomérations suburbaines dépend de la durée du temps à employer pour y parvenir ; on peut fixera quarante-cinq minutes la durée maximum à admettre pour le voyage. Plusla distance parcourue dans ce temps sera grande, c’est-à-dire plus la vitesse commer-cialesscra élevée, plus le chemin de fer aura de chances de donner lieu à un nouveau développement du trafic.
- Si le mode de traction adopté comporte des trains d’une capacité définie pour un horaire déterminé, il sera nécessaire d’augmenter le nombre des voitures et, pour cela, on pourra procéder de différentes manières. En premier lieu, on peut doubler ou tripler le nombre des voies, accroître à la fois le nombre et la longueur des quais et, par suite, augmenter le nombre de voyageurs transportés sans modifier nécessairement la durée du voyage. Ce procédé a été employé pour les services suburbains de Londres et a conduit à des frais considérables.
- En second lieu, on peut, tout en conservant les mêmes installations et le même matériel roulant, augmenter la vitesse en utilisant des locomotives à vapeur d’un type plus puissant. Des essais ont bien été faits dans cet ordre d’idées dans la banlieue de Berlin ; mais on a, en réalité, fait peu d’études dans le but d’établir des locomotives prévues uniquement pour la traction suburbaine à grande vitesse des trains légers. On a utilisé cependant, sur le Great Western Railway, des automotrices à vapeur qui permettent d’obtenir, avec un poids suffisant pour l’adhérence, une vitesse assez élevée.
- Enfin, on peut recourir à l’électrification, qui permet d’envoyer jusqu’à /j<S trains par heure dans chaque direction, en utilisant les voies et les stations existantes. La possibilité de réaliser une telle fréquence est duc principalement à l’emploi des signaux actuels mais les trains à accélération élevée et à freinage très l’apide permettent seuls d’en tirer tout le parti possible. De la sorte, la vitesse commerciale a pu être augmentée de 5o % et, le système de signalisation permettant également d’augmenter de 5o % le nombre maximum de trains par heure, le nombre de voyageurs transportés s’est trouvé doublé.
- Pour que l’électrification soit efficace dans des conditions moyennes, le nombre de trains par heure doit être compris entre 5 et /to pour chaque direction, la distance entre stations étant inférieure à deux kilomètres et demi.
- L’élément essentiel du progrès réalisé grâce à la traction électrique consiste dans l’emploi
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- d’une automotrice. Le train peut être formé, soit uniquement d’automotrices, solution adoptée pour l’électrification prochaine des lignes de la banlieue ouest de Paris —- soit d’automotrices et de remorques. Le nombre des automotrices doit être tel que le poids sur les essîeux moteurs ne soit pas inférieur à ^5 % du poids total du train. La conduite de trains ainsi composés a pu être rendue possible grâce à l’utilisation du système à unités multiples.
- L’emploi de ces trains dans la banlieue de Londres a permis d’obtenir avec des convois de 175 tonnes une vitesse commerciale de 27 kilomètres à l’heure, avec des arrêts de vingt secondes et des stations distantes en moyenne de 800 mètres entre elles. Le poids adhérent atteint 46 % du poids total et l’énergie utilisée dans la période de mise en vitesse s’élève à 1 800 chevaux. Une locomotive à vapeur donnant les mêmes résultats devrait avoir quatre fois le poids de l’équipement électrique. L’emploi ou système à unités multiples permet en outre de doubler le rendement des gares terminus en réduisant les mouvements de locomotives et de signaux; il permet, d’autre part, d’adapter parfaitement la composition des trains à l’importance du trafic en modifiant, suivant les nécessités, le nombre des automotrices ou des remorques. Le moteur série convient enfin particulièrement pour la mise en vitesse rapide des trains.
- La question de l’électrification des chemins de fer suburbains ne réside plus, en somme, que dans des considérations financières. 11 s’agit de savoir, étant donnés les tarifs, si l’augmentation de trafic réalisable pourra fournir une rémunération suffisante du capital qu’il sera nécessaire d’immobiliser. Quand les tramways électriques se sont développés en Angleterre pour les services urbains et suburbains, ils étaient en concurrence directe avec les chemins de fer dans plusieurs grandes villes. Par exemple, quand furent mis en marche les tramways de Londres desservant la partie située au Sud de la Tamise, le trafic des services de banlieue du Brighton llailway passa de 8 à 5 millions de voyageurs. Par l’électrification de ses voies, non seulement le chemin de fer a regagné cette perte dès la première année, mais le trafic s’est augmenté constamment depuis, malgré la diminution des tarifs due à la concurrence des tramways.
- Comme pour beaucoup d’autres entreprises industrielles, il y a lieu de considérer dans un service suburbain les charges sensiblement fixes (entretien de l’équipement de la voie, direction, impôts, etc.) et celles qui varient avec l’importance du trafic (réparation du matériel roulant, salaires, dépenses de courant). Dans un cas particulier, les proportions entre ces diverses charges ont été les suivantes : 60 % pour les frais fixes et 40 % pour les dépenses variables, dont les trois quarts relatifs à la fourniture de courant. Pour réaliser un service rémunérateur, il faut, soit augmenter les tarifs, soit obtenir une fourniture d’énergie à un prix suffisamment bas. La concurrence empêche le plus souvent d’employer le premier moyen. Peut-on espérer diminuer le prix de l’électricité La production et la distribution de l’énergie électrique constituent par elles-mêmes une industrie spéciale; dans maintes occasions, il 11’a pas été possible aux compagnies de chemins de fer d’acheter le courant au dehors, ipais partout où cela a été possible l’économie des frais d’établissement et des charges d’une exploitation toute différente de la sienne ont permis au chemin de fer de réaliser un gain considérable. En général l’addition à un service de distribution de lumière et de force de la charge due' à un service suburbain important, fonctionnant avec un facteur de charge maximum de 45 à 55 % pendant dix-huit ou vingt heures par jour, permet à l’entreprise de distribution de consentir un prix tout à fait acceptable.
- II. Services rapides de voyageurs. — Au point de vue de l’adhérence, pour un même effort de traction, l’avantage, en ce qui concerne le poids total, est toujours en faveur de la locomotive électrique. 11 convient, cependant, de remarquer qu’avec les moteurs série, lorsque la vitesse croit, l’effort de la traction diminue si rapidement qu’aucune locomotive électrique n’a pu fournir jusqu’ici un effort de 1 100 chevaux à n-2 kilomètres à l’heure, résultats obtenus avec certains types de locomotives à vapeur.
- Le Lancashire and Yorkshire Railway a fait d’intéressantes expériences surunc ligne équipée en courant continu à 3 5oo volts. Le matériel comporte sur les voitures motrices deux moteurs en série et un groupe moteur-générateur fournissant du courant à no volts pour les services auxiliaires de contrôle, de pompage, d’éclairage et de chauffage. Le même courant peut être uti-
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- lise pour l’excitation, de manière à fournir l’excitation séparée pour les grandes vitesses, la mise en vitesse s’effectuant au moyen d’une excitation série.
- Au point de vue économique, on peut évaluer grossièrement les charges afférentes à chaque système de la manière suivante. On peut admettre que les dépenses annuelles relatives à une locomotive parcourant 3 à 4 ooo kilomètres sont de l’ordre de 20 000 francs, y compris les charges^ d’intérêt et d’amortissement, mais non compris les frais d’eau et de combustible. Ces derniers frais peuvent être évalués pour les chemins de fer anglais à 900 ) francs environ, soit un total de 39 000 francs. Ce chiffre représente une moyenne correspondant à 43 000 trains-kilomètres par an, soit une dépense de 65 centimes par train-kilomètre. Sur ces 65 centimes, 18 environ représentent le coût du charbon et de l’eau.
- Ces chiffres ne sont valables que pour l’Angleterre, où le charbon est particulièrement peu coûteux. Le prix du charbon utilisé serait environ doublé en France, et plus que triplé en Suisse et en Italie. 11 est donc diflicile, étant donnée l'importance de ce.facteur dans la comparaison entre les tractions électrique et à vapeur, de déterminer les conditions économiques de chacun des systèmes. Il convient de remarquer cependant que le coût du charbon utilisé dans une usine productrice d’énergie électrique est inférieur à la moitié du coût du combustible utilisé pour effectuer le même travail au moyen d’une locomotive.
- Dans une étude sur l’électrification à 2 400 volts, M. Hobarta établi qu’en Angleterre les dépenses d’eau et de combustible d’une locomotive à vapeur seraient sensiblement égales aux dépenses de courant d’une locomotive électrique fonctionnant dans des conditions comparables, le prix du courant étant de 3,3 centimes par kilowattheure. A poids égal, la locomotive électrique coûte deux fois plus qu’une locomotive à vapeur, mais, pour un même poids adhérent, le poids de la locomotive électrique est inférieur de 3o à 40 % au poids de la locomotive à vapeur. En somme, on peut, dans les mêmes conditions que ci-des-sus, évaluer à 3i 000 francs le coût annuel d’une locomotive électrique. Mais, tandis que la locomotive à vapeur fournira environ 43 000 trains-kilomètres, avec 25 % de service réel, la locomotive électrique donnera au minimum 65 000 trains-
- kilomètres, avec une utilisation effective de 5<>% environ ; de sorte que le tram-kilomètre reviens dra à 48 centimes au lieu de 65, si, comme il a été admis,’le kilowatt-heure peut être obtenu à 3,3 centimes, ; ,
- En résume, les problèmes qui se posent dans la concurrence entre la traction à vapeur et la traction électrique pour les services rapides de voyageurs sont les suivants: en premier lieu, réaliser une locomotive électrique capable des mêmes efforts de traction qu’une locomotive à vapeur aux vitesses élevées ; en second lieu, réduire le coût des locomotives électriques, enfin acheter le courant à un prix aussi bas que possible. • .
- III. Services de marchandises. — Pour les services de marchandises, il conviendrait d’examiner dans chaque cas la question de l’électrification suivant les diverses conditions de transport. On peut dire, cependant, que, la comparaison étant établie comme il est fait plus haut pour les services de voyageurs, les résultats obtenus peuvent être conservés en remplaçant le prix de 3,3 centimes par kilowatt-heure par celui de 5 centimes. ....
- Alors que le nombre de trains-kilomètres atteignait 4'iooo pour les services de voyageurs, il, tombe à 16000 environ pour les services de marchandises et la consommation de charbon se trouve sensiblement doublée. De plus, une locomotive à vapeur 11e fait guère plus de 70 à 80 kilomètres par jour eu moyenne et, par suite, reste pendant une grande partie du temps en pression sans fournir de travail effectif.
- 11 semble, dans ces conditions, que la traction électrique présente des avantages très sérieux, et, en effet, il a été possible, en Amérique, de doubler, grâce à l’électrification, la distance journalière parcourue en profitant de ce que la locomotive électrique permet de remorquer des charges importantes à des vitesses suffisamment élevées, en ne dépensant pas d’énergie pendant les longs arrêts qui sont imposés aux trains de marchandises.
- On procède actuellement entre Shildon et Newport (Middlesborough), sur une distance de 3o kilomètres, à l’électrification d’une ligne minière qui comporte un développement total de voies de 80 kilomètres. Deux sous-stations fournissent du courant continu à 1 5oo volts, soit par l’intermédiaire d’une ligne aérienne, soit, par
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- endroits, au moyen d’un rail protégé. Les locomotives pourront démarrer et remorquer un train de minerai pesant i 400 tonnes à la vitesse de 40 kilomètres à l’heure en palier, ou démarrer un train de 8o<> tonnes sur une rampe de i % .
- Pour résumer la question en ce qui concerne les avantages de la locomotive électrique pour les services de marchandises, on peut dire que la possibilité de doubler la vitesse des trains, de
- diminucrles périodes d’inutilisalion du matériel, enfin d’arriver sensiblement aux même dépenses variables avec un prix du kilowatt-heure non inférieur à 5 centimes, permettent de supposer qu’on pourra tirer un grand parti de l’électrification des lignes de chemin de fer pour les transports de minerais et de marchandises.
- (Journal of the Institution of Electrical Engineers, i(> février 1914.)
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- La soudure électrique.
- Dans un mémoire, intitulé « Quelques récents progrès dans la soudure ». M. Alexandre P. Tuckcr a exposé à la Société Métallurgique de Birmingham, en décembre dernier, les trois
- les raisons de son développement sont la distribution générale et la production facile du courant convenable, l’ingéniosité témoignée dans la construction et l’adaptation des machines pour exécuter les soudures courantes dans une grande variété de travaux, enfin le bas prix de revient
- Taiiliîau
- Prix de revient de la soudure par rapprochement.
- . POUR CHAQUE SOUDURE
- NATURE DES PIÈGES DIMENSIONS SECTION TEMPS
- Courant Consommation Prix
- : < ; ; ; ' (inillim.) (millim.*) SECONDES néccssairo de courant du courant (')
- IC\y. Kw.-h. contimos
- Tôle de fer 11 4i5 15 16 0 c °,9
- Jantes de cycles .: -— IOO I 7,5 0,002 0,02
- Jantes de roues ' : 320 20 16 0,09 «a
- Arbres . 4 (diam.) 12,6 2 i,5 0,001 0,014
- —’ \V *9 — a85 20 io,5 0,06 0,8
- — . . 3t> — 700 20 21 0,1 I 04
- Tubes en fer. 70 —^ 2 OOO 20 35 ' <V9 2,4
- Arbres 45 - 1 600 6() 3o o,5o 6,2
- — 5o 5 — v 2 OOO I 20 - 35 b'7 14,6
- (*) Le prix du courant est compté à 12,5 centimes le Kw.'-li.
- grands procédés de soudure actuellement en usage : procédé au The nuit, procédé oxy-acétylé-nique et soudure électrique.
- La soudure électrique, dit-il, représente le progrès le plus important pour le fer et l’acier;
- de cette soudure. Le tableau ci-dessous montre que, au point de vue de la durée et du prix de revient, aucun autre procédé ne peut lui faire concurrence.
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- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- Le compte rendu de rassemblée générale extraordinaire des Usines Bouhey du i /, mars a confirmé les bruits officieux qui annonçaient une fusion avec les Etablissements Schneider et Cie. Les Usines Bouhey avaient elles-mêmes absorbé il y a peu de temps la Société Française des Machines-outils. Désormais, sous la dénomination : Société d’outillage mécanique et d’usinage d’artillerie (Usines Boubey) elles continueront à construire des machines-outils, du matériel d’artillerie et du matériel de traction. Le capital est porté de 5 millions à 16 millions par la souscription en espèces de ioo ooo actions de ioo francs et l’attribution de to ooo actions d’apport à la maison Schneider et Cl0 en rémunération de son concours technique et commercial. Par convention, les Etablissements Schneider et Cie s’engagent à réserver à la nouvelle société l’usinage d’une partie des éléments des batteries d’artillerie légère qu’elle ne pouvait exécuter dans ses propres ateliers, en tout cas, l’usinage et le montage de 6o % de cps éléments depuis le canon de montage jusqu’à l’obu-sier de 160 millimètres y compris les canons de i20 millimètres; elle s’engage aussi, pendant la durée des conventions, à ne plus augmenter ses moyens de production correspondant à ceux que les Usines Bouhey se proposent de créer.
- Une fois l’absorption des Usines Bouhey réalisée, les Etablissements Schneider posséderont dans la région de Paris deux usines qui seront susceptibles de concourir à la production de leurs spécialités : celle de Saint-Ouen et celle de la rue de la Convention, appartenant autrefois à la Société des Moteurs Otto. On peut apprécier différemment cette manière de répartir leur action et leurs efforts ; on peut à présent émettre l’opinion que c’est le développement de la politique suivie depuis plusieurs années par ces Etablissements qui désirent éviter les groupements ouvriers trop importants tout en s’assurant d’un outillage éprouvé, d’une main-d’œuvre exercée et d’une clientèle déjà formée.
- La situation au Brésil est en ce moment plus mauvaise qu’elle n’a jamais été. Nos commerçants ont eu lieu de s’en apercevoir par la diminution de lpur chiffre d’affaires avec ce pays; et nos maisons de commission en ont subi déjà le contre-coup fatal
- pour quelques-unes qui ont dû liquider. Les valeurs de chemin de fer qui avaient été placées en France sous les auspices de certains Etablissements de crédit, ont baissé dans la proportion de 32 % , si bien que des obligations de à 1/2 % , émises à /,3o francs, se négocient maintenant aux environs de 3oo. D’une correspondance adressée au Times, de Rio de Janeiro, il résulte que les faillites dépassent la moyenne habituelle, que les banques 11’escomptent le papier qu'à moins de garanties exceptionnelles, et que les particuliers thésaurisent en prévision d’événements plus graves qu’ils semblent redouter. Le gouvernement de son côté suspend tous les travaux en cours partout où il le peut et diffère ceux qu’il a projetés : les économies qu’il fait et qu’il commande ont une repercussion sur la vie du pays et comme les deux éléments de la prospérité de l’Etat et des particuliers, soit le café et le caoutchouc, ne sont pas près de reprendre leur essor, on n’entrevoit pas de modification à la situation économique actuelle avant longtemps. Ceci a une répercussion sur notre industrie^française, mais aussi sur l’industrie belge qui a encore plus de relations avec le Brésil. Comme la République Argentine et le Mexique ne donnent pas lieu en ce moment à de meilleurs résultats, l’exportation européenne vers l’Amérique latine subit un ralentissement qui n’est pas compensé par l’exportation orientale. Le gouvernement chinois émet cependant en France par l’intermédiaire de la Banque industrielle de Chine, du Crédit Français et de la Société Centrale des Banques de Province, un emprunt de i5o millions appelé emprunt industriel 5 % or 1914 et dont le produit est destiné à la construction du port de Poukon et à divers travaux d’édilité à Pékin.
- Il est bien spécifié que les travaux seront effectués sous la direction d’un personnel français, avec des matériaux français chaque fois que la Chine ne sera pas en mesure de les fournir. Comme il s’agit de creuser et d’outiller un port et de doter en outre Pékin d’installations modernes de services d’eau, de tramways, d’éclairage et autres, il y a là matière à un important débouché pour toutes nos maisons de constructions électriques. Nous voulons admettre que les établissements émetteurs conserveront toute
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- l’autorité voulue pour exiger l’exécution des engagements pris et réserver à l’industrie française effectivement tout ce que la Chine ne sera pas en mesure de fournir. Une des conséquences de cet emprunt devrait être l’organisation de correspondances plus fréquentes et plus rapides avec la Chine, soit par voies ferrées, soit par voie maritime; et pour le premier cas, notre intimité avec la Russie devrait nous faire améliorer les services du transsibérien.
- La Circulaire Renauld du 14 mars annonce la constitution de la Société d’Electricité du Rupt-de-Mad avec comme premiers administrateurs MM. Henri Robert, Henri Steinmann et Marcel Vil— grain, ce dernier administrateur délégué de la Station Electrique de Millery.
- L’assemblée de la Station Electrique de Millery a eu lieu le 23 courant. Les résultats présentés dénotent une augmentation importante des recettes d’exploitation passées d’un exercice à l’autre de 323 006 francs à 4g3 167 francs, les recettes globales passant d’ailleurs de 363 45'-* à 562 6/j3 francs. Le solde du compte profits et pertes est de 140207 francs qui a été réparti de la façon suivante : réserve légale, 7010 francs; amortissements, 70000 francs; dividende de 5 % , 57708 francs; conseil et commissaire, 3 5oo francs; report 1 989 francs. Le'capital à rémunérer n’est encore pour cet exercice que de
- 1 200 000 francs, mais l’an prochain il sera de
- 2 5ooooo francs; le montant des obligations émises est lui-même passé de 950000 francs à 1 949000 francs. Le capital investi ressort ainsi à 4449000 francs, peu différent du chiffre des immobilisations totales qui se sont élevées depuis 1909 à 4 356 209 francs. La progression des recettes totales est très importante pour l’exercice écoulé, puisqu’elle dépasse 5o % ; mais l’augmentation des charges réduit de beaucoup la marge des bénéfices qui n’ont avancé que de 3o 000 francs dans chacun des deux derniers exercices. Si ces bénéfices ne progressaient pas d’une façon sensible, le maintien du dividende risquerait de limiter par trop la dotation des fonds de prévoyance qu’il est indispensable d’alimenter dès le début de pareilles entreprises. L’usine de Millery dispose de 9 000 chevaux et dessert un réseau haute tension de 135 kilomètres.
- Gaz et Electricité de Roubaix a réalisé pour le dernier exercice un bénéfice net de i65 198 francs qui permettra de distribuer les dividendes suivants : aux actions de capital, 4 fr. 85 ; aux actions ordinaires, o fr. 75 et aux parts de fondateur o fr. 70.
- L’Energie Electrique du Nord de la France a réalisé pour 1918 un bénéfice net de 1 107 122 francs qui permettra de porter le dividende de i3 fr. 75 à 15 francs par action. T. R.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- ÉCLAIRAGE ET FORCE MOTRICE
- Calvados. —Le maire de Deauville-sur-Mer rappelle que le conseil municipal a décidé dans une précédente séance d’apporter de nombreuses améliorations à l’éclairage public. Le projet comporte que l’avenue de la République serait entièrement éclairée à l’électricité, au moyen de lampes à incandescence de 1 000 bougies.
- Le montant des travaux nécessités par les modifications apportées tant à l’éclairage électrique qu’à l’éclairage au gaz s’élèverait, d’après le devis, à 60 ooo francs. Le conseil invite le maire à se mettre en rapport avec la Société Normande de Gaz et d’Eleclricité pour lui faire des offres dans ce sens.
- Puy-de-Dôme. — Le conseil municipal d’Olliergues a étudié les différentes propositions formulées par les demandeurs en concession pour l’éclairage électrique de cette commune.
- Le conseil a plus particulièrement examiné le cahier des charges, proposé par la Société des Forces Motrices d’Auvergne qui se propose d’établir ses lignes dans la vallée de la Dore.
- Ce cahier des charges, en Outre des clauses habituelles, fixe les conditions suivantes : éclairage privé, o fr. 06 l’hectowatt; public, o fr. o5 ; force motrice, o fr. 04 l’hectowatt.
- Le maximum exigé par lampe serait de 3 francs par an.
- L’éclairage public de la. commune serait assuré au moyen de 21 lampes de So bougies, pour le prix de 18 fr. 5o par an, le remplacemènt des lampes étant effectué par la Société deux fois par an.
- Les particuliers pourraient traiter à forfait à raison de 18 francs pour la lampe de 16 bougies et 16 francs pour la lampe de 10 bougies.
- Au cours de la réunion, à laquelle assistait M. Limou-zin, directeur de la Société, il a été convenu de réduire quelques prix, notamment le minimum par lampe qui serait réduit d’un commun accord1.
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- SOCIÉTÉS
- CONVOCATIONS
- Energie Electrique de la Bass8-Loire. — Le 2 avril, 94, rue Saint-Lazare, à Paris.
- Compagnie Générée Française de Tramways. —
- Le 3 avril, 7, rue de Madrid, à Paris.
- "
- _ Le i5 avijil, à n heures, en la salle de la Madeleine* à Bruxelles,, fourniture de. divers objets nécessaires à 1 établissement d’installations électriques du service des voies et travaux des chemins de fer de l’Etat,
- Le i5 avril, à n heures, en la salle de la Madeleine, à Bruxelles, fourniture de i 5oo cordons souples pour commutateur Standard nécessaires à l’administration des
- Tabjeau des recettqs d’exploitation des principales Sociétés (mois de décembre 1913).
- ! - ! DÉSIGNATION ANISEE igi3
- 1 i i Recettes du mois de décembre Recettes depuis le début de l’année
- fraucs francs
- Energie Electrique du Nord de la France 428 644 3 752 238
- Société Roubaisienne d'Eclairage 374 177 3 081 677
- Electrique Lille, Roubaix, Tourcoing 177 101 2 216 371
- Compagnie ; Electrique. 'de la Loire et du
- Centre 627 391 6 247 382
- Société Générale de Forces Motrices et d’Éclai-
- rage de la ville de Grenoble Société des Forces Motrices du Raut-Grési- 69 064 48b 629
- vaudàn. 73 898 724 446
- Union Electrique. ... i3i 783 1 263 599
- Société d’Electricité de Caen ICI 790 817 398
- Société Méridionale de Transport de Force. ... 201 922 2 o38 678
- Sud-Electrique 262 35o 2 583 392
- Est-Electrique 96 680 1 040 998
- Electricité de Bordeaux et.du Midi 197 io3 1 482 1O7
- Energie Electrique du Sud-Ouest 289 742 2 414 232
- Energie Electrique du Littoral Méditerranéen. 682 601 7 341 349
- Chemins de Fer Electriques départementaux de 67 753 HT-
- la Haute-Vienne 856 972
- Tramways de Roubaix-Tourcoing. 168 066 2 129 339
- DIFFERENCE ENTRE.LES RECETTES DES DIX PREMIERS «ibis
- en igi3 et en igra•
- en faveur de 191J
- francs '
- 9'° 497 148 741
- 2 J4 497
- 842 421
- 12 oq5
- 41 701 223 621 i34 4<i(i 270 OOI 499 5** 2 38o 55g
- 1 ’9 779 Soi 290 598 472
- 384 238 90 071
- en faveur de 1912
- Société Lacarrière. — Le 8 avril, 19, rue Blanche, à Paris.
- Société d’Electricité Nilmelior. — Le 22 avril, 19, rue Blanche, à Paris.
- Société Havraise d’Energie Electrique—Le 23 avril, 19, rue Blanche, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- France
- Le 17 avril, à la mairie de Lille (Nord), fourniture de:
- i“ Appareils électriques pour l’éclairage. Montant annuel : 2 000 francs. Cautionnement : 200 francs.
- 2° Appareils pour la téléphonie. Montant annuel :
- 1 000 francs. Cautipnnement : 200 francs.
- Visa, par M. le directeur des travaux, dix jours avant l’adjudication.
- Renseignements à la mairie.
- BELGIQUE
- Le 10 avril, à 10 heures à l’administration communale, 3o, rue de la Ruche, à Sckaerbeek-’.ez-Bruxelles, fourniture de : iu compteurs et appareils électriques (double tarification); — 20 câbles et lils électriques. Soumissions le 9 avril, avant midi,
- La reproduction des articles de la
- télégraphes et téléphones; cautionnement : 200 francs (cahier des charges spécial n° 220). Soumissions re-j commandées le ri avril. ' :
- Le i5 avril, à 12 heures, en la salle de'la Madeleine, à Bruxelles, fourniture d’appareils de levage nécessaires au service de la traction et du matériel des chemins de fer de l’Etat.
- Le s5 avril, à la maison- communale, à Montegnée, (Liège), fourniture et installation de la distribution' dé l’énergie électrique: i° fourniture de l’énergie électrique pour tous les usages publics <U privés; 20 établissement d’une distribution d’énergie électrique en envisageant les deux solutions suivantes : a) installation d’une centrale électrique sur le territoire de la commune et d’un réseau de distribution ; b) installation d’un réseau de distribution sans centrale électrique. Soumissions recommandées le 22 avril.
- PAYS BAS
- Jusqu’au 3 avril, à l’administration communale, à Utrecht, offres pour la fourniture d’une chaudière marine mullitubulaire avec économiseur et une installation pour l’aspiration mécanique des fumées.
- Lumière Electrique est interdite.
- Paris. — hiFRUMMB LBY** 11, RUB cassette.
- Lé Gérant s J .-P. Noüet
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- Supplément à fia Lumière* Electrique du 27 juin.
- TABLE MÉTHODIQUE DES MATIÈRES
- PREMIER TRIMESTRE 1914
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- TABLE METHODIQUE DES MATIÈRES
- PREMIER TRIMESTRE 191/,
- Electroteohnique générale.
- Sur la production et l’edet (les harmoniques supé-
- rieurs dans les transports d’énergie à
- haute tension. — A. Blondel...............-îo/J
- Sur l’influence du montage des transformateurs triphasés dans les transports d'énergie à
- , liante tension. — A. Blondel............... 322
- Résonance (les harmoniques 3 (les transformateurs
- en courant triphasé. — Swyngedauw...... 331
- Champs multiformes el forces élerlromotrices
- d’induction qui en dérivent.—A. Ilarbillion. i a9
- Sur labsorption des ondes électromagnétiques par un conducteur cylindrique (effet Helvin).
- — J. Spielrein ......................... 5
- L’émissivité électrique de la matière. — I)r J.-A.
- Harker.................................. 36g
- Construction et essais de machines.
- Nouveau moteur triphasé à collecteur à régulateur shunt par décalage des balais. —
- H.-G. Schrage......................... 333
- Calcul des machines à courant continu. — A. fsam-
- berl................................. a.ti.i
- Température des machines électriques destinées à
- un service intermittent. — L. Isambert.. i.33
- Calcul de la température intérieure des bobines
- inductives.—L. Binder................. 143
- Le compensateur de phase système Brown- Boveri.
- — J. Beyval........................... 3g5
- La machine à condensateur; nouvelle machine
- électrostatique. — D''H. Vommelsdorf. . , .371
- Manutention, échantillonnage el essai de l’huile pour transformateurs. — Georges E. Armstrong .......................................... 239
- Méthode et appareils pour essais à haute tension
- des câbles el des réseaux souterrains de
- distribution d’électricité. .............. 3i5
- Dispositif pour l’alimentation des moteurs à courants alternatifs en employant un transformateur à gradins et un transformateur
- tournant................................... 3y3
- Transformateur électrique pour produire des oscillations à haute fréquence à l’aide de courant continu............................... 17a
- Les distances explosives dans les installations électriques. — Gino Jlebora............................ 1,40
- Nouveautés en appareils de chauffage électrique pour températures très élevées et fortes surcharges............................................ 267
- Les éleclrolyseurs des Ateliers de Construction
- Oerlikon. Système l)r O. Schmidt.......... 184
- Les vérins électriques de levage dans les ateliers
- de chemins de fer......................... 3a 1
- Stations oentraies.
- L’exploitation commerciale des entreprises municipales et nationales. — Cari Witt........... 4°ü
- I^es centrales électriques municipales de Cleveland
- s — A.-B. Williams.... ........................ 112
- Les installations des centrales de traction.......... ii3
- La production de l’électricité par récupération
- de calories perdues........................ 3o5
- Les sous-stations à l’air libre. — A. Macomber. . . . 4°7
- Un turbo-alternateur Parsons de a5 000 kilowatts. ,
- Nécessité d’avoir un disjoncteur dans les petites
- stations électriques....................... 207
- Nouveau limileur d’intensité. — 11. Stafford- llat-
- field.................................. 17O
- Le montage des appareils de protection contre les
- surtensions............................. 41
- Les relais d’intensité dans les stations centrales.
- Leur fonctionnement lors (l’un court-circuit brusque en lignes. — A. Gavand. ... 1 36
- Interrupteur à air pour l'extérieur.— W.-A. Coûtes. 368
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-
-
-
- LA LÜMlfiRfi fi LE CT RIO U K
- m
- Transmission et Distribution.
- i<ôs distributions municipales d'électricité en
- Angleterre..........;................... ijj
- Les distributions d'électricité dans les grandes
- villes .,..................................204
- Le secteur électrique de lu Compagnie Electrique de Franche-Comté (fin). — A. Schoci) et
- .1/. Chartet.......................... * !
- Réseaux hydro-électriques......................... 2(3
- Le développement des industries hydro-éléCIriqnes
- . dans les Pyrénées(fin)................. j8
- Une installation hydro-électrique de ion Ooo cite • vaux sur le MiaSissipi : La ligne à
- 110 ooo volts allant à Saint-Louis......... 5a
- Les méthodes anglaises de construction des lignes aériennes de transport à haute tension. —
- M. MelbùUI'n............................. a.{i
- Le réseali il i 5o ooo volts île Big-Creek........ 3o4
- Ciibles isolés en aluminium ; courbes des prix de revient comparés pour tous les cours du cuivre et de l'aluminium. — J.-ti. Spaths, uoo Poteaux eu bétoli armé pdUr le réseau de distribution
- électrique de Toronto.----T,-G. Jacksoii. . . 070
- Essais relatifs aux effets de la glace sur les interrupteurs aériens à haute tension................... *44
- Hystérésis et pertes par courants de Boucault dans
- les pylônes des lignes de transmission. . . 81
- Erreurs commises dans l’interprétation des essais d’éleclrolyse des canalisations souter-
- raines. — Cari Hering........................ 8'!
- Nouveaux isolateurs tendeurs en porcelaine......... i44
- Fixation des conducteurs aux isolants. — Dethiollaz. 41 Fourniture de courant à l’Exposition universelle de
- San Francisco................................ 54
- Eclairage.
- L’éclairage par tubes. — Maurice Leblanc fils.... 355
- Lampes électriques portatives de mines. —
- H, Clark.................................. 20
- La lampe en quartz, à vapeur de mercure. —
- If. Becker............................... 3o6
- Recherches sur les lampes il filament métallique
- remplies d azote........................ 85
- Nouvelle lampe à filament de tungstène: La lampe
- Nitfa.................................... 222
- Les lampes d’un demi-watt en Angleterre.......... 178
- L’appréciation de l’uniformité d’éclairage par l’œil.
- — J.-B, Cravath........................... 20
- L’éclairage électrique des automobiles. — Emile
- Dick..................................... 55
- L'éclairage électrique des automobiles. — A.-E.
- Waller.......................... . 21
- Un turbo-générateur d’un kilowatt pour l’éclairage. 3o8
- Traotioû.
- Note sur les trains réversibles. — M. d'Asie.... . 154
- Note sur une disposition de bagües ou de balais pouvant remplacer le collecteur dans les
- dynamos. — H. Parodi. .................. 3 >9
- Traction électrique et traction à vapeur. —•
- M. d’Aste. . . . ................... 225, 2.27
- Les automotrices pélroléo-éleclriques des chemins
- de fer suédois. — H. P................... 298
- Automotrices pélroléo-éleclriques îles chemins do
- fer suédois...... .......................... 14*1
- Il’électrification des chemins de fer suisses. —
- J. Rèyval................. ....... 33,65, 106
- Le problème de l’électrification des chemins de fer. 89 Sur quelques conditions de l’électrification des chemins de fer. —11. Smith.............................. 410
- Ligne électrique de chemin de fer entre Tokio et
- Yokohama..........................'......... 89
- L’électrification du chemin de fer du Nord Canadien. 89 Electrification des lignes de banlieue de Londres
- du « London and Norlh Western Railway ». 209
- Electrification de la ligne de montagne de Chicago
- Milwaukee et Saint-Paul.................... 208
- Le chemin de fer métropolitain souterrain de
- Christiania. — O, Braarud................. 179
- L’utilité économique de la traction pour les chemins de fer belges. — ,/. Cartier. . . 327, 36 i
- Utilisation de la force vive des trains eti marché pour réduire les pointes du diagramme de
- charge des centrales....................... 335
- Freinage de secours pour véhicules électriques..-. i8i
- Protection des trains contre l’incendie.............. i55
- Fourgons postaux automobiles......................... 146
- Navire à propulsion électrique par groupes électro-
- gènes à moteurs Diesel.'-—/.-/?. Wilson. i{5
- Applications mécaniques.
- L'électricité dans les fabriques de caoutchouc. .... 282
- L’électricité dans la fabrication des articles de quincaillerie................................................ 2*
- L'importance de l’électricité pour les fabriques de
- ciment......................................... lôt
- La fabrication dé la glacé par l'électricité.. . ...*46
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-
-
-
- IV
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- L-’èleetricilé dans l’industrie céramique........ 373
- L’jiivaulage des camions automobiles dans les services de voirie...................................... ail
- l}n nouveau système de halage funiculaire électrique des bateaux. — Ed. Imbeaux............. lu
- Le système de contrôle centralisé pour les écluses
- du canal de Panama.......................... 33g
- La plus grande usine élévatoire d’irrigation du
- monde....................................... 'Q5
- La dénaturation du courant de chauffage............... n5
- L’économje de la cuisine électrique................ ai3
- L’emploi de l'énergie électrique daus l’agriculture.
- — Dr Mario Maifreni......................... 273
- Machines électriques pour exploitations agricoles. — Ë. Haudry................................... 3gi
- Les commandes par moteurs réversibles et le contrôle automatique. — George IV. Crawcns, i4r>
- Horloges électriques pour chemins de fer............ 210
- Moteurs synchrones pour ventilateurs................ i55
- Le réglage automatique de la pression des gaz au
- moyen du régulateuréleçtriquc.Thury. . . . ta.-j La photographie appliquée à la duplication industrielle d.cs documents............................ 216
- Une ingénieuse application de la soudure électrique ..........................................; 22
- La soudure électrique............................. 4'3
- Perforatrices électriques........................... 11
- Innovations dans la construction des ascenseurs
- électriques.'— W. Fotd...................... 276
- Electrochimie et électrométallurgie.
- Quelques essais de l’accumulateur Edison. —
- G.-W. Bennett et II.-JV. Gilbert........... 116
- Le développement de l’électrochimie et de l’élec-
- troniétallurgie dans les Pyrénées.......... 90
- Une grande aciérie électrique........................ 2,51
- Les moulages eu acier électriques.................. 56
- L’acier moulé électrique.......................... 3og
- Les propriétés magnétiques de la fonte. —•
- Dr E. Gumlich.......................... >78
- Télégraphie et Téléphonie.
- Chronique de télégraphie sans iil. — Capitaine
- P, Brenot................................... ig3
- Comité français de télégraphie sans lîl scientifique; 261
- La télégraphie sans fil au Tchad. — J. Reyval...... 262
- Les réseaux télégraphiques et radio-télégraphiques du Maroc. La télégraphie sans fil en Mauritanie. — J. Reyval................................. 36o
- Remarques sur le calcul des postes radiotélégra-
- phiques à résonance. — P. Bouvier......... 385
- Le détecteur électrolytique. — P. Jégou. .. . . 6g, 100
- Les appareils téléphoniques à prépaiement automatique, — leuffert.................................. 11g
- Applications diverses de formules générales de la
- transmission des courants électriques sinusoïdaux. — L. Cahen.................... 28g
- Ligues téléphoniques hétérogènes. — Devattx-
- Charbonnel............................. 97
- La situation du Chili au point de vue de rétablis-
- sement des lignes téléphoniques. — Bela-
- Gati...................................... 2*40
- Sensibilité d’un téléphone........................... 26
- Influence de l’état atmosphérique sur l’intensité des
- signaux de télégraphie sans fil............ 2 5
- Les conditions d’isolation de lignes sur les côtes
- autrichiennes............................... 25
- Localisation des défauts d’isolement et des ruptures dans les côbles sous-marins.................... 148
- Statistique.
- Les entreprises électriques au Japon en 1912....... 26
- Statistique des stations centrales allemandes au
- i'r avril igi3..............'............ 87
- Le charbon dans le monde en igi3................... i83
- Les concessions de chutes d’eau accordées en Italie
- pendant l’exercice 1911-1912............. 147
- Les exportations électriques des Etats-Unis en
- octobre igi3............................. 147’
- Législation.
- Le pèojet de loi sur les usines hydrauliques des rivières publiques (fin). — P. Rou-gault.................... .....................
- 75
- Lacessiondesconcessions d éclairage.— P. Bougalllt 166 Les poursuites judiciaires en cas de retrait. —
- P. Bougault........................... 3oi
- LeB leçons de l’Exposition de Gand. —
- M. Soubrier.
- 161
- Divers.
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-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- V
- Nécrologie.
- Louis Brunhes
- ft
- Æ
- Bibliographie.
- La pratique du moteur Diesel. — Jeun Lorfcvrc. . . 57
- Electricité agricole. — A. Petit................... 5y
- Agenda Dunod pour 1914. — <f. A. Montpellier,... 57
- Le petit constructeur électricien. — //. de Graffigny. 37
- Travail des métaux. — J. Michel................. üy
- La télégraphie sans fil et la loi. — M. A. Perret-
- Maisonneuve .............................. ï 87
- L'alimentation méthodique des foyers. — M. A. Ber-
- thier..................................... 187
- Guide élémentaire, du nionleur-électricieu. — Von
- Gaisberg................................... 187
- T. S. F. Télégraphie sans fil. — G. E, Petit,..... 187
- Statistique des installations de courant à haute
- tension............................... >87
- Annuaire du Bureau des Longitudes pour l année
- 1914...................................... î5i
- L’Electricien amateur à l’entrainement, — Georges
- Mis....................................... 231
- La protection des réseaux et des installations électriques contre les surtensions. — G. Ca-
- parl.................................... 014
- Notions sur les accumulateurs électriques. — Paul
- Gadot.................................,. 3i 4
- Les lampes électriques à filament métallique et, en particulier, résultats d’essais sur les lampes Osmium. Tantale, Zirkon et Wolfram. —
- G. Heinrich Weber.......................... 314
- Perfectionnements aux installations électriques de force motrice.................................... 214
- Moteur série triphasé à commutateur................................................................. 343
- Renseignements économiques et commerciaux.
- Etudes et nouvelles économiques, 28, 5g, 92, 125, 157, 189, 221, 254, 285, 017, 448, 382. . . , '. ... 4>4
- Renseignements commerciaux, (0,61,94,126, i5g, 190, 228, 2Ï4, 287,318, 382............................ 4*5
- Adjudications, 32, 63, 96, 128, 160, 192, 224, 255, 288, Vio, 35o, 352, 384.......................... 4'to
- Correspondance.
- Sur le calcul approximatif de l'énergie nécessaire à l’électrification d’un chemin de fer de
- montagne par courants triphasés.............. 58
- Moteurs triphasés à vitesse variable et à caracté-
- ristique shunt. — A. Rudenberg et H.-H.
- Schrage................................ 123
- Localisation des défauts d’isolement dans les
- câbles sous-marins, — Üevaux-Charbonnel. 31
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-
-
-
- TABLE DES NOMS D’AUTEURS
- l'UKMIKIt TIUMIiSTIŒ
- ' \) ' Î
- A
- Armstroxp (G. E.),— Manutention, échantillonnage
- et essai dè l’Iiuile pour transformateurs. . ‘j.’Mj Àste (M. i>’). — Note sur les trains réversibles. . . 16i
- Traction éleélrlqüê et traction à vUJ>eiti*, •.iaîî,
- Coates (YV.-A.). — Interrupteurs à air pour [ extérieur ...................................,..... ^6S
- Cravath (J.-B.). — L’appréciation do i uniformité
- d’éclairage par l’œil................. m)
- Crawlas (G.-W.), — Les commandes par moteurs
- réversibles et le contrôle automatique* . . , i \ >
- B
- D
- Bamulljon (1-.).— Champs multiformes et forces électroinotrices d’induction qui en do-
- f riveïll..................................
- Becker (H,). — lia lampe en quartz à vapeur de
- mercure..................................
- Béla-Gati. —La situation du Chili un point de vue de l’établissement des lignes téléphoniques...........................................
- Bennet (C.-W.) cl Gu.kekt (H.-N,). — Quelques
- essais de l'accumulateur Edison..........
- Bindek (L.). — Calcul de la température intérieure
- des bobines inductrices............<. . . i
- Blondel (A.)* — Sur. l’influence du montage des transformateurs (ripbasés dans les transports d’énergie à haute tension..................
- Sur la production et l’effet des harmoniques supérieurs dans les transports d’énergie
- à haute tension..........................
- Boucault (P.). —* Le projet de loi sur les usines hydrauliques des rivières publiques (/in). lui cession des concessions d’éclairage. . . . T^es poursuites judiciaires en cas d’arréle de retrait................. ........................
- Bouvier (P.). — Remarques sur le calcul des postes
- radiotélégraphiques à résonance.........
- Braàrud (O.). — Le chemin de ter métropolitain
- souterrain de Christiania............ . .
- Bkenot (P.). — Chronique de télégraphie sans (il
- 1 MJ
- 3o6
- 19
- 116
- «O
- 'd'à'À
- 4<>t
- iM>
- loi
- 170
- i‘j3
- x C
- Cauen (L,), — Applications diverses de formules générales de la transmission des courants
- électriques sinusoïdaux.................. 2H9
- Clark (H,). — Lampes électriques portatives de
- mines *......no
- Descroix (L.), — Les vérins électriques de levage
- dans les ateliers de chemins de fer. ..... >v>. 1
- Dethiollaz. — Fixation des conducteurs aux isolants ....................................... 41
- De va i\\-Cn arronnkl • — I iocaiisution dès défauts
- d’isolement dans les câbles sous-marins. . ;>i3
- Lignes téléphoniques hétérogènes........... 97
- Dick(E.).— L éclairage électrique des automobiles. f>5
- F
- Fold (W.). — Innovations dans la construction des
- ascenseurs électriques..............; . . 276
- O
- Gavamj (A.). — Les relais d intensité dans les stations centrâtes. Leur perfeelionnementîors d’un court-circuit brusque en ligne. ., . .. 1 JG
- Gi .mi icm (Dr F.). — Tj.es propriétés magnétiques
- de la fonte............................ 378
- H
- IIakkes (J)r .l.-A.). — L'émissivité électrique de la
- matière.................................... 36y
- IIàudky (E.). — Machines électriques pour exploitations agricoles................................. 3<ji
- Hi niNG ((L).— Erreurs commises dans l’interprétation des essais d élect rolysc des canalisations souterraines, . , . ......................... SJ
- I
- In.vmiiekt (L.). — Calcul des machines à courant
- continu...................................
- Températures des machines électriques destinées à un service intermittent. *.......... i3J
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-
-
-
- Ii A I,IJ MI 1:: R R É I, R C T R I Q U R
- VII
- J
- Jackson (J.-G.). — Poteaux en béton armé pour le
- réseau de distribution électrique de
- Toronto............................ .... 3;o
- Jtfoou (P.), —- Le détecteur éleclrolytiquo,.... 69, 100
- L
- Leblanc, fils (M,). — L’éclairage par tubes...... 333
- M
- Macomber (A.). — Les sous-stations à l’air libre.. 407
- Maifreni (Dr Mario). — l/emploi de l’énergie élec-
- trique dans l'agriculture................. 373
- Mri.bouhn (M.). — lies méthodes anglaises do construction des lignes aériennes de transport à haute tension..................................... %/ft
- P
- P, (H,). — Les automotrices pélroléo-éleclriques
- des chemins de fer suédois............... 298
- Pàhoim (H.). — Note sur une disposition de bagues ou de balais pouvant remplacer le collecteur dans les dynamos...................... 33q
- R
- Rp.bora (Gino). — Les distances explosives dans les
- installations électriques.................. 140
- Reyvai. (J.), — L’électrification des chemins de fer
- suisses...........................33, 03, tofi
- Les réseaux télégraphiques cl rudiolélégra-phiques du Maroc. La télégraphie en Mauritanie...................................... >60
- La télégraphie, sans fil au Tchad........... 1463
- Le compensateur de phase, système Brown-
- Boveri..................................... 3q5
- Ruuenbi.ro (A.) et Schragk (U.-G.). — Moteurs Ici-phases à vitesse variable et à caractéristique shunt............................... 13.3
- T
- SenoFN (A.) ol Chahlkt (M.). — Le seelenr électrique do lu Compagnie Electrique do '
- Kranohe-Cointé (fin)..................... i3
- Soihiagg (H.-G,).— Nouveau moteur triphasé i\ collecteur à régulateur shunt par décalage
- des balais............................. a33
- Smith (R.). — Sur quelques conditions de l'électrification des chemins de fer..................... /j 10
- Soï/bkïer (M.). — Les leçons de l’Exposition de
- Gand................................... 161
- * Sparks (J.-B.).— Cibles isolés en aluminium;
- courbe des prix de revient comparés pour tous les cours du cuivre et de l'aluminium. 300 Spiklrein (J.) — Sur l’absorption des ondes électromagnétiques par un conducteur cylindrique (effet Kelvin).............................. 3
- Stafford Hatfield (H ). — Nouveau limilcur d'intensité ..................................... . , . . 1 “fi
- T
- Tfuffkrt. — Les appareils téléphoniques a pré-
- paiemeut automatique................. 119
- W
- Wali.hr (A.-E,). — L’éclairage électrique des auto-
- mobiles ................................ >. 1
- Wilson (J.-B.). — Navire à propulsion électrique par groupes électrogènes à moteurs
- Diesel.................................. 14^
- Williams (A.-D.). — Les centrales électriques
- municipales de Cleveland................ a 2
- Witt (G.), — L'exploitation commerciale des entreprises municipales et nationales................... 4°&
- Wommelsdorf (Dr H.). — La machine à condensateur, nouvelle machine électrostatique... 371
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