La Lumière électrique
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- La Lumière Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L'ELECTRICITE
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- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- r _•
- L'Eclairage Electrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. d’ARSONVAL A. BLONDEL Eric GÉRARD
- PROFESSEUR AU COLLÈGE DE FRANCE, PROF. A i/ÉCOLE DES PONTS ET CHAUSSÉES, DIRECTEUR DR L’iNSTITUT
- MEMBRE DE L’iNSTITUT MEMBRE DE L’iNSTITUT ÉLECTROTECHNIQUE MONTEFIORE
- M. LEBLANC
- PRÉSIDENT DE LA COMMISSION ÉLECTROTECHNIQUE INTERNATIONALE
- G. LIPPMANN D. MONNIER
- A. WITZ
- PROFESSEUR A LA SORBONNE, MEMBRE DE L’iNSTITUT
- PROFESSEUR A L'ÉCOLE CENTRALE DES ARTS ET MANUFACTURES
- Dn DE LA FACULTÉ LIBRE DES SCIENCES DE LILLE, MEMBRE CORR* DE L’iNSTITUT
- TOME XXVI (2” Série)
- 2° TRIMESTRE I 9 I 4
- RÉDACTION et ADMINISTRATION
- G, RUE DU ROCHER, 6
- PARIS, VIII8
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- ' SAMEDlri4*AVRIL 1914.
- Trente-sixième année.
- Tome XXV (2* série). — N" 14.
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- P. BOUVIER. —^ Remarques sur le calcul des postes radiotélégraphiques àrésonance(/ïn). 417 J.-B. PICOT. —L’emploi de la naphtaline dans
- les moteurs thermiques........ ........ 421
- P; BOUGAULT. — Concurrence du concessionnaire de l’éclairage municipal, par le per-" missionnaire occupant la grande voirie : antérieurement à la loi de 1906......... 426
- Publications techniques
- Traction
- Calcul de l’énergie nécessaire à la traction électrique triphasée d’un chemin de fer de montagne.—Aldo Righi.................. 4^2
- Applications mécaniques
- Rattrape-trolley à billes................ 437
- Barrière de passage à niveau à commande à distance................................ 438
- Télégraphie et Téléphonie L’éclipse totale du soleil du 21 août 1914 et l’étude de la propagation des ondes électriques 438
- Brevèts. — Dispbsitif de. régulation, par affaiblissement du champ, des moteurs à courant continu, spécialement des moteurs dé véhicules .............................. 44°
- Moteur-série triphasé, à collecteur, sans raccordement ,des.phases..4.41
- Correspondance. — L’unification des systèmes de distribution d’électricité en Chine. —
- R.-A. Williams.................... 443
- Applications diverses de formules générales de la transmission des courants électriques sinusoïdaux. — L. Cahen............ 443
- Bibliographie....................... 444
- Etudes et Nouvelles Economiques...... 445
- Renseignements Commerciaux........... 446
- Adjudications ..................... 448
- REMARQUES SUR LE CALCUL DES POSTES RADIOTÉLÉGRAPHIQUES
- A RÉSONANCE
- M. Bouvier présente une méthode de calcul des postes radiotélégraphiques utilisant le phénomène de la résonance primaire, ha méthode permet de prévoir les caractéristiques des différentes machines de la station établies pour obtenir une puissance fixée à l’éclateur et une émission d’une tonalité déterminée. Des tables pratiques permettent d'effectuer rapidement les calculs numériques. L’auteur termine son étude, commencée dans le précédent numéro (1 ), par des exemples numériques de calcul de postes. - ..............
- Calcul d’un poste.
- t ;
- Données : • (i ! On se donne : ,
- , i° La puissance aux bornes du condensà-teur Pe.
- i 20 Le nombre d’étincelles m par seconde et par suite le nombre n défini précédemment.
- 3° La surtension s (d’après les mesures faites sur les postes existants de puissance voisine).
- 4° La force électromotrice à vide Eeff (et par suite Eç = Èeff v/2). ! ]
- 5° La fréquence f. !
- . A) La formule (12) donne immédiatement : J P
- G a2 = -i — m
- o21 t e
- s2E
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 418
- T. XXV (2e Série). — N» 14.
- et a par des conditions de longueurs d’onde d’aceouplement avec l’antenne et d’isolement du transformateur et de la batterie.
- B) La réactance totale des enroulements est donnée par la formule de la résonance :
- Lu =
- i
- Cfl2w
- mentation est :
- Pp = P - ïv
- On pourra vérifier cette valeur à l’aide de la formule (i3).
- F) Le courant efficace normal est donné par : RIV = P„
- Cette réactance est fournie :
- i° Par Valternateur. Fixons-nous le courant de court-circuit de l’alternateur Iec. La réactance
- de l’alternateur est :
- *ce
- Par des selfs auxiliaires.
- 3° Par les selfs de fuite du transformateur, à évaluer d’après des essais effectués sur des stations analogues.
- Etant donnée l’incertitude dans laquelle ôn se trouve, au sujet de cette réactance de fuite, il est bon de prévoir les selfs auxiliaires et la self de l’alternateur assez largement.
- C) La résistance totale des enroulements ainsi que la résistance apparente due aux pertes dans le fer du transformateur est donnée par :
- Etant donnée l’approximation de Pp par défaut (la période de court-circuit est négligée) il est prudent de dimensionner les machines pour un courant un peu supérieur.
- G) La tension aux bornes de l'éclateur au moment où l’étincelle jaillit est donnée par la formule :
- itn\
- ~~ïs)
- on en déduit la tension aux bornes primaires du transformateur.
- Remarque.
- R =
- Lu
- s
- D) La puissance fournie par Valternateur P est donnée par la formule ( 11 ).
- E) La puissance perdue dans le circuit d’ali-
- Les tables ci-jointes donnent les valeurs de :
- (i = e~s) et de (i — e~*d
- en fonction de n et de s.
- Elles permettent ainsi un calcul rapide.
- Tableau donnant : (i — e
- m as — n NOMBRE D’ÉTINCELLES CAS A I OOO PÉRIODES 11 SURTENSIONS
- 3 4 5 6 7 8 9 10
- 2 OOO I 0,406 o,325 0,269 0,23 0,2<)5 0,i75 0,158 0,146
- I OOO ' 2 o,65o o.55o . 0,465 0,406 0,362 0,324 0,294 0,266
- 666 3 °,792 0,69 0,610 0,54»- 0,490 0,444 0,407 0,375
- 5oo 4 0,877 °,792 °,7l5 0,649 0,590 0,542 o,5o2 o,465
- 400 5 0,926 O H kn “ ) 7S- 0,728 0,672 0,64 0,582 0,542
- ' 333 6 °>957 0,906 0,848 °)792 0)74 0,690 0,649 0,610
- 286 7 o,974 0,935 0,889 0,840 °)792 0,746 0,705 o,67o
- 25o 8 ol985 0,95e 0)9*9 0,880 o,834 °)792 0,752 0)7*5
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- 4?: Avril 1914. ’ 1. LA LÜMIÈRE ËLËCtfllQÜË $ÎÔ
- Tableau donnant : G-rC' -U-V .'XI f- '.r Xi
- a/ m = — * n ;; ™ • / SURTENSION S fi p "
- NOMBRE détincelles CAS A I OOO PÉRIODES n 3 4 .5 f. t :‘î 7 8* ’ 9 10
- 2 OOO 1 0,166 0,106 0,0^2 o,o53 0,042 o,o3o 0,025 0,021
- I OOO 2 0,42 0,294 0,216 0,166 0,131 0,16'2 0,086 0,071
- 666 . 3 0,63 0)47 0,37 0,294 0,24 0,20 0,166 0,141
- 5oo 4 °»77 o,63 o,5i 0,42 0,35 0,29 0,25 0,22
- 4oo -5 . 0,86 0,74 o,63 0,53 0,45 °.39 o.ifi 0,29
- 333 6 0,92 0,82 °)72 o,63 0,55 ' 0.47 0,42 ' 0,37
- 286 7 0,95 0,87 0.79 °)71 o,63 0,56 o,5o 0,45
- 25o 8 °,97 0,92 0,84 0.77 . °.7° o,63 - ' ,.,x o,56 o,5i
- Exemple.
- Calcul d'une station de 5 kilowatts à 1 OOO périodes.
- de l’alternateur à 3o ampères, ce qui nous donnera :
- - ’iSo
- Z alt.^= —— = 8,3o ohms. 3 o
- 1er Cas. — Le poste doit donneii i ooo étjn-
- . . , CELLES PAR SECONDE.
- Soit: ' r
- Pe • : 5 ooo watts m = i ooo, par suite n = a
- * = 7
- Eeff = ^5o volts.
- Calcul de C«2 : (formule 14)
- a X h ooo i „ -
- G a2— —----------------------=------= i a5. i o~7.
- 5ooo 49X6a5ooX aXo,i3i
- Prenons pour C i/io de microfarad
- soit : io—1 farad.
- a2 = ia5 a — n,2.
- Vérification de la tension maxima aux bornes j des condensateurs quand l'étincelle jaillit : ;
- V2 = asE0 (i — e~2*) = n,»’X 7 X 240 \J2
- X 0,362 — io ooo volts max.
- Tension aux bornes primaires du transforma-j tour au moment où l'étincelle jaillit. [
- Vj = — = 900 volts max. ; ' "
- a
- Réactance totale des enroulements : ~ |
- 1 107 l
- Lu) =-------=------------- 12,7 ohms.
- G«2(i) ia5 X 6 280
- Nous pouvons fixer’le courant de çgurt^circuit
- et .ajouter une self d’Henry.
- supplémentaire de : —-— ,. 10000
- Z self:
- 6 280 X 7
- 10 ooo
- La réactance totale sera de
- = 4,60 ohms.
- Z ait -f- Z self = 12,70 ohms.
- Nous aurons tou^e sécurité car le transformateur a une résistance de fuite qui n’est pas négligeable. Une partie de la self supplémentaire sera donc hors circuit. .
- Résistance totale.
- La) 12,7'
- H =----=-------- — 1,82 ohm.
- s 7 .
- Dans la détermination des enroulements de l’alternateur, du transformateur, de la self-inductance et des circuits magnétiques de. la self-inductance et du transformateur onidevra prendre soin que les pertes totales divisées par le carré du courant efficace . donnent un quotient au plus'égal à 1,82 olim.
- Pratiquement il sera prudent de se fixer pour .s- une valeur légèrement inférieure à celle obtenue dans les postes similaires 'construits et de prévoir un rhéostat qui, placé dans le circuit, servira à limiter exactement la surtension.
- Dans le cas actuel on pourra prévoir un rhéostat série de résistance : Rs = o,3 ohm.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2* Série). — K® 14.
- Puissance fournie par l'alternateur :
- R \_kf <*> x 'J _iooox^lx»r a 0,362X7] _68ooWi
- i,8a L4 ooo !6a8o J
- soit environ :
- P — 7 ooo watts.
- Puissance perdue dans le circuit :
- PP = 7 ooo — 5 ooo = a ooo watts. Courant efficace normal :
- , 4 / a ooo
- leff = v —-— = 34 amperes.
- ” 1,82
- Puissance apparente de l'alternateur :
- Eeffleff = a5o X 34 = 8 5oo volts-ampères.
- Résistance totale :
- R = — = a,43 ohms.
- 7
- Puissance fournie par Valternateur :
- P=*??><**o xsr_4________^2><7l = 88oow>
- a, 4 3 [_4 ooo 6 a8o J
- soit environ :
- P = 9 ooo watts. * Puissance perdue dans le circuit \
- Pp — 9 ooo — 5 ooo = .4 ooo watts. Courant efficace normal :
- . 1/4 OOO
- Ief = \f----- = 41 amperes.
- V a,43
- Puissance apparente de l’alternateur Eeffleff = a5o X 4i = 10 3oo volts ampères.
- 2® Cas. — [Le poste doit donner 5oo étincelles
- PAR SECONDE.
- Pe = 5 ooo watts. m = 5oo, par suite n = 4 ®= 7
- Eeff = a5o volts.
- Calcul de Ca? (formule ik).
- „ , a X 5 ooo 1 _7
- 5oo 49X62 5ooXaXo,35
- Prenons pour :
- c : 1/10 de microfarad. o2 : 94 a : 9,7.
- Tension V2 :
- V2= 7 X a5o y/2 Xo,59X 9»7 = «4 aoo volts max.
- Tension aux bornes primaires du transformateur quand l'étincelle jaillit :
- V,=
- 14 aoo
- = 1 460 volts.
- « 9,7
- Réactance totale des enroulements :
- J
- 4 (il
- IO‘
- Ca2o) • 94 X 6 280
- 17 ohms.
- CONCLUSION
- i° La méthode précédente permet de calculer les principales caractéristiques d’un poste radio-télégraphique à résonance devant avoir une puissance déterminée à l'éclateur et une tonalité déterminée.
- 2° Les formules et les exemples numériques précédents montrent nettement que laconstitu-tion du poste dépend essentiellement de la tonalité à laquelle on désire fonctionner à pleine puissance.
- 3° Les formules montrent également que pour un poste de fréquence donnée le rendement croît avec la tonalité.
- P. Bouvier,
- Ingénieur à la Société Française Radio-Electrique.
- Dans le début de l’article publié dans le numéro précédent, il s’est glissé une erreur -page 390, formule (n).
- Au lieu de :
- lire :
- P=;mW =
- mE02
- R
- mE0s
- R
- P = /»W =
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- 4 Avril 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 421
- L’EMPLOI DE LA NAPHTALINE DANS LES MOTEURS THERMIQUES
- L'industrie des moteurs thermiques est-elle à la veille d'une révolution ?
- La naphtaline, le nouveau carburant dont on parle beaucoup depuis peu de temps, est-elle destinée à donner un nouvel essor à une industrie qui s'est déjà développée prodigieusement depuis quinze ans ?
- Nous allons essayer de répondre à ces questions en examinant les résultats obtenus dans cette voie par les inventeurs et les constructeurs qui ont assumé la tâche de la mise au point du problème.
- Origine de la naphtaline.
- La naphtaline est un carbure d’hydrogène riche en carbone (93,7 % ) qui se produit lors de la distillation du goudron provenant de la fabrication du gaz d’éclairage ou du coke. Le goudron distillé donne des huiles lourdes qui laissent, par refroidissement, cristalliser la naphtaline.
- La naphtaline ainsi obtenue est mélangée à des huiles. On la passe au filtre-presse ou dans des essoreuses, et on obtient la naphtaline brute du commerce qui sert dans les moteurs aux conditions que nous allons indiquer.
- Propriétés.
- La formule de la naphtaline est C‘°H8 soit :
- n n
- ! 1
- Cette naphtaline est colorée en brun ; elle fond vers 790 et bout à 218°; cet écart entre le point de fusion et le point d’ébullition est très important au point de vue de son emploi industriel; l’anthracène est la seule impureté gênante, il ne fond qu’à 213° ; il est donc possible de le séparer de la naphtaline par décantation.
- Le pouvoir calorifique de la naphtaline est considérable ; il est d’environ 9 700 calories. 1 gramme de naphtaline demande, pour brûler, environ i3 grammes d’air.
- Les appareils permettantd’employerla naphtaline doivent d’abord l’amener à l’état liquide, et à un état de fluidité suffisant pour pouvoir s’employer faciletnent comme carburant.
- La naphtaline obtenue, comme nous l’avons indiqué plus haut, coûte de 7 à 9 francs les 100 kilogrammes suivant le temps d’essorage et, par suite, sa plus ou moins grande pureté.
- La naphtaline cristallisée blanche, obtenue par sublimation, coûte 19 francs lés 100 kilogrammes.
- , Les moteurs industriels doivent évidemment pouvoir employer les produits qui coûtent le moins cher.
- Avantages de la naphtaline.
- Les avantages de la naphtaline, au point de vue industriel, sont considérables :
- i® Son prix est très bas ;
- 2° Son emploi à l’état solide présente un grand avantage au point de vue sécurité, commodité de transport, emmagasinage, etc'.;
- 3° La naphtaline est ininflammable et, même fondue et très chaude, difficilement inflammable;
- 4” Sa capacité calorifique assure aux moteurs un rendement massique au minimum égal à celui obtenu avec l’essence dans le cas d’une carburation complète ;
- 5° L’explosion dans le moteur est peu brisante ;
- 6° Lorsque la carburation est bien faite, l’encrassementdes moteurs éstbeaucoup moindre que dans le cas de fonctionnement au gaz pauvre pour un prix de revient aussi bas ;
- 70 Avec un prix de revient aussi faible qu’au gaz pauvre, on a le grand avantage de lasup-
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- IL'A' EUMIÈRIE ÉLECTH1QUE T. XXV (2e Série). N° U.
- pression d’un gazogène coûteux et d’un entretien difficile.
- Toutes ces raisons nous montrent que nous n’exagérons pas en prédisant que l’emploi de la !
- Mise au point de la question au point de vue , « brevet ». . . ,
- De nombreuses tentatives ont été faites pour
- Tube d'arrivée d’air surcarburé
- / Soupape d'aspiration dà/r r surcarburé
- Soupape normale d’aspiration
- Fig. i. — Cylindre pour mélange préalable.
- Fig. 2. — Cylindre pour air surcarburé.
- fusion
- Boite de
- Orifice de prise dair
- Filtre
- 3ZZZBZ5SZ?-§
- Conduite des ' , ga 2JÏëchapptXçj^
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 423
- tives faites pour employer la naphtaline à l’état de dissolution dans un hydrocarbure liquide; les tentatives faites pour carburer l’air par son passage à travers de la naphtaline pulvérulente, et nous arriverons de suite aux essais entrepris pour utiliser la naphtaline fondue.
- De nombreux brevets ont été pris à cet effet, ils semblent tous, et un jugement récent l’a confirmé, dériver des brevets Lion et Chénier, et Lion, qui utilisent la naphtaline fondue par les
- lange chaud aussi homogène que possible d’air carburé par la naphtaline avant son entrée dans le moteur.
- C’est le principe indiqué par le schéma (fig. i et 3).
- Le carburateur de la figure 3 sert pour le cylindre du moteur de la figure i ou de la figure i.
- Le deuxième principe indique l’emploi d’une petite quantité d’air chaud suréarburé envoyé
- chaleurs perdues du moteur, et notamment celles disponibles rdans les gaz d’échappement.
- Principes des brevets Lion.
- Les brevets Lion utilisent, en même temps que de nombreux dispositifs de réalisation, deux principes différents.
- Les premiers brevets indiquent l’emploi de la naphtaline fondue par les chaleurs perdues du moteur, en envoyant dans le moteur un mé-
- dans le moteur par l’intermédiaire d’une soupape automatique spéciale. Cet air surcarburé se mélange dans le moteur avec de l’air froid qui entre par la soupape d’admission ordinaire (fig. 2).
- L’air surcarburé est obtenu soit par le mélange de vapeurs de naphtaline avec l’air (fig. 3), comme dans le procédé précédent, soit par le barbotage de l’air dans la naphtaline fondue, et maintenue à haute température ffig. 4), Lafignre 4 indique les diverses manières d_’obtejiir de l’air surcarburé par barbotage ou par aspiration directe de vapeur.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2'Série).— N# 14,
- Moteurs à naphtaline.
- Les Anciens Etablissements Jaeggé ont obtenu la licence exclusive de l’emploi des carburateurs Lion et ils ont mis au point l’application des très intéressants principes précédents aux moteurs à grande et à moyenne vitesse.
- Ces Établissements ayant été absorbés par la Société « L’Eclairage Electrique » à Paris, cette dernière possède, à l’heure actuelle, la licence
- line et dont les essais ont été au plus haut point concluants :
- Alésage........................... 170 mm
- Course........................... a 10 mm
- Nombre de tours par minute........ 600
- Puissance en kw.................... 34 kw
- Puissance en chevaux du moteur.... 55 HP
- Nombre de cylindres............... 4
- Allumage à haute tension par magnéto et bougies du commerce...........
- Fig. 5.
- exclusive de l’emploi des carburateurs Lion à naphtaline.
- Les moteurs à naphtaline construits dans les ateliers de l’avenue de Choisy, à Paris, sont intéressants à plus d’un titre. Ces moteurs, tournant à des vitesses variant de 43o à 600 tours par minute suivant les puissances, réalisent un maximum de rendement économique, puisqu’ils joignent, à l’économie que donne la vitesse au point de vue de premier établissement, l’économie d’exploitation que donne la naphtaline
- (fîg. S).
- Nous donnons ci-dessous les caractéristiques d’un groupe électrogène marchant à la naphta-
- Le fonctionnement de ce groupe exige seulement pour le réchauffage du carburateur une marche de vingt minutes à l’essence ou au benzol; on passe, parla simple manœuvre d’un robinet, à la marche à la naphtaline.
- A l’arrêt, une marche de quatre à cinq minutes à l’essence ou au benzol suffît pour dissoudre toute la naphtaline qui, par le refroidissement du moteur, pourrait enrober les soupapes.
- Le carburateur, installé sur le moteur, est spécialement destiné à utiliser de la naphtaline brute contenant un peu d’anthracène et une certaine quantité d’huile ; cette naphtaline a subi seulement une demi-heure d’essorage.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- Nous indiquons ci-dessous les consommations de naphtaline, d’huile et d’eau obtenues :
- i° Au kilowatt-heure. Groupe électrogène:
- Puissance.................... 34 kw.
- Consommation par kwh.......... o k. 525
- Consommation d’eau par kwh.. 32 litres
- Consommation d’huile par kwh. io grammes
- 2° Au cheval-heure moteur :
- Puissance.................... 55 IIP
- Consommation par HPH.......... o k. 33o
- Consommation d’eau par HPH.. 20 litres Consommation d’huile.......... 7 grammes
- Il résulte des chiffres ci-dessus que, pour l’installation d’un secteur destiné à l’éclairage ou à la force motrice, le prix de revient peut être établi en se basant sur les dépenses suivantes :
- Dépense de combustible par kilowatt-heure : o kg. 5i5 à 9 francs les 100 kilogrammes, soit 4 cm. 72.
- Dépense de combustible , par cheval-heure : o kg. 33o à 9 francs les 100 kilogrammes, soit 2 cm. 97.
- Il résulte des chiffres précédents que, si l’on fait le prix de revient du kilowatt-heure dans Paris pour 3 900 heures, de marche par an, on arrive, toutes dépenses comprises, salaire du mécanicien, huile, entretien et réparation, amor-
- tissement en dix ans, à un prix de revient au kilowatt-heure de :
- Essence...........par kwh. 0,60 fr.
- Benzol........................ 0,42 »
- Pétrole....................... 0,41 «
- Gaz de ville.................. 0,28 »
- Gaz pauvre.................... 0,11 »
- Naphtaline.................... 0,12 »
- On arrive donc pratiquement au même prix de revient qu’au gaz pauvre en supprimant tous les inconvénients, et ils sont nombreux, de l’emploi d’urt gazogène.
- Il est d’ailleurs facile d’installer sur un moteur à gaz ou à essence un carburateur à naphtaline et les modifications à apporter au moteur sont très faciles à réaliser.
- Les calculs, dont les résultats sont donnés
- I l ....... .J ...........
- plus haut, ne tiennent pas compte de l’économie réalisée dans les dépensés de premier établissement par, l’installation d’un groupe à naphtaline qui nécessite moins de place qu’une installation au gaz pauvre.
- Si l’on veut bien se souvenir que la naphtaline entre dans la composition de la plupart des poudres de. guerre, on ne peut que conclure qu’un grand pas vient d’être fait dans la réalisation du moteur à explosif qui a hanté si longtemps le cerveau des inventeurs.
- J. B. Picot.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série).—N» 14.
- CONCURRENCE DU CONCESSIONNAIRE DE L’ÉCLAIRAGE MUNICIPAL, PAR LE PERMISSIONNAIRE OCCUPANT LA GRANDE VOIRIE ANTÉRIEUREMENT A LA LOI DE 1906
- ARRÊT DU 29 OCTOBRE i9i3 s SOCIÉTÉ DES GRANDS MOULINS DE GRAY
- CONTRE BARDOT ET Cic
- Un arrêt tout récent de la Cour de cassation vient de préciser quelle est la situation actuelle des distributeurs d'éclairage, d’après la loi de 1006 comparée avec leur situation antérieure : l’article que l'on va lire met en lumière les différences essentielles.
- La Cour de cassation a prononcé, le «g octobre 1913, un arrêt rejetant le pourvoi formé contre une décision de la Cour d’appel de Dijon du 22 décembre 1909; pour souligner l’importance qui s’y attache, il suffirait de présenter aux lecteurs les deux parties en cause, et surtout les motifs de leur rencontre judiciaire : un concessionnaire, ayant le privilège exclusif delà distribution d’éclairage dans une commune, en vertu d’un cahier des charges antérieur à la loi de 1906, a demandé au Tribunal civil d’ordonner la suppression de diverses canalisations placées antérieurement à sa concession par une Société d’électricité et de gaz, dans des routes dépendant de la grande voirie et traversant le territoire .de la commune concédante. La Société d’électricité et de gaz s’est défendue en disant que les canalisations incriminées étaient munies des autorisations préfectorales qui suffisent à la régularité d’une occupation de la grande voirie ; elle faisait valoir que la commune concédante elle-même n’aurait pu ni empêcher ni annuler cette occupation, et qu’en conséquence le concessionnaire, incapable d’avoir plus de droits que son auteur, était sans qualité pour exiger l’enlèvement demandé.
- Le Tribunal de Gray, et, sur appel, la Cour de Dijon, dans un arrêt du 22 décembre 1909, ainsi que la Cour suprême, dans la décision ci-dessous reproduite, ont repoussé la demande. Mais l’arrêt de la Cour de cassation offre cette particularité remarquable qu’il définit d’abord la législation antérieure à la loi de 1906 et la compare à celle qu’a créée cette loi elle-même et c’est pour cela que cette décision ne doit pas nous laisser indifférents.
- I
- Les faits sont très simples.
- MM. Bardot et Cie sont concessionnaires de l’éclairage au gaz dans la ville de Gray depuis le 25 août 1886, et de l’éclairage électrique depuis le i3 ma\’S 1899. Dès 1886, ils avaient été sollicités par la Compagnie des chemins de fer de l’Est d’établir une canalisation gazière, en dehors du périmètre de leur concession, pour donner l’éclairage à une gare de marchandises : à cet effet, ils empruntèrent le sol du chemin de grande communication n° 2 dans la traversée d’une commune voisine de la ville de Gray, et appelée Arc-les-Gray; plus tard, d’autres demandes leur parvinrent dans la même commune d’Arc, et, pour y faire face, ils empruntèrent les routes nationales nos 67 et 70, en vertu de différents arrêtés préfectoraux des 28 novembre 1891, 7 janvier 1892 et 16 novembre 1901 ; ces arrêtés leur furent donnés avec l’avis favorable du maire de la commune traversée.
- Mais, quelque temps après, à la date du 7 avril 1902, cette commune elle-même donna à la Société des Grands Moulins la concession de son éclairage public et particulier dans tout son périmètre et, très loyalement, elle fit connaître au concessionnaire qu’elle se donnait que, des canalisations antérieures ayant été placées par MM. Bardot et Ci8, elle n’entendait pas en être déclarée responsable et qu’elle le subrogeait simplement aux droits qu’elle-même pourrait avoir pour faire enlever les installations existantes : « La commune déclare et reconnaît, est-« il dit dans l’acte de concession, qu’aucune « autorisation de concession quelconque n’a été
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- « jusqu’à ce jour accordée à qui que ce soit, « pour nuire à la présente concession, étant « expliqué toutefois que la Compagnie du gaz « de Gray a établi, sans aucune autorisation de « la commune, deux canalisations aboutissant u Tune à la fonderie Dagot et l’autre à la garc, « et au sujet desquelles le concessionnaire de-« meure substitué à tous les droits de la com-« mune qu’il exercera comme bon lui semblera, « à ses risques et périls, sans aucun recours eon-« tre la commune. »
- Huit ans après, la Société des. Grands Moulins assigne la Société Bardot devant le Tribunal civil de Gray en date du ?,/j juin 1908, aux fins d’entendre dire qu elle ne justifiait d’aucune autorisation ou concession pour remplacement, dans le sous-sol des voies occupées, et qu’elle serait tenue de déguerpir.
- Par jugement du 14 janvier 1909, le Tribunal a déclaré la Société des Grands Moulins mal fondée dans sa demande.
- Celle-ci a d’abord interjeté appel et, au cours de cette instance en appel, a saisi le préfet de la llaute-Saône, le 8 septembre 1909, d’une demande en annulation des permissions précitées, tant en ce qui concerne l’occupation du sol de la route nationale que de celui du chemin de grande communication. Le préfet n’ayant pas fait droit à cette demande, la Société des Grands Moulins s’est pourvue devant le Conseil d’Etat par la voie de recours pour excès de pouvoir et, dans ses conclusions d’appel, la Société des Grands Moulins de Gray a conclu :
- i° La Cour doit reconnaître l’irrégularité de l'autorisation en ce qui concerne les canalisations sur la grande voirie.
- *a° Elle doit surseoir à statuer jusqu’à la solution, par l’autorité administrative, des difficultés soumises à la juridiction judiciaire.
- 1° Et en ce qui concerne une autorisation située sur la petite voirie, elle doit en ordonner immédiatement la suppression.
- Le 22 décembre 1909, la Cour d’appel de Besançon confirma la décision du premier juge en déboutant la Société des Grands Moulins de Gray de toutes ses prétentions.
- Devant la Cour suprême, cette Société combattit cet arrêt par plusieurs moyens.
- *L L’arrêt, disait-elle en premier lieu, me, refuse le droit, bien que je sois concessionnaire!
- de la ville, de faire annihiler les permissions de voirie de mon concurrent ; mais, du moment que je suis concussionnaire avec privilège exclusif, je puise dans ce « monopole de fait » un moyen légal de me défendre contre tous mes concur^ rents et de leur interdire toute occupation pouvant me nuire (*).
- A quoi, Bardot et G1* répondaient : la Société concessionnaire ne peut agir que comme subrogée aux droits de la ville ; si nous démontrons que la ville elle-même, dans l’hypothèse où elle aurait fait sa distribution, n’aurait pas pu expulser ceux qui, légalement, occupent la grande voirie sur laquelle elle n'a pas de droit, il faudra bien conclure, a fortiori^ que l’instance du concessionnaire, simple subrogé, est mal fondée.
- Et MM. Bardot et Ci! citaient divers arrêts très affirmatifs (2) qui ont repoussé des demandes de concessionnaires dirigées contre des occupants, même postérieurs à leur concession, et ont déclaré toujours dans les mêmes termes, que les communes n’auraient pas pu « secréer sur leur terri-« toire un monopie de la distribution, vu que, « s’il leur appartient de promettre qu’elles « s’abstiendront de passer des concessions de
- même nature avec d’autres personnes, elles 11e « peuvent transférer à leur concessionnaire un
- (J) Voici le libellé du premier moyen, violation dit traité du 7 avril 1902 et des articles 1 et 3 de ce traité, et de l’article 1 134 du Gode civil, des principes de la séparation des pouvoirs, de l’article 7 de la loi du 20 avril 1910 en ce que l’arrêt attaqué aurait déclaré irrecevable l’action du demandeur en cassation agissant en qualité de concessionnaire de l’éclairage public sous prétexte que cette qualité.ne lui donnait aucun droit sur le chemin de la grande voirie, alors que le monopole de fait consacré pur la commune aux termes du traité précité, s’opposerait à toutes espèces de canalisations sur le sol des voies communales, y compris la grande voirie.
- (2) Arrêt Compagnie des Eaux de Maisons-sur-Seine contre Compagnie générale des eaux, Association syndicale du parc de Maisons-Laffite et commune Maisons-sur-Seine, a5juillet 1882 (D. i883. 1. 106). — Arrêt Compagnie, d’Eclairage ville de Tours contre Société d’éclairage général de Tours, 8 août i883 (D, 1884. 1. 81) avec rapport de Féraud-Giraud. —Arrêt Bruandet contre Compagnie gaz Saint-Amand, 18 juin 1901(7?. 1903. 1. 49). — Arrêt Conseil Etat, ville de Tullius contre Société du gaz de-Tullins, 22 juin 1888 (Z). 1889. 3*87). — Conseil Etat, Compagnie géuéraledes eaux eWilleUe Paris contre Compagnie des eaux banlieue et ville de Courbevoie, 17 novembre 1882(7?. 1884* 3.-17),
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- « monopole de distribution qu’elles ne pourraient « pas se créer pour leur profit personnel », ce qui veut dire, plus simplement, que les communes elles-mêmes n’auraient pas pu s’insurger contre une permission de grande voirie donnée par l’autorité préfectorale sur le domaine de l’Etat.
- Et il est, malheureusement, exact que bien des concessionnaires ont vu autrefois leur concession habilement tournée et violée, grâce à cette pénétration indirecte dans le périmètre qui leur était réservé en installant leurs conducteurs dans une voirie qui échappe au contrôle de l’autorité communale. Et nous avons eu maintes et maintes fois l’occasion de regretter que cette jurisprudence souverainement injuste, même en la supposant légale, n’ait pas été réformée.
- Sans doute, on peut faire observer que, dans bien des cas, le Conseil d’Etat a empêché cette violation vraiment regrettable. Car il est évident que le service public concédé par une commune n’est pas cantonné dans la superficie purement vicinale de la commune, mais doit profiter à l’agglomération tout entière, dans toutes ses parties, aussi bien celles qui sont situées sur la grande voirie, que les autres. On ne verrait pas un concessionnaire se refuser à desservir des immeubles placés le long d’une voie nationale ; il a donc droit, en retour, à la garantie de son privilège, même sur cette partie de la commune : aussi, à maintes reprises, le Conseil d’Etat a-t-il déclaré que si la commune avait facilité, en donnant un avis favorable, l’obtention des autorisations de grande voirie accordées à son concurrent, elle engageait de ce chef sa responsabilité : et cela a toujours été aussi vrai avant qu’après la loi de 1906.
- Mais ces principes ne pouvaient être invoqués dans l’espèce soumis à la Cour suprême pour ce motif péremptoire : au moment où MM. Bardot etCic avaient occupé lé sol en obtenant des permissions de grande voirie, après avis favorable de la commune d’Arc-les-Gray, celle-ci n’était pas encore tenue par une concession quelconque : elle était donc libre de donner un avis favorable; et on comprend même qu’elle ait été disposée à le faire puisqu’il s’agissait de permettre à ses propres contribuables d’obtenir par l’électricité un éclairage qu’elle n’était point à ce moment capable de leur procurer ; de plus,
- elle en avait averti très ouvertement le concessionnaire qu’elle s’était donné dans la suite, en conséquence la Société des Moulins de Gray 11e pouvait donc, si elle voulait obtenir la suppression de l’occupation, ne s’attaquer qu’à l’occupant lui-même ; on a vu que la Cour suprême a admis que la commune concédante n’aurait pas pu elle-même faire déguerpir un industriel qui se serait installé sur la grande voirie, après avoir obtenu des permissions émanant de l’autorité compétente : la Cour n’admet point, et elle se conforme en cela à sa première jurisprudence, que la commune puisse avoir le moyen de concéder autre chose que sa propre voirie : sans se préoccuper de ce qui se passerait sur la voirie voisine. Dans ces conditions, il est évident que le concessionnaire ne devait pas avoir plus de droits que la commune elle-même.
- Et c’est en vertu de ce principe que la Cour n’a point fait de différence entre le chemin de grande communication, pour lequel Bardot etCic n’avaient point de permission, et les routes nationales 67 et 70 pour lesquelles des permissions avaient été données au moyen des arrêtés précités. En somme elle a voulu décider que le concessionnaire n’a pas qualité pour se plaindre de ce qui se passe au delà de la voirie vicinale : il doit, d’après la Cour, rester étranger à ce qui se fait sur la grande voirie tant que la commune concédante y est elle-même étrangère ; il importait donc peu que la Société des Grands Moulins ait demandé l’annulation des arrêtés préfectoraux : en effet, dit la Cour, en supposant cette annulation obtenue, elle n’aurait pu avoir aucune influence sur le débat judiciaire.
- B. Ces prémisses posées, il était facile de prévoir ce que la Cour allait décider sur le second moyen invoqué, c’est-à-dire sur le sursis refusé par la Cour de Besançon : en principe, le sursis ne doit être prononcé par un Tribunal que dans le cas où il peut affirmer que sa décision serait gravement modifiée si l’acte administratif qui lui est déféré était annulé par l’autorité compétente.
- Du moment que, dans l’examen du premier moyen, la Cour suprême venait de cantonner le débat dans la sphère du domaine vicinal, et refuser à la Société concessionnaire le droit d’examiner ce qui se passait ou pouvait se passer au
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- delà, il est bien évident que la question de sursis ne pouvait même plus se poser.
- Aussi elle l’a rejetée purement et simplement (*), mais comme la Cour de Besançon s’était étendue dans une série de considérations assez bizarres, la Cour suprême a prudemment dit que les motifs qui avaient pu être donnés, étant inutiles au soutien de la décision, elle n’en tenait aucun compte : c’est ainsi qu’elle ne ratifie pas l’étrange argument de la Cour, d’après lequelle maire seul pourrait se pourvoir contre un arrêté préfectoral, à l’exclusion même du concessionnaire qui serait lésé par cet arrêté. L’argument est évidemment puéril ; en tout, cas, il est surabondant, par conséquent négligeable.
- Mais la partie la plus intéressante de l’arrêt se trouve bien certainement dans les quelques lignes où la Cour suprême remarque que la loi du i5 juin 1906, étant bien postérieure aux actes incriminés et à l’acte de concession invoqué, ne peut s’appliquer aux faits de la cause : elle ne jouit pas, en effet, du bénéfice de la rétroactivité, ce qui est indiscutable, puisque la loi elle-même prend soin de le dire, dans un de ses derniers articles. Toutefois, la Cour est amenée à envisager ce qui se passerait sous le régime de la loi de 1906, ou tout au moins, pour ne rien exagérer, elle donne son impression très nette et en même temps très exacte sur la façon dont les communes peuvent contracter, en matière de distribution d’énergie électrique et de concession avec monopole d’éclairage public.
- Il est bien certain que, du moment que d’après la loi la concession d’éclairage dans une seule
- (*) Libellé (lu second moyen : violation du principe de la séparation des pouvoirs de la loi des 16-24 août 1790, article 3, ainsi que du droit pour un particulier d’agir en justice et notamment d’introduire un recours pour excès de pouvoirs devant le Conseil d’Etat, violation du décret du 22 juillet 1806 de la loi du 24 mai 1872, article 9, et aussi de l’article 7 de la loi du 20 avril 1810 en ce que l’arrêt attaqué aurait déclaré irrecevable un recours pour excès de pouvoir introduit devant le Conseil d’Etat contre une décision préfectorale, sous prétexte que la faculté de se pourvoir contre les arrêtés préfectoraux serait attachée exclusivement à la fonction du maire de ladite commune, alors d’une part que tout particulier, ayant intérêt direct et personnel à l’annulation d’un acte préfectoral, aurait qualité pour se pourvoir contre ledit acte, et alors, d’autre part, qu’en tous cas il n’appartient pas à la juridiction civile de statuer sur la question de recevabilité de recours, sans violer les principes de la séparation des pouvoirs,
- commune est, avant tout, une concession municipale, la commune peut et doit envisager non seulement l’espace restreint de la voirie vicinale, mais encore toutes les voies comprises dans son périmètre, quelle que soit la catégorie des routes qui la traversent. O11 voit bien, en effet, comme nous le disions plus haut, que la concession a pour but d’assurer un service public, indépendamment de la nature ou de la catégorie des terrains compris dans le périmètre. Mais c’eût été faire une œuvre stérile si le législateur n’avait pas donné un moyen légal d’empêcher la pénétration indirecte que nous avons signalée et qui permet la violation du contrat intervenu.
- Ce moyen se trouve exposé dans le dernier paragraphe de l’article 8 de la loi nouvelle, d’après lequel les autorisations de voirie délivrées par le préfet, et les concessions passées par l’Etat, dont le préfet est le représentant, devront, pendant toute la durée du privilège, tenir compte de ce qui a été fait par la commune; cela signifie qu’aujourd’hui les préfets ne pourraient donner, sur la grande voirie, une autorisation valable pour faire de la lumière, sans imposer de respecter le périmètre, antérieurement concédé à cet usage, avec privilège exclusif au distributeur de l’éclairage municipal.
- Le législateur force l’autorité à sortir de son calme accoutumé, à se demander si, en se mettant en règle avec elle, un pétitionnaire n’a pas d’autre but que de porterie trouble dans un service antérieurement installé par une autre administration; et pour créer une organisation susceptible de centraliser la surveillance de ses multiples ouvrages, çlle a établi le contrôle des distributions d’énergie; de plus le décret du 3 avril 1908, dans son article 12, permet le retrait des permissions, que le titulaire ferait servir à un usage autre que celui prévu ; en un mot, les concessionnaires sont défendus, sans compter leurs droits de réclamer à la commune concédante des dommages-intérêts pour le cas où celle-ci aurait accompli un acte de faiblesse, soit en donnant elle-même des autorisations concurrentes, soit même en ne s’opposant pas à ce qu’il en soit délivré par l’autorité préfectorale qui ne peut en octroyer qu’après avoir demandé à la commune si elle n’y voit pas d’inconvénient. On remarquera même qu’aujourd’hui toute demande de permission, même pour une route
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- municipale, doit être adressée au préfet qui la fait instruire par les soins du contrôle, afin que toutes les garanties soient données aux installations en fonctionnement.
- Il y avait encore, dans l’instance en cours, une difficulté relative à une canalisation établie sur la petite voirie. Il est évident que les arguments ci-dessus résumés ne pouvaient servir à la discussion : concessionnaire, au moins sur la voirie urbaine sans aucune discussion possible, la Société des Grands Moulins avait bien le droit d’exiger l’enlèvement des canalisations susceptibles de lui faire du tort; mais la Cour de Besançon, statuant en fait, avait admis que la cana* lisation placée sur le petite voirie n’appartenait point à Bardot, mais à un sieur Labordece n’était donc pointa Bardot qu’il fallait en demander l’enlèvement. Nous donnons ci-dessous le texte de l’arrêt.
- , Cour de 'Cassation, — Ch. civile. —Société des Grands Moulins de Gray Bardot(29 octobre 1913).
- La Cour. —Ouï Me Boivin-Chameaux... statuant. sur le premier moyen du pourvoi :
- Attendu que l’arrêt attaqué constate que par traité du 7 avril 190a la commune d’Arc-les-Gray a concédé à la Société des Grands Moulins de Gray :
- i° L’entreprise de l’éclairage par l’électricité des rues, voies et places publiques et des Etablissements communaux;
- a0 Le droit exclusif de rétablir et de conserver sur ou sous les voies publiques de la commune, c’est-à-dire sur le domaine urbain qui appartient à celle-ci, mais qu’il 11c lui confère aucun droit sur les chemins nationaux ou de grande communication : qu’en conséquence l’arrêt repousse la demande formée par la Société concessionnaire contre Bardot et C*0 gérants de l’usine à gaz de Gray, aux fins de les contraindre à supprimer les canalisations établies par eux sous les routes nationales nos 67 et 70 et sous le chemin de grande communication n° a;
- Attendu que si, aux termes de l’article 8 paragraphe a de la loi du 15 juin 1906, l’acte par lequel une commune donne la concession de l’éclairage public et privé par l’électricité sürson territoire peut stipuler que le concessionnaire aura seul le droit d’utiliser les voies publiques dépendant
- de là commune, dans les limites de sa concession, en vue de pourvoir à l’éclairage privé par une distribution publique d’énergie et si, d’après le paragraphe 3 du même article, les permissions de voirie délivrées par les préfets et les actes de concession passés au nom de l’Etat pendant la durée de ce privilège doivent en tenir compte dans les obligationsimposées auxcoricessionnaires et permissionnaires, ées dispositions n’ont pas d’effet rétroactif et ne régissent pas les faits de la cause;
- Attendu qu’antérieurcment les communes pour assurer l’éclairage par l’électricité pouvaient sans doute s’interdire, dans les traités qu’elles souscrivaient, de conclure des conventions de même nature avec d’autres producteurs, et assurer à leurs concessionnaires certains avantages, mais qu’elles n'avaient pas la faculté de leur conférer un monopole qu’il n’était pas en leur pouvoir de concéder, puisqu’elles n’auraient pas pu le créer à leur profit personnel;
- Que par suite de tels actes de concession n’empêchaient pas ceux qui étaient en état de produire de l’électricité, d’en disposer en faveur des habitants de ces communes, à charge de se conformer pour la distribution aux lois et arrêtés, et notamment aux règlements de voirie, et qu’en aucun cas il n’en résulterait un obstacle aux permissions de voirie accordées par l’autorité départementale pour la conduite de l’électricité sur ou sous les voies publiques dépendant de son administration et ne faisant pas partie de la voirie municipale.
- Attendu en second lieu, que la distinction proposée par le pourvoi entre les canalisations établies sous les routes nationales n°* 67 et 70 et celle qui existe sous le chemin de grande communication n° a n’est, pas admissible ;
- Attendu en effet que l’article 9 de la loi du ào mai i836 ayant placé les chemins vicinaux de grande communication sous l’autorité des préfets, c’est à ceux-ci qu’il appartient de délivrer les permissions de voirie pour les chemins de
- cette catégorie ;
- \
- Attendu enfin, qu’à bon droit l’arrêt déclare que la Société des Grands Moulins de Gray serait sans qualité pour agir, alors même que les
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- autorisations dont se prévaut Bardot seraient irrégulières, puisque s’appliquant exclusivement à la grande voirie elles n’étaient pas susceptibles de préjudicier aux droits de la Société dont la concession est limitée à la voirie municipale ;
- Attendu que dans ces circonstances il n’y avait lieu, pour la Cour d’appel, de surseoir jusqu’à la décision du Conseil d’Etat, sur les recours pour excès de pouvoir dirigés contre les arrêtés préfectoraux, parce que cette décision ne pouvait exercer aucune influence sur le sort de la demande portée devant l’autorité judiciaire : d’où il suit qu’en statuant, comme il l’a fait, l’arrêt n’a violé aucun des textes visés au moyen ;
- Sur le second moyen. — Attendu que l’arrêt énonce qu’en admettant que la Société des Grands Moulins de Gray, en sa qualité de subrogé aux droits de la commune d’Arc-les-Gray, ait le droit d’intenter une demande en nullité d’arrêtés préfectoraux, cette décision devrait être portée devant les tribunaux administratifs, seuls compétents pour examiner les actes administratifs, les interpréter, les annuler s’il y a licut
- Attendu que ce motif qui fait une exacte application du principe de la séparation des pouvoirs suffit pour justifier la décision attaquée, qu’il n’écliet dès lors de rechercher la valeur des autres motifs qui sont surabondants et inutiles pour le soutien du dispositif. Et attendu que,
- pour la raison déjà donnée sur le premier moyen on ne saurait faire grief au juge du fond de n’avoir pas ordonné le sursis jusqu’à ce que le Conseil d’Etat se soit prononcé sur la recevabilité du recours pour excès de pouvoirs, qu’ainsi le moyen n’est pas fondé.
- Sur le troisième moyen. — Attendu que le pourvoi soutient qu’en refusant d’ordonner la suppression de la canalisation établie sous un chemin dépendant de la petite voirie, pour le motif qu’elle appartenait non à [Bardot, et Ci0, mais au sieur Laborde, la Cour d’appel aurait méconnu les termes de l’arrêté préfectoral du iî septembre 1908 spécifiant que cette canalisation était temporaire et devait disparaître sur simple demande de la commune ;
- Mais attendu qu’il résulte des qualités de l’arrêt que l’autorisation donnée le 12 septembre 1908 s’appliquait exclusivement à la canalisation construite en 188G par Bardot et C‘“ sous le chemin de grande communication n° 2.
- Qu’elle est par suite sans rapport avec le branchement installé sous une voie communale pour l’éclairage de la maison Laborde ; que dès lors le moyen manque en fait;
- Par ces motifs :
- Rejette le pourvoi.
- Paul Boucault, Avocat à la Cour d’Appel de Lyon.
- TABLES TRIMESTRIELLES
- A la demande de plusieurs de nos lecteurs, nous remplaçons les tables trimestrielles des matières de notre Revue par deux tables semestrielles.
- Cette disposition permettra à nos abonnés de relier en deux volumes seulement la collection des numéros parus dans l’année; elle facilitera de plus les recherches en condensant les indications sur les articles déjà parus.
- La prochaine table des matières paraîtra avec le numéro du 27 juin 191/1’.
- N. D. L. R.
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- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- TRACTION
- Calcul de l’énergie nécessaire à la traction électrique triphasée d’un chemin de fer de . montagne. — Aldo Righi.
- , L’établisscmentdu diagramme de charge d’une centrale destinée à la traction électrique d’une ligne de chemin de fer est très compliqué ; il faut, en effet, calculer le diagramme de l’énergie absorbée par chaque train en se basant sur les diverses valeurs de la puissance absorbée par le train électrique sur les diverses sections de la voie. On ne peut se contenter ici de calculer la consommation en kilowatts-heure pour l’année en se basant sur le trafic et sur la consommation moyenne par tonne-kilomètre déduite de la comparaison avec d’autres lignes déjà électrifiées car, avec les variations du profil de la ligne, du mode d’alimentation, de la distance de la centrale et du trafic, les valeurs moyennes de la consommation d’énergie par tonne-kilomètre varient'énor-mérnent. Le tableau ci-après permet de s’en rendre compte :
- dépendent que du rendement électrique et mécanique de la locomotive et de la résistance du train.
- Un train de T tonnes, à la vitesse de v kilomètres à l’heure, si r/ est le rendement global de la locomotive et r la résistance totale du train en alignement droit et en palier, absorbe une puissance en kilowatts de :
- P° =
- 9,8. r. T. (>
- 3 600 y;'
- U)
- D’autre part, si w est la consommation en Avatts-heure par tonne-kilomètre virtuelle, on a :
- po = (2)
- I OOO
- Des équations (1) et (2), nous tirons :
- : : ». ‘.
- = 2>72 7? (3)
- H
- Il faut d’ailleurs se rappeler que r est fonction de v. , .
- Tableau I. <
- LIGNE EXERCICE 1910-11 ALTELINR 1911-12 101213 1910-11 VÀRESE 1911-12 1912-13 1910-11 GIONI 1911-12 1912-13
- Consommation d’énergie en Avatts-heure par ' Réelle 5i,o 42,1 42,7 46 41,2 47,1 » 59 64,0
- Tonne-Km. J ( Virtuelle 42,5 34,8 35,i 39 34,6 4 o,° » *7 i8,5
- On peut plutôt dire que ces chiffres n’ont de signification précisément que parce qu’ils sont, très différents les uns des autres.
- Au contraire, si l’on considère la consommation moyenne par tonne-kilomètre virtuelle de train, on obtient des valeurs qui restent à peu près^constantes pour une vitesse donnée, parce qu’elles sont indépendantes du profil de la ligne, de son mode d’alimentation et du trafic ; elles ne
- Remarquons en outre que, dans la traction triphasée, la vitesse du train est indépendante du profil de la ligne, la A'ariation. du glissement du moteur asynchrone, en raison de la variation de la charge, étant négligeable. Par suite, la valeur de P° pour un train et une vitesse donnés est constante.
- Si'nous désignons par k le rapport entre les longueurs virtuelles et réelles, la puissance
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- absorbée, par le train ^suivant les rampes et les courbes sera : , . '
- | conséquent, l’énergie en kilowatt-heure absorbée par le train pendant un parcours donné est :
- P = AP°. (4)
- La détermination du coefficient k ne présente aucune difficulté (pour le réseau italien); en effet, le réseau italien est divisé en sections de quelques kilomètres pour lesquelles sont indiquées les longueurs virtuelles ; il suffit donc, pour connaître k, de diviser celles-ci par les longueurs réelles correspondantes. Si ces longueurs n’étaient pas indiquées ou si l’on désirait une précision supérieure dans le projet, on pourrait calculer directement les valeurs de k par la formule suivante déduite de l’expression même des longueurs virtuelles :
- i,^p
- 5 ' 5L,.
- (5)
- formule dans laquelle i est la pente, L,. la longueur réelle de la section de voie considérée, fie développement en kilomètres de la courbe de rayon R et p un coefficient qui varie avec R d’après le labléau suivant :
- Tableau II
- ) t '
- R = I OOO 800 Coo 5oo 400 3oo
- P = o,5 o,8 1,2 i,5 2,0 2,8
- Les rapports k étant calculés, on établit un diagramme en portant en abscisses les distances réelles à l’échelle de a millimètre pour, kilomètre et en ordonnées les rapports correspondants k à l’échelle de b millimètre par unité, en supposant ces rapports constants dans tout l’intervalle de deux abscisses consécutives. On obtient ainsi une série de rectangles dont chacun a pour hauteur un segment de II millimètre proportionnel à la puissance (ordonnée moyenne) nécessaire à un,train circulant à vitesse constante; la puissance en kilowatts est effectivement :
- H v.w.T b 1 000
- (6)
- E = SP
- av
- <vT 100 ab
- SlII.
- (7)
- En résumé, le diagramme ainsi établi, que nous appellerons diagramme-base, représente l’énergie absorbée par le train circulant à vitesse constante, abstraction faite de la récupération d’énergie produite dans les fortes pentes. Observons de suite que, par la comparaison des diagrammes-bases relatifs aux lignes à traction triphasée et de ceux relatifs aux lignes à vapeur dont on projette l’électrification, on peut déterminer la position des feeders et des sous-stations de transformation, et même leur puissance jusqu’à un certain point.
- Voyons, à présent, comment peut se calculer la valeur de la puissance que doit avoir la centrale ; pour cela, calculons approximativement les pertes par transmission et par transformation. Soit l la distance kilométrique moyenne entre deux sous-stations ; à un instant donné, le train se trouve à a kilomètre de l’une des deux sous-stations. La résistance des deux tronçons de fils de ligne de courant qui alimentent en parallèle la locomotive, en , supposant égales les résistances des trois phases, est, pour chaque phase : .........
- a(l — a)
- = la-
- is)
- où p est la résistance en ohms par millimètre carré et par kilomètre, et
- s, la section de chaque phase en millimètres carrés.
- Comme approximation, substituons à R sa valeur moyenne :
- t/ 3 l
- R",=:T6^ (9)
- soit p la perte % ,
- P, la puissance en kilowatts à la locomotive,
- S, la sonime des puissances aux barres omnibus secondaires des deux sous-stations.
- Nous en déduisons :
- En outre, l’aire de chaque rectangle, évidemment proportionnelle aux kilomètres virtuels, représente l’énergie absorbée par le train dans l’intervalle I de deux abscisses consécutives, Par
- p 1 000 P
- — = (1 o)
- 00 e2cos2tp ' '
- 3=p (+£)•>i
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- Il faut se rappeler que :
- P
- ç.w.T
- /C .
- I ooo
- = /r.P°.
- s' la section d’une phase, e, la tension à l’arrivée. Par exemple, soit :
- La valeur de P°, constante pour un train donné à une vitesse donnée, ne subit pas de grandes oscillations pour un trafic déterminé ; il suffit d’observer que le produit de P# par la valeur maximum de k égale la puissance de la locomotive ou des locomotives remorquant le train. Si P°m est la valeur moyenne, nous aurons :
- P,„ = &P°,„ (, 3)
- S„t = /c'P°TO ( 14)
- etj par analogie avec les équations (io) et (n), nous pourrons écrire :
- / ioooP,„ = Pm ( i + =—r- •
- e-cos^cp
- d’où l’on déduit la valeur de h' qui représente ce que devient A: quand on tient compte de la perte dans les fils de ligne :
- k’ — k
- i ooo P° e2 cos2(p
- Prenons un exemple : soit
- p = 17, s— ioo, / = 12, P°„, = 3oo,
- e = 3,5oo, cos* = 0,9,
- nous obtenons :
- k' ~ k (i. -f- o,oi i k). (16)
- Soit y) le rendement moyen des transformateurs ^non compris les pertes avide). Posons :
- En tenant compte également des pertes dans la ligne primaire par un procédé analogue à celui indiqué pour le calcul des pertes dans les fils de ligne et en désignent par k° ce que devient alors k, on a :
- i ooo P11,» Æ„\
- ^ s' É?!2 COS2fl’ /
- (18)
- où V est la longueur moyenne de la ligne primaire,
- V = ioo,
- cos<p1=o,9, e, = 5o ooo volts;
- on en déduit:
- k° — k" (i -f- o,/(4A"). (18)
- Des équations (i 6), (17) et (18), on déduit entre ka et k une relation du quatrième degré dans laquelle les coefficients de k3 et là sont, dans la pratique, de l’ordre des dix-millièmes et des millionièmes respectivement. Puisque la valeur maximum de k pour les réseaux ferrés est d’environ 8, on peut donc négliger les termes dans lesquels k est à une puissance supérieure au carré ; l’erreur commise ne dépasse pas 1 % .
- Dans l’exemple considéré, en supposant •fl — 0,95, on peut poser :
- A:0 = i,o5A- -}- 0,07 A:2. (19)
- Pour tenir compte de la perte à vide dans le diagramme de la centrale, on trace une parallèle à l’axe des temps, à un intervalle correspondant à la somme des kilowatts perdus par dispersion dans le primaire et par le fonctionnement à vide des transformateurs.
- Comme on l’a indiqué, dans la traction triphasée les moteurs restent toujours en circuit même dans les pentes et produisent ainsi du courant qu’on peut appeler de récupération et qui est restitué à la ligne.
- Si les valeurs du coefficient k sont calculées par la formule (5), il n’y a rien à dire parce qu’elles sont précisément négatives dès que la
- pente pour 1 ooo est supérieure à 5 -|- 2 lp.
- Si, au contraire, on se sert du tableau des longueurs virtuelles calculées pour la traction à vapeur, il faut procéder autrement parce que, avec la traction à vapeur, il n’y a pas de récupération et par suite k n’est jamais inférieur à une valeur positive qui, en pratique, est égale à 0,20.
- En faisant abstraction des courbes, qui ont peu d’influence dans les lignes à fortes rampes, considérons un tronçon rectiligne de pente i.
- I Désignons par kt et Ar2 les valeurs de k pour ce
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
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- tronçon parcouru respéctivement en rampe et en pente; on a évidemment
- S- II + (20)
- i
- /t2 — l — rr. rl (2 1)
- Il en résulte que le rapport ; 0 de k.i à />-, correspond au rapport du travail de traction en descente et en montée :
- >'n
- h
- ]t 2
- 5 — i 5 + ï
- Si nous voulons que le rapport /„ représente la relation entre les kilowatts produits par le train en descente et les kilowatts absorbés en nontée, à la même vitesse et sur la même rampe, il faudra multiplier /•„ par les deux rendements de la locomotive fonctionnant respéctivement comme motrice et comme génératrice.
- Puisque ce rapport /•„ est fonction de i, il convient d’en calculer la valeur pour chaque valeur de i ; cependant, étant donnée l’approximation necessaire au calcul du maximum d’énergie, il suffit de prendre pour i la valeur moyenne de la pente sur le tronçon de voie dans lequel s’effectue la récupération. Si, par exemple, la pente moyenne est de 20 : 1 000 et si l’on suppose que la valeur moyenne du produit yj. r/ est 0,75, il en résulte que :
- >'o — — 0,45 (22')
- et, par suite :
- K2 = — 0,4 5 Æ|. (22")
- On peut donc compléter le diagramme-base pour les tronçons à forte pente avec récupération en portant en valeur négative pour chaque abscisse les 45 centièmes de la valeur de correspondant. à la montée.
- Toutefois, quand on a établi tous les diagrammes de consommation d’énergie pour les divers trains, si l’on en fait pour chaque instant la somme algébrique, ort n’obtientpas des valeurs suffisamment approchées si l’on ne tient pas compte du fait que les kilowatts produits par les trains descendants ne sont pas toujours utilisés à faible distance du point de la ligne où ils sont produits et, par suite, sans perte; ils le sont également à distance notable. Il convient donc de diminuer la valeur de i‘0 et, par conséquent,
- de hï, pour tenir compte dé la perte dans la ligne.
- Il fautse souvenir d’ailleurs que, s’il est vrai que la perte dans la transmission augmente avec la distance entre les points de production et d’utilisation de l’énergie par les trains, il est également vrai que le nombre de sous stations intermédiaires qui utilisent une partie de cette énergie de récupération au fonctionnement à vide des transformateurs augmente également.
- Dans le cas où la pente moyenne d’un long tronçon de ligne est plutôt faible, il convient de négliger l’énergie récupérée qui est, en fait, assez minime. Pour une pente de 5 à 10 % , en tenant compte également que le produit r/r/ prend des valeurs assez basses en raison du fonctionnement des moteurs à charge réduite,
- — valeurs ne dépassant probablement pas o,5o,
- — il en résulte que r0 varie de o à i/G, et puisque ki, abstraction faite de la courbure, varie entre 2 et 3, il en résulte que k2 varie de o à 1 /i, valeurs qui doivent encore être multipliées par le coefficient de réduction qui tient compte de la perte en ligne.
- 3500
- 3000
- 2£Q0
- W 2000
- Îj
- TO
- ^ 1500
- *
- 1000
- Eûû
- 0
- Busalla 15 10 5 0 Ponte-
- Minutes , decimo Diagramme calcule _____ ____ld°______ réel
- Fig. 1. —- Comparaison d'un diagramme calculé avec un diagramme réel.
- Remarquons enfin que l’équation (20), c’est-à-dire l’équation (5), abstraction faite de la courbure, donne, pour des valeurs de i entre o et 5 et entre 5 et 10,'des valeurs de k comprises respectivement entre 1 et 2 et entre 2 et 3, On peut
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- T. XXV (2e Série). — N» 14.
- donc dire qu’il n’y a pas récupération si kt (en montée) n’est pas supérieur à a et qu’il y a consommation et récupération nulles ou devant être tenues pour telles dans les sections où k est compris entre a et 3. Cette observation permet de construire les diagrammes-bases même en n’ayant pas sous les yeux le profil de la ligne.
- * • *
- A cette méthode de calcul basée sur les longueurs virtuelles de la traction à vapeur, on peut
- recours aux tableaux de la traction à vapeur et non à la formule 5. On a enfin noté que, dans la valeur de tv, on tient compte en bloc de toutes les différences caractéristiques entre les deux systèmes de traction, à tel point qu’en pratique la consommation par tonne-kilomètre virtuelle pour une locomotive donnée et une vitesse déterminée se maintient à peu près constante.
- En résumé, on construira pour la ligne dont on projette l’électrification le diagramme-base ou diagramme des rapports k convenablement corrigés, On en déduira le diagramme donnant
- Trams pairs
- Trains pairs
- S
- -,_________________
- S ampiercLareita -Roue o
- Trains impairs
- cd
- I
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- * »
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- 2 O 'O j «5
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- o co «0
- QQ
- Bus s oleito Mo cLane Trains impairs
- ! 0} : c
- ; *=>
- Fig. a.
- Trains pairs
- CD
- C
- C5
- b.
- CD
- CO
- S avona-Seva Trams impairs
- Diagram mes-banes déduits des tableaux des longueurs virtuelles de la traction à vapeur pour quelques lignes
- déjà électrifiées. .
- faire quelques objections précisément en raison ' des différences caractéristiques des deux modes ] de traction. En fait, quand on veut calculer la consommation d’énergie d’une ligne de plaine à électrifier en se basant sur la comparaison avec les lignes triphasées existantes qui ont toutes des rampes assez fortes, on obtient difficilement des résultats suffisamment exacts en ayant
- l’énergie en fonction du temps et en tenant compte des'diverses vitesses (chacune constante) 'que 'prend le train dans les divers tronçons de. ligne et des temps d’arrêt aux stations et en multipliant les ordonnées k par la valeur que prend
- , , . twT
- le produit ----.
- r i ooo
- Comme exemple de la méthode exposée, nous
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- reproduisons le diagramme réel d’un train électrique parcourant la section Pontedecimo-Busalla en lui superposant le diagramme-base établi à la même échelle par la formule (5) pour les mêmes valeurs de v, T, w.
- La dépense totale d’énergie en kilowatts-heure est naturellement la même, puisqu’on a admis pour w la valeur déduite du diagramme réel. Les différences les plus notables entre les deux dia-r grammes s’observent au départ à Pontedecimo et à l’arrêt de Busalla. Ceci s’explique si on remarque que le diagramme s’applique à des trains à vitesse constante et ne tient compte, par conséquent, que d’une façon globale de l’énergie consommée au démarrage et des tronçons de voie parcourus par force vive. Les autres petites différences constatées dans les pointes sont dues soit au fait que la fréquence du courant et, par suite, la vitesse du train ne se maintiennent pas rigoureusement constantes, soit à ce que le diamètre réel est mesuré à la centrale et se rapporte à un train à double traction ; par suite, le diagramme n’est que la superposition de deux diagrammes se rapportant à deux locomotives espacées d’un intervalle qui représente le temps
- nécessaire s l’une d’elles ppur parcourir . une longueur égale à celle du train. Dans notre cas, si le train a a5o mètres de longueur, le décalage résultant est de i millimètre.
- D’ailleurs, à notre avis, le diagramme calculé atteint à un degré d’exactitude plus que suffisant pour la pratique.
- Enfin, nous donnons les diagrammes-bases déduits des tableaux des longueurs virtuelles de la traction à vapeur pour quelques lignes déjà électrifiées et pour d’autres : pour lesquelles l’électrification par le système triphasé se montre particulièrement appropriée. On a pris pour échelle des valeurs h : 7 mm. 5 par unité et comme échelle des longueurs 1 millimètre par kilomètre. Pour donner une idée précise du diagramme de consommation d’énergie, nous dirons que, pour un train de [5oo tonnes marchant à 5o kilomètres à l’heure et en supposant w = i5 par tonne de train, 1 millimètre de hauteur représente 5o kilowatts, 5o millimètres en abscisses représentent une heure et 1 mm. 2, 1 kilowattheure.
- Aldo Righi.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Rattrape-trolley à billes.
- Le type de rattrape-trolley représenté ici est construitpar leQ.-P. Sigal Company et fonctionne
- trolley saute et tend à se relever rapidement sous l’action de son ressort, le cà^le se dévide avec une vitesse suffisante pour qu’une saillie carrée de l’un des platéaux de la bobine chasse violemment une bille dans une rainure verticale. Cette bjlle vient alors se loger dans une broche horizontale de cette rainure et sert de butée à des saillies ménagées à la périphérie du plateau. La bobine est ainsi arrêtée par la première saillie qui rencoptre la bille. L’appareil est si sensible que la perche est l'attrapée avant de s’être relevée de i5 centimètres. Pour dégager la bobine, il suffit d’une traction sur le câble de moins de 75 millimètres sans autre effort de la part du conducteur. Cet appareil ne possédant aucun ressort, il ne nécessite aucun
- ajusttige. . ____
- (Electrical Railway journal, 7 février 1914.)
- Fig. 1 et a.—Organes du rattrape-trolley montrant le verrou à ressort de fixation et lu rainure verticale pour la bille uinsi que la saillie carrée et les butées périphériques du plateau.
- d’après le principe suivant : lorsque la perche du |
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- Barrière de passage à, niveau à commande à distance.
- La figure représente une barrière de passage à niveau installée dans la principale rue de Docoto, petite ville sur la ligne principale du Southern Pacific, par la]] Cook Railway Signal C°. Cette barrière est commandée à distance par un appareil électrique de voie placé à environ 8oo mètres du passage à niveau et le contrôle de la barrière est établi par des conducteurs reliés au mécanisme de commande de cette dernière. Un autre appareil placé au passage à niveau et relié de même à la barrière ouvre celle-ci quand le train a franchi le passage à niveau. Remarquons qu’en certains cas où des trains électriques se suivent de très près, il est nécessaire de disposer i ou 3 de ces appareils de voie entre les deux précédents car, s’il n’y avait qu’un seul appareil à chaque extrémité de la zone et que deux ou plusieurs trains se trouvent dans cette zone simultanément, le premier train franchissant le passage à niveau ouvrirait la barrière et effacerait le signal de danger.
- Le mécanisme dé commande de la barrière se compose d’une transmission à vis actionnée par moteur avec accouplement magnétique et laissant tomber le bras de la barrière à la position « danger » ou position horizontalelorsque le courant est interrompu, tandis que ce mécanisme relève le bras de la barrière à la position d’ouverture lorsque le circuit est à nouveau fermé. Ce dispositif peut être évidemment modifié suivant les circonstances locales. Le mécanisme fonctionn
- sans mouvement brusque ; il comporte peu d’organes et, par suite, peu de frais d’entretien. L’absence de daphsots, crochets, rochets et cliquets rend son accès et son réglage faciles, La chute du bras n’est pas brusque, elle est contrôlée par un frein à régulateur, ajustable à toute vitesse de chute désirée.
- Barrière de passage à niveau commandée à distance.
- Pendant, le jour, la protection du passage à niveau est assurée par une cloche, un sémaphore, une barrière flexiblc'ou un bras mobile; la nuit, par une cloche, un fer rouge, un sémaphore ou une barrière éclairés.
- (Electric Railway journal,-février t 14-)
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- L’éclipse totale de soleil le 21 août 1914 et l’étude de la propagation des ondes électriques.
- La commission des recherches radio-télégraphiques de l’Association britannique pour l’avancement des sciences attire l’attention sur l’occasion importante et exceptionnelle que va fournir l’éclipse totale de soleil de cette année d’accroître nos connaissances relatives à la propagation des ondes électriques dans Pair, à la lumière et dans
- l’obscurité et dans les zones de transition. L’éclipse sera totale le long d’une bande s étendant du Groenland à l’embouchure de l’Indus à travers la'Norvège, la Suède, la Russie et la Perse. En Russie, la durée totale de l’éclipse sera un peu supérieure à deux minutes.
- Deux points importants doivent être étudiés durant l’éclipse :
- i° La propagation des ondes hertziennes dans l’air, dans'l’ombre et la pénombre, doit proba-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- blement obéir, au point de vue de l’absorption et de la réfraction, à des lois différentes de celles qui s’observent à la lumière;
- a0 L’intensité, la fréquence et le caractère des ondes électriques naturelles et des décharges atmosphériques peuvent varier, soit parce que la propagation des ondes naturelles dé source éloignée se trouvera facilitée ou gênée par l’éclipse, soit peut-être parce que la production des ondes électriques naturelles ou des décharges atmosphériques sera influencée par l’éclipse pour quelque raison ignorée.
- Ces points n’ont été précédemment étudiés que dans une faible mesure. Presque tous les observateurs de signaux électriques, durant l’éclipse solaire du 17 avril 191a, ont reconnu que l’intensité des signaux était plus grande durant l’éclipse qu’une héüre avant ou après. Au cours de cette même éclipse, il n’y a eu qu’une seule observation d’ondes naturelles où l’on a enregistré des variations prononcées et remarquables pendant le passage du cône d’ombre sur l’Europe.
- Pour étudier là propagation des signaux dans l’ombre, il serait nécessaire que des stations de télégraphié sans fil placées de part et d’autre de la ligne centrale de l’éclipse, se transmissent des signaux à intervalles donnés pendant que le cône d’ombre passera entre elles. Ce passage du cône d’oinbre durera environ deux minutes. Il serait donc très désirable que les stations Scandinaves et russes transmissent des signaux à de fréquents intervalles pendant plusieurs minutes avant, pendant et après la totalité dé l’éclipse. Il se peut que les stations de l’Europe Occidentale, à l’Ouest de la ligne centrale, celles de la Méditerranée et de l’Asie Mineure, enregistrent de notables changements d’intensité des signaux, et particulièrement des signaux à longue distance, entre 10 heures et i5 heures (heure de Greenwich). Il est probable également que les stations de l’Inde et de l’Est Africain, ainsi que les navires de l’océan Indien, pourront sentir l’effet de la pénombre dans l’après-midi. D’autre part, le même effet pourra probablement être observé de très bonne heure dans la matinée par les navires de l’Atlantique et les postes fixes de l’Est du Canada et des Etats-Unis. A Montréal, l’éclipse partielle atteindra son maximum à 5 h. 52 du matin (Standard Time). Il est possible que
- l’éclipse, quoique invisible, s'ÿ manifeste par quelque influence.
- L’étude des ondes électriques naturelles présente un aussi grand intérêt que celledes signaux. Autant qu’on sache, les ondes de cette nature enregistrées par les stations télégraphiques aux latitudes supérieures au 5o® degré semblent venir principalement du Sud. Les plus grandes modifications produites par l’éclipse sur ces ondes seront probablement enregistrées dans les stations des pays Scandinaves et de la Russie, puisque, pour les atteindre, elles devront traverser le cône d’ombre. Il faut s’attendre en même temps à certaines modifications dans d’autres régions et il est, par suite, désirable que des observations statistiques des ondes électriques naturelles soient faites dans le monde entier, et spécialement dans les régions situées à moins de.90° du Sud de la Russie. Il sera également désirable de faire des observations météorologiques en y comprenant celles sur l’ionisation et le potentiel atmosphérique en vue de les mettre à la disposition de la commission qui étudiera les renseignements fournis sur les ondes électriques naturelles et artificielles.
- La commission se propose de préparer des formulaires spéciaux pour l’enregistrement des données statistiques sur les signaux et les ondes naturelles, spécialement dans l’hémisphère qui sera vraisemblablement influencé]par l’éclipse; elle essayera d’établir des dispositions pour la transmission de signaux spéciaux à des heures déterminées dans les formulaires; enfin, elle se propose de soumettre à la direction des postes d’observation dans le voisinage de la ligne centrale de l’éclipse un programme de travail simple. La discussion des observations et la comparaison des données météorologiques seront faites par la commission qui publiera ensuite un résumé des statistiques avec les conclusions tirées de leur analyse.
- Pour l'organisation de cette recherche, la Com-mission fait appel à toutes les personnes possédant les installations nécessaires et désirant faire des observations pendant l'éclipse et les prie de se faire connaître le plus tôt possible à The Honi Secretai'y, D' W> Eccles, University College, London, JV.-C.
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- BREVETS
- Dispositif de régulation, par affaiblissement du champ, des moteurs à courant continu, spécialement des moteurs de véhicules. —
- Compagnie Générale d’Electrigité de Creil. — Brevet n° 462 868. — Demandé le 23 septembre igi3. — Délivré le 2 décembre igi3. •— Publié le 7 février igi4.
- Si l’on coupe l’arrivée du courant d’un moteur à courant continu excité en série dont le champ est affaibli par une résistance placée en dérivation sur l’enroulement de champ, on ne peut, comme on sait, même si le moteur tourne encore environ au même nombre de tours, rétablir sans plus le courant, car autrement, par suite de la résistance inductive de l’enroulement de champ, cet enroulement ne serait parcouru immédiatement après le rétablissement du courant que par un faible courant; le champ produit serait par conséquent faible et ne pourrait produire qu’une faible force contre-électromotrice. Il en résulte donc une très grande admission de courant par l’induit, admission qui provoque un crachement périphérique sur le collecteur et le passage d’électricité entre les balais ou vers la terre. Pour remédier à ces inconvénients, on a déjà proposé de prévoir dans le circuit de dérivation des commutateurs spéciaux, qui sont ouverts lorsque le courant manque et sont fermés seulement quelque temps après le retour du courant, pour que le courant se dirigeant vers l’induit n’ait tout d’abord de passage libre qu’à travers l’enroulement de champ. Toutefois, l’emploi de pareils dispositifs comporte de sérieux inconvénients. En effet, si le courant continue à manquer, le nombre de tours du moteur diminue naturellement avec le temps. Si le moteur est remis en circuit seulement avec l’enroulement de champ, il ne pourra se produire, surtout dans les moteurs à forte saturation de fer> qu’une force . contre-électromotricc correspondant au nombre de tours réduit, et l’admission de courant peut être beaucoup plus grande qu’avant l’interruption du courant. Mais à cette plus grande admission de courant correspond aussi un plus grand moment de torsion qui fatiguera mécaniquement le moteur et la machine
- qu’il actionne. Si maintenant après le retour du courant, la résistance en dérivation est automatiquement remise en circuit à bref intervalle, l’admission de courant de l’induit augmente par saccades encore plus, par suite de l’affaiblissement du champ. Mais le changement saccadé du moment de torsion résultant de cette croissance peut augmenter le travail mécanique dans une mesure telle que des ruptures se produisent. De plus, il se peut encore que la forte admission de courant devienne en elle-même dangereuse, par exemple par la production d’un fort crachement des balais.
- D’autre part, ces phénomènes peuvent influencer défavorablement la station génératrice elle-même. Si, par exemple, dans un chemin de fer électrique, l’interrupteur automatique est tombé dans la position interrompant le conducteur d’alimentation par suite d’une charge trop forte de la station génératrice, et qu’on replace cet interrupteur au bout d’un certain temps dans sa position de fermeture, on peut être sur que, lors de la nouvelle mise en circuit automatique des résistances en dérivation, il se produira une admission de courant si forte que l’interrupteur sera de nouveau ouvert dans le conducteur d’alimentation. Ce jeu pouvant se renouveler plusieurs fois, de longues interruptions de fonctionnement sont possibles.
- Conformément à la présente invention, on évite ces inconvénients en ce que le commutateur prévu dans le circuit dérivé 11e peut être fermé au moyen de contacts que sur les positions de passage du combinateur (c’est-à-dire dans des positions où le combinateur ne peut pas s’arrêter) et que le commutateur comporte des contacts auxiliaires qui, après fermeture du combinateur, maintiennent les bobines de commande du commutateur en circuit, même dans les positions de marche. Avec cette disposition, le circuit dérivé est coupé lors de l’interrupteur du courant, de même que dans les systèmes connus. Mais, lors du retour du courant il ne se produit pas de fermeture automatique, fermeture qui, au contraire, ne s’effectue qu’avec la coopération du conducteur.
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- Le dessin ci-joint représente le principe de ce nouveau système de réglage.
- L’induit est désigné par a; b désigne l’enroulement dü champ de l’électromoteur; c, la résistance dérivée pour l’affaiblissement du champ; d, le développement du cylindre du combinateur avec omission de toutes les pièces n’ayant pas d’importance pour l’explication de la présente invention; e désigne le relais avec les contacts doubles g, h, et f, la bobine d’excitation du relais, i, k, l, m désignent quatre ressorts de contact dont les deux premiers frottent sur la pièce de contact n, les deux derniers sur la pièce de contact o du cylindre du combinateur.
- j
- Le fonctionnement du dispositif est le suivant :
- Si, lors de la mise en circuit, le cylindre du combinateur est mû lentement au delà de la position intermédiaire, le courant traverse la bobine/'en passant par : conducteur de trolley/;, trolley q; bobine f, ressort de contact l, pièce de contact o, ressort de contact m, terre; le relais e est fermé et relie au moyen du double contact h la bobine f directement à la terre, en sorte que le relais e reste fermé même lorsque le cylindre du combinateur arrive à la position de marche suivante. Dans cette position, les ressorts de contact i et k sont directement reliés par la pièce de contact n et la résistance en dérivation c est mise en circuit.
- Lorsque l’arrivée de courant est passagèrement interrompue pendant que le cylindre d est en circuit, la bobine f est privée de courant et le
- relais e est ouvert. Mais lors de la réapparition du courant ce relais ne peut pas être excité directement parce que l’ouverture du relais e a supprimé la connexion entre la bobine f et la terre. Il faut d’abord que les ressorts de contact l, m soient reliés par la pièce de contact o en tournant le cylindre du combinateur. Dans l’intervalle, le champ du moteur a été complètement excité, en sorte que, lors de la remise en circuit consécutive de la résistance en dérivation c, il ne peut se produire de phénomènes nuisibles. Il est évident qu’on peut établir directement une seconde pièce de contact dans une position auxiliaire en arrière de la dernière position de marche. Dans ce cas, le cylindre du combinateur est placé passagèrement, dès réapparition du courant interrompu, dans la position auxiliaire située en arrière de la position de marche.
- I1ÉSUMÉ
- Dispositif de régulation par affaiblissement du champ des moteurs à courant continu, spécialement des moteurs de voitures, dans lequel on a prévu en circuit dérivé un commutateur particulier s’ouvrant automatiquement lorsque le courant manque, dispositif caractérisé en ce que ce commutateur ne peut être fermé au moyen de contacts que dans les positions de passage du combinateur et qu’il comporte des contacts.auxiliaires qui (après fermeture du combinateur) maintiennent en circuit les bobines de comj mande du commutateur même dans les positions de marche (en tournant les contacts particuliers du combinateur).
- Moteur-série triphasé à collecteur sans raccordement des phases. — Brown, Boveri et Gie. — Brevet n° 462 761. — Demandé le 18 septembre igi3. — Délivré'le 29 novembre 1913. — Publié le 4 février 1914.
- Dans les moteurs-série triphasés ordinaires à collecteurs, auxquels le courant triphasé est amené non raccordé, et dans lesquels chaque phase du stator est enroulée sur 1 /3 du pas polaire, il se produit fréquemment, avec les connexions suivant le schéma des figures 1 et 2, pendant la marche du moteur, un courant continu ou alternatif qui est dû à une auto-excitation, et dont le circuit est indiqué par les flèches aux figures 1 et 2. Ce courant acquiert, puisque le réseau constitue pour lui un court-circuit, facilement une intensité très considérable qui
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV(2e Série). — N°l4.
- n’est limitée que par la saturation du moteur; il exerce par conséquent un freinage énergique et provoque un crachement violent des balais.
- Fig. i.
- Aux figures 1 et i :
- T désigne un transformateur d’énergie, St, le stator du moteur-série triphasé, L, le rotor du moteur-série triphasé, et S, un transformateur série.
- Comme l’indiquent les llèches, le courant engendré par auto-excitation crée un champ à 6 p pôles, si/) désigne le nombre de pôles du moteur.
- Phasell!
- Phasell
- Fig. 3.
- A la figure 3 est indiqué par les signes -f- et — le sens du courant auto-excitateur dans les conducteurs du moteur, et des flèches indiquent la position des pôles désignés par N et S, et leur orientation,
- Çour empêcher la création du champ autoexcitateur à 6 p pôles qui vient se superposer au champ bipolaire du moteur, chaque phase de
- l’enroulement du stator est répartie, suivant la présente invention, sur plus d’un tiers de l’ensemble des rainures. Dans ce but, les enroulements des trois phases du stator pourraient être répartis sur la circonférence, de telle manière
- phase I
- Phase J
- Phasell VV2
- _+ + tj.
- Fig. 4-
- que chaque rainure contient des fils d’au moins deux phases. La répartition de l’enroulement, dans laquelle chaque phase de l’enroulement du stator est répartie sur deux tiers de toutes les rainures, ressort de la figure 4, et on se rend bien compte que les conducteurs et — du courant auto-excitateur se compensent dans chaque rainure. Déjà une superposition partielle des enroulements suivant la figure 5 devrait
- Phasell1
- Phasell.
- Phasell
- -\PhaseI
- Phase 11
- Phase III
- Fig. 5.
- suffire dans certains cas pour supprimer les courants auto-excitateurs ou pour les limiter.
- RÉSUMÉ
- i° Ce moteur-série triphasé à collecteur, sans raccordement des phases, est caractérisé en ce que chaque phase de l’enroulement du stator est répartie sur plus de i/3 de la totalité des rainures, dans le but d’éviter pendant la marche en moteur les courants auto-excitateurs.
- 2° Les enroulements des trois phases du stator sont répartis sur la périphérie, de telle manière qu’il y a dans chaque rainure des fils d’au moins deux phases.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- 4 Avril 1914
- 443
- CORRESPONDANCE
- Monsieur le rédacteur en chef,
- Au cours d’une réunion récente, la Société des Ingénieurs de Chine a décidé de nommer une Commission pour examiner et discutër la question de l’unification des systèmes de distribution d’électricité en Chine, dans le but de fournir un programme aux autorités chinoises compétentes,, aux autorités des concessions étrangères, aux producteurs d’électricité (actuels ou futurs) et aux importateurs de matériel électrique en Chine. Vu la multiplicité de tensions, de fréquence et de systèmes employés dans tous les pays, il semble désirable de choisir un seul système de distribution à basse tension et un seul ou un nombre relativement petit de systèmes pour la production et la transmission.
- Il est possible qu’un seul système de B. T. puisse être considéré comme étant trop idéal, mais, dans tous les cas, le but de la Commission est de réduire les alternatives au strict minimum, en tenant compte que les frais de premier établissement doivent être le minimum compatible avec un bon rendement. Par conséquent, cela revient à dire que l’on devra utiliser pour la distribution basse tension le plus haut voltage compatible avec la sécurité des personnes et des appareils.
- Au cas où la Commission réussirait à faire sanctionner officiellement un seul système de distribution B. T. les avantages suivants seraient obtenus :
- i° Possibilité pour les consommateurs d’avoir une base commune pour la comparaison des prix : énergie, appareillage, etc.
- a° Possibilité d’établir des communications faciles entre les divers réseaux de distribution, ce qui permettrait la vente en gros du courant.
- 3° Possibilité de réduire au minimum le matériel d’importation, puisque tout le matériel d’utilisation courante (lampes, moteurs, compteurs, transformateurs, etc.) seront d’un seul système.
- 4° Possibilité pour la clientèle d’acheter son matériel au plus juste prix, et de le changer aisément.
- La Commission espère que la publication de cette lettre dans les différentes revues techniques d’électricité d’Europe et d’Amérique amènera une dis cussion et des suggestions qui l’aideront dans son travail.
- En vous remerciant d’avance, veuillez agréer...
- Changhai, le 24 février 1914.
- R. A. Williams,
- secrétaire Electricity Standardisation Comitee.
- Monsieur le Directeur,
- Je m’aperçois que j’ai laissé passer une erreur dans mon article du 7 mars. Je vous serai obligé de bien vouloir faire paraître la rectification ci-dessous, afin que ceux qui s’intéressent à ces questions ne puissent pas être engagés dans une mauvaise voie.
- Page 291 a) :
- La construction pour C h est inexacte. La longueur B A' doit représenter la somme arithmétique et non géométrique de Z et de Z0. Il faut donc porter la longueur Zc sur le prolongement de OB en OA' et
- CA =
- BA'
- BÂ
- A"D.
- Au contraire pour e2$l la construction indiquée dans l’article est bien exacte. (V. figure.)
- Page 289, colonne 2, ligne 4, lire I0 au lieu de A0.
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- 444 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série). — Ne 14.
- Page 290, colonne 2, lire : Page 293, ligne 2, colonne 1, lire
- Y/!' = t h(al)=h. ,**' = 4sH>r
- Page 291, colonne 1, première équation, lire Page 294, colonne 2, quatrième ligne de l’avant- çat dernier alinéa, lire —.
- Z X al = (p + iwX) l.
- Page 291, colonne 2, dernière équation, remplacer ht par A,. Page 292, colonne 1, première équation, même remarque. Avec mes remerciements, je vous prie d’agréer... L. Cahen, Ingénieur des Postes et Télégraphes. 14 mars 1914.
- BIBLIOGRAPHIE
- Formules, Recettes, Procédés à l’usage des Ingénieurs, recueillis, ehoisis et coordonnés, par L. François, ingénieur-chimiste. — In-8°de vu-420 pages, avec ra7 figures. Broché, 9 francs, Cartonné, 10 fr. 5o. — H.'Dunod et E. Pinat, Editeurs.
- La forme de « recettes » séparées, faciles à trouver et faciles à lire est tellement appréciée par tous qu’il existe de nombreux « recettiers » fort répandus. Mais la plupart de ces ouvrages furent conçus pour l’amateur. Celui-ci, au contraire, Fut écrit par un technicien pour les techniciens. L’électricien, le chimiste, le mécanicien et le conducteur de travaux, pourront en conséquence y trouver quantités de renseignements utiles sur leur art et les spécialités connexes.
- L’ouvrage que voici fut en quelque sorte « vécu ». Au cours de sa carrière, l’auteur se vit obligé de se procurer cent intéressants « tuyaux » divers : il en prit dans les livres, il en demanda aux amis, il en imagina certains. Tout ceci fut noté, soumis à un examen critique, puis classé, et coordonné. Ainsi le technicien qui possédera l’ouvrage y pourra trouver
- une infinité de choses qu’il chercherait vainement partout ailleurs.
- Il les trouvera d’autant plus facilement que la forme du nouvel ouvrage est soignée à l’égal du fond. Nombre de recettes finissent juste en bas de la page qu’il est inutile de tourner pour lire la suite. Un index final renvue aux recettes qu’on peut chercher à un, deux, troL mots différents pour chacune. La division en libres permet d’autre part toute recherche des recettes d’un même genre.
- Voici les pitres de ces livres : I. Recettes pour le bureau (encres, colles, cire, effaçage des traits, documentation technique...). — II. Recettes pour le laboratoire (à l’usage des chimistes, des photographes amateurs...). — III. Recettes pour l'usine (lubrifiants, calorifuges, extinction des incendies, installation électrique...). — IV. Recettes pour l'ate-lier (montages sur les machines-outils, trempes, aciérage, recuit, patines, etc...). — V. Recettes pour le chantier (mortiers et bétons, moulages, peintures, nœuds et brêlages...).
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- 4 Avril 1914.
- LA « LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- Le Cuivre est en légère reprise. A Londres, les affaires ont été satisfaisantes, la modicité des offres de métal suggérant aux consommateurs l’opportunité de s’approvisionner. Le Standard cotait au 27 mars 65-6-3 livres sterling au comptant, et l’Electric 67 livres sterling ; l’écart entre les deux espèces a beaucoup diminué. Les exportations des Etats-Unis ont marqué pour les deux premiers mois de 1914 une augmentation de 20000 tonnes sur 1913; la France avec i3 120 tonnes vient après l’Allemagne qui en a absorbé 24 148 tonnes. Le rapport de la Compagnie du Rio Tinto qui doit être lu le 3 avril à l’assemblée semble avoir stimulé les spéculateurs et les consommateurs : car, il y ëst dit que la production de toutes les usines fait à peine face à tous les besoins mondiaux. De même la vente des pépites continue d’augmenter et la Compagnie du Rio Tinto » vendu une partie de sa production pour plusieurs années. La grève d’octobre et novembre a affecté la production et les bénéficesjqw^^iucun dégât matériel n’en est résulté. Les*V*énéfices s’élèvent à 1 752 473 livres sur lesquelles d’iiqportants prélèvements ont été opérés pour compenfer l’usure du matériel et pour les amortissetfients divers ; le dividende absorbe 1 487 5oo livres et le report à nouveau est de i85 872 livres. Le sentiment qui se dégage de ce rapport pour l’ensemble des affaires de cuivre est plutôt satisfaisant et contribuera à donner quelque coniiance dans l’avenir des mines de cuivre.
- La Compagnie Générale de Distribution d'Énergie Électrique distribue cette année 5 % à ses actionnaires. L’exercice igi3 a marqué, en effet, un progrès très important sur les précédents n’ayant eu à souffrir ni de l’inondation, ni de l’incendie comme les exercices précédents. L’augmentation de ses recettes, corrélative de l’augmentation de ses fournitures de courant, a été d’autre part exceptionnelle : elle se chiffre par 1 320 461 francs pour un montant total de 4 85o 111 fr. 63. Les dépenses, au contraire, n’ont progressé que de 660981 francs. Le résultat brut en comprenant les intérêts et produits divers est de 2 181 768 francs pour un capital de 26 millions.
- Les bénéfices nets s’élèvent à 1 434 546 fr. 37 et
- permettent, outre l’attribution d’un dividende de 5 % , l’affectation aux divers comptes de réserve et d’atnortissements de 622 301 francs. Ces résultats ont amené le Conseil à devancer l’époque des travaux complémentaires qu’il ne devait exécuter que plus tard; il a augmenté le nombre des chaudières à Vitry, étudié l’organisation de l’usine de Billancourt rachetée à la Compagnie des Omnibus et commencé l’installation d’un réseau de câbles reliant les deux usines de Vitry et Billancourt qui pourront ainsi se suppléer ou se porter secours. Quant à présent les disponibilités de la Compagnie ou les ouvertures de crédit qui lui ont été consenties par ses banquiers ont suffi à assurer les règlements des travaux en cours. Mais l’exécution du programme projeté exige des ressources plus larges qu’une assemblée générale extraordinaire a accordées au Conseil. Le capital-actions a été porté de 12 à 16 millions et le capital-obligations de 15 à 21 5oo 000 francs. Les actions réservées par préférence aux anciens souscripteurs seront émises au pair de 5ôo francs et libérées au plus tard le 3i mai; les obligations seront émises par les soins du Conseil suivant ses besoins et les modalités compatibles avec la situation du moment. La Compagnie de Distribution a pour principal client la Compagnie des Omnibus qui lui assure une fourniture de courant extrêmement importante et susceptible de progression annuelle. Sortie des difficultés du début, elle prendra rang parmi les affaires de distribution d’énergie des plus intéressantes.
- [je rapport du conseil de la Société Générale, à l’assemblée des actionnaires du 26 mars, faitressortir qu’au cours de l’exercice écoulé, malgré la répercussion qu’ont eue les événements d’Orient sur les opérations de crédit, les augmentations du mouvement de portefeuille et des coupons se sont élevées respectivement à 5 % et 10 % .Ainsi le mouvement général du portefeuille s’est élevé à 48 386 225 o33 francs en augmentation de 2377304 ig3 francs, tandis que le montant des coupons encaissés passait de 1 559742 869 francs à i 733 3g5 372 francs. Quand on énonce pour un seul de nos grands établissements de crédit de pareils chiffres qui ne portent
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). — N" 14.
- que sur deux espèces d’opérations, on comprend la tentation de ceux qui veulent faire de nos banquiers des collecteurs d’impôts et soumettre les valeurs mobilières à un régime fiscal de plus en plus sévère. Pour sa propre part d’ailleurs, la Société Générale a payé en impôts et taxes diverses, y compris l’impôt de 4 % sur le revenu, une somme de 5 175 767 francs en augmentation de 849744 francs. Il faut remarquer, à" litre d’indice du malaise qui a pesé sur les affaires surtout en fin d’année, que le mouvement général de la caisse a diminué de plus de 1 200 millions, celui des chèques de plus de 4'3o millions, et celui des titres de bourse de 818 756867 francs. Les dépôts de fonds à échéance fixe n’ont cessé d’augmenter malgré les nombreuses occasions que la Société Générale a offertes à sa clientèle de les utiliser pour des placements en France ou à l’étranger. Dans l’énumération des opérations auxquelles elle a prêté son concours figurent nombre de Sociétés Françaisés s’occupant ou de construction de matériel électrique ou de distribution d’énergie : nous citerons pour mémoire le Métropolitain de Paris et le Nord-Sud (obligations 4 %); la Compagnie Thomson Houston, la Compagnie des Omnibus (obligations 4 %) ; la Compagnie Lorraine d’Electricité, l’Energie Electrique du Littoral Méditerranéen, la Compagnie Centrale d’Energie Electrique, le Central Electrique du Nord, la Société Pyrénéenne d’Energie Electrique, etc.
- La Société Générale échappe donc au reproche de ceux qui représentent nos banquiers comme ne préconisant que des émissions étrangères. Il faut dire cependant que ces opérations lui ont convenu par leur envergure qui est souvent le critérium du patro-
- nage accordé. Les résultats de l’exercice ont permis une légère augmentation du dividende : 75 centimes nets portant celui-ci à 20 francs par action, impôts déduits ; l’exercice en cours permettra probablement de le maintenir mais non de le majorer. La Société Générale va fêter son cinquantenaire, ce qui ne saurait passer inaperçu dans le monde économique et financier. Le premier en date de nos grands établissements, il semble avoir été dépassé comme importance d’affaires et comme notoriété par le Crédit Lyonnais. Mais il cherche à maintenir son rang par de nombreuses créations d’agences ou de guichets en France, en Algérie, Tunisie et Maroc; en rappelant à cette occasion son historique, on pourra glisser sur quelques-unes de ses erreurs, on ne pourra oublier qu’il a grandement facilité au cours des 3o dernières années, le progrès de l’industrie.
- Une nouvelle Société Belge de câbles: télégraphiques vient de se constituer à Anvers au capital de 4 millions de francs et sous les auspices de l’Eastern Telegraph Company, et de la Telegraph Construction and Maintenance Company pour l’exploitation d’un ou plusieurs câbles télégraphiques devant atterrir au territoire du Congo Belge et relier le territoire belge à la côte anglaise. La concession étant de cinquante ans, la société est formée pour cette durée. Les éléments anglais dominent dans ce groupement quoique sa raison sociale fassent supposer le contraire, il y a lieu de s’en étonner, s’agissant du Congo où nos voisins du Nord auraient intérêt à garder jalousement toute leur autonomie.
- T. R.
- • >
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- i
- TRACTION
- PUy-de-Dôme. — Sont déclarés d’utilité publique les travaux d’électrification, entre la place Lamartine, à Clermont-Ferrand, et la station de la Font-de-l’Arbre, de la ligne du tramway de Clermont-Ferrand au sommet du^ Puy-de-Dôme, dont l'établissement a été déclaré d’utilité publique par décret du i5 janvier 1907.
- • Rhône. — Le Conseil municipal de Lyon a donné
- acte à l'administration de sa communication concernant le projet de traité intervenu pour la construction d’un tramway à voie étroite dans l’Exposition.
- Les dépenses engagées sont les sxiivantes i
- Achat (Société Westinghouse) de 3 trac-
- teurs à 15 ooo francs...... ....... .......... 45 ooo
- Achat (Société Decauville) de 7 remorques
- neuves à ? ooo francs..................14 ooo
- Location (Société Decauville) de voie et croisements 7 800 -J- 2 100..................... .. 9 900
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- ÉCLAIRAGE ET FORCE MOTRICE
- Alpes-Maritimes. — Le conseil municipal de Berre-des-Alpes a autorisé le maire à engager des pourparlers avec l’Energie Electrique du Littoral Méditerranéen, en yue de l’installation de l’électricité dans cette commune.
- Ardèche. — Le conseil municipal de Mauves a adopté la demande de M. Bourette, relative à l’éclairage électrique.
- Aveyron. — 'M. Cavaille, entrepreneur à Ville-franche, s’est chargé de construire la ligne à haute tension entre Farou et Villefranche.
- Charente-Inférieure. — Après diverses modifications, le cahier des charges pour l’éclairage électrique de. Bourcefranc a été adopté par le conseil municipal.
- Corrèze. — Le conseil municipal de Voutezac a accepté en principe la proposition de M. Laborie et lui a accordé un délai de quatre mois pour constituer la société chargée d’éclairer Voutezac et le village de Ceyrac.
- TÉLÉPHONIE
- Eure. — La Chambré de Commerce d’Evreux est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 38 47g francs, en vue du rattachement de huit localités du département de l’Eure au réseau général téléphonique, de l’établissement du circuit Thiberville-Cormeilles et de l’installation d’un réseau téléphonique à Grossœuvre.
- VauCluSe. — La Chambre de Commerce d’Avignon est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 89 410 fr., en vue de l’établissement des circuits téléphoniques Avignon-Marseille 3e et 4“ (72 55o francs) et Avignon-Nîmes 20 16 860 francs).
- DIVERS
- Approbation de types de compteurs d’énergie électrique.
- Le ministre des Travaux publics,
- Vu là demande présentée par la Compagnie Anonyme Continentale pour la fabrication des compteurs à gaz et autres'appareils à Paris;
- Vu l’arrêté du i3 août 1910, fixant les conditions d’approbation des types de compteurs d’énergie électrique ;
- Vu l’avis du Comité d’Électricité en date du i3 mars
- *9r4 ;
- Sur la proposition du directeur des mines, des distributions d’énergie électrique et de l’aéronautique,
- Arrête :
- Est approuvé, en conformité de l’article. 19 des cahiers des charges des 17 mai et 20 août 1908, le compteur ampère-heure-mètre type AHM de la Compagnie Anonyme Continentale pour la fabrication des compteurs, pour toutes intensités, jusqu’à 3o ampères.
- Paris, le 27 mars 1914.
- Fernand David.
- * *
- Le ministre des Travaux publics,
- Vu la demande présentée pat™ la Compagnie de Construction Electrique à Issy-les-Moulineaux (Seine);
- Vu l’arrêté du i3 août 1910, fixant les conditions d’approbation des types de compteurs d’énergie électrique ;
- Vu l’avis du Comité d’Electricité en date du 13 mars
- *9 «4;
- Sur la proposition du directeur des mines, des distributions d’énergie électrique et de l’aéronautique,
- Arrête :
- Est approuvé, en conformité de l’article 16 des cahiers des charges des 17 mai et 20 août 1908, le compteur tjrpe BT, modèle R*1 pour les calibres jusqu’à 20 ampères et 25o volts et pour les distributions à courants alternatifs monophasés à deux fils seulement.
- Paris, le 27 mars 1914.
- Fernand David.
- INFORMATIONS
- Ecole Supérieure d’Electricité.
- (Section de Radiotélégraphie, 3" session 1913-1914). Examens de sortie.
- Ont obtenu le brevet d’études de radiotélégraphie : MM. Bourragué, Aymard, Laboureur, Paquier, Carlin, Dorland, Cayatte, Mazier, Fontaine, Lynch.
- Ont obtenu le certificat d’études de radiotélégraphie : MM. Valuet, Dupuy, Carour. Henriksen, Pécheur.
- SOCIÉTÉS .
- Energie Electrique du Littoral Méditerranéen.
- Ventes du mois de janvier 1914........Fr. 740 07a
- Ventes du mois de janvier igi3........Fr. 672 642
- Différence en faveur de 1914... Fr. 67 43o
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain, Paris.
- Les recettes de la deuxième décade de mars se sont élevées à 1 703 002 francs, elles dépassent de 106 796 francs celles de la période correspondante de igi3. Depuis le i"r janvier il a été encaissé i3 Z99 160 francs, soit 5g3 744 francs de plus qu’en 1913.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV(2e Série). — N° 14.
- CONSTITUTIONS
- . Compagnie Lorraine pour l’Eclairage Automatique des wagons par l’Electricité. — Objet : toutes applications de l’électricité et spécialement la fabrication, le commerce et l'entretien de tous appareils pour l'éclairage des wagons par l’électricité. — Durée : 5o ans. — Capital 3oo poo francs, divisé en 600 actions de 5oo fr. dont 100 attribuées à M. Michel en représentation partielle de ses apports. Il es.t créé 3oo parts bénéficiaires remises à M. Michel.— Siège social : 58, rue Saint-Jean, à Nancy,
- CONVOCATIONS
- L’Union Electrique. — Le 9 avril, à Saint-Claude (Jura).
- „ Société Anonyme Westinghouse. — Le 20 avril, 7, rue de Berlin, à Paris.
- . Compagnie Centrale d’Eclairage et de Transport de Force par l’Electricité. — Le 29 avril, 46, rue de Provence, à Paris.
- Société d’Electricité de la Région de Valenciennes et Anzin. — Le i5 mai, j5,' boulevard Haussmann, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le i5 avril, à la mairie de Ribémont (Aisne), concours pour l’installation d’un - double groupe de pompes et moteurs.
- Les projets et soumissions devront parvenir à M. le maire de Ribémont pour le 15.avril au plus tard.
- Renseignements aù bureau de Mi , Héricùtte, agent voyer d’arrondissement, 4, rue du Général-Foy, à Saint-Quentin.
- Le 25 avril,au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes,'io3, rue de Grenelle, i\ Paris, fourniture d’appareils pour postes d’abonnés et bureaux centraux téléphoniques (43 lots).
- Les demandes d’admission à cette adjudication devront être parvenues au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, le 11 avril 1914.
- On pourra prendre connaissance du cahier des charges, rue de Grenelle, nu io3 (direction de l’exploitation téléphonique, 3e bureau), tous les jours non fériés, de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 16 heures, ainsi
- que dans les bureaux des directions départementales des postes et des télégraphes et. dans les bureaux, télégraphiques et téléphoniques centraux des chefs-lieux de département. , • -,
- MAROC . . ; ;
- Le 18 avril, à Tanger, concours pour la fourniture et le montage de quatre grues électriques et. d’une usine génératrice d’électricité. ;
- Demandes d’admission au président de la Commission générale des adjudications et des marchés auDàr-En-Niaba, à Tanger, avant le 18 .avril. !
- Renseignements au Dar-i-En-Niaba, à Tanger,- et au bureau de contrôle de la Dette à Tanger,
- BELGIQUE
- Prochainement, en la salle de la Madeleine, à Bruxelles, fourniture, installation et mise en ordre de marche d’un monte-charges électrique au magasin central des postes et des télégraphes à Malines (cahier des charges spécial
- n° 244)*
- ESPAGNE
- Le Ministerio de Fomento, à Madrid, est autorisé à acquérir, par voie de concours, sept grues électriques, dont trois destinées au port d’Àlicànte et quatre au port de Cadix.
- Les offres peuvent être adressées d’ores et déjà au ministère susmentionné, où l’on peut se procurer le programme relatif à ce concours.
- La « Junta del Pantano del Quadalmellato », à Corr doue, ouvre un concours pour l’acquisition de matériel,' comprenant notamment :
- Une machine à vapeur demi-fixe.
- Un générateur électrique.
- Une pompe centrifuge avec électromoteur.
- Un compresseur d’air, etc., etc., • - •
- Les offres peuvent être adressées, d’ores et déjà, à la « Junta del Pantano del Guadalmellato », Calle des Cister, 3, à Cordoue. '
- On peut se procurer le programme relatif à ce concours auprès de la Junta précitée.
- La reproduction des articles de la
- Lumière Electrique est interdite.
- Pas». — mnnnam uvA, 17, eux qauitte.
- Lt Gérant : J.-B. Nouet
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- Trente-sixième année. SAMEDI il AVRIL,, 1914. Tome XXV (2° série). — N° 15.
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- H. PARODI. — La théorie d’Eccles et la télégraphie sans fil.................... ....... 449
- MAURICE LEBLANC, Fils. — L’éclairage des
- scènes de prise de films.................. 454
- J. de SOUCY- — Les méthodes commerciales des réseaux de distribution. — La Société Pyrénéenne d’Energie Electrique.......... 457
- Publications techniques
- Construction et essais de machines
- L’essai magnétique de l’acier moulé et de la fonte. Dispositifs d’application pratique.
- — II. Schübbe........................... 464
- Applications mécaniques L’électricité dans la fabrication des boulons
- et des écrous............................. 469
- Grue locomotive à électro-aimant de levage. . 471
- Télégraphie et Téléphonie
- La téléphonie automatique à l’hôpital de
- King’s College à Londres.................. 472
- Téléphonie sans fil à oscillations amorties. 473
- Notes industrielles. — Fixation des conducteurs aux isolateurs. —Déthiollaz......... 474
- Etudes et Nouvelles Economiques............. 47b
- Renseignements Commerciaux.................. 478
- Adjudications ............................. 480
- LA THÉORIE D’ECCLES ET LA TÉLÉGRAPHIE SANS FTL
- Le D* Ecoles de Londres montre que le passage, dans une atmosphère ionisée, d'une onde électromagnétique produit une augmentation de la vitesse de propagation de celle-ci; dans une atmosphère où Vionisation est distribuée, les rayons électromagnétiques doivent donc s'infléchir en tournant leur convexité du côté où F ionisation augmente, et en prenant une courbure d’autant plus forte que la fréquence de la vibration est plus faible.
- De ce fait fondamental le D* Eccles tire d’importantes conclusions touchant le rôle de la fréquence, sur la portée de transmission en télégraphie sans fil ainsi qu'une explication plausible des phénomènes périodiques de variation d'intensité des parasites.
- La télégraphie sans fil résulte directement de la théorie de Maxwell et des expériences de Hertz qui établissent l’identité des phénomènes électriques.et optiques.
- Les ondes électromagnétiques émises par une antenne ne diffèrent des ondes lumineuses émises par un loyer que par la fréquence des vibrations dé l’éther : un détecteur joue le rôle d’un mil sensible aux rayons de grande longueur d’onde, c'est-à-dire à la lumière « à liasse fréquence ». Mais la théorie électro-optique appliquée à l’éther seul soulève de nombreuses difficultés ; elle 11e peut expliquer, en particulier, le méca-
- nisme de la transmission des signaux à des distances de 10 000 kilomètres qui correspondent à des emplacements relatifs de postes émetteurs, et récepteurs situés à 90° l’un de l’autre à la surface du globe terrestre. .
- La différence énorme de fréquence,-qui existe entre un rayon électromagnétique de télégraphie sans fil (F = ro8) et un rayon lumineux (F= iou|, 11e permet pas d’expliquer le transport d’une quantité appréciable d’énergie à 10 000 kilomètres malgré la courbure de la terre par sinfple diffraction. Les recherches de Poincaré, Rayleigh. Macdonald, Mieholson, etc., 11e laissen t
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- 450
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2° Série). — N° 15.
- aucun doute à ce sujet : Micholson a montré notamment (1) que les quantités d’énergie reçues pendant l’unité de temps par diffraction sur deux récepteurs identiques placés respectivement sur le globe terrestre à 3 ooo kilomètres et ioo kilomètres d’un même poste émetteur devaient être entre elles dans le rapport approximatif de i à io12 : aucun détecteur fonctionnant à ioo kilomètres ne serait susceptible d’être impressionné à 3ooo kilomètres par une force un million de millions de fois plus petite.
- Depuis longtemps on s’est rendu compte que la courbure des rayons électromagnétiques devait être due à une action particulière du milieu, excitée elle-même par les radiations émises parle soleil : on a remarqué en effet dès les premiers essais de télégraphie sans fil que les transmissions étaient en général plus faciles de nuit que de jour et que la portée des appareils était notablement plus grande pendant l’obscurité.
- Fig. i.
- Ileawside a d’ailleurs indiqué dès 1904 (Elec-trical papers, tome II, p. y/j), que les rayons ultraviolets émis par le soleil devaient provoquer une électrisation énergique des couches supérieures de l’atmosphère où l’air est très raréfié et y créer une sorte de calotte conductrice sur laquelle les rayons émanan t du sol devaient venir se réfléchir : du fait du changement progressif d’ionisation de l’air, l’atmosphère devait se comporter comme un milieu à « réfringence » variable.
- Le D'Ecoles a repris l’idée d’IIeawside sous une forme différente et dans une communication faite à la Société Royale de Londres en îyia (2), il a donné une explication, très intéressante de
- la courbure des rayons électromagnétiques et de la périodicité des variations d’intensité des signaux transmis, en précisant l’action d’un milieu à « ionisation distribuée » sur un train d’ondes électromagnétiques.
- Cette action est, d’après ficelés, la suivante :
- Une onde électromagnétique, en traversant un milieu ionisé, subit une augmentation de vitesse de propagation qui est d'autant plus forte que la fréquence est plus faible.
- Nous allons résumer rapidement la démonstration qu’Ecclesa dan née de cette proposition pour nous attacher plus particulièrement ensuite à l’exposé de ses conséquences.
- £
- Dans un diélectrique isotrope défini par ses deux constantes électrique et magnétique k et p,, 011 sait que les équations de Maxwell définissant les forces électriques et magnétiques en un point d’une onde plane se déplaçantpar exemple perpendiculairement à l’axe des x sont les suivantes :
- (') Philosophical Magazine de janvier 1911 : On ihe bendings of etectric wawes, p. G8.
- (2) Proceedings of the Itoyal Society of l.ondon, juin 191a.
- dz
- Ô.V
- ùt
- dl=kd-ï
- dx d t
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- 11 Avril 1914.
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- en appelant p la force magnétique parallèle à oy \ z la force électrique parallèle k oz. !
- On sait également que si cette onde transporte une vibration de fréquence F, l’intégrale du groupe d’équation I est
- 3 - cïbF''
- en appelant V0 = -j=_ 1» vitesse de la lumière.
- \/k[x
- Une onde électromagnétique se propage donc dans un diélectrique parfait sans amortissement et à une vitesse constante égale à celle de la lumière.
- Si nous supposons maintenant que le diélectrique est ionisé d’une façon uniforme avec, une concentration par centimètre cube de n ions de masse m et de charge e, les équations précédentes doivent être complétées, ainsi qu’il suit, en appelant Ç le déplacement des ions et / un coefficient, de frottement définissant la résistance opposée par le milieu au mouvement des ions analogue à une « viscosité » :
- dz _ dp \
- d„r ' dt I
- d|3 .-àz rfç[„
- —— = k ---f- f\%ne — , II.
- ô:V dt ' dt 1
- d-ç d%
- m -r-r + 1 -r — ez
- dC- 1 ' dt i
- Si nous supposons que l’onde transporte une
- vibration de fréquence F,
- la forme z = e '-rl' © deviennent :
- dl- _
- dt
- doit être de et les liquations II
- ùj*
- îiFmi -f- f d2s 4 %n[i.e2 dz ^ de 2 izVmi -f-/" dt'
- Cette dernière équation admet comme intégrale :
- r. = e—'*+«<*(*—*) (3)
- . 4 Km ne2 , , ,
- S1 en posanlT=A—+ on donne a /et
- e les valeurs suivantes :
- Æg/Ve
- iL
- 2tcF/m
- ï)
- v4H
- Y/
- airF/n(i—y).
- Ces valeurs de l et e s’obtiennent immédiatement en résolvant une équation bicarrée résultant de la substitution à s de son expression (3) dans l’équalion différentielle (2) (*).
- 0 Le calcul fort simple veut être conduit de la manière suivante :
- f—2irl'mi
- z / ^ 2jîF A _______ . dX __ f-
- x A r */ ”5/ 2,1 l" dt e~f‘3-\- (27tF//i)‘-
- ( aitFA* Vs .
- —r‘) 5ïi=-(a^)-5
- en portant ces valeurs dans les équations (1) et (2) 011 obtient :
- lu. /airF\a"l ,2irE/ fanu.e-(f— i-xFmi)
- !'+(—) J+..——«•»"W
- En annulant séparément les termes réels et imaginaires on trouve les deux équations :
- (2ICF)2
- 12 + ^ P* (Y - •) (3)
- (4)
- qui par élimination de l donnent l’équation
- r4 -|- (awF)2 l1 — y) r2 -f- (2tvF)- — o
- / 1 u. k
- - — - — tt r 2 m ‘
- dont la solution est
- i*F)V4-(,-Y)+\/( a*F)V848( 1 -r)2-l (~J )s
- 1,2~+ [2<vFm(i—T) | -1
- si on suppose y très petit en développant les différents termes en séries limitées aux termes du ier degré en y, on obtient :
- V f ) kV- Y2 L ^2\2wFim(i—y)/ ‘ J
- ^/awFmy J_ y , » _____l
- \ f J / {i \2tcF ni) 1 —y 4j*(i
- •Y)
- d’où enfin
- f = -7k (1 + -•
- \J k u. \ ’•
- 4 n mue-
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XXV (2'Série). — N° 15.
- 'i5c2
- Si la quantité y est supposée petite les équations précédentes se simplifient considérablement; en ne conservant que les termes du premier degré (Mi y les quantités I, t* et s deviennent alors :
- i smnei
- Y = /,'!(^F/;/)-+/'2l
- /yv^v-7
- m
- ,,-JüËsL+i,
- •>. m \ a
- III.
- \/ k\>.
- Mous voyons donc que du fait, de l'ionisalion du milieu la vitesse de propagation des ondes électromagnétiques sera plus grande que celle de la lumière. On peut se rendre compte grossièrement de la nécessité de cette augmentation en remarquant que, si la force électrique est faible, la direction du mouvement de la molécule est celle de celte force Z, et que ce déplacement d’une masse électrisée produit un courant de convection proportionnel à la charge et à la vitesse du corpuscule. Celte vitesse aura sa phase décalée en arrière de 90° environ par rapport à la force Z, tandis que le véritable courant de déplacement dans le diélectrique k ^ qui a la meme direction est décalé
- en avant par rapport à Z; ces deux coulants se retrancheront donc en fait et l’ionisation produira un effet équivalent à une réduction du eoeflicienl k et la vitesse de propagation correspondante
- Courbure des rayons. — Considérons maintenant le même diélectrique que le précédent, mais ionisé d’une façon non uniforme et supposons (pie la quanti té-y cm un point donné
- 4 % m n e3
- T = k |>7tF/«)3 +7*j
- soitune fonction de la distance p de ce point au centre de la terre. La vitesse de propagation sera différente à différentes altitudes et les surfaces d’égale ionisation seront des sphères concentriques à la terre, fin appelant e la vitesse au
- Vig.
- niveau p et t• -J— de au niveau p dp nous aurons :
- dp de i de
- p e p edp
- ou enlin puisque e — ( i -I— y )
- V7, 'p. V . » /
- \/ k\J.
- i i d'(
- p % dp
- doit donc bien subir une augmentation.
- Cet accroissement de vitesse est d’autant plus faible que la fréquence de vibration est. plus grande et pour des fréquences de l’ordre de celle de la lumière, iou périodes par seconde, ces variations sont négligeables. Pour des fréquences de l’ordre de io5 utilisées en T. S. F. ces modifications de vitesse peuvent devenir assez importantes pour produire la « courbure des rayons électromagnétiques » dans un milieu à ionisation distribuée.
- I/atmosphèrc terrestre très faiblement ionisée à là surface de la terre doit être très fortement ionisée dans les couches supérieures. Cherchons quelle devrait être l’ionisation pour que la courbure des rayons soit telle qu’ils se placent sur une surface parallèle à celle de la terre (soit /•, rayon de la terre) h. hauteur du point de la courbe considéré :
- 1 __ i dy _ i i rfy
- p i dp r -f // !» dh
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 453
- pour les faibles hauteurs considérées on devra donc avoir grossièrement
- l’ionisation définie par la valeur de y devrait donc croître proportionnellement à la hauteur au-dessus de la surface de la terre : nous ignorons absolument actuellement la loi de variation de y avec la hauteur; tout ce que nous pouvons dire, c’est que y est une fonction rapidement croissante de h (') :
- Nous pouvons toutefois indiquer que par exemple pour une hauteur h = >o kilomètres, /• = 6/,oo kilomètres, y devrait cire de l’ordre de o,i ; pour qu’il en lût ainsi, il faudrait que la concentration n fût égale à i(>o ooo pour une fréquence de F =- 15o ooo (X- = a ooo mètresi- et égale à i (> ooo pour F — :>o ooo (X ~ti ooo mètres) : ces concentrations ne sont pas improbables pour une pareille altitude.
- (.1 .suivre.)
- 11. Paiioih,
- Ingénieur chef du service électrique de la Compagnie des Chemins de fer d'Orléans.
- (’) Cette loi inconnue devrait être telle, si la théorie d’Uecles est exacte, qu’elle puisse rendre compte de la variation d’énergie reçue en fonction de la distance.
- MM. Àustin et Cohen sont arrivés à représenter empiriquement ces variations au moyen de la formule suivante, Bulletin of Standard, n° 3, 1911) :
- fis
- formule dans laquelle c et a sont des constantes, s la distance X la longueur d’onde.
- Cette décroissance de l’énergie en rayon inverse du carré de la distance et avec une absorption analogue à celle subie par la lumière est très rapide : pour une longueur d’onde de 5qoo mètres le rapport x entre les énergies reçues a
- 83o km 1 660 km et 2490 km,
- sont respectivement de
- 1, 0,087, 0,0028.
- Les calculs ell'ectués par Uecles montrent que,d’après la théorie, la variation apparente de la constante diélectrique doit être plus rapide que celle exprimée par la formule :
- fi = y := — — = y (indice de réfraction).
- K p )l -J- I
- Un admettant que la loi des variation de l’ionisation soit exprimée par cette dernière formule, les équations d’Ecclesindiquéesplus haut permettaient d’obtenir par une série de transformations que nous ne reproduisons pas ici comme rapport des énergies reçues aux distances indiqués ci-dessus pour la même longueur d’onde de 5 400 les valeurs suivantes :
- i, o,io3, 0,0107.
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- •454
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série). — N° 15.
- L’ÉCLAIRAGE DES SCÈNES DE PRISE DE FILMS
- Les besoins toujours croissants de leur clientèle, les frais toujours plus cloués de mise en scène (troupes nombreuses, acteurs célèbres) ont obligé les éditeurs de films à créer des théâtres où ils soient assurés de pouvoir travailler d’une manière continue à la lumière artificielle sans être à la merci des variations de la lumière du jour.
- De nombreux problèmes d’éclairage se sont trouvés soulevés à cette occasion sur lesquels on trouvera ci-dessous quelques indications.
- Le cinématographe a pris depuis quelques années un développement prodigieux; sur des scènes innombrables le public voit chaque soir défiler, à côté des actualités, des drames ou des scènes comiques, aux mises en scène les plus compliquées. Pour les alimenter en films toujours nouveaux de très importantes sociétés se sont constituées, elles ont construit des théâtres
- éclairage latéral, tamisée par un vélum s’il fait du soleil, en la renforçant par quelques sources de lumière artificielle ; certains travaillent entièrement à la lumière artificielle; la tendance actuelle est d’ailleurs dans cette direction, car l’excédent de dépense d’énergie électrique qui correspond à la suppression de l’appoint de la lumière du jour est largement compensé par une plus grande
- Scène de lliéiiti'e éclairée sur les côtés et pur le plafond avec des lampes à vapeur de mercure pour la pr
- isu u un mm.
- où travaillent chaque jour des troupes nombreuses et d’excellents acteurs.
- Le cinématographe étant de la photographie
- instantanée
- 6 o
- de seconde | la
- l’éclairage est dans ces théâtres primordiale.
- La plupart utilisent la lumière
- question de une question
- du jour par
- régularité des films qui ne sont plus à la merci d’un nuage qui passe devant le soleil et une plus grande facilité dans la graduation des effets de lumière.
- Le spectateur doit avoir l’impression que la scène a été « tournée » en pleine lumière, aussi est-il nécessaire de donner à la scène un éclairage général produisant autant que possible le
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE 4&>
- même effet que la lumière diffuse du jour.
- Si le théâtre utilise la lumière dvi jour il peut sans difficulté compléter son éclairage avec n’importe quelles sources de lumière artificielle, la lumière du jour suffisant à donner assez de diffusion pour empêcher les ombres trop crues : si on en est entièrement privé il est nécessaire d’avoir recours aux tubes à vapeur de mercure montés sur des herses.
- Ces tubes sont surtout excellents quand toute la scène est sur un même plan, si la scène est profonde, si elle représente une salle de bal par exemple, la grande diffusion de la lumière diminue les effets de relief et on a avantage à leur adjoindre une ou deux lampes à arc qui par les ombres qu’elles donncntrétablissent l’impression de profondeur nécessaire; si on a affaire à une scène de petite dimension on peut supprimer toutes les lampes à'arc en plaçant tous les tubes d'un coté et en disposant seulement de l’autre coté un écran blanc.
- Suivant la forme de la scène, les sources lumineuses sont réparties comme il est indiqué sur les ligures i et a.
- Scène V
- / Scène
- Vs des\ sources \ lummeuses\ /*/5 des sources / lumineuses hialite\. des sources \ lumineuses \
- Opérateur Opérateur
- Fig. i. Fig. ^
- Cèci suppose qu'on n'a affaire qu’à de l'éclai-
- rage latéral ; il est préférable, si l’on peut, d'avoir un plafonnier lumineux et dans ce cas on divise également les sources lumineuses entre l'éclairage de plafond et l’éclairage latéral, en supprimant dans le cas de la ligure i les sources placées à gauche. Cet éclairage de plafond permet d’éclairer uniformément de hauts décors et la mise en place est instantanée si les tubes ou les lampes à arc sont placés sur des ponts roulants.
- On est arrivé ainsi avec les tubes à vapeur de mercure à donner l’impression exacte du jour dans le cas de scènes d’extérieur telles que sortie d’un appartement, coin de jardin, scène de balcon, etc...
- A cet éclairage général, on doit ajouter parfois certains effets de lumière, par exemple un rayon de soleil à travers une fenêtre pour lequel on emploiera une lampe àarc munie d’un réflecteur, un effet de jour diffus ou de clair de lune à tra-
- vers une fenêtre pour lequel on emploiera des tubes à vapeur de mercure; s’il s’agit d’une lampe sur une table on logera dans l’abat-jour un arc ou une lampe en quartz; on pourra aussi les dissimuler dans la lanterne sourde du policier ou du criminel, les fils d’arrivée du courant passant par la manche de celui qui la porte; on peut aussi faire des tables lumineuses en dissimulant dans leur épaisseur des tubes horizontaux; au-dessus d’une table de salle à manger, le soir, on placera quelques lampes à arc de grosse intensité ou quelques lampes quartz, etc... Tels sont les différents problèmes d’éclairage que l’on a à résoudre couramment dans les théâtres de prise de films.
- Il semble au premier abord qu’avec les
- lampes à arc il y aurait avantage à avoir une grande quantité de lampes de faible intensité; dans la pratique cela conduit à des systèmes d’ombres portées si compliqués que l’on utilise au contraire des lampes à arc d’aussi grande intensité que possible qui consomment /(o ampères ou même jus-
- ' i. 1
- i-iy. 3.-
- Lampe àarc «Jupiter». CIU “ 7* opérés
- deux en série sous
- r io volts. Lorsque les lampes servent à l'éclairage latéral, elles fonctionnent à feu nu, si elles sont exposées â la vue des acteurs on les munit de globes opalins qui ont malheureusement l’inconvénient d’absorber a5 % de la lumière. Ces lampes sont ordinairement des lampes à charbons convergents. Dans le cas où on désire éclairer particulièrement certains points de la scène, on peut monter ces lampes sur des pieds facilement transportables, munis de dispositifs qui permettent d’élever l’arc et de le faire tourner pour diriger rapidement la lumière vers le point à éclairer spécialement. La figure *1 représente une de ces lampes du type dit « Jupiter » ; elles comprennent deux arcs en série et donnent environ 8 ooo bougies; nn_verre dépoli peut être placé ou non devant l’arc pour en diminuer l’éclat.
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- LA LUMIÈRE ÉLÈCTR1QUE
- T. XXV (2e Série). — N» 15
- Le rhéostat en série avee l’arc est séparé de la lampe, à laquelle il est réuni par un câble souple, ce qui permet le réglage à distance et permet en même temps de conserver à la lampe
- -sk—
- - —a)e--
- .Fig..4* — Herse lumineuse mobile à 4 tubes T.
- toute'là ‘légèreté nécessaire pour des déplacements'rapides.' ;
- Les lampes à vapeur de mercure sont utilisées soit'comme plafonnier, soit montées sur des' herses mobiles comme celle représenté sur la ligure i.
- On avait reproché longtemps aux luhes à va-.! peur de mercure leur allumage par basculement ; qui ne permettait pas les arrêts et les reprises d’éclairage au cours d’une scène ; on a remédié
- maintenant complètement à ce défaut: les tubes qui sont montés sur la herse de la figure 4 s’allument statiquement par la seule manœuvre d’un interrupteur exactement comme une lampe à arc ou une lampe à incandescence.
- La manœuvre de l'interrupteur provoque aux bornes du tube la décharge d’une bobine de self dont le circuit est coupé brusquement pur un interrupteur à mercure. Le schéma de montage d'un tel tube est représenté sur la figure ». Au repos l'interrupteur à mercure (i est eourt-circuité; on ferme l'interrupteur 11 d’arrivée du courant qui provoque le basculement de l’interrupteur G à mercure; celui-ci s’allume comme une lampe à vapeur de mercure, mais la résistance D qui est en série avee lui est trop grande pour lui permettre de rester allumé; il s’éteint en déchargeant aux bornes du UibeEla bobine de self F; l’allumage est considérablement facilité en recouvrant l’ampoule négative G du tube d’une enveloppe métallique 11 qui constitue avec le mercure un condensateur dont on relie l’armature 1 1 au pôle positif du tube ; A est la résistance en série avec le tube dans le fonctionnement normal.
- Les intensités lumineuses nécessaires pour l’éclairage des scènes sont très élevées; pour une scène de 5 mètres de large sur 5 mètres de profondeur, il faut compter [environ 6o ooo bougies qui correspondent en tubes àvapeurde mercure à une puissance électriquejd’environ 25 kilowatts. Avec des lampes à arc la^ dépense est plus considérable, à cause de la lumière moins actinique et de la nécessité d’éloigner davantage les sources lumineuses des acteurs, pour éviter de les éblouir. 11 est possible en effet de rester à quelques centimètres d’une herse portant m ooo bougies en tubes Cooper llewitt sans être aucunement ébloui, ce qui n’est pas possible avec des lampes à arc.
- Mauiûce Leblanc, Fils.
- Fig. 5. — Schéma de montage d'un tube à vapeur de mercure.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- fai
- LES MÉTHODES COMMERCIALES DES RÉSEAUX DE DISTRIRUTION. LA SOCIÉTÉ PYRÉNÉENNE D’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
- L'étude du réseau et des usines de la Société Pyrénéenne d’Energie Electrique, au point de vue descriptif, a été faite à maintes reprises; ses installations hydro-électriques qui la placent au premier rang parmi les grandes entreprises de distribution sont bien connues et nous ne reviendrons sur cette question que pour faire un historique sommaire de son développement pendant ces dernières années.
- Nous examinerons plus spécialement dans cette étude les méthodes que cette société a employées au point de vue commercial pour le recrutement de sa clientèle et les résultats d’exploitation quelle a obtenus après six ans d'existence et trois exercices d'exploitation.
- I. — Historique et généralités sur la distribution.
- La Société LPyrénéenne a j^étéj constituée en juillet 1907', au capital’de 6 millions et demi, porté ensuite à 8 millions et le chiffre total des capitaux investis dans cette affaire est actuellement de 28 millions tant en actions qu’en obligations.
- Les années 1907, 1908 et 1909 ont été consacrées à la construction des réseaux haute et basse tension, à l’aménagement des centrales, à l’étude de la région à desservir et à l’obtention des autorisations administratives et des concessions.
- Dès' le début de sou existence, la Société Pyrénéenne englobait un secteur en voie de formation comprenant environ 60 communes autour de Toulouse et alimenté par la station hydro-électrique de Bessières, secteur qu’elle a depuis considérablement développé. Elle prenait d’importants intérêts dans la Société Toulousaine d’Klectricité, depuis Société Toulousaine du Bazacle, afin de bénéficier de la consommation d’énergic, sans cesse croissante de la ville de Toulouse, et dans la Société Biterroise de Force,et Lumière, ce qui lui permettait de contrôler l’intéressante région de Béziers, Cette et Fron-
- II. — Usines génératrices et réseaux.
- Elle acquérait en même temps les usines hydro-électriques de Marssac et d’Àrthez, —
- tignan.
- La Société Pyrénéenne s’assurait ainsi une situation prépondérante dans région, se préparant dès le début des
- 1 yjK t - Usine hydro-électrique d'Orlu. — Jïn avant batiment de s la machines (longueur 5o mètres) ; en arrière, bâtiment des transformateurs (hauteur 5o mètres).
- débouchés et garantissant l’avenir contre les entreprises de sociétés concurrentes.
- cette dernière pourvue d’une réserve à vapeur — qui mettaient à sa disposition, avec l’usine de
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-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série).— N° 15-
- Bessières, une puissance de 2 ooo chevaux et lui ont permis d’assurer une exploitation partielle en attendant la mise en service de l’usine principale d’Orlu.
- L’usine d’Orlu, alimentée par le lac de Naguilhes, sous une chute de 9I6 mètres, comporte actuellement quatre groupes de 3 5oo chevaux, soit un total de 14 000 chevaux qui pourra être porté à 21 000, puis à 3o 000 chevaux, lorsque les eaux du lac supérieur d’En-Boys viendront apporter leur tribut au lac de Naguilhes.
- s’étend depuis l’été de 1911 jusqu’à l’été de 1912 en comprenant l’hiver sans neige de 1912, le niveau de l’eau du lac n’est jamais descendu à une cote inférieure à n mètres au-dessous du niveau du déversoir, laissant ainsi 1111e tranche d’eau utilisable de plus de i l mètres.
- En plus de la chute d’Orlu, la Société Pyrénéenne s’était aussi assuré la concession de deux autres groupes de chutes non encore aménagées : celui du iac d’Oo près de Ludion, entièrement régularisable, comme Orlu, pou-
- Le régime des eaux alimentant cette station est admirable et d’une régularité parfaite; le débit peut être réglé a volonté, de façon à n’utiliser que la quantité d'eau strictement nécessitée parvla demande d’énergie, le lac constituant un réservoir absolument régularisé.
- On peut constater par les diagrammes ci-joints que pendant la période de sécheresse qui
- vant donner environ ‘J>o 000 chevaux, et celui de Siguer dans l’Ariège, partiellement régularisable, et dont on peut évaluer la puissance à 20 000 ou 25 000 chevaux.
- Elle exploite, en outre, près de Luchon l’usine de la Picadère sur la Neste d’Oo, qui marque l’emplacement des travaux qui seront ultérieurement nécessités par l’aménagement de
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 459
- *
- cette chute. La puissance dont elle dispose dans cette station provisoire, est d’environ i ooo chevaux et lui permet de fournir l’énergie nécessaire au fonctionnement du
- avec les stations d’Arthez, de Marssac et de Bes-sières a été d’une régularité parfaite, bien que l’étendue du réseau de transport et de distribution présentant certains caractères exceptionnels,
- Fig. 3
- Curie du réseau
- de la Société Pyrénéeune d’Energie Electrique.
- chemin de fer funiculaire de Superba-gnère's.
- Le 20 octobre 1910 l’usine d’Orlu était mise en service et depuis cette époque, le fonctionnement de cette usine, qui marche en parallèle
- ait pu laisser croire à la nécessité d une mise au point.
- Le réseau à haute-tension-comprend à l’heure actuelle i 109 kilomètres : soit 2J0 kilomètres de réseau primaire à 55 000 volts et 8^9 kiloinèr
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). — N°15.
- très de réseaux secondaires à 25 ooo, t 'i 5oo et io ooo volts.
- III. — Région desservie. — Organisation des secteurs.
- Après avoir brièvement étudié les moyens d’action que la Société Pyrénéenne s’était ainsi assurés, venons au fond de la question qui est d’examiner l’usage qu’elle a su en tirer et les résultats qu’elle a obtenus de son exploitation.
- Tout d’abord, nous devons constater que le problème posé à son activité commerciale était assez ardu, la région desservie ne comportant pas d’industries régulièrement réparties, sauf dans quelques centres de réelle activité industrielle, et, la Société étant obligée, au moins pour son usine principale d’Orlu, de trouver l’utilisa-
- assure sous le contrôle de la direction centrale de Toulouse tous les services de sa région.
- Les chefs de secteurs ont sous leurs ordres des chefs de section dont la responsabilité s’étend à l’exploitation de !\ ou 5 villages et qui contribuent pour leur part à l’action commerciale.
- On a réalisé ainsi une parfaite et si désirable liaison entre le service qui exécute les réseaux et celui qui doit grouper la clientèle autour des lignes mises à sa disposition.
- La Pyrénéenne est arrivée à une période de réalisation où les principaux travaux de construction terminés, elle s’efforce par une recherche patiente de la clientèle de relier le plus grand nombre d’abonnés aux réseaux existants,
- Fig. 4. — Usine hydro-électrique d’Orlu. Un coin de la salle des machines ; au fond, le tableau de distribution.
- tion de l’énergie à une distance assez grande de sa source de production.
- Son action s’étend en effet sur six départements : l’Ariège, la Haute-Garonne, le Gers, le Tarn, le Tarn-et-Garonne et l’Aveyron.
- Le siège de son exploitation est à Toulouse où sont centralisés ses services.
- Le réseau de la Pyrénéenne est divisé en six Secteurs (voir la carte ci-jointe) :
- Secteur Nord.
- Secteur Sud.
- Secteur de Lavelanet.
- Sectçur d’Albi.
- Secteur de Castres.
- Secteur de Luchon
- Chacun de ccs secteurs a une certaine autonomie ; il est dirigé par un chef de secteur qui
- sans recruter une clientèle lointaine par des extensions indéfinies.
- Telle a d’ailleurs été la perfection de l’organisation du service de distribution que plusieurs petits secteurs englobés dans le réseau général se sont adressés à la Pyrénéenne pour faire bénéficier leurs abonnés d’une régularité qu’ils 11c pouvaient assurer avec des chutes à régime variable. Certains d’entre eux, faisant apport de leurs réseaux et de leur clientèle moyennant une participation dans les recettes proeuraientdesbé-néfices nouveauxsans immobilisation de capitaux.
- IV. — Renseignements statistiques. Tarification.
- Le nombre des communcs'actuellement desservies se monte à 128, atteignant soit directement, soit indirectement par l’intermédiaire deconces-
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- 461
- sionnaires locauxuaepopulation de 434.819 habitants.
- Le nombre d’abonnés est de n 5a8.
- Le nombre de lampes de 20 watts alimentées est de 35 000 et le réseau dessert 8 5oo chevaux installés ehez les abonnés.
- Ces résultats sont très encourageants, mais ils laissent encore, on le voit une marge importante au développement ultérieur.
- Au point de vue des tarifs, l’unité de tarification est complète, sauf évidemment, pour ce cpii est des contrats préexistants, et dont la Société a hérité.
- La police d’abonnement d’éclairage prévoit des contrats au compteur au prix de o fr. 60 à o fr. 70 le kilowatt-heure.
- L’abonnement à forfait 11’est consenti qu’avec des types de lampes consommant actuellement environ 1 watt par bougie. Des douilles spéciales sont fournies par la Société à titre de garantie.
- Pour toutes les fournitures de force motrice au compteur un principe de tarification a’été posé dès le début, et maintenu dans tous les contrats.il consiste à faire garantir par les abonnés un minimum de consommation,
- Ce principe a pu, dans le début, retarder la conclusion de certaines négociations, par suite de la répugnance compréhensible de l’industriel à prendre un engagement de cette nature lorsqu’il n’est pas le plus souvent fixé lui-même sur l’importance de la force motrice qui lui est nécessaire.
- La Société est cependant arrivée à faire accepter cette manière de voir en multipliant les essais de consommation au moyen d’un grand nombre de moteurs de force variée qui sont constamment à l’essai et qu’on laisse un ou deux mois chez les industriels, leur donnant ainsi tout le temps de se convaincre des services que l’électricité est appelée à leur rendre. Tous ces essais sont faits dansl’espritle plus large et donnent d’excellents résultats : ils ont au moins le grand mérite de fournir des indications précises sur la consommation future des moteurs à installer et sur l’économie que l’emploi de l’électricité permettrait de réaliser.
- La formule générale de tarification adoptée fait dépendre le prix demandé du kilowatt-heure
- de la puissance installée chez le client, de son utilisation, ainsi que de l’heure où cette puissance est utilisée.
- La formule binôme est parfois employée pour des contrats de secours.
- Rappelons que cette formule très intéressante, de tarification comporte deux termes :
- i° Une somme fixe, proportionnelle à la puissance souscrite et indépendante de la consommation.
- a0 Une somme variable suivant le nombre de kilowatts-heure de consommation annuelle relevés au compteur.
- L’industriel cherchera naturellement, pour une même consommation annuelle de courant, à réduire le plus possible la somme fixe qu’il doit payer, et celle ci étant basée sur la puissance maximum instantanée qu’il absorbe, il nivellera de lui-même ses pointes, améliorant ainsi son utilisation en même temps que sa fabrication.
- La tarification à forfait n’est jamais employée
- Fig-,
- , 5. — Poste de transformation de Toulouse. A gauche, type des pylônes pour lignes primaires (56 000 volts).
- pour des contrats importants, mais dans un but de vulgarisation de l’emploi de l’électricité pour les très petites forces, comme par exemple pour les pétrins mécaniques et comme nous le verrons plus loin, pour certains ateliers familiaux de tissage, la police d’abonnement prévoit un contrat de louage de l’énergie moyennant un prix forfaitaire annuel.
- L’application de l’électricité aux moteurs de boulangers s’est assez développée pour que dans tous les villages desservis, la plupart des boulangers aient un pétrin mécanique, dont l’usage
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série). — N° 15.
- 4l»2
- leur a procuré une économie appréciable de main-d’œuvre.
- Suivant le même principe de mettre l’éclairage et la force électrique à la portée des petits budgets, la Société Pyrénéenne donne les plus grandes facilités pour la réalisation de petites installations avec paiements échelonnés.
- V. — Nature de la clientèle des différents secteurs et chiffres moyens des recettes.
- Examinons main tenant quelle est la nature de la clientèle des différents secteurs, ainsi que les chiffres de recettes qui ont été obtenus après trois années d’exploitation.
- Le, secteur Nord, ainsi que le sec Unir Sud, oui
- Fig. 6. — Késeau secondaire.
- Type de pylône en ciment armé pour lignes secondaires (i3 5oo volts).
- une industrie naissante : ils s’étendent sur les departements de la Haute-Garonne, du Gers et de l’Ariè'ge, et constituent plus particulièrement ce que nous appellerons des « secteurs ruraux », c’cst-à-dire où les recettes de force motrice sont infimes par rapport à celles de lumière, et où la moyenne des puissances installées est de /, à 5 chevaux par abonné de force motrice.
- La ville de Toulouse est desservie par la Société Toulousaine du Bazacle qui possède une usine hydraulique et une usine thermique de secours dans la ville de Toulouse et qui achète en outre annuellement à la Société Pyrénéenne 4 à 5 millions de kilowatts-heures.
- Nous donnons quelques résultats obtenus dans certaines communes d’importance moyenne. L’unede celles-ci, dans lesecteur Nord, a une po-
- pulation de 3 5oo habitants : en 1910, les recettes totales étaient de i/| ooo francs, elles sont passées en ujij à 22 ooo francs. En même temps le chiffre de recettes moyennes de lumière par tête d’habitants passait de '1,87 à ;S,3o.
- Cette ville possédai t autrefois une distribution d’acétylène.
- Une a utre, dans le secteur Sud, a 2 5oo habitants, et fournissait une recette totale de 1 1 ooo francs en 1910 avec une moyenne de recette de lumière de 4,3o par habitant. En 1913, les recettes totales étaient de i8 5oo francs et la moyenne de 6,4a par habitant.
- Dans le même secteur, une seconde commune, avec a 800 habitants voyait sa recette moyenne
- Fig. 7. —Usine bydro-électrique de Bcssièrcs (sur le Tarn).
- d’éclairage par habitant s’élever de 6,24 en 1910 à 7,28 en 1913; ce qui prouve bien que l’on peut arriver à dépasser le chiffre moyen de 6 francs par tête d’habitant pour la lumière seule.
- A côté de ces exemples de secteurs purement ruraux, nous constatons dans les autres secteurs réellement industriels qu’exploite la Société Pyrénéenne les résultats suivants :
- Dans ces secteurs, la recette moyenne par habitant était de 3,5o en 1910, elle est devenue de 7 francs en 1918 pour la lumière seule.
- Notons en passant que l’apparition des lampes à filaments métalliques qui ont commencé à se répandre vers 1911 n’a pas fait baisser les recettes de lumière qui sont simplement restées quelque temps stationnaires pour reprendre ensuite une progression ininterrompue.
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- 41 Avril 4944.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 463
- Le secteur de Lavelanet dans l’Ariège est également un secteur intéressant pour la filature et le tissage ; on tisse à Lavelanet du drap genre « anglais ». Dans cette ville on trouve beaucoup d’ouvriers tisserands réunis en ateliers familiaux de 5 à (i métiers installés à leur domicile. La Pyrénéenne adaptant avec beaucoup de souplesse ses tarifs à cette forme locale d’industrie si intéressante par l’amélioration qu’elle peut apporter à la condition de l’ouvrier, fournit la lumière et la force motrice à un tarif lui garantissant une somme fixe annuelle par métier. Ge tarif varie naturellement suivant l’importance de l’installation. Il est voisin de a5o francs par métier en moyenne. La Société Pyrénéenne se développe actuellement dans la région d’Auch et va prochainement construire de nouvelles lignes de transport au nord et à l’ouest de cette ville.
- VI. — Recettes globales de vente de courants.
- Les recettes réalisées par la Société Pyrénéenne pour les trois premiers exercices ont été :
- 1911 : ventes de courant. 896 000 frs.
- 191a : . — — .. 1 384 °oo —
- 1913 : — — ..1 77a 000 —
- Un renseignement intéressant au point de vue des prévisions de recettes est fourni par la comparaison du chiffre de recettes garanties par contrats au ier janvier d’une année au chiffre de recettes encaissées au 3i décembre de la même année.
- Il a été constaté, au cours des trois derniers exercices que les recettes minima garanties par contrats avaient été dépassées dans les proportions suivantes :
- sur un dépassement de a5 % notablement inférieur aux années précédentes, on peut donc prévoir presque mathématiquement que les recettes encaissées dépasseront au 3i décembre prochain a 100 000 francs. Ace chiffre, viendront s’ajouter les revenus du portefeuille et les profits divers que la Société retire des installations qu’elle fait chez ses abonnés. Les charges annuelles de tout ordre devant atteindre un maximum de 1 p5o 009 francs, la Société pyrénéenne entre donc nettement avec l’exercice en cours dans la période des bénéfices.
- Vil. — Conclusions.
- Cette étude rapide fait ressortir que la Société
- ANNÉES RECETTES GARANTIES AU Ier JANVIER RECETTES ENCAISSÉES AU 3l DÉCEMBRE DÉPASSEMENT
- francs francs
- 4941 700 OOO 896 OOO a 8 %
- 1912. . .... 1 oa5 000 1 384 000 35 %
- 4913 1 35o 000 I 772 OOO 3a %
- Les recettes garanties au icr janvier 1914 atteignent 1 715000 francs. En ne tablant que
- Fig. 8. — Usine hydro-électrique d’Arthez (sur le Tarn) avec réserve thermique.
- Pyrénéenne, avantagée par ses usines hydroélectriques incomparables qui lui permettent de produire l’énergie dans des conditions excellentes, mais s’adressant -à une région peu favorisée au point de vue de l’industrie préexistante, a réduit au minimum la période de préparation commerciale. Elle s’est efforcée, tout en répondant à tous les besoins des régions qu’elle desservait, de grouper de préférence des contrats dont l’utilisation bien répartie amène un nivellement excellent des pointes de puissance demandée, et par là même un rendement remarquable des usines génératrices.
- J. de Soucy,
- Ingénieur-Con sci 1.
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- w\
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV(2eSérie). — N» 15.
- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- L’essai magnétique de l’acier moulé et de la fonte. — Dispositifs d’application pratique — H. Schübbe. >
- Les deux méthodes d’essai magnétique décrites par l’auteur se rapportent à la détermination de l’induction magnétique des matériaux destinés à la construction des machines électriques.
- La première méthode, dite de l’anneau, est rigoureusement correcte et doit être employée dans les cas critiques ou douteux, tandis que la
- Gauche
- Droite ' /
- Anneau
- Fig i. — Schéma de la méthode de l’anneau.
- seconde méthode, dite de la culasse, est d’une précision suffisante pour les mesures d’atelier. Elle est de plus d’une application beaucoup plus pratique, puisqu’elle l'ait usage d’un bai’’ reau cylindrique qui peut être une éprouvette de traction et qu’il est facile de couler avec les moulages; au contraire, la méthode de l’anneau nécessite le prélèvement sur le moulage d'un anneau qu’il n’est pas toujours possible de ménager des fonte.
- Gauche
- Zéro
- W ,
- Fig. a. — Schéma d’étalonnage du galvanomètre à miroir.
- 1° Méthode de l’anneau.
- La figure i montre la disposition générale des appareils. v L’anneau de métal à essayer
- reçoit deux enroulements : le primaire est, alimenté j)ar une batterie par l’intermédiaire d’un commutateur et d’une résistance de réglage avec intercalation d’un ampèremètre A pour maintenir la tension constante; quant au secondaire il est relié à travers une résistance réglable W à un galvanomètre à miroir G soustrait à toutes les causes de vibrations. Avec le galvanomètre, on mesure l’induction produite par la commutation du courant primaire. L’exposé de la méthode sera rendu plus clair au moyen d’un exemple.
- <7= 11,26 cm ‘
- Fig. 3. — Section de spires de la bobine d'exploration.
- a) Etalonnage du galvanomètre. — Le galvanomètre à employer doit d’abord être étalonné, autrement dit, il faut mesurer son coefficient de Coulomb; cela se fait, au moyen d’une longue bobine que l’on substitue, dans le dispositif précédent, à l’anneau (fig. 2) dans le circuit primaire, tandis que cet anneau est remplacé dans le secondaire par une petite bobine d’exploration qui se. meut ainsi dans un champ absolument homogène.
- Soit / = io5,5 centimètres la longueur de la longue bobine,
- zt = 2927, le nombre de spires,
- 10000O, la résistance du galvanomètre,
- L = 2 /,3o millimètres, la distance de l’échelle au miroir,
- z2 328, le nombre de spires de la. bobine d’exploration, • , ......
- q — 11,26 centimètres carrés sa surface de spire (fig. 3), " • • 1 :
- 'e, la dérivation du galvanomètre, : w, la résistance totale du secondaire,
- I, l’intensité du primaire.
- , Calculons le coefficient de Coulomb:
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- 11 Avril 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 465
- L’intensité du champ de la longue bobine est:
- 927
- H = ”
- io X 15o,5
- X I = a4,4i L
- Le coefficient de Coulomb est donné par la formule:
- ïï.qzi w. e
- . iir
- Cette expression doit être multipliée para car le courant du circuit primairè doit passer de -{- à — au moyen du commutateur (fig. a), en sorte qu’il existe une double modification des lignes de force. Donc
- aXH .q.Zi
- P =----------- . î o~
- w.e
- i8,o3 I
- 2X24>4iXi i,a6x3a8
- w.e
- w.e
- . lo-
- in)—8
- (3)
- On intercale alors diverses résistances W dans le secondaire et l’on opère la commutation rapide du courant primaire, en lisant les déviations du galvanomètre. On détermine chaque valeur par la moyenne de trois lectures. Voici le tableau résumé des moyennes obtenues ainsi.
- Tableau I.
- RÉSISTANCE INTENSITÉ COEFFICIENT
- DU DU DE
- SECONDAIRE PRIMAIRE COULOMB X 10-9
- W» 1 P
- IO OOO 3 ,0 2,/(33
- 20 OOO 5,85 2,0033
- 4° 000 11,48 1,7905 1,7868
- 60 000 11 ,67
- La résistance du secondaire W se compose de la résistance du galvanomètre looooüet delà résistance additionnelle w (fig. a); celle de la bobine d’exploration est négligeable.
- Comme l’échelle est une droite et qu’on mesure des déviations angulaires du galvanomètre, il convient d’apporter une correction par soustraction d’une valeur donnée par la formule :
- X :
- i e3 3 L5'
- (4)
- La courbe de correction est représentée dans la figure 4 pour une distance L = 2430 millimètres et il a été tenu compte des corrections dans le tableau I. La courbe de la figure 5 cor-
- C.
- <b
- •C
- U
- c
- 5
- V
- c
- <0
- c
- o
- n
- tà
- X
- SO 100 150 ZOO 160
- Divisions de ! échelle
- Fig. 4. — Correction de la lecture de la déviation du galvanomètre.
- respond au coefficient de Coulomb en fonction de la résistance totale du secondaire et pour la distance L considérée.
- b) Détermination de la courbemoyenne d’aiman-
- Z.S X10
- Fig. 5. — Coefficient du coulomb d’un galvanomètre à miroir.
- talion. — Cet étalonnage une fois fait, on peut procéder à la mesure de l’induction dans le métal d’après le schéma d’expérience de la figure 1.
- U-50,3 cm Q = 20.5 cm 2
- Fig. 6. — Anneau.
- Soit w = 5 000 Q la résistance intercalée dans le secondaire.
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- w = i5 ooo Q la résistance totale du secondaire en négligeant celle des conducteurs.
- D'après la ligure 5, le coefficient de Coulomb pour la distance L donnée est P = 2,121 X io~".
- Soit, de plus, e la déviation corrigée du galvanomètre,
- () — ao,t> centimètres carrés la section de l’anneau en fonte,
- 5o » centimètres la longueur de la circonférence moyenne dans le fer,
- z.2 — deux tours, le nombre de spires du secondaire placé immédiatement sur le fer,
- 3, — 186 le nombre de spires du primaire enroulées par-dessus,
- I = l’intensité du primaire.
- 10 40 60 80 100 ICO 140 160 ISO
- AW/cm
- Fig. 7. — Courbes d’aimantation.
- Le nombre d’ampères-tours par centimètre de l’anneau est alors :
- raison de la double variation des lignes de force par la commutation. Par suite :
- 13=
- Pire 2,121X10 '“x^ooo
- =—-—. 10*=------------------
- 2Qz’i 2 x 20,5 x 2
- .e.io8=38,79e. (9)
- Prenant alors des intensités différentes pour le primaire, on lira les déviations du.galvanomètre. Avant chaque lecture, il faudra aimanter le fer en faisant fonctionner plusieurs fois le commutateur du primaire. On obtiendra ainsi les valeurs de B pour diverses intensités et diverses valeurs des ampères-tours par centimètre enlisant à chaque fois la déviation à gauche et à droite et en prenant la moyenne. La figure 7 donne la courbe d’aimantation d’une fonte, c'est-à-dire son induction C en fonction du nombre d’ampères-tours par centimètre; 011 y a adjoint la courbe correspondant à un acier moulé.
- Cette méthode étant comprise, l’explication de la méthode de la culasse en découle naturellement.
- Fig. 8. — Culasse pour l’aimantation des éprouvettes de traction.
- 2° Méthode de la culasse.
- amp.-t/cm r =
- IXz’i
- P)
- 186
- — 1 = 3,, I. (6)
- L’induction B se calcule de la façon suivante : l’intensité du champ est :
- K =
- P.ive
- . 10°.
- L’induction :
- K P. ii’. e
- (7)
- (»)
- Q Q z'i • ‘
- Cette expression doit être divisée par 2 en
- Comme nous l’avons dit, cette méthode emploie l’éprouvette cylindrique, qui peut être un barreau de traction. Cette éprouvette (fig. 8) est serrée dans deux coussinets en acier moulé constituant la culasse. Les enroulements sont formés par des bobines fixes et enveloppent le barreau; le secondaire est à l’intérieur, le primaire, à l’extérieur. La méthode de mesure est exactement la même que précédemment, mais au lieu d’opérer sur l’anneau on opère sur la culasse et le barreau ensemble. En procédant ainsi, on introduit un certain nombre de causes d’erreur dont il faut fairè la correction : on mesure, en effet, l’aimantation de l’air inclus entre le barreau et l’enroulement secondaire ; celle de la culasse, celle de l’air
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
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- inclus dans le joint entre la culasse et le barreau. Nous avons calculé ces corrections.
- a) Correction de l'air inclus entre le barreau et F enroulement secondaire.
- Soit B) l'induction de l’air,
- Qc — 3 cm. 14 la section du barreau,
- Qa = i5 cm.. igGcelle de la bobine secondaire, Zy = 2.40, le nombre de spires de la bobine primaire,
- h : - i3 centimètres, la longueur du barreau, I — l’intensité du courant primaire. L’intensité du champ est
- H _ 4TCZV - .o /,
- „ ___Qa — Q* u (13,196—3,14) ,
- iij —----—---. il = --------------------1 ( 10)
- Q* 3,i4 X «o X >3
- B, = 75, 2-5 1. (11)
- A W/cm
- Fig. g, — Correction de l’air inclus entre la barre et Tenroulemen secondaire.
- Le nombre d’ampères-tours par centimètre est alors :
- Izi __ I X 24o__
- TT ~ Ï3 “
- (ia)
- Comme la courbe d’aimantation de l’air est une droite, il suffit d’en déterminer un point. Par exemple, pour 10 ampères on a : B, =74-2,5; ampères-tours centimètres = 184,6.
- La figure 9 représente cette droite, qui donne la correction à faire à l’induction mesurée pour obtenir la saturation réelle du barreau.
- b) Correction de F aimantation de la culasse. Pour cela, il est nécessaire de connaître la courbe d’aimantation du métal de la culasse. A cet effet, avant que celle-ci ne soit percée et coupée en deux moitiés, on opérera par la méthode de l’anneau, mais avec de très faibles satu-
- rations, car la section de la culasse est très grande par rapport à celle du barreau et, par suite, la saturation de la première est également; très faible; c’est d’ailleurs un avantage, car plus grandes sont les dimensions de la culasse, plus faibles sont les corrections. La figure 10 donne une courbe d’aimantation pour une culasse en acier moulé comme celle de la ligure 8. D’après cette courbe, on peut calculer la courbe de correction pour diverses inductions dans le barreau.
- Soit Q0, la section de la culasse l2 sa longueur moyenne, Bc son induction, B,” celle du barreau : Q," la section de celui-ci et^ sa longueur. O11 a :
- 1> Bft X Q b or o /t,
- l>e = --pr--- = 0,0785 B A. ^l3)
- V
- A W/cm.
- Fig-. 10. — Aimantation de la culasse.
- La correction des ampères-tours par centi mètre est :
- amp,-t/cm =r ~ . amp.-t/cm «1 *
- («4)
- Cette dernière équation se résout au moyen de la courbe figure 10 et l’on obtient finalement une courbe de correction telle que 1 delà figure 11 en fonction de la saturation du barreau,
- c) Correction de l’air inclus dans le joint.
- L’aire de la surface de pression est :
- Q,, = (tc X '->• X 4) — (» X 0,1 X 4) = 24,3-2 cm2.
- D’après les expériences d’Ewing et Du Bois, l’intervalle entre les barreaux et la culasse peut être supposé égal à l" -= o,oo3 centimètre^L’usinage de la culasse et du barreau doit naturellement être fait de façon à avoir un ajustage
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- précis. On a alors, d’après la notation précédente :
- B«
- X Qa
- Qp
- (,5)
- 11" Bail-
- Correction des arap.-t/cm = -y— X ----------• (16)
- 0^4 ^
- Ici également, comme dans la première correction, on a affaire à une droite dont il suffit de déterminer un point. Cette droite est désignée par le chiffre 2 dans l’exemple de la figure u. En additionnant les ampères-tours par centimètre des courbes 1 et 2, 011 obtient la courbe de correction en trait fort.
- Il y a encore une autre cause d’erreur : c’est la dispersion ; mais celle-ci n’a pratiquement qu’un rôle secondaire pour les saturations courantes, dans le dispositif adopté. Elle produit néanmoins une petite erreur qui ne peut être absolument
- 0 Z 4 6 S 10 12 14 16 IS £0 22 24 26 Bam>
- Fig. ii. — Courbes de correction.
- écartée pour les fortes saturations (de 3oo ampères-tours par centimètre) ; il faut alors revenir à la méthode de l’anneau.
- On a supposé jusqu’ici qu’on employait un galvanomètre à miroir; mais celui-ci est fort incommode et occasionne une grande perte de temps. Pour simplifier l’essai des matériaux, on lui substitue un galvanomètre à aiguille (i ooo û) compensé de telle façon qu’on puisse lire directement sur son échelle l’induction B. On s’évite ainsi tout calcul. La disposition du circuit secondaire pour une résistance de io ooo Q est représentée dans la figure 12. Cette disposition est telle que sur toute la graduation de 120 divisions, pour une constante C = 100, une division vaut 100 lignes de force et pour C = 200, une division
- vaut 200 lignes. Avec les deux constantes, la résistance du secondaire doit naturellement être la même, et la sensibilité du galvanomètre doit être dans le rapport 1 : 2. La figure montre la disposition des résistances satisfaisant à ces conditions. Jusqu’à B= 12000 on met le commutateur à la position correspondant à C = 100 ; pour la position C — 200, on peut- lire directement jusqu’à B = 24 ooo, ce qui est nécessaire pour l’acier moulé essayé conformément aux prescriptions de l’Association des Electriciens allemands.
- La compensation s’opère alors de telle façon que pour la résistance totale donnée du circuit secondaire, de 10 ooo ü on détermine par étalonnage au moyen de la longue bobine, le nombre de spires de l’enroulement secondaire de la culasse pour qu’on puisse lire directement B sur la graduation. Pour l’étalonnage, on emploie le même dispositif qu’on a employé précédemment
- 8450A
- ~ IVDII» IVVUM
- ntêiatanct totale Résistance totale 880t$*80*l90Q.I(IOH (suwibtttl .J. .
- Sensibilité r.z .
- Fig. 12. — Résistances pour le galvanomètre ù aiguille.
- pour déterminer le coefficient de Coulomb du galvanomètre à mètre miroir. Le nombre de spires z.2 de la bobine d’exploration est simplement porté à 9 600 pour obtenir des déviations plus favorables du galvanomètre employé. D’après la formule (2), on a :
- P =
- H.q.z2
- —-----IO'
- w.e
- et d’après la formule (8) :
- „ P.n'.e _ Hgz2n-.eio8 H qz2 , Q.z'2 IO n'.eio,Qz'a Qz'a ‘
- Pour une résistance, constante du secondaire, dans l’étalonnage où l’on mesure la saturation de l’air, le rapport entre la déviation e du galva-
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- 469
- nomètre et l’intensité I du primaire est constant. Pour I = i et pour la constante C = 200, ce rapport constant est :
- e__Hÿz2
- I Qz'2C"
- L’étalonnage du circuit secondaire pour le dispositif ci-dessus avec C = 200 a donné :
- e r
- J = 9)^71 •
- On peut alors calculer le nombre de spires du secondaire pour la culasse, avec une section de barreau Q = 3,14 centimètres par la formule :
- Hos2 24,41 X 11,26 X 9600
- =-------= ----------------------— = 4'ici spires.
- e 3,i4 X 200 X 9,571
- La résistance de la bobine d’étalonnage qui est de 55o Q doit être remplacée dans la mesure du fer par une résistance additionnelle (fîg. 12), afin que la résistance totale du secondaire reste de 10000 O. La résistance des 4^9 spires et des
- conducteurs est également négligeable ici par rapport aux autres.
- Avec ce nombre de spires du secondaire, le dispositif est compensé de telle façon què l’instrument se prête à la lecture directe de l’induction B. Le relevé d’une courbe d’aimantation moyenne se réduit alors à quelques manipulations. On réglé d’après la formule (12) les intensités nécessaires du primaire pour 25, 5o, 100, 200 et éventuellement 3oo ampères-tours par centimètre, on inverse rapidement le commutateur et on lit directement B sur le galvanomètre à aiguille. Avant chaque lecture, il faut, comme on l’a déjà dit, aimanter le fer à plusieurs reprises. On doit ensuite corriger l’induction B au moyen de la courbe de la figure 9 et le nombre d’ampère's-tours par centimètre à l’aide de celle de la figure 11.
- Par cette méthode, lè contrôle magnétique des métaux est effectué en quelques minutes dans de bonnes conditions et avec une précision suffisante pour la pratique, même par des personnes non exercées.
- (Electrotechnik und Maschinenbau, 22 février 1914.)
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- L'électricité dans la fabrication des boulons et écrous.
- Les résultats d’une récente enquête faite dans une boulonnerie de Penssylvanie montrent les avantages et l’économie de l’emploi de moteurs électriques pour cette fabrication.
- Avant d’acheter son courant à une centrale électrique, l’usine en question fonctionnait avec un moteur à gaz actionnant les machines par des transmissions mécaniques. En vue de l’électrification de l’atelier, on procéda aux essais habituels sur la machine et les transmissions pour déterminer la puissance produite, les pertes par frottement, etc. Pour se rendre compte des variations de vitesse dans tout l’atelier et de leur influence sur la production, on relia aux lignes de transmission principales un tachy-mètre enregistreur. On constata ainsi que pendant toute la durée du service les variations
- moyennes de vitesse étaient de 6 % . La production des machines opératrices variait naturellement dans la même proportion. On étudia les pertes occasionnées par l’entretien, de même que par le glissement des-courroies et l’on constata que, par l’aménagement judicieux de la commande électrique, on pourrait supprimer 48 courroies, ce qui suffirait déjà à augmenter la production de 4^7 % •
- Ce chiffre est calculé sur les données de Fred W. Taylor qui a trouvé, au cours d’expériences portant sur une période de neuf années, que chaque courroie occasionne en moyenne 26 arrêts pendant son existence. Sur cette base, elle donne 5 arrêts par an dans le service. La suppression des 48 courroies équivalait donc à supprimer 240 arrêts de service par an. En supposant que deux arrêts correspondent à une interruption totale dans le cycle de fabrication et qu’il faille en moyenne une heure pour répa-
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- rer chaque courroie, cela équivaudrait à une perte de 120 heures de fabrication par an. Le
- Atelier de fabrication de boulons commandé électriquement, total des heures de travail d’une année étant de 2.880, cette perte correspond bien à 4,17 % .
- Ta
- enregistreurs ont été disposés sur les machines partout où cela a été possible et des bleus de leurs graphiques ont été annexés au rapport présenté par la station centrale sur le projet d’électrification.
- Les conditions constatées dans l’atelier de filetage des boulons peuvent être citées comme typiques de la commande par lignes de transmission. Il y avait dans cet atelier 3o machines dont aucune ne fonctionnait à sa vitesse correcte. Pour quelques-unes d’entre elles, il a été nécessaire de relever la vitesse de 90 % , afin de les amener à leur régime normal et leur production a été ainsi relevée de fia % . Huit seulement des 3o machines de cet atelier travaillaient à des vitesses ne présentant pas un écart supérieur à la vitesse correcte. Néanmoins, il est remarquable que parmi les machines usinant des boulons de même diamètre il n’y en avait pas deux travaillant à la même vitesse. C’est ainsi que les 7 machines faisant des boulons de 19 millimètres, par exemple, fonctionnèrent pendant la période d’essai aux vitesses respectives de 7 m. 80, 7 m. 20, 6 m. 55, 5 m. o5, 4 m. 45, et 4 m. 10 par minute respectivement, alors que, la vitesse de coupe correcte était de 7 m. 95 par minute.
- Pour les machines à tarauder les écrous de I2 millimètres et au-dessus, on a constaté un
- 15 a u
- NOMBRE PUISSANCE chevaux VITESSE tours par minute SERVICE !
- I i5 I 200 Commande d’un arbre de transmission actionnant 5 tours,
- I II) 1 200 1 fraiseuse, 1 étau-limeur, 1 raboteuse, 1 perceuse, 3 machines à couper les boulons, 2 meules d’émeri, 1 grande presse à estamper, 1 autre perceuse et 1 presse à volant. Accouplement direct à un ventilateur de cubilot.
- I 7 9°° Accouplement direct à un compresseur d’air. Commande d’une transmission actionnant 6 machines à
- I IO 1 200
- I IO 1 200 fileter les boulons, 2 meules d’émeri et 2 machines à tarauder les écrous. Commandant par courroie 3 machines Putnam n° 2 à
- I o,5 1 600 couper les boulons; 2 machines National à forger les têtes de boulons de 32 millimètres et 6 machines de 19 millimètres. Accouplement direct à une scie alternative.
- On a étudié ensuite les vitesses de marche et de coupe des diverses machines. Des appareils
- accroissement de production en relevant la vitesse, tandis que la production des machines
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- taraudant de plus petits diamètres n’était pas effectuée par ce relèvement.
- Cette étude du temps a d’ailleurs révélé des erreurs dans la conduite des machines. C’est ainsi que les machines à tarauder les écrous, notamme’nt, sont établies généralement avec un jeu de 6 broches. L’étude du temps a montré qu’il fallait une minute et cinq secondes à un ouvrier pour mettre le pied sur la pédale, relever le taraud et mettre un écrou en place. Pour placer des écrous sur les G broches, il faut y secondes ; pour revenir de la dernière broche au point de départ, il faut 5 secondes ; au total i/( secondes. En employant la vitesse correcte de coupe, il faut 3 secondes pour tarauder un écrou de iG millimètres. En d’autres termes, chaque broche tourne à vide pendant ii secondes. On se rend donc compte qu’il est impossible à un ouvrier seul de conduire les 6 broches et de les alimenter à leur vitesse de coupe. En mettant deux, ouvriers à chaque machine, on a, à la suite de cette constatation, augmenté le rendement de 133 %
- De même que dans l’atelier de liletage des boulons, on a trouvé, dans l’atelier de taraudage des écrous, qu’aucune des machines ne travaillait à sa vitesse correcte. En particulier les 3 machines taraudant des écrous de y mm. 5 de diamètre fonctionnaient à des vitesses respectives de o ni. 76, 7 m. G5, et 11 m. 40 par minute, alors que la vitesse correcte était de n 111. 20, Les mêmes erreurs ont été relevées d’ailleurs dans les autres ateliers.
- En résumé, l’électrification de ces ateliers a permis à l’industriel de porter ses bénéfices nets de ao 000 à 3a 000 dollars, c’est-à-dire de les augmenter de 60 % . Nous donnons ci-après quelques renseignements sur un atelier de boulonncrie et sur son équipement électrique :
- Atelier travaillant Gq heures par semaine.
- Puissance totale du branchement, 58 chevaux; nombre de moteurs installés, G ; consommation moyenne par mois, 1 435 kilowatts-heure.
- Facteur de charge pour les 24 heures, 4,5 % ; pour la durée du travail, 9 % .
- Courant triphasé, Go périodes, 220 volts.
- (Electrieal Review and Western Electrician,
- 7 février 1914.)
- Grue-locomotive à électro-aimant de levage.
- Pour éviter la nécessité de poser des câbles conducteurs le long de la voie sur laquelle circule une grue-locomotive munie d’électroaimants de levage, on a fait récemment des expériences tendant à équiper ces grues de petits groupes électrogènes à turbines à vapeur. L’une des applications les plus récentes a été faite sur une grue-locomotive de i5 tonnes construite par la Brown Iloisting Machinery C", où l’on a employé un turbo-générateur de 5 kilowatts. L’électro-aimant excité par le courant de ce groupe est employé à la manutention
- Grue locomotive à électro-aimant de levage, de gueuses de fonte et de riblons dans le rayon d’action de la flèche de 12 mètres. La griie est actionnée par un moteur à vapeur à piston à la manière ordinaire, lequel commande également le relevage de la flèche.
- Le petit groupe électrogène, absolument indépendant du reste du mécanisme, est logé dans un caisson sous le plancher de la cabine et ne gêne nullement. 11 peut donner sa pleine puis-sauce en moins d’une minute et, à part un graissage intermittent de la turbine, il n’exige aucune surveillance. On a eu soin d’assurer l’équilibrage parfait des parties tournantes pour éliminer les vibrations, en sorte qu’il suffit d’une plaque de fondation assez légère solidement boulonnée à
- la grue. _____
- (The trou Age, 11 décembre 1913.)
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- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- La téléphonie automatique à l’hôpital de King’s College à Londres.
- Il existe actuellement divers types d’installations de téléphonie automatique fonctionnant d’une manière satisfaisante. Ils offrent l’avantage de permettre des communications rapides sans l’intervention d’un personnel et, par conséquent, se prêtent tout particulièrement aux installations privées relativement importantes qu’on peut avoir à effectuer dans des bureaux, de grandes administrations ou des établissements étendus. L’application de la téléphonie automatique a été réalisée d’une manière particulièrement heureuse à l’hôpital de King’s College à Londres où on a effectué également diverses installations accessoires intéressantes.
- L’installation de l’hôpital de King’s College est prévue pour i5o lignes, dont 90 sont déjà utilisées. Elle est alimentée par deux batteries de 3o éléments qui servent, également au fonctionnement d’une horloge et de diverses sonneries. Les branchements secondaires partent de six boîtes de raccordement qui sont elles-mêmes réunies au poste principal.
- Les appareils fonctionnent de la manière suivante. Dès que le récepteur est levé, l’appareil téléphonique se trouve connecté à un présélec-teur qui le relie immédiatement à une ligne disponible des dix lignes auxquelles il est raccordé. A ce moment, le poste est relié à un connecteur portant les contacts correspondant à cent circuits et un système de relais que l’appelant peut actionner au moyen du disque porté par son appareil. Un dispositif spécial permet au connecteur de passer automatiquement des contacts des dizaines aux contacts des unités lorsque la première manœuvre a été effectuée. De cette façon, les deux postes intéressés se trouvent automatiquement reliés. Si le poste appelé est libre, sa sonnerie fonctionne toutes les cinq seèondes et l’appelant entend un bruit indiquant que le poste appelé est libre ; dans le cas contraire, il entend un bruit différent indiquant que ce poste est en communication. La durée de la
- manœuvre ne dépasse pas 1 ou 4 secondes.
- Le dispositif que nous venons de décrire s’applique au cas où le nombre de postes reliés ne dépasse pas cent. Etant donné cependant que, dans son état définitif, l’installation a dû être prévue pour un nombre supérieur, on a légèrement modifié les appareils de manière à donner à deux instruments au lieu d’un, le rôle rempli par le présélecteur dans le dispositif précédent. Le présélecteur sc borne à relier, par l’intermédiaire d’une des i5 lignes qui lui sont raccordées, l’appareil téléphonique à un appareil spécial appelé discriminateur, dès que le récepteur est soulevé.
- A la première manœuvre du disque, le discriminateur se raccorde au connecteur correspondant au chiffre des centaines; et, pour le reste, les opérations se poursuivent comme il a été dit plus haut. De la sorte, les appareils mis en œuvre sont successivement : le disque du poste appelant, le présélecteur, le discriminateur, le connecteur, l’appareil du poste appelé.
- En dehors des installations téléphoniques, on a établi dans l’hôpital 120 horloges électriques et une horloge extérieure, contrôlées par une horloge principale. Une sonnerie automatique prévient le préposé lorsque le voltage de la batterie est trop faible.
- Les horloges sont réparties en parallèle sur sept circuits, chacun d’eux étant muni d’un compteur et d’un commutateur placé dans la salle des appareils ; de cette façon, l’hoinme de service peut voir d’un simple coup d’œil si l’un des compteurs s’est arrêté et remettre les horloges en synchronisme par une simple manœuvre du commutateur qui permet d’envoyer le courant dans le circuit intéressé.
- Il existe également une installation spéciale destinée à prévenir de l’arrivée d’un médecin. A chaque personne dont on désire pouvoir annoncer l’arrivée correspond un circuit et il a été prévu trente-six de ces circuits qui relient le vestibule à diverses chambres de l’hôpital dans chacune desquelles se trouve un tableau muni de voyants. Le concierge, en appuyant sur le
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- bouton correspondant, indique à l’endroit intéressé l’arrivée d’une personne déterminée par l’intermédiaire d’une sonnerie qui fonctionne tant qu’on presse le bouton ; le voyant reste visible et le concierge ne le fait disparaître que lorsque la personne correspondante est sortie.
- Enfin, un circuit de sonneries établi de la même manière que le circuit téléphonique est alimenté également par la batterie.
- (Eleclrical ltevicw, •!’] février îg 14.)
- Télëphôiiie sans 111 à oscillations amorties. T. W. Ditcham.
- M. T. W. Ditcham a pu réaliser sur des distances dépassant ’>o kilomètres un échange de communications téléphoniques sans lil, grâce à un dispositif dont nous résumons ci-dessous les caractéristiques.
- Pour obtenir ce résultat, l’auteur s’est imposé les conditions suivantes :
- i° Réalisation d’une source d’énergie fournissant r>oo watts environ à la fréquence convenable;
- 2° Emploi de longueurs d’onde supérieures à 6oo mètres;
- 3° Maintien de la fréquence et de la puissance fournie:
- /i° Fonctionnement du dispositif pendant une assez longue durée sans surveillance.
- De tous les procédés employés pour la pro-duction des ondes de haute fréquence, l’emploi des oscillations entretenues ou amorties avec excitation de l’antenne par le choc a paru être le plus rationnel pour la réalisation de ces conditions. Des résultats intéressants ont été obtenus en utilisant un oscillateur comprenant deux disques parallèles disposés de telle façon que l’un des disques puisse tourner. Le disque formant la cathode est en aluminium et celui formant l’anode, en cuivre ou en acier; la décharge se produit entre les deux disques dans une chambre contenant de l’hydrogène.
- Avec deux appareils semblables eu série opérant sur un courant à i ooo volts, les paroles étaient intelligibles à une distance de 70 kilomètres. Cependant, la fréquence des étincelles n’était pas suffisamment constante et l’appareil était trop bruyant pour permettre d’obtenir une transmission tout à fait satisfaisante des sons et on a dû modifier légèrement la forme et les dimensions des disques tout en conservant le principe de l’appareil.
- L’appareil téléphonique était constitué par un simple appareil Berlincr du modèle ordinaire, plusieurs de ces appareils étant montés circu-laircment autour d’un même support. Les connexions sont établies de telle manière que le circuit reste fermé lorsqu’on passe d’un microphone à l’autre et permettent déplacer les appareils soit en parallèle, soit en série, ce dernier montage étant d'ailleurs celui qui donne les meilleurs résultats. Le support comporte un dispositif provoquant l’agitation intermittente des grains du microphone. Pendant le fonctionnement, on utilise une paire de microphones pendant une durée de deux minutes environ et on les remplace ensuite par une autre paire au moyen d’un dispositif fonctionnant à la main ou automatiquement.
- La difficulté consistait à trouver un détecteur suffisamment sensible, simple et stable. Le détecteur à arsenic et silicium de Pickard est, d’après l’auteur, celui qui remplit le mieux ces conditions cl il résulte du reste des expériences qui ont été effectuées que cet appareil a pu fonctionner durant plusieurs semaines tout près des appareils d’émission sans nécessiter aucun réglage. Jusqu’à présent on n’a pu obtenir l’audition et l’émission simultanées ; mais les interrupteurs automatiques qui-étaient employés nul permis de passer très rapidement de l’une à l’autre.
- Les expériences ont été réalisées pour la plupart entre Letchworth et Northamplon, à une distance d’environ !»r> kilomètres, elles résultats obtenus ont été tout à fait satisfaisants. Les appareils ont été utilisés fréquemment et il n'y a eu aucune difficulté,à maintenir entre les deux stations une communication régulière. La transmission des sons est tout à fait comparable à celle obtenue entre les deux mêmes villes au moyen de la téléphonie ordinaire et s’il est utile de parler sur un ton assez élevé et en articulant nettement, il n’est aucunement nécessaire de crier.
- Des expériences ont été également faites avec succès à une distance entre postes de 17a kilomètres, et entre deux postes mobiles établis sur des automobiles munies de mâts télescopiques, pouvant avoir une hauteur de «o mètres, on a pu communiquer à une distance de- 3o kilomètres.
- (The Eleclrician, 9 janvier 1914.)
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- NOTES INDUSTRIELLES
- Fixation des conducteurs aux isolateurs.
- L’étude parue sur ce sujet dans le numéro du 10 janvier dernier nous a valu quelques questions auxquelles nous allons répondre en bloc. Nous nous en étions tenu à un exposé général dans lequel les détails n’auraient pas été à leur place.
- Les opinions sur les ligatures d’isolateurs sont très variées : quelques ingénieurs épousent celles des monteurs sans les vérifier, d’autres n’accordent pas à ce ficelage l’importance qu’il a en réalité, enfin beaucoup l’ignorent. Cependant lorsqu'une panne, provenant d’une cause infime, comme c’est souvent le cas, se produit dans un transport d’énergie électrique et jette le trouble dans la vie privée, publique et industrielle de toute une région, sans compter les conséquences qui en résultent pour l’exploitant, le modeste organe qui, par sa défaillance, a causé
- Kig. i. '
- la perturbation, n’apparaît plus comme un détail insignifiant, son rôle grandit en raison directe des . dommages causés et on est bien obligé de lui accorder l’attention qu’il demande avec la brutalité propre aux accidents, mais on n’aurait pas dû attendre ce rappel à l’ordre.
- Pour se créer une opinion sur les ligatures, il est nécessaire de connaître quels sont les efforts auxquels elles doivent résister.
- Les différentes forces agissant sur un fil de ligne peuvent se ramener à deux résultantes : l’une plus
- ou moins inclinée sur la verticale (résultante des composantes poids et action du vent), l’autre dirigée dans le sens longitudinal du fil (différence de tensions entre deux portées inégales par les variations de températures ou de surcharges).
- Comment les ligatures faites à la main se comportent-elles sous cette double actions'
- Quel qu’en soit le système, le fil d’attache est toujours enroulé un certain nombre de fois autour de l’isolateur et du conducteur, il épouse plus ou moins bien les surfaces sur lesquelles il s’enroule et, forcément, les tours chevauchent les uns sur les autres laissant des vides qui en se comblant, lorsque la ligature est soumise à un effort supérieur à sa tension de pose, rendent l’attache lâche et permettent au conducteur de petits mouvements qui
- Fig. 2.
- l’usent par frottement plus ou moins vile suivant leur fréquence qui devient très grande par le vent (vibrations).
- Mettons en relief ce qui précédé : une ligature est composée d’éléments analogues à celui représenté, (fig. i); un fil/'entoure un cylindre C et est soumis à l’action de forces P (tension de pose) dans cet état il ne s’applique pas exactement sur sa surface d’enroulement, il est bien clair que si les forces P augmentent (surcharges dépassant la tension de pose), les vides V tendront à disparaître et les brins
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- pendants à devenir rectiliques toutes choses ayant pour effet d’allonger ceux-ci. Voilà le mécanisme de desserrage des ligatures. Il suffit d’une surcharge un peu forte (chute de neige, verglas, vent, etc.) pour produire le relâchement de toutes les ligatures d’une ligne.
- Ce relâchement, ou plutôt cet allongement, n’est pas élastique, c’est-à-dire qu’il ne disparait pas en même temps que la cause qui l’a produit, il est permanent parce qu’il provient de déformations qui ont fait dépasser au métal sa limite d’élasticité et de vides de chevauchement qui se sont comblés. Ce dernier effet est en somme analogue à celui observé dans les poutres rivées qui se déforment, toutes choses égales, beaucoup plus que celles en une seule pièce, les rivets ayant toujours un peu de jeu dans leur logement.
- Les explications que nous venons de donner se vérifient par la comparaison des lignes en cuivre avec celles en aluminium. On sait que les ligatures de ces dernières se relâchent beaucoup plus facilement que les autres et cela parce que l’aluminium a un coefficient d’élasticité plus faible que le cuivre, qu’il est plus mou. Le nombre des enroulements du fil doit être plus grand, par suite les vides sont plus nombreux, toutes choses qui contribuent à rendre le relâchement plus facile.
- Passons à l’examen des ligatures mécaniques. On voit de suite que celles à collier notamment celle de la figure a sont très bien disposées pour résister à la première résultante (poids et action du vent) normale au conducteur, celui-ci ne peut de toute évidence se déplacer sur ses surfaces de contact, puisqu’il est pressé normalement à celles-ci. La deuxième résultante (différence de tensions entre portées) qui agit dans l’axe longitudinal du fil est absorbée par le frottement énergique engendré par le serrage de l’écrou qui coince le conducteur dans les gorges en forme de V du collier et lui fait subir en même temps une déformation qui crée (fig. a) un véritable cran d’arrêt sur le conducteur et s’oppose par frottement à son déplacement. On dispose donc ici, toutes conditions égales, pour immobiliser le conducteur, de moyens plus efficaces qu’avec les ligatures faites à la main, puisque le frottement est obtenu par serrage d’écrou et coincement et qu’en plus le cran d’arrêt
- s’oppose aussi au glissement, ce qui n’a pas lieu dans les ficelages. L’examen de la figure 3 montre également que lorsque les tensions t, T augmentent les pressions sur les appuis et par suite les frottements deviennent plus énergiques, tandis que dans les ligatures à main on constate un relâchement.
- Voilà comment peut s’établir la comparaison entre les deux systèmes. En outre celui à collier permet de vérifier avec la plus grande facilité la bonne exécution du travail et en tout temps l’état du câble, le ficelage au contraire ajoute à ses effets incertains et variables la possibilité de dissimuler les malfaçons.
- Avant de parler du prix, il convient de remarquer que les ligatures mécaniques ne sont pas intéressantes pour les petits fils, attendu qu’alors celles faites à la main sont suffisantes, les efforts auxquels elles sont soumises étant faibles ; il faut arriver à des diamètres d’au moins !\ à 5 millimètres et à des portées un peu grandes pour que l’utilité des attaches à collier apparaisse.
- 11 n'est pas possible d’établir exactement la différence de prix qui peut exister entre les deux
- Fig-, 3.
- systèmes. La ligature à main coûte plus ou moins cher suivant son type et la grosseur du câble, suivant le métal: cuivre ou aluminium, tandis que le prix de la ligature mécanique est sensiblement constant.
- Il semble qu’en moyenne l’emploi de celte dernière augmentera ou diminuera, suivant les cas, d’environ l{o à 5o francs le coût du kilomètre de ligne à 3 fils, c’estdire que la question de prix n’est pas à envisager dans le choix du système et encore cette appréciation ne tient pas compte des frais desurveillance, de resserrage, de main-d’œuvre chère, etc. que nécessitent les attaches faites à la main, ni des conséquences des pannes qu’elles causent, car alors la légende de bon marché, le seul argument qui reste en faveur des ficelages, ne subsisterait plus.
- Détiiiollaz.
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- 171)
- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- L'assemblée des actionnaires du Rio Tinto donne toujours au président de celle Compagnie l’occasion de fournir en même temps que quelques aperçus sur la situation de la Compagnie quelques remarques sur l’avenir de la métallurgie du cuivre. Le vendredi .1 avril, M. Fielding, president de l’assemblée, tout en analysant les difflcultésde l’cxcrciee écoulé dues aux greveset aux agitations politiques qui bouleversent le commerce mondial, déclara qu’on devait compter obtenir dans l’avenir des prix meilleurs pour le cuivre que ceux qui ont prévalu en 1910 et en 1911. Celte appréciation est basée sur le fait que les autorités les plus compétentes ne voient pas de quelle source pourraient venir des stocks supplémentaires durant les prochaines années, tandis que le coût de la production augmente et que les besoins restent très importants. Cette opinion d’une personnalité bien placée pour apprécier les événements donne à penser que, sauf ces cas imprévus qui bouleversent toutes les combinaisons humaines, les cours actuels du métal sont aussi bas qu’on pourra les voir et favorables à des approvisionnements. La circulaire Merton-du /( de ce mois dit d’ailleurs que la position satisfaisante du cuivre est digne de l’attention prochaine ’ de ceux qui s’intéressent à l’avenir du marché. Elle ajoute qu’une quantité énorme de métal a été exportée d’Amérique a destination de l’Europe, et qu’il ne s’agit pas de stocks dissimulés, mais de quantités venant combler les vides produits par la consommation. Celle-ci continue à progresser, le ralentissement constaté dans certaines industries étant largement compensé par les travaux exécutés pour les administrations de la Guerre, de la Marine et des Postes et Télégraphes. La situation aux Etats-Unis cause seule quelque appréhension parce que, depuis décembre dernier, les quantités enlevées par le commerce ont diminué de 3o % et que la reprise des livraisons aux consommateurs américains dans les proportions normales créeraient un mouvement de hausse inquiétant. D’une façon générale, le marché de toutes les qualités reste ferme.
- Les assemblées des actionnaires de nos Compagnies de Chemins de fer se tiennent en ce niomenlà quelques Njours d’intervalle. Elles sont instructives par les considérations générales qu’elles ne manquent pas de susciter et par les projets d’avenir qu’on y développe. Notre sentiment particulier exprimé ici depuis
- plusieurs années eslque, d’une part, il y aurait un inlé rot général à prolonger les concessions au delà des termes iixés actuellement par les contrats primitifs et que, d’autre part, nos Compagnies feront face aux charges d’intérêts et d’augmentation incessante des salaireset des prix de la matière première seulement par une large applicationde la traction électrique. Or si l’esprit des dirigeants estacquis à une modification des contrats de concession en faveur de leur prolongation, l’esprit du public mal averti n’y est guère préparé : les résultats économiques d’une telle modification ne tarderaient pas cependant à se faire sentir : allègement des charges publiques par la disparition du compte de garantie d’intérêts, réduction des tarifs de transport, augmentation corrélative du trafic voyageurs et marchandises se répercutant sur les ports, travaux de transformation des voies, des gares et du matériel, l’ensemble donnant un essor économique dont ses réserves d’épargne sont encore capables. Mais tout cela apparaît encore comme irréalisable et l’on voit que la Compagnie P.-L.-M., par la force des choses^estobligéedeportcrtoutsoneil’ort financier sur l’amélioration ou l’augmentation d’un matériel de traction d’un rendement faible en même temps qu’il exige le renforcement des voies, la modification des dépôts, leur aménagement spécial à grands frais, la constitution d’approvisionnements en eau et charbon à de nombreux points du réseau, etc. On lit avec intérêt dans le rapport du conseil de la Compagnie P.-L.-M., que les industries électrochimiques et électrométallurgiques de la région des Alpes apportent au trafic un appoint de un million de tonnes dont 200000 en produits fabriqués et 800 000 en arrivages de matières premières.
- En même temps que nous enregistrons ce rapport moyen de un à quatre du produit fabriqué à la masse des éléments qui servent à le constituer, non compris l’énergie dépensée, nous lisons dans ce même rapport que les usines de transformation disposent de 33o 000 chevaux installés : ce qui permettrait de conclure qu’il faut disposer en moyenne de un cheval (if) pour fabriquer annuellement une tonne de produits finis. Comme on évalue à 3 millions de chevaux-vapeur en eaux moyennes lu puissance des forces hydrauliques disponibles dans les Alpes, on voit l’importante réserve de trafic que l’avenir ménage dans ces régions. Nous dirions plus volontiers : on voit quelle puissance disponible pour transformer en traction
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- électrique toute la traction à vapeur de la région qui s’étend depuis Lyon jusqu’à Marseille et quelle économie en résulterait pour la Compagnie.
- Le rapport fait allusion au projet d’un très important ouvrage dans la Vallée de la Durance : l’établissement d’un barrage à Serre-Ponçon, à 2 kilomètres à l’aval du confluent de l’Ubaye permettant d’emmagasiner environ 6oo millions de mètres cubes d’eau et de produire une puissance atteignant 8o ooo chevaux. Le réservoir ainsi constitué atténuerait les crues, permettrait de développer les irrigations et procurerait un supplément d’énergie par la régularisation du débit moyen, à toutes les usines situées ou projetées à l’aval. Pourquoi la Compagnie ne serait-elle pas le meilleur client de l’usine de force motrice pour ses lignes de Grenoble à Marseille, Veynes à Briançon, Saint-Auban à Digne et Nice, etc. ? lia force des choses conduira à cette solution si l’initiative des administrateurs ne la commande pas.
- A l’assemblée de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, il eût été de circonstance d’évoquer la même idée. De concessions mauvaises et déficitaires que le Conseil demandait aux actionnaires l’autorisation d’incorporer au réseau, on pouvait faire des concessions couvrant leurs frais. L'Etat se décharge volontiers sur les grandes compagnies du soin de racheter les lignes à voie étroite ou à voie large qui ont été concédées aux Départements ou aux Communes et qui ne vivent pas, faute de trafic.
- Pour des considérations d’opportunité et de rivalités à éviter, la Compagnie d’Orléans accepte de prendre l’exploitation de neuf lignes diverses mesurant ensemble 55o kilomètres, dont •x5o à voie d’un mètre. Un actionnaire fort documenté, tout en s’inclinant devant le vote de la Chambre et les suggestions du Conseil d’administration de la Compagnie, a protesté contre cette manière de faire des affaires : plus industriel et moins juridique il eût pu conseiller d’installer ces nouvelles lignes comme des tramways dont les frais de premier établissement et d’exploitation sont bien moindres. Peut-être y pensera-t-on ïj
- La Société Française d’incandescence par le Gaz, système Auer, prouve par les résultats acquis
- en 1913 que la lutte entre l’éclairage au gaz et l’éclairage à l’électricité est, financièrement parlant, tout à son avantage. Il est peu de bilans aussi brillants pour une société dont l’activité industrielle se concentre sur la construction des becs à incandescence, des manchons, des appareils d’éclairage et des lampes à incandescence. 3 i3i 7ï5 francs de bénéfices nets pour un capital de 4 millions et un chiffre d’affaires de 3 257 55o francs, telle est la situation au 3i décembre 1913. Ce qui nous intéresse tout particulièrement, ce sont les remarques du conseil sur la vente et la fabrication des lampes à incandescence : « l’abaissement des prix de vente a pris, « dit le rapport, dans cette industrie, des proportions « qui s’aggravent d’une manière continue. Certes « notre lampe a été appréciée de notre clientèle et « nous n’hésitons pas à dire qu’elle peut supporter la « comparaison avec les meilleures. Mais, dans l’état « du marché, la marge des bénéfices se trouve au-cc jourd’hui singulièrement réduite et les difficultés cc d’écoulement considérablement augmentées. Cette « situation qui va en empirant ne nous est pas parti-« culière et peut-être n’est-clle que passagère. »
- La lampe fabriquée par la Société d’incandescence diffère très sensiblement de toutes celles qui sont sur le marché; mais elle coûte plus cher de fabrication en raison même de la multiplicité des points d’attache du filament. La Société devra donc renoncera son modèle et poursuivre ses recherches vers un autre type si elle veut continuer à concurrencer les autres fabricants français et étrangers; l’administrateur délégué a d’ailleurs déclaré que l’usine construite en Italie pour celte industrie était terminée, mais fermée jusqu’au jour où l’amélioration des prix permettrait de l’ouvrir, peut-être après le renouvellement du traité de commerce italo-allemand, et que la question se posait de savoir si l’industrie des lampes électriques ruinerait ceux qui les fabriquent ou leur procurerait un bénéfice. La Société Aucr peut attendre patiemment toute éventualité en raison mêmedesoncxceptionnelle situation financière.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- ÉCLAIRAGE ET FORCE MOTRICE
- Belfort. — L> 'après l'Usine, la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques vient de mettre en mains :
- 2 lurbos triphasés de 5 ooo kilowatts à 5 200 volts, 5o périodes, destinés aux Mines de Lens ;
- 6 moteurs de g5o chevaux chacun pour les sous-marins, ce qui porte à 14 le nombre de moteurs de propulsion pour sous-marins actuellement en chantier et représentant une puissance de 14 000 chevaux ;
- 1 alternateur de 2 000 kilovolts-ampères pour MM. Solvay et Cle, à Dombasle;
- 2 alternateurs à axe vertical de 63o kilovolts-ampères chacun, pour la Société Electrique de Belchamp, destinés à l’usine de la Prétière.
- Côte-d’Or. — Les maires du canton de Montbard se sont dernièrement réunis à l’hôtel de ville de Montbard. M. Lajoue, ingénieur, représentant M. Coignet, a exposé le but de l’entreprise de distribution d’énergie, qui doit alimenter l’Yonne et la Côte-d’Or, en éclairage et force motrice. Les représentants des communes intéressées se sont déclarés à l’unanimité entièrement favorables aux propositions soumises par M. Coignet et ont émis le vœu que soit établi dans le plus bref délai possible le réseau projeté.
- DeuX-SèvreS. — Une réunion doit avoir lieu prochainement à l’hôtel de ville de Chef-Boulonne, en vue de constituer une société électrique pour la production et la distribution de l’électricité dans un réseau compris dans un rayon de 20 kilomètres autour dè Chef-Boutonne, au moyen d’une usine centrale à la minoterie.
- Dordogne. — Les trois communes de Coly, Condat et Bersac posséderont très prochainement l’énergie électrique. L’énergie sera produite par la chute de La-doux, commune de Lacassagne, à la source du Coly et par celle de l’ancien moulin de Peyraux, sur le Cern. Ces deux chutes sont aujourd’hui achevées, et les travaux d’installation commencent.
- Eure. — Le maire de Louviers a entretenu le conseil d’une demande formulée par les Etablissements Lefebvre et Cie, de Paris, à l’effet d’obtenir l'autorisation d’établir une canalisation souterraine d’énergie électrique dans le parcours de la ville. Cette demande a été renvoyée à la commission compétente ainsi qu’une autre émanant de la Compagnie du Gaz qui sollicite l'autorisation d’établir des transformateurs électriques aux environs des places de Rouen et d’Evreux.
- Eure-et-Loir. —Le conseil municipal de Maintenon a donné un avis favorable pour l’éclairage et la force motrice, il a décidé en outre qu’une entente devra être
- faite avec le directeur do l’usine il gaz et la Société d’Elec-tricilé.
- Hautes-Pyrénées. — Tenant compte d’une pétition formée par plusieurs industriels de la commune, le conseil municipal de Lannemezan a décidé de mettre à l’étude un projet relatif à une plus forte distribution de lumière et d’énergie électriques.
- Loire. — Le cahier des charges pour l’éclairage électrique de Chazelles-sur-Lyon, présenté parla Compagnie du Gaz, a été approuvé par le conseil municipal.
- Le conseil municipal de Saint-Julien-en-Jarez a voté la mise à l’étude du projet tendant à l’installation de l’éclairage électrique, et a décidé de prendre l’avis de M. Thiollière, ingénieur du département, chargé d élaborer les projets.
- Loire-Inférieure. — Une entente est intervenue entre la Compagnie Provinciale du Gaz de Guérande et la Société d’Electricité de Saint-Nazaire, pour l’installation de l’électricité à Guérande.
- Le conseil municipal d’Ancenis a approuvé le cahier des charges de l’Electriquc d’Anjou en ce qui concerne l’installation de la force motrice à Ancenis.
- Loiret. — Le projet de cahier des charges présenté par M. Hénard, pour l’éclairage électrique de Beaugcncy a été adopté par le conseil municipal.
- Le conseil municipal de Saint-Benoît-sur-Loire a donné un avis favorable à l’enquête sur la demande de concession de l’électricité faite par l’Omnium Français d’Elec-tricité.
- Lot- — Le maire de Gazais a informé le conseil muni, cipal qu’il a reçu une lettre de M. Verny, propriétaire du moulin de Ladroux, par laquelle il offre de fournir l’éclairage électrique à cette ville. Le conseil est d’avis en principe de s’intéresser à cette question de l’éclairage et de la solutionner sans recourir à un emprunt. La commune paierait seulement une annuité.
- Manche. — Le maire d’Equeurdreville a fait connaître au conseil municipal qu’il résulte d’une communication du ministre des Travaux publics que les contrats intervenus entre la Compagnie Gaz et Eaux et les communes d’Octeville, Tourlaville et Equeurdreville au sujet de l’installation d’un réseau électrique dans ces localités ne sont pas approuvés et doivent donner lieu à l’instruction prévue pour les concessions et non à celle relative au régime de la permission de voirie.
- Morbihan. — Le conseil municipal do Plocrmel a donné acte à M. Le Bouhellec, propriétaire actuel de
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- 11 Avril 1914.
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- l’usine électrique de Ploermel, de la cession par lui faite de son usine à la Société l’Energie Electrique de la Basse-Loire.
- Nièvre. — La municipalité d’Imphy fait actuellement des démarches pour obtenir la concession de l’éclairage aux particuliers.
- Oise. — Une Société doit prochainement installer l’éclairage électrique à Varesnes.
- Pyrénées-Orientales. — M. Angellc, de Paris, vient d’être déclaré concessionnaire pour la fourniture de l’électricité dans les communes des cantons de Mont-louis et Sailagousse.
- Saône-et-Loire. — Une enquête a été ouverte à la mairie de Paray-le-Monial sur la demande en concession d’une distribution d’énergie électrique.
- Seine.— Le conseil municipal de Champigny a signé un traité avec M. Debout, directeur de la Fusion des Gaz, pour l'installation de l’électricité à Champigny.
- Le conseil municipal des Lilas a abordé la question de l’électricité. M. Dumont a donné lecture de son rapport dont les conclusions sont favorables à la proposition de l’Est-Lumière. Ce projet a été adopté.
- Seine-et-Marne. — Le conseil municipal de Saint-Siméon a décidé la mise à l’enquête du projet présenté par la Société d’Etudes et d’Exploitations Electriques.
- Seine-Inférieure. — Le conseil municipal de Criel-sur-Mer vient d’adopter un projet de MM. Schiltz et Levril, pour l’éclairage de la commune par le gaz et l’électricité.
- Tarn-et-Garonne. — Le conseil municipal de Cas-telsarrazin a décidé d’entrer en pourparlers avec la Compagnie d’Electricité de Moissac.
- INFORMATIONS
- IIIe Congrès Français du Froid.
- L’Association Française du F’roid vient de publier le programme du IIIe Congrès Français du Froid qu’elle réunira à Reims au mois d’octobre prochain. Les travaux du Congrès seront répartis entre six sections qui étudieront spécialement les questions suivantes :
- ire Section : Gaz liquéfiés et Matériel frigorifique. — La courbe des densités de l’azote.
- Les machines frigorifiques à vapeur d’eau.
- Etude des différentes méthodes d’essais des machines frigorifiques.
- E tude des principales méthodes actuellement employées pour mesurer la conductibilité thermique des isolants? Critique des principaux isolants utilisés.
- 2e Section : Applications du froid à l'alimentation et à l'agriculture.— Etat de la question des abattoirs régionaux.
- Les procédés frigorifiques et le ravitaillement des armées.
- Applications du froid dans les industries de la pêche (Etude du procédé Ottesen).
- Les entrepôts frigorifiques dans les ports de pêche.
- Applications du froid à l’œnologie et à la cidrerie.
- .1“ Section : Applications du froid à l’industrie. — Applications du froid dans l’industrie des hauts fourneaux.
- De l’emploi des gaz naturels et du traitement de ces derniers par la compression ou la réfrigération en vue d’en tirer des essences légères. Refroidissement des électro-aimants ultra-puissants.
- 4e Section : Transports frigorifiques. — Recherches des denrées susceptibles de fournir un fret frigorifique sur les lignes de l’Ouest-Etat où circulent régulièrement en été des wagons frigorifiques.
- Etat des transports frigorifiques par terre en France en 1914.
- Nécessités frigorifiques du commerce des denrées périssables entre les Colonies françaises de l’Afrique du Nord et l’Europe.
- Les transports frigorifiques entre la France et l’Egypte.
- Transports frigorifiques de viande entre les Colonies françaises et la France.
- 5“ Section : Législation et Enseignement. — La législation des abattoirs : droits et obligations des municipalités.
- Législation concernant les importations de viandes coloniales en France.
- Etendue de l’autorité municipale en matière d’inspection sanitaire des denrées alimentaires.
- Droits d’octroi sur la glace.
- Programme du froid dans l’enseignement secondaire.
- üe Section : Applications du froid à l'hygiène et à la médecine. — Les applications du froid dans les hôpitaux.
- Le froid en thérapeutique.
- Valeur hygiénique des viandes frigorifiées.
- Les personnes qui auraient des communications à présenter au Congrès sont priées de vouloir bien remettre leur manuscrit au siège de l’Association Française du Froid, 9, avenue Carnot, avant le ier juillet, où les adhésions sont reçues. Le droit d’inscription au Congrès pour les personnes étrangères à l’Association Française du Froid est de ir> francs.
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- SOCIÉTÉS
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain, Paris.
- Les recettes delà dernière décade de mars se sont élevées à i 816 36g francs, en plus-value de 48 y38 francs sur celles de la période correspondante de 1913. Depuis le tcr janvier il a été encaissé ia 116 149 francs, somme supérieure de 643 302 francs à celle qui fut encaissée pendant le premier trimestre de 1913. .
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- L’Administration des Chemins de fer de l’Etat, à Pans, a l’intention d’acquérir les câbles et les accessoires nécessaires à l’équipement électrique des appareils dé voies des lignes de la première zone de la banlieue R. D.
- Les industriels désireux de concourir à cette installation peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard,
- Tableau des recettes d’exploitation des principales Sociétés (mois de janvier 1914).
- DÉSIGNATION RECETTES DD MOIS DE JANVIER IQl4 DIFFÉRENCE ENTRE LES RECETTES DU MOIS DE JANVIER en igi3 et. en 1914 en faveur de 1914
- francs francs . .
- Energie Electrique du Nord de la France 43o 492 133 646
- Société Roubaisienne d’Eclairage 385 765 58 4^3
- Electrique Lille, Roubaix, Tourcoing Compagnie Electrique de la Loire et du Centre Société Générale de Forces Motrices et d’Eclairage de la ville de 189 617 5 608
- 617 838 77 534
- Grenoble 33 07C 1254
- Société des Forces Motrices du Haut-Grésivaudan 66 978 4 418
- Union Electrique 134 100 19195
- Société d’Electricité de Caen 104 3(>7 aô 965
- Société Méridionale de Transport de Force 188 856 18194
- Sud-Electrique 2.51 818 i3 653
- Est-Electrique 112 383 27 778
- Electricité de Bordeaux et du Midi 179 I7O 2t)2 f5f 90a
- Energie Electrique du Sud-Ouest 5a 029
- Energie Electrique du Littoral Méditerranéen 740 072 67 43o
- Chemins de Fer Electriques départementaux de la Haute-Vienne. .. . 57 327 8 628
- Tramways de Roubaix-Tourcoing . i<)8 «42 I 695
- CONVOCATIONS
- Société d’Exploitation des Appareils Rateau. — Le
- a a avril, 7, rue de Madrid, à Paris.
- Société Nîmoise d’Eclairage et de Force Motrice par l’Electricité. — Le 2 avril 94, rue Saint-Lazare, à Paris.
- Société de Laval. — Le 24 avril, 48, rue de la Victoire, à Paris.
- Union Financière et Industrielle d’Electricité. —
- Le 18 avril, 43, boulevard Haussmann, à Paris.
- Compagnie des Tramways de Tunis — Le 21 avril, 3, rue Moncey, à Paris.
- Société d’Electricité du Littoral Normand. — Le
- 21 avril, 5, rue de l’îsly, f> Paris.
- Appareillage Electrique Grivolas. — Le 29 avril, 19, rue Blanche, il Paris.
- \
- Société Biterroise de Force et Lumière. — Le 3o avril, 7, rue de Madrid, il Paris.
- Société Pyrénéenne d’Energie Electrique. — Le
- 3o avril 7, rue de Madrid, à Paris.
- dans les bureaux du service électrique (3e division), 72, rue de Rome, il Paris, les mardi et vendredi, do i5 à 17 heures, jusqu’au 24 avril 1914.
- Le 3o avril, à la mairie de La Rochelle (Charente-Inférieure), concours pour la fourniture et la mise en place de deux groupes actionnés par l’électricité à l'usine élévatoire des eaux.
- Le matériel à fournir comprendra 2 transformateurs statiques abaisseurs de tension, 2 groupes moto-pompes et leurs accessoires, les tableaux de distribution haute et basse tension, l’appareillage électrique complet pour la commande des groupes et les rechanges prescrits.'
- Les concurrents qui désirent prendre part à ce concours doivent adresser la demande, par lettre recommandée, à M. le maire de La Rochelle avant le 3o avril ii 5 heures du soir.
- Prochainement à la mairie de bourres (Ain), soumissions pour la fourniture d’un certain nombre dé lampes électriques destinées à l’éclairage de la commune.
- Renseignements à la mairie.
- BELGIQUE
- Le 6 mai, à 17 heures, à la maison communale, h Saint-Nicolas (Liège), fourniture de l’énergie électrique nécessaire pour les usages publics et privés de la commune.
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- PaMS. — IMPRIMERIE LEVÉ, 17, RUE CASSETTE.
- Le Gérant : J.-B, Nouf.t
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- Trente-sixième année.
- ' SAMEDI 18 AVRIL 1914. Tome XXV ^2* série). — N» 16.
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- A. BLONDEL.— Complément à la méthode des abaques pour le calcul mécanique des conducteurs aériens...................... 481
- H. PARODI- — La théorie d'Eccles et la télégraphie sans fil....................... 49*
- P. BODGAOLT. — Extension à la lumière d’une permission de voirie portant simplement sur la force motrice............. 4g4
- Publications techniques
- Stations centrales et distribution
- Les mesures de contrôle dans les installations
- à haute tension. — A. Barbagelata........ 498
- Amélioration du facteur de charge dans un réseau électrique. —S.-N. Kennedy......... 5oi
- Eclairage
- Une nouvelle lampe à incandescence. —
- Dr H. Greinacher....................... 5o3
- La lampe au néon et son application à la publicité lumineuse........................... 5o5
- ♦ Electrochimie
- Toile de laiton fine pour remplacer le platine dans l’analyse électrolytique.— D. Calhane
- et T.-C. Wheaton......................... 5o6
- Production de néon et d’hélium par décharge électrique............................... 507
- Bibliographie............................ 5o8
- Etudes et Nouvelles Economiques.......... 5og
- Renseignements Commerciaux............... 510
- Adjudications............................ 5 12
- COMPLÉMENT A LA MÉTHODE DES ABAQUES POUR LE CALCUL MÉCANIQUE DES CONDUCTEURS AÉRIENS
- Dans ce qui suit, on définit d’abord quels sont les régimes caractéristiques à considérer dans l'étude des efforts auxquels sont soumis les conducteurs aériens d’après les règlements français et étrangers.
- On en déduit la façon de déterminer sur les abaques, sous un régime quelconque de pose, les conditions de sécurité à remplir pour une portée quelconque et la manière d’en déduire la flèche et la tension de pose; on en déduit également les courbes de sécurité pour l’ensemble de portées quelconques, tant au point de vue des efforts de rupture qu'au point de vue des flèches maxima d’été.
- On expose ensuite Vapplication de ces principes à la construction de l’abaque le plus rationnel et Vemploi de cet abaque pour l'étude d'une ligne divisée d'abord en travées isolées, puis en cantons de pose, enfin en travées solidaires.
- Dans une récente série d’articles (1), j’ai fait connaître différents types d’abaques en partie nouveaux et les usages qui peuvent en etre faits pour le calcul des conducteurs et des supports de lignes aériennes. Je me propose, dans ce qui suit, de compléterjcette étude par l’indication de
- méthodes nouvelles pour l’utilisation des abaques et par desi applications de ces abaques à la pose de lignes et de donner plus de détails sur les applications aux calculs des supports.
- Nous rappellerons d’abord la façon dont on doit interpréter les règlements et^ les conséquences à en tirer pour le calcul des conditions de sécurité des conducteurs.
- (*) La Lumière Electrique, 9, 16, a3 août 1913.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
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- Régimes caractéristiques pour le calcul d’une ligne.
- Dans les calculs nous appellerons pour simplifier :
- i° Régime idéal, (tension correspondante T,) le régime qui correspond à la température moyenne du pays considéré et à l’absence de vent; ce sont les conditions moyennes les plus favorables pour la ligne puisque celle-ci ne supporte aucune force anormale et qu’elle n’à qu’une flèche moyenne n’exigeant pas de surélévation ;
- a0 Régime de vent maximum, le régime de la surcharge maxiina du vent réalisé à une température donnée par les réglements. Nous appellerons Tv la tension correspondante.
- Rappelons que les pressions du vent à faire intervenir dans l’emploi des abaques sont celles d’un vent horizontal normal au fil, ou de la composante horizontale normale du vent si celui-ci - est dirigé autrement ;
- 30Régime d'hiver, le régime le plus défavorable en hiver; suivant les pays il est défini simplement par un abaissement de température, ou par une certaine température combinée avec un Certain verglas ou un certain vent. Nous appellerons Tu la tension correspondante.
- Les tensions Tv et TH ne doivent pas dépasser la tension limite imposée TL. La tension limite dépend des qualités du métal conducteur employé (résistance à la rupture et limite d’élasticité) et est en général fixée à une certaine fraction de la tension de rupture, dont le dénominateur est appelé coefficient de sécurité.
- 4° Régime d’été, (tension T*,), le régime obtenu sans vent lorsque la température de la région est celle du jour le plus chaud de l’été. Ce régime intervient dans le calcul de la flèche maxiina qui détermine la hauteur des supports.
- S’il fait du vent, le conducteur est amené dans un plan oblique, et sa distance au sol n’est pas diminuée; car, s’il est vrai qu’il y a une augmentation de la flèche réelle dans ce plan oblique
- » (J)'
- sous l’ëfïet du coefficient de majoration — cette
- ù)
- . ., . ci»'
- augmentation est inferieure au rapport — et
- n’entraîne donc pas d’augmentation en projection verticale.
- 5° Régime de pose, un dernier régime caractéristique'qui existera au moment où l’on posera
- la ligne; nous appellerons ’JV la tension correspondante.
- Ce régime intéresse soit la tension de pose, si on doit tendre la ligne au dynamomètre (méthode généralement adopté en France), soit la flèche, si on se fixe les flèches comme données de pose. Nous indiquons plus loin, sous le titre « courbes de pose » comment on devra, sur le terrain, déterminer ces données. Dans les calculs préalables présentés au service du contrôle, on admet pour simplifier, que la pose sera faite au régime idéal, c’est-à-dire à la température moyenne de la région.
- Régimes en France. — En France, d’après le règlement rappelé ci-dessous, les régimes idéals de vent d’hiver et d’été sont définis comme il suit par deux chiffres indiquant l’un le taux de surcharge en kilogramme par mètre carré, l’autre la température en degrés centigrades.
- Régime 1 = o K. -f- i5° (c’est-à-dire sans vent et à la température -(- i5°).
- Régime Y = 120 K. -|- i5° (c’est-à-dire un vent de 120 kilogrammes et la même température).
- Régime H=3oK— i5° (c’est-à-dire un vent de 3o kilogrammes et une température de — i5°).
- Régime E = o K -|- ô maximum(c’est-à-dire sans vent et avec la température maxima de la région considérée).
- Dans ce qui suit, nous emploierons pour simplifier l’une ou l’autre des abréviations indiquées ci-dessus, sous forme d’indices ajoutés à la suite des symboles T ou f, de tension ou de flèche.
- Règlements étrangers, — A l’étranger, les règles ne sont pas tout à fait les mêmes qu’en France. Par exemple, en Allemagne, le règlement (‘) qui est plus- rationnel que le nôtre
- (*) D’après les nouvelles règles Normalien fur Frei-lertungen, adoptées par l’Association des Ëlectrotech-niciens allemands, valables depuis le icr janvier 1914, les calculs de sécurité doivent être exécutés d’une part, pour une température de — 20° centigrades sans surcharge et, d’autre part, pour une température de — 5° centigrades avec une surcharge produite à la fois par le vent et par le verglas. On a beaucoup discuté sur les Valeurs à attribuer à cette surcharge ; la proportionnalité de la surcharge au diamètre n’est vraie que pour la pression du vent et est trop favorable aux petits diamètres dans le cas du verglas, de la glace ou de la’ neige ; tandis que pour les grands diamètres, elle est trop défavorable. _
- On ne connaît pas en Allemagne de fil de plus de
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XXV (2* Série). — N» 16.
- admet que le froid maximum sera de —20° sans vent,mais qu’un froid de—5° peut être accompagné d’un vent maximum dont la pression est estimée à (190 -f~ 5o d) kilogrammes par mètre , carré (d étant le diamètre extérieur du conducteur en mm). Cette condition est plus dure que la première et que les deux conditions françaises qui séparent le cas du vent maximum de 120 kilogrammes du froid maximum combiné avec un vent de 3o kilogrammes seulement. Le terme 5o d tient compte du verglas d’après la moyenne des observations prises en ces dernières années.
- Le chiffre français de 3o kilogrammes n’est du reste qu’un vestige de la limite du vent qui était admise en combinaison avec le froid et le verglas ; il était normal d’admettre qu’en cas de verglas le vent ne pouvait pas dépasser 3o kilogrammes, mais c’est une hypothèse erronée dans le cas du froid sans verglas et cette hypothèse a pour effet de réduire le coefficient de sécurité. Au lieu d’avoir un coefficient de 3, on n’a en réa-
- 35 millimètres carrés de section qui ait été rompu par une surcharge de glace ou de vent. On a été ainsi conduit à adopter une formule empirique p — 190 -|- 5o d grammes par mètre, en appelant d le diamètre en mm.
- A l’aide de cette formule appliquée aux conducteurs en cuivre, on trouve que le coefficient m est 2 pour une section de g5 millimètres carrés, 4 pour une section de 16 millimètres carrés,' 6 pour une section de 10 millimètres, ce qui paraît assez satisfaisant.
- D’après le même règlement, les tensions maxima admises doivent être de :
- 12 kilogrammes par millimètre carré pour fil de cuivre;
- 16 kilogrammes par millimètre carré pour câble de cuivre ;
- 7 kilogrammes par millimètre carré pour câble d’aluminium.
- Dans les traversées, si l’on veut éviter les filets, on exige des efforts maxima plus réduits de i/3, soit respectivement 8,12 et 5 kilogrammes au lieu de 12,16et 7. Sous le nom de cuivre, ce réglement considère évidemment le cuivre dur ou bronze phosphoreux ; les constantes qui définissent les conducteurs de cuivre et d’aluminium sont les suivantes :
- CUIVRE1 ALUMINIUM
- Poids spécifique Coefficient de dilatation... Coefficient d'allongement ^ E 0 0089 0 0000/7 1 1 3oo 000 0,00 2^5 kg/cm3 0,00 0025 1 —- cm2/kg 7IO OOO
- lité qu’un coefficient voisin de 2.. Le réglement allemand est donc plus logique.
- En Autriche, les prescriptions de l’Association des Ëlectrotechniciens autrichiens sont extrêmement dures, car d’une part, elles limitent à 8 kilogrammes par millimètre carré la tension limite admise pour les fils de cuivre dur; et d’autre part, elles imposent pour calculer cette limite la combinaison des deux hypothèses suivantes :
- Température— 2Î>°, vent exerçant une pression de i5o kilogrammes par mètre carré de section longitudinale du fil.
- Il n’est guère de lignes en France qui satisferaient à ces conditions;
- En Italie, les prescriptions de l’Association Electrique italienne sont plus douces : -
- Tension limite = i/3 de la charge de rupture.
- Hypothèse la plus défavorable : Un vent de 72 kilogrammes par mètre carré de section longitudinale (comme en France) combiné avec la température la plus basse de la région (celle-ci, quand on manque de renseignements précis, est évaluée à — i5°).
- Dans d’autres pays (les Etats-Unis notamment) on a continué à prendre en considération le verglas.
- Limite de tension à choisir. — Comme on l’a vu plus haut, le règlement impose des coefficients de sécurité soit constants, comme en Allemagne (où l’on admet un coefficient unique de sécurité 3 pour les fils de cuivre dur ou bronze, 5 pour les fils de cuivre recuits, à l’exception du cas où l’on demande à supprimér les filets au-dessus des traversées), soit variables suivant la position des conducteurs, comme en France. Ici l’on impose :
- 3 le long des routes, el sur les dépendances non publiques des voies navigables ;
- 5 dans les traversées de routes, villages ou rivières non navigables ;
- 8 dans les traversées de cours d’eau navigables ;
- 10 dans les traversées de chemins de fer.
- Cette multiplicité des coefficients en France est rationnelle puisqu’on a supprimé les filets, mais elle impose des variations fréquentes de la tension des conducteurs le long du parcours d’une ligne. On est amené pour ce motif à diviser chaque ligne en cantonnements ayant chacun une limite uniforme el séparés par des.
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- 18 Avril 1944.
- poteaux d’arrêt, qui ont à subir la différence des tensions entre les deux travées voisines calculées pour des coefficients de sécurité differents.
- On voit déjà par cela que, si l’on admet, par exemple, une résistance à la rupture de 45 kilogrammes pour un fil de bronze par millimètre carré, le travail maximum dans les conditions les plus favorables ne devra pas dépasser:
- i5 kilogrammes le long des routes et sur les dépendances réservées des voies navigables.
- 9kilogrammes dans les traversées et agglomérations ;
- 5 kg. 6 au-dessus des cours d’eau navigables;
- 4 kg. 5 au-dessus des voies de chemins de fèr;
- Les plus élevés de ces chiffres sont susceptibles de réduction de la part de l’ingénieur qui calcule la ligne, lorsque celle-ci présente des angles nombreux et accentués ; car les supports ont alors à subii1, comme on le verra plus loin, des efforts de traction d’autant plus grands que l’angle formé entre les travées voisines est plus petit; pour éviter d’avoir à jumeler de trop nombreux poteaux ou à employer des types renforcés, s’il s’agit de poteaux métalliques ou en béton, l’ingénieur peut trouver avantage à réduire le travail limite des fils et adopter, par exemple, le coefficient de sécurité 5 au lieu du coefficient de sécurité 5, ou plus généralement un chiffre de travail réduit obtenu par tâtonnements dans le calcul des supports mais cette réduction entraînera une augmentation de la flèche maxima, ce qui aura pour effet d’obliger l’ingénieur soit à réduire la longueur des portées, soit à augmenter la hauteur des poteaux; il devra donc mettre en balance l’augmentation de prix résultant de ces modifications avec l’économie réalisée, d’autre part, sur les supports d’angle.
- Dans ce qui suit, nous admettrons donc d’une façon générale que la limite de tension TL sera déterminée au mieux dans chaque cas, et ce n’est qu’à titre d’exemple que nous prendrons un chiffre déterminé.
- Limite de flèches. — Les flèches n’interviennent que dans le calcul du régime d'été qui leur donne leur valeur maxima ; pour chaque hauteur de poteau admise, il y a une flèche maxima imposée par la hauteur maxima du point lé plus bas des conducteurs fixée par le règlement. Il est rationnel de prévoir plusieurs types de
- supports plus ou moins hauts suivant que les portées (qui sont imposées par les circonstances locales aux différents points de là ligne) seront plus ou moins grandes ; on aura autant de flèches limites à considérer que de types de supports. On donnera plus loin quelques détails supplémentaires surla détermination de la hauteur des supports.
- Marche rationnelle d’un calcul.
- Passage d'un régime caractéristique à un autre. — Connaissant sur un abaque quelconque le point représentatif d’une portée x sous un certain régime, on peut en déduire son point représentatif sous un autre régime par des opérations extrêmement simples.
- Supposons, par exemple, qu’on parte du point représentatif du régime idéal « oK -f- i5° », et soit 0O l’isotherme qui y passe. Pour avoir le point représentatif du régime d’été (oK, 0 max), nous prendrons l’intersection de l’isomètre x et de l’isotherme Oo -j- (O max — i5°). Pour avoir le point représentatif du régime de vent (120 K, -j- i5°), nous calculerons la portée fictive x1 — m'x (m' étant le coefficient de majoration qui correspond à un vent de 120 K) et nous prendrons l’intersection de l’isomètre x' èt de l’isotherme 0O- Pour avoir le point représentatif du régime d’hiver (3o K, — i5°) nous calculerons la nouvelle portée fictive x" = m" x [m" étant, le coefficient qui correspond à un vent de 3o K) et nous prendrons l’intersection de l’isomètre x" et de l’isotherme 0o -f- (— i5° — i5°).
- Le passage des régimes d’été, de vent, d’hiver au régime idéal se fera par les opérations inverses.
- Méthode rationnelle de calcul. — Lors de ma première publication en 1902, j’avais indiqué pour l’application des abaques une méthode de tâtonnements : pour chaque portée x, on se fixait arbitrairement, au régime idéal moyen, une certaine tension, et par suite une certaine flèche. On en déduisait par les opérations que je viens d’indiquer ci-dessus, les tensions au régime d’hiver et au régime de vent et on devait vérifier que ni l’une ni l’autre n’atteignait la tension limite choisie ; s’il y avait dépassement, on devait réduire les tensions au régime idéal jusqu’à disparition de ce dépassement. Ensuite on vérifiait que la flèche d’été, calculée en partant
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série). — N® 16.
- de la flèche idéale, ne dépassait pas la limite de flèche. Quand la ligne comportait plusieurs travées de portées différentes, on cherchait la portée la plus défavorable et on adoptait la tension idéale déterminée pour celle-ci pour le reste (Je la ligne, sauf pour les travées exceptionnelles, par exemple dans les traversées de chemins de 1er, cours d’eau, etc.
- La nouvcllc réglementation française, en admettant plusieurs coefficients de sécurité différents, rendait cette méthode trop laborieuse; nous l’avons donc remplacée dans nos derniers articles par une autre méthode inverse plus rationnelle.
- Nous supposons choisie d’avance la tension maxima ; et nous en déduirons des tensions correspondantes, au régime idéal, en partant respectivement du régime de vent et du régime d’hiver. Les deux valeurs de la tension idéale ainsi obtenues deviennent pour nous deux limites de sécurité, au-dessous desquelles doit rester fixée la tension idéale ; pour la pose on prend de même les limites de sécurité correspondantes aux conditions de pose et on doit choisir une tension de pose au plus égale à la plus faible de ces limites. Il y aura autant de paires de tension-limite de sécurité qu’il y a de valeurs de tension maxima admises, suivant les principes indiqués plus haut.
- De même, en ce qui concerne la flèche, nous supposons qu’on ait fixé une limite de flèche d’été pour chaque type de poteau et nous en déduirons des limites de flèche correspondantes au régime idéal ; les points caractéristiques de régime idéal doivent correspondre à des flèches au plus égales à ces flèches-limites.
- Pour éclaircir plus complètement cette méthode, nous distinguerons le cas le plus simple, celui des travées indépendantes posées séparément, et arrêtées séparément sur leurs isolateurs ; et celui d’une ligne divisée en cantonnements formés chacun d’une série de travées solidaires, soit en tout temps, soit seulement au moment de la pose.
- , Cas de travées indépendantes.
- Appliquons les considérations qui précèdent à une seule travée soumise par exemple aux prescriptions du règlement français. Nous partirons de chacun des deux régimes de travail maximum pour en déduire chaque fois le régime idéal ; on aura donc d’abord à calculer les coefficients de
- majoration m', m" correspondant respectivement à des vents de i ao kilogrammes et 3o kilogrammes, puis à faire les deux hypothèses suivantes :
- Première hypothèse. — On suppose que la tension du fil au régime de vent (tao K, -f- i5°) atteint précisément la tension-limite Tmax choisie comme on l’a indiqué ci-dessus. Le point représentatif du régime de vent est, dans cette hypothèse, l’intersection de l’isomètre x' —. m’x et de l’isotasc Tnmx• En suivant l’isotherme passant par ce point, on en déduit le point représentatif du régime idéal, et ce dernier point détermine sur le réseau des isotases une certaine tension T'!.
- Deuxième hypothèse. — On suppose que le fil a la tension Tmiuau régime d’hiver (3o K, — j5°). Le point représentatif de ce régime sera donc l’intersection de l’isotase Tmax avec l’isomè-tre x" = m"x; en remontant le point de 3o° sur le même isomètre, on en déduira le point représentatif du régime idéal, lequel nous donne une tension T'1!. Pour que la tension imposée au fil de la portée ne dépasse pas la limite T raiix SOUS aucun des deux régimes, on adopte comme tension au régime idéal, admis provisoirement comme régime de pose, une tension Ti au plus égale à la plus petite de ces deux tensions T'i et TV
- Remarquons que Tï sera limité par l’hypothèse « no K, -j- i5° » pour une grande portée et par l’hypothèse « 3o K, — i5° » pour une petite portée ; car sur la première c’est le vent qui est l’agent perturbateur le plus énergique, tandis que sur la seconde c’est le froid ; pour une certaine portée qu’on pourrait appeler « critique » T'i et T"i seront égales.
- Points de sécurité et points de creux maximum. — Les points ainsi obtenus pour chaque' portée x à la rencontre de l’isomètre x et des isotases T', et T"i sont ce que nous appellerons les points de sécurité de la portée x ; ils indiquent deux limites supérieures au-dessous desquelles doit être fixée la tension au régime idéal.
- On trouve, d’autre part, des limites inférieures de tension sur la même ligne isomètre en calculant d’après les flèches d’été maxima compatibles avec chaque type de poteau, les flèches maxima admissibles au régime idéal ; nous
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- appellerons ces points : pointa de creux maximum.
- Courbes de sécurité. — Si l’on fait la même construction pour des portées variées utilisant le même fil, on trouvera pour chacune deux points de sécurité. Si l’on joint chaque série de points de même espèce par une courbe, on obtiendra ainsi pour l’ensemble de toutes les portées allant de O jusqu’au bord extrême et de l’abaque, deux courbes de sécurité :
- Une courbe SH reliant les points de sécurité d’hiver;
- Une courbe Sv reliant les points de sécurité du régime de vent.
- Il y aura autant de courbes SH et Sy que l’on considérera de coefficients de sécurité ; nous les distinguerons en ajoutant en exposants les coefficients de sécurité. Par exemple S’h et S3V sont les courbes de sécurité obtenues avec le coefficient de sécurité 3.
- Quand on a à faire des calculs de plusieurs portées différentes, le plus simple est de tracer d’abord ces courbes de sécurité ; ensuite pour chaque portée, il suffit de prendre au régime idéal une tension inférieure ou égale à la plus petite des deux tensions de sécurité; à cette tension correspond par exemple sur les abaques de 1902 et 1911, un point représentatif situé au-dessus ou au droit de la plus haute des deux courbes (fig. 1).
- En France, la courbe Sv peut être tracée en réduisant les abscisses de l’isotase Tmax dans le
- rapport — ; la courbe SH peut être tracée de même
- TJ
- en réduisant les abscisses de la même iso-
- tase ïmax dans le rapport — et en augmentant
- vs
- toutes les températures de 61 —0min., c’est-à-dire pratiquement dans la plupart des régions françaises -f- i5° — (— i5°) == 3o°.
- Cette construction qui dérive directement de l’emploi que nous avons indiqué du coefficient de majoration des portées en cas de surcharge, peut être remplacée par une autre plus directe et qui ne nécessite pas l’emploi d’un abaque de grande portée. Car chacune des courbes isotases des abaques de 1902 et 1910 peut se mettre sous
- TJ
- la forme 6 — 0^ = —'a-., ,
- en appelant 0O la température lue sur l’épure
- pour l’ordonnée à l’origine de la parabole isotase de tension T ; toute modification de es obtenue en majorant ce coefficient de charge par le facteur de majoration ni c’est-à-dire en posant vs' = mes équivaut au remplacement, de la tension T qui caractérise l’isotase par une autre ten-T
- aion T' ~ Par conséquent la courbe de
- sécurité en cas de vent donnant un coefficient de surcharge m aura exactement la même forme
- que l’isotase de tension T' — —™'IX- ; mais pour
- m
- occuper sa position exacte elle devra se déplacer parallèlement aux lignes isométriques d’une quantité suffisante pour que son sommet vienne occuper sur le bord gauche du cadre la même position que le sommet de Tmax- Cette construction est facile à faire puisqu'il suffit de calculer
- sur l’abaque l’isotase de tension T' = A-niux et, de
- m
- déplacer ensuite le calque parallèlement; à lui-même.
- On peut d’ailleurs construire directement cette isotase en prenant provisoirement comme axe de coordonnée horizontale la ligne horizontale passant par le sommet de l’isotase Tmax et augmentant ensuite toutes les ordonnées TmBx par
- rapport à cette horizontale dans le rapport — .
- On peut construire de cette manière directement la courbe de sécurité Sv en employant le coefficient de majoration m1 correspondant à la charge de vent maximum (en France 120 kilogrammes). La courbe de sécurité d’hiver Su s’obtiendra de même en employant le coefficient de sécurité m" correspondant en France au vent de J,o kilogrammes, puis en transportant ensuite la courbe de sécurité parallèlement à elle-même de 3o° centigrades vers le haut du cadre, ou plus généralement de — 0min.
- Cette méthode de construction des courbes de sécurité par transformation des ordonnées seules a le grand avantage qu’elle dispense de construire des abaques pour de grandes portées; les courbes de sécurité dispensent désormais de considérer aucune portée fictive. L’abaque établi pour les portées réelles, se trouve simplement complété par les courbes limites de sécurité qui indiquent les tensions maxima que l’on ne doit
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- pas dépasser au régime idéal et, comme on le verra plus loin, au régime de pose.
- Courbes de sécurité de (lèche. — On peut compléter également l’abaque parles courbes de sécurité de flèche au régime idéal; il suffit pour cela d’abaisser verticalement d’une quantité égale à <Wx — (différence entre la température d’été et la température idéale) les courbes isokoïles de flèche maxima d’été correspondant aux différents types de poteaux et aux différentes hauteurs libres admises pour les conducteurs suivant leur situation; pour chacun des cas; on a une courbe SF en appelant F la flèche maxima d’été correspondante. Cette courbe détermine par sa rencontre avec les isotases les tensions minima au-dessous desquellesonnepeut descendre sous peine de dépasser en été la flèche maxima correspondante.
- Comparaison entre les différents types d’abaques au point de vue de la méthode rationnelle.
- Les différents types d’abaques que nous avons décrits peuvent se prêter à l’emploi de la méthode rationnelle, car il est toujours possible pour l’un d’entre eux de tracer par points les courbes de sécurité, et les courbes limites de flèche. Mais, suivant les abaques qu’on emploie, les constructions sont plus ou moins faciles :
- L’abaque logarithmique, qui est très commode pour les mesures de tension l’est beaucoup moins pour la construction des courbes de sécurité que les autres abaques (*); en outre, sa raison d’être qui
- (*) Les courbes de sécurité peuvent être en effet calculées par l’équation donnée plus haut.
- en appelant 80 la température lue sur l’épure pour X — O et T — Tl choisi. 11 suffit donc de déplacer sur les lignes isométriques les points de la ligne isotase TL de longueur respectivement égale à 0| —- 0O.
- En ce qui concerne les courbes limites de flèche, la solution peut être obtenue en construisant une nouvelle échelle; pour les flèches qu’on obtiendra en déplaçant chaque point de l’échelle primitive d’une longueur égale à Tihdx —Ti mesurées le long de cette échelle au moyen de la graduation des lignes isothermes.
- Supposons par exemple que la température d'été soit de 20° plus haute que la température du régime idéal, et soit à chercher le point correspondant de la flèche o m. 80 sur la nouvelle échelle. Le point 0,80 se trouve à la rencontre de l’isotherme —-62; le point correspondant de l’échelle de sécurité de flèche à la température idéale se trouvera donc à la rencontre de l’échelle et de l’isor thermes— 42i c’est-à-dire en un point valant primitivement a m. 45 de flèche,
- est la possibilité de concentrer sur une feuille de faible dimension les courbes relatives à des portées très variables, disparaît puisque nous pouvons éviter la considération de portées fictives majorées.
- L’abaque de 1902 se prête beaucoup plus facilement à la construction des courbes de sécurité, à leur transformation par la variation de température, puisque cette variation se traduit par une simple translation verticale. On voit bien là tout l’avantage que présente le choix de la température et des portées comme variables principales.
- D’autre part, en renonçant à la considération des portées fictives majorées, ce qui nous permet d’employer un abaque limité aux portées utiles, nous évitons l’inconvénient que présentait l’abaque de 1910 par l’ancienne méthode, à savoir le peu d’étendue de variation des portées auquel peut s’appliquer une même épure; si l’on n’a pas à dépasser la portée de 5o mètres, l’abaque construit pour les portées de o à 5o mètres sera suffisant; sil’on doitatteindrejusqu’à 100 mètres, il suffit d’y joindre l’abaque de o à 100 mètres.
- Les courbes de sécurité dans l’abaque de 1902 sont des paraboles exigeant une construction par points; l’abaque de 1910 permet de simplifier beaucoup cette construction puisque les paraboles sont remplacées par de simples lignes droites; pour construire une courbe de sécurité, il suffit donc de déterminer un seul point de cette courbe et de le joindre au point qui constitue l’ordonnée à l’origine de l’isotase Tma*; la construction des courbes de sécurité atteint sa simplicité maxima.
- En définitive, les abaques de 1902 et 1910 sont à recommander de préférence à toiis autres.
- Application aux reglements étrangers. — La méthode qui précède s’applique aussi facilement aux différents réglements étrangers sous réserve des modifications suivantes :
- i° Avec les réglements qui 11e formulent qu’un régime défavorable tels que le réglement autrichien et le réglement italien, il n’y a plus qu’une courbe unique de sécurité S qu’on obtient en transformant l’isotase TL au moyen d’un coefficient de majoration tenant compte du vent maximum et en relevant ensuite d’une hauteur égale à 6, — ômin la courbe ainsi transformée.
- a0 Avec les réglements qui, comme les régie»
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- ments allemands, formulent deux régimes défavorables, tous deux à des températures plus basses que la température idéale, il y a encore à considérer deux courbes de sécurité, mais toutes deux déplacées. En Allemagne, la courbe de sécurité de froid SU sera l’isotase TL relevée d’un nombre de degrés = 0, -f- 20° ; la courbe de sécurité de vent SV s’obtiendra en transformant TL au moyen du coefficient de majoration m correspondant à la surcharge 190 5o il, puis en relevant la courbe transformée d’un nombre de degrés =r 0, -|- 5o.
- Cas de travées indépendantes dont la flèche est réglée au moment de la pose.
- En Allemagne et en Italie (où l’on s’inspire des règlements allemands), on règle la tension dans chaque travée individuellement en déterminant la flèche avant d’arrêter les fils. Supposons, par exemple, qu’on veuille donner aux fils, supportés
- — Méthode de pose d’après la llèche, employée en Alleinugne et en Italie.
- par les isolateurs AiA2 sur lesquels ils se trouvent déjà appuyés une flèche voulue /', on arrête le fil sur l’un des isolateurs Ai, par exemple, et on fait varier la tension du brin libre en dehors de A2 au moyen d’un palan. Deux ouvriers montent sur les poteaux pour marquer successivement à la craie ou à la peinture des traits B,, B2 une distance/‘au-dessous de A, et A2. Puis l’un d’eux se place sur l’un des poteaux de manière à faire coïncider la ligne de visée de son œil avec Bi B3 et il donne des instructions à l’ouvrier qui tire le brin libre jusqu’à ce qu’il puisse voir la courbe du fil A, A2 tangente à cette ligne de visée Bi B2 ; on arrête alors le fil sur l’isolateur Aa. Pour pouvoir employer cette méthode, il faut pouvoir lire sur l’abaque la flèche f qui correspond à chaque portée.
- Si la pose a lieu à la température idéale, il suffit de considérer sur les abaques de 1902 ou 1910, d’une part, deux courbes de sécurité tracées plus haut (contours» b c) et d’autre part, les courbes isokoïles (égale flèche) dont le réseau est tracé sur le même abaque (*). Pour chaque portée, on prend les points de rencontre de la ligne verticale correspondant à cette portée avec le contour a b c, et on lit sur le réseau des courbes isokoïles la flèche à laquelle correspond ce point de rencontre; s’il tombe sur une ligne iso-koïle, il n’y a qu’à lire le chiffre de flèche indiqué sur cette ligne; s’il tombe entre deux lignes isokoïles il suffit de lire les flèches écrites sur ces deux isokoïles et d’interpoler. Cette interpolation se fait tout simplement èn mesurant sur la même
- (1) Les courbes isokoïles sont tracées sur ces abaques d’une manière très simple, en déterminant leur point de rencontre avec les isotases.
- A cet effet, pour chaque isotase correspondant par exemple à une tension T, on déduit de la formule connue :
- la valeur de x
- Si l’on conserve pour f une valeur donnée F, par exemple un mètre, on déduit par cette formule la valeur de x pour chaque valeur de T; il suffit de tracer la verticale correspondante à x et de prendre sa rencontre avec l’isotase T pour avoir un point de l’isokoïle F.
- Lorsqu’on emploie l’abaque de 1910, on peut porter directement en abscisses les longueurs x2 puisque l’échelle des abscisses est graduée en carrés des portées.
- Il est intéressant de connaître la formule algébrique de ces courbes isokoïles ; pour cela, il suffit d’éliminer T entre l’équation précédente (où on fera f — F, constant), et l’équation des isotases, qui est comme on le sait :
- 0. _ ™'x'2 T .
- 2 /Jft OL Hj
- On trouve ainsi l’équation des isokoïles :
- — 8F2 _ .
- 3 a xJ 8 a E F ’
- Et l’on voit que la courbe représentative par rapport aux coordonnées x, 0, est une courbe ,du quatrième degré. Elle est toute résolue par rapport à 0, ce qui permet de la construire facilement par points, mais la construction indiquée plus haut au moyen deJa formule (1) est plus rapide.
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- ligne verticale l’espacement entre les isokoïles h et la distance h! entre le point cherché et l’iso-koïle de plus faible flèche ; soit / et f les deux
- h1
- flèches; la (lèche cherchée sera /— (/'—[)•
- Celte méthode a le grand avantage de la précision et de la meilleure utilisation des supports car on peut toujours par ces procédés régler exactement la tension de pose à une valeur telle qu'au moment où Jes conditions limites de vent etde l'roid seront atteintes, l'a tension du conducteur atteigne exactement la limite fixée par le réglement. Mais, en réalité, ces limites n'ont qu’une valeur toute relative comme on l’a exposé plus haut et, d’autre part, la méthode qu’on vient d’exposer est fort minutieuse et entraîne tics dépenses de main-d'œuvre assez considérables puisqu'il faut pour chaque travée occuper deux ouvriers pendant un temps suffisant pour leur permettre de faire les marques sur les supports et régler la hauteur de fléché.
- En outre, il faut que, pour chaque portée, on ait soin de déterminer /'au moyen de l'abaque et en tenant compte de là température: il faudrait même, si l’on voulait être tout à fait rigoureux, tenir compte du vent, car la courbe abc n'est pas la même s’il y a du vent, qu’au régime idéal sans vent.
- Pour ces différents motifs, on préférera en France opérer d’une manière plus expéditive en renonçant à régler chaque travée individuellement et en divisant comme on vale voir la ligne en cantons.de pose. On ne conservera la méthode des travées indépendantes que pour des travées spéciales telles que celles qui se rencontren taux 1 ra-versées de routes, de voies ferrées, voies navigables et les deux travées avoisinant ces traversées lorsqu'elles forment un angle assez grand avec celte traversée pour qu’on soit obligé de les arrêter sur les isolateurs intermédiaires ; en effet le réglement français impose des conditions spéciales de sécurité, non seulement pour les traversées elles-mêmes, mais pour les deux travées avoisinaitles.
- lies cas spéciaux mis à part, le procédé le plus expéditif que l'on peut suivre est le suivant ('].
- (').lc(lois di's remerciements particuliers à M. Marcel Dubois, ingénieur des Mines à Tours, charge du contrôle dus installations électriques, qui m’a indiqué le principe de là méthode par cantonnement avec (il arrêté sur les supports après la pose qu’on va décrire.
- Cas d’une ligne divisée en cantons de pose
- Considérons maintenant l’ensemble d’une ligne dont le piquetage a été l’ail de façon qu'elle puisse être divisée en cantons dont chacun renferme des travées de longueurs, de situations analogues pour qu’on puisse admettre le glissement du fil sur les isolateurs pendant la pose. Dans ce cas, la tension de pose reste constante à l’intérieur de tout un môme canton. On réglera cette tension de pose au dynamomètre sur tout un canton à la fois et on n’arrêtera provisoirc-rement le fil que sur le poteau qui limite le caillou et qu’on hauhannera temporairement. Il y aura autant de classes de cantons cpie de valeurs différentes admises pour la tension T maximum du régime le plus défavorable.
- Notons qu’on ne. devra pas donner à un canton une longueur telle qu’il soit dillicilc aux poseurs d’y égaliser la tension ; on subdivisera plutôt ce trop long canton en plusieurs autres de même tension. Pour apprécier si un canton n’a pas une longueur exagérée, on tiendra compte de ce que l’égalisation de tension est plus facile à réaliser en alignement droit qu’on courbe et sur des poteaux de niveau que sur des poteaux de hauteurs différentes. Dans le piquetage, on choisira autant que possible, comme poteaux de séparation entre deux cantons de même tension, un poteau d’angle, et entre deux cantons de tension différente le poteau le mieux placé pour supporter l’effort résultant de la différence entre ces tensions.Lorsqu’une ligne longe une route sur le côté droit et la traverse à un moment pour la longer ensuite sur le côté gauche (11g. 13) la traversée' peut former un canton à elle seule, car le coefficient de sécurité qui la concerne est iyr> tandis que de chaque eôlé le coefficient esl j/'i.
- Néanmoins, les poteaux a étant déjà fatigués du fait de l’angle, il sera bon d’étendre le canton jusqu'aux poteaux voisins b. Le règlement n’exige l’arrêt des fils sur les supports que pour les supports d’une traversée et les supports immédiatement voisins. Pour le reste de la ligne, il y a deux cas à considérer suivant qu’après pose, les (ils seront ou non libres de jouer aux points d’attaches dans l'étendue de chaque canton de pose.
- (A suivre.)
- A. Blonjuu,.
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- LA THÉORIE D’ECCLES ET LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL (Fin
- Le D* Ecoles de Londres montre que le passage, dans une atmosphère ionisée, d'une onde électromagnétique produit une augmentation de la vitesse de propagation de celle-ci; dans une atmosphère où Vionisation est distribuée, les râpons électromagnétiques doivent donc s'infléchir en tournant leur convexité du côté où Vionisation augmente, et en prenant une courbure d’autant, plus forte que la fréquence de la vibration est plus faible.
- De ce fait fondamental, le DT Eccles tire d’importantes conclusions louchant le rôle de la fréquence sur la portée de transmission en télégraphie sans fil ainsi qu'une explication plausible des phénomènes périodiques de variation d'intensité des parasites.
- Ën'ce qui concerne la constitution de l’atmos-
- j . . ! . . 1 -
- phère terrestre Eccles, admet que l’on peut y considérer trois couches distinctes.
- La couche supérieure où la concentration des ions est excessivement forte, l’air très raréfié: cette couche se comporte exactement comme la « calotte conductrice d’Ileaviside: elle agira comme un miroir, sur lequel viendront se ré fléchir les rayons arrivant jusqu’à elle.
- La couche moyenne où y est appréciable, bien que faible et dépend exclusivement de la fré-l\-'Rne% .
- quence y = —, - •-—, le coefficient de viseo-
- 1 1 k (/,iuF)2 m’
- sité étant négligeable devant (/, x F/«), le gaz étant déjà très raréfié.
- La couche inférieure où les termes en f sont prépondérants et où par suite y, petit, a comme
- h f*
- valeur principale ----------.
- /i -izn m e-
- e = io—20 en unités électromagnétiques, f — q.iQ—13 environ,
- 2tcF = io7,
- m — a X io~21 gramme,
- 2itF/n = 2. io_iV.
- Dans ce cas 2 it F m et f sont du meme ordre (Fréquence de 1 million): pour une fréquence plus faible de l’ordre de celles utilisées en T. S. F. le terme en f sera donc le plus important pour les faibles altitudes ou le coefficient f a la valeur approximative indiquée.
- Si l’ionisation est due à l’action des radiations solaires, il est clair que la « distribution » doit varier constamment avec l’intensité et l’inclinai-
- son des l'ayons excitant l'ionisation. La conduc-libilité électrique du milieu dépendra donc de 1 heure de la journée et des saisons : pendant le jour la couche moyenne doit se prolonger très bas au moment du passage du soleil au méridien ('I elle doit se relever ensuite progressivement pour rester dans un élaI: à peu près stationnaire pendant toute la nuit. La couche moyenne aura
- S oLeil
- donc un mouvement de montée et de descente analogue à celui des marées.
- Pendant la nuit cette ionisation moyenne disparait peut-être presque entièrement et la partie conductrice de l'atmosphère se concentre peut-être entièrement dans la couche supérieure d’Ileaviside.
- La recombinaison des ions doit être .particulièrement active au moment du crépuscule où, du fait de la rotation du globe autour de la ligne des pèles NS l’intensité des rayons solaires dimi-
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- La LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T.*XV (2' série). — N« 16.
- nue rapidement pour s’annuler complètement un peu après le coucher du soleil.
- C’est dans le voisinage du grand cercle XX' perpendiculaire à la ligne des centres de la terre et du soleil que doit se trouver une zone dénommée par Eccles zone crépusculaire où s’effectuent constamment pour les parties successives de
- N
- Soleil
- l’atmosphère qui la traversent du fait du mouvement de rotation diurne de la terre les changements d’état d’ionisation.
- Cette couche d’ionisation troublée doit d’après Eccles agir comme une sorte d’écran d’autant plus opaque aux ondes électromagnétiques que la fréquence est plus grande.
- Fig. 6.
- Nous sommes maintenant en mesure d’expliquer d’après Eccles certaines particularités de la transmission par télégraphie sans fil :
- i° Portée de transmission. — Marconi a signalé en 1912 que la transmission par ondes relative-
- ment courtes employées à cette époque, se faisait également bien de jour et de nuit tant que la distance n’excédait pas 800 kilomètres; par contre les signaux devenaient indiscernables de jour, pour des distances de l’ordre de 1 200 kilomètres, tandis que la nuit ils pouvaient encore etre perçus à 3 000 ou 3 5oo kilomètres.
- Avec des ondes de plus grande longueur, 8000 mètres, fréquence d’environ 36 000 par seconde, Marconi a pu ultérieurement obtenir, dans certains cas des communications aussi bonnes sinon meilleures le jour que la nuit..
- Il est, de plus, connu que dans les régions montagneuses les obstacles semblent arrêter plus aisément les ondes courtes que les ondes longues et on est arrivé à assurer des communications régulières entre deux postes séparés par des accidents de terrains en réduisant la fréquence des appareils émetteurs.
- Tous ces faits s’expliquent immédiatement par la théorie d’Eccles :
- Pour les courtes distances, la transmission se fait par l’intermédiaire des couches inférieures de l’atmosphère et la fréquence ne joue aucun rôle dans la question; toutefois comme le rayon-
- Fig. 7.
- nement d’une antenne est inversement proportionnel au carré de la longueur d’onde, les transmissions sont plus faciles à réaliser (avec une puissance moindre) avec des ondes relativement courtes.
- Pour les grandes distances, la transmission sc fait à travers les couches moyennes de l’atmosphère, les rayons partent tangentielleinent à la surface de la terre et demeurent rectilignes jusqu’à ce qu’ils pénètrent dans les régions à ionisation croissante où ils se courbent de plus en plus, de manière à prendre une forme générale telle que AcB, la courbure étant d’autant plus accentuée que la fréquence est plus faible.
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- Pour correspondre à faible distance par-dessus des obstacles, il faut faire une émission d’ondes à basse fréquence et si on peut dire plongeante.
- De nuit la portée est plus grande que de jour, parce que la couche d’ionisation active est à une hauteur plus élevée et par suite la courbure générale des rayons est plus faible quelle que soit leur fréquence.
- De jour comme de nuit, pour deux postes donnés, il doit exister une fréquence optima de transmission pour chaque distribution d’ionisation, tantôt longue et tantôt courte : c’est, un fait que les essais effectués par Marconi à travers l’Atlantique de Clifden (Islande) à Glace Bay (Canada) semblent confirmer.
- Variations diurnes d'intensité des signaux transmis.
- Dans tout poste de télégraphie sans fil on constate que les appareils fonctionnent constamment, même quand il n’y pas d’échange de communications volontaires, sous l’action d’ondes électromagnétiques naturelles. L’enregistrement de ces « signaux naturels ou parasites » révèle l’existence d’au moins un minimum journalier coïncidant en général avec le coucher du soleil au poste récepteur.
- Ce silence relatif est sensible non seulement avec les ondes naturelles, mais encore avec les signaux proprement dits dont l’intensité semble subir une réduction notable au moment du crépuscule.
- D’une façon générale ce minimum est plus facilement observable quand le poste récepteur est accordé pour une longueur d’onde assez grande de l’ordre de 6 ooo mètres. Pour de petites longueurs d’ondes de l’ordre de i ooo mètres, la variation d’intensité est beaucoup moins considérable.
- Ce phénomène reçoit une explication plausible si nous admettons avec Ecoles que son existence est liée à celle de la zone crépusculaire précédemment définie.
- Les variations d’intensité étant particulièrement apparentes pour des ondes longues qui
- correspondent en général à de grandes portées, il est probable que les ondes naturelles prennent naissance très loin dos postes récepteurs et qu’elles traversent l’atmosphère à une grande altitude : elles rencontrent donc la zone crépusculaire d’Eccles qui forme un écran plus ou moins opaque, plus ou moins large, plus ou moins haut selon les saisons et selon l’intensité des rayons solaires d’excitation.
- La hauteur même de cet écran au-dessus du sol permet d’expliquer le décalage existant entre l’époque du minimum crépusculaire et le temps exact de coucher du soleil; ce décalage est généralement de l’ordre de io'.
- Eccles déduit encore de sa théorie et de ses hypothèses de l’action « d’écran » de la zone crépusculaire l’explication de certains phénomènes particuliers de transmission transatlantique entre Glace Bay (Canada) et Clifden (Irlande) décrits par Marconi dans une conférence faite le a juin 1911 à la « Royale Institution » de Londres ; et il montre que l’époque du minimum d’intensité des signaux perçus à Clifden et provenant de Glace Bay, décalée de deux heures par rapport à l’heure de coucher du soleil à Clifden, coïncide avec le passage de la zone crépusculaire à un point situé entre ces deux postes où le plan d’horizon do Glace Bay passe à environ 70 kilomètres au-dessus de la mer.
- Nous n’insisterons pas davantage sur cette théorie très curieuse ni sur les applications que Eccles a tenté d’en faire : nous nous bornerons à signaler en terminant qu’elle soulève de graves objections tant en ce qui concerne la valeur de l’ionisation aux hautes altitudes qu’en ce qui concerne l’augmentation même de vitesse produite par l’électrification de l’air.
- Nous nous estimerions heureux si l’exposé, d’ailleurs bien incomplet des idées d’Eccles que nous venons de faire, pouvait susciter des discussions qui ne sauraient manquer d’être instructives.
- H. Parodi,
- Ingénieur, chef du service électrique de la Compagnie des chemins de fer d’Orléans,
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- ^ T 0 ,
- EXTENSION A LA LUMIÈRE D UNE PERMISSION Ï)E yOTRIE PORTANT SIMPLEMENT SUR LA FORCE MOTRICE
- TRIBUNAL DE LAVAUR DU n AVRIL 1910 ET COUR D’APPEL DE TOULOUSE DU if» JUILLET i9i3
- A plusieurs reprises,la Lumière Electrique a donné des indications pratiques au sujet de la lutte depuis si longtemps engagée dans certaines régions, entre les électriciens et les gaziers : un arrêt récent de la. Cour d'appel de Toulouse a paru à notre collaborateur M. P. Bpugault susceptible d'être lu avec inlérêtpar tous ceux qui s'intéressent à cette question déjà ancienne et toujours noiwelle.
- Rien n’est plus à l’ordre du jour que le système adopté par de nombreuses Sociétés d’électricité qui, autorisées à distribuer de la force motrice avec interdiction de donner l’éclairage, 11e se gênent pas pour le livrer a ceux qui lui en font la demande : d’autres, plus soucieuses de se conformer au texte de leurs autorisations, interdisent aux consommateurs de transformer en éclairage la force motrice distribuée : mais c’est alors le consommateur (pii ne se gêne pas pour transgresser la défense, et cela cause des conflits dont il est toujours intéressant de suivre les différentes plia ses.
- Le Tribunal de Lavaur et la Cour d’appel de Toulouse ont eu à statuer dernièrement sur un cas très spécial : malheureusement leur décision n'est que provisoire, étant rendue avant faire droit (polir employer l'expression juridique) : cela signifie que, même avant de nommer des exports pour examiner les faits allégués à titre de simple renseignement, la Cour a ordonné la mise en cause de tous les intéressés : la solution definitive qui se traduira par' des principes et des chiffres 11e viendra que plus tard : mais il nous a paru intéressant d’examiner d’ores et déjà la physionomie de l’affaire et d’en rendre compte.
- I
- La commune de Graulhcta un concessionnaire de l'éclairage par le gaz : personne 11e l’ignore car il y a eu, de ce chef, plusieurs procès retentissants. Le premier s’est déroulé devant le Conseil d^ préfecture du Tarn et nous a appris que le traité signé en 1877, pour une durée de soixante-dix ans — c’est certainement un dés
- plus longs que nous connaissions — donnait au gazier le droit de faire seul, pendant la durée de la concession, l’éclairage phblic et particulier dans la commune tout entière.
- Sur le principe, la commune 11e s’obstina point, et elle consenti t à payer une indemnité à la Compagnie du Gaz, reconnaissant qu’en permettant à un concurrent de faire la distribution de l’électricité elle avait violé son contrat : mais elle s’insurgea contre la méthode que les experts avaient employée pour chiffrer l’indemnité et qui consistait à lui faire verser à la Compagnie du Gaz une somme déterminée non seulement pour les clients qu’elle avait perdus, mais encore une autre somme pour compenser l’arrêt futur dans l’augmentation de la clientèle : et ils avaient fixé ces deux éléments en proportion des recettes électriques, si bien que la Compagnie du Gaz devait d’abord toucher 0,684 millimes par franc de recettes faites par l’électricien jusqu’en 1890 ; à partir de cette date le tarif était dégressif, et elle arrivait à la fin de la concession à ne plus toucher que 3iG francs par 1000 francs de recettes, la proportion variant tous les huit ans.
- Le Conseil de préfecture avait suivi la méthode des experts, et l’avait consacrée par un arrêté'du 3o juin 1899.
- Mais le Conseil d’Etat se refusa à suivre à son tour le Conseil de préfecture, et il a fait un calcul plus simple : il faut tout d’abord remarquer que cela lui était facile; car, prononçant son arrêt le i3 mars i9o3, il avait pu constater que, depuis le v-7 août 1897, R était certain que toute distribution de lumière électrique dans la ville de Graulhct avait été arrêtée : il en a tiré d’abord deux conclusions ; la première, c’est qu’il n’était
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- pas la peine de condamner la ville pour lin avenir qui ne devait pas se réaliser ; la seconde, c’est qu’il pouvait se rendre compte que si la Compagnie du Gaz avait été privée de recettes, la responsabilité en incombait certainement à la ville qui n’avait pas lait autre chose qu’une sommation quasi platonique à l’électricien de. cesser sa distribution, mais elle ne l’avait pas poursuivi devant la juridiction répressive, et par conséquent pouvait être considérée comme responsable, au moins parce que l'on appelle le / ainsi* r-faire.
- La condamnation prononcée par le Conseil se monta, en tout et pour tout, à une somme de 5 ooo francs, pour réparation de tout le préjudice causé depuis le commencement de l’éclairage électrique jusqu’au •>- août 1897.
- Et tout sembla rentrer dans l’ordre...
- Ce ne devait point être pour bien longtemps : en effet, quelque temps après, le 19 octobre 1904, les 17 mars et 19 mai 1900, la Société Pyrénéenne d’Encrgie obtenait des autorisations pour la distribution de l’énergie électrique destinée à la force motrice, ce qui évidemment ne faisait pas tort au privilège d’éclairage constaté par les décisions précitées des tribunaux administratifs ; mais d’un procès-verbal de constat, dressé le 5 décembre 1908 par l’huissier du canton, il sembla résulter que divers abonnés des défendeurs auraient utilisé, pour l’éclairage électrique, la force motrice concédée par ces derniers: la Compagnie du Gaz de Graulhct déclara qu'elle y voyait une atteinte portée à son privilège.
- La Société Pyrénéenne d’Energic électrique ne sembla pas contester en principe qu’il lui fût défendu de donner la lumière électrique : mais soit sur scs conclusions, soit d’ojlice, le Tribunal posa en principe qu’elle ne pouvait être responsable que si elle avait expressément ou tacitement autorisé scs clients à convertir en lumière la force motrice qu’elle leur fournissait.
- Aussi, réservant les droits de toutes les parties présentes à l’audience, et simplement pour s’éclairer, ordonna-t-il la mise eu cause à la diligence de la Compagnie du Gaz, de toutes les personnes qui auraient fait usage de la lumière électrique dans les conditions spécifiées par la Compagnie demanderesse.
- Il
- La Compagnie Pyrénéenne fit appel, de cette décision : la Compagnie du Gaz, de son côté, fit appel incident, c’est-à-dire joignit son appel à' celui de l’appelant principal et pour rendre les choses un peu plus compliquées, ainsi qu'il.convient, la commune de Graulliet intervint au débat.
- 11 est nécessaire de préciser les conclusions des sociétés appelantes et de la commune intervenante. Elles seraient les unes et les autres, absolument incompréhensibles si l’on 11e connaissait pas les faits suivants :
- Pendantcctteinstanee judiciaire, la Compagnie du Gaz avait intenté devant le Conseil de préfecture un nouveau procès contre la commune : elle reprochait à cette dernière — rééditant le moyen qui lui avait réussi devant le Conseil d'Etat en 1908, — de n’avoir fait aucune diligence
- pour empêcher la violation du contrat par la Société Pyrénéenne et notamment de ne pas s’être servie des moyens légaux qui lui appartenaient pour retirer à ladite Société électrique, les permissions de force motrieequi lui avaient été données.
- En appel, la Société Pyrénéenne lit valoir qu’il 11’y avait jamais eu entre elle et la Compagnie du Gaz un lien de droit quelconque, permettant à celle-ci de-l’assigner : elle faisait valoir que n’ayant jamais rien promis à la Société gazière, il lui était loisible de faire tout ce qu’elle pouvait désirer, sans avoir de compte à rendre à person 11e : sudsidiairement elle alléguait que, puisqu’il y avait une instance administrative engagée entre la commune de Graulliet et la Compagnie du Gaz pour déterminer des responsabilités, il y avait lieu de surseoir jusqu’à la fin de cette instance administrative, qui probablement, serait susceptible de jeter un peu de lumière.
- Répondant en premier lieu aux conclusions de la Société Pyrénéenne, là Cour déclare qu’elle sait parfaitement qu’il n’y a point de lien de droit entre la Société d’Electricité et la Société gazière : mais que cola importe bien peu dans la question, puisque le problème à résoudre consiste à savoir s’il y a vraiment quasi-délit, c’est-à-dire une concurrence illégalement faite par la Société Pyrénéenne; le moyen juridique allégué pour se mettre hors de cause échouait donc immédiatement, Quant aux conclusions subsidiaires
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- tendant au sursis, la Coür déclare que le Tribunal a simplement nommé un expert aux fins de se renseigner, d’une façon générale, sur la portée des faits allégués et que, le fond de la question n’étant pas jugé et pas même invoqué, le sursis pourrait toujours être plus tard ordonné par le juge qui statuerait au fond : qu’enfin il était de bonne justice de ne pas faire traîner jusqu’à la solution, quelquefois si longue à obtenir, d’une instance administrative, la mesure d’instruction que le Tribunal avait ordonnée et qui ne pouvait compromettre aucun des droits en cause, pour ce motif bien simple qu’ils étaient tous réservés.
- Sur les conclusions de la Compagnie du Gaz, tendant également à ce que les abonnés ne soient pas mis en cause, et que l’expertise ait lieu tout de suite, la Cour répond, à très bon droit, que si la Compagnie Pyrénéenne a réellement interdit à ses abonnés toute conversion de la force mqtrice en lumière électrique, elle ne peut, bien entendu, être recherchée ayant accompli’tous scs devoirs. Dès lors, le préjudice ne saurait résulter que du fait des abonnés transgressant la défense qui, par hypothèse, leur aurait été faite.
- Par conséquent, il était de l’intérêt de tous, même de la Compagnie du Gaz, qu’ils fussent présents à l’instance pour que celle-ci fût solutionnée par un unique jugement. r-
- Et enfin, la commune étant intervenante dans l’affaire, la Cour paraît lui demander quelle est la raison de son intervention : la communerépon-dant qu’étant assignée devant le Tribunal administratif, par l’une des Compagnies en cause dans le procès commercial, elle avait intérêt à savoir ce qui pourrait bien s’y dire, afin d’être renseignée complètement: la Cour lui objecte très nettement que tous les rôles dans ce petit drame judiciaire sont très bien définis : la Compagnie du Gaz se plaint d’un quasi-délit, qui serait commis par la Société Pyrénéenne ou par les abonnés de celle-ci qui, en lait violeraient le privilège donné par le traité de iS'^et'consacré par le Conseil d’Etat, et c’est la seule raison d’être de l’instance commerciale.
- Il y a ensuite l’instance administrative, celle-ci ne pouvait avoir qu’un but : dire, si la commune avait ou n’avait pas suffisamment défendu le privilège qu’elle avait concédé : évidemment ^juridiction judiciaire ne pouvait pas être compétente pour apprécier cette action : on suit avec quel soin jaloux le Conseil d’Etat main-
- tient la démarcation entre les deux juridictions : par conséquent, cette intervention, qui ne pouvait avoir aucune utilité, pour solutionner la question de quasi-délit la seule que le Tribunal judiciaire pouvait avoir à connaître, devait être repoussée comme au moins inutile, si ce n’est dangereuse.
- Nous donnons ci-dessous le texte de l’arrêt de la Cour de Toulouse.
- La Cour :
- Attendu que la Compagnie du Gaz exerce une double action en dommages-intérêts ':
- 1° Devant le Tribunal de Lavaurcontre la Pyrénéenne ;
- 2° Devant le Conseil de préfecture contre la-commune de Graulhet;
- Que cette double action est fondée sur ce fait que les abonnés de la Pyrénéenne ont installé chez eux Véclairage électrique, ce qui porte atteinte aux droits de la Compagnie du Gaz, concessionnaire de Véclairage de la commune de Graulhet;
- Que ce fait dommageable serait dû à la faute commise :
- 1° Par la Société Pyrénéenne, qui a toléré et favorisé les agissements de ses abonnés, dont elle se serait faite la complice;
- 2° Par la commune qui aurait commis un abus de permission de voirie en ne faisant pas ce qu1 elle aurait pu faire pour empêcher cette concurrence, cest-à-dire en ne retirant pas les autorisations par elle accordées ;
- Attendu que par son jugement du i4 avril 1910, le Tribunal de Lavaur, saisi de la première demande, a ordonné d'office avant de statuer au fond, la mise en cause d'un certain nombre d'abonnés ; que la Pyrénéenne et Bongrain ont relevé appel principal de celte décision et, que la Compagnie du Gaz elle-même relève appel incident;
- Attendu que la commune de Graulhet demande, de son côté, à intervenir dans l'instance et qu'il y a lieu de statuer sur le mérite de cette intervention ;
- Sur la demande en intervention :
- Attendu que la commune, a été assignée devant le Conseil de préfecture, à raison d'une faute qui lui est reprochée et
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- qui est distincte de celle relevée h la charge de la Société Pyrénéenne et du sieur Bon-grain; ,
- Que cette action peut donner lieu à l'interprétation d'actes administratifs ;
- Que les deux instances ne doivent pas être confondîtes et qu’il y a lieu de rejeter la demande en intervention comme non justifiée ;
- Sur l'appel principal :
- Attendu qu'il n'est pas nécessaire qu'il existé aucun lien de droit résultant de stipulations antérieures entre la Compagnie du Gaz et les défendeurs puisque c’est un quasi-délit qui est invoqué contre l’appelant ; que la Société Pyrénéenne ne conteste pas, en principe,, qu'il lui est interdit de livrer du courant pour l'éclairage électrique et que c'est le principe même de cette interdiction qui est la base de leur demande, qu'on ne voit, donc pas qu'il y ait lieu de se déclarer incompétent ;\
- Attendu que la Pyrénéenne et Bongrain concluent subsidiairement à ce qu'il soit sursis à statuer jusqu'à évacuation définitive de l'instance pendante entre toutes parties devant la juridiction administrative ;
- Mais attendu que le Tribunal a simplement ordonné une mesure d'instruction, tous droits de parties réservés; que les premiers juges apprécieront s'il convient (avant de statuer au fond) d,'ordonner ce sursis, mais qu'il ne convient pas de retarder en l'état une simple mesure cl'instruction pour le motif invoqué sur l'appel incident;
- Attendu que la Compagnie du Gaz s'oppose à la mise encause des abonnés, qui luiparait inutile, et conclut à la nomination immédiate d'experts chargés d'évaluer le préjudice; mais attendu que l’expertise suppose la reconnaissance du principe de la responsabilité, principe contesté par la Pyrénéenne et Bongrain; qu'avant de prononcer sur cette question, les premiers juges ont estimé à bon droit, qu'il convenait d'entendre les explications des abonnés et que leur décision doit être maintenue.
- P. C. M.
- Bejette, comme mal fondée, la demande en intervention formée par la commune de Graulhet; et statuant sur les appels principaux formés par la Pyrénéenne et Bongrain, en ordonne la jonction et les rejette, motifs pris de ce que la Compagnie du Gaz se base sur une faute personnelle qui aurait été commise par les appelants et dont Vappréciation appartient aux juges du droit commun.
- Bejette également l'appel incident en ce qui concerne la mise en cause des abonnés ; dit que cette mise en cause doit être maintenue dans les termes où elle a été ordonnée ; condamne la Pyrénéenne et Bongrain à l'amende et aux dépens d'appel; condamne la commune de Graulhet aux dépens de son intervention.
- Paul Bougault,
- Avocat & la Cour d’appel de Lyon.
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- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- STATIONS CENTRALES ET DISTRIBUTION
- Les mesures de contrôle dans les installations à haute tension. — A. Barbagelata.
- L’importance des mesures de contrôle destinées à vérifier l’exactitude d’un watlmètre enregistreur ou d’un compteur augmente avec la tension du circuit sur lequel est branché l’appareil, en raison de l’importance de la valeur économique de la puissance onde l’énergie mesurées. Etant donné qu’on a actuellement à effectuer des mesures à des tensions de 3oooo, /,o ooo ou fio ooo volts, auxquelles peuvent se l'aire certaines fournitures de grandes quantités d’énergie, cédées, par exemple, d’une Société à une autre à la tension d’une ligne primaire, il est d’un intérêt capital de pouvoir contrôler les appareils, quelle que soit la confiance qu’on puisse avoir en eux et que ce soit à l’occasion d’une contestation ou pour toute autre cause.
- Quand l’énergie mesurée est transformée en totalité sur place, il convient toujours de placer les instruments de contrôle sur le circuit secondaire en évaluant de'façon quelconque les perles pnr transformation ; dans le cas d’une-puissance élevée, les perles par transformation dépassent, en effet, rarement > % de la puissance transformée. de sorte qu'une erreur de v.o % dans leur évaluation ne sera pas supérieure à o,(i % de la puissance au primaire, erreur qui n’est certainement pas supérieure à celle qu’on pourrait commettre dans une mesure directe en admettant qu’il soit possible de la faire. Mais si l’appa-reil de contrôle se trouve dans un poste île distribution ou dans un endroit où une partie seulement de l’énergie est transformée, il faudra opérer nécessairement, sur la haute tension.
- Jusqu’à quelle tension pourra-t-on faire encore une mesure directe:’ On sait que l’on pourra employer, soit des résistances sur le circuit de tension du watlmètre, soit des transformateurs de mesure. Le premier procédé est généralement préférable pour les tensions relativement peu élevées (io ooo àiù ooo volts). On fabrique actuelle-
- ment il est vrai, d’excellents réducteurs à rapports variables mais il est évident qu’ils ne peuvent permettre d’arriver pour chaque tension à une sensibilité «aussi grande du wattmètre alimenté ce qui est toujours possible avec l’emploi de résistances additionnelles.
- Si l’on pusse au cas de tensions atteignant fio ooo volts, on rencontre des difficultés importantes dans l’emploi de chacun des deux procédés. Les réducteurs de tension cl d’intensité sont d’un poids assez élevé ( i Goo kilos pour l'ensemble dont 700 kilos pour chaque réducteur de tension) elle prix de ce matériel dépasse 3ooo francs. Si l’on envisage l’utilisation de résistances additionnelles, le prix sera plus élevé encore cl atteindra 5 ooo francs, alors que, pour un poids plus acceptable, l'encombrement, du matériel deviendra tout à fait excessif. A ces inconvénients s'ajouteront du résides difficultés
- techniques résultant des actions électrostatiques et de la capacitédu circuit qui ne. paraissent pas pouvoir être résolues aisément, par une analyse méthodique des conditions de fonctionnement. L'expérience montre, en somme que, pourdes tensions supérieures à i5 ooo volts, il est préférable de procéder indirectement, c’est-à-dire en comparant à basse tension avec un watlmètre ali-
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- menté par les mêmes réducteurs que lui, l’appareil à vérifier.
- 11 sera nécessaire, (lès lors de vérifier l'exactitude des rapports de transformation des réducteurs d’intensité et de tension. Cette vérification s’effectue aujourd’hui facilement dans les laboratoires par diverses méthodes. L’auteur s’est proposé de trouver une méthode simplifiée, applicable aux installations sans emploi d’appareils spéciaux ; elle est dérivée (les méthodes de laboratoire basées sur l’emploi de l'indicateur de phase et dorélcctrodynamo.niètre et peut être, appliquée partout où l’on dispose d’un système triphasé à basse tension.
- Le principe en est le suivant. Soient deux différences de potentiel Y, et Y, de même fréquence, décalées, l’une par rapport à l'autre de i8o°±£ ; on alimente, avec la plus grande d’entre elles Y,, (fig. i et a) une grande résistance R non inductive et on relie la plus petite Và travers la bobine mobile d'un électrodynamomètre g aux extrémités d’une résistance variable r, fraction de R. S’il passe dans la bobine fixe de l’élcctro-dynamomètre un courant I(„ de façon à créer un
- flux <I>0 de phase quelconque, on pourra, en général, ramener l’appareil au zéro en agissant sur /, le courant, de |a bobine mobile étant en quadrature avec <]•„. Cette condition étant satisfaite, on aura :
- y.2 COS («-{-£)
- 7 = H .T—.-------:---
- \ , cos a
- et si ^ est constant, /• donnera la valeur de la V 1
- projection de Y2 sur Y|.
- En décalant successivement deux fois d’une même valeur 0 connue l’angle de phase de <I*0, on obtiendra trois valeurs /q, r.2, r9 qui permettront
- de calculer et s. V y
- D’après les éléments de la ligure 3, on calcu-
- lera tg. a, tg. s et dont, on trouve facilement
- V-2
- les valeurs :
- tg « —
- 7‘a 4- L — a/a
- •K OK — 'V
- c ___________'vj____________________Ldi_________.
- g s — 7', tg y. + 7-2 tg (0 —a) ~ /•, tg(O-fa) —/;, tga
- v. R , , • ,
- — = - (cos £ + tg a sin s).
- V y f'i
- Dans le cas, qui nous occupe, des translorma-teurs de mesure, V, et V* seront les différences de potentiel aux bornes primaires et secondaires d’un réducteur de tension, ou bien les dilté-rences de potentiel aux bornes des deux shunts
- i_____i. -â----------
- S, et Ss insérés sur le primaire et le secondaire d’un transformateur du courant. L’angle £ étant petit, les trois valeurs /•,, /,, 7-s seront voisines cl on pourra substituer dans les formules trouvées, si.n £ à tg £ çt la valeur moyenne rm aux quantités 7-,, r.„ r.„ au dénominateur de tg s, Si on pose
- 7’i — r% — n, — =
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- ... , . a- — ni-
- a 4- b = a, a — b — m, h ~ —;-
- ial -f- m
- il vient
- Vj R / mh\
- V2 _ t\ \ a/•„,/'
- Si X0 est le rapport nominal de transformation, R . -,
- en posant /0 — rr, on peut donner 1 expression A0
- suivante de l’erreur en pour cent ioo / mh\
- Quant à l’erreur de phase, elle sera donnée par l’expression
- «« e. dh
- ioo sin s = 86,6 —
- n
- en supposant l’angle 6 égal à 6o°.
- Fig. 4.
- La méthode employée peut servir à vérifier directement les réducteurs de tension dans les conditions ordinaires de fonctionnement lorsque la résistance r0 -)- r peut supporter la tension primaire normale. Il est possible également de procéder indirectement en opérant d’abord à une tension compatible avec le matériel employé, puis en calculant les variations du résultat obtenu lorsqu’on fait varier la tension et. éventuellement la charge. Ce dernier calcul se réduit à la détermination de la chute de tension dans le transformateur pour des valeurs variables de la tension et de la charge et les résultats qu’on obtient sont les suivants :
- y„ étant l’erreur sur le rapport à la tension normale,
- y,, étant l’erreur sur le rapport à la tension réduite,
- X0 le rapport, nominal de tranformation, l’erreur
- Un — Vr + TTT, (C,.--C„).
- A0-
- Dans cette expression,
- ~ (R, cos <p,. -j- wL, sin <p,.)
- ’/•
- ^ (R, cos -fuL, sin tp„)
- o,. et 1,. étant l’angle de phase et la valeur du courant d’excitation mesurés à la tension réduite.
- La figure 4 ci-dessus montre l’application de la méthode à deux réducteurs de tension. L’un des deux réducteurs de tension T, est alimenté à la tension Y au moyen d’un rhéostat /„ et on mesure la tension obtenue au primaire. Le watt-mètre W qu’on a substitué pour plus de simplicité à l’électrodynamomètre et qui sera, par exemple, un wattmètre ordinaire Hartmann et Braun, permet d’obtenir une sensibilité supérieure à y— , plus que suffisante dans la plupart
- des cas. Un interrupteur tripolaire D sert à alimenter successivement la bobine fixe du watt-mètre au moyen de chacune des phases. L’ampèremètre A et la résistance ra permettent de contrôler et de régler le courant dans la bobine fimpèremétrique.
- <p„ et I„ les mêmes quantités mesurées à la tension normale.
- De même, l’erreur de phase se calcule par la formule ;
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- . ioo rRe sin «ï> — wLe cos <fc
- ,0° s = X? L----------------z----------
- -J- (Ri sin <p — wL, cos ç) où
- R, = R» + X„=r2
- Z étant l’impédance du circuit extérieur ;
- I le courant d’excitation au secondaire mesuré à la tension Y entre bornes du secondaire.
- <1> étant le décalage du courant primaire.
- L’application de la méthode à la vérification des réducteurs d’intensité se fait plus facilement en opérant comme l’indiqueJa figure 5 ci-dessus. La difficulté consiste seulement dans la faible valeur de la différence de potentiel qui ne peut guère dépasser quelques dizaines de volts aux bornes des shunts St et S2. Il sera nécessaire de substituer au wattmètre un appareil contenant du fer. De plus, comme la valeur de R sera forcément limitée à quelques centaines d’ohms, il sera nécessaire, pour réaliser une sensibilité suffisante, de procéder par une méthode de faux zéro.
- En résumé, la méthode employée, que son auteur appelle méthode des trois projections, permet de réaliser d’une manière simple la vérification des transformateurs réducteurs et, de plus, elle donne le moyen d’effectuer cette vérification à des tensions élevées auxquelles aucun autre procédé ne permet d’obtenir des résultats aussi voisins de la réalité. L’application de cette méthode à une tension de i5 ooo volts a permis d’en contrôler l’exactitude et on a pu réaliser des mesures sans difficulté à des tensions voisines de 5o ooo volts.
- (L'Electrotecnica, 4 février 1914.)
- Amélioration du facteur de charge dans un réseau électrique. — S. N. Kennedy.
- II n’est pas toujours aise de dire comment on peut obtenir une amélioration du facteur de charge, c’est-à-dire du coefficient moyen journalier d’utilisation d’une centrale électrique. En beaucoup de localités, on atteint assez facilement à une charge maximum pour la soirée, mais il faut beaucoup d’efforts pour améliorer les conditions d’utilisation ou, autrement dit, la demande de courant, pendant le jour et surtout dès le matin. Ce résultat ne peut être obtenu que par une grande variété dans les services
- assurés par la centrale. Si une* Compagnie de distribution d’électricité veut même atteindre à un facteur de charge de 60 % ou plus, il lui faut desservir plusieurs agglomérations de nature différente pour réaliser cette diversité dans la charge.
- A cet égard, on cite fréquemment la Southern California Edison C° qui a un facteur annuel de charge de 60 % et qui atteint assez souvent un facteur de charge annuel de 70 % environ.
- Cette Compagnie occupe et dessert une région engloblant plus de 3o villes d’importance différente et des régions agricoles bien préparées à tirer parti des avantages de l’électricité pour l’éclairage et la force motrice. Pour l’exploitation, on a divisé cette zone en i3 districts, dont chacun est dirigé comme une exploitation indépendante au point de vue comptabilité mais qui sont tous reliés par des lignes de transmission et par des lignes téléphoniques privées. L’ensemble est sous le contrôle de la direction générale.
- Chacun de ces districts a un caractère particulier au point de vue de sa charge. Certains d’entre eux englobent des villes côtières, — stations balnéaires très fréquentées pendant la saison d’été ; — d’autres sont surtout industriels ; plusieurs vivent de travaux agricoles et horticoles ; d’autres enfin étudient rétablissement de stations hivernales tout en pourvoyant aux besoins locaux.
- La diversité de caractères des districts entraîne une diversité parallèle dans la charge demandée au réseau et dans le facteur de charge global.
- C’est ainsi que les stations balnéaires présentent, au point de vue de la consommation de courant, une pointe assez forte aux premières heures du jour pendant les mois d’été, en raison de l’éclairage des divers établissements de nuit. Pendant les mêmes mois, les districts de l’intérieur ont une pointe plus forte de jour que de nuit, en sorte que la charge du réseau est compensée et le facteur de charge, relevé.
- Les diagrammes des figures i et 2 montrent la charge moyenne globale, dans ces variations journalières pour un même mois d’été de 1912 et de igri. On les a établis en superposant l’une à l’autre les charges des divers districts désignés chacun par une lettre de A à M. Nous analyserons
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- les caractéristiques de quelques-uns de ces districts, à titre d’exemple.
- District. A. — Il comprend une ville de plus de /ioo ooo habitants à laquelle le courant électrique est fourni par trois entreprises. La courbe représentée comporte la fourniture d’une certaine quantité d’énergie à des tramways et le facteur de charge effectif pour le mois considéré (le îqi'f a été de fi/, %. La consommation de courant par habitant en 1912 a été de 47 francs environ.
- Le district B est une, région industrielle ; il fournit une charge de force motrice et de consommation courante, l’énergie étant vendue à
- Le district F, qui englobe deux stations balnéaires et une région agricole quelque peu industrielle où l’on pratique une assez importante irrigation, a un facteur de charge de 41 %. Ce district est vaste et la densité de population y est faible.
- Dans le district /, à faible population également, il y a une grande demande de courant pour force motrice pour l’irrigation, les fabriques et les travaux de développement. Le facteur de charge y est de 5a % et la pointe se manifeste à 3 heures de l’après-midi. La consommation annuelle île courant par tête a été do 7 35o francs en 1912.
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- Fig. 1 et —• Diagrammes des charges journalières globales du réseau
- de la Southern California Edison C° pour un même mois d'été de 1Q12 et 1913. *
- deux villes pour des distributions municipales. En été, il y a une demande importante d’énergie pour l’arrosage. Consommation par tête en 1912 : (Kl francs. Facteur de charge pour le mois considéré de iyi3 : 84 %, et toujours supérieur à 70 % pendant toute l’année.
- Le district C est surtout agricole : facteur de charge pour le mois considéré : 40 % ; la pointe journalière moyenne se présente à 10 heures du matin. Consommation par tête en 1912 : 40 francs environ.
- Le district /) est relativement petit ; il englobe deux villes de chacune 5 000 habitants environ et de grandes plantations d’orangers : facteur de charge pour le mois considéré 41 % ; pointe moyenne à 10 h. 3o du matin ; consommation moyenne par tète en 1912 : 45 francs environ.
- Le district E comprend trois villes cl: de grandes plantations de citronniers ; facteur de charge : 5 2 % •
- Dans lé district K le facteur de charge de 5o % est surtout fourni par la demande de force motrice pour les fabriques et pour les dragages ainsi que pour l’exploitation d’un 2Îort maritime ; la pointe se présente à 10 heures du matin.
- La charge combinée indiquée dans le diagramme de la figure 2 est la moyenne du mois pour l’ensemble des districts. La charge maxi-111a de ce mois a été île 53 170 kilowatts, à 9 h. 5o du matin ; le même jour, on a atteint, 49 553 kilowatts à 4 heures après midi et 43 975 kilowatts à 8 heures du soir.
- La comparaison avec les courbes du mois correspondant de 1912 met en relief le, progrès accompli en un an pour relever les charges diurnes. 11 y a lieu de remarquer en particulier que si les pointes journalières moyennes se produisent de grand matin dans les disLriçts (i, L, cl M (grandes stations balnéaires) les pointes des districts C, D, E et 11, se présentent pendant
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- la journée, en sorte que les pointes nocturnes de certains districts sont contrebalancées par les pointes diurnes de certains autres. Il en résulte que le facteur de charge global du réseau de la Compagnie a été de O9 % pour le mois considéré.
- S’il y a une grande diversité dans la charge représentée par les différents districts, il y en aussi une très grande à l’intérieur d’un même district.
- Le Sud Californien est un pays relativement neuf qui sc développe rapidement et où l’électricité est très demandée pour tous les usages. Cette situation est favorisée d’ailleurs par des tarifs relativement bas rendus possibles par des facteurs de charge élevés.
- Pour atteindre à de tels résultats la Compagnie, dispose d’un état-major vigilant d’agents et d’ingénieurs commerciaux. C’est à leurs efforts personnels pour exposer et démontrer les avantages indéniables du service éleelrique à chacun suivant ses besoins qu’est dû le facteur décharge relativement considérable : 98 % peut être des habitations situées à portée des lignes de distribution de la Compagnie s’éclairent par l’électricité et la commande électrique prédomine également dans les usines petites cl grandes. En outre, il y a en usage chez les abonnés du réseau plus de 100 000 appareils électriques divers d’une consommation moyenne de 4 à a ampères.
- (Electrical Wold, 11 février 1914.)
- ÉCLAIRAGE
- Une nouvelle lampe à incandescence. —
- D1 H. Greinactier.
- L’auteur a créé une nouvelle lampe à incandescence qu’il appelle cathodique. Elle consiste essentiellement en une ampoule sphérique dans laquelle sont disposées deux pointes non conductrices à froid servant d’électrodes. Ces pointes s’échauffent tout d’abord par la faible décharge qui s’établit entre elles et deviennent ensuite suffisamment conductrices pour être portées à l’incandescence par le courant intensif qui succède.
- Avant de décrire cette nouvelle lampe, il expose les origines de sa conception.
- Si l’on fait passer des décharges électriques entre deux électrodes dans une atmosphère raréfiée (tubes de Geissler), la cathode s’échaude fortement et l’anode, au contraire, très peu. Cela tient à la propriété caractéristique des décharges électriques, à savoir que la résistance opposée à la décharge se produit en majeure partie autour de la cathode. Entre la cathode et la zone luminescente négative (dans la partie sombre de l’ampoule de CrooUes) règne la chute de tension cathodique, généralement, très considérable. C’est pour la surmonter, que se dépense la majeure partie de l’énergie électrique, ce qui sc traduit par un échaulTemcnt intense, de la cathode.
- Quand on veut éviter le plus possible cet
- échaulfement, com me dan s les tubes de Roentge n , on donne à la cathode une surface et un volume notables. Si, au contraire, on réduit les dimensions de celle-ci, sa température peut facilement augmenter jusqu’à l’incandescence et môme jusqu’à la fusion. Le fait a été observé déjà par Wicdemann et Ebcrt. O11 peut même réaliser l’expérience sans tube à vide en faisant jaillir entre deux pointes de platine des étincelles électriques. Avec une intensité modérée, on observe déjà l’incandescence du fil négatif.
- Sur les indications de l’auteur, M. Emile Gun-dclach, fabricant d’instruments de verrerie, a établi un appareil de démonstration de ce. même phénomène au moyen de d.eux lampes à incandescence à filament de carbone ou métallique. O11 a réuni ces lampes par la pointe au moyen d’un tube de verre et l’on a fait le vide dans cette enceinte. Quand cet appareil est réuni par chacun des filaments aux pôles d’une bobine Ruhmkorff, il s’y produit des décharges d’une lampe à l’autre et l’on remarque que le filament relié au pôle négatif devient incandescent, tandis que l'autre reste sombre. Avec un courant secondaire assez puissant, (bobine Ruhmkorff avec interrup-teurde Wchnelt), la lampe négative éclaire autant qu'eu service normal.
- Comme la tension de décharge estasse/.-faible, on peut alimenter également la bobine Ruhmkorff
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- de courant alternatif ordinaire et employer le courant secondaire ainsi obtenu. En pareil cas, si l’on n’intercale pas de soupape, les deux lampes éclaireront, naturellement.
- Si cet appareil est excellent pour les démonstrations, notamment par ses beaux effets de luminescence, il est totalement inutilisable à l’éclairage pratique. En dehors de la question d’économie, sa durée est, en effet très limitée. Au bout de peu de temps, il y a un fort bombardement par la cathode, le verre se noircit et les filaments se brisent. Toutefois, la lampe continue à brûler jusqu’à ce que les filaments soient complètement détruits.
- Fig. i.
- Si donc on veut appliquer le phénomène d’échauffement de la cathode à la construction d’une lampe électrique, il faut avant tout rendre inoffensif, le bombardement par la cathode, L’auteur a essayé d’y parvenir en employant des matériaux qui ne deviennent conducteurs qu’à haute température. La substance qui lui a surtout paru convenir à la confection des électrodes est celle des crayons des lampes Nernst. En fait, il a pu réaliser ainsi une lampe de durée beaucoup plus grande; de plus, comme la température est notablement accrue, le rendement en est bien meilleur. La nouvelle lampe présente en outre sur la lampe Nernst ordinaire l’avantage de s’amorcer d’elle-même; les pointes n’ont pas besoin d’un dispositif de chauffage spécial.
- La lampe d’essai qui a été construite est constituée par une ampoule sphérique de 14 centimètres de diamètre munie de deux tubes R dont l’un porte une tubulure A pour la pompe à vide. Deux tubes Q, à parois épaisses de quartz fondu de qualité commune, pénètrent dans l’ampoule; ils mesurent % millimètres de diamètre intérieur et servent de supports, de la façon indiquée par la figure, à deux pointes S constituées par des crayons de Nernst (tubulaires). Ces pointes
- forment les électrodes et sont reliées aux bornes de la lampe en fil de platine par des conducteurs. Les pointes sont justes assez enfoncées dans les tubes de quartz pour y abriter les conducteurs métalliques. Elles y sont scellées par un ciment d’argile et de magnésie, en sorte que les décharges électriques nepuissent jaillir qu’entre les pointes. Si, avec un vide de quelques millimètres de mercure, on fait passer dans cette lampe un courant alternatif d’environ i ooo volts, une décharge luminescente bleue se manifeste tout d’abord à la base des électrodes S; elle atteint rapidement les pointes qui sont ainsi complètement enveloppées d’une lueur bleue ; en même temps, les électrodes s’échauffent à partir de la base. L’intensité du courant augmente jusqu’à ce que les électrodes soient portées au blanc éblouissant. Cette période d’allumage ne dure que quelques secondes.
- On voit donc que c’est la décharge luminescente qui produit ici réchauffement des électrodes. Il est à remarquer qu’aucune décharge ne se produit entre les conducteurs extérieurs, autour des tubes de quartz. L’espace entre ces tubes Q et les tubulures de verre de l’ampoule R est d’ailleurs si réduit qu’il offre à la décharge électrique une résistance bien supérieure à celle qui existe entre les électrodes. Ainsi, la cons-
- Fig. a.
- truction de ces lampes est très simple et n’exige pas une pompe donnant un haut degré de vide. 11 paraît même désavantageux de pousser trop' loin ce vide car alors la luminescence bleue et, par suite, les rayons cathodiques atteignent l’ampoule qui s’échauffe beaucoup plus pour le même éclat lumineux des électrodes; la consommation d’énergie de la lampe est alors beaucoup plus élevée. Avec un degré de vide convenable, le verre ne s’échauffe pas au point qu’on ne puisse le tenir à la main.
- D’après l’auteur, la première lampe de ce type
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- présente une économie qui permet d’espérer une heureuse concurrence avec les autres systèmes quand elle sera perfectionnée au point-de-vue technique. Pour une tension de 820 volts aux électrodes, on a mesuré une intensité de 0,11 ampères, soitune consommation de 90 watts pour un pouvoir éclairant que l’autetir estime au moins égal à celui d’une lampe à incandescence de 5o bougies.
- On peut toutefois se demander si la lampe à incandescence cathodique sera utilisable dans tous lès cas, ou seulement lorsqu’on disposera de voltages élevés. La tension nécessaire entre les électrodes peut cependant être modifiée dans de larges limites, soit par réglage du degré de vide, soit par une forme appropriée et un choix convenable de la matière des électrodes, soit encore par le choix du gaz remplissant l’ampoule. On sait qu’avec une atmosphère d’hélium, par exemple, et une cathode de potassium, on produit déjà une décharge luminescente sous une tension de ioovolts : l’inventeur espèredonc adapter sa lampe aux basses tensions des réseaux.
- (Elektrotechnische Zeitschrift, 5 mars 1914.)
- La lampe au néon et son application à. la publicité lumineuse.
- La lampe au néon a été récemment adaptée à la publicité par signes lumineux. Pour le fonctionnement des lampes de ce genre, il faut un courant alternatif ou pulsatoire à haute tension. Leur durée est, dit-on, d’environ 1 200 heures; elles sont d’une conduite simple et d’un fonctionnement économique. La lampe au néon se compose d’un tube de cristal et d’électrodes de cuivre pur scellées dans le tube au moyen de platine; le vide y est fait à l’aide d’une pompe à mercure et les gaz résiduaires sont absorbés par du charbon de bois refroidi dans l’air liquide. Cette dernière opération a également pour effet d’éliminer les impuretés provenant des électrodes ; sans elle, la préparation de la lampe ne réussit pas. On introduit ensuite une trace de néon dans le tube qui est alors scellé. Ce néon est le résidu de la distillation fractionnée de l’air liquide.
- La lumière de ces tubes ne contient pas de rayons bleus mais elle est riche en rayons rouges et diffère radicalement de toute autre source lumineuse; elle est, en outre, très avantageuse pour la publicité lumineuse.
- Celle-ci peut se faire au moyen de tubes droits ou bien les tubes peuvent être eux-mêmes façonnés en forme de lettres. Les tubes droits ont ordinairement 5o millimètres de diamètre et 6 mètres de longueur au maximum. Les tubes de lettres ont i5 millimètres de diamètre. L’intensité lumineuse est d’environ 200 bougies sphériques par mètre courant.
- Ainsi qu’on l’a dit. plus haut, ces lampes 11e fonctionnent qu’avec du courant alternatif ou pulsatoire. Sur les circuits à courant alternatif, on relève la pression au moyen d’un petit transformateur dans le circuit primaire duquel se trouve une inductance régulatrice, ainsi que des interrupteurs bi-polaires ou des fusibles. Avec les réseaux à courant continu, on emploie un petit groupe moteur-génératéur, une commuta-trice ou une bobine d’induction. Dans le cas d’un tube de 5o millimètres de diamètre et de 6 mètres de longueur, le courant passe entre les électrodes sous une tension de 1000 volts environ. Chaque mètre de longueur en sus nécessite une augmentation de tension d’environ 100 volts. Les lampes durent environ 1200 heures sans surveillance; temps au bout duquel il faut à nouveau y faire le vide, le néon paraissant être absorbé par les électrodes et par le verre.
- Les lampes s’illuminent dès que l’interrupteur est fermé. O11 a, en outre, constaté que l’effet lumineux était amélioré par introduction dans un tube à néon d’une minime quantité d’un sel de mercure; en ce cas, le néon se trouve comprimé suivant une bande qui se déplace continuellement d’une extrémité à l’autre du tube et l’on obtient simultanément dans un même tube les couleurs caractéristiques du néon et de la vapeur de mercure. O11 trouve depuis quelque temps à Paris de ces lampes à néon.
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- ÉLECTROCHIMIE
- Toile de laiton fine pour remplacer le platine dans l’analyse électrolytique. — D. Gal-hane et T- C. wheaton.
- Cet article décrit la façon dont, on a pu, en plusieurs cas de précipitations électrolytiques de métaux pour l’analyse rapide, remplacer la cathode de platine très coûteuse par une toile de laiton de ioo mailles au pouce (i 55o mailles au centimètre carré). Les auteurs ont employé cette toile métallique en la recouvrant d’abord d’un dépôt de cuivre; son avantage est qu’on peut obtenir des mailles plus fines qu’avec la toile de cuivreet quepourune dimension donnée on a une plus grande surface de cathode per-, mettant une plus grande intensité de courant et, par suite, réduisant la durée des opérations. En outre, la toile de laiton est plus tenace et c’est la plus économique que l’on puisse employer à cet usage. Elle coûte, au détail, environ 120 francs le mètre carré et l’on peut faire environ 200 électrodes au mètre carré.
- Pour préparer ces électrodes, on découpe des morceaux de toile de i35 millimètres de longueur et 8a millimètres de largeur environ. On replie le bord des longs côtés et on l’aplatit au marteau ; les bords des petits côtés sont repliés ensuite sur une boucle de fil de cuivre n° 22 de 3<> centimètres dont on tord les deux bouts, de manière à former un cylindre pesant environ j a grammes. Ce cylindre est plongé dans une solution caustique pour enlever la graisse, rincé puis plongé dans un bain de sulfate de cuivre sous une intensité de courant de 2 à 3 ampères. Cela fait, on lave la toile, on la trempe dans l’alcool, on la sèche et on la pèse.
- Pour l’employer dans les solutions ammoniacales, on insère un fil de platine dans le fil de cuivre pour éviter qu’il ne soit attaqué parles vapeurs ammoniacales près de la’surface de la solution. 11 suffit de deux bouts de fil de platine de 75 millimètres de longueur chacun attachés à là toile de laiton et tordus ensemble et dont l’extrémité opposée est attachée à la tige en fil de cuivre.
- La surface approximative de ces cathodes est de fi/| centimètres carré. Ce n’est d’ailleurs pas le seul facteur responsable du bon rendement de la toile métallique, car une surface pleine de mêmes dimensions mesurerait près de 97 centimètres carré. Ce rendement doit être dû à la nature spéciale de la surface qui faoilite l’élimination rapide de l’hydrogène par de grandes intensités de courant, ce qui produit un effet de brassage et augmente la vitesse de migration vers la surface de la toile métallique. Ce problème sera d’ailleurs étudié par les auteurs. Ceux-ci indiquent le mode opératoire et les résultats obtenus dans des dosages de cuivre, de nickel et de zinc. Des analyses de cuivre ont été faites d’alliages d’argent, d’argentan, d’alliages nickel-cuivre et de battitures de cuivre souillées de fer et d’autres impuretés.
- On a trouvé, dans le cas des dosages d’argent et de cuivre dans une solution de cyanure de potassium, qu’aux faibles poteritiels entre 2 et 3 volts, pour la précipitation de l'argent, on 11e pouvait employer la toile de laiton car le zinc se dissolvait- La précipitation de l’argent de la solution de cyanure a été faite au moyen d’une toile de platine, puis le cuivre a été précipité sur la toile de laiton par un courant de 12 à i5 volts, 1 à i,5 ampères. Durée de l’analyse : une heure ; poids de cuivre déposé: 0,012 grammes, pourcentage : 9,11.
- Des dosages de nickel ont été faits pour différents alliages de nickel-cuivre, argentan, etc., et pour du fil de résistance. Avec l’argentan,,on a trouvé qu’il était possible de précipiter de o,3 à 0,4 grammes de cuivre en 45 à 5o minutes avee un courant de 5 ampères pendant 7 minutes et de 1 ampère pendant 40 minutes.
- Un grand nombre de déterminations ont été faites pour le zinc en employant du zinc pur, du sulfate de zinc cristallisé, des alliages, de la poudre de zinc impur, etc. La solution employée était du zincate de sodium. La température la plus favorable pour les dosages de zinc à été de Go” avec un courant de 4 ampères pendant 5 minutes et de 1 ampère pendant le reste du
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- temps. Pour un poids moyen de o, gr. 3 de zinc précipité, il faut 4 ampères pendant 5 minutes et i ampère pendant.35 à 40 minutes. Les dépôts, légèrement colorés et amorphes, adhéraient fortement. On a en outre, constaté que l’agitation magnétique par un solénoïde n’active pas notablement le dépôt ni n’cn améliore la nature.
- (Metallurgical and Chemical Engineering, février 1914.)
- Production de néon et d’hélium par décharge électrique.
- Le professeur J. Norman Collie, de l’University College de Londres, a fait récemment une communication à la Royal Institution, sur la production de néon et d’hélium par décharge électrique. Le sujet a d’ailleurs été vivement discuté il y a un an, alors que le même auteur et M. II. S. Patterson, présentèrent à la Chemical Society un rapport préliminaire sur la présence du néon dans l’hydrogène après le passage de la décharge électrique dans ce dernier à basse pression. Le même jour, Sir William Ramsay présentait une note sur la présence de l’hélium dans l’atmosphère d’une ampoule à rayons X. On a voulu voir alors dans ces relations d’expériences des exemples de transmutation des éléments. Toutefois, le professeur Collie s’est soigneusement gardé de toute déduction prématurée à cet égard.
- Le point de départ des recherches du professeur Collie a été l’observation de la phosphorescence de divers minéraux bombardés par des rayons X ou rayons cathodiques. Le fluorure de calcium (CaFl*), — spathfluor naturel ou composé artificiel, — est décomposé superficiellement par les rayons ; il change de couleur et prend un reflet métallique pourpre, probablement dû à du calcium libre, car la coloration disparaît par traitement à l’eau et cette eau devient alcaline. Cependant, on n’a pas pu reconnaître la présence du fluor, qui est l’autre constituant du spathfluor ; toutefois, ce gaz attaquerait le verre. Du fluorure de silicium et de l’oxygène ont été également constatés dans le gaz de ces
- ampoules, ainsi que le néon, reconnu par la coloration rouge caractéristique de la décharge électrique.
- Cette observation a conduit l’auteur à une longue série de recherches dont l’intérêt réside dans le fait que le néon, ainsi que l’hélium, apparaissent dans des tubes complètement exempts d’air, après le passage de la décharge électrique, niais non avant. D’où vient ce néon ?
- Nous n’entrerons pas ici dans le détail des expériences qui ont été poursuivies à cet égard par l’auteur de la communication en collaboration avec MM. Patterson et Masson, où toutes les précautions ont été prises pour éliminer toutes les causes d’erreur, notamment par rentrée de gaz dans l’ampoule à travers le verre. Bornons-nous à enregistrer que les gaz rares reconnus ne provenaient ni du verre, ni des électrodes, ni de l’oxygène, ni de l’hydrogène employés dans les expériences.
- Tout récemment, dit le professeur Collie, M- Masson a reconnu l’hélium et le néon dans l’atmosphère d’une lampe en quartz à vapeur de mercure qui avait brûlé pendant 4 000 heures. Les expérimentateurs ont alors construit une lampe spéciale constituée par un tube de quartz en U renversé, dont les extrémités des deux branches plongeaient dans des godets à mercure. Le mercure employé dans toutes ces expériences n’avait jamais été au contact de néon ou d’hélium. Cependant, on a constaté que le dégagement de gaz rares augmentait pendant un certain temps'à chaque-fois qu’on renouvelait le mercure. Il semblerait ainsi que le néon et l’hélium proviennent de ce métal. En effet, d’autres expériences ultérieures, il paraît résulter que les électrodes métalliques soumises à une décharge électrique prolongée, dégagent des gaz rares ; le potassium, le sodium, le lithium et le mercure sembleraient donner principalement de l’hélium ; l’aluminium, surtout du néon, l’argent et le cuivre, l’un et l’autre gaz. L'e problème est encore obscur, mais en tout cas, les expériences ont révélé des faits nouveaux.
- (Engineering, 10 février 1914.)
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- BIBLIOGRAPHIE
- Formulaire du Candidat-Ingénieur, par Maurice Percheron, ingénieur diplômé des Constructions aeronautiques et mécaniques. — ae édition revue et corrigée. Carnet de poche (8 X11 ) de viii-i35 pages, avec figures, plus pages blanches. Relié cuir souple, tranches dorées, 4 fr. 5o. — H. Dunod et E. Pinat, éditeurs.
- Le Formulaire du Candidat-Ingénieur ne s’adresse ' pas seulement aux élèves préparant l’admission à toutes les grandes écoles d’ingénieurs,' mais aussi aux élèves de ces écoles, candidats à l’obtention du diplôme. Il est également indispensable à tous les ingénieurs devant s’occuper de questions théoriques et ayant oublié momentanément leurs formules -d’école et de spéciales. L’auteur, l’ingénieur Maurice Percheron, passe en effet en revue tout ce qui a trait aux mathématiques, depuis la géométrie élémentaire jusqu’à l’analyse et le calcul différentiel. Outre de nombreux exemples d’application de formules (calcul intégral, analytique, etc.), il donne un remarquable résumé de la physique et de la chimie.
- Ce formulaire, de dimensions minuscules (8 X 11 cent.), se présente sous une reliure de cuir très élégante et très solide.
- On peut ainsi le porter continuellement sur soi, ainsi que le permet son format, sans craindre une rapide mise hors d’usage.
- Guide-Manuel pratique de l’Ouvrier électricien, 4e édition refondue, par H. de Grafflgny — i vol. in-ia, relié percaline, 390 figures. 1914. <j fr. 5o. — H. Désforges, éditeur.
- La quatrième édition du Manuel de VOuvrier électricien vient d’être mise en vente, et l’on doit reconnaître que de très sérieuses améliorations de toute espèce ont été apportées à cet ouvrage depuis longtemps connu et apprécié des professionnels.
- Ce qui constitue la supériorité de l’ouvrage de M. de Graffigny sur tous les traités similaires offerts aux praticiens, c’est qu’il est avant tout d’une lecture aisée et accessible à tous, sans exiger de ceux qui
- ontà le consulter une instruction mathématique transcendante. Lanouvelleédition qui estofferte au public a été considérablement augmentée pour se maintenir au courant des découvertes les plus récentes dans le vaste domaine de l’électricité industrielle, particulièrement de l’éclairage et du transport de l’énergie.
- On'ne peut que conseiller cet excellent volume, d’ailleurs consacré par un succès qui ne se dément pas, à toutes les personnes tenant à être au courant des procédés pratiques de construction, de montage et d’entretien des machines et appareils électriques de toute catégorie : lampes, moteurs, dynamos, accumulateurs, etc.
- Le téléphone instrument de mesure, par Augustin Guyau, docteur ès sciences, ingénieur. — ac édition, in-16 (19-12) de vi-i5o pages. 1914. 2 fr.75. — Gauthier-Villars et Cia, éditeurs
- Le récepteur téléphonique, instrument sensible autant que robuste et bon marché, est actuellement d'un usage courant dans les laboratoires et l’industrie.
- Fournir à l’ingénieur, qui doit être aujourd’hui homme de science en mêmetemps qu’homme d’action, une monographie des méthodes de mesure qui utilisent cet instrument, lui indiquer le parti qu’il peut en tirer pour la solution de quelques-unsdes problèmes que la pratique fait surgir devant lui en lui signalant son emploi dans diverses circonstances (recherche des défauts dans les canalisations électriques, localisation des branchements souterrains dès conduités de distribution d’eau, etc...l, tel a été le but de l’auteur.
- Un brefexposé des résultats d’ordre mathématique ou expérimentalacquispar lesnombreuses recherches qu’a suscitées le récepteur téléphonique, une étude originale du mouvement de sa membrane (ùscillogra-phie inlerférentielle), ainsi que des notes documentées sur les transformateurs téléphoniques et l’emploi du téléphone en T. S. F. complètent cette étude qui intéresse aussi bien le grand public que les spécialistes de la téléphonie et lés métrologues.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 18 Ayril 1914..
- S09.
- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- L’esercice iyi3 a marqué, pour la Compagnie Générale Française de Tramways, une reprise de son mouvement progressif. Nous avions constaté, pour les exercices précédents, que les bénéfices nets tendaient à rester stationnaires, sinon à diminuer, en raison des charges nouvelles que les municipalités imposaient pour la prolongation, l’accord ou le renouvellement des concessions ; en 1913 les recettes de tous les réseaux ont présenté un accroissement de 865 271 francs, si bien que les résultats d’exploitation, intérêts et produits divers compris, présentent un solde brut bénéficiaire de 6 768 533 francs, en augmentation de 526205 francs. Le coefficient d’exploitation a été réduit d’autre part de 64 % à 62 %, chiffre tout à l’honneur de la Compagnie Générale si on le compare aux coefficients obtenus par les entreprises similaires. Intérêts et amortissements des obligations déduits, le produit net de l’exercice est de 4 oi3 489 francs contre 3 497 341 francs en 1912; les comptes de réserves sont d’abord dotés d’un million de francs ; les actions touchent un intérêt de 5 % plus un dividende de 3 fr. 75 et le report à nouveau s’élève à 127 454 francs.Mais, la Compagnie comme l’a déclaré son président, est à la limite de l'effort qu’elle a tenté et réussi avec son capital et son matériel actuel ; il lui faut améliorer ses divers réseaux, les agrandir sur certains points et surtout accroître son matériel roulant, outiller et agrandir ses dépôts. Elle se propose de faire face à ces besoins par une émission de 20 000 obligations 4 % poui* laquelle elle s’est assurée déjà le concours de divers établissements financiers et notamment du Comptoir d’Escompte. Les recettes à entrevoir couvriront les charges de ce nouvel emprunt ; mais il faut compter avec la loi sur les retraites actuellement en discussion devant le Sénat et dont la répercussion pourra, pendant quelques années, atténuer le mouvement de progrès de la Compagnie.
- On peut dire maintenant que l’absorption de la Société de Produits électro-chimiques et métallurgiques des Pyrénées par les Produits Chimiques d’Alais et de la Camargue est chose faite. L’assemblée de vérification des apports n’a pas encore eu lieu, puisque les actionnaires, dans leur réunion du 28 mars, ont seulement nommé les commissaires aux
- apports ; mais Je rapport de ces derniers ne changerait rien au principe de l’absorption, si tant est qu’il modifie qnelque disposition des accords déjà arrêtés par les Conseils et déjà soumis aux voles des actionnaires sous les réserves nécessaires. La Société des Produits électro-chimiques des Pyrénées entrera donc bientôt en liquidation. Elle était née cependant sous la meilleure étoile; le patronage de ceux qui avaient constitué dans la Maurienne des groupements analogues et prospères donnait àpenserque le succès devait lui venir après les premières années de mise en train. Malheureusement, de grosses difficultés d’installation compromirent de suite les résultats; puis le prix de vente de l’aluminium et de certains produits électrométallurgiques baissa dans de telles proportions qu’il fallut renoncer à leur fabrication. Nous ne rapprocherons pas des conditions où elle se trouve maintenant celles que faisait entrevoir mainte publication financière qui s’appüyait sur les bilans de la Société des Forces motrices de l’Arve, ou de la Société de Froges: A l’heure actuelle, la Société des Pyrénées apporterait un actif évalué 2 270 4o3 francs mais grevé de 1 164645 francs de dettes chirographaires et de 4 000 000 de dettes hypothécaires sous la forme de 8000 obligations de 5oo francs 5 % La Société des Produits d’Alais et de la Camargue lui remettrait 3 5oo actions d’une valeur nominale de 3oo francs jouissance ier janvier 1914 et prendrait à sa charge les obligations hypothécaires; elle augmenterait son capital de 1 o5oooo francs en le portant de i5 760000 francs à 16 800000 francs divisés en 56 000 actions. Comme la Société des Pyrénées fabrique les mêmes produits chimiques, élcctrochi-miques et électrométallurgiques que celle d’Alais et de la Camargue, celle-ci n’a pas besoin d’élargir son objet social. Les deux assemblées générales extraor-' dinaires du 28 mars ont approuvé les propositions du Conseil et voté en conséquence l’absorption sauf àapprouver ultérieurement les apports suivant ce que lui conseilleront les deux commissaires aux apports, M. Kaeuffer et M. Arnon.
- L’Omnium Français d’Electricité, qu’il ne faut pas confondre avec l’Omnium Lyonnais et qui a pour principal objet la mise en valeur de concessions de distribution d’énergie électrique, vient dë porter son
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- capital à 2 4oo ooo francs par l’émission de 6 ooo actions de ioo francs, souscrites à 164 francs; mais ne s’arrêtant par là le Conseil a demandé à l’assemblée de l’autoriser à porter ce même capital à 5 ooo ooo de francs en une ou plusieurs fois. L’Omnium Français, qui a obtenu en France et à l’étranger d’importantes concessions urbaines et rurales, se voit dans l’obligation de pourvoir aux moyens financiers qu’elles exigent ; mais nous ne croyons pas qu’il puisse maintenir pour les nouvelles augmentations la prime très élevée que sa situation antérieure lui a permis d’exiger de ses actionnaires. Tout en lui souhaitant d’être plus heureux que.beaucoup d’entreprises analogues, nous ne pouvons oublier que l'expérience a assigné à toutes celles-ci une période de mise au point variant de 5 à 8 ans. t
- La Société Suisse pour l’industrie de l'Aluminium à Neuhausen a réalisé un bénéfice de 6 671 698 francs contre 4 582 343 francs l'exercice précédent. Le dividende de 20 % a été maintenu sur un capital versé de i3 millions de francs. Les amortissements de l’exercice s’élèvent à 2738 145 francs etle fond de libération des actions reçoit 2 looooofr.; la caisse des retraites est dotée de 100000 francs et le fonds de garantie de 63o ooo francs. Devant cette brillante situation, le Conseil proposera à l’assemblée du 21 de prélever 2 600 ooo francs sur le fonds de libération pour verser 10 % sur les actions de capital libérées seulement de 5o % . Il est question également de porter le capital de 26 à 35 millions par la création de 9 millions d’actions nouvelles libérées dé 60 % ; ces titres seraient offerts aux porteurs
- actuels au cours de 1 800 francs à raison d’une action nouvelle de 1 ooo francs par 3 ooo francs d’actions anciennes. Ces ressources serviraient à développer l’entreprise.
- La Société Franco-Suisse pour 1’ittdustrie électrique distribuera, cette année, un dividende de 5 1/2 % à son capital de 25 millions de francs, et pour la première fois les 3 ooo parts de fondateur recevront
- 7 fr. 35. Les bénéfices nets sont en augmentation de plus de 10 % , étant passés de 1 4^4 g5i francs à 1 58o 927 francs.
- Les résultats de la British Westinghouse Electric and Manufacturing Company lui permettent de rémunérer, cette année, les actions privilégiées ; elles reçoivent 5 %, ce qui exige un décaissement de 5o ooo livres sterling tandis qu’une somme égale est placée à la réserve générale. Le bénéfice brut s’est élevé pour l’exercice 1913 à 223 io3 livres sterling, et le bénéfice net à 106 494 livres sterling, tandis que, pour les exercices précédents, celui-ci s’élevait seulement à t\i 074 livres sterling en 1912 et 20708 livres sterling en 1911.
- La Société Française Westinghouse annonce de son côté de bien meilleurs résultats qui permettront à ses actionnaires d’envisager l’avenir avec plus dç confiance.
- La Société pour Entreprises Elèctriques à Berlin à réalisé, l’année dernière, un bénéfice brut de
- 8 488 982 marks, en augmentation de 710 688 marks. Le dividende est maintenu à 10 % sur l’ancien capital de 5o millions de marks, tandis que les actions nouvelles touchent la moitié de ce dividende.
- T. R.
- RENSEIGNEMENTS) COMMERCIAUX
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- traction
- Paris.— Les résultats de l’adjudication de matériel roulant du Métropolitain de Paris sont officiellement connus : les Chantiers de la.Buire ont obtenu 36 voitures automotrices ; les Ateliers du Nord de la France., ont enlevé un autre lot semblable.
- Quant aux voitures-remorques, les ao de première classe sont confiées à la Société Lorraine De Diétrich et les 14 de deuxième classe seront construites par la Société des Etablissements Decauville.
- Du rapport du Conseil de la Compagnie P.-L.-M., nous extrayons les renseignements suivants concernant le‘ matériel roulant. Le matériel livré en igi3 èomprend : '
- 175 locomotives, 34o voitures à voyageurs, ia5 ten-
- • ders, a 18 fourgons, 5o trucks à équipages et 5 222 wa-| gons à marchandises.
- ! A la fin de igi3, l’effectif du matériel roulant compre-nait 3 566 locomotives, 3 184 tenders, 18 automotrices à j vapeur, 7 ai3 voitures à voyageurs, io5 683 wagons à j bagages, à marchandises ou de service.
- | Plus, pour la ligne de Chamonix i iag caisses de voi-j tures et wagons automoteurs |ia3 trucks automoteurs, j ig voitures et wagons remorques, 2 chasse-neige auto-
- ! moteurs.
- !
- La Compagnie doit recevoir, en 1914 et igi5, en exécution de commandes :
- 337 locomotives, 303 tenders, 534 voitures à voyageurs et 6 8g 1 wagons.
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- 18 Avril 1914.
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- ÉCLAIRAGE ET FORCE MOTRICE
- Aill. — Dernièrement une enquête officieuse avait été faite dans la commune de Bettant, au sujet de l’éclairage électrique.
- D'après les renseignements recueillis, il s'agirait d’un projet d'installation d’une usine électrique entre Torcieu et Montferrand ; la force serait fournie par le bief raviné qui coule dans la profonde dépression de terrain comprise entre Clésieu et Villeneuve, à l’est, et le mont Dorvan, à l’ouest, et qui est alimenté par de nombreuses sources venant des montagnes du Vachat, du Falcon et de Japaloup.
- La nouvelle usine pourrait produire une force de ioo chevaux, suffisante pour l’éclairage d’un périmètre qui comprendrait, en amont, les villages de Conand, Clézieu, Arandas, et en aval, Montferrand, Torcieu, Bettant, Leyment, Château-Gaillard, Saint-Maurice-de-Rémens, Châtillon-la-Palud, Villette, Crans et Chala-mont.
- Toutes les communes intéressées ont été officieusement pressenties et, si l’entente a lieu, le projet pourra être mis en exécution d'ici la lin de l’année.
- Les auteurs du projet demandent simplement aux communes dépourvues de lumière Une autorisation sous le régime des permissions de voirie ; elles ne seront donc point liées pour l’avenir et pourront accorder telle concession ou telle autre permission de voirie qu’elles jugeront utiles plus tard.
- Allier. — Le conseil municipal de Bourbon-l’Ar-chambault a adopté le cahier des charges et la convention qui lui étaient soumis par la Compagnie Française Générale et Continentale en vue de. l’éclairage public et privé de la commune par l’électricité.
- Aisne. — Le conseil municipal de Ribemont a adopté la Compagnie Electrique du Nord, comme concessionnaire de l'électricité à Ribemont.
- Aube. — Une société pour les applications de l’électricité est en formation à Longchamp et à Maranville, Le conseil municipal de Longchamp a donné à la Société une adhésion de principe. Il attend que la Société soit effectivement constituée.
- Côte-d’Or» — Une pétition circule actuellement à Nuits-Saint-Georges pour le remplacement de l’éclairage au gaz par l’électricité.
- Creuse. —‘ La municipalité de Pontarion vient de s’entendre avec M. Pigot pour l’éclairage à l’électrioité de la ville.
- Seine-ët-Marne. — Les maires de la région comprise entre La Motte CourceaUx, Jaulnes et Hermé, se sont réunis le 17 mars, à la mairie de Nûyen-sur-Seine,
- sous la présidence du maire de cette* commune, en vue de discuter les questions d’électricité intéressant cette région.
- Après une conférence faite par M. Petit, ingénieur-agronome électricien, l’assemblée a décidé de jeter les bases d’un secteur électrique coopératif agricole.
- Une commission comprenant tous les maires a été formée; cette commission a constitué uu comité exécutif «de neuf membres, chargé d’étudier la question, de présenter un projet complet de constitution et de discuter au mieux les intérêts de la région.
- Les maires présents ont pris l’engagement de renvoyer toutes les questions d’électricité au Comité exécutif et d’inciter les populations à -la patience et à la confiance pour donner à leurs délégués la forcé morale nécessaire à la bonne réussite des négociations.
- M. Louis, représentant de la Société d’Ëtudes et d’Exploitations Electriques concessionnaire de Coulom-miers, à fourni au conseil municipal d’Ataillis, les explications relatives au projet d'installation de l’électricité dans la commune. Après ces explications, le conseil municipal à conclu à l’unanimité à la prise en considération du projet.
- Le conseil municipal de Lagny conformément aux conclusions de sa commission des travaux, considérant l’offre qui lui a été faite par M. Duris, de.Lagny, d’installer une distribution d’énergie électrique en conformité des articles 55 et suivants de son traité de concession, a décidé en principe de lui accorder les autorisations nécessaires et a chargé le maire d’approuver les plans qui doivent être soumis à l'Ingénieur du contrôle des distributions d’énergie électrique.
- Var. — Le préfet vient d’approuver la convention intervenue entre la commune de La Londe-les-Maures et l’Energie Electrique du Littoral Méditerranéen,
- Vaucluse. — Le préfet vient d’approuver le projet voté par le conseil municipal de l’Isle-sur-Sorgue relatif à la concession d’éclairage électrique accordée à la Compagnie du gaz. Celle-ci va faire l’installation nécessaire dans l’usine du Moulin Neuf qu’elle vient d’àchetër.
- Dans ce projet est compris l’éclairage électrique des hameaux de Saint-Antoine et de Vellorgues.
- TÉLÉPHONIE
- Eure-et-Loir. — La Chambre de Commerce de Chartres est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 35 000 francs en vue de l’établissement d’un circuit téléphonique Chartres-Alençon.
- Saône-et-Loire. La Chambre de Commerce de Chalon-sur-Saône est autorisée à avancer â l’Etat une somme de 2.081 francs en vue de l’établissement du téléphone à Dracy-le-Fort.
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- INFORMATIONS
- Adoption de signes conventionnels pour l’établissement des cartes des distributions d’énergie électrique.
- Circulaire B n° 3.
- Ministère des Travaux publics.
- Direction des Mines, des distributions d’énergie électrique et de l’aéronautique (3e bureau).
- Distributions d’énergie électrique.
- Paris, le 17 mars 1914.
- Le ministre à M. , ingénieur en chef
- du Contrôle des distributions d’énergie électrique du département de
- Aux termes des articles 43 et 44 du décret du 3 avril 1908, tout permissionnaire ou concessionnaire d’une distribution d’énergie électrique doit, dans, le délai de six mois après la mise en service de cette distribution, en remettre le plan au Service du Contrôle. Une fois par an au moins, les plans et dessins des distributions doivent être révisés et mis au courant par les exploitants.
- D’autre part, d’après le modèle annexé à la circulaire du 15 avril 1912, les entrepreneurs doivent, pour chaque distribution, joindre à l'état de renseignements qu’ils ont à fournir annuellement en vertu de l’article 58 du décret précité, un croquis schématique de leurs canalisations.
- L’Administration s’est préoccupée de la question de déterminer pour l’établissement de ces cartes et schémas, des types uniformes de . signes conventionnels dont l’emploi puisse être recommandé aux industriels. La Société Internationale des Electriciens a, de son côté, mis à l’étude cette question, mais, en attendant qu’un accord définitif puisse intervenir entre les divers pays, j’estime qu’il y aurait lieu’de s’en tenir, aux symboles cartographiques qui ont été établis d’après les premiers travaux de la Société.
- Je vous prie d’inviter les intéressés à s’y conformer chaque fois qu’ils auront à vous fournir les cartes et dessins ci-dessus visés.
- J’ajoute que ces symboles sont indépendants de l’emploi des couleurs conventionnelles, qu’on devra réserver le cas échéant, pour l’établissement des projets d’exécution.
- Le ministre des Travaux publics, Fernand David.
- SOCIÉTÉS
- CONVOCATIONS
- .Société d’Electricité • Nilmélior. — Le 22 avril, 19, rue Blanche, à Paris.
- Le Matériel Téléphonique. — Le 24 avril, 46, avenue de Breteuil, à Paris.
- La reproduction des articles de la
- L’Est Electrique. — Le a5 avril, 94, rue Saint-Lazare, à Paris.
- Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi.
- — Le 3o avril, 91, rue de l’Enseignement, à Bruxelles.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, Jeumont.
- Bulletin n° 76. — Le chemin de. fer électrique à courant monophasé d’Arles-sur-Tech à Prats-de-Mollo et à Saint-Laurent de Cerdans.
- Société Anonyme des Etablissements Industriels de Constructions Electriques,
- 22, passage Hébrard, Paris.
- Appareillage Electrique.
- Instruments de mesures.
- Société Française d’Electricité A. E. G.
- 72, rue d’Amsterdam, Paris.
- A. E. G., mars 1914. — Le moteur à huile A. G. L’électrification du chemin de fer d’Usui à Toge (Japon).
- Les centrales électriques type A. E. G.
- Jules Richard, 25, rue Mélinguc, à Paris. Instruments de précision enregistreurs.
- ADJUDICATIONS
- BELGIQUE
- Le 6 mai, à 11 heures, en la salle de la Madeleine, à Bruxelles, fourniture et pose de câbles téléphoniques interurbains et télégraphiques avec accessoires dans l’agglomération bruxelloise; caut. : 10 000 francs
- (cahier des charges spécial n° 217). Soumissions recommandées le 2 mai.
- Le 19 mai, , à midi, à l’hôtel de ville, à Anvers, installation de l’équipement électrique des trois cabines de transformation n°“ 8, 9 et 10 àétablir entre les nouvelles darses nos 2 et 3 ; caut, : 9 5oo francs ; cahier des charges : o fr. 5o.
- PORTUGAL
- Le 16 mai igi4> à la Direççâo general das Obras Publicas e Minhas, à Lisbonne, construction et exploitation d’une ligne de tramways électriques de 12 kilomètres, entre Lamego et la rive gauche du Douro.
- On peut se procurer le cahier des charges relatif à cette adjudication, à la Direction précitée.
- Lumière Electrique est interdite.
- Pajus. — umumsis unrA, 17, ms oamstts.
- Lt Gérant : J.-B. Nourr
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- Trente-sixième année. SAMEDI 25 AVRIL 1914. Tome XXV (2° série), — N“ 17
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- A BLONDEL.— Complément à la méthode des
- abaques pour le calcul mécanique des lignes aériennes (Suite)............. 5 ri
- Capitaine P. BRENOT. — La télégraphie sans fil et la conférence internationale sur la sauvegarde de la vie humaine en mer.... 518
- J. de SOOCY. — La télégraphie sans fil en Océanie..................................... 5*4
- M. de CONINCK. — Etude du couple dans les machines synchrones à pôles saillants non excité ss................................... 5a5
- Publications techniques
- Stations centrales et distribution
- Usines hydrauliques sur le Rhin supérieur.. . 531
- Le prolongement du transport de force Olten-Giisgen vers la France et l’Alsace........ . 53a
- Appareils de protection en dérivation, soupapes shunts. — G. Goi.a...................... 53a
- Traction
- Les tramways électriques de Constantinople.
- — P. PosCHENUIEDEn .. . ................ 533
- Calcul des freins électromagnétiques. —
- E. Schwarz......................„...... 535
- Electrométallurgie
- Electromélallurgie du fer et de l’acier. — Woolsey, M. C. A. Johnson............... 538
- Correspondance. — Le compensateur de phase système Brown-Boveri................... 5/|0
- Etudes et Nouvelles Economiques........... 5/, i
- Renseignements Commerciaux......... ...... 543
- Adjudications............................. 544
- COMPLÉMENT A LA MÉTHODE DES ABAQUES POUR LE CALCUL MÉCANIQUE DES CONDUCTEURS AÉRIENS (Suite)(1)
- Nous donnons la suite de Varticle de M. Blondel relatif à la méthode des abaques pour le calcul mécanique des conducteurs aériens.
- U auteur continue Vétude commencée dans le numéro précédent d'une ligne dansée en cantonne-
- ments et le calcul des supports.
- Cas d'une ligne arrêtée sur ses supports après la pose.
- Bien que les règlements n’imposent pas l’arrêt des fils sur les supports en ligne courante, et qu’il soit plus avantageux, au point de vue des tensions, de laisser le fil libre de glisser sur l’isolateur, les constructeurs ont pris l’habitude d’arrêter les lignes sur chaque isolateur par des fils d’attache rendant impossible ce glissement; on prétend ainsi éviter les usures de fils résultant de fréquents glissements, mais cette explication reste discutable.
- (') La Lumière Electrique, n" 16, 18 avril 1914, |>. 481.
- Quoi qu'il en soit, l’élude du u ca n ton da ns le cas considéré doit être faite de la manière suivante :
- O11 commence par tracer les courbes de sécurité Sv et Su cl l’on en marque seulement les parties abc, dont l’ensemble forme un tracé limitant les tensions minima admissibles au régime idéal.
- Il y aura autant «le tracés limites a b c, qu’il y aura de tensions Tmnx admises; il sera bon de faire chaque tracé sur une épure différente.
- Sur chacune de ces épures, on tracera d'autre part deux lignes verticales correspondant aux portées extrêmes x’ minima et x" maxima.
- Si l’on suppose que la pose a lieu an régime idéal, on devra prendre pour tension de pose la
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV \2° Série). — N° 17.
- plus petite tension correspondant aux diiïérents points du contour a, b, c, compris entre x' et x" ; suivant les cas, cette petite tension correspondra aux points x' ou x’’. Une fois la ligné posée et arrêtée, tensions niaxima d’été ou d’hiver pourront se déduire, si on le veut, delà tension déposé admise et seront donc différentes pour les différentes portées de la ligne. Mais on est sûr qu’aucune ne dépassera Tmux, qu’on s’est fixée et c’est là la seule condition qu’il y avait à satisfaire, car il n’est pas nécessaire que la tension niaxima atteigne Tmax- Si la pose a lieu à une température différente de celle du régime idéal, il suffira de déplacer, parallèlement aux ordonnées, le tracé a b c, et de choisira nouveau la tension minima rencontrée par ce tracé entre les limites.#' et x".
- Cette détermination, qui peut être faite au moment de la pose, sera facilitée par l’artifice suivant :
- On décalquera sur un premier transparent appliqué sur l’abaque :
- i° Le réseau des isotases et on donne comme numéro à chaque isotase le produit par la section du fil du numéro qu’elle a sur l’abaque;
- a® Une isomètre quelconque ;
- 3° Le réseau des isothermes qu’on numérote en partant de l’isotherme qui passe par le point représentatif du régime probable de pose de la travée x, après avoir donné comme numéro à cette isotherme la température du régime idéal.
- Sur un deuxième transparent également appliqué sur l’abaque, on décalque :
- i° Le tracé a b c défini antérieurement ;
- 2° Les isomètres x' et x" correspondant aux portées minimum et maximum et le point 1* représentatif du régime idéal.
- Cela fait, si 0 est la température réelle du jour de pose, il suffira d’appliquer l’un sur l’autre les deux transparents, de façon que les directions des deux isomètres x', x" restent en coïncidence et que le point P du second transparent se trouve sur l’isotherme 0 du premier. La tension que devra accuser le dynamomètre pour une portée de longueur et de situation quelconque se lit alors immédiatement sur le tracé a b c.
- Si on ne veut pas emporter le transparent sur le terrain, il suffira de quelques minutes pour dl’esser la liste des tensions à donner aux différentes travées qu’on doit poser pendant la journée. Ceci suppose toutefois que la température restera 0 pendant toute la journée.
- Cette méthode est expéditive, mais elle est moins satisfaisante théoriquement que la méthode des travées individuelles, puisqu’elle force à adopter pour l’ensemble de plusieurs travées la tension de pose la plus faible, plutût que celle qui leur conviendrait individuellement.
- Il en résulte, comme le montrent les courbes de tension d’été et de tension d’hiver obtenues d’après cette tension de pose, qu’on atteint les limites admises par les règlements pour les moins favorisées des travées, et polir les autres la flèche reste plus grande qu’il ne serait nécessaire en toute rigueur.
- Cela ne fait qu’augmenter la sécurité, mais peut conduire dans certains cas à employer des supports un peu plus hauts qu’il n’est nécessaire ; aussi est-il recommandable de ne former les cantons que de travées ayant des longueurs à peu près du même ordre et de ne pas associer dans un même canton des travées très courtes avec des travées très longues.
- Exemple: soit encore un fil de 4 millimètres de diamètre.
- Les coefficients de majoration correspondant à des vents de 120 kilogrammes et de 3o kilogrammes sont respectivement d’après l’épure de ces coellicients :
- Pour iao kilogrammes ni = 2,762;
- Pour 3o kilogrammes ni' =. i,i8y.
- Nous supposons que la température la plus froide soitde—io°, la température idéale -f- i5°, la température d’été 3o°, qui est complété par ailleurs à la partie supérieure par des courbes de flèches et qu’011 s’impose de ne jamais dépasser la tension maximum de 8 kilogrammes pour aucune des portées comprises entre la portée minima 8 mètres et la portée maxima 74 mètres correspondant au point Ç ; on voit qu’il faudra choisir pour la tension commune à donner à tous les cantons une tension de pose au régime idéal Ti = 2,5 kilogrammes, qui reste franchement-au-dessus de toutes les tensions de pose correspondant aux différents points du contour abc de la figure 1 (M.
- Cette isotase pq de 2,5 kilogrammes peut inversement être anamorphosée de manière à faire connaître les tensions au régime de vent et au régime d’hiver. Pour obtenir la première courbe anamorphosée, il suffit de multiplier toutes les
- C) Lumière Electrique, 110 16, 18 avril ftp.j, p. [82é
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- 25 Avril 1914.
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- >is
- abscisses de cette isotase par le rapport ni' = 2,762. Pour avoir la seconde courbe anamor-phosée, on déplace de même les abscisses dans le rapport m" = 1,189, P11*** 011 abaisse cette courbe de 2‘P ; on a ainsi une courbe qui permet de lire, directement sur le réseau des isotasos les tensions réelles correspondant aux différentes portées pour le régime 3o k— io°.
- Ces deux courbes anamorphosées ne sont données ici qu’à titre d’exemple et pour bien faire voir qu’elles restent inférieures dans tous les cas comme tension à l’isotase T = 8 prise comme limite ; mais, en pratique, il 11’est pas nécessaire de les construire.
- Par contre, il est utile de construire les courbes île sécurité de llèche correspondant à différentes valeurs admissibles pour la Jlèehe ; elles sont obtenues dans le cas particulier en abaissant de i5° les courbes isokoïles de o m. 5o, 1 m. 00, etc.
- En prenant les intersections des verticales correspondant aux portées avec la courbe de pose (T — 2,î> déplacée éventuellement suivant l’axe vertical) on voit tout de suite par la position du point de rencontre par rapport aux courbes SF quelle est la flèche maxima qu’aura en été la travée posée dans les conditions de pose adoptée. Pour simplifier, ou 11’a tracé sur la ligure 1 que la courbe SF pour F = 1 mètre.
- Cas d'une ligne libre de jouer sur ses supports.
- Lorsqu’une ligne est portée par des isolateurs suspendus ou que les fils sont posés sur des isolateurs à rainure leur permettant de glisser librement dans toute retendue d’un canton comprenant un certain nombre de travées, les tensions s’égaliseront à tous les régimes entre les différentes travées ainsi solidarisées. Légalisation n’est pas toujours rigoureuse, par suite des effets de frottement ou de la composante horizontale des supports lorsque les isolateurs suspendus sont déviés de la verticale. Mais, au degré d’approximation de la pratique, il est légitime d'admettre que les tensions de tous les cantons sont égales en tout temps, bien que les travées soient île longueur inégale, il y a donc pour chaque régime une seule tension à considérer.
- Nous allons démontrer que, dans ces conditions, on peut se contenter de considérer une
- travée unique fictive et en déduire les tensions suivant le procédé ordinaire.
- Soien t, en effet, plusieurs travées solidaires,r, .C, .r1’,... dont les tensions resteront toujours égales à tous les régimes en cas de variation de rr et de 0, on a, d’après les équations (G) et (7).
- au lieu de l’équation (2). Cette équation sera ramenée à la même forme que l’équation (2) si IS.F’
- 011 pose —— = Aé
- Z.Z
- À B
- 30"* 70» 40 » 10""
- Fig. 3.
- On pe,ut donc prendre une portée lictivc
- et traiter l'ensemble d’une ligne comme une portée unique X. On appliquera les régimes extrêmes de vent et d’hiver à la longueur X et 011 en déduit les deux tensions limites correspondant au régime idéal ; 011 conservera la plus petite comme tension définitive à ce régime, 011 en déduit la tension de pose à une température quelconque. On en déduit aussi la tension au régime d’été. Tout le long de la courbe de celle tension d’été, on pourra lire les (lèches correspondant à une travée réelle quelconque ; à la plus grande portée correspondra évidemment la plus grande flèche si les hauteurs de supports sont égales ; il suffira donc de faire la vérification pour celte plus grande llèche.
- Exemple. — Soit, entre les poteaux A et B auxquels le fil est attaché, /| travées pouvant jouer librement sur les poteaux compris entre A et B. Soit ’io mètres, 70 mètres, /,o mètres_et 10 mètres les longueurs de ces travées ; soit du fil de cuivre de /,o/10 millimètres.
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- On a
- Xr:i
- Tl-
- = 2 900 m. et X — \j'i. 900= 54
- Raisonons maintenant sur la portée lielive de 54 mètres.
- /rc hypothèse. 120 kg. -j- i5°. x' — 2,762 X 54 —' i5o m.
- L’abaque nous donne : T’ = n kg. 5.
- 11e hypothèse. 3o kg. — io°. x" = 1,189 X ^4 = 64 m.
- L’abaque donne T" — 9 kg. 7.
- Nous adoptons donc comme tension idéale 9 kg- 7;
- Vérification de la flèche d’été. — Soit 5o° la température du jour le plus chaud sans vent:
- T rp
- *li 'S.V.H 50--
- Nous déduirons sui l’abaque de 1902T1 etpour la portée de 54 la tension d’été T = 5 kg. et nous en déduisons pour .r,„ ax. = 70 mètres la flèche
- A =7 I’.I0‘
- Tension réelle de pose. — Nous avons comme tension idéale du canton AB 9 kg. 7. Si au moment de la pose, le régime est différent du régime idéal supposé, nous raisonnerons pour la portée fictive de 54 mètres comme s’il s’agissait d’une travée réelle de 54 mètres. La tension réelle de pose que nous trouverons ainsi sera celle à donner à tout le canton AB.
- Calcul des efforts sur les supports (').
- Le calcul des efforts sur les supports peut se faire de la manière la plus rationnelle et la plus rapide, sans faire intervenir, comme 011 le fait d’habitude, l’angle réel de la chaînette avec la verticale des supports. 11 suffit d’envisager séparément les forces produites par le vent, le poids
- et la tension propre de la chaînette. Ces forces sont :
- i° Effort du vent sur le poteau lui-même;
- 20 Effort du vent sur le fil de chaque travée, cet effort est perpendiculaire au plan vertical de la travée;
- 8° Tension propre du fil de chaque travée, cet effort est fonction du vent et de la température, conformément au principe des abaques, et a une direction constante qui est la ligne des supports;
- 4° Compression du poteau.
- Pour la commodité des calculs, nous adopterons, par rapport à la section d’encastrement, un bras de levier commun à tous les efforts horizontaux; ce bras de levier commun sera la distance l entre la section d’encastrement et le point où le poteau subit la résultante des actions des différents fils (par exemple, le point de fixation de la console d’isolateur du fil médian d’un transport triphasé). Nous réduirons à un effort fictif équivalent tout effort qui n’aurait pas initialement le bras de levier /.
- Fiir. 4
- Nous allons analyser les quatre genres d’efforts appliqués a un poteau dont les travées adjacentes sont soumises à une température 0 et à un, vent dont la force est de P k sur une surface plane d’un mètre carré normale à sa direction.
- i° Effort Jhi du vent sur le poteau lui-même. — Cet effort est évidemment dirigé suivant le vent. En désignant par K un coefficient qui tient compte de la forme de la surface offerte au vent et par S la projection du poteau sur un plan vertical normal au veut, l’expression de l'effort réel est :
- (') Je reprends ici avec plus de détails cette question pour l’exposer plus clairement que dans le dernierpara-graplie de mes précédents articles de igi3. La présente rédaction annule donc ce paragraphe.
- F'i — K.P. S.
- Cet effort est appliqué au centre de gravité G de la projection S à une distance V de la section d’encastrement.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- L’effort fictif Fj rapporté au bras de levier commun l est
- v
- F' = F7-
- Pour un poteau simple en bois : K : o,(i;
- S = (D -J- d), surface du trapèze (fig. tt) ; quant
- à V on peut le prendre égal à ^ pour tenir compte
- de la présence des isolateurs et de leurs consoles.
- 2° Effort, b\ du cent sur Je fil. -— L’action du vent sur le fil d’utie travée se traduit sur chacun des deux poteaux de cette travée par un effort c perpendiculaire au plan vertical de la travée et dont la valeur est :
- N.o,6o.d L
- I ooo 2
- en posant N = P cos £t, p étant l’angle du vent avec la perpendiculaire au plan vertical de la travée; d exprime en millimètres la somme des diamètres des différents fils de la travée ; L est la longueur de la travée en mètres.
- Considérons (fig. 5) le cas général de deux travées L, et L* faisant entre elles, en projection horizontale, un certain angle y, sans préciser la direction du vent; supposons-la telle que le poteau commun à L, et L: tende à être renversé
- dans l’angle y. La travée Li exerce sur ce poteau un effort et la travée L2 un effort p?,chacun de ces efforts étant perpendiculaire à sa travée respective. La composition de ct et c2 donne la résultante F2 en grandeur et en direction agissant sur le bras de levier/.
- 3° Tension b\ du fil. — Si nous appelons /n,o la flèche au milieu de la chaînette dans le plan oblique qui la contient,quand la composante du vent normal au fil est N (N = P cos P) et quand règne la température 0, la tension que produit le fil en ses deux points d’attache, suivant la direction qui les joint, a pour expression, comme on le sait :
- Ts = Tiw, -j- r>'./n,o
- où Tn.o est la tension donnée sur le réseau des isolases par le point représentatif du régime « N, 6 », et où rr est la charge unitaire fictive du fil correspondant à la pression N; la valeur Ts diffère en général très peu de la valeur Tn.o en sorte qu’il suffira de considérer cette dernière.
- A. Blondel.
- (A suivre.)
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- LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL ET LA CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR LA SAUVEGARDE DE LA VIE HUMAINE EN MER
- Dans cet article, l'auteur étudie la raison et l'effet des prescriptions édictées pa r la Conférence internationale de plénipotentiaires convoquée à Londres, en i9l3-i91U, au nom de la Sécurité de la ne humaine en mer.
- Les nouvelles réglementations se rattachent à celles qui ont été établies par la Conférence radin-télégraphique de 1912 et par la Conférence internationale de l’heure (Paris 1912-1913).
- C’est la catastrophe du Titanic qui fut la cause déterminante de la Conférence internationale sur la sauvegarde de la vie humaine en mer, réunie à Londres en novembre, décembre et janvier derniers.
- Rarement malheur fut aussi fertile en enseignements; mais les responsabilités véritables apparurent au-dessus des personnes. Sans l’imprévoyance, en quelque sorte internationale, par suite de laquelle les réglementations des questions, intéressant la sécurité des transports maritimes, étaient restées très en arrière du progrès, la catastrophe eût pu être évitée, en tous cas considérablement réduite.
- Cloisonnement mal compris, engins de sauvetage trop peu nombreux; et d’une organisation défectueuse, tant au point do vue du personnel que du matériel, service de la télégraphie sans fil inefficace en ce qui concernait la sécurité, réglementation do la navigation incomplète tant pour la signalisation des dangers que pour la protection contre ces dangers : telles furent les causes principales de la perte de tant de vies humaines, causes toutes imputables finalement à l’insuffisance des institutions.
- C’est l’empereur d’Allemagne qui eut l’initiative de proposer aux divers gouvernements d’étudier en communlesbasesdel’organisation internationale qui paraissait nécessaire.
- La plupart des grands Etats répondirent à son appel, etlc gouvernement britannique revendiqua l’honneur d’assumer la charge de réunir la nouvelle Conférence.
- Les travaux furent répartis entre six grandes Commissions :
- Commission de Sécurité de la Navigation.
- Commission de Sécurité de la Construction.
- Commission de Radiotélégraphie.
- Commission des Engins de Sauvetage.
- Commission des Certificats.
- Commission de Rédaction.
- Les questions annoncées touchaient les sujets les plus divers ; elles intéressaient directement des industries importantes, et, d’autre part, des charges considérables pouvaient résulter pour la compagnie de navigation des nouvelles obligations qui seraient édictées.
- Aussi les études ne furent-elles pas conduites sans heurts et sans difficultés. Elles ont abouti néanmoins à une réglementation qui, si elle est encore fort incomplète, constitue toutefois un très grand progrès, et formera, pour les Conférences ultérieures, dont la première est prévue en 1920, une base de travail de premier ordre.
- Nous n’examinerons ici que les prescriptions établies en ce qui concerne la radiotélégraphie, et son utilisation pour la sécurité de la navigation-A vrai dire, à la suite de la catastrophe du Titanic, la Conférence radiotélégraphiquefinternatio-nale, tenue à Londres en juin 1912, s’était, déjà préoccupée de la question (); mais son rôle en la matière était forcément modeste.
- Conférence purement télégraphique, chargée déréglementations techniques ou commerciales, elle ne pouvait édicter de dispositions d’ordre général, qui nécessitaient la collaboration de représentants des diverses marines et compagnies de navigation.
- Néanmoins, sur plusieurs points, elle put amorcer le travail de la Conférence sur la Sécurité des transports maritimes, et les deux règlements établis se complètent l’un et l’autre.
- *
- * ¥
- La mesure la plus efficace, la plus nécessaire, consistait tout d’abord à imposer sur tout bàti- (*)
- (*) La Lumière Electrique, aa février 1913.
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- ment de quelque importance l’installation d’un poste radiotélégraphique.
- Le principe de cette obligation a été reconnu :
- « Tous les navires de commerce, à propulsion mécanique ou à voile, qu’ils portent ou non des passagers, à condition qu’ils aient abord au total cinquante personnes ou plus, sont, lorsqu’ils se livrent à la navigation définie par l’article % (navigation internationale) munis d’une installation radiotélégraphique. «
- La prescription a ainsi été rendue, dans son ensemble, aussi sévère qu’il a paru possible, en tenant compte des charges que l’installation des postes de T. S. F. impose aux armateurs.
- Quelques exceptions ont été permises, dans certaines circonstances, pour les navires qui font du cabotage très près des côtes i moins de i5o milles), ou pour ceux qui ont occasionnellement à bord plus de cinquante vies humaines, par suite en cas de force majeure.
- L’une de ces exceptions a toutefois un caractère un peu particulier. Certains points du cou-? tinent africain, où touchent les navires, manquent de personnel indigène pour les débarquements ou embarquements de marchandises. Il arrive alors que les bâtiments, passant dans un port plus fortuné, prennent provisoirement à bord du personnel local, qui aide ensuite aux diverses manœuvres dans les escales sans ressources,
- Ces bâtiments pourront,être dispensés de l’obligation d’avoir un poste radiotélégraphique, s’ils comportent normalement moins de 5o vies humaines à bord, ne naviguent pas d’un continent à l’autre, et ne soulèvent le cas d’exception qui vient d’être envisagé que pour des voyages compris entre les trentièmes degrés de latitude nord et sud, On pourra certes critiquer cette évaluation, en apparence étrange, de la vie humaine en fonction de la latitude !
- Mais les conférences internationales, surtout celles qui innovent, sont obligées de faire de grandes concessions au présent et au passé, si elles veulent obtenir quelque chose pour l’avenir.
- 11 no suffisait pas d’avoir imposé aux navires des appareils radiotélégraphiqucs, 11 fallait encore on réglementer l’emploi pour rendre les appels efficaces en cas de détresse.
- La réglementation établie comprend deux par-
- ties : l’une comporte toutes les mesures nécessaires pour que le plus grand nombre possible de navires placés dans le rayon d’action du bâtiment en péril soient en état de recevoir à tout moment les appels de détresse; l’autre fixe la conduite à tenirpar le capitaine d'un bâtiment ayant perçu la demande des secours. Le maximum de chances pour qu’un appel de secours soit entendu auiait été réalisé, si l’on avait pu prescrire à toutes les stations de bord d’être ouvertes au service d’une façon permanente.
- Une telle condition, éminemment désirable, demandée instamment par plusieurs gouvernements, n’a pas paru raisonnablemçnt réalisable pour le moment. En dehors de quelques appareils spéciaux, d’un emploi délicat et assez compliqué, et réservés encore aux postes importants, les seuls appareils récepteurs, susceptibles d’être utilisés avec succès dans les stations de bord sont les appareils à réception auditive.
- Avec de tels appareils, les appels ne sont perçus que si un télégraphiste reste de garde aux téléphones écouteurs.
- Un service permanent, le jour et la nuit, nécessite donc au moins trois hommes, lecteurs ou non, si l’on table sur un travail de huit heures par télégraphiste, ce qui est déjà beaucoup, quand on exige une attention soutenue.
- L’entrétien d’un tel personnel est évidemment une assez, lourde charge, que certains états n’ont pas cru pouvoir imposer à tous les navires.
- La conférence s’estalorsappliquéeà restreindre cette obligation in ten se pour les navires de seconde importance, et pour ceux qui, par suite de leur vitesse assez réduite, étaient, moins aptes que les autres à porter secours. Elle a pris comme base de sa réglementation la classification établie par la Conférence radiotélégraphique de 191a.
- Cette dernière, se plaçant surtout au point de vue de la correspondance publique, tout eu se préoccupant néanmoins du cas de détresse, avait également reconnu désirable que toutes les stations de bord soient ouvertes en permanence et exploitées par un personnel suffisamment nombreux et exercé. •
- Elle avait décidé de créer trois catégories de stations de bord différenciées et par la nature du service effectué (permanent ou non), et par le personnel affecté à ce service (télégraphiste très exercé, ou de i"- classe moyennement exercé, ou de z.0 classe).
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- Les stations de première catégorie comportent un service permanent, assuré au moins par deux télégraphistes de ir<! classe.
- Les stations de deuxième catégorie ne sont astreintes au service d’écoute que pendantles dix premières minutes de chaque heure (pour entendre lé cas échéant, les signaux de détresse), et peuvent n’avoir qu’un seul télégraphiste de i,e classe.
- La troisième catégorie, laissée en dehors de toute réglementation d’écoute, ne comprend que les stations de bord sans vacation déterminée, et n’effectuant pas le service de correspondance publique.
- La classification ainsi établie par la Conférence radiotélégraphiqueest purementthéorique : cette conférence ne s’était pas reconnu le pouvoir de répartir les divers navires dans telle ou telle des catégories, dont elle avait établi la spécification, et elle s’en était remise pour ce soin aux gouvernements eux-mêmes.
- La Conférence sur la sécurité des transports maritimes avait toute qualité pour aller plus loin, et c’est ce qu’elle a fait, en tenant compte des considérations exposées plus haut.
- Elle a complété la classification de la Conférence radiotélégraphique, en se plaçant au point de vue de la sauvegarde de la vie humaine, dans les conditions suivantes :
- Première catégorie. — Navires dont la station de bord a un service permanent. Sont rangés dans la première catégorie les navires aménagés pour avoir à bord vingt-cinq passagers ou plus :
- i° S’ils ont une vitesse moyenne en service de i5 nœuds ou plus;
- 2° S’ils ont une vitesse moyenne en service supérieure à i3 nœuds, mais seulement à la double condition qu’ils aient à bord 200 personnes ou plus (passagers et équipage), et qu’ils effectuent, au cours de leur voyage, une traversée de plus de 5oo milles marins entre deux escales consécutives; toutefois ces navires peuvent être rangés dans la deuxième catégorie s’ils établissent une écoute permanente.
- Deuxième catégorie. — Navires dont la station de bord a un service de durée limitée.
- Sont rangés dans la deuxième catégorie les navires aménagés pour avoir à bord vingt-cinq passagers ou plus, s’ils ne sont, pour d’autres causes, rangés dans la première catégorie.
- Les navires de la deuxième catégorie doivent, pendant la navigation, assurer l’écoute permanente pendant au moins sept heures par jour, et l’écoute de dix minutes au commencement de chacune des autres heures.
- La troisième catégorie comprend les autres navires.
- Il est à remarquer qu’au titre de la sécurité les navires de la deuxième catégorie sont, d’une façon générale, astreints à l’écoute non plus seulement dix minutes au début de chaque heure, comme l’avait fixé la conférence radiotélégraphique, mais en outre sept heures entières au moins par jour.
- Enfin il est apparu que, dans certains cas, en particulier pour les longs parcours effectués très loin des côtes, aucune considération ne pouvait être assez impérieuse pour limiter le service d’écoute. Par un article spécial, le service permanent a été imposé en conséquence :
- i° Aux navires de la deuxième catégorie, durant tout le temps qu’ils se trouveront à plus de 5oo milles marins de la côte la plus proche;
- a0 A tous les navires astreints à posséder des appareils radiolélégraphiques, chaque fois qu’ils seront affectés à la navigation transatlantique, ou que leur itinéraire les amènera à s’éloigner de plus de i ooô milles marins de la côte la plus proche.
- Il fut signalé par plusieurs gouvernements que si les conditions imposées par là Conférénce radiotélégraphique de 1912, pour lé choix des télégraphistes étaient tout à fait nécessaires pour le service de la correspondance publiqué, elles paraissaient excessives quand il ne s’agissait plus que d’organiser un simple service d’écoute, en vue de la perception des signaux de détresse.
- Un marin peut être apte à recevoir convenablement de tels signaux, sans connaître néanmoins la manœuvre des appareils de transmission et les règles de la correspondance publique. S’il entend un signal de détresse, il se hâte de prévenir le télégraphiste professionnel qui accourt au poste.
- Or, l’emploi de tels « veilleurs » ou « écouteurs », choisis parmi l’équipage, permet de réduire au strict minimum l’effectif des télégraphistes proprement dit, et diminue les charges des armateurs.
- La Conférence a bien voulu admettre ces sug-
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- gestions, et consentir à ce que l’écoute imposée au titre de la' sécurité soit assurée par des « écoutèùrs brevetés », ayant un certificat délivré par l’administration qualifiée, et capables de recevoir et comprendre les signaux de détresse et de sécurité.
- Que donnera cette concession, l’avenir seul le montrera.
- Il nous semble qu’il eiit été préférable de définir « l’écouteur breveté » une personne susceptible de recevoir un son correctement, à telle ou telle vitesse, et connaissant le réglage des récepteurs radiotélégraphiques.
- Etre apte à recevoir un signal, cela entraîne la pratique du maniement, du récepteur tout entier, ne serait-ee que pour l’élimination des signaux perturbateurs.
- Les écouteurs apprendront rapidement à lirë un son correctement, et deviendront de véritables télégraphistes en ce qui concerne la réception tout au moins; sinon ils ne rendront aucun service.
- D’ailleurs les diverses restrictions apportées par la conférence actuelle dans l’établissement dé l’écoute continue ont eu surtout pour but de ménager dans le présent des intérêts d’ailleurs très respectables : elles n’auront sans doute qu’un caractère provisoire, et ne font que marquer un arrêt dans l’acheminement vers une réglementation sévère du service permanent, assuré par un personnel de premier ordre.
- k
- ¥• *
- La question consistant à autoriser l’emploi d’appareils d’appel automatiques, c’est-à-dire tels que le récepteur, impressionné par le signal de détresse, déclanche, par exemple, une sonnerie avertissant le télégraphiste dans le local où il repose, a été posée devant la Conférence.
- Elle avait été examinée déjà par la Conférence radiotélégraphique de 191a.
- De divers côtés des constructeurs ont en effet réalisé, en ces dernières années, des appareils assez simples, et assez séduisants au premier abord, tels que sous l’action, par exemple, d'un long trait, le récepteur fait fonctionner un organe avertisseur.
- N’etait-ce pas là le moyen pratique d’assurer un service d’écoyte permanent, sans télégraphiste..., moyen qui devaitavoir de suite la faveur des armateurs 1 *
- La Conférence de 1912 estima qu’en l’état actuel de la radiotélégraphie il n’y avait pas encore lieu de s’arrêter à de tels dispositifs.
- Les récepteurs auditifs font intervenir l’intelligence humaine. L’oreille peut discerner le signal qui l’intéresse au milieu de nombreux signaux perturbateurs. L’appareil automatique, envisagé au nom de la sécurité, paraît alors presque un retour en arrière, si l’on tient compte des conditions dans lesquelles s’effectue pour le moment le service radiotélégraphique.
- A moins d’établir des dispositifs compliqués, d’un fonctionnement délicat et peut-être aléatoire (ce qui serait grave pour un appareil de sécurité), il est à craindre que l’appel automatique ne soit actionné trop souvent, s’il est sensible, quand il y aurait des perturbations électriques intenses ou de nombreuses transmissions.
- Dans certaines régions, en particulier dans les pays chauds, les signaux « atmosphériques » sont pratiquement ininterrompus, et violents, pendant des journées entières.
- Ou bien le télégraphiste sans cesse appelé assurera ainsi l’écoute permanente, ou bien il désensibilisera son appareil (on en délaissera le réglage), et c’est alors qu’un appel de détresse passera inaperçu.
- Quoi qu’il en soit, nous ne connaissons guère de praticiens qui, en l’état actuel de la technique, laisseraient, en toute tranquillité d’âme, à un instrument non contrôlé par eux le soin de recueillir des signaux de secours.
- Nous n’avons pas l’absurde prétention d’affirmer que des dispositifs automatiques satisfaisants ne seront pas réalisés, et ne permettront pas, bientôt peut-être, de simplifier le service des postes radiotélégraphiques en ce qui concerne la sécurité. Mais il nous semble que de tels dispositifs ne pourront être adoptés en toute confiance, que lorsqu’on emploiera, par ailleurs, des récepteurs, et peut-être même des transmetteurs notablement différents de ceux qui sont actuellement les plus répandus.
- En tout cas, la Conférence a été prudente en décidant que les appareils d’alarme mécanique, qui viendraient à être inventés ne pourraient être utilisés pour « l’écoute permanente » que s’ils offraient toute garantie, et seulement après une nouvelle entente entre les gouvernements des hautes*parties contractantes.
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- 4 4
- Après avoir réglementé l’écoute, la Conférence s’est préoccupée du poste transmetteur. Elle a lixé une portée minima de cent milles marins aux appareils radiotélégraphiques dont elle imposait l’installation à la plupart des navires.
- Cette portée est vraiment un peu faible étant données les conditions de la navigation dans les mers lointaines, et elle correspond à un poste d’une puissance infime qui sera pratiquement toujours dépassée dans les installations sérieuses.
- La Conférence radiotélégrapliique de 1912 avait, par ailleurs, défini déjà les conditions principales à remplir parles stations de bord.
- Elle avait en particulier décidé que les navires seraient tenus d’avoir des installations de secours placées dans des conditions de sécurité très grandes et disposant d’une source d’énergie qui leur soit propre; ces installations de secours 11’étant pas exigées toutefois pour les bâtiments dont l’installation normale répondait aux caractéristiques fixées pour les installations de secours.
- Cette réglementation avait pour but de permettre à l’organe d’appel du navire de continuer à jouer son rôle le plus longtemps possible, en cas de sinistre, alors même que le bâtiment serait déjà envahi par l’eau et les machines arrêtées.
- La Conférence sur la sécurité des transports maritimes a adopté les dispositions fixées par la Conférence radiotélégrapliique, en prescrivant en outre que l’installation de secours soit placée en totalité dans les régions supérieures du navire, aussi haut que pratiquement possible.
- *
- 4 4
- La Conférence radiotélégrapliique de 1912 avait dû se borner à fixer la conduite à suivre parle télégraphiste d’une station de bord entendant l’appel de détresse. Il ne lui appartenait pas d’aller plus loin, et d’établir de prescriptions intéressant le commandant du navire.
- Cela a été la tâche de la Conférence dont nous examinons les travaux. Sans nous attarder à l’étude des dispositions accessoires, nous retiendrons seulement les grands principes que l’Assemblée a posés en la matière, celui de l’obli-gatiop du secours, et celui du droit de réquisition :
- Tout capitaine de navire qui reçoit un appel de
- secours lancé par un navire en détresse a le droit de réquisitionner, parmi les bâtiments qui ont répondu à son appel, celui ou ceux qu’il juge les plus aptes à lui porter secours.
- Ces règles comptent parmi les plus graves, les plus fertiles aussi en résultats heureux, que la Conférence ait édictées.
- *
- 4 V
- En matière de sécurité, le rôle de la télégraphie sans fil ne se limite pas au moment même du danger. Il était naturel d’utiliser le nouveau moyen de communication pour prévenir les navigateurs de tout ce qui pouvait les menacer au cours de leur voyage.
- A l’organisation du signal de détresse devait correspondre celle d’un signal dit « de sécurité » forçant, le cas échéant, l’attention de toutes les stations de bord, et précédant le lancement d’un message avertisseur.
- C’est le gouvernement français qui a eu l’initiative de la nouvelle réglementation.
- Dominée peut-être un peu trop par le souvenir des détails de l’accident du Titanic, la Conférence avait paru parfois hypnotisée par la navigation dans l’Atlantique nord et le danger des glaces. Les prescriptions édictées s’en ressentent et il n’a pas été tenu assez compte des conditions de la navigation dans les mers lointaines.
- Néanmoins, et sur la demande de la France, après avoir étudié la signalisation des icebergs, des épaves, la Conférence imposa celle des typhons, des cyclones, et, d’une façon générale, de tout ce qui constitue un danger grave pour les navigateurs.
- Le capitaine de tout navire muni d’une installation radiotélégrapliique doit, lorsqu’il constate l’existence d’un danger imminent et grave pour les navigateurs, le signaler d’urgence;
- Les stations radiotélégraphiques qui ont à transmettre aux navires un avis intéressant la sécurité de la navigation, et présentant un caractère d’urgence absolue (icebergs, épaves, cyclones, typhons, modifications brusquement survenues dans la position et la forme des épaves fixes et amers d’atterrissage), fait usage du signal suivant, dit signal de sécurité, répété à de courts intervalles, une dizaine de fois, à pleine puissance : *
- ----------... (T. T. T. etc).
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- En principe, toutes les stations radiotélégra-phiques qui perçoivent le signal de sécurité, et dont l’émission peut troubler la réception, par toutes autres stations, dudit signal et de l’avis de sécurité qui le suit, fait silence, de façon à permettre à toutes les stations intéressées de recevoir cet avis. Exception est faite pour les cas de détresse.
- L’avis de sécurité est émis une minute après l’envoi du signal de sécurité.
- L’émission est recommencée à trois reprises, à dix minutes d’intervalle.
- Les gouvernements des Etats contractants désignent les stations qui sont chargées d’envoyer aux navigateurs les avis intéressant la sécurité, et présentant un caractère d’urgence absolue.
- Lorsque lesdits avis sont émis par les stations chargées également du service de l’heure, ils sont répétés après l’envoi du signal horaire et du bulletin météorologique.
- *
- * *
- 11 ne faut pas confondre les avis de sécurité, concernant parfois le temps (cyclones etc.), mais correspondant toujours à des dangers imminents et graves, avec les avis météorologiques dont se préoccupent la Conférence radiotélégraphique et la Conférence de l’Heure de 1912 (').
- Ces avis ont surtout pour but l’étude même de la météorologie, et les prévisions générales du temps.
- Malgré les nombreuses controverses qui ont déjà été engagées sur l’utilité et l’efficacité de ces avis, la Conférence sur la sécurité des transports maritimes a tenu, sur l’initiative de l’Italie et de la France, à appuyer par des vœux formels les décisions des Conférences antérieures.
- Elle a adopté enfin tout un code destiné à la transmission radiotélégraphique des renseignements relatifs aux glaces, aux épaves et au temps.
- Un radiotélégramme envoyé le 21, entre i3 et 15 heures, pour signaler un iceberg isolé, indiquer la position de cet iceberg, celle du navire signaleur, la direction et la force du vent, la direction et la force du courant, le temps, la pression et la tendance barométrique, la température de l’air et celle de la mer, aurait la forme ci-après donné à titre d’exemple :
- (*) Lumière Electrique, 22 février et i,r mars 191'i.
- Meteorology : Ice, 2i5i4, 46432*: 22 254, foS^o» Weather, 21 825, 26820, 65 36i, 02014 '• 22863, 55398, 5325o, 565 07.
- *
- ¥ *
- On connaît tous les services que la réception de l’heure par télégraphie sans fil rend aux navigateurs pourla détermination delà position d’un navire.
- Comme, d’une part, les récepteurs que l’on construit main tenant de tous côtés pour recevoir, même à grande distance, les signaux de grands centres horaires, sont très peu coûteux, que, d’autre part, la réception de signaux, toujours les mêmes, émis à des moments déterminés, est extrêmement facile sans télégraphiste professionnel, il paraissait logique d’imposer des récepteurs horaires à tous les navires de quelque importance, qui n’étaient pas tenus, par ailleurs, d’avoir des installations radiotélégraphiques complètes.
- La Conférence de l’Heure de 1912 avait émis à ce sujet un vœu tendant à ce que tout navire à voile ou à vapeur soit muni d’un tel récepteur.
- Il appartenait à la Conférence sur la sécurité des transports maritimes d’aller plus loin, et d’établir une réglementation : elle fut saisie de la question par l’Italie et la France.
- Mais l’on venait déjà de faire un gros effort et d’imposer de lourdes charges aux armateurs. Le règlement était touffu.
- ... La Conférence préféra laisser quelque chose à faire aux Assemblées ultérieures, et se contenta d’appuyer, en le modifiant un peu, le vœu de la Conférence de l’Heure, tendant à ce que les navires à voile et à vapeur, faisant des voyages de long cours soient pourvus d’une installation leur permettant la réception des signaux horaires et météorologiques.
- En terminant cet exposé des travaux effectués par la Conférence en ce qui concerne spécialement l’emploi de la radiotélégraphie pour la sécurité de la vie humaine en mer, nous tenons à rappeler encore le rôle spécialement important qui fut joué à Londres par la délégation française et particulièrement par son président, M. Guer-nier, député de Saint-Malo, et par M. Froin, directeur de l’exploitation télégraphique.
- Capitaine P. Brenot,-
- Délégué de la France à la Conférence internationale sur la sécurité de la vie humaine en mer.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2* Série). — N° 17.
- LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL EN OCÉANIE
- Le 5 avril dernier. la Chambre des députés a adopté un projet de loi pour la construction de deux grandes stations de télégraphie sans 111 à construire en Nouvelle-Calédonie et à Tahiti.
- On sait que, étant donnée la situation privilégiée de nos colonies d’Océanie sur les nouvelles routes que le canal de Panama va prochainement ouvrir, il a été décidé. d’organiser à Papeete (Tahiti) un port d’escale avec dépôt de charbon.
- Une convention a été conclue dans ce but, le 6 août 1913, avec une Compagnie coloniale, et le projet a déjà reçu l’approbation de la Chambre des députés.
- L’isolement complet dans lequel se trouvent nos possessions d’Océanie, éloignées de trois mille quatre cents kilomètres du câble le plus voisin, impose l’emploi de la télégraphie sans fil, non seulement pour les communications avec les navires, mais aussi pour le rattachement de Tahiti au réseau télégraphique international.
- De toutes les puissances ayant des intérêts dans le Pacifique, la France est, en effet, la seule nation qui, ne disposant d’aucun moyen de communication siir et rapide avec ses possessions dans cette région du globe, 11’ait encore mis à exécution aucune mesure susceptible de parer à cette situation.
- En regard des deux grandes lignes sous-marines étrangères, dontl’unealtcint 7840 milles, qui traversent le Pacifique, de sept câbles secondaires étrangers, d’une vingtaine de postes radio-télégraphiques actuellement répartis dans l’Australasie entre les diverses possessions allemandes, américaines et anglaises, le réseau français est inexistant, la Nouvelle-Calédonie seule se trouvant rattachée aux grandes lignes sous-marines, et encore par une colonie étrangère.
- Ces considérations avaient décidé l’administration coloniale à envisager la construction de trois grands postes radiotélégraphiques à Nouméa, Papeete et aux îles Marquises, et le programme des travaux nécessaires fut. intercalé dans lç projet de loi relatif à l’établissement du grand réseau intercolonial, qui fut déposé le 11 juillet 191a à la Chambre des députés.
- Ce dernier projet 11 est pas venu en discussion, et l’organisation étudiée nécessitera sans doute encore de longs délais.
- Aussi, devant l’ouverture prochaine du canal de Panama, le gouvernement décida de disjoindre les postes de Nouméa et de Papeete du réseau intercolonial, et d’en demander la construction immédiate.
- Un câble français reliant l’Australie à la Nouvelle-Calédonie, nos possessions d’Océanie seront ainsi rattachées aux grands centres d'approvisionnements (charbon, etc.), que renferme la colonie anglaise.
- Le grand poste de Saigon, dont l’Indo-Chine a commencé la construction sur les fonds du dernier emprunt, permettra de communiquer la nuit au moins, pendant les heures favorables, avec la Nouvelle-Calédonie, distante de 7 5oo kilomètres sur mer.
- Les crédits accordés au ministre des Colonies pour l’établissement des deux stations de Nouméa et de Papeete sont au total de 1 890 000 francs.
- L’exploitation annuelle entraînera au début, pour un service de 8 à 10 heures par jour, une dépense globale de i5o 000 francs environ par station.
- Les colonies ont consenti à des subventions versées une fois pour toutes et, atteignant au total 5oo 000 francs, en vue de réduire les charges de l’Etat,
- Ajoutons enfin que le poste de Saigon actuellement en construction comptera parmi les plus puissantes stations du monde.
- 11 disposera en effet d’un groupe de chevaux, alimentant des appareils à émission musicale fonctionnant avec courant à mille périodes.
- L’antenne sera soutenue par huit pylônes de 19,5 mètres de hauteur, et son développement dépassera huit cents mètres.
- L’installation est dirigée par M. le capitaine Péri, chef clu service radiotélégraphique de l’Indo-Chine.
- Elle sera vraisemblablement terminée au printemps de iqiS.
- ,1. DE Soucy, Ingénieur-conseil.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
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- ETUDE DU COUPLE DANS LES MACHINES SYNCHRONES A POLES SAILLANTS NON EXCITÉES
- Dans son article sur « le couple des machines synchrones à pôles saillants non excitées », l'auteur indique une méthode simplifiée pour la détermination de ce couple, basée sur la décomposition des courants à la périphérie de l’induit en courbes sinusoïdales.
- Nous nous sommes proposé dans cette étude d’examinerquelle serait la répartition des champs magnétiques et des courants dans un moteur synchrone à pôles saillants fonctionnant sans excitation, sous un voltage qui peut être non sinusoïdal.
- Si en chaque point de la machine on connaît à chaque instant la valeur du champ et du courant, on pourra en déduire la valeur du couple.
- Etude du champ magnétique.
- Nous rappellerons brièvement quelques points de la théorie des champs tournants.
- Considérons une machine à entrefer uniforme, à ip pôles, portant un enroulement diphasé, à une encoche par pôle et phase. Une des bobines de l’enroulement produit un champ rectangulaire, d’ordonnée Y,„. Ce champ peut être décomposé, par développement en série de Fourier, en un
- champ sinusoïdal fondamental d’amplitude
- et des champs harmoniques [d’ordre impair), dont
- • 1 1 1 i
- les amplitudes sont respectivement -, -, ...- du 1 3 5 n
- terme fondamental.
- L’autre phase produira également un champ fondamental et des champs harmoniques. On voit sans peine que dans le cas du diphasé, les champs harmoniques de même ordre de chacune
- des deux phases sont décalés dans l’espace de -
- i
- deTpériode. Si la machine est alimentée par des courants sinusoïdaux diphasés, tous les harmoniques du champ donneront des champs tournants. Si nous appelons Q la vitesse de synchronisme, les vitesses de rotation de ces champs
- 4-SJ —Q +ü... ±Q r ,
- seront -—, ——, ——-, ---------. Les harmoniques
- 3 a 7 /#-
- dont l’ordre est (multiple de 4) —1 tournent dans le même sens que le champ fondamental, les autres tournent en sens inverse.
- On voit donc que l’enroulement est balayé par une série de champs tournants, de vitesses différentes, et de nombre de pôles différents mais produisant tous des tensions ayant même fréquence. Dans la pratique, ces champs tournants harmoniques seront toujours plus ou moins parfaitement étouffés, par la cage d’écureuil ou l’enroulement court-circuité du rotor, dans le cas des moteurs asynchrones, par les amortisseurs
- H,
- _____________________1
- Fig. 1.
- et les enroulement inducteurs dans le cas de moteurs synchrones. D’ailleurs, les forces élec-tromotrices que ces champs harmoniques pourraient engendrer sont assez faibles; leurs valeurs
- seraient -, —, , de la force électromotrice
- 9 ’ib n-
- fondamentale, dans le cas d’un enroulement à un trou par pôle et phase. Elles seraient encore plus faibles si l’enroulement comporte m trous par pôle et phase. L’amplitude du champ harmo-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série). — N» 47.
- nique d’ordre n est réduite dans ce cas dans le rapport
- . nx sin — a<? nx ’
- m sin ----
- 2 qm
- q désignant le nombre de phases.
- Nous avons considéré à dessein le cas du diphasé, pour lequel tous les harmoniques du champ donnent des champs tournants. Pour un enroulement à q phases, certains harmoniques ne donnent pas de champs tournants. On n’a que les champs tournants harmoniques dont l’ordre est multiple du nombre de phases ± i, qui tournent dans le sens du champ fondamental pour n z=z m'q — i, et en sens inverse pour n = m'q -)- i.
- Considérons maintenant le cas où le voltage appliqué n'est pas sinusoïdal, c’est-à-dire présente des harmoniques. La force contre-électromotrice sera produite par un champ non sinusoïdal tournant au synchronisme, qui sera la superposition d’un champ fondamental sinusoïdal et de champs harmoniques tournant à la vitesse du synchronisme. (Nous admettons que tous les champs harmoniques, tournant à des vitesses différentes de Q, sont étouffés.)
- On démontre facilement que ces champs harmoniques sont produits par l’action des harmoniques du courant sur les harmoniques du champ de même ordre.
- Si l’on ajoute les ordonnées du champ fondamental et des champs harmoniques tournant au synchronisme, on doit avoir une courbe semblable à la courbe du voltage appliqué. Ceci est s>rai même si l’entrefer n'est, pas uniforme. Nous verrons que dans ce cas, les harmoniques du courant interviennent pour corriger les différences de réluctance.
- Etude des courants.
- Pour simplifier l’étude de la répartition de ces courants, nous avons été amenés à leur appliquer le même mode de décomposition qui nous a servi pour les champs. Au lieu de considérer les courants eux-mêmes, répartis dans les différentes encoches, nous étudierons la densité linéaire de courant à la périphérie de l’induit, qui sera représentée par la superposition de courbes continues.
- Considérons une bobine de l’enroulement,
- placée dans deux encoches de largeur % e. Cette bobine porte un courant total I, que nous supposons uniformément réparti dans l’encoche, et représenté sur la figure par l’aire hachurée. On aura
- I = 2 £ Y,„
- nous pouvons développer la fonction périodique ABCD A'B'C'D' en série de Fourier. On aura, à la périphérie de l’induit, la superposition d’une série de courbes de densité de courant sinusoïdales, l’une fondamentale à p paires de pèles, les autres à 3 p, b p, n p, paires de pèles.
- Fig. a.
- L’amplitude de l’harmonique «a pour valeur
- I„=- | Y „i e o s ». i,1 dx a ~ Y T / cosn.i't/.i4- f cos nxdx I itj o Lyo J i J
- , __ 4Y„t sin ne
- % n
- Le terme fondamental a pour valeur
- T 4 Y,» . w v sin £
- .1, = ---- Sin £ = — X 2 5 Yhi----- .
- x X £
- si e tend vers o, J, tend vers la valeur - I.
- 7Ü
- Si l'encoche est infiniment étroite, tous les harmoniques ont la. meme amplitude que le terme fondamental.
- En effet, on peut écrire
- J
- n
- 2 sin ns.
- - . 2 £ X ni -----
- x ns.
- truande tend vers o, - —~ tend vers i et In tend ne
- •2 ,
- vers — 1. x
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
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- Si on a un enroulëment polyphasé, on pourra appliquer aux sinusoïdes de densité linéaire de courant, les mêmes raisonnements que nous avons employés pour les champs. On aura de même une sinusoïde fondamentale tournant au synchronisme, et des harmoniques tournant à des vitesses sous-multiples de 0. On verrait aussi que les harmoniques de l’intensité donnent avec les harmoniques de même ordre de la densité linéaire, des sinusoïdes de densité linéaire tournant au synchronisme.
- Remarquons que si l’on considère chaque harmonique tournant de la densité linéaire comme une force magnétomotrice produisant un champ harmonique sinusoïdal, on obtient bien les mêmes champs tournants que ceux déterminés précédemment en partant directement du champ produit par chaque phase. Ce résultat se vérilie immédiatement dans le cas d’une machine à entrefer uniforme et à encoches infiniment étroites (encoches fermées). Considérons en effet l’harmonique tournant de densité linéaire d’ordre n.
- ü
- Il a np paires de pôles et tourne à la vitesse —
- comme la longueur d’une demi-onde est — de la ° n°
- demi-onde fondamentale et que son amplitude
- est égale à celle du terme fondamental, l’aire de
- la demi-onde sera — de l’aire de l’onde fonda-ne
- mentale. La force magnétomotrice de cet harmonique sera donc — de la force magnétomotrice du terme fondamental, et l’amplitude du champ
- produit sera —- de l’amplitude du champ fondamental. Ce champ harmonique a évidemment np
- Q
- paires de pôles et tourne a une vitesse —, comme
- la sinusoïde de densité qui lui donne naissance.
- C’est bien le résultat trouvé plus haut, dans le cas d’un champ rectangulaire, tel qu’il est produit par une bobine placée dans deux encoches infiniment étroites, dans une machine à entrefer constant.
- Application à la détermination du couple d’un moteur synchrone à pôles saillants non excité.
- Considérons, par exemple,un moteur synchrone à induit tournant. Si nous supposons les pôles
- munis d’amortisseurs, toutes les sinusoïdes harmoniques de champ ou de densité de courant, tournant par rapport aux pôles, seront étouffées. L’étouffement sera d’autant plus parfait que l’amortisseur sera moins résistant et surtout présentera moins de fuites magnétiques par rapport à l’induit, ce qui revient en pratique à avoir un amortisseur très voisin de l’induit et ayant un grand nombre de barres par pôle.
- Supposons que le voltage appliqué au moteur soit sinusoïdal, et que l’induit tourne au synchronisme. La force contre-électromotrice ne pourra être développée que par la rotation de l’induit dans un champ fixe sinusoïdal, puisque les harmoniques tournants du champ sont'supposés étouffés. Nous supposons aussi que les fuites magnétiques de l’induit sont négligeables.
- — _____ Champ II
- Densité hné&irc J
- -------Effort te.iffsntztû (prop a HJ)
- Fig. 3.
- Considérons ce qui se passe lorsque le champ fixe sinusoïdal occupe par rapport aux pôles la position indiquée sur la figure. Comme la réluctance n’est pas uniforme à la périphérie de l’induit, il faudra, pour produire un champ sinusoïdal, avoir une courbe de densité de courant, fixe dans l’espace, qui, elle, ne sera pas sinusoïdale. La densité linéaire de courant J en chaque point obéit à la relation.
- dVL „ J
- 37 = ,-,‘5 s
- R désignant la réluctance par unité de surface au point considéré, est la valeur de la tangente
- à la courbe du champ, en ce point. ~
- Supposons que pour la région située sous le pôle on ait une réluctance uniforme R,, et que
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV(2‘ Série). — N° 17.
- l’on ait dans l’entrepôle une réluctance, également uniforme, R2. Nous admettons que les régions de réluctances différentes soient nettement limitées par les arêtes des pôles. Si le
- champ est sinusoïdal, l’est aussi, et par suite dx
- J. La densité de courant sera donc! représentée par des arcs de sinusoïdes dont les amplitudes seraient dans le rapport des réluctances. On calcule la valeur absolue de ces amplitudes en remarquant que l’aire d’une demi-période de la courbe J représente la force magnétomotrice nécessaire polir produire la valeur maxirna du champ, au point où il est maximum. On voit sur la figure 3 que deux quarts de période du champ agissent sur des aires de densité de courant différentes. Dans le cas d’une machine à entrefer constant, ces aires seraient égales, et le couple résultant est nul par compensation. Dans le cas actuel, en déduisant les régions donnant des couples égaux et de signes contraires, il reste un couple moteur représenté sur la figure par l’aire hachurée. Pour calculer ce couple, le plus simple est de développer la courbe de densité linéaire J en série de Fourier. On n’aura que des termes impairs, en sinus et en cosinus. Désignons par Sp l’amplitude de la sinusoïde correspondant aux régions placées sous les pôles, et
- K „ R*
- par IV le rapport —.
- Ri
- Le" coefficient d’un terme d’ordre n en sinus sera
- A„ — - ( .1 sin nxdx = - J / sin x sin nxdx 4-rc Jo iï L«/o
- .-j-K. / sin x. sin nxdx -j- f sinsin ncl x\ J * 1 J as J
- On a
- sin x sin nx = - (cos (n — i) x — cos (n -j- i) x)
- A„. = - J„ X - [Y^-T-.1)^_
- '-i |_\ tl I H —I ) 0
- m.]
- t?*»-—>p.................
- ]
- j/sin[n-i)x s in ( «+1 ),r\ a*/sin(n—i)x sin(/z+/|),r\ r \ a — i n | i n — i n
- 'sin (n — i)a2 — sin (n —r i)a, n — i
- sin (n -j- i)«2 — sin (n i)<Xj n -j- i
- On aurait de même pour les termes en cosinus :
- h
- B
- Jp Tcos (n—i)a2 — cos (n—i)oq
- ' il L n — 1
- cos (n -|- i)a2 — cos (n -f-
- n + i J
- On a, pour les termes fondamentaux :
- L, = Jp —i)gg ^ — -—Y (s‘n aa2—s‘n 2a<)J
- B, = — (k — i) (cos a«i — cos îa2).
- 2 TC
- C’est ce coefficient B4 qui correspond au courant watté, d’où on pourra déduire le couple. Désignons par x p l’angle correspondant à l’en-
- 0L\ CL2
- trepôle (a2 — a,), et pour 0— --------, l’angle
- que fait l’ordonnée maxirna de la sinusoïde du champ avec l’axe interpolaire. Les coefficients des termes fondamentaux peuvent s’écrire :
- [üB le — i i -f- [k — i ) —--------— sin p cos 0
- B, = — (k — i) sin 2p sin 26
- TZ
- On a de même
- 2J r j
- A„= —- (A— 1) ------sin(/z— 1) p cos (n— 1) 0 —
- x \ji — 1
- --------— sin [n 4- 1) p cos lu 4- 1) 0
- n -j- t .• J
- 2J r j
- B„ = —- (k— 1)----------— sin(«— i)psin(/i— i)0-f-
- TC L n--- 1
- -j- j— sin (n 4- 1) P sin («4- 4 ûj.
- La quantité ip qui représente l’amplitude de la sinusoïde de densité linéaire pour les régions situées sous les pôles, se calcule facilement en fonction de l’amplitude J6C de la sinusoïde de densité de courant qui serait nécessaire pour produire le même champ dans une machine à entrefer constant. En remarquant que des courbes de densité de courant produisant le même champ, doivent avoir même aire (c’est-à-dire; représenter la même force magnétomotrice), on aura
- /»«* /»a* r*r.
- IcCsina;rf.r= 1 ipBinxdx-^k I Jpxdx-{- I Jpsin^r
- 0 */0 i/ai «/ai
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- —cosaj -|-k (cos ai — cos a2) +cosa2 + i] — ip[i [k — i) (cos a, — cos a2)] =
- = iiP 11 -(- [h — i ] sin p sin 6]
- p tc i + (A — i) sin ^ sin 0"
- L’amplitude du terme correspondant au couple sera donc :
- _ ___ica ., , * sin a p sin 2 0
- 1 x i -j- [k — i) sin P sin 0
- Cette relation permet d’étudier la valeur du couple en fonction de p et de 0.
- Connaissant les valeurs des divers harmoniques de la densité linéaire de courant, on peut en déduire les harmoniques de l’intensité. Si on avait un enroulement à une encoche par pôle et phase, il suffirait de remplacer Jcc par Icc, IcC représentant le courant qu’absorberait une machine à entrefer uniforme, soumise au même voltage. Si on pose :
- A il :==: iccfln B/t icc^ll
- Application.
- Considérons par exemple un moteur synchrone à pôles saillants, triphasé, a 3 encoches par pôle et phase.
- Supposons que l’arc polaire soit égal aux - du
- pas polaire, c’est-à-dire 2 p — 6o°. Supposons que la réluctance dans l’entrepôlc soit 6 fois plus grande que la réluctance sous le pôle K =6.
- Proposons de calculer le couple et les valeurs des différentes harmoniques lorsque le moteur fonctionne sans excitation, avec un décalage du champ par rapport à l’axe interpolaire de 0 = 3o°. on aura
- 1
- i + 5X:-‘x‘ 2 . 2
- dîL = 3cc x o,445
- A, = JMx o,445f i+5 X 5-—- X -X—l=JccXo, L 3 X 2 2 J
- _ , 0,445 „ v/3 Jï
- B, = ice -1- X t> X — X — = +e.o,53,
- X -22
- 88
- on aura
- 1,| ----- Icc
- Si la machine comporte plusieurs encoches par pôle et phase, le facteur de proportionnalité entre l’intensité et la densité linéaire ne sera pas le même pour les différents harmoniques. On aura, en effet, en composant les sinusoïdes produites par chaque encoche :
- . u n m sin - X — 2 mq
- . % n . x n . ic
- sin - X - . sin--------sin —
- I, J, X . tc 1 J,’ , it 1 . TZtl
- m sm - .------- sin---------------sm—
- 2 mq 2 mq 2 q
- . tc sin — iq
- Si \cc désigne le courant qu’absorberait la machine supposée à entrefer uniforme, on aura :
- C’est ce terme Bj qui correspond au couple moteur.
- Si nous désignons par I,, le courant normal et par C„ le couple normal, le moteur non excité donnera un couple Ct, sous le voltage normal, dont la valeur sera :
- Ci = o,53 C„ X î-
- Ce couple correspond à la valeur 0 = 3o° du décalage entre le champ et l’axe interpolaire ; c’est sensiblement le couple maximum.
- Le terme fondamental du courant aura pour valeur
- L = Lc V/o,882 + o,532 — lcc X 1,027,
- On aura pour l’harmonique 3
- 2 Ti y/3 1 1 y'3 i“|
- A3=Jccxo,445x-x5 =Iccxo,46
- X La 2 2 4 2 2J
- B3 = — icc x 0,265.
- L’harmonique 3 du courant aura la valeur
- L,
- x n
- m sin - X — % mq
- . x n sin - X -
- 2 q
- ...... TC
- ____ 3 sin - ____
- L = 1 ce \/o,462 + o,2652 X----------- = icc X 0,795,
- TZ
- sin
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). — N° 17.
- On trouverait de même, en appliquant les formules données plus haut :
- 1- — lcc X i, 11 I7 = Le X o,86a
- Dans la pratique, les harmoniques n’auront pas des valeurs aussi élevées, à cause de la réactance de fuites.
- Le champ dans le moteur ne sera pas sinusoïdal ; il présentera des harmoniques, correspondant à des harmoniques de tension dues à l’action des harmoniques du courant sur la réactance de fuites.
- Nous avons effectué des essais sur un moteur . synchrone triphasé, 5o périodes, 8o kilowatts, /i4o volts, 760 tours par minute, accouplé à une "génératrice à courant continu. Nous avons cher-'éhé à déterminer le couple maximum du moteur r«on excité.
- Le moteur était alimenté sous un voltage réduit pour n’avoir pas un courant exagéré dans l’induit. On chargeait progressivement la génératrice, jusqu’à obtenir le décrochage.
- Pour la charge maxima, le moteur absorbait 66 ampères sous 236 volts, le wattmètre indiquait 8 kilowatts. La machine étant très peu saturée, on peut admettre que le couple est proportionnel au carré du voltage. Sous le voltage normal de 4/|0 volts on aurait donc une puissance de
- 8 X
- 27,8 kilowatts.
- Sous /|/|0 volts, à vide, le courant I(C est de 78 ampères. La puissance peut se mettre sous la forme :
- W .= AW„|^
- W„ et l,i désignant la puissance et l’intensité normales.
- On a, dans le cas actuel :
- A —
- a7i8
- 80
- 108
- En toute rigueur, il conviendrait de déduire de la puissance fournie au moteur, les pertes dans le fer et dans le cuivre de l’induit, qui ne correspondent pas à un couple. Le courant Le représente sensiblement la valeur du courant de court-circuit que donnerait la machine fonctionnant en alternateur, avec une excitation donnant /J/|0 volts à vide. On voit que la machine fonctionnant en moteur synchrone non excité peut absorber un courant notablement supérieur à \ec. On a en effet pour la puissance maxima :
- \m = 66 X ^ = 1^3 amp. a36
- L==iM=,,i>8.
- Lc 78
- Nous avons supposé, dans l’étude précédente, que le voltage appliqué au moteur était sinusoïdal. La méthode resterait la même dans le cas d’un voltage non sinusoïdal. Si on en connaît la
- forme, on aura en chaque point la valeur de
- et par suite la densité linéaire J.
- La méthode s’appliquerait également si la réluctance sous le pôle n’était pas constante. Il suffirait de diviser la périphérie de l’induit en un certain nombre de régions dans chacune desquelles on pourrait considérer la réluctance comme constante.
- Nous étudierons prochainement l’application de ce mode de décomposition des champs et des courants au calcul de la réaction d’induit des alternateurs, dans le cas général d’une machine à pôles saillants, à circuit magnétique saturé, comportant une certaine self-inductance de fuites, et débitant sur un réseau à cos <p quelconque.
- M. de Coninck,
- Ingénieur EIM et ESE, licencié es sciences.
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- B31
- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- STATIONS CENTRALES ET DISTRIBUTION
- Usines hydrauliques sur le Rhin supérieur.
- La Société de Rheinfeldcn, qui possède déjà l’usine de Rheinl'elden, a fait construire une nouvelle usine à YVyhlen, également sur le Rhin. La force motrice utilisée par ces deux usines atteint
- Les installations de YVyhlen comprennent io turbines Francis à arbre horizontal fonctionnant sous une chute de 6 mètres à la vitesse de 107 tours ; leur puissance est de 2 200 chevaux et peut atteindre 3 000 chevaux. Les alternateurs de 2 600 KYA de puissance nominale, produisent du courant triphasé à G 800 volts qui est distribué à celte tension dans les environs immédiats"et
- 3o 000 chevaux. {La puissance totale installée à Wyhlen est de 26 000 K VA.
- La chute réalisée, grâce à un barrage de 213 mètres de longueur établi en travers du fleuve, alimente en réalité deux usines : celle de Wyhlen, située en territoire badois et celle d’Augst, en territoire suisse.
- transformé en partie à 44 000 volts pour être transformé aux points de consommation plus éloignés.
- La transformation s’effectue dans un poste de distribution relié à l’usine par un pont de 85 mètres sur lequel sont montés les câblés des machines. Le poste a 4 étages et comprend : au premier étage, les barres omnibus à 6 800 volts,
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- B3fc
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- les appareils hydrauliques de mise à la terre et les transformateurs de mesure ; au deuxième étage les interrupteurs à huile; les transformateurs et les départs ; au troisième étage les barres-omnibus à 44 ooo volts et au quatrième étage les appareils de protection des départs aériens à 6 8oo et 44 ooo volts.
- Les installations comprennent également près de YVyhlen, une usine à vapeur comprenant deux turbo-alternateurs de 4 î*oo KVvY à 6 8oo volts et 7 ooo kilowatts de transformateurs.
- La Société des usines de Laufenbourg fait construire également une nouvelle usine destinée à utiliser le Rhin entre Albbruck et Schaf-l'ingen. Elle comprendra io turbines de 5 à 6 ooo chevaux tournant à 107 tours et 10 alternateurs triphasés dont trois de 5 200 KVA et 7 de 6 i5o KVA à 6000-6600 volts. Le courant sera distribué en partie à cette dernière tension, le reste étant transformé à 47 ooo volts et 78 ooo volts dans un poste spécial.
- (A. E. G. Revue Mensuelle, février 191/1.)
- Le prolongement du transport de force Olten-Gôsgen vers la France et l’Alsace.
- L’entreprise suisse de distribution d’Oltcn-Aarbürg a conclu avec des sociétés françaises d’importants traités de fourniture qui l’ont conduite à envisager la construction de diverses usines parmi lesquelles celle 'de Beznau-Loens-tsch et de Niedergosgen et d’un important réseau de transport de force qui prolongera le réseau actuel de Olten-Gosgen vers la France et l’Alsace.
- La tension de transport a été choisie égale à 70 ooo volts, les conditions d’établissement étant toutefois prévues de manière à permettre éven-tuelleinentde porter cette tension à 100 ooo volts. La ligne principale partant de l’usine de Beznau sur le Rhin pourra être raccordée ultérieurement à deux autres lignes venant l’une de l’usine de Laugenburg, l’autre de l’usine de Gôsgcn. Elle traverse l’Alsace et aboutit à Récliésy à la frontière française. Sur son parcours deux sous-stations, à Bottmingen en Suisse et Waldighofen, en Alsace portent la tension, la première à 55 ooo volts pour la fourniture à la Société des Houillières de Ronchamps à Réchésy, la seconde à 12 ooo volts pour le réseau de distribution d’une société locale.
- Sur la section Anwil-Bottmingen, du point de jonction des lignes arrivant des 'usines hydrauliques au poste de transformation, soit sur une longueur de 3o kilomètres, la tension prévue est de 70 ooo volts et les pylônes ont été établis de manière à permettre de porter la tension à 100 ooo volts. La distance normale entre supports est de 180 mètres. Les conducteurs sont au nombre, de six de 60 millimètres carrés de section avec une résistance à la rupture de 40 kilogrammes par millimètre carré. Il a été prévu un fil de terre en acier de 40 millimètres carrés de section et de 80 kilogrammes de résistance à la rupture.
- Sur la section de Bottmingen à Réchésy, point de livraison sur le territoire français, la tension est de 55 ooo volts. Les conducteurs ont une'section de 5o millimètres carrés.
- Les isolateurs sont du type à chaîne, sauf sur la ligne à 55 ooo volts où on a préVu des isolateurs à cloches. Tous les isolateurs sont en porcelaine, les isolateurs à chaîne étant constitués par quatre éléments réunis entre eux au moyen de tiges en fer scellées au ciment.
- Les pylônes ont une hauteur de 20 mètres au-dessus du sol; ils sont fixés dans un massif de béton de 2 mètres de hauteur au moyen de boulons d’ancrage ; chaque support est mis à la terre au moyen d’une plaque de tôle de 1 mètre carré de surface et en outre les supports sont reliés entre eux par un fil de terre.
- (.Bulletin de l’Association Suisse des Electriciens,
- nu 2, 1914.)
- Appareils de protection en dérivation, soupapes shunts. — G. Gola.
- Les appareils destinés à protéger les installations, tels que les fusibles, sont établis en général en série avec elles et ont pour effet de les mettre hors circuit en cas de danger. Cette disposition n’est pas sans inconvénient en particulier quand l’intensité du courant est élevée. Si l’appareil protégé est un parafoudre, cette protection peut avoir plus d’inconvénients que d’avantages car les accidents sont plutôt dus à des phénomènes de surtension contre lesquels les fusibles n’ont aucune action et s’ils sont dus à des phénomènes de surintensité, le parafoudre se trouvera inutilisable et l’installation sera sans protection.
- Pour ces raisons, il a paru à l’auteur qu’il
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- serait intéressant de réaliser un dispositif monté en shunt, un déchargeur ordinaire, par exemple, qui aura pour effet d’ajouter son action à celle
- Soupape shunt pour la protection des installations, de l’appareil principal en le déchargeant d’une partie dé l’énergie qui pourrait être dangereuse.
- L’effet, de ce dispositif est direct et évident en cas de surlension. En cas de. surintensité, connue on se trouve en présence de phénomènes brusques, il se produit aux bornes des appareils une surélévation de tension d’autant plus considé rable que ]'accroissement du courant était lui-même plus important. La soupape shunt intervient donc dans ce cas comme dans le premier pour dévier une partie de l’énergie.
- La ligure représente schématiquement une résistance métallique dans l’huile A shuntée par un parafoudre à cornes B dont la distance explosive est réglée suivant les données de fonctionnement de l’installation.
- Ce dispositif parait devoir présenter un certain intérêt, en particulier dans le cas de résistances liquides dont le prix est assez élevé ou de résistances en carborundun ou en carbone en raison de leur fragilité. En outre, il constitue par lui-même un appareil supplémentaire de protection pour l’installation.
- (L'Elettrotecnica, 5 mars 1914.)
- TRACTION
- Les tramways électriques de Constantinople (*). — P. Poschenrieder.
- Avant la guerre des Balkans, la capitale de l’Empire turc, possédait plusieurs lignes de tramways à chevaux : de Asab Kapu par Galata et Tophane à la Mosquée Ortakjoï, de Galata vers Pera et Pancaldi, jusqu’à Schischli. En outre, dans la ville turque de Stamboul, du nouveau pont de l’Hippodrome jusqu’à Ak-Serai et, de là, d’une part, à Jedicule et d’autre part, à Top-Kapu.
- Les tramways de Constantinople sont exploités par une Société ottomane et en partie entre les mains du Consortium de Constantinople dont la Société principale est : la Société Financière de transports et d’Entreprises Industrielles, à Bruxelles. En janvier 1911, un contrat fut passé avec l’administration turque pour l’électrification des lignes de tramways. Les travaux, commencés en 1911, furent interrompus parla guerre et retardés encore par la lenteur des travaux d’alignement de rues qui étaient nécessaires. C’est le
- (*) Voir Lumière Electrique, n° 4 du 24 janvier 191.4,
- p. n4.
- 4 août iyi3 qu’a été inauguré le service d’essai sur la ligne d’Ortakjoi à Karàkjoi. La ligne a été ou verte au public le i“p novembre iqi3 sur la section de 4 kilomètres de tunnel à Schischli. Avec une fréquence de circulation d’une voiture par 4 minutes, nécessitée par la ligne à voie unique, le service des transports a été à peine satisfaisant pendant les heures de l’après-midi, malgré l’adjonction de deux remorques.
- L’énergie électrique sera - fournie par la Centrale de la Société ottomane d’Elect.ricité établie à Silightar, à l’extrémité de la Corne d’Or. Cette usine doit entrer en serviceau printemps 1914 et., en attendant, on a établi àCabatache, près Galata, une petite centrale provisoire comprenant deux locomobiles R. Wolf à vapeur surchauffée qui commandent chacune par courroie une dynamo à courant continu de 200 kw. 5oo volts, des ateliers autrichiens Siemens Sehuckert. Une seconde station provisoire doit être établie dans la brasserie Bomonti.
- La station centrale de Silightar comprendra : 6 chaudières Babcock et Willox de chacune 600 mètres carrés de surface de chauffe avec surchauf-
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- leur transversal etalimentation automatique ; une installation d’épuration de l’eau et des pompes d’alimentation. Dans la salle des machines, 3 turbines à vapeur de chacune 7000 chevaux de l’Os-terreichischeDampfturbincn-Gesellschaft seront accouplées directement à des générateurs triphasés, système Blathy, de 860 ampères, 10 üoovolts à 1 5oo tours par minute. Dans la meme salle se-
- Plan de Constantinople. Le trait fort indique le parcours des tramways.
- Kw = Centrale de Silighcar; PKW = Centrale provisoire de Cabatache; U] = Sous-station de Bajasid; U2 -- Sous-station deGalata; U3 = Sous-station de Taxim ; B! = Dépôt de Becliiktaclie; B3 = Dépôt de Schlisclii; Ba — Dépôt de AkSbrai.
- Sous-station. — Le courant triphasé à haute tension et destiné à la traction des tramways arrivera par câbles souterrains à trois sous-stations situées respectivement à Bajasid (Stamboul), Galata et Taxim (Péra). Là, le courant sera transformé à /t3o volts par des transformateurs statiques et envoyé ensuite aux transformateurs rotatifs. La» première mentionnée de ces sous-
- ront établis tous les appareils de commutation et de réglage, surune plateformeportantlcs tableaux de distribution avec toutes les installations mécaniques nécessaires au service et les instruments. Les trois canalisations principales auront chacune leur tableau de distribution distinct ; l’éclairage de l’u'sine sera assurée par un transformateur spécial. UnpontroulantdeGotonncsavec deux treuils roulants de 3o tonnes à commande électrique desservira tout le hall.
- stations ne possède actuellement que deux 00111-mutatriccs triphasé-eontinu de /|00 kilowatts pour courant continu à 55o volts ; les deux autres sous-stations en ont 3.
- Les tableaux de distribution se composent de châssis en fer et de plaques en marbre noir portant les instruments usuels et les leviers pour la manœuvre des appareils disposés dans des compartiments spéciaux en plaques Duro, isolés des tableaux. Chaque sous-station est pourvué d’un
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- pont roulant. Pour le moment, il n’existe pas de batterie-tompon. Des sous-stations partent des canalisations souterraines qui aboutissent aux divers points d’alimentation de ligne. Les mesures d’intensité se font du côté triphasé sur les tableaux des sous-stations.
- Lignes. — Les lignes sont établies pour prise de courant par archet. Les mâts en tubes Man-nesmann sont bétonnés dans le sol mais, en raison de l’étroitesse des rues, ils ne reçoivent pas de socle décoratif ; ils sont surmontés d’un croissant.
- Les fils de ligne de 65 millimètres carrés de section sont portés par des isolateurs à suspension de la façon ordinaire et les tendeurs transversaux sont isolés des mâts ou des rosettes murales par des isolateurs àtourets. Des interrupteurs de sectionnement parafoudres, etc., sont disposés de là façon courante. La construction des lignes aériennes dans les rues partiellement régularisées seulement a présenté de grosses difficultés, surtout à Stamboul. En raison de l’étroitesse des rues tortueuses et de la construction des maisons en bois, on ne pouvait faire usage de rosettes murales et il a fallu partout poser des mâts.
- Matériel roulant. —Le parc se compose actuellement de 40 automotrices de première classe, 70 automotrices de deuxième classe et 20 remorques; en outre, 3i voitures à chevaux seront transformées et pourvues d’appareils électriques d’éclairage et de freinage. Toutes les voitures sont de même grandeur et présentent 18 places assises (sièges transversaux), 3 places debout à l’intérieur et 7 places debout sur la plate-forme. Toutes les voitures possèdent un compartiment pour les dames turques qu’une cloison mobile permet de faire pins ou moins grand. Les voitures, toutes à deux essieux et 2i3o millimètres d’empattement, ont des plates-formes en partie fermées ; elles portent des sablières mécaniques, etc.
- L’équipement électrique d’une automotrice se compose de deux moteurs à pôles auxiliaires de chacun 40 chevaux montés à la façon ordinaire et attaquant les essieux par engrenages, d’un contrôleur à 9 positions de marche et 7 positions de freinage sur chaque plate-forme, d’un jeu de résistances de démarrage et de freinage établies sur le toit, d’un archet de prise de cou-
- rant avec dispositif de rabattement, d’un disjoncteur automatique, d’un interrupteur à main, d’un parafoudre, etc.
- En raison des fortes pentes, les automotrices sont pourvues de freins électromagnétiques sur rails et les remorques, de freins à solénoïde. Les freins sur rails peuvent être actionnés aussi bien par le courant de court-circuit des moteurs que par le courant de ligne.
- Dépôts et ateliers. — A Schischli, se trouve un grand dépôt moderne de voitures muni de fosses de nettoyage s’étendant pour la plupart sur toute la largeur. Ces fosses sont munies de rails sur lesquels peut circuler un cric sur roue permettant le montage et le démontage des moteurs. Auprès du dépôt se trouvent les ateliers et les bureaux. Un second dépôt est terminé à Bechiktaih, tandis qu’un troisième doit être établi à Stamboul (Ak-Serai) à la place de l’ancien dépôt des tramways à chevaux.
- (Eletdrotechnik und Maschinenbaii, 22 mars 1914.)
- Calcul des freins électromagnétiques. — Ernest Schwarz.
- On se contente, en général, dans le calcul des freins à mâchoires ou à ruban, de calculer le produit de l’effort de freinage par la distance du point d’application au centre de rotation ; c’est-à-dire mb =- G X a, (fig. 3). Il est nécessaire cependant de déterminer également les caractéristiques des bobines à employer ainsi que la position la plus favorable du point d’action. C’est cette détermination qui a fait l’objet du travail de l’auteur.
- Fig. 1. — Schéma d’un frein à mâchoires.
- Pour le calcul du moment mb on admet poulie moment d’attraction 2, 5 fois le moment de rotation normal et les résultats obtenus vérifient en général cette donnée, en particulier lorsque le manchon de couplage sert d’appui au frein.
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- ( ’hoi.i: du I;/[>(! de frein.
- La ligure i permet de calculer, dans le cas d'un frein à mâchoire le moment du levier du frein M/>. On a en effet.
- M/, = G.,i •- N X b
- d’où on déduit
- substituer au coefficient p. un nouveau coefficient p,1( donné parla formule.
- |A cos p
- [Ai = ----;---;--;
- sm (a -)- p)
- >. a étant l’angle au sommet de la surface, de contact et p l’angle de frottement des surfaces en contact.
- M* = m./,.
- b
- ja.R
- en posant
- [A étant le coefficient de frottement et R le diamètre de poulie.
- Dans le cas d’un frein à ruban, on obtient de même.
- M* = trib
- bi + b2e*a R (ei*a—1)‘
- Fig. 2. — Schéma d’un frein à ruban.
- On peut déduire des expressions ainsi trouvées certains résultats importants. Si l’on veut que M* soit aussi petit que possible, il faudra réaliser les conditions suivantes :
- i° Le diamètre de poulie R doit être choisi aussi grand que possible.
- 2° La distance b de la mâchoire, ou les distances ù,, et bi du ruban à l’axe doivent être aussi petites que possible, mais il faut tenir compte de ce que l’angle de soulèvement x augmentera et qu’on sera obligé par suite de se tenir dans certaines limites.
- 3° Le coefficient de frottement p. doit être élevé et on réalisera cette condition en choisissant un métal convenable et en réalisant une surface de contact non cylindrique, par exemple en forme de coin. Dans ce cas, il y a lieu de
- Fig. 3. — Schéma d'un frein électro-magnétique.
- De la sorte, nous aurons déterminé à la fois le moment M* et l’angle a.
- Dimensions et position de l’électro-aimant du frein.
- Calculons le travail de traction de l’électro-airnant du frein.
- Soit :
- P l’effort de traction de l’électro-aimant en kilogrammes.
- h le déplacement en centimètres.
- H le travail en kilogrammes par centimètre.
- M — P. a
- h — a t g a.
- On a :
- H = P. h = M3 tg a.
- Le travail H étant ainsi déterminé il suffira de réaliser un électro-aimant capable de ce travail, majoré de 4o à 6o % pour tenir compte, d’une part, du fait que l’effort de traction ne pourra pas être utilisé complètement, d’autre part, de l’usure des surfaces en contact. 11 faut remarquer également que le coefficient p. pourra être réduit par suite de la présence de quelques gouttes d’huile ou d’un peu de graisse.
- La distance a du noyau de l’électro-aimant à l’axe O sera donné par la formule.
- a = h' cotg.a
- où on prendra H' égal à 8o % de h pour les raisons exposées ci-dessus,
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- Détermination du poids g.
- La figure 3 donne
- G — M* ~ G/>g/* — Aa ~~ éï
- Pour les raisons indiquées plus haut, dans le
- calcul du travail de traction on augmentera G de 3o % par mesure de sécurité.
- Les tableaux suivants donnent les caractéristiques de quelques électro-aimants de freins établis par la société A. E. G.
- [Elektrolechnik und Maschinenhou, iL'r mars 1914).
- Tableau donnant les caractéristiques de quelques électro-aimants de freins.
- TYPE A X P Kg H Kg/cm Poids A DE l’armature EFFORT DE TRACTION P-À
- A) Couiiaî JT CONTINU.
- i° Electro-aimants série Type BH
- O 20 6 I 2 1,2 4,8
- ol k O 8,3 34 C7 6,8
- I 4o 2 l 84 A 3 18,7
- II 6o '$7 222 6 3i
- III IOO 4i Do 7)5 33,5
- IV IOO 59 5po IO 49
- V IOO 7° >J00 13 57
- :20 Electro-aimants dérivation Type BN.
- 0 3 o O 9.7 2 7
- la 4o 13 5 2 3,5 9 >5
- II 5o 18 9° 10 8
- III 5o 46 aio 18 98
- IV 5o 86 43o 3o 56
- V 8o 9^ 75o ' 3!> 58
- VI IOO 95 95o 48 47
- VII 15o i3o 1 960 66 64
- B) Courant alternatif triphasé
- 3e Electro-aimants triphasés Type BD.
- O 20 7 i4 1 )6 5,4
- I 4 o 7>5 3o 3,5 4 ,o
- II 5o i5 75 5,4 9 >6
- III 5o 3o i5o 11,9 18,8
- ÏV 5o 6o 3 00 94,5 35,5
- 4° Moteurs de freins pneumatiques Type BLD et NBD.
- I IOO 20 200 94 5 20
- II IOO 22 220 — 2 2
- III IOO 75 760 — 75
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- ELECTROMÉTALLURGIE
- Electrométallurgie du fer et de l’acier. — Woolsey M. C. A. Johnson.
- L’auteur semble assez sceptique sur l’avenir de l’électrosidérurgic et il base son opinion sur des considérations techniques et scientifiques. L’importance commerciale du fer et de l’acier a une relation directe avec l’emploi del’électricitc àleur fabrication. En effet, en raison de cette importance, la fabrication de ces métaux a été très étudiée parde nombreux esprits distingués et le résultat pratique c’est que le haut fourneau est actuellement l’instrument métallurgique le plus parfait ; son rendement thermique dépasse souvent t\o % et l’économie de main-d’œuvre est également satisfaisante, puisqu’un haut fourneau bien installé n’a qu’une charge de i fr. 5o comme main-d’œuvre par tonne de minerai. La fabrication de l’acier sur sole et au Bessemcr a également atteint un état de perfection temporaire. Des économies de diverses natures ont été introduites dans lafabricationdcla fonte et. de l’acier; telles sont celles procurées par les fours à coke à récupération des sous-produits annexés aux hauts fourneaux, les moteurs à gaz de hauts fourneaux, l’appareil Gailey pour le séchage du vent, et la fabrication du ciment de laitier.
- On peut donc en conclure avec sûreté que tout perfectionnement électrométallurgique ne peut réussir qu’en raison de sa convenance parfaite au butvisé, La lutte aveeles méthodes métallurgiques existantes est âpre et active, ici plus encore que pour tout autre métal. Le seul point faible peut-être du haut fourneau est son inaptitude au contrôle rigoureux de la qualité de la foute de première fusion, de même que le seul point faible de la fabrication de l’acier est la production, en quantité età un prix en rapportaveclcs demandes et besoins de la civilisation, d’aciers de qualité.
- Si, dans un avenir éloigné, le four électrique à fonte a quelques chances d’application générale, — spécialement parce que le caractère des minerais utilisables dans l’avenir peut modifier l’industrie sidérurgique, — pour l’avenir) immédiat, du moins, il semble à l’auteur que, même des pays favorablement situés tels que la Norvège, le
- Chili et la Californie, offrent peu d’espoir pour la succès financier d’une telle fabrication.
- L’auteur critique particulièrement la construction des hauts fourneaux établis en Norvège et dans lesquels on a par trop servilement copié la forme du liant fourneau classique en y remplaçant simplement les tuyères par des électrodes. Pour lui, c’est là une solution aussi ridicule que la transformation primitive des anciens coches en voitures de chemins de fer. Pour faire quelque chose de nouveau, il faut s’affranchir résolument de la tradition. A cet égard, les types de hauts fourneaux électriques de la Pitt River et d’IIel-fenstein marquent un progrès ; mais il y a un principe fondamental dont il faut tenir compte, c’est qu’un four électriqne à arc noyé ou à résistance dans le laitier est beaucoup plus efficace pour la fusion que pour la réduction avec fusion. Ce principe est évident et simple. La plupart des réactions métallurgiques nécessitent un certain temps pour s’accomplir et, pour compléter une réaction quelconque avec lé maximum de régularité chimique ou métallurgique, il faut faire une application progressive et intense des moyens métallurgiques. Selon M.-W- M. Johnson, les sommes perdues au Canada, fen Norvège, en France et en Allemagne, en partie en salaires élevés et en expériences infructueuses faites sur une grande échelle, l’ont, été par ignorance de la chimie physique. Le procédé de fusion électrique des minerais de fer consiste à réduire les oxydes de fer par étapes progressives et à produire une éponge de fer avec commencement de scorification des impuretés minérales. Cette réduction peut être faite par l’action combinée du carbone solide, des hydrocarbures, de l’hydrogène et de l’oxyde de carbone.
- Si l’on tient compte du principe de J.-E. Johnson Junior, à savoir que, pour chaque état métallurgique, il y a une certaine température critique, la vitesse de réaction est accélérée, si l’on considère en outre que l’action s’opère en ion phases élémentaires et plus et si l’on applique ce qui précède au chauffage progressif età la métallisation de la charge, en produisant les calories
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- économiquement,, c’est-à-dirè par la combustion de charbon dans un appareil isolé thermiquement, alors la fusion électrique des minerais de fer ne sera pas aussi coûteuse ni aussi inefficace qu'elle l’a été jusqu’ici. Unepareille méthode intelligemment étudiée offre des possibilités.
- Si, en établissant un contre-courant de scorie ferrugineuse, on parvient à décarburer le fer et à lui incorporer du cilicium en produisant une fonte se rapprochant de l’acier, dont on éliminera progressivement le soufre et le phosphore, on atteindra à un procédé commercialement excellent. La seule façon économique de traiter électriquement les minerais de fer, consisto indubitablement à amener dans la zone de fusion une éponge de 1er en proportions équili-brées.
- Bien entendu, on ne devra jamais tenter de faire l’affinage en une opération continue. Il y a dix ans que l’auteur a posé ce principe fondamental que pour la concentration des valeurs métallurgiques, une méthode continue est une nécessité, tandis qu’il faut une méthode intermittente pour l’affinage.
- En ce qui concerne l’élcctro-métallurgic de l’acier, trois voies sont actuellement ouvertes :
- i° La fabrication électrique des nuances d’acier, au creuset ou des aciers spéciaux;
- a" La fabrication des moulages en acier dans la fonderie;
- ?>° L’affinage complémentaire de l’acier chaud en grande quantité dans une aciérie ordinaire.
- La première fabrication est évidemment celle qui offre la plus grande marge aux bénéfices, mais, d’autre part, on fabrique au creuset une grande quantité d’aciers fins donnant toute satisfaction aux producteurs, aux marchands et aux consommateurs. La concurrence commerciale serait donc difficile. Néanmoins, le four électrique offre des avantages sur le four à creuset :
- i° Salaires moindres;
- a0 Suppression des creusets ;
- 3° Rendement thermique plus élevé ;
- /,° Possibilité de contrôle de la température et des réactions chimiques.
- En particulier, on peut arriver plus rapidement au four électrique à l’état d’équilibre de la réaction entre l’oxygène et le carbone dissous dans l’acier.
- Si l’on considère le four électrique pour la préparation des aciers spéciaux, on voit que le
- contrôle qu’il pèrmet sur les phénomènes de réduction affecte les conditions commerciales lorsqu’il s’agit d’éléments facilement oxydables tels que le manganèse,, le chrome, etc.
- L’auteur estime que la production électrique de l’acier pour tarières de mines offrirait des débouchés intéressants.
- Pour les moulages en acier, il y aurait plus de chances d’une extension rapide du four électrique. On pourrait notamment utiliser une grande quanti té de tournures et de limailles de bonne qualité chimique dont certaines contiennent assez d’huile pour pourvoir au réchauffage préalable; la consommation d’énergie serait alors réduite à 3ào kilowatts-heure par tonno d’acier moulé. Il faut ajouter à cela que le courant pourrait être trouvé à bon compte dans les stations centrales pendant les heures en dehors des pointes journalières. Dans de telles conditions, il est parfaitement possible de produire de l’acier liquide, pour moulages à i/|8 francs la tonne métrique et cela a déjà été réalisé. Dans des conditions favorables, on pourrait môme descendre à ioo francs la tonne et moins. Le petit convertisseur, qui emploie une fonte à haute teneur en silicium et basse teneur en phosphore revenant à plus de n/i francs la tonne, aurait un sérieux rival dans le four électrique pour la production des petits moulages.
- La quantité de l’acier électrique est élevée et ses propriétés physiques sont telles qu’avec un moulage soigné, on peut espérer obtenir un pourcentage plus fort de moulages réussis, autrement dit moins de rebuts. L’auteur va même jusqu’à admettre que la fonderie d’acier sur sole aurait un concurrent important dans le four électrique pour les gros moulages.
- Dans la fabrication de l’acier par gros tonnage, il est. naturel de lui donner tout d’abord un premier affinage rapide au Ressemer ou sur sole, de verser l’acier partiellement affiné dans le four électrique et d’y terminer l’affinage en employant un laitier très calcaire.. On laisse les réactions atteindre le point d’équilibre, les gaz se dégager et les impuretés remonter à la surface et, lorsque le bain est tranquille, on verse le métal dans la poche. C’est cette méthode, combinée à la découverte du laitier au carbure de calcium et à la réalisation pratique du four à arc en série qui a été la seconde grande contribution de Paul Iléroult à l’électro-métallurgie
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- Ce procédé électrique a donné un regain de vie au convertisseur Bessemer et certains regardent comme procédé d’avenir le triple traitement au Bessemer, puis au four Martin basique avec affinage final au four électrique. Cela peut être bon dans certaines grandes installations; il est néanmoins certain qu’en employant largement le procédé duplex, le four électrique peut produire, un acier de qualité supérieure à un prix dépassant à peine celui de l’acier produit par une seule opération thermique. En raison de la demande actuelle très intense de rails en acier à grande résistance, il est probable que le premier progrès commercial marqué dans la production de l’acier électrique en grandes quantités sera orienté vers un acier à rails de qualité.
- La métallurgie du fer et de l’acier offre d’autres champs d’application du four électrique, plus modestes, mais non moins importants. En raison du contrôle possible avec le four électrique, il n’y aura aucune difficuté à établir un four pour la cémentation, la trempe ou le traitement thermique en général, fonctionnant parfaitement. On a essayé également le chauffage des barres de forge, mais si cette application est
- intéressante au point de vue commercial, elle n’est pas encore au point. Au nombre des avantages qu’elle procurerait, il faut citer la suppression de l’oxydation qui sc traduirait par une économie notable, surtout lorsqu’on emploie de l’acier à outils rapide, d’un prix élevé, et cela en raison de la diminution des pertes et de la réduction dp l’usure et de la détérioration des matrices produites par l’enlèvement de l’oxyde dur du métal. La soudure électrique est employée avec succès depuis des années.
- Deux autres débouchés sont possibles encore au point de vue électro-thermique : le premier est le suraffinage et le surchauffe de la fonte pour les moulages spéciaux; le second est, la malléabilisation des moulages.
- En somme, il reste beaucoup à conquérir pour le four électrique dans le champ des opérations sidérurgiques, mais cette tâche n’est pas facile et la concurrence des vieilles méthodes est pénible. La règle à suivre est celle que suit la nature; c’est-à-dire qu’il faut procéder suivant la ligne de moindre résistance.
- (Métallurgical and. Chemical Engineering, mars iqi4. )
- CORRESPONDANCE
- Le compensateur de phase, système Brown-Boveri.
- Monsieuh i.f, Rédacteuh f.n chef.
- Nous lisons dans votre estimé journal du ‘28 mars 1914, un intéressant article sur un dispositif de compensateur de phase destiné aux moteurs d’induction.
- Vous faites remarquer, avec raison, dans une note qui termine l’article, que l’idée première de ce dispositif est due à M. Maurice Leblanc.
- Nous tenons à vous faire observer de plus que
- le brevet de M. Leblanc relatif à cette machine appartient à notre Société. Il porte le numéro Î29 154 et est, daté du 6 février 1902.
- Il est actuellement exploité par nous sous la forme même décrite dans votre article, qui est aussi celle qu’utilisent nos divers licenciés, parmi .lesquels MM. Brown Bovcri.
- Ce ne serait donc que justice de donner à ce dispositif son véritable, nom, à savoir : Westinghouse Leblanc.
- Veuillez agréer...
- Société Anonyme We&tinc.house, le Directeur des Services Électriques,
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- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- On peut se demander si l’industrie privée en Russie ne suivra pas l’impulsion donnée par le gouvernement à toutes ses administrations qui ne devront désormais s’adresser qu’à l’industrie russe et, pour ce qu’elle ne peut fournir, à l’industrie autrichienne, anglaise ou française. L’éviction de l’Allemagne qui peut avoir de graves conséquences politiques, aurait pour notre pays d’importantes conséquences économiques. Un crédit de plus de 5oo millions de roubles étant mis à la disposition du ministère des Voies et Communications pour le deuxième semestre de cette année pour du matériel de voies, il yaurait là matière suffisante à alimenter nos métallurgistes et par répercussion les industries mécanique et électrique.
- On annonce d’autre part que la Société d’Eclai-rage' Electrique de 1886 vient de faire l’acquisition, à proximité de Moscou, dans les environs de Bogorodsk, de plusieurs milliers d’hectares des meilleures tourbières; elle y installe une importante station centrale qui fournira le courant à Moscou aux fabriqueslesplus proches etaux villages environnants. La station centrale utilisera la tourbe comme combustible. Actuellement, la Société est en instance d’autorisation pour le passage des canalisations haute tension et négocie avec les administrateurs du district et la municipalité de Moscou qui cherchent à obtenir en compensation toute une série d’avantages. Les moyens financiers seraient procurés par des banques étrangères dont l’une fait partie d’un syndicat ayant pour objectif de centraliser entre ses mains toutes les tourbières du rayon central de la Russie.
- Les entreprises d’électricité en Russie n’ont pas toutes donné les résultats qu’on escomptait. La Société d’Electricité d’Odessa, depuis sa réorganisation il y a trois ans, échappe à ce reproche. Conduite suivant les mêmes règles que l’Eclairage Electrique de Saint-Pétersbourg, fournissant en plus l’énergie aux tramways, ses recettes progressent d’une année à l’autre dans la proportion de 5o % environ. L’année sociale a pris fin le i3 courant ; on préjuge que malgré l’augmentation du capital, le dividende de l’an dernier sera maintenu et même augmenté. L’action de capital se cote à îôa fr. 5o ; l’action de dividende à iii francs.
- Les tramways de llostoff, qui avaient eu à surmonter de nombreuses difficultés ont réalisé en 1913 427480 francs de bénéfices disponibles qui seront répartis de la façon suivante : aux actions privilégiées 87 fr. 5o représentant les coupons arriérés des exercices 1904-1905, 1906, 1907 et 5 francs de dividende pour 1913; aux actions ordinaires, 40 francs. En outre le remboursement des actions privilégiées à amortir s’effectuera par 100 francs.
- Le dividende de la Société russe d’Electricité A.E.G. à Saint-Pétersbourg est fixé à 23 r. 5o par action au lieu de 22 r. 5o en 1912 et bien que le capital ait été porté de 8 à 12 millions.
- Le décret du 21 mars 1914 sur les travaux dangereux interdits aux femmes et aux enfants intéresse dans certaines de ses dispositions tous les industriels et dans d’autres plus particulièrement les fabricants de lampes à incandescence : nous avons pensé de ce fait qu’en signalant ses principales interdictions et en reportant au besoin à sa lecture complète, nous rendrions service à nos lecteurs.
- 11 est interdit désormais d’employer les enfants âgés de moins de dix-huit ans et les femmes au graissage, au nettoyage, à la visite ou à la réparation des»machines ou mécanismes en marche.
- II est interdit désormais d’employer les enfants âgés de moins de dix-huit ans et les femmes dans les locaux où se trouvent des machines actionnées à la main ou par un moteur mécanique, dont les parties dangereuses ne sont pointcouvertes de couvre-engre-nages, garde-mains et autres prganes protecteurs.
- Les enfants âgés de moins de seize ans ne peuvent travailler aux scies circulaires ou aux scies à ruban, ni être employés au travail des cisailles et autres lames tranchantes mécaniques.
- Les enfants ne peuvent être employés à l’étirage du verre sous forme de tubes ou baguettes avant l’âge de quinze ans. Toutefois et sauf dans les fabriques de perles vénitiennes, les enfants peuvent être employés à l’étirage du verre à partir de quatorze ans, sous la condition que la charge portée par l’en-lant n’excède pas 5 kilogrammes, canne comprise.
- Dans les établissements où s’effectuent l’aiguisage et le polissage des métaux,l’accès des locaux-affectés à ces opérations est interdit aux enfants âgés de moins de dix-huit ans et aux femmes.
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- Dans les établissements où il y a nécessité de conduite et surveillance des lignes, appareils et machines électriques de toute nature dont la tension de régime par rapport à la terre dépasse (ioo volts pour les courants continus et i5o pour les courants alternatifs (tension efficace), l’accès des locaux affectés àces opérations est interdit aux enfants âgés de moins de dix-huit ans.
- Enfin dans les ateliers de trituration des composés du cuivre et de dérochage du cuivre par les acides on ne peut enployer les femmes et les enfants âgés de moins de dix-huit ans.
- Pour l’application de ce décret, les chefs d’établissement doivent être en mesure de présenter à toute réquisition des inspecteurs pour chacun des enfants de moins de dix-huit ans qu’ils emploient soit le livret prévu par l’article 88 du livre II du Code du Travail, soit un bulletin de naissance.
- Ayant déjà exposé ici nos idées sur la semaine anglaise au moment où le Conseil supérieur du Travail en a discuté l’application à foute notre industrie et après, lors de la discussion devant la commission de la Chambre des députés, nous signalons que le rapport sur les propositions de loi émanant de l’initiative parlementaire a été déposé le 0 mars avec comme conclusions les dispositions suivantes : dans les manufactures, fabriques, usines, ateliers et chantiers, dans les usines minières et carrières, dans les entreprises de chargement ou de déchargement, ainsi que dans les dépendances de tous ces établissements, de quelque nature qu’ils soient, publics ou privés, laïques ou religieux, même lorsqu’ils ont un caractère d’enseignement professionnel ou de bienfaisance, deux ans après la promulgation de la présente loi, la journée de travail de tout le personnel, soit mixte, soit composé d’adultes seuls, devra, le samedi et les veilles des jours fériés légaux, se terminer à 4 heures de l’après-midi et sa durée ne pourra dépasser huit heures. Six ans après la promulgation de la présente loi, la journée de travail, le samedi et les veilles de jours fériés légaux, devra se terminer à midi et sa durée ne pourra dépasser cinq heures.
- Nous répéterons que les conseillers patrons au Conseilsupérieur du Travail se sont opposés énergiquement à l’adoption d’une formule qui réduit dans la proportion de to,K> % le nombre annuel des
- heures de travail; les promoteurs de la loi pensent qu’en procédant à son application par deux paliers dont le deuxième a une durée de six ans, l’usage s’introduira plus facilement dans nos mœurs et avec moins de conséquences dommageables. Les industriels pourront évidemment se préparer plus facilement au maintien de leur production normale par le fonctionnement de leur outillage, l’éducation de la main-d’œuvre, et l’utilisation plus complète des-forces physiques d’un personnel plus reposé;
- Us ne peuvent cependant se défendre d’une appréhension sur les résultats à venir, quand ils constatent ce qui se passe dans les mines : leur production a baissé de aa3 ooo tonnes. Ils voient bien, d’autre part, qu’il leur faudra consacrer aux immobilisations annuelles une plus grande partie de leurs disponibilités, sans augmentation de profits puisque ce sera simplement pour les maintenir au taux des précédents exercices; les conséquences de cette politique seront l’augmentation des prix de vente, la diminution des revenus et l’abaissement momentané de la valeur intrinsèque des titres. La prochaine législature verra probablement se discuter cette proposition de loi ; aboütira-t-elle ? Avec les dispositions préconisées nous souhaitons que non, et nous adopterons le vœu de certaine Chambre de commerce exprimant le souhait qu’aucune réglementation du travail nô vienne plus entraver le commerce et l’industrie. Ce repos du samedi entre peu à peu dans nos habitudes par l’application qu’en font déjà toutes les banques pendant la période d’été ; cela se fait sans heurt, sans nuire à la production parce que lès intéressés y apportent les modalités voulues; laissons se propager l’idée ; laissons-là s’adapter à tous les milieux cl puis plus tard, beaucoup plus tard si on y tient, légiférons alors que la loi ne sera que la sanction des habitudes.
- Signalons à litre d’indication statistique que l’émigration italienne en France, sanction de la pénurie de notre main-d’œuvre nationale s’est élevée à 7'i 089 unités pour l’année 1912; ce chiffre est presque égal à celui de la même émigration en Allemagne. Mais comme dans ce dernier pays la population indigène est de beaucoup supérieure à la nôtre, la proportion en pour mille est beaucoup moindre et en sa faveur : 1,08 au lieu de 1,9 pour mille.
- T. 11.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Ailler. Le conseil municipal de Vichy a adopté une proposition tendant à installer un réseau do tramways électriques allant, l’un de la route de Gusset au pont de Vichy, l’autre de 1a barrière d'Abrest aux Burtins.
- Nord. — Le conseil municipal de Tourcoing autorise le maire à traiter avec la Canalisation Electrique pour la fourniture et l’exécution des extensions du réseau de haute tension.
- Cette Société est déjà fournisseur de la ville, mais par l’entremise d.e l’Energie Electrique du Nord pour les marchés passés entre la ville et cette dernière.
- Ces contrats vont se terminer pour une partie à la réalisation de l’emprunt de i 100 ooo francs, pour l’autre à fin décembre 1914.
- La ville traitera alors directement avec la Canalisation Electrique. Le nouveau marché prendra lin le 3i décembre 1919.
- ÉCLAIRAGE ET FORCE MOTRICE
- Dordogne. — La municipalité de Beauregard a voté l'établissement de l’éclairage électrique, la force motrice lui sera fournie par l’usine qui exploite leschules dumoulin de Ladoux et du moulin de Peyraux, et qui a déjà obtenu les concessions de Coly, Coudât et Bersac.
- Eure-et-Loir. — Une enquête est ouverte à Ghà-teaudun sur la concession d’une distribution d’énergie électrique présentée parla Compagnie Française d’Eclai-rage et de Chauffage par le gaz.
- Gard. — Le Sud Electrique étudie le projet d’une ligne de dérivation pour transporter l’électricité à Saint-Gervazy, Bezouce, Carrières et Ledenou. Celte dérivation à haute tension partirait de Redessan, en traversant le village pour prendre la roule d’Uzès.
- Gers.— Le conseil municipal de Barcelonnea accepté les propositions de \I. Bacque, concessionnaire de l’électricité pour l’éclairage électrique de la ville eu remplacement de l’acétylène.
- Loire. — Le conseil municipal de Chainbœuf a émis un avis favorable à une pétition d’un groupe d'habitants demandant l’installation de l’éclairage électrique à Charn-bœuf. A ce sujet le conseil sollicite de la Compagnie Electrique de la Loire la mise à l'élude d’un projet.
- Loire-Inférieure. — La Chambre de Commerce de Nantes est autorisée à emprunter Une somme de
- 85o 000 francs en vue de l’acquisition de quatre grues à vapeur de 1 5oo kilogrammes, de cinq grues électriques de 5 000 kilogrammes et de quatre grues électriques de 3|ooo, 5 000 kilogrammes, ainsi que la réfection de l’appareillage des douze grues électriques actuelles du quai des Antilles.
- P OBLIGATIONS COMMERCIALES
- Maison Rousselle et Tournaire,
- 52, rue de Dunkerque, Paris.
- Catalogue général (iro et a» parties).
- i. > ;
- Sooiété Alsacienne de Constructions Mécaniques*
- Belfort.
- Les chemins de fer électriques d’intérêt local du Haut-Rhin dans la région de Belfort.
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Société Hydro-Électrique de Tencin. — Durée. : 99 années. — Capital : 45° 000 francs. — Siège social : Brignoud (Isère).
- Société d’Electricité de Wambaix. — Durée : 3o années. — Capital : i5 000 francs. —- Siège social : Wambaix (Nord).
- CONVOCATIONS
- Secteur Electrique de la Ville d’Asnières. — Le,
- 29 avril, 19, rue Blanche, à Paris.
- La Lutèce Electrique. — Le 3o avril, 19, rue Corbeau, à Paris.
- Société des Forces Motrices et Usines de l’Arve.—
- Le 2 mui, 124, rue de la Boétie, à Paris.
- Société Lyonnaise des Forces Motrices du Rhône.
- — Le 8 niai, 37, rue de la République, à Paris.
- Energie Electrique du Sud-Ouest. — Le 8 mai, 92, rue de la Victoire, à Paris.
- Société Hydro-Electrique du Périgord. — Le 8 mai, 92, rue de la Victoire, à Paris.
- Compagnie Française pour l’Exploitation des procédés Thomson-Houston. — Le 9 mai, 7, rue de Madrid, à Paris.
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de Paris. — Le 14 mai, 19, rue Blanche, à Paris.
- Société d’Electricité de Varsovie. — Le itî mai, 60, rue Caumartin, à Paris. — ---
- Société des Etablissements Lefébure et Cie. — Le 20 mai, io5, rue Saint-Lazare, à Paris.
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- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Lei5maiigi4,au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, io3, rue de Grenelle, â Paris, fourniture de 387 685 poteaux en bois injecté (.70 lots).
- Les demandes d’admission à l’adjudication devront être parvenues au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, (Direction de l’exploitation téléphonique, 20 bureau) avant le 5 mai 1914.
- On pourra prendre connaissance du cahier dos charges, rue de Grenelle, n" io3 (Direction de l'exploitation téléphonique, a0 bureau), tous les jours non fériés, de 10 heures à 12 heures et de 15 heures à 17 heures, ainsi que dans le bureau télégraphique central de chaque chef-lieu de département.
- L'Administration des Chemins de fer de l'Etat, à Paris, a'I’intention de faire procéder à l’installation des canalisations principales et secondaires destinées à l’éclairage d'ensemble et au transport de force de l’atelier central de réparation du matériel électrique à la Garenne.
- Les industriels désireux de concourir à celte fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard dans les bureaux du service électrique (3e division), 72, rue de Rome, à Paris, les mardis et vendredis, de i5 à 17 heures, jusqu’au 16 mai 1C) 14-
- BELGIQUE
- Le 6 mai, à n h. 1/2, en la salle de. la Madeleine, à Bruxelles, fourniture, en trois lots, de charbons électriques pour lampes à arc nécessaires à l’office de l’électricité des chemins de fer de l’Etat (cahier des charges spécial n° 5o3). Soumissions recommandées le 2 mai.
- Le i3 mai à 11 heures, en la salle de la Madeleine, à Bruxelles, fourniture d’appareils téléphoniques et accessoires nécessaires à l’Administration des télégraphes et téléphones (cahier des charges spécial n° 237) : icrlot, 160 commutateurs, caut. : 1 100 francs —2-1 lot, i3oid., caut. : 1 000 francs; — 3e lot, 35 id., caut. : 700 francs; — 4clot, i3id., caut. : 100 francs;—5° lot, i5 tablesSlan-dard, caut. : 1 1 ;o francs; — 6° lot, 10 id., caut. :
- 800 francs; — 7e lot, 14 id., caut. : 3 5oo francs; — 8° lot, 5o magnétos à coupe-circuit à 5 aimants, caut. : 200 francs.; — 90 lot, 5o annonciateurs et 1 200 clés à 3 positions, caut. : 2 200 francs; — 10e lot, 5oo microphones-sonneries, caut. : 1800 francs;— n° cl i2°lots, composés chacun de 1 750 microphones sur colonne, cautN : 3 400 francs par lot; i3° et 14e lots, composés chacun de 2 000 sonneries, caut. : 3 Goo francs par lot;
- i5eel 16e lots, composés chacun de 5 000 téléphones à main, caut. ; 3 600 francs par lot; — 170 lot, 4000 id., caut. ; 2 900 francs; — 180 à 20‘ lots, composés chacun de 2 000 sonneries-magnéto avec bobines et microphone à granules sphériques, caut : 9 200 francs par lot; 21e lot, 600 fiches en ébonite, 1 5oo fourches, 1 200 prises de courant en ébonite et 700 sonneries, caut. : 2 000 fr. ; — 22° lot, 8 000 protecteurs, caut. : 3 000 francs; — 23e lot, 200 micro-téléphones pour poseurs, caut. : 5oo francs; — 24e lot, 5 000 rosaces en noyer poli, caut.: 100 francs; — a5e lot, 12 5oo cordons à aiguillettes et doubles, caut. : 800 francs; — 26' lot, 22 5oo id. rouges et verts, caut. : a 3oo francs. — 170 lot, 3o 000 mètres cordons verts souples, caut. : 1 200 francs. Soumissions recommandées le 9 mai.
- Le 20 mai, à n heures, en la salle de la Madeleine, à Bruxelles, entreprise pour l’Administration des télégraphes et téléphones (cahier des charges spécial n° 216) : fourniture et installation de câbles téléphoniques et de tètes de câbles dans l’agglomération bruxelloise et fourniture d’accessoires divers; caut. : 10 000 francs; — 2elot, fourniture de tètes de câbles, boîtes en bois doublées de zinc et boites de protecteurs; caut. : 1 800 francs. Soumissions recommandées le r6 mai.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- BELGIQUE
- 4 avril, — à la fonderie royale de canons, 80, quai Saint-Léonard, à Liège, fourniture et installation du matériel électrique nécessaire à l’établissement des feeders, du réseau de distribution de la jforce motrice et de l’éclairage et à l’installation de l’éclairage dans divers bâtiments du camp de Beverloo, en 3 lois:
- ier lot, fourniture et montage des machines et appareils électriques de la centrale : L. Desmedt, à Bruxelles, 81 800 francs; F. Lamensoh, à Laeken, 82 620; Compagnie Internationale d’Electricité, à Liège, 83 5oo; H. Dehousse et Cic à Saint-Josse-ten-Noode, 82 852 ; Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi,
- 84 750 ;
- 2e lot, élude complète et détaillée du projet : H. Dehousse et Cle, T58 000 francs; A. .Es G. Union Electrique, à Bruxelles, 175675; L. Desmedt, 187 928; F'. Lamensch, à Laeken, et G. Detilleux, à Liège, 10G 109,64 ;Electricité mécanique, à Charleroi, 199612,55 ou s39 6l2,55.
- 3e lot, canalisations intérieures et éclairage électrique : F. Lamensch et G. Detilleux, ioo 833,40; H. Dehousse et Cie, 117 180; L. Desmedt, n3 4°5 ; Electricité mécanique, 133 727. . .
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- l’ABIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, 17, RUE CASSETTE.
- Le Gérant : J.-B. Nouet
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- Trente-sixième année.
- SAMEDI 2 MAI 1914.
- Tome XXV (2* série). — N» 18
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- A. BLONDEL.— Complément à la méthode des abaques pour le calcul mécanique des
- lignes aériennes (Fin)................. 5 /,5
- MAURICE LEBLANC Fils. — Conférence de M. Fabry sur « Le mouvement des particules lumineuses dans les gaz »......... 55/,
- H. DE BELLESCIZE. — Prédétermination du rayonnement d’une antenne................ 556
- Publications techniques
- Applications mécaniques
- Compteur-moteur à mercure................ 561
- L'équipement électrique du transatlantique
- « Britannica»......................... 562
- La transmission de l'écriture à distance. — C. Beckmann................................. 563
- Statistique
- Statistique des stations centrales d’électricité aux Etats-Unis............................... 565
- Télégraphie et Téléphonie
- Un équipement de télégraphie sans fil pour un
- chemin de fer américain.................... 567
- Notes industrielles. — Allumage, éclairage et mise en marche électriques, système Westinghouse ................................... 568
- Agrandissements de la fabrique de câbles
- Pirelli et Cic........................... 571
- Etudes et Nouvelles Economiques.............. 572
- Renseignements Commerciaux................... 574
- Adjudications................................ 575
- COMPLÉMENT A LA MÉTHODE DES ABAQUES POUR LE CALCUL MÉCANIQUE DES CONDUCTEURS AÉRIENS (Fin)™
- La dernière partie de ce travail (') est consacrée à la recherche de la résultante des forces qui agissent à l'extrémité supérieure des poteaux, et à la discussion de l’influence de U orientation du vent sur la résultante des efforts.
- On montre que la direction pessima ne peut être obtenue d'une façon rigoureuse par le calcul, mais qu'on peut néanmoins déduire de quelques considérations générales, appuyées d’un exemple numérique, une solution pratique; il suffit défaire deux hypothèses simples sur la direction du vent, l'une au régime de vent maximum, l’autre au régime de froid maximum; cette recherche est aidée dans tous les cas par un procédé de calcul graphique du coefficient de majoration m du poids fictif des conducteurs.
- On verra plus loin Comment calculer /'(N, 6) en fonction de l’angle |3.
- Cela admis, étudions le cas général de deux travées Lj et L2 dontles points d’attaclie A,O,C sont à des niveaux différents, O étant le plus élevé, et dont les projections horizontales font entre elles un certain angle q. Dans la figure 7, nous représentons en élévation le dièdre à arête verticale O ouvert à 180° autour de sa charnière, et
- () La Lumière Electrique, n° 16, 18 avril 1914, p. 4&1, et u° 17, 2 5 avril 1914, p. .
- en plan la projection horizontale du dièdre d’angle y. La travée L, exerce sur le poteau d’angle une tension Tn,,o et la travée L2 une tension Tnj.o (N, et N2 ne sont égaux que si le vent souflle suivant la bissectrice de l’angle Y). Ces tensions sont données sur l’abaque, l’une parle point représentatif du régime « Ni, 0 » pour la portée L,, l’autre par le point représentatif du régime « N2, 0 » pour la portée L2.
- Chaque tension Tn,« peut se décomposer dans le. plan vertical de la travée correspondante en une force verticale Z qui comprime le poteau
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- 840 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2* Série).—N° 18.
- et une force horizontale t. Composons les forces tx et ti; pour cela, nous les rappelons en projection horizontale et nous construisons leur résultante F3, laquelle a le bras de levier l.
- Il est évident que F., n’est ainsi donnée qu’à un facteur près, qui est la section totale des fils, celle-ci étant supposée la même dans les deux travées.
- 4° Compression Q du poteau. — Pour déterminer la part du poids de fils qui revient à chaque poteau, considérons d’abord une travée simple dont les supports sont à des niveaux différents et dont le point le plus bas a sous le régime « N, 0 » est intérieur aux supports.
- En appelant ct le poids spécifique d’un fil sans vent et s la section totale des fils de la travée, le poteau supérieur porte un poids de fil :
- üs.s.X
- où X est la demi-portée fictive dans le cas du régime « N, ô », c’est-à-dire :
- X = - + -.-.Tn,„.
- 2 ni x
- Le poteau inférieur porte un poids de fil :
- T3S.[.V - X).
- Si le point bas a n’est pas intérieur aux supports, tout le poids du fil est porté par le poteau supérieur.
- Revenons maintenant au cas de la figure 7. Nous aurons la compression Q du poteau O en construisant la résultante des efforts Z et des poids des travées L, et L2 portés par ce poteau.
- Ces poids sont :
- rc.A.X, nr. .v. X
- Il est évident que dans le cas de supports de niveau, on aurait simplement
- Q = gt s
- Li -|- L2
- Résistance des poteaux.
- Un poteau est soumis à la compression Qet à un elfort horizontal F qui est la résultante des trois efforts horizontaux F, F2 F, précédemment définis. Chacun de ceux-ci, ainsi qu’on l’a vu, peut avoir une direction différente des deux autres (fig, 4). .La direction F2 est donnée par la composition des efforts v ; celle de F3 par la composition des efforts £; quant à F» sa direction est celle même suivant laquelle le vent est supposé souffler. Nous indiquons plus loin la direction pessima qu’on doit supposer au vent d’après l’ouverture de l’angle formé par la projection horizontale des travées.
- Q et F étant déterminées, il suffit d’appliquer la formule connue :
- Q , M Q I
- U
- où Q est la section d’encastrement; M = F’ où l est le bras de levier commun aux trois forces
- Fj F2F3; ~ est le module d’inertie de la section
- d’encastrement pris en considérant la direction de F ; R est l’ell'ort limite imposé par le règlement, effort de rupture multiplié par le coefficient i/3, i/5 ou 1/10 suivant la situation des poteaux. '
- Pratiquement l’effort Q est parfaitement négligeable en sorte que la vérification se réduit à :
- Influence de l’orientation dn vent sur la grandeur des efforts appliqués sur les fils et sur les poteaux.
- Dans tous les Règlements, 011 a supposé que le vent agissait normalement aux fils et c’est
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- 2 Mal 19U. LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- section des fils en mfn!
- S47
- 60 70 ' 80 90 100 HQ 120 KO
- diamètre des fils en m.m
- Fig. 8. —• Abaque des coefficients m pour des fils de bronze ou de cuivre dur.
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- 5UH
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série). — N° 18:
- fx. 2.00
- section du câble en m.m*.
- Abaque des coefficients m pour des câbles de bronze ou de cuivre dur
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- 2 Mai 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 549
- dans ce cas que les pressions caractéristiques du règlement français atteignent les valeurs de iüo et 3o kilogrammes par mètre carré. Mais dans le cas général, le vent, tout en restant horizontal, peut être oblique sur la direction d’une travée ; dans ce cas, si Ton appelle fl l’angle que forme la direction du vent avec la normale au plî*n passant par les deux poteaux extrêmes de la travée, la pression P par mètre carré est. à remplacer par P cos p comme on Ta vu plus haut. 11 en résulte un changement du coefficient, d’amplification m, défini par la relation
- V'
- V
- p~ + pH* . COS2P /CT2 -|- . COS2p
- cr
- rr
- cr
- cos2 p
- dans laquelle p désigne le poids propre du conducteur de section s; pn la pression normale produite sur le conducteur par le vent, cr« cette pression divisée parla section, c’est-à-dire :
- Pour faciliter le calcul des cocfiieients de cr' // .
- majoration m = — = — pour chaque valeur de
- Ü7 p
- l’angle p d’incidence du vent, on pourra se servir des abaques spéciaux reproduits (à plus petite échelle) par les figures 8 et 9 ci-contre, dans lesquelles ces coefficients sont donnés par des courbes ; ces dernières forment deux familles applicables respectivement au régime de vent [p iao kg) et au régime d’hiver (p = 3o kg).
- Dans chacune de ces deux hypothèses, les courbes de m ont été tracées en fonction des sections des fils et des cables de cuivre dur et pour les incidences o°, jo°, i5°, 20°, «5°, 3o°, 35°, /jO“, /,5°, etc.
- Pour la pratique courante, au lieu d’employer ces abaques, il est souvent plus avantageux de recourir à la construction graphique suivante. Représentons par un vecteur OÀ la valeur
- unité de — et par AB le rapport —\ De A comme
- Gï CT
- centre, décrivons 1/4 de cercle BCD, puis de A traçons la ligne AC qui forme avec AB l’angle p
- et traçons CH perpendiculaire à AB. La longueur
- . TT , cy„ cos p
- AH représentera----------.
- cr
- Si l’on joint OU par une droite, celle-ci a pour longueur précisément m. Cette construction permet, lorsqu’on connaît la pression correspondante au cas du vent normal, de construire graphiquement avec la plus grande rapidité une valeur du coefficient d’amplification correspondant à une direction quelconque du même vent caractéristique.
- B
- io. — Calcul graphique du coefficient de majoration m en fonction de l'incidence p du vent.
- Bien entendu, la valeur m est maxima pour un fil quand p est nul, et l’on a à faire cette seule hypothèse pour l’étude de la résistance des fils eux-mêmes.
- Mais quand il s’agit d’étudier les efforts sur les poteaux auxquels aboutissent deux travées formant entre elles un angle, il est nécessaire de pouvoir calculer les coefficients m sous différents angles du vent afin de chercher quelle est l’hypothèse la plus défavorable, c’est-à-dire celle qui conduit à la plus grande résultante des tensions et plus généralement l’ensemble des efforts appliqués sur les poteaux.
- Direction pessima du vent. *— Soit encore deux travées Lt L2, agissant sur le poteau commun P. La direction du vent intéresse :
- 1) La valeur de chacune des deux forces v dont la composition donne Fr,
- u) La valeur de chacune des forces t dont la composition donne F3;
- 3) La valeur et la direction de Fi.
- On doit, dans la vérification des poteaux, supposer au vent la direction la plus défavorable, c’est-à-dire celle qui donne la plus grande résultante F.
- D’après ce qu’on a vu, un vent ayant la direction :v P (fig. n) produit un effort parallèle Fj sur le poteau et deux efforts perpendiculaires aux deux travées Li L>, proportionnels aux pro-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série;. — N° 18.
- jections verticalesdes fils de ces deux travées. Si on néglige, poursimplifiei', la flèche de chaînette, l’effort total produit sur les demi-portées, dont les milieux sont a, n2, est le même que celui qui s'exercerait sur un fil parallèle et. égal à
- la droite a-, as et passant parle poteau. Cet effort aura pour valeur b fa pH cos [3, p étant l’angle du vent, avec la perpendiculaire, à bibï. Il est donc maximum quand le vent est perpendiculaire à et, eu tout cas, sa direction est perpendiculaire à bxb2, donc différente de F,.
- — Composition des forces horizontales agissant sur un support commun à deux travées.
- Quant aux tensions tt et elles sont égales à la tension mesurée avec le coefficient de majoration dû au vent et qui dépend, d’après ce qui précède. de la direction du vent. Soit Vy un vecteur représentant p,„ PV, et P V2 les projections de ce vecteur sur la normale aux deux travées respectivement ; ces lignes PV| et PV, divisées pars seront à porter suivant AU de la figure A pour faire le calcul du coefficient de majoration ni.
- Supposons que l’on déplace y d’un angle très petit, par exemple vers la droite en P/y, la projection PV, sera accrue et la projection PV2sera diminuée ; le coefficient m se trouvera par conséquent accru pour la première et diminué pour la seconde.
- Lorsqu’on part d’une position initialcdu vecteur P y dirigée suivant la bissectrice de PV, et PV2, les variations des deux projections PV, et PV2 étant alors égales pour un déplacemenl.infinimcnt petit, ja figure io montre qu’il en sera de même des deux variations des deux valeurs m correspondantes.
- Or si l’on se reporte à l’abaquede iyoa et qu’on
- trace une ligne horizontale quelconque, on voit que celle-ci rencontre les paraboles d’égale tension à des distances de l’origine croissant plus vite avec la tension que si ces paraboles avaient un soin met commun, c’est-à-dire que si les effets de l’allongement du fil par l’élasticité étaient négligeables. Or si on les néglige, on sait que les tensions croissent proportionnellement aux abscisses puisque le second terme de la formule
- est fonction seulement du rapport ^.
- L’introduction d’un coefficient de majoration faisant varier./- proportionnellemcntà /«, on voit que la tension varierait proportionnellement à m pour une portée donnée constante, s’il n’y avait pas d’effet d’élasticité, et que ce dernier effet produit u ne augmentation plus rapide de la tension. Autrement dit, pour un conducteur soumis à l’effet du vent, T croit un peu plus vite que proportionnellement au coefficient de majoration. Puisque ce dernier varie de quantités égales quand le vent tourne un peu à partir de la bissectrice, on peut être assuré que la tension croît un peu plus vite dans la travée L,, que le vent frappe alors plus normalement, qu’elle ne décroît dans la travée L2 frappée moins normalement. Par conséquent, dans la construction de la résultante F3, nous avons à considérer que la composante t, aura crû un peu plus que n’aura décru la composante t.2. Or il est facile de voir que si l’accroissement de la première était simplement égal au décroissement de la seconde, le point F3, extrémité de la résultante, se déplacerait simplement sur une droiteF3s formantla bissectricede l’anglef, F3£2; le fait que varie plus vitefaitque F3 se déplace un peu au-dessus de cette ligne F3Z, mais dans tous les cas montre qu’il va en augmentant.
- Lorsqu’on part d’un vent parallèle à la bissectrice de L, L2, F3 est lui même sur cette bissectrice ; par conséquent toutes les fois qu’on fait tourner le vent en partant de la bissectrice, on est sûr que la résultante PF., ira en augmentant. Le vent suivant la. bissectrice correspond donc à un minimum de l'effort F3. Cet effort va en augmentai! t pour des obliquités croissantes de part et d’autre, mais il est difficile de savoir jusqu’à quel moment se fait cette augmentation, car le calcul devient beaucoup trop complexe pour être mis facilement en équation.
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- % mi 1914, LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE;
- •151
- En général, on peut admettre que les maxima de l’effort résulté de F1? F2ct F3 correspondront au cas ou le vent sera normal a l’un ou l’autre des conducteurs, ou à la droite dx d2, mais ce n’est pasunepropriétégénérale, ni rigoureuse. On peut cependant l’observer comme règle pour la recherche des efforts «à appliquer aux supports; le coefficient de sécurité appliqué dans ce calcul
- poteau dans le cas de deux travées inégales.
- Soient a travées de 30 mètres (OA) et 50 mètres (OB) faisant entre elles un angle de 130° (fig. ia).
- La ligne se compose de 3 fils de cuivre de 'iO/JO de diamètre.
- Le poteau d’angle a comme diamètre o m. i3 au sommet et o m. 18 à l’encastrement; la longueur de la partie non encastrée est 7 m. 70. Le
- Résultantes obtenues au régime 120 k.
- 1 vent perpendiculaire à OA
- 2 » » à a b
- 3 » » à DB
- 4 vent perpendiculaire ù OA
- Résultantes obtenues au régime 3o k. — io°........... ^ 5 vent dirigé suivant OA
- 6 » » a b
- 7 vent perpendiculaire à a b
- a justement pour but de tenir comptcde la petite erreur que l’on peut commettre si l’effort maximum se produit pour une position de vent intermédiaire, mais cette erreur ne peut jamais etre très grande.
- EXEMPLE
- À titre d’exemple, nous donnons ci-dessous le résultat d’un calcul complet (*) des efforts sur un
- (*) Ce calcul assez laborieux a été exécuté par mon assistant M, G, Pignal, ingénieur E. S. E,
- point d’attache de l’isolateur du fil médian est à 7 m. ti au-dessus de la section d’encastrement.
- CALCULS PRÉLIMINAIRES
- Nous supposerons que, dans le calcul du fil, on a adopté pour la portée de 5o mètres lai tension de 9 k. GU au régime « o kg. -j- i5° », ce qui donne i5 kilog. au régime « 3o k. — io° » qui est le plus défavorable ; que, pour la portée de 3o mètres, ou a adopté 9 k. k au régime « o k. -f- if>° b, ce qui donne i5 kilog, au régime « 3o k. — io° ».
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- Effort du vent.sur le poteau.
- Effort réel F', =. P.o,6.- (o, 12 -(- 0,18) 7,70.
- L’effort üclii' rapporté au bras de levier 7 in. 12 est :
- F, = IV.
- 7>7°
- 7,,2
- F, = 0,4. P kg.
- Effort du vent sur les (ils. — La droite a b qui joint les milieux des portées OA et OB a une longueur de 39 mètres.
- U11 vent dont la composante normale à ab est A' produit sur le poteau un effort perpendiculaire à ab et dont la valeur est :
- F
- 2
- N. o,6.12
- 1 000
- .39 = 0,28 N.
- Tension des fils. — par millimètre carré.
- ... „ x. iG
- r3 = 3. -------- X tension
- F3 = 37,6 X tension par mm2.
- Le calcul des coefficients de majoration suivant la direction du vent aété suivant la méthode indiquée plus haut. Puis on a calculé successivement les composantes et leurs résultantes, d’une part, au régime de vent, et d’autre part, au régime d’hiver, dans les 6 hypothèses suivantes :
- A. Vent perpendiculaire à OA.
- B. Vent perpendiculaire à OB.
- C. Vent perpendiculaire à ab.
- D. Vent parallèle à ab.
- E. Vent égal à AO.
- F. Vent parallèle à OB.
- Et l’on a construit les 12 épures correspondantes.
- Pour 11e pas surcharger inutilement cet exposé, nous ne reproduisons pas ces épures, ni le détail des calculs correspondants; nous indiquons seulement les résultats comparatifs sous forme graphique, en portant sur la figure 12 en coordonnées polaires les grandeurs et les directions des r-2 résultantes en signalant en légende les plus importantes.
- Les angles sont comptés en degrés à partir de
- la droite OA, dans le sens des aiguilles d’une montre ; ils indiquent non pas la direction du vent, mais celle de l’effort résultant de l’étude comparative des résultats. Les résultantes correspondant aux six hypothèses doubles indiquées ci-dessus (M sont :
- A 32/( kg. à 87° de OA.
- Abis 320 kg. à /|i° »
- B 327 kg. à 94° de OA
- BA,î 3oo kg. à 761 »
- C 824 kg. à 90° »
- CF"* 3o6 kg. à 76° »
- r) 1 R = 2o5 (96°) pour un vent suivant ab.
- ( R = 187 (67°) »
- iw, i R = 3o5 k. (84°) pour un vent suivant ab.
- ( R = 3oo k. (60") » ba.
- pi 1 R = 196 k.(io6°) pour un vent suivant AO.
- | R = 218 k. (770; » OA.
- P*/» \ R = 295 k. (70°) pour un vent suivant AO.
- | R = 3io k. (67°) » OA.
- p ( R = 208 (8G°) pour un vent suivant OB.
- / R = 180 (58°) »
- p/</4- j R3oo (78") pour un vent suivant OB.
- ( R=285(73°) » BO.
- O11 peut déduire de ces résultats que:
- 1) Sous le régime de vent, les variations de
- direction du vent produisent de bien plus
- grandes variations d’efforts que sous le régime froid. C’est du reste évident a priori.
- 2) Sous le régime de vent, le plus grand effort (3) a lieu pour la direction du vent perpendiculaire à la plus longue travée OB; et sous le régime froid, le plus grand effort (4) (inférieur au précédent) a lieu pour la direction du veitt perpendiculaire à la plus petite travée OA.
- On voit que, en pratique, on pourra se contenter de faire deux hypothèses:
- 1“ Au régime d’hiver, vent perpendiculaire à la plus petite travée;
- 20 Au régime de vent maximum, vent perpendiculaire à la plus grande travée.
- 11 est bien évident du reste que l’influence du froid est toujours plus sensible pour la petite travée que pour la grande; car, ainsi qu’011 le voit
- C) Les hypothèses bis sont relatives au régime d’hiver.
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- 2 Mai 1914.
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- sur l’abaque,.une même variation de température fait dans ce cas varier davantage la tension.
- Conclusions
- On voit par tout ce qui précède combien il est importa nt de pouvoir calculer rapidement les conditions limites de sécurité d’après lesquelles on doit faire la pose des fils.
- La méthode rationnelle exposée se prête particulièrement bien à cette recherche, par le tracé de deux courbes limites de sécurité et d’une courbe limite de flèche. Si l’on appelle 02 la température de pose, 0i la température à laquelle les règlements font varier les conditions de sécurité, ni le coefficient de majoration produit par le vent ou le verglas à cette température 0,, Tl la tension limite imposée par le règlement, 0 l’ordonnée à l’origine de la courbe isotase de tension T|, 0O l’ordonnée de la courbe de sécurité cherchée pour l’abscisse x, l’équation d’une courbe de sécurité est :
- 0-0o
- /n-rô'x~
- aTL'2
- + «* - e..
- S’il y a deux conditions de sécurité, il y a deux courbes correspondantes qui peuvent différer par les valeurs de0,et de ni. Quant à lacourbedesécu-rité de flèche, elle s’obtient en partant de la courbe isokoïle correspondant» la flèche maxima admise et abaissant cette courbe d’une quantité
- égale à la différence entre la température d’été et la température de pose. Toutes ces courbes peuvent être déterminées pour une certaine température idéale dépose; si la pose se fait à une température differente, il suffît de les déplacer parallèlement à elles-mêmes d’une quantité égale à la différence entre la température réelle de pose etla température idéale.
- Cette construction est surtout facile avec les épures du type 1910; aussi éditerons-nous prochainement deux épures nouvelles d’après ces systèmes, l’une pourSo mètres de portée, l’autre pour 100 mètres de portée, les portées plus grandes étant désormais inutiles à considérer.
- Nous avons montré, d’autre part, comment 011 peut calculer les efforts sur les poteaux en tenant compte de l’obliquité du vent et comment, pour avoir l’effort maximum sur un poteau, il suffit, en général, de considérer deux hypothèses extrêmes, l’une en cas d’hiver, l’autre en cas de vent.
- Ces méthodes s’appliquent aussi facilement aux conditions de sécurité prescrites par les règlements étrangers.
- A. Blondkl.
- Noie. — Dans le dernier article de M. Blondel, Lumière Electrique n° 17 du 25 avril 1914 : P- S * 4 » colonne 2, ligne 32, compléter la phrase comme suit : Après « la température d’été 3o° » lire : « Supposons qu’on utilise encore l’abaque 1912 (fig. 1) complétée par ailleurs à la partie supérieure...»
- P. 517, colonne 1, ligne 5. Au lieu de ligure 4, lire : « En appelant D et d les diamètres inférieur et supérieur du poteau et h la hauteur au-dessus du sol.
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- LE MOUVEMENT DES PARTICULES
- LUMINEUSES DANS LES GAZ
- il/. Ch. Fabry a clôturé la série des conférences organisées annuellement parla- Société française de Physique par une conférence sur le « mouvement des particules lumineuses dans les gaz » que nous résumons brièvement ci-dessous.
- .Le mouvement des particules lumineuses des gaz, qui no peut pas nous être connu pour chacune d’elles prise individuellement, peut cependant nous être révélé dans son ensemble parle phénomène Doppler Fizcau.
- On sait en quoi il consiste : . la longueur d’onde de la vibration d’une particule lumineuse étant X; lorsque cette particule se déplace par rapport à notre œil avec une vitesse c, il nous semble que cette longueur d’onde X diminue si la particule se rapproche de nous, s’allonge si elle s’éloigne; la variation AX correspondante étant donnée par :
- AX v
- T = v
- où V est la vitesse de la lumière; v étant toujours très petit par rapport à Y, AX est toujours très pqtit et par suite difficile à observer.
- Dans les mouvements -des particules lumineuses au sein d’un gaz, on a à considérer:
- i° Des mouvements sans direction privilégiée-dns à l’agitation moléculaire;
- 2° Des mouvements d’ensemble suivant une direction privilégiée dus, par exemple, à l’existence d’un champ électrique au sein du gaz.
- i° Mouvements non coordonnés.
- Dans un gaz toutes les molécules de même grosseur ont la meme vitesse moyenne, s’il y en a de plus grosses elles sont animées de mouvements plus lents.
- Si on appelle v la vitesse quadratique moyenne d’une espèce de molécules du gaz, et m la masse cl T la température absolue, on a :
- Si ni est par exemple la masse moléculaire, le v correspondant est petit, et par suite le AX quFpeut en résulter très petit aussi. Néanmoins il en résultera que, au Heu d’avoir dans le spectre du gaz une ligne sans épaisseur correspondant à X, nous aurons un petit morceau de spectre
- continu dont le maximum d’intensité correspondra à Xet dont la demi-largeur e mesure le AX correspondant à v. •
- On a alors :
- % = 3,58 X io-7 \/i.
- X V ni
- Si on suppose qu'on a aiïairc à la molécule d’oxygène (m ~ if>) et qu’on opère à la température ambiante (ï'= 3oo) on a :
- ^ = i,5 X io-i;,
- C’est-à-dire que la ifx largeur du petit spectre continu est environ le —— de la distance
- 700e
- des deux raies du sodium ; les meilleurs spcctro-scopes ne permettent pas de voir des choses aussi petites, c’est pourquoi on a pu croire longtemps que les spectres des gaz étaient formés de raies monochromatiques.
- Mais si on utilise ces raies à la production de phénomènes d’interférence, en augmentant la différence de marche on voit le phénomène se troubler et si on appelle N le numéro d’ordre à partir duquel le phénomène d’interférence cesse d’etre visible. on a :
- AX
- N “ i,?.a X 107
- Michelson a vérifié cette formule pour le mercure, AI . Fabry l’a vérifiée pour l’hélium, le néon, le krypton, et a trouvé une excellente correspondance entre la valeur de N donnée par l’cxpé-riencc et celle donnée par la formule, si l’on y suppose que m est la masse moléculaire.
- 11 a poursuivi ces expériences jusqu’à la température de l’air liquide ; à cette température les raies sont très fines et permettent d’obtenir des différences de marche de fi3 centimètres correspondant à epo ooo longueurs d’onde.
- Cette formule une fois admise permet de
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- 2 lllai 1914. ' * '? LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 58B
- mesurer m ou T connaissant l’une de ces deux variables.
- Elle a permis entre autres de préciser plusieurs questions très discutées : que les deux spectres de l’hydrogcnc étaient tous deux donnés par la vibration de l’atome, que le spectre de bandes de l’azote était dû à l’atome et non à des associations d’atomes,etc.; MM.Buisson et Fabry l’ont appliquée également à l'astronomie physique, à l’étude de la nébuleuse non résolue d’Orion. Ces nébuleuses donnent des spectres de lignes comprenant principalement les raies de l’hydrogène et d’autres raies n’appartenant à aucun corps connu. Ils ont pu tracer la carte des mouvements gazeux dans la nébuleuse par région; on trouve des vitesses de l’ordre de io kilomètres à la seconde; la température doit être environ de ioooo0 absolus et enfin on remarque la présence de raies inconnues dont la plus importante est la rayon ultraviolette 3 700 et qu’on attribue à un gaz « le nébulium » inconnu sur la terre et dont la masse atomique serait environ 3.
- Diverses autres causes pourraient être invoquées pour expliquer la largeur des raies des spectres de gaz. M. Stacka découvert récemment un phénomène analogue à l’elTet Zcemann mais produit par un champ électrique, par exemple les raies de l’hydrogène sont quintuplées, les raies extrêmes étant polarisées dans un sens, les trois raies centrales polarisées dans le sens perpendiculaire. M. Stack observe ce phénomène en projetant les rayons canaux dans un champ électrique ; l’effet est beaucoup plus grand que l’effet Zeemann mais peu lumineux. Les diffère ntes raies présenten t ce phénomène de façon très différente, ce qui permettrait d’expliquer ainsi pourquoi il y a des raies fines et des raies larges.
- Ce phénomène pourrait être aussi dû à un amortissement des vibrations lumineuses; un mouvement périodique amorti donnerait un morceau de spectre continu. Lorentzadonné quelques indications sur ce que pourrait être cet amortissement : après i5 millions de périodes, l’ainpli-tude serait réduite de moitié. O11 peut espérer trouver expérimentalement des valeurs-limites du nombre des vibrations par l’étude de la fluorescence des gaz et celle des phénomènes fie réémission ou de résonance.
- (’) Conférence faite à la Sorbonne le 27 mars 1914 par M. Ch. Fabry professeur à la faculté de Marseille.
- 3° Mouvements coordonnés.
- On peut observer des mouvements coordonnés :
- a) Si l'ensemble du gaz se déplace comme, par exemple, la nébuleuse d’Orion;
- b) Si on a un gaz illuminé électriquement; si les particules lumineuses sont des ions, elles prennent un mouvement dirigé dans le champ;
- c) Si une molécule est choquée par un électron, elle devient lumineuse ; il est possible que toutes les molécules prennent tin mouvement orienté sous l’influence de ce choc.
- Nous pouvons prendre le cas des rayons canaux ; ces rayons sont, comme l’on sait, obtenus dans des tubes de Rontgen dans lesquels on a percé la cathode de trous, ils sont dus à des ions positifs qui se précipitent sur la cathode et qui passent à travers ces trous ; ils transportent des charges positives et semblent avoir une composition très complexe. Si 011 les observe sous différents angles avec un spectroscope, on observe l’effet Doppler Fizeau et on ponstate des vitesses de l’ordre de 5oo kilomètres à la seconde. On observe une ligne non déplacée qui serait due, d’après Stack, à des particules rendues lumineuses par choc et une raie floue déplacée qui serait due à des ions qui animés de différentes vitesses donneraient diverses longueurs d’onde.
- Si on observe les rayons anodiques émis par une anode de tube Rontgen recouverte de sels on a un faisceau lumineux donnant le spectre du métal, ces rayons transportent des charges positives, on observe l’effet Doppler avec des vitesses de l’ordre de 100 kilomètres à la seconde.
- On peut s’adresser enfin à des cas moins simples, Pérot a trouvé dans l’arc au mercure pour la raie verte des vitesses dans le sens du champ de l’ordre de 3o mètres à 340 mètres à la seconde; dans les gaz raréfiés on a pu observer des vitesses de i5o à 1 300 mètres en sens inverse du champ, vitesses qui seraient dues au choc des électrons, enfin dans le cas des vapeurs lourdes comme le cadmium ces vitesses peuvent tomber à 7 mètres par seconde. Avec des vitesses aussi faibles on n’a pas évidemment à craindre de trouver des valeurs différentes de X suivant l’angle du spectroscope et de la direction du champ électrique dans le tube.
- Maurice Leblanc fils.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2' Série). — N* 18.
- PRÉDÉTERMINATION DU RAYONNEMENT DUNE ANTENNE
- L’étude suivante, que nous sommes heureux de présenter à nos lecteurs, a pour but d’établir la possibilité, dans certains cas simples de la pratique courante, de comparer entre eux les rayonnements d’antennes à l’aide de mesures effectuées à la station émettrice.
- On établit en même temps l’exactitude avec laquelle la théorie de Hertz rend compte du rayonnement, tout au moins à faible distance.
- La théorie de Hertz conduit à admettre qu’en tout point du plan équatorial d’une antenne les valeurs instantanées E0 H0des champs électrique et magnétique varient de la même façon que l’aire de la surface fictive qui serait limitée d’une part à une droite PS de longueur égale à la hauteur de l’antenne ; et d’autre part à une courbe AMB telle que la distance M,„ d’un point M de cette courbe à la droite SP soit égale à la valeur instantanée totale du courant dans l’antenne au niveau mP (fig. i).
- A S
- Fig. i.
- Par valeur instantanée totale, il faut entendre que 1 on compose entre elles les intensités i, i2 des divers points situés au même niveau M,„, les phases différant de % suivant que le brin considéré est montant ou descendant ; on négligera
- Antennes type AAa B DDoc
- Fig. a.
- posera faible vis-à-vis de la longueur X de l’onde rayonnée.
- Moyennant celte approximation, la puissance rayonnée doit être proportionnelle au carré de l’aire S AP B, où chaque ordonnée mM représente, par convention, la valeur efficace du courant obtenu en som man talgébriquementles intensités efficaces, supposées affectées de signes contraires, dans les brins montants et descendants.
- Ces résultats sont bien connus ; il est intéressant de savoir quel degré de confiance on doit leur accorder.
- Si cette confiance est justifiée et si, de plus, on est à même au moyen de mesures faites à la station émettrice, de prévoir la répartition de l’intensité, la valeur de l’antenne au point de vue rayonnement pourra être prédéterminée.
- Cet article a comme but :
- i) D’exposer une méthode de calcul pour la détermination de l’aire SAPB ;
- i) De comparer le carré de cette aire aux indications d appareils de mesure (thermogalvanomètre ou bolomètre). Ces indications sont proportionnelles à la puissance rayonnée.
- Type E
- les différences de phases a R ~ résultant de 1 étendue horizontale de l'antenne que l’on sup-
- Antennes essayées. — Elles sont figurées par les schémas suivants (fig. a, 3 et /,).
- (Cotes en mètres).
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- 557
- Toutes sont constituées par un fil de montée unique aboutissant à des nappes de ül ou de prismes que l’on a considérées comme des capacités pures ; l’ensemble des résultats justifie cette manière de voir. Les antennes ABD avaient des nappes descendantes de 3o mètres ; A» et D„ de /(o mètres. Les antennes E et F sont suffisamment définies par les schémas.
- A sa partie inférieure, le fil de descente pénétrait dans le poste par un trajet horizontal de 12 mètres.
- On a calculé aussi exactement que possible la forme réelle des nappes descendantes N N, en tenant compte du poids du fil (70 grammes au mètre), du poids des vergues et d’un effort de traction de 100 kilogrammes à peu près, réalisé aux extrémités inférieures E E. L’exposé de ce calcul assez long'n’offre d’ailleurs aucun intérêt.
- Etant donnée l’importance des corrections auxquelles 011 est ainsi conduit, il vaudrait mieux si pareille mesure était recommencée (par exemple sur les distances maxima permises par l’emploi du thermogalvanomètre), raidir autant que possible les brins descendants.
- Mesures effectuées.— Le poste émetteur était distant de 26 kilomètres du récepteur. Dans ce dernier l’appareil de mesure était monté en direct avec l’antenne.
- Deux séries de mesures ont été effectuées :
- La première au bolomètre (56 w) ; longueur d’onde commune à toutes les antennes émet-trices 1 o5o mètres. La seconde au thermogalvanomètre [(chauffeur de 100 w) ; longueur d’onde: 980 mètres.
- Les antennes étaient excitées en indirect, le couplage avec le circuit oscillant primaire étant égal à 0,09. L’amortissement des ondes émises était voisin de 0,11. Par suite de la grande résistance intercalée dans l’antenne réceptrice la courbe de résonance à la réception (courbe obtenue en manœuvrant un condensateur intercalé au pied de l’antenne) ne présentait qu’un sommet; grâce à cette précaution on pouvait admettre que la puissance recueillie était sensiblement le maximum de celle qu’il était possible de retirer de chacune des ondes, et, que, par conséquent, l’indication de l’appareil de mesure était bien comparable à celle de l’ampèremètre placé au pied de l’antenne émettrice.
- Calcul de la répartition du courant.
- a) Calcul de la capacité terminale C0.
- C0 peut être estimé de diverses façons : soit en retranchant, de la capacité totale G* mesurée au capacimètre, la capacité de la montée et de l’Oudin.
- Cette méthode laisse subsisterles erreurs relativement considérables que l’on peut faire sur la mesure de très faibles capacités : les résultats ne seraient plus suffisamment comparables d’une antenne à l’autre.
- On a préféré utiliser la formule démontrée par le commandant Tissot.
- 2X , /
- — tg an -
- A0 A0
- £i
- C0
- où Ci est la capacité par unité de longueur de la montée et X0 la longueur d’onde fondamentale de l’antenne que l’on connaît avec une grande exactitude. Cette longueur d’onde a été corrigée de l’influence de l’Oudin (10000 centimètres), opération facile, des courbes d’allongement par la self ayant été tracées pour chaque antenne.
- On a ainsi obtenu pour Ci — 5,8 X io-,2Fd(par mètre).
- ANTENNE A Aa B D Da E F
- À„ mètres... 600 69° 682 711 8l I 600 640
- C0(io-'2Fd) 73o I OOO 99° 1 080 l 440 910 845
- Pour retrouver Ci5 ce qui serait une vérification, il sufïitd’ajouter à C0 la capacité de la montée : 5,8X io-:2/et celle de l’Oudin : 100X io-12 par exemple pour Da :
- Ci = 1 440 X 10—12 -f- 5,8 X 10—12 X 62 -j- 100 X X 10—12 = 1 900 X 10—i2 Fds.
- La mesure au capacimètre donne Ci = 2 000 X io-12.
- En général les chiffres trouvés ainsi sont un peu plus faibles que ceux donnés par la mesure directe ; les différences ne sont pas de nature à infirmer la méthode, étant donnée surtout l’incertitude sur la capacité de l’Oudin.
- Par ailleurs on constate bien sur AA* et DD«
- que la capacité des nappes est proportionnelle à
- leur longueur : ---------
- 1 000 1 44° 4
- -----= —;— = - environ.
- rj'io I Oi» 3
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Sérite).—N’T8.
- b) Répartition du courant le long de la montée /a de l'antenne pour les longueurs d’ondes employées au cours des expériences.
- La répartition du courant, sur la fraction de l’antenne constituée par la capacité C# et la montée 4 est parfaitement déterminée le long (le 4 quel que soit le procédé d'allongement employé à la base de l’antenne (lig. 5). .
- T
- Fig. 5. '
- Pratiquement, 4 est allongé d’nne partie horizontale de ix mètres et d’une self que nous supposerons sans capacité.
- On peut tout aussi bien imaginer que la longueur d’onde X est obtenue en donnant à la montée une longueur convenable calculable par la formule déjà employée:
- 27t ; X C,
- t**a,tx = c;
- y
- il vient pour 4 :
- au bas et; en haut du fil de montée.
- i/o __ 4 l
- — .= cos ait —-—
- 10 X
- //.. ,4 — 4
- —- — COS 27t----------
- 1 o X
- y s 'A
- — = COS. 2 7C -
- 1 0 ”
- Y — 7/ —
- * 0 ih
- Y, = y, f X 1\
- 1 o i/o .
- Il vient ainsi : . .
- Première série d’expériences X — io 5q.
- ANTENNE A Aa h D D„.
- ’ • ;/o - ï; 8,9- 8,5 6,80 8,5 8,28 6,65 10, /J 5 10,1 8,09 11 11,15 9.10 ! • r. • 12/, 12,1 5". 16,45
- 2° série d’expérience's X = 980^
- ANTIÎNNÉ A A„. B D IL » E ' F\
- Y0 8 ,65 9,65 10,15 10 ,8 I 2,5 9,1 9,55
- 8 ,3i 9,35 9,83 10 ,45 12 ,3 8,71 9>f5
- Y, 6,18 7 ,f»4 7>95 , 8.,65 U • • 10,75 7 >2 7 >17
- A Aa B D Da.! E t - <• : -• j-: F (ü ,
- 1re série : X = 1 o5o : 4 — •• i55 J 128 i3i I ‘11 IOO Pas 0 àservé
- 2e série : X = 980 : 4 = 139 114 115 109 ^ 87 122 I27
- autrement dit, on a substitué à lii self une longueur supplémentaire de fil O T.
- ...La répartition le long de la montqeuse déduit de,;. -, . : ! - ,
- • Y = Y0e'os irtef.
- v< .•.. • r : X
- La v valeur" réelle y0 du courant au pied de l’antenne Ü est connue par mesure directe ; il est donc possible de calculer les intensités Y/, et Y,
- 4 • * »
- Les chiffres inscrits dans les c/>lonnes indiquent des ampères.
- c) Répartition . du courant le long dq$ nappes. ...
- Les nappes ayant été assimilées à des capacités l’intensité en un point M doit être proportionnelle à la capacité M V.
- La répartition cherchée est donc définie,par une droite passant à l’extrémité -V et distante de —idn sommet S (fig. 6).
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- 2 Mal 1914.
- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- 859
- d) Influence de la forme des nappes descendantes.
- Connaissant l’intensité en un point M de la nappe, il y a lieu de déterminer le niveau de ce point.
- Ainsi qu’il a été dit on a calculé les flèches V, C (fig. 7) qui variaient de 5 ni. 5o à 1 m. 5o. En général on a admis que les descentes SV, et SV2 sont rectilignes. Pour la plus lourde antenne seule, la courbe S Y a été calculée et'chaque
- , „ Fig:-9-
- i
- charge M, Ni baissée de la quantité voulue mt ni ; il en résulte alors une forme curviligne s c, pour la projection des intensités le long de la nappe.
- e) On est maintenant à même de tracer la répartition résultant de l’intensité sur toute la hauteur
- Fig. 8.
- de l’antenne ; et par suite d’évaluer l’aire S limitée par la montée S P et cette courbe de répartition (fig. 8).
- Aire S ~ aire A‘SPp — aire S.ïV = S, — S.2.
- O11 peut adopter sans erreur sensible:
- Y. 4- Y
- S, = aire s SP,, = ——-—- l2.
- Cette évaluation est approchée par défaut ; l’erreur la plus forte a lieu évidemment sur l’antenne ayant la plus courte longueur d’onde fondamentale.
- En désignant par Y,„ l’ordonnée moyenne de l’aire .%\S V, il vient :
- S2 = aire .s-SV = Y,„ X SV.
- Pour toutes les antennes sauf D , on a pris :
- 2
- Le tableau suivant résume les résultats obtenus :
- i,e série d’expériences (X0 — 1 o5o).
- ANTENNE A Aa H D Da
- Yp amp. Y s » l2 mètres S„ mètres s, s„ S" 8 5 6 8 5o 16 8.70 5o t\ 3 20 8 28 6 65 5o 25 . 878 83 1 290 K) I 8 09 5o *7 r, 5 5 69 386 11 i5 9 10 5o 18 5()2 82 /|00 12 l 5 10 4 5 5o 25 5o 565 i/,5 420
- 2e série d’expériences (Xn = 980).
- ANTENNE A Ar, B I) D /. R F ‘‘
- Y, amp. 8 31 9 35 9 cc IO 45 I % 3 8 71 9 i r>
- Y, » 6 18 7 64 7 9r» 8 65 I O 7:> .72, 7 17
- /., mètres 5o 5o 5o 5o r»o ' 40 1 t>o
- S,, mètres l6 2 5 *7 18. ‘i 5 r»o
- s, 363 f\ '1 ! ) 445 478 575 3t8 i qc; cl VT
- S, 49 9r> 5 67- 5 : 78 15o i ' 3i8 408
- s 314 33o 878 400 425 f
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). — N°18.
- f) Les composantes de la force électrique et magnétique sont théoriquement proportionnelles à l’aire S évaluée ci-dessus : de sorte que l’effet total doit être proportionnel à S2.
- Comparaison de S2 aux indications obtenues à distance.
- Les dérivations A du boloinètre et du thermogalvanomètre sont indiquées en millimètres.
- Dans les deux séries on a calculé l’écart de chaque résultat par rapport à la moyenne.
- On trouve ainsi les tableaux suivants :
- soit un écart maximum de 4 % .
- Conclusions.
- 1) Les résultats tirés de la théorie de Ilcrtz rendent bien compte du rayonnement d’une antenne, tout au moins à faible distance.
- 2) Les diverses simplifications faites au cours du calcul, par exemple l’assimilation de la nappe terminale à une capacité pure, celle de la self du pied de l’antenne à une self pure, sont légitimées par la concordance des résultats obtenus.
- ANTENNES
- I 020
- A (bolomètre).
- Pas observé.
- ire s é r i e :
- Moyenne
- moyenne
- i G<><>
- i 8oo
- i 090
- A(thermogalv.
- 2e série
- 1,00
- moyenne
- La proportionnalité entre les déviations observées et les carrés des aires calculées est donc effectivement démontrée ; l’écart maximum étant de 7 % pour les chiffres définitifs. Une des deux mesures faites sur A* semble tout à fait suspecte et donne un écart de 17 % qui peut être dû à une erreur accidentelle, telle que l’aiguille de l’ampèremètre thermique intercalé au pied de l’antenne mal ramenée au zéro.
- Si l’on éliminait cette mesure, l’ensemble des •résultats serait très amélioré et l’on aurait :
- A A« B D Dv. E E
- \
- “fK—(-K') I (1,960 1 ,o35 1 ,0*2 «WJ-» 0,985 °,975
- 3) On est à même de comparer entre eux, avec une précision suffisante, les rayonnements d’antennes constituées parun fil montant que termine à sa partie supérieure une capacité de forme quelconque.
- Les données nécessaires au calcul sont : '
- a) La longueur d’onde fondamentale de l’antenne;
- b) L’intensité à la base dans les conditions pour lesquelles on veut étudier le rayonnement.
- On peut également comparer les puissances rayonnées par une même antenne sur plusieurs longueurs d’onde, en se basant sur ce que, à égalité de surface de répartition, le rayonnement est inversemement proportionnel au carré de la longueur d’onde.
- H. df, Bellescize,
- Lieutenant de Vaisseau.
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- 2! Mai 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 5(51
- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Compteur moteur à mercure.
- Le compteur moteur à mercure ou watt-lieure-mètre se compose, comme tous les compteurs moteurs, d’un groupe moteur-générateur et d’un mouvement d’horlogerie, la vitesse de rotation du groupe étant porportionnelle à l’énergie fournie par son intermédiaire.
- Le moteur à mercure se compose essentiellement d’un disque de cuivre émaillé üottant dans le mercure entre les pôles d’un aimant, le courant entrant et sortant du bain de mercure en des points diamétralement opposés.
- Dans l’appareil représenté ici et que construit la Sangamo Electric C°, de Springlield, le moteur est construit en des dimensions très réduites et maintenu à la partie inférieure de l’appareil dans sa position exacte par trois vis fixées dans des oreilles de la base. Il correspond
- Fig. i. — Compteur-moteur à courant continu à deux fils.
- au type pour courant continu à deux fils.
- Le plateau de frein et le disque moteur sont montés sur le même arbre tournant entre une crapaudine en rubis fixée à demeure au fond de la cuve à mercure et une couronne en rubis formant palier supérieur. Le palier supérieur est
- ajustable par vis; l’arbre y tourne par un pivot en acier poli, rectifié avec précision et porté par l’extrémité supérieure d’une longue douille fendue en laiton présentant à sa base un filetage de vis sans fin pour la commande du mouvement d’horlogerie. Cette douille, qui porte également le plateau de frein, isolé au point de vue de la
- Fig. 2. — Section transversale d’un compteur moteur h courant continu A 2 fils.
- transmission de la chaleur par des rondelles calorifuges, se démonte facilement avec son pivot en acier et sa vis sans fin, pour être remplacée au besoin. Le moyeu du plateau de frein porte deux vis qui servent à fixer ce plateau à sa position correcte en même temps qu’à serrer fortement la douille fendue sur son axe.
- Le fond de la cuve à mercure est constitué par un disque estampé d’alliage spécial non magnétique, à haute résistance et parfaitement émaillé. La partie supérieure de cette chambre est faite d’une matière isolante moulée dans laquelle est noyée une couronne de tôle d’aeier électrique, enroulée de champ sous haute pression. Cette couronne ou plaque de retour ferme le circuit magnétique de l’électro shunt. Cet électro est constitué par des tôles de fer à grande perméabilité et il est excité par une paire de bobines en fil de cuivre lin émaillé. Les enroulements sont disposés pour connexion en série avec l’enroulement de chauffage d’un couple thermo-électrique servant à la compensation du frottement aux faibles charges. Ce couple est disposé de manière à pouvoir être inversé de positif en négatif sans toucher aux connexions du compteur. Pour les
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- 862
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). — N° 187
- tensions supérieures à i3o volts, une résistance est montée en série avec l’enroulement des ëlëc-tros. Jusqu’à »Go volts cette résistance faitpartie de l’ensemble moteur, tandis qu'au, delà de volts elle est placée dans un coffret extérieur.
- L’éleelro de champcst fixée à la base de la cuve à mercure par deux oreilles estampéees qui s’engagent dans les rainures du noyau en télé et qui sont solidement boulonnées dans d’autres rainures du fond de la couronne supportant la cuve à mercure. Cette couronne est fixée à la cuve au moyen de 6 vis.
- Les aimants permanents fournissant le champ amortisseur sont supportés chacun sur /i pieds en cuivre rivés à la base en fonte du compteur. Ils sont maintenus en position par des griffes en cuivre qui permettent l’ajustage de ces aimants l’un par rapport à l’autre, ainsi que par rapport au moteur.
- La vitesse du compteur est réglée par un shunt magnétique constitué par un disque de fer doux monté sur une vis à pas fin. L’action de ce disque peut être graduée et varier progressivement entre de larges limites en faisant monter ou descendre le disque.
- La minuterie est établie de telle façon que la partie principale qui donne les réductions décimales pour les diverscadrans soit idcnliqucpour les moteurs de toutes les puissances.
- Ce compteur de tours est monté sur une console en laiton estampé et maintenu par deux petits'leviers. En relevant ces leviers verticalement, on peut sortir le compteur de tours.
- Dans les compteurs à courant continu à 3 fils, deux moteurs à mercure sont accouplés ensemble et commandent un plateau de frein dontles révolutions sont enregistrées comme à l'ordinaire.
- (Electrical World, i\ février 11)14.)
- L’équipement électrique du transatlantique « Britannic ».
- Le Britannic, steamer de Go 000 tonneaux, lancé au commencement de mars aux chantiers de construction navale Ilarland et Wolff, de Belfast, pour le compte de la Whitc Star Line, est non seulement le plus grand navire battant pavillon anglais, mais aussi celui qui possédera l'équipement électrique le plus complet. L’énergie électrique sera employée à bord de ce paquebot pour à peu près toutes les opérations
- auxquelles on appliquait jusqu’ici la vapeur ou la pression hydraulique; elle sera également mise à profit pour le développement du confort à un point qui n’avait pas été réalisé j ns qu’à ce jour sur les grands steamers. .
- La station centrale du Bi itahrlic'auïA'Xine puissance de 1 Goo kilowatts; elle fournira le courant à 11 000 lampes, GoG appareils électriques de chauffage et 188 moteurs, sans compter de petits ventilateurs et d’innombrables appareils nouveaux. Cette' station occupera deux compartiments étanches à coté de la salle des turbines et comprend» 4 groupes générateurs, chaque dynamo ayant une capacité rie /|Oo kilowatts et fournissant le courant à /joo volts. Les moteurs seront du type vertical compoundà 3 manivelles avec graissage forcé, ils'seront totalement fermés et fourniront une puissance de G80 chevaux induits à 5 tours par minute. Les dynamos seront du type continu à 10 pèles cl enroulement compound ; elles seront directement accouplées à leur moteur. Deux de ces groupes mesureront <3 m. 7!) de long et G m. /(o de hauteur; les deux autres, m m. 80 X G m. 3o. On a prévu une dynamo pour l’éclairage, deux pour la force motrice et le chauffage, la quatrième étant en réserve.
- L’alimentation en vapeur à 10 kg. 5 est établie de telle façon que les dynamos ne dépendent spécialement d’aucune des chaudières. Comme le paquebot compte 29 chaudières et if>9 foyers, installés dans G compartiments isolés, 011 se rend compte de la complication considérable des connexions (pie cela nécessitera dans les tuyauteries de vapeur.
- Ces quatre groupes principaux seront d’ailleurs complétés par deux groupes de 3o kilowatts chacun, installés à G mètres au-dessous de la flottaison. Ces groupes seront du même type général que les précédents, mais à deux manivelles seulement; ils tourneront à 38o tours et seront alimentés par l’une quelconque de trois chaufferies. On les destine à fournir le courant pour l'éclairage en cas d’urgence.
- Ces groupes seront d’ailleurs reliés à une batterie de 3 Goo ampères-hcurc, installée sur le pont-promenade A, à i/| m. Go au-dessus de la flottaison. Sur le circuit seront installées Goo lampes à incandescence. distribuées dans, tous des compartiments des passagers, de l’équipage, des machines, etc., pour permettre à cha-
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- LJV> LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- î>«3
- 2 Mai 19*4. , ;
- çun- de -trouver - son chemin il travers tout le navire s’il arrivait un aocidént au circuit d’éclairage principal.
- A ce circuit de secours seront, en outre, relies par des commutateurs les appareils suivants : 5 lampes à are, 7 lanternes de couloirs et de soutes, l’appareil de télégraphie sans (il, les leux de nuits, les leux de cotés et d’avant, toutes les lampes du pont y compris celles de la cabine du pilote, de celle des cartes, etc., les télégraphes, compas, et les lanternes pour les signaux Morse.
- Le tableau central sera placé sur une plateforme dans la .chambre - principale avant des dynamos et comprendra 4 colonnes de contrôle, portant les interrupteurs principaux des dynamos s’enclenchant mutuellement, pour assurer la succession correcte des opérations, et les disjoncteurs automatiques; les ampèremètres seront placés au-dessus. Les voltmètres seront montés sur une colonne indépendante et les wattmètres pour contrôler le débit seront généralement montés sur le tableau des feeders. Celui-ci, porté par la même plate-l'orme, se composera de a5 panneaux: d’ardoise portant les instruments pour les dynamos principales et les fusibles, disjoncteurs automatiques et ampèremètres de chacun des circuits au nombre de /|5, dont 12 pour l’éclairage et 31 pour la force motricei T.ous les circuits auront une capacité de 600 ampères, sauf un qui sera de a 000 ampères.
- Les 11 000 lampes à incandescence de 8 à iG bougies seront pour la plupart à filament métallique, sauf dans les chambres des machines et pour les appareils portatifs où l’on utilisera des lampes à filament de carbone.
- Les 6o5 appareils électriques de chauffage sont une nouveauté [dans l’équipement du Hritannic. Ils seront répartis dans les cabines de première classe, seront sous le contrôle immédiat des passagers et fonctionneront indépendamment du système général de chauffage. Dans les salles et salons communs, il y aura des radiateurs de 8 5oo à G 000 watts. Les bains d’électricité figureront parmi les bains de lumière et médicaux. Les instruments des coiffeurs seront chauffés à l’électricité; le blanchissage se fera aussi électriquement. 11 y aura .un nombre considérable de ventilateurs électriques dont 75 pour la ventilation générale, et. pour la distribution d’air chaud ou d’&h' frais suivant le cas pai; environ
- 1 5qo bouches, Le chauffage de cet ajr.se fera par des radiateurs à vapeur, c. . . . ..
- Il y aura G grues électriques pouvant, lever chacune 2,à tonnes à la. vitesse de 4T» mètres par minute el '5 derricks avec Ireuils électriques d’une puissance de 8 tonnes, dont l’un sera affecté au chargement et au déchargement des wagons. Les nouveaux bossoirs permettront de indicé. à l’eau d’un seul côté du navire /,S des plus grands canots de sauvetage qui se fassent actuellement; ils seront également actionnés par des moteurs électriques! Il en sera de même des appareils de manœuvre, des organes de la machinerie et des ventilateurs pojir les .c huit IV fcries. 7 . •
- L’équipement de télégraphie sans fil Marconi nécessitera un moteur-générateur de f» kilowatts et doit permettre la transmission de signaux à 8 200 kilomètres, en sorte que \c Ihüannic sera toujours en communication directe avec l’Angleterre ou l’Amérique. Les antennes seront à G2 ni. :>o au-dessus de la flottaison et. les deux jeux complets d’appareils formant l’équipement ordinaire seront renforcés par une batterie d’accumulateurs indépendante. Les tubes pneu-matiques reliant le poste de télégraphie sans fil aux bureaux de renseignements seront également contrôlés électriquement, ainsi que les Ascenseurs.
- Le navire aura également des téléphones haut-parleurs desservis par le circuit d’éclairage au moyen d’un groupe moteur générateur ou par batterie d’accumulateurs. Les portes d’isolement des compartiments étanches seront commandées électriquement du pont. Des boulons d’appel en cas d’incendie seront‘répartis dans touL le navire. Enfin, pour le service des passagers dilns leurs chambres, il y aura 1 700 boutons d’appel reliés à 2g tableaux indicateurs.
- (Thé EJectrician, 7 mars-1914.)
- La transmission de l’écriture à distance-. — C. Beckmann.
- Les recherches en vue de la réalisation de la transmission de l’écriture à distance.ont été très nombreuses et remontent déjà à un assez grand nombre d’années. L’un des procédés du à Elislia Gray, avait été publié dans sa forme primitive dès l’année 1888: il a été repris et appliqué sur une large échelle, notamment en Angleterre et
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV(2e Série). — N# 18.
- en Allemagne. Des expériences faites en 1895 entre Paris et Londres et entre Chicago et Cle-veland (692 kilomètres) ont permis de vérifier (pie le système était applicable à de grandes distances. De nombreuses applications ont été faites depuis cette époque.
- Le schéma donné par la figure 1 montre la disposition des appareils employés dans le système Cray. Les opérations que doit eiïectuerrapparcil sont les suivantes :
- i° Mise en circuit des appareils transmetteur et récepteur.
- 2° Reproduction des déplacements horizontaux et verticaux de la plume servant à écrire;
- 3° Pose et enlèvement du même appareil sur la feuille;
- 7 et 8, le pôle étant relié à l’appareil transmetteur par l’intermédiaire du contact 9. A la station d’arrivée, le contact 1 dans la position de repos 11’est pas en circuit; les conducteurs a et b sont reliés par l’intermédiaire des contacts 10 et 11 à l’appareil récepteur.
- L’appareil transmetteur se compose essentiellement de deux rhéostats réglables 12 et i3 sur lesquels se déplacent deux barres de contact 14 et i5 en forme de leviers coudés reliés par les tiges 16 et 17 à la plume fixée en 18. Le pantagone articuléainsi constitué transmet les déplacements polaires de la plume aux barres 14 et i5. Les deuxrhéostats sontconnectésd’unepartau pôle — d’autre part au contact 9 du relais 1. Le courant passe donc du pôle -j- par les rhéostats 12 et i3
- Au poste récepteur
- Au poste transmetteur
- Fig. 1. — Schéma du circuit d’un appareil Mix et Genest de transmission d'écriture à distance.
- 4° Déplacement du papier utilisé;
- 5° Immersion de la plume dans l’encre;
- 6° Mise hors circuit des appareils.
- Sur le schéma ci-dessus on a représenté seulement le poste transmetteur d’une station et le poste récepteur de l’autre.
- Les 2 fils a et b aboutissent à chaque poste à un relais 1 mis en circuit par un dispositif relié à la plume. Ce dispositif se compose d’un levier 2 qui peut être poussé sous le plot 3 au moyen de la plume servant à écrire. Dans cette position le levier touche le plot de contact 4 qui dans la position de repos relie par l’armature le pôle au relais G. Aussitôt que le levier 2 se trouve abaissé, le courant va par l’armature 5, le plot 4, le levier 2 et le relais 1 du pôle -|- au pôle —. Le relais attire son armature et met en contact dans la station de départ les conducteurs a et b avec les contacts
- aux barres 14 et i5, et de là, par les conducteurs a et b à l’appareil récepteur et la terre, au pôle. Le mouvement de la plume a pour effet de faire varier l’intensité du courant.
- Au-dessous de la plume se trouve une plaque mobile 10, sous laquelle se trouve disposé un contact 20 qui dans sa position de repos court-circuite un trembleur 21. Celui-ci est en relation avec les conducteurs par l’intermédiaire des condensateurs 22 et23 protégés du côté du transmetteur contre le courant alternatif par deux bobines de réactance 14 et 25. Le courant alimentant le trembleur va du pôle -J- au pôle — par le contact 9, la résistance 26, l’enroulement du trembleur 21 et la résistance 27. Quand la plume vient en contact avec la plaque 19, le court-circuit est interrompu, le trembleur entre en fonctionnement et le courant est transmis par les
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- 2 Mai 1914.
- condensateurs 22 et 23 et les conducteurs à la station réceptrice.
- L’appareil récepteur comprend comme l’appareil transmetteur un pantagone articulé 28, 29, 3o, 3i, 32. Aux tiges 28 et 29 sont reliées deux bobines mobiles 33 et 34 qui se trouvent dans un champ fortement magnétisé, produit lui-même par les enroulements 35, 36 et 37. L’extrémité de ces enroulements est reliée par les bobines 6 au pôle -j-. Un trembleur 40, connecté en parallèle avec l’enroulement 35, provoque un léger tremblement du système pendant le fonctionnement de manière à vaincre les frottements des bobines 33 et 34 et de la plume. Un électro-aimant 41 est disposé de telle manière que son armature saisit la feuille de papier et la déplace à chaque mise en circuit. Le relais téléphonique 42 est connecté par l’intermédiaire d’un condensateur 43 en parallèle avec les conducteurs a et b. Dès que le courant dû au trembleur parvient au relais, la résistance du contact microphonique 44 devient assez grande pour que l’électro-aimant 45 ne puisse plus retenir son armature. Lorsque ce courant cesse, le levier 46 est relevé par l’armature et la plume cesse d’être en contact avec le papier.
- Pour reprendre de l’encre, il suffit de placer la plume du transmetteur en 47, la plume du récepteur viendra en 48 dans un encrier où il plongera par lés mêmes manœuvres que celle de mise en contact avec la feuille de papier.
- Les appareils ont été établis soit avec des postes transmetteur et récepteur séparés, soit avec les deux postes réunis (fig. 2.)
- Parmi les applications qui ont été faites de ce procédé, on peut citer la Marine Nationale alle-
- mande qui emploie Pappàreil Gray sur ses vais” seaux pour la transmission des ordres et des dépêches, les chemins de fer du royaume de Saxe et un grand nombre de commerçants, d’hôtels, de restaurants et de grandes administrations. Le système présente sur le téléphone l’avantage de ne pas exiger la présence de la personne à qui sont adressées les dépêches, et, de
- Fig. a. — Poste combiné transmetteur et récepteur.
- plus, de laisser une trace d’un ordre qui a la valeur d’un autographe. Il permet, en outre, de transmettre les dessins.
- Enfin, en remplaçant la feuille de papier du poste récepteur par une bande de celluloïd, on peut faire à distance des projections de l’écriture ou de dessins. À ce titre, l’appareil semble appelé à donner lieu à de nombreuses applications dans le domaine de la réclame.
- (Elektrotechnische Zeitschrift, 12 mars 1914.)
- STATISTIQUE
- Statistique des stations centrales d’électricité aux Etats-Unis.
- Le bureau of the Census vient de publier les statistiques des stations centrales des Etats-Unis et donne les chiffres comparatifs pour les années finissant au 3i décembre 1912 et 1907 et au 3o juin 1902. Ces chiffres se rapportent aux sta-
- tions centrales exploitées par l’industrie privée ainsi qu’aux stations municipales. Ils ne s’appliquent pas aux usines électriques des établissements industriels, hôtels, etc., qui consomment
- eux-mêmes l’énergie produite. _ __
- Pendant la décade 1902 à 1912, le nombre des stations des entreprises privées est passé de 2803
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRlQÜE T.XXV(2e Série). — N» 18:
- Tableau statistique des stations centrales des Etats-Unis'{’Mélropûle non comptis lés colonieis).
- ..... .< 1 '.J V . AUOMLNTAT1 ON
- -•»••• i 1912 .> * 1907 ' 1902 ; . ’ ’ % ’HK ‘
- ' - • 'i . - > ; y , . 1902 a 1912
- Nombre de stations . 5 2'2t : -’r k7 * -i 3 626 44 ^
- » ,Entreprises privées. , 3 659: 3.462 ; 2 8o5 ’ 3o /,
- Entreprises municipales. I ; 562 ' r ...1 1 2 52 .. <8 a r> 9l 7
- Total dos recettes (2) s >02 I15i5no 17 3 642 >38 85 700 605 ; 252 5
- Pour éclairage, chautïàge et Corée
- motrice y compris libre usage. 286 980 858 169 6 14 661 8/, 186 6or» a/, o 9
- Par autres sources ., . i5 i3/| 7 /11 6 027 647 i 5i4 000 899 7
- Total des dépenses, y compris salaires
- et appointements (3)............. S •ïï‘\ /, 19 /| 7<S il/, 196 911 68 081 376 a/,4 3
- Nombré total de personnes employées . 79 335 47 632 3o 326 161 6
- Puissance globale, chevaux.......... 7 528 648 4 098 188 i 8/, 5 0/,8 3o8' 0
- Moteurs et turbines à vapeur (4) :
- Nombre .. .'-, 7 8/,/| 8 o5/| 6 295 24 6
- Puissance, çlîÇVaÜx. . . . . 4 946 53a 2 693 273 139/, 395 254 6
- Turbines hyd.f.àülicfueji :
- Nombre^.. f. ., .... ... . . a 9:}': 2 4 81 1 3 tjô' ni 0
- Puissance, chéVatix........ . . . . 2 47 1 o8l I 349 087 ' 4^8 472 463 6
- Moteurs à gaz et à^fÆtrole : ^ ' - '
- Nombre. . . I ll() 463 i65 676 4 1
- Puissance, chevaux 111 o35 55 828 12 181 811 5
- Puissance nominale des générateurs, kw 5 13 /i 689 2 709 225 2 212 235 323 6
- Energie produite par les stations,
- kw.-h 1 I 5o2 960 006 3 862 276 737 2 507 o5i n5 358 8
- Nombre de lampes (estimé) alimentées :
- Lampes à arc 5o5 395 *j6s 795 385 698 31 .0
- Lampes à incandescence et autres. 76 507 i 42 *',i 876 33 a 18194 0/,/, 320 5
- Moteurs fixes alimentés :
- Nombre 435 473 167 184 101 064 33o 9
- Puissance 4 i3o 619 I 649 026 438 oo5 843 1
- (l) Le terme « station » tel qu'il es employé ici correspond soit à une station unique, soit û un certain nombre
- d’usines appartenant à une mémo entreprise
- (2) Non compris 36 5oo o3o dollars en 1912, 20 093 302 dollars en 1907 et 7 703 074 dollars en 1902, déclarés par les
- compagnies de tramways et de chemins de fer électriques comme produit de la vente de courant, d’éclairage et de
- force motrice à d’autres services publics.
- (:î) Ces chiffres, ch outre des salaires et gages, comprennent le s prix des fournitures et matériaux pour réparations
- ordinaires et remplacement, le coût de la publicité, du combustible, de la force motrice mécanique, de l’énergie .
- électrique achetée, les taxes, charges d amortissement et autres dépenses d’exploitation et d’entretien.
- f4) Y compris les machines auxiliaires.
- (*) Y ajouter, pour la comparaison, 7 082 lampes à arc et 267 997 lampes à incandescence servant à l'éclairage
- des usines et installations des compagnies électriques memes, h es lampes employées à ce service ont été comprises
- dans le chiffre total de 1912.
- à 3659, soil une augmentalion totale de 3o % ; le nombre des centrales municipales est monte de Si f> à i 562, augmentation de 92 % .
- Les recettes totales pour 191-2 ont été de Î02 1i5 r>99 dollars contre 85 700605 en 1902, soit une augmentation de 25a %. On peut juger par ces chiffres de racornissement d’importance des station^ centrales pendant cette période. D’ailleurs, le tableau ci-dessus donne des renseignements détailles à cet égard.
- Los rapports pour la traction électrique contiennent des statistiques relatives à 169 Compagnies ayant leurs stations centrales, mais ces stations 11c sont pas comprises dans la statistique précédente, non plus qu’un certain nombre d’importantes usines électriques qui ne vendent qu’une partie, quoique considérable, du courant qu’elles produisent.
- (Eleclrical World, 14 mars 1914.)
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- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Un équipement de télégraphie sans fil pour un chemin de fer américain.
- 'Depuis assez, longtemps, des expériences ont été poursuivies par la Compagnie de chemins de l'erDelawarc, Lackawauna et Western RailroadC0, en vue d’étal»!ir une communication avec les trains en marche. Dans ce but, ou ainstallé à Serait tou, Penn, et à Binghamton (Etat de N.-Y.), des stations de télégraphie sans fil dont les antennes sont portées par de hautes tours et dont le rayon d’action est de 460 kilomètres environ.
- L’antenne adoptée pour cette installation se compose d’un rectangle de fil placé à.une hauteur de 4f> centimètres au-dessus du toit des wagons; 4 wagons successifs du train sont équipés de cette façon et leurs antennes sontreliées entre elles.
- L’appareil de télégraphie sans fil, qui est du type courant de Marconi, est relié aux rectangles à peu près au centre du système aérien ainsi établi ; le poste télégraphique est placé dans un compartiment de la troisième voiture du groupe.
- La seule différence dans le fonctionnement du système par rapport au système ordinaire, c’est que l’énergie est fournie par un groupe moteur-générateur spécial, actionné parla dynamo ordinaire d’éclairage du train, tandis que les mises à la terre sont faites par les rails au moyen d’un fil relié au châssis des voitures.
- L’antenne, constituée par un fort fil de cuivre, est isolée par deux gros isolateurs de porcelaine sur tiges de fer disposées aux angles de la voiture. Elle peut supporter le voltage de transmission de 8000 à y 000 volts.
- La distance entre Scranton et Binghamton est d’eqviron io5 kilomètres et d’après M. Foley, directeur du Service télégraphique de la Compagnie, les communications échangées en décembre dernier entre les postes fixes et un train marchant à 96 et t i j. kilomètres à l’heure ont été parfaites.
- Un intéressant exemple de l’utilité de cet appareil a été fourni assez récemment dans des essais pratiques. Un jour, le conducteur du train quittant llobeken pour Buffalo s’est trouvé indisposé pendant que le train marchait à 80 kilomètres à l’heure et était à 48 kilomètresde Scranton. Dans les circonstances ordinaires, cela eût entraîné un retard pour demander télégraphiquement un autre conducteur ou, autrement, il fallait s’arrêter à Scranton. Grâce à l’équipement télégraphique et malgré que le train fût séparé de Scranton par une contrée montagneuse, on put y envoyer un message etle conducteur de remplacement monta sur la machine dès que le train arriva en gare. On a également bénéficié de cet équipement pour envoyer des instructions pour l’attelage de voilures spéciales. Il esta peine besoin d’insister sur les services que l’on peut attendre de la télégraphie sans fil i nstallée sur les trains pour prévenir les accidents,, et, en cas de déraillement, par exemple, obtenir des secours immédiats. Enfin, on espère grâce à la T. S. F., arriver à réduire considérablement le nombre des arrêts des trains de marchandises et, par suite, les frais d’exploitation car le démarrage et l’arrêt des trains lourds sont particulièrement onéreux.
- ( The Electrical Res’iew, ao mars 19T4.)
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- NOTES INDUSTRIELLES
- Allumage, éclairage et mise en marche électriques, système Westinghouse.
- A l’heure actuelle où l’automobile, tant dans ses organes vitaux que dans son esthétique, semble près de touchera la perfection, c’est vers l’accroissement continuel du confort que tendent tous les efforts des constructeurs.
- Si le problème de l’allumage dans les voitures automobiles peut être considéré comme résolu à l’aide des magnétos à haute tension, il n’en est pas de même pour l’éclairage et surtout la mise en marche automatique.
- Malgré les perfectionnements apportés dans l’utilisation de l’acétylène, ce mode d’éclairage doit céder sa place à l’électricité dont les avantages nè sont plus a discuter.
- Quant à la mise en marche automatique, qu’elle fût réalisée par des procédés purement mécaniques, pneumatiques ou autres, la complication des organes, leur fragilité, la firent abandonner apres quelques timides essais.
- C’est l’électricité qui devait encore permettre de résoudre élégamment le problème avec le plus de simplicité et le moindre encombrement.
- Depuis plusieurs années, la Société Westinghouse a étudié et mis au point une dynamo d’éclairage et d’allumage combinés, à laquelle elle a adjoint un moteur de mise en marche électrique. Deux appareils suffisent donc à assurer les trois fonctions ; le problème se trouve ainsi résolu de la manière la plus satisfaisante, la plus pratique et la plus sûre, puisqu’il réalise, en même temps que l’allumage double préconisé par les spécialistes les plus autorisés, l’éclairage de la voiture et le lancement du moteur à essence par la fermeture d’un simple interrupteur.
- Le système Westinghouse est à régénération, c’est-à-dire que lorsque le moteur à essence est arrêté, ou lorsqu’il tourne à très faible vitesse, la puissance nécessaire à l'allumage, l’éclairage et éventuellement à la mise en marche est fournie par la batterie. L’énergie ainsi dépensée est rendue à la batterie lorsque la voiture marche à une vitesse quelconque.
- Indiscutablement, pour qu’un système de ce genre
- donne entière satisfaction, il faut que la voiture puisse marcher longtemps indifféremment avec tous ses feux allumés ou éteints sans que la batterie d’accumulateurs en soit affectée d’aucune façon. Le dispositif automatique, d’un fonctionnement absolument sûr, utilisé dans notre système répond en tous points à ces desiderata.
- Dans le système Westinghouse, même lorsque la voiture marche à une vitesse moyenne, le courant produit par la génératrice est suffisant pour assurer un éclairage normal sans avoir recours à la batterie d’accumulateurs. Avec ce système, la batterie ne saurait, en aucun cas, être soumise à des surcharges dangereuses. Ce résultat est obtenu sans l’aide de relais ou de régulateur dont la précision de réglage est souvent la cause d’ennuis.
- La génératrice.
- La génératrice est la partie principale du système d’éclairage, d’allumage et de mise en marche électriques Westinghouse, elle règle automatiquement le courant à fournir suivant les besoins.
- Cette génératrice est de petites dimensions et d’un poids minime, étant donnée la faible vitesse à partir de laquelle elle fonctionne à pleine puissance.
- Elle tourne à la même vitesse que les magnétos ordinaires, c’est-à-dire à la vitesse du moteur à essence lorsque celui-ci est à cylindres, et à une fois et demie cette vitesse lorsqu’il est à 6 cylindres.
- Elle peut être connectée directement sur l’arbre moteur au moyen d’un accouplement élastique ordinaire Oldham, et ne nécessite ni chaîne à grande vitesse, ni poulie ou cône à friction, ni engrenages auxiliaires.
- L’arbre de l’induit se trouve, par rapport au plan de base, à la même hauteur que celui des magnétos ordinaires, de façon à permettre le montage de la génératrice à la même place que la magnéto qu’elle remplace.
- Elle fonctionne sans bruit, et, du fait qu’elle ne comporte pas de régulateur de vitesse à friction, elle ne s’échauffe pas, ce qui a permis de la fermer
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- totalement pour la protéger complètement contre la poussière, l’huile et l'eau.
- Ne possédant pas d’aimants permanents, la génératrice ne peut se démagnétiser lorsque, accidentellement, la batterie tend à se décharger sur elle.
- Fonctionnement du conjoncteur-disjoncteur. — Quand la génératrice atteint une vitesse supérieure à celle à partir de laquelle elle commence à donner sa puissance normale, un conjoncteur-disjoncteur électromagnétique placé à l’intérieur du bâti de la génératrice connecte celle-ci automatiquement au •circuit.
- Ce conjoncteur est réglé de telle façon que la génératrice est connectée à la batterie et au circuit d’éclairage dès que la vitesse du moteur atteint environ 3a5 tours par minute, et déconnectée lorsque sa vitesse tombe à 225 tours. Ces nombres correspondant à des vitesses de io et i5 kilomètres à l’heure environ, représentant la vitesse moyenne des voitures à 4 cylindres. Ce réglage s’applique à la génératrice n° 2. La génératrice n° 1, de dimensions plus petites, possède un conjoncteur-disjoncteur qui fonctionne vers 375 tours par minute et déconnecte vers 275 tours.
- Cette différence de 100 tours par minute entre la vitesse de connexion et celle de déconnexion évite toute vibration continue du conjoncteur lorsque la voilure marche à une vitesse voisine de celle pour laquelle le conjoncteur ferme le circuit.
- Comme la génératrice donne son voltage, normal dès quelle est mise en circuit, il est impossible que la batterie se décharge sur elle.
- Charge automatique de la batterie. — Lorsque la génératrice est connectée à la batterie au moyen du conjoncteur automatique, l’intensité s’élève rapidement avec la vitesse jusqu’à ce qu’elle atteigne de 6 à 7 ampères quand les lampes ne brûlent pas. A partir de ce moment l’intensité continue à s’élever lentement avec la vitesse, mais né atteint jamais une valeur excessive même lorsque la voiture marche à son allure la plus vive. Ce réglage est obtenu du fait que la batterie est connectée en dérivation sur l’enroulement compound inversé de la génératrice et permet de n’utiliser ni relai, ni autre système de régulation.
- Réglage automatique de la puissance fournie. — Le courant d’éclairage ne passe pas par l’enroulement compound, et, lorsque les lampes sont allumées, la puissance fournie par la génératrice augmente automatiquement de façon à assurer
- l’intensité nécessaire. La capacité de la génératrice est suffisante aux vitesses ordinaires pour alimenter l’équipement normal d’éclairage et cela sans utiliser la batterie. Aux petites vitesses, la batterie contribue dans une légère proportion à l’alimentationdu circuit d’éclairage et, à l’arrêt, elle assure l’éclairage et l’alimentation du moteur de mise en marche. La batterie est rechargée par le surplus du courant produit par la génératrice même quand les feux sont allumés.
- • allumai; 12
- Le système Westinghouse réalise l’allumage double, c’est-à-dire que la batterie opère comme une source de courant indépendante, au même titre que ja génératrice fonctionnant avec la batterie, tandis que l’interrupteur, la bobine d’allumage et le distributeur leur sont communs.
- Cette disposition évite les vibreurs et les bobines multiples et simplifie la canalisation tout en réduisant l’appareillage nécessaire.
- L’interrupteur est construit de telle façon que la période du contact est pratiquement la même pour toutes les vitesses. La tension d’allumage reste constante même aux vitesses élevées.
- La simplicité de l’allumage à haute tension obtenue jusqu’ici à l’aide de magnétos l’est également en employant notre génératrice avec en plus les avantages d’une tension d’allumage constante quelle que soit la vitesse de la voiture.
- Avance automatique à l’allumage. — L’avance automatique à l’allumage est une des caractéristiques du système Westinghouse. L’étincelle est produite dans les cylindres au moment le plus favorable, afin de donner au moteur sa pleine puissance à chaque instant.
- On a prévu néanmoins la commande à la main de l’avance à l’allumage, mais ce réglage n’est nécessaire qu’au début, et aussitôt qu’il est obtenu on n’a qu’à bloquer le levier de commande ; par la suite, le système automatique se charge du réglage instantané pendant la marche.
- Rupteur. — Le courant est rompu régulièrement au moyen du rupteur composé d’un ressort venant s’appliquer sur un contact de platine irridiutn. Les étincelles sont réduites au minimum à l’aide d’un condensateur situé dans la bobine d’allumage;
- L’interrupteur est monté sur l’arbre de la génératrice et les contacts fonctionnent au moyen d’un système à force centrifuge simple et solide, réglant automatiquement l’avance à l’allumage suivant la
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- vitesse ; ce régulateur assure une durée de contact presque constante à toutes les vitesses et évite ainsi tpute inégalité dans les périodes séparant les temps de contact à chaque tour.
- L’ajustage des contacts de l’interrupteur n’est pour ainsi dire jamais nécessaire.
- Le couvercle de l’interrupteur peut être enlevé immédiatement et sans aucun outil, pour l’examen du système.
- Distributeur. — Le distributeur est du type usuel des magnétos, mais cependant spécialement combiné pour que la partie amovible puisse être facilement placée sans avoir à toucher au balai tournant et sans qu'il soit nécessaire (le se servir d’aucun outil. Le corps du distributeur est fait d’une matière isolante très résistante à la chaleur, ne s’amollissant même pas aux températures les plus élevées. Le distributeur est monté sur un palier à billes, et tel, qu’il n’y a aucun espace d’air entre les différents circuits à haute tension.
- Bobine d'allumage. — La haute tension d’allumage est obtenue au moyen d’une bobine d’induclion d’un encombrement réduit mais très puissante. Le noyau de la bobine est en acier au silicium, ce qui en augmente sa perméabilité magnétique, et l’énergie calorifique de l’étincelle en est accrue d’autant.
- Toutes détériorations pouvant être produites par une surtension dans les circuits sont complètement évitées grâce à un petit parafoudre de sûreté situé à l’extrémité arrière de la bobine. Une petite glace permet de vérifier le fonctionnement des bougies ainsi que toute rupture des fils allant aux cylindres.
- Les enroulements et les dimensions de la bobine ont été calculés en vue d’un rendement maximum.
- Une disposition particulière de la bobine et du condensatêur réduit au minimum les étincelles aux contacts de l’interrupteur.
- Moteur de mise en marche.
- Le moteur de mise en marche, système Westinghouse, a été étudié et construit en vue de fournir un couple de démarrage puissant, tout en n’absorbant qu’un courant relativement minime. De plus, ce moteur est d’un encombrement et d’un poids très réduits.
- Les différents modèles de moteur sont tous du type à excitation série.
- Le commutateur de lancement se compose de deux parties seulement; l’une montée concentriquement à l’arbre d’embrayage du moteur électrique,
- mais n’en étant pas solidaire. Cette pièce porte en arrière deux contacts directement connectés aqx deux pôles de la batterie.
- Deux contacts auxiliaires placés en avant sont reliés aux deux premiers par l’intermédiaire d’une résistance
- La seconde partie fixée sur l’arbre d’embrayage est une simple couronne de cuivre chargée d'qssurpr les contacts.
- Fig. i. — Schéma d’application d’un moteur pour attaque directe par le volant.
- Quand on manœuvre la pédale de lancement, le contact mobile réunissant les deux contacts auxiliaires lance légèrement le moteur. Puis les contacts sont séparés. Le moteqr tournant sans couple, l’embrayage se fait sans aucun choc. Enfin la pédale, étant poussée à fond, l’embrayage est effectué et le moteur électrique branché directement sur la batterie lance le moteur à essence; on lâche alors la pédale et un ressort de rappel débraye le moteur électrique.
- Toutes ces opéations s’effectuent d’un seul coup de pédale.
- Une roue libre, type Westinghouse, est montée sur le moteur électrique pour éviter qu’il soit entraîné par le moteur à essence.
- Batterie.
- La capacité de la batterie nécessaire dépend jusqu’à un certain point de l’équipement d’éclairage choisi, ainsi que de la proportion des temps de fonc-
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- tionnement avec ou sans allumage et du moteur de mise en marche. Il est donc impossible de déterminer ces facteurs àl’avance. D’après l’expérience acquise, une batterie de 60 à 8oampères-heure donne un service satisfaisant avec l’une quelconque des généra-
- sente un minimum d’entretien et de poids. Les lampes h filament métallique de 6 volts étant aussi plus solides en raison du plus grand diamètre des filaments à bas voltage, nous en concluons qu’il n’y a rien à gagner en ulil 'sant une tension supérieure.
- Sabine
- d'allumage
- fiistnbuteur
- S
- ___HupUur J ,
- Compensateur
- Retour par la Masse O
- Fig. a.— Schéma des connections du système Westinghouse.
- trices Westinghouse. Une batterie de plus grande capacité, soit 8o à 100 ampères-heure, sera nécessaire si on adjoint au système le moteur de lancement. Une batterie de ioo ampères-heure à pleine charge peut permettre d’effectuer dans une journée une mpyenne de 700 démarrages.
- ÉCLAIRAGE
- Le système d’allumage et d’éclairage combinés Westinghouse est à distribution à un fil, le retour s’effectuant par le châssis. Ge système qui est le plus simple et le plus sûr, doit être de plus en plus employé dans l’éclairage électrique des automobiles. Les lampes ainsi que tous les accessoires sont prévus pour ce système, et l’isolement de toutes les pièces est suffisant pour qu’aucun inconvénient ne soit à craindre.
- La génératrice donne à ses bornes une tension de 6 volts. Cette tension a été adoptée par suite des avantages résultant de l’emploi d’une batterie d’accumulateurs de trois éléments seulement, ce qui repré-
- Agrandissements de la fabrique de cAbles Pirelli et Çie.
- Cette firme bien connue a fait l’acquisition d’environ 20000 mètres carrés de terrains avoisinant son usine de fabrication de câbles électriques et d’articles de caoutchouc de Villanueva y Geltru (Espagne).
- La SociétéPirellia traitéavec la maisonMaillart et Ci{ de Zurich pour la construction de deux grands bâtiments en ciment armé qui nécessiteront au total 5 600 mètres cubes environ de ciment. L’un d’entre eux sera consacré à la construction de nouveaux articles de caoutchouc que la Société Pirelli désire entreprendre ; l’autre est destiné à l’agrandissement de l’usine de câbles électriques et particulièrement de câbles téléphoniques. On comprendral’importance de ces agrandissements par ce fait qu’à l’heure actuelle les seules câbles électriques que l’Espagne doive importer de l’étranger sont les câbles' téléphoniques.
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- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- La Société Anonyme Westinghouse a présenté celte année à ses aciionnaires un bilan dont le compte de profils et pertes se solde par un crédit de i 4jS5 897 fr. 38. L’exercice 191a s’étant soldé par un débit de % 17 338 fr. 69, on voit le chemin parcouru en un an; les produits nets se sont élevés h % 4o5 807 fr. 36 et déduction faite des droits de timbres, intérêts sur obligations, de certaines dépréciations et réserves, il est resté un solde créditeur de
- 1 683 a36 fr. 07. Le conseil, danssonrapport, indique que cette amélioration relève non pas tant de causes fortuites que du travail plus efficace des divers services, qu’il y a tout lieu d’espérer la voir se maintenir et que d’ailleurs les livraisons se sont élevées h
- 2 millions de francs de plus qu’en 191a, tandis que le montant des commandes obtenues était sensiblement égal : en quelques mots, les ressources de la sociétéen outillage, approvisionnement et personnel ont été mieux utilisées. Les opérations des services électriques ont eux-mèmes présenté une amélioration sur les exercices antérieurs tant au point de vue du montant des commandes qu’à celui du résultat de leur exécution; la marche des affaires en appareils de condensation et de réfrigération système Westinghouse-Leblanc a continué à donner satisfaction. On sait que c’est une des branches les plus importantes et les plus intéressantes comme rendement de la Société Westinghouse. Par elle ou par ses licenciés elle fournit plus que la majorité des appareils de condensation des machines à vapeur et des turbines à vapeur construites en France et à l’étranger. Une convention, signée au cours de l’exercice avec une société russe, accorde à cette dernière pour la Russie le bénéfice de la licence exclusive et des sous-licences cédées à des tiers, moyennant une redevance sur les affaires à venir et un paiement en espèces et en actions de la nouvelle société.
- Tout le monde des affaires est d’accord pour reconnaître le grand avenir réservé à la Russie dans le développement économique mondial; la convention conclue de la sorte ne peut donc qu’apporter d’importants profits à la Westinghouse.
- Le rapport signale d’ailleurs que la Société pour l’Exploitation des Procédés Westinghouse-Leblanc
- a versé en 1918, outre son dividende pour l’exercice 1912, des acomptes de dividendes à valoir sur l’année 1918, dont los résultats sont en augmentation. Par contre, ceux de la Compagnie de Distribution d’Encrgie d’Eleclrique des Moulineaux ne présentent pas de changements sensibles sur les précédents.
- Malgré les bénéfices réalisés en 1918, la situation financière de la Westinghouse ne lui permet pas de distribuer un dividende. Le capital-actions figure au bilan pour 14 millions de francs; les obligations 5 % sont portées pour 9 /*o3 000 francs ; mais il existe a 65a 189 francs d’emprunts à rembourser sans compter le poste « garantie » qui s’élève à I9aa8i6 francs et représente une avance conscntieà la Sociela Italiana Westinghouse qui en doit le rem-boiirscmenlaii cours de l’exercice actuel. Aussi le Conseila-t—il proposé à rassemblée et obtenu d’elle de porter la totalitédu solde créditeur en amortissements et réserves, ne reportant au profit des aciionnaires qu’une somme de 368 667 fr. 4 1. Mais on peut dire que l’exercice 1913 paraît marquer pour la Westinghouse le point de départ d’une période de résultats bénéficiaires qui assurera aux actionnaires une rémunération de leurs capitaux.
- Sous les auspices de la Banque Renauld et de la Société Nancéienne, l’Eclairage Électrique procède à l’émission de 14 000 obligations de 5oo francs du taux de 5 % nets d’impôts actuels y compris les majorations récemment votées par les deux chambres. Ces titres sont offerts à 490 francs : leurs coupons semestriels se détacheront les i5 mars et 15 septembre en 12 fr. 5o nets. I/acheteur bénéficie dans ces conditions et par rapport aux autres valeurs similaires d’un revenu complémentaire de 2 fr. 47 par litre ou un demi pour cent sans compter la prime de remboursement. Ces 14 000 obligations sont une part de l’emprunt de 8 5oo 000 francs autorisé parla dernière assemblée générale pour achever la réorganisation financière de l'affaire profondément remaniée en juillet et octobre 1912. L’Eclairage Electrique n’avait pas contracté d'emprunt obligataire depuis 1899, année durant laquelle elle avait fait appel au public pour 3 000 obligations de 5oo francs du taux de 4 % ; l’emprunt actuel se superpose au premier
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- dont raniortissement continuera normalement jus* qu’en 19'ii. L’actif de la Société, tel qu’il ressort du dernier bilan au 3o juin 1913 et dégagé de toutes lés dettes et non valeurs, est largement suffisant pour gager la totalité des deux emprunts.
- Depuis l’augmentation de son capital porté de 3 millions à 1 1 6a5 000 francs, augmentation consécutive à l’assainissement de l’affaire, à l’acquisition des alcliers Fabius Heorion et à l’absorption des Usines Bergiuann et des Etablissements Victor Meng, l’Eclairage Electrique a considérablement développé son chiffre d’affaires et étendu son action commerciale. Dès l’exercice 1912-1913 qui constituait la première année de ce nouveau régime, le chiffre des commandes enregistrées par les différentes usines dépassait légèrement douze millions ; pour l’exercice’ en cours, malgré la crise qui sévit sur les industries métallurgiques et mécaniques, le
- * montant des commandes se maintient quant à présent dans des limites très satisfaisantes permettant d’augurer pour l’année entière le même chiffre que précédemment. Ceci tient d’une part h ses relations : très étroites avec un puissant consortium dont la multiplicité des entreprises lui assure couramment du travail pour toutes ses usines ; d’autre part au développement de ses spécialités ; les transformateurs, les moteurs asynchrones, les alternateurs à haute fréquence, les pompes centrifuges, l’appareillage haute tension. Enfin les liens qui unissent l’Eclairage à la Compagnie des Charbons Fabius Henrion, dont elle détient les trois quarts des actions, lui assurent des relations commerciales et éventuellement de nouveaux débouchés très intéressants.
- Les obligations émises sont remboursables en 3o ans, le premier tirage ne devant avoir lieu qu’en 1917• , . T. R.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Vosges. — Le Conseil général des Vosges a décidé la construction d’une ligne de chemin de for d'intérêt local, à voie d’un mètre, entre Epinal et Rambervillers. Cette ligne aura une longueur d’environ a8 kilomètres; elle est susceptible d’être prolongée ultérieurement sur Baccarat ou Raon-l’Etape (ai kilomèlrss) et pourra se souder avec la ligne Bruyères-Thaon dont la construction a été également envisagée par l'assemblée départementale.
- La dépense pour la ligne Epinal-Rambervillers est évaluée à 1 700 000 francs (terrains et matériel compris).
- Les demandeurs éventuels en concession de la ligne, peuvent s’adresser, dès maintenant, à la Préfecture des Vosges.
- ÉCLAIRAGE ET FORCE MOTRICE
- Lot. — Le conseil municipal de Marcilhae-du-Lot a approuvé le cahier des charges pour l’éclairage à l’électricité. Le concessionnaire est M. Fabien Francoual, de Saint-Ouen (Seine), et propriétaire du moulin de Mar-cilhac.
- Lot-et-Garonne. — Un vaste réseau destiné à
- fournir l’énergie électrique au canton de Nérac est sur le point de se créer.
- L’ingénieur directeur du bureau d’études de Toulouse des Etablissements Mège, développera dans des conférences successives les conditions d’installation et d'cxploi. talion de ce réseau.
- Maine-et-Loire. — Le préfet, sur la demande en date du 12 juillet 1913, aux termes de laquelle la Société Nantaise d’Eelairage et de Force par l’Electricité a sollicité une concession par l’Etat, déclarée d’utilité publique, eu vue de distribuer l’énergie électrique aux services publics sur le parcours compris entre Nantes et Cholet, en traversant en Maine-et-Loire les communes de Torfou, la Romugne, Saint-Christophe, la Séguinière et Cholet, a ordonné qu’une enquête aura lieu dans ces ! communes.
- Marne. — Une enquête est ouverte aux mairies de Dizy-Magenta et de Boursault sur la demande d’installation d’énergie électrique présentée par la Société des Usines à gaz du Nord et de l’Est.
- Mayenne. — Une enquête est ouverte à la mairie de CluUeau-Gontier sur la demande de M. F rechou, administrateur délégué de la Compagnie Provinciale des eaux, du gaz et de l’électricité, à Paris, en vue d’obtenir la concession d’une distribution d’énergie électrique pour
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- tous usages sur le territoire de la ville de Château-Gontier.
- Meurthe-et-MOSelle. — Le conseil municipal de Beuvillers a voté l’établissement de l’éclairage électrique des rues et bâtiments communaux.
- Oise. — Le conseil municipal de Méru a émis un avis favorable à la demande de déchéance du concessionnaire actuel.
- Le Triphasé a profité de la circonstance pour solliciter la concession et le conseil municipal la lui a accordée. Lés travaux nécessaires commenceront incessamment.
- Le conseil municipal de La Villeneuve a autorisé le maire à traiter de gré à gré avec l’Urbaine Electrique pour fourniture du matériel d’éclairage et prolongement des lignes.
- Pa.S-de-Ctlla.iS. Une enquête est ouverte à Arques sur la demande de la Société Béthunoise d’Eclairage et d'Energie, pour la distribution d’énergie électrique.
- Seine-et-Oise. — Le conseil municipal de Champagne s’est mis d’accord avec l’Urbaine Electrique pour l’éclairage de la commune.
- TÉLÉPHONIE
- Eure-et-Loir. — La Chambre de Commerce de Chartres est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 18 975 francs en vue de l’établissement des circuits télé— phpniques Anneau-Orsonville (a 56o francs) et le Mans-Nogent-le-Rotrou (14 4,5 francs).
- Riaute-Marne. — La Chambre de Commerce de Saiqt-Dizier est autorisée à avancer à l’Etat une somme de 7 go5 francs en vue de l’établissement d’un circuit téléphonique Doulevant-le-Chàteau-Vassy.
- ÿaône.et-Loire. — La Chambre de Commerce de Chalon-sur-Saône est autorisée à avancer à l’Etat une spmme de 5 348 francs en vue de l’établissement d'un circuit téléphonique Bantanges-Montpont et d’un réseau à Bantanges.
- INFORMATIONS
- x Exposition d’Electricité de Nancy.
- Comme nous l’avons annoncé dans notre numéro du 14 février, cette exposition aura lieu sous le patronage
- de la Chambre de Commerce de Nancy, de la Société Industrielle de l’Est et de l’Office Economique de Meurthe-et-Moselle.
- Elle sera ouverte le 24 octobre 1914 et clôturera vers le i5 novembre.
- Elle a pour but de favoriser le développement du oon-fort dans les appartements bourgeois des villes, et de mettre en lumière les problèmes intéressant les agglomérations industrielles ou agricoles, problèmes réalisables à plus ou moins lointaine échéance.
- Le Comité Exécutif est composé de : MM. Vilgrain, président de la Chambre de Commerce de Nancy; Ber-trand-Oser, membre-secrétaire de la Chambre de Commerce de Nancy; Villaiuprésident honoraire de la Société Industrielle de l’Est; Coanet, président de la Société Industrielle de l’Est; Laffitte, directeur de l’Office Economique de Meurthe-et-Moselle.
- En outre du Comité exécutif, il a été constitué deux commissions :
- i° Une Commission technique composée de MM. Hammer, Bachelard, Joubert, Majorelle, Moreau de la Meuse et Marcel Vilgrain;
- 2° Une Commission d’organisation et d’admission composée de MM. Cavallier, Dreux, Daum, Berweiller, Krug, Bellieni, Brun, Toussaint et Marchai.
- Les membres du Comité exécutif font partie des deux Commissions.
- Exposition de Barcelone.
- Une Exposition Internationale d’industries Electriques et de leurs applications aura lieu à Barcelone en 1917; elle comprendra treize groupes ainsi divisés.
- Groupe I. — Production, transformation et accumulation de l’énergie électrique.
- Groupe II. — Transmission et distribution de l’énergie électrique.
- Groupe III. — Appareils et méthodes d’investigation, démonstration et mesure de l’énergie électrique.
- Groupe IV. — Eclairage électrique. Applications domestiques de l’électricité.
- Groupe V. — Applications de l’électricité aux industries manufacturières.
- Groupe VI.— Traction électrique. Manutention électromécanique.
- Groupe VII. — Télégraphie, téléphonie, radiotélégraphie.
- Groupe VIII. — Applications de l’électricité à l’hygiène et à la médecine.
- Groupe IX. — Electrochimie. Electrométallurgie.
- Groupe X. — L’électricité dans les services de guerre et marine et maritimes en général.
- Groupe XI. — L’électricité dans l’agriculture.
- Groupe XII. — L’électricité dans l’exploitation du sous-sol.
- Groupe XIII. — Electroculture.
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- SOCIÉTÉS
- Omnium Lyonnais de Chemins de fer et Tramways.
- Tableau comparatif des recettes
- SEMAINE I>U 5 AVRIL AU 11 AVRIL DU Ior AU I I JANVIER AVRIL POURCENTAGE
- «9«4 1913 «9«4 19« 3
- Cannes 14 986 o5 12 641 09 ig3 224 >5 194 092 55
- Fontainebleau 4 256 45 2 787 85 39 847 i5 3g 257 45
- Bourges 4 484 3 54i 10 53 994 65 5o 821 70
- Poitiers 4 «79 10 3 i56 75 5o 273 a5 48 63g 10
- Troyes 5 644 «5 5 3ig » 75 276 o5 72 g65 »
- Pau 5 254-45 4 221 75 64 438 95 66 n3 4°
- Cette 3 o63 20 2 804 65 36 868 75 37 3g3 5o
- Armentières 1 3qi 10 1 3$7 35 20 531 61 20 651 »
- Totaux 43 a5g o5 35 829 5o 534 456 56 529 g33 70
- Avignon 4 6o5 65 4014 » 52 062 o5 57 oi3 65
- Saint-Etienne-Firminy 44 601 40 40 ou 75 576 754 «5 56g 556 70
- Compagnie Française pour l’Exploitation des Procédés Thomson-Houston.
- Comparaison des recettes des exploitations du ior janvier au 3i mars 1913-1914.
- DÉSIGNATION DES RÉSEAUX DU RECETTES MOIS DE MARS DU 1 RECETTES " JANVIER AU 3l MARS
- 1913 1914 augmentation en «9«4 «9«3 «9«4 augment en 19 totale ation «4 %
- Compagnie des chemins de fer Nogentais.... 356547,85 335 824,60 20723,25 976605,75 946817,40 29 788,35 3,o5
- C1» F»» des tram, élect. et omnib. de Bordeaux. 540 i5y,o5 536q66,5o 3 190,55 1 506480,20 I 486 199,30 20280,90 1,34
- Compagnie des tramwaysdeNiceetduLittoral. 56o492,20 564072,70 358o,5o 1 496 7909° I 490 2 13,75 5 577, i5 0,37
- Compagnie des tramways de Rouen 283603,70 277 4Q2.6o 6 111,10 784 189,50 792 069,95 7 880,45 I »
- Société des tramways d’Amiens 74240,55 75228,20 987,65 204430,85 21158i,20 7i5o,35 3,49
- Société Versaillaise de tramways électriques. 53774,45 53 167,10 607,35 147 597,10 152344,85 4 747>75 3,21
- Société des Tramways Algériens 1412Hi,65 147 73i,55 6449,90 400 399,30 428264,75 27865,45 6,96
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain, Paris.
- Les recettes de la deuxième décade d’avril se sont élevées à 1 660 ou francs, en augmentation de 87 949 francs sur celles de la période correspondante de 1913. La plus-value totale depuis le ior janvier se chiffre à 824 018 fr-
- CONSTITUTIONS
- Compagnie des Tramways Electriques de Constan-tine (Algérie). — Objet : établissement et exploitation à Constantine d’un réseau de tramways à traction électrique, destinés au transport des voyageurs et toutes opérations s’y rattachant. — Durée : 75 ans. — Capital : 5oo 000 francs. — Siège social : 6, boulevard Joly-de-Bré-sillon, Constanline. — Fondateur : M. A. Grammont.
- CONVOCATIONS
- Les Exploitations Electriques — Le 4 mai, 19, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- Compagnie Continentale Edison. — Le i3 mai, 73, boulevard Haussmann, à Paris.
- Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est. — Le 14 mai, boulevard Haussmann, à Paris.
- Société Parisienne pour l'Industrie des Chemins de fer et des Tramways Electriques. — Le i5 mai, 75, boulevard Haussmann, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 18 mai 1914, au ministère du Commerce, de l'Industrie, des Postes et des Télégraphes, io3, rue de Grenelle à Paris, fourniture de condensateurs sans planchettes pour réseaux téléphoniques à batterie centrale (2 lots).
- Les demandes d’admission à cette adjudication devront être parvenues au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphe^, le 8 mai 1914.
- Le 18 mai 1914» au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, io3, rue de Grenelle,
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- à Paris, fourniture de fil de cuivre recouvert de gufta-percha et de coton (5 lots).
- Les demandes d'admission à cette adjudication devront être parvenues au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, le 8 mai 1914» au plus tard.
- Leiqmai 1914,au ministère du Commerce,de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, io3, rue de Grenelle, A Paris, fourniture de condensateurs avec planchettes pour réseaux téléphoniques à batterie centrale (2 lots).
- Les demandes d’admission à cette adjudication devront être parvenues au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, le 9 mai 1914.
- BELGIQUE
- Le 8 mai, à midi, à l’hôtel de ville, à Anvers, installation de l’éclairage électrique du hangar au quai 76 du Bassin-Canal; caut. : 3oo francs; cahier des charges : o fr. 5o.
- Le 12 mai, à 10 heures, par devant le commandant du génie à Liège Rive gauche, 3, rue Curtius, installation de groupes électriques moteurs et pompes dans les puits de six forts de la position de Liège 9 563 fr. 85, non compris 43o francs à valoir; cautionnement : 1 000 fr. Soumissions recommandées le 9 mai.
- Le i3 mai, à 12 heures, en la salle de la Madeleine, à Bruxelles, réadjudication de la fourniture d’objets pour l’éclairage électrique des trains nécessaires au service de la traction et du matériel des chemins de fer de l’Etal (cahier des charges spécial n° 1 463).
- Le 18 mai, à 1 heure, à la maison communale, à Ber-trix (Luxembourg), fourniture du courant électrique pour l’éclairage public et privé et la force motrice à domicile.
- Le 26 mai, à midi, à l’hôtel de ville, à Anvers, fourniture de divers appareils et instruments de mesures pour l’équipement électrique d’un poste de distribution à établir dans la station de transformation au quai n° 69 des nouveaux bassins du Nord; caut. : 600 francs ; cahier des charges ; o fr. 5o.
- RÉSULTATS D'ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Mairie d’Eslaires (Nord), concours pour l’exécution des installations mécaniques de l’usine élévatoire. Montant. 26 5oo francs.
- M. François, 2 projets : 26 800 et 27 750 francs. — Société de Constructions mécaniques « Duplex », 3 projets ; 29 700, 3o 600 et 29 i5o francs. — M. Salin son, 58, rue La Fayette, à Paris, adjudicataire, au prix forfaitaire de 24 900 francs.
- 17 avril. — Mairie de Lille, fournitures diverses.
- Adjudicataires ; i° appareils électriques pour l’éclairage. Montant annuel : 2 000 francs. — MM. Bouchery et Cie, i et 3, rue Sans-Pavé, à Lille, 35 de rabais.
- 2° Appareils pour la téléphonie. Montant annuel : 1 000 francs. —Société « Le Téléphone privé du Nord », 78, rue Nationale, à Lille, adjudicataire à 36 de rabais.
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- Paris. — imprimerie lev*, 17, rue cassette.
- L» Gérant : J.-B. Nouet
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- SAMEDI 9 MAI 1914.
- Trente-sixième année.
- Tome XXV (2» série). — N» 19.
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- MAURICE LEBLANC Fils. — Lampe à vapeur de mercure à deux électrodes pour courant alternatif............................... 677
- A BLONDEL. — L’éclipse totale de soleil du 21 août 1914 et l’étude de la propagation des ondes électriques................. .. 586
- J. de SÔÜCŸ. —= Les phénomènes d electro-lySe par courants vagabonds et la responsabilité des compagnies de tramways...... 687
- Publications techniques
- Stations centrales et distribution
- Développement de la consommation de l'énergie électrique. — Dr Ing. Siegei... 5pi
- Traction
- L’électrification du chemin de fer de Butte Ana-
- conda et Pacific Railway.............. 5q4
- Le meilleur câble de trolley. — G.-II. M’Keeeway.............................. 697
- Applications mécaniques L’électricité dans les manufactures de gants. . 6oi Exposition de Lyon.
- Exposition internationale de Lyon 1914. Liste
- des exposants de la section LI.......... 602
- Bibliographie............................ 60/,
- Etudes et Nouvelles Economiques..... ..... 606
- Renseignements Commerciaux.... .......... 607
- Adjudications............................ 608
- LAMPE À VAPEUR DE MERCURE A DEUX ÉLECTRODES POUR COURANT ALTERNATIF
- Nous reproduisons ici une conférence qui a été donnée par M. Maurice Leblanc fils à la Société Internationale des Electriciens le 1er avril dernier et dans laquelle il a exposé les résultats très intéressants des expériences qu’il avait faites en vue de réaliser une lampe à vapeur de mercure fonctionnant sur courant alternatif.
- Ces expériences ont abouti à la réalisation industrielle d'une lampe à vide 'intérieur comportant pour V allumage un dispositif de chaufferie électrique autour des électrodes, que l’on inter rompt ensuite
- quand la lampe est allumée.
- Lampes à trois électrodes.
- Il a été longtemps admis comme un dogme que les lampes à vapeur de mercure ne pouvaien t pas fonctionner sur courant alternatif; celles que l’on vendait jusqu’ici pour cette forme de courant et dont nous donnons un modèle figure i, Iransformcnten réalité le courant alternatif qu’on leur livre eu courant continu comme dans le convertisseur à vapeur de mercure cl sont traversées parun couranttoujoursde mêmesens. Ces lampes sont munies de deux électrodes positives et fonc-
- tionnent, suivant le schéma de la figure 2. T est un autotransformateur dontles deux extrémités sont reliées aux.anodes (A), le milieu (N) est relié à la cathode (C). Il y a en outre une bobine de self (S) dans chaque anode et une (I) dans le circuit parcouru parle courant continu entre la cathode (C) et le point neutre du transformateur (N). L’amorçage se fait automatiquement par la décharge d’une bobined’induction dontlccircuit est coupé par un interrupteur à mercurer L’ensemble de ces appareils est placé sur l’armature métallique qui porte le réflecteur et le tube.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2* Série). — N» 19.
- Quand la lampe en quartz apparut, on fît un nouvel effort pour créer un modèle susceptible de fonctionner sur courant alternatif; le développement toujours constant des réseaux à courant alternatif étant en effet un obstacle à l’extension de l’emploi de cette lampe dans l’industrie. On réussit d’ailleurs à faire un modèle de lampe en quartz basé sur le même principe que la lampe en verre que nous venons de citer, c’est-à-dire produisant elle-même le courant continu dont elle a besoin. Malheureusement, dans le cas de lampes en quartz, l’allumage par étincelle n’est pas facilement réalisable et on est obligé de conserver l’allumage classique par basculement des lampes à vapeur de mercure. Cet allumage n’est lui-même pas aussi facile que surcourantcontinu, car si larupturedu fîletde mercure qui vient court-
- Essais sur la lampe sans vide intérieur. Observation de l’arc alternatif.
- Pour nous débarrasser de ces difficultés d’allumage et de réallumage et des dispositifs qu’elles nécessitent, nous pensâmes alors à faire une lampe à courant alternatif toujours à trois électrodes, maisd’untype semblable à celui que nousavions réalisé pour le courant continu à haute tension des réseaux de traction. Cette lampe est au repos entièrement pleine de mercure ; les figures 3 et 4 nous montrent la différence essentielle entre les deux types de lampes pour courant continu; la figure 3 représente le type ordinaire à deux électrodes séparées au repos par un vide intérieur et à allumage par basculement; la figure 4 représente la lampe sans vide intérieur préalable.
- Fig. i. — Lampe de i a5o bougies, fonctionnant
- circuiter les deux électrodes se produit quand le courant a une valeur trop voisine de sa valeur nulle, il y a un raté d’allumage et il faut un dispositif spécial pour ramener la lampe dans sa position première etlui permettre de basculer de nouveau; il faut en outre ajouter des dispositifs pour limiter le haut courant de démarrage, d’autres permettant le rallumage de la lampe si elle vient à s’éteindre accidentellement alors qu’elle est chaude; tout ceci en plus du transfor-mateurct des bobines de self que nous avions avec la lampe en verre. On arrive ainsi à réaliser une lampe qui est une merveille d’ingéniosité et qui fonctionne d’abord très bien, mais qui est malheureusement d’un prix de revient très élevé.
- en dérivation sur courant alternatif, 5o périodes.
- \
- L’allumage s'effectue en chauffant au milieu de la boucle le mercure avec une chaufferie électrique en fil de platine ; le mercure bout, se sépare en deux et un arc jaillit qui finit par remplir touté la boucle où il continue à fonctionner sous une pression qui dépasse de quelques centimètres la pression atmosphérique. Nous avons donc construit une lampe à trois électrodes de ce dernier type. Après quelques difficultés d’allumage dues à la nécessité de couper simultanément le filet de mercure entre les deux anodes et la cathode nous réussîmes à amorcer la lampe et à la faire fonctionner.
- C’est au cours de nos premiers essais sur cette lampe le 17 avril 1912 (cette date est restée présente à notre mémoire parce que ces expériences'
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- 0 Mai 1914.
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
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- furent interrompues par une éclipse de soleil qui fut presque complète à Paris ce jour-là) que nous découvrîmes le phénomène suivant :
- Nous nousaperçûmes, tout à coup, que l’ampèremètre que nous avions mis suivant l’habitude dans le fil de la cathode pour mesurer l’intensité du courant continu qui traversait la lampe était revenu au zéro sans que la lampe ait cessé de
- Fig. ». — Schéma de la lampe à vapeur de mercure pour courant alternatif’.
- fonctionner. Notre premier mouvement fut d’incriminer notre appareil de mesure,mais nous nous rendîmes ^compte qu’efïectivement l’arc s’était éteint dans la branche delà cathode (fig. 5) et que nous avions bien affaire à un arc alternatif entre les deux anodes. Nous avions réalisé accidentellement les conditions qui permettent à un tel
- arc de s’établir et de subsister dans la vapeur de mercure pure entre deux électrodes en mercure (‘). Nous nous proposons de préciser ces conditions.
- Nous tenons cependant à déclarer tout d’abord que les expériences que nous avons faites sont des expériences industrielles faites en vue d’arriver le plus vite possible au dimensionnement d’un appareil commercial et que par suite elles sont très incomplètes, nous avons laissé dans l’ombre beaucoup de points dont l’étude ne présentait pas pour nous un intérêt immédiat et le plus souvent nos mesures sont des mesures approchées indiquant le sens des phénomènes, mais ne permettant pas d’en déterminer exactement les variations.
- - +
- Fig. 3. — Lampe à vapeur de mercure pour courant continu type ordinaire à deux électrodes.
- Ceci nous est une occasion de regretter qu’un plus grand nombre de chercheurs ne se soient pas employés à l’étude de l’arc à mercure qui offre le cas le plus simple de l’arc électrique puisqu’un seul corps, le mercure, constitue les électrodes et la vapeur conductrice et qu’on n’est pas gêné par les produits de destruction des électrodes. Nous ne voudrions pas laisser croire cependant que le problème soit simple, un assez grand nombre de facteurs subsistent encore pour le compliquer à l’extrême.
- Conditions d’existence de l’arc alternatif.
- 11 y a réellement une grande difficulté à établir un arc alternatif dans la vapeur de mercure; le convertisseur à vapeur de mercure est d’ailleurs basé sur l’impossibilité d’un tel arc ; si par accident un arc alternatif pourt-circuite les deux anodes d’une ampoluic'^'de convertisseur celle-ci est généralementdétruite ; de sortequ’on
- C) Au cours de nos essais, nous avons eu l’occasion de véritier que l’arc pouvait être maintenu dans la vapeur de mercure entre a électrodes solides (de tungstène par exemple). Nous n’avons pas poursuivi l’étude de cette question. L’emploi d’électrodes solides inlro-duit en effet des complications: entre autres, celles qui tiennent aux scellements et à la destruction de l’électrode solide dans certaines conditions.
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série). — NM9
- peut dire que le convertisseur et la lampe à courant alternatif constituent un seul problème : la détermination des conditions qui permettent rétablissement de Tare alternatif.
- On saitd’unc manière générale que pour qu’un arc subsiste entre deux électrodes il est nécessaire que la cathode émette constamment des électrons ; dans la méthode d’allumage des lampes à vapeur de mercure par basculement, la rupture du court-circuit mercure-mercure a pour eiïetde créer un cratère sur la cathode; ce cratère une fois créé, sa température est maintenue assez haute par le passage du courant et l’arc subsiste à cause de l’émission continue d’électrons néga-
- Fig. 4. — Lampe à vapeur de mercure pour courant continu sorts vide intérieur préalable.
- tifs. Si l’arc s’éteint, cette émission cesse plus ou moins vite. Si on applique de nouveau la tension aux bornes de l’arc avant que l'ionisation ait disparu, l’arc doit se rallumer. On aperçoit donc tout de suite l’influence de deux facteurs importants :
- i° Refroidissement lent des électrodes qui dépend de leur conductibilité calorifique, de leurs dimensions ;
- a" Nature du circuit (inductif ou non) qui agit sur les périodes d’établissement et d’extinction du courant.. Par exemple, le charbon est assez
- mauvais conducteur de la chaleur pour qu’il soit possible de rallumer un arc en remettant la tension ou —- de seconde après l’extinction. Avec 10 ao
- les métaux, au contraire, la température doit s’abaisser beaucoup plus rapidement et, en fait, d’après l’expérience d’Arons, l’arc au mercure ne se rallume pas même en rétablissant la tension ----!--- de seconde après l’extinction.
- 100 000
- Les expériences d’Arons ont été faites avec Parc à basse pression, avec une résistance non inductive dans le circuit et un voltage assez faible.
- Fig. 5. — Lampe à vapeur de mercure à trois électrodes.
- Un arc est cependant possible dans la vapeur de mercure avec des voltages moyens et des fréquences industrielles sous les conditions essentielles suivantes ;
- i° Tension pas inférieure à un certain minimum voisin de 600 volts efficaces à 5o périodes;
- a° Pression pas inférieure à un certain minimum de l’ordre de un centimètre de mercure;
- 3° Présence de self-induction dans le circuit; /i° Allumage avec électrodes déjà chaudes. Nous allons allumer une lampe du type sans vide intérieur dans lequel ces conditions se trouvent réalisées; nous l’alimentons avee du
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- courant à environ i ooo volts f\% périodes, nous avons placé une grosse bobine de self réglable dans le circuit continu; la pression intérieure est toujours au moins égale à la pression atmosphérique et la chaufferie qui fait bouillir le mercure de manière à couper la colonne de mercure porte en môme temps les électrodes à une température suffisante.
- Nous avons ainsi réalisé une lampe fonctionnant avec i ooo volts au secteur et 35o volts aux bornes du brûleur; le courant étant de *2 ampères, (1).
- Le facteur de puissance dans ces conditions était de o,3G, cc qui était évidemment inacceptable pour une lampe commerciale.
- Période d’extinction. — Rôle de la cathode.
- Nous nous sommes alors attachés à améliorer ce facteur de puissance qui dépend de la self placée dans le circuit et qui est mesuré sensiblement par le rapport e de la tension aux bornes du brûleur à la tension secondaire E totale. Nous avons cherché pourquoi une aussi forte induc-
- tance était nécessaire. Nous avons relevé la courbe de la tension aux bornes du brûleur à l’aide d’un ondographe Hospitalier, c’est la courbe A[ de la ligure 6. Cette courbe a tout à fait l’allure des courbes relevées par M. A. Blondel sur Tare à charbon à courant alternatif.
- (') Toutes nos expériences ont été faites en vue de la réalisation d’une lampe fonctionnant sur courant alternatif h 5o périodes. Nous avons vérifié néanmoins que, a •i5 périodes, on pouvait allumer l’arc dans des conditions analogues.
- A chaque demi-période, l’arc s’éteint au voisinage de la valeur o du courant cl ne se rallume que lorsque la tension aux bornes a repris une certaine valeur, la durée de l’extinction pst de
- l’ordre du----de seconde; à chaque rallumage
- I ooo
- correspond une pointe de la courbe de la tension aux bornes du brûleur.
- Si on veut améliorer le facteur de puissance en augmentant c, en allongeant l’arc par exemple, on constate que le brûleur ne tarde pas à s’éteindre et que ceci correspond au moment où la pointe au rallumage atteint la valeur instantanée du voltage secondaire.
- 11 faut donc chercher à diminuer ces pointes, c’est-à-dire les surtensions au moment du rallumage. D’après "ce que nous avons dit sur les propriétés générales de l’arc, on pouvait prévoir a priori qu’on faciliterait le rallumage de l’arc en diminuant le refroidissement de la cathode.
- Si on introduit une sonde électrique dans l’arc et si on trace la courbe'de la différence de tension entre cette sonde et une électrode, on constate que la pointe ne se présente plus qu’une lois
- par période et on peut vérifier que c’est pour la demi-période dans laquelle l’électrode considérée est cathode. La sonde Si est placée au voisinage de l’électrode At. La courbe (i) de la figure 7 est le résultat de l’inscription do la chute de voltage Sj Aj au voisinage d’une des électrodes (At); on retrouve sur cette courbe une bosse qui se reproduit à chaque période, au moment où Ai est cathode. La courbe (2) représente le voltage total entre les deux électrodes, la courbe (3) c’est le voltage S( Ar La différence des ordonnées des
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- deux courbes (a) el (3) devrait donner la chute à l’électrode A,. On voit que cette différence doit avoir une forme un peu différente de celle de la courbe (i). On reconnaît ici la difficulté bien connue de l’interprétation des résultats obtenus par l’emploi des sondes. La même difficulté se
- Fig. 8.
- présente pour les mesures directes des voltages Sj Ai et Si Aa. Toutefois, d’après l’examen des courbes, il semble hors de doute : i° que la pointe au rallumage correspond à la chuté de voltage au voisinage de la cathode; i° que par suite les chutes de voltage aux électrodes et la
- vaporisation qui en est la conséquence sont en relation directe avec la grandeur de la surtension nécessaire au moment du rallumage de l’arc.
- ' Facteurs influant sur le rallumage.
- On diminuera le refroidissement de la cathode en diminuant la surface libre sur laquelle le cra-
- tère de l’arc peut se promener. Ce fait est mis en évidence sur les courbes de la figure 8 qui ont été relevées sur une lampe ayant deux électrodes de surfaces différentes, la plus grande pointe correspond à la demi-période pendant laquelle l’électrode de plus grande surface est cathode.
- La figure 9 se rapporte de même à une lampe où la surface libre d’une électrode augmente
- avec le temps. La courbe 1 et la courbe 1 représentent la tension aux bornes de l’arc à 20 secondes d’intervalle. La pointe a augmenté considérablement pendant ce temps.
- Fig. u.
- Nous avons constaté aussi que, toutes choses égales d’ailleurs, plus le courant dans la lampe est grand, plus les électrodes sont chaudes et plus les pointes sont faibles.
- Nous avons, en dehors de l'influence de la cathode, noté celle du voltage total • avec deux tubes de même diamètre, mais l’un de a5 centi-
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- mètres et l’autre de 5o centimètres de long, on trouve les résultats suivants:
- Longueur du tube (cm':..... a5 ?>o
- Voltage secondaire total (volts) i ooo i 760 Voltage aux bornes de la
- lampe (volts)............ 35o 900
- Facteur de puissance....... o,36 o,5o
- L’influence de la pression est très curieuse.
- A basse pression, les pointes deviennent plus faibles qu’à la pression atmosphérique, mais l’intensité lumineuse est trop faible par unité de longueur d’arc. Si on augmente la pression, on constate que les pointes s’atténuent et finissent par disparaître (fig. 10). Il est ainsi possible d’atteindre un facteur de puissance égal à 0,7 ou 0,8.
- A très haute pression, les pointes sont presque nulles et si on inscrit la courbe de la tension aux bornes de la self, dans ces conditions on voit (fig. 10) qu’elle n’agit presque plus et 011 constate expérimentalement que dans cet état de régime on peut lui substituer une résistance ohmique (fig. 11); ceci ne présente d’ailleurs aucun avantage, car le rendement est évidemment plus mauvais et bien qu’il n’y ait plus de déca^ lage à proprement parler, le facteur de puissance est cependant bas à cause de la mauvaise forme de la courbe. Aux pressions élevées, les périodes d’dxtinction sont plus longues qu’aux basses pressions, mais les électrodes sont suffisamment chaudes pour permettre de les supporter.
- Nous avons aussi cherché l’influence de la forme du tube qui réunit les deux électrodes sans arriver à un résultat bien net; il semble que toutefois la forme rectiligne soit la plus favorable, particulièrement dans la période de marche à basse pression qui suit l’allumage.
- Nos premières expériences nous avaient appris la difficulté d’allumage des lampes à vide intérieur et en conséquence nos premiers efforts s’étaient portés sur la réalisation d’une lampe à courant alternatif sans vide intérieur. Nous avons alors rencontré une autre difficulté, nous avons constaté que l’arc, après avoir rempli toute la boucle, avait tendance à s’allonger et à pénétrer dans les réservoirs inférieurs ; à partir de ce moment, il se produisait dans ces réservoirs une ébullition tumultueuse, la lumière vacillait et la lampe ne tardait pas à s’éteindre. Pour éviter
- cela, on est contraint d’augnienter beaucoup le volume des réservoirs inférieurs, afin d’accroître leur surface de refroidissement.
- Un autre moyen est d’arrêter le mercure au cours de son ascension dans les colonnes latérales, par exemple en fermant leur partie supérieure de manière que lorsque le mercure a complètement évacué la boucle il vienne précisément heurter cette extrémité. La question de remplissage de la lampe est alors fort délicate et en outre on obtient une lampe qui contient des quantités de mercure considérables, ce qui est autant que possible à éviter, à cause de la casse en transport. Nous sommes donc revenus à l’étude des lampes avec vide intérieur et nous nous sommes
- fo/ts
- o lampe 0 courant alternatif
- x ______ni________continu
- ytfoir.t defbntionnement normal
- Ampèns
- Fig. 12. — Caractéristiques des lampes à courant alternatif et continu.
- efforcés de résoudre pratiquement la question d’allumage.
- Lampe à vide intérieur.
- Disposons un tel brûleur aux bornes du secondaire du transformateur après avoir placé une bobine de. self dans le circuit primaire, aucun courant ne passe dans le tube.
- Chauffons les électrodes, quand la pression de vapeur atteint une certaine valeur, l’arc jaillit directement d’une électrode à l’autre; il prend
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- au bout do quelques minutes un régime qui dépend des conditions électriques du circuit. On règle la self primaire de telle façon que, en régime le voltage primaire du transformateur, ait une valeur donnée, 70 volts par exemple, pour î jo volts au secteur. La pression de vapeur dans l’are est assez grande pour empêcher que l’are éteint et la tension remise immédiatement aux bornes de Tare, celui-ci 11e se rallume pas de suite. Le rallumage a lieu si on laisse refroidir un peu la lampe; cet allumage qui ne peut se produire, pour un voltage donné, ni pour les basses pressions, ni pour les hautes pressions, correspond bien à ce que l’on sait d’une pression optimum pour le passage d’une étincelle a travers un gaz.
- On connaît la forme de la caractéristique des brûleurs à courant continu industriels, la ligure 12 donne celle d’un de ces brûleurs; nous l’avons poussé au delà'du régime normal, 80 volts ; on voit que la caractéristique possède un point à tangente verticale. La position de ce pointdépcnd des conditions de refroidissement; il est possible en diminuant ce refroidissement d’obtenir le changement de sens de la courbe pour un courant plus petit.
- La caractéristique du brûleur à courant alternatif est analogue, le dimensionnement de ce brûleurconduitprécisémentà le faire fonctionner dans la région où le courant diminue quand le voltage augmente.
- Particularités de l’éclairage.
- On applique la tension aux bornes et 011 chauffe, quand la pression de vapeur atteint une certaine valeur, l’arc s’allume et prend son régime, 70 volts aux bornes du primaire du transformateur, par exemple. On constate que ce régime est pris en trois phases très distinctes.
- a) L’arc allumé, la tension aux bornes est voisine de 10 volts, clic augmente lentement et atteint 20 volts environ au bout de quelques minutes.
- b) Dès (pie la tension dépasse 20 volts, il se produit une variation extrêmement rapide et en quelques secondes la tension passe à /j5 volts, en même temps que l’intensité lumineuse augmente énormément.
- c) La tension varie lentement de /j5 à 70 volts, elle atteint 70 volts au bout de une minute environ. La courbe de la figure i!5 représente la varia-
- tion de la tension aux bornes primaires du transformateur pendant la période d’allumage. Les trois phases correspondent très nettement à trois régimes.
- a) liasse pression. (Pointes au rallumage faibles.)
- Les chutes de voltage aux électrodes sont petites et la vaporisation peu abondante, la pression s’élève lentement.
- b) Pression un peu plus grande. (Pointes au rallumage très nettes.)
- . Les chu tes de tension aux électrodes sont plus grandes et elles augmentent pendant un certain temps avec la pression; la vaporisation devient très intense et d’autant plus intense que la pros-sion est plus grande; on atteint ainsi très rapiment le voltage qui correspond au palier de la caractéristique.
- a) Pression élevée. (Pointes au rallumage très faibles.)
- Les chutes de voltage sont beaucoup plus faibles etla vaporisation beaucoup moins intense; la pression n’augmente plus que très lentement jusqu’au régime.
- Il semble que la self permette simplement de franchir la deuxième phase de l’ail Limage en raccourcissant*! cemoment les périodes d’extinC'
- Tempg
- Fig. i3. —Allumage delà lampe à courant alternatif.
- tion. En fait, on constate : i° que le brûleur fonctionne à pression élevée avec une résistance non inductive en série (voir plus haut) ; 20 que si on cherche îi réaliser l’expérience précédente avec une résistance non inductive, l’arc s’allume, mais s’éteint dès que la pression tend à augmenter.
- La courbe de la ligure 18 représente la variation du voltage aux bornes avec le temps pendant la période d’allumage. Le temps est compté à partir du moment où l’arc jaillit.
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- Réalisation industrielle.
- La lampe à vide intérieur est la plus facile à faire, il suffît de disposer pour l’allumage autour des électrodes une chaufferie électrique que l’on interrompt ensuite quand la lampe est allumée.
- Comment çhoisirons-nous les caractéristiques électriques de notre lampe ? '
- On s’efforce naturellement d’avoir un rendement lumineux aussi bon que possible avec un facteur de puissance suffisant : 0,7 par exemple.
- Il y a avantage, d’après ce que nous avons vu, à fonctionner avec un voltage secondaire et une pression intérieure aussi élevés que possible; on est limité dans l’un et l’autre cas par des questions de sécurité.
- Fixons-nous le voltage secondaire à i 5oo volts par exemple, pour avoir un facteur de puissance 0,7, il faut 1 000 volts aux bornes de l’arc.
- Fixons-nous, d’autre part, la puissance lumineuse de la lampe que nous voulons construire, prenons 5 000 bougies, par exemple.
- En nous tenant dans des limites convenables de pression, nous pouvons compter sur un rendement voisin de 5 bougies par watt, ce qui fixe la consommation dans la lampe à 1 kilowatt et le courant secondaire à un ampère. Connaissant le courant secondaire, nous choisissons le diamètre du tube illuminant, de manière à ce qu’il ne chauffe pas trop pour cette intensité. Con-
- naissant le diamètre du tube et la pression, nous avons la chute en volts par centimètre, ce qui donne la longueur du tube illuminant.
- Il faut dimensionner ensuite les réservoirs polaires et les chambres de condensation de manière que le brûleur ait un régime stable pour un ampère, 1 000 volts.
- On arrive ainsi à une forme de brûleur ayant la forme de caractéristique indiquée plus haut.
- Interrupteur de chaufferie.
- 11 est nécessaire de chaufferies électrodes pour l’allumage, il y a avantage à continuer à chauffer un peu après l’allumage pour précipiter la mise en régime toujours un peu longue avec les lampes quartz, à cause de la masse de mercure dont il est nécessaire d’élever la température. 11 faut couper la chaufferie quand la lampe est en régime, sinon la pression prendrait des valeurs trop élevées et la lampe s’éteindrait.
- En cas d’extinction fortuite, le brûleur 11e sc rallume pas immédiatement (voir plus haut), il est donc nécessaire de le laisser refroidir et par suite de ne pas remettre la chaufferie en marche. 11 faut donc que l’interrupteur de la chaufferie sache que le brûleur est chaud, ce qui exige forcément un dispositif thermique.
- Eugène Darmois et Maurice Leblanc fils.
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- L’ÉCLIPSE TOTALE DE SOLEIL DU 21 AOUT 1914 ET L’ÉTUDE DE LA PROPAGATION DES ONDES ÉLECTRIQUES
- A l'occasion de la communication de M. Eccles, publiée dans un des derniers numéros de ce journal ('), M. A. Blondel, président du Comité Français de Télégraphie sans fil scientifique, nous informe que la question de l'emploi de la télégraphie sans fil à Voccasion de Véclipse de soleil du 21 août prochain, a déjà fait, en France, l'objet d’une étude du Comité Français de T. S. F. S. sous Vinspiration et Vinitiative du Bureau des Longitudes.
- 11 ne faut pas oublier que le Bureau des Longitudes avait déjà pris l’initiative de faire faire des observations de T. S. F. S. pendant l’éelipse du 17 avril 1912 et qu’il n’a jamais cessé de s’intéresser à cette question qu’il a le premier mise à l’étude.
- Un programme d’émission de signaux supplémentaires par la Tour Eiffel et d’étude de l’influence solaire sur la propagation des ondes hertziennes est en préparation. Le Comité de T. S. F. S., qui compte, en province, un assez grand nombre de membres correspondants particulièrement qualifiés et expérimentés se chargera d’organiser les observations à faire en France et de les recueillir et les discuter pour les soumettre au Bureau des Longitudes.
- 11 est désirable que des organisations semblables existent dans chaque pays et procèdent au même travail avaiit que les associations internationales puissent elles-mêmes travailler sur les résultats obtenus.
- C’est dans ce but qu’a été créée la Commission Internationale de T. S. F. S. à Bruxelles. Elle a suscité déjà dans plusieurs pays des Comités nationaux tels que le Comité Français (2). En
- (') La Lumière Electrique, n° 4, 4 avril 1914, p. 438.
- (2) Ce dernier comprend : MM. Branly, Président honoraire, Blondel, Jouaust, Abraham, Bethenod, Boutliillon, Broea, Brénot, Ferrie, Petit, Tissot, tous spécalistes en T. S. F. — Les membres correspondants sont MM. Bar-billion, directeur de l’Institut électrolechnique de Grenoble; Belloc, chef de travaux à la Faculté des sciences de Caen; Berlhelot (Daniel!, professeur à la Faculté de Médecine île Paris, 168, boulevard Saint-Germain, à Paris; Goncssial, directeur de l'Observatoire, à Alger; Gosselit} (de), château de Bellebat, par Metlray (Indre-et-Loire); Guinchamp, professeur à la Faculté des sciences de Bordeaux ; Gutlou, professeur à la Faculté des sciences de Nancy; Jegou, 83, rue Saint-Nicolas, à
- outre, dans sa dernière réunion du 6 avril 1914, elle a institué une commission mixte présidée par M. le commandant Ferrié (membre à la fois du Comité Français et du Bureau des Longitudes), pour coordonner tous les efforts et toutes les initiatives en vite de l’étude de l’éclipse de soleil du ai août, au point de vue de la T. S. F.
- II convient d’ajouter que l’objectif des travaux de la Commission Internationale de Bruxelles est notablement différent de celui que poursuit l’Association Britannique, sous l’initiative et la direction de M. Eccles; tandis que cette dernière s’occupeprincipalenientde l’étude de l’intensité, de la fréquence et des causes des parasites, la Commission de Bruxelles et le Comité Français de T. S. F. S. se consacrent principalement aux mesures quantitatives de l’intensité des ondes reçues à différentes distances de postes d’émission de puissance constante (poste Goldschmîdt, de Laeken, poste de la tour Eiffel) de manière à déterminer l'influence des heures du jour, des saisons, des circonstances atmosphériques, des longueurs d’onde, etc., sur la transmission.
- Ce programme est en voie de réalisation en France.
- A. BlondjBl.
- Sablé (Sarthc) ; Léauté (André), répétiteur à l'Iicole polytechnique, 20, boulevard de Courcellcs, Paris ; Lebeuf. directeur de l’Observatoire, à Besançon; Mar-chandeau, inspecteur des Télégraphes, à Ajaccio (Corse); Mascart, directeur de l’Observatoire de Saint-Genis-Laval (Rbône) ; Mengel, directeur de l’Observatoire de Perpignan; Meslin, professeur à la Faculté des sciences de Montpellier; Moreau,doyen de la Faculté des sciences de Rennes; Nanly, Observatoire de Fourvières, à Lyon; Paillot, professeur à la Faculté des sciences de Lille; Rothé, professeur à la Faculté des sciences de Nancy ; Swyngedauw, directeur de l'Institut électrotechnique de Lille; Turpain, professeur à. la Faculté des sciences de Poitiers.
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- LES PHÉNOMÈNES D’ÉLEGTROLYSE PAR COURANTS . VAGARONDS ET LA RESPONSABILITÉ DES COMPAGNIES DÉ TÉAMWAYS
- ARRET DU CONSEIL DE PRÉFECTURE DU NORD EN DATE DU 5 DÉCEMBRE i9i3 : ADMINISTRATION DES POSTES ET TÉLÉGRAPHES CONTRE COMPAGNIE DES TRAMWAYS DE ROUBAIX-TOURCOlNG
- Lés dégradations électrolytiques par les courants vagabonds retournant à l'usine par différentes voies dans les réseaux de tratnwdÿs électriques sont inévitables d’après l’avis même des experts.
- L’importance de ces coûtants vagabonds dépendra de la plus ou moins bonne réalisation technique dit retour du courant par les rails, mais elle pourra aussi varier suivant la nature des terrains rencontrés.
- En tous cas une protection des conducteurs souterrains exposés à ces courants vagabonds est réalisable.
- Nous donnons ci-dessous l'analyse des rapports d’expertises et des arrêts rendus à l'occasion d'un procès inténtè par l’Administration des postes et télégraphes à là Compagnie des Tramways de Roubaix-Tourcoing qu'elle voulait rendre responsable des dégradations causées à ses lignes souterraines par des courants vagabonds.
- I. — Considérations générales sur les phénomènes d’électrolyse produits par les courants de
- retour.
- Les rails d’un réseau de tramways étant posés sur le sol sans isolation, la terre constitue Une dérivation complexe qui livre passage à une fraction, qui peut être importante, du courant total retournant à l’usine.
- Le courant de retour sort des points dti rail aux potentiels les plus élevés pour rentrer dans les rails aüx points aux potentiels moins élevés, en suivant de préférence les corps les plus conducteurs (conduites d’eau ou de gaz, enveloppes en plomb des câbles et autres corps métalliques). A la longue le courant peut sortir de ces conduites et enveloppes en les électrolysant proportionnellement à la quantité d’électricité qu’il transporte, suivant la loi de Faraday ; c’est le cas du plomb et du fer plongés dans une solution de chlorure. Le courant peut aussi sortir de ces conduites ou enveloppes en produisant au début une électrolyse superficielle qui ne leur enlève qu’une quantité de métal insignifiante par rapport à celle qu’on calculerait après l’équivalent électrochimique du métal les constituant. C’est le cas des plaques positives en plomb des accumulateurs desquelles le courant passe dans l’électrolyse sans emporter de métal lorsqu’elles sont chargées. Ce serait aussi le cas d’enveloppes
- en plomb enfoncées dans des terrains imprégnés de liquides chargés uniquement de sulfates.
- Enfin les courants de retour peirvent s’échapper des conduites et enveloppes pour retourner à l’usine sans produire d’électrolyse, si ces conduites ou ces enveloppes sont reliées métallique-ment aux rails.
- Il résul te de ces considérations que la quantité de matière enlevée aux conducteurs métalliques enfouis dans le sol ne peut être déterminée a priori par la loi de Faraday, car elle dépend de la nature des conducteurs et de celle des terrains ; cependant on peut affirmer, d’une façon générale, que l’importance des courants vagabonds et par suite la détérioration électrolytique croissent avec l’intensité du courant de retour des tramways et avec la différence de potentiel entre le point où le courant sort du rail et le point de rentrée. Ces détériorations sont les plus importantes aux régions en contact avec des terrains humides et riches en matières salines.
- Il importe donc, pour diminuer les effets électrolytiques, de réduire autant que possible la différence du potentiel existant entre les divers points des voies et la barre négative du tableau.
- D’ailleurs quelles que soiént les chutes de tension le long des voies, le sol sera toujours parcouru par des courants vagabonds et l’électrolyse sera toujours à craindre.
- On ne peut espérer réduire les courants de retour
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- à une valeur assez faible pour qu’ils ne produisent que des effets comparables à ceux des agents chimiques existant normalement dans le sol, car on ne pourrait rendre pratiquement les courants de retour sans danger qu’en employant des poids d’acier et de cuivre exorbitants, ce qui rendrait l’exploitation des tramways impossible au point de vue financier.
- Ces courants vagabonds varieront d’intensité avec la nature des terrains, leur état d’humidité, leur teneur en matières salines, l’importance, le nombre et la disposition des conduites métalliques, la configuration du réseau, etc.
- Les dégâts causés aux conduites par ces courants dépendront en outre de multiples causes; de la nature du métal, des sels imprégnant le sol, etc.
- Pour diminuer les dégâts causés aux conduites et enveloppes par les courants vagabonds inévitables, on peut employer divers palliatifs :
- i° Rendre aussi faible que possible la chute de tension le long des voies, soit par une grande conductance des circuits de retour, soit par l’emploi de survolteurs négatifs;
- a® Reporter la dégradation électrolytique sur une conduite en métal de peu de valeur entourant les enveloppes à protéger ;
- 3° Relier les conduites ou enveloppes aux rails en divers points choisis dans les régions où les courants vagabonds quittent les conduites ou enveloppes.
- Ce dispositif, qui permet aux courants vagabonds de quitter les conduites ou enveloppes, sans les élcctrolyser, n’augmente pas d’ailleurs sensiblement l’intensité des courants dans les conduites et les rend inoffensifs.
- C’est la solution qui paraît la plus efficace lorsqu’il ne s’agit pas bien entendu, de conduites métalliques présentant, comme les conduites d’eau et de gaz, des points de faible concordance.
- /i° 11 est évident qu’aucun phénomène d’électro-lyse ne serait à craindre si l’on adoptait des enveloppes en matière isolante, solution qui n’est pas irréalisable.
- II. — Electrolyse de câbles téléphoniques s à Roubaix-Tourcoing.
- En novembre 1905, l’administration des Postes et Télégraphes constata des érosions électro-Iytiqucs sur plusieurs câbles téléphoniques sou-
- terrains à Roubaix, érosions que les ingénieurs attribuèrent à des courants électriques provenant des rails delà Compagnie des tramways de Roubaix-Tourcoing, et retournant à l’usine centrale par des voies anormales.
- Des procès-verbaux ayant été dressés et notifiés à la Compagnie des tramways, celle-ci déclara qu’elle ne pouvait être rendue responsable des avaries survenues aux câbles téléphoniques, en raison particulièrement d’une convention intervenue le l'i novembre 1894 entre elle et l’administration des Postes et Télégraphes.
- Cette convention, conclue pendant l’instruction de la demande d’autorisation de la Compagnie des tramways d’établir la traction électrique sur plusieurs lignes de son réseau, stipulait que cette dernière : « En vue de remédier aux pertur-« bâtions que le voisinage et le fonctionnement « de tramways électriques à établir dans les villes « de Roubaix etde Tourcoing pourraient apporter « aux communications ^télégraphiques et télé-« phoniques échangées au moyen des lignes « aériennes et souterraines d’intérêt général ou « privé appartenant à l’Etat et existant à la date « de la mise en service du tramway, déclarait s’en « remettre à l’Administration des Postes et « Télégraphes pour l’exécution de tous travaux « à exécuter, afin d’assurer l’usage normal des-« dites lignes, et notamment du doublement des « fils soumis aux effets d’induction. »
- Cette convention fut complétée ultérieurement par un avenant fixant à une somme forfaitaire de 141 000 francs, le montant des dépenses à engager pour l’exécution des travaux de protection des communications téléphoniques ou télégraphiques d’intérêt général ou privé, appartenant à l’Etat pour le réseau actuellement exploité, y compris les dépenses occasionnées par les nouvelles lignes de tramways que la Compagnie pourrait installer sur le territoire commun de Roubaix et de Tourcoing.
- La Compagnie des tramways affirmait que si des avaries s’étaient produites dans des lignes téléphoniques, la faute en incombait entièrement à l’Administration qui avait pu réfectionner presque entièrement son réseau, fort ancien au moyen ,<ie cette somme de 141 000 francs et qui en établissant dejnouvelles canalisations téléphoniques souterraines au milieu d’un réseau de tramways exploité n’ignorait pas l’antériorité d’occupation appartenant à la Compagnie de tramways.
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- C’était donc à l’Administration, si elle redoutait des dérivations de courant de retour, à prendre les précautions pour en garantir les canalisations souterraines qu’elle allait installer.
- III. — Première expertise.
- Les parties étant en contradiction leConscil de Préfecture ordonna une expertise.
- Après une longue série d’expériences ayant pour objet la mesure :
- i° Du courant produit par l’usine de la Compagnie de tramways ;
- 2° Du courant de retour à l’usine par les rails et feeders de retour;
- 3° Du courant circulant dans les enveloppes enplomb des câbles télégraphiques cl téléphoniques;
- 4° Des chutes de tension le long de la voie et des résistances des rails et de leurs joints, expériences qui se poursuivirent du 4 mai 1905 au 3o juin 1910 ;
- Les experts formulèrent les conclusions suivantes :
- A. — Les voies étaient établies d’une façon normale et conformément au cahier des charges.
- B. — Pour le retour du courant, en l’absence de stipulation du cahier des charges, on pouvait oonclure qu’il était assuré d’une façon normale etordinaire sur toutle réseau, sauf suran tronçon^ allant de la Grand’Place de Roubaix à l’usine, sur un trajet d’environ 1 5oo mètres.
- C. —Les conventions intervenues entre la Compagnie des tramways et l’Administration ne visaient pas les dégradations éventuelles que pourrait causer l’électrolyse des enveloppes.
- Or la Compagnie des tramways ayant au cours de l’expertise transformé son ancien réseau a usine unique et excentrique avec retour insuffisant en un réseau à sous-stations et retour excellent, les experts conslatèrent que les câbles reliant Roubaix à Tourcoing ramenaient encore en moyenne 2/3 du courant qu’ils ramenaient avant la transformation.
- Les experts furent d’avis de n’attribuer aux conditions défectueuses de l’installation primitives que les 3/5 des dégâts causés par l’électrolyse des enveloppes et d’allouer en conséquence à l’Administration une indemnité correspondant au 3/5 des dépenses totales occasionnées par l’électrolyse des enveloppes, soit 26900 francs.
- »
- IV. — Arrêté ordonnant une expertise complémentaire.
- Ces conclusions ne parurent pas justifiées au Conseil de Préfecture qui estima qu’il fallait tenir compte de l’antériorité d’existence du réseau des tramways, qui devait obliger l’Administration dans l’établissement postérieur de ses lignes à prendre en considération le voisinage d’un réseau électrique de tramways pour se prémunir contre les perturbations possibles ; de plus en examinant le sens de l’esprit des contrats intervenus entre l’Administration et la Compagnie des tramways, on devait admettre que moyennant une somme totale de 141 000 fr., l’Etat s’engageait à faire le nécessaire pour mettre ses lignes à l’abri des troubles de perturbations que l’exploitation normale des tramways pourrait lui causer y compris les phénomènes d’éleçtrolyse provoqués par des courants vagabonds provenant d’une perte de charge moyenne inférieure à un volt par kilomètre, chiffre actuellement admis comme étant le maximum de perte de charge normale.
- Le Conseil de Préfecture considérant qu’il résultait du rapport d’expertise que les voies et le retour de courant étaient établis d’une façon normale et ordinaire sur presque tout le réseau des tramways, que la seule portion comprise entre la Grand’place de Roubaix était anormale 'et mal étudiée, ne retenait à la charge de la Compagnie que les dégradations que cette défectuosité aurait pu occasionner.
- Le rapport d’expertise n’étant pas assez explicite sur ce point, et 11e donnant pas au Conseil les éléments suffisants pour asseoir sa décision, l’affaire fut renvoyée devant les mêmes experts pour qu’il fut procédé à un complément d’expertise.
- V. — Arrêté du Conse.il de Préfecture du Nord du 5 novembre 1919.
- Nous croyons intéressant de reproduire une partie des considérants motivant l’arrêté du Conseil de Préfecture, et dans lesquels celui-ci, relevant les négligences de l’Administration des Postes à protéger ses câbles souterrains contre les courants vagabonds inévitables au milieu d’un réseau exploité, rejette les prétentions de l’Administration a obtenir le remboursement total des
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- T. XXV (2» Série), — W°'l9
- dépendes qu’elle a dû faire pour la réparation des câbles téléphoniques et télégraphiques.
- Notons en passant que l’Administration avait implicitement reconnu l’erreur qu’elle avait commise en négligeant d’employer des câbles à enveloppe isolante puisque, par une lettre du 8 novembre 1911, elle faisait connaître à la Compagnie des tramways « qu’elle examinait la « possibilité d’employer, pour les travaux futurs « de lignes souterraines télégraphiques ou télé-ci phoniques, des câbles à enveloppe isolante « afin de les protéger contre l’action nuisible des « courants dérivés des installations de tramways « et qu’étant donné l’intérêt qui s’attachait pour « la Compagnie des Tramways à ce que ces « câbles de l’Etat soient mis à l’abri de l’action « nuisible des courants dérivés des câbles, elle « priait la Compagnie de lui faire connaître si, « le cas échéant, elle serait disposée à prendre à « sa charge les dépenses supplémentaires qu’en-« traînerait le recouvrement des câbles de l’Etat « à poser dans l’avenir dans les limites de son « réseau ».
- L’arrêté du Conseil de Préfecture en date du 5 décembre 191'J renferme les intéressants considérants qui suivent :
- Le Conseil de Préfecture du Nord...
- En ce qui concerne la réparation civile des dommages.
- Considérant que par son arrêté en date du trente juin 1911, le Conseil de Préfecture a limité la responsabilité de la Compagnie des tramways aux dommages qui étaient la conséquence de l’exploitation défectueuse d’une partie déterminée du réseau et qu’il a décidé de laisser à la charge de l’Administration le montant des dégradations résultant des courants vagabonds normaux.
- Considérant que le Conseil de Préfecture a préoiaé également qqp, dans l’appjipatipn dps dégradations incombant à la Compagnie des tramways, les experts devaient évaluer dans quelle proportion le dommage réel eût été diminué si, conformément aux clauses du contrat en date du 2a novembre 1894 et de son avenant, l’Administration des Télégraphes et Téléphones avait mis ses câbles en état de protection contre les dégradations inévitables de toute nature que le voisinage de l’exploitation normale des tramways devait occasionner;
- Considérant qu’il résulte des deux rapports d’expertise et de l’étude des pièces du dossier que les experts ont fait une juste appréciation en fixant à 28 58q fr, 43 la somme correspondante aux dommages occasionnés par l’ensemble des courants vagabonds anormaux qui 11e pouvaient résulter que d’une exploitation défectueuse.
- Mais considérant que les experts ont omis d’indiquer dans quelle proportion les susdits dommages eussent été réduits si les mesures de protection auxquelles l’Etat était tenu avaient été prises ;
- Considérant qu’il n’est pas douteux que si, notamment les câbles téléphoniques ou télégraphiques avaient été mis sous fonte, les enveloppes en plomb n’auraient commencé à être attaquées qu’après que la fonte eût été transpercée par l’électrolyse ;
- Considérant qu’il faut en conséquence tenir compte, dans l’appréciation du dommage, de l’inexécution par l’Administration de ses obligations contractuelles, et que, en fixant à tijio la part du préjudice qui doit rester à la charge de l’Etat, dans les dommages occasionnés par les courants vagabonds anormaux et supérieurs à une moyenne d’un volt par kilomètre, le Conseil de Préfecture fera une juste appréciation des faits de la cause...
- Arrête :
- Article piikmieii . — En exécution de la loi du 31 juillet 1913, la Compagnie des tramways de Roubaix-Tourcoing est affranchie des conséquences pénales de toutes les contraventions commises (amendes et frais des procès-verbaux).
- Ainv 2. — Les dégradations occasionnées par èlectrolyse et provenant des courants vagabonds supérieurs à un volt par kilomètre sont fixées ii 28 ftètO fr. 03. La Compagnie des Tramways de Roubaix-Tourcoing devra payer à l’Etat (Administration des Télégraphes et Téléphones )une part égale au 0/10 de ladite somme avec intérêts légaux à dater du 2 août 1913.
- Art. 3. — Les frais d'expertise seront supportés par les parties en cause, à savoir 7/10 par la Compagnie contrevenante et 3/10 par l'Etat,
- Art. 4 • — Le surplus des conclusions des parties est rejeté. .
- J. DE SOUCY.
- Ingénieur-conseil.
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- 9 Mai 1914.
- S91
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- STATIONS CENTRALES ET DISTRIBUTION
- Développement de la consommation de l’énergie électrique. — Dr Ing. Siegel.
- Comme mesure du développement de la consommation actuelle d’énergie électrique, on peut prendre soit la puissance de production des installations mécaniques fournissant l’électricité, soit la puissance totale des branchements alimentant les installations d’utilisation, soit également le nombre d’unités d’énergie consommées, c’est-à-dire de kilowatts-heure. La première méthode donne une idée du développement actuel des possibilités au moyen de production tandis que la dernière donne la consommation effective.
- Dans le tableau I, on a reproduit les chiffres indiquant la puissance globale des usines électriques d’Allemagne depuis 1891 jusqu’à 191'!. Dans ce tableau comme dans les suivants, on entend par usines publiques, Imites celles qui vendent le courant à des tiers et par usines privées, celles qui produisent le courant pour leurs propres besoins.
- Tableau I.
- Puissance globale des machines des usines électriques d'Allemagne.
- ANNÉES PUISSANCE EN MILLIONS DE KILOWATTS
- Usines publiques Usines privées Total i
- 1891 0,01 0,00 0,06
- 1900 0,20 I,/40 1,60
- 1905 o,r>2 8,00 3,52
- 1907 0,78 3,90 /J ,63
- 1909 9>98 5,io 6,10
- 1911 ï,27 6,70 8,01
- 1913 !>9° 8,3o IO,IO(')
- D’après le tableau II qui donne le nombre et la puissance des branchements aux centrales électriques publiques, on voit que, pendant la période de 1890 à 191Î, le nombre des usines s’est multiplié par 27; le nombre des localités desservies, par 70; le nombre des lampes à incandescence alimentées, par 5o; celui des lampes à arc, par 20; la puissance des moteurs fixes, par 800 et la puissance totale des branchements, par 100.
- Taule au II.
- A ombre d usines et puissance fournie par les centrales publiques d’Allemagne.
- ANNÉES (A 1 S P -e Ci Js B 0 3 tf, -O S u-0 s i 1 I 1 1 K £ £ « = — Ci | S a - S £ 4> 9/ Vi es v Ci «d -a fr. O «» .s c a !J Puissance représentée par les lampes à incandescence (en milliers de kw.)
- 1895.,.. ï 48 1 70 494 20
- 1900.... 65a 800 2 624 131
- 1905.... 1 175 2 000 6 3oa 315
- 1907.... i 53o 3 3oo 9 2^7 487
- 1909.... 1 970 4 600 12 808 640
- 1911.... 2 §26 10 5oo 16 209 810
- 1913.... 4 040 12 65o 24 554 1 228
- Nombre de lampes â arc alimentées (en milliers) Puissanoe représentée par les lampes à arc alimentées (en milliers de kw.l Puissance des moteurs fixes (en 1 OOOclix) Puissance des moteurs de traction (en 1 000 chx) Puissance des appareils (*en d 000 kw.) | Puissance totale (en 1 000 kw.)
- ia 6 6 » » 36
- 5o 25 106 » » 252
- 122 61 3io » » 655
- *79 89 583 )) » 1 101
- a35 129 897 287 38 1 873
- 246 135 1 207 4l8 .. 7.3 2 478
- 232 128 1 643 417 83 3 726 i
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV(2* Série). — N<* 19.
- Ce rapide développement général de l’électricité n’est d’ailleurs pas particulier à l’Allemagne ; il s’observe dans presque tous lès pays civilisés ainsi que cela ressort du tableau III donnant le développement des centrales électriques publiques dans quelques pays pour lesquels il existe une statistique.
- L’importance de l’utilisation effective de l’énergie électrique est fournie, comme on l’a déjà dit, par le nombre de kilowatts-heure consommés. Toutefois, dans l’appréciation de ces chiffres, il ne faut pas perdre de vue que les applications de l’électricité sont très diverses et que leur portée réelle ne correspond nul-
- Tableau III.
- Développement des centrales publiques en divers pays.
- PUISSANCE PUISSANCE
- NOMBRE DES DES
- PAYS ANNÉES d'usines machines . BRANCHEMENTS
- KW KW
- IQOH 446 168 85o »
- Autriche (toute la monarchie' \ *9°9 1 ,911 5^i 740 285 378 35o 736 )) 46l 755
- igii 854 457 010 568 595
- r9°3 . *5 9 120 000 ))
- ig«»5 494 l6o 000 »
- Suisse ; ) I9°7 607 200 000 »
- ) >909 675 290 000 »
- 1 1911 76G 36o 000 »
- »9l3 I 000 434 000 D
- France i 19°ï 700 i3o 000 »
- ign I 860 900 000 )>
- i 1894 3o 32 000 »
- *899 100 113 000 »
- 1904 225 455 000 »
- Angleterre 1907 1908 284 292 756 811 000 000 )) 840 OOO
- >9°9 311 85i 000 I l8l OOO
- l9l° 3io 9°8 000 I 244 OOO
- ign 398 962 coo I 395 OOO
- Etats-Unis , 1902 3 620 1 83i 000 »
- 1907 /. 712 o32 000
- ‘i
- 191* .6 128 9 000 »
- Tableau IV.
- Kilowatts-heure vendus en Allemagne.
- NOMBRE USINES PRIVÉES USINES TOTAL POUR POUR FORCE
- d’habitants PUBLIQUES DES DEUX ÉCLAIRAGE MOTRICE
- ANNÉES DK -, " —ü— ' l,— —
- l’allémagnk (en millions) Minions de kw.-h. (total) Kw.-li. par tête Millions de kw.-h. (total) Kw.-h. par lète Millions de kw.-h (total) Kw.-h. par tête Millions de kw.-h. (total) Kw.-h. par lète Millions de kw.-h. (total) Kw.-h. par tète
- 1891 49>76 3o o,6 0,1.4 37 20 0,40 >7 0,34
- 4900... . «. .. 7 jL 1
- 5ü,oo 1 060 «9,6 140 2,5o 1 200 2 1,40 200 3,6o 1 000 54,5o
- 4906 G1,15 3 100 5o,o 620 2 72O 400 6 55 3 320
- 1911 65,36 6 900 106,0 i8,5o 8 12 t\y OO 6o<) 9.^4 7 5oo 115,oo
- 1913
- 66,84 9 600 i43,o 25,4° 3oo 160,00 16 55o 158,oo
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- 9 Hai 1914. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- lement aux chiffres bruts de consommation.
- Ces renseignements sont donnés dans le tableau IV.
- On peut admettre que, dans les années pour lesquelles ce tableau donne des indications, la Consommation par bougie-heure a été respectivement de 2,5, — 2,5, — 2, — i,5 et i watt-heure et la consommation par cheval-heure de i kilo-watl-heure. Par conséquent, les centrales électriques ont fourni dans les diverses années et par tête : /|00, 3 6oo, 6 55o, 9 240 et i 1 200 bougies-heure, et 0,34, — 18, — 54, — 115, — et i58 chevaux-heures. L’augmentation de consommation de l’énergie électrique ressort particulièrement de la comparaison avec le développement d’autres sources d’énergie, en particulier, de la consommation de la houille (tableau V).
- Tableau V.
- Comparaison entre la consommation de travail électrique et de houille.
- 41 ta .« u £ POUR FORCE CONSOMMATION
- Z 7. = MOTRICE FOURNIE UE HOUILLE
- O = DANS
- CA -= «. « — <5 EN KW.MI. l’industrie
- ANNÉES “ g H - •
- g % B
- ta & 5 en par en par
- tC -sa» •— ce >> * — - p g-* § ouvrier millions d» tonnes ouvrier.
- • millions kw.-l». tonnes
- 1891... 7,15 ‘7 U, 38 34 4,75
- 1900... 9,00 X OOO X I 1,00 59 6,55
- 1906... 10,5o 3 320 3 iG,oo 7,22
- 1911... 11,80 7 5oo 635,oo • 9* 7 >9°
- 1913... 12,40 10 55o 85o,oo I O'A 8,20
- On voit en particulier dans ce tableau, l’énorme accroissement de production de force motrice par ouvrier employé dans l’industrie. De 1900 a 1913, cet accroissement est, pour l’électricité, d’environ 770 % , tandis que pour la houille, il n’est que de 25 % .
- En admettant que la consommation totale de houille ait été employée à la production de la force motrice (ce qui n’est cependant pas exact puisque de grandes quantités de houille sont cofisonlmées au chauffage, à la production de vapeur et de chaleur), et en admettant en outre que, dans les années indiquées, on ait brûlé 2,5 — 2— 1,8—- 1,6— i,5 kilogrammes de houille respectivement et consommé 1 — 0,95 — 0,9 — o,o5 et 0,80 kilowatt-heure pour produire 1 che-
- val-heure, il a été mis, dans ces conditions, à la disposition de chaque ouvrier industriel :
- Tableau VI.
- ANNÉES . PAR l’ÉLEOTBICITE KAV.-H. PAR LA HOUILLE KW.-H.
- 1891............. 2,38 1 35o
- 1900 117 . • 3 270
- 1908 351 4 010
- 1911 . .747 4 g3o
- 1913 1 060 5 460
- Ces chiffres ne doivent cèpendant pas être pris comme si les quantités d’énergie électrique devaient être ajoutées aux puissances fournies par la houille; au contraire, on emploie de plus en plus cette dernière à la production de l’électricité. Si, d’ailleurs, la consommation de houille par tête de personnel employé dans l’industrie 11’a pas augmenté davantage malgré le puissant développement de l’activité industrielle en ces dernières années, cela tient à l’amélioration continuelle du rendement des installations de force motrice, amélioration dont il est précisément tenu compte dans les calculs ci-dessus, et aussi à l’emploi croissant d’autres sources d’énergie telles que l’eau et le pétrole. > •
- Si l’on compare la consommation d’énergie électrique par habitant, pour un certain nombre de grandes villes d’Allemagne, tant pour l’éclairage que pour la force motrice et la consommation de gaz, on constate :
- i° Que la consommation d’électricité par tête sous ces deux formes d’énergie a augmenté énormément;
- 20 Que la consommation de gaz pour force motrice par tête et globale est en recul constant ;
- 3° Que la consommation de gaz pour éclairage augmenté généralement comme quantité globale mais diminue beaucoup par tête de population.
- Quant au pétrole, malgré l’augmentation du chiffré total de population et des besoins en éclairage, sa consommation n’a pas varié sensiblement.
- Cet ensemble de résultats montre que l’extension de l’énergie électrique 11e cesse de_ s£ poursuivre dans une mesure de plus en plus rare.
- ( Elektrisclie Kraflbetiiebs un'l Bahnen, 4 mars 1914.)
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série) — N° 49.
- TRACTION
- L’électrification du chemin de fer de Butte Anaconda et Pacific Railway.
- L’électrification de cette ligne est particulièrement intéressante parce qu’elle a été réalisée pour des raisons purement économiques.
- Les premières locomotives électriques ont été mises en service le »8 mai 1918, et durant les sept premiers mois elles ont fourni un parcours total d’environ 3^3 400 kilomètres et transporté plus de 1 millions de tonnes de minerai. Le personnel des locomotives à vapeur, —chauffeurs et mécaniciens, — est passé sur les locomotives électriques et s’en est montré très satisfait. Deux ou trois jours d’instruction ont ordinairement suffi pour le former à la conduite des nouvelles machines.
- Les lignes électriques du réseau en question se trouvent dans la région minière du Montana et le principal trafic consiste en transport de minerais et de lingots de cuivre. La ligne électrifiée va des parcs à lingots de Butte Hill aux fonderies d’Anaconda, soit un parcours de 5o kilomètres. Il existe de nombreuses voies de garage, de parcs et de fonderies qui ont été équipées d’un trolley et qui font un total de i5o kilomètres. Les trains de minerai partant des mines voisines de Butte, vers le sommet de Butte Hill, descendent la montagne sur un parcours de 7 km. a jusqu’aux dépôts de Rocker situés à quelques miles à l’Ouest de Butte. De là partent de nouveaux trains qui convoient le minerai aux fonderies d’Anaconda. Sur 3a kilomètres dans cette région montagneuse, on trouve des rampes atteignant o,3 % . A la station d’Anaconda-Est, les rames sont disloquées et remorquées sur la colline de Smelter Hill où chaque wagon est pesé et vidé dans les silos. Ces manœuvres sont opérées à l’aide de locomotives simples. Le fret de retour est constitué par des lingots dejeuivre (qui sont transportés aux parcs de Butte pour être évacués de là sur les diverses raffineries de cuivre.
- Eh outre du transport des minerais, la ligne a un trafic local considérable, voyageurs et mar-
- chandises. La ville de Butte et ses environs comptent 65 000 âmes et Anaconda 10000. De plus, à Butte, la ligne est reliée à trois grandes lignes transcontinentales et est parallèle à deux d’entre elles sur un parcours de 26 kilomètres,
- La courbe maximum du réseau est de 20° et de 87 mètres de rayon; elle se trouve sur la ligne de Butte Hill où les courbes moyennes sont de 6 à io#. Les locomotives ont une flexibilité suffisante pour circuler à petite vitesse en courbe de 3i° et de 55 mètres de rayon.
- Le trafic marchandises, constitué en majeure partie de minerai de cuivre, s’élève à plus de 4 5oo 000 tonnes par an. Il est assuré pal' des wagons en acier de 16 tonnes de tare et d’une capacité de 5o tonnes. Des trains de 3o wagons, soit 1 800 tonnes, sont formés aux parcs de Butte Hill et remorqués par des locomotives doubles jusqu’au parc de Rocker où des rames de 3 600 tonnes sont constituées pour circuler sur la grande lignes. Huit trains de voyageurs,
- l'’ig. 1. — Groupe moteur-générateur de sous-slution ; moteur synchrone ù 2 400 volts et deux génératrices ù courant continu de 1 200 volts, reliées en série.
- quatre dans chaque direction, assurent le service entre Butte et Anaconda, depuis le irf octobre 191*3 ot l’on a bien vite constaté qu’ils pouvaient faire le parcours plus rapidement que les looo-motives à vapeur. Les rames de ’i à 5 voitures sont remorquées par des locomotives simples.
- Le courant de traction est fourni par la Great Falls Power C°, dont l’usine hydro-électrique se trouve sur le Missouri, à Great Falls (Montana). Cette usine fournit, depuis quelque temps déjà l’énergie électrique nécessaire à l’exploitation des mines et fours de fusion de Butte et d’Ana-
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- conda. Elle oamprend 6 groupes électrogènes hydro-électriques, d’une puissance nominale de ai ooo kilowatts. Ces machines sont du type horizontal et fournissent dit courant triphasé à 66oo volts, 6o périodes, transformé en courant à 102 000 volts pour le transport à la sous-station de Butte, située à 210 kilomètres delà, Ce transport se fait par deux lignes parallèles, Le réseau de distribution se prolonge par «ne ligne à 60 000 yoltS jusqu’à une seoonde Station de transformation située à Anaconda, soit 42 kilomètres plus loin,
- A la sous-station de Butte, la tension est ramenée à Moo volts triphasé. Cette sous-station reçoit d'ailleurs l'énergie de plusieurs lignes à 60000 volts et elle est le centre d’uu important réseau de distribution d’énergie, exploité par la Montana Power CA
- Il est intéressant de noter qu’il n’a pas été besoin d’augmenter les lignes de transmission à haute tension pour fournir la charge nécessitée par l’éleotriflcation de ce chemin de fer et qui est environ 20 % de la charge totale de traction, force motrice et éclairage fournis à la région.
- L’équipement nécessaire à la traction électrique a pu être installé dans les deux sous-stations de Butte et d’Anaconda, sans obliger à des constructions nouvelles. Le courant de traction est fourni dans chaque sous-station, par deux groupes moteurs générateurs de 3 unités chacun (lîg. 1), groupes qui reçoivent le courant à 2 400 volts et marchent sans aucun arrêt 24 heures par jour et 7 jours par semaine. .
- Chacun de ces groupes comprend un moteur synchrone triphasé à 60 périodes, 720 tours par minute, directement accouplé à deux génératrices de 5oo kilowatts 1 200 volts, à courant continu, qui sont isolées et connectées pour marcher en série à 2400 volts, Ces génératrices sont à enroulement compound et ont toutes deux des pèles de commutation et des enroulements compensateurs, Ces enroulements sont reliés au côté de l’induit mis à la terre et les enroulements de champ proprement dits sont excités indépendamment. Les génératrices à 1 200 volts sont pourvues d’une isolation à l’épreuve de la chaleur et, en raison de leurs caractéristiques remarquables, elles peuvent supporter une charge triple de la normale pendant des périodes de 5 minutes ainsi que la surcharge usuelle de r>p % pendant 2 heures.
- Un régulateur automatique de tension agissant sur le facteur de puissance maintient à peu près constant le voltage aux bornes du moteur. Les moteurs sont protégés contre les surcharges par des interrupteurs à action dilïérée qui fonctionnent au quadruple de la charge normale; ces interrupteurs sont réglés pour s’ouvriren deux secondes environ sous une surcharge soutenue, mais leur action est pratiquement instantanée pour les courts-circuits.
- Les deux groupes générateurs de chaque sous-station sont excités par deux groupes d’excitation à moteur à induction de 5o kilowatts chacun à 125 volts. L’un des groupes d’excitation sert à alimenter les champs du moteur synchrone et est contrôlé par le régulateur automatique de tension. Le second groupe fournit le courant aux enroulements à excitation indépendante des génératrices à courant continu.
- On dit que les tableaux de distribution pour le contrôle de ces divers groupes sont les premiers qui aient été construits pour un voltage de 2 400 volts en courant continu. D’une façon générale, ils sont semblables aux types similaires de 600 volts avec une isolation renforcée et des dispositifs spéciaux pour couper le courant à 2 400 volts. Les disjoncteurs et interrupteurs sont également établis pour la commande à distance et tous les appareils des panneaux sont pourvus d’une isolation suffisante à Ja sécurité. Les disjoncteurs et interrupteurs à 2 400 volts sont montés sur des panneaux distincts, au-dessus et en arrière des panneaux principaux; ils sont reliés par des bielles aux leviers de manœuvre montés sur le tableau principal; pour éviter les erreurs, les leviers des disjoncteurs sont inversés. Les disjoncteurs sont munis de souffleurs magnétiques spéciaux et au moment de l’ouverture des disjoncteurs de courant principal, le voltage des génératrices est réduit par l’insertion automatique d’une grande résistance dans leur champ.
- Le tableau du courant alternatif comporte deux panneaux pour le contrôle à distance des moteurs synchrones par des interrupteurs à huile actionnés par sojénoïde; il comporte, en outre, deux panneaux pour les enroulements de champ des moteurs et un panneau pour le régulateur automatique de tension. Ces divers panneaux portent également les instruments nécessaires, indicateurs de fréquence et de synchronisme, ampèremètres, wattinètres et relais.
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- La ligne aérienne de ce réseau a été spécialement établie pour procurer la flexibilité nécessaire au fonctionnement des trolleys à pantographe employés sur les locomotives. La ligne est soutenue par une suspension caténaire au moyen de câbles en acier (fig. a). Des interrupteurs de sectionnement ont été établis pour le service à 2 400 volts et, en six points, il a fallu des traversées isolés à l’intersection du câble à 2 4o:> volts avec le câble de tramway à 600 volts. Sur la ligne principale, on a adopté unei solation
- Fig. 2. — Vue d’une section où le pantographe touche six eùbles de trolley.
- par interruption, très simple. Le dispositif consiste à prolonger parallèlement les deux câbles de trolley aux extrémités de chaque section à un intervalle convenable pour l’isolation et sur une courte distance, en sorte que le pantographe prend le courant sur les deux câbles pour franchir l’intervalle.
- Les lignes aériennes sont protégées contre les coups de foudre par des parafoudres pour courant continu à 2 400 volts, établis sur des poteaux à intervalles de 535 mètres environ, sur toute la longueur du réseau.
- Le câble de trolley, n° 0000, est renforcé entre les sous-stations par deux feeders en câble de cuivre reliés au trolley à intervalles de 3o5 mètres.
- Un câble de retour n° 0000, porté par les poteaux de trolley, est également établi entre les stations de Rocker et d’Anaconda-Est. Les rails ont des éclissages électriques. Les sous-stations sont normalement reliées par les feeders, ce qui leur permet de s’alimenter mutuellement, chacune pouvant d’ailleurs fournir, en cas d’urgence, le courant nécessaire à tout le réseau.
- Le service est assuré par 17 locomotives de 80 tonnes, dont i5 pour marchandises et 2 pour Je transport des voyageurs, Les premières sont
- établies pour petite vitesse et fonctionnent par couples sur la grande ligne. La vitesse maximum est de 56 kilomètres à l’heure. Les locomotives à voyageurs, de même construction, permettent une vitesse maximum de 88 kilomètres à l’heure.
- Fig. 3. — Vue postérieure de tableau à courant continu de la sous-station de 13utle.
- La vitesse de 72 km. 5 est réalisée en palier par des trains à trois voitures à voyageurs.
- Ces locomotives sont du type articulé à double truck avec tous les essieux moteurs. La cabine contient un compartiment pour le watmann à chaque extrémité et iin compartiment central pour les appareils de contrôle.
- Les quatre moteurs sont du type de la General Electric 229 ampères, à pôles de commutation enroulés pour 1200 volts et isolés pour 2400. Ils sont munis d’une ventilation forcée. La traction par deux locomotives, pesant ensemble 160 tonnes, permet une puissance continue de 2 100 chevaux. Les moteurs sont reliés aux roues motrices par des engrenages jumelés d’un type employé déjà sur les locomotives du Détroit River Tunnel, Baltimore and Ohio et du Great Northern.
- L’équipement de contrôle est du type Sprague General Electrie, à unités multiples, actionnant les quatre moteurs en série et série-parallèle. Les moteurs de 1 200 volts sont connectés en permanence en série. Le contrôleur donne 10 vitesses en série et 9 en série-parallèle. Le passage de la marche en série à la marche en sérié parallèle s’opère sans ouvrir le circuit des moteurs, ce qui correspond
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- à une réduction appréciable de l’elfort de traction pendant le changement. La manœuvre est assurée par un commutateur spécial à commande électro-pneumatique.
- Le courant est pris sur le câble aérien par des pantographes à commande pneumatique et il est contrôlé parle wattmann de l’un quelconque des
- Fig. 4. — Locomotive unique remorquant un train de voyageurs.
- compartiments par un robinet à air. Des barres omnibus isolées à 2 4oo volts courent au toit de la cabine suivant son axe. Elles sont reliées entre elles de l’une à l’autre locomotive, ce qui permet de prendre le courant par l’un ou l’autre des deux collecteurs.
- Pour la manœuvre de l’équipemcntde contrôle et du compresseur, ainsi que pour l’éclairage de la locomotive et des voitures, un convertisseur à 2 400. (ioo volts installé sur chaque locomotive fournit du courant à 6oo volts.
- Fous les appareils d’éclairage des voitures sont établis pour 6oo volts. Les lampes sont montées par 5 en série. Le courant d’éclairage est pris sur une canalisation parcourant tout le train et alimentée par le convertisseur à 6oo volts des locomotives. Toutes les voitures et les fourgons doivent être également munis d’appareils de chauffage électriques de chacun 2$ kilowatts à 2400 volts, qui chaufferon t l’air distribué aux différents compartiments. La température sera réglée par un thermostat et les enroulements de l’appareil de chauffage seront établis à cet effet pour des variations de consommation totale de 10, i;>, 17,5 et aa kilowatts.
- (Eleclrical Rewiew and Western Eleclncian,
- 14 murs 1914.)
- 4
- Le meilleur câble de Trolley. —
- C. H. M’kellway.
- L’auteur, ingénieur du service de la distribution du réseau Brooklyn Rapid Transit, expose comment il est nécessaire de procéder à une. analyse mathématique minutieuse lorsqu’il s’agit d’apprécier l’économie de telle ou telle qualité de câble pour un réseau déterminé.
- Il est impossible, dit-il, de savoir sans faire de calcul quel sera, dans un cas spécial, le câble du meilleur rendement. Or, on fait rarement ce calcul. Même lorsque le prix d’achat de deux câbles de fabrication différente varie considérablement, on essaye rarement d’étudier à fond le problème pour savoir lequel sera le plus économique en service prolongé. Presque invariablement, le choix est basé sur le meilleur marché d’un câble ou la plus longue durée qu’on en espère. On 11’établit pas la comparaison entre l’excédent de prix d’un câble et la plus courte durée de l’autre et l’on ne tient pas compte de la sécurité Contre les ruptures de câbles et autres causes d’ennuis et d’arrêts, non plus que de la valeur marchande du câble usé.
- Les câbles de trolley ordinairement employés sont en cuivre, en acier, en cuivre et acier ou en une composition de bronze; c’est entre ces matériaux qu’il faut choisir. Bien que le cuivre soit le plus employé et puisse se montrer le meilleur pour beaucoup de lignes, on s’en sert beaucoup plus souvent qu’on ne devrait, car son seul avantage sur les autres câbles est sa plus grande conductivité et son prix initial inférieur à certains autres. Cette grande conductibilité est importante lorsqu’il n’y a pas de feeders et que le câble de trolley doit porter tout le courant, mais elle a beaucoup moins d’importance lorsqu’on emploie de gros feeders en parallèle car, alors, une faible portion seulement du courantest transportée par chacun d’eux, la chute de voltage et la perte d’énergie dans le câble de trolley étant alors très faibles.
- Par suite, le cuivre étiré à froid sera généralement le meilleur métal pour les lignes peu chargées où il y a peu de chances d’avoir plus de trois à quatre voitures qui prennent simultanément du courant, en sorte que l’intensité moyenne est trop faible pour justifier l’emploijJe feeders, quoique variant entre de larges limites. D’autre part, le cuivre vaudra rarement certains autres
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- câbles de plus grande résistance mécanique, quoique de moindre conductibilité, pour les lignes fortement chargées où l’intensité moyenne peut être de i ooo ampères et plus et où il est nécessaire d’avoir un feeder en parallèle pour alimenter le câble de trolley.
- Le même raisonnement s’applique avec plus de force encore aux lignes peu chargées mais très longues où il est nécessaire d’employer un grand nombre de feeders pour maintenir le voltage tandis que la densité de courant est faible dans le câble comme dans les feeders.
- Entre ces limites, il y a une foule de cas qui doivent être traités particulièrement et où les conditions peuvent différer suffisamment, en raison des fluctuations du cours du cuivre, pour faire préférer tantôt un type de câble et tantôt un autre.
- Prix des differents types de cables et valeur des câbles usés. — Pour montrer combien le prix des câbles peut varier à différentes époques, en même temps que pour permettre de calculer les prix des câbles de trolley en différents métaux, l’auteur donne les prix des câbles de cuivre, de bronze, d’acier cuivré et d’acier ordinaire, pour les nos o à oooo, suivant les cours des métaux au kilo. Il faut remarquer que si le mètre de câble de cuivre et de bronze pèse le même poids, les poids des câbles de cuivre, d’acier et d’acier cuivré sont différents.
- Quelques chiffres relevés par l'auteur dans les derniers mois donnent la valeur relative des differents types de câbles à cette époque et la valeur des câbles usés, comme vieux métaux :
- CABLES NJiUl'S CABLES USI-iS
- Cuivre i‘r. i,85 le kg. a, 15 à a,a8 — i ,8i — o,77 — fr. 1,5a le kg. i,5a — o,35 — °,938 —
- Bronze
- Acier cuivré
- Acier
- On voit par là que si le cuivre est un des plus chers, sa valeur comme vieux métal est tellement élevée que la perte en service est la plus faible ; au contraire, l’acier cuivré est en très mauvaise posture relativement aux autres métaux.
- Durée relative des différentes qualités de câbles.
- — Sur ce point, il y a une grande divergence d’opinions qui se justifient toutes suivant les marques de câbles employés, les lots de fabrication, les conditions variables de service, etc. Néanmoins, les ingénieurs semblent d’accord pour reconnaître qu’en moyenne, à l’exception du cuivre, la durée des différents câbles esta peu près la même, tandis que celle du cuivre étiré à froid est moitié de celle des autres, à parité de conditions de service.
- Conductibilité et pertes en ligne. — Pour apprécier la différence qui peut résulter des pertes plus ou moins grandes d’énergie dans le câble, il faut Indiquer les résistances des diverses qualités, les pertes variant eh raison directe de la résistance. Comparées à l’étalon de Mathiessen, la conductibilité des câbles est à peu près la suivante :
- Cuivre élire a froid '"S* f, 5
- Bronze
- Acier r*ilî vré 4o IO
- Acier
- Mais avant de comparer la perte annuelle due aux différents câbles, il faut considérer l’intensité moyenne du courant porté par le câble. Pour cela, il n’est pas tout à fait exact de prendre l’intensité moyenne; ce qu’il faudrait connaître, c’est l’intensité qui produirait la même perte en ligne par an que la racine carrée de la somme des carrés des intensités relevées à de courts intervalles. Quand la charge varie peu, l’intensité moyenne se rapproche de très près de la valeur exacte, mais lorsque la ligne est complètement arrêtée pendant plusieurs heures de nuit ou lorsque les pointes correspondant aux heures de trafic intense sont élevées, il faut adopter la racine carrée de la somme des carrés des intensités.
- Or, on constatera que, pour la plupart des lignes, l’ingénieur fait une estimation exagérée de la perte de courant en ligne, car il se base principalement sur la charge aux heures de plus grand trafic et pendant la saison de pins grande activité. Cet ingénieur sera étonné de reconnaître que les nuits, lesdimanches etles mortes-saisons réduisent considérablement la perte en ligne et l’intensité qu’il considérait comme une moyenne. Si, par exemple, le courant, aux heures de trafic intense, est de aoo ampères, pendant la saison
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- d’hiver, il pourra se faire que la moyenne de l’année ne soit que de 35 ampères alors qu’on l’estimait à ioo ampères.
- Quanta l’appréciation de la perte en ligne, elle dépend essentiellement du prix de revient du kilowatt-heure.
- Prix des différents types de cables posés. —- Au prix du câble même, il convient d’ajouter celui de la pose et de l’installation qui diffère peu pour les divers types de câbles, bien que le cuivre, moins rigide, soit d’une manipulation plus facile. On peut estimer en moyenne à 190 francs par kilomètre, le travail de pose qui influe, par conséquent, sensiblement sur le prix de revient.
- Prenons le câble N° 00 qui est la grosseur courante pour beaucoup de grandes compagnies américaines, surtout pour le service urbain ; le prix de revient au kilomètre des diverses qualités de câbles posés s’établira comme suit :
- CUIVRE U *2 N O £ g « u oo N « § À S % ACIER CUIVRÉ te w O 4
- fi- fr. fr. fr. fr.
- Prix du câble. I IOO t 210 1 365 I Ol8 8o5
- Pose 190 190 >9° 190 190
- Total.. . 1 290 ' O O 1 555 *1 208 995
- Si l’on s’en tenait à ce calcul, on pourrait facilement admettre que le câble d’acier paraît le meilleur et est suivi par l’acier cuivré ; mais il faut tenir compte delà valeur du vieux métal. Pour cela, supposons que le câble perde par usure le quart de son poids en sorte qu’on n’en récupère que les trois quarts comme vieux métal. Il est évident que bien des câbles restent en service
- ! CUIVRE BRONZE à 2 fr. i5 00 y « s . r. > O «M s « ACIER CUIVRÉ ACIER
- • fr fr. fr. fr. fr.
- Prix du câble posé. 1 290 1 /|00 1 555 I 208 995
- Prix du vieux métal. 680 680 680 167
- Prix net 610 720 875 I 04 I 980
- jusqu’à un plus grand degré d’usure ; cependant, pour les lignes importantes où l’arrêt causé par la rupture d’un câble serait grave pour le trafic sans parler des risques d’accidents, il n’est pas prudent de dépasser le degré d’usure indiqué plus haut. Dans ces conditions, les prix nets des câbles deviennent ceux du tableau précédent.
- La comparaison de ces chiffres rectifiera bien des idées fausses concernant le bon marché de certains types de câbles. Le cuivre, qui se classait au début parmi les métaux les plus coûteux, est maintenantle meilleur marché, tandis que l’acier et l’acier cuivré sont les plus onéreux.
- Si l’on admettait une usure jusqu’à perte de 5o % du poids, l’économie résultant de la vente du vieux métal ne serait plus que les deux tiers des chiffres précédents ; néanmoins, le cuivre resterait encore le meilleur marché, mais l’acier et l’acier cuivré seraient en meilleure posture.
- Ce n’est pas tout, cependant, car il faut encore tenir compte de la différence de durée des câbles pour le même service. Aussi, pour avoir une relation exacte eutre les prix de revient, il faut se baser sur le chiffre annuel d'amortissement et d’intérêt. Eh admettant une durée de 10 ans pour les câbles les plus résistants à l’usure et de 5 ans pour le cuivre, avec une usure d’un quart de la section, le chiffre global d’amortissement et d’intérêt à 5 % devient :
- L’examen de ces chiffres fait ressortir un nouveau classement où le cuivre n’est plus le métal le plus économique; le bronze a pris sa place, tandis que les câbles en acier ou en acier cuivré sont remontés au rang des plus chers.
- Si l’on admet une usure à 5o %, le cuivre devient le plus cher et le bronze à 2 fr. i5 est le plus économique mais il est suivi-de près par l’acier.
- Effet de la perte d'énergie en ligne. — Il reste
- CUIVRE « *2 £ *•’ O «w te c% « * BRONZE à 2 fr. 28 ACIER CUIVRÉ ACIER
- Amortissement. . . fr. I 22,00 fr. 72,00 fr. .87,50 fr. 104,10 fr. 98,00
- Intérêt à 5 % 3o,5o 36,00 43,75 52,o5 49,00
- Total . . . i52,5o 108,00 131,25 i56,i5 147,00
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- encore à tenir compte de cette variable. Son estimation est la plus difficile puisqu’elle est basée sur l’estimation de l’intensité moyenne dans le câble et de la valeur du kilowatt-heure; déplus, il faut apprécier si tout ce qui semble perdu en ligne l’est réellement ou prend simplement la place de courant qui, à un voltage plus élevé dans le câble, serait perdu dans les résistances de la voiture parce que le wattmann mar-cheraitalors pendant une plus longue durée avec les résistances en série avec les moteurs.
- Quoi qu’il en soit, un coup d’œil sur le tableau suivant fera ressortir que même si le prix du kilowatt-heure est de quelques centimes, une grande perte en ligne modifiera complètementles résultats calculés jusqu’ici. La densité moyenne de courant dans le câble doit être prise de préférence égale à la moitié de celle mesurée au point d’arrivée sur la ligne puisque, de ce point jusqu’à l’autre extrémité, elle décroît jusqu’à zéro.
- Perte d'énergie en ligne par kilomètre et par an en kilowatts-heure.
- CUIVRE H *2 N . z C O BRONZE à a fr. 28 ACIER CUIVRÉ PS W U <
- 100 ampères. 5o ampères. 10 ampères. 10 ampères. 5 900 1475 236 59 12 /|25 3 100 5oo 126 12 425 3 ioo 5oo 125 14 000 3 5oo 56o «4o 56 000 14 000 2 240 56o
- Si ces chiffres sont très défavorables aux câbles à faible conductibilité, comparativement au
- cuivre, il faut se rappeler que, dans ces câbles s’il existe un l'eeder en parallèle le courant est bien moindre quand le câble de trolley est à faible conductibilité que quand sa résistance est inférieure parce que, dans le premier cas, une plus grande partie du courant passera par le feeder. Bien que cela réduise la perte dans le câble de trolley et aussi, pour une certaine mesure, dans tout le système de distribution par rapport à ce qu’on pourrait supposer, il y a cependant une plus grande perte dans le feeder par suite de la plus forte charge qui le traverse.
- Conclusions : Les durées admises de 5 ans pour les câbles de cuivre et de dix ans pour les autres, convenant vraisemblablement à des densités de courant de 20 à 5o ampères dans le câble de trolley, les chiffres indiqués sont les plus probables dans un cas ordinaire. Ainsi, les câbles en acier, seraient très coûteux pour un pareil service s’ils avaient le même diamètre que les câbles en autre métaux. Mais on peut remédier à cet inconvénient en augmentant la section du câble, ce qui diminuera sa résistance et prolongera sa durée. En raison des approvisionnements en câbles qu’il est nécessaire d’entretenir il convient de n’avoir pas plus de 2 ou 3 sections en qualités de câbles car une plus grande variété serait coûteuse et pourrait occasionner des erreurs. C’est pourquoi il est préférable de choisir, en définitif, le câble qui semble le plus économique pour l’ensemble du réseau et d’en faire le type normal.
- (Electrical Railway Journal, 21 mars 1914 )
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- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- L'électricité d&ns les manufactures de gants.
- Deux conditions sont particulièrement importantes au point de vue de la transmission de l’énergie dans les manufactures de gants : la propreté et la sécurité de marche de l’usine.
- Dans les fabriques employant la commande par moteur à vapeur, il y a un déchet important par suite des projections de graisse et de saleté par les organes de transmission. L’application de la commande électrique permet de réaliser des économies à cet égard.
- D’autre part, il y a plus d’avanges, au point de vue de la sécurité de fonctionnement de toutes les machines d’une fabrique, éprendre le courant du réseau électrique qu’à produire soi-même la force motrice dont on a besoin.
- Les manufactures de gants exigent, par leur nature, la répartition de faibles puissances sur un espace relativement grand. De plus, en vue d’obtenir le meilleur éclairage, on installe aux étages supérieurs les ateliers nécessitant l’emploi de force motrice. Dans ccs conditions, la commande mécanique est nécessairement compliquée et dispendieuse. La commande électrique, au contraire, permet toujours d’installer les machines dans les meilleures conditions possibles d’éclairage et de succession des opérations.
- A peu près tous lestypes de machines employées dans une manufacture de gants marchent à vitesse constante. Pour cette raison, on peut utiliser avec avantage les moteurs à courant continu ou alternatif bien qu’il soit évident que, comme la plupart des moteurs ne dépassent pas 5 chevaux de puissance, le moteur à induction a pour lui l’avantage de son extrême simplicité de contrôle. Les moteurs de ce type au-dessous de 7,5 chevaux démarrent par simple fermeture d’un interrupteur.
- Les principales machines employées dans les manufactures do gants sont les machines à coudre ; en général, il est préférable de les commander par groupes. Des essais ont montré qu’un groupe de io machines absorbe en
- moyenne une puissance de î cheval tandis que pour la commande individuelle, chaque machine devrait être munie d’un moteur de i/6 cheval. Le facteur de charge d’une machine à coudre isolée est, en elfet, assez faible, tandis que celui du moteur de groupe est élevé. Cela tient à l’assez grande régularité dos périodes de fonctionnement de chaque machine et à l'effet de volant des organes on rotation. La commande par groupes de io à 3o machines est la plus à rechercher; un groupe de «o machines constitue la moyenne. Pour cette commande, on emploiera des moteurs à faible vitesse, continus ou alternatifs, directement aocouplés à l’arbre actionnant les machines. Les moteurs doivent tourner à peu près à 5oo tours par minute ; cette disposition est la plus simple et la plus économique. On placera la commande sous les tables en actionnant chaque machine à coudre par une courte courroie ; moteurs et courroies seront protégés pour éviter les accidents.
- Les diverses machines à découper le cuir n’absorbent qu’une puissance de o, i cheval. Les machines à découper la toile nécessitent des moteurs de o,5 à 1 chevaux suivant leurs dimensions.. On emploie, pour découper un grand nombre d’épaisseurs de toile d’un seul coup, des machines portatives à accouplement direct dont certaines découpent des épaisseurs de 75 millimètres et dont la puissance varie de i/3o à 1/6 chevaux.
- (lomme nous l’avons dit, les machines et les tables doivent être disposées de façon à recevoir le meilleur éclairage naturel possible. Cet éclairage est d’ailleurs renforcé en peignant les murs et les plafonds en blanc.
- Quant à l’éclairage artificiel, la lampe à filament de tungstène s’est très répandue en raison de la couleur de sa lumière, de son grand rendement et de son adaptabilité aux diverses conditions. Sauf péhir certains éclairages individuels des machines à coudre, elle a à peu près généralement remplacé la lampe à filament de carbone dans les manufactures de gants. Quand l’éclairage individuel est nécessaire, il convient
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2« Série).—N» 19.
- d’avoir un éclairage général plutôt faible au moyen de lampes très rapprochées du plafond. Une machine à coudre nécessite un éclairage d’environ ioo bougies-mètre sur l’aiguille. Pour arriver à ce résultat, on adopte généralement l’éclairage individuel en raison de sa grande intensité et on le réalise au moyen de lampes de 4 à 8 bougies munies de réflecteurs métalliques concentrant le faisceau lumineux et montées soit directement sur le bâti de la machine, soit sur un bras flexible fixé à la table. Les réflecteurs ne doivent pas projeter de lumière dans la salle.
- La comparaison suivante montrera l’importance de réflecteurs appropriés : une lampe nue de 8 bougies, suspendue à un fil à 35 centimètres au-dessus de la table, donne une intensité lumineuse de 22,5 bougies-mètre sur l’aiguille. La même lampe munie d’un réflecteur approprié donne sur l’aiguille un éclairage de 100 bougies-mètre. La lampe nue irrite les yeux de l’ouvrière et ceux de ses voisines et éclaire insuffisamment le travail.
- Les tables de machines à coudre de 3 m. 6o environ de longueur sont convenablement éclairées par deux lampes à filament de tungstène de 6o watts placées à i m. 20 au-dessus de la table
- et munies de réflecteurs intensifs. Ce type d’éclairage est plus économique et plus satisfaisant que l’éclairage individuel, car les lampes de 8 bougies à filament de carbone consomment plus du double du courant des deux lampes de Go watts à filament de tungstène ; en outre, l’entretien des lampes et des coTnducteurs est beaucoup plus onéreux.
- Dans les ateliers de coupe où il y a un certain nombre de tables parallèles et modérément espacées, il suffit d’un rang de lampes de 60 watts à filament métallique à 1 m. 20 au-dessus de chaque table et 3 mètres d’intervalle, avec des réflecteurs intensifs. Cet éclairage diminue l’intensité des ombres produites par les coupeurs se penchant sur leur travail. En effet, les lampes d’une rangée de tables éclairent par côté les rangées parallèles voisines. S'il n’y a qu’une seule table en service, il faut deux rangs de lampes semblables chacune à l’aplomb d’un bord. Ces lampes seront espacées de 2 m. 5o environ, à 1 m. 20 au-dessus de la table, et munies de réflecteurs.
- (Electrical Review and Western Electrician,
- 11 février 1914.)
- EXPOSITION INTERNATIONALE URBAINE DE LYON 1914
- Nous donnons ci-dessous la liste des exposants de la Section L1 à VExposition de Lyon et nous annonçons à nos lecteurs que nous publierons à l’occasion de l'ouverture de cette exposition un supplément à La Lumière Electrique consacré aux principaux exposants d'Electricité.
- Nous rappelons à ces derniers que leurs notices devront nous parvenir avant le 15 mai prochain dernière limite.
- LISTE DES EXPOSANTS DE LA SECTION LI
- Classe 281. — Houille blanche.
- Président : M. Lépine.
- 1 — Société Générale de Force et Lumière, 3, rue Président-Carnot, Lyon.
- 2 — Société Hydro-Electrique de Lyon, 2, rue de Pazzi, Lyon.
- 3 — Chambre Syndicale des Forces Hydrauliques,
- 7, rue de Madrid, Paris. ®
- 4 — Société Française de Défense Fluviale, 34, boulevard Gambetta, Grenoble.
- 5 — Société de l’Eclairage Electrique, 364, rue Lecourbe, Paris.
- 6 — Bouchayer et Yiallet, i55, cours Berriat, Grenoble.
- 7 — Neyret, Beylier et Ducrest, Grenoble.
- 8 — Fougerolles Frères et Société Générale d’Entreprises, 69, rue de Miromesnil, Paris.
- 9 — Berliat, 18, rue Doctcur-Mazet, Grenoble.
- 10 — M. Henri Bresson, 7, rue Vineuse, Paris.
- Classe 282. — Production de l’Electricité. Président : M. Henrard.
- 11 — Société Lyonnaise des Forces Motrices du Rhône, 37, rue de la République, Lyon.
- 12 — Maison Bréguet.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
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- 13 — Société Alsacienne de Constructions Mécaniques, Belfort.
- 14 — Etablissements Emile Haefely, 200, rue de
- Lourmel, Paris.
- 15 — Compagnie Générale d'Electricité, 5, rue Bou-dreau, Paris.
- 16 — Société de l’Accumulateur Tudor, 26, rue de la Bienfaisance, Paris.
- 17 — Da et Dutiiil, 81, rue Saint-Maur, Paris.
- 18 — Compagnie Générale du Gaz pour la France et l’Etranger, boulevard des Capucines, Paris.
- Classe 282 bis. — Transport de l’Electricité.
- Président : M. Loucheur.
- 21 — Société d’Applications Industrielles, 94, rue Saint-Lazare, Paris.
- 22 — Sud-Electrique, 94, rue Saint-Lazare, Paris.
- a3 — Société des Forces Motrices de la Vis,
- 94, rue Saint-Lazare, Paris.
- 24 — Société Nîmoise d'Eclairage et de Force Motrice par l’Electricité, 94, rue Saint-Lazare, Paris.
- 25 — Société Avignonnaise d’Electricité, 21, place de la Principale, Avignon.
- 26 — Compagnie Electrique de la Loire et du Centre,
- 94, rue Saint-Lazare, Paris.
- 27 — Maljournal et Bourron, 128, avenue Thiers, Lyon.
- 28 — Energie Electrique du Littoral Méditerranéen,
- 3, rue Moncey, Paris.
- 29 — Société Française des Cables Electriques,
- 41, chemin du Pré-Gaudry, Lyon.
- 30 — Compagnie Générale d’Entrepuises Electriques, 83, rue de la Victoire, Paris.
- 31 — L’Union Electrique, Saint-Claude, Jura.
- 32 — Compagnie Française des Etablissements Gaillard, rue de Montmorency, Béziers.
- 33 — Ciiarbonneaux et C‘e, Verreries de Reims, route de Cormontreuil, Reims.
- 34 — Société d’Electricité du Midi, 21, rue Po-quelin-Molière, Bordeaux.
- 35 — Société Générale des Condensateurs Electriques de Fribourg, 73, rue Notre-Dame-des-Champs, Paris.
- 36 — Manufacture de Porcelaines, Sainte-Foy-l’Argentier (Rhône).
- 37 — Compagnie Continentale pour la Fabrication des Compteurs, 64, cours Gambetta Lyon.
- 3g — Compagnie des Compteurs Aaron, 12, rue Barbés, Levallois-Perret.
- 40 —Etablissements Parvillée, 56, rue de la Victoire, Paris.
- 41 Société de l’Eclairage Electrique, 364, rue Lecourbe, Paris.
- 42 — Jacquemard, La Ricamarie (Loire),
- 43 — Société Gahdy, Argenteuil (Seine).
- 44 — Energie Electrique du Nord de la France, 69,
- rue de Miromesnil, Paris.
- 45 — La Lumière Electrique, 6, rue du Rocher, Paris.
- Classe 283. — Emplois de l’Electricité.
- Président’. M. Piaton.
- 62 — Electro-Métallurgique Française, Froges.
- 64 —Société Française des Electrodes, Livet (Isère).
- 66 — Société d’Electro-Chimie, 2, rue Blanche, Paris.
- 67 — Société des Produits Azotés, 2, rue Blanche, Paris.
- 68 — Société de l’Aluminium Français, 12, rue Roquépine, Paris.
- 69 — Société Electro-Métallurgique de Saint-Béron,
- 37, rue de la République, Lyon.
- 70 — Compagnie Universelle d’Acétylène, 36, rue de Châteaudin, Paris.
- 71 — Société Electro-Chimique du Gifere, Saint-Geoire (Savoie).
- 72 — La Néo-Métallurgif.
- 73 — Compagnie des Forges et Aciéries Electriques P. Girod, Ugine ( Savoie).
- 74 — Dekrer et Cuillet, 29, rue de la Sourdière, Paris.
- 75 — Société Commerciale des Carbures, 25, rue de Clichy, PariÉ.
- 76 —Compagnie Générale d’Electro-Chimif. de Bozel, 22, rue de l’Arcade, Paris.
- 77 — Société Framçaise d’Entreprise et d’Exporta-tions Electriques, 39, boulevard Malesherbes, Paris.
- 78 Société Hydro-Electrique des Pyrénées, usines du Castelet et Perles.
- 79 Société des Carbures Métalliques, 2, rue Blanche, Paris.
- Classe 283 bis. — Constructions Electriques.
- Président : M. Schwakberg.
- 81 — Socéité Gramme, 26, rue d’Hautpoul, Paris.
- 82 Société Westinghouse, 7, rue de Berlin, Paris.
- 83 Société de Constructions Electriques, 6, rue de Molière, Lyon.
- 84 —Verreries de Folembray (Aisne).
- 85 — Etablissements Adt, 45, rue Turbigo, Paris.
- 86 — Derobbrt et Cia, 1, chemin du Pré Gaudry, Lyon.
- 87 — Compagnie Electro-Mécanique, Le Bourget (Seine).
- 89 — Etablissements Hamm, 23, rue de Ponthieu, Paris.
- go — Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, Jeumont (Nord).
- 91 — Hillairet et Huguet, 22, rue Vicq-d’Azir, Paris.
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- LA LUM1 11E ÉLECTRIQUE T. XXV (2° Série). ~ N» 19
- GOi
- BIBLIOGRAPHIE
- Cours de physique générale à l’usage des candidats au certificat de physique générale, au diplôme d’ingénieur-électricien et à l’agrégation des sciences physiques, par
- H. Ollivier, maîlre de conférence à l’Université do Lille. — Tome Ie*', Unités, gravitation, électricité et magnétisme, ions et électrons, symétries , avec 370 ligures dans le texte et deux planches hors texte. — Hermann et fils, Editeurs. — Prix : 18 francs.
- Nous avons dit à plusieurs reprises, et nous ne saurions trop le répéter, les méthodes d’enseignement des sciences électriques dans les lycées et les facultés ne doivent pas laisser les électriciens indifférents.
- C’est à ce litre que nous présentons à nos lecteurs le tome 1er du traité de physique générale de M. Ollivier édité par MM. Iiermann et fils.
- Cet ouvrage est la reproduction du cours de licence professé à la faculté de Lille pendant les trois dernières années. M. Ollivier le présente sous une forme excessivement concise en supprimant beaucoup d'explications inutiles dans un livre que l’étudiant peut lire à son gré lentement ou rapidement. Ceci lui permet, dans un volume d’environ 700 pages, de condenser toute la partie électrique classique : électrostatique, magnétisme et courants électriques.
- En outre, il est entièrement conçu dans l’esprit des nouveaux programmes ; il ne contient ni aucune bibliographie, ni aucune description d'anciens appareils ou d’expériences ne présentant qu’un intérêt historique. C’est donc avant tout un livre d’étude et ne dispensant pas de la lecture des mémoires originaux ni des traités complets, mais, d’un autre côté, amplement suffisant par lui-même.
- L’ouvrage est précédé d’un chapitre préliminaire sur les unités et est divisé en six parties : Gravitation, Electrostatique, Magnétisme, Courants électriques, Electrons et Ions, Symétrie des systèmes < l des phénomènes.
- Laissons de côté le chapitre des unités fort bien résumé et arrivons de suite à la gravitation. Cette partie eM partagée en six chapitres: Loi de Newton, champ newtonien avec les théorèmes de Gaurs Green et Bertrand, potentiel newtonien avec les formules
- de Laplace et de Poisson, notation vectorielle et potentiel vecteur (notions sommaires) et, enfin, étude du champ newtonien à la surface de la terre et pesanteur.
- La seconde partie, l’électrostatique, comprend huit chapitres, son étude suppose simplement connues les matières de la première partie du baccalauréat.
- Dans un premier chapitre, l’auteur étudie les masses électriques et le champ électrostatique, la loi de Coulomb et ses conséquenses, le potentiel, et signale également le cas où il ya à l'infini des masses électrisées (champ d’une droite ou de deux droites électrisées).
- M. Ollivier passe ensuite à l’équilibre des corps conducteurs avec les hypothèses de Maxwell et ses conséquences, puis, à la distribution de l’électricité à la surface des conducteurs (chapitres II et III).
- Les condensateurs font l’objet du chapitre IV, l’énergie électrostatique celui du chapitre V et le chapitre VI traite de l’étude des différents types d’électro-mèlres.
- Nous passons ensuite à l’étude des diélectriques parfaits très longuement développée, puis à celle des diélectriques réels où l’auteur rappelle seulement quelques expériences très connues.
- La troisième partie, le magnétisme, comporte un développement du môme ordre que la partie précédente. Elle comprendsept chapitres assezeourtsrappelant les faits connus du magnétisme, les analogies avec l’électrostatique, les actions exercées et subies par un petit aimant, les champs uniformes et la mesure des moments magnétiques, le ferro-magné-tisme avec champ démagnétisant négligeable et avec champ démagnétisant important.
- Le diamagnétisme et le paramagnétisme termine celte partie.
- La quatrième partie, de beaucoup la plus développée, comprend quatorze chapitres.
- Un premier chapitre rappelle les généralités et les diverses lois des courants. Le second chapitre s’occupe de l’électromagnétisme avec la loi d’Ampère et de Laplace, les solénoïdes et les circuits magnétiques.
- La théorie des galvanomètres fort bien résumée fuit l’objet du chapitre III. Nous passons ensuite ù
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- l’électro-dynaraique, puis à l’énergie des courants et des aimants et, enfin, à l’induction électro-magnc-tique (trois chapitres).
- Trois autres chapitres sont consacrés aux mesures des résistances en valeur absolue, à celle du rapport des unités et aux mesures diverses.
- Les trois chapitres suivants se rapportent à l’élude des courants alternatifs, des champs magnétiques tournants et des transformateurs.
- Un chapitre d’une quinzaine de pages résume l’étude des courants continus au point de vue industriel: force électro-motrice induite, dynamo, commutation, réaction d’induit, caractéristique, etc...
- Enfin, le chapitre XIV, assez développé, traite des piles et de l’électrolyse.
- La cinquième partie s’occupe des électrons et des ions. Les expériences de Millikan, de Rona, des Wilson, de Roulond, etc., font l’objet d’un premier chapitre; les décharges électriques à travers les gaz d’un second, et les rayons cathodiques d’un troisième.
- Le chapitre IV nous ramène à l’afilux cathodique et aux rayons positifs, puis le chapitre V traite des rayons X. L’étude de la radio-activité est le but du chapitre VI.
- Enfin, les propriétés des gaz ionisés, les causes
- d’ionisation et les théories électroniques terminent cette partie.
- Un chapitre additionnel aux cinq premières parties traite de la conductibilité des métaux pour la chaleur, des actions diverses du champ électrostatique et du champ magnétique et des mesures diverses.
- La sixième partie, d’une vingtaine de pages seulement, s’occupe des symétries des systèmes limités cl des phénomènes. Elle comprend seulement trois chapitres sur les groupes et les intergroupes, la symétrie caractéristique d’un phénomène et, enfin, la symétrie des molécules et des édifices moléculaires.
- Nous espérons avoir montré, par celte analyse un peu longue, l'ordre très logique des matières traitées dans cet intéressant ouvrage qui, dès son apparition, a été très coté des étudiants.
- Il n’est pas douteux que nos futurs ingénieurs électriciens qui ont en vue soit l’obtention du diplôme d’ingénieur ou l’entrée dans une des grandes écôles électrotechniques trouveront dans ce traité toutes les matières de physique générale qu’il leur est indispensable de connaître.
- Ajoutons que l’impression et les figures y sont particulièrement bien soignées.
- C.-F. Guilkert.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2« Série). — N° 19
- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- La Société Pyrénéenne d’Energie Electrique n’a pu cette année encore, malgré une notable augmentation de ses recettes, présenter à ses actionnaires un compte de profits et pertes en excédent. Le compte d’exploitation se clôt par un solde créditeur de i 067 390 francs ; mais l’ensemble des frais financiers : intérêts des obligations, redevances pour chutes en réserve, droits d’enregistrement, intérêts des avances et comptes courants s’élevant à
- 1 209879 francs, il reste, en tenant compte des revenus du portefeuille, une différence de 108 o56 francs qui a été portée au chapitre des valeurs immobilisées de l’actif, intérêts et frais payés au titre de premier établissement. Co seul chapitre s’élèvera dès lors à
- 2 639 690 francs, soit près du tiers du capital actions, et plus de 10 % du capital actions et obligations qui figure au passif pour 24 797 5oo francs. Le président du Conseil a souligné l’insuffisance des 100 000 francs nécessaires pour couvrir toutes les charges actuelles en l’attribuant aux dispositions prises par la Société Toulousaine du Bazacle, un des principaux clients de la Pyrénéenne qui a accru au maximum la puissance de son usine hydraulique et en a profité exceptionnellement au cours de l’année très favorable de 1913. Mais la Société du Bazacle étant parvenue, par suite du développement de sa clientèle, à l’utilisation complète de son accroissement de puissance, tout l’excédent dont elle aura besoin maintenant lui sera fourni par la Pyrénéenne. On prévoit ainsi que 1914, dont les trois premiers mois sont satisfaisants, permettra de clôturer le bilan en bénéfice. La question se posera de la distribution des dividendes ou des amortissements. Quand on constate que l’actif comporte, en dehors du poste intérêts détaillé ci-dessus, un poste frais de constitution et d’émission de 2 o63 203 fr. 85, on ne peut guère hésiter entre les deux alternatives. De plus, les capitaux engagés dans les usines, réseaux et postes, participations financières et concessions d’éclairage s’élèvent à 19983 43o francs; en admettant que chacun de ces postes s’amortisse suivant des annuités différentes, la Société ne peut guère se soustraire à l’obligation d’y consacrer ses premières disponibilités. L’accroissement des recettes a été de 26,5 % en iqi3; le développement commercial suit de près le dévelop-
- pement des usines et des lignes ; mais tant que les recettes n’atteindront pas au moins 2 5oo 000 francs, dans l’état actuel des choses, les actionnaires ne pourront guère compter sur un dividende. Le passif comporte un poste créditeurs divers de 3 925 180 fr. qui correspond pour partie aux avances consenties en banques pour l’extension des réseaux et des constructions.
- La série des obligations 5 % en cours d’émission permettra de rembourser ces avances et de réduire un peu les charges du compte profits et pertes. Directement ou indirectement la population desservie s’élève à 422 837 habitants : les lignes en service ont une étendue de 1 109 kilomètres, et fournissent l’énergie pour l’éclairage et la force motrice à 102 communes et pour la force motrice seule à 34 communes ; la recette par habitant ne ressort qu’à 4 fr. *5 et par kilomètre de ligne à 1 578 francs ; corroborant le chiffre que nous fixions plus haut, il est nécessaire d’arriver au moins respectivement à 6 francs par habitant et à 2 25o francs par kilomètre de ligne.
- Les événements mexicains ne sont pas de nature à faciliter la reprise des affaires aux Etats-Unis : leur répercussion en Europe maintiendra d’autre part cette dépression dont se plaignent tous les milieux industriels. L’Angleterre et la France ont placé beaucoup de leurs capitaux dans les entreprises mexicaines : mines de cuivre, mines d’argent, gisements de pétroles et chemins de fer. Jusqu’à la fin de l’année dernière, la guerre civile qui se limitait à certains districts n’avait pas affecté d’une façon désastreuse le mouvement commercial au Mexique. Mais à présent les Compagnies de chemins de fer ont vu leur trafic diminuer de telle sorte que les dépenses dépassent les recettes brutes; toutes suppriment leurs dividendes ; les mines se ferment, les puits de pétroles sont abandonnés ; la situation financière devient inquiétante et les perles de capitaux ne se chiffrent plus. Comme on ne prévoit pas encore les résultats de la médiation des républiques sud-américaines, ou se montre très réservé à Londres et à Paris, notamment sur le marché du Cuivre. La semaine dernière Londres cotait 65, i5 livres sterling pour le cuivre électrolytique avec tendance à la baisse. Suivant la tactique pratiquée depuis
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- 9 Mai 1914.
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- plusieurs mois on prétend que les stocks sont très réduits et qu’il suffirait d’un retour à la confiance pour susciter un très grand mouvement d’affaires aux Etats-Unis en particulier, en Angleterre probablement. Il est intéressant de constater malgré cela que les exportations du cuivre des Etats-Unis pendant les trois premiers de 1914 sont supérieures de a3 000 tonnes anglaises à celles de la période correspondante de 1913.’Autre remarque, la France a importé 21 946 tonnes, plus que l’Angleterre et plus que la moitié de l’importation allemande; celle-ci tient la tête avec 40 744 tonnes. L’ensemble de ces chiffres autorise à conclure que l’industrie électrique n’a pas encore souffert de la crise autant que l’industrie métallurgiqne ; il ne faut pas oublier
- cependant que la raison de ces augmentations est aussi dans la progression des armements, les constructions navales et le materiel de guerre absorbant beaucoup de métal rouge.
- La Compagnie Continentale Edison a réalisé, au cours de l’exercice écoulé, un bénéfice net de 4 523 141 francs, supérieur de près de un million à celui de 1912. L’assemblée convoquée pour le i3 mai devra statuer sur la répartition.
- La Société de Saint-Pétersbourg pour installations électriques porte son dividende de 23 R. 65 à 25 R. 5o par action, ses bénéfices nets ayant eux-mêmes passé de 1 3g3 494 roubles à 1 520 112 roubles. <
- T. R.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Gironde. — Par décret du a5 avril est déclaré d’uti-« tilié publique l'établissement d’une voie ferrée d’intérêt local à traction mécanique destinée au transport des voyageurs entre Bordeaux (limite de la commune) et Bègles. Concessionnaire: Compagnie Française des Tramways Electriques et Omnibus de Bordeaux.
- Selne-et-OiSe. — Par décret du a5 avril 1914, est déclaré d’utilité publique l’établissement d’une ligne de tramways électriques de Saint-Germain-en-Laye à Ar-genteuil, et de Saint-Germain-en-Laye à Maisons-Laffitte. Le concessionnaire est la Compagnie des Tramways de Paris et du département de la Seine. Le courant sera fourni par l'Ouest-Lumière au moyen des deux sous-stations du Pecq-Saint-Germain et de Bezons. Le devis de construction se monte à 2 768 000 francs.
- Belgique. — La Compagnie du chemin de fer du Bas-Congo au Katanga vient de passer à l’industrie belge, pour le chemin de fer du Katanga, une importante commande de matériel roulant, notamment 24 locomotives et 23o wagons, qui, ajoutée à une commande de 10 000 tonnes de rails et traverses métalliques, comportent un montant d’environ 5 millions de francs.
- Jusqu’à présent, les fournitures faites par l’industrie belge pour le chemin de fer du Katanga s’élèvent à a5 millions de francs.
- ÉCLAIRAGE ET FORCE MOTRICE
- Meurthe-et-Moselle. — Par décret du 25 avril est déclaré d’utilité publique l'établissement du réseau de distribution publique d’énergie électrique dans diverses communes des départements de Meurthe-et-Moselle et des Vosges concédé le Ier juillet 1912 à la Compagnie Lorraine d’Electricité.
- TÉLÉPHONIE
- Bure. — La Chambre de Commerce d’Evreux décide : i° de contribuer à l’établissement des circuits téléphoniques interdépartementaux Evreux-Le Mans, Evreux-Beauvais et Evreux-Argentan; 20 de demander l’établissement d’un circuit direct Vernon-Rouen et d’un quatrième circuit Evreux-Paris.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Thomson-Houston, to, rue de Londres, Paris.
- Bulletin, janvier 1914. — Génératrices et moteurs à courant continu type H normal.
- Février 1914. — La téléphonie moderne du manuel à l’automatique.
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- LA.LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV(2° Série;. — N° 19
- SOCIÉTÉS
- CONVOCATIONS ,, .
- Compagnie Centrale de Chemins de fer, de Tramways et d’Electricité. — Le 18 mai, 33, boulc*vard Malesherbcs, à I’uris.
- Compagnie Française Maritime et Coloniale de Télégraphie sans fil. — Le 19 mai, 35, boulevard des Capucines, à Paris.
- Tramways Electriques d’Elbeuf. — Le a3 mai, 33, boulevard Maleshcrbes, à Paris. ' ,,
- Société Nord-Lumière. — Lé 29 mai, 53, rue des Dames, à Paris.
- Chemin de fer Electrique souterrain du Nord-Sud de Paris. — Le •>. juin, 19, rue Blanche, à Paris.
- Compagnie des Chemins de fer Electriques de Sevran à Claye deSouilly et Extensions. — Le 6 juin, 3i, rue de Mogador, fi Paris.
- Omnium Lyonnais de Chemins de fer et Tramways.
- Tableau comparatif des recettes
- # SI MAINE DU 19 AVRIL AU 25 AVRII. DU I°r îlANVipil AU 23.AVRIL POURCENTAGE
- 1914 10 ’ 3 1914 1 ' • 9*3
- Cannes 12 540 45 10 957 70 222 868 3o 216 3g2 11
- Fontainebleau 4 378 90 2 g53 3o 5i 789 3o 44 974 'o
- Bourges 3 992 75 3 72.5 40 62 5gi 85 57 776 3o
- Poitiers 3 820 i5 3 4*3 40 58 345 55 55 097 80
- Troyes 5 5g8 » 5 115 55 87 724 70 82 846 i5
- Pau 4 832 q5 4 3gi 55 75 470 » 74 83o 80
- Cette 3 281 55 2 910 80 44 342 60 42 875 85
- Armenlièrcs 1 381 70 1 3-29 45 23 663 76 23 325 a5
- Totaux ... 3g 826 45 34 797 '5 626 796 06 5g8 108 25
- Avignon 4 196 35 4 3g5 65 61 692 » 65 267 20
- Saint-Elienne-Firminy. . . . 44 248 25 42 960 80 673 557 20 65o 908 o5
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- L’Administration des Chemins de fer de l’Etat, à Paris, a l’intention d’acquérir dès motèürs électriques destinés aux ateliers de Tours.
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service électrique (a6 division), 43, rue de Rome, à Paris (8“), les mardi et vendredi, de i5 à 17 heures, jusqu’au 19 mai 1914-
- Le 28 mai, ait ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, rue de Grenelle, n° io3, à..Pàris, adjudication de l’entreprise de la construction de deux wagons-poste montés sur bogies.
- L’Administration des Cheminsde ferdel’Elal, îiParis,
- a l intention de faire installer des canalisations électriques secondaires d'éclairage et de force dans la gare des voyageurs et le dépôt de Rennes.
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service électrique (20 division)) 43, rue de Rome, à Paris (8e), le mardi et le vendredi, de i5 à 17 heures, jusqu’au 12 juin 1914.
- , HELOiqUE
- Le 27 mai, à 11 heures, en la salle de la Madeleine, à Bruxelles, fourniture, installation et montage de commutateurs téléphoniques à batterie centrale dans les immeubles occupés par la Banque de l’Union Anversoïse, 2, rue Marché-aux-Grains, et par la Banque Centrale Anversoïse, Longue rue de l’Hôpital, à Anvers ; cautionnement: 700 francs (cahier des charges spécial U° 212y. Soumissions recommandées le 23 mai.
- La reproduction des .articles de la Lumière Electrique est interdite.
- Paris. — imprimerie levé, 11, rue cassette.
- Le Garant : J.-B. Nouet
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- Trente-sixième année.
- SAMEDI 16 MAI 1914.
- Tome XXV (2e série). - N» 20.
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- L CAHEN. — Applications diverses des formules générales de la transmission des courants électriques sinusoïdaux............. 609
- MAURICE LEBLANC Fils. — Lampe à filament métallique de demi-watt................. 6i5
- N. OBOUKHOFF. — La protection des lignes électriques et des machines contre les surtensions. Limiteur de tension à résonance........................................ 617
- Publications techniques
- Stations centrales et distribution
- Usine électrique de transmission sans tableau
- de distribution. — D" Louis Beli......... 62/,
- Petite centrale de 675 chevaux à moteur Diesel avec utilisation au chauffage de la chaleur des gaz d’cchappement.......................... 626
- Traction
- Le matériel roulant des chemins de fer électriques. — H.-E. Brien................. (127
- Electrométallurgie
- La soudure électrique..................... 6T>
- Applications mécaniques
- L'Ecole de Papeterie de Grenoble.......... GTa
- Sur la transmission à distance des photographies en couleur. — Aldobrando Tricca . (VL»
- Bibliographie............................. G TJ
- Brevets- — Procédé de réglage automatique de la tension des génératrices à courant continu actionnées à vitesse variable......... . (» >/,
- Perfectionnement au réglage des dynamos à
- courant continu......................... (VIT»
- Etudes et Nouvelles Economiques........... GJ7
- Renseignements Commerciaux................ GTS
- Adjudications............................. G >9
- APPLICATIONS DIVERSES DES FORMULES GENERALES DE LA TRANSMISSION DES COURANTS ÉLECTRIQUES SINUSOÏDAUX
- Dans cet article qui fait suite à celui du 7 mars dernier, l’auteur étudie les réflexions qui se produisent sur les ensembles formés par des lignes téléphoniques mises en série. Il indique les différentes
- données dont la connaissance est importante, les naître ces données dans les cas les plus simples.
- II. — Etude des héelexions.
- Je rappelle les équations fondamentales
- E0 = A'E + BI = \J|î C liai X E
- -f- y/z^Zl Shal X I (1)
- I0 = A"I + GE — y/|î Chai X I
- -)-------- S liai. E. ( i ')
- __________
- p) Voir Lumière Electrique, du 7 mars dernier, n° 10, p. 289.
- formules générales qui doivent permettre cle con-
- Jc me propose surtout de coordonner ce qui a paru en différents endroits (2) et de donner quelques tableaux permettant immédiatement de déterminer les résultats obtenus dans les cas pratiquement les plus importants en France.
- Je montrerai d’abord comment on peut appliquer les formules pour obtenir dans chaque cas les valeurs du courant reçu à l’extrémité, c’est-à-dire en somme ce qu’il importe de rendre le plus grand .possible : ensuite je chercherai à calculer dans un certain nombre de cas les valeurs de al,
- (2) Notamment dans les publications de MM. Breisig, Pleijel, Devaux-Charbonnel.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE T. XXV(2« Série). — K6 20.
- Zj et Z2 en fonction des caractéristiques des éléments qui composent l’ensemble.
- Supposons d’abord que l’ensemble défini par les équations (i)' soit placé entre 2 appareils d’impédance rLd et Z,. : je vais établir la valeur de I et mettrai en regard les formules correspondantes pour une ligne uniforme définie par le coefficient al et l’impédance Z.
- I : -
- ou
- Ensemble complexe
- v \/IX
- Chal[ZtZr + ZdZt) + S/m/(Z,Za -f ZrZd)
- îV v ZiZ* e~al
- (Z.+Zrfl (Z2+Zr)-e-^(Z1^-Zrf) (Z2-Z,.) et si al est grand
- aVy/z
- (Zj -j- Zd) (Z2 -)- Z,.)
- Ligne uniforme
- i=__________________XL________________
- ZChal{Zd -f Z,.) + S hal (Z2 + ZA) aVZ e-
- = (Z + Zé) (Z +_Zr) — e-«•* (Z — Zd) (Z — Z(.)
- ~ (Z + Z*) (Z + Z,.)
- Les formules ne sont donc pas beaucoup plus compliquées que dans le cas d’une ligne simple. Le terme al peut se mettre sous la forme
- 2<Zk^k -j- R.
- sous une forme simple : dans ce cas en effet
- A'A" BC;(C/i2of = A'A" et S Mal =a BC)
- e»' = a y^BC et ^/z,Z2 = y/5;
- d’où S aC, coefficient rationnel.
- Supposons maintenant qu’on place à la suite de l’ensemble défini par Z, et Z2 non plus un appareil, mais un autre ensemble défini par a'I' Z't Z'2 (*)• Le tout forme un nouvel ensemble qu’on peut définir par A, Ç, et Ç2. Nous verrons plus loin, dans le cas où l’on met à la suite l’une de l’autre 2 lignes uniformes définies respectivement par al, L et a'I', Z' les formules qui permettent de calculer les caractéristiques A' Ç', et Ç'2 de l’ensemble.
- Pour le moment nous représenterons ces formules sous une forme symbolique.
- Si A' = f[Z, Z' al, a'I') est l’équation qui définit A', le calcul montre que A sera défini par l’équation
- A = /'(Z',Z2, al, a'I')
- la fonction /'étant la même dans les 2 cas.
- De même on peut toujours mettre l’expression de sous la forme
- Ç'i =: Z<p (Z, Z', al, al').
- L’expression correspondante pour 2 ensembles sera
- Çi — /(©(Z'j, Z2, al, a'I')
- <f étant le même dans les 2 cas.
- Pour Ç2 et Ç'2 même comparaison.
- Enfin on peut également mettre la quantité S sous la forme
- 2 aK 1k. est la somme des coefficients de propagation correspondant à chacune des sections empruntées et R, dont la partie réelle peut d’ailleurs être positive ou négative, est la différence entre cette somme et al. Nous appellerons la partie réelle de R le coefficient d’affaiblissement dû aux réflexions.
- D’autre part le coefficient S ~
- Qil
- inter-
- v/z. Z,
- vient directement dans la formule (1). Il y a d’autant plus d’intérêt à connaître ce coefficient que, lorsque la ligne est longue, il se présente
- \jZ Z
- :X(Z,Z', al, a'I').
- Le calcul montre que dans le cas de 2 ensembles complexes on trouve
- S = y (Z',, Z.., al, a'l'\.
- sj’/,,Z\ *
- (') On suppose que les extrémités de chaque-ligne en contact sont celles pour lesquelles les impédances apparentes sont Z', et Z2.
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- LA LUMIERE ELECTRIQUE
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- Ceci revient à dire que dans la formule du coefficient d’affaiblissement apparent, seuls interviennent les termes correspondant aux réflexions à la rencontre des 2 lignes, et que, pour les autres grandeurs caractéristiques, on peut facilement les décomposer en un produit de deux facteurs, dont l’un tient compte des réflexions extérieures et l’autre de la réflexion à la rencontre des 2 lignes. Les formules dans tous les cas se déduisent directement de celles qui conviennent pour les lignes uniformes.
- Qu’il s’agisse donc du cas où l’ensemble complexe considéré est placé entre 2 appareils ou de celui où il est mis à la suite d’un autre ensemble, les formules de transmission sont presque aussi simples que s’il s’agissait d’une ligne uniforme, pourvu qu’on ait déterminé les grandeurs caractéristiques de cet ensemble, c’est-à-dire al, Z, et Z2 auquelles on peut ajouter le facteur S défini plus haut.
- A quoi correspondent physiquement ces différentes grandeurs
- Quand le courant sinusoïdal passe d’un milieu de caractéristique Z dans un autre de caractéristique Z', il se réfléchit : si iest le courant entrant,
- égal à I0e~a', le courant
- Z — Z'
- i est réfléchi et
- le courant
- 2 Z
- Z
- Z + Z'
- Z + TJ
- i est transmis. Le coeffi-
- cient y ^ est ce que M. Pleijel appelle le
- coefficient de transmission. Son inverse est le terme par lequel il faut multiplier e"' pour
- avoir -———. On peut poser cette quantité
- ^transmis
- Z + 7J _ I
- 2Z 2
- = e'
- r pourra être défini comme le coefficient d’affaiblissement dû à la réflexion.
- Supposons que la seconde ligne de caractéristique Z' soit longue; le courant transmis puis réfléchi à l’extrémité de cette seconde ligne sera trop affaibli pour que son retour et sa réflexion nouvelle au point A de jonction des 2 lignes puissent être à considérer ; la formule qu’on vient d’indiquer donnera tout le courant transmis : on dit qu’il y a réflexion complète.
- Supposons au contraire maintenant que la
- (*) Pleijel, Conférence internationale des Techniciens des Télégraphes, igio.
- seconde ligne soit courte et qu’elle soit mise en série soit avec une ligne longue, soit avec un appareil : soit Z" l’impédance de la ligne ou de l’appareil. Alors des réflexions successives se produisent de A'sur A, etc., et on a
- 2 z Z'Z". ,r . (z'-z)(z'-z")
- y 2 Z Z'Z", r
- i=z+z:xTFi*<î“"L'
- -2«T
- ' (Z+Z'l (Z'+Z")
- (Z'—Z)2(Z'—Z")2 , . •
- . i____LJ______L p—4a l -±.
- (Z+Z')2(Z'+Z*)*
- I étant le courant transmis en A'
- ou
- I-
- 2ZX2Z'
- lne~al -
- (Z+Z') (Z'+Z") 0 (Z-Z')(Z'-Z'J
- 1 (Z+Z') (Z'+Z")
- Si a1 V est grand, on est ramené au cas de la réflexion complète; si au contraire a' l! — O
- 2ZX2Z' , _aI(Z + Z')(Z' + Z'j
- I =
- (Z + Z') (Z'+Z1
- aZ T
- 7, 10e-al
- ïïï V"
- 2 Z' (Z + Z")
- Z + Z"
- Ce qui revient à dire qu’il n’y a pas de réflexion due à la ligne AA'. Tout se passe comme si la ligne de caractéristique Z était directement reliée à celle de caractéristique Z".
- Z'
- Le coefficient
- Z —Z'
- Z
- Z +z-
- +
- Z'
- z
- mesure le cou-
- rant renvoyé au point de jonction : nous le désignerons par la lettre q, affectée au besoin de deux indices correspondant aux deux lignes entre lesquelles il y a réflexion.
- Quant au coefficient d’affaiblissement de Z_i_ Z'
- M. Pleijel, / ==.loge----— il est clair qu’il ne
- 2 /j
- peut être égal au coefficient R vu plus haut, car il 11’est pas symétrique en Z et Z'; dans le cas d’une réflexion complète
- Z + Z'
- R = logc
- /ZZ'
- S’il s’agit au contraire d’une ligne intercalée entre deux autres de même caractéristique, on trouve que
- (Z + Z'f2
- v + r'
- loge
- 4ZZ'
- R.
- En d’autres termes les coefficients R et sont
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XXV (2* Série). - N» 20:
- 012
- égaux quand les ensembles considérés sont symétriques par rapport à leurs extrémités.
- II faut d’autre part remarquer que le courant qui a subi une réflexion doit encore forcément en subir une autre pour parvenir à l’appareil : le
- a Z
- facteur de transmission ^ sera multiplié
- Là -J- ù
- par 2: : quel que soit Zr, le facteur 'ï-‘ -, in-
- /i -|- tiV
- terviendra : ce facteur, dans le cas des réflexions complètes, est identique au facteur - vu plus
- O
- haut divisé par e—ai—«T. *
- En résumé nous nous trouvons eu présence d’un certain nombre de grandeurs dont l’examen suivant les cas peut avoir une utilité particulière.
- i“ Le coeflicient de transmission y'et Ie coefficient d'affaiblissement apparent
- log. ;( + £)
- de M. Pleijcl, coefficients qui ont surtouI un intérêt dans les recherches générales, mais qui se prêtent assez malaisément aux applications :
- Z — '/:
- x° Le coefficient de réflexion -——=
- <j [al, a'l:) mesurant le courant renvoyé et qui intervient fréquemment, comme on le verra plus loin, dans les formules;
- IP Le coefficient d’affaiblissement dû aux réflexions, donné directement par les mesures (R= al — S «K Ïk);
- i° Le facteur S, utile à connaître quand il s'agit d’affaiblissements grands;
- 5° Les impédances caractéristiques Z, et Z2 à chaque extrémité de l’ensemble.
- Applications.
- 1 Cas 1)E a LIGNES (ou DE X ENSEMBLES).
- Nous n’indiquerons que les formules relatives à x lignes uniformes, celui de deux ensembles s’en déduisant comme il a été indiqué plus haut. i° Coeflicient d’affaiblissement.
- ou encore
- y/C h2 (al+all')+^ ^ j S h (a al) S h (a a'/')
- +y/S/i2(rtf+«'/')+^|,+|-2^S/i(2a/)S/t(2rt7'). (3*)
- Le coefficient —, -)- ~
- Là là
- •x p qui intervient ici
- est utile aussi dans d’autres cas : M. Breisig le dénomme : facteur de réflexion.
- On peut donc encore écrire.
- C h2 (ala'I') -fP
- =v
- + y/s/t2 (al + al') + £
- S h (a al) S h (xa'l'•)
- S h (a al) S h (-xa’l!)
- ou encore
- eal \-a'l•
- IV'4‘
- [l-f c-C«l+aT|j_Ç—!(e-ial-pe—4a'C)^.ae-2((iI 4 a'I
- +
- y/— la/q-e—tiT)—ac-J|a’J
- Le facteur qui multiplie est égal à c".
- Dès que est grand
- s* = y/,J~~ — ~ (c-»-*' + e-‘“'Ç
- -ia'ï Tl
- Z-rZ( --------------_____
- 7y, V 1 —<ïl (e 11,1 +
- ay/ZZ D’où
- P+ 1
- R — - loge'-\- ~ loge [1 —(/-(e-ial-{-e—la'i')].
- Si alest grand, le terme e-4"1 disparait. Si enfin a' V aussi est grand, il ne reste que -log e^1^—
- 2AL — y/A' A" + v/BC = y/c A2 (al) C h2 (a'I') + S h* (al) S li2 (a’V) )sA(t»7) S h (a'I') C h (al) C h (a'l‘
- ri (3)
- +
- \JC h* [al
- Z . Z
- (al) S h2 (a'I’) + S/12 (al) C h2 (a’V) + / - j Sh (al) S h (a'I') C k(al) C h (à'I')'
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- til 3
- 16 Mài 1914.
- la partie réelle est le coefficient d’aff aiblissement rc correspondant à la réflexion complète.
- On voit que la réflexion complète est atteinte assez vite : il suffit que e~2(al+u'1'), e-4"1 et e—:u'1 soient négligeables devant l’unité.
- Examinons plus en détail le cas d’une ligne longue mise en série avec une ligne dont on pourra faire croître la longueur de O à l’infini. Le coefficient R dans ce cas est donné par la formule !\ où e—4 1 est négligeable.
- R— - log ^ -f-log [i—</-c~ ‘"T].
- Considérant le terme q2 41,1. Quand /'varie,
- il part de la valeur q2 puis décroît en module en se rapprochant de O : dans le plan x y la courbe représentative de q2 e—4aV sera une spirale; q2 est d’ailleurs toujours plus petit que i.
- La quantité i-q* e — 4a'r s’obtiendra dans le
- plan des xy en joignant le point A situé sur l’axe des x à la distance i du centre successivement aux divers points de la spirale. C’est le logarithme de ces vecteurs AB, AB', AB" qu’il faudra ajouter à rc pour avoir R.
- A l’origine le vecteur est égal à i-q2, et il est,,
- laciledevoir que 1 — q2 — -—T c’est-à-dire que rc
- et le logarithme de A B s'annulent; il n’y a pas d’affaiblissement dû à la réflexion.
- Quand le vecteur se déplace sur la courbe et vient en AB' il peut arriver que AB’ soit plus petit que AB : dans ce cas le logarithme de AB' (qui au début est toujours plus petit que 1) est donc plus grand en valeur absolue que celui de de A B et dépasse r,. : la réflexion est négative ou favorable. Il est d’ailleurs facile de voir dans quel cas cet effet se produira : il faut i° que l’an-
- gle de phase de q2 soit positif puisque la courbe estdécrite dans le sens négatif ; 20 que q2 soit aussi grand que possible; 3° que la spirale ne se rapproche pas trop vite de 1, c’est-à-dire que p' /' ne soit pas trop grand par rapport à a' /'.
- On peut d’ailleurs facilement retrouver ces résultats d’après la formule. On verra facilement que quafid a1 l' est petit.
- eK — y/1 + a [p — 1 ) a'/' = 1 + (p — • i a'i'.
- D’où R ~ (p — 1) a,' l' : si je pose p — p< + ip>, a' étant égal à p' -f- ia , on voit que (partie réelle de R) = (p, — 1) P' —p2*', quantité qui devient négative quand p.2 est grand par rapport à />, — 1 et a' par rapport à p'.
- Quand ensuite a'V croît, on voit que le vecteur A' B' augmente; il dépasse l’unité, ce qui veut dire que l’affaiblissement de réflexion est supérieur à /•<.(') puis il se rapproche de O en oscillant autour. La courbe ci-contre rend compte des variations de la partie réelle de R quand/ augmente
- On peut tirer de ces résultats des conclusions intéressantes.
- a) La réflexion est faible en valeur absolue pour les faibles valeurs de p' /', mais elle peut être importante relativement à p'/'; si la ligne longue est une ligne pupiniséô d’impédance égale à 1 5oo ohms et la ligne courte un câble souterrain d’impédance 190^—33°, on trouve que le coefficient angulaire à l’origine de la tangente à la courbe précédente est — 0,018, alors que P' -f- 0,09.2. L’affaiblissement du câble est donc presque annulé parla réflexion. Au contraire, s’il s’agit de la même ligne pupinisée et d’une ligne aérienne d’impédance Goo, on trouvera pour le même coefficient angulaire une valeur positive et égale à o, /,“> p'; la réflexion augmente donc sensiblement l’affaiblissement.
- (•) Il dépasse sensiblement la valeur si « est grand par rapport à
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- 014
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série). T M 20,
- Quant à la valeur de la réflexion complète
- partie réelle de - loge^
- a a
- elle est d’autant plus grande que Z et Z' sontplus éloignées l’un de l’autre. Pour Z == a Z', les deux impédances étant supposées avoir le même argument
- R — - partie réelle de loge '—-
- P + 1
- ce qui est peu sensible
- Si Z et Z’ n’ont pas le même argument, soit x
- T-,
- le module de — et a; l’argument de ce même rap-Zj
- port :
- M*1
- 4 f .r-|— jcosy-}-4-f-2(coscp—sins).
- \ x /
- 16
- Cette quantité est minimum pour x = 1,® restant constant; si x — 1.
- P + •
- 6 -|- io costp —- a sin<p 16
- ce qui est inférieur ou au plus égal à ! : la réflexion complète est donc négative
- si
- <? =
- i
- a
- d’où un affaiblissement négatif d’environ—o, i6. Quandil s’agitdelignes réelles » ne pcutpas être
- supérieur à 4 f>°: dans ces condition s
- et l’alfaiblissement négatif ne peut dépasser quelques centièmes.
- b) La réflexion n’est pas la môme pour toutes les fréquences, aussi bien dans le cas de la ligne très courte que dans celui de la réflexion complète. Le premier des exemples précédents
- (ligne de i 5ooohms et ligne de 190 \/ —Li°) avait été établi pour la pulsation 5 000.
- Pourlapulsation 7 00O, la réllexion complète correspond à 0,57 supérieure de o, l'i àla valeur 0,44 correspondant à la pulsation 5 000. Cet effet s’ajoutant à la déformation propre de la ligne souterraine peut arriver à causer un effet très fâcheux.
- c) Si on mesure le coefficient d’affaiblissement de l’ensemble complexe formé par une ligne
- longue et une autre dont on peut faire varier la longueur (par exemple un câble à nombreux conducteurs), on aura, en ayant soin de ne commencer les lectures qu’à partir d’une longueur suffisante pour que la réflexion soit complète
- ^1 = pZ —|— p'/1 —f-p2 = (3 / -f- fj'l'i -\- vc
- pli — P l -f- $'l'K “f- rc
- P» — $1 + fil'n + rc
- Lespoints représentatifs depK en fonctionde l'K, se trouveront sur une droite qui coupera l’axe des y au point y = p/-f~ R qui aura pour coefficient angulaire p\ On pourra ainsi mesurer à la fois P' et R si on connaît ,3.
- Fig. 3.
- On pourra ensuite avoir les valeurs correspon-dant aux réflexions incomplètes en mesurant |î pour des longueurs plus petites de la seconde ligne.
- Cette méthode est souvent employée par les ingénieurs de l’Administration anglaise.
- a° Calcul du coefficient S (dans le cas ou al -j-a' l' est grand).
- S =
- \? + z + (* - t)
- q {e~w — e-2«'j]. (5)'
- ., Z + Z'
- ~ X ------TT7T- I I
- a ZZ'
- Si al et a.' V sont grand
- S =; ea, b) c)+a'r X - ~tr/ — - p ea'l'+a'1'. •1 ZZ' a
- (A suivre.)
- L. Caiikn,
- Ingénieur des Postes et Télégraphes.
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- 16 Mai 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 615
- LAMPE A FILAMENT MÉTALLIQUE DE UN DEMf-WATT
- La lampe à incandescence à filament métallique a bénéficié dans ces dernières années de deux perfectionnements extrêmement importants : en premier lieu le remplacement du filament de tungstène pressé par un filament de tungstène étiré qui a non seulement supprimé la fragilité de la lampe mais encore a permis de diminuer considérablement son prix de revient; ensuite, tout récemment, l’abaissement de la consommation spécifique par bougie heffner depuis i watt jusqu’à 1/2 watt.. C’est de ce dernier progrès que nous noos occupons ci-dessous.
- Qn savait depuis la découverte des lois du rayonnement des corps incandescents par quel procédé on pourrait augmenter le rendement lumineux des lampes àfilament métallique, c’est-à-dire le rapport entre l’énergie qui affecte notre œil et l’énergie totale consommée dans la lampe. On savait:
- i° Que notre œil n’est pas également sensible à toutes les longueurs d’onde, que tandis qu’on admet que le spectre visible est limité environ aux longueurs d’onde 3 900 et 8000 angstroms, le maximum de sensibilité de l’œil estpourX = 5 400 (jaune vert).
- a0 Que la courbe de répartition dans le spectre de l’énergie rayonnée par un corps solide incandescent présente un maximum autour duquel l’énergie décroît rapidement; que la longueur d’onde qui correspond à ce maximum diminue quand la température du corps s’élève. Pour les températures que nous pouvons facilement obtenir, ce maximum est en dehors du spectre visible du coté des grandes longueurs d’ohde : Pour le platine incandescent par exemple, à 1 65o° absolus le V. correspondant au maximum est au voisinage de 18000 angstriims.
- Il résulte des deux remarques précédentes que l’on augmentera le rondement d’une lampe à incandescence en augmentant la température du filament ; on rapprochera en effet du spectre visible le maximum de la courbe de répartition de l’énergie émise par le filament.
- Par quoi était-on limité jusqu’à présent dans l’augmentation delà température du filament? Par sa volatilisation qui produit sur la paroi de
- l’ampoule la condensation d’nn dépôt noi absorbant la lumière ay passage, oe dépnt se pro-duit à peu près proportionnellement au temps, mais comme l’absorption qu’il produit croît exponentiellement avec son épaisseur, il semble augmenter avec une vitesse croissante.
- Si par exemple on survolte une lampe à vide dont le filament à 0,137 millimètre de diamètre jusqu’à ce qu’011 atteigne une consommation spécifique de 0,41 watt par bougie, on observe un noiroisseinent rapide de l’ampoule : après 40 minutes l’intensité lumineuse a baissé de 80 % et la durée de lampe n’est pas de plus de 4 ou 5 heures (M.
- Si au contraire on remplit la même lampe d’azote à la pression atmosphérique, le filament de 0,137 millimètres étant porté à la même température on constate que la lampe dure 90 heures mais la consommation spécifique s’élève jusqu’à o,65 watt.
- Si on remplace le filament de 0,127 millimètre par un filament de o,a5 millimètre on obtient une durée de 3oo heures avec une consommation spécifique de o,56 watt par bougie.
- On conclut de ces essais que la présence d’un gaz à l’intérieur de l’ampoule diminue considérablement la volatilisation du filament en dimi-nuant sa tension de vapeur.
- On a en outre un meilleur rendement en augmentant le diamètre du filament; toutefois on est rapidement limité dans cette voie; en effet le courant nécessaire pour porter un filament à une température donnée augmente comme la puissance 2/3 du diamètre ; par exemple pour obtenir une température de 285o°, les intensités suivantes sont nécessaires ;
- Ta p nu au I,
- PIAM^TRÉ EN MILLIMÈTRE INTEN6ITÉ EN AJyiPÈrçE£
- 0,127 3
- 0,254 8,5
- 0,5o8 24
- — — -
- (’) Proceed Am. Inst. Elect. Èng. n° 32 1913 p. 1915.
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-
- oui LA LUMIÈRE
- t
- lien résulte, que lorsqu’on ne peut utiliser des faibles tensions, <l’énergie consommée dans le cas des gros filaments est si grande que l’on est conduit à fabriquer des lampes à forte intensité lumineuse, On s’est, efforcé de tourner cette diffi-eulté en cherchant le moyen d’augmenter le diamètre réel du corps éclairant sans diminuer 7?/sa résistance.
- On a d’abord essayé d’utiliser des filaments creux, puis plus simplement on a enroulé le blâment en une hélice à spires très voisines.
- L’induence de la grosseur du filament tient à ce qu’une partie de sa chaleur lui est enlevée par le gaz qui remplit l’ampoule ; dans les lampes ordinaires à vide, l’ampoule absorbe environ 20 % fie l’énergie rayonnée, dans les lampes à azote ee gaz transmet une nouvelle quantité de chaleur qui peut varier entre fi et 40 % . Cette chaleur est enlevée par convection, elle dépend de la surface du corps incandescent que le gaz en mouvement peut venir lécher; si le fil est enroulé en hélice, c’est la surface extérieure de J’hélice qui compte ; on trouve que la perte par convection et conduction n’est plus pour le fil enroulé en hélice, que le 1/7 de ce qu’elle était pour le fil étendu.
- Les courants de convection qui transportent cette chaleur montent, verticalement et n’atteignent qu’une faible partie de l’ampoule ; à cause de cela il est avantageux d’employer des ampoules de grande longueur et de faible diamètre ; il n’y a pas de dépôt dans le bas de l’ampoule même après 1 000 heures. On place un écran de mica pour protéger le culot contre les gaz chauds ; malgré cela on est obligé de brascr le culot, la température étant trop élevée pour la soudure à l’étain.
- Le gaz intérieur employé est l’azote ; on a essayé aussi l’hydrogène mais le rendement est beaucoup moins bon; les constructeurs attribuent ce fait à la meilleure conductibilité thermique de l’hydrogène. Ceci nous paraît un peu douteux, la quantité de chaleur enlevée par conduction étant certainement infime vis-à-vis de celle enlevée par convection et l’influence de la conductibilité thermique sur la convection étant difficile
- ÉLECTRIQUE T. XXV (2“ Série). — N° 20.
- à expliquer. Il est plutôt probable que cette différence d’effet entre l’azote et ‘l’hydrogène tientà la différence de leurs chaleurs spécifiques, peut être même un peu à la différence de leurs densités.
- La pression intérieure est de l’ordre d’une atmosphère, à chaud et de 2/'} d’ainosphère à froid ; il y aurait encore avantage à augmenter la pression intérieure, mais on n’ose le faire pour des raisons de sécurité.
- La couleur de la lumière est plus blanche que celle de la lampe à un watt parce que la température du filament est plus élevée, 2 4oo° absolus au lieu de 2 100, mais l’éclat est six ou huit fois plus grand, 1 000 à 1 200 bougies par centimètre carré au lieu de 100 ce qui oblige pour l’éclairage intérieur à employer des ampoules opalines.
- Pour l’éclairage extérieur, il est nécessaire d’enfermer la lampe dans un globe qui la protège contre la pluie, celle-ci risquerait en effet, à cause de la température élevée de l’ampoule (2000 environ) de provoquer le bris de la lampe.
- La durée de la lampe, c’est-à-dire le temps qui s’écoule av'ant que son intensité ait diminué de 20 %, est indiquée actuellement par les constructeurs comme étant de 800 heures.
- Comme nous l’avons dit plus haut, il n’est pas possible de faire des lampes de faible intensité pour les voltages ordinaires des réseaux de distribution électrique, et il est même très douteux qu’on puisse, par simple perfectionnement du procédé actuel, arriver jamais à fabriquer par exemple des lampes de 16 à 5o bougies pour la tension de 110 volts. Les modèles, les plus faibles d’intensité qu’on puisse trouver actuellement dans le commerce, sont:
- Jusqu’à 2'» volts
- » fi:> »
- » i Jo »
- » 2)0 «
- « afin «
- On peut en revanche fabriquer des lampes de 3 000 bougies et plus pour les tensions ordinaires des réseaux d’éclairage.
- Mauiiick Lkui.axc fils.
- 5o bougies. 100 »
- 200 »
- ">oo »
- 1 5oo «
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- 16 Mai 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 617
- LA PROTECTION DES LIGNES ÉLECTRIQUES ET DES MACHINES CONTRE LES SURTENSIONS. LIMITEUR DE TENSION A RÉSONANCE
- t
- Cet article donne un résumé des études de M. N. Oboukhoff sur la question de la protectionI* des lignes et des machines contre les surtensions; il présente des résultats d’expérience sur un non-\| veau dispositif qui semble de nature à marquer un progrès dans une question aussi obscure que controversée.
- PREMIÈRE PARTIE
- Considérations théoriques.
- Le nom de limiteur de tension à résonance est attribué à un circuit à capacité et inductance réparties, branché en un point de la ligne ; les éclateurs sont montés à leur tour en parallèle avec les différentes parties de ce circuit.
- Le limiteur combat les effets de surtensions en modifiant essentiellement les conditions de résonance du circuit oscillatoire formé soit par la machine à protéger, soit par le réseau lui-même; c’est ce qui explique son nom.
- Fig. i. Fig. a.
- Les détails du fonctionnement du limiteur de tension à résonance s’expliquent de la manière suivante ;
- Examinons d’abord le cas des surtensions dues au changement brusque du courant de régime.
- Supposons qu’il y ait un court-circuit et que les interrupteurs P, P' fonctionnent en coupant le courant.
- Soit L, coefficient d’induction de l’induit de la machine,
- C, capacité de l’induit par rapport à la terre, les deux étant considérés comme répartis.
- Au moment de l’ouverture brusque des interrupteurs PP' l’énergie électro-magnétique accu-
- LI2
- mulée dans l’induit est—, I étant l’intensité du
- •i
- courant de régime. Cette énergie se transforme
- en énergie électrostatique et les oscillations ont lieu (fig. i).
- On sait, d’après la théorie des oscillations électro-magnétiques, qu’un circuit à inductance et capacité réparties équivaut, en ce qui concerne l’oscillation fondamentale, à un circuit à capacité et inductance concentrées avec un coefficient
- de réduction - de sorte qu’au lieu de la capacité
- 'TU '
- C il faut introduire dans les formules et équa-•i
- tiens -
- Ceci dit, on remarquera d’abord que l’onde
- stationnaire qui se forme dans l’induit aura un nœud au milieu de la bobine L (l’induit, de la machine) et un ventre à chacune de ses extrémités, (voir fig. 2. dans laquelle la courbe en pointillé représente la distribution du potentiel le long de, l’induit L).
- La valeur maxima du potentiel E est calculée d’après la règle de l'équivalence de l’énergie électrostatique et de l’énergie électro-magnétique dans le circuit oscillatoire :
- I2 J fcli' . , . \
- L — = - . C. — ; I - L capacité réduite 1
- donc :
- C’est justement le cas de la machine sans le limiteur de tension à résonance.
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-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). — N* 20.
- Supposons maintenant qu’on ait monté le limiteur de tension pour protéger l’induit de la machine contre les surtensions dues au changement du courant de régime (lig. 3); supposons en outre, que L! = L et Cj = C, Li et C, sont les coefficients d’induction.et la capacité du limi-teur de tension (tous deux répartis). Comme la bobine du limiteur n’est pas parcourue par le courant de régime, l’énergie électro-magnétique an moment de l’ouverture brusque des interrupteurs
- sera la même, -----; mais le circuit oscillatoire
- a
- comprendra également les deux bobines L et Lj et les ondes parties de la bobine L et pénétrées dans la bobine Lt formeront en fin de compte les ondes stationnaires qui seront reparties sur l’ensemble des deux bobines Lj et L.
- Comme Li = L et C = Ci, il y aura un nœud d’oscillation au point b, ou le limiteur de tension est branché (voir fig. /, dans laquelle la ligne en pointillé indique encore la distribution du potentiel).
- Fig. 4.
- On voit d’abord que la différence du potentiel Eg entre les bornes de l'induit PP' (bobine L) ne sera que la moitié de la différence du potentiel Ei entre les extrémités a et P' du circuit oscillatoire et ensuite que même cette dernière sera réduite.
- En effet, le circuit oscillatoire aura la capacité C -f- Ct = a C et la formule fondamentale
- donne
- donc
- E,
- -È-1
- E
- i
- K
- >
- la bobine L sur la figure i (l’induit de la machine sans le limiteur de tension),
- E = V/Î5'l(p-'i,,)-
- E. = - E, = —V E = -V E.
- 2 a s/l a»8j
- On voit que par la seule présence du limiteur de tension à résonance la surtension par rapport
- E,
- à la terre — est réduite dans la proportion de
- j_. ri'
- 1,41’ Lï
- i
- et la différence du potentiel entre les bornes de l’induit (entre les points b et P') dans la proportion
- ------- ; E2= ---------
- a X i,4« V a X C4«
- sans que les éclateurs du limiteur fonctionnent. Si cette réduction n’est pas suffisante et comme il existe un rapport fixe entre la répartition du potentiel dans la bobine Li du limiteur et dans la bobine L de l’induit de la machine (rapport déterminé par les valeurs relatives des constantes L, C, L, cl Ci des deux bobines), on pourra construire l’appareil de telle manière queles éclateurs du li-mitcur fonctionnent du moment que les surtensions deviennent dangereuses pour l’induit L; l’énergie électrique emmagasinée dans la bobine du limiteur sera transformée en chaleur et les charges électriquesetavec clics l’énergie s’écouleront de nouveau dans la bobine L( du limiteur et la surtension dansla bobinede l’induit sera de nouveau réduite ; sicette réduction n’est, pas suffisante, les éclateurs fonctionneront de nouveau, etc..
- On voit que le fonctionnement du limiteur peut être divisé en deux parties : d’abord il diminue les surtensions dans l’appareil ou la machine à protéger sans que les éclateurs fonctionnent; c’est seulement au moment, où celle diminution n’est pas suffisante queles éclateurs fonctionnent et la bobine du limiteur se trouve débarrassée de l’énergie électrique de surtension pour recevoir de nouvelles charges provenant de l’appareil à protéger (l’induit de la machine, transformateur, etc.), de sorte que celui-ci esta
- où E est la valeur de surtension aux bornes de
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-
- 16 Mai 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- (119
- son tour débarrassé d’une partie de l'énergie oscillatoire et subit une réduction nouvelle des surtensions. On a considéré le cas de deux bobines identiques L, et L
- [L, = L; C, = C].
- Pour réaliser le nœud d’oscillation au point b d'embranchement, il est suffisant d’après la théorie que
- L,C, = L.C (11g. /,).
- Donc on est relativement libre dans le choix de Lj et C,. Même réalisant
- L|(-,
- LC
- si l’on fait
- C, > C et L, < L (tig. ',)
- on obtiendra une diminution des surtensions encore plus considérables que dans le cas de
- L! — L et C, = C.
- Si
- LjC, > CL
- le nœud d’oscillation se déplace dans la bobine L, du limiteur et la différence de potentiel entre les bornes de l’induit PP' en sera diminuée par rapport au cas où
- L, C, = LC;
- les résultats seront contraires si L,C, < LC.
- Si l’on veut se fier principalemmcnt au fonctionnement des éclateurs, on pourra réaliser le produit L, Ci considérablement plus petit que L C; c’cst-à-dire, qu’on construira le limiteur de tension avec « des dimensions électriques « bien plus petites que celles de l’appareil à protéger; seulement dans ce cas c’est aux ('‘dateurs qu'incombera le rrtle de faire baisser les surtensions.
- Il est à remarquer que le fonctionnement des éclateurs ne cause aucun court-circuit par rapport au courant principal du réseau.
- Donc le limiteur de tension à résonance possèdela facultéde faire baisser les surtensions sans que les éclateurs interviennent et ensuite
- leur fonctionnement n’entraîne pas le court-circuit du courant principal du réseau. Donc on évitera tous les inconvénients et les dangers de nouvelles surtensions auxquelles donne naissance la rupture de ce court-circuit sans parler de réchauffement inutile, et même nuisible de l’appareil qui en est la conséquence.
- Si l’on a à protéger la ligne elle-même contre les surtensions dues au changement de régime du courant les considérations précédentes sont entièrement applicables.
- Quand il s’agit de protéger la ligne ou n’importe quelle machine contre les surtensions dues aux causes extérieures : aux ondes se propageant le long de la ligne, qui sont bien plus courtes que les ondes considérées plus haut, le limiteur detension à résonance sera de « dimensions électriques « bien plus petites puisque dans ce cas il suffit de prendre en considération seulement une partie de la ligne qui correspond à i/4 de la longueur de l’onde et de réaliser l’appareil de sorte que l’on ait L( Ci = L C (où L et C
- Ç* a f
- t»
- 6e, r.
- Fig. 5.
- sont l’inductance et la capacité de la ligne jiar i/4 de la longueur d’une onde). Dans la bobine dn limiteur se retrouveront toutes les valeurs du potentiel qui peuvent surgir sur la ligne même.
- Pour protéger n’importe quelle machine contre les surtensions provenant d’une source extérieure et les ondes se propageant le long de la ligne, on monte le limiteur de tension à résonance comme il est indiqué sur la figure 5 ; il est branché au pointu, avant les barres collectrices de la station ; la bobine d’arrêt L2 est placée entre le point a d’embranchement et les barres. Une onde, qui arrive dans la direction de la flèche /‘subira au point a réfraction et réflexion et pénétrera dans le limiteur de tension. — Pour faciliter cette pénétration de l’onde et entraver la propagation dans la machine au delà des barres collectrices on réalisera la conductance
- G, , ---
- apparente du limiteur de tension — de sorte que: i° elle soit égale ou supérieure à la conductance
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- de lit ligne ^ où C' et L' sont respectivement la
- capacité et l’inductance par unité de longueur et a0 la conductance apparente de la partie comprise entre les barres collectrices et le point a soit inférieure à celles de la ligne et du limiteur. C’est pour cela que l’emploi de la bobine d’arrêt L2 est recommandable. La réalisation de ces deux conditions permettra à l’onde de pénétrer' presque avec toute son amplitude dans le limiteur de tension, et de décharger son énergie (transformée en chaleur) dans les éclateurs du limiteur.
- DEUXIÈME PARTIE
- Expériences faites au Laboratoire de l’Université de Londres (Pender Laboratory of the Univer-sity College under direction of Professor Fleming) et la discussion des résultats.
- Octobre et novembre igia.
- Le dispositif qui servait pour les expériences était (fig. 6) composé d’un système oscillatoire couplé A primaire et B secondaire et permettant de réaliser le circuit Wien, dont le point caractéristique est « l’excitation par le choc « (« Stos-serregung » en allemand; « iinpaetc-dischargc » en anglais). Le circuit primaire, étaiteonstitué,(u) : par une bobine de Ruhmkor.IT K dont l’éclateur
- •CUMiM
- il II
- Fig. 6.
- ordinaire a été remplacé par deux éclateurs D, en série; décrits comme « impactc-dischangcrs » dans la brochure publiée par le professeur. Flemming (« Measuremcnt of Energy losses in condensers by high frequcncy oscillations « pages 118 et 119) (b) : les condensateurs C (toute une batterie) et (c) : la bobine d’induction L qui était couplée élcetromagnétiquement avec la bobine Li du secondaire.
- Le circuit secondaire contenait deux circuits oscillatoires : l’un composé de la batterie des
- condensateurs C, et la bobine d’induction Li> et l’autre de deux bobines d’induction Lt et L2 en série et la batterie des condensateurs C2 et résis-tance R; les condensateurs à capacité variable désignés sur le croquis par le signe ^ permettaient de réaliser la résonance de deux circuits A et B; l’éclateur I en parallèle avec la bobine L, du secondaire servait comme indicateur de la surtension aux bornes de la bobine Li, de même que l’éclateur II aux bornes delà bobine L2; l’interrupteur a à trois godets à mercure I'; II'; III'; permettait de mettre, I'au moyen d’un cavalier métallique (fig. 6a) en communication tantôt avec II' tantôt avec, 111' c’est-à-dire de coupler avec le primaire A tantôt le circuit Li, C1; IL 1' tantôt le circuit X’,, C2, III', 1'. En outre en plongeant le
- cavalier dans les godets B à mercure 011 court-circuitait la résistance R = ai ohms.
- Un ampèremètre thermoélectrique A' indiquait le sommet de résonance et rendait possible l’étude de la courbe de résonance.
- La bobine de Ruhmkorff, dont l’interrupteur tournant à mercure (18 interruptions par seconde), a remplacé l’interrupteur à ressort chargeait la batterie des condensateurs C qui se déchargeaient à leur tour à travers les deux éclateurs D à disques tournant dans l’huile et donnaient naissance aux oscillations dans le primaire A.
- Ces oscillations étaient extrêmement amorties, à cause de l’effet produit par les deux éclateurs à disques tournants D dans l’huile, qui étouffaient instantanément l’étincelle et ouvraient ainsi le circuit primaire sans permettre aux oscillations d’achever leur train (page 119 de la brochure citée plus haut).
- Grâce à cette propriété du primaire, le secondaire recevait de lui un choc, une quantité d’énergie électrique qui donnait naissance aux oscillations dans le secondaire, mais comme le primaire devenait ouvert presque instantanément après l’apparition de l’étincelle, il n’y avait pas d’échange réciproque d’énergie entre le primaire et le secondaire; il n’y avait pas de réaction du secondaire sur le primaire et l’énergie reçue par le secondaire du primaire continuait d’osciller librement. Le couplage entre le primaire et le secondaire était moyen (ni trop serré ni trop lâche) l’amortissement du secondaire très faible (pas d’éclateurs insérés dans le circuit, les éclateurs l et II en parallèle avec Lt et L2 n’étant que les
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- indicateurs de surtensions dépassant une certaine limite), larésistance R restant court-circuitée.
- Donc dans ces conditions le système oscillatoire réalisait le circuit de YVien (excitation par le choc. « Stosserregung » « impacte diseharge ».)
- Cela était prouvé (i) par la courbe de résonance du primaire très plate (indice d’un très fortamortissement (2) par la courbe de résonance du secondaire très pointue; (3) parle fait que les oscillations du secondaire étaient d’une seule et même période qui était toujours la propre période du secondaire, soit qu’il lut en résonance avec le primaire, soit qu’il ne le fût pas et cela pour la différente distance du point de résonance ; et certes l’amplitude changeait.
- D’ailleurs les expériences décrites dans l’autre brochure du pi’ofesseur Flcmming (some résonance curves taken with impacte and bail dis-chargers) prouvent en effet que les éclateurs à disques tournants employés dans les expériences réalisent « l’excitation par le choc de Wien » (Stosserregung).
- Donc l’énergie électrique est communiquée au secondaire et se met en branle de la même façon que l’interruption brusque du courant dans une machine par l’ouverture des interrupteurs produit un choc électrique en dégageant l’énergie électromagnétique qui oscille dans les mêmes conditions que l’énergie communiquée par le primaire A au secondaire B par un choc (Stosserregung).
- La bobine de Rulimkorfï était alimentée par un courant continu de 8 ampères qui était entretenu toujours constant au moyen d’un rhéostat à charbon; l'interrupteur ordinaire à ressort était remplacé par un interrupteur tournant à mercure qui faisait 18 interruptions du courant par seconde, travaillait très régulièrement et rendait le fonctionnement de la bobine de RuhmkoriT très régulier.
- Les pôles des éclateurs I et II ayant été éloignés l’un de l’autre, on plongeait le cavalier dans les godets T et IL et on réalisait le circuit oscillatoire L] CM II'F (fig. 7) qu’on « accordait » c’est-à-dire qu’on mettait en résonance avec le primaire au moyen du condensateur variable N (point de résonance division a5). Ce circuit oscillatoire était identique au circuit oscillatoire formé par la machine (sans le limiteur de tension) au moment de l’ouverture brusque des interrupteurs ilig. 1 et a). Sur les ligures 6 et 7 la
- bobine L* joue le rôle de la machine à protéger et est en même temps, comme cette dernière, le siège de l’énergie qui donne naissance aux oscillations (lig. 7). L’ampèremètre thermoélcctrique A/ mesurait la valeur I* approximativement, c'est-à-dire que les écarts de l’aiguille et le nombre de divisions étaient proportionnels au carré de l’intensité du courant 1 dans le secondaire. Ensuite on plaçait le cavalier dans les godets b et 111/ et on « accordait » le circuit L, L2 C2 IIP F au moyen des condensateurs variables % X2 (point de résonance division 20) et Na(point de résonance division i5); le courant (c’est-à-dire I2) observé était 11; la résistance R dans le circuit était court-circuitée (fig. 8).
- La bobine L» y joue le rôle du limiteur de tension.
- Ce second circuit oscillatoire est identique au circuit oscillatoire formé par la machine et le limiteur de tension (fig. 3 et/,) lors de l’ouverture brusque des interrupteurs. La bobine L, sur la
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- 1-
- ligure 8, tout à fait comme l’induit de la machine L sur les figures 3 et /,, est le siège de 1 énergie qui engendre des oscillations se propageant au delà de la bobine L, dans la bobine L2 {fig. 8)
- L l-
- exaetement comme l’énergie -— de l’induit de
- la machine produit des oscillations qui pénètrent dans le limiteur de tension, au moment de la rupture brusque ou du changement brusque du courant du réseau.
- La quantité d’énergie que reçoivent séparément les deux circuits L, C, IF F (fig. 7) et L, \j> (L UF F (fig. 8) est toujours la même, puisque. rien ne change dans le fonctionnement du primaire et que le couplage du primaire et du secondaire (les rapports en Ire les bobines L etL, restent les mêmes dans les deux- cas.
- D’ailleurs l’expérience le prouve. Dans les deux cas l’ampèremètre A'a mesuré la valeur I’2 Soit L Ej Ci le courant, la tension et la capacité du circuit Li C, IF F (fig. 7) et I2 E2 C2 les mêmes valeurs dans le circuit L j L* C2 IIP F (fig. 8).
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- L’énergie mise enjeu dans les deux cas étant la même on doit avoir :
- donc
- E, I, = K* L
- c.iy = cæ2
- 2 2
- — i? — i
- E2 I, V C,’
- Nous avons daus les deux circuits :
- Ci = 0,000264 mf.
- C2 — 0,000117 mf.
- et puis d’après l’observation, l’ampèremètre thermoélectrique mesurant ces valeurs proportionnelles au carré du courant, c’est-à-dire, I2 nous avons
- (T.I,2 = 23 et a. Ia2=ii.
- a coefficient fixe de proportionnalité ; en substituant ces valeurs nous avons :
- \/%=\/0i
- OOO26/1
- OOOII7
- =
- 2ti
- ï; = \/tt =
- i,45
- Donc on voit que la coïncidence des valeurs
- est presque complète et que notre supposition de l’égalité de l’énergie mise enjeu dans les deux circuits (fig. 7 et 8) est prouvée par l'expérience.
- Mais celte égalité de l’énergie miseen jeu existe aussi bien dans le cas réel de la machine soit pourvue, soit non pourvue du liniiteurdc tension :
- e’est toujours la même quantité
- courant
- du réseau) qui donne naissance aux oscillations au moment de l’ouverture brusque des interrupteurs ou du changement brusque du courant de régime.
- Donc on voit qu’on a tous les droits d’identifier le circuit oscillatoire de la machine sans le limi-tcur de tension au circuit L Ci II' 1' (fig. 7) et celui de. la machine pourvue du limiteur au circuit Lj t2 C2, III', I' (fig. 8) et de faire les conclusions d’après les résultats tirés des expériences faites avec le dispositif employé. C’est toujours des
- oscillations libres qu’il s'agit dans tous ces cas. Après avoir « accordé « les deux circuits séparément on remettait le cavalier dans les godets 1'II' (circuit r, C, 11' 1', (fig. 7) et l’on approchait les pèles de l’éclateur I l'un de l’autre jusqu’à ce cpie le train continu des étincelles brillantes et énergiques ait apparu; après cela sans rien changer à l’éclateur I, on plaçait le cavalier dans les godets 1' et III' (le circuit L, L2 C2 III' I' la résistance 11 court-circuitée fig. 8), ce qui avait pour consé-quencela disparition du train régulier et continu des étincelles ; celles-ci disparaissaientpratique-ment et ne jaillissaient que par instant sans aucune régularité à des intervalles de plusieurs secondes.
- Hi S;»;)c
- i 8 I ~r.ww£Ww
- l-.-ut c . l’WHf », r
- vbjnri J*».' I u
- •Uh>A>u< ni ni .Aru
- Fig. S.
- Lorsque le cavalier placé dans les godets B était enlevé (la résistance 11 dans le circuit) ces étincelles rares, faibles et irrégulières disparais saientelles-mêmes complètement.
- La longueur de l’étincelle était de i,2-> millimètres (la distance entre les pôles de l’éclateur). Donc 011 doit reconnaître qu’011 peut réduire la surtension oscillatoire aux bornes de la bobine Lj (appareil à protéger, fig. 7 et.8) au moyen d’une autre bobine L2 incorporée au circuit oscillatoire à laquelle il est encore utile d’adjoindre la résistance ohmiqûe R mise en série avec la bobine L2, qui joue ainsi le rôle du limilcur de tension.
- Dans les deux cas la quantité de l’énergie mise en jeu était la même, comme il est prouvé plus haut; donc la disparition des étincelles aux bornes de la bobine L,, dans le cas du circuit Lt, L-2, C2, III', 1' 11e peut être attribuée à la dirai-* nution de l’énergie oscillatoire mise en action.
- Seulement en un seul point les conditions des expériences faites avec le dispositif employé étaient différentes de celles du circuit oscillatoire réel (induit de la machine) sans ou avec le liniiteurdc tension (fig. 1, 2, 4, 4). Dans ce dernier cas, l’incorporation du limiteur au circuit oscillatoire augmente la capacité du circuit oscillatoire; c’est, ce qui fait baisser encore bitension aux bornes de l’induit de la machine à protéger,
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- puisque l’énergie oscillatoire restant la même, la différence du potentiel aux bornes a et P' (fig. 4) est inversement proportionnelle à \/c, la racine carrée de la capacité.
- Mais dans les conditions des expériences faites avec le dispositif employé, La capacité C2 du circuit L,, L2, C2, IIP, I' (lig. 8, appareil à protéger avec le limiteur de tension) était plus petite que C,, capacité du circuit Lj, C,, IP, P (fig. 7, appareil à protéger seul sans le limiteur); c’était la conséquence de la nécessité « d’accorder » les deux circuits sans rien changer dans le fonctionnement du primaire et d’assurer ainsi la même quantité d’énergie oscillatoire mise en jeu dans les deux circuits.
- Mais cette différence dans les conditions du fonctionnement du dispositif employé et du circuit oscillatoire réel rend les expériences encore plus concluantes :
- Si même dans ces conditions (C2 < Ci), on réalise une réduction considérable de la surtension aux bornes L, (appareil à protéger) (fig. 7 et 8), on aura à plus forte raison une diminution des surtensions si C2 > Ci et c’est justement ce dernier cas qui se présente dans la réalité, la capacité du circuit oscillatoire de la machine munie du limiteur étant toujours plus grande que celle de la machine seule.
- Expériences faites au Laboratoire de l’Université de Londres.
- Valeurs des capacités des condensateurs.
- CONDENSATEUHS FIXES (Capacités en microfarads.)
- N° 1 — o,ooanî microfarads
- » a — 0,001918 »
- » 1 —
- » /| 0,0011020 »
- » 5 — 0,002200 »
- » 6 — 0,002172 »
- » 7 — 0,002162 »
- » 8 — 0,002467 »
- » 9 — 0,001704 »
- » io — 0,002260 »
- » 11 — 0,002167 »
- » 12 — 0,002009 »
- CONDENSATECItS VAHIAIH.ES
- N° 1
- N° 2
- N" 3
- N° 4 N° 5
- ( Capacités en micromicro farads. )
- Division. Capacité.
- 70 890 in icromicrofarjids
- 80 1 006 »
- 76,6 l)5o »
- 27 385 »
- 100 1 220 »
- 63 80 5 »
- 26 36o »
- 40 626 »
- 45 585 »
- 46 595 »
- O 90 »
- 20 295 »
- 10 0 1 220 »
- 3z,r> 497 »
- . 75,5 945 »
- /(o 55o »
- 45 610 »
- | 5o 676 »
- 0 110 »
- ’.iO 3o5 »
- 100 1 285 >1
- i5 235 »
- , 100 3 35o »
- ! 0 i85 »
- , 100 3 180 »
- 1 0 180 »
- Les valeurs des capacités C, Ci et C2 calculées d’après les valeurs des condensateurs.
- o,ooo36n
- 1
- 1
- 0,002009
- +
- I
- 0,001918
- C,= 0,000264 m.f.
- C2=----------------------------------------------
- —1--------\-----L—----------1—. j-----ï—
- 0,000296 o,ooo«35 0,002112 0,0022
- C2= 0,000117 m.f.
- Li = 116 200 centimètres (mesurée)
- T ^ T ^ T LtGi 116200 0,000264
- L (, = 1.1G1 L = == 7 P-----
- G 0,00260a
- L — 11 780 centimètres (calculée).
- 1
- " t ............................................+_____________ 1_____________z
- 0,000185 -j- 0,001704 -j- 0,002020 -j- 0,002260 0,000(Su -j- 0,002172 -j- 0,002162
- C = 0,002606 m.f.
- X. ObOUKHOFEj
- Ij)gcnjeuy*éJectricien de l'Ecole supérieure d’Eleclricité de Paris (1909).
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV(2* Série).—N»20.
- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- STATIONS CENTRALES ET DISTRIBUTION
- Usine électrique de transmission sans tableau de distribution. — Dr Louis Bell.
- L’auteur de cet article a visité 1’usine électrique de Saint-Maurice, établie suivant le système Thury à intensité constante et desservant la station centrale de Lausanne. 11 fait entre ce système et le système triphasé de transmission de l’énergie électrique, une comparaison qui est manifestement favorable au premier.
- En fait,dit-il, au début de son étude, après avoir soigneusement considéré la question, si l’auteur avait à mentionner la caractéristique essentielle du système Thury, il déclarerait que c’est sa simplicité de fonctionnement pratique. Il est parfaitement vrai que les unités génératrices doivent être en série si l’on veut employer un voltage élevé, de même que doivent l’être les moteurs récepteurs; mais cela semble être le petit coté de la question et les stations dans leur ensemble sont beaucoup plus simples qu’une station triphasée ordinaire et, selon l’auteur, ont beaucoup moins de chances de mauvais fonctionnement.
- L’équipement auxiliaire et celui du tableau de distribution d’une station ordinaire de transmission d’énergie sont en grande partie inutiles, extrêmement coûteux, et constituent une source de multiples troubles dans le fonctionnement de la station. Ils rendent difficile la mise du personnel au courant des connexions et dispositifs d’une nouvelle station de façon à la conduire avec une facilité relative et il y a toujours une chance capitale d’erreurs en cas d’urgence.
- D’autre part, tout électricien intelligenthahitué à la conduite d’une station centrale sera capable de se familiariser à la conduite d’une station à intensité constante dans les *a4 heures nécessaires pour la voir dans son cycle normal de charge et au bout de ce temps, il pourra la contrôler avec une grande facilité. L’absence de tout tableau de distribution et des complications dues aux transformateurs, non seulement simplifie la
- p ’ •
- marche de la station, mais supprime une Gause de dépenses élevées et nécessaires.
- Après ces généralités, l’auteur passe à la description de l’usine de Saint-Maurice établie sur le cours supérieur du Rhône, en amont du lac de Genève. Cette usine fournit une charge d’environ 4000 kilowatts à un voltage maximum d’environ a5 ooo volts. La ligne de transmission du courant àLausannca unelongueurde 56kilomètres. Cette usine est donc comparable, comme importance, à celles de moyenne grandeur produisant du courant triphasé à 20000 ou a5 000 volts. Elle comporte 6 groupes générateurs composés chacun d’une turbine hydraulique Escher-Wyss, fonctionnant sous 3o mètres de hauteur d’eau, et d’un couple de générateurs Thury. Chaque générateur donne un courant constant de i5o ampères à une pression maximum de % 200 volts, soit 33o kilowatts par générateur et 660 kilowatts par groupe. Chaque couple de générateurs est relié par un robuste accouplement flexible, et isolant et un accouplement semblable réunit le groupe des générateurs à la turbine. Ces accouplements sont constitués par deux larges plateaux portant des goujons sur lesquels sont passées de grosses bagues de caoutchouc.
- Les 6 groupes sont contrôlés, pour le maintien de l’intensité constante, par un unique régulateur agissant sur la vitesse des turbines. E11 outre, chaque groupe de générateurs possède un petit servo-moteur pour actionner le vannage de mise en marche et d’arrêt. Au-dessus de chaque couple de générateurs sont montés un ampèremètre et un voltmètre et en avant du pilier antérieur se trouve un petit compteur automatique de mise en court-circuit pour éviter que les générateurs ne fonctionnent comme moteurs el n’échappent au contrôle en cas d’accident. Un pilier, près de l’extrémité du groupe du côté de la turbine,'porte un commutateur très simple de mise en court-circuit pour la mise en marche du groupe.
- A cela se limitent les appareils de contrôle. Le tableau principal de distribution, si l’on peut l’appeler ainsi, est formé par une vitriile fixée au
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- mur et contenant un ampèremètre, un voltmètre gradué en milliers de volts, èt rien autre chose en ce qui regarde l’installation principale. Le reste des appareils visibles dans la figure i, servent au contrôle du petit moteur actionnant le régulateur et à la mise en circuit du régulateur 1 ui-même.
- Dans un anglede la station centrale, se trouvent deux petites machines triphasées de 8o kilowatts qui alimentent le réseau local de Saint-Maurice et qui comportent à elles deux un équipement accessoire et un tableau plus importants que tout le reste de l’installation. s
- Littéralement, l’usine principale de transmission n’a pas de tableau de distribution et se conduit avec une facilité presque amusante. Par exemple, si la charge augmente et s’il faut mettre en marche une nouvelle unité, on donne un tour de volant au servo-moteur de la turbine correspondante, en partie masqué derrière le pilier (fîg. a). Quand la machine mise en court-circuit démarre, le conducteur de la station ouvre le commutateur du groupe lorsque l’ampèremètre de ce groupe marque environ i5o ampères; le régulateur'fait le reste.
- Pour arrêter un groupe, on ferme la valve du servo-moteur, puis le commutateur de mise en court-circuit, lorsque le voltmètre marque environ 200 volts : la manœuvre se borne là.
- En temps ordinaire, i ou 4 groupes sont en marche, les autres étant en réserve pour fournir aux pointes. Sur la figure i le voltmètre marque environ 1-2000 volts; la photographie a été prise un dimanche après-midi. Au moment des pointes, toutes les machines sont mises en circuit et le voltage est doublé.
- Cette installation, remarquons-le, est déjà ancienne ; aujourd’hui, on l’établirait avec 3 groupes seulement au lieu de 0, constitués par une machine à double induit et i paliers, qui serait accouplés directement à la turbine par un seul accouplement isolant.
- Bien entendu, dans une pareille installation, les machines doiventêtre soigneusement isolées du sol, la figure2 montre comment les machines sont portées par des isolateurs en porcelaine. Dans les installations plus récentes, les fondations des machines sont elles-mêmes isolées et l’on peut travailler en toute sécurité autour des généra le 11 rs.
- La station réceptrice d’un système de ce genre
- est semblable à la station génératrice mais le moteur à intensité constante y est directement accouplé à des générateurs triphasés, enroulés pour le voltage de distribution du réseau. Dans ce cas, on emploie un régulateur à vitesse constante agissant sur le moteur par décalage des balais. La pratique montre que ce système de régulation peut être rendu très sensible et précis, en sorte que les moteurs fonctionnant sur le réseau de distribution sont maintenus à vitesse constante plutôt mieux que dans le cas de ia transmission directe par générateurs triphasés marchant continuellement. En effet, avec un courant d’intensité constante, la vitesse des fluctuations de celle-ci n’occasionnent plus d’ennuis sauf en ce qu’elles peuvent limiter le débit maximum.
- Naturellement, il y a une plus grande perte dans ces groupes moteurs-générateurs que dans les transformateurs, mais, d’autre part, on 11’a plus qu’une transformation au lieu de deux et dans la fourniture du courant de traction la différence devient très faible.
- Le problème de la ligne de transmission est intéressant. Il faut accepter délibérément le fait que la perte en ligne, quelle qu’elle soit, est constante et indépendante de la charge. D’autre part, le voltage maximum, qui détermine le fac teur de sécurité dans l’isolation, n’affecte le système à intensité constante que pour les pointes et il 11’existe pas de composante diphasée dont il faille tenir compte dans l’établissement de la ligne. En tenant compte du facteur de puissance ainsi que des pertes qu’il occasionne indirectement, les pertes moyennes en ligne dans les deux cas diffèrent beaucoup moins l’une de l’autre qu’on 11e pourrait le croire a priori.
- La ligne de Saint-Maurice à Lausanne est de construction très simple, sur poteaux en bois avec des isolateurs de porcelaine plutôt petits. C’est un simple circuit à deux fils, mais, pratiquement, il fonctionne comme un circuit double, chaque fil pouvant être employé sans perte pour transmettre la charge totale avec retour par la terre. Cette ligne a fonctionné ainsi pendant de longues périodes et l’emploi d’un circuit métallique de retour est parfaitement inutile, sauf pour permettre le doublement du circuit et pour tenir compte du préjugé populaire^
- D’ailleurs la mise à la terre d’un courant de i5o ampères est chose toute différente de celle
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série) — N° 20,
- G26
- d’m» courant alternatif à voltage constant.
- Cette possibilité garantit la sécurité du service. La protection contre les coups do foudre est exceptionnellement facile, puisqu’on peut mettre sur la ligne de fortes inductances sans résultats fâcheux. De même, tous les ennuis qui proviennent des effets de résonance disparaissent ici, en sorte qu’au point de vue de la ligne on est parfaitement tranquille.
- En somme, malgré le grand nombre d’unités génératrices et les 12 commutateurs à liante tension, le système semble d’une conduite extrêmement facile. Les commutateurs ne montrent d’ailleurs nulle trace d’étincelles.
- En faisant ces remarques, l’auteur se défend de faire l’apologie du système à intensité constante, mais il déclare que ce système est très impressionnant et paraît très utile dans des cas appropriés, en même temps qu’il est remarqua^ blement simple au point de vue purement pratique de celui qui en a la charge.
- (Eleclrical World, i/\ mars 1914.)
- Petite centrale de 675 chevaux à moteur Diesel avec utilisation au chauffage de la chaleur des gaz d’échappement.
- La centrale électrique, des nouvelles usines de la Busch-.S1d7.er Brothers Diesel Engine Company à Saint-Louis (E.-U.), comprend 3 petits moteurs Diesel à 3 cylindres, à 4 temps, de 5 chevaux chacun et est prévue pour une puissance totale de 900 chevaux.
- Trois génératrices Crocker-Wheeler de 160 kD lowatts pour courant continu à 1 il-aJo volts, sur 3 fils, sont accouplées directement à ces moteurs et font i65 tours par minute. Un volant de 7,5 tonnes et de 2 m. 90 de diamètre, intercalé entre le moteur et la génératrice, régularise
- l’action du premier et aide la seconde à franchir les pointes produites par le démarrage des grosses machines-outils.
- Les moteurs sont alimentés par deux réservoirs de pétrole d’une contenance de 45 mètres cubes chacun. Ces réservoirs sont enterrés près d’un branchement de chemin de fer et sont remplis par gravité au moyen de wagons-citernes amenés sur ce branchement et reliés à des conduites souterraines qui vont aux deux réservoirs. Le pétrole est repris par des pompes et injecté sous pression,dans les moteurs pendan t12 % de la course motrice des pistons. Le démarrage des moteurs se fait par l’air comprimé.
- La centrale possède un tableau de distribution à 7 panneaux à savoir : un pour chaque groupe électrogène et les quatre autres pour le contrôle des circuits de force motrice et d’éclairage.
- Deux compresseurs d’air, commandés par courroie chacun par un moteur électrique de 5o chevaux à a3o volts et 600 tours par minute, fournissent l’air sous pression à des réservoirs tant pour le démarrage dos moteurs que pour, l’injection du combustible liquide. Une particularité de cette petite centrale c’est l’utilisation qu’on y a faite de la chaleur des gaz d’échappement des moteurs au réchauffage de l’eau du chauffage central. Cette eau, après passage dans les radiateurs de chauffage, circule d’abord dans des réchauffeurs où elle absorbe la chaleur des gaz d’échappement, puis dans des réchauffeurs à vapeur alimentés par trois chaudières marchant à la pression de 7 kilogrammes et fournissant en même temps la vapeur pour les marteaux-pilons.
- Au lotàl, la puissance des moteurs électriques de l’usine est de 1 5oo chevaux. Ces moteurs vont d’une puissance d’une fraction de cheval jusqu’à 5o chevaux.
- (Eleclrical World, 18 avril.)
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- 16 Mai 1914.
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- TRACTION
- Le matériel roulant des chemins ide fer électriques. — H.-E. O Brien.
- Pour déterminer l’intérêt qui s’attache à l’électrification d’une ligne de chemin de fer, il y a lieu de tenir compte des trois facteurs suivants :
- i° La fréquence des arrêts,
- 2° La vitesse moyenne des trains,
- 3° Le poids des trains.
- La fréquence des arrêts est fixée d’après la nature de la région traversée. Quant à la vitesse moyenne des trains, elle est fixée d’après les conditions du trafic. Le principal avantage de l’électrification consiste dans la possibilité d’accroître le nombre de trains et la distance à laquelle on peut commodément atteindre les localités suburbaines. On doit admettre, en général, qu’on ne peut dépasser une durée de parcours supérieure à 45 minutes ; à la vitesse moyenne de kilomètres à l’heure, cette durée correspond à une distanced’environ 36 kilomètres. Si l’espacement moyen des stations est de i 5oo mètres environ, cette vitesse peut être considérée pratiquement comme un maximum.
- I/utilisation d’un matériel léger est de la plus haute importance, spécialement dans le cas de trains à grande vitesse desservant des slations rapprochées. La consommation d’énergie varie, en effet, presque en raison directe du poids des trains. Or, le seul facteur qui soit susceptible de variation etqui, d’ailleurs, joue un rôle important dans le problème, est le poids du matériel roulant. Il est donc particulièrement intéressant de réaliser un matériel permettant de disposer d’un grand nombre de places par tonne.
- On ne doit chercher à obtenir la légèreté de construction qu’en employant des matériaux légers et présentant sous un moindre poids la même résistance que les matériaux usuels, de manière à ne pas réduire le coefficient de sécurité du matériel; mais comme le prix de ces matériaux, est en général, élevé, il convient de déterminer dans quelles limites une augmentation de frais d’établissement du matériel pourrait être justifiée par une économie correspondante dans les dépenses d’exploitation.
- En admettant une consommation de Go watts-heures par tonne-kilomètre aux extrémités des feeders haute tension et un parcours moyen annuel de ioo ooo kilomètres par an, chaque tonne de voiture motrice exige 6 ooo kilowatts-heures par an, soit une dépense annuelle de 3oo francs pour un prix de kilowatt-heure supposé égal à 5 centimes.
- Le coût des réparations par tonne de matériel roulant atteint environ i francs par an pour un service à grande vitesse, et l’entretien des rails correspond également à une dépense de francs par tonne, soit une dépense totale, énergie comprise, de /|5o francs pour chaque tonne de voiture motrice. Pour les voitures remorquées, la dépense atteint environ 3!>o francs, la dépense d’énergie restant la même, mais les frais d’entretien étant sensiblement réduits. Etant donné que le prix de la tonne de voiture motrice est d’environ i ’po francs et tic i ioo lianes pour la voiture remorquée, les charges annuelles s’élèveront, en tenant compte de l’intérêt et de ramortissement à io % des capitaux engagés, respectivement à 6'2'j francs par ïonne de voiture motrice et à /]6o francs par tonne de voiture remorquée, et chaque tonne en moins correspondra à une économie de même importance. Autrement dit, il sera intéressant d’employer des matériaux plus chers et plus légers dans le cas particulier que nous avons choisi, si la plus value ne dépasse pas respectivement f>oo et 3oo francs par tonne de voiture pour chaque tonne diminuée sur le poids de chaque type de voiture.
- En ce qui concerne la détermination de la disposition à adopter pour ramenagement intérieur des voitures, il convient de remarquer qu’il sera, en général, plus facile, pour une faible augmentation du poids d’augmenter la largeur plutôtquc la longueur. Si l’on utilise des voitures de 18 mètres, une augmentation de la largeur de 3o centimètres permettra de disposer de quinze places de plus et il en résultera, si l’on suppose que la voiture comporte ioo places, une économie correspondant à i5 % du capital^-établissement du matériel roulant. L’augmentation de poids ne sera due qu’à l’acroissement de largeur
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- du plancher, du toit et des sièges, soit environ 7&o kilogrammes pour une voiture de 18 mètres de long ou 5o kilogrammes par place supplémentaire, alors qu’en employant des voitures supplémentaires on n’obtiendrait le même accroissement de capacité qu’à raison de a5o kilogrammes environ par place supplémentaire.
- La longueur maximum des voitures est ordinairement déterminée par la courbure admise pour les voies. Quant à l'aménagement des voitures, il parait à la lois plus pratique et moins coûteux d’utiliser, préférablement aux voitures à compartiments séparés, des voitures à couloir qui exigent moins d’entretien et sont plus faciles à chauffer et à aérer.
- La question du chauffage des trains peut avoir une grande importance, car la charge correspondante devient très appréciable quand la température est basse. On peut estimer à 9 % pour un climat tel que le climat anglais, l’accroissement 4e charge dû uniquement au chauffage pendant les mois d’hiver. Il est très important de disposer d’appareils de chauffage légers et susceptibles d’être retirés pendant les périodes où ils cessent d’être utiles.
- On pourra employer dans un certain nombre de parties du matériel l’aluminium qui offre l’avantage, à côté de sa grande légèreté, de 11e pas être attaquable et, par conséquent, d’exiger moins de peinture que l’acier ou le bois. Le principal inconvénient de l’aluminium consiste dans la détérioration aux points de jonction avec d’autres pièces; mais 011 peut éviter ce défaut en disposant les pièces en aluminium d’une façon suffisamment invariable pour supprimer le jeu. En utilisant l’aluminium pour les panneaux extérieurs, on réalise un gain d une demi-tonne sur l’emploi de l’acier.
- A titre d’exemple, on peut donner les chiffres suivants qui permettent de comparer les poids et prix des différents matériaux :
- Le poids des glaces d’une voiture s’élève à i,/( % environ du poids total. Quant aux sièges, si l'on utilise des dossiers réversibles, on ne peut employer l’aluminium qui est trop fragile. L'emploi de sièges fixes permet déjà de gagner, avec les mêmes matériaux, l\ kg. 5 par place. Si l’on emploie l’aluminium ou d’autres matériaux d’uife légèreté comparable, le poids peut être réduit à la moitié environ de celui des sièges réversibles, soit pour un poids total d’une
- tonne et demie environ, un gain de 750 kilogrammes.
- On emploie généralement le bois pour la construction des planchers, on peut cependant utiliser également l’acier ou l’aluminium. Il semble qu’on doive employer avec succès dans l’avenir l’aluminium ondulé associé à du liège.
- L’acier, employé actuellement en Angleterre pour la construction des châssis présente une résistance de 3o à /,o kilogrammes par centimètre carré avec un allongement d’au moins 20 % . L’emploi des aciers à haute résistance, acier au nickel ou au vanadium, par exemple, parait devoir donner d’intéressants résultats; il permettrait, en effet, de réduire d’au moins 25 % le poids du matériel, soit un gain de plus d’une tonne pour un châssis de 18 mètres pesant environ 5 tonnes. 11 est vrai qu’il en résulterait un accroissement du coût du matériel, mais cet accroissement ne dépasserait pas 100 % du prix actuel soit 290 francs environ par tonne.
- De même, pour l’équipement électrique, on emploiera autant que possible des appareils et des connexions en aluminium, mais on tiendra compte de ce que la difficulté de réaliser des joints en aluminium peut conduire à augmenter les risques d’incendie. De plus, on disposera les appareils de manière] qu’ils se trouvent aussi bas que possible et dans le voisinage du centre des bogies.
- Les bogies du type ordinaire utilisés en Angleterre, dans la traction à vapeur, sont construits avec des ressorts elliptiques ou en spirale, placés soit à l’intérieur, soit à l’extérieur des roues. 11 y a avantage à placer les ressorts à l’intérieur du châssis ce qui permet de leur donner des dimensions plus considérables, et il est préférable, d’autre part, d’employer des ressorts en spirale qui économisent environ 750 kilogrammes par voiture.
- En ce qui concerne les moteurs dont les spécifications dépendent des conditions de fonctionnement dans chaque cas particulier, 011 11e peul guère que recommander l'emploi de moteurs à ventilation naturelle. Les tableaux I et II fournissent quelques données relatives à la construction de matériel établi en tenant compte de quelques-unes des considérations exposées ci-dessus.
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- Tableau I
- Voitures motrices.
- 1 2 3 4 5 6 7' 8 9 10 11 12 13 14
- Nombre de moteurs par Toiture! Puissance des moteurs en che- 4 4 2 4 4 4 2 2 2 4 2 2 2 2 2 2 2 4
- vaux Température en degrés G. pour la détermination de la puis- i5o 25o 125 i5o 200 100 100 i5o i5o 175 210 i5o 125 200 25/140 20/225 200 25o
- sance 24 24 57 47 57 )) » » » 07 57 57 42 57 5; 57 » 57
- | Rapport de transmission 2,48 3,94 3,5 3,5 2,8 2,79 3,24 3,24 4,23 2,93 3,68 1,61 1,88 3,8 3,i5 2,3 ))
- | Diamètre des roues en cm Nombre de louis par minute à io5 1 10 87,5 9^ 95 82,5 90 90 9° 108,7 108,7 108,7 93,1 90 85,6 85,6 9° »
- 48 km. à l’heure Poids des moteurs de la trans- 470 568 I 140 927 927 853 778 904 904 977 676 85o 436 524 1 120 95o 640 »
- mission en kg 2 85o 4 200 1 97° 2 320 2 750 1 780 I 9OO 1 7*0 1 770 2 880 3 3oo 2 600 1 c,6o 2 750 2 110 2 920 2 700 3 55o
- Poids du moteur par cheval en kg. Longueur des bogies entre essieux 18,7 16,6 15,8 15,3 15,8 17,8 «9:8 11,8 11,8 i6,5 U 17,3 i5,6 i‘{ f XJ, ; *0,9 13,2 10,0 »
- en cm 240 3oo 180 210 210 180 210 210 210 240 255 255 210 210 180 200 210 »
- Poids de la voiture en tonnes... Poids du bogie moteur complè- 51,5 67 23 40,3 44 36,75 20 3o 29r75 51,5 40 38 39:95 47j22 20,10 D-f , y O Lr 5 »
- tement équipé en tonnes Poids du bogie sans moteurs en 12,5 17,85 7*7 9.8 12 9:5 5 9:7 9:7 i3,8 . 12,8 12,1 9,45 12,27 8,84 I I ,87 J 2:5 :,i4
- tonnes Poids de la voiture avec l’équi- 0,5 8,8r> 3 n y 5,2 6,56 5,07 3,o5 G,2 6,2 8,1 m é 6,95 T ** 0,07 6,3 4,66 6,1 7,15 » •
- pement en tonnes Poids de l’équipement électrique en tonnes, non compris Ja 25,45 31,7 13,3 20,70 20 17,75 9.85 ' iG,Ô7 16,42 23,91 22,7 21,4 20,62 29:77 12,47 18,25 29 24,33
- pompe du frein i4i33 23,67 5 14 18 9,3o 2,57 par moleur 5,6 5,6 18,85 14,45 11,55 9,65 8,5 7.3i 11,62 » 5
- Longueur delà voiture en mètres. 18,90 13,05 15,55 w w * 10,DD 18 i3.5o i0,95 16,95 17,3o 18 18 16.i5 18,60 14,10 i5,3o 19,35 i9»55
- Largeur de la voiture en mètres. 2,95 2,95 2.35 2,65 2,65 2,60 2,80 2,70 2,70 2,40 2,70 2.70 2,55 2,90 2,65 2,65 2,90 3.io
- Longueur intérieure en mètres.. Distance entre centres des bogies* 12,75 10,90 10 10,40 1 10.40 12,5o 12 10.5o i3,5o )) i5,6o i5,6o i3,3o 14,70 11,70 11,70 16,10 »
- en mètres 12,15 i3,5o 8,70 10.5o 10,5o l3,20 9,Go 12 12 11,20 12,60 12,60 10,3o 11,55 9:95 10,80 11,90 »
- Surface de plancher en m2 48 54 33 38 37 4o,5 36 45 45 37 45 45 42 47.5 37 40 5 45 *
- Surface réservée aux voyageurs. Proportion en °/00 de la surlacc utilisée par rapport à la sur- 36 31,5 21 3o 29 3o 26,5 27,5 26 34,5 39,5 39.5 35 38 32,5 36 44 » 1 i
- face totale 73,8 57,9 04,5 79 78 74 ,,5 61,75 79,3 92,5 87,45 87.45 83,5 80,4 87,5 88 96,6 ”
- Surface utilisée par tonne en m-\ 0,64 0 47, 0,93 1 0,72 0,81 1,55 0.92 1,20 1,37 o,99 1,04 o,79 0,72 1.16 4 0,90 » »
- Surface totale par tonne en m2.. Puissance nécessaire aux freins 0,96 0,81 1.45 i,3o o,i,3 1,10 i,05 1,49 i,5i 1,48 1,12 1,20 0,95 0,90 i,33 i,o5 » ïl
- en kw Puissance nécessaire au chaut- •J 0 3,3 » » 6 » » 3 3 6,6 n » 7 4,74 445 » 25,2 »
- fage en kw Puissance nécessaire à l’éciai- 4,8 4,8 » » 3,5 » » 4,8 4,8 » » » 8,4 18 5,7 » 1,68 »
- rage en kw Puissance totale utilisée par les 2,04 2,04 » » 1,60 M » 0,96 0.96 0,86 » » 2,24 0,59 « i,58 » 26,88 »
- services auxiliaires Surface de plancher éclairée par 10,14 10,14 )) )) 11.10 )) . » 8,76 8,76 7,46 » » 17,28 a3,33 11.73 » o,oo3 »
- bougie en m2 o,o5q 0,o52 » “ 0,073 » » 0,07) 0,072 0,067 » » 0,070 0,066 o.o33 » 0,1 o3 »
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- Tableau II. — Voitures remorquées.
- 1 2 6 7 8
- Diamètre des roues, en centimètres h>5 7 2 fi 7r> » 8v ,5
- Longueur du bogie entre essieux en mètres :J> 1 ,r»o 1 ,G5 )> ))
- Poids du bogie en tonnes r>,oG a V> h ,“> •» >
- Poids de la voilure en tonnes ii ,85 y/» iy.,7') I ) , '). A »
- Longueur de la voiture en mètres •. . . 1 q ,<>5 )) 17 ,8a IV. ,90 9 .Go
- Longueur utile, en mètres 1 fi ,fio 11,70 • i ,9r> IO , r)0 »
- Distance entre centres des bogies en mètres 1 3 ,5o 8,8') )) 8,55 G
- Surface totale de plancher en mètres carrés 5 ‘>. ,8 )) *9,9 3 v, 3 'Ai ,8
- Surface utile de plancher en mètres carrés Proportion en % de surface utilisée par rapport à lu 4 8 ,>.8/> 35 ,8 vG,7 v.3.y
- surface totale 9'>>8 8),8 8 9 8v,/,v »
- Surface utile par tonne, en mètres carrés •y/* '*1 ,y 18 .5,8 »
- Surface totale par tonne, en mètres carrés v.o,', *v* an , r .8 ))
- Puissance nécessaire pour le chauffage, en kilowatts. . » )> 4,8 ))
- Puissance nécessaire pour l’éclairage en kilowatts.. . . 1 ,r> » )) 0,7b 0,80
- ELECTROMÉTALLURGIE
- La soudure électrique.
- En général, on emploie lieux sortes d’arcs pour la soudure électrique •. l’arc au charbon et l’arc, métallique. En chaque cas, la chaleur de l’arc est utilisée pour porter les métaux à souder à la température de fusion et l’on remplit alors le joint île métal fondu, généralement appliqué sous forme de barre ou de crayon.
- Comme on le sait, le pèle positif de l’arc à courant continu dégage environ 1 fois plus de chaleur que le pèle négatif. Il y a donc une différence considérable suivant qu’on relie la pièce à souder à l’un ou à l’antre pèle; en général, en raison de la grande masscet de la conductibilité calorifique du métal, la pièce est reliée au pèle positif.
- .'Ire nu charbon. — Dégagcantplus de chaleur ipie l’arc métallique, il convient mieux lorsqu’il y a d’assez grandes masses de métal à chauffer, comme dans la coupe du fer et de l’acier et dans le remplissage des soufflures de moulages, de même que pour l’exécution de certaines soudures où les tensions intérieures engendrées par le chauffage ne jouent pas un rèle important. Avec l’arc au charbon, le soudeur doit tenir l’électrode de charbon d’une main et la barre de soudure de l’autre, l’arc dégageant sa chaleur entre les deux
- parties métalliques à réunir. L’arc au charbon exige une force électromolrice de 5o à ioo volts avec des intensités variant de i5o à 700 ampères suivant la nature du travail. Les intensités employées aujourd’hui sont généralement plus faibles qu’autrefois ; 3oo ampères suffisent ordinairement pour souder e’t couper les métaux.
- Avec l’arc au charbon, les deux mains étant occupées, l’ouvrier doit porter un masque pour se protéger contre la chaleur et les rayons ultraviolets; c’est une gêne pour la surveillance du travail en môme temps qu’une fatigue.
- L’arc au charbon employant un voltage relativement élevé, sa longueur varie de a5à i5o millimètres et, par suite, il s’étale à la surface de la pièce un peu comme la flamme du chalumeau à acétylène et il chauffe une zone beaucoup plus grande qu’il n’est, nécessaire à la soudure, d’où une perte de chaleur et. des tensions intérieures dans le métal, dont il faut tenir compte quand on adopte une méthode de soudure. Pour la coupe des métaux, l’are au charbon convient mieux que l’arc métallique, mais, pour l’acier, le chalumeau oxyacétylénique est préférable parce qu’il brûle le métal et que l’acier dur a le plus de tendance à l’oxydation rapide. Au contraire, pour la fonte, l’arc au charbon donne le meilleur résultat parce
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- qu’il fournit les quantités énormes de chaleur nécessaires à la fusion du métal.
- Arc métallique. — Quand on emploie l’arc métallique, le bâton ou crayon de soudure forme électrode. Cette méthode a deux avantages sur la précédente : elle élimine les chances de carburation de la soudure et rend au soudeur la liberté d’une main pour tenir son masque. De cette façon, il peut abaisser ce dernier quand l’arc est interrompu et inspecter son travail à l’œil nu à de fréquents intervalles. L’arc métallique ne nécessite qu’une très faible force électromotrice, i5 à 3o volts ; il est très court et ordinairement inférieur à 3 millimètres. Le voltage ne semble pas varier sensiblement avec la longueur de l’arc parce que la vapeur de celui-ci est très conductrice et, pratiquement, tout le voltage est dépensé à la surface des électrodes.
- Le peu de longueur de l’arc est à la fois un avantage et un inconvénient : inconvénient, parce qu’il nécessite une plus grande habileté; avantage, par l’extrême localisation de la chaleur qui permet la fusion du métal immédiatement au-dessous de l’extrémité du bâton de soudure et la chute des gouttes métalliques dans l’arc même jusqu’au point opposé de la pièce formant électrode. Dans cet arc, il n'ést pas nécessaire de donner à l’électrode un mouvement de rotation ; au contraire, on la tient immobile un moment puison l’avance légèrement de manière à déposer le métal en une série de gouttes formant comme un chapelet.
- Si la soudure est bien conduite, les tensions dans la pièce dues à réchauffement sont négligeables. Avec l’arc métallique, toute la chaleur dégagée est pratiquement utilisée à la soudure et il y a peu de pertes dans la masse du métal.
- L’énergie doit être fournie de préférence à intensité constante, et si l’on ne se sert que d un seul arc, il faut un générateur à intensité constante. Dans les autres cas, l’intensité peut être maintenue au moyen d’un rhéostat en série avec l’arc dans un système à voltage-constant. La résistance en série donne un plus grand voltage dans l’arc si l’intensité tend à diminuer et vice versa. De cette façon, le voltage dans l’arc varie avec la longueur de celui-ci et la valeur de l’intensité est. tenue à peu près invariable. Naturellement, cette
- méthode est très onéreuse, la résistance absorbant, en pratique, de 4o à 6o volts et plus tandis que l’arc n’en absorbe que ao environ. L’arc au charbon doit fonctionner avec un rhéostat en série en protégeant le générateur contre les courts-circuits.
- Quand on emploie des machines à voltage constant, la seule limite au nombre d’arcs qu’il est possible d’employer en parallèle est le débit de la machine. Pour les arcs métalliques avec rhéostat en série, on compte ordinairement i5o ampères par arc ; l’arc lui-même absorbant a5 volts. Pour les arcs au charbon, on compte généralement 3oo ampères et 70 volts. Différents constructeurs font aujourd’hui des générateurs à bas voltage pour la soudure.
- La soudure par l’arc est l’une des plus vieilles applications de l’énergie électrique mais elle n’a pris une grande importance qu’en ces dernières années. A l’heure actuelle, il est établi que la soudure par l’arc doit être faite par des ouvriers habiles, surveillés par des personnes compétentes. Les soudures sont aussi résistantes que le métal initial. Néanmoins, la plupart des ingé nieurs 11’en admettent l’emploi que lorsque les pièces peuvent être essayées une fois terminées. On a employé avec succès ce mode de soudure dans les chaudières, les canalisations, les réservoirs, etc., qui peuvent être essayés à la pression de service avec peu de difficulté. Il s’est également généralisé pour la réparation des moulages défectueux ou brisés, le remplissage des soufflures et le façonnage de parties en saillie.
- Le manque d’expérience a conduit des ingénieurs à regarder la soudure à l’arc électrique avec une certaines suspicion lorsqu’il s’agit de travaux importants qui ne 'peuvent être soumis ensuite à des essais. A l’heure actuelle, les gens expérimentés dans l’art de la soudure sont seuls compétents pour juger de la qualité d’une soudure; par suite, jusqu’à ce que l’on ait établi une méthode permettant à un mécanicien ordinaire de contrôler la qualité d’un joint soudé par simple inspection, l’art de la soudure électrique souffrira de l’ignorance cl de l’inexpérience de ceux (pii ont à l’employer et à établir les projets de construction.
- (Electrical World, uS mars 191.fi)
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- T. XXV (2e Série). — N° 20.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- L’Ecole de papeterie de Grenoble.
- L’Ecole de papeterie de Grenoble dont le fonda-teur a été notre éminent collaborateur. M. Bar-billion, directeur de l’Institut Electrotechnique de Grenoble a été créée en 1907; cette école à un effectif fixé à 40 élèves au maximum, chiffre correspondant aux besoins normaux de l’industrie papetière en France, et elle donne un enseignement à la fois théorique et pratique de la fabrication du papier et de toutes les sciences connexes, ainsi que de tous les éléments de l’instruction générale nécessaire à l’ingénieur et au conducteur chef de fabrication.
- soutenir heureusement la comparaison avec les mieux outillées des écoles techniques étrangères.
- L’Ecole a dû rapidement s’adjoindre un laboratoire d’essais qui a pu déjà en particulier fournir un ensemble de résultats intéressants sur l’utilisation pour la fabrication de la pâte à papier d’un certain nombre de succédanés du bois, et qui sont particulièrement importants en raison de la demande croissante du papier, et de l’intérêt qu’il y aurait à défendre nos forêts contre le déboisement.
- L’Ecole de Grenoble sous la vigoureuse impulsion de son directeur a su prendre rapidement
- Vue du premier étage de îa salle des machines»
- En outre des nombreux appareils de laboratoire affectés aux travaux de recherches des professeurs et aux opérations du laboratoire d’essais rattaché à l’Ecole, celle-ci dispose d’un matériel conrplet correspondant à la fabrication des papiers de toute sorte.
- Toute cette installation est aujourd’hui terminée et l’Ecole de papeterie de Grenoble peut
- une situation prépondérante en France pour la formation des jeunes ingénieurs qui se spécialisent dans l’industrie du papier et elle permet en particulier aux jeunes gens ayant déjà les connaissances générales nécessaires à la formation de l’ingénieur de venir à Grenoble compléter sur les points spéciaux de la fabrication du papier leur instruction professionnelle.
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
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- Sur la transmission A distance des photographies en couleur. — Altobrando Tricca.
- La méthode proposée par M. Tricca pour la transmission des photographies en couleur consiste à réaliser cette transmission en trois phases distinctes et successives. Dans la première plpise on transmettra, par exemple, la couleur rouge orangée ; dans la seconde, la couleur verte et dans la troisième la couleur hlcue-violette. De sorte que la pellicule de la station réceptrice sera impressionnée en trois fois.
- On peut réaliser cette méthode de deux manières : ou bien on disposera la photographie en couleurs sur le tambour tournant de 1’appa-riel Korn en éclairant successivement l’appareil au moyen d’une source colorée des trois manières différentes, ou bien, la photographie étant, prise au moyen d’un appareil permettant d’obtenir en une seule pose les images correspondant aux trois couleurs fondamentales, en transmettant successivement . ces images éclairées par la lumière blanche.
- Pellicule de Mnrino.
- Ce dernier procédé, moins commode à réaliser que le premier puisqu’on est obligé de changer la pellicule pour chacune des transmissions, présente l’avantage de permettre de diriger sur l’élément en sélénium une plus grande quantité de radiations homogènes avec des variations
- bien nettes de leur intensité. De plus, au poste d’arrivée, on pourra obtenir trois images correspondant à celles du poste de départ et qui donneront une impression tout à fait identique.
- La méthode décrite peut cire appliquée non seulement au système Korn mais à un système quelconque de phototélégraphic. Pour l’appliquer, par exemple, à l'appareil Berlin, il suffit de préparer trois négatifs à la gélatine bichro-malée, correspondant aux trois couleurs fondamentales, et de les transmettre l'un après l’autre à la station réceptrice on l’on fera agir successivement les trois lumières dans le même ordre qu’à la station de départ. La même méthode peut être employée également pour la transmission à distance sans fil.
- L’emploi de la pellicule de Marino, perfectionnée comme l’indique la figure, permet en utilisant le même principe de transmettre sans discontinuité les diverses radiations colorées. Cette pellicule comporte un certain nombre de bandes percées chacune de i trous couverts d’une matière transparente laissant passer chacun l’une des trois couleurs fondamentales. Ces trous sont à une distance l’un de l’autre au moins égale à la largeur de la photographie. Une pellicule identique se trouve à la station réceptrice et se déplace synchroniquement avec celle de la station de départ.
- tics divers dispositifs et d’autres semblables qu’il est facile d’imaginer permettent de résoudre d’une manière très satisfaisante le problème de la transmission des photographies en couleur.
- (/.'/:'letlricisla, i®1- mars 191/1.)
- BIBLIOGRAPHIE
- La Lumière électrique et ses différentes ap- , plications au théâtre, installation et entretien, par V. Trudelle, électricien. — In-8° de vi-9.95 pages, avec 80 ligures. Broché 10 francs, Cartonné 11 fr. so. — II. Duxon et K Pinat, Editeurs.
- Cet ouvrage commence par un aperçu historique sur l’établissement des théâtres en France, l’auteur explique des dénominations données aux diverses parties d’une salle de spectacle et aux accessoires employés; il expose ensuite, les conditions .d’établîsse-
- , ment de la lumière électrique, en renseignant sommairement le lecteur sur les procédés d'éclairage antérieurement employés ; il décrit au point de vue documentaire les genres de machines servant à la production de l’électricité et les dispositions prises actuellement pou rassurer la continuité de l’éclairage ; quelques relevés de dépenses de matériel et d’exploitation 1 enseignent sur la question financière.
- Cet ouvrage, le seul de ce genre, sera d’un grand secours aux spécialistes.
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- BREVETS
- Procédé de réglage automatique de la tension des génératrices à courant continu actionnées à vitesse variable. — Société
- ALSACIENNE DE CONSTRUCTIONS MÉCANIQUES. - Brevet n°
- 463 870, demandé le '27 décembre 1912. — Délivré le 29 décembre igi3, publié le 6 mars 1914.
- La présente invention (système Joseph Bethe-nod) a pour objet une génératrice à courant continu fournissant une tension pratiquement indépendante de sa vitesse de rotation. On sait que diverses installations exigent des génératrices possédant une telle propriété; tel est par exemple le cas des installations d’éclairage et de chauffage électrique des véhicules au moyen de dynamos génératrices actionnées par les essieux de ces véhicules.
- Suivant le nouveau procédé, la génératrice à régler est auto-excitatrice et son réglage est effectué en introduisant en série dans son circuit d’excitation une résistance variant avec le carré de la vitesse de rotation de la génératrice et constituée par un rotor à collecteur, muni de balais de court-circuit, actionné à une vitesse proportionnelle à celle de la génératrice à régler.
- Si l’on considère d’abord, (lig. 1.) un tel rotor
- à collecteur A, soient B1, B1 les balais reliés an circuit extérieur, B-’, B2 les balais mis en court-circuit (directement ou par une résistance quelconque) à 90'’ électriques de la ligne B’ B’, le courant extérieur I1 est de la forme :
- V1
- R' +
- R2
- en désignant par :
- Y* : tension aux balais B1, B1 ;
- R1 : résistance ohmique du rotor entre les balais B1, B1 ;
- R2 : résistance du circuit secondaire fermé par les balais B2, B2 ;
- m : coefficient qui est tel qu’en le multipliant par la vitesse angulaire w à laquelle tourne l’induit, on obtient la force électromotrice induite dans l’un des circuits rotoriques lorsqu’il passe le courant unité dans l’autre circuit.
- L’expression de I1 peut être établie directement; on peut aussi la déduire de l’étude publiée par M. J. Bethenod dans le numéro du premier octobre 1914 de VEclairage électrique'.
- « Sur la théorie du moteur série compensé monophasé « ; en se reportant à cette étude, il suffit en effet de faire M = o dans les équations 1)' et 2)' qui y sont données.
- L’équation qui donne la valeur de I1 montre que la résistance ohmique apparente entre les balais B1, B1 augmente avec le carré de la vitesse m; on peut donc utiliser un semblable appareil en courant continu, toutes les fois que l’on
- désire obtenir une résistance ohmique variant automatiquement, très rapidement, avec la vitesse d’une machine. C’est justement le cas pour le rhéostat d’excitation d’une génératrice qui doit fournir une tension indépendante de sa vitesse de rotation, lorsque cette génératrice est auto-excitatrice.
- La figure 2. représente schématiquement un mode de réalisation de l’invention.
- C’est la génératrice à régler qui doit fpurnir au circuit d’utilisation D une tension pratique-
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- 16 Mai 1914,
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- ment indépendante de sa vitesse de rotation. Cette génératrice est par exemple actionnée par un essieu d’une voiture de train.
- L’excitation shunt E de la génératrice C est en série avec les balais B1, B: du rotor a collecteur A que l’on vient de décrire, qui est par exemple entraîné dirctement en bout d’arbre de C. Les rhéostats à main F et G permettent la mise au point du réglage, la résistance G étant introduite dans le court-circuit des balais B2, B2.
- Le fonctionnement se déduit immédiatement de ce qui a été dit sur le rotor à eoJlccteur A, raugmentation de la résistance apparente de A comme le carré de la vitesse, compensant l’augmentation de tension que tendrait à produire aux bornes de C, cette augmentation de vitesse.
- Le rotor à collecteur A est de dimensions très faibles par rapport à celles d'une excitatrice réelle. En outre, il peut tourner simplement à l’intérieur d’un stator (ixc sans pôles saillants et sans enroulements, servant seulement à la fermeture des flux du rotor ; ce stator peut môme être entraîné par le rotor et combiné avec lui, les enroulements étant alors simplement placés dans des encoches fermées situées à une distance suffisante de la périphérie du circuit magnétique mobile; il est à remarquer que dans toutes ces dispositions, aux frottements près, le couple exigé par l’induit A pour sa rotation est nul.
- Le procédé de réglage que l’on vient de décrire présente le double avantage de donner un réglage précis, la résistance du rotor A variant avec le carré de la vitesse, et de n’exiger qu’un organe de réglage A très robuste et de dimensions réduites. En cas de renversement du sens de rotation C, il est à remarquer que pour maintenir la tension dans le bon sens, il n’y a pas à toucher aux connexions aboutissant aux balais B!, B1 ou B-, B-, car l’effort du rotor A ne.dépend du carré to2 de la vitesse, c'est-à-dire, est indépendant de son signe.
- Le rotor auxiliaire A tel qu’on vient de le décrire présente sur d’autres organes de réglage employés dans le meme but : moteur série par exemple, l’avantage de ne pouvoir s’auto-cxciter; on ne risque pas ainsi le renversement de polarité de la génératrice principale comme cela peut arriver avec une contre-excitatrice de type normal, s’amorçant avant cette génératrice principale.
- U peut cependant y avoir lieu de disposer des enroulements sur le stator de A, par exemple des enroulements spéciaux jouant le rôle de pôles de commutation, ou encore un enroulement monté en série avec les balais B1, B1 et permettant dans certains cas, de modifier la loi de variation de la résistance apparente en fonction de la vitesse, c’est-à-dire, la loi de variation de la tension aux bornes de la génératrice à régler, en fonction de sa vitesse.
- itésuM!-;
- La présente invention a pour objet une génératrice à courant continu fournissant une tension pratiquement indépendante de sa vitesse de rotation, ou variant suivant une certaine loi en fonction de cette vitesse. Cette invention est caractérisée parce que, la génératrice à régler étant auto-excitatrice, on introduit en série dans son circuit d’excitation' un rotor à collecteur muni de balais en court-circuit et entraîné à une vitesse proportionnelle à celle de la génératrice à régler.
- Perfectionnements au réglage des dynamos à courant continu. — Compagnie Française pour l'exploitation des procédés Thomson-Houston. — Brevet n° 4^4 Sig. —- Demandé le 7 novembre 1913. — Délivré le i5 janvier 1914. — Publié le 24 mars 1914.
- O11 emploie souvent pour régler le voltage d’une dynamo à vitesse variable un régulateur vibrant composé d’un électro-aimant excité par le voltage de la dynamo et agissant sur une armature mobile, qui, en position clc relâchement courteircuite le rhéostat d’excitation et en position d’attraction coupe ce circuit. Bien entendu, un ressort contrebalance l’attraction de l’électro-aimant. Quand le court-circuit fait monter le voltage, bientôt l’attraction de l’élce-tro surpasse la résistance du ressort et ouvre le court-circuit. Immédiatement le voltage diminue, par suite de la réduction du courant d’excitation consécutive de l’insertion du rhéostat, et pour une chute de voltage suflisante, l'élcctro laisse le ressort rappeler l’armature et rétablir le court-circuit.
- Par exemple, à q volts l'armature établit le court-circuit et à n volts elle le coupe, le_voltage moyen obtenu par ce régulateur étant de 10 volts.
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- Pour produire le rappel de l'armature de l’élec-tro, il faut que non seulement le voltage atteigne 11 volts à la dynamo, mais aussi que le courant et le flur. dans l’élcctro du régulateur atteigne une valeur proportionnelle à 11 volts. Or, la carcasse delà boltine du régulateur comporte généralement des joues massives et métalliques,qui font amortisseur et s'opposent à la variation rapide des flux. Pour faire disparaître leur action, il est facile suivant un procédé connu, de fendre ces joues pour couper le circuit amortisseur.
- Si on mesure alors le courant débité sur une résistance constante par la dynamo, on constate une chute progressive de débit quand la vitesse croît, malgré que le régulateur semble maintenir un voltage constant. C’est ce que montre la ligure i, où le débit I dans une résistaec constante est représenté en fonction de la vitesse V. On peut faire disparaître cette diminution de débit quand la vitesse croît en plaçant sur les pôles inducteurs un circuit amortisseur formé par un anneau de cuivre massif.
- On peut supprimer cet anneau en faisant jouer au bobinage inducteur lui-même le rôle d’amortisseur. C’est ce qu’indique la figure a. Dans cette figure, la dynamo D, est excitée par l’inducteur 1, en série avec une résistance R que le régulateur de voltage V court-circuite par inter-
- mittences. En plaçant une résistance C en parallèle avec l’inducteur I, on fait jouer à celui-ci le rôle d’amortisseur ; il est facile de concevoir en effet que toute variation rapide du flux dans le circuit magnétique de la dynamo produirait une force élcclromotriee dans le circuit inducteur I et que celle-ci est eourt-cireuitée par la résistance C si celle-ci n’est pas trop grande.
- Le rôle utile joué par un circuit iimortisseur sur les pôles inducteurs semble indiquer que la chute du débit, quand la vitesse croît, serait due
- Fig. a.
- aux variations brusques du llux dans l’inducteur, par suite du jeu du régulateur et que cette action serait plus grande à grande vitesse. Quelle que soit l’explication du phénomène, il est très net, ainsi que la suppression pour l’un ou l’autre des dispositifs amortisseurs indiqués ci-dessus.
- lUÎSUMIi
- La présente invention, système Rechnicwski, a pour but la suppression de la variation avec la vitesse du débit fourni dans une résistance constante pour une dynamo il vitesse variable et à voltage réglé par un régulateur vibrant. Elle consiste en l’adjonction d’un circuit amortisseur peu résistant sur les pôles de l’inducteur, ou ce qui revient au même, un shuntage des inducteurs pour une résistance de valeur convenable.
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- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- L’idée d'une exposition franco-anglaise à Moscou avait pris naissance dans certains milieux économiques à la suite des événements qui ont conduit les administrations de l’Etat à exclure de leurs adjudications les industriels allemands. La proposition consistait à organiser l’exposition après l’exposition industrielle russe. Quelques avis demandés et reçus ne semblent pas favorables à l'idée : les nationalistes russes la repoussent parce qu’ils veulent développer l’industrie russe; les milieux russo-allemands exigent la présence des produits allemands ; d’autres préconisent l’intervention de l’Italie. Bref, cette manifestation de la triple entente risquerait de se transformer en manifestation internationale et tournerait contre les intérêts que l’on prétend défendre. En France même on ne recueillerait peut-être pas de faciles adhésions. L’enthousiasme qui a pu un moment entraîner nos industriels à exhiber leurs produits à l’étranger a bien diminué maintenant ; ils préfèrent l’action personnelle et continue d’agenis indigènes au courant de la langue et des mœurs du pays et placés pour traiter avec les grandes administrations. Le mieux est encore, quand on le peut, de constituer en Russie des sociétés k capitaux mixtes qui jouissent dès lors des privilèges inhérents à leur qualité.
- Dans le rapport de la Banque de l’Union Parisienne, intéressant à plus d’un autre point de vue, on lit qu’elle a continué, au cours de l’exercice u>i 3, à s’intéresser tout particulièrement au mouvement économique de la Russie et à prendre une large part *au développement de son activité industrielle.
- Avec la collaboration des Etablissements Schneider et Gle, l’Union s’était déjà intéressée en 191a aux augmentations successives de capital de la Société Russe pour la Fabrication de munitions et d’armements, et de la Société des Usines PoulilofF. Au cours de iyi3, le même groupe a constitué au capital de 10 millions de roubles la Société Russo-Baltique de Constructions navales qui a repris ses chantiers de Reval à la Société Russe pour la Fabrication de munitions et d’armements, et s’est substituée à elle pour l’achèvement des unités navales en cours de construction. L’Union Parisienne a d’autre part facilité l’émission d’obligations de la Société
- des Embranchements de Chemins de 1er qu'elle avait contribué à constituer et que les Chemins de fer de l’Etat ont favorisée de leurs commandes. On connaît, en dehors de cela, les liens qui unissent l’Union à la Société anonyme Providence Russe : la réorganisation de celle-ci lui est dué et les résultats actuels permettent de répartir des dividendes aux actions privilégiées de la première et de la seconde série.
- La crise du combustible a créé, paraît-il, beaucoup de difficultés aux industries métallurgiques en Russie et a contribué à la réduction de leurs bénéfices de l’exercice écoulé; la situation d’ensemble n’en reste pas moins prospère.
- Les comptes de l’exercice igi3présentésà l’assemblée des actionnaires des Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi dénotent une situation prospère, et bien en rapport avec la situation générale de l’industrie électrique. Le rapport donne le montant du chiffre des commandes qui s’est élevé à 25 068 262 francs ; le chiffre d’affaires ne doit pas en être éloigné; et comme les bénéfices sur ventes et installations figurent pour 2 3gi 682 francs au crédit du compte profits et pertes, mais y compris escomptes et intérêts divers, on peut admettre que le bénéfice moyen du compte d’exploitation est de 9 à .0 % . Ap rès déduction des intérêts des obligations, des impôts et amortissement des frais de l’èxposition de Gand, il restait une somme de 1 893 o38 francs, que l'assembléearéparticde la façon suivante : réserve légale, 78 029 francs ; dividende aux actions de capital et de jouissance, respectivement 20 francs ou 8 % et 7 fr. 5o, au total 1 341 558 francs; au conseil, 90 009 francs; aux actions amorties, 5 % ou
- 5 9i2fr. 5o; au fonds d'amortissement des actions de capital, 45 004 fr. 66. Le report à nouveau s’élève à 1 58o fr. 82; mais il a été pratiqué un amortissement très important de 33» 942 fr. 87 sur les immobilisations faites et le nouvel outillage acheté au cours de l’exercice. Le Conseil a pu de la sorte maintenir sa politique d’amortissement immédiat de l’outillage industriel qui lui permet de présenter un bilan où les ateliers de constructions, la fonderie de fer et de bronze, la càblerie, la tréfile-rie, etc., figurent chacun pour un franc.
- A l’occasion de l’inscription à la cote de Paris des
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- T. XXV (2' Série). —N» 20.
- titres de la Société, le conseil a donné dans son rapport quelques indications fort intéressantes sur les installations de Charleroi.
- L’origine de la Société remonte à 1904 ; elle reprit à cette date les ateliers situés à Charleroi-Marcinelle, y dépensa depuis deux millions qui ont été amortis sur les bénéfices, puis en construisit de nouveaux, non loin de Charleroi également, qu’elle outilla poûr la construction des machines de grandes dimensions, et du matériel spécial de ponts roulants, d’appareils de levage, etc. Peu à peu, pour se libérer de ses fournisseurs et parvenir à la constitution d’un ensemble complet, le conseil adjoignit à ces ateliers une fonderie de fer et de bronze, une câblerie, une tréfîlerie, une fabrique de tubes et de matériel isolant et un atelier de modèles et de menuiserie. Les intérêts que les Ateliers de Charleroi ont dans de nombreuses entreprises de distribution eïi Belgique, en France et à l’étranger lui assurent un débouché de sa production, et par ailleurs un revenu intéressant de son portefeuille qui figure au bilan pour 5 907 558 francs.
- Au cours de l’exercice, elle a cru devoir participer
- à la constitution des Forges et Ateliers de La Longueville qui ont pour but principal la construction du matériel roulant pour chemins de fer et tramways et spécialement des grandes voitures de chemins de fer entièrement en acier. Ces ateliers sont situés en France près de la frontière. La situation financière des Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi se révèle dans le résumé suivant du bilaii au
- 3i décembre 1913.
- ACTIF
- Immobilisations................t)35. 273 4'i
- Actionnaires....................... 7 617 700 00
- Participations ; portefeuille....... 5 907 558 14
- Débiteurs divers................... 14 90a ai'5 70
- ' Banques et cautionnements.......... 1 067' 481 09.
- Magasins ,el travaux en cours.. . ., 8 985 236 24
- 3g 4>5'465 08
- PASSIF
- Capital : actions.................. 20 000 000
- Obligations......................... 4 >9® ôoo
- Réserve légale................. 210 oo5 06 ,
- Créditeurs divers.................. i3 453 364 62
- Bénéfices à répartir................ 1 56a oq5 4°
- 39 4*5 465ro8
- TR.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- ÉCLAIRAGE ET FORCE MOTRICE
- Alpes -Maritimes. — Le conseil municipal d’U telle a adopté le projet d'achat pour une somme de 26 000 frapes de l’usine électrique de . Saint-Jean-la-Riyière.
- CoubS. — Des pourparlers ont eu lieu entre les communes de • Combes-Remonôt et Ville-du-Pont, au sujet de l’établissement de l’électricité dans ces deux communes. Malgré l’importante dépense.prévue, les municipalités ovnt l’intention de faire aboutir ce projet..
- Indre-et-Loire. — La Compagnie de Distribution de Force et de Lumière, dont le siège social està Paris, va construire le barrage du bec des deux eaux, confluent de la Vienne et de la Creuse, à Port-de-Piles, en projet depuis longtemps déjà. Cette station centrale hydraulique permettra de distribuer 4 000 chevaux dans la région.
- Loiret. — Le conseil municipal de Sermaises a autorisé le maire à passer un marché de gré à gré pour une durée de quinze années avec la Société Industrielle d’Energie Électrique de Montàrgis.
- Marne. — Le conseil municipal de Magenta a donné
- un avis favorable sur l’utilité du projet de, distribution d’énergie électrique.
- Meurthe-et-Moselle. — Le conseil municipal d’Hussigny a autorisé le maire à traiter avec M. Frau-joux, directeur des mines de la Côte-Rouge, pour la fourniture du courant électrique à cette usine.
- La municipalité d’Onville vient d’approuver le projet d’exécution d’un réseau de distribution d’énergie électrique. C’est la Société Electrique du Rupt-de-Mad, récemment constituée, qui établirait le réseau et fournirait le courant.
- Oise. — Le. conseil municipal de Nqyon a approuvé le cahier des, charges présenté par la Compagnie du gaz pour l’éclairage électrique. Le droit du concessionnaire se résume ainsi : privilège pour la vente de l’énergie destinée à la lumière avec obligation de fournir cette énergie; obligation de fournir l’énergie pour la force, mais sans privilège, tout autre producteur ayant le droit de produire de l’énergie électrique comme force motrice et de la transporter.
- Puy-de-Dôme. — Le conseil municipal de Saint» Germain-l’Herm s’est réuni pour examiner le cahier dés charges de la Société de force motrice et d’éclairage
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- électrique du Vèrnct-la-Yarenne. Après discussion, lu concession CBt accordée pour une durée de trente années.
- Pyrénées Orientales. — Le ministre des Truvaux publics vient d’approuver le traité passé par la Compagnie du Midi avec la Société des eaux minérales de Thuès-les-Bains pour l’éclairage de cet établissement thermal et avec M. Angelle, ingénieur électricien à Paris, pour l’éclairage des communes de la Cerdagne, au moyen des excédents d’énergie de l’usine de la Cassagne. Les travaux vont commencer prochainement.
- SOmmé. — La commission d’éclairage de Ilam a adopté en principe le projet de la Compagnie du gaz en ce qui concerne l’installation de l’électricité, L’éclairage sera mixte, gaz et électricité.
- Yonne. — La commune d’Egreville a reçu des propositions de M Laurent, ingénieur, délégué de l’Omnium Français d’Electricité. Un projet de distribution d’énergie électrique est à l’étude pour Ëgreville,. Clievry, Lorrez-le-Bocage, Viîlebéon.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, Jeumont.
- -Bulletin, janvier et février igi4. — Outillage moderne des ports de mer et fluviaux.
- Installation des grues électriques au port de Bordeaux.
- Société Française d’Electricité A. E. G.
- 72, rue d’Amsterdam, Paris.
- A. E. G.., avril 1914. — Le service électrique des usines élévatoircs, des installations d'ëgoûls et d’épuisement.
- Le contrôle automatique de la consommation de vapeur des turbines.
- Une nouvelle machine pour la soudure par l’arc électrique.
- L’éclairage d’une gare de marchandises par des lampes à filament étiré.
- SOCIÉTÉS
- CONVOCATIONS
- Société des Etablissements Ch. Lefebvre et Cie. —
- Le 20 mai, io5, rue Saint-Lazare, à Paris.
- Compagnie Electro-Mécanique. — Le 22 mai, 94, rue Saint-Lazare, à Paris.
- Société Normande de Gaz, d’Electricité et d’Eau, —
- Le 23 mai, 18, rue de l’Arcade, à Paris.
- Compagnie d’Electricité pour la France et l’Etranger. —- Le 26 mai, 6, rue de Londres, à Paris.
- Société d’Electricité de la Picardie. — Le 26 mai, 19, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- Société d’Energie Electrique de la ville de Bizerte.
- Le 26 mai, 10, rue de Lisbonne, à Paris
- Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est — Le 27 mai, 75, boulevard Haussmann, à Paris.
- Compagnie Continentale Edison. — Le 27 mai,
- 73, boulevard Haussmann, à Paris.
- Compagnie Française pour l’Exploitation des Procédés Thomson-Hou3ton. — Le 28 mai, 7, rue de Madrid, à Paris.
- Société du Gaz et de l’Electricité de Marseille. —
- Le 28 mai, 20, rue de l’Arcade, à Paris.
- Compagnie des Tramways de Roubaix et de Tourcoing. — Le 29 mai, 19, rue Blanche, à Paris.
- Société de l’Accumulateur Tudor. — Le 29 mal, 26, rue de la Bienfaisance è Paris.
- Compagnie Electrique des Tramways de la Rive Gauche de Paris. — Le 29 mai, 12, rue de l’Isly, à Paris.
- Société Vosgienne d’Electricité — Le 29 mai, à Remiremont.
- Compagnie Française des Accumulateurs Electriques Phoenix. — Le 3o mai, 28, rue Saint-Lazare, à P*aHs.
- Société Electrique Westinghouse de Russie. — Le 3o juin, 7, rue de Berlin, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- France
- Le 4 juin 1914, au ministère du Commerce, de l'Industrie, des Postes et des Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Pans, fourniture de 200 000 éléments de pile à liquide -immobilisé (4 lots).
- Les demandes d’admission à cette adjudication devront être parvenues au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, le 25 mai 1914, au plus tard.
- On pourra prendre connaissance du cahier des charges, rue de Grenelle, n° io3 (direction de l’exploitation téléphonique, 3e bureau), tous les jours non fériés, de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 16 heures, ainsi que dans le bureau télégraphique central des chefs-lieux dé département.
- Le 1 2 juin 1914, au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, io3, rtte de Grenélle, à Paris, fourniture de matériel de piles au manganèse sans vase poreux (2 lots).
- Les demandes d’admission à celte adjudication devront être parvenues au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, avant le 29 mai 1914.
- On pourra prendre connaissance du cahier- des charges, rue de Grenelle n° io3 (direction de l’exploitation télégraphique, 3* biireau), tous les jours non fériés,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série); -? N» 20.
- de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures, ainsi que dans le bureau télégraphique central des chefs-lieux de département.
- Le a8 mai 1914, aux Chemins de fer de l’Etat, (service de la voie et des bâtiments), & Paris, fourniture de fils de cuivre pour lignes électriques.
- Renseignements au bureau du chef de service de la voie et des bâtiments, à Paris, 49» rue de Londres, tous les jours de 9 heures à n heures et de 14 heures à 18 heures, dimanches et jours fériés exceptés.
- L’Administration des Chemins de fer de l’Etat, à Paris, a l’intention d’acquérir deux batteries d'accumulateurs électriques destinés au laboratoire éleclroteehnique de Viroflay.
- Les industriels désireux de concourir à celte fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service électrique (a® division), 43, rue de Rome, à Paris (8“), les mardi et vendredi, de i5 à 17 heures, jusqu’au 29 mai 1914.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- ' a5 avril. — Au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture d’appareils pour postes d'abonnés et bureaux centraux téléphoniques.
- Prix à la pièce :
- Série A. — :o lots comprenant chacun 1 000 appareils muraux (type de l’Administration modèle 1910) avec appel magnétique solidaire n° (3og-i).
- Société Industrielle des Téléphones, 10 lots à 64,3o. — M. Mildé fils et C'-1, 2 lots à 63,85 ; 1 à 65,85. — Le Maté, riel Téléphonique, 3 lots à 65,5o; 2 à 65; 3 à 64,5o; 2 à 64. — Association des Ouvriers en Instruments de pré cision, 10 lots à 65,20. —Ateliers Thomson-Houslon 10 lots ii 65,io.
- Non adjugé, prix-limite dépassé.
- Série B. — 7 lots de chacun 1 000 appliques murales pour combinés (type de l’Administration, modèle 1910) avec appel magnétique solidaire, sur panneau (n» 3og-3).
- MM. Mildé (ils et Cie, 2 lots à 62,85; 1 à 84,85. — Le . Matériel Téléphonique, 7 lots à 64,5o, — Société Industrielle des Téléphones, 7 lots à 64,3o. — Association des Ouvriers en Instruments de précision, 7 lots à 64,10. — Ateliers Thomson-Houston, 7 lots à 62,95.
- Non adjugé.
- 18e lot. — 1 5oo appliques murales (type de l’Administration, modèle 1910) n" 309-2.
- Société des Téléphones Ericsson. 28. —Société Industrielle des Téléphones, 26. — MM. Mildé fils et Cic, 29,90. — Etablissements Hanirn, 24,40. — Le Matériel Téléphonique, 24,60. — Ateliers Thomson-IIouston, 24,45.— M. Mambret et Cia, 23,60. — MM. Burgunder, adj. à 22,45 la pièce.
- Série C. — 6 lots de chacun 1 000 appareils mobiles
- La reproduction des articles de la
- pour combinés (type de l’Administration, modèle 1910) avec appel magnétique solidaire (n° 309-4).
- Ateliers Thomson-Houston, 1 lot & 61,20; 5 lots à 62,85 — Le Matériel Téléphonique, 6 lots à 61,5o. — Société Industrielle des Téléphones, 6 lots à 65,ao. — Association des Ouvriers en Instruments de précision, 6 lots à 64,95.
- Non adjugé.
- Série D. — 6 lots de chacun 2 000 appareils combinés (type de l’Administration, modèle 1910) avec anneau (n° 3o8-i).
- MM. Contin-Souza, 1 lot à 18,4o. — Société Industrielle des Téléphones, 6 lots à 16. —Ateliers Thomson-Houston, 6 lots à 12. — Le Matériel Téléphonique, 6 lots à 11,70. — Association des Ouvriers en InstrilHlpnls de précision, 6 lots à 10,75. — Société des Téléphones Ericsson, 1 lot à 10,74. — Compagnie Générale d’Elec-tricilé, 6 lots à 10,47.
- Non adjugé.
- Série E. — 3 lots de cliaeuu 2 000 appareils combinés (type de l’Administration, modèle 1910) sans anneau (n° 3o8-3).
- M. Contin-Souza, 1 lot à 16,80. — Société Industrielle des Téléphones, 3 lots à i5,85. — Ateliers Thomson-Houslon, 3 lots à 12,25. — Le Matériel Téléphonique, 3 lots à ii,5o.— Société des Téléphones Ericsson, 1 lot à 10,5g. — Compagnie Générale d’EIectricité, 3 lots à io,32. — Association des Ouvriers en Instruments de précision, 3 lots à 10,20.
- Non adjugé.
- Série F. — 4 lots de chacun 2 000 appareils magnétiques (n° 276-1).
- Société Industrielle des Téléphones, 4 lois à 29. — M. Mildé et C‘°, 4 lots à 26,46. — Association des Ouvriers en Instruments de précision, 4 lots à 25,25. — Ateliers Thoinson-IIouston, 4 lots à 25,o5. —Le Matériel Téléphonique, 1 lot à 24,60, adj. de 3 lots au même prix. — MM. Contin-Souza, adj. d’un lot à 23,80.
- Série G. — 2 lots de chacun i5ooo récepteurs téléphoniques (n° 3oi-i).
- MM. Contin-Souza, 1 lot à 5,10; 1 à 4.9'J- — Société Industrielle des Téléphones, 2 lots à 3,98. — Société des Téléphones Ericsson, 1 lot à 4,84- — Le Matériel Téléphonique, 2 lots à 4,70. — Ateliers Thomson-Houston, 2 lots à 4,60. — M. Simonet, à Vanves, adj. d’un lot à 3,33. — Société des Téléphones Berliner, adj. d’un lot à 3,g5.
- Série H. — 4 lots de chacun 5 000 capsules microphoniques amovibles (type de l’Administration, modèle 1910) (n° 309-5).
- Société Industrielle des Téléléphones, 4 lots à 3. — Le Matériel Téléphonique, 4 lots à i,85. — Compagnie Générale d’EIectricité, 4 lots à 1,78. — Société des Téléphones Ericsson, 4 lots à 1,77. — M. Simonet, 2 lots à 1,39; a à i,38. — M. Marin et Cic,_à (Vitry-sur-Seine, adj. des 4 lots à 1,36.
- Lumière Electrique est interdite.
- Far». — IMPRIMER» LEVÉ, 17, rue ca mette.
- Lt Gérant : J.-B. Nouet
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- Trente-sixième année.
- SAMEDI 23 MAI 1914.
- Tome XXV (2* sérié). — N» 21
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- H. PARODI. — Calcul des résistances de démarrage d’une locomotive à courant
- continu.........,...................... 6/, i
- LIEUTENANT PROVOTELLE. — Note sur l’ac-
- couplement des circuits oscillants..... 6',7
- L. CAHEN. — Applications diverses des formules générales de la transmission des courants électriques sinusoïdaux (Suite). 65;,
- Publications techniques
- Construction et essais de machines
- Moteurs de faible puissance. — Gordon Fox. 609 La filtration humide de l’air de refroidissement
- pour les machines électriques. — D.-A. Hackett....................................... 662
- Eclairage
- Utilisation de lalampe au pentane comme étalon.
- — E.-G. Crittenden et A.-H. Taylor.. .. 663
- Applications mécaniques
- L’électricité dans le fonçage des puits de mines. 665 Horloges enregistreuses pour le contrôle de la
- marche des trains.................. . . 666
- Etudes et Nouvelles Economiques......... 668
- Renseignements Commerciaux.............. 669
- Adjudications.......................... 672
- CALCUL DES RÉSISTANCES DE DÉMARRAGE D’UNE LOCOMOTIVE
- A COURANT CONTINU
- L’auteur montre comment, en utilisant un réseau de courbes tracées une fois pour toutes dépendant uniquement du nombre de crans de démarrage du contrôleur de la locomotive, on peut déterminer exactement, par une construction graphique, les valeurs de résistances successives de démarrage d'un moteur-série à courant continu.
- DÉMARRAGE ll’ux .MOTEUR UNIQUE DU TYPE SÉRIE
- Nous nous proposons de calculer les résistances de démarrage d’un tracteur de manière que l’intensité du courant dans chaque moteur varie pour chaque cran entre deux limites I et i :
- Jm première 1, qui est définie soit par l’accélération maxima que l’on veut obtenir avec le tracteur, soit par la puissance même du moteur et les conditions de commutalion, nous la supposerons connue ainsi que la vitesse V correspondante;
- La seconde 1, que nous allons déterminer en fonction du nombre de positions de l’appareil de démarrage, comme il est indiqué plus loin.
- Ce mode de calcul des résistances répond à une réalité physique, puisque tous les tracteurs modernes sont munis de relais limiteurs d’intensité ayant pour objet de bloquer l’appareil de démarrage dans la position qu’il occupe dès que l’intensité dans les moteurs dépasse la valeur/. Quand l’intensité, après avoir atteint son maximum I, redevient égale à /l’appareil dè commande est débloqué et le wattma.nn peut passer à la position suivante de démarrage. C’est à ce moment que l'intensité circulant dans les moteurs ne doit pas dépasser là valeur limite définie, comme nous venons de le dire, pour des considérations de puissance de moteur de résistance d’attelages ou même de sécurité du personnel.
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- 042
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). — N» 21
- En appelant p la résistance intérieure du moteur, R, la première résistance de démarrage, on aura au premier cran :
- E — (Rl + P) I OU y------- p = R ,. (.)
- Le moteur démarre, l’intensité du courant dans le moteur diminue pendant que la vitesse aug-
- Fig. i.
- mente. Quand l’intensité est devenue égale à i on a :
- U = (Ri + p)1 + (E — P*) ^ (a)
- E — pi étant la force électromotrice induite correspondant à cette intensité i quand le moteur est alimenté à sa tension normale E et que sa vitesse est e, lue sur la caractéristique (fig. i), étant la vitesse réelle de marche du moteur quand il est parcouru par l’intensité i et qu’il est alimenté sous la tension E — R, i. Si à ce moment oh passe au cran suivant du contrôleur, la vitesse Fi ne varie pas, mais l’intensité passe de la valeur i à la valeur I si la seconde résistance de démarrage est calculée à cet effet par la relation :
- E = (R2 + p) I + (E — pi) —. (i)
- V étant la vitesse lue sur la caractéristique correspondant à l’intensité I.
- Posons
- E
- Y — P = >-- (i)
- Les équations (2) et (3) se mettent sous les formes suivantes :
- Fi =
- ® - (R* + P)
- ~"Ë
- -7 — P
- E
- I
- (r2 + p)
- F =
- E
- T
- OU Fl =
- Rl.
- Rl — Ra v
- / ~ Ri
- En raisonnant de la même manière pour les résistances successives R3... R/>... R,,, on obtiendra le système de relations suivantes, en remar-
- quant que si le contrôleur a n touches de démarrage la dernière résistance R„ est nulle : le moteur est branché directement sous le voltage total E.
- / _ r R, _ R,
- — " = “RT" v
- ;• — R., Ri — R,
- -----F = —-f V
- /• 11,
- r R/> ____Ri • Rp+i y
- /• “ R,
- r — R„_i Ri — o
- /• ^ ~ R.
- Ces (n— 1) équations renferment « inconnues R» R3... R„_i, r et Fi et 11e permettent donc pas de déterminer à elles seules les quantités cherchées. La ni6me équation dont nous avons besoin est fournie par la relation entre /• et f ou entre i et v que représente la caractéristique du moteur.
- E11 éliminant les (n — 2) inconnues R2 R3... R«_i entre les équations, nous obtenons une première équation 11e contenant que r et v.
- Pour effectuer cette élimination, multiplions
- la première équation par
- la seconde
- par
- et la dernière
- par
- mises sous la forme :
- 1, après les avoir
- R ,/ (f — V) — R,V + 7-VR2 = o R,/- (f — V) — R,fR2 4- 7-VR3 = o
- R,/- (f — V) — RifR/j + 7'VR,,i1 = o
- Ri/- (f — V) — R,fR„_i 4-0=0 nous aurons :
- Kv-)
- [»(*-
- G-)
- kv-'o
- R, ♦’ H , « I /R.F\ 7VR" + H \ rÿ)-°
- Rl F T
- — - Rn-l + O | = o
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- 23 Mai 1914
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- 643
- et par addition de ces (n—i) relations :
- «'('v-)i •+(w)+&î+(^y
- ou enlin :
- /ivy-
- (v \ \7-vy 1 _
- \V ') \/-vJ •
- r\
- (6)
- Pour déterminer /• et v nous joindrons à cette première relation une relation déduite de la caractéristique même du moteur de traction définie soit graphiquement, soit analytiquement par une équation
- i = cp (e) ;
- cette dernière expression se transforme par suite de la relation (/,).
- en
- + P
- =r= cp (c) OU
- Les valeurs cherchées de r et v s’obtiendront donc en prenant l’intersection des deux courbes en /• et v définies par les équations :
- Pour effectuer ce calcul simplement, nous poserons :
- v
- V =
- r
- E
- i
- Ë
- I
- P
- P
- (8)
- Les équations II deviennent après ce changement de variables :
- V {>' — 1J
- ou encore :
- 111
- /x\H X — i
- (Ri.y + p) ? (V/r) = E*
- (9)
- (10)
- Nous allons montrer comment l’on peut construire simplement les courbes représentées par les équations 9 et 10,
- Construction du réseau de courbes.
- /.ry .v — 1 (ni
- \y) ~~ y — 1
- Ce réseau de courbes indépendant du type de moteur considéré est entièrement défini par le seul nombre de crans n de démarrage du contrôleur. Il est représenté sur la figure 2.
- Chaque courbe correspondant à une Valeur de n est facile à construire géométriquement en remarquant qu’un point quelconque M se trouve à l’intersection de deux droites, l’une y = a.r
- issue de l’origine, l’autre (y — i) = ’y/a (x — 1) issue du point de coordonnées x — 1, y = 1.
- Fig. a.
- Cette construction est en défaut pour les points
- des courbes situés sur la droite OA qui correspondent à des valeurs de x égales à 1.
- Mais en mettant l’équation (u) sous la forme :
- ,r'l — >/
- et en divisant le numérateur et le dénominateur du second membre par y — x, on trouve :
- yK~~i-\- y"~3 x -f- yn~s x- -f~ ... -f- xn~l yn-"- -|- yn~3 x -(- . . . + x"~'1
- Si dans cette expression nous faisons x=y nous trouvons :
- U Vn~1 II
- y* = x* = ---r .r»"* d’où .* =:----—.
- (n — 1) n — 1
- Les points At A^ A., ...... d’intersection des
- courbes (11) avec la droite OA auront donc comme abscisses ;
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XXV (2* Série). — H° 21.
- f»44
- Tableau I
- n = 2 3 4 5 6 7 8 9 10
- x=sy = % 1 »*» 1,313 O»'1* I ,20 1,166 i, i /,* i, i a5 i,i 11
- En ces points la tangente ù chaque courbe est perpendiculaire à la droite OA : ces courbes admettent d’ailleurs cette droite OA comme axe de symétrie puisque l’équation ( 11 ) ne change pas quand on y permuet les variables x et ?/.
- La planche ci-contre représente le réseau de courbes (n) en question en prenant comme échelle une longueur de 10 centimètres pour représenter l'unité.
- Ris sau < Le cc urb :s ( j
- Mes. ans, le dé nacr. ige)
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- 23 Mai 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 64»
- Construction de la courbe (
- (R.// + P) <p (V.r) = e {lo)
- Supposons que la caractéristique du moteur soit.définie par une courbe / = ^ (♦») donnée graphiquement, et déduite par exemple de mesures effectuées à la plate-forme d’essais. Cette courbe est tracée en Ce C' (fig. a). Nous allons montrer comment on peut construire le point Y de coordonnées x et y correspondant au point c de la caractéristique.
- Fig. 3.
- On a :
- (' t
- x — y et y “ E
- T“p
- Si O a est une longueur représentant l’unité à l’échelle choisie pour la coordonnée x, l’abscisse du point Y cherché s’obtiendra en joignant Va
- et en menant de e une parallèle à Va qui coupe l’axe des abscisses en X :
- OX O a
- (>
- V
- x
- I
- Pour trouver l’ordonnée du point y5 traçons d’abord à une échelle quelconque les droites EE' et ËF représentant respectivement le voltage aux bornes du moteur E et la force électromotrice induite E — pt, la valeur de y sera alors
- E — pi I bi 01 bi 01
- V ~~ e — pi i “ BÏ Ô? °/><BI
- Si A a est une longueur représentant l’unité à l’échelle choisie pour la coordonnée y, l’ordonnée y du point y s'obtiendra en menant du point A une parallèle AD à OB et du point D ainsi trouvé une parallèle DY à O b : on a en effet
- b i Y a OI D a
- Ô7 ~ d7/ ct BÏ = ‘Â7i
- Fig. 4.
- Y a Va b i 01
- Ââ = T “ Wi X BÏ = u'
- En répétant plusieurs fois cette construction nous pourrons tracer la courbe ( io) cherchée.
- Détermination des résistances successives.
- RfR, . . . R*-,.
- L’intersection de la courbe (io) Ay que nous venons de construire, avec celle des courbes du réseau
- n — i
- \yj y — *
- qui correspond au nombre n de crans du contrôleur choisi, donnera un point y0 tel que
- '•>’» = Va >' = ÿoRi
- O rtl = c = *0V
- Le système d’équations récurrentes I permettra d’obtenir successivement les valeurs des résistances inconnues R2... R„_i en fonction de r, v et Rt.
- Ce calcul peut s’effectuer simplement au moyen de la construction graphique suivante :
- Prenons pour les vitesses ctlcs résistances des
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- 646
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série). — N024.
- échelles telles que les longueurs OR„ et AR„représentent respectivement la vitesse Y et la résistance R, ; les longueurs /•/•„ et Or„ représentent alors r et r (fig. 4)-
- Par le point r, menons une parallèle r, à
- Or et du point e, une parallèle c,R2 à OA; de r2 situé sur la parallèle issue de R, à l’axe des
- abscisses, menons la parallèle r2 c2 à Or et du.
- point v2 une parallèle e, R3 à OA et ainsi de suite....
- Les dilïérentes longueurs A, R,„ R2R„, R.iR*---représenteront les résistances successives de démarrage Ri R2... R,„ tandis que les longueurs
- Oc,, Oc2, Oc3... OR„ représenteront les vitesses e2... Y du moteur au moment du passage d’un cran du contrôleur au suivant. En nous reportant à l’équation (5) nous voyons en ellet que
- _ R, R, — R2
- ^ " =; —îîi— v
- (vitesse réelle de rotation du moteur placé en série avec la résistance R2 quand l’intensité du courant est I).
- Or
- r — R, = /v, r —. rr„
- donc
- Ôr„ = Oi’,
- rr,.
- R.
- OR,.
- R.R,
- On démontrerait de même que r2 = 0\>2 et R2 R3 = R2 — R3.
- Construction des caractéristiques complètes de fonctionnement du moteur pendant le démarrage.
- La caractéristique complète de fonctionnement d’un moteur comprendra une série de courbes
- donnant pour chaque valeur de la résistance placée en série R,, R2.... Rp, les valeurs correspondantes de l’intensité i et de la vitesse r. Pour une résistance R donnée, la vitesse «’ correspondant à l’intensité j est donnée par la formule suivante , ou Vj désigne la vitesse normale de marche du moteur pour l’intensité j et le voltage
- ,, .. . E — ai Vi
- d alimentation E, —-----——;——. = —.
- ’ E •— (R -j- p)./ «’
- Ces courbes sont telles que pour les valeurs successives des résistances R, R2.. . R,,... o les vitesses correspondant à i soient : e, t>2.. . e et celles correspondant à J o r, s>2. . . V.
- En résumé donc nous [voyons qu'en construisant ««e fois pour toutes, sur un transparent, le
- réseau de courbes (—) = ---------, nous pourrons
- \yJ y — >
- trouver par simple application de ce transparent sur le graphique où est tracée la caractéristique
- d'un moteur et de sa transformée en r = y = ~
- les valeurs de la vitesse u et du courant i qui nous permettront d’effectuer par la construction simple connue le calcul exact des résistances de démarrage.
- (A suivre.)
- IL Pahoim,
- Ingénieur en chef du Service tileclrique delà Compagnie des Chemins de fer d'Orléans.
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- 23 Mai 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 647
- NOTE SUR L’ACCOUPLEMENT DES CIRCUITS OSCILLANTS
- On emploie beaucoup en télégraphie sans fil les circuits oscillants accouplés ; la présence d'étincelles dans ces circuits complique leur élude, mais on a, néanmoins intérêt à connaître au point de vue théorique les phénomènes dont les circuits sont à siège en assimilant les étincelles à de simples résistances constantes. Se plaçant à ce point de vue, le Lieutenant Provotelle reprend les équations de ces systèmes oscillants accouplés, et par une méthode de discussion originale différente de celle de Drude, il en déduit des conclusions nouvelles.
- Les circuits oscillants utilisés en télégraphie sans ül contiennent des étincelles qui donnent lieu à des phénomènes trop complexes pour être étudiés par l’analyse.
- Mais on peut étudier de près l’accouplement de deux circuits ayant des capacités Ci et C2, des selfs Li et L2, des résistances Ri et R2 et un facteur de couplage K, si on suppose ces données constantes. Bien cpie les résultats ne correspondent pas à la réalité pratique, ils sont susceptibles de donner d’utiles indications sur la marche générale des phénomènes. On sait qu’alors, en désignant les tensions parV, l’équation différentielle du système de •>. circuits couplés est :
- Vxy -f- pvw -j- qvu -f- /v1 -|- sv — o
- <v + Û,2 -f /,a,a,
- i — K2
- » (oc]Ü2* +
- ' ~ ~7”— K3 “ * — — lv-
- cn désignant par Qt et 02 les pulsations propres
- i i
- — et —-------
- \/L|C| y/ljoGo
- des deux circuits, — par a, et cci leurs facteurs
- Ri Rs
- d’amortissement -r-, et .
- AO aL2
- Une solution approximative du problème est donnée par les formules de Drude; mais ces formules ne sont applicables cpie dans certains cas particuliers. Je me propose de chercher ce qui' se passe dans le cas général.
- avec :
- P =
- 1 (al “1“ a:J)
- “i — K2
- Pour que v = Àewf soit solution, il faut que :
- col —|— p b)'* —|— q —(— / o) —f— s = o. (i)
- Si cette équation a des racines réelles, on sait qu'elles ne peuvent être que négatives. On sait aussi cpie, lorsqu’elle admet des racines imaginaires, les parties réelles de ces imaginaires sont également négatives. De sorte cpie, cl’une façon générale, il y a dans les i circuits deux oncles, cpie j’appellerai l’onde w et l’onde w' :
- i° Onde to : <o = — a ±/ [3 v = Ae~al sin [$l — y° ()ndeü)' : w'r=: — a'dzyfV e'=A'e—“’^sin([17—»').
- La résolution générale de l’équalion (i) semble inabordable; mais la résolution complète d’un certain nombre d’exemples numériques conduit à un ensemble «le résultats intéressants.
- J’emploie pour cette résolution une méthode connue qui consiste à introduire une inconnue auxiliaire : clc la manière suivante. Soit la quantité :
- = w 1+P w 5 + + -*3 j w ; 2
- Si on tire de là w'1 -|- /uon cl qu’on porte dans 11 ', on a :
- + ^ “ + 3J + (fl — y — » 3)w2------------------
- -f- [r — pz) f.v — s2) = o. ( 2)
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- 648
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série). — N° 21,
- Déterminons 2 par la condition cpie le deuxième trinôme soit un carré parfait :
- (pZ — /)» — 4 (z2 — .v) z — (q — J = «> (3)
- Supposons que nous puissions tirer de (3) une valeur de 3 telle que le coefficient de w2 soit négatif :
- i ~ T
- L’équation (2) se réduit alors à une différence de 2 carrés :
- (O +-
- = 0. (4)
- c’est-à-dire à i équations du deuxième degré :
- + [£±y/îz-(,-£)]
- +
- pz
- s/'-i'-'r)
- (5)
- Si nous posons :
- Nous aurons donc :
- (6)
- et :
- »P* = 4
- c’est-à-dire :
- P =
- *)’
- (7)
- Les signes :i: se correspondant dans a et [î, de sorte que finalement :
- Onde 0)
- =•=!+? f=\/;
- Onde io' = a' = —— -,
- 4 2 V 2 e j
- («)
- Ces ondes pouvant se réduire à des courants périodiques si les (3 ou P'deviennent imaginaires.
- La seule difficulté réside donc dans la résolution de l’équation (1), dont la discussion littérale m’a paru inextricable. 11 n’en est pas de même de sa résolution numérique.
- D’abord, si on appelle Z le premier nombre de l’équation (11), on voit immédiatement que : pour :
- Z —— —|— ce Z - - . o
- pour :
- z — zh \/s 'A — [pz — r)2 > o
- pour :
- *“;(«-£) x = {pz-')‘>o' Donc de deux choses l’une; ou bien
- ; (î - Ç) > \T-
- et alors il y a une racine comprise entre
- et qui répond à la question ; ou bien
- K» "?)<*'
- et alors il y a une racine comprise entre \/s et -(- oo, donc a fortiori entre
- e( -{- oo ,
- 7 ?
- et qui répond encore à la question.
- Le calcul numérique de Z estalors très simple. 11 suffit de le faire par approximations successives à partir de
- H-Ç)
- dans le premier cas, à partir de s dans le second, ces valeurs étant approchées par défaut. Il importe seulement, afin de ne pas commettre
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-
-
- 649
- «3 Mai. 1914. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- d’erreurs grossières, d’observer les points suivants :
- i° Opérer sur l’équation (3) non développée;
- a0 Exprimer toutes les quantités dans l’ordre de grandeur des O (io6, par exemple, pour une longueur d’onde: de i ooo mètres) de manière à faire disparaître les puissances de io qui encombrent les calculs ;
- 3° Calculer alors Z avec un assez grand nombre de décimales (6 suffisent en général).
- *
- * ¥
- Ces calculs m’ont conduit aux conclusions suivantes :
- I
- Quelques exemples numériques conduisent rapidement à des courbes de la forme indiquée parla figure (î). Je prends un primaire et un secondaire accordés (Q4 = = Q) et je fais varier
- l’amortissement ot, du primaire, l’amortissement ou du secondaire étant fixe, ainsi que le couplage. J’avais pris pour a2 une valeur correspondant à l’amortissement moyen d’une antenne et pour Q la valeur correspondant à une longueur d’onde
- Courbe, a
- Fig. i.
- voisine de i ooo mètres. Je porte en abscisses les a, et en ordonnées les u> et w' (a, a' et p, (3'). La partie de (3 èn pointillé au-dessous de l’axe des
- a4 représente les valeurs imaginaires de [3 (onde w apériodiques).
- 11
- Les courbes (3 et (3' se coupent, ce qui correspond à un couplage à onde unique ; les deux ondes rayonnées ont alors même longueur d’onde et des amortissements différents.
- La valeur de a, qui correspond à ce couplage à onde unique peut d’ailleurs être déterminée algébriquement. On doit avoir en effet :
- et finalement :
- '=?-£ <»>
- ou en remplaçant p, q, c par leurs valeurs :
- a (i — K2) («A2 + «A2) -f (a, -f- a2)3
- = (i — b-2) (ai “H *2) (Q|2 H- U22 -f- 'iai«a). (10)
- Sans discuter cette équation dans le cas général, observons qu’elle nous montre qu’on peut, avec deux circuits désaccordés, obtenir un système n’ayant qu’une seule période.
- Si en particulier les circuits sont accordés, l’équation (10) devient :
- a ( 1 — K2) ü2 -f- («i + aa)a = à (1 — Iv2) (Q2 -(- aaia2). Ce qui s’écrit encore :
- (at — a2)2 -j- 4K2a4a2 — a K2 (1 — Iv2) Q2 = o ou en ordonnant en at4,
- a,2 — a ( i — a K2) a2-ai -f" «a2 — a K2 (1 — K2)Q2=ro.
- Pour que cette équation ait des racines réelles, il faut que :
- D’autre part si on considère le terme constant
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- 650
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série); — H» 24
- de (ii) comme un trinôme en K2, ses racines sont :
- 4° Pour de très grands couplages (K>Ki)le produit des racines redevient positif, mais leur
- ^ K02 voisin (le zéro / K,2 voisin de i.
- Ce qui .montre finalement, que : i° Si le secondaire est très amorti
- il n’y a pas de valeur de ai donnant ce couplage à onde unique.
- a0 Si le secondaire a un amortissement tel
- Qi/» .i , '
- que a2 <-----et si le couplage K a une valeur
- usuelle, le produit des racines de (11) étant négatif, il existe une seule valeur de at donnant l’onde unique, soit a0.
- Lorsque
- somme est alors négative. Il n’y a donc plus de couplage à onde unique.
- «i < an
- I
- l’onde longue est la moins amortie, comme l’indiquent les formules de Drude. Je dirai plutôt: l’onde’T)^ qui est la moins amortie, est la plus longue.
- Lorsque
- ai = a0
- les ondes o et ci' ont la même longueur d’onde, u) étant beaucoup plus amortie que a)'.
- Lorsque
- a j > a0
- l’onde ü>', qui est la moins amortie, est la plus co in* te.
- 3° Pour de faibles couplages (K < K0) il y a deux valeurs de a, : a'0 et a0. Alors :
- Lorsque.
- ai < a0
- l’onde o' (moins amortie) est plus courte que Ponde w (plus amortie).
- Lorsque
- a*o <«i > «o
- l’onde (o' est plus longue que l’onde w.
- Lorsque
- aj > a0
- l’onde à)' redevient plus courte que l’onde w.
- ¥ *
- Ces résultats sont indiqués sur les figures ( i ) et (a). On y voit en outre que :
- i° Ce couplage à onde unique correspond à des ondes assez fortement amorties, pour des couplages moyens.
- a0 La valeur de a0 croît avec K.
- Fig*.
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- 23 Mai 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 681
- III
- Il n’est pas nécessaire d’avoir un primaire apériodique pour faire de l’excitation par choc :
- On peut, avec lin primaire et un secondaire périodiques, obtenir un système à onde unique,
- Fig. 4.
- c’est-à-dire un système qui est le siège d’un courant oscillatoire et d’un courant apériodique. Il suffit pour cela d’amortir fortement le primaire et de donner aux deux circuits un couplage serré.
- C’est ce que montre en particulier la figure (3i
- sur laquelle on a seulement figuré les (î pour des couplages croissants, la courbe K =o rencontrant l’axe des abscisses au point a] = Ci.
- IV
- La figure (4) montre que l’amortissement de l’onde unique dans ce dernier cas est moindre cjue l’amortissement de l’onde la moins amortie dans le cas des deux ondes de même longueur superposées.
- Néanmoins on ne peut pas dire que dans cette excitation par choc le secondaire vibre avec son amortissement propre.
- Les chiffres indiquent que l’amortissement réel a' peut être double, triple etc. de a2. Cependant a' tend vers oc, quand a, devient très grand, le primaire étant apériodique.
- V
- La courbe fl' tend vers \/C22.—» aa2 quand a, augmente. Il 11e semble donc pas que, avec deux circuits dont l’un au moins est périodique, on puisse obtenir un système complètement apériodique.
- Lieutenant Provotelle,
- Chef du service télégraphique du Maroc oriental.
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- 052
- T. XXV (2' Série). — N» 21
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- APPLICATIONS DIVERSES DES FORMULES GÉNÉRALES DE LA TRANSMISSION DES COURANTS ÉLECTRIQUES SINUSOÏDAUX {Suitef\
- Dans cet article qui fait suite à celui dii 1 mars dernier, l’auteur étudie les réflexions qui se produisent sur les ensembles formés par des lignes téléphoniques mises en série. Il indique les différentes données dont la connaissance est importante, les formules générales qui doivent permettre de connaître ces données dans les cas les plus simples.
- 3° Calcul des impédances caractéristiques aux deux extrémités.
- Calculons par exemple Z2
- il est égal à
- i +q
- h .....
- —, ce qui revient a dire
- -q V
- que Z2 = Z quand la seconde ligne est de lon-
- Z2
- . /[ZCh(al) Ch(a'l') -f- Z'Sh(al) S/i(a7')] [Z'Sh{al) Ch(a'l') -(- ZSh(a'l') Ch{al)\
- V Z'Chial
- ou Z
- 2> = zVÎt
- il) Ch [a'V) -(- ZSh[al) Sh{a'l')] [ZS/i(o/j Ch(a'l') -J- Z'Sh(a'l') Ch[al)~\
- -f- e-î(al+a'f ) _j_ q{e-îal _J_ e-2«T)] [, _ e~2{al+a'r) _f_ g (e-2«T _ e-2a*jJ
- (6)
- [i -f- _ q(e-M -f- e~îa'1')] [i — e-2(«H-aT) = q(e~ia'1
- -2.1)1
- Si al a'V et al sont grands, on obtient
- z __ z; i +ge-w 2 i —qe~ia'1''
- gueur nulle, ce qui est évident ; puis quand a' V est petit on peut écrire
- (6')
- Z2 — Z'2 ,
- Z2 — Z — —,/ -------------a'V.
- Dans ce dernier cas on trouverait naturellement que Z4 = Z. Etudions le cas déiini par l’équation 6'. On peut remarquer que le coefficient de Z' ne contient commeterme dépendantdelalongueur /'que le produit q e~îa'1' déjà considéré à propos de l’affaiblissement. Ce coefficient de Z' dépend d’ailleurs de q e—2<lT de la même manière que h' dépendait de e~ial dans l’article précédent. Au début
- (*) La Lumière Electrique, 7 mars 1914, p. 289. Rectification à l’article du 16 mai :
- p. 609, ir»
- équation lire
- au lieu de
- p. G11, 2e colonne, ligne 18, lire -----— .
- /i -f- £â
- p. 6i3, 2e colonne, ligne 7 avant la fin, lire = au lieu de +
- p> 614, 2» colonne, fig. 3, lire rc au lieu de R; de même ligne 1 et 3 avant cette figure.
- p. 614, dernière e'quation, supprimer le 2 au dénominateur.
- z2
- Ensuite lepointreprésentatif de —2se rapproche
- Lt
- de 1 en tournant en spirale autour. Il en résulte cette conséquence intéressante que l’argument Z2
- de — sera alternativement positif ou négatif et U
- que par suite l’argument de Z2 sera à certains moments supérieur à celui de Z. Il sera facile de voir dans chaque cas particulier quelle est la valeur supérieure que peut atteindre cet angle. Les tableaux qu’on trouvera plus loin montrent que cette valeur peut être très élevée (6o° etmême 70°). Tandis que l’argument de l’impédance d’une ligne uniforme est toujours inférieur à 45° celui d’un ensemble complexe peut s’approcher de 90° : comme d’ailleurs pour les lignes uniformes l’argument est toujours négatif, ce sera également dans le sens négatif que ces angles atteindront les valeurs les plus élevées pour les ensembles de lignes.
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- 653
- D’autre part, on voit que Z2 se rapproche assez rapidement de Z' quand / augmente, moins rapidement toutefois que R ne se rapproche de r€.
- Fig. i.
- De même que R dépasse rc, de même l’impédance Z2 qui à l’origine est égale à Z dépasse Z' et l’atteint en lui étant successivement inférieure et supérieure.
- En résumé, pour les calculs de réflexion entre a lignes, il importe surtout de connaître les a quantités
- i / Z Z'\ Z — Z'
- ', = ;U- + zJ " i = z+t‘
- ces i quantités se déduisant d’ailleurs immédia-
- Z'
- tement d’une troisième et étant liées par la
- li
- P + 1 _ 1
- relation
- a i — q‘
- Le tableau suivant donne les valeurs corres-
- pondant à la plupart des cas usuels importants.
- On a indiqué le coefficient p sous la forme a -f- bi et le coefficient q sous la forme pe1? parce c’est de cette façon que les calculs sont les plus faciles.
- Les tableaux suivants se réfèrent au cas d’une ligne longue mise en série avec une autre de longueur variable.
- On remarquera que pour des longueurs même assez courtes on arrive à des valeurs de R dépassant rc; on voit aussi que les réflexions entre les lignes souterraines sous papier en fil de i mètre et les lignes aériennes ordinaires sont favorables. Enfin on remarque que, sauf pour les lignes pupi-nisées,les valeurs de R sont toujours assez faibles.
- 11 est intéressant de signaler que la variation d’impédance est extrêmement rapide quand la seconde ligne est à courte longueur d’onde, comme c’est le cas pour les lignes pupinisées et aussi, à un degré moindre, pour les lignes aériennes. On conçoit donc que, dans le cas des lignes pupinisées, un défaut d’uniformité très faible dans les propriétés de la ligne, dans l’écartement ou les caractéristiques des bobines Pupin pourra faire varier fortement la valeur de l’impédance mesurée.
- Ces résultats expliquent, dans une certaine mesure, comment l’emploi des lignes pupinisées courtes peut produire des effets très différents si on fait varier même assez faiblement les caractéristiques des lignes ou des appareils qui sont mis au bout : ils montrent aussi la difficuté des mesures sur ces lignes.
- Les formules que l’on vient d’établir permet-
- Tableau I.
- VALEURS DE p ET DE y POUR LA PULSATION 5 OOO DANS LES RÉELEXIONS ENTRE
- ET Ligne aérienne d’impédance 700 |— i5° (fil de am”>,5) Ligne aérienne d’impédance 600 Ligne pupinisée d’impédance 1 000 Ligne pupinisée d’impédance 1 5oo
- P ? P 7 P <1 P 1
- Câble d’impédance 1,45 + «0,72 o,5 jF 2,28 + 1 i,38 0,72 | 13” 3,36 -f- 13,1 0,8 l8°3o'
- 190® |— 33° (fil de a mm. 5 ^ i ,88 4-*o,51 0,5g |+ io°i3'
- CAble d’impédance o,3i |48°a8' 0,76 + 10,4 0,97 + io,56 i,3i+ 10,97
- 467 |— 4a0 fil dero,964-10,19 1 mm J - | 0,42 1+67° o,5a |2g”4o' 0,64 |24”i3'
- Ligne pupiniséei d’impédance 1000. ! i,oi + 10,09 o,aa |i6o° I, I — o,a5 0,18 0,2
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). — N» 21
- Tableau II.
- o) = 5 ooo
- ET UNE LIGNE POUR LAQUELLE
- 15 km io — i5 —
- longue de........... J 20 —
- f 00 —
- / 5 km
- Z' = 467 v/ — 42° 1 10 —
- a' = 0,067 -|- /0,07 et / i5 — longue de............. / 20 —
- 30 --
- Z' = 1 000 [ 5 km.
- a'V — 0,01 -)-* îo,2 Vio — longue de............ / i5 —
- (ligne pupinisée souter- f 20. — raine en fil de 2 mm .). I 30 —
- COEFFICIENT H POUR L’ENSEMBLE FORMÉ PAR UNE LIGNE LONGUE D’iMPÉDANCE ÉGALE A
- \/ — i5°
- 700
- o,°9
- o, 16
- 0,201
- o, 22 3
- °>!97
- 0,022
- 0,025
- — 0,009
- 0,01
- 0,01
- — o,oo5
- o
- 0,02
- o
- + °>01
- 600
- 0,04
- 0,07
- o,!29
- 0,156
- 0,129
- — 0,062
- -- o,o55
- — o,o5
- — o,o5
- — o,o5
- o,o45
- 0,026
- 0,010
- o,o3g
- 0,02 J
- I 000
- 0,00‘>
- o, 18
- 0,26
- 0,275
- 0,2 >
- 0,01
- 0,02 3
- 0,022
- 0,025
- 0,025
- 1 5oo
- w>,9 o,33
- 0,46
- o,5o
- o,44
- 0,08
- 1 fO O
- 0,13 3
- 0,13
- o,i3
- 0,032
- 0,0204
- 0,019
- 0,0208
- 0,02
- Tableau III. 0) = 1 5oo
- ET UNE LIGNE DE IMPÉDANCE CARACTÉRISTIQUE APPARENTE DE L’ENSEMBLE FORMÉ PAU UNE LIGNE LONGUE D’IMPÉDANCE ÉGALE A
- 7°° |_ ,5» Ooo I ooo i 5oo
- 1 5km.. 684 P^44»3o'
- 4g 4 |—4®°-3o' 487 |— 42u3o' 817 j— 55°
- Z' = 1 go /— 33° J 'O — • 365 |— 54°3o' 334 |— 52» 442 — 6o°3o' 470 J— 6o°3o'
- ar = 0,022 -j- zo,33 \ i5 — . 285 |— 6o° 264 |—56° 317 |— 63°3o' 318 |— 70°
- longue de f ,1Q 228 1 — 58° 1 ! .j 222 |— 55°45' tv T 04 VJ 0 w 237 j— 67°3o'
- | 4<> — •. .164° |—39°3o/ i65 f — 3g»
- l 5km.. • / 1
- 640 | — 39°3o, 677 |— 3i° 8o3 j— 46» 900 1— 53°28'
- Z' =r 467 y/— 4»0 ) ,0 — . 537 )—- 46°5o' 564 |— 44°45/ 556 |—54' ' 563 |—58'
- a = 0,067 + *0,07 \ r lon&ue de.. 1 479 |— 46°26' 5oo |—47° 467 j— 5o° 45g |— 52°
- * 20 . 463 1-4- 43° 466 1— 4;4° 444 1— 45° 43g |— 45»
- [ 5km.. r/ » 1 -
- i 320 | —|— 170 I 180 | —22°5o 87O | I90
- L1 = 1 000 1 , . . 1 10 — . Cl ~~— o.O I -4- Z {) 2 ’ ( 2 i5o |-f- i5" I 390 I I202O/ - 776 j-f- i5°
- vV ' / 4 V A 1 ^ V/ â Ai > longue de... . I l:* •724 J6° 718 |— 2°4of 1 320 [ -j— 40
- ( 20 _ . 1 I 120 | I 4° 1 060 |-|- i8° g6o |— i4#4o'
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- 6»5
- tent dans chaque cas particulier d’examiner les ' valeurs de l’intensité et de la différence de potentiel que l’on peut obtenir à l’appareil récepteur. ‘ Elles permettent par suite de comparer entre eux divers types de lignes que l’on peut avoir à : placer entre une ligne ou un ensemble donné et! un appareil ou un ensemble également donné. Nous allons faire celte comparaison dans le cas oit la première ligne est longue.
- Soient al et Z les grandeurs caractéristiques de la ligne longue. Soient a V et 7/ les caractéristiques de la ligne qu’on cherche à comparer à d’aütres ; soit enfin Za l’imp'édance apparente de l’ensemble qu’on doit mettre au bout de cette ligne, Za étant mesuré au point de jonction avec la ligne (Z'a' P). On verra facilement que
- Nous allons appliquer celte formule à la discussion du problème suivant qui a soulevé de nombreuses controverses : quand on doit intercaler entre une ligne aérienne longue et l’ensemble d’appareils et de câbles constituant le réseau d’une grande ville une courte longueur de câble, dans quelle mesure y a-t-il intérêt à augmenter le diamètre des fils de ce câble ?
- Je supposerai que ces câbles soient assez courts pour qu’on puisse négliger les puissances de al supérieures à la deuxième dans le développement de en'1' et de e~“T ; j’admettrai de plus que la constante de propagation du câble est égale à
- I = — ^ - e~2 Z‘Z Z -f- Z,;
- qe
- - 2a'V'
- Z+Z'y i y, 1 +
- Ja^ 1 1— qe-'-«'l
- Si la ligne (Z' à' l') n’existait pas, on aurait eu
- I.=
- Z -j- Ad
- Z -j- Z„
- Le rapport
- I, e+a'1' ( Z' -f- Z«) (Z -|- Z') -f- c »7'(Z' — Za)(Z — Z') I~ aZ'(Z+Z„)
- mesure l’effet produit par l’introduction de la ligne (Z', a' l'). Ce rapport peut encore s’écrire.
- Ij
- I
- Z'2 + zz 1 + Z' (Z + Z
- a
- a)
- Z'2-j-ZZa Z'(Z + Z„)
- Cette équation a été indiquée par M. Devaux Charbonnel, dans le cas où la ligne (Z' a' lr) est placée immédiatement avant un appareil : il est intéressant de signaler que la formule est valable quel que soit l’ensemble de lignes ou d’appareils mis au bout de chaque cèté pourvu que l’on choisisse comme valeur de Z et de Za les impédances mesurées à la jonction avec la ligne
- (Z'a' P).
- et son impédance caractéristique égale à.
- Ces conditions ne sont suffisamment remplies que pour les diamètres petits ; jusqu’à •>. millimètres l’approximation estassez satisfaisante : au delà, l’affaiblissement auquel elle conduit est plus grand que l’affaiblissement réel : les conclusions qu’on tirera de cette étude seront donc sans doute plus défavorables à l’emploi du gros fil qu’il n’est légitime.
- Nous supposerons enfin que la capacité y d’un fil par rapport à l’autre de la même paire ne varie pas avec la résistance.
- Dans ces conditions, on peut chercher le mini-
- mum du rapport y défini comme fonction de p.
- Ii , , M'fpl2 , wyZZ T - 1 + * — + Z + Aa lL
- Si on suppose Z et Za ohmiques, on a
- Cette quantité ne peut que croître avec p : mais
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-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2* Série).— H» 21
- 686
- lorsque p est assez petit pour que le terme
- ü)2y2^2
- Z2Za2
- (z + Z*)2
- Dans le cas moyen qui est le plus intéressant pour les calculs, on trouve pour
- p - 44 (fil de i mm.) I = 5 km.
- I. ,
- T =
- devienne prépondérant, une réduction ultérieure de p n’aura plus d’influence: ce résultat sera d’ailleurs d’autant plus vite atteint que l sera petit.
- I =
- io km., Z = 6oo, Za = 6oo, ^" — o,6.
- " *T“
- P = 7 J = ',*5
- p = 4 T = ,,2,
- P = °l = I',7-
- Entre p = 7 etp = 4 la diminution d'affaiblissement apparente n’est que de o,o35, alors que la différence des affaiblissements des lignes serait de o,o55.
- Si maintenant on suppose que Z et Z« ne sont pas ohiniques, 011 verrait facilement que l’on peut écrire une condition de minimum, mais que pour cpie la valeur correspondante pour p soit positive, il faut des conditions assez complexes et rarement obtenues dans la pratique. Si Z est la caractéristique d’une ligne aérienne, il faut que Za ait une caractéristique self et que son argument soit assez élevé.
- On pourra appliquer cette méthode de calcul pour différentes valeurs de Z« : les 3 cas les plus intéressants sont les suivants :
- i° ZÆ est égal à l’impédance d’un appareil. On suppose donc que la ligne de l’abonné est très courte. On peut choisir par exemple 600 (-{- 4o°) ce qui correspond aux appareils à batterie centrale les plus usités.
- 20 Z« est égal à 800 (— 20°) ce qui correspond d’après les essais faits au bureau interurbain à l’impédance moyenne d’une ligne dans Paris : 6 kilomètres de câbles et un bureau urbain intercalé.
- • 3° Enfin Z0 est égal à 467 (— 42°) c’est-à-dire à l’impédance des câbles de 1 millimètre : c’est le cas d’une communication d’un abonné situé très loin du centre.
- p = 20 (fil de 1 mm. 5) l = 5 km. y 1,20
- p == 7 (fil de 2 mm. 5) » — i,i5
- p = 1,75 (fil de 5 mm.)
- 1, *4
- Quand on passe de p = 20 à p -= 7, l’affaiblis-semént augmente de 0,04 alors que la différence des coefficients d’affaiblissement vrais est de 0,09.
- En résumé dans presque tous les cas, la diminution de la résistance des câbles diminue l’affaiblissement apparent, mais cette réduction devient très faible à partir d’une certaine valeur et pour de courtes longueurs.
- II. Cas de trois lignes uniformes.
- Pour simplifier nous chercherons CJi AL au lieu de e'L : nous désignerons les coefficients caractéristiques des trois lignes respectivement par Z, al; Z', a'I' et Z", a"i'. Enfin nous écrirons Ch' au lieu de Ch (a’I1), Ch" au lieu de S h (a'7"), Ch' (2) au lieu de S h (2 a' /'), etc.
- CA2AL:=C/t'2(C/j2C/i"2-fSA2S/j"a)-f-SA'2(ÇAsSA'J
- -fSA2CA"2j+(CA'2+SA'2)SAC/iSA'CA'^|;4-^
- +SA''CA*[(CA*+SA2jSA'CA^|'+|')
- (/" 7\ / /n 7/"\ -1
- ^+^JC/*'*SACA-|-^,+^.jSA'»SACAj
- Ou, si on veut mettré en évidence le cosinus hyperbolique de {al -j- a’I' a'7") auquel se réduirait Ch AL si les impédances étaient tontes égales.
- CA2AL=CA2(a/-f a7'-f-a'7")+-CA,,(2)SA(2)SA'(2) X
- (l+l)+îSA'(a'[ï(l''+li)CA(a)SA'(a>
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 657
- . — aCA(a/+aT)SA(a/+a'7")j+^SA(a)SA'(a)
- Cette expression est compliquée et il sera souvent préférable en pratique de calculer d’abord les caractéristiques des deux premières lignes et d’obtenir ensuite celles de l’cuscmble par les formules indiquées ci-dessus.
- Si al et a!T sont grands :
- CA2AL-
- [«'W+;(§+f)sA’(
- +
- Ch’H %+%
- +s/i'2(^+è7')]-
- (il—{—(t l ~(~(t / )j
- 16
- r . . z'_lz'.z”
- l/Z Z" Z'2 ZZ"\ , e-2-^'/Z" Z Z'2 ZZ"
- +4\Z',+ z+zzVf Z’2
- 1 y +y„ yyn ~
- -j- e—ia'l'
- 1 \ Z ' Z" ZZ" Z'2
- _i/z+*+-+-
- a\Z'^ Z ^Z"^ Z
- +I(z+^+*L+zz:Yl
- ^ 4\Z"^ Z ^ZZ"^ Z'2/J
- (»)
- Si au contraire c’est a'V qui est grand.
- pZa'l'r I
- CA2AL = —I CA(2)CA”(2) -f -SA(a)CA'(a)
- x(I+l)+ic;‘«SA"Wx( l'+l) + :s,ws,w[|i+|+-+-)].
- Dans les deux exemples précédents, si le facteur multipliant e2aT ou e'J-al+2a'l’+la'1'' n’est pas trop petit, le cosinus hyperbolique peut se confondre avec l’arc et le facteur en question (divisé par e2ai+2oT dans le second cas) multiplié par quatre représente ce que nous avons appelé en.
- Enfin si al, a'V et a"l” sont tous grands, il y a
- réflexion complète et on voit que
- rc — - partie réelle de
- [-
- log,
- Si Z
- , i/ Z , Z' , V , Z'\ i / Z Z'' 17/ , 7i- \ + â(z,+ Z+/'+//) + 4(z''^Z^'z'2 + ZZ")
- (® )
- Z*
- C A2AL = C A"2G A2 (a/ + a?) -f S A'*S A2 (a/ -f- aV)
- + (I' + A“(a* + «"O
- Skiai. Sliia"l".
- f
- \Z2 ^ Z2'
- 2 SA'2.
- Un cas intéressant est celui où l’ensemble est symétrique, c’est-à-dire al= a"l" et Z = Z".
- Alors on verra sur la formule générale que
- C A AL = C k'G h(i al) -f- - -f- y ^ S A'S h(i al). (9)
- Si al est grand (*)
- «al[,+-;(* + *')
- r I / Z Z'\ T T ^riZ+aï'
- + [1--(^,+ 2 )Je_2a7 J = —£-(/>+1 )[1 -ÿ2e-2aT].
- D’où
- log
- p+
- + !og. (1 — qae-W). (9';
- Le coefficient de réflexion complète rc est donc le double de la valeur correspondant à la réflexion simple entre lignes du même type.
- Impédance caractéristique. — Nous ne l’indiquerons que dans le cas où l’ensemble est symétrique. Alors
- r/ „ r/o ZZ'SA(2a/)GA' + (Z2SA2 -f Z'2CA2)SA'
- Ja' — L" ZZ"èh{ial)Ch' + [Z'*Sh* + Z2G A2)SA'‘
- Quand al est grand, Z« = Z^ quand a'V est grand,
- „ , ZZ'Sh{ial) + Z2 S A2 -f Z'2GA2 ,
- Æ — Z“ ZZ'Sh(ial) + Z'2SA2 + Z2GA2' lI0'
- Quantité qui devient égal à Z12 quand al est nul.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2' Série) — H° 21.
- La variation du coefficient d'affaiblissement R dans le cas où une ligne courte est intercalée au milieu d’une ligne longue est tout à l’ail analogue à celle que nous avons étudiée dans le cas de deux lignes. Nous ne donnerons pas de tableau, mais voici un exemple qui montre l’importance que peuvent prendre de telles réflexions. Dans le cas de la réflexion complète, pour un câble en fil de '{ millimètres etdemi, intercalé au milieu d’une ligne pupinisée d’impédance i 5oo, le coefficient Ii = 0,87 : c’est-à-dire que 1’aiTaiblissemenl apparent est égal à celui d une ligne aérienne de 5oo kilométrés, indépendamment de l’affaiblissement propre du câble. Si le câble n’a (pie 10 kilomètres de longueur, R — o,/(, ce qui équivaut déjà à '.*50 kilomètres. On voit combien il est important, lorsqu’on pupinise les lignes aériennes, de 11c pas laisser sans bobines les câbles traversés par les lignes.
- L’équation (9) peut s’écrire
- ga'/’-f-R ==
- Z,3 + E*\
- 2 ZZ' J
- Z2 -f Z'*\
- 2ZZ' /•
- On reconnaît immédiatement l’équation (7) dans laquelle Z« est remplacé par Z : cette identité était d’ailleurs évidente a priori, puisque dans l’équntion (7) on étudie une ligne entre deux ensembles.
- 11 résulte de cette identité que l’étude consacrée plus haut à la variation de l’affaiblissement résultant quand le diamètre des fils dans les câbles varie s’applique ici sans modification. Le premier exemple donné (Z =600 Za=^6oo, p.655J est même celui qui correspond exactement à l’intercalation d’un câble au milieu d’une ligne aérienne ordinaire. Les mêmes conclusions s’appliquent donc.
- Les équations 9 et 10 relatives à un ensemble symétrique sont particulièrement importantes parce qu’on peut en faire le point de départ de l’élude des lignes sur lesquelles sont intercalées des impédances en série ou en dérivation ou des transformateurs. C’est cette étude qui sera entreprise sommairement dans un prochain article.
- L. Cahen,
- ‘ Ingénieur des Pusles et Télégraphes.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Moteurs'àe faible puissance. — Gordon Fox.
- Dans cet article, l’auteur étudie les conditions auxquelles doit répondre la construction des moteurs de puissance égale ou inférieure à un demi-cheval.
- Dans la construction des gros moteurs, quelques types normaux et vitesses normales, sont communément adoptés et l’on fait la machine à la demande du moteur ou bien on introduit entre eux des organes spéciaux de transmission. Cela tient à ce que l’on emploie peu de moteurs pour des applications identiques. Au contraire, le moteur de faible puissance est employé en grandes quantités et il y a donc lieu de considérer le moteur et la machine actionnée comme un ensemble cpii doit être établi avec le minimum d’usinage, le maximum de facilités de montage et de chances d’obtenir des résultats uniformes. Pour le constructeur, il s’agit donc d’établir une série d’organes de dimensions normalisées, pouvant s’adapter aisément à des bâtis normaux ou être employés dans les constructions courantes. Ce but, d’autre part, est d’obtenir de ces organes normalisés le plus grand nombre d’allures possibles et la plus grande variété dans les caractéristiques des moteurs. Ces conditions sont nécessitées par la variété même des applications. Dans un cas où il s’agit d’un appareil transportable, c’est la question de poids cpii prédomine; un moteur de piano doit être silencieux, etc. Souvent les dimensions mécaniques jouent un rôle important,
- En bien des cas, un diamètre réduit est un avantage en considération de l’espace limité dont on dispose.
- En pratique, tous les appareils ou machines actionnés par de très petits moteurs doivent être de vente courante ; il est donc nécessaire d’établir ces moteurs pour tous les voltages et tous les genres de courants usuels. Pour réduire les frais de modèles, de clessinsetde machines, pour avoir des machines en stock et fournir le moteur qui
- convient dès la réception d’un ordre, pour changer les moteurs quand l’usager change la nature du courant de force motrice, il y a un grand avantage à ce que ces moteurs puissent être établis aux mêmes dimensions mécaniques pour les différents genres decourants. Aujourd’hui,les constructeurs à hauteur du progrès sont capables de satisfaire à cette condition.
- Par raison d’économie dans la construction et pour répondre à la grande diversité des spécifications pour les différentes applications, il faut appliquer le double principe de la normalisation des organes essentiels et île la spécialisation des méthodes de montage.
- Fig*, i. — Moteur ù courant continu démoulé.
- Les organes essentiels d'un petit moteur sont : le stalor, le rotor, l’arbre, le collecteur, lespaliers et leurs supports. Le stator et le rotor sont faits de tôles découpées et les différents éléments normaux peuvent être diversement assemblés pour donner la latitude nécessaire dans les variations des vitesses et des caractéristiques. La longueur des paquets de tôle influe sur celle de l’arbre et peut influer sur la construction du b<\ti. Si les boucliers qui supporten t les paliers dans le moteur normal peuvent être construits de façon à s’adapter facilement aux extrémités des paquets de tôle, on pourra employer les mêmes boucliers pour toutes les longueurs de paquets. Les enroulements doivcntnaturellementêtre spéciaux. Les organes du collecteur peuvent être normalisés. Ainsi, il est possible de réaliser des caractéristiques et des vitesses différentes à l’aide d’un jeu de pièces normales en ayant simplement trois ou quatre longueurs d’arbres ctenvariantl.es enroulements. Les boucliers du côté des balais ou des organes de prise de courant doivent souvent être
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- T. XXV (2e Série). — N°3l.
- différents dans les moteurs al ter natifs et continus. Si les dimensions mécaniques sont semblables et si les boucliers des deux extrémités du moteur sont indépendants, il est possible d’employer le même bouclier normal ou spécial pour l’extrémité portant la poulie, dans les moteurs des deux types.
- Fig. 2.— Moteur à courant alternatif démonté.
- Ces considérations sont mises en évidence par les figures i et » qui représentent des moteurs
- Couple.
- Fig. 3. — Caractéristiques de différents types de moteurs, démontés, de même construction, la première pour courant continu, la seconde pour courant alternatif. On voit nettement que des longueurs de paquets différentes n’affectent que les enroulements, l’arbre et les boulons d’assemblage des deux boucliers et que le bouclier du cêté poulie, visible à gauche dans la figure i, peut servir pour l’un ou l’autre moteur; dans la figure », il est à droite.
- Les petits moteurs à courant continu sont généralement employés avec tous les types d’enroulements shunt, série etcompound. Les moteurs alternatifs sont surtout monophasés, du type à induction dans les plus grands modèles, avec dispositif de dédoublement de phase pour le démarrage. D’ordinaire, il existe un enroulement de démarrage mis hors circuitpar un interrupteur centrifuge quand le moteur a atteint sa vitesse de régime.
- La figure 3 donne une comparaison des caractéristiques d’une série normale de moteurs, le point commun des courbes correspondant à la pleine charge. On voit que lorsque la charge varie, ces moteurs se comportent tous de façon différente. Bien entendu, les caractéristiques précises peuvent être modifiées d’après la construction des enroulements. Celle-ci doit être un compromis entre les différentes conditions à satisfaire. Les facteurs qui se trouvent influencés par elle sont le couple-moteur au démarrage et en marche, la constance de vitesse et de rendement etlefacteurdepuissanceavecles effets thermiques qui en résultent. La figure 4 montre les caractéristiques données par deux enroulements différents sur le même bâti d’un petit moteur à induction monophasé. On remarquera que le couple moteur en marche est renforcé et la constance de vitesse réalisée entre de larges limites de charge aux dépens du rendement et du facteur de puissance. Le moteur A chauffera, par conse-
- il»
- 91
- 89
- 70
- 60
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- 80
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- 20
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- •tj
- §
- e
- i
- 300
- 0 6 0 100 1 6 0 700 2 60
- Dépense en watts
- Fig. 4. — Caractéristiques données par deux enroulements différents.
- quent, beaucoup plus que le moteur B sous la même charge mais supportera beaucoup mieux de fortes surcharges pendant de courtes périodes. Le premier serait employé pour des hachoirs à viande et le second pour la commande de pianos mécaniques ou de barboteuses. C’est là un exemple qui fait bien ressortir l’essence même de la question du petit moteur dont la construction est, comme on vient de le dire, un compromis entre les différentes caractéristiques dans le but de répondre au mieux au cas considéré.
- On trouve beaucoup de petits accessoires légers dont l’emploi nécessite des moteurs de très faible puissance ; tels sont les appareils domestiques de nettoyage par le vide. Il est impossible de construire d’aussi petits moteurs monophasés à induction. Les moteurs à courant
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- alternatif ne peuvent être à enroulement shunt, en raison des différences de facteur de puissance entre l’inducteur et l’induit ; ces tics petits moteurs sont généralement à enroulement série.
- Lesmoteursàcourant alternatif ou continu sont généralement faits des mêmes éléments maisavec des enroulements différents. 11 faut soigneusement étudier la charge que doit supporter le moteur car une légère variation de charge détermine une sensible différence de vitesse dans les moteurs série. Il est d’ailleurs difficile de construire des moteurs de ce type qui donnent des résultats acceptables quand les limites fixées sont assez étroites, car un léger écart sur les dimensions mécaniques, — par exemple, dans ^entrefer ou dans le montage du collecteur, — occasionne une différence sensible de fonctionnement. 11 faut une certaine tolérance dans l’emploi du moteur, sinon, un pourcentage assez fort de moteurs seront rebutés par suite de surcharge, d’échauffement et d’étincelles au collecteur. Or, dans beaucoup d’appareils mus électriquement, le coût du montage et de l’essai constitue une part importante du prix de revient; si donc une assez forte proportion de moteurs sont mis au rebut, le prix unitaire des appareils s’en trouvera sensiblement affecté. Par conséquent, l’inspection de tous les organes avant montage et l’admission d’une certaine tolérance sur la charge, sont des mesures désirables.
- Des considérations commerciales ont également rendu désirable la construction de petits moteurs universels, fonctionnant indifféremment avec courant continu ou alternatif. Jusqu’à présent, on n’a pas encore construit de moteurs réellement universels ; on a établi des enroulements qui fonctionnent avec courant à Go et aj périodes, ainsi qu’avec courant continu, en prenant des caractéristiques différentes. La figure 5 montre les différences de fonctionnement d’un pareil moteur avec courant continu et alternatif à Go périodes. Ces enroulements universels ne se sont montrés satisfaisants que pour les grandes vitesses ; les moteurs à faible vitesse exigent un champ plus fort, plus de spires dans l’induit et, en conséquence, une plus forte inductance. Le moteur à faible vitesse fonctionnant sur courant alternatif perd plus vite de sa vitesse, est peu susceptible de surcharge et donne des étincelles. Les moteurs universels ne l’étant réellement qu’en un point de leur courbe
- de charge, la puissance requise par la machine qu’ils doivent commander doit être déterminée avec soin pour que ce point de la courbe corresponde à cette puissance.
- 11 est difficile d’établir un petit moteur série à vitesse suffisamment constante pour des charges variables. Les moteurs à faible vitesse sont également difficiles à établir, le grand nombre de spires de l’induit provoquant la production d’étincelles. Aussi, un montage spécial employé
- 10000
- aooo
- co 6000
- 4000
- zooo
- 0 10 20 30 40 50 60 70
- Couple
- Fig. 5. — Caractéristique d’un moteur universel.
- pour répondre à ces desiderata peut être intéressant. Ce montage est représenté dans la figure G. On voit que l’enroulement de champ série est relié en série avec une résistance sur la ligne. 11 en résulte que le champ est tout à fait uniforme, ce circuit, étant traversé par un courant d’intensité constante. L’induit est en dérivation sur une portion de cette résistance ; Il n’a done qu’un faible voltage et nécessite un petit nombre de spires. Le facteur de puissance, dans ce dispositif, est à peu près le’ même pour l’induit et l’inducteur et le couple moteur est donc satisfaisant. En raison de l’uniformité du champ, la vitesse obtenue est constante et en raison du
- faible voltage dans lin- Fig.6. — Schéma de mon-
- duit, on peut réaliser une laged’un moteur-série
- „ ... . ... » vitesse constante.
- faible vitesse sans étincelles. Au départ, l’afflux de courant dans l’induit renforce le champ, ce qui donne un effet de compoundage avec un bon couple moteur et une accélération rapide.
- En terminant, l’auteur résume les points à considérer dans l’établissement d’une commande
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- par petit moteur et montre combien ce problème nécessite de soins et d’attention à tous les détails pour obtenir des résultats satisfaisants.
- (Electrical Review and Western Electrician, 4 avril 19M )
- La filtration humide de l’air de refroidissement pour les machines électriques. — D. A. Hackett.
- L’emploi de l’air épuré par ce que l’on appelle généralement aujourd’hui la filtration humide est une innovation relativement récente et, jusqu’ici, les installations de ce genre sont peu nombreuses. En raison du développement rapide du nombre des générateurs commandés directement par turbines et nécessitant pour leur ventilation continue des volumes d’air considérables, beaucoup d’ingénieurs de stations centrales s’intéressent à cette méthode et en discutent actuellement les possibilités. L’auteur se propose d’Qnvisager la question à certains points de vue techniques dans le but d’en stimuler la discussion pratique.
- La méthode de filtration humide consiste à mettre l’air à épurer en contact intime avec de l’eau à l’étal de très fine division. On peut donc dire que l’air est effectivement lavé; les particules solides en suspension constituent des noyaux autour desquels se forment les gouttelettes qui sont séparées à leur tour du courant d’air, tant par gravité que par choc sur des chicanes. En outre des particules de poussière, cette opération élimine de l’air les acides et gaz générateurs d’acide mélangés à cet air et au moins aussi préjudiciables que les poussières.
- La première question qui se pose est de savoir s’il est possible que l’air entraîne hors du filtre des particules liquides. C’est là une question qui se réduit à l’installation d’un appareil susceptible de traiter le volume d’air nécessaire et il est hors de doute que les constructeurs de ces appareils puissent donner les garanties d’absence totale d’humidité en suspension dans l’air sortant du filtre. Néanmoins, cet air est chargé de vapeur d’eau; or, la résistance d’isolation des machines est réduite par la présence d’humidité et il y a lieu d’examiner l'influence que peut avoir la teneur de l’air filtré en vapeur d’eau.
- L’auteur fait remarquera ce sujet qu’en Angleterre, par exemple, il arrive fréquemment que le degré hygrométrique de l’atmosphère se main-
- tienne à 100 % pendant de longues périodes. C’est le cas, en particulier, dans les usines où sont installées ces machines exigeant une ventilation forcée et cependant, quand l’atmosphère reste pure, on fait ordinairement passer à travers les machines de l’air non filtré, sans aucun dommage pour l’isolation. Bien plus, par les temps de brouillard, l’air est sursaturé et contient en suspension des particules liquides; pourtant on 11’a pas connaissance que des machines aient été grillées par la réduction de la résistance de l’isolation dans ces circonstances; jamais non plus on n’a pris de dispositions spéciales pour réduire l’humidité de l’air en cas de brouillard ou de conditions atmosphériques exceptionnellement humides. Enfin, les machines sont isolées pour fonctionner dans les conditions ordinaires de l’atmosphère environnante et les essais pratiques sont toujours indiqués par les constructeurs comme devant être faits sans précautions spéciales. 11 est même spécifié en bien des cas que les machines doivent séjourner pendant quelques jours dans les ateliers avant d’être essayées dans les conditions atmosphériques ordinaires. Il semble donc que le facteur de sécurité de l’isolation appliqué aux machines électriques en général les garantisse pour l’emploi de l’air filtré par l’eau.
- Il convient d’examiner l’influence du passage de l’air à travers la machine. L’air, au sortir du filtre, rencontre d’abord dans les tuyauteries et notamment dans les coudes une certaine résistance; il doit être refoulé dans la machine par un ventilateur. Par ces diverses causes, la température se relève et son humidité diminue. Il faut en effet, une quantité très faible d’énergie pour augmenter d’un degré la température d’un mètre cube d’air (>. watts environ par mètre cube et par minute) et pour un degré hygrométrique donné, la teneur en humidité décroît rapidement lorsque la température de l’air augmente. Admettons 100% d’humidité dans l’air à la pression atmosphérique et à u/,5 (i; une élévation de température de i,5° réduit à 90 % le degré hygrométrique; or, un ventilateur ayant un rendement de 65 %, le calcul montre que les pertes d’énergie dans le ventilateur et les conduites relèvent la température de l’air d’environ 3° avant qu’il n’atteigne les enroulements des machines. En ce cas, le degré hygrométrique de l’air saturé au sortir du filtre est réduit à 79 % , chiffre inférieur
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- à la moyenne des conditions atmosphériques pour la saison d’hiver en Angleterre. Remarquons d’ailleurs que l’atmosphère des usines est toujours plus chargée de vapeur que la normale.
- Il faut, d’autre part, tenir compte de réchauffement des enroulements qui se manifeste immédiatement après la mise en charge. Dans une station centrale, l’air est également échauffé par rayonnement des chaudières, machines et conduites; ces deux causes tendent, par conséquent, à abaisser la teneur en humidité.
- On a fait valoir à l’avantage de cette méthode de filtration qu’elle refroidissait l’air en môme temps qu’elle l’épurait, ce qui abaisserait la température maximum des machines. Le gain, de ce chef, ne paraît pas considérable; il est facile de le démontrer par le calcul. De l’air à i 'i°,9 C et 8i % d’humidité, par exemple, correspondant à
- la moyenne des conditions atmosphériques d’été en Angleterre, a une température de ia° C quand il sort du filtre saturé d’humidité. Ce refroidissement est dfl principalement à l’absorption par l’eau, pour son évaporation, d’une quantité de calories correspondant à sa chaleur latente. Il ne semble pas possible, sauf dans des cas particuliers, de réduire davantage la température de l’air, sinon par l’installation d’appareils réfrigérants dont le bénéfice est douteux.
- Quant aux qualités réfrigérantes de l’air humide, l’étude de ses variations de chaleur spécifique et de densité donne pour ces deux facteurs une augmentation de o,% % dans les conditions moyennes, d’où un léger avantage à cet égard.
- ( The Electrical Resiew, i3 mars 1914 )
- ÉCLAIRAGE
- Utilisation de la lampe au pentane comme
- étalon. — E. C. Crittenden et A. H. Taylor.
- Il existe plusieurs types de lampes utilisées pour la photométrie. Dans quelques cas, où la maniabilitéest une condition importante, on peut recommander l’emploi de la lampe Ilefner. Cette lampe donne d’excellents résultats pour de nombreuses mesures exécutées dans des conditions favorables; mais, en général, sa faible intensité, sa lumière un peu rougeâtre, sa sensibilité aux courants d’air et son instabilité aux environs de ao° en rendent l’usage difficile.
- La lampe au pentane présente l’inconvénient d’être de grandes dimensions et difficilement transportable, d’exiger l’emploi d’1111 combustible dangereux et d’un prix élevé, et de nécessiter une ventilation assez énergique. Cet appareil est cependant utilisé de plus en plus, car il est le seul étalon pouvant être utilisé pratiquement avec une exactitude insuffisante pour les besoins de l’industrie.
- Nous allons indiquer dans ce qui va suivre le mode d’étalonnage adopté pour cette lampe et les procédés recommandés pour son utilisation.
- Le laboratoire de photométrie du Bureau of Standards comprend une chambre de 7 m. 80 sur
- 5 m. 40 et 3. m. 60 de hauteur. La ventilation est obtenue au moyen d’un système de chauffage à air. La composition de l’air est d’ailleurs vérifiée au moyen d’un réfractomètrede Zeiss qui permet de déterminer la quantité existante d’acide carbonique. On mesure l’humidité par deux psy-chromètresd’Assmann et la pression par un baromètre à mercure. La mesure photométrique est réalisée par comparaison.
- Avant de placer la lampe sur le photomètre, on vérifie que le brûleur est exactement au centre de la cheminée et que la cheminée se trouve juste à une hauteur déterminée, au-dessus du brûleur. Diverses précautions sont prises de manière à assurer l’invariabilité des résultats et la comparaison exacte de la lampe à mesurer et de l’étalon. Quant à la lampe au pentane qu’il s’agit de pho-tométrer, on vérifie d’abord la densité etlapureté du peutanc qu’il est indispensable de contrôler avec la plus grande exactitude. Ensuite, on fixe la hauteur de la flamme en agissant sur le robinet du saturateur. Pour déterminer cette hauteur, on arrive en général à une exactitude très suffisante par comparaison avec une barre placée derrière la flamme. 11 est d’usage, au Bureau of Standards, de déterminer d’abord la hauteur de flamme don-
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- nant l’éclairement maximum et de faire l’étalonnage pour cette hauteur. On peut "admettre qu’au bout de 20 à 3o minutes de fonctionnement la lampe présente un éclairement assez constant pour qu’on puisse effectuer des mesures avec une précision suffisante.
- Malgré les difficultés qu’on a rencontrées à cause delà couleur rougeâtre du pentane, on a pu obtenir une constance très satisfaisante dans les résultats obtenus qui ont fourni depuis trois ans une valeur égale à /», 97-4, 99 bougies pour la lampe au pentane. L’approximation de ces mesures peut être évaluée à 1 % environ.
- Pour 1’utilisation des lampes au pentane, il est bon de réaliser certaines conditions dont les plus importantes sont les suivantes :
- La proportion d’oxygène contenue dans l’air devra être sensiblement constante. L’effet produit sur une lampe Hefner par l’addition d’une partie d’acide carbonique à 1 000 parties d’air, cpnsisterait, d’après Liebentlial, dans une réduction de o 7 % dans l’intensité lumineuse, et si la même proportion d’acide carbonique était produite dans une chambre par la combustion et la respiration, il en résulterait une diminution de 2,2 à 3 % de l’intensité lumineuse d’une lampe Hefner, d’une lampe au pentane, ou d’autres flammes. C’est, en réalité, la quantité d^oxygène qui joue le principal rôle et qu’il importe de déterminer exactement.
- O11 devra, d’autre part, préserver la lampe des courants d’air et prendre quelques précautions en raisondela grande inflammabilité du pentane. Le saturateur devra être plein au tiers ou, au plus, aux deux tiers de sa capacité au début de l’opération et on devra s’assurer que l’opération s’effectue dans des conditions rigoureusement déterminées en ce qui concerne la position relative des différents instruments.
- Le pentane utilisé pour la lampe étalon a une
- densité en général légèrementinférieure à o,635 ; si cette densité atteint 0,65o, l’intensité lumineuse est de 2 % environ supérieure à la normale. Au-dessous de o,635, il est inutile de faire une correction ; au-dessus de cette valeur, la correction est nécessaire et la variation de l’intensité lumineuse est sensiblement proportionnelle à la densité. Ceci suppose que le pentane est pur, ce dont on s’assurera de la manière suivante :
- Dans un flacon de verre blanc, on ajoute à 10 centimètres cubes d’acide azotique de densité égale à 1,22, obtenu eu dissolvant l’acide dans la moitié de son volume d’eau, 1 centimètre cube d’une solution de permanganate de potassium, contenant 1 décigrannne de permanganate dans 200 centimètres cubes d’eau. Un verse dans cette solution 5o centimètres cubes de pentane et l’on agite pendant cinq périodes successives de 20 secondes. Le mélange doit présenter une couleur rose qui disparaît s’il existe une proportion de o,5 % d’amylène ou de benzène.
- En ce qui concerne les effets des variations atmosphériques, on peut admettre que la température peut être maintenue suffisamment constante. Quant à la pression barométrique, l’intensité lumineuse augmente d’environ 0,8 % par centimètre de mercure. L’humidité diminue, au contraire, l’intensitéde la flamme ; si l’on appelle h le volume de vapeur d’eau en litres par mètre cube d’air sec, n la proportion normale et a un facteur de correction, l’intensité lumineuse I est donnée en fonction de l’intensité normale In par l’expression ,
- I = In (1 -|- (h-n) a)
- n’est fixé en général à 8 litres et les dernières mesures donnent pour a la valeur 0,00625.
- (Scientific Papers of the Bureau of Standards,
- 2 août 1913.)
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- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- L’électricité dans le fonçage des puits de mines.
- Quelques-unes des difficultés inhérentes aux turbo-pompes à commande électrique, notamment à leurs paliers, en raison de leur grande vitesse de rotation, ainsi qu’en ce qui concerne le refroidissement efficace du moteur, sont aujourd’hui surmontées par une construction judicieuse et un graissage convenable. La construction scientifique du moteur moderne à grande vitesse en a fait une machine sure et les accidents électriques aux turbo-pompes, ne sont certainement pas plus fréquents que les accidents mécaniques. C’est ce qui ressort d’un mémoire présenté par M. H. J. Wroc, à l’Association Of Mining Electrical Engineer, sur les pompes de fonçage des charbonnages de Til-manstone.
- En même temps, ce mémoire montre combien il est nécessaire de veiller aux détails d’organisation et de fonctionnement de ces pompes, de façon à réduire au minimum de durée possible les arrêts pour déplacements et additions à la conduite de refoulement. Ce mémoire pose les règles d’après lesquelles les ouvriers préposés aux pompes et aux tableaux de distribution doivent opérer et il établit que la stricte observation de ces règles est largement compensée par le règlement des machines.
- Les résultats souvent défavorables obtenus dans les mines avec les pompes électriques tiennent à ce que celles-ci sont généralement conduites d’après les mêmes règles que les pompes à air. Il est évident que les équipes de monteurs et de conducteurs des compresseurs et conduites d’air, d’une part, des pompes et colonnes de refoulement, d’autre part, peuvent au besoin se remplacer et s’entr’aider; il ne fa ut pas beaucoup d’intelligence ni de savoir pour apprécier si la pression d’air est suffisante pour la commande des pompes, en sorte que leur conducteur n’a pas à s’occuper de ce que fait le conducteur des compresseurs. Dans le cas des pompes électriques, au contraire, il est essentiel à la protection de la vie des ouvriers de suivre un ordre
- déterminé de telle façon que la commutation à la recette ou au tableau intermédiaire se fasse, d’après ce qui se passe à la pompe de fonçage. Il importe également, dans le cas d’une petite usine électrique de mine, que le conducteur de la pompe ne mette pas brusquement en circuit ou hors circuit une machine de /|00 à aoo chevaux sans prévenir la station centrale. D’où la nécessité de règles appropriées et de moyens de communication entre le conducteur de la pompe et le préposé au tableau de distribution, d'une part, et la station centrale, d’autre part. Cette organisation peut sembler compliquée vis-à-vis des anciennes méthodes, mais il n’est pas douteux que l’observation de pareilles règles est largement payée par le rendement en travail, la brièveté des arrêts et l’élimination des accidents aux machines et aux interrupteurs, j>«u' suite d’une manoeuvre sans soin.
- Le fonçage des puits de mines se fait généralement à l’aide de turbo-pompes électriques à accouplement direct, mais il peut se faire également par pompes commandées par engrenages. Ces dernières sont cependant plus encombrantes et d’un rendement moindre. Il serait néanmoins difficile de déterminer quel est, des deux, le type le plus coûteux, si l’on tient compte des réparations lorsqu’on refoule une eau sableuse ; cela dépend dans une large mesure de la vitesse de la pompe, laquelle dépend à son tour de la hauteur de refoulement. Dans le Sud Africain où l’on a à pomper des milliers de mètres cubes de pulpe contenant le genre de gravier le plus nuisible possible, la pompe centrifuge donne de très bons résultats ; toutefois, elle n’y fonctionne que sous des hauteurs de refoulement de 12 à Jo mètres.
- La pompe à air comprimé est une excellente machine d’exhaure, surtout lorsqu’on l’emploie au voisinage d’un puits d’aérage ou lorsque l’installation ne vaut pas la peine de poser des conducteurs électriques, mais elle débite de l’air très chargé de vapeur et son bruit est désagréable. Pour de très grands débits d’eau, le prix de l’air comprimé devient un facteur important et
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2° Série).— N° 21.
- constitue une dépense relativement élevée par rapport au prix de l’énergie électrique. En pratique, toute nouvelle mine située dans le voisinage d’un secteur électrique n’aura pas avantage à installe]1 une usine d’air comprimé pour le seul service des pompes de fonçage si celte usine n’est pas indispensable à l'exploitation future.
- Pour mettre en relief les avantages que la commande électrique peut procurer à l’ingénieur de mines aux débuts de ses travaux, comparons i l’équipement d’un puits pendant son fonçage à /ioo mètres de profondeur, par exemple, dans les conditions anciennes et nouvelles. Avant l’appa-rition de l’énergie électrique, il a fallu installer à environ aïo mètres de profondeur une pompe à vapeur lourde et volumineuse alimentée par une grosse conduite amenant la vapeur de chaudières installées à la surface. Cette pompe aurait repris, dans le puisard voisin, l’eau élevée par la pompe de fonçage à air comprimé établie au fond du puits et alimentée elle-même par une conduite d’air venant de la surface. La pompe à air fait de gros nuages de vapeur et son échappement produit un bruit assourdissant.
- Avec la pompe électrique, il n’y a, entre la surface du sol et la chambre de la pompe installée à 'jsio mètres, qu’une paire de cables à section relativement faible, fixés à lu paroi dans le coin- j partiment ad hoc qui remplace la grosse conduite de vapeur et la conduite d’air comprimé. Cette paire de câbles fournit le courant à une couple de turbo-pompes électriques très coin- j pactes ou de pompes commandées par engrenages. Dans la meme chambre et dans une position qui ne gène en rien le montage et. la manœuvre des plus gros organes des moteurs et des pompes sont placés une série de tableaux de contrôle de ces pompes et des pompes de fonçage. Cette chambre peut également recevoir le tambour de câble pour dévider du câble â la pompe de fonçage au fur et â mesure de l’avancement des travaux. Dans le puits, descendent d’un treuil les deux câbles métalliques de suspension de la pompe de fonçage et, entre ces câbles, est fixée la colonne de refoulement portant elle-même le conducteur électrique qui va du tableau de la chambre de pompage à la pompe de fonçage. Le câble de suspension est commandé du sol au moyen du treuil et la colonne de refoulement peut descendre avec la pompe, tandis que le câble conducteur allant à cette
- dernière est dévidé par le tambour disposé dans la chambre à l’étage de »io mètres. Cela fait, on peut rajouter des longueurs de tuyaux à la colonne de refoulement et reprendre le pompage. La pompe de fonçage est très compacte et laisse le maximum d’espace dans le puits pour le passage des culîats remontant les matériaux et pour la descente des boisages. Elle marche tranquillement et régulièrement et refoule un volume d’eau qu’il serait impossible d’obtenir d’aucun autre type de pompe.
- On peut donc dire en terminant que la turbo-pompe électrique offre de grands avantages pour l’ingénieur de mines ayant de grandes quantités d’eau â épuiser ; elle est légère et compacte, sûre et plus économique comme consommation d’énergie tpieles anciennes pompes mécaniques; installée à poste fixe, elle nécessite une chambre de dimensions moindres ; enfin, elle emploie une forme d’énergie qui se prête à l’occasion à la commande de toute autre machine de mines. Toutefois, elle exige une construction très soignée et l’établissement de règles nouvelles pour les agents chargés de la conduire.
- (Engineering. 20 février 1914.)
- Horloges enregistreuses pour le contrôle de la marche des trains.
- Pour éliminer les erreurs involontaires ou voulues dans les fiches ou bulletins de contrôle de la marche des trains, différentes compagnies de traction électrique américaines emploientdes horloges enregistreuses. Tels sont notamment le Britis h Colombia Electric Railvvay, le Third Avenue Railway, à New-York; l’interborough Rapid Transit C°, à New-York.
- Le type d’horloge adopté par ces diverses compagnies est. celui que construit la Railway Impro-veinent C°, de New-York. Surces lignes, des horloges enregistreuses sont installées aux stations terminus et chaque waltman est pourvud’un bulletin de route tel que celui reproduit ici cl qui est le modèle de l’interborough Rapid Transit C°. En arrivant â la station, le wattinan introduit son bulletin de route ou fiche que l’horloge timbre â l’heure d’arrivée. 11 procède de même au départ. Cela force le personnel à observer l’horaire et permet en même temps au service de l’exploitation d’avoir un rapport précis sur le mouvement
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- de tous les trains, et de modifier les horaires suivant les besoins du trafic.
- Sur la fiche reproduite ici, on voit que les sta-
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- Fig. i.
- lions terminus sont indiquées par leurs initiales : C. 11. = City Hall et B. P. = Bronx Park.
- Le wallman Mac Donald a quitté Bronx Park à 7 h. :-{8 du matin et est arrivé à City llall à 8 h. a6; parcours effectif, en /t8 minutes. Au qua-
- trième voyage, il a quitté City llall à io h. 58 et est arrivé à Bronx Park à u h, 't(\ minutes i/a ; parcours effectif, /J8 minutes i/a. Le cinquième
- Fig. a.
- v<*yage 11 a le elleelue (pi à .] h. i>. du soir au départ de Bronx Park avec arrivée à City llall à \ h. 58; parcours '>.6 minutes, Les chiffres soulignés sur la fiche indiquent les heures de l’après-midi. [ The ICleclncRaihvay Journal, 7 mars 191/1.)
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- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- Le marché français se restreignant, nos industriels cherchent sur les marchés étrangers les compensations dont ils ont besoin pour assurer la bonne marche de leurs usines. Malheureusement, certains pays de l’Amérique du Sud qui pourraient suppléer à notre marché, leur régime économique étant différent du nôtre, traversent eux-mêmes une crise dont la répercussion s’étend à toutes les branches d’activité de leur population. L’Argentine est sous l’impression d’une mauvaise récolte et de catastrophes financières, suite d’une spéculation intense sur les terrains; les recettes douanières de Buenos-Ayres ont baissé par rapport à 1913 de 5 millions de pesos pour le premier trimestre. Le ralentissement général du commerce est marqué d’autre part par la diminution du trafic des voies ferrées et des compagnies de navigation; les actions du Buenos-Ayres Pacific, du Buenos-Ayres Western, du Central argentin sont en baisse constante; les titres de l’Argentine Navigation Company ne trouvent plus d’amateurs. Au Brésil la situation générale est encore plus mauvaise, les obligations de chemins de fer elles-mêmes ont subi des dépréciations qui atteignent pour certaines 5o % de leur valeur nominale. Ces deux pays font de louables efforts pour assainir leur situation financière en pratiquant une politique d’économies ; mais c’est évidemment au détriment de leurs relations commerciales avec l’étranger.
- Un indice des plus certains de ce malaise qui est général est donné par le commerce d’exportation et de réexportation de la Grande-Bretagne. Le recul des exportations pour le mois d’avril est de 3 millions de livres, avril et mars par rapport à l’an dernier présentent une diminution de 277 000livres; cette diminution porte sur les articles manufacturés, sur les produits de l’industrie du fer et de l’acier, sur les machines. Il subsiste cependant un espoir de compensation partielle dans les demandes de la Turquie, de la Grèce et de la Bulgarie. Depuis le rétablissement de la paix, leur activité économique reprend ; on prétend même qu’il y a hausse sur les prix.
- La Turquie a réalisé un premier emprunt sur le marché de Paris dont le succès d’ailleurs n’a pas été éclatant. L’emprunt bulgare est sur le point de se traiter à Berlin au grand détriment de l’industrie
- française qui se trouvera écartée d’un pays où elle avait ses assises. Le montant de l’emprunt sera de . 5oo millions de francs, du taux de 5 %, à un prix d’émission à déterminer. Des banques allemandes, anglaises et autrichiennes garantiront l’émission. Le corollaire nécessaire sera la commande en Allemagne du matériel de guerre et du niàtériel de chemins de fer nécessaires à la réfection des armements et aux besoins du trafic national. Ainsi nous pouvons compter sur le marché turc, point sur le bulgare, mais peut-être aussi sur le grec.
- Enfin, la situation en Russie se maintient dans de bonnes conditions, comme nous le disions déjà précédemment, et c’est de ce côté que nos efforts peuvent s’exercer efficacement. Le marché des combustibles et le mafehé métallurgique ne faiblissant pas, les prix se maintiennent avec plutôt une tendance à la hausse, ce qui indique que les besoins sont à peine satisfaits et que l’importation étrangère trouvera# son compte à être plus active.
- Une assemblée générale extraordinaire des actionnaires de la société Appareillage Electrique Grivo-las tenue le 3o avril a décidé l’augmentation du capital. Celui-ci actuellement de deux millions de francs sera augmenté en une ou plusieurs fois jusqu’à concurrence de trois millions de francs par l’émission de 3o 000 actions de 100 francs chacune : par suite, le capital pourra être porté à cinq millions de francs. Chaque augmentation de capital ne pourra être inférieure à 5ooooo francs ; les actions seront émises au pairou avec une prime dont le montant sera affecté, jusqu’à duc concurrence, au paiement des frais et commissions de banques occasionnés par l’émission des actions' et la réalisation de l’augmentation de capital. Le conseil d’administration reçoit tous les pouvoirs nécessaires pour réaliser aux époques qu’il jugera convenables les augmentations de capital successives dans les limites autorisées. On n’est pas surpris de voir l'assemblée des actionnaires conférer à son conseil un mandat aussi large que celui indiqué ci-dessus : les difficultés que les conseils d’administration rencontrent dans la constitution des assemblées extraordinaires les incitent à profiter des occasions où ils y réussissentpour obtenir lesplus grandes facilités correspondant à des projets d’extension
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- prochains ou lointains. C’est une tactique assez critiquée par les actionnaires qui ne se désintéressent pas des affaires où ils ont engagé leurs capitaux ; elle se justifie toujours par l’argument de l’occasion à saisir quand elle se présente qui demande le secret des négociations et la faculté d’engager sans crainte d’opposition des associés les capitaux de la société. L’inconvénient de tant de confiance est l’absence du contrôle efficace ou non de ces associés qui ont ratifié par avance toutes les mesures du conseil.
- On annonce également l’augmentation de capital de la Société d’Electricité de Varsovie. L’émission projetée comportera la création de 3 ooo actions ordinaires et de 3 ooo actions privilégiées. Gomme il existe actuellement 14 ooo actions privilégiées et 5 ooo actions ordinaires, celles-ci ayant droit à 70 % du surplus des bénéfices après attribution de 6 % aux privilégiées et de 10 % au conseil, les répartitions futures seront moins favorables pour les actions ordinaires. Cette année, il est attribué 60 fr. aux ordinaires et 37 fr. i5 aux privilégiées, au lieu de 40 francs et 34 fr. 76 respectivement l’année dernière. Les résultats acquis sont donc des plus satisfaisants ; de fait le développement des installations est en très grande progression et la Société doit augmenter très rapidement ses moyens de production.
- Malgré la dépression des affaires aux Etats-Unis les résultats de la General Electric Company sont
- des plus remarquables. Les recettes de l’exercice 1913 se sont élevées à 106 477 43g dollars ; les profits bruts se chiffrent par 10269605 dollars. Le service des obligations ayant exigé un décaissement de 576 43a dollars, le bénéfice net est de 9693 173 dollars ; en y ajoutant le montant des revenus divers, les bénéfices disponibles sont de i3 489357 dollars. Déduisant de cette somme le montant des dividendes, il reste un solde de 4 908 674 dollars qui ajouté aux reports des exercices antérieurs porte ceux-ci à 16 939 819 dollars.
- La Société d’Electricité allemande d’Outre-mer propose le même dividende de n % à son capital de iao millions de marks. Les bénéfices sont en augmentation de 700 ooo marks se chiffrant par ai 607 558 marks pour 3i 356 gao marks de recettes. Les amortissements et réserves sont dotés de 6 674 585 marks et le report à nouveau est de 586 10a marks. Aucuneorganisationanaloguen’existe en France qui ait favorisé l’expansion française dans les pays de l’Amérique latine par l’exportation de son matériel électrique : les résultats ci-dessus permettent de le regretter davantage.
- La Société Gramme, malgré une légère réduction de ses bénéfices, a maintenu son dividende à *7 fr. 5o.
- La Société Electrométallurgique française à Froges l’a porté au contraire de 45 francs à 70 francs, ses bénéfices ayant presque doublé en passant de 2 600 ooo francs à 5 o65 ooo francs. T. R.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Paris. — La compagaie des chemins de ferP.-L -M. va demander des prix pour la fourniture de 60 locomotives avec tenders, 127 voilures, 5o fourgons et 2 200 wagons.
- Algérie. — Est déclaré d’utilité publique l’établissement, dans le département d’Alger, des lignes ou sections de lignes de tramways ci-après désignées :
- 1® Prolongement de la ligne d’Alger à Koléa entre la gare de Koléa-Mazafran et Marengo; devis, 2420 ooo fr.
- 2° Embranchement dè la ligne d’Alger à Koléa prenant son origine à la gare de Koléa-Mazafran et aboutissant à Oued-el-Alleug; devis, 740 ooo francs.
- 3° Prolongement jusqu’à Bérard de l’embranchement du Mazafran à Câstiglione de la ligne d’Alger à Koléa; devis, 900 ooo francs.
- 4° Prolongement jusqu’à Bouïnan de la ligne de Saint-Eugène (Deux-Moulins) à Rovigo ; longueur totale, 108 kilomètres,
- 5° Embranchement de la ligne de Saint-Eugène (Deux-Moulins) à Rovigo prenant son origine aux Eucalyptus et aboutissant à Rivet; longueur, 87 kilomètres: devis, 1 396000 francs.
- 6° Ligne d'Azazga à Mirabeau; longueur, 67 kilomètres ; devis, 4 8g5 ooo francs.
- 70 Ligne de Boghni à Dra-el-Mizan ; longueur i8km.5oo; devis, 1 493000 francs.
- Concessionnaire : Société des chemins de fer sur roules d’Algérie.
- Lot-et-Garonne. '— Le département du Lot-et-Garonne vient de rétrocéder à MM Qrlal et ses fils et A. Lagueyte l’exploitation et, pour les lignes restant à construire, l'établissement d’un réseau de tramways à
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- vapeur, à voie de i mètrede largeur, comprenant leslignes énumérées ci-après :
- Villeneuve à Yillcréal;
- Monflanquin aux forges de Fumel, par Monsenpron-Libos;
- Villeréal à Castillonnès ;
- Tonneins à Beauregard ;
- Agen à Montaigu par Puymirol et Beauville, pour la partie s’étendant jusqu’à la limite du département du Tarn-el-Garonne ;
- Agen àLamonljoie par Aubiac;
- Agen au Mas, par Feugarolles, se décomposant en :
- Première section : Agen à Feugarolles,
- Deuxième section : Feugarolles au Mas, Tonneins à Sos.
- La longeur totale approximative du réseau est de •270 km. 23o.
- Ces lignes seront construites ou achevées et mises en complet état d’exploitation aux frais exclusifs du département. De plus, celui-ci remettra aux rétrocessionnaires tous travaux et éludes déjà exécutés ou en cours, qui sont évalués à 4 117 fr. 58.
- Les rétrocessionnaires, de leur côté, s’engagent à verser au département, pour leur contribution dans les études, travaux, fournitures et approvisionnements déjà exécutés, ainsi qu’il est dit ci-dessus, la somme de î s5o 721 fr. 12. Cette somme sera payable, jusqu’à concurrence de 3oo 731 fr. 12 en espèces et, pour le surplus, en actions delà Société, laquelle doit sesubstituer aux rétrocessionnaires.
- Le réseau dontil s’agitavait été concédé à la Compagnie des chemins de fer et tramways départementaux du Midi de la France, qui n’avait pu mener l'affaire à bien.
- Allemagne. — Le bureau central des ‘chemins de fer de l’Etat prussien négocie avec les usines du pays la fourniture de 600 locomotives d’une valeur totale de 5o millions de marks environ. La livraison devra être effectuée entre le i°r octobreprochain etle 3i mars 1915.
- ÉCLAIRAGE ET FORCE MOTRICE
- Gironde. — Le Conseil d'Etat vient de rendre un arrêt confirmant un arrêt de préfecture et qui, bien que très escompté, n’en est pas moins intéressant pour la Société Intercommunale d’Eclairage.
- Les communes de Bègles et du Bouscat contestaient la validité des concessions d’éclairage, qui avaient été transmises à cette Société par l’ancienne Compagnie du Gaz de Bordeaux (en liquidation) 5 elles sont déboutées définitivement de leur demande et condamnées à tous les dépens.
- Les^concessions de la Société Intercommunale d’Eclai-rage ne peuvent donc plus être discutées, et il est acquis que le monopole d’éclairage qu’elle possède dans cinq communes suburbaines de Bordeaux est inattaquable.
- Loire-Inférieure. — Est déclaré d’utilité publique l’établissement du réseau de distribution d’énergie électrique, concédé le 6 juillet 1911, par la ville de Nantes, à la Société Nantaise d’Edairage et de Force par l’Electricité.
- Meurthe-et-Moselle. — La sous-station principale de Vincey, appartenant à la Compagnie Lorraine d’EIectricifé, a été mise en service le io’mai, permettant un bouclage complet du réseau primaire à 65 000 volts et lui assurant ainsi une très grande sécurité d’exploitation.
- Du reste, afin d’assurer une liaison directe des usines de Nancy et de Vincey, qui sont les deux centres d'alimentation du réseau de la Compagnie Lorraine d’Elec-tricité, une ligne de 65 000 volts, reliant directement ces deux usines et passant par Vincey, Bayon, Laneuveville-devant-Nancy, est actuellement en construction.
- La ligne Bruyères-Ramberviliers est en service depuis quelques semaines, fournissant à Rambervillers. l’énergie électrique nécessaire pour la force motrice, car, par suite d’engagements antérieurs entre la ville et son concessionnaire de gaz, la Compagnie Lorraine d’Eleclricité ne peut encore distribuer l'électricité pour l’éclairage.
- Plus tard, la ligne Bruyères-Ramberviliers sera poussée jusque dans la région de Lunéville, où elle se raccordera avec les canalisations existantes, assurant ainsi une double alimentation de la ville de Rambervillers.
- De plus, un programme importaut de travaux, à réaliser pendant l’exercice 1914-1915, pour étendre le réseau de distribution de la Compagnie Lorraine d’Eleclricité, sera soumis à l'approbation du Conseil d’Admi-nistration lors de sa prochaine réunion.
- TÉLÉPHONIE
- Décret du 5 mai 1914 modifiant le tarif des abonnements téléphoniques.
- Rapport au président de là. République Française,
- Par suite de l’emploi récent de procédés techniques spéciaux, les titulaires des postes téléphoniques supplémentaires d’abonnement peuvent maintenant appeler directement le réseau sans emprunter l’intermédiaire du poste principal auquel ils sont rattachés.
- En fixant les taxes afférentes aux postes supplémentaires, le décret du 7 mai 1901 avait spécifié que tous ces postes devaient être rattachés à un poste principal et ne pouvaient, par suite, communiquer avec le réseau que par l'intermédiaire de ce dernier.
- Les postes supplémentaires à appel direct constituent donc une nouvelle catégorie de postes, intermédiaire entre Je poste principal et le poste supplémentaire, tels qu’ils sont définis dans le décret précité. :
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- Ces postés procurent des avantages nouveaux à leurs titulaires en les libérant de l’obligation de recourir à un intermédiaire pour l’appel du réseau et on leur permettant, à Paris et dans les grands contres, de bénéficier du service de nuit quand la personne chargée du poste principal, n’assure pas le service en permanence,
- A ces avantages nouveaux correspondra inévitablement une augmentation du trafic à partir de ccs postes.
- Dans ces conditions, il a paru équitable de relever le tarif d’abonnenienl afférent aux postes supplémentaires à appel direct, souscrits sous le régime forfaitaire, en différenciant, toutefois, ceux qui sont utilisés par les titulaires mêmes des postes principaux auxquels ils sont rattachés et ceux qui sont affectés exclusivement à l’usage de tierces personnes.
- Alors que dans le premier cas, le tarif applicable aux postes supplémentaires serait relevé de 5o % pour les postes à appel direct, dans le second cas, la redevance serait, pour ces mêmes postes, portée au double.
- Aucune majoration de taxe ne serait toutefois appliquée au tarif actuel des postes supplémentaires rattachés à un poste principal exclusivement destiné à l'échange des communications interurbaines, ni an tarif actuel des postes supplémentaires à conversations taxées; pour ces deux catégories de postes, la possibilité de l’appel direct ne saurait, en effet, avoir pour conséquence l’augmentation du nombre dos appels, et les taxes d’abonnements sont trop rapprochées du taux de l’abonnement principal correspondant pour qu’on puisse songer à les en rapprocher davantage.
- D’autre part, l’entretien des postes supplémentaires souscrits en nombre aux conditions du tarif dégressif, dit tarif B, étaufc à la charge des abonnés, les dispositions de l’article i5 du décret organique doivent être modifiées en ce qui concerne la définition de la redevance fixe applicable aux abonnements temporaires concédés sous le régime dudit tarif. La modification proposée laissera à la redevance fixe son caractère de redevance forfaitaire, applicable dans sa quotité actuelle aux diverses catégories d’abonnements temporaires.
- Enfin, il convient de mettre en concordance les dispositions du décret du 7 mai 1901, qui prévoient la reconduction des abonnements temporaires par période trimes* trielle, avec celle de ce même décret établissant une redevance fixe annuelle pour ces mêmes abonnements temporaires.
- Le projet de décret ci-joint que, d’accord avec M. le ministre des Finances, j’ai l'honneur de soumettre i\ votre haute sancLion, a pour but d’autoriser l’application des dispositions envisagées ci-dessus.
- f.e ministre du Commerce, de l Industrie, des Postes et Télégraphes,
- Raoul Perf.t..
- Le Président de la République française,
- Vu l’article premier du décret-loi du 27 décembre 1851 ;
- Vu l’article 2 de la loi du 21 mars 1878;
- Vu la loi du 5 avril 1878;
- Vu le décret du 7 mai 1901 ;
- Vu le décret du i3 décembre 1902 ;
- Vu le décret du 10 juillet 1903;
- Vu le décret du 21 mai 1910;
- Vu le décret du 11 avril 1911 ;
- Vu le décret du 3o mars 1912;
- Vu le décret du a5 juin 1912;
- Sur la proposition du ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes,
- Décrète :
- Article premier. — L’article 2 du décret du 7 mai 1901 est remplacé par le suivant :
- Art, 2, — Les divers postes téléphoniques qui peuvent être concédés dans chaque réseau local sont dénommés, suivant le cas, postes principaux ou postes supplémentaires.
- « Les postes supplémentaires comprennent deux catégories : les postes supplémentaires ordinaires et les postes supplémentaires à appel direct.
- « Les postes principaux sont reliés par une ligne spéciale directement au bureau central. Les postes supplémentaires ordinaires sont rattachés à un poste principal; les'postes supplémentaires à un appel direct sont également rattachés à un poste principal, mais ils peuvent appeler directement le bureau central, sans l’intermédiaire de ce poste principal.
- « Les postes supplémentaires des deux catégories installés dans le même immeuble que le poste principal auquel ils sont rattachés peuvent être affectés au service de l’abonné titulaire de ce poste principal ou à celui de personnes habitant cet immeuble.
- « Les postes supplémentaires dos deux catégories installés dans un immeuble différent de celui dans lequel est placé le poste principal auquel ils sont rattachés ne peuvent être affectés qu’au service exclusif de l’abonné titulaire de ce poste principal. »
- (A suivre.)
- SOCIÉTÉS
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de Paris,
- Pour la première décade de mai, la Compagnie a enregistré une recette de 1 591 243 francs, supérieure de 41 432 francs à celle de la période correspondante de iqi3, Depuis le ior janvier la recette totale s’établit à 21 681 5a 1 francs et dépasse de 982 362 francs celle de 1913.
- CONVOCATIONS
- Société d’Electricité Nilmélior. — Le 29 mai, 53, rue Lacordaire, k Paris.
- Société d’Electricité de la Nartuby. — Le 2 juin, 3, rue de Moncey, à Paris.
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- Compagnie d’Appareils Electriques. — Le 5 juin,
- 25, rue du 4-Septembre, à Paris.
- Tramways de Paris et du Département de la Seine.
- — Le 9 juin, 19, rue de Londres, à Paris,
- Compagnie des Tramways Electriques de Sedan.
- — Le 10 juin, 19, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le3o mai, à la mairie de Saillagousse (Pyrénéos-Orientalesl, installation de l’éclairage électrique, montant • : 9 000 francs. Pour renseignements, s’adresser à M, Toubert, 1, rue Després, à Perpignan.
- Le 3o mai, à la Compagnie des Chemins de fer d’intérêt local de Saône-et-Loire, 42, rue de Clichy, à Paris, concours pour la construction d’un deuxième réseau de 266 Jcilomètres, non compris les voies d’évitement et de service des gares. Les travaux d’infrastructure et de pose de voie seront commencés en juin 1914 sur la ligne d’Autun à Saint-Léger-sur-Dheunc (33 kilomètres); ils ,se poursuivront à bref délai sur celles de Saint-Léger à Chalon (26 kilomètres) et d’Autun-la-Comaille- à Alligny (21 kilomètres).
- Le montant des travaux à l’entreprise de ces lignes est évalué approximativement par kilomètre à 14 000 francs environ, soit pour les 80 kilomètres de lignes actuellement prêts à construire, environ 1 100000 fr. de travaux.
- Les entrepreneurs que ces travaux intéresseraient pourront prendre connaissance des plans, devis et cahiers des charges, soit au siège social de la Compagnie à Paris, 42, rue de Clichy, soit à Mâcon, 51, rue Gambetta, à partir du 22 mai courant. - Le délai de remise des propositions est fixé au 3o mai au soir.
- L’Administration des Chemins de fer de l’Etat, 44? rue de Rome, à Paris, a l’intention d’acquérir 20 voitures à voyageurs à bogies, â couloir partiel et portières latérales et i5 bogies de rechange.
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service du matériel et de la traction (matériel), 44j rue de Rome, à Paris, tous les jours de la semaine de 14 â 17 heures. Les offres devront être remises pour le 2 juin prochain au plus tard avant midi.
- Le 3 juin 1914» au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture de fils de bronze et de cuivre (33 lots).
- Les demandes d’admission à.celte adjudication devront être parvenues au ministère du Commerce, de l'Industrie, des Postes et des Télégraphes, (direction de l’exploitation téléphonique, 2e bureau), avant le 24 mai 1914.
- On pourra prendre connaissance du cahier des charges,
- La reproduction des articles de la
- rue de Grenelle, n° io3 (direction de l’exploitation téléphonique, 2e bureau), tous les jours non fériés, de 10 heures à 12 heures et de i5 heures à 17 heures, ainsi que dans le bureau télégraphique central de chaque chef-lieu de département.
- Le 6 juin 1914, au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture de câbles électriques isolés aü caoutchouc (9 lots).
- Les demandes d’admission à cette adjudication devront être parvenues au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes (direction de l’exploitation téléphonique), 20 bureau), avant le 27 mai 1914.
- On pourra prendre connaissance du cahier des charges, rue de Grenelle n° To3 (direction de l'exploitation télégraphique, 2e bureau), tous les jours non fériés, de 10 heures à 12 heures et de i5 heures à 17 heures, ainsi que dans le bureau télégraphique central de chaque chef-lieu de département.
- BELGIQUE
- Le 29 mai, à midi, à l'hôtel de ville, à Anvers, installation de l’éclairage électrique des trois hangars au quai 76 du Bassin-Canal ; caut. : 1 000 francs ; cahier des charges : o fr. 5o.
- Le 3 juin, à 11 heures, en la salle de la Madeleine, à Bruxelles, fourniture de parafoudres et de protecteurs pour 25 circuits et d’accessoires de rechange nécessaires à l’Administration des télégraphes et des téléphones (cahier des charges spécial n° 234) : Ier lot, 470 para-foudres à charbons, ir 700 paires charbon, 11 750 micas et 11750 fusibles pour parafoudres ; cautionnement : 6 000 francs; — 2* lot, 470 protecteurs à bobines thermiques et 12 700 bobines thermiques pour protecteurs; cautionnement; 3 5oo francs. Soumissions recommandées le 3o mai.
- Le 3 juin (au lieu de 20 mai), à 11 heures, en la salle de la Madeleine, à Bruxelles, entreprises pour l’Administration des télégraphes et téléphones (cahier des charges spéeialn0 216) : modifié) : Ier lot, fourniture et installation de câbles téléphoniques et de têtes de câbles dans l’agglomération bruxelloise et fourniture d’accessoires divers; cautionnement : 3o 000 francs;— 20 lot, fourniture de têtes de câbles, boîtes en bois doublées de zinc, et boîtes de protecteurs; cautionnement : 1 800 francs. Soumissions recommandées le 3o.mai.
- Le 5 juin, à midi, â l’hôtel de ville, à Anvers, fourniture de charbons pour lampes â arc; cautionnements : i°r lot, 200 francs; — 2e lot, 3oo francs; cahier des charges : o fr. 5o.
- Le 10 juin, à 11 heures, en la salle de la Madeleine, â Bruxelles, fourniture de câbles nécessaires à l’Administration des télégraphes et des téléphones; cautionnement 4 000 francs (cahier des charges spécial n° 208).
- Lumière Electrique est interdite.
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVE, 17, RUE CASSETTE.
- Le Gdrant : J.-B. Nouet
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- Trente-sixième année.
- SAMEDI 30 MAI 1914. Tome XXV (2* série). — N°22
- La Lumière Electrique
- MAURICE D'ASTE. — L’éclairage électrique
- des trains aux Etats-Unis................
- P. BOUGAULT. — La tacite reconduction des polices d’abonnement.......................
- Publications techniques
- Construction et. essais de machines L’alternateur Goldsclimidt à haute fréquence. 687
- Stations Centrales
- La centrale à demi-fixes de Wiborg (Finlande). 688
- Transmission et Distribution
- L’emploi des bobines de réactance dans les grands réseaux de distribution. — K. M. Faye-IIansen Et L-S. Peck.................... 690
- Statistique
- La prévention des accidents électriques.... 696
- Notes industrielles. — Sonnerie automatique
- des cloches d’église...................... 697
- Bibliographie................................ 698
- Etudes et Nouvelles Economiques.............. 699
- Renseignements Commerciaux................... 700
- Adjudications................................ 704
- SOMMAIRE
- 673 683
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE DES TRAINS AUX ÉTATS-UNIS
- L'auteur donne quelques indications statistiques sur le développement de Véclairage électrique dans les voitures de chemins de fer et expose les dispositions le plus généralement employées par les grandes compagnies américaines. Des renseignements généraux sont donnés sur les résultats d'exploitation obtenus avec différents systèmes.
- 1° Développement de l’éclairage électrique des trains dans les réseaux américains et européens.
- L’emploi de l’électricité dans les voitures de chemins de fer s’est généralisé rapidement dans ces dernières années aux Etats-Unis et on peut dire que presque toutes les voitures de luxe sont maintenant munies de l’éclairage électrique : en 1912ht Compagnie Pullmann (qui joue aux Etats-Unis un rdle analogue à celui de la Compagnie Internationale des Wagons-lits en Europe) possédait plus de 2 400 voitures éclairées électrique-, ment.
- Les tableaux I et II ci-contre, établis par rapprochement de renseignements donnés sur le matériel à voyageurs des Etats-Unis par
- MM. Wood et Curi ie dans une conférence faite le 5 décembre 191a à la Société des « Mechanicals Engineers de New-York » et sur le matériel européen par « The Spécial Commettee on relation of Railway operation to législation » (') de Londres, permettent de se rendre compte du développement de l’emploi du nouveau mode d’éclairage.
- E11 191a aux Etats-Unis les 13786 voitures éclairées électriquement comprenaient:
- 1 680 voitures éclairées par batterie seule ;
- 307 voitures éclairées par turbo-générateur;
- (!) Enquête faite auprès de 200 Compagnies de chemins de fer la plupart européennes, exploitant 36oooo kilomètres de voie et utilisant 54 911 voitures à voyageurs.
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- LÀ LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2» Série). — K» il'
- 6 n
- Tableau I
- ÉTATS-UNIS EUROPE
- VOITURES ÉCLAIRÉES NOMBRE PROPORTION DE VOITURES ÉCLAIRÉES
- NOMBRE DE VOITURES A VOYAGEURS électriquement par d’autros systèmes Proportion % do voitures éclairées éloctriquemcnt DE VOITURES A VOYAGEURS électriquement à l’huile au gaz à l’acétylène et autres systèmes
- 1911 44 651 il 017 33 634 25% 5i 961 25,5 % a5 % 42,8 % 6,6 %
- 1912 4 3 061 i3 786 29 775 32 % » » d » >>
- Tableau II
- NOMBRE NOMBRE DE VOITURES NOMBRE D ÉLÉMENTS
- DÉSIGNATION DU RÉSEAU DE VOITURES ÉCLAIRÉES ÉCLAIRÉES ÉLECTRIQUEMENT d’accumulateurs
- électri- quement par d’autres systèmes par batterie seule par turbo-gôoératcur et collectif par équipement individuel au plomb au fer-nickel
- Atkinson et 1 Santa-Fé ] 1911.. .. 1912.. .. 583 682 891 I 120 )) B )) )) 583 682 8 ( 11 55a | >16 2J
- Baltimore et Okio 1911.. .. 1912.. .. 13 2 2.46 I 2 12 1 io5 l6 28 84 78 43 J9 3 i 3 028 I 88 100
- Canadian Pacific 1 1911.. .. 1912.. .. 68 i65 2 008 2 273 )) )> » » 68 128 1 f 3 072 )02 220
- Chicago Burlington Quincy 1911.. .. 1912.. .. 702 710 611-591 )) » 702 710 » » » 5 5o8 B O
- Chicago -Milwaukee Su-Paul 1911.. .. 1912.. .. 886 99° 368 368 3o 3o 3op 108 » » 4 » 544 1)
- New-York central ( 1911... | 1912.... 35 376 6o5 528 1> y> » y) 35 Î76 i 261 6 624 )> 54
- Perisylvâriia Road ( 1911.... ) 1912.... 1 418 1 673 3 480 3 627 1 363 1 371 >> » 255 2 52 6419 a 76 624 )) 2 60Ô
- Pullmann (•1911. .. . \ 1912.... 2 400 2 400 1 864 . 1 864 » » )) )) 2 400 2 400 38 4u6 38 4o<> )) »
- Northern Pacific ( 1911.... ) 1912,... 641 667 5 i 1 49a )) » ( 537 \ (5a Eq.) ( 658 (53 Eq.) 1 4 9 34 364 38 621 » »
- Ne nv-York New-Haven Hartford i i9n.... ( 1912.... 35o 33o 2 081 2 io3 » » » ^9 35o 291 » 7 280 )) 27O
- Total ( 4911..„. 11 017 33 624 29 275 1 372 1 680 3 377 2 376 5 900 7 060 744 8 817
- | 1912.... 1 13 786 242 932
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- 30 Mai 1914.
- LA LUMIÈRE ELECTR1QUÈ
- 67B
- 2069 voitures éclairées par turbo-générateur et batteries ;
- 7060 voitures éclairées par équipements générateurs individuels à commande par l’essieu.
- Dans ce total sont comprises 2 400 voitures Pullmann munies d’équipements individuels à commande par l’essieu, par contre les i5ooo locomotives à vapeur munies de projecteurs électriques ne sont pas comptées dans la nomenclature ci-dessus.
- Différents types d’équipements d'éclairage.
- 11 existe aux Etats-Unis comme en Europe 3 types principaux « de systèmes d’Eclairagc électrique des trains » :
- i° L’éclairage par accumulateurs seuls ;
- 2° L’éclairage collectif par équipement générateur placé en tête des trains;
- 3° L’éclairage individuel par équipement générateur placé sous chaque voiture.
- Ce dernier système, qui laisse une indépendance absolue à chaque voiture est, bien qu’il soit le plus coûteux, celui qui répond le mieux aux besoins d’un service de chemin de fer sauf dans quelques cas très particuliers comme ceux des lignes de banlieue où les trains sont formés de rames indéformables suivant des roulements toujours les mêmes.
- 1° Eclairage des phares de locomotives.
- Sur les 5o 000 locomotives à vapeur en service aux Etats-Unis, il y en a environ »5 000 qui sont munies de projecteurs électriques. Ces phares font, dans certains Etats, partie des signaux ré-
- ont, paraît-il, des avantages marqués sur les projecteurs à huile et à acétylène, et il est question de remplacer ces derniers appareils par d’autres électriques.
- En particulier certaines Compagnies de Chemins de fer étudient cette substitution en provoquant l’emploi des projecteurs à lentilles sans réflecteur, munis de lampes à incandescence alimentées par batteries d’accumulateurs. Les lampes employées seraient des lampes à deux filaments en parallèle afin d’éviter une extinction accidentelle au moment d’une rupture de filament.
- La figure 1 ci-dessous, qui représente plusieurs vues d’un de ces projecteurs, permet de se rendre compte des dispositions généralement adoptées.
- 11° Eclairage par accumulateurs seuls.
- L’équipement normal comprend : 32 éléments de 3oo ampères-heures, formant deux groupes de seize becs montés dans deux caisses suspendues au châssis de la voiture.
- Les accumulateurs sont rechargés après chaque voyage dans les gares de formation de train où doivent par suite être installés des canalisations longues et coûteuses, afin que les véhicules puissent être alimentés en électricité en un point quelconque des voies.
- L’un des principaux inconvénients de ce système est la réduction de capacité des batteries résultant d’une baisse de température (environ o,5 % par degré) ; dans les régions très froides cette diminution de capacité peut être assez importante pour empêcher l’emploi de ce
- Fig. 1. — Différentes vues d’un projecteur électrique pour locomotive.
- glementaires de la locomotive. Le type d’appareils le plus répandu est celui comprenant une lampe à arc brûlant devant un projecteur parabolique : le courant étant fourni par un petit turbo- générateur monté sur la locomotive. Ces appareils, malgré leur dépense élevée de vapeur,
- système pour de longs voyages même avec des lampes à filament métallique. _
- L’utilisation de batteries isolées tend de plus en plus à disparaître en raison des incidents nombreux d’éclairage qui se produisent quand les voitures sont abandonnées à elles-mêmes pen-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2* Série). — N° 22
- dant quelque temps : la sulfatation des plaques se produit rapidement et malgré des soins cotl-leux les éléments ne peuvent avoir qu’une durée très faible.
- Les accumulateurs pour l’éclairage électrique des trains sont construits principalement aux Etats-Unis par les Compagnies suivantes : The Chloride Storage Batterie, The Niagara Falls et
- Fig. a. — Batterie d’accumulateurs pour l’éclairage des trains.
- Batterg C°, The United States Light and llea-ling C°, The YVillard Storage Batterie C°, The Oliver Electric and Manufacturing C°, The Gould Light C°, etc.
- Les accumulateurs Edison (Fer, Nickel, Potasse) commencent à être employés en grand et on comptait en 1912 pour l’ensemble des voitures éclairées électriquement aux Etats-Unis environ 9000 éléments d’accumulateurs.
- directement à une dynamo d’une puissance d’une vingtaine de kilowatts. Le courant continu produit par la génératrice est distribué le long du train par des canalisations à 2 ou 3 fils et assure en même temps que l’éclairage la recharge des batteries d’accumulateurs placées sous les voitures. Les dispositions diffèrent d’une compagnie à l’autre et les plus intéressantes sont les suivantes :
- i° — Système du Baltimore and Ohio Railroad.
- Chaque voiture porte une batterie d’accumulateurs de 32 éléments de 3oo ampères-heure de capacité branchée directement aux bornes de la canalisation à deux fils qui court tout le long du train et qui est alimentée par un turbo-générateur Curtiss. Un régulateur de voltage à résistance variable placé dans le circuit des lampes maintient aux bornes de celles-ci un voltage constant de 63 volts. Le turbo-générateur tourne à la vitesse de /( 5oo tou rs et est alimenté à la pression d’environ 5 kilogrammes. Le voltage est réglépar l’excitation de 63 à 90 volts ; la tension normale oscille entre 70 et 85 volts. Quand les turbines travaillent pendant les heures d’éclairage avec une batterie entièrement chargée, le voltage est réduit à la tension d’équilibre d’environ 65 volts, afin que le courant d’éclairage proprement dit soit fourni directement parla turbine.
- 20 — Système du Chicago, Milwaukee, Saint-Paul Railroad.
- III0 Eclairage collectif par équipement générateur placé en tête du train.
- L’éclairage collectif des trains est en général
- Une canalisation à trois fils court tout le long du train, formant deux ponts, l’un correspondant aux batteries et l’autre aux lampes.
- Le courant est fourni comme dans le système
- Lamp Reg ' arS,,'29 ptade
- tampkhy
- Lamp Reg êergihgfëeptKIe
- Fig. 3. — Schéma des canalisations d’un équipement du Baltimore et Ohio Rd.
- assuré en Amérique par un groupe moteur gé- | précédent par un groupe turbo-générateur placé nérateur formé d’une turbine à vapeur couplé | sur la locomotive ou dans le fourgon à bagages,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 677
- mais la tension aux bornes peut être maintenue constante au moyen cl’une résistance unique manœuvrée à main par un agent de service en tête du train.
- 1°. — Système de V Union Pacific U y (ffar ri ni an Lines).
- Dans ce système, la charge des batteries est effectuée seulement au milieu de la nuit quand
- Ta +
- Train -
- line
- Singlt Me Kmft Switcfits
- il"' “4a
- » -fc
- Fig, 4* ”” Schéma des canalisations d’un équipement de l’Union Pacific Rv.
- la puissance absorbée par l’éclairage est faible. En plaçant l’interrupteur de la batterie à la posi-
- à travers une résistance métallique réglable sur le voltage normal d’alimentalion dos lampes de 6/| volts.
- IV0 Systèmes d’éclairage électrique individuels.
- Les systèmes d’éclairage électrique individuels des trains sontassez nombreux : les sociétés United States Liglil and lleating Co, Consolidated Gould Simplex Co, Salctey Car lleating and Lighting Co, etc., construisent des équipements type Newbolb, Rliss, Moskowitz, etc.
- Mais tous les système d’un emploi un peu étendu dérivent des brevets Bliss, exploités par la Gould Co et la United States Lightingaud lleating Co, dont les importantes usines sont situées respectivement à Depcw et à Niagara Falls.
- Tous ces systèmes sont à batterie unique, la dynamo-génératrice est une machine à courant continu ordinaire dont le champ est réglé automatiquement par un régulateur : le principe du fonctionnement est sensiblement le même que celui des équipements Brown Bovcri, mais la disposition des appareils est entièrement différente : chacune des fonctions remplie par le régu-
- ension dei
- disques
- Courant normal
- JO ampèn rs
- ft; 0,2
- 20 25 30
- Pression en Kitogs.
- Fig. 5. — Résistance de 29 disques en clinrbon, superposés en fonction de la pression.
- tion dite de charge, on divise la batterie en deux demi-batteries comprenanÇchacune 16 éléments, ce sont ces deux demi-batteries que l’on branche
- lateur Brown-Bovcri étant remplie par un appa reil spécial dans les équipements américains. Chacun de ces appareils comprend une résis
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série). — N°22
- tance réglable constituée par une série de disques de charbon pressé les uns contre les autres à travers lesquels passe le courant d’excitation de la dynamo, ou le courant d’éclairage et dont on fait varier la résistance en augmentant ou en diminuant la pression de contact des disques.
- La courbe ci-contre (fig. 5) représente, en fonction de la pression de compression, la résistance ohmique d’une série de >9 disques de charbons de 100 millimètres de diamètre et de ‘±0 millimètres de hauteur placés les uns sur les autres; on voit que la résistance varie en raison inverse de la pression suivant une loi sensiblement hyperbolique.
- Pour le réglage on n’utilise guère que la portion A B de la courbe qui permet déjà d’obtènir une variation de la résistance initiale B du simple au double.
- Fig. 0. — Panneau de réglage d’un équipement de la « United States Lighting and Keating O ».
- Dans les appareils Bliss récents construits par la U. S. L. Go le panneau de réglage (fig. (>) comprend :
- i° Un conjoncteur disjoncteur qui effectue automatiquement la mise en circuit de la dynamo quand son voltage a atteint une valeur déterminée; la dynamo est en général reliée directement en parallèle avec la batterie d’accumulateurs ;
- u° Un régulateur d'intensité composé d’un électro-aimant placé en série avec l’induit de la dynamo-génératrice dont le noyau agit par Pintor-médiaire de leviers sur une résistance en charbon placée elle-même en série avec le champ et la génératrice ;
- Ce régulateur maintient constant le débit de la dynamo, jusqu’à ce que le voltage aux bornes de
- la dynamo ou de la batterie ait atteint une valeur déterminée;
- 3° Un régulateur de te/i.vm/icomposéd’un électroaimant, branché en dérivation aux bornes de la dynamo et dont le noyau agit directement sur une résistance variable en charbon placée en série avec l’enroulement de champ de la dynamo, de matière à maintenir sensiblement constant le voltage d’alimentation quand la batterie a été chargée;
- /iü Un régulateur de tension composé d’un relai et d’un électro-aimant branché en dérivation aux
- ♦ri
- - tl-j'Wjmanj&àsË
- o ' 00
- CharQiriQ ftk cefdgçle
- Fig. 7. — Schéma des canalisations d’un équipement de la u United States Lighting and Keating G° ».
- bornes du circuit des lampes dont le noyau agit par l’intermédiaire de leviers sur une résistance
- Fig. 8. — Montage d’un équipement d’éclairage sur bogie.
- variable en charbon placée en série avec les lampes.
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- ... — -, ... . ... ..1 „« U -.... . .1. ,-v. ». , , ....
- Ce régulateur a comme fonction de maintenir constante à -f- 2 % la tension aux bornes des lampes.
- En résume la génératrice fonctionne «l’abord à
- Fig- 9- — Montage d’an équipement d'éclairage sur un bogie.
- intensité constante jusqu’à ce que la batterie ait été chargée à un voltage (réglable à main une fois pour toutes) de 2,4 volts à 2,7, puis à voltage constant. La tension aux bornes des lampes est maintenue constante, quelle que soit la tension de la génératrice ou de lu batterie par un régulateur indépendant.
- La figure 7 ci-contre donne le schéma des con-
- nexions des appareils représentés sur les figures 8 et 9.
- Montage, des équipements.
- La dynamo géncralrice est mouler.sm* un des bogies de la voilure, le tableau de réglage est installé à l’intérieur de la caisse sur une des p l a te s - f o rmes e x t ré m e s.
- Les dynamos reposent, par \ pieds sur deux barres d’acier suspendues aux longerons du bogie ; des ressorts à boudin à tension réglable permettent de tendre progressivement la courroie au fur et à mesure de son allongement. Les poulies des dynamos sont percées de trous pour augmenter l’adhérence de la courroie dont la valeur est réglée par des ressorts de tension.
- Bien que ce mode de montage soit plus rationnel que celui employé normalement en Europe, sur la voiture à 2 ou 3 essieux les incidents de courroie paraissent être très nombreux, sans doute eu raison de la puissance élevée à transmettre et du glissement des courroies. Les dynamos étant mises en parallèle avec les batteries, à des vitesses de l’ordre de kilo-
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- Fig. II.
- Disposition générale des appareils d'éclairage daps des voilures du New-York Central Rd. ?/.i lampes de 2a watts. ' u lampes de 44 watts.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). — N° 22
- mètres, la tension des courroies est considérable.
- L' « AssociationofRaihvay electricalEngeneer » donne à ce sujet les renseignements suivants :
- Essais de courroies de 3 m. 200 de longueur 100 et 127 millimètres de largeur ;
- A) Essais de 570 courroies 4 plis (1909-1910).
- Prix par mètre de courroie...... 9 fr. 90
- Parcours moyen d'une courroie. . 34 000 km.
- Parcours maximum d'une courroie 93 oookm. Proportion de courroies perdues. 72 %
- — usées ... 28 %
- B) Essais de 843 courroies 3 plis (1910-1911).
- Prix par mètre de courroie...... 7 fr, if>
- Parcours moyen d’une courroie. . an 000 km. Parcours maximum d’une courroie 27 oookm. Proportion de courroies perdues. 73 %
- — usées ... 27 %
- Intensité lumineuse et appareillage.
- Les voitures américaines forment en général line salle unique sans division en compartiments
- inférieures du lanterneau et d’obtenir une excellente répartition de la lumière.
- Les croquis ci-dessus (lig. 10 cl 11) montrent nettement comment l'installation est réalisée dans des voitures du Xèw-York central : ce mode de montage est d’ailleurs celui généralement adopté dans toutes les voilures américaines.
- Pour des voitures de 21 mètres de longueur et de 2,700 mètres de largeur (57 mètres carrés environ) la puissance lumineuse totale est d'environ 5oo bougies, soit environ 8 bougies par mètre carré.
- L’éclairement moyen est d’environ iü bougies mètre (minimum 12 bougies; maximum 18 bou-gies.)
- Capacité et prix des équipements.
- Les équipements d’éclairage individuels sont construits pour des capacités de 2, 3, 4 kilowatts et de voltages normaux de 3o ou de 60 volts.
- Fig. ia à 17. — Modèles d’appareillage employés dans les voitures américaines.
- séparés comme dans le matériel européen ; il est possible de disposer régulièrement les appa-. reils d’éclairage soit au centre soit sur les arêtes
- Le type d’équipement le plus fréquemment employé est celui de 2 kilowatts.
- Le tableau III ci-contre donne les prix et
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- 30 Mai 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 681
- poids approximatifs des diverses parties des j Voiture d’instruction du Pensylvania Railroad. équipements : I Le Pensylvania Railroad possède actuellement
- Tableau 111.
- POIDS PRIX APPROXIMATIFS
- TYPE D’ÉQUIPEMENT ÉQUIPEMENT BATTERIES DE 3oo Ail ÉQUIPEMENTS BATTERIES
- SANS LES GOITRES sans les COFFRES
- SANS BATTERIE IC éléments 32 éléments 1(> éléments 32 élément*
- a kw 600 kg. 1 000 a 000 3 000 fr. 1 55o 3 100
- 3 k\v 6^5 kg. 1 OOO a 000 3 100 i r»r»« 3 100
- 4 kw 72-5 kg. I OOO a 000 3 a5o 1 55o 3 100
- Ces prix d’équipement correspondent à la commande par poulie et courroie, la commande par chaîne entraîne une majoration de a5o francs environ par équipement.
- Dépenses d’exploitation des divers systèmes d’éclairage.
- Nous extrayons du rapport de MM. Currie et Wood les renseignements résumés dans le tableau ci-dessous sur les dépenses d’exploitation par voiture et par an des différents systèmes d’éclairage des trains.
- environ i 65o voitures éclairées électriquement, i /|00 munies seulement de batteries à 68 volts et a5o munies d’équipements générateurs individuels. Ces équipements étant de 5 systèmes différents et le personnel chargé de l’entretien étant réparti sur un réseau très étendu (14'oookni.), le Pensylvania a construit une voiture d’instruction particulièrement bien aménagée (fig 18 et 19), pour permettre de donner aux agents l’instruction indispensable, suivant la méthode employée d’une façon presque générale sur le Pensylvania Railroad, c’est-à-dire par démons-
- Tableau IV.
- 1825-1850 BOUGIES 1850-1876 HUILE 1875-1900 GAZ / 1900 ÉLECTRICITÉ
- GA Z PINSTCH ACETYLENE COLLECTIF BATTERIE SEULE ÉQUIPEMENTS A COMMANDE PAR L’ESSIEU
- Places offertes par voiture. 4-20 ao-5o Tio-Go Ôn-^O 60-70 3o-4o 4o-5o 60-7O
- Intensité lumineuse en bougies par voiture /i -10 20-60 ‘200 3 00 4 00 35o 45o
- a5o
- Dépense d’installation. Fr. 0 a 16 5o à 3oo 2 6()0 a 400 3 65o 3 65o 3 100 5 200
- Stations de charge » » )) 3 10 210 ioi 100 ))
- Dépense annuelle d’exploitation Fr. » » 780 I 0*20 i oao a 100 1 5 60 a 100
- Intérêts, assurance, impôts Fr. » » *260 I 8*20 a6o 310 a 600 5 20 3ao 750
- Dépensetotaleannuelle Fr. <>'. 310 à 5ao a 100 6 5oo 7 000 3 900
- Dépense annuelle par place offerte Fr. 5,20 7,8 à 10,4 31 780 36,5 41,5 161 176 6a, 5°
- Dépense d’entretien par voiture-an Fr. 78 à i3o a 10 à 6a5 780 1 040 8 900 a 600 c VT O
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- (ration directe sur les appareils mêmes.
- Cette voiture est munie d’un groupe lurbo-générateur Curtiss de i5 kilowatts, d’un moteur électrique à vitesse variable, d’une batterie d’accumulateurs de Vx éléments, et d’un jeu delampes représentant une puissance lumineuse totale de /|00 à 5oo bougies. Le moteur peut commander un quelconque des cinq équipements montés dans la caisse à cêté les uns des autres et que l’on peut relier chacun par un jeu d’interrupteurs appropriés à la batterie et aux lampes. Il est possible de reproduire dans cette voiture toutes les conditions réelles pratiques de marche des équi-
- Fig. 18. — Vue du lurbo-générateur.
- pements et de suivre constamment le fonctionnement des différents organes en pleine marche. En tarant soigneusement le moteur, on pourrait déterminer exactement la puissance réellement absorbée à la jante des roues pour la commande des appareils d’éclairage. On a constaté qu’ainsi la consommation d’énergie est beaucoup plus grande qu’on ne pense généralement et entraîne une dépense de combustible supplémentaire dans les locomotives qui est loin d’être négli-
- geable même quand les voitures équipées électriquement circulent fréquemment de jour, lampes éteintes.
- Pour des équipements de a 5oo watts, munis de régulateurs automatiques, la puissance absorbée peut fréquemment atteindre î> à 6 chevaux pour une moyenne d’environ a chevaux.
- La récente circulaire ministérielle qui prescrit aux compagnies de chemins de fer français l’emploi exclusif de l’éclairage électrique sur leurs voitures nouvelles va entraîner un développement rapide de cette industrie spéciale et donne un intérêt particulier aux installations
- Fig. 19. — Vue des équipemcnls d'écluiragc commandés par moteur électrique ix vitesse variable.
- déjà réalisées à l’Etranger et en France.
- Rappelons qu’actuellement la Compagnie du Chemin de fer d’Orléans est, si nous en sommes biçn informés, la seule Compagnie française utilisant exclusivement l’électricité depuis 1905 ou 1906 pour l’éclairage de ses voitures. Plus de aooo voitures éclairées électriquement sont actuellement en service sur le réseau d’Orléans, et deux ou trois cents sur le réseau de l’Ouest-Etat.
- Maurice d’Aste.
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- LA TACITE RECONDUCTION DES POLICES D’ABONNEMENT
- Les pot ices d'abonnement de force motrice ou de lumière sont-elles sujettes à la tacite reconduction cpmme les baux de nos appartements? et si elles sont soumises aux mêmes règles, qu'elle est la loi de cette prolongation tacite ? notre collaborateur M° Bougault l'indique dans l'étude qui va suivre.
- Les. mots « tacite reconduction » sont de tous les termes du langage juridique, ceux qu’emploient le plus volontiers les personnes même complètement étrangères aux choses du droit. Gela provient de ce fait que nous sommes tous : ou propriétaires ou locataires d’un immeuble; et qué, comme tels, dans les relations les plus courantes de la vie, nous sommes exposés à nous voir imposer ou opposer les principes qui en découlent : Reconductio, en latin, signifie « relocation »; dire que la tacite reconduction s’opère, c’est dire que, sans que les parties se soient à nouveauExpliquées, verbalement ou par écrit., un nouveau bail s’est créé « tacitement » entre le premier bailleur et le premier preneur. C’est indiscutable, puisque le code civil au chapitre des baux immobiliers, a prévu le cas, dans les ternies suivants (article 1738) « si, à l’expiration des baux écrits, le preneur « reste et est laissé en posséssion il s’opère un « nouveau bail... »
- Avant de finir la lecture de ccl article, — dont les derniers termes causeront à plus d’un lecteur quelque surprise — précisons bien l’hypothèse.
- Un bail a été fait par écrit : donc, théoriquement, il doit se terminer au jour même qu’il indique comme étant le, dernier de la location, et il n’y a pas besoin de se prévenir mutuellement par le cohgé qui n’est obligatoire que pour les baux.faits sans fixation de durée: tout bail qui, à sa base, trouve un écrit quelconque (contrat sur papier timbré, ou simples lettres missives) expiré automatiquement à l’époque prévue.
- Mais, après ce terme, le locataire est resté en possession et non seulement il y est resté, mais il y a été laissé par son propriétaire qui, d’un naturel négligent ne lui a pas fait parvenir un « ordre de déguerpir ». Un nouveau lien juridique s’est créé parce que la loi, d’une façon
- générale n’admet pas les négligences, sans imposer, en principe, une sanction contre leur auteur.
- Au contraire, si le propriétaire a été diligent, et si, voyant le locataire peu pressé de s’en aller il lui intime l’injonction de sortir ses meubles et d’évacuer les lieux, le locataire ne peut plus parler d’un consentement supposé, puisqu’il sè trouve en présence d’une intention très nettement accusée : il aura beau rester en possession, toute hypothèse de boniie foi est définitivement éteinte : la tacite reconduction ne sautait exister; pour qu’il en fut autrement, il faudrait qu’après la signification de éc congé, lè propriétaire parut lui-même s’en désintéresser, qu’il demeurât pendant un temps fort long sans passer de la menace à l’exécution, de.telle façon que l’on put induire un véritable et nouveau consentement à cet état de choses : dans ce cas, seulement, il y aurait tacite reconduction, et le tribunal serait seul et Souverain juge de l’appréciation à donner aux circonstances invoquées de part et d’autre : le fait est d’ailleurs fort rare, si: bien que nous pouvons dire qu’en principe,, lorsque l’intention, du propriétaire de reprendre son local a été par. lui exprimée tout ce qui est relocation non écrite est impossible : par conséquent, le seul fait qui; puisse donner lieu à la tacite reconduction se trouve dans cette prolongation de l’occupation, prolongation faite par le locataire, tolérée par le propriétaire, sans échange d’aucun écrit.
- S’il en est ainsi, il est certain que comme nous l’ont appris les termes ci-dessus transcrits de l’article 1788, un nouveau bail a été créé..
- Mais il ne faut point oublier qu’un bail, pour être complet, comprend deux conditions prin-> cipales : le prix et la durée. Sur leprix W 11e peut point y avoir de difficulté : le bail nouveau aura exactement le même chiffre, tant au pôint de
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- vue principal qu’au point de vue accessoire : notamment, dans les localités où, en plus du chiffre net du loyer, les propriétaires ont l’habitude de réclamer un certain pourcentage destiné à couvrir les Irais d’ascenseurs, de balayage, éclairage, etc...
- Mais pour la deuxième condition la durée, il n’en est point de même, puisque l’article 1738, qu’il est temps de lire en entier, est ainsi conçu : « si, à l’expiration des baux écrits, le preneur « reste et est laissé en possession, il s’opère un « nouveau bail dont l’effet est réglé par l’article « relatif aux locations faites sans écrits ».
- Or, déjà, cet article est dans sa dernière phrase, une indication formelle, le nouveau bail n’a point nécessairement la même durée que le bail qu’il remplace. La durée nouvelle est fixée comme pour les baux non écrits, ce qui veut dire « d’après l’usage des lieux » : il ne peut y avoir aucune équivoque, puisqu’au surplus, l’article 1759 du code civil a 'lui-même pris soin de nous l’expliquer dans les termes suivants : « Si le locataire « d’une maison ou d’un appartement continue sa « jouissance après l’expiration du bail par écrit, « sans opposition de la part chi bailleur, il sera » censé les' occuper aux mêmes conditions, te pour lë terme fixé par l’usage des lieux, et 11e « pourra plus en sortir ni en être expulsé qu’après « un congé donné suivant le délai fixé par l’usage « des lieux »,
- Tel est le principe, et la Cour de cassation en a fait plusieurs fois l’application sévère, dans les termes suivants : les stipulations d’un bail expiré ne peuvent pas être prises en considération, pour déterminer la durée d’un bail se continuant par l’effet de la tacite reconduction (Cour de Cassation i3 avril 1899, affaire Trousselle Jodot, Dalloz 1889. 1. 599) : l’usage des lieux sera donc seul à considérer, pour la durée, aussi bien que pour l’époque à laquelle les parties pourront se donner respectivement congé : si, pour un bail de 10 ans je me suis lié à mon propriétaire relativement à une chambre modeste, qui d’habitude, se loue sans écrit à l’année, et si je reste dans cette chambre un mois après le terme qui était fixé à nionxbail, il y aura évidémment un [nouveau contrat, purement tacite, puisqu’il n’y a pas d’engagement formel. Je paierai le local comme j’avais l’habitude de le payer pendant la durée du
- contrat, mais je ne serai engagé que pour une année, si l’usage veut que les locations de cette nature soient annuelles ; pour me mettre à la porte, mon propriétaire sera obligé de respecter les délais de préavis, c’est-à-dire de me signifier « congé », avant de pouvoir m’expulser : dans certaines villes, Paris par exemple, le délai de préavis, varie selon le prix annuel du bail et selon la position de l’appartement loué : une boutique donnant sur cour ne sera pas soumise au même congé qu’une boutique donnant sur rue.
- Concluons donc bien qu’en cas de tacite reconduction, c’est une erreur formelle de croire que la durée du second bail sera forcément celle du premier.
- Si bien des personnes ont une idée contraire c’est que quelques propriétaires écrivent formellement dans leur bail que si le locataire reste dans les locaux après l’expiration du bail, un nouveau contrat recommencera par ce seul fait, et aura, pour prix et pour durée, les mêmes prix et durée que l’ancien bail : dans ces conditions, il ne peut y avoir lieu à tacite reconduction pour cette raison qu’elle est indiquée dans toutes les conditions de la façon la plus formelle : les parties n’ont qu’à se conformer aux dispositions écrites qu’elles ont prises. Mais la force de l’habitude est telle, et l’abus des termes que l'on 11c comprend point est si fréquent que l’on peut lire dans certains baux cette phrase admirable que l’on devrait faire encadrer : de convention expresse, les parties conviennent que, par tacite reconduction, le bail se prolongera dans les mêmes conditions de prix et de durée si le preneur, à l’expiration du terme, reste dans les lieux loués.
- Résumons-nous donc sur ce premier point de la façon suivante : on entend par tacite reconduction, le bail qui, sans écrit, succède automatiquement à un bail écrit, lorsque le locataire est laissé en possession du local qu’il a toujours occupé : le nouveau bail a comme durée celle qui est fixée, non point par l’ancien bail, mais par l’usagedes lieux pour des locaux de même nature : le propriétaire pourra donc exiger le même prix que précédemment et le locataire sera tenu de le payer : mais tous les deux pourront se donner congé dans les formes usitées pour les locaux de même nature dans la commune considérée,
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- Nous n’avons jusqu’ici envisagé que les baux immobiliers, mais d’une façon très nette la jurisprudence a appliqué aux baux des choses mobilières les principes de la tacite reconduction admise en matière immobilière. 11 est évident que la police d’une fourniture d’énergie n’est pas une fourniture immobilière : c’est l’évidence même : rigoureusement, on peut dire que ce n’est pas davantage la location d’une chose mobilière : en effet le contrat ne porte pas sur les fils qui amènent le courant, soit à nos lampes, soit à nos moteurs : la police est bien plus exactement ce que l’on appelle en droit un louage d’industrie, c’est-à-dire que le contrat porte sur l’obligation prise par le bailleur de fournir pendant un temps déterminé la prestation qui fait l’objet du corisentementmutuel, dans l’espèce le courant électrique.
- Or, en théorie pure, on pourrait très bien dire que la tacite reconduction n’existera pas en pareille matière, car il n’est pas permis d’appliquer à une matière exceptionnelle comme le louage d’industrie, les principes d’une autre matière exceptionnelle, telle que le bail d’immeubles ou de meubles.
- Mais la jurisprudence n’a pas eu ces scrupules, et l’on enseigne aujourd’hui dans tous les traités que la tacite reconduction est aussi bien appliquée au louage d’industrie ou d’ouvrage qu’au louage d’immeubles (voir Dalloz; Supp. V* louage d’ouvrage et d’industrie n°, 3i).
- Du reste, cette question de droit pur serait absolument stérile puisqu’en pratique le bon sens ne devrait pas la résoudre autrement que par les principes que nous avons ci-dessus exprimés. Supposons, par exemple que la police de courant électrique étant arrivée à expiration, le courant n’ait point été supprimé : fatalement, le tribunal admettra que le fournisseur n’ayant point fait connaître une volonté contraire, a voulu continuer ses services aux conditions premières : il aura donc droit à toucher, d’après les anciens prix, la fourniture qu’il a faite après expiration du contrat : mais jamais un tribunal n’appréciera que dans son for intérieur, le fournisseur ait tenu à s’engager pour une durée égale à la première cela est encore bien plus vrai pour le locataire : et c’est une vérité qui éclate jusqu’à l’évidence, si l’on envisage le cas où ce locataire n’a pas
- renouvelé avec son propriétaire le bail de son appartement pour une durée identique : il serait absurde d’admettre que tacitement il a voulu s’engager en ce qui concerne le paiement de la fourniture du courant électrique, pour un nombre d’années supérieur à celui de sa future occupation des lieux loués.
- On voit donc que toutes ces questions de droit sont en réalité basées sur une interprétation de la volonté que les parties n’ont pas exprimée. Le code et la jurisprudence ont fait tous leurs efforts pour que, dans cette interprétation d’une volonté qui est restée cachée, on n’arrive pas à une limite extrême; nous dirons donc que la fourniture du courant faite après l’expiration du contrat écrit sera réglée au prix de ce contrat : la durée restant à déterminer sera celle pratiquée pour les polices d’abonnement de même nature.
- III
- Nous avons d’ailleurs pour appliquer les principes de la reconduction à une fourniture de courant, une jurisprudence aussi originale que précise qui a été créée par la Cour d’appel de Nancy contre l’Etat lui-même (') dans une affaire Colin. Un abonné à un réseau téléphonique avait souscrit à l’administration des Postes un abonnement de quatre années avec cette mention précise que s’il continuait à jouir de son abonnement après l’expiration de la police, celle-ci se continuerait d’année en année. Or, il y était dit que le prix de l’abonnement annuel de Colin serait réduit à iào francs, si le nombre des abonnés de la ville, arrivait à dépasser 200.
- L’Etat prétendit que ce contrat avait prit fin à son terme sans qu’il y ait eu reconduction, expresse ou tacite, et comme un nouveau tarif était entré en vigueur, fixant l’abonnement, non plus en proportion du nombre d’abonnés, mais d’après le nombre des habitants d’une ville, soit, pour Nancy, à 200 francs par an, ilprétendit imposer à Colin le chiffre de 200 francs et non pas le chiffre réduit soit i5o, sous prétexte qu’il n’était plus tenu à rien, du moment que le premier contrat était expiré. Comme on raisonne difficilement avec l’Etat qui a toujours la partie belle, puisqu’il peut couper le fil téléphonique, le sieur Colin
- (I) Arrêt du g mai 1896, Dalloz 1899, II, 129.
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- paya les 200 francs pendant trois ans à compter de l’expiration de son contrat ; mais il plaida, et la Cour d’Appel de Nancy a déclaré d’abord que la tacite reconduction aurait été applicable à une police de cette nature, et que, tant que l’Etat n’aurait pas dénoncé la fin de ce contrat, dans les ternies d’usage, il était tenu de satisfaire à son engagement qu’il n’avait point résilié : Collin a donc obtenu la restitution des 5o francs en trop perçus, par ce motif que, tant qu’il n’y aurait pas un acte pour mettre fin au premier contrat, celui-ci continuerait avec toutes les clauses en faveur de l’abonné et notamment celles d’un rabais éventuel : sauf, dit la Cour, le droit pour l’administration de faire cesser sa police en se conformant aux délais qui y sont prescrits pour la dénonciation.
- IV
- Appliquons donc ces principes aux polices de lumière ou de distribution de force motrice.
- Les indications qui y seront contenues devront être suivies en leur forme et teneur : si par hasard il y avait été écrit qu’après l’expiration de la durée prévue et pour le cas où le courant aurait continué à venir dans le local, la police serait considérée comme renouvelée dans les mêmes conditions de durée et de prix, il n’y aurait qu’à accepter une situation si nettement tranchée.
- Si, au contraire, aucune stipulation n’était inscrite, et si, simplement par état de fait, le courant avait été fourni au delà du terme fixé, le paiement de la fourniture serait exigible d’après les prix précédemment pratiqués : mais les parties auraient le droit de se dénoncer respectivement le contrat, par ministère d’huissier, en déclarant qu’elles cesseront : l’une de le prendre ou l’aulre de le fournir aux anciennes conditions. Il faudra respecter le délai d’usage, qui dans bien des localités n’est pas encore fixé : mais il conviendrait de se laisser respectivement, au minimum un mois de délai.
- Les nouvelles polices seront faites, à partir de l’expiration de l’ancienne, d’après les conditions en vigueur dans la localité considérée.
- Ainsi, par exemple, si un concessionnaire pratiquant les anciens prix regrette d’avoir laissé passer le délai fixé à la police pour son expiration par ce fait que, à une époque concomitante, il a relevé ses tarifs, il pourra faire une scission entre l’ancien etlenomvel état de chose en dénonçant la police périmée, en laissant le temps normal pour qu’il n’y ait pas une surprise à l’égard du client, et en lui offrant la rédaction d’une nouvelle police conforme aux tarifs actuellement en usage.
- Paul Boucault,
- Avocat à la Cour de Lyon.
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- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- L’Alternateur Goldschmidt à haute fréquence.
- Les recherches effectuées clans ces dernières années pour produire des ondes continues à haute fréquence destinées à la télégraphie sans fil ont conduit à plusieurs solutions de ce problème. Bethenod emploie un certain nombre d’alternateurs polyphasés en cascade pouvant néanmoins fournir un courant d’utilisation monophasé grâce à un artifice spécial, d’après Latour ces machines polyphasées peuvent du reste être totalisées en une seule dont le rotor est monophasé; la Compagnie Telefunken a adopté un procédé consistant dans le renforcement des courants de fréquence supérieure engendrés par un transformateur, lorsqu’il travaille dans des conditions de magnétisation dissymétriques; Goldschmidt renforce dans un alternateur les courants parasites de fréquence supérieure dus auxactions réciproques et successives de l’inducteur et de l’induit.
- Le premier alternateur Goldschmidt présenté à la conférence radiotélégraphique de Londres avait une fréquence fondamentale de i5 ooo périodes et fournissait du courant à la fréquence de 6o ooo périodes. La vitesse périphérique du rotor était de i5o mètres à la seconde; les condensateurs étaient formés de feuilles minces de cuivre séparées par du mica, et les bobines de self de spires plates immergées dans l’huile. Les nouveaux alternateurs de grande puissance, c'est-à-dire de îüo kilowatts environ, présentent une fréquence fondamentale égale à io ooo, le courant utilisé étant à la fréquence de /jo ooo. Le stator et le rotor portent chacun un enroulement réparti en >8,'| pôles; la vitesse de rotation est de '! ioo tours à la minute.
- Le principe de ces appareils est le suivant. Un enroulement monophasé W2 (fig. i) fermé sur lui-même tourne dans un champ A produit par un enroulement Wq ; \Y2 est parcouru par un courant alternatif qui produit un champ B tour-
- nant avec une vitesse double de celle du rotor en produisant dans un enroulement \Ya placé sur le stator le courant qu’on désire obtenir. La machine constitue un véritable transformateur de fréquence qui peut être utilisé en alimentant l’enroulement W| par un courant alternatif de telle façon que le champ A soit un champ tour-
- Fig. i. — Alternateur Goldschmidt à haute fréquence.
- nant, ce qui permettra d’augmenter ou de diminuer la fréquence du courant induit en W3.
- L’alternateur peut être évidemment employé également comme une machine synchrone pouvant être mise en marche comme un moteur d’induction, de sorte que la machine peut être
- indifféremment utilisée de diverses manières en la munissant seulement des bagues et des dispositifs de court-circuit convenables.
- Examinons de plus près le fonctionnement de cet alternateur. Soit un moteur d’induction ordinaire, représenté en 1 de la figure a, dans lequel le rotor tourne à la même vitesse que le champ F,
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- mais en sens contraire, la fréquence du courant produit dans le rotor Rj sera double de la fréquence dans le stator Sj. Supjmsons maintenant que le courant du rotor soit envoyé dans le stator S2 d’un second moteur d’induction représenté en II sur la figure 2, tournant également en sens contraire du champ F2 ainsi produit. Si l’on couple les deux moteurs et que la fréquence dans Sj soit égale à 1 000 périodes par seconde, la fréquence en R, et S2 sera de 2 000 et en R2 de 3 000 périodes. Dans l’appareil Goldsehmidt, le rotor R2 est relié au stator S, et le courant à 3 000 périodes ainsi produit en Si fournit en S2 un courant à 4 000 périodes et en R2 un courant à 5 000 périodes et ainsi de suite de sorte qu’en principe, on pourra produire finalement un courant d’une fréquence infiniment grande.
- On pourra d’ailleurs simplifier la disposition de la figure à en se contentant d’utiliser un stator S et un rotor R reliés électriquement et qui agiront l’un sur l’autre à la manière des enroulements des deux moteurs précédemment considérés.
- Fig. 3.
- Au lieu de prendre l’énergie du rotor R par le moyen d’une dérivation électrique et de la reporter en S, et vice-versa, on peut obtenir ce résultat au moyen d’un transformateur, comme ! l’indique la figure 3.
- Le moteur d’induction comporte un rotor R3, à enroulement monophasé, fermé sur une bobine d’impédance, un condensateur et d’autres dispositifs analogues. Si on lance dans le stator S., un courant à 1 000 périodes monophasé, il se produit un champ magnétique qui peut, être décomposé en deux champs F« et F* tournant eu sens contraire. Si R3 tourne dans le même sens que F* et à la même vitesse, il en résultera dans l'enroulement R3 un courant produit par le champ F0 et de fréquence double de la fréquence dans le statpr. Ce courant produira de même dans S3 un courant de fréquence triple du courant primitif et ainsi de suite. Mais il convient tle remarquer que ces transformations successives aux hautes fréquences conduiront à des pertes considérables. Pour les atténuer, on emploie des condensateurs en parallèle avec le générateur G et, en agissant convenablement sur ces capacités et sur les bobines de réactance, 011 s'arrange pour que: le circuit se trouve en résonance pour les fréquences obtenues. L’un des groupes self et capacité sera, par exemple, en résonance pour la fréquence fondamentale, le second pour la fréquence double et ainsi de suite. Le circuit comprenant l’appareil d’utilisation P correspondra à la fréquence désirée.
- O11 a envisagé également la possibilité de supprimer tout le 1er, en vue d’éviter cette cause de pertes considérables dans le cas des fréquences très élevées employées en télégraphie sans fil. Dans ce cas, le stator et le rotor peuvent être, sous certaines conditions, confondus pn un conducteur unique.
- (Elettricista, i5 janvier et ior mars 1914.)
- STATIONS CENTRALES
- La centrale à demi-fixes de wiborg (Finlande).
- La plus grande Centrale de force motrice et d’éclairage comportant des machines à vapeur demi-fixes est celle qui a été installée à Wiborg (Finlande) pour les tramways et la distribution d’électricité. Elle comporte 3 machines demi-fixes compound à vapeur surchauffée de chacune 5oo à 65o chevaux directement accouplées à des générateurs triphasés A. E. G. Ces géné-
- rateurs .ont chacun une puissance de 38o kilowatts, cos. <p = 0,8, 3ooo volts, 5opériodes, 170 tours par minute. Ils sont réunis aux moteurs par accouplements flexibles, système Zodel-Yoitli qui possèdent sur l’accouplement rigide l’avantage d’éviter les chocs dangereux dans le générateur mis en parallèle et d’amortir les oscillations.
- Nous ne décrirons pas ici les demi-fixes employées dans cette station ; signalons simple-
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- ment que chaque groupe électrogène est pourvu d’un dispositif de réglage de la vitesse par volant à main qui permet, en agissant sur le régulateur-volant, de modifier la vitesse de rotation entre certaines limites.
- Ce qui distingue cette installation, c’est que, malgré remploi de machines demi-fixes, la chaufferie et la salle des machines sont complètement séparées. Les deux figures ci-jointes permettront de se rendre compte de la façon dont elles sont disposées respectivement. La figure i estime vue intérieure delà chaufferie qui se trouve à l'extrémité de la salle des machines dont elle est séparée par un mur percé de larges baies. Ces
- Fig. i. — Chautleric de ta Centrale Electrique de VViborg.
- baies, conjointement à d'autres petites fenêtres percées plus haut dans le même mur, assurent un éclairage sulïisantdans la salle des machines.
- D’autre part un plancher se trouve au niveau de la génératrice supérieure des chaudières; il est interrompu au dessus de chaque chaudière et les intervalles sont recouverts par des plaques en fonte qui s'enlèvent facilement pour permettre un accès commode à la chaudière comme au moteur en vue des nettoyages et des visites.
- Le cêtc de la salle des machines faisant face aux fenêtres est occupé par le tableau de distribution.
- Les chaudières sont alimentées par des foyers mécaniques. Le charbon est déchargé dans des soutes situées sous la salle des machines; de la, il est repris par des élévateurs électriques,
- monté a f> mètres de hauteur environ et amené aux trémies de chargement par des transporteurs à vis. Les foyers, du type à projection, sont commandés par les arbres des loeomobiles.
- La condensation est également installée au-dessous du plancher de la salle îles machines. Elle se compose d’une installation centrale à injection des Ateliers Balcke.
- L’alimentation du réseau urbain de Wiborgse fait de la façon suivante :
- A quelques kilomètres de la Centrale, sc trouve une petite usine hydro-électrique marchant avec elle en parallèle. Dans le jour, l’usine Hydroélectrique marche en même temps qu’une demi-fixe. La charge de cette dernière varie entre ifio et fioo chevaux, c’est-à-dire dans des limites de fonctionnement économique au point de vue
- Fig. ’a. — Salle des machines de lu centrale de Wiborg.
- de la consommation de combustible, garantie à o kilog. 55o par cheval-heure et qui, aux essais, n’a pas dépassé o kilog. 5o5. Au commencement de la soirée la machine n° 2 est mise en parallèle etla chargcdes deux demi-fixes s’élève, di^ns la soirée, à environ 1 200 chevaux, c’est-à-dire qu’elle correspond à la puissance la plus favorable au point de vue de l'économie. Pour ne pas surcharger par trop ces deux machines, la troisième sc trouve toujours sous pression en réserve pendant ces heures delà soirée. A minuit, Tune des machines n° 1 0112 est arrêtée.
- Le courant produit sert à l’éclairage (public ou prive) de la ville, à la force motrice pour de petites industries et à la traction des tramways électriques.
- [Elektrotechnik und Maschinenbau, '29 mars.)
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- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- L’emploi des bobines de réactance dans
- les grands réseaux de distribution —
- K. M. Faye-Hansen et J.-S. Peck.
- En raison de l'importance de plus en plus grande qu’a prise la puissance fournie par une même station centrale, les incidents survenant dans les usines ou sur les réseaux sont susceptibles de produire directement ou par leur répercussion, des effets désastreux qu’il convient d’éviter autant que possible par des dispositifs de protection efficaces et multiples ou, tout au moins, de limiter à des portions particulières des installations. Pour arriver à ce résultat, on emploie de plus en plus les bobines de réactance.
- On sait que lorsqu’un alternateur est mis brusquement en court-circuit, la charge atteint 20 à 40 fois le courant normal alors qu’en fonctionnement continu en court-circuit, l’intensité ne dépasse guère deux à trois fois l’intensité normale. Ceci est dû à ce que la réaction d’induit 11e s’établit pas instantanément, de sorte que la surintensité 11’est limitée que par la réactance du circuit. Si l’induit présente une réactance de 5 % , le courant de court-circuit brusque atteindra une valeur égale à 20 fois celle du courant normal, et cette valeur se trouvera réduite de moitié par l’insertion sur le circuit d’une réactance additionnelle égale, elle aussi, à 5 % . Les valeurs indiquées pour les surintensités peuvent d’ailleurs être augmentées suivant la valeur instantanée de la tension du moment du court-circuit.
- L’addition de ces bobines de réactance a également pour effet de modifier le facteur de puissance du système et cette considération devra intervenir dans la détermination de leurs dimensions.
- On examinera successivement dans ce qui va suivre les conditions déterminant l’emplacement, le moile de fonctionnement des bobines île réactance, leurs dimensions et le type à adopter.
- Emplacement ues nonixEs de heactance.
- \
- Les bobines peuvent être placées dans les endroits suivants :
- i° Sur les câbles des générateurs ;
- 20 Sur les lignes ;
- :i° Sur les barres-omnibus.
- Et il y aura lieu d’examiner pour chacun de ces emplacements leur effet sur le fonctionnement des générateurs et des interrupteurs, la tension de distribution et la continuité de la fourniture. Pour cela 011 déterminera leur mode de fonctionnement normal, puis en cas de court-circuit sur la machine, sur les barres-omnibus et sur les lignes.
- I, — Bobines de réactance placées sur les câbles des générateurs. — Dans cette position les bobines produisent une chute de tension entre les générateurs et les barres-omnibus qui peut être facilement compensée en modifiant l’excitation. Lors d’un court-circuit survenant sur un feeder en X (fig. 1) la tension tombe sensible-Feeders
- X
- TTTTTTTTT?
- Interrupteurs Barres - Omnibus
- Interrupteurs Bobines de réactance
- Générateurs
- Fig. 1.
- ment à zéro sur les barres-omnibus et tous les alternateurs et autres appareils synchrones du système débiteront sur la ligne défectueuse. Il pourra en résulter l’avarie de l’interrupteur de cette ligne et une aggravation du défaut.
- Le courant dans chaque générateur étant limité par la réactance, le seul inconvénient de •cette disposition consistera en ce que, les barres-omnibus se trouvant dans le circuit intéressé par I avarie, la totalité des appareils synchrones pourront déclencher par suite du court-circuit sur un conducteur. Ce résultat se produira malgré l’interrupteur du feeder avarié puisque celui-ci 11e fonctionne pas immédiatement; mais il faut
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- observer que, si le défaut est suffisamment éloigné des barres-omnibus, l’impédance du circuit pourra être assez grande pour que le décrochage des machines synchrones ne se produise pas.
- En cas de court-circuit survenant sur les barres, le résultat est le même que pour le cas précédent, sauf bien entendu en ce qui concerne les interrupteurs dont aucun n’aura particulièrement à souffrir.
- Si le court-circuit se produit sur une machine, l’enroulement statorique pourra subir des efforts mécaniques considérables et être complètement tordu s’il n’est pas convenablement fixé, mais le courant provenant des machines connectées aux barres sera limité par la réactance et l’interrupteur pourra fonctionner sans difficulté, la tension sur les barres ne variera pas dans de grandes limites et, si le nombre des machines est suffisamment élevé, il n’y aura pas à craindre le décrochage des appareils synchrones.
- En résumé, l’installation de bobines de réactance sur les alternateurs ne présente qu’un intérêt médiocre, sauf pour la protection des enroulements et des interrupteurs, et n’offre de garantie pour la continuité du service que dans le cas d’une avarie survenant sur un générateur. Leurs dimensions dépendent de la robustesse des alternateurs et des interrupteurs. Etantdonné qu’un générateur a ordinairement une réactance voisine de 6 %, en établissant une bobine d’une réactance égale on limitera le courant maximum à 8,f> fois le courant normal, cette valeur pouvant être cependant légèrement augmentée suivant la valeur instantanée de la tension. Les alternateurs peuvent, en général, supporter sans inconvénient cette surintensité.
- Dans le cas où un transformateur serait placé entre les générateurs et les barres omnibus, il suffirait de le prévoir avec une réactance propre suffisamment élevé, ce qui n’entraînerait pas de plus-value sensible.
- II. Bobines de réactance placées sur les lignes. — Dans ce cas la tension se trouvera réduite sur chaque ieeder proportionnellement au carré de la charge et, par suite, ne pourra être modifiée convenablement en agissant sur les générateurs,
- Si un court-circuit se produit en X (fig. a) sur l’un des feeders, le courant sera limité par la réactance et il n’y aura à craindre ni détérioration de l’interrupteur ni perturbation sur le réseau.
- En ce cas de court-circuit sur les barres-omnibus, les machines se trouvent également eourt-circuitées, et si les bobinages ne sont pas convenablement fixés, il peut en résulter de graves conséquences. Tout le système subira, d’ailleurs, les mêmes effets et chaque interrupteur devra être capable de couper le courant de court-circuit d’un alternateur.
- Dans le cas où le court-circuit se produit sur une machine, saréactance propre suffira à limiter le courant de manière que l’interrupteur puisse fonctionner normalement ; mais il n’en sera pas de même si le court-circuit se produit entre la machine et l’interrupteur. L’interrupteur de la machine avariée aura alors à couper le courant de
- Feeders
- Ôoô/nes de resetance
- Interrupteurs
- Barres-omnibus
- Interrupteurs
- Générateurs
- Vig. -2.
- court-circuit de tous les autres alternateurs cl le courant fourni parles autres appareils synchrones du réseau, ce courant étant cependant limité par les bobines de réactance; la tension sur les barres-omnibus tombera à » et il y aura à craindre le décrochage de tous les appareils synchrones.
- Cependant, si les alternateurs sont construits de manière à résister aux courts-circuits, cette disposition présentera un grand avantage sur celle exposée au § i, car les avaries de conducteurs se produisent presque toujours sur les lignes. On pourra d’ailleurs éviter presque toujours les courts-circuits sur les barres et les câbles des générateurs par un isolement suffisant. Mais si la construction des alternateurs n’a pas été prévue en vue-de la résistance aux courts-circuits, il ne faul pas oublier que cette disposition est susceptible de produire des effets désastreux en cas de court-circuit survenant sur les barres ou—sur les machines.
- Quant aux dimensions à prévoir dans ce cas
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- pour les bobines, elles dépendent de la capacité du feeder comparée à celle des générateurs et de la capacité de rupture de l’interrupteur de feeder. Par exemple, si la capacité du feeder est le quart de celle d’un générateur, une réactance de 3 % admettra un courant égal à celui quilaisssepasser une réactance totale de 12 % sur un générateur. Pour les transformateurs placés sur les feeders, il suffira de prévoir, comme pour la disposition précédente, une réactance propre assez élevée.
- III. Bobine s de réactance placée sur les barres-omnibus. — Les bobines de réactance placées sur les barres-omnibus ne peuvent avoir pour effet que de limiter à une section des barres l’afflux de courant qui se produit lors d’une avarie.
- A ce point de vue, il y a intérêt à prévoir une réactance aussi grande que possible et on ne réalisera parfaitement cet isolement qu’en constituant des sections distinctes, mais pratiquement et pour des raisons d’ordre économique il est très désirable de faire fonctionner en parallèle tous les générateurs d’une station. De sorte que pour tenir compte de ces deux conditions, on emploie des réactances choisies de telle façon que, en cas de court circuit survenant sur une section, l'afflux de courant provenant des autres sections soit-limité à une valeur telle qu’il n’en résulte aucun dommage pour les autres parties du système.
- Examinons de plus près l’effet des bobines de réactance placées sur les barres-omnibus.
- Soient deux générateurs A et B alimentant un systèiqe de barres séparées en % tronçons par une bobine de réactance (fig. 3). Nous admettrons que la charge du feeder D est double de celle du feeder E et que les tensions des deux
- générateurs doivent être égales. Nous admettrons également que la tension dans la bobine est décalée de 96° par rapport au courant, la perte dans la bobine étant négligeable. La figure t\ donne les relations entre les intensités et les tensions, quand le facteur de puissance pour chacune des deux sections est égal à l’unité. OA et OB sont les tensions de A et de B; OD et O E sont les intensités dans les deux feeders (OD = a O F); DF et EC représentent l’intensité du courant traversant la bobine, en quadrature avec la tension AB ; OC et OF représentent l’intensité dans les générateurs A et B. Il esta remarquer que la bobine de réactance accroît la charge de A et diminue celle de B; les charges des deux alternateurs ne sont pas égales et l’intensité est légèrement décalée en arrière de la tension.
- L’étude du diagramme montre qu'avec un déplacement angulaire donné des tensions, la valeur du courant qui circule entre les deux sections est limitée par la chute de tension à travers la bobine. De sorte que, l’angle maximum permettant le fonctionnement en parallèle étant déterminé, et la différence de charge entre les deux sections étant fixée, on peut calculer facilement la valeur de la réactance.
- La figure 3 correspondant à un facteur de puissance égal à 0,8 montre que, d’une part, le courant de circulation accroît la charge de A et
- Feeders E Feedei s Ü
- 20 000KWS SOOOOKns
- Interrupteurs
- Berres omnibus
- Interrupteurs
- Fig. 6.
- diminue celle de B et que d’autre part, le cos--f de A a augmenté, et celui de B s’est abaissé.
- Prenons, à titre d’exemple, le cas concret suivant: Huit générateurs de 10 000 kilowatts à 10000 volts sont connectés aux barres-omnibus lesquelles sont divisées en 2 sections égales par des bobines de réactance, comme le représente
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- la figure 6. Les feeders D transportent une charge de 60000 kilowatts à un facteur de puissance de 0,8 et les feeders E une charge de 20 000 kilowatts avec le même de facteurs de puissance. Les tensions doivent être égales aux départs de D et de E, et tous les générateurs doivent être également chargés. Il est évident que l’un des groupes de machines devra fournir 29 000 kilowatts à la section alimentée par l’autre groupe. Si nous établissons un groupe de bobines telles que la tension à travers ces bobines soit 25 % de la tension normale pour le courant correspondant à 20 000 kilowatts, la capacité de ces réactances sera de 5 000 KVA triphasés, soit 1160 KVA pour chaque bobine.
- Soient OA et OB (fig. 7) les tensions sur chaque section avec AB = 25 % de OA ; OD et OE représentent les intensités sur les feeders, chacune d’elles x'etardant d’environ 37 % sur la tension des barres, OD étant égal à 3 fois OE ; DF et EC représentent les intensités à travers la réactance OC est le courant fourni par les générateurs A et OF, celui fourni par les générateurs B.
- Etant donné que la chute de tension à travers la réactance est égale à 25 % du courant normal avec un courant correspondant à 2 générateurs, le courant maximum pouvant traverser la réactance sera celui correspondant à huit générateurs. Ce courant est très inférieur à celui par un générateur lors d’un court-circuit et atteint à peine celui qui peut être fourni après l’intervalle de temps nécessaire au fonctionnement de l’interrupteur.
- Dans une très grande station génératrice, on pourra diviser les barres-omnibus en plusieurs groupes correspondant à des capacités de 20 000 à 40000 kilowatts. Dans ce cas, on fixe la limite de l’intensité pouvant être échangée entre les sections et on détermine les dimensions des réactances de manière à limiter le courant à des valeurs raisonnables lors d’un court-circuit sans nuire au fonctionnement en parallèle; on pourra, par exemple, fixer à 5o % de la tension normale, la chute de tension, sous la pleine charge d’une section des barres.
- Il est à remarquer qu’en outre des avantages signalés plus haut dans le cas d’un court-circuit survenant sur une section, la disposition comportant des bobines de réactance sur les barres permet de limiter les effets d’une mise en parallèle défectueuse qui peut conduire, sans leur
- emploi, à des résultats désastreux. Par contre, deux inconvénients sont à signaler : en premier lieu, un générateur n’est pas protégé dans le cas d’accident intéressant sa section; en second lieu, le couplage des différentes machines doit être réalisé avec un certain écart angulaire entre les tensions.
- Pratiquement, on ne limitera pas l’emploi des bobines de réactance à l’une ou l’autre des dispositions que nous avons examinées et qui présentent chacune des inconvénients assez sérieux. On réalisera, au contraire, une combinaison de ces dispositions d’après l’un des modes suivants :
- Bobines de réactance placées sur les générateurs et les barres. — Le nombre et la dimension
- Fig. 7.
- des bobines placées sur les barres seront fixés comme il est dit plus haut en tenant compte des conditions de sécurité qu’on veut imposer au système sans nuire à un fonctionnement satisfaisant en parallèle. Quant aux bobines placées sur les générateurs, on déterminera leurs dimensions d’après les spécifications de chaque générateur et on placera, en général, un groupe de bobines sur chaque machine. Cette disposition paraît très recommandable.
- Bobines placées sur les feeders et les barres. — On détermine, d’après la capacité des feeders et des interrupteurs, le nombre et les dimensions des bobines à placer sur les feeders par groupe. Cette disposition semble devoir donner la plus grande sécurité, étant donné que la station est
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- protégée contre les accidents extérieurs et que les courts-circuits survenant à l’intérieur sont limités à une section des barres. Toutefois, on peut lui reprocher de ne fournir aucune protec? tioil des générateurs contre les courts-circuits survenant sur les balles, d’exiger un grand nombre de bobines à moins qu’on ne réalisé des groupements de .feeders, enfin d’affecter la régulation des feeders ; mais ce dernier point n’est ordinairement que de peu d’importance. Si les générateurs sont établis dè manière à pouvoir supporter les courts-circuits et si les,dispositions adoptées permettent d’éviter d’uné façon à peu près absolue tout accident sur les barres, cette solution est certainement la meilleure que l’on puisse adopter.
- La figure 8 montre une installation type réu-
- La ; chute de tension dans les bobines des groupes de feeders et dans celles des généra? teurs est de 5 %, elle est de 2,5 % pour les fee? de.rs.de. 5 ooo kilowatts,.
- Le tableau suivant donne une idée des effets d’un court-circuit survenant en l’un quelconque des points du système. La valeur de la résistance est exprimée en pourcent de la tension normale pour la pleine charge d’une section. L’intensité est donnée par rapport au courant normal sué une section, en négligeant les effets des appareils synchrones fonctionnant sur le systèmé.
- Pour les expériences i3 et 14,. 3 générateurs; alimentaientune section.La première valeurpour. le couranldu défaut est celle du générateurAvariéy la seconde, celle des autres générateurs. Pour l’intensité du courant, la première valeur estcelle;
- Générateurs
- Générateurs
- 20 ooo Kws
- io ooo Kws
- io ooo Kws
- io ooo Kws.
- 20 000 KW3
- 20 000 Kws
- 20.000 Kws.
- nissant les diverses dispositions que nous avons examinées.
- La puissance totale est de ioo ooo kilowatts, fournie par 7 générateurs, dont 4 de 10 ooo et 3 de 20000 kilowatts, les feeders de 2 ooo kilowatts étant réunis par groupes de 5. Les barres-omnibus sont divisées en 5 sections de 20 ooo kilowatts, chaque section étant alimentée par un grand générateur ou deux petits. Les sections sont réunies par des bobines de réactance établies jDOur une tension égale à 5o % de la tension normale sous la pleine charge de l’une des sections. Chaque bobine peut être cOurt-circuitée par un interrupteur à huile.
- du générateur avarié, les deux autres celles des autres générateurs. Pour les expériences i5et i6y un seul générateur alimente une section.
- Construction des bobines de réactance. — Jusqu’ici, on 11’a pas utilisé de bobines avec fer et les plus grandes bobines sont refroidies par ventilation. En raison des chocs importants qu’elles ont à subir, ces bobines doivent être très robustes et des dispositions doivent être prises pour réduire autant que possible les courants de Foucault.
- La General Electric Company emploie un enroulement formé de spires de câbles concentriques.
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- «93
- Les spires sont séparées et lixées au moyen de pièces en porcelaine. La Westinghouse Company emploie des cloisonsincombustibles qui séparent les spires. Il est nécessaire, dans tous les cas, d’éloigner les bobines de toute pièce métallique de façon à éviter la formation de courants induits.
- éviter un échaulïement excessif, malgré la diminution du passage réservé à l’air; cette disposition présenterait moins d’avantages dans le cas où la fréquence seraitrelativementfaible. Mais ce mode de construction permettrait de placer les bobines \ dans l’huile et de réduire leurs dimensions; de
- Tadiæau 1
- SITUATION DU DÉFAUT RÉACTANCE INTENSITÉ PAU RAPPORT AU COURANT NORMAL 1 TENSION EN % DE LA NORMALE
- Ï3arre9. Générateur. Feeder. Défaut. Générateur. Section avariée. Sections adjacentes.
- % % %
- I Feeder. O 5 o IOO IO O O
- 2 » o I o o 8o ÏO O O
- 3 )> O 5 5 16,6 3,3 83,3 83,3
- 4 » o I o 5 14,1 a ,86 7>,5 71,5
- 5 )> O 5 1 o 9>l 1 ,8a 91 )> t)i »
- G » o io U) 8,33 1 ,67 83,3 83 ,3
- H » Tïo 5 o a3 ,6 AO 0 91
- 8 » 5o IO o 13 ,4 IO 0 85,4
- 9 » 5o 5 5 io ,8 9>a 54 96,2
- io » 5o IO 5 8 ,o5 G » 40,2 91
- 11 » 5o 5 I o 7 >°5 5,95 70,5 97
- 11 » fjo IO IO 5 ,91 4,29 57,1 93,7
- i 3 Générateur . 5o I o 10 -J- /, ,65 10 a,7&o,85 46,5 9° j 1
- i4 » 0 IO 10 -j- 8,2 10,1.8a 81 ,8 81 ,8
- ,5 » o I O *20 -j- i3,3 ao & 3 ,3 66,6 66,6
- i G )> 5o 10 20 + 2,92 AO & 1 ,a5 14 ,6 88 ,a
- Avec 5 % de réactance totale mômes résultats que ci-dessus pour un court-circuit sur
- •7 * 1 feeder avec réactance nulle.
- 18 Barres. Mômes résultats que ci-dessus pour un court-circuit sur feeder avec réactance nulle.
- i
- i
- 11 semble qu’il pourrait y avoir intérêt à cm ployer des bobines avec fer, spécialement dans le cas de réactances disposées sur les barres, étant donné que le courant ne dépasse pas, dansce cas, io fois le courant normal et qu’on pourrait, par suite,
- plus les appareils seraient tout à fait analogues aux transformateurs ce qui en réduirait le coût et en faciliterait la construction.
- (Bulletin de Vinstitution of Electrical Engineers.)
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- STATISTIQUE
- La prévention des accidents électriques.
- Résumant les causes d’accidents du service électrique de l’Inland Steel C° à Indiana Harbor (Indiana), M. Robert L. Mc. Intosh, ingénieur, chef des services électriques, attire l’attention sur le fait que les trois quarts au moins des causes d’accidents sont étrangères au courant électrique proprement dit.
- Les chiffres ci-dessous don non t les causes d’accidents et leur fréquence pour ccnt dans ces établissements en iyi2 :
- Brûlures par une (lamine ou un court-
- circuit.............................. a3
- Blessures en manipulant des matériaux. . 14
- Çoupures par un canif en dénudant des fds. io Chutes d’une échelle, d’une colonne, etc.. 8
- Coups de marteau......,................ 6
- Projection d’émeri dans les yeux par
- moulage.............................. 6
- Echappement d’une clef à écrous....... 4
- Chutes diverses....................... 4
- Pénétration de clous dans la main..... 4
- Divers (n’offrant pas a cas semblables). . . 21
- Total................... 100
- Les dangers particuliers au travail électrique peuvent se classer en quatre catégories principales : chocs, brûlures, accidents anx yeux par les flammes et chutes. Beaucoup d’accidents survenus dans le travail sont dus à la manipulation des matériaux ou à l’emploi des outils et machines. Pour éviter ces accidents, les ouvriers doivent apporter le soin et l’attention nécessaires : 11e pas laisser tomber les matériaux sur leurs pieds ou leurs mains; dénuder ou couper les fils par un mouvement de la lame s’éloignant du corps et non allant vers lui, enlever les doigts du point frappé par un marteau, porter des lunettes pour affûter à la meule d’émeri, choisir et employer des clés qui s’adaptent aux pièces à serrer, faire attention aux endroits où Ton pose les pieds pour éviter de glisser ou de tomber et manier avec précaution les caisses armées de clous.
- Des chocs peuvent être regus d’un circuit électrique et la force de la réaction dépend de l’intensité du courant qui traverse le corps. Un circuit à i2Ù volts peut fort bien donner un choc mortel. Le service de sécurité de l’aciérie en question conseille de toujours traiter les circuits électriques comme s’ils étaient en charge. De plus, quand on a affaire à un circuit que Ton sait en charge, il faut autant que possible 11e se servir que d’une main en tenant l’autre derrière le dos. Ne travailler que sur un fi 1 à la fois et en s’isolant du sol et des autres fils du circuit. Tout joint terminé doit être isolé avant de passer à un autre fil. Il y a de nombreuses façons dont on peut recevoir des chocs. Il faut avoir soin de ne pas ouvrir le champ en dérivation d’un moteur, de façon à ce que la décharge inductive puisse causer un choc.
- Les brûlures sont occasionnées par des arcs électriques et ceux-ci peuvent être provoqués par des courts-circuits dus au contact d’un outil avec les deux fils d’un circuit. Pour éviter cela, les poignées des outils doivent être recouvertes de fibre. Il y a danger de production d’un arc quand 011 ouvre un interrupteur et souvent on se brûle les mains de cette façon. Un arc peut être également produit par la fermeture d’un interrupteur sur une ligne en court-circuit.
- Les flammes accompagnent ordinairement les ai'cs électriques et blessent les nerfs délicats des yeux. La couleur 11e se manifeste généralement pas avant plusieurs heures et pour éviter d’en souffrir, il est bon de recourir immédiatement aux soins médicaux. De légers chocs électriques peuvent entraîner des chutes. Aussi, lorsqu’un ouvrier travaille en l’air, il doit s’assurer qu’il est protégé suffisamment contre une chute des échafaudages ou ponts roulants en cas de choc électrique. Quand il Iravaille sur des poteaux ou des lignes aériennes, il doit porter une ceinture et une courroie de sûreté.
- (Electrical World, 7 mars 1914.)
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- NOTES INDUSTRIELLES
- Sonnerie automatique de cloches d’Eglises.
- L’usage de l’électricité pour la sonnerie des cloches des beffrois s’impose chaque joui* devant les exigences et la rareté de la main-d’œuvre; toutefois, il fallait trouver un système simple, sûr démarché et economique d’installation comme d'entretien, un appareil enfin qui puisse être abandonné à lui-même sans autre soin qu’un peu de graissage ; il fallait encore que cet appareil puisse fonctionner sur tous les courants, continu ou alternatif, tels que le distribuent les nombreuses stations centrales d’électricité qui étendent leurs lignes souvent sur une très grande étendue de territoire.
- Le système de Mees, fabriqué par la Société de Construction d’Horloges et Appareils de Mesures Electriques de Nancy, 42-44, rue Molitor, pour la sonnerie de cloches, en volée ou tintée, présente fous ces avantages; les appareils sont simples, robustes, d’entretien pour ainsi dire nul; ils offrent enfin toute sécurité possible contre les accidents d’homme ou de matériel.
- Ce système comporte :
- i° La sonnerie des cloches en volée;
- 2° La sonnerie des cloches tintées en mort, combinée avec une grosse cloche mise en volée ;
- 3° La sonnerie tintée sur cloche unique pour les offices ou Y Angélus.
- i° Sonnerie en volée.
- Les cloches destinées à être mises en volée sont actionnées chacune par un moteur de construction spéciale et de puissance appropriée au poids des cloches à mettre en mouvement.
- Chaque moteur transmet son effort à la cloche par l’intermédiaire d’une chaîne spéciale d’acier qui s’enroule sur une poulie en fer forgé de grand diamètre montée solidement sur le mouton de la cloche.
- Une poulie, plus petite, fixée également, sur le mouton de la cloche, actionne, par l’intermédiaire d ’un câble, un appareil de commande qui envoie le courant électrique dans le moteur, l'interrompt, en renverse le sens aux moments propices pour entretenir régulièrement le mouvement oscillant de la cloche qui se trouve ainsi actionnée par un effort toujours régulier dans toutes ses oscillations en produisant un son beaucoup plus net.
- Cet appareil de commande comporte également un dispositif spécial chargé de conserver à la cloche son oscillation maximum, tout en empêchant sûrement cette cloche de dépasser cette oscillation maximum; tout danger d’emballement est donc ainsi évité.
- Une canalisation électrique, composée de deux fils par cloche, relie les moteurs et les appareils de commande
- à un tableau placé à la sacristie ou au pied de la tour.
- Ce tableau, en marbre, porte un interrupteur, deux coupe-circuits de sécurité et un ampèremètre qui permet de suivre exactement les oscillations de la cloche à laquelle il correspond.
- Pour mettre une cloche en volée, on ferme l’interrupteur correspondant sur le tableau; l’aiguille de l’ampèremètre indique aussitôt les battements de la cloche, qu’on entend rapidement sonner.
- Pour arrêter, on ouvre simplement cet interrupteur, et la cloche s’arrête d’elle-même, faute d’être entretenue par sou moteur.
- Il est impossible d’envisager une opération plus simple, dont on peut confier l’exécution à n’importe qui.
- 2° Sonnerie en mort.
- Il faut mettre une cloche en volée, puis faire tinter deux cloches voisines.
- Pour cela, la cloche mise en volée actionne des contacts qui envoient alternativement le courant électrique dans deux électros commandant des marteaux qui viennent frapper les deux cloches voisines, et cela à des intervalles réguliers et bien en accord avec les battements de la grosse cloche en volée.
- La sonnerie en mort est ainsi parfaitement réalisée automatiquement.
- Un interrupteur spécial, placé sur le tableau de marbre, commande ces deux éleclros; cet interrupteur est fermé lorsque la grosse cloche commence à sonner en volée.
- Pour arrêter, il faut ouvrir d’abord l’interrupteur qui commande le moteur de la cloche en volée, puis on ouvre l’interrupteur des électros lorsque la grosse cloche cesse de sonner.
- 3° Sonnerie tintée.
- Chaque cloche est munie d’un éleclro, lequel soulève un marteau qui frappe la cloche à tinter.
- Tous les électros sont commandés depuis le tableau de marbre par un boulon électrique; il suffit de presser sur ce bouton et de le lâcher pour faire tinter la cloche correspondante; on sonne ainsi facilement Y Angélus par une série de tintements terminés par une cloche mise eu volée.
- Toutes les sonneries se trouvent ainsi réalisées d’une façon très pratique; l’emploi de ces différents appareils supprime donc d’une façon absolue la fonction de sonneur.
- Au moment voulu, le sacristain n’a qu’à fermer les interrupteurs du tableau correspondants aux différentes sonneries et à les ouvrir ensuite lorsque la sonnerie doit cesser.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série).—N» 22.
- La consommation du courant électrique est absolument insignifiante, d’autant plus que ce courant est v^endu comme force motrice, à un prix souvent inférieur à celui payé pour la lumière; cette consommation atteindra bien rarement i franc à i fr. 5o par mois, suivant l’importance des beffrois et les conditions de la compagnie d’électricité fournissant le courant.
- Cette sonnerie automatique s'impose donc partout, non seulement dans les églises des grandes villes, mais même pour celles des localités moins importantes, à budget restreint.
- Ces appareils peuvent se placer partout, aussi bien dans les anciens beffrois, en bois, que dans les beffrois modernes, en fer; les transformations des sonneries sont presque toujours très faciles, caries moteurs, aussi bien que les appareils de commande, sont de faible encombrement.
- Enfin, l’oscillation parfaitement cadencée des cloches,
- et sans à-coups évite des déformations dangereuses au beffroi et des ruptures de cloches.
- Nous ajouterons que, pour établir un devis approximatif, il est nécessaire de connaître :
- i° Le poids des cloches et leur nombre.
- Si le poids est inconnu, leurs diamètres à la base, leurs hauteurs jusqu’au mouton, et leurs notes;
- 2° La nature du courant dont on dispose : continu ou alternatif et le voltage de ce courant;
- 3° Le courant est-il maintenu le dimanche et 1er, jours fériés ?
- 4° Peut-on trouver sur place un bon serrurier-forgeron pour aider à la pose des appareils et confectionner sur place les ferrures imprévues rpour effectuer cette pose?
- 5° Un plan du beffroi avec ses dimensions; celui-ci est-il en bois ou en fer ?
- 6° La disposition des cloches.
- BIBLIOGRAPHIE
- Le système Taylor. — ’J l’hèse pour le doctorat présentée et soutenue le 26 mars 1914, par André Vielle Ville. — Un volume in-8° de i56 pages, prix broché ; 2 fr. 5o. — Imprimerie Vielleville, éditeur, 54, rue des Francs-Bourgeois, Paris.
- Le système Taylor a fait couler déjà beaucoup d’encre. Voici un petit volume écrit pour une soutenance de thèse et qui résume, avec une grande clarté, les principes fondamentaux de cette méthode, en montre les points faibles, note et discute la valeur des objections qui y ont été laites en France, en un mot met au point la question en ce qui concerne notre pays.
- La forme d’exposition en est attrayante et la lecture facile, en sorte qu’il permet au lecteur de se mettre sans effort au courant des véritables principes de la méthode qui y est analysée.
- Tout d’abord, en une courte biographie, l’auteur présente l’inventeur du système, Fred. W. Taylor, que sa découverte des aciers à coupe rapide eût suffi à rendre célèbre. Puis il fait un tableau de l’évolution industrielle où il prouve que le développement du machinisme, loin de rabaisser l’ouvrier au rôle dégradant de rouage sans initiative d’un mécanisme compliqué, tend, au contraire, à améliorer la situation des professionnels et fait sentir au pro-
- létariat le besoin de s’instruire et de se perfectionner.
- La grave question des salaires et les conceptions différentes qu’on en a dans les divers milieux est l’objet d’un chapitre qui forme l’introduction naturelle à l’étude des divers systèmes d’organisation et de rémunération du travail antérieurs à celui de Taylor. Après quoi, l’auteur aborde l’analyse des principes d’organisation scientifique de Taylor. On trouvera là, en près de soixante pages, le résumé sous une forme concise des publications faites antérieurement par Taylor lui-même sur ce sujet.
- On sait que le point délicat du système d’organi-.sation proposé est son acceptation par les ouvriers et, notamment, par les syndicats ouvriers. Taylor témoigne cependant d’une grande confiance en ces syndicats et estime qu’en Angleterre, en particulier, ils ont rendu de grands services, non seulement à leurs membres, mais au monde entier, en adoucissant et améliorant le sort des salariés. Il était donc intéressant de nous faire connaître en terminant la manière de voir de Taylor sur ce point, ainsi que l’a fait M. Vielleville.
- Mais ce qui donne au travail de cet auteur sa plus grande valeur, ce sont les résultats de l’enquête qu’il a faite et la documentation qu’il a recueillie dans les divers milieux sur le système, ses avantages et ses faiblesses.
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- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- Etant donnée la situation actuelle du marché français à quelque point de vue qu’on l’envisage, financier, commercial ou industriel, on ne remarquera pas sans étonnement que l’escompte de la Banque de France se maintient au taux do 3 i/a % , tandis que le taux des avances sur titres est toujours à 4 i/a % sans modification depuis près de 18 mois. La Banque continue à renforcer son encaisse métallique qui présente une augmentation de 448 millions par rapport aux chiffres de la même époque en 19x3 ; le portefeuille est en diminution de plus de 200 millions, et les avances sur titre sont sensiblement au même chiffre qu’en 1913, On peut se demander le pourquoi de cette politique de réserve qui grève l’industrie et le commerce tandis que la Banque avait toujours jusqu’à présent facilité les transactions par un taux d’escompte en rapport avec la situation financière générale du pays ? On s’en étonne d’autant plus que la Banque d’Angleterre abaissé le taux de son escompte à 3 % depuis plusieurs mois et qu’en général, elle le maintenait à égalité ou au-dessus de celui de la Banque de France. Celle-ci obéit-elle à des préoccupations politiques nationales ou internationales? De toutes parts, on dit que tout l’or en provenance du Transvaal ou des autres pays producteurs est acheté par Paris et Saint-Pétersbourg et que l’Angleterre ne peut s’en procurer les quantités qu’elle désirerait ; comme, d’autre part, elle doit faire face à d’importantes demandes de ses colonies, elle sera appelée à se défendre par lerelèvement du taux de son escompte. 11 y a là quelques anomalies que la crainte de complications extérieures pourrait expliquer. A tant de causes d’une crise indéniable s’ajoute celle-là qu’un emprunt conti*acté plus rapidement nous eût probablement évitée.
- La ^Bourse de Berlin a été très intéressée par le compte rèhdiuju’un quotidien, 1 zBerliner Tageblatt a donné d’une entrevue de M. Ratheneau, directeur général de l’Allgemeine Elektricitats 'Gesellschaft, avec un de ses rédacteurs. M. Ratheneau a exprimé l’avis que la crise avait atteint son maximum; que l’industrie électrique n’avait pas été épargnée par la dépression, mais qu’elle n’avait pas manqué d’occupation parce que la stagnation économique ne s’op-
- pose pas à l’achèvement des travaux et des améliorations électriques dans les milieux industriels. De plus, dans ces dernières années, de nombreuses centrales ont été créées pour fournir la force motrice, qui continuent à donner une occupation satisfaisante à l’industrie électrique bien que les affaires soient devenues plus calmes et que l’allure de l’essor des années antéi'ieures se soit ralentie. M. Ratheneau a attribué la réduction du nombre d’ouvriers de l’A. E. G. à un plus grand emploi de machines remplaçant la main-d’œuvre. Cependant, lors de la dernière assemblée générale de la Société, le Conseil avait particulièrement insisté sur la diminution du chiffre des affaires. A l’heure actuelle, l’A. E. G. n’a pas interrompu ses projets d’agrandissement ; elle les a retardés, remettant à plus tard les constructions projetées sur les terrains achetés et les nombreuses et importantes expéi’imentations techniques en vue. Après avoir signalé l’invention et la construction de la lampe de 5o et même de a5 bougies ne consommant qu’un demi-watt par bougie, invention qui, à son avis, marque sur l’industrie du gaz une avance difficile à rattraper, M. Ratheneau estime que la tendance d’agrandir constamment les installations privées devra forcément avoir un terme pour des raisons économiques et politiques. Le courant électrique à bon marché, tel qu’il est utilisé pour l’usage de la force motrice, ne peut être loué que par des installations dont la capacité de pi’oduction dépasse de beaucoup celle des centrales d’aujourd’hui. Il lui apparaissait comme naturel que l’Etat prussien, dont la tendance à employer l’électricité au service des chemins de fer augmente sans cesse, construise des installations qui dépassent tout ce qui existe jusqu’ici ; et comme les frais de production du courant diminuent avec l’importance des installations et la quantité d’énergie produite, l’Etat revendra à l’industrie privée tout l’excédent d’une production qu’il ne pourra utiliser. L’Etat a dernièrement offert de la sorte 3o millions de kilowatts-heures. On achèterait ainsi l’énergie dont on aurait besoin comme on achète du charbon aux mines royales et on réaliserait une centralisation qu’il faut opposer à la décentralisation actuelle. En résumé, le monopole de la production de l’énergie électrique pourrait être réalisé en Prusse,
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- Cette dernière considération surprend dans la pensée d’un directeur d’une compagnie aussi hardie et aussi puissante que l’A. E. G. On l’explique par la lassitude qu’elle éprouverait et la crainte de s’étendre à nouveau sans avoir l’appui du gouvernement. L’opinion exprimée de la centralisation des installations actuelles n’est que la consécration d’un fait économique ; tôt ou tard, il ne subsistera que quelques grandes compagnies qui distribueront l’énergie électrique dans des régions délimitées. Mais la monopolisation de cette industrie nous apparaît aussi dangereuse que celle des chemins de fer et des mines et doit être écartée avec autant d’énergie.
- La Société Nimoise d’Edairage et de Force motrice distribue cette année io % à ses actionnaires. L’augmentation de ses bénéfices nets, par rapport à l’exercice précédent, ressort en effet à 19 % , et l’augmentation du dividende n’absorbe que 20000 francs de plus, tout en permettant de larges
- amortissements. Le bénéfice d’exploitation, pour un capital engagé de 5oo 000 francs, est de 358 538 fr. 55 ; charges d'intérêts et d’amortissements des obligations déduites, il reste 243968 fr. o5 dont la répartition votée par l’assemblée est la suivante: amortissements, 5o 000 francs; 5 % à la réserve légale, 9698 fr. 4°; aux actions, 100000 francs; au conseil, i3 4a6fr. g5 ; il reste un solde qui atteint, avec le report de l’exercice précédent, 79 i3i francs et dont l’affectation est ainsi établie : réserve légale, 41 i53 fr. 77 ; réserve pour amortissements,
- 3oooo francs ; report à nouveau, 7 977 fr. 46. La situation commerciale de la Société Nimoise est très satisfaisante : l'augmentation de ses abonnés pour l’exercice est supérieure à 10 % , le nombre des lampes a progressé de 47 9^5 à5i ig5 et celui des moteurs de 866 à 986. De plus, la Société a réalisé, au cours de l’exercice, d’importantes installations qui fonctionnent dès à présent et lui garantissent une augmentation intéressante de ses recettes. T. II.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Loire. — Le couseil général vient de voter la concession à la Compagnie du Chemin de fer à voie étroite Sainl-Etienne-Firminy-Rive-de-Gier et extensions des deux lignes de voies ferrées d’intérêt local à traction électrique de Saint-Etienne à Rochetaillée et de Saint-Etienne (Bellevue) à Saint-Genest-Malifaux (environ 18 kilomètres).
- Il a en outre voté la concession à la maison Giros et Loucheur d’une ligne à traction électrique de Saint-Genest-Malifaux à Saint-Just-Malmont (environ. i3 kilomètres), cette ligne se raccordant en cette dernière localité avec les voies ferrées départementales votées par la Haute-Loire.
- Haute-Loire. — Le conseil général vient d’accorder à la maison Giros et Loucheur la concession d’une voie ferrée d’intérêt local à traction électrique de Eirminy à Bas-en-Basset,)d’une longueur d’environ 43 kilomètres, et desservant Saint-Jusl-Malmont, Sainl-Didier-la-Seauve, Saint-Pal-de-Mons, Saint-Sigolène, Les Villeltes et Monistrol-sur-Loire.
- \
- Belgique. — L’Administration des Chemins de fer de l’Etat belge va commander prochainement 269 wagons' de i5 tonnes, 34o wagons à charbon de 20 tonnes,
- 85 wagons plats de i5 tonnes et 44 de 20 tonnes, plus 18 fourgons à marchandises, au total y 56 véhicules.
- Comme précédemment, les soumissionnaires pourront également faire des offres comprenant le quadruple du nombre de véhicules mis en adjudication.
- Russie. — Sur l’emprunt de 7 millions de francs contracté par la ville de Poltava, 3 millions environ seront employés à la construction et l'installation d’un tramway électrique et un crédit de près d’un million servira à l’agrandissement de la station électrique.
- TÉLÉPHONIE
- Eure. — La Chambre de Commerce d’Evreux est autorisée à avancer à l’Etat une somme globale de 233 >65 fr. 5o en vue de l’établissement des circuits téléphoniques Louviers-Rouen 2e, 8 585 francs ; Evreux-Rouen 20, 17 943 francs; Bernay-Paris et Pont-Auderaer-Paris, 194 85o francs et Pont-Audemer-Rouen 2e, 11 787 fr. 5o.
- Algérie. — La Chambre de Commerce d’Algérie est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 17 000 francs en vue de l’établissement des circuits téléphoniques Aumale-Aïn-Bessem (>6 000 fr. et Chéragas-Ouled-Fayet (1 000 francs).
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- Tableau I. — Postes supplémentaires ordinaires.
- ♦ DÉSIGNATION PARIS Abonnés forfaitaires et abonnés interurbains AUTRES Abonnés forfaitaires et abonnés interurbains. RÉSEAUX Abonnés à conversations taxées.
- Du ier au ioc abonnement supplémentaire, par abonnement (A) 5o » 4o » 3o »
- Du nc au 5oe abonnement supplémentaire, par abonnement (*) 37 20 3o » 22 5o
- Du 5Ie au 200° abonnement supplémentaire par abonnement (*) 2 5 » 20 » 15 »
- Au dessus du 200e abonnement supplémentaire, par abonnement (!) . 12 5o H) (( 7 5o
- (l) Afférents à une même installation.
- Tableau II. — Postes supplémentaires à appel direct•
- À. — Postes supplémentaires utilisés par le titulaire de l’abonnement principal ou pour son service. (Etablissements commerciaux et industriels, administrations, banques, hôtels, etc.)
- PARIS AUTRES RÉSEAUX
- DÉSIGNATION Abonnés forfaitaires. Abonnés interurbains. Abonnés forfaitaires. Abonnés interurbains. Abonnés à conversations taxées.
- Du ier au ioü abonnement supplémentaire,
- par abonnement (*) 75 » 5o )) 60 » 4o )) 3o »
- Du 11e au 5o8 abonnement supplémen-
- taire, par abonnement (*) Du 5 Ie au 200e abonnement supplémen- 5(i 25 5o 45 )) 3o » 22 5o
- taire, par abonnement (*) Au-dessus du 200e abonnement supplé- 37 5o 25 » 3o » 20 » i5 n
- mentaire, par abonnement (*) 18 75 12 5o 15 » 10 )) 7 5o
- (!) Afférents à une même installation.
- B. — Postes supplémentaires établis pour l’usage de personnes autres que le titulaire de l'abonnement principal
- (Locataires d’immeubles, etc.).
- PARIS AUTRES RÉSEAUX
- DÉSIGNATION Abonnés forfaitaires. Abonnés interurbains. Abonnés forfaitaires. Abonnés interurbains. Abonnés à conversations taxées
- Du Ier au 10e abonnement supplémen-
- taire, par abonnement (*) Du ii° au 5oe abonnement supplémen- 100 » 5o » 80 )) 4o » 3o »
- taire, par abonnement (*) Du 51® au 200e abonnement supplémen- 75 » 37 5o 60 )) 3o >> 22 5o
- taire, par abonnement (‘) Au-dessus du 200e abonnement supplé- 5o » 25 » 4o » 20 . » 15 »
- mentairey par abonnement (*j 25 » 12 5o 20 » 10 » 7 5o
- (!) Afférents à une même installation.
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- La Chambre de Commerce de Constantine est autorisée il avaucer au gouvernement général de l’Algérie une somme globale de .'>3 5oo francs en vue de l’établissement des circuits téléphoniques Ouled-Rahmoun el Guerrah Guettar el Aïeeh (18 5oo francs), et Constan-tine-Batna 2° (35 ooo francs).
- Décret du 5 mai modifiant le tarif des abonnements téléphoniques {Suite) (<).
- Art. 2. — Les dispositions de l’article 4 du décret du 7 mai 1901 relatives aux taux annuels des abonnements supplémentaires, modifiées par les dispositions de l’article ier du décret/lu 11 avril 1911 et de l’article Ier du décret du 25 juin 1912 sont remplacées par les suivantes :
- III. — Abonnements supplémentaires.
- Tarif A.
- I. — Postes supplémentaires ordinaires.
- i° A Paris, 5o francs par poste supplémentaire pour les abonnés forfaitaires et pour les abonnés interurbains ;
- 20 Dans tous les autres réseaux :
- a) 4° francs par poste supplémentaire pour les abonnés forfaitaires el pour les abonnés interurbains ;
- b) 3o francs par poste supplémentaire pour les abonnés à conversations taxées.
- IL — Postes supplémentaires à appel direct.
- A. — Postes supplémentaires utilisés par le titulaire de l’abonnement principal ou pour son service (établissements commerciaux et industriels, administrations, banques, hôtels, etc.) :
- i° A Paris :
- a) 75 francs par poste pour les abonnés forfaitaires
- b) 5o francs par posté pour les abonnés interurbains.
- 20 Dans tous les autres réseaux :
- a) Go francs par poste pour les abonnés forfaitaires.
- b) 40 francs par poste pour les abonnés interurbains
- c) 3o francs par poste pour les abonnés à conversations taxées.
- B. — Postes supplémentaires établis pour l’usage de personnes autres que le titulaire de l'abonnement principal (locataires d’imnioubles, etc.).
- i<> A Paris :
- a) 100 francs par poste pour les abonnés forfaitaires.
- b) 5o francs par poste pour les abonnés interurbains.
- 20 Dans tous les autres réseaux :
- a) 80 francs par poste pour les abonnés forfaitaires.
- b) 4° francs par poste pour les abonnés interurbains.
- e) 3o francs par poste pour les abonnés à conversations taxées.
- Tarif B.
- Pour les installations comportant plus de dix abonnements supplémentaires, les abonnés ont la faculté de choisir entre le tarif A(lableau I)etle tarifB (tableau II). (*)
- (*) La Lumière Eleçtrique, 23 mai 1914, p. 670.
- Le bénéfice de l’application des tarifs B ci-dessus impose à l’abonné l’obligation de souscrire, pour le service de ses postes supplémentaires, un second abonnement principal dès que son trafic total (départ et arrivée) atteint le chiffre de douze mille communications au cours d’une année.
- A chaque série de douze mille communications au-dessus de la seconde et, le cas échéant, à la fraction de série excédente, doit de même correspondre un nouvel abonnement principal pour le service des postes supplémentaires.
- Dispositions communes aux tarifs A et B,
- Les lignes- supplémentaires donnent, en outre, lieu, dans tous les réseaux, à une redevance annuelle, pour droit d’usage, de 1 fr. 5o par hectomètre indivisible de ligne.
- Ne sont pas soumises à celte redevance :
- Les lignes supplémentaires reliant deux postes principaux forfaitaires d’un même réseau ;
- Les lignes supplémentaires reliant des postes supplémentaires à un poste principal, lorsque ces postes (supplémentaire et principal) sont situés dans le même immeuble ;
- Les lignes supplémentaires intérieures ou en sections intérieures des lignes supplémentaires en fil d’appartement; les lignes supplémentaires des services publics de l’Etat, des départements ou des communes.
- (A suivre.)
- TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- Guadeloupe. — Un décret du 2 mai 1914 autorise la colonie de la Guadeloupe à emprunter une somme de 4 100 000 francs, dont 208 000 francs seront consacrés à l’établissement d’un réseau de télégraphie sans fil.
- DIVERS
- Japon. — La Feuille officielle suisse du Commerce annonce que, lors de sa dernière session, le parlement japonais a réduit de 20 % à i5 % ad valorem le droit d’importation sur les parties de turbines à vapeur.
- INFORMATIONS '
- Circulaire du 5 mai 1914 sur les redevanceë et frais de contrôle des Distributions d’Energie Electrique
- L’article 4 du décret du 17 octobre 1912, est rédigé ainsi qu’il suit : f |
- « Pour le calcul des redevances, les canalisations « aériennes installées sur les mêmes supports ou poteaux k et les canalisations souterraines dont les conducteurs « sont juxtaposés, sont considérées comme formant une
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- « seule ligne dont la longueur est égale à celle de la « voie canalisée.
- «....................... ............................
- (( Chaque permission ou concession donne ouverture à « une redevance distincte. »
- La contradiction qui paraît exister entre le principe de taxation unique des canalisations empruntant les mêmes supports et le principe de taxations multiples à imposer aux lignes autorisées par des actes différents, u donné lieu dans la pratique à des difficultés presque insolubles. Il arrive en effet assez fréquemment que deux ou plusieurs lignes, bien qu’elles aient fait l’objet d’autorisations distinctes, possèdent un tronc commun et comportent un système unique de supports.
- La situation de fait qui résulte de l’occupation du domaine public par les supports d’une canalisation mul-tifilaire n’est pas modifiée parce que l'établissement des conducteurs électriques juxtaposés sur les mêmes poteaux, a été autorisé par des actes différents, et il ne paraît pas y avoir lieu d’instituer une redevance nouvelle pour chaque canalisation ajoutée en vertu d une autorisation ultérieure à la première canalisation installée, la seule qui ait donné lieu à l’implantation de supports sur le domaine public.
- En conséquence, j’ai décidé, d’accord avec M. le ministre de l’Intérieur et avec M. le ministre des Finances, que les redevances domaniales ont à être calculées sur la longueur simple de la voie canalisée, lorsque les conducteurs de la ligne ont été établis, même en vertu d'autorisations différentes, sur un système unique de supports.
- Il va de soi que ce principe n’aurait pas à être appliqué dans le cas, d’ailleurs tout à fait exceptionnel, où plusieurs concessionnaires ou permissionnaires différents s’entendraient ' pour utiliser les mêmes supports, cette entente ne pouvant évidemment permettre à certains entrepreneurs de réduire à leur bénéfice, par un moyen détourné, une charge établie en vertu de la loi et qui doit peser également sur tous les exploitants des distributions d’énergie.
- Par application de la même règle, les frais de contrôle de l’exploitation des lignes, multililaires seront calculés sur la longueur simple de la voie canalisée, sauf lorsque les canalisations établies sur les mêmes supports ^appartiennent pas au même concessionnaire ou permissionnaire, chaque canalisation devant, dans ce cas, être taxée à part.
- Il doit en être de même des frais de contrôle de la construction des lignes.
- Le Directeur des Distributions d’Energie, Weiss.
- Arrêté fixant pour 1914 les frais de contrôle dus par les entrepreneurs de distributions d’énergie électrique établies en vertu de permissions ou de concessions.
- Le ministre des Travaux publics,
- Vu la loi du i5 juin 1906 sur les distributions d’énergie électrique, notamment l’article i3 (3°), portant qu’un règlement d’administration publique déterminera l’organisation du contrôle de la construction et de l’exploitation dos distributions d'énergie électrique dont les frais sont à la charge du concessionnaire ou du permissionnaire:
- Vu l’article 9 du décret du 17 octobre 1907 organisant ledit contrôle :
- Sur la proposition du directeur du personnel et dé la comptabilité,
- Arrête :
- Les frais de contrôle dus à l’Etat par les entrepreneurs de distribution d’énergie électrique établies en vertu de permissions ou de concessions sont fixés, pour l’année 1914, à 10 francs par kilomètre de ligne pour les distributions soumises au contrôle exclusif de l’Etat et à 5 francs par kilomètre de ligne pour les distributions soumises au contrôle des municipalités sous l'autorité du ministre des Travaux publics,
- Paris, le i5 mai 1914.
- Fernand David.
- SOCIÉTÉS
- Compagnie Française pour l’Exploitation des Procédés Thomson-Houston.
- Comparaison des recettes des exploitations du Ier janvier au 3o avril 1913-1914.
- DESIGNATION
- DES
- RÉSEAUX
- Compagnie des chemins de fer Nogentais.... C*° F58 des tram, élect. etomnib. de Bordeaux. Compagnie des tramways de Nice et du Littoral
- Compagnie des tramways de Rouen.........
- Société des tramways d’Amiens...........
- Société Versaillaise de tramways électriques. Société des Tramways Algériens......... ;.
- RECETTES
- DU MOIS D’AVRIL
- 19'3
- 345396,15 5o4 883 » 487 367,75 266205,35 67 737,30 33771,35 136472,75
- RECETTES
- DU Ie' JANVIER AU 30 AVRIL
- '9'4 augmentation en 19*4 tt»»3 1914
- 3go754,65 541177,10 507909,90 3o3955.20 734ii,i5 61 o5o,35 151 53o,io 45458,5o 36294,10 70642,13 3" 749,85 5683,95 9*79,10 1 5o5,35 13si 901,90 2 or 13(13,20 1 933 o94,65 1 o5ô3#4.5o 274 f58,o5 fg9 368,36 536872,05 1337 672,05 2 027376,40 1 998 12.3,65 1096025,15 284992,35 213395,20 579 79»,85
- augmentation en 1914
- totale %
- 15670,15
- 16013.30 65 o65 «
- 45630.30 12^34,3o 14 026,85 42922,80
- 1,18
- o.79
- 3,36
- 4,34
- 4,7'
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- Energie Electrique du Littoral Méditerranéen.
- Veilles du i01' janvier 1914 au.3i mars
- 1914............................ Fr. 2 245 042
- Ventes du 1e1' janvier 1913 au 3i mars
- 1913............................ Fr. 1 982 478
- Différence en faveur de 1914.. Fr. 262 5(54
- CONSTITUTIONS
- Société Anonyme d’Electricité du Nord-Est Parisien. — Durée : 5o ans. — Capilal : 1 000000 de francs. Siège social : 4> rue Michel-Ange, Paris.
- Société d’Electricité de Thorens. — Durée : 40 ans.
- Capital : 200 000 francs. — Siège social : Thorens (Haute-Savoie).
- Société Marocaine de Distribution d’Eau, de Gaz et d’Electricité. — Durée : 99 ans. — Capital : 2 000000 de francs. — Siège social : i5, rue Pasquier, Paris.
- Compagnie des Tramways Electriques du Libour-nais. — Capital: 600 000 francs. — Siège social : 4, rue Boudet, Bordeaux.
- CONVOCATIONS
- Ateliers de Constructions Electriques de Delle. —
- Le 8 juin, 24, boulevard des Capucines, à Paris.
- Société des Forces Motrices d’Auvergne. — Le 8 juin, 28, rue de la Grange-Batelière, à Paris.
- Compagnie Générale de Lumière et de Traction.—
- Le 8 juin, 3g, boulevard Malesherbes, à Paris.
- Compagnie Générale d’Entreprises Electriques. —
- Le 9 juin, 24, boulevard des Capucines, à Paris.
- Compagnie de Distribution d’Energie Electrique d’Issy-les-Moulineaux. — Le 9 juin, 7, rue de Berlin, à Paris.
- Le Triphasé. — Le 10 juin, 53, rue des Daines, à Paris.
- Compagnie d’Electricité du Portugal. — Le 10 juin, 19, rue Cambacérès, à Paris.
- Société Indo-Chinoise d’Electricité. — Le 10 juin 3) rue de Stockholm, à Paris.
- Compagnie Générale des Chemins de fer, des Tramways et d’Electricité. — Le 29 juin, 33, boulevard Haussmann, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- L’Administration des Chemins de fer de l’Etat, à Paris, a l’intention d’acquérir diverses machines-outils destinées à l’atelier central de réparation du matériel électrique de la Garenne.
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du servicè électrique (3e division), 72, rue de Rome, à Paris (8b), les mardi et vendredi, de i5 à 17 heures, jusqu'au 19 juin 1914. ’
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS FRANCE
- 22 avril. — Au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture de fil de cuivre recouvert de gulla-percha et de colon en cinq lots de 6 000 kilogrammes chacun.
- MM. Alliot et Roi, 1 lot à 8,85. — The India Rubber, 2 lots à 8,70.
- M. Grammont, à Ponl-de-Chéruy (Isère), 1 lot à 8,90, 1 à 8,87, 1 à 8,82, 1 à 8,75, adj. d’un lot à 8,55 le kilogramme.
- Tréfileries et laminoirs du Havre, 29, rue de Londres, 1 lot à 8,70, adj. d’un lot à 8,60 le kilogramme.
- MM. François et Cio, 77, rue Saint-Charles, adj. d’un lot à 8,65 le kilogramme.
- Société Industrielle des Téléphones, 25, rue du 4-Sep-tembre, adj. d’un lot à 8,55 et d’un à 8,5o le kilogramme.
- Fourniture de condensateurs avec planchettes pour réseaux téléphoniques à batterie centrale.
- Le Matériel Téléphonique, 46, avenue de Breteuil, adj. d’un lot à 3,28 la pièce.
- M. Tourneur, 48, rue de Dunkerque, adj. d’un lot à 3,4o la pièce,
- BELGIQUE
- 19 mai. — A midi, à l’hôtel de ville, à Envers, inslalla-lation de l’équipement électrique des trois cabines de transformation nos8, 9 et 10 à établir entre les nouvelles darses noS 2 et 3 :
- Chauffage et Electricité Vincent,àGand, 5o64ofrancs; L. De Smedt, à Ixelles, 53 35o ; A. E. G. Union Electrique, à Anvers, 54 396, Siemens-Schuckert, à Bruxelles, 59370; F. Lamensch. à Laeken, 59745; Compagnie Internationale d’Electricité, à Liège, 61 480; Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi, 65 870 ; Force-éclairage par l’électricité, à Saint-Gilles, 71 125.
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- Paris — imprimerie levé, 17, bue cassette.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente-àlxléme année
- SAMEDI, 6 JUIN 1914.
- tomé XXV (à» série). N® 23.
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- E. IUBS. — Les Usines de la Compagnie Pari-
- sienne de Distribution d’Electricité......... 705
- J. RETVAL. — L’Exposition de la Société Française de Physique................ ...... 717
- Publications techniques
- Eclairage
- L’éclairage électrique des cottages. — W. Fennell....................................... 724
- Applications mécaniques
- Nouveau système de transmission de la force motrice sur les navires à moteurs Diesel. —
- Aug. Rasmussen.......................... 727
- Télégraphie et téléphonie
- La télégraphie sans fil sur le paquebot « Impé-
- rator ». — H. Thuiiu.................. 729
- Etudes et Nouvelles Economiques......... 730
- Renseignements Commerciaux............. 732
- Adjudications.,......................... 736
- LES USINES DE LA COMPAGNIE PARISIENNE DE DISTRIBUTION D’ÉLECTRICITÉ
- Nous sommes heureux de reproduire une conférence qui a été faite par M. lmbs à ta Société des Ingénieurs civils de France.
- Dans la première partie de cette conférence que nous donnons aujourd’hui, Fauteur, après un
- historique de la distribution d’Electricité à Pan usines de la Compagnie Parisienne de distribution
- La distribution de l’électricité à Paris avant 1907.
- Paris, la ville lumière, n’a guère connu l’éclairage électrique avant 1889.
- Bien que la France ait été la première à utiliser l’invention de, Gramme qui fut le point de départ de l’industrie électrique, on ne connaissait avant 1889, à Paris, que quelques modestes tentatives de petites usines électriques au Palais-Royal, au faubourg Montmartre,... avec distribution par des canalisations passant sur les toits et quelques installations privées de magasins.
- On était au début des applications de l’électricité.
- s avant 1901, commence l'étude du réseau et des d'électricité.
- Cependant, dès 1889, les secteurs électriques parisiens prenaient naissance et c’est à cette époque que remontent les concessions accordées successivement par la Ville aux six sociétés qui ont assuré l’exploitation de la distribution d’électricité de Paris jusqu’au i,cr janvier 1914.
- Les six anciens secteurs produisaient et distribuaient l’énergie électrique suivant, des modes différents dans chacune des 6 zones qui leur avaient été concédées.
- La Compagnie Parisienne de l’Air Comprimé et le secteur de la place Clichy avaient adopté un réseau à 5 fils courant continu 440 vôltsr--
- La Compagnie Continentale Edison, un réseau à 3 fils courant continu 220 volts.
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- la lumière Electrique
- s
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- La Société d'éclairage et de force par l’électricité, un réseau à 2 fils courant continu no volts.
- Le secteur des Champs-Elysées et celui de la Rive Gaucho avaient établi un réseau alternatif monophasé à haute tension 3 000 volts, avec transformateurs chez les abonnés.
- Chacun de ces secteurs produisait l’énergie nécessaire à la consommation de sa zone dans un nombre d’usines relativement considérable 1
- réorganisation des services électriques de la capitale.
- Les études et les négociations commencées à cette époque aboutirent en, 1907, à une convention, signée le 5 septembre de la même année.
- Convention de 1907.
- Aux termes de cette convention du 5 septembre 1907, la Ville a concédé à l’ensemble des i six secteurs représentés par le Comité de l’Union
- Fig. 1. — Usine Nord. Vue d’ensemble de la salle des machines.
- qui comportait, outre les centrales extérieures de Levallois, Issy-les-Moulineaux, Saint-Denis, Saint-Oucn et, dans Paris, la centrale .leinmapes, une douzaine de petites usines à l’intérieur de la Ville.
- Quatre des concessions accordées aux secteurs expiraient en avril 1907, les deux autres dans le courant de 1908.
- Dès 190a, la Ville de Paris se préoccupait de la
- des secteurs, pour une période provisoire expirant le 3i décembre 1913 et à la Compagnie Parisienne de distribution d’électricité jusqu’en 1940 la distribution de l’énergie électrique dans toute la ville de Paris.
- Conformément à cette convention, la Ville est devenue associée du concessionnaire par le partage qu’elle fait avec lui des recettes brutes et des bénéfices d’exploitation, Elle lui a assuré
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- d’ailleurs le monopole de l’éclairage publie et privé et de la pose, au-dessus et au-dessous de la voie publique, des canalisations destinées à eet-éclairage.
- Un programme technique des travaux de premier établissement a été imposé au concessionnaire par la Ville. Les installations faites deviennent ipso facto propriété de Paris.
- La Compagnie Parisienne de distribution d’électricité en acquitte toutes les dépenses; elle a laissé diriger par le Comité de l’Union des secteurs, pendant la période , provisoire, l’exécution de la partie, du programme qui concerne le réseau-de distribution; elle a édifié .elle-même ses usines nouvelles de production.
- Le programme technique imposé par la convention de 1907 comporte dans ses grandes lignes :
- En ce qui concerne le réseau :
- La transformation du réseau •>, fils du secteur d’éclairage et force en réseau à 3 ou 5 fils dans le but de réduire à 3 types — zone continu 5 fils, zone continu 3 fils et zone alternatif monophasé — les anciens systèmes de'distribution des secteurs.
- La création d’une nouvelle zone de distribution en alternatif diphasé 5 fils correspondant à la zone Nord-Est de Paris non canalisée jusqu’alors.
- La pose avant 1920 d’au moins (>00 kilomètres de nouvelles canalisations de rues dont 400 kilomètres avant le 3i décembre 1913.
- En ce qui concerne la distribution :
- La création et l’aménagement de sous-stations, centres de couplage et postes de transformation destinés à recevoir le courant haute tension produit par des usines centrales nouvelles et à en assurer.la distribution.
- La pose des canalisations primaires reliant les usines ,à ces sous-stations et centres.
- Enfin, en ce qui concerne la production du courant, la construction de deux usines centrales au Nord et au Sud-Ouest de Paris produisant en courant alternatif diphasé • 12.300.. volts 4 a périodes, le courant primaire amené par un réseau de canalisations primaires aux sous-stations et centres de couplage.
- Le courant alternatif diphasé .4* périodes la 3-00 volts lut choisi parce que, .d’une part, le diphasé permettait plus facilement la séparation et l’équilibrage des phases pour l'alimentation
- ELECTRIQUE
- des réseaux monophasés de la Rive : Gauche et des Champs Elysées, parce què, d’autre part, des installations en diphasé existaient en 1907.dans certaines usines des fournisseurs auxquels les secteurs devaient faire appel pour subvenir aux augmentations de la consommation pendant la période provisoire nécessaire à la construction des nouvelles usines.
- O11 est tout naturellement amené, avant de décrire les installations des usines, à résumer sommairement les installations du réseau et de la distribution en vue desquelles la production du courant a- été organisée suivant le.régime technique défini par la convention de 1907 et actuellement réalisé.
- Réseau.
- Paris est divisé en trois zones (voir fig. 3) :
- i° La zone à courant continu s’étendant dans le centre de Paris sur la rive droite et sur les anciennes zones des quatre secteurs de l’Air Comprimé, de la place Clichy, Edison et Eclairage et Force.
- Cette zone à courant continu se subdivise elle-même en deux : réseau à 5 fils et réseau à trois fils.
- Le réseau 5 fils (4. ponts à 110 volts) est constitué par 5 câbles armés juxtaposés sur lesquels viennent s’attacher les branchements d’abonnés.
- . Le réseau 3 fils (a ponts à no volts) comprend certaines parties en câble nu étendu sur porcelaine dans des canivaux souterrains et d’autres parties en câbles armés (3 câbles juxtaposés).
- a” La zone alternatif monophasé, couvrant les régions desservies sur la Rive Gauche et à l’OueSi de Paris par les anciens secteurs des Champs-Elysées et de la Rive Gauche.
- Cette zone est constituée par des câbles armés concentriques .3 000 volts placés en terre.
- 3° La zoiïe diphasée desservant les quartiers d’une région nouvelle Nord-Est de Paris qui, jusqu'en 1907, n’avait pas été alimentée.
- Le réseau y est constitué par des câbles armés à 5 conducteurs alimentés par des feeders partant de postes de transformation. Un des conducteurs, réuni directement aux points milieux des enroulements secondaires des transformateurs, est mis à la .terre et constitue le fil neutre de la distribution diphasée à 4 X 100 volts— .
- Le système de distribution diphasée à ’> fils a été choisi, en raison de l’économie et de la sou-,
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- plesse qu’il donne pour desservira la fois l’éclairage et la force motrice.
- En dehors des modes de distribution dont il vient d’être question, certains gros abonnés d’éclairage et de force motrice sont desservis en haute tension par des câbles 12 5oo volts diphasés.
- On a respecté, comme on le voit, dans une très large mesure l’état de choses préexistant en se bornant à transformer l’ancien réseau continu a fils en 3 ou 5 fils. On a ainsi limité les dépenses importantes qu’une unification plus complète aurait entraînée et on a empêché l’éventrement des rues de Paris dont on sait les inconvénients.
- L’ensemble des canalisations de rues de Paris qui était en 1907 de 556 kilomètres atteignaient au 3i décembre 1913 1 143, kilomètres. On a donc posé en sept ans près de 600 kilomètres de canalisations nouvelles sans compter 56 kilomètres de canalisations à 2 fils transformés en 3 ou 5 fils.
- Fig. 2. — Usine Sud-Ouest. Vue d’ensemble extérieure.
- Distribution
- La distribution de l’énergie dans chacune des trois zones s’effectue par l’intermédiaire de sous-stations et centres de couplage qui reçoivent le courant produit par les usines par l’intermédiaire de canalisations haute tension, dites primaires.
- Sous-Stations.
- Zone a courant continu.
- La zone à courant continu est alimentée par douze sous-stations qui transforment le courant fourni par les usines en courant continu 440 volts
- pour le réseau à 5 fils et 220 volts pour le réseau à 3 fils.
- Dans ces sous-stations sont installés des transformateurs rotatifs constitués presque exclusivement en commutatrices et en groupes moteurs-générateurs asynchrones.
- Les progrès dans la construction de ces machines ont conduit à installer des groupes de 1 5oo kilowatts, alors qu’en 1907 la puissance maxima par groupe était limitée à ySo kilowatts.
- La combinaison de l’emploi des deux types de groupes dans une proportion convenable a pour objet de permettre, grâce aux groupes asynchrones, la mise en charge progressive du réseau
- COMPAGNIE PARISIENNE DE DISTRIBUTION D'ELECTRICITE
- P/an éts ZoneJ d* Distribution
- Fig. i. — Plan du réseau primaire actuel de la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité.
- en cas d’arrêt complet, tout en bénéficiant, grâce aux commutatrices, d’un rendement moyen satisfaisant et des avantages d’une marche plus silencieuse.
- Les sous-stations de la zone continue comprennent deux jeux de barres haute tension permettant la double alimentation sans risque de mise en parallèle des deux sources de courant et un jeu de barres basse tension sur lequel débitent les groupes transformateurs.
- Des batteries d'accumulateurs y sont installées à la fois pour servir de secours et pour écréter les pointes.
- La puissance installée dans les sous-sta«
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- tions de la zone continue représente environ 67 000 kilowatts et pourra être portée par simple addition de matériel à 97 000 kilowatts.
- Zone monophasée.
- Cette zone qui s’étend sur deux rives de la Seine comporte quatre sous-stations qui transforment le courant 12 3oo volts des usines en l’abaissant à la tension de 3 000 volts.
- L’équipement primaire de ces sous-stations est réalisé au moyen d’une boucle sectionnée sur laquelle les primaires des transformateurs sont branchés au moyen d’inverseurs permettant de les prendre sur une phase ou une autre pour maintenir l’équilibre malgré les variations du réseau.
- Du côté secondaire, les transformateurs sont réunis invariablement à deux jeux de barres monophasées bouclées qui permettent l’alimentation de tous les feeders dans toutes les hypothèses de marche des transformateurs.
- Les premiers transformateurs installés étaient de 600 kilowatts. Le développement rapide de la consommation et la nécessité d’utiliser le terrain et les bâtiments dans les conditions les plus avantageuses a conduit à aller à 1 200 kilowatts puis à 1 5oo kilowatts de puissance unitaire.
- Le type des transformateurs est à refroidissement par l’air, la circulation d’air étant assurée au moyen de ventilateurs électriques alimentés par une canalisation spéciale à bas voltage.
- La puissance installée dans les sous-stations de la zone monophasée est de 36 000 kilovolts-ampères pouvant être portée ultérieurement à 43 000 kilovolts-ampères.
- Zone diphasée.
- Dans la zone diphasée, le courant venant des usines à 12 3oo volts est reçu dans des centres de couplage sur des barres haute tension qui le répartissent sur un grand nombre de feeders aboutissant à des postes de transformation.
- Les centres de couplage sont au nombre de 5. Les postes dé transformation au nombre de 100, comprennent 2 transformateurs monophasés d’une puissance de 60 ou 120 kilowatts chacun, branches sur chacune des phases du feeder aboutissant au poste. Ces transformateurs ont à la basse tension une borne commune sur laquelle s’attache le fil neutre.
- *
- La puissance installée dans la zone diphasée est d’environ 18000 kilovolts-ampères.
- Canalisations primaires.
- Dès 1907, la distribution du courant était assurée dans certaines sous-stations existantes par des canalisations haute tension dites primaires qui amenaient à ces sous-stations l’énergie produite dans les usines.
- Un des secteurs, le secteur Edison avait déjà construit à cette époque environ 9 kilomètres de galeries souterraines analogues à des galeries d’égout pour recevoir les câbles amenant l’énergie de son usine de Saint-Denis à ses sous-stations de Paris.
- Le Comité de l’Union des secteurs fut amené à développer très largement dès le début de 1907 le réseau de canalisations primaires pour recevoir de la Société d’Electricité de Paris du triphasé et de l’Ouest-Lumièreles apports d’énergie électrique auxquels il ne pouvait être question de satisfaire avec les seules usines des secteurs.
- Aussi bien la comparaison des avantages présentés par le système de canalisations en galeries par rapport aux poses de câbles en terre conduisait-elle à recourir au procédé des galeries toutes les fois qu’un grand nombre de câbles devait suivre le même tracé et cela non seulement pour les canalisations primaires de haute tension reliantles sous-stations aux usines, mais encore pour certaines galeries de jonction entre sous-stations, pour certains tronçons de galeries de départ et d’amenée aux abords de ces stations et pour certaines galeries de feeders basse, tension dans les régions de grande consommation.
- On fut ainsi conduit à constituer un réseau de galeries souterraines très important. Ce réseau atteint près de 3o kilomètres.
- Les canalisations primaires dont la longueur totale dépasse 4?>o kilomètres sont constituées par des câbles armés de 4 X 100 millimètres carrés et ces câbles sont posés dans les galeries sur des tablettes en béton armé.
- Les galeries d’usines, disposées pour recevoir au total 74 câbles, permettent éventuellement le transport dans Paris de 200 000 kilowatts. Sur le parcours de certains de ces câbles, on a installé des inverseurs dans l’huile réunis dans- deux chambres de sectionnement placées l’une à l’usine Nord, l’autre à la sous-station[Puteaux et
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- permettant éventuellement l'intervention de secours provenant d’usines étrangères.
- PRODUCTION DU COURANT
- Usines.
- nisposrrroxs d’knskmiîjj- .
- Programme impose. — La convention du 5 septembre 1907 n’avait fait qu’esquisser le programme d’établissement des usines.
- appartenait à celui-ci de' développer ét de réaliser d’accord avec la Ville pour 1914.
- L’étude de détail de la construction et de. rétablissement de ces deux usines ne fut pas entreprise immédiatement par la Compagnie Parisienne de distribution d’électricité.
- En dehors des raisons matérielles qui retardaient nécessairement l’élaboration de ce programme de détails — recherche dès terrains fort difficiles à trouver — d’autres motifs conduisaient la Compagnie à ne pas se presser optre mesure.
- Courant alternatif diphasé 42 périodes ia3oo volts. Groupes turbo-nltcrnateurs de 10 000 — i5 000 kilowatts.
- H 1 Is ; E s
- Départs 32 feeders de 4*100^ chacun
- Fig. 4. ~ Schéma général du tableau haute tension.
- Elle avait fixé à deux le nombre de ces usines. L’une devait être située au Sud-Ouest, l’autre au Nord de Paris. Elle avait spécifié que les usines produiraient du courant alternatif diphasé sous ia 3oo volts 42 périodes, qu’elles seraient placées sur les bords de la Seine et raccordées à la voie ferrée.
- Elle avait fixé à 000 kilowatts la puissance de l’usine Sud-Ouest, la puissance de l’usine Nord étantlimitéeprovisoirementau même chiffre mais la Ville ayant la faculté de porte]1 cette puissance à 5o 000 kilowatts pendant le cours de la période transitoire de 1907 à 1914.
- Tel était le programme très sommaire que la Ville avait imposé à son concessionnaire et qu’il
- Le problème de la construction des grandes centrales k vapeur se trouvait en effet vers 1907 dans une période de transformation.
- On venait de commencer en. Europe l’installation d’usines à turbines à vapeur. v
- On assistait à un énorme accroissement dans les puissances en jeu et, cependant, on ne réalisait encore que des unités de très faible puissance.
- Des perfectionnements incessants mais non7 encore définitifs étaient apportés dans la construction des turbines — c’était l’époque de la lutte entre les types européens horizontaux Parsons, Zoelly et le type américain Curtis ver-ticaL
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- Ne diseutnit-on point, encore à cette époque sur les avantages respectifs de la condensation par surface uniquement employée aujourd’hui dans les grandes centrales et de la condensation par mélange qui avait encore ses chauds partisans ?
- Quelles n’étaient pas à ce moment los craintes delà marche en parallèle d’alternateurs de grande puissance, craintes que justifiait l’inexpérience de la capacité de coupures des disjoncteurs pour voltage élevé ?
- En ce qui concerne la production de la vapeur on hésitait à réaliser de grosses unités produisant beaucoup en occupant peu de place. C’était aussi la tendance naissante à l’emploi du moteur Diesel.
- Enfin, c’était l’époque des derniers soubresauts, mais combien vifs encore, de la lutte entre les machines à pistons des moteurs accessoires (pompes, etc...) et les machines rotatives.
- Il faut se reporter 8 ans en arrière et faire abstraction des connaissances acquises depuis pour se rendre compte de l’imprécision des tendances de l’époque.
- Or il s’agissait pour la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité non pas do commencer en petit une entreprise dont on suivrait ensuite le développement au fur et à mesure, mais de réaliser en une fois l’installation d’usines capables de satisfaire aux besoins de la consommation parisienne en 1914.
- Il fallait arriver à temps, mais sans partir trop têt, de façon à profiter, dans la préparation des projets, des derniers perfectionnements de la science et à aboutir en 1914 avec des usines qui ne fussent pas déjà démodées, mais au contraire munies de l’outillage le plus perfectionné, le plus sur et le plus économique.
- Fixation de la puissance. — Dès 1907 le développement de la consommation parisienne avait suivi une progression telle qu’il fallait envisager pour 1914 une puissance d’environ 7^000 kilo--watts.
- Aussi la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité considéra-t-elle, d’accord avec l’Administration de la Ville de Paris, qu’il était intéressant de prévoir l’installation immédiate pour l’ensemble des a usines d’une puissance totale de 73 000 kilowatts utiles, dont a5 000 kilowatts pour l’usine Sud-Ouest et 5o 000 kilowatts pour l’usine Nordi
- Les faits ont confirmé ces prévisions. Alors qu’en 1900 la puissance maiima était, en nombres ronds, de xi 000 kilowatts et la consommation de 000 000 kilowatts-heure, en 1907 la puissance atteignait près de 89000 kilowatts pour une consommation de 47 000 000 de kilowatts-
- Puissance totale, maxtma "'fournie chaque année . a pantin de 1900
- m» m im m* m im n im m im w un m m m m m m m
- PI Cf/culte tn H.T- eu* Imb/tev* de dtptrt d*t Centre/*»
- Fig. ii.
- heure et enfin en 191J ces chiffres dépassaient 66000 kilowatts et 87000000 kilowatts-heure.
- Principes directeurs du fonctionnement des centrales. — On était tout naturellement conduit à envisager que l’usine Sud desservirait plus spécialement les zones monophasées des anciens secteurs de la Rive Gauche et des Champs-Elysées, l’usine Nord étant affectée aux zones à courant continu et à la région nouvelle à desservir en diphasé. __
- Mais on considéra, d’autre part, que les deux usines devaient être reliées de manière à former
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- pour ainsi dire une centrale unique, l’une pouvant porter secours à l’autre dans une certaine limite.
- Il convenait, d’autre part, pour assurer la sécurité du fonctionnement des sous-stations à coulant continu, de pouvoir alimenter chacune de ces sous-stations par deux sources de courant distinctes pendant les fortes charges de façon qu’en cas d’avarie sur une source, l’autre source en surcharge puisse, avec l’aide des batteries d’accumulateurs, assurer le service en utilisant la faculté de surcharge des groupes des sous-stations.
- L’ensemble de ces considérations menaient à la conclusion logique de considérer l’usine Nord comme la réunion de a usines de 9.5 ooo kilowatts chacune et à réaliser ainsi en quelque sorte une série de '1 éléments de 95 ooo kilowatts distincts, 9 à l’usine Nord, i à l’usine Sud, la puissance totale débitée par les groupes marchant en parallèle étant pratiquement limitée à la puissance de l’élément de 95 ooo kilowatts, mais l’ensemble des 3 éléments étant relié, pour assurer le secours mutuel des deux usines.
- Il convenait enfin d’établir les usines en tenant compte du maximum d’extension possible que permettaient les terrains acquis après des pourparlers laborieux et fort longs, l’un à Saint-Ouen de i3 hectares de superficie, l’autre à Issy-les-Moulineaux d’un peu plus de 9 hectares.
- On fut ainsi conduit à installer les usines en prévision du développement maximum compatible avec l’étendue et la forme des terrains, soit au total de 200 ooo kilowatts dont i5o ooo à Saint-Ouen et 5o ooo à Issy-les-Moulineaux, et à exécuter dès l’origine en prévision de ces chiffres certaines parties des ouvrages, par exemple les conduites d’amenée et d’évacuation des eaux de condensation.
- En résumé, prévues dès l’origine pour une puissance immédiate de 75 ooo kilowatts utiles, pouvant être portée à 900000 kilowatts, les usines de la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité ont été conçues pour former un ensemble unique divisé en 3 éléments de 25 ooo kilowatts chacun.
- Principes directeurs du choix du matériel. — Le çhoix des unités et du matériel constituant l’élément de 25 ooo kilowatts était dicté, d’une part, par la préoccupation de réduire au minimum l’encombrement de manière à permettre
- les extensions prévues, par suite, à choisir les unités représentant avec le maximum de puissance le minimum d’encombrement ; d’autre part, par la nécessité de faire face aux variations que présente la courbe des puissances de l’éclairage de Paris.
- Les courbes des kilowatts appelés aux centrales pour les mois de décembre et août 1913 font ressortir (fig. 6) quelles qualités de souplesse exceptionnelle il fallait exiger du matériel, pour satisfaircà chaque instant aux variations si rapides et parfois inattendues de la charge.
- On voit qu’entre le mois d’août et le mois de décembre d’une même année la charge varie du simple au triple et que, dans une même journée, de décembre par exemple, la charge varie du simple au quadruple et ceci dans l’espace de 1 à 1 heure 1/2, la pointe étant limitée à 2 heures environ.
- Ce sont des considérations particulières qui, jointes à la préoccupation d’obtenir le maximum de sécurité et d’assurer une marche aussi économique que le permettent les conditions particulièrement défavorables d’un réseau d’éclairage, ont conduit à adopter dans la constitution de l’élément de 25 ooo kilowatts les principes suivants :
- Production de l’énergie électrique par des groupes turbo-alternateurs marchant à condensation par surface et capables de débiter chacun 12 5oo kilowatts pendant deux heures au moment de la pointe, ces groupes étant au nombre de trois par éléments de 25 ooo kilowatts dont deux en service et un de réserve — une réserve supplémentaire de deux groupes étant constituée à l’usine Nord.
- Production de la vapeur par les chaudières les plus puissantes en usage, capables de vaporiser de 1000à i/| ooo kilogrammes de vapeur à l’heure, munies de grilles mécaniques fonctionnant en tirage naturel pendant la période normale, eu tirage artificiel pour la pointe; — ces chaudières au nombre de vingt par élément de 25 ooo kilowatts étant réunies dix par dix dans deux rues de chauffe correspondant chacune à un groupe tnrbo-a.lternateur de 12 5oo kilowatts.
- Autonomie complète et indépendante de chacun des groupes turbo-alternateurs conduisant, d’une part à assurer le service des eaux de con-
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- densation par des galeries en libre communication avec la Seine, d’antre part à accoupler à chaque alternateur et en bout d’arbre son excitatrice et une génératrice alimentant les moteurs des pompes de la condensation.
- Adoption exclusive du courant continu basse tension, avec batteries d’accumulateurs, pour la marche de tous les services annexes des usines.
- Extension du principe de l’autonomie à tout ce qui louche à l'alimentation de la turbine en
- dièrcs de chaque groupe réunies départ et d'autre d’une même rue de ehauJTe possédant au-dessus ses propres silos de consommation et en arrière ses silos de réserve, alimentent un collecteur de vapeur unique en boucle faisant le tour de la chaufferie. Chacun de scs collecteurs en boucle aboutit à un collecteur général de vapeur qui, par des jeux de vannes, permet de desservir soit en parallèle l’ensemble des turbines, soit chaque unité séparément.
- . AGUT. 1913 .
- Graphique de la fbissance''1 totale instantanée fourme au Réseau aux diverses heures de la journée du 15
- DECEMBRE! .1313
- Graphique de la Puissance totale instantanée fourme au Réseau aux diverses heures de /ajournée du J5.
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- Fig. 6-
- vapeur et à la distribution du courant haute tension et en même temps centralisation de toutes les commandes de l’usine, de façon à permettre de réaliser à volonté soitla marche indépendante, tant du côté vapeur que du côté électrique, de l’un quelconque des alternateurs, soit la marche en parallèle de tout le matériel électrique, soit toutes combinaisons intermédiaires.
- C’est dans cet ordre d’idées que les dix chau-
- C’est pour obéir aux mêmes principes que les alternateurs sont disposés perpendiculairement au grand axe de la salle des machines de façon à séparer les circuits de vapeur des circuits électriques haute tension et peuvent débiter, soit ensemble, soit séparément, sur deux jeux de barres générales par élément de ooo kilowatts, les câbles reliant les usines aux sous-stations étant groupés à leur départ de l’usine quatre par
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- quatre sur des ponts susceptibles d’être reportés instantanément d’un jeu de barres sur un autre.
- C’est enfin dans le but d’assurer la centralisation des commandes qu’ont été disposés en regard l’un de l’autre dans la salle des machines : le poste central des commandes’électriques et le poste central du chef de chauffe, reliés par téléphone et par transmetteurs d’ordres lumineux.
- La conception d’ensemble des usines se résume donc, avec, l’emploi des unités du type le plus grand possible et en même temps la centralisation la plus complète pour obtenir à la lois la sécurité de la marche et l’économie d’exploitalion.
- Implantation. — Les bâtiments des usines oui été implantés dans leur terrain respectif suivant celle conception d’ensemble et de manière à assurer, dans les conditions les meilleures, l’amenée et l’évacuation des eaux de condensation et l’alimentation en charbon par voie ferrée et par voie fluviale.
- Ces bâtiments, suivanlune disposition devenue, classique, comportent une salle des machines de 3a mètres de hauteur mesurant i5o mètres de longueur à l’usine Nord et 67 mètres à l’usine Sud, encadrée d’un côté par le bâtiment du tableau, de l’autre par les chaufferies, cette dernière étant séparée de la machinerie par la salle des pompes. Les chaufferies disposées en rues de chauffe perpendiculaires à la salle des machines sont séparées de leur silos de réserve par une rue de n mètres de largeur.
- La préoccupation de mettre les bâtiments principaux à l'abri des dangers «l’une inondation, semblable à celle «le janvier ujio, a conduit, à élever au-dessus «le cette eau, soit aux cotes fo,/|0 à Sainl-Ouen et 3a 40 à Issy les étages inférieurs de la salle des machines et des appareils du tableau d’une part, le rez-clc-chaussée de la chaufferie occupé pour le service de l’enlèvement des mâchefers, d’autre part.
- Les bureaux, ateliers et magasins sont établis dans les mêmes conditions.
- En «te qui concerne les silos à charbon, l’obligation de les surélever au-dessus des plus grandes crues 11c s’imposait pas. O11 s’est contenté là, comme dans toutes les parties accessoires des bâtiments principaux, de prendre en construction les précautions nécessaires pour rendre pratiquement étanches les ouvrages situés en contrebas «lu niveau «les inondations.
- Tels sont les principes généraux suivis dans l’installation des usines.
- Nous allons en examiner la réalisation «le détail en suivant successivement les différents services :
- Service «le la production «le la vapeur;
- Service «lu combustible ;
- Services «le la production «le l’énergie élec-Iriquc ;
- Services «les eaux de condensation;
- Services auxiliaires et annexes.
- SERVICE l)E I.A lUIODCCTIOX DE I.A VAI’KUR.
- (jcnëraleurs.— Les considérations «pii ont été «léveloppées plus haut ont conduit à adopter des chaudières type marine à volume de vapeur et «l’eau relativement réduits et à avoir dans charpie usine a types «le chaudières. Les unes, Babcock-Wilcox de /jao mètres carrés «le surface de chauffe, ia mètres cubes de volume «l’eau el 5 m3. /|«)o de volume de vapeur sont destinées à être normalemen t u lilisées pour le service couran l. Les autres, Delaunay-Bellevillc, de 3ao mètres carrés de surface «le chauffe 3 m3. 400 de volume «l’eau et 4 m3. 300 de volume de vapeur doivent, en raison de leur mise en pression plus rapide, servir surtout pour assurer les pointes.
- L’usine Nord comporte 3o chaudières Babcock-Wilcox et 10 Belleville; l’usine Su«l 10 Babcock-Wilcox et 10 Belleville. Ces chaudières sont les unes el les autres munies de surchauffeurs de 113 mètres carrés pour Babcock-Wilcox et clc iS~> mètres carrés pour Belleville, intercalés ilans les faisceaux tubulaires. Elles sont surmontées d'économiseurs Green individuels «le a.40 mètres carrés clc surface placés au-dessus «les chaudières.
- Les générateurs sont capables de produire chacun normalement 10000 kilogrammes et exceptionnellement i/i 000 • kilogrammes «le vapeur à l’heure à une pression effective de 4 kilogrammes avec une température de surchauffe variable de 325 à35,o°. Ils possèdent «les foyers mécanicpies à décrassage automatique permettant le chargement à la main. Chaque chaudière comporte une double grille à chaînes type Babcock «le i3m2. 31 ou type « Kroplin-l’ctry-Dereux » (pour Belleville) «le i/| m2. 60 «le surface totale. Les grilles, commandées électriquement avec un réglage de vitesse, permettent «le réaliser toutes les allures de combustion, avec un rendement, thermique variant de83 %
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- pour la marche monnaie (200000 kilogrammes) à 75 % pour la surcharge à 240 000 kilogrammes.
- Chaufferies. — Les batiments des chaulïeries sont entièrement en ciment armé. Leurs dimensions en plan mesurent 44 mètres X /#4 mètres pour un clément de 2r> 000 kilowatts composé de deux rues de chauffe.
- Ces batiments comportent un rez-de-chaussée où se trouvent les trémies à cendres et à mâchefers, les appareils de manutention et les tuyau te-
- files de générateurs correspondantes par des carneaux aériens métalliques à joints de dilatations qui rejoignent en leur milieu les carneaux collecteurs de chaque file d’économiseurs, disposés horizontalement derrière ceux-ci.
- Chaque cheminée est munie intérieurement d’un transformateur de pression formant ajutage convergcnt-divergenl, en tôle, système Prat, permettant d’assurer le tirage artificiel induit au moment des pointes et de passer de l’allure nor-
- Coupe transversale des chaufferies et d’un bâtiment annexe.
- Fi*. 7. — Usine Nord. Coupe
- ries d’eau disposées au plafond en nappe horizontale.
- Les cheminées, cnbéton armé, ont été implantées au milieu de chaque rue de chauffe. Cette disposition permet de gagner de la place et d’assurer un bon tirage également réparti entre les différents générateurs d’une meme batterie.
- Les cheminées oui chacune r> mètres de diamètre intérieur et une hauteur de 60 mètres au-dessus des grilles. Elles reposent sur le batiments à 24 mètres environ au-dessus du sol. Elles sont réunies aux économiseurs des deux
- suivant l’axe d’une chaufferie.
- male de combustion de 1 000 kilogrammes à l’allure de 2 000 kilogrammes de charbon à l’heure par chaudière.
- Les groupes moteurs ventilateurs électriques à vitesse variable qui assurent ce tirage en aspirant une partie des gaz chauds dans les carneaux pour les refouler dans l’ajutage sont placés, à raison de 2 groupes de 80 chevaux par cheminée, à la hase dé la cheminée et à coté des carneaux. Ces groupes sont capables d’assurer la combustion maxima des 10 générateurs de la chaufferie, soit 20 5oo kilogrammes de charbon à l’heure,
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- sans absorber line puissance supérieure à i'îo kilowatts clans les circonstances atmosphériques les plus défavorables.
- Alimentation, pompes et chaufferies. — L’alimentation des chaudières est assurée par des pompes centrifuges multicellulaires horizontales YVcyher et Richemond de pu à iHo mètres cubes directement accouplées par manchons semi-élas-liquesà leur moteurélectriquc ctpouvanlrcfouler à 2o kilogrammes de pression.
- Ces pompes sont au nombre de t\ à l’usine Nord et clc i à Tusinc Sud.
- l'ig. 8. —Usine Sud-Ouest; groupe des moteurs ctlubleoux des pompes de condensation.
- Leur secours est assuré par des pompes de meme type de i<So mètres cubes (2 à Tusinc Nord cl 1 à l’usine Sud), accouplées directement à des turbines à vapeur Brown Boveri Barsons. Zoclly-Schneider à l’usine Sud, dont l’échappement se fait à l’air libre à travers des réchaufîeurs d’eau d’alimentation, ce qui leur assure une consommation effective de vapeur de /t kg. 900 par cheval-heure mesurée en eau élevée.
- l’outes ces pompes sont installées dans la salle des pompes.
- Les collecteurs d’alimentation normale et de secours, d’arrosage cl d’incendie, de communication des châteaux d'eau et de vidange des chaudières sont disposés en nappe verticale le long du mur des chaufferies dans la salle des pompes de manière à être parfaitement visibles et accessibles.
- Ijes pompes alimentaires disposées le long de cette nappe refoulent, par rintermédiaire de bouteilles de distribution, dans l’une quelconque des deux branches du collecteur bouclé d’alimentation normale ou dans le collecteur simple de secours; l’eau qu’elles aspirent dans les bâches alimentaires (d’une contenance de 200 mètres cubes par élément dca5 000 kilowatts, non compris les citernes) placées en charge de l’autre coté du mur au rez-de-chaussée des cha ulfcrics.
- Les pertes du circuit de l’alimentation sont compensées par les eaux de Seine dont l’épuration est assurée par des épurateurs Dcsrumaux au nombre de deux pour chaque usine, capables rie débiter chacun 20 mètres cubes à l’heure à l’usine Nord, 10 mètres cubes à l’usine Sud.
- Contrôle. — Le contrôle de la combustion et de la production de vapeur est assuré, indépendamment des analyses de laboratoire etdes appareils indicateurs de chaque chaudière, par la centralisation et l'enregistrement dans la cabine du chef de chaulfe de l'usine des indications relatives à la pression et à la température de la vapeur et à la dépression dans les carneaux principaux de chaque file de chaudières.
- (".1 suivre). Edouahd Imus,
- Ingénieur des Ponts et Chaussées, Ingénieur en chef de la Compagnie Parisienne de Distribution d'Electricité.
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- L’EXPOSITION ANNUELLE DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE
- APPAREILS EXPOSÉS PAR LA COMPAGNIE POUR LA FABRICATION DES COMPTEURS ET MATÉRIEL D'USINES A GAZ
- Perméamètre lliovici (breveté S. G. D. G.).
- Le perméamètre lliovici permet d'étudier la perméabilité d’échantillons de 1er ou d’acier en fonction de champs magnétiques dont l’intensité peut varier de i gauss a uoo gauss lorsqu’on dispose d’une source à courant continu de i2 volts. Avec une source de 24 volts, on peut obtenir des champs inducteurs de 400 gauss.
- fluxmètrc ou le balistique. Pour les mesures industrielles, le fluxmètrc se prête à des mesures plus rapides et n’est pas influencé parle freinage magnétique.
- Les échantillons à étudier doivent avoir une section rectangulaire d’un centimètre carré environ de section utile ; ils peuvent être massifs ou constitués par des tôles superposées de mêmes dimensions.
- Principe du perméamètre lliovici. — Soit AB l’échantillon de fer à étudier. On le place à l’intérieur d’une bobine inductrice qui pourra être alimentée par le courant I.
- Ce perméamètre présente les avantages suivants :
- i° C’est le seul appareil permettant la mesure d’échantillons à grande hystérésis ;
- 2° Il permet de donner d’avance au champ inducteur une valeur connue alors que, en employant d’autres perméamèlrcs, on ne connaît le champ qu’au dernier moment;
- >° Son emploi ne nécessite qu’un seul réglage et une mesure de flux ;
- 4° Il est applicable à des circuits magnétiques ne présentant aucune symétrie ;
- '>“ Il permet d’employer indifféremment le
- Deux culasses G, et arrivent en A et B en ïcontact avec l’échantillon et portent chacune un enroulement. L’enroulement disposé sur C, sera parcouru par un courant réglable 1, ; celui qui est placé sur C2 pourra être relié à un fluxmètrc ou à un balistique.
- La différence de potentiel magnétique Y entre A et B est :
- V = 4 n I — R <f'
- expression dans laquelle on a désigné par R la réluctance de l’échantillon entre-A et B ; <I> le flux dans l’échantillon ; n le nombre de spires inductrices!
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- On règle le courant Ii qui parcourt l’enroulement C, de façon à annuler V, ce qui a lieu quand, en inversant les courants, on ne provoque aucune déviation du fluxmètre ou du balistique.
- On a alors la relation 4-w « l = H <1>.
- On mesure *1» en branchant lç fluxmètre aux bornes m' n1 d’un deuxième enroulement disposé sur le 1er AB.
- OqO
- L’induction B est à ce moment B =
- S ’
- le champ étant fl
- /i ’K n l
- i = longueur AB
- Description du permèa,mètre lliovici. — Le courant de compensation i( est réglé par le rhéostat Rhi, le courant d’excitation par le rhéostat Rh2 ; ce dernier courant est mesuré par un ampèremètre A gradué directement en gauss et que l’on peut brancher sur a shunts différents. Pour l’un (a amp.) on lit la valeur du champ en gauss sur la division inférieure. Pour l’autre (o amp., /)) il faut lire sur la graduation supérieure.
- La culasse mobile C2 peut être serrée sur l’échantillon à l’aide d’un excentrique E.
- L’échantillon est ensuite serré verticalement par les •>. vis V.
- Un commutateur i-a permet d’inverser les courants et aussi les connexions au fluxmètre ou au balistique.
- Un interrupteur à ':> plots a, b, c est utilisé : in en a, à brancher le fluxmètre ou le balistique sur la culasse C2 pour établir la compensation des flux dans cette culasse; a0 en b à brancher le balistique ou le fluxmètre sur ioo spires qui entourent le noyau de fer à étudier ; t° en C, à brancher le balistique ou le fluxmètre sur a5 spires seulement.
- Une bande de cuivre B est parcourue par le courant inducteur I. En la remplaçant par un
- l'itr. 4. — Galvanosoilla Bouobcrol.
- On peut donc tracer la courbe B^ /'(II) ou
- calculer la perméabilité p =
- N. B. — Les contacts magnétiques n’interviennent pas dans la mesure.
- ampèremètre de plus de a ampèremètres, on peut étudier le fer pour des inductions supérieures à celles données par un courant de a ampèremètres.
- Fonctionnement.—On place le 1er à étudier
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- dans la bobine centrale, on approche la culasse C2 et l’on serre les vis V.
- On règle le rhéostat Rha de façon à lire sur l'ampèremètre le nombre de gauss que l’on veut obtenir. Puis, l’interrupteur à 3 directions étant sur le plot a, on fait varier le rhéostat llh, dit de compensation, de telle sorte que l’élongation du balistique ou du fluxmètrc soit nulle quand on fait passer l’inverseur de i en % ou de u en i.
- On place alors l'interrupteur sur le plot a et on tourne l’inverseur de 180 degrés.
- Le balistique’ou le fluxmèlrc mesure un llnx <!'. L’induction B dans le fer, S étant sa section en centimètres carrés, est :
- sont réunis dans une boîte rectangulaire d’encombrement minime, qui permet les mesures faciles du coefficient d’irrégularité. Sans en faire la théorie, nous rappelons que Tou arrive à mesurer avec le galvanoscilla îles coellicienls d’irrégularité de l’ordre de i/ioooo cl; que l’on décèle aisément les premières harmoniques d’un mouvement pulsatoire périodique.
- Panneau d’étalonnage pour compteurs et appareils de mesures à courant alternatif.
- C’est un ensemble qui permet d’obtenir en quelques secondes toute intensité de o à 100A. Toute tension de oà i2r) volts et tout décalage de o à îfio degrés de cel te tension sur cette iulen-
- Fig. 5. — Panneau d’étalonnage pour compteurs
- Si l’élongation est faible on place l’interrupteur sur le plot b, on a une autre élongation :
- Galvanoscilla Boucherot.
- L’appareil exposé constitue la mise ail point définitive de l’ingénieuse conception de M. Boucherot. Le système oscillant, les résistances de réglage et le dispositif lumineux (lampe et règle)
- et appareils de mesures ù courant alternatif.
- sité; c’est-à-dire toutes les grandeurs nécessaires pour obtenir une puissance fictive.
- W=UI cos cp de o à la KW, à
- Les organes essentiels se composent de •>. rhéostats réducteurs de potentiel, d’un transformateur d’intensité à H sensibilités, d’un déealcur de phase et de k appareils de mesure.
- Ampèremètre, voltmètre, phasemèlre et fréquencemètre encastrés cl dans le haut du pan-
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- neau. L’encombrement total est de l’ordre de o,G x o,8 (face) sur o,3o de profondeur.
- Le modèle exposé est alimenté par du triphasé un volts. Sa consommation est de l’ordre de '5 ampères.
- Des panneaux analogues peuvent être faits en monophasé et diphasé.
- Compteur-étalon pour courants alternatifs.
- C’est un compteur-étalon pouvant être utilisé indill'érenimenl pour la vérification des compteurs pour courants alternatifs mono, di ou triphasés. Chacun des éleelros du compteur porte
- l,'ig’. (!. — Compteur-étalon pour courant alternatif.
- deux enroulements d'intensité permettant d'effectuer un grand nombre de branchements pour vérification des compteurs de tous calibres.
- Indicateur d’excédent de consommation pour cou rant alternatif.
- Cet. appareil est destiné aux installations de faible puissance. Son prix est très réduit et son encombrement csl très faible. Il n’a pas de dépense propre et n’exige, aucun entretien.
- Il est essentiellement constitué par un pelil moteur d’induction don I, les révolutions son I sommées par un petit totalisateur dont le premier mobile engrène avec une vis sans (indisposée sur l’arbre du moteur. Le rotor .est un disque dont, la, périphérie est en cuivre tandis que la région centrale est en nickel. Le stator, excité parle courant
- d’utilisation engendre dans le disque rotor, un couple moteur proportionnel à la deuxième puissance de l’intensité de ce courant. Sur ce disque agissent différents couples résistants :
- in Deuxeouplesdefrcinageélectromagnétique, l’un provenant de .l'action du flux inducteur et proportionnel à la deuxième puissance de l’intensité, l’autre provenant «h; l’action d’un aimant permanent et indépendant de l’intensité du courant. Leurs actions s’ajoutent pour limiter la vitesse du disque cl la rendre, dans certaines limites, proportionnelle à l’intensité.
- Un couple antagoniste de dépassement produit pur l’action du même aimant permanent sur un disque de nickel fixé sur le disque, de cuivre.
- Compteur à paiement préalable, système Kretz, (breveté S. G. D. G.).
- ('.et appareil comporte : i coin pleur propremen I dit pour courant continu ou alternatif ; i dispositif d'introduction dos pièces; i disjoncteur spécial comprenant un interrupteur à mercure fonctionnant indéfiniment sans le moindre encrassement : i tirelire ou boîte à pièces.
- 7. — Cn ni pleur à pàicmrnl, prriilnlilr, syslrme Krelz.
- Ce compteur se recoin mande par .sa grande simplicité de niaiiirnvre et de. fonctionnement, par son infraudabilité et par l’automaticité de ses opérations secondaires telles que. l’élimination
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- des pièces trop petites, l’évacuation des pièces introduites au delà d’un maximum prévu comme avance.
- Compteur horaire pour courant alternatif.
- Ce compteur est destiné à enregistrer la durée de mise en service de circuits alimentés par du courant alternatif. C’est un moteur d’induction à vilesse constante, constitué par un disque de cuivre mobile dans l’entrefer d’un électro-aimant dont la bobine est branchée en dérivation sur le circuit à contrôler.
- Limiteur de courant.
- Un interrupteur à contact de charbon et un électro-aimant sont montés en série et. traversés par le courant à limiter. Le noyau de l’électro est perforé suivant son axe et sert de logement à un
- Fig. S. — I.imileiii' de couriinl.
- percuteur qui repose sur l’armature de l’électro. Sil’intcnsiLé de courant dépasse la valeur limite, l’armature attirée par le noyairde l’électro détermine, par l’intermédiaire du percuteur, l'ouverture brusque de l’interrupteur.
- APPAREILS EXPOSÉS PAR LA MAISON CHAUVIN ET ARNOUX
- Galvanomètres à pivots extra-sensibles. — Ce sont, des galvanomètres Desprez-d’Arsonval, dont l’aimant est puissant, l’enroulement, plus important et le couple antagoniste assez faible. Leur sensibilité permet de les employer comme pyro-
- mètres avec des couples thermo-électriques au platine, pour la mesure des températures élevées. Leur résistance peut être assez élevée, de façon
- Fig. i.— (iulviinonièlrc à suspension élnstiipie extra-sen.silile.
- à permettre d’employer des lignes de connexions assez longues entre l’appareil de. mesure et le <;ouple.
- Galvanomètre à suspension élastique extra sen sible. — Cet appareil comme le galvanomètre à pivots précédent possède un aimant puissant, un enroulement plus important et un couple antago-
- Fig. a. — Mégnlimmètee ù ciulruu et ù tectum directe.
- niste faible. 11 permet d’obtenir la déviation totale de l’aiguille pour un courantdc 5 micro-ampères.
- Megohmmètre à cadran et à lecture directe. —
- Le galvanomètre précédent permet d’établir un
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- ohmmètre qui, avec une source de courant à 3oo volts, permet d’obtenir une sensibilité de ioooo mégohms par division.
- Le galvanomètre est'mon té en dérivation aux
- Fig. 3. — WattmiHre calorique sensible.
- 1)0 rnes d’un réducteur universel, La disposition permet de mesurer avec précision toutes les résistances comprises entre 25o ohms et ioooo mégohms.
- d’intensités et de puissances de courants continus ou alternatifs de très faible valeur.
- Galvanomètres à miroir. — Deux galvanomètres à miroir portatifs extra-robustes étaient exposés:
- Un galvanomètre extra-sensible donnant une sensibilité dcoooo ooo ooi ampère par millimètre à i mètre.
- Un galvanomètre balistique donnant une sensibilité de o ooo ooo oa coulomb par millimètre à i mètre.
- Ces galvanomètres étaient munis, l’un d’une
- .v*
- Fig. 5. — Galvanomètre à enregistrement photographique.
- Wattmètre calorique sensible. — Les galvanomètres à pivots permettent, par l’adjonction des résistances chauffantes et de couples, la mesure
- lecture par lunette, l’autre d’une lecture -par spot.
- Galvanomètre à enregistrement photographique. — Le galvanomètre précédent a été combiné avec
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- un enregistrement photographique pour permettre l’enregistrement de courants très faibles. Divers perfectionnements apportés à cet. appareil permettent d’enregistrer en même temps des abscisses et des ordonnées en fonction du temps et de l’intensité. On peut aussi à l’aide d’un galvanomètre double tracer deux courbes à la fois.
- Ampèremètres caloriques pour courant de haute
- pour courants continus et alternatifs. Cet appareil à graduation proportionnelle possède deux sensibilités d’intensité cl trois sensibilités de tension.
- Trois wattmètres doubles dont un modèle de précision, un modèle de tableau et un modèle enregistreur.
- Ces wattmètres électrodynamiques se com-
- fréquence. — Ces appareils destinés principalement aux applications de T. S. F. doivent mesurer un courant élevé pouvant atteindre jusqu’à 100 etaoo ampères. Comme à ces hau tes fréquences on ne peut employer de shunt, il est nécessaire que la totalité du courant passe dans l’appareil ; la solution réalisée par cet appareil consiste à faire passer le courant dans les lils de compensation au lieu du (il dilatable. I*ar l’emploi d’un nombrésuffisant de (ils et parla nature et la forme de ces (ils on peut obtenir la sensibilité voulue.
- Pyromètres. —Deux pyromètres étaient présentés :
- i° Un pyromètre à cadran avec couple nickel-nickel chromé pour mesures de températures jusqu’à i /|00 degrés.
- •x° Un pyromètre enregistreur à tracé par poi n ts, avec couple platine-platine iridié pour mesures de températures jusqu’à'i 7f>odegrés.
- Ce dernier appareil en boîte-métal, avec mouvement d’horlogerie amovible, convient également pour laboratoires et emplois industriels.
- Wattmètres. —'Quatre wattmètres étaient présentés :
- Un wattmètre de précision éleclrodynamique,
- posent de deux wattmètres superposés dont les équipages mobiles sont montés sur le même axe et soumis au même couple antagoniste.
- Fig. 8. — Waltmètre de précision.
- Ces wattmètres permettent, de mesurer par une seule lecture la puissance de courants diphasés ou triphasés à charge déséquilibrée. .
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- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- ÉCLAIRAGE
- L’éclairage électrique des cottages. — W.
- Fennell.
- Dans un mémoire lu le mars à la section de Birmingham de l’Institution of Electrieal Engi-neers, l’auteur expose comment, à Wednesbury où la classe ouvrière formé les 9/10 de la population, on a pu introduire l’éclairage électrique dans les maisons ouvrières et cela dans des conditions suffisamment rémunératrices.
- L’électricité, dit-il, a été considérée pendant tant d’années par le public, et même parles ingénieurs électriciens, comme un mode d’éclairage très pratique mais plu tôt coûteux, qu’il fa ut encore aujourd’hui un grand effort d’imagination pour envisager l’installation de l’éclairage électrique dans des céntaines de maisons ouvrières habitées par la classe la plus pauvre et louées à raison de "i fr. 45 à 5 francs par semaine.
- Wednesbury, comme la plupart des villes du Midland, n’est pas une résidence très agréable, c’est pourquoi la classe aisée habite la banlieue. Quand on a développé l’entreprise de distribution d’électricité, on a eu tôt fait d’obtenir là clientèle des grandes maisons et des usines. Cependant, il fut difficile d’intéresser la classe des petits consommateurs qui font grand usage du gaz pour la cuisine et qui, par conséquent, s’en servent également pour l’éclairage. A priori, il semblait donc plus impossible encore d’atteindre la classe ouvrière. Cependant, il faut, remarquer que eelle-oi, qui pourrait constituer une très vaste clientèle dans une ville industrielle où les maisons ouvrières se comptent par cen taines et même par milliers, fait peu usagedu gaz pourla cuisine. Dans les intérieurs ouvriers, il y a ordinairement un poêle toujours allumé dans la pièce commune. Là, la fourniture de l’éclairage seul est intéressante.
- Cependant, il est nécessaire, pour réussira faire adopter par cette clientèle l’éclairage électrique, que non seulement le branchement, mais aussi lu fourniture des lampes soit gratuite. On 11e peut
- demander à cette clientèle de payer 3 francs par lampe et si l’on ne lui fournit pas les lampes gratuitement, elle emploiera des lampes à filament de charbon, peu coûteuses mais dont l’excessive dépense de courant provoquera rapidement l’abandon de ce mode d’éclairage et le retour au gaz. Quanta la question du compteur, en admettant une durée de 5 ans, un compteur à prépaiement coûte \'x fr. 5o par an. C’est donc un accessoire peu pratique et dont les réparations sont d’ailleurs onéreuses.
- Tous ces points étant dûment considérés, M. W. Fennell envisagea la possibilité de fournir le courant par abonnement hebdomadaire et une enquête auprès d’un négociant pratiquant la veille par abonnement le convainquit de la possibililé de ce système. Voici les dispositions qui ont été adoptées en conséquence :
- Branchement. — A cet égard, les circonstances se montrèrentfavorables. Ces petites maisons sont par îlots en sorte qu’un branchement peut alimenter de 5 à i5 maisons. Le plan adopté a consisté à établir un branchement ordinaire en fil de 7/18 (Standard wire gauge) dans la maison lapins commodément placée, en le terminant par un fusible de branchement. Un emplacement est réservé pour un compteur si l’on juge à propos de contrôler la consommation de chaque îlot. Du fusible part un double câble sous plomb posé soit intérieurement, soit extérieurement aux habitations, avec une boucle de prise de courant dans chaque logement à alimenter. Si l’un des logements d’une rangée 11e doit pas être alimenté, on ménage sur le câble une boucle toute prêle pour établir le raccordement lorsqu’il sera demandé, ce qui se produit généralement au changement de locataire.
- O11 a constaté que le prix de revient du branchement collectif est de 18 fr. 7λ par maison tandis que le branchement ordinaire pour quelques lampes coûte environ 85 francs. L’économie dans les fraisde premier établissement est donc considérable et ne doit pas être perdue de vue quand on s’adresseà la catégorie des petits consommateurs.
- Chaque habitation est pourvue d’une prise de
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- courant à fiches d’où partent les fils de distribution intérieure ; cette prise de courant est elle-niêine reliée par une paire de fils souples à une paire de coupes-circuits. Ce dispositif procure un fusible à deux pôles et un interrupteur suffisants pour isoler une installation à 120 watts; il est plus économique cl moins sujet à la corrosion, etc., qu’un interrupteur bi-polairc ordinaire. La distribution intérieure qui commence au coupe-circuit est tout à fait ordinaire.
- Le prix de revient des canalisations intérieures et des appareils, sans lampes, est en moyenne de 38 à 17 francs par maison. Chaque lumière possède actuellement son interrupteur, mais 011 étudie la substitution à celui-ci de prises de courant à fiches. 11 est nécessaire d’expérimenter pour voir si la plus grande consommation duc à l’absence d’interrupteurs pratiques a plus d’importance que l’économie réalisée sur le fil.
- Lampes. — Il est fourni 3 lampes par maison dont deux de /|0 watts à filament métallique (une pour chaque pièce du rez-de-chaussée), et une à filament de charbon de 8 bougies pour la chambre à coucher sur la rue. Contrairement à ce qu’on espérait, il 11e s’est pas produit de demande pour l’éclairage des autres chambres.
- Avec un pareil système de distribution, il est nécessaire d’empêcher l’emploi d’autres lampes que celles autorisées. Dans ce but, on a adopté les culots et les douilles Edison et cette mesure a été très efficace; en effet, les lampes munies de ce culot ne peuvent s’acheter en petites quantités bien qu’il n’y ait aucune dépense supplémentaire de ce fait, puisque les lampes adoptées sont au calibre normal continental. Les seules lampes à culot Edison tenues en magasin par le secteur sont à filament métallique de /to watts ou à filament de charbon de 8 bougies. On ne peut donc commettre d’erreur. Quand les lampes sont fournies gratuitement, il y a peu à craindre que les abonnés en achètent d’autres par douzaines pour frauder le secteur. D’ailleurs, la visite hebdomadaire de l’encaisseur est une sauvegarde.
- Détails financiers. — Les recettes doivent couvrir les frais de fourniture de l’énergie électrique, de branchement, lampes et réparations gratuits et les frais d’encaissement. On a estimé qu’une moyenne de o fr. 78 par semaine et par maison couvrirait facilement les frais. Le prix de revient de l’énergie électrique «à Wednesbury,
- y compris toutes les charges d’intérêt et d’amortissement est de 175 000 francs par kilowatt-an de charge maximum à la centrale, plus 3,7 centimes par kilowatt-heure. Ces chiffres laissent une certaine marge.
- O11 a admis qu’en l'absence de compteur, il y aurait un certain gaspillage et l’on a pris une moyenne de consommation assez élevée soit six heures de consommation maximum par soirée pour toute l'année, fai demande moyenne maximum à l’heure de la pointe, soit entre 7 heures et 5 h. 1/2 du soir, a été estimée à >0 watts, mais cette estimation a été reconnue trop élevée. 11 est facile de se rendre compte du nombre de lampes en service en notant le nombre de fenêtres éclairées. Des inspections ont établi ([tic le nombre de lampes allumées entre \ h. !\\ cl 5 h. 3o du soir est d’environ 168 pour 100 maisons; plus tard, la demande est plus considérable, mais cela n’a pas d’importance parce que la charge pour fourniture de force motrice, n'existe plus quand les ouvriers sont rentrés chez eux.
- En se basant sur une demande de /J 3 watts par maison à l'heure de la pointe et sur une consommation de G heures par jour pour cette charge, on arrive à une consommation annuelle de 100 kilowatts-heures. Le prix de revient de l’électricité fournie est de G fr. 90 par an pour les charges fixes et de 3 fr. G5 pour l’énergie consommée, au total 10 fr. 77.
- Les recettes à o fr. 78 par semaine s’élèvent à 'io fr. 33. Toutefois, elles sont perdues à des taux différents suivant les maisons de telle façon que les consommateurs payent à peu près en proportion de leur consommation à chaque, saison. C’est ainsi qu’ils payent par semaine :
- 32 centimes en juin et juillet,
- 62 centimes en niai et août,
- 73 centimes en avril et septembre,
- 83 centimes en mars et octobre,
- 9/1 centimes en février et novembre,
- 1 fr. 0.3 en janvier et décembre,
- On emploie aux encaissements des receveurs d’assurance ou d’autres services par abonnement, sachant comment il faut traiter avec la clientèle. Les paiements se font par avance, le lundi ou le mardi, et l’abonné qui n’a pas payé une semaine est passible de la suppression du service le lundi suivant.
- Résultats. — Ce système est extrêmement po-
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- pulaire; commence à Litre d’expérience avec 25 abonnés, il en complaît a5o apres 18 mois cl cela sans aucune pression. Il faut cependant mentionner cpie le gaz n’est pas cher à Wednes-bury (8,5 centimes le mètre cube).
- L’expérience .acquise jusqu’ici aux points de vue suivants, offre un grand interet;
- i° Les arriérés sont à peu près constants et correspondent environ à une semaine d’abonnement ;
- 9,° La moyenne des bris de lampes n'est pas d’une lampe par douille et par an.
- 1° Les locaux vacants munis de l'éclairage électrique ne sont pas plus nombreux que les autres; au contraire, ces locaux sont recherchés.
- /i° Bien que les abonnés ne soient pas liés pour une période délinie, il n’y a certainement pas eu plus de 2 % de désabonnements.
- 5° Quant aux mauvaises créances, on peut en réduire le chiffre à volonté, puisque les paiements se font d avance. Même en étant très tolérant, on n’en a pas eu plus de j % .
- 6° En ce qui concerne le gaspillage, il y a diverses causes qui tendent à l'empêcher. La plus importante est le sens de l'honnêteté qui existe dans la classe ouvrière; la seconde est la visite hebdomadaire des encaisseurs. Enfin, les abonnés vivant dans des ilôts de maisons se trouvent soumis à une surveillance réciproque et courent des risques de dénonciation. U n’y a certainement pas un abonné sur dix qui laisse brûler constamment une lampe jour et nuit ou deux lampes toute la nuit, ce qui n’augmeiiterait cependant la dépense (pic de ia francs environ par an. En admettant que cet excédent de consommation ne soit pas balancé par l'économie faite par d’autres abonnés, ils ne justifierait pas la dépense annuelle afférente à un compteur. Le pointimportanl n’est pas le gaspillage, mais une demande maximum excessive. Celle-ci se constate facilement et l’on a vu plus haut qu’elle ne devrait pas se produire.
- Le bilan de l’exploitation peul s’établir comme il suit :
- DEPENSES
- t EleciriciU. 1 • K rs.
- Frais pour le kw de puissance à la
- centrale : /.5 watts à i^5 fr. par kw. 7 >9°
- Frais pour lei •> kw.-h . consommés ;
- 1 000 kw. -h. à 0 fr. 0': Ï5 3 ,5o
- I I ,/|0
- Lampe fi :
- 2 lampes à filament métallique et une à
- filament de carbone......................... 5 , 3o
- Réparafions : i ,2.5
- 17 *</»
- KEC.KTTES
- ryji semaines à o fr. 78..............'|U,55
- Moins commission de 7 % (fr*)* 2,85
- Moins mauvaises créances, etc.,
- 3 '%.................. (fr.) 1,20
- /( ,0') 36 ,Tm>
- Bénéfice par abonné............ 18 ,55
- Les bénéfices calculés ici s’appliquent à l’excède ut de recolles après paiement de tous les Irais, y compris l’intérêt et l'amortissement des machines et des canalisations. Pour une exploitation indépendante et neuve, les résultats seraient plus favorables.
- On peut prendre la moitié des bénéfices pour amortir le prix des canalisations en quatre ans, de sorte qu’au bout de ce temps, le chiffre ci-dessus est réellement un bénéfice net. Il atteint à peu près 20 % des recettes et c’est là un rendement beaucoup meilleur qu'avec toute autre classe d’abonnés. En sc plaçant à un autre point de vue, ou peut dire qu'un kilowatt de demande maximum produit un bénéfice net de plus de 22> francs par an pendant les quatre premières années et de plus du double ensuite, alors que la plupart des abonnements ordinaires ne produisent guère que des recettes brutes de •s.'jJj francs par kilowatt de demande maximum, pour 11e rien dire des bénéfices.
- (Proceedings of the Institution of Electrical Engineers. )
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- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Nouveau système de transmission de la force motrice sur les navires à. moteurs Diesel. — Aug. Rasmussen.
- La substitution do moteurs Diesel aux machines à vapeur à bord des navires a obligé à trouver une solution pour remplacer les anciens cabestans à vapeur. En bien des cas, ou a eu recours à la commande électrique, mais on s’est heurté à diverses difficultés; la rapidité de manœuvre, la durée des électro-moteurs et des régulateurs, notamment, ont laissé beaucoup à désirer. C’est pourquoi l'auteur a proposé, pour les cabestans électriques, un autre système de transmission de l’énergie.
- Ce système consiste à doter tous les cabestans de moteurs-série à intensité constante et voltage variable et de les disposer en deux groupes alimentés en série par deux dynamos du système Rosenberg ou autre à intensité constante, par exemple, du système Kraemer.
- «Dtu'ero
- (c) Descente
- Fig. i. — Régulation par enroulement de champ.
- La régulation s’opère de l’une des manières indiquées ci-après (fig. i à '>). Dans la figure i, divers points de l’enroulement de champ sont reliés à une voie de contact sur laquelle deux contacts se déplacent en sens inverse, ce qui permet, par un simple mouvement de manivelle, de mettre le moteur au zéro aussi bien qu’au levage ou à la descente. Comme l’intensité de courant traversant le moteur est à peu près constante et absolument indépendante de la charge, pour une position donnée des contacts, le moteur a un couple de rotation constant; par suite, s'il se produit une surcharge, par exemple, parce que la charge est accrochée par un obstacle, le moteur reste arrêté simplement et repart de lui-même quand la résistance a disparu, sans pour cela qu’un fusible brûle où qu’aucun autre appareil de sûreté ait à fonctionner.
- Pour démarrer le moteur, on écarte les contacts l’un de l’autre jusqu'à ce qu'on obtienne un couple de rotation suffisant; après quoi, ou ïes rapproche peu à peu pour atteindre à la vitesse désirée. Si le moteur doit être mis en marche pour la descente, on déplacera légèrement les contacts l’un vers l’autre de façon à produire un couple de sens inverse pour vaincre les frottements du cabestan. Si la charge n’est pas suffisante pour que le cabestan se dévide de lui-même on fera avancer les contacts l’un vers l’autre pour le démarrage pids on les arrêtera. Au contraire, si elle est assez grande pour faire tourner le cabestan, il faudra les ramener à la position de levage; le moteur, en freinant, fonctionnera alors comme dynamo et produira une certaine tension en débitant sur la ligne. On voit par ce qui précède ([lie la régulation se fait par une seule,manivelle et de façon presque instinctive. Le moteur électrique jouit essentiellement, en ce cas, des mêmes propriétés que le servo-motcur à vapeur de cabestan et il peut notamment rester
- Fig. a. — Kcgulation par enroulement de champ avec résistance en parallèle.
- arrêté pendant longtemps avec un couple plus ou moins grand et supporter une surcharge.
- Le second mode de régulation (fig. a) est semblable en principe au précédentà cette différence près que l’on établit en parallèle avec l’enroulement de champ une résistance le long de laquelle on déplace les contacts. Cette disposition n’exige pas l’établissement sur l’enroulement de champ de dérivations multiples qui pourraient occasionner des difficultés aux intensités assez fortes qui interviennent dans ce moteur.
- Le troisième mode de régulation (fig. i) serait le plus simple s’il n'y avait pas trop de difficultés à construire un moteur à courant continu satisfaisant aux exigences qu’il impose au point de vue de la commutation. Ici, le réglage s’effectue simplement par décalage des balais.
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- Pour indiquer comment se fait l'installation électrique d’après le système qu’on vient d’exposer, l’auteur établit une comparaison avec celui adopté par MM. A.-G. Burmcister cl VVaiu à bord du Selandia, navire à moteurs Diesel.
- Dans ce navire, la force totale dos cabestans est de 338 kilowatts et celle des autres installations électriques, de 9a kilowatts. Le Selandia dispose de deux dynamos de i(k> kilowatts, en sorte que quand tous les cabestans travaillent à pleine puissance absorbant au total 280 kilow atts, il reste pour l'éclairage, et les petits moteurs, /(o kilowatts disponibles. Si l’on considère, d’autre part, que la régulation des cabestans du Selandia s’opère sur le circuit principal, c’esl-a-
- ct, dans les conditions normales, on emploie les machines à la position 1, une seule des dynamos fournissant le courant à tous les moteurs de cabestan. Quand le moteur est au port et qu’on en effectue le chargement ou le déchargement, si la charge des cabestans est trop considérable pour une seule dynamo, on divise ces appareils en deux groupes, un pour chaque dynamo.
- Gomme on le voit, pour chaque dynamo de 100 kilowatts par 2 2 a ampères, la tension peut varier de o à !\!\o volts. Ce dernier chiffre est peut-être un peu élevé pour une installation de navire, mais il faut remarquer que ce n’est pas là la tension de chaque moteur mais de tous les moteurs et (pie tous les conducteurs, y compris les résistances de réglage, peuvent cire mis Corn-
- ing. .3. — Kégululion pur décalage des balais. La position de levage est indiquée en pointillé.
- Dynamo 7 |( j a Dynamo 2
- Schéma des connexions électriques pour la commande des cabestans dans le système avec Rasniussen.
- dire avec une grande perle, et qu'il n y a pus récupération à la descente des charges, comme tliins la méthode préconisée ici, mais, au contraire, qu’il y. a consommation plus grande qu’au levage, on peut admettre que 200 kilowatts sulfi-raient, en fait, à la manœuvre des cabestans par la nouvelle méthode.
- L’auteur suppose donc chacun des deux moteurs Diesel auxiliaires du Selandia accouplés à une dynamo de 100 kilowatts pour une intensité constante de aaS ampères et à une dynamo ordinaire de 5o kilowatts par 110 volts, pour le circuit d’éclairage et des petits moteurs. Le schéma des connexions de l’installation est donné dans la figure /, où l’on a fait abstraction de l’installation ordinaire d’éclairage et des petits moteurs.
- Chacune des dynamos à intensité constante peut donner du courant dans trois positions :
- i”, Pour tous les cabestans en série;
- 20 Pour le groupe des cabestans de la moitié avantxlu pont;
- 3" Pour le groupe de la moitié arrière.
- Dans le premier cas, l’interrupteur A est fermé
- plèlcmenl à l'abri de l'eau; qu’enfin, eu cas de court-circuit, le système est sans danger par lui-même, car la tension de la dynamo tombe presque à zéro au moment du court-circuit.
- Les moteurs doivent être établis pour une intensité de 22') ampères et une tension de 100 à 1'>0 volts. En raison des propriétés du système, on peut se passer de fusibles et de disjoncteurs à maximum. Pour chaque dynamo, on peut ins-taller un disjoncteur automatique qui fonctionne lorsque la charge, et, par suite, la tension dépassent les valeurs admissibles. Le dispositif de régulation de chaque moteur est d’un encombrement beaucoup plus faible que ceux employés jusqu’ici. Si le réglage s’opère par le champ, la résistance absorbe simplement de 5oo à 1 000 volts alors qu’elle est de 10 à i5 fois plus grande dans les dispositifs actuels. Par suite, comme elle dégage peu de chaleur, il est facile de rendre cette résistance absolument étanche à l’eau, moteur-série doit être pourvu d’un contact centrifuge qui, en cas de mauvais réglage, fait fonctionner le frein magnétique.
- (Eleklrolechnische Zeitschrift. 3 avril.)
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- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- La télégraphie sans fil sur le paquebot « Imperator ». — H. Thuru.
- Le paquebot Imperator qui vient d’être construit pour la Hamburg-Amerika Linie comporte une installation de télégraphie sans fil d’une importance remarquable.
- Cette installation satisfait aux conditions suivantes : En premier lieu, elle doit, non seulement permettre l’échange normal des télégrammes, mais encore recevoir, pendant tout le cours du voyage les nouvelles et les dépêches expédiées par les stations terrestres. En outre, le poste doit être capable de fonctionner indifféremment avec des longueurs d’ondes de 3oo, de 6oo, ou de i 8oo mètres. Enfin, dans le cas de rupture d’un mât, l’installation peut continuer à fonctionner.
- L’installation comprend un grand poste, d’une puissance de 7,5 kilowatts sur l’antenne, un petit poste d’une puissance de i,5 kilowatt et un poste de secours. Au grand poste correspond l’antenne principale en forme de T et formée de quatre fils placés horizontalement, entre les deux mâts distants de 170 mètres, à une hauteur de 64 mètres environ au-dessus de l’eau, La largeur totale de cette antenne est de 7 m. 5o sa longueur d’onde propre de 720 mètres pour une capacité de 2 3oo centimètres. En outre de cette antenne, l’installation dispose, pour le trafic normal avec la petite station et la station de secours, de deux antennes constituées chacune par un seul fil allant de chaque mât, à la hauteur de la première antenne, à la cheminée et de là au poste. Ces deux dernières stations ont respectivement des portées de 600 à 1 200 kilomètres et 200 à 400 kilomètres; la station principale a une portée de 1 5oo à 3000 kilomètres.
- L’appareil d’émission représenté par la figure, est celui de la station principale; les appareils sont renfermés dans une cage en fer et comprennent de gauche à droite un condensateur, deux ventilateurs, un transformateur, l’appareil d’excitation et les bobines. Les trois volants placés sur le marbre permettent d’obtenir l’une quelconque des trois longueurs d’onde.
- La puissance est fournie par un groupe formé d’un moteur à courant continu de 18 chevaux et d’un générateur à courant alternatif de 10 kilowatts dont la tension est élevée au
- moyen d’un transformateur de 220 à 12 000 volts.
- Le petit poste sert principalement aux communications avec les autres paquebots et les stations côtières distantes de moins de 1 200 kilomètres et fonctionne sous une longueur d’onde de 600 mètres. Le poste de secours, qui est placé dans une armoire spéciale, est alimenté par une batterie d’accumulateurs, susceptible, en cas de besoin, d’en assurer le fonctionnement pendant six heures.
- Poste d’émission de 7,5 kvv. de la station principale.
- Les appareils de réception offrent [quelques particularités intéressantes. Ils ont été établis, en effet, de manière à permettre l’émission et la réception simultanées au moyen d’un dispositif auxiliaire qui interrompt l’émission. Il est possible, par suite, de recevoir des télégrammes urgents provenant, soit de la station avec laquelle le paquebot se trouve en communication, soit d’une troisième station, ce qur est d’un intérêt considérable pour la sécurité générale des navires sur mer.
- Le service assuré par trois télégraphistes a permis jusqu’ici, avec les installations décrites, de rester en communication pendant toute la traversée avec les stations terrestres et de recevoir des télégrammes de presse réguliers à une distance de 4 000 kilomètres deNorddeich. Pendant les cinq premiers voyages, les postes de l'Imperator ont transmis 172 000 mots, soit une moyenne de 34 400 mots par traversée.
- (Elektrolechnik und Maschinenbau, 22 mars 1914.)
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- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- «k
- L’assemblée générale des actionnaires de la Compagnie Thomson Houston a eu lieu le 29 mai ; elle a approuvé les comptes de l’exercice, fixé à 35 francs par action le dividende de l’exercice qui sera mis en paiement le i5 juin au lieu du i5 juillet, comme les années précédentes, et réélu comme administrateurs MM. Burrel, Goury du Roslan, itiçe et Thurnauer. Au cours'actuel de G86 francs, le dividende précédent représente brut 5,i % et net 4,5 % ; la décision prise de le distribuer le i5 juin évitera cette année aux porteurs l’élévation du droit de transmission qui, comme chacun sait, sera porté à partir du ier juillet 1914 de o,25 à o,3o pour cent francs de la valeur moyenne du titre au cours de l’année. Le président de l’assemblée a fait allusion à la dépression générale des affaires au cours du deuxième semestre de 1913, dépression qui se poursuit et a eu pour effet de contribuer à la baisse des valeurs du portefeuille de la Thomson. Mais lé chiffre des commandes de la Compagnie 11’a pas subi le même contre-coup puisqu'il est en augmentation de deux millions, et les progrès des filiales qui continuent à se développer sont en contradiction avec ces mouvements de la Bourse qui participent des conditions défavorables du marché des capitaux sur toutes les places, en ajoutant que les actionnaires avaient lieu d’avoir confiance dans l’avenir des affaires de distribution dont les débuts sont toujours laborieux, mais qui arriveront à procurer une rémunération satisfaisante.
- Le président de l’assemblée devait penser à l’Energie Electrique du Littoral Méditerranéen qui constitue l’une des plus grosses entreprises de la Thomson et justifie, par ses résultats de 1913, l’augmentation du dividende qui est porté de 17 fr. 5o à 20 francs. Les bénéfices nets sont en augmentation sensible, passant de 1 922 640 francs à 2 177 061 francs et permettant l’attribution à la réserve légale et à l’amortissement du capital de 167849 francs et le report à nouveau d’une somme de 4^9211 francs.
- Une note d’un journal de Saint-Pétersbourg prétend que la Société de Kyshlime projette de concentrer entre ses mains la production de Cuivre de l’Oural ; cette société serait entrée en pourparlers avec les divers producteurs de minerai cuprifère pour obtenir la fourniture exclusive de toute la pro-
- duction ou pour arriver à une fusion de ces entreprises avec la sienne. Or la production du centre de I'Oural tient la première place en Russie avec 48,7 % dé la production totale en 1913, tandis que le centre du Caucase vient aü second rang avec 3o,2 % . En quatre ans, la production totale du cuivre en Russie a augmenté de 81 % ; elle a été de 2 048 293 pouds, et d’après les prévisions actuelles des usines, elle sera de 2470000 pouds pour 1914. L’ouverture des usines d’Atbassar, en Sibérie, et d’autres usines dans l’Oural permettra dc portey très rapidement ce chiffre à 3 millions de pouds.
- Comme nous l’avons fait remarquer un jour, la Russie n’est plus importatrice de cuivre et s’efforce de se suffire à elle-même : nous y avions vu une des raisons de maintien du cours du cuivre parce que la consommation des autres pays de l’Europe absorbe avec quelques variations en plus ou en moins, sa part de la production américaine. A l’heure actuelle, les approvisionnements visibles sont en augmentation; les consommateurs attendent le dénouement des événements mexicains et les cours pratiqués à Londres et à Paris sont sans variations sensibles sur ceux des semaines précédentes. Londres cotait le 29 mai £ 63,5 pour le Standard et .G 65,75 pour l’Eleclrolytique. Paris cotait 164 francs pour les basses marques ordinaires et i65 fr. 25 pour les premières marques. La tendance générale est plutôt vers la baisse.
- Tous les titres d’ailleurs, quels que soient leur valeur intrinsèque et leur rendement sont, en recul : le Rio Tinto s’inscrit à 1 744 ; la Parisienne de Distribution à 536 influencée probablement par l’annonce relative à la suppression du dividende; la Société d'Eleclricité de Paris descend à 626, cours plus en rapport avec son dividende actuel ; le Secteur de la Rive Gauche cote a55; celui de la place Clichy 1 585 ; enfin la Compagnie Générale d’Eleclricité est demandée aux environs de 1 240. Les Compagnies de Transports ne sont guère mieux traitées et la publication de leurs recettes, toujours en plus-value, ne contribue aucunement à leur attirer les faveurs d’un public qui attend la décision du Parlement quant aux questions fiscales.
- La Société Financière de Transporta et d’Entre-
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- LA! LUMIÈRE t EUECT/RIQU/Ei
- T3t
- 6 Juitt 4944»'. ,:j
- prises Industrielles étant intéressée à plusieurs sociétés françaises de Distribution d’énergie, nous signalons sa nouvelle augmentation -de- - capital votée par l’assemblée générale extraordinaire du ».3avril 1914* Le capital est porté de 20 à 25 millions par l’émission de 10 000 actions d’une valeur nominale de 5oo francs réservée exclusivement aux porteurs des‘actiotts de capital aiiciennës et des dixièmes de part dé fondateurs ; les porteurs des 4o oôd actions de capital pourront souscrire à raison d’une action nouvelle pour 6 anciennes, ou de 2 pour 11, ou dé 3 pour 16 aux 7 5op titres mis à leur disposition ; tandis que les porteurs des 10)000 part s,de fondateurs auront le droit de souscrire à raison d’une action pour 4 dixièmes de part aux 2 5oo autres actions. Les titres des deux catégories non souscrits seront répartis au prorata de leur souscription réductible à ceux des actionnaires ou porteurs1 de parts qui en auront fait la demande. Le prix d’émission est fixé à 1 i35 francs. On remarquera d’unè part le taux de la prime et d’autre part le mode de répartition. Le cours actuel de l’action ancienne étant aux environs de 1 2Üo, coupon de 62 fr. 5o non détaché, l’avantage des anciens porteurs se chiffre par une quarantaine de francs; le mode de répartition confère aux porteurs de: parts de fondateurs un ; [droit- qui ménage leurs intérêts en leur permettant de participer par leurs actions de capital a une' répartition au cas où les bénéfices ne seraient pas suffisants pour prévoir des rémunérations de JjartS. Eh France on ne réserve jamais ces avantages aux fondateurs lors des augmentations de capital : on tend au contraire à les considérer comme une gêne pour le développement des sociétés et;on. cherche à les éliminer par le rachat de leurs droits; cette méthode a pour résultats dans lès sociétés qui se fondent d’entraver leur fonctionnement initial par l’exagération des attributions en espèce ou éh actions de capital.
- La Financière de Transports a réalisé en 1913 un bénéfice net de 3 15o 000 francs contre 2 470 ooo francs en 1912 provenant exclusivement du revenu des titres et participation, les bénéfices sur réalisations étant' affectés entièrement aux amortissements. Le portefeuille qui figure au bilan pour i5 millions de francs, soit pour un montant inférieur de 9 millions à-ee'lui de l’an dernier peut être estimé à 4'b millions de francs environ. Le dividende a été fixé à 62 fr. 5o contre 55 francs, pour les actions de capital et à 37 fr. 5o
- contre 22 fr. 5<> pour les dixièmes de parts.
- La Société Russe des Usines Siemens-Schuckert, ' à Saint-Pétersbdurg, qui résulte de la fusion des Usines Siemens etHalske et de la Société Schuclcert et Cle a réalisé en 1913 un bénéfice net de 1 297 425 roubles permettant la réparlitition d’un ! dividende de (i % sdr le 'capital de 2!» millions de roubles.
- On annonce l’absoçption par la Ligure-Toscana d’Electricité de la Société d’Electricité Toscane ayant son siège à Pise. Cette dernière appartenait directement au groupé Siemens ; mais comme celui-ci possède avec la Société Suissé pour l’Industrie électrique un grand nombre d’actions de la Ligure-Toscana, il demeure par le fait indirectement intéressé à la Société d’Electricité Toscane qui distribue lumière et force dans la province de Pise. Par la plus-value des recettes des quatre premiers mois de l’exercice, égale à 584 164 francs sur un total de recettes de 1 349 499 francs, on peut se faire une idée de l’essor pris en Italie par les sociétés de Distribution d’énergie. On peut dire que les banques allemandes qui ont contribué à la création et au développement de ces sociétés recueillent maintenant le fruit d’efforts persévérants que les difficultés du début n’ontjamais lassés. Lesconstructeursallemands y ont trouvé leur compte ; aujourd’hui encore, on ne connaît que leur matériel dont les prix sont encore inférieurs à ceux de leurs autres concurrents étrangers; ils sont ainsi maîtres d’un marché fort important où le succès n’est assuré que par le bas prix, sans considération de valeur ou deSupériorilé.
- La Société Générale vient de "contribuer à la constitution de la Société Franco-Espagnole d’Electricité à Paris fondée au capital de 12 millions et demi de francs. Ce nouveau groupement aurait pour but principal de fournir à la Barcelona Traction Light and Power Company les capitaux dont elle aurait besoin. Celle-ci, de,,par ses accords avec les Tram-: ways de Barcelone, vient d’assurer aux actions de cette entreprise 11 -% de dividende aux actions de | capital et 44 fr. 3t aux parts de fondateurs pour l’èxercice 1913'. Ett 1912, il àvait réparti 10 % et i 37 fr. 5o. Il est bon de rappeler que, d’après ces . mèmès accords, lé dividende des actions de capital des Tramways est fixé à 12 % pour 1914 puis i3 % jusqu’à atteindre i5 % en 1920.
- T, B.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TÉLÉPHONIE
- Décret du 5 mai modifiant le tarif des abonnements téléphoniques (Fin). (<).
- Art. 3. — Les dispositions de l'article 7 du décret du 7 mai 1901, modifiées par le décret du ai mai 1910 sont remplacées par les suivantes :
- « Art. 7. — L’abonnement principal ou supplémentaire, concédé sous le régime forfaitaire (local ou de groupe) ou sous le régime des postes exclusivement destinés à permettre l'échange de communications interurbaines, est consenti pour une durée minimum d’un an.
- « L’abonnement principal, concédé sous le régime des conversations taxées, est consenti pour une durée maximum de deux ans.
- « L’abonnement supplémentaire, concédé sous le régime des conversations taxées, est consenti pour une durée minimum d’un an.
- u Les différents abonnements visés aux alinéas ci-dessus se continuent de trimestreen trimestre par tacite reconduction.
- a L’abonnement principal ou supplémentaire, concédé sous le régime forfaitaire temporaire, est consenti pour une durée minima d’un an; il se continue d'année en année par tacite reconduction.
- « Un abonnement peut être résilié sur avis donné à l’administration, au moins quinze jours avant l’expiration de la durée minima de l’abonnement, ou d’une période trimestrielle ou annuelle ultérieure, suivant le régime d’abonnement.
- « 'La résiliation d’un abonnement principal entraîne la résiliation des abonnements supplémentaires correspondants; mais les sommes versées pour le trimestre en cours, ou à titre de redevance fixe de l’année en cours de ces abonnements supplémentaires, restent définitivement acquises à l’Etat.
- a L’administration peut, à tout moment, et même avant l’expiration de la durée minima, mettre fin à un abonnement, dans des conditions déterminées par arrêté ministériel, en remboursant le montant des redevances principales ou accessoires se rapportant à la période trimestrielle ou annuelle, suivant le régime d'abonnement, restant à courir, et le cas échéant, à des trimestres ou à des périodes annuelles versées par anticipation.
- (*) La Lumière Electrique, a3 et 3o mai 1914, P- 670 et 702.
- u Les sommes versées à titre de parts contributives aux frais d’établissement des lignes demeurant, dans tous les cas, définitivement acquises à l’Etat. »
- Art. 4- — Les dispositions de l’article 9, a* alinéa du décret du 7 mai 1901, sont modifiées comme suit :
- a Des postes supplémentaires ordinaires, et des postes supplémentaires à appel direct peuvent être rattachés, aux conditions de taux fixées par l’article 4, aux postes téléphoniques principaux exclusivement destinés à permettre l’échange de communications interurbaines Les lignes et les organes de ces postes supplémentaires sont établis aux conditions prévues par l’article S pour les abonnés forfaitaires. »
- Art. 5. — Les dispositions de l’article i5 du décret du 7 mai 1901 modifié par les décrets des 10 juillet 1903, 11 avril 1911 et 25 juin 1912, sont remplacées par les suivantes :
- « Art. 15. — Le taux, en principal, des abonnements temporaires se compose :
- « i° D’une redevance fixe;
- « 20 D’une redevance d’abonnement proportionnelle à la durée pendant laquelle le poste est effectivement mis à la disposition du titulaire.
- <1 Ces redevances sont fixées ainsi qu’il suit :
- POSTES PRINCIPAUX
- I. — Redevance fixe.
- i° A Paris :
- a) 100 francs par poste principal permettant de demander et de recevoir des communications;
- b) 75 francs par poste principal permettant seulement de demander des communications avec les abonnés du réseau de Paris ;
- c) j5 francs par poste principal permettant seulement de recevoir des communications;
- a° A Lyon : 7S francs par poste principal;
- 3° Dans tous les autres réseaux, 5o francs par poste principal.
- II. — Redevance d'abonnement,
- a) Par période trimestrielle :
- i° A Paris :
- a) 100 francs par poste principal permettant de demander et de recevoir des communications;
- b) 75 francs par poste principal permettant seulement de demauder des communications avec les abonnés du réseau de Paris;
- c) 75 francs par poste principal permettant seulement de recevoir des communications.
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- 6 Juin 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 733
- Le bénéfice de l’application du tarif de 75 francs comporte pour l’abonné l’obligation de souscrire un nouvel abonnement principal, au même taux ou au taux de 100 francs pour le doublement de toute ligne dont le trafic atteint 3 000 communications au cours d’une période trimestrielle ;
- a° A Lyon, 75 francs par poste principal j 3° Dans tous les autres réseaux, 5o francs par poste principal.
- b) Par période mensuelle : i° A Paris :
- a) 40 francs par poste principal permettant de demander et de recevoir des communications ;
- b) 3o francs par poste principal permettant seulement de demander des communications avec les abonnés du réseau de Paris; '
- c) 3o francs par poste principal permettant de recevoir des communications.
- Le bénéfice de l’application du tarif de 3o francs comporte pour l’abonné l’obligation de souscrire un nouvel abonnement principal, au même taux ou au taux de 4o francs pour le doublement de toute ligne dont le trafic atteint 1 000 communications par période mensuelle ; a® à Lyon :
- 3o fraucs par poste principal ;
- 3° Dans tous les autres réseaux, ao francs par poste principal.
- POSTES SUPPLÉMENTAIRES
- Tarif A.
- i° Postes supplémentaires ordinaires.
- I. — Redevance fixe.
- 1“ A Paris, 12 fr. So par poste supplémentaire; a° Dans tous les autres réseaux, 10 francs par poste supplémentaire.
- II. — Redevance d'abonnement.
- a) Par période trimestrielle :
- i° A Paris, ia fr. 5o par poste supplémentaire; a° Dans tous les autres réseaux, 10 francs par poste supplémentaire.
- b) Par période mensuelle :
- i° A Paris, 5 francs par poste supplémentaire; a° Dans tous les autres réseaux, 4 francs par poste supplémentaire.
- 2° Postes supplémentaires à appel direct.
- A. — Postes supplémentaires utilisés par le titulaire de l’abonnement principal ou pour son service (établissements commerciaux et industriels, administrations, banques, hôtels, etc.).
- I. — Redevance fixe.
- i° A Paris, 18 fr. 75 par poste supplémentaire; a° Dans tous les autres réseaux, t5 francs par poste supplémentaire.
- II. — Redevance d'abonnement.
- a) Par période trimestrielle
- i° A Paris, 18 fr. 75 par poste supplémentaire ; ,
- a° Dans tous les autres réseaux, i5 francs par poste supplémentaire.
- b) Par période mensuelle :
- i° A Paris, 7 fr. 5o par poste supplémentaire;
- 2* Dans tous les autres réseaux, 6 francs par poste supplémentaire.
- B. — Postes supplémentaires établis pour l’usage de personnes autres que le titulaire de l’abonnement principal (locataires d’immeubles, etc.) :
- ,^1. — Redevance fixe.
- i°A Paris, 25 francs par poste supplémentaire;
- 20 Dans tous les autres réseaux, 20 francs par poste supplémentaire.
- II. — Redevance d’abonnement.
- a) par période trimestrielle :
- i° A Paris, 25 francs par poste supplémentaire ;
- 2° Dans tous les autres réseaux, 20 francs par poste supplémentaire.
- b) Par période mensuelle :
- i° A Paris, 10 francs par poste supplémentaire;
- 2° Dans tous les autres réseaux, 8 francs par poste supplé mentaire.
- Tarif B.
- Pour les installations comportant plus de dix abonnements supplémentaires, les abonnés ont la faculté de choisirentre le tarif A et le tarif B (tableaux III et IV).
- Le bénéfice des tarifs B comporte pour l’abonné temporaire l’obligation de souscrire, pour le service de ses postes supplémentaires, un second abonnement principal dès que son trafic total (départ et arrivée) atteint le chiffre de 3 000 communications par période trimestrielle ou de 1 000 par période mensuelle.
- A chaque série de 3 000 ou de 1 000 communications, suivant le cas, au-dessus de la seconde, et, le cas échéant, à la fraction de série excédente doit de même correspondre un nouvel abonnement principal pour le service des postes supplémentaires.
- Dispositions communes aux postes principaux et aux postes supplémentaires.
- Dans tous les cas, la ligne et le poste peuvent être maintenus à la disposition de l’abonné sous réserve du paiement, pour chaque nouvelle période de douze mois, de la redevance fixe indiquée ci-dessus.
- Les postes et les lignes d’abonnement sont mis à la disposition des abonnés temporaires aux conditions générales fixées pour les abonnés forfaitaires-annuels.
- Art. 6. — Les dispositions du présent décret seront mises en vigueur à partir du i,r juillet 1914.
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- LA LUiMJEKE ELECTRIQUE T.XXV(2e Série)'. WH*»B37.
- Taei.eau JII. — Postes supplémentaires ordinaires.' ' I ' ’
- DÉSIGNATION * “ ' Y’-r • PARIS ".} . il. autres Réseaux
- 1. — Redevance fixe. ; - • i Du ier au ioe abonnement supplémentaire, par abonneifient (/!j ... . • 't i*î :)0 ». IO » '
- A partir du 1i® abonnement supplémentaire, par abonnement . .i. . .. 7 5o 6 » ‘
- II. — Redevance d’abonnement. a) Par période trimestrielle : ! Du i ®® au id® abonnement supplémentaire, par, abonnement ('). . . i . . . . i2 5o- IO » t .
- A partir du i i® abonnement supplémentaire, par abonnement (').. . b) Par période mensuelle : . Du rer au io° abonnement supplémentaire, par abonnejneni (') ........ A partir du 1 i® abonnement supplémentaire, par abonpement ('). . . . , . 7 5o,. • 6 »
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- 3 >> 2 »
- (*) Afférents à une même inst.allntinn. - ; '
- ‘ Tauleau IV. Postes supplémentaires à appel direct.
- A. — Postes supplémentaires utilisés par ie li|ulaire du poste principal ou pour son service. (Etablissements commerciaux; çt industriels, administrations, banques, hôtels, etc.).
- ——— __ . ; ; ; 1 ; , DÉSICXATIO^i j PARIS AUTRES RÉSEAUX
- ! I. — Redevance fixe.
- Du iBr au ioe abonnement supplémentaire, par abonnement (') 18 75 i 5 »
- A partir du 11® abonnement supplémentaire, par abonnement (') ii ü5 9 »
- 11. — Redevance d’abonnement.\ i a) Par période trimestrielle : ; Du ic® au io« abonnement supplémentaire, par abonnerqenl (') ' 18 7 .5 j 5 »
- A partir du 11® abonnement supplémentaire, par abonnement (1 ) . . . » 11 a5' 9 »
- b) Par période mensuelle : j
- Du i®1'au io° abonnement supplémentaire, par abonnement (•) 7 5o 6 »
- A partir du 11® abonnement supplémentaire, par abonnement (). i 4 5o 3 » .
- (•) Afférents à une même installation. ’
- 11. Postes supplémentaires établis pour l’usage de per.sqnnes autres que le titulaire de l’abonnement principal
- (Locataires d’immeubles, etc.) , • . •
- DÉSIGNATION PARIS AUTRES RÉSÉAUX
- - i I. —• Redevance fixe, j *"
- Du i®® au io« abonnement supplémentaire, par abonnement (') A partir du 11e abonnement Supplémentaire, par abonnement (').' ,, » , 20 ,, »
- 15 » 12 »
- II. — Redevance d’abonnement., :
- a) Par période trimestrielle : i Du ie® au 10® abonnement supplémentaire, par abonnement (') * ; • •X 5 » 20 »
- A partir du n« abonnement supplémentaire, par abonnement j1) i5 » . I 2 ))
- b) Par période mensuelle : Du i»'® au 10e abonnement supplémentaire, par abonnement (M IO » 8 » ,
- A partir du 11® abonnement supplémentaire, pur abonnement (*) 6 ’ » ’ ,4 »(.
- (•) Afférents^ à une même installation.
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- 6 Juin 4914.
- LA ‘LUMIÈRE ÉLECTRIQUE .
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- Aut. 7. — Le'ministre du Commerce, de l'Industrie, des Pqstes et des Télégraphes est chargé de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel et inséré au Bulletin des Lois.
- Fait à Eze, le 5 mai 1914.
- H. Poincaré.
- Le ministre des Finances,
- René Renoui.t,
- Le ministre du Commerce, de l'Industrie, des Postes et des Télégraphes, Rxoui. PlîllET.
- TRACTION
- Indre-et-Loire. — Le conseil général a adopté le rapport concernant le projet de construction du tramway de Tours à Epeigné-sur-Deine. Cette ligne qui aura 5o kilomètres coûtera au département i 5oo 000 francs.
- Loire-Inférieure, — Le conseil général a émis un avis favorable à l’établissement d'un chemin de fer à traction électrique, de la gare de Pornicliel au pont du Pouliguen.
- Haute-Vienne. — Un emprunt de 357 600 francs a été voté par le conseil général pour la construction d’une station à Tuillière et l’acquisition de six voitures automotrices pour les tramways départementaux.
- Luxembourg. — Le gouvernement luxembourgeois vient de décider la construction d’un réseau de tramways électriques dans la région industrielle d’Esch-sur-Alzette.
- NOMINATIONS
- Sont promus ou nommés dans l’ordre national de la Légion d’honneur, à l’occasion de l'Exposition universelle et internationale de Gand :
- Au grade de commandeur.
- M. Arbel (Lucien-Pierre), maître de forges à Paris, vice-président du Comité d’organisation de la Section française. Officier du 11 décembre 1900.
- Au grade d'officier.
- MM.
- Dreux (Alexandre-François), industriel, administrateur directeur de la Société des Aciéries de Longwy. Membre du Comité d’organisation de la Section française. Président de la classe 64. Chevalier du g octobre i8g3.
- Javaux (Emile-Julien), ingénieur civil, administrateur délégué de la Société Gramme, à Paris. Hors concours. Membre du jury. Président de la classe 23. Chevalier du 14 août 1900.
- Michel (Charles-Ferdinand), constructeur-mécanicien
- à Paris. Participation active à l’organisation et à l’apprentissage industriel. Hors concours. Membre du jury de l’Enseignement technique. Chevalier du i5 mai 1910.
- Au grade de chevalier.
- MM.
- Ancel (Joseph-Alfred), ingénieur. Président du Conseil d’administration de la Compagnie du Gaz à Lyon. Hors concours, président du jury (classe 75) ; 63 années de services.
- Collin (Georges-Thomas-Pierre), ingénieur en chef des Services centraux du matériel et de la traction à la Compagnie du Chemin de fer du Nord à Paris. A pris une part très active à l’organisation, à Gand, de l’exposition de la Compagnie du Chemin de fer du Nord, dont les machines, voitures et wagons, de types divers, occupaient une place importante ; 28 années de services.
- Imbs (Jules-Edouard), ingénieur en chef de la Compagnie Parisienne d’Electricité à Paris. Grand Prix, classe a3 obtenu par ladite Société ; 23 ans de pratique professionnelle. Titres exceptionnels : a élaboré les projets et dirigé les travaux de construction des deux grandes usines électriques de Saint-Ouen et Issy-les Moulineaux.
- SOCIÉTÉS
- CONSTITUTIONS
- Société d’Energie Electrique du Secteur Voltaire. —
- ' Durée : 5o ans. — Capital : 45° 000 francs. — Siège social : 94, rue Amelot, Paris.
- \
- CONVOCATIONS
- Société de Distribution d’Electricité de l’Ouest. —
- Le 11 juin, 41, me dé Provence, h Paris.
- Energie Electrique du Littoral Méditerranéen. —
- Le i3 juin, 7, rue de Madrid, à Paris.
- Société d’Energie Electrique de la Manche. — Le
- i3 juin, 43, boulevard Haussmann, à Paris.
- Société Hydro-Electrique Roussillonnaise. — Le i3 juin, 7, rue Lafayette, à Paris.
- Energie Electrique du Centre de l’Espagne — Le i3 juin, 90, rue de la Victoire, à Paris.
- Société Continentale de Traction et d’Eclairage par l’Electricité. — Le i-5 juin, 60, rue Caumartin, à Paris.
- Compagnie des Tramways de Tunis — Le i5 juin. 3, rue Moncqy, à Paris.
- Société des Télégraphes Multiplex. — Le i5 juin, 60, rue Caumartin, à Paris.
- Compagnie de Gaz et d’Electricité du Mans, de Vannes et de Vendôme. — Le 17 juin, 56, rue de Provence, à Paris.
- Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité.
- Le 20 juin, 19, rue Blanche, à Paris.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2e Série). — N° 23.
- Compagnie des Tramways de l’Est Parisien. — Le
- âo'juin, (i, rue Chauchat,' à Paris.
- Compagnie du Chemin de fer de Bayonne à
- Biarritz. — Le 2'2 juin, 69, rue de Miromesnil, à Paris.
- Compagnie des Chemins de fer de Pau-Oloron-Mauléon et Tramways de Bayonne-Biarritz.. — Le 22 juin, 69, rue! de Miromesnil, à Pacis.
- 1 Société des Applications de l’Elèctricité à la Traction. — Le 23 juin, rue Cliauveau-Lagarde, à Paris.
- Compagnie des Tramways de Roubaix et de Tourcoing.— Lé 23 juin, 19, rue Blanehe, à Paris.
- Etablissements Ch. Lefebvre et Cie. — Le 26 juin, lo5, rue Saint-Lazare, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- L’Administration des Chemins de fer de l’Etat, à Paris, va procéder à l’achat de pièces pour frotteurs de prise de courant de voitures automotrices.
- Les industriels désireux de remettre des offres de prix pour cette fourniture pourront, -pour obtenir tous renseignements et documents utiles, s’adresser à M. l’Ingénieur principal des approvisionnements et des magasins, 42, rue de Châteaudun, à Paris, tous les jours ouvrables de 9 à 12 heures et de 14 à 18 heures.
- Les offres devront parvenir à M. le Président des adjudications des Chemins de fer de l’Etat (Comptabilité générale), 20, rue de. Home, à Paris, le 8 juin 1914, au plus tard, avant 18 heures.
- ¥ .
- L’Administration des Chemins dé fer de l'Etat, à Paris, a l’intention d’acquérir 93 , locomotives compound à quatre cylindres et à surchauffe type « Pacilic ». .
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à ‘ cét égard, dans les bureaux du'sérvice'du matériel et de la traction (Matériel), 44j rue de Rome, à Paris, tous lés jours de la semaine de 14 â 17 heures.
- Les offres devront être remises pour le 22 juin prochain au plus tard.
- ' BELGIQUE
- Le 19 juin, à midi, à l’Hôtel de ville, à Anvers, installation de l’éclairgge électrique des deux hangars à établir aux n08 81 et 82 du Bassin-Canal prolongé; cautionnement: 5oo francs; cahier des charges : o fr. 5o.
- Le 24 juin, à n heures, en la salle de la Madeleine, à Bruxelles, fourniture de câbles et d’accessoires nécessaires à l’Administration des Télégraphes et des Téléphones (Cahier des charges spécial n° 2i5). Soumissions recommandées le 20 juin.
- PAYS-BAS
- Le 23 juin 1914, à la Société Anonyme « lvabelmaals-, chappy », circonscription de Leuwarden, à Leuwarden, fourniture des câbles électriques pour courant triphasé, nécessaires aux services de ladite Compagnie.
- | On peut se procurer le cahier des charges et plans (prix : 1 florin 20) relatifs à cette adjudication à la Direction de l’Electricité de la commune, à Leuwarden.
- 1
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- PABIS — IMPRIMERIE LBV*, 17, BUE CASSETTE.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente-slxleme année
- Tome XXV (2* série). N® 24
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- E. IMBS. — Les Usines de la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricitéf/îreJ...
- H. P. — Une locomotive pétroléo-électrique.
- Locomotive de manoeuvre à accumulateur avec attelage magnétique..........
- J. RETVAL. — L’Exposition annuelle de la Société Française de Physique............
- Publications techniques
- Construction et essais de machines
- Synchronoscope enregistreur.............
- Compteur de pointe à relais et à dépassement. — K. Landieu............................
- 7'J7
- 747
- 748
- 7S0
- Télégraphie et téléphonie Le système Gott de télégraphie sous-marine. . 757
- Statistique ’ .
- L’industrie électrique américaine sur le marché. mondial................................... 789
- Correspondance. — Unification des systèmes
- de fourniture d’électricité en Chine.. . 762
- Nécrologie.................................. 762
- Etudes et Nouvelles Economiques.............. 763
- Renseignements Commerciaux................... 765
- Adjudications................................ 768
- SAMEDI 13 JUIN 1914.
- LES USINES DE LA COMPAGNIE PARISIENNE DE DISTRIBUTION D’ÉLECTRICITÉ (Fin)w
- Nous donnons la fin de la conférence faite par M. Itnbs à la Société des Ingénieurs civils de France. L'auteur, après un historique de la distribution d’Electricité à Paris avant 1907 et une étude de la convention intervenue entre les Secteurs et la Compagnie Parisienne de Distribution d'Électricité, donne une description très détaillée du réseau de distribution ainsi que des deux usines nouvelles de la Compagnie Parisienne de Distribution d'Électricité situées l'une au nord, Vautre au sud-ouest de Paris.
- Service du combustible.
- Le service du combustible comporte, tant pour l’amenée du charbon, qiie pour l’enlèvement des cendres et mâchefers, 3 subdivisions en quelques sorte distinctes :
- i° La manutention intérieure, c’est-à-dire les transports correspondant à chaque rue de chauffe considérée isolémentct avec des silos de réserve ;
- 20 La liaison avec la loi ferrée; , .
- 3° La liaison avec la Seine.
- Manutention intérieure. — La manutention est assurée dans chaque rue de chauffe par un convoyeur général à godets d’un débit de 5o tonnes à l’heure, doublé à titre de secours par un palan transbordeur à benne piocheuse d’un débit de 25 tonnes.
- Le convoyeur, disposé dans le plan vertical de l’axe de chaque rue de chauffe, fait le tour de la chaufferie et des silos de réserve. Son brin inférieur passe dans la chaufferie au niveau xtu rez-de-chaussée; il est logé à la sortie dès chaufferies
- (*) Lumière Electrique, du 6 juin 1914, page 7o5.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2* Sérje).—N° 24.
- dans une galerie souterraine de 2 ni. 70 de largeur sur 2 mètres de hauteur établie sous les silos.
- Le chemin de roulement du brin supérieur est installé sur une passerelle à laciuelle sont en même temps fixés les rails des palans transbordeurs.
- Qu’il provienne des bennes du palan ou du convoyeur, le charbon se déverse dans des silos de consommation courante qui occupent la travée centrale de chaque Vue de chauffe à l’étage des économiseurs.
- permettent ainsi d’aviser en temps utile le service de manutention.
- Silos de réserve. — Les silos de réserve correspondant à l’élément de 25 000 kilowatts sont divisés en G compartiments correspondant 3 par 3 à une rue de chauffe, etprésentantchacun une arête inférieure formée, le long du tunnel du convoyeur correspondant, par la rencontre de 2 glacis à 38° assurant la descente automatique du charbon vers les orifices d’écoulement du charbon dans les godets du convoyeur.
- Ces réservoirs sont au nombre de 5 par rue de chauffe. Ils ont chacun 60 tonnes de capacité et alimentent chacun les grilles des deux chaudières symétriquement placées, par l’intermédiaire de 2 bascules automatiques Avery et de goulottes de descente-
- Des indicateurs de niveau à contact électrique avertissent les chauffeurs lorsque la réserve de combustible d’un silo devient insuffisante, et leur
- Les silos de réserve, qui couvrentune superficie de 1 35o mètres carrés pour un élément de 25 000 kilowatts, sont construits en béton armé. Ils peuvent contenir environ 11 000 tonnes par élément. Chaque compartiment mesure 220 mètres carrés de superficie, à une hauteur de n m. 5o et le charbon peut y atteindre une hauteur de i5 mètres.
- L’emmagasinement de telles quantités de com-
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- 13 Juin 1914.
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
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- bustibles sur clés épaisseurs considérables entraîne nécessairement le risque d’incendie ; on a installé dans chaque compartiment des buses d’injection placées à mi-hauteur le long-dès glacis et par lesquelles il est possible d’attaquer le feu au moyen de jets d’eau alimentés par une canalisation d’incendie à 20 kilogrammes de pression qui ceinture les bâtiments.
- Le charbon pris par le convoyeur général à son arrivée au droit des silos peut être mené directement aux chaufferies ou versé dans les silos de réserve.
- Dans ce dernier cas, la reprise s’effectue au moyen de valves ménagées au plafond de chaque tunnel et sous lesquelles peut circuler un distributeur mobile permettant le chargement de godets des brins inférieurs du convoyeur.
- Service des cendres et mâchefers. — Le service des cendres, mâchefers et charbon non brûlé, es t assuré par des transporteurs à tablier, d’un débit de 5o tonnes à l’heure, qui sont disposés sous chaque file de chaudières et qui, par l’intermédiaire d’autres tabliers perpendiculaires, ramènent les résidus de la combustion dans l’axe de la rue de chauffe correspondante, au convoyeur général à godets. Le chargement de celui-ci s’effectue à travers un broyeur à mâchefer disposé dans une fosse dont le radier se raccorde avec celui du tunnel du convoyeur sous silos.
- Avant d’être envoyés à l’usine à briques dont il sera question plus loin, les mâchefers, chargés sur le convoyeur général de la rue de chauffe, sont mis en dépôt dans des silos spéciaux à mâchefer placés à l’arrière des silos àcharbon à l’usine Nord et sur le côté de ces silos à charbon à l’usine Sud.
- La manutention intérieure du combustible exige danscette dernière usine, par suite des dispositions particulières des lieux, une série de 3 convoyeurs à godets supplémentaires perpendiculaires aux convoyeurs généraux des rues de chauffe.
- Liaison avec la voie ferrée. — Les liaisons avec la voie ferrée sont totalement différentes auxdeux usines à cause des sujétions locales.
- A l’usine Nord le raccordement par voie ferrée est réalisé entièrement à niveau. Il comporte deux points de soudure avec les voies de la Compagnie du Nord. L’embranchement normal se fait du côté de la Seine. La voie principale se détache de la ligne de Saint-Ouen, pénètre en courbe dans le terrain de l’usine et se dirige le long de la rue
- Ardouin pour se raccorder de nouveau au chemin de fera l’aval de la gare des Docks.
- Trois voies de service se détachent de la voie principale.
- Deux d’entre elles permettent d’amener les wagons chargés de charbon au droit de 4 doubles jeux de trémies desservant 2 par 2 les 4 convoyeurs généraux des chaufferies ; l’un de ces jeux de trémies comporte un broyeur en prévision de l’emploi du tout venant.
- Ces deux voies permettent également de recevoir sur wagons les mâchefers préalablement mis en silos.
- La troisième voie est destinée en principe à la manœuvre des wagons vides.
- Une quatrième voie de secours, qui passe entre les silos et les chaufferies, peut être utilisée poulie déchargement du combustible au moyen des palans de secours des rues de chauffe.
- L’ensemble des voies se prolonge du côté extension de l’usine en prévision de l’installation d’un parc à charbon permettant d’accroître les réserves de combustible.
- A l’usine Sud, la liaison avec la ligne de Paris à Versailles se fait en viaduc à 4 in. 75 au-dessus du sol. Ce viaduc longe les silos etles chaufferies et arrive au droit de 3 doubles trémies de déchargement qui sont situées parallèlement aux rues de chauffe au lieu d’être perpendiculaires à ces rues.
- Toute la différence avec l’usine Nord réside de cette situation des lieux qui oblige à effectuer la manutention par l’intermédiaire de l’un ou l’autre des 5 convoyeurs supplémentaires perpendiculaires au convoyeur principal normal des rues de chauffé.
- Aux deux usines, les salles des machines sont bien entendu reliées au chemin de fer par une voie spéciale desservant les ponts roulants de 5o tonnes qui y sont installés.
- Liaison avec la Seine. — Ici encore les conditions du problème étaient différentes auxdeux usines.
- A l’usine Nord, on a réalisé les transports entre la Seine et l’usine au moyen de trémies automotrices électriques.
- Les grues à benne piocheuse, qui circulent sur l’appontement en béton armé établi en Seine, déchargent le charbon dans des trémies magasins sous lesquelles roulent, suivant le débit, une ou deux automotrices électriques.
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XXV (2* Série). — N»24.
- Un viaduc supporte, à 6 mètres au-dessus du sol, la voie ferrée de ces trémies automotrices et son rail de prise de courant, et raccorde l’appon-tement aux silos en franchissant le quai de Seine et la ligne des docks.
- Chaque trémie automotrice assure un transport horaire de 5o tonnes, elle déverse le charbon dans les trémies situées à l’arrière des silos en alimentant à volonté chacun des convoyeurs longitudinaux des rues de chaulfe.
- Des indicateurs de niveau à contact électrique permettent au wattman des trémies automotrices de connaître l’état de charge des trémies magasins et le wattman provoque de sa cabine l’ouverture des trappes de chargement.
- A l’usine Sud, le transport du charbon venant par eau a dû être réalisé par un convoyeur souterrain qui passe sous la rue Bara. Le chargement de ce convoyeur se fait sur l’appontement par l’intermédiaire d’un transporteur à tablier alimenté par une grue piocheuse.
- Utilisation des mâchefers. Usines à briques. —
- Toutes les dispositions ont été prises pour qu’aux deux centrales on puisse, à l’aide des appareils installés, enlever les mâchefers soit par wagons, soit par bateaux, soit par tombereaux.
- Mais . on a jugé avantageux l’installation d’usines à briques sur les terrains des centrales. Ces usines occupent à Saint-Ouen et à Issy-les-Moulineaux les superficies respectives de 3 ooo et i 5oo mètres carrés.
- Service de la production de l’énergie électrique.
- Turbo-alternateurs.
- Les considérations qui ont été développées précédemment ont conduit à assurer la production de l’énergie électrique par des groupes tur-bo-alternateurs capables de fournir ia 5oo kilowatts pendant la pointe et entièrement autonomes.
- Les groupes turbo-alternateui's installés d’après cette conception dans les 2 usines au nombre de 11 comprennent :
- A l’usine Nord : 5 turbines mixtes Brown-Boveri-Parsons à admission centrale et à a échappements, dont 3 construites par la Compagnie Electro-Mécanique, directement accouplées à 3 alternateurs des Ateliers de Constructions
- Electriques du Nord et de l’Est, et a construites par Fives-Lille, accouplées à a alternateurs de cette Société;
- Deux turbines d’action système Zoelly-Société Alsacienne, accouplées à 2 alternateurs de cette société;
- Une turbine d’action système Rateau, directement accouplée à un alternateur de la Compagnie de Fives-Lille.
- A l’usine Sud-Ouest : 3 turbines d’action système Zoelly-Schneider, directement accouplées à 3 alternateurs Schneider.
- Tous ces groupes, alimentés avec de la vapeur surchauffée à i3 k. 3oo et tournant à i 255 tours par minute, fournissent aux bornes de l’alternateur clos et convenablement ventilé une puis-
- Fig. io. — Usine Sud-Ouest. Groupe turbo-alternateur Schneider.
- sauce utile normale de toooo kilowatts atteignant pendant deux heures 12 5oo kilowatts et pendant une demi-heure i5ooo kilowatts, sous forme de courant diphasé 12 3oo volts, 41 périodes 2/3.
- La turbine et l’alternateur sont réunis par un accouplement rigide; un accouplement semi-élastique permet à l’alternateur de commander l’excitatrice auto-excitatrice à réglage de champ et la dynamo spéciale à 220 volts à pôles de commutation alimentant les moteurs électriques des pompes de la condensation.
- Chaque groupe électrogène possède son propre condenseur à surface d’environ 2 000 mètres carrés, ses pompes de circulation système Rateaü munies d’éjecteurs à vapeur pour l’amorçage et ses pompes à eau condensée type Westinghouse-Leblanc. Les deux pompes sont conduites par 2 moteurs, 220 volts, directement
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- accouplés, d’une puissance respective de 270 et i’jo chevaux. Le matériel permet de maintenir un vide de 9/, % de la pression barométrique, la turbine fournissant iSooo kilowatts avec la vapeur à 3oo°. Un clapet automatique et une tuyauterie d’échappement à l’air libre complètent l’installation.
- Les groupes ainsi constitués ont une consommation de vapeur garantie de 5 kg. 9^0 à toutes les allures supérieures à 10 000 kilowatts et cette consommation se maintient à 6 kg. 700 à demi-charge et 8 kilogrammes à quart de charge.
- Il y a lieu de remarquer que cette consommation comprend le travail des auxiliaires de l’excitation et de la condensation, qui est d’ailleurs
- Usine Nord. Groupe turbo-alternnteur jde lu Société Alsacienne.
- fourni avec un rendement maximum dans la disposition des groupes autonomes, puisqu’il est fourni directement par le groupe, sans transformation.
- Les turbo-alternateurs sont disposés dans la salle des machines sur un plancher situé à 7 mètres en contre-haut du niveau du sol. Cette hauteur a été imposée par les dimensions du condensateur au-dessus duquel se trouve placée la turbine.
- L’écartement entre les groupes, de i/| mètres à l’usine Nord et 12 mètres à l’usine Sud, permet de sortir les tubes du condenseur et en cas de besoin le condenseur lui même placé perpendiculairement aux turbines.
- Les culottes d’échappement des turbines sont réunies aux tubulures des condenseurs par l’intermédiaire des joints de dilatation.
- Les prises de vapeur munies de séparateurs
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- d’eau et de vapeur viennent se brancher sur le collecteur de 3go millimètres en acier, placé sous le plancher le long de la salle des pompes; toutes les vannes sont commandées à côté des machines. Ce collecteur de vapeur comporte à l’usine Nord des coudes de dilatation en télé, ondulée, système Maciejewky, et à l’usine Sud-Ouest des joints spéciaux Luc Denis. Il est alimenté, à travers les sacs à eau par les boucles de 3oo millimètres des chaufferies qui traversent la salle des pompes sous des passerelles transversales permettant la communication entre la salle des machines et les chaufferies.
- Les clapets automatiques d’échappement à l’air libre placés sous le plancher des turbines en dérivation sur les tubulures d’arrivée de vapeur aux condenseurs se raccordent à 2 tuyauteries verticales en tôle de 58o millimètres gagnant la toiture en suivant les piliers du hall.
- Sous ce plancher sont également placés en charge, sur les bâches alimentaires auxquelles ils sont réunis par une tuyauterie de 200 mètres, des compteurs Lea Recorder montés dans le circuit d’eau condensée de chaque turbine.
- Condensation.
- Les pompes de circulation puisent l’eau dans des galeries d’aspiration dont l’emplacement détermine en plan la salle des pompes. On a fait reposer sur ces galeries à 5 mètres au-dessous du niveau des grandes eaux les diverses pompes verticales dont la hauteur d’aspiration est ainsi limitée à 5 mètres en cas de débâcle de glaces.
- On a eu soin de placer au-dessus des crues, sur le sol de la salle des pompes et des machines, les moteurs électriques qui commandent les pompes par arbre vertical. O11 a ainsi mis complètement à l’abri ces moteurs et l’appareillage délicat des tableaux, en se contentant par des précautions spéciales de rendre pratiquement étanches les sous-sols où se trouvent les pompes d’une part, les tuyauteries d’autre part. C’est ainsi qu’en cloisonnant transversalement l’espace compris entre le dessus des galeries d’eau et le plancher de la salle des pompes, on a constitué pour chaque groupe un puits d’aspiration indépendant et pour l’ensemble des pompes de chaque groupe une chambre souterraine en béton armé, en quelque sorte blindée et tout au moins pratiquement étanche.
- Toutes les tuyauteries de la condensation et
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- en particulier les grosses tuyauteries de 900 millimètres qui aboutissent aux galeries d’évacuation à la sortie des condenseurs sont logées dans un sous-sol placé à 2 mètres au-dessous de la cote de sécurité et qui règne sous toute la longueur de la salle des machines.
- loi encore des cloisonnements transversaux séparant le matériel de chaque groupe ont été établis dans ce sous-sol et tout a été disposé de
- Fig. ia. — Usine Nord. Filtre ù air d’un groupe de la Société Alsacienne.
- façon à obtenir une étanchéité pratique. Par précaution supplémentaire, l’écoulement des eaux d'infiltration éventuelle est. assuré vers les chambres des pompes dans chacune desquelles se trouve un puisard muni d’un éjectent’ à vapeur fto mètres cubes à l’heure).
- Ventilation des alternateurs.
- La partie de l’étage des condenseurs non occupée par ceux-ci constitue un collecteur général d’aspiration d’air frais alimenté par ses deux extrémités ; elle est. à cet effet séparée par une èlolson longitudinale de la salle proprement
- dite des condenseurs et présente une section utile de 3o mètres carrés environ pour un débit de 54 000 mètres cubes à l’heure par alternateur.
- Chaque alternateur possède son filtre à air de j5o mètres carrés environ de surface. L’air chaud qui sort de la machine est refoulé dans l’espace libre qui existe entre les chambres cloisonnées des tuyauteries de chaque groupe et qui aboutit à une gaine verticale de 1 mètre de largeur environ, constituée par une double cloison qui sépare la salle des machines du bâtiment des tableaux sur toute la hauteur de ce dernier.
- Les connexions entre les alternateurs et le tableau sont placées au plafond de la galerie d’air et pénètrent dans le bâtiment du tableau où sont réunis tous les appareils de coupure et de protection.
- Tableau.
- L’énergie produite par les alternateurs est distribuée dans Paris par des feeders au nombre de 3â à l’usine Nord et de ifi à l’usine Sud.
- Indépendamment des 2 jeux de barres indépendantes sur lesquelles chaque alternateur peut débiter, on a ajouté pour chaque alternateur et pour chaque groupe de 4 feeders un système de ponts comportant 2 disjoncteurs à maximum et permettant de brancher instantanément un alternateur ou un groupe de feeders quelconques sur l’un ou l’autre des jeu\ de barres. Un pont spécial affecté aux départs vers la sous-station de l’usine permet également de prendre celle-ci sur l’un ou l’autre jeu de barres.
- Outre ces barres générales un jeu de barres d’essai aboutissant à un rhéostat liquide permet l’essai d’un alternateur quelconque et un autre jeu de barres spécial permet l’essai d’un feeder quelconque et sa mise sous-tension progressive.
- Le schéma de la figure 4 (page 710 du numéro précédent montre la place dans les circuits des appareils de protection.
- Appareillage. — Les installations des tableaux ont été faites par la Société Industrielle des Téléphones à l’usine Nord, par Schneider à l’usine Sud.
- Tous les appareils de coupure automatique ou commandés à distance sont constitués par des appareils dans l’huile, les fusibles contenus dans des cartouches en porcelaine, les disjoncteurs dans des bacs en tôle d’acier (2 par phase).
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- Tous les disjoncteurs des machines ou des feeders branchés directement sur les barres générales, quelle que soit leur puissance normale (200 à 7&o ampères), doivent couper sans dommages tous les court-circuits possibles, sous 3 alternateurs en parallèle, et sont par conséquent du même type.
- Ces appareils sont munis de relais à temps réglables de o à j5 secondes pour des surcharges variables de 5o à i5o % de la charge normale. Us sont à rupture brusque et à grande capacité d’huile de façon à obtenir la plus grande rapidité de déclenchement et d’extinction de l’arc.
- La protection contre les court-circuits intérieurs des alternateurs est assurée par des disjoncteurs à retour de courant à travers lesquels s’effectue la synchronisation et qui sont placés sur l’arrivée de chaque machine, avant le pont correspondant.
- La protection des groupes contre les court-circuits extérieurs est obtenue par l’installation d’un disjoncteur à maximum sur chaque feeder, du disjoncteur du pont du feeder et de ceux des ponts d’alternateurs en service. La synchronisation des commutatrices de la sous-station s’effectue par le moyen d’interrupteurs à huile placés sur les départs et sous la protection du disjoncteur en service du pont correspondant.
- A l’usine Nord un dispositif de mise en parallèle placé au milieu de chacun des jeux de barres permet la séparation ou la synchronisation des deux éléments de a5ooo kilowatts.
- Tous les disjoncteurs et interrupteurs dans l’huile sont encadrés entre 2 jeux de sectionneurs.
- L’installation est protégée contre les surtensions par des limiteurs de tension à jet d’eau aux bornes des alternateurs et à rouleaux aux départs des feeders.
- Les limiteurs de tension à rouleaux sont munis à l’usine Sud de résistances métalliques, tandis qu’à l’usine Nord ils sont équipés avec des résistances en carborandum en série sur une résistance métallique additionnelle placée entre leur fil de décharge commun et la terre.
- Pour éviter la répercussion sur le réseau des court-circuits pouvant se [déclarer dans les appareils en dérivation (limiteurs ou transformateurs de tension) ceux-ci sont pi’otégés par des fusibles.
- Parmi les 2 jeux de barres auxiliaires destinés aux essais d’alternateurs et aux essais de feeders,
- le premier aboutit au rhéostat liquide à travers un disjoncteur à maximum, le second est réuni au pont des services auxiliaires de l’usine à travers un auto-transformateur réglable 12 5oo par 12S00 volts et un disjoncteur à maximum.
- Enfin la régulation de la tension est .assurée dans chaque élémentde 25 000 kilowatts par 2 régulateurs Routin placés sur chacun des jeux de barres et actionnant lesrhéostats d’excitation des excitatrices des alternateurs correspondants.
- Disposition du bâtiment. — Le bâtiment du tableau H. T. occupe, du côté opposé à la salle des pompes, toute la longueur correspondant aux machines installées. L’adoption delà commande électrique à distance a permis de lui donner une grande clarté en centralisant simplement les
- Fig. i3. — Usine Nord. Vue d’ensemble du poste central.
- commutateurs decommandeà distance des interrupteurs, des rhéostats, etc., avec leurs lampes témoins et les appareils de mesure indispensables à la conduite de l’usine, les appareils eux-mêmes étant placés dans le tableau, en principe, en face de l’alternateur correspondant.
- Le bâtiment comprend 3 étages. L’étage supérieur, au niveau de là salle des machines, contient groupés par tranches les disjoncteurs à huile des alternateurs, des ponts des feeders des barres générales et du pont des services auxiliaires de l’usine.
- A l’étage intermédiaire se trouvent les 2 jeux de barres générales en cuivre nu d’une section de 600 millimètres carrés, les ponts des machines, les ponts des feeders et les transformateurs de mesure des machines.
- Le rez-de-chaussée contient les départs de feeders avec leurs disjoncteurs et les départs des
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- commutatrices de la sous-station, les barres d’essais des l'eeders, les barres d’essais des machines, les limiteurs de tension hydrauliques des machines et les limiteurs à rouleaux des l'eeders et les transformateurs de mesure des feeders.
- En sous-sol se trouvent les galeries de câbles qui reçoivent à leur départ du tableau les câbles armés de /j X i oo millimètres carrés de section qui relient les usines entre elles et aux sous-stations.
- Toutes les connexions sont en barres de cuivre
- Fig. 14. — Usine Sud-Ouest. Poste central. Pupitre des machines.
- nu; des panneaux grillagés pennettentla circulation dans les couloirs d’accès sans risques de contacts accidentels.
- Précautions contre Vincendie. — Chacun des bacs des disjoncteurs à huile est enfermé dans une chambre hermétiquement close dont l’entrée est fermée par des télés pleines amovibles formant joint avec les maçonneries latérales et les couvercles de bacs.
- Pans chacuneMeJces enceintes est installé un
- extincteur au tétrachlorure de carbone fonctionnant automatiquement dès que la température de l’enceinte dépasse une certaine limite. Outre ces précautions, on a eu soin de ménager des pentes pour écouler à l’extérieur par des tuyaux de descente l’huile qui s’échapperait éventuellement des enceintes de chaque bac.
- Enfin, pour permettre la surveillance continue de l’huile des disjoncteurs, on a installé dans chaque bac un thermomètre dont les indications sont transmises au poste central de manœuvre où l’électricien est averti par une sonnerie dès que la température atteint 8o°.
- Centralisation des manœuvres. —Le poste central de manœuvres, effectivement séparé des appareils sous tension, est. installé sur un balcon en saillie dans la salle des machines à 7 mètres de hauteur. Tous les appareils de commande des servo-moteurs des turbines, des rhéostats d’excitation et des interrupteurs ou disjoncteurs de marche y sont réunis avec leurs lampes signaux par tranches séparées par machine sur un pupitre de 1 m. 60 correspondant aux 8 machines; une neuvième tranche centrale correspond au sectionnement des barres. Les commandes concernant les ponts des feeders et les feeders sont réunies par feeder sur deux pupitres arrière disposés en arc de cercle. Un petit pupitre spécial réunit les commandes des essais d’alternateurs sur rhéostat liquide et de mise sous tension progressive des feeders.
- Les appareils de mesure indicateurs et enregistreurs sont installés au-dessus de chaque branche de machine ou placés sur les panneaux de feeders, les compteurs derrière ces panneaux. Le chef électricien a ainsi sous les yeux, sans se déranger, tous les appareils de contrôle et de commande. En cas d’avarie au pupitre central ou aux circuits électriques de commande, 011 a placé dans la salle des machines, auprès de chaque machine, un poste de manœuvre répétant les indications du pupitre central et portant les appareils de commande nécessaires pour effectuer la synchronisation et le réglage de chaque machine.
- Seuvice des eaux de condensation.
- L’importance des travaux à exécuter et la relation étroite qu’ils présentent en général avec les fondations des bâtiments d’usine ont conduit à donner aux galeries d’eaux de condensation des
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- dimensions suffisantes pour faire face éventuellement à toutes les extensions ultérieures; il en résulte qu’à l’usine Nord et à l’usine Sud-Ouest les prévisions ont du être faites dans l’éventualité "des ' puissances installées respectives de i5oooo et üoooo kilowatts correspondant à des débits de ia m1, 5oo et de 4 m3, aoo par seconde respectivement.
- Le chiffre de n m3, 5oo de l’usine Nord correspond sensiblement au quart du débit du fleuve à l’étiage, on peut juger par là l’importance des travaux qui ont dû être faits.
- L’eau est prise à la Seine et amenée au sous-sol des condenseurs par une double canalisation souterraine en libre communication avec le fleuve. Chaque galerie est calculée pour assurer tout le service de l’usine et peut être isolée pour le curage. Les ouvrages sont en béton armé.
- A l’usine Nord, l’ensembledes a galeries jumelées séparées par une cloison de 14 à 16 centimètres d’épaisseur mesure 9 m. 70 de largeur extérieure sous la salle des pompes.
- Ces galeries sont fondées à 11 m. 70 en contrebas du sol des condenseurs.
- Fig, i5. — Usine Nord, Grille de filtration. Panneau de * grilles fines avant nettoyage.
- plies ont été construites de façon à assurer l’entière indépendance des fondations delà salle des machines et des chaufferies.
- L’exécution de ces travaux a été particulièrement longue et difficile ; il a fallu pour établir les galeries d’eau de l’usine Nord effectuer plus de 110 000 mètres cubes de déblais en grande partie sous l’eau, et recourir à des procédés de fondation très spéciaux pour assurer la stabilité de l’ensemble des constructions et éviter, ce
- qu’on a réussi à faire, des tassements qui eussent pu compromettre le bon fonctionnement des machines.
- Les galeries d’évacuation, doubles comme les galeries d’amenée, renvoient les eaux à la Seine à une cinquantaine de mètres en aval de la prise.
- Des dispositions spéciales ont été adoptées pour assurer le filtrage des eaux et la décantation.
- On a constitué en Seine au droit de la prise d’eau une vaste chambre de décantation mesurant i5 mètres de largeur sur /,5 mètres de longueur, dont le radier bétonné est de o m.5o plus bas que le seuil de prise d’eau.
- Le radier de la chambre comporte lui-même un seuil sur lequel reposent des grilles dégros-sisseuscs et un double jeu de grilles finisseuses.
- Les premières sont fixes, leur nettoyage s’effectue au moyen de rateaux mobiles commandés mécaniquement.
- Les secondes sont mobiles. Elles peuvent être levées au-dessus de l’eau et sont nettoyées automatiquement par de l’eau sous pression qu’une
- Fig. i(5. — Usine Nord. Grille de filtration. Même panneau après nettoyage.
- pompe disposée sur l’appontement refoule à 4 kilogrammes dans une tuyauterie placée devant les grilles. Toute la commande se fait électriquement et 011 parvient à effectuer le nettoyage complet des grilles d’une chambre en moins d’une matinée.
- SEltVICKS AUXILIAIRES
- Le choix du courant continu pour assurer tous les services auxiliaires de l’usine a conduit à
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- installer dans chaque usine une sous-slation analogue aux sous-stations de Paris.
- Le matériel de sous-station est constitué : à l’usine Nord, par 3 cominutatrices shunt Thomson-Houston de 730 kilowatts, tournant à 356 tours, groupées avec 6 transformateurs statiques monophasés à 4oo kilowatts à air souillé. 2 batteries d’accumulateurs de 2ooo ampères-heure a3o volts à réducleurs ;
- A l’usine Sud-Ouest,par î eu minuta triées shunl Schneider de 5«o kilowatts tournant à 6>/> tours, groupées avec 6 transformateurs statiques monophasés de 27a kilowatts à air souilé et une batterie d’accumulateurs de 3 000 ampères-heure 23o volts a réducteurs.
- Deux groupes transformateurs statiques de 60 kilowatts dans l’huile destinés au démarrage des coin mu ta triées complètent chaque sous-station.
- Les cominutatrices portent uniformémenl chacune sur leur arbre un moteur asynchrone de démarrage à cage d'écureuil et une dynamo excitée à 220 volts capable de débiter 600 ampères sous une tension variable de o à 100 volts qui es! montée en survolteur dans le circuit des batteries. Elles sont capables de supporter une surcharge momentanée de 100 %,
- Le rendement' des groupes ainsi constitués, fonctionnant à la fois en comimi la triée et en sur-voltcur, est de 90 % pour les groupes de 5oo kilowatts.
- La sous-station est placée dans la salle des machines, le tableau et les cominutatrices à l’étage des turbo-alternateurs et les transformateurs statiques immédiatement au-dessous, de façon à réduire au minimum les connexions B. T. alternatif; mais tandis qu’à 1’usine Nord la sous-station et son tableau occupent les premières travées du hall coté Seine el so trouvent ainsi toujours en bout, quels que soient les agrandissements ultérieurs, à l’usine Sud, le tableau est placé sous le poste central et la sous-station occupe la dernière travée coté prolongement éventuel, de sorte qu’elle se trouvera au milieu du hall lorsque l’usine aura reçu tout son développement.
- Les batteries d’accumulateurs sont placées dans un bâtihient distinct de la salle des machines, et 0Ï1 se trouvent réunis divers autres services, magasin, laboratoire à l’usine Nord, atelier à l’usine Sud.
- Du tableau de la sous-slation partent les circuits au nombre de aï qui desservent les différents services auxiliaires.
- Un circuit spécial permet par un simple jeu d’inverseurs, de porter secours aux moteurs des pompes de condensation en cas d’avarie à la dynamo en bout d’arbre du groupe.
- In<1 épendammont de l’éclairage général <Ic J’usine et de la commande de tout le matériel dont il a élé question dans les chapitres précédents, les services auxiliaires comprennent le service de la distribution générale dcPeau nécessaire aux besoins de l'usine.
- Cette distribution d’eau est assurée par des pompes centrifuges à une seule roue du type Weyher etRichemond vertical débitant 200 mètres cubes à l’heure placées dans la salle des pompes ; ces pompes alimentent, avec l’eau des galeries d’amenée les châteaux d’eau placés sur la toiture de cette salle des pompes et qui sont en charge sur les tuyauteries partant de ces réservoirs.
- A ce matériel de pompes s’ajoutent dans les 2 usines des groupes de pompes horizontaux de joo et 1 000 mètres cubes destinés à la vidange des galeries d’eau et à l’usine Nord des groupes verticaux de 200 mètres cubes pour la vidange des galeries tic cables.
- +
- Y Y
- 1111’est pas inutile, eu terminant cet exposé des installations de la Compagnie Parisienne de Distribution d’Eleetricité, de signaler à quel effort financier il a correspondu.
- Le montant total des dépenses engagées par la Compagnie pour satisfaire au programme dont elle s’était, d’accord avec la Ville, imposé la réali-sa lion, pou 1* ï 91 '1 atteint. 200 000 000 de francs.
- Les usines représentent à elles seules environ /i*> 000 000 de francs.
- Ces chiffres font ressortir l'importance de Pieuvre accomplie par la Compagnie Parisienne de Distribution d’Eleetricité, œuvre grâce à laquelle la Ville de Paris se trouve dotée des usines les plus puissantes et les plus modernes d’Europe et d’installations capables de répondre à tous les besoins.
- Edouard Imiis,
- Ingénieur dos Ponts cl Chaussées, Ingénieur en chef de la Compagnie Parisienne de Distribution d’Eleetricité.
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- UNE LOCOMOTIVE PÉTROLÉO-ÉLEÇTRIQUE
- Luc locomotive pétroléo-éleetrique, (rime puissance totale de /(5o chevaux, a été mise en service en juillet 191;! sur les lignes de Minneapolis, Saint-Paul, Roehester et Dubuque. Cette locomotive qui est représentée sur la figure ci-contre a élé construite par la General Electric C°. 11)
- Fig. 1. — Locomotive pétroléo-éleetrique.
- Bien que cette machine ait une vitesse nominale de 60 kilomètres-heure, elle peut atteindre normalement une vitesse de 80 kilomètres-heure en marchant isolément cl île 7* kilomètres-heure en
- ^ 15000.
- .0.2 £
- 10000-
- -0 15 S
- .01 Ci
- jB5 S
- Vitesses en Kilomètres à l'heure A. Courbe de démarrage locomotive seule.
- B » » locomotive remorquant 200 tonnes.
- G. » » » » 335 tonnes.
- D. Courbe des efforts de traction en fonction des vitesses.
- Kig. 2.
- remorquant un train de 5 voitures. Ces vitesses ne sont cependant pas recommandables pour un service régulier.
- La consommation de combustible a été d’envi-
- ron 3 litres de pétrole par 100 tonnes kilométriques. La ligure % ci-contre donne, en fonction du temps, les vitesses pendant le démarrage et les distances parcourues pendant le meme temps.
- La locomotive est munie de % groupes pétro-léo-éleetriques marchant en parallèle; chacun de ces groupes comprend un moteur à 8 cylindres disposés en V, d’une puissance de che-
- vaux, marchant à la vitesse de 55o tours par minute. Le moteur est accouplé directement à une génératrice a courant continu 600 volts, a 8 pôles, munie de polos auxiliaires. Les connexions sont disposées de telle sorte que ces groupes peuvent être utilisés ensemble ou séparément. Pendant leur marche en parallèle, les a génératrices se partagent la charge d’une façon tout à fait satisfaisante.
- Les moteurs sont démarrés au moyen de l’air comprimé de la meme manière que dans les voitures ordinaires, avec cette seule différence que lorsque le premier groupe a été démarré, le deuxième peut être mis en route électriquement.
- Les roues sont actionnées par 4 moteurs d'une puissance de 100 chevaux à pôles auxiliaires; ils commandent les essieux par l'intermédiaire d’engrenages d’un rapport de réduction de 3.'4i. Ges moteurs sont reliés en parallèle par groupes de y* et ces groupes peuvent être reliés en série ou en parallèle, fa: contrôleur possède 7 crans de démarrage série cl; 6 de démarrage parallèle. Deux ciaus additionnels permettent, en sluintant le champ des moteurs, d’obtenir au total ir> crans de démarrage.
- La caractéristique de celle machine est représentée par la courbe 1 de la figure ci-contre qui donne l'effort de traction en fonction de la vitesse en kilomètre-heure.
- Un petit groupe auxiliaire de ‘i kilowatts à BS volts fournit le courant nécessaire pour l'éclairage du train et des cabines de manœuvre, aussi bien que celui du projecteur de tête.
- Un compresseur d’air électrique branché sur le circuit à G*> volts effectue le pompage de l’eau nécessaire pour démarrer les machines princi-
- (b Raihvay Age Gazelle, i.j novembre 191J.
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- pales. Ces groupes possèdent eux-mêmes des eompresseurs d’air qui servent à actionner les freins, etc.
- Un réchauffeur d’eau chauffé au charbon est installé dans la locomotive pour assurer le Chauffage du train et pour maintenir les groupes à une température convenable pendant les arrêts en hiver.
- Les principales dimensions de cette machine
- sont les suivantes :
- Ecartement des voies..... i m. 44
- Longueur entre tampons... n in. env. Largeur totale............ 3 m. 20
- Hauteur totale 4 m. 3o
- Ecartement des axes des
- bogies 6 m. 10 env
- Empattement total 8 m. IO
- Empattement d’un bogie.. % m. 08
- Diamètre des roues O m. 840
- — des essieux O m. i65
- Dimensions des paliers... 140 X 254
- Poids adhérent 5a tonnes.
- Poids total 52 tonnes.
- Capacité des réservoirs de
- combustible I 200 liti •es.
- LOCOMOTIVE DE MANŒUVRE A ACCUMULATEUR AVEC ATTELAGE MAGNÉTIQUE
- À l’Exposition Nationale Suisse qui vient de s’ouvrir à Berne, on remarque, parmi bien d’autres appareils intéressants, un petit tracteur électrique à accumulateurs construit par les chemins de fer fédéraux suisses et destiné à la manœuvre rapide et simple des véhicules dans les ateliers de voitures et wagons. Cette locomotive, imaginée et réalisée par M. Kull, chef des ateliers des chemins de fer fédéraux d’Alten, est surtout remarquable par l’emploi de tampons magnétiques.
- Tampon magnétique.
- Un seul homme placé dans la cabine de commande du tracteur peut amener celui-ci eu contact avec le véhicule à manœuvrer, tampon contre tampon; en lançant alors le courant dans le circuit électrique des tampons magnétiques, il établit une liaison entre la locomotive et le wagon qui peut être remorqué à petite vitesse et amené à sa place de garage ou de réparation. En
- coupant le courant d’alimentation de l’électro-aimant, le wattman effectue le désaccouplemenl des véhicules et il peut aller entreprendre, avec son tracteur, une autre manœuvre.
- Cet appareil très simple procure une économie de temps et d’argent considérable, tout en diminuant les dangers d’accidents pour le personnel et le matériel : 2 tracteurs de ce type.sont déjà en service aux ateliers d’Alten et l’on estime que la réduction des dépenses qu’ils font réaliser permettront d’amortir leurs frais d’établissement en moins de deux ans.
- Les caractéristiques principales de ces tracteurs sont les suivantes :
- L’équipement électrique comprend :
- Longueur entre tampons.... 3 200 m,
- Longueur de la caisse..... a 36o m.
- Empattement............... i 35o m.
- Hauteur totale............ 3 260 m.
- Poids total............... 7 000 k.
- Poids adhérent............ 7 000 k.
- 1" Une batterie d’accumulateurs de 60 éléments de 120 ampères-heure de capacité, du même type que ceux employés pour l’éclairage des voitures (suisses). Ces batteries, ont un courant normal de charge et de décharge de 40 ampères. Leur poids total est de 1 400 kilogrammes environ;
- 20 Un moteur série à courant continu 110 volts d’une puissance de 5 chevaux à 600 tours. Le
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- moteur attaque par engrenages de rapport de réduction 6,9/1 un arbre intermédiaire qui transmet son mouvement aux essieux au moyen de
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- 1.360
- Z.360
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- 3.300
- Locomotive ù accumulateurs aux tumpons magnétiques.
- chaînes agissant sur des pignons à empreintes d’un rapport de réduction de 3, 77/1. (Les chaînes tournent dans un bain d’huile ménagé dans une boîte spéciale entourant le pignon d’essieu);
- 3° Un contrôleur de manœuvre et un frein à bande commandé par pédale agissant sur un petit volant monté sur l'arbre du moteur;
- 4° Un jeu de 4 tampons magnétiques monté par l’intermédiaire d’articulations sphériques sur 2 tiges maintenues dans leur position médiane par des ressorts de compression.
- La force portante de ces élcctros est d’environ 1 700 kilogrammes dans les meilleures conditions d’attelage et de 900 kilogrammes quand les tampons sont distants d’environ 5 millimètres. La consommation d’énergie correspondant à l’excitation de chaque électro est de 220 watts (27,5 volts et 8 ampères). Sur le tracteur une lampe témoin à verre rouge indique si les électros sont excités ou non.
- Avec un tracteur d’environ 7 tonnes au total, on peut circuler à vide dans les ateliers à une vitesse d’environ 9 kilomètres à l’heure ( 145 mètres par minute) et en remorquant une charge de 45 tonnes, à la vitesse de 5 kilomètres-heure (80 mètres par minute).
- L’elîort normal de traction à la jante est d’environ 900 kilogrammes, l'effort maxima d’adhérence des tampons étant de 3 400.
- H. P.
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- L’EXPOSITION ANNUELLE DE LA SOCIÉTÉ
- FRANÇAISE
- DE PHYSIQUE
- APPAREILS EXPOSÉS PAR LA MAISO.X ROISSELLE LT TOI'Il NA NIE
- Enregistreur àétincelles. — Ces nouvcauxappa-reils à enregistrement par étincelles cl à coordonnées rectilignes sont dcslincs à étudier les phénomèn es à varia lions très rapides. Par exemple l’énergie ou l’inlcnsilé absorbée par un moteur de laminoir au moment où le lingot passe entre
- l’ijf. i. — Enregistreur à ctinc-llos.
- les rouleaux ; on peut aussi enregistrer de cette façon les variations de vitesse du train de laminoir. Cçs appareils peuvent s'appliquera l’étude du démarrage des véhicules, etc...
- L’étincelle perforant le papier éclate entre deux fils de platine tendus, l’aiguille en se dépla-
- çant cuire ces deux lils produil l'étincelle.
- La Maison Roussclle et Tournaire construit sur ce principe des voltmètres, ampèremètres et watt mètres pour courant continu, alternatif, polyphasés à ponts équilibrés ou non, elle fait aussi des voltmètres gradués en tours destinés à être raccordés à de petites dynamos entraînées par le moteur dont il faut étudier la vitesse dc rotation.
- L’entraînement du papier se fait soit par un mouvement d’horlogerie, soit par un moteur, et la vitesse de déroulement peut varier de •>. millimètres à la seconde à io centimètres àla seconde et meme plus.
- Thermomètres étanches. — Ces appareils sont destinésà la mesure, à distance, des températures dans les endroits très humides comme les salles de chaudières, les ateliers d’industrie chimique, les navires, etc... Ils utilisent des thermomètres à
- Fig. — Nouveau relais d'intensité à maximum et à action différée. Réglage pour action sélective (breveté s. g. d. g.). Dimensions i^G-^oà millimètres.
- résistance montés dans un pont- de Whcatslone.
- Ces instruments sont parfaitement étanches, aussi bien les commutateurs de manœuvre que les indicateurs et les boites de connexions. Relais. — O nouveau relais d’intensité à
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- action différée basé sur le principe des appareils à induction sert à faire déclancher les disjoncteurs pour une surcharge donnée et dans lin temps donné. Le réglage de l’intensité s’étend de 4 à i o ampères, et celui du temps de 5 à/,o secondes. Ces appareils peuvent aussi èlre mon lés en cas-carie pour action sélective.
- i sec. 5 (ij-i période) qui permet des mesures rapides en série. Sa résistance critique est de î ào ohms environ, celle du cadre est de /,o ohms environ. Une déviation de i millimètre sur une échelle à i mètre correspond à environ fi X >o-s ampères.
- Trépied pour mesures galvanométriques. — Ce
- l'ig. 3. — Pelile pochette de contrôle.
- Petite pochette decontrôle. — Sur mur meme planchette sont réunis un pelit ampèremètre à deux sensibilités i ,acl: 15ampères cl;un vollmèlre pour i!>o et 3oo volls; de plus cet appareil est gravé en ohms jusqu’à i mono ohms pour servir à des mesures d’isolement.
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- H a HB9IHM HHiaaill
- Ecran cellulaire iln D‘‘ Ihicky pour l’éliminai o i
- • K* - '"y*j rw“;
- des rayons secondaires eu radioscopie et radiographie.
- Petit galvanomètre. — Ce petit galvanomètre se distingue par une très faible période environ
- disposiliftrèssimple permet de faire des mesures galvanométriques complètes en tout lieu, même en terrain très accidenté.
- I iÿ — Rayons secondaires. Ecran cellulaire Buclsy.
- Hygromètre à distance. Cet appareil sert à mesurer le/degré hygrométrique de l’air à distance, il
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- est basé sur l’emploi des thermomètres à résistance. On utilise le principe bien connu du thermomètre mouillé. Les variations de résistance sont mesurées à l’aide d’un pont qui est déséquilibré, ce qui permet de graduer directe-tcmcnt le galvanomètre en température.
- Ecran cellulaire du Dr Bucky pour l’élimination
- L’écran se compose d’un ensemble de cellules de a' centimètres de côté sur 5 millimètres de hauteur, les parois en plomb très mince de ce s cellules sont inclinéès de telle façon que leurs extrémités prolongées formeraient une pyramide de 3o centimètres de base sur Go centimètres de hauteur. Cette distance doit être maintenue fixe
- Fi^. 6. — Dosimètre orllinspeelrnl
- des rayons secondaires en radioscopie et radiographie. — Le rayonnement secondaire diffus, émis par un corps soumis aux rayons X nuit considérablement, à la netteté des images radioscopiques et radiographiques de certaines parties du corps.
- en ti'e l’ampoule et l’écran fluorescent ou la plaque.
- L’écran cellulaire se place en contact avec l’écran lluorescent ou le châssis porte-plaques et dans ces conditions le rayonnement secondaire diffus viendra s’absorber dans les parois des cellules tandis que seuls les rayons en ligne
- AaB C D Eb F Q
- -£ F
- F Tb ! / i /
- Rouge. Jaune.
- Vert. Bleu.
- Fig.'j. — Dosimètre ortliospcctral.
- ----v----
- Violet.
- Les organes abdominaux notamment se distinguent mal au milieu du voile général de l’image.
- L écran cellulaire a pour but d’absorber ces rayons secondaires nuisibles et de ne laisser concourir à la formation de l’image que les rayons directs émis par l’anticathode, il en résulte une image qui laisse apparaître des ombres invisibles par les procédés ordinaires.
- droite émis par l’anticathode parviendront à la surface sensible.
- Il en résulte une image sans voiles dont les contrastes acquièrent une richesse surprenante et sur laquelle l’écran cellulaire ne se marque que par un quadrillage très fin, qui peut même servir à la mesure rapide des organes.
- Dosimètre orthospectral. — Appareil destiné à
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- évaluer correctement les variations de couleur d’une pastille au platico-cyanure de baryum, par exemple celléde Sabouraud et Noire, sous l’action des rayons X. Ces changements de couleur servent de mesure pour les doses appliquées en radiothérapie.
- L’appareil repose sur l’emploi d’un filtre coloré au travers duquel on examine la pastille virée.
- Le spectre d’absorption de ce filtre est tel qu’il ne laisse passer que le vert et une très petite partie du jaune.
- Fig-, 8. — Dosimètre orthospeclval.
- Une pastille de platino-cyanure non exposée vue au travers ne se différenciera donc pas d’une surface blanche et lorsqu’elle aura subi une exposition, son changement de couleur ne se traduira à travers le filtre que par une obscurité plus ou moins grande de la pastille.
- Oh pourra donc la comparer non à une teinte étalon, mais à une bande grise dont la teinte régulièrement dégradée part du blanc pour aller jusqu’au gris très sombre.
- La comparaison d’intensité entre noir et blanc se fait très facilement et n’est pas subjective comme la comparaison de teintes généralement conseillée; elle permet une lecture approchée à i ou % unités X.
- L’intensité et la couleur de la lumière sous laquelle on fait la lecture ne jouent aucun rôle; en pratique on emploie une lampe à bas voltage, logée à l’intérieur de l’appareil et qui n’est en circuit qu’au moment de la lecture.
- L’appareil tout entier, de très petite dimension, peutêtre fixé sur l’ampoule à rayons X elle-même. Un tableau permet de lire immédiatement la dose radiothérapique en fonction du diamètre de l'ampoule et de la distance entre l’anlieathode et la peau.
- Electrocardiographe Siemens et Halske. —L’élec-trocardiographc est un galvanomètre destiné à l’étude des courants d’action des muscles et principalement du cœur.
- Il est constitué par deux groupes d’appareils montés sur de petites tables métalliques à roulottes. L’une porte le galvanomètre à miroir sur un socle pneumatique absorbant les vibrations du sol, l’autre supporte l’ensemble des appareils de commande, de réglage et d’inscription des courbes.
- La partie caractéristique de l'appareil est le galvanomètre constitué par un cadre extrêmement léger et mobile, sur lequel est collé un très petit miroir et par un éleclro-aimant très puissant entre les pôles duquel est suspendu le cadre mobile.
- Celte disposition permet un réglage bien plus facile de la sensibilité et de l’amortissement du galvanomètre que dans les électrocardiographes qui utilisent le galvanomètre à corde.
- Le cadre mobile est logé dans une enveloppe métallique qui le met à l’abri des influences extérieures.
- La courbe s’inscrit sur un papier photographique au bromure, et des règles graduées permettent d’unifier les résultats obtenus avec des vitesses variables dans le déroulement du papier photographique.
- Pyromètre optique. — (d’après Holborn et Kurlbaum). Cet appareil est basé sur la comparaison des éclats lumineux de la source dont on cherche la température et du filament; d’une lampe à incandescence étalon. Le courant.passant dans la lampe permet de déterminer directement la température du foyer,
- APPAREILS EXPOSÉS PAR LA COMPAGNIE FRANÇAISE DES PERLES ÉLECTRIQUES WEISSMANN
- Cette Compagnie expose :
- i° Un nouveau système d’éclairage dénommé tube Weissmann, particulièrement intéressant pour l’éclairage des vitrines, plafonds, et en général dans tous les cas où il s’agit d’avoir une série de points lumineux répartie.
- Le tube Weissmann se compose d’un tube A en cuivre, bronze, aluminium, fer ou tout autre métal.
- Ce tube qui constitue l’un des pôles porte un certain, nombre do trous taraudés B.B... dans lesquels on vissera les lampes (*). 11 peut avoir
- I1) Les culots des lampes utilisées pour le tube Weissmann sont des culots à vis petite, Edison ou mi-gnonnette.
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- une section ronde, carrée, ovale, etc... et porter des décorations quelconques.
- L'autre pôle est constitué par un fil ou tige C. en bronze sulHsumincut élastique. Ce fil traverse un certain nombre de pièces isolantes D.D... en libre porcelaine ou autre matière isolante dont, la section est. la même que celle de l’intérieur du tube, de façon à y entrer à IVollomcnl doux.
- Le courant est amené aux deux pôles à l’aide des bornes 11.B...
- La ligure i représente une de ces rampes avec lampes montées.
- La ligure •>. représente une section.
- La figure 1, le pôle intérieur.
- 200 bougies 100 watts chacune. — On sait que les lampes i/a watt qui sont les plus économiques parmi les lampes utilisées actuellement ne peuvent être construites pour les réseaux à iio volts qu’à partir de boo bougies. Ces lampes sont d’ailleurs d’un prix élevé.
- Lorsqu'on dispose de courants alternatifs, l'économiseur Wcissmann permet, d'obtenir des bas voltages, pour lesquels on peut utiliser des lampes i/•< watt d'intensité quelconque.
- Les lampes intensives Fix-Far sont une application de ce principe : elles sont constituées pour une ou plusieurs lampes de ioo ou a.oo bous gies chacune, montées sur un économiseur qui1 se trouve enfermé dans l’armature.
- Le tube Weissmann présente l’avantage d’être très simple, il permet d’avoir des rampes de très petit encombrement, et avec des lampes de petit diamètre et à faible distance l’une de l’autre, ce qui donne un éclairage bien réparti.
- D'autre part, un seul pôle est apparent, il est donc impossible de faire un court-circuit.
- Toutes les matières utilisées étant incombustibles, on évite complètement les dangers d'incendie. '
- Modèle de lampe intensive fix-far 600 bougies formée de trois ampoules 1/2 watt de 25 volts
- 4° Pile « 0 X I A » à oxyde de cuivre régénérable modèle ouvert et modèle hermétique. — Cette pile déjà exposée Tannée dernière cl perfectionnée depuis.
- Les modèles exposés cette année sont de ion, a5o et i ooo ampères-heure.
- La Compagnie Weissmann expose aussi des économiseurs pour éclairage, des économiseurs pour sonnerie, remplaçant les piles, lorsqu’on dispose de courants alternatifs, des guirlandes de perles de cristal, et portant des lampes sans culots dites « Perles Weissmann » etc...
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- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Synehronoscope enregistreur.
- Ce synehronoscope enregistre chaque manœuvre'de fermeture d'interrupteur dans la mise en parallèle des alternateurs.
- Il se compose essentiellement d’un dispositif supportant et faisant avancer la bande de papier, d’un cercle isolé dans le cadran du synchronos-cope et d'une- bobine Rhumkorff munie d'un vibrateur.
- Une bande continue de papier est dévidée par une bobine métallique placée à gauche de l’instrument et passe sur des guides sous l’aiguille du synehronoscope et en avant de la moitié supérieure du cadran (fig. 1). Un cercle de laiton est encastré dans le cadran en matière isolante.
- Fig. i. —Synehronoscope enregistreur.
- Ce cercle, d’un rayon un peu plus faible que la longueur de l’aiguille, est relié à une borne en arrière de l’instrument. Une seconde borne est fixée dans la boîte de l’instrument et reliée électriquement à l’aiguille du synehronoscope, laquelle porte à sa face interne une pointe de platine, juste en face du cercle de laiton. Les deùx bornes du secondaire de la bobine Rhumkorff sont reliées aux deux bornes spécifiées ci-dessus. Le primaire est, d’autre part, relié à un contact auxiliaire sur un circuit à courant continu. Ce contact a pour but de fermer le circuit primaire de la bobine en même temps que l’interrupteur de contrôle et de le maintenir fermé jusqu’à ce qu’il soit ouvert à nouveau par l’opérateur.
- Une manœuvre correcte de mise en parallèle
- est indiquée par une très courte ligne de très larges perforations de la bande de papier par les étincelles que donne la bobine. Toutes ces perforations doivent être d’un même côté de la position île synchronisme, suivant que la machine avance ou retarde sur la fréquence du réseau. Si l'opérateur ferme l'interrupteur de contrôle trop tôt pour obtenir la synchronisation parfaite,
- Fig. a. — Diagramme de bonne synchronisation.
- il obtiendra une succession de points à peu près uniformément espacés entre le moment de la fermeture de l’interrupteur de contrôle et la fermeture de l’interrupteur à huile, puis un espacement beaucoup plus large, l’aiguille étant ramenée rapidement à la position de synchronisme (fig. a). Si l’opérateur ferme son interrupteur tard, la ligne de perforations dépassera la position de synchronisme. Un changement d’amplitude ou de vitesse de rotation du synchronos-cope est mis en évidence à la fois par la différence dans l’espacement et dans le diamètre des perforations.
- (Eleclrical World, 18 avili 1914 )
- Compteurs de pointe, à relais et à dépassement. — K. Laudien.
- Les compteurs de pointe sont des appareils qui mesurent séparément la consommation dans de certaines limites de puissance et au-delà de ces limites.
- Les compteurs à relais enregistrent différemment la consommation suivant que la puissance est inférieure ou supérieure à une certaine valeur. Les compteurs à dépassement n’enregistrent la consommation que lorsque la puissance dépasse une certaine limite.
- Il est intéressant d’étudier quels peuvent être
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- les résultats que permet d’obtenir avec ces appareils l’emploi des diverses méthodes de décompte en usage. Pour cela, considérons 6 courbes de consommation ABCDEF correspondant à la même consommation totale mais à une utilisation différente de l’énergie à la pointe.
- On n’a indiqué que la portion de chaque courbe correspondant à la pointe. Le tableau I
- Nombre d'heures
- Fig. i. — Courbes de consommation.
- ci dessous donne les tarifs de dépassement relatifs à trois modes de décompte différents, qui seront examinés dans ce qui va suivre. Pour chaque mode de décompte, on a indiqué cinq prix différents du kilowatt-heure, sauf pour le décompte par compteur à relais qui comporte un prix unique de 40 centimes.
- Tableau I
- 1 2 3 .4 5
- I. — Compteur de pointe : Prix du kilowatt-heure de pointe. 4o ^0 6o 7° 8o
- II. — Compteur à relais :
- Prix du kw.-h. de dépassement.. 4o 4 o 4 o 4o 4o
- III. — Tarif d’après l’utilisation : Prix du kw.-h. au-delà des 3oo
- premières heures d’utilisation.. 4 8 12 20 20
- Pour les tarifs I et II, le prix du kilowatt-heure est de ao centimes et pour le tarif III le prix du kilowatt-heure pendant les 3oo premières heures est de ?io centimes.
- Le tableau suivant donne, en francs, les résultats correspondants à ces tarifs pour les différents cas considérés. On a supposé que la four- i
- niture totale annuelle était, dans chaque cas, de 3oo kilowatts-heure, les consommations de pointe étant les suivantes :
- Tableau II
- A U c D i: F
- 3o r)0 v> 45 3o 3o kw.-li.
- A B G D E F
- Tarif 1 :
- 1 68 70 7 l 69 66 63
- I! 8o 86 92 98 104 1 IO
- 111 120 I09>9 y8,4 87,6 76,8 715 4
- Tarif 2 :
- I 72 76»5 73,5 r>9 64,5
- 11 8o 86 92 98 104 I 10
- III 1 20 no,4 ioo,8 9D2 82,6 76,8
- Tarif 3 ;
- I 76 8o 82 78 7» 66
- 11 8o 86 92 98 104 I IO
- III 120 111 ,G io3,2 94.8 86,4 82,2
- Tarif h :
- I 8o 85 87,r, 82,5 75 67,5
- Il 8o 86 9* 98 104 I IO
- III 120 I I 2,8 io5,6 98,4 9',2 87,6
- Tarif 5 :
- 1 84 9° 93 87 78 69
- 11 8o 86 92 98 104 I IO
- 111 120 114 108 102 9(i 93
- D’une manière à peu près générale, les résultats les plus faibles sont ceux fournis par le
- Fig. 2. — Schéma d’un compteur à relais avec commutateur il main.
- compteur de pointe. Le compteur à relais donne, au contraire, des résultats très satisfaisants. -
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- 1&1
- La figure 2 donne le schéma d’un compteur à relais avec commutateur à main. Si l’interrupteur à se trouve à gauche, par exemple, le client ne peut dépasser une certaine puissance ; en plaçant, aü contraire, l'interrupteur à droite, cette manœuvre a pour effet, soit de coupler une bobine en opposition, soit de changer le nombre de tours, soit même de court-circuiter le limi-teur de sorte que la limite de puissance peut être dépassée. Cette manœuvre a, bien entendu, également pour effet de séparer d’une manière convenable la consommation correspondante.
- 11 y a intérêt pour le client à revenir au pre-
- mier tarif dès que la limite dé puissance cesse d’être dépassée; on peut établir dans ce but un dispositif de retour automatique de l’interrupteur.
- En somme, il résulte des résultats qui ont été indiqués plus haut que le compteur à relais permet, avec un prix unitaire plus bas et unique de réaliser des recettes supérieures à celles que peut donner le compteur de pointe. Pour cette raison, ce type de compteur paraît présenter certains avantages dignes de retenir l’attention.
- (Eleklrotechnische Zeitschrift, 19 mars 1914.)
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Le système Gott de télégraphie sous-marine.
- 11 y a juste un an qu’on annonçait que M. John Gott, ingénieur électricien en chef de la Commercial Cable Co, venait de résoudre un problème de la plus haute importance pour la télégraphie sous-marine : la transmission de signaux Morse par les longs câbles sous-marins avec à peu près la même facilité que par les lignes terrestres. Par la nouvelle méthode, la retransmission des messages par les postes d’extrémité des câbles sous-marins est évitée ; le siphon recorder fait place à un récepteur Morse ordinaire, ce qui augmente la précision de la transmission et fait gagner le temps de déchiffrage du message reçu. Bien que la nouvelle méthode soit d’une extrême simplicité et n’exige pas l’emploi d’autres appareils que ceux qui se trouve à toute station terminus de câble, elle apporte la solution à un problème qui a préoccupé depuis des années les élèctriciens télégraphistes.
- En dehors d’un service journalier établi d’après ce système entre Londres et New-York, on l’a expérimenté spécialement par communication directe entre San Erancisco et Londres, entre Londres et Montréal, Toronto, YVinnipeg, Victoria etBamfield (Colombie Britannique), sur la côte de Vancouver.
- On sait que, jusqu’ici, même avec les instruments les plus sensibles, il n’a pas été possible,
- avec un long câble, d’interrompre le courant électrique pour produire des signaux de plus ou moins grande longueur tels que le trait et le point ; on a donc dû distinguer les deux éléments des signaux par la direction du courant. Ainsi, dans un câble ordinaire, la lettre e, indiquée dans l’alphabet Morse par un point, sera représentée par une impulsion -|- tandis que la lettre t représentée par un trait correspondra à une impulsion —. A la station réceptrice, le galvanomètre, ou le siphon recorder, indiquera le sens des impulsions par une déviation correspondante du miroir de la bobine mobile dans un sens ou dans l’autre. Cela nécessite au poste transmetteur la manipulation de deux leviers suivant qu’on veut relier le pôle positif de la batterie au câble et le négatif à la terre ou inversement.
- La figure 1 donne un schéma de la méthode ordinaire de transmission avec le siphon recorder dans le système Duplex qui permet l’envoi et la réception simultanée de dépêches aux deux postes terminus du câble.
- Le principe de la méthode Gott est excessivement simple : Après chaque signal, le sens du courant est inversé par un relais polarisé à travers lequel le câble se décharge.
- Le relais polarisé se compose d’un aimant permanent en fer à cheval dont l’un des pôles est divisé en 2 pièces polaires autourclesquelles sont enroulées des bobines de fil de cuivre fin. Entre
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- les pièces polaires, est suspendue en équilibre une aiguille de fer doux normalement au repos. Si un courant traverse les bobines, il renforcera l’aimantation de l’une des % pièces polaires et l’aiguille sera attirée ainsi d’un côté ou de l’autre. Par son mouvement, elle viendra en contact avec l’une de deux butées et fermera un circuit local dans lequel la direction du courant dépend de celle du courant qui traverse les bobines du relais.
- Fig. i. — Schéma du système Duplex simple.
- Fig. 2. — Schéma montrant le principe fondamental de la méthode tiott et l’emploi du relais polarisé.
- Le schéma de la ligure -x montre comment ec relais polarisé est employé dans la méthode (lott, pour un câble fonctionnant d’après le système Duplex; a est le câble môme et b le câble artificiel avec une extrémité à lit terre. Entre le câble réel et le câble artificiel est intercalé l'instrument récepteur V, comme dans le système Duplex ordinaire. Toutefois, la clé du manipulateur d est disposée de façon à relier c soit avec g quand elle est au repos, soit avec la borne /'du fil / quand elle envoie un signal. Ces deux connexions aboutissent au relais polarisé h.
- Quand on appuie sur la clé, le câble est mis en communication avec l’aiguille mobile h" et, par elle^, avec l’une des butées h'. Chacune de ces dernières est reliée à un pôle de la batterie sectionnée / V dont le centre est à la terre en M.
- Ainsi, quand on appuie sur la clé, le câble est chargé avec une polarité qui dépend de celui des contacts h’ touché par l’aiguille hLorsqu’on abandonne la clé, elle retombe sur le contact g, ce qui décharge le câble à travers le relais polarisé et la direction du courant est toujours telle que l’aiguille passe d’une butée à l’autre et inverse la polarité des connexions de la batterie qui se trouve prête pour le signal suivant.
- Ainsi, des signaux successifs sont toujours de polarité contraire ; la décharge du câble est utilisée pour cette inversion et le ramène à l’état neutre, ce qui permet la signalisation rapide.
- Une modification de la méthode de transmission implique l’emploi d’un transformateur en combinaison avec le relais polarisé, comme le
- Fig. J. — Schéma munlrunl lu méthode lundi fiée avec transformateur actionnant le relais.
- Fig. 4. — Transmission par le relais d'une ligne terrestre ou transmission automatique.
- Fig. 5. — Schéma du récepteur et de son circuit.
- montre la ligure '1. Le condensateur et le câble sont mis à la terre directement en g’ après chaque signal quand la clé est ouverte. La batterie sectionnée est mise à la terre en E à travers le primaire P du transformateur. Les bobines du relais polarisé sont reliées au secondaire du trans-formaleur S et le contact de la clé/est relié, par l’aiguille mobile h”, avec les butées qui, à leur tour, sont connectées à la batterie sectionnée.
- Le rôle du transformateur est de produire, dans l’enroulement secondaire connecté aux bobines du relais, un courant qui attire l’aiguille et la retienne sur l’une des butées. Quand on abandonne la clé, le relais est traversé par un eouranl de polarité contraire et l’aiguille passe à
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- la butée opposée de la même layon qu’on l’a décrit précédemment.
- Un avantage qu’on fait valoir pour celte méthode est qu’en établissant le contact avec la clé du manipulateur pour mettre le câble en charge,
- A ÎT
- 0
- o n d O il E
- Fig. 0. — Comparaison de deux bandes données l’une far le syphon Recorder, l’autre par le Morse.
- le contact de la batterie dans le relais est renforcé au moment où l’on appuie sur la clé, ce qui assure une transmission parfaite.
- Il est très simple de substituer à la clé du mani-
- pulateur la touche du relais d’une ligne terrestre T (fig. /,) ; il est donc possible ainsi de réaliser la transmission automatique en employant le tra n s mette u r W hea ts to n e.
- La ligure 5 permet de comprendre le système récepteur. En V, où se trouve d’ordinaire le siphon /ecorder, on place un instrument semblable avec une touche de contact fixée à la bobine mobile. Cette touche établit le contact avec V ou e'. suivant la polarité du courant traversant le cable. Ces contacts sont reliés en W au circuit de la batterie locale x et à un récepteur ou à un parleur Z, qui peut être remplacé par un relais ou par tout autre instrument. Quand la touche V passe d’un coté à l’autre, l’elîet sur le circuit local est le meme en chaque cas et le point, ou le trait, est enregistré exactement comme avec un Morse ordinaire.
- 11 est bien évident qu’avec ce système on peut varier à l’infini les combinaisons de relais et de lignes terrestre et de lignes terrestres et sous-marines.
- STATISTIQUE
- L’industrie électrique américaine sur le marché mondial.
- Le grand développement des débouchés offerts sur son propre marché à l'industrie électrique américaine n’a pas empêché celle-ci de s ouvrir des débouchés de plus eu plus vastes sur le marché extérieur. Cependant, les grands progrès réalisés par certaines branches ne se sont pas généralisés; c’est, ainsi qu’alors que les articles d’électrotechnique en général, y compris téléphonie et télégraphie, ont doublé, depuis cinq ans; leur chiffre d’exportation, les machines électriques, au contraire, sont restées stationnaires et sont même plutôt en recul.
- Le développement des affaires est d’ailleurs marqué par détonnantes poussées, dues très vraisemblablement à des événements économiques intérieurs. La diminution de l’exportation en 1909, par exemple, doit s expliquer par la grande crise économique qui sévit cette année-là sur les Etats-Unis. L'exportation totale des
- articles élcclrolechniqucs à l'exclusion des machines avait été, en 1908, d’environ (i 70/1 000 dollars, mais dès l’année suivante, elle remontait notablement pour atteindre à <8 (k)', 000 dollars. En 1911, elle est passée à 10 700 000 dollars et eu 1911 à près de \ >. 000 000.
- Comme on l'a déjà signalé, la situation n’est pas aussi bonne pour l’exportation des machines électriques qui ne s’est développée que lentement depuis la bonne année, 1908. Elle fut, pour celle-ci, de 8 'iqà 000 dollars mais, l’année suivante, elle marquait un chute de •> millions qui s'aggravait encore de ; millions de dollars en iyio. En 1911, l’exportation remonta à 8 o via 000 dollars et en t 91 >. à 8 ',1 000 dollars.
- En général, l'industrie électrique Nord-Américaine a développé son chiffre d'affaires dans toutes les parties du monde à l’exception de l’Europe. Cette dernière n’offre plus aujourd’hui, pour clic, les avantages d’autrefois; depuis cinq ans, le chiffre «l'exportation vers l’Europe a
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- diminue de o,i million de dollars environ, ce qui, toutefois, ne constitue pas une réduction notable.
- Le tableau I ci-dessous donne un aperçu de l'exportation américaine en Europe en 1908 et 1911 en ce qui concerne les articles éleclrotcch-niques et le matériel téléphonique et télégraphique (depuis 1912 ce matériel est classé à part dans les statistiques).
- Tauleau I
- Exportation américaine en Europe en J00H et 1011 d’appareils électriques y compris matériel télégraphique cl téléphonique.
- P A Y S 1008 Dollurs 1911 Dollars
- Açores '2,'$ 24
- Allemagne 192 5oa 77 8E>7
- Angleterre 706 675 5i4 462
- Autriche-Hongrie. . 26 826 2 878
- Belgique IO/| 2 4 5 98 645
- Danemark 3 4 12 6 5o5
- Espagne 4 726 6 973
- Finlande (Avec la Russie) 2 657
- France 64 741 37 o73
- Gibralt-ir 7'» ))
- Grèce 3 08 19G
- Italie 5o 355 G8 519
- Malte r>o I I
- Norvège 8 372 13 227
- Pays-Bas 4 67° 4 869
- Portugal 9 1 iG 2 228
- Roumanie 13 8 79
- Russie d’Europe . . . 12 992 11 229
- Suède 5 664 4 544
- Suisse 71 2 1 3i9
- Turquie d’Europe. . )) G 973
- Total . i95 843 854 469
- Ce tableau montre que les chiffres ont baissé sensiblement dans les principaux pays industriels de 1908 à 1911. La diminution est particulièrement sensible pour l’Autriche-Hongrie où elle est des 9/10 environ, pour l’Allemagne, l’Angleterre et la France. L’Italie marque, au contraire, une augmentation. v II ressort, d’autre part, du tableau II que l’exportation américaine en Europe de matériel télégraphique et téléphonique est relativement faible et que l’année 191a a vu encore les posi-
- tions se modifier sensiblement : la Belgique, par exemple, a importé plus qu’en 1908; l’importation française est remontée à peu près au chiffre de cette même année et l’importation anglaise a dépassé celle de 1908. Seule, l’Allemagne reste encore en recul.
- Les chiffres du tableau III relatifs à l’exportation de machines électriques en Europe accusent une situation défavorable pour l’industrie amé-
- Tableau II
- Exportation américaine en Europe en 1012 de matériel télégraphique et téléphonique et des autres appareils électriques.
- PAYS MATÉRIEL télé- graphique MATÉRIEL télé- phonique AU?RES FOURNITURES électriques
- Açores » )) 73
- Allemagne 3o 1 925 119 067
- Angleterre I 2()5 5G 201 828 378
- Autriche-Hongrie. )) 545 8 507
- Belgique 260 4 186 129 833
- Danemark )) » 2 995
- Espagne )) 1 237 11 408
- Finlande » )) 4 619
- France )) 4 228 62 66»
- Gibraltar » )> 35
- Grèce. » » 1 00G
- Italie 3t7 i89 G4 203
- Malle » » ' tG
- Norvège » » 12 067
- Pays-Bas » » 16 078
- Portugal )) » 2 582
- Roumanie )> » 585
- Russie d’Europe.. 20 I ‘2 5 13 G 41
- Suède )) ‘2 b 7 069
- Suisse » » 3 432
- Turquie d’Europe. » » 933
- Total 1 832 68 GG 1 1 289 187
- ricaine. O11 remarquera toutefois que cette situation s’est sensiblement améliorée sur les marchés de l'Autrichc-Hongrie, de la Belgique, du Danemark, de l’Angleterre et même de l’Allemagne. Mais, pour ce dernier pays, il y a eu dans l’intervalle d’assez forts soubresauts. La Russie et l’Espagne marquent également un progrès. En général, la vente américaine aux pays d’Europe est empreinte d’une certaine nervosité qui se manifeste pal’ d’assez fortes oscillations n’ayant pas toujours leur origine dans des circonstances
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- défavorables. Par exemple, l’importation en Italie, en ces cinq dernières années, a en des différences de 341 ooo dollars et l’importation en France, de 33a ooo dollars.
- Tableau III
- Exportation américaine en Européen 1908 et 1912 de machines électriques.
- PAYS 1908 Dollars 1912 Dollars
- Açores » »
- Allemagne IOO 930 123 395
- Angleterre 779 625 882 708
- Autriche-Hongrie. 3o 802 89 814
- Belgique 8 727 20 837
- Danemark 8 607 10 325
- Espagne 32 240 43 167
- Finlande (Avec la Russie) 6 863
- F rance 528 307 196 io5
- Gibraltar » 1 948
- Grèce. 62 754 2 885
- Italie 224 584 107 666
- Malte )) 5g6
- Norvège 18 6o5 12 964
- Pays-Bas 36 612 6 6i3
- Portugal 433 2 718
- Roumanie: » 5o
- Russie d’Europe. . 12 260 34 325
- Suède 9 f>43 7 7 4 5
- Suisse 1 615 848
- Turquie d’Europe. » 643
- Total 1 855 644 1 552 2i5
- Il faut signaler en passant que c’est par le port de New-York que sc fait l’exportation de la majeure partie du matériel électrique à destination de l’Europe et de l’Amérique du Sud.
- L’article que nous résumons ici donne le détail des chiffres d’exportation de l’industrie électrique américaine vers les différents pays tels que le Canada et le nord de l’Amérique, l’Amérique Centrale, l’Amérique du Sud et les autres parties du monde. Ces chiffres sont résumés dans le tableau IV ci-après.
- Tableau IV.*
- Exportation de l'industrie électrique américaine de 1908 à 1912 dans les diverses parties du monde, en millions de dollars.
- 1908 1909 1910 1911 1912
- EUROPE
- Matériel. . . . Machines. . . 1,196 i,856 1,02.3 * ,567 0,911 1,2.87 o,855 ,^49 i,3Co i,552
- Total. . . 3,o52 2,590 2,208 2,2.04 2.912
- AMÉBIQUE OU NORD ET DU CENTRE
- Matériel.... Machines. . . 2,660 2,542 2,946 2,o3o 4,510 2,43o 5,466 3,378 5,742 3,37.
- Total. . . 5,202 i,976 6,940 8,844 9.', s
- AMERIQUE |>u SUD
- Matériel.... Machines. . . G97° 1,38o ,'138 0,866 2,39i 0.704 G 77 4 o,859 3,22.5 1,428
- Total. . . 3,35o 2,3 04 L°97 3,663 4.653
- ASIE
- Matériel.... o,6o3 0,315 0,412 1,037 1,55o 0,662. 1,216
- Machines . . . 2,01)5 G 4 4 4 o^38
- Total. . . 2,608 '.7r*9 1,35o 2,587 .,878
- AUSTRALIE, PHILIPPINES, ETC.
- Matériel.... Machines. . . 0,276 0,532 0,2.86 0,368 o,385 0,464 0,502 0,577 o,655 0,723
- Total. .. 0,808 o,65 i ••,819 1,079 i,368
- AFRIQUE
- Matériel.... Machines. .. 0,046 0,178 o,o65 0,175 0,07» o,*2a() 0,070 0,3 10 0,800 0,156
- Total. .. 0,22.4 0,240 0,298 o,38o 0,233
- (Elektrotechnische Zeitschrift, 3o avril et 7 mai 1914).
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- CORRESPONDANCE
- Unification des systèmes de fourniture d’Electricité en Chine.
- Monsieur le Rédacteur en chef,
- Comme suite à la lettre que nous vous avons adressée à ce sujet le 24 février dernier, nous avons le plaisir de vous informer qu’après plusieurs réunions du Comité nommé pour examiner cette question, le programme sui-vant a été proposé :
- 1) Pour la production et la distribution en général, on adoptera le système triphasé 5o ou 60 périodes.
- 2) La distribution en général sera en triphasé, système à 4 fils avec neutre connecté à la terre. La tension entre une phase et la neutre sera de ï5o volts, c’est-à-dire approximativement de 44° volts entre phases.
- 3) La tension pour l’éclairage particulier sera de 25o volts.
- 4) Au cas ou l’on ne trouvera pas désirable ou économique d’utiliser le système triphasé à 4 fils, on adoptera soit un système à 3 fils avec neutre connecté à la terre, soit un système à i fils avec un fil connecté à la terre. Dans tous les cas, le voltage sera de 25o volts.
- 5) L’emploi du courant continu sera déconseillé et il ne sera pas autorisé pour des systèmes au-dessus de 5o kilowatts ou ayant un feeder d’une longueur supérieure à un demi mille.
- 6) Ni fusibles, ni interrupteurs ne seront permis dans le fil neutre.
- 7) Dans les cas où le courant continu est essentiel, on
- adoptera pour la production et la distribution le système à 3 fils avec 5oo volts entre les ponts et avec neutre connecté à la terre.
- 8) Les tensions suivantes seront considérées comme étant « Standard » pour la transmission à haute tension : 2 200 volts, 3 3oo volts, 6 600 volts.
- Les tensions au-dessus de 6 600 volts seront prévues suivant les conditions locales, etc.
- En ce qui concerne les recommandations ci-dessus, le Comité considère unanimement que le système de distribution triphasé avec 4 fils est celui qui convient le mieux pour les villes chinoises.
- On attend très peu d’ennuis des troubles causés sur les lignes éclairage par les moteurs, car on trouve par l’expérience que les demandes de courant ne se font pas aux mêmes heures. On a décidé d'adopter les deux fréquences de 5o et 60 périodes, parce que la seule fréquence de 5o périodes n’aurait pas reçu l’approbation des fournisseurs américains,et l’emploi de la fréquence de 60 permettra l’utilisation d’appareils moins coûteux, dans le cas où la question de dépense de premier établissement est de toute importance.
- Nous ajouterons que toutes les villes en Chine ayant des réseaux électriques emploient le système de distribution aérienne à l’exclusion des systèmes souterrains.
- Changhaï le 20 mars 1914.
- R. A. Williams,
- Secrétaire Electricity Standarisation Comittee
- NÉCROLOGIE
- Nous avons appris avec beaucoup de regret la mort de M. Robert Kaye Gray, décédé le 28 avril dernier à l’âge de 63 ans. Né en Ecosse en juin i851 M. Gray avait fait ses première études à Greenock, puis il était venu à Londres en i865, et était entré au collège de l’Université ; il avait complété ses études à Paris en 1869. Peu après il était entré au service de la Compagnie India Rubber, Gutta Percha Tele-graph Works, dont il devint administrateur en 1899 et administrateur délégué en 1901 à la mort de son père, M. Matthew Gray.
- Dans cette Compagnie, il s’occupa d’abord spécialement de la construction et de la pose des câbles sous-marin. En 1870, pendant la guerre franco-allemande, il accompagna l’expédition chargée d’effectuer la pose d’un câble sous-marin entre Gravelines et Bordeaux : deux ans après il assista comme électricien en chef à la pose du câble Direct Spanish entre Lizard et Bilbao, puis à celle d’un câble Marseille-Alger pour le gouvernement français : en 1876 il dirigea compie ingénieur en chef de la Compagnie
- West Coast of America la pose d’un câble entre Valparaiso et Callao ; en 1879 et en 1880 deux nouveaux câbles sont posés entre Marseille et Alger sous sa direction ; de 1882 à 1884 il dirigea la pose des câbles de la Compagnie Mexicaine, de la Central and South American et de la Spanish National.
- A partir de 1901 il eut à diriger toutes les branches de la production des Usines de la Compagnie India Rubber, ce qui exigeait des connaissances beaucoup plus étendues que celles nécessitées par la télégraphie sous-marine, car il avait à envisager toute l’industrie du caoutchouc etdela gutta-percha. Malgré ces occupations absorbantes, il trouva le temps de s’adonner aussi à la science : il était membre de nombreuses sociétés savantes. En 1903 il fut élu président de l’Institution of Electrical Engineers.
- Tous ceux qui l’ont connu gardent le souvenir de son invariable affabilité et de sa scrupuleuse droiture qui était devenue proverbiale aussi bien parmi ses concurrents que parmi ses amis et collaborateurs.
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- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- La lecture du rapport du Conseil de la Compagnie Française pour l’exploitation des Procédés Thomson-Houston, l’examen des comptes de l’exercice 1913 et du bilan font nettement ressortir une situation prospère. Il y a quelques années, les difficultés au milieu desquelles se débattaient certaines filiales de la Compagnie ou certaines affaires dans lesquelles elle avait pris d’importantes participations avaient quelque peu rejailli sur elle et influencé sa situation financière et ses cours. Les immobilisations qu’elle avait successivement faites, soit rue de Vaugirard, soit à Neuilly, soit à Lesquin, n’avaient pas d’autre part donné tous les résultats que le Conseil en attendait. Mais à présent, la liquidation des participations douteuses ayant été effectuée, la créance des Tramways Sud ayant été régularisée et tous les
- Electrique, exploitant les villes de Rouen, Alger et Chàteauroux; de l’Energie Electrique du Littoral Méditerranéen; de la Compagnie Générale de Distribution d’Energie Electrique; de l’Energie Electrique du Sud-Ouest, ou de la Société de Construction et de Location d’Appareils de levage, on se trouve en présence d’affaires industrielles ou financières dont le rendement augmente progressivement quoique lentement. Chacune d’elles contribue pour sa part à assurer un revenu rémunérateur du portefeuille de la Compagnie et l’alimentation de ses ateliers : et si l’on dresse d’une part le tableau des plus-values de recettes ou des dividendes de ces sociétés et, d’autre part, celui des commandes qu’elles ont passées à la Thomson-Houston on trouve la double énumération suivante :
- PLUS-VALUE DE RECETTES OU EXTENSIONS EN COURS DIVIDENDE I9ia DIVIDENDE I9ï3
- % %
- Société Centrale Usine pour la région de Bakou 6 6
- Compagnie Centrale d’Energie EU-ciiiquc. Acquisition du réseau d’Oran 4 5
- Compagnie des Omnibus 6 336 000 ou 11 % 4 4
- intercalaires
- Tramways Sud 140 000 ou 1,46 % 5 5
- Tramways Nord 1 040 000 ou 9,9 % 4 4
- Cie Générale Française de Tramways. . . . » 5,5o 5,75
- Tramways de Rouen » 6, 5o 6, 70
- Tramways de Bordeaux )) 5 5
- Chemins de fer Nogentais » 5,5 5,5
- Société Versaillaise de Tramways )) 6,5 6,5
- Tramways Algériens )) 20 23
- Energie Electrique du Littoral 600 OOO ou 9 % 3,5 4
- Compagnie Générale de Distribution 1 220 000 OU 33 % néant 5
- Energie Electrique du Sud-Ouest 5oo 000 ou 26 % 6
- Société de Construction et de Location
- d’appareils de levage Capital porté de 2 à 4 millions 7 7
- ateliers travaillant avec un rendement maximum, la Compagnie profite aussi bien de l’essor de l’industrie électrique que des progrès de toutes ses autres filiales. C’est un chapitre des plus intéressants que celui consacré par le Conseil dans son rapport à l’examen des faits les plus saillants concernant les Sociétés dans lesquelles la Thomson-Houston est intéressée. Qu’il s’agisse de la Société Centrale pour l’Industrie Electrique, société d’études et de concours financier; de la Compagnie Centrale d’Energie
- Commandes en cours pour les filiales ou les Sociétés en participation :
- Energie du Littoral, Usine de Fontan, deux turboalternateurs de 6 000 kilowatts.
- Compagnie Centrale d’Energie Electrique, deux groupes de 3 000 kilowatts pour Alger.
- Compagnie Générale de Distribution d’Energie, Usine de Billancourt : 18 000 kilowatts.
- Compagnie des Omnibus, transformation des voies et sous-stations.
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- Tramways Sud et Nord, transformation des voies et sous-stations.
- Cette dernière énumération est très succincte et donnée simplement pour faire ressortir les avantages que nous signalions plus haut. Dans cette voie de l’industrie électrique, la Compagnie Thomson-Houston a précédé ou suivi les progrès de toutes les firmes analogues et le matériel qui sort ainsi de ses ateliers doit être considéré pour elle comme de série normale : les dimensions et les puissances des groupes augmentent, les tensions de distribution et d’alimentation atteignent et dépassent /t5 ooo et 60000 volts: mais les principes de la construction ne varient guère. Là où l’originalité des principes et des applications donne au contraire à la Thomson-Houston une prépondérance sur tous ses concurrents français, c’est dans ses installations de téléphone automatique, ses appareils de manœuvre d’aiguillages et de signaux de chemins de fer et scs locomotives monophasées. Le téléphone automatique a fait ses preuves en Amérique : les brevets qui en protègent 1 invention sont la propriété de l’Auto-matic Téléphoné C° de Chicago.
- La Thomson se l’est assurée pour la France, la Grèce et l’Egypte : ses principales installations se citent à Paris : le Bon Marché, les Galeries Lafayeltc, le Printemps, la Compagnie de Suez. En province, l'aménagement complet du réseau de Nice confirme la satisfaction que procure ce système. Aussi la Compagnie a-t-elle décidé l’extension des ateliers consacrés à ce département de ses spécialités. Quant aux locomotives monophasées, au nombre de huit en commande pour la Compagnie du Midi, elles constituent l’une des branches de la construction de la Thomson appelée au plus grand développement. Activité commerciale, activité technique, activité financière, efforts et collaboration de tous les services ont abouti, pour 1913, aux résultats suivants : émission réalisée de 3o 000 obligations nouvelles ; production de toutes les usines en augmentation sur 191a ; montant global des factures faites supérieur de 18 % ; livraison de i3 092 machines diverses contre 9 584 l’année précédente ; bénéfices bruts de 8 2io633 fr. 63 et nets'de 5 354 ii3 fr. 62 supérieurs de 323 382 fr. 5i à ceux de 1912; amortissements' pratiqués : 1 009 728 fr. 37 en augmentation de 278745 fr. 99 et dividende de 7 % laissant disponible un report à nouveau de 195705 fr. 21. Du fait de l’émission de i5 millions d’obligations, le capital investi est maintenant de io5 millions : par Je jeu de l’amortissement des obligations, il ne figure
- au passif que pour 102 510000 francs; les réserves s’élèvent maintenant à 3i 895 000 francs, soit à plus de la moitié du capital-actions. A l’actif, les comptes apports, frais de constitution, mobilier, modèles, études, brevets, figurent chacun pour un franc; les meubles et immeubles, outillage et matériel se chiffrent par 19 4o5 795 francs ; les travaux en cours atteignent 20 188 918 francs et les débiteurs divers 28743971 francs. Le portefeuille a été évalué soit aux cours de Bourse, soit au prix de revient pour les titres non cotés et s’élève à 58 42G384 fr. 16. Enfin si nous mettons en regard les disponibilités de la Compagnie et ses exigibilités, nous trouvons, pour ces deux comptes, 41006349 fr. 36 d’une part et 14 209 196 fr. 09 d’autre part, présentant un écart de 26796 i53 fr. 77, en faveur du premier qui témoigne de l’aisance de la trésorerie.
- Dans l’énumération qu’a faite le Conseil de la Thomson dans un rapport des installations en cours d’achèvement, il a cité la centrale de la Compagnie du Canal de Suez, à Port-Saïd. Le Conseil de celte dernière compagnie a signalé de son côté à ses actionnaires l’heureuse répercussion sur le trafic du canal du développement des industries récemment créées à Port-Saïd, à Suez et sur les côtes de la mer Rouge : salines de Port-Saïd, raffinerie de pétrole de Suez, gisements de pétrole et de phosphates, mines de manganèse, de plomb et de zinc. C’est, ajoute le rapport, le début de la mise en valeur d’une vaste région, dont la richesse paraît devoir apporter au trafic du Canal un nouvel et précieux élément d’activité. Nous considérons de notre côté que ces centres d’activité industrielle doivent constituer des débouchés nouveaux et intéressants pour l’industrie électrique qui trouvera là l’occasion d’applications nombreuses et diverses.
- Dernièrement a eu lieu, à Bruxelles, une assemblée extraordinaire de la Mutuelle de Tramways pour examiner la situation financière de la Société et aviser aux moyens de la consolider. L’entreprise de Nantes n’a pas donné quant à présent les résultats espérés : des retards dans la mise en route de la station centrale ont absorbé toutes les disponibilités mises à la disposition de la Société Nantaise; celle-ci a vis-à vis de la Mutuelle un découvert de 6 à 7 millions qui devra être comblé par une émission d’obligations. En attendant, les avances doivent se poursuivre et la Mutuelle doit emprunter pour satisfaire aux nécessités de ses filiales. Ses bénéfices de l’exercice 1913 proviennent pour les deux tiers de réalisations de titres. La nouvelle direction de l’affaire
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- semble décidée à apporter plus de prudence à ces réalisations comme aussi à ses participations.
- La Circulaire Renauld du 3o mai signale les progrès des filiales de la Compagnie Lorraine d’Electri-cité. La Société d'Eclairage et de Force motrice par l’Electricité a tenu son assemblée le 28 mai ; le dividende voté est de 8 %-, malgré l’abaissement des tarifs de 8 à 6 centimes ; la puissance desservie atteignait i 5oo kilowatts fin 1913 et ne cesse d’augmenter. La Compagnie Générale Sénonaise distribue 3 % nets et constitue avec le surplus de ses bénéfices une réserve pour l’amortissement de ses obligations. Enfin la Société Vosgienne qui a porté son capital de 5oo 000 à 1 200 000 francs, toujours avec le concours de la Lorraine, poursuit son développement commercial après avoir complètement remanié son réseau qui est maintenant constitué d’éléments homogènes avec ceux de la Lorraine.
- La situation des marchés financiers n’empêche
- pas certaines Compagnies de faire appel au crédit pour réaliser des augmentations de capital rendues indispensables par le développement des affaires. Dans notre dernière chronique, nous signalions l’émission de la Financière de Transports et d’En-treprises industrielles ; elle a été close le 3 juin. Mais elle est suivie et pour partie par les mêmes établissements de crédit, par celle de la Compagnie Générale pour l’Eclairage et le Chauffage par le Gaz. Dix mille actions nouvelles d’un nominal de 5oo francs sont offertes aux actionnaires et aux porteurs de parts à 925 francs. Le capital de la Compagnie sera alors représenté par 40 000 actions de 5oo francs. Les installations en France de la Compagnie Générale pour l’Eclairage et le Chauffage par le Gaz donnent plus d’intérêt à cette émission patronnée chez nous par le Crédit Industriel et Commercial et par la Banque Propper et Cie.
- T. R.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Aisne. — Le conseil général vote un emprunt de 188 000 francs pour l’exécution, par la Compagnie des Chemins de fer départementaux de l'Aisue, des travaux d'extensions et d’améliorations de la ligne de tramways de Tergnier à Anizy-Pinon.
- Algérie. — Les Chemins de fer de l’Etat Algérien ont passé récemment les commandes suivantes :
- 39 locomotives à la Société Alsacienne de Constructions mécaniques, à Belfort;
- 3 locomotives, à la Société Piguet, à Lyon:
- 3i tenders, à la Compagnie Française de Matériel de Chemin de fer, à la Plaine-Saint-Denis;
- 3o8 wagons de marchandises et fourgons, et 2 grues roulantes, à la Société Franco-Belge, à Raismes;
- 83 voitures à voyageurs, aux Ateliers du Nord de la France, à Blanc-Misseron.
- ÉCLAIRAGE ET FORCE MOTRICE
- Ain. — La municipalité de Challes-la-Monlagne a été sollicitée par diverses Sociétés pour l’installation de l’éclairage électrique. Le conseil va s’occuper de cette question.
- Il est question de l’utilisation d’un nouveau réseau
- d’éclairage électrique qui serait installé dans la région de Cerdon et qui serait fourni par l’usine hydro-électrique que M. Reflay, industriel, va créer.
- Ardèche. — Le conseil général décide d’installer l’éclairage électrique à la préfecture (en deux ans); la première année en votant 2 5oo francs pour l’éclairage du logement préfectoral, la seconde 3 5oo francs pour l’éclairage des bureaux.
- CÔteS-du-Nord. — La ville de Jugon va être éclairée à l’électricité, M. Jean Morin, industriel, conseiller municipal, utilisant une assez forte chute d’eau du grand étang, va sous peu s’occuper de l’installation.
- Indre. — Une enquête est ouverte à Issoudun sur le projet présenté par MM. Leclerc-Montmoyen et Parrain, en vue d’obtenir la concession d’une distribution d’énergie électrique dans la ville.
- Jura.. — Le conseil municipal d’Arbois accepte M. Bossert, de Saint-Vit, comme concessionnaire de l’éclairage électrique de la ville.
- Loire-Inférieure. — Par arrêté du préfet, M. Pru-gnaud, de Rennes, a été déclaré concessionnaire de l’éclairage électrique pour la commune de Saint-Père-en-Retz.
- Marne. — Le conseil municipal de Sainte-Menehould
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). — N«24.
- décide, en principe, l’installation de l'éclairage électrique- de'la ville j des renseignements précis seront demandés à divers concessionnaires de-la région,
- Meurthe-et-Moselle. — .La commune de Longla-ville va être dotée de l’éclairage électrique. L’assemblée communale a voté pour paiement des travaux d’installation de l’électricité un emprunt de i5 600 francs.
- Seine-Inférieure. — Le projet de distribution d’énergie électrique de Gournay-en-Bray est adopté. La Société Marcel Bréant et Cio, de Gasny(Eure) a demandé l’autorisation d’établir le secteur.
- TÉLÉPHONIE
- Ain. — Le conseil général décide de faire un emprunt de 489 020 francs pour l’établissement de circuits téléphoniques départementaux.
- Algérie. — La Chambre de Commerce d’Alger est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 40 000 francs en vue de l'établissement des circuits téléphoniques Alger-Castiglione (24 000), Koléa-Oued-el-Alleug (3 4o°). Alger-Saoula-Draria (9 600) et Alger-Hussein-Dey, 4“ fil (3 000).
- Aube. — Le conseil général a voté un crédit de 14 65g francs pour la construction des circuits téléphoniques Estissac, Aix-en-Othe, Brienne, Soulaines, Troyes, Lusigny.
- Finistère. — En vue de l’extension du réseau téléphonique départemental, le conseil général vote un emprunt de 455 097 francs.
- Ille-et-Vilaine. — Le conseil général vole un emprunt de 469 856 francs, destinés à pourvoir au rattachement des 48 dernières communes, ayant sollicité le téléphone et à l’établissement de différents circuits.
- Indre. — Le conseil général vote une somme de ti6 233 francs à titre d’avance pour doublement du circuit téléphonique Châteauroux-La Châtre et pour circuits téléphoniques divers.
- Loire-Inférieure. — Le conseil général donne un avis favorable à l’établissement de différents circuits téléphoniques. Nantes-Le Mans, Nantes-Saint-Brieue, Nantes-La Rochelle, Nantes-Niort, etc..
- Loiret. — Le conseil général a prévu une somme de 227 761 francs pour l’extension du réseau téléphonique départemental.
- Manche. —' Le conseil général vote un crédit de
- a3o 000 ràncs pour l’amélioration et l’extension du réseau téléphonique.
- Haute-Marne. — Le conseil vote les sommes suivantes pour la part du département dans les frais d’établissement des circuits téléphoniques : Essoye-Laferté-sur-Aube, 3 83o francs ; Laferté-sur-Aube-Ville-sous-Laferté, 910 francs; Frettes-Champlettes, 1 070 francs; Bricon-Autreville, 2 100 francs.
- Meurthe-et-Moselle. — L’établissement des deux nouveaux circuits téléphoniques est autorisé entre Nancy et Saint-Dié et Nancy-Chaumont.
- En outre, un deuxième circuit téléphonique sera construit entre Norroy-le-Sec, Briey et Spincourt-Longuyon.
- Meuse. — Le conseil général vote 20 914 francs pour la construction de nouveaux circuits sur le réseau téléphonique avec incorporation de Beauclair et de Deux-noud-aux-Bois.
- Vendée. — Le conseil général adopte un rapport concernant la création d’un quatrième réseau téléphonique, M. le préfet est autorisé à contracter un emprunt de 100 000 francs.
- Vosges. — La construction de divers circuits téléphoniques départementaux et interdépartementaux est décidée par le conseil général. Un emprunt de 255 8g5 fr. est voté pour couvrir le montant de la dépense.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est, Jeumont.
- Outillage moderne des poids de mer et fluviaux. Installation des grues électriques au bassin à flot n° 2 du port de Bordeaux.
- SOCIÉTÉS
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de Paris.
- Les recettes de la dernière décade de mai écoulée se sont élevées à 1 700 735 francs, elles avaient été de 1 583 940 francs pendant la période correspondante de 1913. La plus-value est donc de 116 795 francs, et porte à 1 912 235 francs l’augmentation totale de recettes depuis le iar janvier.
- CONSTITUTIONS
- Régionale Electrique de Saône-et-Loire. — Durée :
- 4o ans. — Capital : 100 000 francs. — Siège social: Lacrost (Saône-et-Loire).
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- 13 Juin 1914. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Omnium Lyonnais de Chemins de fer et Tramways.
- Tableau comparatif des recettes
- SEMAINE DU 10 MAI AU l6 MAI DU Ier JANVIER AU 16 MAI POURCENTAGE
- 1914 19*3 "9*4 i()i3
- Cannes 8 867 85 10 5i3 90 a53 431 15 247 754 60
- F ontainebleau 3 38a 40 7 689 80 62 202 55 59 941 5o
- Bourges 3 721 70 4 94b 35 74 260 10 71 547 55
- Poitiers 3 910 45 4 129 3o 69 443 70 66 282 40
- Troyes 5 389 60 6 778 45 104 175 o5 101 336 60
- Pau 4 4^3 o5 5 174 80 89 378 20 uo 024 10
- Cette 3 271 o5 3 g4o 40 53 742 3o 5a 175 65
- Armentières 1 3o8 55 1 722 60 27 896 71 27 970 3o
- Totaux 34 280 65 44 895 60 734 53o 36 716 732 70
- Avignon 4 a3i 35 6 293 65 74 n3 75 76 2l3 10
- Saint-Etienne-Firminy 41 o85 10 53 954 25 802 706 40 789 489 5o
- Tableau des recettes d’exploitation des principales Sociétés (mois de mars 1914).
- DÉSIGNATION ANNÉE 1914 DIFFÉRENCE ENTRE LES RECETTES DES TROIS PREMIERS MOIS en 1913 et en 1912
- llecettcs du mois de murs Recettes depuis le début de l’année en faveur de 1914 en faveur de 1913
- Energie Electrique du Nord de la France fraucB 398 100 frîmes 1 203 5q5 fttUlCB 35i 533
- Société Roubaisienne d’Eclairage 285 002 977 4*84 99 94i
- Electrique Lille, Roubaix, Tourcoing Compagnie Electrique de la Loire cl du Centre • • • • 187 6i5 548 36i 18 280
- 57i 355 1 767 292 260 037
- Société Générale de Forces Motrices et d’Eclui-rage de la ville de Grenoble 33 200 98 169 4 3o3
- Société des Forces Motrices du Haut-Grési-vaudan. ' 61800 192 594 384 868 263 743 14 581
- Union Electrique Société d’Electricité de Caen 124 562 76 794 5<j ouo 61 16O
- Société Méridionale de Transport de Force.... 181 904 559 044 (ii 361
- Sud-Electrique 206 706 690 628 46 727
- Est-Electrique 107 479 3a8 070 90 o35
- Electricité de Bordeaux et du Midi 123 548 454 762 17 132
- Energie Electrique du Sud-Ouest 238 149 729 044 146 115
- Energie Electrique du Littoral Méditerranéen. 773 953 2 245 042 262 564
- Chemins de Fer Electriques départementaux de la Haute-Vienne 72 583 176 989 196 846 25 281
- Tramways de Roubaix-Tourcoing 535 474 10 444
- CONVOCATIONS
- Société Hydro-Électrique des Alpes. — Le 17 juin, 1, place des Saussaies, à Paris.
- Société des Appareils Economiques d’Electricité.
- — Le 19 juin, 5o, rue Taitbout, à Paris.
- Compagnie Electrique du Nord. — Le 20 juin, à Lille.
- Société des Usines Hydro-Electriques des Hautes-Pyrénées.— Le 22 juin, 60, rue Caumartin, à Paris.
- Société Boulonnaise d’Eclairage et de Force par l’Electricité. — Le 23 juin, 47, rue de Bourgogne, à Lille.
- Compagnie Générale d’Electricité de Creil. — Le 23 juin, 19, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- Société du Secteur Electrique de la Bastille. — Le
- 25 juin, 43, boulevard Haussmann, à Paris.
- Société des Ateliers Electriques de Saint-Ouen. —
- Le 25 juin, 47, boulevard Haussmann, à Paris.
- Société Andelysienne d’Electricité. — Le 26 juin, il, rue de la Tour-des-Dames, à Paris.
- Compagnie des Tramways de Lourdes. — Le
- 26 juin, 22, rue de l’Arcade, à Paris.
- L’Eleotrique Lille-Roubaix-Tourooing. — Le 27 juin, A Marcq-en-Bareul (Nord), ,
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- Compagnie du Tramway du Mont-Blanc. — Le 27 juin, 78, rue d’Anjou, à Paris.
- Société des Anciens Etablissements Parvillée Frères et C'e. — Le 29 juin, 56, rue de la Victoire, à Paris.
- Société pour la Transmission de la Force par l’Electricité. — Le 29 juin, 26, rue Laffitte, à Paris.
- Société d’Eclairage et de Force par l’Electricité. —
- Le 29 juin, 26, rue Laffitte, à Paris.
- Société Nantaise d Eclairage et de Force par l’Electricité. — Le 3o juin, 75, boulevard Haussmann, à Paris.
- Compagnie des Tramways Electriques de Saint-Etienne — Le 3o juin, 41, rue de la République, à Lyon.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 26 juin 1914, au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture de fil de cuivre recouvert de caoutchouc et de coton ignifugé (3 lots).
- Les demandes d’admission à cette adjudication devront être parvenues au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, le 16 juin 1914.
- *
- * *
- Le 26juin 1914, au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, io3, rue de Grenelle, i\ Paris, fourniture de 1 wagon-poste de 18 m. 120 monté sur bogies; 2 wagons-poste de 14 mètres; 2 caisses de wagon-poste de 14 mètres.
- Les personnes désirant concourir auront à formuler une demande écrite qui devra parvenir au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes (Direction de l’exploitation postale, 60 bureau), rue de Grenelle, n° io3, à Paris, avant le 18 juin 1914.
- S’adresser, pour prendre connaissance de l’arrêté d’adjudication, à Paris, au service de la vérification du matériel des Postes et des Télégraphes, boulevard Brune, n° 75, tous les jours ouvrables, de 9 heures à 11 heures.
- • *
- Le 26 juin 1914, au ministère du Commerce, de l’Indus-
- trie, des Postes et des Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture de câbles téléphoniques à 14 et à 28 paires sous plomb (10 lots).
- Les demandes d’admission à cette adjudication devront être parvenues au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, le 16 juin 1914 au plus tard.
- ». '
- * *
- Le 27 juin 19x4, au ministère du Commerce, de l'Industrie, des Postes et des Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture de tableaux commutateurs téléphoniques (6 lots).
- Les demandes d’admission à cette adjudication devront être parvenues au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, le 16 juin 1914.
- *
- * *
- Le 27 juin 1914, auministère du Commerce,’de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, io3, rue de Grenelle, à Paris, fourniture d’appareils accessoires et d'objets divers pour postes d’abonnés et bureaux centraux téléphoniques (17 lots) (sonneries, planchettes à 8 et 12 bornes, Jacks).
- Les demandes d’admission à cette adjudication devront être parvenues au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, le 17 juin 1914.
- I.\
- Le 2gjuin 1914, auministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, io3, ruede Grenelle, à Paris, fourniture de tableaux commutateurs téléphoniques extensibles modèle 1911 (4 lots).
- Les demandes d’admission à cette adjudication devront être parvenues au ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, le 19 juin 1914 au plus tard.
- BELGIQUE
- Le 26 juin, à midi, à l’hôtel (de ville, à Anvers, fourniture de matériel électrique pour l’éclairage des hangars nos 1 à 7 du quai d’Herbouville ; cautionnement, 3oo fr.; cahier des charges : o fr. 5o. Soumissions recommandées le 2 5 juin.
- Le 18 juillet, à 4 heures, â la maison communale, à Nalinnes (Hainaut), concession de l’éclairage public par l’électricité et fourniture du courant d’éclairage et de force motrice pour usages privés.
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- Pau* — upunui lxvA, 17, aux camitti.
- t* Gérant : J.-B. Noubt.
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- trente-sixième année
- SAMEDI 20 JUIN 1914.
- tome XXV (2e série). N» 25
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- Capitaine P. BRENOT. — La télégraphie sans
- fil dans les colonies françaises......... 769
- J. RETVAL. — L’Exposition annuelle de la Société Française de Physique (Suite).... 781
- P. BOÜGAULT., — Du droit pour le Préfet d’annuler le refus indirect d’un maire qui „ impose sans motif à un électricien une canalisation souterraine.................... 786
- Traction
- L’électrification de la ligne de chemin de fer de Philadelphie à Paoli sur le Pennsylvania
- Railroad.
- 791
- Applications mécaniques
- Contrôle des grosses machines-outils à commande individuelle......................... 79',
- Publications techniques
- Stations centrales
- Le tableau de distribution. — S.-W. Maucer. 789 Le plus grand groupe électrogène du monde. 790
- Electrométallurgie
- Production directe d’acier en partant du minerai. — E. Huamiekt et A. Hethey.....
- Etudes et Nouvelles Economiques.......... 797
- Renseignements Commerciaux............... 799
- Adjudications............................ 800
- LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL DANS LES COLONIES FRANÇAISES
- Dans cet article, Vauteur décrit Vorganisation de la. Télégraphie sans fil dans les colonies françaises en indiquant les diverses communications actuellement réalisées et les principaux projets à l'étude, tant en ce qui concerne le* réseaux locaux qu'en ce qui concerne les relations intercoloniales.
- Les stations radiolélégraphiques ouvertes à la correspondance publique se divisen t en deux catégories : celles qui assurent le trafic maritime, é;est-à-dire les stations côtières et les stations de bord, etcellesqui réunissent entre eux des points fixes déterminés, constituant en quelque sorte de véritables lignes hertziennes.
- Les stations côtières peuvent évidemment appartenir aux deux categories. 11 11’a encore été établi de réglementation internationale précise que pour la première catégorie, la plus ancienne, celle pour laquelle la pratique avait assez rapidement donné une documentation suffisante. Pour les stations delà deuxième catégorie, chaque Etat conserve la plus entière liberté.
- Mais, dans tous les cas, le principe de l’inter-
- communication a été posé i un poste ne peut refuser de correspondre avec un autre, sous le seul prétexte que son correspondant éventuel est exploité par un Etat concurrent ou une compagnie rivale.
- Les stations fixes qui ont à communiquer entre elles sont de plus en plus nombreuses.
- Le perfectionnement des appareils permet, en effet, maintenant, grâce en particulier à l’emploi des ondes longues, de communiquer facilement sur terre aux grandes distances, le jour et la nuit, malgré les obstacles. Enfin, l’emploi des systèmes à é m i s s i o n m u s i ca 1 e a co n s id é rabl c m enta 11 gm e n té le rendement des communications "hertziennes.
- Les grands postes de T. S. F. peuvent être organisés de façon à effectuer, dans certaines
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- A LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2* Série). — If 25.
- conditions, des échanges aussi rapides, souvent plus, cpie les grands câbles sous-marins.
- Us correspondent néanmoins à des dépenses d’établissement beaucoup moins élevées, et souvent à des frais d’entretien très inférieurs.
- Sur les côtes des mers fréquentées,'leur nombre ne saurait encore être multiplié sans inconvénient, en l’état actuel de la technique. 11 pourrait en résulter de graves perturbations dans le service général et. gênés eux-mêmes, ils auraient un rendement moins bon.
- D’ailleurs, pour l’écoulement des trafics intenses, les câbles reprennent l’avantage, dès qu’ils sont assez courts pour permettre l’emploi d’appareils télégraphiques à grand débit.
- La télégraphie sans fil a, d’autre part, l'inconvénient grave d’être fort i ndiscrète.
- Pour ces diverses raisons, il semble que dans les mers fréquentées la télégraphie sans fil et les câbles continueront à vivre parallèlement, se complétant mutuellement, avec d’excellentes relations de voisinage.
- Dans les régions éloignées, dans la plupart des colonies, la situation est déjà différente.
- Le trafic n’est pas tel, le plus souvent, qu’il soit besoin de plusieurs moyens de communication pour l’écoulcr, et ce trafic ne dépasse pas, en général, les limites que la télégraphie sans fil permet d’atteindre, même avec des appareils relativement simples, et en dépit d’arrêts de fonctionnement éventuels aux heures trop défavorables.
- Par contre, l’avantage économique de la communication radiotélégraphique est souvent très grand. Certains câbles coloniaux, français ou étrangers, entraînent annuellement des frais d’entretien de plus de cent mille francs pour quelques centaines de kilomètres. Encore sont-ils fréquemment rompus et parfois pendant des mois. En deux ans, leur entretien absorbe le capital correspondant à la construction des deux postes rndiotélégraphiques nécessaires pour franchir la même distance, etees postes pourraient en outre, dans bien des cas, assurer le service avec les navires.
- Economie, souplesse, sécurité, toutesten faveur de la T. S. F. dans ces conditions. s Pour les communications terrestres, à travers les vastes étendues, où la civilisation n’a qu’imparfaitement pénétré, la T. S. F. doit jouer un rôle plus important encore.
- Les réseaux télégraphiques coloniaux ont de grandes analogies avec les réseaux établis par les armées en campagne. Ils ont seulement quelques ennemis de plus, et non des moindres, dans le climat, la faune, la végétation.
- Leur existence est maladive, souvent éphémère... ; et les soins qu’ils demandent sont terriblement dispendieux.
- Pour toutes ces raisons, c’est surtout dans le développement des réseaux radiotélégraphiques coloniaux que l’activité des divers gouvernements se manifeste actuellement, soit qu’il s’agisse d’établir des communications à grande distance, dites impériales, reliant entre eux et à la Métropole, les territoires dépendant d’un même Etat, soit qu’il s’agisse des communications « internes » dans ces territoires.
- C’est ainsi que l’Angleterre, qui dispose déjà d’une communication directe avec le Canada par les grands postes de Clifden et de Glace-Bay, vient de commencer la construction d’un réseau de puissantes stations, la rattachant à l’Extrême-Orient et à l’Afrique du Sud.
- L’Allemagne poursuit des essais avec le Togo et le Cameroun. Elle réunit entre elles ses possessions du Pacifique (Yap, Rabaul, Naourou, Apia) qui ont, d’autre part, un débouché dans le câble des Célèbes. Elle cherche actuellement le moyen de mettre en communication directe ses territoires d’Australasie avec la côte orientale d’Afrique.
- Les Etats-Unis dirigent vers Manille par Arlington, San Francisco, Ilonolulu, une longue ligne hertzienne transpacifique.
- L’Italie a réuni directement l’Erythrée, par Massouah, avec Coltano, le plus puissant poste du monde actuellement en service.
- En France, M. Messimy eut le premier l’idée d’organiser un grand réseau intercolonial, réunissant nos colonies entre elles et à la Métropole, réseau d’intérêt politique, militaire et commercial.
- Il résolut de constituer une longue ligne axiale, sur laquelle pourraient se souder des ramifications constituées par les réseaux locaux.
- Un projet de loi préparé par M. Lebrun, après accord entre les départements ministériels intéressés, fut déposé au Parlement le n juillet njiz. Il n’a pas encore été pris de décision à son sujet.
- Les communications principales, que désire
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- réaliser l’Administration coloniale, sont les suivantes :
- Colonib-Bechar ’ (Sud Oranaisi,
- Tombouctou................ i 68o km.
- Colomb-Bechar, Saint-Louis (Sénégal) ...................... i /|2o km.
- Tombouctou, Bangui (Congo)., a 700 —
- Bangui, Djibouti......... » 800 —
- Djibouti, Tananarive........ ’i too —
- Djibouti, Pondichéry......... 4 000 —
- Pondichéry, Saigon........... a 900 —
- Saigon, Nouméa............... 7 5oo —
- Nouméa, Tahiti............... 4 /,5o —
- Tahiti, Marquises............ i 400 —
- Marquises, Martinique........ 8 5oo km.
- Les distances à couvrir entré Saigon, Nouméa, d’une part, 'les Marquises, la Martinique, d’autre • f>art, sont très considérables.
- Il est possible que les communications correspondantes ne puissent être assurées que la nuit, pendant quelques heures favorables.
- En ce qui concerne spécialement la liaison Saigon-Nouméa, le résultat obtenu serait encore très important au point de vue politique, nos colonies d’Océanie n’étant en relations avec la Métropole que par des voies étrangères indirectes.
- La communication directe entre la Martinique et les Marquises présente moins d’intérêt, ces colonies se rattachant au réseau intercolonial d’une part à Saint-Louis, d’autre part à Tahiti.
- «
- Il faut enfin remarquer que les grands postes projetés à Saigon, en Nouvelle-Calédonie, en Océanie, se justifient par de multiples raisons, en dehors des relations dont il vient d’être parlé.
- La station de Saigon est, d’autre part, le ter-^ minus de la ligne d'Extrême-Orient, et pourra trouver des débouchés nombreux vers Shanghaï, la Chine, le Japon, les îles de la Sonde, etc., sans parler des transmissions aux navires.
- Quant au poste de Nouméa, il permettra de relier au réseau sous-marin international nos possessions d’Océanie actuellement complètement isolées (le câble le plus voisin est distant de 3 5oo kilomètres). Il pourra assurer des communications avec la Nouvelle-Zélande, d’où partent plusieurs lignes sous-marines, et, en cas
- de rupture du câble du Queensland, avec l’Aus tralie.
- Au moment où le canal de Panama va provoquer un accroissement marqué des échanges et du trafic en Australasie, ctdanstoutle Pacifique, le rêle de nos stations d’Extrême-Orient et d’Océanie apparaît particulièrement important. Le fonctionnement normal du port d’escale que la France organise à Tahiti est d’ailleurs subordonné à l’installation dans cette colonie d’un moyen de communication rapide avec l’extérieur et avec les navires. Aussi, afin d’aboutir en temps utile, le Gouvernement a-t-il demandé au Parle-
- O Poste en projet O Poste en construction Q Réseeu-zmpdrietf wnglms
- Fig. 1. — Postes principaux du réseau intercolonial en projet.
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- LÀ LUM1E11 E ÉLECTRIQUE T. XXV (2« Série). — N» 25.
- ment de disjoindre les postes de Nouméa, et de Papeete du réseau intercolonial à l’étude. Le projet de loi déposé à cet effet a été voté par la Chambre au mois d’avril. Il est actuellement soumis au Sénat.
- Le réseau intercolonial se rattachera à la Métropole, d’une part, directement au moyen d’un grand poste qui sera construit dans le sud de la France, d’autre part, par l’intermédiaire d’une puissante station à organiser en Tunisie.
- Cette dernière station desservirait en même temps les lignes de navigation de la Méditerranée, et communiquerait avec Djibouti (4 5oo kilomètres).
- Enfin il est prévu deux autres stations, l’une dans l’ouest de la France, pour atteindre l’Amérique, l’autre sur la côte marocaine, pour les correspondances dans l’Atlantique Sud.
- Grâce à l’initiative de M. Sarraut, gouverneur général del’Indo-Chinc, et de M. Merlaud-Ponty, gouverneur général de l’Afrique Occidentale Française, deux des postes du réseau intercolonial, ceux de Saigon et de Tombouctou, qui constituent en même temps des postes d’intérêt local importants, vont être réalisés bientôt. Ils sont en construction dès maintenant, et entreront vraisemblablement en service au milieu de iyi5.L’organisation du poste de Tombouctou est particulièrement laborieuse, par suite des difficultés de toutes sortes (transports, constructions, etc.), que l’administration coloniale doit surmonter.
- *
- * *
- En attendant la construction du réseau inter-colonial, pour lequel les Colonies intéressées ont consenti des subventions importantes, mais qui, présentant avant tout un caractère d’intérêt général, doit être réalisé sur les fonds de la Métropole, nos grandes possessions ont créé, avec leurs ressources, des réseaux d’intérêt local, dont certains l’emporteront bientôt peut-être, et par l’importance, et parle nombre des stations, sur beaucoup de réseaux d’Etats européens.
- L’Indo-Chine, l’Afrique Occidentale Française, l’Afrique Equatoriale Française, Madagascar, ont d’ailleurs adhéré, comme des Etats indépendants, à la dernière Convention radio télégraphique internationale.
- *
- * +
- Indo-Chine. — L’Indo-Chine dispose actuel-
- lement de quatre stations, dont trois modernes à émission musicale.
- A la fin de 1914» ou au commencement de ?yi5, elle aura ouvert au service deux nouveaux postes, et remplacé les appareils anciens qui sont encore utilisés au Cap Saint-Jacques.
- Le poste d’Hanoi, inauguré en février iyi.J, peut mettre eu jeu une énergie de 3o kilowatts environ, fournie par un altcrnateurà 1 ooopériodes entraîné actuellement par un moteur à essence de 70 chevaux. Ce moteur va être remplacé par un moteur triphasé, alimenté par l’usine de la ville. Le groupe à essence constituera un groupe de secours.
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- l-’ijr. a. — Poste d’Uanoï inslullé par le ciq-ituine Péry.
- La batterie de condensateurs a une capacité
- de — micro farad. L’éclateur est fixe et refroidi par 1 o
- courant d’air.
- L’antenne est constituée par une nappe de 10 fils horizontaux soutenus par quatre pylônes de 70 mètres et un pylône de >0 mètres. La nappe a J75 mètres de longueur et 00 mètres de largeur. Une deuxième antenne est utilisée pour les ondes
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- 20 Juin 1914.
- LA LUMIÈltE ÉLECTKIQUR
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- courtes. Les ondes employées sont les ondes de Goo mètres, i 200 moires, 2 5oo à 3000 mètres.
- La portée diurne constatée est de 2000 kilomètres.
- Le poste de Quang-Tchéou-Wan dispose d’une puissance de 12 chevaux, fournie par un moteur à essence à 4 cylindres, entraînant un alternateur de 5 kilowatts, 1 000'périodes.
- 5
- La capacité mise en jeu est de -—- itiicrofurad.
- Fig. 3. — Poste (t'Itniioï installé par le capitaine Pery.
- L’antenne, en forme de nappe, c;st soutenue par deux pylônes métalliques de \rt mètres de hauteur. 1411c comporte 4 fils de 120 mètres de longueur tendus entre deux vergues en bois de 8 mètres.
- Les ondes employées sont des ondes de Goo mètres cl 1 200 mètres.
- A Kien-An (mo kilomètres .d’ilanoï), a été établie une petite station de o chevaux, comportant un alternateur à Goo périodes, de a,5 kilowatts, entraîné par moteur à essence. — Capa-5
- cité --- microfarad.
- 100
- L’antenne, organisée surtqut pour le service avec les navires, a la forme d'une pyramide renversée, soutenue par quatre pylônes de ‘3ü mètres de hauteur.
- Les ondes employées sont les ondes de Goo mètres et 1 200 mètres.
- Le poste du cap S lint-Jacques, installé dans des locaux militaires, emploie un système ancien, et sa puissance n’atteint pas un cheval. — 11 va être supprimé. Le service, dont il est chargé avec les navires, scia effectué au moyen d’un groupe d’appareils à émission musicale de 5 kilowatts calternatcur à mille périodes commandé par moteur triphasé), installé dans les locaux du grand poste en construction à Saigon.
- Le poste de Saigon, qui est organisé par rindo-Chinc, mais aura un rôle à jouer dans le réseau intereolonial, disposera d’un groupe convertisseur, alimenté par les usines de la ville, consommant 45» chevaux, et donnant du courant à mille périodes, pour émission musicale.
- Un second groupe est prévu comme rechange. Les deux groupes sont d’ailleurs disposés pour être accouplés mécaniquement ensemble le cas échéant, les deux alternateurs étant réunis en série. S’il devenait nécessaire, la puissance totale pourrait ainsi être presque doublée.
- La batterie de condensateurs a une capacité d’un microfarad et demi.
- L’antenne comporte huit pylônes ^métalliques de 120 mètres de hauteur, isolés du sol, et supportant une. nappe de 10 lîls horizontaux, dont le développement atteindra 870 mètres, sur une largeur de 180 mètres.
- Celle antenne est dressée au-dessus d’un canal, dans le radier duquel sont, enterrés les câbles et plaques de prise de terre.
- Les ondes émises pourront atteindre 10000 mètres et. plus, l’onde propre de la grande antenne, décrite ci-dessus, étant de G 800 mètres.
- O11 effectue enfin, actuellement, les travaux de montage du poste de Ticn-Sha (entrée du port de Tourane). Ce poste disposera dans quelques mois d’une puissance de :> kilowatts (matériel identique à celui de Quang-Tchéou-Wan).
- Les stations de Quang-Tchéou-Wan, Kicn-An, cap Saint-Jacques, Ticn-Sha sont chargées avant tout de la correspondance avec les navires, la première ayant un rôle plus particulièrement indiqué pour le trafic avec les navires subventionnés reliant Ilaïphong à Hong-Kong, la
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2* Série). — N‘25.
- quatrième pour la ligne de navigation Saïgon-Haïphong. — Les postes de Saigon, Hanoï, Quang-Tchéou-Wan, Tourane, relient en même temps des points ou centres politiques importants.
- La communication Saigon-Hanoï (i i5o kil.) sera, étant donnée la puissance des stations de ces deux capitales, aussi sûre que la liaison sous-marine.
- Parmi les principales communications assurées, ou à assurer, par le réseau indo-chinois, citons, en outre: i° Hanoï-Shanghaï (2 ooo kil), Hanoï-Quang-Tchéou-Wan (5oo kil.), Hanoï-Manille (i^So kil.), Hanoï-Iles de la Sonde; a0 Quang-Tchéou-Wan-Tourane (700 kil.), Quang-Tchéou-Wan-Hong-Kong (400 kil.); 3U Saigon-Péninsule Malaise (900 kilomètres), Saigon-Manille (1800 kil.), Saigon-Bangkok (800 kilomètres), Saïgon-Pondichéry (3000 kil.), Saïgon-îlesdela Sonde, Saïgon-Nouméa (7 5oo kil.), etc...
- 11 existe enfin, en Cochinehine et au Tonkin, plusieurs petits postes militaires de 2 à 3 chevaux de puissance, montés sur des voitu res, et destinés à accompagner, et relier entre elles, des colonnes d’occupation.
- Quelques communications intérieures sont également à l’élude (Luang-Prabang, Vien-Tian, etc.).
- ( •*
- 4 *
- Afrique Occidentale Française. — Le réseau côtier, que M. Mcrlaud-Ponty a créé de toutes pièces, a un double rôle : i° relations avec les navires ; 20 jonction entre elles des diverses colonies, qui constituent notre grande possession africaine.
- Certes, des câbles français assurent déjà, entre certaines de ces colonies, des relations continues. Mais les câbles, d’un prix de revientconsidérable, nécessitent des taxes élevées qui peuvent limiter les échanges commerciaux locaux, Ils sont enfin à la merci d’une avarie, ce qui est un grand aléa au point de vue politique. Aussi, dès que les premiers essais de T. S. F. pratiqués sous les tropiques eurent montré les services que le nouveau moyen de communication pouvait rendre, même dans ces régions à l’atmosphère troublée, M. Merlaud-Ponty n’hésita pas à prendre les mesures nécessaires pour créer un réseau complet actuellement presque achevé.
- Les postes en service sont les suivants :
- Port-Etienne (Baie du Levrier, Cap-Blanc) d’une portée diurne de 1 000 kilomètres, qui relie les pêcheries du Cap-Blanc à Rufisque, et assure, en outre, le service avec les navires.
- Le matériel est déjà ancien. Puissance : 10 kilowatts, fournie par un moteur à pétrole lampant et une batterie d’accumulateurs. Etincelle semi-musicale, obtenue au moyen d’un éclateur tournant. Alternateur à 5o périodes, ondes 6o> mètres et 900 mètres.
- L’antenne en nappe est soutenue par quatre pylônes de 70 mètres, placés au sommet d’un carré de 80 mètres de côté.
- Rufisque, semblable au précédent, près Dakar, spécialement affecté à la correspondance avec Port-Etienne, onde de 1 600 mètres.
- Ce poste peut communiquer également avec Conakry.
- Dakar (5oo kilomètres de !jour), uniquement chargé du service avec les navires. Onde de 600 mètres.
- L’antenne est soutenue par un pylône de 70 mètres. Le matériel déjà ancien va être remplacé par un groupe de 5 kilowatts à émission musicale, alimenté par la distribution triphasée de la ville.
- Conakry (Guinée française). Portée diurne de 1 000 kilomètres.
- Poste à émission musicale, alternateur à 600 périodes, de 10 kilowatts, actionné par un moteur à courant continu, alimenté, soit par un groupe électrogène à vapeur, soitpar unebatterie d’accumulateurs. La station dispose d’un matériel à étincelles rares de même puissance.
- Antenne en nappe soutenue par 4 pylônes de 70 mètres de haut, placés au sommet d’un rectangle de 100 mètres sur i3o mètres. Ondes 600 mètres et 1 600 mètres.
- Monrovia (République de Libéria). Le poste a été installé par convention spéciale avec la République libérienne. Il est exploité par le gouvernement de l’Afrique Occidentale Française. Un poste allemand analogue, quoique un peu moins puissant, est d’ailleurs en fonctionnement à quelques centaines de mètres.
- Puissance : 5 kilowatts. Emission musicale. Energie fournie par un moteur à pétrole lampant et une batterie d’accumulateurs. Portée diurne de !>5o kilomètres; communique avec les navires, avec Conakry, avec Tabou,
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- Fig. 4. Fig. G.
- Ot
- Phases successives de la construction d’un pylône
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- ;L A:.I. u AI.1 Ê.ItE ; ;É LEC £U I QMJE
- T. XXV (2° Série); — N°25.
- l ’antenne est soutenue par deux pylônes de 70 mètres. Onde, Goo mètres.
- Tabou (Côte d’ivoire). Poste semblable au précédent, mais unpcu plus puissant (io kilowatts), et utilisant un alternateur à i 5oo périodes.
- Onde, Goo mètres. Communique avec les navires cl Monrovia.
- Deux stations seront bientôt oonslruites, pour compléter la chaîne côtière à Grand-Bassam (Côte d’ivoire) et Kotonou (Dahomey).
- Dans l’intérieur des terres, nous trouvons tout d’abord le grand poste de Tombouctou, dont on achève actuellement les six pylônes de 75 mètres.
- Ces pylônes portent au sommet une vergue métallique encastrée de to mètres, supportant les G fils qui constitueront l’antenne.
- L’antenne a la forme d’une nappe horizontale de 750 mètres de longueur, 3o mètres de largeur, attaquée par le milieu.
- Le poste de Tombouctou disposera au début de deux machinés à vapeur de 2jü chevaux, pouvant fonctionner indépendamment ou jumelées, et d’un moteur Diesel de même puissance, constituant un groupe de secours (utilisé seul d’ailleurs pour les transmissions à énergie réduite).
- Les appareils à émission musicale sont alimentés par un alternateur de 3üo kilovolts-ampères, à 1 000 périodes.
- La batterie des condensateurs a une capacitécîe a microfarads. Elle est établie pour 3o 000 volts maximum, et divisée en/,osections de o,o5 microfarad.
- Le poste de Tombouctou permettra de relier notre possessioii africaine aux confins algéi’o-marocains. La nécessité d’une telle jonction a été signalée maintes fois par les autorités militaires, pour faciliter la pacification de la Mauritanie et du Sud-Oranais. La station de Tombouclouattein-dra enfin le réseau du Tchad, dont le poste de Nguigmi sera renforcé, le réseau du Congo, et pourra, d’autre part, jouer un rôle important au point de vue colonial dans'le réseau impérial.
- En Mauritanie, l’otrvient d’achever les essais de deux postes de ntp^eilfièportée(5oo et i5o kilométrés), construits à\.Atar'sfrt Chinguétti,V‘Ces'*. ppsteS, du type des postes militaires, ont comme supports d’antenne des nuits démontables en tubes d’acier de .îcLmètres de hauteur (4 mâts à Atar, a à Chinguctti). Les moteuès. sont des moteurs à pétrole lampant.
- La puissance mise en jeu est de 5 kilowatts à
- Atar, a kilowatts à Chinguctti (émission musicale, alternateurs à 1 000 périodes).
- Ces deux postes se rattachent à Port-Etienne (Atar communique même directement avec Rufisque et entend Conakry, la Tour Eiffel, etc.), et assurent la liaison avec nos colonnes d’occupation. Le transport et l’installation des appareils ont été particulièrement laborieux, et ont nécessité du personnel un effort considérable.
- *
- * ¥
- Afrique Equatoriale Française. — C’est, detoutes nos colonies, celle où l’atmosphère est le plus troublée, au point de vue électrique tout au moins : il ne faut pas s’étonner qu’elle soit encore la plus pauvre en stationsradiotélégraphiques.
- Les premières expériences faites au Congo, autrefois, avaient donné de mauvais résultats, et ne permettaient pas de bien augurer du rendement des communications hertziennes dans ccs régions.
- Au moment de l’apparition des systèmes à étincelle musicale, M. Mérlin décida de récommencer les essais entre deux postes placés à Loango et à Brazzaville. On rencontra encore, au déb’iit, des difficultés sérieuses, surtout pendant la mauvaise saison.
- On a constaté de nouveau l’influence particulièrement néfaste pendant le jour des grandes forêts équatoriales. Ccs forêts semblent provoquer une ionisation supplémentaire intense de l’atmosphère, à certaines heures. Qu’il s’agisse de phénomènes provoqués par la condensation, ou par des déplacements de masses électrisées considérables, toujours est-il que l’absorption diurne est telle parfois que les ondes courtes ou moyennes sont rapidement éteintes, quelle que soit, semble-t-il, la puissance mise en jeu, et il 11e s’agit pas là de phénomènes de diffraction.
- Les ondes longués, avantageuses partout pour lés transmissions diurnes à grande distance,, s’imposent absolument dans ces régions, et ce 11’est que grâce à leur emploi, et à 1111cforte majo-Pîï.tiôn^'&’énergie, que l’on a pu obtenir finale-.niëiit On excellent rendement moyen.
- L£s. postes de Lôàiigo et Brazzaville, dont le trafic croît sans ce’Sse, assurent de nombreux échanges avec le Congo belge. Ils écoulent le plus souvent le trafic de la ligne télégraphique qui est fréquemment interrompue.
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- Pendant le mois de janvier 1914, le poste de Brazzaville a transmis ou reçu 599 télégrammes, correspondant à 18 663 mots taxés, et les recettes croissent rapidement.
- Le nombre de mots transmis ou reçus journel-•lement varie entre 8do et a 5oo.
- La station de Loango communique en outre “.avec les navires et les postes étrangers de la région.
- < La puissance mise en jeu est de 10 kilowatts. Elle est fournie par une machine à vapeur 'entraînant un alternateur à 600 périodes.
- Devant ces résultats, M.* Merlin a décidé de prévoir un large emploi de la T. S. F. dans l’organisation des communications intérieures qui sont inscrites au programme du nouvel emprunt, lequel a été voté par la Chambre des députés, et est actuellement soumis au Sénat.
- 11 s’est rallié à une combinaison très judicieuse de la télégraphie ordinaire et des lignes... « hertziennes ». Ces dernières traverseront les régions boisées, où la pose du fil conduit à des dillicultés énormes, pour des résultats très maigres. Les lignes télégraphiques suivront les
- LEGENDE
- Imite de territoire tranau O Poste de grande puissance en projet
- id_____: „ id ___id .. en construction
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- Poste demoye/me puissance en projet
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- Posts de petite puissance en projet
- id.....id........id......en service
- Poste qui dûii cù'e agrandi
- 9 9 Communication Hertzienne entreposte de moyenne ou petite puis1
- q____q Grande communication internationale
- #____^ Station côtière {Serviceoveclesnavires).
- Poste étranger (Quelquespostes seulement ont clé indiquésj
- Fig*. 7. — Réseaux de l’Afrique Occidentale Française et de l’Afrique Equatoriale Française.
- L’antenne est soutenue par deux pylônes de 5o mètres, et quatre mâts de 35 mètres. Elle a la formed’unenappe horizontale. Ondes employées, 600 mètres et 1 800 mètres.
- Portée diurne, 5oo kilomètres, nocturne, 1 000 kilomètres (avec l’onde de 600 mètres).
- Le poste de Brazzaville est semblable. L’onde employée est l’onde de 1 5oo mètres.
- Portée diurne, 700 kilomètres, nocturne, 1 400
- kilomètres,
- vallées, ou serpenteront à travers les terrains relativement découverts.
- Les stations radiotélégraphiques constituent, en quelque sorte, des collecteurs, où viennent sc déverser les drains formés par les lignes aériennes.
- Des postes de télégraphie sans fil sont ainsi projetés à :
- Kandjama, sur l’Ivindo (/too kil, sur terre). Six pylônes de 55 mètres,
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- Machine à vapeur de 3o-/to chevaux.
- Sindara, sur le N’gounie (a5o kil. sur terre). Deux pylônes de 55 mètres. Machine à vapeur de i5 à 20 chevaux. Onde, 2 5oo mètres.
- Okoyo, sur l’Alima (200 kil. sur terre). Six mâts de 35 mètres, moteur à pétrole lampant de 12 chevaux. Onde, 2 5oo mètres.
- Ouesso, sur le Sanga (400 kil. sur terre). Six pylônes de 55 mètres, machine à vapeur de 3o à 40 chevaux. Onde, 2 5oo mètres.
- Liranga* sur le Congo (400 kil. sur terre. Six pylônes de 55 mètres; la machine utilisée pro-viendra de l’ancien poste de Brazzaville. Onde, 2.5oo mètres.
- Moboye, sur l’Ouhanghi (200 kil. sur terre). Six mâts de 35 mètres, moteur à pétrole lampant de 12 chevaux. Onde, 2 5oo mètres.
- Bangui (1000 kil. sur terre). Les caractéristiques générales 11’ont pas été lixées encore. La puissance atteindra vraisemblablement 100 chevaux.
- Les stations de Loango et de Brazzaville seront renforcées, leur puissance étant portée à 100 chevaux. Des relations directes pourront, par suite, être établies entre Bangui (et la ligne télégraphique partant de Bangui pour atteindre le Tchad) et Brazzaville, ce qui évitera à la Colonie le transit surlcs lignes télégraphiques du Congo belge, lesquelles permettent seules, actuellement, de relier l’Ouhanghi à Brazzaville.
- Le poste du réseau intercolonial sera vraisemblablement construit à Betou, un peu au sud de Bangui.
- Sur la côte, une station de 60 chevaux (moteur Diesel), avec antenne soutenue par six pylônes de 5 mètres, doit être organisée au Cap Lopez. Elle assurera le trafic avec les navires, et pourra atteindre les stations côtières les plus voisines de l’Afrique Occidentale Française. Le poste de Conakry est d’ailleurs entendu actuellement à Loango.
- C’est en vue de tenir compte des phénomènes d’absorption très intenses, constatés au Congo, que les puissances des postes ont été prévues très largement, malgré les distances relativement faibles à franchir.
- Une longue ligne télégraphique avait enfin été projetée entre Rafaï (à l’est de Bangui) et Abe-cher, dans l’Ouadaï. Cette ligne constituait une grande artère parallèle à celle qui réunit Bangui au Tchad. Il a été décidé de la .remplacer par
- une chaîne de petites stations radiotélégraphi-ques.
- * *
- Réseau du Tchad. — Les lignes télégraphiques de l’A. O. F. aboutissent à N’guigmi, sur la rive Ouest du Tchad, celles de l’A. E. F. à Fort-Lamy, au sud du grand lac.
- Il avait été décidé de souder entre elles ces deux lignes, ce qui devait réaliser ainsi, au centre africain, la jonction de nos deux grandes colonies. En 1911, M. Messimy, alors ministre des Colonies, eut l’idée audacieuse de tenter un emploi de la radiotélégraphie dans ces régions, idée fertile, car avec les crédits nécessités par la construction de la ligne N’guigmi-Fort-Lamy, on pouvait organiser six stations de T. S. F., susceptibles d’assurer, non seulement la jonction cherchée, mais aussi les communications avec l’Ouadaï. MM. Merlaud-Ponty et Merlin se rallièrent entièrement à la manière de voir de M. Messimy, et une mission militaire fut chargé des travaux à exécuter.
- Elle réussit à les mener à bonne fin, après des difficultés sans nombre.
- Les conditions de transport avaient imposé l’emploi d’appareils très fractionnés et peu puissants : les portées diurnes atteintes dépassent néanmoins souvent 600 kilomètres.
- Les ondes utilisées sont voisines de 3 000 mètres. Les ondes plus courtes étaient absorbées pendant le jour.
- L’énergie disponible dans chaque station est fournie par un moteur à pétrole lampant de 5-6 chevaux, entraînant un alternateur à 1 000 périodes. Les antennes sont soutenues par des mâts démontables en tubes d’aciers, de 3o mètres de hauteur, surélevés par des moyens de fortune : elles ont des formes variées (nappes, rideaux, parapluie) suivant le nombre de supports disponibles.
- Le réseau du Tchad, achevé en janvier 1914, comporte sept stations installées actuellement aux emplacements suivants :
- N’guigmi (dont la puissance sera sans doute bientôt augmentée).
- Fort-Lamy, Ati,. Mao, Abecher, Gosbeïda, Faya.
- Le poste de Faya réunit le Borkou à l’Ouadaï et au Tchad même. Les récents télégrammes dit
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- colonel Largeau parvinrent à Paris en moins de deux jours; il eût fallu des semaines Tannée précédente.
- Fort-Lamy : nappe horizontale soutenue par trois mâts de 3o mètres; onde : a (ioo mètres.
- >t N’guigmi ; nappe horizontale soutenue par un mât de 3/# mètres et un mât de 3a mètres ; onde : a 200 mètres.
- Ati : nappé horizontale, deux mâts de 34 mètres; onde : a 400 mètres.
- Mao : antenne parapluie, un mât de 3^ mètres; onde : a £>00 mètres.
- Abecher : antenne parapluie, un mât de 47 mètres; onde : 3 100 mètres.
- Faya : antenne parapluie, un mât de 40 mètres; onde : 3 800 mètres.
- Gosbeida : antenne parapluie, un mât de 3o mètres; onde : 1 3oo mètres.
- * *
- Madagascar. — La première application vraiment pratique de la télégraphie sans fil à Mada-
- gascar a consisté en rétablissement d’une communication entre les Comores (Dzaoudzi, dans Tile Mayotte) et la grande île (Majunga),
- Cette communication fonctionne très régulièrement depuis plusieurs années,
- La portée des stations précitées est de 800 kilomètres.
- L’antenne est soutenue par un pylône de (io mètres de hauteur. Onde : 600 mètres.
- La puissance, qui ést de 6 kilowatts, est
- fournie par un moteur â pétrole lampant, et une batterie d’accumulateurs. L’ancien matériel à étincelles rares a été remplacé par un groupe pour émissions musicales.
- Un nouveau poste a été construit en 191a et 1913 à Diego-Suarez. 11 est analogue aux précédents avec lesquels il communique d’une façon satisfaisante. Il dispose d’un alternateur à 1 5oo périodes. Onde : 600 mètres.
- La communication optique, qui existait entre Nossy-Bé et Ambanja, a été remplacée par une communication hertzienne, établie au moyen
- LEGENDE
- de territoire français 3uvrvc O Poste de grande puissance enprojet
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- en construction
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- o Poste de moyenne puissance en projet
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- Poste qui doit être agrandi
- Communication Hertzienne entrepostes demoyeme oupedte puissance Grande communication internationale Station côtière (Service aveedes navires).
- , Poste étranger(Qudguespostes seulement ont etémdiquês).
- Fig, 8. — Réseau de Madagoscar et ses communications avec les postes de l'Afrique Equatoriale et de l’Indo*Chine.
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- d’appareils déjà anciens, employés lors des premiers essais entre Analalava et Majunga.
- M. Picquié, gouverneur de Madagascar, a récemment décidé de développer le réseau radiotélé-graphique de la grande île. En 1914, quatre postes d’intérêt local seront construits à :
- Tananarive (en attendant le grand poste du réseau intercolonial), un pylône de 100 mètres. Antenne parapluie. Puissance, i5 kilowatts, fournie par la distribution de la ville. Emission musicale.
- Tullear : un jîylûne de 100 mètres. Antenne parapluie. Puissance, i5 kilowatts, fournie par un groupe électrogène à vapeur et une batterie d’accumulateurs. Emission musicale.
- Ambohibé : un pylône de 75 mètres. Antenne parapluie. Puissance, 2 kilowatts. Moteur à pétrole lampant et batterie d’accumulateurs. Emission musicale.
- Maintirano : un pylône de 75 mètres. Antenne parapluie. Puissance, 5 kilowatts. Moteur à pétrole lampant et batterie d’accumulateurs. Emission musicale.
- En 1915, l’organisation sera complétée par l’établissement de deux stations côtières à Tama-tave et Fort-Dauphin.
- D’autres communications seront peut-être mises à l’étude par la suite, pour doubler ou remplacer des lignes télégraphiques.
- Le poste de Tullear, sur la côte Ouest, permettra, le cas échéant, de communiquer avec l’Afrique du Sud, ceux de Tamatave et de Diego-Suarcz avec la Réunion.
- La grande île ne sera plus isolée au cas de rupture de ses câbles, dont le fonctionnement est d’ailleurs souvent interrompu, et l’entretien coûteux.
- * *
- En dehors des réseaux dont il vient d’être parlé, un certain nombre de stations radiotélé-graphiques sont projetées dans d’autres colonies.
- Des questions diverses, le plus souvent d’ordre budgétaire, ne permettent pas d’afïinner qu’elles
- seront toutes réalisées dans un avenir très rapproché.
- La Guyane. — Station côtière à Cayenne, communiquant par la Martinique avec le réseau intercolonial.
- La Guadeloupe. — Station côtière de 5oo kilomètres de portée à Pointe-à-Pitre, communiquant avec la Martinique, et petites stations reliant les îles du groupe à Pointe-à-Pitre (La Desirade, Saint-Martin, Saint-Barthélemy).
- Saint-Pierre et Miquelon. — Petits postes susceptibles d’atteindre le cap Race et de communiquer avec les chalutiers munis d’appareils radiotélégraphiques.
- La Réunion. — Station côtière reliant l’île à Madagascar.
- Aux Nouvelles-Hébrides (Dominium franco-anglais), une station côtière va être construite à Port-Vila. Elle pourra communiquer avec la Nouvelle-Calédonie et les îles voisines. Puissance, 5 kilowatts, moteur à huiles lourdes, antenne en nappe soutenue par deux mâts de 5o mètres.
- *
- * *
- 35 stations en service ou en construction, dont 1 d’une puissance supérieure à 400 chevaux, 27 en projet, dont plusieurs seront réalisées à très bref délai, tel est, sans parler du réseau intercolon!al, le bilan de notre télégraphie sans fil coloniale.
- Il indique de la part de nos administrations locales une grande activité, et un remarquable esprit de progrès.
- Les dépenses ont d’ailleurs été très modérées, souvent bien inférieures à celles d’organisations semblables européennes, grâce au dévouement, et à la compétence des ingénieurs sans-filistes coloniaux, civils et militaii’es, qui ont su assurer les fonctions les plus diverses : architectes, organisateurs de transports, constructeurs, électriciens et mécaniciens télégraphistes, sans jamais ménager ni leur temps ni leur peine,; ni malheureusement trop souvent... leur santé!
- Capitaine P. Brenot.
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- L’EXPOSITION ANNUELLE DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE
- APPAREILS EXPOSÉS PAR LA MAISON J. RICHARD
- Nous avons remarqué les appareils suivants exposés par la maison J. Richard.
- Bêlais extra-sensible pour 5 microampères, établi spécialement pour la T. S. F. Ce relais a une résistance de i i35 ohms environ. Il est destiné à être branché en cascade avec un autre relais plus puissant, en vue de l’enregistrement des signaux hertziens par Morse télégraphique. (fig- *)•
- JULES RICHARD
- Fig*, i. — Hélais extra-sensible.
- Radiotélégraphe Turpain-Richard, breveté S. G. D. G. Poste de réception de signaux hertziens avec inscription sur Morse télégraphique :
- Poste permettant l’enregistrement des signaux émis par la Tour Eiffel dans un rayon d’environ i5o kilomètres.
- Le même poste, avec une antenne convenable et un détecteur électrolytique, a permis d’enre-gistrèr les signaux de la Tour Eiffel à Poitiers, soit à une distance d’environ 3oo kilomètres du point d’émission.
- a) Relais extra-sensible combiné en cascade avec le relais sensible ;
- b) Tableau comprenant : un détecteur à galène, une bobine d’accord.
- Wattmètre de contrôle pour courants continus et alternatifs fonctionnant sur shunts ou sur transformateurs.
- L’appareil exposé pouvait répondre aux contrôles suivants :
- Directs : 5 et io ampères;
- Indirects par shunts de o v. îoo contenus dans la boîte ao-So-i00-200 ampères;
- Indirects par transformateurs ayant au secondaire 5 on io ampères; toutes les intensités.
- Sensibilités voltmétriques : 30-75-15o-3oo et 600 volts.
- Ohmmétre pour mesures de faibles résistances à lecture directe et instantanée, employé surtout
- Fig. 2. — Ohmmèlre ù magnéto.
- par les fabricants d'amorces électriques pour mines et par les constructeurs de dynamos et moteurs.
- Toutes les graduations et sensibilités sont possibles.
- Ohmmétres à magnéto, modèle pour 600 volts et modèle pour 1 000 volts (fig. a).
- Ces appareils ont été établis en vue de la vérification des lignes de tramways <à simple ou à double régime (55o ou 1 100 volts).
- Ils sont à lecture directe instantanée et absolument apériodiques. Leur isolement pour les maxima de voltage est absolument garanti.
- Ils peuvent permettre les limites d’isolement suivantes :
- Pour 600 volts : 230 ou 5oo mégohms-;
- Pour 1 000 volts : 5oo ou 1 000 mégohms;
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- LA LUM1ÈRÉ ÉLËCÏRlQÜË T. XXV(2e Série); — N°
- APPAREILS EXPOSÉS PAR LES ATELIERS F. DUCRETET et E. ROGER
- Appareils enregistreurs, système A. Tauleigne.
- Le premier procédé de réception de radiotélé-grammes comprenait l’inscription sur Morse. Les procédés actuels utilisent les détecteurs de divers genres et le téléphone. Cette réception au son est beaucoup plus sensible, mais nécessite une grande habitude pour la lecture à l’oreille et ne laisse pas de traces. Aussi a-t-on cherché de différents côtés à combiner cette méthode avec des dispositifs d’enregistrement sur papier.
- Les appareils qui ont été jusqu’ici proposés sont d’un emploi assez délicat et peu à la portée de la plupart de ceux qui doivent en faire usage. Parmi les procédés employés, certains utilisent le principe indiqué et mis en expérience par M. le professeur A. Berget.
- simples et robustes, d’un réglage et d’un emploi faciles. Ils permettent l’enregistrement de tous les signaux dont l’intensité à la réception est suffisante pour qu’ils puissent être perçus par l’oreille placée à 20 centimètres environ du récepteur téléphonique, lorsqu’on utilise la méthode ordinaire radiotéléphonique.
- Description. — Les appareils faisant la base du procédé sont :
- i’ Un détecteur électrolytique spécial permettant de régler la plongée du fîl de platine ;
- 20 Un relais magnétique polarisé ;
- 3° Un enregistreur Morse à vitesse variable.
- Ces appareils, formant l’ensemble breveté, sont complétés par une bobine d’accord et divers accessoires (fîg. 1).
- i° Détecteur èlectrolytique.
- L’électrode positive du détecteur E (fîg. 1 et 3),
- Fig. 1. — Appareil enregistreur, système Tauleigne.
- Ce dispositif est formé d’un renforçateur microtéléphonique (décrit plus loin) ; ce renforçateur permet à volonté d’écouter à distance ou d’actionner un relais de grande sensibilité composé d’un téléphone dont les vibrations de la membrane actionnent un contact commandant, un appareil enregistreur.
- Ce dispositif, construit et expérimenté en T. S. F., est d’un réglage assez délicat lorsqu’il est utilisé pour l’enregistrement, et-les organes ne sont pas aussi robustes et aussi constants pour un emploi pratique que les autres appareils enregistreurs.
- lies appareils, qui ont été présentés .à l’Académie des Sciences (séance du 12 janvier 1914) par M. Bigourdan, présentent l’avantage d’être
- est constituée par un fil de platine dont la plongée dans le liquide peut être réglée au moyen du bouton supérieur B (fig. 1). L’électrode négative est. constituée par un charbon. Ce dispositif permet d’utiliser comme source de courant une pile P, (fig. 3) de deux éléments genre Leclanché. Dans ce détecteur, l’eau acidulée est préparée dans les proportions de : eau, 90 centimètres cubes ; acide sulfurique pur, 10 centimètres cubes.
- Le niveau du liquide doit affleurer la partie supérieure du charbon.
- Réglage du détecteur. — Pour effectuer le réglage du détecteur, on procédera de la manière suivante :
- Les appareils étant disposés comme il est
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- indiqué sur la figure 3, on fermera l’interrupteur I du circuit dérivé sur le relais A et comprenant le téléphone R2 ; la pointe du détecteur étant complètement en dehors du liquide, on agira progressivement sur le bouton supérieur B du détecteur E (fig. i) en faisant descendre la pointe vers le niveau du liquide jusqu’au moment précis où un bruit sec se produit dans le téléphone, indiquant le contact de l’électrode à fil fin avec la surface du liquide, fermant le circuit de la pile P1 (fig. 3) composée de deux éléments.
- Le sens du courant aura été au préalable sérieusement vérifié de telle sortèque l’électrode à fil fin du détecteur, marquée -j-, soit bien reliée au pôle positif de la pile. L’opération du réglage se fera d’u.ne manière plus aisée en employant le radiateur d’essai relié à la borne -{- du détecteur; le son continu qu’il produit permeûl’appré-cierplus facilementle moment précis du contact.
- a0 Relais.
- La figure a représente la vue extérieure du relais permettant de voir tous les organes de
- ROGER
- Fig. a. — Vue extérieure du relais.
- réglage. Il se compose essentiellement de deux aimants entre les pôles desquels peut osciller une armature de fer doux. Un ressort à lame Q agissant par torsion sert de pivot. L’une des extrémités de ce ressort est attachée sur un levier que l’on peut faire pivoter en agissant sur le bouton Y, on imprime ainsi un mouvement de torsion au ressort qui reste fixe dans le sens longitudinal ; un ressort à boudin logé dans la douille O ramène le levier lorsqu’on agit sur la vis en sens inverse. L’autre extrémité du ressort à lame est serrée sur un chariot à coulisse N qui permet d’en faire varier la longueur.
- i° Réglage du relais. — Le réglage du relais est fait soigneusement dans les ateliers et il n’y a généralement pas lieu d’y retoucher. Cependant
- il est utile d’en connaître le* mécanisme de façon à pouvoir le remettre en bon état de sensibilité dans le cas où, accidentellement, elle aurait été modifiée.
- lrois cas peuvent se présenter :
- i° Le ressort est trop court, par suite trop puissant. En ce cas la palette J (fig. •>.) du contact est en équilibre stable. En manoeuvrant le levier de torsion par le bouton de réglage V, on peut la maintenir entre les deux butées G et R sans qu’elle touche à l’unc ou à l’autre. Cette position est mauvaise, car le relais est trop peu sensible et possède une période d’oscillation.
- a0 Le ressort est trop long, par suite trop faible. En ce cas l’équilibre est instable. Quand on manœuvre le bouton Y en avant et en arrière, on constate que la palette saute brusquement d’une butée à l’autre sans pouvoir se maintenir entre les deux. Ce réglage est encore mauvais, il n’y a plus de période d’oscillation, mais la sensibilité n’est pas encore suffisante.
- 3° Le ressort est à la longueur exacte. En ce cas la palette est en équilibre indifférent. Elle est flottante. On peut à la rigueur la placer entre les deux butées, mais il est difficile de l’y maintenir. A ce moment le relais est absolument apériodique et très sensible. Le réglage de la sensibilité consiste donc à obtenir cet état d’équilibre indifférent.
- Pour y arriver, il faut éloigner les vis de butée, en agissant à la fois sur les deux, de manière à laissèr entre elles une distance de 3 à 4 millimètres, desserrer la vis U fixant le chariot N et la vis X qui fixe le ressort Q, avancer le chariot d’une notable quantité, c’est-à-dire raccourcir le ressort Q, resserrer ensuite d’abord la vis X, puis la vis U en tendant en même temps fortement le ressort Q. On observe alors un équilibre franchement stable servant de point de départ. Desserrer ensuite les vis et éloigner un peu le chariot. L’équilibre devient plus léger. Recommencer l’opération jusqu’au moment précis où la palette devient flottante. Resserrer alors bien à fond les vis X et U dans l’ordre indiqué, et rapprocher simultanément les deux vis do butée K et G de manière à ne laissera la palette qu’une course très petite. Par le bouton de réglage V, on amène très doucement la palette à s’appuyer très légèrement sur la butée G, opposée à celle du contact K. Il existe un moyen facile de contrôler ce réglage; il consiste à mettre
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- en circuit la Sonnerie;au moyen dü commutateur I1 (fîg. i et 3) ; lorsque la palette arrivé au contact, la sonnerie tinte. On ramène très lentement la palette en arrière jusqu’au moment où la sonnerie s’arrête, et le réglage est alors au point précis. Pour s’en assurer, on peut couper le circuit de la pile du détecteur, en détachant d’une des bornes un des fils de pile P1 (fîg. i et 3). Ap rès dix secondes d’attente, on referme le circuit en remettant en place le fil détaché. Si le sens du courant est bien convenable, le relais doit alors être actionné brusquement ainsi que la sonnerie ; mais, le détecteur se polarisant rapidement, tout rentre immédiatement dans le silence, et le poste est prêt pour la communication.
- Le radiateur d’essai (n° 19) permet de s’assurer que le fonctionnement est bien régulier, il suffit de le relier à la borne -|- du détecteur.
- E DUCRETETa E. ROGER
- Fig. 3. — Schéma de montage.
- -Aussitôt que la réception commence, il faut observer les signaux inscrits sur le Morse. Si les points sont trop longs et même liés ensemble, il y a trop de contact, il faut agir très légèrement sur la vis V. Si les points sont trop courts et qu’il y ait des ratés, il faut donner un peu plus de contact. 11 est nécessaire d’agir très lentement sur le bouton de réglage, car le plus petit déplacement produit une action très notable sur la marche du relais. Toutes ces opérations sont plus difficiles à expliquer qu’à réaliser et la plupart des opérateurs y procéderont avec la plus grande facilité.
- Il faut tenir compte qu’une action trop énergique de l’antenne sur le détecteur tend à para-
- lyser son action et : pourrait faire croirè à une insuffisance d’énérgie. Lè téléphone R1 permettra de s’en rendre compte. Il faut dans ce cas désaccorder le circuit d’antenne en agissant sur la bobine de self S et au besoin en y introduisant un condensateur variable.
- 3° Récepteur Morse.
- Le récepteur Morse M (fig. 1) est construit tout spécialement pour pouvoir à volonté, à l’aide d’un bouton X, régler la vitesse de déroulement de la bande de papier suivant la vitesse dés signaux transmis.
- 4° Montage des appareils.
- Le montage le plus favorable à employer est le montage en série (fig. 1 et 3) la bobine de self S et le détectèur E étant intercalés dans le circuit antenne-terre. On peut aussi utiliser le montage en dérivation ou par induction. . ;
- ....... j
- Renforcement et enregistrement.
- i° Renforçateur.
- Le dispositif de renforcement déérit ci-après a été employé dès 1899 par M. A. Berget pour « l’Enregistrement microphonique de la marche des chronomètres » (voir Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 6 novembre 1899) et exécuté par M. E. Ducretet ; il a été ensuite repris par le R. P. Alard qui l’a appliqué à la réception téléphonique des radiotélégrammes.
- Il est essentiellement constitué par un téléphone R du modèle T. S. F., accouplé à un microphone M spécial de très grande sensibilité. La figure 4 représente schématiquement le renforçateur comprenant deux systèmes analogues Ri M4 et R> M2, le second amplifiant le son déjà renforcé par le premier. Le téléphone R, du premier groupe est substitué au téléphone du poste ordinaire de télégraphie sans fil (bornes marquées D), et l’audition des signaux se fait au moyen du téléphone R3 du dernier groupe, muni d’un pavillon amplificateur A et branché aux bornes R. L’ensemble est disposé dans une boite capitonnée afin de soustraire les microphones à toute vibration extérieure.
- La source de courant nécessaire au fonctionnement de l’appareil est constitué par deux éléments de pile P à grand débit ou par un élément d’accumulateur.
- L’avantagé du renforçateur est de permettre la suppression du casque serre-tête téléphonique et l’audition à distance des émissions de toute
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- nature, même de très faible intensité. Le renforçateur amplifie suffisamment, pour qu’ils soient nettement . entendus dans une grande salle, les sons de toutes provenances (émissions ronflées ou musicales) qu’il est possible de percevoir à l’oreille en y appliquant directement le téléphone.
- graphe, qui peut être du modèle le plus simple.
- Ce système d’enregistrement par le phonographe présente plusieurs avantages : outre qu’il assure la conservation d’une dépêche inscrite, il permet d’obtenir la répétition des signaux à la vitesse la plus réduite, quelle qu’ait été la rapidité de la transmission. De la sorte, cette
- F. DUCRÉTET ET E. ROGER.
- Fig. 4. — Schéma du renforçateur.
- 7.0 Enregistrement.
- Les sons produits par les renforçateurs Du-cretet et Roger sont assez puissants pour permettre d’excellentes inscriptions des radiotélé-grammes sur des cylindres de phonographes. À cet effet, il suffît de retirer le pavillon A du téléphone R^ et d’ajuster la tubulure de ce dernier sur le diaphragme enregistreur d’un phono-
- méthode peut rendre les plus grands services et sera d’un emploi indispensable tant dans les Ecoles de Télégraphie sans fil où l’on dresse de futurs opérateurs, que chez les amateurs encore peu habitués à lire au son; on peut en effet exercer son oreille, sur un même cylindre, à des vitesses de réception de plus en plus rapides.
- J. Reyval.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XÜV (2e Sérié) — N° 25:
- DU DROIT POUR LE PRÉFET D’ANNULER LE REFUS INDIRECT D’UN MAIRE QUI IMPOSE SANS MOTIF A UN ÉLECTRICIEN UNE CANALISATION SOUTERRAINE
- (ARRÊT DU CONSEIL D’ÉTAT DU 5 DÉCEMBRE i9i3, COMMUNE DE TIIURY-IIARCOURT).
- Notre collaborateur, M. Paul Bougault, étudie dans l'article que Von va lire le refus indirect d’un maire, qui avait cru pouvoir imposer Vobligation d’une canalisation souterraine à un permissionnaire : le Préfet a annulé ce refus, et la commune s'est pourvue au Conseil d’Etat. Préfet et pétitionnaire ont été approuvés ; la commune a été déboutée,* il est intéressant de voir les motifs donnés par le Conseil d’Etat.
- Il est extrêmement fréquent dans le domaine administratif qu’un Préfet fasse usage de son autorité pour annuler le refus qu’un maire oppose à la demande d’un électricien qui désire occuper une voie publique pour placer ses conducteurs électriques.
- On peut dire que la loi de 1906, pas plus que les décrets qui l’ont suivie, n’ont innové en pareille matière : ces textes ont simplement fait l’application à l’électricité de l’article 98 de la loi du 5 avril 1884 qui est ainsi conçu dans son dernier paragraphe.
- Les permissions de voirie à titre précaire ou essentiellement révocables sur les voies publiques qui sont placées dans les attributions du maire, et ayant pour objet notamment l’établissement dans le sol de la voie publique des canalisations destinées au passage ou à la conduile soit de l’eau, soit du gaz, peuvent, en cas de refus du maire, non justifié par l’intérêt général, être accordées par le Préfet.
- Bien avant les électriciens, les gaziers qui, en pratique, ont été pendant longtemps de véritables virtuoses en matière administrative, connaissaient l’article précité, et le moyen de s’en servir.
- Les électriciens sont encore plus explicitement couverts contre les exigences d’un maire et contre son refus brutal, par le décret organique des formalités nécessaires à l’obtention des permissions : la demande, dit ce décret, est adressée au Préfet, renvoyée au contrôle, soumise à l’examen des maires, pour qu’ils fassent leurs observations, et lorsque celles-ci ne paraissent pas suffisantes, le Préfet, dit l’article 6 du décret du 3 avril, « a « le droit de délivrer lui-même les permissions « de voirie sur les routes vicinales, en vertu de « l’article 98 de la loi du 5 avril 1884. »
- Néanmoins l’arrêt du Conseil d’Etat que l’on va lire nous a paru digne d’être cité et commenté quelque peu, parce qu’il se présente dans des conditions pai'ticulièrement originales. Le maire de la commune de Thury-Harcourt n’avait pas refusé à un électricien la permission d’occuper la voirie municipale : il s’en serait bien gardé ! mais il avait simplement posé comme condition de la permission que les canalisations seraient placées souterrainement dans le sol. Or, c’est une vérité banale jusqu’à la naïveté de constater que certaines distributions, déjà grevées de frais considérables, ne sauraient supporter sans un grand déficit l’excédent de charges résultant de la différence entre le prix d’nne canalisation aérienne et d’une canalisation souterraine. Très prudemment le maire n’avait pas pris tout seul cette décision : il s’était fait approuver par son conseil municipal au moyen d’une délibération qui lui permettait de dire :
- Les finances municipales sont intéressées à avoir une canalisation souterraine, puisque les redevances de voirie sont beaucoup plxis fortes dans ce cas que dans le cas du fil aérien; ce n’est donc pas un acte de police que le maire a accompli, ce n’est donc pas un acte susceptible d’être annulé par le Préfet : le conseil municipal tout entier a fait œuvre de gestion des finances municipales et le Préfet n’a pas qualité pour annuler autre chose qu'un acte de police, quand celui-ci lui paraît mal fait.
- La scission entre la gestion et la police est trop connue et a donné lieu à trop de développements, pour que nous nous attardions à analyser la différence que le maire pouvait faire valoir, et qui, aupremier abord, ne paraît point par trop subtile.
- Et surtout, le maire a insisté sur ce fait qu’il n’avait point refusé l’autorisation, mais qu’il
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- s’était contenté d’imposer au pétitionnaire une condition « accessoire ».
- Le préfet du Calvados ne s’est pas laissé arrêter à toutes ces raisons, et il a rapidement signé les autorisations de petite voirie en la forme ordinaire sauf la différence que les arrêtés ne portent pas la signature du maire, mais bien celle du Préfet. Par quelle étrangeté cet arrêté préfectoral visa-t-il l’article 99 de la loi du 5 avril 1884? il serait assez difficile de l’expliquer, car cet article est relatif au droit qu’a le préfet de prendre pour toutes les communes du département ou pour plusieurs d’entre elles, dans les cas ou il n’y aurait pas été pourvu par les autorités municipales, toutes mesures relatives au maintien de la salubrité, de la sûreté et de la tranquillité publiques.
- Or, précisément, il s’agissait d’une mesure individuelle, qui ne regardait en aucune façon la sécurité de la circulation, car il est évident qu’une canalisation souterraine est à première vue moins dangereuse qu’une canalisation aérienne : il faut renoncer à comprendre ce qui s’est passé dans l’âme ou plus exactement sous la plume d’un préfet : quoi qu’il en soit, il est bien certain que le numéro de l’article visé ne pouvait vicier l’acte administratif, s’il était fait dans la limite des pouvoirs de son auteur.
- Le Conseil d’Etat, saisi par la commune d’un recours pour excès de pouvoir, a consacré de la façon la plus complète le pouvoir du préfet de statuer comme Tribunal d’appel, et il s’est même exprimé d’une façon assez nerveuse et catégorique : il a, d’abord, comme on le verra dans le texte que nous citons plus loin, assimilé l’obligation imposée au sieur Fortin pétitionnaire à un refus de permission : ceci étant posé, il déclare qu’il appartient au Préfet, s’il estime que le refus du maire n’est pas motivé par l'intérêt général, de délivrer directement la permission que celui-ci réclamait.
- II
- Mais il y avait une autre difficulté, et c’est bien certainement la première fois que le Conseil d’Etat est appelé à la connaître.
- Le décret du 3 avril 1908 déclare que s’il y a accord entre les services intéressés, il appartient au Préfet de délivrer les permissions de voirie sur les voies dont il a directement la surveillance, et de donner, comme tribunal d’appel, les per-
- missions de petite voirie qui auraient été, sans motif, refusées par le maire.
- Telle est la teneur de l’article 6.
- Immédiatement après, l’article 7 prévoit une autre hypothèse : celle du désaccord entre les services intéressés : dans ce cas, dit-il, le dossier est transmis au ministre des Travaux publics, qui, après avis du ministre de l’Intérieur renvoie ce dossier au préfet avec ses instructions. Or, la commune de Thury-Harcourt prenait texte de l’article 7, et elle argumentait de la façon suivante :
- Que se passe-t-il aujourd’hui dans l'instruction de la pétition présentée par Fortin? c’est tout simplement le désaccord entre deux services.
- Le Conseil d’Etat a, sur ce point, répondu négativement, et il est certain qu’il ne pouvait pas faire autrement : le texte lui-même s’oppose à ce que l’on assimile le refus d’une permission de voirie opposé par une commune, à un désaccord entre les services : en effet, l’article 6 qui est l’article qui vise le cas où le maire ayant refusé une permission, le préfet est obligé de faire usage de son pouvoir d’autorité supérieure : et cet article se range lui même, par sa première phrase, dans l’hypothèse où il y a accord entre les services intéressés.
- Donc le rédacteur du décret, en parlant de désaccord dans les « services intéressés », a voulu viser une autre hypothèse : et il est évident que dans le langage administratif ces mots ne visent pas l’administration communale mais sont employés pour désigner les entreprises de transport, les postes et télégraphes, la navigation : on ne range pas généralement une commune dans la catégorie des services ; c’est d’ailleurs ce que dit l’arrêt :
- Au moment où le préfet a statué, aucun désaccord n’existait entre les services intéressés, dans le sens des articles 6 et 7 du règlement de l’administration publique.
- Il nous reste à donner le texte de l’arrêt.
- Texte de l’arrêt du 5 décembre 1913.
- Le Conseil d’Etat...
- Yu la requête sommaire et le mémoire ampliatif présentés par le maire de la commune de Thury-Harcourt (Calvados)... tendant à ce qu’il plaise au Conseil annuler, pour excès de pouvoir, un arrêté en date du 18 décembre 1911, par lequel le préfet du Calvados, se substituant au maire de ladite commune, a autorisé le sieur Fortin à installer une canalisation électrique sur le territoire dé la commune
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- Ce faire, attendu que le Conseil municipal de Thury-Harcourt a concédé à un sieur Gabriel, pour une périodedevingt années, à compter du i5 septembre igi j, l’éclairage public et la distribution de l'énergie électrique, pour tous usages, y compris ceux de la force motrice ; que le cahier des charges autorisait l’emploi de canalisations aériennes, sauf en certains points où la municipalité se réservait le droit d’exiger des canalisations souterraines;
- Que, saisi parle sieur Fortin d’une demande d’autorisation, le conseil municipal ne crut pas pouvoir, à raison de l’exiguïté des voies publiques, l’autoriser à établir dans le meme but, des canalisations aérieunes.
- Que pour se conformer à la volonté du Conseil municipal, dans une matière qui n’intéressait pas exclusivement la police, mais touchait aussi à la gestion des finances et des intérêts municipaux, le maire n’accorda au sieur Fortin la permission de poser des canalisations en vue de la distribution d’énergie, qu’à la condition que ces canalisations seraient souterraines, que néanmoins, et sur la réclamation du sieur Fortin, le préfet, par l’arrêté attaqué, l’a autorisé à établir des canalisations aériennes ;
- Que cet arrêté est entaché d’excès de pouvoir; qu’en etret ne s’agisant pas, dans l’espèce, de salubrité et de sécurité publique, le préfet ne pouvait agir en vertu de l’article 99 de la loi du 5 avril 1884, qui a été à tort visé dans ledit arrêté ;
- Que le préfet ne pouvait pas davantage motiver son intervention par l’article 98 de la même loi, .car, en prenant l’arrêté par lequel il imposait au sieur For Lin la condition d’établir des canalisations souterraines, le maire ne faisait pas seulement acte de police dans l’intérêt de la viabilité, mais encore, et surtout, acte de gestion, en vue de l’exécution d’un service public, et qu’aux termes de l’article 98 précité, le préfet ne peut se substituer au maire, qu'en manière de police de la voirie.
- Attendu, d’autre part, que le maire n’avait pas refusé d’accorder au sieur Fortin la permission de voirie sollicitée, mais s’était borné à la subordonner à certaines conditions ;
- Attendu enfin, que l’arrêté attaqué a méconnu les dispositions de la loi du i5 juin 1906, sur les distributions d’énergie électrique : d’une part en accordant au sieur Fortin des prérogatives refusées au sieur Gabriel, et violant aussi l’égalité entre concurrents, proclamée par l’article 8 de la loi, d’autre part, en empiétant sur la compétence du ministre des Travaux publics, qui a seul le droit de décision, entre le maire et lo service du contrôle des distributions d’énergie.
- Ouï, M. Guillammot, maître des requêtes, en son rapport,
- Ouï, Me Boivin-Champeaux, avocat de la commune de Thury-Harcourt en ses observations,
- Ouï, M6 Corneille, maître des requêtes, commissaire du gouvernement en ses conclusions,
- Considérant qu’aux termes de l’article 98 de la loi susvisée du 5 avril 1884, le préfet peut accorder des permissions de voirie sur les chemins publics qui sont placés dans les attributions du maire, en cas de refus du maire non justifié par l’intérêt général ;
- Considérant que le maire de Thury-Harcourt avait été saisi, par le sieur Fortin, d’une demande de permission de voirie ayaut pour objet l’établissement sur les voies publiques des canalisations aériennes, destinées au transport de l’énergie électrique ;
- Que, par son arrêté du 28 novembre 1911, le maire rejetait sa demande tendant à être autorisé à installer des conduites aériennes et lui prescrivait, comme condition de la permissions, d’établir des canalisations enlière-ment souterraines ;
- Qu’en lui imposant ainsi une condition qui modifiait gravement les projets d’installation du pétitionnaire, et que le sieur Fortin déclarait inacceptable, le maire a pris une décision équivalant au refus de la permission ;
- Que, par suite, il appartenait au Préfet, alors qu'il estimait que le refus du maire n’était pas motivé par l’intérêt général, d’user des pouvoirs de l’article 98 précité, de délivrer au sieur Fortin la permission que celui-ci réclamait;
- Considérant, il est vrai, qu’il ressort des dispositions combinées des articles 6 et 7 du règlement d’administration publique du 3 avril 1908, qu’en cas de désaccord entre les services intéressés le dossier est transmis au ministre des Travaux publics qui, après avis du ministre de l’Intérieur, renvoie ce dossier au préfet avec des instructions ;
- Mais, considérant qu’il résulte de l’instruction, qu’au moment où le préfet a statué aucun désaccord n’existait entre les services intéressés dans le sens des articles 6 et 7 du règlement d’administration publique du 3 avril 1908;
- Que, dans ces conditions, la commune requérante n’est pas fondée à soutenir que c’est en violation de la loi du 5 avril 1884 et des dispositions combinées de la loi du i5 juin 1906 et du règlement d’administration publique, que le préfet du Calvados a accordé au sieur Fortin la permission de voirie par lui sollicitée.
- Décide,
- Article premier. — La requête susvisée de la commune de Thury-Harcourt est rejetée.
- Art. 2..— Les frais de timbre exposés par le sieur Fortin sont mis à la charge de la commune de Thury-Harcourt.
- Paul DOUGAtLT,
- Avocat à la Cour d'appel de Lyon,
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- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- STATIONS CENTRALES
- Le tableau de distribution. — S. W. Mauger.
- On a fait, dans ces derniers temps, de grands progrès dans la construction et dans le mode d’établissement des tableaux de distribution à haute et à basse tension, et l’on commence à attacher à cette partie des installations électriques l’importance qu’elle doit avoir aux yeux des ingénieurs, puisqu’elle constitue en quelque sorte le cœur du système de distribution.
- M. Mauger précise de la façon suivante les conditions auxquelles doivent satisfaire les tableaux à basse tension.
- i° Chaque panneau doit être monté de manière à offrir toutes les garanties au point de vue de la sécurité du fonctionnement et non pas seulement de façon à présenter un aspect satisfaisant. Ainsi les interrupteurs devront être établis de telle sorte qu’aucun arc ne puisse atteindre ni l’opérateur ni les autres appareils ;
- i° La face arrière du tableau doit être accessible et permettre l’entretien facile de toutes les parties qui exigent une visite périodique ;
- 3° 11 y a lieu de réduire au minimum le nombre de joints boulonnés qui sont souvent employés pour faciliter la construction en évitant de courber les barres ;
- 4° Les mêmes principes sont applicables à tous les appareils traversés par le courant et notamment aux interrupteurs. En particulier, les mâchoires des interrupteurs doivent être formées d’une seule pièce ;
- 5° Dans le cas de grandes capacités, il est préférable d’employer pour les appareils du métal laminé au lieu de contacts arrondis. Le métal laminé présente en effet de grandes facilités pour la réalisation des joints et des connexions ;
- 6° Il est important de tenir compte, dans l’établissement du tableau, de la nécessité de le relier facilement aux câbles des générateurs et des départs. L’observation de cette condition conduit souvent à de sérieuses économies.
- Il est souvent intéressant, pour le montage des
- connexions sur le tableau, de disposer la barre correspondant à une certaine polarité en haut du tableau et l’autre barre à cinquante centimètres ou un mètre au-dessus du sol. Cette disposition permet d’accéder facilement aux diverses parties des appareils tout en réduisant les chances de court-circuit entre barres.
- Dans le cas où la puissance mise en jeu est assez élevée, il est avantageux, au double point de vue de l’économie et des facilités d’exploitation, d’employer des interrupteurs à commande à distance. Dans ces conditions, le tableau peut être disposé commodément, de façon différente, en réduisant ses dimensions et constituer un panneau decontrôle (fig. i).
- Fi/, i. — Panneau de contrôle,
- Dans les dispositions-à adopter et dans le mode de construction des appareils, il y a lieu de tenir compte également des effets qui peuvent être dus à des phénomènes d’induction soit lors de courts-circuits ou de surcharges, soit même pendant le fonctionnement normal. L’emploi d’appareils commandés à distance obvie à cet incom'énient pour le cas des puissances importantes, mais il y a lieu d’en tenir compte lorsque l’installation de ces appareils, n’étant pas justifiée, des charges déjà assez notables peuvent se trouver dans le voisinage des instruments de mesure.
- La figure % montre les dispositions à peu près généralement adoptées pour le courant continu
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- T. XXV (2e Série). — N° 25.
- à i 200 volts ; elles ne diffèrent de celles du tableau à 6oo volts que par l’interrupteur et les couteaux qui sont montés plus haut et sont souvent manoeuvrables au moyen de leviers. Pour 2 400 volts, les interrupteurs sont montés derrière le panneau et à une certaine distance.
- La question de la capacité de rupture des appareils ne paraît pas encore bien définie. On admet, en général, que les interrupteurs doivent protéger les machines et les circuits en cas de court-circuit ; pour les barres-omnibus, on définit leur capacité comme étant celle qui leur est fournie normalement, y compris les surcharges de une ou deux heures. Il paraît bien difficile de déterminer pour les interrupteurs la capacité qui devra correspondre aux courts-circuits, l’intensité dépendant en particulier de la réactance des générateurs et des transformateurs. Il semblerait plus simple de définir la capacité de rupture des interrupteurs comme étant la puissance maximum pour laquelle ces appareils pourront fonctionner et être remis en service sans exiger de réparation. Fig-3- — Panneaud® courant pOUr les tensions éle-
- conlinu à i 200 volts.
- vées, on place souvent les barres-omnibus dans des compartiments isolés. Cette disposition est logique lorsque les pôles des interrupteurs comportent eux-mêmes des cuves séparées ; dans le cas contraire, elle se justifie difficilement.
- (Electrical Revieiv et Western Electrician, a5 avril 1914.)
- Le plus grand groupe électrogène du monde.
- Dans la nouvelle [centrale que fait construire actuellement la Philadelphia Electric Co, on installera le plus grand groupe électrogène qui ait jamais été construit avec les plus grands condenseurs à surface.
- Deux turbo-alternateurs constitueront tout l’équipement de cette centrale; l’un de 35 000 kilowatts, triphasé, à 13200 volts et 60 périodes; l’autre de 3o 000 kilowatts, triphasé, à i3 200 volts et 25 périodes. Le groupe de 35 000 kilowatts est du type horizontal de la General Electric Co. Il aura une longueur totale de 19 m. 25, 6 m. 60 de largeur et 3 m. 85 de hauteur. Avec le générateur et l’excitatrice, il pèsera 600 tonnes. La turbine Curtis à i3 étages sera alimentée de vapeur à 25 kilogrammes avec y5 degrés C de surchauffe. Son condenseur à surface mesurera 1 i5o mètres carrés et comportera deux groupes de tubes : l’un central, l’autre annulaire ; la vapeur Tpassera d’abord dans le groupe annulaire puis reviendra par le groupe central. L’eau de condensation s’écoulant sur les tubes les plus chauds atteindra presque à la température de la vapeur d’échappement.
- Le générateur débitera à pleine charge un coulant de 1 460 ampères par phase avec un facteur de puissance de 0,90. L’induit a été établi avec réactance intérieure de 10 % . L’inducteur tournant à 6 pôles à une vitesse de 1 200 tours par minute; sur le même arbre sera calée une excitatrice de i5o kilowatts sous 25o volts à enroulement-série. Pour constater les températures excessives dans la machineetlesprévenir, l’induit sera pourvu de couples thermo-électriques qui seront reliés à des instruments indicateurs.
- L’autre turbo-générateur de 3o 000 kilowatts, marchera à 1 5oo tours. Son induit a été calculé avec une réactance intérieure de 8 % ; mais, en outré, des bobines extérieures permettront d’augmenter cette réactance de 4 %. Cette machine, l’une des plus puissantes qui existent, sera également directement accouplée à son excitatrice. En outre, la station sera munie d’un turbo-groupe auxiliaire d’excitation de 5oo kilowatts.
- Avec un vide de 38 millimètres de mercure, on espère que le groupe de 35 000 kilowatts fournira un kilowatt-heure pour une consommation de vapeur de 5 kg. 4 aux charges voisines de 12 000 kilowatts qui correspondent à la charge la plus favorable. A pleine charge, il faudra environ 5 kg. 7 de vapeur par kilowatt-heure.
- On compte commencer le montage de ces énormes groupes dans la centrale de Christian Street en septembre prochain.
- (Electrical World, 2 mai 1914.)
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- TRACTION
- L’électrification de la ligne de chemin de fer
- de Philadelphie à. Paoli, sur le Pennsylvania
- Railroad.
- On va commencer prochainement les travaux d’électrification d’une section de Pennsylvania Railroad entre la station de Broad Street, à Philadelphie et Paoli, soit sur une distance de 32 kilomètres. Le projet d’électrification a été établi par MM. Gibbs et Hill, ingénieurs-conseils de la Compagnie; il présente un certain intérêt en raison du choix du système monophasé pour le service de banlieue et, d’autre part, parce qu’il amorcera le grand plan d’électrification du réseau en question.
- La section à électrifier couvre les 32 premiers kilomètres de la grande ligne à l’ouest de Philadelphie, vers Pittsburgh et le trafic des trains de banlieue y est très intense, sans parler des trains directs. La plupart des trains de banlieue s’arrêtent à Paoli quoiqu’un certain nombre pousse jusqu’à Westchester, limite de la ban-lieu de Philadelphie, à 5i kilomètres de cette ville. 11 y a 96 trains de banlieue par jour à intercaler entre les trains directs pour Pittsburgh, au nombre de 69; cela fait par jour un trafic de i65 trains de voyageurs. La ligne esta quatre voies et les difficultés d’exploitation après la sortie de Philadelphie ne sont pas considérables. Par contre, à la station de Broad Street, l’encombrement a atteint son extrême limite. Cette station comporte 16 voies à quai mais, à la sortie, se trouve une bretelle vers laquelle convergent 6 voies suburbaines et c’est ce point qui limite la circulation possible pour l’entrée et la sortie des trains et pour les mouvements de ceux-ci entre la station et les voies de garage qu’on a dû reporter au delà de la bretelle.
- Le service de banlieue est actuellement assuré sur la grande ligne à l’Ouest par des trains à 3 voitures pendant les heures de circulation ordinaire et par des rames de 5 à 6 voitures aux heures d’affluence. Ces petits trains sont remorqués par des locomotives presque du type le plus fort en service sur le réseau et le grand excès de force motrice de ces locomotives sert à l’accélération rapide des trains. La vitesse commerciale entre
- Philadelphie et Paoli, en comprenant 19 arrêts, est de 35 kilomètres à l’heure. On peut donc reconnaître qu’au point de vue de la rapidité du service l’exploitation parla vapeur est exceptionnellement bonne.
- Les limites du trafic étant actuellementatteintes et ce trafic étant appelé à croître naturellement, pour développer les possibilités de circulation :
- i° Augmenter à grands frais les voies d’accès et de débouché de Broad Street ou,
- 2° Adopter la traction électrique pour le trafic de balnieue.
- | ijr, j. — Carte des lignes de banlieue du Pennsylvania Railroad montrant les lignes à électrifier.
- C’est à cette dernière solution qu’on s’est rangé, parce que les économies réalisées par la traction électrique suffiront à payer les intérêts du prix de l’installation, tandis qu’avec l’autre solution, on était entraîné à des dépenses considérables sans aucun rendement direct. L’électrification réduira notablement le mouvement de trains à la bretelle de Broad Street. On estime cette réduction de mouvement à 17 ou 20 % . En effet, les trains remorqués par des locomotives à vapeur qui entrent en station doivent être ramenés en passant par la bretelle. Ces mouvements seront inutiles avec les trains élëctricjüès à unités multiples et la réduction d’ençombrement devien-
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- dra à peu près proportionnelle au pourcentage de trains électriques en service. On a calculé, en outre, que l’électrification permettrait d’augmenter la circulation dans une proportion correspondant à la création de deux voies à quai supplémentaires. D’où une augmentation de 12, 5 % de la capacité des quais de la station. D’ailleurs la réduction de la circulation à la bretelle est jugée suffisante pour parer à l’accroissement du trafic pendant les 6 années prochaines.
- On a adopté le courant monophasé en vue de de l’électrification générale future du réseau, à savoir : de la ligne New-York-Philadelphie et du prolongement de la ligne de l’Ouest (Paoli). Les
- vertisseur à vapeur de mercure dans le cas où il prendrait un développement pratique. A cela il faut ajouter les avantages de la transmission à haute tension et la facilité de transformation du courant triphasé à 25 périodes.
- Le courant sera fourni aux automotrices par un fil à supension caténaire. Le fil de chaînette sera lui-môme fixé à une suspension caténaire transversale, disposition nouvelle aux Etats-Unis et qui a pour effet, en même temps que de réduire les frais de premier établissement et d’entretien des dispositifs de suspension, de supprimer les passerelles de suspension qui font obstacle à la vue des signaux. Au lieu de ces pas-
- frig. 2. —; Electiîfication de la ligne de Philadelphie à Paoli. Vue de l inelullulion expérimentale établie sur la grande ligne montrant le type préféré do suspension caténaire sur la voie de gauche. A l’arrière-plan les voitures d’expéritnce.
- raisons générales de cette adoption'ont 'été, que le type de construction aérienne pour ce système et la méthode de transmission du courantrendent possible l’emploi de tout type de tracteur proposé jusqu’ici pour l’électrification des chemins de fer à vapeur. En outre, l’installation, faite pour le système monophasé, est utilisable pour fa locomotive fonctionnant d’après le split-phase système pour tous les types divers de jpoteurs [monophasés et pour l’emploi dù con-
- serelles, un fil de suspension de fort calibre sera tendu en travers des voies et soutenu par un fil de chaînette, entre deux poteaux tubulaires en acier. Ces dispositifs de suspension seront établis sur la voie à intervalles de 91 m. 5o.
- La suspension caténaire longitudinale se composera d’un câble de chaînette soutenu par les suspensions transversales et auquel sera suspendu un second câble de suspension portant ui-même le câble de trolley. Çç dernier sera
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- pratiquement horizontal. Quant au second câble auquel il sera attaché, il servira de conducteur et donnera en même temps au cable de trolley la flexibilité nécessaire. Le câble de trolley sera fixé à. son câble de suspension par des agrafes à intervalles de 4 m. 5o environ el, de deux en deux agrafes, à mi-distance entre deux agrafes, le câble inférieur de suspension sera relié au câble de chaînette. Cette disposition réduit le nombre des suspensions attachées à ce dernier câble.
- Le courant fourni par le trolley sera à la tension de 11 ooo volts. Il sera transmis le long de la ligne à 33 ooo ou 44 ooo volts et réduit à 11 ooo volts dans trois stations de transformation. L’une d’elles servira de station centrale ou de réception pour le courant fourni à i3 aoo volts par la Philadelphia Electric C°. La position des divers points d’alimentation par les stations de transformation sera choisie de manière à réduire au minimum les phénomènes d induction du courant monophasé, la ligne étant sectionnée. Au surplus, en raison des effets désastreux d’un récent cyclone, toutes les lignes téléphoniques et télégraphiques le long de la voie doivent être souterraines, en sorte que les : interférences d’induction n’^intéressent guère que les câbles commerciaux dans la traversée des villes.
- I^our expérimenter la suspension caténaire, oïl l’a établie sous différents types sur une section d’essai de i Ooo mètres de longueur. Des expériences faites, il résulte que c’est le mode de suspension indiqué plus haut qui sera adopté, peùt-être avec quelques modifications. Les expériences ont consisté uniquement en essais mécaniques sans courant. L’équipement pour cela se composait de deux wagons munis de pantographes et de plates-formes d’où les observateurs pouvaient vérifier de près le fil de contact. Les essais ont consisté en chocs violents frappés à intervalles de quelques secondes pour vérifier l’aptitude de la construction à résister aux vibrations. De plus, les voitures d’essai ont circulé sur la voie- remorquées par une locomotive à vapeur.
- Pour l’instant, on se propose d’assurer le trafic uniquement par des trains à unités multiples. Il n’a pas été commandé de locomotives électriques, et les trains de marchandises continueront à être remorqués par les locomotives à vapeur sur la section électrifiée. Les trains directs seront également remorqués par la vapeur ainsi que divers trains de grande banlieue sortant des limites de
- ÉLECTRIQUE
- la zone électrifiée. Toutefoisj pour quelques-uns de ceux-ci s’arrêtant â une distance relativement faible de Paoli, on emploiera la traction mixte : traction électrique jusqu’à Paoli et traction à vapeur des voitures électriques au delà de Paoli.
- Pour le service électrique, il faudra une centaine de voitures qui seront du type M-P a4 de la Compagnie, dont un grand nombre déjà sont en service dans les trains à vapeur. Ces voitures ont été construites, il y a quelques années, précisément en vue de leur transformation électrique. Elles mesurent ifi m. fia de longueur sur les montants d’angle et sont munies de plates-formes terminales de i m. 5<> de longueur à chaque extrémité. La largeur totale est de 3 mètres et la hauteur du sommet du toit au-dessus des rails est de 3 m. 96. Ces voitures comportent 08 places assises avec des portes latérales et d’extrémité dans les couloirs. Le poids de la caisse et du châssis est de '>.4 t. a, et celui des deux bogies d’environ i5 tonnes, le poids de l’équipement électrique sera d’environ i5 t. 5.
- Chacune des voitures sera équipée avec deux moteurs monophasés à collecteur de 2a5 chevaux montés sur un même bogie. Elle sera munie d’un système de contrôle à unités multiples dont le contrôleur sera placé dans le couloir; lorsqu’il ne sera pas en service, il sera protégé par la porte d’extrémité s’ouvrant intérieurement. U11 tableau sera monté à gauche de la cloison d’extrémité du côté du bogie-moteur et sera protégé par une porte en acier embouti. Pour l’électrification de ces voitures, il faudra remplacer un de ces bogies par un Lbogie-moteur; le bogie remplacé servira dans la construction de nouvelles voitures remorquées par les trains à unités multiples.
- Il faut signaler que ces automotrices ne recevront que des moteurs "plus forts de 2, T> % que les moteurs de ai5 chevaux à courant continu des automotrices de New-York. Elles prendront le courant par des pantographes placés à l'aplomb du bogie-moteur. Le courant à haute tension sera amené par des câbles à forte isolation à un transformateur suspendu sous le châssis de la voiture qui alimentera les moteurs en courant à 3ao volts.
- Après l’électrification de cette ligne, il est question de procéder à celle de Chestnut U il 1, à 19 km. 5 au nord de Broad Street, ligne exclusivement de banlieue où circulent actuellement par jour 29 trains dans chaque sens.
- [Electric Railway journal, 18 avril 1914.)
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- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Contrôle des grosses machines outils A commande individuelle.
- La commodité de la commande électrique n’est mise en relief nulle part mieux que dans la commande des grosses machines-outils, qui serait presque impossible sans la précision et la perfection du contrôle de la vitesse par l’emploi de moteurs indépendants.
- La figure i, par exemple, représente une grosse raboteuse de 3,o5 X 3,o5 X G,io mètres en service aux ateliers de la Busch-Sulzer Brothers Diesel Engine Co, de Saint-Louis (E. U.). Elle est commandée par 5 moteurs. Le plus puissant est moteur réversible de 5o chevaux tournant à des vitesses de a5o à i ooo fours par minute et
- Fig. i. — Grosse raboteuse à moteur réversible et conunnm'e du contrôleur par cliuine.
- commandant la table. Un moteur de 8 chevaux faisant i aoo tours commande les déplacements verticaux de la traverse mobile. Deux moteurs de a chevaux à i 5oo tours commandent le déplacement rapide des chariots porte-outils surla traverse et sur les montants; enfin, un moteur d’une fraction de cheval actionne la pompe à huile pour le graissage forcé. Dans la figure i, on voit sur la table de la raboteuse un bâti de moteur Diesel, l’ouvrier tient la chaîne de commande du contrôleur.
- Dans les mêmes ateliers, on trouve un groupe de trois gros tours admettant des pièces de 76a millimètres à 1 m. 3; de diamètre et de a m. 45 à 7 m. 60 de longueur. Le plus gros de
- ces tours est commandé par un moteur de ao chevaux à vitesse variable entre 400 et 800 tours par minute. Le déplacement rapide du chariot est effectué par un moteur distinct de a,5 chevaux à 1075 tours. Les deux autres tours sont commandés respectivement par des moteurs de ia chevaux (775 à 1 35o tours par minute) et de 9 chevaux (5oo à 1 5oo tours par minute).
- Des engrenages de changement de vitesse permettent d’autres réductions.
- l'ig. •-*. — Perceuse Avec conlrôlcui* au sommet.
- Une application intéressante comportant des dispositions peu courantes est représentée dans la figure a où l’on voit deux perceuses ayant une course verticale de a m. 44 avec courses de la broche de 1 m. îa cto m. 91a respectivement. Ces perceuses sont commandées par des moteurs de 8,5 et 6 chevaux. Les contrôleurs et rhéostats sont montés au sommet des colonnes et lé contrôle s’opère par un arbre prolongé cl muni d’une manivelle toujours à la portée de l’ouvrier. Les pièces usinées par ces perceuses sont montées sur des trucks don tles rails sontnivelés avec précision. Chaque truck peut être muni d’une table pivotante et peut servir indifféremment pour l’une ou l’autre perceuse.
- (Electrical R'orld, a5 avril 1914.)
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- electrométallurgie
- Production directe d’acier en partant du minerai. — E. Humbert et A. Hethey.
- Au Congrès annuel de l’iron and Steel Insti-tute, les auteurs de cet article ont relaté les expériences qu’ils ont faites en vue de la production directe de l’acier au four électrique en partant de divers minerais. Les opérations ont été faites dans un four Héroult normal de 6 tonnes, marchant en courant monophasé. Les expériences peuvent se diviser en trois séries :
- A) Réduction directe de minerai siliceux de fer de Suède :
- i° Une coulée d’acier dur ;
- a0 Une coulée d’acier à rails;
- 3° Une coulée d’acier doux.
- B) Réduction directe de minerai de Suède siliceux et non siliceux avec addition à la charge de 3o % de riblons ;
- C) Réduction directe de minerai de fer du Brésil.
- Les matériaux employés avaient la composition suivante :
- Magnétite de Suède (Rodberg) contenant 86 % de Fe’O*, 9 % de SiO2 et de petites quantités de chaux, magnésie, oxyde de manganèse, acide phosphorique, soufre et cuivre.
- Coke métallurgique à 90 % de charbon et 7 % de cendres.
- Minerai du Brésil à 65 % de fer avec des traces de manganèse, d’alumine, de magnésie, de chaux, de silice, de soufre et de phosphore. La castine employée contenait 90 % de chaux.
- Nous ne décrirons en détail, à titre d’exemple, que deux de ces expériences :
- Série A. — i" Chaque charge était composée
- de la façon suivante :
- Minerai de fer de Suède.... 1 000 kg.
- Coke....................... 200 kg.
- Castine.................... 100 kg.
- Six charges de cette composition ont été préparées et deux ont été chargées sur la sole du four. Trente kilogrammes de coke en morceaux de la grosseur du poing ont été ajoutés pour amorcer le courant. Le courant a été fermé à 5 h. 40 du matin, le 4 avril, et à 7 heures, la charge pétait
- bien établie avec 8 000 ampères par 90 volts, Cos. ç = 0,90. Pendant la première partie de la fusion, il s’est produit une violente ébullition avec projection par les portes du four d’une quantité considérable de scories. Les 3o kilogrammes de coke ajoutés pour l’amorçage du courant ont été retirés à 8 heures du matin. La scorie étant acide, on ajouta 3oo kilogrammes de castine. A 7 heures du soir, la charge fut réduite et un échantillon de métal prélevé donna une teneur de i,5o % de carbone. On élimina 1 000 kilogrammes de laitier ne contenant que des traces de fer et l’on ajouta par petites fractions 3oo kilogrammes de minerai de fer. A 9 heures du soir, addition de 5o kilogrammes de castine; à 9 h. 3o, prélèvement d’un échantillon qui s’est bien forgé et donna une teneur de 1,20 % de carbone. L’opération, terminée à 9 h. 40 du soir, a duré seize heures. Au moment de la coulée, on a constaté un excès de coke dans la scorie.
- Avec 6 3oo kilogrammes de minerai, 1 200 kilogrammes de coke et 950 kilogrammes de castine, on a produit 3 Goo kilogrammes de lingots et 120 kilogrammes de riblons. La perte au feu a été de 6,5 % .
- La consommation d’énergie électrique s’est élevée à 9 014 kilowatts-heure, soit à 2 459 kilowatts-heure par tonne d’acier.
- L’acier produit se forgeait bien ; il avait une teneur de i,3q % de carbone, o,o55 de phosphore, o,o38 de soufre, o,i3 de' silicium et 0,26 de manganèse.
- Dans une seconde expérience, on a produit de l’acier pour rails très tenace, se forgeant bien à toutes les températures et d’une teneur en carbone de o,56 %, moyennant une consommation d’énergie de 2 862 kilowatts-heure par tonne d’acier. On a produit, d’autre part, un acier doux à 0,23 % de carbone par une consommation de 2 843 kilowatts-heure par tonne d’acier.
- Dans la série B qui n’a comporté qu’une fusion, on a obtenu avec une charge de 4 000 kilogrammes de minerai de Suède et de 1 200 kilogrammes de riblons, à laquelle on a ajouté
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- T. XXV (26 Série). — N° 25.
- 720 kilogrammes de coke et 800 kilogrammes de castinc, un acier à 0,89 % de carbone pour une dépense de courant de iGtn kilowatts-heure par tonne.
- La série Ca été faite avec; du minerai brésilien. Les charges comportaient 1 000 kilogrammes de minerai et 5o kilogrammes de castinc ; quant au coke, on en a introduit 200 kilogrammes dans deux charges et 180 kilogrammes seulement dans les trois autres. Le four a été démarré avec une charge et demie sur la sole et 200 kilogrammes de ciblons pour amorcer le courant. La charge était bonne conductrice et la fusion s’est produite rapidement sans ébullition. La durée de la fusion a étéde quatorze heures quarante minutes.
- On a chargé au total 5 ôoo kilogrammes de minerai de fer, 200 kilogrammes de ciblons.,
- 1 o5o kilogrammes de Coke, a5o kilogrammes de castine, 20 kilogrammes de spath fluor, 17 kg. 5 de ferro-manganèse à 80 % et 20 kilogrammes de ferro-silicium à 10 %.
- On a produit 3 268 kilogrammes de lingots et 90 kilogrammes de riblons avec une perte au feu de 2,54 %.
- La consommation d’énergie électrique a été de 9 289 kilowatts-heure, soit de 2 709 kilowatts-heure par tonne d’acier.
- L’acier produit, à 0,27 % de carbone, se forgeait bien et se soudait facilement.
- Cette expérience avait pour but de démontrer qu’on peut obtenir directement de l’acier en partant du minerai, sans que la teneur en carbone de la charge dépasse à aucun moment 0,4 % .
- Parmi les remarques faites par les auteurs, en ce qui concerne la conduite d’une opération de fusion, il convient de signaler que les charges sont, fractionnées pour faciliter la fusion et qu’elles doivent être constituées de matériaux en petits morceaux d’égale grosseur (grosseur d’une noix). Le coke ou les riblons sont ajoutés en chaque cas pour faciliter l’établissement du circuit électrique.
- A propos de l'influence fâcheuse qu’exerce la présence de gaz dans l’acier et particulièrement d’hydr^ène et d’azote, les auteurs font remarquer que les seuls gaz qu’on puisse trouver dans l’acier produit par le nouveau procédé sont de
- l’oxyde de carbone avec, peut-être, des traces d’hydrogène.
- En somme, ils concluent qu’avec l’aide du four électrique moderne, et dans des conditions favorables, la production économique de l’acier en partant directement du minerai est pratiquement possible. Le métal obtenu sera supérieur à celui fabriqué par les méthodes actuelles et présentera des propriétés de grande importance pour les industries employant cet acier.
- Il faudra probablement créer un type spécial de four, bien que le four Iléroult normal suffise pour le traitement accidentel de quelques charges. La charge ne doit pas trop s’élever dans le four, afin de permettre l’ébullition violente du bain sans projection. Les éleclrodes d\anthracité donnerontplus de satisfaction que les électrodes ordinaires, en raison de leur moindre fragilité.
- L’application du nouveau procédé sera surtout avantageuse dans les pays qui possèdent, en même temps que des dépôts de minerais purs et riches, d’importantes forces hydrauliques. Dans les régions où l’on dispose de force motrice à bon marché, telle que celle des gaz de hauts-fourneaux, de fours à coke, etc., le procédé conviendra surtout pour la fabrication d’aciers de choix pour ressorts, outils, arbres, et généralement de toutes nuances à grande résistance.
- Les avantages économiques de la méthode sont principalement les suivants :
- L’acier est produit en une seule opération dans un seul four au lieu d’exiger des opérations multiples dans une installation compliquée. Le procédé est simple et de contrôle facile grâce à l’emploi de l’électricité comme source de chaleur et d’énergie. Il se prête à l’utilisation de minerais réfractaires et riches tels que les magnétites titanilères, etc., l’acier est exempt d’impuretés. La fabrication est rapide, la main-d’a>uvre, moindre, le contrôle, facile au point de vue de la qualité du produit. Quant au prix de revient, il dépend en grande partie du prix de l’énergie électrique niais il sera, en tout cas, infériëur à celui de l’acier produit au four électrique en partant de la fonte.
- ( The Èlectrician, 11 mai 1914.)
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- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- I
- Le io juin, on téléphonait à Y Information que le cuivre avait été calme mais ferme sur la considération qu’en raison de la diminution de la production, les statistiques américaines notaient pas aussi mauvaises qu’pn aurait pu le craindre.. L’ouvciturc et la clôture du marché se faisaient dès lors plutôt en hausse. L’EIeclroiytiquc se traitait notamment à G>4 1/2. La circulaire Merton du (i juin disait au contraire que les mauvaises statistiques européennes avaient accentué la faiblesse et amené des ventes à la baisse qui firent descendre les cours du Standard à G'2 liv. st. 7/G pour le trois mois etGi liv. st. i5 pour le comptant, cours les plus bas cotés pour celte qualité depuis bien longtemps; l'Elcclro se traitait de G/| liv. st. i5 à 65 liv. st. 5. La situation au to n’était donc pas très différente de celle du 6 juin cl prouvaiL la persistance de la réserve des consommateurs., peu rassurés par les événements politiques cl ne traitant que de petites quantités juste suffisantes pour leurs besoins. Du 15 au 3o mai les exportations du Chili se sont élevées à 18 ooo tonnes, y compris i 3 < oo tonnes embarquées directement à destination des Etats-Unis. Les arrivages pour la même période ayant été de 28 266 tonnes et les livraisons de 26 180 tonnes, les approvisionnements européens en vue ont augmenté de 2 o85 tonnes et s’élèvent maintenant à 3s 370 tonnes. Il y a cependant une singulière anomalie entre cette situation des stocks et le cours du métal si on compare l’un et l’autre à ce qu’ils étaient il y a un an : stocks supérieurs à 5o 000 tonnes, cours aux environs de 73 livres. On peut en conclure que les cours remonteront rapidement du jour où l'Amérique et l'Europe entreront dans une période de calme politique : mais comme les événements du Mexique ne semblent pas près de prendre fin, et que la situation entre la Grèce et la Turquie demeure toujours très tendue, nous sommes encore loin de celte perspective.
- Les Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est ont clôturé l'exercice 1913 avec un bénéfice net de 4 126 4^4 fr. 89. D’aprcs les indications du rapport, la part des ateliers dans ce chiffre a été fournie par les bénéfices réalisés sur un montant de factures de près de 28 millions : le chiffre d’affaires de l’exercice est presque égal au capital
- dont une partie est cependant représentée par des titres, et supérieur à celui de 1911 dans Ja proportion de deux fois et demie. Le conseil a réalisé au cours de l’exercice une partie de ses actions Electricité cl Gaz du Nord; la part des escomptes et intérêts ne peut être déterminée ; 00 ne peut donc attribuer un coefficient à chacune des sources de bénéfice dans ce résultat qui représente i3 % du capital nominal et presque 10 % du capital engagé, puisque les réserves s'élèvent à 11308771 fr. 21. Mais on notera ces remarques du conseil que l’industrie de la construction électrique est une des plus difficiles ; qu’elle exige un personnel nombreux d’ingénieurs expérimentés, des capitaux considérables ; que malgré cela, la concurrence est des plus vives entre les constructeurs; que le maintien constant de l'outillage à la hauteur des progrès réalisés permet seul d’arriver à des résultats favorables, et on en conclura que les bénéfices dus à la construction et aux installationsn’estpas celui qu’on poui rait envisager. Un prélèvement de 1 5oo 000 francsa été fait pour le fonds d’amortissement, elle solde a été réparti à raison de 17 francs nets aux actions ordinaires, de 19 fr. 38 aux parts bénéficiaires, la part du conseil étant de 64 6:5 francs, et le report à nouveau de 17 5oo francs. Au 3i décembre 1913, les travaux en cours figuraient au bilan pour 20 720 $70 fr. 25 ; ce chiffre s’explique par l’importance des entreprises qui étaient en cours à cette date et qui comprenaient notamment les turbo-alternateurs de la Compagnie Parisienne de distribution, les centrales de la Société Nantaise d’Electricité, de l’Electricité et Gaz du Nord à Lorame près Lille, et de la Société d’Elec-Iricité de la Région de Valenciennes-Anzin.
- Tous les ateliers réservés à la construction des moteurs de traction, des petits moteurs de série, a la ciibleric, à la tréfileric, ont travaillé d’une façon intense. Enfin, les Ateliers de Saint-Ouen, rachetés en 1912, ont clé agrandis et complétés pour exécuter certains travaux qui se feraient dans de moins bonnes conditions à Jcumont.
- Les Sociétés d’Exploitation dans lesquelles les Ateliers du Nord et de l Est ont des intérêts sont en plein développement, et les résultats de la Centrale de Jcumont font bien augurer de celles de Lorame et de Valenciennes.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XKV(2° Série). — N° 25
- La Société Méridionale d’Electricité à Naples est en négociations pour l’absorption de toutes les autres entreprises d’éclairage électrique ; elle porterait son capital à 5o millions de lires avec la participation de la Société financière italo-suisse de Genève, de la Banque pour Entreprises électriques de Zurich et des Chemins de fer Méridionaux. C’est un épisode en Italie de la concentration en quelques mains des réseaux de distribution d’énergie : mais on remarquera l’importante participation des capitaux suisses ou soi-disant tels à une combinaison qui permet aux Chemins de fer Méridionaux d’utiliser une partie des capitaux dont ils ont la libre disposition depuis le rachat de leur réseau par l’Etat. Au moment où cette opération s’est effectuée, nous avons signalé la tendance de la nouvelle orientation des Chemins de fer Méridionaux. Il n’est pas à penser que l’Etat italien, si préoccupé de se3 finances depuis l’expédition tripolitaine, songe à s’assurer le monopole de la distribution de l’énergie; mais rien ne met à l’abri les Chemins de fer Méridionaux d’une deuxième aventure de ce genre dans un avenir plus ou moins éloigné.
- Le dividende pour l’exercice écoulé de la Société Méridionale d’Electricité a été maintenu à 4 % sur un capital de to millions de lires.
- La The Cairo Electric Tramways and Heliopolis Oases Cy a soldé l’exercice 1913 par un bénéfice net de 22a 3^5 francs que l’assemblée a décidé de
- reporter à nouveau. Le total des produits et revenus de l’exercice ne s’est élevé qu’à 1 471 35o francs, et c’est en y ajoutant le report des exercices précédents se montant à 41 x at7 fr. 85 que la Société a pu présenter un compte de résultats en bénéfice. L’année a été désastreuse pour la The Cairo Electric comme pour toutes les sociétés immobilières : la vente des terrains est nulle ou simplement sans profits; de plus, la Compagnie a dû acquitter en Egypte des impôts fonciers arriérés, conformément à un jugement de la Cour d’appel d’Alexandrie, et en France le taux d’abonnement au timbre, les droits de transmission et l’impôt sur le revenu correspondant à plusieurs exercices antérieurs. Une somme de 821 oq3 francs a été réservée pour amortir ces dettes. Le rapport fait ressortir l’extension progressive d’Héliopolis et l'augmentation des recettes des Tramways et du Métropolitain. Mais tant que la situation économique de l’Egypte ne se sera pas profondément modifiée, la The Cairo Electric Tramways se trouvera dans l’impossibilité de rémunérer convenablement son capital de 5o millions. A eux seuls les immeubles appartenant à la Compagnie, construits et en construction, figurent au bilan pour 24 ooi 572 francs, ceci représente plus de 1 3oo villas, maisons ou appartements dont 90 % sont loués à des prix rémunérateurs : mais les charges de l’affaire ne laissent pas actuellement la marge suffisante pour penser à un dividende.
- T. R.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- ÉCLAIRAGE ET FORCE MOTRICE
- Ain. — La Société Force et Lumière de Grenoble vient d’adresser au maire d’Ambérieu-en Bugey une demande de permission de voirie pour la distribution d’énergie électrique (force) dans cette ville. Des contrats ont été signés avec cette Société par des industriels de la ville et de la région.
- Loiret. — Le conseil municipal de Gien vient d’approuver une demande présentée par la Compagnie du Gaz franco-belge, à l'effet d’obtenir de la ville la concession de la distribution publique de l’énergie électrique.
- Nord. — Une importante Société se proposerait d’amener prochainement l’énergie électrique à Steen-voorde et dans la plupart des communes de ce canton.
- Les études seraient déjà commencées et des propositions faites sous peu aux conseils municipaux.
- OiS6. — Une enquête est ouverte à la mairie d Arsy sur la demande de concession d’une distribution d’énergie électrique dans la commune, présentée par la Société électrique de la vallée de l’Automne.
- SOCIÉTÉS
- Compagnie du Chemin de fer Métropolitain de Paris.
- Pour la première décade de juin, celte Société a encaissé i 533 4ot francs, soit 77 554 francs de plus que pendant la période correspondante de 1913. La plus-value totale depuis le ior janvier s’établit à 1 269 782 fr.
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- 20 Juin 1914.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 799
- Energie Electrique du Littoral Méditerranéen.
- Ventes du i«r janvier 1914 nu 3i avril
- 1914........................... Fr. 2 978 82G
- Ventes du Ier janvier igi3 au 3i avril
- 1913........................... Fr. a.643 289
- Différence en faveur de 1914.. Fr. 335 53/
- Compagnie Centrale de Tramways Electriques. —
- Le 29 juin, 19, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- Compagnie des Tramways Electriques de Béziers et Extension. — Le ag juin, ig,)rue Louis-le-Grand, il Paris.
- Compagnie des Tramways Electriques de Bordeaux. — Le 29 juin, 19, rue Lous-le-Grand, à Paris.
- Omnium Lyonnais de Chemins de fer et Tramways.
- Tableau comparatif des recettes
- SFMAINE DU 17 MAI AU ‘.ii MAI DU Ior JANVIEIl AU 23 MAI POURCENTAGE
- i>J'4 '9*3 I9G iç)i3
- Cannes Fontainebleau Bourges Poitiers Troves Pau Cette Armentières Totaux Avignon Saint-Etienne-Firminy 9 953 7° 4 63i i5 4 137 55 4 ia5 70 6 228 35 5 280 » 3 916 3o 1 585 10 9 o3g 65 3 809 75 4 oqo 55 3 681 g5 5 041 » 4 000 10 3 215 » 1 211 5o 263 384 85 66 833 70 78 447 70 73 56g 4° 110 4<>4 » 94 658 20 57 65g » 29 481 81 a55 494 ‘-*5 63 ~5i 25 75 638 10 69 964 35 106 377 60 94 024 20 55 3go 65 29 181 80
- 3g 908 z5 33 089 60 774 438 61 749 822 20
- 4 894 65 5o 229 35 4 280 45 3g 838 75 79 008 4° 552 g35 75 80 493 55 829 328 25
- CONSTITUTIONS
- Union Electrique de l’Auvergne et du Bourbonnais.
- — Capital : 225 000 francs. — Siège social : 149, rue de Rome, Paris.
- Société des Forces Motrices de la Vienne. —
- Durée : 53 ans. — Capital : 2 5oo 000 francs. —
- Siège social : 33, rue Renaudet, Poitiers.
- CONVOCATIONS
- Société des Accumulateurs Heintz. — Le 25 juin, 2, rue Tronchet, à Paris.
- Compagnie des Tramways Electriques de Charle-ville, Mézières et Mohon. — Le 26 juin, 19, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- Compagnie des Tramways de l’Ouest Parisien. —
- Le 26 juin, 19, rue Louis-lc-Grand, à Paris.
- Compagnie du Tramway Electrique d’Eu au Tré-port. — Le 26 juin, 19, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- Compagnie des Tramways Electriques de Caen. —
- Le 26 juin, 19, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- Compagnie des Chemins de fer Départementaux de la Haute-Vienne. — Le 27 juin, Og, rue de Miro-mesnil, à Paris.
- Compagnie Electrique du Secteur de la Rive Gauche de Paris. — Le 27 juin, 19, rue Blanche, à Paris.
- Compagnie des Tramways Electriques de Montpellier. — Le 2g juin, 19, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- Compagnie Départementale d’Energie Electrique.
- — Le 29 juin, 22, rue Drouot, à Paris.
- Compagnie Electrique de Saint-Nectaire. — Le
- 29 juin, 63, rue Turbigo, à Paris.
- Société des Tramways Electriques de Châlons-sur-Marne. — Le 29 juin, 19, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- Société Bretonne d’Electricité. — Le 29 juin, 19, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- Société Française de Tramways Electriques et de Chemins de fer. — Le 3o juin, 32, place Saint-Georges, à Paris.
- Société des Tramways'Electriques de Loir-et-Cher.
- — Le 3o juin, io5, rue Saint-Lazare, à Paris.
- Compagnie des Tramways Electriques d’Oran. —
- Le 3o juin, 19, rue Louis-le Grand, à Paris.
- Société Générale d’Electricité Paris-Province. —
- Le 3o juin, 43, boulevard Haussmann, à Paris.
- Compagnie Française des Moteurs à Gaz « National )). — Le 3o juin, i38, boulevard Richard-Lenoir, à Paris.
- Société Hydro-Electrique de Lyon. — Le 3o juin, 73, boulevard Haussmann, à Paris.
- Compagnie du Secteur Electrique des Champs-Elysées. Le 3o juin, 7, rue Chauchat, à Paris.
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- Société Hydro-Electrique des Basses-Pyrénées. —
- Le 3o juin, 69, rue de Miromesnil, à Parts.
- ADJUDICATIONS
- .•. FRANCE
- L'Administration des Chemins de fer de l'Etat, à Paris, a l’intention d’acquérir 12 voitures de i,c classe à 'inter-circulation et à bogies, comportant des compartiments ordinaires et des places de luxe.
- , L^s industriels, désireux de concourir à cette fourniture, peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service du matériel et de la traction (matériel), 44> rue de Rome, à Paris, tous les jours de la semaine de 14 à. 17 heures.
- Les offres devront ctre r,omises pour le 29 juin prochain au plus tard, , ; « 1 ,
- i I *' -:< I -
- L’Administration des Chemins de fer de l’Etat, à Paris, a l’intention d’acquérir : 2 5oo connexions électriques pour rails de la voie courante; 7 600 mètres de câble en cuivre nu de 200 millimètres carrés de section; 1 Goo mètres de côble en cuivre nu de 400 millimètres carrés de section, et des^cosses nécessaires à l’équipement électrique des voies des lignes de la première zone (deuxième lot).
- Les industriels, désireux de concourir à cette fourniture, peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service électrique (3° division), 72, rue de Rome, 1 Paris (8U), les mardi et vendredi, de i!> à 17 heures jusqu'au 7 juillet 1914.
- 1 '
- ¥ *
- L’Administration des Chemins de fer de l’État, à Paris, a l’intention d’acquérir 17 ponts roulants mus électriquement deslinés aux nouveaux ateliers de SoUcvillc.
- Les industriels, désireux de concourir à celle fourniture, peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service électrique (iro division.)
- 43, rue de Rome; à Paris, les mardi et vendredi; de i5 à 17 heures, jusqu’au ï8 août 191.4»
- .........* . .....
- * * -
- L’Administration des chemins de fer de l’Etat, à Paris, a l’intention d’acquérir 20 voilurès automôtrices montées sur bogies, à deux essieux, et 10 voilures de remorque.
- Les industriels, désireux de concourir à cette fourniture, peuvent se renseigner/immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service du matériel et de la traction (matériel). 44? rue de Rome, à Paris, tous les jours de la semaine, 14 à 17 heures.
- Les offres devront cire remises le 7 septembre 1914*
- au plus tard. ........
- ESPAGNE \
- La Société Générale des Tramways électriques dé Palma (iles Baléares), ouvre un concours pour la fourj-uiture et l'installation dès li*aiîi\Vâÿs érectriquês 'et dtt matériel nécessaires au service des lignes dont'ladite Société est concessionnaire.
- Les offres sont reçues à la « Oficina técnica de la Sociedad general de Tranvias eléctricos de Palma », Paseo de Sagrera, Q-3°, à Palma, jusqu’au 3i juillet 1914.
- On peut consulter le cahier des charges à l’Office national du Commerce extérieur, 3, rue Feydeau, Paris.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS FRANCE
- i3 juin.—Au Tribunal de Commerce,à Paris, installation de l’éclairage électrique dans la partie du canal Saint-Martin en souterrain,-Montant r 26 680 francs.
- . Compagnie Générale des Travaux d’Eclairage et de Force, 26 000. — MM. Bergerot fils, 18 970. — Spinosa, 24 25o. — Daniel, Sack et Cie, 35 000. — Defontaine, 18 5oo — L’Electro-Enlrepriae, 28700. —- Devilaine et Rougé, 24 5oo. — Fouga, 25 490. — Houdry, 19 i65. — Lebellc, 23 790. — Lerolle, 26 000.--— Miidé liis et Clc, 22 120. — Société Mors, 26 000. — Société Gramme, 28 120. — Société des Applications Electriques,
- 8, rue Gounod, Paris, adj. à 17 6G0,
- s
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- Paris — imprimerie levé. 17, rue cassette.
- Le Gérant : J.-li. Nouet.
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- Trente-sixième année
- Tome XXV (2» série). N« 26
- SAMEDI 27 JUIN 1914-
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- MAURICE-D’ASTE. — L’éclairage électrique des voitures de chemins de fer (Suite)... 8oi
- JEAN ESCARD. — Procédés d’imprégnation des bois et notamment des poteaux des lignes de transport d'énergie électrique .. 8oG
- J. M. — Note sur les transformateurs de mesure................................. 817
- Publications techniques
- Transmission et distribution La distribution d’Electricité à Londres.... 819
- Le problème du petit consommateur est-il
- résolu. ............,................. 820
- Traction
- Un important progrès du chemin de fer de New-York-New-Haven et Hartford. — William Arthur........................... 82a
- Correspondance. — Calcul de la capacité terminale d’une antenne. — A. Blondel et H. de Bellescize....................... 826
- Etudes et Nouvelles Economiques.......... 828
- Renseignements Commerciaux............... 83o
- Adjudications........................... 83 a
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE DES VOITURES DE CHEMINS DE FER
- L’auteur établit les conditions générales de fonctionnement d’un équipement d'éclairage électrique et indique comment on peut déterminer les puissances et capacités maxima des dynamos et accumulateurs nécessaires pour un service donné.
- Par sa récente circulaire du 17 janvier 191/1, le ministère des Travaux publics demande aux Compagnies de chemin de fer de réaliser un certain nombre d’améliorations comportant notamment le remplacement de l’éclairage au gaz et du chauffage au charbon par des procédés moins dangereux. La circulaire du 27 novembre 1913, avait d’ailleurs déjà signalé les dangers que présente l’introduction dans les trains de matières inflammables ou en combustion et invitait les Compagnies à ne plus adopter l’éclairage au gaz pour les voitures nouvelles destinées aux trains à marche rapide (exception faite pour les voitures employées dans certains services internationaux), ainsi qu’à poursuive la suppression
- progressive de ce mode d'éclairage dans les voitures déjà affectées aux trains précités.
- L’application de ces règles générales va donc donner en France un essor considéi-able à l’éclairage électrique des voitures de chemins de fer; le réseau français comportant plus de io 000 voitures de grandes lignes.
- Si, à l’imitation de la Compagnie d’Orléans, l’emploi de l’électricité est étendu à l’éclairage de l’ensemble des voitures des réseaux de banlieue et de lignes secondaires, le nombre de véhicules à équiper atteindrait approximativement 20000.
- Il devient donc particulièrement intéressant de préciser quelles sont les conditions auxquelles
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (2* Série). — N- 26.
- doivent satisfaire les équipements générateurs d’éclairage en tenant compte de sujétions nombreuses qu’impose un service de chemin de fer dans le ofts général.
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- Remarquons tout d’abord que, sur la plupart des réseaux français et étrangers, les voitures à voyageurs ne suivent pas de roulements définis, toujours les mêmes analogues à ceux établis par exemple pour les locomotives, et il n’est pas rare de voir un véhicule qui a fait pendant une semaine le trajet Paris-Marseille et retour, circuler ensuite sur une ligne secondaire pendant plusieurs jours.
- L’une des caractéristiques de l’exploitation des chemins de fer européens, à l’exception de certains réseaux anglais, est donc une absence presque complète de spécialisation des voitures à un service défini.
- Bien entendu il existe de très nombreuses exceptions à cette règle et sür tous les réseaux, notamment pour les services de banlieue, on emploie des rames de voitures indéformables, à roulements rigides. 11 importe donc pour le succès d’une application étendue que le choix du système d’éclairage ne restreigne on aucune façon l’indépendance des véhicules à laquelle les services d’exploitation sont accoutumés, et c’est pour cette raison que dans presque tous les réseaux européens on a employé des équipements d’éclairage dits individuels comportant Putilisation sur chaque voiture d’une dynamo génératrice et d’une batterie d’accumulateurs. Les équipements d’éclairage dits collectifs qui permettraient d’assurer à moindres frais l’éolai-rage d’une rame de Voitures, en unissant seulement un ou deux véhicules d’appareils générateurs d’éleotrioité, n’ont reçu que des applications restreintes.
- Ce principe étant posé, il est facile de voir que, pour qu’un équipement puisse fonctionner régulièrement on pratiquo pendant plusieurs semaines ou môme plusieurs mois sans soins spéciaux, il faut que ses appareils de génération d’électrioité soient réglés de manière à ce que, en considérant chaque parcours de train comme un « cycle de fonctionnement », l’ensemble de l’équipement se trouve dans le même état au début et à la fin de chaque cycle. Cette condition
- fondamentale entraîne des conséquences très importantes, tant au point de vue de la capacité des différentes parties de l’équipement, qu’à celui du rendement global du système. Pour pouvoir examiner ces questions en connaissance de cause, rappelons tout d’abord quelle est la constitution d’un équipement d’éclairage dans chaque cycle de fonctionnement.
- Constitution d’un équipement d’éclairage électrique de voitures.
- Un équipement d’éclairage électrique de train, comprend essentiellement :
- i° Une dynamo génératrice ; u° une batterie d’accumulateurs; et 3° des appareils de réglage et île sécurité.
- La dynamo est construite pour une tension relativement basse, a/j — 36 — 5o ou 8o volts ; elle doit permettre de produire l’énergie électrique à tension variable de telle sorte que, quelle que soit la vitesse de marche du train, oompriso entre >,5 et 125 kilomètres-heure, les services divers suivants puissent être assurés automatiquement sans défaillance :
- i° A circuit d'éclairage fermé (lampes allumées) débiter à voltage constant dans le circuit des lampes tout en chargeant la batterie;
- 2° A circuit d’éclairage fermé (lampes allumées) débiter à voltage constant dans les lampes, tout en restant en équilibre de tension avec la batterie d’accumulateurs, quand celle-ci est complètement chargée sans recevoir, ni débiter aucun courant;
- 3° A circuit d’éclairage ouvert (lampes éteintes) charger à fond la batterie d’accumulateurs à voltage variable ;
- 4° A circuit d’éclairage ouvert (lampes éteintes) rester en équilibre de tension avec la batterie d’accumulateurs, quand celle-ci est complètement chargée, sans recevoir, ni débiter aucun courant.
- Cet ensemble de conditions est très difficile à remplir, et bien peu de systèmes d’éclairage électrique de trains sont susceptibles de répondre aux exigences de ce programme.
- Seuls, des appareils avec des régulateurs complexes comme ceux des systèmes Bliss, Gould, Brown-Boveri, Leitner Lucas, Vickers, etc., possèdent un réglage automatique à peu près
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
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- 27 Juin 1914.
- complet ; d’autres systèmes de construction déjà ancienne, comme le Stonc, le Rosenberg, le Dick, etc., permettent d’obtenir aussi un fonctionnement régulier et assez satisfaisant en apparence, mais au détriment soit du rendement, soit do la durée deslampesou des plaques d’accumulateurs.
- Quelles que soient d’ailleurs la nature et la perfection des appareils de réglage, un système d’éclairage ne pourra fonctionner dans des conditions satisfaisantes que, si en vertu du principe indiqué ci-dessus et établissant l’identité de l’état final et de l’état initial dans chaque cycle de fonctionnement, la dynamo génératrice et les accumulateurs ont une force suffisante pour répondre aux exigences du service dans les cas les plus défavorables, qui correspondent à l’éclairage de trains à faible vitesse, à arrêts fréquents et à du rée d’allumage prolongée avant le départ et après l’arrivée.
- Nous allons donc tout d’abord déterminer la puissance de ces petites centrales ambulantes que constituent les équipements d’éclairage de trains en fonction de la puissance utile d’éclairage et de ce que nous appellerons les coefficients de roulement ou de débit.
- Ces coefficients jouent un rôle analogue à celui des facteurs de charge dans la détermination de la puissance des réseaux de distribution.
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- ¥ 4
- Etude des roulements des voitures. Coefficients de roulement.
- Pour chaque roulement de train on peut déterminer trois durées t, V, T correspondant respectivement :
- t, à la durée totale d’éclairage;
- au temps pendant lequel l’éclairage est assuré par les accumulateurs seuls;
- T, à la durée démarché totale du véhicule considéré.
- Ces quantités varient d’un roulement à l’autre et pour un même roulement d’une saison de l’année à l’autre.
- Les valeurs de ces variables calculées pour le service d’hiver, qui correspond aux conditions de marche les plus défavorables, sont les plus intéressantes.
- Soit j le débit instantané de la dynamo et i le courant absorbé par les appareils d’éclairage.
- Les accumulateurs devront dans chaque cycle de fonctionnementreccvoirune quantité d’électricité égale à celle qu’ils auront débitée if, augmentée des pertes intérieures et extérieures correspondantes, afin de se retrouver à lafin du cycle dans le même état qu’au commencement. L’expérience montre que bien que, le rendement en capacité des accumulateurs soit de l’ordre de 90 % pour des éléments neufs, il y a lieu d’admettre dans les accumulateurs une perte moyenne globale en capacité d’environ 20 % . La quantité d’électricité débitée par la dynamo étant au total
- doit exister, entre les quantités d’élec-
- tricité produite et coftsommée, la relation sui-
- vante
- — it —J— 0,2
- if.
- Cette relation exprime simplement le principe de la conservation d’électricité.
- En divisant les deux membres par la quantité
- T *,
- nous obtenons
- t —|— 0,2 f
- T '
- C’est ce rapport k qui est caractéristique du roulement considéré que nous appelons coefficient de débit du roulement.
- Les calculs et l’expérience directe montrent que pour les trains de grande ligne ee coefficient varie de o.3 à i,5 et que sa valeur moyenne est d’environ 0,9.
- Pour les trains de banlieue et les trains de ligne secondaire où les arrêts sont, soit fréquents et de courte durée, soit relativement peu fréquents et de longue durée, ce coefficient varie de o.'i à 3,6.
- Pour les trains de banlieue ces coefficients sont compris entre o,3 et 3,6 et leur valeur moyenne est d’environ i,5.
- On voit donc que, si un équipement d’éclairage de train doit être monté sur des voitures affectées uniquement au service des grandes lignes, il sera nécessaire de le dimensionner de telle sorte que son courant moyeu soit égal à i,5 fois le courant d’éclairage. Par contre, si cet équipement doit être monté sur des voitures non spécialisées et pouvant circuler dans n’importe quel train, il sera nécessaire de le dimensionner dë telle sorte qu’il puisse débiter un courant égal à .3,5 l'ojs le courant d’éclairage.
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE T. XXV (2* Série). — N® 26.
- Pour des voitures dans lesquelles la puissance absorbée par l’éclairage est d’environ 6oo watts (5o volts et ia ampères) il faudra donc avoir des dynamos pouvant débiter en moyenne 12 X 3,5 = !\‘t ampères, dans le cas de la banalité absolue des voitures. C’est ainsi que, pour des systèmesà réglage automatique où la tension de la dynamo est relativement peu variable (io à i5 % ), la puissance des dynamos correspondant à une puissance d’éclairage d’environ 6oo watts devra être d’environ 2,5 kilowatts.
- Nous arrivons donc à cette conclusion que pour
- donc ainsi une première condition pour déterminer la capacité des éléments. Le courant moyen de charge devant être compris entre le tiers et la demie de la capacité horaire, il faudra que cette capacité uni-horaire soit au moins égale à i. h i. Dans le cas particulier dans lequel nous nous sommes placés précédemment correspondant à un courant d’éclairage d’environ 12 ampères, la capacité uni-horaire de chaque élément devra donc être, pour h = 3,5 :
- 2 X 3,5 X 12 = 8/, ampères-heure en une heure.
- Volts
- I . 8 0'
- 1 6 6
- Dupée de la décharge en heures
- Courbe représentant la capacité approximative d’une batterie d’accumulateurs en fonction de la durée de décharge.
- un service non spécialisé, la petite centrale ambulante doit avoir, comme les stations génératrices des grands réseaux de distribution, une puissance égale à trois ou quatre fois la puissance utile moyenne.
- Capacité des accumulateurs.
- Npus venons de voir que la dynamo doit pouvoir débiter à voltage variable un courant k fois plus grand que le courant d’éclairage; et ce courant moyen doit pouvoir effectuer la charge des accumulateurs sans les détériorer ; nous trouvons
- La courbe ci-dessous qui représente approximativement en fonction de la durée de décharge la variation de la capacité d’une batterie d’accumulateurs d’éclairage de train ainsi que le voltage minimum defin de décharge permet de trouver les capacités des batteries à différents régimes. Nous trouvons ainsi :
- 84 AH . „
- ---—— = iio A H en 3 heures
- o,65
- 84
- et —- = i85 AH en 10 heures.
- 0,75
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- 27 Juin 1914.
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
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- Réserve d'énergie accumulée dans les batteries.
- La condition que nous venons d’indiquer entraîne donc l’installation d’une batterie d’une capacité d’environ 5 ki en io heures. L’accumulation d’énergie correspondante est suffisante pour assurer l’éclairage de la voiture pendant une quinzaine d’heures, si la batterie est chargée à fond. Mais il faut noter qu’en cas d’accident à un équipement on se trouve rarement en possession d’une batterie complètement chargée, et en pratique on ne peut guère compter que sur une réserve d’environ 5<> % de sa valeur théorique, soit encore 7 à 8 heures d’éclairage.
- L’éclairage électrique des trains même avec dynamo génératrice entraîne doncl’emploi,quand il est rationnellement établi, d’une batterie de capacité très importante, qui représente au point de vue de l’éclairage une réserve tout à fait analogue à celle admise dans les réservoirs des voitures éclairées au gaz.
- Sur ces dernières voitures on installe comme on sait en général des réservoirs d’une capacité globale d’environ 1 200 litres de gaz à la pression de 10 à i5kgs, soit au minimum 12 000 litres de gaz à la pression atmosphérique pour alimenter en moyenne 9a 10 becs dépensant chacun 40 litres à l’heure (intensité lumineuse a5
- à ïo bougies). La durée *d’éclairage théorique correspondante est donc :
- . 12 000 ,
- ------- = 3o heures environ.
- 40 X «o
- Mais dans le cas de l’éclairage au gaz, on est certain que, en cas d’accident en cours de route, la réserve s’est notablement, réduite du fait de la consommation en service normal et en pratique on ne peut compter que sur une réserve d’une quinzaine d’heures tout à fait analogue à celle obtenue avec l’électricité.
- Il est donc permis de se demander s’il est bien utile de prévoir, dans les installations d’éclairage électrique de voitures, l’emploi d’appareils de secours, bougies ou lanternes à huile, afin de parer à un manque de lumière alors qu’on n’en prévoit pas avec l’éclairage au gaz. Ce luxe de précaution que justifiaient les irrégularités fréquentes de fonctionnement des premiers équipements d’éclairage électriques peut être considéré actuellement comme toutà fait superflu, les équipements automatiques modernes permettant à la dynamo ou à la batterie d’assurer isolément le service quand une seule des deux parties de l’équipement est avariée.
- (A suivre.)
- Maurice d’Aste.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXV (26 Série). — Np 36.
- PROCÉDÉS D’IMPRÉGNATION DES BOIS ET NOTAMMENT DES POTEAUX DE§ LIGNES DE TRANSPORT D’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
- Les bois sont soumis, comme on le sait, à un grand nombre de causes de destruction dont les principales sont les champignons (Merelius lacrymans, Polyporus vaporarius), les insectes, les vers et Vaction oxydante des agents atmosphériques.
- Dans le but de prolonger leur durée, on a recours à de nombreuses méthodes. Elles se réduisent cependant à trois principales : la dessication à l’air libre ou par étuvage; les moyens physiques de préservation (flambage superficiel, revêtement de ciment); l’emploi des antiseptiques.
- Ces derniers seuls paraissent donner des résultats certains et durables, mais les procédés employés varient suivant les essences et suivant les pays. Actuellement, on utilise les trois suivants -
- 1° L’immersion ou imbibition simple;
- 2® L’injection ou imbibition sous pression;
- 3° Les procédés chimiques et électrochimiques.
- Ce sont ces différents procédés qui font l’objet du présent travail. Dans un second article, nous passerons en revue les antiseptiques utilisés comme corps imprégnants et étudierons comparativement leur efficacité et leur économie.
- i® Méthode par immersion ou imbibition. —
- Comme son nom l’indique, cette méthode consiste à immerger les bois dans un bain de liquide antiseptique. L’imbibition est plus ou moins profonde, mais elle suffit presque toujours pour protéger le bois. Lorsqu’elle s’effectue à la température ordinaire, elle est très longue, car elle demande de deux à trois jours, quelquefois plus ; elle a été appliquée surtout jusqu’ici à l’imprégnation des traverses et des poteaux à l’aide du sulfate de cuivre et du sublimé (bichlorure de mercure). Lorsque c’est ce dernier sel qu’on emploie, l’opération porte le nom de hyanisation, du nom deKyan qui, le premier, réalisa et exploita un procédé d’imbibition à l’aide d’une solution aqueuse de sublimé à i % .
- L’immersion à chaud permet de diminuer considérablement la durée de l’opération et, en outre, de faire pénétrer plus profondément le liquide antiseptique dans le bois. C’est ainsi qu’avec une dissolution de sulfate dé cuivre à i,5 % et à la température de 70 degrés, on obtient en une demi-heure des résultats analogues à ceux que réalise l’immersion à froid dans le même bain pendant deux jours. Malgré la dépense de chauffage, l’économie est encore en faveur de l’immersion à chaud.
- Plusieurs procédés utilisent également l’imprégnation dans un bain porté à l’ébullition. L’air et les autres gaz qui se trouvent occlus dans le
- , tissu de l’arbre sont ainsi chassés; par refroidissement, la pression atmosphérique extérieure fait pénétrer le liquide du bain dans les pores du bois où l’ébullition avait produit antérieurement un vide partiel.
- Sous l’effet d’une température suffisante, la sève incolore ou jaune pâle se modifie du reste elle-même et s’imprègne de substances antiseptiques qui prennent naissance dans le bois par l’effet de la décomposition pyrogénée des produits qu’il renferme. Il se forme, entre autres, de l’acide acétique, des phénols, du crésol et de l’acétone, produits qui préservent le bois de l’attaque des champignons et des insectes. Ce procédé a reçu improprement le nom de « vulcanisation » de son inventeur, M. Nujers, qui l’a mis en pratique il y a une dizaine d’années.
- Dès i83a, Champy a obtenu également des résultats satisfaisants en trempant les pièces de bois, encore humides, dans un bain de suif à 200 degrés. L’eau est ainsi vaporisée, l’air et les gaz sont-chassés et, peu à peu, la matière grasse pénètre dans les pores du bois en rendant celui-ci imputrescible. Certaines huiles, les résines, le goudron peuvent être employés de la même manière; étant très peu hygroscopiques et insolubles dans l’eau, ces substances conservent les bois dans un état parfaitement sec, ce qui est la première condition pour une longue durée. Les vides, les fentes sont également supprimés, de
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- sorte que le bois l'orme comme line masse homogène que les insectes xylophages ne peuvent plus dès lors pénétrer.
- Le procédé Giussani, appliqué en Italie sur une grande échelle pour la conservation des traverses de chemins de fer, se rattache aux précédents; mais le liquide antiseptique est choisi de telle façon que son point d’ébullition permette de faire disparaître complètement les gaz occlus dans le bois. Il repose sur le processus suivant :
- Si l’on plonge dans un liquide (huile lourde de goudron,solutions salines) dont le point d’ébullition dépasse îoo degrés une pièce de bois, il se produit au sein de ce liquide une vive agitation: elle est due à l’ébullition de l’eau et de la sève contenues dans le bois qui se manifeste à ioq degrés. La vapeur produite traverse le bain et se dégage à sa surface.
- En maintenant la température du bain constante, ou tout au moins supérieure à ioo degrés, jusqu’à ce que toute trace d’agitation ait disparu, l’eau qui se trouve dans les pores du bois disparaît entièrement (*). Si on laisse refroidir le bain, il comble les vides engendrés par le départ de l’eau et le bois se trouve complément imbibé de la matière du bain quelles que soient sa forme, ses dimensions et sa texture.
- Le même phénomène d’imbibition se produit dans le cas où, sans laisser le bois se refroidir ayec le bain, on le relire de celui-ci pour le plonger immédiatement dans un bain froid de même nature ou de composition différente. Dans ce cas, le second bain peut avoir un point d’ébullition inférieur à too degrés, puisqu’il n’a comme but que d’imbiber le bois et non d’en extraire l’eau et la sève.
- De même, au lieu de ce second bain on peut en utiliser deux de nature et de densité différentes, de l’huile lourde et du chlorure de zinc par exemple. Le premier, qui est plus dense, reste au fond du récipient, tandis que le second surnage. En plongeant le bois, après l’avoir débarrassé de son eau, d’abord dans la solution de chlorure, celle-ci pénètre dans ses pores et l’imprègne profondément. En le faisant descendre dans le fond de l’appareil, il rencontre
- (') Il ne reste guère occlus dans le bois que la 1/1700 partie environ du poids primitif de l’eau qu’il renfermait, quantité qui peut être considérée comme indo-sable.
- l’huile lourde qui, en le recouvrant d’une couche beaucoup plus superficielle, s’oppose à la dissolution progressive du chlorure par l’eau et l’humidité atmosphérique.
- Tel est le principe du procédé Giussani. On l’a appliqué au traitement de la plupart des essences, y compris le chêne le plus dur. Dans la préparation de traverses en chêne, on a'obtenu les résultats suivants :
- Les pièces, soumises à la température de ioo° dans un bain d’huile lourde de goudron pendant quatre heures, perdent de 6 à 7 % de leur poids représentés par l’eau et les matières albumineuses qu’elles renferment. D’autre part, elles absorbent de quoi présenter une augmentation de 2 à 3 % sur leur poids initial. En outre, on a constaté que les hois ainsi imprégnés ont une résistance à la traction et à la flexion supérieure à celle qu’ils possèdent à l’état brut ; cela tient, certainement à l’absorption complète des liquides antiseptiques par les vides laissés par le départ de l’eau et qui ne déforment pas les éléments constitutifs du bois.
- 20 Méthodes par injection. — Déplacement de la sève. — L’injection diffère de l’imprégnation simple par le rôle que joue la pression. Elle peut être appliquée de différentes façons suivant la nature des antiseptiques utilisés. La plus simple agit par déplacement de la sève et s’applique ainsi aux arbres sur pied ou récemment abattus. Pour en comprendre le mécanisme, il suffit de se rappeler ce qui se passe dans un arbre vivant. Le courant ascensionnel de la sève dépend à la fois de la structure du bois, de l’intensité de l’évaporation et de la pression qui s’exerce sur les racines ('). On peut donc mettre à profit ce mouvement ascensionnel, tant qu’il subsiste dans le bois, pour substituer à la sève des liquides antiseptiques convenablement choisis. L’expérience suivante montre que cette substitution est parfaitement possible :
- (’) L’ascension de la sève, due à la structure du bois, est déterminée par le système des faisceaux fibro-vasculaires qui, se prolongeant dans toutes les branches de l'arbre, aboutissent à la nervure des feuilles. L’évaporation a lieu par les stomates, ouvertures microscopiques situées à la surface des feuilles; elle est en rapport avec la température et l’état d’humidité de l’air. La pression des racines provient de la turgescence de leur tissu et contribue dans une large mesure à l'ascension du liquid dans les faisceaux vibro-vaaculajres.
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- Soit A (fig. i) le morceau de bois dont on veut extraire la sève. On le place verticalement dans un baquet B et, à sa partie supérieure, on le
- Fig. i.
- garnit d’une bande de cuir C formant cuvette. On remplit d’eau cette dernière et, à mesure qu’elle se vide, on la remplit à nouveau, de manière à ce qu’elle forme poids sur elle-même. Au bout de quelques instants, le baquet B renferme un liquide épais, verdâtre et glulincux. Peu à peu cependant, le liquide qui sort de B s’éclaircit et finit par couler parfaitement incolore et transparent. Cela indique que toute la sève s’est échappée du bois A et a été remplacée par une égale quantité d’eau. Le phénomène serait le même si l’on remplaçait cette dernière par un liquide antiseptique quelconque.
- \
- C’est là le principe du procédé Boucherie, appliqué dès i835 à l’injection des arbres sur pied. Dans[ce but, on pratique sur l’arbre (fig. i. )
- deux incisions semi-circulaires a et b qu’on recouvre d’une bande de cuir A faisant le tour de l’arbre. Cette dernière, fixée hermétiquement contre l’écorce et légèrement bombée dans la partie centrale, constitue une sorte de chambre ou cuvette destinée à recevoir le liquideantiseptique contenu dans le récipientM. En ouvrant le robinet /;/, le liquide se répand d’abord dans la cuvette A, puis, par l’elïct de la pression résultant de la hauleurdeMet du mouvementascensionneldela sève dans l’arbre, monte peu à peu dans celui-ci. Au fur et à mesure qu’il est absorbé par le bois, on ajoute en M une nouvelle quantité de liquide et ainsi jusqu’à ce que l’injection soit complète, c’est-à-dire jusqu’à oc que l’arbre ne veuille plus rien absorber.
- .D’une façon générale, la vitesse de l’opération est en rapport avec l’abondance du feuillage qui permet une évaporation plus ou moins rapide suivant son étendue. Le liquide employé comme antiseptique ne doit pas être trop concentré, car il pourraitalorslaisserdéposer des cristaux dans les canaux du bois pendant son ascension et obstruer partiellement ces derniers. Les essences dont le bois est très riche en eau son t ceux qui se laissent injecter le plus lacilement. La pénétration est d’autant plus facile et plus complète que le récipient contenant le liquide à injection est plus élevé par rapport à l’arbre.
- Comme la sève conserve son mouvement ascensionnel pendant un certain temps après l’abattage, quoiqu’il soit considérablement ralenti, ce procédé est applicable aux bois fraîchement abattus. La figure 3 montre le dispositif utilisé
- dans ce cas. L’arbre A est placé horizontalement sur des madriers E. La chausse en cuir D le met en communication avec le récipient F qui peut
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- être un tonneau ou un vase quelconque. Un baquet B sert à recevoir le liquide qui sort de À pendant l’injection. Celle-ci s’effectue dans les mêmes conditions que précédemment, mais d’une façon beaucoup plus lente. En effet, la surface d’évaporation due à la présence des feuilles dans les arbres sur pied est ici supprimée et des trois facteurs indiqués précédemment comme produisant le mouvement de la sève, la structure dubois seule subsiste. Pour une bille de 2 m. 5o de hauteur et en employant comme liquide injecté du sulfate de cuivre, la durée de l’opération est de deux jours avec un récipient placé à un mètre de hauteur et le bois étant récemment coupé; elle est de trois jours s’il a trois mois d’abattage et de quatre jours pour quatre mois.
- Ce procédé est très peu employé actuellement; il est du reste insuffisant comme pénétration de l’antiseptique et occasionne des frais de main-d’œuvre assez élevés.
- Pour obtenir de meilleurs résultats, c'est-à-dire faire agir l’antiseptique plus rapidement et plus complètement, on peut avoir recours à l’un des trois processus suivants : a ) aspirer le liqu ide à travers le tissu du bois en faisant le vide à l’une de ses deux extrémités, l’autre restant libre et correspondant à l’entrée du liquide; b) pousser le liquide à travers le tissu à l’aide d’une pompe de compression agissant à une extrémité, celle qui reçoit le liquide, l’autre extrémité restant libre et servant à l’écoulement du liquide injecté ; c) utiliser à la fois le vide et la pression aux deux extrémités de la pièce à injecter.
- Ces trois variantes du procédé Boucherie, qui l’ont beaucoup perfectionné, ont été appliquées industriellement et r.ont encore utilisées aujourd’hui.
- a) Aspiration par le vide. — La méthode par aspiration au moyen du vide a été mise en pratique par Renard-Périn. Le vide est produit sur une des sections de la pièce de bois, tandis que la pression atmosphérique fait pénétrer le liquide par l’autre section. L’aspiration est analogue à celle produite par l’eau des feuilles évaporée dans les arbres vivants.
- La pièce de bois est sciée nettement aux deux bouts et, à l’un des bouts, on adapte un sac en toile imperméable destinée à recevoir le liquide antiseptique ; à l’autre bout est un récipient où l’on fait le vide. La sève aspirée s’écoule dans ce
- dernier et est remplacée au fur et à mesure par le liquide antiseptique.
- b) Emploi de la pression. — La méthode par pression est utilisée dans le système Lebioda. La différence de pression aux deux extrémités de la pièce de bois, qui permet l’écoulement de la sève et du liquide à travers les fibres du bois, est réalisée ainsi qu’il suit :
- Le tronc à injecter est placé dans un récipient ouvert à une extrémité et dont le fond est relié par un tuyau à une pompe de compression. L’extrémité libre remplace donc le feuillage, facteur essentiel de l’évaporation, et la pression artificielle tient lieu de celle des racines dans l’arbre vivant. Une enveloppe chauffante entoure tout l’appareil : les gaz qui remplissent une partie des canaux sont ainsi dilatés, tandis que les injections plusieurs fois renouvelées débarrassent complètement les cellules de leur contenu naturel qui s’écoule au dehors par les canaux voisins. Quand le liquide injecté sort de l’appareil tel qu’il a été introduit, l’opération est terminée.
- La durée .de celle-ci, pour des pièces de bois de taille moyenne, varie entre 5 et 20 minutes. Ce système s’applique également au vieillissement des bois et à leur coloration artificielle.
- Dans le procédé Liebau, le liquide à injecter est dirigé de la portion axiale de la pièce vers ses parties extérieures, c’est-à-dire vers sa surface périphérique. Il a été surtout appliqué à la conservation des poteaux télégraphiques à l’aide du sulfate de cuivre et pour lesquels il a donné de très bons résultats. La solution de sulfate est injectée dans un petit canal suivant l’axe du poteau ; un trou pratiqué de la surface vers l’axe permet d’introduire le liquide. Sous l’effet de la pression et les deux extrémités de la pièce de bois étant obstruées, le bois absorbe peu à peu l’antiseptique qui gagne insensiblement sa surface latérale.
- c) Emploi simultané du vide et de la pression.— Les méthodes par l’emploi simultané du vide et delà pression sont les plus récentes, bien que le procédé Bréant, qui en a été le point de départ, date de plus de cinquante ans. L’appareil Bréapt était un cylindre vertical en fonte, àjjarois très résistantes et dans lequel on introduisait la pièce de bois et le liquide antiseptique.
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- A l’aide d’une pompe foulante, on exerçait dans le cylindre une pression de 7 à 10 atmosphères cjui faisait pénétrer plus ou moins rapidement le liquide dans le bois. Cet appareil fut perfectionné et utilisé comme le montre la ligure 4^ La pièce de bois et l'antiseptique sont
- Fig. 4.
- placés dans le cylindre en fonte O dans lequel on peut faire le vide au moyen de la condensation de la vapeur d’eau renfermée dans le condenseur P. On porte ensuite la pression à 10 atmosphères environ au moyen de la pompe R. Le tube C amène d’abord la vapeur, puis l’eau froide dans P pour produire le vide. Le robinet d fait communiquer P et O pendant que ce dernier s’effectue. Une fois l’opération terminée, c’est-à-dire lorsque la pompe R a injecté suffisamment de liquide dans le bois, on fait écouler la solution antiseptique du récipient O en ouvrant le robinet e.
- Les procédés Bethell, Payne, Légé et Fleury-Pironnet ne diffèrent du procédé Bréant que par la forme des appareils et la nature des liquides antiseptiques choisis ('). Le principe est le même : vide et pression en vase clos. Le procédé Bethell mérite cependant une mention à part, car il a été appliqué en grand, notamment pour la conservation des traverses des voies ferrées au moyen de la créosote. L’opération comprend plusieurs phases, savoir: le chargement des bois dans les cylindres à injection ; le vide : le rem-
- (J) lî. Lemaike. La conservation des bois par les nouvelles méthodes d’imprégnation (Le Génie civil, i3 avril 1907, P- 4o3). .
- plissage par simple aspiration d’abord, puis avec la pompe ; la pression ; la vidange et le détournement du cylindre.
- Les cylindres à injection peuvent être fixes ou mobiles. Dans le premier cas, les traverses sont chargées à l’aide de wagonnets qui entrent dans les cylindres. Dans le second cas, les cylindres s’ouvrent par le milieu et chacune des deux moitiés peut être roulée jusqu’au point où sont empilées les traverses. La longueur des cylindres varie généralement entre <> et 12 mètres et leur diamètre entre 1 m. :>o et a mètres. Le nombre de traverses est compris entre t>F> cl if>o par cylindrée, un wagonnet ne pouvant guère transporter plus de 40 traverses par voyage.
- La durée du chargement dans les cylindres ne dépasse pas cinq minutes, en supposant que les wagonnets soient placés devant les appareils et prêts à être enfournés, fai durée du vide est variable suivant l’étal de l’atmosphère et la dessiccation préalable du bois ; elle est de quinze minutes en moyenne. Le remplissage est de dix minutes environ. La pression, qui est la phase la plus longue dans l’opération du créosotage, exige de quinze à vingt-cinq minutes. La vidange et le détournement demandent près d’une demi-heure. En résumé, l’opération totale exige environ quarante-cinq minutes pour les cylindres fixes et presque deux heures pour les cylindres roulants.
- A titre de renseignements complémentaires, nous ajouterons qu’avec 2 cylindres de 12 mètres fonctionnant simultanément, on peut imprégner environ 600 ono traverses ou poteaux par an (onze mois pleins). Ce chiffre correspond à i 820 traverses par jour, chaque cylindrée comprenant 128 traverses (3a traverses par wagonnet, 4 wagonnets par cylindrée) et le nombre d’opérations étant de 18 par jour. Ces chiffres peuvent être diminués ou dépassés suivant les circonstances locales.
- Le procédé Wilgcrs, qui a été surtout mis en pratique en Allemagne, en Russie et en Autriche, dérive également île celui île Bethell. Le liquide employé est un mélange de chlorure de zinc et de créosote. L’injection comprend quatre phases : l’étuvage du bois à la vapeur, l’aspiration de l’air, l’introduction du liquide d’injection et l’emploi delà pompe de compression. Cette dernière permet de produire une pression de 8 atmosphères
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- que l’on maintient pendant une demi-heure ou une heure suivant la nature des bois.
- Procède Ritping.— Actuellement,-le procédé d injection le plus universellement employé est
- [CelIuJosi
- Fig-, 5 et 6.
- celui de Riiping. Il diffère de ceux décrits précédemment en ce que la créosote, au lieu d’être substituée à la sève du bois, sert uniquement à imprégner la cellulose, de manière à la stériliser. l)a us ce but, on utilise au début de l’opération une pression d’air. Celle-ci crée d’abord une tension moléculaire dans les cellules du bois, puis fraie le passage au liquide à injecter. Cette action peut s’expliquer de la façon suivante :
- niées et refoulées comme le montre la ligure <i. Eli es laissent ainsi derrière et devant elles un espace libre m que la créosote remplit par l’action de la pression exercée extérieurement. Si on supprime cette dernière, les bulles a reprennent leur forme et leur position primitives et chassent au dehors la créosote en excès. C’est là l'économie du procédé ; on a constaté en effet qu’une traverse de pin absorbe io kilogrammes de créosote dont elle rejette io kilogrammes au moment de la chute de pression et •>. kilogrammes pendant la période d’aspiration.
- L’examen microscopique des bois injectés par la méthode Riiping confirme complètement ce qui précède. On voit que les grands comme les petits vaisseaux, de même que l’intérieur des cellules, ne renferment pas de créosote, tandis que les parois de ces dernières et surtout les rayons médullaires en sont complètement pénétrés.
- Pratiquement, l’opération s’effectue de la façon suivante :
- Les bois à injecter, préalablement desséchés, sont introduits dans le cylindre A (fig. 7) qu’on ferme ensuite hermétiquement (fig. 8). On établit la communication entre ce dernier etle réservoir à créosote T en ouvrant les robinets v et Ci et en fermant o3, c3 etc*; puis on envoie dans ces deux récipients de l’air sous pression; celle-ci varie entre une demie et quatre atmosphères suivant la nature des bois. La pression est maintenue un quart d’heure, temps suffisant pour que toutes
- Fig. 7.
- Compresseur
- et pompe à air
- Par l’effet de la pression, les particules d’air ou.de sève a (fig. 5) qui se trouvent dans les cellules ou les vaisseaux du bois sous la forme de bulles grossièrement sphériques, sont défor-
- les cellules du bois se remplissent d’air comprimé. On ouvre les robinets c2 ët et la créosote renfermée en T et chauffée à 90 ou 100 degrés pénètre dans le cylindre A. Lorsque
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- celui-ci est plein, on ferme v, et oh ouvre ('•„ et on commence à comprimer la créosote à l’aide de la pompe P à 7 ou 8 atmosphères. La pression produit la déformation et le refoulement des
- fig-.
- cellules dont il a été précédemment question (fig. 5 et 6) ; on la laisse agir pendant près d’une heure et pendant ce temps on chauffe le liquide antiseptique et les traverses qu’il haigne à l’aide de serpentins placés à l’intérieur du cylindre A. En fermant ea, 011 rétablit la pression atmosphérique dans le cylindre T, ce qui permet au liquide antiseptique de regagner celui-ci par l’clïet de la différence de pression existant entre
- Pour certaines essences, le chêne et le pin en particulier, cette opération suffit. Pour le hêtre, l’imprégnation complète exige deux fois le même cycle d’opérations, ainsi que le montre le graphique ci-joint (fig. <)). Dans ce graphique, les temps sont portés en abscisses, les pressions et les dépressions en ordonnées. Le trait ponctué et le trait plein montrent entre quelles limites peut varier la pression selon la température et le degré de aiccité du bois. Dans les usines qui utilisent ce procédé, les graphiques d’injection sont du reste inscrits automatiquement (fig. 10) par des manomètres et des thermomètres enregistreurs.
- La nécessité de soumettre à un double cycle d’opérations d’injection et de pression les traverses de hêtre provient de la minceur des parois des cellules et des vaisseaux de ce bois. Lors de la première compression, le liquide antiseptique ne peut pénétrer suffisamment, l’intérieur du bois n’étant pas à une température suffisante et la naphtaline contenue dans la créosote obstruant les orifices capillaires en s’y déposant. Pendant le second cycle, le bois étant mieux chauffé, le liquide reste plus fluide, c’est-à-dire moins pâteux, et pénètre le bois aussi loin que cela est nécessaire pour sa conservation.
- Au point de vue de l’économie réalisée, le procédé Rüping présente un avantage sérieux sur les
- Heures
- Fig. y. — Graphique d’injection.
- A et T. L’air contenu dans chaque cellule se détend alors, expulse la créosote et ne laisse de cette dernière que la quantité nécessaire pour imprégner les parois des cellules.
- méthodes ordinaires. En effet, alors que dans le procédé ordinaire par vide et injection sous pression la quantité de créosote absorbée varie entre 6 et 8 kilogrammes par traverse de chêne et
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- entre 26 et 3o kilogrammes par traverse de hêtre, elle n’est que de 4 à 5 kilogrammes pour le chêne et de 12 à 16 pour le hêtre par l’application du procédé Rüping. En outre, la manipulation des
- étant terminée, l’excès de créosote s’écoule en dehors du cylindre et on introduit à sa place dè la vapeur sous pression. La température , doit atteindre environ i35° dans le. cylindre; on y
- Ci
- t-
- 3
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- O)
- O
- Heure a.
- Fig. 10. —Graphique d’injection.
- pièces de bois est plus facile, la résistance mécanique de celui-ci est augmentée d’une façon très appréciable et, enfin, le procédé est applicable à toutes les essences.
- Procédé Château et Merk/en. — 11 110ns reste à direquelques inolsdu procédé C bâteau etMerklen basé sur ce fait que l’injection des traverses trop sèches se fait dans de mauvaises conditions. Pour obviera cet inconvénient, le bois estsoumis, dans une première opération, à l’action alternative de la vapeur et du vide. La vapeur apporte l’eau nécessaire à l’humidification des régions trop sèches, chauffe en même temps le bois dans toute sa masse et évite ainsi la solidification possible de la créosote pendant l'injection; en outre, elle stérilise et dilue la sève. Le vide vaporise l’eau condensée, extrait les gaz et une partie de la sève contenus dans le bois en l’empêchant ainsi de se décomposer.
- Une fois introduite dans le cylindre, la créosote est. injectée dans le bois à l’aide d’une pompe qui élève la pression jusqu’à 8 atmosphères.
- Dans cette deuxième opération, les traverses absorbent toulcla quantité,de créosote nécessaire à lent' Imprégnation complète. Celte dernière
- introduilalors de l’air comprimé à la température ordinaire. En se condensant, la vapeur abandonne ses calories à la créosote, contenue dans le bois et la maintient ainsi bien fluide; l’air comprimé joue le rrtle de piston sur cel te dernière et la refoule encore plus en avant dans l'inférieur du bois. On termine l’opération par une nouvelle compression de vapeur pendant laquelle la température atteint progressivement Cio degrés.
- 3° Méthodes chimiques et électrochimiques, — Méthodes chimiques. — On peut anliseptiser les tissus du bois en utilisant des réactifs qiuagissenl et transforment chimiquement sur la cellulose et l’insolubiliscnt. Le procédé le plus employé actuellement, est. celui de Gerlache. On sait que les celluloses existent dans le bois dans la proportion de 3o à 35 % environ ; elles comprennent un peu de paracellulose, insoluble dans le réactif cuprique tant qu’elle n’a pas subi l’action hydrolisante des acides, et aussi des principes incrustant tels que la lignine et la vasculose.
- Une fois purifiée, la cellulose a comme principal caractère celui d’opposer- une- résistance considérable aux divers agents chimiques. U11 deH rares liquides (pii arrive ni à la dissoudre est
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- la solution ammoniacale de cuivre. D’autre part, il y a quelques années M. Malenkovié a démontré que le développement des champignons de moisissure est rendu impossible dans la gélatine par une addition à celle-ci de 3 à 5 % de sels de cuivre ou de zinc. Cela prouve que la présence de faibles mais constantes quantités de ce liquide dans le bois suffisent pour conserver celui-ci, étant donné que la gélatine est. une des matières les plus altérables que l’on connaisse.
- Par l’emploi de dissolutions de sels de cuivre ou de zinc dans l’ammoniaque on arrive bien à lixer le métal dans la cellulose, mais cette fixation est instable en présence de l’eau chargée d’acide carbonique ou de carbonates; elle est. surtout inefficace lorsque les bois ainsi préparés doivent être utilisés dans des galeries souterraines, des tunnels, des caves, des terrains où l’acide carbonique ou ses sels peuvent être en contact avec le bois.
- Ces inconvénients sont évités dans le procédé Gerlache qui consiste, en principe, dans l’utilisation simultanée des dérivés actifs du goudron et des sels de cuivre et de zinc. La substance qui résulte de ce mélange a reçu le nom d'aczol. Les éléments qui la composent sont solubles et se diffusent facilement dans le bois par imprégnation ou injection. Non seulement ils se trouvent alors dans l’impossibilité de s’évaporer, mais leur mélange chimique leur permet de se transformer en produits insolubles, grâce à la disparition de l’ammoniac et à leur combinaison directe avec la cellulose du bois.
- Le produit définitif qui en résulte résiste à l’eau bouillante, à l’eau chargée d’acide carbonique, à l’eau saline. En effet, par une réaction analogue à celle qui a lieu dans la fabrication de la soie artificielle, dès que la solution antiseptique est introduite dans le bois, elle gélatinise et hydratise partiellement sa cellulose. 11 en résulte la formation d’une matière visqueuse dans laquelle les antiseptiques des phénols s’incorporent et, finalement, le tout se transforme en une matière consistante qui acquiert peu à peu de la dureté et devient imperméable. En même temps que l’aczol protège le bois contre l’absorption subite de l’eau (pluie, inondation, etc.), il contribue au maintien de sa résistance mécanique (dureté, flexibilité) et prolonge ainsi sa durée.
- La solution d’amidure de cuivre et de zinc est
- obtenue à l’aide d’ammoniac, de sulfate (ou de carbonate) de cuivre et de chlorure de zinc. Cette solution agit sur le bois de la façon suivante :
- L’ammoniac :à l’état libre dissout l’albumine du bois, nettoie les fibres et les prépare au contact direct des antiseptiques (phénols) en facilitant leur pénétration et leur fixation. L’amidure de cuivre dissout la cellulose et forme la matière visqueuse qui se durcit ensuite à l’air. L’amidure de zinc a pour effet de rendre la combinaison cupro-ammoniae-cellulose inattaquable aux agents dissolvants tels que les eaux alcalines ou chargées d’acide carbonique.
- Méthodes électrochimiques. — Les méthodes électrochimiques d’imprégnation, encore peu nombreuses, consistent à traiter les bois par des bains de composition définie, en même temps que ces derniers sont traversés par un courant électrique. Le bois absorbe le bain antiseptique comme dans les méthodes précédentes, mais par l’effet de l’électrolyse il se forme au sein du tissu du bois des composés plus fixes et par conséquent moins altérables.
- Dans le procédé Beaumartin, le traitement comprend deux phases differentes : dans la première, les bois sont injectés en vase clos et sous pression dans des cylindres analogues à ceux précédemment décrits; dans la seconde, ils sont soumis à l’action d’un courant qui achève la minéralisation de leur tissu et de leurs cellules.
- L’appareil employé (fig. n) se compose d’un réservoir peu profond R en ciment et recouvert d’un plancher à claire-voie P disposé au niveau du sol. Sur ce plancher on dépose un premier tapis-électrode E destiné à la fois à amener le courant aux poteaux et à les imprégner de la solution antiseptique. Les bois à injecter, préalablement imprégnés sous pression, sont placés horizontalement à la surface des tapis E. Au-dessus de la première couche, on place un second tapis-électrode également imprégné de la solution antiseptique, puis une seconde rangée de bois et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on ait formé une pile ayant environ i m. 5o de hauteur.
- Chaque tapis-électrode ou tapis-éponge sc compose (fig. ia) de deux toiles épaisses de jute D entre lesquelles est maintenu un tissu spongieux en coton M appliqué contre une toile métallique H. Des tubes de fer i (fig. n) sont intercalés de place en place entre les tra-
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- verses; ils ont pour but de maintenir dans un état d’humidité constante les tapis électrodes et les traverses. Une petite pompe rotative P, mue électriquement, puise le liquide nntiseptique
- le liquide antiseptique pénètre jusqu’au cœur même du bois, ce qui est difficilement réalisable avec les procédés d’injection ordinaires.
- De nombreux essais effectués en vue de contrrt-
- Fig-, ii.
- dans le réservoir R et le refoule dans les tubes de fer. Les différents tapis sont montés en parallèle, de manière à réduire au minimum la résistance électrique totale de la masse de bois à traiter. La force électroniotrice est de no volts (courant alternatif); l’intensité varie, suivant la nature des bois, entre 3 et iî> ampères par mètre carré.
- L’effet principal du courant alternatif, dans cette opération, est d’ioniser fortement les matières qu’il rencontre sur son passage et de modifier ainsi la nature des tissus fibreux, de même que la sève et les sels préalablement injectés dans le bois. Les sels solubles se combinent avec les éléments organiques de la sève et de la matière incrustante pour donner naissance à des composés insolubles qui restent alors fixés définitivement à la surface même des fibres qu’elles rendent, dès lors imputrescibles. Le courant a aussi pour effet de détruire les germes
- végétaux et animaux que peut contenir le bois. Au point de vue de la structure du bois, les tissus fibreux sont partiellement transformés, leur ténacité et leur dureté sont augmentées. Enfin,
- 1er le procédé Beaumartin, tantau pourrissoir que dans le sol, ont montré qu’il est particulièrement applicable au traite nientdes poteaux, des traverses et des pavés de bois. Les sels de cuivré insolubi-lisés résistent parfaitement à l’action de l’humidité et de la pluie et ne s’altèrent pas sensiblement, même après une très longue durée de service. On l’a appliqué aussi à la conservation des poteaux télégraphiques, à l’imprégnation des piquets pour délurés et comme tuteurs et pour les travaux maritimes. Tous les bois, le chêne, le hêtre, l'ormeau, le pin, se ressentent très bien de ce traitement. En imprégnant l’aubier, l’antiseptique provoque une minéralisation qui durcit superficiellement le bois, ce qui justifie son emploi pour le traitement des bois destinés au pavage des rues.
- Dans le procédé Jiretonneau et IVodon, les bois sont immergés entre deux électrodes de plomb dans un bain contenu dans une cuve en ciment armé. Dans le fond de la cuve est un serpentin de cuivre qui reçoit de la vapeur et permet de chauffer le bain à 35 degrés environ.
- Les bois à traiter son t placés sur un faux-fond mobile recouvert d’une feuille de plomb de deux millimètres d’épaisseur qui constitue l’une des électrodes de l’appareil. L’autre électrode, constituée par une feuille de plomb d’un millimètre enfermée dans un vase poreux, recouvre le bois. Le vase poreux est formé d’un cadre de bois fermé à sa partie inférieure par un feutre pris entre deux toiles rabattues et fixées suri es parois
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- du cadré; il est rempli d’eau pour assurer le bon contact du bois et du plomb. Les lames de plomb des vasés poreux sont reliées entre elles et mises en communication avec l’un des pôles d’une dynamo.
- Quand tout est. bien en place, on verse la solution antiseptique dans la cuve; le sel employé est généralement du sulfate de zinc à l’état de solution à 35 % et chauffée à 4o degrés. Les bois doivent plonger entièrement dans le bain ; celui-ci peut servir pendant très longtemps, à condition d’être maintenu dans un état de concentration constant et d’être purifié régulièrement; on arrive à ce résultat en portant la solution à l’ébullition, ce qui a pour elfet de coaguler les substances albumineuses extraites du bois et de faciliter leur élimination rapide du bain.
- Par l’action du courant électrique, les cellules du bois se contractent; le sulfate de zinc les pénètre par électro-capillarité et remplace par échange osmotique les substances salines de la sève. En renversant le courant, les acides coagulent la matière azotée qui est toujours accompagnée de soufre et de phosphore; le métal s’unit à ces éléments pour donner naissance à des sulfures et à des phosphures qui rendent la substance azotée impropre à toute vie organique.
- La durée du traitement par le procédé Bretonneau et Nodon varie avec la nature, l’épaisseur et l’humidité des bois; elle est naturellement proportionnelle à leur résistance électrique et d’autant plus courte que les bois sont de coupe plus récente. Avec un courant, à i io volts, il faut environ 4 5oo watts-heure par mètre cube de bois, ce qui correspond à une durée moyenne de io heures par opération.
- Ce procédé a été utilisé avec succès pour la conservation des pavés de bois, des poteaux télégraphiques, des planchers de wagons à bestiaux, des traverses de chemins de fer. Pour ces dernières, des expériences ont été faites par une Compagnie anglaise : des traverses créosotes atteintes de putréfaction furent immergées dans nue solution de sulfate de zinc à üo % , d’après le procédé en question, et remises ensuite en place; elles firent un si bon service que la Com-
- pagnie fit enlever toutes les traverses usées, de l’une de ses grandes lignes pour leur faire, subir le même traitement et les utilisa à nouveau sur une autre ligne.
- On a aussi préconisé, pour l’injection des bois encore sur pied, le procédé consistant à introduire dans les racines ou le sol qui les entoure des solutions antiseptiques qu’on soumet à l’action d’un courant électrique. Une fois injectées dans l’arbre, par un mécanisme analogue à celui qui provoque l’ascension de la sève, les substances formant ces solutions sont décomposées par le courant et se fixent dans le bois.
- Pour faciliter les opérations, le mieux est de faire usage d’un groupe électrogène transportable. Le pôle négatif, par exemple, est constitué par une électrode en fer qui plonge, dans le sol à proximité de l’arbre, au sein d’une terre conductrice (lig. Ci) ; le pôle positif plonge dans un récipient cylindrique enlouranl l’arbre à la partie
- Kit*. ih
- supérieure du tronc et renfermant la solution antiseptique. Cette dernière se substitue peu si peu à la sève de l’arbre, en même temps que par l’action du courant et. par des phénomènes d’osmose, les substances solubles sont décomposées et transformées en produits insolubles fixes, fies réactions sont de même ordre que celles décrites dans les deux méthodes précédentes.
- (A suivre.)
- Jeax Escard,
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- NOTE SUR LES TRANSFORMATEURS DE MESURE
- L’intérêt de posséder des transformateurs de mesure exacts, qu’il s’agisse de transformateurs de potentiel ou de transformateurs d’intensité, est d’une évidence telle, qu’il est inutile d’insister sur ce point. Tous les constructeurs s’efforcent de réaliser des appareils qui présentent un rapport aussi exact qu’il est possible et un décalage entre le primaire et le secondaire voisin de 180 degrés.
- Pratiquement, et c’est à ce point de vue que nous nous plaçons ici, on peut réaliser avec des appareils montés sur transformateurs, une précision très suffisante pour les besoins industriels.
- Toutefois, un point qui semble encore délaissé, sans doute parce qu’il paraît trop simple et sur lequel nous voulons attirer l’attention, est celui du repérage des transformateurs de mesure. Alors qu’il serait peut-être difficile aujourd’hui de trouver un appareil de mesure à aimant (ampèremètre ou voltmètre), démuni de l’indication de son sens de branchement, on voit encore couramment monter des compteurs ou wattmètres, destinés à la mesure des puissances en haute tension sur des transformateurs non repérés ; il est, dans ce cas, de pratique courante pour le personnel chargé du montage de tâtonner jusqu’à ce que l’appareil indique un résultat voisin de celui qui est espéré.
- Cette façon de procéder est déplorable à deux points de vue : elle exige d’abord que l’installation soit en service pour pouvoir juger du résultat du branchement; en outre elle ne donne aucune certitude sur le résultat obtenu.
- Il faut définir ce qu’on entend par repérage d’un transformateur de mesure (transformateur monophasé de potentiel on transformateur d’intensité) : c’est une notation des bornes telle que le transformateur conserve à l’appareil qu’il alimente son sens normal de déviation ; autrement dit : si l’on suppose que l’appareil relié directement à la tension du réseau dévie dans le sens normal, le fait de la brancher sur le transformateur ne change pas ce sens.
- On peut appeler borne positive primaire du transformateur, celle qui sera reliée au réseau, borne négative, celle qui «Ht reliée à l’utilisation*
- On appellera borne positive secondaire, celle qu’il faut relier à la borne correspondante de l’appareil de mesure qui est positive dans le cas du branchement sans transformateur.
- Un certain nombre de constructeurs différencient par des lettres les bornes primaires el secondaires, par exemple : primaire A et B, secondaire a et b, ou primaire P, P2, secondaire Si S2. Une unification du repérage en ce sens, serait, croyons-nous, excellente et éviterait bien des erreurs de montage. On peut, en effet par ce moyen, éviter tout tâtonnement en l’absence de courant dans l’installation. Si on suppose un compteur monophasé : io ampères, ioo volts, qui nécessite en basse tension le branchement de la figure i, on sera assuré d’avoir un fonc-
- 6 Utilisation
- Source
- lionnement normal,en haute tension, en utilisant le montage de la figure >..
- Source
- Dans le cas d’un compteur triphasé non équilibré, l’intérêt est plus grand encore, car le
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- nombre de combinaisons de fils qu’on peut réaliser est considérable et il n’y a aucune règle recommandable autre que celle de suivre à la lettre un schéma où figurent les transformateurs repérés.
- Il est très facile de repérer, conformément à la définition donnée plus haut, tout transformateur de mesure, depuis les plus faibles, jusqu’aux plus fortes intensités (o,5 ampère à ioooo ampères), et depuis les plus basses tensions jusqu’aux plus élevées (5o ooo volts). Il suffit de disposer d’une pile et d’un galvanomètre polarisé (appareil à aimant, type industriel, millivoit-mètre de préférence), éléments dont il est inutile d’ailleurs de connaître les polarités respectives ; un premier essai consistera à relier la pile au galvanomètre, de façon à avoir une déviation
- Fig. 3.
- positive; on appellera alors P, P2, r/, b, les pôles de la pile et du galvanomètre.
- Pour repérer le transformateur, il suffira d’effectuer le montage de la figure 4, en fermant la clef de contacte, si l’on obtient une élongation positive au galvanomètre, la borne secondaire
- reliée à a, sera appelée Si ; inversement si on obtient une élongation négative, la borne reliée à a, s’appellera S2.
- Lors de l’ouverture de la clef C, on obtient naturellement une élongation inverse de celle obtenue lors do la fermeture, Lorsqu’il s’agit d’un transformateur d’intensité de gros calibre, et que l’élongation obtenue au galvanomètre est trop considérable, on shuntera ce dernier par un fil de cuivre quelconque.
- Pour terminer, nous rappellerons qu’en ce qui
- JWV\
- Fig.
- concerne les transformateurs triphasés de potentiel, il y a lieu de s’assurer, en outre du repérage, que le mode de bobinage est bien le même au primaire et au secondaire (triangle-triangle ou étoile-étoile).
- J. M.
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- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- La distribution d'électricité à Londres.
- Le Dr Klingenberg, clans un mémoire lu en décembre dernier ù l’Institution of Electrieal Engineers (*) constatait cju’il existe à Londres 64 centrales, d’une puissance moyenne de 4 670 kilowatts, alors qu’à Chicago, on ne compte que 6 centrales d’une puissance moyenne de 37 000 kilowatts.
- L\< Engineering» remarque, en elïet, cju’il n’y a pas lieu d’être fier de l’histoire de la distribution d’électricité à Londres en ces dix dernières années. Les divers projets de loi jnéscntés au Parlement n’ont pu aboutir et, récemment, un projet soumis par la County of London Gy a été retiré en raison de l'opposition qui y était faite.
- Cependant, le Conseil du Comité de Londres prépare certainement une nouvelle intervention puisqu’on vient de publier le rapport qu’il avait demandé, en août dernier, à MM. Mer/, et Mac Lellan, sur la distribution de l’électricité à Londres.
- Ce rapport traite séparément de la production et de la distribution. Il commence parmi bref résumé de la situation actuelle, peu satisfaisante. En dehors des centrales de traction, il y a, à Londres, non pas 64, mais 70 centrales équipées de 585 machines et possédant une puissance moyenne de 5 400 kilowatts. Les différences des chiffres donnés dans ce rapport et par M. Klin-genberg tiennent jirobablement à ce qu’ils s’appliquent soit à des zones, soit à des années différentes. Quoi cju’il en soit, les uns et les autres montrent la situation tout à fait défavorable de l’heure actuelle.
- Pour la jnoduclion de l’énergie électrique, il n’existe, en fait, que deux méthodes propres à réaliser d’importantes économies à Londres. La première serait de permettre à 8 ou 10 des meilleures centrales existantes de s'agrandir en abandonnant jnogressiveinent toutes les autres;
- (') Voir La Lumière Electrique, Tome XXV, -i* série, ü° 7, 14 février 1914, Page a04*
- la seconde consisterait à abandonner toutes les usines comprises dans la métropole ou dans le voisinage et à concentrer la j>roduetion de l’électricité tout à fait en dehors. Pour tirer de l’une ou l’autre de ces méthodes le meilleur parti possible, il serait nécessaire de normaliser le système de distribution primaire clans Londres. Le rajijiort envisage également la cjuestion de génération du courant aux charbonnages mêmes. Il estime que si toutes les centrales existantes passaient entre les mains d’une administration unique, il y aurait intérêt à les fermer toutes, à vendre la majeure jiartie de leur équipement et à jiroduire toute l’énergie clans des centrales établies en aval de Londres.
- Si l’on considère seulement la zone- centrale de là métrojjole, qui correspond à peu près au territoire clu Comité de Londres, on estime que l’économie que procurerait celte solution sur les frais d’exploitation serait d’environ 18 %, soit de 4 *5o 000 francs par an, et qu’en tenant compte de l’accroissement de la demande pendant les quatre premières années, le capital nécessaire à cette transformation serait de i5o à 175 millions de francs.
- Pour produire le courant dans 10 stations modèles établies sur l’emplacement de stations existantes, il en coûterait au moins 20 % déplus et si l’on se contentait d’agrandir et d’adapter les dix meilleures stations, la' solution serait beau-coujî jfius onéreuse encore.
- Au sujet de la distribution de l’énergie dans Londres, le rapport recommande de 11e pas étendre davantage le système actuel des câbles et de créer un nouveau réseau triphasé, à haute tension et à 5o j)ériodes, qui alimenterait les abonnés perdes transformateurs. O11 estime que ce nouveau réseau réduirait finalement de 1% % les dépenses totales d’exploitation et qu’il reviendrait au moins à a5o millions de francs de moins que l’extension des réseaux actuels à courant continu. La distribution j)ar ce nouveau réseau se ferait à un prix inférieur aux tarifs existants, en sorte que beaucoup d’abounés accepteraient
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- volontiers la transformation. En bien des cas, les réseaux existants suffiraient évidemment à supporter l’augmentation des charges prévues par le développement normal et, par suite de la giaiule réduction du prix du courant réalisable avec le nouveau système de production ; néanmoins, l’idéal serait d’établir progressivement le réseau triphasé en vue de la normalisation finale de la distribution dans Londres.
- D’après les rapporteurs, il y aurait deux systèmes de distribution normalisée : le nouveau réseau triphasé à haute tension qui remplacerait finalement de lagon complète les réseaux actuels dans la plupart des districts, et un réseau à 5o'o volts en courant continu à 1 fils, pour l’éclairage ; ce dernier serait constitué, en grande partie, au moyen des réseaux existants qui seraient conservés lorsque cette solution serait économique.
- (Engineering, 17 avril 191.).)
- Le problème du petit consommateur est-il
- résolu ?
- A propos de lacommunication faite pavM. Fen-nell, relativement à la distribution d’électricité pour l’éclairage de petits logements établis à Wedncsbury, l’auteur de cet article fait remarquer que le meilleur exemple d’une distribution de ce genre est. donné par Wimbledon. Dans cette ville, on a inauguré, en septembre 1912, un système qui, dans les dix-huit premiers mois de son établissement, a groupé déjà 1 008 consommateurs avec un total de 3 5p3 lampes équivalant à 4 495 lampes de 3o watts.
- Là fourniture du courant électrique d’éclairage est assurée, à Wimbledon, par un service municipal mais, pour atteindre la clientèle des petits consommateurs, le service a traité avec; une entreprise « The Fixed Price Light Co » qui, comme son nom l’indique, s’est proposée, de vendre le courant à prix fixe par lampe. La compagnie 11’a le droit de fournir le couranl qu’aux logements pour lesquels il n’existe pas encore de branchements. Elle a à lutter avec la concurrence du gaz qui est. vendu au compteur à prépayement; or, dans cette lutte, elle a l’avantage, car les consommateurs ont reconnu que l’éclairage électrique leur coûtait moins cher que l’éclairage au gaz.
- La compagnie fait l'installation et fournit les
- fils et appareils gratuitement, pourvu que l’abonné s’engage pour au moins une année et paye d’avance, par semaine ou par mois, une certaine redevance fixe par lampe. Ces redevances sont établies d’après le tarif suivant :
- Tableau I.
- LAMPES POUVOIR ÉCLAIRANT EN UOUOIES REDEVANCE ET PAR mois d'été «vr. à sept. PAR LAMPE SEMAINE mois d'hiver octobre à mars
- centimes centimes
- N“ 1 IOO 5a 62
- N° a 5o 36 '•7
- N° 3 3 % 31 4«
- A"‘s 4 et 5 2r) et. au-dessous 26 36
- La compagnie se réserve le droit d’installer une lampe de 16 bougies partout où cela suffit à l'éclairage convenable, même si l’on a demandé une lampe de >4 bougies. Les installations sont entretenues par la compagnie, mais la casse est payée par l’abonné. Des lampes de construction spéciale et des douilles correspondantes, d’ailleurs marquées, empêchent l’emploi dans une douille d’une lampe plus forte que celle pour laquelle elle est installée (fig. 1 et 2).
- t'ig. i, — Douille de lampe. Kig. 2. — Culot, de lampe.
- Un plongeur central 9'ajuste dnns un logement du culot de la lampe. Par la variation de longueur du plongeur on est assuré que l’abonné ne peut employer que les lampes 'du pouvoir éclairant concédé.
- D’autre part, les lampes sont louées à l’abonné à un prix établi d’après leur durée normale; elles sont remplacées en payant cette location qui est de : 1 fr. '2r» par lampe de 16,2.5 ou 3a bougies, 1 fr. 90 par lampe de 5o bougies et a fr. 5o par lampe de 100 bougies à filament de tungstène.
- La clientèle de la compagnie est «telle des
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- petits logements et des boutiques; les premiers, d’un loyer annuel généralement compris entre -V>o et 87a francs, bien que certains logements atteignant jusqu’à i a5o francs de loyer annuel soient également alimentés de courant etinstallés par la compagnie, en raison des conditions avantageuses qu’elle offre.
- Quant aux boutiquiers, il est étonnant de constater la faveur qu’ils accordent à l’éclairage électrique grâce à cette combinaison ; ordinairement, ils emploient des lampes à filament métallique de 100 bougies pour les vitrines et île 5o bougies sur les comptoirs.
- Tous les travaux d’installation sont faits à des prix de tarif par les installateurs locaux, suivant les spécifications normales de la compagnie.
- La méthode adoptée pour la distribution du courant à ces petits consommateurs est simple : le service municipal établit un branchement pour l’une des maisons ou boutiques d’un rang, ce branchement aboutissant à un fusible de la distribution municipale. Ce branchement est relié par la compagnie, par l’intermédiaire d’un transformateur à 220/110 volts et d’un fusible principal, à un fil général de distribution courant ordinairement sur la façade des maisons et sur lequel sont établis les branchements particuliers à chaque abonné. Ceux-ci comportent un fusible d’abonné et un petit tableau de distribution muni d’interrupteurs à boule et convenablement placés pour le service des lampes. La distribution se fait par fil unique sous cuivre Stannos, avec un pèle du système à la terre. Même dans les plus gros calibres employés qui atteignent la grosseur d’un crayon, ces fils sont faciles à dissimuler dans les moulures de la maçonnerie extérieure et sont pratiquement invisibles. Quand il y a une interruption dans une rangée de maisons, on franchit l’intervalle, en faisant passer le fil dans un tube clc fer fixé à une.hauteur suffisante pour ne pas gêner la circulation.
- Le prix d’établissement d’un branchement général de ce genre sur la façade des maisons est d’environ 2 fr. oo par mètre, tant pour le fil que pour la pose.
- On peut citer, à titre d'exemple, une rue comportant de petites habitations et dans laquelle on compte 33 abonnés sur un rang et 28 sur l'autre. Ces abonnés sont desservis par deux branchements municipaux pris sur les canalisations principales passant au bout de la rue. Le fil de distribution générale de la compagnie est un fil Stannos de 7/20 à l’origine, qui va en diminuant vers l’autre extrémité de la rue.
- 11 est intéressant de remarquer que les >5 abonnés de l’une des rangées de maisons ont 83 lampes d’une consommation totale de 2,2.1 kilowatts et que, néanmoins, ils sont alimentés par un transformateur de 1 kilowatt seulement, ce qui montre la diversité des heures de consommation du courant dans cette distribution; en fait, le facteur de charge est supérieur à 2 3 % .
- Au début, le nombre moyen de lampes par abonné était de 3 ; aujourd’hui, il est de près de
- De plus, quand on a obtenu un abonné dans une rue, ce n’est plus qu’une question de temps pour que la majorité des habitants de cette rue adoptent l’éclairage électrique. Le succès de l’entreprise a été tel que, depuis son origine, le prix du gaz a été abaissé par deux fois.
- Le courant est vendu par le service municipal à la compagnie de distribution moyennant une redevancé fixe par lampe et par an, redevance bien supérieure au revenu moyen obtenu dans l’ensemble du service d’éclairage par le service municipal pour chaque lampe installée par les abonnés. De plus, la compagnie prenant la responsabilité des encaissements et des mauvaises créances, le service municipal ne court aucun risque. Ordinairement, les payements se font par semaine, bien qu’il y ail'quelques abonnés au mois ou au trimestre. La compagnie a rarement des ennuis avec ses abonnés et lorsqu’un logement devient vacant, les nouveaux locataires reprennent généralement l’installation électrique.
- {The Electriçal Jieview, i5 mai 1914./
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- TRACTION
- Un important progrès du chemin de fer de New-York-New-Haven et Hartford. — William Arthur.
- Dans la unit du 2,4 janvier i<> /(, une transformation importante a été réalisée en Amérique, sur la ligne Ncw-York-Ncw-Haven et Hartford; en effet, cette compagnie de chemin de fer qui exploite le plus grand réseau électrifié du monde, a changé radicalement sa méthode d’alimentation de la ligne en «murant électrique. L’auteur
- triomphe définitif de la traction par courant monophasé.
- La carte ci-jointe, montre «pie le New-York-New-Haven and Hartford Railroad électrifié fait partie de la grande ligne qui relie New-York à Boston et constitue une part importante du système de voie ferrée de l’Est américain. Ce fait a été dûment considéré dans les délibérations des ingénieurs qui, voici huit à neuf ans, eurent à choisir le système d’électrification. En raison de sa «pialité de glande artère d’un important ré-
- New
- va Rmont
- MAMPSHIUE
- NEW YORK^-j
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- MASSACHUSETTS
- skon
- :w lofidqj
- NEW
- JERSiEV
- OCEAN
- Portion électrifiée
- Fig. i. — Carie montrant la portion électrifiée du réseau du chemin de fer de New-Ÿork-New-ltaven
- , et Hartford.
- «le cet article voit dans cette transformation des conséquences considérables pour l’avenir de l’électrification des chemins de fer en général et son article a pour but de faire valoir la grande supériorité du système adopté sur tous les autres jusqu’ici employés. Pour M. William Arthur, l’événement, qui s’est passé le 24 janvier dernier sur la ligne en question, semble marquer le
- seau, de la nature du trafic, des longs parcours et de la diversité «le nature de l’exploitation sur laquelle il fallait compter pour l’avenir, on a été conduit à adopter le système monophasé comme la solution la plus souple et la plus économique aux divers problèmes posés.
- La fumée du conflit auquel a donné lieu cette décision, dit M. William Arthur, est aujourd’hui
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- heureusement, dissipée; la lutte entre les systèmes est à peu près terminée et, sauf en quelques cas isolés, se réduisant pour beaucoup à une section ou à un seul groupe d’intérêt, les ingénieurs du monde entier sont essentiellement d’accord sur les faits notables concernant les mérites comparatifs et les limitalions des systèmes d’électrification par courant continu ou courant alternatif. On a reconnu que, dans tout problème d’électrification entrent un grand nombre île considérations ; densité du trafic, distances couvertes tant au début que dans l’avenir, transit de marchandises et de voyageurs avec les lignes adjacentes, rendement général d’exploitation, besoin de souplesse dans le contrôle de la vitesse, adaptabilité à différents genres de services, prix de revient des installations, frais d’exploitation et d’entretien, etc., ou dans l’acception la plus large : rendement commercial général en englobant toutes les considérations présentes et à venir.
- De cette nuée de facteurs divers, certaines données générales se sont dégagées progressivement, qu’il est bon d’exposer en ce qu’elles touchent à l’histoire de l’électrification du New-York-New-IIaven. Le système à courant continu a été reconnu parfaitement approprié au trafic de voyageurs à grande intensité, lorsque la distance de transmission est faible; néanmoins, avec les longues distances, les frais de sous-stations et de feeders deviennent prohibitifs. Le système monophasé possède des avantages lorsqu’il s’agit de grandes distances et lorsqu’on se propose l’électrification générale d’un réseau; cela tient à son moindre prix de premier établissement, à ses frais d’exploitation plus faibles, à sa plus grande souplesse quant au contrôle de la vitesse, à son grand rendement de transmission, enfin, à sa facilité d’adaptation à tous les genres de services avec un seul fil (').
- 11 y a évidemment beaucoup de problèmes pour lesquels le courant continu serait la solution correcte mais, en général, partout où l’on a prévu l’extension future de la zone électrifiée à
- {’) il faut noter ici que les dépenses de premier établissement par kilomètre de voie simple, ont atteint un total bien plus élevé que dans les installations similaires en courant continu du New-York Central ("Voir discussion à Y American Institute of Electrieal Engi-neers, 191a, Murray, Katte, etc.). Quant aux dépenses d’exploitation, elles sont proportionnellement bien plus
- l’origine, pour couvrir de longues distances et une grande variété de conditions d’exploitation, les ingénieurs ont adopté le courant monophasé aussi bien en Amérique qu’en Europe. A l’appui de ses dires, l’auteur cite l’exemple delà Suisse et surtout celui du London 13righton cl South C.oast Railway, qui aura prochainement foo kilomètres île lignes, toutes électrifiées en monophasé et traversant pour certaines la zone ayant peut-être la plus forte densité de population du monde entier. Tout récemment, le Pennsylvania et le Norfolk and Western Railroad ont également décidé de s’électrifier en monophasé.
- 11 y a plusieurs années, au moment où l'on envisagea le problème de l’électrification du New-York-New-Haven, on n’avait que fort peu d’expérience de lignes à vapeur électrifiées en courant de quelques milliers de volts. Les ingénieurs du New-Haven, en adoptant la tension de 11 ooo volts, réalisaient une innovation, et nécessairement ils introduisaient beaucoup de problèmes nouveaux et de difficultés. La nécessité d’un voltage élevé dans le câble aérien était cependant impérieuse. Pour résoudre les difficultés, on procéda avec méthode en introduisant dans le problème à priori, le minimum de facteurs et en reliant le câble à 11 ooo volts directement aux génératrices, quitte à remédier ensuite, ainsi qu’on l’a fait ailleurs, à tous les points faibles. Après quatre années de mise au point, deux difficultés subsistaient cependant.
- L’une consistait à remédier de façon plus efli-
- considérables ainsi qu'il résulte du tableau suivant extrait des statistiques officielles.
- New-York Central courant continu New-York-New-Haven-Hartford courant monophasé
- Nombre de trac-
- teurs en service. 47 locomotives 4.7 locomotives
- a ooo HP 1 ooo 1IP
- 137 automotrices 4 automotrices
- Dépenses globales de 400 HP de 400 HP
- annuelles (1911). Dépenses globales a 891 435 francs 4 5ai 2Ü7 francs
- annuelles (1912). Les dépenses du personnel de la conduite des 3 ai3 078 francs 4 975 981 francs
- trains ont été... 704 79g francs 82g 941 francs
- N. D. L. R.
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- cace aux perturbations électro-magnétiques produites par la ligne dans les circuits télégraphiques et téléphoniques voisins, dont un grand nombre suivaient les voies ferrées, Les remèdes
- New-Haven sur une distance de 72 kilomètres.
- Les difficultés que présentait l’augmentation du voltage de transmission étaient considérables ; il s’agissait en effet de remplacer
- Whitii Plains
- I South Nurv.0lk
- Oak Point Yard
- Fiir. a. — Schéma des voies.
- qui y avaient été apportés très tôt, s’étaient montrés généralement efficaces, mais l’augmentation du trafic, en nécessitant des courants d’intensité de plus en plus grande, augmentait considérablement ces effets spécialement dans les cas de mise à la terre ou de courts-circuits. Plutôt que de continuer à augmenter le nombre de transformateurs de neutralisation et d’autres appareils palliatifs, 011 jugea préférable d’étudier et de supprimer la cause plutôt que d’en corriger les effets.
- L’autre difficulté provenait du voltage de transmission. Comme 011 l’a déjà exposé, la tension aux bornes du système et dans les câbles aériens était de 11 000 volts. A l’époque et encore aujourd’hui il n’était et n’est pas possible de construire économiquement des génératrices pour des voltages plus élevés. Cependant, les idées évoluèrent rapidement, quant à ce qu’il faut considérer comme un voltage élevé de transmission, et l'on se rendit compte que par la suite, il faudrait opérer à des voltages supérieurs à 11 000 volts. 11 convenait donc de modifier la connexion directe des génératrices à la ligne. Cela devint plus évident encore avec l’accroissement rapide du trafic et par sa plus grande diversité résul-
- Fig. 3. — Diagramme du système primitif d’électrification.
- tant de l’adjonction de l’embranchement de Harîfem River et de grandes gares de marchandises. Enfin, la nécessité s’en imposa quand il fut décidé de prolonger l’électrification jusqu’à
- l’isolation du câble aérien sur environ à6o kilomètres de la longueur totale de qi5 kilomètres ; le matériel roulant et les autres appareils devraient probablement aussi être remplacés.
- Après de nombreuses recherches, on est arrivé à une solution qui a paru résoudre simultanément de façon très simple les deux problèmes des perturbations par induction dans les lignes télégraphiques et téléphoniques et de l’augmentation nécessaire de voltage.
- Les figui-es 4 et 4 mettent en relief les différences entre l’ancien et le nouveau système de distribution du courant. Dans l’ancien système
- tiitn’nnïfbrmatevr ^ de aevtioiwcment
- \AMotran b fhrm 81 r//r t-.T. tfe /éjcr/iÿr*/*
- Fig. 4. — Diagramme du nouveau système : a) station centrale de Goscob ; b) autotransformateurs de la centrale ; c) autotransformateur de sectionnement; d\ le courant dans le circuit primaire à a» ooo volts est indiqué par des (lèches en pointillés.
- Le courant dans le circuit secondaire à 11 ooo volts est indiqué par des flèches en traits pleins.
- (fig. 4), tout le courant passant soit dans le câble aérien, soit par les rails et la terre, circule dans la même direction pour la majeure partie de la longueur de voie intéressée ; par suite, l’effet électromagnétique sur les canalisations parallèles est cumulatif. La remarquable simplicité de ce dispositif est cependant évidente.
- Par la figure 4, on voit que dans la nouvelle disposition, les génératrices de la centrale n’alimentent plus directement le câble aérien; entre
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- elles et ce câble sont interposés des auto-trans-• formateurs installés dans la centrale et dont les centres sont mis à la terre par les rails. La tension aux bornes des génératrices est de n ooo volis, comme auparavant; les transformateurs l’apportent à ai ooo volts. Une borne du transformateur est reliée au câble de prise de courant et l’autre au l'eeder cpii précédemment doublait les câbles.
- A intervalles de quelques milles sur la ligne principale, sont établis en plein air des auto-transformateurs. Chacun de ceux-ci a son centre relié aux rails, une borne reliée au câble de prise de courant et l’autre au feeder. La ligne se trouve ainsi divisée en sections de faillie longueur. Les flèches sur le schéma montrent que chaque train prend son courant de part et d’autre aux transformateurs qui l’encadrent. Si Je train est à mi-distance de deux transformateurs, la moitié du courant passera par les rails et la terre dans une direction, et l’autre moitié dans l’autre direction, ce qui tendra à neutraliser les effets électro-magnétiques sur les circuits téléphoniques et télégraphiques voisins. Si un train est plus rapproché d’un transformateur que de l’autre, il absorbera la majeure partie du courant au premier transformateur et la plus faible part au second ; néanmoins, le résultat final est le même car le courant de plus grande intensité multiplié par la plus courte distance est encore équilibré parle courant plus faible, par courant ou distance plus grande.
- Ce qui est vrai au point de vue électromagnétique est également vrai dans une large mesure au point de vue électrostatique ; en effet, si nous considérons le circuit primaire à •>. a,ooo volts constitué, comme on le voit, par le câble de prise de courant d’une part et le feeder d’antre part, il devient possible de disposer ces deux câbles dans la même position générale par rapport aux circuits extérieurs et de neutraliser par conséquent leur action électrostatique, ce qui n’est pas possible quand le circuit .primaire est constitué d’une part. par le câble, d’autre port par les rails et la terre. Les perturbations électrostatiques sont et ont toujours été inappréciables dans le cas du New-York-New-IIaven.
- D’autres avantages sont résultés du doublement du voltage. 11 est clair que celui-ci a été obtenu sans augmenter le potentiel par rapport
- à la terre, car si la tension dahs le circuit total est de 22 ooo volts, elle n’est de part et d’autre que de n ooo par rapport à la terre. On a ici une disposition analogue au système à trois fils en courant continu avec cette différence qu’un seul eùlé du circuit est en charge. Il y avait de nombreuses raisons pour n’utiliser qu’un seul côté du circuit, principalement les difficultés aux croisements et aux embranchements.
- 11 est évident que cette disposition permet une flexibilité extrême du voltage de transmission qui peut être élevé sur un côté du circuit à toute tension pratiquement admissible sans modifier le voltage dans les câbles de prise de courant et dans le matériel roulant. Ainsi, par exemple, dans le ! cas du Ncw-York-New-Havcn, le rapport de transformation des autotransformateurs est de i : 2 avec 11 ooo volts de part et d’autre. Pour d’autres conditions, il eut été parfaitement possible d’employer des transformateurs ayant un rapport de 4 : i- par exemple, ce qui eut donné un voltage de fi5 ooo volts, tout en conservant dans le câble de prise de courant la tension de 11 ooo volts. II est également clair qu’en employant un câble additionnel on pouvait faire usage de transformateurs à deux enroulements, dispositif qui aurait ses avantages en certains cas ; le principe fondamental est le même. Cette solution a été adoptée dans plusieurs plans récents d’électrification et notamment pour le Pennsylvania Railroad.
- On remarquera quele potentiel des génératrices par rapport à la terre, à la station centrale, a été notablement réduitpar la nouvelle disposition.
- L’auteur fait remarquer que la transformation exige des changements considérables qui ont dû être faits sans interrompre le trafic sur l’une des lignes les plus encombrées des Etats-Unis. Les travaux ont été conduits par M. E.-J. Amberg, ingénieur adjoint. Quant au passage définitif de l’ancien système au nouveau, simultanément à la station centrale et sur près de 5Go kilomètres de voies, il présentait également de difficiles problèmes. On l’a réalisé un dimanche matin entre 2 heures et 6 heures en assurant pendant cette période la traction des quelques rares trains circulant sur la ligne au moyen de locomotives à vapeur.
- L’essai définitif devait être fourni par un contact à la terre dans l’un ou dans plusieurs des circuits des voies principales. Cet essai devait
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- prouver non seulement l'efficacité des appareils de protection mais le bon fonctionnement des appareils de contrôle. En exploitation normale, il côt fallu attendre pour qu’il se produisît de lui-même, plusieurs jours ou même plusieurs semaines, mais à ce point de vue, les cireons-ta nces se montrèrent particulièrement favorables ; une nuit brumeuse et le stationnement d’une locomotive à vapeur juste au-dessous d’un isolateur déjàdéfectueux, ontconcouru à la production de l’incident désirable et tout fonctionna de façon parfaitement régulière.
- Quant à l’effet de la transformation sur les lignes télégraphiques et téléphoniques, M. William Arthur s’en est inquiété immédiatement auprès de la direction de l’un des réseaux locaux de télégrapheetdetéléphone. L’un des directeurs lui a déclaré que si l’on avait dû, jusque là,
- régler soigneusement les appareils de compensation et autres en raison des perturbations par induction dans les lignes, on s’efforçait maintenant de les régler pour trouver une trace quelconque d’effet perturbateur sans qu’on y soit jusque là parvenu. Les résultats ultérieurs ont confirmé les prévisions des créateurs de ce nouveau système de transmission du courant.
- En terminant, il convient de signaler que l’idée première avait été présentée sous la forme d’un système à trois fils parM. E.-H.Mo Henry, ancien vice-président de la Compagnie, puis transformée par M. Chas. F. Scott, qui proposa l’emploi des transformateurs tel qu’il a été décrit ici, tandis que M. Wm.-S. Murray en a élaboré les détails d’exécution.
- [The Electrician, ior mai 1914.)
- CORRESPONDANCE
- Calcul de la capacité terminale d’une antenne.
- Monsieur le Rédacteur en chee de la Lumière Electrique.
- Monsieur,
- Dans le très intéressant article qu’il vient de consacrer à la prédétermination du rayonnement d’une antenne [La Lumière Electrique, a mai 1914, page 557), M. de Belleseize utilise pour calculer la capacité terminale C0 une formule que j’ai indiquée [Comptes Rendus du Congrès de l’Association Française pour V avancement des Sciences, Angers, 1903, n° 538 56*) :
- 2 x l Gt
- —- tang i%-~ —
- A0 A0 W
- et admet que dans la nappe présentant la capacité, la répartition du courant est linéaire parce qu’il n’y a que de la capacité.
- Je crois qu’il vaut mieux admettre que les courants propagés dans la nappe suivent des conducteurs ayant à la fois self et capacité, comme tous les conducteurs, et que la loi de distribution du courant reste ainsi sinusoïdale. Mais comme on est alors dans la partie de la sinusoïde qui se rapproche du
- zéro, on peut la confondre, par approximation, avec sa tangente.
- C’est ainsi que l’on peut, je crois, légitimer l’hypothèse d’une loi linéaire de distribution du courant dans la nappe.
- On voit que cette hypothèse cesserait d’être légitime si la longueur des fils de la nappe, à partir du centre de divergence, devenait plus longue que les deux tiers environ de la partie montante de l’antenne.
- Quant au reste des calculs de M. de Belleseize, ils sont parfaitement exacts.
- Veuillez agréer, etc.
- A. Blondel.
- Réponse à la lettre de M. A. Blondel.
- Au cours de l’article paru dans La Lumière Electrique du 2 mai, je me proposais de prouver la possibilité de comparer entre eux les rayonnements de diverses antennes au moyen d’un calcul ne nécessitant que des constantes mesurables à la station émettrice. Par suite de l’absence de formules tout à fait générales, j’ai dû ramener de la façon qui m’a paru la plus rationnelle les cas pratiques, envisagés par rapport à d’autres dont une formule simple et commode rendait déjà compte : d’où l’introduction de quelques hypothèses dont l’une consistait à consi-
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- dérer (p. 55^, ire colonne, ligne 3,) les nappes comme des capacités.
- Le caractère approximatif de cette simplification a été signalé à diverses reprises, notamment aux conclusions, n° a.
- On en a déduit la répartition du courant, non seulement le long des nappes, mais également le long de la montée verticale, au moyen de la formule considérée :
- ait
- l
- aie — = ^'0
- La justification que l'expérience apporte à l'ensemble du calcul, montre que l’approximation ainsi faite conduit à une erreur négligeable dans les cas particuliers envisagés : l’hypothèso de l’assimilation des nappes à des capacités est alors légitime.
- Si l’on sort de l’application pour considérer les faits au point de vue théorique, il est certain que, comme dans tout conducteur, la répartition du courant le long des fils des nappes est à peu près sinusoïdale, et je suis volontiers M. Blondel dans sa conclusion que la portion intéressante de la sinusoïde doit se confondre avec sa tangente. Il faut donc examiner jusqu’à quel point cette condition se trouve réalisée.
- Pour calculer a priori la répartition du courant le long de l'antenne, il faudrait traiter le problème de l’ébranlement le long d’un conducteur à capacité, self et résistance non uniformément répartis ; ensuite évaluer les constantes du conducteur, variables en
- tout point, surtout quand plusieurs fils se trouvent en présence : la question est tout à fait inabordable.
- On peut toutefois raisonner à peu près comme suit : soit T la période de l’onde rayonnée par l’an-
- tenne — cette onde pouvant être la'fondamentale, connue approximativement par la formule x ; ou..une onde imposée par l’adjonction d’une selfs.
- Soit Ca la capacité linéaire d’un des fils de la nappe N ; L2 la self linéaire apparente, c’est-à-dire un coefficient capable de remplacer, pour le cas où plusieurs conducteurs sont en présence, le coefficient de self induction des formules classiques (plusieurs simplifications sont sans doute supposées par l’introduction du coefficient La : fils parallèles parcourus par des courants égaux, et peu distants rela-. tivement aux longueurs d’onde définis ci-dessous. (Mais il ne s’agit ici que d’un raisonnement qualificatif).
- L’ébranlement le long du fil a comme longueur :
- _ T V/ UaL2
- Si L2 est suffisamment faible, ce qui est vraisemblable par suite du voisinage d’un grand nombre de conducteurs parallèles parcourus par des courants sensiblement égaux, Xa peut être très grand vis-à-vis de la longueur a de la nappe. La répartition du courant sera alors considérée comme rectiligne et la nappe assimilée à une capacité.
- Il existe donc une relation entre l’erreur commise par suite de cette simplification et les valeurs
- L2 C2 a l\
- [li longueur fictive de la descente pour la période T envisagée : voir Lumière Electrique, p. 558). Mais je ne crois pas que a, ne puisse nécessairement pas dépasser les deux tiers de même dans le cas le plus défavorable où l’antenne vibre suivant la fondamentale (A0 r0) et où X2 et li sont minima.
- Si les nappes sont suffisamment fournies, il est probable que les phénomènes d’orientation dus à un allongement de a introduisaient auparavant des erreurs obligeant à conduire le calcul de façon différente : ce point a été signalé, quand j’ai spécifié que la plus longue des nappes avait 40 mètres, alors que les antennes envisagées rayonnent sur la fondamentale des ondes d’au moins 600 mètres, et que les oscillations propres aux nappes ont sans doute des valeurs supérieures comme il vient d’être expliqué.
- Les diverses nappes étaient constituées par au moins 6 fils en parallèle, 12 pour l’ensemble de l’antenne.
- En résumé : ”
- x. L’assimilation des nappes à des capacités est
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- une approximation que l’expérience justifie tant que les nappes sont assez fournies par rapport à leur longueur et à la longueur d’onde rayonnée.
- Il ne s’agit d’ailleurs ici que de calculs de rayonnement, et je suis convaincu avec M. Blondel que dans d’autres applications, la vibration propre à chaque fil dans presque toutes les antennes (sauf celles qui sont parfaitement symétriques : prismes, cylindres) introduit une onde distincte non négligeable, et par exemple susceptible de fausser par excès les amortissements et résistances effectives calculées par la méthode de Bjerkess.
- •i. Je me range à la manière de voir de M. Blondel au sujet de la répartition linéaire du courant le long des nappes, mais j’estime qu’on peut dépasser les limites qu’il fixe à la longueur de ces dernières.
- Si la self apparente de chaque fil devient suffisamment faible, la longueur de l’onde stationnaire peut être considérable, et tout se passe alors en pratique comme si la nappe n’offrait que de la capacité.
- U. DF. Bf.li.escizf..
- Il est bien certain que l’augmentation du nombre des fils diminue L2, mais, par contre il augmente C2 ; tout ce qu’on sait, c’est que C2 La tend à diminuer dans les nappes de ce genre, mais certainement moins vite que dans les plots, pour lesquels j’avais indiqué en 1902 la formule 1. Et la diminution de C2 L2, par rapport au CL de l’antenne verticale, dépend aussi du nombre et de la forme des éléments de la nappe. Je crois donc toujours qu’il faut être prudent dans la fixation des limites d’emploi.
- Les résultats de M. de Bellescize tendent à prouver cependant, je crois, que dans les limites de la pratique, telles qu’il les a rencontrées, la formule 1 combinée avec la méthode simple qu’il emploie pour l'évaluation du courant descendant donne des résultats très suffisamment exacts. C’est un fait important pour les applications.
- A. Blondel.
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- ÉTUDES ET NOUVELLES ÉCONOMIQUES
- On peut enregistrer quelques symptômes d’une meilleure situation économique générale : les cours des principales valeurs dans toutes les bourses européennes ont plutôt une tendance marquée à remonter. En France, le vote de l’emprunt coupe définitivement court aux appréhensions qu’on pouvait avoir jusqu’à présent sur les conséquences de la situation financière. En Allemagne, les rapports des centres industriels sont plus satisfaisants, l’industrie sidérurgique marquant un pas en avant pour quelques spécialités. La perspective de la conclusion prochaine de l’emprunt bulgare à des conditions très avantageuses pour la banque et l’industrie allemande redonne quelque activité au marché. Mais les signatures ne sont pas encore échangées et les efforts que font la Russie et la France pour conserver le marché bulgare aboutiront peut-être finalement à un échec pour la Disconto Gesellsehaft. Du côté de l’Amérique, la situation est stationnaire et les appréhensions causées par les nombreuses faillites survenues en Argentine et au Brésil diminuent en raison des espoirs que font naître les prochaines récoltes.
- Les résultats pour 1913 de la Société Parisienne pour l’industrie des chemins de fer et tramways ne sont guère différents de ceux de l’exercice précédent. Pour un capital nominal de 5o millions de francs et un capital versé de 43 426 813 fr. 5o, les bénéfices bruts se sont élevés à 3 5gg 53o fr. 57 et les bénéfices nets à 3 3oo 017 fr. 90 En raison même du caractère de l’affaire, l’écart entre les deux chiffres est très faible puisqu’il n'atteint pas 10 %. En ajoutant au solde créditeur de l’exercice le report à nouveau de l’exercice précédent, les bénéfices disponibles s’élevaient à 3 481 381 fr. 62 et ont été répartis de la façon suivante: réserve légale, 105 000 fr. 89; aux actions de capital, i5 francs de dividende ou 6 % absorbant 2 734 981 ; aux parts bénéficiaires, i3 fr. 33 absoi’bant 333 333 fr. 33 ; au conseil; 85 106 fr. 38 ; le reportànouveau est de 162 957 fr. 02. Les amortissements prélevés avant toute répartition ne sont que de 25 000 francs : comme le portefeuille porté à l’actif pour 4i 881 688 fr. 73 est évalué à son prix de revient malgré la plus-value de la plupart des valeurs qui le constituent, on peut dire que l’écart résultant de l’un et l’autre chiffre, si on faisait le compte exact des valeurs cotées en
- Bourse, constitue une réserve-amortissement qui prévoit toutes les éventualités. Le Conseil affirme d’ailleurs que si par suite du ralentissement général des affaires, les cours en Bourse des valeurs susdites ont subi l’influence du milieu, les affaires correspondantes ont conservé une situation industrielle suffisante. Ainsi la Société d’Electricité de Paris a augmenté ses bénéfices de 1 100000 francs, et ses fonds d’amortissement et de renouvellement du matériel atteignent 11 832 000 francs; les Ateliers de Constructions Electriques du Nord et de l’Est ont porté leurdividende de 16a ^francs; Electricité et Gaz du Nord après trois années d’exploitation peut répartir i2 fr. 5o par action ou 5 % , tandis que sa filiale de Belgique, la Société d’Electricité et de Gaz du Hainaut porte à 14 et 26 francs des dividendes qui étaient précédemment de 12 fr. 5o et de 20 francs. Les Tramways de Lille, les Tramways de Paris et du département de la Seine, le Métropolitain de Paris, chacun suivant ses modalités propres, augmente ses recettes et abaisse son coefficient d’exploitation. Mais, en outre, malgré la crise économique, la Société Parisienne n’a pas hésité à prendre une parlicipation dans la Société Industrielle d’Electricité pour la Russie et dans les Forges et Ateliers de la Longueville. La première a pour objet de développer en Russie d’Europe et d’Asie toutes les applications de l’électricité, tous les commerces et industries qui s’y rattachent. Gomme première zone d’activité, elle a choisi le Turkestan russe et elle s’est assurée le contrôle des Tramways de Taschkent, ville d’environ 3oo 000 habitants et capitale du Turkeslan. Déjà près de 20 kilomètres de lignes ont été ouverts à l’exploitation électrique, et les produits de l’exercice ont permis de distribuer aux actions de capital et de dividende 7 francs et 2 francs. Les Forges et Ateliers de la Longueville, dont nous avons eu l’occasion de signaler la fondation, commenceront la fabrication des grosses pièces de forges, des charpentes et la construction du matériel roulant dès le second semestre de cette année : Placés dans la même région où s’exerce déjà l’activité industrielle des Sociétés où la Parisienne des chemins de fer a des participations, ils profiteront de tous les avantages que leur procurera une clientèle assurée. Les Chemins de fer économiques du
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2e Série). — N°26.
- Nord, les Tramways de Lille, la Compagnie des Chemins de fer vicinaux entre autres leur fourniront des éléments de travail régulier. Les deux nouvelles participations prises par la Parisienne paraissent donc de nature à assurer une rémunération intéressante pour cette part de son portefeuille.
- On commence à connaître les résultats pour 19i3 de nos diverses Sociétés de distribution et notamment des anciens seeteurs de Paris. Nous aurons l’occasion d’étudier chacun de ses résultats ; pour le moment résumons ce qui se publie :
- La Compagnie Lorraine d’Electricité à Nancy consacrera intégralement aux réserves et amortissements les 1 3oi 654 fr. qu’elle a gagnés d’avril 191$ au 3i mars 1914.
- La Société d’éclairage et de force par l’électricité à Paris dénommée souvent secteur Rothschild, déclare un bénéfice de 1 064 449 au heu de 956*254 malgré des amortissements industriels de *2 4 63 000 fr. , supérieurs de a3o 000 francs à ceux de 191*2. Le dividende sera néanmoins maintenu à t\ i fr. 5o par action.
- La Compagnie électrique du secteur de la rive gauche a réalisé en ipi3 un bénéfice de *2 865 878 fr., au lieu de 2 021 996 fr. en 1912. Aucun dividende ne sera d’ailleurs distribué, la Compagnie consacrant
- tous ses bénéfices aux amortissements et réservant toutes ses disponibilités à Pextension de son réseau dont la construction rencontre des difficultés dont la concurrence n’est peut-être pas étrangère. Une émission de 6 millions d’obligations vient d’être réalisée qui permettra de poursuivre plus activement encore en banlieue la construction des lignes et des postes de transformateurs, centres d’alimentation des nouveaux abonnés.
- Le Triphasé, qui a fixé la clôture de son exercice au 3i décembre, a réalisé pour 20 mois un bénéfice de 3 245 657 fr. do beaucoup supérieur, toutes proportions gardées, à celui de l’année 1911. Le. dividende est fixé à 36 fr. 66 par action au lieu de 20 francs, ce qui correspond à une majoration de 4 francs ou 10%. Etant donnée la grande prudence du Conseil de cette affaire cette décision est importante à noter parce qu’elle marque une étape en avant qui restera acquise pour P avenir.
- La Société d’éclairage électrique du secteur de la place Clichy répartira i35 francs par action pour 1913 au lieu de 65 francs en 191*2; mais cette augmentation comporte une répartition d'actif.
- T. R.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- paris. — La Thomson-Houston a reçu de la Compagnie des Chemins de fer du Midi la commande suivante pour l’usine d'Egel :
- 4 alternateurs monophasés de 3 3oo K. V. A., 5oo tours, 6000 volts, 16,6 périodes;
- 4 transformateurs monophasés à bain d’huile, de 3 *200 K. V. A,, 16,6 périodes, 6000/60000 volts;
- Le matériel d’excitation et des services auxiliaires, entre 4 groupes à courant continu, et le tableau do distribution.
- Algérie. — La Compagnie des Tramways de Tunis vient de passer à la Thomson-Houston une nouvelle commande de deux turbo-alternateurs de 2 000 kilowatts, destinés à l’usine de La Goulette.
- INFORMATIONS
- Arrêté du 30 mai 1914, fixant les conditions d’approbation des compteurs d’énergie électrique. <
- Le ministre des travaux publics,
- Vu l’arrêté ministériel du i3 août 1910.
- Vu la loi du i5 juin 1906 sur les distributions d'énergie*
- Vu l’avis du Comité permanent d’électricité,
- Arrête :
- Les compteurs servant à mesurer les quantités d’énergie électrique livrées par les concessionnaires ou permissionnaires de distributions publiques d’énergie électrique devront satisfaire aux conditions ci-après énumérées :
- Définition du type.
- Àmticlk rniîMiiiH,— Le type du compteur esl défini par sos dessins de construction.
- Sont considérées comme de meme type les compteurs de calibres différents, construits sur les mêmes dessins et dont les différences ne portent que sur les bobinages qui restent, d’ailleurs, semblablement placés.
- Le type peut comporter l’emploi d’appareils accessoires tels que transformateurs, etc. Ces accessoires forment partie intégrante du compteur.
- Chaque type de compteur est désigné par un nom ou un groupe de lettres qui lui sont particuliers ; la meme désignation s’applique à tous les calibres d un même type.
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- Constitution du dossier de demande d’approbation.
- Art. 2. — Le dossier d’approbation contient les pièces suivantes :
- i° Les dessins d’exécution à des échelles suffisantes pour permettre la reconstitution facile du type. Ces des sins doivent être cotés et comprendre au moins une vue de faoe et une vue de profil du mécanisme, ainsi qu’une planche de détails ;
- a° Une note explicative exposant le principe du compteur, décrivant son mécauisme et son fonctionnement et indiquant la manière dont il est paré, dans la mesure du possible, aux différentes causes d’erreurs.
- Cette note doit, en outre :
- a) Indiquer pour chaque calibre: le détail de bobinage, la section du ill, le nombre de spires, etc., ainsi que la chute de tension et la perte en watts correspondant à chacun des enroulements.
- b) Donner la durée de révolution pour une charge déterminée du mobile le plus rapide qui soit nettement visible sur le mécanisme ou sur la minuterie, et la valeur de l’énergie correspondant à un tour exact de ce mobile pour chaque calibre;
- 3° Un certificat d’essai délivré par le Laboratoire central d’électricité de Paris ou par les laboratoires agréés par le ministère après avis du Comité d’électricité, donnant les résultats des essais faits sur un compteur du type et portant sur les points énumérés à l’article 3 ci-après :
- Le dossier est fourni en trois exemplaires, dont l’un en original comprend les dessins en calque sur toile, les autres exemplaires pouvant être de simples copies. Les dessins originaux portent une estampille de l’établissement qui a fait l’essai, certifiant la conformité de ces dessins à l’appareil soumis aux essais.
- Les appareils accessoires sont toujours essayés avec le compteur proprement dit correspondant. Toutefois, si ce dernier a été approuvé antérieurement, les essais qui n’intéressent pas l’appareil accessoire n’ont pas à être recommencés ; mais la note descriptive rappelle le type de ce compteur et la date de son approbation. Une expédition en copie du dossier d’approbation du compteur proprement dit est simplement ajoutée au dossier; mais elle doit porter l'attestation du demandeur certifiant que l’appareil essayé est bien conforme au type décrit au dossier d’approbation annexé. Le dessin de l’appareil accessoire est produit en original.
- Les pièces sont du format ai sur 3i centimètres; les plans sont ramenés à ce même format par pliage d’abord en paravent, puis en travers. Le titre est inscrit sur la face apparente du plan replié.
- Détail des essais.
- Art. 3.— Les essais portent au moins sur les points suivants :
- ig Essais aux trois régimes de pleine charge nominale, de demi-charge, de vingtième de charge, en watts.
- Ces essais seront faits sur l’appareiUfermé et mis sous tension depuis une heure au moins, et, dans tous les cas jusqu’à ce que le régime de température dû au fil de dérivation soit atteint.
- Les autres conditions sont les suivantes :
- ) Température arbitraire entre les limites de io° et 3o° C;
- ) Tension arbitraire entre 0,9 et 1,1 fois la tension nominale;
- c) Fréquence arbitraire entre 0,96 et i,o5 fois la fréquence nominale ;
- •i° L’essai de pleine charge aura une durée de deux heures; il sera fait un étalonnage avant et après celte application de la charge ; cet essai sera suivi de l’essai en surcharge d’un cinquième de la puissance normale, poursuivi pendant une demi-heure;
- 3° Essais à demi-débit, en ampères, avec des facteurs de puissance voisin de i.o, 0.8, o.5;
- 4° Essais à demi-charge, en watts, avec des écarts d’un vingtième eh plus ou en moins sur la valeur nominale de la fréquence ;
- 5° Pour les compteurs wattheuremètres à courant continu, l’essai au vingtième de charge sera répété en plaçant l’instrument dansdeux orientations opposées de 180°, et telles que l’axe du champ dû au fil principal se trouve dans le plan du méridien magnétique ;
- 6° Epreuve de marche à vide sous la tension nominale;
- 70 Essai donnant le régime minimum qui assure un démarrage certain sous la tension nominale.
- Sur les compteurs pourvus d’un mécanisme à rouleaux et sur les compteurs à chiffres sautants, le fonctionnement simultané de tous les mobiles doit être assuré au régime du vingtième de charge ;
- 8° Mesure des valeurs des consommations internes dans chaque circuit;
- 90 Essai de court-circuit d’une intensité égale à dix fois le courant maximum normal, limité dans sa durée d’application par le jeu d’un fusible fondant sous un courant double du maximum normal; essai répété cinq fois;
- io° Les compteurs moteurs qui ne sont pas munis d’un fil à plomb ou d’uu organe de nivellement équivalent, sont essayés à demi-charge en donnant à l’appareil une inclinaison de 5° par rapport à la verticale. Le résultat de l’essai est consigné au certificat comparativement à celui de l’essai correspondant à la verticalité de l’axe.
- Résultats à obtenir.
- Art. 4. — L’erreur relative est définie par le rap-
- C*- II’
- port___ , c étant l’indication du compteur et 11» celle du
- w
- watlmètre étalon. Les résultats à obtenir et les tolérances sont fixées comme il suit :
- i° Essai en pleine charge nominale, erreur relative.....«............................ ^ 3 %
- 20 Essai endemi*charge de toute nature.. 3 %
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-
-
-
- 832
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXV (2° Série). — N° 26.
- 3° Essai au vingtième de charge :
- Wallheuremètres et Ampcrelieuremè-
- Ires................................. ± 5 %
- Nota. — Pour les ampèréheuremèti es de o ampères et au-dessous la tolérance ci-dessus ± de 5 % est portée à ± io %.
- 4° Dans le cas où le compteur comporte un appareil accessoire, la tolérance admise au vingtième de charge est augmentée de 2 % ; *
- 5° Compteurs à courants alternatifs essayés en demi charge aux fréquences de 0,95 et i,o5 fois la normale : l’erreur relative ne doit pas différer d'une unité en plus ou en moins de celle obtenue à la fréquence normale, avec les facteurs de puissance 1,0 et 0,8 ni de plus d’une unité et demie en plus ou en moins de celle obtenue a la meme fréquence avec le facteur de puissance o,5;
- (iu Les étalonnages faits avant et après l’application de la pleine charge, pendant deux heures,, devront rester dans les limites chiffrées ci-dessus.
- 70 Essai en surcharge d’un cinquième : le compteur ne doit subir aucune détérioration par l’application de celte surcharge pendant une demi-heure 5
- 8° Essai de démarrage ; les limites supérieures de démarrage franc sont :
- a) Pour compteurs de 5 ampères et au-dessous : 2 % de la pleine charge.
- b) Pour compteurs supérieurs à 5 ampères : 1 % de la pleine charge;
- 91’ Consommations internes : les limites supérieures sont :
- a) Dans le fil de dérivation :
- Sur les compteurs pouvant servir indifféremment aux courants continu et alternatif, 4 watts par 100 volts delà tension nominale appliquée à cette dérivation.
- Sur les compteurs à courant alternatif, i,5 watt par 100 volts de la tension nominale appliquée à cette dérivation.
- b) Dans les fils principaux :
- Sur les compteurs ampèreheuremèlres de tous calibres et sur les compteurs wattheuremètres de 5 ampères et au-dessous : i,5 volts à pleine charge.
- Sur les compteurs wattheuremètres supérieurs à 5 ampères : 1 volt à pleine charge;
- io° Essais de court-circuit. Après Papplication des court-circuits, la valeur de l’erreur relative à demi-charge ne doit pas avoir varié de plus d’une unité.
- Nota important. — L’inobservation de l’une quelconque des conditions ci-dessus indiquées, entraîne le rejet de la demande d’approbation sans autre examen.
- (A suivre).
- La reproduction des articles de la
- NOMINATIONS
- Sont nommés ou promus dans, l’ordre de la. Légion d’honneur ù l’occasion de l’Exposition de Gaud :
- Au grade d'officier.
- M. Azahia (Pierre), adininistratèur délégué de la Compagnie Générale d’Electricité. à Paris.1 Grand prix obtenu dans chacune des classes a3, a5 êt 27 par la Compagnie Générale d’Electricité; vingt-neuf années de pratique industrielle. Chevalier du 11 octobre 1906.
- Au grade de chevalier.
- M. Antiioink (Georges-Paul-Léon), ingénieur du materiel àla Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée : a dirigé la construction et la préparation du matériel exposé par la Compagnie Paris-Lyon-Médilerranée, qui a été hors, concours dans la classe 3i ; trente-sept années dè services.
- ADJUDICATIONS
- FRANCE
- Le 9 juillet, au ministère des Colonies, £7, boulevard des Invalides, à Paris, fourniture de voilures mixtes de recl 3° classes destinées au chemin de fer de Conakry au Niger (Guinée). Cautionnement provisoire : 1 'i5o fr. ; définitif : 1 5oo francs.
- *
- ¥ ¥ *1
- L’Administration des Chemins de fer de l’Etat, à Paris, a l’intention d’acquérir 106 moteurs électriques de traction à courant continu pour voilures automotrices de banlieue à 4 essieux et à 4 moteurs.
- Les industriels, désireux de concourir à cette fourni- -ture, peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, . dans les bureaux du service électrique (ire division), 43, rue de Rome, à Paris, les mardi et vendredi, de i5 à 17 heures, jusqu’au ï8 août 1914*
- BELGIQUE
- Le 7 juillet, à 3 heures, à l’hôtel de ville, à Lokeren, fourniture du courant électrique.
- * , » *
- Le 14 juillet, à midi, à l’hôtel de ville, à Anvers, fourniture de matériel électrique pour l’éclairage électrique et d’une borne de distribution à la nouvelle cale sèche au n° 61 du bassin Lefebvre; cautionnement, 700 francs; cahier des charges : o fr. 5o. Soumissions recommandées le 14 juillet.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS FRANCE
- 18 juin. — A TElablissement de pyrotheehnie de Saint-Nicolas, à Brest, éclairage électrique dé dix magasins à gargousses. 1
- Lavergne, 6 270. — Etablissements Devilaine et Rougé, 8 665, — Compagnie Générale de Brest et extensions, à Brest, adj. à 5 5ig fr. 5o.
- Lumière Electrique est interdite.
- Paris — imprimerie levé, 17, rue cassette.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.:
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- Supplément à La Lumière Electrique du 27 juin.
- TABLE MÉTHODIQUE DES MATIÈRES
- DEUXIÈME TRIMESTRE 1.9.4
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-
-
-
- TABLE MÉTHODIQUE DES MATIÈRES
- ])li li \l KMiv TR IM I',STR li i i
- Electrotechnique générale.
- Complément à la méthode des abaques pour le calcul mécanique des conducteurs aériens. — A. Blondel...........................481, 513,
- Applications diverses des formules générales de la
- transmission des courants électriques sinusoïdaux. — !.. Cahen...............609, 65a
- Elude du couple dans les machines synchrones à pôles saillants non excitées, — M. de Co-ninck.......................................... 5 a 5
- Construction et essais de machines.
- L’emploi de la naphtaline dans les moteurs thermiques. — J.-B. Picot........................... 4'-*1
- L’alternateur Goldschmidjt à haute fréquence.... 687
- Moteur de faible puissance Gordon-Fox............. 65g
- La liltration de l’air de refroidissement pour les
- machines électriques..................... 66a
- Procédés d’imprégnation des bois et notamment des poteaux des lignes de transport d’énergie électrique.............................. 806
- Compteur-moteur à mercure.................... 561
- Compteur de pointe à relais et à dépassement. —
- R. Landieu............................. 7,55
- ÎVote sur les transformateurs de mesure. — J. M. 817 Synchronoscope enregistreur.................... 750
- L’essai magnétique de l’acier moulé et de la fonte.
- Dispositif d’application pratique . —.
- II. Schubbe............................. 464
- Stations centrales.
- Usines hydrauliques sur le Rhin supérieur..... 53i
- Petite centrale de 675 chevaux à moteur Diesel avec utilisaliou au chauffage de la chaleur des gaz d’échappement..................... 626
- Le plus grand groupe éleclrogène du monde........ 790
- La centrale à demi-iixes de Viborg (Finlande)....................................... 688
- Transmission et Distribution.
- Les méthodes commerciales des réseaux de distribution. La Société Pyrénéenne d’Energie
- Electrique. —J. de Soucy................ 457
- Les Usines de la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité. —E. Imbs..,. 705, 787
- Le prolongement du transport de force Olten-
- Gôsgen vers la France et l’Alsace......... 53i
- Usine électrique de transmission sans tableau de
- distribution. —Dc Louis Bell.............. 624
- Le tableau de distribution. — S.-tV. Mauger......... 789
- Les mesures de contrôle dans les installations à
- haute tension. — A. Barbagelata........... 498
- Appareils de protection en dérivation soupapes
- shunts. — G. Gola......................... 53u
- La protection des ligues électriques et des machines contre les surtensions. Limiteur de tension à résonance. — N. Oboukoff................. 617
- L’emploi des bobines de réactance dans les grands réseaux de distribution. LI.-M. Faye-Hansen et J.-L. Peck....................... 690
- Amélioration du facteur de charge dans un réseau
- électrique. — S.-N. Kennelly............. 5oi
- Développement de 1a consommation rie l’énergie
- électrique. — D'' Ing. Siegel............ 5gi
- La distribution d’Electricité à Londres........... 819
- Le problème du petit consommateur est-il résolu? 820
- Eclairage.
- Lampe à filament métallique de un demi-watt.
- Maurice Leblanc fils........... 1.
- Lampe à vapeur de mercure A deux électrodes pour
- courant alternatif. — Maurice Leblanc fils. 677
- 615
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-
-
-
- III
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- La lampe aunéon et soh application à la publicité lumineuse. ........................ 5o5
- Utilisation de la lampe au pantane comme étalon.
- — E.-C. Criitenden et A.-H, Taylor....... (jti •
- Une nouvelle lampe k incandescence. — Rr //. Grei-
- nacher............................ ...... 5o3
- L’éclairage électrique des cottages. — W; Fennell. 734 L’éclairage des scènes-fie prises de iilms, — Maurice Leblanc fils.................................. 454
- Conférence de AI. Eabry sur « le mouvement des particules lumineuses dans les gnz ». — Maurice Leblanc fils,..................... 554
- Traotlon.
- Calcul de l’énergie nécessaire à la traction électrique triphasée d’un chemin de fer de mon-
- tagne. — Aldo Righi........................ 43a
- Calculs des freins électromagnétiques. —
- E. Schwarz................................. 535
- Calcul des résistances de démarrage d’une locomotive à courant continu. — //. Paroii.............. 641
- Les tramways électriques de Constantinople. —
- P. Poschenrieder.......................... 533
- L’électrification du chemin de fer de Philadelphie
- à Paoli sur le Pensylvania Railroad...... 791
- L’électrification du chemin de fer de Butte Anaconda
- et Pacific Railway......................... 5q4
- Un important progrès du chemin de fer de New-York-New-Haven et Hartford. — William
- Arthur................................ 82a
- L’éclairage électrique des trains aux Etats-Unis.
- — M. d'Asie............................. 673
- L’éclairage électrique des voitures de chemins de
- fer. — M. d’Aste......... . ........... . 801
- Le matériel roulant des chemins de fer électriques.
- — H.-E. O'Brien......................... 627
- Locomotive de manœuvre il accumulateurs avec
- attelage magnétique.— IL. P............. 747
- Une locomotive pétroléo-électrique.' — IL. P.. 748
- Le meilleur câble de trolley. — C.-H. M'Kellway. 597
- L’éleciricité dans la fabrication des boulons et des
- écrous.... ...............................
- L’électricité dans les manufactures de gants.......
- L’électricité dans le fonçage des puits de mines. . . L’équipement électrique du transatlantique Bri-
- tannic . .•...............................
- Nouveau système de transmission de la force motrice sur les navires à moteur Diesel. —
- Aug. Rasmussen............................
- Barrière de passage à niveau à commande de distance ...................................... î>8
- Grue locomotive à électro-aimant de levage..... 471
- Horloges enregistreuses pour le contrôle do la
- marche des trains....................... 6(j(i
- Contrôle des grosses machines-outils â commande
- individuelle............................ 794
- Rattrape-trolley à billes. . .................... . 43-
- La transmission de l’écriture à distance. — C. Reck-
- mann.,................................ 563
- Sur la transmission à distance des photographies
- on couleurs. — Aldobrando Tricca...... (>33
- L’école de papeterie de Grenoble............... 03 a
- Applioations mécaniques.
- 4 Gy
- 601 655
- 50 a
- 727
- Electrochimie et Electrométallurgie.
- Eleclrométallurgie du fer et de l’acier. —- Woolsey
- et M. C.-A. Johnson.................... 538
- Production directe d’acier en partant du minerai.
- — E. Humbert et A. llethey............ 795
- La soudure électrique........................... 63o
- Toile de laiton fine pour remplacer le platine dans l’analyse électrolylique. — 1). Calhane et
- T.-C. Wheaton.............................. 5o6
- Production de néon et d’hélium par décharge
- électrique.. . . . ...................... 507
- Télégraphie et Téléphonie.
- La théorie d’Eccles et la télégraphie sans fil. —
- II. Parodi..........................449, 4y>
- Note sur l’accouplement des circuits oscillants. —
- Lieutenant Prorotelle................... (>47
- Remarques sur le calcul des postes radiotélégra-
- phiques à résonance (fin). — P. Bouder.. 4 < 7 Prédétermination du rayonnement d’une antenne.
- II. de Bellescize....................... 550
- La télégraphie sans fil et la conférence internatio-
- nale sur la sauvegarde de la vie humaine.
- — Cap. P. Brenol......................... 5i8
- La télégraphie sans (il en Océanie. — ,/. de Soucy. 5a f
- La télégraphie sans fil sur le paquebot Imperalor.
- II. Thurn....................... ........ 729
- Télégraphie sans lil A oscillations amorties. ;..... 4?3
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-
-
-
- IV
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Le système Qott de télégraphie sous-marine....... 757
- La téléphonie automatique à l’hôpital de Kings’
- Collège, à Londres...................... t\-/i
- L’éclipse totale du soleil du 21 août 1914 et l’étude de la propagation des ondes électriques.
- — A. Blondel......................... 43$, 586
- Statistique.
- Statistique des stations eentraies d’électricité aux Etats-Unis .
- La prévention des accidents électriques...........................
- I/industrie électrique américaine sur le marché mondial...........
- 565
- 686
- 759
- Législation.
- Concurrence du concessionnaire de l’éclairage municipal par le permissionnaire occupant la grande voirie antérieurement à la loi
- de 1906. — P. Bougault.................p>.6
- Extension à la lumière d’une permission de voirie portant simplement sur la force motrice.
- — P. Bougault.......................... 497
- La tacite de reconduction des polices d’abonnement. — P. Bougault.......................... 68:!
- Du droit pour le Préfet d'annuler le refus indirect d’un maire qui impose sans motif à un électricien une canalisation souterraine.
- — P. Bougault........................ 786
- Les phénomènes d’électrolyse par courants vagabonds et la responsabilité des Compagnies de tramways. — J. de Soucy................. 584
- N ôtes industrielles.
- Allumage, éclairage et mise en marche électriques
- système Westinghouse.................. 568
- Agrandissements de la fabrique de câble Pi-
- relli et Cte.......................... £*7 ï
- Fixation des conducteurs aux isolateurs.
- Dethiollaz.............................. 474
- Sonnerie automatique des cloches d’église........ 69
- Procédé de réglage automatique de la tension des génératrices à courant continu actionnées
- à vitesse variable. ..............;...... 634
- Perfectionnements au réglage de dynamos à courant continu..................................... 635
- Brevets. •
- Dispositif de régulation par affaiblissement du champ des moteurs à courant continu, spécialement des moteurs de véhicules... 44°
- Moteur triphasé à collecteur, sans raccordement
- des phases............................. 44*
- Robert Kaye Gray
- Nécrologie.
- 762
- Bibliographie.
- Le système Taylor. — André Viellevtlle........... 698
- Formules, recettes, procédés à l’usage des ingénieurs. — L. François............................ 444
- Formulaire du candidat ingénieur. —M. Percheron.
- Guide manuel pratique de l’ouvrier électricien. —
- II. de Grafflgny...........................
- Le téléphone instrument de mesure. — A. Guyau. 3o8
- Cours de physique générale à l’usage des candidats au certificat de physique générale au diplôme d’ingénieur électricien et à l’agrégation des sciences physiques. — II. Olli-
- vier....................................... 604
- La lumière électrique et ses différentes application au théâtre. — V. Trudelle...................... 633
- Correspondance.
- Applications diverses de formules générales de la transmission des courants électriques sinusoïdaux.— L, Cahen.................. . 443
- Le compensateur de phase système Ërown-Ëoveri. 5 jo
- Calcul de la capacité terminale d’une antenne. —
- A. Blondel et II. de Bellescize........... 826
- Unification des systèmes de fournitures d’électri^
- cité en Chine............................. 762
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-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- V
- Divers.
- Exposition de Lyon, Exposition internationale de Lyon 1714. Liste des exposants de la section LI........... 602
- L’exposition delà Société Française de Physique. — J. Reyval......................................717, 75o, 781
- Renseignements économiques et commerciaux.
- Etudes et Nouvelles économiques 44S, . 476, 209, 541 , S72, , 606, 63;, , G68, , 699, 780, 763, 797, 828
- .Renseignements .commerciaux 446, 478. 5io, 543, 574, 1 607, 638, 669, 700, 732, 76a, 799, 83o
- Adjudications 448, 48o, 5i», 544. 575, 608, 639, 672, 704, 736, 768, 800, 832
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-
-
-
- TABLE DES NOMS D’AUTEURS
- DEUXIÈME TRIMESTRE 191/,
- A
- Aste (M, d’). — L'éclairage électrique des trains
- aux Etats-Unis.......................... 673
- L’éclairage électrique des voitures de chemins de fer....................... 801
- Arthur (W.). — Un important progrès du chemin de fer de New-YorL-New-Haven et Hartford ..................................... 8
- B
- Barbagelata (A.). —Les mesures de contrôle dans
- les installations à haute tension...... 498
- Bf.ckmann (G.)- — La transmission de l'écriture
- à distance............................. 563
- Bell (Dr L.). — Usine électrique de transmission
- sans tableau de distribution........... Cy.i \
- Beixescizk (H. de). —Prédétermination du rayonnement d’une antenne.................... 556
- Blondel (A.). — L’éclipse totale de soleil du •24 août 1914 et l’étude de la propagation
- des ondes électriques............ 438, 586
- Complément à la méthode des abaques pour le calcul mécaniques des conducteurs
- aériens.......................481, 5i3, 545
- Bougault (U.). — Concurrence du concessionnaire de l’éclairage municipal par le permissionnaire occupant la grande voirie antérieurement à la loi de 1906........................ 4 ’-iC
- Extension à la lumière d’une permission do voirie portant simplement sur la force
- motrice................................ 494
- La tacite reproduction des polices d’abonnement...............................*. 683
- Du droit pour le Préfet d’annuler le refus indirect d’un maire qui impose sans motif û un électricien une canalisation souter-
- raine. .................................... 786
- Bouvier (P.). — Remarques sur le calcul des postes radiotélégraphiqites à résonance
- (/'«)..................................... 4»7
- BRENOT^cap. P.). — La télégraphie sans fil et la Conférence internationale sur la sauvegarde de la vie humaine............................ 518
- La télégraphie sans fil dans les colonies
- françaises................................. 769
- G
- Cahen (L,). — Applications diverses de formules générales de la transmission des courants
- électriques sinusoïdaux....... 443, 609, 65*2
- Calhàne (D.) et Wheaton (T.-C.). — Toile de laiton fine pour remplacer le platine dans
- l’analyse électrolytique................. 5o6
- Coninck (M. de). — Etude du couple dans les machines synchrones à pôle saillant non
- excitées................................. 5^5
- Crittexdkn (E.-C.) et Taylor (A.-M), — Utilisation de la lampe au pefidane comme étalon. 663
- D
- Dethiollaz. — Fixation des conducteurs aux isolateurs............................................ 574
- E
- Escard. — Procédés d’imprégnation des bois et notamment des poteaux des lignes de transport d’énergie électrique. ................. 806
- Fàyk-Hansen (K.-M.) cL Pec.k (.1. S.)t — L'emploi des bobines de réactance dans les grands
- réseaux de distribution.................. 690
- Fennell (W.). — L’éclairage électrique des cottages ........................................... 794
- François (L.). — Formules, recolles, procédés à
- l’usage des ingénieurs................. 4 (4
- G
- Cola (G,). — Appareils de protection en dérivation
- de soupapes shunts..................... 53a
- Gordon (Fox). — Moteur de faible puissance. . . . 65q
- Greïnacher (Dp H.)» — Une nouvelle lampe à incandescence ...................................... 5o3
- H
- Humbert (E.) et Hetheï (A.). — Production directe
- d’acier en partant du minerai.......... 799
- p.6r - vue 426/462
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- VII
- 1
- Imbs (K,). — Les usines de la Compagnie Parisienne de Distribution d'Eleetricilé, 70$, 737
- K
- Kennedy (S.-N.). — Amelioration du facteur de
- charge dans uu reseau électrique........ 5oi
- L
- Landieu (K.). — Compteurs de pointes à relais et
- à dépassements.......................... 755
- Leblanc (Maurice, üls). — L’éclairage des scènes
- de prises de Jilms...................... 4 >4
- Conférence de M, Eabry sur « le mouvement des particules lumineuses dans les
- gaz.................................... 554
- Lampe à vapeur de mercure à deux électrodes
- pour courant alternatif...... .......... 577
- Lampe & filament métallique de un demi-watt. 61 5
- M
- Maugkr (S.-YV.). — Le tableau de distribution.. 789 M’Kellwav (C.-H.).— Le meilleur câble de trolley. 597
- O
- OnouKori- (N.L — La protection des lignes électriques et des machines contre les surtensions. Limiteur de tension à résonance, .. G17 O’Brien (TL-E.). — Le matériel roulant des chemins de fer électriques........................... 627
- P
- P, (H.). — Locomotive de manœuvre à accumulateur avec attelage magnétique.................... 747
- Une locomotive pétroléo-électrique......... 74#
- Parodi (H.). — La théorie d’Eccles et la télégraphie sans fil..........................44'Î91
- Picot (.T.-B.). — L’emploi de la naphtaline dans les
- moteurs thermiques...................... 4’21
- Poschknrieoer (P.). — Les tramways électriques
- de Constantinople................... 533
- Phoyotellk (lieutenant). — Mole sur l’accouplement des circuits oscillants...................... 647
- R
- Ranmuhsen (Aug.). — Nouveau système de transmission de la force motrice sur les navires
- à moteurs Diesel....................... -•>-
- Klyval (J.). — L’Exposition de la Société Française de Physique.....................717, 750, 781
- Higiii (Aldo), — Calcul de l'énergie nécessaire à la traction électrique triphasée d’un chemin de fer de montagne.............................. 432
- S
- Schlbbe (IL), — L’essai magnétique de P acier moulé et de la foule. Dispositif d’application pratique................................... 464
- Schwarz (E.). — Calcul des freins électromagnétiques ......................................... 535
- S'egel (D1’ lng.). — Développement de la consommation de l’énergie électrique.................. 5qi
- Soucy (J. de). — Les méthodes commerciales des réseaux de distribution. La Société Pyrénéenne d’Energie Electrique..................... 4^7
- La télégraphie sans fil en Océanie...... 5*24
- Les phénomènes d’électrolyse par courants vagabonds et la responsabilité des Compagnies de Tramways....................... 587
- T
- I’hicca (Aldobranda). — Sur la transmission à distance des photographies eu couleurs,... 633
- W
- Woolsey et (M.-C,). et Jonhson (A.). — Electrométallurgie du fer et de l’acier..................
- 538
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- Société Roubaisienne d’Eclairage
- P A K
- LE GAZ ET L’ÉLECTRICITÉ
- ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE
- DU 27 MARS 1914
- RAPPORT DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
- Messieurs,
- Vous êtes réunis en Assemblée Générale Ordinaire }>our délibérer sur Tordre du jour suivant :
- ORDRE DU JOUR
- T’ Lecture du Rapport du Conseil d’Administration ;
- 2“ Lecture du Rapport des Commissaires des Comptes ;
- 3° Approbation, s’il y a lieu, des Comptes et du Bilan de l’exercice '1013 et quitus dé leur gestion aux Administrateurs. Fixation du dividende ;
- 4° Nomination des Administrateurs et fixation de leurs émoluments ;
- 3° Compte rendu des opérations effectuées en vertu de l’article 40 de la loi du 24 Juillet 1867 et autorisations nouvelles à donner aux Administrateurs ;
- 6° Questions diverses.
- L’exercice 1913 a été le quatrième exercice d’exploitatiun de notre Société. Vous constaterez avec nous ses résultats très satisfaisants.
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- — 2 —
- MM. les Commissaires des Comptes vous donneront, comme l’an dernier, des explications détaillées sur les divers postes du Bilan qui vous est soumis et nous allons Vous donner des renseignements sur la marche industrielle de l'affaire.
- Notre Société a relativement peu souffert de la hausse des charbons, grâce à des marchés avantageux antérieurs.
- L’exploitation du gaz s’est poursuivie dans de bonnes conditions; nous avons vendu, en 1913, 10.944.900 mètres cubes de gaz contre 10.591.000 seulement en 1912, soit une augmentation de 5 % environ.
- La consommation de gaz par habitant atteint ainsi à lloubaix 87 mètres cubes, chiffre sans doute susceptible d’être encore augmenté, mais déjà satisfaisant, si l’on tient compte du développement simultané de l’exploitation électrique.
- Nous vous donnons comme les années précédentes quelques chiffres vous montrant la progression de cette partie de votre exploitation.
- 1910 1011 1912 1913 1914
- Lampes installées au Ie1' janvier
- de chaque année 36.260 62.734 89.750 120.253 149.146
- Moteurs installés, puissance en chevaux 1.080 1.296 1.406 1.643 1.909
- Le nombre de kilowatts-heure vendus s’est élevé de 1.799.150 à 2.154.550 en 1913, soit une augmentation de 19 % environ, pourcentage identique à celui du dernier exercice.
- Comme les années précédentes, la Société Energie Electrique du Nord de la France nous a fourni le courant à notre entière satisfaction.
- BENEFICES. — Les produits de l’exercice avant amortissement, ressortent à 528.144 IV. 02 contre 471.833 fr. 72.
- Nous avons ramené à un franc, avant bilan, les comptes Frais de Premier Etablissement et de Constitution et Mobilier et Outillage.
- Conformément à l’article 42 de vos Statuts, le Conseil a décidé de faire les amortissements et réserves suivants :
- Produits de l’exercice. ........................... 528.144 02
- Affectation correspondante aux obligations remboursées pendant l’exercice :
- Obligations amorties.............................. 72.500 »
- 455.044 02
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- 3
- Report.. . . ....... 455.01 4 02
- Amortissement de ia partie correspondante des frais d émission et de la prime de remboursement des obligations........................................ 9.491 OH
- Reste................ «0.152 04
- Ronds de renouvellement du matériel.... 85.000 »
- Réserve pour amortissement............. 40.080 »
- Réserve spéciale (affaire des cokes)... 27.143 05
- 101.823 05
- Restent comme bénéfices nets............... 284.328 30
- Vous aurez ainsi, comme les années précédentes, doté le Compte Hésercc Spéciale (affaire dés cokes) de façon à parer à tout imprévu. En effet, la Ville de Roubaix a fait appel au Conseil d’Etat du jugement prononcé par le Conseil de Préfecture du département du Nord en notre faveur et le Conseil d’Etat n’a pas encore rendu sa sentence.
- Nous vous proposons la répartition suivante des bénéfices nets :
- Bénéfices nets.......................................... 284.328 30
- 5 % Réserve Légale....................................... 14.216 41
- Solde disponible....................................... 270.111 98
- Dividende 5 % soit 12.fr, 50 par action ancienne et 1 fr. 5625 par action nouvelle libérée du quart, ce qui exige donc.......................................... 158.250 »
- Il reste alors un solde de.............................. 111.861 08
- sur lequel il y a lieu d’attribuer, conformément aux
- statuts, 15 % au Conseil, soit.................... 17.070 28
- et de distribuer aux actions un superdividende de 3 % qui, a raison de 7 fr. 50 par action ancienne et de 0 fr. 9375 par action nouvelle libérée du quart, exige 93.750 francs
- et laisse disponible à reporter une somme de................... 3.032 70
- qui jointe au report de l’année précédente......................... 2.417 55
- donne un total de......................................... 5.450 25
- qui appartiennent aux actionnaires.
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- Il serait ainsi distribué aux actions, eu outre de l’acompte de 7 % qui a déjà été réglé au 31 Janvier 1914, un dividende supplémentaire de 1 %, ce qui porterait le dividende total à 8 % contre 7 % l’année dernière.
- Dans ces conditions et sous déduction des impôts, il serait distribué 20 francs par action ancienne et 2 fr. 30 par action nouvelle, ces dernières n’ayant été libérées que d’un quart pendant le deuxième semestre de l’exercice.
- Nous vous proposons de payer ce solde de 1 % sous déduction des impôts, le Ier Juin 1914 contre remise du coupon n" 7. Ce coupon serait payable au Siège Social et chez les Banquiers de la Société et sera de 2 fr. 30 brut par action ancienne et de 0 fr. 3123 brut par action nouvelle.
- Ainsi vous aurez pu augmenter légèrement le dividende par action malgré l’augmentation de votre capital réalisé en cours d’exercice.
- En vertu des Statuts et des résolutions que vous avez adoptées lors des diverses Assemblées Générales, les pouvoirs de M. Tissot viennent à expiration aujourd’hui.
- Nous vous proposons de le nommer à nouveau pour une période de six années conformément aux Statuts.
- Vous aurez à nommer des Commissaires des Comptes pour l’exercice 1914 et à fixer leur rémunération.
- Nous vous rappelons à ce sujet que MM. dkGrailly et Raviiîr, Commissaires sortants, sont rééligibles.
- Nous vous donnerons un compte rendu spécial de l’exécution des marchés et entreprises qui ont été passés avec certains de nos Administrateurs, tant en leur nom personnel qu’au nom des Sociétés dans lesquelles ils sont intéressés et nous vous prions de nous donner, en tant que de besoin, pour l’exercice en cours, les autorisations prévues par l’article 40 de la Loi du 28 Juillet 1867.
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- RAPPORT DES COMMISSAIRES
- sur les comptes de l'exercice 1913
- Mi HSSIEL’RS,
- Nous venons vous rendre compte du mandat de Commissaire des Comptes que vous nous avez confié dans votre Assemblée générale ordinaire du 2 avril 1913.
- Les livres et les pièces comptables ont été mis à notre disposition dans les délais légaux. Nous avons reçu, en outre, tous les éclaircissements demandés au cours de leur examen. Nous avons constaté la bonne tenue et la régularité des écritures sociales.
- ACTIF
- Immobilisations pour l’électricité: le chiffre s’élève à 2.731.310 fr. 91, en augmentation sur l’exercice précédent de 187.303 fr. 84.
- Immobilisations pour le gaz : 3.901.908 fr. 93, en augmentation de 119.167 fr. 16.
- Le compte Mobilier et outillage ligure pour 1 franc.
- Les Frais de premier Etablissement et de Constitution également (la charge de ce compte résultant de l’augmentation du capital à 4 millions ayant été amortie.)
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- Le compte Frais d'émission e/ prime, de remboursement des Obligations <111 i s’amortit annuellement au fur et a mesure du remboursemenl des Obligations, figure pour 303.103 l'r. 10.
- La redevance initiale à la Ville de Roubaix est toujours inscrite pour 330.000 francs.
- Si l’on compare le total de l’Actif ci-dessus au capital actions et obligations, que la Société amortit annuellement, on voit que les amortissements pratiqués sont largement suffisants.
- L’Actif réalisable n’appelle pas d’observations spéciales, les articles des Magasins et approvisionnements ont été évalués sur des bases prudentes.
- PASSIF
- Le capital figure pour 4 millions, par suite de l'augmentation de 1 million votée par l’Assemblée générale extraordinaire du 2 avril 1913.
- Le montant des diverses réserves est conforme aux décisions de la dernière Assemblée générale ordinaire, la réserve pour amortissement étant augmentée de son intérêt à 5 % pendant le cours de l’exercice.
- Les recettes du Compte Profits et Pertes s’élèvent à 789.044 l'r. 94, et les produits de l’exercice à 328.144 fr. 02.
- Nous vous proposons, Messieurs, d’approuver les Comptes et le Bilan tels qu’ils vous sont présentés.
- Paris, le 8 Mars 1914.
- .1. DR («BAILLY, L. RAVIER.
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- RÉSOLUTIONS
- PREMIÈRE RÉSOLUTION
- [/Assemblée générale des Actionnaires de la Société Roubaisienne d’Éclai-rage par le Gaz et l’Electricité, réunie à Paris le 27 mars 1914, après avoir entendu lecture du Rapport du Conseil (l’Administration et du Rapport des Commissaires des Comptes, approuve l’inventaire, les comptes et le Bilan qui lui sont présentés et donne aux Administrateurs quitus de leur gestion pour l’exercice 1912.
- DEUXIÈME RÉSOLUTION
- L’Assemblée générale des Actionnaires ratifie, en tant que de besoin, les amortissements et prélèvements effectués en vertu de l’article 42 des Statuts sur les produits de l’exercice qui s’élèvent 5.....................528.144 02
- Amortissement d’obligations.................................72.500 »
- Amortissement de la partie correspondante des frais d’émission
- et de la prime de remboursement des obligations. 9,491 98
- Affectations diverses :
- Réserve pour amortissement..................................49.680 »
- Réserve spéciale (affaire des cokes)....................... 27.143 65
- Fonds de renouvellement du matériel et des canalisations. . 85.000 »
- --------- 243.815 63
- Reste produit net,
- 284.328 39
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-
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- Report.
- 284.328 39 14.216 41
- 3 % réserve légale......................
- Reste solde.............................
- Dividende 5 %...........................
- Solde...................................
- 13 % au Conseil.........................
- Reste à Indisposition des actionnaires. Report de l’exercice écoulé.............
- Solde disponible.......................
- 270. 111 98
- 136. 230 ))
- 113. .861 98
- 17, ,079 LS ! X
- 96 .782 70
- 2 .417 35
- 99.200 23
- L’Assemblée décide, outre la distribution d’un dividende de 5 %, celle d’un superdividende de 3 % qui nécessitera un prélèvement supplémentaire de 93.750 francs; le solde de 5.150 fr. 25 sera reporté à nouveau.
- Le Conseil d’Administration ayant mis en paiement le 31 janvier 1914 un acompte de 7 %, l’Assemblée décide que le solde 1 %, sous déduction des impôts, soit :
- 1 fr. 70 par action nominative et au porteur ancienne, n° 1 à 12.000 et 0 fr. 20 par action nouvelle n" 12.001 à 16.000 sera payé à dater du 1er juin 1914 chez les banquiers de la Société contre remise du coupon n" 7.
- TROISIÈME RÉSOLUTION
- L’Assemblée générale réélit Administrateur pour une période de six années M. Tissot, et constate son acceptation.
- QUATRIÈME RÉSOLUTION
- L’Assemblée nomme comme Commissaires des Comptes pour l’exercice 1914 : MM. de Grau,i,y, Ravier, èt lixe leur rémunération à 800 francs pour les deux Commissaires réunis.
- Il est entendu qu’en cas d’impossibilité pour l’un des Commissaires des Comptes, celui restant pourra opérer seul.
- L’Assemblée constate l’acceptation des Commissaires désignés par elle.
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- — 0 —
- CINQUIÈME RÉSOLUTION
- L’Assemblée générale donne acte au Conseil d’Administration du compte rendu qui lui a été lait, conformément à l’article 40 de la loi du 24 juillet 1867, de l’exécutiou des marchés ou entreprises traités avec les membres du Conseil d’Administration ou avec les Sociétés auxquelles ils appartiennent, leur donne acte de toutes les conventions intervenues et les approuve d’une façon délinitive en tant que de besoin.
- Elle leur renouvelle, pour l'exercice 1014, l’autorisation prévue par la loi précitée.
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- ACTIF
- SOCIÉTÉ ROUBAISIENNE D’ÉCLAIRAGE PAR LE GAZ ET L’ÉLECTRICITÉ
- Bilan avi 31 Décembre 1913
- PASSIF
- Electricité
- Gaz .
- public
- public
- Eclairage public.................
- Réseaux .........................
- Sous-stations et Postes .....
- Postes d’abonnés.................
- Usines, canalisations , éclairage (Installations primitives) . . .
- Usine , canalisations , éclairage (Installations nouvelles).
- Installations chez les abonnés ....
- Mobilier et Outillage..................................
- Amortissements..........................
- Frais de 1er Etablissement et de Constitution de la Société
- Amortissements..........................
- Prime de remboursement des Obligations.................
- Amortissements..........................
- Redevance initiale à la Ville de Roubaix...............
- Cautionnement à la Ville de Roubaix....................
- Portefeuille..................
- Actionnaires..................
- Caisses et Banques............
- Abonnés ......................
- Clients divers................
- Débiteurs divers..............
- Impôts sur titres.............
- Magasins et approvisionnements
- 15.133 91
- 1.753.709 18 519.570 01 443.097 81
- 2.722.897 98
- 432
- 746
- 17
- 17
- 107
- 107
- 521
- 16
- .729 58 .281 37 840 50 839 50
- 903 96 j ,902 96 \ .792 75 j .688 65 (
- 3.580 » 7 50.000 » 227.449 83 453.549 05 108.129 78 3.099 39 8.804 27
- l-’H, i:
- Capital actions 4.000.000 «
- .731.510 91
- Obligations en circulation 3.858.000 »
- Obligations remises à la Ville de Roubaix pour cautionnement 526.500 »
- .901.908 93
- Réserve légale . . 23.338 54
- 1 » Réserve pour amortissement 148.955 63
- Fonds de renouvellement du matériel 165.000 »
- 1 » Réserve spéciale (affaire des cokes) 57.856 35
- 505.104 10 Amortissement d’obligations 69.500 »
- 350.000 » / Fournisseurs . . 185.398 76
- 526.500 >. j Cautionnements 22.634 35
- Créanciers. . < Intérêts sur obligations 39.270 15 537.243 03
- I Coupons d’actions 977 28
- ! Créditeurs divers 288.962 49
- .554.612 32 Bénéfices reportés 2.417 55
- Résultats de l’exercice 528.144 02
- 347.316 86
- .916.955 12 9.916.955 12
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-
- SOCIÉTÉ ROUBAISIENNE D'ÉCLAIRAGE PAR LE GAZ ET L’ÉLECTRICITÉ
- Bilan au 31 Décembre 1913
- COMPTE DE PROFITS ET PERTES
- RECETTES DÉPENSES
- FP,. C. 1 i j FR. C. |
- Bénéfices d’Exploitation 750.828 87 Frais Généraux d’Administration. . . . 70.815 24
- Intérêts des Emprunts 175.568 35
- Intérêts du Fonds de Réserve 7.093 13
- Plus-values et divers. 38.216 07 Divers 7.424 20
- Résultats de l’Exercice 528.144 02 |
- 789.044 94 1 789.044 94 j
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- ACTIF
- SOCIÉTÉ ROUBAISIENNE D'ÉCLAIRAGE |AR LE GAZ ET L'ÉLECTRICITÉ
- Bilan d’entrée au 1er Janvier 1914 du Jn,e Exercice d'Exploitation). Après application des résolution votées Kg l’Assemblée générale du 27 mars 1914.
- PASSIF
- Électricité.
- Gaz .
- public
- public
- Eclairage public................
- Réseaux.........................
- Sous-stations et Postes. ....
- Postes d’abonnés................
- Usine , canalisations , éclairage (Installations primitives! .
- Usine, canalisations , éclairage
- (Installations nouvelles).............
- Installations chez les abonnés. . . . .
- Mobilier et Outillage....................................
- Amortissements.............................
- Frais de l01 Etablissement et de Constitution de la Société.
- Amortissements..................
- Prime de remboursement des Obligations...................
- Amortissements.............................
- Redevance initiale à la Ville de Roubaix...............
- Cautionnement à la Ville de Roubaix. ..................
- Portefeuille...................
- Actionnaires..................
- Caisses et Banques ...
- Abonnés . , ...............
- Clients divers................
- Débiteurs divers ;
- Impôts sur titres.............
- Magasins et approvisionnements.
- l.H.i:i:5 91 1.753.7U9 18 519.570 01
- 11:1.097 81
- 2.722.897 98
- 132, 74-6 17 17 107 107 521 26
- ,729 58 281 37 .840 50 ) 839 50 ) .903 96 ) 902 96 } .792 75 | .180 63 i
- 2.731.510 91
- I
- 3.901.908 93
- 1 »
- 1 ..
- 495.612 12
- 350.000 » 526.500 ..
- 1.554.612 32
- Capital actions.............................................
- Obligations en circulation ......................
- Obligations re mises à la Ville de Roubaix pour cautionnement
- Réserve légale. . . . . . . .
- Réserve pour amortissement . . .
- Fonds de renouvellement du matériel Réserve spéciale (affaire des cokes). Amortissement d’obligations .
- Créditeurs.
- Fournisseurs. .................................J83.398 76
- Cautionnements..........................., 22.634 35
- Intérêts sur obligations...........................39.270 15
- Coupons d’actions .................................. 977 28
- \ Créditeurs divers............................... 288.962 49
- Dividende de l’exercice 1913. Bénéfices reportés. .
- 4.000.000 » 3.858.000 »> 526.500 »
- 37.554 95 198.635 63 250.000 » 85.000 » 142.000 »
- 537.243 03
- 267.079 28 5.450 25
- 9.907.463 14
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-
- ENERGIE ELECTRIQUE
- DU NORD DE LA FRANCE
- ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE
- DU 27 MARS 1914
- RAPPORT DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
- Messieurs,
- Vous êtes réunis en Assemblée Générale pour délibérer, conformément à
- l’ordre du jour suivant :
- 1° Lecture du Rapport du Conseil d’Administration ;
- 2° Lecture du Rapport des Commissaires des Comptes ;
- 3” Approbation, s’il y a lien, des Comptes et du Bilan de l’année 1913; quitus de leur gestion aux Administrateurs. Fixation du dividende;
- 4° Nomination d’Administrateurs;
- 3° Nomination d’un ou plusieurs Commissaires des Comptes et lixation de leurs émoluments ;
- 0° Compte rendu des contrats passés et des opérations effectuées en vertu de l’article 40 de la loi du 24 Juillet 1867 et autorisations nouvelles à donner aux Administrateurs;
- 7" Questions diverses.
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-
-
- 6 —
- Le Rapport détaillé établi par vos Commissaires des Comptes vous renseignera sur chacun des postes du Bilan qui vous est soumis.
- Comme les années précédentes, nous nous attacherons à vous donner les renseignements sur la marche industrielle de notre Société qui, ainsi que vous le verrez, est restée très satisfaisante.
- Quelques chiffres vous monlreront la progression des résultats acquis :
- A
- Production journalière maxima de Janvier.. ..
- Production journalière maxima de Décembre. .
- B
- Production mensuelle totale de Janvier......
- Production mensuelle totale de Décembre.....
- C
- Production totale de l’année................
- Soit une augmentation de 35 %.
- La puissance totale de l’usine à fin Décembre était de 43.000 chevaux,rmais depuis cette date, nous avons pu mettre en service une nouvelle unité de D.000 chevaux : nous disposons donc en tout de 52.000 chevaux. La pointe maxima atteint maintenant 26.000 chevaux; l’utilisation annuelle de la puissance instantanée maxima se maintient très bonne.
- Les recettes ont suivi une progression correspondant à celle de la production, ainsi que l’indiquent les chiffres ci-dessous :
- 1912
- Kilowatls-heure
- 132.500
- 157.500
- 3.454.800
- 3.958.600
- 40.506.800
- 1913
- Kilowatts-lieu rc
- 159.700
- 238.000
- 4.169.500
- 6.336.450
- 54.656.300
- Recettes de Janvier .. Recettes de Décembre .Recettes totales.......
- 1912
- 1913
- 244.187 02 287.296 33 2.841.741 »
- 296.845 97 426.644 53 3.752.237 82
- L’augmentation de cette année a été de plus de 32 %.
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- — 7
- Nous avons continué pendant l’exercice à passer avec de nombreux industriels de la région des contrats importants, et avons pu, comme nous vous l’indiquions l’an dernier, aborder une clientèle plus éloignée de noire usine de Wasquehal.
- Les deux nouvelles unités de 9.000 chevaux chacune, dont nous vous entretenions l’an passé, ont été mises en service, l’une vers la fin de 1913, l’autre au début de 1914.
- Mais cette dernière turbine n’était pas encore en service que la nécessité de répondre à la demande croissante de notre clientèle nous amenait à commander encore une nouvelle turbine semblable, qui sera prête, pensons-nous, vers la fin de l’année 1914.
- La puissance totale de l’usine se trouvera ainsi portée à plus de 60.000 chevaux-vapeur; c’est le chiffre maximum que nous avions envisagé pour notre usine de Wasquehal.
- Vous savez d’ailleurs qu’en prévision du développement considérable que prendrait notre industrie, nous nous sommes assurés depuis longtemps, la possession d’un vaste terrain, parfaitement situé, sur lequel nous pourrons, le moment venu, installer une usine nouvelle.
- Il est probable que devant la progression continue de nos ventes, nous aurons prochainement à examiner cette éventualité; la vente d’énergie en Janvier 1914 a dépassé, en effet, déplus de 50 % celle de Janvier 1913.
- BENEFICES. — L’excédent du compte de Profits et Perles atteint cette année 1.167.121 fr. 94, supérieur de près de 200.000 francs à celui de l’an dernier, malgré la charge supplémentaire afférant aux 4 millions d’obligations nouvelles émises au cours de l’exercice.
- Nous avons d’ailleurs ramené à un franc avant Bilan, les Comptes Mobilier et Outillage, Portefeuille cle Contrats et Frais de Constitution 'et de premier Etablissement.
- Nous vous proposons, conformément à l’article 42 des Statuts, de procéder aux affectations ci-dessous :
- Amortissement d’obligations (212) 106.000 francs appliqué à :
- Amortissement de la prime d’émission.............. 13.045 85
- Fonds d’amortissement général..................... 92.954 15
- 106.000 »
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- 8 —
- Report............... 106.000 »
- Affectations à :
- Fonds de renouvellement................................ 100.000 »
- Fonds d’amortissement général.......................... 307.016 86
- Les prélèvements totaux seraient donc de............... 613.045 85
- Laissant un solde de................................... 654.070 00
- Sur le solde de 654.076 fr. 09, il y a lieu de prélever 5 % pour la réserve légale, soit 32.703 fr. 80. Il reste alors un montant de 621.372 fr. 29.
- Nous vous proposons de distribuer aux actions un premier dividende de 5 %, soit 500.000 francs.
- 11 reste alors un solde de 121.372 fr. 29.
- Après l’attribution de 15 % au Conseil soit 18.205 fr. 83, il reste aux actionnaires 103.166 fr. 46 qui, joints aux 51.814 fr. 05 reportés des exercices précédents, permettent de distribuer un dividende supplémentaire de 1 % exigeant 2 fr. 50 par action ou 100.000 francs et de reporter à nouveau 54.980 fr. 51.
- Le dividende atteindrait ainsi cette année 6 % contre 5 1/2 % l’an dernier. Les amortissements et réserves diverses recevraient une dotation totale de 550.000 francs environ contre 535.000 francs l’an dernier.
- Vous remarquerez, de plus, que le fonds d’amortissement général sera ainsi porté à 700.000 francs, supérieur au montant de 500.000 francs figurant à l’actif sous le titre « Rachat des Parts de Fondateur ».
- Si vous approuvez nos propositions, le dividende de 15 francs brut par action serait payable à dater du 15 avril 1914, chez les Banquiers de la Société, contre coupon N° 5.
- D’après l’article 19 des statuts et d’après les résolutions successives que vous avez adoptées dans vos diverses Assemblées Générales, les pouvoirs de MM. Lion et Vkhstrahten viennent à expiration aujourd’hui.
- Nous vous prions de les nommer à nouveau pour une période de six années conformément aux Statuts.
- Vous aurez, Messieurs, à nommer les Commissaires des Comptes pour 1914. Nous vous rappelons, à ce sujet, que MM. Henri Bi.ocii, Marcel Foiuurr et Ernest Tiiomain, Commissaires sortants, sont rééligibles.
- Nous vous donnerons un compte rendu spécial des marchés et entreprises qui ont été passés avec certains de vos Administrateurs, tant en leur nom personnel, qu’au nom des Sociétés dans lesquelles ils sont intéressés, et nous vous prions de nous renouveler, pour l’exercice en cours, la même autorisation que celle donnée pour l’exercice écoulé.
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- SERVICE DES ABONNÉS
- TABLEAUX COMPARATIFS
- FORCE MOTRICE %
- DATES NOMBRE D’ABONNÉS PUISSANCE TOTALE
- AVANT SOUSCRIT RACCORDÉS RACCORDÉE EN CHEVAUX'VAVEUR
- lor Janvier 1908. 43 4 924
- 1er Janvier 1909. 136 97 5.020
- 1er Janvier 1910. 230* 210 11.800
- 1er Janvier 1911 . 426* 380 14.180
- 1er Janvier 1912. 530* 510 19.466
- 1er Janvier 1913. 601* 578 23.469
- 1er Janvier 1914. 663* 638 32.425
- Dans la puissance raccordée indiquée ci-dessus , ne sont pas compris 1.340 che-
- vaux de nuit. Au 1er Janvier 1914, plus de 4.000 chevaux restent encore à raccorder.
- * Y compris les abonnés force motrice de la Société Roubaisienne.
- ÉCLAIRAGE
- DATES NOMBRE DE LAMPES DE 25 WATTS EN SERVICE
- 1er Janvier 1908. 1er Janvier 1909. 1.393. 4.309, dont 1.500 pour la ville de Roubaix.
- 1er Janvier 1910. 46.000, dont 39.000 raccordées au réseau de la Société
- Roubaisienne d’Éclairage par le Gaz et l’Électricité.
- 1er Janvier 1911. 72.700, dont 62.000 raccordées au réseau de la Société
- Roubaisienne d’Éclairage par le Gaz et l’Electricité.
- 1er Janvier 1912. 104.400, dont 89.800 raccordées au réseau de la Société
- Roubaisienne d’Éclairage par le Gaz et l’Électricité.
- 1er Janvier 1913. 139.000, dont 120.500 raccordées au réseau de la Société
- Roubaisienne d’Éclairage par le Gaz et l’Électricité.
- 1er Janvier 1914. 171.700 dont 149.100 raccordées au réseau de la Société
- Roubaisienne d’Éclairage par le Gaz et l’Électricité.
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- Résultats d’Exploitation 1908 à 1913
- Production de l’Usine en kilowatts-heure par mois.
- K. WH
- 6.6 00000
- 6.400000
- 6.200.000
- 6.0 00.000 __
- 5.800.000
- 5.600.0 00
- 5.400.000
- 5.200.000
- 5.000.000
- 4.800.000
- 4.6 00.0 <5 O
- 4.400000
- 4 2 00.000
- 4.0 00.0 0 0
- 3.800.000
- 3.GOO.OOO
- 3.400.0 OO'^.
- 3.2 00.090
- 3.000.000
- 2.8 00.000
- 2,6 00.000
- 2.40 0.00 0
- 2.Z 00.000
- 2.0 00.0 0 0
- 1.800.000
- 1 6 00 000
- 1 400.000
- 1.2 00.0 OO
- 1. O 00.000
- soo.ooo
- 400.000
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- Résultats d’Exploitation 1908 à 1913
- Recettes mensuelles en Francs.
- Francs
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- RAPPORT DES COMMISSAIRES
- sur les comptes de l’exercice 1913
- Messieurs,
- Nous avons rempli comme les années précédentes, la mission que vous avez bien voulu nous confier à nouveau, suivant résolution do votre dernière Assemblée du 2 Avril 1913.
- Les livres et pièces comptables ont été régulièrement mis à notre disposition et nous avons eu toutes les facilités pour constater la bonne tenue des écritures et leur concordance avec le Bilan qui vous est soumis.
- Nous allons vous indiquer les observations que l’on peut faire sur les différents postes de ce Bilan, notamment par comparaison avec le Bilan au 31 Décembre 1912.
- A L’ACTIF
- Les Usines et Réseaux comprenant tous les développements de votre Actif industriel s’élèvent à 19.540.279 fr. 24, contre 16.424.698 fr. 72, soit une augmentation de 3.115.580 fr. 52, qui représente les immobilisations nouvelles de l’exercice ; le programme d’extension de votre exploitation s’exécute ainsi avec activité.
- Les comptes Mobilier et Outillage, Portefeuille de contrats, Frais de Constitution et de Premier Etablissement, sont maintenus chacun à 1 franc, chiffre où les avaient ramenés les amortissements que vous avez décidés l’an dernier : aucune dépense de l’exercice n’alfecte ainsi ces comptes d’immobilisation.
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- 14
- Les Apports Primitifs sont sans changement à leur chiffre d’origine de 300.000 francs.
- Le compte Prime de Remboursement des Obligations et Frais d‘ Emission s’élève à 1.694.441 fr. 11, contre 1.188.233 fr. 61, après déduction des amortissements votés par votre dernière Assemblée, soit une augmentation de 306.207 fr. 30, résultant de l’émission d’obligations réalisée en 1913. Votre Conseil vous proposera un amortissement de ce compte analogue à celui réalisé l’an dernier.
- Le compte Rachat des Parts de Fondateur qui figure pour la première fois au Bilan et s’élève à 500.000 francs, résulte de la réalisation de la résolution prise par votre Assemblée Générale Extraordinaire du 2 Avril 1913.
- A la suite du dit rachat, votre Conseil peut vous proposer pour cet exercice une répartition où les parts n’interviennent plus comme l’an dernier.
- Le Portefeuille s’élève à 266.192 francs contre 275.311 francs au 31 Décembre 1912, soit une diminulion de 9.319 francs. La composition du portefeuille n’a pas Varié ; là diminution ne correspond qu’à une rectification d’évaluation par suite de baisse des cours de la Bourse.
- Los Banques et Caisses représentent 907.752 fr. 12, contre 622.448 fr. 17, au précédent Bilan soit une augmentation de 285.303 fr. 95, dénotant une bonne situation de trésorerie.
- Les Débiteurs Divers 1.130.548 fr. 09, contre précédemment J. 373.006 fr. 88, sont donc en diminution de 242.458 fr. 79, bien que le chiffre dû par les Abonnés soit en augmentation correspondante au développement de votre exploitation. D’une façon générale d’après ce qui nous a été indiqué, les créances de la Société peuvent être considérées comme ne présentant pas de risques notables.
- Nous n’avons rien de spécial à signaler sur les Loyers et Redevances d’Avance 250 francs, et les Impôts sur Titres 44.602 fr. 06, ces derniers, à récupérer sur les coupons, étant en augmentation correspondante à l’augmentation du chiffre des obligations et du montant des dividendes.
- Le compte nouveau Bons du Trésor et Effets à Recevoir s’élevant à 1.170.818 fr. 55 représente un emploi temporaire des fonds produits par l’émission d’obligations ; ce compte constitue une réserve de trésorerie venant s’ajouter aux disponibilités signalées au compte Caisses et Banques.
- Magasin et Approvisionnements 748.932. fr. 79, contre 773.877 fr. 46, en 4912, suivant inventaires soigneusement dressés.
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- — 15 —
- Lé Compte d’ordre Travaux de la Ville de Tourcoing qui comme l’an dernier figure à l’Actif et au Passif, s’élève à 129.970 fr. 73, contre 148.168 fr. 61.
- Les sommes dues pour Travaux en Cours se montent à 164.671 fr. 25 contre 384.474 fr. 21 au 31 Décembre 1912, soit une diminution de 219.802 fr. 96.
- Ne figurent plus à l’Actif les comptes Actionnaires soldés par libération complète des actions, et Entreprise des Travaux de la. Compagnie du Nord liquidé par règlement portant cette Compagnie aux Débiteurs Divers.
- AU PASSIF
- Le Capital-Actions est sans changement a 10.000.000 de francs, chiffre qu’il atteignait déjà au 31 Décembre 1912.
- Les Obligations en Circulation s’élèvent à 13.654.500 francs contre 9.760.500 francs, soit une augmentation de 3.894.000 francs; comme il a été amorti en 1913 212 obligations soit 106.000 francs, l’augmentation a été en réalité de 4.000.000 de francs, et représente une émission de 8.000 obligations de 500 francs, réalisée par votre Conseil en vertu des pouvoirs que vous lui avez conférés ; le chiffre des obligations émises est ainsi de 14,000.000 de francs au total.
- La Réserve Légale atteint 55.472 fr. 98, contre 30.472 fr. 92, au 31 Décembre 1912; l’augmentation de 25.000 fr. 06, correspond au prélèvement sur les béné-lices de 1912 décidé par votre dernière Assemblée.
- Le Fonds de renouvellement s’élève à 600.000 francs, et le Fonds d'amortissement à 300.000 francs ; les augmentations par rapport à l'an dernier de, respectivement 230.000 francs et 214.808 fr. 78, correspondent également aux affectations que vous avez décidées l’an dernier.
- Les Créditeurs à Terme représentent 205.000 francs contre 223.500 francs au 31 Décembre 1912, soit une diminution de 18.500 francs correspondant aux paiements prévus.
- Les Créditeurs Divers sont portés pour 434.581 fr. 24, contre 332.994 fr. 01, soit une augmentation de 101.587 fr. 23 par rapport à l’année précédente, se rapportant principalement aux factures des fournisseurs et aux coupons et impôts sur titres.
- Nous retrouvons ensuite le compte d’ordre Travaux de la Ville de Tourcoing signalé déjà à l’Actif.
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- 16 —
- Enfin, les Bénéfices Reportés figurent pour 51.814 fr. 05, elles Produits de l'Exercice pour 1.167.121 fr. 94.
- Les bénéfices de l’exercice 1912 étaient de 995.507 fr. 78, il y a donc une augmentation de bénéfices de 171.614 fr. 16.
- AU COMPTE DE PROFITS ET PERTES
- En recettes, le Bénéfce d'Exploitation est de 1.528.405 fr. 33 contre 1.320.687 fr. 27, soit une augmentation de 207.718 fr. 06; le Revenu du Portefeuille et Divers représente 173.291 fr. 66, contre 91.837 fr. 01, soit une augmentation de 81.454 fr. 65, résultant de l’emploi des fonds disponibles compensant en partie l’augmentation des intérêts d’emprunts que nous trouverons en dépenses ; la part de la charge des emprunts imputable au premier établissement est de 49.940 fr. 32, suivant calcul soigneusement établi, contre 45.390 fr. 58, chiffre à peu près équivalent l’an dernier.
- En dépenses, les Intérêts des Emprunts représentent 555.991 fr. 60, contre 447.921 fr. 88 en 1912, soit une augmentation de 108.069 fr. 72, correspondant à un peu plus d’un semestre d’intérêts pour l’emprunt nouveau, et les Moins-values et Divers 28.523 fr. 77. contre 14.485 fr. 20.
- Nous pensons que vous serez d’accord avec nous pour apprécier les bons résultats de l’exercice écoulé et ne pouvons que vous engager à approuver le Bilan tel qu’il vous est soumis.
- Paris le 9 mars 1914.
- HENRI BLOCH, MARCEL FORRET, ERNEST TIIOMAIN.
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- RÉSOLUTIONS
- PREMIÈRE RÉSOLUTION
- L'Assemblée générale ordinaire des Actionnaires de l’Energie Electrique du Nord de la France, réunie à Paris, le 27 mars 1914, après avoir entendu lecture du Rapport du Conseil d’Administration et du Rapport des Commissaires des Comptes, approuve les comptes et le Bilan tels qu’ils lui sont présentés, ratifie en tant que de besoin toutes les opérations effectuées par les Administrateurs dans le courant de l’exercice et leur donne quitus de leur gestion pour l’exercice 1913.
- DEUXIÈME RÉSOLUTION
- L’Assemblée générale des Actionnaires décide de faire les amortissements et prélèvements suivants en vertu de l’article 42 des Statuts :
- Produits de l’exercice.............................................1.167.121 94
- Amortissement d’obligations (212) 106.000 francs
- Appliqué à :
- Amortissement de la prime d’émission. 13.045 85 Fonds d’amortissement général. . . 92.954 15
- ----------- 106.000 »
- Affectations à :
- Fonds de renouvellement............................. 100.000 »
- Fonds d’amortissement général....................... 307.045 85
- ------------ 513.045 85
- Reste produit net
- 654.076 09
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- Report.
- 5 % réserve légale.........................................
- Reste......................................................
- Dividende 5 %...............* ......................
- 15 % au Conseil............................................
- Solde......................................................
- Report des exercices précédents.......................‘ •
- 1 % de superdividende................................ . . .
- Report à nouveau (appartenant aux Actionnaires). . . . '.
- 654.076 09
- 32.703 80
- 621.372 29
- 500.000 »
- 121.372 29
- 18.205 83
- 103.166 46
- 51.814 05
- 154.980 51
- 100.000 ))
- 54.080 51
- Le dividende de 6 % par action, sous déduction des impôts, conformément aux Statuts, sera payé aux Actionnaires à dater du 15 avril 1914, aux caisses suivantes :
- Siège social, à Paris.
- Alfred GANS et Gi0, 20, rue Laffitte, Paris.
- BANQUE PRIVÉE, 30, rue Laffitte, Paris.
- BANQUE TRANSATLANTIQUE, 10, rue Mogador, Paris.
- BANQUE DE L’UNION PARISIENNE, 14, rue Lepelletier, Paris.
- CRÉDIT FONCIER D’ALGÉRIE ET DE TUNISIE, 43, rue Camfion, Paris. CRÉDIT LYONNAIS, boulevard des Italiens, Paris.
- CRÉDIT DU NORD, 43, rue Etienne-Marcel, Paris.
- CRÉDIT DU NORD, à Lille.
- BANKVEREIN SUISSE, à Bâle.
- BANQUE SUISSE DES CHEMINS DE FER, à Bâle.
- La somme à payer par action en échange du coupon n° 5, s’élèvera donc à :
- Pour les actions nominatives.......... 14 fi*. 40.
- Pour les actions au porteur........... 13 lr. 56.
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- TROISIÈME RÉSOLUTION
- L’Assemblée générale nomme comme Administrateurs pour une période de six années : MM. Lion et Verstraeten.
- L’Assemblée générale constate l’acceptation des Administrateurs réélus.
- QUATRIÈME RÉSOLUTION
- L’Assemblée générale nomme comme Commissaires des Comptes :
- MM. Henri Bi .0011,
- Marcel Forret,
- Ernest Tiiomain,
- et fixe leur rémunération à la somme de 1.500 (quinze cents) francs pour les trois Commissaires réunis.
- Elle décide qu’en cas d’impossibilité pour un ou deux Commissaires des Comptes, les deux autres ou celui restant pourront opérer seuls.
- L’Assemblée constate l’acceptation des Commissaires désignés par elle.
- CINQUIÈME RÉSOLUTION
- L’Assemblée générale donne acte au Conseil d’Administration du compterendu qui lui a été fait, conformément à l’article 40 de la loi du 24 juillet 1807, de l’exécution des marchés ou entreprises traités avec les membres du Conseil d’Administration ou avec des Sociétés auxquelles ils appartiennent, leur donne acte de toutes les conventions intervenues et les approuve d’une façon définitive en tant que de besoin.
- Elle leur renouvelle pour l’exercice d914 l’autorisation prévue par la loi précitée.
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- ÉNERGIE ÉLECTRIQUE DU NORD DE LA FRANCE
- Bilan au 31 Décembre 1913
- ACTIF PASSIF
- — - - - —
- FK. C. Fit. (1.
- Usines et Réseaux 19.540.279 24 Capital - Actions 10.000.000 »
- Mobilier et Outillage . . 47.127.19 %
- Amortissements antérieurs • • 47.126 19 1 » Obligations en circulation 13.654.500 »
- Portefeuilles de Contrats . . 84.249 35
- Amortissements . • 84.248 35 1 »
- Frais de Constitution et de 1°‘ Etablissement. . . . . . 499.801 »
- Amortissements . . 499.800 » 1 )i %
- Apports primitifs . 300.000 » Réserve légale 55.472 98
- Prime de Remboursement des Obligations . . 1.723.583 60 Fonds de renouvellement 600.000 »
- Amortissements . . . . . 29.142 49 1.694.441 11
- Fonds d’amortissement général 300.000 »
- Rachat des Parts de Fondateur 500.000 »
- Portefeuille - Titres . . 431.002 »
- Amortissements . . 164.870 » 266.192 »
- Banques et Caisses . . 907.752 12 ' Créditeurs à terme 205.000 »
- Débitenrs divers . . 1.130.54809 J
- Loyers et redevances d’avance . . 250 » ' > 3.253.970 82 Créditeurs divers 434.581 24
- Impôts sur Titres . . 44.60200
- Bons du Trésor et effets à recevoir . . 1.170.818 55 Compte d’ordre. Travaux de la Ville de Tourcoing 129.979 73
- Magasins et Approvisionnements 748.932 79
- Bénéfices reportés 51.814 05
- Compte d’ordre. Travaux de la Ville de Tourcoing. . 129.979 73
- Résultats de l’exercice. 1.167.121 94
- Travaux en cours 164.671 25
- 26.598.469 94
- 26.598.469 94
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- ÉNERGIE ÉLECTRIQUE DD NORD DE LA FRANCE
- Bilan an 31 Décembre 1913
- COMPTE DE PROFITS ET PERTES
- RECETTES DÉPENSES
- FR. C. ' FR. C.
- Bénéfices d’Exploitation 1.528.405 33 Intérêts des Emprunts 555.991 60
- Revenus du Portefeuille et divers. . . 173.291 66 Moins-values et divers . 28.523 77
- Part de la Charge des Emprunts imputable au premier Etablissement. . . 49.940 32 0 Résultats de l’Exercice 1.167.121 94
- 1.751.637 31 1.751.637 31
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- ÉNERGIE ÉLECTRIQUE DU NORD DE LA FRANCE
- ACTIF
- Bilan d’entrée au 1er Janvier 1914 {Début du 8me Exercice social).
- Après application des résolutions votéeaP^r l’Assemblée générale du 27 mars 1914.
- PASSIF
- FR G. — FR. c.
- Usines et Réseaux 19.540.219 24 Capital-Actions . 10.000.000 »
- Mobilier et Outillage 47.127 49 1
- Amortissements antérieurs 47.126 19 » » Obligations en circulation . . 13.654.500 ï)
- Portefeuille de Contrats 84.249 35
- Amortissements 84.248 35 1 »
- Frais de Constitution et de Ier Établissement. . . . 499.801 »
- Amortissements 499.800 » 1 >f
- Apports primitifs 300.000 ») Réserve légale 88.116 18
- Prime de Remboursement des Obligations. 1.723.583 60 1.681.395 26 Fonds de renouvellement 100.000 ))
- Amortissements 42.188 34
- Rachat des Parts de Fondateur 500.000 )) Fonds d’amortissement général 100.000 »
- Portefeuille-Titres Amortissements 431.062 » 266.192
- 164.870 »
- Banques et Caisses 907.752 12
- Débiteurs divers . 1.130.548 09 Créditeurs à terme 205.000 »
- Loyers et redevances d’avance 950 » ) 3.253.910 82
- i Créditeurs divers 434.581 24
- Impôts sur Titres 44.602 06 i
- Bons du Trésor et Effets à recevoir. . . ... 1.170.818 55
- Magasins et Approvisionnements 148.932 19 Compte d’ordre. Travaux de la Ville de Tourcoing 129.919 13
- Compte d’ordre. Travaux de la Ville de Tourcoing . . 129.919 13 Dividende 1913. 618.205 83
- Travaux en cours. ... 164.611 '25 Bénéfices reportés (appartenant aux actionnaires) 54.980 51
- 26.585.424 09 26.585.424 09
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