La Lumière électrique
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- La Lumière Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITE
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- La
- Lumière Électrique
- Précédemment
- I/Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DES APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- <H9H>
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. d’ARSÔNVAL A. BLONDEL Eric GÉRARD
- PROFESSEUR AU COLLÈGE DE FRANCE, PROF. A L’ÉCOLE DES PONTS ET CHAUSSÉES, DIRECTEUR DE L’iNSTITUT
- MEMBRE DE L’iNSTITUT MEMBRE DE L’iNSTITUT ÉLECTROTECHNIQUE MONTEFIORE
- M. LEBLANC
- PRÉSIDENT DE LA COMMISSION ÉLECTROTECHNIQUE INTERNATIONALE
- G. LIPPMANN D. MONNIER f
- PROFESSEUR A LA SORBONNE, PROFESSEUR A L’ÉCOLE CENTRALE
- MEMBRE DE L’iNSTITUT DES ARTS ET MANUFACTURES
- A. WITZ
- D® DE LA FACULTÉ LIBRE DES SCIENCES DE LILLE, MEMBRE COJRR* DE L’iNSTITUT
- TOME XXX (a* Série)
- 3e TRIMESTRE 191a
- kÉD ACTION Et ÀDMl NiSTRATl CM
- 64 RUE [du rocher, 6 PARIS, VIII*
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- Trente-septième année
- SAMEDI 3 JUILLET 1915.
- Tome XXX (2« série). N° 25
- llWiniVVV»YlTlViViMiVfi-i* V - -----*----** **AAAAAAAAJ
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- E. BELLINI. — La portée des aériens à ondes dirigées........... .......................
- J. CARLIÈR. — La traction électrique (Suite).
- Publications techniques
- Stations centrales
- L’alimentation d’énergie électrique dans les Pays-Bas. — H. Vebhagen...................
- i
- H
- 16
- Transmission et Distribution
- Recherche des isolateurs défectueux.......... 19
- Electrochimie
- Isolement électrolytique du fil d’aluminium. —
- G.-E. Skinner et L.-W. Chubb.............. 20
- Echos de la guerre
- Sur la liquidation de la Société d’éclairage électrique de 1886. (Fin)................. 21
- Renseignements Commerciaux................... 24
- LA PORTÉE DES AÉRIENS A ONDES DIRIGÉES «
- Le projet d’un aérien vertical ne présente pas de grosses difficultés, excepté dans des cas extrêmes, c’est-à-dire dans le cas d^s très grands postes ou dans le cas des très petits postes (aéroplanes, sous-marins, etc.). En effet, en général, on établit l’aérien comme on peut, en tenant compte des conditions locales et on s’arrange ensuite pour tirer le meilleur parti possible de cet aérien imposé par les circonstances matérielles. Ainsi, dans le cas des installations de bateaux, la hauteur et la distance des mâts, la présence des cheminées, etc., déterminent la forme et les dimensions de l’aérien. En général, on obtient des résultats suffisants.
- Les deux conditions fondamentales auxquelles doit satisfaire un aérien vertical pour qu’il ait une bonne portée, sont i
- i° Celle de présenter une capacité suffisante pour que le éourant dans l’antenne soit suffisamment intense et pour que la longueur d’onde
- (4) Voir La Lumière Electrique, n° 9 du 27 février 1909.
- naturelle de l’aérien se rapproche le plus possible de celle à transmettre ou à recevoir.
- 20 Celle d’avoir le ventre de courant dans une position favorable au rayonnement. Cette condition est satisfaite par la nature même de cet aérien, quand la self inséréeàlabasede l’antenne n’est pas excessive, car fa prise de terre fait naître le ventre de courant dans la partie basse de l’aérien.
- Mais pour un aérien à ondes dirigées les choses ne se passentpas tout à fait de la même manière. Il faut dans ce cas satisfaire à des conditions supplémentaires, sans lesquelles la portée de ces aériens devient extrêmement petite. Et c’est à la nonobservation de ces conditions qu’il faut attribuer l’opinion très répandue que les aériens à ondes dirigées ont une portée très inférieure à celle des aériens verticaux. On attribue cette prétendue infériorité à l’absence de la prise de terre. Rien n’est moins justifié qüe cette opinion. En effet, un aérien à ondes dirigées bien fait a une portée très sensiblement supé„
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXX (2» Série). — 2$.
- rieure à celle de l’aérien vertical correspondant.
- Je ne m’occuperai que de l’aérien Blondel ('), le seul qui est vraiment à ondes dirigées et le seul qui est entré dans la pratique.
- L’aérien Blondel est formé soit par deux
- antennes verticales, oscillant en opposition de phases (* *) (fig. i), placées à la distance f<(',soit
- par des cadres (fig. a, 3 et 4) dont les parties verticales (ou ayant une projection verticale) oscillent en opposition de phases et dont la largeur est
- inférieure à -. Les caractéristiques d’un aérien a
- sont les mêmes pour la transmission et pour la réception. Aujourd’hui ces aériens sont employés presque exclusivement pour la réception, pour déterminer, à l’aidé d’un dispositif radiogonio-métrique, la direction d’un, poste transmetteur. Nous considérerons donc ces aériens au point de vue de la réception.
- La portée d’un aérien est proportionnelle à l’énergie reçue. Cette énergie à régime permanent, l’aérien étant syntonisé, est à chaque instant
- g2
- égale à -, on e représente la force électromotrice
- induite dans"l’aérien parle champ électromagnétique et r représente la résistance de l'aérien.
- Cette résistance se compose de la réMÉtanoe ohmlque, de celle de rayonnement, de celle correspondant à l’hystéresis diélectrique, etc. La valeur de cette résistance varie suivant les aériens • 11 est très difficile de la déterminer a priori pour
- (*) Brevet anglais u 435/03, Brevet belge i63,5iÇ/ou,
- (*)On dit que 4eu* antennes verticales égales oscillent
- en oppositlpo 4e phases, lorsque au même instant, les courants sont égaux, mais que aans l’une des antennes il est dirigé vers le haut et dans l’autre vers le bas.
- chaque type ou dimension d’aérien. Dans le cas de l’antenne verticale ordinaire la prise de terre entre en grande partie dans la valeur de cette résistance.
- Dans cette étude nous n’aborderons que la moitié du problème, celle de la détermination pour certains types d’aériens de la force électromotrice qu’un champ électromagnétique d’intensité égale à l’unité engendre dans chacun d’eux. Pour les aériens dirigés nous devons évidemment supposer que la direction de propagation du champ est contenue dans le plan de l’aérien, car dans ce cas la force électromotrice est maximum.
- Pour déterminer oes forces électromotrices imaginons l’aérien sectionné par un nombre infini de plans horizontaux infiniment rapprochés (!). La force électromotrice que nous cherchons est la somme des forces électromotrices élémentaires induites dans les éléments de l’aérien.
- La force électromotrice dans un élément dépend, comme il est bien connu, de la position de l’élément sur l’aérien, Elle est maximum quand l’élément occupe un ventre de courant : elle est nulle quand l’élément occupe un ventre de potentiel et varie suivant la loi sinusoïdale pour les autres positions.
- Ceci posé, passons aux calculs.
- Aérien vertical filiforme {fig. 5). — L’amplitude de la force électromotrice induite a la valeur
- arcy
- X
- , x r whi
- au ~ — h \ 1 — cos — 1
- ait L ^ J
- où E représente la forpe électromotrice induite dans une partie de l’aérien, de longueur égale à l’unité, disposée dans le ventre de courant-Le maximum s’obtient pour
- h =
- X
- E.
- Couple d’antennes verticales filiformes, •— L’amplitude de la force électromotrice induite dans un aérien filiforme dn type de la figure 1 aura évidemment la valeur
- _ . 1d fh. aity X „ . t.I f arù~l
- e==aEsin-^'J)Sm^- d|/==-E sin^- f 1 — eue---J,
- (1) Voir Jahrbuch der drahtlosen Télégraphié und T? If phonie, vql. I, page 894.
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- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 1 juillet Hit».
- 3
- Le maximum «'obtient pour
- = era„ = —E. a «
- Ces formules montrent que la force éleotro-motrioe induite dans un aérien à ondes dirigées peut être deux fois plus grande que celle induite dans une antenne verticale.
- Cadre rectangulaire. — L’amplitude de la force
- électromotrice induite dans le cadre rectangulaire (fig. a) a la valeur élémentaire
- rfe=2Esin---<'0s
- À
- r l+v
- •1 A
- _ 4
- ///^Æsin^cosJ^^i-J^Jjy.
- i+iyi
- L’amplitude de la force électromotrice totale sera par conséquent
- „ . t.I rh T 14- a y J
- e = ,R»'a j j '“L'-TT" \ " =
- = .Esin — ffco^cos^-.in^in^W^
- aJ 0 L A A X XJ*
- r . rh »«//, „ . S-l rh. i%y
- =2Lsm—-cos— / cos——ay—aEsin-'— / sin —-ay=
- X X J o X KJo X
- P X . Ttl T.l . 1T.1l _X . %lr 1Tth~\
- =E-sin— cos — sin —-E-sin^ — I i—cos1=
- rX X a it aL XJ
- _ X . id p . it(/4-aA) . nl~\
- = E - sin — sin ——--' — sin -r- .
- ir XL X . XJ
- En elTectuant la dilïérence entre parenthèses on obtient
- pX . %l . it h % [lh)
- e=at - sin — sin —— cos —— --.
- ir X X X
- Çette expression est symétrique par rapport à
- l et À h. Il est» par conséquent, indifférent de disposer le c0té long du rectangle horizontalement ou verticalement.
- Quand l et h sont très petits par rapport à X on peut confondre sans erreur sensible les sinus avec les arcs et prendre le cosinus égal à l’unité. On obtient alors
- p Ih
- e — auE y*
- Fig. 3.
- Cadre triangulaire fermé en haut (fig. 3). — La force électromotrice élémentaire a la valeur
- <fc = » E. ,in [« g] co. y/A> + |] dy =
- = E •t" ftS,+’ y/4’+l'èdy +
- + e,i“o('-V*'+t}
- D’où
- e=E-
- X/i
- x(/J-a^/ /»a+Q
- +
- +E-
- X/t
- rr^-
- =E______
- n(^4-»y/^2+-
- Ha-VOf
- ^(/+Va,+t)!
- +
- +E-
- \h
- H'-VK)'
- !—co,ï('-iV*,+f) '
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXX (28 Série). — lf* 25.
- En développant en série les cosinus dans les parenthèses et en réduisant on obtient
- e = E ~ rïxo'- [»'• + * « «’] + •• j-
- Cette expression n’est pas symétrique par rapport à l et à h. Il n’est donc pas indifférent de faire un aérien très pointu ou très aplati, à égalité de surface. Le premier est plus favorable que le second. Mais quand ses dimensions sont très petites par rapport à la longueur d’onde, il est indifférent que l’aérien soit très pointu ou très aplati, pourvu que sa surface reste constante. Dans ce cas, en effet, on peut écrire sans erreur sensible
- expression symétrique par rapport «à A et à l.
- Aerien triangulaire ouvert en haut (fig. 4). — La force électromotrice élémentaire a la valeur
- * = *E sin [*55]sin [tsV*’ + ?]=
- ^GlO-’xA’+ï)]^-
- e =„» g (z+y ,,>+?)].
- La valeur de l’amplitude de la force électromotrice totale sera par conséquent
- e = E
- E
- \h
- / / n
- *v+*V*’+ï
- En développant en série les sinus on obtient
- i.3.3.4
- Comme dans le cas précédent un aérien pointu est préférable à un aérien aplati. Mais, à différence du cas précédent, cette condition est vérifiée aussi pour h et l très petits par rapport à la longueur d’onde. Dans ce cas, en effet, on peut écrire sans erreur sensible
- =lEr.*V*’
- + ?•
- expression qui n’est pas symétrique par rapport à l et à. h.
- Une circonstance importante au point de vue pratique divise la classe des aériens ouverts à leur partie supérieure de celle des aériens fermés en haut.
- Dans les aériens de la première classe il est toujours nécessaire de constituer au moins les parties verticales (ou ayant une projection verticale) de treillis de fils pour donner à l’aérien de la capacité. De là, nécessité d’employer des soutiens spéciaux et relativement lourds, ce qui, surtout à bord, présente des inconvénients.
- Dans les aériens fermés en haut, au contraire, la capacité étant localisée dans le condensateur inséré à la base de l’aérien, on peut sans incon-
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- Huillat 1918.
- Là LÜMÎÈRË ÊLJËCÎRiQiÜË
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- vénient employer un conducteur unique pour la constitution de l’aérien. D’où légèreté de l’aérien et de son support.*
- Dans les calculs qui précèdent nous avons supposé que les aériens étaient filiformes. Dans le cas où ils sont formés par des treillis, le même calcul est valable, en prenant soin de tracer à l’avance les courbes de répartition du potentiel ou du courant dans ces aériens.
- Du développement mathématique précédent
- Fig. 6.
- on tire la règle suivante pour le projet des aériens à ondes dirigées :
- Il faut projeter les aériens à ondes dirigées de façon que les ventres de courant se trouvent dans les parties verticales (ou ayant une projection verticale) de l’aérien et que leur écartement soit maximum.
- On est, à cause de cette condition, souvent conduit à allonger l’aérien et à le faire osciller en onde stationnaire suivant le troisième harmonique (*). Des exemples éclairciront ccs idées.
- Premier exemple. — Il s’agissait dans un cas d’établir un poste à ondes dirigées pour l’onde unique de 3oo mètres. L’aérien était soutenu par quatre pylônes de 46 mètres de hauteur, entre les têtes desquels étaient tendus les câbles en fer, auxquels étaient suspendus les fils formant l’aérien. Les pylônes étaient disposés aux quatre coins d’un carré de 80 mètres de côté. On pouvait mesurer l’énergie rayonnée en observant les
- (') J’appelle « premier harmonique » l’oscillation fondamentale et « troisième harmonique » l’oscillation de fréquence triple. Le premier qui a eu l’idée d’exciter un aérien à ondes dirigées suivant un harmonique a été M. A. Blondel (voir les brevets anglais et belge cités ci-dessus).
- déflections d’un thermogalvanomette de Duddell placé à la distance de 3 kilomètres environ.
- On commença pat1 construire l’antenne comnle indiqué à la figure 6. Dans ce cas le ventre de courant, unique, se trouvait au point le plus bas de l’aérien. Les courants dans les parties inclinées avaient une intensité nulle à leurs parties supérieures et assez élevées à leurs bases. Mais, comme celles-ci étaient très rapprochées, leur action devait être forcément limitée. L’aérien devait être un mauvais radiateur et un mauvais récepteur. En effet, le galvanomètre Duddell ne déviait presque pas.
- On transforma alors l’aérien comme il est
- Fig. 7.
- indiqué par la figure 7. On allongea les fils horizontaux et on les disposa en zigzag pour obtenir un aérien qu’on puisse faire vibrer en onde stationnaire suivant le troisième harmonique. Le galvanomètre Duddell accusa une déflection de n3 millimètres. Une bonne antenne ordinaire installée dans le même poste et excitée dans des conditions équivalentes donnait une déflection de 35 millimètres. Les essais de transmission à grandes et à très grandes distances ont confirmé que la portée de l’aérien dirigé était supérieure à celle de l’aérien vertical.
- La disposition en zigzag des fils horizontaux se prête admirablement à l’excitation suivant un harmonique. Des bobines de self disposées à la place de ces zigzags ne permettent pas d’atteindre le même but. La raison de ce résultat négatif réside dans le fait que la capacité et la self-induction d’une bobine par unité de longueur sont très différentes de celles d’un conducteur filiforme ou d’un faisceau de fils en parallèle.
- Deuxième exemple. -— Supposons qu’on construise un aérien ayant les dimensions et la forme indiquées à la figureS pour recevoir une longueur d’onde de 1 000 mètres. Le ventre de courant se trouvera au centre du trait horizontal, dans le
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- secondaire du transformateur. Le courant sera nul aux extrémités supérieures des traits verticaux et aura à leurs bases à peu près l’amplitude Ininx sin — .- = 0,12 Ima* où Imax indique
- l’amplitude de l’intensité au ventre de courant. L’intensité du courant sera donc aussi pratique -
- ___±.
- Fig. 8.
- ment nulle aux bases des traits verticaux. Cet aérien n’aura donc presque pas de portée pour l’onde de 2 000 mètres.
- Si on constitue les traits verticaux par des fils en parallèle on améliore légèrement l’aérien, sans toutefois le rendre bon récepteur.
- Mais, sans rien changer à ses dimensions, on peut rendre cet aérien un excellent récepteur pour l’onde de 2 000 mètres en le transformant,
- comme il est indiqué par la figure 9. Dans ce cas ,1e ventre de courant se trouve au centre du trait horizontal supérieur. Le courant aux extrémités supérieures des traits verticaux a la
- valeur Imax cos -— - = 0,90 Imax et à leurs 5oo 2
- , t 80 7t • . ,
- bases lmax cos ----= 0,97 lmax. Le courant dans
- 5oo 2
- les traits verticaux a donc sensiblement la même valeur que dans le ventre de courant. Et comme les traits verticaux sont à 80 mètres = 0,04 X, cet aérien pourra recevoir encore assez bien la longueur d’onde de 2 000 mètres. La pratique a, en effet, démontré que cet aérien est excellent récepteur.
- Troisième exemple. — Supposons qu’on veuille
- recevoir une onde de 200 mètres avec l’aérien de la figure 10.
- Les ventres de courant se formeront aux bases des côtés inclinés et seront distants de 60 mètres =: o,3o X. L’aérien sera donc dans de bonnes conditions pour recevoir l’onde voulue. 04i pourra encore l’améliorer en constituant les traits inclinés avec des treillis de fils.
- Mais si on fermait l’aérien à sa partie supérieure le courant serait maximum à l’ouverture supérieure et serait nul auxbases des côtés inclinés. Cet aérien serait donc moins favorable que le précédent pour la captation de l’onde de 200 mètres.
- Quatrième exetnple. — Pour un aérien moyen de bateau, de forme triangulaire de 15 mètres de côté, le type fermé en haut est plus favorable que le type ouvert à sa partie supérieure pour les longueurs d’onde commerciales de 3oo et 600 mètres.
- E. Bellini.
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- LA TRACTION ELECTRIQUE (Suite)™
- CHAPITRE IV
- Les lignes d’adduction.
- Pour transmettre l’énergie électrique aux trains, il est nécessaire de disposer un conducteur le long dès voies; ce peut être un troisième rail ou un fil aérien.
- Un ou plusieurs collecteurs, fixés au train, s’appuient sur ce conducteur et apportent l’énergie au train.
- Le troisième rail est utilisé pour le courant continu seulement jusqu’à i 5oo volts de tension. Exceptionnellement, la tension est portée à 2 400 volts. La résistance électrique du troisième rail est beaucoup trop grande au passage du courant alternatif, pour qu’il soit possible de l’utiliser au transport de celui-ci.
- On ne saurait collecter d’un fil aérien une intensité de courant aussi grande que d’un troisième rail. Dans ces conditions, il faut, pour une même puissance, augmenter proportionnellement le voltage.
- Sous une tension de 65o volts, on peut, au démarrage, prendre à un troisième rail, par un seul sabot collecteur, une puissance de 2 000 chevaux; il faudrait unetension d’au moins 4 000 volts pour capter la même puissance d’un fil aérien.
- Fil aérien.
- Pour des tensions et des vitesses élevées, le fil
- Fig. 5. Fig. 6. — Suspension du fil
- Fil de travail du London de travail du London and
- and Brighton Ky. Brighton Ry,
- d’adduction en cuivre ou fil de travail (fig. 5) d’un
- (') Voir Lumière Electrique des 19 et 26 juin 1915, p. 265 et 293.
- diamètre de 0,4 ou o,5 de pouce (12 à i3 millimètres) est suspendu au-dessus de la voie, par des attaches à des intervalles réguliers à un ou deux fils ou câbles en acier ou en bronze (fig. G) au silicium, qui ont une grande résistance.
- Les fils de suspension sont supportés par des
- Fig. 7. —Ligne d’adduction du London and Brighton Ry.
- potences (fig. 7), dans le cas d’une ou deux voies ou par des passerelles, lorsqu’il faut alimenter deux ou plusieurs voies (fig. 8). (1 arrive aussi que le portique ne peut être établi, on a alors recours à un système à. potence renforcé par un second montant latéral (fig. y).
- En résumé, comme le montrent les photographies ci-dessous, les moyens de suspension du câble porteur varient d’après les circonstances : on supporte la ligne d’adduction, comme on le peut. Les figures 10, n et. 12 montrent les variétés de ces systèmes, qui ne sont pas faites, il faut l’avouer, pour plaire à l’œil, mais qui sont, néanmoins, très ingénieuses.
- Dans les tunnels, ordinairement de forme circulaire, l’attache est réalisée à des poutres horizontales, scellées dans les parois (fig. i3).
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- B
- Là LÜMlè.RÈ ËLËCTRÏQUË ¥. fcXX (2e èérie). - »• à$,
- Les câbles de suspension sont fortement isolés, àux points d’attache, an moyen d’isolateurs en porcelaine.
- La suspension caténaire évite au fil d’adduction les efforts mééaniques, lui permet une grande flexibilité et un grand isolement.
- La disposition utilisée au North Eastern Rail-way (Shildon à Newport) est indiquée sur les figures 14, if» et 16. Il y a un double fil de contact, et chaque pantographe possède deux barres de frottement en aluminium.
- pendue et maintenue latéralement afin de suivre la voie, à peu près axialement.
- La figure 19 représente la soüs-station de Bryn Mawr; le courant de l’usine génératrice y arrive à 44 000 volts; et il y est abaissé à 11 ooo volts par des transformateurs statiques.
- Bryn Mawr est l’une des trois sous-stations de la ligne de 20 milles, qui sont disposées respectivement à West Philadelphia, Bryn Mawr et Paoli.
- Fig. 8. — Ligne d’adduction du London and Brighton Railway.
- La ligne aérienne monophasée du Pennsylvania Railroad, sur sa voie principale de Philadelphie à Paoli de 20 milles de long est montrée aux figures 17, 18 et 19 ('). La figure 17 montre l’équipement en alignement droit et la figure 18 fait voir comment la ligne d’adduction est sus-
- (4) La Lumière Electrique du so juin 1914, p. 79x, a décrit cette électrification qui n’est pas encore actuellement ouverte au ,service régulier.
- La collection du courant du fil de contact se fait au moyen de trolleys, d’archets ou de pantographes. Pour les chemins dcfer légers, letrolley est possible ; pour les chemins de fer lourds, on ne peut utiliser que l’archet ou le pantographe ; car il faut, quelles que soient les circonstances de la route, que le collecteur de courant reste en contact avec la ligne d’adduction.
- Les archets et pantographes doivent être très souples de manière à s’abaisser et se relever aisé-
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- lfig. 9. — Ligne d’ndduetion du London and Brighton Ry. — Nécessité de construire une potence capable de couvrir quatre voies, au lieu d’un portique, parce que la Compagnie voisine ne voulait pas laisser établir • le montant d’un portique dans l’entrevoie.
- Fig. 10. — Ligne d’adduction du London and Brighton Ry, ii Streatham Hill. — Portique et potence à la fois.
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- Il)
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- Fig. ii. — London and Brighton Ky. — Train à la sortie du tunnel de Grystal Palace, entrant dons la gare du même nom.
- Fig. xa, — Lignes d'adduction en gare de Victoria à Londres»
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- 11
- ment à toutes les variations de la hauteur du fil adducteur au-dessus de la voie.
- Troisième rail.
- Fig. iî. — Attache de la ligne d’adduction en tunnels. London and Brighton Ry.
- Fig. 14 et i5. — Suspension caténaire.
- Norlli Eastern Ruilway (ligne de Sliildon à Newporl). Gourant continu à i 5oo volts.
- ~Fii de suspensif* principal
- Fil Ote suspensionprincipal
- ÜFits et» tr»v»il
- X I X
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- Fig. 16. — Portique de pleine voie. (Aycliiïe sur la ligne de Shildon à Newporl).
- tactavecle capteur de courant etsa conductibilité. Ordinairement, on exige que la résistivité de l’acier, qui compose le troisième rail, n’excède pas sept fois celle du cuivre pur.
- On Voit au tableau VI comparativement, les compositions chimiques des rails.
- On admet, en Angleterre, que l’équivalence, quant à la conductibilité, existe, à peu de choses près, entre un rail qui pèse 90 lbs par yard (43 kg. 750 par mètre) et un câble en cuivre de un square inch (G, 451 centimètres carrés) de section droite.
- Fig. 17. — Ligna aérienne monophasée du Pennsylvania Railroad (Philadelphia-Paoli). Tension du courant : 11 000 volts ; a5 périodes.
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- Tableau VI. — Compositions chimiques des rails.
- CARBONE % MANGANESE % PHOSPHORE % SOUFRE % SILICIUM %
- Rails porteurs o,o5 à 0,35 0,7 à 1 Ne pas dépasser 0,8 Ne pas dépasser 0,8 Ne pas dépasser 0,10
- Rails adducteurs o,o5 0,2 o,o5 o,o5 Traces
- Les rails sont ordinairement montés sur des isolateurs en porcelaine, en verre, ou en granit, ou matière isolante analogue, qui se répètent tous les i m. 5o.
- Aux endroits voulus, le rail est protégé contre
- celui dè M. Merz (*). Ce dernier a les plus grands avantages; il est prémuni contre les inconvénients de la neige, du verglas, etc...
- Mais il faut que le gabarit de la voie s’y prête; en Angleterre, le gabarit est trop étriqué.
- Fig, 18.—i Ligne aérienne monophasée du Pennsylvania Railroad (Philadelphia-Paoli). Tension du courant n ooo volts, a5 périodes.
- tout contact accidentel par des planches en bois verticales.
- Une autre forme de/ protection existe dans le dispositif utilisé par le Long Island Railroad (fig. 20), dans celui de Lancashire and Yorkshire Railway (fig. 21); enfin dans celui du New-York Central Railroad (fig. 22) et dans
- Le troisième rail doit être divisé en sections, de façon à pouvoir localiser les défauts. Déplus, les
- (M Le rail Merz est analogue à celui du New-York Central, sauf que le bourrelet renversé sur lequel s'appuient les frotteurs est venu de laminage avec l’âme et le patin. Il se pose donc directement sur les isolateurs, à la façon d’un rail droit, tout en présentant renversé le bourrelet de prise de courant.
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- Fig. 19. — Sous-station de Bryn Mawr : 44 ooo volts à ii oon volts de la ligne Philadelphia-Puoli
- du Pennsylvania Railroad.
- rails conducteurs doiventêtre parfaitement reliés
- yy////y//77//////////A
- Hg. ao. — Rail adducteur du long Island Railroad.
- entre eux par des conducteurs électriques ou « bonds ».
- ^Capteur du coûtant appartenant i U voiture
- Fig. 21. — Rail adducteur du Lancashire and Yorkshire Railway.
- Dans les voies de l’UndergrounddeLondres, le
- joint électrique des rails est réalisé par quatre u bonds », qui ont une section de i ,35 square inch (8,Go centimètres carrés).
- Les rails conducteurs sont ancrés à des isolateurs spéciaux, à peu près tous les /*o mètres. Les collecteurs, qui sont en fonte de fer ou d’acier
- Fig. 22. — Rail adducteur du New York Central Railroad.
- sontpressés contrele rail, parleur propre poidsou parties ressorts. Cette pression varie beaucoup : de io kilogrammes environ au District Raihvay (Londres) à 4o kilogrammes environ au Lancashire and Yorkshire Raihvay. — ---
- En Angleterre, le Board of Tradc exige souvent, dans le cas du continu, un quatrième rail comme
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXX. (2e Série). — N» 25.
- circuit de retour. Telle n’cst pas l’obligation ailleurs.
- Les rails porteurs, lorsqu’ils servent de circuit de retour, doiventêtre reliés électriquement entre eux, comme les rails,,conducteurs, l'ourse servir :?des Mils porteurs comme conducteurs pour les usages de la signalisation, on emploiera alors le courant alternatif pour celle-ci. Ces systèmes sont en usage en Amérique, etont été introduits
- vent, un peu plus élevé que celui du fil aérien, son entretien est minime et moindre que celui de l’équipement aérien (’).
- a0 C’est un dispositif essentiellement mécanique et l’expérience a démontré qu’il est sûr.
- M. Aspinall disait en 1909, dans son discours présidentiel aux Ingénieurs Mécaniciens à Londres :
- « Le troisième rail est facile à poser, bon
- Fig. aB. — Materiel de surveillance de l'équipement aérien sur le Brighton Ry.
- i-écërhment en Angleterre, où ils sont en usage sur lé Central London Railway.
- ‘La(; éhifirt® die' -tension dans les rails de la voie, avècTé nionophakë ou le triphasé, estplus grande qu’avec le continu ; et c’est pourquoi, par le ; Loildon and Brighton RaiRvay^ des transformateurs sont'utilisés pour l’éviter. .
- • LV'troisième rail a des avantages et des incon- :
- vénren^ par rapport à l’équipement aérien, à ; savoir'a _ . ;
- • ’t® Son capital d’instaUaftion est/ le plus sou- l
- marché d’entretien, et a prouvé, par la consécration d’une longue expérience, être la cause de fort peu d’accidents. »
- (*) La dépense d’installation de l’équipement aérien varie beaucoup de chemin de fer à chemin de fer ; c’est ainsi que la ligne monophasée du chemin de fer du Midi n’aurait coûté par kilomètre qu’un peu plus de 10000 francs, alors que la ligne du Brighton auraitcoûté à peu près 5o ooo fçancs. Celle de Shildon à Newport aurait coûté environ, 40 000 francs.
- Le troisième rail renversé moderne pourrait coûter plus de 40000 francs au.kilomètre,
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- 3 Juillet 1915. LA LUMIÈRE 'ÉLECTRIQUE
- 3° L,e troisième rail peut être entretenu, sans que le courant soit coupé, tout au moins sur une grande longueur ; les isolateurs peuvent être remplacés et d’autres travaux effectués pendant le trafic normal. Au contraire, l’équipement aérien demande à être surveillé et entretenu la nuit, le courant coupé.
- Au Brighton, la ligne aérienne est visitée une fois par mois ; au début, une fois tous les quinze jours ; et, tous les ans, on renouvelle les pièces douteuses. Cela se fait pendant les trois heures de nuit de l’interruption du courant, au moyen d’une voiture à pétrole (fig. 23).
- Les inconvénients du troisième rail sont les risques de contact, et le fait qu’une tension plus élevée que î 5oo volts présente des difficultés.
- Les risques de contact, l’expérience l’a prouvé, sont très réduits, mais pour l’équipement aérien, il n’y en a pas du tout.
- La possibilité d’utiliser des tensions plus
- élevées est évidemment un avantage très grand de l’équipement aériteh.
- Mais peur la visibilité des signaux, et les dépenses de surveillance et d’entretien, le fil aérien est moins avantageux.
- L’interruption du rail adducteur aux passages à niveau, lorsque la traction se fait par une locomotive, peut être un inconvénient sérieux, pour le cas des trains de marchandises par exemple.
- La question change d’aspect, lorsque la traction se fait, en majeure partie, en tunnel, comme au chemin de fer du Gothard. Dans ce cas, les supports du fil aérien étant gratuits, l’isolement du conducteur installé à la clef de la voûte est meilleur, la haute tension du fil aérien est indispensable; toutes ces raisons sont péremptoires pour l’installation du fil aérien.
- (A suivre.)
- J. Carlier,
- Répétiteur du cours d’exploitation des chemins de fer à l’Université de Liège.
- ERRATUM
- LES MOTEURS A COLLECTEUR DES USINES ÉLÉVATOIRES DE LA VILLE DE PARIS
- Dans l’article de M. Mahius Latour, Les moteurs à collecteur des usines'élévatoires de la Ville de Paris, paru dans le numéro du a6 juin 1915, les figures 6 et 8, page 292, ont été interverties.
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- ( ‘ M PUBLICATIONS TECHNIQUES
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- STATIONS CENTRALES
- L’alimentation d’énergie électrique dans les Pays-Bas. — H. Verhagen.
- L’attention du gouvernement néerlandais s’est portée, pendant ces dernières années surtout, vers le problème d’une alimentation d’énergie électrique rationnelle du pays. Il est arrivé à cet avis, qu’il existe, en effet, un besoin général d’énergie électrique, mais que l’importance, que pourrait avoir une alimentation rationnelle, grâce à l’état actuel de la science et la technique, pour l’industrie et le commerce, n’est pas toujours comprise dans les milieux intéressés. Il est vrai que le nombre des centrales électriques dans les Pays-Bas augmente successivement, mais l’avantage que l’on pourrait réaliser par cette nouvelle force disponible, se trouve sensiblement diminué par la manière dont les centrales sont disséminées à travers le royaume.
- La solution du problème, à savoir quelles seraient les mesures à prendre-, pour répondre de façon utile et économique aux besoins d’énergie
- d’hommes compétents et de fonctionnaires de l’Etat.
- Le rapport de la commission, qui vient de paraître, élucide ce problème au point de vue technique et économique, et la façon très minutieuse et claire, dont il traite toutes les questions qui s’y rattachent, devrait le rendre intéressant aussi pour d’autres pays. Il est divisé en dix parties et accompagné de /,G tableaux et iG plans et cartes très détaillés. Les annexes contiennent: le projet d’un décret royal pour la concession de la construction et l’exploitation d’installations de production, canalisations, transformation, distribution et fourniture d’énergie électrique, à l’exception delà traction, de télégraphes etde téléphones ainsi qu’un projet pour les conditions relatives aux concessions.
- Le travail peut se résumer comme suit :
- L’alimentation d’électricité actuelle.
- i° Alimentation par des centrales publiques. — 11 existait en Hollande au icr janvier 1913 en
- Tableau I. — Capacité des centrales néerlandaises au 1er janvier 1913.
- CAPACITÉ RW • . NOMBRE KILOWATTS participation a l centrales A TOTALITÉ EN % kilowatts
- jusque 5o 11 636 26,8 °»7
- 5i à 100 IO 710 I 1 yl 0 ,8
- 101 à uoo l5 2 096 l8,3 2,4
- 201 à 5oo l3 4 448 i5,9 5,0
- 5oi à 1 000 7 5 766 8,5 6,6
- 1 001 à 2 000 6 9 465 7>3 10,8
- 2 001 à 5 000 5 17 255 6,2 >9,9
- 5 001 à io 000 1 12 o5o 2,4 i3,8
- au-dessus de 10 000 1 35 080 a,4 40,0 -
- Ensemble : 82 87 5o6 . 100,0 IOO ,<>
- électrique dans les différentes contrées du pays et surtout en pays plat, fut confiée à une commission, instituée à cet effet en 1911, et composée
- tout 82 centrales électriques : 24 communales, dont 10 fournissent aussi du courant pour tramways ; 40 centrales privées ; 4~ centrales privées
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- 3 Juillet 1Ô18. LÀ LUMIÈRE
- appartenant à des Compagnies de tramways et i/i centrales comnié éxploitations accessoires d’entreprises industriëllés. La capacité totale de leurs producteurs de Courant était de 87 5oo kilowatts, celle des machines motrices 98 400 kilowatts. Il y est fait particulièrement mention de deux centrales des usines de l’Etat à Ileerlen, qui alimentent en même temps la plus grande partie du sud du Limbourg; 4 centrales du « Warterstaut » de l’Etat (administration des eaux de l’Etat) à Ymuiden (pour la commande de la grande écluse du canal de la mer du Nord et dçs installations du port) ; à Raamsdonk et Dussen (pour le dessèchement dë différents polders) ; à Terneusen (pour la commande'd’écluses, ponts tournants et pour l’éclairage du canal). Il existe de plus trois grandes installations de force motrice pour la commande de ponts de chemins de fer à Hembrug, Velzen et Gouda et plusieurs installations électriques dirigées par le département de la marine, dans les phares de Terschel-ling, Ymuiden, Schevéningue et Westkapelle.
- La capacité des centrales néerlandaises en date du icr janvier 1918 ressort du tablëau I.
- ' Dans ces entreprises étaient engagés des capitaux pour 84,5 millions de florins (i fl. 2 = 10 fr.)
- L’électricité fournie en 1912 s’élevait à :
- KWH
- Pour : Eclairage............. 32 231 446
- » Force motrice............ 33 772 792
- » Chemins de fer........ 3i 365 946
- Ensemble........ 97 370 184
- 20 Alimentation par des centrales d’usines privées. — Depuis la mise en usage de la première grue électrique dans les Pays-Bas, en 1913, le nombre des fabriques munies d’une alimentation électrique propre s’est rapidement accru. 11 y en avait au ie- janvier 1913 en tout 1 36o avec une capacité de 129500 kilowatts; 7057 moteurs d’une capacité totale de 62 984 kilowatts étaient raccordés à ces installations, tandis que 11 049 moteurs avec une capacité de 36 606 kilowatts seulement étaient alimentés par les centrales mentionnées au paragraphe 1.
- Il ressort de la statistique des installations d’exploitations électriques des pays donnée par le tableau II qu’en prenant le chiffre 1 comme nombre représentant les kilowatts installés dans les Pays-Bas, il se présente pour les autres pays comme suit. : Danemark 0,9; Belgique 2,7;
- ÉLECTRIQUE
- Tableau 11
- Comparaison des Pays-Bas avec quelques autres pays de l’Europe.
- PAYS SUPERFICIE EN KM3 NOMBRE d’habitants EN MILLIONS
- Pays-Bas 3a 600 6114
- Danemark 38 969 2 772
- Suisse............ 39 941 3 753
- Belgique 29 455 7 '•9°
- Suisse 6,4. Le développement devenait avant la guerre important en Belgique, où l’on commençait la construction de centrales électriques en même temps qu’en Hollande.
- Une comparaison de la consommation d’électricité dans 75 communes de l’Europe établit, par habitant, une moyenne de 29,9 à 56,3 et 68,9 kilowatts-heure pour les communes possédant un rayon d’alimentation avec une population de 5o 000, ion 000 et plus de 100000 âmes. Il y avait dans les Pays-Bas en 1912 9 communes avec moins de 5o 000 habitants, 6 avec 5o 000 à 100000 et 3 avec plus de 100000, qui accusaient respectivement une consommation de 16,1 ; 30,9; et 42,1 kilowatts-heure par tête.
- Consommation d’électricité future dans les Pays-Bas.
- Pour l’éclairage on constate une augmentation régulière et proportionnelle à la consommation du gaz. On s’attend à ce que, la première, la consommation d’énergie électrique atteigne pour les prochaines années, dans les villes de 10000 à 100000 habitants et en pays plat, respectivement 20, i5, et 8 kilowatts-heure. On devrait donc compter pour tout le royaume, sur une consommation totale de 84 787 kilowatts-heure.
- Afin d’établir jusqu’à quel point les industriels seraient disposés à cesser leur propre alimentation et à se raccorder aux centrales existantes ou à créer, on a procédé à une enquête minutieuse. Beaucoup étaient d’avis que le moyen le plus avantageux pour eux serait de laisser travailler leurs installations de force motrice, régulièrement autant que possible, à pleine charge, et de ne couvrir que leurs besoins supplémentaires éventuels dans une centrale publique. Un tel raccordement donnerait, à un prix qui, selon les
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- LA . LUMIÈRE ÉLECTRIQUjE T. XXX (2e Série). — N* 25.
- différentes branches de l’industrie, varie de a à 6 cents (4,a à 12,6 cent.) kilowatts-heure, des avantages. Des usines à plus grande consommation de vapeur, telles que brasseries, fabriques de margarine, papier, savonneries ne peuvent pas si facilement se borner à utiliser leurs chaudières que pour la production de vapeur à basse tension et prendre toute la force motrice ailleurs.
- La petite industrie préfère au moteur à explosion, qui, même en tenant compte de son combustible, est moins coûteux souvent, le moteur électrique à cause du nombre .inférieur d’heures de travail, qui présente une économie considérable. Mais on estime qu’il serait scabreux que le fabricant, quoique possédant lui-tnême une machine motrice, dépende de tierces personnes. Une seconde difficulté est le fait, que les administrations publiques qui débitent déjà du courant, ne veulent pas fixer de prix déterminé, de sorte que beaucoup hésitent à se raccorder entièrement à une centrale à cause de l’incertitude sur le coût du courant à acheter.
- L’enquête établit que l’on pourrait céder le courant à la grande industrie à un prix qui ne dépasserait pas 2 à 3 cents (4,2 à6,3 cent.) le kilowattheure et les grandes usines peuvent déjà le fournir à ce prix.
- On pense que la petite industrie saisirait encore l’occasion au prix de 8 à 10 cents (16,8 à 20,1 cent.). La consommation ainsi prévue s’établirait comme suit :
- Tableau III
- GRANDE PETITE
- INDUSTRIE INDUSTRIE
- Consommation d’é-
- nergie kw 297 141 - 31 566
- Valeur des raccor-
- dements 63 572 n 916
- Consommation an-
- nuelle en mille kilowatts-heure.. 170 858 12 i5i
- La consommation atteindrait donc au total i83 000 000 kilowatts-heures par an.
- Dans l’agriculture on s’attend à ce que l’application de l’électricité ne se fasse que pour des travaux spéciaux, comme par exemple le battage et la-mouture des fourrages ; on estime la
- consommation future à 3 690000 kilowatts-heure.
- Un intérêt particulier pour les Pays-Bas réside dans le maintien à l'état sec des polders, anciens marais ou mers intérieures, desséchés à cause de la fertilité de leur sol et qui exigent encore continuellement des travaux de drainage. Au début on employait à cet effet des moulins à vent, plus tard on utilisa des moteurs à vapeur, à combustion et à explosion, et maintenant on a aussi recours à l’énergie électrique. Deux centrales à Raamsdonk et Dussen, d’une capacité de 208 et 260 kilowatts, fournissent du courant alternatif de 3 000 volts et desservent respectivement 32 et 21 polders. Chaque polder possède une installation d’épuisement avec pompe centrifuge, qu’un moteur électrique actionne automatiquement, selon que l’eau monte ou descend.
- Sept centrales communales fournissent du courant pour des usages semblables. Les moteurs à vapeur existant ont une capacité totale de 18740 kilowatts, tandis que les moulins à vent accusent 6 700 kilowatts. Partout où ceux-ci doivent être remplacés par l’installation mécanique, on préférera probablement l’électricité aux moteurs à vapeur et à explosion ; mais on ne supprimera sans doute pas aussi facilement les toutes récentes installations de machines à vapeur.
- La quantité d’énergie dont on aura besoin prochainement pour cette destination est estimée à environ 135 000 kilowatts-heure.
- Comme moyen de transport, l’électricité est employé au grand chemin de fer électrique de La Haye-Rotterdam et par huit entreprises de tramways électriques dont la longueur totale atteint 85 kilomètres avec une consommation de 42 000 kilowatts-heure. Il faudra de plus tenir compte pour leur électrification, d’environ sept chemins de fer à vapeur dont la consommation annuelle est estimée à 29 000 kilowatts-heure.
- En résumé, les quantités d’énergie électrique qui pourraient être empruntées, dans l’avenir, aux centrales des Pays-Bas, sont estimées comme suit :
- Pour l’industrie..*.... 183 009 000 kwh .
- Pour l’éclairage...... 84 787 000 »
- Pour l’agriculture.... 3 690 000 »
- Pour le dessèchement
- des polders.......... i3 3g4 000 »
- Pour les chemins de fer. 36 6o5 000 »
- Total........... 221 485 000 kwh
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- LA LUMIÈRE ELECTRÎQUË
- à Juillet 1915.
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- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Recherche des isolateurs défectueux.
- L’ingénieur des lignes de transmission de la Puget Soud Traction, Light et Power Cy, M. I. Crawford a imaginé un système de recherche des isolateurs défectueux, à la suite d’une série d’ennuis dus au typé d’isolateurs droits employé sur l’une des lignes de la Compagnie.
- Des recherches montrèrent que les isolateurs en question ne présentaient généralement pas de large fissure radiale; une petite fissure, partant du champignon ou de la gorge latérale, faisait le tour du sommet et s’agrandissait jusqu’à ce qu’un courant de fuite se livrât passage à travers la masse isolante. La tendance qu’a une décharge en pinceau à passer dans le sens positif plutôt que dans le sens négatif a pour effet de redresser ce courant qui produit des phénomènes d’électrolyse sur les tiges d’isolateurs, pour la partie noyée dans le ciment. La dilatation intérieure en résultant, augmentant la tension interne de la porcelaine, en abaisse rapidement la résistance diélectrique.
- En bien des cas, on a trouvé des isolateurs qui fuyaient avec bruit quoique simplement craquelés et intacts en apparence. Mais dès que la ligature métallique était défaite, l’isolateur tombait en pièces.
- Comme on ne pouvait, en raison de la dépense, remplacer tous les isolateurs, on se contenta d’abord de le faire pour tous ceux dont les pertes étaient sensibles à l’ouïe, du sol même. Malheureusement, à ce degré de détérioration, les pertes étaient déjà considérables et les isolateurs sautaient souvent en produisant un arc qui endora-mageaitd’autres isolateurs. Dans ces conditions, les réparations prenaient un caractère d’urgence qui les rendait très onéreuses.
- Voici le dispositif qu’on a créé après de nombreux tâtonnements et qui permet de localiser les isolateurs défectueux dès l’origine de leur détérioration, en préservant, par ce fait, la ligne contre des accidents plus graves.
- Une paire de récepteurs de télégraphie sans fil' à i ooo ohms est convenablement aménagée pour la commodité et la sécurité de l’opérateur. Une lance à main constituée par un tube isolant armé d’une pointe en acier est piquée dans le poteau de ligne à contrôler et, à quelques pieds de ce dernier, on enfonce une tige pointue en terre. Les récepteurs sont intercalés entre ces deux pièces. Si les isolateurs sont tous sains, on percevra un son de même ton qu’au télégraphe et dû à la dérivation d’une partie du courant dé capacité des isolateurs par le sommet du poteau. Au contraire, si l’un des isolateurs perd, on entendra, en outre, un crachement.
- Le visiteur grimpera alors jusqu’aux isolateurs et fera son essai entre chaque isolateur et le centre de la traverse pour localiser le défaut.
- Le dispositif s’emploie de façon similaire pour les pylônes métalliques. Il permet de découvrir des isolateurs ne présentant qu’une très légère fissure et qui ne se perforeraient pas à un essai à moins de ioo ooo volts. Certains, présentant une fissure circulaire complète autour du champignon et qui se sont perforés sous 6o ooo à 65 ooo volts, n’avaient pu être décelés au son sans le secours de l’appareil.
- Quand il y a danger d’existence d’une grande différence de potentiel entre le poteau et la terre, le récepteur téléphonique est muni d’un fusible avec mise en court circuit.
- [Electrical World, 24 octobre 1914.)
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- iô
- LÀ LÜM1ÈRË ÊLECTtUQUË î. Xzï (â* Série). - N»
- ËLÉCTROCHIMIÉ
- Isolement électrolytique du 111 d'aluminium.
- — C. B. Skinner et L. W. Chubb.
- . Les deux auteurs sont arrivés à produire, à la surface d’un fil d’aluminium, un revêtement isolant tellement mince que, pour beaucoup des plus petits calibres de fil, il est possible d’obtenir une proportion volumétrique plus grande de conducteur bobiné dans un espace donné, en fil d’aluminium qu’en fil de cuivre, même si celui-ci est pourvu du revêtement isolant le plus mince possible. La peau d’oxyde naturel, si gênante pour souder l’aluminium, est un isolant de grande résistance diélectrique qu’on a depuis longtemps essayé de renforcer pour le substituer aux enveloppes ordinaires.
- On sait qu’une anode d’aluminium, dans certaines solutions salines, se polarise en se recouvrant d’une pellicule qui empêche le passage du courant de l’électrode à l’électrolyte. Le voltage de polarisation entre l’électrolyte et l’aluminium s’élève jusqu’à une valeur critique dépendant du sel dissous, de la densité de la dissolution, de sa température, etc. L’action de cette pellicule semble indiquer qu'elle est formée d’alumine à grande résistance diélectrique et haute capacitance spécifique. Une fois sèche, cette couche protectrice a, en fait, une résistance diélectrique à peu près égale au voltage auquel elle a été formée. C’est cette pellicule qu’on utilise aujourd’hui à l’isolement du fil d’aluminium nu.
- Après divers essais pour la réalisation de ce procédé d’isolement, on s’est arrêté à une méthode pratiqué qui a donné des résultats satisfaisants. Cinq cuves sont placées sur le même alignement : les deux extrêmes contiennent de l’eau chaude de lavage, les trois intermédiaires un électrolyte. Le fil passe de l’une à l’autre cuve de verre et, pour empêcher la communication entre le liquide de deux cuves voisines, on le refoule par insufflation d’air au milieu du tube de jonction.
- Au début, il a fallu produire la pellicu,le d’oxyde en deux phases à 200 et 400 volts respectivement, soit en deux opérations successives. Aujourd’hui, on la fait en une seule, grâce à un petit artifice.
- Différents électrolytes essayés ont donné des résultats tout à fait dissemblables, notamment quant à l’intensité et à l’énergie nécessaires pour amener le fil au voltage voulu, et à la vitesse à laquelle il a
- été possible de faire passer le fil dans le bain. Des solutions de borax, de borate d’aluminium et surtout de silicate de sodium se sont montrées les meilleures.
- Il faut d’autant moins d’énergie par unité de surface que la densité de courant est plus élevée et le voltage plus rapidement appliqué. Avec les fils de petit calibre, la vitesse et la densité de courant ont été limitées par le fait de la fusion du fil entre les cuves; et dans le cas des gros fils, elles le furent par la puissance limitée du générateur employé aux expériences. Pour les divers calibres, la vitesse de traitement du fil a varié de 12 mètres à 45 mètres par minute, et la dépense d’énergie, de 0,15 à 0,80 watt-heure par pouce carré (2,325 watts-heüre à 12,4 watts-heure par décimètre carré) de surface traitée.
- Cet isolant est constitué par une mince pellicule d’alumine tantôt tendre et irisée, tantôt dure et blanche. La pellicule tendre se forme dans des électrolytes inférieurs, mais moyennant une plus grande dépense d’énergie. La pellicule blanche formée dans le silicate de sodium au voltage de 4^5 volts environ est plutôt douce au toucher, mais si dure qu’elle coupe et use la main quand on bobine le fil.
- Sa résistance diélectrique est bien supérieure à celle du revêtement d’oxyde obtenu par d’autres méthodes précédemment essayées car, au lieu d’une différence de voltage de o,5 volt, deux fils traités électrolyliquement et fortement • tordus ensemble sans usure réciproque supportent de 200 à 5oo volts. L’épaisseur de la pellicule varie entre o,oooa5 centimètre et o,ooi centimètre, aussi cet isolant est-il très flexible et ne se fendille ni ne s’affaiblit pas sensiblement par des pliages du fil à angle vif. Le fil doux supporte un étirage de 3o % de sa longueur , sans que l’isolement paraisse en souffrir.
- Deux fils à isolement supportant une différence de voltage de 25o volts peuvent être croisés et écrasés ensemble jusqu’à se pénétrer et ne plus former que l’épaisseur d’un seul fil. Si les surfaces en contact ne se déplacent pas l’une sur l’autre, l’isolement se maintient; mais le plus léger mouvement de l’un des fils produit une usure qui se traduit aussitôt par un court-circuit.
- [American Electrochemical Society.)
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- 3 Juillet 1915.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 21
- ÉCHOS DE LA GUERRE
- Sur la liquidation de la Société d’éclairage électrique de 1886 (Fin) (*).
- Le rapport des actionnaires suisses, dont nous avons résumé la première partie dans notre précédent numéro, s’élève ensuite contre l’accusation émise sur les banques suisses d’être des succursales des grandes banques allemandes. Il donne comme preuve de son affirmation les actes notariés et légalisés, certifiant que la majorité des actionnaires, gardant leurs titres dans les banques suisses, sont de nationalité suisse. Il fait aussi remarquer que la date de la fondation de la Deutsche Bank (1870) est postérieure à celles de la Société anonyme Leu et C1® qui existe depuis 1755, de la Société de Crédit Suisse,créée en i856, et de la Banque Commerciale de Bâle, fondée en i863.
- Il dément ensuite les affirmations de ceux qui prétendent que la Société de 1886 dépend entièrement de l’Allemagne et qu’elle reçoit, sa succursale de Moscou particulièrement, les ordres de Berlin. Le rapport explique tous les faits servant de base à cette accusation, tels que : lettres adressées de Berlin à la Société de 1886 à Moscou et vice versa, envoi de Berlin des ingénieurs, etc., parce que les ingénieurs Brunig et Breil, qui habitent actuellement Berlin, étaient autrefois et depuis longtemps au service de la Société, ce qui leur permit de donner à la Société et à ses agents des conseils compétents aussi bien techniques que financiers, de lui recommander des ingénieurs, etc.
- Il affirme également, avec force preuves à l’appui, que les clients allemands n’ont pas été plus favorisés que les clients russes, que les débiteurs allemands n’ont jamais été payés pas plus que les débiteurs russes et que le fait de s’étre adressée, pour le placement <^es actions, au consortium des banques ayant à leur tête la Deutsche Bank, s’explique simplement par l’impossibilité de le faire en Russie, vu le taux élevé (10 %) exigé pour cette opération par les banques russes, tandis que les banques étrangères ne demandaient que 3 % .
- Le rapport affirme que le traité entre la ville de
- (*) Voir Lumière Electrique du 26 juin 1915. n° 24, p. 309.
- Moscou et la Société de 1886 n’a jamais été dépassé quant au prix du courant; la Société percevait en. moyenne 66 centimes par kilowatt-heure pour l’éclairage et 11 centimes par kilowatt-heure pour l’industrie, tandis que le traité permettait de percevoir jusqu’à 1 fr. 35 par kilowatt-heure pour le premier et o fr. 93 pour le second.
- Le rapport suisse proteste contre le projet de liquidation de la Société de 1886. Formée et agissant suivant la loi russe en vigueur, cette dernière, dit-il, est, par conséquent, une société russe, quelle que soit la nationalité de ses actionnaires. Il se réclame de l’exemple de la France, où la loi, expliquée dernièrement par plusieurs circulaires du ministre de la justice, M. Briand, ordonne la mise sous séquestre des biens des sujets des nations ennemies, ce qui est une mesure purement conservatoire ne visant point la spoliation des propriétaires.
- Le rapport prédit, en cas de liquidation, la fuite de la Russie des capitaux étrangers par crainte de représailles injustes, ce qui porterait certainement atteinte au développement de l’industrie russe, qui exigera après la guerre des capitaux considérables.
- Du même avis est le professeur Worms, consulté sur la question par le correspondant du « Journal de l’Industrie et du Commerce ». Ce juriste trouve que la dépendance de la Société de 1886 de l’Allemagne ne prouve pas du tout qu’elle soit allemande, car beaucoup de ses actions appartiennent aux citoyens suisses. Il croit que même, si tous les actionnaires étaient allemands, la Société ne devrait encourir aucune poursuite pour ce fait, car, fondée d’après la loi russe, elle n’a jamais caché la nationalité étrangère de ses actionnaires. D’ailleurs, ajoute-t-il, toutes les grandes Sociétés sont formées actuellement de la même façon, et les poursuivre à cause de cela équivaudrait à leur suppression et arrêterait complètement l’afflux des capitaux si nécessaires à la Russie. Les capitaux, conclut le professeur, doivent être considérés pour eux-mêmes et non point pour leurs propriétaires.
- Le rapport s’efforce donc de démontrer le caractère essentiellement suisse de la Sac.iété_de t886. Mais, en réponse à ses affirmations, le Conseil des Ministres reçut un autre rapport, émanant du maire
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXX (2e Série). —21
- de Moscou, M. Tchelnocofï. Après enquête, dit ce dernier, il apparaît que plusieurs des Sociétés, prétendues suisses, ne le sont que de nom. Tel est le cas de la Société Suisse de l’Industrie Electrique à Bâle possédant 5745 actions pour 7 000 000 de francs, et la Banque d’entreprises électriques à Zurich ayant 5375 actions pour la valeur de 7 35oooo francs qui sont, en fait, des société allemandes.
- M. Tchelnocoiï donne une liste, lui aussi, de la distribution des actions de la Société de 1886, bien différente de celle présentée par le rapport suisse. Selon lui,
- Francs.
- La Russie posséderait des actions pour a 840 000
- La Hollande » »- i33 000
- La Suisse » » 25 42o 000
- L’Allemagne » » 0 700 000
- Le rapport entre la Suisse et l’Alfçgiagne serait donc entièrement changé, car ce n’çg^ |>lus la première, mais la dernière qui aurait la prépondérance.
- Et si l’on regarde un peu attenj)jiv|î|jent la liste des actionnaires de la Russie, on voit la plupart des noms, loin d’être russes, présep^pj pn caractère allemand bien prononcé. La Direçf|p|| <|e la Société de 1886, composée, comme le mopjye un rapport allemand de 1913, de 14 membres, 'comprenait : trois Russes, trois Suisses (dont deu* faisaient, en même temps, partie du Conseil de Ja Société Allemande Siemens) et huit Allemands! T>ppuis la guerre, ces derniers furent remplacés par |jeux Russes : M. Chaïkevitch, directeur de la Ranque Internationale de Commerce à Pétrograd, et M. Timiriazeff, président du Conseil de la Banque Russe pour le Commerce Extérieur. Mais M. Tçhelnocoff affirme que ces deux banques, de même que la Banque Commerciale Privée, présentée déjà précédemment par M. Davidoff, font partie d’un consortium de banques, donnant des subsides à l’industrie électrique allemande. C’est donc un caractère nettement allemand que la Société de 1886 aurait, d’après le rapport du maire de Moscou.
- Ayant pris connaissance de tous ces documents contradictoires et après de longs débats, la Conférence formée au Ministère de la Justice sous la présidence de M. Illiachenke, décida, à la majorité, ce qui suit :
- De l’examen de nombreux documents qui luifurent présentés, la Conférence conclut que la Société de 1886, quoique formée d’après la loi russe, est en fait dirigée par Berlin, ce que même les représentants de la Société n’ont pu nier. Il est établi que ce
- n’est pas la Direction fictive de Pétrograd, mais la Direction réelle de Berlin qui commande et dirige l’activité de la Société dans le domaine technique aussi bien financier qu’administratif. Ce phénomène doit être expliqué non par le désir bien naturel des actionnaires allemands de contrôler l’emploi de leur argent, mais par le fait que la Société de 1886 n’est qu’une institution filiale, une « JTochter » du puissant trust germanique.
- Ce dernier, au moyen de la Société de 1886 et d’autres entreprises analogues, influe sur l'industrie russe d’une façon indésirable. Une pareille influence, dangereuse même en temps ordinaire, l’est à plus forte raison actuellement. De la dernière émission de 10 millions de roubles (26600000 francs) 9 sont restés à Berlin. L'emploi de cet argent n’étant pas connu, on ne peut être sûr qu’il n’ait pas été employé à des buts politiques. Même si ces capitaux Venaient de l’Allemagne, c’est une entreprise russe qui avait servi de garantie à l’émission. D’autre part, les débiteurs germaniques, tels que la société « Electroperedatcha » par exemple, ont été payés à l’exclusion des débiteurs russes.
- Il est donc nécessaire de supprimer la Société de 1886, car le Gouvernement doit diriger lui-même la vie économique et industrielle du pays et non la laisser accaparer par les capitaux allemands. Il ne faut point craindre la fuite des capitaux étrangers, d’autant plus que cela ne sera le cas que de ceux qui poursuivront des fins politiques plutôt qu’économiques. Les villes allemandes qui ont municipalisé la production de l'électricité, devenue dès lors bien meilleur marché, ont donné un bon exemple.
- Aucune différence ne doit être faite entre les actionnaires selon leur nationalité. Au cas où certains d’entre eux seraient fortement lésés, il y aurait, pour ceux des pays neutres, la possibilité de recours auprès du Gouvernement pour l’amélioration de leur situation.
- Le projet de la majorité du Ministère de la Justice, se basant sur les conclusions de la Conférence, propose donc :
- En vertu de l’article 87 des lois fondamentales de l’Empire,
- a) Le Conseil des Ministres doit être invité k :
- 1) Reconnaître que les sociétés fonctionnant suivant les lois de l’Empire doivent être dissoutes lorsque leurs dirigeants réels sont des sujets des Etats ennemis ou lorsque leur fonctionnement est reconnu nuisible et dangereux pour les intérêts politiques ou économiques de la Russie. Toutefois les intérêts des
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- 3 Juillet 1915. LA LUMIÈRE
- créanciers de la Société doivent être préservés, de même que ceux des actionnaires dans la mesure du possible ; le fonctionnement de la société, s’il est reconnu d’utilité publique, ne doit pas être arrêté.
- 2) L'administration provisoire de ces sociétés, surtout de celles où entrent des délégués du Gouvernement ou des organisations sociales, doit être organisée de façon à permettre la continuation de leur fonctionnement.
- b) Les mêmes règles doivent être appliquées aux sociétés en commandite et par intérêts si un ou plusieurs de leurs membres appartiennent aux nations ennemies et si leur fonctionnement est reconnu nuisible ou dangereux pour les intérêts politiques ou économiques de la Russie.
- Lorsque ce projet aura reçu force de loi, les règles suivantes seront établies pour la liquidation de la Société de 1886 ;
- 1) La Société sera administrée par une Direction nommée dans ce but. Sa liquidation incombera à une Commission spéciale.
- 2) La Direction comprendra trois personnes, nommées par le Ministre de l’Intérieur avec l’assentiment de ses collègues de la Guerre, de la Marine, des Finances, de l’Industrie et du Commerce, ainsi que de deux personnes déléguées respectivement par les municipalités de Pétrograd et de Moscou et de deux autres, élues par l’ancienne Direction de la Société.
- 3) La nouvelle Direction devra continuer sans arrêt le fonctionnement de la Société et diriger toutes ses affaires et entreprises, nommant où elle le croira nécessaire des Directeurs, soit en les choisissant parmi les anciens, soit en en désignant des nouveaux.
- 4) La Commission de liquidation devra comprendre un président et six membres, nommés par le Ministre de l’Intérieur avec l’assentiment des Ministres susdits, plus celui du Ministre de la Justice. Deux de ces membres doivent être pris parmi les actionnaires de la Société.
- 5) La Commission, à l’exception de deux membres actionnaires, devra déterminer la valeur réelle de la Société, au cours du fonctionnement, et de ses parties indépendantes, situées dans les autres villes. Elle aura droit d’appeler par-devant elle les deux membres actionnaires, de même que les représentants des municipalités ou toutes autres personnes, pour entendre leurs explications.
- 6) La Commission (avec tous ses membres) devra faire la balance de l'entreprise le jour de son entrée
- ÉLECTRIQUE «’1
- en fonction, la vendre, réaliser tous les biens de la Société, payer tous ses créanciers, quelle que soit la date d’échéance de leurs créances et partager l'actif qui restera entre tous les actionnaires.
- 7) L’évaluation de l'entreprise par la Commission devra être communiquée au Ministère de l’Intérieur et aux municipalités des villes dans lesquelles se trouvent des succursales de la Société.
- 8) Les villes, qui désireraient acquérir les suceur’ sales qui y sont situées, devront en informer la Commission dans le délai d’un mois, courant du jour de la réception de l’avis, L’achat aura lieu au prix fixé par l’évaluation,
- 9) Sur leur refus, le droit d’acquérir ces succursales passera au Trésor.
- 10) Sur le refus de ce dernier ou au cas où ni son consentement ni celui des villes ne seront exprimés, les prix de l’évaluation seront publiés par la voie des journaux.
- 11) Les personnes, qui désireront acquérir l’entreprise aux prix de l’évaluation, devront le déclarer dans le délai d'un mois à partir du jour de la publication. Passé ce délai, l’entreprise sera vendue en entier ou par portions au plus offrant. Tous les traités de concessions, passés entre la Société et les villes, resteront en vigueur,
- t») A défaut d’acheteurs, même à ees conditions, la Commission réalisera l’actif de la Société aux prix courants, en la vendant en entier ou par portions. Dans le premier cas les traités de concession resteront valables.
- i3) Lorsque l’entreprise sera cédée, soit en entier, soit toutes ses parts, ou, à défaut, lorsque la réalisation de son actif sera commencée, la direction transférera tous ses pouvoirs à la Commission de liquidation, La Société sera alors reconnue dis-soute.
- Le second projet du Ministère de la Justice, exprimant les vœux de la minorité de la Conférence, demande simplement l’institution d'une surveillance spéciale du fonctionnement de la Société de 1886. Dans ce but, des représentants du gouvernement et des municipalités de Pétrograd et de Moscou devront entrer dans la direction de la Société.
- La situation de la Société de 1886 en reste actuellement là. L’avenir prochain décidera de son sort. Mais quoiqu’il en advienne, que la Société soit liquidée ou seulement séquestrée, l’activité de ses centrales ne saurait, en aucun cas, être arrêtée, étant donnée son importance pour le pays.
- A. K,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXX (2e Série). — N° 25.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- Débouchés commerciaux.
- Etats-Unis.
- Le rapport de M. L. Nettement, consul de France à New-York, donne les renseignements suivants sur l’importation aux Etats-Unis :
- Les Etats-Unis d’Amérique importent annuellement pour plus de 9 milliards de francs. Le commerce extérieur total de ce pays représente une valeur de transactions de plus de 22 milliards. Les produits importés d'Europe entrent pour 49,25 % dans' le trafic général d’importation et ont une valeur de 4 65o 000 000 de francs environ.
- Les importations austro-allemandes aux Etats-Unis s’élèvent au chiffre de 1 060 000 000 de francs par an environ. — L’Allemagne fait pour 960 millions de trans-1 actions, l’Autriche pour 100 millions à peu près. — La France importe aux Etats-Unis pour Une valeur de 70omillions de francs (exactement 711 765 548 francs, en igi3, au change de 5 fr. 20 pour un dollar, année 1912-
- 191.3).
- Comme on le voit par les chiffres ci-dessus, l’Autriche n’est pas un concurrent sérieux de la France aux Etats-Unis. Par contre, l’Allemagne exporte sensiblement plus que nous, et cela est dû en grande partie à la prédominance de la population allemande sur la population fran-.çaise — à New-York, par exemple, 800 000 Allemands contre 3o 000 Français — au .grand nombre de maisons allemandes établies sur le marché, soit pour le commerce de gros, soit surtout le détail, à la modicité des prix allemands et, enCn, aux efforts laborieux des agents et commissionnaires d’outre-Rhin. Il faut aussi remarquer que nos produits jouissent, aux Etats-Unis, d’une préférence marquée de la part de toutes les classes ; leur supériorité est parfaitement reconnue, mais leurs prix ne les mettent pas à la portée de toutes les bourses et, comme l’Américain, même peu fortuné, tient à .conserver toujours une certaine apparence, il achète de préférence ce qui lui coûte le moins cher, quitte à le remplacer plus souvent; ceci concerne surtout les articles que la mode modifie ou impose, selon les goûts de France.
- En général, cependant, le marché américain offre un large champ à l’exportation étrangère, surtout depuis l’établissement du nouveau tarif douanier qui a profondément modifié et adouci les anciennes mesures de protection.
- Il
- La reproduction des articles de la
- L’importation des instruments et appareils scientifiques en 1913 a été de :
- France...................Fr. 15o 000
- Allemagne.................... 2 485 000
- Autriche..................... 44 000
- Comme on le voit par les chiffres qui précèdent, ce commerce est presque tout entier entre les mains de l’Allemagne.
- Le meilleur moyen pour arriver à augmenter nos transactions serait de faire une réclame intense et appropriée (par catalogues surtout) adressée aux personnes et institutions intéressées.
- L’importation des Etats-Unis en machines est considérable. Elle s’est élevée, en 1913, pour les pays qui nous intéressent, aux chiffres suivants ;
- France..............Fr. 1 400 000 environ
- Allemagne............... 26 4°° 000 —
- Autriche................ 180 000 —
- On se rend facilement compte, par ces chiffres, de la concurrence énorme que nous fait l’Allemagne. L’incontestable supériorité qu’elle a sur nous tient uniquement à la modicité des' prix, au crédit qu’elle consent, à la facilité avec laquelle elle se plie aux exigences des acheteurs et, enfin, à la réclame et au grand nombre d’agents compétents et actifs qu’elle a dans ce pays.
- L’importation étrangère porte surtout sur les machinés à broder et à fabriquer la dentelle, les compteurs, les machines à travailler le jute, les machines-outils, les presses à imprimer, les machines à vapeur, les « linotypes», les machines d’imprimerie et les pièces détachées de machines. Les machines-outils originales, à système ingénieux, peuvent trouver un écoulement.
- Il est à remarquer que l’industrie locale nous fait une sérieuse concurrence; la production du pays est énorme et elle a consenti de grands sacrifices afin de pouvoir lutter avec les prix étrangers. Les villes des côtes de l’Atlantique et du Pacifique n’en restent pas moins intéressantes, le coût du transport par chemin de fer augmentant considérablement le prix des produits ; l’ouverture du Canal de Panama favorisera certainement l’importation étrangère dans l’Ouest, si éloigné des centres dè production.
- En résumé, pour lutter utilement contre la concurrence allemande, nos industriels devraient, sans négliger le fini et la solidité de leurs machines, consentir des prix moins élevés, faire beaucoup plus de réclame et, enfin, envoyer en grand nombre et établir sur place, à l’occasion, des agents expérimentés ayant une connaissance parfaite du marché.
- Lumière Electrique est interdite.
- Paris.'—, imprimerie levé, 17, rue cassette.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente-Septième Année
- SAMEDI 1Ô JUILLET ièl6. tome XXX (2* série). N° 2Ô
- J. RE Y VAL. — Les turbines hydrauliques de l'installation de la chute de l’Ance........
- H. de BELLESCIZE. — Procédé d’élimination des émissions et des perturbations très amorties....................................
- Publications techniques
- Stations centrales
- L’alimentation d’énergie électrique dans les Pays-Bas. (Fin) — H. Verhagen...............
- Eclairage
- Essais sur l’emploi de crayons de ferro-ilmé-
- Electrique
- nite pour les lampes à arc sur courant alternatif. — IsADoit Ladoff..................... 36
- L’éclairage des rues. — Arthur J. Sweet. .. 38
- Traction
- Laligne de chemin de fer électrique monophasée Vienne-:Presbourg. —E. Seefehlner........... f\i
- Echos de la guerre
- La prohibition du commerce avec les Austro-Allemands. — P. BOUGAULT..................... 44
- Bibliographie............................. • • • 46
- Brevets..................................... 47
- B enseignements Commerciaux................. 47
- La Lumière
- SOMMAIRE
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- LES TURBINES HYDRAULIQUES DE L’INSTALLATION DE LA CHUTE DE L’ANCE
- La Centrale hydro-électrique de la Compagnie Electrique de la Loire et du Centre, prévue pour une extension à cinq groupes, a été équipée premièrement de quatre turbines spirales doubles, provenant des Ateliers de constructions mécaniques Escher Wyss et Cle, à Zurich.
- Leur disposition est visible sur les figures 1 et a. Chaque turbine est construite pour les données
- suivantes :
- Chute nette..... 140 mètres;
- Débit.......... 2 hoo litres seconde;
- Puissance........ 3 700 chevaux effectifs;
- Vitesse.......... 600 tours par minute;
- Diamètre de la roue mobile, 1 100 millimètres; » de la tubulure d’entrée, 65o millimètres,
- » des coudes de succion, 58o millimètres ;
- Rendements garantis........ 79 80 7“) %
- Pour ouverture de.......... 4/4 3/4 1/2
- Le réglage automatique de la vitesse est garanti avec une variation maximum de... . 3 6 16 %
- A partir de la vitesse d’équilibre après la variation de charge, eeci pour les décharges brusques de........ a5 5o 100 %
- et à condition que l’alternateur possède un PD2 de 14000 kilogrammètres carrés et en admettant que la centrale soit alimentée par deux conduites parallèles de 15oo millimètres de diamètre intérieur chacune et de 247 mètres de longueur.
- Chaque turbine actionne directement un alternateur de même puissance par accouplement rigide formé par des plateaux venus de forge, à l’extrémité des deux arbres et boulonnés ensemble. Ce mode d’accouplement s’est répandu d’une façon toujours plus générale au"cours des dernières années, spécialement pour des groupes de forte puissance.
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- Chaque turbine possède comme accessoires principaux :
- Un robinet- vanne, de 750 millimètres de diamètre
- Un régulateur automatique de vitesse à pression d’huile, dont le fonctionnement est bien connu. Un régulateur de pression, éliminant les coups
- |<-------MûlL------>,
- ----2jO0—gjJiia^
- S33.00
- Niveau d'aval inférieur
- Fig*, i, — Usine hydro-électrique de îa Chute de l’Ànce.
- avee bypass de millimètres de diamètre intérieur. Le robinet-vanne principal est commandé par servo-moteur hydraulique utilisant la pression naturelle de la chute.
- de bélier sur les conduites en cas de décharges brusques de la turbine. Cet appareil se compose d’un orifice compensateur qui s’ouvre en cas de décharges brusqués de la ttirbine, laissant
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- par suite échapper autant d’eau qu’il vient d’en être momentanément intercepté au distributeur de la turbine, puis se referme automatiquement,
- dashpot, intercalé sur le mécanisme de commande, pourvoit à l’immobilisation de l’orifîce-compensateur en cas de variations de charges
- Usine hydro-électrique de la Chute de l’A'nce,
- suffisamment lentement pour éviter toute surpression dangereuse. Cet appareil se compose d’une vanne équilibrée, commandée depuis le régulateur de vitesse par l’intermédiaire d’un servomoteur utilisant la pression naturelle dans la conduite, l’eau étant préalablement filtrée. Un
- lentes ou en cas de charges brusques de la turbine.
- Appareils decontrôle, se composant d’un tachy-mètre (indicateur de vitesse! et de deux vaeuo-mètres placés sur les deux coudes d’aspiration.
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- Construction de la turbine.
- Grâce à l’expérience consommée acquise dans la construction des turbines spirales à hautes chutes par la maison Escher Wyss et Cie, qui a dernièrement exécuté les turbines spirales de Tuxpango développant chacune 9000 chevaux sous 170 mètres de chute, il fut décidé que les turbines de l’Ance seraient également du système spiral double.
- à l’usure que pourrait produire la vitesse excessive de l’eau, ainsi qu’à la tension élevée par suite de la grande vitesse périphérique.
- Les deux joues latérales de l’aubage sont combinées avec les tambours d’équilibrage hydrauliques de la poussée axiale.
- L’arbre est en acier Siemens-Martin; il est supporté par deux paliers-consoles autograisseurs fixés au coude d’aspiration.
- Le palier de butée final est combiné avec une
- Fig. 3. — Turbine Escher Wyss et C1' de 3 700 HP à 140 mètres de chute.
- La bâche, en forme de spirale, est en fonte; son diamètre d’entrée est de 65o millimètres. Le distributeur est mùni de directrices mobiles en acier moulé avec commande extérieure, permettant de mettre toutes les pièces mobiles du mécanisme de réglage à l’extérieur de la bâche et à l’abri de l’usure de l’eau. Ce distributeur est muni d’anneaux interchangeables en acier forgé.
- ”* La roue mobile double est coulée d’une seule pièce; elle est en bronze spécial, afin de résister
- circulation d’eau refroidissant l’arbre, évidé à son intérieur. Ce mode de réfrigération est plus efficace que l’emploi d’un serpentin dans le bain d’huile, cette dernière matière étant mauvaise conductrice calorique.
- La figure 3 représente la photographie d’une turbine spirale double pour haute chute, de construction presque identique à celles de'la chute de l’Ance.
- J. Reyval.
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- PROCÉDÉ D’ÉLIMINATION DES ÉMISSIONS ET DES PERTURBATIONS . TRÈS AMORTIES
- La propriété que possèdent les détecteurs de réagir différemment suivant la nature des oscillations est un fait connu. Leur utilisation en vue d'éliminer certaines émissions a déjà été signalée par divers auteurs, et en particulier par M. Austin.
- Ce qui suit a donc moins pour but d'indiquer un dispositif nouveau que d'en exposer une théorie approchée ainsi que la manière d’en tirer le meilleur parti.
- Principe. —Une fraction Lt de la self d’antenne est shuntée au moyen d’un détecteur dont la résistance en temps normal est telle vis-à-vis de la réactance shuntée, que l’amortissement de l’antenne ne se trouve pas modifié sensiblement.
- Pour un détecteur approprié, ce résultat est au besoin obtenu par l’adjonction d’une source auxiliaire, ainsi qu’il sèra expliqué plus loin.
- Sous l’action d’une oscillation suffisamment
- R ii
- AVWWW-----
- Fig. a.
- Fig. i.
- IL — Les qualités requises pour le détecteur de protection.
- III. — Les caractéristiques qui doivent différencier l’émission àconserverde celle à éliminer.
- IV. — Une vérification expérimentale sera
- ensuite exposée pour contrôler les principaux résultats acquis. *
- Notations. — Dans ce qui suit, on raisonnera sur l’oscillateur fermé. On admettra que les conclusions se maintiennent quand il s’agit d’une antenne, hypothèse d’autant plus exacte que la self répartie de cette dernière est plus faible vis-à-vis de sa capacité.
- Les caractéristiques intéressantes seront désignées comme suit :
- Pour Voscillateur. —Résistance correspondant à l’énergie dépensée : r.
- Self totale : L ( L = L, -j- L2). p Capacité : C.
- Facteur d’amortissement : e. Décrément : 8.
- Période : T ; pulsation : w.
- Onde incidente. — Période: T; facteur d’amortissement : P; décrément : y.
- Détecteur. —• Résistance instantanée : R.
- I. — Etude d’un circuit oscillant shunté par une résistance.
- énergique, cette résistance tombe au contraire à une valeur telle que l’oscillation soit rapidement amortie, et incapable, tant par suite de cet amortissement que du changement de période et de la portion notable d’énergie dérivée à travers la protection, d’agir efficacement sur le circuit secondaire de la réception.
- Ce dernier doit en Conséquence être faiblement amorti.
- On étudiera successivement :
- I. — Les propriétés d’un circuit oscillant shunté par une résistance.
- Soit un oscillateur ayant comme caractéristiques :
- C ; L = L, + L2;
- T = ait y/c (L, -f L2
- *(L i+L,)
- Le shuntage par ;une résistance R d’une portion Li de la self totale a comme effet de modifier les valeurs ci-dessus. On supposera qu’il n’y a aucune réaction entre Lj et L^. Soi! x la valeur instantanée de la différence depotentiel VD— VDj x' x" x" ses dérivées successives par rapport au temps.
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- L’oscillation propre du circuit est définie par l’équation .
- x"<+
- ( r RR
- \x"+
- Rr ! R
- L,L2+L2G/ ^L4L2C
- Si, pour simplifier, on néglige la résistance/', la condition pour qu’il y ait oscillation est exprimée par la condition que le polynôme en R
- 4R‘'L4-|-L2)3
- l/l^g
- V^(8L22_2oLiL^l,2)+l7c^
- soit positif. L’inégalité Z>o est satisfaite tout d’abord quand l’équation Z — o a des racines en R5 imaginaires, c’est-à-dire quand la fonction
- _ _ (8 Lj2 — ao UK — L,2)2 6/, (L, + L,ï3 _
- V ~ L/L^C* L/La’G* ~
- L,3 — 24 L42L2 -)- 192 LjL22 — 512 L23
- lTvg*
- est négative.
- l’équation Z =osont positives ; car le coefficient du terme en R*.devient négatif pour environ :
- Li 0,4 L2.
- Soit Rj R2 (Ri < R8) les deux racines positives en R. Il y a oscillation pour
- o < R < R, ou R > R,.
- (Le système peut manifestement osciller pour R = o et R — ce.)
- La condition o < R << R, est inutilisable ; d’abord parce qu’elle ne cadre pas avec le dispositif de protection envisagé; ensuite parce que des applications montrent que R4 est en général beaucoup plus faible que la plus petite valeur à laquelle peut tomber la résistance d’un détecteur.
- On devra, en définitive, s’attacher à trouver un détecteur dont la résistance, sous l’effet d’une oscillation à éliminer, tombe à une valeur de l’ordre de R2 ; et dont la résistance, en temps normal,soit au contraire de beaucoup supérieure, afin de ne pas troubler de façon sensible le fonctionnement de l’antenne.
- La discussion devrait être poussée par l’exa-
- Fig. 4.
- Tant que L, sera inférieur à une valeur A —f (La), l’oscillation subsiste quel que soit R. Une application numérique montre qtte A vaut environ io L2.
- On n’aura jamais besoin, pour le bon fonctionnement du dispositif envisagé, de réaliser la condition d’âpérlodicité absolue du système antenne-détecteur. On interprète pratiquement le résultat ci-dessus par la condition, à priori évidente, que, pour avoir un effet d’amortissement suffisamment marqué quand l’oscillation à éliminer viendra à diminuer sa résistance, il faut que le détecteur shunte une fraction suffisante L4 de la self totale L4 -f- La de l’antenne.
- Cette condition étant satisfaite, cela conduit à n’envisager que le cas où les racines en R2 de
- mon des facteurs d’amortissement ; on ne l’a pas entrepris dans le cas général, mais seulement dans celui où Ton peut shunter toute la self d’antenne : c’est pratiquement ce qui arrive quand cette antenne a peu de self propre èt que la longueur d’onde est suffisante.
- On trouve comme condition d’oscillation
- /•C -f 24/LG
- soit, en pratique, avec une approximation en général suffisante :
- ^ 1 à /L _ Lw
- R > " V r ou 1R >------•
- 2 T L 2
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- 31
- Ce facteur d’ainortissement vaut :
- soit à peu près :
- £
- -4--i_
- L ^ RC
- a
- R_+r’
- R
- J- +_ï_
- aL TaRC
- Prenons le cas pratique d’une antenne de i aoo mètres de longueur d’onde, ayant comme caractéristiques :
- L—io~4Hy C=4Xïo—9Frf /•=;5'" w=i,6xio(i.
- La condition pour qu’il y ait oscillation est R > 8o w; or, pour R = 5 ooo w, le facteur d’amortissement vaut :
- a.io-4 a.5ooo.4. io
- 79=2,5Xio-l-j-a,a5X io—4
- soit sensiblement le double de celui correspondant au cas où R n’existe pas. Donc :
- i) Pour que l’amortissement dû à l’introduction de la résistance R soit petit, R devra être très grand vis-à-vis de la valeur correspondant à l’apériodicité.
- a) Il faudra une variation considérable de R pour produire une variation appréciable du facteur d’amortissement.
- 3) L’expression R >-
- L w
- a
- peut s’écrire :
- R >
- 4itQ
- X
- C
- où Q est la vitesse de la lumière exprimée dans la même unité que la longueur d’onde X. On voit que, pour une antenne de capacité donnée, la résistance du détecteur au repos doit croître avec la longueur d’onde; et qu’à longueur d’onde donnée, cette résistance pourra être d’autant moins élevée que la capacité de l’antenne est plus considérable (’).
- (*) L’étude de la fonction aL ~ aRC
- K =
- >2
- i-R 3,6 <;a
- aL
- (avec r R en ohms, ), en kilomètres, c en microfarads) est également intéressante, en ce sens qu’elle montre l’influence exacte de R sur l'accroissement relatif de l’amortissement :
- X2
- R =
- 3,6rC2 (K — i)
- Les mesures faites dans le cas général où l’on ne peut shunter qu’une portion Lj de la self totale semblent renforcer ces.conclusions.
- II. — Qualités que doit avoir le détecteur.
- a) Quand l’oscillation n’agit pas, la résistance doit être aussi grande que possible; mieux cette condition sera réalisée, plus la self shuntée pourra être considérable; et plus les ondes, pour lesquelles la protection est utilisable sans qu’il en résulte en temps normal un amortissement supplémentaire nuisible, pourront atteindre des valeurs élevées. Cette condition est d’autant plus
- Fig. 5.
- nécessaire que l’antenne possède plus de self propre.
- b) Existence d’un coude brusque sur la caractéristique i — f («) représentant l’intensité dans le détecteur en fonction de la tension à ses bornes. Si, au moyen d’une source auxiliaire, par exemple, on maintient ’aux bornes une
- différence de potentiel o/n, toutes les oscillations dont l’amplitude n’atteint pas la valeur mo (fîg. i)
- ou mn (fîg. 2) trouvent dans leur: passage à travers le détecteur une résistance élevée R — tg (3,.
- Celles dont la .tension est supérieure rencontrent, tant au moins que l’amortissement ne
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXX (2° Série). — N°26.
- les a pas ramenées à cette amplitude critique,une résistance beaucoup plus faible R* = tg «.
- R
- Le rapport — doit être aussi élevé que pos-R1
- sible; il caractérise la sensibilité du dispositif.
- Plus R1 sera faible, plus on pourra abaisser la proportion de self shuntée sans que la protection cesse de demeurer efficace ; plus courtes, par suite, seront les ondes auxquelles on pourra l'appliquer.
- Une caractéristique à coude brusque (par exemple la galène) est nécessaire ; une caractéristique à coude arrondi, telle que celle de la figure 3 relevée sur un cristal existant, est évidemment médiocre.
- c) Bien qu’au moyen d’une force électromotrice auxiliaire on puisse théoriquement amener le détecteur au point de préparation voulu, il est nécessaire, pour la précision du fonctionne- ^ ment, que cette force électromotrice ne soit pas élevée vis-à-vis de la tension maxima des trains à éliminer.
- Cette dernière étant, par exemple, de l’ordre de i volt, une soupape à laquelle il faudrait au préalable appliquer une dizaine de volts aurait, semble-t-il, beaucoup de chances de ne pas fonctionner, ou de fonctionner à contre.
- d) La variation de résistance doit subir, par rapport à l’application de la force électromotrice, un retard en temps très faible vis-à-vis de la période de succession des trains d’oscillations à éliminer. Si par exemple les trains se succèdent à raison de îoo à la seconde, et que le détecteur mette i/3oo de seconde à revenir à son état primitif, l’oscillation à recevoir simultanément sera diminuée dans le rapport de 3 à a.
- Cette remarque proscrit les cohéreurs que l’on décohère au moyen d’un choc (sauf évidemment s’il s’agit d’éliminer des émissions à étincelles rares) et peut-être aussi certains cohéreurs autodécohérents.
- Par contre, un léger retard du détecteur à reprendre sa résistance élevée serait précieux, parce qu’il permettrait à l’antenne de rester amortie durant toute la durée de l’oscillation à éliminer et non pas seulement tant que l’amplitude ^demeurerait supérieure à la tension critique du détecteur.
- e) Le détecteur ne doit pas se déranger sous l’action de fortes oscillations.
- La présence d’une source auxiliaire n’est pas indispensable quand la caractéristique i— f (u) est symétrique par rapport à l’origine des coordonnées ; néanmoins l’introduction d’une force électromotrice réglable donne beaucoup de souplesse au dispositif; elle est indispensa-
- ble s’il s’agit de recevoir des signaux faibles.
- Il faut signaler par contre que certains détecteurs ne s’accommodent pas d’une source; ce sont ceux dont la résistance, diminuée par une cause quelconque, par exemple par l’action d’un train d’ondes d’amplitude suffisante, ne reprend sa valeur primitive qu’à condition d’annuler la tension, ne fût-ce que durant un temps très court ; soit par exemple le cristal de la figure 3 ; le trait plein correspond aux potentiels croissants , celui en pointillé aux potentiels décroissants : si, en M2, on coupe le courant de là source pour le rétablir aussitôt, on retrouve le point M,.
- (A suivre.) H. de Bellescize,
- Lieutenant de vaisseau.
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- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- STATIONS CENTRALES
- L’alimentation d’énergie électrique dans les Pays-Bas (Fin). — H. Verhagen (‘).
- Moyens de couvrir les besoins d’énergie électrique.
- Il existe en Hollande une tendance à développer les centrales urbaines en centrales trans rurales Les petites usines, qui servent exclusivement pour l’éclairage et qui ne doivent fournir du courant que pendant quelques heures par jour, entreraient ‘du fait dans une tout autre situation c’est-à-dire celle d’une exploitation importante, telle qu’une entreprise d’alimentation d’eau ou de gaz par exemple. Elles seront appelées à l’exploitation continue et à cause de l’augmentation de la consommation faite par l’industrie, la charge maxima ne se produira plus aux heures du soir. La nuit, pendant laquelle la consommation se trouve réduite, présente la plus grande difficulté pour une marche continue. Dans les contrées des polders, dont le dessèchement peut se faire pendant la nuit, les conditions pour un développement régulier de la fourniture d’électricité sont donc absolument favorables.
- Sous une charge modérée, d’usage dans les Pays-Bas, l’alimentation par une centrale peut s’étendre sur une contrée dont le rayon n’est pas très supérieur à i5 kilomètres, avec une tension de ioooo volts. Rien n’empêcherait plus alors le déplacement des câbles en souterrain, pour des raisons économiques. En utilisant des courants triphasés alternatifs à la tension susmentionnée, il suffirait d’employer des câbles de 3 X 35 mms au prix de 3 fl. 5o (7 fr. 35) le mètre, dont la perte de tension ne dépasserait pas 10 % . L’alimentation, sur une distance de 14 kilomètres pour une consommation de 2 millions de kilowatts-heure demanderait donc, pour la canalisation, 49000 florins (102900 fr.) et 20000 florins (42000 fr.) pour la station des transformateurs. L’énergie pour- (*)
- (*) Voir Lumière Electrique du 3 juillet 1915, p. 16.
- rait ainsi être vendue à environ 3 cents le kilowatt-heure, ce qui ne serait pas possible cependant avec une petite centrale. La contrée à alimenter pourrait ensuite être agrandie par l’installation de conduites alimentaires vers des distributeurs, en utilisant soit 10000 volts ou des tensions beaucoup plus élevées. Si les stations de distribution ne sont pas situées au delà de 40 kilomètres de la centrale, une alimentation rationnelle serait possible si l’on utilisait 3o à 40000 volts maxima. Une centrale pourrait ainsi desservir une contrée d’un rayon de 55 kilomètres.
- La production d’électricité dans les Pays-Bas.
- La vapeur comme force motrice est la plus employée et surtout avec utilisation de turbo-dynamos. Comme combustible on se sert d’abord de houille qui revient à 0,8 cents par kilowatt-heure produit. Une seule centrale, celle de Veendam, emploie de la tourbe dont le prix nous mène à 1,9 cents par kilowatt-heure. L’usage de ce combustible ne peut être avantageux que pour une centrale située à proximité d’une contrée marécageuse. A l’épuisement du sol cependant, elle perdrait sa valeur dans ces contrées toujours assez éloignées.
- Certaines centrales utilisent comme machines motrices des moteurs Diesel, qui consomment du combustible pour 1, n à 2,74 cents par kilowatt-heure. A moins de 45o kilowatts, ces moteurs offrent l’avantage du prix inférieur de premier établissement, qui fait défaut aux installations plus importantes à cause de leurs grands frais d’entretien.
- 12 centrales se servent de moteurs à gaz; le combustible coûte 1, 9 cents le kilowatt-heure.
- En envisageant le vent comme force motrice, on a tenu compte surtout des expériences faites par la Dansk Virid-Elektrisited Selskab à Askov, Dans les Pays-Bas, il existe une installation à I vent pour la production d’énergie électrique à
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- Haarlem. Les ailes du moulin ont un diamètre de 7 mètres. On a établi que les moteurs à vent seraient à envisager pour les petites communes dont le raccordement aux réseaux de distribution présente des difficultés. En tablant sur 3o ooo kilowatts-heure par an, une installation avec réserve par accumulateurs pour le travail continu, coûterait environ 12 ooo florins (a5 200 fr.) de sorte que, intérêts et amortissement calculés au taux de 10 %, le prix atteindrait déjà à cents le kilowatt-heure.
- Quant aux flux et reflux de la marée, il existe un projet de l’ingénieur néerlandais, M. Ch. E. Bongaerts, sur leur utilisation pour la commande électrique des portes d’écluses à Ilansweert. Des hydropulseurs actionnés par le çqurant d’eau remplissent un bassin situé au-dessus du niveau le plus élevé du flux. L’eau s’écoulant dans ce bassin actionne deux turbines d’environ 20 à 3o kilowatts couplées avec une machine à courant continu. Les conditions à Ilansweert, oùladifférence deniveau entre le flux etle reflux est de 3 m.92 semblent encourager un essai sérieux, mais il est à peine à supposer que les marées joueront un grand rôle dans le problème de l’alimentation électrique en Hollande.
- Moyens de couvrir les besoins d’énergie électrique par l’utilisation des centrales existantes.
- 1 Certaines centrales ne produisent que du courant continu et certaines autres, actionnées par des moteurs à explosion ou à combustion, ne peuvent être rendues utilisables pour l’alimentation à travers le pays. Il y a par contre 21 centrales qui, ou fonctionnent déjà, ou pourront être rendues utilisables à cet effet; deux autres centrales encore en construction s’y ajoutent. Les contrées d’un rayon de 5o kilomètres que l’on pourrait former autour de ces centrales éngloberaient presque tout le pays. Quelques installations sont cependant si rapprochées les unes des autres, que la suppression de quelques-unes de celles-ci 11e présenterait pas d’inconvénient. Les contrées à alimenter par Dordrecht, Rotterdam, Delft, Gouda, La Haye et Leiden, par exemple, se touchent pour la plupart. Leur construction a donc exigé un effort inutile eu capitaux et entraîné une augmentation des frais généraux aussi inutile. Il paraît maintenant désirable que ces centrales ne soient pas supprimées, mais simplement limitées par une loi
- dans leur réseau de distribution. Elles sont d’ailleurs situées dans les districts qui ont les plus importants besoins d’énergie. Dans ces conditions on se prononce contre la construction d’installations nouvelles, à l’exclusion des contrées éloignées, mais pour une jonction rationnelle des centrales transrurales existantes afin d’assurer une fourniture plus économique en général.
- L’autorité et l’alimentation électrique.
- L’alimentation d’énergie électrique est le monopole des autorités communales, ou elle fait l’objet d’une concession accordée à des entreprises privées.
- En 1911, l'autorité provinciale des provinces de Groningue et du nord du Brabant, entreprirent une réglementation énergique, surtout en ce qui concernait l’utilisation des chemins et terrains en vue du déplacement des canalisations électriques. L’autorisation nécessaire à cet effet pouvait être retirée : i° lorsque la province décidait la construction d’une centrale propre, destinée à alimenter la même contrée et dans laquelle étaient situées des canalisations privées ; et 20 lorsque de nouvelles inventions ou des demandes nouvelles émanant des communes ou de l’industrie entraînaient des transformations dans l’alimentation, telles que, malgré un changement ou supplément apporté aux conditions de la concession, il serait impossible d’y faire droit.
- Dans les deux cas, la province avait ou le droit de reprendre, aux prix correspondant à sa valeur lors de la reprise, la centrale existante, ou l’obligation au paicmentd’une indemnité. Les tarifs des centrales privées étaient soumis au contrôle de l’autorité provinciale. Déjà, peu de temps après, les deux provinces décidèrent d’entreprendre elles-mêmes l’alimentation. La commission de l’Etat néerlandais était cependant d’avis que le gouvernement devrait à l’avenir intervenir dans cette alimentation. Les centrales à réseaux transruraux alimenteront, dans la plupart des cas, différentes communes etles limites de leurs contrées ne correspondront pas toujours avec celles des communes des provinces. Il est donc nécessaire qu’une autorité supérieure aux administrations ' communales et provinciales gouverne ici. A cela s’ajoute que l’on devra, pour la construction des canalisations, empruntcrsouventdeschemins ou j chemins de fer de l’Etat, et que faute d’une régie-
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- mentation appropriée, Userait à craindre que plusieurs centrales, en utilisant les mêmes chemins, entraveraient mutucllementledéveloppement de leurs exploitations. Pendant que l’Etat interviendrait donc en réglementant, toutes les administrations communales et provinciales collaboreraient activement à l’accroissement du développement de l’alimentation électrique qui se fait dans l’intérêt de la population. 11 appartiendrait donc d’abord à l’Etat de construire les grandes canalisations de transmission traversant les provinces ; les administrations provinciales entreraient en ligne de compte pour l’alimentation des provinces, tandis que les communes, pour autant qu’elles ne possèdent pas leur propre centx’ale, devraient acheter l’énergie électrique aux exploitations provinciales pour le fournir ensuite à la population. Dansdes cas spéciaux, où l’alimentation se fait déjà par des entreprises particulières, on pourrait s’écarter de ce système et on pourrait confier l’alimentation à une Société anonyme formée par les différentes communes, ou encore à un consortium dans lequel la province s’assurerait la participation prépondérante.
- Très recommandée par le rapport de la commission est alors la concession accordée par l’Etat. Cette concession serait valable pour un district déterminé, dont, l’Etat imposerait l’alimentation au concessionnaire suivant un règlement établi ; le prix pour la fourniture du courant ne pourrait pas être augmenté arbitrairement et la collaboration avec d’autres contrats devrait demeurer possible. Une concession serait accordée soit pour la production d’énergie électrique, soitpour sa conduite, sa transformation, sa fourniture ou encore pour les travaux se rattachant à ces diverses branches. Ceci existe déjà dans la contrée minière du Limbourg : les usines de l’Etat produisent l’électricité, une Société privée exploite le réseau principal et fournit l’énergie, soit aux autorités communales, soitdirectementaux habitants. Afin d’éviter la concurrence, la concession devra en même temps présenter le caractère d’un monopole. Les travaux à exécuter par les concessionnaires seraient soumis à la surveillance des autorités, parce que les différentes centrales sont à relier entre elles et qu’une exécution également minutieuse de toute l’exploitation seule-, ment pourra empêcher le dérangement de l’en-
- semble, provoqué par des travaux intermédiaires insuffisants; quoique l’Etat doive être autorisé à retirer une concession, la commission déconseille d’étendre ce droit sur toutes les centrales transrurales. Afin de se garantir de tout abus de la pai't du concessionnaire, une olause de résiliation aurait cependant son importance.
- Un projet de loi pour la réglementation du problème de l’alimentation électrique basé sur les conditions sus-mentionnées a déjà été soumis aux Etats Généraux par le gouvernement néerlandais.
- Les vœux exprimés par la Commission sont résumés à la fin du rapport comme suit :
- i° Le gouvernement n’acceptera qu’à, titre exceptionnel la collaboration à la construction et à l’exploitation d’installationspourlaproduction, la canalisation, la transformation, la distribution etla fourniture d’énergie électrique sans toutefois accorder de concession à cet effet.
- a° Des concessions seront accordées de préférence aux autorités publiques ou à des consortiums sur lesquels les autorités auraient une influence importante.
- En accordant une concession, on devra toujours prendre en considération que, par un système de centrales transrurales, toutle pays serait bientôt alimenté de la façon la plus économique ; que de plus une augmentation du nombre des centrales, ne pourra être utile que pour quelques cas isolés et qu’il sera, pour assurer une alimentation économique destinée à donner le plus de garantie de bon fonctionnement, désirable que les centrales, pour peu que cela soit possible, soient reliées entre elles, afin qu’en casdebesoin elles puissent se seconder mutuellement.
- 4° Le gouvernement devra envisager sérieusement la construction de canalisations principales partant des mines dè l’Etat du Limbourg vers les centres de forte consommation.
- 5° Les laounes suivantes dans la législature devront bientôt disparaître : contrôle légal deb instruments pour mesures électriques, permission du vol d’énergie électrique ainsi que de la détérioration des installations et conduites électriques.
- B.-H. Verhagen, .
- Collaborateur Scientifique au Ministère de l’Agricultur.ç, de l’Industrie et du Commerce des Pays-Bas. " '
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- ÉCLAIRAGE
- Essais sur l’emploi de crayons de ferro-ilmé-
- nite pour les lampes à arc sur courant
- alternatif. — Isador Ladoff.
- M. A, Blondel (*) a démontré que l’arc voltaïque alimenté par courants alternatifs s’éteint à la fin de chaque demi-période, c’est-à-dire quand le courant passe par zéro, et se rallume à chaque fois.
- La conductibilité calorifique du carbone étant 37 fois plus faible que celle des plus mauvais conducteurs métalliques, on s’explique la différence dans la façon dont se comportent les crayons de charbon et les crayons métalliques dans les lampes à arc sur courant alternatif. Pendant le passage au zéro, les vapeurs de charbon ne se refroidissent pas autant et perdent moins de leur conductibilité que les vapeurs métalliques, d’où l’énorme différence dans les potentiels de rallumage : sur courant alternatif à 5o périodes, 3 ampères, par exemple, ce potentiel ne dépasse pas 100 volts avec électrodes en charbon mais atteint presque à celui d’une décharge statique avec électrodes métalliques. Aux plus hautes fréquences, il est naturellement beaucoup moindre. Or, quand il est suffisamment bas, l’arc à électrodes métalliques est soumis aux mêmes pertes que l’arc au charbon.
- voltage ; la relation est représentée par une droite.
- Ces considérations ont amené à faire une série d’essais sur l’emploi d’un arc auxiliaire pour contrebalancer la tendance qu’a l’arc métallique à se refroidir,
- On a essayé d’abord de deux charbons avec un crayon de ferro-ilménite sur circuit à 200 volts, 5oo périodes. L’arc se formait et se maintenait sans difficulté entre l’un des charbons et le crayon métallique. On a donc supprimé le second charbon.
- Sous 220 volts, 60 périodes, en intercalant en série une résistance variable (de 5 ohms), l’arc ne s’amorçait qu’à un intervalle de 6,2 millimètres entre les crayons et s’éteignait aussitôt.
- On a essayé diverses combinaisons de crayons de charbon et de ferro-ilménite.
- Avec charbon en haut, ferro-ilménite en bas, tout l’arc était uniformément lumineux, en raison de l’ascension des vapeurs de titane ; il était stable et son voltage, de 120 volts environ. S’il se produisait une période d’instabilité, la tension passait de 120 à i5o et même 3oo volts et le crépitement bien connu se faisait entendre.
- Avec le crayon de ferro-ilménite en haut, la base de l’arc était violacée et peu lumineuse, les
- Tableau 1.
- CRAYONS FACTEUR DE PUISSANCE AMPÈKES VOLTS WATTS LONGUEUR d’arc
- Charbon en haut; métal en bas., 62,5 2,95 92,5 I 70 mm
- Deux métalliques 68 ,0 84,5 3,2 220 480 Ia >7
- Deux charbons . 6,8 61 35o *9
- A intensité constante, le voltage entre électrodes métalliques augmente avec la longueur de l’arc. Inversement, à longueur constante, tout accroissement d’intensité produit une chute de
- () Lumière Electrique, 19et aôdéc. 1891, p. 551 «I6i8.
- vapeurs de titane enveloppant l’électrode supérieure. Parfois, une goutte de scorie se formant raccourcissait l’arc qui vacillait et tendait à grimper le long de la goutte à haute résistance jusqu’aux lèvres du crayon supérieur. La tension oscillait.
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- La combinaison d’un crayon de graphite avec un crayon d’ilménite n’a donné aucun avantage.
- Le circuit finalement employé comportait un condenseur de 72 microfarads en série avec l’arc à 2 100 volts.
- Voici les résultats de déterminations du facteur de puissance (Tableau 1).
- La perte paraît donc être de 20 % dans le cas du système mixte et de 19,3 % pour les deux crayons métalliques.
- d’utiliser à l’entretien de l’arc à ferro-ilménite, la capacité et l’induction en parallèle.
- Le système à induction à condensateur soustrait une partie du courant à l’arc amorcé ; la tension augmente alors et atteint son maximum quand l’intensité s’annule. A ce moment le condensateur décharge dans l’arc l’énergie emmagasinée et fournit la tension nécessaire au réamorçage pourvu que la fréquence de l’arc ait une valeur convenable, ce qu’on 11’obtiendra qu’avec
- Fig. 1. — Oscillogrammes des circuits avec arcs à ferro-ilménite et charbon.
- Capacité. Résistance. Intens. mai. Volt. max. Longr de l’arc.
- Oscillogrammes. Électr. supér. Électr. inf. microfarads ohms ampères volts millimètres
- N° 1 charbon ferro-ilmén. 4,49 0,2 7 3oo 0,5
- N° 5 » » 0 2 8 200 0,5
- N» 9 ferro -ilmén. » 0 2 9 340 o,5
- N° 11 » charbon 0 2 8 3oo 0,5
- N“ 12 » » 4,49 o,5 11 240 0,5
- N° i5 » ferro-ilmén. 4,49 o,5 10 3ao 0 ,5
- N» 18 charbon charbon 4,49 0,5 12 100 0,75
- N° a5 ferro-ilmén. ferro-ilmén. 4,24 3 ,o 4 280 o,5
- Ces essais ne sont pas concluants.
- L’examen des oscillogrammes ne révèle rien d’inattendu ; il fait ressortir surtout le bas voltage moyen et les pointes assez basses correspondant au voltage maximum au réamorçage, suffisamment modéré pour les circuits d’éclairage. De plus, ces maxima sont voisins ou coïncident avec les zéros de la courbe d’intensité.
- Cette dernière constatation permet d’utiliser une modification du circuit de l’arc musical de Duddell pour entretenir l’arc à ferro-ilménite au point zéro de la courbe d’intensité, en faisant fournir la tension nécessaire au réamorçage par le circuit même.
- On sait que le circuit de Duddell est constitué par un courant continu superposé à un courant alternatif avec capacité et induction en parallèle et dispositif de rupture de l’arc. L’auteur propose
- une bobine d’induction réglable. Par ce dispo-
- 220 Volts 60* \_______________
- 270:2*00 f----------- , ^
- utmJÛtgiJU)..Transformateur de fStfw
- R
- -AWjWV
- Arc
- mvmmvmv Transformateur sérié
- TTC -1 « H à i Oscittoaraphe
- -1 t ï Transfecté tensio» I 2000: 'fOO \ •
- Circuit o/e l'Arc
- Fig. 2. — Schéma des connexions.
- sitif on réalisera un arc à ferro-ilménite pour courant alternatif pratiquement utilisable.
- (Electrical Review, 8 mai 1915.)
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- > L’éclairage des rues. — Arthur J. Sweet.
- ‘ Des expériences ont été faites, pendant l’été 1914, sur la question de l’éclairage des rues, à Madison, Wisconsin, sous la direction de la Commission du chemin de fer de Wisconsin et avec la collaboration de la Section d’électricité de l’Université de cet Etat. L’auteur est un des trois ingénieurs qui-ont dirigé ces recherches. Celles-ci ont principalement porté sur deux phénomènes physico-physiologiques corrélatifs : l’éblouissement et l’aveuglement produits par une lumière trop vive.
- L’éblouissement, c’est, en l’espèce, l’impression désagréable que produit sur la vue un éclai-
- conque de quatre écrans opaques portant des ronds et des carrés noirs. A la partie antérieure de la chambre, une lampe avec réflecteur permet d’éclairer à volonté les. écrans, par l’intérieur. Les cercles et les carrés noirs sont de dimensions telles qu’un observateur de vue normale puisse les distinguer nettement à une distance do 3o m. 5 (100 pieds) en plein jour.
- C’est en les plaçant à cette distance de l’observateur, qu’ont été faites toutes les expériences. Celles-ci se sont divisées en quatre séries en utilisant des lampes d’intensité lumineuse, d’e.s-pacement et de hauteurs variés, comme l’indiquent les schémas de la figure 1.
- Première et quatrième série. — Toutes lampes
- rage trop intense. éteintes
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- Fig. 1. — Positions relatives des lampes, du photomètre et de l’observateur.
- Fig. 2. — Photomètre et ses écrans.
- L’aveuglement, c’est l’affaiblissement de l’acuité visuelle sous l’influence de cette lumière brutale.
- Le premier phénomène, purement physiologique, ne peut guère être mesuré parles méthodes et appareils que l’optique met à notre disposition ; le second, au contraire, est surtout un phénomène physique susceptible de mensuration. La méthode photométrique employée pour mesurer l’influence de divers éclairages sur l’acuité visuelle repose sur l’emploi d’une longue chambre photométrique (fig. 2), dont l’intérieur e$t peint en noir et au fond de laquelle est ihénagée une fenêtre. La profondeur de cette chambre est telle qu’aucune lumière tombant des lampes de la rite ne puisse arriver jusqu’au fond. La fenêtre peut-être masquée par l’un quel-
- étant seule allumée et donnant un éclairage d’abord faible, on présentait au fond de l’appareil les écrans dans un ordre quelconque ; la durée d’exposition, de deux secondes, était suivie d’une période de repos de six secondes, pendant laquelle l’observateur disait quel écran il avait vu. L'éclairage a été d’abord réglé de façon à obtenir d’un observateur moyen moins de 5o % de réponses exactes sur i5 observations. Après quoi, on l’a augmenté et l’on a répété la série de manière à avoir un pourcen-tage plus élevé, et ainsi de suite jusqu’à 90 % de réponses justes.
- Portant en abscisses les degrés de précision % dans les réponses et en ordonnées les intensités lumineuses en pieds-bougie, on a obtenu une courbe B (fig. 3) pour chaque observateur, et une
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- courbe moyenne B (fig. 4) pour l’ensemble.
- Deuxième et troisième séries. — Mêmes observations la rue étant éclairée, ce qui donne les courbes A (fig. 3 et 4). Il est évident que les écrans doivent être plus fortement éclairés, dans
- Fig. 3. — Courbes de deux observateurs. — Lampes de 400 bougies à atmosphère d'azote en globes opales, hauteur 5 m. 5o. — a) Degré de précision dans l'observation visuelle ; b) Eclairement de l'écran (en pieds bougie).
- ce cas, pour être distingués avec la même netteté que précédemment.
- La différence des ordonnées des courbes A et B représente le supplément d’éclairage nécessité pour que l’observateur voie avec la même netteté que primitivement quand il est ébloui par l’éclairage extérieur. En la divisant par la valeur de l’ordonnée B correspondante, nous obtenons le pourcentage d’augmentation qu’on doit faire subir à l’éclairage intérieur du photomètre pour compenser l’aveuglement produit par l’éclairage extérieur.
- Ce pourcentage donne une courbe G et fournit une base rationnelle à la mesure de l’influence aveuglante de toute installation d’éclairage public, c’est à-dire de l’excès de lumière ou, ce qui revient au même, de la dépense d’éjievgie. ..
- La courbe C est d’une grande précision entre 5o et 90 % et l’on a adopté le maximum qu’elle donne entre ces. limites comme mesure de l’effet physiologique produit par tel éclairage donné. Ainsi l’effet d’aveuglement ou d’éblouissement
- produit par une lampe de 400 bougies à atmosphère de gaz inerte, dans un globe dépoli et
- montée à 5 m> 5o de hauteur, est de 3a,5
- Degré de précision dans l’observation visuelle
- Fig. 4.
- Cela étant, soit : .
- y, cette valeur ;
- x, l’intensité lumineuse d’une seule lampe, dans un angle compris entre 75° et 85° de la verticale ;
- K, une constante dépendant de la hauteur de montage de la lampe ;
- La formule :
- y — K \jx
- donne assez exatement la relation entre ces divers facteurs.
- L’étude des courbes de la figure 5 fait ressortir la fâcheuse influence sur la vue des lampes montées à faible hauteur. Ainsi une lampe de 100 bougies, montée à 3 m. 65 au-dessus du sol, altère la vision dans l’angle compris entre 75° et 8o°, au point qu’il faut 85 % d’éclairage en sus au photomètre pour rétablir la visibilité des écrans, donc un excès d’énergie électrique. Aussi peut-on en conclure que les installations les plus courantes font une dépense d’énergie double de celle qui serait suffisante pour éclairer les voies publiques sans fatiguer la vue. ;
- Des courbes de la figure 5, on tire les valeurs de K qui donnent la courbe figure 6. De celle-ci, on peut déduire que les lampes de puissance moyenne ne doivent pas être montées à moins de 6 mètres de hauteur si possible et, en tout cas, pas à moins de 4 m, 65, Si les circonstances obligent à descendre au-dessous de cette limite, on doit choisir des source_s_ lpmineuses de pou-
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- P«»y«|p •clairAnt bougies
- _ w ( «WP 999
- nwvoir ecf«u*»nt «n bougie»
- * 400. .400 4 SW . U9
- rtvvoir «<latr»M on bougie»
- Pouvoir «cieurunt en bougie*
- Fig. 5. — Courbes de l’effet d’aveuglement (réduction
- Hauteifr de la lampe (en pieds) Fig. 6. — Valeurs de K.
- l’acuité visuelle) en fonction de la hauteur des lampes.
- voir éclairant relativement faible, dans les angles compris entre 65° et 90° de la verticale.
- D’autre part, des hauteurs de montage supérieures à'i5 mètres ne se justifient pas du point de vue de l’influence sur l’acuité visuelle.
- L’espacement des foyers lumineux joue un rôle relativement secondaire ; c’est surtout l’inclinaison des rayons lumineux et leur intensité, en particulier dans le secteur de 75* à 85° sur là verticale, qui ont l’influence prédominante.
- L’éblouissement peut être fortement atténué par un globe diffusant la lumière mais l’aveuglement, ou affaiblissement de l’acuité visuelle, ne saurait l’être sensiblement par ce moyen.
- (Electrical Review and Western Electrician, 6 mars 1915.)
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- TRACTION
- La ligne de chemin de fer électrique monophasée Vienne-Presbourg. — E.-E Seefehl-
- ner.
- La ligne de chemin de fer électrique qui relie Vienne, en Autriche, à Presbourg, en Hongrie, mesure 70 kilomètres de longueur. Dans les six premiers mois de son exploitation qui précédèrent immédiatement la guerre, la ligne eut une telle augmentation de trafic qu’il fallû t accroître de 70 % son matériel roulant. La guerre a obligé la compagnie exploitante à réduire les trains de 4 à 2 voitures tout en triplant le nombre de voyageurs transportés par voiture (186 au lieu de 60). Bien que le transport de marchandises ait crû en même temps dans des proportions considérables, les trains n’en ont pas éprouvé de retards appréciables. Ils soulageaient cependant grandement les chemins de fer à vapeur parallèles très surchargés par les transports militaires.
- La ligne en question comporte une première section urbaine le long du canal du Danube, section dont le trafic voyageurs n’est pas tellement intense qu’il n’admette une assez grande vitesse de marche. En quatre points, cette ligne croise des voie* de tramways ; en deux autres, elle passe sous la chaussée pour éviter les croisements.
- En dehors deVienne, la voie suit la route de Gross-Schwechat, sur 12 km. 5 à une allure comprise entre 18 et 3o kilomètres à l’heure. De Gross-Schwechat à Kopcsény (Hongrie), la voie ferrée devient indépendante et cette distance de 5o kilomètres est parcourue à des vitesses de 60 à 70 kilomètres àl’heure. Six stations sont réparties dans cette section qui compte 11 voies d’évitement et dont deux tronçons de 8 kilomètres environ chacun sont empruntés également par des trains à vapeur. En quittant Kopcsény, la ligne pénètre dans les faubourgs de Presbourg où elle redevient tramwây.
- Les deux tronçons de Vienne et Presbourg, exploités en tramway, le sont en courant continu, à 5oo ou 600 volts, tandis que le chemin de fer routier ou à voie indépendante est exploité en courant monophasé à i5 ouo volts et plus. On avait projeté tout d’abord d’exploiterlaligne d’un bout à l’autre par automotrices mais on en fut
- empêché par le fait que le pont sur le Danube à Presbourg n’admet pas de charge supérieure à 6,5 tonnes paressieu. Or, les voitures remorquées, à 60 places, actuellement en service, mesurent 14 m. 5 de longueur et pèsent 16,5 tonnes à vide et 22 tonnes avec 100 voyageurs. 11 ne serait resté, dans ces conditions, pour des voitures à 4 essieux, qu’une charge de 4 tonnes pour l’équipement électrique. La traction par automotrices eût également absorbé une plus grande énergie.
- Le choix du courant alternatif à haute tension a été dicté par l’obligation à peu près absolue d’acheter le courant à la Centrale municipale de Vienne, située évidemment,.defaçon défavorable à une extrémité de la ligne, mais qui offrait les mêmes bas prix pour le courant continu et l’alternatif à haute tension.
- Le système appliqué oblige à des changements de locomotives à Schwechat et Kôpcsény. Ces changements s’effectuent en deux minutes.
- Si l’on avait adopté l’emploi du courant continu pour le tronçon interurbain, il aurait fallu un poids de feeder en cuivre prohibitif pour satisfaire aux besoins anormaux du trafic aux jours fériés. D’autre part, l’emploi du courant alternatif monophasé à i5ooo ou 16 000 volts admettait une ligne aérienne légère et économique, même en supposant 10 % de pertes en ligne.
- Deux méthodes différentes ont été mises en pratique pour le passage de la section de voie en courant alternatif aux sections en continu :
- A Kopcsény, où il n’existe que deux voies, on se sert d'un troisième rail;
- A Gross-Schwechat, où le nombre de voies ne permet pas cette solution, on a recours à des lignes aériennes et à des batteries d’accumulateurs. En raison des rampes, les locomotives à courant continu avaient besoin de 6 tonnes de ballast. Cette charge est fournie par une batterie d’accumulateurs, utilisée pour franchir l’intervalle qu’on a ménagé intentionnellement entre les deux systèmes de traction. Par mesure de précaution, les câbles de courant alternatif sont à 7 mètres de hauteur et ceux de courant continu à 6 m. 3o, en sorte qu’il est impossible à une locomotive marchant sur courant continu de
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- prendre du courant alternatif par suite d’une fausse manœuvre.
- La section viennoise à courant continu et le tronçon interurbain à grande vitesse sont alimentés par la Centrale Municipale de Vienne, distante de S km. 760 du terminus. La section de Presbourg à courant continu est alimentée par le réseau de tramways de cette ville.
- La ligne aérienne urbaine, à Vienne, longue de 5 km. 75.0, comporte deux câbles à section de 80 millimètres carrés en forme de 8. Le tronçon à i5000-16,000 volts a également des câbles de même section. Pour réduire au minimum les perturbations dans les circuits voisins à faible voltage, il n’y a pas de retour du courant alternatif par le rail. Le câble de retour, de 100 millimètres carrés de section, est monté sur isolateurs
- suspension, les fils d’attache sont mobiles par rapport au galet qui soutient le câble de ligne. En cas de variation de température, le jeu de la dilatation déplace ce galet sur un arc d’ellipse dont les foyers sont aux sommets supérieurs du triangle déformable et le jeu vertical qui en résulte pour le sommet inférieur (40 millimètres pour 6o° C de différence) est si faible que la hauteur du câble de ligne n’en est guère affectée.
- Tandis que les circuits à haute tension sont portés par des pylônes métalliques, une ligne distincte de poteaux en bois porte deux fils télégraphiques en acier et quatre fils téléphoniques en bronze. Au début, on a eu quelques ennuis avec les lignes téléphoniques parce que l’isolement ne pouvait résister à des tensions statiques
- Fig. 1.- Chemin de fer électrique Yienne-Presbourg.-Locomotive monophasée, fourgon et remorques interurbaines.
- fixés aux poteaux et sert en même temps pour la protection contre la foudre.
- Le câble de ligne suffirait à lui seul à assurer une distribution économique du courant alternatif, mais il est doublé d’un feeder de 5o millimètres carrés, ce qui rend sans inconvénient l’isolement d’un tronçon de ligne.
- La suspension du fil de ligne est du système caténaire dans lequel des poids tenseurs sont attachés au câble de ligne comme au câble de suspension. De cette façon, la correction de l’alignement est conservée en dépit de la différence des coefficients de dilatation de l’acier du câble de suspension et du cuivre du câble de ligne. Le jeu de la dilatation serait néanmoins impossible avec des fils d’attache verticaux. Aussi a-t-on adopté une disposition triangulaire dont les triangles ont leur sommet sur le câble de ligne et une base de 3 mètres sur le câble de suspension. L’espacement moyen des sommets est de 5 mètres. Invariablement fixés au câble de
- atteignant 2 000 volts. 11 n’y a eu aucune plainte pour trouble dans l’exploitation des lignes télégraphiques et téléphoniques publiques situées à proximité.
- Comme protection contre la foudre, un fil de cuivre passe sur chaque poteau ; de plus, poteaux et pylônes sont en connexion électrique avec les rails, mis eux-mêmes à la terre en différents points. Un seul des deux rails est muni d’éclissages électriques ; l’autre a des éclissages transversaux tous les un ou deux kilomètres.
- Matériel roulant. — A Presbourg, le service urbain est assuré par 10 automotrices à courant continu, équipées de deux moteurs de 65 chevaux et admettant 28 voyageurs.
- Entre Vienne et Gross-Schwechat, les trains sont remorqués par 6 locomotives à courant continu, de 3 m. 60 d’empattement. Ces machines, de 24 tonnes, sont équipées de moteurs de 200 chevaux, exercent un effort de traction de 3 3oo kilogrammes au crochet d’attelage et
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- peuvent remorquer jusqu’à 75 tonnes. En outre de leur alimentation en courant par deux perches de trolley, elles portent une batterie d’accumulateurs d’une capacité de 89 !ampèrcs-heure, à 280 volts, suffisante pour assurer pendant .une journée le service de passage de la section à courant alternatif à celles à courant continu et vice-s'crsa.
- Les radiateurs de chauffage fonctionnent à 600 volts en continu ou 3oo volts en alternatif. . Trois locomotives de 800 chevaux 1-C-1, type
- 11 'v-'.-V
- Fig. 2.-
- Cliemin de fer électrique Viennc-Presbourg.
- Voie aérienne en alignements droits. Fig. 3.— Voie aérienne en courbes.
- Mittenwald, assurent le service de transport des marchandises; tandis que 7 locomotives 1-B-1, de 7&o chevaux, font celui des voyageurs. On a adopté pour ces machines la commande directe avec bielles d’accouplement, car l’économie de poids réalisable par l’emploi d’engrenages n’eût pas été appréciable pour une marche à la vitesse de 5o à 69 kilomètres à l’heure.
- Le poids total de la locomotive en ordre de marche est de 53, 3 tonnes et le poids de l’équipement électrique, de 26, 2 tonnes. Les freins sont du type à vide ; mais un compresseur
- d’air alimente les sablières, les sifflets, etc.
- Le transformateur à huile a 12 points de branchement sur le secondaire pour donner des voltages variés entre 126 et 5i5 volts. Le voltage aux balais du moteur est divisé par quatre branchements entre le stator et le rotor. Pendant les arrêts, le rotor est mis en court-circuit et le stator reçoit tout le voltage. L’énergie est transformée par induction, comme dans un moteur à répulsion, jusqu’à ce qu’une vitesse de 17,5 kilomètres environ à l’heure se trouve atteinte. A ce moment, la connexion en court-çircuit est rompue et le stator ne reçoit plus que 57 % du voltage total. La vitesse continuant à croître , ce pourcentage tombe à 17,5 % . En résumé, le rotor convertit en énergie mécanique la majeure partie du courant reçu, exactement comme le fait un moteur à courant continu. Ce moteur posséderait, dit-on, la caractéristique à vitesse variable que ne peut donner le moteur série à courant continu. Les locomotives sont équipées de contrôleurs pour 3oo volts maxima, et de contacteurs avec inverseur électro-pneumatique.
- Le moteur est à 2/, pôles avec 3 balais par porte-balais. Il donne- 750 chevaux à 200 tours par minute pendant une heure ou à 3oo [tours en marche prolongée. A 200 tours par minute, la puissance développée en marche continue est de 53o chevaux et, à 160 tours par minute, la puissance soutenue pendant une heure est de Goo chevaux. Le rendement dans ces limites de puissance reste cependant compris entre 84 et 90 % . L’effort de traction pour une marche de une heure est de 2860 kgm.
- (Electric Railway Journal, ier mai 1915.)
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- ÉCHOS DE LA GUERRE
- La prohibition du commerce avec les Austro-
- Allemands (Suite). — (Jugement Sulro du i3 mars
- igi5 et arrêt Heînegen du 17 mai 1915).
- Dans nos précédents articles, nous avons examiné les étapes successives de la législation qui. par un décret d’abord et une loi ensuite, a prohibé et exposé à des peines sévères tout commerce avec les Austro-Allemands. Nous ne saurions maintenant éluder l’examen de la question la plus délicate : comment la jurisprudence s’est-elle comportée en présence des sociétés mixtes, qui présentent à la fois des intérêts nationaux ou neutres, et des intérêts ennemis?
- Nous n’avons pas besoin de nous étendre en considérations sur l’importance réelle de la difficulté : une société n’est pas seulement le mélange de plusieurs intérêts, c’est quelquefois la combinaison intime de divers éléments. Dire que l’élément étranger vicie le tout, et proclamer à ce titre le séquestre de toute la société, c’est porter à la partie française un coup fatal et immérité. Ne rien faire, c’est permettre à la partie hostile de profiter de la situation comme elle le ferait si elle était française : il y a, entre la sévérité excessive due à un rigorisme étroit et le relâchement des principes, un juste milieu à conserver qui est une question de doigté ('). Si l’on nous demandait des exemples pratiques montrantl’cmbarràs auquel peut se trouver exposé (*)
- (*) Il est bien évident que, dans certains cas, il ne peut y avoir aucune difficulté; par exemple si une société doit remettre des dividendes ou parts d’intérêts à des Austro-Allemands, sous forme de paiement de coupons : c’est ce que les Anglais ont envisagé dans l’article a de la loi portant modification du Trading With the enemy act 1914 et faits qui s'y rattachent. On peut lire ce qui suit : « Toute Somme qui, si l’état de guerre n’avait pas existé, eût été payable ou payée à ou au bénéfice d’un ennemi, sous forme de dividendes, intérêts ou parts de bénéfices, sera versée par la personne, la maison de commerce, ou la société par lesquelles elle eût été payable, au séquestre pour être conservée conformément aux prescriptions de la présente loi... » Dans le même article 2, il est dit au paragraphe cinquième : « Dans l’esprit de celte loi, les expressions dividendes, intérêts, parts de bénéfices », signifient parts, dividendes, bonis, intérêts, de toutes actions, fonds de commerce, reconnaissances de tonte nature, ou autres obligations d’une société par intérêt d’un prêt à un® maison de commerce, ou à une personne faisant des affaires pour cet établissement, etc.
- un juge consciencieux, nous serions obligé de. réclamer pour nous seul un numéro de la Revue. Nous devons nous borner et nous arrêter à quelques types. Constatons toutefois que, dès que la prohibition a occupé les pouvoirs publics, la question a paru grave et quelquefois angoissante : nous n’en voulons pour preuve que ce qui aétéditàla Chambre des députés le 11 mars 1915 (Journal officiel du 12 mars) par M. Lairolle dont nous citons, pour plus de clarté, les termes mêmes.
- « Vous me permettrez, dit-il,^ pour rendre ma démonstration évidente, de citer une espèce dont je suis sûr. Il existe, à Marseille, une société dite Française d’Aluminium. Cette société, fondée en France depuis un assez grand nombre d’années, est administrée par des Suisses dontl’un, M. Na-ville, a un nom sympathique à la France et porté par un membre de l’Institut. C’est une société Française par sa fondation, et suisse par son administration. La plus grande partie des actions de cette société appartient à une autre grande société suisse, la Société « pour la fabrication de l’aluminium », au capital de 38 millions, qui a dépensé 71 millions en création de diverses usines, dont la plus grande partie se trouve en Suisse; il y a quelques années, en raison de la propagation des forces hydrauliques, elle a établi d’autres usines de moindre importance en Autriche et en Allemagne. Qu’est-il arrivé ? C’est que, notamment à Brignoles où la Société a une usine, le procureur de la République, fidèle à l’esprit de la circulaire du 28 octobre 1914, a demandé la mise sous séquestre uniquement des intérêts pouvant revenir à des Allemands faisant partie de la Société suisse dont elle était un peu la filiale.
- « Le président a dit : « Il y a des Allemands dans le conseil d’administration de la société qui est en Suisse : cette société se trouve être propriétaire de la plus grande partie des actions de la Société Française d’aluminium, administrée par des Suisses ; donc la Société est allemande » et il l’a mise sous séquestre.
- « Voilà, par conséquent, si cette ordonnance devenait définitive; une société à laquelle s’appliquerait les dispositions de la loi que nous discutons.
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- « Mais ce n’est pas tout. Au momentoù la guerre allait éclater, la Société suisse, administrée en màjorjté par des Suisses, venait d’acheter en grande partie les actions d’une société incontestablement française, la Société des Bauxites de France ; on trouve dans les papiers du séquestre une lettre qui indique cet achat. Immédiatement, la Société des Bauxites de France est considérée comme société allemande et, comme telle, mise sous séquestre; toutes les opérations sont interrompues, et les appointements des employés français payés par les deux Sociétés, par suite dedeur mise en séquestre, ont cessé d’être payés. Il est bien évident, et sur ce point j’appelle l’attention de M. le garde des Sceaux, qu’à l’heure actuelle avec les nullités, les pénalités qui vont être proposées, édictées, étendues ou restreintes, les Sociétés que la circulaire ministérielle appelle des Sociétés mixtes vont se trouver dans une situation extrêmement périlleuse et j’estime que non seulement la circulaire du mois d’octobre doit être confirmée, mais qu’élle doit être fortifiée et qu’on doit rechercher, même parmi les Sociétés qui sont sous séquestre, celles qui sont véritablement ennemies et celles pour lesquelles il suffirait de saisir les intérêts austro-allemands qui peuvent y exister de façon que, rien de notre argent, de nos ressources, n’aille à l’ennemi pendant la guerre. »
- Disons de suite que c’est le désir exprimé par l’honorable député dans ces dernières lignes qui paraît avoir été compris et exaucé par les magistrats : on s’est efforcé dans les sociétés mixtes de saisir les intérêts austro-allemands qui peuvent exister, sans paralyser les autres intérêts, ni les considérer comme ayant été à tout jamais pollués par le contact, si répugnant qu’il soit, de l’ennemi séculaire de la France.
- Mais quand -il s’agit de sociétés en nom collectif, la difficulté grandit encore. La société ne se compose pas seulement d’intérêts pécuniaires, mais les questions de personnes y jouent un rôle considérable. Les précautions à prendre ne seront guère que des questions d'espèces, et à ce titre nous examinerons au fur et à mesure de leur apparition tous les jugements qui se présenteront.
- Le premier jugement que l’on puisse citer est celui qu’a rendu la première chambre du Tribunal civil de la Seine, présidée par M. Ancelle,
- le 13 mars 1918; jamais affaire, semble-t-il, n’a paru être aussi compliquée. Le 3i octobre 1905, trois hommes de nationalité différente fondaient, à Paris, une société en commandite simple, ayant pour but, le courtage, l’achat, la vente à la commission de toute marchandise, et spécialement des sucres et alcools, traitée à la Bourse du Commerce de Paris. Le commanditaire, M. Sutro, était, malgré son nom à consonance italienne, de race anglaise; les deux associés en nom collectif, Erichsen et Rothe, étaient le premier un Danois, naturalisé français ; et le second, un Allemand dépuré race, originaire de Cologne; ces mélanges hétéroclites constituaient une société Française, puisque, d’après la jurisprudence et la majorité des auteurs, la nationalité se détermine par le siège social (‘).
- Mais la nationalité française de la Société n’avait point empêché le président du tribunal de la Seine, en date du 7 novembre 1914, de mettre sous séquestre les biens personnels de l’allemand Rothe et sa part sociale dans la société précitée : jusque-là, il semblait bien que les autres associés n’avaient en aucune façon le droit de se plaindre ; tout ce qui devait revenir à l’allemand dans le produit du patrimoine commun devait être versé entre les mains du séquestre, et cela ne faisait tort à personne.
- (A suivre.) P. Bougault,
- Avocat à la Cour d’Appel de Lyon. (*)
- (*) La question de savoir si une société fondée et fonctionnant en France tombe sous le coup du décret du 17 septembre 1914 lorsqu’un ou plusieurs de ses membres sont de nationalité allemande ou austro-hongroise est intimement liée à celle de savoir à quels caractères se reconnaît la nationalité d’une société.
- D’après la jurisprudence et la majorité des auteurs, cette nationalité se détermine parle siège social. Voir Yarasseur, Rev. des Soc. 1899. p. 91; Pascand; Ibid. 1906; 141 ; C. de Cassation, 22 décembre 1896; Ibid. ^97, page 120; 29 mars 1898\ Ibid. 1898,p. 254 Dalloz, 1899. 1.595, Paris 18 mai 1909, Dal. 1909, 2.325.
- Il résulte logiquement de ce principe que la présence d’un austro-allemand dans une société commerciale ne peut pas suffire à entraîner la mise sous séquestre des biens d’une société qui forme une personne morale indépendante de celle des associés (Tribunal Civil d’Oran, 9 février 1915, journal Le .Droit. 16 mars 1915).
- Le garde des Sceaux a d’ailleurs reconnu à la Chambre des députés qu’il n’était pas possible d’arrêter le fonctionnement d’une maison qui, malgré une participation allemande, était française.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Tables annuelles de constantes et données numériques de chimie, de physique et de technologie. —: Volume ni, année 1912. — i volume in-4° de i ooo pages. .— Gautiiier-Vii.lars, éditeur, Paris.
- Il n’est plus besoin de présenter aux lecteurs de la Lumière Electrique ces tables dont le troisième volume vient de paraître.
- Ce volume est consacré au résumé des divers travaux parus en 1912.
- Mais il est une modification importante qu’il importe de signaler. A côté du recueil proprement dit, volume d’environ 600 pages, le Comité international qui s’occupe de la rédaction de ces tables a cru devoir faire éditer un certain nombre de fascicules, contenant des extraits de l’ouvrage principal. C’estainsi que les physiciens ou ingénieurs que n’intéressent que quelques points particuliers pourront, sans trop encombrer leur bibliothèque, se procurer la partie des tables nécessaire à leurs travaux.
- Pour l’année 1912, les trois fascicules publiés sont les suivants :
- Art de l’ingénieur et métallurgie,
- Données numériques de radioactivité,
- Données numériques de l’électricité (magnétisme et électricité).
- Ce dernier fascicule contient en guise de préface une lettre de M. Maurice Leblanc à M. Marie, secrétaire général du Comité de publication, dans laquelle l’éminent président du Comité Électrotechnique International met en évidence par des exemples personnels les services que peut rendre ce recueil.
- Nous nous associons pleinement à cette opinion. Nous demanderons toutefois, pour que cet ouvrage puisse présenter toute l’utilité dont il est susceptible, un peu plus de précision dans les analyses, précision qui fait parfois défaut.
- Nous devons aussi signaler une grosse faute d’impression à la page 3q5. Le volume de l’équivalent électrochimique de l’argent, d’aprèsRosa et Dersey, est non pas 1 11984 milligrammes mais 1 11804. Toutes ces petites critiques n(enlèvent rien à la
- valeur de l’ouvrage et nous attendons avec impatience pour le début de 1916 la publication des tables relatives à l’année 1914. R. J.
- Le téléphone instrument de mesure, par Augustin Guyau. 2e édition. — i volume in-16 de »6o pages, avec J7 figures. — Gauthier-Villars, éditeur, Paris. — Prix : broché, a fr. ^5.
- Ce petit volume est de ceux qu’on ne doit pas juger d’après la modestie de leur format ; celui-ci d’ailleurs a l'éminent avantage de le rendre accessible à tous ceux à qui il rendra service.
- Cet ouvrage est le développement d’une thèse de Doctorat soutenue en Sorbonne, en 1913, par l’auteur (Paris, Gauthiers-Villars) qui en a donné un extrait de 12 pages dans \e Journal de Physique de juin 1914 (5° série tome IV, page 480).
- D’autre part M. Augustin Guyau a pris le 24 mai 1912, sous le n° 444 248 un brevet d’invention français s. g. d. g. ayant pour titre : procédé optique et moyens permettant de déceler les vibrations que subit une plaque vibrante et de mesurer leurs durées relatives.
- Les chapitres III et IV du livre sont spécialement consacrés à l’instrument décrit sous le nom d’oscillographe différentiel et aux études de haute physique que l’auteur a poursuivies avec son aide dans le laboratoire du professeur Janet à la Sorbonne ; cette partie intéresse particulièrement les physiciens de laboratoire.
- Les deux premiers chapitres, ainsi que le cinquième et dernier, avec deux appendices, concernent le récepteur téléphonique et sont essentiellement du domaine de l’électricien et du téléphoniste en particulier ; ils contiennent, in extenso, les données expérimentales nouvelles dues aux travaux de M. Guyau, qui feront l’objet ultérieurement d’un exposé, dans ce recueil.
- Nous renvoyons le lecteur à cet article, persuadé qu’il jugera ensuite indispensable de se procurer lui-même l’intéressant ouvrage de M. Guyau.
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- BREVETS
- Conduite d’un train de voitures automotrices électriques d’un point quelconque.
- Une interversion de texte s’étant produite dans le numéro du io mars 1915, p. 2^, nous donnons ci-dessous le résumé du brevet Brown Boveri et Cle concernant la conduite d’un train de voitures automotrices électriques d’un point quelconque.
- RÉSUMÉ
- i° Un dispositif de conduite d’un train de voilures automotrices électriques dont chaque moteur de traction reçoit, suivant le système Léonard, son courant d’une dynamo qui est montée sur la voiture elle-même et que l’on fait tourner à un nombre de tours à peu près constant, caractérisé en ce que l’excitation de toutes les dynamos est fournie par une seule des génératrices semblables de courant d’excitation qui existent sur chacune des automotrices, et en ce que l’excitation est réglée et intervertie de l’un quelconque des postes de conducteur, de telle manière que le nombre des conduites, allant d’une automotrice à l’autre jusqu’au bout du train et qui doivent être raccordées entre les voilures, peut être réduit à une seule, et à deux lorsqu’il n’y a pas de mise à la terre.
- Les enroulements d’excitation des moteurs de traction peuvent être alimentés chacun par la génératrice de courant d’excitation de l’automotrice respective.
- 3° Ils peuvent être connectés également avec une conduite qui va d’un bout du train à l’autre, et qui est alimentée par une seule excitatrice, dont le courant peut être réglé du poste du conducteur au moyen d’un rhéostat supplémentaire, de telle manière que le nombre des conduites d’un bout du train à l’autre est porté à trois ou quatre lorsqu’il n’y a pas de mise à la terre.
- l\° L’excitation des dynamos principales, et au besoin celle des moteurs de traction, peut être effectuée indirectement, au moyen d’une régulation commune du courant d’excitation et leurs excitatrices, à partir d’une petite excitatrice spéciale.
- 5° Dans le cas de l’emploi de moteurs de traction excités en série, le système de connexion comprend pour chaque moteur, de traction un commutateur d’inversion du champ qui est actionné au moyen d’un courant auxiliaire à partir du poste du conducteur, de telle sorte que le nombre des conduites établies d’une extrémité du train à l’autre est élevé à trois ou quatre lorsqu’il n’y a pas de mise à la terre.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- SOCIÉTÉS
- Société d'Eclairage et de Force par l’Éclectricité.
- Cette Société qui, depuis le ier janvier 1914., n’a plus l’exploitation d’un secteur parisien pour l’éclairage électrique arrivé au terme de la concession, a vu ses bénéfices diminuer dans une notable proportion.
- L’exploitation de ses concessions de banlieue ^Saint-Denis et région Nord de Paris) et de l’Anjou a souffert de la hausse considérable du charbon. Une concurrence vive a obligé en outre la Société d’Eclairage et de Force à des abaissements de tarifs dans la région de Paris. Par suite de ces diverses circonstances les bénéfices nets n’atteignent cette année que 564 7^7 francs au lieu
- de q58 iq5 francs précédemment. Il estprobable que dans ces conditions il ne sera pas distribué de dividende: L’an dernier il avait été réparti 42 fr. 5o par action.
- L’Energie industrielle.
- Alors qu’elle avait réparti un dividende de 5 francs dans les années précédentes l’Energie Industrielle ne propose aucune répartition à ses actionnaires cette année. Cependant les bénéfices de l’exercice 1914 sont un peu supérieurs à ceux de 1913. En effet les bénéfices des concessions exploitées directement atteignent 719 264 francs au lieu de 710 196 francs. Le revenu du portefeuille et les recettes diverses sont en augmentation plus sensible: aussi, bien que les frais généraux
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- aient augmenté, le bénéfice net ressort à 607393 francs au lieu de 514 5 < 7 francs en 1913. Il serait donc possible de distribuer au moins 5 francs, sinon davantage, mais en raison des circonstances le conseil juge plus prudent de conserver les disponibilités de la Société.
- Compagnie des Tramways de l’Est Parisien.
- Le trafic de cette compagnie a été assez éprouvé par la guerre. Les recettes totales sont inférieures de 1 008 984-francs à celles de igi3 ; elles atteignent 6 798 i56 francs. Le bénéfice net est par suite en assez forte diminution et s’élève à 1 22S 333 francs au lieu de 1 655 25g francs en 1913.
- Le conseil a décidé de ne pas distribuer de dividende et de répartir les bénéfices de la façon suivante :8ooooofr. seront affectés à la provision pour renouvellement du matériel ; 200 000 francs à la provision pour règlement d’accidents et 223 333 francs à une provision spéciale' destinée à faire face aux dépenses exceptionnelles provenant de la situation actuelle.
- Rappelons que l’année dernière il avait été réparti 4 francs aux actions privilégiées et ordinaires.
- Compagnie des Tramways de Paris et du Département de la Seine.
- Les comptes de la Compagnie des Tramways de Paris et du Département de la Seine font ressortir pour 1914 un bénéfice de 2 172 101 francs au lieu de 1 776 739 francs pour l’année précédente. Le dividende a été fixé à 10 francs comme en 1913. Le conseil d’administration a été autorisé à procéder à l’émission de 12 millions et demi de francs de bons à court terme pour remplacer la deuxième tranche d’obligations qui n’a pu être réalisée.
- CONVOCATIONS
- L’Eclairage Electrique des Véhicules. —Le 12 juillet à 2 b., avenue des Champs Elysées, 4*, è Paris.
- Compagnie Universelle de Télégraphié et de Téléphonie sans fil. — Le 12 juillet, à 11 h. 1/2, rue de la Boétie, 20 bis. à Paris.
- Etablissements Paz et Silva. — Le 17 juillet, à 2 h. rue Blanche, 19, à Paris.
- Secteur Electrique de la Ville d’Asnières. — Le
- 17 juillet, à 11 h. rue Blanche, 19, à Paris.
- Société Franco-Italienne du chemin de fer Métropolitain de Naples. — Le 21 juillet, à 11 h. 1/2, rue d’Athènes, 20, à Paris.
- Société Nantaise d’Eclairage et de Force par l'Electricité. — Le 22 juillet, à 11 h. boulevard Hausmann, y5t à Paris.
- Electricité de Reims. — Le 22 juillet, à 3 h. 1/2, rue Taitbout, 13, à Paris,
- ADJUDICATIONS
- L’administration des Chemins de fer de l’Etat, à Paris, a l’intention d’installer dans le nouvel atelier des roues, à Saintes, trois ponts roulanls de 8 tonnes, mus électriquement. Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service électrique (ire division), 45, rue de Rome, à Paris (8ei, les mardi et vendredi, de i5 à 17 heures, jusqu’au 3o juillet 1915.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATION
- 9 Juin.— Chemins de fer de l’Etat, 20, rue de Rome, Paris. — Adjudications de fournitures.
- i*rlot.— Matérielélectriqueà HT, gareet dépôt de Caen.
- Société Industrielle des Téléphones, 25, rue du Quatre-Seplembre. è Paris,, adjudicataire à 10425 francs,
- 2e lot. — Fournitures et installation de ponts roulants pour les ateliers de Solteville.
- M. Egerlon Banks, adjudicataire à 96824 francs.
- *
- * *
- 3o juin. — Chemins de fer de l’Etat, 20 rue de Rome, Paris.
- i° Matériel électrique pour l’usine centrale de Rouen.
- Société des téléphones de Lyon, 78, rue J.-J. Rousseau, à Paris, adj. à 10 100 francs.
- 2° Tableaux de distribution électrique, gare de Mczidon.
- Société dès téléphones de Lyon, adj à i3 100 francs.
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- Paris. — imprimerie levé, 17, rue cassette.
- Le Gérant : J.-B. Nouet
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- Trente-septième année
- SAMEDI 17 JUILLET 1915.
- Terne XXX (8* série). N» 27
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- A. BOCHET. — D. Monnier.................... 49
- H. de BELLESCIZE. — Procédé d’élimination des émissions et des perturbations très amorties (Fin )............................ 5i
- J. CARLIER. — La traction électrique (Suite). 57
- Publications techniques
- Transmission et Distribution
- Nouvel appareil pour la protection des installations électriques contre les surtensions.
- — F. Frôhuch.......................... 67
- Applications Mécaniques La commande des moteurs employés à bord
- des sous-marins allemands. — Norman H. Wood................................... 68
- La photographie sous-marine à l’aide des lampes en quartz........................... 69
- Echos de la guerre
- La prohibition du commerce avec les Austro-
- Allemands.— P. Bougaulï (Fin)............ 70
- Les Universités belges....................... 72
- L’Union des Electriciens belges.............. 72
- D. MONNIER
- La Lumière Electrique était fière de compter parmi les membres de son Comité de Direction depuis de longues années, M. Monnier, ingénieur des Arts et Manufactures, professeur à l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures et électricien éminent, connu depuis longtemps dans le monde-industriel français par ses travaux théoriques et par une remarquable activité professionnelle.
- Le trouble apporté en France par la guerre ne nous a pas permis de signaler plus tôt à nos lecteurs sa disparition .regrettée. Nous nous faisons un devoir aujourd’hui de rendre à celui que nous venons de perdre un dernier hommage par la publication de la notice nécrologique ci-dessous, due à la plume particulièrement autorisée d’un de ses anciens élèves, M. le capitaine du Génie Bochet, ancien Président de la Société Internationale des Electriciens, professeur à l'Ecole Supérieure d’Electricité.
- Nous sommes heureux, en même temps, de pouvoir annoncer à nos lecteurs que M. J. Violle a bien voulu accepter de faire partie de notre Comité de Direction. Les travaux de l'éminent professeur au Conservatoire national des Arts et Métiers, membre de l'Académie des Sciences, sont universellement connus ; nous nous bornerons à rappeler ses études sur la mesure de la vitesse de propagation du son, sur l’arc électrique, le four électrique, la fusion du platine, l'étalon de lumière qui va prochainement recevoir une consécration légale, etc.
- Les Electriciens doivent un hommage particulier à la mémoire de M. le Professeur Monnier, créateur, dès i885, d’un important enseignement de l’électrotechnique ; ses élèves avec ses nom-
- breux amis gardent pieusement le souvenir des sentiments de respectueuse affection et de„recon-naissance inspirée par son affabilité et sa bonté. M. Démétrius Monnier, né le 5 juillet 1835 à
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- 80
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXX (2’ Série). — N9 27.
- Odessçi (Russie), de nationalité française, est décédé le 9 décembre 191/1, à Neuilly-sur-Seine; il était Chevalier de la Légion d’Honneür.
- Après de très brillantes études à l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures, dont il est sorti en i855, M. Monnier entra comme Ingénieur à la Compagnie du Gaz de Marseille, puis il vint à Paris en cjualité d’ingénieur Conseil de la même Société et de diverses autres Compagnies françaises et étrangères.*
- 11 fut Ingénieur de la Compagnie du Câble de Paris à New-York pendant la construction et la pose du câble; il organisa le service d’exploitation en France, en Angleterre et aux Etats-Unis, puis il dirigea une expédition pour la réparation d’une rupture de câble sur le banc de Terre-Neuve'.
- Après l’exposition de 1881, un groupe de Compagnies de Gaz lui confia le soin de créer et de diriger un laboratoire d’études électriques à Paris.
- Il fu-t chargé par la Compagnie /Vnglaise Impériale-Continentale du Gaz d’étudier et de diriger’ l’installation de l’éclairage électrique à l’Opéra et au Burg-Theater de Vienne (Autriche).
- En outre des fonctions d’Ingénieur-Conseil qu’il remplissait auprès de diverses Sociétés de Gaz et d’Electricité, M. Monnier fut expert au Tribunal Civil de la Seine, arbitre-rapporteur au Tribunal de Commerce, membre du Comité technique électrique au Ministère du Commerce, membre des Comités à l’Exposition de Paris en 1889 et à celle de Chicago, vice-président, de la classe 24 et vice-président du Jury de la classe %'i à l’Exposition de 1900, membre d’importantes Commissions, entre autres de celle nommée par la Chambre des Députés pour établir le cahier des charges et juger les projets présentés au concours pour l’éclairage de Paris; il a été Expert de la Ville dans la Commission chargée de la
- révision des tarifs pour les fournitures d’énergie électrique.
- U était membre du Conseil de l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures.
- Parmi les fonctions multiples queM. Monnier a remplies ilvec une haute distinction, celle à laquelle il consacra leplus grandetlepluspersé-vérantcfïort, fut celle de professeur d’Electricité industrielle à l’Ecole Centrale.
- Il avait admirablement compris l’esprit dans lequel un tel enseignement devait être donné. Evitant l’exposé d’abstractions stériles aussi bien que de détails terre-à-terre, M. Monnier a adopté un programme élevé et méthodique pour son cours.
- Ainsi compris, l’enseignement de l’Electro-technique permet, mieux que tout au tre, d’exercer les élèves à l’application des sciences pures aux travaux de l’Ingénieur, tout en leur faisant acquérir des connaissances d’une utilisation immédiate.
- Inauguré en i885, lê cours de M. Monnier comportait vingt leçons ; développé parla suite, il comprenait dans les dernières années quarante-trois leçons, toujours tenues au courant des progrès que leur auteur suivait avec une merveilleuse jeunesse d’esprit malgré son grand âge. Il avait été publié en 1889; une seconde édition était en cours de publication depuis quelques années.
- L’Ecole Centrale s’enorgueillit à juste titre d’un tel enseignement et de compter, parmi ses anciens élèves, des précurseurs comme les regrettés Monnier et Hospitalier et comme M. Picou qui créèrent en France l’enseignement de l’Elec-tro technique et y publièrent les premiers ouvrages relatifs à une branche de l’activité humaine qui prit par la suite un aussi prodigieux développement.
- A. Bochet.
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- 17 Juillet 1915.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 51
- PROCÉDÉ D’ÉLIMINATION DES ÉMISSIONS ET DES PERTURBATIONS
- TRÈS AMORTIES (Fin)^
- III. — Caractéristiques que doivent posséder les oscillations à éliminer par rapport à celles à recevoir.
- 11 y a lieu de eomparer l’énergie totale dans l’antenne, à l’amplitude maxima d’une des oscillations qui y sont induites, le premier élément étant pour simplifier supposé proportionnel à l’action du détecteur de réception, le second déterminant le fonctionnement du détecteur de sécurité.
- Pour que le système de protection soit efficace il faut que le rapport de ces deux grandeurs soit beaucoup plus grand pour l’émission que l’on veut conserver.
- On remarquera tout d’abord que, toutes choses égales d’ailleurs, l’énergie est proportionnelle au nombre «de trains d’oscillations à la seconde ou, ce qui revient au même, qu’à énergie égale, pour des oscillations de même forme, l’amplitude est inversement proportionnelle à \//i-L’émission à conserver devra être faite sur une note aussi aiguë que possible.
- Ceci posé, il faut examiner quels sont les fac- (*)
- (*) Voir Lumière Electrique du 10 juillet ,1915, p. 29.
- teurs d’où dépendent l’amplitude et l’énergie d’une oscillation.
- La discussion est basée sur les considérations suivantes : soit 1 (ou %') la courbe d’amortissement de l’oscillation propre à l’antenne de réception (fig. 7) ; il est clair qu’une onde excitatrice peu amortie ( 1 ) donnera naissance, à amplitude égale, à une oscillation résultante Àj mettant en jeu plus d’énergie que l’oscillation résultante A3 due à un choc ou à une perturbation amortie (3).
- Mais il faut serrer la question davantage. Soit par exemple à examiner quelles conditions doit remplir une émission pour être facilement enregistrée malgré une perturbation très amortie agissant à la manière d’un choc.
- a) Effet de l’émission très amortie. —Bjerkness a démontré la formule
- S (Lff)!2 (y + 8) = (8 + AS) (letr)22 (7+ 8 + AS)
- oii y représentel’amortissementde l’excitateur, S celui du résonateur, AS l’amortissement du à une résistance supplémentaire (Lff)i et (I0tï)2 les intensités efficaces à la résonance.
- Si y est grand vis-à-vis de S et do AS, il vient :
- S (Ieff),2 = (S + AS) (Ieff).1
- ou, en remplaçant l’amortissement par la résistance
- , (IeflV=(>- -j--A/’) (Ieff)2a.
- Cette formule exprime que le rendement est constant: l’énergie W indui te dans l’antenne est indépendante de son amortissement; cette propriété est d’un usage fréquent, pour les mesures.
- L’amplitude I0 de l’oscillation est également constante ;, en effet, sous l’action d’un choc, l’antenne vibre sensiblement en oscillation libre, l’amplitude I„ est donc reliée à la valeur elTicace par la relation
- IV=~T; donc: I02 = ^ I2e<r = K.W.
- l\ 0 I
- K étant une constante; la constance de l’énergie entraîne celle de l’amplitude.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXX (2° Série). — N» 27.
- Les équations de Bjerkness supposent essentiellement que y et 8 sont petits; on arriverait aux mêmes résultats en partant directement de la relation
- Ae—/=/* +L^ + Uc
- où l’impulsion AeT“* est absolument amortie. Donc, pour une antenne de forme extérieure
- os.
- -jumMWir1 Fig. 8.
- donnée, et sur une longueur d’onde donnée, on pourra, si l’utilité en est démontrée ultérieurement, modifier les amortissements de l’émetteur ét du récepteur, sans changer en quoi que ce soit l’effet d’un choc électrique sur ce dernier.
- b) Effet de T oscillation à enregistrer. — Soit une émission créant dans l’antenne une force électromotrice : E e-P'sm o>t, d’où résulte une oscillation définie par
- d_
- dt
- JjE e~Pl sin
- r
- — J. T d*1 i 1 dt+Ld? + C
- vaut :
- In
- ET
- [•
- 0-
- iL (8 — y)
- L’intensité efficace d’un Ltrain est donnée par E* T3
- (I«ff)2 =
- 16 L* y§ (y +
- Le rapport y devant être le plus grand possible, *0
- il faut étudier comment varie, en fonction de y et 8, le rapport
- leff __ __________(8 — Y) /T
- '• _________T _ £i _,£fl'
- 2 (y + S)(_e Tï—*—e ï_ j On ne s’occupera pas de l’influence de la
- période, le facteur y/T s’introduit quel que soit l’amortissement y de l’excitateur, et figure sans doute de la même façon quand il s’agit de la perturbation à éliminer.
- De plus, la discussion peut être poussée en considérant v et 8 comme des variables indépendantes de la période; c’est une hypothèse évidemment légitime, s’il s’agit de comparer deux antennes de même période, mais d’amortissements différents. En outre, pour une antenne
- et étudiée par Bjerkness.
- On suppose la résonance établie, - suffisam-
- P
- ment grand (pour une émission d’amortissement, Y = PT = o,i
- =6 .
- P o,i
- Il est indifférent d’étudier les maxima de la tension ou de l’intensité qui varient de la même façon, à condition bien entendu de considérer la tension entre deux points bien définis, ce qui est le cas. L’intensité vaut :
- E
- aM* —P)
- Le maximum, qui a lieu pour
- [e~B* — e-**] sin u>t.
- donnée, l’amortissement devient en général assez rapidement constant, comme le montre la forme de la courbe ci-contre que nous avons obtenue maintes fois (.fîg. 9).
- La fonction ci-dessus semble d’une discussion malaisée ; mieux vaut en calculer un certain nombre de valeurs numériques, avec lesquelles on obtient des courbes telles que celles de la figure 10.
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- 47 Juillet 1916.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- 53
- Par exemple pour une même intensité maxima, l’intensité efficace étant représentée par 9,3 pour y = $ = o,o5, ne sera plus représentée que par 6,3 pour y = 8 = 0,10. Ce qui signifie que, pour un réglage du détecteur limitant la tension maxima à une valeur donnée, l’énergie qu’on
- Fig. 10.
- pourra recevoir sera deux fois plus grande dans le icr cas que dans le second.
- Fonctionnement, tel qu'il résulte, des considérations précédentes.
- En résumé, un détecteur est placé en dérivation sur une portion aussi grande que possible de la self d’antenne. Là valeur de cette self shuntée est d’autant plus étroitement définie que la variation de résistance du détecteur est moins importante.
- Tant que l’oscillation n’est pas suffisamment énergique, le détecteur doit posséder une résistance considérable, par exemple, 100 ou 200 fois celle correspondant à l’apériodicité du système; d’où il résulte qu’un détecteur peu résistant ne saurait shunter qu’une faible portion de self, c’est-à-dire n’avoir qu’un effet insignifiant.
- Sous l’action d’une oscillation de tension V, la résistance tombe à une valeur plus faible, causant une variation de la période et surtout de l’amortissement 8 : l’oscillation, dont une partie se dérive à travers le détecteur, s’amortit rapidement jusqu’à la tension critique Vt ou à une valeur inférieure, si la variation de résistance du détecteur est en retard sur celle de la tension : l’action sur le secondaire de réception se trouve ainsi diminuée.
- Si on dispose d’un procédé pour faire varier la tension critique V, (source auxiliaire, réglage de la sensibilité dans le cas d’un cohéreur, etc.), on
- préparera le détecteur de façon que l’amplitude de l’oscillation à recevoir soit de peu inférieure à Y,. Si on reçoit une émission assez forte, il peut y avoir intérêt à rendre la tension critique légèrement inférieure à l’amplitude de l’oscillation. L’émission à recevoir sera affaiblie, mais moins que l’oscillation libre créée par un choc; en effet, si l’onde à enregistrer est peu amortie, l’oscillation forcée qu’elle crée dans l’antenne peut conserver un certain temps la tension Vi que le détecteur lui interdit de dépasser, mais à laquelle l’onde incidente tend à la ramener.
- Enfin, on emploiera des amortissements aussi faibles que possible : à l’émission, en utilisant des systèmes entretenus ou à impulsion, à la réception, en étudiant la forme de l’antenne, l’agencement et la construction des appareils, et en lâchant l’accouplement entre les circuits.
- La note d’émission devra être aiguë.
- IV. — Mesures effectuées.
- i°Une antenne,forméededeuxprismesà quatre fils de 40 mètres de longueur, est réunie par un fil de 3 mètres à la boîte deréception (fig. 11). La
- Fig. 11.
- self propre est ainsi aussi réduite que possible.
- Le système de protection est constitué au moyen de deux détecteurs galène — pointe de cuivre, ayant chacun une résistance de 5 000 u>
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE T. XXX (2e Série). — N® 27.
- dans un sens, de 3oo o> dans l’autre : les branches . de la caractéristique sont à peu près rectilignes. Les deux détecteurs sont inversés, chacun faisant soupape dans un sens.
- Une source avec potentiomètre permet de graduer la tension initiale entre o et % volts; des condensateurs de i\h¥d empêchent toute dérivation du courant de la source dans l’antenne; des selfs de î X *«' "centimètres les dérivations de l’oscillation à travers la source.
- L’émission à recevoir est figurée par un onde-mètre gréé en émetteur (y = 0,02); la perturbation est produite par un trembleur. On constate au téléphone que le son de l’impulsion, qui, sans protection, couvre entièrement l’autre, se trouve à peu près éliminé par le système de sécurité, tandis que l’émission peu amortie n’est pas sensiblement diminuée.
- 2* On monte une fausse antenne ayant comme ’ caractéristiques (fig. 12) :
- Self extérieure à la boîte de réception : L3 + L4 = 122 000 centimètres.
- Capacité : C = 1,4 X »-3 y. Fc?; résistance en haute fréquence : r — 4“> a5.
- La boîte de réception comporte les organes ordinaires; un galvanomètre Broca G ou un télé-
- Trois contacts galène-cuivre ont donc été mis en série; la pointe métallique doit être fine, et les points soigneusement choisis sur les cristaux, de façon que chaque contact ait une résistance de 40 000“ environ dans un sens, de 1 000" environ dans l’autre; on constate d’ailleurs que plus la résistance est grande, plus sa variation l’est également quand on change le sens du courant, condition très favorable.
- La résistance de plus de 100 000“ ainsi réalisée pourrait à la rigueur s’obtenir avec un seul détecteur, et l’expérience a débuté ainsi; mais le contact est instable, et varie sous l’effet de la moindre impulsion électrique. De ioB ohms on passe par exemple à 10 000. L’association de trois détecteurs complique le dispositif, mais le rend suffisamment robuste pour que l’essai puisse avoir lieu avec sécurité.
- La source varie au moyen d’un potentiomètre de o à 3,2 volts et est appliquée dans le sens métal-cristal de façon à placer le détecteur en un point réglable de la branche résistante de la caractéristique. Soit U la tension totale aux bornes de l’ensemble de la sécurité.
- Le circuit excitateur I est un ondemètre actionné par un trembleur; il agit sur la fausse
- Fig. 12.
- phone peuvent être mis à volonté en circuit dans le secondaire de réception.
- Le système de protection est analogue à celui décrit ci-dessus; les détecteurs sont disposés pour couper l’oscillation dans un seul sens. Par suite de la présence d’une self extérieure L3 -f-Lt assez importante, etde la nécessité qui en résulte de donner à la self shuntée une valeur élevée pour que l’effet de protection soit sensible, on est obligé de donner au détecteur une résistance beaucoup plus forte que dans la première expérience.
- antenne en couplage très lâche. Une résistance /*, connue en haute fréquence peut être introduite dans l’excitateur pour en modifier l’amortissement; une autre résistance réglable R, permet de modifier au mieux le fonctionnement du trembleur et sa note.
- Le circuit de choc II est un simple trembleur branché sur la self L3 (L3 = 3i 000 centimètres). Pour que l’impulsion soit franche, il faut que l’étincelle de rupture soit aussi atténuée que possible; on a amélioré le fonctionnement par une résistance Ra qui permet aussi de modifier la note.
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- La lumière électrique
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- On constate que le circuit III vibre bien avec sa période propre, sous l’action du choc, en couplant avec III un ondemètre disposé en récepteur (téléphone et détecteur mis aux bornes de Ci en remplacement du trembleur).
- Soit S, 82 les déviations du Rroca sous l’action des oscillations engendrées dans la fausse antenne par les excitateurs I et IL Les notes des émissions n’ont pas été mesurées, toutes deux étaient musicales, celle de I beaucoup plus aiguë.
- a) Vérification de l’existence d’une région d’ondes pour lesquelles la protection est efficace.
- On constate dans l’essai fait sur i 340 mètres, qu’avec la protection les deux émissions fonctionnant simultanément donnent une déviation qui est sensiblement la somme des déviations séparées : preuve que le changement de résistance du détecteur est assez rapide.
- b) Etude de la protection, demeurant toujours identique à elle-même (3 volts, a aux bornes des détecteurs) sur des émissions d’amortissement constant, actionnant l’antenne avec une énergie variable. Ce résultat est obtenu en serrant plus ou moins le couplage toujours très lâche entre les circuits I et III. Chaque déviation S", obtenue
- Tablfau I
- X METRES Y U VOLTS SANS PROTECTION 1 avec PROTECTION S SANS PROTECTION 2 avec PROTECTION Sj -f- 8a AVEC PROTECTION
- 92° 13o 240
- O I O i45
- 3 ,2 13o i65
- 1 140 160 '20.0
- O 9° 34
- 0.8 133
- 1 ,6 I 52 4o
- 2 ,4 160
- 3 ,2 160 45
- 1 340 0,024 99 240
- 0 ‘AI 13 35
- 0 ,8 5o 16 6l
- 1,6 67 18 80
- 2 ,4 82 20 95
- 3 ,2 85 22 io5
- 1 540 52 161
- O 8 8
- 1 ,6 I9 -
- 3 ,2 2 7 13
- On constate que la sécurité n’est acceptable que de 1100 mètres à 1400 mètres environ. En dessous, elle est inefficace, parce que la self shuntée est trop faible par rapport à la résistance minima du détecteur ; au-dessus, elle diminue trop le son à conserver, la self shuntée devenant trop forte par rapport à la résistance du détecteur. Les meilleurs résultats sont obtenus de 1 140 mètres (émission à conserver intacte, perturbation baissant dans le rapport de 5 à 1); à 1 34o mètres (émission à conserver divisée par 1, 16; la perturbation par n).
- avec protection, est encadrée entre deux mesures S', sans protection, de façon à s’assurer de la constance de l’émission (Tableau II).
- c) Recommencée avec une excitation I plus amortie, en s’attachant à retrouver, la protection n’étant pas en place, sensiblement les mêmes déviations que ci-dessus, de façon à pouvoir comparer les résultats (Tableau III).
- On voit, comme il fallait s’y attendre, que la protection gêne davantage la réception de l’oscillation plus amortie. Pour que l’expérience réussisse, il faut évidemment que l’amplitude de
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXX (2° Série).— N° 27.
- la tension atteigne celle appliquée au détecteur, Tableau II.
- Y 8\ 8"» 8', 8% OBSERVATION
- 0,024 O O O O 145 2,07 Les couplages entre I et III décroissent
- i95 i95 115 U7 d’une mesure A l’autre.
- 96 95 70 i,37
- 53 54 43 i j23
- 26 1 25 1 22 J i 1,16
- soit 3 volts 2. En continuant à lâcher l’accou-
- Tableau III.
- Y 8". 8*. 8", OBSERVATION
- 0,037 270 280 115 2,4 Les couplages entre
- 1 et III décroissent
- !97 200 93 2,13 d’une mesure à l’autre.
- 97 96 . 56 >,73
- plement entre I et II, on obtient en effet
- les résultats donnés au tableau IV ci-dessous : Tableau IV.
- Y 8', 8% 8', sn, OBSERVATION
- 0,037 6() 4 ' •,39 Les couplages entre I et III décroissent d’une mesure à l’autre.
- 55
- La différence avec l’observation correspondante relative à y = 0,024 devient moins sensible. 5'
- Ces rapports —1 n’ont qu’une valeur qualita-0 1
- tive.
- Les amortissements y sont faibles; il est bon toutefois de signaler qu’avec des antennes émet-trices excitées en impulsion un décrément de o,o5 est facile à obtenir.
- 3) Les circonstances n’ont pas permis d’expé-riinenter méthodiquement le dispositif dans le but d’éliminer les parasites sur une antenne normale. On l’a monté quelques instants sur une antenne ayant comme caractéristiques :
- ^effective 4 K lO 3 [/.Fd Leffective ^5 OOO CID.
- Un seul détecteur de protection, réglé à 40 000 w au moyen d’un milliainpèremètre intercalé en permanence en série dans le circuit de la source auxiliaire, a semblé donner de bons résultats, ce qui serait logique puisque la self répartie est relativement faible, et la capacité de l’antenne assez élevée. Le détecteur se déréglait fréquemment, et tout le problème est ramené à en trouver un plus stable.
- H. de Bellescize,
- Lieutenant de vaisseau.
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- 17 Juillet 1915.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 57
- LA TRACTION ÉLECTRIQUE (Suite)™
- CHAPITRE V
- Locomotives Électriques.
- Les locomotives électriques ne peuvent évidemment pas être utilisées pour un service urbain ou interurbain,parce qu’elles ne présentent pas une adhérence suffisante pour appliquer au train l’énorme effort de traction nécessité, par la grande accélération de vitesse que le programme de transport impose.
- Pour la remorque de trains internationaux, et pour la remorque sur des lignes principales longues, ainsi que des trains de marchandises, les locomotives s’indiquent évidemment.
- Les systèmes de locomotives se présentent actuellement comme suit :
- i° Celles qui comportent des moteurs sans engrenages (New-York Central Railroad) ou dont les arbres des moteurs étant creux, les essieux passent au travers, et leur accouplement avec le rotor est flexible ;
- a0 Celles qui ont des moteurs à engrenages, montés entre ou au-dessus des essieux avec divers systèmes d’attaches à l’essieu d’une part et au châssis d’autre part ;
- 3“ Enfin, celles dont les moteurs actionnent un faux essieu, lequel est connecté aux roues motrices par des bielles et des manivelles. Elles sont assez fréquemment employées en [Europe.
- Le New-York Central a mis en service en igi3 des locomotives articulées à adhérence totale à huit essieux moteurs, disposés comme suit :
- i bogie à deux essieux moteurs devant, 4 essieux moteurs fixes, i bogie à deux essieux moteurs à l’arrière.
- Elles peuvent développer d’une manière continue (pendant une heure) ‘2 280 chevaux (a85 chevaux par moteur) et jusqu’à 5 000 chevaux pendant
- (*) Voir Lumière Electrique des 19, 26 juin 1915, tome XXIX, p. 265 et 293 et 3 juillet 1915, tome XXX,
- P- 7-
- de courtes périodes de temps. Elles remorquent ainsi 907 tonnes métriques à 96 kilom, 5oo à l’heure.
- Comparaison des poids d'un train électrique et d’un train à vapeur.
- Locomotive électrique......
- 8 Pullman Cars.............
- Total.............
- Locomotive à vapeur (Pacific)..
- 8 Pullman Cars.............
- Total..............
- La différence des poids en faveur du train électrique est donc de 5i,5 tons, soit 10 %.
- Le North Eastern Railway met en service, sur la ligne à marchandises de Shildon à Newport, douze locomotives, comportant chacune deux bogies moteurs, de deux essieux chacun (fig. 2/,).
- Les moteurs à courant continu ont une puissance horaire de 275 chevaux, soit que la locomotive puisse développer normalement 1 100 chevaux. Ces moteurs, construits par Siemens, ont des engrenages doubles, un engrenage à chaque bout de l’arbre moteur et le rapport de multiplication des engrenages est de 4 1/2.
- Les ateliers de Darlington du N. E. R. ont étudié et construit la partie mécanique. La Compagnie considère, à l’opposé du Lancashiré and Yorkshire Railway, que les constructeurs électriciens sont plus à même de calculer et de construire les moteurs et l’équipement électrique qu’elle-même, c’est pourquoi elle s’est fait fournir les moteurs par un constructeur.
- L’alimentation a lieu par deux pantographes, qui sont garnis d’aluminium aux parties frottantes; ils sont relevés à l’air comprimé.
- Pour atteindre les contacteurs et autres appareils de l’équipement, un dispositif à clef oblige l’abaissement des pantographes, c’est-à-dire la suppression du courant.
- Ton*.
- 102 ,5 356
- 458,5
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- 5io
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- Le « Controller » est à temps, c’est-à-dire que le wattman ne saurait brusquer le démarrage, au-dessus d’une certaine valeur.
- La locomotive est prévue également pour l’alimentation par troisième rail. Elle pèse 74 tons (75 tonnes métriques).
- Les moteurs sont alimentés sous 750 volts au plus : la tension de 1 5oo volts est partagée entre deux séries de deux moteurs de 760 volts. Ils sont « soufflés » chacun mécaniquement par un ven-
- Les moteurs, à 1 5oo volts, commandent les essieux par l’intermédiaire d’engrenages et ils sont disposés de manière à permettre la récupération de l’énergie, lors des ilongues descentes.
- La longueur totale de la locomotive d’attelage à attelage est de m feet 8 inches (35 mètres 45 sensiblement).
- Les caractéristiques principales sont:
- Poids total, 260 tons (263 tonnes 900) ;
- Fig. 34. — Locomotive et voie de traction électrique du North Eastern llailway sur la ligne
- de Schildon à Newport.
- tilateur électrique placé dans la cabine du mécanicien.
- Il est intéressant aussi de signaler la nouvelle locomotive du Chicago, Milwaukee and Saint-Paul Railroad, alimentée par courant continu sous 3 000 volts de tension par fil aérien.
- Elle comporte deux bogies porteurs à deux essieux, un à chaque extrémité et trois bogies à defix essieux moteurs chacun, intercalés entre les bogies porteurs (’).
- Poids sur les essieux moteurs, 200 tons (2o3 tonnes) ;
- Poids sur chaque bogie, 3o tons (3o tonnes 45o);
- Puissance horaire d’un moteur, 43o chevaux ;
- Puissance continue d’un moteur, 375 chevaux ;
- Puissance horaire de la locomotive, 3 440 chevaux;
- Puissance continue de la locomotive, 3 000 chevaux ;
- Charge de traction sur rampe de 2 %, 1 25o tons (1 265 tonnes) ;
- (‘) Voir"‘Engineer, du 29 janvier 1915.
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- Charge de traction sur rampe de r % , a 5oo tons (a 54o tonnes) ;
- Vitesse approximative à ces charges et sur ces rampes, 16 miles par heure (25,75 kilomètres par heure).
- La locomotive à courant continu sous Goo volts
- Elle remorque normalement des trains de aoo tonnes, à une vitesse moyenne de 70 kilomètres à l’heure.
- L’unité motrice du Norfolk and Western Rail-road comporte deux locomoteurs (voir fig. 2, n° du 19 juin iQiS, p. 267). Chacun d’eux, qui estàcou-
- . . - _ ^
- - *
- 1':• 'JT ....J,
- LOCOMOTIVE ELECTfligUt de 1200 CONSTRUITE pour les CHEMINS OE MIDI 1 1 t ’f\W
- pa b u SOCIETE ANONYME WESTINGHOUSE (Havre) _________ _: 1 i V’
- Fig. a5. — Locomotive à courant monophasé du chemin de fer du Midi.
- et troisième rail de la Compagnie du chemin de fer d’Orléans, pour son service du Quai d’Orsay à Juvisy a déjà été décrite dans cette revue (‘). Ses caractéristiques sont :
- Poids total et adhérent : 55 tonnes;
- Puissance horaire des quatre moteurs : 1 080 chevaux;
- Effort maximum de traction 9 000 kilogrammes.
- rantmonophasésous 11 000 volts,porteurs radiaux, quatre essieux moteurs fixes et quatre moteurs.
- Les moteurs sont reliés, deux par deux, par des engrenages, à un arbre intermédiaire, sur lequel sont calées, aux deux bouts, des manivelles en connection avec les bielles d’accouplements des essieux moteurs.
- Cette unité motrice pèse 264 Jonnes métriques, et est capable d’un effort de traction de 55 400 kilogrammes.
- (') Voir Lumière Electrique du i5 avril 1905, p. 5a,
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- La figure 25 montre la locomotive électrique du chemin de fer du Midi, à courant monophasé sous une tension de 12000 volts (').
- Elle répond aux données suivantes :
- Poids total : 85 tonnes;
- Poids adhérent : 54 tonnes;
- Puissance horaire des deux moteurs : i5oochevaux;
- Effortde traction aux roues : 5 400 kilogrammes.
- Une question, fort agitée en matière de locomotives électriques, est celle qui concerne le centre de gravité. Certains ont préconisé l’abais-
- Fig. 26. — Vue des moteurs de la locomotive du Pennsylvania Railroad.
- sement du centre de gravité, comme étant favorable au maintien de la voie, d’autres, au contraire, ont émis l’avis qu’il valait mieux, en cette matière, suivre les enseignements, consacrés par la pratique des locomotives à vapeur.
- M. George Gibbs, qui a essayé un, grand nombre de locomotives pour le Pennsylvania Railroad, a exprimé, au Congrès International des chemins de fer à Berne en 1910, cet avis :
- Plus on se rapproche dans la conception de la locomotive électrique de la locomotive à vapeur, pour l’arrangement des roues, la distribution des poids, la hauteur du centre de gravité et la tension des ressorts, moins on trouve de pressions latérales sur les bourrelets des rails.
- Pour diminuer les effets d’oscillations, de galop et autres efforts anormaux de la machine, il est recommandé d’adopter une disposition disymétrique pour les roues motrices et porteuse^, ainsi que pour l’installation des moteurs sur le châssis principal au-dessus des essieux.
- Ceci nous mène à passer rapidement en revue (*)
- (*) Voir Lumière Electriqut du 26 octobre 1912, p. 99.
- quelques locomotives dont la puissance des moteurs est transmise aux roues par l’intermédiaire de manivelles et de bielles.
- La locomotive du Pennsylvania Railroad à cou-rantcontinu, sous 600 volts de tension, fourni par troisième rail (fig. 26 et 27), sert à remorquer les trains à l’entrée de New-York, sur les lignes du Pennsylvania. Le trafic comporte la circulation de trains de 12000000 de voyageurs par an, soit une moyenne de 38 000 voyageurs par jour. Indépendamment de la question des tunnels, il serait impossible d’assurer ce trafic avec la vapeur. L’électrification comporte une longueur de 14,9 miles (24 kilomètres) pour la ligne, laquelle comprend un total de 132,04 miles (214 kilomètres) de voie simple (4).
- Les moteurs, au nombre de deux, attaquent, par l’intermédiaire de manivelles et de billes, deux faux essieux, qui sont accouplés avec les essieux moteurs (fig. 26).
- Une locomotive pèse 142 tonnes.
- Poids sur les roues motrices : 200 000 lbs (9° 7^° kg1'.).
- Diamètredesrouesmotrices : 7ainches(i m. 83).
- Effort de traction maximum, enregistré aux essais : 79200lbs (36000 kgr.).
- Effort de traction, exigé par contrat : 60 000 lbs (27 000 kgr.).
- Vitesse normale avec un train complet: 60 miles par heure (97 kilomètres par heure).
- Puissance maximum : 4000 chevaux.
- En service normal, la locomotive est astreinte à démarrer et à accélérer un train de 5oo tons (507, 5oo tonnes métriques) sur des rampes de 2 % en tunnel.
- Performance de ces locomotives durant l'année 1912 :
- Nombre de locomotives : 33 ;
- Nombre total de miles (kilomètres) parcourus : 994 592 (1600 000 kilomètres) ;
- Nombre moyen de miles (kilomètres) parcourus par locomotive : 3o 189 (48 5oo kilomètres) ;
- Le centre de gravité se trouve à 64 inches (1 m. 62) au-dessus des rails.
- La locomotiv.e du chemin de fer du Lotsch-berg comporte 5 essieux moteurs fixes et 2 bis-sels d’extrémité.
- (1)Voir aussi La Lumière Electrique du 9 août 1913. L’exploitation par locomotives électriques de- 4 oqo chevaux sur le Peunsylvania Railroad. '
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- Les essiéux moteurs sont accouplés entre eux et avec deux faux essieux, par l’intermédiaire de deux bielles triangulaires, une de chaque côté.
- Les moteurs, au nombre do deux, actionnent les faux essieux par des engrenages, qui sont dans le rapport de i (faux essieux) à «,2.3 (moteur électrique).
- Le diamètre des roues motrices est de
- munie sur son toit de doux archets pantographiques de prise de courant.
- La partie mécanique de cette machine pèse /,8tonnes et son équipement électrique 57 tonnes. Au total, la locomotive pèse i<>5 tonnes, soit une charge de 16,(i tonnes par essieu et son poids adhérent est de 78,2 tonnes.
- Son effort de traction au démarrage est de
- Fig. 27. _ Locomotive «lu Pennsylvania Kailroatl à courant continu par troisième rail sous (ioo volts de tension.
- 1 35o millimètres ; celui des roues porteuses : 85o millimétrés.
- La puissance maximum pendant 1 heure 1/2 est de 2 5o > chevaux.
- La partie mécanique a été exécutée par la Société Suisse pour la construction de locomotives et de machines à Winterthur. Elle comprend une caisse rectangulaire de i3 m. 80 de longueur et de 2 m. 97 de largeur comportant un grand compartiment central pour la machinerie et deux cabines extrêmes, de manœuvre et
- 18 000 kilogrammes ; elle peut remorquer un train de 318 tonnes, sur rampe de 27 °/00, en développant un effort de i3 5oo kilogrammes. Elle peut atteindre une vitesse maximum de 75 kilomètres par heure et fournir sur fortes rampes une vitesse de 5o kilomètres par heure, pendant une heure et demie.
- Au point de vue électrique, tous les appareils disposés symétriquement, sont en double. Chaque moitié forme un tout complet de façon à pouvoir marcher au besoin avec un sepl moteur',»
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- un seul transformateur et lés appareils correspondants. En outre les deux moteurs peuvent être desservis par un seul transformateur.
- Les controllers sont disposés de façon à être actionnés au besoin à la main, mais normalement, ils le sont par servo-moteurs.
- Les deux moteurs développent chacun i 25ochevaux pendant une heure et demie à la jante des roues. Ce sont des moteurs monophasés com-
- temps, le nombre dé trains journaliers sur le Liitschberg a été de 3a et la totalité du poids remorqué par jour de 9 400 tonnes. Pour ce faire, les i/| locomotives ont été mises en service sans que le moindre accident leur soit survenu.
- On signale aussi que les collecteurs des moteurs, après un premier tournage, ont servi sur un parcours de 90 000 kilomètres, avant un nouveau tournage. Les balais de charbon ont
- Train à unités multiples du Brighton Kailwoy.
- Fig, 28. —
- pensés du type série, du système Oerlikon, qui pèsent 14 tonnes avec les engrenages, et sont fixés rigidement au châssis. Leur mouvement est transmis aux roues dentées d’un jeu d’engrenages à chevrons doubles, dont le rapport de transmission est 1:2,2 3.
- Les moteurs dont la tension de régime est au maximum de 5oo volts, absorbent une intensité de 3 000 ampères à la puissance maximum.
- La Compagnie du Liitschberg possède i/J locomotives de l’espèce ; celles-ci semblent accomplir de belles performances. Au cours de ce prin-
- pu servir sur un parcours de 200000 kilomètres.
- Les locomotives à moteurs qui commandent les essieux par bielles et manivelles, sont lourdes et coûtent cher d’acquisition, à cause de la faible vitesse des moteurs; et elles ne l’emportent pas sur les locomotives « gearless » du New-York Central Railroad.
- Pour des vitesses moyennes de trains de voyageurs et de marchandises, des locomotives avec moteurs à engrenages sont certainement les mieux indiquées.
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- Les locomotives électriques l’emportent incontestablement sur les locomotives à vapeur, pour la régularité et la faible dépense de service ('). M. Wilgus, dans le mémoire sur l'Electrification de la zone suburbaine du New-York Central Railway, qu’il a lu devant les membres de la Société des Ingénieurs Américains, a donné les valeurs suivantes :
- 19 % d’économie pourles réparations de loco-
- motives et les frais fixes.
- 18 % d’économie pour le temps d’immobilisation pour les réparations et de visite.
- 25 % en plus, par jour de parcours avec charge ou de « ton-mileage » (tonnes-kilométri-ques).
- 12 % d’économie nette dans le service de manœuvre.
- 21 % d’économie nette dans le service des excentriques.
- 27 % d’économie nette dans le service de la voie.
- Bien que les charges financières soient plus élevées, dit M. Wilgus, pour les locomotives électriques que pour les locomotives à vapeur, le résultat net est en faveur de la locomotive électrique, à cause de ses frais moindres de réparations et d’entretien. Les résultats ci-dessus sont basés sur des observations faites sur les locomotives à vapeur pendant plusieurs années, sur les locomotives électriques pendant deux ans sur la voie expérimentale près de Schenectady, et pendant une année dans le district de New-York.
- Trains à unités multiples.
- On a fait remarquer, très justement, qu’avec les trains automoteurs, on diminuait la complication des manœuvres dans les gares, ainsi que le temps d’utilisation des voies. De plus, grâce à l’énorme capacité des trains à unités multiples, le trafic peut se faire au moyen d’un nombre de trains moindre.
- Chaque fois qu’un train avec locomotive arrive en gare et en sort, il y a quatre opérations de quais et huit opérations de signaux.
- Elles sont: la première, l’entrée du train en gare ; la seconde, l’arrivée d’une machine pour le remorquer en sens inverse; la troisième, la sortie du train ; la quatrième, la sortie de la locomotive qui a tractionné le train en premier lieu.
- Les opérations suivantes s’effectuent avec le train automoteur :
- Le train entre, c’est une première opération ; le wattman va à l’autre bout du train, et le train quitte ensuite. Cela fait deux opérations de quais et quatre opérations de signalisation.
- Le résultat en est qu’en utilisant des trains à unités multiples au lieu de locomotives, on double la capacité des gares terminus.
- Le système consiste à commander tous les moteurs d’un train au moyen d’un seul con-troller, manœuvré par le wattman.
- Le système Sprague comporte essentiellement deux parties :
- (*) Voir La Lumière Electrique du 9 août igi3. — M. Parodi a indiqué, dans son mémoire du 2 avril 1913, présenté à la Société Internationale des Electriciens, les chiffres ci-après, d’après les renseignements à lui donnés par MM. Gibbs et Katte, les Ingénieurs-Conseils du Pennsylvania Railroad.
- A 1909 1910 1911 1912
- New-York New-Haven Hartford (locomotives de
- 1 000 chevaux; monophasé) c J> 0 0 fr. 2i5 0 fr. 235
- New-York Central (locomotives de 2 000 chevaux ;
- continu) 0 fr 106
- LOCOMOTIVES A VAPEUR
- LOCOMOTIVES ÉLECTRIQUES •
- B division ensemble
- DE 2 OOO CHEVAUX (CONTINU) de du
- w* New-Jersey réseau
- Pennsylvania Railroad (1911) 0 fr. 2i5 0 fr. 3^i 0 fr. 470
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- La première: un controller série-parallèle qui consiste clans un nombre plus ou moins grand d’interrupteurs manœuvres électriquement, appelés contacteurs, et une clcfmanœuvrée aussi électriquement, appelée le renversour.
- La seconde : Un controller principal placé dans la cabine du wattman de chaque voiture motrice
- ;
- Fig'. 29, — Vue d une .cabine de conducleui’ du Brighton Raîlway.
- (ou de remorque, s’il y en. a), qui commande électriquement et à n’importe quelle dista'ncc, les contacteurs et renverseurs, qui contrôllent les moteurs.
- Un câble relie les controllers principaux aux contacteurs. Le controller principal est mû à la main'par le wattman, mais la poignée en est mobile; appelée « dead man’shandle », elle assure l’ouverture (du circuit du courant aux moteurs, ainsi que le bloquage des freins, dès que le
- conducteur n’appuie plus sur la poignée. Ceci assure la complète protection du train, si le wattman devenait subitement malade.
- La figure 28 montre un train à unités multiples du Brighton: la figure 29 fait voir une cabine du conducteur avec le controller principal ouvert et la poignée « dead man. »
- Fig. 3o. — Cnbine de transformation (porte ouyerle) disposée dans le compartiment à bagages d’une voiture du Brighton Railway.
- Enfin la figure 3o montre la cabine de transformation, disposée dans le compartiment à bagages d’une voiture du Brighton.
- Le grand avantage des trains de cette espèce est leur grande élasticité de trafic; on peut en ajouter ou en retirer suivant la nécessité. • ‘
- La consommation d’énergie est, pratiquement proportionnelle au nombre de voitures composant le train. _ ,................ j
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- '6b
- Les figures 3i et 3a représentent une des voitures automotrices monophasées de la ligne Phi-ladelphia-Paoli du Pennsylvania Railroad, de 3a kilomètres de longueur, alimentée sous 11 ooo volts de tension pardu courant monophasé à a5 périodes (’), dont la mise en service régulier
- remorqués par des locomotives très puissantes, à cause delà nécessité de dépenser une grande puissance pour l’accélération rapide des trains : la vitesse commerciale entre Philadelphie et Paoli, en y comprenant iq arrêts, est de 35 kilomètres à l’heure. Comme on était arrrivé- à la
- Fig. 3i. — Avant de lu voiture automotrice ù courant monophasé, a.ï périodes, d’une ligne principale
- du Pennsylvania R. R. : Philadélpliia-Paoli.
- est incessante. Jusqu’à présent, il n’existe encore qu’un service d’essai.
- Cette électrification est l’amorce du grand plan d’électrification du réseau. Jusqu’à présent, le service se faisait à la vapeur par des trains de 3 voitures pendant les heures de circulation ordinaire et par des rames de 5 à 6 voitures, aux heures d’affluence. Ces petits trains étaient
- (•) Voir La Lumière Electrique, du 20 juin 1916.
- limite du trafic au moyen de la vapeur et que ce trafic est appelé à croître encore, il fallait, ou bien augmenter à grands frais les voies d’accès et de débouches de Broad Street, ou bien adopter la traction électrique pour le trafic des trains deban-lieue.Cette dernière solution a prévalu,parce qu’à tous les points de vue elle est la plus heureuse, et que les économies dans les frais d’exploitation suffiront à payer les intérêts des dépenses faites pour l’armement électrique.
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- Les voitures automotrices du Nord-Sud à Paris (l) pèsent 3a tonnes i/a, contiennent 31 voyageurs assis et 51 voyageurs debout. Les /t moteurs de ia5 chevaux chacun à courant continu sous 6oo volts servent à la propulsion d’une voiture.
- La ligne d’alimentation est réalisée par un troisième rail droit monté sur des isolateurs robustes; celui-ci fournit le courant aux voitures sous i îoo volts.
- Le fil aérien, à 6oo volts, est un fil de cuivre étiré dur, de i5o millimètres carrés de section. La section n’est pas en forme de 8, mais circulaire
- Le troisième rail joue le rôle de conducteur à — 6oo volts ; il est en acier extra-doux et pèse 29 kilogrammes par mètre courant ; il est supporté tous les 3,m. 5o en moyenne par un isolateur en grès.
- Les trains les plus longs sont en service au Métropolitain de New-York, où ils comportent 10 voitures, 7 motrices et 3 remorques. Ces trains pèsent l\i5 tons (420 tonnes métriques) et portent 14 moteurs de 240 chevaux chacun, ce qui donne à chaque train une puissance de 3 36o chevaux.
- Fig. 3a. — Voiture automotrice à courant monophasé à a5 périodes d’une ligne principale du P ennsylvania
- Railroad : Philadelphia-Paoli.
- avec deux encoches. Le fil est supporté tous les 18 mètres en moyenne. Cette portée est augmentée dans les stations pour diminuer le nombre des appuis, dont l’aspect est peu élégant; elle est diminuée en courbe à cause des désaxements maxima que l’on ne veut pas dépasser. Quant au support du fil, il est réalisé à l’aide d’un matériel qu’onpeüt appeler un matériel de tramway amplifié. Ce matériel comporte : les tendeurs Brooklyn, l’isolateur, la boule isolante, etc.
- (•) VoirZa Lumière Electrique du 24 décembre 1910, P- 3g3.
- En supprimant le poids mort de la locomotive à vapeur, le nombre de tonnes-kilomètre est considérablement réduit; c’est ainsi qu’au Lan-cashire et Yorkshire Railway, le tonnage kilométrique journalier, pendant la première année d’électrification, a été réduit de 8,5 %, indépendamment du fait que le service avait été augmenté et que le nombre de voyageurs transportés était de 14 % en plus.
- (A suivre.)
- J. Carlier.
- Répétiteur du cours d’exploitation des chemins de fer à' l’Université de Liège.
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- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Nouvel appareil pour la protection des installations électriques contre les surtensions. — F. Frôhlich.
- On sait que, dans les installations électriques, des surtensions dangereuses peuvent survenir, qui doivent êtreattribuées à des décharges atmosphériques, à de fortes et subites variations de charge ou à des phénomènes de résonance.
- Ces surtensions sont, tant qu’elles ne doivent pas être attribuées à des charges électrostatiques, de nature oscillante et elles forment des ondes de fréquence plus ou moins élevée, mais toujours sensiblement plus haute que la fréquence habituelle de l’installation.
- Il existe aujourd’hui de nombreux et assez bons dispositifs pour protéger les installations électriques contre les surtensions. Mais la plus grande difficulté de leur emploi consiste surtout à trouver dans l’installation le point exact où les surtensions les plus élevées se produisent et où il faut, par suite, placer le parafoudre.
- C’est ce qui fait l’intérêt du nouvel appareil construit par Pizzutti et Ferrari et qui, intercalé dans le circuit fixe lui-même le point où les plus hautes surtensions doivent se produire, de sorte que le parafoudre, placé en ce point, doit fonctionner d’une manière satisfaisante et faire écouler les surtensions à la terre.
- Le dispositif de Pizzuti-Ferrari, représenté schématiquement par la figure i, est basé sur ce principe; A B représente un condensateur, dont une
- -ÇZD-
- Liffne A
- d Assistance
- __hfjfifayi5Yyi C Station
- ~ B
- Fig. i. — Schéma du dispositif Pizzuti Ferrari.
- A B possède une très petite résistance naturelle
- résultante
- tandis que, par contre, celui
- de l’autre portion B C est très grande. Toute onde oscillante venant de la ligne est totalement réfléchie au point B et il se forme en ce point un centre d’oscillation. 11 s’ensuit que les surtensions s’écouleront certainement à la terre par un parafoudre connecté en B.
- L’onde, venant de la ligne, se réfléchit d’abord en A sans modification de la polarité, de sorte qu’une chute de tension s’y produit. Cette chute de tension est beaucoup plus faible que l’accrois-
- sement de tension en B, car la variation de
- est beaucoup plus grande entre AB et B C qu’entre la ligne et A B, de sorte qu’il se produit en B une surtension beaucoup plus grande que celle qui existe dans la ligne. Il y a lieu de remarquer également que l’énergie de l’onde provenant de la ligne ne s’écoule pas à la terre, seulement par le parafoudre connecté en B, mais qu’une dérivation se produit également par le diélectrique du condensateur A B.
- D’autre part, le même principe permet de résoudre le problème de la protection d’une ligne électrique contre les surtensions qui peuvent se produire à ses deux extrémités (dans le cas de longues lignes aériennes) ou celles qui peuvent survenir de l’installation elle-même, par suite
- Résistance
- j--------r~
- l igné m a g,Winnnnifrfc O Ligne Ml
- Fig. a. — Protection d’une ligne électrique.
- armature est montée en sé rie avec la ligne entr celle-ci et l’installation; l’autre armature est reliée directement à la terre. La bobine de self-induction B C est également montée en série avec la ligne et la capacité A B. On intercale ainsi dans la ligne deqx portions de circuit, dont l’une
- de la fusion de coupe-circuit du déclanchement de disjoncteurs, de faux couplages. Dans ce cas on recourt à la disposition de la ligne i. Toute onde venant de M est réfléchie en_B, toute onde venant de M, en C.
- J. S.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXX(2e Série). — ft°
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- La commande des moteurs employés à bord des sous-marins allemands. — Norman H. Wood.
- En raison des exigences du service auquel sont employés les sous-marins de haute mer et de la sécurité absolue que doit procurer le mécanisme d’immersion et de propulsion, on s’est efforcé d’en rendre l’équipement simple quoique très efficace.
- Ampère heures métro de charge •
- 5 \fmYAmpjrc -heures mitre de déchargé
- Bornes pour charger /a bat 1er. par une source d'energie e'slti
- £*e(ion haierd.
- , Ûis/orcteur Outematujue à surcharge et action retardée
- tntern. ehjtrs de groupement < r ta batterie
- ‘ i_____?
- Enroulement shunt
- iwmwrrmiwi
- thomp shunt et résistante parallèle. Moteur principal bâbord +600,’SSOtjÜS V 1670Amp
- Moteur principal tribord 150W 350t/22SV. te70 Amp.
- Fig. i. — Diagramme des connexions du tableau de commande.
- En surface, la propulsion s’opère par moteurs au pétrole brut; en plongée, par de puissants moteurs électriques alimentés par une grande batterie d’accumulateurs, ordinairement installée au milieu du navire.
- Abord des sous-marins allemands, la distribution est toute spéciale, sa particularité résidant surtoutdans la suppression du rhéostat de démarrage. Même immergé dans l’huile, cet organe est,
- en effet, peu sûr; de plus, il est encombrant et lourd.
- La distribution adoptée pour les sous-marins allemands estreprésentée schématiquement dans la figure i. La batterie comporte quatre unités de 6o accumulateurs chacune, connectées en série-parallèle et pouvant être isolées à volonté. Les accumulateurs sont d’un type spécial pouvant résister à des mises en court-circuit momentanées et réitérées sans dommage sensible. Les plaques sont en plomb : les positives, à nervures, les négatives, empâtées. Les bacs sont en vulca-nite spéciale, parfaitement étanche avec un vide de 6o milliniètres sous les plaques. Ces dernières sont séparées par des isolateurs en bois. Le navire peut prendre degrés d’inclinaison dans une direction quelconque sans que l’acide déborde des bacs.
- Les moteurs sont du type double à enroulement shunt, pôles auxiliaires et enroulements compensateurs. Chaque moteur principal a deux induits sur le même arbre et deux champs, distincts mais également proportionnés, de 8 pôles chacun. A pleine charge, chaque induit donne la moitié delà puissance totale, soit a a 5 chevaux.
- Les champs shunt sont disposés en série, avec une résistance non inductive en parallèle pour dériver le courant quand on ouvre le circuit des champs. Le tout est monté d’un seul bloc et forme une unité complète.
- La distribution, du type ouvert, comporte des commutateurs à couteaux, à rupture brusque, avec contacts auxiliaires de rupture. Ces appareils sont montés sur panneaux d’ardoise fixés eux-mêmes à des châssis en cornières ; connexions arrière.
- Les câbles sous plomb sont armés de fils flexibles d’acier galvanisé.
- Les interrupteurs à action retardée étantréglés à trois secondes, les disjoncteurs sont parfaitement efficaces contre une surcharge prolongée mais par mesure de précaution supplémentaire, des coupe-circuits unipolaires sont intercalés dans les circuits d’induits.
- Cette distribution est généralement placée dans le navire aussi près que possible des moteurs principaux et pourvue du nombre voulu d’ampè-
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- remètres et d’ampères-heure-mètre du type moteur à mercure, pour permettre à l’officier de service de s’assurer de l’état des unités de la batterie et d’en contrôler le rendement au besoin.
- La batterie ne peut être rechargée que lorsque le sous-marin navigue en surface. Les moteurs fonctionnent pour cela comme dynamos sous la commande des moteurs à pétrole. Des bornes spéciales permettent de recharger la batterie avec ses sections en série ou en parallèle au moyen d’ûne source extérieure d’énergie.
- La capacité de la batterie permet la navigation en plongée à la vitesse de io nœuds pendant une heure et demie.
- (The Electrical Réview, 28 mai 1915.)
- La photographie sous-marine à. l’aide des lampes en quartz.
- A l’heure actuelle, tout ce qui touche à la vie sous-marine présente un puissant intérêt d’actualité.
- A ce titre, il convient de signaler le dispositif imaginé par MM. Ch. Williamson pour la prise de photographies sous-marines.
- Celui-ci se compose essentiellement d’une manche en toile caoutchoutée, de 91 centimètres de diamètre, armée, de distance en distance, de cercles en fer. Au fond de cette manche, est fixée une chambre sphérique d’environ 1 m. bo de diamètre, raccordée à une partie tronconiquc que ferme une glace. Cette chambre sert au photographe et peut donner place à deux opérateurs dont l’un pour la manœuvre de la manche à l’aide de chaînes. Celle-ci étant flexible peut se remonter au flanc du navire.
- La chambre est ventilée comme il convient.
- L’éclairage des objets à photographier est obtenu par le moyen d’une batterie de neuf lampes en quartz Cooper Hewitt, à vapeur de mercure (fig. 2), d’une puissance unitaire de
- 2 400 bougies. Ici, les tubes éclairants et le réflecteur émaillé sont ceux immergés; le dispositif de bascule pour l’amorçage de la lampe
- Fig. 1. —Dispositif de photographie sous-marine.
- ainsi que les bobines d’amorçage et d’entretien de l’arc à vapeur de mercure sont disposés abord du navire.
- 'S.
- Fig. a. — Lampe en quartz pour photographie sous-marine.
- Avec ce dispositif, on a déjà pris des photographies à 3o mètres de profondeur dans l’eau.
- (Electrical Review and Western Electricien, 29 mai 191S.)
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- ÉCHOS DE LA GUERRE
- La prohibition du commerce avec les Austro-Allemands [Fin) (*).
- Au même moment, le Syndicat des sucre» prit contre Rothe, sujet allemand, une décision d'exclusion de ce syndicat, à raison de sa nationalité ; sentence dont le bien-fondé était encore indiscutable, puisque, tout commerce étant interdit à Rothe et avec Rothe, c’eût été enfreindre le décret de septembre 1914 que de l’autoriser de pénétrer dans un local où ne vont que les commerçants dans un but commercial.
- Mais alors, Rothe, exclu, devenait incapable de payer personnellement le droit d’entrée dans le syndicat : et il existe un article des statuts qui oblige toute société membre du Syndicat à n’avoir que des représentants susceptibles de payer leur droit d’entrée : d’où on prononça, contre la Société tout entière, l’exclusion du syndicat, par décision du 22 septembre 1914.
- Immédiatement, la Société Erichsen, Rothe et Cie, prétendant que son fonctionnement avait été entravé et irrémédiablement compromis par cette mesure qui avait été prise sans convocation, sans que ses membres aient été entendus, a assigné le président de la Chambre syndicale des sucres, pour entendre prononcer la nullité de la décision, et ouïr condamner le Syndicat à réinscrire le nom de la Société dans tous les prospectus, annuaires, etc. et à payer des dommages-intérêts fabuleux. Sutro, le commanditaire, intervient dans la même instance, se prétendant lésé par la même décision, et, à ce titre, prenant les mêmes conclusions que les deux associés gérants.
- C’est sur cette double question que le jugement a statué. Pouvait-on dire tout d’abord que le Syndicat eût fait une irrégularité en ne convoquant pas les membres exclus avant de prononcer sa sentence ? Cette question de forme ne pouvait retenir longtemps l’attention : il est évident que la convocation préalable à toute exclusion s’impose quand cette mesure est basée sur
- (*) Voir Lumière Electrique du 10 juillet 1915, p. 44.
- une faute commise par celui qui va être exclu, et dont il a intérêt à se justifier; il ne faut pas prononcer une peine sans assurer la liberté de la défense, et c’est pour cela que, même d’après une formule stéréotype, tous les syndicats imposent à leur bureau un examen contradictoire de l’acte qui sert de base ou de prétexte à l’expulsion : les statuts de la Chambre Syndicale des sucres ne faisaient pas d’exception à l’ambiance générale ; mais lorsqu’une personne ou utie société doit être éliminée, non plus pour un fait qui lui est personnel, mais par suite d’un texte qui lui devient tout d’un coup applicable, et contre lequel elle ne peut lutter, la convocation préalable est inutile et, par suite, l’absence de convocation ne peut ni vicier la formalité, ni à plus forte raison engendrer des dommages-intérêts au profit de l’exclu. Dans des termes très sobres, mais très précis, le jugement a mis ainsi les choses au point : « Attendu qu’en l’espèce il n’existait, de la part de Rothe, aucune faute, aucune responsabilité dont il puisse avoir à se justifier ; qu’il s’agissait uniquement de l’application d’un décret, qui, par suite de l’état de guerre, interdisait à Rothe, allemand, de faire du commerce avec les Français, en conséquence d’une incapacité indépendante de la volonté de Rothe qui entraînait pour la société à laquelle il appartenait la radiation du Syndicat; qu’il en résulte donc alors qu’aucune discussion préalable n’était possible entre Rothe ou sa société et le syndicat des sucres, relativement à l’exécution d’un décret auquel personne ne saurait se soustraire, il n’y avait pas lieu d’entendre les explications de Rothe ou de la Société dont il faisait partie. »
- 11 restait a examiner la question de fond ainsi présentée par la Société : Rothe, sujet allemand, a cessé d’être le représentant légal de la Société, par le fait du décret du 27 septembre 1914, qui lui interdit tout acte de commerce; il ne peut pas se présenter pour acheter, ni vendre ; donc frappé d’une incapacité légale, il ne peut être considéré comme étant encore investi d’une fonction dans l’être moral que forme la Société.
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- Le tribunal a répondu : il ne faut pas étendre le décret du 27 septembre au delà de ses limites exactes, car c’est un texte d’exception, par conséquent, de sa nature restreint; ce décret interdit à tout Allemand de faire le commerce, pendant la durée de la guerre, et tant qu’il n’en est pas autrement ordonné. Mais vis-à-vis des autres sociétaires, Rothe est toujours le gérant de la Société ; et cette société se trouve donc nantie d’un gérant qui est légalement incapable de faire le commerce, de payer son droit d’entrée, et, par conséquent, elle se trouve en dehors des prescriptions des statuts du Syndicat.
- « On prétendrait vainement, dit le jugement, que Rothe ayant cessé d’être le représentant légal de la Société, puisque depuis le décret du 27 décembre 1914, tout acte de commerce lui était interdit, et que, par suite, l’incapacité de Rothe ne paraît pas entraîner la radiation de la Société ; qu’en effet, alors que le décret du 27sep-tembre est motivé par l’état de guerre et borne ses effets à la durée des hostilités, on ne saurait dire que le contrat de la Société Erichsen, Rothe et C‘°, qui subsiste en son entier à l’égard de ceux qui y sont parties et qui ne sont ni Allemands, ni Autrichiens, est anéanti en ce qui concerneRothe sujet allemand ; lecontratest seulementsuspendu par lui pendant la durée des hostilités jusqu’à une date qui sera ultérieurement fixée par décret, d’où il suit que, si Rothe se trouve par ledit décret dans une incapacité passagère qui l’empêche d’exercer ses droits, il n’a pas moins conservé sa qualité de représentant de la Société Erichsen, Rothe et O. »
- Nous ne pouvons terminer cet article sans donner quelques explications sur un cas qui montre à quelles difficultés on peut se heurter quand on entre dans le détail des sociétés mixtes. Le 17 mai igiü, la Cour de Rouen a eu à juger cet étonnant imbroglio.
- En octobre 1914 et en janvier 1916 le président du tribunal civil du Havre avait annulé différents marchés passés par le Comptoir Havrais à la maison Heinegen et Yogelsang de Liverpool, sous prétexte que ces marchés étaient intervenus avec des Allemands. Deux questions se posaient. Voici la première : les contractants de Liverpool, dont les noms révélaient, évidemment, une terminaison fortement allemande, étaient-ils réellement allemands. Voici la seconde ; le contrat se trouvait-il en situation juridique d’être an-
- nulé par le président du tribunal des référés.
- Sur la première question, la Cour a dù arriver à la vérité, si l’on en juge par les efforts qu’elle a faits dans ce but : elle a découvert que même avant la fin delà guerre les noms Heinegen et Vogelsang ne constituaient plus qu’une firme, les Allemands de Brême qui portent ces noms s’étant retirés depuis longtemps du commerce. Mais la firme composée de ces deux noms couvrait un ensemble de maisons, l’une à Brême, l’autre à Liverpool, la troisième aux Etats-Unis ; d’autre part, si l’on cherchait la nationalité des participants, on trouvait :deux Allemands résidant à Brême, un Américain résidant aux Etats-Unis, deux Anglais et un Allemand résidant à Liverpool. Enfin il était acquis au débatque la maison de Liverpool n’était pas une succursale de celle de Brême, car dès l’ouverture des hostilités la première était devenue réellement indépendante de la seconde : le marché avait donc été passé entre maison française et maison anglaise, cette dernière comprenant un Allemand ; mais la présence de ce dernier, dit la Cour, à côté de deux Anglais, ne saurait faire considérer la maison « comme un sujet allemand pour l’application de l’articTe 3 du décretdu 27 septembre 1914 aux contrats litigieux, chacun de ces contrats liant un établissement français à ces deux Anglais et à cet Allemand, et n’étant pas susceptible de division quant à sa validité ou à son annulation (‘) ».
- (') Oa a discuté, en ce qui concerne les Sociétés en nom collectif, la question de la nationalité. Elle n’est pas aussi simple qu’en ce qui concerne les Sociétés anonymes, dont nous avons parlé dans la note précédente Certains tribunaux ont admis que, composée d’étrangers, la Société en nom collectif quand elle est constituée et établie en France, peut plaider en France sans remplir les formalités de la cauiio judicatum sobi; d'autres l’ont soumise à cette formalité (voir Sirey, 1888, 2, 89). Si l’on n’admet pas le critérium du siège social, commepourles Sociétés anonymes, on va se heurter à une série de difli-cultés. Faudra-t-il faire dépendre la nationalité de la Société du nombre d’associés qui ont la même partie, ou, au contraire, de l’importance respective des intérêts des associés appartenant à deux ou trois nationalités distinctes? Enfin, pour montrer combien ces. questions sont complexes, nous ferons remarquer que, si l’on considère le siège social d’une Société anonyme, c’est qu elle a une personnalité indépendante de celle de ses membres. Or en ce qui concerne l’Angleterre, la législation n’admet à jouir de la personnalité civile que les Sociétés comprenant au moins sept personnes (v. Lyon-Caen, et Renault, tome II, || ia5 et suivants; la personnalité est refusée aux simples « fartnerschips »). Or, la loi étrangère doit
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- Sur la seconde question, la Cour fait remarquer que, même dans le cas d’une solution contraire sur le premier point, le décret du 27 septembre 1914 ne commande pas au juge d’annuler les contrats qui, tout en étant antérieurs à la déclaration de guerre n’auraient pas reçu d’exécution au moment de l’apparition du décret. Les mots inclus au texte donnent au contraire au président un plein pouvoir d’appréciation dans le cas' où l’acte ou contrat intervenu avant le 4 août pour l’Allemagne n’aurait reçu à la daté du présent décret aucun commencement d’exécution sous forme de livraison de marchandise ou de versement pécuniaire, son annulation pourra être prononcée par ordonnance sur requête rendue par le président du tribunal civil.
- Ainsi donc :
- i° La Cour semble rappeler que, même si l’on se trouvait en présence d’un contrat passé avec un Austro-Allemand, l’annulation ne serait pas de droit, et que rien ne militerait, dans l’espèce, en faveur de cette annulation ; le contrat ne se trouvant, dans ce cas, que suspendu jusqu’à la fin de la guerre.
- a0 La Cour admet, au surplus, que cette question est inutile actuellement; car le contrat doit être exécuté en Angleterre, vis-à-vis d’une participation qui compte un membre allemand, circonstance insuffisante pour être considérée comme entièrement allemande.
- Paul Boucault,
- Avocat à la Cour d’Appel de Lyon.
- Les Universités belges.
- D’après une information de source particulière, nous donnons les renseignements suivants concer-
- servir à décider si les Sociétés étrangères jouissent en France de la personnalité civile et quelles sont les conséquences de celte personnalité (Lyon-Caen et Renault, tome II, p. ia5.)
- nant l’état actuel de quelques Instituts scientifiques.
- En Belgique, les Universités ont été fermées et, semble-t-il, systématiquèment pillées par les Allemands ; en tout cas, celle de Liège a été dévalisée et les appareils scientifiques envoyés en Allemagne. L’Institut Electrotechnique Montefiore parait seul avoir été respecté jusqu’à présent, mais M. Eric Gérard, notre éminent collaborateur, qui, comme nous l’avions annoncé dans notre numéro du 20 mars, était resté à son poste de Directeur de l’Institut, s’est trouvé dans l’obligation de se retirer récemment en Hollande pour éviter, probablement, des vexations de toutes sortes.
- M. Steéls, qui dirigeait la Section Electrotechnique à l’Université de Gand, a dû se retirer en Angleterre et professe actuellement un cours à l’Université de Londres.
- Les installations de télégraphie sans fil de Laeken auraient été également déménagées par les Allemands et le matériel expédié dans quelque université teutonne.
- L’Union des Electriciens Belges
- L’Electrical Revievc, du 4 juin 1915, donne le texte d’une communication très intéressante faite par M. R. Steylaers, ingénieur électricien belge, sous les auspices de la Chambre de Commerce de Londres et du Comité Belge pour le commerce avec les alliés. L’auteur constate l’emprise des Allemands sur la majorité des entreprises d’électricité en Belgique et en France et il cite à l’appui un grand nombre de maisons qui, sous une dénomination française et belge, appartiennent entièrement à nos ennemis.
- Il préconise la constitution d’une « Union des Electriciens Belges » qui, de concert avec les industriels anglais et français, s’organisera immédiatement sur de puissantes bases techniques et financières afin d’être à même de satisfaire la clientèle et de lui fournir le matériel électrique dans les conditions les plus avantageuses, dès la fin des hostilités.
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, 17, RUE CASSETTE.
- Le Gérant : J.-B. Noubt.
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- Trente-septième année SAMEDI 24 JUILLET 1915. Tome XXX (2° série). N» 28
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- J. CARLIER. — La traction électrique (Suite). 73 J. REYVAL. — Les turbines hydrauliques de l’usine de là « Vourdiat »................... 85
- Publications techniques
- Electrotechnique générale
- La transmission de l'électricité à travers les métaux. — Sir J.-J. Thomson............. 88
- Radiotélégraphie
- Les automobiles de l’armée américaine munies
- de T. S. F. — C.-H. Claudy........... 91
- Le kénotron.— Samuel Dushman........... 9a
- Téléphonie sans fil. — H.-J. Round..... 98
- Echos de la guerre
- Les marques syndicales destinées à authentifier les produits de fabrication française... g5 Renseignements Commerciaux............ 96
- LA TRACTION ÉLECTRIQUE [Suite)™
- CHAPITRE VI
- Le problème de l’électrification.
- Nous allons tâcher de montrer que, sous certaines conditions, l’électricité, comme énergie motrice des trains, a une valeur énorme pour le développement du trafic, et que, comparativement à la vapeur, elle laisse entrevoir la possibilité de rémunérer beaucoup mieux les capitaux qui sont investis dans les chemins de fer.
- Le problème de l’électrification d’un chemin de fer à vapeur peut se présenter comme : douteux, possible ou inévitable.
- Dans les deux premiers cas, la question financière est la plus importante; dans le troisième, le chemin de fer se trouve, comme si c’était une (*)
- (*) "Voir Lumière Electrique des 19, 26 juin igi5, tome XXIX, p. 265 et 293, 3 et 17 juillet 1915, tome XXX, p. 7 et 57.
- loi, dans l’obligation d’améliorer les conditions du trafic aux terminus, ou de faire mieux gravir, par ses trains les rampes dures et les longs tunnels qui précèdent le plus souvent les stations terminus.
- La congestion des gares terminus a sa cause première dans les anciennes dispositions des voies. Généralement les voies des lignes suburbaines sont connectées aux voies des lignes principales ; et, ainsi les voies principales sont, à certains moments, engorgées par le trafic suburbain.
- Le remède réside dans la circulation plus rapide des trains.
- Avantages financiers.
- Les dépenses en capital d’électrification et d’exploitation peuvent être évaluées-avec une bonne approximation. La difficulté est plus
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXX (2e Série) à — N° 28j
- grande pour l’évaluation des recettes, qui seront la conséquence de l’amélioration des conditions du trafic.
- On ne peut que s’en référer aux exemples vécus. On peut ajouter que, presque toujours, l’augmentation du trafic a dépassé les premières prévisions.
- Sur le Metropolitan District Railway à Londres, le trafic des voyageurs a augmenté de ^ i % et les bénéfices bruts de 68,/* %
- Sur le North Eastern Railway à New-Castle, le trafic des voyageurs a augmenté en deux ans de a4,5 % et les bénéfices bruts de 17 % .
- En 1905, le président du Lancashire and Yorkshire Railway disait, à une assemblée d’actionnaires de la Compagnie, que le trafic sur la ligne électrique avait dépassé les plus extraordinaires prévisions.
- Sur le Mersey Railway, il fut constaté que le trafic des voyageurs augmentant de 92 %, les dépenses d’exploitation 11’augmentèrent que de 7>4 %
- M. Forbes, directeur général du Brighton Railway, a dit, aux membres de l’Institution des Ingénieurs civils à Londres, que la ligne du « South London » possédait, en 1902, un trafic d’environ 8000 000 de voyageurs; en 1909, à cause de la concurrence des tramways, le nombre des voyageurs était descendu à 3 aSoooo; mais l’électrification de la ligne fut faite cette année-là, et, en 1910, la ligne avait déjà transporté 8 000 000 de voyageurs.
- Parmi les avantages de la traction électrique pour le service suburbain, on peut citer :
- i° Vitesse moyenne élevée ;
- 2° Fréquence des trains ;
- 3° Augmentation de la capacité des stations terminus ;
- 4° Augmentation de la capacité bénéficiaire ;
- 5° Elasticité plus grande dans l’organisation des trains ;
- 6° Economies diverses possibles.
- La cause principale de l’augmentation de la capacité de trafic avec la traction électrique réside dans la plus grande accélération qu’avec la vapeur.
- Augmentation de la capacité des voies.
- Les avantages de l’augmentation de l’accélération ne s’arrêtent pas ici, depuis que la diminution du temps de voyage permet, en effet, à plus
- de trains de passer sur une même voie pendant les 24 heures de la journée.
- Et, comme les voies de chemins de fer sont partagées en sections, défendues chacune par les signaux de block, empêchant plus d’un train à la fois de se trouver dans la section, il est indispensable, si l’on veut augmenter la capacité des voies, de diminuer le plus possible le temps d’occupation des sections.
- Sur tous les chemins de fer où la traction électrique a remplacé la traction à vapeur, la fréquence du service des trains a été pratiquement doublée sans augmentation du nombre des voies, ou aménagements des gares d’extrémité.
- C’est ce qui a permis à M. Aspinall de dire, en 1909, aux Ingénieurs mécaniciens de Londres, que, sur la ligne de Liverpool à Southport, on avait, avant là traction électrique, dù installer quatre voies de Sandhills Junction à Seaforth, en raison du trafic des marchandises et des voyageurs; deux voies se prolongeaient jusqu’à Southport.
- Sur la section à quatre voies, il existait quatre stations de voyageurs, possédant chacune quatre quais avec tout l’accommodément nécessaire : salles d’attente, etc... Tous ces quais étaient occupés aux jours de la traction à vapeur.
- En 1909, bien que la fréquence des trains ait été plus que doublée, tout le service des trains, à l’exception d’un ou deux, était fait sur deux voies seulement, grâce aux démarrages rapides et à l’augmentation de la vitesse moyenne.
- L’augmentation de la capacité des voies constitue vraisemblablement le résultat le plus économique, le plus important. On peut dire que le trafic exigeant, pour être desservi, quatre voies dans le cas de la vapeur, peut l’être au moyen de deux seulement dans le cas de l’électricité!
- Un exemple en a aussi été donné au Metropolitan District Railway, à Londres. A l’époque de la traction à vapeur, sur la section la plus chargée (South Kensington à Mansion House), on pouvait faire circuler au maximum? 18 trains par heure. Avec les trains électriques, ce chiffre s’est élevé à 4 4 trains par heure sensiblement. La Compagnie envisage, même actuellement, un service de trains de minute en minute.
- Et ce qui est le plus extraordinaire, c’est qu’à mesure que le nombre de trains augmente, le trafic augmente aussi !
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- Il y a lieu de remarquer pourtant qu’en vue d’atteindre un succès économique complet, il ne faut pas seulement que la fréquence des trains soit grande; il faut aussi que les trains soient suffisamment accélérés pour que la clientèle y trouve un avantage suffisant de rapidité, sur les moyens de locomotion concurrents, pour aller d’une station à l’autre.
- Il arrive alors, dans les agglomérations où le chemin de fer à vapeur a des voies parallèles aux lignes de tramways, que :
- i° L’électrification fasse revenir au chemin de fer un grandi nombre de voyageurs qui utilisaient jusqu’alors les tramways et qui trouvent que le service par les tramways est trop lent.
- 2° Ou bien, l’électrification crée un trafic entièrément nouveau.
- On ne peut complètement appuyer l’opinion qu’on se fait d’une semblable entreprise, sur les données : du coût de l’installation, des dépenses d’exploitation et des recettes basées sur le nombre de voyageurs transportés avec la vapeur.
- On doit laisser une marge, en faveur de l’électrification, pour le trafic supplémentaire, que les facilités plus grandes auront certainement pour effet de produire.
- En Angleterre, l’expérience a prouvé que le trafic augmente à peu près proportionnellement, aux facilités qui sont données aux voyageurs et qu’il est possible de créer de plus en plus de trafic.
- Au surplus, l’objectif d’un chemin de fer doit être, non seulement, de desservir le monde des affaires, mais aussi d’attirer ceux qui voyagent peu ou pas du tout, ou qui prennent quelque autre moyen de transport. Or il n’est possible de gagner cette clientèle qu’en lui faisant des offres répétées de services confortables, fréquents et rapides.
- En dehors de la fréquence et de la vitesse qui, sans aucun doute, sont de grands attraits pour le voyageur, il faut aussi se rappeler les autres avantages de la traction électrique, à savoir :
- i° Le confort général. La propreté et une bonne ventilation, qui est possible, en raison de l’absence de fumée, de poussières et de cendres. En plus l’éclairage et le chauffage électriques.
- 2° La régularité de l’exploitation. Elle est
- indispensable pour le succès d’un service intensif.
- Capital d’électrification.
- La dépense pour l’électrification dépend sur-' tout de :
- i° L’intensité du trafic à desservir ;
- a0 La longueur de la ligne et des voies à électrifier ;
- 3° La vitesse moyenne, la distance entre les arrêts, les déclivités et le tonnage des trains à remorquer;
- 4° Du système à employer.
- Ces points élucidés, la dépense totale peut être estimée avec précision.
- La traction à l’électricité permet, évidemment, d’améliorer beaucoup l’exploitation, telle qu’elle est pratiquée au moyen de la vapeur; mais plus l’amélioration est grande, plus aussi le capital investi devient grand, de même que les dépenses d’exploitation.
- Lors de la substitution de l’électricité à la vapeur, on ne peut pas, si l’on veut faire des comptes exacts, porter aux dépenses spéciales d’électrification celles qui sont afférentes au matériel roulant, ainsi que celles qui concernent les améliorations des stations et autres travaux.
- Les dépenses principales imputables à l’électrification concernent : d’abord l’usine centrale d’électricité, ses lignes de transmission d’énergie, les sous-stations, et tout ce qui est compris entre l’usine et les trains; ensuite, l’équipement électrique des trains.
- Les chiffres relatifs à ces dépenses, relevés sur d’autres électrifications, ne peuvent pas servir de base, à moins que les conditions d’installation et d’exploitation de la nouvelle électrification ne soient pleinement en rapport avec celle concernant les chiffres envisagés.
- Grosso modo, les dépenses d’installation varient entre ces limites :
- Usine centrale : 20 à 3o % de la dépense totale, en moyenne a5 % ;
- Lignes de transport, sous-stations et équipement des voies : 35 à 55 % de la dépense totale, en moyenne 45 % ; ______
- Equipement électrique du matériel roulant : ao à 3o % de la dépense totale, en moyenne 25 % .
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXX (2e Série). — N# 28.
- Charges financières.
- II est important de se rendre compte, d’après des exemples vécus, de la charge financière, par train-kilomètre, qui est la conséquence des dépenses d’électrification.
- On trouve, à ce sujet, les chiffres suivants pour des électrifications, qui remontent déjà à quelques années:
- Lancashire and Yorkshire Railway : i centime 3i par train-kilomètre, en ne comptant pas le matériel roulant; et i cent. 6i5 par train-kilomètre, en comprenant le matériel roulant.
- Mersey Railway : a cent. 8 par train-kilomètre, en ÿ comprenant toutes les dépenses d’électrification .
- North Eastern Railway : i cent, 9,4 par train-kilomètre ; cette dépense ne comprend pas d’usine centrale : la Compagnie se faisant alimenter par une source d'énergie étrangère.
- London, Rrighton and South Coast Ry (London Bridge-Victoria section) : 3 cent. 9.5 par train-kilomètre en ne comprenant pas l’usinecentrale.
- Metropolitan District Railway : a cent. 75 par train-kilomètre en ne comprenant pas les frais d’usine centrale.
- On voit, d’après ces chiffres, que les charges financières variént énormément. Sans doute, cela provient-il de ce que des dépenses, faites parfois pour des modifications diverses, ont été imputées à l’électrification.
- Quand il est possible d’acheter, à bon compte, l’électricité à une compagnie étrangère, on ne doit pas hésiter ; car, l’on épargne ainsi la dépense d’un capital important, sans perdre l’ombre d’un avantage quelconque.
- Au contraire, le prix d’achat du courant sera moindre que celui de la production, grâce à la charge plus constante et plus complète de la station centrale alimentant lumière et force motrice.
- Dépenses d’exploitation.
- L’objet de l’électrification consiste non seulement à réduire les dépenses de traction, mais surtout à augmenter la capacité bénéficiaire d’un chemin de fer.
- Les dépenses d’un chemin de fer sont généralement groupées, en Angleterre, sous les postes suivants •
- i° Dépenses pour locomotives ;
- 20 Dépenses pour entretien des voies et des ouvrages ;
- 3° Dépenses pour réparations et renouvellement de voitures et de Avagons ;
- 4° Dépenses de trafic ;
- 5° Charges financières en général ;
- 6° Taxes, impositions, participations, etc.
- Les dépenses afférentes aux quatre premiers postes s’élèvent, approximativement, à 82 %
- des dépenses totales, et, ce sont les seules qui soient affectées par le genre- de traction en usage.
- Les dépenses principales des locomotives à vapeur concernent : le combustible, les salaires des mécaniciens et chauffeurs, les réparations des machines, les dépenses pour l’huile, et l’eau, et le remisage des locomotives. *
- Economie de combustible.
- Avec la traction électrique, on économise énormément sur les dépenses de combustible, même lorsque les vitesses moyennes sont augmentées de 35 % .
- Sur le Manhattan Elevated Railroad (Amérique), on a observé qu’avec la traction à vapeur une livre (453 gr. 588) de charbon ne pouvait produire que 2,9,3 ton-mile (3,645 tonnes-kilomètre) de trafic ou 1,5o ton-mile (2,450 tonnes-kilomètre), quand on fait entrer en compte le poids des voitures.
- Avec la traction électrique, on observa que 453 gr. 588 de charbon, brûlés à l’usine centrale d’électricité, produisaient 3,85 ton-mile (6,3oo tonnes-kilomètre) de trafic, bien que la vitesse moyenne des trains ait été relevée de 35 % et que la qualité du charbon brûlé à la station centrale était d’une qualité inférieure et, partant, moins coûteux que celui utilisé pour les locomotives à vapeur.
- M. Murray, dans une conférence faite en 1907 aux membres de l’American Institution of Elec-trical Engineers, disait, en se référant au New-York, New-Haven and Hartford Railway :
- « Le résultat le plus intéressant qui est atteint consiste dans l’économie, en faveur de la traction électrique, de 5o % exactement de la dépense en combustible. »
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- Le 7 avril 1911, le même ingénieur disait, à la même assemblée :
- « Qu’il suffise de dire que les deux postes principaux dans lesquels réside l’économie, sont celui du charbon et des réparations du matériel roulant. »
- M. Schaw disait, en 1909, aux membres de l’Institution of Civil Engineers, concernant le Mersey Railway :
- « La comparaison montre qu’avec la traction électrique 1 pound (453 gr. 588) de charbon, qui coûte 8/9 (10 fr. 94) par ton (1 oi5 kilogr.), peut mouvoir une ton (1 oi5 kilogr.) de charge sur un parcours de 2,29 miles (3 kilom. 690), à une vitesse moyenne de 22 1/4 miles (35 kilom. 750) par heure ; alors que, avec la vapeur, le même poids de charbon coûtant 16/0,(20 francs) par ton (1 015 kilogr.) ferait mouvoir la même charge sur un parcours de 2,21 miles (3 kilom. 55o), à une vitesse moyenne de 17,3/4 miles (28 km. 5oo) par heure. »
- M. Schaw a donné également les chiffres suivants, concernant les dépenses de charbon sur le Mersey Railway exploité à la vapeur et à l’électricité (Tableau YI) :
- vapeur-heure à la jante des roues motrices, pour la traction à vapeur : 7 lbs (3 kgr. 175) et 3,4 lbs (1 kgr. 54o).
- La traction électrique donne une économie de 5i % sur la traction à vapeur.
- Et si l’on calcule la dépense qui résulte de l’économie de charbon d’abord, et de la différence de qualité ensuite, on trouve une économie de dépenses de 65 % en faveur de l’électricité.
- L’avenir économique dans la production de l’électricité n’est pas encore limité. On voit tous les jours se produire des améliorations considérables dans ce sens; il en résulte qu’avec le temps la traction électrique coûtera encore moins cher.
- Un autre facteur, très important, qui est à l’avantage de l’électricité, et qui existant pour l’Angleterre, est également fondé pour la Belgique, consiste dans le relèvement constant du prix du charbon.
- En 1893, le charbon pour usage à vapeur coûtait en moyenne, dans le nord de l’Angleterre, 8/6 par ton (iofr. 75 par tonne métrique), tandis qu’en 1914 il coûtait environ 19 fr. 40.
- Un des grands avantages de la traction élec-
- Tableau VI.
- VAPEUR ÉLECTRICITÉ
- Consommation annuelle de charbon Coût par ton (1 015 kg.) Dépense totale Consommation par train-mile, en lbs Consommation par ton-mile, en lbs Dépense pour charbon par train-mile, en pence. . Dépense pour charbon par ton-mile, en pence... . Augmentation de la vitesse moyenne 8 874 tons (9000 tonnes métriques) 16/0 (20 francs) £ : 7,100 (176 000 fr.) 64 0,453 5,4g (5,7 centimes) o,o358 i3 114 tons ^ 13 200 tonnes métriques) 8/9 (10 fr. 94) £ : 5,246 ( 131 000 fr.) 35,5 o,436 1,-67 ('i>°75 centimes) 0,0202 25,5 %
- Nous avons dit plus haut, en nous référant au discours de M. Aspinall en 1909, que la dépense par la vapeur était beaucoup plus élevée que par l’électricité.
- En se basant sur les chiffres de M. Aspinall, et en admettant pour les rendements de transmission de l’énergie, les chiffres suivants : 80 % de la génératrice au train, et 70 % pour l’équipement électrique du train, on trouve : Rendement de l’usine centrale à la jante des roues : 56 % ;
- Consommation de charbon pour un cheval-
- trique, dont on ne se rend ordinairement pas suffisamment compte, est qu’011 en connaît à chaque instant, tous les facteurs avec la plus grande exactitude. Avec la traction à vapeur, au contraire, on ne sait pas nettement si la locomotive est suffisamment chargée ou si elle travaille aussi économiquement que possible, et ce ne sont que des essais spéciaux qui peuvent donner des indications sérieuses, En somme, la surveillance aux économies n’est pas simple, en matière de traction à vapeur.
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- Economies dans la dépense d’énergie des ch emins de fer de l’Etat Belge.
- Nous avons pu, déjà, dans un mémoire La question de la traction électrique en Belgique, publié dans le Bulletin mensuel de la Société Belge des Electriciens, d’octobre 1913, montrer les avantages économiques et autres de l’application de l’électricité aux chemins de fer de l’Etat Belge.
- A ne tenir compte que de la dépense réelle du
- harbon pendant la période de travail de la locomotive à vapeur, il peut y avoir un avantage économique en faveur de celle-ci, mais cela n’est, en tous les cas, pas vrai, si l’on considère la dépense de charbon réelle pour l’unité de travail envisagée.
- Il résulte en effet :
- i° Des essais effectués en 1907 par les ingénieurs de l’Etat Belge ('), que la locomotive à vapeur moderne consomme 5o grammes de charbon par 10000 kilogrammètres de travail fourni aux cylindres. En tablant sur un rendement organique de 10 %, 011 trouve que, pour 367 200 kilogrammètres (2) de travail à la jante des roues, la consommation nette dans la locomotive à vapeur est de :
- 367 200
- —------X 5o grammes — 2 o/»o grammes.
- 9 000
- Le charbon en briquettes d’usage courant revenait à l’Etat Belge, en 1910, à 21,088 francs, tandis que le charbon type IV de l’Etat Belge revenaiten centrale à 1 /§ fr. a5 la tonne. Ceci soit dit en passant.
- Les 2 040 grammes valent ainsi : 4 cent. 284.
- 20 Des essais effectués par le P. L. M., les 4, 5, 6, 7, i2 et i3 février igi3 avec la locomotive Pacific n°6ooi, exposée à Gand en 191I, il résulte (3) que la dépense de charbon par cheval-vapeur-heureabsorbéautenderestcompriseentre 1 kgr 58
- (*) Voir : Le Traité Elémentaire des Transports, par J. Carlier, 1912, et aussi le Bulletin mensuel de la Société belge des Electriciens d’octobre igr3 : La question de la traction électrique en Belgique, par J . Carlier.
- (-) Ce chiffre résulte de l’équivalence mécanique de travail que peut fournir le kilowatt-heure :
- i,36 X 75 kgrm X 3 600 sec. == 367 200 kgrrn.
- (3) Voir le Bulletin mensuel de la Société Jielge des Electriciens d’octobre 1913 : La question de la traction électrique en Belgique, par J. Carlier.
- (charge remorquée : 487 tonnes) et 2 kgr 09 (charge remorquée : 287 tonnes) (')
- Pour 367 200 kilogrammètres de travail, la consommation devientainsi :
- 367 200 270 000
- X 2ke,09 = i,6 X 2k«,09 = 3k»,344
- à
- i,0 X ikg,58 = 2ks',528.
- La dépense représente alors, sur la base du prix indiqué ci-dessus (21 fr. 008 par tonne de briquettes) :
- 3‘R,344 X a0,10 = 7e,022
- et
- 2k®,528 X 2e,10 = 5°,3o8.
- 3° Des essais effectués en 1913, au Great Central Railway en Angleterre, avec des machines à marchandises puissantes sur la ligne du Dunford
- Bank, dont 1 inclinaison est de '-4- soit 7 mm. 7
- 13o
- par mètre, il résulte que les locomotives à simple expansion et à surchauffe ont consommé par ton-mile, soit par ioi5 kilogrammes de poids remorqué sur 1609 m. 3149, un poids de charbon de o, 3o6 lbs, soit i38 gr. 797 de charbon, dont le prix moyen revenait à la Compagnie, à ce moment là à: 11/2, soit
- 11 X 1 fr. 25 -f- 2 X o, 104 = i3 fr. 958 par ton ou ioi5 kilogrammes (2).
- Le travail effectué était :
- i°Pour vaincre la résistance au roulement: 1609 m. 3 >49 X 7 kilogrammes (résistance au roulement par 10 i5 kilogrammes de poids pour matériel de marchandises) : u 256 kgrm. 2043.
- 20 Pour équilibrer la composante de la gravité
- sur la rampe de : 1 oi5 kgr. X 7,7 = 7 815, 5.
- Au total : 1907 1 kgrm. 70.
- Pour I67 200 kgrm., la consommation nette, devient ainsi:
- 367 220 19 071“®,70
- X *38Br,797 = 2 671^,842,
- (') Celte locomotive est compound à 4 cylindres et à vapeur surchauffée. L’expérience a fait ressortir que ce système est le plus économique. De plus, la machine était parfaitement au point et était conduite, peudant les essais, par un mécanicien d’élite.
- (2) Le prix du transport n’est, sans doute, pas compte comme c’est généralement le cas dans les compagnies de chemins de fer.
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- qui valent:
- z
- i
- 3q5°,8 .
- y X 2^,671 oi 5kkB ’ '
- 3e,55g.
- Les chiffres de la dépense réelle pour le charbon des locomotives sont pratiquement de beaucoup supérieurs à ceux envisagés, parce qu’en traction à vapeur, il faut :
- i° Compter avec la déperdition calorifique de la locomotive pendant les arrêts aux gares, les stationnements avant les départs et après les arrivées, et pendant qu’elles sont tenues en réserve ;
- i° Considérer la dépense de chaleur pour la mise en pression de la chaudière, ainsi que la perte calorifique après le service et lors de l’évacuation des eaux, et des lavages;
- 3° Se convaincre que la locomotive à vapeur n’a son rendement optimum que pour Certaines vitesses et certaines charges comprises entre des limites assez resserrées ('), qu’au démarrage notamment, la détente de la vapeur esttrop faible, que le profil de la ligne, la charge et la vitesse moyennes ne sont pas toujours adéquats aux dimensions et à la conception de la locomotive; qu’il y a des pertes de chaleur importantes par les soupapes de sûreté et les joints, les injec-teurs, par la grille du foyer, la boite à fumée et par le rayonnement calorifique de la chaudière; qu’enfin l’entretien de la locomotive, tant en ce qui concerne la réfection des parties usées que la propreté des organes de transmission de la chaleur, le degré de poli des surfaces frottantes et l’étanchéité des organesde distributionet d’utilisation de la vapeur sont d’ordre primordial pour ménager les pertes de chaleur possibles.
- Les pertes envisagées ci-dessus sont déjà considérables ; pour avoir le chiffre de la dépense réelle de charbon, il faut cependant encore ajouter celles, qui résultent des nombreuses manipulations du combustible, depuis son chargement sur wagon, à la mine, jusqu’à son enfournement dans le foyer de la locomotive.
- A la dépense réelle de combustible, envisagée ci-dessus, il faut encore, pour faire le compte
- (M La preuve eu est éclatante dans les essais de la Pacific du P.-L.-M. relatés ci-dcssus : sur le même profil, la dépense en charbon par cheval-vapeur-heure au crochet varie de i kgr. 58 à 2 k. 09 soit de 24, 5 p. c, lorsque la charge varie de 287 tonnes à 487 tonnes, soit de 42, 7 p. c.
- exact du coût de l’énergie mécanique de traction produite par la locomotive à vapeur, ajouter le coût de l’eau (‘) ainsi que les dépenses de graissage et d’entretien, qui sont spéciales à la locomotive à vapeur et 11c se reproduisent pas dans la locomotive électrique et dans les automotrices.
- Enfin, il y a encore la dépense supplémentaire qui résulte pour la traction à vapeur de la nécessité de remorquer le poids mort d’un tender. Ce tender, comparativement, augmente le poids du locomoteur électrique correspondant, de 16 %, et même plus par rapportai! train automoteur (2).
- Pour pouvoir déterminer le chiffre réel de la consommation de charbon par unité de travail des locomotives à vapeur il faudrait connaître le travail total effectif de toutes les locomotives pendant une année entière, comme le ferait un compteur de puissance basé sur l’inertie (dynamomètre d’inertie de Desdouits), monté à bord des locomotives.
- O11 ne possède pas ces relevés, mais les compagnies de chemins de fer dressent annuellement un relevé des tonnes-kilomètre remorquées ou des locomotives trains-kilomètres.
- La comptabilité des dépenses, pour 1908, delà traction et du matériel des chemins de fer de l’Etat Belge, donne ces chiffres intéressants :
- Moyenne par locomotive train-kilomètie
- A Personnel . ...........................
- ,, ,, . ( Charbons et briquettes.
- / Manutention............
- C. Graissage............................
- D. Dépenses diverses : visite, virage,
- nettoyage, allumage (dépense en combustible excepté) des locomotives, service hydraulique, entretien et alimentation des séchoirs à sable, etc....
- 0 fr. i6358 o fr. 35(138 o (r. 01458 o fr. 01424
- o fr. 0.5-89
- Dépense totale et moyenne... o fr. 606(47 par locomotive-Irain-kilomèlre.
- Le premier chiffre, intéressant, concerne le combustible qui coûte o fr. 356 38 par locomo-
- (') L’eau coûte à l'Etat Belge; on évaluait jadis le coût à 3 centimes le mètre cube. L’épuration, souvent indispensable, fait parfois remonter le coût à 5 ou 6_centimes le mètre cube.
- (2) Voir : La question de la traction électrique en Belgique, déjà cité.
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- tive train-kilomètre. Il coi'i-cspond à une consommation de :
- i 874 807 tonnes de charbon (') ^ ^
- 112 824 900 trains-kilomctres (')
- de charbon demi-gras par locomotive-kilomètre avec train.
- Puisqu’on ne possède pas les relevés de puissance effective, force est de recourir à une hypothèse plausible, pour supputer l’ensemble des pertes calorifiques dont il a été si longuement question ci-dessus.
- Les essais de igil du P. L. M., déjà rappelés, ont montré que, sur le parcours d’essai de i33 kilomètres à 8 par mètre d’inclinaison, il a été consommé 3 116 kilogrammes pour traction-ner 487 tonnes c’est-à-dire que la tonne-kilomètre a consommé en charbon :
- 3 116 kilogrammes
- ---------------------- = o kg. 0481.
- 64 771 tonnes-kilometres
- Ce chiffre est évidemment exagéré, puisqu’il y a à peu près autant de déclivités positives que négatives sur un réseau tel que celui de l’Etat Belge, et que, d’autre part, près d’un tiers des parcours est effectué sans vapeur.
- De crainte pourtant de paraître exagérer les pertes calorifiques sous forme de charbon perdu ou brûlé en pure perte, nous ne fixerons la proportion de la consommation de charbon par tonne-kilomètre moyenne sur un réseau entier, tel que celui de l’Etat Belge, qu’aux deux tiers, soit à
- okïo48i X ^ = ok6t>32 066.
- En 1908, un train de l’Etat Belge n’atteignait, en moyenne, pas plus de 3oo tonnes remorquées et par locomotive, on trouve ainsi par train-kilo-mètre la consommation de charbon, exagérée volontairement, se rapportant au travail réellement utile de :
- 3oo4 X ok,o32o66 = gkR,6ig8.
- La différence : i6k,6g —- 9,6198 — 7^0702 exprime la dissipation de charbon par train-kilomètre moyen, remorqué en 1908 sur le réseau dé l'Etal Belge, pour les différentes causes énumérées c-idessus.
- (*, Ces chiffres sont emprunlés au rapport de 1908 indiqué ci-dessus.
- La dissipation représente :
- 7k,07Q2
- i6k,69
- = o, 4 236, soit 42)36
- % ;
- et la quotité utile, dite non dissipée, est de 57,64 %.
- En argent, cela représente, pour 1908 :
- fr. : o,35638 X = fr. o,i5o5.
- 16,69
- De ce qui est dit ci-dessus, on peut donc conclure que 367 200 kilogrammètres de travail à la jante des roues d’une locomotive à vapeur coûtent pratiquement non pas :
- 3 cent. 557 (essais de ïgi3 du Great Central Railway) ;
- 4 cent. 284 (essais de 1907 de l’Etat Belge);
- 5 cent. 3o8 ou 7 cent. 022 (essais de 1913 du P. L. M).
- Mais :
- et
- .3e,557 3'', 357
- --------— = ———- =16,171
- 1 —0,4236 0,5764 /
- 4e,'^84 0,3764 5%3o8 0,5764
- 0,5764
- = 7°,432
- — 9e»'208
- 12e, l8o,
- en tenant compte de la dépense de dissipation. Nous avons fait la part large à la vapeur,
- puisque nous avons pris la proportion des - de la
- consommation d’une machine perfectionnée sur rampe pour toutes les machines d’un réseau; et nous n’avons pas tenu compte de la dépense de o fr. oi458 par locomotive-kilomètre pour la manutention du combustible, et d’autre part de la dépense figurant sous (D) de francs: 0,05789 par locomotive-train-kilomètre; toutes dépenses qui sont supprimées par l’électrification.
- L’économie de combustible égalant 42 % se traduirait dans le cas de l’application de la traction électrique à tout le réseau belge par francs : 0,42 X 32 045 o36,34 (comptabilité de 1908) = 13458915 fr. 12, nonobstant les immenses avantages de célérité plus grande, capacité des lignes et des gares, propreté et confort en général, apportés par la traction électrique.
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- Capital représentatif de l’économie de combustible sur une partie du matériel de traction.
- En supposant que l'effectif des locomotives à vapeurde l’État Belge soit, du jour au lendemain, réduit de 40 % , et qu’on ne doive pas faire l’amortissement de eètte perte, l’économie sur le poste B de l’extrait de la comptabilité de 1908 :
- A. — Service des machinistes,
- des chauffeurs, etc..... 14 i3i 368,18
- B. — Combustible................ 3a 046 o36,3i
- C. — Graissage.................. 1 229 227,o3
- D. —- Dépenses diverses....... 5 000 9^5,52
- Total......... Sa i'iofi 627 07
- se chiffrerait par 5 383 566 fr. 04.
- A raison de 5 % (intérêt et amortissement compris en 45 ans), cette somme représente l’annuité de 107 000000 de francs en chiffres ronds.
- Ce capital, dont l'annuité serait payée par la seule économie de combustible, et par les économies sur d’autres postes encore, permettrait d’équiper un millier de kilomètres de voies ferrées, à raison de 5o 000 francs, en moyenne, par kilomètre de voie simple et d’acheter environ 700 locomoteurs électriques à raison de 80000 fr. par locomoteur ou automotrice pris dans l'ensemble. Enfin, divers frais accessoires seraient aussi largement couverts par cette annuité.
- L’effectif de l’Etat Belge, en 1908, comportait :
- 1 215 locomotives à voyageurs, dont 20,41 p. c. étaient immobilisées ; et, 2 295 locomotives à marchandises, dont 12.99 p. c. immobilisées. Au total: 3 5io locomotives.
- 40 % de ce chiffre représentent 1 404 locomotives à vapeur que 700 locomoteurs électriques ou automotrices remplaceront avec avantage, surtout si l’on se rend compte que, sur 1 494 locomotives à vapeur, plus de 260 sont immobilisées!
- En 1908 aussi, la longueur moyenne des lignes exploitées était de 4 3oo kilom. 8. La proportion d’équipement électrique d’un millier de' kilomètres, pris dans la partie des lignes les plus chargées, avec 700 locomoteurs ou automotrices, satisferait pleinement au programme d’exploitation antérieure.
- Un tel capital, rémunéré à coup sûr par les économies ellés-mêmes d’exploitation, indépendamment de l’augmentation du trafic et des diverses sources bénéficiaires, qui sont la conséquence de la traction électrique, est, évidemment, un placement avantageux,
- Il est à remarquer que l’éloctrification belge n’implique nullement de dépenscspourl’érection d’usines électriques, ce qui est un immense avantage pour l’Etat Belge. L’Etat se procure ainsi l’énergie électrique à des prix bien inférieurs à ceux de sa propre production, en profitant des facteurs d’abaissement du prix de revient, qui ne sauraient exister entre ses mains, au même titre qu’ils existent entre celles des sociétés particulières.
- D’ailleurs, en Angleterre, le North Eastern Rail-vvay, le Brighton, par exemple, se font fournir l’énergie par des sociétés étrangères ; et, cependant, elles sont, susceptibles d’atteindre plus facilement la clientèle privée, et de fournir l’éclairage public, grands facteurs d’abaissement du prix de revient, que l’Etat Belge, dont la mission commerciale ne peut pas sortir du domaine du transport.
- On a d’ailleurs immédiatement le sentiment de l’économie d’argent qu’il est réellement possible de faire réaliser à l’Etat Belge, en méditant certains chiffres de statistique.
- Le rapport de M. Dejardin, Directeur général des Mines de Belgique, pour l’année 1912, donne, en ce qui concerne les chemins de fer de l’Etat Belge, ces chiffres :
- Nombre de locomotives : 4 298 ;
- Force en chevaux: 1 136733.
- Or, M. Deleu, Ingénieur des chemins de fer de l’Etat Belge a calculé, en se basant sur des coef'fi-dents rigoureux, la consommation d’énergie électrique qui serait nécessaire en centrale, pour alimenter tout le service de traction des chemins de fer de l’Etat, supposé totalement électrifié (').
- M. Deleu a fait ce calcul pour une journée entière du mois de janvier 1906, qui est d’ailleurs un mois de très fort trafic de marchandises en Belgique et l’époque du plus fort trafic de l’année, d’après les données des services réellement effectués : feuilles de marche des trains, feuilles de route des mécaniciens, etc.
- 11 a trouvé ainsi :
- 124 348 chevaux-vapeur à midi (puissance maximum de 24 heures);
- (<) Deleu: L’électrification totale du Ràilway Belge 1 (Bulletin des Ingénieurs sortis de Louvain, 1904).
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- L A L U M1 È K E ÉLECTRIQUE T. XXX (2° Série}. — N° 28.
- 53292 chevaux-vapeur à minuit (minimum de 24 heures);
- 88820 chevaux-vapeur, moyenne de 24 heures.
- Si on rapproche ce chiffre de ce que pouvait être en 1903 la puissance totale en chevaux des locomotives à vapeur, en service, on trouve une forte différence.
- disponibles, de 724 668. Ce chiffre comparé à celui de 124 348pour l’électricité montrecombien l’immobilisation de puissance est grande dans le système à unités de puissance éparpillées, qu’est forcément le système à vapeur; et par voie de conséquence combien il est forcément onéreux.
- Taiiliïau Vil. — Eleclri/ication du chemin do fer du Gothcird. Comparaison des dépenses cariant suivant le mode d’exploitation.
- Ve ARRONDISSEMENT ENTIER trafic de 1904 TRACTION A LA VAPEUR TRAFIC DE I9O4 TRACTION ÉLECTRIQUE TRAFIC A VENIR a aux environs de 1918 » TRACTION ÉLECTRIQUE
- Gœschenen et Gœschenen, Ritom
- Usines prévues Ritom. et Amsteg.
- Frais d’établissement en francs.
- Frais d’établissement de l’exploitation élec-
- trique, y compris les véhicules moteurs. . . . 44 500 000 67 5oo 000
- En plus, coût du matériel roulant, y compris
- les locomotives à vapeur, mais sans les véhi-
- cules moteurs électriques, déjà comptés
- ci-dessus 24 818 54<> i3 160 000 i5 310 000
- Total des frais d’établissement 24 818 540 57 660 000 82 810 000
- Dépense annuelle en francs.
- •Dépenses d'exploitation 5 552 780 3 703 730 5 685 920
- Intérêts des frais d’établissement, matériel rou-
- lant compris 992 320 2 366 45o 3 336 440
- Amortissement du capital 33 63o 76 43o 96 140
- Versements du fonds de renouvellement 257 600 701 IIO 9/»7 49°
- Total I 6 836 33o 6 847 720 io o65 990
- Service d’intérêts et d’amortissement du coût
- des locomotives à vapeur du Ve arrondisse-
- ment devenues disponibles (poste partielle-
- ment injustifié puisque ces locomotives
- peuvent trouver leur emploi ailleurs). . 254 35o 236 85o
- Total 11 6 836 33o VJ O te O •^.1 10 302 840
- Eii 1912, neufans après, la puissance en vapeur était de 1 i36 r33 chevaux, ayant augmenté de 25 % environ sur celle de 1903. Celle-ci revient ainsi vraisemblablement à 852 55o chevaux; sur ce chiffre, on doit compter environ i5 % d’immobilisation pour révision, réparatiohs, etc.
- Il reste, ainsi, un nombre de chevaux-vapeur
- Electrification du chemin de fer du Gothard (').
- Le problème de l’électrification totale du Gothard (Ve arrondissement] a été étudié de
- (') Une étude complète du rapport de la Commission Suisse a été faite dans La Lumière Electrique des io,
- 19 et janvier 1914.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 83
- façon minutieuse par la Commission Suisse d’études pour V exploitation électrique des chemins de fer. Ce rapport, adressé en mai 191a à la Direction générale des chemins de fer fédéraux donne le tableau Vil, tout à fait suggestif.
- Le capital d’électrification est relevé ici d’après le coût des usines, qui, étant hydrauliques, sont forcément très coûteuses de premier établissement.
- E11 prenant pour base le trafic et. les conditions d’exploitation de 190/1, la Commission a abouti à la conclusion qu’au point de vue économique ces deux modes s’équivalaient, tandis qu’en tablant sur un trafic à venir, qui, d’ailleurs serait bientôt atteint, elle a trouvé la traction électrique sensiblement plus avantageuse.
- Il faut considérer qu’il s’agit de l’électrification d’une ligne principale, entrant dans la catégorie 1 et, en outre, d’une nature spéciale.
- Les avantages de la traction électrique sur le Gothard, dans l’avenir, seront cependant très importants. Les raisons invoquées par la direction générale sont les suivantes :
- i° La traction électrique permettra d’accroître la vitesse sur les fortes rampes dans une telle mesure que la capacité de la ligne augmentera plus qu’elle ne le ferait jamais avec la traction à la vapeur.
- 20 Elle permettra de réaliser dans le service des locomotives des simplifications et des économies qui contribueront largement à rendre l’exploitation moins coûteuse.
- 3® La suppression de la fumée accroîtra la capacité de concurrence de la ligne en service de transit des voyageurs ; elle allégera le service du personnel et facilitera l’entretien et la surveillance de la voie dans les tunnels.
- Le Ve arrondissement en entier comporte 289 km. 78 de longueur de ligne. La dépense moyenne par kilomètre de ligne équipée et pourvue du matériel de traction, en ’y comprenant les usines électriques, revient ainsi, à
- Caractéristiques de l'électrification. Courant monophasé de 15 périodes par seconde, sous une tension de 15 000 volts environ au fil de contact.
- La nécessité du fil aérien dans les tunnels d’une part, et la difficulté d’installer un grand nombre de sous-stations continues d’autre part, ainsi que l’importance de l’énergie prise parles locomotives à la montée, ont fait adopter la haute tension, et partant le monophasé (‘).
- On a calculé la puissance moyenne à la jante des roues pour une journée de l’année 1911 à trafic moyen pour la première section à électrifier Erstfeld-Bellinzona, de 109 km. 3o. Elle est de 4 85o chevaux. Si tous les trains atteignaient leur maximum de charge, cette puissance moyenne serait de 6600 chevaux. Le rapport entre ce chiffre et la moyenne de l’année 1911 est donc de :
- Pour 24 heures, la dépense de puissance totale est de 116400 chevaux-heure.
- Le tonnage kilométrique journalier de la ligne Erstfeld-Bellinzona a atteint une moyenne de 1 680 000.
- La puissance par tonne kilométrique moyenne transportée est de 0,069.
- En puissance électrique, cela représente :
- oh1>69 v „
- ----— — 00,73 watts-heure.
- i,36
- Cette valeur est largement prévue, si on s’en référé aux essais effectués en 1913, entre Montre-jeau et Tarbes, par la Compagnie du Midi Français, en traction monophasée et en rampe. O11 a trouvé, dans ces essais, une valeur de 42,5 watts-heure par tonne-kilomètre.
- Les conséquences techniques et économiques prévues par la Direction générale des Chemins de fer Fédéraux, et qui résultent de l’application de la traction.électrique à la première section des
- 57 660 000 289“,78
- 198 978 francs,
- sensiblement sur la base du trafic de 1904. En chiffres ronds, cela ressort à 200000 francs par kilomètre de voie double, pour la ligne complète.
- (') On aurait pu aussi adopter le triphasé à l’instar des électrifications italiennes de montagne et dont la ligne de Giovi, décrite dans La Lumière Electrique du i3 février 1915, est un bel exemple.
- Egalement possible, économiquement parlant, était la traction à courant continu sous lil aérien à 3 000 volts, mais elle exigeait des sous^stâtions surveillées.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXX (2e Série).— N° 28
- lignes du Gothard, formant le Ve arrondissement suisse, sont assez intéressantes :
- En 1911, les locomotives à vapeur ont effectué, sur la section Erstfeld-Bellinzona, 3712 000 kilomètres. Les locomotives électriques prévues n’auraient eu à fournir que 2 950 000 kilomètres pour le même trafic. La différence en moins est donc de 787 000 kilomètres. Le coût du kilomètre-locomotive, sur la section considérée, était
- de 5 000 000 X 1 fr. 27 = 6 35o 000 francs, en admettant le même prix pour le charbon. Avec la traction électrique, la dépense par kilomètre-locomotive s’élève à o fr. 73 sans le coût de l’énergie, ce qui fait ressortir à
- 3 q5o 000 X o fr. 73 = 2 883 5oo francs les frais correspondants du service de la traction.
- Taisleau VIII. — Comparaison des dépenses, variant suivant le mode d'exploitation.
- MODE DE TRACTION EXERCICE POIDS REMORQUÉ EN KILOMETRES- TONNES DÉPENSE ANNUE d’après le total I LLE EN FRANCS d’après le total II DÉPENSE ET PAR K» d’après le total I S’ CENTIMES... f-TRAIN d’après le total II
- Vapeur 1904 776 000 000 6 836 33o __ 0,88 _____
- Electricité . 1904 777 OOO OOO 6 847 720 7 102 070 0,88 °,9l
- Vapeur 1907 1 io3 000 000 9 647 55o — 0,87 —
- Vapeur : . 1908 I 07a OOO OOO 10 067 490 — 0,94 —
- Electricité A venir. 1 437 000 000 10 o64 990 IO 3()2 840 0,70 0,72
- en 1913, avec la vapeur, de 1 fr. 27 en moyenne. Dans ce chiffre sont compris les intérêts, l’amortissement et l’entretien des locomotives, le versement au fonds de renouvellement de la superstructure, ainsi que les dépenses pour le charbon, les dépôts et le personnel.
- Dans l’hypothèse où en 1918, avec l’accroissc-ment de 35 % de trafic considéré de 1911 à 1918, les locomotives à vapeur auraient parcouru 5 000 000 de kilomètres, la dépense en aurait été
- Le tableau VIII donne la comparaison des dépenses prévues suivant le mode d’exploitation.
- L’exemple du Gothard montre éloquemment l’intérêt que présente, déjà actuellement, l’électrification même pour des lignes principales longues.
- (A suivre.)
- J. Cauliek,
- Répétiteur du cours d’exploitation des chemins de fer à l’Université de Liège.
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- LES TURBINES HYDRAULIQUES DE L’USINE DE LA “ VOURDIAT ”
- La Centrale hydro-électrique de la Vourdiat appartient à la Compagnie Electrique de la Loire et du Centre dont nous avons déjà décrit l’installation de la station de la chute de l’Ance dans un numéro précédent (*); prévue pour une extension à trois groupes, elle a été équipée premièrement de deux turbines verticales triples, provenant des Ateliers de constructions mécaniques Escher Wyss et Cle, à Zurich.
- Ces turbines, actionnant directement des alternateurs placés en bout d’arbre sont construites pour les données suivantes :
- Chute nette...................... 4-4 m. 5 ;
- Débit...... 16 6oo-i5 6oo litres par seconde;
- Puissance. .. 680-750 chevaux eff. sur l’arbre ;
- Vitesse............. 123 tours par minute ;
- Diamètre d’entrée des roues mobiles, 1 200 millimètres ;
- Rendements garantis.......... 77 79 69 %
- pour ouverture de............ 4/4 8/4 a/4
- Le réglage automatique de la vitesse est garanti {tvec une variation de maximum... 3 6 i5 % ;
- à partir de la vitesse d’équilibre après la variation de charge, ceci pour des décharges brusques de a5, 5o, 100 % , à condition que l’alternateur possède un PD2 de 80000 kilogrammètres carrés.
- La disposition de la centrale-hydro-électrique est visible sur la figure 1. L’axe vertical a été adopté en considération des variations considérables des niveaux amont et aval; l’emploi de turbines triples, de construction moins courante, a été choisi par suite de la nécessité d’obtenir une vitesse économique pour l’alternateur.
- Dans le but de ménager, en temps d’étiage, l’accessibilité de la turbine à pied sec, le radier de la chambre a été placé à la cote 3o3,oi. Vu son fort développement axial et spécialement la position de la roue mobile supérieure, placée à environ 1 m. 5 au-dessus du niveau amont, la turbine a été disposée dans une chambre de béton pneumatisée, dont l’éperon d’entrée,
- plongeant d’environ 5oo millimètres dans le niveau amont, empêche les entrées d’air très pernicieuses au rendement et à la puissance.
- Le pivot annulaire supportant les parties tournantes du groupe complet, est placé sur la carcasse de l’alternateur.
- La maison Escher Wyss et Ci0 qui vient d’exécuter, entre autres pour les quatre turbines de 16000 chevaux chacune, destinées à l’usine de Seros (Espagne), des pivots supportant) i5otonnes chacun à aSo tours possède une grande expérience dans ce genre de construction; elle préconise avec raison la disposition d’un pivot unique pour le groupe, placé sur le croisillon de l’alternateur, non seulement au point de vue des facilités de surveillance et d’accessibilité, mais parce que le pivot, placé en bout d’arbre (c’est-à-dire à un endroit où ce dernier, soumis uniquement à la tension, est de diamètre réduit), peut être exécuté avec des dimensions beaucoup plus restreintes, ce qui diminue sensiblement la vitesse périphérique des couronnes de glissement.
- La suspension par le haut supprime en outre tout danger de flambage, l’arbre étant soumis à la tension sur toute sa longueur. Le pivot annulaire, quand il est combiné avec l’un des paliers moyens de guidage, nécessite inévitablement le renforcement et de l’arbre vertical pour obvier au flambage et du plancher intermédiaire sur lequel vient appuyer le poids de tout le rotor. Pour l’usine de la Vourdiat, la charge du pivot se décompose comme suit :
- Kilogrammes.
- Rotor de l’alternateur.......... 12 000
- Rotor de la turbine (3 roues mobiles et arbre en dcujpièces). 9 000
- Total............. 21 000
- La poussée hydraulique étant d’environ r2.5o kilogrammes vers le bas pour chacune des roues mobiles inférieure et supérieure, et de 4600 kilogrammes vers le haut pour la roue
- (•) Voir Lumière Electrique du 10 juillet 1915', p. a5.
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- Usine hydro-électrique de La Vourdiat,
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- moyenne, il en résulte un allégement du pivot de 4 5oo — (a X i2Î>») = 2000 kilogrammes, résultante réduisant donc à environ 19 tonnes la charge totale du pivot en marche.
- Afin de prévoir toute éventualité et d’assurer la sécurité de marche du groupe, une circulation d’eau dans le bain d’huile du pivot, produite au moyen d’une petite pompe, a été prévue pour le cas où la chaleur de l’alternateur se propagerait au pivot. Pour faciliter le démontage de l’alternateur, dans le cas où la charge du rotor viendrait à s’appuyer sur le collier du palier de guidage supérieur, les deux fers à double T supportant ce dernier ont été renforcés au profil 40.
- Un contre-arbre horizontal, faisant 25o tours, commandé par engrenage conique, et fixé par chaise pendante sous le plancher supérieur, actionne simultanément par courroie l’excitatrice de 25 chevaux et 1 320 tours par minute ainsi que le régulateur de vitesse, système Escher Wyss, à pression d’huile, dont le fonctionnement est bien connu.
- En résumé les deux points saillants de cette installation sont :
- i° La disposition en chambre de béton pneu-
- matisée, que la maison Esch*er Wyss et Cie a exécuté en diverses installations en France.
- 20 L’emploi de trois roues mobiles sur un arbre vertical, afin d’obtenir une vitesse économique de l’alternateur.
- La Société Escher Wyss et Cie, de Zurich, qui a concentré au cours de ces dernières années, ses recherches sur l’étude des turbines à grand débit, vient de terminer dans sa station de freinage des essais concluants lui permettant de présenter un type de turbine dépassant comme vitesse et débit spécifique toute construction connue jusqu’à ce jour.
- Appliqué au cas présent, ce nouveau type utiliserait les 16600 litres sous 4 mètres de chute à 125 tours (données des deux premières turbines de l’usine de la Vourdiat) avec une seule roue mobile de disposition normale en chambre ouverte et de rendements approximativement semblables à ceux garantis plus haut.
- On peut juger des avantages que présente cette nouvelle disposition tant au point de vue de la simplification de la turbine et de ses travaux d’installation qu’au point de vue économique lui-même.
- J. Riïyval.
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- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- ÉLECTROTECHNIQUE GÉNÉRALE
- La transmission de ' l’électricité à travers les métaux. — Sir J.-J. Thomson.
- Dans une communication à l’Institute of Metals,le 5 mai dernier, sir J.-J. Thomson admis une théorie, simple en son principe, pour expliquer le phénomène de transmission de l’électricité à travers les métaux. Il a tout d’abord fait la critique de la théorie actuelle de conduction électronique. Très féconde a priori parce qu’elle fournit l’explication de nombreux phénomènes, tels que la relation étroite entre la conductibilité thermique et la conductivité électrique, cette théorie conduit à des difficultés dans scs applications numériques.
- L’orateur démontre, par exemple — en déterminant par deux méthodes différentes la conductivité spécifique de l’argent — que la théorie du transport de l’élcctricité à travers les métaux par les électrons entraîne à admettre l’existence, en ce cas particulier, d’un nombre d’électrons vingt fois plus grand que celui des atomes.
- Cette théorie ne permet pas non plus de se rendre compte d’un autre phénomène mis récemment en lumière par un travail de Kamerlingh Onnes, à savoir l’existence probable d’un point critique dans les courbes de résistance des métaux purs.
- Sir J.-J. Thomson met donc en avant une théorie nouvelle qu’il a proposée une fois dans les « Applications de la dynamique à la Physique et à la Chimie » (1888). A l’époque, on ne connaissait pas encore les électrons et il avait dû admettre que l’électricité était portée par les atomes, ce qui l’avait conduit à une difficulté qu’il a déjà signalée. Plus tard, dans sa « Théorie Corpusculaire de la Matière », il a modifié sa conception première en y introduisant l’électron comme véhicule de l’électricité.
- Elle s’explique aisément par analogie avec la théorie moléculaire de l’aimantation. Un morceau de fer peut être regardé comme une collec-
- tion d’aimants moléculaires groupés pêle-mêle jusqu’à ce qu’une force magnétique extérieure les fasse pivoter sur eux-mêmes et les oriente suivant sa propre direction. Les petits aimants ne se neutralisent plus alors et le fer se comporte comme un aimant, l’intensilé d’aimantation dépendant de l’excès du nombre d’aimants moléculaires orientés dans la direction considérée sur les autres. Si aucune autre force ne les faisait dévier aussitût qu’ils se sont orientés, ils pourraient le rester tous ; le résultat final est intermédiaire et une fraction seulement des aimants moléculaires se trouvent orientés.
- L’une des forces perturbatrices est due, en l’espèce, aux mouvements moléculaires résultant de la température; plus cette dernière est élevée, moins il subsiste de molécules orientées.
- Langevin(')a donné une formule de l’intensité d’aimantation d’un gaz basée sur cette hypothèse en négligeant les autres facteurs. L’intensité I y est exprimée en fonction du nombre N d’aimants moléculaires par unité de volume, de leur moment M et de la force magnétique II' ^somme de la force extérieure II et de celle des petits éléments dans la zone voisine qui est proportionnelle à I). Celte formule est :
- + c~x
- ee — e~x .t i
- Il' M
- I
- MN
- pour x
- RO
- 0 étant la température absolue.
- Cette formule est représentée par une courbe.. D’autre part,
- ir=H-f/cI,
- II + k\
- x
- IV)
- M
- ou
- RO
- Mk
- X ---- TT
- II
- K'
- (*) The Electriclan, tome LYI, pp. 108 et 148, 3 et 10 novembre 1905.
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- Cette relation entre I et x est représentée par une droite et, pour trouver la valeur del qui correspond à une valeur donnée de 11, il faut tracer cette droite et déterminer son intersection avec la courbe précédente.
- Sir J.-J. Thomson propose, comme analogue électrique de l’aimant moléculaire, le dipàle constitué par une charge -f- et une charge — (électron) à un certain écartement l’une de l’autre dans l’atome; sous l’influence d’une force électrique extérieure, ces éléments se disposent
- @0 0© 0© ©0
- Fig. i.
- en chaînes (fig. i). Une certaine fraction des dipôles s’orientent dans la direction de la force, les autres s’orientent indifféremment dans toutes les directions. A cet égard, il n’y a aucune différence entre les corps métalliques et non métalliques; le déplacement électrique, ou polarisation, s’explique par la rotation des dipôles.
- Dans les atomes les dipôles déterminent dans leur voisinage des forces électriques intenses qui tendent à soutirer les électrons d’un atome dans l’autre. La différence entre les isolants et les métaux, à l’état solide, c’est que les métaux cèdent facilement leurs électrons qui se transportent d’un atome à l’autre, tandis que dans les isolants les électrons ne peuvent sortir.
- La force draguantles électrons hors des métaux est due à l’attraction exercée par les atomes dans leur voisinage et ne dépend pas de la force extérieure.
- Si p électrons traversent une chaîne en une seconde, la quantité d’électricité passant par l’unité de section sera nep; n étant le nombre de chaînes traversant une section normale à la force électrique. Soient I le nombre de dipôles orientés dans la direction de la force électrique et d la distance séparant deux dipôles, n = Id. Donc, toutes autres choses égales, là conductivité du métal sera proportionnelle à I.
- Pour trouver l’intensité du courant correspondant à une force électrique quelconque, nous devons prendre la courbe de Langevin dont l’équation est
- I = NM
- ex -)- e~x ex — e~x
- où x est maintenant égal à
- M
- (X0 -f- k 1
- îïô
- M est le moment électrique d’un dipôle et X0 la force électrique extérieure; h I est la fraction de la force due à la polarisation des dipôles.
- Nous déduisons de là :
- de la droite (a) et de la courbe (i). Quand les valeurs de x sont faibles, la courbe (i) peut être remplacée par la tangente à l’origine, dont l’équation est :
- I
- N M-. 3
- Cette droite coupe la droite (a) au point i M2N
- I =
- 3 R0
- X0
- NMaR 3 RO
- Or, si nous considérons une température O0pour laquelle
- 3 R0o = /f NM2;
- nous avons
- I =
- N M*X„ 3R (0 — 0)'
- La conductivité spécifique est proportionnelle
- à ~r- Ainsi, quand l’intersection se fait dans X0
- cette région, la loi d’ohm est applicable et la résistance est proportionnelle à 0-Oo ; et cela tant
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXX (2* Séfid). — N® 28.
- qu’on a 9 > ô0. Si 0 = 0o, la ligne (a) devient parallèle à la tangente à l’origine de la courbe de Langevin; elle coupe la courbe en [un point Q sur la branche aplatie de la courbe ; la valeur de I sera énormément supérieure à ce qu’elle était auparavant, la résistance deviendra très faible et la loi d’ohm ne sera plus applicable.
- Quand la température est inférieure à 0o, un nouvel effet se présente. La droite (a), R S, fait alors avec l’axe des abscisses un angle inférieur à celui que fait la tangente à l’origine de la courbe (U. Sa force électrique X0 diminuant, la droite RS sc déplace vers la gauche parallèlement à elle-même. Quand la force s’accumule, la droite passe par O, mais coupe encore la courbe en S' où la valeur de I est encore grande. Ainsi, en ce cas, bien que la force électrique extérieure ait cessé d’agir, une fraction considérable du courant subsiste.
- C’est là une déduction conforme aux constatations faites par Kamerlingh Onnes, à savoir qu’à !\ degrés de température absolue, le déplacement d’un aimant au voisinage d’une bague de plomb y a produit un courant qui parut devoir persister presque indéfiniment: son intensité se maintint pendant i heures et Onnes a calculé qu’il eût fallu 4 jours pour qu’elle tombât à moitié de sa valeur initiale. Cette persistance du courant après disparition de la force électro-motrice est due au fait qu’à ces basses températures le bombardement moléculairejest trop faible pour briser les chaînes une fois qu’elles se sont formées. Or comme, dans cette théorie, le rôle de la force électro-motrice se borne à la création de ces chaînes, si celles-ci subsistent, il y aura courant même sans force électro-motrice. On peut comparer cet effet à l’aimantation permanente d’un morceau de fer doux quand la force magnétisante a cessé d’agir.
- Quand la température est supérieure à 90, la parallèle à l’origine de la droite (a) ne coupe plus
- la courbe; donc, il ne passe plus de courant lorsque la force électro-motrice disparaît. Le bombardement moléculaire est assez fort pour briser les chaînes de dipôlea.
- Ainsi, dans cette théorie, les propriétés électriques des métaux différent grandement en deçà et au delà de la température critique 0o :
- Au-dessous de 0o, le métal est presque un conducteur parfait et ne suit pas la loi d’ohm;
- Au-dessus de 00, il possède sa résistance normale et suit cette loi.
- Les différences dans les propriétés électriques de part et d’autre de cette température sont comparables aux différences d’élasticité de part et d’autre du point de fusion.
- L’auteur a adopté pour I l’expression donnée par Langevin, mais les déductions générales delà théorie ne sont pas altérées tant que I reste foUc-
- , XM „ „
- tion de li se peutqu il y ait d autres
- n. 0
- causes
- que la chaleur qui tendent à rompre les chaînes de dipôles. En cc cas, on devrait admettre que I
- , . , XM . ^ . ,,
- est une fonction de ————— ou D est îndepen-
- (R9 + U;
- dant de la température. Si D est plus grand
- . „ „ „ fd\\ , XM ,
- que N/n2 R X -7- ou .r = ;r). --frr il n y \d.vjx=: 0 (R0 -f- D)
- aura pas de température critique bien que la résistance diminue en même temps que la température. A hautes températures, on devrait s’attendre à ce que la résistance de pareils métaux fût proportionnelle à (RO -)-D) et non à RO.
- Sir J.-J. Thomson conclut que cette température critique semble analogue à celles auxquelles se produisent des changements d’état moléculaire. Il est curieux qu’on n’ait pas soupçonné cè phénomène tant qu’011 n’a opéré qu’avec cle l’air liquide ou de l’hydrogène liquide ; c’est à l’hélium liquide qu’on doit d’avoir pu faire cette découverte.
- (The Eleclrician, 28 mai 1915).
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- RADIOTÉLÉGRAPHIE
- Les automobiles de l'armée américaine munies de T. S. F. — C.-H. Glaudy.
- APPAREIL RADIOTÉLÉURAFHIQL'E PORTATIF AVEC RAYON DE TRANSMISSION DE 320 KILOMETRES
- LeCorps du service de signalisation de l’armée américaine vient de terminer la construction d’une deuxième voiture automobile avec installation de T. S. F.
- La voiture qui vient d’être achevée est une « 2 1/2 tons » avec carrosserie aménagée spécialement pour le logement des différents organes de transmission et de réception.
- L’antenne se compose de 16 lîls de 3o mètres chacun et est supportée par un mât de 24 mètres de hauteur qui peut être dressé en moins de 6 minutes. Ce mât est construit suivant les plans du « Signal Corps » en bambou artificiel et se compose de tiges de 3 mètres qui, assemblées au moyen de joints à sections demi-creuses et demi-pleines, forment un mât très léger mais solide.
- Les 16 fils possèdent à leurs extrémités des cordes formant tendeurs auxquels s’ajoutent deux autres jeux de tendeurs pour la stabilisation du mât par tdus les temps. Le rayon de transmission, qui est normalement de 320 kilomètres, varie selon les conditions locales, dans certaines proportions.
- Le courant est fourni par un générateur à cou-rantalternatif donnant 200 volts et qui est actionné au moyen d’un embrayage spécial par le moteur de la voiture.
- Ce générateur demande à peine 6 chevaux pour la pleine charge. Le moteur consomme donc fort peu de gazoline à cet effet et produit si peu de chaleur que le refroidissement ordinaire et le ventilateur suffisent amplement. Le rayon de réception est illimité. La voiture qui est actuellement en service au Texas a intercepté des messages du Fort Egbert situé à 483o kilomètres de distance. L’appareil est du type à étincelles et ne contient pas de caractéristiques particulières, si ce n’est son assemblage très ramassé et très solidement construit en vue de résister faei-hmient aux chocs et autres inconvénients du transport.
- Il a été construit à Washington suivant les
- plans et sous la direction des Ingénieurs du S. C.
- Les voitures sont desservies par une équipe de
- 10 hommes, dont un chef de section, un conducteur et mécanicien et au moins deux opérateurs habiles. Les autres sont particulièrement entraînés pour l’érection rapide du mât. Chaque homme a ainsi dans cette manœuvre son service, son poste spécial et son travail particulier. C’est de cette façon seulement qu’il est possible de se précipiter sur un emplacement choisi, de mettre en batterie les sections du mât, d’ériger les 24 mètres de construction d’antenne et d’entrer en communication avec une base déterminée en moins de 6 minutes.
- Les voitures sont toutes d’un type différent: une voiture de 2 1/2 tonnes, de construction ordinaire ; une autre de 2 1/2 tonnes avec le nouveau « fourwhel drive », pouvant circuler partout, sur route ou ailleurs, sans le risque d’enfoncement des roues, et une troisième voiture en construction, mais bientôt achevée, de 3/4 de tonnes à commande ordinaire.
- Les plus grandes voitures coûtent 8 000 dollars complètement équipées. Elles ont une vitesse maxima de 24 kilomètres par heure. Elles emportent une vingtaine de ballons de gazoline, ce qui est suffisantpour alimenter les moteurs de 3o chevaux pour une distance de 240kilomètres; maiscomme unepartiedela gazoline estutiliséepourlaT. S.F.,
- 11 est probable que la distance effective n’est que de 160 kilomètres pour chacune des voitures.
- Selon l’avis du Général de brigade George P. Seriven, officier en chef du service des signaux, la voiture utilisée au Texas a donné entière satisfaction et démontré sa grande utilité et partant la nécessité d’en construire d’autres pour l’armée.
- 11 est intéressant de constater que, pendant que la T. S. F. se présente ici journellement comme un des facteurs principaux de la guerre moderne et en envisageant la question de « préparation » des Etats-Unis, le corps du service de signalisation se sert avec succès de l’appareil le plus moderne et le plus efficace qu’il a conçu et construit lui-même, pour la transmission des renseignements et la communication avec les unités en campagne.
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- Le Kénotron. — Samuel Dushman.
- Nous avons publié dernièrement dans La Lumière Electrique (') un mémoire du Dr Irving Langmuir dans lequel il exposait les résultats obtenus avec un kénotron et un pliotron.
- Nous croyons intéressant de reproduire aujourd’hui quelques détails de construction du kénotron donnés par M. Samuel Dushman.
- On s’est servi, pour obtenir lè très haut degré de vide nécessaire, d’une pompe moléculaire de Gaede, en série avec deux autres pompes. En ce qui concerne la durée du kénotron, elle est
- Fig. i. — Redressement de demi-onde.
- La courbe supérieure donne le voltage avant le kénotron ;
- la courbe inférieure donne le courant redressé.
- On remarquera l’effet de délimitation du voltage.
- d’environ 4 ooo heures pour un filament de 5 millièmes porté à 2 4oo degrés, ce qui correspond à une consommation de i watt par bougie. Lorsque le courant nécessaire est de ioo milli-ampères ou plus, on emploie un filament de 7 ou 10 millièmes et l’on modifie la température en conséquence. Le tableau ci-dessous donne à cet égard quelques indications ; la température qualifiée
- Tableau I.
- DIAMÈTRE DU FILAMENT EN MILLIÈMES TEMPERATURE CONVENABLE ÉMISSION d’électrons par cm DE LONGUEUR WATTS PAR CM DE LONGUEUR
- 5 2,47 5"C do 3 ,ï
- 7 2,5oo 5o • 4,6
- 10 2 ,55o IOO 7 >2
- 15 2,575 200 ii,3
- de convenable est celle qui assure au filament une durée d’environ 2 ooo heures.
- S
- En raison de l’existence de l’effet de saturation
- (space-charge effect), il est évident qu’à toute capacité de débit i d’un kénotron correspond une chute de tension V dans le redresseur de courant même.
- Nous pouvons maintenant étudier la façon dont fonctionne un kénotron placé en série avec une résistance sur une source d’énergie à haute tension. Soit E, la.valeur de la tension à un ins-
- 1 -----
- Fig. 2. — Redressement de demi-onde.
- On remarquera l'effet do délimitation de la température.
- tant donné, et is le courant redressé. Si V est la chute de tension dans le kénotron et R la résistance de la charge, il s’ensuit que
- is = KV* = K (E — fsK)i
- Pour une valeur constante de E, le courant redressé croît en intensité quand R décroît jusqu’à ce que is ait atteint la valeur i correspondan t au courant de saturation thermionique à la température à laquelle la cathode est maintenue. Si
- t
- Fig. 3. — Redressement intégral à l'aide du dispositif de la figure 5.
- En haut: Voltage au primaire du transformateur.
- Au milieu : Voltage à la charge.
- En bas : Courant redressé. — Il est limité en chaque cas par la température de la cathode.
- l’on réduit encore la valeur de R, i reste constant et, en conséquence, le voltage dans le kénotron
- (‘J V. fAi'iiiire Electrique, des u"a 22 et 2'}, pp.2.41 et 272.
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- augmente au delà de la valeur donnée par l’équation. En d’autres termes, cette équation donne la chute minimum de voltage dans le kénotron quand on redresse un courant d’intensité donnée is ; mais quand on opère en série avec une résistance, la chute de voltage dans le kénotron est celle disponible au-dessus de la chute is R en charge. En cas de court-circuit sur cette dernière, R décroît indéfiniment et tout le voltage de la source d’énergie traverse le kénotron ; la totalité de l’énergie E, est transformée en chaleur à l’anode qui se trouve ainsi portée à une température à laquelle elle peut fondre ou se volatiliser et détruire le tube.
- Il est nécessaire de tenir compte de ce fonctionnement caractéristique du kénotron et, en pratique, il faut prendre garde aux mises en court-circuit de la charge ou employer un dispositif de protection quelconque.
- Quand l’anode s’échauffe par trop, le redressement du courant tend à devenir imparfait. Il faut donc établir le redresseur de telle façon que le voltage de saturation ne soit pas assez grand pour provoquer réchauffement de l’anode quand
- Fig. 4. — Redressement intégral à l’aide du dispositif de la figure 5.
- Le courant redressé est limité pour une demi-période par la température, pour l’autre, par le voltage.
- le tube est traversé par le courant voulu. On peut admettre environ îo watts par centimètre cube d’anode, ce qui correspond à une température de i 6oo degrés. A cette température, l’émission d’électrons est encore inférieure à 0,02 milliampère par centimètre cube.
- Se référant aux redresseurs décrits par le Dr Langmuir, le Dr Dushman émet les conclusions suivantes :
- i° Pour des capacités de débit allant jusqu’à
- 5oo milliampères, on peut employer, soit une anode cylindrique avec un filament descendant dans l’axe, soit un filament en W placé entre deux plaques parallèles. Le premier type peut être d’un meilleur rendement en ce qui touche aux pertes dues à l’effet de saturation.
- 20 Là où l’on a à redresser des courants de 100 milliampères et moins, si le voltage maximum du courant redressé ne dépasse pas i5 000 volts, le type à chapeau de molybdène est mécaniquement plus simple et d’un très bon rendement.
- Fig. 5. — Dispositif pour le redressement des deux demi-ondes avec connexions au point central du transformateur.
- 3° Pour les voltages jusqu’à 100 000 volts on a reconnu qu’une anode cylindrique était très pratique et d’un bon rendement.
- Les oscillogrammes reproduits dans les figures 1 à 4 montrent les résultats obtenus dans différentes conditions. Dans la figure 2, la température du filament est basse. Les oscillogrammes des figures 3 et 4 ont été obtenus avec le dispositif représenté schématiquement dans la figure 5. Les différences notables accusées par la figure 4 sont dues au fait que les deux kénotrons n’étaient pas de même construction.
- (General Electric Review, mars 1915.)
- Téléphonie sans fil. — H. J. Round.
- En 1913, Maisner suggérait l’emploi du tube Lieben pour la production d’oscillations continues en laissant réagir les deux transformateurs l’un sur l’autre et en insérant des condenseurs dans les circuits afin de leur donner une période naturelle définie. Il réussit ainsi^ à produire 8 watts de courant alternatif à haute fréquence, biais à cause de la désagrégation du filament les
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- tubes ne résistaient qu’environ io minutes. Cette méthode de réaction possède une parfaite analogie avec le microphone chantant du téléphone. On sait que tout récepteur téléphonique placé face à son microphone, pourvu que la ligne soit courte, donne une note musicale, parce que le microphone est un amplificateur. Un relais Brown relié à lui-même chantera aussi violemment.
- L’auteur a développé, pendant les derniers dix-huit mois, ces deux propriétés de la valve dans le but de construire un système téléphonique pratique. La valve de réaction est utilisée pour produire les oscillations transmotrices et, comme l’énergie utilisée est faible, la valve d’amplification est employée pour porter le signal reçu à la sonorité pratique. On trouva rapidement qu’en pratique la valve d’amplification ordinaire était tout à fait inutilisable pour la production d’oscillations, à cause de la désagrégation du filament, et l’oscillateur actuel possède tout au plus un pouvoir amplificateur de 3 ampères mais peut produire facilement un courant éthérien de i ampère sans détérioration sérieuse du filament.
- Les premiers essais de distance ont été faits par l’auteur en Italie, en présence de quelques autorités, entre deux croiseurs italiens. Il y a constaté que des courants éthériens ridiculement faibles, comme 0,2 ampère par exemple, étaient suffisants pour la transmission de la parole à 70 kilomètres. Cette grande efficacité était duc au caractère absolument silencieux et constant des oscillations émises et conséquemment à son pouvoir d’amplifier le système récepteur.
- La question d’amplification à la réception mérite quelque considération. La sensibilité de T hétérodyne pour des signaux faibles a démontré à l’auteur que le détecteur à cristal suit approximativement la loi indiquée par sa caractéristique de courant direct et que par suite du coude dans la courbe, l’efficacité rectifiante tombe rapidement avec la diminution du voltage utilisé au signal. Un détecteur à cristal est par conséquent plus efficace pour des signaux faibles donnés par une station à étincelles que des signaux d’égale puissance d’une station à arc, p\rce que, et cela particulièrement avec des ondes courtes, le maximum de voltage des étincelles est beaucoup plus élevé que le maximum de voltage de l’onde continue. Cela réduit du
- coup l’efficacité de la téléphonie à onde continue, étant donnée l’impossibilité d’utiliser l'hétérodyne. Mais grâce à la simplification avec laquelle on peut actuellement amplifier les oscillations avant leur arrivée au rectificateur cette absence d’efficacité est partiellement comblée. Cette amplification améliorera naturellement aussi, dans l’avenir, la téléphonie à étincelles, mais on n’a pas encore construit de système téléphonique à étincelles suffisamment libre de tout bruit assourdissant pour permettre une amplification quelconque.
- Une autre amélioration importante est obtenue par l’utilisation d’un principe dû à M. C. J. Franklin. Le circuit transportant de l’énergie amplifiée peut réagir sur l’éthérien récepteur, de sorte que l’affaiblissement effectif dé tout le système est à frein plus élevé que zéro. Il en résulte une amplification supplémentaire, d’où réception puissante et de grande clarté de la parole ou des signaux à étincelles, absolument imperceptibles au moyen d’un récepteur à cristal. Ceci est dû au très minime affaiblissement effectif de tout le système récepteur. La disposition de l’assemblage utilisé en Italie est représentée par la figure 1.
- Ce groupe fournit 0,6 ampère à l’éther dans lequel le microphone est habituellement inséré
- Fig. 1.
- par séries. Les groupes sont garantis pour 5o kilomètres entre navires en mer. Ils peuvent être augmentés à la puissance de 1 ampère avec une portée en mer évaluée à des éthériens modérés de 100 miles entre navires; 5oo volts et i5 milliampères sont nécessaires pour produire 0,6 am-
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- père dans un éthérien moyen. Avec 2000 volts et 100 milli-am pères, l’auteur a déjà obtenu 3 ampères parla même méthode et, comme ce voltage est plutôt excessif, on fait actuellement un essai pour le réduire et utiliser plus de courant ; mais de plus gros tubes entraînent ordinairement une plus forte détérioration du filament. Il 11e s’est pas produit de troubles en microphone jusqu’à présent vu que, par suite du pouvoir amplificateur de ces tubes, il n’était pas nécessaire d’insérer les microphones dans l’éther.
- A l’occasion, ces groupes de transmission et de
- réception combinées peuvent servir à la télégraphie; le récepteur, en en modifiant légèrement l’assemblage, pouvant être transformé en self hélérodique. La portée télégraphique est double de la portée téléphonique.
- On peut trouver encore beaucoup de défauts à cet appareil. La résonance du transmetteur aussi bien que celle du récepteur par exemple sont encore trop délicates. Un temps froid peut aussi produire un ralentissement à l’émission, mais ces défauts auront bientôt disparu.
- {The Electrician, 10 juin igi5.)
- ÉCHOS DE LA GUERRE
- Les marques syndicales destinées à authentifier les produits de fabrication française.
- Conférence par M. Legouez, ingénieur en chef des
- Ponts et Chaussées.
- Parmi les problèmes importants qui devront être résolus après la guerre figure la nécessité de défendre et de faire connaître les produits français, tant à l’intérieur de notre pays qu’à l’étranger. On sait, en effet, que la vente en France de produits étrangers, et particulièrement de produits allemands, sous marque française ou d’allure française, faisait avant la guerre l’objet d’un commerce intense, basé sur l’ignorance du public de la véritable origine des marchandises offertes.
- M. Legouëz, qui occupe une haute situation dans l’industrie, après avoir constaté l’insuffisance de la législation actuelle à cet' égard, passe en revue les principales propositions qui ont été faites en vue de porter un remède à cet état de choses : indication de la fabrication étrangère, marque de fabrique étrangère, marque nationale, marque municipale. Tous ces procédés sont insuffisants et vont parfois à l’encontre du but proposé. Le seul moyen de lutter efficacement contre l’envahissement des produits étrangers sous marques suspectes consiste dans la création de marques syndicales de fabriques. Le Syndicat, formé de personnalités compétentes, connaissant bien à chaque instant la situation du marché et la véritable nationalité des industriels, est seul à même de trancher les questions délicates afférentes à l’authentification des produits.
- Il existe déjà des contrôles collectifs de ce genre, notamment pour l’industrie des jouets, celle des
- produits pharmaceutiques et des parfums. Toutefois, c’est à M. Rebattet que l’on doit l’élaboration d’un projet d’ensemble sur les marques syndicales. Dans la deuxième partie de sa conférence, M. Legouëz fait l’analyse des principales dispositions de ce projet en formulant quelques observations personnelles.
- i° L’authentification des produits de fabrication française est faite à l’aide d’une marque de forme simple qui consiste en un ovale portant à la partie supérieure l’indication de la Chambre syndicale, au centre le mot France, au bas la spécialité et un numéro d’ordre propre à chaque industriel. Celte marque est la propriété du Syndicat, qui en confère l’usage à ses membres moyennant le versement d’une cotisation et après avoir acquis la conviction que l’industriel affilié est bien français. A ce dernier point de vue, le Syndicat possède un droit souverain d’appréciation.
- 20 Le Syndicat se charge de faire la publicité en France et à l’étranger, à l’aide de vignettes en plusieurs langues ; le conférencier indique que pour que la publicité soit efficace, il sera nécessaire que les divers Syndicats se groupent et unifient leur marque.
- 3° Au sujet de la légitimité des poursuites et des indemnités à réclamer, il faudra qu’une refonte de la législation en cours intervienne. Il faudra notamment que la collectivité puisse faire état des intérêts particuliers, des dommages particuliers. M. Legouëz est d’avis de laisser au Syndicat le droit absolu de conduire seul les procès, de manière que les actions intentées soient poursuivies avec énergie. —
- 4° Cette législation nouvelle des marques collée-
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- tives pose la question de réciprocité avec les nations étrangères. La question est déjà vieille, puisque la France s’est engagée solennellement, au Congrès de Washington, à faire une loi sur la propriété collective. Le projet élaboré avant la guerre était prêt à venir en discussion devant les Chambres. De l’avis de M. Legouëz, il avait le grave inconvénient d’instituer des marques syndicales commerciales. Il est aisé de se rendre compte que les étrangers auraient très bien pu constituer en France de telles marques
- syndicales et écouler ainsi leurs produits sous marques d’allure française. Si l’on veut éviter toute fausse interprétation de la loi, il suffira de spécifier que seules les marques syndicales de fabriques seront autorisées. La défense des produits français, tant en France qu’à l’étranger, sera alors facile à établir grâce à l’uniformisation des marques syndicales, favorables à la publicité et à l’éducation de la clientèle.
- V. R.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- SOCIÉTÉS
- Société d’Electricité de Caen.
- Le rapport du Conseil d’administration, présenté à 1’assemblée générale du 29 juin, constate la marche satisfaisante de la Société, malgré les troubles apportés dans l’exploitation par suite de la mobilisation générale et de la hausse persistante du charbon. Les recettes de l’exercice 1914 se sont élevées à 902 863 fr. 71, en augmentation de 106 812 fr. 96 sur celles de l’exercice antérieur. Le bénéfice net ressort à 274 427 fr. °9 contre 221819 fr. 20 l’année précédente, soit une augmentation de 52 607 fr. 89. Après diverses répartitions aux comptes amortissement, réserves, une somme de 125 000 francs a été consacrée aux actionnaires, soit un dividénde de 5 % en diminution seulement de i,5 %. Les heureux bénéficiaires ont dû se déclarer satisfaits, car dans la crise économique actuelle peu de Sociétés de Distribution peuvent accorder ce luxe à leurs actionnaires.
- Au point de vue technique, la Société d’Electricité de Caen a pu continuer le programme qu’elle s’était imposé ; elle fournit du courant à la Société d’Electricité du Littoral Normand, à la Société Normande de Gaz, d’Eau et d’Electricité et alimenté Bayeux, Trouville, Deauville, etc. De plus, elle a passé avec les Chemins de fer de l’Etat un contrat important pour l’alimentation des ateliers de Mézidon. Son réseau de 2 800, 14 000 et 3o 000 volts est passé de 85 à 112 kilomètres. L’augmentation de sa clientèle éclairage a été de 7 700 lampes et celle de la force motrice de 254 chevaux.
- Société des Forces Motrices d’Auvergne.
- L’Assemblée générale du 26 juin s’est rendu compte de la répercussion de la guerre sur les recettes de la Société. Les bénéfices se sont élevés à 266 411 fr. 80, en diminution de 20 867 fr. 41. Après avoir affecté une somme de 44 207 fr, 3i aux amortissements, 4 740 fr. 80
- La reproduction des articles de la
- à la réserve légale, le Conseil d'Administration a pu . distribuer un dividende de 5 % aux actions de priorité et de 2 % aux actions ordinaires, soit une somme de 90 000 francs. Le report à nouveau a été de 16 635 fr, 60.
- Enregistrons qu’au 3i juillet 1914. à la veille de la mobilisation générale, les bénéfices étaient en augmentation de 25 000 francs, correspondant à un taux d’accroissement de 28 %. Au mois de septembre, les recettes avaient baissé de 40 % ; cependant la diminution pour l’ensemble de l’exercice n’a été que de n,3 %.
- CONVOCATIONS
- Compagnie Départementale d’Electricité. — Le
- 19 juillet, à 2 heures, rue de l'Eglise, 28 bis, à Vin-cennes.
- Société Biterroise de Force et Lumière. — Le 21 juillet, à 10 heures, place de la Citadelle, 6, à Béziers.
- Compagnie des Chemins de fer Départementaux de la Haute-Vienne. — Le 24 juillet, à II h. 1/2, rue de Miro-mesnil, 69, à Paris.
- Société Lacarrière. — Le 27 juillet, à 2 h. 1/2, rue Blanche, 19, à Paris.
- Société Industrielle d’Electricité pour la Russie.—
- Le 28 juillet, à 11 heures, boulevard Hausmann, 75, à Paris.
- Ecole d’Electricité et de Mécanique Industrielles. —
- Le 29 juillet, à 5 heures, rue du Théâtre, 70* à Paris.
- Tréfileries et Laminoirs du Havre. — Le 3q juillet, à 3 h. 1/2, rue d’Athènes, 8, à Paris.
- L’Electrique Lille-Roubaix-Toürcoing. — Le 3i juillet, à 3 heures, rue Blanche, 19, à Paris.
- Compagnie Provinciale des Eaux, du Gaz, et de j l’Electricité.' — Le 5 août, à 3 heures, rue Michel-I Ange, 68, à Paris.
- Lumière Electrique est interdite.
- Paris. — imprimerie levé, 17, rue cassette.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente-septième année
- SAMEDI 31 JUILLET 1915.
- Tome XXX (S' série). N° 29
- La Lumière Electriqu
- SOMMAIRE
- V. CAMBON. — Vers l’expansion industrielle...................................... 97
- J. CARLIER. —- La traction électrique (Fin)... no
- Publications techniques
- .1 pp lie a tion s truie a n iqu es
- Sondage par l’électricité. — Henry-R. Gilson......................................... 117
- Télégraphie et téléphonie
- Coups de foudre sur les lignes télégraphiques. — M. Ziller..................................
- L’inspection et le contrôle téléphoniques des tramways urbains. — Elmer E. Strong. ..
- Echos de la guerre
- L’industrie italienne et la guerre...........
- Liste des maisons d’électricité et de mécanique mises sous séquestre.........................
- 118 118
- VERS L’EXPANSION INDUSTRIELLE (1)
- Nous sommes heureux de présenter à nos lecteurs la magnifique conférence, de M. Victor Cambon à la Société des Ingénieurs Civils de France qui jette sur un jour si lumineux sur les méthodes de conquête économique des Allemands ce document devrait être entre les mains de tous les Français et il s’impose à leur méditation pour la préparation de la revanche industrielle de demain.
- S’il en est parmi vous qui doutaient, il y a un an, de la puissance industrielle et économique de l'Allemagne, leur funeste illusion est, à l’heure actuelle, cruellement dissipée. Nous sommes quelques-uns qui, par la parole ou dans les livres, avons jeté des cris d’alarme en face de l’Impérialisme germanique. On nous a écoutés ou lus, puis on a oublié nos discours et remis nos livres sur le rayon comme des romans terminés. Les formidables événements actuels montrent quelles réalités y étaient annoncées.
- La stupéfaction du public français dès le début des hostilités a été provoquée par deux phénomènes : par la terrifiante application que nos ennemis ont faite des arts de l’ingénieur aux opérations militaires, et par la constatation de la prodigieuse emprise que l’industrie et le coin-
- (•) Cette conférence sera éditée en brochure; les groupements industriels qui désireraient la distribuer à leurs adhérents pourront se la procurer dans les bureaux de La Lumière Electrique.
- merce allemands avaient implantée chez nous.
- Prévoir le premier point n’était pas dans les attributions du Génie civil ; quant au second, il est vrai que chacun de nos industriels savait sa propre existence menacée par la concurrence allemande, mais il ignorait — et c’est ce que nous nous étions efforcé de faire connaître — que la même menace visait tous les autres, au point d’être devenue un danger imminent pour l’industrie nationale.
- Du jour au lendemain, on a découvert qu’une foule de maisons, que l’on croyait françaises, étaient en réalité ou contrôlées par des Allemands, ou filiales de firmes allemandes; et, constatation plus grave encore, on a dû reconnaître que l’industrie française avait peu à peu abandonné à l’Allemagne le monopole d’une quantité d’articles dont la disette est au jourd’hui l’objet de nos préoccupations.
- La réserve que le patriotisme commande m’interdit. d’en citer des exemples. Les produits
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- aRemands s’étaient infiltrés partout, aussi bien dans le domaine privé qii’auprès de nos administrations pübliqUës. C’est aiiisi que là plupart d’entre vous ont certainement entendu parler de ce fait que,la concession de l’allichage municipal à Paris appartenait au représentant d’une Société prussienne; si l’on n’y eût pris garde au dernier moment, l’annonce sur les murs de la mobilisation française aurait été assurée par une entreprise allemande. 11 y avait eu là autant de prévoyance perfide d’un côté que d’imprévoyance aveugle de l’autre.
- Cet envahissemént, qui atteignait tous les pays, n’était pas pour étonner ceux qui avaient pu observer de près l’Allemagne âu travail. En avril 1908, j’ai eu déjà 1’hohneur* de la place où je suis, de décrire sommairement lés procédés dé l’industrie germanique. MàiS; depuis lors, ëlle a marché à pas de géant et l’avenir était proche où elle eût pacifiquement, mais tyranniquement, dominé le monde.
- Par quelle aberration cette race a-t-elle résolu de le conquérir brutalement par la force, et de jouer sur un coup de dés le fruit d’un demi-siècle de travail magnifiquement productif? L’expliquer serait sortir de riibn cadre.
- La puissance et la prospérité de son îndustriè ne reposaient pas sur tels ou tëls avantages ou mérites isolés, mais sur un faisceau de forces parallèles et de même sens qui grossissait d’àiinëe en année âu point de devenir irrésistible.
- L’àfdèur àù travail, l’orientation méthodique de l’effort, la profusion et la diversité dë l’enseignement théorique et pratique, l’étùde réfléchie dés problèmes que la production doit résoudrë, l’àpplicàtiôn de la sciénéè à toutes les branches des spêéulàtious humaines et conséquemment ^abolition de l'empirisme et de la tradition, le calcul incessant, dans toute opération, du rendement maximum et l’emploi immédiat dès méthodes dé travail et des appareils capables de Tôbtéhir, la rëëberclie constante de produits nouveaux destinés à détrôner là concurrencé chéz lës consommateurs du monde entier, cettë conception qü’uhê industrie n’est pas un immeuble où l’on s’installe, ni une station où l’on fait halte, mais lirt train eh marche avec accélération inintèfrompüe dù mouvement, là généralisation de cette méntaliLé dans tous les cëfvëUüX, chez toüs les fonctionnaires cOnittie ciiëz lë§ pârticüliëfS, chez lès sàVânts univëfsi-
- taires comme chez les ouvriers d’usine, dans les écoles cofiime dans la presse, à l’intériëtir du pays comme sûr les bbrds les plus reculés, la coordination disciplinée des éléments qui concourent au but assigné à l’effort national; tels étaient ces moyens.
- Outillage public, solution des questions sociales, perfectionnement du matériel de pro-ductions recherche des applications scientifiques, mises au point laborieuses, investigations patientes, tdut progressait de front. J’en donnerai plus loin quelques exemples.
- Mais ne nous attardons pas à rechercher quel fut le mobile initial de cet ëifort. Le besoin, dit-on souvent, sans doute le besoin est à l’origine de tout effort humain. Constatons seulement que ce besoin de travailler, était devenu tïhfe habitude, puis un goût et enfin une pàSSion qui ne connaissait plus de limites et avait conduit ce peuple à la mégalomanie, à l’impérialisme le plus envahissant. Le plus grave est que eet impérialisme avait largement réussi. Qui de nous aurait pensé que l’Allemagne résisterait pendant un an aux cinq plus grandes puissances du monde !
- O ri à lu partout — trop tard il est vt'âi — les statistiques ascendantes des prdgrès économiques allemands. Jë voiis en ferai grâce; aiissi biën les statistiques sdht-eiles surtout efficaces pour convaincre les sceptiques et éclairer les igfioi'ants.
- Gë n’est pas, Messieurs, votre cas. Cherchons plutôt ensemble les remèdes à Une infériorité dont vous 11’êtes aujourd’hui que trop édh-vâiricus. Le moinent 11’est plus de nous payer d’illusions et chacun doit reconnaître qu’ayant Usé de moyens différents, nous ne somriies pas arrivés aux mêmes résultats, puisque la production française, comparée à l’allemande, apparaissait presque stationiiàire dans ses chiffrés, ët stationnaire surtout dans sës procédés. Et, il est bien probable que, sans le cataclysme qhi secoue notre viëux îiidildë jusqu’ëii SëS fondements, hos industriels ët iios commerçants eussent poursuivi leurs tranquilles ët médiocres affaires jusqu’au joUi- où la concürrërice allemande les eût ëxtbfmitlés les Uns après lëS autres.
- Il est permis de croire que cette secousse leur aüra été utile sinon profitable. Tout d’abord les ayant appauvris, elle accroîtra leur activité sôüs
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- 34 Juillet 4lH$,
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- l’aiguillon {Je U nécessité. Ensuite, pour beaucoup d’entre eus, les difficultés auront engendré une ingéniosité et un esprit d’initiative inaccoutumés* Ils auront acquis ainsi maintes qualités et ; se seront séparés de plus d’en défaut, Il y aurait upe profonde injustice à ne pas reconnaître que ; notre industriç privée s’est, en général, vivement j ressaisie, malgré les coupes sombres faites dans ' ses effectifs par qne mobilisation qui, au début j surtout, refusait du tenir, compte des nécessités de la vie économique à maintenir dans le pays, j et plus encore dp la défense nationale qu’il fallait pourvoir des engins et des équipements qui faisaient défaut pour upe guerre interminable et* terriblement prodigue de munitions. Il y eut là j up dédain brutal des compétences que je mon-| trerai plus loin comme une des caractéristiques ; de l’Administration française à tous les degrés. Nonobstant, l’élasticité séculaire de notre race se retrouva toute entière dans cette passe difficile ' où il fallait tout improviser. Les bras et les outils | manquaient et si les matières premières ne nous faisaient pas défaut, nous n’étions pas en posses- , sion dos moyens pratiques de les transformer, j Aujourd’hui, les lacunes sont heureusement comblées.
- Et c’est là qu’apparaît saisissant le contraste entre l’industrie française et l’industrie allemande. Chez l’une on jouit, grâce à la liberté des mers, de l’abondance des approvisionnements ; l’autre, au contraire, est obligée de presque tout tirer de spn propre fonds, alors que sa puissance de transformation est presque illimitée.
- Il en résulte nécessairement que la guerre est plus onéreuse aiix alliés qu’à leurs ennemis. L’axiome régnait avant la guerre que l'Allemagne ne pourrait, faute de ressources, soutenir une guerre de longue durée. Il se trouve renversé par ce double fait que ses ressources financières étaient très supérieures aux évaluations de nos optimistes et que, empêchée par le blocus d’importer des produits par grandes masses, une notable partie de ses dépenses militaires restent aux mains de ses nationaux.
- Il n’appartient à personne de préciser combien de temps cette situation sans précédent pourra durer encore ; mais enfin un jour viendra où elle prendra fin, J’adrqire comme des êtres extraordinaires ceux qui prédisent que ce, jourdà l’ipdus-trie française n’aura qu’à se baisser pour recueil-
- fir l’héritage de l’expansion allemande à travers le monde,
- Mettons tout au mieux. L’Allemagne est, terrassée et à la merci des alliés qui taillent aux quatre points cardinaux de l’Empire de vastes lambeaux de sa substance. Ils lui imposent en outre une incalculable contribution de guerre, pour se payer de ses dévastations et d§s quelque ipo milliards qu’ils auront dépensés pour l’abattre. Quant à nous, nous sommes arrivés au but, épuisés en hommes et en capitaux. Ab lendemain de la paix, le manque de bras et la pénurie d’argent se feront sentir avec une égale acuité, la classe laborieuse se trouvant amputée de plus d’un million d’hommes tués au feu, morts de maladie ou gravement mutilés ; ce million d’hommes étant prélevé sur la partie la plus vigoureuse et la plus active de la population. D’autre part, nous avions en France, avant fa guerre, par centaines de mille des ouvriers belges, allemands, italiens. Nous ne retrouverons plus les Belges, nous repousserons naturellement les Allemands ; quant aux Italiens, la guerre les aura, eux aussi, décimés, et comme l’Italie aspire à des aeprpissements territoriaux qui occuperont beaucoup de ses enfants, il est peu probable que nous revoyions parmi nous les nombreuses équipes de Piémontais et de Lombards qui se montraient d’excellents travailleurs.
- Or, à l’heure même où nous ne disposerons plus que d’eifectifs ainsi réduits, nous aurons à réparer et, en mains endroits, à reconstruire des milliers et des milliers de bâtiments et d’usines dans la partie du pays où ils étaient le plus denses.
- Déjà nous connaissons maintes dévastations commises par l’envahisseur. De combien ce nombre sera-t-il accru le jour où il aura été contraint d’évacuer le pays ?
- Et qui peut dire ce qu’il y aura alors de travaux publics anéantis, de voies ferrées à rétablir, de ponts démolis, de chaussées effondrées, de monuments incendiés, de canalisations détruites, de matériel hors de service ?
- Qn reste confondu devant l’immensité de la tâche qui sera imposée à la Belgique et au nord de la France, Çes deux régions pourraient à plies seulgs absprber lps bras disponibles des deux pays.
- Qu’on yeuilie bien noter en outre que cette tâche exigera non pas une main-d’œuvre quel-
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- conque, sans aptitude spéciale, mais une véritable armée d’ouvriers d’état, maçons, charpentiers, monteurs, mécaniciens, dont on déplorait déjà en pleine paix l’insuffisance numérique.
- Les salaires augmenteront dans d’énormes proportions, non pas en raison de la qualité du travailleur, mais de sa rareté. De longs mois passés au milieu des fatigues de la guerre, ou dans l’énervement de l’attente anxieuse des événements ne sont pas un stimulant de l’activité professionnelle. Déplus, il est malheureusement reconnu qu’une hausse subite des salaires engendre plus souvent l’intempérance que la moralité.
- Parallèlement aux difficultés ouvrières se présentera la question financière. La plupart des Sociétés industrielles seront partiellement ruinées, les unes par l’arrêt de leurs affaires, les autres par la destruction de leur matériel. On m’objectera que, grâce aux commandes intensives de la guerre, il se gagne ici et là beaucoup d’argent. Mais il n’y aurait pas de plus grave erreur que de généraliser cette affirmation. Sur l’ensemble des producteurs français, ceux qui confectionnent des armes, des munitions, des tissus ou des équipements sont, pour ainsi dire, une exception. Au contraire, la grande majorité des professions est plongée dans le marasme. Comme les commandes militaires, toutefois, représenteront de nombreux milliards, il se sera opéré, à la fin de la guerre, un certain déplacement de fortunes privées, avec cette particularité cruellement inique, mais inévitable, que ceux que leur profession de fournisseurs de l’Etat aura préservés des risques de la bataille se seront enrichis, tandis que les autres — le plus grand hombre — se seront appauvris tout en donnant leur sang pour la défense de la Patrie.
- Mais le gouffre le plus insondable sera celui que la guerre aura creusé dans le Trésor. La dette publique se sera-t-elle accrue de 3o, /,o, 5o milliards ? Ce seront i 5oo millions, i milliards, 2 milliards et demi à ajouter au budget, sans aucun amortissement. A ce chiffre, il faut additionner i milliard au moins de pensions militaires, plus les déficits dans le rendement des impôts et la réparation des dommages causés par la guerre. <Nous ne pourrons échapper à un budget de 8 à 9 milliards. Certains escomptent que la contribution sur les vaincus viendra l’alléger. Mais, on se peut demander ce qu’auront à se partager, en
- deniers comptant, cinq puissances sur un pays qui aura dépensé son dernier pfennig dans line résistance désespérée. Car enfin on ne peut sortir de ce dilemme : ou l’Allemagne ne sera qu’à demi vaincue, et alors les alliés ne pourront la rançonner à merci ; ou elle sera écrasée et ruinée à Un point tel que, toute expansion au dehors lui étant interdite, le contrôle de ses douanes, de ses Chemins de fer et de ses mines fiscales n’en retirera que des sommes infimes comparées à la grandeur de nos dépenses.
- Si teinté que soit ce tableau, il n’en est pas moins l’image fidèle de la situation de demain, en face de laquelle optimisme serait synonyme d’irréflexion.
- Une autre difficulté sera de se procurer des matériaux, du matériel et des matières premières de fabrication. La demande en sera énorme et les ateliers éteints depuis de longs mois ou détournés deleurdestination normale n’en pourront fournir qu’une faible partie. L’étranger, sans doute, nous en pourvoira : nouvelle cause d’appauvrissement sans compensation.
- Nous voilà loin de l'espoir caressé par les esprits imaginatifs de supplanter les Allemands au dehors; il me semble, au contraire, suffisamment démontré que jamais situation économique n’aura exigé autant d’activité, d’énergie, de compétence et d’union nationale dans l’effort.
- On entend répéter couramment : « Quand la guerre aura pris fin, nous aviserons. » Pitoyable état d’esprit! C’est pendant la guerre que tous ceux qui n’y participent pas doivent dresser un programme, en établir les bases, afin que rien n’en retarde, le jour venu, la vigoureuse exécution.
- Et ce programme est immense. Il ne s’agit rien moins que de réformer l’esprit public de notre pays, reconstituer un outillage moderne à la place de l’ancien, adopter partout des idées nouvelles. La réussite dans l’avenir est à ce prix.
- Partons de ce principe, si dur qu’il soit à nôtre amour propre, que l’Allemagne avait réalisé au mieux le moyen de faire fortune avec l’industrie, et refoulons toute fausse honte de suivre, son exemple.
- Elle avait répandu à profusion l’enseignement technique et l’apprentissage professionnel jusque dans leurs branches les plus spéciales. Ceci nous manque. Je n’en citerai qu’un seul exemple. Le professeur Léo Vignon, jl’éminent directeur de l’Ecole de chimie industrielle de Lyon, à la suite
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- d’uné enquête approfondie, a consigné dans un rapport officiel récent qiie la proportion de chimistes dignes de ce titre, calculée sur un nombre N d’habitants, esten Suissede3oo, en Allemagne de 2Üo, en France de 7 et en Angleterre de fi. Au delà du Rhin le nombre des écoles supérieures techniques, en dehors des universités, est de i3, contenant chacune plus de mille élèves ; en France nous ne pouvons leur opposer que l’Ecole Centrale, les Ecoles des mines de Paris et de Saint-Etienne, et quelques établissements privés. L’Ecole des Ponts et Chaussées, qui donné un enseignement tout à fait supérieur, renferme un si petit nombre d’élèves que la qualité ne saurait suppléer à la quantité. 11 nous faut absolument dans notre pays un enseignement technique qui couvre tout le domaine de l’industrie.
- Quant à l’apprentissage professionnel, il n’est pas un industriel qui n’en déplore l’insuffisance. L’ouvrier français est le plus habile du monde: mais encore faut-il qu’on lui apprenne un métier. N’attendez pas, Messieurs, que le métier lui soit enseigné par l’Etat. Depuis vingt ans on agite de loin en loin cette question au Parlement, et, après quelques discussions confuses, on la remet dans le tiroir. Ce genre de séances continuera. Per-mettez-moi de vous avouer que je ne le regrette que faiblement. Le jour où l’Etat ouvrirait des écoles professionnelles, il ferait des mandarins et non des artisans. Tel y entrerait pour devenir serrurier qui en sortirait quémandeur d’une place de fonctionnaire. Tenez cette solution pour fatale. A mon avis, nous n’aurons en France des ateliers d’apprentissage sérieux que le jour où les industriels intéressés les créeront eux-mêmes, soit individuellement, s’ils en ont les moyens, soit en se syndiquant entre exploitants d’une même profession. Toutefois une initiative analogue pourrait être prise par les communes. Des ateliers d’apprentissage municipaux, appropriés aqx industries de la région, contrôlés par des manufacturiers de la localité, auraient chance de produire des artisans habiles en leur métier.
- Et à cette occasion il est indiqué de parler ici de l’atelier d’apprentissage organisé par le maire de Lyon, M. le Sénateur Herriot, en faveur des mutilés de la guerre. Je l’ai visité récemment avec une admiration émue. On y apprend aux Français qui ont perdu un ou plusieurs membres en défendant le pays, à gagner leur vie avec quelqu’un des métiers compatibles avec leur genre de muti-
- lation. Ils sont là une centaine dans un établissement forcément restreint, mais ils sont des milliers qui sollicitent d’y entrer.O11 se demande avec une pénible surprise pourquoi de semblables ateliers n’ont pas été créés dans une cinquantaine de villes française, alors que les Allemands en ont installé partout.
- L’enseignement technique spécialisé et l’apprentissage sont la condition d’existence de cette qualité nécessaire à tout homme qui Se livre à une occupation déterminée, la compétence. Quel est chez nous l’industriel qui peut affirmer connaître tout ce qu’il aurait à savoir pour le bien de son exploitation? Et vous ne me contredirez pas si je déclare que pour obtenir le rendement maximum d’une exploitation il faut y être pleinement rompu.
- Tout progrès est interdit à qui 11e connaît qu’empiriquement sa profession; ce qui conduit à cet axiome que l’ignorance est à la base de la routine et de la stagnation dans l’industrie. Car l’ignorant qui tente de progresser est un aveugle qui se lance sans guide sur la route. La culbute l’attend dès ses premiers pas.
- A cette faiblesse, les Allemands opposent la puissance de leur fameuse Kultiir, la précision de leur science, donnant à ce mot science un sens très étendu, dont la traduction française est justement le terme de compétence. La science d’un métallurgiste de Dusseldorf n’est pas celle d’un exportateur de Hambourg. Pour le dernier elle comprend la connaissance d’un pays étranger, de sa géographie, de ses mœurs, de ses besoins, de ses ressources, de sa langue, du change, etc. L’Allemand appelle tout cela de la science et, avec cette ardeur dans l’investigation qui en fait si facilement un espion, il la pousse jusqu’à ses plus extrêmes détails.
- Ayant reconnu que, dans l’industrie notamment, le cerveau unique qui dirige ne saurait embrasser la pleine connaissance de tous les éléments de l’exploitation, les Allemands ont été amenés à la création d’énormes unités où la règle sabolue est la division du travail, non seulement pour les ouvriers, mais pour les chefs. Chaque technicien est un spécialiste de la partie qui lui est confiée, avec mission de la faire prospérer au mieux de ses capacités. Dans chaque grande usine il y a des hommes qui exécutent le travail-du jour et d’autres qui préparent le progrès du lendemain. Ces derniers sont particulièrement
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- chargés de se tenir au courant de toutes les nouveautés ; c’est ainsi que la plupart des grandes usines possèdent une bibliothèque où sont reçus les ouvrages et les périodiques de tous pays, relatifs aux travaux qu’elles poursuivent; le ou les bibliothécaires sont tenus de dépouiller toute cette littérature et d’aviser par écrit chaque service des livres ou articles susceptibles de l’intéresser.
- A vous citer de tels faits je ne conclus pas qu’il faudra, créer de toutes pièces en France des Sociétés disposant d’un capital de ioo millions comme la Badische Anilin utid Soda Fabrik, de 3io millions comme la Ïlamburg-Amerika Linie, de 345 millions comme la Gelsenkirchen, de 3g5 millions comme Krupp, ou de 45o millions comme YAllgemeine Elektricitàts-Gesellschaft; le moment serait peu opportun et du reste l’individualisme français s’y refuserait; mais il importera que les exploitants d’une même industrie fassent litière de cet individualisme pour mettre en commun leurs efforts afin de les perfectionner. Les récherches et les essais qui dépassent les ressources d’un manufacturier de moyenne importance peuvent être exécutés par un groupement de toits. C’est là un côté à développer de l’action syndicale. Nous en avons un embryon qui ne peut manquer de vous venir à l’esprit dans tes Associations de Propriétaires d’appareils à vapeur. C’est à l’aide d’un organisme de ce genre que, par exemple, les Allemands ont développé, avec l’ampleur que vous savez, leurs constructions navales. Ils déclarent qu’au début aucun de leurs chantiers maritimes ne possédait assez de ressources pour exécuter les recherches et les expériences nécessaires aux perfectionnements de la navigation et que Y Association des Constructeurs de navires, fondée il y a quelque vingt ans, a joué un rôle de premier ordre dans le progrès de cette technique, en étudiant et expérimentant à frais communs les idées et les découvertes qui s’y rapportent.
- Que dire de l’aménagement de trop de nos Usines? Mal situées, encombrées, rapiécées, inextensibles, sans moyen mécanique de manutention, elles fonctionnent pour ainsi dire à bras d’hommes, alors que la main-d’œuvre va devenir horsxde prix. Un industriel français le plus important et le plus avisé de sa spécialité, à qui je parlais récemment de ces mauvaises conditions de travail, me répondit : « Ne vous préoc-
- cupez donc pas de ces attardés; les établissements ainsi aménagés disparaîtront tout seuls et feront de la place pour les autres. » Puis il ajoutait : « Nos confrères sont mal inspirés s’ils n’étudient pas résolument l’application de la méthode Taylor. »
- L’expérience d’hier prouve cette vérité qui sera plus évidente encore demain. La seule industrie française qui soit vraiment bien outillée est la construction automobile. Presque toutes nos grandes maisons sont des merveilles d’installation. Mais aussi quelle vogue n’ont-elles pas dans le monde entier et quels chiffres d’exportation !
- Pourtant le matériel n’est pas tout. Tant vaut le directeur tant vaut l’affaire. On le paiera toujours trop s’il est mauvais, jamais assez s’il est sérieux et compétent. Et à ce sujet je me permets d’insinuer que les Conseils d’administration sont parfois des obstacles dans une Société. La façon dont ils sont recrutés les voue généralement à l’incompétence et le peu de temps qu’ils consacrent aux affaires dont ils ont la responsabilité ne les documente guère sur leur fonctionnement. Nonobstant ils prétendent décider par oui ou par non, en quelques minutes, des questions que la direction a étudiées pendant des mois Autant vaudrait parfois jouer à pile ou face les déterminations. Les Conseils qui veulent diriger eux-mêmes, au lieu de se borner à contrôler, provoquent l’anarchie ou sombrent dans les compétitions de personnes et la Société déchoit avec eux. Rappelez, Messieurs, vos souvenirs, interrogez l’histoire et vous reconnaîtrez qu’aucune institution humaine n’a jamais prospéré et grandi à moins d’être dirigée par un cerveau unique.
- On a adressé depuis longtemps à l’industrie française une série de conseils ou de reproches dont il lui importera de tenir compte plus que par le passé. On lui a répété qu’elle fabriquait suivant son bon plaisir, et non suivant le goût de ses clients, qu’elle ne savait pas offrir scs produits à l’aide de catalogues clairs et attrayants et d’échantillons bien préparés. Les firmes germaniques nous ont suffisamment inondés de leurs prospectus illustrés pour que les nôtres ne puissent invoquer qu’elles manquent de modelés. Enfin nous laissons généralement le client, à qui cela déplaît fort, se débrouiller au milieu des questions de transport, de fret, d’assurance, de change, de douane, etc. Mais, ceci est une incur-
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- Reconstruction des usines des régions envahies, renouvellement et création de matériel dans les autres, coûteront cher à un moment où l’argent sera aussi rare que la main-dVuvre. Avons-nous du moins le droit d’espérer que les établissements de crédit aideront largement l'industriel ? Jusqu’ici, ils ont habitué le bas de laine à se vider tout seul dans leurs caisses. Ils ont eu du capital autant qu’ils en ont désiré et ont absorbé au jour le jour le plus clair des économies françaises ; trop souvent c’était pour le porter à l’étranger. L’opération ‘est si simple et si productive! Un Etat obéré a besoin de 5oo millions; en une semaine on peut se mettre d’accord. Le public français versera üoo millions, l’établissement de crédit en remettra 400 à l’emprunteur et, sous des rubriques diverses, encaissera 100 millions de bénéfices. Comme c’est plus simple et moins laborieux que d’avancer, à bon escient, la même somme à mille maisons de commerce françaises!
- Mais suivons les 400 millions jusqu’à la capitale du susdit Etat. A peu près toujours ils lui servent à créer de l’outillage public civil ou militaire et, neuf fois sur dix, c’est l’Allemagne qui obtient ces fournitures, à gros bénéfice bien entendu, et c’est avec ce bénéfice que la même Allemagne a forgé les canons qui foudroient nos monuments et les mitrailleuses qui tuent nos fils.
- L’expérience a prouvé que ces avances aux pays éti’angers ne nous ont pas valu une grande influence politique corrélative. Regardez l’Espagne, le Portugal, la Turquie et tant d’autres! Loin de moi cependant la pensée qu’un peuple riche 11e doive pas avancer de fonds aux pays plus pauvres; mais seulement dans la mesure du superflu et non pas du principal de scs économies. L’outillage national doit passer avant tout.
- Voulez-vous savoir par opposition quels résultats les Allemands retirent de leurs capitaux quand ils en exportent? En voici un exemple suggestif.
- Il y a quelques années un projet prit corps en Espagne de capter dans la Sierra Morena un ou plusieurs torrents dont l’énergie serait transportée dans diverses villes, notamment à Madrid, Tolède, Saragosse, etc. C’était une entreprise considérable. L’Allgemeine Elcktricitilts-Gesell-
- schitft qui possède, ai-je dit, 4:>o millions bien à elle et jouit, en outre, d’un crédit illimité auprès de la Deutsche Bank à laquelle elle est étroitement unie, étudia l’affaire, la reconnut bonne et la soumissionna à un prix assez bas pour que personne ne pût la lui enlever, mais à la condition d’être payée en papier; ce qui lut fait. Et depuis lors l’A. IC G. (ou une de scs filiales) étant le plus gros actionnaire de l’entreprise, la contrôle en fait, de sorte que, grâce à quelques millions d’ailleurs bien rétribués, la capitale espagnole ne peut s’éclairer, ni travailler sans le bon vouloir des Allemands.
- Suggérons à nos financiers de regarder un peu moins, et à nos industriels de regarder un peu plus, au delà de nos frontières. Surtout, persua-dons-les que les emprunteurs à même de fournir une caution palpable ne sont pas seuls dignes de crédit. L’homme intelligent, travailleur, instruit est aussi une valeur bancable. Le rôle des marchands de capitaux est de savoir le discerner et de lui donner leur appui.
- Il a trop longtemps duré, ce métier de dupe qui consiste, pour nos compatriotes, à faire des découvertes à leurs propres frais, et de les voir mises au point et exploitées par les Allemands, grâce aux établissements financiers ou industriels d’outre-Rhin.
- Ce défaut de solidarité dans les efforts est une de nos principales faiblesses. Ainsi l’étroitesse de vues qui consiste, pour nos maisons de commerce, à ne voir de rivaux que dans la maison d’en face doit céder devant de plus vastes conceptions. Le moment est venu de s’unir avec la maison d’en face pour marcher ensemble à la conquête des marchés extérieurs. Préparons-nous à leur expédier nos produits au lieu de leur exporter nos capitaux.
- Comment faire pour inculquer ces vérités, alors que l’on entend répéter, jjar des gens qui devraient être sérieux, des billevesées comme celle-ci : « Après la guerre, étant à l’abri de la concurrence allemande, je vendrai mes produits aussi cher qu’il me plaira; à quoi bon les perfectionner! » ou celle-ci d’un commerçant qui se croit très habile : « Les produits allemands ! Je trouverai bien le moyen de m’en procurer, de les démarquer et d’en satisfaire ma clientèle ». Cette dernière pensée est d’ailleurs en opposition radicale avec cette autre : « Il faudra à tout prix empêcher les Allemands de produire bon
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- marché. » Et alors jaillissent des propositions de taxes et de droits de douane d’une sévérité à faire frémir M. Méline lui-même.
- Peu de gens se sont posé la cpiestion économique sous la forme suivante : « Nous sommes consommateurs, nous avons besoin de telles et telles marchandises, et nous vous demandons à vous, producteurs français, si vous pourrez nous les fournir. »
- Hélas! la liste serait longue des objets pour lesquels les producteurs français devraient répondre non possumus. Il y aurait cruauté antipatriotique, je le répète, à les énumérer. Sur un seul pourtant je voudrais dire un mot. 11 s’agit des matières colorantes, monopole allemand au sujet duquel on a imprimé une masse d’écrits sans fondement. Les colorants artificiels dérivent de la distillation du goudron de houille. Or, tandis que l’Allemagne produit i million de tonnes de ces goudrons, nous n’en récoltons peut-être pas la dixième partie et cette dixième partie nous ne la distillons pas. La fabrication des matières colorantes par grandes masses, en France, sera donc une chimère tant que nous ne produirons pas la matière première d’où on les extrait.
- Je ne puis pas, parlant devant la Société des Ingénieurs Civils de France, passer sous silence cette organisation gigantesque de la distillation de la houille en Allemagne. La décomposition du charbon en coke, goudron, huiles lourdes, gaz combustibles et ammoniaque est tellement avantageuse aujourd’hui que le temps est proche où la consommation de la houille brute sur une grille sera considérée comme un anachronisme. C’est pourquoi, dans le Reinland notamment, les charbonnages installent successivement des fours à coke à récupération de sous-produits; et ils ne se contentent pas de recueillir le goudron et de fixer l’ammoniaque par l’acide sulfurique, mais partout, à côté des fours, se dressent des appareils distillatoires qui séparent le goudron en ses éléments, benzol, naphtaline, toluol, xylol, anthracène, etc. Deux chiffres donneront une idée de ce mouvement : en 1902, la production du goudron dans le bassin rhénan était de 94 000 tonnes; en 1912 elle s’est élevée à 55o 000: Nos grands charbonnages ont tout intérêt à suivrexcet exemple.
- On pourrait me demander pourquoi, dans cet aperçu prévisionnel de l’industrie française après la guerre, je n’envisage pas le sérieux
- appoint qui sera apporté à notre richesse nationale par les productions de la Lorraine, de l’Alsace et du bassin houiller et métallurgique de Sarrebruck, que nous espérons tous devoir faire retour à la France ; sincèrement je répondrai que je me sens incapable de mesurer le degré de perturbation que déterminera la juxtaposition à la production française des tissus et des produits chimiques de Mulhouse, des vins d’Alsace, des 17 millions de tonnes de houille, des 3 millions et demi de tonnes de fonte et des grands ateliers mécaniques du bassin de la Sarre, qui tous, sauf les mines qui sont propriétés du fisc prussien, appartiennent à des Sociétés allemandes.
- Il n’est qu’un seul point de cet ensemble qui ait été abordé par les publicistes français; il s’agit des gisements de potasse du Sundgau, au nord de Mulhouse. Les journaux ont annoncé, les uns après les autres, que nous trouverions là une richesse de 60 milliards. Qu’en est-il de ces chiffres capiteux:1 Ici, je puis donner des renseignements précis.
- Vous savez tous que la production des sels de potasse est presque un monopole allemand, grâce au gisement prodigieux, et jusque-là unique au monde, de Stassfurt (Saxe prussienne et Hanovre) ; vous savez aussi que les soixante-dix ou quatre-vingts exploitants ou rafïîneurs de sels de potasse ont formé un syndicat de vente qui, seul, alimente la consommation mondiale et répartit les commandes à tous ses adhérents ; grâce à ce monopole et à ce cartel, la prospérité de ces exploitations est inouïe. On en était là lorsque le hasard fit découvrir en Alsace (1904) un gisement rival. Une demoiselle alsacienne, Amélie de Wittelsheim, ayant vu, en songe, le sous-sol de sa propriété pourvu d’une nappe de pétrole, fit entreprendre un sondage. On ne trouva pas de pétrole, mais à 358 mètres de profondeur, une magnifique couche de sylvinite (chlorure double de potassium et de sodium); les couches se succédaient entre 358 et 512 mètres ; puis on traversa jusqu’à 620 mètres des stériles, et de nouvelles couches plus abondantes encore furent découvertes entre 620 et g5o mètres. Aussitôt d’autres sondages furent entrepris au nombre de io3 et le bassin fut circonscrit dans la région de Heimsbrunn, Soultz, Cernay et Sweighausen, sur une surface de 200 kilomètres carrés environ.
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- Comme bien l’on pense, les exploitants de Stassfurt s’émurent, d’autant plus qu’un groupe dè capitalistes américains s’était abattu sur l’Alsace pour accaparer cette découverte. Le Gouvernement lut saisi de l’affaire et, sans hésiter, prépara un projet de loi qui est une innovation unique dans le domaine de l’industrie. Le législateur invoque ce principe que le Gouvernement allemand ne saurait admettre que les trésors du sol national soient livrés à des acheteurs étrangers. Conséquemment de tels faits doivent être empêchés. Du même coup, le projet réglemente la production globale des minerais de potasse et donne force de loi aux institutions du Kalisyndicat de Stassfurt. Un impôt équitable est réparti sur les exploitants. Enfin, un salaire minimum est fixé pour tous les ouvriers occupés dans cette industrie. Cette dernière clause a entraîné le vote de la loi par les socialistes le io mai 1910. Les gisements d’Alsace ne tardèrent pas à A7oir s’ouvrir une vingtaine d’exploitations
- ("9l3)-
- Cette situation suggère de multiples remarques. Tout d’abord, le précédent, d’exclusion des étrangers dans les exploitations de minerais potassiques pourrait, bien se retourner contre ceux qui l’ont établi. Il faut observer, d’autre part, que l’Allemagne possédait déjà, avec les gisements de Stassfurt, le monopole des sels de potasse, et que ces premiers gisements sont d’une abondance telle qu’ils peuvent alimenter, pour ainsi dire, indéfiniment la consommation mondiale, qui esta ce jour de 12 à i/| millions de tonnes, comptés en sels bruts; mais voici que, parallèlement, le gisement de Sundgau est, lui aussi, capable de pourvoir à lui seul à cette consommation mondiale; d’où il résulte qu’ils ne peuvent prospérer simultanément sans la condition expresse d’une entente entre eux, faute de laquelle le mieux placé géographiquement et le mieux exploité des deux écrasera l’autre. Et, si le hasard voulait qu’ils fussent en mesure de produire au même prix, en se faisant concurrence, ils végéteraient l’un et" l’autre sans bénéfices sensibles. 11 est assez difficile de dire si les sels du Sundgau sont plus ou moins coûteux à extraire que ceux de Stassfurt; mais la distance qui les sépare de Rotterdam parle Rhin est près de quatre fois supérieure à la distance de Stassfurt à Hambourg, par l’Elbe.
- Quant à la consommation française de ces sels,
- elle n’atteint pas 2 % de la production totale. Il s’imposera donc de maintenir un accord entre les deux groupes d’exploitants.
- Que l’on me permette enfin de citer, comme épilogue de ce qui précède, la phrase qui termine le chapitre de Stassfurt dans mon Allemagne au Travail (antérieur à l’exploitation du Sundgau) (page i32) :
- « Si des gisements comme ceux de Stassfurt se fussent rencontrés dans quelque pays pros-crivantles ententes entre producteurs, ils eussent constitué au lieu d’une superbe richesse une non-valeur. »
- Des auditeurs aussi avertis que vous, Messieurs, ne s’étonneront pas de la complexité des enchaînements qui apparaissent entre les questions économiques, dès qu’on veut les approfondir au lieu de les effleurer.
- Cette complexité devient plus inextricable encore, si on envisage leurs relations avec les exigences de l’Etat. On peut même se demander s’il est dans nos pouvoirs publics des hommes qui se doutent de la difficulté des problèmes qu’ils auront demain à résoudre. La façon dont le législateur français a traité depuis longtemps les affaires économiques du pays fait tout craindre pour l’avenir, et notre plus vive appréhension résulte de son mépris systématique de la compétence chez les fonctionnaires qu’il charge ici et là des intérêts de. la France. Il est de mon devoir de dire bien liant que le système administratif qui règne chez nous est inégal à la grandeur et à la gravité actuelles de ces questions. A vouloir maintenir l’indolence, l’irresponsabilité et la lenteur de notre bureaucratie en face de la formidable activité de nos ennemis et de leur connaissance approfondie de ces mêmes sujets, nous courons à de tristes mécomptes. Une situation si tragiquement nouvelle exige d’autres procédés et des hommes autrement préparés.
- A parler franc, les milieux industriels et commerciaux n’ont pas eu, depuis longtemps, à se louer de la sollicitude de l’Etat pour nos grands intérêts économiques. La plupart des lois qui ont été promulguées, la plupart des errements du passé qui ont été maintenus sont une gêne plutôt qu’un stimulant à leur activité.
- Les lois sociales ont été votées sous l’empire de passions politiques étrangères à toute conception raisonnée du bien-être public.
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- L’cntêtoment à conserver, par exemple, l’inscription maritime, a empêché et empêchera notre marine marchande de remonter le cours de sa déoadencc.
- Les primes accordées à certains groupements, à certaines productions, sont, en général, des encouragements à la paresse plutôt qu’à l’activité.
- ün nous a gratifiés du Nord au Midi d’inspecteurs du travail, institution excellente et nécessaire, assurément. La plupart de ces fonctionnaires sont pleins de bonne volonté, beaucoup sont à la hauteur de leur tâche; mais tandis qu’en Allemagne il est exigé d’eux qu’ils soient diplômés des écoles techniques supérieures, nul n’a jamais pu savoir, en France, en vertu de quelle sélection ils sont réputés aptes à la mission de surveiller nos ateliers.
- Quand un ministre se trouve inopinément en J'ace d’une question à trancher, sa méthode est constante : il fait un discours et rédige une circulaire, et la question lui semble résolue. A d’autres le souci du sort de l’affaire. On peut lire, dans les mémoires de Bourrienne, que lorsque l’empereur Napoléon donnait un ordre, aucun des responsables successifs de sa transmission n’osait dormir avant de s’être assuré que l’ordre était exécuté.
- Les institutions de l’Empire nous régissent encore, mais non plus les habitudes de son administration.
- Mais rentrons pour en finir dans le domaine des faits.
- Supposez que nous exigions, par exemple, de l’Allemagne vaincue, qu’elle nous livre comme partie de rançon les trois, grands liners de la Iiamburg-Amerika : 1 ’lmperator, de 53 ooo t., le Vaterland, de 58 ooo, et le Bismarck, de 65 ooo. Mais nous n’aurions pas en France un seul port pour les abriter. Et supposez encore que l’un de vous, Messieurs, découvre demain sur notre sol quelque beau gisement métallifère. Nul ne sera admis à l’exploiter, parce que la loi de 1810 sur les mines est considérée comme abrogée et que celle qui doit la remplacer n’est pas même en projet.
- Alors que signifient les discours par lesquels on nqus presse de développer la production nationale !
- Nous possédons, cependant, en France, au milieu de tant de défaillants, un homme public
- dont l’activité est merveilleusement féconde : j’ai nommé le chef de notre protectorat marocain, le général Lyautey. 11 ne lui a pas suffi de conquérir et de pacifier le Maroc, son ardeur infatigable s’applique aussi à le coloniser rapidement. Et il n’a pas attendu, lui, la conclusion de la paix pour y travailler ; crânement, résolument il a pris l’initiative d’organiser, en pleine guerre, à Casablanca une exposition des produits français. Lui-même m’a exposé son but dans une lettre personnelle qui semble écrite par le plus averti des économistes. Il veut montrer aux indigènes, aux étrangers, aux Français établis là-bas, des marchandises bien françaises, au lieu et place des produits allemands qui infestaient hier et menaçaient d’envahir la colonie ; il estime que c’est maintenant et non après la guerre qu’il faut faire cette manifestation, laquelle montrera aux Marocains que nous ne sommes pas, comme certains se le laissaient dire, les courtiers et les subordonnés de l’Allemagne, et l’animation provoquée par cette création maintiendra au Maroc une vie économique que le départ des mobilisés français et italiens tendait à suspendre.
- Voilà un exemple qui vient de haut et qui console de bien des constatations d’inertie.
- .le sais que vous tous, Messieurs, ingénieurs, industriels, commerçants, avez sur toutes ces questions un sentiment unanime; malheureusement, on ne fait pas un pays avec une élite quand le pouvoir obéit à de tout autres mobiles qu’aux inspirations de cette élite.
- Le réformateur tout puissant de ces errements devrait être la grande presse. Nos quotidiens nous parlent bien de politique, de littérature, d’art, voire même de scandales divers; seulement la plupart habituent leur public à se passer des questions économiques. Cependant, la grande majorité des citoyens n’a de notions sur le monde extérieur que par son journal; elle reste donc étrangère à tout ce qu’elle n’y trouve pas. Et voilà comment des sujets d’où dépendent la vie, la prospérité, la puissance de la nation sont précisément ceux que la nation ignore le plus. Combien serait autre la matière de votre journal, s’il appliquait cette inattaquable formule : « Mesurer la place à l’importance réelle des questions! »
- Les journalistes allemands, dont les gazettes ne sont pas récréatives, mais substantielles, ont coutume d’instruire leurs leçtçurs des questions
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- scientifiques, géographiques, industrielles, sociales, en passant successivement la plume à des rédacteurs occasionnels, versés en ces matières; et comme le nombre des pages est illimité, grâce à l’abondance de la publicité, il en résulte que tous ces lecteurs sont en définitive renseignés sur tous les sujets.
- Être renseigné en tout : c’est là la moitié de la puissance tudesque! Ce n’était pas malheureusement notre lot. Ecoutez plutôt ceci.
- Je vous demande pardon de narrer un fait personnel; mais je n’en connais pas de plus caractéristique, C’est vers la fin de l’automne 1913 que je revins de ma dernière tournée en Allemagne, épouvanté de ce que j’y avais observé, lu et entendu. Après que j’eus imprimé mes documents et mes impressions sur les Derniers progrès de VAllemagne (mars 1914), je portai le livre à un rédacteur dé l’un des grands journaux de Paris qui affiche la prétention de parler de tout et je lui lus sans préambule le passage suivant :
- « On procède en ce moment au quadruple-ment de l’une des grandes lignes qui vont de Cologne à Berlin, celle qui passe par Elberfeld. 11 est difficile de ne pas voir dans cette entreprise une préoccupation stratégique, bien que les moyens de transport de troupes de l’est à l’ouest soient déjà formidables. Le nombre des lignes, la superficie et la longueur des quais d’embarquement dénotent une étude qui se perfectionne d’année en année. 11 n’est pas douteux que notre Etat-major n’ait pleine connaissance de cette organisation, de même qu'il a du être informé d’avance de l’augmentation de l’armée allemande par les a33 millions de marks que l’Empire a consacrés à la reconstruction de nouvelles casernes en 1911 et 1912, c’est-à-dire avant que le Reichstag ait voté l’accroissement de l’armée.
- « Je n'ai aucune prétention à l’art militaire, mais comme ingénieur je me permets d’affirmer que la puissance d’écoulement sur les voies ferrées que j’ai si souvent parcourues à l’occident de l’Allemagne est terriblement supérieure à celle des voies françaises vers l’Est. Les Allemands préparent la guerre exactement comme une opération industrielle de vaste envergure dont ils calculent froidement toute l’organisation. N’interrogeons pas leurs regards pour y lire de la haine. L’homme d’affaires puissant n’a pas de haine pour le concurrent moins fort qu’il
- s’apprête à ruiner.Ils resterontpacifiques jusqu’au jour où ils croiront le succès de la mise en train assuré! Ce jour-là les Pangermanistes gagneront tout le pays à leur insatiable convoitise. L’armée et la flotte soûl un outillage dont le mouvement général se déclenchera d’un seul coup, comme ces grandes écluses de Hambourg qu’un bouton électrique ouvre automatiquement. Le fracas des armes nous apprendra le premier que le signal a été donné. Alors un véritable Gulf-stream d’hommes, de canons etde baïonnettes déferlera sur nos frontières. Malheur à nous si notre organisation n’est pas irréprochable ! Quand donc ceux qui, ouvertement ou sourdement, minent la force matérielle et morale de notre armée, comprendront-ils qu’ils jouent avec l’existence même de notre pays ! Leur égarement aura toute la conséquence d’une trahison. Qu’ils nous ramènent le service militaire.de deux ans, et moins de deux ans après les armées allemandes entreront en France.
- « Toute la question de la paix ou de la guerre se réduit à savoir à quel moment le grand Etat-Major jugera qu’il peut mobiliser ses masses sans rencontrer une résistance inattendue; sa seule crainte est qu’il trouve devant lui un chef qui sache ranimer notre patriotisme et diriger avec habileté la furia française.
- « De cette mentalité, nous devons tirer deux conséquences : quelle que soit la perfection de l’outillage, il faut un chef pour le mouvoir, et quel que soit ce chef, si l’outillage est mauvais, la défaite ne saurait être évitée. »
- Eh bien! j’ai encore aux oreilles la phrase dédaigneusement polie avec laquelle ce publiciste m’éconduisit : « Cës questions-là, me dit-il, n’intéressent pas notre public. » Toutefois, il ajouta : « Si vous tenez absolument à ce que nous parlions de votre livre, ce sera i5 francs la ligne. »
- Je dois reconnaître, à la décharge de cette rédaction, que j’arrivais malencontreusement à une époque où une bonne partie de sa copie était concentrée sur un scandale politico-judiciaire de tout premier ordre.
- Ne jugez point cependant que ce journaliste eut tout à fait tort. Tout dépend de la conception que l’on se fait de son métier. Le journal est-il fait pour amuser ou pour instruire? pour flatter les passions ou élever les intelligences ? pour détruire ou pour édifier ? pour servir le intérêts
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- d’un commanditaire puissant ou ceux de la nation ? Enfin pour dire ou taire la vérité ? 11 ne manque pas de gens de plume qui préfèrent ne pas se prononcer.
- Il semble'bien pourtant que le jour est venu où les niaiseries doivent céder le pas aux choses sérieuses, et, si j’y insiste, c’est qu’il importe de créer, et que la presse seule peut créer une ambiance régénératrice. La mentalité d’un peuple se modifie à son insu, sous l’influence des idées qu’il entend répéter chaque jour et surtout de l’exemple qüe lui donnent ceux qui ont. charge de le diriger. C’est l’influence, la contagion dù milieu. Tout le monde sait que, dans un monde laborieux, les fainéants ne tardent pas à disparaître.
- On a écrit depuis le début de la guerre de très beaux développements sur l’idéalisme ; on a comparé l’idéal latin au réalisme teuton ; on a même fait un abus de cette antithèse ; non point que les Allemands n’aient montré une brutalité et une sauvagerie révoltantes, mais parce que les mots de réalisme ou d’idéalisme y son t employés avec une signification qui m’échappe. Les plus horribles cruautés de l’histoire ont été commises par des hommes qui étaient des idéalistes frénétiques, témoins les propagateurs armés et casqués de telle ou telle religion. D’autre part, qui pourrait dire quel était notre idéal à nous, Français, il y a Seulement un an ?
- Lés Allemands, depuis quelques années seulement, ont un idéal, d’ailleurs parfaitementinsup-portable, l’idéal impérialiste, qu’il faut absolument juguler; mais tout ce qu’on pourra écrire n’empêchera que c’est cet idéal qui fait leur force et entretient leur résistance. Il eut assuré leur hégémonie mondiale s’il ne leur avait inspiré un orgueil en tous points démesuré. Il n’en reste pas moins que c’est ce mysticisme sauvage et cette religion incendiaire qui font, jaillir lesressources de leur sol et les armées du sein de leur nation.
- Que ceci nous soit une grande leçon. Aucun peuple ne saurait occuper une large place dans le monde sans s’être proposé et avoir poursuivi un idéal, ou, si l’on préfère, un but qui rallie le peuple tout entier dans un même effort.
- 11 me reste à examiner l’obstacle le plus infranchissable qui se dresse devant notre relèvement; et ici je vais aborder le dernier et le plus troublant passage de mon exposé ; je veux parler de l’alcoolisme. On a tout dit, on a tout écrit contre ce
- fléau; mais, peut-être d’autres n’ont-ilspas observé ce que je tiens à vous rapportera son sujet.
- Pendant l’été de 1911, je visitai la grande exposition d’hygiène de Dresde, qui fut une des manifestations les plus sensationnelles de la science allemande. Dans une longue galerie avaient été représentés, avec leurs effets, les divers poisons dont les hommes ont imaginé le plaisir de s’intoxiquer. L’alcool figurait au premier rang. Sur la paroi murale, on avaitdressé une série de colonnes verticales, de hauteurs proportionnelles à la consommation de chaque pays par tête d’habitant. On voyait là, figurées en colonnes de plus en plus hautes, les consommations des Pays Scandinaves, de l’Espagne, de l’Italie, de l’Allemagne, de l’Angleterre, de la Suisse, de la Belgique. Une dernière colonne atteignait presque le plafond, c’était celle de la France, etencore le statisticien ajoutait qu’il n’était pas tenu compte de l’appoint considérable fourni aux buveurs français parles bouilleurs de cru.
- A côté de ces représentations, un mannequin de cire figurait un alcoolique se tordant dans les convulsions du delirium tremens, et, par une délicate attention, on avait donné à ce malheureux le masque et l’accoutrement habituel d’un ouvrier français. Une foule énorme se pressait autour de ce spectacle. Je la contemplai et l’écoutai longtemps. Dans ses regards et dans ses paroles, la pitié se mêlait à la convoitise; mais ce dernier sentiment l’emportait : « Voilà un peuple dégénéré, pensaient ces Teutons, qui ne pourra se défendre; demain, la France est à nous. »
- C’est là que j’éprouvai pour la première fois la sensation qu’une invasion était plus ou moins proche, mais certaine.
- Et 11e croyez pas, Messieurs, que nos ennemis soient seuls à sonder ainsi notre propre avenir. Depuis sept mois, je circule sans discontinuer chez nos amis et chez les neutres. Tous ont admiré non sans surprise notre héroïque attitude; ils nous croyaient condamnés à l’écrasement. Toutefois, chacun sc demande si de cette épreuve nous sortirons régénérés ou si nous retomberons dans les fautes qui nous conduisaient à l'abîme. L’alcoolisme surtout inquiète nos amis; il 11’en est pas un seul qui ne m’ait demandé anxieusement : « Vous débarrasserez-vous enfin de l’alcool? Qu’attendez-vous? Ne voyez-vous pas que vous êtes en train d’en mourir? «
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- Pendant ce temps, chez nous, le fléau reste inattaqué; dès lors, tout ce que nous tenterons pour relever les ruines accumulées, pour rendre à notre pays sa prospérité, son prestige, sa grandeur d’autrefois, restera stérile si nous n’extirpons pas le cancer qui le ronge, et qui jamais ne nous a plus cruellement fait souffrir.
- Tous vous avez été témoins ici ou là de ses lamentables manifestations. Pour moi, j’ai vu, il y a peu d’années, en Normandie, dans un bourg écarté, une usine toute neuve construite avec le plus grand soin, abandonnée et dépecée par son propriétaire, parce qu’il ne pouvait trouver là des ouvriers qui ne fussent pas des ivrognes. J’ai vu en Bretagne des villages où 40 % des conscrits sont réformés, tristes victimes de l’alcoolisme de leurs parents. Tout le reste est au feu, mais combien en reviendra-t-il i* Et c’est avec ces 40 % de déchets humains que les Bretons vont perpétuer leur race. J’ai vu hier encore, dans les faubourgs de nos villes, des permissionnaires, des convalescents, des mutilés, pêle-mêle avec des femmes et des enfants, se gorger de boisson au point de tomber comme des masses à travers tables, chaises et béquilles brisées.
- J’ai vu naguère, il est vrai, à Moscou, un soir de fête publique, 3 000 moujiks étendus ivres-morts autour des murailles du Kremlin; mais j’ai vu et admiré le geste superbe du Czar supprimant d’un trait de plume dans tout son empire l’alcool qui rapportait cependant 1 400 millions à son budget.
- Jamais occasion ne fut plus favorable de terrasser le monstre. Notre glorieux généralissime l’a bien saisie, puisque, imitant Nicolas II, il a proscrit les boissons distillées dans toute la zone des armées qui combattent.
- Mais nos pouvoirs publics restent impassibles. Qu’on ne dise pas qu’ils ont proposé une loi qui atténuera le mal. Tout homme au courant des dessous sait que ce projet de loi n’est qu’une façade destinée à masquer l’absence de toute répression ; c’est une mystification.
- De lor. gs mois nous séparent probablement de la fin de la guerre. Souhaitons que l’instinct de la consen ation provoque dans le pays une poussée assez énergique pour vaincre d’ici là les puissances de mort qui veillent autour de l’ennemi. Notre devoir est d’y contribuer de toutes nos
- forces. Nous vaincrons sans doute l’Allemagne, mais si nous ne supprimons pas aujourd’hui l’alcool, l’alcool demain nous supprimera.
- En terminant cet exposé j’ai, non pas à m’excuser, mais à me justifier de la virulence voulue des termes avec lesquels j’ai exprimé mes idées. C’est qu’à mon avis la lutte pour l’existence que nous subissons relègue pour un temps aussi bien les euphémismes émollients du langage que la calme sérénité de vos travaux scientifiques. Ce que je voudrais avoir enfoncé comme un coin dans les esprits, c’est que nous sommes à un tournant brusque de notre histoire nationale, que notre vie de demain ne pourra plus être celle d’hier, que le travail devra remplacer la fantaisie, l’union chasser la discorde, les larges conceptions se substituer aux petites intrigues et les initiatives énergiques à l’inertie des bureaucrates.
- Obsédé par cet objectif, je ne suis entré dans aucun détail concernant les réformes propres qui s’imposent à nos diverses industries ; mais je vous annonce que dans une prochaine séance, l’un de nos distingués collègues, M. Paul Besson, que je sais dévoué à la même cause et aux mêmes principes dont je me réclame, complétera ce qui manque à ma communication.
- Que mon dernier mot soit en faveur de ceux qui défendent en héros notre cher pays. Combien de fois, Messieurs, n’avez-vous pas entendu exprimer cette pensée : « Quand nos soldats reviendront victorieux, ce sont eux qui se chargeront de remettre les hommes et les choses à la place qui convient. » C’est là une bien misérable défaite ! Vous trouvez donc qu’ils n’en auront point assez fait,-ayant souffert, bravé la mort, répandu leur sang, sauvé le pays ; et tandis que vous serez restés ici inertes, les bras croisés, sans volonté, vous songez à mettre en leurs mains, à la place du fusil, le balai qui doit nettoyer les écuries d’Augias. Ah! non, je demande grâce pour eux, pour ces jeunes héros qui ont combattu, dont beaucoup sont morts, non pas victimes de leurs fautes, mais victimes des sottises que nous, leurs aînés, avons accumulées depuis plus de 3o ans. Je demande que nous travaillions, nous, à leur préparer une France digne de leur courage.
- Victor Cambox.
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- LA TRACTION ÉLECTRIQUE {Fin) <>
- CHAPITRE VU
- Résultats financiers obtenus.
- Avec l’exploitation à l’électricité, on épargne un homme pour la conduite de la plupart des trains. Le matériel roulant faisant plus de parcours en une journée, la charge financière de celui-ci par train-kilomètre est diminuée. Il y a aussi une diminution importante dans la consommation d’huile et d’eau ce qui appai’aît d’une manière très sensible, dans le compte des dépenses.
- Enfin, la dépense d’entretien du matériel roulant est moindre aussi que les dépenses accessoires.
- On doit aussi se rappeler qu’il faut moins de matériel roulant, pour effectuer le même trafic, qu’avec la vapeur.
- A l’époque où la ligne de Liverpool à Southport était exploitée à la vapeur (avant 1904), 3o locomotrices et 1S1 voitures, comportant un total de 5 084 places assises, étaient nécessaires, en y com-
- renant le matériel en réparation.
- Pour satisfaire aux exigences d’un service beaucoup plus chargé, sur la même ligne, il n’a fallu, .ors de la substitution à l’électricité, que 38 voilures motrices et 53 voitures de remorque comportant un nombre total de 5 814 places.
- M. Aspinall a indiqué, comparativement, les parcours effectués par le matériel, dans les deux systèmes :
- Nombre moyen de miles parcourus par année, avec la vapeur : 20 000 (12000 kilomètres), avec l’électricité : 5oooo à 60000 (80000 à 96000 kilomètres). Cette différence est due à ce fait qu’un temps pioindre est dépensé pour les réparations et les visites du matériel, et qu’on gagne le temps qu’il faut à la locomotive à vapeur pour prendre de l’eau et du charbon.
- Pour le Mersey Raihvay, les chiffres sont :
- Locomotives à vapeur : 17 274 miles (27 800 kilomètres) par année.
- (*) Voir Lumière Electrique des 19, 26 juin igi5. tome XXIX, p. 265 et 293, 3, 17 el 24 juillet 1916, tprae XXX, p. 7,' 57 et 73,
- Voitures : 22 672 miles (36 5oo kilomètres) par année.
- Voitures électriques motrices : 48064 miles (77 5oo kilomètres) par année.
- Voitures remorquées : 36 453 miles (58 5oo kilomètres) par année.
- Au New York and New Haven, la distance moyenne couverte par jour par une locomotive électrique est de 210 miles (338 kilomètres), alors que la locomotive à vapeur ne couvrait auparavant que i58 miles (9.55 kilomètres).
- Au Mersey Railway, la dépense d’entretien du matériel roulant à vapeur était de 35 centimes sensiblement (3,47 d.) par train-mile, alors qu’avec l’électricité, il est de 17 centimes à peu près (1,67 d.), soit un rabais de 52 % .
- En fait, l’entretien d’une voiture motrice électrique est, parfois, plus coûteux que celui d’une locomotive à vapeur, mais, vu le plus grand nombre de miles parcourus par an, la dépense d’entretien pour la voiture électrique est considérablement moindre.
- Au New York Central, la dépense par loco motive à vapeur, par mile, montait à 7 cents. 67 en 1911, et à 3 cents. 19 pour les locomotives électriques, montrant une différence en faveur de l’électricité d’environ 58 % . Sur le Pennsylvania Railway, les réparations et l’entretien par locomotive-mile s’élevaient à 5 cents. 91 pour la locomotive électrique et à 8 cents. 83 pour la locomotive à vapeur, à la division de New-Jersey (‘).
- L’entretien des voies équipées à l’électricité est, en général,un peu plus coûteux que pour la voie à vapeur. Cela ne doit pas surprendre, attendu que les vitesses sont plus grandes avec l’électricité.
- Au Mersey-Railway, cependant, on a trouvé une dépense moindre.
- La dépense totale annuelle pour l’entretien d’un mile (1609 mètres) de voie double, s’élève,
- (*) 2 cenls par mile équivalent à 6 centimes 47 par kilomètre,
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- sur ce chemin de fer, à £ : 5a6 (i3ooo francs) pour la traction électrique, au lieu de £ : 875 (21800 francs); la vie moyenne des rails étant respectivement de 6 années 6 et 6 années 46.
- Au Metropolitan District Railway (Londres), la dépense pourvoies et travaux a augmenté de qi» % avec la traction électrique, mais la dépense par train-mile pour le même poste a diminué de 3,-igd. (33 centimes 5) pour la vapeur à 2,87 d. (3o centimes) pour l’électricité.
- Les résultats financiers obtenus sur quelques railways électriques sont donnes ci-après :
- Metropolitan District Railway :
- Capital investi dans l’électrification, non compris l’usine centrale de Lots Road : £ : 1 85oooo.
- Intérêt à 4 % sur le capital, par année : £ 74 000.
- Charges financières annuelles pour l’usine centrale : £ : 34,3oo.
- Charges financières annuelles totales, ducs à l’électrification : £ : 108,400.
- Revenu net en 1912, après déduction des charges financières du capital : £ : 292,fi 49.
- Revenu net en 1904 : £ : 180,821.
- Augmentation : 61,8 %
- I°ig. 33. — Trafic et recettes du Metropolitan District Railway de 190S à 1911.
- La figure 33 donne sous forme de diagramme l’accroissement du trafic des voyageurs et l’augmentation des recettes sur le District Railway, depuis 1908.
- Le tableau IX donne les résultats d’exploitation.
- Au Mersey Railway, les résultats comparatifs sont les suivants (tableau X) :
- Coût approximatif de l’électrification £ : 414,368,
- Charges financières du capital, pour le semestre, à 4 % : £ : i,388.
- Revenu net, pour le semestre, avec la vapeur (deuxième semestre de 1902) ; £ : i,388.
- Revenu net pour le deuxième semestre de 1912, avec l’exploitation électrique, après déduction des charges financières du capital à 4 % : £ : 20,118.
- Augmentation : £ : 18,730 soit i,35o % .
- Le tableau XI donne le eoiit comparatif des exploitations.
- Au North Eastern Railway, les chiffres ci-après furent produits à l’Assemblée semestrielle des actionnaires en février 1906 :
- La dépense pour l’électrification était estimée à £ : 244 000 ;
- L’intérêt à 4 % donne une somme de £ : 4,880 pour le semestre ;
- Le revenu net pour le semestre, l’exploitation étant à vapeur, était de : £ : 86,239 ;
- Le revenu net pour le semestre, l’exploitation étant à l’électricité, après avoir déduit les charges financières du capital, au taux de 4 % , était de : C: 98,34 i. •
- L’augmentation était, de £ : 12,102 — 14 % .
- Le tableau XII donne les résultats d’exploitation du North Eastern Railway.
- O11 peut conclure de ces exposés financiers que Y augmentation énorme d’intensité de trafic (train-miles ou train-kilomètres) a été obtenue avec une augmentation dans les dépenses d’exploitation relativement faillie.
- Au District Railway (Londres), à une augmentation d’intensité de trafic (train mileage) de 176 % , correspond une augmentation de dépenses d’exploitation de 26,5 % seulement. Aux Mersey et North Eastern Railways, avec une augmentation de dépenses de 10 % seulement, il a été possible de doubler l’intensité du trafic (train-mileage).
- Les résultats financiers obtenus sont, partout, excellents, puisque, après avoir alloué 4 % d’intérêt au capital investi dans l’électrification, l’augmentation du revenu net au District Railway s’est élevée à 61,8 % ; au North Eastern Railway à 14 %, et au Mersey Railway à i,35 %. Ce dernier résultat serait plus beau, s’il n’existait pas,
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- pour ce chemin de fer, des circonstances anormales.
- Des résultats analogues ont été obtenus sur les lignes électriques des autres pays. Le nombre
- l’augmentation des charges dues à l’accroissement du capital, est de i5 %.
- M. Merz, l’Ingénieur-conseil en matière de traction électrique, dont l’autorité est univer-
- Tari.eau IX. — Résultats d’exploitation du Metropolitan District Railway (Londres).
- RECETTES A ANNÉE I9O4 DERNIERE ANNÉE d’exploitation A LA VAPEUR ANNÉE 1912 EXPLOITATION a l’électricité AUGMENTATION OU DIMINUTION
- Recettes brutes £ : 410,189 £ : 690,910 + 68,4%
- Recettes de voyageurs £ : 366,39a £ : 65a,670 + 78,a %
- Nombre de voyageurs Dépenses totales d’exploitation 5o,33i ,397 86 ,003,149 + 7*,°% + >6,5%
- £ : a29 ,368 £ : 290 ,061
- Rapport des dépenses d'exploitation aux recettes brutes 55,8 % 42 % — 13,8 %
- Nombre de train-miles de voyageurs (total sur le District Railway) 1 ,475 598 4 ,080,358 + *76,0 %
- Recette moyenne par voyageur i,75'l(i8c,aapp.) 1,8a1' (aoc app.) + «d,o4
- Revenu net £ : 180 ,821 £ : 400 ,849 + J®",8 %
- Dépenses d’exploitation totales par train-mile.. 35,l,6(37'', 5app.) i8d,6 (20e app.) — 47,7%
- DÉPENSES PAR TRAIN-MILE PAR TRAIN-MILE
- A VAPEUR KLE GTRIQUE DIMINUTION
- B «904 1912
- Voies et travaux 3" ,29 2", 87 «2,7 %
- Energie des locomotives à vapeur ou des trains électriques. 8‘l,3o j r>d,74)
- Réparations et renouvellement du matériel [ io'',4a 7",82 a5 %
- roulant a*1,1 a J 2'',o8 )
- Dépenses de trafic 8d,97 2d,78 89 %
- Charges financières a’1 >97 I'1,32 55 %
- Dépenses totales d’exploitation 35J ,6 18'1,6 4 6 %
- RÉSULTAT FINANCIER ig°3 1912
- EXPLOITATION EXPLOITATION AUGMENTATION
- C A VAPEUR a l’électricité
- Capital total investi £ : 10,012,997 £ : 12,648,374 26,3 %
- Revenu £ : i67,883 £ : 366,549(*)
- Intérêts du capital •. 1,67 % 2,9 % 73>7 %
- (*) Les charges financières de l’usine électrique de Lots Road sont déduites du revenu net.
- de voyageurs du Manhattan Elevated (New-York) a augmenté de 46 % après 3 années d’exploitation électrique, tandis quelecoeffîcientd’exploitation, ou rapport des dépenses aux recettes, a diminué de 61 à 46 %.
- Le résultat net, après avoir tenu compte de
- selle, a montré dans son étude sur l’électrification des Melbourne Suburban Railways, que pour une augmentation de la vitesse moyenne de 3i %, et un accroissement de l’intensité de circulation des trains (train-miles) de 29 %, l’économie de dépenses annuelles d’exploitation,
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- après paiement d’un intérêt de 4 % sur le capital investi et après avoir pourvu le fonds d’amortissement, se montera à £ : ao 174, sans prévoir une augmentation quelconque de trafic.
- On doit remarquer en effet, que la zone suburbaine étant équipée, le capital d’électrification par kilomètre diminue à mesure que des extensions sont faites sur la ligne principale.
- Tableau X. — Résultats cTexploitation du Mersey Railway.
- 2« SEMESTRE DE I<)02 VAPEUR 2e SEMESTRE DE I9I2 ÉLECTRICITÉ AUGMENTATION
- Recettes brutes £ : 29 47° £ : 5g 651 102 %
- Dépenses d’exploitation £ : 28 081 £ : 3i 245 n,3 %
- Revenu net £ : 1 388 £ : 28 4<>6 1,9&o %
- Capital investi.. £ : 3,167 £ : 3 ,609,108 '3,9 %
- Intérêt annuel gagné 0,088 % i,57 i,685 %
- Tableau XL — Coût, comparatif des exploitations du Mersey Railway.
- COUT d’exploitation pour : VAPEUR (îï« SEMESTRE DK I9O2) ÉLECTRICITÉ (2e SEMESTRE DE 1912)
- Energie de locomotive par train-mile Réparations et renouvellements par train-mile. Coût d'entretien par train-mile Entretien des voies et travaux par train-inile Nombre total de train-miles par an Dépenses totales par an ioü.i8 (1 fr. 125) 2'',89 (3o cent.) 3l\47 (37e, 2) 4,l,3i (45 cent.) 310,944 £:6->,897 48“',5 (4 fr. 5a) ’id,78 (3g cent.) ill.56 (16 cent.) i“',67 (17e,2) irt,68 (17e,4) 828 ,674 £ : 67.442 19“',5 (2 fr. o3) 25,5 %
- Dépenses totales par train-mile Augmentation de la vitesse moyenne
- Tableau XII. — Résultats d'exploitation du North Eastern Railway.
- 2e SEMESTRE DB IQO'y VAPEUR 2*' SEMESTRE DE IÇ)o5 ÉLECTRICITÉ AUGMENTATION
- Recettes brutes £ : 129 000 £ : j5i. 000 x7 %
- Dépenses d’exploitation Dépenses par train-mile £ : 42 761 i4d,5 t : 47 779 6d, 75 ii,5 %
- Nombre de voyageurs transportés 2 844 000 3 548 000 24,5 %
- Revenu net £ : 86 23g £ : io3 221 '9*8 %
- Electrification des lignes principales.
- Il est certain, comme nous l’avons dit en débutant, que pour de très longues lignes, l’électrification ne présente pas encore d’avantages économiques suffisants.
- Cependant, on tend à solutionner également ce problème, depuis que des constatations ont pu être faites sur les lignes principales courtes.
- 11 y a aussi des avantages sérieux à tractionner les trains de marchandises par des locomotives électriques, parce qu’elles peuvent tirer plus et plus rapidement, ce qui permet d’augmenter le trafic sur la ligne.
- Les dissipations de charbon, et l’entretien très onéreux du matériel à vapeur, sont des facteurs intéressants à mettre en lumière, dans le cas de la traction sur voies principales.
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- Il est reconnu en effet que, pour les chemins de fer sur lesquels le pourcentage du parcours des trains de marchandises est élevé par rapport à celui dit parcours total, Indépensé de charbon constitqe un poste beaucoup plus élevé dans les dépenses totales que surles lignespour lesquelles le nombre de train-kilomètres des trains de voyageurs est le plus grand.
- C’est, sans aucun doute, la conséquence du très faible facteur de charge de la locomotive à marchandises causé par la grande perte de temps dans les voies de garages et les gares de formation, pour différer des wagons ou pour permettre aux trains de voyageurs rapides, de passer.
- M. Kahler a fait connaître le tableau ci-après, (tableau XIII) aux membres de l’Institution américaine des Ingénieurs Electriciens. Il se rapporte' à l’organisation actuelle du service de marchandises d’un railway, d’une longueur de 5oo à 600 miles (800 à 96r» kilomètres).
- trique, de développer une plus grande puissance par tonne de poids et d’obtenir une plus grande surcharge, quand c’est nécessaire.
- La remorque à l’électricité des trains de marchandises sur les voiés principales est une question d’actualité, et il faut attendre conséquemment, dans un avenir plus ou moins prochain, l’application de l’électricité, même aux lignes d’assez grande longueur.
- Le North Eastern Railway va, incessamment, mettre en service une ligne à trafic de marchandises, uniquement entre Middesbrough et Shil-don, qui comporte des locomotives capables de remorquer des trains de 1 400 tonnes à la vitesse de 40 kilomètres à l’heure.
- M. Dalziel, ingénieur-électricien du Midland Railway, a déclaré, aux membres de l’Institut des Ingénieurs Eleclxiciens de Londres, que, selon lui, l’électrification des grandes lignes,
- Tableau XI11. — Statistique du chômage des locomotives à vapeur, d'après M. Kahler.
- Temps passé dans les ateliers.................
- Temps en trop.................................
- Temps passé dans les dépôts (lavage des chaudières, nettoyage, réparations courantes).....
- Temps passé pour aller prendre les trains et s’en
- éloigner...................................
- Temps consacré au service de secours..........
- Temps de route................................
- Temps passé dans les arrêts, les voies de garages, prises d’eau, etc.............................
- Totaux...................
- LOCOMOTIVES A VOYAGEURS LOCOMOTIVES A MAftOHANlJlSKS
- —— 1 -—— ‘
- pourcentage du temps total jours par année pourcentage du temps total jours par année
- 22,4 82 28,2 io3
- 1 ,i 5 2 ,7 IO
- 53,2 M)î I5,9 131
- 1 ,6 6 I * I 4
- I 1 I 4 4 ,3 16
- 20,3 74 7,' 62
- — — 10,7 39
- IOO 365 IOO 365
- La locomotive électrique n’est inspectée qu’après 2400 kilomètres environ, tandis que la locomotive à vapeur est visitée tous les jours.
- La locomotive électrique a une vie plus longue que l’autre, mais à cause du prix d’achat, qui est plus élevé, la dépense de dépréciation est plus grande. D’autre part, comme le nombre de locomotives électriques est plus petit, la dépréciation totale est généralement plus élevée pour la locomotive à vapeur.
- Il est possible aussi, avec la locomotive élec-
- en particulier sur les fortes déclivités, sur lesquelles le trafic de marchandises est important, ne peut plus être qu’une question de quelques années.
- Le même auteur a démontré qu’entre Derby et Manchester'Ancoats, il serait possible, avec l'électricité, de remorquer des trains de 40 wagons, au lieu de 29, et de diminuer le temps de parcours de 3 h. 5 minutes à 4 h. 1 minute; soit une économie de 35 % du temps affecté^ au trajet.
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- La possibilité pour les locomotives électriques de tractionner de fortes charges est d’une énorme importance pour les lignes qui, par suite des fortes déclivités existantes, sont congestionnées (‘). Des exemples d’électrification des plus heureux sont donnés par certaines lignes de montagne de la partie Ouest des Etats-Unis d’Amérique.
- L’un des chemins de fer de montagne les plus Connus des Etats-Unis, qui a été électrifié, est celui du Great Northern. La ligne traverse notamment les Cascade Mountains au moyen d’un tunnel de 2,6 miles (4,2 kilom.) de longueur, et à une inclinaison de 22 millimètres par mètre. Ce tunnel limitait la capacité du transport des fortes charges du chemin de fer au travers des montagnes.
- Le service électrique y a commencé en 1909 et constitue plutôt un service de navette au travers du tunnel entre une gare de marchandises située d’un côté du tunnel à une autre gare située de l’autre côté. La distance entre ces deux points est d’environ 4,5 miles (7,250 kilom.).
- A l’époque de la traction à vapeur, des charges de 1 400 à 1 5oo tons (tonnes de 1 015 kilogr.) étaient remorquées par deux locomotives Mallet, pesant chacune 225 tons (tonnes de 1 oi5 kilogr.), aidées d’une puissante locomotive d’allège.
- Trois locomotives électriques de io3 tons (tonnes de 1 oi5 kilogr.) chacune remorquent le train y compris les deux locomotives Mallet, dont le poids total est d’environ 2 000 tons (2 o3o tonnes), ù une vitesse moyenne de 14 miles (22 kilomètres) par heure, alors qu’avec la vapeur la vitesse était de 9 a 10 miles (14,000 kilom. à 16,09 kilom.) Par heure.
- Les locomotives à vapeur, c’est une chose connue, sont très peu économiques sur des lignes en rampes ; pour cette petite application, l’économie journalière était de 100 dollars (621 fr.).
- La facilité de manœuvre des locomotives électriques pour remiser ou prendre des wagons dans les gares et dans les voies de garage est aussi fort grande, comparativement à ce qui se passe avec la locomotive à vapeur. On évite aussi, avec l’électricité, la consommation d’énergie sur place de la locomotive à vapeur.
- f1) Cette remarque pourrait aussi s’appliquer à la ligne dite du Luxembourg, ainsi qu’à celle de la Vesdre de l’Etat Belge.
- M. Murray donne les chiffres suivants concernant l’activité des locomotives de manœuvre sur le New York and New Haven Railway :
- Temps total d’ouverture dn modérateur :
- 16,7 % ;
- Temps total de mouvement de la machine : 62,4 % ;
- Temps de repos de la locomotive : 37,c» % .
- M. Murray a aussi prouvé que la vitesse des manœuvres pouvait être fortement augmentée avec la locomotive électrique. De plus, si l’économie de combustible à la jante des roues motrices pour les locomotives électriques des trains est de 5o % ('), celle des locomotives électriques de manœuvre est d’environ 80 % .
- Electrifications anglaises.
- A peu près toutes les Compagnies de chemins de fer anglaises possèdent, à l’heure actuelle, des projets d’électrification totale ou partielle.
- Depuis 1908, le Brighton déjà cité est entré dans la voie de l’électrification totale, en équipant une première section autour de Londres, et plus récemment un nouveau complément de 25o kilomètres. Un tiers de la longueur de la ligne principale est en montage actuellement et, dans peu d’années, la Compagnie compte exploiter Londres-Brighton (51 miles) entièrement à l’électricité.
- Le London and South Western Railway électrifie actuellement, dans la banlieue de Londres, une longueur de voie de 47 miles (75 kilom. 5), comprenant 140 miles (225 kilomètres) de voie simple. Un peu plus tard, il compte équiper, en outre, 5o miles (80 kilomètres) de voie, comportant 100 miles (161 kilomètres) de voie simple.
- Le South Eastern and Chatham Railway aurait déjà équipé certaines lignes, si la guerre n’avait éclaté. Les motifs résident aussi dans la nécessité pour le Chatham d’accélérer la circulation des trains dans les gares de Cannon Street et de Charing Cross, plutôt que d’être obligé d’acheter terriblement cher le terrain d’agrandissement de ces gares.
- Le Lancashire et Yorkshire Railway est en plein départ d’électrification totale.
- (i) Le pourcentage d’économie de combustible, obtenu avec l’électricité, est très souvent de 5o % . Précédemment, par mesure de prudence, nous avons admis moins,
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- Le North Eastern Railway s'apprête à entrer également dans cette voie.
- Le Caledonian Railway étudie actuellement très sérieusement la question d’électrification.
- Le London and North Western Railway possède une ligne électrique autour de Londres ; la question d’électrification totale n’y est pas encore fortement agitée.
- De même, lé Great Western Railway ne l’envisage pas encore pour ses grandes lignes : cette Compagnie n’exploite, en commun avec le Metropolitan Railway qu’une partie de ses lignes, situées dans les faubourgs de Londres.
- Le Midland Railway y songe; là Compagnie possédé, depuis quelques annéés, une petite ligne monophasée. Elle exploite aussi, en commun avec l’un des métropolitains de Londres, une ligne de pénétration dans la cité.
- Le Great Eastern Railway a décidé l’électrification de toutes ses lignes de la grande banlieue de Londres.
- Le Great Central Railway ne possède jusqu’à présent qu’un tramway de n kilomètres de longueur et, tout en ne perdant pas la question de vue, ne parait pas disposé à agir immédiatement dans ce sens.
- Conclusions.
- Comparée à la traction à vapeur, la traction électrique montre ses plus grands avantages pour le service des voyageurs suburbains. Les avantages de la grande accélération sont : accroissement de vitesses moyennes des trains de banlieue de 3o à :io % ; et, sans augmentation du nombre des voies ou élargissement des gares terminus, il est possible d’organiser un service à plus grande fréquence, sans accroissement proportionnel des dépenses d’exploitation.
- La traction électrique ne diminue pas les dépenses totales d’exploitation, mais accroît la puissance bénéficiaire en rendant le chemin de fer apte à recevoir un trafic beaucoup plus élevé.
- Enfin, l’élasticité, très grande dans la composition des trains électriques, permet de proportionner l’énergie de propulsion aux exigences du trafic.
- On peut, aussi, considérer comme très grand l’avenir de la traction électrique sur les grandes lignes.
- Evidemment, la sortie des capitaux importants, nécessaires aux grandes électrifications, est la cause principale du conservatisme en cette matière de plusieurs chemins de fer. Mais, déjà, on aperçoit des indices d’évolution chez beaucoup de dirigeants, et certains ont même déjà résolu la question financière, qui est l’obstacle principal.
- D’autre part, l’augmentation continuelle du prix du charbon est également un facteur d’influence important.
- Enfin,les chemins de fer sont très souventcon-eurrencés, dans les environs des villes, ils doivent donc envisager le maintien et même l’augmentation de leur trafic, aussi bien en ces endroits-là qu’en pleine ligne. Cette condition, jointe à celle du confort sur la grande ligne, impose l’électrification.
- L’électrification est l’arme la plus puissante de lutte dans la concurrence ; et, conséquemment, l’avenir de l’exploitation électrique est très grand tant pour les lignes suburbaines que pour les lignes principales.
- J. Carlier,
- Répétiteur du cours d’exploitation des chemins de fer à l’Université de Liège.
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- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Soudage par l’électricité. — Henry R. Gilson.
- On a fait récemment, à bord d’un bateau sur l’Ohio, des expériences pour déterminer la profondeur du fond par une sonde électrique.
- Le principe de cet instrument consiste à produire au fond de l’eau, par dragage d’une masse métallique, un bruit qu’on observe à l’aide d’un récepteur téléphonique à bord du navire. Le but en est d’éviter les hauts fonds et d’être averti de leur approche.
- La sonde électrique employée (fig. i) est une masse conique en fonte, creuse, mesurant environ 45 centimètres de longueur, io centimètres de diamètre et pesant 18 kilogrammes. Cette sonde est suspendue à l’extrémité d’un câble
- Fig. i. — Sonde Fig. i. — Position de la sonde en et microphone. marche.
- armé, de 3o mètres de longueur, contenant deux fils de cuivre en torons, n° 16, isolés au caoutchouc. Ces deux fils aboutissent, dans la sonde, aux bornes d’un microphone très sensible auxquelles ils sont soudés. Ce microphone était primitivement fixé sur une base isolante en fibre mince, rigidement reliée à la paroi de la sonde. Toutefois, à l’essai, on a constaté que cette disposition avait pour effet de transmettre même le bruit dû au frottement de la sonde sur l’eau. Pour éliminer ce bruit, on a monté directement le microphone sur la paroi de la sonde.
- Dans ces conditions, la sonde a été expérimentée, le navire marchant à une vitesse de 3,2
- à 9 km. 6 à l’heure; quand il passait sur des hauts fonds de sable ou d’argile, on entendait dans le récopiteur téléphonique une sorte de sifflement caractéristique, tandis que le frottement sur les roches ou sur le gravier donnait des coups saccadés.
- Vitesse e/i nceu.ds.
- Kig. » — Diagramme donnant pour un cilble de 40 pieds (ia,n,2o) lu profondeur en fonction de la vitesse du navire.
- Des expériences poursuivies pendant plusieurs mois dans l’Oliio, il ressort que les sons produi ts par frottement de la sonde sur les fonds de toute nature, sauf dans la vase très fluide, sont nettement perçus au récepteur téléphonique.
- Pour se servir de cette sonde, il faut tenir compte de la vitesse du navire qui, quand elle augmente, a pour effet de diminuer l’angle que fait celle-ci avec l’horizontale (fig. 2) et, par suite, la profondeur d’immersion. Cette profondeur csl également affectée par la vitesse du courant. On a donc établi des diagrammes qui donnent la profondeur en pieds de la sonde en fonction de la vitesse du navire, pour une longueur donnée du câble (fig. 3). L’intérêt de la méthode est de permettre les sondages de façon continue, dans une position abritée et sans avoir besoin de ralentir l’allure du navire.
- (Electrical Review and Western Electricien, (29 mai 1915).
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- LA LUMIÈJfE ELECTRIQUE T. XXX (2e Série). — N»2»,
- TÉLÉGRAPHIE ET TÉLÉPHONIE
- Coups de 'foudre sur les lignes télégraphiques. — Note de M. Zillek, présentée par
- JV1. J. Violi-e.
- Chaque année, pendant la saison d’été, des poteaux, des isolateurs sont détruits et des lignes sqnt interrompues par des coups do foudre sans que ^Administration se soit préoccupée jusqu’à présent de faire prendre des dispositions de nature à éviter ces accidents.
- Cela tient Sans doute à l’idée qui s’est ancrée dans les esprits et qui fait croire qu’il s’agit là d’accidents dopt on n’est pas maître, que le feu du ciel tombe au hasard sur nos lignes et qu’il faut subir patiemment le fait de la fatalité.
- Cependant, d’un grand nombre d’observations que j’ai eu l’occasion de faire, il résulterait qu’il n’en est pas ainsi; que les poteaux qui sont fou-di’oyés sont désignés à l’avance pour l’être, qu’il s’agit en réalité de vices de construction et que des mesures très simples, ne coûtant rien, suffiraient pour éviter tout dégât. :
- Voici d’ailleurs }e résumé des remarques que j’ai faites :
- i° Les poteaux des lignes ne supportant qu’un fil sont plus particulièrement sujets à être foudroyés.
- La situation topographique du poteau ne paraît jouer aucun rôle, car j’ai vu des poteaux placés en contre-bas du terrain et sous le couvert d’arbres élevés être complètement pulvérisés quand l’arbre voisin ne présentait aucune lésion, si ce n’est que des brindilles des basses branches, touchant au fil, s’étaient fanées et desséchées.
- a0 Sur les lignes chargées de fils il n’y a jamais d’accident en ligne courante et seuls sont frappés les poteaux qui servent de point de dérivation à un fil du service de la voie ferrée se détachant de la ligne principale pour aller aboutir soit à un disque ou signal voisin, soit à une halte ou guérite très rapprochée et munie d’un appareil quelconque relié à la terre.
- On peut d’ailleurs rapprocher de cette observation le fait bien connu de la fréquence avec laquelle brûlent les sonneries placées chez les porteurs de télégrammes des bureaux municipaux qui, elles aussi, sont desservies le plus sou-
- vent par une ligne très courte reliée directement à la terre par le butoir de repos du bouton d’appel.
- 3° L’effet du coup de foudre est toujours le même :
- L’isolateur est décapité avec une cassure nette ; on aperçoit sur un côté un point où l’émail est craquelé comme par un choc et autour de ce point on voit sur le blanc de la porcelaine cassée une auréole d’aspect métallique qui doit être produite par la vapeur condensée du zinc de la galvanisation volatilisé et entraîné par l’étincelle.
- Le bois du poteau est fendu à partir de l’extrémité inférieure de la console en fer de l’isolateur et la fente va en s’élargissant vers le pied du poteau.
- Ce détail se voit très nettement sur les poteaux qui ne portent qu’un seul isolateur.
- Dans tous les cas,latêtedu poteau reste intacte.
- Il serait très utile d’introduire, dans le circuit des conducteurs prenant terre dans le vqiginage de la ligne,, tels que les fils se détachant aux disques, uq dispositif offrant une self-induetion, quelqqe petite qu’elle soit. Ce résultat serait obtenu en intercalant entre le dernier isolateur (habituellement placé sur les disques eux-mêmes) et à l’entrée de l’appareil, c’est-à-dire à l’endroit où le fil de ligne n’a plus à supporter aucune tension, un boudin de fil de fer à spires écartées de plusieurs millimètres, d’un diamètre de a centimètres à a cm. 5 et comportant au moins 5o ou 6o spires.
- Ce boudin peut être fait avec l’extrémité même dq fil de ligne.
- Ççs spires réagissant l’une sur l’autre offriraient une certaine self-induction, c’est-à-dire une résistance marquée aux courants oscillatoires, sans gêner en rieq Je courant d’exploitatipn.
- L’inspection et le contrôle téléphoniques des tramways urbains- — EJlmer ÉJ. Strong,
- Les lignes de Rochester des Tramways de l’Etat de New-York disposent aujourd’hui d’un service centralisé de contrôlé téléphonique qui donne les meilleurs résultats au point de vue de l’exploitation.
- Le poste téléphonique central est pourvu d?un
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- commutateur cle 4 m. 5o de longueur se subdivisant en trois panneaux:
- Au centre, le panneau principal établit les communications avec les lignes téléphoniques centrales, les lignes commerciales de la compagnie, les postes téléphoniques de rues installés dans le centre de la ville et les postes d’appel des terminus des lignés.
- A droite, le panneau est disposé de façon telle que, en tirant les fiches en dehors, l’opérateur puisse se mettre en communication avec l’un quelconque des postes d’appel* tandis que, en repoussant les fiches en dedans, il établit la communication entre ces mêmes postes et le panneau de gauche*
- Par ce dispositif, on peut réaliser sur chaque panneau n’importe quelle combinaison de lignes. Pendant la journée, les lignes téléphoniques centrales ët commerciales sont contrôlées d’un tableau installé dans une pièce différente, afin d’évitër le bruit et la confusion ; le soir, toutes sont reliées au poste de contrôle.
- Pendant les heures d’alfluence, il circule sur les i4 lignes de Rochester jusqu’à 33o voitures ou trains. Toute cette circulation est sous le contrôle de 3 employés dont chacun, aux heures de trafic maximum, reçoit jusqu’à 8 appels par miiiutë. Efitl-ë là matihéë et là sbirëé, à l’héurë où le nombre de trains en circulation ne dépasse pas 140, deux contrôleurs suffisent à la besogne.
- Les trains sont numérotés de façon que le chiffre des centaines corresponde au numéro de la ligne: irto, toi,... à là prëmièrë; 'iob, loi,*., à la seconde, etc. Le contrôleur dresse une liste des numéros des trains dans l’ordre où ceux-ci doivent së pféëëhtëf à la station tëfminus et. inscrit en regard l’heure de départ.
- Les Wâttirtëh sont tenus, de leur côté, d’appeler, de chaque terminus, le contrôleur en lui indiquant le ndhi du terminus et le numéro du train. Le contrôleur répond par l’indication de l’heure de départ, qui, normalement, est celle portée sur l’horaire affiché à la station. Il note cette heure kuf- sa fëüille dé contrôlé et eh cas de retard de i, 2 ou plusieurs minutes, il y indique ce retard par (— i), (— 2), etc.
- Lorsqu’un train est en retard de plusieurs minutes et qu’il y a peu de chances pour qu’il regagne ce retard, le contrôleur en fait appeler un autre par la station pour combler la lacune
- et le train en retard effectue le voyage suivant sur un parcours déduit, ce qui est indiqué au public par une pancarte fixée à la voiture avant le départ.
- C’est là où se manifeste un premier avantage du contrôle téléphonique. En effet, quand les lignes sont surveillées par des contrôleurs ambulants, ceux-ci se tiennent, de préférence, dans les quartiers du centre. Se produit-il un retard aux terminus, ils n’en sont informés que lorsque ce retard s’est répercuté jusqu’au point où ils se trouvent. Réduire le parcours de trains en retard pour rattraper l’horaire, c’est mécontenter les voyageurs qui y ont pris place en se fiant à la pancarte indicatrice de la station extrême. On voit que cet ennui est supprimé par le nouveau mode de contrôle.
- Le téléphone permet également aux wattmen de signaler très promptement aux contrôleurs les arrêts accidentels ; des postes téléphoniques sont établis à cet effet aux points où ces arrêts sont le plus probables : ponts tournants, passages à niveau de voies ferrées, etc.
- Si un train signale, en cours de route, un retard accidentel de six minutes, par exemple, du poste téléphonique central le contrôleur avisera le terminus de retarder les deux trains qui doivent partir avant celui-ci, l’un de a, l’autre de 4minutes,pourespacerrégulièrement lésdépârts.
- Exemple: le train 410, qui devrait partir à a h. 10 après-midi signale un retard de 6 minutes en cours de route.. Les trains 208 et 209 qui eussent dû partir normalerriënt à 2 heures et i h. 5 niiriütes rèëeVrorit téléphoniquement l’ordre de le faire à 2 h. 2 minutes et 2 h. 9 minutes et le2iopourraprendresontouràü h. iôSuivisans intervalle par le 2 i i dbnt c’èàt l’heure normale de départ. On a ainsi évité d’avoir entre deux départs uh intervalle anormal et gênant dë 11 minutes.
- L’auteur signale lès nombreux autres avantages du contrôle téléphonique centralisé dâns l’exploitation d’un réseau dë tëaimvàÿs urbains; ils peuvent se résumer eh ceci : régularisation immédiate de la circulation des voitures lorsque survient Une cause quelconque de perturbation dans le trafic ; signalisation instantanée des accidents ou incidents et possibilité d’y porter remède avant que leurs conséquences ne se soient aggravées ; réduction du personnel de surveillance.
- (Electric Railway Journal, 8 mai 1915.)
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- ÉCHOS DE LA GUERRE
- L’industrie Italienne et la guerre.
- I/industrie du fer et des métaux en Italie ainsi que certaines industries chimiques ont marqué un progrès appréciable durant ces dernières années, mais l’industrie italienne dépend encore beaucoup de l’étranger, peut-être plus encore pour les matières premières et les ébauches que pour les fournitures de munitions et du matériel de guerre. L’industrie du fer n’importe pas seulement le minerai mais, aussi et dans de plus grandes proportions les saumons de fer et d’acier. La production des fonderies a atteint une certaine importance dans le pays, l’augmentation de la consommation ayant amené l’agrandissement des vieilles usines et la création de nouvelles et importantes installations à Piombino, Porto-Ferrajo et Bagnoli; mais la production totale ne représente encore que la moitié de la consommation du pays. De même
- l’industrie chimique dépend beaucoup des pays étrangers, non seulement pour les couleurs mais aussi pour les engrais artificiels.
- Ses importations en sulfate d’ammoniaque, sulfate de potasse, vitriol bleu et soude sont considérables. La fabrication des acides nitrique et sulfurique a augmenté considérablement ces dernières années, ainsi que celle des explosifs, mais il ne semble pas qu’elles puissent atteindre à la production nécessaire. Le nombre des usines, sous le contrôle de l’Etat, qui fabriquent de la poudre et des explosifs, est, d’après les dernières statistiques,'de 711, la plupart de faible importance, leur production est de 5 35o aoo kilogrammes par an. Une des plus grandes usines est la Société Italienne des explosifs Prodolli, qui a seulement un capital versé de 2 ooo ooo de lires,
- .1. S.
- LISTE DES MAISONS D'ÉLECTRICITÉ ET DE MÉCANIQUE MISES SOUS SÉQUESTRE (<)
- Lorenlz A. G. Telephon und Telegraph VVerke, à Berlin (créances en France).
- Sachsische Maschinen Fabrik, à Chemnitz (créances en France).
- Telephon Fabrik A. G. vormals G. Berliner, à Hanovre (créances en France).
- Société anonyme des Usines Pintsch, à Nice.
- Société de Construction Electrique (Isaria Zaliler-werke, à Munich), 67, rue Molière, Lyon.
- Mayor (H.), 5, boulevard Malesherbes, Paris (intérêts dans la Société Anonyme de l’Electricité Médicale, i5, rue de Calais, Paris).
- Wolf (Ch.), 17, rue Eugène-Manuel, Paris (intérêts dans la Société Anonyme de l’Electricité Médicale, i5, rue de Calais, Paris).
- L’Aluminothermie, 44, rue Blanche, Paris (intérêts allemands).
- Gottschalk (appareils d’électricité médicale) 4, rue Capus, Paris.
- 5 Mai 1915.
- 10 Mai 191S. 12 Mai 1915.
- 11 Janv. 1915.
- 6 Janv. 1915.
- 5 Fév. igiS.
- 5 Fév. igiS.
- iS Mars 1915. 21 Juil. igi5.
- Craggs, syndic, S2, rue Saint-André-des-Arts, Paris.
- Raynaud, syndic, 6, quai de Gesvres, Paris.
- Faucon, syndic, 16, rue Lagrange, Paris.
- Rhône, receveur de l’enregistrement à Nice. Deshaye, avoué à Lyon.
- Richer, huissier, 2, rue du Bouloi, Paris.
- Richer, huissier, 2, rue du Bouloi, Paris.
- Doyen, expert, i3, rue de Castellane, Paris. Chabrol, 83, rue Lafayetle, Paris.
- (’) Les listes précédentes ont été publiées dans les numéros des 20 février, 20 mars, 24 avril et 8 mai 1915.
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- Paris. — imprimerie levé, 17, rue cassette.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente-septième année
- SAMEDI 7 AOUT 1915.
- Tome XXX (3® série). N® 30
- La Lumière Electriq
- SOMMAIRE
- A. BOÜTARIC. — Le téléphone instrument de
- mesure................................
- A. CLAVELEIRA. — Note sur un diagramme des moteurs-série polyphasés à collecteur..
- Publications techniques
- Construction et essais de machines
- Etude.des pertes dans les diélectriques avec les tubes à rayons cathodiques. — F.-P. Minton...................................
- 128
- Eclairage J.-A. Fleming.
- Photo-électricité.
- La sensation de la lumière. — C.-C. Paterson et B.-P. Dudding............................ i38
- Echos de la guerre
- La guerre, les marchés à livrer, la force majeure d'après divers jugements. —
- P. Bougault............................... 140
- Arrêté du ministre des Travaux Publics concernant le retrait d’approbation des compteurs d’origine ou de provenance austro-allemande................................... 144
- LE TÉLÉPHONE INSTRUMENT DE MESURE
- M. Guy au vient de consacrer une étude très intéressante au téléphone dont le fonctionnement est demeuré assez obscur malgré les nombreuses recherches dont il a été Vobjet.
- Depuis longtemps le téléphone avait été utilisé comme indicateur de courant dans un grand nombre de méthodes de zéro dont M. Guy au donne une monographie exacte. Il fait à ce propos une étude complète du pontde Wheatstone en courant alternatif ce qui. le conduit à U expression générale des conditions du silence téléphonique. Mais les recherches de l'auteur ont principalement porté sur les moyens de transformer Vécouteur téléphonique en véritable galvanomètre, en enregistrant, dans de bonnes conditions, les vibrations de la membrane.
- La transformation du téléphone en oscillographe interfcrentiel soulève une série de problèmes auxquels M. Guy au apporte d’élégantes solutions : calcul du mouvement des surfaces mterférentielles en fonction de celui des franges, séparation des raies de l’arc au mercure, conditions d'éclairement maximum des miroirs interférentiels, netteté des franges en lumière non parallèle, ordre de grandeur des temps de pose en fonction de la période du mouvement, etc.
- Sans qu'on puisse prévoir les services que le nouvel oscillographe est appelé à rendre dans les laboratoires, il faut du moins convenir que l’étude de M. Guy au la conduit à une analyse détaillée du mouvement si délicat des membranes téléphoniques, sur lesquelles on n’avait que très peu de données.
- C’est cette analyse que nous allons maintenant résumer.
- Le récepteur téléphonique a été l’objet de recherches remarquables de la part de Mer-eadier (*) qui a fixé le rôle de la membrane vibrante. Mercadier a établi que, pour tout téléphone de champ magnétique donné, il y a une
- (1) C.R. de l’Académie des Sciences, 8 et i5 avril 1889, 12 et 19 janvier 1891.
- épaisseur de membrane qui correspond à un maximum très net de sensibilité. Il existe de même, toutes choses demeurant égales, un diamètre optimum de la membrane et une intensité d’aimantation des noyaux de l’électro qu’il n’y a pas intérêt à dépasser. La sensibilité est d’ailleurs fonction, non sèulement des caractéristiques mécaniques et magnétiques du récep-
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- teur téléphonique, mais aussi de celles du bobinage inducteur.
- Aussi le problème de la sensibilité du téléphone est-il généralement trop complexe pour être utilement abordé par le calcul. M. Guyau a montré dépendant qu’il admet une solution élégante en T. S. F. : la résistance du téléphone, au moins dans le cas où la fréquence de l’étincelle est peu élevée, doit être égale à celle du détecteur. Cette règle, universellement adoptée par les constructeurs, conduità associer au détecteur électrolytique un téléphonede plusieurs milliers
- Kennely et Pierce (') ont mis en évidence l’influence de la fréquence.
- Dans une première étude sur un appareil de réseau, faite en étouffant avec le doigt les mouvements de la membrane, ces auteurs ont observé que la courbe ascendante de la résistance en fonction de la fréquence a une allure parabolique et que le produit de la résistance de l’appareil par son inductance est sensiblement indépendant de la fréquence.
- L.R = const.
- V 200
- Fréquence
- 0.0 60
- 0.0 W
- 0.020
- Fig. i.
- d’ohms (8ooo en général) et à certains détecteurs à cristaux des appareils de quelques dizaines d’ohms seulement.
- Les ti’ès multiples éléments qui agissent sur la sensibilité du téléphone sont difficiles à définir et l’on se contente généralement de désigner chaque appareil par sa résistance ohmique, quantité suffisamment caractéristique pour des appareils de dimensions similaires.
- En réalité, la résistance et l’inductance effectives de l’écouteur sont des quantités variables ndn seulement en fonction de la fréquence, de la forme et de l’intensité du courant, mais même dans le cours d’une péi’iode.
- La figure i reproduit les courbés donnant les variations delà résistance, de l’inductance et de la réactance pour un appareil de 71 ohms.
- Laissant ensuite la membrane vibrer librement, MM. Kennely et Pierce ont constaté que la résistance et la réactance de l’appareil, assez voisines ides valeurs précédentes, soit aux basses fréquences, soit aux fréquences élevées, en diffèrent notablement au voisinage de la période propre fondamentale de la membrane, ce qu’ils ont attribué'aux vibrations énergiques de celle-ci àla résonance.
- Comme les déplacements de la membrane qui (*)
- (*) Electrical World, 14 septembre 1912.
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- correspondent aux courants téléphoniques normaux sont toujours assez faibles, il est vraisemblable que les variations de la résistance et de la réactance de l’appareil correspondent aux courbes obtenues en étouffant les vibrations (fig. i).
- Le fonctionnement du récepteur téléphonique se prête dans une certaine mesure à l’analyse mathématique (*). Désignant par u le déplacement du centre de la membrane, par i l’intensité du courant qui traverse les enroulements, par v la tension aux bornes, M. Guyau établit les
- du mouvement élastique des plaques vibrantes, égal au cinquième de la masse de la membrane. Les coefficients L et R représentent, à la fréquence considérée, l'inductance et la résistance du téléphone. Quant aux autres coefficients, l’étude oscillographique d’un téléphone de réseau de i»7 ohms a fourni les valeurs suivantes : a = 8oo,
- P = 2,5 X io7,
- M = 2 X io’) en unitésG. G. S.
- Fig. a. — Oscillogramme du mot Allô. Téléphone de 127"', miroir de oSr,ia.
- deux équations, électrique et mécanique, sui-
- vantes : dp-u , du
- (*) m — dt a — ^u —.Mi = 0,
- ,, du di
- w M—-dt + L^ + Rf=„
- Le coefficient m doit être pris, d’après la théorie
- (*) Voir H.PoivoKR±,'.EclairageEleclrique, nosdesi6 et a3 février, 9, 16 et 23 mars 1907, p. 221, 267, 329, 365 •et 402.
- Il en résulte qu’àuiicourantdebasse fréquence, de io microampères efficaces, traversant les enroulements d’un récepteur normal d’une centaine d’ohms, correspond une amplitude de mouvement de la membrane de l’ordre du centième de micron. Une conversation téléphonique correspondra, vu la sensibilité plus élevée de l’appareil aux fréquences vocales, à des amplitudes de quelques centièmes de micron. (Il est curieux de constater que l’amplitude des vibrations de l’air au voisinage de la membrane sëmbléetre, d’après Cauro, de l’ordre de quelques centièmes de mil-
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- limètre, c’est-à-dire mille fois plus grande environ que celle des oscillations de la membrane qui leur donnent naissance.)
- Pour mesurer d’aussi faibles déplacements M. Guyau a utilisé une méthode interférentielle. Sur la membrane vibrante est collé un très petit miroir plan argenté, devant lequel se trouve un miroir de référence égalementplan, semi-argenté, et lié rigidement au bâti de l’appareil. Les deux miroirs emmagasinent entre eux une mince lame
- La figure adonne l’oscillogramme du mot Allô, transmis dans l’écouteur de 137 ohms dont on a donné plus haut les caractéristiques, et muni d’un miroir do o gr. 11. L’amplitude des mouvements de la membrane est bien de l’ordre de grandeur qu’on a déjà indiqué. Les deux lacunes qu’on peutobserversur les courbes correspondent à des vibrations d’amplitude trop grande pour avoir laissé une trace lisible avec le temps de pose employé (osée. 0004).
- Déplacements
- fechef/o 1,2 S W5
- téléphonique
- Fig. 3. — Téléphone de I27w.
- d’air dont l’épaisseur variera pendant les vibrations de la membrane. Un faisceau lumineux, fourni par une lampe à mercure, en quartz, et concentré sur la lame d’air au moyen d’un système optique, dessine sur celle-ci des franges d’interférence verticales. Ces franges sont projetées à travers une fente étroite sur une pellicule sensible portée par un cylindre enregistreur animé d’un mouvement hélicoïdal. L’image ponctuelle des franges grave, en coordonnées obliques, l’oscillogramme du mouvement étudié; l’écartement de deux! franges consécutives fixe l’échelle à laquelle on doit lire le diagramme.
- La transmission microphonique est trop irrégulière et trop mal connue pour pouvoir se prêter à une étude du mouvement de la memr brane téléphonique. Aussi M. Guyau a-t-il eu recours à l’excitation au moyen du courant alternatif du secteur pour caractériser celles des propriétés de l’écouteur qui permettent d’en faire un instrument de mesures relatives. 11 a comparé la courbe de' tension relevée au moyen du contact tournant Carpentier à celle du mouvement correspondant de la membrane.
- Il arrive le plus souvent que, sans avoir leurs ordonnées rigoureusement proportionnelles, les
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- 'Déplacements de la membrane téléphonique a l’échelle
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- deux courbes ont une allure assez semblable.
- 0S023&
- Fig. 4. — Téléphone de 4240*’.
- pas toujours ainsi. Parfois
- d’induction utilisées et peut-être aussi à la viscosité de l’air emprisonné entre le noyau et la membrane. Mais il n’y a pas lieu de se préoccuper outre mesure de cette déformation des oscillogrammes tant qu’elle ne devient pas excessive. Même sur des courbes assez déformées, comme celles de la figure 3, la proportionnalité des déplacements aux intensités se maintient à moins de 10 % près.
- Si l’on mesure les courants en microampères et les déplacements en microns, la sensibilité du téléphone de 17.7", muni d’un miroir de o gr. 12, est donnée, pour 42 périodes, par la formule
- 900?
- comme, en général, on peut apprécier avec une certaine exactitude le 1/10 de frange, l'instrument permet de déceler une vingtaine de microampères efficaces. Un appareil de grande résistance donne une bien meilleure sensibilité. C’est ce que montrent les courbes de la figure 4 relatives à un téléphone de 4 000"* pour lesquelles on a
- ___ ^eJÏ
- 21 o ’
- le rapport des intensités aux déplacements de-
- Temps
- pjj- 5 __ Mouvement de la membrane téléphonique (téléphone de 127*") au moment de rétablissement
- ' du courant (f = 42 périodes). ___
- prennent naissance des harmoniques dus à la présence des noyaux de fer dans les bobines
- meure constant à 5 % près. La sensibilité de cet instrument permet d’atteindre des intensités de
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- quelques microampères seulement et il serait possible de l’améliorer en substituant au miroir de o gr. 12 un miroir plus léger.
- Le téléphone constitue donc un instrument de mesure d’une très grande délicatesse. Il y a lieu
- il est visible que la position moyenne de la membrane s’est écartée de oi‘a5 environ de sa position d’équilibre primitive. C’est un déplacement du zéro considérable vis-à-vis de l’amplitude du mouvement qui est d’environ oi' i8.
- Fig. 6. — Mouvement de lu membrane téléphonique (téléphone de 127"') au moment de la rupture
- du courant (f = 42 périodes).
- toutefois d’être en garde contre deux causes d’erreur : toute discontinuité dans la courbe du courant téléphonique produit sur la membrane une véritable percussion qui, d’une part, amorce des oscillations propres de celle-ci, et, d’autre part, lui imprime une déformation perma-
- Cette sorte d'indifférence de la position d’équilibre se manifeste constamment. Dans les oscil-logrammes de la voix (fig. 2), on aperçoit, à côté des mouvements périodiques, des déplacements irréguliers causés par quelque variation soudaine du courant microphonique.
- Temps
- Fig. 7. — Mouvement de la membrane téléphonique (téléphone de 127“) au moment de la rupture du courant (f—42 périodes).
- liente qui déplace sa position moyenne d’oscillation.
- Ainsi, sur l’oscillogramme de la figure 5, relatif à la fermeture du courant dans le circuit téléphonique, on aperçoit trois oscillations propres bien nettes, et, au bout de o sec. o3 ou o sec. 04,
- L’étude dey vibrations propres de la membrane peut être commodément faite en oscillogra-phiant la rupture du courant d’excitation (fig. 6 et 7) -
- La membrane, brusquement abandonnée à elle-même, fait trois ou quatre oscillations, dont
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- la fréquence, en dehors de la première, peut être évaluée à 8oo. Tout en oscillant, la membrane regagne progressivement la position d’équilibre que lui assignait son mouvement antérieur avec un coefficient d’amortissement d’un ordre de grandeur voisin de 400.
- Ces données permettent de calculer la courbe de sensibilité du téléphone en fonction de la fréquence.
- Soit «a la pulsation du courant excitateur. En se rapportant aux équations (i) et (2) du téléphone on peut exprimer le mouvement du centre de la membrane par une relation de la forme :
- d2u du . .
- dtr 2 b It + “ = sm
- dans laquelle on a :
- a j — =2 0,
- m
- — = + £,
- m
- N
- 'g*
- et dont l’intégrale, les termes transitoires mis à part, est :
- gi sin (w£ — tp)
- u —
- y/è4 -f- 2 b2 {e -(- w2) -f- (s — w2J* L’examen des oscillogrammes (fig. 6 et 7) per-
- met, comme on l’a indiqué, de fixer l’ordre de grandeur de £ et de b :
- y/e = 21c X 800 = 5 000, b 400.
- La courbe de sensibilité de l’appareil :
- =______________#Va______________
- *eff y!v + 2 b2 (c + w2) + (3 — w2)2’
- est aisée à construire (fig. 8). Elle a une tangente
- 2000
- horizontale pour »=o , passe par son maximum, aux environs de la fréquence 800, puis devient asymptote à l’axe des x.
- En réalité, les multiples harmoniques de la membrane doivent donner une série de pointes de résonance zigzaguant cette courbe simple.
- À. Boutaric.
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- NOTE SUR UN DIAGRAMME DES MOTEURS-SÉRIE POLYPHASÉS
- A COLLECTEUR
- Les flux résultant des forces magnétomotriecs d’un moteur polyphasé à collecteur peuvent se résumer en deux flux de dispersion, slatorique et rolorique, induisant des forces électromotrices de self-induction, et en un flux composé, intéressant le circuit magnétique commun au stator et au rotor, produisant des forces électromotrices d’induction mutuelles.
- Tant que la saturation n’est pas atteinte, les flux de dispersion restent proportionnels respectivement aux courants du stator et du rotor. Et comme les courants circulant dans ces deux parties du moteur sont proportionnels entre eux, le flux composé, c’est-à-dire d’induction mutuelle, variera également pour un même calage des balais, proportionnellement à l’intensité du courant absorbé par le moteur.
- Les vecteurs des courants statorique et roto-rique font entre eux un angle constant, dépendant du mode d’alimentation du rotor. En se fixant la grandeur et la direction du courant statorique, le courant rotorique se trouve donc par le fait même déterminé en grandeur et direction. Dans ce qui suit, pour simplifier les tracés, nous supposerons que les vecteurs des courants statorique et rotorique occupent la même direction.
- La grandeur, du flux d’induction mutuelle s’obtiendra en composant, suivant la règle du parallélogramme, les grandeurs des vecteurs des flux résultant des forces magnétomotrices stato-riques et rotoriques, diminuées Jfien entendu des parties de flux de dispersion. Dans le tracé, ces grandeurs feront entre elles un angle égal à l’angle mesurant le décalage dans l’espace des bobinages statorique et rotorique correspondants — décalage déterminé par la position des balais — multiplié par le nombre de paires de pôles du moteur.
- Les directions QL et PK (lig. j) des vecteurs des forces électromotrices, induites dans le stator èt le rotor par le flux d’induction mutuelle, seront décalées respectivement par rapport à la direction SB des vecteurs des forces électromo-triccs de sell-induction, d’angles égaux à ceux
- formés dans le tracé ci-dessous par le flux d’induction mutuelle et chacune de ses composantes statoriques et rotoriques, angles d’ailleurs constants pour une position fixe des balais.
- II convient de remarquer que les forces électromotrices d’induction mutuelle et de self-induction rotoriques changeront de sens, en conservant une même direction, suivant que la vitesse de rotation du rotor sera plus petite ou plus grande que celle du flux tournant.
- En définitive (fig. t), pour un courant donné Oi absorbé par le moteur, nous connaissons, en grandeur et en direction, les forces électromo-triccs statoriques de self-induction SB, d’induction mutuelle MA etla chute ohmique totale RS. Ces forces électromotrices varient proportionnellement au courant absorbé par le moteur.
- Les valeurs des forces électromotrices rotoriques de self-induction BM et d’induction mutuelle AO ne sont fixées qu’en direction, fl convient toutefois de remarquer qu’il existe entre les longueurs des deux vecteurs BM et AO un rapport constant, égal au rapport des grandeurs des flux de dispersion rotorique et d’induction mutuelle.
- Enfin, la tension OR d’alimentation du moteur nous est connue en grandeur.
- L’ensemble des vecteurs des forces électromotrices forme ainsi un hexagone que les conditions précédentes déterminent.
- Remarquons que si nous augmentons proportionnellement tous les côtés du polygone ainsi tracé, pour obtenir une figure homologue à. la première, la vitesse de rotation du rotor restera la même, car si, d’une part, la tension appliquée aux balais du rotor est augmentée, les flux agissant sur le rotor se trouvent augmentés dans la même proportion. Autrement dit, si la tension appliquée ' augmente proportionnellement au courant absorbé, le polygone des forces électromotrices reste semblable à lui-même,
- Dans ce qui suit, nous supposons que le courant absorbé varie suivant une loi linéaire et que sa direction Oi est constante (lig. i), le point O
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- étant l’origine des vecteurs. Examinons quelles seront dans ces conditions les variations de grandeur des autres forces électromotrices dont le moteur à collecteur est le siège.
- Les chutes ohmiques totales RS, variant pro-
- *
- suivant les directions fixes KOP, QOL, mesurant, à une constante près, l’angle de décalage des balais.
- D’ailleurs, l’extrémité M de la force électromotrice d’induction mutuelle statorique se
- Fig. i.
- portionnellement au courant, sont supposées se déplacer entre deux droites FG et FIL La force électromotrice de self-induction statorique SI3 se déplace donc également entre deux droites FII et FJ.
- Les forces électromotrices d’induction mutuelle rotorique OA et statorique AM sont tracées
- trouve évidemment située suivant la direction de la force électromotrice de self-induction statorique et le vecteur MA se déplacera entre deux droites PI et PK, les longueurs BM et AO représentant respectivement les forces électromotrices rotoriques de self-induction cl. d’induction mutuelle.
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- Les points F et P, d’où partent les faisceaux de droites limitant les différents vecteurs, sont évidemment situés sur une perpendiculaire à la direction O/du courant. La longueur FP mesure la force éleolromotricc de self-induction rotorique pqur un courant nul absorbé par le moteur. A ce moment, la force électromotrice d’induction mutuelle rotorique est mesurée par la longueur OP. Les longueurs FP et OP sont donc entre elles respectivement comme le rapport des grandeurs des flux de dispersion rotorique et d’induction mutuelle.
- Les forces électromotrices rotoriques d’induction mutuelle et de self-induction passeront par une valeur nulle au synchronisme. Quand la longueur OA s’annulera, il en sera de même de la longueur B M. En conséquence, les droites PI et F.T doivent se croiser en un point C situé sur la direction fixe Q OL.
- On remarque d’ailleurs, dans cette construction, queles longueurs BM et OA restenttoujours F P
- dans le même rapport^p.
- A partir du tracé OC Si Ri O correspondant au synchronisme, et pour des courants)grandissants, les forces électromotrices rotoriques d’induction mutuelle et de self-induction changent de sens. En particulier, les forces électromotrices de sell'-induction statorique et rotorique s’ajoutent arithmétiquement.
- Courant absorbé. — Il est évidemment proportionnel à
- RS
- ÔR
- X E,
- E étant la différence de-potentiel appliquée au moteur. La grandeur réelle d’une force électromotrice quelconque du tracé s’obtiendra également en multipliant la longueur mesurée par
- le rapport correspondant.
- Vitesse. — Nous avons :
- Force électromotrice d’induction mutuelle rotorique :
- E“ = Aü)n<I';« = AF (V — ,r) <!>,„.
- A et F étant des constantes ;
- «R, la vitesse relative du flux tournant par rapport au rotor ;
- <!>„,, le flux d’induction mutuelle ;
- Y, la vitesse constante en nombre de tours par minute du flux tournant statorique;
- x, la vitesse en nombre de tours par minute du rotor.
- De cette égalité, nous tirons :
- x = Y
- E”
- AF<I>,
- ou, aussi longtemps que la saturation ne se fait pas sentir, et en remarquant que le vecteur AM — E* est proportionnel au courant :
- x =
- E
- M
- K
- E“ étant comptée négativement à droite de l’origine O et positivement à gauche ; K étant une constante dont la grandeur s’obtient par la considération suivante :
- A vitesse nulle du moteur, l’équation (2) devient :
- V = K — Es
- E
- K = V — E11
- Or, nous verrons plus loin qu’à ce moment le rapport
- Es
- E
- est égal au rapport des nombres de spires des bobinages statorique et rotorique correspondants. Puissance absorbée. — Elle est proportionnelle à
- EI cos <I>
- D g ^
- E2 cos ORS
- P = E2
- Rs_ ÔR*
- (3)
- Rs étant la projection de RS sur la direction de la différence de potentiel appliquée.
- Il convient de remarquer que, pour une vitesse nulle du moteur, la puissance absorbée serait nulle si les pertes ohmiques et dans le fer étaient elles-mêmes, nullcs.
- Dans cette hypothèse, la longueur de la projection R.v devrait être égale à zéro, c’est-à-dire que lUS*, direction du courant, devrait être normale à la direction OR* de la force électromo-
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- trice appliquée. A ce moment, le moteur serait assimilable à une self.
- En réalité, les pertes à la position d’arrêt correspondent à une certaine valeur du rapport
- OK3
- et à ce moment le décalage du courant par rapport à la force électromotrice appliquée sera
- mesurée par l’angle ïOR3,presque droitd’ailleurs,
- et le courant absorbé sera égal à X E.
- UK3
- A l’arrêt, les bobinages du stator et du rotor étant balayés par les flux à la même vitesse, les forces électromotrices d’induction mutuelle OA3 et A3M3 seront entre elles comme le rapport des nombres de spires des bobinages correspondants, rotorique et satorique.
- Il en est de même, en tenant compte bien entendu des grandeurs relatives des flux de dispersion, des forces électromotrices de self-induction rotorique et statorique.
- En définitive, l’examen du tracé nous montre que le facteur de puissance est minimum, négatif et égal au cos de l’angle i.O F quand le courant absorbé par le moteur est nul.
- Le courant augmentant, le facteur de puissance s’élève, passe par l’unité quand le courant est , R0S0 egalaORo '
- Si le courant continue à croître, le facteur de puissance diminue, mais devient positif. Dès lors, le moteur travaille comme un appareil inductif. A l’arrêt, le cos <1> du moteur est presque nul. Il s’annulerait complètement si la puissance à là poulie du moteur changeait de sens, et dans cette hypothèse, après avoir passé par une valeur nulle, il augmenterait de nouveau ; à partir de ce moment, nous nous trouverions dans la partie du diagramme correspondant au fonctionnement en génératrice à collecteur.
- En ce qui concerne les grandeurs des différentes forces électromotrices dont le moteur est le siège, nous voyons qu’à courant nul absorbé la différence de potentiel appliquée n’est équilibrée que par les forces électromotrices rotoriques de self-induction.
- FP
- OF
- X E
- et d’induction mutuelle OP
- OF
- X E.
- La formule (2) nous montre qu’à cet instant la vitesse du moteur est infinie.
- Le courant absorbé augmentant, les forces électromotrices induites dans le rotor diminuent et finissent par s’annuler, quand la force électromotrice d’induction mutuelle statorique sera égale à O G. La formule (2) nous donnera alors x — Y, c’est-à-dire, ce qui d’ailleurs est évident a priori, qu’à ce moment, lavitessede rotation du rotor est égale à celledu fluxtournantstatorique. Les forces électromotrices, dont le moteur est le siège, se réduisent aux forces électromotrices induites dans le stator, augmentées delà chute ohmique totale. Le tracé des vecteurs est alors représenté par le polygone OR, St CO. Comme d’ailleurs l’impédance Rt Cet la force électromotrice d’induction mutuelle statorique sont de direction constante, il sera facile de tracer, pour une différence de potentiel appliquée donnée, le triangle OR, C.
- Pour les vitesses inférieures au synchronisme, les forces électromotrices rotoriques de self-induction et d’induction mutuelle changent de sens, ainsi que nous l’avons vu.
- Quant à la puissance absorbée, l’application de la formule (3) montre qu’elle grandit d’abord avec le courant, atteint un maximum et décroît. Le maximum correspond a u décrochage du moteur et la puissance nülle à la position théorique OR4 de la force électromotrice appliquée normale à la direction du courant absorbé.
- Il est intéressant de reqiarquer, quoique le tracé que nous venons de décrire suffise à l’étude des variations des différentes grandeurs, que dans le cas particulier où la force électromotrice appliquée E serait constante, la droite F G se convertirait en un cercle de centre O et les points tels que S, d’une part, et M, d’autre part, se déplaceraient sur des ellipses. Bien entendu, le point A resterait sur la direction fixe O P.
- Alphonse Claveleira,
- Ingénieur Chef .de service aux Ateliers de Constructions Électriques du Nord et de l’Est.
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- L A LU MIÈ R E ÉLECTRIQUE T. XXX (2° Série). — N° 30.
- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Etude des pertes dans les diélectriques avec
- les tubes à rayons cathodiques. —
- F.-P. Minton.
- L’étude approfondie des matières isolantes est devenue de plus en plus importante. Tout d’abord, si une matière ne donnait pas satisfaction, on en choisissait une autre. Mais le nombre de ces matières étant forcément limite, il a fallu en venir à un examen plus approfondi deleurs propriétés. Les essais électriques ont été d’abord des essais de voltage, de capacité et de résistance. Les premiers ne permettaient pas de comparer la valeur relative de deux isolants dont un seulement claquait à un voltage donné.
- Les essais de capacité étaient effectués à des voltages faibles et non à des voltages comparables à ceux de service; si ces essais sont utiles, ils ne permettent pas de tirer des conclusions pratiques pour l’emploi d’un isolantdéterminé. Il en est de même des mesures de résistance effectuées avec du continu, alors que le courant alternatif est beaucoup plus intéressant pour l’ingénieur.
- En considérantl’insudisance de ces trois sortes de mesures pour les isolants, il résulte que l’examen des perles diélectriques et des facteurs de puissance desdits isolants peut donner des résultats de grande importance. Avec de telles mesures, on peut examiner une matière jusque dans le voisinage de son point de rupture sous les conditions les plus diverses, et même pousser l’expérience bien au delà de ce point de rupture. Très peu d’études d’isolants ont été faites au moyen des pertes diélectriques. Les plus importantes viennent d’Angleterre dans ces dernières années, elles ont été effectuées par IL llayner, Paterson Rayner ctKinncs et enfin par Fleming et Dike. Ces derniers ont employé la méthode du pont, les autres ont fait usage du wattmètre électrostatique. La méthode du pont a le désavantage de ne pouvoir servir pour les voltages élevés, et le wattmètre électrostatique est un instrument très irrégulier.
- Le professeur Ryan suggéra le premier l’idée d’employer le tube à rayons cathodiques et l’utilisation du cyclographc, nom donné à cetappareil, a commencé en 1911 au laboratoire de Pittsfield. Il a donné les meilleurs résultats pour la mesure des pertes diélectriques petites ou grandes, à tous les voltages, et à toutes les fréquences. L’application du cyclographe aux recherches des quali-
- Fig-, 1.
- tés des isolants est l’objet jdu mémoire présenté par l’auteur.
- But des recherches. — Ce but est triple : i° montrer l’utilité du tube à rayons cathodiques dans l’étude des pertes diélectriques des isolants ; 20 mesurer les pertes diélectriques, les facteurs de puissance, et les courants, à des voltages et des températures divers, d’isolants variés sous des conditions variées; 3° obtenir une meilleure compréhension du mécanisme de la conductibilité
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- diélectrique et établir des lois empiriques régissant le phénomène avec des voltages élevés.
- Les résultats obtenus montrent que ce triple but a été atteint.
- Méthode pour déterminer tes pertes diélectriques. — La méthode étant entièrement différente de celle du professeur Ryaiq il est nécessaire d’indiquer comment l’appareil est utilisé.
- Le tube à rayons cathodiques M est montré figure i. Une différence de potentiel d’environ ao ooo volts est appliquée entre la cathode G et l’anode A et donne un jet de rayons cathodiques circulant à une très grande vitesse, une plaque en laiton d intercepte tous ces rayons sauf ceux qui passent à travers un trou rond d’environ o mm., 8 de diamètre, ménagé dans ce diaphragme; ce pinceau de rayons vient frapper l’écran fluorescent S.
- Pour que la figure soit symétrique par rapport au centre, ilfautemployer deux piècesd’un même isolant. Elles sont représentées dans la figure par A et B et placées dans une boîte à huile O. Une différence de potentiel étant appliquée à ces pièces d’essai au moyen du transformateur T, il s’agit de mesurer leur perte diélectrique. Pour cela une différence de potentiel simple proportionnelle au voltage entre A et B est appliquée aux quadrants q2 qs, elle provient du condensateur à air C.,. Aux quadrants q{ <7, est appliquéun potentiel proportionnel au courant passant dans l’isolant en essai. Ce potentiel vient des condensateurs C, C2.
- Sur l’écran S se forme une ellipse représentée par la figure* et dont les axes sont a et b ; l’aire de cette ellipse est
- J"2*
- ydx (a = :v b —y).
- 0 »
- L’auteur en partant des équations du potentiel de C3
- e = <?0 sin pt et du courant de C, C2
- i ~ I0 sin (pt -j- 0)
- fait remarquer que les axes a et b sont proportionnels aux potentiels e, ete0 (le voltage e, appliqué à un condensateur à air étant directement, proportionnel au courant le traversant); e, est ici représenté par l’équation :
- e, = K I0 cos (pt -j- 0)
- puisque i est décalé de 90° par rapport à e,.
- En transformant et en intégrant, il arrive à l’équation
- A = K K I cos 0
- où E est le voltage appliqué au système, I le courant passant à travers l’isolant et cos 0 le facteur de puissance du système.
- Les pertes des condensateurs à air étant négligeables, l’aire de l’ellipse A est donc proportionnelle à la perte diélectrique dans les deux pièces d’isolants. Le professeur Ryan est arrivé au même résultat par une autre voie.
- L’emploi du cyelographc serait difficile s’il fallait l’utiliser pour mesurer les courants et les voltages ; aussi ne sert-il que pour les facteurs de puissance, les deux autres quantités étant mesurées séparément.
- Sur la figure * l’ellipse en pointillé A0 représente la projection fluorescente sur l’écran pour un facteur de puissance égal à l’unité. On a donc
- A K EI cos 0
- — =-------------= cos 0.
- A0 KEI
- C’est le facteur de puissance du système, mais on peut désirer avoir celui des isolants en essai.
- L’auteur obtient ainsi cos 0' qui varie de o à 10 % de cos 0 suivant les conditions des essais.
- Le courant passant à travers l’isolant est le même que celui passant à travers C, et C2. Il est donné par l’équation I = 27c/'C et X 10—6 ampères, et est déterminé au moyen d’un voltmètre électrostatique Kelvin.
- Le voltage E est obtenu en mesurant le voltage de l’enroulement basse tension du transformateur et en multipliant par le rapport de transformation.
- Les pertes dans les deux pièces d’isolants sont données par
- W = E'I cos 01 W = E I cos 0.
- On pourrait croire qu’un temps considérable est nécessaire pour ces essais, or en pratique il ne faut que 10 minutes;
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXX (2e Série). — N° 30.
- La figure 3 donne une vue du cyclographe dans sa chambre noire.
- L’auteur examine ensuite les conditions requises pour obtenir des tubes pouvant être employés couramment pendant plusieurs années.
- Il est question d’abord du vide qui peut être trop « dur » ou trop « doux », et des quatre méthodes principales suggérées pour maintenir le vide à une valeur à peu près constante.
- Pour l’emploi « commercial » du çyelographe il déclare que ces quatre méthodes ne lui ont pas donné satisfaction.
- 11 est arrivé à employer un tube deux années consécutives avec un vide constant, mais il ne donne aucune indication sur les procédés employés par lui pour arriver à cette constance.
- Les charges accumulées sur le verre entourant la cathode ont donné lieu aussi à des difficultés ; ces charges étant positives, celles de la cathode négatives, il se produit des décharges qui rendent le tube instable.
- L’auteur décrit les différents procédés tels que l’emploi de hautes résistances et les modifications de forme du verre entourant la cathode utilisée par différents savants.
- Il arrive, à la suite de ses expériences personnelles, à trouver qu’en effectuant le vide du tube à 35o° en une demi-heure, celui-ci peut rester constant pendant de longues périodes et qu’ainsi aucun trouble provenant des charges sur le verre n’est plus à craindre.
- Les quadrants. — Tous les expérimentateurs ont placé les quadrants q, q{ dans les tubes au lieu de les mettre à l’extérieur comme il est indiqué figure i. Si les déviations sont proportionnelles au voltage, cela n’est pas nécessaire et les tubes employés pendant trois ans au laboratoire ont toujours eu leurs quadrants dehors, sans qu’aucune exception à la loi établie ait été constatée.
- M. Minton examine ensuite la question de l’isolement des commutateurs reliant les fils aux quadrants et il insiste sur la nécessité de donner à ces commutateurs des bases à large surface en caoutchouc dur. Pour éviter le dépôt d’humidité sur la surface du verre, il rend les verres non hygroscopiques dans le voisinage des quadrants par l’application sur le verre d’une pâte composée d’éther et de nitro-celluïose.
- Excitation des tubes. — L’emploi d’une batterie de ao ooo éléments a été fait mais l’emplace-
- ment et le coût d’une pareille installation rendent impraticable une pareille solution.
- Le redresseur électrolytique donne des variations de potentiel.
- La machine statique également.
- Le « kenotron » pourra donner de bons résultats, mais il n’a pas encore été employé couramment.
- L’auteur a utilisé un redresseur mécanique consistant en un commutateur monté sur l’arbre d’un petit moteur générateur qui fournit le courant à basse tension au transformateur T. Le courant redressé venant du commutateur charge le condensateur C.
- Enfin, pour terminer l’étude du cÿclographe, M. Minton s’étend sur le champ produit aux hauts voltages employés (i5 ooo à a 5 ooo v.) parles conducteurs amenant le courant. Il recommande l’emploi de fils fins, supérieurement isolés, recouverts d’une armature en plomb reliée à la terre.
- Résultat des expériences. — L’auteur entre dans de longs développements, que nous ne pouvons reproduire que très succinctement ici, sur les résultats obtenus avec de nombreux échantillons d’isolants.
- Tout d’abord il est question des toiles vernies, les différents types essayés avaient 3o centimètres de côté et chacune des pièces A et B comprenait 4 ou 5 bandes de toile assemblées ensemble; ce nombre a même été porté à ia bandes et a donné les mêmes résultats.
- Les courbes présentent quelques particularités intéressantes, ainsi on peut y voir que les pertes diélectriques à i38° sont 45 fois plus élevées qu’à a5° pour un échantillon donné, tandis que pour un autre le rapport n’est plus que de a5.
- Pour le carton pressé huilé, un échantillon a démontré un facteur de puissance constant de 53° à 8o°; les autres présentent de grandes différences dans les pertes pour un voltage déterminé, différences dues à la variation de température. Mais les plus grandes variations observées pour les mêmes isolants sous les mêmes conditions de voltage et de température proviennent de la quantité d’humidité que renferme les échantillons examinés.
- Pour étudier le problème plus complètement, l’auteur présente les résultats au moyen d’équations empiriques*
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- La valeur du courant en fonction du voltage est donnée par l’équation
- I = K,V + KSV»,
- deuxième terme étant nul pour la température normale des essais et pour un bon isolant Il trouve les valeurs de ov,oooo 497 à ovoooo/|G5 pour les échantillons de toile vernie, 1 étant exprimé en milli-ampères par centimètre cube
- Fig. 3.
- et V en volts par millimètre; pour le carton 1 varie beaucoup plus, suivant le type et la température, il va de ov,00004 à oT,oooi.
- Il en est de même pour les facteurs de puissance qui, oscillant de 18 à 22 pour la toile, atteignent pour le carton des écarts beaucoup plus considérables.
- Pour les pertes en watts, dans presque tous les cas, on peut les exprimer par la fonction du voltage suivante :
- W = KV"
- Si le facteur de puissance est indépendant du voltage et le courant proportionnel audit voltage; W variera comme le carré du voltage, mais en pratique n est plus grand ou plus petit que 2.
- Ainsi pour la toile vernie
- W = /,.9X io-'VW pour l’échantillon n° 1 et pour le n° 3 W = I .87X10-” Y2-0Ï;
- il en est de même pour le carton où la valeur de n oscille entre 1, 3a et 2, 52.
- Des équations identiques sont données pour établir les valeurs du courant du facteur de puissance et du voltage en fonction de la température ou du pourcentage d’humidité. Le mémoire se termine par les conclusions suivantes :
- i° L’application heureuse du cyclographe pour la détermination des pertes diélectriques dans les isolants est amplement démontrée par les résultats donnés dans ce mémoire.
- 2° Pour un bon isolant, le courant doit varier comme le voltage, autrement s’il croit plus rapidement l’isolant aura des tendances à faiblir.
- 3° Les pertes diélectriques varient dans de grandes limites fonctions des conditions des essais et de la nature des isolants.
- 4° Les résultats donnés dans le mémoire montrent que le facteur de puissance peut varier de 2 à 99 % . Cette variation dépend également des conditions de l’essai et de la nature de l’isolant.
- 5° Les watts ne varient pas comme le carré du voltage mais d’une valeur qui peut aller de Y1-3*
- à V*-sa.
- 6° Les pertes dans l’isolant peuvent croître comme la cinquième ou sixième puissance de la température.
- 70 Les pertes dans le carton pressé, et probablement aussi dans d’autres isolants absorbant l’humidité, peuvent aussi croître comme la cinquième ou sixième puissance du pourcentage de l’humidité. Ces pertes commencent à devenir très appréciables à partir de 3 % d’humidité.
- 8° Des équations empiriques expriment les pertes diélectriques, les courants et les facteurs de puissance, en fonction du voltage de la température et de l’humidité absorbée.
- E. B.
- (Proceedings of the American Institute of Electrical Engineers, juin igi5.)
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- ÉCLAIRAGE
- Photo-électricité. — J. A. Fleming (1).
- Action photo-électrique de la lunubre sur les métaux et leurs composés. — Le professeur J. A. Fleming a fait, à la Royal Institution, de Londres, deux conférences sur la photo-electricité c’est-à-dire sur le pouvoir qu’ont certaines radiations lumineuses, et particulièrement les rayons ultra-violets, de provoquer les décharges d’électricité négative, surtout de certaines substances. Ce phénomène est intimement lié au problème de la nature de la lumière ainsi qu’à certaines questions pratiques de radiotélégraphie.
- Le point de départ des recherches sur ce sujet est une expérience de Hertz, en 1887, qui montra que la lumière d’une étincelle électrique tombant sur des sphères chargées d’électricité provoquait le jaillissement d’étincelles entre ces sphères. Un écran de verre ou de mica interposé sur le trajet du rayon empêchait la décharge spontanée tandis qu’un écran de quartz était sans influence. La lumière naturelle n’avait que peu d’effet; celle d’une bougie, aucune. Hertz en conclut, à juste raison, que l’action était due aux rayons ultra-violets.
- Une année plus tard, Halhvaclis découvrit que les rayons auraient effectivement le pouvoir de provoquer la décharge d’électricité négative (mais non positive) de plaques de zinc ou d’aluminium propres et bien polies. Le professeur Fleming a construit un petit électroscopc qui permet de reproduire cette expérience et de constater que la décharge, sous l’influence des rayons ultra-violets, est plus faible quand on présente à la lumière le côté rugueux delà plaque ou quand celle-ci est chargée positivement. L’effet de décharge est amplifié par interposition entre l’arc et la plaque d’une grille en toile métallique mise à la terre, il est annihilé par écran de verre. L’étain et l'argent donnent des résultats beaucoup plus faibles.
- Pour l’étude plus complète du phénomène à l’aide de diverses substances, l’auteur décrit un
- (') Résumé de deux conférences sur ce sujet, faites à la Royal Institution, les Ier et 8 mai 1915.
- appareil de son invention : boite en bois à deux compartiments, superposés et séparés par une cloison et une glace en quartz; dans le compartiment supérieur deux électrodes statiques en métal Invar; dans l’autre, les substances à étudier : poudre degraphite agglomérée,galène,etc., reposant sur une table qu’en cercle un anneau métallique chargé positivement et relié à l’électroscope.
- L’explication du phénomène complexe considéré est, d’après M. Fleming, que la lumière — spécialement les rayons ultra-violets — provoque l’émission, par certaines substances, d’électrons négatifs. Ces substances se chargent alors positivement et l’action s’arrête d’elle-même par accumulation de la charge -f-, à moins qu’il n’y ait communication avec la terre. En ce cas, le courant photo-électrique mesuré est du à l’émission d’électrons — et à la neutralisation de l’anneau (ou de la grille) relié à l’électroscope et chargé positivement.
- Les métaux et leurs composés peuvent être classés par expérience d’après leurs propriétés photo-électriques. Cette classification n’a guère de valeur scientifique, cependant, car elle varie suivant les circonstances. En général, les oxydes ne sont pas photo-électriques, mais les sulfures le sont très fortement, la galène en poudre en particulier; le sulfure de molybdène ne l’est pas.
- On a toutefois observé que l’action s’affaiblit rapidement avec le temps. Le zinc perd moitié de sa sensibilité en 5 minutes et celle de beaucoup de substances tombe à 10 % de sa valeur initiale en deux jours. Cette fatigue ne peut être combattue que par un repolissage. Elle se manifeste dans l’air et dans l’hydrogène, mais non dans un vide très poussé et semble due à la formation d’une pellicule gazeuse à la surface du métal. Il fallait donc opérer dans le vide, en y condensant les vapeurs métalliques pour établir une série photo-électrique des corps. C’est ce qu’a fait, en 1918, Llewellyn Hughes, à Cambridge ; il est arrivé ainsi à la série suivante :
- Métaux : Rb, K, Na, Al, Mg, Zn, Sn, Cd, Pb, Bi, Au, Ni, Cu, Ag, Fi;
- Sulfures : Pb, Cu, Mu, Ag, Su, Fe, Ni, Sb, Sv, Zn, Cd, Co, Mo*
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- 7 Août 1913.
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- Les expériences de Hughes et autres ont également: établi les lois suivantes :
- i° Pour chaque corps, il y a une certaine fréquence-limite des oscillations lumineuses, nécessaire pour produire l’effet plioto-élcctrique; les oscillations lumineuses de fréquence intérieure à cette limite sont inactives ;
- a0 La fréquence-limite est d’autant plus basse que la substance est plus électro-positive; pour les métaux alcalins, la lumière visible est suffisante sans qu’il soit besoin de faire agir les rayons ultra-violets;
- 3° Quand le métal n’est pas isolé, le potentiel positif atteint, sous l’influence de lumière à la fréquence n, est proportionnel à la différence entre n et la fréquence-limite n0;
- 4° Le courant photo-électrique, c’est-à-dire le nombre d’électrons déchargés par seconde, est proportionnel à l’intensité de la lumière;
- 5° La vitesse maximum des électrons émis est indépendante de la température et de l’intensité de la lumière.
- A l’aide de l’alliage de K et Na, fondu dans le vide, lequel est sensible à la lumière ordinaire, le professeur Fleming met en évidence quelques-unes de ces lois et démontre que l’effet photoélectrique dépend également du plan de polarisation (d’après Elster et Geitel).
- Un rayon lumineux est constitué par les déplacements électriques et magnétiques à angle droit les uns des autres et dans le plan antérieur de l’onde. Quand ces forces électriques et magnétiques restent dans les mêmes plans invariables passant par la direction du rayon — ce qui n’a pas lieu dans les conditions ordinaires — on dit que la lumière est polarisée dans un plan qui est celui de la force magnétique. Si maintenant, la lumière polarisée par un Nicol tombe sans une incidence de 45° à la surface de l’alliage, on constate que l’effet photo-électrique est le plus grand quand le secteur électrique est dans le plan d’incidence, ou quand la force électrique du rayon a une composante normale à la surface de l’alliage, parce qu’en ce cas cette force aide à l’extraction des électrons.
- Le courant plioto-électrique issu de l’alliage a un maximum pour une longueur d’onde voisine de l’extrémité du spectre visible quand la lumière est polarisée, comme on vient de le dire, (vecteur électrique dans le plan d’incidence), mais il croît, lorsque la longueur d’onde décroît,
- si la lumière est polarisée de telle manière que le vecteur électrique soit à angle droit du plan d’incidence.
- Il faut donc, pour la lumière polarisée, distinguer entre un effet normal (minimum) et un effet sélectif (maximum). On reprendra ultérieurement ce point.
- Revenons au pouvoir photoélectrique des composés, {/activité des oxydes, en général, est faible; la /incite est cependant plus active que l’oxyde de /inc en poudre. Par contre, les sulfures sont très actifs, surtout en minéraux; la galène et la chalcopyritc le sont davantage que les métaux.
- Il y a également un lien étroit entre la phosphorescence et l’activité photo-électrique; les sulfures phosphorescents (de barium, de calcium, etc.) sont photo-électriques. Le même parallélisme n’existe pas, cependant, quant à la fluorescence, quoique certains corps, tels que l’anthracènc, la fluorescéine, la willémite, présentent les deux propriétés à un haut degré. Les corps fluorescents réfléchissant la lumière ultraviolette paraissent verdâtres ; par transparence, cette lumière donne à la fluorescéine une coloration orange et rend incolore le sulfate de quinine (à fluorescence bleue). La fluorescence disparait avec la source lumineuse, tandis que la phosphorescence persiste un certain temps. Suivant Pauli et Volmer, les radiations qui produisent la fluorescence ne seraient pas identiques à celles qui déterminent la photo-électricité.
- Quelle est la nature des électrons qui se dégagent dans les phénomènes photo-électriques ? — Le professeur Fleming fait, à cct égard, plusieurs observations capitales.
- Tout d’abord, la lumière ne modifie pas la conductivité des métaux, probablement parce que le nombre d’électrons libres en est trop grand et leurs trajectoires, de trop grande amplitude. Et, néanmoins, la lumière modifie la conductivité du sélénium, celle des chlorure, bromure et iodurc d’argent; tandis que, d’autre part, la conductibilité de certains corps dans une seule direction est très suggestive; tels sont les corps employés dans les détecteurs d’ondes hertziennes.
- Il est curieux que, dans les couples des détecteurs à contact les plus usités : chalcopyrite-zincite, galène-plombagine, cuivre-molybdénite,
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- acier-charbon, l’une des substances soit toujours fortement photo-électrique et l’autre pas.
- Si l’on relie la zincite d’un détecteur au pôle — d’une pile — démontre le professeur Fleming à l’aide d’un appareil curvigraphe de son invention — on constate un fort courant qui ne se produit pas quand on inverse la polarité. Les métaux électro-négatifs, de même que la zincite, sont chargés d’électrons, mais les cèdent difficilement, au contraire des métaux électro-positifs et de la chalcopyrite. La zincite peut donc être qualifiée : composé électro-négatif. Cela étant, quand deux corps, l’un -)-, l’autre —, viennent en contact immédiat, les électrons tendent à passer du premier au second et si, par une force électromotrice extérieure, on essaye de provoquer ou d’activer le passage des électrons de l’un des corps dans l’autre, on constate qu’il est beaucoup plus difficile de les faire passer dans l’électro — que dans l’électro -{-. D’où, une conductivité dans une seule direction.
- Comment expliquer la photo-électricité ? — On a d’abord pensé à un effet de résonance ; mais l’explication n’est pas générale, car l’effet photoélectrique n’est pas dû à une lumière d’une fréquence déterminée, mais aux radiations de toutes fréquences au-dessus d’une certaine limite. On a ensuite parlé de phénomène de déclenchement ou de détente, mais la considération de l’énergie nécessaire à l’expulsion d’un électron rend cette hypothèse inadmissible. Le travail correspondant est, en effet, de l’ordre d’un billionième d’erg. Or, i3,5 millions d’ergs équivalent à un pied-livre et, lorsqu’une bougie éclairant une surface blanche est placée à la distance de i pied (= 385 millimètres), elle transmet sur cette surface une énergie égale à 200 ergs par centimètre carré par seconde. Un erg par centimètre carré par seconde suffit à produire un effet photo-électrique. De plus, le diamètre d’un atome est de l’ordre de io~8 centimètres; sa section apparente est de l’ordre de 10—13 centimètres carrés. En conséquence, l’énergie lumineuse de 1 erg par centimètre carré et seconde devrait agir sur un atome pendant 1 000 secondes avant de mettre un électron en liberté; or la libération des électrons paraît instantanée dans les expériences.
- Pour résoudre cette difficulté, on peut supposer que l’énergie lumineuse n’est pas uniformément distribuée ni concentrée dans le temps
- non plus que dans l’espace. Reprenant une conception de Faraday, J. J. Thomson a admis que l’énergie, dans le plan antérieur de l’onde, était concentrée en des taches ou points ; des physiciens européens ont supposé, de façon analogue, que la lumière n’était pas émise en un courant uniforme mais par faisceaux indivisibles renfermant chacun une somme d’énergie proportionnelle à la fréquence.
- Dans l’une ou l’autre hypothèse, l’énergie locale ou momentanée peut être supérieure à l’énergie moyenne. Cela expliquerait l’effet photo-électrique; toutefois, la seconde théorie, qui rappelle celle des corpuscules, n’explique pas les phénomènes d’interférence.
- En résumé, la théorie de Maxwell permet d’expliquer l’interférence, la diffraction, la polarisation et la plupart des phénomènes optiques, mais elle ne rend pas compte de l’effet photoélectrique, lequel exige une forme quelconque de structure atomique du rayon lumineux, c’est-à-dire le remaniement complet de la théorie du rayonnement.
- {A suivre.) (Engineering, 7 mai igi5.)
- La sensation de la lumière. — C. O. Paterson et B. P. Dudding.
- MM. Paterson et Dudding ont fait, à la Société anglaise des Ingénieurs d’éclairage, une relation d’une série d’expériences sur la visibilité, ou mieux, sur la facilité de vision d’un objet dans diverses conditions d’éclairage.
- Leurs recherches ont porté sur quatre points : i° visibilité nocturne de sources lumineuses éloignées ; 1° visibilité d’objets éclairés par le faisceau lumineux d’un projecteur ou d’un phare d’automobile; 3° visibilité d’objets très voisins de sources lumineuses intenses; 4° visibilité relative en éclairage direct et indirect.
- i° Visibilité nocturne de sources lumineuses éloignées. — Le premier point se rapporte, notamment, aux fanaux des navires, c’est-à-dire à des sources lumineuses de faible intensité. D’après les règlements du Board of Trade, en mer, les feux blancs doiventse reconnaître à 8 kilomètres, les feux rouges et verts, à 3 km. 2.
- D’après les expériènces soigneusement conduites, les auteurs déclarent que, par une nuit sombre, les feux cessent d!être visibles lorsque
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- 1 Août 1915.
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- leur intensité lumineuse tombe au-dessous de i ,6 bougie. Ils ont observé également que l’intensité lu mineuse spécifique de feux à très petite surface n’a aucune influence sur la visibilité ; le flux total de lumière seul importe.
- Au contrairej lorsque la source lumineuse présente une certaine surface, le problème devient plus complexe et la loi de l’inverse du carré de la distance ne s’applique plus. On a fréquemment remarqué, en effet, qu’une grande flamme de chalumeau à l’hydrogène, à peine visible à 20 centimètres pour un œil normal, se voit aisément à 20 mètres.
- Cet effort de l’œil pour percevoir une faible lumière soulève deux questions intéressantes :
- i° Quelle est la quantité minimum d’énergie qui peut impressionner un élément de la rétine humaine ?
- 2° Quelle est l’influence de la vision oblique ou indirecte dans la perception de lumières de différentes couleurs ?
- Ala première de ces questions, on peut répondre que, pour les radiations comprises entre o,52 \j. et o,58 [a, etpour une ouverture depupille de 7 mm. 5, la quantité d’énergie nécessaire pour qu’un point lumineux impressionne la rétine d’un œil accommodé à l’obscurité est de l’ordre de 6x>o~ 13 watts.
- Quant à la seconde question, on peut y répondre, d’après les expérimentateurs, en disant que toute source faible de lumière blanche est aperçue plus facilement par vision oblique que parvision directe, mais que, si une lumière verte paraît 5 fois plus vive en vision oblique qu’en vision normale, c’est exactementle contraire pour la lumière rouge.
- 20 Visibilité d’objets éclairés par le faisceau lumineux d'un projecteur ou d’un phare d'automobile. — Les expériences faites à l’extérieur et au laboratoire à l’aide d’ingénieux dispositifs photométriques ont conduit aux conclusions suivantes, • déduites de la comparaison de l’objet éclairé par le projecteur à un autre objet témoin éclairé indépendamment et dont la visibilité était rendue égale à celle du premier.
- Si l’on porte en abscisse le logarithme de la dimension linéaire et en ordonnée le logarithme de l’intensité lumineuse spécifique d’un objet, à visibilité égale, les points obtenus se répartissent sur deux droites ou éléments de courbes dont l’une indique que le produit de l’intensité lumi-
- neuse spécifique par le carré de la dimension linéaire est constant, et l’autre, que le produit de l’intensité lumineuse par la dimension linéaire est constant. Le changement de loi correspond à l’intersection des deux droites, soit à un objet vu sous un angle de io°. La première loi est valable au-dessus, la seconde au-dessous de cette mesure angulaire.
- Au point de vue pratique, on peut déduire des expériences que la portée utile des phares d’automobile croît avec l’intensité du faisceau lumineux. Si un phare permet de distinguer à 100 mètres un objet de dimensions appréciables, on peut, d’après son intensité lumineuse, calculer celle d’un phare qui donnerait, pour le même objet, la même visibilité à une distance double.
- 11 suffît de doubler l’éclairement spécifique de l’objet et, pour le faire à une distance double, il faut multiplier l’intensité par (2 X a*) = 8.
- En d’autres termes, la portée utile d’un phare
- d’automobile est proportionnelle à la \J de
- l’intensité de son faisceau.
- 3° Visibilité d’objets très voisins de sources lumineuses intenses. — On sait, pour l’avoir souvent constaté, qu’il est impossible de distinguer aucun objet situé en arrière d’un phare d’automobile. Néanmoins, la présence de lumières brillantes dans le champ visuel n’atténue pas la faculté de distinguer des objets ou des détails voisins de ces sources lumineuses, bien que leur éclairement en soit relativement faible. Là encore, la loi de l’inverse du carré de la distance ne paraît pas exacte.
- 4° Visibilité relative en éclairage direct et indirect. — Les recherches sur ce sujet touchent aux fondements mêmes de la technique de l’éclairage dont le but est d’utiliser les sources lumineuses de façon économique en même temps que satisfaisante. La direction de la lumière incidente est ici une question capitale, les objets (bas-reliefs, par exemple) prenant des aspects différents suivant la façon dont ils sont éclairés. Les auteurs ne relatent aucune expérience sur ce point. Remarquons toutefois que, si l’éclairage indirect est le plus agréable pour les appartements, il est des cas où des ombres légères ou de menus contrastes de lumière rendent la visibilité plus grande.
- [Engineering, 7 mai 1915.)
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- ÉCHOS DE LA GUERRE
- LA GUERRE, LES MARCHÉS A LIVRER, LA FORCE MAJEURE, D’APRÈS DIVERS JUGEMENTS
- LeTribunal de Commerce de la Seine, dans son audience dii9 mars 1915, vient de rendre un jugement très intéressant qui constitue à lui seul la réponse à une question fréquemment posée aux jurisconsultes depuis le commencement de la guerre. Les journaux judiciaires en donnent dans les termes suivants le rapide sommaire : « Les difficultés apportées par l’état de guerre dans la fabrication d’une marchandise vendue ne constituent pas lecasde force majeure pouvant décharger le vendeur de l’exécution des marchés qu’il a consentis. En conséquence, en se refusant, malgré les mises en demeure de l’acheteur, à effectuer les livraisons promises, ou en subordonnant ces livraisons à la stipulation d’un prix supérieur à celui qui a été originairement fixé, le vendeur manque gravement à ses engagements et il y a lieu de prononcer à ses torts et griefs la résiliation des conventions.
- « Une allocation de dommages-intérêts doit même être accordée à l’acheteur pour l’indemniser du trouble que l’inexécution du marché a apporté dans ses affaires, etdes prix plus élevés qu’il justifie avoir payés pour remplacer la marchandise non livrée » (’).
- Pour comprendre l’existence de la dilliculté, depuis sa naissance jusqu’à sa solution, il est nécessairede résumer àtrès grands traits les principes admis aujourd’hui, tant en doctrine qu’en jurisprudence, au sujet de la guerre et de seseffets sur les contrats qu’elle a trouvés en cours d’exécution, ou tout au moins définitivement signés.
- Il semble, en effet, que l’on ait généralement des idées très vagues sur ce point.
- Sans doute, la guerre est un cas de force majeure, puisque c’est un phénomène qui, se produisant indépendamment de la volonté des parties contractantes, ne peut pas plus être arrêté qu’il n^a pu être mis en œuvre par elles : il faut donc
- p) Gazette des Trib. Le a7 juin 1915, af, Wel et Cic> contre Rothe frères.
- admettre que la guerre entre dans les circonstances prévues par l’article 11/,8 du Code civil : « 11 11’y a lieu à aucuns dommages-intérêts lorsque, par suite d’un cas de force majeure ou d’un cas fortuit, le débiteur a été empêché de donner ou de faire ce à quoi il était obligé, ou a fait ce qui lui était interdit. » Maison chercheraitvainement dans tout le Code civil un article déclarant que la guerre est un cas de force majeure qui, dans toute la France, fait tomber les contrats et remet les parties au même et semblable état que si elles n’en avaient jamais signé. Le code édicte simplement unerègle générale en spécifiant qu’elle devra s’appliquerdanschaque cas particulier, etehaque fois qu’un contractant, obligé à un fait déterminé, prouvera que la guerre l’a mis dans un état tel qu’il ne pouvait exécuter son obligation. Car l’article 11 /|8, qui prévoit en faveur de l’obligé la dispense de l’exécution, n’est en réalité que la conséquence normale de l’article 1147, d’après lequel, « le débiteur est condamné au paiement de dommages-intérêts, soit à raison de l’inexécution de l’obligation, soit à raison du retard dans l’exécution, toutes les fois qu’il ne justifie pas que l’inexécution provient d’une cause étrangère qui ne peut lui être imputée, encore qu’il n’y ait eu aucune mauvaise foi de sa part ». Cet article met à la charge de celui qui l’invoque le fardeau de cette preuve : l’inexécution devenue impossible par suite d'une cause indépendante de sa volonté. Et le bon sens populaire a vulgarisé ces principes juridiques en une maxime bien connue: « A l’impossible, nul n’est tenu. » Il faut donc considérer la guerre comme pouvant donner lieu à un cas de force majeure déliant les contractants de toute obligation, mais il 11e faut prononcer cette suppression d’obligation que si la preuve de l’empêchement absolu provenant de la guerre a été administrée par celui qui l’allègue. On peut dire que tous les cas qui se présentent dans la pratique doivent être examinés à la lumière des principes qui précèdent.
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- Et la première conséquence de ces principes sera la suivante : Il nefautpas confondre l’impossibilité qui, comme on le verra plus loin, est, suivant les cas, un motif de résiliation ou de suspension, et/a simple cause de difficulté dans l’exécution du marché : la difficulté n’est ni une cause de résiliation ni même de suspension.
- En effet, si on ne tenait pas compte de cette différence essentielle, on pourrait dire que tous les marchés seraient résolus, puisqu’il n’est pas une industrie qui ne soit entravée..considérablement dans sa marche, et ne connaisse des prix de revient supérieurs par suite de la guerre : raréfaction de la main-d’œuvre, difficultés de transport, etc, etc. Déjà la Cour de Lyon a solutionné ce principe en ces termes, pour des contrats passés antérieurement à 1870; le marché n’est pas résolu par l’état de guerre survenu pos-térieusement au marché, même si les travaux ont été rendus plus difficiles et si le fabricant a pu continuer l’exercice de son industrie dans des conditions plus ou moins favorables. Par suite l’acheteur qui, à défaut de livraison dans le délai convenu, a dû s’approvisionner ailleurs, a droit à des dommages-intérêts pour le préjudice qu’il a éprouvé en raison de la hausse des prix et, à défaut d’exécution du marché dans le délai nouveau fixé par le juge, la résiliation doit être prononcée au profit dudit acheteur avec allocation d’une indemnité (arrêt de la Cour de Lyon du 4 janvier 1872; D. 1872-2-235).
- C’est ce principe qui vient d’être à nouveau appliqué parle Tribunal de Commerce de la Seine dans les circonstances suivantes :
- Wel et Cic avaient acheté, le 3o mai 1914, à la Société des Etablissements Rothe frères, cent tonnes de tourteaux de lin, livrables sur les quatre derniers moisde 1914 dans des conditions déterminées, au prix de 19 l'r. 75 les 100 kilos; les livraisons de septembre et d’octobre ne furent pas effectuées, de même les acheteurs ne purent avoir livraison des quantités promises pour novembre et décembre. Wel et CIe assignèrent leur vendeur en paiement de 1 5oo francs de dommages-intérêts. Celui-ci porta d’abord tous ses efforts sur la démonstration du fait suivant :
- Wel etC10, acheteurs, auraient admis le 21 août la résiliation du marché : ceux-ci en effet auraient reçu à cette date urte information officielle des établissements Rothe frères, qu’en raison de l’état de guferre, ils c<Mjsidéraient comme résilié
- le marché à livrer le tourteau de lin passé le 3o mai 1914 ; et 11’ayant rien répondu, ils devraient être considérés comme acceptant, en vertu du proverbe « qui ne dit rien, consent ».
- Mais ce proverbe n’a pas été considéré comme acceptable au point de vue juridique et le tribunal y a répondu dans les termes suivants :
- « Attendu que, sans qu’il y ait lieu de rechercher si l’état de guerre a apporté dans la fabrication de la Société les difficultés qu’elle allègue, ces difficultés 11e constituent pas le cas de force majeure pouvant la décharger de l’exécution des marchés qu’elle a consentis à Wel et Cie;
- « Attendu d’autre partquele contrat ne peut pas être résilié par la seule volonté d’un seul contractant, que s’il est vrai que, £par lettre du 21 août 1914, enregistrée, la Société a informé Wel et Gie qu’en raison de l’état de guerre elle était obligée de considérer comme résiliés les marchés à livrer de tourteaux de lin passés le 3o mai 1914, la Société ne justifie nullement, contrairement à ses allégations, que Wel et C‘* aient accepté cette résiliation; que le contrat de vente a donc continué de produire tous ses effets entre les parties contractantes. »
- Mais si le tribunal déclare qu’en droit, le lien juridique a été maintenu, il est bien obligé de contrôler également qu’en fait la livraison promise n’a pas eu lieu et que Wel et C‘* n’ont pas pu obtenir les objets auxquels ils avaient droit: le tribunal doit donc considérer qu’au jour du jugement il 11e peut conserver entre les parties litigantes un lien stérile et improductif : il le rompt par sa décision, sans le considérer comme ayant été antérieurement rompu par les événements comme le voulaient les Etablissements Rothe, et il condamne ces derniers à réparer le dommage que cette résiliation judiciaire va causer à leurs contractants : « Le tribunal déclare résiliées aux torts et griefs de la Société des Etablissements Rothe frères, les conventions du 3o mai 1914, condamne la Société des Etablissements, par la voie de droit, à payer à Wel et Cie la somme de 1 000 francs à titre de dommages-intérêts, déclare Wel et CIe mal fondés dans le surplus de leurs conclusions ».
- La décision ci-dessus analysée précise donc, mieux que toutes les dissertations possibles, le cas de maintien intégral d’un contrat, malgré les difficultés d’exécution que la guerre soulève, et
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- qui sont, ainsi qu’il a été dit, certaines pour toutes les industries.
- Elle est loin d’ailleurs d’être une décision isolée, et, sans remonter à la jurisprudence de 1870, on peut trouver en 1914 et 1915 des décisions absolument identiques :
- i° Un jugement du Tribunal de Commerce de la Seine du 11 mai 1915 dans une affaire Mîyige contre Buret, dans laquelle le sieur Burel, ayant promis avant la guerre de livrer à un-sieur Mauge 5o 000 kilogrammes de papier a 42 fr.5o les cent kilogrammes, se refusa à continuer les livraisons après septembre 1914, si l’acheteur ne lui donnait point i5 % de majoration (ce dernier chiffre étant devenu quelques semaines plus tard % ) ; le tribunal a ordonné le maintien du marché, en remarquant que cette majoration n’était exigée par le vendeur que pour compenser une augmentation de frais généraux et qu’il n’y avait donc pas impossibilité de livraison (voir Gazette des Tribunaux du 11 juin 1910).
- 20 Un jugement du même tribunal du k mai 1915. (Société anonyme Maison Agnès contre Maal-derink.) — Un patron ne peut de son autorité privée imposer à un représentant une diminution d’appointements, et s’il refuse de continuer le contrat, fait sans condition de durée, cela équivaut à un renvoi injustifié qui donne ouverture à l’indemnité de congédiement (Gazelle des Tribunaux du 3o mai 1915).
- Mais il est intéressant d’examiner maintenant la jurisprudence dans le cas où on se trouve en présence d’une réelle circonstance de force majeure, c’est-à-dire d’une impossibilité matérielle d’exécution.
- La guerre, dans cette hypothèse, peut avoir deux effets différents : ou bien elle supprime radicalement le contrat, remet les mêmes parties au même et semblable état que si elles n’avaient jamais fait de convention et n’engendre au profit et au préjudice de personne une allocation de dommages-intérêts.
- Ou bien elle distend le lien juridique, permettant à tout contractant d’exiger, dès que cela est possible, les prestations que la guerre a simplement rendues impossibles pendant un certain temps.
- x Cela dépend évidemment des hypothèses.
- On dit qu’un contrat doit être considéré comme résilié, sans dommages-intérêts, quand il devait
- être exécuté dans des délais tombant précisément au moment même de la guerre, de telle sorte que son exécution ne pourrait, après la guerre,, être d’aucune utilité.
- U a été ainsi décidé par un arrêt du 14 mai 1872 (^affaire Way et Ellain, D. 1873-1-78).Cette décision a admis que, si un marché de grains a été traité en juin 1870, avec une date de livraison et un lieu absolument fixes, savoir livraisons à Paris en septembre, octobre, novembre et décembre 1870 par quantité de 200 sacs, le vendeur peut légalement refuser de fournir après la guerre le solde des sacs qui devait être livré à Paris aux époques convenues ; à ce moment, c’est-à-dire dans les mois précités, l’investissement de Paris était absolu et constituait une impossibilité matérielle et complète de la livraison promise ; car, en matière de denrées, la ponctualité pour les fournitures est essentielle à raison de fluctuations incessantes des marchés.
- C’est également ce qui a été décidé par le Tribunal civil de hoches, jugeant commercialement le 21 janvier 1915 (affaire Lenaz et Vialars) : le tribunal a résilié purement et simplement la promesse de livraison de farine consentie par un minotier le 3i juillet 1914, avec livraisons stipulées par fraction égale pour huit mois à compter de septembre. Le tribunal a admis que le vendeur pouvait invoquer non pas le bouleversement des conditions premières telles qu’elles étaient prévues au marché, mais une réelle impossibilité de livraison, basée notamment sur la réquisition par l’autorité militaire du moulin du meunier, et la suppression de la main-d’œuvre dans la région (*).
- On dit au contraire qu’un contrat doit être maintenu dans son essence et suspendu dans ses effets jusqu’après la guerre, quand l’époque de la livraison n’était pas une cause absolument déterminante dans la convention.
- Il faut particulièrement citer une affaire qui a occupé le Tribunal et la Cour de Rouen ainsi que la Cour de Cassation dans les circonstances suivantes : un marché de pièces de calicot avait été passé au mois d’aoùtet de novembre 1870, la guerre, à ce moment, suivant son cours; il est donc certain que les parties ne pouvaient pas
- (') Le jugement de Loches rapporté dans la Gazette des Tribunaux du 3o mai 1915 est loin d’avoir toute la précision désirable.
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- même alléguer une surprise dans le fait de la campagne; mais à la suite des événements de 1870 et de janvier 1871, la livraison était suspendue d’un commun accord : plus tard, le contractant qui devait recevoir la marchandise demanda au fournisseur de reprendre le cours des livraisons interrompues. Le tribunal deCom-merce de Rouen, par une décision assez étrange (aff. Rungeard contré Gallé; D. 1871, 3ep., p.54), avait admis qu’à défaut de livraison à la date fixée la résiliation du marché était acquise aux parties en cause et se contenta de condamner le vendeur à 3 000 francs pour préjudice causé. La Cour de Rouen a très heureusement relevé ce fait que, dans ce marché relatif à la livraison de la marchandise commandée à un fabricant, la date de cette livraison n’a été qu’une condition secondaire et non pas essentielle du contrat, la force majeure qui a empêché la réalisation de la livraison au temps indiqué n’entraîne pas de plein droit la résolution du marché et, sur la demande de l’acheteur, le juge peut fixer un nouveau délai pour l’exécution de ce marché aux mêmes conditions de prix, sous contrainte d’une condamnation à des dommages-intérêts déterminés d’avance.
- « Considérant, dit la Cour, qu’il faut examiner quelle était la nature du contrat liant les parties, et décider si cet empêchement a eu pour conséquence d’éteindre le marché ou seulement d’en suspendre l’exécution. » L’arrêt remarque ensuite que, dans l’espèce envisagée, il n’y avait pas de date prévue d’une façon absolue ; donc le marché subsiste puisqu’il est possible de l’exécuter; la Cour a donc le droit de fixer un délai d’un mois, passé lequel, si la livraison n’est pas faite, mais alors seulement, le marché sera résilié; et comme la marchandise à ce moment avait augmenté de prix, la Cour fixe à 1871a francs le montant des dommages pour la résiliation. La Cour de Cassation a confirmél’arrêtde Rouen le i3 février 1872.
- Dans une espèce récente, le Tribunal de Commerce de Perpignan a jugé exactement dans le même sens. Affaire Roche-Saurat, jugement du 22 janvier 1910 [Gazette des Tribunaux du 6 mars 1915).
- Le 16 avril 1914, Roche avak vendu à un sieur Saurat un wagon réservoir de vin récolte 1913, livrable jusqu’à fin août, et deux wagons de la récolte de 1914 livrables jusqu’à fin janvier uji5. Avant l’ouverture des hostilités, le vendeur avait avisé l’acquéreur qu’il lui enverrait au 2 août le premier fût promis — mais à ce moment la compagnie du Midi obligea Roche, vendeur, à retirer son fût, les transports militaires rendant impossibles les transports commerciaux. Dès que ceux-ci purent être repris à peu près normalement, Roche avisait Saurat qu’il lui envoyait le premier fût, et lui demandait ses instructions pour les autres. —Mais l’acheteur répondit par télégramme qu’il était inutile d’envoyer quoi que ce soit, car il considérait le marché comme résilié pour les raisons suivantes : en ce qui concerne le premier fût il n’était point arrivé au délai fixé, donc la vente était résiliée ; en ce qui concerne les autres fûts, l’acheteur faisait valoir le décret du 10 août 1914, dont l’article 5 est ainsi conçu :
- « Pendant le même temps cesseront de produire effet les clauses des contrats qui stipulent une déchéance en cas d’inexécution dans un délai ou à une date préfixée, à condition que ces contrats aient été conclus avant le 4 août 1914. »
- Pour le premier fût, le tribunal a admis que l’impossibilité de le faire parvenir pendant la période des transports militaires constituait un cas de force majeure, mais que, la date n’étant pas une des raisons déterminantes du contrat,Vexé cation du marché pouvait être reprise après la cessation de l’impossibilité de l’envoi.
- Pour les autres fûts, le tribunal a admis que le décret du 10 août 1914 n’a pas fait évanouir les contrats, mais a seulement supprimé la déchéance immédiate qui, en d’autr,es temps, aurait résulté de la non-exécution au terme fixé ; en conséquence il a maintenu le contrat, mais autorisé l’acquéreur à ne prendre livraison que dans un très large délai : quinze jours après la fin des hostilités pour le premier des fûts, et un mois après pour les autres.
- Paul Boucault,
- Avocat à la Cour d'Appel de Lyon.
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- T. XXX (2e Série). — N» 30.
- ARRÊTÉ DU MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS CONCERNANT LE RETRAIT D’APPROBATION DES COMPTEURS ÉLECTRIQUES D’ORIGINE OU DE PROVENANCE AUSTRO-ALLEMANDE
- Nous donnons ci-dessous le texte d’un arrêté du ministre des Travaux publics, en date du 29 juillet 1U15, rapportant T approbation.donnée à des compteurs d’électricité d'origine allemande et nous constatons avec plaisir que cette mesure donne satisfaction aux justes réclamations des industriels françaisTésés parla concurrence allemande. Nos lecteurs retrouveront d’ailleurs dans les numéros 6 et 7 de La Lumière Electrique des 20 et 21 février 1915 une étude très complète dans laquelle nous demandions le retrait de Vautorisation aux compteurs énumérés dans cet arrêté. Nous sommes heureux d'avoir pu ainsi contribuer a éclairer les pouvoirs publics sur cette question d’ordre technique et nous nous trouvons encouragés à poursuivre plus que jamais nos efforts en vue de délivrer nos industries nationales de Toppression germanique.
- Le ministre des Travaux publics,
- Vu l’avis du ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes;
- Vu la loi du 15 juin 1906, art. 6, paragraphe 2;
- Vu les décrets des 17 mai et 20 août 1908, portant approbation des cahiers des charges types des concessions communales et d’Etat de distribution d’énergie électrique;
- Vu l’article 16 de ces cahiers des charges types;
- Vu le décret du 3o novembre 1909, portant approbation du cahier des charges type des concessions de distribution d’énergie électrique aux services publics;
- Vu l’arrêté ministériel du 3o mai 1914, fixant les conditions d’approbation des compteurs d’énergie électrique;
- Vu le décret du 27 septembre 1914, portant interdiction de tout commerce avec les sujets d’Allemagne et d’Autriche-Hongrie;
- Vu la loi du 4 avril 1915, édictant les sanctions pénales applicables en cas d’infraction aux dispositions du décret ci-dessus visé du 27 septembre 1914 ;
- Sur la proposition du directeur des mines, des distributions d’énergie électrique et de l’aéronautique,
- Arrête :
- Article premier. — Sont rapportés les arrêtés ministériels suivants ayant approuvé les types de compteurs d’énergie électrique ci-après indiqués. (Tableau I).
- Art. 2. —Les compteurs des types précités, dont l’approbation est rapportée par le présent arrêté et qui sont déjà en service, pourront être maintenus dans les réseaux en exploitation.
- Art. 3. — A titre transitoire, sont autorisées la vente et la mise en service de ceux de ces compteurs qui seraient actuellement en magasins ou en dépôt, à condition que leurs détenteurs puissent prouver: i° qu’ils ne sont pas de nationalité austro-allemande ; 2° qu’ils étaient propriétaires de' ces compteurs antérieurement au 4 août 1914; 3° que ces compteurs leur ont été livrés antérieurement à la même date.
- Art. 4.— Toute fraude ou fausse déclaration en vue de bénéficier des dispositions transitoires visées aux articles 2 et 3 ci-dessus pourra donner lieu à l’application des pénalités prévues par la loi du 4savril 191s en cas d’infractions au décret du 2 septembre 1914.
- Tableau I.
- DÉSIGNATION DE LA SOCIÉTÉ OU COMPAGNIE ayant sollicité l’approbation des types de compteurs ci-contre TYPES DE COMPTEURS APPROUVÉS DATE DES ARRÊTÉS ayant approuvé les types de compteurs ci-contre
- / Excelsior E. A 8 janv. 1913
- Universel L. R. a.. Idem.
- 1 Mono L. J. C Poly. D. A 1 - D. A. 4 24 janv. 1914
- Société française — D. A. 2/3..... Idem.
- d’électricité — D. A. 2/4...
- A. E. G | — D. A. 2/5....'
- 'kg Idem.
- G. G Idem.
- Excelsior E. C i ‘a juin 1912
- Excelsior E Idem.
- Mono i3 juin 1913
- C. M. A ic1 sept. 1910
- R. M. A 11 déc. 1911
- G. M. W Idem.
- H. I. T Idem.
- R. I. M Idem.
- Compagnie des R. I. M. (a) 12 juillet 1912
- compteurs Aron. Z. I. M Idem.
- R. M. W Idem.
- R. I. M. (û) 8 janv. igi3
- Z. M. A 2 juillet 1914
- Z. M. A. (c) Idem.
- H. I. T. — N 25 juillet 1914
- Compagnie géné- D. 6. B 11 déc. 1911
- raie d’électri- W. 10 Idem.
- cité de Creil.. tw. 3 I 19 juillet 1913
- Société de con- 1 tlsaria modèle E... 12 nov. 1912
- struction élec- <Isaria modèle E. V. Idem.
- trique ’lsaria modèle C. . . 1 8 janv. igi3
- Art. 5. —.Ces dispositions auront leur effet à dater de ce jour.
- Paris, le 29 juillet 1916,
- Le ministre des Travaux publics, M. Sembàt.
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- Paris. — imprimerie levé, 17, rue cassette.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente-septième année SAMEDI 14 AOUT 1915. Tome XXX (2* série). N» 31
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- 0. BILLIEÜX. — Expressions analytiques de l’intensité d’un champ magnétique........ 145
- LUCIEN PAHIN. — Nouvelles voitures métalliques du Metropolitan District Railway.. 15o
- Publications techniques
- Transmission et Distribution
- Influence de l’humidité du sol sur la température des câbles souterrains.— L.-E. Imlay. i53
- Eclairage
- Photo-électricité. Action de la lumière sur les gaz et particulièrement de la lumière solaire
- sur l’atmosphère (Suite). —J'.-A. Fleming. i5G Applications mécaniques
- Notes sur les méthodes modernes de soudure électrique et leurs applications. — H.-S. Marquand.................................. i$9
- Echos de la guerre
- La guerre et les transports. Pertes et retards des colis. — P. Bougault.................. 16a
- La fixation de l’azote atmosphérique........ 16$
- L’exportation de matériel électrique de l’empire allemand aux puissances européennes actuellement en guerre.................. i65
- Renseignements Commerciaux.................. 167
- EXPRESSIONS ANALYTIQUES DE L’INTENSITÉ D’UN CHAMP MAGNÉTIQUE
- Dans certains problèmes électromagnétiques, il peut être très intéressant sinon indispensable de connaître en grandeur et en direction le flux de force induit par un courant traversant un conducteur donné. Avant de nous appliquer à traiter dés-questions se présentant fréquemment dans la pratique, nous nous bornerons à des considérations d’ordre purement théorique, devant servir, dé h&se à des développements ultérieurs. Ces préliminaires feront donc le sujet de la présente étude.
- Il est bien évident que le champ magnétique ainsi créé dépend uniquement de l’intensité i du courant électrique et de la forme particulière affectée par le conducteur, du moins lorsque le milieu environnant est l’air, cas auquel nous nous reportons. Nous supposerons en outre que la totalité du courant est concentrée sur l’axe linéaire du fil qu’il parcourt.
- En général, on choisira comme origine des axes de coordonnées le point P pour lequel on se propose de déterminer le flux SC, et on procédera
- en s’inspirant par exemple du problème de Gauss surl’attraction d’un anneau elliptique (*). Suivant la courbe admise, on aura plus ou moins de difficultés à résoudre le problème.
- Considérons un circuit circulaire, cas des plus fréquents. Alors, on pourra également choisir le centre du cercle comme o'rigine ; son plan sera celui des xy et pour simplifier les calculs on prendra comme plan des xz celui passant par le point P (fig. 1).
- L’équation du cercle sera alors #2 + p* = R2.
- Soient ds un élément du conducteur et p sa distance au point P dont les coordonnées sont# = r, y = o, z = h. Le flux élémentaire correspondant a, comme on sait, pour valeur, d’après le théorème de Laplace,
- dx.=kiis,i" (pÆ)r P2
- (*) Voir Alphen, tome II.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXX (2e Série). — N° 31-
- Puis on intégrera tout le long du contour de o à s. On se rend compte immédiatement que par raison de symétrie dans notre cas particulier on doit avoir
- i:
- dSZ„
- Or, en choisissant l’angle au centre f. comme variable indépendante, on a successivement :
- y = R sin 9 x = R cos -ç f = y* + p = R2 sin2cp + A2 + (R cos * — /)» '= R2 -f- r* A2 — a R/1 cos cp d R — r cos <p
- COS <|l :
- sin <j/ ~
- évidemment être positifs ou négatifs suivant leur direction.
- Cherchons d’abord l’expression de 9tz. Pour .cela nous posons tg î =: x, d’où l’on déduit suc-„ çessivement :
- . <p_ X cp l i —X1
- v/—
- : ; cos
- \/ï + •
- <f — a arc Ig x dcp = a
- ce qui donne :
- +*>
- X-
- k‘Rj
- ; / I — x2\ a dx
- \R . 7 i 4-x2/ i + cr2
- . ; COS cp :
- i
- dx
- I +x2
- X*
- + *v I -f
- I -(- xÿ
- If I — x2l3/*‘
- LLR2 + /'i + A2-2R'''TTT2J
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- 14 Août 191$.
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- Posons pour abréger
- R-f/— a; R—r~b ; a2+h2=m2 b2+h2—n2.
- L’expression précédente peut alors s’écrire :
- +«
- Xz=ikiRJ'
- (ax2 -|- b) dx
- J (m2x2+n2)\/m2x*-\-{m2-{-n2)x2+n2
- (3)
- Quel que soit r, b2 est toujours plus petit que a2; on a donc l’inégalité
- n2 < m2.
- la forme d’une fonction rationnelle de sn2 u. On la décomposera donc en fractions simples, opération d’où résulte :
- R r r+K r+K a. i
- 3£.- — a ki— / A du -J- / —;------du I, (7)
- m LJ-k J—k sn2u — a J’
- où nous avons posé pour abréger :
- ^ a—b _ 1 art2—brn2 r2-\-h2—Rs
- — m2—n2 ~ aR’ l~(m*—n2)* ~ 8RV
- x _ m2 _ (R + r)2 + h2 m2 — n2 4 R r
- Or le radical peut aussi se mettre sous la forme suivante :
- s,=,„\/V+ .)(** + £,)
- n?
- ou — <C 1. Nous avons sous la racine un polynôme m2
- du 4e degré. C'est donc une intégrale elliptique qu’il s’agit de mettre sous forme normale en évitant les imaginaires. A cet effet nous ferons la substitution :
- x2 — t2 — 1 d’où xdx = tdt.
- Alors :
- Xz = a*t
- (a t* + 6 — a) dt
- f f {t2-1)
- -1+1 v ' m '
- (4)
- , 1
- En faisant t = — et. 1 z
- enfin
- —„ = ks on obtient m1
- X-^ f+l [a-b)z2-a\dz
- wj—i [{m2—n2)z2—m2]\l{i—z*) (1—k*z2)
- I/intégrale est ainsi mise sous forme normale et on peut faire l’inversion en posant z = snu, où u est la nouvelle variable. L’expression trans. formée sera donc
- Xz ~ a Ai
- R /,+K (a
- . R
- a — I m J-k
- - b) sn2u — a] du
- — n2) sn2u — m2
- (6)
- La courbe admise étant fermée, il est évident que la fonction elliptique varie d’une période entière 2K, ce qui correspond bien aux limites de l’intégrale ci-dessus. Celle-ci se présente sous
- La première intégrale de la formule (7) est de première espèce. On a donc
- /•+K
- I Ad u J— K
- aAK =
- (8)
- La deuxième intégrale de la même formule est par contre de troisième espèce. En posant a.—sn2v, on aura :
- ,+K />2K
- /•fi' n
- J— K Jo
- A ydll
- sn‘v
- Ai
- G
- ln
- H(r — aK)
- aK
- m
- J
- »«() cm) rfnp [i ' H((i -f- iK) 1 Or, 4K est une période de la fonction II, donc H {v + a K) .= H (e — aK).
- Le logarithme népérien de 1 étant nul, il reste
- r
- J s
- Ai du
- aAtK 9'(c>)
- sn2u — sn2v snv cnv dnv 9 (v et on obtient pour Xz l’expression
- a A,R 9'(ù
- (9)
- , .k r ,
- X. = iki — |i -j-----
- m L SI
- 3-
- snv cnv dnv 9 ( v)
- Pour déterminer v il suffit de remarquer
- que a = —, et par conséquent que si j = ^--
- v est égal à K + ./ K'- Si l’on introduit directement cette valeurdansla formule (10), ilestfacile de voir que
- dn (K + /K') = o;
- Q'(K -f-/KQ
- 9(K+yK')
- et que le deuxième terme devient égal à —, donc
- o
- indéterminé. Pour en avoir la vraie valeur, on
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- LA LUM.1ÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXX (2“ Série). — K° U
- appliquera la règle de L’Hospital, en dérivant numérateur et dénominateur par rapport à <>. Or :
- d O'(f') de 0 (e)
- 0"(o) 0 (o)
- k2,s-/î2e
- — (sue eue due) = drile{crilc — aiîle) — k^s/iV c/de. de
- On pourra négliger le premier terme de cette dernière expression puisqu’on sait que dn (E + /-K') = o, ce qui nous permet d’écrire :
- suffisent, les séries étant extrêmement convergentes. De plus il existe des tables qui simplifient encore les opérations.
- , . e»
- On peutde même obtenir pour——- une expression très commode. Le développement en produits simplement infinis de la fonction 0 est le suivant :
- 6(«) = A ^ i — iq cosf-1- i — v/3 cos^ ..
- , .K r , '2A,r /., , 0''(^)\-|
- En faisant cette fois e — K -\-j K', on sait que sa (K + / K') = jj-; en (K + ./K') = ~
- Si on en prend la dérivée logarithmique on obtient :
- Viu)
- 0 f «.)
- %U I 2 I—2ÿCOS—+ÿ2
- o3 . %u
- ------------------1-
- , ItM
- —iq3 cos — +<76 K
- Fig. a.
- où k' estle modulecomplémentaire; la formule ( io') devient en remplaçant A, par sa valeur et c* = r2 +
- ,.Kr , R2— c2 k2 / 6»\1 • ,
- *, =,/«-[. + F,(. ()
- C’est la formule cherchée pour la composante verticale du flux. Pour se rendre coriipte qu’ôlle se prête facilement au calcul d’exemples numériques, il suffit de remarquer que tous ses éléments sont des constantes ou des grandeurs données à l’exception des deux demi-périodes K et
- /K', et de la fonction
- 0" (o)
- 0 (o)
- qui. s’expriment par
- des séries. Or on sait calculer ,les premières très rapidement grâce aux transformations de Lan-den. En général les deux ou trois premiers termes
- ; ce qu’on peut écrire
- 0'(m) = 0 («).<I> (u).
- En dérivant encore une fois on aura :
- 6"(n) = 6,(«H>!(w) + «'(b) <E(m), ce qui devient pour u — o 0"(o) = 0(o)
- car 8' (o) est nul, la fonction 6 étant paire; de plus <I> (o)cst aussi nul. Pour obtenir <!>' («), on a à prendre la dérivée d’uné somme de quotients 9 (v)
- de la forme 2 ]—)—. On aura :
- * (.«:)
- .v _ v (“) ï(») W
- 1 ' n«j
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 149
- ou pour u — o
- o>l») =
- <M°)
- Toutes les fonctions <p étant impaires s’annulent avec u, ainsi quetj/'. Donc
- Dans cette formule
- K'
- En général les deux premiers termes de la série (ia) suffisent amplement. En se servant d’un graphique, (fig. a) du reste très facile à établir, donnant les valeurs respectives des demi-périodes
- K et- / K' ainsi que celles de ^ en fonction
- J 9 (o)
- du carré du module k, notre formule (n) indique directement les valeurs cherchées dans le cas d’applications numériques.
- Notons encore l’expression de la demi-période réelle K d’après Landen :
- 1Î o * o *1 «2
- — = cos2 — COS2 — COS2 — sh. a a a
- (ï3)
- où sin a est égal au module k et sin dq == tg3 -.
- Ces résultats acquis, il snTit de répéter ces différentes opérations pour obtenir d’une façon analogue la valeur de la composante horizontale du flux. On aboutira à la formule suivante :
- 3e* =
- L
- r nt L
- R2_|_C2 lç.2
- 4 Rr k'2
- Elle ne diffère de celle pour <ICZ que par le facteur - et le signe positif du terme c2. Les mêmes
- calculs numériques serviront donc à trouver les valeurs des deux composantes, et par conséquent aussi à déterminer l’angle que forme la direction du flux SC avec la verticale.
- Comme première application, nous supposerons h = o, et nous calculerons l’intensité du flux en chaque point du plan eontenantla spire inductrice.
- Pour cette valeur de h, on a :
- /n=a; n = b; c =
- k2 = -
- Z>2
- (R + r)2 4 R/- ‘
- La formule (14) nous montre que 8CX s’annule avec h, et que le flux est par conséquent perpendiculaire au plan des x y qui est évidemment un plan de symélrie. Connaissant la direction du flux que nous désignerons alors HC0, sa grandeur en fonction de la seule variable mous est donnée parla formule (11) modifiée comme suit en remplaçant les modules par leur valeur :
- ge0 = ikiK
- 0 (o)/J
- (i5)
- C’est cette expression qui nous permettra de nous rendre compte exactement de la variation d’intensité du champ magnétique dans le plan d’une spire traversée par un courant sans avoir recours à aucune construction graphique, c’est-à-dire directement au moyen d’une courbe tracée en fonction de r comme abscisse.
- O. Billieux.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXX (2e Série). — N°31.
- NOUVELLES VOITURES MÉTALLIQUES DU METROPOLITAN
- DISTRICT RAILWAY
- La Compagnie du Metropolitan District Railway, qui.exploite à Londres un réseau d’environ 38 kilomètres, a mis récemment en service sur ses lignes souterraines un nouveau type d’automotrice métallique. Déjà la plus grande partie des voitures utilisées sur les lignes métropolitaines souterraines anglaises avaient des caisses d’acier : nous signalerons le Great Western, le North Eastern, le Midland, le Lancâshire and Yorkshire et le Neath and Brecon.
- intérieurs, constitués en acajou, sont seulement ornementés de moulures d’aeier. La caisse est revêtue extérieurement d’une tôle d’acier, parfaitement plane et sans rivets. Ce revêtement et les panneaux intérieurs sont des spécialités de MM. John Lysaght Ltd, de Ncwport (Monmoutli).
- Le plafond, à section en forme d’anse de panier, remplace le plafond à lanterneau qu’employait jusqu’ici le Metropolitan District Railway. Il est revêtu d’asbeste peinte en blanc crème.
- La nouvelle voiture du Metropolitan District Railway a été construite aux ateliers de la Glou-cester Railway Carriage and Wagon Company Limited, surles plans de M. W. A. Agnew, ingénieur en chef du matériel du Metropolitan District Railway. L’ossature et les parties principales sont èn acier, tandis que les panneaux
- Le sol est recouvert de revêtement « Sanit ». Les banquettes sont garnies de moquette de velours.
- L’éclairage est obtenu au moyen de six groupes de trois lampes à incandescence : dans chacun, une des lampes est placée dans un plafonnier hublot Superlux, et les deux autres sont ap-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Fig. a. — La nouvelle automotrice métallique du Metropolitan District Railwny. La carcasse d’acier de la caisse.
- Fig. 3. — La nouvelle automotrice métallique dü Metropolitan District Railway, Vue intérieure.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXX (2° Sérié). — N° 31.
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- pliquées au bas des moulures de pavillon.
- Le chauffage, est assuré par vingt radiateurs électriques Britisli Thomson-IIouston, disposés sous les banquettes.
- Toutes les cuivreries intérieures (poignées d’appui pour les voyageurs, poignées de portes, tringles de courroies du plafond, appliques, etc.) sont en bronze d’aluminium poli.
- La voiture est portée par deux bogies en acier, dont un seul est moteur. La suspension est extrê_ mement douce, grâce aux ressorts à lames « Parabo » et Timmis.
- Les roues d’engrenages des essieux moteurs sont en acier moulé : les dents sont taillées sur les jantes d’acier laminé qui les encerclent.
- L’équipement électrique comporte deux moteurs G. E. 212, de i5o chevaux, de la British Thomson-IIouston, actionnant les essieux de l’un des bogies par l’intermédiaire d’engrenages de réduction. Ils permettent une vitesse de 5G kilomètres-heure et ils sont commandés au moyen de deux controllers, type M, du même constructeur, disposés dans les plate-formcs ves-tibuléesdu wattman. Ces plate-forrnes renferment également les appareils du frein Westinghouse.
- Les compresseurs, de i mètre cube, ont été fournis moitié par la British Thomson-IIouston C° et par la Knorr Brake Cü.
- Les portes des cabines du wattman sont disposées de façon à empêcher leur accès aux voyageurs.
- Voici les caractéristiques principales de la nouvelle voiture :
- Longueur hors tout............. i5mi.G4
- Longueur hors tampons......... 14m9-^5
- Largeur de caisse................ 2m642
- Hauteur totale.. .............. 3u,6/i5
- Ecartement des axes des bogies . . iom389 Empattement du bogie moteur. . . 2'"284
- Empattement du bogie porteur... 2mi34
- Diamètre des roues motrices. . . . oln9i4 Diamètre des roues porteuses. . . o'^Ga
- Nombre de places.............. 48
- Poids de la voiture en charge.. . . 34l
- Poids adhérent.................. 2i'5
- Poids de la caisse seule...... i6l
- Poids de là caisse avec l’équipement électrique......... 19'^
- Poids du bogie moteur seul.... 5'5
- Poids du bogie moteur avec l’équipement électrique........ iil
- Poids du bogie porteur............. 3'5
- La voiture est munie de l’attelage automatique en usage au Metropolitan District Railway.
- La minime quantité de bois employée a été rendue incombustible par le procédé « oxylène », de sorte que la voiture ne coure pas le risque d’être incendiée.
- En service normal, dans un train, chaque motrice remorque une voiture d’attelage pesant 22 tonnes en charge.
- Lucien Pahin.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- TRANSMISSION ET DISTRIBUTION
- Influence de l’humidité du sol sur la température des câbles souterrains. — L. E.
- Imlay.
- Il n’est pas possible de mesurer directement la température de risolement d’un cable â la surlace du conducteur sans avoir recours à des instruments qui ne sauraient convenir à l’usage courant sur un réseau de distribution. Cependant, en pratique, la température du conducteur peut s’obtenir en déterminant à l’aide d’un couple thermo-électrique la température d’un tuyau à câble contigu au câble source de chaleur. A cet effet, et comme ce sont surtout les maxima de température qui intéressent, on choisira un câble placé de façon défavorable au rayonnement thermique.
- Supposons des câbles dans la position indiquée par la figure 5 ; si l’on mesure la température dans le tuyau T, celle de l’isolant â la surface du conducteur se déduit d’une courbe spécialement calculée pour le câble considéré.
- 10 _ 20 3O 40 S0 60 /10 80 90 iOO
- Tempèr, du conducteur cuivre, degrés L
- Fig. i. — Conducteur 3/o à 3 fils, cable sous papier et plomb pour 11 ooo volts.
- Le diagramme de la figure i donne, pour une série d’intensités croissantes, la relation entre la température du tuyau vide voisin et celle d’un câble 3/o en cuivre, à 3 fils, pour une tension de
- il ooo volts. Par exemple, si ce câble transmet un courant de 170 ampères et si la température du tuyau T est de 3<j°C, la température superficielle du conducteur sera de 720C. Ces courbes sont calculées d’après une formule due à MM. Atkinson et Fisher (1 ).
- D’après les règles de standardisation de l’Institut Américain des ingénieurs électriciens, le maximum de la température de sécurité pour l’isolement au papier, mesurée à la surface du conducteur est de 85llC, moins un nombre de degrés égal à celui des kilovolts auquel fonctionne le câble.
- Pour ii ooo volts, le maximum, dans le cas considéré, est donc 7/i°C et, pour % ooo volts, 83ÜC.
- Dans le réseau considéré par l’auteur, on a décidé d’adopter le maximum de GG°C pour un fonctionnement continu des câbles à 11 ooo volts et celui de 7o°C pour les câbles à a ooo volts, soit 8° de moins que le maximum admis par les règles et basé sur l’hypothèse de charges variables avec pointes de courte durée.
- Pour se rendre compte de la variation saisonnière de la température de la terre, on a pris la température chaque mois à environ 90 centi-
- Juil. Août. Sept. Ocl. Nov. Déc Jsn Fev. Mers Avr. Mai Juin Juif.
- mètres de profondeur en terre, près d’une portion de canalisation où l’on avait observé des cas
- (*) Transact. Amer, Inst. Electr. Eng., tome XXXII,
- p . 3 2 5.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXX (2e Série). — N° 31.
- «réchauffement mais à une distance assez grande des .câbles pour éviter toute influence thermique de la part de ceux-ci.
- La courbe inférieure de la figure •>. donne les varialions.de température de la terre; la courbe supérieure, celles de la température en un point à 90 centimètres sous terre mais au-dessus d’un tuyau contenant des câbles.
- tu g'. 3 .
- Cela suggéra l’idée de creuser dans le sol une rigole de quelques centimètres de profondeur au-dessus de la conduite, suivant la longueur de celle-ci et d’y faire circuler de l’eau. Ce remède abaissa immédiatement de plusieurs degrés la
- Ctrargt opprot aies (oaducleurA *1. 770 Amp. 2200 V-2.. 770Amp 2200V.
- 3.900Amp. 2200V
- Les courbes de la figure 3 indiquent la distance à laquelle la masse de terre environnant les câbles est affectée par leur échauffcmenl ; mesures faites dans des conditions de -charge à peu près identiques.
- Les résultats prouvent que des canalisations parallèles doivent être espacées de 9 mètres au moins pour 11e t>as avoir d’influence thermique réciproque.
- Un remède efficace à réchauffement local des câbles consiste â les déterrer et les exposer à
- -f&roïfiporeux de 402%—
- v.
- l’air. En déterrant une conduite aussitôt après la rupture d’isolement d’un câble par échauffement, on a constaté que la terre enveloppante était très chaude et si sèche qu’elle tombait en poussière.
- température des câbles. Comme il n’était pas praticable sous les routes et dans les rues pavées, on Ht, en ces points, circuler de l’eau dans un tuyau libre, au moyen d’un tuyau d’arrosage. Ce second procédé se montra plus efficace encore que le premier. En certains cas, cependant, où l’on employa des tuyaux multiples, l’eau ne s’écoula pas d’un regard au suivant et sé perdit en roule.
- La figure 4 met en évidence l’influence de la circulation d’eau dans les tuyaux vides sur la
- .Draw poreux '102%,
- température des câbles voisins. Un débit de 8>5 litres par minute a abaissé la température de iH°C. et l’a ensuite maintenue constante. En portant le débit à 45,4 litres par minute, on a
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- ^obtenu un nouvel abaissement de i3° C. La partie de la courbe située à la droite montre le relèvement de la température après arrêt de l’eau.
- Ces procédés sommaires pour réduire la température des câbles ont été le point de départ d’une méthode propre à la régler et que représentent les figures 5 et 6. Des drains en terre poreuse de ioa millimètres de diamètre sont posés en tranchée au-dessus des tuyaux à câbles et leurs joints sont lûtes au ciment pour que l’eau ne s’échappe que par les pores. Dans ces drains, on fait circuler de l’eau qui humidifie le sol; l’exsudation en est favorisée en noyant le drain dans un lit de sable propre.
- Fig. 7.
- La figure 7 donne les courbes de distribution de la chaleur dans le sol perpendiculairement à une conduite contenant des câbles à i ooo volts, avant (courbe A) et après (courbe B), humidification à raison de u,4 litres par minute pendant 36 heures.
- A titre de comparaison, la figure 8 donne
- 3 courbes de température pour le même câble, dans les mêmes conditions de charge :
- Courbe supérieure, tuyau enterré sans irrigation ;
- Courbe inférieure,tuyau enterré avec irrigation;
- Courbe médiane, tuyau mis à nu.
- En pratique, la surveillance de la température des câbles s’exerce de la manière suivante. Quand arrive la saison où l’on peut craindre réchauffement excessif des câbles, un visiteur relève au couple thermo-électrique la température des tuyaux à câbles. S’il constate que le point dangereux est atteint ou approché, il fait couler de
- Drain foareu t
- I |ÎÉ m $
- c T V
- 7uyàur refrotef/s par 11?$ dkaupar
- 9J?Ç0*ntrr rrgards-
- Fig. S.
- l’eau dans le drain et vient le lendemain reprendre la température. Deux hommes suffisent à surveiller un grand réseau de câbles et depuis que cette méthode est appliquée on ne constate plus de rupture d’isolement par éehauf-fement excessif.
- (Trans. Amer. Inst. of. Electrical Engineers.)
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- ÉCLAIRAGE
- Photo-Électricité — Action de la lumière sur les gaz et particulièrement de la . lumière solaire sur l’atmosphère. {Suite). — J. A. Fleming (')•
- Avant d’aborder le sujet principal de sa deuxième conférence, le professeur Fleming revient sur le calcul de l’énergie nécessaire à l’extraction d’un électron hors d’un atome.
- Un électron représente une charge d’environ un sixième de trillionième de coulomb ; le produit de cette charge par le voltage d’ionisation donne le travail en question. Or, ce voltage varie de î à n volts; il est plus grand pour les atomes électro-négatifs, qui cèdent moins facilement leur électricité, que pour les atomes électro-positifs. Pour le gaz oxygène, il est de 9 volts et le travail correspondant équivaut
- . 144 . , .,
- a T^To J°ule> Sült
- i5 hillionièmes d’erg.
- Il a été démontré expérimentalement que l’énergie requise pour extraire un photo-électron est proportionnelle à une certaine constante et à la fréquence minimum (ou à la longueur d’onde X maximum, en unités Angstrom) capable de mettre en liberté des électrons. On a constaté que le produit du voltage d’ionisation par la longueur d’onde max. X était toujours voisin de 11 ooo à noiio. Ainsi, pour le sodium, qui est électro le voltage d’ionisation est de 2,1 volts et le X max., de 55oo unités Angstronij ondes faisant partie du spectre visible. Pour l’oxygène, électro — le voltage d’ionisation est de 9 volts et la longueur d’onde X correspondante est
- , 12000 . ,, ,,
- de-------= i s5o environ ; autrement dit, 1 oxy-
- 9
- gène ne peut être ionisé que par des rayons de la zone de l’ultra-violet à très faible X.
- Les recherches sur l’ionisation des gaz par la lumière soulèvent de nombreuses difficultés en raison des nombreuses causes possibles de perturbations : électrisation superficielle des parois des récipients, poussières dans les gaz, ionisa-
- (') 2e Conférence faite à la Royal Institution, de Londres, le 8 mai içjiS. — Voir Lumière Electrique, 7 août 1915, p. i36.
- tion par passage des bulles gazeuses au travers de liquides, etc. De plus, on ne peut employer de récipients en verre, cette substance 11’étant pas transparente aux rayons ultra-violets; le quartz lui-même ne se laisse traverser qu’aux rayons jusqu’àX=: 1 85o unités Angstrom; seul le spath fluor blanc est suffisamment transparent aux radiations ultra-violettes.
- La lumière solaire contient-elle des rayons capables d'ioniser l'atmosphère. — La lumière qui, du soleil et des étoiles (Yega, par exemple), arrive jusqu’à la terre ne contient pas de radiations de X inférieure à 2950 unités Angstrom (Huggins et Cornu) ; mais cela tient à l’absorption des ondes plus courtes par l’atmosphère, et spécialement par l’oxygène. Le soleil émet, en effet, des radiations de longueur d’onde bien inférieure.
- Cet astre est probablement constitué par une masse de gaz à haute densité (1,4) formée de plusieurs zones concentriques. La lumière que nous recevons est émise par la photosphère masse de taches de charbon incandescent à 6ooo°C, qui donne le spectre continu et émet des torrents d’électrons négatifs comme le charbon de la soupape Fleming. Autour de cette photosphère règne une couche de vapeurs métalliques, de 800 kilomètres de profondeur, produisant les raies de Frauenhofer; elle est elle-même enve^ loppée par la chromosphère composée de vapeurs d’hydrogène, d’hélium, de calcium, avec protubérances rouges. Au delà de cette zone s’étend l’atmosphère raréfiée ou couronne et, plus à l’extérieur encore, dans le plan de l’écliptique, la lumière zodiacale inscrite dans une zone ellipsoïdale.
- Les électrons, projetés par la photosphère à travers les différentes zones, condensent autour d’eux des molécules de matière et forment des ions négatifs, Quand ces ions ne dépassent pas un certain diamètre, ils sont entraînés vers l’extérieur par la pression de la lumière qui l’emporte sur la gravité.
- Il faut remarquer que la lumière solaire transmet à une surface noire une énergie égale à i,47 X 10e ergs, soit 2,1 gramme-calories par
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- centimètre carré et par seconde. Un kilomètre cube de lumière solaire, à la surface de la terre, représente une énergie de 490 kilogrammètres environ ; alors que l’intensité de cette lumière près de la surface du soleil est 46 000 fois plus grande. La pression exercée par la lumière solaire est de a,a3 tonnes par kilomètre carré à la surface du soleil et de 0,490 kilogramme par kilomètre carré à la surface de la terre et l’énergie représentée par un kilomètre cube de lumière à la surface du soleil est de 20 000 tonnes-mètre. Or, la pesanteur est vingt-sept fois plus grande à la surface du soleil que sur terre mais l’attraction due à cette force varie comme le cube du diamètre de la particule, et la pression de la lumière, comme le carré de ce diamètre. Pour des particules extrêmement petites, la répulsion due à la pression de la lumière l’emporte sur l’attraction due à la gravité, à la surface du soleil. Des particules de i 3ooo unités Angstrom = 0,00 013 centimètre et de densité — 1 seraient justes en équilibre ; des particules plus faibles seraient repoussées loin du soleil.
- D’après Sclwvarzcschild, des particules de 1 6qo unités Angstrom — soit le double de l’épaisseur de la feuille d’or la plus mince qu’on puisse trouver — subissent le maximum de répulsion et sont projetées hors du soleil avec une accélération de 2 kilomètres-seconde par seconde. D’après le professeur Fleming, des particules de poussière solaire de 1 600, 5 000 et 10000 unités Angstrom de diamètre parcourraient en a5, 55 et na heures, respectivement, la distance du soleil à la terre à des vitesses de 1 700, 800 et 35o kilomètres par seconde. Elles entreraient dans l’atmosphère terrestre avec des énergies de 540000, 120000 et 45 000 chevaux-heure.
- Ces particules de poussière chargées négativement, entrant dans la haute atmosphère constituée d’hydrogène et d’hélium, dévient suivant des trajectoires hélicoïdales, sous l’action du champ magnétique terrestre et, se rassemblant en deux anneaux autour des pôles magnétiques, donnent naissance aux aurores boréales et aux orages magnétiques, intimement liés à l’activité des taches solaires.
- Suivant Arrhenius, Maunder et Ricco, on observe souvent un intervalle de 20 à 45 heures entre le passage au méridien d’une tache solaire et un orage magnétique ; ce retard correspondrait, d’après les calculs du Pr Fleming,
- au temps nécessaire aux ions négatifs pour venir du soleil à la terre.
- 11 existe certainement des raisons suffisantes pour admettre que la haute atmosphère est envahie par des ions négatifs qui la rendent conductrice, bien que cette conductibilité soit difficile à apprécier. Une autre cause d’ionisation des couches supérieures de l’air, dans l’hémisphère éclairée, résulte des radiations solaires de 1 400 unités Angstrom et moins.
- Dès que la lumière solaire disparaît, la majeure partie des ions dissociés se recombinent ; d’où une ionisation permanente et une autre, variable.
- L’ionisation des couches inférieures de l’air ne peut être due à la lumière solaire mais doit l’être à la poussière, à la projection de particules de pluie et de glace, à la radio-activité, etc. Les ballons-sondes ont permis, à cet égard, desobseï'-vations jusqu’à 32 kilomètres d’altitude; d’autre part, la télégraphie sans fil a de nouveau attiré l’attention sur les phénomènes atmosphériques des hautes régions.
- La télégraphie sans fil et la photo électricité. — Quand Marconi constata, en 1902, qu’il pouvait, à travers l’Atlantique, transmettre des signaux radio-télégraphiques à distance beaucoup plus grande la nuit (pie le jour (2 400 kilomètres au lieu de 1 ioo, avec des ondes de À = 600 à 900 mètres), il émit l’hypothèse d’une action photo-électrique delà lumière solaire. Cette idée ne fut pas accueillie alors comme elle le méritait, parce que la différence n’avait été observée que sur de grandes distances.
- Reprenant les calculs de 11. Poincaré, .1. W. Nicholson, Rubczinski et autres sur les très longues ondes, II. M. McDonald et A. E. II. Love sont cependant arrivés à cette conclusion que la diffraction explique presque entièrement l’effet diurne sur les ondes hertziennes.
- Le DrAustin,dela marine américaine, a cherché à expliquer la rapide diminution de leur intensité par une absorption atmosphérique.
- Trois questions se posent :
- i° Si la portée diurne normale est possible par suite de la diffraction, pourquoi la portée nocturne est-elle plus grande et plus irrégulière ?
- 20 Si la diffraction n’explique pas l’effet diurne, comment est-il possible de transmettre des signaux à une distance d’un quadrant terrestre
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- 3° Comment expliquer les effets anormaux au passage du jour à la nuit ?
- Selon le Pr Fleming, la seule explication des effets en question est basée sur la preuve théorique du Dr Eccles du fait que, dans un diélectrique peuplé d’ions pesants, il y a une légère augmentation de vitesse de l’onde éleptrique, d’où une courbure des rayons électriques assimilable à un mirage inversé.
- En effet, quand la terre et l’air à sa surface sont très échauffés par le rayonnement solaire, les rayons lumineux, qui pénètrent obliquement dans la zone, chaude, s’incurvent par réfraction jusqu’à se réfléchir totalement et donner l’impression d’images renversées.
- De même, les deux zones supérieures de l’atmosphère sont, l’une à variation diurne de l’ionisation, l’autre — la plus externe — à ionisation permanente, ainsi qu’on l’a exposé précédemment. Toutes deux sont chargées d’ions dus à la lumière ultra-violette et aux poussières solaires. Il n’y a évidemment pas de délimitation nette entre les deux zones, mais elles réfléchissent vers la terre les radiations électriques comme les hauts nuages réfléchissent la lumière du soleil couchant.
- Au coucher du soleil, l’ombre de la terre en se propageant permet aux ions dissociés de se recombiner; de là, les effets constatés au coucher comme au lever du soleil, d’un bout de l’année à l’autre, surtout dans les stations en alignement est-ouest, pour lesquelles l’ombre se propage de l’une à l’autre.
- Toutefois, par l’extinction de la lumière diurne, les ions ne sontpas complètement détraits dans la zone la plus basse des deux considérées
- qui reste ionisée par places; ainsi s’explique l’irrégularité de l’action de la lumière.
- Un rayon ascendant, orienté suivant AB (fig. i), se réfléchit dans le jour suivant BC sur la zoneà ionisation variable — la plus basse — et la nuit, suivant BD sur la zone plus élevée, à ionisation permanente.
- A la limite de la lumière et de l’ombre, il se
- Fig. i.
- forme une zone irrégulière d’air ionisé et non ionisé qui peut réfléchir ou arrêter un rayon électrique exactement, de même qu’une émulsion d’eau et d’huile est opaque et réfléchit la lumière jusqu’à ce que les liquides se soient séparés. C’est l’effet du lever et du coucher de soleil. Le plan de séparation semble jouer le rôle de réflecteur (augmentant l’intensité des signaux) quand il est derrière le transmetteur ou derrière le récepteur et comme un amortisseur quand il se trouve entre eux.
- Bien des phénomènes de radiotélégraphie restent encore obscurs cependant ; aussi, le P1' Fleming exprime-t-il, en terminant, le regret que la commission nommée par la British Association, en 191a, avec le Dr Eccles comme secrétaire, pour recueillir des données sur le globe entier sur ces phénomènes, ait dû suspendre ses travaux en raison de la guerre.
- (Engineering, 14 niai igi5.)
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- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Notes sur les méthodes modernes de soudure électrique et leurs applications. —
- H. S. Marquand.
- Bien que les méthodes décrites par l’auteur soient totalement différentes et, pour certains travaux,bien supérieures commerésultats à celles de la forge, la soudure électrique ne saurait prétendre à se substituer à la soudure à la forge. Sa sphère d’action est totalement différente.
- 11 y a deux méthodes principales d’application de l’électricité à la soudure : par résistance intérieure et par Yarc électrique ; chacune étant réalisée de diverses manières pour des travaux variés. On peut classer comme il suit les variétés de ces deux méthodes types :
- i° Procédé La Grange-Hoho, où la résistance est électrolytique ;
- a0 Méthode Zerener, au chalumeau électrique;
- 3° Méthode Thomson, par incandescence ou par contact, employée dans les procédés Thomson-Houston, Helshy, et Reiner; — soudure par rapprochement, par points, recouvrement, etc. ;
- 4° Méthode de Yarc: Bernardos, Slavianoff, etc.
- Méthode Thomson ou soudure par résistance. — Cette méthode diffère radicalement de toutes les autres par le fait qu’elle consiste à faire passer dans le métal à souder un courant d’intensité bien supérieure à ce qu’il peut normalement supporter; comme le point tle plus grande résistance est le joint entre les parties à souder, le maximum de chaleur se dégage précisément au point voulu Quand on a obtenu la température convenable, on serre l’une contre l’autre les surfaces à joindre pour réaliser une soudure parfaite.
- L’équipement nécessaire à la soudure par résistance se compose d’une source de courant alternatif, d’un transformateur de voltage (partie intégrante de l’appareil à souder), d’un appareil pour régler le courant et le couper dès que la température de soudage est atteinte, et de pinces ou mordaches pour maintenir les parties à souder et leur transmettre le courant. Ces trois dernières parties sont ordinairement solidaires de la machine à souder.
- Cette méthode de soudure présente un certain nombre d’avantages :
- Tout d’abord, le métal reçoit la chaleur de l’intérieur; par suite, quand l’ouvrier juge que la surface est à la température voulue, il est certain que tout le métal est également dans les conditions convenables pour opérer la soudure.
- En second lieu, il n’y a ni gaz de combustion, ni oxydation; le métal est exempt de porosité et homogène.
- D’autre part, la température se règle à volonté, le travail est aisé et facile, et les pinces ou mordaches, tout en maintenant la pièce alignée, exercent une pression sullisante entre les lèvres de la soudure pour refouler le métal liquide.
- La soudure par résistance présente diverses formes d’application, suivant qu’on soude les
- Fig. i. — Soudure par contact.
- lèvres bord à bord, (soudurepar contact) (lig. i), ou à recouvrement; dans ce dernier cas, la soudure peut être continue (fig. a) ou par points (imitant la rivure).
- Quel que soit le procédé, cette méthode est d’un champ d’application limité par la nécessité d’employer des courants de grande intensité.
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- Elle convient essentiellement au travail en série, par sa vitesse, sa sûreté, sa simplicité et sa grande économie.
- La figure 3 représente deux courbes correspondant à la soudure du cuivre par contact : la courbe A est la consommation d’énergie en kilo-
- watts par soudure. La figure 4 reproduit des courbes analogues de soudure à recouvrement de tôles en acier doux.
- Pour réaliser économiquement une soudure sure, certaines précautions sont indispensables : le métal doit être très propre; les pinces doivent
- mètre pour le fer; 3 à 3,5 fois pour le bronze;à 4 4,5 fois pour le cuivre.
- L’acier, le cuivre pur et les métaux analogues doivent être traités avec précaution et chauffés rapidement, sans surchauffe qui les brûlerait. La pression au joint et le martelage ou le travail à froid renforcent la soudure et empêchent la cristallisation. Les métaux sujets à l’oxydation peuvent être traités avec avantage par un décapant.
- Lorsque des métaux de conductivité différente doivent être réunis par soudure, les pinces de serrage sont placées en raison de la conductivité; par exemple, pour cuivre et fer: la pince sur le fer sera distante du joint de i diamètre et celle sur le cuivre, de 3 diamètres. 11 faut, en outre, chanfrcinerle bord de la partie en cuivre. L’acier à haute teneur en carbone, jusqu’à o,8 % environ, le soude électriquement moyennant un recuit local subséquent.
- Soudure.par l’arc. — Par sa propreté et sa facilité de réglage précis, la soudure électrique a bénéficié d’une grande faveur dans la construction ; mais elle convient aussi à la réparation sur place de pièces détériorées.
- Dans cette application, il est nécessaire, cepen-
- Pouces
- - 0-16
- Kilowatts
- Unttêsjj qqq w
- Secondes 1
- Fig. 3. — Soudure du cuivre par contact.
- s’appliquer parfaitement sur les pièces,et les surfaces de contact doivent être aussi grandes que possiblqj sans quoi, les pinces chauffent fortement.
- La distance entre les pinces varie avec la nature du métal à souder et la section : deux fois le dia-
- dant, de faire un apport de métal, comme dans la brasure, pour remplacer le métal manquant ou détruit.
- Le procédé Bernardos utilise une électrode de charbon ou de graphite (de 9 à 38 millimètres) reliée à l’un des pôles de la source électrique,
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- tandis que la pièce est reliée à l’autre. L’électrode est fixéedansun support isolé et l’arc est produit en louchant la pièce du bout de cette électrode qu’on écarte ensuite vivement.
- Suivant la nature du travail, les dimensions de la pièce, le métal, le courant continu nécessaire aura une intensité de iou à 8oo ampères et, en moyenne, de 3oo à 5oo ampères.
- Le procédé Slavinofï, analogue, en principe, au précédent, substitue à l’électrode en charbon une électrode métallique qui fond et fournit ainsi le métal d’apport.
- Quand il faut alimenter en parallèle plusieurs
- 600 iz
- 550 11
- 450 9
- 300 6
- Z50 5
- 100 Z
- mm.O 50 100 -150 ZOO ZSO 300 350
- S.W.t}. 33 25 ZZ 2019 18 17 16 14- 13 IZ 11 10
- Fig. 4. — Soudures à recouvrement de fer et d’acier doux.
- arcs de ce genre, la dynamo doit être, de préférence, légèrement hypercompoundée, de façon à donner un voltage de 90 volts environ ; mais, en ce cas, une grande résistance est nécessaire, en série sur chaque arc. Pour un seul arc, la dynamo sera enroulée pour donner à peu près le voltage normal de travail avec caractéristique à chute de voltage.
- Les accessoires comportent : conducteurs, interrupteurs, appareil de réglage, support isolé
- léger, charbons de i5o à 3oo millimètres de longueur, 9,5 à 38 millimètres de diamètre, suivant la pièce à souder, un équipement protecteur pour l’ouvrier (gants de caoutchouc, lunettes avec toile métallique et verres rouges et jaunes pour arrêter les rayons ultra-violets).
- Avec l’électrode métallique, on se sert ordinairement de courant continu de 5o à 200 ampères avec chute de voltage dans l’arc de >.5 à 40 volts ; une résistance stabilisatrice est intercalée en série avec l’arc. L’électrode métallique fusible mesure généralement 5 millimètres de diamètre et est reliée au pèle -j- du circuit.
- Les applications possibles de la soudure par l’arc électrique sont bien trop nombreuses pour qu’on puisse les décrire en détail; parmi les plus importantes, on peut citer la réparation des chaudières, des cylindres fracturés, des coussinets, bâtis de machines, arbres, moulages d’acier; la fabrication de fûts ou réservoirs en acier. L’auteur décrit quelques-unes de ces applications et fait, à propos de la réparation des tôles, les remarques suivantes :
- Quand on prépare une pièce pour la soudure électrique, il faut faire grande attention d’éviter les tensions intérieures dues à la contraction. Si, par exemple, on soude une fente dans une tôle en tension, on porte à y5i>° environ le métal autour de la fente et, au refroidissement, la zone soudée aura tendance à s’éclater à nouveau ou à rester en tension. Or, ce qui fait le danger d’un tel effort intérieur au métal, c’est sa distribution irrégulière.
- Les fentes dans les tôles ou charpentes métalliques doivent d’abord être nettoyées et régularisées, soit au burin, soit par fusion à l’électrode en charbon, de manière à former une rainure en Y qu’on remplit ensuite du métal le mieux approprié. Quand on emploie l’électrode métallique, il faut marteler la soudure au fur et à mesure. Avec ce système, on fait des soudures qui supportent de 35 à 61 kilogrammes par millimètre cube à la traction avec i5 à 25 % d’allongement, et des limites élastiques de 19 a 48 kilogrammes par millimètre cube.
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- y-
- ÉCHOS DE LA GUERRE
- La guerre et les transports. Pertes et retards des colis (Jugement du Tribunal de commerce de la Seine du 28 mars cl du Tribunal de commerce d'Avignon du 16 avril 1915.)
- Personne n’ignore que, pendant toute la durée de la mobilisation, les Compagnies de chemins de fer sont et resteront soumises à l’obligation d’obéir aux exigences de la Commission de réseau, et par conséquent n’ont et n’auront pas la « pleine disposition » de leurs moyens de transport. Néanmoins, elles continuent à recevoir les colis et bagages, à les enregistrer à les livrer à domicile et même elles continuent, comme en temps de paix, à les perdre de temps en temps ou à les remettre en retard.
- Dans deux procès soumis à deux tribunaux différents, la Compagnie P.-L.-M. a soutenu que la sujétion dans laquelle elle se trouvait vis-à-vis de l’Etat, et l’introduction dans ses services d'une autorité étrangère à la sienne, avait pour but de lui enlever toute espèce de responsabilité: clic a deux fois perdu le même procès, sur la question de principe, et il peut être très intéressant de connaître les circonstances dans lesquelles ces décisions sont intervenues (‘).
- Un voyageur, M. C., le samedi icr août 1914, quittait précipitamment la ville d’Evian les-Bains, avec toute sa famille et un nombre assez considérable de colis, treize exactement, qu’il faisait enregistrer pour Avignon, avec un excédent important. Le 2 août, à cinq heures du matin, entrait en gare, avec un retard de deux heures, le train qui portait M. C. et toute sa famille et. douze de ses colis : le treizième, victime de la fatalité, arrivait seulement le 14 août, : c’était une malle-tapissière contenant, paraît-il, de très nombreux objets, puisque le voyageur dut en acheter d’autres, en dépensant la somme relativement élevée de 1 107 francs ; il assignait,
- (<) OnTrouvera, dans la Gazelle des Tribunaux du jeudi 8 juillet igi5,le texte de ces deux jugements rendus le premier entre Raviard et la Compagnie P.-L.-M. et l'autre entre M. C. et la même Compagnie.
- donc, pour cette somme, et pour celle de 3oo francs représentant le préjudice supplémentaire : ennui, formalités, désagrément, etc. etc.
- La Compagnie crut devoir soutenir le système que voici : le 3i juillet 1914, un arrêté du ministre de la guerre publié au Journal officiel le 3 août suivant et transmis par voie télégraphique, dès le ier août, à tous les réseaux des chemins de fer, a invoqué les dispositions de l’article 22 de la loi du 13 mars 1875, modifié parla loi du a8 décembre 1888 et de l’article 1" § 3 du décret du 8 décembre 1913, en rendant ces dispositions applicables à partir de l’affichage dudit arrêté et déclarant que, dès ce jour, le service des chemins de fer relevait tout entier de l'autorité militaire et que la totalité des moyens de transport de tous les réseaux de chemins de fer était affectée aux besoins militaires.
- . Elle en tirait donc, comme conséquence, qu’elle était en quelque sorte dépouillée de son caractère de Compagnie de transport : et que, l’Etat devenant en quelque sorte substitué à elle, c’était devant la juridiction administrative que devait être porté le litige.
- L’erreur de la Compagnie a été repoussée à très juste titre par le Tribunal de commerce d’Avignon qui a affirmé sa propre compétence, repoussé la compétence administrative que la Compagnie invoquait, et souligné en termes très heureux que celle-ci commettait l’exagération d’un principe vrai; or, toute extension indue conduit à une hérésie juridique.
- Il est parfaitement exact que, dès la mobilisation, le service des chemins de fer relève tout entier de l’autorité militaire. Le commandant en chef de chaque groupe d’armées ou d’une armée opérant isolément, dispose des chemins de fer, dans la partie du territoire assignée à ses opérations (articles m et a3 de la loi du i 3 mars 1875, modifiés par la loi du 28 décembre. 1888). En ce qui concerne le fonctionnement du service dans le territoire non occupé par les armées d’opérations (comme c’était le cas dans les espèces que nous étudions), l’exécution du service militaire des chemins de fer, dans chacun des grands
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- réseaux de Compagnies et dans le réseau de l’Etat, est confiée à une commission de réseau composée de deux membres : le représentant de l’administration du chemin de fer, commissaire technique, et un officier supérieur, nommé par le ministre, commissaire militaire. Chaque commissaire garde sa responsabilité propre ; le commissaire militaire est plus spécialement responsable des mesures prises pour mettre en œuvre les ressources du chemin de fer (ior décret du 5 février 1889, art. Il) voir aussi Dalloz. Report, pratique (Armée nfS 2 16, 2 418}, et le commissaire technique est plus spécialement responsable des mesures prises pour mettre en œuvre les ressources du chemin de fer.
- En modifiant l’article 22 et les cinq articles suivants de la loi militaire du i3 mars 1875, le législateur de 1888 a obéi à la nécessité d’établir d’une manière bien nette le principe de l’autorité du ministère de la Guerre vis-à-vis des administrateurs des chemins de fer et de préciser les obligations des administrateurs pour assurer l’exécution des transports militaires. Mais la loi du 28 décembre 1888 n’a pas supprimé lesdites administrations, tout en apportant temporairement de graves atteintes à leur fonctionnement normal. Sans doute, les Compagnies sont tenues de mettre à la disposition du ministre de la Guerre toutes les ressources en personnel et matériel qu’il jugera utiles pour assurer les transports de la guerre. Mais ce 11’est que l’excrciçe d’un droit de réquisition, tel qu’il est déjà défini parla loi du 3 juillet 1877 (art: 29), exercice désormais confié aux commissions de réseaux instituées par l’article •>/> de ladite loi du 28 décembre 1888; commission qui, sous les ordres du ministre de la Guerre ou du chef d’état-major général de l’armée, assurent directement l’exécution du service militaire des chemins de fer.
- Les attributions de ces commissaires du réseau sont limitativement restreintes à l’exécution du service militaire des chemins de fer, c’cst-à dire aux transports militaires ; elles ne s’étendent pas aux transports commerciaux qui, d’ailleurs, en temps de guerre, cessent de plein droit sur les voies ferrées dans les zones militaires (art. 33 de la loi du 3 juillet 1877).
- C’est pourquoi le Tribunal de commerce d’Avignon a pu dire très juridiquement : « que les transports commerciaux ne peuvent avoir lieu
- que dans les limites permises par l’autorité mili taire aux administrations des réseaux intéressés, mais, lorsque les transports ont lieu, c’est sans que l’autorité militaire y intervienne autrement que pour les y autoriser; que l’exécution de cette catégorie de transports n’intéresse donc que les administrations des réseaux des chemins de fer; que l’autorité militaire ne s’y immisce en aucune façon; que l’autorité militaire n’intervient pas dans le contrat de transport, les Compagnies restant seules responsables de son exécution, et que le demandeur dès lors est bien fondé à porter son action basée sur la mauvaise exécution dudit contrat devant le Tribunal de commerce; qu’il y a lieu de rejeter l’exception d’incompétence proposée par la Compagnie des chemins de fer P.-L-M. »
- Cette décision qui peut invoquer, dans une certaine mesure, divers précédents (Cour d’Aix, 17 juillet 1872, Sirey 1872. 2. 2^9 3e espèce. Tribunal de Commerce de la Seine, 5 septembre 1872, et Cour de Paris, i5 mars 1875, journal Tribunal de Commerce 1876, page i^o), se justifie par elle-même, sans qu’il soit besoin de l’étayer de l’avis d’un ministre : mais si l’on nous demandait quelle est sur ce sujet l’opinion personnelle et très autorisée du jurisconsulte qui est actuellement ministre de la Guerre, nous citerons la réponse qu’il a faite sur le même sujet à la Chambre de Commerce de Cette, à la date du 3o mai dernier, dans les termes suivants, adressée au président de cette Chambre.
- « Par votre lettre du ii mai courant, vous m’avez signalé cpie la Chambre de Commerce de Cette avait émis l’avis que l’arrêté du 3i mars dernier, sur le régime dçs transports commerciaux, laissait subsister une équivoque sur la question de compétence et permettait de soutenir que les tribunaux civils ou de commerce n’étaient pas compétents pour statuer sur les litiges de cette nature. J’ai l’honneur de vous faire connaître que l’arrêté du 3i mars 1915, comme tous les arrêtés antérieurs qui ont été pris pour régler les limites de la responsabilité des administrations de chemins de fer, en matière de transports commerciaux, n’ont modifié en rien les règles du droit commun relatives soit à la compétence des tribunaux appelés à juger ces sortes de litiges, soit à la procédure à suivre pour le règlement de ces alïaircs.
- « Aucune disposition, ni légale, ni même
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- administrative, ne me paraît donc nécessaire pour constater ce fait. Mais il est bien évident qu’aucune disposition ne peut empêcher les parties de soulever, à l’occasion d’un litige une exception d’incompétence quelque peu fondée que puisse être cette exception. Veuillez agréer, etc. Signé : A. Milleiiand. »
- Ajoutons enfin qu’alors même que les transports commerciaux s’effectueraient sous la direction militaire, le caractère commercial du contrat de transport n’en persisterait pas moins, car même lorsque c’est l’Etat qui exploite une ligne de chemins de fer, il fait, comme les administrations concessionnaires, un acte de commerce (Dali. 1889, 1, r53. Cour de Cass. Arrêt du 8 juillet 1889).
- Si, au cours de ces considérations sur la question de compétence et la nature même du litige, au point de vue juridique, le lecteur n’a pas perdu le souvenir du treizième colis de M. C., nous lui dirons que les juges, après avoir déclaré que c’était à eux et à eux seuls de juger le litige, ont déclaré, en fait, que M. C. ne pouvait faire un grief à la Compagnie des chemins de fer P.-L.-M. d’avoir commis un retard de quinze jours dans la livraison de la malle-tapissière, dans la période troublée qui s’est écoulée du icr au i5 août 1914- La Compagnie, obligée de faire face à tant d’obligations «à la fois, a été considérée comme excusée de n'avoir pu livrer tous les çolis en même temps : c’est là un risque de guerre dont chacun doit assumer sa part; M. C., on fait, a donc été débouté de sa demande.
- Un peu différente se présentait l’affaire soumise au Tribunal de la Seine. Disons tout de suite : i° qu’il s’agissait non pas d’un retard, mais de la perte d’un colis, a° que l’expédition ne se plaçait pas aune date aussi troublée que celle du ior ou même du i5 août; 3° qu’il ne s’agissait pas de la malle d’un voyageur, mais d’un colis expédié le i/| novembre 1914, dans les circonstances suivantes :
- Suivant déclaration d’expédition en date à Paris du 14 novembre 1914, Raviart a fait remettre à 10 heures, ledit jour, au bureau de ville de la Compagnie sis à Paris rue Saint-Martin, un colis consistant en un panier marqué « Aav », du poids brut de 7 kg. o53, et contenant des vêtements usagés, pour être expédié aux conditions des trans-
- ports internationaux par chemins de ferengrande vitesse et en port dû à son adresse à l’hûtel des Alpes à Glion, canton de Vaud (Suisse) ; l’expédition était accompagnée de la lettre de voiture prescrite parl’articlefi de la Convention de Berne, portant la mention « via Genève », ainsi que d’une déclaration de la douane contenant les indications suivantes : Effets usagés, poids net 5 kilogrammes, valeur 3oo francs.
- Le 20 janvier 191$, le sieur Raviart n’était pas en possession de son "paquet; il assigna le même jour la Compagnie en paiement de 440 francs, montant de la valeur des objets expédiés, et en paiement de 100 francs, à titre de réparation de préjudice. La Compagnie soutint le même système que celui qui a été ci-dessus analysé à peu près dans les mêmes termes que ceux employés pour le tribunal d’Avignon; le tribunal de Commerce de la Seine rejeta l’exception d’incompétence, et la théorie de la substitution de l’Etat à la Compagnie du chemin de fer. Mais il y a ajouté deux considérations intéressantes :
- i"Au 14 novembre 1914,date de l’expédition faisant l’objet du litige, les transports commerciaux étaient autorisés sur la zone que devait parcourir le colis litigieux peur atteindre le territoire suisse ; ces transports étaient alors régis par le décret du 29 octobre 1914 et l’arrêté ministériel du Ier novembre 1914, parus au Journal officiel du 3 novembre, et relatif à la responsabilité des Compagnies de chemins de fer, en ce qui concerne la durée des transports commerciaux; le paragraphe 2 de l’article premier dudit arrêté est ainsi conçu : « Les réseaux sont responsables des pertes et avaries résultant d’une faute lourde de leurs agents dont ils 11e pourraient rattacher la cause à l’état de guerre ». En plus des règles du droit commun, le texte de l’arrêté qui était en vigueur au moment de l’expédition interdisait à la Compagnie de prétendre à line exonération absolue basée sur l’état de guerre existant.
- 2" La Convention de Berne à laquelle les parties étaient soumises, puisqu’il s’agissait d’une expé-ditiondeFranceen Suisse, devait donc être appliquée comme en temps ordinaire : or, depuis cette Convention, le délai maximum de la livraison est de cinq jours (article 14 delà Convention) puisque la distance de Paris à Glion n’excède pas jüo kilomètres; par suite et parapplication de l’article 33, l’expéditeur, le sieur Raviart, était fondé, dès le 20 janvier, c’est-à-dire plus de 3i jours après le
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- ltiai
- délai extrême de la Livraison, à tenir le enlis pour perdu: d’autre part, c’est à la Compagnie qui a pris en charge le colis, à prouver que cette perte est due à un fait exclusif de toute faute lourde de la part doses préposés ou à un cas de force majeure résultant d’un ravage de la guerre ou à une faute de lîaviart ; or, elle ne l'ait pas cette piieuve et n’offre même pas de la faire.
- La question de la somme allouée par le tribunal importe peu : on peut néanmoins remarquer que le Tribunal de la Seine a pris en consîdéra-tion ce fait que, dans la déelaratio-n à la douane, l’expéditeur avait attribué à son envoi la valeur de 3©o francs ; il n’était donc pas recevable à demander 44o francs; aussi fa première sommelui a-t-elle été allouée parle tribunal qui l’a déclarée productive d’une valeur à 6 % l’an depuis le jour de la demande, toujjours d’après la Convention de Berne (art. 4a).
- Paul Boucault.
- Avocat à la Cour d’Appel cte Iiyon.
- La fixation de l’azote atmosphérique.
- Une grande entreprise électrique, destinée à fournir l’énergieet eitmême temps à fixer l’azotede l’air pour la production de la cyanamide (engrais azoté), est en voie de réalisation en Allemagne.
- Cette entreprise rendra ce pays indépendant à l’étranger pour l’acide azotique nécessaire à la fabrication des explosifs,, et elle est associée pour cela à d’autres sociétés qui tirent l’acide azotiquedel’ammo-niaque synthétique.
- C’est la- «- Berlin Electricitâts Gesellachaft » qui. a pris en main cette affaire. La base première de l’entreprise est l’utilisation comme combustible des gisements dé lignite de Golpa-Jessnitz près Bitierfeld qui étaient déjàen possession de cette Société, en vue du prolongement de sa concession à Berlin, et pour le transport de l’énergie de Bitterfeld à Berlin. Mais avant que le conseil municipal de Berlin ait approuvé le projet de la Compagnie d’Electricité il avait été décidé-de réserver les gisements de lignite en question, qui couvrent une aire totale de a 5oo acres (: ooo hectares), à la réalisation du problème de la la fixation de l’azote de l’air, tout en: fournissant le combustible nécessaire à la station projetée pour une période de 3o années.
- Les gisements appartiennent à la Golpa-Jessnitz qui est contrôlée par la Compagnie de Berlin-laquelle possédera le capital entier versé- par la
- municipalité de-Berl-i-n-comme-p-ri-x d’acquisition de l’entreprise berlinoise en octobre prochain. Pour la question de l’azote, la Compagnie Golipa s’est entendue avec la « ILvarian Nitrogen Works » à laquelle elle fournira l énergie à une tension de 8o ooo volts pendant i5 ans, l'acheteur ayant le droit de prolonger le contrat dix années de plus, aux mêmes conditions, quîne sont pas connues mais qu.el’ondit représenter un prix d’environ i pfennig par kilowatt-heure à cause des conditions exceptionnellement favorables d’utilisation de la lignite.
- De son côté l’acheteur a accepté de délivrer 5oo- millions de kilowatts-heure par année,
- Une station génératrice die *8o ooo kilowatt» est en construction pour réaliser ce programme. Elle comprendra 8 unités de îî 5oo kilowatts, dont 4 sont déjà en montage et seront en service à la fin de l’année. Le second groupe de 4 unités alimentera les entreprises de la Compagnie Bavaroise qui seront établies près de Bitterfëld et le débit total sera alors de t ooo millions de kilowatts-heure par an.
- L’usine électro-chimique de la Compagnie Bavaroise est également en construction et elle sera prête lors de la.miae en service du deuxième groupa.
- Le but que les Allemands espèrent atteindre ainsi est de pouvoir retirer de chez eux tout ce qui est nécessaire pour les explosifs et les engrais parallèlement aux grands agrandissements pour la production de l’ammoniaque synthétique que fait la « Baden Aniline C » et qui doivent être complétés aussi au commencement de 19.16.
- L'Exportation de matériel électrique de l’Empire allemand aux puissances européennes actuellement en guerre.
- La crise européenne, qui prit'naissamee dans la première quinzaine, du mois d’août, déchaîna la mise: en état de guerre de huit Etats (comprenant an total 36o millions d’habitants occupant un territoire de 8.000.000 kil.carrés); l’Allemagne en souffre depuis (fans son exportation. Son industrie; électrique qui s’était accrue de 3 1/4 % dans sa production en 1913 s’est, vue ralentir. Xoua donnons ci-joint un tableau descriptif de l’exportation allemande dans les pays aujourd'hui ligués contre elfe (sauf le Monténégro) et de son alliée, l’Autriche. — On pourra se rendre compte que cette puissance qui ne fournit que 7 % environ de sa fabrication de matériel électrique à l'Autriche, se voit supprimer un trafic de 35 % , de sa production globale, avec les Etats qui la combattent à présent.
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-
- O**
- O*-
- Exportation du matériel électrique allemand d* après la production de Vempire
- aux pays européens actuellement en guerre (sauf le Monténégro).
- *
- )
- Les valeurs données sont en 1 000 marks (4).
- i | AUTRICHE- •
- PRODUCTION HONGRIE BELGIQUE FRANCE ANGLETERRE (2) RUSSIE (5) SERBIE ,
- (d’après les spécialité»)
- 1913 191* I9ï3 1912 19*3 1912 1913 1912 1913 1912 I9J3 1912
- Dynamos, moteurs, transformateurs, conver-
- tisseurs, induits, etc 4 95a 5 494 4 484 4 118 2 994 2 665 4 85a 3 468 8 53o 5 623 3i I27
- Accumulateurs, éléments, etc 2l6 320 *9* 170 46 52 184 106 85 88 — 5
- Câbles 26 347 4 25o 3 357 199 •76 I OÔO 1 122 628 754 24 56
- Lampes à arc, projecteurs, etc 443 555 172 142 198 3l2 538 480 I 264 775 I 5
- Lampes à incandescence 4 532 4 011 2 377 2 i56 2 624 2 607 4 458 6 467 8 810 IO OÔI 45 54
- Appareils téléphoniques et télégraphiques, appa-
- reil^ de signalisation. 1 021 958 I 110 735 723 585 I 87O 1 263 2 078 1 893 54 18
- Matériel pour courants de grande intensité 6 009 4 79° (*)4656 3 001 (4)'76oo ï 909 (4)975a 2 743 9 720 5 991 20 71
- Appareils de mesure et appareils enregistreurs. a 888 3 221 I 028 928 1 209 791 1 474 9°5 4 645 3 546 25 60
- Fils isolés 266 208 1 718 1 43i 299 *79 6 160 4 54o 886 829 70 5
- Charbons électriques (3) 885 885 929 725 943 980 2 008 i 8i3 656 5l2 4 I I
- Articles électriques : '
- Au total 23 329 22 663 21 745 17 5io l8 391 II 540 34 421 24 38i 39 601 3i 792 292 446
- Proportion % de matériel électrique exporté
- par T Allemagne d’après sa production 7,06 8,31 6,58 6,42 5,56 4,23 10,41 8 >94 11,98 11,66 0,09 0,l6
- (1) Exportation globale de matériel électrique allemand : 33o 568 ooo marks.
- (2) Sauf Gibraltar, Malte, Chypre, qui ont importé pour 3g ooo marks en 1913.
- (3) Y compris la Finlande, pour 3 583 ooo marks correspondant à une exportation allemande de 1,2 %.
- (*) Y compris les organes électriques des moteurs à combustion pour automobiles et matériel de traction. (5) Y compris certains charbons ne sollicitant aucune préparation électrique.
- LÀ LUMIÈRE ÉLËCTRIQÜÉ t. 3tXX (2e Série). — N° 34*
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- 14 Août 1915.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 167
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- Arrêté du Ministre des Travaux Publics, fixant, pour l’année 1915, les frais de contrôle dus à l’Etat par les entrepreneurs de distributions d’énergie électrique.
- Le ministre des travaux publics,
- Vu la loi du i5 juin 1906 sur les distributions d’énergie électrique, notamment l’article i3 (3°), portant qu’un règlement d’administration publique déterminera l’organisation du contrôle de la construction et de l’exploitation des distributions d’énergie électrique dont les frais sont à la charge du concessionnaire ou du permissionnaire ;
- Vu l’article 9 du décret du 17 octobre 1907, organisant ledit contrôle ;
- Sur la proposition du directeur du personnel et de la comptabilité,
- Arrête :
- Les frais de contrôle dus à l'Etat par les entrepreneurs de distributions d’énergie électrique établies en vertu de permissions ou de concessions, sont fixés, pour l’année 1915, à 10 francs par kilomètre de ligne, pour les distributions soumises au contrôle exclusif de l’Etat, et à 5 francs par kilomètre de ligne, pour les distributions soumises au contrôle des municipalités sous l’autorité du ministre des travaux publics.
- , Paris, le 3i juillet 1915.
- M. Sembat.
- Les marques syndicales destinées à authentifier les produits de fabrication française.
- La Conférence de M. Lecouez sur les « Marques syndicales destinées à authentilier les produits de fabrication française » parue dans notre numéro du u4 juillet 1915, est due à l’obligeante communication de notre confrère Le Génie Civil.
- NOMINATION
- Est nommé, dans l’ordre de la Légion d’Honneur, au grade de chevalier :
- M. Montpellieb, chef de section, télégraphie militaire de 2e ligne, Etablissement Central du matériel de Télégraphie Militaire.
- Nous sommes heureux d’enregistrer la distinction dont vient d’être l’objet le sympathique rédacteur en chef de L'Electricien, qui, depuis de nombreuses années, s’est spécialise dans les questions d’électricité industrielle, et, à l’heure actuelle, consacre son activité et sa compétence au service de la Télégraphie Militaire.
- SOCIÉTÉS
- Compagnie Française pour l’Exploitation des Procédés Thomson Houston.
- A l’Assemblée générale des actionnaires, tenue le 17 juin dernier, le rapport du Conseil d’Administration s’est étendu longuement sur la situation financière de la Compagnie et a passé en revue chacune des filiales ou Sociétés dans lesquelles la Thomson est intéressée.
- En dépit des conditions défavorables résultant de l’état de guerre : mobilisation de 60 % du personnel, moratorium, production de plusieurs usines consacrée aux besoins de la défense nationale, charges résultant d’allocations et secours consentis aux mobilisés et à leurs familles,les bénéfices bruts se sont élevés à 7 574 462 fr. 66,en diminution seulement de 636 180 fr. v.j sur I’exercicei9i3.
- Les frais généraux et les intérêts des 3oooo obligations émises en 1913 s’étant élevés à 3 oa5 17a fr. 89, le bénéfice net, y compris le report précédent, ressort à 4744984 fr. 98. Parmi les divers amortissements, figure le « Compte de Guerre » pour une somme de 394921 fr. 35. La Thomson, à l’exemple de nos grandes Sociétés d’électricité et de mécanique, n’a pas hésité à s’imposer de lourds sacrifices, en espèces et en nature, pour secourir les familles des braves tombés au champ d’honneur et venir en aide aux héros qui luttent si vaillamment contre les barbares teutons.
- Une somme de 3 000 000 de francs a été consacrée à l’intérêt statutaire de 5 % , soit 25 francs par action, et ig5 848 fr. 88 ont été reportés à nouveau.
- Le Conseil d’Administration, pour répondre « aux bruits tendancieux qui ont été propagés contre la Thomson Houston», a procédé à une mise au point de ses relations avec l’Allgemeine Elektricitats-Gesellschaft de Berlin, qui se bornent, dit le rapport, à-une convention concernant les brevets des turbines Riedler-Stumpf, de moteurs monophasés à collecteurs et de certains dispositifs pour les lampes à incandescence. Il termine par cette phrase que les actionnaires ont dû applaudir des deux mains : « Pour l’avenir, notre programme est tout entier dans cette constatation que tous rapports sont désormais impossibles entre Français et Allemands. La dissociation de ces rapports pourra soulever des problèmes complexes. Elle sera d’autant plus facile que la victoire de notre pays sera plus complète : nous pouvons donc l’envisager sans inquiétude, et dès à présent, nous pour suivons, comme première conséquence de l'état de fait actuel, la dissolution et la liquidation de la Société Française A. E. G. »
- Les usines de la Thomson, malgré la pénurie de la main-d’œuvre et les difficultés de toutes sortes résultant des hostilités, ont continué à fonctionner.
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- 468
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXX (2e Série). — If»Si.
- L’usine réservée à la Téléphonie et â la Télégraphie a mis en service plusieurs multiple? dans la banlieue de Paris et a reçu des commandes de téléphonie automatique pour les réseaux de Nice et d’Orléans.
- Les usines de Vaugirard et de Neuilly ont été mises à la disposition de l’autofité' militaire pour la fabrication de projectiles ejt.de munitions d’artillerie.
- L’usine de Lrequin :Se trouve dans la région envahie par l’ennemi. L’autorité allemande aurait réquisitionné, selon ses procédés habituels, le cuivre et les maehine.s-outi.ls.
- L’usine consacrée à la fabrication des lampes va doubler sa production pour subvenir aux besoins de la consommation nationale et remplacer les lampes à incandescence d’origine austro-allemande qui figuraient dans la proportion de 5o % .
- En dehors des centrales que la 'Thomson édifie et équipe pour la Compagnie Générale de Distribution, la Compagnie Générale des Omnibus, les Chemins de fer du Midi, la Compagnie du Canal de Suez, elle procède à la construction d’une série d’automotrices destinées aux Chemins de fer de l’Etat pour le service de la banlieue, et de 8 locomotives de i 8oo chevaux pour la Compagnie du Midi.
- Parmi les nouvelles commandes importantes, signalons : 2 groupes de 6 ooo kilowatts pour l’usine de Saint-Géniez, un groupe de ioooo kilowatts pour Tui • lière, et 3 groupes de transformateurs et commuta-trices de i ooo kilowatts pour la sous-station de Porche-fontaine des Chemins de fer de l’Etat.
- Le rapport du Conseil d’Administration examine ensuite la situation des diverses Sociétés dan6 lesquelles la Thomson possède des intérêts.
- La Société Centrale pour l’Industrie Electrique, au capital de 20 millions, a réalisé un bénéfice de j 090 58fi fr. 45 qui a été reporté à nouveau.
- La Compagnie Générale des Omnibus a soldé son compte d’exploitation par un bénéfice de 7066 i49fr. 16, en augmentation de 1 228 755 fr. 60 sur celui de 1913, ce qui lui a permis de distribuer un dividende de 20 francs.
- La Compagnie Générale Parisienne de 'Tramways a vu ses recettes fléchir dans de grandes proportions. Le total de ses bénéfices, 688 i?5 fr. 27, a été réservé.
- La Compagnie des 'Tramways de Pari? et du Département de la Seine pourra distribuer un dividende de 4 % , comme Tannée dernière.
- Les Chemins de fer Nogentais ont réduit leur dividende de 5 1/2 à 4 % •
- Une réduction de dividende a été imposée, par suite de la diminution de leurs recettes, à la Compagnie Générale Française de Tramways, ainsi qu’aux Sociétés de Tramways de Rouen, Bordeaux, Versailles, Alger, Nice et Amiens.
- La reproduction des articles de la
- Paris. — imprimerie levé, 17, rue cassette.
- La Compagnie Générale de Distribution n’a pu réalisé qu’un bénéfice ,de çjp 210 fr. 84 qui ont été reportés à nouveau.
- La Compagnie Centrale d’Energie Electrique, qui exploite les réseaux de distribution de Rouen, Château-roux, Alger et Oran, a vu ses bénéfices réduits à 600 ooo fr. environ, après avoir fait face à toutes ses charges et procédé à divers amortissements.
- Par contre, ies recettes *d.e l’Energie Electrique du Littoral méditerranéen se sont élevées à 7 582 697 fr, 32 contre 7 341 349 ^r- 89 en 1913^
- De même, les recettes de l’Energie Electrique .du S.ud-Ouest ont été supérieures de 54 ooo francs à celles de l’exercice précédent.
- Au début de son rapport, le Conseil d’Adminis.trâtio,n rend un hommage ému à la mémoire de son ancien président, M. Florent Guillain, qui dans ses diverses fonctions publiques et privées a toujours montré «ne haute intelligence, une autorité morale appréciéfide tous, et dont la mort n’a laissé que d’unanimes regrets dans les milieux industriels.
- CONVOCATIONS
- La Champagne Electrique. — Le 19 août, à 2 h., boulevard Haussmann, 73, à Paris.
- Société des Forces Electriques et Usines de l’Arve. —
- Le 21 août, à 10 h., rue La Boétie, 124, à Paris.
- Appareillage Electrique Grivolas. — Le 25 août, à 11 h., rue Blanche, 19, à Paris.
- Société d’Applications du Béton Armé. — Le 25 août, à 2 h. 1/2, rue de Belzunce, 11, à Paris.
- Société d’Eclairage Electrique de Saumur. — Le 25 août, à 11 h., boulevard des Capucines, 24, à Paris.
- ADJUDICATIONS
- L’administration des Chemins de fer de l’Etat, kParis, a l’intention d’acquérir du matériel électrique à haute tension, destiné aux postes de livraison et de transformation des gares, dépôt et ateliers du Mans.
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service électrique (2e division), 43, rue de Rome, à Paris (8e), le mardi et le vendredi, de i5 à 17 heures, jusqu’au 20 août igi5.
- .* *
- L’administration des Chemins de fer de l’Etat, k Paris, a l’intention d’acquérir les caniveaux en ciment armé destinés à la protection des câbles électriques à H. 'T. reliant l’usine centrale du pont d’Eauplet au poste de transformation de la gare de Rouen R. D.
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service électrique (ire division), 43, rue de Rome, à Paris (8e), le mardi et le vendredi, de i5 à 17 heures, jusqu’au 20 août igi5.
- t
- Lumière Electrique est interdite.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente-septième année . SAMEDI 21 AOUT 1915. Tome XXX (8* série). N« 32
- • ........................................................................
- La Lumière
- SOMMAIRE
- O. BILLIEUX- — Expressions analytiques de l’intensité d’un champ magnétique^A/n/. 169
- LUCIEN PAHIN. — La traction thermo-électrique à récupération (système Henri Pieper)................................ 173
- Publications techniques
- nque
- Le briqueta^
- E.-F. Hmscï?
- ÿ
- |<sgftj»lures et limailles.
- Municipalisation de Russie..............
- Législation
- usines électriques en
- Construction et essais de machines
- Avantages et limitation de la ventilation des moteurs de traction. — Rudolf E. Hell-
- mund...................................... 181
- Applications mécaniques L’électricité dans la marine américaine. — Maxwell W. Day............................... 184
- Notes industrielles
- Le crible à sable à force centrifuge Oerlikon.
- Bibliographie..............................
- Nécrologie. — Robert Hammond...............
- Renseignements Commerciaux.................
- 187
- 188
- 189 *9*
- 19a
- EXPRESSIONS ANALYTIQUES DE L’INTENSITÉ D’UN CHAMP MAGNÉTIQUE(1>
- Pour que nos résultats soient généralement utilisables nous mettrons — en facteur dans la
- formule (i5) qui devient en posant le rapport — égal à p :
- •8C 0
- «fêi)]K (,5,)
- pu
- k2 =
- !*P
- (1 +P)2
- II0 n’est donc plus fonction que du rapport p, ef est inversement proportionnel au rayon R du circuit. Il nous suffira donc de calculer la partie variable pour certaines valeurs de p admises arbitrairement sans nous préoccuper du facteur constant devant la parenthèse.
- Les l’ésultats sont indiqués dans la figure 8. Celle-ci nous montre qu’extérieurementà la spire l’intensité du champ magnétique est assez considérable jusqu’à p = i,5 environ, puis diminue asymptotiquement pour devenir nulle à l’infini. y^Les cas de dégénérescence s’obtiennent aisé-
- (•) Voir Lumière Electrique du 14 août iç)[5, p. 145.
- ment. Pour /• = o, donc au centre de la spire — qui est aussi un centre de symétrie —p — o et k = o. A ces valeurs particulières correspondent
- e»
- K = x, K' = OO , q = o, ^ = O
- 4 , i
- et 8C = ïkx —
- formule connue.
- Par contre, si /• — R, p — 1 ; k = r,
- on obtient K' — K = 00 et £fCK = ± <» .
- a’ 0
- On peut aisément mettre en évidence que le flux total traversant la spire intérieurement dépend de la grandeur de celle-ci. En effet
- <I>
- i
- r ri
- ïTU'iltadr = 2 tcR2 / p3Z(Idp
- 4 izki
- !RI[
- P
- '+P
- i—p
- <1> est donc simplement proportionnel" à Rf, c’est-à-dire au nombre d’ampères-tours — si l’on suppose plusieurs spires concentrées en une
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXX (2° Série). — N° 32,
- seule ligne — et au rayon IL II est bien évident que l’intégrale serait la même entre les limites i et cw. Gomme elle se présente sous une forme plutôt compliquée, la fonction 6 étant aussi fonction dep, on peut j>lus rapidement intégrer graphiquement en traçant d’abord la courbe p Xn (lig. /,), dont l'intégration donne‘hen fonction de p. La courbe <I> peut être aussi interprétée comme indiquant la valeur du coefficient d’induction
- », = -. On obtient en effet par transformations R
- successives :
- ,, ni- — n'1 _ /|Rr _______________ 4 p __
- ~ m' ~ (R + /•)* K1 “ (i + pf +/V
- ,,, »* (R — >-)2 + h* _ (. - P)* + Pi2
- - (R + ,.)* + /p (,+/>)* + />.* ni — W\J[i + p)2 + pi2
- mutuelle de deux spires concentriques dont le rayon de la plus grande est rapporté à l’unité.
- La figure 5 représente un système de deux spires concentriques traversées par le même courant dans le même sens. Il y est pris au hasard >Ks= 1,575 R,. Les courbes Xt et indiquent les intensités des champs magnétiques composants, correspondant donc à chaque circuit séparément ; SC l’intensité résultante. <I>, est le llux traversant la première spire, <t>2 et <I>3 les flux positif et négatif passant entre les deux spires, les intégrations étant faites à partir du point où UC ~ (k
- Revenons à nos premières formules (n) et (14). Elles peuvent aussi être mises sous une forme
- dépendant seulement des rapports p — ^ et
- X.=7./>
- Xx - ïk
- L______*______r.+ «"Mu,..
- A 9(o)JJp (,4)
- (l—pp+p
- Rs/(i+py+ppl
- *sP = Si=-
- V I ,
- 1 ~P~~~x[X —P'—P'*
- 6>r
- 6(o)
- (i6)-
- La direction des lignes de force est indépendante de l’intensité du courant; c’est une fonction des seuls rapports p et pt.
- On obtient alors facilement de la formule (n7) le cas limite où p = o, c’est-à-dire la valeur de St en un point quelconque de l’axe des z. On aura en fonction de z l’expression connue :
- / i - R2
- 0C-0 =î/nt
- R (, + pf)'/*
- •= 2 liizi
- Ra -f z3)3/*'
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- 21 Août 1915. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- On peut se poser le problème inverse, c’est-à-dire déterminer les points p p, de l’espace pour lesquels l’intensité du champ magnétique a une valeur donnée en grandeur et en direction. En particulier, il est aisé de tracer une telle courbe
- pour laquelle 2&- est constamment nul. La formule ( 16) nous donne alors comme première con-
- 7C
- dition , (J = -, tg $= oo
- d’où p,2 = i — p2 — a ( i — p)
- L’expression du module nous donne une
- deuxième relation pt2 — — (i -f- p)2.
- En résolvant ces deux équations on peut exprimer p et pL en fonction de k dont il suffît d’admettre différentes valeurs arbitraires pour calculer quelques points de la courbe cherchée.
- On trouve d’abord :
- Les résultats sont indiqués dans la ligure (J.
- Le lieu des points où la tangente aux lignes de force est horizontale est donc une surface de révolution dont la figure 6 représente la demi-génératrice seulement. Celle-ci ressemble à une parabole; elle se termine par une droite allant à l’infini dont l’inclinaison est d’environ 36°, coupant l’axe des abscisses approximativement au poin t p — o,5.
- Il serait aisé en traçant quelques autres courbes, par exemple celles pour lesquelles tg (3 = i, de construire les lignes de force. Celles-ci sont circulaires dans le voisinage du conducteur seulement; elles s’allongent extérieurement à la spire jusqu’à l’infini. On pourra toujours multiplier les applications de nos formules suivant l’intérêt qu’on y trouvera dans les différents problèmes à résoudre : il suffira de les transformer convenablement.
- Remarque. — Nous avons préféré employer les fonctions de Jacobi parce qu’elles aboutissent à une forme plus claire que celles de Weierstràss. Avec ces dernières en effet on aurait obtenu par exemple
- St
- £
- (0
- 3R2_/.s_;ia
- U ei + 0 iae2,—g2
- où la demi-période réelle ta est à ramener sous la forme normale de Legendre pour pouvoir la déterminer aussi par la formule de Lànden. Alors e, = p (ta) et /) = Ç (ta) sont deux séries qui convergent très rapidement. Mais les constantes delà formule (17) ne se prêtent pas aisément au calcul et les invariants g2 et g3 de la fonction /* ne se simplifient guère. Ainsi
- »=[•*'+
- Peut-être qu'en poussant les opérations plus loin on aboutirait quand même à des expressions
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXX (2e Série)-. — N«f32.
- plus simples. On arrive a la formule (17) en fai- . , „ e*— <?3 tri* — n
- , , . , , v " . I puisque k- == ------ =--------—
- sant dans les équations (2) x = cos <p, ce qui | et — et m*
- Fig. 5.
- semble plus simple de prime abord. O11 pourrait | Tous nos calculs sont laits a la règle. Mais,
- Fig. 6.
- aussi la transformer par des procédés connus pour retrouver les résultats auxquels nous sommes arrivés directement, les différentes fonctions étant construites avec les mêmes périodes
- pour travailler avec précision, les tables de logarithmes à 7 décimales sont indispensables surtout pour des valeurs du module voisines de l’unité. O. Billieux.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- 21 Août 1915.
- LA TRACTION THERMO-ÉLECTRIQUE A RÉCUPÉRATION (SYSTÈME HENRI PIEPER)
- Le système Henri Pieper de traction électrothermique à récupération a fait son apparition en Belgique en 1908, sur un tramway de la Société Nationale des Chemins de fer Vicinaux. A la suite des essais qui furent effectués, cette Société commanda d’autres automotrices de même système, mais d’un modèle plus grand. En France, la Compagnie des Chemins de fer de Grande Banlieue (Seine et Seine-et-Oise) adopta de son côté le système Pieper sur une de ses lignes. Depuis lors,M. Pieper a conçu le principe des automotrices à récupération totale et il a
- dynamo qui fonctionne en réceptrice dans les parties difficiles de la ligne et en génératrice dans les parties faciles. Une batterie d’accumulateurs, de capacité moyenne, est adjointe au système moteur-dynamo et emmagasine ou débite de l’énergie suivant le profil de la ligne.
- Voici d’ailleurs, plus en détail, le fonctionnement du système. Dans une rampe, la vitesse de la voiture diminue naturellement sous l’action delà pesanteur; il en résulte une diminution du voltage de la dynamo et un débit de courant de la part de la batterie-tampon, qui fait ainsi fonc-
- Eig. 1. —.Automotrice benzo-élcetrique à récupération, système Henri Pieper, fournie aux Chemins de fer de Grande Banlieue (Seine et Seine-et-Oise) par la Société anonyme Energie de Marcinelle (Belgique).
- Vue extérieure,
- étudié l’application éventuelle de son système à l'exploitation de différentes lignes des chemins de fer de l’Etat Belge.
- Le système Pieper primitif.
- Le système Pieper est basé sur l’emploi d’un moteur à explosion, d’une puissance normale suffisante pour assurer seul la marche du train sur la plus grande partie du parcours, et d’une
- donner la dynamo en réceptrice. Celle-ci fonctionne dès lors en parallèle avec le moteur à benzol : c’est ce qu’on appelle le « tamponnage » du moteur à explosion.
- Dans une descente, au contraire, la voiture tend à s’accélérer, sous l’effet de la gravité; le voltage delà dynamo augmente et l’emporte sur celui de la batterie, qui récupère alors le supplément d’énergie fourni par l’accélération de la voiture.
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- T. XXX (2e Série). —N° 32.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- D’ailleurs, tamponnage et récupération se produisent automatiquement, et, suivant que, dans la batterie, il passe un courant de charge ou de décharge, un régulateur, constitué par un solénoïde à double enroulement, à l’intérieur duquel se déplace un noyau de fer doux, diminue ou augmente le débit des gaz. Il en résulte que, dans une rampe, le régulateur fonctionne toujours à plein gaz> tandis que, dans une descente,
- Fig1. 2. — Automotrice benzo-éleclrique à récupération système Henri Piej>er, fournie aux Chemins de fer de Grande Banlieue. — Intérieur du compartiment de 2e classe.
- le régulateur se ferme automatiquement, de façon à ce que seules les résistances passives du moteur soient équilibrées.
- Le moteur, étant constamment en prise directe sur les essieux, fonctionne indifféremment dans un sens ou dans l’autre. Un embrayage robuste çst intercalé entre le groupe moteur et les essieux.
- La dynamo, calée directement sur l’arbre du moteur, est excitée en dérivation. Elle fonctionne à des vitesses de régime très variables, par simple réglage' de l’excitation.
- La conduite de l’automotrice Pieper se fait au moyen d’un controller analogue à celui des tramways électriques. Au moment de faire démarrer la voiture, le wattman met en route le groupe moteur, dans un sens convenable, par l’envoi de courant de la batterie dans la dynamo, d’où résulte la rotation du moteur à benzol. Puis, l’envoi progressif de courant dans les embrayages magnétiques provoque le démarrage de la voiture elle-même. On élimine alors successivement les résistances intercalées dans le circuit d’excitation de la dynamo, afin d’arriver à la vitesse de marche normale. Ces manœuvres sont obtenues par la rotation de deux poignées, une petite pour lancer le moteur à benzol, une grande pour la mise en marche de la dynamo.
- Pour ralentir et arrêter, on tourne en sens inverse la grande manivelle, d’où augmentation progressive de l’excitation et récupération par la batterie de l’énergie due à l’inertie de la voiture ; puis on débraye le système moteur et on fait agir le frein à air comprimé, qui sert seulement à produire l’arrêt des roues, puisque le ralentissement du véhicule se fait uniquement en récupération sur la batterie.
- Aux arrêts, le groupe moteur est arrêté ou il tourne à faible vitesse pour recharger la batterie.
- La voiture est chauffée au moyen de l’eau de circulation du moteur à explosion. Le refroidissement de cette eau s’achève dans un radiateur à ailettes, disposé sur le toit. L’automotrice est éclairée, ainsi que ses remorques, par des lampes électriques à incandescence, branchées sur la batterie.
- Dans les automotrices Pieper,les batteries-tampon ont pour rôle essentiel de fournir les pointes d’énergie et non de donncrtoutel’énergie nécessaire à la traction du train. C’est pourquoi leur capacité est relativement faible et, partant, leur poids et leurs dimensions. Aussi peut-on les placer sous les plateformes de la voiture dans des caisses parfaitement étanches et soigneusement ventilées. D’ailleurs, en cas d’avarie, la batterie permettrait de rentrer la voiture au dépôt ou à la station la plus proche.
- Son travail s’effectue dans d’excellentes conditions, puisqu’elle ne reste jamais déchargée. On l’entretient simplement en vérifiant périodiquement, au moyen du densimètre, l’état des éléments et en refaisant le niveau du liquide par addition d’eau distillée ou acidulée. Après un
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- 21 Août 1915.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 175
- parcours variant entre io ooo et 20000 kilotnètres, on procède à un lavage des éléments pour les débarrasser dés brilles qui s’actellhiUlcht au frihd des bécâ.
- l’ypes d’automotrices du système Pieper primitif.
- i6 Automotrice à deux essieux pour tramways (type I). —Elle fut la première automotrice à moteur électro-tampdnné et à récupération d’éüèrgie ayant circulé sur voies ferrées. Livrée ëh 1908 à la Société Nationale dès Chemins de fer Vicinaux de Belgique, elle fut mise en service pendant deux ans sur des lignes urbaines et suburbaineè, très différentes comme profils,
- crittstanuiietit avec ce derhièr; les embrayages magnétiques transmettent le mouvement aux arbres à càrdahs et de là aux deux essieux moteurs par l’intermédiaire d’un train d’engrenages coniques à simple réduction. La caisse est divisée en deux compartiments à voyageurs, avec banquettes transversales, èt Un compartiment à bagages intermédiaire, ainsi que deux plàteformés d’accès et deux postes de conduite vestibulés pour lewatttnan. Elle repose sur deux bogies « maximum traction », donnant sur les essieux moteurs Un poids adhérent de 70 à,7,5 % du poids total. .
- Le moteur à explosion à 4 cylindres ne comporte pas de soupapes; la distribution se fait par
- aur.4*
- t'ig. 3. — Automotrice système H. Pièpèr, type fl, pour chemins de fer secondaires.
- vitesses admises et conditions d’exploitation. A la suite de ces essais, la Société Nationale commanda huit autres automotrices du même système, mais d’un modèle beaucoup plus grand.
- L’âutomôtrice de 1908, à deux essieux, pèse 9 à fo tonnes. Elle peut remorquer en palier une voiture de 10 tonnes à une Vitesse de 3o kilomètres à l’heure.
- Le groupe moteur de 4o-5o chevaux est placé sous la caisse, transversalement et en son milieu. Il commande directement les deux essieux moteurs au moyen d’une transmission déchaînés.
- Cette voiture était encore utilisée sur la ligne de Rhode à Waterloo au début de la guerre actuelle.
- 20 Automotrice à bogies, pour chemins de fer secondaires (type II).—Dans ce type, la dynamo, calée sur le même arbre que le. moteur, tourné
- tiroirs cylindriques; il développe 90 chevaux à g5o tours. Il est mis en marche .dans un sens ou dans l’autre par simple manœuvre de la petite manette du controller. La batterie d’accumulateurs (4 caisses de i5 éléments chacune) peut fournir au mdteür Un appoint dè puissance, qüi varie de 20 kilowatts (pour une décharge durant une demi-hèUre et davantage) à 90 kilowatts (pour une déèharge durant une minute). Elle pèse, avec tous ses accessoires, i 8Ô0 kilogs...
- L’autùmotrice à bogies peut marcher à une vitesse de 60 kilomètres-heure sur les lignes à faibles déclivités. Sur les lignes à fortes rampes, des engrenages appropriés permettent de réaliser la vitesse de 3o-35 kilometres-heure. Sur les lignes peu accidentées, elle peut remorquer facilement deux voitures d’attelage de 45 à 5o voyageurs, à une vitesse de 25-3o kilomètres-
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- heure. La consommation d’essence ou de benzol atteint alors environ un litre par kilomètre-train. : Huit automotrices du type II furent livrées à la Société Nationale des Chemins de fer Vicinaux en 1910 : quatre d’entre elles assurèrent le service de l’exposition de Charleroi (1911), puis de la ligne Mons-Frameries ; plusieurs étaient également, en août 1914, en service depuis 4 ans sur la ligne Rhode-Waterloo, qui comporte des rampes de 35-42 millimètres et sur laquelle elles remorquent, les ; jours d’affluence, a voitures d’attelage bondées, ce qui fait un train de 45 tonnes et 200 voyageurs.
- Le système Pieper à récupération totale.
- Les automotrices ci-dessus comportent un groupe moteur indivisible, c’est-à-dire que le moteur à explosion et la dynamo sont calés invariablement sur le même arbre moteur, sans interposition d’aucun embrayage ni organe de transmission quelconque. Il en résulte que, dans les descentes et ralentissements, la quantité d’énergie récupérée doit être diminuée de tout le travail nécessaire pour faire tourner à vide le moteur à explosion (à moins qu’on ne ferme pas complètement les gaz, de façon à équilibrer seu-
- NOMimC DU PLACES. 1
- Compartiment dc.prcmlôre classe • fi places assises. Compartiment de deuxième classe : 12 places assises. Plateforme». *..............20 places debout.
- Lüoendb.
- A. Moteur thermique.
- B. Moteur electrhue.
- C. Boite de réduction d'engrenages A clun-rons, -
- D. Boite de réduction d'engrenages conique»
- B. Batterie d'accumulateur».
- F. Contrôliez
- G. Frein h main.
- H. Frein A air comprime.
- I. 1. Embrayages magnétiques.
- Fig. 4. — Voilure thermo-électrique
- .yslème Pieper, type ù essieux rndiuux.
- . Trois autres, de forme de caisse légèrement différente, ont été fournies en 1911 à la Compagnie des Chemins de fer de Grande Banlieue (Seine et Seine-et-Oise), qui les emploie sur sa ligne.de Poissy à Saint-Germain-en-Laye. Ces dernières voitures pèsent, en ordre de marche, 26 tonnes et contiennent 5o places. Leur réservoir à benzol a une capacité de i5o litres.
- Voici leurs principales dimensions :
- Longueur totale (sans tampons)... 14 m. 570
- Ecartement des axes des bogies. .. 8 m. 000
- Ecartement des essieux de chaque
- hogie.. . *.................. 1 m. 775
- Gabarit........................ 2 m. o5b
- lement les résistances passives du moteur, ce qui entraîne une consommation supplémentaire d’essence assez importante).
- Pour éviter cet inconvénient, M. Pieper a étudié deux nouveaux types d’automotrices, dites à récupération totale, dans lesquelles un embrayage magnétique est interposé entre le moteur et la dynamo, de , sorte qu’il est facile d’isoler le moteur à explosion, afin d’éviter de le faire tourner inutilement pendant les périodes de récupération.
- De plus, dans ecs voitures, le moteur à explosion n’est plus placé sous.la caisse de l’automotrice, mais, au contraire, sur une plateforme
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- débordant cette caisse ; il est recouvert d’un capot mobile, analogue à ceux des voitures de tourisme. Ce moteur est ainsi plus facilement accessible et sa visite, ainsi que son entretien, s’en trouvent grandement facilités. Cette disposition oblige néanmoins à employer une transmission à double réduction de vitesse, ce qui diminue un peu le rendement de la voiture; mais cet inconvénient est compensé par la faculté d’employer sur ces automotrices des moteurs à grande vitesse angulaire, par conséquent, moins encombrants, plus légers et plus économiques que ceux utilisant une transmission à simple réduction.
- Le mouvement y est transmis aux deux essieux par l’intermédiaire de cardans et de deux trains d’engrenages (engrenages droits à haut rendement et engrenages coniques).
- La batterie comporte 56 éléments. Les caractéristiques principales de la voiture sont résumées ci-dessous :
- Longueur totale (sans tampons). . , 9 m. 600
- Empattement........................ 4 hi. a5o
- Longueur de caisse................. 7 reù i5o
- Largeur........................... 2 m. o5o
- Voie,, . .......................... 1 m. 44o
- !6 assises (ire classe) )
- 12 assises (2" classe) >38 20 debout (plateforme) )
- 1=3
- J£3etL
- J
- Fig. 5. — Automotrice thermo-électrique à plateforme centrale et à récupération totale, système H. Pieper.
- La batterie est placée sur une plateforme semblable disposée symétriquement à l’autre bout. Elle est recouverte d’un capot amovible, ce qui en facilite l’aération, la visite et l’entretien.
- Cette disposition est très heureuse, car elle permet (comme pour les voitures de tourisme) de construire un châssis complet comprenant tout l’équipement électro-mécanique et de laisser la construction de la caisse indépendante de celle du châssis.
- On a prévu une petite automotrice à récupération totale, à deux essieux radiaux et à grand empattement.
- On a étudié également une grande automotrice à deux bogies, offrant les mêmes dis-, positifs. Voici ses caractéristiques principales :
- Longueur totale (sans tampons)... i3 m. 3oo Ecartement des pivots des bogies. 7 m. 800
- Longueur de caisse...'........ 10 m. 600
- Largeur........................ • 2 ÛV,?,?0
- Voie.......................... 1
- ii 2 assises (ire classe V 20 assises (ad classe)
- 22 debout (platef. centr:V('b0 6debout(platef.arrière) ;
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- Automotrices pour grapdes lignes de chemins de fer.
- Le système Pieper de traction à unités multiples. — Les chemins de fer de l’Etat belge se proposent d’employer, lorsque les circonstances le permettront, sur certaines de leurs lignes où la vitesse est limitée à 60 kilomètres-heure, des. automotrices Pieper, comportant up moteur thermique, à six cylindres, de i5o chevaux, deux dynamos volants et une batterie-tampon de 120 éléments. Elles pourront remorquer une ou deux grandes voitures à voyageurs.
- M. Henri Pieper a aussi étudié un autre type, permettant de réaliser une vitesse de 100 à 120 kilomètres-heure, et équipé avec un moteur de a5o chevaux. Il est conçu de telle sorte qu’on pourra employer le système à unités multiples, au moyen de dispositifs spéciaux brevetés par l’inventeur. Il sera possible de constituer des trains de deux automotrices (une en tête et une en queue) et 3 ou 4 voitures de remorque, transportant 5oo à 600 voyageurs et effectuant sans ravitaillement des parcours de 800 à 1 000 kilomètres.
- Voici les principales caractéristiques de
- Empattement de chaque bogie.... Profondeur de la cabine du ’syattrnan. Largeur de caisse................
- (2e classe......
- 3* classe......
- plalef. arrière..
- a m. 5op
- 1 m. 445
- 2 m. 930
- 47
- 47
- 6
- 100
- Résultats des essais sur les Chemins de fer de Grande Banlieue (Seine et Seine-et-Oise).
- Les conditions de travail sur la ligne de Poissy à Saint-Germain-en-Laye sont particulièrement pénibles, puisque le travail mécanique nécessaire pour la traction d’une tonne sur un voyage aller et retour est de 16 453 kilogrammètres par kilomètre-tonne de train (’).
- La voiture d’essai, sur la Grande Banlieue, a été mise en service régulier le 9 avril 1911 et en a été retirée le 19 octobre, soit après 162 jours; pendant les fêtes de Pâques et de la Pentecûte, elle a remorqué des trains de i5o voyageurs; elle a dû parcourir, à certains jours, 188 kilomètres en service régulier et elle a fonctionné du 21 juillet au 21 septembre sans aucune visite et sans aucune interruption de service.
- Voici le tableau de consommation de benzol (2) :
- Tableau I.
- KILOMÈTRES PARCOURUS BENZOL consommé EN LITRES
- motrice seule train de 2 voitures train de 3 voitures
- Avril 1911 91 1 ,2 3o3 ,6 » 1 037,i5
- Mai 1 633 ,6 509,1 22 ,8 1 636,o5
- Juin 1 85y ,6 486,8 )) 1 709,50
- Juillet 2 126,5 433 ,8 • )) 1 895 ,00
- Août. 2 591 ,0 188 ,o )) 2 040 ,00
- Septembre 2 43o ,0 104,5 )) 1 925 ,00
- Octobre 1 606 ,5 » » 1 190,00
- Totaux i3 i56,4 2 025 ,8 22 ,8 11 432,70
- Total des trains-kilom............................. ir> 206
- Total des tonnes-kilom.............*............... 38o 125
- Consommation moyenne par tonne-km................ o'o2g5 = 25Br,9
- l’autQmotrice à bogies, type III, de l’Etat
- belge :
- La consommation d’huile de graissage pour le moteur s’est maintenue entre 2 kg. 5 et 3 kilo-
- Longueur totale (sans tampons)... 20 m. a5o
- Ecartement des <ws des bogies.. . .14 m. 25o
- (*) Cf. Le Génie Civil, tome LXII, n° 11, p. 2o3.
- (a) Cf. La Revue générale des Chemins de fer et des Tramways, avril 1913, p. 2G4.
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- grammes , soit i,5 centime par kilomètre-train.
- L’entretien de la voiture pendant ces essais a permis de constater que celui des automotrices en service régulier représente G à 7 centimes par kilomètre-train.
- Nous n’avons pas actuellement en notre possession les résultats d’essais effectués sur d’autres lignes où les conditions de travail soient différentes.
- L’avenir du système Pieper.
- Dans une remarquable conférence (*) qu’il a faite, peu avant la guerre, devant la Société Belge
- vées de premier établissement). Chaque voiture a son moteur propre.
- L’automotrice éleotro thermique admet un meilleur rendement que la locomotive à vapeur et même que l’automotrice purement électrique : le rendement net global, pour ces divers modes de traction, est en effet respectivement : 2 à 3 % , 5 à G % et 16 % . On voit par ces chiffres quel parti on peut tirer de la traction électro-thermique, bien que. le combustible employé dans ce cas soit de prix plus élevé : c’est généralement l’essence ou le benzol, mais il est possible de faire usage également de l’alcool, de la naphtaline, du pétrole lampant, du pétrole brut, des huiles lourdes, de gaz comprimés.
- pig <5, — Automotrice thermo-électrique à récupération, système H. Pieper, type III, ù bogies pour lignes de chemin de fer.
- des Electriciens, M. L. Saint-Martin, ingénieur civil, a étudié d’une manière générale la traction par moteurs thermiques sur voies ferrées. Nous y renvoyons les lecteurs que la question est susceptible d’intéresser et nous signalerons seulement quelques-uns des points mis en lumière par M. L. Saint-Martin.
- La traction électro-thermique a les avantages de la traction électrique (propreté, rapidité, etc.), sans en avoir les inconvénients (dépendance des véhicules d’une usine centrale; canalisations encombrantes, disgracieuses, dispendieuses, dangereuses; courants vagabonds; dépenses éle-
- (4) Publiée dans le Bulletin Mensuel de la Société Belge des Electriciens, tome XXXI, juillet 1914. — L. Saint-Martin. La traction par moteurs thermiques sur voies ferrées,
- Diverses expériences ont été tentées dans cette voie, en Amérique notamment, avec des systèmes autres que le système Pieper.
- La traction par moteurs thermiques a toutefois en général quelques inconvénients, en dehors de l’emploi de combustibles coûteux. Le moteur à explosion doit en effet être lancé, et il manque de souplesse : mais le système Pieper supprime la première difficulté et résout la seconde.
- M. L. Saint-Martin a montré également dans sa conférence l’avenir qui lui semblait réservé à la traction par moteurs thermiques électro-tam-pounés (système IL Pieper) aussi bien sur les tramways et chemins de fer secondaires que sur les grands réseaux d’intérêt général.------
- Sur ceux-ci notamment, la traction à vapeur offre des inconvénients multiples par rapport à
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- la traction électrique et l’électrifîcation entraînerait des dépenses qui sont prohibitives. Aussi, les voitures thermo-électriques sont-elles appelées à un grand succès sur nos lignes : les expériences faites aux Etats-Unis sont à ce sujet très probantes, quoiqu’on ait eu des automotrices peu économiques et ne disposant pas de moyens suffisants pour assurer des services réellement comparables, comme importance, à :,ceux des grandes locomotives à vapeur.
- . M. L. Saint-Martin établit le parti qu’on pourrait tirer de l’emploi de la traction électrothermique à récupération quant aux trains ordinaires de grandes lignes, légers, de banlieue et automoteurs. ’
- D’autre part, il est persuadé que les grands réseaux seront amenés d’ici peu d’annéeS, à accroître les vitesses sur certaines de leursTîgnes, carie public veut avant tout la rapidité; il lui sacrifie le confortable, l’économie et même la sécurité. Seule la traction électro-thermique per-. mettra de réaliser de très grandes vitesses, sur de très longs parcours, sans arrêts ni transbordements inutiles, avec le minimum de dépenses et aussi peu de modifications que possible aux lignes existantes.
- Actuellement, les vitesses sont limitées, non par les conditions d’établissement de la voie et la stabilité des véhicules, mais par la puissance spécifique des machines de traction. Il devient de plus en plus difficile d’accroître la vitesse des locomotives à vapeur. C’est pourquoi M. J.-B. Flamme, l’éminent administrateur honoraire du
- matériel et de la traction des chemins de fer de l’Etat Belge, prévoyait, dès 1910, l’utilisation de nouveaux moteurs thermiques dans la locomotive (moteur à explosion ou moteur à combustion interne, en l’espèce).
- Dans ces conditions, le système Henri Pieper permettrait la réalisation des grandes vitesses et nous terminerons en citant les paroles mêmes deM. L. Saint-Martin.
- « On ne peut guère électrifierles grandes.lignes. C’est donc, à mon avis, uniquement à la traction par moteurs thermiques — complétée par des procédés électriques permettant de réaliser le tamponnage des moteurs, la récupération d’énergie et la marche en unités multiples, des automotrices — qu’on pourra demander de résoudre la question de l’augmentation de vitesse de nos grands express.
- Deux ou trois automotrices thermo-électriques, munies de moteurs de 400 à 5oo chevaux, et pouvant fonctionner en unités multiples, suffiraient, avec deux ou trois voitures ordinaires à voyageurs, à constituer des trains extra-rapides très confortables et relativement légers (en tout cas d’un poids raisonnable par essieu) qui pourraient circuler sur les voies existantes, avec très peu de modifications à ces voies. Ces trains permettraient de réaliser facilement les vitesses de i5o à 200 kilomètres à l’heure, dont l’application devra certainement être envisagée sur certaines lignes de chemins de fer, dans un avenir très prochain. »
- Lucien Pahin.
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- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- CONSTRUCTION ET ESSAIS DE MACHINES
- Avantages et limitations delà ventilation des
- moteurs de traction. — Rudolf E. Hellmund.
- Les premiers moteurs de traction étaient convenablement ventilés parce que non blindés ; mais les matériaux isolants n’étant pas capables, à cette époque, de résister à l’action de la crasse et de l’humidité, on dût adopter, dès i8g3, des moteurs blindés où la réfrigération des enroulements était réalisée par circulation d’air.
- Les premiers types de moteurs blindés étant complètement fermés, le refroidissement était exclusivement assuré par déplacement de l’atmosphère intérieure au blindage dans des canaux parallèles à l’axe du moteur, par l’effet même de la rotation des enroulements (fig. i). Cinq ans plus tard, on y adjoignit des canaux radiaux (fig. 2); ceux-ci donnaient une ventilation bien plus active et augmentaient la surface de refroidissement des enroulements du rotor.
- L’étape suivante dans cette voie qui tendait à augmenter la puissance du moteur en marche continue fut atteinte en pratiquant, dans la cuirasse, des ouvertures pour l’admission de l’air extérieur. La circulation de l’air était assurée par le tirage naturel à travers le moteur, d’une part, et, d’autre part, par l’effet de ventilateur obtenu au moyen des cales d’espacement intercalées dans les canaux de ventilation (fig. 3). Les orifices d’entrée et de sortie de l’air furent protégés comme le montre le croquis.
- C’est de 1908 que datent les premiers essais faits pour combiner au moteur un ventilateur, intérieur à la cuirasse, après avoir employé transitoirement le refroidissement par circulation d’air fourni par des ventilateurs extérieurs. Dans la figure 4, on voit qu’un ventilateur monté sur l’arbre du moteur du côté du pignon, aspire l’air par des canaux longitudinaux ménagés dans l’induit et le collecteur et le refoule à travers les enroulements de champ.
- L’un des premiers systèmes de ventilation
- employés dans les moteurs de tramways (fig. 5) avec circulation d’air extérieur ne comportait de canaux de réfrigération qu’à travers le collecteur et l’induit ; c’est le type semi-ventilé. Un autre type de même genre (fig. G) 11e refroidissait que les enroulements de champ. L’un et l’autre avaient l’inconvénient d’exposer le moteur à l’encrassement et à l’humidité sans le faire bénéficier d’une réfrigération intégrale.
- Par un nouveau perfectionnement, on est ainsi arrivé aux types complètement ventilés qui comportent quatre variantes :
- Ventilation en série de l’induit puis du champ
- (%• 7); # _ ;-
- Ventilation en série inversée (champ, puis induit) (fig. 8) ;
- Ventilation en série parallèle de l’induit et du champ (fig. 9);
- Ventilation compound, identique à la ventilation en série avec ventilateur supplémentaire pour le refroidissement direct du champ (fig. 10).
- Résultats obtenus et à espérer de la ventilation des moteurs. — Les moteurs ventilés ont donné, presque partout, des résultats satisfaisants quand ils ont été nettoyés à intervalles réguliers. En prenant soin, dans la construction même, — comme cela a lieu avec la ventilation compound, — de soustraire les organes essentiels au contact de la poussière, on obtient de meilleurs résultats, au point de vue des ruptures d’isolement, avec les moteurs ventilés qu’avec les moteurs blindés fermés.
- Ceux-ci, en effet, ne sont jamais complètement soustraits à l’influence de la poussière et de l’humidité ; de plus, il s’y forme toujours une certaine quantité de poussière de cuivre, par usure réciproque des balais et du collecteur.
- Au contraire, toute condensation dans la cuirasse du moteur est rapidement évaporée par la ventilation. Il peut néanmoins se présenter des conditions climatériques défavorables à l’emploi des moteurs ventilés, — chutes de neige abon»
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- dantes, par exemple; alors, on emploiera des cuirasses cjui puissent se fermer defaçon étanche pendant le mauvais temps.
- Fig-, i. — Moteur blindé à canaux longitudinaux de circulation d’air.
- nue, même à de faibles charges et, d’autre part, parce que les moteurs ventilés tirent leur principal avantage du ventilateur et des tensions et puissances élevées, celles-ci correspondant, en effet, à de grandes vitesses d’induit et de ventilateur. Cotnme l’effet du ventilateur croit grandement avec la vitesse, il est même possible que les puissances en marche continue à 6oo volts soient supérieures à celles à plus bas voltages. Cela n’a d’ailleurs pas grande importance en pratique, le voltage moyen effectif des
- Fig. a. — Moteur blindé à canaux radiaux.
- Fig. 3. — Moteur ventilé à canaux radiaux.
- Fig. 4. — Moteur blindé à ventilateur sans canaux radiaux.
- Fig. 5. — Moteur seiui ventilé (induit ventilé).
- Fig. 6. Moteur scini-ventilé Fig. 7. — Moteur ventilé en série, (champ ventilé).
- Fig. 8. — Moteur ventilé en série (circulation inversée).
- Fig- 9. — Moteur ventilé en série- Fig. iq. Moteur à ventilation
- parallèle. compound.
- Le principal avantage du moteur ventilé réside dans l’accroissement de sa puissance en marche continue, ainsi que cela ressort du tableau I relatif à des moteurs blindés marchant sur courant à 3oo et 400 volts.
- A des voltages plus voisins du voltage normal, le gain relatif est beaucoup plus grand, d’une part, parce que bien des moteurs blindés ne peuvent marcher à plein voltage de façon conti-
- moteurs à 600 volts étant de 3oo à 400 volts.
- En service réel, les avantages de la ventilation sont moins marquésjqu’ils ne le semblent d’après les essais au banc d’épreuve. Les moteurs cuirassés sont, en effet, réfrigérés par le mouvement même de la voiture qui suffît à abaisser leur température de 10 à ao degrés par rapport à celle qu’ils auraient en marche à poste fixe.JPar çontre, cette différence est ordinairement très faible
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- pour les moteurs ventilés; parfois même, la ventilation intérieure est contrariée par les déplacements d’air extérieure.
- En conséquence, le moteur d’avant surtout, accuse peu de différence en service, qu’il soit ou non ventilé; mais les, moteurs d’arrière, plus ou
- surtout au cas du service à faible vitesse et surcharges de courte durée.
- Même dans ces conditions, les bénéfices à retirer de l’emploi de moteurs à auto-ventilation des derniers modèles ou à ventilation forcée sont très appréciables; ils permettent des réductions de
- Tableau I. — Accroissement % de puissance, du fait de la ventilation.
- jvsqu’a 55 kw AU-DESSUS DE 55 KW
- Moteurs ventilés à canaux radiaux 10 à 20 % i5 à 35 % i5 à 35
- Moteurs serni-venlilës (induit ventilé) 10 à 2 5
- Moteurs semi-ventilés (champ ventilé)... Moteurs à ventilation série (icr! types) Mqteups à ventilation série (types récents à ventilateur plus 10 à 25 i5 à 35
- iq à 3o 20 à 4o
- large que l’induit) 25 à 55 35 à 8o
- Moteurs à ventilation parallèle 3o à 70 4o à ioo
- Moteurs à ventilation compound Moteurs à ventilation forcée 3o à 70 4o à ioo 5o à a5o
- moins abrités, sont beaucoup plus froids lorsqu’ils sont ventilés.
- Les causes qui tendent à atténuer la valeur pratique de la ventilation automatique en série sont parfois, et . surtout dans l’exploitation à
- Fig. il. — Induit d'un moteur Westinghouse n° 323-Sv. à ventilation série (ventilateur simple).
- grande vitesse, entièrement ou partiellement contrebalancées par le fait que la vitesse moyenne du moteur et, par conséquent, du ventilateur,. est plus grande en service que sur le banc . Néanmoins, il est bon de choisir un moteur ventilé présentant en marche continue une marge de sécurité un peu supérieure à celle nécessaire à un moteur blindé. Cela s’applique
- poids de 40 et 3o % respectivement. Aussi, les moteurs ventilés peuvent-ils se recommander dans tous les cas, sauf lorsque les circonstances locales augmenteraient des frais d’entretien, du fait que les moteurs sont ouverts.
- Fig. ia. — Induit d’vtn moteur Westinghouse o° 547-4 à ventilation parallèle (ventilateur double).
- En terminant, on peut dire que, parmi d’autres progrès faits en ces dernières années quant à la ventilation des moteurs, les plus importants sont le tracé et le calcul corrects des conduits d’air dans le moteur, la réduction des causes de courants de Foucault dangereux et l’augmentation du diamètre des ventilateurs.
- (Electric. Rçiibvay Journal, ier mai 1915).
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- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- .L’électricité dans la marine américaine. — Maxwell W. Day.
- L’emploi des machines électriques à bord des navires a d’abord été limité à l’éclairage et aux projecteurs et la puissance exigée était relativement faible, mais l’avantage de l’application de l’électricité à toutes les machines auxiliaires a été reconnu lorsqu’on l’a utilisée surles cuirassés Kearsage et Kentucky lancés en 1898. Auparavant en i8g5, on avait équipé)électriquement les ascenseurs pour munitions et deux tourelles du croiseur Brooklyn. Des dispositifs spéciaux sont employés pour protéger les moteurs contre l’humidité et pour éviter lqs projections d’huile dans les mouvements de roulis.
- Usine génératrice.— Leur puissance varie de a kilowatts sur les petits navires à 800 kilowatts sur les transatlantiques et à 1 5oo kilowatts sur les gros navires de guerre.
- Suivant la puissance, on emploie des machines à vapeur attaquant directement la dynamo, ou des groupes mixtes machines-turbines ou uniquement des turbines.
- Un type moyen utilisé est celui du groupe moteur-générateur à un seul cylindre de a5 kilowatts, no à ia5 volts, tournant à 400 tours avec pompe à huile. Surles navires on a adopté des dispositifs spéciaux pour éviter à l’huile de se répandre dans les parties où il y a de la vapeur et ainsi de se répandre dans les chaudières.
- Les navires de guerre sont munis de groupes turbo-générateurs, plus compacts, moins lourds et donnant une grande économie de vapeur pour les grosses unités.
- Les turbines sont généralement du type Curtis, et pour une puissance de a5 kilowatts leur poids est de 2000 kilogrammes au lieu de 3 3oo kilogrammes pour la machine à vapeur.
- L’admission de vapeur est obtenue par différentes méthodes mécaniques ou)hydrauliques, des groupes vde tuyaux de grands diamètres, munis chacun de leurs valves, sont disposés de telle sorte que le nombre de valves ouvertes corresponde aux meilleures conditions d’économie de vapeur.
- L’huile est amenée aux paliers sous pression
- par une pompe; les paliers sont refroidis par une circulation d’eau, à moins que l’huile ne passe auparavant dans un réfrigérant.
- Dans les petits navires, les machines sont sans condenseur : pour les grosses unités, la pratique est de constituer deux groupes de deux générateurs chacun dans une salle de machines indépendante. La mise hors de service d’un groupe 11’arrête pas ainsi le fonctionnement de l’élec tricité à bord.
- Tableaux de distribution. — Les tableaux comportent tous les appareils de mesure et de dérivation des circuits dans quelques petites installations, mais pour les grandes il y a deux tableaux différents, l’un pour les générateurs, l’autre pour les feeders. Le tableau est en ardoise, monté sur supports en fer ; en Europe, on le construit souvent en acier, les interrupteurs et appareils étant montés isolés.
- Très souvent, on ajoute des petits tableaux de distribution dans différentes parties du navire pour répartir le courant aux moteurs et aux appareils divers.
- Câbles. — Pour éviter l’humidité, les câbles et les jonctions sont particulièrement soignés. Les câbles ont un haut degré d’isolement caoutchouc protégé par du brai, et aussi par du plomb et une armature d’acier. Primitivement on installait souvent les câbles dans des conduites métalliques, mais actuellement on emploie les armatures de plomb et d’acier.
- En Amérique, il est d’usage d’avoir des circuits à deux pôles, mais en Europe beaucoup de navires marchands sont équipés à un fil avec retour commun à la masse du navire.
- Pour les épissures des câbles et fils, on emploie des boîtes étanches, avec fermetures à charnière et à levier. Ces boites possèdent parfois des serrures qui 11’en permettent l’ouverture qu’aux personnes autorisées.
- Les dispositifs d’éclairage sont surtout étudiés afin d’être étanches et pouvoir résister aux vibrations du navire.
- Dans les endroits exposés, les lampes sont recouvertes de globes en verre étanches. Sur les navires de guerre, un circuit spécial de « combat »
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- est monté indépendant du circuit général, et sur quelques navires étrangers les lampes de ce circuit sont bleues. Dans les chambres de machines on emploie des lampes à arc.
- Les lampes-signaux sont électriques et leurs circuits sont réunis sur un tableau spécial. Pour les signaux de nuit de navire à navire, on emploie quatre doubles lanternes, moitié rouges, moitié blanches, suspendues^u mât par un câble, et un tableau spécial composé de boutons-poussoirs, correspondant aux différentes lettres de l’alphabet, permet d’effectuer tous les signaux. Un feu blanc simple placé au sommet du mât est aussi employé pour reproduire les signaux du Morse au moyen d’une clé.
- Pour les communications intérieures on emploie des télégraphes mécaniques, des tubes acoustiques, des téléphones, mais le signal électrique devient de plus utilisé sur les navires étrangers. Un compte-tours est souvent fixé à chaque hélice ; il consiste en un petit moteur qui agit sur un voltmètre ou un indicateur de fréquence placé dans la chambre du pilote permet tant ainsi de noter la vitesse de chaque hélice.
- L’auteur examine également les autres emplois de l’électricité pour indiquer le nombre et l’ordre des chaudières en service, l’ouverture et la fermeture des portes étanches, pour signaler la mise en service des tourelles et des canons, pour signaler la chute d’un homme à la mer et la mise à l’eau automatique des bouées de sauvetage. Puis il décrit les appareils de télégraphie radioélectrique et des signaux sous-marins.
- L’appareil du professeur Fessenden (*) se compose d’un grand diaphragme de téléphone appelé oscillateur qui envoie des vibrations puissantes dans l’eau environnante; pour rendre ces vibrations plus facilement recevables, on emploie une fréquence de 5oo périodes par seconde.
- Le diaphragme est actionné par des courants induits dans un tube de cuivre avec un champ magnétique constant passant à travers ce tube. Le tube est relié mécaniquement au diaphragme.
- Le courant alternatif à 5oo périodes passe à travers des spires entourant un noyau fixe à l’intérieur du tube tandis que le champ produisant le flux magnétique constant est concentré
- (J) Voir Lumière Electrique du uGjuiu 1915, p. 3o.i.
- autour du tube. Le signal est formé en fermant et coupant successivement le courant, et un certain nombre de vibrations à üoo périodes sont répandues dans l’eau et atteignent le récepteur qui peut être ou semblable à l’oscillateur ou un diaphragme beaucoup plus petit.
- La production du courant à 5oo périodes peut être obtenue par un groupe moteur générateur. Cependant on se sert aussi d’un dynamo-teur qui pèse moins et a des dimensions moindres. Cette machine comprend une armature continue ordinaire tournant dans un champ continu. Dans les fentes des pôles se trouve l’enroulement alternatif qui produit le courant à 5oo périodes.
- Projecteurs. — Beaucoup de navires marchands et tous les navires de guerre possèdent des projecteurs dont le nombre atteint quelquefois iG.
- Pour les grands navires, les miroirs ont o ni. 90 de diamètre; ils sont découpés dans une surface parabolique et argentés sur l’arrière. Ils sont enfermés avec la lampe dans un grand cylindre basculant autour de deux bras fixés à une base tournante supportée par un socle fixe; la commande est électrique ou à main.
- Les projecteurs sont utilisés pour la production des signaux par allumages et extinctions successives.
- L’auteur donne quelques indications sur les types de charbons et les voltages utilisés ; il signale les projecteurs particuliers employés dans le canal de Suez. Ceux-ci ont des miroirs divergents qui permettent d’éclairer les rives du canal en laissant la partie centrale en avant dans l’obscurité. Les pilotes ne sont pas ainsi aveuglés par les feux des 'navires qu’ils approchent.
- Gouvernail. — L’installation électrique la plus importante sur les grands navires, est celle du gouvernail.
- De nombreux systèmes ont été utilisés en Europe et aux Etats-Unis. Les uns utilisent des moteurs commandés par des rhéostats ou bien des contrôleurs de champ d’un générateur spécial fournissant le courant au moteur du gouvernail. D’autres emploient le système Pfatischer comme les navires de guerre russes; ce système dérive du pont de Wheastone.
- Sur les navires récents on utilise un groupe moteur générateur séparé d’après le principe
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- Wârd Léonard, qui évite l’emploi d’un grand nombre de contacts et rehd moins brutale la demande d’énergie parce que la charge est appliquée plus graduellement.
- Dans ces équipements, le moteur a une puissance de 3l>o chevaux pouvant atteindre 700 chevaux pendant quelques instants, à a5o tours et a5o volts.
- Guindeaux. — L’électricité a été appliquée tout récemment à la manœuvre des ancres. Lès conditions d’emploi sont toutes particulières car il ne faut pas couper le moteur de sa source de puissance, dè façon à maintenir la tension sür la chaîne. Dans les navires de guerre argentins, le guindeau électrique fonctionne seulement comme auxiliaire du guindeau à vapeur et donne le tiers de la vitesse normale de celui-ci.
- Sur cinq navires américains nouveaux on va employer deux ancres pesant chacune 9000kilos avec 60 brâssçs de chaîne, qui seront soulevées simultanément à une vitesse de 6 brasses par minute. Là chaîne pèse environ 270 kilos par brasse.
- Deux moteurs électriques de 175 chevaux avec üiié surcharge de 35o chevaux poür io minutes à une vitesse de a'io tours sous 2J0 volts Sont couplés à l’extrémité d’un arbre de telle façon qü’on puisse utiliser un ou deux moteurs.
- Grues pour bateaux. — Les méthodes pour hisser les embarcations varient selon les pays et les types de navii’es. Sur les bateaux de commerce les embarcations sont manœuvrées par les bossoirs, mais silr les navires de guerre on emploie des grues.
- Les cuirassés Kearsage et Kentucky ont eu les premières installations de grues électriques; c’étaient des moteurs shunt de 5o et dé 20 chevaux.
- Le motêür shunt donne qne Vitesse pratiquement indépendante de la charge ; maintenant on emploie des moteurs série avec un frein mécanique automatique pour la mise à la mer.
- Les moteurs sont généralement de 5o chevaux et peuvent enlever un bateau de ao tonnes à 6 métrés par minute et les crochets vides à r8 mètres par minute.
- Les grues sont rotatives, de façon à placer le bâteau sur le pont, dans ce cas il faut des connexions flexibles poür amener le courant.
- Treuils. — Sur les cargo-boats les treuils sont mus à la vapeur, mais sur les navires de guerre
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- oh emploie l’éiectricité. Les treuils actuels ont Une force de deux tbhties à 60 mètres pâr minute avec engrenage simple et 9 tonnes à i5 mètres avec engrenage doublé.
- La marine russe a équipé ses navires électriquement pour charbonner en mer. Uii élévateur électrique est installé sur lé charbonnier et sur le rtâvire.
- Lé charbonnier est remorqué derrière lë navire de guerre et une ligne va de mât à mât permettant de transporter les wagonnets de charbon, d’un bateau à l’autre.
- Ventilateurs èt divers. — Les ventilateurs mus par la Vapeur ont été détrônés par les appareils électriques et un naviré de güéfrë a plüS de 60 ventilateurs électriques qui dbnneiit ün volümé de plus dé 10O00 mètres cubes par miuuté ; on les utilise également pour le tirage forcé des chaudières.
- Les pompes électriques ont reçu de grandes applications dans les navires des marines de guerre russe et argentine, il en est de même pour les ascenseurs destinés aux munitions.
- Le compas gyroscopiqüe a été beaucoup employé ces dernières années. Il est complètement indépendant du magnétisme terrestre et n’est pas influencé par la masse métallique du navire.
- L’effort directeur dépend de la réaction due à la rotation de la terre sür une petite roue tournant à grande vitesse. Cette roue est actionnée par un moteur d’induction dont le courant est fourni par un groupe moteur générateur à grande fréquence. Le compas principal est logé dans les parties basses du navire et des fils le réunissent à divers compas secondaires qui reproduisent les indications du compas principal.
- Propulsion des navires. — Â l’Exposition Columbian, de Chicago, il y avait uh grand nombre de bateaux mus par l’électricité. Les pi u S importants avaient deui turbines de 600 chevaux connectées directement à des générateurs de 2O0 kilowatts et aux pompes centrifuges.
- La plus grande application de l’électricité à la propulsion des navires a été faite sur le charbonnier Jupiter ou un turbo-générateur fournit le courant à deux moteurs d’induction actionnant deux hélices.
- Le cuirassé California doit être équipé avec deux turbo-générateurs fournissant la puissance
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- pour quatre moteurs d’induction de 7 5oo chevaux.
- Sous-marins. — Les derniers sous-marins construits ont de /(5 à 60 mètres de long avec un déplacement à la surface de 400 à 65o tonnes.
- Leur vitesse est de 14 nœuds et, submergés, de 10 nœuds. Leur rayon d’action varie de 2 5oo à 4 5oo milles. En plongée, ce rayon est d’environ i5o milles.
- L’équipement électrique comprend les moteurs de propulsion actionnés par une batterie de 220 volts et un certain nombre de moteurs auxiliaires.
- En surface, un moteur Diesel à huile lourde est directement connecté à l’hélice, et en plongée les moteurs électriques shunt avec champs séparés excités par la moitié de la batterie : comme le diamètre intérieur du bateau est d’environ 3 mètres ces moteurs ont le plus petit diamètre possible et en général on monte deux machines sur le même arbre.
- L. B.
- Le briquetage des tournures et limaille. — E. F. Hirsch.
- Pour utiliser au mieux les menus déchets de fabrication, tournures, limailles, etc, le procédé Ronay en opère le briquetage sans aucun cément et par simple compression. Cette compression est telle que n,5 kilogrammes de tournures de bronze, —tenant en vrac, un espace de 12 décimètres cubes, et tassées, 9 décimètres cubes, — n’occupent plus que 1,89 décimètres cubes une fois transformés en briquettes, soit environ le sixième de leur volume initial.
- Le principal avantage de ce briquetage est de réduire dans de grandes proportions les pertes à la fusion par oxydation, — 5,4 % au lieu de 19,2%. — En outre, la durée de fusion est plus courte; c’est ainsi que, dans le même fourneau, une charge d’alliage de 200 kilogrammes est fondue en i h. 10 minutes si elle se compose de métal massif et en 5o minutes seulement quand
- ce sont des briquettes. En moyenne, le gain sur le temps de fusion est de 3o % . Enfin, le briquetage améliore très notablement la qualité du métal (densité, absence de soufflures et de porosité, etc.).
- On a encore constaté que la résistance à la traction de barres en métal provenant de la fusion de briquettes était de i5 % supérieure à celle de barres fondues de tournures en vrac. L’allongement augmente de 20 % également.
- Yoici l’analyse moyenne des tournures :
- Cuivre. ...............
- Étain .... .............
- Zinc ................ .
- Plomb . . .............
- Fer....................
- Aluminium et bismuth...
- 81,68 à 81,iG 6,14 à 6,10 7,20 à 7,56 4,65 à 4»8a 0,14 à o,i5 Traces
- Les résultats suivants ont été donnés par des essais sur des tournures de barres étirées :
- TOURNURES EN VRAC ÔRjQUETTES
- Pertes par oxydation % . 13 ,0 4,7
- )) » » 9 >5 4,3
- Moyenne 1 ï ,5 4,5
- Durée de fusion, minutes. 83 64
- La fusion s’est effectuée dans des cubilots ordinaires à tirage naturel, chauffage au coke ; bronze à 40 % de Z,j environ.
- Avec des tournures d’aluminium, on est arrivé aux résultats suivants :
- TOURNURES EN VRAC BRIQUETTES
- Pertes par oxydation % . Durée de fusion, minutes. i3 ,8 5o ,0 8,1 35 ,0
- On dit, en outre qu’une seule fusion suffit pour donner un métal de composition homogène.
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- LÉGISLATION
- Municipalisation des usines électriques en Russie.
- La Novoie Vremya, commentant les discussions du conseil municipal de Pelrograd au sujet de l’achat par la ville des usines électriques, remarque que deux séances ont déjà été consacrées à celte question, sans qu’une solution soit intervenue. Les conclusions des experts sont aussi divergentes. Le professeur A. Y. VVolf pense qu’il est avantageux d’acheter lestrois usines considérées. L’ingénieur, M. N. Lovit-sky croit qu’il est inutile d’acheter les usines de la Compagnie Belge et de l’ancienne Compagnie Hélios parce que leur équipement et leur construction ne correspondant pas aux progrès atteints par l’industrie électrique actuelle. La meilleure installation est celle de la Compagnie de 1886, et si elle est rachetée, est-elle suisse? (*).
- Malgré les vues divergentes des autorités compétentes, un groupe est décidé à acquérir les trois usines et probablement l’opposition des membres indépendants n’influera pas sur sa décision, et n’amènera pas non plus une nouvelle enquête. Le professeur Zagorsky, à l’opinion duquel le groupe se rallie, insiste pour l’achat des trois usines.
- Le journal précité dit que les- habitants demandent que l’énergie électrique soit à meilleur marché, et il croit qu’il n’est pas avantageux d’acheter les usines des trois sociétés. La ville devrait plutôt augmenter sa station électrique, mais cela équivaudrait à renoncer à une réduction des prix pour les années futures. Il resté une solution : l’achat de la Société de 1886. Cette question peut être simplifiée prochainement. Si le masque( de propriétaire suisse que se donne,la Compagnie peut être arraché et le réel propriétaire, l’Allemand ennemi, être dévoilé, la Compagnie sera liquidée et ses installations passeront dans les mains de la ville sans compensation.
- Une note de Moscou dit que la direction de la Société de 1886 a annoncé au conseil de Moscou que
- (*) Voir La Lumière Electrique des 2G juin et 3 juillet 1915, p. 309 et 21, dans lesquels est démontrée l’origine allemande de la Société de 1886.
- la station électrique de Moscou s’alimente exclusivement au pétrole et que i3ooo à 14 000 pouds par jour sont nécessaires.
- Le mémoire note que, même avant la guerre, la Compagnie Electricity Transfer dans laquelle la Compagnie de 1886 est intéressée, a commencé à exploiter les tourbières du district de Bogorod dans le gouvernement de Moscou et construit une station cetitrale qui, entre autre objet, doit fournir à Moscou l’énergie produite des tourbières. Actuellement la Compagnie a employé 11000 000 de roubles pour cette usine et elle exploite les tourbières sur une vaste échelle.
- L’alimentation de Moscou avec l’énergie obtenue au moyen du combustible tiré des tourbières est à la fois d’un intérêt local et'impérial et aura pour effet de réduire le prix du combustible dans le district de Moscou.
- Jusqu’ici le gouvernement de Moscou a contesté à la Compagnie le droit d’employer le courant fourni par Bogorod parce que le contrat passé entre la ville et la Compagnie de 1886 ne prévoit pas l’achat d’énergie à l’extérieur.
- La Compagnie se place à cet autre point de vue « ce que le contrat ne défend pas est permis » et elle fait remarquer que tant que le marché de Moscou n’a pas été atteint par l’extrême rareté de combustible et les grandes difficultés de transport elle s’est abstenue d’utiliser l’énergie de Bogorod, mais qu’elle a poursuivi des expériences pour lè transport de l’énergie venant de ^5 verstes de Moscou au réseau de câbles de ladite ville.
- La crise du charbon, du pétrole et des wagons, a amené la direction de la Compagnie à soulever de nouveau la question de l’utilisation de l’énergie de Bogorod pour alimenter Moscou.
- La requête delà Compagnie a rencontré une opposition énergique de la part du conseil de Moscou. Le maire de la Ville, M. Chelnokoff, prenant acte des déclarations delà Compagnie, a demandé une fois de plus la mise de la slation sous le contrôle de la ville qu’il croit capable d’assurer un service ininterrompu.
- L. 13.
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- NOTES INDUSTRIELLES
- Le crible à sable & force centrifuge Oerlikon.
- La qualité du sable utilisé dans les fonderies, pour la confection des moules, ne dépend pas seulement de la grosseur ou de la forme du grain, mais bien surtout de la préparation qu’il a subie. Son travail joue encore un rôle important par rapporta sa plasticité comme à sa perméabilité aux vapeurs et aux gaz dégagés lors de la coulée. Le sable doit avoir une texture poreuse et être complètement vierge de grumeaux et de corps étrangers, fils de fer, grains de fonte ou autres, tels qu’il s’en rencontre fréquemment dans le matériel ayant déjà été utilisé. j
- Cette séparation des corps étrangers, ainsi j que le broyage des grumeaux, est faite dans la gêné- j ralité des cas au moyen de cribles de différents cali- i bres, éventuellement avec l’aide d’un séparateur ! magnétique. Il va sans dire que le criblage à la main j est un travail prenant beaucoup de temps, et par i cela même très dispendieux; c'est pourquoi on a j essayé depuis fort longtemps des machines de tous J genres, cjui permettaient la préparation du sable d’une manière plus ou moins parfaite, mais qui, par contre, étaient d’un prix d’achat très élevé, prenaient énormément de place, étaient d’un montage j délicat et nécessitaient de fréquentes réparations. ! Les Ateliers de Construction Oerlikon ont établi un i crible à force centrifuge qui a clé éprouvé depuis j quelques années dans leur propre fonderie ; c’est un ; appareil d’un encombrement réduit ne nécessitant ! aucune transmission, et qui, grâce à l’ingéniosité et j à la simplicité de sa construction, réunit une impor- j tante production avec une grande sûreté de fonc- i tionnement.
- Le bâti de cette machine (fig. a) est formé de 4 colonnes fixées sur un cercle de fer, supportant à leur partie supérieure un disque annulaire en fer forgé muni de la trémie et d’un collet conique en tôle. Ce dernier doit empêcher la projection du sable traité à l’intérieur. Au-dessous de ce couvercle, facilement démontable, se trouve un moteur électrique à axe vertical, complètement enfermé à l’abri de la poussière, qui est fixé aux colonnes au moyen
- de pieds vissés. Sur la partie supérieure de son axe qui sort à l’extérieur, est clavelé un disque métallique plein. Ce disque est muni sur sasurfaeede trois rangées concentriques de chevilles rondes vissées et placées en opposition les unes aux autres selon le rayon.
- L’appareil fonctionne de la manière suivante :
- Le moteur (pour courant continu ou alternatif) qui reçoit l’énergie électrique au moyen d’un câble souple depuis une prise de courant quelconque, une fois mis en route, on charge à la pelle dans la
- l‘ig. i. —Crible ù sable à force centrifuge en marche.
- trémie le sable à traiter. Ce dernier est aussitôt lancé par la force centrifuge et vient s’écraser contre les 3 rangs de chevilles qu’il traverse; il rencontre ensuite le collet de (ôle et finalement tombe à terre débarrassé de ses impuretés. Là il forme un tas circulaire (fig. i) et il ne reste plus qu’à le ramasser pour s’en servir.
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- Les particules de fer se trouvant dans le sable se rassemblent au centre du disque et devant les chevilles, et peuvent être retirées de là an enlevant le couvercle de tôle solidaire de la trémie qui n’est fixé que par des poulets à ailes.
- Quand les grumeaux de sable cuits ensemble n’ont pas une grosseur trop exagérée, ils sont complètement broyés et on les reçoit sous forme de sable fin au pied de l’appareil.
- On peut constater que le sable ainsi traité, sans
- ce cas, il n’y aurait qu’à charger la trémie, la machine étant en marche, des différentes sortes de sable, dans la proportion désirée.
- On emploie généralement pour le crible à sable à force centrifuge Oerlikon un moteur de % chevaux, faisant environ 960 tours, malgré que, dans la plupart des cas, un moteur d’une puissance sensiblement plus petite suffirait. Les moteurs sont construits pour toute tension et tout genre de courant.
- Le débit de la machine est de 3oo à 5oo kilo-
- Fig. 2. — Crible à sable à force cen
- passer par aucun criblage uhérieur ni par aucune autre sorte de traitement, peut être employé pour faire des moules de machines ou de plaques et qu’ainsi l’achat de sables à modeler chers, est évité.
- Avec les moules formés par ce sable poreux et plastique, on obtient une fonte propre et compacte, ce qui rend inutile ou tout au moins réduit* au minimum le travail d’ébarbage.
- L'appareil peut aussi servir de mélangeur, dans
- tri luge, debarrassé do son couvercle.
- grammes à la minute, ce qui fait qu’il faut deux ou trois hommes pour l’alimenter. Comparé au criblage à main ce procédé donne une économie de main-d’œuvre d’environ 5o % .
- Cette machine a son emploi tout indiqué dans lès petites fonderies pour la fabrication en série où le sable est normalement très mélangé de particules métalliques. Son installation ne nécessite aucune fondation.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Guide juridique et administratif des entrepreneurs de distributions d'énergie électrique pour l’application de la loi du 15 juin 1906 et de ses annexes, par Ch. Sirey, avocat à la Cour d’Appel de Paris. — Deuxième édition complètement refondue et mise au courant des documents officiels et des décisions de la jurisprudence. — Un volume in-8° raisin de 710 pages. Edité parle Syndicat Professionnel des Usines d’Elec-tricité. — Prix : 12 francs.
- M. Ch. Sirey, avocat à la Cour d’Appel de Paris, a fait paraître une deuxième édition de son Guide juridique et administratif des entreprises de distribution d’énergie électrique, dont la première s’était rapidement épuisée grâce à l’accueil particulièrement favorable dont elle avait été l’objet.
- Cette deuxième édition était nécessaire, car depuis la première édition , des documents officiels fort importants sont venus augmenter le nombre respectable de règlements et de circulaires ministérielles déjà publiés en 1910; l’arrêté relatif aux conditions techniques a été remanié plusieurs fois; d’autre part des décisions de jurisprudence, rendues soit par les tribunaux administratifs, soit par ceux de l’ordre judiciaire, ont permis de fixer bien des interprétations ou des questions de compétence. L’auteur a rassemblé avec le plus grand soin ces documents officiels nouveaux et ces décisions de
- jurisprudence pour les ajouter à sa publication.
- M. Ch. Sirey a conservé, dans cette deuxième édition, le plan très apprécié de la première.
- Dans la première partie, entièrement consacrée aux documents officiels, ont été réunis : le texte de la loi du i5 juin 190G sur les distributions d’énergie électrique, avec le rapport de M. le député Janet, les décrets portant règlements d’administration publique, en exécution de la loi, des cahiers des charges-type, les arrêtés ministériels et notamment l’arrêté déterminant les conditions techniques d’établissement des distributions d’énergie, modifié le 21 mars 1911 ; enfin les circulaires les plus récentes, notamment la circulaire très importante du if> avril 1912 concernant les états statistiques, et celle encore plus importante du ier octobre 1912 relative aux permissions de voirie, qui est venue apporter des changements considérables à l’application du régime de ces permissions ; ces circulaires sont accompagnées de toutes les formules, états de renseignements à fournir, modèles d’arrêtés, etc.
- Gomme nouveaux décrets, citons celui du 6 septembre 1912 modifiant le décret du 17 octobre 1907 relatif au contrôle, et celui du 7 septembre 1912 modifiant le décret du 17 octobre 1907 portant fixation des redevances.
- Cette première partie ]ne comprend pas moins de 40 documents officiels en 320 pages.
- NÉCROLOGIE
- Robert Hammond.
- Notre confrère de Londres, YElectrical Review, nous annonce ra mort, survenue le 5 août dernier, de M. Robert Hammond, Trésorier honoraire de l’Institution of Electrical Engineers.
- M. R. Hammond occupait une place importante dans le monde électrique anglais ; il s’intéressait à toutes les manifestations du domaine de l’électricité, et, par sa bienveillance, sa bonne humeur et sa
- jovialité, il avait conquis, non seulement 1’afFection de ses concitoyens,mais aussi l’estime des spécialistes de notre continent.
- De plus, M. R. Hammond était un grand ami de la France, et, lors du Congrès des Electriciens anglais, tenu en mai igi3, auquel il prit une part si active, il nous a été donné, en maintes occasions, d’apprécier sa droiture, sa sincérité, et de constater le grand intérêt qu’il portait à toutes nos œuvres nationales.
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- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- Décret relatif à. la prohibition de sortie des machines-outils.
- Le Président de la République française,
- Sur le rapport des ministres du commerce, de l’industrie, des postes et des télégraphes, de la guerre et des finances,
- Vu l’article 34 de la loi du 17 décembre 1814,
- Décrète :
- Article premier. — Sont prohibées, à partir du ier août 1915, la sortie ainsique la réexportation en suite d’entrepôt, de dépôt, de transit et de transbordement, des machines-outils et de leurs pièces détachées.
- Toutefois, des exceptions à celte disposition pourront être accordées sous les conditions qui seront déterminées par le ministre des finances.
- Art. a. — Les ministres du commerce, de l’industrie, des postes et des télégraphes, de la guerre et des finances sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret.
- Fail'à Paris, le 22 juillet 1915.
- R. Poincaré.
- Par le Président de la République:
- Le ministre du commerce, do l'industrie, des postes et dés télégraphes,
- Gaston Thomson.
- f.e ministre de la guerré, A. Millèrand.
- Le ministre des finances,
- A. Ribot.
- PUBLICATIONS COMMERCIALES
- Association suisse pour l'aménagement des
- eaux.
- L’application de l’électricité à la cuisson et au chauffage.
- M. Ringwald, de Lucerne, examine, dans sa conférence, les obstacles et les difficultés qui s’opposent au développement des appareils électriques de chauffage et de cuisson. La Suisse, possédant d’énormes réserves hydrauliques, pourrait augmenter dans de grandes proportions la consommation de l’électricité par l’utilisa-tion rationnelle des forces hydrauliques, l’installation
- moderne des usines et une tarification spéciale établie pour l’été et pour l’hiver.
- « Vernisol » S. A., à Vevey (Suisse).
- Cette Société vient de faire paraître une notice technique sur les vernis isolants. En présence de l’intérêt qu’elle offre sur cette question spéciale, nous nous proposons de la faire connaître plus amplement à nos lecteurs.
- ADJUDICATIONS
- L’administration des chemins de fer de l’Etat, à Paris, a l’intention d’acquérir des transformateurs statiques triphasés destinés aux gares, ateliers et dépôt du Mans.
- Les industriels désireux de concourir à cette fourniture peuvent se renseigner immédiatement, à cet égard, dans les bureaux du service électrique (20 division), 43, rue de Rome, à Paris (8e), le mardi et le vendredi, de i5 à 17 heures, jusqu’au 10 septembre 1915.
- RÉSULTATS D’ADJUDICATIONS
- 28 juillet. — Aux Chemins de fer de l'Etat, 20, rue de Rome, Paris. — i° Fourniture et installation de canalisations électriques.
- i° Salle R des bagages de la gare Saint-Lazare.
- Société anonyme de Force et Lumière électriques, 9, rue de Rocroy, Paris, adj, à 45 900 francs.
- 20 A la sous-station d’Asnières.
- MM. Bergerot et fils, rue Saint-Ferdinand, Paris, adj. à 11 800 francs.
- *
- « *
- 4 août. — Aux chemins de fer de l’Etat, 20, rue de Rome, Paris. — Fournitures de :
- i° 2 Lorrys de 10 tonnes.
- M. Otis Pifre, 161, rue de Courcelles, Paris, adj. à 4 3oo francs.
- 20 3 ponts roulants.
- Etablissement Gaillard -Kessler,à Argenteuil(S.-et-0.)f adj. à 75010 francs.
- 3° Fourniture et installation de barres en cuivre nu, reliant les accumulateurs de la station centrale de Saintes aux tableaux des groupes des batteries.
- Compagnie Générale de travaux d’éclairage et de force, 23, rue Lamartine, Paris, adjudicataire à 8600 fr*
- \
- La reproduction des articles de la Lumière Électrique est interdite.
- Paris. — imprimerie levé, 17, nuE cassette.
- Le Gérant : J.-B. Nouet.
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- Trente-septième année
- SAMEDI 28 AOUT 1915. Tome XXX (»• série). N” 33
- La Lumière Electrique
- sommair:
- H. CH1REIX. — Note sur le fonctionnement des postes radiotélégraphiques à résonance. i g3
- J. de RIGNEY. — Concessions concurrentes de distribution d’énércfie électrique. — Aperçu sur la recherche de l'équivalence des conditions............................. 198
- J. REYVAL. — L’Exposition de Casablanca.. ao3
- Publications techniques
- Eléctrolechnique générale
- Calcul de la force d’altraclion maximum s'exerçant entre deux courants circulaires parallèles et de môme axe. — F. W. Gnoviïii. .. 209
- y ^/'Éclairage ’i> 4 .
- Laboratoire~d-esSai de durée des lampes à filament de tungstène.............. i.......... 210
- Traction
- L’équipement des sous-stations de traction à courant continu à. haute tension. —
- E. S. Johnson............................ 212
- Le chemin de fer électrique incliné d’Hamillon. 213
- Echos de la guerre
- Liquidation des entreprises allemandes en
- . Russie................................. 2i5
- Circulaire de la Chambre de Commerce française de Rio de Janeiro.................... 2i5
- NOTE SUR LE FONCTIONNEMENT DES POSTES RADIOTÉLÉGRAPHIQUES
- A RÉSONANCE
- M. Bouvier a publié dans La Lumière Electrique, tome .VA F, 2e série,page 385, une note sur le calcul des postes radiotélégraphiques à résonance. Nous nous proposons de tirer de cette étude des formules nouvelles, complétées par des tableaux pratiques, pour permettre de déterminer très rapidement la marche des postes uniquement en fonction des caractéristiques du circuit primaire et d'analyser en particulier les nouvelles conditions de fonctionnement lorsque la tonalité de l'étincelle varie.
- Un poste radiotélégraphique à résonance comprend essentiellement un alternateur débi-
- Fig. i.
- tant sur une capacité branchée aux bornes secondaires d’un transformateur (fig. 1). Suppo-
- sons la capacité court-circuitée, l’ensemble se réduit alors au point de vue analytique au cas d’un alternateur débitant sur une résistance et une self-induction en série. Cette self-induction comprend les fuites des machines, et éventuellement une inductance de réglage ; la résistance comprend la résistance ohmiqué des enroulements et une certaine résistance apparente en série tenant compte de toutes les pertes d’énergie se dégradant dans le fcircuit sous forme de chaleur (hystérésis, courants de Foucault, etc.). Supposons que l’alterrtateur ait ühe force électromotrice à vide E, le courant qu’il débitera
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- «4
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- dans le circuit de laHfigure a .sera Icc (E et Le sont exprimés en valeurs efficaces).
- R
- Fig. a.
- Le fonçtionnement normal en étincelles, c’est-à-dire l’alternateur débitant sur la capacité, ne dépendra que des valeurs dé s et de n, s désignant la surtension du circuit quotient de la réactance par la résistance, et n le nombre d’slternances séparant deux étincelles consécutives.
- Pour plus de commodité nous donnerons des tableaux: à double entrée permettant un calcul immédiat de ces quantités.
- 1° Expression de la puissance mise en jeu à l'éclateur. — L’énergie mise en jeu par étincelle s’écrit :
- Wc
- où E0 est ici la tension maxima à vide de l’alternateur;
- R la résistance précédemment définie;
- «») la pulsation du courant.
- sE0* / _ü'Y Rw V /
- En introduisant la tension efficace à vide au lieu delà tension maxima et en remarquant qu’il
- y a - - étincelles par seconde, la puissance Pe,
- IC fl
- mise en jeu à l’éclateur, s’écrit :
- ss F,2 / ""N2
- P.=— 5-1
- un R \ /
- ou en remarquant que
- bî-ki
- -- -- Lllce
- s Ld)
- en vertu de l’égalité
- Lw
- "R
- (a) s’écrit finalement
- La puissarïtü’Witile du poste est donc fonction de la puissance magnétisante EICl. du circuit d’alimentation et égale à cette puissance multipliée par un certain facteur ne,dépendant que ^@ew^*'de .v. On trouvera ci-dessoùs les valeurs de ce facteur :
- Tableau I.
- S
- n 3 4 5 6 7 8 9 10
- I «,47 o,53 0,575 o,fip5 0,63 0,645 0,66 0,67
- a o,6o 0,75 o,83 0 95 I ,02 1 ,o5 1 ,°9 Hia
- 3 o ,6o 0,80 o,97 i,i3 I ,23 i,33 1,4a i ,5ô
- 4 o ,55 0,80 I ,02 I ,20 1,36 1,5o 1,63 i
- 5 c il 0,49 0,75 . 1,01 I ,2Ï 1,40 i,58 1,74 1,86
- '6 o,44 0,70 o,95 I ,20 1,42 1,61 1,80 1 96
- S 7 • 0,39 0,65 «.O 1,41 i,63 i,83 2,02
- 8 o,35 0,61 0,87 1 ,ia 1 ,36 1 ,6i i,83 a,04
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- 2° Expression de rendement. — Le rendement c’est-à-dire le rapport de la puissance utile à l’éclateur à la puissance débitée par l’alternateur s’écrit:
- formule i4> page 390, tome XXV, 2® série.
- Cette formule donne lieu immédiatement au tableau ci-dessous :
- 4° Expression du courâtit 'normal de fonctionnement. — C’est le courant pour lequel le cuivre des machines devra être calculé.
- Il est relié à la puissance perduè par la relation
- RP„ = P
- p
- ou en tenant compte des formules 3 et 5
- 1 — p E Le /
- ~r “rv
- _«n\2 s*
- e 2. —,
- / ic n
- (6)
- (7)
- Tableau IL
- s
- n 3 4 5 6 7 8 9 10
- 1 o,f)9 0,73 °.76 ! e© : c 1 0,80 0 ,82 0,84 o,85
- u . °s54 0,6a 0,66 0,69 0,71 0,73 o ,75 0,76
- 3 0,4 « o,5i 0,57 0,6-i o,65 0,67 0,69 o ,70
- 4 o,33 0,41 °> i9 0,5', 0 ,'»9 0,6a 0,64 0,65
- 5- %a6 o,35 0,4 > 0,47 «, 51 o,55 0,59 0,61
- 6 0,3o o,3G o,41 0,46 0,5o o,54 : o,57
- 7 0,17 0 ,a5 o,3i 0,36 0,41 0 ,46 0,5o o,53
- 8 0, i5 o,ai 0,27 o,33 0,37 0,41 o,45 o,49
- Noie importante. — La résistance R ayant été définie telle que le produit RP englobe toutes les pertes nuisibles dues au flux alternatif aussi bien dans l’alternateur que dans le reste du circuit, les pertes de l’alternateur dont on ne tient pas compte, se réduisent à la dépense par effet Joule dans l’excitation et aux pertes mécaniques, frottements et ventilation.
- Pe
- La quantité — donne donc en réalité la puis-P
- sauce fournie à l’arbre de l’alternateur diminuée de ces deux pertes.
- 3° Expression de la puissance perdue dans le circuit. — Elle est évidemment donnée par
- p, = ^ i'..
- p;
- mais
- L«o E _ E ec= R ‘ Lw — R’
- donc :
- P„ 1—p ( -^\2*3
- Pcc p \ J *n
- (8)
- Cette équation (8) donne le rapport du courant de fonctionnement au courant de court-circuit en fonction uniquement de /t et s.
- Elle peut du reste s’écrire en remarquant que :
- 1 — p ic n — as
- P
- \i — e ) — s \i —
- A*--®'"
- _1Ü\ S /
- V —n\'-e J
- e
- t. n\ 2
- Ts)
- (9)
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- Pour ces valeurs de - faibles celte formule est n
- difficilement calculable, le terme entre crochets étant très voisin de zéro. On peut alors appliquer le développement en série qui conduit à l’équation (10) tous calculs faits.
- TT" = o,83 — o,96'> '- -f o,73 ^ — o/,o (m)
- 1. ç(\ • O 6 O
- Les formules (9) et (10) se complètent l’une et l’autre et permettent de . calculer le tableau ci-dessous donnant directement les valeurs
- de-p- pour différentes valeurs de n et des-. Icc
- Conclusions générales. Le tableau donnant le facteur K nous montre que l’excitation de l’alternateur restant constante et le circuit lié changeant pas, c’est-à-dire E etlcc, la puissance à l’éclateur passe par un maximum pour une étincelle déterminée. Ainsi, si la surtension du circuit est 5, ce maximum a lieu pour n — 4 ou une étincelle toutes les 2 périodes.
- Il suffira pour s’en rendre compte d’agir sur la tension explosive.
- Le rendement par contre est d’autant plus élevé que la tonalité est aiguë et la surtension plus élevée.
- Les tableaux précédents permettent de con-
- Tableau III.
- n S
- 3 4 S 6 7 8 9 10
- 1 0,76 <>,79 0,815 o,83 0,84 0,847 0,854 0,86
- 1 1 >27 1 ,38 V44 1 ,5o 1,54 1 ,58 t ,60 1,62
- 3 1 ,83 L9g 2,07 >}* 2,13 *9 2 ,25 a,3o
- 4 1 ,9° 2>*9 2,53 2 ,65 2,76 2,83 2,88
- 5 2,10 2,/,5 2,72 2>95 3,io 3 ,23 3,33 3,45
- 6 2 ,7° 3,oo 3 ,2J 3,48 3,66 3,8i 3,92
- 7 2,3 0 2,83 3,23 3,57 3 ,81 4 ,o3 4 ,20 4,35
- 8 it ,/,0 2 >97 3,45 3,85 4,12 4,35 4,58 4 ,80
- On remarquera en passa,ntque le rapport J" ou
- icc
- plus exactement son inverse -p caractérise la
- réaction d’induit de l’alternateur si l’inductance de fuites de l’alternateur est grande par rapport à l’inductance du reste du circuit (').
- (’) Remarque. —- On pourrait d’une façon analogue calculer le rapport -A de la tension normale de fonction-
- £j
- nement aux bornes de l’éclateur (tension ramenée au circuit primaire) à la tension à vide de l’alternateur.
- On trouverait'du reste la relation
- 13 Le
- Le même tableau peut donc servir dans les deux.
- naître exactement le fonctionnement d’un poste en déterminant parfaitement n et s, mais nous
- cas. Il est à remarquer cependant que le voltmètre n'étant jamais placé aux bornes de la capacité, il indiquera toujours une tension plus faible que celle donnée par le calcul. On pourrait également calculer le facteur de puissance défini par l’égalité
- P g - L,, cos ç
- par analogie avec les circuits industriels.
- • On a en effet
- El.
- E„T„ cos <p = KELC d’où cos q> == K. —
- Li
- K
- c°8 . = ———
- ; (fe)
- imais cela ne présente pas grand intérêt, nous semble-t-il; vu la difficulté de faire la mesure, il est plus simple de la déterminer en relevant directement E et Jcc.
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- allons montrer que nous pouvons également d’une manière suffisamment précise nous rendre compte de ce même fonctionnement, immédiatement et sans aucune mesure spéciale.
- Exemple : On règle l’excitation de l’alternateur de façon à avoir une note régulière et on relève le courant I„.
- On court-circuite l’éclateur, sans toucher à l’excitation, en manœuvrant par exemple la commande de la distance explosive, sans arrêter le poste.
- On relève le courant icc.
- On ouvre l’interrupteur et on relève la tension à vide E.f
- Supposons que ces chiffres soient :
- I„ — i5 ampères Ic„— io ampères E = io5 volts.
- Le rapport
- In
- nous indique certainement
- que « =: 2 et s = 6; dans ces conditions K = 0,95 ; la puissance à l’éclateur est
- P = 0,90, io5, 10 = 1 000 watts
- et le rendement est de 0,69.
- Un peu d’oreille peut du reste déjà renseigner
- sur/î si les indications du tableau donnant p- ne
- Lee
- paraissent pas suffisamment nettes.
- Remarque générale. — Nous avons supposé dans tout ce qui précède que l’on était exactement en résonance et que les étincelles jaillissaient au sommet d’t^ie alternance de la tension. En pratique la seconde condition se trouve à peu près réalisée automatiquement, car elle est nécessaire pour obtenir une note pure, mais la première ne saurait l’être même théoriquement. En effet, si nous supposons même que la vitesse reste rigoureusement constante pendant toute la période de la charge, la résonance varie forcément par suite de la saturation du fer, la condition de résonance ne peut donc être maintenue, pendant toute la durée de la charge. .
- Il est facile de se rendre compte dès lors que les valeurs trouvées pour la puissance à l’éclateur,
- le rendement, le rapport
- sont approchées par
- excès, l’erreur sera du reste proportionnellement
- d’autant plus grande que la surtension sera elle-même plus élevée. Les relations données ci-dessus sont cependant suffisamment exactes dans la pratique et on aura vite fait de déterminer les coefficients de sécurité à employer pour le calcul des postes à l’aide de ces formules.
- Nous donnerons pour terminer un exemple pratique.
- Exemple : Un poste du type de 180 kilowatts est constitué par un circuit primaire ayant un coefficient de surtension de s — 8, la force élec-tromolrice normale à vide est de 45<» volts et le courant de court-circuit correspondant est de 3oo ampères, la fréquence du courant est de 1 000 périodes par seconde.
- i° — Rendement.
- Pour/i = 2 (1 oooétincelles à la seconde) = 0,78
- — n= 3(666 — — = 0,68
- — n — 4 ( 5<>o — — =0,62
- 20 — Puissance à l’éclateur. — La puissance magnétisante EItc atteint i35 kilowatts.
- Au sonde 1 000 étincelles K= i,o6Pc = 145 kw.
- — .. 666 — K= 1,3/, P„ = 180 kw.
- — 5oo — K = i,5i Pe = 202 kw.
- Courant normal efficace.
- Au son de 1000 étincelles^- = 1,58 I/i=475 amp .
- LCC
- — 666
- i»
- I cc
- = 2,19 In=655 amp.
- — =2,76 In=S3o amp.
- 1 ce
- Dans le cas particulier qui nous occupe, si la puissance utile était limitée à la même valeur, quelle que soitla tonalité del’éclateur,par exemple à i5o kilowatts, les courants normaux \n seraient aux précédents dans le rapport des puissances
- (les quantités
- E
- et T
- Lee
- restant les mêmes) c’est-
- à-dire :
- Pourleson de 1 oooétincelles ln = 5oo ampères.
- 666 — I n = 545 — 5oo — I« = 6i5 —
- H. Ghieeix,
- Ingénieur à lu Société Française Radio-Electrique,
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- T. XXX (2e Série). — N° 33.
- CONCESSIONS CONCURRENTES DE DISTRIRUTION D’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
- APERÇU SUR LA RECHERCHE DE L’ÉQUIVALENCE DES CONDITIONS
- Cette recherche, des plus complexes et des plus délicates en raison du laconisme du texte qui a posé le principe de l’équivalence (l’article 8, paragraphe premier,de la loi du i5 juin 1906) et de l’absence de toute disposition à ce sujet dans les règlements d’administration publique rendus pour l’application de cette loi, est aussi, pour les mêmes motifs, une des questions qui ont déjà fait couler le plus d’encre.
- L’article 8, paragraphe premier, de la loi de 1906, est ainsi conçu :
- « Aucune concession ne peut faire obstacle à ce qu’il soit accordé des permissions de voirie ou une concession à une entreprise concurrente, sous la réserve que celle-ci n'aura pas des conditions plus avantageuses. »
- C’est ce dernier membre de phrase, relatif à l’obligation de ne pas accorder à l’entreprise concurrente des conditions plus avantageuses, qui est cause de tout le mal, il pose en ces termes le problème à résoudre :
- i° A quelles entreprises concurrentes s’applique la réserve de l’équivalence des conditions?
- 20 De quelles conditions s’agit-il?
- On sait que les travaux préparatoires de la loi du i5 juin 1906 ne fournissent que peu ou plutôt point d’indications susceptibles d’éclairer réellement la-question.
- Le Parlement, les Commissions et les divers rapporteurs qui ont débroussaillé le terrain de la loi avant d’arriver à l’établissement du texte devenu définitif, semblent, en effet, n’avoir concentré leur attention, lors de l’étude et de la discussion de l’article 8, que sur le principe du monopole au sujet duquel les avis étaient très partagés.
- Depuis le début de l’étude de la loi, et — comme toute bonne loi moderne, elle a mis une dizaine d’années à éclore —jusqu’à ipo5, on ne trouve pas trace, dans les rédactions successives de la proposition de loi sur les distributions d’énergie, de la èéserve de l’équivalénce des
- conditions qui termine le paragraphe premier de l’article 8.
- Cette réserve finale n’apparaît, en effet, pour la première fois, que dans le rapport présenté devant la Chambre, en juillet 1905, par M. le député Léon Janet, rapport annexé au procès-verbal de la deuxième séance du i'i juillet 190!», dans lequel l’éminent rapporteur de la Commission parlementaire des usines hydrauliques, et le principal artisan de la loi, s’exprimait ainsi (*) au sujet de l’article 8 :
- « Les industriels qui ont été entendus se sont divisés sur cette questiori [du monopole) ; ils se sont montrés généralement peu favorables à un monopole trop prolongé; selon eux, l’industrie électrique a cependant besoin d’être assurée que, pendant un certain nombre d’années, il ne sera pas possible à une municipalité mal disposée pour elle de la ruiner en accordant à une Société concurrente un traité plus avantageux. »
- Et, dans le texte proposé de la loi, inséré à la suite, du rapport on trouve, pour la première fois, la réserve finale qui nous occupe, ajoutée au texte de l’article 8 discuté jusqu’alors sans cette addition.
- Selon toute vraisemblance, cette dernière aurait donc été introduite dans la proposition de loi, sur la propre initiative du rapporteur, sans doute comme conclusion d’ensemble des avis émis et des discussions soulevées devant le Parlement et dans les Commissions lors de l’étude de la loi et notamment de son article 8.
- Le texte ainsi complété de cet article a été reproduit tel quel et sans aucun commentaire explicatif (2) par M. le sénateur Chautemps dans son rapport présenté au Sénat, en 1906, et annexé
- (*) Page 8, sixième paragraphe.
- (a) Les séances du 27 février 1906 à la Chambre et du 12 juin 1906 au Sénat daus lesquelles la proposition de loi sur les distributions d’énergie a été votée ne fournissent, de leur côté, aucune indication utile à ce sujet.
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- au procès-verbal de la séance du 11 avril de la même année.
- Cette constatation de l’origine de la réserve en question et des conditions spontanées dans lesquelles elle a pris naissance en 1905, si elle n’en éclaire malheureusement pas le sens, permet, du moins, de limiter à cette dernière date l’horizon des recherches et de se rendre compte que c’est, en définitive, à la lumière du seul texte de l’article 8 et des autres articles de la loi de 1906 qu’on devra rechercher l’interprétation de là disposition dont il s’agit.
- Ainsi que nous venons de le voir, l’étude de cette dernière phrase du paragraphe premier de l’article 8 conduit à l’examen de deux questions précises que nous envisagerons successivement :
- 1° A quelles entreprises concurrentes s’applique la réserve de l’équivalence des conditions?
- Autrement dit, la réserve s’applique-t-elle en cas de concurrence entre une concession et une permission de voirie ou, seulement, en cas de concurrence entre deux concessions ?
- A. — Concurrence entre une concession et UNE PERMISSION DE VOIRIE.
- La concurrence entre concession et permission de voirie peut se produire dans les deux hypothèses suivantes :
- a) Une permission de voirie ayant été accordée, une concession est demandée ultérieurement par une entreprise concurrente.
- a1) Une concession ayant été accordée une permission de voirie est demandée ultérieurement par une entreprise concurrente.
- Pour la première hypothèse (a) concurrence entre une permission préexistante et une concession ultérieure — la réponse à la question est donnée par la loi elle-même dans le paragraphe 4 de l’article 5 ainsi conçu : Aucune permission de voirie ne peut faire obstacle à ce qu'il soit accordé sur les mêmes voies des permissions ou concessions concurrentes.
- Cet article n’impose nullement dans ce cas la.réserve, de l’équivalence des conditions.-
- Pour la deuxième hypothèse (a1) =—..concurrence entre fine^concession préexistante et une
- permission ultérieure — l’article 8, paragraphe premier, semble, au contraire, imposer la réserve de l’équivalence des conditions.
- Nous disons « semble imposer » car, malgré le démenti que paraît nous infliger le texte même de l’article 8, paragraphe premier, nous n’hésitons pas à penser que, dans cette hypothèse (a1) également, la réserve de l’équivalence des conditions n’est pas obligatoire entre les deux entreprises.
- Un raisonnement purement mathématique pourrait conduire à solutionner la question par voie de réciprocité et .à dire que l’article 5, paragraphe 4, n’imposant pas la réserve de l’équivalence des conditions en cas de concurrence entre une permission de voirie et une concession, réciproquement l’article 8, paragraphe premier, n’a pas pu vouloir imposer la réserve entre une concession et une permission. Mais ce ne serait pas là une preuve suffisante, car le législateur aurait pu vouloir protéger plus efficacement une concession préexistante contre la concurrence d’une permission qu’une permission préexistante contre la concurrence qui pourrait lui être faite par une concession.
- Il faut donc entrer plus à fond dans le sujet.
- On ne peut bien évidemment arriver à l’équivalence qu’en comparant les conditions imposées à chacune des deux entreprises, mais, sous cette réserve : qu’on ne peut comparer que des choses comparables.
- Or, quelle comparaison peut-on faire entre une concession et une permission de voirie sur le terrain commercial où nous place l’article 8, paragraphe premier, car il s’agit — ne l’oublions pas — de concurrence commerciale.
- La loi et les règlements vont encore nous répondre sur ce point, comme dans la première hypothèse (a) déjà envisagée.
- En effet, aux termes de l’article 5, paragraphe a, de la loi de 1906, les arrêtés de voirie — les seuls actes officiels imposant des conditions aux permissionnaires — ne .peuvent prescrire aucune disposition relative aux « conditions commerciales » de l’exploitation.
- . Alors, sur quelles'bases s’établir pour rechercher l’équivalence?
- Où se trouvent les conditions commerciales à comparer ? ...
- .Ainsi que le fait remarquer, la. circulaire du 1 er octobre 191.2 relative a.ux permissions de voirie,
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- dans son paragraphe 'a in fine, aucun acté officiel ne règle et n’approuve les conditions d’exploitation d’une entreprise autorisée en vertu d’une permission de voirie.
- Y a-t-il donc lieu d’admettre que l’on ’doive, eh vue de la recherche de l’équivalence, comparer lé traité d’exploitation, passé par la commune avec le permissionnaire et fixant le prix de vente de l’énergie électrique au public, avec l’article 11 du cahier des charges type qui détermine ce même prix pour les entreprises autorisées par concession? Nous ne le pensons pas, car, même l’imposition au permissionnaire d’un prix de vente à un chiffre identique à celui prévu au cahier des charges de la concession préexistante ne réaliserait pas forcément l’équivalence recherchée puisque les deux entreprises n’ont pas, par ailleurs, des charges identiques ni même comparables !
- Il n’y a,;en réalité, aucune commune mesure entre les conditions des deux entreprises au point de vue commercial.
- Aux points de vue technique et administratif déterminés, eux, par un acte officiel, l’arrêté de voirie, les seules conditions comparables, comme susceptibles de se résoudre en charges ou avantages pécuniaires pour le permissionnaire, paraissent limitées au mode d’établissement des canalisations — aérien ou souterrain, ce dernier beaucoup plus coûteux—à la fixation du taux des redevances et du chiffre des frais de contrôle. Hors de là, pas de points de contact entre une concession et une permission de voirie pour la distribution publique de l’énergie électrique.
- Est ce, dès lors, sur ces seuls points que doit porter la comparaison en vue d’arriver à l’équivalence entre les deux entreprises ?
- Il le semble bien et ce serait donc là, réduite à sa vraie étendue, la portée que le législateur aurait entendu donner à l’article 8, paragraphe premier, en cas de concurrence entre une concession préexistante et une permission de voirie demandée ultérieurement.
- Tout en laissant cette conclusion comme fiche de consolation à ceux qui auraient le désir d’interpréter la loi avec d’aussi courtes vues, nous nous refusons à admettre que telle ait été l’intention du législateur.
- Pour notre part, nous préférerions mettre à son actif, plutôt qii’un défaut de bon sens et de logique, une simple faute d’orthographe qui,
- dans l’article 8, paragraphe premier, lui aurait fait placer après le mot concurrente üne virgule malheureuse qui a pour effet, par l’interprétation littérale du texte de l’article, d’autoriser le lecteur à admettre que la loi ait voulu, en effet, imposer également l’équivalence des conditions en matière de concurrence entre une concession préexistante et une permission postérieure en date.
- Nous n’insisterons pas davantage sur ce point, d’autant qu’en fait il ne présente plus guère d’intérêt, puisque l’Administration des Travaux publics, en codifiant, dans la circulaire ministérielle du ier octobre 1912, les règles applicables à l'établissement par permission de voirie des canalisations de distribution ou de transport d’énergie électrique, a fait connaître nettement son intention de ne plus accorder qu’à titre tout à fait exceptionnel des permissions de voirie destinées à la distribution publique de l’énergie électrique et de limiter, dans l’avenir, ces permissions à l’installation des lignes privées et des lignes de transport desservant les services publics.
- B. — Concurrence entre deux concessions.
- Ici, aucun doute ne saurait exister: la réserve de l’équivalence des conditions est applicable, mais il reste à rechercher à quelles concessions concurrentes et dans quelle mesure il y aura lieu de l’appliquer.
- On sait qu’il existe, en effet, plusieurs sortes de concessions de distribution d’énergie électrique. Elles peuvent être divisées comme suit :
- Au point de vue de leur régime administratif:
- ? simples ou s communales \ déclarées
- (II) Concessions d’Etat / d utilité
- [ publique.
- (I) Concession
- Au point de vue de leur destination:
- f I d’éclairage
- l seul, d’éclai-
- (I) Concessions de distribution f^fmotHce,
- I de force mo-[ trice seule.
- (II) Concessions de transport d’énergie pour les services publics.
- Les diverses concessions jprécitées sont sou-
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- mises à trois régimes différents qui sont définis par trois sortes de cahiers des charges :
- Du 17 mai 1908, pour les concesssions communales;
- Du 20 août 1908, pour les concessions d’État;
- Du 3o novembre 1909, pour les concessions de transport ou, plus exactement, de distribution d’énergie aux services publics.
- Bien que, comme nous l’avons dit précédemment, la réserve de l’équivalence des conditions nous place exclusivement sur un terrain commercial, il est certain que le régime administratif auquel est soumise une concession a, par la différence de rédaction des clauses contenues dans les divers cahiers des charges, une répercussion financière sur l’exploitation de l’entreprise. De même la destination de l’entreprise entraînera des différences de rédaction considérables dans les clauses des cahiers des charges. Il s’ensuit donc que, dans la recherche de l’équivalence, il devra être tenu compte à la fois du régime administratif et de la destination de l’entreprise.
- La lecture et la comparaison des divers cahiers des charges, qui permettent de constater que l’équivalence absolue des conditions entre deux concessions concurrentes est pratiquement irréalisable, démontrent en même temps qu’on ne pourra s’çn rapprocher qu’en cas de concurrence entre deux concessions de même nature c’est-à-dire soumises à un même régime administratif étayant une même destination.
- L’article 8, paragraphe premier, n’exige d’ailleurs pas l’équivalence absolue, cela résulte nettement de l’imprécision même de ses termes : « Sous la réserve que la concession concurrente n’aura pas des conditions plus avantageuses. »
- Le législateur a seulement entendu imposer l’équivalence partielle réalisable c’est-à-dire l’équivalence pouvant résulter de la comparaison des seules clauses communes aux cahiers des charges des deux entreprises concurrentes.
- L’examen comparatif, même sommaire, des clauses communes susceptibles de donner lieu à comparaison dans les cahiers des charges des diverses concessions pouvant se trouver en concurrence deux à deux nous entraînerait à donner à cette étude une ampleur dépassant de beaucoup nos intentions. Il ne présenterait, d’ailleurs, qu’une utilité discutable, les questions à résoudre
- *
- pour arriver à l’équivalence imposée par l’ar ticle 8, paragraphe premier, devant conduire surtout à l’examen de questions d’espèce, et, de plus, nous entendons nous borner à tracer seulement ici les principes généraux sur lesquels l’autorité concédante pourra se baser pour résoudre les cas par ticuliers qui se présenteront dans la réalité.
- Abordons maintenant la seconde partie du problème, à savoir : quelles sont les conditions visées dans la réserve finale du paragraphe premier de l’article 8.
- 2’ De quelles conditions s'agit-il ?
- Les conditions auxquelles sont soumises les concessions sont définies par l’acte de concession, c’est-à-dire par la convention et le cahier des charges et, en outre, par l’arrêté du 21 mars 1911 pour les conditions d’ordre technique.
- Dans les concessions modernes (‘) la convention ne contient plus que des clauses de style et, parfois, quelques clauses particulières à la concession, mais, comme nous le verrons plus loin, ces dernières ne donnent pas obligatoirement lieu à comparaison pour la recherche de l’équivalence.
- C’est donc dans le cahier des charges que se trouve concentrée la presque totalité les clauses ou conditions qui devront servir à déterminer l’équivalence.
- Nous n’examinerons ici que les clauses du cahier des charges type du 17 mai 1908 (concessions communales) pour ne pas dépasser les limites que nous nous sommes assignées. Mais il sera facile au lecteur d’étendre nos explications, mutatis mutandis, aux cas de concurrence pouvant se produire entre concessions soumises aux autres cahiers des charges.
- Les clauses de ce cahier des charges peuvent se diviser en :
- (A) Clauses réglementaires qui se subdivisent en clauses d’ordre public et clauses de police ou contrôle;
- (B) Clauses mixtes ;
- (C) Clauses contractuelles qui se subdivisent en clauses commerciales, clauses particulières, clauses spéciales;
- (D) Clauses techniques.
- (t) Postérieures à la loi «du i5 juin 1906 et placées, par conséquent, sous le régime institué par cette loi.
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- Examinons chacune de ces catégories de clauses :
- (A) Clauses réglementâmes.
- On entend par clauses réglementaires les dispositions du cahier de charges type auxquelles les concessionnaires sont tenus de se soumettre et qu’ils doivent accepter sans pouvoir, sauf pour certaines d’entre elles, en modifier la rédaction.
- Elles sont d'ordre « réglementaire » comme le décret du 17 mai 1908 dont elles émanent et, par suite, applicables à toutes les concessions de même nature.
- Elles se subdivisent, comme on vient de le dire, en clauses d’ordre public et en clauses de police ou contrôle.
- (a) Clauses d'ordre public. — Les clauses d’ordre public ne peuvent être modifiées ni d’office par le pouvoir concédant, ni même d’accord avec le demandeur en concession. Par leur caractère impératif, elles échappent à toute comparaison en vue de la recherche de l’équivalence et il n’y a pas lieu d’en tenir compte dans l’étude des cahiers des charges respectifs.
- Les clauses d’ordre public sont celles prévues aux articles suivants du cahier des charges :
- Art. il [dernier paragraphe], — Mesures destinées à assurer la continuité de la distribution de l’énergie.
- Art. a3. — Rachat.
- Art. 25 et 26. — Déchéance.
- Art. 29. — Impôts.
- Art. 3o. — Pénalités.
- Art. 3i. — Cautionnement.
- Art. 32. — Agents du concessionnaire.
- Art. 33. — Cession.
- Art. 34. — Jugement des contestations.
- Art. 35. — Election de domicile.
- Art. 36. — Frais d’enregistrement.
- [b] Clauses de police ou contrôle. — Les clauses de police ou contrôle ont également un caractère impératif, mais elles se distinguent des clauses d’ordre public en ce sens qu’elles ont seulement pour objet d’assurer une exploitation régulière et normale de l’entreprise. Elles sont invariables également et ne donnent pas lieu non plus à comparaison pour le calcul de l’équivalence.
- Les clauses de police ou contrôle sont celles qui sont prévues dans les articles suivants, savoir :
- Art. 2. [Les deux premiers paragraphes). — Droit d’utiliser les voies publiques.
- Art. 4. — Approbation des projets.
- Art. 6. — Délais d’exécution.
- Art. 7. [Dernier paragraphe seulement). — Baux.
- Art. 10. [Deuxième paragraphe seulement). — Canalisations. — Traversées des chaussées.
- Art. 11. — [Les deux derniers paragraphes) : Abaissements de tarifs.
- Art. i5. — Branchements et colonnes montantes ; — [paragraphe premier jusqu'à : ... Les frais d’installation, et dernier paragraphe : Les tarifs prévus, ... etc).
- Art. 16. [Paragraphe premier). — Compteurs. (Approbation).
- Art, 17.—Compteurs. (Vérification).
- Art. 18. — Police d’abonnement.
- Art. 19. — Surveillance des installations intérieures.
- Art. 28. — Etats statistiques.
- (A suivre.)
- J. DE RlGNEY, Avocat-Conseil.
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- L’EXPOSITION DE CASARLANGA
- Le général Lyautey a eu l’heureuse initiative d’organiser au Maroc une exposition destinée à faire connaître les produits de l’industrie française.
- 11 importait de mettre sous les yeux de la population marocaine la puissance industrielle et commerciale de la France et lui montrer en même temps que, malgré la tension de tous nos efforts contre l’envahisseur du territoire national, notre industrie est cependant en mesure de fournir tous les produits nécessaires à la vie indigène, aux lieu et place des marchandises allemandes.
- De plus, en présence des importants travaux publics à effectuer dans l’empire chérifien, le résident général de France a jugé bon de provoquer de la part des industriels français un effort rapide qui leur permette de remplacer les Austro-allemands dans toutes les entreprises qu’ils s’étaient octroyées à la faveur des difficultés internationales.
- Cette exposition, dont les portes s’ouvriront le 5 septembre pour une durée de deux mois, aura, au point de vue politique et économique, un retentissement considérable chez nos alliés et dans les pays neutres; elle sera une manifestation éclatante du génie français; elle marquera, nous n’en doutons pas, le point de départ de la lutte à outrance que nos industriels vont enfin mener, partout et à n’importe quel prix, contre le commerce allemand.
- Les Chambres de commerce françaises et nos divers groupements industriels et commerciaux ont répondu avec empressement à l’appel du général Lyautey : i ooo adhérents, représentant toutes les spécialités de l’industrie nationale, participeront à cette exposition.
- En dehors des villes de Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, qui ont donné leur adhésion, nos grandes Compagnies de chemins de fer ont tenu à figurer elles aussi à cette démonstration française.
- Dans le domaine de l’électricité et de la mécanique, le seul qui nous intéresse, nous signalerons plus particulièrement les maisons suivantes :
- Les Etablissements Schneider ont installé un pavillon spécial, réservé aux industries électriques et aux travaux publics, de plus ils ont coopéré à l’organisation des stands de la Compagnie Marocaine, du Comptoir Métallurgique du Maroc et du stand collectif de la Chambre Syndicale des Constructeurs d’automobiles.
- Dans leur pavillon spécial figure : i° une série de modèles d’entreprises de travaux publics : travaux du port du Havre ; viaduc de la Borcea; bassin à flot des Chantiers e-t Ateliers de la Gironde, à Bordeaux; gare de Santiago, au Chili. De plus une série de panneaux représentant d’autres travaux importants tels que ceux du port de Casablanca, du chemin de fer de Casablanca à Bou-Laouane, du port de Reval, du port de Rosario, du brise-lames d’Alexandrie.
- Des spécimens intéressants des ponts construits parles Chantiers de Chalon-sur-Saône sont également représentés : pont tournant de Brest ; viaduc sur le Malleco, au Chili; pont Morand, sur le Rhône, à Lyon; pont Alexandre III, à Paris; pont sur le Taï-Binh et sur le Song-Day, au Tonkin ; travée tournante du viaduc de Caronte sur le réseau du chemin de fer P.-L.-M.
- -a° Une collection de moteurs électriques à courant continu et à courants alternatifs, de transformateurs et de pièces d’appareillage électrique; ce matériel, provenant de l’usine de Cham-pagne-sur-Seine, est accompagné de panneaux indiquant les diverses constructions électriques importantes réalisées par MM. Schneider : dynamos, commutatrices, alternateurs, turboalternateurs, applications électro-mécaniques, locomotives électriques,appareils de levage,etc..
- 3° Une série de vues panoramiques représentant les établissements de MM. Schneider, dont un tableau général résume les principales fabrications.
- Dans le stand de la Compagnie Marocaine, MM. Schneider ont exposé une collection de pièces en acier au manganèse, coulées par la fonderie d’acier du Creusot et dont lés qualités de résistance à l’usure ont fait généraliser l’emploi depuis quelques années : appareils de
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- voie, mâchoires de concasseurs, roues de bennes, fonds de broyeurs, boulons de dragues, frettes, rondelles et sellettes. De plus plusieurs photographies de matériel électrique de petite et de moyenne puissance.
- Le stand du Comptoir Métallurgique du Maroc contient des panneaux de profilés laminés par les forges du Creusot.
- Enfin, dans le stand collectif de la Chambre Syndicale des Constructeurs d’automobiles, MM. Schneider ont exposé un panneau représentant un de leurs types les plus appréciés de camions automobiles de trois tonnes.
- Nous rappelons simplement ici que les Etablissements Schneider, dont l’usine du Creusot, bien connue de nos lecteurs, est entièrement consacrée à l’heure actuelle à la fabrication intensive du matériel de guerre et des munitions, possèdent aussi d’importantes usines au Havre et à Harfleur pour l’artillerie, des chantiers à Chalon-sur-Saône pour les constructions navales, des usines à Champagne-sur-Seine pour le matériel électrique, à Toulon, à Hyères et à Bordeaux. Le personnel employé dans ces divers établissements dépasse 25 ooo.
- La superficie totale des terrains appartenant aux Etablissements Schneider s’élève à 6 ooo hectares, dont 5oo de terrains industriels, comprenant 6o hectares de bâtiments couverts. La longueur des réseaux de voies ferrées de tous les établissements est de 290 kilomètres ; ces voies ferrées sont desservies par 65 locomotives et 5 700 wagons. La puissance totale des machines à vapeur et à gaz est de 70000 chevaux, celle des installations électriques de 46000 kilowatts. Les chaudières ont une surface de chauffe de 45 ooo mètres carrés. Le nombre des machines-outils atteint 4 aoo. La longueur des lignes de transport d’énergie électrique pour la force motrice et pour l’éclairage est respectivement de 25o et 295 kilomètres ; 465 kilomètres de lignes téléphoniques desservent 690 postes.
- En dehors des usines précitées, les Etablissements Schneider possèdent des filiales importantes, telles que : Chantiers et Ateliers de la Gironde, Société d’Outillage mécanique et d’Usinage d’artillerie-Usines Bouhey, Société de Moteurs à gaz et d’industrie mécanique, SociétéNdes Chantiers et Ateliers du Temple, Société d’Optique et de Mécanique de haute précision, Charbonnages de Winterslag, Mines de
- fer de la Pinouse, de Palalda, et de Yelmanya.
- Cette formidable puissance technique et industrielle n’a pas empêché MM. Schneider de s’intéresser aux œuvres sociales destinées à assurer le bien-être moral et matériel de leur personnel et d’y consacrer des sommes considérables.
- Ils ont,en particulier,créé une maison de famille pour les orphelins, des écoles primaires, primaires supérieures, et d’enseignement professionnel et technique, des écoles ménagères, des cités ouvrières, des jardins ouvriers, des infirmeries et des hôpitaux, une maison de retraite pour les vieillards.
- Les questions relatives à l’hygiène et à la sécurité des travailleurs, aux délégués ouvriers, au service médical et pharmaceutique, à la constitution de l’épargne et de retraites, etc., ont donné lieu à des institutions spéciales, qui font le plus grand honneur à l’initiative et au dévouement de leurs créateurs.
- La Compagnie pour la Fabrication des Compteurs et Matériel d’usines a gaz expose un certain nombre de compteurs électriques et une série d’instruments de mesure.
- De plus, son stand (fig. 1) contient plusieurs compteurs d’eau système Frager.
- Les appareils électriques construits par cette maison, compteurs Thomson pour courants continu et alternatif, compteurs O'K pour courant continu, compteurs A. C. T. pour courants alternatif, monophasé ou polyphasé, compteurs à paiement préalable et à tarifs multiples, voltmètres, ampèremètres, wattmètres, etc., sont connus et appréciés de tous les ingénieurs.
- Nous ne nous étendrons donc pas sur le détail de leur fabrication.
- Fondée en 1854 par M. Ch. Michel, la Compagnie pour la Fabrication des Compteurs et Matériel d’usines à gaz fut la première qui entreprit en France la construction des compteurs d’eau, puis des compteurs d’électricité. Ce fut immédiatement après la guerre 1870-71 que M. A. Frager, ingénieur, ancien élève de l’Ecole Polytechnique, inventa le compteur d’eau de volume à pistons qui porte son nom et est universellement connu pour la régularité de son fonctionnement.
- La ville de Paris ayant, en 1880, réglementé le service des eaux potables, non seulement le
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- compteur d’eau de volume système Frager fut adopté par elle après une série d’essais aussi prolongés que concluants, mais encore la réglementation instaurée fut telle que, jusqu’à ce
- Fig. i. — Stand de la Compagnie pour la Fabrication des Compteurs et Matériel d’usines à gaz.
- jour, aucun compteur d’eau dit de vitesse n’a pu présenter des conditions suffisantes d’exactitude pour pouvoirêtre admis au nombre des compteurs qu’elle emploie.
- Néanmoins, la Compagnie pour la Fabrication des Compteurs et Matériel d’usines à Gaz qui, en même temps qu’elle avait entrepris la construction des compteurs de volume Frager, construisait également, sous le nom de compteurs à tur-
- bine universelle, des compteurs d’eau de vitesse généralement appréciés, a, depuis cette époque, étudié divers autres types de compteurs de ce genre réunissant les perfectionnements les plus récents; elle a tenu également à se spécialiser dans la construction des compteurs d’eau de volume à disquequiont aussi donné les meilleurs résultats.
- Plusieurs spécimens de ces différents systèmes de compteurs figurent à son stand.
- A l’heure actuelle, la Compagnie pour la fabrication des Compteurs a vendu plus de 8oo ooo compteurs d’eau.
- Le développement de cette compagnie s’est accru d’année en année et son extension a pris des proportions beaucoup plus grandes dès l’apparition de ses différents types de compteurs électriques et de ses appareils de mesure système Meylan d’Arsonval.
- La Compagnie pour la Fabrication des Compteurs a tenu à occuper, non seulement en France mais dans l’univers entier, pour les compteurs d’électricité et les instruments de mesure électriques la place que, dès le début, elle avait su conquérir pour ses compteurs d’eau.
- A ce jour, ses ateliers couvrent une superficie de 7 3oo mètres carrés, plus de 8oo machines y fonctionnent et, malgré les hostilités, le travail n’a subi aucun temps d’arrêt; à l’heure actuelle un personnel de plus de i ooo ouvriers y est employé et travaille avec plus d’intensité que jamais.
- La Société Industrielle des téléphones est représentée au Maroc par la Compagnie Marocaine.Dans son stand figurent tous les spécimens de sa fabrication : téléphonie, appareillage, câbles téléphoniques et sous-marins.
- lies figures a et 3 montrent plusieurs postes et tableaux téléphoniques employés par l’industrie privée et les services publics.
- La Société Industrielle des téléphones s’est acquise dans cette branche une réputation méritée par le fini de sa construction et l’adaptation de ses appareils à tous services.
- Toute une série de câbles armés de i à 4 conducteurs, pour une tension maxima de 5oooo volts, est visible sur la figure li. On y distingue aussi plusieurs coupes de câbles sous-marins fabriqués à l’usine de Calais et employés pour 1ns lignes de Brest-New-York, Calais-Douvres et le Canal de Suez; ce dernier câble est à ao conducteurs.
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- Fig-, a. — Stand de la Société Industrielle des Téléphones. — Téléphonie.
- Fig. 3. — Stand de la Société Industrielle des Téléphones. — Téléphonie.
- f't?» 4» " Stand de la Société Industrielle des téléphones, — Câbles électriques et sous-niarins*
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- La Compagnie Généhale d’Electiucité qui exploite en France plusieurs grands réseaux de distribution d’énergie électrique à Nancy, Brest, Angers, Marseille, Amiens, et Melun, a exposé dans son stand plusieurs vues de la Compagnie Lorraine d’Electrioité.
- En dehors de l’exploitation de ses stations centrales, la Compagnie Générale d’Electrioité s’occupe activement de tréfilerie et d’appareillage; électrique dans ses usines de Rai-Tillières et d’Ivry.
- Son exposition comporte donc des échantillons de fils et câbles en cuivre, bronze et aluminium, de petit et gros appareillage électrique pour toutes tensions, d’isolants et objets moulés (ébonite, roburine, rivorine, gummite) et enfin des lampes à incandescence à filaments métalliques.
- Dans le même stand, figurent plusieurs batteries Tudor fixes et portatives. Les accumulateurs Tudor étant connus du monde entier, nous nous bornerons à signaler leur présence à cette Exposition.
- Le stand des Etablissements H. Morin, comprend les instruments les plus fréquemment employés dans les entreprises de travaux publics et particuliers, les services des Ponts et chaussées, service vicinal, mines, etc...
- L’exposition comprend particulièrement un théodolite permettant de prendre les angles horizontaux et verticaux et de faire les nivellements; ces appareils sont à volonté divisés en degrés (théodolites) ou divisés en grades (tachéomètres).
- On remarque également dans cette vitrine le niveau d’eau de précision II. Morin, bien connu des ingénieurs ayant à faire des installations ou des contrôles de forces motrices; cet appareil, qui est une simplification du niveau d’eau du capitaine Leneveu, permet d’opérer ou de vérifier le nivellement des machines de construction, des installations des ouvrages d’art, etc.,, et cela au dixième de millimètre; il se compose de a fioles réunies paruntube en caoutchouc d’une longueur variable suivant l’écartement des points à niveler. Ces fioles sont pourvues d’une tige graduée dont l’extrémité est constituée par une pointe en ébonite qu’on amène à fleur d’eau au moment des opérations.
- Par suite d’un phénomène de capillarité, l’élé-
- ment liquidese précipitesur la pointe en ébonite, de sorte qu’il est absolumentimpossible de pénér trer dans l’eau sans s’en apercevoii1.
- Il suffit donc, après avoir amené la pointe au contact de l’eau de chaque fiole, de lire sur la tige les hauteurs indiquées ; la différence entre les lectures de chaque fiole donnera le résultat cherché.
- L’exposition contient également des instruments très intéressants ; le niveau à collimateur du colonel Goulier,l’omnimètre à talon, l’aiguille Bonami pour l’essai des ciments, le curvigraphe Jourgueil pour le tracé des courbes de raccordement, etc.
- La Société Boulte Laruordièiuî et Cie expose une machine mi-fixe à vapeur et une nouvelle locomobile perfectionnée.
- Les machines à vapeur de toutes puissances, les condenseurs type marine, les demi-fixes, les moteurs à gaz, les groupes électrogènes système Boulte Larbordière sont trop connus pour que nous insistions sur leur construction et leurs avantages.
- La Société Heinz a fait figurer dans son exposition plusieurs batteries d’accumulateurs, un certain nombre de piles électriques et un redresseur électrolytique de courants.
- L’accumulateur Heinz, pour batteries fixes (fig. 5), est composé d’électrodes positives et négatives de la plus grande robustesse.
- L’électrode positive, à formation Planté, possède une surface active égale à dix fois sa surface apparente. Pour lui assurer une grande solidité et une longue durée cette électrode comporte une âme ayant plusieurs millimètres d’épaisseur.
- L’électrode négative est constituée par un support spécial, qui a donné les meilleurs résultats. Le montage des électrodes dans les bacs est des plus simples. L’isolement est obtenu par des tubes séparateurs en verre,
- Dans les éléments transportables à oxyde rapporté (fig. 6), les électrodes et toutes les pièces accessoires sont fabriquées mécaniquement, ce qui assure l’uniformité et l’interchangeabilité indispensables dans l’emploi d’appareils économiques. _
- La matière active comprimée dans les alvéoles d’un support inoxydable est retenue solidement
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- en place par la cémentation des particules de matière entre elles et par la force de support.
- Pour l’éclairage électrique des voitures et les batteries transportables les électrodes sont mon-
- Fig. 5. Fig. G. Fig. 7.
- tées dans des bacs en celluloïd. Pour l’éclairage des trains et pour les éléments de grande capacité les accumulateurs comportent des bacs en ébonite.
- Les piles Heinz (fig. 7) offrent des qualités remarquables qui sont dues à leur système de fabrication et à l’emploi de matières premières chimiquement pures. La grande capacité de la pile sèche Heinz rapportée au poids et au volume en fait un appareil précieux qui malgré de forts débits se dépolarise rapidement dès l’ouverture du circuit.
- Les substances employées pour l’immobilisation du liquide permettent d’obtenir des éléments compacts pouvant se placer dans tous les sens sans qu’aucune matière hydratée ne s’en échappe.
- Le redresseur électrolytique Heinz à clapet électrolytique (fig. 8) est basé sur le phénomène observé par Buff en 1857. Le phénomène est le suivant :
- Lorsqu’on fait passer un courant électrique dans une cuve électrolytique dont les électrodes sont, l’une en aluminium, l’autre en plomb, on observe que le courant circule facilement lorsque l’électrode d’aluminium est reliée au pôle négatif de la source d’électricité et que le courànt est interrompu quand l’aluminium est relié au pôle positif.
- Pour qu’un appareil ainsi constitué fonctionne d’une façon continue, il est nécessaire que l’électrolyte circule constamment autour des électrodes sinon l’encrassement et la polarisation interviendraient pour en arrêter le fonctionnement.
- Le système Heinz assure un déplacement constant de toute la masse de liquide à la surface des électrodes et non pas un simple mouvement de ce liquide de bas en haut. A cet effet, l’appareil est essentiellement constitué par un récipient contenant l’électrolyte dans lequel plonge une électrode circulaire en alliage plomb-antimonie. Sur toute la surface de cette électrode, une multitude de petites cellules ajourées sont réparties.
- Dans l’espace central de cette électrode est placé "un cylindre plein en aluminium extrapur.
- Il estaiséde comprendre que, dès qu’un courant traversera ce système, il se produira à la surface des cellules de l’électrode plomb un dégagement gazeux qui entraînera immédiatement un déplacement de l’électrolyte à travers ces cellules, de sorte que le liquide en contact avec l’aluminium sera constamment déplacé et renouvelé, ce perpendiculairement au diamètre de cette électrode. Aucune polarisation ne pourra se produire et le
- Fig. 8. — Redresseur électrolytique Heinz.
- redresseur pourra fonctionner d’une façon continue.
- Parmi les autres exposants, nous notons : la Compagnie Electro-Mécanique, avec plusieurs moteurs électriques à courants continu et alternatif, la maison Jules Richard, universellement connue pour ses instruments de mesure, la Compagnie Générale de Travaux d’Eclairage et de Force, avec des interrupteurs à basse tension, inverseurs, commutateurs, coupe-circuits, etc., Société Le Carbone, la maison Leclanché, M. Ancel, la maison Jules Weitz, la Compagnie de Chatillon-Commentry et la Société de produits
- CHIMIQUES DE SaINT-GoRAIN.
- J. Reyval.
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- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- ÉLEGTROTECHNIQUE GÉNÉRALE
- Calcul de la force d'attraction maximum s’exerçant entre deux courants circulaires
- parallèles et de même axe. — Frederick r W. Gro-ver.
- La force d’attraction ou de répulsion s’exerçant entre deux courants qui parcourent des circuits circulaires parallèles et de même axe mais de rayons différents croît avec la distance d’écartement de leurs plans jusqu’à un certain maximum et décroît jusqu’à zéro lorsqu’on augmente indéfiniment cette distance.
- Maxwell a démontré que la distance pour laquelle la force atteint son maximum est, avec chacun des rayons, dans un rapport qui n’est fonction que du rapport des rayons mêmes et nullement de leurs valeurs absolues. De plus, le maximum de la force lorsqu’un courant d’intensité égale à l’unité traverse chaque circuit est également fonction des seuls rayons.
- Ces constatations ont été mises à profit dans l’électrodynamomètre employé tout d’abord par lord Rayleigh et avec lequel on mesurait la force entre deux enroulements parallèles circulaires et de même axe, l’un fixe, l’autre attaché à l’une des extrémités du fléau de l’appareil ; la distance entre les plans des enroulements était réglée de façon à rendre maximum la force de réaction mutuelle des deux courants. Connaissant le rapport des rayons des circuits circulaires, on pouvait calculer l’intensité du courant traversant ces circuits en série d’après les poids nécessaires à rétablir l’équilibre du fléau de l’électrodynamo-mètre. Le rapport des rayons pouvait d’ailleurs se déterminer expérimentalement par une méthode électrique sans mesurer directement les rayons et avec plus de précision que n’en eût donné cette mesure directe.
- Le calcul de la constante de l’électrodynamo-mètre est basé sur la théorie relative à deux filaments circulaires auxquels on peut assimiler les enroulements. Rayleigh, Lylc et autres ont calculé les corrections nécessitées par le fait que les fils ont une section de dimension finie. On
- peut, à ce sujet, se reporter au mémoire de Rosa, Dorsey et Miller, surla détèrihinatioil de l'ampère international en valeur absolue.
- La force s’exerçant entre deux courants circulaires, parallèles ét de même axe, de rayons donnés, à tout écartement voulu de leurs plans, peut se calculer par la formulé de Maxwell eh intégrales elliptiques ,ou par les formules de Nagaoka. A l’origine, le maximum de la force possible entra deuxeourants circulaires de rayons donnés a été ôbtenu en calculant cette force directement (à l’aide des formulés susdites) pour un certain nombre d’écartements au voisinage de la distance critique qu’on supposait avoir été déterminée au préalable de façon approximative.
- Dans lé mémoire que va publier le Bureau of Standards dans son bulletin, M. Grover établit Une formule pour calculer la valeur de la distance critique d’après le rapport supposé des rayons. En introduisant la valeur ainsi trouvée dans l’une des formules générales ci-dessus indiquées pour le calcul de la force, on obtiendra la valeur maximum de celle-ci. En certains cas, ce maximum peut se calculer directement par une formule donnée par l’auteur et dans laquelle la substitution a été faite une fois pour toutes.
- La dernière partie du mémoire est consacrée à l’exposé de méthodes propres à faciliter cette opération. Les formules déduites y sont appliquées dans des exemples numériques et des tables sont données de la distance critique et de la valeur de la force maximum pourlles valeurs les plus probables en pratique du rapport des rayons. L’auteur montre aussi comment on peut déduire aussi facilement de ces valeurs les constantes pour des enroulements de dimensions peu différentes des rapports donnés dans les tables.
- Pour vérifier l’exactitude des nouvelles formules, on a recalculé entièrement les constantes des enroulements de l’électrodynamomètre du Bureau of Standards. Les résultats trouvés concordent à moins d’un millionième près avec les valeurs obtenues par interpolation.
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- ÉCLAIRAGE
- Laboratoire d’essai de durée des lampes à filament de tungstène.
- Ce laboratoire a été établi aux National Lamp Works de la General Electric Co, en partant des deux principes suivants : obtenir un réglage précis du voltage et arriver à une construction économique.
- Le courant nécessaire aux essais est fourni par le réseau à u ooo volts dé la Cleveland Electric Illuminating Company- Une sous-station abaisse le voltage à /^o volts pour actionner deux moteurs triphasés synchrones, directement accouplés à deux ^llernateurs à rao volts, de 200 et 3«o kilowatts.
- Ces machines sont installées en sous-sol, bien que contrôlées d’un tableaq de distribution qui se trouve, ainsi que le laboratoire d’essai des lampes, au 5é étage, soit à mètres plus haut.
- Par économie, renonçant ici au contrôle à distance, on a eu recours au téléphone pour
- Fig. i. — Distribution radiale du laboratoire d’essai des lampes à incandescence.
- vérifier la mise en marche des machines. Cette décision a été basée sur l’observation du fait suivant : quand un électricien met une machine en marche, il a les yeux fixés sur les instruments du tableau et c’est par l’ouïe qu’il surveille le démarrage ; dé la machine. Utilisant cette remarque on a donc placé sur le bâti de chaque j machine un transmetteur téléphonique dont les |
- fils aboutissent à un jack ordinaire occupant la partie inférieure du panneau de contrôle du groupe moteur-générateur. Avant de mettre une machine en marche, l’opérateur coiffe un serre-tête téléphonique et, par l’allumage d’une petite lampe, est assuré que le circuit téléphonique est en état de fonctionner.
- La constance du voltage est, pour un. tel laboratoire d’essais, une condition essentielle. Les machines marchent ordinairement sous une charge moyenne de i5o kilowatts avec maximum de a5o kilowatts. La fréquence du courant d’alimentation étant constante, la vitesse des moteurs synchrones l’est effectivement aussi; par suite, le voltage du courant fourni par les génératrices varie moins que celui des réseaux publics ordinaires. D’autre part, l’effet de volant du groupe moteur-générateur tend à réduire les fluctuations qui résultent des variations de charge.
- Le courant à i ao volts de la génératrice est conduit du tableau à un centre de distribution en forme de couronne dans la salle d’essai. Près de ce point , un auto-transformateur à no 240 volts, placé sur le plancher, fournit le courant à 240 volts à un second centre. Pour maintenir à la couronne de distribution principale un voltage pratiquement constant à 120, 1 volts, il existe deux régulateurs Tirrill, l’un du type normal, l’autre de type spécial, montés sur un tableau indépendant et pouvant être indifféremment employés l’un ou l’autre avec l’une quelconque des deux génératrices. Le voltage au cercle de distribution est constamment indiqué par un voltmètre encastré dans le bureau de l’opérateur. Ce dernier peut, en observant l’instrument et en agissant sur la manette d’un rhéostat, modifier l’intensité du courant traversant un shunt relié lui-même aux enroulements de contrôle des régulateurs Tirrill. De la sorte, il règle le voltage à l’anneau de distribution. Un relais automatique actionne les interrupteurs lorsque le voltage dépasse de 1 volt la valeur normale de 120,1 volts.
- Les essais de durée'des lampes exigent un chronométrage très précis qui s’interrompt automatiquement en cas d’arrêt accidentel du cou-
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- rant. A cet effet, une horloge centrale Stromberg actionne, toutes les 36secondes, le circuit secondaire d’un relais qui contrôle un compteur de temps et un chronograplie. Ce dernier enregistre ainsi une impulsion à chaque centième d’heure.
- En cas d’arrêt de l’horloge, il faut couper automatiquement le courant des lampes. Cette fonction est assurée par la combinaison d’un mouvement d’horlogerie à poids et d’un petit moteur (fîg. a). Le premier, par un engrenage à vis sans fin, actionne un contact (à gauche) qui
- . Fig. a. — Mouveraont d’horlogerie el moteur actionnant le disjoncteur en cas d’arrêt du clxronographe.
- tend à fermer, toutes les 38 à 4o secondes, le circuit d’un disjoncteur. Au contraire, toutes les 36 secondes, l’horloge envoie au moteur, à travers le relais, une impulsion qui remonte le poids et empêche, par conséquent, la fermeture de ce contact. Ce n’est que quand l’horloge s’arrête — et le compteur et le chronographe avec elle — que cette fermeture se produit, décroche le disjoncteur principal et éteint les lampes, au plus tard 36 secondes après l’arrêt des enregistreurs.
- Tout ce qui précède concerne la précision des opérations ; il reste à assurer la constance de vol-
- tage aux lampes et l’économie dans la distribution du courant. Pour ce faire, de la couronne (fig. 4) part, vers chaque rampe d’essai (fig. 3) et en ligne droite au centre, un groupe de conducteurs dont le poids de cuivre est calculé pour
- Fig. 3. —Rampe de lampes avec des auto-transformateurs.
- ne donner qu’une chute de voltage de o,i volt à charge normale : le voltage à chaque rampe est donc exactement de 120 volts.
- Pour les essais de lampes à d’autres tensions
- Fig. 4. — Couronne de distribution.
- que 120 volts, on se sert d’auto-transformateurs (fig. 3) donnant, avec des transformateurs plus grands, toutes les tensions par échelons de 1 unité entre 6 volts et ,3oo volts.
- (Elcctrical World, 3 juillet ic)i5).
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- TRACTION
- L’équipement des sous-stations de traction
- à courant continu à haute tension. — E. S.
- Johnson.
- On a constaté à l’usage que l’idée qu’on se faisait de l’emploi de courant continu à i 200 voRs... et plus pour la traction électrique était absolut; ment erronée. On s’imaginait, en effet, que cela ; impliquait un système entièrement différent de celui de la traction à 6oo volts et que les difficultés pratiques étaient plus grandes.
- En réalité, la construction de l’équipement de sous-station pour courant continu à haute tension constitue un progrès logique par rapport au matériel à 6oo volts, dont aucun bon élément n’a été abandonné. Ce qui a permis les hauts voltages, c’est l’emploi des pôles auxiliaires dans les moteurs etgénérateurs ; on peut admettre ainsi des tensions plus élevées aux barres et de plus grandes vitesses de collecteur, ce qui se traduit par une augmentation de la puissance par unité de poids, autrement dit, par une réduction du prix par kilowatt.
- Dans les premières installations à i 200 et i 5oo volts, deux machines de 6oo ou ^So volts étaient reliées en série, leurs champs étaient généralement connectés par le côté terre. L’iso-lementseul était renforcé. L’unique ennui éprouvé en quelques cas fut le crachement de certains collecteurs dont les porte-balais étaient fixés au palier. Depuis, on les fixe au bâti magnétique ou, parfois aussi, à un support spécial relié au socle.
- Sauf pour les transformateurs synchrones à Go périodes, on obtient la tension désirée jusqu’à 15oo volts inclus, dans les sous-stations, au moyen d’une seule machine. Ce genre de transformateur se fait pour tout voltage jusqu’à i 5oo, jusqu’à la fréquence de 35 périodes; il y en a en service un certain nombre à 33 périodes, i ‘2oo volts, dont ceux de 5oo kilowatts fournis au Portland, Oregon, Railway et à la Michigan United ^Traction Co. Ces derniers, isolés pour -2 400 volts, marchent par deux en série et, en plusieurs caspeuvent donner les deux tensions de i aoo et o 400 volts.
- Pour fournir un voltage entre 600 et 1 5oo volts en continu, avec un réseau à 60 périodes, on emploie généralement des groupes moteurs-générateurs où le voltage s’obtient à l’aidé d’une seule machine, le moteur synchrone pouvant être réglé pour corriger le facteur de puissance. Toutefois, deux transformateurs synchrones, montés én série, donnent un meilleur rendement.
- ( En raison du coût et des difficultés de construction des champs de générateurs à auto-excitation pour tensions de 1 200 volts et plus, on a jugé préférable l’excitation indépendante par unè machine à 125 volts; mais il est nécessaire de mettre en série avec le champ du générateur, une résistance normalement court-circuitée par un contacteur. Un dispositif solidaire de l’interrupteur ouvre le contacteur et insère la résistance dans le circuit du champ pour réduire la tension aux bornes de la génératrice.
- Pour tous les voltages au-dessus de 1 5oo, il convient, en raison des limitations imposées par la construction, si l’on emploie des transformateurs synchrones et en raison du prix si l’on adopte des groupes moteurs-générateurs, de monter deux machines en série. Les machines du Butte, Anaconda and Pacific Railroad et des nombreux tramways interurbains du Michigan sont toutes des combinaisons de deux générateurs ou transformateurs synchrones en série donnant 2 400 volts. Les champs série, champs de commutation et enroulements compensateurs de toutes les machines sont connectés par le côté terre. Lorsque deux transformateurs synchrones à 1200 volts, isolés pour 2400 volts, sont connectés en série, la machine du côté terre est autoexcitatrice et sert en même temps d’excitatrice à la seconde.
- Au point de vue économique, on a reconnu qu’il fallait construire tout l’équipement à courant continu, haute tension, apte à supporter pendant une èt môme pendant cinq minutes, une surcharge de 200 % et pendant trente minutes une surcharge de 100 %. Lorsque des génératrices à courant continu doivent résister à une surcharge de 200 % pour l’accélération d’un train, on les dote ordinairement d’enroule-
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- mcnts de compensation et de commutation, de façon à neutraliser à peu près complètement la réaction d’induit.
- A l’époque où l’emploi des pâles auxiliaires s’est généralisé pour les équipements de traction à 6op volts, on a jugé nécessaire de mettre un shunt parallèle avec les enroulements de commutation afin de disposer d’un système de réglage pour obtenir une commutation convenable. La pratique a montré que ce shunt doit avoir, en même temps qu’une certaine résistance, upc inductance, de manière à diviser convenablement le courant lors des brusques variations dç charge aussi bien que quand la charge est sensiblement constante. Il est même possible, en certains cas, d’établir le champ de commutation de façon à supprimer la nécessité du shunt.
- Une certaine amplitude de réglage pour obtenir le degré de commutation convenable se réalise , par variation légère de la largeur de la face du pôle auxiliaire ou par intercalation, entre ce pôle et la carcasse magnétique, d’écrans non magnétiques. La réluctance du circuit magnétique de commutation peul être modifiée par l’une ou l’autre de ces méthodes.
- En général, on a jugé utile à la commodité de fonctionnement de munir les pôles auxiliaires d’un enroulement shunt, directement excité par la machine ou par l’excitatrice, afin de permettre le réglage de la commutation, même en marche.
- En raison soit du plus grand facteur de sécurité dans la construction de l’équipement à i ion volts, soit du soin apporté à sa manœuvre, soit de la plus grande impédance du circuit, compai'é au circuit à 6oo volts, les cour ts-circuits sont relativement rares et les dégâts en résultant sont peu sérieux ; d*où l’inutilité de précautions spéciales. Si, néanmoins, il se produisait quelque inconvénient de ce chef, il suffirait, comme dans les circuits à 6oo volts, de raccorder le feeder au trolley à une certaine distance de la sous-station. Les dégâts dus à un court-circuit paraissent d’ailleurs inversement proportionnels au voltage.
- Enfin, au lieu d’intercaler des réactances dans le circuit des feeders pour empêcher l’intensité de monter à une valeur supérieure à 8 ou io fois la normale avant l’ouverture du coupe-circuit, il paraît préférable, par économie d’argent et de place, d’intercaler dans le circuit d’alimentation, une résistance normalement mise en court-cir-
- cuit par un mécanisme instantané qui s’ouvre avant que le courant n’atteigne une valeur dangereuse.
- (General Electric Review.)
- Le chemin de fer électrique incliné d’Hamilton.
- Une installation complète d’ascenseur électrique a récemment été montée par la Compagnie du Parc de la Montagne àHamilton (Ontario, Canada) pour le transport des voyageurs, marchandises. automobiles, voitures de tramways, etc. sur la montagne. Le chemin de fer accède à une large étendue de terrain, propriété de la Compagnie au sommet de la montagne et aussi aux terrains fertiles situés au delà. La montagne est réellement l’escarpement du Niagara comme les hauteurs escarpées sises derrière Hamilton sont la prolongation de celles de Queenstown, sur lesquelles le Niagara circule avant de creuser ses chutes ; la différence de niveau entre le plan de la ville et les hauteurs est de ioo mètres. Primitivement, le chemin de fer était mû par la vapeur, mais le rapide accroissement du trafic à nécessité un procédé plus rapide et plus sur. L’équipement électrique a été fourni par la Compagnie Générale Electrique Canadienne.
- Ascenseur électrique. — L’ascenseur électrique à double treuil et tambour double construit par la Compagnie Lidgerwod, de New-York, actionne deux grandes voitures à plateforme sur une inclinaison de a/io mètres à4o % de pente. Chaque voiture pèse io ooo kilogrammes et circule sur une voie de 3 m. 90, la distance de centre à centre des voies étant de 6 m. 75. La charge moyenne des voitures est de 10 000 kilogrammes pouvant atteindre i3 5oo kilogrammes.
- Le temps nécessaire pour un voyage est de 90 secondes, l’intervalle entre les voyages de 3 minutes. Deux câbles de 41 millimètres de dia-mètrë sontfixés àchaque voiture, l’un servantàla traction, l’autre étant en réserve. La vitesse moyenne du câble durant le voyage est de 175 mètres par minute. Les machines sont remisées dans un bâtiment et le contrôleur se trouve dans une cabine sur le sommet. Le câble principal de la voiture de droite est fixé sur le“lâmbour du treuil de droite ; celui de gauche au-dessous du treuil de gauche. Le câble desûreté de la voi-
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- ture de droite est guidé par des poulies convenablement divisées sur lé sommet du treuil de gauche, le câble de sûreté de gauche au-dessous du treuil de droite.
- Chacune de ces poulies a 2 m. 10 de diamètre. 11 y a quatre poulies principales et quatre guide$. Les premières sont disposées verticalement, de façon à porter les câbles dans une ligne directe avec les voitures. Ces poulies guides spot placées horizontalement avec un angle tel que le câble soit guidé en ligne droite du dessus ou du dessous des tambours, suivant le cas. Ainsi, en cas d’accident du côté gauche du treuil, le câble de sûreté de gauche entre en service, car il est actionné par le treuil de droite, li en ést de même pour le câble de sûreté de droite qui est actionné par le treuil de gauche. Un autre avantage consiste en ce que chaque tambour possède un freinàdoüble action. Dans le montage la longueur des câblés de sûreté est un peu plus grande que celle des câbles principaux, parce que le remplacement par les câbles de sûreté prend plus de force que le fonctionnement courant des câbles.
- Mah&uvre et dispositifs desûreté. —La cabine de manœuvre est équipée çivec un contrôleur électrique et deux freins à main. Ceux-ci ne sont pas utilisés ordinairement, car le treuil est équipé avec un frein à solénoïde agissant sur l’arbre du moteur. Les freins à main sont employés cependant pour remiser les voitures en haut et en bas et dans les cas critiques. Au départ d’un voyage, l’opérateur désserre les freins dii tambour au moyen du levier à main, met le pied sur une petite pédale située au-dessous du contrôleur principal, et, en manœuvrant la poignée du contrôleur à droite ou à gauche, fait démarrer les voitures; la vitesse des câblés s’accélère automatiquement. A un point déterminé de la pente, le Contrôleur sera amené automatiquement à une position telle que
- ÉLECTRIQUE T. XXX (2« Série). - N° 33:
- ; la vi(#pse deviendra le dixième de la normale et '! finalement sera mis à une position où les freins à ; solénoïde agiront, arrêtant les moteurs. Si l’opé-; ratéur se trouve indisposé dans un voyage il pourra retirer son pied de la pédale, coupant ainsi le courant et de ce fait arrêtant: les voitures/ Au cas d’arrêt'en dehors des positions habituelles dû au mécanisméautomatique, l'opérateur peut les ramener à leur position par la manœuvre : du contrôleur; Si celui-ci manque, un dispositif coupe le courantet agit sur les freins à solénoïde.
- Si la vitesse dépasse la moyenne, un poids de 3oo kilogrammes environ est ajouté par Un autre dispositif au frein de tambour. Ce dispositif est du type « flyball » et entre en service par exemple lors d’une rupture d’une pièce du treuil. Le poids additionnel peut aussi être ajouté à la main de la cabine.
- La force motrice est fournie par un réseau triphasé à 25 périodes et un groupe moteur générateur de capacité suffisante pour alimenter les ascenseurs et une grosse batterie d’accumulateurs. Le courant continu est de i65 ampères sous 55o volts. L’ascenseur est mû par un moteur de 180 chevaux de la General Electric C° à détix réductions de vitesse. Un moteurde i8>chevaux et un frein solenoïde sont en résérve.
- Batterie d'accumulateurs. — Celle-ci, a été construite par la Compagnie d’Accumulateilrs de Philadelphie. Sa capacité est de îoo ampères pour une décharge continue d’une heure, et les constructeurs estiment qu’elle peut alimenterl’ascen-seur dans les conditions moyennes de charge pendant 2 heures d’aérêt du courant. Dans les conditions normales, là batterie se trouve mise en charge pendant toutes les périodes comprises entre lés voyages.
- L. B.
- (Electric Railway, 17 juillet 1915.)
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- ÉCHOS DE LA GUERRE
- Liquidation des entreprises allemabdès en Russie.
- Nos alliés russes viennent de prendre, à l’égard des entreprises allemandes, une mesure radicale, la liquidation. C’est à notre ayis la méthode la plus rationnelle d'en finir une fois pour toutes avec le commerce allemand, au lieu des fameuses a mesures conservatoires » édictées en notre pays;
- L'Office National du Commerce Extérieur nous annonce, eh effet, que le recueil de lois de l’empire russe vient de publier un ukase daté du a\ mai (V. S.) qui réglemente les conditions dans lesquelles sera opérée la liquidation, prévue par la loi du 11 janvier, des entreprises dans lesquelles sont intéressés des sujets des pays ennemis (').
- Une modification est, tout d’abord, apportée aux mesures précédemment édictées; il ne sera pas procédé contre les sociétés dont les sujets ennemis se seront retirés avant le ier avril igi5. En pratique, ceci diminuera très sensiblement le nombre des compagnies atteintes car, pour beaucoup d’entre elles, les personnes visées ont fait passer leurs intérêts à des prête noms.
- Les liquidateurs, auxquels incombent le soin de conduire les opérations seront nommés dans les deux semaines de la promulgation de la loi ; ils seront choisis parmi les copropriétaires russes, alliés ou neutres de l’alfaire. Si celle-ci ne compte que des membres ennemis, les liquidateurs seront pris parmi les créanciers sujets des Etats non ennemis. S’il s’agit de sociétés étrangères autorisées à fonctionner en Russie (par opposition aux sociétés fondées sous le régime des lois russes), ce seront leurs agents responsables russes qui procéderont à la liquidation en se faisant assister de plusieurs actionnaires non ennemis.
- La liquidation s’opérera sous le contrôle des inspecteurs du gouvernement. Elle devra être terminée dans le délai d’un an.
- L’ouverture de la liquidation est annoncée dans (*)
- (*) Voir dans La Lumière Electrique du 26 juin et 3 juillet 1915 les articles sur la « Liquidation de la Société d’éclairage électrique de 1886 ».
- certains journaux. Ceux des créanciers dont les liquidateurs connaissent l’adresse seront avisés individuellement.
- Les créances contre les entreprises liquidées deviennent exigibles par la déclaration de la liquidation. Elles doivent être affirmées, avec titres à l'appui, dans les deux mois qui suivent l’annonce faite dans les journaux. Ce sont les liquidateurs qui jugent du bien fondé des réclamations ainsi présentées; un recours contre leyrs décisions peut être porté devant les tribunaux. Les créanciers sont désintéressés à l'expiration des deux mois.
- Si des créanciers ne font valoir leurs droits qu’après l’expiration du délai ainsi fixé, ils ne seront payés que sur l’actif restant, après satisfaction des créanciers qui auront été reconnus dans les deux mois impartis.
- Etant donnée la'lenteur actuelle des communications, le dclai .de deux mois accordé aux créanciers, pour faire valoir leurs titrés, est trop court, en ce qui concerne les étrangers, aussi l’Ambassade de Fiance à Pétrograd a-t-elle fait une démarche pour obtenir qu’il soit porté à six mois, afin d’éviter que les intérêts de nos compatriotes ne viennent .à être lésés.
- Par nos articles des 26 juin, 3 juillet et 11 août sur la Société d’éclairage électrique de Pétrograd de 1886, nos lecteurs ont été mis au courant de la situation de cette Société. A ce sujet, nous avons re<;u de notre correspondant de Suisse le communiqué suivant qui émane du groupement financier suisse intéressé dans ladite Société. Nous le reproduisons à titre purement (Jocumentaire :
- « En automne dernier, la municipalité de Moscou proposa au Gouvernement impérial russe la liquidation judiciaire de la Société d'Eclairage électrique de 1886, motivant sa proposition par le fait qu’une partie de son capital-actions se trouve entré les mains de détenteurs allemands. Dans la suite, les principales banques suisses qui ont introduit les titres de cette Société en Suisse ont pu prouver que la majorité des actions était placée dans des portefeuilles suisses, et avec l’appui de nos autorités fédérales, elles sont intervenues efficacement auprès du gouvernement russe.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXX (2e Série). — N° 33*
- « Le résultat des démarches a été communiqué à la presse suisse dans les termes suivants :
- « Le Conseil des ministres russe vient de se pro-« noncer sur la proposition de liquidation de l’entre-« prise, qui lui avait été soumise. Le projet de disso-« lution de la Société a été rejeté; par contré, la « Société vient d’être placée sous séquestre.
- cc II y a lieu d’espérer que cette solution péfmettra « quand même à la Société de développer son ’açti-« vité sans nuire aux intérêts des actionnaires. On « dit qu’âctuellemènt la marche de la Société est « satisfaisante malgré les difficultés suscitées par la « guerre. »
- « Le rapport annuel de la Société pour l’exercice au 3i décembre dernier n’a pas encore parti. L’assemblée générale des actionnaires, qui a eü lieu il y a quelque temps, a toutefois maintenu les distributions de dividende aux taux antérieurs, savoir : i i % pour les actions privilégiées et 8 % pour les actions ordinaires.
- « Il est probable que le paiement de ce dividende sera ajourné jusqu’après la signature de la paix. »
- Circulaire de la Chambre de Commerce française de Rio de Janeiro.
- La Chambre de Commerce française de Rio de Janeiro s'adresse à toutes les Chambres de Commerce de France la circulaire suivante que nous nous'empressons de communiquer à nos lecteurs.
- Monsieur le Président et cher Çollèjgue,
- Heureux de constater qu’un fort mouvement se dessine: actuellement en France en faveur d’une plus grande expansion du commerce français dans les pays d’outremer et particulièrement au Brésil, nous avons pensé que notre rôle ne devait pas se borner à approuver et qu’il était de notre devoir de joindre nos efforts à ceux de nos compatriotes de la mère patrie, dans celte renaissance de l’activité française.
- Mais dans quel sens exercer notre action, pour qu’elle soit vraiment efficace ? . 1
- Noire longue expérience du pays nous l indique ; nous savons, en cITet, pour en avoir été les témoins et les victimes, pendant plus d’un quart de siècle de séjour au Brésil, que les Allemands nous ont battus ici, sur le
- terrain industriel et commercial, à l’aide de trois arraeç principales :
- A) La merveilleuse organisation de leurs services de renseignements;
- B) Leur organisation bancaire, permettant les longs crédits indispensables aux affaires d’outre-mer;
- C) La souplesse incomparable de leurs fabricants et l’adaptation incessante de leurs produits aux.exigences et aux indications d’un commerce amplement et très exactement renseigné.
- De cés trois armes, la première seule rentrait dans le badre des moyens d’action de notre Compa’gnie.
- C’est donc par un service spécial d’informations de toute nature, organisé et copieusement documenté que nous avons résolu de concourir, ! pour notre part; à l’œuvre d’expansion commerciale de la France;
- Nous nous sommes entourés d’un personnel suffisant et nous avons fait appel à toutes les bonnés volontés, à l’expérience et au savoir professionnel de tous les membres de la Chambre de Commerce. Et nous pouvons vous annoncer, dès aujourd’hui, Monsieur le Président, que notre nouvelle organisation est entrée dans la période de fonctionnement et que nous sommes en mesure de fournir rapidement et exactement tous les renseignements industriels et commerciaux de nature à intéresser nos compatriotes, à les éclairer, à les guider dans leurs projets de relations commerciales avec le Brésil, dé façon à leur éviter les p'erles- de temps et les erreurs de début, souvent très coûteuses, qui proviennent toujours de renseignements incomplets ou inexacts.
- Nous espérons, Monsieur le Président, que vous voudrez bien communiquer ce qui précède à vos collègues de la Chambre de Commerce, ainsi qu’à vos nombreuses relations, de façon à concourir, en cè qui vous concerne, à l’efficacité de nos efforts.
- Nous vous demanderons, en outre, de bien vouloir nous faire parvenir, le plus tôt qu’il vous sera possible, là liste de ceux des membres de votre Chambre de Commerce et des personnes de vos relations, que vous jugerez avoir quelque intérêt à entrer en relations avec notre Compagnie, soit pour la préparation d’afTaires futures éventuelles, soit pour la meilleure orientation ou l’expansion d’affaires déjà en cours.
- Les Français résidant à l’étranger et les Français de France doivent former un bloc unique et indissoluble, s’ils veulent être une force.
- Veuillez.,...
- Le Président de la Chambre de Commerce française de Rio de Janeiro.
- La reproduction des articles de la Lumière Électrique est interdite.
- Paris. — imprimerie levé, 17, rue cassette.
- Le Gérant : J.-B; Nouet.
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- Trente-septième année
- SAMEDI 4 SEPTEMBRE 1916.
- Tome XXX (8e série). N» 34
- La Lumière Electrique
- C.-F. GUILBERT. — Sur la mesure du rendement par les méthodes directes............. 217
- J. de RIGNEY. — Concessions concurrentes de distribution d’énergie électrique. — Aperçu sur la recherche de l’équivalence des conditions (fin)....................... 22 7
- Publications techniques
- Transmission et Distribution.
- Le prix de revient des lignes de transmission
- aux Etats-Unis.......................... 233
- SOMMAIRE
- Fondations pour pylônes\F»... ..
- Mo?
- Applications mécaniques.
- a34
- Note sur les avantages des compteurs d’intensité pour courant continu, comparés aux compteurs de puissance................... a35
- Pompe pneumatique Globe-Johnston, rotative et sans soupape............................ 238
- Législation.
- Osram contre Pope. Un procès en contrefaçon plaidé en Angleterre....................... 240
- SUR LA MESURE DU RENDEMENT PAR LES MÉTHODES DIRECTES(1)
- Les méthodes directes de mesure du rendement des dynamos et moteurs à courant continu ont pour objet la détermination de ce rendement dans les conditions mêmes de fonctionnement des machines ou, tout au moins dans certains cas, dans des conditions simplement voisines.
- Dans ce qui va suivre nous n’envisagerons que les méthodes dites différentielles qui n’exigent qu’une puissance restreinte, mais qui ne sont applicables que pour les essais de deux dynamos identiques manchonnées en bout d’arbre.
- Nous classerons ces méthodes en deux groupes :
- i° Celles ne permettant la mesure du rendement que pour des régimes peu différents de la pleine charge, de façon que les hypothèses faites soient suffisamment vérifiées ;
- 20 Celles permettant l’étude du rendement exact en fonction de la charge. (*)
- (*) Extrait d'une conférence faite à la Société Internationale des Electriciensj mai 1915,
- Les premières comprennent les méthodes classiques :
- i° De Fontaine et Cardew (sans récupération)
- (fig- 0; _ .
- 20 De Lord Rayleigh (connue aussi sous le nom de Kapp) (fig. 2);
- 3° De Potier (fig. 3) ;
- 4° D’Hopkinson (fig. 5).
- Les secondes, qui ne sont d’ailleurs que des combinaisons de çleux des premières, sont celles :
- i° De M. Blondel (fig. 7) ;
- 20 De Ilutchinson (fig. 8, 9 et 10).
- Ces dernières ont été imaginées pour la mesure du rendement des moteurs de tramways, mais elles sont actuellement applicables à tous les cas.
- Nous partagerons, en outre, les premières en deux séries : —
- i° Celles où la puissance nécessaire aux pertes dans les deux machines à essayèr est fournie êléetriqu'ement, c’est-à-dire où la machine motrice
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXX (2e Série)f—N°34,
- absorbe une puissance électrique supérieure à celle donnée par la génératrice ;
- 2° Celle, unique (Hopkinson), où les puissances électriques, absorbée par le moteur et donnée par la génératrice, sont les mêmes, c'est-à-dire où la puissance nécessaire aux pertes est fournie mécaniquement.
- Laissant de côté les modes opératoires avec ses différentes méthodes, nous examinerons seulement les différentes formules données pour l’évaluation du rendement et les hypothèses faites pour les établir.
- I. Mesure du rendement en émargé normale.
- a. Méthodes de la première série(fîg. i, i et 3). — Désignons par P la puissance de la dynamo
- l’égalité précédente peut s’écrire, par une propriété des rapports égaux,
- P F — p’ p
- p+p" P'
- résultat d’ailleurs intuitif.
- Le moteur ayant une puissance électrique supérieure à celle de la dynamo, on a toujours p1 > p, l’hypothèse est donc plausible. On peut remarquer en outre que les deux machines sont ici à égalité de puissance mécanique
- P -f- p = P' — p',
- de sorte que, si p' est peu supérieur à p, c’est-à-dire si les machines ont une puissance de quel-
- Fig. i. — Schéma réduit de la méthode Fontaine-Cardew.
- Fig. 2.—Schéma réduit de la méthode de lord Rayleigh.
- Fig. 3. — Schéma réduit de la méthode de Potier.
- fonctionnant comme génératrice et par p ses pertes, par P' la puissance de la machine motrice et par p' ses pertes, et sans spécifier, pour le moment, si les pertes par excitation sont ou non comprises.
- Les formules généralement indiquées dans les ouvrages, et souvent sans justification, appartiennent à quatre hypothèses différentes que nous allons examiner. '
- i. Égalité des rendements des deux machines. — Les rendements de la génératrice et du moteur étant
- P
- 10 P + p
- l’égalité des rendements conduit à P _ P' —p' n F -f- p P'
- Comme on a évidemment
- P'=P +P+P1,
- ques kilowatts au moins, le rendement en moteur est supérieur à celui en génératrice, comme le montre la figure 4 qui représente ces
- Puissance normale
- Puissante sur larbre
- Fig- 4- — Courbes de rendements en fonction de la puissance sur l’arbre.
- rendements en fonction de la puissance mécanique reçue ou communiquée.
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- Septembre 1915.
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
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- On voit enfin facilement que l’inégalité
- entraîne en même temps.
- P
- La divergence des deux rendements augmenterait encore si l’on tenait compte directement des excitations, tant que l’excitation du moteur sera plus petite que celle de la génératrice, ce qui aura lieu en général pour celles des méthodes considérées (Fontaine*Cardew et Lord Rayleigh) où la différence de potentiel aux bornes est la même pour les deux dynamos.
- On n’aura donc pas intérêt, au point de vue de l’exactitude de l'hypothèse, à tenir compte directement des excitations en les faisant rentrer dans les pertes p etp' (’).
- Pour la méthode de Potier, des raisons expérimentales exigeant l’emploi d’une excitation Séparée, on en conclut que, sauf pour de très petites machines, toutes les méthodes de la série considérée devront tenir compte indirectement de l’excitation par les formules classiques
- HJréèf :
- V) rôei ^ if
- ±JL
- P + P + p* P' — p'
- pe et p'e étant les pertes par excitation.
- L’égalité des rendements conduit, en remarquant que
- = p-
- '=*=V^
- a. Egalité des pertes dans les deux machines. — Une seconde hypothèse est d’adméttre que les pertes dans les denx machines sont identiques par suited’unecompensationplusou moins complète.
- (J) Les conclusions seraient renversées si l’on avait »| > V> ce qui entraînerait
- $<>
- On a alors
- P = P
- P' — P
- et les rendements sont : pour la génératrice P aP
- P +
- et pour le moteur
- F — P P + P'
- P' — P
- Ÿ:
- P'
- a p + p’
- 2 P'
- Comme nous savons qu’on a p' > pf nous nous rapprocherons ici de l’égalité des pertes en tenant compte directement des excitations dans les méthodes de Cardew-Fontaine et Lord Rayleigh.
- 3. Egalité des pertes pour le régime moyen. — La troisième hypothèse consiste en une cote mal taillée. On suppose que les pertes sont égales
- p i p<
- pour le régime moyen, c’est-à-dire •, régime
- moyen que, suivant les procédés d’emploi des méthodes directes, on s’efforce d’égaler ou, mieux, de rapprocher du régime normal, condition indispensable à réaliser lorsque la puissance des machines à essayer.est assez faible, c’est-à-dire les rendements assez petits.
- Les rendements cherchés sont alors donnés par les formules
- P 4- P'
- __ a ' P + P'
- "-p + p' P--P- »i»
- 2 ’ 2
- pour la génératrice et
- P+P1 P’ — P
- , 2 1 % P
- P + P'
- P+P'
- pour le moteur.
- Ce sont les mêmes formules que pour l'hypothèse précédente, mais en ordre inverse.
- En ce qui concerne les excitations, l’égalité des puissances électriques aux bornes nous ramène
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXX. (2e Série) — N°34.
- à la deuxième série de méthodes qui sera examinée plus loin et où nous montrerons qu’il y a intérêt à tenir compte directement des excitations.
- 4. Egalité des pertes et des rendements pour le régime de la génératrice. — Certaines formules données dans quelques ouvrages où elles ne sont pas d’ailleurs justifiées, même par un raisonnement spécieux, nécessitent pour les retrouver de faire successivement les deux hypothèses de l’égalité des pertes, puis de celle des rendements pour le régime particulier de la génératrice, ce qui manque un peu de logique.1
- Si nous multiplions membres à membres les expressions de /] et vj' à égalité des pertes pour le régime de la génératrice, ou P, c’est-à-dire
- P a P
- TEj^p+T'-
- 2
- résultat déjà indiqué, et
- r P ~ P
- a 3 P — P'
- nous obtenons, en supposant ensuite les rendements égaux
- On remarquera que cette -formule peut se déduire de
- en retranchant du numérateur et du dénomina-
- P
- teur de jj-( la moitié des pertes totales, ce qui éloignera cette fraction, et, par suite, sa racine carrée de l’unité. Elle donnera donc des valeurs plus
- faibles que
- Les formules types rappelées, voyons maintenant leur exactitude relative.
- Si nous nous limitons au cas le plus commun, indiqué plus haut, on a
- P_
- P'
- >•<]' > *1,
- on peut vérifier, facilement, que la classification des différentes formules et des rendements réels se fait de la manière suivante :
- P + P' 2 P'
- >V>
- V
- P'
- p>y>
- 2 P _ */{P-P' p _|_ p' " V p -f p' •
- On peut donc en conclure que les deux premières hypothèses faites, égalité des rendements ou égalité des pertes, sont les plus plausibles et que, suivant qu’il s’agit d’une génératrice ou d’un moteur, l’égalité des rendements donne une valeur trop élevée ou une valeur trop faible et celles des pertes une valeur trop faible ou une valeur trop élevée (*).
- On ne peut néanmoins aller plus loin, c’est-à-dire choisir entre ces deux hypothèses, car la valeur la plus approchée, par défaut ou par excès, ne dépend pas seulement de la méthode, mais aussi de la répartition des pertes dans chaque machine.
- Nous remarquerons seulement que l’expres-
- /P
- i 4 / rr: a l'avantage d’être
- deux rendements réels et qu’elle est de ce fait d’une plus grande généralité. Evidemment, les différences entre les diverses valeurs sont d’autant plus faibles que les rendements sont plus élevés. Avec des rendements de l’ordre de 90 %, la différence entre les termes extrêmes est de l’ordre de 2 % environ.
- b. Méthode de la deuxième série. — Passons
- 5. — Schéma réduit de la méthode d’Hopkinson.
- maintenant à la méthode d’Hopkinson (fig. 5).
- (') Avec l’hypothèse ri
- > m , pa
- r suite aussi
- il n’y aurait qu’à interchanger » et»', la conclusion générale reste la même, mais les différences entre les valeurs réelles et les valeurs trouvées sont changées de signe.
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- 4 Septembre 1915. -
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 221
- La puissance électrique des deux machines est ici la même, P; ce qui réduit les formules à trois types-seulement.
- i.. Egalité des rendements. — Les rendements de la génératrice et du moteur étant
- P
- P + P
- Y)'
- l’égalité des rendements conduit ici à
- P P pl
- P +P~ P ~P'
- Le moteur ayant une puissance électrique égale à celle de la génératrice et ses pertes étant plus petites pour le fer, on a bien p' <i p, mais le rendement du moteur peut être supérieur ou inférieur à celui de la génératrice pour une même puissance aux bornes.
- A moins qu’il ne s’agisse de petites machines (c’est-à-dire d’un rendementfaible et avec forte saturation dans l’induit) à égalité de puissance aux bornes, lerendementde la génératrice,comme
- Puissance normale
- Puissance au» iomes
- Fig. 6. — Courbes de rendement en fonction de la puissance électrique fournie ou absorbée.
- l’indique la figure 6, sera supérieur à celui du moteur : Y]>r;', inégalité entraînant la suivante :
- L’excitation du moteur étant plus faible que celle de la génératrice, on se rapprochera de l’égalité des pertes en tenant compte des excitations directement.
- Passons à la formule. On a
- P+P
- -PL
- ' p'
- Soit pt la somme des pertes fournies par le
- moteur auxiliaire aux arbres des deux dynamos. jNous avons
- Pi — P + P‘ = (> + ^P,
- d’où
- P =
- Pi
- 1 -|- Y]
- et par suite
- ‘0
- P +
- Pi
- l 4- Y]
- -p,
- et
- Y)2 P -f- Y] p, - P = O.
- On devrait prendre la seule racine acceptable de cette équation, mais on opère généralement autrement.
- Un raisonnement spécieux fait dire souvent que le rendement global des deux machines
- P .
- est ---— et, par suite, que l’égalité des rende-
- P + Pt
- ments conduit à la formule classique
- Y) =
- P
- + Pi
- Ce raisonnement n’est pas rigoureux ici, par suite de cette particularité que la puissance correspondant aux pertes est fournie mécaniquement (*)•
- a. Egalité des pertes dans les deux machines. — La seconde hypothèse, celle de l’égalité des pertes, conduit à
- P — P
- P±
- 2
- et donne, pour les rendements de la génératrice et du moteur,
- P +
- Pi *P+P.
- (•) On pourrait d’ailleurs aussi bien prendre l’expres-on — ^‘ pour le rendement global, ce qui conduirait
- à la formule
- V
- p -Pi
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXX (2e Série).— N» 34.
- ’âî2
- et
- P _£i
- 2 2 P - f> !
- P = ËP '
- L’hypothcsc faite se confond ici naturellement avec celle de l’égalité des pertes pour le régime moyen.
- 3. Egalité des pertes et des rendements pour le régime électrique commun. — Le produit des rendements obtenus dans le cas de l’égalité des pertes pour le régime électrique P donne
- W' =
- ^ P — pi 2P+/V
- Nous obtenons donc, en supposant les rendements égaux, la formule
- 0
- a P — Pi 2 P -f/V
- On remarquera encore que cette formule se déduit de la formule
- .Wfttt.
- en retranchant du numérateur et du dénomina-
- P
- teur de —------ la moitié des pertes totales, ce
- P+/h
- qui éloignera cette fraction de l’unité et, par suite aussi, sa racine carrée. Elle donnera donc
- des valeurs plus faibles que
- Si nous classons enfin les différentes formules .obtenues, et si nous intercalons les valeurs réelles de r, et yj' dans l’hypothèse
- > 'O > ÏÏ P
- 11 est facile de vérifier que la classification se fait de la manière suivante (*) :
- 2P
- aP+p.
- >V>
- v/
- aP— Pi
- aP +pt
- >d>
- 2P~ Pi
- 2 P
- --------
- (*) L’inégalité
- aP —
- 2 P + Pi
- > «'
- On arrive donc à ce résultat intéressant que
- c’est ici la formule
- t/aP~^ é
- V 2P+/V
- établie en somme
- sans grande rigueur, qui est comprise pratiquement. entre les rendements réels de la génératrice et du moteur (1 ).
- La formule en
- \/i
- donne les résultats
- P + Pi
- les moins exacts, mais elle est approchée par
- exces.
- Si nous explicitons les formules générales trouvées, de façon à les appliquer aux différentes méthodes, si nous introduisons les excitations quand il y a lieu, et en outre les rapports de deux mesures qui peuvent se faire avec les mêmes appareils de façon à éliminer les erreurs systématiques, nous obtenons le tableau ci-dessous.
- En posant en outre I' =- I -f- /, U' — U-j- u, i et u étant le courant fourni par la source en dérivation et la tension de celle en série, nous indiquons également les formules correspondantes sous leurs formes classiques.
- Ie et Ve sont les courants d’excitations dans le cas de l’auto-excitatioir en dérivation I, et I' restant les lectures faites pendant l’essai avec les excitations séparées.
- n’est pas une inégalité algébrique mais n’est en réalité exacte que dans les limites de la pratique.
- p
- Evidente pour le cas limite où — = i, puisque alors
- \/
- 2 1* --- p 1
- ai’ + Pi
- elle est fausse pour le second cas limite
- £
- P
- n — -fi'.
- Toutefois, comme les pertes p et p' ont une partie P
- commune importante, — est toujours assez éloigné de ïi
- pour que l’inégalité en question soit satisfaite tant qu’on ne dépasse pas exagérément le régime normal ou que la machine n’a pas son induit par trop saturé.
- (•) Avec l’hypothèse r/ > ïi qui entraîne « > —, n et yi'
- sont simplement interchangés, la conclusion reste donc la même.
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- 4 Septembre 1915.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 2-23
- Tableau des formules de rendement.
- METHODES
- EGALITE
- DES
- RENDEMENTS
- Cardew-Fonlaine. 1 y/—4 /— i
- I V vrv
- Lord Rayleigh..
- Potier ,
- V
- TJ
- u + f<
- Mopkinson ,
- V
- ÉGALITÉ DES PERTES
- avec excitation
- , U' 1' lc 1 4- — . — -
- U I 1
- , i/ u i re
- A u' i' i'
- + - + -
- i
- 4(44)
- , u' , h
- i “I--4- —
- ‘ U ~I
- 4(44)
- i p
- 2 P + J)i 2 P — pi
- sans excitation
- u' r ïï ' F
- u r
- "=4+«4
- 2 1
- 21 4- ;
- a I -f- i a (I + *)
- 2 U
- 2 U -[- Il
- 2 U -f* u VU+ H)
- EGALITE DES PERTES PAR
- LE RÉGIME MOYEN
- , + ÎL.L
- 4j' r
- ' i' )
- Y1 — 2
- U
- Ü' I U'Ç LJ T
- 4
- LJ' I'
- Üï
- 1 + P
- <4)
- I
- Y1
- 4
- 4
- *(+«40
- i_4 ï>
- U I
- +
- EGAI.IT K DES PERTES ET DES RENDEMENTS
- VI—‘/i =
- ,/3P —P'
- V P+P'
- -Vf
- V »i+*
- /)=/! =
- Y>=VJ :
- V
- 2U—u 2U—(—M
- »="V-
- 2P—Pi 21*4~Pi
- II. Mesure du rendement en fonction de la charge.
- Les méthodes examinées jusqu’ici ne donnent de résultats suffisamment approchés, tout au moins pour celles de la première série, que si, avons-nous dit, le rendement est voisin de son maximum et le régime moyen sensiblement égal au régime normal (').
- (•) Des perfectionnements à ces méthodes ont été indiqués par divers auteurs et en particulier par M. F. Loppé. Us consistent à utiliser la méthode des pertes séparées en la complétant par une répartition équitable, entre les deux dynamos, des pertes complémentaires totales que fournissent les méthodes directes.
- Les méthodes composées qui nous restent à considérer permettent l’étude de la variation du rendement avec la charge. Leur principe commun est de faire fonctionner les deux, .machines dans les mêmes conditions d'induction. '
- a. Méthode de Blondel. — Elle est, comme on le sait, la réunion de la méthode d’Hopkinson et de celle de Potier (fig. 7).
- Soient : U la tension de la génératrice et u celle du survolteur, I le courant commun et r la résistance d’induit. Les excitations sont supposées séparées.
- Les forces électromotrices réellement induites
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- 224
- LA' LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXX (2® Série). — N» 34.
- c’est-à-dire correspondant au flux utile pour la génératrice et pour le moteur, sont :
- U + rl et U + m—ri;
- l’égalité de ces forces électromotrices exige donc qu’on ait
- sont au total pi -(- u\ ; les rendements sont donc UI 2UI
- ^ ~ UI + P' + u 1 ~
- 2
- pour la génératrice et
- U + ri = U + u — ri,
- ou
- U ~ 2 /• I,
- (U + b)I-
- Pi + u\ 2
- (U + u) I
- (2 u 4- u) 1 — pi 2 (U -1- u) I
- et
- u \ = 2/I2.
- Le survolteur devra donc fournir les pertes par
- Fig* 7. — Schéma réduit de la méthode de Blondel.
- pour le moteur.
- Ces formules peuvent être mises sous une forme plus pratique en posant U -j- u = U' comme précédemment et en introduisant seulement le rapport des tensions aux bornes.
- Nous obtenons ainsi
- Y] =
- + TT +
- '+ë-
- P±
- UI
- Zl
- U'I
- 2
- effet Joule et, par suite, le moteur auxiliaire, les autres pertes : frottement, ventilation, hystérésis et courants de Foucault.
- La souplesse de la méthode est unique, le réglage de la vitesse et celui du débit se faisant d’une façon complètement indépendante l’une de l’autre.
- Ajoutons que l’égalité des forces électromotrices réelles entraîne celle des excitations si le décalage des balais est le même sur les deux dynamos. Le réglage des excitations fait à vide a néanmoins besoin d’être modifié en charge si l’on veut maintenir une des tensions constante en chargé.
- L’unique défaut est l’évaluation de la puissance pi fournie par le moteur auxiliaire aux arbres des deux dynamos. Toutefois, une faible erreur sür pi n’entraîne qu’une erreur insignifiante sur le rendement. C’est, pourquoi celte méthode est de beaucoup la plus recommandable.
- La seule, hypothèse à appliquer ici est naturellement celle de l’égalité des pertes dans les deux machines, base de la méthode. Ces pertes
- On pourra introduire dans le terme pour chaque formule, la valeur correspondante des pertes par excitation (*).
- b. Méthode de Hutchinson. — C’est une combinaison des méthodes de Lord Rayleigh et de Potier. Suivant que le moteur ou la génératrice sont en dérivation directe sur le réseau, on a un montage différent. Le second montage est celui indiqué par Hutchinson ; nous lui préférons, au point de vue expérimental, le premier, que nous avons indiqué nous-même, et que nous considérons seul ici (fig. 9).
- Adoptons les mêmes notations que dans la méthode précédente et soit de plus i le courant fourni par le réseau ou une source à la tension de la génératrice.
- Les forces électromotrices réellement induites dans la génératrice et le moteur sont ici :
- U -f /! et U + b — /• (I + i);
- (*) On choisit évidemment pour U ou U' la tension normale suivant qu’on étudie des génératrices ou des moteurs.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 225
- Leur égalité conduit à
- • U + H = U + « — /-(I + /) ou
- u = rl -|- /* ( I -|- /).
- Le survolteur fournit donc une tension égale à la chute ohmique dans les deux enroulements,
- Fig. 8. — Schéma réduit de la méthode de Ilutchinson.
- mais sa puissance débitée, u\9 ne correspond pas à la totalité des pertes par effet Joule dans les deux enroulements ou
- /I* + r(I + i)2..
- Le réseau fournit donc non seulement les perles autres que celles par effet Joule, mais aussi une partie de celles-ci, ou
- /•I2 + r (I + if — L>I + /' (I + *')] I = >’ (I + i) i-
- Le réglage de la vitesse se fait à vide (u = o), mais l’indépendance des deux moyens de réglage est moins grande que dans la méthode de M. Blondel (*).
- Les excitations sont encore ici égales si les décalages le sont sensiblement, celui du moteur un peu plus faible que celui de la génératrice.
- Les formules du rendement sont assez longues à établir en partant des puissances fournies par les deux sources et en partageant la tension a proportionnellement aux courants I et I —J— i.
- On arrive très rapidement au résultat en opé-
- (i) Une modification de la méthode Hutchinson a été
- indiquée par Clinton qui emploie deux survolteurs fournissant : l’un la puissance perdue par effet Joule dans le moteur, l’autre celle perdue dans la génératrice.
- rant par un artifice indiqué par M. Blondel (i) et consistant à passer par les puissances électromagnétiques, c’est-à-dire en considérant les forces électromotrices induites réelles, ce qui dispense de mettre en évidence les effets Joule.
- Soient : P la puissance mécanique sur l’arbre commun et // les pertes par machine, autres que les effets Joule, et par suite sensiblement égales pour les deux dynamos (et non rigoureu-
- Fig. 9. — Schéma réduit de la méthode de Ilutchinson modifié par Fauteur.
- sement comme dans la méthode de M. Blondel).
- On a, en désignant par E la force élcctromo-trice réelle commune.
- E=U+rI = U+ K— r(I + i).
- Or, le moteur donne
- E (I + 1)'= P + Pit
- et la génératrice
- P = EI+/>i; d’où, en éliminant /?i,
- p___ E (al -^f- 1)
- ‘l
- Le rendement de la génératrice est donc
- UI aUI aUI
- 71 = P" ~ E(al +.i) “(U + /-I) (al + *)
- On peut mettre cette formule sous une forme plus commode en remarquant que la relation
- u = ri -|- v (I -(- 1) = /’ (2I -|- ij
- fournit une valeur de la résistance r en fonction des données de l’expérience, c’est-à-dire en ordre de marche.
- (*) A. Blondel et P. Dubois. La traction électrique.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXX (2* Série). — N° 34.
- En relnplaçantclonc r (a I -f- i) par u, on a
- ____ a UI _ a UI
- n U (af+ i) -f «1 ~~ 2Ü[ + Ui + «I'
- Introduisons enfin les valeurs des tensions et des courants dans les deux machines, U, IJ', I etP, nous aurons
- _ aUI _ *U1
- r> ~ 2 UI + U (I' — Ii + (U' — U) I ~ U'I + UI'*
- OU
- U' V
- tr * r
- Si Ton veut lenireompte directement de l’excitation le faite sous la tension U' on a
- De même, avec le moteur, on aurait
- udjLm ,,u i_y
- ' 2 U'I' 2 \U' ^ Y J
- et avec un moteur shunt ou à excitation séparée de valeur Pc et faite sous la tension U'
- ‘x Vu' ^ r
- Cette dernière formule, sous sa forme particulière, peut être généralisée également pour le cas d’un moteur série, lorsqu’on tient compte directement des pertes dans l’enroulement inducteur. Il faut alors mettre le survolteur entre les deux inducteurs (de résistance R) suivant le schéma indiqué (fig. 10).
- On obtient alors par un calcul analogue la formule :
- Le rendement de la génératrice série serait de même :
- ' U' P RP /P \‘
- ü + r ~ u (r ”1 )
- Quoique ces formules soient rigoureuses, on a employé une formule unique pour les deux expressions.
- Fig. io. — Schéma de la méthode de Hutchinson popr moteurs de tramways, modifié par l’auteur.
- Si nous reprenons les expressions de Y) et r/ en fonctions de U, I, u et f, on reconnaît facilement que le dénominateur de r/ est le même que le numérateur de de sorte que le produit donne
- , UI UI
- ^ - (ÏÏ + u) (1 + 1) “ U7!'’
- résultat évidemment intuitif.
- En supposant les rendements égaux, on obtient alors
- v'-
- U
- I
- U -{- u I i
- U I Ü' P’
- valeur comprise entre les deux valeurs exactes.
- Telles sont les quelques remarques que nous voulions présenter. Nous y avons introduit toutes les formules que nous avons vu employer, avec les méthodes considérées, ainsi que les formes particulières que nous avons personnellement adoptées pour faciliter leur application en pratique avec la plus grande exactitude possible.
- C.-F. Guilbeht.
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- 4 Septembre 1915.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- CONCESSIONS CONCURRENTES DE DISTRIBUTION D’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
- APERÇU SUR LA RECHERCHE DE L’ÉQUIVALENCE DES CONDITIONS (Fin) (’)
- m
- Clauses mixtes.
- Les clauses mixtes sont, comme leur nom l’indique, des clauses qui, tout en ayant un certain caractère réglementaire, sont cependant susceptibles de varier par accord entre les parties. Elles tiennent à la fois des clauses de police et de contrôle et des clauses contractuelles.
- Leur modification n’entraîne évidemment pas l’approbation de l’acte de concession par le Conseil d’Etat quand elle est autorisée par le cahier des charges meme. Cette approbation ne serait nécessaire que si l’on modifiait les parties du texte imprimées en caractères ordinaires.
- Ces clauses sofit contenues dans les articles suivants :
- Art. 5. — (Les quatre premiers paragraphes seulement). — Ouvrages à établir.
- Art. 7. — (Moins le dernier paragraphe). — Propriété des installations.
- Art. 9. — Tension et fréquence.
- Art. 10. — (Moins le deuxieme paragraphe). — Canalisations et branchements particuliers.
- Art. 12. — (Les deux premiers paragraphes seulement). — Tarifs applicables aux services publics.
- Art. i3. — Abonnements sur le parcours.
- Art. i/|. — Extension du réseau.
- Art. 16. — (Les quatre derniers paragraphes seulement): — Compteurs.
- Art. ai. — Durée de la concession.
- Art. * aa. — (Moins le dernier paragra phe). — Reprise des installations.
- Art. a/t. — Remise des ouvrages.
- En principe ces clauses donnent toutes lieu à comparaison pour la recherche de l’équivalence sous les réserves générales qui seront exposées plus loin.
- Nous disons « en principe », car il y a certaines réserves particulières à faire. C’est ainsi que les clauses de l’article 7 ne pourront jamais
- (*) Voir Lumière Electrique duja8 août 1915, p. 198.
- imposer au concessionnaire dernier en date, dans un simple but d’équivalence de conditions, des achats d’immeubles ou des locations auxquels ne l’obligeraient pas normalement les circonstances dans lesquelles se présente la concession. S’il ressort des faits un avantage à son actif on devra en tenir compte pour rechercher dans d’autres clauses une compensation sensiblement d’égale importance financière à mettre au profit du concessionnaire préexistant.
- De même pour l’article 9 (tension), les chiffres adoptés pour la tension de distribution par le cahier des charges de la concession préexistante ne devront évidemment pas être obligatoirement imposés à la concession dernière en date, ce serait absurde; la tolérance maximum pour la variation de la tension ne devra pas non plus être obligatoirement fixée au même pourcentage pou ries deux co ncessionsconcurrentes.Acepoint de vue, les besoins d’une distribution de force motrice,par exemple, ne sont nullement comparables à ceux d’une distribution d’éclairage.
- Cet article ne donnera donc lieu à comparaison que dans des cas exceptionnels, notamment si les concessions sont toutes deux de même nature.
- La comparaison des articles i3, 14, 16 des
- cahiers des charges des concessions concurrentes devra se faire en vue d’arriver à une équivalence globale de traitement, mais sans qu’il y ait lieu d’imposer à la concession concur-rcntcles chiffres mêmes adoptés pour la concession préexistante. Il y aura lieu, notamment, pour fixer les chiffres afférents à ces articles, de tenir compte de toutes sortes de contingences telles que les différences de prix de la main-d’œuvre, du matériel, etc., aux époques respectives d’établissement de chacune des deux concessions concurrentes.
- L’obligation d’étendre le réseau, charge particulière à chaque, concession, ne donnera généralement pas lieu à comparaison.
- Le délai de présentation des projets de cana-
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-
- 228
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXX (2e Série). — N» 34.
- lisations complémentaires et de mise en service de ces lignes nouvelles pourra, au contraire, nécessiter la comparaison.
- La durée de la concession (art. su) ne donnera lieu à comparaison qu’au point de vue du délai d’amortissement des capitaux engagés et pourra être essentiellement différente entre les deux concessions pour aboutir à l’équivalence recherchée.
- Les articles 2a et 24 doivent retenir particulièrement l’attention.
- Art. 22-24. — Dans la majorité des cas de concession, ces deux articles, qui ont bien plutôt un caractère réglementaire que contractuel, sont insérés dans la forme même où ils figurent au cahier des charges type et il n’y aura lieu alors à comparaison que pour la fixation du montant de l’indemnité représentative de la portion non amortie du coût des installations. Mais, si, comme le cahier des charges le permet, les parties contractantes des deux concessions concurrentes ont décidé de modifier ces articles, par exemple, pour y stipuler que la commune fait abandon de la « faculté » de reprise des installations en fin de concession et s’engage d’avance à les reprendre, alors ils pourront donner lieu à comparaison pour l’intégralité de leurs dispositions.
- Toutefois, il importe d’examiner à cette occasion l’influence d’une telle modification dans la recherche de l’équivalence des conditions entre concessions concurrentes.
- On doit remarquer, en effet, et cette remarque n’est pas limitée au seul cas des deux articles 22 et 24, que le cahier dos charges type constitue ce qu’on pourrait appeler un plan de comparaison en dehors duquel la question de l’équivalence ne saurait se poser qu’à titre exceptionnel.
- Nous entendons par là que, en cas de concurrence entre deux concessions, le concessionnaire ayant adopté les clauses mêmes du cahier des charges type 11e pourra pas. en principe, être tenu de modifier ces clauses en vue de réaliser l’équivalence des conditions avec la concession préexistante qui aurait été amenée, elle, à introduire des modifications dans les clauses correspondantes de son cahier des charges.
- Il y a à cela une raison primordiale, c’est que toute atteinte à ce principe aurait pour résultat
- d’entraver l’application de la loi du i5 juin 1906 et des règlements rendus pour son exécution.
- En effet, le cahier des charges-type a été rédigé en vue de l’application de cette loi dans sa lettre et dans son esprit. Les clauses en ont été arrêtées après étude approfondie par l’Administration des Travaux publics comme répondant, dans la presque totalité des cas, à l’idéal de garantie des droits et intérêts des parties en cause qui se confond, pour partie au moins, avec l’intérêt public lui-même. Or, si l’on admettait que la nécessité de maintenir l’équivalence des conditions, dans un simple but de concurrence commerciale, pouvait obliger tout concessionnaire nouveau à reproduire dans son cahier des charges les modifications introduites à une époque antérieure par le concessionnaire préexistant, dans son intérêt ou même dans l’intérêt momentané et accidentel de la commune, on arriverait à perpétuer dans les concessions l’introduction de clauses différentes de celles du cahier des charges type qui doivent, au contraire, constituer la règle générale et à entraver ainsi l’application régulière et normale de la loi. On irait manifestement à l’encontre des volontés du législateur et du bon sens.
- Spécialement en ce qui concerne les articles 1% et 24, les clauses normales à insérer sont celles prévues au texte même du cahier des charges type et si ce cahier des charges, par une note additionnelle insérée sous forme de renvoi, autorise exceptionnellement la modification de ces articles dans le sens précité de l’abandon de la faculté de rachat, à laquelle on substitue rengagement-immédiat de rachat, il ne saurait faire de doute que cette modification ne doit pas être obligatoirement imposée au concessionnaire postérieur en date. Il ne pourrait en être ainsi que si la commune y avait un intérêt nettement démontré.
- D’une manière générale, les clauses ainsi modifiées prennent, d’ailleurs, le caractère de clauses particulières à la concession qui ne donnent pas lieu normalement à comparaison. La comparaison ne peut du reste se faire pour ces clauses qu’à titre exceptionnel et à condition que lesdites clauses puissent avoir une répercussion financière sur l’exploitation de l’entreprise postérieure en date.
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- (C). — Clauses contractuelles.
- Ces clauses n’ont pas besoin d’être définies.
- Il est clair que ce sont les clauses du cahier des charges dont la rédaction est arrêtée de concert entre les parties contractantes et qui sont susceptibles, par suite, de donner lieu à discussion entre le concessionnaire et l’autorité concédante pour la garantie de leurs intérêts réciproques.
- Elles se subdivisent, nous le savons, en clauses commerciales, particulières, spéciales.
- Clauses commerciales. —Les clauses commerciales sont les clauses types devant servir de base pour arriver à l’équivalence des conditions parce qu’elles ont une répercussion financière directe sur les résultats de l’exploitation. Ces clauses, variables par excellence, sont celles prévues aux articles suivants :
- Art. ii. — Tarif maximum.
- Art. i2. — (Partie en italique): tarifs communaux.
- Art. i fS. — Remboursement des frais d’installation des branchements.
- Art. 18. — Avance sur consommation.
- Art. ao. — Conditions particulières du service.
- Art. 27. — Redevances.
- C’est pour ces clauses que le principe de l’équivalence devra être appliqué dans toute sa rigueur mais ce serait une erreur de croire que, pour arriver au but recherché, la comparaison devra se faire toujours article par article. L’équivalence apparente ainsi réalisée dans les plus infimes détails risquerait parfois d’aboutir, dans l’ensemble, à un résultat tout à fait opposé à celui qu’on poursuit.
- On devra bien plutôt rechercher dans un ensemble de dispositions appropriées, imposées à la concession postérieure en date, les moyens d’arriver à compenser les différences de traitement en vue d’assurer, en fin décompte, pour les deux entreprises, un rendement sensiblement analogue comme pourcentage des capitaux engagés de part et d’autre.
- C’est avant tout par la fixation des tarifs et des redevances dont l’article 3 du décret du 17 octobre 1907, modifié parle décret du 7 septembre 1912, permet de faire varier le taux que l’on pourra atteindre la réelle équivalence des conditions.
- Clauses particulières. — Ées clauses particulières sont des clauses propres à chaque concession. Elles résultent de circonstances de fait (disposition des lieux, emplacement de l’usine productrice, etc.), ou des conditions spéciales sui-vant lesquelles doit fonctionner l’entreprise^ (fournitures d’éclairage ou seulement de force motrice, achat du courant à une compagnie voisine, etc.).
- Les clauses particulières indiquées au cahier des charges figurent aux articles suivants :
- Article premier (paragraphes 2 et 3). — Fourniture de l’énergie aux entreprises de transport.
- Art. 3. — Utilisation accessoire des ouvrages.
- Art. 5. — ("P partie) : Ouvrages et canalisations préexistants.
- Art. 8. — Mode de production du courant. — Usines génératrices. — Sous-stations.
- En principe, elles ne donnent pas lieu à comparaison ou alors, seulement dans des cas d’espèce qui exigeront un examen particulièrement attentif et délicat. En général, la comparaison ne pourra et ne devra se faire que globalement sous réserve de répercussion financière démontrée sur l’exploitation de l’entreprise et à condition que la recherche de l’équivalence ne conduise pas à imposer au concessionnaire postérieur la modification d’articles de son cahier des charges qui seraient conformes au type.
- A titre d’exemple relatif à l’article 8 (usines génératrices), il tombe sous le bon sens que le concessionnaire postérieur ne pourrait, en aucun cas, être tenu — par simple raison d’équivalence de charges — de construire une usine génératrice s’il se proposait d’acheter le courant à une compagnie voisine et que cette construction n’est pas indispensable au fonctionnement de l’entreprise nouvelle.
- Par contre, il y a lieu de remarquer ici, en passant, que le concessionnaire postérieur ri’est pas fondé à exiger des conditions aussi avantageuses que celles faites.au concessionnaire préexistant. L’article 8 de la loi défend seulement d’accorder des conditions plus avantageuses au concurrent dernier en date.
- En dehors des clauses précitées, le nombre des clauses particulières pouvant figurer dans les actes de concession est illimité. Parmi les plus usitées, on peut citer:
- L’obligation pour le concessionnaire de n’cm-
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- ployer que du personnel français ou de n’utiliser que du matériel fabriqué en France;
- Des stipulations relatives aux retraites du personnel, etc., etc;
- L’obligation prévue par le décret du 8 mars i855, spéciale aux concessions accordées dans la ville de Paris et sa banlieue, de subir, sur le montant des travaux d’établissement du réseau, un prélèvement de i % affecté à la dotation des Asiles de Yincennes et du Yésinet.
- Ces clauses que l’on pourrait qualifier d’cxtra-réglementaires nécessitent, sauf pour la dernière d’entre elles, l’approbation de l’acte de concession par décret rendu au Conseil d’Etat. Elles constituent autant de cas d’espèce qui peuvent donner lieu à comparaison.
- monopole ne serait pas opposable à ce concessionnaire préexistant pour les travaux complémentaires qu’il pourrait avoir à exécuter en con-fo rmité de clauses inscrites dans son cahier des charges au moment où la concession lui a été accordée.
- Rappelons ici que, conformément au dernier paragraphe de l’article 8 de la loi du if> juin 1906, il devait être tenu compte de ce monopole dans les obligations imposées aux permissionnaires ou concessionnaires par les permissions de voirie ou les actes de concessions passées au nom de l’Etat-, c’est-à-dire que la distribution de l’énergie pour l’éclairage ne pourrait être autorisée sur l’étendue de la commune ayant accordé un monopole.
- Clauses spéciales. — Par clauses spéciales, il faut entendre les clauses exceptionnelles accordées à une concession sans que ces clauses résultent directement de sa destination, comme ' c’est le cas pour les clauses particulières. Elles se distinguent de ces dernières en ce sens qu’elles constituent des clauses additionnelles facultatives qui peuvent, au gré du pouvoir concédant, être accordées ou refusées, suivant les cas.
- Les deux clauses spéciales prévues par la loi du i5 juin 1906 sont le monopole, visé à l’article 8, et la déclaration d’utilité publique, visée à l’article 11.
- Monopole. — La clause du monopole d’utilisation des voies publiques, reproduite dans l’article 2 (*2e partie) du cahier des charges, ne peut évidemment donner lieu à comparaison, mais il y a lieu d’examiner, au sujet de cette clause, le cas tout' spécial suivant qui peut se produire i entre deux concessions accordées dans une même commune. j
- Une concession sans monopole étant en exploi- j tation dans une commune, l’obligation de main- \ tenir l’équivalence des conditions s’oppose-t-elle à ce qu’on accorde le monopole à une conees- ; sion postérieure en date? Le monopole accordé ; dans ce cas aura simplement pour conséquence : de supprimer, dans l’avenir, toute concurrence? nouvelle pour les deux concessions en pré- i scncc. Rien ne s’oppose donc à ce qu’il soit 1 aebordé, mais comme il ne saurait évidemment j porter atteinte aux droits acquis du premier cou- i cessionnaire installé dans la commune, ledit j
- Déclaration tVutilité publique. — La décla-
- ration d’utilité publique dépend de circonstances de fait laissées à l’appréciation souveraine de l’Administration des Travaux publics et ne donne pas lieu à comparaison en vue de l’équivalence des conditions.
- Elle peut, sans atteinte au principe de l’équivalence, être accordée à la concession dernière en date après avoir été refusée à la concession préexistante et, cependant, elle est de nature à procurer à la concession qui en jouit des facilités d’installation du réseau susceptibles d’avoir une répercussion financière d’une sérieuse importance sur l’exploitation.
- Mais il faut répéter encore ici que l’intérêt commercial des entreprises, garanti par l’article 8, paragraphe premier, de la loi de 1906, disparaît devant l’intérêt public qui seul doit justifier la déclaration d’utilité publique de l’entreprise.
- Nous arrivons enfin à l’examen des clauses techniques définies par l’arrêté du 21 mars 1911.
- (O). — Clauses techniques.
- On entend par clauses techniques celles qui sont édictées soit dans l’intérêt de la sécurité publique, soit dans l’intérêt de la voirie ou delà conservation des sites pittoresques (*) et, d’une façon générale, dans un but d’intérêt public. Etant donné leur objet, il est évident qu’elles 11e sauraient être mises en échec par l’intérêt commercial des entreprises ’et par [conséquent
- (*) Article 2 de l’arrêté technique du 21 mars 1911.
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- qu’elles ne donnent pas lieu a comparaison.
- Cependant, il est certain que, toutes questions de sécurité tranchées, le pouvoir concédant pourrait demander aux services techniques intéressés d’examiner les projets définitifs d’exécution du réseau nouveau en vue d’arriver, dans un but d’équivalence des conditions, à imposer à l’entreprise concurrente des conditions d’installation technique sensiblement analogues,coin me coût d’installation, à celles imposées à l’entreprise préexistante.
- Ce pourrait être un moyen de réalisation d’équivalence dans le cas où l’on n’aurait pu la réaliser avec toute l’approximation voulue par les clauses du cahier des charges.
- Toutefois la recherche de l’équivalence par les conditions techniques ne devra jamais constituer un droit dont pourraient se prévaloir les concessionnaires concurrents. Nous ne sommes pas là en face de clauses commerciales, mais bien de prescriptions impératives; cependantelles peuvent avoir sur le coût de premier établissement d’un réseau une répercussion assez importante pour qu’on admette, semble-t-il, que lepou-voir concédant puisse, s’il le juge nécessaire, en tenir un certain compte.
- Il n’en est pas moins vrai que certaines clauses d’ordre technique, bien que ne touchant pas à la sécurité publique, par exemple celles qui sont relatives à la protection des paysages et à la conservation des sites pittoresques, pourront donner lieu, sans réclamation possible du concurrent lésé, à des inégalités de conditions presque choquantes.
- Mais si la sécurité publique n’est plus en jeu, l’intérêt public prend ici sa place et il ne saurait non plus céder le pas devant l’intérêt commercial de deux entreprises concurrentes de distribution d’énergie électrique.
- On pourra simplement ici, comme pour les clauses relatives à la sécurité publique, tenir tel compte qu’il y aura lieu de ces inégalités de traitement pour y trouver, si c’était nécessaire, un contrepoids à l’insuffisance de charges dont aurait bénéficié, par ailleurs, l’un des concurrents.
- Comme il est facile de s’en rendre compte par ce qui précède, le terrain sur lequel nous a conduit cette étude est immense parla diversité des cas de concurrence qui peuvent résulter du contact de concessions de régimes, et de destinations
- différents : concessions d*Etat et concessions communales, concessions de distribution et de transport, concessions d’éclairage seul, d’éclairage et de force motrice, de force motrice seule, concessions d’entreprises et concessions en régie, etc , etc.; nous en avons à peine déblayé l’entrée et commencé à y tracer quelques sentiers; nous souhaitons que d’autres après nous viennent continuer cette tâche et permettre de s’avancer toujours un peu plus loin avec un peu plus de sûreté.
- En terminant ici cet aperçu de la question, dont nous n’avons guère montré au lecteur que l’étendue et la complexité, nous croyons utile de résumer le résultat de notre travail sous la forme de principes généraux qui nous semblent pouvoir guider l’autorité concédante dans la recherche de l’équivalence des conditions en cas de concurrence entre deux concessions.
- À. — Concurrence entre concession préexistante et permission de voirie accordée ultérieurement.. — En admettant que l’équivalence soit imposée par l’article S, paragraphe premier, en cas de concurrence entre ces deux sortes d’entre-, prises, la recherche de l’équivalence ne devrait porter que sur la nature des canalisations (aériennes ou souterraines) si l’intérêt public ne s’oppose pas à l’adoption du mode d’établissement imposé dans un but d’équivalence; sur le taux des redevances et sur le chiffre des frais de contrôle.
- B. — Concurrence entre deux concessions.
- 1. — L’équivalence des conditions n’est imposée par l’article 8, paragraphe premier, de la loi du i5 juin iqoô,qu’entre concessions soumises toutes deux au régime de cette loi.
- (Les concessions antérieures à 1906 n’étant pas soumises aux obligations de la loi ne sauraient, en effet, en réclamer le bénéfice et se prévaloir seulement de ses dispositions avantageuses.)
- IL — L’équivalence est imposée même en cas de concurrence entre concessions de nature différente.
- III. — L’équivalence imposée peut donc n’être que partielle et 11e s’appliquer qu’aux seules clauses communes.
- IV. — L’équivalence ne s’applique qu’aux clauses ayant un caractère commercial, c’est-à-dire susceptibles d’avoir une répercussion pécu-
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- niaire démontrée sur les résultats de l’exploitation.
- V. — Le cahier des charges type constitue un « plan de comparaison » en dehors duquel il n’y aura lieu à comparaison qu’à titre exceptionnel c’est-à-dire qu’en cas de concurrence entre deux concessions; si la concession préexistante a modifié certaines clauses de son cahier des charges, le concessionnaire de l’entreprise postérieure en date ne sera pas tenu de modifier les clauses correspondantes de son cahier des charges par la seule raison d’équivalence à réaliser entre les deux entreprises.
- VI. — Quand, dans la recherche de l’équivalence, des clauses sujettes à comparaison mettent en contact l’intérêt public (communal ou d’Etat) ou la sécurité publique, avec l’intérêt des entreprises concurrentes, l’intérêt des entreprises et par suite l’équivalence seront toujours sacrifiés à l’intérêt public.
- VIL — Les clauses d'ordre public etles clauses de policé ou contrôle ne donnent pas lieu à comparaison.
- VIII. — Les clauses mixtes ne donnent lieu à comparaison que sous certaines réserves et généralement à comparaison globale seulement.
- IX. — Les clauses commerciales constituent le type des clauses donnant lieu à comparaison, c’est sur elles que doit porter tout le poids de l’application de l’article 8,paragraphe ier,dela loi.
- X. — Les clauses particulières ne donnent pas lieu en principe à comparaison ; exception estfaite cependant pour certains cas d’espèce (dans.lesquels la comparaison se fera par vue d’ensemble et non par un examen de détail) etpourles clauses particulières extra-réglementaires qui, ordinairement, peuvent donner lieu à comparaison.
- XI. — Les clauses spéciales ne donnent pas lieu à comparaison.
- XII. — Les clauses techniques ou d’ordre technique ne donnent pas lieu légalement à comparaison.
- Ou peut admettre cependant que l’on recherche, dans la comparaison de celles de ces clauses qui seraient susceptibles d’avoir une répercussion financière importante sur l’exploitation, le moyen de compenser des charges ou des avantages et de réaliser ainsi une équivalence de conditions que la comparaison des autres clauses n’avait pas permis d’atteindre.
- J. de Rigney,
- Avocat-Conseil.
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- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- STATIONS CENTRALES ET DISTRIBUTION
- Le prix de revient des lignes de transmission aux États-Unis.
- Ci-dessous nous donnons les prix de revient de lignes de transmission récemment construites dans les Etats du New-Hampshire et du Vermont par la Connecticut River Power C°.
- Les poteaux sont en châtaignier avec isolateurs à disques de 264 millimètres supportant trois câbles en cuivre n° 2 à 3 torons pour transmission sous 19 000 volts. Ils portent, en outre, un circuit téléphonique en fil de cuivre n° 6 sur traverses en acier, avec ferrure latérale spéciale pour transposition de deux en deux poteaux. Chaque poteau est coiffé d’un chapeau métallique duquel part le fil de terre le long du poteau.
- Les 34 kilomètres de ligne ont coûté :
- Dollars.
- Droits de passage sur les propriétés, lever de plans............ 23 181,82
- Liquidation des droits de passage. 7 281,72
- Outils.......................... 667,72
- Transport des matériaux............. 2 977,94
- Terrassements....................... 2 556,43
- Pose des poteaux et contreven-
- tement............................ 4 79^>9^
- Pose des isolateurs et des conducteurs............................... i g55,31
- Poteaux............................. 4 9*6*90
- Câbles............................. >4 881,49
- Isolateurs, tiges, traverses, etc. . 6 872,73 _
- Ingénieurs, surveillants, etc., frais
- généraux.......................... 4 890,00
- Transformateurs et interrupteurs. 5 415,98
- Intérêt durant la construction. ... 2 400,00
- Total : . 82 794,52
- Soit environ 43oooo francs (*).
- Une autre ligne de construction récente, celle
- de Vernon station-Massachuse.tts, de i3 km. 7, a coûté, d’autre part :
- Dollars.
- Terrains et droits de passage.... 17 387,50
- Pylônes............................. 28 o38,92
- Interrupteurs et construction spéciale à la centrale ............ ii 507,10
- Ingénieurs et entrepreneurs...... 5 931,90
- Frais de bureau, taxes et divers. . . 1 784 ,58
- Intérêt durant la construction... 3 000,00
- l'otal................ 67 65o,oo
- Soit environ 352 000 francs.
- Les dépenses spéciales d’appareillage à la centrale terminus de Vernon se répartissent comme suit :
- Dollars.
- Deux interrupteurs à huile, 3 pôles, à commande par solénoïde, pour
- i5o ampères, 70 000 volts....... 1 093,00
- Douze disjoncteurs de 100 ampères,
- complets........................ 408,3o
- Six disjoncteurs de 3oo ampères,
- 70 000 volts, à 27,90 dollars. ... 167 ,40
- Deux parafoudres aluminium, pour 70 000 volts, complets avec supports, cuves, etc., à 765 dollars. 1 53o,oo Un parafoudre aluminium à liquide
- pour 20 000 volts............... 360 of)
- Trois relais à action différée, monopolaires, avec interrupteurs, tiges de commande, isolateurs, à
- 60 dollars............................ 180,00
- Six relais à action différée, monopolaires, avec interrupteurs de
- 100 ampères, 22 000 volts....... 81,00
- Châssis en acier de 14 m. 65 et de
- 7 m- 3o............................... 44o,oo
- Charpente métallique pour deux
- châssis de toiture.................... 222,00
- Trois disjoncteurs, 3oo ampères,
- 70 000 volts à 34,20 dollars. ... 102,60
- Deux parafoudres aluminium, de 600 volts continu pour le réseau téléphonique, à 9 dollars.. _,.... 18,00
- A reporter
- (') Le dollar compté à 5 fr. 20.
- 5 602,3o
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE T. XXX (2e Série). ^ N°34.
- Report...... 5 602,3o
- Trois transformateurs secondaires,
- 60 pér., 5000 watts, 2400/240 v. 195,52
- Un jeu de noyaux et de bobines . . 27 ,00
- Trois disjoncteurs monopolaircs,
- 100 ampères, 22 000 volts............ 18,00
- Quinze interrupteurs à couteau de
- 85 millimètres de largeur...... 40,3o
- Isolateurs, tiges et supports..... 463,29
- Tuyauterie............................. 619,50
- Interrupteurs divers................... 162,00
- Outils, etc............................ 389,00
- Quincaillerie......................... 188,48
- Matériaux divers.................. 201,3o
- Transport des matériaux................ 370,72
- Main-d’œuvre et frais divers...... 3 229,09
- Total............ 11 507,10
- Soit environ 60 000 francs.
- (Electrical World, 17 juillet 1915.)
- Fondations pour pylônes.
- D’après une communication présentée au Congrès de Deer Park de l’Association des ingénieurs électriciens, les pieds de pylônes, noyés dans le gravier ou dans un mortier bien
- F~er \J rempli de béton à 4. i
- Fig. i. — Fondations pour terrains meubles et marécageux
- tassé de sable et d’argile, offrent une résistance considérable à la traction ascendante. Quand les pylônes doivent être érigés sur le roc, on réduit de moitié la longueur de la partie enterrée et on la noie dans un mortier de béton à i : 4.
- Sur la ligne de là Toronto Power Co, il a fallu ériger plusieurs pylônes dans un lac. A cet effet, on a établi un cofferdam en palplanchcs autour
- de la fondation qu’on a asséchée; puis on en a retiré la vase jusqu’à ce qu’on ait atteint le fond de gravier. La fondation a alors été établie comme l’indiquent les croquis (fig.i et 2), et les palplan-ches, laissées en place pour protéger le béton contre l’érosion.
- On ne doit employer les haubanages que pour les pylônes légers, avec tourets lorsqu’il y a plus d’un hauban. Suivant l’auteur de cette note, 40 % des haubans en service sont défectueux en raison du manque de surveillance Les meilleurs résul-
- Fig. 2, — Fondations de pylônes normaux et de pylônes dans l’eau.
- tats sont donnés par les haubans ancrés à une distance de la base du pylône égale au tiers de la hauteur de ce dernier.
- Quand on emploie clés boulons d’ancrage dans le roc, surtout si ce roc est recouvert d’unecouche de terre, il faut avoir soin de ne laisser saillir hors du roc que l’œil du boulon qui, autrement, se tordrait. Ces boulons sont scellés au soufre fondu.
- La Toronto PowerCo étudieactuellementdivers types de socles pour pylônes dont l’un, pour tours à grandes portées, a une grande semelle assise sur un socle en maçonnerie peu épais avec ancrage à vis.
- (Electrical Worldt 17 juillet igi5.)
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Note sur les avantages des compteurs d'intensité pour courant continu comparés aux compteurs de puissance.
- Nous allons résumer sommairement une étude parue dans une revue allemande sur quelques types de compteurs d’intensité (ampèreheure-mètres} pour installations à deux, ou trois ligues, munis d’une résistance compensatrice des frottements qui se développent principalement sur le collecteur et les balais. Auparavant, nous exposerons les progrès réalisés dans la construction des compteurs d’intensité et de puissance.
- Depuis une dizaine d’années, de nombreux constructeurs ont étudié divers types de compteurs de puissance (wattheuremètres) et semblent délaisser peut-être un peu à tort les compteurs d’intensité. Les résultats obtenus n’atteignirent pas ce que l’on espérait. En effet, malgré l’intro-
- Fig\ i. — Schéma d’un compteur d’intensité avec résistance compensatrice des frottements.
- duction,ily a environ cinq ans, du type dynamométrique sans fer bien connu, avec induit à trois ou plusieurs bobines, les inconvénients des compteurs de puissance ne furent pas écartés, car pour actionner le mouvement d’horlogerie ceux-ci exigent un induit de ioo grammes tournant à 8o tours par minute (pour la pleine charge) et consommant de i,5 à i watts par u>o volts. Les compteurs de puissance, possédant des aimants pour la compensation des erreurs de mesure et facilitant le démarrage, ne purent éviter les
- inlluences magnétiques extérieures ni les risques de la marche à vide.
- Les compteurs d’intensité avec moteurs, qui nécessitent une certaine tension du réseau pour l’enregistrement des kilowatts-heures, ont pris assez rapidement leur essor quoiqu’ils ne permettaient point de lectures inférieures à io % de la pleine charge auparavant. Un choix particulier des matières à employer pour l’exécution de leurs induits et balais a permis d’obtenir de meilleurs rendements, ainsi que l’introduction d’une résistance de compensation pour contrebalancer les erreurs de mesures.
- L’A. E. G. construit un compteur d’intensité muni d’un dispositif pour le décalage des balais; ces balais prennent une position déterminée sur un collecteur lisse de forme conique variant suivant la charge du compteur, de telle sorte qu’ainsi la commutation des bobines de l’induit se trouve régularisée, diminuée par exemple, ainsi que le couple actif (couple de torsion).
- Un compteur d’intensité avec moteur ne donnera une bonne compensation des frottements que si on lui fournit un courant additionnel traversant le collecteur et les balais, analogue à celui fourni par la bobine compensatrice des wattheuremètres.
- La figure i représente le schéma de montage d’un compteur d’intcnsiLc muni d’une bobine de compensation des froLtements, la résistance de cette bobine est calculée d’après les rapports de résistance de cette bobine dans la dérivation, dans l’induit et dans le shunt (résistance additionnelle). Cette bobine est traversée par un courant de \ à 4 milliampères capté sur la tension du réseau.
- Dans la figure i, on supposera un compteur de
- 10 ampères comprenant une dérivation (i) de 0,07 ohm de résistance, un induit (a) de 4 ohms de résistance, et pour la bobine de compensation^!), 1 ohm. Par conséquent, il circulera pendant la pleine charge, dans la dérivation (1), un courant de 0,140 ampère dans l’induit. Si le compteur démarre pour 1 % de sa pleine charge,
- 11 exigera une intensité de 1,4 milliampère servant à vaincre les frottements.
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- LA «.«LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXX (2° Série)'. ~ N°'34.
- La figure 2 indique une courbe d’erreurs (a) d’un compteur d’intensité sans compensation de frottements. Les erreurs de la charge s’élèvent :
- Pour 10 % de la pleine charge à 2,fi %
- » 5 % » » 5 %
- » 2,5 % » » 10 %
- Ainsi une charge de 2,5 % correspond à un courant de 3,5 milliampères dans l’induit. Or, comme l’erreur maximum négative pour cette charge s’élève à 10. % , pour la voir disparaître il faudra envoyer dans l’induit un courant additionnel de o,35 milliampère. La transformation de cette erreur négative de 10 % en une erreur positive égale aura lieu par l’envoi d’un courant additionnel de 0,7 milliampère. Ce petit courant sera pris en dérivation sur le réseau de 220 volts,
- Charge —*•
- Fig. 2. —Courbe des erreurs d’un compteur d’intensité.
- a) sans résistance compensatrice ; 6) avec résistance compensatrice maximum.
- l’erreur négative de mesure tombera de 10 % à 8 % ; par contre, pour un courant de 0,7 milliampère on obtiendra une erreur positive de 10 % , et ainsi la courbe des erreurs sera celle en pointillé (b) de la figure 2. Si, enfin, on 11’intercale que la moitié de la résistance (curseur dans la position milieu) le courant additionnel ne comportera plus que o,35 milliampère. La courbe a donnera une augmentation de charge :
- Pour 2,5 % de la charge, de 10 %
- » 5 % » 5 %
- » 10 % . » 2,5 %
- Ceci revient à dire qu’à partir de 2,5 % de sa charge, le compteur d’intensité enregistrera des valeurs exactes (voir fig. 3).
- Comme il a déjà été établi plus haut, un compteur d’intensité sans courant additionnel ne démarre qu’à 1 % de la pleine charge (1,4 milliampère), avec un courant additionnel de 0,7 milliampère, à o,5 % . On 11e craint, dans ce dernier cas, aucun risque de marche à vide pour une surcharge éventuelle sur le réseau de 20 % , car
- vs «
- soft
- Charge
- foàfo
- Fig. 3. — Courbe des erreurs d’un compteur d'intensité avec compensation de frottements (avec la moitié de la résistance intercalée).
- par exemple. D’après les données courantes, on peut admettre, pour le shunt (4) de la figure 1 (dont la ; résistance est variable, suivant.la' position du cùrseur placé sur la résistance de compensation [3]), une résistance, de 63 000 ohms pour une tension de 220 volts et une intensité de 3 milliampères (diamètre du fil 0,06 millimètre). Les rapports des résistances entre l’induit (4 ohms) d’une part, la dérivation (0,07 ohm) et avec la bobine de compensation (i ohm) sont tels que (pour les positions extrêmes du curseur sur la bobine), on obtient, (curseur dans le voisinage delà dérivation [1]), un couplage parallèle de rapport 5 ohms et 0,07 ohm, tandis que dans la position extrême (curseur dans le voisinage de l’induit), il accuse 4 ohms et 1,07 ohm. Par conséquent, dans le premier cas, le courant additionnel traversant l’induit est de 0,07 milliampère; dans le deuxième cas, de 0,7 milliampère. Pour une intensité de 0,07 milliampère
- le courant additionnel ne s’élève alors- qu’à 0,84 milliampère, alors qu’il est nécessaire d’avoir 1,4 milliampère pour réaliser la décharge.
- La figure 4 représente un compteur d’intensité avec compensation de frottements, la figure 51e même compteur à double tarif, la figure 6 un distributeur automatique avec compteur à compensation de frottements.
- La figure 7 montre un double compteur pour installations à 3 lignes nécessitant pour chaque ligne un induit et une dérivation. Un tel compteur consommera au démarrage une puissance de 11 watts (le démarrage d’un induitayant lieu pour o,25 % de la puissance totale) ; ce compteur étant étudié pour 2X10 ampères et 2 X 220 volts c’est-à-dire pour 4 5oo watts il donnera des valeurs exactes de lecture à partir de5o watts. Si on compare ce compteur avec un compteur dynamo-métrique de puissance, on constatera que la consommation de ce dernier au démarrage sera de 5o watts
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- et ne donnera des valeurs exactes de lectures qu’à partir de 220 watts ; de plus, l’énergie dépensée pour vaincre les frottements s’élève à 1,8 watt pour le compteur à 3 lignes, celle du compteur de puissance est de 7 watts, autrement dit, avec un
- les plus courantes sont 112 et 22ovolts. Le réglage du compteur d’intensité avec compensation de frottements est semblable à celui des compteurs ordinaires, il s’établit à l’aide d’un curseur placé sur la dérivation (t), celui de la bobine (3) sert à
- Fig1. 4. — Compteur d'intensité pour courant continu avec compensation des frottements.
- Fig. 5, — Compteur d’intensité à double indicateur avec compensation des' frottements.
- Fig. 6. — Distributeur automatique pour courant continu avec compteur à compensation des frottements.
- Fig. 7. — Compteur double à courant continu (pour installa-, tions à 3 conducteurs, ou pour lumière et force motrice.)
- compteur d’intensité, on réalise une économie d’environ 45 kilowatts-heure par an.
- On peut, certes, émettre certaines objections sur les compteurs d’intensité, ceux-ci ne permettant point de vérifier les variations de tension qui surgissent sur le réseau; celles-ci, cependant, ne sont point si considérables au point d’interdire l’établissement d’une tension moyenne. La pratique des essais de diverses usines électriques a permis d’adopter des tensions déterminées dont
- rectifier l’erreur positive du compteur qui atteint ordinairement 1 à 2 % . Le couple actif du compteur que l’on vient de décrire est de 12 grammes par centimètre pour une vitesse de 120 tours par minute et un poids d’induit de 40 grammes. L’énergie perdue pour compenser les frottements atteint 0,4 watt par 100 volts.
- R. B.
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- T. XXX (2* Série). — «T-34.
- Pompe pneumatique Globe Johnston, rotative et sans soupape.
- Bien que cette pompe ne soit pas électrique nous avons cru intéressant d’en donner la description en raison de l’originalité de sa construction.
- Cette pompe, véritablement rotative et sans aucun organe d’obturation, peut fonctionner soit pour faire le vide, soit comme compresseur ou soufflerie. Elle utiliseun joint hydraulique réalisé par une mince lame d’eau adhérant par la force centrifuge à la paroi du corps de pompe.
- Les organes essentiels en sont :
- a) Le rotor (fig. i), moulage en forme de roue sur lequel est fixée uneoouronneprésentant deux gorges hélicoïdales profondes à pas contraire, se rejoignant dans le plan médian de la roue. Ces gorges sont compartimentées en cellules par des cloisons radiales partant de la périphérie de la
- Fig. i. — Rotor de la pompe.
- rone et n’atteignant qu’à moitié de la profondeur de la gorge ;
- b) Le tambour (fig. a et. 3) enveloppant le rotor et faisant office de corps de pompe ;
- c) \?enveloppe extérieure qui n’a qu’un rrtle de protection contre l’encrassement des organes mobiles.
- Le rotor a est boulonné aux brides de l’arbrè en deux pièces, dont l’une tubulaire pour l’aspiration. La figure a montre comment il tourne, par l’intermédiaire de roulements à billes, sur des moyeux intérieurs à l’enveloppe c et venus de fonte avec elle.
- Le tambour b est monté de même, fou sur des portées excentrées par rapport à l’arbre. C’est un cylindre tangent extérieurement à la périphérie du rotor et ouvert à ses deux extrémités.
- Pour se servir de la pompe, on commence par introduiredansle tambour, au moyen de l’ajutage d, de l’eau jusqu’au niveau du bord inférieur de l’ouverture latérale du tambour ; puis on met le moteur en rotation.
- Par frottementcomme parentraînement direct au moyen de ses cloisons radiales, le rotor entraîne, dans son mouvement, de l’eau qui, en réagissant à son tourpar frottement sur le tambour fou, le force à tourner aussi. En un quart de minute environ, rotor et tambour tournent en entraînant l’eau qui se distribue en une couche d’épaisseur uniforme sur la paroi interne du tambour.
- Les cloisons radiales, formant palettes, du rotor, dans leur mouvement de rotation, plongent de plus en plus dans cette lame d’eau en approchant de la génératrice supérieure du tambour, pour en sortir progressivement ensuite. Cela revient à créer, dans les gorges en hélice du rotor, un mouvement de flux et de reflux de l’eau qui détermine une suction de l’air par l’axe creux, l’intérieur du tambour et, de là, par l’intervalle séparant les deux gorges à pas opposés.
- A la partie inférieure du rotor, les palettes sont hors d’eau et, par conséquent, il s’établit une communication autour de la naissance de la gorge (plan médian du rotor) entre l’aspiration et les gorges en hélices, communication vite interceptée par la plongée des palettes dans la lame d’eau lorsque ces palettes remontent. Une certaine masse d’air se trouve ainsi emprisonnée dans les gorges hélicoïdales et chassée de l’avant par suite de la réduction continue de l’espace libre entre l’eau ci le l'ondde ces gorges. C’est ce qui produit l’action de pompage. L’air emprisonnéestcanalisé par les hélices aux extrémités desquelles il se décharge. Il commence à s’échapper du rotor au point où le bord extérieur de la couronne f sort de la lame d’eau ; à cet instant, la communication | s’établitjentre les gorges hélicoïdales et l'intérieur
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- du tambour; l’air refoulé s’échappe de ce dernier par les ouvertures g.
- Les deux gorges hélicoïdales à pas contraires étant elles-mêmes doubles, il se produit deux évacuations d’air par révolution. Quant à la disposition symétrique de ces gorges, elle a pour but de supprimer la poussée axiale.
- une tôle n° 22 (S. W. G.) et à bords abattus. Les dépressions étaient mesurées au manomètre à mercure.
- La consommation de courant pour divers degrés de vide peut se déduire des chiffres ci-dessous si l’on tient compte du fait que la marche à vide absorbait 4,5 ampères. Les essais ont été
- Fig. a. — Coupc axiale. Fig. 3. — Coupe transversale.
- Dans cette pompe, il n’y a, pour ainsi dire, aucun frottement de l’eau sur le rotor ou sur les parois du tambour, car il n’y a aucun mouvement sensible de déplacement circulaire relatif ; il n’y a pas, non plus, de parties frottantes.
- Comme la constance du débit dépend de celle du niveau d’eau, on maintient cette dernière en alimentant constamment le tambour par la tubulure d et en évacuant le trop-plein par un siphon h.
- Cette pompe a été soumise, en avril dernier, à divers essais en l’accouplant directement à un moteur électrique continu à 460 volt6, faisant 1 000 tours par minute. L’aspiration se faisait par des orifices de divers diamètres pratiqués dans
- faits à une altitude de 4 m. 5o à 6 mètres et sous une pression barométrique de 775 millimètres.
- Degré Ampères
- de vide. (total)
- Tuyau fermé complètement.. 753 ram 28
- Orifice de 1,6 millimètre.. . 73o » 28
- » )> ... 720 6/|2 »
- )> 6,4 » » 25
- y> ia,7 )) ... 383 y> 20
- » 16 » 298 » 16
- » l9 )) ... *97 » 12
- » 3 a ))
- (tuyau ouvert) l9 » 8
- (.Engineering, a3 juillet igi5.)
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- T. XXX (2* Série). — N° 34.
- LÉGISLATION
- Osram contre Pope. — Un procès en contrefaçon plaidé en Angleterre.
- Il s’est plaidé, en juillet dernier, devant la cour de Londres (juge : M. Joyce), un procès encontre-façon intenté par la Société des lampes Osram (Osram Lamp Works, Ltd) contre la Société des lampes Pope (Pope’s Electric Lamp Co). La plaignante agissait comme propriétaire d’un brevet délivré sous le n° 238999, en I9°4> ® MM. Just et Ilaneman, pour un procédé de fabrication de lampes à filament de tungstène pur.
- L’objet dudit brevet peut se condenser dans l’extrait suivant de la spécification :
- « Pour la fabrication de filaments de ce genre, du tungstène ou des composés de tungstène finement divisés, tels que tungstite, acide tungstique ou sulfure de tungstène, sont mélangés à un liant organique tel que collodion, ou solution de cellulose dans le chlorure de zinc, ou liqueur ammoniaco-cuprique, ou autre analogue, et, de la pâte, on fait, à la manière ordinaire, des filaments qui sont ensuite carbonisés, en certains cas après dénitrification. Les filaments ainsi obtenus, constitués de tungstène et de carbone, sont alors soumis au traitement suivant :
- « Tout d’abord, le carbone qui n’a servi que d’agglomérant est éliminé en soumettant les filaments au passage du courant électrique dans une atmosphère de vapeur et d’hydrogène et en les portant ainsi à haute température. Par ce traitement, le carbone est complètement oxydé et transformé en acide carbonique et l’on a comme résidu un filament de tungstène. Ces filaments sont alors rendus uniformes d’nne manière similaire à celle employée dans le traitement des filaments ordinaires de charbon en les soumettant à l’action du courant dans une atmosphère de composés volatils du tungstène, en présence d’une grande quantité d’hydrogène, de telle façon que le tungstène, en se déposant, égalise les filaments. Les filaments rendus ainsi uniformés sont scellés dans des ampoules de veî're à la manière ordinaire et l’on fait le vide dans ces dernières. »
- La reproduction des articles de la
- La discussion de cette aiïaire à laquelle ont pris part un certain nombre d’experts a occupé plusieurs audiences. La Société plaignante a été déboutée de sa plainte et condamnée aux dépens, le tribunal considérant qu’il n’y a pas-eu contrefaçon, le procédé employé par la Société défenderesse pour l’obtention des filaments étant totalement différent de celui décrit au brevet qu’exploite la Société demanderesse.
- Ce jugement est basé sur les constatations suivantes : tandis que le brevet emploie, pour produire le filament initial, une pâte ayant la consistance de la mélasse, la Société Pope part d’une pâte beaucoup plus épaisse (où le carbone ne joue qu’un rôle sans importance, a dit un expert).
- En second lieu, la spécification indique que la carbonisation se fait à la manière ordinaire, et il n’apparaît pas que les défendeurs fassent de même. Le tribunal estime qu’il est douteux que ceux-ci emploient la série d’opérations, ou même quelques-uns des procédés décrits au brevet. Ils ne font pas passer de courant dans les filaments mais les chauffent en masse dans un four à chauffage électrique. Ils n’opèrent pas non plus dans une atmosphère de vapeur et d’hydrogène, au sens où l’entend le brevet, mais bien dans une atmosphère d’hydrogène pur; et la plaignante allègue à tort la présence d’une quantité infime de vapeur d’eau dans l’atmosphère en question, puisque cette vapeur est précisément la résultante de l’opération.
- Le tribunal va plus loin et déclare que, s’il y avait eu lieu de statuer sur la validité du brevet lui-même, il aurait eu de graves doutes à son égard, non seulement quant à l’objet du brevet, mais quant à l’insuffisance des instructions données par les brevetés pour la mise en œuvre de leur invention.
- Au cours des débats, on avait opposé, en effet, au brevet en question, l’antériorité du brevet anglais n" i538, année 1898, de Auer von Wels-bach, relatif à la fabrication de filaments d’osmium par un procédé analogue à celui décrit, pour les filaments de tungstène, par Just et Haneman.
- Lumière Électrique est interdite.
- Paris. — imprimerie levé, t7, rite cassette.
- Le Gérant : J.-B. Noü'et.
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- Trente-septième année
- SAMEDI 11 SEPTEMBRE 1915.
- Tome XXX (2* série). N» 35
- La Lumière Ele
- SOMMAIRE
- PAUL BESSON et VICTOR CAMBON. — Vers l’expansion industrielle................... 241
- J. REYVAL. — Le chemin de fer électrique de Münster à la Schlucht (Alsace).......... 253
- Publications techniques
- Electrométallurgie
- Le fer électrolytique : sa fabrication indus-
- ue
- trielle; ses propWStéBa ç4?qs emplois. —
- L. Guillet................................ a5p
- Applications mécaniq ues
- Electricité et aviation.................... 262.
- Radiotélégraphie
- Dispositif d’appel de télégraphie sans fil. 2.63
- VERS L’EXPANSION INDUSTRIELLE
- Comme suite à la publication faite dans notre Numèt o du 31 juillet de la conférence de M. Victor Cambon « Vers l’expansion industrielle », nous donnons ici quelques extraits de la communication de M. Paul Besson « Sur l’organisation et le développement nécessaires de l’Industrie Chimique et des Laboratoires », faite à la Société des Ingénieurs civils de France.
- Bien que ces différentes communications sortent un peu du cadre de notre Revue nous avons cru devoir reproduire in extenso la discussion à laquelle elles ont donné lieu ainsi que les réponses de M. Victor Cambon, en raison de la grande importance que présente pour l’avenir de l’industrie fran-
- çaise l'étude des questions d’organisation générale.
- Inorganisation et le développement nécessaires de l’Industrie chimique et des Laboratoires.
- Quelques maîtres éminents, frappés, il y a un quart de siècle, de la lacune de notre enseignement, organisèrent, grâce au concours decertains industriels, des cours de science appliquée ; c’est ce qu’a fait à Nancy, en 1887, M. le professeur Haller; à Lyon, le professeur Raulin ; à Paris, le professeur Friedel, etc. Ces maîtres, avec des moyens très faibles, sont arrivés à organiser un enseignement pratique. On ne peut pas dire que leurs efforts aient reçu à l’origine le concours de l’Université, qui prétendait que leur enseignement tendait à abaisser le niveau des études supérieures en introduisant des contingences d’ordre commercial indigne d’elle!
- Quelques années auparavant, M. Lauth avait fondé en 1882 l’Ecole de Physique etChimiede la Ville de Paris, qui, sous sa direction, celle de
- Schutzenberger et celle de M. Haller, a su conserver, avec un niveau scientifique élevé, un caractère nettement industriel.
- Ce dernier caractère n’est pas absolument aussi net dans la plupart des Instituts de Chimie appliquée rattachés aux Universités ; peu à peu certains professeurs de science pure ont subi la tendance qui les ramenait à l’enseignement plus théorique que pratique.
- 11 sera nécessaire à mon avis d’avoir un enseignement double, une véritable Ecole supérieure de Chimie appliquée où les anciens élèves de la Faculté des Sciences, ayant reçu une instruction technique suffisante, et les élèves des grandes Ecoles, pourront venir compléter leur instruction comme à l’Ecole supérieure d’électricité, et au-dessous de cet enseignement, les Ecoles et les Instituts actuels très développés comme installation et améliorés comme recrutement.
- 11 est vraiment affligeant de voir où l’Institut
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- de Chimie appliquée de l’Université de Paris avait ses laboratoires ; ceux de vous, Messieurs, qui connaissent la masure croulante de la rue Michelet, peuvent mesurer en quel estime était tenu l’enseignement de la chimie en France! J’ai beaucoup fréquenté, il y a quinze ans, l’Ecole de Physique et Chimie ; le laboratoire où Curie a fait ses magnifiques travaux était une glacière l’hiver, une serre l’été; l’eau y pénétrait de tous côtés. Les bâtiments construits, il n’y a pas plus de vingt ans cependant, rue Cuvier, comme annexe de la Faculté des Sciences, furent insuffisants dès l’origine.
- Il en est malheureusement presque toujours ainsi en France; on ne prévoit jamais la croissance et l’extension.
- Je sou haite que, dans les Instituts en question, certains industriels professent à côté des maîtres actuels et que ces derniers, par une collaboration féconde avec l’industrie, tout en améliorant leur situation matérielle, puissent connaître de plus près les nécessités de l’industrie. C’est par une pénétration réciproque de laSoienceetde l’Industrie que l’Allemagne a développé sa force économique.
- La découverte scientifique est de grand mérite; mais celui qui met au point un procédé nouveau n’a pas moins de mérite, car il a besoin d’un travail soutenu et de connaissances générales, souvent très étendues, dans des branches variées que souvent l’inventeur ignore.
- Si le reproche que j’ai adressé aux pouvoirs publics de ne pas avoir compris l’importance du haut enseignement technique est fondé, il n’est pas moindre que celui que l’on peut faire à l’industrie elle-même, qui, malheureusement, ne se libère pas d’un empirisme d'un autre âge.
- Bien des fois, les usines traitant chimiquement des corps ne possèdent pas de chimistes.
- Dans certaines tanneries, on prépare les cuirs comme il y a cent ans et si, par hasard, on adopte un nouveau procédé, on est tout étonné de voir que ce qui marchait en tel lieu ne marche pas en un autre, parce que les données du problème ne sont pas les mêmes.
- On fait les émaux de céramique souvent sans contrôle et au petit bonheur; le verre, les vernis, la peinture, etc.
- .le connais certains fabricants, utilisant de grandes quantités de produits chimiques et qui demandent des produits présentant un aspect
- physique particulier, sans savoir pourquoi, prétendant que, si le produit est amorphe, il ne peut remplir le môme usage que s’il est cristallisé; l’un et l’autre devant en fin de compte être dissous dans l’eau. Le produit amorphe, étant plus concentré, pourrait être utilisé sous un poids plus faible et amènerait une réduction importante dans le prix de revient.
- Parfois, les cristaux de soude sont acceptés exclusivement alors que le carbonate Solvay serait meilleur!
- C’est que le laboratoire de contrôle fonctionne rarement: si on en possède, c’est le parent pauvre relégué dans un coin de l’usine, on lui demande de se faire oublier en coûtant le moins possible.
- Il ne contrôle, quand il en est capable, que quelques parties de la fabrication ; il voit rarement des ensembles.
- M. le professeur Haller a reçu des demandes de chimistes ou de garçons de laboratoires, capables de faire des dosages!
- Le reproche que je viens de faire ne s’adresse pas simplement aux industries chimiques; combien avons-nous de grandes industries qui ne contrôlent ni leur charbon, ni l’eau, ni les huiles qu’elles emploient par tonne, et qui, pour n’avoir pas voulu faire une faible dépense, se trouvent en présence de réfections de grilles, de chaudières ou de machines, qui coûtent des centaines de mille francs.
- M. Victor Cambon a rendu un juste hommage à l’industrie automobile française qui occupe une place tout à fait remarquable dans le momie.
- Que ne doit-elle à nos collègues et amis Lumet et Guillet qui, chacun dans sa sphère, ont conduit à la meilleure utilisation de toutes les matières? On est en présence ici non simplement d’un laboratoire de contrôle mais d’un laboratoire de recherche. Ce type est encore bien moins fréquent en France.
- L’Allemagne en possède à profusion ; il en est de grands comme de véritables usines qui reçoivent, sous le contrôle des maîtres les plus éminents, une foule d’étudiants se pliant pour débuter à des besognes les plus infimes. Ces jeunes gens cherchent à obtenir le titre envié de Dohtor,grâce à la préparation AzYInaugural Dissertation, mince thèse qui doit couronner leur œuvre. Le llerr Pro/essor leur a distribué une part infime d’une tâche plus vaste, chacun apporte
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- à l'œuvre son travail sans chercher à se taire valoir. Un document s'ajoute à des milliers d’autres. Les industriels qui subventionnent le laboratoire profitent de ses découvertes et ils savent intéresser les inventeurs dans les bénéfices de leurs exploitations.
- Une des principales raisons, qui ont permis en Allemagne le développement des grands laboratoires de recherche, vient de la concentration de grands capitaux dans une même industrie. En France, nous sommes très individualistes et nous sommes en présence de beaucoup de petites industries qui, au lieu de se grouper et d’améliorer leurs conditions de fabrication, cherchent au contraire avec une sotte vanité à se concurrencer vis-à-vis de la clientèle intérieure, sans avoir l’air de se préoccuper même de l’exportation.
- On a écrit de nombreux factums sur le mérite des industries familiales; à mon avis, ces industries doivent disparaître peu à peu et seule la coopération et la constitution d’organismes puissants permettra la lutte à armes égales contre l’industrie allemande et l’industrie du nouveau monde. Procéder autrement, c’est se vouer au désastre.
- Seule, la grande industrie est capable d’organisation; elle seule peut assurer le salaire régulier et rémunérateur, la vie matérielle meilleure, à la classe ouvrière.
- La question des logements à bon marché, des cités-jardins, des hôtels populaires prend une importance croissante dans nos préoccupations. Ce que la grosse industrie, comme celle des mines et de la métallurgie, a fait, nous montre l’avenir
- Une des causes principales de l’extension de l’industrie chimique en Allemagne vient des publications extrêmement nombreuses qui paraissent en la matière, et de la place que les Allemands tiennent dans les Congrès internationaux; ils s’y pressent en foule, les documents qu’ils apportent sont innombrables. Tous ne sont pas originaux, c’est très certain ; l’Allemand est un pillard intellectuel ; mais peu importe, il arrive souvent que nos propres nationaux se font inconsciemment les propagateurs de faux en attribuant sans contrôle à tel ou tel auteur allemand un travail qu’il n’a fait que reprendre. Quoi d’étonnant alors que l’Allemand fureteur ne s’empresse d’enregistrer le document où il se voit attribuer un titre auquel il n’a aucun droit.
- Même actuellement, on voit s’étaler dans la presse française ou anglaise les plus grossières erreurs. On y lit que l’Allemagne, grâce au mérite de ses chimistes, vient de faire telle ou telle découverte scientifique admirable, digne de Wells. Hier, c’est la fabrication de l’aluminium en partant de l’argile ordinaire; aujourd’hui, la fabrication du soufre tiré du plâtre; demain, la glycérine extraite du lard, pourquoi pas du foie gras. Tout cela est connu, archi-connu; le mérite de ces traitements est de coûter les yeux de la tête, mais il n’y a rien de sensationnel. La vérité est suffisante telle qu’elle est; c’est grâce à son industrie chimique que l’Allemagne a pu, depuis un an, assurer à son armée ce qui lui est nécessaire comme explosifs et poudres.
- *
- * *
- Discussion de la conférence de M. Victor Cambon « Vers l’expansion industrielle ».
- ClUTIQUKS DE M. IIlLLAIlîET.
- J’ai eu le regret de ne pouvoir assister à la dernière séance, et n’ai eu connaissance de la communication de M. Cambon que par le procès-verbal.
- La lecture de celui-ci m’a donné l’impression que M. Cambon comparait l’industrie allemande d’aujourd'hui à l’industrie française d’autrefois, d’il y a trente ou quarante ans.
- Si la communication de M. Cambon n’avait pas franchi les limites de cette enceinte, il n’y aurait eu que demi-mal; malheureusement, elle a été reproduite par la presse quotidienne qui, si j’eusse été un profane, m’aurait ainsi donné une lâcheuse opinion de l’industrie française.
- Je vais reprendre rapidement quelques paragraphes de cette communication.
- M. Cambon prône, chez les Allemands, « l’ardeur au travail, l’orientation méthodique de l'effort, la progression etla diversité de l’enseignement, le calcul incessant de toute opération, du rendement maximum, l’exclusion de l’empirisme, etc. »
- Je ne vois pas que ce qui précède puisse s’appliquer uniquement aux Allemands ; notre existence d’ingénieurs proteste suffisamment contre cette manière de voir. -Les Ingénieurs français n’ont-ils pas créé le calcul de la résistance des matériaux ? Des calculs de tous genres
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- ne sont-ils pas indispensables à l’exécution de nos travaux ? Je n’insiste pas.
- M. Cambon estime que, « sans le cataclysme qui secoue notre vieux monde jusqu’en ses fondements, nos industriels et nos commerçants eussent poursuivi leurs tranquilles et médiocres affaires jusqu’au jour où la concurrence allemande les eut exterminés les uns après les autres ».
- Qui de nous, industriels, n’ignorait la concurrence allemande et ne s’en préoccupait ? Si nous n’avons pas ignoré les affaires médiocres, pouvons-nous dire que notre existence s’écoule tranquille ? Combien succombent à la peine ?
- J’ose à peine relever l’appréciation de M. Cambon sur les industries dont le concours est indispensable à la Défense Nationale : c’est les méconnaître que d’en parler avec de tels écarts.
- « La division du travail pour les ouvriers et pour les chefs, l’exécution du travail du jour et la préparation du progrès du lendemain, la documentation par la bibliothèque de l’usine », sont-elles l’apanage exclusif des établissements industriels allemands ? Ne les trouve-t on pas, à des degrés divers, dans nos propres établissements ? Quel chef d’industrie ou ingénieur en chef n’est obligé de se documenter lui-même et d’indiquer à son personnel les sources d’une documentation indispensable ? Si notre bagage scientifique et technique tend à s’alléger quelque peu d’un côté, à mesure que nous avançons dans la vie, il s’accroît aussi de l'autre,. S’il n’en était pas ainsi, nous serions relégués dans le néant avec nos industries.
- J’arrive au morceau de résistance de M. Cambon : « Que dire |de l’aménagement de trop de nos usines ? Mal situées, encombrées, rapiécées, inextensibles, sans moyen mécanique de manutention, elles fonctionnent pour ainsi dire à bras d’homme... » Malgré la légère restriction du début, un profane ne pourra s’empêcher de voir dans ces lignes le tableau général des usines françaises : faut-il laisser se propager cette impression ?
- Depuis une trentaine d’années, le nombre est devenu considérable des usines bien aménagées, bien situées et pourvues de moyens mécaniques dex manutention : la plupart des usines ne pourraient plus vivre autrement.
- Un pays neuf comme l’Allemagne' ne possède guère que des usines neuves, c’est entendu,
- tandis qu’un pays vieux ne peut pas ne pas posséder encore quelque vieux matériel. Le remplacement de celui-ci ne doit s’effectuer qu’avee mesure, à la balance des besoins et des ressources, sans sacrifier de parti pris ce qui est vieux et encore utile.
- Ai-je besoin de rappeler les belles installations de nos grands établissements miniers et métallurgiques, qui ne le cèdent en rien aux installations similaires allemandes ? Notre Société ne se souvient-elle plus de la visite aux mines de Lens, dont le courageux directeur, notre ancien président M. Reumaux, est encore séparé de nous par la colline de Notre-Dame-de-Lorette ; de la visite aux mines de Béthune où notre ancien président, M. Mercier, se prodigue depuis tant de mois avec une intrépide vaillance pour assurer la vie de ceux qui l'entourent, malgré un incessant bombardement ; de la visite aux mines et établissements métallurgiques de l’Est ?
- Notre industrie du bassin de la Loire, premier fleuron de la métallurgie française, n’a-t-èlle pas de longue date poursuivi le développement do son outillage et celui-ci n’est-il pas actuellement dans son ensemble, à la hauteur de la plus lourde des tâches?
- La construction automobile est-elle la seule industrie française qui soit bien outillée, comme l'affirme expressément M. Cambon ?
- Et les autres, dont les produits frappent moins directement les yeux du public ?
- Et le Creusot, notre Creusot national, entourant son glorieux passé d’installations puissantes disséminées en différents points du territoire, et la Société Alsacienne, et Fives-Lille, et la Société des Batignolles, et Cail, et la Société Franco-belge, et les Forges de Douai, et nos ateliers de wagons, pour ne parler que des constructions mécaniques, les laisserons-nous dans l’ombre du tableau poussé au noir de M. Cambon ?
- Dois-je dire encore une fois que l’industrie électrique française n’a besoin d’aucun secoure de l’étranger, et qu’elle dispose au contraire de moyens d’exécution surabondants, comme je l’ai montré dans une récente communication à la Société d’Encouragement ? Les vétérans de cette industrie, les Gramme, les Sautter-Harjé, les Bréguet sont là pour nous le prouver avec Belfort, Nancy, Jeumont et bien d’autres.
- Enfin, M. Cambon réédite une légende qui, comme toutes les légendes, a son origine dans
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- une réalité ancienne : « Nous laissons généralement le client, à qui cela déplaît fort, se débrouiller au milieu des questions de fret, d’assurances, de change, de douane, etc. »
- Encore une allégation inexacte.
- Tout établissement industriel ou commercial français se livrant d’une façon régulière à l’exportation, possède très complètement le jeu et les tarifs des frets, des assurances, des changes et des douanes. Rien n’est d’ailleurs plus simple en temps normal : nos clients actuels et nos futurs clients le savent fort bien. Les transits, les ports d’embarquement et les départs de bateaux n’ont plus de mystère pour personne : n’avons-nous pas usé trop souvent au départ d’Anvers d’un pavillon indésirable'.’
- Pour les Allemands, les questions de transport et de crédit étaient subordonnées au principe de l’exportation à tout prix : on sait ce qu’en a coûté la mise en pratique excessive. Soyons plus pondérés.
- Nous devons apporter ici des paroles de réconfort et non des paroles décevantes, donnant une fausse impression de la réalité.
- Ne nous frappons pas injustement la poitrine : pour le moment, nous avons un autre but à atteindre.
- Réponse de M. Victok Camsox.
- M. Iiillairet a porté un certain nombre de critiques sur ce que j’ai dit. Je crois que la plupart sont mal fondées. 11 faut critiquer ce que j’ai critiqué moi-même, c’est-à-dire la masse de nos concitoyens au point de vue industriel et non pas l’élite qu’il a citée. Si M. Iiillairet avait bien voulu lire les livres que j’ai écrits sur l’industrie française, il aurait vu que j’ai précisément cité comme des modèles les maisons qu’il a indiquées tout à l’heure, tandis que j’ai eu l’occasion de blâmer, et je continue à blâmer, ceux qui sont restés dans les errements anciens. ,1e prétends que la plus grande partie de nos industriels français, je parle surtout des petits et des moyens, sont restés dans les anciennes routines, et je considérerais comme extrêmement dangereux de leur laisser croire qu’ils sont dans le vrai. Il y a, en France, une élite qui agit magnifiquement, mais ce n’est qu’une élite trop peu nombreuse, tandis que la masse est restée confinée dans ses vieilles méthodes et dans son empirisme, et je crois qu’il n’y aurait rien de
- plus fâcheux de la part de la Société des Ingénieurs Civils de France que de leur laisser croire qu’il faut continuer dans la même voie. (A pp la u disse m en/s.)
- Inteuvention de M. Bakiset.
- M. Cambon est venu développer, devant des ingénieurs français, des critiques qui sont surtout d’ordre commercial. Que les méthodes commerciales de nos industriels soient souvent critiquables, surannées, trop timides, il y a beaucoup de vrai là dedans. Mais, glissant sur la pente dangereuse de la généralisation, M. Cambon a versé dans la critique de la technique elle-même, de ce qui est le rrtle de nos ingénieurs. Halte-là ! M. Iiillairet a cité une longue liste d’industries dont l’outillage et dont les procédés techniques n’ont rien à envier, tant s’en faut, aux industries similaires allemandes.
- Qu’il me soit permis de faire la même revendication pour les grandes industries agricoles, dont je me suis fait l’avocat à cette tribune il y a quelques années. Nous pouvons saluer, aujourd’hui, la présence au bureau de M. Léon Lindet, president de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, ancien président de l’Association des Chimistes de sucrerie et de distillerie. Il serait particulièrement qualifié pour attester que ces deux industries françaises ne craignent pas les comparaisons. Leurs, méthodes techniques, leur minutieux contrôle chimique de toutes les opérations, leurs appareils qu’elles doivent presque uniquement au génie français, l’utilisation rationnelle et complète de tous leurs sous-produits, tout cela est irréprochable au point de vue industriel."
- Seules, les méthodes commerciales diffèrent totalement de celles de l’Allemagne. Nos industriels ont beau se syndiquer pour la défense de certains intérêts corporatifs, ils restent néanmoins d’irréductibles individualistes et s’acharnent à concurrencer leur voisin pour l’achat des matières premières, pour la main-d’œuvre, pour la vente de leurs produits.
- Nouvelle iiépoxse de M. Yicrou Cambox.
- Je remercie M. Barbet, qui a remis les choses au point. Je crois que je ne pouvais pas trouver une meilleure confirmation de ce que j’ai dit que les paroles qu’il vient de prononcer, et j’en voudrais extraire particulière-
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- ment un mot, qu’il n’a pas prononcé, mais qu’il avait, je pense, sur les lèvres : celui d’organisation. Ce qui fait la force des Allemands — je le répète, et je le répéterai toujours, et c’était tout au long dans la communication que je viens d’entendre — c’est l’organisation ; c’est par là qu’ils ont triomphé, et c’est par suite de manque d’organisation que nous pâtissons.
- Depuis la dernière communication que j’ai faite, j’ai reçu, à cet égard, deux à trois cents lettres la concernant; elles montrent, d’une façon évidente, qu’il se fait en France, en ce moment, une série d’efforts pour le relèvement de notre industrie, ce qui prouve bien qu’elle a besoin d’être relevée, et l’on voit dans toutes — il en est d’extrêmement intéressantes, et nous aurions là matière à plusieurs communications — que les efforts sont faits sans coordination les uns avec les autres. Nous avons, à l’heure actuelle, dans toutes les grandes villes de France, un grand nombre de personnes qui veulent reconstituer l’industrie française, la restaurer, l’organiser, et qui ne trouvent pas d’organisation.
- 11 faut un centre à cette organisation, il lui faut un lien commun; il lui faut un organisme qui serve de crible à toutes les idées qu’on émet, car il y en a de très intéressantes, mais aussi beaucoup d’absurdes et d’irréalisables.
- Tous ceux qui présentent des idées, qui ont une bonne volonté évidente, ne feront rien de bon, si on les laisse aller chacun de leur côté. Vous l’avez dit vous-mêine à la dernière séance, Monsieur le Président, ce ne sont pas des efforts qui s’harmoniseront; ce sont des efforts qui se contrarieront les uns les autres.
- 11 serait donc bon que, dans notre Société des Ingénieurs Civils de France, il y ait une section ou une commission — appelez-la comme vous voudrez — à laquelle pourront s’adresser tous ceux qui cherchent leur voie. Je crois qu’il est dans les attributions de la Société des Insé-nieurs Civils de France, plus que dans celles de toute autre société, de faire cet effort, c’est-à-dire de guider les volontés un peu chancelantes ou plutôt trébuchantes, car elles ne savent pas très bien où elles veulent aller. Il faudrait qu’elles trouvent un conseil à la Société des Ingénieurs Civils de France. Ce n’est pas un programme que j’expose, c’est un désir que je manifeste, car il ne semble pas qu’après les discussions de la '
- dernière séance et d’aujourd’hui nous puissions rester sur ces questions sans conclure et sans agir.
- Un de mes correspondants écrivait : « Vous allez peut-être sourire de ce que je vous dis, mais au commencement, il n’y avait pas le Verbe, il y avait l’Action », et c’est par là qu’il terminait la lettre dans laquelle il me parlait du relèvement de notre industrie.
- Nous avons eu le Verbe dans les dernières séances. Aujourd’hui, je vous demande de commencer l’Action.
- * ¥
- M. Victor Camion nous communique en outre les observations suivantes :
- Aux critiques inattendues de M. Ilillairet à la réunion de la Société des Ingénieurs Civils le 3o juillet, j’ai répondu en bloc, ne voulant pas accaparer la séance de ce jour après avoir occupé presque tout entière celle du 23 juin.
- M. Hillairet a certainement compris que l’assistance était venue là, non pour assister à un tournoi entre lui et moi, mais avec le désir d’écouter la très captivante communication de notre collègue, M. Paul Besson.
- Aujourd’hui que\a Lum ière li leclriq ue veuthicn m’en offrir l’occasion, je n’ai plus de scrupule à entrer dans une réfutation plus détaillée car, si bienveillante que soit la considération dont j’entoure un collègue parvenu — quoique vert encore— à une situation enviable, je ne laisserai pas sans réponse des paroles d’une portée peu dangereuse sur les hommes intelligents etavertis, mais qui pourraient avoir une influence délétère sur les autres.
- Ce qu’il y a de mieux dans son réquisitoire, c’est le commencement. M. Hillairet ne se doute certes pas à quel point nous sommes d’accord quand il informe nos collègues que j’ai décrit l’industrie française d’il y a 3o ans. Lui, qui se fait fort de me montrer un certain nombre de petites usines bien installées, combien plus veut-il que je lui en fasse visiter, de petites ou de grandes, qui depuis 3o ans, depuis /|0 ans, ont changé de patron et d’ouvriers, mais de matériel non? N’eussé-je parlé que pour ces attardés que ma communication eût déjà été profitable à une bien nombreuse légion.
- Ceci étant, M. Hillairet se demande s’il est utile de propager cette impression, autrement dit
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- de révéler ces faiblesses. Eternelle question du « doit-on le dire !’ » que je laisse, à chaque lecteur, le soin de trancher suivant sa psychologie.
- M. Hillairet est moins heureux quand il affirme que les usines françaises disposent d’une littérature technique égale à celle des usines similaires allemandes. Comme je ne doute aucunement de sa sincérité, je suis forcé de conclure qu’il n’a jamais visité d’établissements industriels en Allemagne.
- M. Hillairet me voit tout à fait ému de l’avoir chagriné par la remarque incidente que les industriels qui fournissent aujourd’hui l’Etat s’enrichissent tandis que la guerre en ruine inévitablement tant d’autres.
- J’ai cependant proclamé à Très haute voix « qu’il y aurait une profonde injustice à ne pas reconnaître que notre industrie s’est vivement ressaisie après la mobilisation et que l’élasticité séculaire de notre race se retrouva tout entière dans cette passe difficile où il fallait tout improviser ».
- Mais quoi ? M. Hillairet voudrait-il me faire dire que le risque est égal à fabriquer des marmites et à les recevoir sur la tête:’ Je vois bien que 5oo ooo soldats français, hélas ! sont morts au feu, mais je n’ai pas encore lu qu’aucun fournisseur de l’armée fut mort à la peine.
- M. Hillairet s’étend avec une admiration que je partage sur la belle organisation de nos grandes sociétés industrielles. Je les connais aussi bien que lui, lui ai-je répondu; mais j’ajoute aujourd’hui : combien sont-elles en regard de celles que l’Allemagne peut nous opposer '
- M. Hillairet ne peut pas reconnaître qu’il y a encore beaucoup de maisons qui laissent à leurs clients exotiques le soin de se débrouiller dans les questions de fret, de douane, de monnaie, de change, etc. Sur ce point je m’effacerai modestement et renverrai notre collègue à nos ambassadeurs, à nos consuls, à nos conseillers du commerce extérieur, à tous nos nationaux établis à l’étranger. M. Hillairet peut douter de leur réponse, mais tout le monde la connaît d’avance.
- En résumé, M. Hillairet rejette sur les imperfections de nos méthodes commerciales les déboires qu’a pu traverser l’industrie française.
- Mais alors, si tout y est bien, si tout y est sans reproche, je demanderai, entre autres, à M. Hillairet, pourquoi il y avait, en 1908,à Berlin, 60 grosses locomotives en construction pour les grandes
- compagnies et les chemins de fer de l’Etat français, sans compter celles que l’on débarquait au même momentd’Ainérique; pourquoi nous allions acheter à Ludwigshafen l’alizarine pour teindre en rouge les culottes de nos soldats ; pourquoi l’outillage de nos belles fabriques d’automobiles vient en grande partie des Etats-Unis; pourquoi 80 % des machines à vapeur demi-fixes", si employées aujourd’hui dans la moyen ne industrie, sont de marque allemande ou anglaise;pourquoi les gros instruments de levage dans nos principaux chantiers maritimes, tels ceux de la Seyne, ont été construits à Dusseldorf ; pourquoi nos laboratoires de physique et de chimie achètent leurs appareils d’optique et leur verrerie de précision à Iéna et à llmenau; pourquoi, dans nos usines hydro-électriques, tant de turbines sont de fabrication helvétique; pourquoi notre Marine de guerre faisait commander des moteurs Diesel à Augsbourg; pourquoi enfin, à l’heure même où il développait ses critiques, M. Hillairet, qui est un électricien de marque, laissait l’A.E.G. s’emparer de toute l’industrie électrique en Portugal.
- Je m’arrête, croyant avoir donné à M. Hillairet assez d’éléments pourune réponse substantielle.
- Je croirais cependant manquer d’égards à mon autre collègue M. Barbet, en ne signalant pas son intervention, d’ailleurs tardive, dans le débat. M. Barbet est beaucoup moins tranchant que M. Hillairet, néanmoins lui aussi proclame que la faute est au commerce.
- Il cite notamment, comme des modèles, nos fabriques de sucre de betteraves. J’avoue que cette citation 111e déconcerte, car j’ai justement sous les yeux une statistique officielle qui montre qu’en 187/; l’Allemagne fabriquait 25o 000 tonnes de sucre et la France 5oo 000 ; poursuivant la lecture du tableau, je vois qu’en 1912 nous en avons produit 980 000 tonnes, c’est-à-dire un peu moins du double et l’Allemagne 2 750000, soit exactement onze fois plus.
- Je sais bien que là M. Barbet me dira que c’est la faute à l’agriculture. Aussi je n’insiste pas.
- Mais comment MM. Hillairet et Barbet ont-ils pu accepter, sans un sursaut dfi-ndignation, que M. Besson, qui défendait avec une documentation remarquable la même thèse que moi, ait apporté des constatations comme celles-ci :
- Bien souvent les usines traitant chimiquement des corps ne possèdent pas de chimistes. Dans certaines tanneries on prépare les cuirs
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- comme il y à ioo ans. On fait les émaux de céramique souvent sans contrôle et au petit bonheur. Certains fabricants demandent comme matières premières des produits présentant un aspect physique particulier sans savoir pourquoi. Le professeur Haller a fait dans le Nord des conférences pour engager les compagnies houillères à utiliser les sous-produits de la distillation de la houille ; la propagande du professeur Haller n’eut aucun résultat pratique.
- Tout cela n’est cependant ni du commerce, ni de l’agriculture.
- Les observations de M. Ilillairet paraîtront si extraordinaires que ceux qui les liront croiront à quelque vieille rancune entre nous. Et cependant je le prends à témoin qu’il ne me connaissait pas, et je puis de mon côté jurer que je ne l’avais jamais vu
- .le ne l’avais jamais vu ! Mais il me semble cependant que je l’avais déjà entendu dans le passé ; il me semble que je distinguais sa voix dans l’orphéon des optimistes qui nous endormait avant la guerre avec de décevantes berceuses.
- 11 chantait :
- Dormez, ministres éphémères de la République Française ; l’Allemagne est un artisan de paix et ne songe pas à nous nuire.
- Dormez, parlementaires clairvoyants, livrez-vous sans alarmes à vos chères intrigues ; le Reichstag vote des milliards pour son armée; mais c’est pour effrayer vos petits enfants.
- Dormez, heureux capitalistes; l’Allemagne vous demande votre argent parce qu’elle en manque et vous en regorgez.
- Dormez, industriels sans reproche ; l’Allemagne se ruine à vouloir supplanter vos produits ; elle ne peut déjà plus payer ses ouvriers.
- Dormez, ingénieurs féconds ; vous êtes i ooo Français contre 5o ooo Allemands; qu’importe? Le nombre n’est rien, la qualité est tout.
- Dormez, commerçants timides ; vous perdez çhaque jour quelque marché, mais, écœuré de la camelote allemande, le monde entier de lui-même bientôt vous reviendra.
- Dormez, petits Français, dormez sans inquiétude ; l’Allemagne oser vous attaquer! Honni so'it qui ose y penser !
- Et combien d’autres couplets encore qui nous avaient totalement assoupis.
- Et nous nous sommes réveillés — heureuse-
- ment à temps — au bruit des mitrailleuses allemandes qui crépitaient sur les bords de la Marne !
- Nous avons besoin aujourd’hui d’une autre musique.
- J’en recueille les accents dans les nombreuses lettres que j’ai reçues à l’occasion de cette communication qui vous a tant troublé, mon cher collègue.
- La plupart présentent un réel intérêt; il en est qui mériteraient d’être publiées en entier*
- Des extraits, du moins, de quelques-unes d’entre elles, montreront quelles préoccupations obsèdent les esprits réfléchis.
- Je passe la plume à mes correspondants.
- .T’ai été heureux d’entendre exprimer par un homme compétent comme vous des idées qui me poursuivent depuis des mois, pendant que j’entends un tas de nigauds parler à tort et à travers de la lutte commerciale avec les Boches et de la reprise des affaires, pendant que nos meilleurs travailleurs se font tuer sur le front ou s’habituent à ne rien faire.
- Je l’ai dit et je le redis : ce qui nous manque le plus, ce sont les hommes; entendez le mot dans tous les sens. Il n’y en avait pas assez avant; il s’en fait une consommation effrayante et l’ort parle de supplanter ceux qui en ont 5o % de plus que nous et qui, les ayant, savent s’en servir au lieu de propager le règne de l’incompétence et de la fantaisie.
- Lyon, 25 juillet igi5. A. I.,
- de la Chambre de Commerce,
- Merci de m’avoir envoyé le produit de votre pensée et d’un travail très consciencieux dont les conclusions soulignent d’une façon nette et catégorique ce que beau-cou p^e F rançais ignoraient dans leur propre pays.
- Genève, 21 juillet 1915. Docteur H.
- Partageant entièrement vos idées, je tiens à vous dire combien je sens que l’union dès maintenant de toutes les forces vives de la nation est nécessaire pour arriver à conquérir la situation commerciale et industrielle à laquelle nous avons droit.
- Mon modeste concours vous est entièrement acquis.
- 11 est incontestable que les Allemands ont fait preuve d’une maîtrise supérieure dans l'essor de leur industrie, lancée avec l’aide d’un commerce clairvoyant, à la conquête du monde.
- Employons donc des moyens qui leur ont si bien réussi et, en premier lieu, lâchons de faire comprendre l’impérieuse nécessité d’organisations bancaires qui, au lieu de drainer nos capitaux à l’étranger, auront pour
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- but de soutenir, de créer, d’accroître l’industrie na-tionale.
- Paris, 3 août 1915. O. R.
- J’ai lu avec beaucoup d’intérêt voire Rapport à la Société des Ingénieurs Civils, 11 serait nécessaire que vos idées fussent partagées par tout le monde, mais la nécessité de l’union daus l’effort a de la peine à pénétrer toutes les intelligences.
- La jalousie et l'individualisme nous tiennent trop. Lyon, 3o juillet igi5. A. R.
- Tout ce que je puis vous dire c’est que les idées que vous développez sont celles que je nourris depuis longtemps.
- Moi aussi j’étais en Allemagne en automne igi3 et j’en suis revenu épouvanté. L’évidence éclatait aux yeux. Je crains bien qu’un optimisme béat et stérile ne tienne lieu d'effort et de réflexion et ne nous mène aux plus cruelles déceptions.
- Comment s’opposer à cet état de choses?
- Réunir des gens de métiers et de métiers divers dans un large esprit libéral sans préoccupations politiques ou d’ambitions, étudier ensemble ce qu'on peut faire, et une fois d’accord, agir.
- Malheureusement, nous restons tous à l'état d'unités isolées sans nous connaître, sans collaborer, et par conséquent sans action utile.
- Il faut agir : assez de discours, assez d’avocats, ce pays meurt d’éloquence.
- Il faut que les hommes d’action se rejoignent et, rassemblés, pèsent sur les autres. C’est donc pour vous suggérer l’idée d’un premier groupement que je vous écris.
- Pas-de-Calais, 4 août igi5. Docteur L, Bt,
- Médecin en chef de Vhopital de X.
- Outre le plaisir que j’ai eu à lire des idées que je partage, mais que je n’ai jamais su si bien exprimer, j’ai trouvé dans votre communication une sorte de revanche à l’insuccès auquel se sont heurtés mes efforts à mettre en pratique de telle» idées dans notre pays.
- Moi aussi, j’ai cru à Vénorme unité, à la division du travail, à la puissance de l’organisation et au poids de la masse, mais je me suis brisé contre l’esprit particularité qui a malheureusement tant de force en France. Je me suis alors tourné du côté des Etats-Unis où j’ai été secondé et compris.
- Paris, 3o juillet igi5. D.
- Je sais, que dès qu’on a commencé le débat de la loi de trois ans, nos gouvernants ont cru préparer la guerre de toute leur énergie, Us ont donc eu plus d une année
- devant eux pour cette préparation. Ils ont fait du joli travail, comme vous avez pu le voir,
- Arcaclion, 19 août 1916. E. A.
- Je suis, depuis plusieurs années, ingénieur dans une Société minière et j’y constate que les méthodes vétustes de direction font litière de l’activité et de la valeur professionnelle individuelles, affaiblissent et ruinent chez tous, avec le sentiment de la discipline, l’ardeur au travail et l’application méthodique de tous développements industriels.
- Tout démontre l’intérêt et la nécessité d’une action énergique contre les défauts de nos méthodes de direction industrielle. Les tentatives de campagne dans cette voie rencontreront l’appui et la reconnaissance de tous ceux qui réfléchissent sans parti pris et s’intéressent au développement industriel de notre pays.
- Pas-de-Calais, 10 août igi5. I., Ingénieur E. C. P,
- Actuellement, de divers côtés à Nantes, des groupements se forment pour étudier dès maintenant des moyens pour lutter contre la concurrence allemande et il faut que ces groupements soient bien éclairés sur la difficulté de leur tâche, sinon ils risquent de faire fausse route. Tout d’abord, je crains que des groupements trop nombreux, sans liaison entre eux, n’aboutissent qu’à disperser leurs forces; et le temps presse, sans quoi je ne vois pas comment nous pourrons lutter contre une nouvelle infiltration des Allemands, alors que nos armes industrielles sont aussi insuffisantes que l’étaient nos armes de guerre au moment de l’invasion; mais je n’augure absolument rien de bon de tous ces groupements, quelle que soit la bonne volonté des hommes qui les composent, s’ils n'ont pas l imité et la direction.
- Nantes, a 3 juillet 191 5. E. R.
- Cette Conférence contient un réquisitoire complet contre l’incompétence et 'l’inertie des fonctionnaires chargés de veiller aux intérêts économiques du pays et contre l’indifférence et le dédain des organes de presse.
- Les pouvoirs publics ont créé une législation et favorisé les tendances contraires aux besoins du développement industriel indispensable pour lutter contre la concurrence étrangère.
- L’idée de groupement doit se substituer à l’esprit individualiste. 11 faut supprimer l’esprit mandarin qui s’est sans doute atténué dans le monde de l’enseignement scientifique, mais demeure très vivace chez les fonctionnaires. Quand on voit la part prépondérante dans la puissance d’un pays de l’élément industriel (et Dieu sait si cette guerre la confirme), on reste stupéfait devant les idées attardées qui régnent toujours parmi eux à l’égard de l’industriel.
- Gard, 3i juillet 1915.
- A. C., Ingénieur E. C, P.
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- Je reconnais aux Allemands de solides qualités; ils ne sont pas des inventeurs mais d’intelligents imitateurs, ce sont des singes savants. Seulement ils ont le sentiment de la discipline, de l’obéissance et ils ont un chef! Avec cela nue confiance illimitée en eux-mêmes. Ce que j’admire le plus en eux, c'est qu'ils gardent imperturbablement leur confiance...
- Quant à la main-d’œuvre, pourquoi n’exigerions-nous pas que l’Allemagne nous rende nos prisonniers alors que nous garderions les siens ?
- Lyon, 28 août 1915. J. 13.
- L'extrait suivant est tiré (Tune longue lettre d'un correspondant américain, lequel, au milieu d'idées qui seraient difficilement comprises en France, fait ces remarques très justes :
- Les Américains ont sur les affaires des idées très nettes et ils ne mélangent pas le commerce avec les sentiments.
- La conception que l’établissement industriel enrichit l'industriel au détriment des nationaux parait ici singulièrement erronée. On estime que la personne ou la société qui construit une usine dans une région apporte la prospérité dans cette région quelle que soit la nationalité des fondateurs...
- ... La force militaire d'un pays ne s’exprime plus
- aujourd’hui par le nombre d’hommes qu’il peut mettre en ligne, mais par les ressources industrielles et agricoles dont il dispose.
- New-York, août 191$. N.
- Il nous faut trouver une force comparable à cet élan qui sut capter les Allemands et mettre toutes les volontés du pays au pas de parade. Je vois le remède dans l’organisation de l’initiative privée; il y a entre l’individu et l’Etat chez nous un abîme béant qu’il faut combler : l’association serait ce qui pourrait faire le pont.
- Casablanca (Maroc), 7 août iqi5. G. F.
- Je suis Français et je constate avec regret que les Allemands, ici en Suisse, travaillent beaucoup à étendre en ce moment leurs affaires. Le refrain est le même partout : « Nous ne voyons pas de maisons françaises »; pourquoi?
- Partout j’ai toujours importé les affaires françaises et j’ai toujours été bien reçu. Il faudrait vouloir et ne pas craindre de se déranger.
- Lausanne, 24 août 191a. V. S.
- Une des plus graves préoccupations qui doivent retenir notre attention est assurément celle de la main-d’œuvre et je partage entièrement votre inquiétude.
- Mais ne croyez-vous pas qu’il soit possible, lorsque les hostilités seront closes, lorsque nous aurons imposé
- à nos ennemis les conditions de paix que nous jugerous nécessaires pour assurer notre sécurité, d’inscrire dans le traité de paix une clause qui nous permettrait de conserver un certain nombre de prisonniers de guerre qui seraient employés à reconstruire nos villes et nos usines détruites et pillées, à réparer nos voies de communication bouleversées?
- Le Mans, 21 juillet 1915. A, V.
- Votre Conférence m’a vivement frappé. Ce sujet est d’ailleurs d’urgente actualité et je viens encore de lire hier même dans le Génie Civil des extraits d’une Conférence de M. Hauser, (ouchaut de près au même sujet.
- Comptez-moi parmi les convaincus, mais comptez aussi, hélas î la Cias. Réanidas Gaz e Electricidade parmi les plus récentes conquêtes de l’A. E. G.
- Lisbonne, i3 août 1915. M, Ingénieur E. C. P.
- Je note avec plaisir ce que vous avez osé dire avec courage sur la nécessité de la compétence et je liens à vous en féliciter, car celte idée est primordiale dans le problème que vous avez posé.
- Comme vous avez raison de déplorer son absence dans les Conseils d’administration !
- N’est-ce pas aussi manque de compétence que cette conduite des grands établissements financiers qui drainent les capitaux en France au profit de l’étranger, ainsi que leur acharnement à faire disparaître les petits banquiers, pourtant si utiles à l'industrie et au commerce.
- Et ce mépris systématique de la compétence que vous signalez chez un trop grand nombre de fonctionnaires de l’Etal! Que vous avez raison de le stigmatiser sans dire pourtant la dixième partie de ce qu’il y aurait à dire.
- Paris, le 3 juillet iqiS. R.B.,
- Ingénieur E. C. P.
- Dans quelle mesure sommes-nous capables d’organisation, d’activité coordonnée en matière industrielle?
- H est certain que tout est là et que nous aurions grand tort de remettre au lendemain de la paix l’étude des problèmes soulevés par celle question.
- La victoire, même absolue, ne signifierait pas 1 abdication et la léthargie de nos voisins en matière économique et la pire sottise serait de croire, comme on l'entend dire si souvent, que nous faisons la guerre pour avoir enfin la paix, la grande paix commode, le mol oreiller de paresse et de laisser aller.
- Vous avez raison d’admettre assurément que la presse pourrait atteindre l’opinion, si elle voulait s’en donner la peine. Je rêve cependant d’un trouble-fête plus durable et plus agissant, qui serait l’esprit même de noire enseignement public.
- La victoire que nous remporterons, nous la devrons à des minorités qui avaient maintenu dans le pays ses
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- plus salubres traditions. Pour connaître Vidéal sur ) lequel nous vivions avant la guerre, abstraction faite de ces minorités grâce auxquelles le pays a pu se ressaisir, il n’y a qu’à voir au nom de quelles utopies les hommes politiques prétendaient diriger le peuple français et quelles tendances maîtresses représentaient les dieux que nous avons portés au Panthéon....
- Le moindre effort, le travail facile, la commodité dans tous les domaines : il faut bien reconnaître que c’était là le programme minimum qu’on proposait aux masses. Même des notions aussi nobles que la solidarité ou que l'assistance à la vieillesse devenaient bien vite une prime à la camaraderie arriviste ou à l’esprit de farniente; même des idées aussi saines que le repos hebdomadaire se transformaient, dans des esprits simples, en une sorte de malédiction du travail. Mémo desA nécessités aussi évidentes que l’allégement des programmes d’enseignement ou la simplification des méthodes devenaient un désaveu de l’effort, du labeur difficile. .. Par bonheur de plus substantielles réalités s’opposaient à celte détérioration indolente; et l’admirable vaillance du pays a montré qu’il savait, à 1 heure du danger, se ressaissir et faire front.
- Nous, gens de l’avant, nous n’avons pas le temps de rien organiser : l’arrière s’en préoccupe-t-il suffisamment? Il ne s’agit pas de revenir aux doctrines du traditionalisme qui ne sont bien souvent qu'un prétexte à l’individualisme; il ne s’agit pas de heurter de front les grands mots qui mettent, malgré tout, de l’idéal au cœur du poilu, ni de distinguer entre différentes formes de « libertés ». Il s agit seulement de poser le principe de l'organisé, de l’organisme, d’y rapporter les concepts même de civilisation, de transmission de la vie et de faire passer dans la conscience nationale les plus simples conséquences de ces prémices..,.
- Sur le front, ao juillet 1915. F. B.,
- Chargé de Cours à la Sorbonne.
- Ab! comme il faudrait que beaucoup d’autres, au lieu de vivre au jour le jour et d’attendre avec inertie que les solutions viennent toutes seules, se donnassent la peine de scruter l’avenir et de le préparer.
- A bord du X., 5 août 1915. Général L.
- Mais le plus grandnombre des correspondants sont hantés par la crainte, par l’épouvante de l’alcoolisme ; c’est cette question qui a inspiré les lettres suivantes et beaucoup d’autres tellement virulentes que je ne puis les reproduire.
- Voulez-vous hâter la victoire? Supprimez l’alcoolisme qui rend impossible la fabrication des obus en quantité suffisante. Je voudrais que la conclusion de votre admirable Conférence soit communiquée à tous les parlemen-
- taires, à tous les membres du gouvernement, à toutes les Chambres de Commerce, etc..,
- Paris, juillet iqifj. G.
- Fendant que les pouvoirs publics sc confinent criminellement dans des querelles de personnes, sous forme de questions byzantines, en présence d’un ennemi implacable, hypocrite et formidablement organisé, l’alcoolisme sévit de plus en plus à l’abri même de proscriptions purement de façade et de projets, qui risquent de ne pas aboutir à grand’chose. Peut-on néanmoins faire quelque chose d’utile pour combattre immédiatement le fléau?
- Pendant longtemps j’ai cédé d’instinct au besoin de donner mon concours aux groupements dont le programme répondait à mes aspirations ; puis, devant l’inanité des résultats, j’en suis arrivé à m’abstenir. Mais, lorsque quelques-unes de ces aspirations ont été mises en pleine lumière, comme vous venez de le faire, j’éprouve le besoin de me confier à celui qui a fait éclater ce qui m'apparaît comme la vérité.
- Excusez-moi donc si je’prends la liberté de vous demander s’il existe, à votre connaissance, un moyen d'aider aux idées qui sont les nôtres, autrement que par des manifestations platoniques auxquelles je répugne de plus en plus....
- X. (Cantal), ug août 1915. H. D., ingénieur E. C. P.
- Je vous exprime le regret de ne pas avoir trouvé dans votre communication quelques lignes au sujet de la dépopulation à côté de celles consacrées à l’alcoolisme.
- A quoi bon travailler au relèvement du pays si on ne porte pas remède au plus terrible danger qui puisse menacer un peuple, puisqu’il l'affaiblit chaque jour sans souffrances et sans bruit ?
- Après la guerre, plus que jamais, nous aurons besoin de bras. En tablant sur les chiffres actuels, il est clair que dans peu d’années nous serons une proie facile pour nos voisins. Aucune théorie, aucun discoursne peut aller à l’encontre de cette vérité* C’est le suicide volontaire.
- Paris, 38 juillet 1915. R. G., ingénieur E. C. P.
- Je suis heureux que vous ayez insisté, comme vous l’avez fait, sur le grand obstacle qui s’oppose à notre relèvement, si des mesures énergiques ne sont pas prises dès maintenant : l’alcoolisme et la dépopulation, c’est-à-dire une seule et même question tout aussi importante que celle de la victoire.
- Notre triste Parlement ne veut pas le voir et cependant quel beau rôle il pourrait se donner, remporter celle belle victoire pendant que nos chers soldats poursuivent Pautre!
- Je voudrais pouvoir écrire comme vous pour apporter mon concours efficacement à cette lutte contré le sinistre maslroquet plus dangereux encore que le Boche et tout aussi inépuisable.
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- Il est entendu que nous ne sommes pas organisateurs en France; mais les Boches ont-ils jamais fait une plus merveilleuse organisation que celle qu’ont faite les empoisonneurs de la France, les destructeurs de l’énergie de notre pays et de sa natalité? L’organisation est tellement complète qu’il semble qu’on ne peut rien contre elle.
- Londres, io août 1915. P. K., ingénieur français.
- Rien n’est exécrable comme la loi sur les bouilleurs de cru. Elle a provoqué l’alcoolisme dans nos régions elle engendre une fraude éhontée, mais elle satisfait l’électeur et favorise le mastroquet. Vous ne pouvez vous faire une idée de ce que deviennent nos belles, bonnes et intelligentes populations. Depuis la mobilisation les allocations ont mis dans les mains des femmes des ressources mensuelles dont elles n’avaient pas l’habitude, elles ne travaillent plus, elles boivent l’eau-de-vie, soit chez celle du mari absent, soit ailleurs...
- Quant à faire une loi touchant à un marchand de vins, ce serait supprimer un centre électoral, on n’y touchera pas. Alors que faire, qu’espérer?
- Saint-Etienne [Rhône), 3 août xg 15. L. !..
- Je vous remercie des paroles que vous avez prononcées sur l’alcoolisme; c’est un ennemi plus difficile à vaincre et plus terrible peut-être que l’Allemagne toute entière.
- Paris, juillet 1915. J. C., ambassadeur.
- Il ne faudrait pas laisser croire au public que la loi projetée sur les bouilleurs de cru mettra un ternie au fléau. D’abord parce qu’il n’est pas du tout certain que les avocats du mal ne soient pas les plus forts, ensuite parce que l’effet de cette loi sera illusoire. Il y a assez de médecins au Parlementpour prévenir leurs collègues qu’elle fera l'effet d’un emplâtre de graine de lin sur l’échine d’un ataxique.
- La question doit se poser ainsi : la loi projetée empêchera-t-elle les Français de devenir alcooliques? Or, tout le monde répondra non.
- Le plus étrange en l’affaire est que c’est nous qui mourons d’alcoolisme et que c’est l’Allemagne qui vient d’interdire l’alcool dans l’Empire.
- Si, au moment de ma communication en juin, j’avais su ce que je sais aujourd'hui, j’aurais été bien plus énergique encore.
- Depuis lors, je me suis livré à une enquête toute personnelle en diverses provinces. Universellement j’ai vu que la fabrication des munitions estralentiepar le manque decharbons,de métaux, de nitrates, etc., qui nous arrivent par les ports de mer et que, dans ces ports, les navires pleins attendent indéfiniment d’être déchargés parce qu’on 11’y dispose que de quelques vieux débardeurs alcooliques qui travaillent un jour en buvant puis boivent trois jours sans travailler.
- Tous nous devons croire patriotiquement que nos Administrations font tout ce qui est en leur pouvoir pour sauver le pays, et l’intérêt le plus évident delà défense nationale exige que la censure tienne cachés au public les objectifs de ces efforts; mais il est troublant tout de.même de constater que sur le seul point où le devoir des Pouvoirs publics est nettement tracé, visible aux yeux de tous, indispensable au salut du pays, ils ne le remplissent pas.
- Que pouvons-nous faire, spectateurs impuissants, sinon répéter ce que j’ai écrit le 19 août dans L’Eclair :« Si nous ne supprimons totalement et immédiatementl’alcooldanstoutlepays, nous ne rejetterons pas les Allemands hors de France. »
- Victor Cambon.
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
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- LE CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE DE MUNSTER A LA SCHLUCHT (^ALSACE)
- Au moment on le premier chemin de fer allemand, nous dirons plutôt alsacien, est sur le point d’être occupé entièrement par nos armées, il nous semble intéressant d'en donner ici, la description.
- Le chemin de fer électrique de Munster à la Sehlucht a été construit en 1901 pour faciliter l'accès des hautes Vosges aux habitants de la région de Colmar (probablement aussi dans un but stratégique que nos troupes ont eu Vhabileté de retourner à leur profil).
- Au point cle vue technique, ce chemin de 1er présente un intérêt tout particulier, tant par le système de traction, qui constituait une innova-
- Fig. 1. — Usine génératrice et remises.
- tion à cette époque, que par le tracé de la ligne qui comporte des pentes à adhérence et d’autres à crémaillère.
- j dentée du terrain et pour réduire au mini-! muni le coût de l’infrastructure de la ligne, i L'usine génératrice (fig. 1), près de laquelle i sc trouvent également les remises de matériel, est située à Munster ; la ligne part de la gare des chemins de 1er d’Alsace-Lorraine à Mtins ter et suit la route jusqu’au kilomè-! tre a,82 ; puis elle la quitte pour traverser les villages d’Ampfcrsbach et de Rossehva-sen,où elle [rejoint la route et la suit jusqu’à : la sous-station qui sc trouve au kilomètre f>,o.
- La crémaillère commence au kilomètre <>,a > et se termine au kilomètre 9,0 où la ligne retrouve la route qu’elle suit jusqu’à l’ancienne i frontière au kilomètre 10,8, avec une pente de ! 60 °/00. Sur le parcours à crémaillère, la pente j varie entre 180 et 220 °/no (fig. 2) et les courbes j ont un rayon minimum de 80 mètres. Les croi-! sements sont au nombre de quatre, à Stossweier
- 500 0 500 1000 1500 SOOO BSOO joooAt!
- Fig. 2.
- On a préféré ce système à celui de l’adhérence unique à cause de] la nature très àcci-
- Ampfersbach, à la sous-station et à Altenberg ; un autre croisement a été prévu sur la crémaillère
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- au kilomètre S. Au kilomètre io, ! se trouve un tunnel de 22 mètres de longueur. Le nombre des stations est de 7, y compris Miinster (altitude 382 mètres) et la Schlucht (1 157 mètres). La
- iTAtmuftt.______
- Fig. 3.
- différence de niveau entre les deux stations extrêmes est donc de 755 mètres.
- La voie comprend des rails genre tramways de 32 kilogrammes jusqu’au kilomètre 0,6 ; puis des rails Vignole de 10 centimètres de hauteur pesant 20 kilogrammes au mètre courant. Les rails ont
- joints et supportent des rails de roulement de 10 m. 5o de longueur et des éléments de crémaillère de 3m.5o de longueur; la crémaillère dépasse de 8 cm. 5 le niveau des rails; elle est fixée au moyen de coussinets métalliques à griffes sur les traverses en bois. Quant aux rails, ils sont fixés au moyen de tirefonds et de semelles en acier. Plusieurs massifs d’ancrages en béton ont été répartis sur le parcours de la crémaillère pour empêcher tout glissement de la voie.
- Le passage des voitures de l’adhérence à la crémaillère se fait sans bruit et facilement.
- L’usine contient deux chaudières de 82 mètres carrés de surface de chauffe chacune, à 12 kgs, avec surchauffeurs et économiseurs Green et deux machines à vapeur compound horizontales de 2ao chevaux à 124 tours par minute. Les alternateurs triphasés, entraînés par des transmissions à courroies, ont une puissance de 200 K VA avec 5oo tours, 7000 volts, 16,5 ampères et 5o périodes. Ils sont à 12 pôles, avec 1 370 millimètres de diamètre et 340 millimètres de largeur, y compris deux caniveaux de ventilation de 10 millimètres chacun. Les enroulements en
- Fig. 4. — Crémaillère.
- 12 mètres de longueur etreposent sur i3 traverses en chêne espacées de 5o centimètres aux joints, x La crémaillère a été établie d’après le système Strub et présente u ne certaine analogie avec celle du chemin de fer du Vésuve (fig. 4). Les traverses sont également espacées de 5o centimètres aux
- série sont au nombre de 5o4 par phase et sont constitués par des fils isolés de 2,2 X 2 nim. 8-Le rotor a 1 o36 millimètres de diamètre extérieur avec 90 enroulements par pôle, formés de lames de cuivre isolées de 14X2 mm. 5 et 14,5 X 3 millimètres.
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- Le tableau se trouve sur le côté de la salle des machines; son schéma est donné par la ligure 5. Le courant triphasé des alternateurs est dirigé, d’une part, sur des barres omnibus spéciales, d’autre part, sur celles de la ligne aérienne qui alimente la sous-station placée au kilomètre 6.
- Cette sous-station de transformation contient deux groupes convertisseurs formés chacun d’un moteur triphasé asynchrone et d’une dynamo à courant continu avec accouplement élastique isolant. Le moteur triphasé est à iî pôles et fournit i5o chevaux sous une tension de 6 5oo volts,
- ,r ~ 'Urf {
- •.IwAVv'/^^1 ‘AV.V.V**?
- Fig. 5. —r Schéma de l’usiae génératrice.
- 5o périodes et 485 tours; son stator a i 370 millimètres de diamètre extérieur, et a5o millimètres de largeur ; il comprend HiG enroulements-série par phase, formés de fil de 19 millimètres; son rotor a 1 <>47 millimètres de diamètre, 25o millimètres de largeur, avec 120 enroulements de 7 Xd millimètres par phase. La dynamo à courant continu produit 100 kilowatts sous 750/1 000 volts 133/ioo ampères. Elle est à 4 pôles avec excitation en dérivation, et 3 86;» enroulements par pôle. Le rotor a un diamètre de 725 millimètres et 33o millimètres de largeur, avec 22a enroule-
- ments de a X 10 millimètres en série, logés dans 85 caniveaux; le collecteur, de 35o millimètres de diamètre sur 140 millimètres de largeur, est formé de 2,55 lamelles de cuivre.
- Fig-, G. — Schéma de la sous-station.
- La machine est susceptible de fournir d’une façon continue i5o chevaux sans que la température du collecteur dépasse 55° et celle de la machine 45° au-dessus de la température ambiante; elle peut en outre supporter sans éehauffement nuisible une surcharge de 3o % pendant une heure.
- Le socle du moteur triphasé est mis à la terre
- Fig. 7. — Automotrice.
- tandis que la dynamo repose sur des isolateurs en porcelaine.
- Il existe en plus une batterie d’accumulateurs formée de 3go éléments, ayant une capacité de
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- M7. ampères-heure pour décharge eu une heure. On a choisi, pour la sous-station, l’emplace-
- Les trains se composent d’automotrices (fig. 7} à quatre essieux avec ou sans remorque. L’auto-
- Fig. 8. — Automotrices,
- ment qui paraissait le plus favorable sur le parcours de la ligne, de façon à éviter la construction d’un feeder. Le trolley, formé de fil rond de 9 millimètres, est fixé à des consoles métalliques
- motrice peut transporter 40 voyageurs en pleine charge (a5,5 tonnes), la remorque, 3a voyageurs (poids total 6,5 tonnes). La vitesse moyenne est de 17 kilomètres à l’heure sur le parcours à
- ou sur des fils transversaux avec doubles iso- l: adhérence et 7,5 kilomètres sur la crémaillère, lateürs. 1; Les voitures ont été construites par la Société
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- H Septembre 4915. LÀ LUMIÈRE ÈLECTRIQU|E
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- Suisse pour la construction de locomotives à Winterthur; le châssis repose sur deux bogies système Strub comportant chacun un moteur à crémaillère et un moteur à adhérence (fig. 8). Les essieux sont espacés dans un même bogie de i 700 millimètres et le pivot ne se trouve qu’à 3^5 millimètres de l’essieu moteur de la marche à adhérence, ce qui augmente le poids adhérent.
- dépassée ; il peut être actionné, comme les autres freins, de la cabine du mécanicien. Le freinage peut également être assuré par mise en court-circuit.
- Le bogie pèse 7 tonnes, le châssis et la voiture 9 tonnes. L’intérieur des voitures est divisé en 5 compartiments dont 3 sont fermés, de même que les cabines du mécanicien. Les résistances se trouvent dans un compartiment spécial de
- Ëssieu de la crémaillère
- Essieu moteur ù adhérence
- Le cadre de bogies repose sur les essieux au moyen de courts ressorts lamellés. Le moteur électrique agit sur la roue crémaillère par l’intermédiaire d’un double engrenage.
- Les freins comprennent un frein différentiel sur essieu de la crémaillère et un frein sur jantes agissant simultanément sur les 4 roues d’un même bogie ; chacun des moteurs de la crémaillère est de plus muni d’un frein différentiel avec régulateur de vitesse qui se déclanche automatiquement quand la vitesse maxima vient à être
- 4<> centimètres de largeur au milieu de la voiture.
- L’équipement électrique de chacune des voitures comprend 4 moteurs de 85 chevaux en marche normale, avec 100 chevaux de puissance maxima ; deux des moteurs agissent sur les roues motrices à adhérence et deux sur la crémaillère. C’est en cela que résidait la nouveauté du système, qui permet d’employer la même voiture indistinctement sur le parcours à adhérence et sur ceux à crémaillère ; sur ces derniers, les
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- 4 moteurs fonctionnent simultanément, ceux à adhérence en série avec simple engrenage, ceux à crémaillère avec double engrenage.'Tous les moteurs sont commandés d’un même controller où lès enclanchenients série, parallèle, marche
- T. XXX (& Sérié). — N* 35.
- La prise de courant se fait au ihbyen d’archets flëxibles.
- Ces détails de cOnstrüétioh nôüstont semblé intéressants à préciser en ce moment où les récits officiels nous montrent que l’àvânce de
- Fig. H. — Schéma d'une automotrice.
- avant, marche arrière et freinage sont disposés de façon à empêcher toute fausse manœuvre. Les cabines de manœuvre contiennent également les instruments de mesure et les fusibles pour chacun des deux circuits ; les parafopdres sont placés sur le toit des voitures.
- nos troupes dans les Vosges les a amenées en vue de Munster. Souhaitons, en terminant, que nous ayons bientôt à signaler à nos lecteurs la reprise complète du réseau ferré de l’Alsace-Lorraine.
- J. Reyval.
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- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- ÉLECTROMÉTALLURGIE
- Le fer électrolytique : sa fabrication industrielle ; ses propriétés ; ses emplois. —
- L. Gui'let.
- Historique. — La fabrication industrielle du fer par éleetrolyse est lin problème envisagé depuis fort longtemps ; mais il n’appartient au domaine de la pratique que depuis quelques mois. M. Guillet rappelle qu’en 1860, à Saint-Pétersbourg, Klein a obtenu des clichés en fer électrolytique qui ont servi à l’impression de billets de banque. Le bain de Klein était une solution à 5 % de sulfate de fer et 5 % de sulfate de magnésie. Il travaillait à faible densité de courant: o,i à o,3 ampère par décimètre carré, et était maintenu par addition de carbonate de magnésie.
- Parmi les tentatives plus récentes, l’auteur cite : celle de Feuquières, qui exposa à Paris, en 1867, des dépôts galvaniques de fer produits par un procédé tenu secret ; le brevet allemand Merck, n° 126839, année 1900 pour éleetrolyse du chlorure ferreux pur en solution très concentrée; les essais en grand de Burgess et Hambue-chen, faits en Amérique, en 1904, par éleetrolyse d’un bain de sulfate de fer et d’ammoniaque; ceux de Maximovitch, en 1906, sur un mélange de sulfate de magnésie maintenu neutre par addition de bicarbonate de soude.
- Ces procédés, qui visaient surtout l’affinage du fer, n’ont pas été exploités industriellement.
- Vers la même époque, le professeur Fœrster, de Dresde, faisait des recherches sur la préparation du fer électrolytique'par une solution de sulfate de fer maintenue très légèrement acide.
- En 1907, Cowper Colcs a pris un brevet pour l’emploi d’une solution de sulfocrésylate de fer k 10 % et la production directe de tubes sans soudure à l’aide d’une cathode rotative.
- Ce procédé n’a pas donné de résultat pratique.
- En Allemagne, le professeur Fischer, de Berlin, en 1909, et les usines Langbein Pfanhauser, de Leipzig, ont pris divers brevets concernant l’électrolyse du fer, dont l’un, n° 212 994, préconise l’emploi de solutions très concentrées de
- chlorure de fer et de chlorure de calcium en opérant à no*C et avec une densité de courant de 20 ampères par décimètre carré. On obtiendrait ainsi des plaques brutes qu’on laminerait ensuite en tôles minces. Il est impossible de savoir, cependant, si l’application industrielle de ces brévets a été réalisée.
- A11 contraire, les usines de Sainte-Marie et Gravigny et les établissements Bouchayer et Viallet achèvent actuellement, dit M. Guillet, le montage d’une grande usine pour la fabrication électrolytique de tubes en fer dont les spécimens figuraient à l’Exposition de Lyon, l’année dernière.
- Ces tubes sont obtenus par les procédés, brevetés depuis 1910, de la Société « Le Fer », de Grenoble, procédés basés sur l’emploi d’une cathode tournante et d’une solution neutre de sels ferreux maintenus à l’état neutre par circulation du liquide sur de la tournure de fer. Le bain reçoit, en outre, des additions périodiques de dépolarisant — oxyde de fer — pour éliminer, au moins en partie, l’hydrogène qui se dépose sur la cathode et nuit au dépôt quand il est en trop grande quantité.
- Ce dispositif spécial permet de travailler à une forte densité de courant (1 000 ampères par mètre carré) et donne un fer d’excellente qualité qui peut être, soit un fer très pur rivalisant avantageusement avec les fers fins et les fers de Suède, soit des produits finis tels que tubes et tôles.
- Résultats actuels. — Les résultats acquis industriellement peuvent se résumer de la façon suivante :
- i° Au point de vue du métal. — En partant d’une fonte quelconque, on obtient un fer dont la composition moyenne est:
- Carbone, traces; manganèse, traces; silicium, traces; phosphore, 0,025 % (on peut actuellement garantir moins de 0,010 %); arsenic, 0,011 % ; cuivre, zéro.
- En utilisant une densité de courant de 1 000 ampères par mètre carré, le rendement du
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXX (2e Série).—N»38’
- •kilowatt-an est de deux tonnes de métal, y compris les dépenses d’électricité pour les services accessoires, notamment pour la rotation des cathodes.
- jn Au point de vue des produits industriels. — La fabrication des tubes est aujourd’hui industrielle. Le métal déposé est extrêmement fragile et dur, de par l’hydrogène occlus et probablement aussi par écrouissage. Le dépôt ayant lieu sur un mandrin métallique, le tout est recuit dans des conditions étudiées par l’auteur dans son article et le métal est aisément démandrinéi
- On fait couramment des tubes de !\ mètres de longueur, de ioo à ïoo millimètres de diamètre et de o,i à 6 millimètres d’épaisseur. L’usine en construction produira ioo tubes par jour. Quan.t à la fabrication des tubes, elle est encore à l’étude.
- Le métal brut offre, après recuit, toutes les conditions requises pour former un excellent métal de fusion.
- Propriété du feii électholytique. — Dans la séance du îG janvier 1913 de l’Association technique suédoise, M. Palmaer rendait compte de ses expériences sur un échantillon de fer élec-trolytique obtenu par le procédé Cowper-Coles:
- Résistance à la traction sensiblement égale à celle d’un acier Martin à 0,1 % de carbone ;
- Allongement égal, parallèlement aux rayures du fer électrolytique et très faible dans le sens perpendiculaire ;
- Conductibilité très grande; faible hystérésis et haute perméabilité le désignant tout naturellement pour entrer en concurrence avec la tôle spéciale pour machines électriques;
- Teneur en hydrogène : à froid, 0,45 % au sortir du bain; à 85o°, 0,00a % ; à 5ôo°, o,oao %.
- Le métal brut, dit M. Guillet, au sortir du bain d’électrolyse, est dur et cassant. En elfet, dans sa fabrication, le métal est écroui et absorbe des gaz. Sir Robert liadfield, en chauffant dans le vide pendant quatre heures un échantillon, porté ensuite à 1 /|Oo° pendant cinq heures, a recueilli 28 centimètres cubes de gaz pour 3/( grammes (4 cm3 3) de métal, à savoir :
- Hydrogène, 18 cm3 8; oxyde de carbone, ’fcm3 4 ; acide carbonique, 0,2; azote, 2 cm3 2.
- Au sortir de l’électrolyte, le métal présente une dureté Brinell de 19! (bille de 100 milli mètres; pression de 3 000 kilogrammes); il est
- extrêmement fragile et sa microstructure se révèle avec de nombreuses aiguilles fines, rappelant la structure martensitique. Ces aiguilles disparaissent au recuit.
- Bien que les expériences poursuivies par MM. L. Guillet et A. Portevin sur l’action du recuit sur le fer électrolytique ne soient pas encore terminées, ces expérimentateurs ont pu déjà en conclure :
- i° Que le recuit complet n’est obtenu qu’à 900° après 11 n séjour dedixminutes dans un bain de sel;
- 2" Que le temps n’a que peu d’influence tant qu’on n’a pas atteint 790°;
- 3° Que le début de l’action du recuit paraît être fonction de ^épaisseur de la tôle;
- 4° Que, pour les tôles minces, cette action est sensible dès 4<>o° et même dès 3oo°.
- PROPRIÉTÉS DU MÉTAL RECUIT. — (Recuit deUX heures dans la magnésie à 900°) :
- Dureté Brinell........
- Structure micrographique.................
- Résistance à la traction. . Allongement du tube dans le sens de l’axe du tube
- 9°
- 3o,9 à 32,8 kg/mm2 4o,3 à 43,i %
- Les tubes recuits supportent des déformations extraordinaires sans présenter aucune crique.
- La détermination des points critiques au galvanomètre double Saladin-Lc Chatelier a donné :
- A l’échautrement. Au refroidissement.
- Métal brut. ... 791° — 937° 902° — 778°
- Métal recuit. . . 788° — 932° 99'-»° — 778°
- O11 peutdonc conclure que les gaz n’influencent pas, dans le cas qui nous occupe, la position des points de transformation. Cependant, les courbes relatives au métal brut montrent, à des températures d’ailleurs variables avec les échantillons, notamment à 53<> et 690°, des absorptions de chaleur à réchauffement qui ne se retrouvent pas au refroidissement. Après un premier chauffage, ces points disparaissent; ils sont donc dus à l’influence de gaz dissous ou à l’écrouissage. D’ailleurs Roberts-Aust.cn a déjà signalé, dans le for, des points singuliers, notamment à 47a et 766°, disparaissant après des chauffages répétés.
- M. Broniewski a fait une série de recherches sur un échantillon de fer électrolytique de même provenance que celui étudié par l’auteur; les résultats en sont reproduits dans les courbes de la figure 1.
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- La courbe de la force thermo-électrique du fer par rapport au cuivre (courbe TC ; o,î> millivolt par division) montre un point critique à 73o°. Celle par rapport au platine (courbe TP; a milli-volts par division) montre un point critique à io3o*.
- MM. Harrison (1903) et Belloc (1903) n’ont pas
- 0 200 tfOO eoo 800 -iooo t
- Fig. i. — Courbes de Bronicvvski.
- trouvé de discontinuité dans la courbe thermo-électrique du fer mais ils indiquent qu’un maximum du pouvoir thermo-électrique pourrait correspondre à un point critique aux euvirons de 8oo°.
- La courbe (R) delà résistance électrique du fer manifeste entre 75o° et 85o° un changement de direction parfaitement continu, difficilementassi-milable à un point critique, et une discontinuité entre 95o° et 1 o3o°.
- La courbe (D) de dilatation (une division = 0,002 de la longueur de l’échantillon à o") présente, vers 95o°, un maximum suivi d’une contraction dont l’ampleurparaîtdépendre assez sensiblement des conditions d’échaufîement. MM.Charpy et Grenet placent la contraction du fer à o,o3 % de carbone, entre 86o° et 890°.
- Quant aux points thermiques, la courbe de refroidissement accuse un arrêt à 890° et un changement de direction très faible vers 700°.
- Emplois industriels. — Les emplois industriels du fer électrolytique peuvent se classer en trois catégories, à savoir, fabrication :
- i° Des tubes :
- a® Des tôles;
- 3° Du fer pur, matière première destinée à la fusion. A cela, il faut ajouter quelques applications de moindre importance, telles que la préparation de baguettes de métal très pur pour soudure autogène.
- Pour les tubes, l’un des grands avantages du procédé électrolytique est l’uniformité d’épaisseur quels qu’en soient le diamètre et la longueur. Ces tubes résistent à des pressions considérables; ainsi, un tube de 100 millimètres de (diamètre et 0,75 millimètre d’épaisseur, éprouvé à 80 kilogrammes dé pression par centimètre carré, asubi une déformation permanente régulière comme dans l’emboutissage.
- Pour les tôles, les avantages résident dans l’obtention directe, sans laminage, de tôles régulières, en un métal de première qualité, pouvant supporter de très grandes déformations à froid ; d’où des emplois très importants dans l’emboutissage sur tôle recuite ou étamée.Mais c’est surtout la pureté du produit qui attire l’attention sur l’emploi de ces tôles dans la construction électrique. Dans une étudè parue dans YElektro-chemische Zeitschrift, le Dr Max Breslauer, de Berlin, a montré le côté capital de la question tant au point de vue des propriétés magnétiques qu’au point de vue régularité d’épaisseur et de compression. Insistant sur l’augmentation de rendement des moteurs continus et alternatifs, et transformateurs construits avec ce métal, il conclut que :
- L’emploi du fer électrolytique dans la construction des machines électriques constitue un réel progrès non pas tant au point de vue hystérésis qu’au point de vue perméabilité.
- Pour les transformateurs, l’utilisation de la matière en poids est de 33 à 4o fois plus grande.
- Pour les moteurs alternatifs, la capacité de puissance est de 5o % en plus à égalité d’encombrement et de température.
- Pour les machines à courant continu, on peut gagner 16 % du poids du fer actif.
- Enfin, comme matière première de fusion, il paraît indubitable que le fer électrolytique doive lutter avec-assurance de succès contre le fer de Suède. La qualité en est plus régulière; la cémentation le sera également. Les essais déjà faits montrent que l’emploi du fer électrolytique pour la fabrication des outils et des,'aciers spéciaux donnait des résultatsau moinségauxà ceuxobte-
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- nus avec le Ter de Suède. Tout réside dans le prix de revient.
- Or, à raison de % tonnes de fer par kilowatt-an, le kilowatt-heure étant évalué un centime, la dépense d’énergie à la tonne de fer peut être estimée à 86 francs. Les matières permières sont des gueuses de fonte qui donneront io % de déchets (boues, graphite, etc). Suivant la position de l’usine en montagne, le prix de la fonte peut
- varier entre 8o et no francs la tonne ; d’où une dépense de matières premières de 90 à 100 francs la tonne.
- En ajoutant à ces frais les dépenses de main-d’œuvre, d’entretien des appareils, d’électrolyte, l’amortisseinent et l’intérêt de l’installation, il semble que le prix du métal brut ne doive guère dépasser 200 à 220 francs.
- (Revue de Métallurgie, février 1915.)
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Électricité et Aviation.
- . Quoique l'électricité soit envisagée à l’heure actuelle comme inutilisable pour la propulsion aéronautique des aéroplanes, il semble qu’elle, peut être cependant employée pour actionner les appareils auxiliaires. En dehors des projecteurs et appareils de télégraphie qui peuvent être nécessités pour l’utilisation militaire, on.conçoit d’autres aménagements qui, s’ils étaient réalisés, en faciliteraient davantage l’utilisation commerciale, particulièrement au moyen de l’électricité.
- On sait par expérience que le démarrage du moteur d’un aéroplane est une opération un peu compliquée : le mécanicien doit mettre en marche le propulseur en lui imprimant un mouvement de rotation, pendant que des aides retiennent la machine.
- Aussi, MM. C. A. Vandervell, d’Acton, ont-ils été amenés à perfectionner un auto-démarreur pour aéroplane.
- Cet auto-démarreur pèse 38 kilogrammes environ et peut mettre en marche en deux minutes un aéromoteur Beardmorc-Daimler de 90 chevaux à la vitesse de 5o tours par minute, il nécessite une puissance de 1/4 de cheval pour un développement de transmission dans le rapport de 38 à 1 sur le vilebrequin de l’arbre moteur.
- Un autre apjjarcil électrique utilisable pour l’aviation déjà appelé à un grand avenir est le stabilisateur gyroscopique Sperry, inventé en Amérique, lequel semble avoir résolu le problème de la stabilité automatique de l’aéroplane.
- Cet appareil comporte un générateur double
- produisant à la fois du courant alternatif triphasé et du courant continu sous la tension de 20 volts.
- Le triphasé entraîne 4 petits gyroscopes pendant que le courant continu est utilisé, d’une part, pour un embrayage magnétique, et, d’autre part, pour mettre ert charge une petite batterie « Exide ».
- Le stabilisateur peut être adapté à un type dé machine quelconque; comme il améliore automatiquement les mouvements, le pilote n’aura à s’occuper que des leviers de commande.
- Un essai sur hydroplane Curtiss ayant fait l’objet d’un article précédent sur l’aérostation donna d’excellents résultats, la machine s’équilibre automatiquement, tellement qu’un passager fut projeté contre l’aile.
- Les gouvernails vertical et latéral sont actionnés par un petit levier commandant l’installation, de telle sorte que le pilotage de l’aéroplane serait plus facile que la conduite d’une automobile f1).
- C. S.
- (The Electrician, i3 août ïgi5.) (*)
- (*) L’adaptation du pilote à un appareil ne comportant pas d’autre stabilisateur que ceux résultant de la voilure et des gouvernails, et qui serait muni en outre des perfectionnements ci-dessus mentionnés, se trouverait en défaut si, par suite d’un accident ou d’une avarie quelconque il des appareils auxiliaires présentant une certaine complexité, ceux-ci venaient à ne pas fonctionner ; la sécurité que l’on pouvait en attendre venant à manquer au pilote, n’en résulterait-il pas une probabilité plus grande d’accidents ? Les faits et les victimes des essais de stabilisation mécanique tentés jusqu’ici autorisent les réserves d’appréciation que la plus élémentaire prudence impose à ce sujet. — N. D. T.
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- RADIOTÉLÉGRAPHIE
- Dispositif d’appel de télégraphie sans fil.
- En résumant ut» rapport lu devant l’Institut des ingénieurs électriciens du Post Office, M. L. B. Turner étudie le problème de la réalisation d’un dispositif d’appel dans le cas où l’antenne réceptrice n’est actionnée que par une faible puissance, et décrit divers systèmes d’amplification de la sensibilité, la T. S. F. étant le mode de transmission dans lequel le rapport entre l’énergie émise par l’appareil transmetteur et l’énergie susceptible d’impressionner l’appareil récepteur est le plus élevé i io13 fois celui de la transmission par fil simple).
- Le fonctionnement des postes récepteurs pour des ondes sélectées de puissance très faible est de la plus grande importance pour la navigation et particulièrement pour les signaux de détresse des navires en perdition dans la brume ou bien naufragés.
- Aussi la sensibilité des appareils récepteurs doit-elle être utilisée au maximum pour être convertie au moyen de relais appropriés en signaux d’appels tout d’abord suffisamment sensibles à l’oreille pour mettre immédiatement en action le personnel de garde du poste récepteur et enregistrer les signaux Morse.
- L’auteur est par suite amené à envisager trois stades d’amplification des signaux reçus d’après l’intensité du courant qu’ils produisent dans les appareils et relais successifs : le stade microvvatl, le stade milliwatt, le stade watt.
- Après avoir montré le degré de sensibilité des récepteurs téléphoniques, microphoniques et des relais du genre de ceux utilisés en télégraphie sous-marine, il indique leur degré d’utilisation comme amplificateurs et les modifications qu’ils pourraient comporter pour être utilisés en T. S. F.
- Il décrit ensuite sommairement l’amplificateur de M. S. G. Brown, basé sur les vibrations d’un filet d’eau acidulée venant frapper une lamelle de platine; l’amplificateur de M. E. S. Ilemtley (brevet n° 17 555 de 1909) utilisant les variations de résistance d’un filament de platine légère-
- ment chauffé et déplacé dans un courant d’air froid; l’amplificateur von Lichen et Reiss (brevet i/|8'2 /ii) utilisant l’émanation cathodique d’une ampoule à vide traversée par un filament de platine enrobé d’une couche d’oxydes de baryum et de calcium formant cathode primaire de Wehnelt, une petite électrode formant cathode secondaire, et d’une grille métallique divisant l’ampoule en deux parties et formant anode.
- Cet amplificateur modifié par la Compagnie Marconi (brevet a8 /»i3/i!1) joue un rêle important dans les réceptions rapides.
- Les appels n’étant pas nécessairement synto-nisés avec le poste récepteur et devant être différenciés de ceux que produiraient de simples perturbations atmosphériques, le Post Office a utilisé un dispositif tel que l’appel émis par un poste récepteur à syntonisation musicale se traduise simplement par un trait long précédant les signaux du message à transmettre et enregistré comme sounder par le poste récepteur pendant une durée suffisante pour actionner un relais à action rapide de l’un des types précités.
- La Compagnie Telefunken emploie comme amplificateur un relais microphonique analogue .à l’amplificateur Brown à contacts granulés; le modèle pour avis de détresse de M. W. S. Pcake, établi sur ce principe, a fait l’objet du brevet 11° io5o/ri.
- La Compagnie Marcoili reçoit les signaux de brume par simple retournement du cohéreur et les enregistre au moyen d’un relais agissant sur un balancier à échappement qui syntonise l’appareil récepteur avec le transmetteur pour la fréquence correspondant aux traits enregistrés.
- Dans le dispositif adopté au Post Ollice et destiné à recevoir les signaux de faible intensité des stations de la cête et des îles voisines non pourvues de câbles etcommuniquant entre elles toutes les heures, les ondes émises peuvent actionner tous les quarts d’heure les appareils récepteurs du Post Office au moyen d’un dispositif d’horloge approprié qui met en circuit le détecteur à cris-
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- taux, le relais est constitué par un galvanomètre d’Arsonval extrêmement sensible quiremplace le téléphone usuel ; le récepteur ne reste en circuit que pendant une période de 6 secondes pour l’enregistrement de l’appel qui se produit lorsque le manipulateur de la station expéditrice est abaissé ; les ondes émises agissent alors sur le galvanomètre relais du récepteur et un signal acoustique avertit le personnel de garde affecté au Post Office à cette partie du service.
- Le délai d’un quart d’heure est destiné à la transmission du message qui suit le signal d’appel.
- Pour éviter les inconvénients résultant d’avarie survenant aux cristaux utilisés comme détecteurs pendant le temps de la transmission d’un message, on en emploie deux au lieu d’un, mis en service alternativement au moyen d’une sorte de balancier à mercure (mercury toppler).
- Dans le cas où l’on ne dispose pas d’un relais d’une sensibilité suffisante, il peut être nécessaire
- d’accumuler pour ainsi dire l’énergie oscillantej provenant des signaux émis, sur l’antenne réceptrice de manière à augmenter l’intensité du courant actionnant les appareils du poste récepteur.
- On peut obtenir ce résultat en manœuvrant le manipulateur de la station d’appel à intervalles réguliers, toutes les cinq secondes par exemple, de manière à produire une amplification par résonance de l’intensiié du train d’ondes émis.
- Au lieu de cristal, on peut utiliser comme
- détecteur la valve Fleming constituée par une ampoule à vide dans laquelle un filament incandescent émet des électrons négatifs vers une surface froide conductrice qui les réfléchit tout en conduisant le courant venant de l’antenne, et seulément dans ce sens ; la bobine du galvanomètre est construite pour réduire le plus possible l’action retardataire de l’air sur l’arnplitude des déplacements sous l’action de courants de faible intensité, son moment d’inertie est calculé pour une période de dix secondes, elle établit des contacts avéc le circuit polarisé alimentant la valve
- Valeurs normales ~ 50 A
- tg »
- = 65V .
- Fig. a.
- Fleming au moyen d’un dispositif de fils de platine, susceptible d’amplifier de io à aofois l’intensité du courant provenant de l’antenne.
- Ce dispositif (fig. i et a), en somme assez simple et assez robuste, a permis d’enregistrer des signaux d’appel de o,o63 micrüampère en deux minutes et demie et de o, 14 microampère en une minute et quart.
- C. S.
- (The Electrician, i3 août 191S.)
- La reproduction des articles de la Lumière Électrique est interdite.
- Paris. — imprimerie levé, 17, rue cassette.
- Le Gérant : J.-B. Noubt.
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- Trente-septième année
- SAMEDI 18 SEPTEMBRE 1915.
- Tome XXX (2e série). N° 36
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- A. ILIOVICI. — Les compteurs d’électricité actuels...................................
- Publications techniques
- A pp lie a tio ns mécan iq u es
- Contrôleurs à courant continu pour les élévateurs des établissements industriels. —
- W.-T. S.NYDEU............................ 2^6
- Tableau à contrôle automatique pour moteur de compresseur............................. 2^9
- Electrochimie
- Transformations et équilibre chimiques de l’eau et des solutions de peroxyde d’hydrogène à la lumière ultra-violette. — A. Tian..... '281
- Stations centrales et Distribution
- Transformation d’un réseau de distribution de diphasé en triphasé........................ 283
- Emploi de l’aluminium comme antitartre dans les chaudières à vapeur.................... 284
- Statistique
- L’industrie minière et l’industrie sidérurgique en 1914.:— Allemagne. —Autriche-Hongrie.
- — Grande-Bretagne..................... 280
- Les réserves de cuivre de l’Allemagne... 28(3
- Echos de la guerre
- L’avenir des installations électriques en Chine. 288 Liste des maisons d’Electricilé et de Mécanique mises sous séquestre............................ 288
- LES COMPTEURS
- D’ÉLECTRICITÉ
- ACTUELS
- AI. .lliovici a fait à la Société Internationale des Electriciens une communication très documentée sur les divers types actuels de compteurs d’électricité que nous résumons ici.
- Ces compteurs se limitent en France aux quatre types principaux suivants :
- Pour le courant continu. — Le compteur O'K construit par la Compagnie pour la Fabrication des Compteurs ; les compteurs magnéto-électriques amortis avec induit en forme de disque, construits par la Compagnie Continentale des Compteurs, la Société Anonyme. Westinghouse, Lundis et Gyr; le compteur Thomson et son dérivé le compteur Yulcain.
- Pour le courant alternatif. — Les compteurs d'induction à champ tournant avec l’équipage mobile en forme de disque dont les principaux sont : les compteurs ACT et CTA de la Compagnie des Compteurs, le compteur Cosinus Mil de la Compagnie Continentale, le compteur BT de la Compagnie de Construction Electrique, les compteurs Jap y, Il Westinghouse, etc.
- I. — Le compteur O'K est pour ainsi dire devenu classique. Il est constitué par un petit moteur magnéto-électrique dont l’inducteur (aimant permanent de forme spéciale) et le 1er de l’induit sont fixes; l'enroulement de l’induit et le collecteur tournent seuls. Dans ces conditions, si l’on néglige les frottements des pivots, des balais sur le collecteur et le couple nécessaire au mouvement d’horlogerie (quantités qu’on peut rendre négligeables ou compenser par des couples égaux et de signes contraires) ainsi
- que la ventilation de l’air, on a affaire à un moteur tournant à vide, dont la vitesse est proportionnelle à la différence de potentiel à ses bornes. En général, l’induit du compteur O'K est monté en dérivation sur un shunt, qu’on introduit dans le circuit d’utilisation. Dans ces conditions, l’écpiipage mobile tourne, pendant un temps tt d’un angle proportioiinel à la quantité d’électricité qui a traversé le circuit d’utilisation pendant ce temps.
- Le mouvement de l’équipage mobile se
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- transmet, à l'aide d’une vis sans fin, à un mouvement d’horlogerie, qui pourra être gradué en ampères-heure. En réalité la différence de potentiel aux bornes des circuits est pratiquement constante et connue; il en résulte que les compteurs ampèreheureniètres peuvent être gradués en watts-heure, pour une tension donnée, ce qu’on fait généralement.
- Le compteur O'K est probablement le plus répandu en France dans les installations à courant continu. Il a un avantage très important
- Fig', i. — Compteur O’K suspendu pour tramways.
- pour les petites installations, c’est de ne consommer aucune énergie à vide, propriété qui appartient à tous les ampèreheureniètres ; tandis que les Wattheuremètres consomment dans leurs fils fins une énergie qui prend une grande importance dans les petites installations (de i à 5 ampères par exemple) qui sont le plus grand nombre.
- Le compteur O'K a encore l’avantage d’être peu influencé par les champs magnétiques extérieurs, le champ dans l’entrefer étant de plusieurs centaines de gauss, et de ne pas être sensible pratiquement aux variations de température.
- Son principal inconvénient, commun à tous
- les ampèreheureniètres, c’est qu’il ne mesure l’énergie électrique, seule quantité utile à connaître dans la plupart des cas, que si le réseau a une tension constante et égale à celle pour lequel il a été gradué. Mais pour les petites installations l’erreur provenant des variations de tension du réseau est beaucoup moins importante que les erreurs inhérentes aux wattheuremètres; de plus, pour ces derniers appareils, l’énergie consommée dans le fil fin, et qui est perdue inutilement, peut dans ces cas particuliers être de même ordre de grandeur que celle effectivement utilisée.
- La Compagnie des Compteurs a créé plusieurs modèles de compteurs O'K, dont les principaux sont:
- i° Type Y pour les petits calibres ( i à 5 ampères) dont les caractéristiques sont : flux dans l’entrefer, environ 9000 maxwells ; poids de l’équipage mobile, environ 78 grammes ; couple normal, 25 g : cm. environ ; nombre de tours par heure pour le courant normal, environ u5ooo; différence de potentiel maximum aux bornes du shunt, environ o,5 volt ; résistance entre balais, environ 2,5 ohms; diamètre du collecteur, environ 8 millimètres; nombre de lames au collecteur, 3.
- 2° Compteur Z, pour tous les calibres, dont les caractéristiques principales sont : flux dans l’entrefer, environ 20000 maxwells.; poids de l’équipage mobile, environ 200 grammes; couple normal, environ 40 g : cm.; nombre de tours par heure, inférieur à i5ooo; différence de potentiel aux bornes pour le courant normal, o,5 volt.
- Pour les calibres à partir de i5 ampères, les compteurs comportent un système de compoun-dage permettant de compenser le couple des frottements ; ce compoundage, pris en dérivation sur la tension du circuit d’utilisation, consomme environ 1 watt pour 100 volts.
- 3° Compteurs W pour installations à trois fils.
- 4° Compteur étalon, permettant l’étalonnage facile des autres types de compteurs à courant continu, lorsque le circuit d’étalonnage présente de trop grandes variations de courant; dans ce cas on peut remplacer l’ampèremètre par un compteur O'K.
- 5° Compteur O'K suspendu pour tramways (fig. 1). Ce type présente un grand intérêt. On sait l’importance qu’il y a pour les compagnies
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- de tramways à réduire la consommation d’énergie, surtout au démarrage et à l’arrêt. Suivant les méthodes de démarrage ou de freinage employées, suivant l’habileté plus ou moins grande du wattman, l’énergie consommée par une même voiture, dans des conditions identiques, peut varier dans de très grandes limites. On a trouvé, par exemple, dans une série d’expériences, que l’écart entre wattmen peut atteindre 3o à /io % .
- D’autre part à une économie d’énergie correspond aussi une moindre usure du matériel, en particulier des sabots de freins, moins d’avaries aux moteurs, etc...
- On voit là l’intérêt qu’il y a à se rendre compte de la consommation pour l’étude des meilleurs systèmes de contrôleurs et des meilleures méthodes de freinage, pour le contrôle de l’habileté des wattmen, etc...
- Les appareils enregistreurs (ampèremètres ou wattmètres) qu’on a essayés tout d’abord seraient très intéressants, parce. qu’ils indiquent non seulement l’énergie consommée, mais aussi la puissance instantanée, ce qui permet de se rendre compte de la variation de cette puissance.
- On peut aussi savoir à quelle période de la marche des tramways la puissance demandée est exagérée, et chercher la cause de cette exagération et son remède. Mais les appareils enregistreurs sont difliciles à installer sur les tramways à cause du manque de place et parce qu’il est difficile de les soustraire aux vibrations. De plus une fois les courbes relevées il faut les plani-métrer pour obtenir l’énergie (ou la quantité d’électricité) consommée, ce qui est long et souvent peu exact.
- Le compteur O'K a reçu un grand nombre d’autres applications. On construit des compteurs O'K pour la charge et la décharge des accumulateurs : dans le cas le plus simple l’appareil est traversé successivement, et dans deux sens contraires, par les courants de charge et de décharge; il indique donc la quantité d’électricité consommée à la charge et son excès sur la quantité restituée à la décharge.
- Compteur O'K wattheuremètre. — Grâce à un artifice simple, on a transformé le compteur O'K ainpèreheuremètre en wattheuremètre. Ce compteur peut avoir certains avantages ; en particulier, il est pratiquement insensible aux influences de la température et des champs
- magnétiques extérieurs et* il peut être installé loin du circuit d’utilisation, parce qu’il est monté sur shunt, ce qui présente des avantages surtout pour les circuits à forts courants.
- II. — Compteurs ampèreheuremètres amortis. Ces appareils diffèrent, en principe, du compteur O'K en ce que le mobile porte un disque qui se déplace sous l’influence tl’un ou de deux aimants permanents, ce qui crée un couple antagoniste proportionnel à la vitesse. En réalité, le disque sert en même temps comme support à l’induit, composé de trois bobines plates fixées sur le disque (fig. a) : c’est donc le même aimant qui produit le couple actif et le couple antagoniste. Il est facile de démontrer que, en négligeant les frottements, la vitesse de l’induit est proportionnelle au courant traversant le shunt, comme pour le compteur O'K.
- Le fonctionnement de ces appareils diffère de celui de ce dernier compteur, surtout parce que leur vitesse est plus réduite, à cause du couple amortisseur, et que le courant dans l'induit est plus fort. La faible vitesse constitue un avantage, mais le courant relativement plus élevé présente un inconvénient,, car il rend plus difficile l’entretien du collecteur.
- Sans étudier ici les avantages et les inconvénients de ce type de compteurs, nous citerons les modèles suivants de compteurs ampèreheuremètres amortis.
- i° Compteur A. H. M. delà Compagnie anonyme Continentale. — 11 comporte deux aimants plats, dans les entrefers desquels se déplace l’induit constitué par un disque embouti très mince en aluminium, sur lequel sont montés les enroulements. Ceux-ci sont aii nombre de trois et ont une forme circulaire. Le collecteur, de très faible diamètre (a,fi millimètres environ), comporte trois lamelles en or. Chaque balai est formé d’une lamelle en or et de deux en argent. Pression des balais, environ o,G gramme. Les balais sont facilement accessibles sans qu’on ait à ouvrir le couvercle principal ; un petit capot assure la protection de ces organes. Tension maxima aux bornes du shunt, 0,9 volt environ. Couple moteur normal, a5 g : cm. environ. Poids de l’équipage, 5o grammes environ. Nombre de tours par heure, environ î looo^
- L’axe est en métal non magnétique, de façon à éviter l’attraction des aimants sur le mobile.
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- Le pivot inférieur en acier trempé est vissé sur l’axe et très facilement remplaçable.
- / Compteur O. D. C. de la Société Anonyme Westinghouse (fig. a). — Il comporte aussi un disque en aluminium se déplaçantdans les entrefers de deux aimants permanents ; le collecteur est formé de trois lamelles en or; chaque balai comporte quatre lamelles, ce qui assure quatre contacts. Le couple normal est d’environ il\ g : cm.; le poids de l’armature environ ai grammes; la
- (résultats se rapportant à un appareil de calibre 3 ampères).
- Ces compteurs sont susceptibles des mêmes applications que le compteur O'K.
- III. — Compteurs wattheuremètres, type « Thomson ». — Le compteur Thomson est un petit moteur à collecteur, en général sans fer, dont l’induit est parcouru par un courant pratiquement, proportionnel à la différence de poten-
- vitesse, environ 6 ooo tours par heure; la tension normale aux bornes du shunt est de o,8 volt pour les calibres de i à io ampères et de o,/| voltpour les calibres de ao à 200 ampères.
- 3° Compteur /. B. de Lundis et Gyr. —Armature en forme de disque. Balais et collecteur en alliage de métaux précieux. Balais donnant quatre contacts et disposés de façon qu'on puisse les enlever et les remettre sans changer la pression. Couple normal d’environ if> g : cm. Poids de l’équipage, environ /)o grammes. Nombre de tours par heure, environ 9000. Chute de tension normale aux bornes du shunt, 0,9 volt
- tiel aux bornes du circuit d’utilisation et dans l’inducteur duquel passe le courant principal (quelquefois un courantproportionnel à celui-ci).
- On obtient ainsi un couple actif proportionnel à la puissance dans le circuit.
- L’équipage mobile porte aussi un disque, en cuivre ou en aluminium, qui tourne dansl’entrefer d’un ou de deux aimants permanents : on obtient ainsi un couple amortisseur proportionnel à la vitesse de rotation de l’équipage.
- On démontre que, dans ces conditions, si les couples de frottement sont négligeables, l’angle dont a tourné l’équipage mobile pendant un
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- temps, t est proportionnel à l’énergie consommée pendant ce temps dans le circuit sur lequel est monté le compteur.
- Dans la pratique on s’arrange pour réduire le plus possible les couples de frottement et l’on compense ce qui reste à l’aide d’un couple actif supplémentaire, couple de compensation ou de compoundage.
- L’auteur étudie ensuite différentes caractéristiques de construction telles que la compensation obtenue dans les compteurs actuels par une bobine bobinée sur carcasse métallique et solidement fixée; les systèmes de fermeture, les
- Le disque amortisseur est en* aluminium. Il se trouve à la partie supérieure de l’appareil et suffisamment éloigné des inducteurs. Il se déplace dans les entrefers de deux aimants permanents, l’action de l’un d’eux étant réglable à l’aide d’un shunt magnétique : ce shunt se compose d’une plaque en fer dans laquelle se trouvent vissées deux vis en fer doux : en rapprochant les vis des rôles des aimants on augmente les dérivations magnétiques, ce qui réduit le flux utile. La partie inférieure de la plaque sert aussi comme écran magnétique.
- Le couple de compoundage est réglable à
- Fig. 3. — Courbes obtenues en faisant fonctionner un compteur Thomson avec et sans démarreur.
- artifices employés pour réduire les frottements de balais.
- Il donne ensuite la description sommaire de quelques types de compteurs dynamo-électriques.
- i° La Compagnie des Compteurs construit plusieurs modèles dont les principaux sont :
- a) Modèle B(fig. /|).— Dans cet appareil l’induit a la forme d’un disque et il est bobiné de façon à constituer un système asiatique. Les inducteurs sont à axes verticaux et portés par des carcasses métalliques, ce qui les rend indéformables en cas de court circuit. Les balais sont à dispositif indéréglable. La figure 5 fait facilement comprendre ce dispositif. Sur la figure un des balais est en place et lè balai droit sorti de son porte-balai.
- l’aide d’une petite tige en fer doux qu’on enfonce plus ou moins dans la bobine compensatrice.
- Poids de l’équipage mobile, environ i5o gr. Couple actif 8 à ia g : cm. environ. Consommation du fil fin, 2,5 watts pour ioo Volts. Vitesse en régime normale, 66 à 8o tours-minute environ. Ampères-tours inducteurs, pour courant normal, i 3oo à a o.oo suivant le calibre. Volts aux bornes des inducteurs, pour le courant normal, 1,2 pour 5 ampères à o,5 volt pour 3o ampères. Consommation du grand fil pour le courant normal, 6 à i5 watts suivant le calibre. Ce compteur est construit pour toutes les intensités et les tensions pratiques et pour circuits à 2, 3 ou 5 fils. Pour les forts calibres on construit aussi des
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- appareils à shunt et on les combine aussi avec un «démarreur (fig. 4) (').
- è) Modèle C. — Se construit surtout pour les faibles courunls, de 2 à 10 ampères. Il est caractérisé par un faible poids de l’équipage mobile (inférieur à. iaf> grammes) qui a la forme d’un tambour, par un fort couple actif (8 à i5 g : cm. suivant le calibre) et une faible consommation (i,5 watt pour 100 volts).
- 20 La Compagnie Anonyme Continentale construit le compteur Yulcain qui diffère du Thomson en ce que le disque amortisseur est. remplacé par
- Fig. 4. — Compteur modèle 11, gros calibre, avec démarreur.
- un cylindre, et des compteurs genre Thomson.
- Le compteur type F de cette Compagnie a été étudié surtout pour les faibles calibres, de 2 à i5 ampères, et il est d’un faible encombrement. L’induit est composé de trois bobines à 1200, le collecteur de tout petit diamètre est formé de trois lames en argent. Le couple actif pour le courant normal varie de 3, 5 à 7 g : cm. environ, (*)
- (*) Le démarreur se compose d’un petit moteur qui imprime aux balais un mouvement de va-et-vient.
- Le résultat de ce mouvement des balais est de réduire les frottements d’une façon très sensible (fig. 3). Intéressant pour les compteurs dé gros calibtes.
- suivant le calibre La pression des balais esi d’environ o,6 gramme par balai Le disque est en aluminium.
- 3° Le compteur de la Société Anonyme Westinghouse comporte un induit formé de trois bobines à 120°. Ces bobines ont trois extrémités soudées ensemble, les trois autres étant reliées aux lamelles d’ùn tout petit collecteur. Chaque bobine a 1 000 spires en fil de cuivre. La bobine compensatrice comporte 1 /|00 spires ; elle peut tourner autour d’un axe horizontal parallèle à son axe de symétrie ; on règle son action en l’éclipsant plus ou moins par rapport aux inducteurs qui sont aussi circulaires. Le collecteur et les balais se trouvent à la partie supérieure et peuvent être visités sans ouvrir le couvercle principal. Le disque, en aluminium, est à la partie inférieure; il se déplace dans l’entrefer d’un seul aimant, dont l’action est réglable en le faisant tourner autour d’un axe vertical : ce réglage est progressif. Le poids de l’équipage mobile est d’environ 75 gr. ; le couple normal, 87 g : cm. Consommation du
- Fig. 5. — Dispositif pour balais indéréglables.
- fil fin, i,5 watt pour 100 volts; consommation du gros fil pour le courant normal, 5 watts environ ; chute de tension dans le gros fil pour le courant normal, de 1,7 pour le calibre 3 ampères à o,o5 pour le calibre 100 ampères.
- 4° Compteur Lundis et Gyr. — Induit formé de trois bobines à 120° ; collecteur formé de trois lamelles. Le disque, en aluminium, se déplace dans l’entrefer d’un aimant permanent dont l’action est réglable par déplacement. Ce déplacement se fait .à l’aide d’une vis de rappel.
- La bobine de compensation peut tourner autour d’un axe excentrique. Poids de l’équipage mobile, 110 grammes. Couple moteur normal, 6 à
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- 8 g : cm. Consommation du fil fin, i,5 watt pour ioo volts. Nombre de tours par minute pour le courant normal, 78 à 80 tours par minute. Consommation du gros fil pour le courant normal, 10 à ia watts pour les calibres audessus de 10 ampères. Ampères-tours dans l’induit, 40 environ. Ampères-tours des inducteurs en pleine charge, 1 000 à 1 200 environ. La tension aux bornes de l’induit est d’environ 8 volts, le courant qu’il absorbe, environ i5 milliampères. L’influence de la température est rendue faible par l’emploi de métaux appropriés pour la résistance en série aveo l’induit.
- fortement atténuées dans les compteurs actuels.
- Les compteurs employés couramment sont des compteurs à disques, c’est-à-dire dont l’équipage mobile se compose d’un disque, en cuivre ou en aluminium, tournant autour de son axe, dans les entrefers d’un ou deux électro-aimants. Ces électro-aimants portent des bobines, les unes parcourues par le courant principal, les autres par un courant proportionnel à la différence de potentiel aux bornes du réseau et décalées en arrière, par rapport à celles-ci, d’un angle voisin de 90*. Un ou deux aimants permanents créent un couple freinant.
- Fig. 6. — Compteur ACT, modèle de tableau.
- IV. — Compteurs d’induction ou à champs tournants pour circuits monophasés. — Les compteurs genre Thomson sont employés quelquefois pour les courants alternatifs. Ils ont l’avantage d’être relativement peu influencés par la fréquence et surtout par la forme de la courbe du courant alternatif.
- Pourtant, on leur préfère, dans presque tous les cas, les compteurs d’induction, qui sont d’une construction simple, très robustes, d’un réglage facile, et demandant peu d’entretien, parce qu’ils ne comportent ni collecteur, ni balais. Leur encombrement est réduit et leur prix», peu élevé. Ils ont seulement l’inconvénient d’être influencés par la fréquence et la forme des courbes du courant, mais ces influences sont
- Nous avons fait le premier la théorie exacte de ces compteurs. Nous renvoyons le lecteur à l’étude parue à ce sujet dans La Lumière Electrique (’) « Sur la théorie des compteurs d’induction à disques », ainsi qu’au fascicule ïi de Y Encyclopédie électrolechnique.
- Sans entrer dans le détail de cette théorie, nous allons donner la description succincte de quelques modèles de compteurs de ce type.
- i° La Compagnie des Compteurs construit le compteur ACT III et deux modèles de compteurs CTA.
- Le compteur ACT III (fig. 6) comporte une
- (!) Voir La Lumière Electrique, n°* t6 et 7 de* 11 et 18 février 1911.
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- bobine « volts » et deux bobines « ampères ». Le réglage de la marche en circuit inductif se fait à l’aide d’une bague en cuivre fermée par une vis, formée de deux métaux, cuivre et constantan ; suivant la position de la vis, le circuit est plus ou moins résistant. Le disque est en aluminium ; l’amortissement est produit par un aimant permanent dont on règle l’action à l’aide d’un shunt magnétique formé d’une tôle en fer doux dans laquelle se visse deux vis du même métal.
- L’électro-aimant porte une armature dont le déplacement permet de compenser le couple de frottement en créant une petite dissymétrie.
- Les compteurs CTA diffèrent du précédent surtout par la position des bobines « ampères » qui sont éloignées du disque, par la forme de l’électro-aimant, par le shunt magnétique, qui
- Fig, 9. — Compteur « Cosinus » triphasé avec dispositif à dépassement.
- pour l’un des types est le même que pour le compteur Thomson modèle C, et par le‘dispositif de réglage de la marche en circuit inductif. Ce réglage se fait par des bagues en court circuit simple, dont on superpose le nombre nécessaire, et il est fait une fois pour toutes.
- Quelques données numériques concernant le compteur ACT III : Couple normal, 3 à 4 g : cm Poids de l’équipage, a5 grammes. Vitesse normale, inférieure à 5o tours minute. Consommation du fil fin, 0,8 à 0,9 watt environ pour 116 volts ou 1-10 volts 5o périodes et 1,5 watt environ pour modèle a5 périodes. Nombre d’ampères-tours gros fil, 60 à 80 ampères-tours environ
- pour calibres courants. Consommations maxima du circuit gros fil, environ 1 watt pour calibre io ampères, 1,6 Avatt pour 3o ampères, 0,6 watt pour 1 ampères.
- Pour les compteurs de 5oà i5o ampères, couple maximum, environ 5 à 6 g : cm. Vitesse de rotation pour courant normal, environ 40 tours-minute.
- a" La Compagnie anonyme Continentale construit le compteur Cosinus (fig. 7) (1 ) dont le dernier modèle diffère du modèle MR décrit dans le fascicule -il de XEncyclopédie éleclrotechnique, surtout par les détails de construction. Son
- Fig. 8. — Compteur BT, modèle « I ».
- disque est en aluminium , le couple maximum est d’environ 4,5 g : cm.
- Le réglage de la marche en circuit inductif se fait en agissant sur la réaction du disque sur le circuit « ampère ».
- Le réglage de l’amortissement se fait par shunt magnétique.
- 3“ La Compagnie de Construction Electrique
- (') La figure 7 représente un compteur triphasé avec > dispositif à dépassement. Le compteur monophasé ne comporte qu’un seul disque et uu groupe d’électroaimants semblable à celui vu à gauche et en haut de la figure.
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- construit le compteur BT dont le dernier modèle est le modèle I (fig. 8). Ce compteur comporte deux bobines « volts » et une bobine « ampère ». Le réglage de la marche en circuit inductif se fait à l’aide d’une 'double bague en cuivre dont l’action est réglable par déplacement en hauteur.
- Fig. 9. — Compteur Japy, type AJ F.
- Le disque est en cuivre. L’amortissement est obtenu à l’aide de deux aimants, dont les pôles en regard sont de signe contraire. On règle leur action par déplacement, qui peut se faire d’une façon continue.
- La compensation des frottements se fait par déplacement de l’armature de l’électro-aimant.
- Fig. 9 bis. — Electro-aimant de compteur Japy.
- Poids de l’équipage, 58 grammes environ. Couple normal, 8 à 14 g : cm. Nombre de tours-minute pour courant normal, 40. Consommation du fil fin, inférieure à 1 watt pour 110 volts.
- 4® La maison Japy construit un compteur
- type A R, de dimensions très réduites, pour faibles courants (2 à 5 ampères, 110 volts) et un compteur type A JF pour calibres de 5 à 5o ampères.
- Dans ces appareils, l’électro-aimant unique porte deux bobines « volts » et quatre bobines « ampères », enroulées comme l’indique la ligure 9 bis. La marche exacte en circuit inductif s’obtient à l’aide de deux spires en court-circuit, reliées entre elles d’une façon appropriée. L’action de l’aimant permanent est réglable par déplacement (translation) dans le type A R et par shunt magnétique dans le type A J F. La compensation des frottements s’obtient en créant une dissymétrie dans la position de l’électro-aimant
- La figure 9 représente un compteur AJ F ouvert.
- Fig. 10. — Compteur Westinghouse, modèle N.
- 5" Le compteur Westinghouse type N (fig. 10) comporte deux électro-aimants de formes spéciales, placés d'un côté et de l’autre du disque en aluminium; l’un porte une bobine à fil fin, l’autre deux bobines à gros fil. La marche en circuit inductif et la compensation des frottements s’obtiennent à l’aide de bagues en court circuit, dont les positions sont réglables d’une façon graduelle. L’action de l’aimant permanent est réglable par rotation autour d’un axe vertical.
- Poids de l’équipage, n,5 grammes environ; couple normal, 4 g : cm. Nombre de tours-minute pour courant normal, 4o. Consommation dans le fil fin pour 110 ou 220 volts, 5o périodes, envi-
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- ron a watts. Consommation dans le gros fil pour courant normal, environ o,5 watt.
- V. — Compteurs d'induction pour circuits polyphasés. — On a proposé un grand nombre de dispositifs pour compteurs pour circuits triphasés
- compteur monophasé agissant sur deux ou trois disques montés sur le même arbre.
- Le tableau I donne, à titre d’exemples, quelques données numériques sur des compteurs triphasés pour :trois fils (calibre no volts, io ampères, 5o périodes).
- Tableau I.
- COUPLE NORMAL POIDS DE l’équipage CONSOMMATION DE FIL FIN NOMBRE DE TOURS PAR MINUTE POUR COURANT NORMAL CONSOMMATION DU GROS FIL NOMBRE DE DISQUES
- cm : g env. gr. env. environ environ environ
- ACT, III 6 36 a X 1 35 2 X 1 I
- Westinghouse type N... 8 a5 i X i ,8 40 2 X 0 ,5 a
- Landis et Gyr. 10 70 2 X 0,7 48 2 X I a
- en tenant compte des propriétés particulières de fces circqîts (*). En général, ces compteurs n’ont pas donné de résultats satisfaisants, parce que les propriétés théoriques des circuits triphasés ne se retrouvent pas tout à fait dans la pratique. Les cirç.uils à courants triphasés sont en général déséquilibrés et le déséquilibrage des courants amène aussi celui des tensions, on n’a donc pas affaire pratiquement à des tensions triphasées.
- Les seules méthodes exactes sont celles dont les résultats ne dépendent ni des valeurs, ni des phases des différences de potentiels dits triphasés ; ces méthodes sont : la méthode des deux watt-mètres pour les circuits triphasés à trois fils, la méthode des trois wattmètres pour les circuits triphasés à quatre fils (avec fil d’équilibre).
- Le compteur triphasé actuel pour circuit à trois fils se compose de deux électro-aimants de compteur monophasé agissant sur un disque unique (Compagnie des Compteurs. Compagnie anonyme Continentale, Japy frères), ou sur deux disques montés sur le même arbre (Compagnie de Construction Electrique, Compagnie anonyme continentale, Westinghouse, Landis et Gyr).
- Les compteurs pour circuits triphasés à quatre fils se composent de trois électro-aimants de
- (') Voir Janet. Les compteurs à l’Exposition de 1900. [Bulletin de la Société Internationale des Electriciens,
- février 1901.)
- On construit aussi des compteurs simplifiés pour circuits triphasés trois fils équilibrés, mais ces appareils ne doivent être employés que dans les cas où la précision demandée n’est pas très grande.
- Pour les circuits diphasés on emploie des compteurs composés des mêmes éléments, connectés d’une façon appropriée.
- VI. — Compteurs spéciaux. — Les compteurs spéciaux, double et triple tarif, compteurs à tarification variable, à payement préalable, à indicateur de maximum, etc., sont relativement peu employés. Dans ces appareils, on emploie d’ailleurs un compteur des types décrits, combiné avec un dispositif approprié.
- Nous dirons seulement quelques mots sur les compteurs à dépassement. Ces appareils n’indiquent que l’énergie consommée lorsque la puissance instantanée dépasse une certaine limite, fixée d’avance.
- Les compteurs à dépassement appartiennent à deux types différents :
- i° Les compteurs à équipage unique, dans lesquels on ajoute, aux couples du compteur normal, un couple antagoniste constant, réglable. A ce type appartient le compteur construit par la Compagnie des Compteurs et la Compagnie de Construction électrique. Le couple supplémentaire est donné par l’action d’un aimant permanent sur un cylindre en nickel, dont l’hystérésis fournit le couple cherché. Le réglage se fait très
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- simplement par le déplacement de l’aimant en hauteur.
- Appareils très simples et très intéressants.
- 2° Les compteurs dans lesquels un système différentiel permet d’enregistrer la différence entre le mouvement d’un compteur normal et celui d’un équipage à vitesse constante. Un cliquet empêche la minuterie de décompter. A ce type appartient le compteur de la Compagnie anonyme Continentale, le compteur Landis et Gyr, etc.
- Dans le premier (üg. 7) le mobile à vitesse constante est analogue à l’équipage d’un compteur d’induction, mais les bobines qui agissent dessus ne sont parcourues que par des courants égaux ou proportionnels au courant principal, et il n’existe pas d’aimant permanent.
- Dans le compteur Landis et Gyr,le mouvement du mobile à vitesse constante est obtenu à l’aide d’un mécanisme d’horlogerie.
- VII. — Compteur ampèreheuremètre à courants alternatifs. — La Compagnie des Compteurs construit un petit compteur à dépassement, très simple, d’un prix à peine supérieur à celui d’un bon limiteur de courant. Cet appareil, dénommé indicateur d’excédent de consommation pour courant alternatif, est un petit ampèreheuremètre à dépassement, dont le principe est très intéressant.
- Il se compose d’un équipage mobile, comportant un disque dont la partie centrale est en nickel et la couronne extérieure en cuivre. Ce disque se déplace dans l’entrefer d’un aimant permanent et d’un électro-aimant, de forme spéciale, portant une bobine parcourue par le courant principal. L’électro-aimant présente deux dents en face du disque, sur lesquelles est montée une double bague, dont une partie est
- réglable à l’aide d’une vis en cuivre constantan. Le mouvement de l’équipage est transmis à un mouvement d’horlogerie (fig. 1t).
- Fig. n. — Compteur ampèreheuremètre à courant alternatif.
- Voici quelques données sur un ampèreheuremètre de 2 ampères, 5o périodes. Disque en cuivre et nickel, diamètre 60 millimètres, épaisseur 1 millimètre. Couple normal, 5 à 6 g : cm. Ampères-tours maxima, 4 à 5oo environ. Résistance du fil, 0,6 ohm environ.
- Résultats d’essais : Point de dépassement, 0,96 ampère. Pour 1,1 ampère, retard de 2 % ; pour 1,4 ampère, avance de 2 % ; pour 2 ampères, avance de 1 % ; pour 4 ampères, retard de 1,5 %.
- On voit que les résultats sont bien satisfaisants.
- A. Iliovici.
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- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- Contrôleurs & courant continu pour les élévateurs des établissements industriels. — W.-T. Snyder (*).
- Le but de ce mémoire est de décrire succinctement les contrôleurs de quelques types d’élévateurs et de présenter leurs avantages et désavantages et aussi les modifications à introduire et les inconvénients à éviter dans le choix d’un contrôleur suivant les différentes applications prévues.
- Élévateur pour haut fourneau
- L’élévateur est actionné par un moteur com-pound de 175 chevaux, 3oo tours sous »3o volts, commandant par engrenage deux tambours montés sur un arbre commun ; l’un des tambours enroule le câble de l’élévateur, l’autre le déroule.
- Lorsque la puissance se trouve coupée sur l’élévateur, un frein à solénoïde est mis en ser-.vice, automatiquement. Ce solénoïde est à enroulement shunt et il est commandé par un interrupteur réversible. La puissance moyenne et le
- Fig. 1.
- temps nécessaire pour une manœuvre complète sont montrés par le schéma (fig. 1).
- Le temps nécessaire, dans les conditions nor-
- (*) Résumé du Mémoire présenté k l'Institut des Ingénieurs électriciens de Pittsburgh le 16 avril 1915.
- males, pour monter le wagonnet au sommet du haut-fourneau et le faire basculer est de 40 secondes. Si on veut une charge plus rapide, ce temps peut être réduit à 33 secondes par voyage ; il suffît d’utiliser un relai d’accélération qpi insère automatiquement une résistance dans l’enroulement shunt de l’inducteur, aussitôt qu’on arrive au dernier plot d’accélération, et qui supprime cette résistance au moment d’atteindre le point normal de faible vitesse.
- Si le câble prend du mou par suite d’arrêt d’un wagonnet, pour cause de déraillement, de rupture d’axe, etc., avant l’arrivée en bas, ou en cas de rupture, un contact électrique coupe immédiatement le courant et arrête le moteur.
- Une petite génératrice, dont le voltage varie avec la vitesse de l’élévateur jusqu’à 70 volts maximum, est montée sur l’arbre du moteur et aux bornes de cette génératrice on a branché un relai qui fait varier la résistance, montée en parallèle avec l’induit du moteur de l’élévateur, au point de faible vitesse. Si on élève un wagonnet vide ou chargé de coke, la vitesse est grande, le relai fonctionne et coupe une partie de la résistance.
- Si on élève une lourde charge, la vitesse diminue, le voltage de la petite génératrice n’est plus suffisant pour actionner le relai, et toute la résistance est introduite, produisant ainsi le minimum d’effet de retard.
- La figure 1 représente un schéma simple des connexions du moteur et du contrôleur.
- Pendant ces quatre dernières années, l’équipement électrique de cet élévateur n’a causé qu’un arrêt de 55 minutes au haut fourneau, la cause en était due à de la paraffine coulant hors d’une bobine de relai et isolant un contact secondaire et amenant ainsi l’arrêt du contrôleur. Presque tout le temps a été pris pour localiser la faute; avec une disposition convenable des bornes, ce défaut aurait été trouvé par un essai en un temps très court.
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- Lorsque la moyenne des voyages est de 16 par heure pendant toute la semaine et que le contrôleur fonctionne automatiquement pendant tout le„temps de l’opération sans que l’électricien fasse autre chose que de manœuvrer l’interrupteur principal, il est évident que le meilleur service est obtenu avec un contrôleur moderne.
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- Resist. cfynantomT^ç/v frein
- L’interrupteur principal étant placé loin du contrôleur principal et de la machinerie, il y a là un inconvénient pour la manœuvre si l’on veut ajuster ou changer les câbles. Cet inconvénient a été supprimé en plaçant dans la chambre dès machines un contrôleur à main comportant plusieurs interrupteurs à couteau reliés au contrôleur principal.
- Un interrupteur double à couteau à un pôle manœuvre les contactcurs inverseurs, un autre interrupteur simple à un pôle actionne les plots d’accélération, et un troisième du même type agit sur les contacteurs de faible vitesse. Ce dispositif permet à l’ouvrier électricien de mettre hors service le contrôleur principal sans être obligé de signaler à une autre personne la nécessité de manœuvrer l’interrupteur principal.
- Pour éviter aux voitures d’approcher l’arrêt à une vitesse trop grande, un relai coupe le courant au moteur et fait agir le frein à bande.
- En choisissant un équipement pour hautfourneau, les considérations à envisager se placent dans l’ordre suivant : i® convenance ; 2® entretien; 3° dépréciation; 4° dépense d’installation.
- Convenance. — Les pièces d’un contrôleur devront être aussi réduites que possible pour avoir le minimum de causes de troubles. Pour
- éviter que le courant d’accélération n’atteigne des valeurs dangereuses pour le moteur ou les autres parties de l’équipement, on peut limiter le nombre de fiches à 4. donnant cinq accélérations. Les contrôleurs d’élévateurs ont, dans beaucoup de cas, été munis de dispositifs compliqués dont le but était de permettre des variations de vitesse et des points d’arrêt en nombre indéfini. On a introduit ainsi beaucoup de chances d’accident qui ont diminué la convenance du contrôleur. Un contrôleur avait une résistance de ralentissement graduée en 5o plots qui permettait de maintenir constante la vitesse du moteur que le wagonnet soit plein ou vide ; on a trouvé que deux temps donnaient un résultat satisfaisant et que, si la régulation n’était pas aussi bonne, l’installation était autrement pratique.
- Résistance. — La résistance à employer pour un contrôleur d’élévateur doit être examinée soigneusement, car elle a une importance égale à celle du contrôleur, l’un ne pouvant pas marcher sans l’autre.
- Les dimensions doivent être suffisantes pour limiter l’élévation de la température à 5o°, les hautes températures détériorant les isolants.
- Canalisations. —Les meilleures matières elles meilleures qualités de fil doivent être employées pour les conducteurs secondaires du contrôleur. Pour un voltage de volts, on prendra des fils isolés pour i 5oo volts. Les conducteurs secondaires devront être extra-souples et d’un diamètre supérieur au n® îa.
- On prendra soin de ne pas placer dans les mêmes conduits les fils des bobines à haute résistance des relais avec ceux sujets à de hauts voltages d’induits qui pourraient influencer les premiers.
- Entretien et dépréciation. — Toutes les pièces sujettes^ remplacement devront être facilement accessibles pour visites, réparations, remplacements.
- Pour diminuer le nombre de pièces à changer, les appareils devront être en double. Lea extrémités de tous les conducteurs principaux ou secondaires seront bien indiquées et disposées de façon à simplifier les recherches ët les essais.
- Un contrôleur facilement réparable ne doit pas être sujet à une mise hors service; sa durée doit être indéfinie à moins d’un changement capital dans l’utilisation du haut-fourneau.'
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- Son prix ne doit pas entrer en ligne décompté; la seule considération à envisager est qu’il puisse fonctionner sept jours par semaine.
- ÉlÉVATEUII DE CHABIION A GHANDE VITESSE
- Cet appareil est double, chaque élévateur peut manutentionner iootonnesde charbon par heure avec une benne de i mètres cubes pesant à vide environ 3 tonnes. Le poids moyen de charbon par voyage est de i tonne et quart.
- Chaque élévateur est actionné par un moteur compound de 3oo chevaux, 5oo tours et a3o volts. La benne dans sa montée décrit une parabole ; la hauteur totale est de 40 mètres.
- Le temps total d’une manœuvre est de 3j secondes pour arriver à 100 tonnes, avec une charge de 1 tonne et quart par voyage le temps
- Fig. 3.
- serait de 45 secondes. La figure 3 donne les courbes de la puissance et du temps nécessaires pour une opération complète.
- Tout l’équipement électrique doit être enfermé dans un local bien à l’abri des poussières de charbon.
- Celles-ci n’étant pas conductrices pourraient isoler les contacts, à part cela il faudra éviter l’accumulation des poussières dans les guérites des appareils électriques, surtout dans les chambres des contrôleurs, les étincelles pouvant enflammer les poussières.
- Les essais effectués par le Bureau des mines des Etats-Unis ont montré que 6 grammes de poussière de charbon par o me. o3o d’air permettent la propagation d’une flamme de particule à particule de poussière et peuvent amener une inflammation générale dans un induit clos
- et, avec toutes les poussières accumulées dans les coins, il peut se produire une explosion très grave.
- Un montage de cette sorte demande un opérateur ayant les capacités d’un wattman, car trouver un contrôleur qui serait protégé contre le manque de soin et l’incompétence de l’operateur serait impraticable sinon impossible. Les seules protections nécessaires que cinq années de pratique ont fait reconnaître sont la limitation du courant d’accélération et la protection contre les surcharges. Il y a deux équipements complets sur chaque élévateur opérant pour le même bateau. Pour préserver contre les excès de courant venant de la ligne ou de la station génératrice, les contrôleurs sont verrouillés électriquement de façon à empêcher l’ascension des deux bennes, mais permettant à l’une de s’élever pendant que l’autre descend. Par rapport aux avantages matériels, ce dispositif a donné un coût d’entretien inférieur, apportant une meilleure répartition de la force sur l’installation et une meilleure allure des opérateurs qui ont moins de chance de faire des fausses manœuvres, puisque l’un ne peut se tromper à moins que l’autre n’en fasse autant. On obtient une réduction de puissance sur tout l’ensemble ainsi qu’une meilleure utilisation du cuivre de la transmission. Puisqu’un équipement de cette sorte doit nécessairement avoir quelque capacité comme rechanges, on a normalement le temps pendant les heures de travail de faire toutes les réparations ordinaires. Nous attacherons donc moins d’importance à la continuité de l’opération dans ce cas et donnerons au coût de l’entretien et des réparations par rapport au coût initial plus d’importance que si nous avions à choisir un contrôleur pour élévateur à bascule.
- Le contrôleur et ses câbles, pour ce service, devront être facilement accessibles, simples comme montage etnepas comprendre des détails délicats, de telle sorte que l’opérateur puisse faire toutes les réparations utiles, localiser toutes les fautes ordinaires et réduire ainsi au minimum le temps et les dépenses exigés par l’intervention d’ouvriers plus exercés.
- En se reportant à la figure 3, on voit que l’accélération exige 1 400 ampères pendant environ 7 secondes et demie et que, du moment où la résistance d’accessoire est enlevée jusqu’à la coupure totale du courant, il faut seulement
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- ïioo ampères. Donc la résistance d’accélération est en circuit pendant 75 % du temps total que le moteur met à élever le wagonnet et 20 % du temps total d’une opération. Une résistance semblable doit donc supporter continuellement 1 000 ampères avec une élévation de température de 5o° pour donner un bon service. Elle devra parer aux échaufïements excessifs en service normal, et donnera ainsi une économie intéressante sur les frais d’entretien et de réparation, compensant ainsi son prix plus élevé, que celui d’une résistance ordinaire pour un moteur de 3oo chevaux agissant en 35 secondes.
- Élévateur automatique a faible vitesse
- POUR CENDRES
- Cet équipement sert pour élever les cendres des fosses des producteurs de gaz et les verser dans des wagons circulant sur un chemin de fer élevé.
- lie contrôleur devant être manœuvré par l’homme qui charge les cendres, il faudra qu’il y ait seulement un bouton à presser pour que la benne soit élevée, basculée et ramenée en bas.
- Avec un contrôleur automatique on fera une économie appréciable en évitant l’emploi d’un électricien.
- • - *•
- * *
- En résumé, pour les applications analogues à celles des élévateurs de haut-fourneau où toute cause d’avarie peut produire une perte de production, la question primordiale est celle du fonctionnement continu. Le coût initial du contrôleur ne doit pas entrer en compte.
- Pour un élévateur de charbon à grande vitesse où l’opérateur doit posséder une certaine habileté professionnelle et procéder lui-même aux différents travaux d’entretien et de réparation, la question du tout initial, de simplicité et de l’entretien doit être envisagée de près, la continuité du fonctionnement de l’élévateur étant moins importante. Pour la troisième série d’élévateurs à faible vitesse, le contrôleur doit fonctionner automatiquement.
- L. B.
- Tableau à contrôle automatique pour iqoteur de compresseur.
- Ce tableau (lig. 1), construit pour la Coinmom-vealth Portland Cernent C°, est destiné au contrôle d’un moteur de 3oo chevaux à courant continu actionnant un compresseur.
- Il comporte un démarreur du type à rochet et leviers multiples, monté de telle manière que le
- t 1
- Fig. 1.
- moteur ne puisse être mis en marche que lorsque son champ a atteint son maximum d’intensité, c’est-à-dire lorsque toutes les résistances du régulateur de champ sont hors circuit. Ce démarreur est également connecté à deux interrupteurs à marteau de façon telle que le circuit principal soit rompu par ceux-ci et jamais par les contacts du démarreur. En outre, il existe un disjoncteur à maximum. Les deux interrupteurs à marteau s’ouvrent lorsque le courant d’alimentation vient à faire défaut.
- Le rhéostat de champ - est actionné par un servo-moteur réversible. La position normale de démarrage correspond à une basse pression dé l’air ; auquel cas, le servo-moteur met les résistances hors circuit et porte rapidement le moteur principal à sa vitesse maximum. Mais si la pression au réservoir atteignait sa valeur normale avant que toutes les résistances fussent coupées, le servo-moteur de réglage se renverserait et commencerait à ralentir la vitesse du moteur principal.
- En résumé, le moteur du compresseur obéit automatiquement à la demande du réservoir d’air comprimé.
- Lé circuit principal contient un interrupteur bipolaire a qui, ouvert, isole tout le tableau. Le
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- circuit positif de cet interrupteur traverse un disjoncteur, à maximum b, un interrupteur à marteau c et le démarreur d à leviers multiples, avant d’arriver au moteur.
- Au démarrage, le courant parcourt toutes les résistances-série,mises progressivement horScir-cuit par la fermeture des interrupteurs à marteau.
- Le circuit négatif arrive directement au moteur. Au démarrage, l’interrupteur principal a et le disjoncteur b sont fermés et l’on agit sur le levier à rochet du démarreur. Celui-ci ferme l’interrupteur gauche, qui excite la bobine actionnant l’interrupteur à marteau et en provoque la fermeture. On voit toutefois sur le schéma que cette bobine ne peut être excitée qu’autant que les contacts plongeants e du rhéostat de champ sont en court-circuit; et cela n’arrive que lorsque ce rhéostat est en mesure de donner au champ son maximum d’intensité.
- L’interrupteur à marteau c porte, à l’arrière, une petite tige de contact qui, à la position de fermeture, met deux pointes en court-circuit. Cela maintient le passage du courant dans l’électro de commande quand les contacts plongeants e sont en circuit ouvert. La fermeture de l’interrupteur à marteau c introduit aussi, dans le circuit de son électro de commande, une petite résistance qui réduit et économise le courant d’entretien.
- Dans ces conditions, le moteur démarre. Il est accéléré en coupantgraduellementles résistances par fermeture successive des interrupteurs. Quand le dernier de ceux-ci est fermé, le second interrupteur à marteau actionné par un électro, comme l’autre, se ferme à son tour, ce qui met toutes les résistances de démarrage en court-circuit. A moins qu’on ne veuille arrêter le moteur, on abandonne alors le levier du démarreur.
- Pour arrêter, un nouveau mouvement de ce levier ouvre l’interrupteur^ qui rompt le circuit de l’électro actionnant l’interrupteur c, ce qui coupe tout le courant.
- D’après les connexions, il est évident qu’en cas d’interruption du courant les interrupteurs à marteau c et/1 s’ouvrent et isolent le tableau.
- Le rhéostat de champ est du type courant, à 2 séries de résistances et contacts en parallèle et curseur de contact. Ce curseur est mû par un petit servo-moteur h série, relié aux conducteurs principaux en série avec une résistance fixe /; un
- rhéostat en parallèle avec l’induit en règle la vitesse.
- Le servo-moteur du rhéostat reçoit le courant du circuit principal par le disjoncteur b, mais en évitant l’interrupteur à marteau c. Après avoir traversé le champ série du moteur, le courant arrive aux contacts supérieurs internes des interrupteurs h et l à électro. Suivant que l’un ou l’autre de ces interrupteurs est fermé, le courant traverse dans un sens ou dans le sens opposé l’induit du servo-moteur sans qu’il change pour cela de direction dans le champ, ni dans la résistance fixe; cela a pour effet de changer le sens de rotation de ce moteur; l’électro k levé correspond au ralentissement du moteur principal; l’électro l levé, à son accélération. La commande de ces deux électros dépend du relais m régulateur de la pression d’air.
- Au démarrage, la pression est nulle ou basse, en sorte qu’il convient d’atteindre la pleine vitesse le plus vite possible. Pour cela, on réalise le contact supérieur du relais m, ce qui soulève l’élec-tro let provoquela rotation du servo moteur pour faire passer le rhéostat de champ d’une position extrême à l’autre. La vitesse du moteur principal passe alors de sa valeur normaleà son maximum,
- Quant à celle du servo-moteur, elle dépend de la position de sa résistance de réglage qu’on ajuste d’après les conditions ordinaires de fonctionnement, mais qui peut être modifiée à volonté à tout moment.
- On remarquera que lesconnexions opérées par le relais m sont inopérantes tant que la résistance principale de démarrage n’est pas totalement hors circuit; en effet, le courant doit traverser deux contacts qui ne sont mis en court-circuit que lorsque l’interrupteur à marteau f est fermé. Cetinterrupteur porte, à l’arrière, une petite barre de mise en court-circuit qui se relève sur les contacts à la fermeture de l’interrupteur.
- Si la pression de l’air atteint sa pleine valeur avant que le rhéostat de champ soit arrivé à fond de course, le contact supérieur du relais m régulateur de pression se rompt et le contact inférieur s’établit. Il s’ensuitque l’électro l d’accélération tombe et coupe momentanément le circuit du servo-moteur. En même temps, l’électro k de ralentissement se soulève et renverse la marche du servo-moteur, ce qui réduitla vitesse du moteur principal. (Engineering, 16 juillet 1915.)
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- ÉLECTROCHIMIE
- Transformations et équilibre chimiques de
- l’eau et des solutions de peroxyde d’hydrogène à la lumière ultra-violette. —A. Tian.
- A en juger par la littérature scientifique récente, peu de sujets ont été aussi étudiés pendant ces dernières années que l’action des rayons ultra-violets sur les solutions. Or nous ne connaissons pour ainsi dire pas l’action exercée par ces rayons sur l’eau pure, à peine a-t-on signalé la présence dans l’eau soumise à la lumière ultraviolette d’une petite quantité d’eau oxygénée, et encore ce fait a été contesté. Il a semblé à M. Tian qu’il était nécessaire d’établir définitivement si les radiations ultra-violettes exercent une action chimique sur l’eau et, s’il y avait lieu, d’étudier eh détail ce phénomène.
- L’auteur a montré qu’elîectivement l’eau est décomposée : une petite quantité d’eau oxygénée se forme, et en même temps de l’hydrogène. Quoique les quantités formées de ces substances soient toujours très petites, il s’agit vraiment d'une décomposition propre de l’eau car on la constate aussi bien, et même mieux, avec de l’eau purifiée soigneusement qu’avec l’eau simplement distillée des laboratoires: les impuretés de l’eau ne peuvent donc pas, comme l’hypothèse en avait été faite, expliquer la formation d’eau oxygénée. D’autre part, la décomposition de l’eau par la lumière ultra-violette est compliquée par ce fait que cette lumière exerce aussi une action décomposante (avec formation d’eau et d’oxygène) sur l’eau oxygénée obtenue; mais cette dernière décomposition peut être réalisée avec des radiations du commencement du spectre ultra-violet qui n’ont aucune influence sur l’eau et l’auteur a pu étudier à part cetle destruction du peroxyde d’hydrogène avant d’aborder la décomposition photochimique de l’eau. Son travail comporte donc l’étude détaillée de la décomposition photochimique de l’eau oxygénée, celle de l’eau, et enfin les transformations déterminées par les réactions précédentes et l’équilibre final qui en résulte. Voici les résultats les plus intéressants trouvés par M. Tian.
- Les radiations qui agissent sur l’eau ont une longueur d’onde inférieure à o p ig environ.
- Elles sont donc bien, conformément à la loi de Grothus, absorbées par ce liquide, mais il est remarquable de constater que, lorsqu’on se déplace dans le spectre vers les petites longueurs d’onde, l’action chimique se manifeste en même temps que l’absorption. Une conséquence de cette absorption des radiations actives est que l’eau exposée à la lumière ne se peroxyde qu’à sa surface, et comme d’autre part la plupart des sources émettant de l’ultra-violet extrême (au-dessous de o [x 19) donnent aussi des radiations de plus grande longueur d’onde non absorbables par l’eau, mais agissant sur H! O’, cette substance ne se forme et ne peut demeurer en équilibre qu’à sa surface. Cet effet de « peau » est par exemple très net avec urte lampe à vapeur de mercure à enveloppe de quartz pour laquelle la moitié de l’eau oxygénée obtenue se trouve dans les cinq premiers millimètres d’eau exposée.
- M. Tian a étudié aussi quel pouvait être le rôle de l’oxygène sur la peroxydation de l’eau par la lumière. Il a trouvé que la présence de ce gaz en dissolution favorisait énormément la formation photochimique d’eau oxygénée, mais, lorsqu’on fait croître la concentration d’oxygène dissous, la vitesse de peroxydation, après avoir augmenté rapidement, tend vite vers un maximum, en sorte qu’à partir d’une certaine concentration (inférieure à celle de l’eau aérée), on ne gagne plus à augmenter la pression de l’oxygène en contact. Ce fait remarquable s’explique d’ailleurs parce que l’oxygène n’exerce aucune action peroxydante sur l’eau mais intervient simplement pour s’unir à l’hydrogène provenant delà décomposition de l’eau et éviter ainsi la réaction inverse (réaction de H naissant sur H2 O*), et on conçoit alors qu’à partir du moment où cette réaction est rendue pratiquement irréversible, l’accroissement de la concentration de l’oxygène n’ait plus d’effet. D’autre part, on sait que la lumière ultra-violette extrême détermine l’ozonisation de l’oxygène. M. Tian s’est dohe préoccupé de voir quelle pouvait être l’action de la lumière. Pas plus que l’oxygène, l’ozone n’exerce à la lumière ultra-violette d’action peroxydante sur l’eau, au contraire l’ozone se
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXX (28 Série). — N» 36.
- combine molécule à molécule avec l’eau oxygénée produite pour donner de l’eau et de l’oxygène entraînant ainsi la destruction de l’eau oxygénée produite d’abord. L’auteur a montré que cette réaction secondaire due à l’ozone pouvait, dans certaines conditions convenablement choisies, modifier complètement l’allure du phénomène, par exemple, lorsque de l’eau pure est exposée à faible distance d’une forte étincelle entre électrodes d’aluminium, la courbe donnant la concentration du peroxyde d’hydrogène en fonction du temps d’exposition décroît après avoir passé par un maximum.
- Agissant sur des solutions d’eau oxygénée, la lumière ultra-violette détermine une diminution ou une augmentation de la concentration, le sens de la modification dépend de la concentration initiale, de la nature du rayonnement utilisé, de l’épaisseur du liquide exposé, mais nullement de l’intensité de la lumière incidente si celle-ci subit des modifications qui n’altèrent pas les intensités respectives des radiations qui la composent. Les lois de la transformation établies et vérifiées expérimentalement par l’auteur sont analogues à celles des transformations radioactives à cause de la nature monomoléculaire de la décomposition photochimique de l’eau oxygénée. M. Tian a étudié également l’équilibre final obtenu, et l’influence sur cet équilibre de divers facteurs, nature du rayonnement, absorption lumineuse déterminée par le liquide exposé, température, présence de corps dissous et particulièrement des impuretés généralement contenues dans l’eau distillée. Cette étude donne la clef des résultats contradictoires obtenus par ceux qui avaient cherché à mettre en évidence la décomposition photochimique de l’eau.
- L’auteur tire quelques applications des résultats qu’il a obtenus. Sans avoir la prétention de donner déjà une méthode de préparation industrielle de l’eau oxygénée, il indique d’abord comment on peut préparer une solution de cette substance relativement concentrée. D’autre part, il était intéressant d’avoir une limite supérieure de la quantité d’eau oxygénée (absolument indé-célable par des réactions chimiques) contenue dans de l’eau après sa stérilisation industrielle par la lumière d’une lampe en quartz à vapeur de mercure; déterminée par le calcul en utilisant les résultats trouvés expérimentalement, on trouve o mgr., 0007 par litre. Cette quantité est si
- faible que l’on peut être assuré que l’eau oxygénée présente dans l’eau de boisson ainsi stérilisée n’exerce aucune espèce d’action sur l’organisme. Elle ne peut non plus, à pareille dilution, déterminer la stérilisation de l’eau : les rayons ultra-violets ont donc une action microbicide directe, ainsi que l’hypothèse en avait été déjà émise.
- M. Tian a également appliqué la décomposition photochimique de l’eau à la mesure de l’intensité de la radiation de longueur d’onde i 849 angstroms, qui constitue, ainsi qu’il l’a montré, tout le rayonnement extrême d’une lampe à vapeur de mercure; on peut ainsi mesurer correctement par un phénomène photochimique l’intensité d’une radiation, fait très remarquable, puisque, en général, les méthodes de photométrie actinique en lumière complexe non seulement sont incorrectes, mais n’ont, à. proprement parler, aucun sens. Il a étudié de cette manière avec précision l’altération si discutée des lampes à vapeur de mercure à enveloppe de quartz industrielles : l’altération du quartz ne se manifeste nullement lorsque les lampes fonctionnent à un bas régime électrique, mais elle devient très nette dès que l’on soumet la lampe à une tension un peu élevée. Cette méthode constitue un moyen extrêmement précis et sur d’apprécier l’altération progressive des lampes à vapeur de mercure dont on peut avoir à se préoccuper pour certaines applications.
- L’exposé des recherches de M. Tian est précédé de la description des méthodes et des appareils utilisés. 11 a placé également, au début, des considérations générales sur les phénomènes photochimiques; l’importance qu’a pris ce sujet de nos jours lui a donné à penser que la description de méthodes permettant d’étudier correctement ces phénomènes, en tenant compte de leur complication et surtout de l’absorption lumineuse inévitable (et souvent négligée), gagnerait à être dégagée de l’exposé même de ses recherches. Le lecteur se rendra probablement compte que l’étude de la vitesse de toute réaction photochimique, et par conséquent des équilibres auxquels ces phénomènes donnent lieu, est illusoire si l’on ne tient pas compte des multiples facteurs dont elle dépend.
- (Thèse de doctorat et Annales de la Faculté des
- Sciences de Marseille, tome XXII, fascicule IV, par
- A. Tian.)
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- STATIONS CENTRALES ET DISTRIBUTION
- Transformation d’un réseau de distribution de diphasé en triphasé.
- Le réseau de distribution de la Richmond Light and Railroad Coinpany, de New Brighton (Etat de New-York) desservant l’île de Statén, a été, d’après les plans de MM. C.-W. Hotchkiss, président, et W. Rudisill, ingénieur en chef de de cette Compagnie, transformé de diphasé, a 3oo volts, 6o périodes, en triphasé, a 3oo et 6 6oo volts, même fréquence. Les lampes à arc et celles à filament de charbon ont été remplacées, dans l’éclairage public, par des lampes de ioo et a5o bougies, G,6 ampères en série, à atmosphère d’àzote.
- Cette transformation qui s’est effectuée sans arrêt de l’exploitation avait été jugée nécessaire pour améliorer le rendement de la transmission et parce qu’on jugeait utile d’employer à la force motrice des moteurs triphasés. La capacité des lignes existantes a d’ailleurs, du fait même de la transformation, subi un accroissement capable de faire face aux augmentations futures de la charge.
- Une nouvelle sous-station, érigée à Concord, dans l’île, convertit le courant reçu à 6 6oo volts de la centrale de Livingston en courant de traction pour les tramways de Concord, New Dorp, Richmond, South Beach et Midland.
- La centrale a elle-même subi un certain nombre de modifications. Auparavant, outre un réseau de traction à courant continu de 6oo volts, qui a été conservé, il existait un certain nombre de lignes de transmission diphasées à 2 3oo volts, 3 fils, et quelques-unes à 4 fils, pour la force et la lumière. La centrale les alimentait par trois génératrices 600 volts continu, faisant ensemble
- 1 600 kilowatts, et quatre alternateurs diphasés,
- 2 5oo volts, 60 périodes faisant ensemble 6 5oo kilo watts-am père.
- En ce moment, on y installe un alternateur triphasé, 60 périodes, de 7 5oo kilowatts-ampère, sous 2 3oo volts, commandé par turbine pour tenir compte de l’accroissement espéré de la charge et fournir de courant la nouvèlle sous-station.
- Depuis octobre 1914, en prévision de la transformation du réseau, on n’installe plus que des moteurs triphasés. Par suite, il a fallu, en bien des cas, fournir simultanément, par les lignes diphasées à 3 et 4 fils, du diphasé 220 volts, 3 fils, du triphasé, 220 volts, 3 fils et du triphasé 110 volts, 3 fils. On a alors eu recours au dispositif de connexions représenté par le schéma (fig. 1). Des transformateurs, du type extérieur,
- \S2SSISMASJ KtUejuaW
- Fig. 1. — Disposition des transformateurs pour le service mixte transitoire : 220 et 110 volts triphasé et 220 volts diphasé.
- installés en des points convenables de la ligne, ont servi provisoirement, en attendant la transformation générale du réseau en triphasé, G 600 et 2 3oo.
- Pendant la transformation du réseau de di en triphasé, on a fait usage d’un tableau à deux jeux de barres omnibus. Deux groupes de transformateurs de 800 kilovolts-ampères furent installés à la centrale de Livingston; l’un, connecté en T temporairement, transformait le courant diphasé à 2 3oo volts en triphasé à 6 600 volts; l’autre, monté en triangle ouvert, transformait le triphasé à 2 3oo volts en triphasé à 6 600 volts. A chaque genre de courant correspondait un gi’oupe de barres omnibus ; à l’un furent reliés deux alternateurs de 5oo kilovolts-ampères et un de 1 600 kilovolts-ampères, pour la transformation en triphasé; à l’autre, un alternateur de 3 000 kilovolts-ampères, 2 3oo volts pour le réseau diphasé.
- La nouvelle sous-station de Concord ayant été reliée, par construction d’une nouvelle ligne, à
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- la centrale, cela donnait a priori une charge de 5o kilovolts-ampères, triphasée; en . refaisant toutes les connexions des moteurs triphasés avec la centrale, on obtient une autre charge de 3oo kilovolts-ampères; au total 8oo kilovolts-ampères pris sur les barrés-omnibus triphasées. Ce furent les premières phases de la transformation.
- Les réseaux mixtes de distribution de lumière et de force motrice restèrent diphasés ; mais on profita des dimanches et des heures d’arrêt dès moteurs chez les abonnés pour installer des transformateurs à connexion éïi triangle ouvert tels qu’ils donnent encore les voltages corrects en transformant du diphasé en triphasé. . Quand furent refaites les connexions de tous ces moteurs, on relia la ligne de distribution aux barres triphasées delà centrale et l’on déplaça les fiches de connexion des transformateurs susdits pour qu’alimentés en triphasé ils donnent les voltages corrects aux moteurs. Un dimanche suffit à modi-,fier une installation de 4 oo à 5oo kilovolts-ampères.
- monophasé.
- Lorsqu’un circuit s’est trouvé trop long pour être modifié en une seule fois, on n’a pu mettre sur triphasé que 400 à 5oo kilovolts-ampères, correspondant à la portion de ligne la plus voisine de la centrale. En ce cas, il a fallu fournir le courant diphasé à partir de l’extrémité de la section mise en triphasé. On a, dans ce but, intercalé en ce point un transformateur monté comme l’indique le schéma ,fig. 2). Les appareils du type courant 2 200 / 608 volts, de la General Electric Cy, ont été montés ainsi sur les indications données par M. L. G. Smith, ingénieur de la Compagnie. Le
- rapport de phases du côté diphasé des transformateurs est d’environ 92 degrés. Les voltages diphasé et triphasé sont identiques en fait.
- Quand il a fallu transformer le courant à 6 600 volts en courant à 2 3oo volts, on a eu recours à des transformateurs installés sur le sol et entourés de. treillage métallique.
- La modification d’une longue ligne s’est ainsi poursuivie de proche en proche par ce procédé sur les lignes fournissant de la force motrice.
- Simultanément, on transformait les réseaux d’éclairage public pour la distribution triphasée.
- Lorsque, vers le 3o mai, tout le réseau a été prêt pour le fonctionnement en triphasé, le groupe de transformateurs à connexions en T de la centrale a été disposé pour fournir ce genre de courant.
- (Electrical World, iojuillet 1915.)
- Emploi de l’aluminium comme antitartre dans les chaudières à vapeur.
- On sait que les bains-marie de laboratoires, qui sont munis de dispositif à niveau constant, se recouvrent, lorsqu’on les alimente avec de l’eau de fontaine, d’une couche de tartre qui finit par obstruer complètement le tube d’alimentation.
- J’ai constaté qu’un appareil de ce genre, qui avait été peint intérieurement avec de la peinture à l'aluminium, a pu fonctionner, d’une manière à peu près continue, pendant trois ans, sans nécessiter de nettoyage.
- Les expériences suivantes montrent bien que cette action est due à la présence de l’aluminium métallique.
- On a fait bouillir de l’eau dans deux récipients enfer, préalablement pesés, et munis des ajutages nécessaires pour l’alimentation continue. Dans un de ces récipients on avait placé un petit sachet plein de poudre d’aluminium. Après une quinzaine de jours de chauffage, aussi identique que possible, les deux appareils ont été vidés et pesés: l’augmentation de poids donnait le poids de tartre adhérant aux vases.
- On a trouvé :
- Poids du tartre dans le vase avec Al... 7 gr
- Poids du tartre dans le vase sans Al... 17 gr.
- La même expérience a été faite en mettant,
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- dans l’eau de l’un des vases, de la grenaille d’aluminium pour aluminothermie. On a trouvé:
- Poids du tartre dans le vase avec Al . . i3 gr.
- Poids du tartre dans le vase sans AL . . 19 gr.
- La présence d’aluminium métallique dans une chaudière s’opposera donc à la formation du dépôt de tartre; l'aluminium en poudre aura une action plus grande que l’aluminium en grenaille et, comme le montre la constatation indiquée au début de cette note, une simple peinture à l’alu-
- minium de l’intérieur des chaudières donnera de bien meilleurs résultats.
- Ces simples faits me paraissent pouvoir donner lieu à des applications pratiques très importantes ; j’ai cru bon de les signaler. La peinture employée était obtenue en délayant de la poudre d’aluminium dans de l’essence de térébenthine additionnée de résine.
- (Note de M. L. POUget présentée par M. Schlœ-sing fils, à la séance de l'Académie des Sciences du 9 août 1915.)
- STATISTIQUE
- 1
- L’industrie minière et l'industrie sidérurgique en 1914. — Allemagne. — Autriche-
- Hongrie. — Grande-Bretagne.
- Les chroniques consacrées précédemment par le Comité des Forges de France à l’industrie métallurgique et minière de l’Allemagne avaient fait ressortirles progrès énormes réalisés chaque année dans ce pays. La production s’était élevée avec une extrême rapidité depuis une quinzaine d’années, beaucoup plus vite que la consommation. Les tonnages de métal jetés sur le marché ne pouvaient s’écouler que grâce à une exportation croissante et la politique impériale n’avait rien négligé pour favoriser celte conquête des marchés extérieurs.
- Tant pour le charbon que pour les produits sidérurgiques, c'est-à-dire pour les produits qui conduisent à la prédominance mondiale, l’Allemagne était en train d’atteindre et de surpasser l’Angleterre.
- Pour le minerai de fer, cependant, l’Allemagne n’était pas sans inquiétude. Sa production, si importante qu’elle fût, ne suffisait pas à l’alimentation de ses hauts fourneaux, et elle devait — en partie aussi pour des raisons techniques — faire appel pour une part croissante à l’importation. L’empire convoitait donc le bassin de Briey, comme il avait convoité les richesses du Maroc.
- Conquête des débouchés nécessaires à sa métallurgie, main-mise sur le plus riche bassin
- ferrifère du monde, tels sont assurément, entre beaucoup d’autres, deux des raisons qui ont conduit le monde industriel allemand à pousser à une guerre qui a fini par lui sembler naturelle et nécessaire.
- L’Angleterre, qui dominait jusqu’ici le marché mondial, voyait se dresser devant elle une concurrente extrêmement redoutable, dont la persévérance et les méthodes semblaient devoir tôt ou tard devenir menaçantes.
- Il est certain que cette menace est l’une des raisons qui ont poussé l’Angleterre à entrer dans le conflit.
- Jusqu’ici, les effets de la guerre se sont fait sentir naturellement beaucoup moins en Angleterre que dans les autres pays belligérants, puisque le service militaire obligatoire n’y existe pas. Les engagements volontaires ont été assez nombreux pour réduire la main-d'œuvre, et par là même la production métallurgique, mais le recul sur les chiffres de 191'! n’a guère dépassé 10 % . Pour l’acier, il y a eu progrès de 1914 sur 191 * •
- Quant à l’Autriche-Hongrie, la situation du marché métallurgique était loin d’être satisfaisante au début de 1914, et la guerre n’a fait que l’aggraver. En dehors des usines qui travaillent à la fabrication du matériel de guerre, il n’y a que peu d’activité.
- La production a naturellement accusé un recul assez marqué sur celle de 191 i.
- Nous extrayons des tableaux statistiques publiés
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- par le Comité des Forges les chiffres suivants relatifs à la production de l’Allemagne, de l’Au-triche-Hongrie et de l’Angleterre en combustibles, minerais de fer et produits sidérurgiques pendant les années 1913 et 1914 (Tableau 1).
- On remarquera d’une façon générale que, si la production de combustibles a marqué un recul dans tous ces pays, c’est en Allemagne que cette diminution a été proportionnellement la plus considérable ( 15,7 % pour la houille et i5 % poulie coke), tandis qu’en Angleterre elle était seulement de 7,6 % (principalement à cause du manque d’ouvriers qui s’est fait sentir pendant les cinq derniers mois de 1914)-
- Pour le minerai de fer, le Comité des Forges ne donne pas encore les chiffresde 1914. 11 convient cependant de noter que l’Angleterre retrouvait en 1912 le niveau des productions antérieures, celle de 191a n’ayant baissé qu’à cause de grèves, tandis que sa production en fonte restait sensiblement égale en 1914 à la moyenne des deux années précédentes en regard d’un recul de 25,48 % en Allemagne. Enfin nous croyons intéressant de compléter les chiffres don nés ci-dessous
- Les réserves de cuivre de l’Allemagne.
- On a publié, en Allemagne, un rapport officiel sur les stocks de cuivre existant dans le pays et sur les besoins de l’autorité militaire. Ce rapport est établi pour la consommation nationale et très probablement aussi pour l’information de l’Etranger. Quoi qu’il en soit, il mérite qu’on ÿ prenne garde.
- Les compagnies allemandes faisant le commerce des métaux estiment cpie les stocks — comprenant tous les objets de cuivre manufacturés jusqu’ici — satisferont aux besoins de l’armée pendant très longtemps encore, en dehors même de la production indigène qui aurait considérablement augmenté depuis août 1914. On calcule que le cuivre manufacturé disponible dépasse 2 millions de tonnes, ce qui suffirait à 10 années de guerre.
- Une partie de ce métal sc trouve sous forme d’ustensiles pour usages domestiques et de toitures, mais le plus gros tonnage est dans l’industrie et le commerce, spécialement dans les applications électriques. Or, si la première fraction
- Tableau I.
- ALLEMAGNE
- ANGLETERRE (') ET AUTRICHE (2) HONGRIE (2)
- LUXEMBOURG (2)
- — — % — - —- - - -
- 1913 1913 1914 I9l3 1914 1913 19H
- ( Houille 287 43o 265 643 191 511 161 535 i 3 460 15 073 I 320 ))
- Combustibles } Lignite )) )) 87 475 83 947 27 378 23 772 8 954 ))
- ( Coke .. 20 A29 )) 32 168 37 325 2 584 2 190 160 »
- Minerai de fer l5 997 )> 35 94 1 )) 3 o39 » 2 o5g ))
- Sidérureie 1 ^°.nte 9 oo5 10 260 19 3o9 14 389 1 767 )) 623 )>
- omerurgie | Ade), 7 764 7 835 18 950 i4 97‘i 1 840 1 538 809 628
- (!) En milliers de tonnes de i 01G kilogrammes. (2) » » 1 000 »
- par cette observation que la production mensuelle de fonte pendant le premier semestre 1915 en Allemagne est montée progressivement de 874 133 tonnes en janvier à 980968 en mai et qu’elle sc rapproche de 1 million de tonnes par mois, soit environ les u/3 de la production normale. Reste à savoir si l’Allemagne aura les moyens de la soutenir!
- est de récupération facile, la seconde l’est moins ; aussi a-t-011 décidé de dresser des statistiques sur ce point.
- La collecte du cuivre n’offre aucune difficulté dans les établissements immobilisés, où les objets en cuivre sont actuellement superflus, car on peut les indemniser de la valeur intégrale du métal. En d’autres cas, pour 11e pas troubler la vie économique, on propose de ne prendre les
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- objets de cuivre que si l’on peut simultanément les remplacer par d’autres en un métal différent (fil de fer ou galvanisé au lieu de fil de cuivre, fer ou acier au lieu de cuivre pour les appareils distillatoires, etc.), ou modifier les conditions de service (accroissement du voltage des lignes de distribution électrique, changement du courant continu en triphasé, raccordement de centrales entre elles, etc.). Un meilleur emploi des connaissances techniques joint aux sacrifices volontaires de la population permettrait ainsi de fournir aux armées tout le cuivre dont elles auraient besoin quelle que soit la durée de la guerre.
- Le chiffre de 2000000 détonnes est d’ailleurs d’accord avec les déductions qu’on peut tirer des statistiques internationales sur les métaux publiées depuis des années par une société de Francfort. Mais il est certain que les câbles et conducteurs aériens en cuivre pour l’éclairage et la traction, ainsi que l’équipement des nombreuses centrales érigées depuis 20 ans, représentent une bonne part de ce tonnage.
- La production de cuivre indigène qui, de 38 900 tonnes en 1912, s’est élevée à 41 000 tonnes l’année suivante aurait été considérablement accrue.
- C’est là une affirmation qu’il faut prendre
- * .
- pour ce qu’elle vaut, eu égard à la période relativement courte dont il s’agit. En outre, les Allemands ont trouvé à Anvers de gros stocks de cuivre qu’ils se sont appropriés.
- La réquisition des ustensiles domestiques en cuivre et des articles industriels en laiton et nickel semble indiquer que les Allemands ont épuisé déjà les ressources de la Belgique et des régions françaises envahies, de même qu’ils en ont enlevé toutes les machines et installations, tout le minerai de fer, le fer et l’acier utiles à la fabrication de munitions.
- On ne saurait dire cependant si cela englobe le cuivre employé dans les industries électriques en Belgique comme en France au cours de ce siècle.
- En tout cas, à ne juger que par le gros tonnage de cuivre consommé en Allemagne par et pour sa propre industrie depuis ü à 20 ans, l’hypothèse d’un manque de ressources de ce pays doit être écartée pour longtemps si l’on y procède au dépouillement des entreprises électriques, mesure non encore envisagée. Ces ressources ont été accrues encore d’un tonnage considérable qui, jusqu’à ces deux à trois derniers mois, a pu pénétrer en Allemagne grâce à "la complaisance des neutres.
- (The Electrical lieview.)
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXX (2e Série). — N#,36.
- ÉCHOS DE LA GUERRE
- DÉBOUCHÉS COMMERCIAUX
- L’Avenir des installations électriques en Chine.
- Office national du Commer ce extérieur reçoit de M. Saussine, [Consul de France à Foutchéou, l’information suivante :
- D’après YEast and West lieview, environ 80 installations électriques ont été faites en Chine dans ces dernières années, d’une puissance moyenne de ioo kilowatts.
- Le professeur Middleton Smith, de l’Université de Hongkong, qui s’occupe de la question depuis deux ans, résume ainsi le résultat de ses observations sur l’avenir de l’industrie électrique en Chine.
- Le désir d'avoir de la lumière électrique se manifeste dans toutes les classes. A Hongkong et dans ses
- environs, les Chinois sont disposés à la payer à des prix très élevés.
- Les appareils déjà installés ont un effet éducateur. Presque toujours on envisage une extension de l’installation première. Les Chinois adoptent à l’envi lès applications industrielles de la science. Depuis ces dernières années, les hommes d’affaires avisés des ports de la côte vont répétant, à propos de telle invention nouvelle : « Il y a là de l’argent à gagner ».
- Le simple fait que, sur 167 élèves inscrits à. l’Université de Hongkong, 9a se destinent à la profession d’ingénieur, montre suffisamment de quel côté vont les tendances, sans que ce mouvement ait été jusqu’à présent provoqué en aucune façon.
- Le plus grand développement de l’industrie, en dehors de Hongkong, se manifeste surtout dans les centres suivants : Shanghai, Hankéou et Tientsin.
- LISTE DES MAISONS D'ÉLECTRICITÉ ET DE MÉCANIQUE MISES SOUS SÉQUESTRE (')
- Vaudrey à Lagny-sur-Marne (marchandises allemandes).
- Koenig, à Tettnang (Wurtemberg), (créances sur le sieur Hiltebrand, 10, rue Nouvelle, Paris).
- Konrad, Sonning et Cie, à Berlin (créances de la Société Nouvelle de la lampe Hydra),
- Elektro magnetische Gesellschaft, à Cologne.
- Maschinenfabrik Fiheinland, à Dusseldorf.
- Norma A. G., à Cannstadl bei Stuttgart (créances en France.
- Orenstein Koppel und Arthur Koppel A. G., à Berlin (droits, intérêts et actions dans la Société Anonyme Française dite Société Nouvelle des Etablissements Decauville ainé).
- 28 Mai 1915. 3o Avril 1915. igAvril 1915.
- \n Mai iai5.
- >
- 19 Mai 1915.
- Blanchard, receveur de l'Enregistrement, à Lagny.
- Laforge, 47> rue Saint-André-des-Arts, Paris. Mémin, 60, BJ Saint-Germain, Paris.
- Galté, 11, rue Mazarine, Paris.
- Doyen, i3, rue de Castellane, Paris.
- (•) Les listes précédentes ont été publiées dans les numéros des 20 février, 20 mars, 2.j avril, 8 mai et 31 juillet 1915.
- La reproduction des articles de la Lumière Electrique est interdite.
- Paris. — imprimerie levé, 17, rue cassette.
- Le Gérant : J.-B. Nohet.
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- Trente-septième année SAMEDI 25 SEPTEMBRE 1915, Tome XXX (2« série). N° 37
- La Lumière Electrique
- SOMMAIRE
- R. JOÜAÜST. — L’état actuel des théories
- relatives au magnétisme.............. 289
- J. REYVAL. — Les usines d’aluminium Vige-land, près Vennesla en Norwège....... 298
- Publications techniques
- Hydrodynamique
- Gomment le débit d’un tuyau de conduite, affecté d’un rétrécissement notable mais
- gradué, peut se déduire de l’abaissement de pression qui s’y produit le long de la partie rétrécie. — M.-J. Boussinesq. . .. 3o4
- Calorimêtrie
- Mesure de la température des corps solides.
- — Félix Lkconte.......................... 307
- Traction
- Une ligne à troisième rail à 1 400 volts du Michigan Raihvay.......................... 309
- Renseignements Commerciaux................. 3i2
- L’ÉTAT ACTUEL DES THÉORIES RELATIVES AU MAGNÉTISME10
- Depuis longtemps Ldéjà on a été amené, pour expliquer les phénomènes observés, à considérer les corps magnétiques comme composés de petits aimants s’orientant sous l’action d’un champ extérieur. Cette idée remonte à Weber. Pour Ampère la production de ces aimants élémentaires était due à des courants circulant dans chaque molécule.
- L’idée qu’on se fait actuellement de la constitution intime de la matière semblait a priori devoir permettre de développer les idées d’Ampère.
- On sait qu’011 considère aujourd’hui la molécule comme une étoile, le plus souvent double ou triple, chaque étoile étant constituée par un atome autour duquel gravitent, comme les planètes autour d’un soleil, les électrons, c’est-à-dire les plus petits porteurs électriques qu’on puisse concevoir au point de vue masse, la charge étant égale à celle de l’ion hydrogène dansl’élec-trolyse
- e — i,4 X io~31 coulomb,
- (’) Conférence faite à la sixième section de la Société Internationale des Electriciens (juillet 1914).
- Comme l’a montré Langevin, un électron décrivant un cercle de rayon r, avec une vitesse angulaire w est équivalent à un feuillet de moment
- - eta?-2, a
- Il semblait donc que les électrons pouvaient constituer les courants particulaires d’Ampère.
- Pourtant J. J. Thomson et Voigt, quicherchèrent à expliquer les phénomènes magnétiques en se basant sur cette constitution hypothétique de la molécule, étaient obligés, pour expliquer les faits observés, de supposer que les révolutions de ces électrons étaient à chaque instant troublées par des chocs. C’està Langevin qu’il appartenait d’apporter un peu de lumière dans la question.
- Mais je crois qu’il importe maintenant de rappeler les propriétés du ferro-magnétisme, du paramagnétisme et du diamagnétisme. J’insisterai peu sur le ferro-magnétisme. Tout le monde connaît les lois d’aimantation du fer dont l’allure générale est aussi celle du nickel, du cobalt, des alliages de fer et de nickel, des alliages d’aluminium et de manganèse, des amalgames de fer et de nickel.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXX (2° Série). — N°37.
- Pour les corps paramagnétiques au contraire à température constante, l’intensité d’aimantation I est proportionnelle au champ H.
- On a
- I = KII
- K étant la susceptibilité magnétique.
- Lorsque la température varie, le coefficient K varie, on a
- T = C'°
- T étant la température absolue.
- Cette loi porte le nom de loi de Curie et la constante porte le nom de constante de Curie.
- Les corps diamagnétiques prennent bien une intensité d’aimantation proportionnelle au champ, mais cette intensité d’aimantation est dirigée en sens inverse du champ.
- La constante de proportionnalité semblerait pour les corps diamagnéticjues être indépendante de la température, en général du moins, car Curie croyait avoir constaté une variation pour le bismuth et l’antimoine et récemment Kotaro Honda en aurait observé pour d’autres corps, mais ces variations n’ont rien de systématique.
- Diamagnétisme.
- D’après Langevin, le diamagnétisme est une propriété commune à tous les corps; seulement comme elle est très faible, elle est complètement masquée et annulée dans un certain nombre de cas par le ferro-magnétisme et même par le paramagnétisme.
- D’après ce physicien, comme nous l’avons dit, chaque électron décrivant une orbite autour d’un atome est équivalent à un petit aimant de
- moment - ew/2; mais, en général, les actions des a
- divers électrons s’annulent, autrement dit la somme géométrique des moments de ces petits aimants est nulle : la molécule est systématiquement neutre.
- Supposons qu’on place le corps, dont fait partie la molécule envisagée, dans un champ magnétique. Langevin démontre cpie l’action de ce champ ne modifie pas les orbites décrits par les électrons (*), mais qu’il modifie leur vitesse.
- (*) Il n’en serait plus ainsi si la force centrale qui agit sur l’électron était inversement proportionnelle au centre de sa distance k l’atome i
- Envisageons d’abord un électron dont le plan de l’orbite est perpendiculaire à la direction du champ; si son sens de rotation est tel que son moment corresponde à la direction du champ, sa vitesse angulaire est diminuée d’une quanta H
- tité = — (m masse del’électron), son moment
- m '
- diminue; s’il tourne en sens inverse, sa vitesse augmente, son moment également.
- Pour les électrons dont le plan de rotation n’est pas normal au champ, on peut toujours les considérer comme équivalant à deux électrons, l’un tournant dans un plan parallèle au champ et dont le moment n’est pas changé, l’autre dont le plan est normal au champ.
- On voit que l’action du champ modifiele moment magnétique des aimants équivalents aux électrons mobiles, de façon à produire une aimantation de sens inverse du champ. Donc le moment résultant, c’est-à-dire le moment de la molécule, primitivement nul, cesse de l’être et la molécule est équivalente à un petit aimant de sens opposé à celui du champ. La molécule est polarisée dia-magnétiquement.
- La démonstration de Langevin relative au diamagnétisme n’est autre que la démonstration de Lorentz pour expliquer le phénomène de Zeemann, dédoublement des raies dans un champ magnétique.
- Donc diamagnétisme et phénomène de Zeemann constituent le même phénomène.
- Remarquons que le diamagnétisme a été provoqué par une modification de la vitesse des électrons autour de l’atome, mais que l’atome lui-même a conservé sa position, il n’y a eu aucune modification géométrique dans l’état de l’atome.
- Dans ces conditions, on conçoit que les chocs qu’il peut recevoir ne peuvent en rien modifier son état diamagnétique qui est en quelque sorte un phénomène intra-atomique.
- La température, qui dépend de l’état d’agitation des atomes, n’agit donc pas sur le diamagnétisme.
- Du reste l’invariabilité des raies spectrales nous montre que le mouvement des électrons est indépendant, de la température.
- On peut remarquer que cette idée du diamagnétisme, commune à tous les corps, avait déjà été émise par Ampère qui faisait observer que la production du champ devait provoquer, en vertu de la loi de Lenz, dans les molécules, des
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- courants s’amortissant très lentement et qui produisaient une action contraire à celle du champ.
- Ces actions diamagnétiques sont du reste très faibles. La susceptibilité diamagnétique de l’eau est — 0,7a Xio~7.
- En admettant 10 électrons par atome, il faudrait, pour expliquer ce résultat, attribuer aux orbites de ces électrons un rayon de l’ordre du dix-septième de milliinicron.
- La connaissance de la susceptibilité magnétique permet donc de trouver une relation entre le nombre des électrons gravitant autour d’un atome et le rayon de leur orbite. Nous devons signaler que le désaccord entre les nombres ainsi obtenus et ceux auxquels conduisent d’autres grandeurs physiques semble être à Heydweiller une objection contre la théorie de Langevin.
- Nous devons ajouter que depuis igo5, époque à laquelle Langevin fit connaître pour la première fois sa théorie, d’autres physiciens, Kroo, Ilolm ont essayé d’expliquer, en appliquant eux aussi les principes de la mécanique statistique, le paramagnétisme et même le diamagnétisme. Leurs théories répondent moins bien que celle de Langevin à la réalité des faits.
- Pour en finir avec le diamagnétisme, disons que l’étude des propriétés diamagnétiques peut fournir des renseignements sur la structure des corps de la chimie organique.
- Ainsi, en appelant A le coefficient d’aimantation atomique (produit de la susceptibilité par la masse atomique) on a, pour un corps de formule
- C.-'C,»1 ...
- Ac njAj -j— /12A2 -{— .... -j- X
- X est une constante qui tient compte de la structure
- X == -f- 5,/|7 X 10—6 pour un noyau éthylénique, — i/»4 X 10—6 — benzénique,
- — 8,06 X io-B — naphtalinique.
- Paramagnétisme.
- Pour établir la théorie du paramagnétisme, Langevin revient au fond à la vieille théorie de Weber, il admet que les molécules constituent des aimants, peu importe la cause, qu’elle soit
- due à l’orientation spéciale des orbites des électrons ou à toute autre cause.
- L’originalité de l’idée de Langevin consiste à avoir envisagé tout d’abord les gaz paramagnétiques. Dans ce cas (qu’il étend ensuite à toutes les substances paramagnétiques), les mouvements des aimants particulaires 11e peuvent être gênés ni par des réactions élastiques, ni par les actions mutuelles des molécules. Mais l’agitation thermique tend à détruire l’orientation que peuvent prendre les aimants.
- On conçoit que tous ces aimants tendent à s’orienter sous la direction du champ, mais l’agitation thermique qui fait tourner les molécules tend à détruire cette orientation. Donc, plus l’agitation thermique est faible, plus il y aura de molécules orientées. Au zéro absolu, l’agitation thermique étant nulle, toutes les molécules seraient orientées dans le sens du champ, il y aurait saturation.
- Pour une température donnée, plus le champ est fort, plus il y aura de molécules orientées, plus l’intensité d’aimantation sera forte.
- En appliquant les formules relatives à la théorie cinétique des gaz, Langevin a pu établir la relation reliant l’intensité d’aimantation, le champ magnétisant et la température absolue.
- Au lieu d’envisager l’intensité d’aimantation (le moment par unité de volume) il envisage le moment moléculaire, moment de la molécule gramme. Il arrive pour la valeur de ce moment à la relation
- = ff/«o j^cotang. ]iyp. a —
- en posant
- __ H ____ fT^glI
- a ~ TT — RT
- \j. moment d’une molécule (nous rappelons qu’il y a 68 X molécules par molécule gramme de gaz), /• constante des gaz parfaits pour une molécule, R cette constante pour la molécule gramme. Lorsqu’on examine la forme de cette expression en tenant compte des valeurs numériques possibles, nous voyons que, avec les champs que nous savons produire, a est très petit; dans ces conditions nous pouvons remplacer cette expression
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- par le premier terme de son développement en série, ce qui nous donne :
- <WH
- °r'" — "3ÏÏT *
- La constante de Curie rapportée à la molécule gramme est donc
- <W 3R
- <r„l0 = [a X b8 X io22 est le moment moléculaire de la substance au zéro absolu, ou du moins celui qu’elle devrait avoir si la loi de Curie se vérifiait aux basses températures.
- En général, il n’en est pas ainsi, quelques corps seulement vérifient la loi de Curie, aux basses températures; pour d’autres, comme le platine, la susceptibilité devient indépendante de la température. Pour la plus grande partie des corps, la loi de Curie devrait s’écrire :
- K (T + 8) = Ctc.
- S étant une constante pour un corps déterminé,
- Un élève de Kamerling-Ünes, Oosterhuis a essayé d’expliquer ces anomalies en reprenant une théorie proposée pour expliquer d’autres phénomènes au zéro absolu.
- L’énergie cinétique de rotation des molécules ne sei’ait pas nulle au zéro absolu, elle serait
- de - Xi>. e fréquence de rotation, X étant le
- quantum d’action, v serait du reste fonction de la température.
- Cette hypothèse n’est pas admise par l’école de M. Weiss, dont un des élèves, M. Foex, a émis l’opinion que, de même, comme nous le verrons plus loin, les corps ferro-magnétiques deviennent quasi paramagnétiques à température élevée et obéissent à une loi de Curie modifiée, de même les corps paramagnétiques sont soumis à un champ moléculaire, c’est-à-dire deviennent en quelque sorte ferro-magnétiques aux très basses températures. La loi de Curie n’est qu’une approximation de la véritable formule et ne convient que pour les températures usuelles. xNous n’avons point à décrire ici les procédés employés pour la mesure des propriétés magnétiques, des solutions paramagnétiques et des solides paramagnétiques.
- Mais nous devons signaler que M. Urbain a montré que les métaux des terres rares sont fortement paramagnétiques dans leurs sels et qu’en outre il y a de grosses différences d’un métal à l’autre (des variations de i à ioo).
- Cette propriété permet de caractériser ces métaux, de reconnaître la proportion du mélange de deux d’entre eux; elle a même conduit M. Urbain à la découverte d’un élément nouveau, le celtium. C’est le dysprosium qui aurait le plus grand coefficient d’aimantation spécifique et le plus petit serait pour le corps qu’Urbain a découvert et appelé le lutécium et qu’Auer appelle l’aldebaranium.
- Ferro-Magnétisme.
- M. P. Weiss a étendu aux substances ferromagnétiques les théories du paramagnétisme de Langevin de la façon suivante :
- Langevin suppose que dans les substances paramagnétiques, les molécules ne réagissent pas les unes surles autres, les petits aimants agissent comme s’ils étaient seuls.
- Dans les substances ferro-magnétiques, ces aimants moléculaires réagissent les uns sur les autres, et produisent ainsi un champ moléculaire en chaque point du corps.
- Nous verrons tout à l’heure que ce champ moléculaire n’estpas absolument identique à un champ magnétique, mais pour le moment nous pouvons raisonner comme l’avait fait P. Weiss dans sa première étude en regardant ce champ comme un pur champ magnétique.
- Weiss admet que ce champ est 1I,« = NI, I étant l’intensité d’aimantation, N une constante.
- Ainsi chaque point de la substance est soumis à un champ et à un champ d’une intensité incomparablement plus grande que tous ceux que nous pouvons produire. Weiss est obligé d’admettre <3o millions de gauss pour le fer. On voit que le fer est dans un état auquel nous ne saurions songer à l’amener avec les faibles moyens dont nous disposons.
- Seulement les diverses parties du fer ainsi aimantées sont dans un état désordonné, de sorte que l’action totale est nulle ; le fer ne paraît pas aimanté. Il y aune différence entre ce cas et celui de la substance paramagnétique non aimantée. Dans le cas de la substance paramagnétique, c’étaient les molécules qui étaient
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- complètement désordonnées. Dans le cas du fer ce sont des parties notables qui sont aimantées. Cet état d’aimantation est ce que Weiss appelle l’aimantation spontanée.
- L’action d’un champ extérieur n’est donc pas au moins aux températures ordinairesd’ainninter, mais de rendre sensible cette aimantation. Il faudra des champs intenses pour y arriver et quand on aura aimanté le fer à saturation à une température donnée, ce qu’on observera c’est l’aimantation spontanée à cette température.
- Remarquons que cette aimantation spontanée doit varier avec la température pour les mêmes raisons que l'aimantation dans les substances paramagnétiques, car il faut tenir compte de l’agitation des molécules.
- L’aimantation spontanée au zéro absolu sera donc une aimantation à saturation absolue.
- C’est à ce moment-là seulement qu’on pourra considérer tous les aimants particulaires comme orientés dans le même sens.
- Il est facile, en partant delà théorie du champ moléculaire, d’expliquer la perte de magnétisme du fer pour une température élevée appelée point de Curie.
- Nous avons vu en effet que le moment moléculaire pour une température donnée, était donné par l’expression :
- a
- m
- Cm o
- cotang hyp.
- (0
- D’autre part, la relation du champ moléculaire IL» = NI peut s’écrire
- IL
- ND
- m
- D densité, ni poids moléculaire en grammes, et comme
- a
- RT
- c„l0ND _ ___ <r„,02ND <sm- , N “ “ /«RT ’ ~ m R T ' ama'
- Donc l’aimantation spontanée est caractérisée par l’intersection de cette droite (a) avec la courbe (i) de la figure i. Pour une valeur suffisamment élevée de T, la courbe devient tangente
- à la droite à l’origine —— = o, le corps cesse
- G m 0
- d’être ferro-magnétique puisqu’il n’a plus d’aimantation spontanée.
- Pour qu’il en soit ainsi il faut (pied’ prenne une valeur ur, telle que
- _ cmo- ND (i l ~ 3 R m
- On voit en particuliercominentla connaissance du point de Curie a permis à Weiss d’évaluer ces champs moléculaires eu permettant de calculer N.
- A partir de ce moment l’action du champ extérieur reprend ses droits. Nous avons encore le droit, quand l’aimantation est faible, déposer
- cm _ __ a
- C 1
- avec
- Cm o (fl m “L IL) / rj i . • .
- a = ----------------— (H,, champ extérieur)
- c,„02N De,»
- -----------T
- ni
- 3 RT
- G
- m
- [''
- g/«o2N D 3 R ni
- 3 R
- G///
- [T — (fi)] =
- I'I«®mo" 3 R '
- Nous retrouverons une loi analogue à la loi de Curie en remplaçant T par T — ©. Cette loi que Curie n’avait pas soupçonnée se déduisait de ses expériences, et a été vérifiée sur d’autres corps par Weiss et Foex.
- Signalons en passant que cette théorie du champ moléculaire permet d’expliquer et de calculer le dégagement de chaleur qui sc produit au point de transformation et qui est due non à une modification allotropique du métal, mais à une discontinuité dans la chaleur spécifique du fer.
- Les résultats du calcul concordent avec ceux de l’expérience. _
- Nous voyons également que l’existence du champ moléculaire peut expliquer les anomalies
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- LÀ LÜM1ÈRË ÉLËCTRtQUË î. XxX (àe Série). — N° 37.
- constatées pour certains corps paramagnétiques au voisinage duzéro absolu, en conduisant aune loi de la forme
- K (T + 3) = C'«.
- Comme le dit Weiss, l’existence du champ moléculaire est chose générale, c’est sa grandeur qui caractérise les substances ferro-magnétiques.
- Il est bien entendu du reste que l’hypothèse H,„ = NI estpeut-être un peu simpliste et qu’il y a des cas où elle devra être remplacée par une expression plus complexe
- Um = NtI + N3I3 +.......
- Il faudra en outre dans certains cas tenir compte des actions qui dans les corps cristallins combattent jusqu’à un certain point l’agitation thermique pour conserver aux corps leurs propriétés cristallines.
- Qu’est-ce que ce champ moléculaire ? Nous en avons parlé jusqu’ici comme d’un champ magnétique.
- Peut-il l’être P Cela semble difficile, étant donnée sa valeur énorme.
- Weiss a fait divers calculs. Le moment atomique du fer est de n X >M X io-î! comme on le verra plus loin. L’aimant élémentaire est tout au plus égal à la longueur de l’atome 0,2 X io_1. On peut calculer la valeur de la masse magnétique concentrée en un pôle et on constate qu’elle ne produirait le champ moléculaire qu’à une distance de 3 X 10—10 plus petite que les dimensions de l’atome. De même un électron tournant avec la vitesse 1013 autour d’un atome ne produirait en son centre qu’un champ de l’ordre de 104 alors que les champs moléculaires sont de l’ordre de io1.
- Il semble difficile d’admettre qu’il soit d’origine magnétique.
- Weiss va plus loin et montre que l’action du champ, au lieu de décroître comme la deuxième puissance de la distance (c’est la loi de Coulomb pour les masses magnétiques), varie comme la sixième puissance.
- Pour le démontrer, M. Weiss fait remarquer que, dans la plupart des cas, la variation de N dans les alliages est linéaire en fonction de la teneur de l’un des constituants, que par conséquent la valeur de cette constante N obéit à la loi d’addivité.
- Si donô on envisage le mélange d’une substance diamagnétique et d’une substance ferromagnétique, en admettant que la loi linéaire persiste (des recherches sont entreprises pour le vérifier sur des alliages fer cuivre) il reste proportionnel à la proportion du métal ferro-magnétique contenu dans l’unité de masse de l’alliage, ou (comme la densité globale varie peu) à la densité du métal ferro-magnétique dans l’alliage.
- (C’est-à-dire qu’on peut raisonner comme si le corps ferro-magnétique était seul et occupait des volumes différents.)
- On a
- Hm = NI = NaD
- 0 intensité d’aimantation spécifique (<r est considéré comme constant).
- On peut poser en vertu de ce que nous venons de dire :
- N = N.D
- H,„ = N.aD2 (3)
- H,„ est proportionnel au carré de la densité.
- Fig. 1.
- Considérons (fig. 1) 0 le point où se produit le champ moléculaire produit par divers petits aimants, soit P un de ces petits aimants à une distance r de o dont le moment [a fait un angle a avec la direction du champ.
- On a
- H,„ = cos cty (/-.O)
- cp étant une fonction quenous n’explicitons pas.
- Supposons que le corps se dilate de façon à ce que toutes les dimensions soient X fois plus grandes, la densité devient X3 fois plus petite, donc en vertu de (3)
- (H',„ = HmX-° = 2(A cos a X 9 (Xr, 6)
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- 2S Septembre 191S.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Ceci nous montre que dans la fonction <p (/•, 0) r n’intervient que par sa sixième puissance.
- L’attraction du champ moléculaire varie donc inversement àla sixième puissance de la distance.
- Quelques données expérimentales justifient-elles ce calcul ? — Oui. — Ce sont les expériences de Maurain.
- Celui-ci dépose du fer sur une cathode placée dans un champ magnétique. Le fer s’aimante fortement, il est dans l’état de saturation.
- Maurain renverse la direction du champ et continue le dépôt. Il constate que le champ n’a aucune action pendant un certain temps. Le fer commence par prendre l’aimantation du métal sur lequel il se dépose. Les déviations du magné-tomètre sont représentées par une droite au moins pendant un certain temps, mais de sens inverse à celui que donnerait le nouveau champ. Si on commence par déposer sur la cathode aimantée des couches de métal non magnétiques, or, cuivre, on retrouve, tant que leur épaisseur est insuffisante, les memes phénomènes que quand on déposait directement sur une cathode préalablement aimantée. En faisant varier l’épaisseur de la couche interposée on arrive à voir quelle doit être sa valeur pour que l’action du premier dépôt ne se fasse pas sentir : elle est de 38^.
- Le champ magnétisant utilisé par Maurain était de i,65 gauss. L’action moléculaire d’un mur indéfini de molécules aimantées doit donc être telle qu’à 38^ elle se ramène à i,65 gauss.
- Partant de ce résultat, Weiss, par un calcul grossier, arrive à cette conclusion que l’action en un point d’un mur indéfini doit varier comme la puissance 2,5 de la distance du mur au point et si l’action d’un plan indéfini diminue dans le rapport 2,5 de la distance c’est que l’action élémentaire variecomme la puissance s,5 très voisine de la puissance 6 trouvée théoriquement.
- Le champ moléculaire ne pourrait donc être ni d’origine magnétique ni d’origine électrostatique.
- Cependant il importe de remarquer que certaines expériences faites par Perricr et Kainer-ling-Ones semblent être en contradiction avec cette conception de Weiss. Les auteurs avaient constaté que l’oxygène liquide s’écartait notablement aux basses températures de la loi de Curie. Si ces écarts sont dus à un champ moléculaire, en écartant les unes des autres les molécules d’oxygène paramagnétiques par des molé-
- cules d’azote diamagnétiques, on doit avoir une substance qui tend à obéir de plus en plus à la loi de Curie; c’est ce que l’expérience montre. Mais le champ moléculaire qu’on est conduit à admettre dans chaque cas n’est pas, comme l’avait admis Weiss, proportionnel au carré de la densité de l’oxygène rapporté à la masse totale, mais à cette densité, ce qui correspondrait à une loi d’attraction inversement proportionnelle au cube et non à la sixième puissance.
- Du reste, nous devons ajouter que Keesom a montré que les idées d’Oosterhuis relativement à l’existence d’une énergie au zéro absolu, non seulement serviraient pour les corps paramagnétiques, mais amèneraient à modifier un peu la conception du ferro-magnétisme de Weiss. Je me borne à signaler ce travail de Keesom paru dans le recueil des travaux du laboratoire de Leyde.
- Le magnéton.
- Nous avons dit que, pour un corps ferro-mâgné-tique, M. Weiss estimait qu’en refroidissant à la température voisine du zéro absolu, on devait tendre vers la saturation absolue de Langevin.
- Il semble, en effet, que pour certains corps tels que le fer et le nickel, lorsqu’on étudie en fonction de la température la variation de la saturation, l’intensité d’aimantation tende [à la température de l’hydrogène liquide (20° Kelvin), vers une valeur fixe qui serait de 12 36o (rapporté à l’atome gramme) pour le fer, de 3 370 pour le nickel.
- Ces grandeurs qui correspondent à ce que nous avons appelé am0 ont une partie aliquote commune, car
- 12 36o = 11 X 1 123,6 et
- 3 370 = 3 X 1 123,6.
- Si l’on considère, au lieu du moment de l’atome gramme le moment de l’atome, comme il y a 68 X 1022 atomes par atome gramme, on voit que l’atome de fer et l’atome de nickel ont une partie aliquote commune contenue onze fois dans le fer, trois fois dans le nickeLet qui est de i6,5 X ,I,S2-
- Ces deux nombres ont amené M. Weiss à la considération suivante :
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXX (2* Série). —N437,
- De même que la charge d’un atome ne peut varier que d’une manière discontinue égale à la charge de l’électron i,/| X io21 de même son moment magnétique ne peut varier que d’une manière discontinue égale à i6,5 X io2s. C’est ce moment élémentaire que M. Weiss a appélé le magnéton.
- On peut dire que ce sont uniquement les deux résultats ci-dessus qui ont conduit Weiss à la conception du magnéton.
- Cependant il faut ajouter qu’il étaitpoussé dans cette voie par une conception due à un physicien suisse Ritz qui avait cherché à expliquer certaines lois relatives à la répartition des raies spectrales, les lois de Balmer et de Kayser et Runge par l’existence d’un aimant élémentaire.
- Nous avons vu comment la connaissance de la constante de Curie des corps paramagnétiques permet de calculer le moment moléculaire cj„,0 pour ces corps.
- Si l’hypothèse de Weiss est vraie, on doit
- trouver que
- S/nO
- contient un nombre entier
- 68 X io22
- de fois i6,5 X JO _22. Et, en effet, quandM. Weiss a exposé à la Société de Physique sa conception du magnéton, il avait fait voir que, pour un grand nombre de sels de fer étudiés par Pascal, on trouvait des nombres de magnétons qui différaient très peu d’un nombre entier. (Dans tous ces cas on se rapporte à la molécule complète.) Etant donnée la grandeur que peuvent atteindre dans des mesures de ce genre les erreurs d’expérience, l’accord était des plus satisfaisants. Malheureusement on s’est aperçu que les expériences de Pascal, faites par rapport à l’eau prise comme corps de comparaison, nécessitaient une correction.
- Pascal avait admis —0,75 X IO_'° pour susceptibilité de l’eau. Or des expériences faites par Sève d’une part, par Picard d’autre part, conduisent à 0,72 X io-«.
- En faisant cette correction, les quotients des valeurs de^"° a„ pour la valeur du magnéton conduisaient à des nombres nettement fractionnaires.
- Heureusement, d’autres recherches dont je parlerai tout à l’heure avaient confirmé Weiss dans ses idées.
- Aussi pensait-il que l’écart résultant des expé-l’iences de Pascal devait tenir à ce qu’il avait
- étudié dans ses solutions moyennement concentrées deux corps mélangés : le corps hydrolysé et le corps normal.
- A sa demande, de nouvelles expériences furent reprises par Cabrera et Moles qui constatèrent par exemple que, pour une solution de Fe2 Cl6, le quotient du moment moléculaire par
- 16/1 X 10-22
- était variable, mais que lorsque la concentration augmentait, il tendait vers 29 nombre entier, et lorsque la dilution augmentait, il tendait vers 27 nombre entier.
- Dans une solution moyennement concentrée correspondant à un quotient compris entre 27 et 29, l’addition de HCl, qui fait rétrograder l’hydrolyse, fait monter le quotient à 29. D’autres sels de fer donnent des résultats identiques.
- Weiss voit là une explication des anomalies des expériences de Pascal et une confirmation de sa théorie dans ce fait que, quand on se trouve en présence d’un atome bien défini, on tombe sur le nombre entier 27 ou 29.
- Fig. 2.
- Comme corps ferro-inagnétiqucs, Weiss et ses élèves ont étudié divers alliages, par exemple l’alliage nickel cobalt.
- On constate, en portant en abscisse la teneur en poids et en ordonnée le quotient de ce qu’on appelle le moment atomique d’un alliage par 16,/, X 10—22, qu’on a une droite ; les alliages suivent donc la loi d’addivité et cette droite qui pour la proportion 100 % de Ni part de 3 magnétons, tombe à 100 % de Co sur 9 magnétons (nombres entiers).
- Pour les alliages fer cobalt, on trouve 2 droites qui se coupent dans la partie correspondant à Fe2Co. On a 2 droites parce que dans l’un des cas on a un mélange de Fe2Co et de Fe, dans l’autre cas de Co et Fe2Co. Le point de ren-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- contre de ces droites est bien un nombre entier, il correspond à i magnétons.
- L’atome de Fe2Co contientdonc i» magnétons.
- Il est à remarquer que la droite Fe Fe2Co part non pas du point 11, mais du point io. Voilà un exemple. Weiss en cite d’autres d’un corps qui n’est pas le même libre ou en combinaison. L’atome de fer libre contient 11 magnétons. En combinaison il en contient encore un nombre entier, mais il n’y en a plus que io. On constate de même pour les alliagesde feretdenickelqu’on a à faire tantôt à un mélange de fer et de FeNi, tantôt deFeNietNi. Le fer ici est bien à n magnétons, le FeNi à io (nombre entier).
- Remarquons que l’alliage de Fe2Co contient ra magnétons contre le fer u. D’une façon générale son aimantation à saturation est un peu plus élevée que celle du fer pur, c’est pour cela que Weiss a eu l’idée de l’utiliser dans les pièces polaires d’électro-aimant. Voilà bien une application pratique des recherches théoriques.
- Nous avons montré tout à l’heure que les substances ferro-magnétiques prennent une sorte d’état paramagnétique (ce que Weiss appelle le ferro-magnétismesollicité). Grâce à cette pseudoloi de Curie que nous avons établie, on peut déterminer et jj. et chercher si le métal contient un nombre entier de magnétons.
- Je laisse de côté dans cette revue d’ensemble une interprétation nécessaire dans la manière dont on doit diriger le calcul pour un corps à molécule complexe. Je signale que :
- Weiss trouve pour le nickel (3,
- Bloch......................
- Renker ....................
- Pour le fer jî,
- Weiss . Renker
- I Weiss. Preuss Renker
- 8,o3
- 7;89
- 8,p4
- ia,o8
- 11,90
- 10,04
- 10
- io,o5
- Enfin, pour les gaz paramagnétiques, Weiss a trouvé pour l’O 7,00 mgn. par atome, et pour le bioxyde d’azote AzO 9,o3g magnétons par atome.
- Weiss a également interprété les résultats de recherches de M'lle Feytis sur des sels anhydres. Ces corps étant étudiés en poudre l’influence de leurs formes cristallines ne se fait pas sentir et Weiss trouve des nombres voisins de nombres entiers pour les corps envisagés.
- En particulier pour Fe2Cl“, M,:H“ Feytis arrive à a8,8, voisin de a 9, valeur trouvée par Cabrera et Molles pour la solution concentrée.
- Tous ces résultats semblent évidemment favorables à la théorie du magnéton.
- Du reste, il ne m’appartenait pas dans cette courte revue de critiquer de semblables théories. Je voulais simplement les exposer. Évidemment cette conception du magnéton répond à nos conceptions modernes de la physique qui envisagent en toutes choses des discontinuités.
- En particulier à la réunion Solvay à Bruxelles, M. Langevin a fait remarquer que la théorie du magnéton de Weiss était en parfait accord avec la théorie des quanta de Sommerfeld.
- Nous devons signaler en outre que M. Pierre Weiss a cherché à expliquer un phénomène bien caractéristique du ferro-magnétisme,l’hystérésis, en étendant au fer considéré comme anisotrope les faits qu’il avait relevés expérimentalement dans l’étude de certains composés cristallins du fer, la magnétite (Fe204) et la pyrrhotine ou pyrite magnétique de Minas Geraës.
- L’auteur n’ayant pas, dans sa conférence à la Société de Physique, fait allusion à cette théorie, nous avons cru devoir l’imiter ici.
- Tel est l’état actuel des théories qui ont cours aujourd’hui pour expliquer les phénomènes magnétiques.
- Comme toute théorie, elles sont évidemment appelées à subir des modifications, mais les travaux suscités pour leur vérification conduiront, nous n’en doutons pas, à d’importantes découvertes physiques.
- R. Jouaust,
- Chef de travaux au Laboratoire Central d'Electricité,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXX (2' Série). — N° 37.
- LES USINES D’ALUMINIUM VIGELAND, PRÉS VENNESLA EN NORVÈGE
- Nul necontestera que le développementindus-triel considérable de l’Angleterre de la fin du siècle dernier et du commencement de ce siècle, ainsi que la situation commerciale prépondérante actuelle du Royaume Britannique, sont redevables en majeure partie aux riches gisements de charbon de l’Ecosse et du Pays de Galles.
- Un développement analogue esta prévoir en faveur des pays favorisés par la présence d’une des richesses aujourd’hui les plus appréciées, les forces hydrauliques.
- Leur importance, notamment pour l’électro-métallurgie etTéleclro-chimie, est incontestable.
- Ces industries ont réalisé et continuent à réa-
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- Fig\ i. — Graphique des débits d’eau en ms.
- liserdés progrès considérables grâce à l’utilisation de chutes d’eau. Elle l’est aussi en vue de l’électrification des chemins de fer qui ne sauraittarder à en tirer profit.
- Le pays qui parmi tous est un des mieux placés pour la richesse de ses chutes d’eau est la Norvège; ses ressources sont pour ainsi dire illimitées; il possède en outre des mines de fer, de cuivre et d’autres métaux des plus importants.
- Une des chutes les mieux situées au point de vue technique et industriel, est celle de la rivière Otter à Vigeland près Yennesla.
- Les propriétés et droits sur la chute d’eau furent acquis il y a quelques années par une Société Norvégienne, la « Aktieselsbekabet Vige-lands Brug ».
- Lorsque l’Aktieselsbekabet Vigelands Brug fut fondée, une faible partie seulement de la chute disponible était utilisée pour la scierie et la Société décida alors d’employer l’excédent à une usine d’aluminium.
- On conçoit qu’on ait envisagé de préférence la fabrication d’aluminium pour l’utilisation de cette chute puisque au moment de la décision le prix de l’aluminium était de £ 220 par tonne.
- La chute nette disponible à Vigeland est de 18 mètres. Le bassin alimentant la rivière Otter a une surface de plus de 3 800 kilomètres carrés et la hauteur moyenne des pluies par an dans ce bassin atteint 1 100 millimètres. La quantité annuelle d’eau qui en résulte est d’environ 4 180 millions de mètres cubes, soit environ i33 mètres cubes en moyenne à la seconde.
- L’écoulement des eaux a déjà été régularisé en partie par l’endiguement de plusieurs lacs situés en amont de Vigeland et d’autres travaux visant le même but ont été envisagés. Une partie de ces travaux a été exécutée depuis, au point qu’on peut tabler sur un débit minimum de 45 mètres cubes par seconde. De nouveaux travaux permettront d?arriver à 65 mètres cubes et il est probable que d’ici quelque temps on pourra, en améliorant encore ces conditions, disposer d’un minimum dé 80 mètres cubes et même davantage ; la figure 1 donne le graphique des débits d’eau pendant l’anné,e 1906. .
- Une petite île partage la rivière en amont de la chute en deux bras ; cette île ainsi que le lit de la rivière et les deux rives sont constituées de roches massives.
- Des écluses à aiguilles ont été aménagées dans les couronnes des deux barrages permettant à tout moment de régler facilementle débit (fig. 2).
- L’entrée d’eau de l’usine principale est située sur la rive est. Le canal d’amenée a été construit
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- 25 Septembre 4915. LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Fig*, a. — Yue d'amont près des écluses à aiguilles.
- Fig. 3. — Le bassin de charge et le canal d'amenée vus de la rive est.
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- LA LUMIKR E É L E C T RIQ U E
- T. XXX (2° Série). — N° 37.
- hoo
- pour une quantité d’eau de 8o mètres cubes à la seconde; il a une largeur de 14 mètres; sa profondeur étant de 4 m. 5, la vitesse n’est que de i m. fi par seconde, ce qui empêche l’entrée du gravier et la formation de dépôts.
- Du canal, un tunnel creusé dans le rocher conduit au bassin de charge (fig. 3) ; le mur de fermeture de ce bassin contient fi chambres avec chacune deux vannes de a m. afi de largeur et 5 m. a de profondeur. Chacune de ces vannes peut être manœuvrée par un treuil robuste, soit à la main, soit par électro-moteur (fig. 4).
- Ces chambres peuvent être vidées individuelle-
- La station centrale est construite sur le bord de la rivière (fig. fi et 7). L’édifice est à un étage ; il a 60 mètres de long, 18 mètres de large et 10 mètres de haut. Au sous sol de la salle des machines dans laquelle sont installées les 4 turbines doubles Francis de 3 000 chevaux supportées par une robuste voûte en maçonnerie, se trouve le canal de fuite qui a une largeur de 10 mètres.
- L’usine d'aluminium proprementdite est logée dans un batiment à deux étages adossé à la station centrale. La centrale et Fusille sont construites sur des terrasses superposées ce qui
- Section 6.B-
- Section A. A.
- 675fr
- €750
- 2250
- 2250
- 2250
- 2250
- 73500----1------L-~]---A •
- O' • . SWAIN SC
- Pig*. 4. — Dispositifs de sécurité pour la fermeture de l’entrée du tunnel du canal d’amenée — i : 200.
- * The E.nc>ni(R
- ment. Les vannes sont munies de grilles de 4 in. 5 de large et 7 m. a de long, dont les barreaux ont une section rectangulaire de 8 X 16 millimètres et sont espacés de afi millimètres les uns des autres. Des vannes de chasse disposées au fond des chambres de o, fi X o, 6m. permettent d’évacuer l’eau de suintement, les vannes principales étant fermées. De ces chambres d’arrivée d’eau, sur les côtés opposés des vannes, partent les quatre conduites sous pression de a m. 8 de diamètre allant aux turbines.
- xGràce à cette disposition on peut mettre en charge et vider indépendamment chaque unité comprenant sa chambre d’eau, sa tuyauterie et sa turbine.
- a permis d’utiliser au mieux l’espace disponible et de réduire le plus possible les mouvements de terrain. On a aussi eu soin de rapprocher le plus possible les locaux des fours des bornes des génératrices électriques. La nécessite de pouvoir amener jusqu’à l’usine, sans rampes trop accentuées, l'embranchement du chemin de fer, raccordé à la ligne secondaire, qui se trouve à un niveau relativement élevé, était une raison de plus pour installer l’usine à un niveau plus élevé que celui de la station centrale. L’étage supérieur de l’usine d’aluminium se trouve ainsi à niveau avec la ligne de chemin de fer, qui est aménagée sur une plateforme, à côté de l’usine, servant de toit à une partie du local des fours.
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- Le premier étage sert principalement au magasinage des matières premières : argile et cryolite ; il contient en plus, dans une partie réservée, le magasin de l'aluminium usiné. La situation du magasin des matières premières permet d’introduire le cryolite et l’argile directement à proximité des fours au moyen de simples trémies. L’usine proprement dite, c’est-à-dire le local des fours, se trouve sur un plancher en béton qui repose sur des piliers en maçonnerie à travers lequels passent les tuyauteries des turbines dirigées vers le sous-sol de la station centrale. Les conduites des turbines sont solidement ancrées et fixées aux deux côtés du canal de fuite large de io mètres.
- Des canivaux de ventilation ont été aménagés pour évacuer à l’extérieur les gaz chauds provenant des fours; ces canivaux passent sous le premier étage à travers le magasin des matières premières et aboutissent à des soupiraux sur le toit. La ventilation est assurée par des moteurs ventilateurs à travers une série de canivaux principaux et auxiliaires, recouverts de plaques perforées, qui sillonnent le local des fours ; pour obtenir de l’air frais à n’importe quel endroit du local des fours, des canivaux sont munis de bouches sur lesquelles sont placés des manches à air pouvant être orientés.
- Centrale auxiliaire. La centrale auxiliaire exécutée par les Ateliers de Construction Oerlikon comporte une turbine Francis de a ooo chevaux à arbre horizontal, couplée directement à un générateur Oerlikon à courant continu avec deux collecteurs (fig. G). La turbine a été commandée aux ateliers de construction norvégiens .lensen og Dabi à Christiansand. Cette turbine a été raccordée à une conduite existante de a aoo millimètres de diamètre, la vitesse maximum de l’eau dans cette conduite atteint environ 1 m. 5 par secondé.
- $ L’eau est amenée aux roues motrices à travers
- deux aubes directrices, disposées aux deux extrémités en une position excentrique par rapport à l’envelqppe afin d’assurer à l’eau un trajet aussi favorable que possible. Les deux moitiés rendent l’eau à une tuyauterie d’aspiration commune qui est reliée aux turbines par un coude, de telle manière que l’eau sortant par une nappe horizontale est amenée au canal de fuite sans changement brusque de direction. Les roueg motrices d’un diamètre de i ooo millimètres ont une largeur utile de 400 millimètres. Les turbines sont munies d’aubes directrices mobiles dont la com-
- mande raccordée au régulateur se trouve à l’extérieur de la carcasse. Les couronnes des roues motrices sont en fonte, elles sont fixées par des boulons et des vis au moyeu en fonte d’acier.
- Cette turbine,qui tourne à 270 tours par minute, est munie d’un régulateur centrifuge de vitesse, commandé par courroie depuis l’arbre de la turbine et reçoit l’huile sous pression d’une pompe triplex commandée à son tour par l’arbre de la turbine au moyen d’un accumulateur avec cloche d’air sous pression. L’ensemble de l’appareil est calculé de façon que le régulateur peut fonctionner régulièrement malgré un grand nombre de variations de vitesse se succédant
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- Fig. 6.__Turbine de 2000 HP de Jensen og Dahl, à Christiansand, avec générateur Oerlikon à courant continu à deux collecteurs dé la station auxiliaire de Vigeland.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- rapidement, sans 'que la pression de l’huile, qui normalement est de io kilogrammes par centimètre cube, tombe au-dessous d’une valeur admissible. L’huile sous pression est employée également pour un régulateur automatique de la pression. Ce dernier ouvre une voie latérale à l’eau de la conduite sous pression, de manière à compenser les effets de fermetures brusques du régulateur de la turbine, ce qui fait que les coups de bélier dans la conduite sous pression sont complètement évités. A la fin de chaque période
- dur, isolées les unes des autres par du mica et de la micanite; la largeur utile du collecteur est de Hoomillimètres, son diamètre degSo millimètres; l’induit présente un diamètre de aooo millimètres, l’entrefer est de 7 mm. 5. L’enroulement de l’induit est à double boucle avec connexions parallèles noyées dans 272 encoches de 12 mm. 3 de largeur et de 44 millimètres de profondeur; chaque encoche contient 4 conducteurs de 4 X millimètres carrés de section; le pas de l’enroulement est de Y| = 33 et Y2 = 3i. L’iso-
- Fig. 7. — lhUiment des machines vu d’aval.
- de réglage, le régulateur de pression, moyennant un réglage à cataracte automatique, ferme de nouveau cette voie latérale. Ce régulateur de pression est mentionné ici parce que son application, pour une quantité d’eau d’environ u mètres cubes par seconde, présente un problème assez difficile et certainement intéressant. Il donne du reste toute satisfaction à l’usine de Vigeland.
- Le générateur de la station cèntrale auxiliaire débite à 270 tours par minute, en service continu de jour et nuit, 8000 ampères [à 180 volts. Ce type de machine est muni de deux collecteurs. Chacun d’eux cstcomposé de 272 lames en cuivre lement des encoches est en micanite. Des con-
- nexions de compensation à anneau, sont disposées dessous le bobinage de l’induit et à l’extérieur du corps de celui-ci.
- Les enroulements des 16 pôles en dérivation sont branchés en série ; ils se composent de 180 spires en fil de cuivre de 7 millimètres de diamètre. Les pôles auxiliaires (ce générateur en est muni) ont leurs enroulements branchés par deux en série, en 8 groupes ; chaque enroulement se compose de 12 tours et chaque tour de 2 conducteurs de 12 X 20 millimètres de section. La prise de courant se fait par des balais en charbon placés dans des porte-balais forme coffret.
- (A suivre.) J. Reyval.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE T. XXX (2e Série). — îï* 37.
- PUBLICATIONS TECHNIQUES
- HYDRODYNAMIQUE
- Comment le débit d’un tuyau de conduite, affecté d’un rétrécissement notable mais graduel, peut se déduire de l’abaissement de pression qui s’y produit le long de la partie rétrécie. — M. J. Boussinesq.
- I. On sait, depuis les observations de l’ingénieur américain Clemens Ilerschell, confirmées par d’autres, récentes, de MM. Camichel, Eydoux et Lhériaud ('), cjue le débit q d’une conduite se déduit très simplement, à des erreurs relatives près n’atteignant pas i/ioo, de la différence P, —P2 des deux pressions P,, P2, qui s’y trouvent exercées, le long de l’axe supposé horizontal, dans la première section amont, a,, et dans la section la plus rétrécie, <r2, d’un ventuvi, ensemble d’un rétrécissement notable, mais assez allongé ou bien graduel, et d’un élargissement analogue qui s’y raccorde en lui faisant suite, c’est-à-dire sans brusque déviation ni courbure sensible des filets fluides. La formule qu’on y applique est celle que donne, pour chaque filet, le principe de D. Bernoulli sur la conservation de la charge dans l’hypothèse de la fluidité parfaite, mais en n’y distinguant pas les vitesses individuelles Y des divers filets, à la traversée d’une section normale a quelconque, d’avec la vitesse moyenne ou de débit U à travers la même section. Et, cependant, le régime d’écoulement étant à peu près uniforme à l’entrée du venturi, c’est-à-dire sur la première section amont or,, où P4 désigne la pression sur l’axe (évaluée en hauteur d’eau), on sait que des différences très appréciables de vitesse y existent entre le filet central ou axial, le plus rapide, et ceux de la périphérie, quoique ces différences s’atténuent à mesure qu’on approche de la section rétrécie u2, où la pression analogue sur l’axe est P2.
- Il y a donc quelque chose de paradoxal à ce fait, que l’hypothèse de l’égalité de vitesse des filets fournisse un débit q pratiquement exact.
- Je me propose ici de montrer que le paradoxe s’explique par deux petites erreurs de sens contraires, commises dans le calcul : l’une, évidente (du moins au sentiment), qui, pour l’excédent
- P, — P2 de pression constaté le long du rétrécissement, fait obtenir un débit trop fort, et qui consiste en ce qu’on néglige les frottements, les imperfections effectives de fluidité de l’eau; l’autre, plus cachée, tenant à ce que, pour un liquide parfait, un calcul exact, avec mise en compte de l’inégalité de vitesse des filets, donnerait un débit supérieur au débit théorique approché obtenu. C’est justement la formule de ce débit supérieur, concernant un liquide hypothétique parfait, que l’analyse suivante a pour but de faire connaître.
- II. Le rétrécissement étant supposé assez graduel pour n’imprimer aux filets fluides ni courbures sensibles, ni même inclinaisons mutuelles appréciables, on sait que la pression p variera hydrostatiquement sur toute l’étendue de chaque section normale t, ou que la somme de la pression p et de l'altitude h au-dessus du plan horizontal de l’axe y égalera simplement la pression P sur l’axe. Ainsi, la hauteur totale dechargede chaque
- Y2
- filet fluide, — -f- p -|- h, constante le long du ** V2
- filet, y sera simplement--1- P.
- j.g
- On aura donc pour un filet quelconque, en le considérant sur la section d’amont a, et sur toute autre section normale a,
- V2
- ------1- P
- V
- %g
- + p..
- Multiplions par le débit constant dq du filet, qu’expriment le produit Ydv sur la section g, et le produit Vjrfa, sur la section <j4 ; puis faisons la somme des résultats, pour tous les filets, et divisons par le débit total q = U a — Ujff,.
- Il vient, identiquement,
- 3 dçt
- s/©1*—s/©
- Les hydrauliciens appellent a l’intégrale
- /7Y.Y dq J Vu/ s ’
- cube moyen, à travers la section g, du rapport de la vitesse Y des divers filefs fluides, à la vitesse
- O Lumière Electrique., n°3i) du jeraovtt 1914, p. 139,
- p.304 - vue 308/347
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-
- 25 Septembre ld!5.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 3Ôî>
- moyenne U : ils lui attribuent ordinairement la valeur approximative i,i dans les conduites circulaires à régime uniforme. Et ils écrivent, par suite, l’équation ci-dessus, expression du principe de D. Bernoulli pour tout le courant liquide à U*
- axe horizontal, a — 4- P = const. En l’appli-
- quantauxdeux sections o,,a2) etdésignantpara^atj, les deux valeurs correspondantes de a, on aura donc
- TT 2 TT S
- (a) ** —“ + 1*2 = *1----(“ R|»
- *g *g
- Remplaçons-y les vitesses de débit U2, Uif par
- les quotients équivalents—, —. Puis isolons la
- ff2 <?!
- valeur de q ; et nous aurons, dans l’hypothèse de la fluidité parfaite, l’expression théorique du débit {:
- (3)
- = v^*(p.-p.
- ai<:2
- \/ a2<jt2 — oqcjj2 Négliger l’inégalité de vitesse des filets fluides, c’est faire a, = i, a2 = i, ou prendre
- (3 bis) q = y/ig (P, — P,);
- Ver,2 — a,2
- de sorte que le coefficient correctif X, par lequel il faut multiplier l’expression ainsi simplifiée (3 bis) du débit, pour en avoir la vraie expression théorique, est
- <« *=v/5?h'
- Tel est donc le coefficient dont nous aurons à apprécier ici la différence d’avec l’unité.
- 111. lntroduisons-y la valeur donnée, que nous appellerons \h, du rétrécissement, c’est-à-dire le
- CTj
- rapport — : pratiquement, ce sera une fraction
- assez petite, comme, par exemple, un quart si le diamètre de la conduite s’y réduit de moitié. Alors le carré du coefficient correctif X deviendra
- X2
- 1 — f*2
- *2 —
- Cela posé, la formule (i), en y spécifiant le premier membre pour la section rétrécie cr2,où V=V2 et U = Ua, donnera, sur un filet fluide quelconque, V22 — Vr = 2g (Pj — P2), équation où Y,, V2 seront comparables respectivement à leurs moyennes U,, U.,, c’est-à-dire
- dans un rapport de l’ordre de petitesse de — — g..
- Yi2 sera donc une assez petite fraction du second membre ; et l’on aura
- (6)
- où la puissance - de la quantité entre crochets 2
- pourra se développer, par la formule du binôme, en une série rapidement convergente.
- Exprimons-y la vitesse Vj du filet, sur la section <Tt d’amont où le régime est à peu près uniforme, en fonction de la vitesse moyenne corres-
- V,
- pondante Ui et du rapport —, qui sera une
- Ui
- certaine fonction cp des deux coordonnées transversales différant modérément de sa valeur moyenne i. Si nous appelons e l’écart cp— i de cette fonction d’avec l’unité, le carré e2 sera un
- peu sensible, d’une valeur moyenne f e2 — qui
- J ffi
- atteint quelques centièmes ; mais son cube e3 sera généralement négligeable et, se trouvant positif au centre de la section, négatif à la périphérie, aura sa valeur moyenne, f e3 —, encore
- J
- plus insensible.
- Faisons ainsi, dans le second membre de (6), V, = U, cp ; et substituons-y de plus à U, le produit, évidemment équivalent, de la vitessè moyenne U2 sur la section a2 par le rapport inverse p des deux sections. Enfin posons, pour abréger,
- ! Ü2>
- l7) 2g-(P1-P2)-C
- La formule (6) deviendra, en y négligeant lina-
- • [Jt **
- lciuent une partie de l’ordre de petitesse de
- (»)
- i6’
- v2 = \Ag (p, - p.) (i + ^.yy=
- = sj-,g (P, - p2) (i+A
- de '
- Il en résulte, en multipliant par —- et inté-
- grant dans toute la section rétrécie a2, une expression de la vitesse moyenne U2 à travers cette section, savoir
- Puis, en divisant (8) par (g), développant par la formule du binôme la puissance —-î de cette dernière parenthèse et effectuant les produits, on aura la fonction qui définit le mode de distri-
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- 3Ô6
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXX (2* Sérié). — N° 3ï.
- bution des vitesses dans la "section rétrécie :
- Elevons enfin cette expression au cube, toujours jusqu’aux termes en g15 exclusivement ; .... dfSi
- puis multiplions par — et intégrons, en supprima
- mant finalement du résultat les nombreux termes qui se détruisent. Il viendra, comme formule du coefficient a2 qui était à déterminer dans (5),
- «2
- + ïÏV[/*‘£
- Observons, en portant dans (7) l’expression (9) de U2, que le nombre Ç excède peu l’unité, savoir, d’une quantité comparable à g2 ; de sorte qu’on peut, sauf erreur négligeable (en g6), faire Ç = 1 dans (11). Rappelons, en outre, qu’on a <p= 1 -f-s, avec e assez petit pour que son cube £3 soit jugé insensible, ou pour qu’on puisse prendre <p* = I + 2£ + £2, <p4 = 1 + 4 £ + 6e2, valeurs à substituer dans (11). Il vient ainsi, après des réductions évidentes,
- (ia) «j
- IV. On peut actuellement, avec une erreur
- relative sensible, il est vrai, mais néanmoins de . , , d<s2 do
- l’ordre de petitesse de e, remplacer — par —.
- Effectivement, si les £ s’annulaient, ou qu’on eut V = U sur la section d’amont <j, et, à plus forte raison, sur les autres sections a moindres, tous les filets fluides éprouveraient, d’une section à l’autre, les mêmes changements relatifs de gros-
- d<y
- seur: et l’on aurait, pour chaque filet, — = const.
- Plus généralement, il est clair que chaque filet occupera, comparativement à d’autres, à la traversée d’une section quelconque, une fraction —
- es
- de l’espace total c, d’autant moindre, qu’il y sera plus rapide par rapport à eux, leurs inégalités relatives de vitesse se répercutant sur la variation
- des sections partielles relatives —, en raison
- \
- inverse de ces vitesses.
- d<y
- . P ,d<y2 da2 d<s.
- Si donc, dans / ej----, on remplace — par------,
- J ®2 ®2 Gi
- l’erreur absolue commise est de l’ordre du produit de £2 par e, c’est-à-dire négligeable. De même, si l’on fait la pareille substitution
- /d<y2
- £ —, 1 erreur est de l’ordre de e2. Mais ^2
- alors, l’intégrale restante, / £ —devient la
- J ai
- valeur moyenne de e à travers aj, c’est-à-dire zéro d’après la définition même de e; d’où il suit
- que / £ ——- est de l’ordre de e2 et a son propre carré
- se réduit à
- négligeable. Ainsi la formule (n
- ,3)
- «2 = J + 3 y,* J e2
- d<y{
- Or on sait que le coefficient a considéré sur la section d’amont, c’est-à-dire a,, excède l’unité
- de 3 f e2 —-, à l’erreur près négligeable fs3
- J .Si J ffi
- Donc, si nous retranchons l’unité des deux membres de (i3), il vient, pour relier entre elles les deux valeurs de a entrant dans l’expression (5) du carré X2 du coefficient théorique de débit, la formule approximative très simple ( 1 ù ) a2 — 1 = g1 (a, — 1).
- V. La relation (5) devient alors, par l’élimination de a2, la suppression haut et ùasd’un facteur 1 — g3 commun et, finalement, une extraction de racine carrée :
- i5) X =
- /1 — g2 (a, — 1 )
- = ‘ +
- On voit que le coefficient de débit X, pour un liquide parfait, excède un peu l’unité. Si, par
- exemple, le venturi est au quart, ou que g = - , et
- 4
- si a, vaut environ 1,1 il vient
- X-
- +
- «i
- 3 a
- = (environ) 1 -j- -
- 3oo
- L’influence réductrice des frottements en retranchera, pour l’eau, une. petite quantité, qu’on sait, par l’expérience des questions de cette nature et vu, ici, la très graduelle variation supposée des sections a ou des vitesses, être comparable seulement, au centième. La valeur définitive de X se trouvera donc un peu inférieure à l’unité, d’une fraction de centième, conformément aux débits constatés, notamment, par M. Camichel, dans des observations soignées de jaboratoire.
- (Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 6 sept. igi5).
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- $8 Septembre 1Ô1B.
- LÀ LUMIERE ÉLECTRIQUE
- âô?
- CALOBIMÉTRIE
- Mesure de la température des corps solides. — Félix Leconte.
- La méthode la plus précise pour déterminer la température superficielle d’un corps solide est évidemment celle du couple thermo-électrique ; toutefois, il est de nombreux cas où elle est inutilisable, notamment lorsqu’on a affaire à des machines électriques.
- On a alors recours au thermomètre employé par contact, mais il faut que cet instrument soit de construction toute spéciale ; autrement il donne des indications erronées. C’est ainsi que des thermomètres précis au quart de degré centigrade donnent des indications concordantes avec un certain type de thermomètre spécial pour mesurer la température des corps solides lorsque les deux instruments sont plongés dans de l’eau chaude, par exemple, et accusent des écarts de 5 à io°C, quand on prend la température à l’extérieur de la paroi du récipient contenant cette eau.
- Dans le thermomètre que préconise l’auteur pour les corps solides, on a cherché à réaliser les conditions suivantes de construction :
- i° Epaisseur minimum de verre, compatible avec la solidité nécessaire ; cela en raison de la mauvaise conductibilité calorifique de cette matière ;
- a0 Masse de mercure réduite au minimum ;
- 3° Réservoir aussi volumineux que possible pour offrir au contact une grande surface ;
- 4° Longueur réduite du tube gradué (i5o millimètres pour ioo") ;
- 5° Diamètre du tube égal à 5 ou 6 millimètres au plus pour permettre son introduction dans les enroulements des machines à courant triphasé et continu, rotors et stators ;
- 6° Constructionlcourante pour être économique.
- Ce thermomètre a permis de démontrer les erreurs de principe delà règle suivante (n° 14) sur l’essai des machines électriques, édictée par l’Association des Electriciens allemands :
- « Pour mesurer la température d’organes d’une machine au moyen d’un thermomètre, il faut
- interposer, entre letherinomètreet l’organe dont on veut connaître la température, un corps bon conducteur tel qu’une feuille d’étain. Afin d’empêcher les pertes de chaleur durant l’opération, le réservoirdu thermomètre doit être recouvert d’un corps mauvais conducteur, tel que déchets de coton secs, etc. »
- Cette prescription contient plusieurs hérésies au point de vue de la Physique :
- i° Si l’on place, entre l’objet chaud et le thermomètre, des feuilles d’étain, le métal conduira la chaleur et la diffusera dans l’air par rayonne-mentet conductibilité. Le thermomètre indiquera donc une température plus basse que s’il n’y avait pas de feuille d’étain. Le fait a été vérifié grâce aux thermomètres du type décrit plus haut.
- 2° De même, si le réservoir du thermomètre est enveloppé de déchets de coton secs, le résultat de la lecture est vicié d’avance. A la vérité, le coton n’est jamais sec. Les filatures le livrent avec une teneur en humidité de 7 % qu’il est pratiquement impossible d’abaisser. Il absorbe, en outre, l’humidité atmosphérique. Ainsi, on met en contact avec le réservoir du thermomètre un corps humide. L’eau de celui-ci s’évapore avec absorption de chaleur et le thermomètre descend à la température du coton. Il ne commence à remonter que lorsque le point de saturation de la vapeur est atteint.
- Voici une série d’expériences faites à Char-leroi relativement à ce point, sur le fer d’un alternateur :
- Un thermomètre de la centrale, à gros réservoir revêtu de déchets de coton, marquait 74°,8 tandis qu’un thermomètre du type décrit, glissé sous le même coton, au contact du fer, marquait 75°,5. Retirant ce thermomètre et le mettant au contact du fer sur le côté, là où la température était certainement la même que précédemment, on le vit descendre à 73°,3 en trois minutes. Une fois enveloppé de coton sec, il remonta en dix secondes à 74° et s’y maintint. On n’obtint plus le chiffre de 75°,5 qui était certainement exact.
- 11 faut donc se méfier du coton. Toutefois, on
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- la Lumière électrique
- T. XXX (2e Série). — M» 3?
- peut intercaler entre l’objet et le thermomètre une petite plaque de fibre. La chaleur se transmet alors par des radiations émises à très faible distance et non par contact.
- Dans une dernière expérience, on plaça sur le fer à 75°,5 le thermomètre recouvert ensuite de coton; ce thermomètre tomba cependant à 71°,2, ce qui s’explique par l’absorption de chaleur exercée par les doigts à travers le coton.
- Le thermomètre ne monta que quand le fer s’échauffa.
- Autre expérience : Recouvert d’un chiffon, le thermomètre de l’un des pôles d’un appareil de démarrage marque 58°; nu, il descend à 5G°,5 et s’y maintient; effet de refroidissement dû à la circulation d’air autour de la pièce.
- On doit n’user du coton qu’avec précaution. Avec le type de thermomètre préconisé, 011 peut faire des observations précises à demi degré.
- Voici une observation faite sur un survolteur de 33o ampères, 55 volts, à 960 tours par minute. Le collecteur, mesurant 19 centimètres de longueur et 3o de diamètre a 4 rangs de balais en charbon.
- Le long de ce collecteur, la température varie bien que, formant une masse compacte de cuivre, il doive être un excellent conducteur. Cela s’explique aisément, cependant.
- Il peut se faire qu’une extrémité soit plus chaude, parce que plus proche de l’induit où réchauffement se produit, ou qu’elle soit plus froide que le milieu parce que plus énergiquement ventilée. Si la majeure partie de la chaleur engendrée dans le collecteur provient du frottement des balais et du crachement, l’extrémité externe sera plus chaude que l’autre, mieux ventilée.
- L’observation permet donc de déceler les causes d’un échaufîement anormal.
- Le collecteur susdit a donné, en marche, les températures suivantes :
- Extrémité interne............... 47°5 C.
- Milieu.......................... 5o°
- Extrémité externe............... 52°5
- L’auteur rappelle qu’en 1908 il a fait paraître dans La Lumière Electrique des 1°'' août et 19 septembre une étude technique sur ce sujet intitulée : a Thermomètres sur collecteurs ». Depuis, une série d’expériences ont confirmé sa théorie.
- La fixation du thermomètre exige un certain soin. Il faut le faire porter légèrement sur le collecteur par un système de fils minces de manière telle que les rugosités inévitables ne le fassent pas sauter et qu’il reste au contact du métal. Une lecture de 52°, par exemple, s’est trouvée corrigée à 66° par légère pression au moyen d’un tampon d’ouate pendant trois minutes.
- Pour les premières lectures, il est bon d’appliquer sur le réservoir du thermomètre un tampon d’ouate chauffé pendant quelques secondes sur le collecteur; si l’on note une grande variation, c’est que le thermomètre est mal placé.
- On doit se souvenir que, d’après les règles, c’est la plus haute température de l’essai qu’il faut prendre en considération. Or, pendant sept années d’application de la méthode de l’auteur, on a dû rebuter un assez grand nombre de machines qui avaient cependant satisfait aux épreuves les plus rigoureuses par les anciennes méthodes.
- (The Electrician, 3 septembre 1915.)
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- 25 Septembre 4915.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- TRACTION
- Une ligne à troisième rail à 2 400 volts du Michigan Railway.
- Le Michigan Railway vient de livrer à l’exploitation une nouvelle ligne de chemin de fer électrique qui présente l’intérêt d’être la première à troisième rail fonctionnant à 2400 volts. La conception est due à feu W. A. Foolequi, comme vice-président de la Commonwealth Power Railway and Light Cy, de Grand Rapids (Michigan), eut l’audace d’établir la première ligne de transport d’énergie à 140 ooo volts.
- La région traversée par la nouvelle ligne (fig. i ) est située entre trois grands lacs et forme une
- .WINDSOR
- Fig. i. — Carte de la région traversée par la nouvelle ligne du Michigan Railway.
- péninsule dont la partie sud seule est bien desservie par de grandes voies à traction à vapeur. Les communications entre les différentes parties de l’Etat étaient jusqu’ici médiocres ; il n’y avait, notamment, entre les villes de Battle Creek (3o ooo hab.) et Grand Rapids (ia5 ooo hab.) aucune voie ferrée directe, tandis qu’entre cette dernière ville et Kalainazoo (40000 hab.) les trains étaient rares. De là l’utilité de la nouvelle ligne qui comprend un tronçon neuf de 80 kilomètres, entre Grand Rapids etKalamazoo, construit pour un trafic à des vitesses de 145 kilomètres à l’heure et un tronçon de 71 km. 5 entre Ablegan et Battle Creek, précédemment exploité à vapeur par le Michigan Centrai Railroad. Sans entrer dans les détails d’établissement de la voie et de construction des ouvrages d’art, nous donnerons sur ce sujet quelques brèves indications.
- La voie entre Grand Rapids et Kalamazoo est assez peu accidentée ; toutefois, quelques travaux
- importants de terrassement—tranchées et rem biais — ont dû être exécutés, surtout vers les deux villes extrêmes. Au contraire, l’ancienne ligne à vapeur présente des courbes et des rampes assez nombreuses. Néanmoins, sauf dans la traversée des villes et dans une section de Grand Rapids, le maximum des courbes est de 3° et le maximum de pente de 1 % .
- Tous les ponts et viaducs sont en béton ou en béton armé. Deux ponts de grandes dimensions ont été jetés sur la Grand Rivera Grand Rapids : l’un comporte 7 travées de 26 m. 80 chacune, en poutres métalliques reposant sur des piles en béton. La voie est double de part et d’autre du pont et simple sur le pont, dont la partie médiane est franchie par une partie de feeder de 64 mètres, grâce à deux pylônes de 18 mètres de hauteur. Plus en amont, un pontà double voie relie la gare terminus de voyageurs à une gare de triage des marchandises; il supporte également u 11e chaussée de 7 m. 60 de largeur et comprend 4 travées de 29 m. 2 de portée et u 11e travée cen traie de 3o m.45.
- Voie. — Toutes les voies, lignes principales et voies de garage, sont établies en rails de I9 kg, 5 au mètre courant sur traverses en cèdre au nombre de 20 par rail de 10 mètres. La longueur des traverses est de 2 m. 43, sauf pour les traverses nos 6, 12, 18, etc., qui sont allongées à 3 m. o5 pour supporter le troisième rail. Ce rail, du même poids au mètre que ceux de roulement, est en acier à basse teneur en carbone, de fabrication spéciale pour la ligne (teneurs max. : carbone, 0,14 % ; manganèse, 0,40; soufre, 0,08; phosphore, o,n). La conductivité garantie est à celle du cuivre dans le rapport de 1 : 8. Ce rail repose sur un isolateur à double cloche fixé lui-même sur la traverse. L’axe du rail est à 813 millimètres du rail le plus proche; sa face supérieure à 215 millimètres au-dessus de la voie. En alignements droits de i Ooo mètres et moins, ce troisième rail est posé avec joints de dilatation i,5 fois égaux aux joints delà voie normale; en alignements droits plus longs, la largeur du joint atteint 2 fois cette valeur normale. ---
- A tous les croisements de voie, le troisième rail est courbe à ses extrémités, de manière à
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXX (2° Série). — N° 37.
- présenter une rampe de i m. 20 de longueur avec une dénivellation totale de 76 millimètres. Il est percé, à chaque bout, d’un trou pour le boulon d’éclissage; les éclisses en fonte malléable sont établies de façon à ne pas donner lieu à des efforts exagérés de tension ou de compression, ou de frottement, leurs trous de boulons sont ovalisés.
- Le rail est porté par des plaques de fonte malléable s’emboîtant sur des isolateurs (fîg. 2) en deux pièces de 210 millimètres de hauteur. Ces isolateurs ont été essayés à 5 000 volts. Ils sont maintenus par une griffe carrée en fonte malléable, s’engageant dans un évidement ad hoc
- ---- wr - , l—à—u—f
- Ch Imregh j------’-----1
- Fig. 2. —Isolateur du 3e rail et ses garnitures métallurgiques.
- des feeders de cuivre nus de i ooo millimètres carrés attachés à un câble de suspension en acier de i3 millimètres, lui-même tendu entre deux poteaux de bois de 9 mètres de hauteur. Les extrémités de ces feeders sont reliées au troisième rail par des bornes spéciales. Une hauteur libre de G m. /|0 existe toujours au-dessus du passage à niveau. Le même câble avec bornes spéciales est employé pour les passages du troisième rail au trolley, mais alors il grimpe par des isolateurs
- W Ç? /boulon de W
- Fig. 3. — Coupe transversale du 3e rail montrant . les planches de protection.
- de la base de l’isolateur et fixée par une vis dans la traverse. Quant à la plaque supérieure, elle est munie de deux butées latérales de 3o millimètres de hauteur, maintenant l’alignement du rail.
- L’éclissage électrique du rail est assuré par des paquets de rubans de cuivre comprimé de 177 millimètres, faisant 5oo mm* de section.
- Pour les embranchements industriels et voies de garage, le type d’isolateur de troisième rail reste le même, mais ce rail pèse 2G kilogrammes au mètre courant. Des chapeaux spéciaux, une fonte malléable, sont employés pour obtenir, en ce cas, le même jeu vertical et horizontal que sur la voie principale. Les éclissages électriques ont 2&o mm2 de section.
- Pour la protection des ouvriers de la voie, le rail est flanqué de chaque côté par des planches, de niveau avec ce rail à l’intérieur de la voie et le dépassant de 5o millimètres à l’extérieur. La figure 3 montre comment ces planches sont fixées au rail par des mâchoires avec interposition d’isolateurs.
- A tous les passages à niveau de routes, ainsi qu'aux points où se font les changements de mode de prise de courant (passage du troisième rail au trolley), des câbles de fermeture du circuit sont établis. Aux passages à niveau, ce sont
- au long des pylônes en charpente métallique du type uniformément adopté pour la voie aérienne.
- Voie aérienne. — Sur l’ensemble de la ligne, celle-ci présente trois genres de suspension caténaire du trolley. Lorsque la voie est double, des parallèles en acier galvanisé, espacées à 91 m. 5o d’intervalle, surplombent les deux voies en laissant un passage libre de 5 m. 80 du trolley aux rails et de 9 m. 10 entre montants. Ces passerelles sont construites pour supporter, avec un facteur de sécurité égal à 2, une charge verticale de 55o kilogrammes et une poussée horizontale dans leur propre plan vertical, de 1 800 kilogrammes répartis également entre les deux montants.
- Dans le sens horizontal parallèle à la ligne, l’elfort admis est de 5 5oo kilogrammes, répartis sur quatre points de la traverse supérieure.
- La suspension du trolley est du type caténaire à câble de cuivre étiré dur et flèche maximum de
- 1 m. 98. Ce câble résiste à une traction de
- 2 8G0 kilogrammes qui est atteinte lorsque câble de suspension et trolley sont recouverts de i3 millimètres d’épaisseur de glace et par un vent de ior> kilomètres à l’heure. Le trolley n° 0000 est attaché au câble par des suspensions rigides espacées de 4 m. 55, ce qui fait vingt points d’attaclie par portée de 91 m. 5o. Dans les
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- courbes jusqu’à 4° le câble de suspension est fixé aux passerelles de façon à donner au trolley une courbure naturelle; le câble de suspension se trouve alors dans un plan à 45° de la verticale.
- Le trolley de voie unique est porté par des pylônes en acier galvanisé capables de supporter un effort horizontal de 900 kilogrammes appliqué au sommet perpendiculairement à la voie et une charge verticale de 725 kilogrammes appliquée sur la potence à 3 m. o5 de l’axe du pylône. Ces pylônes sont espacés de 5o mètres.
- Le câble de suspension, en cuivre étiré dur, a une résistance totale à la traction de 12 000 kilogrammes mais, avec une flèche de 1 m. 22, il 11e supporte qu’un effort maximum de 1 'po kilo-
- Fig. 4. — Vue de la voie uvec ligne aérienne et 3e rail.
- grammes lorsque câble et trolley sont recouverts d’une épaisseur de glace de i3 millimètres et par un vent de io5 kilomètres à l’heure. Le trolley est soutenu comme dans le cas précédent aux mêmes intervalles et la disposition en courbe est conçue sur le même principe.
- Le circuit aérien a même conductivité que le troisième rail, grâce à un feeder de euivreporté par une courte potence intérieure au pylône quand la voie est unique ou disposé près du câble de suspension avec i m. <33 de flèche quand elle est double. Des interrupteurs de sectionnement se trouvent à chaque ville.
- Protection contre les surtensions. — Avec un aussi gros conducteur qu’un rail de 3g kg. 5 au
- mètre courant, il faut se protéger contre les-surtensions. Cela est obtenu par une série d’éléments comportant chacun deux plaques d’aluminium concentriques, l’une -j-, l’autre —, convenablement séparées et plongeant dans un électrolyte. Ces éléments sont reliés à la ligne par l’intermédiaire d’interrupteurs, fusibles et parafoudres à distance explosive. On règle l’écartement de ceux-ci à une valeur déterminée et de telle façon qu’ils ne fonctionnent qu’en cas de surtension par brusque disparition de la charge inductive du rail due à un court-circuit ou à quelque autre cause extérieure.
- Pareil accident se manifeste par un accroissement rapide de la tension, l’intensité tombant presque à zéro. Les éléments à l’aluminium drainent vers le sol cet excès d’énergie du rail, à travers leurs larges plaques. L’effet de ces dernières est de produire dans l’élément un courant de grande intensité, en raison de Ja faible résistance de l’électrolvte. Les pointes de la tension peuvent donc être limitées à toute valeur voulue par accroissement du nombre d’éléments. L’action de ces éléments est comparable à celle d’une soupape de sûreté de chaudière à vapeur.
- Source d'cncrgie. V- Actuellement, la ligne qui mesure i5i km. 5 est alimentée par les sous-stations de Grand Rapids et Kalamazoo. Dès que la ligne de transport d’énergie sera terminée, une troisième source se trouvera à Battle Creek.
- Aux deux sous-stations actuelles, l’énergie à 2 /,oo volts est fournie par deux convertisseurs à i 200 volts en série. La sous-station de Battle Creek atteindra au même voltage par un groupe moteur-générateur.
- A Montcith, embranchement des deux lignes : Allegan à Battle Creek et Kalamazoo à Grand Rapids, des interrupteurs permettent d’isoler l’un quelconque des trois embranchements.
- De l’embranchement de Monteith, il y a 45 kilomètres à la sous-station de Grand Rapids, 48 à celle de Battle Creek et 29 à celle de Kalamazoo. Il y a également une courte station de feeder de Monteith à Allegan, 17 km. 5.
- Des pancartes indicatrices du danger de mort sont placées aux passages à niveau et des signaux lumineux spéciaux indiquent aux wattmen les points où le voltage de la ligne passe de.2.400 à 600 volts. (Electric Railway Journal, 19 juin 1915.)
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- T. XXX (2e Série). — N°37.
- RENSEIGNEMENTS COMMERCIAUX
- TRACTION
- Loire. — Est déclaré d’utilité publique l’établisse* ment dans le département de la Loire, d’une ligne de tramway à traction électrique entre le Pont-de-l’Ane (limite de la commune de Saint-Etienne) et le chemin d’intérêt commun n° (i, en vue de la modification du tracé du tramway des Cinq-Chemins à Saint-Jean-Bonnefonds, dont l’établissement a été déclaré d’utilité publique par le décret du 18 octobre igo5.
- Est déclaré d'utilité publique l’établissement, dans la commune de Saint-Etienne, d’une ligne de tramway de la place Fourneyron au Pont-de-l’Ane (limite de la commune), destinée à prolonger le nouveau tracé du tramway suburbain de la limite de la commune de Saint-Etienne à Saint-Jean-Bonnefonds.
- DISTRIBUTION
- Finistère. — La ville de Châteaulin demande un concessionnaire pour l’électricité, la concession arrivant à expiration au ier août 1916. Le cahier des charges et des conventions spéciales est à la disposition des intéressés â l’hôtel de ville.
- TÉLÉPHONIE
- Algérie. — La Chambre de Commerce d’Oran est autorisée à avancer au gouvernement général de l’Algérie une somme de 10 880 fr. en vüe de l’établissement d’un circuit téléphonique Oran-Assi-Ameur.
- SOCIÉTÉS
- L’Éclairage Électrique.
- En raison de la mobilisation générale du itr août 1914. l’assemblée annuelle des actionnaires, qui aurait dû se tenir à la fin de l’année pour l’exposé des comptes de l’exercice 1913-1914, n’a pu avoir lieu que le 27 août dernier.
- Les bénéfices nets de l'exercice ont été de 83o 638 fr. 38 contre 783 993 fr. 09 pour l’exercice précédent. La totalité de cette somme, y compris le report de 1912-1913 : 5i 3ag fr. 92, a été ainsi affectée : 800 000 francs à un compte spécial : « Réserve générale d’amortissement » et 81 968 fr. 3o au report à nouveau.
- Depuis le début des hostilités, les usines de la Société ont été consacrées aux besoins de la défensè nationale , et, à l’heure actuelle, 9 000 ouvriers travaillent d’une manière intense pour la guerre et pour les industries qui s’y rattachent.
- Société des Forges et Fonderies de Montataire.
- Le rapport du Conseil d’Administration des Forges et Fonderies de Montataire a fait ressortir, à l’assemblée générale des actionnaires du 3i juillet dernier, un solde créditeur brut de g56 io3 fr. 75, malgré la situation défavorable créée aux usines de Frouard et de Montataire du fait de l’occupation momentanée par l’ennemi de l’une d’elles et de l’arrêt complet du travail au commencement des hostilités. Par mesure de prudence, le Conseil d’Administration a jugé bon de reporter le solde net, soit 5og 832 fr. o5, à un compte spécial de guerre.
- CONVOCATIONS
- Société d’Electricité Mors. — Le 27 septembre, à 3 h., rue de la Bienfaisance, 28, ù Paris.
- Compagnie Universelle de Télégraphie et de Téléphonie sans fil. — Le 27 septembre, à 11 h. 1/2, rue La Boétie, 20 bis, à Paris.
- Compagnie Générale d’Eclairage de Bordeaux. — Le
- 28 septembre, à 10 h. 1/2, rue Blanche, 19, à Paris.
- Compagnie Française des moteurs à Gaz « National ».
- — Le 4 octobre, à 10 h., rue Sainte-Anne, 4, à Paris.
- Etablissements Devilaine et Rougé. — Le 4 octobre,
- 3 h. 1/2, rue Saint-André-des-Arts, 47, & Paris.
- Société d’Electricité de la Marche et dn Limousin. —
- Le 4 octobre, à 2 h. 1/2, rue de Londres, 29, à Paris.
- La reproduction des articles de la Lumière Électrique est interdite.
- Paris. — imprimerie levé, 17, rue cassette.
- "-7
- Le Oérant : J.-B. Nouet.
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- Supplément à La Lumière Electrique du a5 septembre
- TABLE MÉTHODIQUE DES MATIÈRES"
- TROISIÈME TRIMESTRE 1915
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- TABLE MÉTHODIQUE DES MATIÈRES
- TROISIÈME TRIMESTRE 1915
- Eleotrotechnique générale.
- Expressions analytiques de l’intensité d'un champ
- magnétique. — O. milieux. . . . ....'45, 169
- Sur la mesure du rendement par les méthodes
- directes. — C.-F. Guilbert.............. a 19
- La transmission de l’électricité à travers les métaux.
- — J.-J. Thomson......................... 88
- Calcul de la force d’attraction maximum s'exerçant entre deux courants circulaires parallèles
- et de même axe. — F.-W. Grover.......... 209
- L’état actuel des théories relatives au magnétisme.
- — II. Jouaust........................... 289
- Construction et essais de machines.
- Note sur un diagramme des moteurs-série polyphasés à collecteur. — A. Claveleira.... 128
- Les turbines hydrauliques de l'installation de la
- chute de l’Ance. — J. Reyval.............. 25
- Les turbines hydrauliques de l’usine de la « Vour-
- diat ». — /. Reyval....................... 85
- Avantages et limitations de la ventilation des
- moteurs de traction. — R.-F.. Ilellmund.. 181
- Etudes des pertes dans les diélectriques avec les tubes à rayons cathodiques. — F.-P. Minton...................................... i32
- Stations centrales.
- L’alimentation d’énergie électrique dans les Pays-Bas. — H. Verhagen................................iti, 33
- Transmission et Distribution.
- Recherche des isolateurs défectueux............... 19
- Nouvel appareil pour la protection des installations électriques contre les surtensions.—
- F. Frôhlich.............................. 67
- Le prix de revient des lignes de transmission aux
- Etats-Unis.............................. 233
- Fondations pour pylônes........................ 234
- Eclairage.
- Influence de l’humidité du sol sur la température
- des câbles souterrains. — L.-E. Imslay. . 153
- Transformation d’un réseau de distribution de
- diphasé en triphasé..................... 288
- Emploi de l’aluminium comme antitartre dans les
- chaudières à vapeur..................... 284
- Essais sur l’emploi de crayons de ferro-ilménite pour les lampes à arc sur courant alter-
- natif. — I. Ladoff....................... 36
- L’éclairage des rues. — A.-J. Siveet.............. 38
- Photo-électricité. — Action de la lumière sur les
- gaz et particulièrement de la lumière solaire sur l’atmosphère. — J.-A, Fleming.. i36 La sensation delà lumière. — C.-C. JPatersxtn et
- B.-P. Pudding......................... 138
- Laboratoire d’essai de durée des lampes à filament
- de tungstène............................ 210
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-
-
-
- L A LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Traction.
- La traction électrique (Suite). — /. Cartier.
- 7. 57, 73, 118
- Nouvelles voilures métalliques du Metropolitan
- Disti’ict Railway. — L. Pahin.............. i5o
- La traction thermo-électrique à récupération (système Henri Pieper). — L. Pahin............... 173
- Le chemin de fer électrique de Münster à la
- Schlucht (Alsace). — J. Ileyval ........... 253
- L’équipement des sous-stations de traction à courant continu à haute tension. — JE.-S.
- Johnson.................................. 212
- Le chemin de fer électrique incliné d'Hamilton. . . ai3 La ligne de chemin de fer électrique monophasée
- Vicnne-Presbourg. — E. Seefehlner..... 41
- Une ligne à troisième rail à 2 4o° volts du Michigan Railway.................................. 3og
- Applications mécaniques.
- La commande des moteurs employés à bord des
- sous-marins allemands. — N.-H. Wood. .. 08
- La photographie sous-marine à l’aide des lampes
- en quartz................................. 69
- Sondage par l’électricité. -— II.-R. Gilson....... 117
- Note sur les méthodes modernes de soudure électrique et leurs applications. —II.-S. Mar-
- quand.................................... i5g
- L’électricité dans la marine américaine. — M.-W.
- Day....................................... 184
- Briquetage des tournures et limailles. — E.-F.
- Hirsch.................................... 187
- Note sur les avantages des compteurs d’intensité pour courant continu, comparés aux
- compteurs de puissance................. 235
- Pompe pneumatique Globe Johnston rotative et
- sans soupape........................... 2 38
- Electricité et aviation......................... 262
- Contrôleurs à courant continu pour les élévateurs des établissements industriels. — W.-T.
- Snyder................................. 276
- Tableau à contrôle automatique pour moteur de
- compresseur............................. 279
- Les compteurs d’électricité actuels. — A. Iliovici. 265
- Electrochimie et Électrométallurgie.
- Isolement électrolytique du fil d’aluminium. —
- C.-E. Skinner et L.-W. Chubb.............. 20
- Le fer électrolytique ; sa fabrication industrielle;
- ses propriétés; ses emplois. —L. Guillet. 259
- La fixation de l’azote atmosphérique......... i65
- Transformations et équilibres chimiques de l’eau et des solutions de peroxyde d’hydrogène à la lumière ultra-violette. — A. Tian. . . 281
- Télégraphie et Téléphonie.
- Procédé d’élimination des émissions et des perturbations très amorties. — H. de Bellescize. 29, 5i La portée des- aériens à ondes dirigées. —E. JBcl-
- lini.................................... 1
- Note sur le fonctionnement des postes radiolélé-
- graphiques à résonance. — H. Chireix.. ig3
- Le téléphone instrument de mesure. —A. Boutaric. 121
- Téléphonie sans fil. — Il.-J. Round. . . . ...... g3
- Coups de foudre sur les lignes télégraphiques. —
- M.Ziller................................• 113
- L’inspection et le contrôle téléphonique des tramways urbains. — E.-E. Strong............. 118
- Radiotélégraphie.
- Les automobiles de l’armée américaine munies I Le kénotron. — S. Dushman..................... . g2
- de T. S. F. — C.-H. Claudy............ 91 I Dispositif d’appel de télégraphie sans fil..... 263
- N Hydrodynamique.
- Comment le débit d’un tuyau de conduite, ^affecté sion qui s’y produit le long de la partie
- d’un rétrécissement notable mais gradué, rétrécie. — M.-J. Boussinesq......... 3o4
- peut se déduire par l’abaissement de près-
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-
-
-
- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- Calorimétrie.
- Mesure de la température des corps solides. — F. Leconte.. .
- > • 3o7
- Echos de la guerre.
- Sur la liquidation de la Société d Eclairage Electrique de 1886 {fin). ... ......................... 21
- La guerre, les marchés à livrer, la force majeure
- d’après divers jugements. — P. Bougault. 140 La guerre et les transports. Pertes et retards des
- colis. —P. Bougault....................... 162
- L’exportation du matériel électrique de l’empire allemand aux puissances européennes actuellement en guerre............................... i65
- Arrêté du ministre des Travaux publics concernant le retrait d’approbation des compteurs d’origine ou de provenance àuslro- allemande.............................................. i44
- Liquidation des entreprises allemandes en Russie, ai5 Circulaire de la Chambre de Commerce française
- de Rio"de Janeiro........................... ai5
- L’industrie italienne et la guerre............. 120, 288
- L’avenir des installations électriques en Chine. . . . 288
- Les marques syndicales destinées à authentifier
- les produits de fabrication française........ g5
- Les Universités belges................................. 72
- L’Union des Electriciens belges..................... 72
- La prohibition du commerce avec les Austro-Allemands .......................................... .44, 70
- Liste des maisons d’électricité et de mécanique
- mises sous séquestre.................. 120 288
- Les réserves de cuivre de l’Allemagne...........
- L’industrie minière et l’industrie sidérurgique
- Statistique.
- 286 I
- en 1914. — Allemagne. — Autriche-Hongrie. — Grande-Bretagne... .......... 285
- Législation.
- Concessions concurrentes de distribution d’énergie électrique. — Aperçu sur la recherche de l’équivalence des conditions. — J. de Rigney...........................................>98, 227
- Municipalisation des usines électriques en Russie. 188 Osram contre Pope. — Un procès en contrefaçon
- plaidé en Angleterre................... 240
- D. Monnier.
- A. Bochet.
- Nécrologie.
- 49 | Robert Hammond.
- *9*
- Bibliographie.
- Tables annuelles de constantes et données numériques de chimie, de physique et de
- technologie.............................. 46
- Le téléphone instrument de mesure, par A. Guyau. 46
- Guide juridique cl administratif des entrepreneurs de distribution d’épergie électrique pour l’application de la loi du i5 juin 1906 et de ses annexes, par Ch. Sirey...................... 191
- Divers.
- Vers l’expansion industrielle. — V. Cambon......... 97
- Vers l’expansion industrielle. — P. Besson et
- V. Cambon................................ 241
- L’Exposition de Casablanca. — J. Reyval............~ ao3
- Brevets.
- Le crible à sable à force centrifuge Oerlikon... 189
- Les usines d'aluminium Vigeland près Vennesla
- en Norvège. — J. Reyval................ 298
- 47
- Renseignements commerciaux............................................... 24,47,96, 167, 192 312
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-
-
-
- TABLE DES NOMS D'AUTEURS
- TROISIÈME TRIMESTRE 1915
- B
- Bellescize (H. de). — Procédé d’élimination des émissions et des perturbations très amorties .................................... . .. 2g, 51
- Bellini (E.). — La portée des aériens à ondes
- dirigées.................................... i
- Besson (P.) et V. Cambon, — Vers l’expansion
- industrielle.............................. 241
- Billieux (O.). — Expressions analytiques de l’intensité d’un champ magnétique................140, 169
- Bochet (A.). — P. Mounier........................... 49
- Boucault (P.). — La guerre, les marchés à livrer,
- ** la force majeure d’après divers jugements. 140
- La guerre et les transports. Pertes et retards
- des colis................................. 162
- Boussinesq (J.). — Comment le débit d’un tuyau de conduite, alîoelé d’un rétrécissement notable, mais gradué, peut se déduire par l’abaissement de pression qui s’y produit
- le long de la partie rétrécie.. ........ 3o4
- Boutakic (A.). — Le téléphone instrument de
- mesure.................................. 121
- c
- Cambon (V.). — Vers l’expansion industrielle. .97, 241
- Carliek (J.). — La traction électrique (suite)
- 7, 57, 73, 110
- Chikeix (H.). — Note sur le fonctionnement des
- postes radiotélégraphiques à résonance.. ig3 Chubb (L.-W.) et Skinner (C.-E.). —- Isolement
- électrolytique du fil d’aluminium........... 20
- Claveleira (A.). — Note sur un diagramme des
- moteurs-série polyphasés à collecteur. . . 128
- Claudy (C.-H.). — Les automobiles de l’armée
- américaine munies de T. S. F................ 91
- \
- D
- «
- Day (M.-W.). L’électricité dans la marine américaine ............................................ 184
- Dudding (B.-P.) et Paterson (C.-G.). — La sensation de la lumière......................... i38
- Dushman (S ). — Le kénotron...................... 92
- F
- Fleming (J.-A.). — Photo-électricité. Action de la lumière sur les gaz et particulièrement de la lumière solaire sur l’atmosphère.. . i36, i56
- Fiiohligu (F.). — Nouvel appareil pour la protec-
- tion des installations électriques contre les surtensions............................. 67
- G
- Gilson (H.-R.). — Sondage par l’électricité......... 117
- Groveii (F.-W.). — Calcul de la force d’attraction maximum s'exerçant entre deux courants circulaires parallèles et de même axe. . .. 209
- Guilbert (C.-F.). — Sur la mesure du rendement
- par les méthodes directes.................. 217
- Guillet (L.). — Le fer électrolytique; sa fabrication industrielle; ses propriétés; scs
- emplois................................... 2.5g
- Guyau (A.). — Le téléphone instrument de mesure. 46
- H
- Hellmund (R.-E.). — Avantages et limitations de
- la ventilation des moteurs de traction. .. . 181
- Hirsch (E.-F,). — Briquetage des^ tournures et
- limailles................................. 187
- I
- Ii.iovici (A.). — Les compteurs d’électricité actuels. 205
- Imslay (L.-E.). — Influence de l’humidité du sol
- sur la température des câbles souterrains. 153
- J
- Johnson (E.-S.),— L’équipement des sous-stations de traction à courant continu à haute tension ..................... ........................ 212
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-
-
-
- LA LUMIERE ELECTRIQUE
- Jouaust (R.)- — L’état actuel des théories relatives au magnétisme...................... 289
- L
- Ladoff (I.), — Essais sur l’emploi de crayons de ferro-ilménite pour les lampes à arc sur
- courant alternatif...........'............ 36
- Lbgonte (F.). — Mesure de la température des
- corps solides............................. 307
- M
- Marquand (H.-S.). — Note sur les méthodes modernes de soudure électrique et leurs applications..................................... 15g
- Minton (F.-P.). — Elude des pertes dans les diélectriques avec les tubes à rayons cathodiques...................................... i.'la
- P
- Pauin (L.). — Nouvelles voitures métalliques du
- Metropolitan District Ruilway............ i5o
- La traction thermo-électrique à récupération
- (système Henri Pieper)................... 173
- Paterson (C.-C.). — Voir Dudding................ 138
- R
- Reyval (J.). — Les turbines hydrauliques de
- l'installation de la chute de l’Ance....... u5
- Les turbines hydrauliques de l’usine de la
- « Vourdiat »............................... 85
- L’Exposition de Casablanca.................. ao3
- Le chemin de fer électrique de Münster à la
- Schlucht (Alsace)......................... 253
- Les usines d’aluminium Vigeland, près Ven-
- nesla en Norvège.......................... 298
- Rigney (J. de). — Concessions concurrentes de
- distribution d'énergie électrique. — Aperçu sur la recherche de l’équivalence des
- conditions..........................198, 227
- Round (H.-J.). — Téléphonie sans lil............. g3
- S
- Seefehi.ner (E.). — La ligne de chemin de fer électrique monophasée Yienne-Presbourg.. . . 4l Sirey (Ch.). — Guide juridique et administratif des entrepreneurs de distribution d’énergie électrique pour l'application de la loi du
- i5 juin 1906 et de ses annexes.......... 191
- Skinner (C.-E,). — Voir Chubb.................... ao
- S.nyder (W.-T.). — Contrôleurs à courant continu pour les élévateurs des établissements
- industriels............................... 275
- Stro.ng (E.-E.). — L’inspection et le contrôle téléphonique des tramways urbains....................... 118
- Sweet (A.-J.). — L’éclairage des rues............... 38
- T
- Thomson (J.-J.). — La transmission de l’électricité
- il travers les métaux............. ... 88
- Tian (A.). — Transformations et équilibres chimiques de l’eau et des solutions de peroxyde d’hydrogène à la lumière ultraviolette....................................... 281
- V
- Verhagen (H.). — L’alimentation d’énergie électrique dans les Pays-Bas...................16, 33
- w
- VVood (N.-IL). — La commande des moteurs employés à bord des sous-marins allemands.................................... 68
- Z
- Ziller (M.). — Coups de foudre sur les lignes télégraphiques.............................. 118
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-
-
- Société d’Électricité de Caen
- 1 Société anonyme au capital de 2.500.000 Francs
- SIÈGE SOCIAL : 35, Boulevard Bertrand, à CAEN SIÈGE ADMINISTRATIF : 94, Rue Saint-Lazare, à PARIS
- ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE
- du 29 Juin 1915
- RAPPORT DU CONSEIL D’ADIINISTRATION
- Sur l’Exercice 1914
- RAPPORT DE MESSIEURS LES COMMISSAIRES
- Résolutions et Bilan.
- Supplément
- à
- La Lumière Electrique du 24 juillet 10I!i.
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-
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-
-
-
- SOCIÉTÉ D’ÉLECTRICITÉ DE CAEN
- RAPPORT DU CONSEIL D’ADMINISTRATION
- à l’Assemblée Générale du 29 Juin 1915
- Messieurs,
- Conformément à l’article 26 de nos Statuts, nous venons vous rendre compte des opérations effectuées par notre Société pendant l’Exercice clos le 31 décembre 1914.
- Avant de vous exposer la marche de notre Société pendant cet Exercice, nous tenons à rendre hommage à tous nos collaboi’ateurs, ingénieurs, employés et ouvriers, qui combattent dans les rangs de nos armées. Vous vous associerez certainement à nous pour leur adresser, avec notre meilleur souvenir, l’expression de tous nos vœux cl: pour assurer de notre profonde sympathie les familles de ceux qui sont tombés au front. Nous avons pris toutes les mesures utiles pour subvenir aux besoins des familles de notre personnel mobilisé et apporter l’aide nécessaire à celles qui sont frappées. Nous sommes sûrs qu’en agissant ainsi, nous n’avons fait que répondre à vos propres sentiments.
- Pendant le premier semestre de l’Exercice 1914, le programme technique et financier que nous vous avions exposé et que vous aviez approuvé dans vos Assemblées générales antérieures, avait continué de se développer dans des conditions très satisfaisantes.
- Au point de vue financier, les actions provenant de la dernière augmentation de capital ont été entièrement libérées le 31 décembre 1913, et, par suite,'1 le capital total de Fr. 2.500.000 était complètement versé dès le début de cet Exercice.
- En juin 1914, usant des pouvoirs que vous lui avez donnés par la deuxième
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-
-
-
- résolution de l’Assemblée générale extraordinaire du 13 juin 1913, votre Conseil a décidé l’émission de G.000 obligations de 500 francs chacune représentant au total un capital nominal de Fr. 3.000.000 ; cette émission a complètement réussi et les G.000 obligations ont été entièrement placées.
- Nous avons pu en même temps, comme nous vous l’exposions dans le Rapport présenté à l’Assemblée générale extraordinaire du 13 juin 1913, racheter à l’amiable, dans des conditions avantageuses, un nombre assez important de nos obligations 4 % . Le bénéfice que nous avons fait dans cette opération nous a permis d’amortir presque complètement la prime d’amortissement de ces obligations.
- Grâce à ces opérations, nous avons pu rembourser notre dette flottante, tout en conservant des disponibilités suffisantes pour notre exploitation. Nous devons être particulièrement satisfaits d’avoir pu ainsi consolider, à la veille de la guerre, notre situation financière, et nous ne doutons pas que vous n’apprécierez, tout comme nous, cet heureux résultat.
- Pendant le premier semestre de l’année 1914, notre exploitation avait suivi, tant au point de vue technique qu’au point de vue commercial, un développement qui nous donnait toute satisfaction. La mobilisation a, naturellement, arrêté cet élan ; nous avons subi, en outre, dans les derniers mois de l’Exercice dont nous vous rendons compte,Une hausse des charbons qui n’a fait que s’accroître dans l’année 1915 et qui pèse lourdement sur notre exploitation. Aussi, quoique les recettes de l’Exercice 1914 soient finalement en augmentation d’environ Fr. 106.000 sur celles de l’Exercice 1913, nous croyons sage, étant données les circonstances présentes, de vous proposer de réduire le dividende de 6 1/2 à 5 %, de façon à pouvoir mettre en réserve une grande partie de nos bénéfices.
- Exploitation.
- Nous allons vous donner, maintenant, comme les années précédentes, des renseignements sur la marche technique et commerciale de notre Société.
- Stations centrales. — Notre nouvelle station centrale de l’avenue Victor-Hugo a fonctionné depuis le 1er novembre 1913, et a assuré notre service pendant toute l’année 1914, sans aucune interruption.
- Cette station comprend actuellement 2 groupes turbo-alternateurs de 2.000 kilowatts. Nous y avons également transporté le groupe turbo alternateur de 1.200 kilowatts qui se trouvait dans notre ancienne usine.
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- Nous y avons installé une commutatrice de 500 kilowatts, de façon à pouvoir doubler le groupe de transformation alternatif-continu déjà existant, et assurer, avec une sécurité parfaite, le service des tramways et toutes les installations desservies en courant continu, notamment les appareils et grues du port.
- Réseaux. — A la dernière Assemblée générale, nous vous annoncions que notre feeder ouest à 14.000 volts venait d’être mis en route et que nous alimentions la ville de Bayeux depuis le 25 Décembre 1913.
- Ce feeder a fonctionné sans incident pendant tout l’exercice et notre clientèle à Bayeux s’est développée normalement.
- En ce qui concerne notre feeder Caen-Cabourg, la puissance que nous fournissions à la Société d’Electricité du Littoral Normand s’est encore augmentée à la suite des nouveaux accords que cette Société a passés avec la Société Normande de Gaz, d'Eau et d’Electricité qui dessert les Communes de Trouville et Deauville; nos recettes ont augmenté de Fr. 15.000 sur l’année 1913.
- Nous n’avons mis en service que lin Juin 1914 notre feeder sud, par suite du retard dans les installations de nos principaux clients. La mobilisation a arrêté en grande partie les exploitations des mines, et notre feeder Sud fonctionne, pour le moment, avec une charge très faible.
- Nous avons signé, avec les Chemins de fer de l’Etat, un contrat, destiné à fournir l’énergie aux principales gares de la région, et, notamment, aux importants ateliers que cette administration édifie à Mézidon. Nous avons donc fait toutes les études pour la construction de notre feeder ouest de Caen à Mézidon, et nous avons demandé la concession des différentes communes qui se trouvent sur son passage. Mais, par suite de la guerre, les travaux des Chemins de fer de l’Etat subissent un retard important. Nous avons également reculé la construction du feeder 30.000 volts devant relier Caen à Mézidon; nous l’entreprendrons de façon à ce qu’il puisse être mis en service lorsque la Compagnie des Chemins de fer de l’État sera en mesure de recevoir le courant que nous devons lui livrer.
- La longueur des lignes primaires en service comprenant des lignes 2.800 volts, 14.000 volts et 30.000 volts, est passée de 85 kilomètres à 112 kilomètres, en augmentation de 27 kilomètres.
- Celle de nos lignes secondaires est passée de 62 kilomètres à 77 kilomètres, en augmentation de 15 kilomètres.
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- — 6 —
- L’ensemble des lignes nous appartenant atteignait ainsi, au 31 Décembre 1914, 189 kilomètres, en augmentation de 42 kilomètres.
- Nous vous résumons, dans les tableaux ci-dessous, la progression de notre exploitation au cours de ces dernières années :
- I. — NOMBRE DES CLIENTS DESSERVIS (particuliers)
- NOMBRE AUGMENTATION
- Au 31 Décembre 1909 2.119 ))
- 1910 2.400 281
- 4911 2.679 279
- 1912 3.050 371
- 1913 3.542 492
- 1914 4.123 581
- II. — NOMBRE DES LAMPES A INCANDESCENCE desservies directement
- NOMBRE AUGMENTATION
- Au 31 Décembre 1909 36.000 »
- 1910 39.400 3.400
- 1911 42.800 3.400
- 1912 47.600 4.800
- 1913..... 53.800 6.200
- 1914 1 61.500 7.700
- III. — NOMBRE ET PUISSANCE DES MOTEURS BRANCHÉS
- NOMBRE AUGMENTATION PUISSANCE EN HP. AUGMENTATION
- Au 31 Décembre 1909 219 » 967 ))
- 1910 316 97 1.162 195
- 1911 364 48 1.287 125
- 1912 449 85 1.754 467
- 1913 508 59 2.377 623
- 1914 592 84 2.631 254
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-
- — 7
- Ces trois tableaux ne tiennent pas compte des puissances que nous fournissons à la Compagnie des Tramways de Caen et à la Société d’Électricité du Littoral Normand, et qui représentent en moyenne 500 kilowatts.
- Ces résultats vous montrent que, malgré les circonstances difficiles que nous traversons, nous avons pu maintenir en activité les multiples services de notre exploitation et remplir les devoirs qui nous incombent, vis-à-vis des communes dont nous avons les concessions et des populations et grandes administrations que nous desservons.
- Nous n’avons pu obtenir ces résultats que grâce au dévouement d’un personnel excessivement réduit auquel nous tenons à adresser nos remerciements.
- Nous allons passer maintenant à l’examen du bilan :
- ACTIF
- Apports.................................................Fr. 1 »
- Ce compte est amorti suivant décisions de vos Assemblées précédentes.
- Frais d’augmentation du capital.........................Fr. 3.020,60
- Ce compte représente le solde des frais que nous a causés notre dernière augmentation de capital, et qui n’avaient pu être comptabilisés pour l’Exercice précédent. Nous vous proposons de l’amortir moins 1 franc.
- Frais d’émission des obligations....................... Fr. 1.993,20
- Ce compte représente les frais qui ont incombé à notre Société pour l’émission de Fr. 3.000.000 d’obligations faite en Juin 1914.
- Nous vous proposons également d’amortir ce compte moins 1 franc.
- Prime de remboursement des obligations...........Fr. 272.246,20
- Ce compte s’élevait à Fr. 37.000 l’année précédente et correspondait à la prime de remboursement des obligations 4 %. Il a été diminué, comme nous vous l’avons dit au début de ce rapport, de la presque totalité de la prime correspon-
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-
- 8 —
- dant à ces obligations 4 % , par suite du bénélice réalisé par lé rachat amiable fait en cours d’exercice, de 448 obligations 4 %.
- il a été diminué, en outre, normalement, par suite de l’amortissement de la prime de remboursement correspondant aux 22 obligations 4 % amorties cette année.
- lia été, par contre, augmenté de Fr. 270.000 correspondant à la prime do remboursement des 3.000 obligations 5 % émises pendant l’Exercice.
- Stations centrales : Promenade du Fort et Avenue Victor-
- Hugo...............................................Fr. 3.902.10b, 88
- Ce compte représente la valeur de tous les terrains, immeubles et matériel, dont nous sommes propriétaires, soit Promenade du Fort, soit Avenue Victor-Hugo. Il comprend également les sommes que nous avons versées pour obtenir une option nous permettant d’acheter tous les terrains que nous occupons actuellement Avenue Victor-Hugo.
- L’augmentation de ce compte sur l’année précédente correspond aux travaux de premier établissement concernant la nouvelle usine, qui n’avaient pas encore été comptabilisés dans l’Exercice précédent.
- Canalisations et réseaux urbains......................Fr. 961.138,56
- Ce compte représente la valeur de l’ensemble de nos postes de transformateurs, canalisations et réseaux urbains.
- L’augmentation résulte du développement de notre clientèle.
- Canalisations et réseaux suburbains...................Fr. 839.540.78
- Ce compte représente l’ensemble des dépenses que nous avons faites (lignes, postes de transformation, réseaux primaires et secondaires) pour nos feeders Caen-Cabourg,
- Caen-Bayeux et Caen-Sud.
- Dans l’augmentation afférente à cette année, figure pour Fr. 9.386,85 la part des intérêts des dépenses effectuées pour le feeder sud pendant le premier semestre 1914, où elles ont été improductives.
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-
-
- y —
- Compteurs............................................. Fr. 274.728,89
- Mobilier, Automobiles et outillage....................Fr. 7.151,0?;
- Ces deux comptes n’appellenl pas d’explications.
- Portefeuille. ........................................Fr. 20.000 »
- Ce compte représente la valeur de nos actions de la Société d’Electricité du Littoral Normand. La marche de cette Société continue d’être prospère; elle a distribué, pour les Exercices 1913 et 1914, un dividende de 12 %.
- Marchandises en magasin................................Fr. 95.391,92
- Toutes les marchandises sont évaluées à leur prix de revient ou à un prix inférieur.
- Installations en location..............................Fr. 35.464,43
- Ce compte représente la valeur des installations qui restent notre propriété et qui sont en location chez certains de nos abonnés. La valeur de ces installations est amortie lous les mois, du montant des mensualités touchées pour ces locations.
- Cautionnement....................................Fr.
- Ce compte comprend le cautionnement de 5.000 francs versé à la ville de Caen.
- 5.000 »
- Caisses, Banques et Bons de la Défense nationale . Fr. 682.860,41
- Comme vous le voyez, nos disponibilités sont en augmentation importante sur celles de l’année précédente, ce qui provient des opérations financières que nous avons réalisées.
- Nous avons employé une partie de ces disponibilités en achats de Bons de la Défense nationale et nous ne doutons pas que vous n’approuviez cette manière de faire.
- Effets à recevoir..........................................Fr. 5.903,05
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-
- Abonnés et débiteurs divers
- 467.908,16
- Ce compte comprend en grande partie les recettes de Décembre non encore encaissées en fin d’Exercice. Nous en avons éliminé les créances douteuses.
- Impôts de finances....................................Er. 6.611,40
- Ce poste comprend les impôts de finances qui sont à retenir sur le prochain coupon.
- PASSIF
- Capital
- Fr. 2.600.000 »
- Notre capital est entièrement libéré depuis le 31 Décembre 1913.
- Obligations de 500 francs 4 %............................Fr. 266.000 »
- Comme nous vous l’avons dit, nous avons pu racheter à l’amiable, pendant le cours de l’Exercice, au prix de 420 francs, 448 obligations 4 %.
- De plus, l’amortissement de nos anciennes obligations 6 % étant terminé, l’amortissement de ces obligations 4 % a commencé cette année, suivant tableau dressé à l’émission.
- Il a été amorti 22 obligations.
- Ce compte ne s’élève donc plus qu’à Fr. 265.000 au lieu de Fr. 500.000 l’année précédente.
- Nous avons profité de ce que nous commencions l’amortissement de cette nouvelle série d’obligations pour faire passer l’amortissement des obligations par le débit du compte de profits et pertes.
- Cette manière d’opérer nous a paru plus conforme à l’esprit du premier alinéa de l’article 38 de nos Statuts, d’après lesquels les produits de notre entreprise doivent servir tout d’abord à assurer le service des emprunts.
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- — Il —
- Obligations de 500 fr. 5 %
- Fr. 3.000.000 »
- Réserve légale.......................................Fr. 50.724-,09
- Réserve d’amortissement par remboursement d’obligations ............................................... Fr. 10.175 »
- Ce compte, qui paraît pour la première fois, provient, comme nous venons de vous le dire, de l’amortissement de 22 obligations 4 %, déduction faite de la part correspondant à l’amortissement de la prime de remboursement de ces
- 22 obligations.
- Réserve générale d’amortissement..................Fr. 370.000 »
- Fonds de renouvellement du matériel...............Fr. 100.000 »
- Ces deux comptes résultent des décisions que vous avez prises à vos Assemblées générales antérieures.
- Fournisseurs et créanciers divers...................Fr. 614.739,47
- Ce compte est en diminution de Fr. 1.529.952,95 sur l’année précédente.
- Coupons actions restant à payer.................Fr. 3.360 »
- Coupons obligations et obligations à, rembourser. . Fr. 83.610,44
- Ces comptes représentent le solde des coupons déjà échus d'actions et d’obligations, ainsi que les obligations à rembourser qui n’ont pas été présentées à l’encaissement.
- Le dernier comprend, en outre, le montant des coupons de nos obligations 5 % et 4 % qui venaient à échéance le Ie1' Janvier 1915.
- Profits et pertes reportés
- Fr. 8.401,44
- Bénéfice de l’Exercice .
- 274.427,09
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- COMPTE DE PROFITS ET PERTES
- Compte d’exploitation :
- Nous croyons intéressant de vous montrer tout d’abord le développement continu de nos recettes d’exploitation pendant les six derniers Exercices.
- EXERCICES RECETTES TOTAI.ES DE ^EXPLOITATION AUGMENTATIONS
- 1909 397.689,11 ))
- 1910 478.929,23 81.240,12
- 1911 547.089,46 68.160,23
- 1912 674.381,86 127.292,40
- 1913 796.050,78 121.668,92
- 1914 902.863,74 106.812,96
- Comme vous le voyez, nos recettes totales d’exploitation se sont élevées, pendant l'Exercice 1914, à Fr. 902.863,74, en augmentation de Fr. 106.812,96 sur celles de l’Exercice précédent.
- Ce résultat est particulièrement satisfaisant, étant donné que nous n’avons pu fonctionner normalement que pendant les sept premiers mois de l’Exercice.
- Les dépenses d’exploitation ont été de Fr. 439.731,22 en diminution de Fr. 44.336,96 sur celles de l’Exercice précédent. Cette diminution est due entièrement à l’amélioration apportée dans notre production par la mise en service de la nouvelle usine.
- Il en résulte un bénéfice brut du compte d’exploitation de Fr. 463.132,62 en augmentation de Fr. 141.149,92 sur le bénéfice de l’Exercice précédent.
- Compte de Profits et Pertes :
- Le compte de Profits et Pertes se présente de la manière suivante :
- Crédit :
- Bénéfice d’exploitation.....................Fr. 463.132,52
- Revenu du Portefeuille......................Fr. 2.304 »
- dont il y a lieu de déduire :
- Total
- Fr. 465.436,52
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- — 13 —
- Débit :
- Intérêt des obligations . .............Fr. 93.317,8!)
- Intérêt des emprunts. . Fr. 61.358,36
- A déduire : Part afférente au
- 1er établissement . . . Fr. 9.386,85 Fr. 52.471,51
- Frais généraux d’Adminislration .... Fr. 34.520,07
- Fr. 180.009,43
- Produit de l’Exercice...............Fr. 285.427,09
- Nous en déduisons :
- 1. Pour la réserve d’amortissement par remboursement d’obligations, une somme égale au montant des 22 obligations 4 % remboursées, moins la
- prime d’amortissement.........................Fr. 10.175
- 2. Pour amortissement de la prime de rem-
- boursement correspondant aux 22 obligations remboursées .................................Fr. 825 Fr. 11.000 »
- Le bénéfice de l’Exercice ressort ainsi à............Fr. 274.427,09
- contre Fr. 221.819,20 pour l’Exercice précédent, présentant une augmentation de Fr. 52.607,89.
- Nous vous remettons d’ailleurs ci-dessous les résultats obtenus pendant les six dernières années :
- EXERCICES SOLDES CRÉDITEURS DU COMPTE DE PROFITS ET PERTES AUGMENTATIONS
- 1909 103.912,43 ))
- 1910 127.905,77 23.993,34
- 1911 163.057,69 35.151,92
- 1912 207.739,58 44.681,89
- 1913 221.819,20 14.079,62
- 1914 274.427,09 52.607,89
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- RÉPARTITION DU COMPTE DE PROFITS ET PERTES
- Le bénéfice de l’Exercice s’élève, comme nous venons de le détailler, à..............................................Fr. 274.427,09
- Conformément à l’article 38 de nos Statuts, nous vous proposons d’opérer tout d’abord les prélèvements suivants :
- Pour amortir les frais d’augmentation du capital moins 1 franc..................................Fr. 3.019,60
- Pour amortir les frais d’émission des obligations moins 1 franc..................................Fr. 1.992,20
- Pour amortir le compte Mobilier, automobiles et outillage, moins 1 franc.......................Fr. 7.130,05
- Nous vous proposons en outre de prélever sur nos bénéfices :
- Pour la Réserve générale d’Amortissement. Fr. 80.000 »
- Pour constituer une Réserve spéciale en vue de l’élévation des prix du charbon, réserve qui serait à votre disposition les Exercices suivants .... Fr. 50.000 »
- Total............................Fr. 142.161,85
- Reste.............Fr. 132.265,24
- sur lesquels nous devons tout d’abord prélever :
- 5 % pour la réserve légale...........................Fr. 6.613,24
- Reste.............Fr. 125.652 »
- A ajouter Profits et Pertes reportés.................. Fr. 8.401,44
- Total............................Fr. 134.053,44
- Nous vous proposons de répartir un dividende de 5 % en dimi-
- nution de 1, 1/2 % sur l’Exercice précédent, savoir.........Fr. 125.000 »
- Le solde, soit.........................................Fr. 9.053,44
- serait reporté à nouveau.
- Nous vous proposons de mettre le dividende en paiement contre remise du coupon N° 16, sous déduction des impôts de finances, à partir du 30 Juin courant.
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- D’après le roulement adopté, les pouvoirs de M. Durand se terminent avec cette Assemblée. Nous vous proposons sa réélection.
- Nous vous rendrons compte des contrats passés avec des Sociétés ayant avec la nôtre des Administrateurs ou des Membres communs. Nous vous demandons de les approuver et de renouveler, à vos Administrateurs, les autorisations prévues à l’article 40 de la loi du 24 Juillet 1867.
- Vous avez également à nommer des Commissaires des Comptes et à fixer leur rémunération.
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- COMPTE D’EXPLOITATION
- Débit Crédit
- Frais généraux . . . . 71.729,99 Recettes de vente de cou-
- Frais d’exploitation . . 304.496,06 rant et recettes diverses. 902.863,74
- Redevances à la Ville de
- Caen 53.505,17
- 439.731,22 X
- Balance pour bénéfice. , 463.132,52 \
- 902.803,74 902.863,74
- COMPTE DE PROFITS ET PERTES
- Débit Crédit
- Intérêt des obligations. . 93.317,85 Bénéfice de l’exploitation. 463.132,52
- Charges des emprunts. . 61.558,36 A déduire : Part afférente au 1er établis- Revenu du Portefeuille. . 2.304 »
- sement. . . 9.386,85 Frais généraux d’administration Amortissement de 22 52.171,51 34.520,07
- obligations 4 %. . . . 11.000 » \
- 191.009,43 \
- Balance pour bénéfice. . 274.427,09 465.436,52 \ \ \_. . 465.436,52
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- RAPPORT DES COMMISSAIRES DES COMPTES
- pour l’Exercice 1914
- Messieurs,
- En vertu du mandat que vous avez bien voulu nous confier par votre Assemblée Générale Ordinaire du 12 Mai 1914, nous avons vérifié les comptes de l'Exercice qui a pris fin le 31 Décembre 1914.
- Il résulte des livres et pièces comptables que nous avons eus en mains, aussi bien que des indications qui nous ont été fournies, que les écritures sont en concordance avec le bilan et le compte de profits et pertes qui vous sont présentés.
- Votre Conseil d’Administration vous donne, comme d’habitude, sur ce bilan, des explications détaillées. Aussi, nous bornerons-nous, sans analyser les différents chapitres de l’Actif et du Passif, à appeler votre attention sur les points suivants :
- ACTIF
- Le compte Prime de Remboursement des Obligations est en augmentation de Fr : 234.716,20. Cette différence provient de l’émission, en cours d’exercice,. de 6.000 obligations 5 %, du rachat de 448 obligations 4 % et du remboursement, suivant tableau d'amortissement, de 22 obligations 4 %.
- Le compte Stations Centrales Promenade du Fort et Avenue Victor-Hugo, est en augmentation de Fr : 538.979,70, par suite de constructions et fournitures de matériel concernant la nouvelle usine.
- Le compte Canalisations et réseaux urbains est en augmentation de Fr : 57.243,58, par suite des travaux courants du réseau de Caen.
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-
-
- 18 —
- Le compte Canalisations et réseaux suburbains est en augmentation de Fr.: 88.873,03, par suite de la construction de lignes de transport de force dans la région.
- PASSIF
- Le Compte Obligations de 500 fr. 4 % est en diminution de Fr : 235.000 par suite du rachat et amortissement de 470 titres déjà mentionnés.
- Le nouveau compte Obligations de 500 fr. 5 % s’élevant à Fr : 3.000.000 provient de l'émission de 6.000 obligations 5 % déjà mentionnées.
- Le nouveau compte Réserve d'amortissement par remboursement d'obligations, s’élevant à Fr : 10.175, provient du remboursement d’obligations 4 % commencé dans le courant de l’exercice, et portant sur 22 obligations, comme déjà indiqué.
- Les bénéfices nets de votre Société s’élèvent, pour l’Exer-
- cice, à . . . ............................................Fr. 274.427,09
- auxquels vient s’ajouter le solde reporté de l’Exercice 1913 . . Fr. 8.401,44
- Ensemble...................Fr. 282.828,53
- sur la répartition desquels vous aurez à vous prononcer.
- Il nous reste, Messieurs, à vous proposer l’adoption du Bilan et du Compte de Profits et Pertes, tels qu’ils vous sont présentés par votre Conseil d’administration.
- Paris, le iev juin 1915.
- Signé : André ALEXANDRE, de MAÜD’HUY.
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-
-
- RÉSOLUTIONS
- votées par l’Assemblée
- PREMIÈRE RÉSOLUTION
- L’Assemblée, après avoir entendu lecture du rapport du Conseil d’Administration et du rapport des Commissaires chargés de la vérification des comptes de l’Exercice 1914, approuve en toutes ses parties le rapport du Conseil d’Adminis-tration. Elle approuve également le bilan et le compte de Profits et Pertes tels qu’ils sont présentés par le Conseil d’Administration.
- DEUXIÈME RÉSOLUTION
- L’Assemblée générale approuve la répartition des bénéfices proposés par le Conseil d’Administration; elle décide d’employer le solde du compte de Profits et Pertes dans lequel les bénéfices de l'Exercice figurent
- pour......................................................... Er. 274.427,09
- et le report de l’Exercice précédent pour.....................Er. 8.401,44
- Ensemble.................... Er. 282.828,53
- de la manière suivante :
- Amortissement du compte « P’rais d’augmentation
- du capital »............................................... Er. 3.019,60
- Amortissement du compte « Erais d’émission des
- obligations»................................................Er. 1.992,20
- Amortissement du compte « Mobilier, Automobiles
- et Outillage »............................................. Er. 7.150,[05
- Réserve générale d’amortissement.......................Er. 80.000 »
- Réserve spéciale pour l’élévation du prix des charbons. . Er. 50.000 »
- Réserve légale........................................ Er. 0.613,24
- Dividende 5 %.........................................E’r. 125.000 »
- Report à nouveau..................................... Er. 9.053, 44
- Total.......................Er. 282.828,53
- Elle décide que le dividende sera mis en paiement à partir du 30 Juin 1915, sous déduction des impôts, à raison de :
- Pour les actions nominatives..................Er. 4,80
- Pour les actions au porteur...................Er. 4,66
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- TROISIÈME RÉSOLUTION
- L’Assemblée renomme M. Durand, administrateur, pour une période de six années.
- QUATRIÈME RÉSOLUTION
- L’Assemblée donne acte au Conseil du compte rendu qui lui a été fait des opérations faites pendant l’Exercice 1914 entre la Société d’Electricité de Caen et les Sociétés ayant avec elle des Administrateurs communs, et donne aux Administrateurs, pour l’Exercice 1915, les autorisations prévues à l’article 40 de la loi du 24 juillet 1807.
- CINQUIÈME RÉSOLUTION
- L’Assemblée nomme Commissaires des Comptes, pour l’Exercice 1915, MM. Alexandre et de Maud’huy, avec faculté d’agir séparément, et au besoin, l’un d’eux seul à défaut de l’autre empêché, et fixe à 300 francs le montant des honoraires dus à chacun d’eux pour leur rapport.
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- BILAN AU 31
- ACTIF
- APRÈS RÉPARTITION
- Apports. . ' 80.000 »
- À déduire : Amortissements 79.999 » 1
- Frais d’augmenlation du capital 1
- Frais d’émission des obligations 1
- Prime de remboursement des obligations 272.246,21)
- Stations centrales : Promenade du Fort et Avenue Victor-Hugo. 3.902.105,88
- Canalisations et réseaux urbains 961.138,56
- Canalisations et réseaux suburbains 839.540,78
- Compteurs. 274.728,89
- Mobilier, automobiles et outillage 51.372,22
- À déduire : Amortissements . 51.371,22 1
- Portefeuille 20.000 »
- Marchandises en magasin 95.391,92
- Installations en location . 35.464,43
- Cautionnement 5.000 »
- Caisses, Banques et Bons de la Défense Nationale •. 682.860,41
- Effets à recevoir 5.263,05
- Abonnés et débiteurs divers 167.980,16
- Impôls de finances 6:611,40
- 7.268.335,68
- PASSIF
- DÉCEMBRE 4914
- DES BÉNÉFICES
- Capital 2 500.000
- Obligations de 5ü0 francs 4 % . Obligations de 500 francs 5 % 265.000 3.000.000
- Réserve légale Réserve d’amortissement par remboursement d’obligations. . Réserve générale d’amortissement Fonds de renouvellement du matériel. . Réserve spéciale pour variation de cours des charbons 57.337,33 10.175 450.000 100.000 50.000
- Fournisseurs et créanciers divers , 014.739,38
- Coupons actions restant à payer *...... Coupons obligations et obligations à rembourser Dividende exercice 1914 (coupon actions n° 16) . 3.360 83.670,53 125.000
- Profits et perles reporlés 9.053,44
- 7.268.335,68
- Profits et perles reporlés
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- PARIS. — IMPRIMERIE LEVÉ, 17, RUE CASSETTE.
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