La Lumière électrique
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
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- LA
- LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- JOURNAL UNIVERSEL D’ÉLECTRICITÉ
- Revue Scientifique Illustrée
- Publiée sous la Direction scientifique de M. Th. DU MONCEL
- APPLICATIONS DE l’ÉLECTRICITÉ LUMIÈRE ÉLECTRIQUE —• TELEGRAPHIE ET TELEPHONIE 1 SCIENCE ÉLECTRIQUE, ETC.
- TOME NEUVIÈME
- PARIS
- AUX BUREAUX DU JOURNAL
- Si, — Rue Vivienne, — 5i
- l883
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- Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 51, rue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL
- Administrateur-Gérant : A. GLËNARD
- 6° ANNÉE CKME IX)
- SAMEDI S MAI 1883
- N° 18
- , SOMMAIRE
- Conditions dç charge et de décharge dans les circuits voltaïques: Th. du Moncel. — Etudes sur les éléments de la théorie électrique (6° article); E. Mèrcadier. — Le réélec-tromètrede Marianini et son emploi dans l’étude de l’électricité atmosphérique; Aug. Guerout. — Les freins électriques (5° article); L. Regray. — Applications de l’électricité à la manœuvre des signaux sur les chemins de fer (7° article); M. Cossmann. — Revue des travaux récents en électricité : Telphérage ou chemin de fer électrique aérien du professeur Fleeming Jenkin. — Chemin de fer électrique de Portrush. — La chimie des accumulateurs, par MM. Gladstone et Tribe. — Résumé des brevets d’invention; Dr Camille Grollet. — Faits divers. -
- CONDITIONS DE CHARGE ET DE DÉCHARGE 15
- DANS LES
- CIRCUITS VOLTAÏQUES
- Les confusions que beaucoup de personnes commettent dans l’interprétation des lois se rapportant à la propagation électrique, nous engagent à revenir un peu sur cette question et à rappeler certaines expériences de Wheatstonè faites il y a près de 3o ans et qu’on semble généralement ignorer, bien qu’elles soient décisives et puissent éclairer jnieux que toutes les déductions mathématiques possibles sur ce qui se passe dans un circuit voltaïque au moment où l’on ferme le courant et suivant les différents points où les fermetures de ce courant sont effectuées.
- Une erreur que l’on rencontre souvent chez les personnes peu familiarisées avec les effets électriques est la croyance dans laquelle elles sont que, pour obtenir une décharge ou un courant, il suffit de réunir deux conducteurs chargés de deux électricités contraires, quelle que soit la source d’où elles proviennent, et elles admettent d’un autre côté qu’il suffit, pour charger avec une pile un conduc-
- teur, de le mettre en contact avec l’un de ses pôles. Nous avons vu plus d’une fois ces indications dans des traités de physique. Or ceci est tout à fait inexact, car pour qu’il y ait charge ou décharge, il faut que la manifestation électrique qui est résultée de la destruction de l’équilibre électrique du corps où s’est développée la force électro-motrice, puisse être annulée par la manifestation électrique opposée résultant de cette même destruction d’équilibre. Il faut donc que ces deux manifestations soient solidaires l’une de l’autre et proviennent d’une même action physique; de plus il faut qu’elles puissent se développer dans des conditions analogues, et dans la même proportion. Il ne suffira donc pas de réunir par leurs pôles opposés deux éléments de pile pour obtenir dans le conducteur qui les réunira une décharge ou un courant, il faudra que ces deux pôles opposés soient déterminés par une même force électro-motrice, ou que les deux autres pôles soient réunis d’une manière quelconque; mais alors le courant résultera de deux actions additionnées.
- Avec les piles voltaïques, les charges et décharges exigent donc pour être produites des conditions déterminées qui avaient besoin d’être bien définies, et c’est ce travail qu’a entrepris Wheat-stone en 1854.
- Il en est résulté une série de déductions pratiques qui peuvent être formulées de la manière suivante :
- i° Si l’on met en communication un fil isolé avec l’un ou l’autre des pôles d’une pile, ce fil pourra se charger de l’électricité dégagée à ce pôle, mais à la condition sine qua non que l’autre pôle pourra écouler une charge d’électricité de signe contraire équivalente soit en terre, soit sur un conducteur de surface et de longueur suffisamment grandes mis en rapport avec ce second pôle. Il y a donc une solidarité complète dans le mouvement des deux fluides dégagés dans la pile ;
- 20 Quand le conducteur isolé est relié à l’un des pôles d’une pile dans les conditions voulues pour qu’il puisse être chargé par l’électricité dégagée à ce pôle, il se produit dans le premier moment un
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- courant de charge qui manifeste d’abord ses effets près de la pile et qui disparaît aussitôt que le flux électrique, après être parvenu jusqu’à l’extrémité du fil, a acquis le même degré de tension en tous les. points du conducteur, ce qui constitue sa charge statique ;
- 3° Quand un conducteur ainsi chargé est séparé de la pile et se trouve mis en communication avec la terre par l’une ou par l’autre de. ses extrémités,
- ' un courant de décharge également éphémère se produit, et sa direction, quoique étant la même à travers le fil de communication avec le sol, peut être à travers le long conducteur, dans le même sens que le courant de charge ou en sens contraire, suivant que c’est l’extrémité reliée à la pile ou l’extrémité opposée qui fournit la voie à l’écoulement électrique. Dans le premier cas, le premier effet du courant se manifeste à l’extrémité du circuit ; dans le second cas, il s’effectue près de la pile;
- 4° Dans un circuit métallique complet et homogène, une moitié du conducteur est chargée d’élec-cité positive, l’autre d’électricité négative, avec des tensions régulièrement décroissantes depuis les pôles de la pile jusqu’au milieu du circuit ;
- 5° Lorsqu’on ferme un circuit métallique homogène près de l’un des pôles de la pile, le mouvement électrique s’effectuè d’abord d’une manière double et simultanée à partir des deux pôles de cette pile, et n’arrive que plus tard au milieu du circuit. Ainsi quatre galvanomètres étant interposés dans un circuit, deux dans le voisinage des pôles de la pile et les deux autres dans le voisinage du milieu du circuit, une fermeture de courant opérée près du pôle positif, par exemple, aura pour effet de faire dévier immédiatement les deux premiers galvanomètres près de la pile, et les deux autres ne dévieront qu’aprèsi Ce phénomène est la conséquence de ce que les deux pôles de la pile n’étant' pas dans l’origine en rapport avec deux conducteurs de même longueur, le circuit rie peut se charger qu’au moment même où il se trouve complété par sa double liaison avec la pile. Dès lors la charge communiquée par chacun des deux pôles s’effectue en même, temps sur chaque moitié du circuit, et commence naturellement à partir des pôles eux-mêmes ;
- 6° Quand la fermeture du courant, au lieu de se faire près de la pile, est effectuée au milieu du circuit, le contraire a lieu précisément parce que les deux moitiés disjointes du circuit ayant pu se charger préventivement, fournissent vers le milieu du circuit et dans les premiers moments de sa fer-meture> les premières recompositions électriques produisant la décharge ou le courant ;
- 7° Lorsqu’un fil isolé par l’un de ses bouts est mis en contact avec l’un des pôles d’une pile dont l’autre pôle communique à la terre, il se charge, ainsi qu’on l’a vu précédemment, jusqu’à ce que la
- tension électrique soit devenue uniforme en tous ses points. Dans ce cas, la charge devrait être à l’état statique et ne plus manifester la présence d’aucun courant. Sur de longs fils, il n’en est pourtant pas ainsi, car la dispersion régulière et continuelle de cette charge par les dérivations qui s’y produisent provoque un petit courant permanent de décharge dont l’intensité, mesurée près de la pile, est sensiblement proportionnelle à la longueur du fil, mais qui est en raison inverse de la distance de l’appareil rhéométrique à la pile quand on le mesure en différents points de la longueur de ce fil;
- 8° Si, dans une circuit réuni à la terre par son extrémité qu’on aura rapprochée de la pile, on fait les fermetures du courant sur le fil court qui réunit directement celle-ci à la terre à la station de départ, ce qui suppose, par conséquent, les deux plaques de terre placées dans le voisinage l’une de l’autre, la propagation du courant s’effectue dans des conditions tout à fait différentes de ce qu’elle aurait été si le circuit eût été entièrement métallique, ou si les deux plaques de terre avaient été réunies par un fil. . '
- Les deux flux électriques, au lieu de se propager successivement l’un vers l’autre dans chaque moitié du circuit, à partir des pôles de la pile, se 'confinent dans la partie métallique du circuit en rapport avec chaque pôle et s’écoulent en terre par l’extrémité des conducteurs ; d’où l’on peut conclure que la terre ne joue pas alors le même rôle qu’un conducteur métallique. Cela tient à ce que, dans ce cas, la propagation électrique ne se fait plus linéairement à partir des plaques de communication avec le sol, et qu’elle donne lieu à un effet de diffusion à travers toute la masse de celui-ci, lequel effet se comporte comme si le sol était un absorbant.
- Voici maintenant les expériences de Whcatstone faites en 1854.
- Pour pouvoir bien étudier la question, M. Wheat-stone a dû employer de longs fils, et les câbles sous-marins que l’on construisait à cette époque en Angleterre lui en donnèrent le moyen. Celui qu’il affecta à ses expériences était le câble qui devait unir la Spezia à l’île de Corse. Il était long de 177 kilomètres et contenait six fils de cuivre de imm,5 de diamètre, isolés individuellement et recouverts chacun d’une couche de gutta-percha de 2 millimètres d’épaisseur. L’ensemble du câble était entouré de 12 fils de fer épais, roulés en spirale, de manière à former une enveloppe métallique de 8 millimètres d’épaisseur. La section transversale du câble montrait les 6 fils disposés selon un cercle de 25 millimètres de diamètre, et placés à 5 millimètres de la surface intérieure de l’enveloppe en fer. Le câble était enroulé dans un puits desséché avec ses deux extrémités accessibles. L’une d’elles avait été amenée jusque dans l’atelier. Les premiers bouts des fils dans l’atelier étaient numérotés 1, 2, 3, 4, 5, 6; les
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- bouts à l’orifice du puits étaient marqués 1', 2', 3', 4% 5', 6'. On pouvait par des fils supplémentaires établir les communications suivantes 1'—2, 2'—3, 3'—4, 4'—5, 5'—6, de manière à ne faire de tous les fils qu’un fil unique long de 1 062 kilomètres (266 lieues) à travers lequel le courant électrique pouvait circuler dans la même direction. Le génératèur électrique qui fournissait le courant était une pile isolée formée de 12 auges renfermant chacune 12 éléments de Wheatstone et qui a fonctionné pendant plusieurs semaines. Or, voici maintenant les résultats obtenus des expériences faites avec ce dispositif.
- Première série d’expériences. — Première expérience. — Dans ce cas, une des extrémités du circuit entier formé de la réunion des 6 fils et long de 1 062 kilomètres, a été mise en communication avec l’un de pôles de la pile dont l’autre pôle communiquait à la terre, tandis que la seconde extrémité du long circuit restait isolée. Le fil se chargeait d’électricité négative quand son extrémité touchait le pôle zinc, d’électricité positive quand cette extrémité touchait le pôle cuivre. Un galvanomètre placé près de la pile indiquait la présence d’un courant aussi longtemps que la charge allait en augmentant; dès qu’elle avait atteint son maximum, ce courant cessait. On ne tenait pas compte d’un autre courant très faible provenant de ce que l’isolement du fil n’était pas parfait, et qui durait aussi longtemps que le fil était en contact avec la pile. Lorsque le fil étant chargé, on le déchargeait en mettant l’extrémité isolée en communication avec la terre par un fil conducteur, le courant produit avait constamment la même direction, soit que la décharge eût lieu par l’extrémité voisine de la pile, soit qu’elle eût lieu par l’extrémité opposée; c’est-à-dire que dans les deux cas le courant allait du fil à la terre dans la même 'direction.
- Deuxième expérience. — On mettait une des extrémités du fil en contact avec un des pôles de la pile,^ sans faire communiquer le second pôle avec la terre, le fil alors ne se chargeait pas d’électricité; on n’observait sur l’aiguille du galvanomètre interposé entre la pile et le fil qu’un tremblement léger et à peine perceptible.
- Troisième expérience. — On prenait sur le fil entier deux longueurs de 177 kilomètres chacune ; on laissait isolée une des extrémités de chacun de ces circuits partiels, on reliait leurs deux autres extrémités aux deux pôles de la pile et on interposait un galvanomètre; chacun des pôles de la pile était ainsi armé d’un" conducteur de 177 kilomètres isolé à l’extrémité qui ne communiquait pas avec la pile. Aussi longtemps qu’un seul des pôles de la pile était armé de son long conducteur, ce conducteur ne se chargeait pas d’électricité, mais aus-
- sitôt que les deux pôles étaient armés de leurs conducteurs, ceux-ci se chargeaient instântanément d’électricité, et la forte déviation des aiguilles accusait la présence d’un courant intense. Si l’on faisait communiquer l’extrémité libre de l’un des fils avec la terre, ce fil était déchargé seul, l’autre fil restait pleinement chargé.
- Seconde série d’expériences. — Quatrième expérience. — Un des pôles de la pile communiquait avec la terre, l’autre avec l’un des bouts du fil de 1 062 kilomètres, dont l’autre bout communiquait aussi avec la terre ; on interposait trois galvanomètres dans le circuit : le premier près de la pile ; le second au milieu du fil, c’est-à-dire à 531, kilomètres de chaque extrémité ; le troisième, enfin, à l’extrémité opposée du fil, près de sa communication avec la terre. Si on fermait le circuit en établissant le contact de la pile avec le fil, après que l’autre extrémité du fil avait été reliée à la terre, les aiguilles des trois galvanomètres étaient déviées, mais déviées successivement, dans l’ordre de la distance à la pile, comme dans les expériences de M. Faraday. Si, au contraire, on fermait le circuit en mettant le second bout du long conducteur en communication avec la terre, après que le premier bout avait été amené en contact avec le pôle de la pile, la rupture d’équilibre commençait à ce second bout, et les aiguilles des galvanomètres étaient successivement déviées dans l’ordre opposé, c’est-à-dire que l’aiguille du galvanomètre le plus distant de la pile était mise la première en mouvement. Dans ce dernier cas, avant que le circuit ne fût fermé, les aiguilles du galvanomètre déviaient d’une quantité limitée sous l’action d’un courant faible, né de la dispersion uniforme le long du fil, de l’électricité statique.
- Cinquième expérience. — Les deux extrémités du conducteur de 1 062 kilomètres étaient mises en communication avec les pôles opposés de la pile. Au moment où,- pour fermer le circuit, on amenait l’un des bouts du fil ,en contact avec le pôle correspondant de la pile, l’autre bout communiquant déjà avec le second pôle, les aiguilles des deux galvanomètres placés aux deux extrémités du circuit, à égale distance des pôles, étaient immédiatement et simultanément déviées ; ce n’était que plus tard que l’aiguille du galvanomètre, placé au milieu du circuit, était déviée à son tour. Lorsque, au contraire, on fermait le circuit, non plus à l’une des extrémités voisines de la pile, mais au milieu, en réunissant les deux moitiés momentanément séparées, l’aiguille du galvanomètre du milieu, le plus distant des pôles, était déviée la première ; celles des galvanomètres voisins des pôles n’étaient déviées que plus tard.
- Troisième série. —- Sixième expérience. — Un
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- des pôles de la pile communiquait avec la terre, et le pôle opposé avec l’une des extrémités du fil de i 062 kilomètres, l’autre extrémité de ce fil restant isolée : un galvanomètre sensible fut introduit dans le circuit près de la/pile. Quoique le circuit ne fût pas fermé, l’aiguille subissait une déviation constante de 33° 1/2. « Le faible courant mis ainsi en évidence, dit M. Wheatstone, devait être moins attribué au défaut d’isolement qu’à la dispersion uniforme et continuelle de l’électricité statique, dont le fil était chargé sur toute sa longueur, ainsi que le serait un autre corps conducteur quelconque placé dans ùn milieu isolant. L’intensité du courant ainsi produit a paru approximativement, sinon exactement, proportionnelle à la longueur du fil ajouté au pôle de la pile. On avait, en effet, pour o de fil ajouté, o° de déviation; pour 177 kilomètres 6° 1/2 de déviation ; pour 354 kilom. 120; pour 53i kilom. 180; pour 708 kilom. 23° 1/2; pour 885 kilom. 28°; pour i 062 kilom. 31°. »
- Septième expérience. — Un des bouts du fil de 1 062 kilomètres restait constamment en contact avec Un des pôles de la pile ; mais le galvanomètre était successivement placé à diverses distances de ce même pôle ; l’autre bout du fil était encore isolé. L’intensité du courant semblait être alors en raison inverse de la distance du galvanomètre à la pile, et devenait nulle à son extrémité. On avait, en effet, très près de la pile, une déviation de 33° 1/2 ; à 177 kilom., 3i° ; à 35q kilom., 25°, à 53i kilom., i5° ; à 703 kilom., 120 ; à 885 kilom., 5° ; à 1 062 kilom., o°. Aussi longtemps que les déviations de . l’aiguille du galvanomètre employé ne surpassaient pas 36°, on pouvait donc les regarder comme sensiblement proportionnelles à l’intensité du courant. M. Wheatstone s’en est assuré de la manière suivante : il a pris six éléments de la petite pile constante, et dans le circuit formé des 1 062 kilomètres de fil, de la terre et du galvanomètre, il a introduit successivement 1, 2, 3, 4, 5 et 6 éléments. En ne tenant pas compte de la résistance au sein des éléments et de la résistance au sein de la terre, très petites toutes 4eux, en comparaison de la résistance opposée par le long fil, la force du courant devait être sensiblement proportionnelle au nombre des éléments; or, les déviations des aiguilles accusaient approximativement cette même proportionnalité, comme le prouvent les chiffres suivants : 1 élément, déviation, 6° ; 2 éléments, 140 ; 3.éléments, 190 ; 4 éléments, 28° ; 5 éléments, 32° ; 6 éléments, 36° ; il faut donc nécessairement admettre que l’intensité du courant, tant que la déviation ne dépasse pas 36°, correspond sensiblement à la déviation angulaire.
- Des expériences 6 et 7 il semble résulter que, quelle que soit la longueur du fil que l’on met en
- communication avec la pile, si, après avoir uni l’un des bouts du "fil d’un galvanomètre à la seconde extrémité de ce fil, on ajoute à l’autre bout du fil du galvanomètre un fil de longueur constante, les déviations de l’aiguille du galvanomètre resteront sensiblement les mêmes. Ainsi, l’aiguille du galvanomètre marquait 6° 1/2, lorsque après l’avoir placé très près de la pile on unissait son second bout avec un fil de 177 kilomètres de longueur ; 5° lorsque après avoir interposé entre la pile et le galvanomètre une longueur de 885 kilomètres, on ajoutait à son second bout la même longueur primitive de 177 kilomètres. Ainsi encofe, pour 354 kilomètres de fil placés au delà du galvanomètre installé près de la pile, la déviation était de 120, la même absolument que si, après avoir, .interposé entre le galvanomètre et la pile 708 kilomètres de fil, on ajoutait après le galvanomètre 354 kilomètres de fil. Ainsi enfin, pour 531 kilomètres de fil, placés au delà du galvanomètre, près de la batterie, la déviation était de 180, et i5°, lorsqu’en avant et en arrière du galvanomètre on interposait 531 kilomètres de fil. Si la pile avait été parfaitement constante, les écarts que l’on remarque entre les nombres des expériences, entre i5°, par exemple, et 180, eussent été beaucoup plus petits.
- Th. du Moncel.
- ÉTUDES SUR LES ÉLÉMENTS
- DE LA THÉORIE ÉLECTRIQUE
- 6e article. {Voir les noa du 8 avril et du 16 décembre 1882 1 et des 12, 14, 21 et 28 avril i883.)
- . Expériences de M. ' Rüntgen. — En augmentant la grandeur du champ optique et employant la lumière Drummond, M. Rôntgen a confirmé les résultats de M. Kerr, rendus plus éclatants,, et avec des particularités nouvelles dans lé détail desquelles il est inutile d’entrer. , 1
- Notons cependant qu’en modifiant la longueur des étincelles et en intercalant dans le circuit une ou deux bouteilles de Leyde, il a pu observer les effets produits par le nitrobenzol dans des liquides encore meilleurs conducteurs, la glycérine, l’éther et l’eau distillée.
- Notons encore que M. Rontgen a montré que les effets obtenus dans les 2 positions des sections principales des Niçois : i° parallèles ou perpendiculaires aux lignes de force (fig. 6) ; 2° à 45° de ces lignes (fig. 5) sont en quelque sorte complémentaires. En réalité il se forme des houppes lumineuses et obscures formant des courbes. SiM. Kerr n’a pas vu les houppes lumineuses a, b c’est que
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- le champ optique dans ses expériences était restreint à là partie centrale c où se trouve une houppe obscure.
- Dans le cas des sections principales à 45° des lignes de force (fig. 5) le centre du champ est au contraire bien éclairé.
- Jusqu’ici, ces belles expériences ne sont que ( qualitatives, mais elles sont tellement importantes,
- FIG. 5 FIG. 6 v'
- /M. _
- leur vue seule révèle une telle liaison entre les phénomènes d’induction électrostatique et ceux que produisent les effets mécaniques sur les corps transparents, qu’il était nécessaire de chercher immédiatement à faire des mesures aussi précises qüe possible sur un pareil phénomène. C’est ce qu’a essayé M. Kerr.
- Loi des effets électro-optiques. — Il a déduit d’expériences sur le sulfure de carbone une loi du phénomène en disposant les appareils comme l’indiquent les fig. 7 et 8. Il a mesuré à l’aide d’un compensateur Jamin C la différence de marche des rayons ordinaire et extraordinaire provenant de la double réfraction temporaire du sulfure de carbone, quantité qu’il regarde comme proportionnelle à l’intensité de l’action électro-optique (par unité d’épaisseur).
- D’autre part il a pu mesurer à„ l’électromètre la
- FIG. 7
- différence de potentiel graduelle des deux électrodes t et V.
- Ces électrodes (fig. 8) étaient alors formées de 2 plaques de laiton p, />' occupant toute la longueur de la cuve ce' c" c"' pratiquée dans le bloc de verre A, la plaque P étant fixée à une lame de verre l.
- Dans ces conditions si Y est la différence de
- potentiel des lames, E leur distance, R la force
- y
- électrique, R est proportionnel à ^ pour les parties éloignées des bords.
- Or, M. Kerr a trouvé que Xeffet optique par unité d'épaisseur du diélectrique S est proportionnel au carré de la différence de potentiel.
- 0 doit être sans doute proportionnel à la force
- , . , V2
- agissante et par suite a -p.
- On peut en calculer la valeur d’après la forme des électrodes.
- Voici un tableau de mesures : '
- l V calculé. 3 mesure.
- I 60 63,1 63
- 2 90 35,5 36
- 2 120 63,1 64
- 3. .... . 90 i5,8 16
- 3 120 28,0 27
- 4 120 i5,8 i5
- 4...... i5o 24,6 24
- Ces mesures sont certainement remarquables. Mais pour que la loi véritable pût être considérée comme connue, il faudrait les multiplier et les faire porter dans les conditions les plus diverses sur des corps différents.
- Dans un mémoire publié en 1882, M. Kerr a donné les résultats d’études semblables sur plus de 100 liquides et sur des solides fondus par la chaleur, comme le soufre et le phosphore.
- Le soufre etle phosphore fondus etle brome prennent par l'électrisation une biréfringence positive.
- FIG. 8
- Les hydrocarbures, les acides gras liquides à la température ordinaire sont positifs.
- Les huiles grasses, les alcools autres que le mé-thylique, négatifs.
- Les oxydes, les oxydes hydratés, les sulfures des radicaux alcooliques, sont négatifs.
- Les sulfhydrates, iodures, bromures,chlorures..., sont positifs.
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- En prenant des séries chimiques) homologues,. généralement l'effet électro-optique croît des premiers termes aux plus éloignés de la série. Ainsi, pour les alcools (—) et les acides gras liquides à la température ordinaire (-(-). Quelquefois, un très remarquable changement de signe se produit à deux points correspondants de deux séries. Ainsi :
- Alcool méthylique . + I Acide formique. . . —
- — éthylique. . — | — acétique ... 4-
- En définitive, un diélectrique transparent soumis à l’action d’un champ électrique permanent et sensiblement uniforme dans une région prend, dans cette région, la constitution moléculaire d’un cristal bi-réfringent.
- En second lieu, cette constitution paraît absolument analogue, sinon identique, à celle que certaines déformations mécaniques produisent dans les mêmes corps lorsqu’ils sont solides.
- L’assimilation des effets d’induction électrostatique à ceux d’une déformation mécanique acquiert ainsi, ce nous semble, un degré de probabilité considérable.
- Mais on a pu aller encore plus loin dans cette voie, et produire récemment un autre phénomène optique, cas particulier remarquable de la double réfraction ordinaire.
- Production de la polarisation rotatoire temporaire.
- Si au lieu de produire un champ électrique tel que le précédent, on place un diélectrique au centre d’un champ instantanément produit par une décharge suivant un conducteur héliçoïdal, on produit une polarisation rotatoire instantanée, comme le quartz traversé par un rayon suivant l’axe. •
- Expériences de MM.. Bichat et Blondlot (août 1882, Journal de Physique) (fig. 9). — Soient A un diélectrique (flint lourd ou sulfure de carbone), N N' des prismes de Nicol; / une fente éclairée vivement.
- Entre les boules B, on produit la décharge d’une bouteille de Leyde qui peut parcourir une bobine H de fil long et fin.
- On éteint d’abord le rayon lumineux polarisé par N avec N'. Puis à chaque étincelle en B on voit réapparaître instantanément la lumière, qu’on éteint en tournant N' d’un certain angle. — Le plan de polarisation du rayon lumineux a donc tourné.
- I. — Pour analyser de près ce phénomène, on place en M un miroir tournant, où l’on voit avec une lunette L l’image de la fente.
- Si M tourne très rapidement, on voit une série de bandes de même forme que / alternativement lumineuses et obscures (fig. 10).
- Donc i° l’effet observé se compose cl’une série d’effets extrêmement rapides; v
- 20 Ces effets sont alternativement inverses.
- En effet, si on tourne N' d’un certain angle dans un sens, on éteint les bandes lumineuses de rang impair par exemple, tandis que les autres se ren-
- FIG. 9
- forcent. Si on tourne}N' en sens inverse, on éteint au contraire les bandes de rang pair et les autres se renforcent.
- Les effets correspondent donc bien à des rotations du plan de polarisation successivement de sens contraire.
- 3° Les phénomènes chromatiques qui caractéri-
- FIG. IO
- sent la polarisation rotatoire'se reproduisent bien.
- En tournant N' de façon à éteindre les bandes d’ordre impair, par exemple, elles prennent successivement les couleurs de longueur d’onde décroissante, pendant que les bandes paires prennent les teintes correspondantes de longueur d’onde croissante.
- IL — Cette oscillation régulière extrêmement rapide du plan de polarisation correspond à un effet électrique qui est lui-même oscillatoire.
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- On sait en effet que la décharge d’une bouteille de Leyde se compose d’une série très rapide de décharges s’effectuant en sens inverse alternativement.
- On le démontre en faisant tourner très rapidement entre 2 boules reliées aux armatures un disque de papier épais enfumé.
- Chaque étincelle produit un grande nombre de trous répartis ?sur la circonférence avec des bourrelets indiquant le sens alternatif de la décharge.
- ' On peut employer aussi pour le démontrer des procédés optiques.
- III. — Les oscillations des phénomènes optique et électrique sont de même période ou simultanées.
- A l’aide de la fente f éclairé par l’étincelle (fig. g) et la lentille l, et du miroir fixe M', on
- produit par réflexion sur M une image de f située exactement au-dessous de l’image de/(fig. n).
- Quand M' tourne on obtient 2 séries d’images des 2 fentes qui restent dans le prolongement l’une de l’autre.
- En augmentant la vitesse les bandes s’élargissent, mais leur correspondance persiste.
- MM. Bichat et Blondlot affirment que la simultanéité des deux effets est exacte de moins d’^—
- àO OOO
- de seconde. Il paraît impossible de ne pas voir dans ces phénomènes une relation directe de cause à effet.
- On ne voit pas ici, il est vrai (du moins on ne l’a pas encore vu), la déformation mécanique qui pourrait produire un effet optique semblable, comme on l’a vu dans les phénomènes étudiés par M. Kerr.
- Mais, en tous cas, la polarisation rotatoire optique étant un phénomène moléculaire, c’est-à-dire où chaque molécule à son activité propre, il ne peut paraître douteux qn’il n’en soit de même dans la polarisation rotatoire électrique.
- [A suivre). E. Mercadier.
- LE
- RÉÉLECTOMÈTRE DE MARIANINI
- ET SON EMPLOI DANS L’ÉTUDE DE L’ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE
- Dans sa conférence sur les paratonnerres résumée dans le numéro du 3 février i883 de La Lumière Electrique, M. Melsens signalait pour l’étude des courants atmosphériques l’emploi du réélectro-métre de Marianini. Cet appareil déjà fort ancien ne se trouve pas généralement décrit dans les traités de physique et sa mention dans la note de M. Melsens nous a valu quelques questions de la part de plusieurs de nos lecteurs. Nous ne croyons pouvoir mieux y répondre qu’en consacrant ici quelques lignes à l’appareil en question.
- Le réélectromètre a été imaginé en i833 par M. Marianini pour lui servir de galvanomètre dans des recherches sur les courants produits par les piles. Il avait eu l’idée, pour mesurer l’intensité des courants, de se servir de l’aimantation qu’ils produisent dans le fer et de mesurer cette dernière par les déviations déterminées dans une aiguille aimantée par la polarité acquise par ce métal.
- Son appareil primitif était formé d’un cylindre en fer doux de 2 millimètres de diamètre et de 7 centimètres de longueur, recouvert de soie, sur lequel s’enroulait en hélice un fil de cuivre argenté
- aussi recouvert de soie et de | de millimètre de diamètre. L’électro-aimant ainsi formé était placé au-dessus du centre d’une boussole ordinaire. L’axe du cylindre de fer était à angle droit avec l’aiguille aimantée et les centres de figure de cette dernière et de l’électro-aimant, placés dans la même verticale, étaient éloignés d’environ i5 millimètres.
- Quand le passage d’un courant dans l’hélice avait aimanté le fer du-cylindre, l’aiguille était déviée à gauche ou à droite suivant le sens du courant et la déviation était prise comme mesure de l’intensité du courant.
- Après s’être servi de cet appareil avec les courants continus, Marianini reconnut qu’il se prêtait parfaitement à l’étude des courants instantanés comme-ceux qui se produisent dans la décharge d’un condensateur. En déchargeant en effet une bouteille de Leyde à travers l’hélice, on aimantait le fer, et l’on obtenait une déviation de l’aiguille. Mais comme le fer conservait un certain magnétisme rémanent, on était obligé après chaque expérience de le ramener à l’état neutre par de faibles décharges contraires. Pour permettre de faire cette opération par la chaleur ou au besoin de remplacer le barreau de fer, Marianini au lieu d’enrouler le fil directement sur le barreau l’enroula sur un tube de verre dans lequel on pouvait placer à volonté dif-
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- férents barreaux. En outre, pour que l’on pût faire varier la sensibilité de l’instrument, il munit l’hélice d’un support mobile à l’aide duquel on pouvait la placer à des distances différentes de l’aiguille.
- L’appareil ainsi modifié est représenté dans la fig. i, d’après le type qui se trouvait à l’Exposition de 1881 dans la section italienne. La boussole était, comme on'le voit, portée par trois vis calantes et son cadran en carton pouvait, à l’aide d’un appendice extérieur passant au travers d’une rainure, être déplacé dans une certaine limite de manière qu’ont pût faire coïncider parfaitement son
- FIG. I
- zéro avec la position de l’aiguille. Sur le bord de la boîte s’élevait une tige verticale sur laquelle glissaient un ou plusieurs curseurs portant des gouttières L ; c’est sur ces gouttières que l’on pouvait placer une ou plusieurs hélices S contenant des barreaux de fer F.
- Un autre type destiné aux recherches les plus délicates avait son aiguille suspendue à un fil de cocon. L’aspect général était celui d’un galvanomètre de Nobili à pieds très élevés. La tige portant le curseur était alors inférieure à la boussole et l’hélice se trouvait au-dessous du cadran.
- Màrianini fit avec cet appareil un certain nombre de recherches intéressantes (*). Il constata d’abord
- (*) Voir les Annales de chimie et de physique, 3e série, vol. X, p. 491 ; vol. XIII, p. 245 et vol. XVI, p. 436 et 448.
- certaines analogies entre les courants électriques instantanés et les courants voltaïques, puis il mit en évidence, en 1837, l’induction produite par les courants instantanés, induction qu’il nomma leyd-électrique.
- En 1840, il reconnut ce fait curieux qu’un barreau de fer aimanté à plusieurs reprises dans ûn sens par des décharges instantanées, puis ramené à l’état neutre par des décharges* inverses, acquiert une aptitude plus grande à être aimanté dans ce mêmé sens et une aptitude moindre à subir l’ai mantation contraire. En 1843, il indiqua l’emploi du réélectromètre « comme moyen de découvrir la direction de la foudre. »
- « J’ai démontré, disait-il, qu’au moyen du réélectromètre, on peut détourner d’un excellent conducteur métallique une partie du courant d’électricité ordinaire qui le traverse. Je crois qu’on pourrait obtenir le même résultat en agissant sur l’électricité atmosphérique de la foudre. Pour cela, je proposerai de mettre en communication, au moyen de deux long fils métalliques, les deux extrémités de l’hélice d’un réélectromètre avec deux points, pas trop rapprochés, d'un paratonnerre ordinaire. Je placerai dans le tube en verre du réélectromètre un faisceau de fils de fer, et au-dessous, une boussole disposée de manière à ce que Taxe du tube fasse un angle droit avec l’aiguille aimantée et que le milieu de cet axe et le centre de l’aiguille soient dans la même verticale. Ainsi, toutes les fois que la foudre parcourra le paràtorinerre, une petite portion de l’électricité circulera autour des fils de fer et les aimantera et la déviation de l’aiguille placée au-dessous indiquerait la déviation de l’aimantation, c’est-à-dire fera connaître si la foudre a été ascendante ou descendante dans le paratonnerre.
- « Cette indication sera plus sûre que celle déduite de l’état électrique de l’atmosphère avant la chute de la foudre; car il arrive souvent dans les orages que l’état électrique de l’atmosphère passe rapidement du positif au négatif et vice ver s'a. D’ailleurs il n’est pas dit que de cet état électrique de l’atmosphère, tel que nous pouvons le constater, nous pouvons déduire avec certitude celui du nuage orageux. En outre, l’indication donnée par mon instrument aura l’avantage de pouvoir être observée sans précipitation, car l’aimantation produite par les courants instantanés ne disparaît pas, du moins en grande partie, avec la même rapidité que celle provenant des courants voltaïques.
- « Bien que l’on puisse rendre aussi petite que l’on veut la fraction d’électricité détournée du conducteur, et ceia en prenant très près l’un de l’autre sur le paratonnerre les deux points de départ des fils qui communiquent à l’hélice, cependant on pourrait craindre encore que cette petite fraction pût fondre le fil qu’elle traverse.
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- « Pour parer à cet inconvénient, on pourrait se servir de l’instrument d’une autre manière, c’est-à-dire on pourrait faire communiquer ensemble les deux extrémités de l’hélice du réélectromètre au moyen d’un fil, constituant ainsi un circuit fermé ; un mètre environ de ce fil serait dans une direction parallèle au paratonnerre, à une distance de quel-. ques mètres. Je suis convaincu, d’après mes propres expériences sur l’étincelle de la machine électrique, que le réélectromètre indiquerait le passage de la foudre dans le paratonnerre et, dans ce cas, le réélectromètre étant électrisé par influence, ses indications seraient évidemment en sens contraire de celles qu’aurait données l’instrument, si le fil avait été traversé par une portion d’électricité directe. Il est bien vrai, comme nous l’avons vu, que lorsque les courants instantanés agissent par induction, ils produisent l’aimantation tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre; mais j’ai déjà fait observer dans les mémoires précédents, que lorsque la tension est grande, le courant induit a toujours la même direction et que si le fer est tout à fait dénué d’aimantation, il s’aimantera toujours dans le même sens.
- « Il est possible que par cette méthode, et rien qu’en augmentant la longueur de la partie du fil qui est parallèle au paratonnerre, le réélectromètre puisse signaler à des distances notables la chute de la foudre ; car, si une petite bouteille de Leyde nous a donné des inductions à la distance de 80 centimètres, ne pouvons-nous pas en conclure que la foudre en donnera à la distance de plusieurs mètres ? J’oserais même espérer qu’on pourrait obtenir une aimantation par induction quand la foudre éclate seulement entre les nuages, car les inductions leyd-électriques ont lieu lors même que le conducteur inducteur n’est autre chose qu’une couche d’air. »
- C’est ce mode d’observation indiqué par Maria-nini que M. Melsens a repris. Il a d’abord donné au réélectromètre une forme plus simple et plus maniable (fig. 2) Son appareil est formé par une boîte ronde en ébonite d’environ 8 centimètres de diamètre sur 4 de hauteur. Au fond de cette boîte se trouve l’hélice B, dont le fil aboutit aux deux bornes L et T. Son tube intérieur s’ouvre sur les côtés mêmes de la boîte. Au dessus de la bobine est le cadran et l’aiguille aimantée. L’appareil est généralement porté par une équerre en laiton sur laquelle il peut tourner autour de l’axe de suspension de l’aiguille et qui permet de le fixer aisément contre un mur ou autre support vertical. Le fil de fer est en outre remplacé par un fil d’acier dénué de tout magnétisme. Et cette substitution présente cet avantage que le fil conserve toute son aimantation, tandis qu’avec le fer, primitivement employé, il n’y avait qu’une faible aimantation résiduelle.
- C’est sous cette forme que M. Melsens recommande l’emploi du reélectromètre pour reconnaître le sens du flux, électrique qui traverse les paratonnerres ; dans ce cas, une des bornes L est mise en relation avec le paratonnerre, l’autre avec le sol. Le sens des déviations obtenues permet de préciser, comme le dit M. Melsens les cas ou la terre foudroie le ciel et ceux où le ciel ou les nuages foudroient les objets terrestres.
- L’appareil s’applique également aux observations sur les lignes télégraphiques ou téléphoniques en le mettant en relation, dans des conditions convenables, avec les fils de terre des bureaux. On comprend que l’observation continue du reélectromètre permette de résoudre un certain nombre de questions se rattachant aux phénomènes électriques de
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- l’atmosphère et la direction des télégraphes de Belgique a dès 1875 prescrit son emploi dans le but d’indiquer particulièrement, en temps d’orage, si une décharge atmosphérique a traversé les fils qui arrivent au bureau et de faire connaître le sens des décharges.
- Des faits intéressants ont déjà été observés ; c’est ainsi que pendant un orage qui a duré une couple d’heures on a vu, en observant d’une manière continue le réelectromètre, l’aiguille passer à plusieurs reprises de l’Est à l’Ouest et vice versa, indiquant ainsi de fréquents changements de sens des décharges. Il est donc permis de croire que l'appareil pourra rendre des services dans l’étude de l’électricité atmosphérique aujourd’hui à l’ordre du jour. -
- Aug. Guerout.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- LES FREINS ÉLECTRIQUES
- 5e article (Voir les numéros du 6 janvier, du 3 février des 3 et 3i mars).
- ÉTUDE SPÉCIALE DE L’ÉLECTRO-AIMANT.
- Nos expériences à ce sujet ont démontré une fois de plus qu’il faut dépenser d’autant moins d’énergie pour obtenir un effort attractif déterminé que la masse de fer de l’électro-aimant est plus considérable.
- Mais, à mesure qu’on augmentait cette masse :
- i° La période d’aimantation devenait plus longue, ce qui nuisait à la rapidité du serrage ;
- 2° L’influence du magnétisme rémanent était plus grande et, pour la vaincre, il devenait nécessaire de déterminer une composante plus considérable en sens inverse du serrage, en inclinant la chaîne : on perdait ainsi tout le bénéfice qu’on aurait dû tirer de l’emploi d’une masse magnétique plus forte ;
- 3° L’électro-aimant possédait une inertie beau-, coup plus forte, et la chaîne se déroulait mal au moment du desserrage (*).
- En présence de toutes ces conditions plus ou moins contradictoires, et du peu de données que l’on possède encore sur ces questions (*), nous dûmes procéder par tâtonnements.
- Un très grand nombre d’expériences furent faites pendant l’année 1881, et nous conduisirent àadop-er un électro-aimant dont les dimensions sont les suivantes (fig. i) :
- fu;. i
- Longueur du tube AB (entre les frettes). 33omil
- Diamètre extérieur du tube AB.. ..... 160
- Epaisseur du tube AB..................... 16
- Diamètre extérieur des frettes Jf........ 3oo
- Largeur des frettes ff................... 67
- Ces frettes étaient munies d’un congé pour ramener le plus grand nombre possible de lignes de force dans une direction perpendiculaire à l’axe de l’électro-aimant.
- Épaisseur de l’hélice magnétisante...... 3omm
- Diamètre de l’axe d’enroulement des chaînes 60 Diamètre des manchons calés sur l’essieu : 180 (*)
- L’électro-aimant ayant été ainsi constitué, l’hélice magnétisante étant toujours formée d’un fil de cuivre de 2 m/m de diamètre et de 800 mètres de longueur, on développait un effort attractif supérieur à 1 200 k. lorsqu’on lançait dans le conducteur un courant de 6 ampères.
- 3
- Cet effort variait comme la puissance - de Vintensité du courant.
- (*) Cet électro-aimant pèse 85 kil. Nous eu avons étudié un autre, dont le poids n’est que de 60 kil., et qui peut développer les mêmes efforts, à la condition de le faire traverser par un courant d’une intcnsité.supérieure de i/3.
- La durée de la période d’aimantation était presque inappréciable, au bout de quelque temps de service, et n’aurait pu être déterminée qu’à l’aide d’observations chronographiques très délicates, ce qui ne présentait d’ailleurs aucun intérêt.
- Il suffisait de donner à la chaîne une obliquité de
- (*) Nous avons constaté un phénomène qui nous parait digne d’intérêt : lorsqu’un électro-aimant est nouvellement construit, et qu’on l’aimante pour la première fois, l’effort attractif n’atteint sa valeur normale qu’au bout d’une période assez longue.
- Si on interrompt le courant, et qu’on aimante à nouveau l’électro, en se servant de la même source d’électricité, cette période diminue; si on répète les aimantations et désaimantations successives, elle diminue graduellement jusqu’à ce qu’elle atteigne une valeur constante.
- Ce phénomène n’a pas dû échapper aux physiciens ; mais aucune expérience n’a été faite, à notre connaissance, du moins, pour en déterminer les lois.
- (2) D’après les expériences de Coulomb sur la distribution du magnétisme, dans le cas des barreaux courts, les deux pôles doivent se trouver à une distance des extrémités correspondantes égale au { de la longueur totale de l’électro-aimant. Nous avons donné cette largeur aux frettes, et l’expérience nous a montré que cette disposition est la plus avantageuse.
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- 3° dans le sens opposé à l’essieu (*), pour neutraliser les effets du magnétisme rémanent, et, dans ce
- l’essieu déterminait sur la chaîne un effort de 375 k. g. Celle-ci était en acier et avait 20 m. m. de diamètre.
- FIG. 4
- Dans "le principe, on avait cru devoir monter l’électro-aimant de manière que, le véhicule étant
- FIG.
- FIG. 3
- cas, l’intensité du courant étant de 6 ampères, la vitesse du train étant de 60 k. m., l’entraînement de
- (2) Soit $ l’effort dû à l’attraction magnétique.
- E l’effort exercé sur la chaîne. a l’angle d’inclinaison de cette chaîne.
- R le rayon des frettes de l’électro-aimant. r le rayon de l’axe d’enroulement de la chaîne (y compris sa 1/2 épaisseur).
- / le coefficient de frottement des frettes contre l’essieu.
- P le poids de l’électro-aimant, in l’inclinaison des bielles supportant l’électro, lorsqu’il est appliqué contre l’essieu.
- La force qui appliquera l’électro-aimant contre l’essieu, une fois le contact établi, sera :
- F cos a + <I> — P sin io cos <0
- Cette force déterminera la rotation de l’électro-aimant jusqu’à ce que l’on ait ;
- F = (4> — P sin u> cos to) ——I-——
- “COScS
- FIG. 5
- déchargé, son axe fût plus élevé que celui de l’essieu. De cette façon, la flexion des ressorts
- Si l’on a — cos a < o, cette "condition ne peut jamais
- être réalisée. La chaîne se tend donc de plus en plus jusqu’au calage des roues. C’est ce qui arrivait toujours avec l’inclinaison primitive des chaînes. r
- Si l’on a cos a + e, le desserrage tend à se produire
- dès que 4> diminue. Mais l’angle to étant très petit, le terme •h —P sin m cos to demeure positif, même après l’interruption du courant, à cause du magnétisme rémanent. La chaîne se détend jusqu’à ce que l’on ait : F' e = — P sin to costo (<£'
- étant l’attraction due au magnétisme rémanent) mais, e' étant toujours petit, la tension F' est suffisante pour maintenir les sabots appliqués contre les roues, et s’opposer à tout démarrage ultérieur, à moins que les trépidations de la marche ne viennent à détacher l’électro-aimant de l’essieu.
- Pour qu’il s’en écarte de lui-même, aussitôt le courant interrompu, il faut que la force Fcosa + 4* — Psiniocosw change brusquement de signe lorsque devient On y arrive en rendant cos a <0. L’expérience nous a démontré qu’il suffisait de faire a =93°.
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- de • suspension, due à la charge, n’avait d’autre effet que de réduire à son minimum la distance qui séparait l’électro-aimant de l’essieu ; mais il arriva plusieurs fois que le véhicule n’étant pas suffisamment chargé, l’électro-aimant fut entraîné par l’essieu. Les oscillations de la suspension favorisaient
- son mouvement ascensionnel, et une fois qu’il s’était produit, l’électro-aimant coincé contre l’essieu ne pouvait redescendre.
- lien résultait que le desserrage était absolument impossible et qu’une fois l’essieu coincé, les chocs dus aux inégalités de la voie augmentaient de plus
- FIG. 6
- Légende :
- AB Fils conducteurs du courant régnant sur toute la longueur du train ; ces fils doivent être parfaitement isolés.
- C C' Accouplements servant à établir la continuité des conducteurs entre deux voitures consécutives.
- D D' Fils de dérivation réunissant le fil de l’èlectro-ai-mant de chaque voiture aux deux conducteurs , AB.
- G . Électro-aimant destiné à produire l’embrayage et le serrage du frein par entraînement au contact de l’essieu.
- H Axe de l’électro-aimant servant à l’enroulement des chaînes de commande du frein.
- K Attache des chaînes sur l’axe de l’électro-aimant.
- L Frettes formant armatures de l’électro-aimant et destinées à produire l’entraînement par friction contre les manchons portés par l’essieu.
- M Manchons montés sur l’essieu entraînant par friction la rotation de l’électro-aimant et le serrage du frein lorsque, par suite du passage du courant, l’aimantation a déterminé une force attractive x suffisante entre les armatures de l’électro-aimant et l’essieu.
- N Supports oscillants permettant à l’électro-aimant de s’approcher de l’essieu lorsque l’attraction se produit.
- P Tambour' servant de renvoi aux deux chaînes de commande du frein.
- Q Chaînes de commande des leviers du frein.
- R Compensateur destiné à racheter la différence de longueur des deux chaînes et à assurer l’égalité de leur tension.
- S Poulie de renvoi de la chaîne de commande des leviers du frein.
- T Ressorts de rappel des chaînes servant à produire le desserrage. a <s' Sabots.
- it' Tiges de suspension des sabots.
- XX X'X' Triangles en fer reliant les sabots au levier A B.
- 0 Tige de suspension du levier A A.
- Celui-ci se soulève lorsque la chaîne se tend, et tourne autour du point w.
- Alors les sabots ao viennent s’appliquer contre la roue et le point w' devient fixe. La rotation du levier continue à s’effectuer autour de w' et détermine l’application des sabots <r' <r'.
- en plus la tension de la chaîne : aussi arriva-t-il plusieurs fois que les chaînes se rompirent.
- Tous ces inconvénients furent évités en suspen-
- dant l’axe de l’électro-aimant au-dessous de celui de l’essieu, ou seulement au même niveau lorsque le véhicule était déchargé. Il y avait à craindre à la
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- vérité, que l’électro-aimant, se trouvant d’autant plus éloigné de l’essieu que le véhicule est plus chargé, ne fût plus attiré ; mais l’expérience nous démontra que jusqu’à une distance de 60 m/m, l’attraction se fait toujours très franchement.
- En posant comme nouvelles conditions. :
- i° Que la pression exercée sur les roues fût de j5,ooo k. g;
- 2° Que les sabots fussent appliqués au plus après 3 tours de roue, c’est-à-dire après un parcours maximum de io mètres,
- On était conduit :
- i° A employer un mécanisme cinématique de leviers multipliant l’effort par 40, ce qui était facile en adoptant 8 sabots ;
- 20 A faire en sorte que, le frein étant complètement desserré, les sabots ne fussent jamais éloignés des roues de plus de iim/m.
- Lorsqu’on règle les sabots, on fait en sorte qu’ils ne soient distants des roues que de 2m/m, ils peuvent donc s’user de gm/m avant de nécessiter un nouveau réglage ; il est à remarquer d’ailleurs qu’une usure plus grande n’empêcherait pas le fonctionnement du frein et ne ferait que diminuer un peu son énergie en retardant le moment du serrage.
- DU MÉCANISME DE COMMANDE.
- Le mécanisme adopté jusqu’ici avait fourni de bons résultats. On ne pouvait lui reprocher que
- Fir,.
- d’être un peu lourd, et cela tenait à ce que, lors des essais effectués avec l’électro-aimant de M. Achard, on ne connaissait pas la valeur maxima des efforts développés sur les chaînes.
- Avec la nouvelle disposition, cet effort n’atteignait pas 400 k. aux vitesses de 60 k. m. Aux vitesses plus faibles, le coefficient de l’électro-aimant contre l’essieu s’élevait sensiblement, il est vrai, mais une tension de 400 k. exercée sur la chaîne eût toujours calé les roues.
- Il n’y avait qu’à alléger le mécanisme précédemment adopté, tout en conservant aux pièces ^une section capable de donner toute sécurité ; résultat d’autant plus facile à obtenir qu’on substituait aux pièces en forme de T employées précédemment (voir fig. 3) des pièces triangulaires (voir fig. 4 et 5).
- Ces deux dispositions permirent d’arriver à deux systèmes de commande nouveaux dont le poids
- 7
- était le même que celui du frein Westinghouse.
- On les voit représentés ci-dessus, le premier en plan et élévation sur la fig. 6 et en perspective sur la fig. 7.
- Dans ce système, le réglage des sabots s’opère au moyen des écrous et contre-écrous dont sont munies les extrémités des triangles commandant les sabots.
- Le second système est représenté en perspective sur. la fig. 8. Le réglage des sabots s’opère dans ce cas en agissant sur la longueur des tiges qui commandent les sabots d’une même paire de roues (4).
- (1) Sur les .perspectives des fig. 7 et 8, pour faciliter l'exécution du dessin, on a supposé les deux paires de roues plus rapprochées qu’elles ne le sont en réalité (voir fig. 6).
- Les ressorts de rappel des.sabots ne sont pas représen-
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- ___% _______• _________
- MODE DE COMMANDE DE LA MACHINE GRAMME
- Pour compléter cet appareil de freins, il n’y avait plus qu’à permettre au mécanicien d’être toujours maître de l’intensité du courant qu’il lançait dans les électro-aimants. On aurait pu y arriver en conservant le mode d’embrayage par friction et en introduisant des résistances variables dans le circuit. Mais, il fallait renoncer à se servir du frein poùr les très faibles vitesses que comportent les manœuvres de gare, car la machine Gramme n’aurait pu s’amorcer, dans ces conditions.
- On tourna la difficulté en installant la machine Gramme sur la locomotive, et en l’actionnant par un petit moteur à 3 cylindres du système Brothe-
- rood. De cette façon le mécanicien pouvait, en ouvrant plus ou moins la valve d’introduction de cette machine, régler à volonté l’action de son frein.
- La fig. g représente l’installation faite sur la machine (179) pour les expériences finales dont nous allons parler.
- EXPÉRIENCES SUR LE RENDEMENT
- L’étude de ce frein paraissant enfin complète, on le mit en service courant au mois d’avril 1881, entre Paris et Château-Thierry, et son fonctionnement fut des plus satisfaisants.
- Un doute subsistait cependant encore : on avait
- pic. 8
- déterminé les dimensions de l’électro-aimant pour une vitesse de marche de 60 kilomètres ; mais les expériences faites à l’atelier avaient confirmé ce fait, depuis longtemps prévu, que le coefficient de frottement de l’électro-aimant contre l’essieu diminue à mesure que la vitesse de rotation de ce dernier augmente. Dès lors le rendement du frein ne serait-il pas notablement atténué aux grandes vitesses de marche qu’atteignent les trains rapides, et serait-il possible de compenser cette diminution par une augmentation convenable de la vitesse de rotation de la machine Gramme?
- Afin*de résoudre cette importante question, nous
- tés de la même manière sur les fig. 6 et 7. Les deux dispositions ont été expérimentées et ont fourni également de bons résultats.
- entreprîmes 'une série d’expériences dont nous allons donner le compte rendu.
- Elles eurent lieu au mois de septembre 1881, entre Châlons-sur-Marne et Château-Thierry, sur un train de 12 voitures. On se proposait de rechercher le rendement du frein électrique tel qu’il était installé, et dans des arrêts faits aux plus grandes vitesses qu’on pourrait réaliser.
- Du rendement. — La question qu’on a à résoudre quand on étudie un système de freins fonctionnant dans des conditions déterminées, est de savoir en combien de temps et en quel espace pourrait être arrêté un train composé d’un nombre quelconque de voitures et marchant à une vitesse donnée.
- Or, si P est le poids du train en tonnes, V sa vitesse en k. m. à l'heure, au moment où l’on veut
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- 4---------------------------------------:---------j
- produire l’arrêt, l l’espace parcouru exprimé en mètres avant l’arrêt complet, et F la moyenne des forces retardatrices supposées constantes exprimées en k. gr,, on a, en appliquant le théorème des forces vives :
- F , Va p — 0,0039 p
- F représente k somme des efforts retardateurs dus à l’action des freins et à la résistance propre
- du train. Or, cette dernière est connue, elle a pour expression :
- /= P (0,0843 V +2.34--—)
- L’effort retardateur moyen dû à la seule action du frein est donc :
- <P = F - P (0,0843 V + 2,34
- Mais si dans une expérience faite pour détermi-
- fig 'i 9
- ner la valeur de l correspondant à une valeur donnée de V, il n’y avait que M % du poids total du train qui fût freiné, l’effort rétardateur moyen développé par une tonne freinée serait :
- C’est cette quantité <ï> qu’on appelle rendement d’un frein. Lorsqu’on connaît sa valeur en fonction :
- i° Du nombre des voitures;
- 20 De la vitesse au moment du serrage ;
- 3° (Dans le cas particulier qui nous occupe) de la vitesse de rotation de la machine Gramme,
- On peut, en appliquant les théorèmes des forces vives et des quantités de mouvement, calculer à l’avance en quel espace et en combien de temps
- peut être arrêté un train de composition quelcon_ que marchant à une vitesse déterminée.
- Pour déterminer le rendement, on avait fait l’installation suivante dans deux fourgons : l’extrémité de la chaîne opposée à l’électro-aimant était adaptée à un ressort dont la chape était elle-même munie d’une tige verticale portant deux crayons s’appuyant sur deux bandes de papier qui se déroulaient proportionnellement, l’une aux espaces parcourus, l’autre aux temps. (Voirfig. 10.)
- On obtenait ainsi des diagrammes dont voici un spécimen (fig. 11).
- On ouvrait le robinet d’introduction de la machine Brotherood au moment précis où l’on passait devant le disque avancé de chaque station. En même temps, on notait la vitesse du train, à l’aide d’un | indicateur Strandley contrôlé par deux observa-
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- 1 POSITION ET NOMBRE
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- NOMBRE BE TOURS
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- VITESSES EN KILOMETRES
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- CA CA CO CO Ca Ca Ca CO CO 0 CO KO CO Ca Ca CA 0 KJ vu vU co CO O Ca CO de l’arrêt.
- CA 4L CO 44 CO 4L CO CO CO rts C/l ca 1 Ca 4^- co 4* LONGUEUR
- 'ÿ co Ca O '-4 44. Ca •-4 K) CO CO KJ *0 O Ca O KJ 4L -4 CO CO -8 Ca vO CO Ca 0 O Ca O •4 0 4 O' KJ CO Os cô a CO 4 p ca CO O de l’arrêt en mètres.
- KO KO CO KJ to KO KO CO OJ CO KO KO , KO KJ r\ KJ co KO KO 4L CO KO DURÉE DE. L’ARRÊT '
- . Co vO Ca CA vO CA Ca 4 Ca 4L O vC 4 O CO 0 O O 4 s 4 Ca 4L vO «S en secondes.
- RÉSISTANCE MOYENNE
- O' O Ca O O' O CA CO -ON O' CN O' O Ca Ca 4L' CO 0 O Os O Ca Ca Ca Ca ca Ca Ca du train en kilogrammes
- “ . par tonne.
- O O O O p o O O O O 0 p 'O O O 0 p p O O O O 0 O 0 O O O FORCE5 RETARDATRICE
- Pn Ô CA O Ca Pn b 4 R & O -4 O oo a b -4 & b '4 a a b •4 b a b Cfs b a .a & -g a à a relative F. en millièmes
- U 4L -4 ca 4L Ca Ca w Ca KO KO O CO O CO CO 4L ro u> "4 *•4 CO CO CO 4 0 KJ 4 Os co -a Ht 4L & 4L 4L 0 O' di\ poids du train. ‘
- O O O. O O., O o P o P 0 0 p O O p 0 0 0 O 0. 0 p O O 0 p 0 FORCE RETARDATRICE
- O CA s £ O '-J O CA a b '-4 o *4 o CA •R s. a 0 4, 1— 4L O av a b -4 c 4 a a a a 0 O b ns O CO a b £ corrigée Fs en millièmes
- CO O' CO •4 O' s Ca vO CO KJ KJ 82 4 KO 4 CO KO KO -4 4L 0 CO *4 Os O'' 4 a 4L (O O 4L co C' vU 4L Os Ca KO Os du poids du train.
- i 1 1 1 J | | 1 1 | 1 1 1 1 1 1 1 I J l 1 4L PROPORTION DU POIDS
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- O O O o. O O O O o O O 0 0 O O O 0 O 0 O 0 O 0 O O 0 O O ÉNERGIE OU RENDEMENT
- O 2 n K) 4 ♦'-T OO CO 4L 4 ns ns 4 s ft KO , CO Ht KO CO CO i co O du frein F3 = F, X ^ e“ mil-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- i?
- teurs munis de chronomètres qui pointaient lés passages devant les poteaux kilométrique^.
- Les espaces parcourus étaient mesurés directement, et la durée de l’arrêt estimée avec un chronomètre.
- On trouvera dans le tableau ci-contre les résultats des expériences faites avec un train rapide ne comportant que 6 voitures, ainsi que la valeur du rendement. '
- L’examen de ces tableaux montre qu’avec un train de 6 voitures comportant quatre dérivations installées dans un fourgon et représentant quatre voitures supplémentaires, la vitesse de la machine
- FIG. 10
- Gramme étant de i 400 tours, et le rail étant sec, le rendement du frein a été de 170/1000, c’est-à-dire que chaque tonne freinée développait un effort retardateur de 170 k.
- D’autre part, en comparant les résultats obtenus toutes autres choses égales d’ailleurs, et la vitesse de la machine Gramme ayant seule varié, on constate que le rendement est très sensiblement proportionnel à cette vitesse. D’où il résulte que, si l’on ramène à la même vitesse de rotation de la machine Gramme les arrêts faits avec des compositions de trains différentes,, on trouve que le rendement est constant.
- En résumé, l’ensemble des expériences qui ont été faites, nous permet de conclure que, la machine Gramme tournant à la vitesse de 1 400 tours, la force retardatrice développée par le frein électrique est égale aux 17 0/0 du poids freiné, quelle que
- soit la composition du train ; la vitesse, au mo -ment de l’ouverture du robinet d’introduction de la > machine Brotherood, étant supérieure â 100 kilom. à l’heure, c’est-à-dire atteignant l’une des plus grandes vitesses qui soit réalisée en pratique avec les trains rapides.
- Cette force retardatrice s’élève encore à mesure que la vitesse du train diminue.
- Il est entendu que ces résultats supposent un
- Train Z du 19 septembre 1881
- {b voitures, 4 dérivations)
- ARRÊT N° 57 AU DISQUE DE DORMANS
- Vitesse du train au moment de l’arrêt...... 90 kilom.
- Vitesse de rotation de la machine Gramme.. . 1 i5o tours
- DIAGRAMMES REPRÉSENTANT LES TENSIONS EXERCÉES SUR LES CHAINES, DU COMMENCEMENT A LA FIN DE L’ARRÊT
- j° En fonction des espaces parcourus
- 2” En fonction des temps
- Le dynamomètre était installé dans la 5° voiture, à partir de la tête.)
- FIG. Il
- rail bien sec, l’influence de l’état du rail étant du reste la même quel que soit le genre de freins employé.
- D’autre part, le rendement est proportionnel à la vitesse de la machine Gramme; résultat im-tème.
- portant, car il démontre la modérabilitê du sys-
- L’examen des diagrammes obtenus comme nous l’avons dit plus haut a montré que les espaces parcourus et les temps indiqués sur ces diagrammes par la distance comprise entre les ordonnées ex-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- trême9, concordaient toujours avec les longueurs et les temps mesurés directement.
- On en déduit que le temps perdu pour la mise en train de la machine Brotherood et Vamorçage de la machine Gramme est inappréciable. Ce résultat n’a rien d’étonnant, car, d’un côté l’inertie à vaincre est insignifiante, et le couple moteur de la machine à 3 cylindres très grand ; d’un autre côté, la résistance du circuit extérieur est très faible.
- Les courbes sont un peu abaissées au début; ce résultat doit être attribué à la diminution du coefficient de frottement avec la vitesse de rotation, phénomène analogue à celui constaté par I
- M. le capitaine Douglas-Galton dans ses expériences sur le frottement des sabots contre les roues.
- Comparaison des résultats obtenus avec le
- FREIN ÉLECTRIQUE ET AVEC LES AUTRES SYSTÈMES DE FREINS.
- i° Freins à mains, de la machine et du tender. — L’influence de ces freins a •été insensible dans les trains de 12 voitures ou la proportion du poids freiné au poids total du train était* de 61 0/0.
- La durée de l’arrêt était à peine supérieure au temps nécessaire pour amener les sabots au contact des roues.
- FIG. 12. — EFFORTS RETARDATEURS DES DIFFÉRENTS SYSTÈMES DE FREINS.
- Ave c le train de 6 voitures, où le poids freiné n’était plus que les 41 0/0 du poids total, ce qui augmentait la durée des arrêts, le rendement des freins à m^ins a été égal aux 25 0/0 de celui du frein électrique.
- 20 Contre-vapeur. — Son action est beaucoup plus rapide que celle des freins à mains : son rendement a été de 85 0/0 de celui du frein électrique pour les trains de 6 voitures, et de 65 0/0 pour ceux de 12 voitures.
- 3° Autres systèmes de freins continus. — En 1878, le chemin de fer de Lyon fit des expériences sur les freins Westinghouse et Smith.
- Ces freins étant considérés comme les plus puissants, nous avons cru qu’il était intéressant de comparer les résultats des expériences auxquelles ils ont donné lieu avec ceux obtenus au moyen du frein électrique.
- Le diagramme ci-dessus (fig. 12) montre quels ont été les efforts retardateurs développés dans les trois cas, v et met en évidence la supériorité du frein électrique à ce point de vue.
- {A suivre.) L. Regray.
- APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- A LA MANŒUVRE DES SIGNAUX
- SUR LES CHEMINS DE FER
- 7e article. (F. les n°» des 10, 17 et 3i mars et des 7, 21 et 28 avril i883.)
- BLOCK SIGNAL AUTOMATIQUE DE SIEMENS
- Les électro-sémaphores de MM. Siemens et Halske sont universellement connus. Ils ont été décrits si souvent et dans un si grand nombre de recueils que nous n’aurons à rappeler que les points les plus saillants de leur structure pour faire ressortir la modification qui a été apportée, en 1879, à l’effet de les rendre automatiques, dans les mêmes conditions que l’appareil Hodgson.
- Le problème que se sont posé ces constructeurs paraît avoir été de doter leur appareil, qui a déjà dix ans de date, des ressources que l’on rencontre dans les systèmes les plus récents, créés en vue de réaliser mathématiquement la sécurité sur les chemins de fer. Nous avons dit, à propos de l’appareil précédent, combien cette prétention soulevait d’obstacles dans l’application et combien il était difficile de faire plier aux mille exigences
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- de l’exploitation les données d’une formule essentiellement théorique. Nous nous dispenserons donc de revenir sur cette question et, laissant de côté la question de principe qui nous paraît réglée, nous ne nous occuperons que des dispositifs proposés par MM. Siemens, et de leur mode de liaison avec l’appareil de Block.
- , La figure 47 indique les positions qu’occupent les différents organes de ce système, suivant que la touche B sur laquelle doit appuyer le signaleur est relevée (figure à gauche) ou abaissée (figure à droite). Dans les anciens appareils, il suffisait que le sémaphore fût à l’arrêt et que le secteur Q, monté sur la manivelle de manœuvre de ce signal,
- FÏO. 47. — disposition schématique ou
- qui doivent produire le déclenchement du sémaphore.
- Dans le nouvel appareil, il est impossible d’appuyer sur le bouton B, tant que le train n’a pas franchi un point déterminé de la voie où se trouve une pédale.
- A cet effet, la partie inférieure de la tige commandée par le bouton B porte une échrancrure p dans laquelle s'engage le doigt t, lorsque ce doigt occupe sa position normale indiquée à la figure de droite. Lorsque la première roue du train attaque le rail S, la flexion de ce rail se transmet au levier T, dont l’autre extrémité appuie sur la tige d’un piston qui refoule de l’air dans le tube f. L’air comprimé tend à chasser le cylindre X mobile au-dessus du piston qui termine le tube f et un doigt qui termine ce cylindre vient faire basculer le le-
- occupât par suite la position indiquée à la figure, pour que l’agent du poste pût débloquer la section précédente.
- A cet effet il appuie sur la touche B en tournant, de l’autre main, la manivelle de l’inducteur et cette double opération produit les effets suivants : i° oscillation de l’ancre g qui lâche successivement chacune des dents du secteur O, ce dernier tendant à remonter sous l’action du ressort U, jusqu’à ce que l’inscription « Hait » vienne se substituer à l’inscription « Fret » qui apparaissait auparavant devant le guichet de l’appareil ; 20 contact du commutateur D avec la vis C de manière à envoyer au poste précédent les courants d’induction
- SIGNAL AUTOMATIQUE DF. SIEMENS ET HALSKE
- vier N, décrocher le contre-poids H qui, dans sa chute, relève le doigt t.
- C’est alors seulement qu’il est possible d’ap-
- FJU. 48. — PÉDALE SIEMENS POUR VOIE UNIQUE
- puyer sur le bouton B pour donner le déclenchement au poste précédent. Dans la descente de la tige u, le petit taquet m a ramené le contre-poids
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- à sa position et, comme le crochet N est redescendu après le passage du train, le contre-poids est accroché ét les appareils sont prêts à fonctionner de nouveau. Puis, quand arrivent du poste suivant les courants d’induction qui permettent de débloquer la section, l’ancre g oscille, le secteur o revient à la voie libre, Taxe échancré x dégage le doigt h dont le cran ne retient plus la tablette q de la tige u, de sorte que cette tige peut remonter et que le doigt t se remet en prise avec l’échancrure p.
- Par conséquent, on ne peut envoyer en arrière un second déclanchement, si un second train n’est pas venu et n’a pas franchi la pédale.
- Les appareils de MM. Siemens et Halske pou-
- vant être utilisés aussi bien sur les lignes à voie unique, que sur les lignes à double voie, les inventeurs ont cherché à rendre leur pédale inaccessible à l’action des trains qui ne circulent pas dans un sens déterminé, de façon que le déblocage d’une section derrière un train marchant dans un certains sens, ne fût pas autorisé par le passage des trains marchant en sens inverse.
- . Le dispositif imaginé à cet effet est des plus ingénieux.
- La'conduite d’air comprimé vient s’adapter à l’une des extrémités d’un tube en caoutchouc r (fig. 48), placé dans une longue boîte en fer y, l’extrémité du tube attaquée la première par les roues du train, dans le sens de la circulation pour
- 4--B---
- FIG. 49. — PÉDALE DU SYSTÈME FLAMACHE
- lequel on veut faire fonctionner l’appareil, est ouverte à l’air libre et surmontée d’une barre i. Il en résulte que lorsqu’un train arrive de cette direction, la roue appuie sur la barre i et sur le tube, ferme la communication avec l’atmosphère et refoule l’air qu’il contient, de manière à le comprimer suffisamment pour produire le déclenchement de l’appareil électrique. Si c’est, au contraire, un train circulant en sens inverse, l’air contenu dans le tube s’échappe dans l’atmosphère, sous l’action de la pression des roues sur le tube.
- En orientant convenablement ces pédales, on peut donc arriver à ce qu’elles ne produisent d’effet utile que lorsqu’elles sont franchies par les trains de l’un des deux sens.
- Il y a lieu, bien entendu, de faire toutes réserves au sujet du fonctionnement de cet appareil à contact fixe qui n’a pas, à notre connaissance, reçu jusqu’à présent, la sanction d’une expérience faite sur une grande ligne, où circulent des trains à mar-
- che rapide. A priori, on peut seulement remarquer qu’il ajoute aux organes déjà si compliqués et si délicats de l’intérieur des boîtes Siemens, de nouveaux mécanismes également sujets à se déranger.
- APPAREIL DE M. FLAMACHE
- Avant de terminer la revue des systèmes dans lesquels l’automaticité ne joue qu’un rôle restreint, nous devons mentionner un nouvel appareil dû à M. Flamache, et décrit par M. Huberti, professeur à l’Université de Bruxelles, dans le tome XI de la 2° série de la Revue universelle des Mines.
- Bien que ce nouveau système n’ait pas encore été appliqué (*), il paraît, au premier abord, présenter l’avantage de la simplicité et de la solidité, quand on le compare aux deux systèmes que nous venons
- (i) U est actuellement en installation sur une ligne unique, en Belgique.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- de décrire. C’est à ce titre que nous croyons utile d’en donner une brève description.
- La pédale appartient à peu près au même type que celle de l’Hodgson; il y a toutefois cette différence que le point d’attaque, sous l’action de la flexion du rail, est situé entre l’axe d’oscillation du levier L (fig. 49) et le point de contact avec la borne C. C’est donc par l’interruption du courant qui passe en permanence dans le fil de ligne que l’on obtient l’effet: de déclenchement électrique, tandis que, dans le système Hodgson, le passage du train avait, au contraire, pour conséquence la fermeture d’un circuit produisant le même effet.
- Examinons maintenant l’action de cette rupture de circuit sur le jeu des appareils de Block.
- La figure 5o représente, la vue extérieure, la vue intérieure et la coupe en travers d’une des boîtes d’un poste intermédiaire.
- Sur l’axe O de la manivelle M, qui est enclenchée mécaniquement avec le levier de manœuvre du signal à vue s’adressant aux mécaniciens, est calé un levier coudé AO B. Pour mettre le signal à voie libre, il faut que la manivelle M soit verticale, et l’on ne peut déplacer la manivelle de cette position verticale, si le signal n’a pas été préalablement mis à l’arrêt.
- nn .....il
- FIC. 5o. — APPAREIL DE BLOCK DU SYSTÈME FLAMACHE
- Lorsque la manivelle M est verticale, le taquet A vient buter contre le butoir K qui s’oppose à son passage et empêche de déplacer la manivelle. Dès que le courant cesse de passer dans la bobine B, par suite du passage, sur la pédale, d’un train qui est annoncé, l’armature H se détache, la fourche F oscille autour de son axe N. Le butoir K ne s’oppose plus au passage du taquet A qui, en décrivant l’arc de cercle de la fourche F, vient recoller l’armature H contre la bobine, tandis que le taquet B vient à son tour buter contre K.
- L’interruption du courant a donc eu pour effet de permettre seulement au garde de faire effectuer une rotation de 120° à sa manivelle, ce qui correspond au déclenchement envoyé en arrière au poste précédent.
- Lorsque le courant est interrompu de nouveau sous l’action du poste précédent qui remet ses appareils en place, le taquet B passe à son tour
- sous la fourche, mais il ne peut achever sa rotation; car, dès qu’il quitte l’arc de cercle de la fourche F et qu’il cesse de retenir cette fourche, elle retombe sous l’action de son poids, sans être attirée par la bobine, et le taquet B vient s’enclencher dans le crochet L qui s’oppose à ce qu’il achève sa rotation. Ce n’est que quand le courant est rétabli par le poste suivant qui débloque à son tour la section, que l’on peut ramener la manivelle à sa position verticale et effacer le signal.
- Tel est, en quelques mots, le fonctionnement de cet appareil, en ne considérant que le rôle passif de ses organes et en le dégageant des dispositions de commutateurs qui servent à lancer les courants et sur le détail desquels il ne nous paraît pas nécessaire d’insister.
- Nous nous bornerons à faire remarquer que la simplicité du mécanisme de ce système est due en partie à ce qu’il n’a été conçu que pour satisfaire
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- aux besoins de l’exploitation d’une ligne, d’après le principe de la voie normalement ouverte.
- Dans l’application nous retrouvons toutefois les mêmes difficultés en ce qui concerne le chôix de l’emplacement à donner aux pédales, soit aux bifur cations, soit dans les stations.
- Aux bifurcations, la solution indiquée par M. Hu-berti (fig. 5i) et qui consiste à placer 4 pédales P Pi P2 Pi sur chacune des voies des deux branches, ainsi que 4 boîtes d’appareils électriques au poste du signaleur (une boîte pour chaque cas de circu-
- FIG. 5l. — INSTALLATIONS DES PÉDALES AUX BIFURCATIONS
- lation) ne rencontre pas d’obstacle sérieux; on peut seulement objecter, plutôt à titre théorique qu’à titre pratique, que les pédales pipi des voies de retour seront franchies et permettront le déblocage, un peu avant que le train ait réellement quitté la section. Mais cette objection n’a quune mince valeur.
- Dans les stations, il n’en est pas de même. Pour ne pas sacrifier la dépendance des postes successifs et porter ainsi une atteinte virtuelle au prin-
- ..:----
- p
- Fig» 5a. — disposition des pédales dans les stations
- cipe du Block-system, M. Huberti propose la disposition suivante (Voir fig. 52) :
- Dès qu’un train arrive dans la gare, il passe sur la pédale p2i ce qui permet au stationnaire de débloquer M après avoir mis son signal B à l’arrêt. Le train que nous considérons, s’étant arrêté au delà de B, refoule sur la voie de garage; il est bloqué sur cette voie au moyen du signal A et cette manœuvre permet au stationnaire de déclencher le levier du signal B, en se servant d’un deuxième appareil électrique correspondant au signal A. Désormais la voie principale est libre et peut être parcourue par le train direct pour le passage duquel s’est garé le premier train. Les appareils et la pédale p2 fonctionnent alors comme à un poste de pleine voie.
- Quand le train direct a dépassé le poste N, l’agent de ce poste envoie à l’arrière un courant de déclenchement qui traverse les deux appareils électriques, mais qui n’agit que sur celui des deux qui
- doit être libéré, c’est-à-dire sur l’appareil qui enclenche le signal A dans le cas dont il s’agit. Si aucun des deux appareils n’était bloqué, ce qui montrerait que les agents n’ont pas encore effectué les manœuvres, le courant de déclenchement envoyé du poste N, était à la terre jusqu’au moment où il serait utilisé pour l’un ou l’autre des deux appareils.
- Le problème est donc parfaitement résolu......
- sur le papier. Nous n’avons pas besoin de dire que, cette solution est impraticable, par la raison que les gares et stations servent à d’autres besoins qu’à garer les trains pour les laisser dépasser par d’autres. Dans l’espèce, par exemple, le train une fois garé sur la voie />t, y est enfermé sans qu’il puisse, à moins de forcer le signal A, quitter cette voie pour effectuer aucune manœuvre, pour aller prendre des wagons sur une autre voie ou pour s’alimenter d’eau jusqu’à l’arrivée du train direct au poste N. Voilà une sujétion à laquelle on ne pourrait guère se plier sur une ligne où les exigences du trafic auraient quelque importance. Ce n’est là, du reste, qu’une critique, prise au hasard parmi toutes celles que l’on peut faire au sujet de cette disposition, et qui prouve, en. résumé, qu’il est absolument impossible de ne pas couper la ligne de Block dans la plupart des stations, si l’on ne veut pas que le Block-sytem devienne une gène des plus sérieuses pour le service. On conserve donc les pédales en pleine voie seulement, c’est-à-dire là où le besoin paraît devoir s’en faire le moins sentir.
- Cette anomalie subsistera jusqu'au jour où l’on se décidera à ne plus confier au train lui-même le soin de rendre impossible le déblocage à l’arrière.
- Le problème est susceptible de recevoir une solution toute différente qui est actuellement à l’essai sur un de nos grands réseaux, et qui donnera la sécurité, tout en ne gênant pas le service.
- (A suivre.) M. Cossmann.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Telphèrage ou chemin de fer électrique aérien du professeur ETeeming Jenkin.
- Dans ce système, dont le principe est illustré par le diagramme de la fig. 1, les véhicules du train sont suspendus par leurs roues à un câble aérien tendu sur des poteaux isolés, et divisé en sections A1 A2 A3 A4 reliées les uns aux autres, lorsqu’il n’y passe pas de trains, par des contacts B; le courant est fourni par une machine dynamo en C.
- La longueur des trains D est un peu plus grande
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- que celle des sections A1 Aa... de manière à toujours comprendre un contact B entre ses roues extrêmes.
- Quand le train pénètre dans une section, sa roue d’avant ouvre le contact qui relie cette section à la précédente, et l’en sépare de sorte que le courant est forcé de passer, pour aller d’une section à l’autre et maintenir la continuité du circuit par les roues du train et le fil G (fig. 2) qui les relie, dans le circuit duquel se trouve intercalée la dynamo de la locomotive du train. La dernière roue du train ferme, lorsqu’elle quitte une section, le contact qui la relie à la section précédente.
- Ce courant peut ainsi traverser et faire marcher un nombre quelconque de trains, pourvu que la puissance de la dynamo Cy suffise.
- Le même mouvement qui ouvre le contact B relie le fil F correspondant au circuit général ; la déri-
- vation du courant qui passe alors dans F, fait fonctionner son électro-aimant E, dont l’armature maintient tant qu’elle est attirée, une liaison directe
- FIG, I
- entre la section où se trouve le train et un certain nombre de sections en arrière, indépendamment des contacts B. Il en résulte l’établissement automatique d’un intervalle de sûreté entre les trains qui se suivent.
- On reconnaît sur les figures 2 et 3, en A, A2 A3... les sections du fil, supportées par les poteaux iso-
- lants B, B2 : les voitures du train sont expérimentées en Dj D2D3, la locomotive en C.
- Chaque poteau porte une aiguille a, reliant, dans sa position normale les deux sections qui y aboutissent. Le premier véhicule du train — la locomotive au cas actuel — porte une came F qui écarte en passant cette aiguille : ce mouvement isole A, de A2 et dérive une partie du courant, par A2 et l’aiguille, dans le circuit de sûreté F (fig. 1). La came F2 du dernier véhicule replace l’aiguille dans sa position primitive.
- La dérivation de sûreté s’opère par un électro-aimant m dont l’âme est en contact métallique avec c3 et dont le fil va, du contact précédent a à la pièce c3, l’armature de l’électro tourne d’un axe isolé de c2 et relié à c, de sorte que, lorsqu’elle est attirée sur l’aimant, les sections A, et A2 demeurent reliées indépendamment de la position que prend ensuite l’aiguille précédente a.
- Les voitures du train sont reliées par des flèches en bois articulées c.
- On peut remplacer les câbles par des fers en V dont les bords serviraient de rails (*).
- Chemin de fer électrique de Portrush -,
- Ce chemin de fer d’une longueur de 9,600 relie le bourg de Portrush, station terminale du Belfast and Northern Counties Ry. à Bushmills près de la célèbre chaussée des Géants, comté de Ulster, Irlande.
- La voie traverse sur une longueur de 800 mètres environ la principale rue de Portrush ; pendant le reste du trajet, elle suit l’accotement de la route.
- La largeur de la voie est de om9o.
- Les pentes sont très raides ; elles atteignent, en certains points, 35 m/m par mètre ; les Courbes sont très accentuées.
- On se propose de prolonger cette ligne jusqu’à Dervock de manière à compléter le réseau des voies étroites de omgo entre Ballgmeria Lorne et Cushen-dall.
- A 1,3oo mètres environ de l’extrémité de la ligne se trouve une chute de la rivière Bush, de 7a20 de
- (9 D’après un mémoire du Dr E. Hopkinson. — Journal of thé Society of Arts, i3 avril 1883, et The Raihvay Engi-heer, mars 1880.
- (9 Engineering, 6 avril i883.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- H
- hauteür, que l’on se propose d’utiliser pour faire mouvoir des turbines alimentant les machines dynamo-électriques motrices du chemin de fer.
- Le système de transmission de l’électricité..aux véhicules du chemin de fer est à conducteur séparé ; ce conducteur est formé par un rail en T, pesant 9k5 par mètre, supporté à om43 du sol et à om56du rail intérieur sur des poteaux de sapin bouillis dans le goudron et écartés de 3m ; il est relié par un câble souterrain à une shunt-dynamo mue par une machine à vapeur de 25 chevaux environ.
- Le courant est amené du conducteur à la voiture-locomotive, par deux ressorts d’acier fixés, aux extrémités de la voiture, à des barres d’acier. Ces balais s’usent très-peu sur le fer des rails ; en temps sec, il faut un peu les graisser ; en temps humide, l’eau déposée à la surface des rails suffit.
- Les doubles balais placés aux extrémités des voitures suffisent pour franchir les interruptions du conducteur occasionnées par les passages à niveau etc... le balai d’arrière touchant encore le rail quand celui d’avant l’a quitté ; il ne se présente que deux ou trois interruptions qui ne peuvent pas être fran-chiès de cette manière, etpour lesquelles le passage du courant est interrompu sur un parcours de 9 à
- 10 mètres.
- Le courant passe sous les interruptions à travers un câble de cuivre isolé dans un tube de fer à une profondeur de om45.
- Le courant est amené des balais à un commuta teur manœuvré par un levier qui introduit dans le circuit un nombre variable de résistances placées sur la voiture : ce même levier change la position des balais sur le commutateur de la dynamo dont
- 11 permet de renverser la marche, le courant revient de la dynamo locomotive à la génératrice par les boîtes à graisses, les essieux, les bandages et les rails.
- Les rails qui forment le conducteur et la voie sont reliés par des éclisses et des doubles boucles de cuivre soudées au fer ; le contact électrique des éclisses ordinaires est tout à fait insuffisant.
- La dynamo se trouve au centre de la voiture, sous le plancher, et commande un des essieux seulement de la voiture par une chaîne, au moyen d’une transmission intermédiaire.
- Les leviers de changement de marche, qui commandent ainsi les freins, sont reliés aux deux bouts de la voiture de manière que le mécanicien puisse toujours se tenir à l’avant; condition essentielle à la sécurité d’une ligne longeant une route.
- Les voitures sont de première et de troisième classe^ les unes couvertes les autres découvertes et peuvent ten r 20 voyageurs ; il y en aura bientôt cinq munies de machines dynamo, le matériel se composera, en tout, de sept voitures.
- Pour une certaine vitesse angulaire Q d’une dy-
- namo on connaît d’après sa caractéristique correspondance l’équation
- eq=/(I)
- qui donne la force électro-motrice Eto de la dynamo en fonction de l’intensité I de son courant. Soient :
- <0 la vitesse angulaire ou de rotatiop de la dynamo placée sous la voiture dont on possède la caractéristique à la vitesse Q;
- E, la force électromotrice de la dynamo;
- E le potentiel du conducteur;
- R la résistance du circuit.
- On a, la force électro-motrice de la dynamo étant proportionnelle à sa vitesse de rotation « et- à l’intensité du courant,
- E, =£/( I) (0
- et, d’après la loi de Ohm.
- t-ËzlEi
- R
- E . (E — IR) £1
- :----------d’OU u = -
- /( I)
- (2)
- Si l’on désigne par p le rendement de la dynamo locomotive ou la fraction de l’énergie électrique reçue qu’elle transforme en travail mécanique et par L le moment de son couple de rotation, il vient.
- 1
- Lu^pE^pI^’/a)
- d’où
- L_ Pl/(I)
- (3)
- I étant exprimé en ampères, L est donné en joules, ou en dixièmes de kilogrammètres.
- L’équation (3) montre que pour un moteur donné, l’intensité du courant ne dépend que de la valeur de l’effort statique L, et réciproquement, indépendamment de la vitesse de rotation « (*).
- L’équation (2) montre, qu’à charges égales la vitesse “ dépend de la force électro-motrice E du courant et diminue à mesure que la résistance R du circuit augmente : la machine s’arrête quand on a
- On peut donc graduer facilement la vitesse du train au moyen des résistances installées sur la locomotive du départ et à l’arrêt il convient d’aug-
- (l) Voir les démonstrations publiées dans ce journal par M. Marcel Deprez.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- mentêr ces résistances pour éviter les étincelles à l’ouverture et à la fermeture du circuit.
- On ne doit se servir du, changement de marche de la dynamo comme frein que dans les cas extrêmes } on risque en effet ainsi, à cause de la grande vitesse de la machine de détruire l’isolement de ses fils par un effet d’auto-induction analogue à-ceux des bobines de Ruhmkorff : on peut l’éviter en introduisant, au moment du changement de marche, une grande résistance dans le circuit.
- La résistance moyenne du circuit est d’environ 0,160 ohm par kilomètre, celle du fer des conducteurs est de 0,09 ohm seulement, l’excès de résistance provient de l’imperfection des éclissages et de la résistance de leurs fils de cuivre.
- La force électro-motrice du conducteur est de 225 volts : elle ne présente aucun danger bien que l’on ressente, en touchant le conducteur, un choc sensible.
- Avec une voiture exigeant un courant constant, la perte due à la résistance est maxima lorsque la voiture se trouve au milieu du trajet; elle sera alors égale au quart de la résistance totale de la ligne, pourvu que les deux extrémités soient maintenues par les génératrices, au même potentiel, la résistance moyenne du circuit serait égale, d’après le calcul au sixième de celle de la ligne. En appliquant ces données à un train de quatre. voitures exigeant chacune 4 chevaux on trouve que la perte due à la résistance ne dépasse pas 4 0/0 de la puissance développée sur les voitures; avec une seule voiture elle ne dépasse pas 1 0/0. En fait, les pertes sont moindres parce que les génératrices sont au bas du parcours et que le milieu de la ligne est en palier, de sorte que l’on a besoin du moindre courant quand la résistance est maxima.
- L’isolement du conducteur a occasionné de grandes difficultés surtout à cause de l’humidité du climat; on a, néanmoins, pu réaliser un isolement de 800 à 1 600 ohms par kilomètre suivant l’état du temps en plaçant un isolant entre les supports en bois et le fer à T du conducteur. La perte totale ne peut donc pas dépasser 2,5 ampères, ce qui représente une perte de 3/4 de cheval ou de moins de 5 0/0 lorsqu’on fait marcher 4 voitures.
- Les éléments suivants permettent de comparer les tramways à vapeur et à l’électricité.
- Les locomotives à vapeur qui font temporairement le service du chemin de fer de Portsmouth ont des cylindres de 200 m/m X 3oo, pèsent 7 tonnes et travaillent à 8 atmosphères; la dynamo de la locomotive électrique pèse 65o k., la tare de la voiture est de 2 600 kil. Les locomotives peuvènt remorquer une charge totale de 12 tonnes non compris la machine, la dynamo peut remorquer b tonnes, c’est-à-dire cinq fois plus à poids égal.
- Les dépenses et frais d’exploitation s’élèvent
- avec la locomotive à vapeur aux sommes suivantes, par semaine, parcours 5oo kilomètres.
- Gages des mécaniciens................... 37 fr. 5o
- — des nettoyeurs...................... i5 »
- Coke : 3,000 k. à 3i fr. la tonne....... 93 »
- Huile : 4 1. 5o....., ;.................. 3 90
- Graisse : 2 k. à o fr. 60................ 1 20
- Chiffons , 4 k. à o fr. 20............... o 80
- Amortissement à i5 0/0 de 19,000 fr.. . . 54 »
- Total. ..................... 205 fr. 40
- Une locomotive électrique remorquant une deuxième voiture transportant le même nombre de voyageurs exige une consommation de 5 k. de coke par kilomètre, on en déduit pour les dépenses pat-semaine correspondant à un même parcours de 5oo kil. les sommes suivantes.
- Gages du chauffeur de la machine fixe. . Coke : 260 k. à 3i fr. la tonne Huile : 4 1. 5o Chiffons, etc 25 fr. » 80 60 3 90 0 80
- Amortissement : machine fixe à 1
- 10 0/0 sur 7,5oo fr. — 14,35 1
- Amortissement : appareil élec- ( 49 5o
- trique à i5 0/0 sur 12,500 fr. = o5,14 ]
- Total..................... 159 fr 80
- Soit o fr. 32 au lieu de o fr. 40 par kilomètre ou une économie de plus de 25 0/0.
- Si le trafic était plus considérable, le gain serait plus favorable encore à l’électricité, parce que les* pertes par défaut d’isolement etc., seraient proportionnellement moindres.
- La comparaison ci-dessus entre la locomotive à vapeur et la traction par l’électricité est très juste parce que les deux appareils payent le combustible au même prix et remorqueraient le même matériel sur une ligne très accidentée, elle est plutôt défavorable à l’électricité car on aurait pu mieux isoler le conducteur et choisir une machine fixe plus économique.
- La vitesse peut facilement atteindre 20 kilomètres à l’heure, rrçais les règlements du Board of trade interdisent de dépasser ib kilomètres parce que la ligne est classée comme tramway.
- La ligne a été construite sous la direction de MM. W. A. Trail et E. B. Price; les appareils électriques sont du système Siemens.
- La chimie des accumulateurs, par MM. Gladstone et Tribe.
- Continuant leurs recherches sur les actions chimiques qui se produisent dans les accumulateurs, MM. Gladstone et Tribe ont étudié d’abord l’influence de la concentration de l'eau acidulée.
- Pour cela ils ont fait passer un courant d’intensité constante, environ 1 ampère, entre des électrodes de plomb de 12 pouces carrés, en faisant
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- varier la concentration de l’acide et déterminant la quantité d’oxygène fixée. . t
- La moyenne des résultats obtenus a été la suivante : *
- Proportion d’acide sulfurique dans l'eau 1 Oxygène fixé pendant 20 minutes 127,0
- 5
- 1 10 J4M
- r i5i,2
- £0
- 1 154,8
- 100
- 5oo • . . 125,0
- I I 000’ 304,4
- Ce tableau montre que la solution la plus concentrée n’est pas aussi favorable queles suivantes plus étendues, mais qu’il n’y a pas grande différence entre les liquides à t^et^.
- La solution à ^ semble se comporter comme
- celle à | ; quant à celle à elle fixe une plus grande quantité d’oxygène, ?mais le dépôt n’est plus alors du peroxyde de plomb. Il contient des oxydes inférieurs et une substance blanche que l’analyse fait reconnaître comme étant un sulfate basique de plomb 2Pb SO4, PbO. Le liquide le plus convenable à employer est donc celui de concentration moyenne, mais cette concentration peut sans
- inconvénient osciller entre -7- et -L .
- 10 100
- Un second point qu’ont étudié MM. Gladstone et Tribeestlerôle que joue l’hydrogène dans la pile secondaire. On a admis qu’une certaine quantité de ce gaz, occlus dans le plomb ou combiné avec lui jouait un rôle important dans la production delà force électromotrice. Pour vérifier ce fait, les auteurs se sont basés sur l’activité chimique spéciale de l’hydrogène occlus et la propriété qu’il acquiert alors de réduire le chlorate de potasse en chlorure. Ils ont trouvé que la quantité d’hydrogène unie au plomb est presque inappréciable; mais quelque petite qu’elle soit, il n’est nullement impossible qu’elle soit la cause de la force électromotrice élevée que l’on observe au moment où la pile secondaire vient d’être chargée. Cette force électromotrice peut être due cependant, comme l’a indiqué Planté, à l’hydrogène gazeux lui-même.
- Par un procédé tout différent, le professeur Frankland était arrivé également à la même conclusion, relativement à la faible quantité d’hydrogène occlus.
- Les auteurs ont examiné ensuite le dégagement
- d’oxygène sur la lame peroxydée. Planté avait observé ce dégagement qui se produit aussitôt que l’accumulateur est soustrait à ^influence de la charge et il l’avait attribué aux actions locales.
- L’explication de l’action locale, donnée par les auteurs dans leur premier mémoire, ne s’accorde pas avec cette manière de voir. Ils ont trouvé que le dégagement d’oxygène dans un couple Planté est très faible, mais devient plus prononcé quand on élève la température du liquide. En opérant avec une pile Faure et à chaud, ils ont pu recueillir une petite quantité de gaz et s’assurer que c’était de l’oxygène.
- Le même résultat a été obtenu en chauffant à part du peroxyde de la plaque. Le dégagement n’est donc pas le résultat d’une action locale.
- Le gaz a généralement une odeur d’ozone, et en essayant le liquide on y trouve toujours des traces d’une matière qui décolore le permanganate de potasse, soit de l’ozone, soit de l’eau oxygénée.
- Le dégagement observé par Planté peut être attribué à un excès d’oxygène condensé dans le peroxyde ; mais si le liquide contient de l’eau oxygénée, il se peut que celle-ci agisse sur le peroxyde et le décompose en donnant lieu a un dégagement d’oxygène, car c’est un fait que si on met du peroxyde de plomb dans de l’eau oxygénée, il se dégage de' l’oxygène.
- MM. Gladstone et Tribe ont enfin examiné l’effet de la température et des actions locales. M. Planté a reconnu que la chaleur facilite la formation des couples secondaires. Les auteurs ont pensé que cela est dû à ce que la chaleur favorise les actions locales et l’expérience a confirmé cette manière de voir.
- Des plaques peroxydées identiques ont été abandonnées à elles-mêmes dans l’eau acidulée, l’une à n°, l’autre à 5o°, et la formation du sulfate a été beaucoup plus rapide à cette dernière température. Pendant une heure les quantités de sulfate formé ont été respectivement 2,6 sur la lame à n° et 7^4 sur celle à 5o°.
- Ces dernières expériences ont été faites avec des lames peroxydées, préparées d’après la méthode de Planté; mais les auteurs ont obtenu également le même résultat en se servant de lames du système Faure. La chaleur agit donc bien d’une façon générale pour faciliter les réactions secondaires qui donnent lieu, à une production de sulfate de plomb.
- • Comme cette formation de sulfate pendant les repos détermine ensuite une plus grande production de peroxyde, on comprend comment la chaleur peut ainsi favoriser la formation.
- Ces observations n’excluent pas cependant la possibilité d’une action calorifique facilitant directement la formation.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'< ÉLECTRICITÉ
- RÉSUMÉ
- DES
- i
- PREVETS D’INVENTION
- 152184. — SYSTÈME d’appareil galvanométrique, par m. r.-v. picon. — Paris, 18 novembre 1882.
- N S N' est un aimant à trois pôles N, S et N' que l’on peut considérer comme un aimant ayant un point conséquent dans son milieu, et replié en fer à cheval.
- © N ©
- Les deux pôles N et N' sont de même nom, nord ou sud.
- | Cet aimant peut être formé d’une ou plusieurs lames. B, B' sont de petites bobines entourées de fit isolé et montées sur des axes en fer doux, eux-mêmes fixés sur les pôles N, N' de l’aimant. Leur enroulement'est fait dans le même sens, et elles sont placées sur leurs noyaux de telle sorte que le courant qui les parcourt détermine des pôles de noms contraires aux extrémités qui se regardent, c’est-à-dire n et s.
- A est une aiguille aimantée, mobile autour d’un point vertical.
- C C' sont des bobines de bois ou de carton recouvertes de fil isolé, enroulé en deux sens inverses. D est une bobine semblable aux précédentes et destinée à être facilement déplacée.
- Ces bobines C et D ne sont nécessaires que si les bobines B n’ont pas par elles-mêmes une résistance suffisante " pour les mesures auxquelles l’instrument est destiné.
- En l’absence de tout courant, les noyaux des bobines B B' sont polarisés de même sens. L’aiguille aimantée ayant alors ses deux extrémités N et S ’ également attirées et repoussées prend une position perpendiculaire à la ligne des pôles N N'.
- Si maintenant' le courant à mesurer parcourt successivement les bobines BC et D, C'B', l’aiguille va prendre une nouvelle position qui dépend de la force du courant et qui sert à le mesurer.
- Une aiguille légère*solidaire de A le déplace sur un cadran divisé. »
- Un simple changement dans les dimensions du fil permet de mesurer soit les intensités, soit les forces électro-motrices.
- En remplaçant la petite aiguille aimantée par une petite bobine à fil fin placée en dérivation, et en employant du gros fil sur les bobines B, B', l’appareil indique le produit El, c’est-à-dire le travail.
- Enfin l’application d’un petit miroir sur l’axe vertical permet de faire de l’appareil un galvanomètre à miroir.
- II y a un* courant limité pour lequel l’aiguille dévie de 900. Pour tout courant supérieur, la déviation reste la même. En réglant la longueur du fil de la bobine D, on peut fixer cette limite à volonté.
- 152185. — perfectionnements dans la construction des
- . MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES, PAR MM. N.-B.-T. ELPHINS-
- tone et ch.-w. Vincent. — Paris, 18 novembre 1882.
- Les inventeurs forment les anneaux des armatures des machines dynamo-électriques en les enroulant sur un mandrin rotatif et en les moulant par la chaleur et par la pression, ou par la pression seule. *
- Sur l’arbre C sont ajustées des plaques rayonnantes en
- fer doux DD constituant les aimants fixes intérieurs. E est un tambour d’armature. Des anneaux de fil isolé e entourent le tambour sur lequel ils reposent longitudinalement. Les bâtis latéraux FF portent les aimants GG qui constituent les aimants du champ magnétique extérieurs; ces aimants se composent de plaques de fer doux ayant une section transversale en forme de V. H est le commutateur et I une poulie qui donne un mouvement de rotation à l’armature pour mettre la machine en action. K est un bâti annulaire
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- qui soutient les porte-balais du commutateur. Les fils des aimants D sont enroulés de manière à leur donner alternativement des polarités nord et sud. De même les aimants G sont disposés de manière à présenter des pôles opposés aux aimants D. Les aimants extérieurs et intérieurs sont pourvus de grandes pièces polaires pour présenter des champs magnét ques étendus aux anneaux de l’armature tournante, et les extrémités des bobines de ces deux séries d’aimants sont ameneés à une tablette L pour recevoir le courant excitateur des balais du commutateur. Le commutateur se compose d’un cylindre en laiton H sur lequel est ajusté un cylindre de vulcanite h1 présentant des rainures longitudinales pour recevoir une série de barres en laiton /x2; dans ce cas elles sont au nombre de 36, deux pour chaque anneau.
- Pour faciliter l’accès à l’intérieur du tambour, les inventeurs proposent de faire le tambour en plusieurs segments et de relier ces segments ensemble. Pour permettre de les séparer, les bobines doivent être disposées en groupe sur chaque segment.
- Ils emploient aussi seulement une paire de balais, et ils relient les barres, bandes ou plaques du commutateur en groupes de trois, au moyen de plaques métalliques de couplage amovibles isolées l’une de l’autre. Par ce moyen, ils prétendent non seulement réduire le frottement sur ce commutateur, mais diminuer considérablement les étinèelles et aussi la perte de courant provenant de l’établissement et de la rupture fréquente des contacts.
- Enfin ils ont perfectionné l’application des anneaux sur les armatures à disque. A cet effet, les anneaux sont disposés radialement entre une paire de disques porteurs et autour d’un axe sous la forme d’un anneau, les anneaux chevauchant les uns sur les autres et étant fixés aux disques. Cette armature doit tourner entre deux séries d’aimants de champ magnétique, avec des pôles opposés composés de bobines serrées entre des planches fixes. Les anneaux d’armature peuvent varier de forme.
- 152224. — APPAREIL A ENROULER LES FILS SUR LES ARMATURES DES MACHIMES DYNAMO-ÉLECTRIQUES, ETC., PAR M. W.
- b. espeut. — Paris, 21 novembre 1882.
- Dans son système, l’inventeur emploie un appareil composé d'une bobine ou enrouleur tournant, ou porte-bobine, qui p.eut être mis en mouvement par un moyen quelconque. Cette bobine, dans le cas de l’enroulement sur une armature auxiliaire est fendue ou articulée ou est pourvue d’un vide de manière que l’armature puisse y être engagée de la même manière qu’un maillon de chaîne dans un autre. Le fil qui doit être enroulé sur l’armature est enroulé sur la bobine, et son bout libre est soumis à l’action d’un appareil à friction d’un genre quelconque et vient s’attacher à l’armature. Si l’on imprime un mouvement de rotation à la bobine, le fil se déroule pour venir s’enrouler sur l’armature ou autre corps en couches régulièrement distribuées.
- 152252. — nouveau système de lampes électriques, par M. e. picard. — Paris, 22 novembre 1882.
- M. E. Picard revendique comme sa propriété exclusive :
- 10 L’emploi dans les lampes électriques à incandescence ou à arc d’un gaz, d’un liquide quelconque, ou même d’un corps solide qui, sous l’influence de la chaleur produite par le passage du courant électrique est susceptible de se volatiliser en produisant des vapeurs pouvant conduire le courant électrique ; — 2<> l’emploi, pour le pôle inférieur, d’une matière réfractaire poreuse ou perforée, et pouvant permettre aux vapeurs formées dans le tube c, de le traverser pour se diriger vers le pôle supérieur de la lampe et d’être portées à l’incandescence par le passage du couxant; —3° l’emploi d’un fil de résistance traversant le liquide et qui, échauffé par le passage du courant, vaporise en partie ce
- liquide et produit des vapeurs conductrices de l’électricité; — 4° la disposition de la lampe formée de deux vases communiquants A et c, dont l’un porte le charbon inférieur par l’intermédiaire du robinet d9 et dont l’autre porte le charbon supérieur par l’intermédiaire du support/et du porte-charbon c; — 5° l’application aux lampes électriques, quels que soient leur système, leur forme et leur disposition, d’un corps quelconque pouvant se volatiliser et dont les vapeurs sont destinées à servir de conducteurs entre les deux pôles de la lampe; — 6° l’application consistant à mélanger aux
- Conducteur
- conducteurs ou au liquide des substances pouvant colore la flamme par leur incandescence ou leur combustion.
- La figure montre un type de la lampe électrique réalisant les conditions énoncées : A est un réservoir contenant le liquide que nous supposons être ici de l’huile de colza; ce liquide est amené par le tuyau B dans le tube c qui est traversé par un conducteur résistant que le passage du courant échauffe ; ce conducteur aboutit au robinet d qui supporte un morceau de charbon perforé, au travers duquel les vapeurs s’échappent et rencontrent l’autre conducteur e. Ces vapeurs sont portées à l’incandescence et produisent la lumière." Le robinet d sert à régler l’écoulement des vapeurs.
- Un système de régulateur, analogue à celui de la lampe Brush, peut régler la longueur de l’arc en faisant varier la position du charbon supérieur.
- 152257. — nouvel accumulateur sec a surfaces isolées
- PERMETTANT LE REDRESSEMENT ET LA DIVISION DES COURANTS, PAR LA SOCIÉTÉ L. ENCAUSSE ET CANÉSIE. — Paris, 23 novembre 1882.
- Cet accumulateur se compose d’éléments distincts que l’on peut à volonté disposer en tension ou en quantité; on peut
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÊLECTRICITÊ
- aussi les isoler les lins'des autres et obtenir ainsi des courants séparés.
- Pour construire un élément, on enroule une feuille de plomb très mince, de manière à avoir une grande longueur d’enroulement. Au milieu de cette spirale- A se trouve disposée une lame de plomb B qui dépasse par ses deux extrémités d’une certaine longueur; puis on entoure avec une cordelette vernie ou goudronnée C la spirale dans toute sa largeur Deux bagues de caoutchouc D sont fixées aux deux bouts de la spire.
- , Ensuite on enroule une seconde feuille de plomb très mince E sur la cordelette et les bagues de caoutchouc, et on en forme une spirale. Dans le dernier tour de la spirale E on place une lame de plomb G qui la traverse dans toute sa longueur et la dépasse à ses deux extrémités. Il ne reste plus ensuite qu’à enrouler une cordelette H autour de cet
- appareil. Les feuilles de plomb que l’on emploie sont recouvertes d’un vernis isolateur et les surfaces des spires sont sans contact l’une avec l’autre. Les éléments construits se montent entre deux plateaux M et N qui sont composés de la même manière de deux parties m, tn' et n, Entre es faces de ni, m' et de «, n' sont disposées des feuilles de flanelle. Dans le pjateau N, toutes les électrodes indistinctement viennent reposer sur la flanelle et ne sont pas en contact direct les unes avec les autres. Dans le plateau M, les électrodes sont disposées en tension et en contact avec la flanelle.
- Les électrodes en M sont divisées en deux et forment deux circuits distincts ayant à chacune de leurs extrémités des bornes de contact. Les plateaux M, N sont reliés entre eux. Les flanelles sont toujours tenues humides au moyen d’eau acidulée. Pour tenir les flanelles humides, des trous sont ménagés dans ces plateaux, comme on le voit en P, et tiennent en réserve une petite colonne de liquide.
- 152262. — LAMPES ÉLECTRIQUES A INCANDESCENCE, PAR m. g.-G. andré. — Londres, 28 mai 1882. — Paris, 23 novembre 1882.
- La première partie de l’invention consiste dans la fabrication d’un nouveau charbon arqué, bec ou brûleur. L’inventeur emploie de préférence une fibre végétale non com-
- pacte ou non cémentée et-déliée; il l’immerge dans de l’huile de graine de lin bouillie. Ensuite il retire le plus qu’il peut de l’huile absorbée et adhérente, en étirant la matière d’abord entre les doigts, puis entre deux feuilles de papier buvard; pujs il soumet le fil à une température d’environ 6o° C., jusqu’à ce que l’huile soit complètement oxydée.
- Pour empêcher les charbons brûleurs de se briser dans la partie recourbée de leur longueur, cette partie étant celle qui se trouve le plus étirée, M. André fait le brûleur, par exemple, en forme de V renversé, dont le sommet est replié selon une courbé de très petit rayon. La partie recourbée doit être plus conductrice que 4e reste.
- Il peut carboniser la matière du brûleur de la manière ordinaire; mais il préfère carboniser la matière dans du mercure, ou il expose aussi la matière' à l’influence d’un fluide, en l’enfermant dans une boite contenant de l’air et qu'il place d’abord dans un bain de mercure, métal fusible ou sable, puis, pour compléter la carbonisation, à une haute température, dans un moufle ou autre fourneau. Il emploie encore d’autres moyens de carbonisation des brûleurs à incandescence.
- Enfin il brevète un support qui consiste en une courte pièce cylindrique en matière isolante, munie de deux ouvertures pour recevoir les fils de la lampe, et de ressorts latéraux en communication avec les bornes sur lesquellès ces ressorts sont serrés et maintenus par un anneau isolateur qu’on fait glisser dessus.
- 452277. — SYSTÈME D’ÉLECTRO-AIMANTS SPHERIQUES, PAR m. l. bonnefils. — Paris, 25 novembre 1882.
- Ces sortes d’électro-aimants sont constitués par un noyau sphérique de fonte ou de fer creux ou pleins, sur lequel se trouve enroulé, en spirale et toujours dans le même sens, un fil ou plusieurs fils recouverts de matière isolante.
- Soit une sphère de fonte AB (fig. 1), mobile entre les deux pôles épanouis N S d’un électro-aimant ordinaire ou d’un aimant N M S. Cette sphère est percée suivant son diamètre d’un trou par lequel passe un axe qui la traverse
- FIG. I
- C, et qui sert à lui communiquer un mouvement de rotation entre les deux pôles de l’électro-aimant inducteur. Perpendiculairement à cet axe, et suivant une ligne passant par le centre de la sphère, sont percés deux trous cylindriques dans lesquels passent les deux extrémités libres d’une hélice de fil de cuivre isolé, roulé en spirale autour de la sphère. Ces deux bouts de fil "se bifurquènt sur l’axe et vont rejoindre à l’intérieur de la sphère deux plaques isolées l’une de l’autre o o' qui servent de contact aux ressorts frotteurs d’un commutateur TT'.
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- * ' 3o ‘ ' . LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- La sphère AB tournant dans le sens indiqué par la flèche à mesure que le pôle A s'éloigne du pôle de l'aimant N, il s'y développe un certain courant de sens déterminé; ce courant reste de même sens pendant tout le temps que le pôle A va du pôle N au pôle S. Pendant la seconde demi-révolution du pôle A qüi s'éloigne du pôle S et s'approche du pôle N, ce courant est engendré de la même manière, seulement il est inverse de ce qu'il était dans la première moitié du mouvement.-
- Le commutateur doit être combiné de façon à recueillir : i° les courants produits dans l'hélice de la sphère par l'éloignement et le rapprochement des pôles; 2° les courants produits dans les spires de l'hélice pendant leur passage devant les pôles de l'inducteur N S.
- Afin d'augmenter les effets d'induction, M. Bonnefils place un nombre quelconque d'hélices sur la sphère. Sur la première, il en place dans le même sens une deuxième; sur cette deuxième, une troisième, etc., de façon que les pôles de chaque hélice se trouvent suivant le prolongement d'un même diamètre. Il obtient ainsi une sphère magnétique à deux pôles et à plusieurs fils. Si on enroule les fils des hé-
- fig. 6
- lices de façon que chaque extrémité d'hélice forme un pôle, placés les uns à côté des autres, on obtient une sphère magnétique à plusieurs pôles.
- Il revendique aussi Iq construction et l’application des sphères magnétiques creuses employées pour induire des bobines-sphères, anneaux, cylindres, etc., tournant dans leur intérieur. Le noyau sphérique creux se compose de deux calottes de fonte réunies par la base D O et sur lesquelles se trouve enroulé du fil isolé (fig. 2). Dans, l'intérieur de cette sphère et remplissant exactement son intérieur, se trouve un disque en fer d'une faible épaisseur supporté par un axe qui lui permet de tourner à l'intérieur de cette sphère sans frottement des parois. Cet axe est muni à l'extérieur de la sphère d'un commutateur.
- Si on fait passer un courant électrique dans le fil /,/' qui enveloppe la sphère, il se formera deux pôles magnétiques, A, B agissant tous les deux par attraction sur les parties supérieures et inférieures dû disque de fer qui se trouve dans la sphère. Ce disque tournera dans le sens de la flèche; au moment où il arrivera devant les pôles AB, le commutateur rompant le courant, l'aimantation cessera, et le disque, par sa vitesse acquise, continuera sa rotation jusqu’au moment où il aura dépassé la ligne.neutre DO; à ce moment un nouveau courant vient aimanter la sphère extérieure, et le mouvement se continue.
- 152233. — PROCÉDÉ DÉ CHAUFFAGE ÉLECTRIQUE, PAR M. F.-T. romiguiéres. — Pétris, 24 novembre 1882.
- M; Fi-T. Romiguiéres se propose d'utiliser, en vue de tous besoins domestiques ou industriels, la chaleur déve-
- loppée par le passage d'un courant électrique d'une intensif suffisante dans un fil ou mieux ‘dans une lame métallique de section très réduite. L'inventeur a pensé qu'en plaçait cette lame au sein d'un liquide mauvais conducteur de l'électricité, mais bon accumulateur de la chaleur (tel ‘que l'huile de pied de bœuf, par exemple), on pourrait faire absorber par ce liquide, et à peu près sans déperdition, la chaleur que le passage du courant développerait dans la lame. Il applique ce principe à l'établissement d'ustensiles pouvant servir dans l'industrie ou dans la vie domestique, à la cuisson ou au chauffage. Quand on voudra faire usage de vases de toutes sortes qui, placés sur un foyer, servent Actuellement à faire chauffer les liquides ou aliments, on pourra remplacer le foyer par; l'immersion dans le liquide, par exemple, d'une simple lame de platine chauffée par un courant électrique et portée par un support qui l'isole des parois du vase. .Il emploie de préférence un appareil spécial basé sur ce même principe. Pour régler la dépense du courant électrique dans la lame de platine, l'inventeur interpose dans le circuit un interrupteur analogue à ceux des bobines d'induction.
- 152289. — COMMUTATEUR CONJONCTEUR A CROCHETS, SYSTÈME sieur, par m. y.-x.-e. sieur. — Paris, 24 novembre 1882.
- La figure représente la disposition la plus simple d'un eonjoncteur ou commutateur à un seul crochet. Ce crochet est fixé par son ressort R, au moyen d'une vis, sur une semelle S; le tout est métallique. Un piton D, auquel est fixé
- un fil conducteur B, placé dans un cordon souple E, peut facilement s'engager dans le crochet C, qui le serre plus ou môins fortement contre la semelle S, selon la’ raideur que Ton veut donner au ressort R. La forme du crochet permet d'en retirer le piton aussi facilement qu'on l'y engage. Pour établir, une communication entre le fil A et le fil B, on engage le piton D dans le crochet C, et, pour rompre cette communication, il suffit de retirer le piton du crochet. Le conducteur souple E, au lieu d'un anneau ou piton D, peut être terminé par une simple tige ou un crochet.
- L'inventeur revendique en outre le droit d'utiliser ce système de commutateur ou eonjoncteur pour les communications électriques de toutes natures, télégraphiques, téléphoniques, de lumière électrique, etc., se réservant, suivant l'usage auquel cet instrument sera destiné, de le placer, comme il l'entendra, en nombre indéterminé et suivant les dispositions qu'il lui conviendra de prendre.
- 159293. — appareil destiné a avertir électriquement du passage des Trains, par m. l. mors. Paris9 35 novembre 1882*
- L'appareil se compose d’une cavité reliée au rail ou à une traverse et fermée par un bouchon métallique qui est isolé
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- des parois de la cavité. La cuve contient un liquide conducteur jusqu'à une certaine hauteur, que l'on règle à volonté au moyen d'une vis. Au repos, le 'liquide ne doit pas atteindre le niveau de la partie inférieure du bouchon, qui est en relation avec un fil allant à un appareil récepteur électrique quelconque. Le liquide est relié avec un autre fil qui se rend à la terre ou à une pile de un ou de plusieurs éléments intercalée dans, le circuit de l'appareil récepteur et de l'avertisseur. Quand un train passe à proximité de l'avertisseur,'celui-ci est soumis aux trépidations qui agitent le liquide de la cuve et font qu’il va frapper la partie inférieure du bouchon : le circuit électrique est alors fermé ; le courant passe, va au récepteur et fournit un signal donné soit par une sonnerie ordinaire, soit par une sonnerie à relais, soit par un électro-aimant ordinaire ou polarisé produisant le déclenchement d'un signai visuel.
- Dr Camille Grollet.
- FAITS DIVERS
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- Un chemin de fer mû par l'électricité, bien que chose rare/ a cessé d'être une nouveauté. Mais le chemin de fer électrique que l'on va construire à Londres depuis Charing Cross jusqu’à la gare de Waterloo du London and South-Western Railway et quî passera sous la Tamise dans des caissons en fer ne peut manquer d'exciter un vif intérêt. Des contrats ont été conclus pour la construction et l'exploitation des travaux qui comprendront une voie double pour le transit de véhicules circulant à intervalles fréquents entre le haut de la Northumberlaud Avenue, en face du Grand Hôtel à Charing Crqss et la gare de Waterloo. On accédera à chaque extrémité de la lignç au moyen d’escaliers. Le tunnel passera sous la Northumberland Avenue et le Victoria Em-bankment, à travers la Tamise sous le lit du fleuve et sous College Street et Viue-Street. Les wagons du railway électrique seront construits entièrement en acier et en bois sans aucun drap, ni cuir. Les rques seront sous le centre de la voiture, et chaque paire de roues mettra en mouvement des roues actionnées par une machine dynamo, prenant son électricité d'un rail conducteur. Le centre de chaque wagon sera occupé pàr la machine dynamo, les extrémités seront réservées aux voyageurs. La vitesse devant être limitée à onze milles à l'heure, la durée du trajet sera d’environ trois minutes et demi. MM. Siemens frères se sont chargés de l'installation des machines et appareils électriques nécessaires pour l’exploitation de ce railway dont l'inauguration doit avoir lieu dans un délai de dix-huit mois. Déjà une arche a été creusée sous le Victoria Embanlunent.
- A la suite de l'Exposition d'électricité de Munich, il s'est formé dans cette capitale un syndicat en vue de faciliter les entreprises électro-techniques.
- Présidé par M. de Maffei, conseiller du royaume, ce syn-dicarcompte parmi ses membres un grand nombre de notabilités. Son activité se déploie principalement pour rendre la Bavière indépendante des autres pays dans le domaine de l'électricité, pour aider l’Etat et les communes dans toutes les études pouvant avoir un résultat pratique.
- Partout où est constatée la possibilité de créer des établissements électro-techniques, la Société prête son concours et se charge même de l'exécution directe des tra^ vaux.
- L'empereur de Russie vient d'accorder à la Société technique russe de Saint-Pétersbourg que préside le prince Kot-schoubey la somme de quinze mille roubles pour aider à la formation de la section russe à l'Exposition Internationale
- d'électricité de Vienne. M. Welitscko qui représentait le département russe à l'Exposition Internationale de Paris en 1881, a été chargé de l'organisation du groupe russe à Vienne.
- Ou vient de faire à Vienne des expériences avec un nouvel accumulateur électrique inventé par un Viennois.
- Éclairage électrique.
- Dans le quartier de Lambeth à Londres, à Brixton Road, près de la London and County Bank, une installation électrique vient d'être faite par la Brush Electric Light Com-pauy.
- Un vaisseau de guerre anglais, le Raittbow, ancré près du pont de Waterloo à Londres, a été ces jours derniers entièrement pourvu d'appareils d'éclairage électrique à l'occasion des fêtes et représentations théâtrales organisées par les volontaires du ior corps de la Royal Naval Artillery. Quarante lampes Swan de dix candies chadtine avaient été disposées sur le pont du vaisseau. Le courant était fourni par des batteries Duplex et les lampes étaient reliées en dérivation.
- Le conseil de la ville d'Aberdeen, en Ecosse, vient d'autoriser l'éclairage à l'aide de l'électricité des bâtiments du nouveau marché d'Aberdeen pendant un certain nombre d'heures chaque nuit. Cet éclairage n'aura lieu qu'à titre d'essai.
- Nous avons parlé dernièrement de l'emploi de l’éclairage électrique dans les théâtres. M. Tchikoleff nous signale encore une installation qu’il a faite au mois d'août 1882 dans le théâtre Korch à Moscou. Cet éclairage électrique fonctionne depuis son installation et le théâtre ne possède aucun bec de gaz ni autres systèmes d'éclairage. Les lampes sont distribuées dans le théâtre de la façon suivante :
- Scène : rampe ....
- — coulisses. . .
- — herses.......
- Salle : loges.........
- — plafond. . . .
- Foyer, corridors, vesti bule, buffet, etc.. .
- A l'extérieur.........
- 36 lampes Edison de 16 bougies. 60 — —
- 40 — —
- 2o-v> — Swan —
- 16 lampes Edison de 16 bougies. 20 — —
- 4 — à arc de 400 bougies.
- 3 lampes à arc de 3oo bougies.
- 170 — Edison de 16 —
- 4 — à arc de 3oo —
- Les coulisses renferment en outre 4 lampes à arc de 400 bougies avec verres colorés pour les effets de scène.
- On nous informe qu'on a appliqué depuis un an la lumière électrique à l'éclairage des salines de Szlatina en Hongrie. Cet éclairage effectué avec 20 lampes à arc de 600 candies chacune, par MM. Ganz et C° de Buda-Pesth, a donné des résultats tellement satisfaisants que la direction des salines de Maros-Ujvar s'est décidée à étendre le mode d’éclairage de ces salines en y ajoutant 14 lampes aux 14 autres qui y étaient déjà installées. Ces nouvelles lampes seront alimentées par une machine spéciale à courants alternatifs et la force motrice nécessaire au fonctionnement des deux machines sera fournie par une machine à vapeur de 35 chevaux. La nouvelle installation sera faite par la Compagnie Ganz avec leurs propres machines et des lampes du système Xipernowsky.
- La même Compagnie Ganz a entrepris également l'éclai-
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- rage des bureaux de l’administration des télégraphes de Buda-Pesth, pendant ïo années, à l’aide de 200 lampes Swan. L’installation va être achevée dans trois mois. Déjà depuis quelques semaines, la maison Ganz avait effectué l’éclairage des magasins à grains de Buda-Pesth au moyen de'220 lampes Swan, et la commission chargée de le recevoir s’en était montrée très satisfaite.
- II paraît du reste, que beaucoup d’autres éclairages de ce genre vont encore être effectués prochainement dans l’Empire Autrichien, entre autres dans la distillerie deMM.Goyn-wal et à la villa Rosner à Buda-Pesth, aux usines de MM. Bohler à Watdhofer et au palais des Arcades, à Vienne. Celui-ci sera illuminé par 25o lampes Swan aux Irais des locataires.
- Trois mille cinq cents lampes Edison et quatre foyers électriques d’une puissance de quarante mille bougies ont été disposés à Moscou, les lampes sur les tours de l’Assomption et de Jean le Grand, les soleils sur les quatre tourelles des murailles extérieures. x
- A Chicago (Etats-Unis), la Western Edison Light Company installe soixante-dix lampes dans les bâtiments de la Merchants’ National Bank, sept cents lampes au théâtre Haverley et deux cent cinquante dans les bureaux et ateliers de VExpress,
- A Boston (Massachusetts), va être établie une station centrale d’éclairage Edison, capable de fournir vingt mille% * umières.
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- A Danville (Pensylvanie), doit être installée une station d’éclairage électrique, système Edison.
- En Australie,aux mines de la Band and Albion Company, ont eu lieu des essais d’éclairage électrique : quarante et une lampes Swan posées par l’Australian Electric Light Company avaient été distribuées dans divers ateliers, salles et entrées de puits. Le courant était engendré par une machine dynamo et les aimants étaient excités par une petite machine séparée.
- A Hobart-Town, capitale de la Tasmanie, l’Exposition industrielle ouverte récemment a été illuminée avec des foyers Brush.
- Télégraphie et Téléphonie
- Un nouveau câble électrique est immergé en ce moment entre l’Angleterre et l’Irlande:par ordre du Post-Office. Ce câble, que pose le vapeur Dacia, la environ soixante-quatre milles de longueur. Il a été fabriqué par la Compagnie Silvertown et contient quatre conducteurs. Installé au nord du câble existant, il s’étendra de Wexford à la Fish guard Bay.
- A Madrid vient d’être publié un décret accordant la concession d’un câble électrique de Cadix aux Canaries et d’un autre câble des Canaries au Sénégal. Cette nouvelle ligne sous-marine fera partie du réseau dt l’Union télégraphique et sera soumise aux clauses de la convention de Saint-Pétersbourg. Le concessionnaire devra dans l’espace de deux mois obtenir du gouvernement français l’autorisation d’amarrer le câble sur la côte du Sénégal. L’Espagne, de son côté, assurera la communication rapide et régulière de Cadix à laTrontière française.
- les districts occupés par les Boers, anciens colons hollandais du Cap, et où se trouvent les villes de Blœmfontein, capitale de la République du fleuve Orange, Harrysmith, sur la route de la colonie de Natal, Smithfield où il se fait un grand commerce de laines avec la colonie du Cap. La longueur de cette ligne télégraphique sera d’environ deux cent quatre-vingt-six milles.
- A Londres, la « Vestry » de Camberwell vient d’autoriser la United Téléphoné Company à poser des fils aériens, dans son district pour des communications téléphoniques.
- A Wolverhampton, centre d’une industrie considérable de serrurerie et d’ouvrages en fer dans le comté de Stafford, la Chambre de commerce vient d’adresser au Maître général des Postes du Royaume Uni un mémoire pour réclamer de nouvelles facilités relativement aux communications par téléphone.
- Blackburn, ville du comté de Laucastre, peuplée d’environ soixante-dix mille habitants et centre d’une grande fabrication de tissus de coton possède depuis quelque temps •déjà un réseau téléphonique. Elle va en avoir un second qui sera construit sur le modèle de celui de la ville voisine de Preston. Le prix d’abonnement au nouveau réseau sera de moitié moins élevé que celui que les habitants de Blackburn paient actuellement; il a été-fixé à six livres ^sterling par an pour une distance d’un mille du bureau central. Les instruments seront le téléphone Gower Bell du Post Office ou le téléphone Bell et le transmetteur Crossley.
- A Birmingham, la National Téléphoné Company vient d’organiser pour les abonnés de §on bureau central uu service de nuit qui fonctionne sans interruption, même le dimanche.
- A Zurich, les bâtiments de l’Exposition nationale sont reliés atl réseau téléphonique de la ville.
- A Moscou, les palais et administrations militaires viennent d’être mis en communication pat téléphone.
- Au meeting annuel de l’American Bell Téléphoné Company qui vient de se tenir à Boston, il a été dit qu’un total de deux millions de milles de fils aériens avait été ajouté au système de la Compagnie pendant le dernier exercice. Les principaux centres d’établissement du téléphone Bell sont à Boston, New-York. Chicago, San Francisco, Montréal.
- Nous avons déjà parlé des expériences de téléphonie.à longue distance faites entre New-York et Cleveland.
- De nouvelles expériences ont été faites entre New-York et Chicago La distance entre les deux extrémités de la ligne était de 1600 kilomètres (1 000 milles), et le succès a été complet Les personnes placées dans le bureau de la Bourse à Chicago pouvaient reconnaître très nettement la voix de celles qui parlaient à New-York, au n° 49 de Broadway.
- Pour obtenir ce résultat on s’était servi d’un nouveau conducteur consistant en un fil d’acier recouvert d’une couche de cuivre et dont la résistance électrique jusqu’à Chicago n’était que de 1 522 ohms.
- Le Gérant : A. Glénard.
- Le gouvernement de l’Etat libre du fleuve Orange (Afrique australe), va faire construire une ligne de télégraphe dans
- Paris, — Imprimerie P Mouillot, i3, quai Voltaire. — 38o58
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 5i, rue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL Administrateur-Gérant : A. GLÉNARD
- ANNÉE (TOME IX)
- SAMEDI 12 MAI 1883
- N° 19
- SOMMAIRE
- Régulateurs de vitesse pour les instruments électriques de précision (3e article); Th. du Moncel. — Etudes sur les éléments de la théorie électrique (7° article); E. Mercadier.
- — Le premier moteur électrique; O. Kern. — Mesure de l’affaiblissement des sons dans le téléphone; Frank Ge-raldy. — Applications de l’électricité à la manœuvre des signaux sur les chemins de fer (8e article); M: Cossmann. -p. La mesure des résistances au moyen du téléphone; Au g. Guerout. — Sur un nouvel électro-dynamomètre pour les courants alternatifs très faibles; M. Bellati. — Revue des travaux récents en électricité : Expériences micropho-qiques de MM. J. Munro et B. Warwick. — Régulateur de vitesse pour machine de navire à vapeur, par M. Brown
- — Importance de la téléphonie dans les différents pays. — Les installations d’éclairage électrique du paquebot la Normandie. — Sur l’emploi de la terre glaise comme électrode, par le Dr Apostoli. — Recherches sur la décharge électrique dans les gaz raréfiés. — Relation entre la conductibilité électrique des liquides et leur fluidité. — Résumé des brevets d’invention; Dr Camille Grollet. — Correspondance : Lettre de M. J.-W. Giltay. — Faits divers.
- RÉGULATEURS DE VITESSE
- POUR
- LES INSTRUMENTS ÉLECTRIQUES
- DE PRÉCISION
- 3° article. ( Voir le nos des 14 et 21 avril.)
- Régulateur de M. Marcel Deprez. — L’un des régulateurs électriques de vitesse les plus simples et en même temps les plus efficaces, est celui que M. Marcel Deprez combina il y a environ cinq ans pour régulariser la marche de son petit moteur. Nous en avons déjà dit quelques mots dans les descriptions que nous avons données de cette intéressante machine, mais nous croyons devoir entrer dans des détails plus circonstanciés sur son mode de fonctionnement et sur les résultats expérimentaux qu’il a fournis.
- Il se compose essentiellement, comme on le voit dans la figure 14 ci-dessous, d’une lame élastique I H fixée à l’une de ses extrémités H sur l’axe E F qui est entraîné dans le mouvement de rotation du moteur, et dont l’autre extrémité I porte une petite masse métallique C traversée par une
- vis D qui s’appuie sur un butoir B. En tournant la vis D, ont peut donc donner à la lame I H une tension plus ou moins considérable qui aura pour effet d’appuyer l’extrémité de la vis D sur le butoir B. Si l’axe E F est animé d’un mouvement de rotation, la force centrifuge développée sur la masse C aura pour effet de diminuer la pression exercée contre le butoir B. par la vis D, et pour une certaine vitesse angulaire w dont la valeur est facile à déterminer, cette pression sera nulle. Si la vitesse angulaire dépassait cette valeur « d’une quantité très petite, la vis cesserait de toucher le butoir B. Cela étant, supposons que le moteur qui met en mouvement l’axe EF soit un moteur électrique et que le courant qui l’anime soit obligé de passer de A en B par la lame IH, les pièces A et B étant isolées de l’axe E F.
- Tant que la vitesse de l’axe EF sera inférieure à <d, le courant pourra passer, et la vitesse du moteur ira en augmentant, en supposant toutefois, ce qui est une condition indispensable, que ce courant possède une intensité supérieure à celle qui est nécessaire pouf imprimer au moteur une vitesse id. Au moment où le moteur passera par la valeur co, la pression de la vis D sur le butoir sera nulle, mais le courant pourra passer encore. Mais si la vitesse dépasse infiniment peu <0, l’extrémité de la vis D cessera de toucher B, et le courant sera interrompu. La vitesse commencera alors évidemment à décroître, mais dès qu’elle aura décru d’une quantité extrêmement petite, le contact sera rétabli et le courant passera de nouveau. On voit donc que la vitesse du moteur oscillera perpétuellement entre deux limites excessivement rapprochées. « On peut, dit M. Deprez, se faire une idée des variations de vitesse tolérées par cet appareil au moyen des considérations suivantes. Appelons f la pression exercée par la vis D sur le butoir B, a> la vitesse angulaire à laquelle doit tourner l’axe EF pour que cette pression soit exactement équilibrée par la force centrifuge, m la masse de la vis et du petit bloc de métal C (la masse du ressort étant négligée) et r la distance du centre de gravité de l’ensemble de ces deux pièces au centre de l’axe
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- EF: nous aurons f—mta*r, et si nous désignons par df l’accroissement de pression nécessaire pour assurer complètement le passage du courant, accroissement qui nécessitera une diminution de vitesse d to, nous aurons df= — 2 m u>rdio, d’où l’on tire successivement :
- , df d (o df
- dm —--------— et---- = ---,
- 2 m to r 10 2 m «>2 r
- riences faites sur un moteur électrique muni de ce régulateur et dans lesquelles on mesurait avec un pointeur automatique la durée de 3 000 révolutions de l’arbre porteur de l’électro-aimant. Afin de montrer que les variations d’intensité du courant n’avaient pas d’influence, on a expérimenté d’abord avec une pile de 2 éléments, puis avec une pile de 4 éléments, et on a trouvé les chiffres suivants :
- mais — n’est autre que la variation relative de la
- ü) 1
- vitesse <0. On voit que cette variation relative sera d’autant plus petite, pour Une mêmevaleur de df. que mufr sera plus considérable.
- De la première équation, on conclut to = \/ yy
- Il est donc très facile de faire varier u> en faisant varier l’une des trois quantités f, m ou r. Le procédé le plus simple est évidemment de faire varier f en tournant plus ou moins la vis D.
- « Si l’ensemble du ressort IH et de la masse C
- FIG. 14
- n’était pas équilibré, il en résulterait des trépidations qui troubleraient le fonctionnement du régulateur. Pour éviter cet inconvénient on a placé à l’opposé de la masse C une autre masse G mobile le long d’une vis H permettant de placer la niasse G à une distance convenable de l’axe E F. »
- Les avantages de ce régulateur sont les suivants :
- i° Très grande simplicité de construction;
- 20 Absence totale d’articulations et par suite de frottements perturbateurs ;
- 3° Absence de conditions relatives à la distribution des masses qui le composent, tandis que les régulateurs qui passent pour les plus parfaits sont composés déniasses tournantes dont les ellipsoïdes d’inertie doivent satisfaire à des conditions déterminées;
- 40 Action absolument instantanée ayant pour effet d’éviter le phénomène connu sous le nom d’oscillations à longue période, qui se produit toujours avec les régulateurs dits isochrones.
- M. Deprez a trouvé le moyen d’appliquer son système à toute espèce de moteur non électrique et de faire varier la vitesse de régime pendant la marche même, mais la description de ces dispositifs sortirait de notre cadre actuel. Nous nous bornerons à donner en terminant un tableau d’expé-
- Diu-ée do 3ooo ‘révolutions
- Avec 2 éléments. . Avec 4 éléments.
- 0,9...................................... 96,8
- 97.o...................................... 96,9
- 96,9...................................... 96,9
- 96.8..................................... 97,0
- 97.0...................................... 97,0
- 96.8 .................................... 97,0
- 96,6...................................... 96,9
- 97.0...................................... 97,1
- 9M........................................ 97,0 .
- 97.0. .................................... 97,0
- 96i8...................................... 97,0
- 9&»7...................................... 97,2
- 96.9 .................................. 97,o
- 97,0...................................... 97,0
- 9M....................................... 97,0
- 96,8.................................... 97,1
- 96,8...................................... 97,2
- Durée des. Si 000 tours avec 2 éléments.. . . 1 646,6 Durée — avec 4 éléments.. . . 1 649,1
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- La variation, comme on le voit, est excessivement minime.
- Système de M. E. Mouline. —Dans ce système, imaginé en i863 et spécialement appliqué aux machines à vapeur, le régulateur à force centrifuge du moteur'est établi à l’extrémité d’un axe vertical mis en rapport de mouvement avec le moteur, et qui réagit par l’intermédiaire de son collier sur une bascule à fourchette terminée par une godille de commutateur. Cette godille oscille entre deux contacts qui correspondent à deux électro aimants cir-.culaires de Nicklès adaptés sur l’axe même de rotation du régulateur, et ceux-ci étant mis en action suivant que la vitesse du moteur est trop grande ou trop faible, peuvent réagir par l’intermédiaire de deux cylindres de fer doux placés à portée, sur un mécanisme particulier qui peut ouvrir ou fermer plus ou moins la valve ou la vanne d’introduction du fluide.
- Pour obtenir de la part de deux électro-aimants circulaires tournant dans le même sens une action inverse sur le mécanisme destiné à augmenter ou à affaiblir la puissance de l’agent moteur, les cylindres de fer qui leur servent d’armature et qui sont mis, en temps ordinaire, hors de contact avec leurs pôles annulaires par de forts ressorts à boudin, sont disposés de manière à ne communiquer
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- le mouvement à la roue de manœuvre de la valve ! qu’en deux points diamétralement opposés de sa circonférence. Ce système est du reste extrêmement simple et très analogue à celui de M. Achard, que tous nos lecteurs connaissent. M. Mouline croît, qu’on pourrait le faire fonctionner, sans aucuns frais de pile, en employant le moyen indiqué par M. Lamy et qui consiste à munir d'hélices électro-magnétiques les jantes des volants. Les cburants résultent alors du magnétisme terrestre.
- Système de M. Courtin. — Pour permettre aux régulateurs de vitesse d’effectuer leurs fonctions dans des limites plus étendues et avec une plus grande efficacité, M. Courtin ne se.contente pas d’un simple régulateur à force centrifuge, il adapte au-dessous et sur l’axe même qui le met en mouvement, un régulateur auquel il donne le nom de régulateur parabolique électrique et qui combine son action avec celle du premier. Nous verrons dans le prochain article, au sujet des régulateurs à force centrifuge, le but de cette addition. Ce régulateur parabolique consiste dans une sorte de conduit recourbé en parabole dans un plan vertical et qui tourne avec le régulateur à force centrifuge. Au fond de ce conduit et sur une de ses branches seulement, sont disposées deux lames conductrices isolées l’une de l’autre, et qui forment en quelque sorte deux rails inclinés sur lesquels glisse plus ou moins loin, soit dans un sens soit dans l’autre, suivant la vitesse de l’appareil, un mobile en forme de fuseau, composé de deux cônes métalliqu.es réunis par leur base.
- L’une de ces lames a sa conductibilité métallique interrompue régulièrement de distance en distance par des plaques d’ébonite qui en forment une sorte d’interrupteur, et il résulte de cette disposition que, si les deux lames ou rails sont reliées à un circuit électrique, le mobile en roulant et en s’élevant depuis le point le plus bas de la parabole, pourra fermer et interrompre plus ou moins de fois le courant, suivant l’étendue de la course qu’il aura accomplie et par conséquent suivant la vitesse plus ou moins grande du moteur. Ces fermetures pourront alors réagir sur un système électro-magnétique qui, en mettant enjeu le mécanisme de la valve ou de la vanne, pourra modérer convenablement l’introduction du fluide dans le moteur.
- Afin que les mouvements du mobile du régulateur parabolique sur l’interrupteur ne puissent produire le ralentissement du moteur que dans le sens de son ascension, et qu’ils déterminent son accélération quand ces mouvements se font en sens opposé, M. Courtin emploie deux électroaimants à réactions contraires pour commander le mécanisme d’ouverture de la valve, et met à contribution, comme organe commutateur du courant destiné à animer ces électro-aimants, le régulateur à force centrifuge lui-même, dont le collier est
- muni à cet effet d’utîe pièce métallique oscillant entre deux ressorts de contact. La pile et les deux électro-aimants sont mis en rapport avec ce double système commutateur, par l’intermédiaire de trois ressorts frotteurs qui appuient sur un manchon de bois adapté à l’axe du régulateur et qui est muni de contacts circulaires. Comme les mouvements du régulateur à force centrifuge s’effectuent en même temps que ceux du mobile dans le régulateur parabolique, il arrive que toutes les fermetures de courant effectuées quand ce mobile s’élève, sont transmises par le contact supérieur du régulateur à force centrifuge à travers celui des électro-aimants qui doit abaisser la valve, et que toutes les fermetures effectuées quand le mobile s’abaisse, sont transmises à l’autre électro-aimant par le contact inférieur du même régulateur à force centrifuge, ce qui détermine l’ouverture de la valve.
- La courbe du conduit du régulateur parabolique est d’ailleurs calculée d’après la vitesse de régime de l’appareil, et M. Courtin prétend que cette disposition parabolique est celle qui permet le plus sûrement de réaliser les conditions d’un bon régulateur, car elle permet à un corps de ne rester en repos que quand la vitesse de régime est exactement conservée ; aussitôt que cette vitesse vient à augmenter ou à diminuer, le mobile se déplace dans un sens ou dans l’autre.
- Il existe du reste beaucoup d’autres régulateurs du genre de ceux dont nous venons de parler mais qui n’ont guère d’importance. Ils ne se rattachent d’ailleurs pas à la catégorie d’appareils dont nous parlons en ce moment, et en conséquence nous ne nous en occuperons pas davantage.
- Systèmes appliqués à la régularisation du synchronisme dans les appareils télégraphiques. — Les régulateurs de vitesse que nous avons jusqu’ici étudiés agissent plus ou moins directement, sur le moteur, soit par des actions exercées sur le courant électrique qui l’anime, soit par l’intermédiaire d’effets électriques sur les organes qui en commandent la marche; mais il en est d’autres qui réagissent en même temps comme organes régulateurs du mouvement produit et le règlent mécaniquement. De ce nombre sont ceux qui ont été combinés pour la télégraphie par MM. Hughes, d’Ar-lincourt, Meyer, Baudot, etc.. La nécessité de ces organes s’est fait sentir quand, voulant réduire le nombre des émissions de courant pour l’impression ou le signalement des différentes lettres de l’alphabet, on a soumis les deux appareils en correspondance (transmetteur et récepteur) à des mouvements synchroniques.
- Dans les premiers systèmes imaginés dans ce but, tels que ceux de MM. Vaïl, Siemens, Theiler, on demandait à une sorte de pendule oscillant entre les j pôles d’un électro-aimant et commandant le jeu
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- d’une roue d’échappement, la mise en mouvement des deux mécanismes, et pour cela les deux électro-aimants de ces mécanismes étaient interposés dans le même circuit, et le circuit était tellement disposé que les électro-aimants ne pouvaient réagir sur le mécanisme d’horlogerie que quand les deux pendules étaient arrivés à l’extrémité de leur arc d’oscillation. De cette manière la marche des deux appareils était forcément régulière, mais saccadée et relativement très lente. Cette même disposition à été reprise plus tard, en i856, par M. Ca-selli, dans son télégraphe autographique, mais on n’utilisait que la partie du mouvement comprise dans une demi oscillation. Le système de M. Vaïl aurait été imaginé, d’après ce qu’il dit dans son ouvrage publié en 1848, en 1837; celui de M. Siemens date de 1846. La lenteur du mouvement dans de pareils systèmes fit abandonner bientôt le principe delà synchronisation par échappements électromagnétiques, et on pensa à utiliser simplement celui de l'inertie pendulaire. Les télégraphes à mouvements synchroniques de Theyler furent une des premières solutions avantageuses de ce problème. Dans ces appareils imaginés en 1855, le mouvement d’horlogerie était soumis à l’action d’une roue à rochet sur laquelle réagissait une fourchette d’encliquetage articulée près du point de bifurcation de ses branches, et portant un levier pendulaire muni d’un pas de vis sur lequel courait un petit poids. Sous l’influence du passage des dents du rochet, la fourchette se mettait en mouvement de va et vient et communiquait au levier pendulaire un mouvement d’oscillation plus ou moins prompt, suivant la distance du poids à l’axe de rotation de la fourchette. Les secousses mécaniques produites par ce système, son bruit assourdissant et sa lenteur de mouvement empêchèrent de l’employer.
- Puis vint le système de M; Renoir, dans leque les mouvements du dernier mobile du mécanisme" d’horlogerie étaient régularisés par un pendule conique , système qui dû reste a été appliqué dans les chronographes de M. Martin de Brettes. Tous ces mouvements ainsi régularisés étant trop lents quand ils pouvaient être efficaces, on chercha à mettre à contribution les effets des lames vibrantes qui, pour une longueur donnée, fournissent des vibrations isochrones.
- M. Hughes combina à cet effet, en i85g, une disposition qui ayant été successivement perfectionnée produisit de très bons résultats. Dans l’origine, cette lame était disposée verticalement à peu près comme la fourchette pendulaire de They-ler, mais comme elle se cassait fréquemment sous l’influence de ses flexions inverses répétées, on lui substitua bientôt une tige vibrante horizontale qu’on disposa à la manière d’un pendule conique et qu’on dut même contourner en spirale dans le voisinage du point où elle était pincée sur l’appa-
- reil, afin d’en rendre moins fréquentes les ruptures. Comme une simple tige de ce genre soumise à des mouvements rapides et à une force relativement assez grande n’aurait pu à elle seule régulariser la marche de l’appareil, on faisait réagir sa pointe sur un frein tournant avec le mécanisme et qui, appuyant plus ou moins contre une surface cylindrique fixe, modérait ou accélérait le mouvement. Celui ci recevait d’ailleurs un eommencement de régularisation d’un volant assez lourd, de sorte que le réglage était effectué de trois manières, par le volant, par le frein et par la tige vibrante dont les vibrations étaient alors circulaires. On avait même adapté à l’appareil pour compenser les petites erreurs qui pouvaient encore se produire, un mécanisme correcteur qui, à chaque impression de lettre, rétablissait les organes de l’appareil dans la véritable position qu’ils devaient avoir. Ce.système, comme nous l’avons dit, a produit de très bons résultats au point de vue des transmissions télégraphiques.
- En 1861, MM. Desgoffe et Digney avaient voulu rendre plus simple la synchronisation de mouvement des appareils imprimeurs en combinant un mécanisme correcteur qui, à chaque tour du dernier mobile, effectuait électriquement un arrêt de celui des moteurs qui allait le plus vite pour les faire repartir exactement ensemble.
- Pour faire fonctionner régulièrement ce système, il fallait en conséquence que l'un des deux moteurs fût en avance sur l’autre. Ce système a été depuis appliqué en horlogerie électrique pour la remise à l’heure des horloges, et nous lé retrouvons encore dans d’autres systèmes télégraphiques.
- Ayant remarqué que dans un diapason à deux branches, les vibrations de ces branches sont solidaires les unes des autres, M. d’Arlincourt pensa qu’en reliant l’une des branches d’un long diapason (à tiges flexibles) au mécanisme d’horlogerie, alors que l’autre serait complètement libre, les vibrations de celle-ci, par cela même qu’elles restaient complètement isochrones,"seraient suffisantes pour maintenir celles de l’autre branche malgré les entraves apportées par l’irrégularité du mouvement. Il obtint en effet les résultats q u’il avait prévu s et appliqua ave c beaucoup d’avantages ce système à son télégraphe autographique. Pour le rendre encore plus parfait, il adapta la disposition indiquée par M. Desgoffe, de sorte qu’à chaque tour de son cylindre enregistreur, les appareils, transmetteur et récepteur, repartaient ensemble.
- Dans le système de M. Meyer on emploie encore un pendule conique sur lequel réagit une sorte de minuterie à roue satellite commandée par un système électro-magnétique et un échappement à double effet, et qui a pour mission de corriger sans cesse la vitesse d’impulsion communiquée au pendule par le mécanisme d’horlogerie, soit en l’accélérant,
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- soit en le retardant. Si le mouvement est parfaitement uniforme, l’avance produite d’un côté est détruite par le retard déterminé de l’autre côté, mais à chaque tour de l’arbre moteur, la double correction est effectuée, et l’une des deux prédomine sur l’autre selon que le mouvement est en avance ou en retard.
- Nous ne parlerons pas du système de régulateur de vitesse de M. Baudot, car il a été varié plusieurs fois et suivant les différents modèles de télégra-graphes multiples qu’il a imagines"; il faudrait d’ailleurs pour le comprendre qu’on connût les dispositifs de ces appareils; nous dirons seulement qu’il comporte deux mécanismes : un premier dans le genre de celui du télégraphe Hughes qui uniformise à peu près le mouvement, et un second qui corrige, à chaque tour de l’arbre portant les distributeurs, l’avance ou le retard qui pourrait s’ètre produit pendant une révolution.
- Dans les différents systèmes de remise à l’heure qu’on a proposés pour l’unification de l’heure dans les villes et que nous avons décrits à diverses reprises dans ce journal, on a combiné plusieurs systèmes de réglages électriques qui, pour de longs intervalles de temps, pourraient servir de régulateurs, mais ces systèmes s’écartent tout à fait de ceux que nous étudions en ce moment et qui s’appliquent à des mouvements prompts. Nous n’en parlerons donc pas davantage.
- Dans notre prochain article nous nous occuperons des régulateurs purement mécaniques appliqués directement aux mécanismes d’horlogerie.
- (.A suivre) Tii. du Moncel.
- ÉTUDES SUR LES ÉLÉMENTS
- DE LA THÉORIE ÉLECTRIQUE
- Ie article. (Voir les n0B du 8 avril cl du 16 décembre 1882, des 14, 21, 28 avril, et 5 mai i883.)
- [('.] PHÉNOMÈNES INVERSES. — RÉVERSIBILITÉ DES DÉFORMATIONS MÉCANIQUES PRODUITES PAR L’ÉLECTRISATION.
- L’assimilatiotr “des effets de l'électrisation à ceux de déformations mécaniques déjà si probable d’après les phénomènes remarquables précédemment groupés et étudiés, acquiert en quelque sorte un degré de plus de certitude quand on songe que ces phénomènes sont réversibles.
- On sait en effet depuis bien longtemps que tout diélectrique soumis à des actions mécaniques diverses se charge d’électricité.
- Il suffit de se rappeler que la déformation mécanique particulière de la surface d’un diélectrique qu’on appelle frottement est la première et la plus simple des sources d’électrisation.
- Il suffit aussi de songer aux anciennes expériences deLibes et de Becquerel sur le développement d’électricité par pression (sans frottement).
- Il est vrai que dans ces phénomènes la réversibilité proprement dite n’est pas nettement déterminée, mais nous allons la voir parfaitement établie tout à l’heure.
- En effet, le fait capital qui se dégage des faits précédemment rappelés peut, en somme, s’énoncer ainsi : quand un diélectrique isotrope est soumis à l'électrisation, les choses se passent comme s'il était déformé de façon à prendre la constitution d'un cristal biréfringent.
- De telle sorte que le fait véritablement inverse du précédent serait : qu'un diélectrique, ayant déjà la constitution moléculaire d'un cristal biréfringent, étant soumis ci une déformation manifestât les caractères de l'électrisation.
- Or c’est ce qui résulte des expériences suivantes :
- On savait déjà depuis bien longtemps qu’Haiiy avait découvert qu’un morceau de spath d’Islande simplement pressé entre les doigts s’électrisait positivement, et qu’il avait constitué ainsi une sorte d'aiguille électroscopique en suspendant le cristal à un fil ou en le plaçant sur un pivot comme une aiguille aimantée. Ce fait remarquable était resté sinon oublié du moins sans application.
- Mais récemment MM. Curie ont entrepris l’étude de phénomènes analogues et sont déjà arrivés à d’importants résultats que nous allons résumer ra pidement.
- (a) Pression et traction sur les cristaux.
- Expériences de MM. P. et J. Curie.
- En exerçant mécaniquement sur des cristaux hé-mièdres à faces inclinées des actions qui tendent à
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- les raccourcir ou à les allonger, dans certaines directions, on développe de l’électricité.
- Ces directions sont dites axes d’électricité.
- Ainsi dans le quartz ils sont dirigés suivant les diagonales de la section hexagonale indiquées par des flèches dans la fig. 12 : l’axe optique du cristal n’est pas un axe électrique.
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- Dans la tourmaline l’axe optique est un axe électrique : il y eh a trois autres comme dans le quartz, mais les effets qu’ils produisent quand on agit suivant leur direction sont extrêmement faibles.
- Supposons qu’on taille un parallélipipède rectangle de quartz suivant les directions a,b,c,d (fig.12).
- On recouvre de feuilles d’étain les faces a et b perpendiculaires à l’axe qui doivent recueillir l’électricité.
- Alors on peut comprimer dans le sens de l’axe électrique ab, ou perpendiculairement suivant cd. Dans les deux cas, les deux extrémités de l’axe électrique se chargeront d’électricités contraires; mais la face positive ne sera pas la même dans les deux cas.
- Si on comprime suivant l’axe optique on n’a rien.
- Avec la tourmaline il faut agir suivant l’axe optique.
- Voici comment on peut faire les expériences.
- FIG. l3
- abcd (fig. i3) représente le cristal de quartz, les faces a et b étant recouvertes d’étain.
- S et S' sont les quadrants d’un électromètre Thomson.
- C un condensateur de faible capacité formé de deux cylindres concentriques susceptibles de pénétrer plus ou moins l’un dans l’autre.
- D est un élément de pile Daniell.
- Les communications électriques étant établies comme l’indique la fig. i3, et l’aiguille de l’électro-mètre étant chargée, il y a une déviation.
- On comprime alors le cristal dans le sens des flèches jusqu’à ce que l’aiguille revienne au zéro.
- Gette opération se fait à l’aide de poids, comme dans une balance avec la précision d’une pesée. On détermine ce poids P. Alors toutes les parties sont au potentiel d’un Daniell.
- On recommence en enlevant le condensateur
- dont la capacité c est connue. Un nouveau poids P' ramène l’aiguille au O. P—P' est le poids nécessaire pour charger la capacité C au potentiel d’un Daniell en développant la charge électrique convenable.
- Exemple. — La quantité d’électricité dégagée par 1 kilog. sur l’axe d’une tourmaline porterait au potentiel d’un Daniell une sphère de i4cm,3 de rayon.
- Sur un axe électrique d’un quartz, on chargerait ainsi une sphère de i6cm,8.
- Voici les lois expérimentales trouvées avec des quartz et des tourmalines taillés en parallélipipèdes rectangles, aux faces opposées recouvertes d’étain.
- I. — Les quantités d’électricité dégagées aux extrémités d’un axe sont égales et contraires.
- II. — Les quantités d’électricité dégagées aux extrémités d’un axe sont égales et de signe contraire pour deux déformations inverses l’une de l’autre.
- III. — Ces quantités d’électricité sont proportionnelles à la pression.
- IV. — Pour une même variation de pression suivant la direction où l’on recueille l’électricité, les quantités dégagées sont indépendantes des dimensions du cristal.
- V. — Si on appelle longueur la dimension suivant laquelle on agit ;
- Si on appelle épaisseur la dimension suivant laquelle on recueille l’électricité ;
- Si on appelle largeur la troisième dimension;
- Pour, une même variation de pression, quand elle s’exerce perpendiculairement à la direction suivant laquelle on recueille l’électricité, ces quantités dégagées sont proportionnelles au rapport de la longueur à l’épaisseur : elles sont indépendantes de la longueur du cristal.
- VI. — Il n’y a pas de dégagement d’électricité apparent autre part que sur les bases.
- On n’a pour le montrer qu’à faire communiquer les bases à feuilles d’étain à la terre, et à relier à l’électromètre un petit anneau métallique promené le long du cristal.
- Remarque. — Un cristal hemièdre permet ainsi :
- i° De fournir des quantités d’électricité variables par des pesées, et proportionnelles à des poids.
- - 20 De se servir, dans les mesures électriques, de l’électromètre, comme un simple électroscope extrêmement sensible en le ramenant toujours au zéro.
- 3° De mesurer la capacité d’un conducteur tel que C dans la figure précédente.
- 40 De mesurer la force électro-motrice d’une pile.
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- Mais ce que nous tenons, à faire remarquer surtout ici, c’est la réversibilité de ce phénomène et de celui que M. Kerr a étudié.
- En voici un second exemple.
- (b) Variation de Vélectrisation des gaz avec la pression.
- •*
- En faisant varier la pression d’un gaz électrisé, on fait varier aussi l’électrisation.
- M. Boltzmann a en effet constaté qu’un condensateur à gaz renfermé dans un espace clos où l’on peut faire varier la pression, a une capacité variable.
- C0 étant la capacité dans le vide, et y un coefficient qui dépend de la nature du gaz, il a trouvé à très peu près
- C = Co (i + '(/>) P étqm la pression.
- Nous ne décrirons pas les expériences d’ailleurs très difficiles et délicates de M. Boltzmann : nous nous contentons de les signaler en les rapprochant des précédentes.
- Enfin il nous paraît naturel de rapprocher aussi des faits ci-dessus, ceux qui sont déjà connus depuis longtemps sous le nom de Pyro-électricité, en considérant, comme cela nous semble permis, une variation de température dans ses effets mécaniques, abstraction faite du mécanisme qui produit la transformation.
- Une sera pas probablement inutile pour un grand nombre de nos lecteurs de rappeler brièvement ces phénomènes.
- (c). — Production de l'électrisation par les variations de la température des cristaux. — Pyroélectricité.
- On produit des effe-ts semblables aux précédents et sur les cristaux de môme nature en remplaçant les déformations produites par des procédés mécaniques proprement dits, par celles que produisent également des variations de température, échauffe-ments et refroidissements.
- Ces variations produisent en effet comme résultat définitif (sans qu’on en connaisse le mécanisme), des dilatations et des contractions, et comme dans les phénomènes précédents, un développement d’électricité les accompagne.
- Ces effets ont été remarqués depuis longtemps sur la tourmaline.
- Gaugain en a fait une étude complète en se servant pour mesurer les quantités d’électricité développées de l’électroscope à décharges, et en tenant compte de ces deux particularités de. la tourmaline :
- i° La tourmaline est hygrométrique comme le
- verre, ce qui lui donne une certaine conductibilité superficielle :
- 2° La conductibilité qui est très mauvaise .à la température ordinaire augmente beaucoup avec la température : il faut donc éviter les températures élevées dans les expériences; .
- 3° Enfin, pour recueillir l’électricité, il convient d’enrouler un fil en hélice autour du point où on veut l’observer.
- Voici les lois trouvées par Gaugain :
- L — Les quantités d’électricité dégagées aux deux extrémités du cristal par une variation de température sont égales et de signes contraires.
- II. — Les quantités dégagées à une extrémité sont égales et contraires pour deux variations de température inverses l’une de l’autre.
- III. — Les quantités dégagées à chaque extré mité sont proportionnelles laux variations de température.
- IV. — Pour une môme variation de température les quantités d’électricité dégagées sont proportionnelles à la surface suivant laquelle on les recueille : elles sont indépendantes de la troisième dimension du cristal.
- On voit l’identité presque complète de ces lois avec celles qui règlent le dégagement d’électricité par la pression ou la décompression.
- Ajoutons que, en résumé, la tourmaline se comporte, lorsqu’on l’échauffe ou qu’on la refroidit, comme une sorte de pile électrique dont la force électromotrice est considérable et dont la résistance intérieure est considérable aussi.
- De sorte que, si on relie les deux extrémités par un circuit de faible résistance, celle-ci sera négligeable par rapport à celle R du cristal et l’on pourra avoir un courant dont l’intensité I pourra être exprimée par la formule :
- Gaugain a formé ainsi des piles à tourmaline groupées en tension ou en surface et il a vérifié les conséquences qui se déduisent des formes particulières de la formule précédente dans les divers cas.
- On peut ajouter une remarque capitale qui a été faite il y a bien longtemps.
- C’est que, en soumettant les extrémités d’une tourmaline à des variations de température différentes et convenables, on peut produire aux deux extrémités de l’électricité de même signe avec un point au milieu chargé d’électricité contraire égale à la somme de celles des deux bouts. Ou bien on peut produire un point neutre à une extrémité.....;
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- en d’autres termes, on peut reproduire des phénomènes analogues à ceux que présente un aimant à points conséquents.
- De plus (Canton 1759), on peut reproduire les phénomènes des aimants brisés, avec une tourmaline qui se refroidit.
- Brewster a même montré que ce phénomène peut être continué jusqu’aux plus petits fragments de la tourmaline. On broie une tourmaline et on en jette les morceaux sur une lame de verre : ils n’adhèrent pas, mais si on chauffe ils adhérent et si on agite la poussière, les grains du cristal se disposent en chapelets tout à fait analogues à ceux qui se produisent dans les spectres magnétiques.
- Transition remarquable, si l’on voulait, entre l’électrostatique et le magnétisme.
- En résumé, il nous semble qu’on peut conclure de ces études ou plutôt de ces simples rapprochements de faits sur les relations intimes qui existent entre le phénomène de l’électrisation et de l’induction, et ceux qui résultent de déformations méca-, niques directes ou indirectes des corps solides, liquides ou gazeux :
- i° Que le' siège de l’électrisation et de l’induction se trouve dans le milieu diélectrique qui entoure les corps conducteurs;
- 2° Qu’il en est de même par conséquent de l’énergie potentielle qui résulte de l’électrisation ;
- 3° Que l’induction correspond à une déformation de ce milieu ;
- 40 Que cette déformation est moléculaire, qu’elle affecte la constitution même du milieu dans scs plus intimes profondeurs;
- 5° Que cette déformation a, avec celles qui produisent les phénomènes optiques, les rapports les plus étroits dans les phénomènes les plus délicats, tels que la double réfraction et la polarisation rotatoire.
- Tout ceci peut être considéré comme prouvé expérimentalement et- sans ' hypothèses.
- Pour aller plus loin, si l’on-ne veut pas faire d'hypothèses sur la constitution du milieu, telles que la polarisation du diélectrique de Faraday ou toute autre, et y appliquer le calcul comme l’a fait Maxwell dans son bel ouvrage, il faudrait essayer de découvrir le mécanisme en vertu duquel se produisent les déformations.
- A ce point de vue, on est invinciblement porté, d’après les faits exposés plus haut, à comparer ce mécanisme à celui qui produit les phénomènes optiques, et à penser que le même milieu, l’éther, pourrait bien propager les déformations électriques et optiques. Malgré tous les efforts qu’on a faits dans cette voie, le Fresnel qui résoudra la question n’a pas ancore paru.
- E. Mercadier.
- le
- PREMIER MOTEUR ÉLECTRIQUE
- Les ouvrages qui traitent de l’histoire des moteurs électriques indiquent généralement comme un des plus anciens de ces appareils celui de l’abbé SalvatoreDal Negro professeur de philosophie na-
- FI G j l
- turelle à l’Université de Padoue, qui, construit vers 1882, aurait été décrit vers cette époque dans le Bulletin de VAcadémie des sciences, lettres et arts de Padoue, tome IV, et plus tard eu avril i83q dans les Annales du royaume Lombard-Vénitien (').
- Ces indications de date sont à peu près tout ce
- (!) M. Figuier, dans les Merveilles de ia science, indique également qu’il a été présenté à l’Académie des sciences le 10 mars 1834, mais le journal l’Inslilul qui, à cette époque, publiait seul un compte-rendu à peu prés exact des séances de l’Académie, n’en fait aucune mention à celte date.
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- que l’on trouve relativement à l’appareil de Salva-tore Dal Negro. La section italienne de l’Exposition de 1881, si riche en appareils électriques, a cependant fourni sur ce point un document intéressant en nous présentant deux types du moteur de Dal Negro. Les indications apposées avec grand soin par la Commission italienne sur les appareils font même remonter à i83ola construction du premier de ces types. Le moteur serait donc antérieur aux
- idées que, d’après *l’Electrician du 9 septembre 1882, le docteur Schulthess exprima en i832 sur la construction des moteurs électriques; il serait le premier qui ait jamais été construit et il est curieux à l’heure actuelle, où cette application de l’électricité a fait en quelques années de si importants progrès, de voir quelle est l’idée qui a été pour ainsi dire le germe des progrès modernes.
- Le premier type du moteur de Salvatore Dal
- FIG. 2
- Negro, qui portait, au palais de l’Industrie, la date de i83o, se composait (fig. 1) d’un aimant A, mobile autour d’un axe situé environ au tiers de sa longueur et dont l’extrémité supérieure pouvait osciller entre, les deux branches d’un électro-aimant E, représenté à part dans la figure. Un courant était lancé dans l’électro aimant, mais il passait par un commutateur à mercure à 8 godets C, que l’aimant oscillant commandait lui-même au moyen d’une tige t et d’une fourchette F. Il résultait de cette disposition que quand l’aimant avait
- été attiré vers un des pôles de l’électro, ce mouvement même d’attraction, agissant sur le commutateur, changeait le sens du courant, l’aimant se trouvait repoussé, vers l’autre branche de l’électro et ainsi de suite. C’était un simple mouvement alternatif. L’appareil renfermait cependant un détail intéressant ; l’aimant mobile, lorsqu’il venait toucher les pôles de l’électro, butait, non pas contre le fer même, mais contre le fil isolé qui le recouvrait. Soit hasard, soit volontairement, l’auteur avait ainsi évité les inconvénients du magnétisme réma-
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- nent qui plus tard devaient embarrasser d’autres inventeurs, lors de l’application des armatures polarisées aux télégraphes électriques.
- L’autre appareil que l’étiquette apposée par la Commission italienne indiquait comme construit en i83i était désigné, sur cette même étiquette, sous le nom de bélier électromagnétique simple de l’abbé professeur Salvatore Dal Negro.
- Dans ce second arrangement (fig. 2), nous retrouvons le même jeu de commutateur que dans le précédent, mais il est cette fois commandé par un levier horizontal L qui, au lieu de constituer lui-même l’armature, la supporte au-dessus de l’é-lectro-aimant E.
- Le levier L se terminait par une sorte de marteau M, se prolongeant à sa partie inférieure en une tige rigide commandant un cliquet. Ce dernier agissait sur une roue à rochet et mettait ainsi en mouvement une sorte de roue R composée de tiges terminées par des boules.
- Dans ce cas le moteur, au lieu d’entretenir simplement son mouvement, produisait déjà un petit travail, mais quel faible rendement on devait obtenir et combien ne doit-on pas se féliciter des progrès accomplis, quand on songe qu’à cette même Exposition où l’anneau Pacinotti régnait en maître et où le moteur Dal Negro figurait à titre de simple curiosité , des inventeurs avaient encore exposé comme chose pratique des moteurs reposant ainsi que ce dernier sur la transformation du mouvement alternatif.
- O. Kern.
- MESURE
- DE
- L’AFFAIBLISSEMENT DES SONS
- DANS LE TÉLÉPHONE (K. VIERORDT)
- « De toutes ces discussions relatives au microphone, il semble résulter ce fait, que le passage du courant à travers un contact conducteur ne s’effectue pas dans les conditions prévues par les lois d’Ohm, et qu’il est oiseux en ce moment de discuter la question par des formules matnématiques. * (Th. du Moncel, La Lumière électrique, 28 avril i883.)
- En présence des travaux mathématiques nombreux, étendus, consciencieux qui se sont produits depuis quelques années sur le mode d’action et la constitution du microphone, je n’aurais pas osé exprimer ced:e conclusion; mais je dois dire que je vois avec satisfaction l’expérience y conduire et des voix autorisées la formuler, parce que cette conviction est depuis longtemps la mienne.
- Le lecteur n’a pas oublié les études faites sur le
- téléphone par le docteur C. Herz, études où l’on reconnut pour la première fois que l’on pouvait faire des contacts microphoniques avec d’autres matières que le charbon, et d’où .sortit l’intéressante découverte du condensateur employé comme récepteur parlant.
- Quelques-uns des rédacteurs de ce journal, parmi lesquels je me trouvai, eurent occasion de suivre ces études et d’y collaborer. Elles durèrent plus d’une année (1880-81); le lecteur admettra bien qye dans une pareille suite de travaux on ne négligea point d’employer le calcul; on l’appliqua au contraire à tous les éléments du problème; la résistance individuelle des contacts, leur combinai-naison, les résistances des bobines, l’arrangement des éléments de la pile, tout fut successivement traité par, les procédés algébriques. Pas une seule fois l’expérience ne confirma les résultats obtenus, au moins d’une façon régulière et permettant d’arriver à une amélioration pratique.
- Nous fûmes invinciblement conduits à admettre, non pas que les actions téléphoniques échappaient aux lois générales, mais qu’elles se passaient dans des conditions inconnues, et qu’en particulier l’élément déterminant, le contact microphonique ne pouvait être traité comme une résistance ordinaire.
- Cela ne veut pas dire du tout que les actions téléphoniques ne puissent être calculées,, cela indique seulement que nous ne sommes pas encore au point où elles peuvent l’être, que nous ne possédons pas les données nécessaires et qu’il faut les demander à l’expérience. C’est un principe bien connu, et pourtant qu’on doit répéter de temps en temps : le calcul ne donne que ce qu’on y met ; il n’est pas un moyen de découverte, mais seulement un merveilleux outil de déduction; il ne peut donc être appliqué que lorsqu’on est en toute sécurité sur les données, et qu’on connaît le degré d’exactitude des hypothèses. Il est évident que nous n’en sommes pas là pour le téléphone; et on pourrait, sans témérité, en dire autant de plus d’une question qu’on a traitée par le calcul sans trop regarder au point de départ.
- Dans les études téléphoniques du docteur Herz, on en revint à la recherche expérimentale, et il en sortit, comme on sait, outre les résultats que j’ai signalés, un téléphone remarquable qui a été décrit dans ce journal. Les expériences furent conduites aussi méthodiquement que possible et on s’efforça d’essayer toutes les combinaisons raisonnables. Ainsi on examina la nature des contacts, leur forme, leur arrangement en tension ou quantité, l’influence des diaphragmes, celles des bobines employées seules ou en combinaison, etc.
- Le nombre des expériences faites fut très grand, et parmi elles furent étudiées maintes dispositions que nous avons vu reproduire depuis, sur lesquelles se sont élevées même des revendications de pro-
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- Priété, et qui n’avaient au fond aucune valeur, ce qui explique comment le docteur Herz se garda avec raison 'd’intervenir dans les querelles de ce genre.
- La difficulté de ces expériences est très grande pour deux causes : d’une part, le nombre des éléments agissants et l’incertitude où l’on est sur leur mode d’action, et de l’autre la difficulté d’apprécier les résultats et le manque de moyens de contrôle. De ces études il sortit pour le docteur Herz et pour ceux qui avaient suivi ses travaux, outre les résultats que j’ai dits, la conviction que, pour avancer à coup sûr, il fallait reprendre cette étude par l’expérience d’un façon complètement, analytique, c’est-à-dire étudier à part et complètemeiït chaque élément, et pour cela créer des moyens de contrôle et des procédés de mesure appropriés à ces quantités de nature relativement nouvelle.
- Des soins différents nous entraînèrent tous, et ce travail ne fut pas entrepris; mais d’autres se sont engagés dans cette voie et y marchent avec succès, comme le montrent les travaux dont il s’agit dans les articles de M. du Moncel. On y trouve-un ensemble de travaux, tous du reste concentrés sur un point, l’étude du contact microphonique et de son mode d’action, ce qui est, en effet, ainsi que je l’ai dit, le point critique de la question. Les expériences sont faites au moyen de procédés d’investigation ingénieux et mèmè, dans celles de M. Stroh, elles comportent un mode de mesure, ou, plus exactement, d’évaluation qui est fort intéressant.
- Les études sont restées à peu près localisées sur ce point ; or on ne sera pas sans remarquer que tous les expérimentateurs se sont heurtés à une même difficulté, celle d’évaluer le son produit par un téléphone dans diverses circonstances. On s’apercevra facilement que les divers opérateurs sont souvent en désaccord sur ce point et donnent des résultats non seulement inconciliables avec ceux des autres, mais entre eux-mêmes. C’èst que de ce côté on s’est contenté de s’en rapporter à l’appréciation de l’oreille sans plus de contrôle ; or il n’y a rien de plus inexact, et même de plus- trompeur que ce mode de comparaison. Tous ceux qui ont fait quelques essais téléphoniques savent qu’au bout d’un certain nombre d’expériences consécutives l’oreille est. complètement déroutée, la faculté perceptive de l’ouïe est augmentée, mais sa faculté différenciante (si je puis ainsi dire) est extrêmement émoussée parle nombre des sons presque semblables successivement reçus. L’appareil mesureur est donc insuffisant, au moins quand on l’emploie sans précautions. Ajoutez que dans les divers travaux on ne paraît pas s’être préoccupé de régler la source de son ; on se sert généralement de la voix humaine que l’on suppose n’avoir pas varié entre
- deux expériences; cliacun sent combien cela est incertain.
- M. K.Vierordt, physiologiste allemand distingué, a entrepris une étude de cette question dans le but spécial de mesurer l’affaiblissement entraîné par l’emploi du téléphone ; il donne le résumé de ses recherches dans un mémoire inséré dans les An-nalcn der Physik und Chemie de Wiedemann (20 mars i883).
- D’abord M. Yierordt cite une évaluation formulée par M. Siemens dans laquelle celui-ci estime que le téléphone type Bell rend à peu près la dix millième partie de la masse sonore émise. M. Vie-rordt pense que cette évaluation, fondée sur des expériences faites avec la voix humaine sans aucun procédé phonométrique, est sans valeur sérieuse, en quoi il ne se trompe certainement pas ; à son avis on ne saurait ainsi préciser d’une façon absolue et une fois pour toutes ce qu’on pourrait nommer le rendement açoustique d’un appareil; ce rendement dépend des circonstances et l’on peut admettre que « la masse sonore est affaiblie d’une fraction constante par chaque unité de longueur du conducteur, supposé d’une section constante. »
- Les expériences de M. Yierordt étaient disposées de la façon suivante. Le système téléphonique comprenait deux téléphones Siemens, l’un transmetteur, l’autre récepteur. L’un ayant 1 918 tours de fil et une résistance de 2o5 unités Siemens ; l’autre 2 o5o tours et une résistance de 208 unités Siemens ; ils étaient installés dans deux locaux assez distants pour que les sons ne pussent passer directement de l’un à l’autre.Le conducteur de cuivre interposé avait 34“de longueur etomm88 de diamètre. On opérait pendant les heures tranquilles de la nuit. Le producteur de son était une plaque d’étain rectangulaire de om222 sur omi72, épaisse de 8mm2 ; pour la mettre en vibration on laisse tomber sur elle d’une hauteur déterminée une balle de plomb d’un poids connu. La quantité de son produit se calcule d’après une méthode particulière (méthode Oberbeck) suivant la formule suivante : p fe où p représente le poids tombant, h la hauteur de chute, et e un exposant dépendant des dimensions de la plaque phonométrique et de la hauteur de chute, exposant qui se détermine dans chaque cas. Le téléphone transmetteur était placé à omo3 de la plaque vibrante.
- Yoici comment on opérait. Le téléphone récepteur étant installé sur un support fixe, on place t l’oreille aussi près que possible du téléphone sans le toucher, puis on écoute dans cet appareil tandis qu’un aide fait tomber la balle de plomb sur la plaque phonométrique en réduisant progressivement la hauteur de chute ; on s’arrête lorsque le son reçu est devenu minimum, au moment où l’oreille ne perçoit plus que la sensation limite (Schwellen-empfindung).
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- On calcule alors d’après la formule indiquée plus haut la quantité de son qui a été produite. Soit S, cette quantité. L’opérateur se transporte alors auprès de la plaque phonométrique, place son oreille à omo3 de cet appareil et renouvelle l’expérience en réduisant la hauteur et le poids de la balle si cela est nécessaire jusqu’à ce qu’il arrive à la même sensation limite, on calcule la quantité de son produite que nous appellerons S. La différence S, — S représente la quantité d’énergie sonore dont l’emploi du téléphone a entraîné la perte.
- Dans l’expérience avec téléphone, le son limite a été obtenu avec une balle de igr549 tombant d’une hauteur de omoo7. L’exposant s a été trouvé égal à 0,62. La quantité S, est alors égale à 1549 X 7° 62 = 5176 mg. mm.
- Cette quantité sonore correspond d’après M. Vie-rordt à une très faible émission delà voix humaine. Avec l’audition directe, une balle de 0^0024 tombant de omoi 2 donna la sensation limite à laquelle correspond une valeur S = 2,4 X 12 0 53 = 8,g5 mg. mm. La différence S, — S. ou
- 5176 — 8,9s = S 167,1
- représente la perte.
- Si on refait l’expérience en appliquant l’oreille contre le téléphone récepteur on trouve une valeur S/ = 3659, et L différence S/ — S devient
- 3659 — 8,95 — 365o,i
- Si l’on opère au milieu du bruit de la journée, les valeurs se modifient naturellement ; je ne crois pas devoir insister sur ce point, l’expérience perdant alors toute précision.
- M. Yierordt n’indique pas les autres expériences sur lesquelles il a dû appuyer la loi d’affaiblissement que j’ai énoncée plus haut d’après lui ; en réalité cette loi ne ressort aucunement du document que j’ai sous les yeux : cette lacune est fâcheuse parce qu’il y a des raisons très sérieuses de douter que cette loi soit exacte. En dehors des motifs expérimentaux qui me conduisent à ne pas l’admettre, on conçoit bien par le raisonnement, qu’elle est improbable ; l’action de chacun des téléphones doit introduire une perte non dépendante du circuit et, quant à la résistance de ce dernier, elle ne peut être le seul élément agissant, il faut tenir compte de la façon dont elle est répartie dans les bobines et la ligne ainsi que d’autres conditions.
- J’ajouterai que la méthode en elle-même quoique intéressante n’est pas complète. La plaque phono-métrique fournit un procédé admissible d’obtenir une quantité de son déterminée, mais l’emploi de l’oreille comme instrument de contrôle me laisse beaucoup de défiance ; la sensation limite qui sert de critérium me semble peu sûre et sujette à varia
- tion chez une même personne d’un moment à l’autre. La distance de omo3 à laquelle l’oreille doit être placée sera très difficilement réalisée avec précision. En somme, si le générateur de son offre quelques • garanties, le mesureur me semble n’en pas présenter de sérieuses.
- Je ne puis donc considérer l’expérience de M. Yierordt que comme une évaluation ayant de la vraisemblance, mais dont le degré d’approximation nous est inconnu. Mais je considère d’autre part son étude comme offrant de l’intérêt, parce qu’elle indique là voie dans laquelle il faut certainement marcher. L’auteur a le premier tenté une mesure méthodique du rendement acoustique du téléphone ; son procédé ne me paraît pas à l’abri de la critique, mais au moins c’est un procédé ; il a pu conclure avec quelque raison que le son nécessaire pour être entendu dans le téléphone était environ 577 fois plus intense que le son limite directement perceptible : c’est un résultat qui devra peut-être être rectifié, mais qui a néanmoins beaucoup plus de valeur que l’évaluation attribuée à M. Siemens. Pour arriver à un résultat réellement sûr, mon opinion est qu’il faudrait exclure l’oreille de ces mesures, c’est un instrument trop incertain ; on peut, je crois, faire autrement et trouver un appareil de contrôle en dehors de l’appréciation humaine; c’est le but à atteindre.
- D’autre part, il ne faut pas oublier que la perfection du téléphone ne se .mesure pas seulement à son intensité, au moins quand il s’agit de transmettre la parole ; il faut encore la netteté de l’articulation et ceux qui ont manipulé un téléphone savent que ces deux qualités sont généralement en raisoq inverse l’une de l’autre ; le mode de mesure de la deuxième n’est pas encore indiqué et il y aura lieu de s’çn occuper, car cette qualité est plus indispensable encore que la première. Toutefois l’intensité peut évidemment être étudiée à part, et dans ce sens l’étude de M. Vierordt servira au moins de point de départ.
- Frank Geraldy.
- APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- A LA MANŒUVRE DES SIGNAUX
- SUR LES CHEMINS DE FER
- 8° article. (F. les noa des 10, 17 et 3i mars, des 7, 21 et 28 avril, et du 5 mai i883.)
- APPAREIL DUCOUSSO
- Les visiteurs de l’Exposition de l’électricité de 1881 ont pu remarquer le modèle, à petite échelle, d’un appareil de Block-system automatique, ima-
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- giné par M. Ducousso, et reposant sur l’application des crocodiles et des brosses du système Lartigue et Forest.
- L’appareil Ducousso différait seulement de celui de M. Céradini, en ce que chaque poste était muni d'un dispositif qui mettait électriquement l’agent dans l’impossibilité de débloquer une section tant qu’elle était occupée par la présence d’un train. On obtenait donc ainsi les mêmes résultats qu’avec les appareils çle Hodgson ou de Flamache.
- Toutefois nous n’aurions pas mentionné cet appareil qui n’a jamais été appliqué, si la question qui s’y rattache n’avait été récemment reprise à proposd’une modification^bsolue queM. Ducousso a apportée à ses contacts fixes.
- Au lieu de recourir aux crocodiles et aux brosses qui donnent d’ailleurs pleine satisfaction dans la pratique, ainsi que nous l’avons fait remarquer, MM. Ducousso frères ont eu l’idée très ingénieuse d’utiliser le passage des pièces métalliques de la machine sur les pôles d’un fort aimant placé contre l’un des rails pour obtenir le déclenchement électrique d’un organe quelconque. M. Franck Geraldy a décrit, dans le numéro du 27 janvier i883, ce mode de contact fixe tout à fait original; nous nous dispenserons donc de revenir sur cette description.
- Bornons-nous à ajouter que, au point de vue de l’exploitation des chemins de fer, il est permis de se demander comment se comporterait l’appareil sur une ligne à simple voie, parcourue dans les d.uix sens par les trains et les machines, ainsi que dans les parties de voie en courbe, ou encore aux abords des gares, où le passage de simples manœuvres de wagons peut provoquer, sans aucune raison, le déclenchement de la sonnerie d’avertissement.
- Les crocodiles n’ont pas ces inconvénients, soit qu’on les place hors de l’axe de la voie, si la ligne est parcourue dans les deux sens, soit qu’on ne munisse de brosses que les machines qui remorquent les trains en exceptant de cette mesure les machines uniquement affectées aux manœuvres des gares.
- Quoi qu’il en soit du sort de cet appareil qui n'est d’ailleurs présenté que comme un avertisseur, il nous paraît intéressant de donner une idée succincte du système de Block que MM. Ducousso frères avaient exposé en 1881.
- Le commutateur placé à chaque poste gardé était disposé de manière que le train se couvrît lui-même, mais que l’intervention du garde fût nécessaire pour effacer le signal.
- Ce commutateur (fig. 53) se compose de deux électro-aimants Hughes AB, dont les leviers d’armature CD E et FH ont leurs’centres d’oscillation en D et H. Quand un courant désarme l’électro-aimant A, le doigt O, articulé sur le levier F H, en-
- clenche le taquet m fixé au levier CD E. Ce n’est que quand le passage d’un autre courant a désarmé le second électro-aimant B et a fait tinter la sonnerie S, que l’employé du poste peut, en appuyant sur la manette extérieure M, relever par un seul mouvement les deux armatures et les mettre en prise avec les noyaux des bobines.
- Le courant qui désarme l’électro-aimant A est celui qui est produit par le passage des trains sur le contact placé devant le poste, à l’entrée d’une section ; il correspond à la mise à l’arrêt du signal couvrant cette section. Le courant qui désarme
- PIG. 53. — commutateur ducousso
- l’électro-aimant B et qui permet à l’employé de remettre l’appareil en état, est produit par le passage du train sur un deuxième contact placé à l’extrémité de la section ; il correspond à l’effacement du signal, ou au déblocage de cette section.
- Il y a deux objections à faire à cette disposition qui, au fond, est ingénieuse. D’abord, on ne se rend pas compte comment est obtenue la solidarité de cet appareil d’enclenchements et des disques qui s’adressent aux mécaniciens; on voit bien que le garde ne peut effacer le signal avant que le train ait réellement quitté la section, mais la partie essentielle du système fait défaut : c’est précisément cette partie dont la réalisation coûte tant de difficultés aux inventeurs.
- En second lieu, en admettant que ce premier pro-
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- blême fût résolu d’une manière satisfaisante, l’appareil présenterait encore une lacune, toutes les fois qu’un second train serait introduit, après avoir rempli les formalités prescrites par le règlement, dans une section bloquée où circule déjà un premier train. Car, dès que ce premier train sortirait de la section, le garde aurait la faculté de débloquer la section et de découvrir ainsi le second train.
- Nous n’insistons pas sur ces critiques, dont le bien-fondé paraît avoir été reconnu déjà par les inventeurs, puisque ceux-ci ne paraissent pas avoir repris leur idée primitive, et qu’ils produisent aujourd'hui leur nouveau contact fixe sans spécifier l’usage auquel il pourrait être adapté.
- SYSTÈME SPAGNOLETTI
- L’appareil de Block-system de M. Spagnoletti est déjà ancien : il procède des systèmes de Cooke et
- FIG. 54. — DISPOSITION SCHÉMATIQUE DES CONTACTS (SIGNAL ROUSSEAU)
- de Preece et il ne serait plus depuis longtemps en usage, si son inventeur ne l’avaitsuccessivement modifié et perfectionné de manière à le mettre en rapport avec les conditions du programme que l’on impose aujourd’hui aux systèmes de Block.
- La dernière de ces additions faites par M. Spagnoletti, consiste dans une sorte de pédale électromécanique qui empêche le signaleur de débloquer une section tant que le train qui y circule n’a pas quitté cette section.
- La pédale est formée d’un simple galet, monté sur une tige verticale qu’un ressort tend à ramener continuellement vers le haut; ce galet est atteint, au moment du passage du dernier véhicule de chaque train, par une plaque de garde fixée seulement à ce véhicule et qui appuie sur le galet, de manière à l’abaisser et à produire un contact électrique.
- Le courant est envoyé au poste situé à l’entrée de la section et, à partir de ce moment, le fil de ligne qui se trouvait coupé par suite de l’entrée du train dans la section, est rétabli, de sorte que l’on peut recevoir un second train.
- Nous passons rapidement sur cet appareil, essayé sur le Great Western et le Métropolitain, mais dont l’inconvénient grave est de nécessiter la modification de tout le matériel roulant, ou bien la spécialisation du dernier véhicule de chaque train. Nous
- avons, d’ailleurs, déjà fait ressortir les inconvénients d’un mode de contact dont l’effet peut être compromis par les oscillations des véhicules pendant la marche des trains.
- SIGNAUX DE BLOCK-SYSTEM COMPLETEMENT AUTOMATIQUES.
- C’est à des considérations d’économie qu’il faut surtout attribuer la préférence que les Américains pàraissent avoir pour les signaux complètement automatiques, au moyen desquels les trains peuvent se couvrir eux-mêmes.
- La difficulté de recruter un personnel sûr f, et
- FIG 55. — COMMUTATEUR ÉLECTRIQUE DU SYSTÈME ROUSSEAU
- l’élévation du prix des journées de travail sont certainement des motifs assez puissants pour que les ingénieurs des Etats-Unis, rompant avec les traditions de prudence qui sont observées dans l'ancien continent, aient dû chercher depuis longtemps le moyen de s’affranchir de l’intervention des agents pour la manœuvre des signaux. C’est pourquoi, dans la revue que nous nous proposons de faire des appareils automatiques de Block, les systèmes que nous aurons à citer tout d’abord comme ayant reçu la consécration d’un usage prolongé et d’une expérience concluante, seront exclusivement des systèmes américains, ceux de Rousseau, de Gassett (Union C°) et de Hal.
- Comme ces appareils sont destinés à satisfaire aux besoins d’une exploitation qui n’a que le nom de commun avec la nôtre, il n’y a même pas lieu de faire ressortir les inconvénients que l’on rencontrerait si ori les appliquait sur un réseau d’Europe. Il
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- faut juger ces systèmes comme des productions exotiques et se borner à apprécier les qualités ou les défauts techniques qu’ils peuvent présenter dans leurs détails. Quant au principe même de l’automaticité absolue, nous avons déjà dit au début que, quand on pouvait se dispenser d’y avoir recours, il ne fallait pas hésiter. Il sera donc inutile de revenir encore sur cette question.
- SIGNAL ROUSSEAU.
- Le système Rousseau a été mis à l’essai dès l’année 1874, sur le New-York Central Railway
- FIG. 56. — DÉCLENCHEMENT ÉLECTRIQUE DU SIGNAL ROUSSEAU
- et a été installé sur la ligne de New-York à Al-bany, d’une longueur de 240 kilomètres. Il est également employé avec succès sur les chemins de fer de Philadelphia Reading et de Philadelphia Wilmington et Baltimore.
- Dans ce système, comme dans la plupart de ceux dont la description va suivre, chaque section de block comporte un signal S* S2 S3 etc. (fig. 5q) et deux contacts électriques placés sous la voie Ct C'QC'.QC/.
- Chaque contact tel que C3 est relié au signal S3 immédiatement proche; chaque contact G/ est relié au signal S4 de la section précédente. En passant sur le contact C2, le train met lui-même à l’arrêt le signal S2 et se couvre par conséquent ; en passant sur le contact C/, il efface le signal S4 qui bloquait la section précédente et il rend par
- suite la voie libre efi arrière, dès qu’il a pénétré dans la section suivante.
- Le train effectuant lui-même toutes les opérations essentielles du Block-system, il devient tout à fait superflu de placer un garde à l’entrée de chaque section, c’est dans ce résultat que consiste toute l’économie du système dont il s’agit.
- Appareil de contact. — Le commutateur électrique qui forme la partie essentielle du contact fixe, dans le^ système Rousseau, est contenu dans un
- — ÉLÉVATION DU SIGNAL ROUSSEAU
- FIG. 5y.
- cylindre creux en caoutchouc K (fig. 55), serré entie deux armatures B B' et placé sous le rail S. Au centre de l’armature supérieure B, est vissé une sorte de piston creux H à l’intérieur duquel peut glisser, à frottement doux, une tige D isolée du piston par des rondelles en caoutchouc U’. La tige D porte un renflement c armé de deux petites pointes métalliques/, et elle est reliée, à sa partie inférieure, au fil télégraphique par la vis />.
- Lorsqu’un train passe sur la voie, le rail S subit une certaine flexion qui se communique au piston H dont la nervure m vient aussitôt en contact avec les pointes /, de manière à mettre à terre le circuit d’une batterie établie au poste où se trouve le disque qu’il s’agit d’actionner. Le circuit est de nouveau interrompu après le passage du train.
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- Disque<. — Le signal est un disque électrique à mouvement de rotation continu, mû par un poids G (fig. 56), dont la corde s’enroule autour d’un tambour qui est mis en relation par un système d’engrenages J J'avec Taxe A du disque S0. La longueur de la corde de suspension du poids G a été calculée de manière que l’appareil pût marcher pendant 24 heures sans qu’il fût nécessaire de le remonter; passé ce délai un dispositif spécial empêche qu’on allume la lanterne du signal avant d’avoir remonté le poids moteur.
- Le système de déclenchement et d’arrêt électriques est formé de 4 taquets a placés à l’extrémité des tiges P P qui sont fixées en croix sur l’axe A du signal. Quand ces tiges tournent dans le sens de la flèche, sous l’action du poids moteur, ces taquets viennent alternativement buter contre l’armature b d’un électro-aimant E et ne peuvent la dépasser que quand un courant est lancé dans les bobines, au moment du passage du train sur le contact fixe. Aussitôt que le courant est interrompu, l’armature b se détache et s’oppose au passage du taquet suivant.
- Ainsi, chaque fois qu’un courant passe dans les bobines E, le signal fait un quart de tour ; or ces bobines sont mises en communication électrique avec les contacts fixes au moyen d’un pivot A et d’un commutateur très simple formé de deux tiges s s' montées sur l’axe A à 1800 l’une de l’autre et qui viennent alternativement buter contre les ressorts ce' fixés sur un disque en ébonite k ; le ressort c communique par la borne m avec le contact fixe C2' (voir fig. 54) et le ressort c', par la borne n, avec le contact C,.
- Supposons que le disque soit effacé dans la position indiquée par la figure. Un train venant à passer sur le contact C4 placé au pied de ce disque, le courant passe aussitôt par n c' s A et l’armature B attirée dégage le taquet a : le disque tourne d’un quart de tour et se met à la position d’arrêt. L’interruption de courant ayant lieu immédiatement après le passage de la première roue du train, l’armature b détachée empêche le taquet suivant de passer et fixe la position du disque.
- La section reste ainsi bloquée jusqu’à ce que le train l’ait quittée et passe sur le contact C'2 situé au delà du disque suivant. Alors le courant passe par mes A dans les bobines et l’armature laisse échapper un nouveau taquet, le signal fait un quart de tour et se remet à voie libre, et ainsi de suite.
- Tous ces mécanismes sont enfermés à l’intérieur d’une boîte G (fig. 57) à la partie supérieure d’une colonne en fonte.
- Le disque mobile est formé d’un verre rouge qui apparaît au centre O de la boîte derrière laquelle se fixe la lanterne ; par conséquent, lorsqu’il est placé en travers, on aperçoit, le jour, une cou-
- leur rouge en O et, la nuit, un feu rouge. Lorsqu’il est à go° de cette position on ne voit qu’une couleur blanche ou un feu blanc. Quant au disque fixe S il est peint en blanc sur la partie annulaire qui fait saillie autour de la boîte.
- L’inventeur a, en outre disposé, sur le pivot, un autre commutateur qui permet, le cas échéant, d’actionner électriquement un petit signal répétiteur des indications du disque) ou une sonnerie. Ce répétiteur ou cette sonnerie se place soit aux passages à niveau, soit dans la station voisine.
- Enfin, pour doubler les indications du disque, M. Rousseau a ultérieurement proposé de placer, à 3oom en avant de ce signal, un second signal de ralentissement qui fonctionne au moment où le train passe devant lui, mais qui se remet à voie libre quand le grand disque est mis à son tour à l’arrêt. Il en résulte que, si ce dernier ne fonctionnait pas, il y aurait au moins un signal de ralentissement en permanence à 3oom en avant de lui.
- On peut reprocher au système que nous venons de décrire un très grave défaut. Le courant dont le passage produit la rotation du disque pourrait ne pas être interrompu aussi rapidement qu’il le faut pour que l’armature fût en position de s’opposer à la continuation de son mouvement. Il en résulterait, par exemple, que si le signal était à voie libre et qu’un train vînt à passer, le disque ferait un demi tour au lieu d’un quart de tour et qu’il resterait par conséquent effacé. D’une part, le train ne serait pas couvert, d’autre part, lorsqu’il passerait au signal suivant, au lieu de débloquer la section devenue libre il la bloquerait.et arrêterait les traiqs sans motif. Pour remettre en ordre l’appa*-reil ainsi déréglé, il faudrait le modifier à la main.
- En outre, il n’a été pris aucune précaution pour mettre le signal à l’abri de l’influence de l’électricité atmosphérique qui peut effacer le signal ou le mettre à l’arrêt, sans l’intervention des trains.
- Enfin il y a lieu de remarquer que le déclenchement électrique est délicat et que, pour équilibrer la masse du poids et du disque il faut un courant assez énergique. Des dérangements peuvent donc encore se produire par suite de l’affaiblissement des piles.
- Quant au dispositif imaginé par M. Rousseau, pour obliger l’allumeur du disque à remonter le poids moteur, il n’est efficace que si ce poids n’est à bout de course qu’au moment où la nuit commence à tomber et que si on n’oublie pas d’allumer la lanterne ; autrement, le disque cesse absolument de fonctionner ce qui est pire encore que s’il fonctionnait la nuit sans être allumé.
- En résumé, bien que nous n’ayons aucune donnée certaine au sujet du fonctionnement de l’appareil Rousseau, sur les lignes où on l’emploie aux Etats-Unis, nous restons peu persuadés qu’il ait
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- une réelle valeur pratique, abstraction faite, bien entendu, des inconvénients qui résultent dû principe de l’automaticité absolue. Il a, d’ailleurs, contre lui, le défaut d’être le plus ancien en date des systèmes de ce genre. En temps de progrès, un appareil très satisfaisant à l’époque où il a été créé, vieillit rapidement, et ses successeurs ont bientôt raison de lui.
- (A suivre.) M. Cossmann.
- LA MESURE DES RÉSISTANCES
- AU MOYEN DU TÉLÉPHONE
- L’idée d’employer le téléphone pour la mesure des résistances a été émise pour la première fois par M. Hospitalier [La Lumière Electrique, n° du 15 septembre 1879).
- Il avait indiqué pour cela deux dispositifs. Dans le premier, le téléphone était intercalé dans le circuit.d'une bobine à fil très fin placée entre deux autres bobines égales entre elles, mais d’enroulement inverse. Le courant d’une pile après avoir traversé un interrupteur se bifurquait entre ces deux dernières bobines, puis traversait d’une part un rhéostat et de l’autre la résistance à mesurer et retournait à la pile. Tant que la résistance du rhéostat n’était.pas égale à la résistance à mesurer les deux courants étaient inégaux dans les deux bobines extrêmes et on entendait un bruit dansle téléphone. Une fois l’égalité obtenue, les actions exercées sur la bobine à fil fin étaient égales et de sens contraire et l’on n’entendait plus aucun bruit dans le téléphone.
- Le second dispositif était basé sur l’emploi de l’audiomètre de Hughes gradué d’une façon particulière.
- Le courant de la pile après avoir traversé l’interrupteur se bifurquait entre les deux bobines fixes de l’audiomètre, et si l’on écoutait alors dans le téléphone de la bobine mobile, on obtenait le silence quand cette bobine était au zéro normal de l’instrument. Dans l’une des branches on intercalait ensuite une résistance de 1 ohm et on obtenait pour la bobine mobile une nouvelle position de silence pour laquelle on marquait 1 ohm sur la règle; en intercalant ainsi successivement des résistances de 2, 3, 4... ohms et déterminant pour chacune la position de silence de la bobine mobile, 011 pouvait graduer l’appareil en résistances et lorsqu’on opérait ensuite avec une résistance inconnue, sa valeur était donnée directement par la position de silence que prenait alors la bobine mobile.
- Un peu plus tard M. Ader (La Lumière Electrique, n° du ior avril 1880) substitua aux trois bo-
- bines du premier dispositif indiqué plus haut, une bobine d’induction semblable à celles employées dans les transmissions téléphoniques, mais dont le circuit primaire était formé de deux lîls d’égale résistance. Ces deux fils primaires jouaient le même rôle que les deux bobines extrêmes du système de M. Hospitalier et l’hélice secondaire jouait le rôle delà bobine du milieu. La disposition générale du circuit n’était d’ailleurs pas changée.
- En 1881 M. Kohlrausch (La Lumière Electrique, n° du iorjanv. 1881) combina l’emploi du téléphone avec celui de la bobine d’induction pour la détermination de la résistance des liquides.
- Son appareil était en réalité un pont de Wheats-tone dans lequel la pile était remplacée par une bobine d’induction divisée en deux parties susceptibles d’être associées en tension ou en quantité. En outre le galvanomètre était remplacé par un téléphone.
- Ce procédé présentait un intérêt tout particulier au point de vue de l’étude de la résistance des liquides, en ce que l’emploi des courants alternatifs évitait les phénomènes nuisibles de polarisation des électrodes.
- La méthode de Kohlrausch n’avait été appliquée qu’à la mesure de la résistance des électrolytes ; en janvier 1882 M. Emile Less (Annalen derPhysik und Chemie, Neue-Folge — Band XV 1882) fit remarquer que dans un pont de Wheatstone fonctionnant avec des courants alternatifs, les courants continus qui peuvent exister dans les différentes branches du pont n’ont aucune influence sur les bruits du téléphone, et il partit de là pour appliquer sa méthode à la détermination de la résistance des piles.
- Il employait comme M. Kohlrausch une source électrique formée par une bobine d’induction et un téléphone à la place du galvanomètre. Deux des branches du pont étaient formées par un fil de platine avec galet mobile ; .la troisième contenait la résistance à mesurer et la quatrième une boite de résistance et un rhéostat à coulisse.
- Avec des éléments Bunsen ou Daniel], quand la résistance à mesurer n’était pas trop faible, M. Less a toujours réussi à amener le téléphone à un silence complet.
- Avec des éléments dont la force électro-motrice est moins constante, comme un élément Daniell sans diaphragme, un élément Leclanché ou un élément au bichromate, toutes les variations de courant se font entendre dans le téléphone et on ne peut le ramener au silence, mais il est parfaitement possible de réduire le son à un minimum, et pour cela M. Less introduit dans la Jaranche du pont qui contient la pile en expérience des résistances connues, de manière-à réduire son intensité; le bruit téléphonique provenant de la pile se trouve alors considérablement réduit et il constitue un mi-
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- nimum auquel on peut facilement ramener le son à l’aide du rhéostat.
- Une fois le pont constitué, M. Less indique que l’on peut opérer la mesure de la résistance de deux façons différentes. Si l’on étudie un élément de grande résistance, il sera toujours plus commode de placer cet élément dans un bras du pont, et une résistance connue dans le bras voisin et d’effectuer la comparaison en déplaçant la roulette du rhéostat de Jacobi qui forme les deux autres bras du pont.
- Quand l’élément est au contraire à faible résistance, il vaut mieux placer la roulette au milieu du rhéostat pour constituer ainsi les deux branches égales du pont et équilibrer ensuite la pile avec la boîte de résistance. Dans ce cas, quand on effectue le dernier réglage avec le rhéostat à fil ajouté pour cela à la boîte de résistance, il arrive que l’intensité du courant de l’élément varie un peu d’une façon continue. C’est pourquoi M. Less prend d’abord une. résistance de comparaison r un peu trop faible, puis une un peu trop forte, et intercale ensuite de nouveau la première ; chaque fois il reporte le galet du rhéostat de Jacobi à l’endroit qui correspondait au son minimum et trouve par interpolation la résistance x cherchée.
- M. Less a mesuré avec son dispositif différentes résistances de piles, et il s’est occupé entre autres choses delà variation de la résistance des piles avec l’intensité du circuit. La facilité d’introduire des résistances additionnelles dans la branche du pont contenant la pile lui a permis de faire facilement cette recherche, et il est arrivé à cette conclusion qu’avec la pile Daniell et la pile Bunsen la résistance diminue toujours un peu quand l’intensité augmente.
- La même année, en 1882, M. L. Samuel se servit également du téléphone pour mesurer la résistance des piles. Il avait remarqué également que le téléphone reste muet quand il est traversé par des courants continus, et n’est sensible qu’aux différences d’intensité des courants, et il exposait à ce sujet les considérations suivantes :
- « Concevons un circuit fermé comprenant un téléphone, faisons naître par induction des courants alternatifs dans ce circuit. Le téléphone rendra un son dont nous représenterons l’intensité par I. Soit a l’intensité la plus élevée et b l’intensité la plus faible du courant pendant la période qui correspond à une vibration simple dans le téléphone {b est négative dans le cas que nous avons choisi). Lesxvaleurs a et b sont données en tenant compte de la résistance r du circuit.
- « Puisque I est proportionnelle à la différence des intensités extrêmes, nous pouvons poser
- I = (a — b) K,
- K étant une constante représentant tous les termes invariables, dont nous ne devons du reste pas tenir compte.
- « Introduisons dans le circuit un couple voltaïque dont la résistance intérieure est R et dont l’intensité du courant (mesurée dans le circuit de résistance r) est c, et voyons de quelle façon l’intensité I du son sera modifiée. Nous ne nous occuperons pas de la hauteur dh son, laquelle évidemment ne change pas.
- « 'L’introduction d’une résistance R dans le circuit aura pour effet de diminuer, dans le rapport
- de r-^~, les intensités a et b qui deviennent :
- « Ensuite, puisque le circuit reste constamment fermé, grâce à l’emploi des courants d’induction, le courant de la pile est toujours égal à c, et comme il s’ajoute aux courants induits (il s’agit d’une addition algébrique), on aura pour la nouvelle intensité I' :
- v = [a FT1 + c “ (b rTTt + C)]K Qu
- . r*
- Nous en déduisons que l’intensité du son dans le téléphone est indépendante de l’intensité du courant par suite de la force électro-motrice de la pile introduite dans le circuit, et que la résistance de la pile intervient seule pour affaiblir cette intensité.
- « On voit donc que, si l’on se place dans les conditions indiquées plus haut, la résistance intérieure de la pile pourra être mesurée directement, puisque cette pile joue alors dans le circuit le même rôle qu’une résistance inerte. »
- M. Samuel employait le pont de Wheatstone comme M. Less, d’après la disposition que représente la fig. 1, mais il se servait aussi d’une autre disposition dans laquelle il revenait à l’audiomètre précédemment indiqué.
- Cette disposition (fig. 2) comprenait une petite bobine d’induction ordinaire B ayant deux fils induits, enroulés parallèlement, et chacun des circuits induits était relié à une des bobines fixes de l’au-diomètre.
- Le trembleur n’était pas fixé à la bobine, comme dans les appareils de Ruhmkorff, il était séparé et ne donnait que 8 ou 10 vibrations doubles par seconde, afin que les décompositions chimiques des liquides de la pile en expérience ne pussent provenir d’une façon appréciable de l’action du courant induit. Le trembleur était un appareil automa-
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- tique, que l’on plaçait dans une pièce éloignée, soit une simple lame de cuivre battu de i5 à 20 centimètres de longueur fixée par une de ses extrémités et portant à l’autre un fil de platine plongeant dans du mercure; on faisait vibrer la lame à la main.
- L’appareil était muni de deux manettes C et O à l’aide desquelles on fermait d’abord les deux circuits induits sur eux-mêmes, ainsi que le montre la figure, et on les équilibrait en déplaçant légèrement une des bobines extrêmes. Cela fait, on changeait la position des manettes de manière à intercaler dans un des circuits la pile à mesure P, et dans l’autre le rhéostat R. On faisait varier la résistance de ce dernier jusqu’à ce que le son fût nul dans le téléphone. Cependant ce point ne se produit pas absolument au moment où il y a égalité de résistances et, pour faire le dernier réglage, M. Samuel a eu recours à un artifice.
- « Supposons, dit-il, que l’on introduise une pile
- FIG. I
- de résistance R inconnue dans l’un des circuits ; aussitôt le téléphone émettra un son. Si graduellement nous ajoutons à l’autre circuit des résistances, il arrivera un moment où l’on n’entendra plus rien dans le téléphone. Comme ni le téléphone, ni l’oreille ne sont des instruments d’une perfection. absolue, il est clair que les deux circuits ne seront pas encore égaux, et que celui qui contient le rhéostat agira plus fortement que l’autre. La résistance introduite n’est donc pas encore égale à R. Soit r' cette résistance. Or r' difFère plus ou moins de R, suivant le degré de sensibilité de l’oreille, et c’est là le point défectueux de l’emploi du téléphone. Voici comment on y remédie :
- « Continuons à introduire des résistances : nous atteindrons un point où les deux résistances seront égales à R. Si nous déroulons encore le fil du rhéostat, ce sera alors le circuit de la pile qui agira le plus fortement; mais le téléphone ne recommencera à parler que lorsque les deux intensités seront dans le même rapport que tantôt. Soit r" la résistance introduite.
- « Représentons par i', i, i" les intensités du son respectivement correspondantes aux résistances r', R, r" introduites dans le circuit (le circuit de la pile étant supposé ouvert), on a évidemment :
- i' :i ::i: i".
- « Les intensités du son étant en rapport direct de la différence des intensités extrêmes du courant, et cette différence étant inversement proportionnelle à la résistance, on a par déduction :
- R* : r' : : ? " : R.
- D’où pour la valeur de R :
- R= \Jr' r" •
- Nous avons indiqué les principaux essais qui ont été faits relativement à l’emploi des téléphones pour la mesure des résistances, il reste à voir quelle est la valeur de ces différentes méthodes.
- Pour la mesure de la résistance des liquides le
- téléphone a le grand avantage de permettre l’emploi des courants alternatifs, qui évitent dans une très grande mesure la polarisation. A ce point de vue, la seconde méthode de M. Samuel nous paraît préférable à l’emploi du pont, car la pile à essayer n’est soumise alors à aucun changement d’intensité.
- Pour la mesure des résistances métalliques, d’autre part, il ne nous semble pas que le téléphone doive être en aucune -façon substitué au galvanomètre et cette manière de voir est confirmée par une communication que vient de faire à VElck-trotechnischcr Verein le prof. Roscnthal.
- En opérant pour la mesure de la résistance de conducteurs métalliques, d’après la méthode de M. Kohlrausch, M. Rosenthal a reconnu d’abord que le téléphone n’est pas aussi sensible que le galvanomètre, mais que cependant il permet d’arriver à des résultats exacts, tant que la résistance à mesurer est inférieure à 100 ohms. Au delà de
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- cette limite, il n’est plus possible, d’après lui, de faire une détermination exacte.
- En opérant avec un téléphone à deux circuits dans lesquels étaient insérées les résistances à comparer, en se servant de la boljine à deux enroulements primaires indiqués par M. Ader, M. Rosen-thal n’a également réussi que pour de faibles résistances. Il a reconnu en outre que les résistances à mesurer ne doivent pas être sous forme de bobines.
- Ainsi que l’a fait remarquer M. Helmoltz à la suite de cette communication, il n’y a donc, pour la mesure de la résistance des conducteurs métalliques, aucun intérêt à employer le téléphone. Pour les résistances des liquides et des piles, au contraire, il pourra rendre des services, mais les déterminations pratiques ne seront pas sans présenter des difficultés. La disposition de M. Samuel nous paraît, à ce point de vue, avoir quelques avantages à cause de l’indépendance de la pile ; elle sera utile dans certains cas, et pourra, par exemple, servir à étudier l’influence exercée sur la xésistance par la polarisation.
- Aug. Guerout.
- sur UN
- NOUVEL ÉLECTRODYNAMOMÈTRE
- POUR LES COURANTS ALTERNATIFS TRÈS FAIBLES
- Cet instrument, destiné exclusivement à l’étude des courants alternatifs très faibles, repose sur un principe qui, à ma connaissance, n’a pas encore été utilisé dans sa plus grande simplicité.
- Supposons que l’aiguille aimantée d’un galvanomètre à réflexion soit remplacée par une petite tige ou un fil de fer, qui puisse osciller dans un plan horizontal, et qui, dans sa position d’équilibre, soit perpendiculaire au méridien magnétique.
- Dans ces conditions la tige de fer n’est pas influencée par le magnétisme terrestre, et si elle est bien recuite et de bonne qualité, elle ne présente aucune trace de polarisation magnétique. Supposons encore que le plan des spires du cadre forme un angle d’environ 45° avec le méridien magnétique, et qu'on fasse circuler un courant dans le fil du cadre : quelle qu’en soit la direction, il aimante temporairement la baguette de fer, et tend à l’amener dans une direction perpendiculaire au plan du cadre.
- Ainsi, bien que les courants soient alternatifs, la déviation de la baguette est toujours dans le même sens.
- La simplicité de cet appareil consiste en ce qu’on
- a supprimé le solénoïde mobile des électro-dynamomètres ordinaires, et aussi le système compliqué de suspension, qui l’accompagne. Le solénoïde mobile est ici remplacé par la tige de fer, dont la fonction est la même : elle peut être suspendue par un fil de faible torsion, ou bien par un double fil de cocon à système bifilaire. La légèreté extrême de la partie mobile rend l’instrument très rapide et très sensible.
- On pourrait penser que, les aimantations alternatives du fil de fer n’obéiraient pas avec une rapidité suffisante aux inversions du courant. Mais les phénomènes du téléphone semblent prouver que, pour de faibles courants, le fer obéit presque spontanément aux actions magnétisantes. Si l’on admet cela, et si l’on admet aussi que, pour de faibles courants, le magnétisme induit soit proportionnel à l’intensité du courant, la théorie de l’instrument est tout à fait simple. Il reste seulement à étudier sa sensibilité.
- A cet effet, j’ai construit un appareil qui, bien qu’assez grossier, m’a permis de faire quelques expériences. Au lieu de la tige de fer, j’ai employé un faisceau de fils de fer bien recuits : ils avaient une longueur de i7mm et un diamètre de 0,15mm. A ce faisceau était fixé un petit miroir très léger, et le système était suspendu bifilairement par un fil de cocon.
- Le diamètre intérieur du cadre était de 35mm, et sa longueur de 38mm. Le fil de cuivre, d’environ 0,2”" d’épaisseur, avait une résistance de 175 U. S., et formait une couche d’environ 8mm. La lunette et l’échelle pour la lecture étaient placées à 2 mètres de l’instrument. Dans mes expériences j’ai employé un téléphone Siemens, dont la résistance était 195 U. S.'
- Les conditions de l’instrument, en particulier pour ce qui concerne le solénoïde, n’étaient pas, évidemment, les meilleures. Toutefois les résultats ont été assez satisfaisants. Quand on mettait en action la trompette appliquée au téléphone Siemens, la déviation du faisceau de fer était trop grande pour être observée. En parlant tout bas, avec le téléphone à la bouche, ;on observait une déviation appréciable. De même en criant devant le téléphone à la distance de 5o centimètres on avait une déviation, et aussi en tenant la trompette à 25 centimètres de l’embouchure du téléphone et en y soufflant de manière à produire le plus faible son possible.
- Ces résultats, obtenus par un instrument si grossier, me font espérer que dans des conditions meilleures et (si cela est nécessaire) avec l’emploi de quelques artifices bien faciles à imaginer, on ' pourra construire un électro-dynamomètre d’une extrême sensibilité.
- Cet instrument faciliterait l’étude des petits courants alternatifs et pourrait aussi remplacer
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- avec avantage le téléphone dans les méthodes dites de réduction à zéro, où l’emploi du téléphone est souvent très pénible.
- M. Bellati.
- Professeur à l'Institut de physique de Padoue.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Expériences microphoniques de MM. J. Munro et B. Warwichf
- L’appareil représenté par la figure i, que M. Munro appelle, en raison de sa forme, « lyre-téléphone », se compose essentiellement de deux toiles métalliques Gi G2 supportées par une lyre
- FIO. I
- en bois A, reliées respectivement aux fils des bornes X et Y, et appuyées l’une sur l’autre par un ressort à contrepoids variable W. Ces toiles métalliques sont intercalées dans un circuit téléphonique de manière à constituer les électrodes d’un microphone, car elles ne se touchent que par quelques points et vibrent sous l’influence des vibrations sonores, de façon à s’écarter plus ou moins et à faire varier la résistance qu’elles opposent au courant en raison de ces vibrations.
- On peut remplacer cet appareil par deux disques
- G* G2 (fig. 2), entoile métallique appuyés l’un sur l’autre par un ressort s à vis de réglage N ; ou par deux disques g g' (fig. 3) dont l’un g bombé pour le rendre élastique, est appuyé sur l’autre par l’attraction d’un électros-aimant E. Si l’électro E est intercalé dans le circuit téléphonique, la pression
- des disques de toile métallique s’ajuste automatiquement à la force du courant.
- Dans le thermo-microphone, représenté par la figure 4, les électrodes du microphone sont con-
- FIG. 3
- stituées par une hélice de maillechort C, et une toile métallique G, reliées, par A. et B, au téléphone T, et chauffées par une lampe L. Il se produit dans ce circuit un courant thermo-électrique
- FIG 4
- suffisant pour que le téléphone reproduise exactement les sons parlés ou musicaux articulés près du couple G C.
- M. Munro a de plus observé que si l’on chauffe deux morceaux de toile métallique du même métal et en contact microphonique, on entend, dans le téléphone qui leur est relié par une pile, un son musical particulier dû, suivant lui, à ce que l’action
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- de la chaleur faciliterait la décharge électrique entre ces toiles : peut-être ce phénomène n’est-il dû qu’aux mouvements produits par les dilatations variables des toiles et par l’action des courants . d’air.
- Dans l’appareil représenté par la figure 5, la par-
- tie microphonique de l’instrument est constituée par une chaîne C, attachée à une planchette A, ten-
- l’embouchure M, et d’autre part aux ressorts s s', sont reliées au circuit téléphonique par l’intermédiaire d’un électro-aimant D, si la résistance de la ligne le rend avantageux.
- Le transmetteur représenté par la figure 7 est constitué par une simple barre en fonte i", pressée contre les blocs de fonte i i' par un ressort S : la rouille, à moins qu’elle n’arrive à coller le barreau contre les supports, n’a pas d’influence sur la marche de l’appareil. Ce transmetteur ne diffère de ceux 'de Hughes, Crossley, Gower et Ader que par
- *
- FIG. 8
- la nature de la tige i", qui est en charbon dans ces derniers appareils.
- Le transmetteur à grains, figure 8, est formé d’une boîte à parois métalliques e e, reliées au circuit téléphonique par les bornes 11' et remplie de tournure de bronze ou de fer. M. Munro a démontré qu’en plongeant cet appareil dans de l’huile ou de l’alcool, on pouvait supprimer les sons perturbateurs qui se produisent dans les appareils du
- FIG. 6
- due par un ressort S à réglage B, et reliée par X Y au circuit téléphonique. Les contacts micropho-
- FTG. 0
- même genre de M. Hughes, sans nuire à la netteté des articulations.
- On peut enfin remplacer l’appareil précédent par une simple boîte (figure 9), pleine de vis de 6mm.
- 9
- v i*
- FÎG. 7
- hiques variables sont constitués par les points de [onction des mailles dç la chaîne.
- La figure 6 représente un transmetteur construit d’après ce principe, dans lequel les deux chaînes c c, attachées d’une part à la plaque vibrante de
- Régulateur de vitesse pour machine de navire à vapeur, de M. G. Brown.
- Le plus grand danger de rupture que court l’hélice d’un navire est causé par le tangage; quand l’arrière du navire est hors de l’eau, l’hélice rencontre seulement la résistance de l’air et prend une grande vitesse; le navire, en se relevant de l’avant, plonge avec cette grande vitesse dans l’eau et met en danger l’arbre et la machine.
- On a cherché par différents moyens à éviter cette cause de danger. Dans les méthodes qui ont été proposées, on emploie généralement un flot-
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- teur placé dans un canal à côté de l’hélice et mis en communication par une transmission avec la soupape de la machine à vapeur. Dans la construction de MM. Sangater et Shelton, de Buffalo, la communication entre le flotteur et la^sou-pape est faite électriquement. (Brevet anglais, n° 2991876).
- Tous ces arrangements fonctionnent généralement quand le mal est déjà fait.
- Nous trouvons une idée nouvelle dans un brevet de M. R.-G. Brown; elle consiste dans l’emploi de deux contacts électriques, l’un isolé et placé sur la coque du navire près de l’axe de l’hélice, l’autre en communication avec la quille et continuellement submergé. Dans la position normale du navire, les deux contacts sont en communication par l’intermédiaire de l’eau, et ferment un circuit dans lequel se trouve une machine dynamo en marche et un électro-aimant dont l’armature est toujours attirée.
- L’arrière du navire, en se levant de l’eau, interrompt le circuit, et permet à l’armature, réglée par un ressort antagoniste, d’agir sur des organes qui mettent en mouvement une petite machine à vapeur; celle-ci ferme ensuite la soupape de la machine du navire. Quand l’hélice replonge dans l’eau, le circuit est rétabli et par l’attraction de l’armature de l’électro-aimant la soupape est remise à sa position normale.
- On peut placer plusieurs contacts superposés, ouvrant et fermant la soupape plus ou moins, suivant que la submersion de l’hélice est plus ou . moins grande.
- {Electrotechnische Zeitschrift.)
- Importance de la téléphonie dans les différents pays.
- Les documents publiés par la Compagnie internationale des téléphones, outre les renseignements curieux qu’ils fournissent, peuvent montrer jusqu’à un certain point l’importance des affaires dans les différentes villes du monde, ainsi que l’aptitude aux progrès des diverses populations.
- Le téléphone en effet est le moyen le plus commode pour les transactions commerciales et les pourparlers d’affaires, et on conçoit que l'on puisse juger du mouvement commercial d’un pays d’après le nombre des abonnés aux réseaux téléphoniques. D’un autre côté, pour avoir recours à ce moyen, il faut que les commerçants ou les gens d’affaires apprécient les avantages de ce système de communication, cq qui les suppose enclins à adopter les découvertes nouvelles et, par conséquent, amis du progrès. En calculant donc le nombre d’abonnés par mille habitants des différentes villes du monde, on pourra se faire une idée approximative de leur importance au double point de vue dont nous ve-
- nons de parler. Oi> en faisant ce calcul on passera par bien des étonnements. On verra par exemple que l’une des villes qui réunissent le plus grand nombre d’abonnés eu égard à la population, est une capitale que nous serions tentés de considérer comme à l’état sauvage, une ville isolée dans l’océan Pacifique au milieu des îles Sandwich, Honolulu en un mot ! ! ! Elle compte en effet vingt-six abonnés par mille habitants, et cette ville en a déjà dix mille. Par contre, 011 verra que les grandes capitales telles que Paris et Londres n’en ont que très peu, un abonné par mille habitants pour Paris, et pas même un pour Londres. Il faut dire toutefois que la monopolisation de ce moyen de communication, en Angleterre, a paralysé un- peu l’élan des amateurs, et d’un autre côté, on avait déjà un système de télégraphie privée qui était très employé depuis longtemps dans les différentes mai sons de commerce de cette grande ville.
- Quoi qu’il en soit, nous avons pensé qu’il serait intéressant pour les lecteurs de La Lumière Electrique de connaître la répartition des abonnés, eu égard à la population, dans les différentes villes, et nous avons disposé nos tableaux de manière à grouper ensemble toutes les villes ayant un même nombre d’abonnés, par mille habitants, depuis 46 jusqu’au-dessous de un. Comme la plupart des nombres résultant de la division, par le nombre d’habitants, du nombre des abonnés multiplié par 1 000, ne sont pas des nombres entiers, les chiffres correspondant aux différentes villes doivent faire supposer que les nombres des abonnés qui sont indiqués comprennent ceux qui les dépassent ou leur sont inférieurs de la moitié d’une unité.
- EUROPE
- Nombres d’abonnés par 1 000 habitants ab.
- 18 En Suède : Sundswalls. i3 En Belgique : Chatleroy.
- 7 En Suède : Soderhamm. -r- En Suisse : Zurich.
- 6 En Norwège : Christiania.
- 5 En Belgique : Verviers. — En Italie : Gènes et Sam-* pierdarena. — En Norwège : Drammen. — En Suède i Stockholm. — En Suisse : Bâle.
- 4 En Belgique : Anvers. — En Italie : Milan. — En Russie : Iïelsingfors. — En Suède : Gothembourg, Malmœ.
- 3 En Allemagne : Mannheim. — En Italie : Rome, Turin. — En Hollande .'Amsterdam.
- 2 En Allemagne : Fraiicfort-sur-Ie-Mein, Guebwiller, Hambourg, Mulhouse. — En Belgique : Liège. — En Danemark ; Copenhague. — En France : Le Havre', Reims, Roubaix-Tourcoing, 1 Calais, — En Angle* terre : Falmouth. — En Italie : Bologne, Florence, Livourne. — En Hollande : Rotterdam, Arnheim.
- 1 En Allemagne : Crefeld, Leipzig, Stettin. — En Autriche : Buda-Pesth. — En Belgique : Bruxelles, Gand. — En France : Paris, Lyon, Bordeaux. — En Angleterre : Newcastle, Colne, Manchester, Nelson, Li-verpool, Preston, Wigan, Windermere, Belfast, Brad-ford, Dewsbury, Glascow. — Eh Italie : Venise. Au-dessous de 1. — En Allemagne : Altona, Barmen, Ber-
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- lin, Brunswich, Brème, Breslau, Cologne, Deutz, Dresde, Elberfeld, Hanovre, Magdebourg. — En Ati-triche : Vienne, Trieste. - - En France : Lille, Marseille, Nantes, Ro^en. — En Angleterre : Londres, Dublin, Cardiff, Cork, IIull, Lcicester, Limerick, Lon-donderry, Middlesborougli, Newport, Plymouth, Sun-derland, Waterford, West-Hartlepool, Altringham, Bangor, Barrow, Birkenhead, Blackburn, Blackpool, Bolton, Bowdon, Carnarvon, Chester, Chorley, Dar-wen, Fletvvood, Ileywood, Flint, Holyhead, Lancaster, Newtown, Rochdale, Southport, Saint-IIelens, Todmorden , Ulverston , Warrington, Welshpool, Wrexham, Birmingham, Dudley, Dundee, Edimbourg, Greenock, Halifax, Huddersfield, Leeds, Not-tingham, Paisley, Stourbridge, Wakefield, Walsall, Wednesbury, Wolverhampton. — En Italie: Catane, Messine, Naples, Palerme. — En Hollande : La Haye. — En Portugal : Lisbonne. — En Russie : Moscou, Odessa, Riga, Saint-Pétersbourg, Varsovie.
- ab. ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE
- 46 Columbia.
- 34 Clinton.
- 26 Denver.
- 19 Columbus.
- 18 North-Attleboro.
- 17 Little-Rock, Omaha.
- 16 Leadville.
- 14 Greenville, La Providence, Worcester. i3 Cumberland, Elgin, Wicksburg, Fitchburg, Hartford.
- 12 Jackson, Meridian, Lowell, Madison.
- 11 Natchez, Pawtucket, Albany, Columbus, Dayton, Evan-sville, New-Haven, Northampton, Selma.
- 10 East-Greewich , Attleboro, Burlington, Manchester, Minneapolis.
- 9 Joliet, Woonsocket, Westerly, Toledo, Westüeld.
- 8 Cincinnati, Shreveport, Bristol, Augusta, Bloomington, Louisville, Norfolk, Saint-Paul.
- 7 Boston, Amora, Valpariso, Warren, Milwaukee, Ports-mouth, Savaunah. •
- 6 Evanston, Aberdeen, Yazoo-City, Trcnton, Wilmiugton, Atlanta, Buffalo, Rochester, San-Francisco.
- 5 Chester, Pascoaq, Atchison, Charlestown, Cleveland, Kansas-City, Wilmington.
- 4 Chicago, la Nouvelle-Orléans, Richemond, Washington. 3 Baltimore, Nashville, Saint-Louis.
- 2 Philadelphie, Mobile, New-York.
- D’après les renseignements donnés à la Compagnie internationale des téléphones, il y aurait aux Etats-Unis environ 90 060 souscripteurs au téléphone, mais les renseignements exacts qui lui sont parvenus pour les principales villes ne porteraient ce chiffre qu’à 41 569.
- AUTRES PARTIES DE L’AMÉRIQUE
- 1 Abonnés. Canada. République Argentine. Mexique. Brésil.
- 22 Victoria. . . » » n
- 18 Londres. . . » » ))
- 12 Saint-Jean, Toronto. . )) »
- II\ Ottawa.. . . Y» )) »
- 6 Montréal.. . » » ))
- 4 3 Québec.. . . » » ))
- Halifax.. . . Buenos-Avres. Mexico. »
- 2 » )) )) Rio-de-Jnnciro.
- 1 Hamilton . . W U
- Dans les autres parties du monde, en Asie, en Afrique et dans l’Océanie,1 le nombre des abonnés est toujours au-dessous de 1 par mille habitants., excepté pour Sidney et Melbourne, où lé chiffre dépasse 1 et pour les îles Sandwich, dont la capital e, Honolulu, compte, comme on l’a vu, 26 abonnés par mille habitants.
- , On remarquera dans le premier de ces tableaux que c’est la Suède et la Belgique qui, en Europe, ont, relativement à leur population, le plus d’abonnés; que l’Italie et la Suisse viennent après et que c’est la France et l’Angleterre qui en ont le moins; mais le second tableau nous montre que c’est l’Amérique qui a le plus profité des bienfaits du téléphone. Il n’est pas en effet une seule des villes d’Amérique dotées de réseaux téléphoniques qui ait moins de 1 abonné par mille habitants, et on en trouve qui en ont jusqu’à 46, 34, 26, 19, 18, etc. Ceci doit rabattre un peu de nos prétentions à être à la tête du progrès.
- Les installations d’éclairage électrique du paquebot « La Normandie. »
- Nous avons eu fréquemment à signaler dans ces derniers temps des installations d’éclairage électrique et principalement de lampes à incandescence sur les navires à vapeur. Cette innovation se répand de plus en plus et cela se comprend du reste, car pour les navires ce mode d’éclairage présente sur l’éclairage ordinaire à l’huile ou au pétrole des avantages marqués. Il n’y a plus en effet de dégagement de gaz nuisibles, et la chaleur produite est très modérée, ce qui constitue deux conditions essentielles de comfort dans des espaces aussi restreints que les salles et cabines des paquebots. En outre les divers mouvements du navire même par les plus forts temps n’ont aucune influence sur les lampes à incandescence et suppriment toutes les suspensions spéciales ordinairement en usage.
- Un des derniers navires où l’on vient d’installer la lumière électrique est la Normandie, actuellement dans un des bassins du port du Havre. Un de nos correspondants de cette ville nous envoie sur cette installation des détails intéressants.
- La Normandie est un superbe paquebot construit tout récemment à Barrow pour le compte de la Compagnie générale transatlantique par la Bnr-row’s ship building Cc. Il a 143 mètres de longueur et un déplacement de 9 600 tonnes. La machine développe 7 000 chevaux et lui fait atteindre une vitesse de 17 nceuds 5, c’est-à-dire environ 02 kilomètres à l’heure.
- Le navire est entièrement éclairé .à l’électricité ; l’installation est due à la maison Siemens de Londres, elle se compose :
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- i° D'une machine Siemens à courants alternatifs munie de son excitatrice dynamo à la manière ordinaire et actionnée par un moteur de 20 à 3o chevaux. Elle actionne i3 lampes à arc .différentielles Siemens de 5o becs; 10 disséminées dans la chambre des machines et dans les chaufferies, une dans chaque feu de côté et une au feu blanc dé misaine.
- Cette même source alimente en outre environ 5o lampes Swan de 20 bougies.
- 20 Une machine dynamo Siemens, compound, à double circuit inducteur absorbant trente chevaux et alimentant un réseau de 200 à 25o lampes Swan, réparties dans tout le bâtiment. Ces lampes sont répandues à profusion dans'les salons, fumoirs, salles à manger, couloirs, et y produisent le meilleur effet. Chaque cabine est munie de sa lampe et un commutateur, à portée de la couchette, permet à chaque personne de produire instantanément l’allumage ou l’extinction de la lampe : faculté bien précieuse et qui sera certainement très bien accueillie des passagers;
- 3° Une machine dynamo semblable à la précédente' et munie également de son moteur, destinée à servir de rechange en cas de besoin ;
- 40 Une batterie de 5o accumulateurs de la Société anglaise Electric Power and Storage C°, destinée à régulariser l’éclairage et à venir en aide aux sources mécaniques en cas de stoppage.
- L’installation est très bien faite, les accessoires, lustres, globes, élégants et cl’un maniement facile ; le fonctionnement ne laisse rien à désirer*. ^ * ' ,
- Les machines mqtrices sont à un seul cylindre eL tournent à i5o tours, les machines électriques tournent à 6co tours. La multiplication et transmission intermédiaire est obtenue à l’aide de courroies ou d’engrenages.
- La Compagnie générale Transatlantique avait déjà éclairé à l’aide d’accumulateurs plusieurs de ses paquebots, tels que la France, le Canada, Y Amérique, le Labrador, mais cette dernière installation dépasse de beaucoup les précédentes et est peut-être la plus complété qui ait été faite jusqu’ici.
- Sur l’emploi de la terre glaise comme électrode dans la thérapeutique électrique, par le docteur Apostoli.
- Il y a une cinquantaine d’années, MM. Becquerel et Breschet avaient remarqué que si l’on fait agir sur le corps humain un cornant électrique, ce courant produit dans les tissus un phénomène cl’électrolyse; du côté positif il se porte des acides, du côté négatif des alcalis ; ils avaient pensé à tirer parti de ces réactions pour dénaturer des plaies comme on le fait en employait la cautérisation.
- Dans le cas d’un'ulcère rebelle, secrétant des matières alcalines, il suffirait, pensaient-ils, pour faire changer cet état de choses, d’appliquer' sur la plaie l’électrode positive, afin de faire arriver continuellement sur cette plaie des éléments acides.
- Cet état étant maintenu pendant un temps suffisant, on devait finir par forcer l’organe à secréter des humeurs d’une nature entièrement opposée à celles produites dans l’état pathologique et arriver à faire ainsi rentrer cet organe dans l’état, normal.
- Une expérience faite à l’Hôtel-Dieu par MM. Becquerel et Breschet sur un homme qui avait à la jambe un ulcère rebelle vint pleinement confirmer ces vues et devint le point de départ d’un mode de traitement des plaies et ulcères auquel on donne aujourd’hui le nom de galvano-causti-que chimique.
- Les électrodes métalliques, généralement en platine, que l’on emploie en thérapeutique électrique, peuvent rarement s’appliquer exactement sur les plaies, aussi a-t-on l’habitude d’interposer entre elles et la plaie un couche d’amadou imbibé d’eau ou d’une solution saline. Avec cette addition ce- 1 pendant le contact n’est pas toujours parfait et l’amadou présente l’inconvénient de se dessécher très vite.
- Le docteur Apostoli a eu, il y a quelque temps, l’idée d’employer dans ces cas, comme électrode, la terre glaise» imbibée d’eau pure ou sçlée qui avait été “employée comme électrode dans des expériences de physiologie, mais non encore en thérapeutique.
- La facilité avec laquelle la terre glaise pénètre dans toutes les anfractuosités d’une plaie, le contact intime qu’elle donne avec la partie traitée, la netteté avec laquelle elle permet de délimiter la surface d’application en font certainement pour les opérations de galvanocaustique un intermédiaire précieux.
- D’un autre côté son adhérence spontanée à la peau supprime le concours d’un aide ou l’emploi d’un moyen artificiel de fixation et, pour les applications de longue durée, la lenteur avec laquelle elle se dessèche lui conserve très longtemps un même degré de conductibilité et assure une grande constance au courant.
- En assurant enfin un parfait contact avec l’épiderme, elle supprime les effets calorifiques parasites provenant delà résistance au passage et diminue la douleur des applications.
- Son emploi est donc une heureuse innovation pour la galvanocaustique et pourra même être introduit avec avantage dans les autres applications clectrolhérapiques.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Recherches sur la .décharge électrique dans les gaz raréfiés, par M. Goldstein (!)
- Dans des mémoires précédents (2), M. Goldstein s’est efforcé d'établir que les radiations partant de l’électrode négative ou cathode, dans les gaz très raréfiés, ne consistent pas en une projection de particules pondérables. Il est disposé à admettre que ces radiations sont dues à un mouvement particulier de l’éther, ne se confondant pas avec la lumière, mais pouvant la produire par la rencontre d’un corps pondérable comme le gaz intérieur ou la paroi du récipient. La même nature doit être attribuée aux stratifications positives qui se comportent comme la lumière cathodique elle-même. M. Goldstein invoque plusieurs faits nouveaux à l'appui de cette interprétation.
- Quand, à l’extrémité d’un tube contenant de l’azote très raréfié, on volatilise du sodium, les vapeurs ne se diffusent que lentement dans le reste du tube. La décharge illumine l’azote en rouge et le sodium en jaune. On peut, avec un aimant, détourner les radiations et les éloigner de la région du sodium. Ce dernier ne se déplace pas avec elles, car la couleur jaune disparaît.
- On peut, avec un électro-aimant puissant, amener la décharge à se concentrer dans une région très restreintè d’un récipient A. Il semble qu’il en devrait résulter une augmentation de densité du gaz dans cette région, s’il était l’agent de la décharge. Si le récipient A est mis en communication par un robinet avec un second récipient B contenant du gaz à la même pression, la densité devrait diminuer en B. Pour constater qu’il n’en est pas ainsi, il suffit de faire passer la décharge en B avant et
- après l’expérience. Un changement de ^ de millimètre dans la pression produirait un déplacement appréciable des stratifications, et l’on n’observe rien de semblable.
- La décharge n’est pas non plus transportée par des particules arrachées à l’électrode. Avec un cathode en platine il se forme, il est vrai, un dépôt métallique sur la paroi opposée. Mais, quand on installe deux cathodes dans le même tube, les faisceaux négatifs qui en sont issus s’écartent l’un de de l’autre comme s’ils se repoussaient et illuminent des parties séparées de la paroi. Le dépôt métallique se produit néanmoins dans la partie obscure et acquiert partout la même épaisseur.
- Hittorf avait trouvé que la résistance des stratifications positives va en diminuant quand la pression du gaz diminue; mais le contraire paraissait avôir lieu pour la radiation négative. M. Goldstein a montré que cette augmentation de résistance réside
- (!) Journal de physique. — Avril i883.
- (2) La Lumière Electrique. — N° du 21 janvier 1882.
- entièrement à la surface du cathode. La radiation elle-même devient moins résistante, comme les couches lumineuses positives. On dispose dans le récipient de forme cylindrique un tube mobile un peu plus étroit, fermé par un plan de verre perpendiculaire. En faisant glisser cette pièce de façon à changer sa distance au cathode, on modifie la longueur du faisceau négatif, et l’on apprécie la résistance au moyen d’un micromètre à étincelle disposé en dérivation. Les variations diminuent quand la pression du gaz diminue. Le gaz se comporte donc comme s’il opposait un obstacle à un mouvement dont l’éther serait le siège. Il semble, d’après ce résultat, que l’électricité devrait se propager dans le vide absolu, ce qui entraînerait des conséquences remarquables relatives aux phénomènes cosmiques.
- L’origine du mouvement dans chaque couche radiante est soit le cathode, soit l’extrémité'négative de la couche stratifiée. Ce fait résulte des phénomènes signalés dans les précédents Mémoires, particulièrement des actions des aimants ; mais, de plus, chaque couche dépend de celles qui la précèdent du côté du cathode, et non de celles qui la suivent, de sorte qu’il faut rapporter au cathode l’origine de tous les phénomènes. Si l’on déplace l’anode en le rapprochant du cathode, aucune couche n’est déplacée, mais celles qui sont dépassées par l’anode disparaissent; un mouvement contraire les fait reparaître.
- Le déplacement du cathode entraîne, au contraire, la progression de toutes les couches dans le même sens. Quand la distance de deux couches consécutives n’est pas une partie aliquote de l’intervalle des électrodes, la dernière stratification adjacente, à l’anode est complète. L’individualité des stratifications est aussi caractérisée par leur couleur, qui varie souvent d’une extrémité à l’autre de la série. On reconnaît aisément, par le déplacement des électrodes, que la couleur de chaque stratification dépend de son rang à partir du cathode et ne dépend pas de la position de l’anode.
- Si l’on dispose dans le tube une section contractée, elle devient l’origine d’une radiation négative secondaire. Elle se comporte comme une électrode positive pour les couches qui la précèdent, et comme une électrode négative pour celles qui la suivent, comme on peut le reconnaître en ménageant cette section, dans un tube intérieur mobile. La position du cathode lui-même n’a plus alors d’influence sensible sur les couches situées au delà de la section contractée. Cette section constitue l’origine d’une stratification rendue particulièrement fixe par sa nature et pouvant ainsi mettre en lumière l’action exercée par chaque couche sur celles qui la suivent côté du positif.
- M. Goldstein étudie ensuite l’infiuence de la forme du cathode sur la distribution de la lumière phosphoresce/ite dans les tubes de Geissler.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- Quand on emploie comme cathodes, pour faire passer la décharge électrique dans les gaz raréfiés, des lames de diverses formes, on obtient sur la paroi opposée du récipient des figures phosphorescentes souvent d’une grande complication, et dont l’éclat et la forme varient avec la forme de la lame employée, sa distance à la paroi et le* degré de raréfaction pratiqué. La série des figures qu’on obtient avec une électrode donnée en raréfiant le gaz progressivement est identique à celle qu’on observe quand on rapproche la paroi de l’électrode sous une pression constante. Toutes ces figures existent donc simultanément dans l’espace à des distances diverses du cathode, et la raréfaction du milieu ne fait que les écarter les unes des autres.
- Si la surface de l’électrode présènte une courbure sphérique concave, la figure obtenue à une certaine distance est l’image renversée du cathode produite par l’entrecroisement des rayons partis de ses divers points. A des distances plus faibles on obtient des figures variables et l’on reconnaît que les rayons issus de chaque partie du cathode se comportent comme s’ils étaient repoussés par les autres parties.
- Ces'phénomènes sont surtout appréciables avec des lames à angles rentrants, en forme de croix ou •d’étoiles. On peut empêcher cette action répulsive en interposant entre les branches des écrans convenablement placés. La répulsion devient plus active quand la pression diminue. Cette variation dans l’action répulsive pourrait expliquer les directions variables que prennent les rayons électriques suivant la pression, et les diverses appparences qui en résultent.
- La réflexion des rayons électriques a été également l’objet de quelques recherches de la part de M. Goldstein.
- Quand les rayons électriques se propagent suivant l’axe de l’une des branches d’un tube légèrement coudé, ces rayons ne peuvent atteindre directement l’extrémité de la seconde branche. Le professeur Wiedemann y a cependant observé une illumination plus faible que celle des rayons directs. Il l’a attribuée à une déviation de ces rayons sous l’influence d’une répulsion de la paroi voisine électrisée.
- D’après M. Goldstein, cette explication ne peut être admise, parce que les rayons directs produisent un éclat beaucoup plus intense, comme on peut s’en assurer en les dédant par un aimant. Le phénomène cesse complètenent, d’ailleurs, si le tube présente une seconde courbure. On ne peut pas admettre davantage que la sirface, directement frappée, se comporte comme un cathode secondaire rayonnant dans la seconde branche du tube, car on peut faire en sorte que Cîtte surface soit l’anode lui-même, ce qui ne change rien au résultat. If anode n’absorbe donc pas les rayais cathodiques :
- il se comporte avec eux comme le ferait une surface quelconque.
- Le phénomène parait être dû, en réalité, à une réflexion diffuse des rayons électriques qui sont renvoyés dans toutes les directions à la fois, comme on peut s’en assurer en observant l’illumination simultanément sur des surfaces diversement placées ou en interposant sur le trajet des rayons directs des diaphragmes ou des écrans de diverses formes qui atténuent l’éclat de l’illumination secondaire sans en changer les limites et sans donner naissance à des ombres nettement tranchées. La couleur de l’illlumination secondaire dépend de la nature de la surface qui la manifeste, mais reste indépendante de la surface réfléchissante. Les rayons diffusés peuvent être déviés par les aimants comme les rayons directs.
- Relation entre la conductibilité électrique des liquides et leur fluidité.
- Dans ces expériences M. Stephan (Annales de Wiedemann t. XVII p. 6^3, 1882) a étudié d’une part le coefficient de conductibilité électrique et d’autre part celui de fluidité de différentes solutions de chlorures et iodures alcalins très étendues et additionnées d’alcool en proportions variables.
- Le coefficient de fluidité était mesuré par une méthode analogue à celle de Poiseuille. Le coefficient de conductibilité électrique déduit de la mesure de la résistance au moyen du téléphone par la méthode de Kohlrausch.
- Les résultats ont été les suivants :
- La conductibilité des dissolutions additionnées d’alcool augmente avec la proportion de sel, mais cette augmentation est moins rapide que pour les solutions aqueuses.
- La valeur du coefficient -/) de fluidité est liée à la température par une relation de la forme
- - = a + b t -f- c P ;
- A
- les coefficients de température sont sensiblement les mêmes dans la relation qui lie la conductibilité à la température.
- La conductibilité des solutions alcooliques peut être déduite de celles des solutions aqueuses, au moyen d’un coefficient qui dépend seulement du dissolvant et non du sel en solution.
- Pour les solutions contenant plus d’eau que d’alcool, la conductibilité est sensiblement proportionnelle à la fluidité. Pour les liquides contenant plus d’alcool que d’eau, la proportionnalité n’est plus suivie et la conductibilité électrique croit moins rapidement que la fluidité.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- RÉSUMÉ
- DES
- BREVETS D’INVENTION
- 152294. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES APPAREILS SERVANT A PRODUIRE LE VIDE POUR PRÉPARER LES LAMPES ÉLECTRIQUES A INCANDESCENCE, PAR M. AKESTER, — Londres,
- 27 mai 1882. — Paris, 25 novembre 1882.
- L'appareil représenté est destiné à fonctionner conjointement avec une série d'appareils à produire le vide, mais un de ceux-ci seulement est représenté. Chaque appareil à produire le vide comprend un tube en verre A, dont la partie supérieure est agrandie pour recevoir la tige temporaire du
- ballon dans lequel il s'agit de produire le vide. Ce tube est relié d'une manière étanche à un autre tube de verre B. La partie supérieure de B est formée par un resserrement, qui est rodé intérieurement afin de former un siège pour une soupape d’arrêt en verre C; la partie inférieure du tube B est cimentée dans la tubulure d’un robinet à trois voies D A ce robinet à trois voies sont reliés les tuyaux d’embran chement E de deux tuyaux horizontaux F, G, qui sont les conduits principaux d'alimentation et de décharge du mercure. Quand le robinet D est placé de façon à donner lieu à l'entrée du mercure, celui-ci s'élève dans le tube B et en expulse l'air par la soupape C; quand, au contraire, le robinet est placé pour la décharge, la descente du mercure a pour e/fet que le mercure aspire l'air du ballon par le tube A et l'embranchement latéral dans le tube B. Le mercure est admis et déchargé à différentes reprises, et, à chaque admission, il expulse par la soupape C tout l’air contenu dans la partie supérieure du tube B. Au fur et à mesure que le vide devient plus parfait, le mercure, lors de son admission, s'élève de plus en plus dans le tube.A; sa hauteur dans ce tube au-dessus du niveau du réservoir d'alimentation indique le degré du vide.
- Le conduit d'alimentation principal F est relié par un tuyau à robinet d'arrêt H, avec un réservoir I alimenté par un réservoir K au moyen d'un tuyau M muni d’un robinet contrôlé par un flotteur N dans le réservoir inférieur I. Le conduit principal de décharge G est relié par un siphon O à un récipient P, fixé au bas du corps Q de la pompe éléva-toire. Le siphon O sert à empêcher que le mércure ne s'écoule entièrement hors du conduit principal G, et il est muni d'un tuyau à air R. Le corps de pompe est muni d'une boîte à garniture S dans laquelle fonctionne un plongeur creux T à soupape; ce plongeur est commandé par une bielle fourchue U et une manivelle V montée sur un arbre supérieur mis en mouvement d'une manière quelconque appropriée. Uri‘ tuyau est relié au plongeur creux T, et son extrémité supérieure est recourbée et porte un bout de tuyau flexible X débouchant dans le réservoir K, qui est muni d'un tuyau de trop-plein Y conduisant au récipient P.
- 152301. — PROCÉDÉ ÉLECTRIQUE BISOLÉNOÏDAL ET DISPOSITION POUR SON EXÉCUTION, PAR MM. A. WIENAND ET II. HAUG.
- — Paris, 25 novembre 1882.
- Dans ce brevet fort obscur, les inventeurs brevètent une combinaison de solénoïdes, pour y soumettre à l'action du courant des corps organiques divers et obtenir différents effets.
- 152331. — PILE ÉLECTRIQUE RÉGÉNÉRABLE, PAR M. G. SCRI-VAiyow. — Paris, 27 novembre 1882.
- Cette pile se compose d’un prisme de charbon de cornue recouvert sur toutes les faces de chlorure d'argent pur. Le charbon, ainsi préparé, plonge dans une solution d'hydrate de potassium (KHO) ou d'hydrate de sodium (NaHO), marquant i,3o à 1,45 aréom. Baumé, le dissolvant étant de l'eau;-soit en moyenne de 3o à 40 % du dissolvant, Je tout étant rapporté à i5°C. Dans le voisinage de la lame de charbon, 011 dispose l'électrode attaquable, une lame de zinc ; au contact d'une dissolution assez concentrée d'hydrate de potassium ou de sodium, le chlorure d'argent passe partiellement à l'état d’oxyde brun, de sorte que la lame de charbon se trouve recouverte après un séjour prolongé dans le liquide excitateur d'un mélange de chlorure et d'oxyde argen-tique; il y a aussi formation de chlorure argenteux; quand le circuit est fermé, le chlorure d’argent sè réduit à l’état métallique spongieux et adhère à la surface du charbon ; en même temps, le zinc passe dans la dissolution alcaline à l'état de chlorure et de combinaison soluble d'oxyde zincique et d'alcali. Pour éviter toute perte d'argent, on enveloppe le charbon de papier d'amiante. Les piles sont disposées dans des vases en ébonite plats ou ronds. De la gutta-per-cha sépare le zinc du charbcn, à la base. M. Scrivanow prétend qu’un couple possède une force électro-motrice de i,5à 1,8 volts, et que la résistance intérieure est très faible. Quand l'élément est épuisé, on n'equ'à plonger le charbon avec sa garniture d’amiante, après l'avoir lavé à l'eau, dans un bain chlorurant, pour ramener l'argent métallique qui recouvre le charbon à l'état de chbrure et restituer ainsi à la pile son énergie primitive. Après le bain de chloruration, ou lave le charbon, puis on le reaet dans l'auge qui renferme le liquide excitateur. Le barn de chloruration est composé d'acide azotique, ceiit partes ; d'acide chlorhydrique, de cinq h six parties en poids, it d’eau, environ trente parties. Les autres eaux régales peiventêtre également employées.
- 152339. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES LAMPES ÉLECTRIQUES a incandescence. — Londres, 5 avril i832. — Paris, 28 novembrex^Si.
- Le ballon A des ]ampcs à incandescence est rapporté à un tube dans lequel l'iir est ensuite épuisé; ce tube est fixé à
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- l’extrémité opposée à celle formée par l’embouchure du goulot C, ouvert pour l’insertion du carbone. Les fils de platine courts D, D sont fusionnés dans les extrémités opposées d’une petite tige en verre F qui maintient les fils rigidement dans leurs positions relatives voulues. Les bouts des pinces sont faits avec des extrémités pour saisir la tige en verre F; les pinces sont munies d’une tige de serrage à coulisse, laquelle, quand on l’avance vers les extrémités des pinces, maintient celles-ci serrées sur la tige en verre. Pour fixer les fils D, D, il est pratiqué dans le goulot C du ballon deux saillies creuses H, H; lorsqu’on introduit le carbone E, on manipule les organes au moyen des pinces, afin de faire passer les extrémités externes des fils D, D dans les saillies latérales H, H. On fusionne ensuite les bouts de ces saillies
- et on les rabat sur les fils, après quoi on sort les pinces. Finalement, on ferme l’embouchure du goulot C en arrondi. Après avoir épuisé l’air du ballon A parle tube auquel il est rapporté, on scelle le bout du ballon et on enlève le tube de la manière ordinaire.
- 152343..— PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS AUX PRESSES HYDRAULIQUES DESTINÉES A ENVELOPPER LES CONDUCTEURS D’ÉLECTRICITÉ D’UN MÉTAL MOU QUELCONQUE ET A COMPRIMER LES TUBES PROTECTEURS AINSI OBTENUS, PAR MM. SIEMENS et iialske. — Paris, 28 novembre 1882.
- Les inventeurs revendiquent comme leur propriété : i° La disposition annulaire du cylindre hydraulique combinée avec l’introduction iectiligne des âmes du câble, et l’application d’un mandrin extensible dans l’espace intérieur du creux du cylindre.
- 20 Le déplacement horizontal du piston de presse pour l’emplissage du cylindre après l’abaissement du mandrin;
- 3° Le procédé consistant à donner pendant la marche, et à une même longueur de tube, différentes épaisseurs de parois, par l’exhaussement ou l’abaissement de la pointe d’affleurement, c’est-â-dire par l’alongement ou le raccourcissement du mandrin.
- 4° Le mode d’emploi d’une pointe d’affleurement mobile pour la production d’enveloppe; de conducteurs électriques en métal mou exactement concentriques.
- 152348. — SYSTÈME DE PILE COMIQUE PAR COMBUSTION DIRECTE DU CARBONE, DE L’OXYDI DE CARBONE, DE L’HYDRO-GÈNE OU DES HYDROCARBURES INDUSTRIELLEMENT COMBUSTIBLES AU MOYEN DE L’OXYGÈNE OU DE l’AIR ATMOSPHÉRIQUE,
- par le df a .’ d’arsonval. — Pans, 28 novembre 1882.
- Le dessin montre une section /erticale diamétrale d’un élément de pile, dans lequel le vase extérieur a est en fonte de fer, doublé intérieurement, sui sa paroi latérale, d’un cylindre isolant b en terre réfractare. Au fond se trouve le
- métal en fusion c chauffé par un four quelconque pour établir le début de la réaction, par exemple, de l’antimoine S b. Un tube eu fer d amène par insufflation l’air atmosphérique oxydant, ou l’oxygène provenant d’une source quelconque, au contact du métal en fusion. Il se produit de l’oxyde d’antimoine SbOn, liquide qui surnage en f.
- Le métal en oxydation c détermine le pôle négatif, que vient prendre le tube de fer d servant de conducteur; quant au pôle positif qui correspond à l’oxyde liquide /*, il est formé par une plaque métallique (cuivre, fer, etc.) g inat-taquee par l’oxyde, disposée à demeure dans le vase a b, à une hauteur qui le place dans la masse de l’oxyde en fusion.
- La régéncraliou du métal oxydé continuellement par le courant d’air ou d’oxygène, est effectuée au moyen d’une alimentation permanente ou intermittente d’un corps réducteur, solide, liquide ou gazeux (charbon, hydro-carbure, hydrogène, oxyde de carbone). Dans le cas des réducteurs solides ou liquides, ces corps sont simplement projetés dans le creuset. Si le réducteur est gazeux, on l’insuffle par un tube h qui plonge dans l’oxyde liquide /. Le métal ainsi réduit est conduit dans la masse inférieure du métal en c, par un entonnoir isolant en terre réfactaire i qui l'empêche de tomber au contact dù pôle positif. On peut disposer un nombre quelconque de ces éléments dans un four approprié, chauffe d’une manière quelconque et on peut facultativement, et suivant les circonstances, employer tout autre métal que l’antimoine.
- 152367. — PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS A LA CONSTRUCTION ET AUX PROCÉDÉS DE CONSTRUCTION DES FILS ET CABLES CONDUCTEURS DE L’ÉLECTRICITÉ, ET AUX PROCÉDÉS ET MOYENS EMPLOYÉS POUR RELIER DES SECTIONS DE CABLES,
- par m. r.-s. waring. — Paris, 29 novembre 1882,
- La figure 1 montre en perspective une des constructions de câble de l’invention de M. R.-S. Waring, et la figure 2
- en est une section. P indique l’armature ou la gaine en plomb; a les fils conducteurs de l’électricité, et c l’enveloppe isolante de ceux-ci. Tous les fils conducteurs, avant d’être réunis en câble ou rassemblés dans une gaine de plomb sont préalablement isolés par tout moyen convena-
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- LA LUMIÈRE ELECTRIQUE
- bL\ Au lieu de plomb, toute autre substance flexible, telle que le caoutchouc, les substances fibreuses, les tissus, etc., peuvent servir de gaine, soit aux fils séparés, soit à des groupes de fil, soit au câble. L’inventeur préfère cependant employer une enveloppe en métal conducteur, parce qu’elle laisse échapper l’électricité résultant d’une fuite de l’un des fils, et aussi parce que selon M. Waring une enveloppe métallique empêche les influences des courants induits sur es conducteurs, si même elle ne s’oppose pas à leur développement.
- Toutes les formes de câbles que l’inventeur décrit peuvent se fabriquer à l’aide de machines convenables du genre de celles destinées à la fabrication des tuyaux en plomb, nécessairement modifiées dans leur construction.
- 152330. — SYSTÈME PERFECTIONNE POUR RÉGLER L’ALIiUEN-TATION DES LAMPES A ARC ÉLECTRIQUE, PAR M. J. MATHIE-
- son. — Londres, io juin 1882. — Paris, 3o novembre 1Q82.
- A est le charbon supérieur ou positif fixé dans le support A' qui est muni d’une crémaillère pour commander un mouvement d’horlogerie. Le charbon inférieur ou négatif
- est placé dans un support fixe et supporté par une suspension métallique ordinaire. Une boite métallique D renferme le mouvement d’horlogerie E ainsi que l’électro-aimant F et son armature f pour rendre libre le mouvement d’horlogerie. E est un balancier portant l’armature /‘et la détente e. Le levier d’armature tourne dans un pivot e' disposé dans n’importe quel support métallique convenable fixé à la boîte D; il rend libre ou arrête la roue d’échappement Ea du mouvement d’horlogerie.
- Un ressort en hélice c2 soulève l’extrémité du levier d’armature, presse, par suite, la détente e et ferme le mouvement d’horlogerie. L’élcctro-aimant F rend libre le mouvement d’horlogerie en mettant la détente e hors de contact avec la roue d’échappement, et le ressort e2 pressant, en outre, la détente, sert à contrebalancer le poids de l’arma-liîre et à équilibrer la force attractive de l’électro-aimant Dans ce but le ressort est rendu ajustable au moyen d’une vis e». Le bras de levier E1 est recourbé en bas pour toucher la borne de contact G quand l’aimant est obligé d’agir. On relie le charbon positif A, par la monture en bronze de
- la lampe, avec le pivot e', et on relie ce pivot par un fil aux bobines de l’électro-aimant F. Une extrémité prolongée de ces bobines est amenée à la borne de contact isolée, et de cette borne de contact, on conduit un fil à la bobine de résistance H ou son équivalent, en connexion (par la monture de la lampe) avec le pôle négati f de la lampe. Quand, par conséquent, l’armature / est attirée par F, le prolongement du levier E1 est porté .sur la borne de contact G, et l’aimant ainsi interrompu du circuit dérivé sans rompre le contact. Le courant peut passer directement par le prolongement du levier d’armature pour aller à la borne de contact G, et à travers la bobine de résistance II au charbon négatif. En renversant la marche du courant, on évite toute étincelle et toute corrosion dans les points de contact, tout en maintenant invariable la longueur de l’arc voltaïque.
- Dr Camille Grollet.
- CORRESPONDANCE
- Delft, 3o avril i883.
- Monsieur le Directeur,
- Dans La Lumière Électrique du 21 avril i883, je trouve la description d’une modification à la sonnerie trembleuse.
- Permettez-moi de vous dire que la sonnerie, donnée dans la figure 4, page 521 de votre journal, n’est pas nouvelle.
- Cette construction a été déjà inventée, il y a longtemps, par le docteur allemand, H. Schellen.
- Dans son livre « Der Elektromagnetische Telegraph », (Braunschweig, Vieveg und Sohn), 5e édition, vous pouvez trouver la description d’un appareil absolument identique à celui de M. Lippens (page 713, figure 477).
- Outre qu’elles évitent les extra-courants, ces sonneries ont l’avantage qu’on en peut placer plusieurs dans un même circuit, ce. qui n’est pas possible avec les sonneries ordinaires.
- Veuillez agréer, etc.
- J.-W. Giltay.
- FAITS DIVERS
- Le prochain Congrès de l’Association française pour l’avancement des Sciences doitse tenir à Rouen du 16 au 2.3 août sous la présidence de M. Frédéric Passy.
- Un décret a été publié pour autoriser la remise d’une somme de quatre-vingt mille francs au ministre des postes et des télégraphes en vue de la participation de la France à l’Exposition internationale ^électricité de Vienne.
- Le gouvernement allemand vient de répondre à l’invitation du ministère des affaires étrangères d’Autriche que l’Allemagne prendrait part à l’Exposition internationale d’électricité de Vienne. _______
- Pendant l’Exposition internationale d’électricité devienne, on verra circuler sur le Dâjtube une embarcation mue par l’électricité, le courant éta# fourni ait moyeu d’accumulateurs, /
- A Kirkcaldy, dans le (pmté de Fife, en Ecosse, pendant une discussion sur un prdet de construction de tramways, sir Arthur Otway, président du comité, a préconisé l’emploi
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- de l’électricité au lieu de la vapeur pour le service des tramways dans cette ville, centre de manufactures et d’importants établissements industriels.
- A Glasgow, le conseil de la ville fait étudier par une commission un projet de régler au moyen de l’électricité toutes les. horloges de Glasgow. On ne compte actuellement dans cette ville que c^ix-huit horloges électriques.
- A Genève, on étudie de nouveau la question de fournir électriquement à la ville et à sa banlieue non seulement l’éclairage, mais la force motrice, en se servant de l’énergie des eaux du Rhône.
- L’Exposition d’appareils électriques et à gaz ouverte à Manchester, dans le Saint-James’s Hall, attire une grande affluence.
- Parmi les envois, on en remarque des villes de Londres, Birmingham, Sheflield, Cardiff, Derby, Leeds, Liverpool, Lincoln, Nottingham. Le grand « hall * de l’Exposition est éclairé avec des foyers à arc Lever de deux mille candies suspendus au centre. A l’extérieur de l’édifice se trouvent des lampes également du système Lever. On voit figurer à l’Exposition de Manchester, entre autres systèmes d’éclairage électrique, ceux de Swan et d’Edison ainsi que divers moteurs à gaz et à vapeur.
- Le Comité central de l’Exposition Nationale Suisse qui vient de s’ouvrir à Zurich a récemment invité les autorités de la Confédération et des cantons, ainsi que les Sociétés d’industrie et de métiers suisses à participer pendant toute la durée de l’Exposition' à l’organisation d’une série de conférences scientifiques techniques. On compte qu’il y sera traité et élucidé plusieurs questions importantes intéressant le peuple suisse, entre autres celle des applications de l’électricité.
- Une intéressante application de l’électricité à la marine a été imaginée par un anglais, M. William Lake.
- Son appareil permet de diriger, de la rive, un bateau de sauvetage ou une torpille tout aussi facilement que si le bateau était occupé par un nombreux équipage. Lorsqu’un navire échoue par un gros temps, il est souvent presque impossible de lui envoyer in câble pour communiquer avec le rivage. Le lifeboat Lake permet d’établir ces communications sans exposer la vie de nurins. C’est une chaloupe pourvue d’un moteur quelconque. A l’aide d’un conducteur électrique le chef de la station peut, sans quitter son poste, mettre la machine en train, l’arreter, lancer un câble par-dessus le navire naufragé et faire des signaux.
- D’après une circulaire du Département du Trésor dés États-Unis relative à l’Exposition d’électricité qui doit être organisée à Philadelphie parle Franklin Institute, tous les objets destinés à ceUe exposition pourront être, à leur débarquement à Boston, New-York ou Baltimore, transportés directement, sans être examinés à la douane, depuis le port de leur première arrivée jusqu’i Philadelphie.
- Éclairage électrique,
- A Paris, le théâtre de l’OpéraComique doit être éclairé avec des lampes à incandescence du système Edison.
- A Calais, la gare maritime est régulièrement éclairée à la lumière électrique.
- A Londres, les commissaires des égouts viennent de décider la prolongation, pendant une nouvelle période de trois mois, des essais d’éclairage entrepris par la Maxim-Weston Company dans Queen-Victoria Street, Pentonville-Road çtau pont do Soutwark.
- A Londres, l’habitation de M. R. Hammond est depuis quelque temps déjà éclairée avec des lampes à incandescence. Bien qu’il y ait le désavantage d’avoir à produire le courant dans la maison même, les frais de cet éclairage sont moins élevés, paraît-il, qu’avec le gaz.
- A Edimbourg, des essais de foyers Brush avec grands réllecteurs viennent d’être faits par la Brush Electric Light Company of Scotland,.dans Market-Street.
- Au 6 avril dernier, on comptait en Angleterre 8 44.3 lampes Edison en fonctionnement. Sur ce total, 4 463 lampes avaien été installées par la Compagnie Edison de Londres, et 3 980 par celle de Manchester.
- Le théâtre de la ville de Groningue, en Hollande, va être éclairé avec des lampes Edison.
- A Berne, la grande imprimerie Staempfii, désireuse de profiter des inventions récentes pour le perfectionnement de son outillage et pour faciliter le travail dans ses ateliers, vient d’adopter l’éclairage à l’électricité à la place du gaz On se sert de lampes Edison. La lumière est distribuée au moyen d’abat-jour en porcelaine et permet aux typographes de travailler chaque nuit sans se fatiguer les yeux et sans être incommodés par la chaleur des becs de gaz. Les lampes électriques sont alimentées par une machine dynamo, système Thury, construite dans les ateliers de MM. de Meuron et Cunéod.
- En Autriche-Hongrie, les salines de Maros-Ujvar ont un éclairage électrique de vingt-huit lampes à arc. On se sert de moteurs à vapeur.
- A Buda-Pesth, la distillerie Gruuwald et Cü reçoit une installation d’éclairage avec des lampes Swan.
- A Vienne (Autriche), le principal hôpital vient d’etre éclairé à titre d’essai avec des lampes Swan.
- L’Oregon, paquebot à vapeur que l’on construit dans les chantiers John Elder, à Glasgow, pour la Compagnie Guion, va être pourvu de lampes électriques. Il y aura dans les différentes parties de ce navire cinq cents lampes Edison A ou de six candies chacune.
- Les fonderies Bohler, à Waidhofen, dans la Basse-Autriche, où se fabriquent en grandes quantités des faux, faucilles, lames d’épée et de couteaux, vont être éclairées avec des lampes à incandescence.
- A Pesth (Hongrie), les bureaux du télégraphe doivent recevoir une installation de deux cents lampes Swan. Cet éclairage, confié à MM. Ganz et C°, de Buda-Pesth, est limité à une durée de dix ans.
- Dans l’Afrique du Sud, aux mines de Kimberley, a été faite une installation de trente-deux lampes à arc Brush,
- , alimentées par deux machines de seize foyers actionnées
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- LA LUMIÈRE
- par un moteur Robey. Un circuit de trois milles et demi de long s’étend autour de la mine de Kimberley, et l'autre qui a quatre milles va jusqu'à la mine De Boer, en descendant les routes Du Toit Pan et Victoria. Cette installation a été organisée par la South African Brush Electric Light and Power Company. Les fils sont posés en partie sur les toits des habitations, en partie sur des poteaux en fer.
- Dans l'Amérique du Nord, les houillères de Big-Moun-tain,L près de Shenandoah, sont éclairées à l'électricité.
- Dans la colonie de Victoria, en Australie, deux mines d'or sont actuellement éclairées à l'électricité, et' d'autres mines adoptent le nouveau mode d'éclairage.
- A Louisville (Etat de Kentucky), une grande exposition des arts et de l'industrie de l’Amérique, qui doit s’ouvrir le Ier août ï883 et durer cent jours, sera éclairée à l'aide de l'électricité. Les bâtiments annexes et jardins recevront plus de cinq cents foyers électriques.
- A New-York, la commission municipale de l’éclairage des rues et places publiques a examiné dans sa dernière séance les offres des Compagnies d'éclairage au gaz et à l'électricité pour l'exercice compris du 3o avril i883 au 3o avril 1884. Il a été décidé que la Brush Electric Illuminating Company éclairera les parcs Union et Madison, ainsi que les rues si-tuées entre la quatorzième et la cinquante-neuvième, et la quatrième et la huitième avenue au prix de soixante-dix cents par lampe et par nuit. La même Compagnie éclairera Iligh Bridge et ses approches au prix de un dollar par lampe. ^ ___________
- A New-York, l'édifice de la Western Union Telegrah Company va être éclairé à l'électricité. Des fils sont posés pour un total de trois cent quarante-cinq lampes Edison.
- Des appareils électriques sont installés à bord de l'aviso de l'Etat, le Talisman. Chaque été, le gouvernement fait procéder à des draguages pour servir à l'étude de la faune marine. C'est le Talisman qui prendra cette année la commission scientifique chargée de diriger ces draguages dans l'Atlantique. Les recherches sous-marines s'effectueront au large des côtes du Maroc, des Canaries, des îles du Cap-Vert, des Açores et de la mer des Sargasses.
- A bord des paquebots anglais Britanny et Normandy, construits à Glasgow pour le service des voyageurs entre Newhaven et Dieppe, fonctionne un éclairage électrique. On se sert d'accumulateurs et de lampes Edison.
- Télégraphie et Téléphonie
- Les vapeurs la Seine et le Kanguroo viennent d'achever la pose pour le compte de l’Eastern Tclegraph Company du troisième câble électrique à travers la mer Rouge, de Suez à Aden. Ce câble, fabriqué par la Telegraph Construction and Maintenance Company, est du type le plus nouveau : il est recouvert de cuivre. Il a pour objet d'accroître les facilités de communications avec Natal et le cap de Bonne-Espc-rance.
- Aux États-Unis, la législature du Connecticut doit exami- I ner un projet de loi obligeant toutes les Compagnies de télégraphe dans les villes d’au moins six mille habitants à laisser leurs bureaux ouverts au public toutes les nuits et à transmettre des dépêches à toute heure.
- ÉLECTRIQUE
- 1
- Un rapport du capitaine Greene, ingénieur des Etats-Unis qui vient d'inspecter â Boston et à New-York les systèmes de fils électriques souterrains, conclut à l'interdiction d'élever désormais des poteaux pour fils de télégraphe dans la ville de Washington. Il recommande défaire des expériences avec les fils d'avertisseurs d'incendie pour éprouver un sys-. terne souterrain moins coûteux que ceux qui sont actuellement employés.
- Le gouvernement du Canada va faire paraître une série
- de cartes des câbles sous-marins du monde entier.
- *
- <Au u avril i883, la Société générale des téléphones comp* tait à Lyon 486 abonnés, à Marseille 3io, à Bordeaux 262, ail Havre 193, à Lille 124, à Nantes 108, à Rouen 62, à Saint-Pierre-Calais 27, à Oran 25, à Alger 4. .
- Bien que le Post-Office de Londres n’accorde à la United Téléphoné Company qu'une longueur de Jigne de cinq mil* les, cette Compagnie transmet dans son rayon actuel une moyenne de quarante mille messages par jour, chiffre supérieur à celui de tous fes télégrammes postaux expédiés dans un rayon de douze milles à Londres. Un mouvement a lieu maintenant dans cette capitale pour accroître les facilités de communications par téléphone et pour procurer au public un système téléphonique moins coûteux. On fait remarquer que le téléphone ne nuit pas au télégraphe ; car malgré l'introduction de tant de milliers de messages parlés, les dépêches télégraphiques se sont accrues de 27 000'par jour en 1880, à 33 000 en j882. Les promoteurs du mouvement croient que l'adoption d'un message téléphonique à un penny dans les grandes villes, ou d'un message à deux pence dans les villes où l’on pourrait obtenir de sept à huit cents abonnés, serait chose parfaitement praticable. Ce qu'il faut, disent-ils, c'est que les Compagnies de téléphones soient autorisées à étendre leurs lignes à n'importe quelle distance, sauf à payer un droit sur leurs recettes au Post-Office.
- A Leeds (Angleterre), grand centre de fabrication de laine et d’étoffes, l'Ilôtel-de-Ville et diverses administrations publiques sont reliés par le téléphone entre eux et au bureau central de la National Téléphoné Company. Pendant la semaine finissant au i3 avril, on a constaté une augmentation de 3180 appels sur la période coirespondànte de l'année dernière.
- À Cincinnati (Ohio), le téléphone a pris une rapide extension. Les faubourgs et les environs de cette ville qu'on A surnommée la « Reine de l'Ouest», ont des installations téléphoniques. Dans un rayon de soixante-quinze milles, aient trente villages sont reliés à Cincinnati par le téléphone.
- A Georgetown, capitale de la Guyane anglaise, près delà.. Demerara, on va établir un réseau téléphonique.
- A Buenos-Ayres, la Compagnie du Pântelephoiie vient d’effectuer sa fusion avec la Compagnie du téléphone Bell sous la raison sociale de « l^.Union Telefonica del Rio de la Plata. « Le président de la nouvelle Compagnie est le major Alexandre Wood, de h Western Brazilian Telegraph Company, et son directeur IL Jones, ancien surintendant général de là Société des téléphones du Brésil.
- Le Gérant : A. Glénard.
- Paris. — Imprimerie P Mjuillot, i3, quai Voltaire. — 3S24S
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- La Lumière Électrique
- Journal universel (ï Électricité
- 51, :de Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL Administrateur-Gérant : A. GLÉNARD
- ANNÉE (TOME iX) SAMEDI 19 MAI 1883 n° ao
- SOMMAIRE *
- Régulateurs de vitesse pour les instruments de précision (40 article); Th. du Moncel.— Application de l’électricité à la rectification des alcools; Aug. Guerout. — Applications de l’électricité à la manœuvre des signaux sur les chemins de fer (9e article); M. Cossmann. — Le dynamographe ou appareil enregistreur du travail des machines; C. Resio. — Bibliographie : Code général des brevets d’invention, par MM. Ed. et Em. Picard; Frank Geraldy. — Revue des travaux récents en éléctricité : Sur la pyro-électricité des cristaux, par MM. C. Friedel et J. Curie. — Résistance de l’arc électrique, par MM. Ayrton et Perry. — Action présumée de l’aimantation sur la conductibilité électrique des liquides; expériences de M. J. Paktowsky — Résumé des brevets d’invention; Dr Camille Grollet. — Fails divers.
- RÉGULATEURS DE VITESSE
- POUR
- LES INSTRUMENTS ÉLECTRIQUES
- DE PRÉCISION
- 4e article. ( Voir le n0S’des 14, 21 avril et 12 mai.)
- le sait, de quatre tiges articulées disposées en losange (voir fig. i5), dont deux articulées sur l’axe du moteur se prolongent au delà de leur articulation avec les deux autres, et portent deux boules pesantes qui, en tournant, peuvent s’écarter plus ou moins de l’axe moteur en raison de la force centrifuge, et par cela même repoussent ou attirent les deux autres branches qui font monter ou descendre un collier ou manchon auquel est adaptée une tige commandant le jeu de la vanne d’introduction de la vapeur.
- Pour chaque vitesse, la figure de ce modérateur est déterminée et peut être calculée mathématiquement. Supposons pour plus de simplicité la boule réduite à un point matériel. Dans la position d’équilibre, il faudra que les deux composantes perpendiculaires à AC, fig. 16, se fassent équilibre, et celles qui correspondent à cette direction sont détruites par la résistance du pendule. On aura donc, si on représente la force centrifuge s’exerçant suivant C D par IL et si la vitesse de rotation v égale (r u), la vitesse angulaire étant <0 :
- — cos a — r ai2 cos a = g cos (90° — a) — g sin a,
- II. RÉGULATEURS PUREMENT MÉCANIQUES
- Les régulateurs qui 'vont maintenant nous occuper sont fondés sur une action modératrice, exercée directement et mécaniquement sur le moteur lui-même, soit par suite d’effets de force centrifuge, soit par suite de réactions exercées sur un milieu gazeux ou liquide.
- Les premiers sont du reste bien connus sous le nom de régulateurs à force centrifuge dont le régulateur de .Watt est la représentation la plus simple ; les seconds sous le nom de régulateurs à ailettes. Nous ne parlons pas des régulateurs à volants fondés sur les effets de l’inertie, car ils ont été mis à contribution, comme on l’a vu, dans les systèmes précédents, et d’ailleurs ils ne règlent que grossièrement la marche des machines.
- Le régulateur de Walt est composé, comme on
- ou
- r = -^-Tang a
- or puisque r = A D Taug a, on en conclut A D = -§j. Donc les boules seront placées sur le point
- C de la ligne C D déterminé par cette équation.
- La longueur À’D, p.our une vitesse donnée, est facile à obtenir par expérience. Soit t la durée d’une révolution du régulateur à la vitesse de régime qu’on veut maintenir dans la machine, 2 r. le chemin parcouru par un tour à l’unité de dis-
- ^ 2 TT
- tance,-y = w.
- Donc
- AD=^-=
- M"2
- gjf 4 n2
- et 1—211
- La durée d’oscillation d’un pendule simple étant
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 7t y/— il suffira pour trouver la longueur A D de
- suspendre une balle de plomb à un fil et de chercher la longueur pour laquelle la durée des oscillations soit moitié de la durée voulue d’une révolution du pendule conique. Appelant / la longueur AC du pendule conique, la formule ci-dessus revient à
- t =r 2 TZ
- — cos a.
- g
- Ce régulateur a le grave défaut qu’il est impropre à maintenir la vitesse de régime pour une quantité de travail répondant à la nouvelle position du régulateur, chaque position des boules répondant à une vitesse différente. En rétablissant l’équilibre dynamique, il modifie la vitesse dont la constance est d’une importance capitale.
- On a cherché à obvier à cet inconvénient en disposant les boules d’une manière différente, et parmi les meilleures solutions qui ont été données, nous citerons celle dans laquelle le modérateur est
- 3 B
- FIG. FIG. l6
- •parabolique, celle de M. Farcot dans laquelle les bras sont croisés, et surtout celle de Foucault qui a attiré le plus l’attention.
- Système de M. Foucault. — Dans ce système, l’action des boules des régulateurs précédents est aidée par celle de contre-poids, et bien que cette idée ait été proposée longtemps avant M. Foucault par M. Charbonnier et appliquée par M. Farcot, c’est M. Foucault qui a démontré toute l’importance de cette combinaison.
- Reprenons la formule
- , . Il cos a
- t — 2 7t\/----.
- V . g
- Si au lieu d’un point le pendule porte une boule sphérique dont on peut considérer la masse comme concentrée en son centre de gravité, la formule sera vraie, et si P est le poids, comme P =Mg, elle devient,:
- . . /AI / cos a
- / = 2ity—p—
- Or si on fait entrer dans la formule le poids p du manchon, on voit facilement, en comparant les
- moments dans les deux cas”, que pour une même valeur demies rapports des carrés des vitesses angulaires sont entre eux comme et par suite les temps sont en raison inverse des racines carrées de ces quantités, c’est-à-dire que l’on a :
- . . / P , _ . //Mcosa . /tVUcosa
- t=\/x 2’ty p— =2 ~p~+7~’
- Si on remarque que dans cette formule Cos a étant une variable t l’est aussi, on voit que pour que t devienne une constante, il faudrait faire disparaître Cos a, en l’introduisant au dénominateur de la fraction sous le radical, c’est-à-dire en rem-
- plaçant (P -j- p) par P -\- p Cos a. Or ce terme répond à un poids qui s’incline sur la verticale ; c’est là le principe de la solution proposée parM. Foucault.
- Soit une barre AO (fig. 17), articulée au bout d’une barre oscillante A S, le bout À de cette barre, pour de petites variations, se mouvant suivant une ligne sensiblement horizontale, le point O se mouvra suivant une ligne verticale et transmettra au manchon les efforts exercés à l’extrémité A de la barre AO où l’on applique l’action d’une force constante _P -J-p. Cette force reportée au point O peut être décomposée en deux, une horizontale et une verticale qui lui est directement opposée et tend à le soulever. Cette force verticale, nulle lorsque la barre est horizontale, acquiert lorsque le manchon s’élève ou s’abaisse, une valeur positive
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- ou négative proportionnelle au sinus de l’angle ou à l’espace parcouru par le manchon. Il faudrait donc écrire, dans l’expression de la valeur de t, au lieu de P+/>, simplement P-}-/> (i —sinr,), ce qui donne l’isochronisme, puisque c’est une fonction qui varie comme cos <x.
- Pour obtenir la force constante P-\-p, M. Foucault emploie le bras AS qui devient la branche supérieure d’un levier coudé A S K oscillant autour du point S, et dont l’autre branche S K porte un contre-poids K égal à P -\-p, et en faisant égaux les angles des lignes S O et SK avec AS.
- M. Sauter a employé pour la première fois le
- régulateur de M. Foucault pour régulariser le mouvement d’un phare lenticulaire de premier ordre. On peut dans cet appareil considérer le travail moteur comme constant, mais le travail résistant est encore sujet à varier par suite de légères imperfections des engrenages, de l’usure inégale des galets et de causes accidentelles, et quand il varie, l’excès ou l’insuflisance du travail moteur se traduit par une accélération ou un ralentissement de mouvement. Le seul moyen de supprimer ces irrégularités, puisque l’on ne peut agir directement ni sur le travail moteur, ni sur le travail résistant, est de créer une résistance supplémentaire et variable, susceptible, à un moment donné, d’absorber l’excès du travail moteur, et lorsque cela est nécessaire, s’effaçant au contraire pour le laisser tout entier
- disponible au profit du travail utile qu’il s’agit d’obtenir. Cette résistance accessoire est produite par les ailes d’un volant tournant avec une vitesse de 100 tours à la minute et pouvant recevoir une inclinaison variable. Ces ailes sont en rapport avec les bras d’un pendule de Watt. Quand par suite d’accélération de la machine, les bras s’élèvent, les ailes s’ouvrent, et le travail passif augmente; quand les bras s’abaissent, les ailes se ferment et le travail passif diminue.
- Système de M, Villarceau, dit Régulateur isochrone. — Malgré les perfectionnements qu’il avait réalisés sur les premiers régulateurs, le système de M. Foucault laissait encore quelque chose à désirer; l’isochronisme n’était pas tout à fait parfait, et il était d’une constrcution délicate. M. Villar-
- i.c
- 1 . 1 -D | à “
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- f
- FIG. î()
- ccau ayant repris la question au point de vue théorique, put reconnaître bientôt que le problème pouvait être résolu plus complètement et même plus simplement en combinant directement le régulateur à ailettes au régulateur à force centrifuge dans des conditions particulières, et il fit construire par M. Breguet le régulateur que nous représentons (fig. i8)-,et qui a produit d’excellents résultats.'
- Ce régulateur ne comporte que deux systèmes d’ailettes, nombre bien suffisant pour la pratique, mais le calcul montre qu’un plus grand nombre de ces systèmes augmenterait la précision de l’instrument. Nous ne décrirons toutefois qu’un seul système, tous les autres étant et devant être identiques entre eux. La fig. 19 en donne la représentation théorique.
- CZ est l’axe généralement vertical du régulateur. Il porte un pignon à sa partie inférieure, de façon à recevoir son mouvement de rotation du dernier mobile du rouage. Un plateau O, fixé sur cet axe, porte autant de traverses OA qu’il y a d’ailettes;
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- L8
- une douille mobile D porte aussi des traverses DA', correspondantes et égales aux précédentes. AB et A' B sont deux tiges égales entre elles et articulées cylindriquement en B, en A et en A'. L’ailette / et les deux masses de réglage et M2 sont solidaires de la tige AB. Dès lors, si la rotation s’effectue, l’ailette et les masses s’écartent en vertu de la force centrifuge, les tiges AB et B A' se redressent, et la douille mobile O s’élève verticalement.
- A chaque valeur de la force motrice correspond une seule position d’équilibre stable du système qui vient d’être décrit, et l’on s’arrange de manière que, dans cette position, la vitesse que l’on a en vue d’obtenir et pour laquelle l’instrument est spécialement calculé, vienne à se produire.
- Ce régulateur peut s’incliner autour de l’axe du mobile qui conduit son pignon, et par là permet d’avoir un jeu de vitesses de régime, variant entre elles comme le cosinus de l’angle d’inclinaison. Mais dans la pratique, à cause des frottements de la douille mobile sur l’axe incliné, l’instrument n’est régulateur que pour des angles ne dépassant pas 45°. Cette limite toutefois peut être de beaucoup dépassée au moyen de galets. Les douilles et les masses de réglage sont en bronze, l’axe et les tiges AB, A' B en acier, et les ailettes f en aluminium. Disons encore que les masses de réglage sont de petits cylindres pouvant s’avancer ou se reculer sur des axes taraudés, et que ces cylindres sont tels que le rapport de leur hauteur au rayon de leur base soit égal à ^ 3. S’ils étaient plus aplatis que ne l’indique ce rapport, ils tendraient, dans la rotation, à se placer de telle sorte que leur axe fût parallèle à l’axe du régulateur (ceci en raison des propriétés des axes principaux d’inertie) ; et s’ils étaient plus allongés que ne le veut le même rapport, leur axe tendrait au contraire à devenir normal à l’axe du régulateur. Ces deux tendances nuiraient à l’action régulatrice que l’on cherche à réaliser pour le bon fonctionnement de l’appareil.
- Indiquons maintenant la marche qu’a suivie l’inventeur dans la théorie de son instrument.
- « Le caractère essentiel d’un régulateur isochrone,
- « dit M. Villarceau, est la faculté qu’il doit avoir « de se tenir en équilibre relatif dans toute posi-« tion des masses oscillantes, lorsque la vitesse de « rotation de l’appareil coïncide avec la vitesse de « régime, et celle de produire des oscillations de « ces mêmes masses, dès que l’écart de la vitesse « effective par rapport à la vitesse de régime « dépasse certaines limites ordinairement fixées à « l’avance. »
- Prenant, comme indéterminées, les dimensions des tiges, la longueur O A et les poids des diverses masses de l’instrument, le calcul permet de fixer leurs valeurs de façon à satisfaire aux conditions de l’isochronisme ci-dessus énoncées.
- Pour cela, M. Villarceau commence par étudier le mouvement d’un point matériel rapporté à un système d’axes rectangulaires, mobile autour de l’un d’entre eux, afin de chercher l’équation des forces vives dans ce mouvement relatif. Il applique alors cette équation des forces vives, dans le mouvement relatif approprié, au cas du mouvement autour de l’axe fixe CZ, et au cas du mouvement de l’un des n systèmes articulés dont se compose le régulateur. Cette équation est la suivante (‘) :
- - rf 2 /«
- ldx2 dy2 d Z2\ „ ,v , ...J , rr j
- (dTz+dT*+dJî)^(Xdx + 'dy + /'dz
- d « v
- + (o2 S ut (xdx -f- ydy) + — 2 m (ydx — xdy).
- Mais elle se réduit, car :
- i° Le dernier terme s’annule, puisque dy= o, l’axe des j étant perpendiculaire au plan du système articulé, et que, en outre, ümydx = o par symétrie.
- 2° Nous négligeons les frottements, et alors les travaux se réduisent au travail des poids p des masses m.
- L’équation précédente s’écrit donc alors' :
- ^pdz + <ui>-mxdx-
- Il s’agit maintenant d’obtenir l’équation véritable dont celle-ci ne donne que la forme.
- Pour cela, on calcule le travail de la pesanteur et celui de la force centrifuge : t° pour la masse principale liée à la tige inférieure, 2° pour la tige inférieure, 3° pour la tige supérieure, 40 pour la douille mobile.
- Dans le calcul de ces expressions, on introduit l’angle a que fait l’axe de rotation avec la direction des tiges articulées. On obtient, ainsi le développement de l’équation des forces vives.
- D’après la théorie du travail virtuel, la condition d’équilibre du système, dans son plan, se trouvera en égalant à zéro le coefficient de dv. dans le second membre de l’équation. De là résultera une relation entre la vitesse de rotation <0, l’angle a et les constantes, qui sera de la forme :
- A cos a + B sin a + C cos 2 a + D sin 2 a— a
- A, B, C, D, étant des fonctions de ou
- De cette façon, l’équilibre ne pourrait avoir lieu, pour une vitesse donnée w, que dans un nombre restreint de positions du système, correspondant aux valeurs de a que cette équation donnerait en fonction de w. Mais si l’on veut que l’appareil soit isochrone, il doit rester en équilibre dans toute
- C) m désigne une masse élémentaire du système, dont les coordonnées sont x, y, s; X, Y, Z sont les composantes des forces tant extérieures qu’intérieures; co est la vitesse angulaire autour de G Z, mesurée de x vers /.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- (K)
- position du système, quand « aura atteint la vitesse du régime £2. Pour exprimer cette condition, il faut substituer £2 à <o dans les coefficients A, B, C, 1), et les égaler séparément à zéro. On obtient ainsi les quatre équations de condition du problème, et ce sont elles qui fixent les valeurs des indéterminées dont nous avons parlé plus haut.
- Pour donner une idée de la précision de ce régulateur, donnons en terminant, un tableau contenant les résultats fournis par une expérience sur un régulateur à 3 ailettes, construit pour une lunette parallactique d’un observatoire à Anvers :
- Durée de Excès sur
- Poids moteur. 262 tours, 83. la moyenne.
- 3k.3 57s 5o — o,o3
- 3,6 57.5o — o,o3
- 3,6 57,51 — 0,02
- 8,6 57,51 — 0,02
- 12,1 57,49 — 0,0.1
- 16,1 57,57 + 0,0.1
- IQ.' 57,6i 57,59 + 0,08
- 2 1,-1 + 0,06
- 28, | 57,5i — 0,02
- moyenne = 57s,53 moyenne = ± o,oq
- Le nombre 57-53 est précisément le nombre correspondant à la vitesse qu’il s’agissait d’obtenir. L’écart moyen correspondant à ce nombre en est la 1489° partie, tandis que le poids moteur a varié de 3k,3 à 28k,4, soit de t à 8,6 (i).
- (A suivre.) Tir. du Moncel.
- APPLICATION DE L’ÉLECTRICITÉ
- A
- LA RECTIFICATION DES ALCOOLS
- Dans le numéro du 6 août 1881 nous décrivions les procédés imaginés par M. L. Naudin pour rectifier les alcools au moyen de l’électricité. L’auteur, on se le rappelle, avait eu l’idée de transformer en alcools, au moyen de l’hydrogène électrolytique, les aldéhydes qui donnent aux flegmes leur mauvais goût et il employait pour produire cet hydrogène électrolytique, d’abord le couple zinc-cuivre de MM. Gladstone et Tribe (voir le numéro du 5 mars i88r), puis des voltamètres à lames de platine.
- L’installation, telle que nous l’avons décrite fonctionnait depuis quelques mois dans la distillerie de M. Boulet à Bapeaume-lès Rouen,quand un incendie vint, en décembre 1881, détruire complète-
- (') Voir pour plus de détails la notice publiée par M. Vil-larceau, sur cet appareil, dans le bulletin de la Société archéologique, scientifique et littéraire du Vendômois, tome XXI i883).
- ment cette importance usine. Tout était à recommencer pour M. Naudin, mais il n’établit pas sa nouvelle installation sans tenir compte de l’expérience déjà acquise et sans y apporter les modifications et simplifications qu’il avait jugées nécessaires. C’est la marche actuelle de son mode opératoire que nous allons faire connaître.
- A l’époque de notre premier article, la série des opérations était la suivante :
- Hydrogénation des flegmes par le couple zinc-cuivre ;
- Acidulation des flegmes par un millième d’acide sulfurique et traitement des flegmes acidulés par le courant électrique dans des voltamètres;
- Désacidulation des flegmes par le zinc métallique;
- Distillation dans un rectificateur ordinaire.
- Nous allons examiner comment a été modifiée chacune de ces diverses operations.
- Dans le couple zinc-cuivre, M. Naudin employait d’abord du zinc en rognures; il reconnut bientôt que le zinc employé sous cette forme présente de graves inconvénients, car les tassements de la partie inférieure, sous l’influence du poids même du zinc, entravent bientôt la circulation des liquides et, de plus, le nettoyage présente des difficultés insurmontables. C’est pourquoi il a substitué aux rognures le zinc à toitures en lames droites ou ondulées, que l’on se procure très aisément dans le commerce.
- L’appareil qui contient le couple zinc-cuivre a alors la forme représentée par la fig. i. Il peut être cylindrique comme le montre le dessin, ou rectangulaire, ce qui vaut mieux, à cause de la forme carrée sous laquelle les lames de zinc se trouvent dans l’industrie. Dans ce vase, en bois ou en tôle P les lames de zinc ondulées b b’ b"... sont placées les unes au-dessus des autres, séparées par des lames de zinc plates a a' a"... Ces lames sont préalablement décapées, d’abord avec une solution faible de soude caustique pour enlever to.uté trace de matière grasse provenant du laminage, puis avec de l’acide chlorhydrique et enfin lavées à l’eau ordinaire.
- Pour faciliter le dégagement de l’hydrogène pendant la réaction, il faut avoir soin de percer de quelques trous les lames de zinc, droites ou ondulées, et de donnera la plus basse une légère pente relativement au fond de la cuve.
- Dans une pile cubique de i5o hectolitres, on peut mettre io5 rangs de feuilles de zinc plates et ondulées n° 16 dont le poids total est de 6 200 kilogs. On obtient ainsi une surface hydrogénante de 1 800 mètres cubes, soit 12 mètres cubes par hectolitre de flegmes à 5o ou 6o° Gay-Lussac.
- Les flegmes à traiter arrivent dans l’appareil par le tube supérieur E et après un séjour suffisant s’écoulent par le robinet H dans un réservoir R.
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- L’hydrogène en excès se dégage par une ouverture disposée sur le couvercle de la pile. Afin que cet hydrogène n’entraîne pas avec lui d’alcool, on. peut adapter au tube de dégagement un petit serpentin refroidi destiné à condenser les vapeurs entraînées et à ramener dans la pile le liquide provenant de cette condensation. En outre, pour assurer l’uniformité d’action sur toutes les parties des flegmes, au milieu du temps que doit durer l’opération, on fait circuler le liquide de bas en haut au moyen d’une pompe O. Le tube N indique le niveau du liquide dans la cuve.
- On se rappelle que dans le couple zinc-cuivre, ce dernier métal est uni ,au zinc sous forme d’un dépôt pulvérulent que l’on obtient en laissant séjourner le zinc pendant quelque temps dans une solution de sulfate de cuivre. Ce dépôt ne s’opère qu’une fois que le zinc a été introduit dans la cuve, et l’appareil refermé. Pour cela on fait arriver dans l’appareil par la pompe O une solution de sulfate de cuivre remplissant toute la cuve ; mais pour obtenir une adhérence convenable du cuivre sur le zinc, quelques conditions sont nécessaires.
- Il faut pour cela d’après M. Naudin :
- i° Employer comme véhicule du sel de cuivre, non pas de l’eau, mais des flegmes àqo0 Gay-Lus-sac ;
- 2° Opérer la sulfatisation par 5 solutions successives à I pour cent, représentant 20 kilog. de sulfate
- de cuivre pour 100 mètres c. de zinc développé, (y compris les deux faces delà lame), soit au total 36o kilog. de sulfate pour une pile de 100 hectolitres de capacité ;
- 3° Ne point dépasser une température de 3o à 35 pendant la sulfatisation.
- L’emploi des flegmes comme dissolvant est justifié par ce fait que la présence de l’alcool retarde notablement la précipitation du cuivre.
- Chaque cuivrage durant 24 heures, il faut donc 5 jours pour constituer la pile. Au bout de ce temps le dépôt doit être brun chocolat et assez adhérent dès le début, mais cette adhérence devient plus
- grande au bout de i5 jours de fonctionnement quand la température est restée inférieure à 35°.
- L’influence de la température s u r l’action électro-chimique est digne d’être notée. Au dessous de -j- 5°, le couple ne fonctionne plus; au-dessus de -j- 35° la réaction devient tumultueuse et détruit l’adhérence du cuivre, de sorte qu’il faut sulfatiser de nouveau.
- Le séjour des flegmes sur le cou-H . pie zinc-cuivre est
- au minimum de 6 heures et au maximum de 48, suivant leur degré d’infection. U dépend aussi de la température et de l’état d’entretien de l’appareil.
- Cet entretien consiste à ajouter tous les huitjours quelques millièmes d’acide chlorhydrique à une cuvée de flegmes mis en œuvre (5 kilog. d’acide pour i5o hectolitres de flegmes). On dissout ainsi l’hydrate d’oxyde de zinc formé par l’action électro-chimique, qui forme une couche blanchâtre sur la surface du cuivre et ralentit l’action hydrogénante. Chaque traitement par l’acide doit être suivi d’une sulfatisation avec un liquide composé de 5 kilog. de sulfate pour i5o hectolitres de flegmes. Avec ces soins, la pile peut fonctionner de 18 mois à 2 ans sans être renouvelée ni même nettoyée.
- Le passage sur le couple zinc-cuivre suffit ordi-
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- nairement pour hydrogéner complètement les flegmes, et ils peuvent être directement envoyés au rec-tificateur. Mais dans certains cas il faut auparavant avoir recours à l’électrolyse.
- Les voltamètres dans lesquels se fait cette seconde opération ont été également modifiés.
- Ils se composent aujourd’hui (fig. 2) de vases cylindriques AA en verre de 12S millimètres de diamètre sur 600 de hauteur, à bord supérieur rodé. Un couvercle d’ébonite les ferme hermétiquement tout en laisant passage aux tubes BC B' C' par lesquels se fait la circulation du liquide et aux électrodes E-f- E-—,
- E+E' —. Ces dernières au lieu d’être en platine comme précédemment sont maintenant de préférence en cuivre.
- Le courant de flegmes est réglé à l’entrée par le robinet à cadran R qui donne exactement le débit par heure;
- En outre pour assurer une grande régularité d’écoulement, on a placé entre les voltamètres et la cuve qui les alimente une seconde cuve à niveau constant réglée par un robinet automatique.
- Dans la pratique pour une usine mettant en mouvement 3oo hectolitres de flegmes par 24 heures, M. Naudin emploie 12 voltamètres débitant 12 hectolitres à l’heure.
- Le courant électrique est fourni aux voltamètres par une machine Siemens (fig. 3) à inducteurs en dérivation et l’intensité peut en être réglée à l’aide de fils de résistance intercalés dans le circuit des inducteurs. Un galvanomètre Marcel Deprez fait connaître l’intensité du courant et un commutateur permet de le faire passer à volonté dans les voltamètres. Ces derniers, ainsi que l’indique le schéma, sont montés en dérivation par groupes de deux en tension. Les flegmes les traversent en deux courants parallèles. La machine Siemens est du type SDa, elle tourne à 1 aoo tours à la minute et absorbe une force motrice de 4 chevaux-vapeur.
- Le tableau ci-dessous indique quelles sont en marche normale à l’usine de Bapeaume les conditions de l’opération.
- Comme on le voit, l’acidulation des flegmes qui passent dans le voltamètre a été considérablement réduite, et grâce à cette réduction on peut supprimer complètement la désacidulation et envoyer directement les flegmes hydrogénés dans le rectifi-cateur. La petite quantité d’acide que contiennent les flegmes passe dans les résidus et n’est pas nuisible. En pratique, cependant, on maintient toujours du
- zinc dans la cuve d’approvisionnement du rectifica-teur, pour enlever toujours une certaine quantité d’acide, mais sans s’attacher à laisser le liquide y séjourner un temps déterminé, de sorte que, bien souvent, il ne fait guère que traverser cette cuve.
- Il nous reste maintenant à examiner quel avantage économique peut présenter le procédé électrique sur l’ancien procédé de rectification par dis-tillation pure et simple.
- Nous partirons pour établir cette comparaison des données suivantes que nous fournit M. Naudin.
- Dans le procédé ordinaire :
- i:° Une quantité donnée d’alcool mauvais goût (flegmes bruts), doit subir 5 rectifications pour que
- Conditions de Vopèralion,
- DEGRÉ d’acidula- tion par l’acide chlorhydrique en volumes. INTENSITÉ totale du courant. DIFFÉRENCE de potentiel aux bornes des voltamètres. INTENSITÉ du courant par voltamètre. RÉSISTANCE | équivalente de chaque voltamètre.
- 3 10000 ampères 36,65 volts 1 i3,S ampères. 6,12 ohms 9,3
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- les différents produits qui composent ce mélange puissent être séparés;
- 2° La moyenne des rendements de la distillation de premier jet ne dépasse pas 6o o/o;
- 3°' La perte subie à la distillation pour chaque rectification s’élève à 4 0/0.
- 40 La quantité d’huiles essentielles (mélange des homologues de l’alcool éthylique) recueillie à la fin de la première rectification égale en moyenne 3,5 pour cent.
- 5° Le prix d’une rectification peut être évalué en moyenne à 4 francs l’hectolitre.
- Dans le procédé électrique, la rectification de premier jet donne 80 pour cent et le traitement revient en moyenne à o f.40 l’hectolitre.
- Suivons maintenant la rectification par,les deux procédés de 200 hectolitres de flegmes à 5o°, contenant par suite 100 hectolitres d’alcool à ioo°, soit le travail correspondant à 100 hectolitres d’alcool pur mis en œuvre sous for-mede flegmes. Nous supposerons qu’il s’agit de flegmes de maïs qui sont les plus avantageux pour les anciens procédés.
- Dans le procédé ordinaire, la première rectification donnera 60 hectolitres de bon alcool et un résidu de 40, 4 hectolitres seront perdus par 3 hectolitres, 5o constitueront les tielles, il restera donc à soumettre à une deuxième rectification 32 hectolitres, 5o.
- Dans cette deuxième rectification, le rendement de 60 0/0 donnera 19 hectolitres, 5o de bon alcool, et, déduction faite des 4 0/0 de perte par évaporation, il restera à reprendre 11 hectolitres 70. De même, la troisième rectification fournira 7 hectolitres, 02 de bon, et 4,68 à reprendre ; la quatrième rectification 4 hectolitres, 22 de bon et 2,53 à reprendre, enfin la cinquième 0,91 de bon et o,55 de résidu.
- Si on additionne ces différents chiffres, on trouve
- que dans l’ancien procédé, dans iooh d’alcool :
- le traitement de
- On a fait passer successivement dans le rectifi-cateur i49h,94 d'alcool, soit à un prix moyen de traitement de 4 fr. par hectolitre............................ 599 fr. 76
- On a perdu à l’évaporation 5h,99 d’alcool à ioo°, soit à un^prix moyen de 77 fr. 77 l’hectolitre. 465 84
- io65 fr. 60
- et l’on a obtenu :
- i°En alcool bon goût. . 89'',96 20 En alcool à reprendre, o,55
- goh,5i
- L’hectolitre d’alcool revient donc par le procédé ordinaire à
- io65,6o 90,5i
- = n fr.1
- 40. Sur ces évaporation, huiles essen-
- Dans le procédé électrique, il ne faut que 3 rectifications au lieu de 5.
- La première donne 8oh de bon alcool au lieu de 60 et un résidu de 2oh, sur le-quel on perd, comme dans le procédé ordinaire, 7h,5o sous forme d’huiles essentielles et par évaporation; il reste donc à reprendre FIG. 3 I2h,5o.
- La 2° rectification donne, sur ces i2h,5o, iohde bon et 2 à reprendre, o^o étant perdu par évaporation.
- Enfin la 3° et dernière rectification donne ih,6o de bon et oh,32 à reprendre.
- Faisant l’addition comme plus haut, on trouve que dans le procédé électrique, pour le traitement de iooh d’alcool :
- i° On a rectifié successivement ii4h,5o d’alcool, soit au prix de traitement de 4 f. l’hectolitre. 458f 00 20 On a perdu à l’évaporation 4h,5o d’alcool à ioo°, soit à 77 fr. 77 l'hectolitre. . 349 65 3° On a traité électriquement 1 i4h,5o, soit à o fr. 40 l’hectolitre...................... 45 80
- 853f 45
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- Et l’on a obtenu :
- ï° En alcool bon goût.......... qiLôo
- 20 En alcool à reprendre....... o ,3a
- N 9lh>93
- L’hectolitre d’alcool revient donc par le procédé électrique à
- L’économie réalisée est donc notable et il est d’autant plus intéressant de constater le succès de cette application de l’électricité, que dans la plupart des cas où l’électrolyse pourrait trouver sa place dans la grande industrie, par exenîplc en électrométallurgie, on se heurte à des prix de revient beaucoup trop élevés. Le succès obtenu dans la rectification électrique de l’alcool s’explique aisément par le fait que dans ce cas l’électrolyse n’a pas à faire tout le travail. Elle accomplit seulement un travail secondaire grâce auquel l’opération principale peut se faire beaucoup plus simplement et dans des conditions plus favorables.
- Ajoutons que le procédé électrique permet de rectifier des flegmes qui jusqu’à présent n’avaient pu l’être par les procédés ordinaires. Les expériences de M. Naudin lui ont montré, par exemple, que les flegmes de topinambour, impossibles à utiliser par les anciens procédés, donnent, par l’hydrogénation, un alcool de qualité égale à celle de l’alcool de maïs.
- Aug. Giterout.
- APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- A LA M AM ŒUVRE DES SIüNAUX
- SUR LES CHEMINS DE FER
- 9e article. (V. les m05 des 10, 17 et 3i mars, des 7, 21 cl 28 avril, et des 5 cl 12 mai i883.)
- SIGNAUX DE L’UNION ELECTRIC C5
- Aux. Etats-Unis, une Compagnie spéciale, à la tète de laquelle est placé M. Westinghouse, l’inventeur du frein à air comprimé, s’est formée pour la construction et l’installation de signaux automatiques. Le brevet qu’exploite cette Compagnie est celui de M. Oscar Gassett, de Boston, qui a eu l’idée de faire servir les rails eux-mêmes à la transmission du courant électrique. C’est l’interruption de ce courant, produite automatiquement par le passage des trains, qui fait fonctionner les signaux, sous l'action d’une force mécanique préalablement accumulée.
- L’Union Cy a étudié des variantes et des modifications du dispositif primitivement imaginé par l’inventeur, de manière qu’elle peut l’appliquer aussi bien sur les lignes à double voie que sur celles à simple voie, l’adapter aux formes de signaux à vue respectivement en service sur les différents réseaux des Etats-Unis, et enfin.en plier l’usage aux conditions souvent disparates de l’exploitation de ces réseaux.
- Nous nous proposons de décrire brièvement la disposition des contacts, le mécanisme automoteur du signal, et l’organisation de l’interlocking System.
- Circuit de la voie. — Chaque section de Block est formée par une file continue de rails réunis entre-euxnon seulement par les éclisses, mais aussi, à chaque joint, par un fil conducteur rivé et soudé aux patins (fig. 58). Cette disposition complémentaire a pour but de parer aux inconvénients qui pourraient résulter de la formation et du dépôt de la rouille.
- Les sections sont isolées les unes des autres par des supports intermédiaires en caoutchouc, imaginés par MM. Fisher et Horris.
- Ces supports sont simplement formés de plaques que l’on interpose entre le patin, les éclisses et les traverses ou les coussinets quand la voie est entièrement métallique.
- On a aussi appliqué une autre disposition consistant à emboîter, dans un sabot en bois, les extrémités des rails qui ne doivent pas se trouver en contact. Quoi qu’il en soit, on se rend compte que l'on a pu arriver, d’une façon ou de l’autre, à isoler suffisamment les sections successives.
- Soient A B A, B, (fig. 5q) les deux files de rails. A l’extrémité de la section est installée une batterie dont l’un des pôles communique avec la file A B, et l’autre avec la file A, Bj. A l’entrée de la section se trouve le signal, dont la rotation est commandée par un déclenchement électrique essentiellement formé d’une paire de .bobines, communiquant avec les piles A B A, B,.
- Tant que les bobines de l’électro-aimant sont traversées par un courant, le signal reste à voie libre; l’interruption du courant met, au contraire, le signal à l’arrêt. Cette interruption est produite parle passage d’un train ou d’un véhicule dont les roues et les essieux ferment directement le circuit en mettant les deux files de rails en communication par la voie la plus courte.
- Lorsque la longueur de la section n’excède pas a5oo mètres, un seul élément de pile suffit pour faire fonctionner régulièrement le signal.
- Disque automoteur. — Le signal dont l’une des formes les plus usitées est indiquée (à l’échelle de i/3oc) à la figure 60, se compose d’un disque S muni de volets à jour et dont le mouvement de I rotation autour de son axe vertical est obtenu au
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- moyen d’un puissant ressort ou d’un mouvement d’horlogerie. Contrairement à ce qui a lieu d’habitude, le signal est réputé à l’arrêt quand le disque S est effacé parallèlement à la voie et que l’on peut apercevoir, au centre de l’anneau fixe et noir R, le fond sombre du paysage.
- Dans d’autres cas, le signal est composé de 4 ailettes en croix (fig. 61) ayant une forme et une couleur différente et signifiant l’arrêt ou la voie libre.
- Enfin l’Union Company construit également des signaux d’une forme analogue à celle du signal Rousseau, précédemment décrit et qui sont contenus
- Fl F. 58. — MODE DES LIAISONS DES RAILS DANS LE SYSTÈME DE L1 « union cy »
- à l’intérieur d’une boîte B (fig. 62), derrière, laquelle on accroche la lanterne C’est pour la rotation de ces signaux, mobiles seulement à l’intérieur d’une boîte fermée et échappant, par conséquent, à l’action du vent, que l’on emploie principalement des ressorts au lieu de poids moteurs.
- Dans ce dernier cas, le ressort est placé à l’intérieur d’un tambour vertical G (fig. 63) dont le mou-
- u
- 1
- À, B,
- FIG. 5g. — DISPOSITION SCHÉMATIQUE DU CIRCUIT PAR LES RAILS
- vement se communique à l’axe D du disque au moyen d’un système d’engrenages. L’appareil de déclenchement électrique est composé d’une paire de bobines MM dont l’armature A est à l’une des extrémités d’un levier h, oscillant autour de l’axe X, et équilibré par le ressort f. Sur la face opposée à celle que montre la fig. 63, ce levier porte à des hauteurs inégales deux dents/» q visibles sur le plan (fig. 64) et qui, lorsque l’armature est en contact avec les noyaux des bobines, immobilisent le bras H.
- Ce bras peut tourner autour d’un axe f, bien distinct de l’arbre du signal qui porte un moulinet à 4 branches a, a2 b2 armées de pointes inférieures et prismatiques c.
- En outre, les branches bl b2 portent chacune deux tiges en dessus vv et deux tiges en dessous i i. Comme l’indique le schéma de la fig. 64, dès que
- le courant cesse de passer par suite de l’admission d’un train sur la section, le bras H échappe aux dents pq et, sous l’action du doigt prismatique c de la branche bt qui obéit à l’action du ressort et qui appuie sur la butée e, le bras H vient occuper la position H'. Pendant ce temps, le doigt c de la branche at est venu à son tour buter sur la pièce e et tend à ramener le bras H' à sa position initiale,
- FIG. 60. SIGNAL A PERSIENNES
- pendant le second huitième de tour. La dent q arrête le bras H au moment où le disque, qui était primitivement à voie libre, achève de se mettre à la position d’arrêt.
- Quand le courant vient à passer de nouveau, le train ayant quitté la section, la dent q laisse échapper le bras H qui vient en H" et revient ensuite à sa position initiale exactement comme dans l’autre cas, pendant que le disque fait un quart de tour pour passer de la position d’arrêt à la position de voie libre.
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- Lorsque le ressort est ptesque détendu et que l’appareil a besoin d’être remonté, l’arbre I a
- tourné de manière que le crochet Q saisit l’une d :s tiges v et arrête tout mouvement de rotation du
- l-'IG. 62.
- — SIGNAL A liuiTK
- disque au delà de la dernière position d’arrêt. Ce qui fait que le signal reste à « danger » quand l’appareil est à bout de course.
- Tout dérangement de la pile, toute rupture de fil ont pour effet d’amener le disque à la position d’arrêt, puisque le circuit est alors interrompu; seule, l’électricité atmosphérique pourrait, au contraire, ramener le signal à voie libre quand il est effacé.
- Dans la plupart des systèmes de block automatiques, notamment dans celui de Rousseau, on est exposé à ce qu’il se produise le fait suivant : un train étant dans une section qu’il a bloquée en passant devant le signal placé à l’entrée, si un second train pénètre dans cette même section après avoir attendu pendant les délais nécessaires, il remet le signal à voie libre et se découvre par conséquent au lieu de se protéger ; il n’est de nouveau cou-
- FIG. 63. — MÉCANISME ÉLECTRIQUE DU SIGNAL DE L’UNION cy
- vert que quand le premier train quitte lui-même la section.
- C’est un très grave inconvénient, qui résulte de ce que le signal se remet alternativement à voie libre ou à l’arrêt pour chaque émission de courant, produite par le passage de l’un des trains sur un des contacts fixes.
- Avec le signal de l’Union Company, il ne peut en être de même, par la raison que la position à l’arrêt du signal est une conséquence obligatoire de la présence d’une paire de roues sur la section que protège ce signal. Si donc il y a deux trains dans une même section, et c’est un cas qui peut se pré--senter, surtout si, comme aux Etats-Unis, on pratique largement le Block-Permissif, le signal reste à' l’arrêt même quand le premier de ces trains quitte la section, et le second train demeure couvert par lui-même.
- On remarquera enfin que le déblocage de la section n’a lieu, en réalité, que quand le dernier véhicule l’a quittée, et c’est là une véritable supériorité de ce genre de contacts sur tous ceux dont il a été question jusqu’ici. De même, les signaux se mettent
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- ù l’arrêt s’il y a une rupture de rails, qui entraîne nécessairement une interruption du circuit. Il est vrai que ces avantages sont chèrement achetés par l’emploi d’un courant de piles permanent, courant dont l’interruption ou plutôt la dérivation accidentelle n’est produite que pendant la durée du passage des. trains, c’est-à-dire pendant un temps relativement court par rapport à la période entière d’une journée.
- Pour. compléter l’installation, on adjoint souvent au signal principal, comme dans le système Rousseau, un signal répétiteur d’une forme spéciale placé à une certaine distance au delà et fonctionnant d’une manière tout à fait parallèle. Le mécanicien doit observer ce second signal, à son
- FIG. 64. — VUE EN PLAN UU BRAS OSCILLANT
- passage, afin de contrôler si le premier a bien fonctionné et s’il est réellement couvert. Dans le cas où il constaterait qu’il n’est pas couvert par suite d’un raté, provenant de la rupture de la corde du poids moteur, ou du ressort, il devrait signaler cette irrégularité à la station suivante, et s’il s’arrête en chemin avant d’atteindre cette station, les agents du train doivent assurer la protection à l’arrière au moyen de signaux faits à la main.
- Cette disposition est la conséquence naturelle de la suppression absolue du gardiennage des postes.
- Le fonctionnement de ces disques répétiteurs est obtenu, sur le signal d’arrêt principal, au moyen de deux ressorts isolés F (fig. 63). Tant que les bobines M sont traversées par le courant, ces deux ressorts sont pressés l’un contre l’autre, au moyen des chevilles i fixées à la partie inférieure des bras bt b2. Le disque à distance est monté sur un cir-
- cuit dont les extrémités aboutissent en et k.t de sorte que ses mouvements sont solidaires de ceux du disque principal.
- Application aux passages à niveau. — Le signal de l’Union Company a été modifié de manière à pouvoir servir d’avertisseur pour les passages à niveau gardés. Au lieu d’un disque, c’est seulement une sonnerie qui fonctionne, par suite de l’interrup-
- Signal
- FIG. 65. — ENCLENCHEMENT ELECTRIQUE D*UNE AIGUILLE
- tion du courant, dès qu’un train est entré dans la section voisine, jusqu’à ce que le garde ait fermé sa barrière. La barrière une fois fermée, le circuit est rétabli et la sonnerie cesse de se faire enten-
- FIG. 66. — COMMUTATEUR
- dre. Ce dispositif est en usage au passage à niveau de Roxbury, sur la ligne de Boston-Providence.
- Aux passages à niveau non gardés, on installe, au lieu d’une sonnerie, un poteau d’arrêt dont l’inscription est destinée à arrêter la circulation du public.
- Quand un train s’approche du passage à niveau, le tableau prend une position perpendicii-laire et un timbre résonne. L’appareil ne revient à sa position normale et la sonnerie ne cesse de tinter qu’après que le train est passé.
- Enfin le signal électrique de l’Union Company peut être mis à l’arrêt, par les employés d’une
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- station, pour protéger les manoeuvres qui se font sur la voie. Il suffit pour cela de mettre à la disposition de ces agents, des manipulateurs interrompant le courant, et produisant le même effet que si un train circulait sur la voie.
- Union Electric lnterlocking System. — L’écueil des systèmes de Block automatiques se trouve généralement aux bifurcations. En effet, là où il existe une aiguille en pointe qui permet de diriger les trains soit à gauche, soit à droite, il doit nécessairement y avoir une solution de continuité et, comme la présence d’un aiguilleur est obligatoire, l’intervention de cet agent, pour rétablir cette continuité dans une direction pu dans‘l’autre soulève de nouveau les problèmes que l’adoption des systèmes purement automatiques devait écarter à priori.
- Aussi, c’est pour se mettre à l’abri des conséquences d’une erreur de cette agent que l’Union Company complète l’installation de son système
- Commutateur
- Voie principale montante
- Voie princiyakdMcendant»
- FIG. 67. — DIAGRAMME D’UNE BIFURCATION
- de signaux par l’application d’un commutateur automatique à toutes les aiguilles de bifurcation.
- La disposition schématique de ce commutateur est indiquée à la fig. 65. Le fond de la boîte Z porte3touches de contact abc isolées les unes des autres et respectivement reliées par des fils conducteurs aux rails a' b’ c' de la voie A, B,.
- Le commutateur proprement dit AA (fig. 66) est formé d’une plaque métallique oscillant autour d’un axe X repoussée par un ressort f et munie, à sa partie inférieure de deux griffes de contact mn, à sa partie supérieure d’une tige E.
- Lorsque le commutateur occupe la position indiquée à la fig. 65, il met en communication par la griffe m les contacts a b et il reste isolé du contact c. Le courant passe donc directement dans le circuit A, B, et c’est ce qu?il fallait obtenir, puisque l’aiguille est alors dirigée vers la droite.
- Dès que l’on fait occuper à l’aiguille la position opposée, c’est-à-dire celle dans laquelle elle donne la direction de l’embranchement C,, la lame d’aiguille R cesse d’appuyer contre le bouton C; aussitôt la tige B, sollicitée par le ressort S, se déplace vers la droite en entraînant, au moyen du taquet D, la tige E qui fait basculer le commu-
- tateur AA,. Le contâct b est à son tour isolé et ce sont, au contraire, les contacts a etc qui communiquent ensemble par la grille n. Le circuit A, B, est alors rompu; mais des fils ed unissent les rails de l’embranchement de manière que le signal reste à l’arrêt jusqu’à ce que le train ait complètement dégagé la bifurcation.
- On conçoit d’ailleurs qu’avec cette disposition, il est possible de réaliser tous les enclenchements destinés à garantir la sécurité du passage des trains aux bifurcations.
- Le diagramme reproduit à la fig. 67 indique l’ensemble de cette installation, pour une ligne à double voie. On remarquera tout d’abord que les flèches indiquant le sens de la circulation, ainsi que les signaux, sont à droite, suivant la pratique de l’exploitation, aux Etats-Unis.
- Le signal 1 s’adresse aux trains circulant de B vers A
- — 2 — B — P
- — 3 — C - D
- — 4 - E — D
- Lorsqu’un train pénètre dans la section isolée A B le disque 1 se met à l’arrêt ; l’aiguille en pointe étant faite pour la direction A, ferme le circuit a b et le signal x se met à voie libre quand le train a réellement dégagé la section. Au contraire, l’électro-aimant du signal 2 reçoit le courant d’une pile distincte p réunie aux touches b c, ce signal est donc à voie libre dès que l’aiguille est dirigée vers l'embranchement.
- De même les signaux 3 et 4 dépendent de la position de l’aiguille en talon n° 3.
- Enfin, si l’aiguille n° 1 est faite pour l’embranchement, le circuit de la pile D est rompu et le signal 3 se met à l’arrêt.
- On obtient donc, grâce à l’emploi de ces commutateurs, exactement le même résultat qu’avec les enclenchements qui ne permettent pas d’effacer le signal du tronc commun si l’aiguille en pointe n’est pas bien dirigée, qui interdisent l'effacement simultané des disques d’arrêt des deux branches, et qui empêchent de recevoir un train de C en D lorsqu’on en expédie un de B vers F.
- Un système analogue permet de couvrir les manœuvres qui s’effectuent sur la liaison t.
- En terminant, nous citerons une autre application de ces appareils aux voies d’évitement des stations. Pour éviter la prise d’écharpe des trains, qui pourrait se produire lorsque le train aiguillé sur la voie d’évitement ne dégage pas suffisamment la voie principale, la portion de voie en courbe qui se rattache à l’aiguille est isolée de la voie de garage, et ses deux rails sont respectivement reliés aux 2 rails de la voie principale, par des fils métalliques, de telle sorte qu’il se produit le même effet que nous avons signalé aux bifurcations. Tant que les roues des wagons n’ont
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- pas quitté la partie de voie en courbe et que le croisement n’est pas bon, le circuit reste interrompu, ce qui détermine la mise à l’arrêt d’un signal spécial, s’adressant aux trains qui pourraient survenir sur la même voie.
- Du reste, il est facile de se rendre compte qu’avec une combinaison bien étudiée de fils conducteurs reliant entre elles telle ou telle partie de la voie, on peut tirer du principe de ce système
- Fil de
- Fil de terre
- FIO. 68. — CIRCUIT DE HALL, A RESISTANCE CONSTANTE
- des1 conséquences d’une variété extrême et des applications très intéressantes et très utiles aux divers cas qui peuvent se présenter.
- Aussi, quelque répugnance que l’on puisse avoir
- FIO. 6p. — PKDAl E DE HALL
- pour l’adoption de signaux absolument automatiques, il est impossible de méconnaître les avantages d’une organisation à laquelle il serait possible d’emprunter quelques-unes de ses dispositions les plus caractéristiques, pour les appliquer avec succès à nos systèmes d’exploitation.
- Ainsi, par exemple, il est incontestable que l’idée de se servir des rails eux-mêmes comme de contacts fixes pour faire annoncer automatiquement l’approche des trains aux passages à niveau, peut porter des fruits même en Europe, et qu’en
- tout cas, un système fondé sur l’emploi de ce mode de communication électrique, présenterait une supériorité incontestable sur toutes les variétés de pédales électro-mécaniques qui éclosent, chaque année, dans le cerveau des inventeurs.
- Quant au Block-system, si jamais on se résout, malgré les difficultés que cela présenterait ailleurs qu’en pleine voie, à avoir recours à des appareils ou l’automaticité joue un rôle‘restreint, comme dans l’appareil Hodgson par exemple, nous n’hésitons pas à déclarer que celui qui tentera cette application sera heureusement inspiré s’il se sert de
- FIO. 70. — DISQUE ÉLECTRIQUE DE HALL
- la voie elle-même comme d’un contact fixe et d’une rupture de circuit comme d’un enclenchement électrique empêchant les signaleurs de débloquer les sections. Car, de cette façon, il aura évité l’écueil qui consiste à laisser débloquer les sections sans que l’on soit absolument certain qu’il ne s’est pas produit une rupture d’attelage, ou une rupture de rail ; la voie et le matériel se protégeront ainsi eux-mêmes pour ainsi dire, malgré les agents. C’est là de la vraie et de la bonne automaticité.
- SYSTÈME DE IIALL.
- Si perfectionnés que soient les signaux de l’Union Electric Company que nous venons de passer en revue, ils sont, jusqu’à présent, moins répandus que le système automatique de Hall qui est plus
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- ancien et qui a déjà fait ses preuves en maint endroit.
- Nous n’avons pas à revenir sur le diagramme de l’ensemble de l’installation qui est analogue à celle décrite à propos de l’appareil Rousseau. Nous
- nous bornerons à signaler la disposition employée par l’inventeur pour obtenir un circuit de résistance constante.
- Ainsi qu’on peut le voir à la figure shémati-que n° 68, tous les signaux sont manœuvrés par
- le courant d’une seule pile dont le fil de ligne B est relié au fil de terre A parles circuits B' C' A', B" C" A" en passant parles signaux et les contacts correspondants C" C'... Supposons par exemple que, comme l’indique la figure, le contact C" seul soit fermé, le courant parcourt le chemin B B"
- A" Z, qui a une longueur constante. Donc la résistance du circuit est la même à tous les contacts de la ligne, quelle que soit d’ailleurs la position de la pile.
- Cela posé, passons au contact fixe et au signal électrique.
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- Contact fixe. — Avec le système de Hall, nous rentrons dans le d.omaine des pédales. Celle-ci est formée d’un levier L(fig. 69) placé perpendiculairement au rail R, et maintenu à un certain niveau au dessus de la surface de roulement, par un ressort en caoutchouc Z.
- Lorsqu’un train passe, il fait basculer le levier L qui soulève la tigep dont la pointe m fait pivoter, autour de son axe x, le levier x n. Ce dernier est muni d’une touche isolée c, qui met alors en communication les bornes a et b des fils de terre et de ligne, en appuyant sur a le ressort fixé à la borne b. Les deux bornes reposent d’ailleurs sur un bloc isolant d.
- La tige p porte un piston P qui, lorsque la tige se lève, refoule de l’air dans le cylindre K ; la soupape S est réglée de manière que la rentrée de l’air
- FIG. 72. —» DISPOSITION SCHEMATIQUE iVllNF. SECTION DE BLOCK
- ne s’effectue que lentement et la pédale échappe ainsi aux oscillations que provoquerait le passage des véhicules situés derrière la machine, en même temps que la brusquerie de plusieurs chocs est amortie par une sorte de matelas d’air.
- La partie supérieure de l’appareil est hermétiquement fermée par un couvercle D qui la met à l’abri de l’introduction de la poussière. Un second tampon en caoutchouc r empêche l’extrémité du levier L de s’abaisser sous l’action de son propre poids.
- Disque électrique. — Le signal se compose d’une boîte étanche N (fig. 70) montée à la partie supérieure d’un mât en bois B. Cette boîte est fixe et vitrée sur ses deux faces ; c’est à l’intérieur que se meut le signal proprement dit, qui est éclairé par transparence, la nuit, au moyen de la lanterne L. Les filsv conducteurs arrivent par le haut, et la boîte est, à cet effet, surmontée d’une rangée d’isolateurs en porcelaine.
- Nous donnons à la fig. 71, les vues de face et de profil de l’appareil électrique contenu à l’intérieur de la boîte du signal.
- Le disque mobile peut occuper les deux positions A, dans laquelle il est à l’arrêt, et A', dans laquelle il est effacé. Le passage de l’une à l’autre de ces positions est obtenu par une rotation de ce disque autour de l’axe X X et le mouvement de rotation est provoqué par l’enroulement ou le déroulement de la chaînette b, commandée par la tige d, la manivelle K, la bielle R et le levier F ; ce dernier qui oscille autour de l’axe Z porte à son autre extrémité l’armature h.
- Quaiid le courant passe dans les bobines M, l’armature h est attirée et le renvoi de mouvement que nous venons d’indiquer amène le disque à la position A'. Aussitôt le levier L, que retenait jusqu’alors le doigt i, tend à reprendre la position verticale sous l’action du poids W, vient buter contre la vis de réglage S et se placer au dessous du doigt i, de sorte que le signal reste dans la po • sition A', même quand le courant cesse de passer dans les bobines M.
- Le disque ne revient à sa position initiale A que quand un autre courant, passant dans les bobines N, ramène le levier L au contact, malgré le poids W. Alors le doigt i n’étant plus soutenu, tout le mécanisme retombe et le disque revient en A.
- Pour éviter qu’il ne se produise aucun choc dans ces divers mouvements, on a disposé, sur la tige R, une coulisse à ressort et, à la partie supérieure de l’appareil, deux autres ressorts, S et G,
- La distribution des courants aux électro-aimants M et N se fait automatiquement au moyen d’un commutateur situé derrière le mécanisme qui commande la rotation de l’axe du disque et que nous représentons séparément à côté de la figure d’ensemble. Il se compose essentiellement d’une table à huit touches numérotées sur la figure.
- Sur l’axe du disque est monté un levier P, portant un bouton isolé m qui vient buter contre l’un des doigts Y ou V', selon que le disque est dans l’une ou dans l’autre de ses deux positions. Cette butée fait basculer à droite ou à gauche le balancier H qui met en communication, par ses extrémités, les touches 1 et 2, ou 3 et 4.
- En outre, quand le disque est lancé, le bouton m vient appuyer passagèrement sur l’un des deux ressorts TT' et mettre en communication momentanée, les touches de contact 5 et 6, ou 7 et 8. Le ressort T' ne .sert que dans les appareils des stations pour faire tinter la sonnerie de contrôle pendant tout le temps que le disque est à la position d’arrêt.
- Cela posé, que l’on porte les yeux sur la fig. 72 qui donne la disposition schématique des appareils d’une section.
- Supposons que le train ait dépassé le contact fixe t, le signal X est alors à l’arrêt et Y à voie libre: dans les deux commutateurs les touches 1 et 2
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- sont en communication. Dès que le train passe sur le contact T, un courant parti de B se rend la terre par L, b M'2 i' 2' T U,. L’électro-aimant M'2 s’aimante, et le disque X se met à l’arrêt. Mais le balancier du commutateur U' bascule et établit la communication entre 3' et 4' et en 7' 8' ; il lance donc un courant dans les bobines du signal X qui s’effacé aussitôt.
- (A suivre.) M. Cossmann.
- LE DYNAMOGRAPHE ÉLECTRIQUE
- OU
- APPAREIL ENREGISTREUR DU TRAVAIL DES MACHINES
- Dans un mémoire présenté à l’Académie des Sciences, par M. le comte Th. du Moncel, dans la séance du 27 mars 1882, et insérée dans le journal La Lumière Électrique (avril 1882), je donnais la description d’un appareil inducteur du travail des machines au moyen du téléphone qui, faisant connaître la torsion de l’axe moteur et sa vitesse angulaire au moment où l’appareil vient à être interrogé, donne les éléments nécessaires pour calculer le travail de la machine à laquelle il est appliqué.
- J’ai étudié un autre appareil qui peut enregistrer automatiquement une courbe dont les ordonnées sont proportionnelles à l’effort appliqué à l’axe moteur et les abscisses proportionnelles à sa vitesse angulaire; par conséquent l’aire comprise entre deux ordonnées quelconques, la courbe et l’axe des abscisses, fera connaître le travail de la machine dans le temps que le diagramme a été tracé.
- Le dynamographe se compose de deux parties: du transmetteur qui est appliqué à l’axe de la machine, et du récepteur ou appareil enregistreur.
- Si l’axe moteur de la machine, à laquelle le dynamographe doit être appliqué, a une longueur suffisante, on peut donner à l’appareil transmetteur la disposition mécanique suivante.
- Un tube à parois minces DD' EE' (fig. 1) ayant un diamètre intérieur un peu plus grand que le diamètre de l’arbre AB de la machine, est fixé à l’axe à son extrémité D D' et l’embrasse à frottement doux à l’autre extrémité ÉE', qui se termine par une petite lame triangulaire I s’élevant un peu au-dessus de la surface cylindrique de l’axe AB. Au sommet de cette lame est articulée une petite tige ca, qui s’attache au bout a du bras oa d’un levier aod dont l’autre bras od se termine en arc ou en secteur circulaire d. Le levier peut pivoter autour du point o, et l’arc d du secteur étant denté, engrène avec un petit pignon e dont l’axe, parallèle au pivot o, et normal à AB, porte au-dessous une roue dentée
- h ayant un diamètre trois ou quatre fois plus grand que celui du pignon. Cette roue h engrène à son tour avec une tige rigide parallèle à l’axe AB soudée à un anneau C très mince qui embrassej’axe moteur à frottement très doux (au moyen de petits galets, on peut rendre le frottement négligeable) de manière qu’il peut glisser le long de l’axe AB sans pouvoir prendre aucun autre mouvement. Une disposition mécanique identique diamétralement opposée se trouve au-dessous de l’axe AB, de manière que s’il ne donnait lieu qu’à une demi-révolution, elle se présenterait exactement dans les conditions de celle dont nous avons donné la description.
- Un bord plat et mince C' C" dont le plan est normal à l’axe AB, termine l’anneau C, et passe entre les mâchoires d’une tige FF' à section rectangulaire parallèle à l’axe; elle est guidée dans ses mouvements de manière à ne pouvoir se déplacer que dans le sens de sa longueur, et porte à son milieu un index ou fil métallique kl assez mince, élastique et flexible, normal à la direction de la tige.
- Avant de poursuivre la description de l’appareil transmetteur, voyons les mouvements de l’anneau c et de la tige FF' lorsque l’axe AB transmet du travail. Supposons que l’effort moteur soit appliqué au-dessus de l’anneau c, que le mouvement de rotation ait lieu dans le sens de la flèche, et que la résistance à vaincre soit placée au-dessous de la section DD'. Puisque le tube DE ne subit aucune torsion par l’action de l’effort moteur, tandis que la torsion a lieu dans la portion de l’axe AB qui est dans son intérieur aussi bien que dans la partie extérieure, le point o se déplacera relativement au point c en se portant de o en o'; par conséquent le secteur od fera tourner la roue h dans le sens de la flèche, et l’anneau c sera poussé en haut, et son bord c' c" entraînera la tige FF' dans la même direction. Or, le déplacement 00' étant proportionnel à la torsion e.t par conséquent à l’effort moteur, il s’ensuit que le déplacement de l’anneau c, de la tige FF' et du fil métallique kl sera aussi proportionnel à l’effort moteur appliqué à l’arbre AB. On voit donc qu’au moyen de la disposition mécanique adoptée, la torsion de l’axe se traduit en mouvement rectiligne de l’index kl qu.i prendra la position A-'/', si le mouvement de rotation a lieu dans le sens de la flèche, et viendra à la position k” l", si la rotation s’effectue en sens contraire.
- On pourra obtenir une courbe dont les ordonnées soient proportionnelles à l’effort moteur appliqué à l’axe AB, et les abscisses à la vitesse de rotation au moyen de la disposition indiquée à gauche de l’anneau c.
- Supposons en effet qu’un cylindre GG', dont l’axe soit parallèle à AB, entraînant une bande de papier, soit en relation avec l’axe AB de manière
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- qu’il fasse, par exemple, un tour dans le temps que AB en fait ioo. Si au bout de l’index gi (qui a la même disposition que kl), on fixe un crayon s’appuyant sur la bande de papier, il est évident qu’il tracera un diagramme im dont les abscisses prises sur la ligne ii' sont proportionnelles à la vitesse d’entraînement du papier, et par conséquent à la vitesse angulaire de l’axe AB, et les ordonnées proportionnelles à sa torsion ou à l’effort moteur. Et si à la place . du cylindre G G' on emploie une règle, la position de l’index gi sur son échelle fera connaître le déplacement de l’index, et par conséquent la torsion, ou l’effort moteur appliqué à l’axe AB. Mais de cette manière, l’appareil doit être placé à côté de l’axe, et en beaucoup de cas, il ne serait pas facile de le consulter à chaque instant; voyons donc comment on peut obtenir le même effet, à une distance quelconque de la machine, et au moyen du courant électrique. Dans ce cas, on peut compléter l’appareil transmetteur de la manière suivante.
- Une horloge communique un mouvement uniforme de rotation à un cylindre dont Taxe pp' est parallèle à la règle F F', et sur lequel est adapté un filet de vis ou d’hélice xx' x" qui n’avance que d’un demi-pas, et qui est disposé de manière que le point milieu x' de l’hélice, soit sur le plan vertical contenant l’index kl lorsque l’arbre BB est en repos, et de manière qu’à chaque tour du cylindre, le point x' et par conséquent le filet de l’hélice vienne à toucher la pointe émoussée du fil kl qui doit fléchir un peu au passage du filet, pour reprendre sa forme rectiligne aussitôt après le passa'ge du filet de l’hélice. La longueur du cylindre et la hauteur du demi-pas de l’hélice sont un peu plus grandes que la distance l'I" des positions extrêmes que l’index kl peut prendre sous faction.de l’effort maximum qui peut être appliqué à l’axe AB.
- Une petite palette q fixée à l’axe pp' du cylindre et située dans le plan méridien du point milieu .v' de l’hélice, touche, à chaque tour du cylindre, le sommet d’un fil métallique fixe n, dont la pointe émoussée est en platine aussi bien que le bord de la palette q, le filet de l’hélice, et le sommet de l’index kl.
- Maintenant supposons que l’axe moteur soit en repos et que le cylindre pp', en mouvement, accomplisse un tour en 60"; alors à chaque tour, la palette q et le point milieu x' du fil de l’hélice toucheront au même instant les deux pointes n, l; mais si l’axe AB est en mouvement, la pointe l se déplacera plus ou moins selon l’effort appliqué, et viendra occuper la position h' l' ; le contact entre la palettê q et la pointe n, et le contact du filet de l’hélice xx' x" avec h' I' n’auront plus lieu au même instant, et si l’hélice tourne dans le sens de la flèche, c’est-à-dire de gauche à droite, le contact de la palette avec n précédera le contact entre le fil de
- l’hélice et le fil k' l' ; et le temps qui s'écoule entre ces deux contacts est proportionnel au. déplacement IV de l'index et par conséquent à l'effort moteur appliqué à l'axe AB. Si la rotation de cet axe avait lieu en sens contraire, le déplacement de l’index kl aurait lieu de l en l", et dans ce cas le contact du filet de l’hélice avec l" précéderait le contact entre la palette q et n, mais le temps entre les deux contacts sera encore proportionnel à l’effort moteur.
- Appareil récepteur, ou enregistreur. — L’appareil récepteur se compose d’une caisse prismatique rectangulaire X X' contenant une horloge qui communique un mouvement de rotation à la roue R (fig. 2, 3) qui fait un tour en io minutes, et qui est calée sur l’axe II, lequel porte à son extrémité antérieure un disque b d ayant deux bords diamétralement opposés abc, adc (fig. 2) dont chacun occupe une demi-circonférence; un de ces bords est dans le plan de la face postérieure, et l’autre dans le plan de la face antérieure du disque, mais leur rayon est égal. L’horloge communique en outre un mouvement de rotation beaucoup plus rapide à la roue Q Q' calée sur un axe creux T (fig. 3) qui embrasse à frottement dou,x l’axe II, lequel fait un tour en i5", c’est-à-dire dans un temps quatre fois moindre que celui employé par l’hélice xx' x" (fig. 1) à accomplir sa révolution, et à l’index L (fig. 2) pour faire un tour par heure sur une circonférence divisée en 60 parties égales. Il indique par conséquent les minutes, et n’a d’autre but que celui de faire connaître si l’horloge est bien réglée.
- Sur l’axe creux T (fig. 3), repose un cylindre E à frottement doux, qui porte sur sa surface un tour d’hélice dont le pas est plus ou moins grand selon les dimensions qu’on veut donner au diagramme, et qui porte derrière un petit taquete(fig. 2, 3), au moyen duquel on peut arrêter l’hélice ou la laisser libre de la manière qui sera bientôt expliquée. Le diamètre de cette hélice est égal au diamètre du disque bd, et la circonférence de celui-ci, aussi bien que le filet de l’hélice, sont continuellement encrés par un rouleau cylindrique c (fig. 2), qui appuie leur contour.
- Au-dessous du filet de l’hélice, et à la distance d’un millimètre à pçu-près, passe une bande de papier entraînée lentement par le cylindre A avec une vitesse proportionnelle à la vitesse angulaire de i’axe moteur et d’une manière qui sera expliquée plus tard. Cette bande de papier appuie légèrement sur l’arête supérieure d’un petit prisme D fixé au bout du bras o D d’un levier D o B mobile autour du point o, et dont le bras droit o B forme l’armature d’un électro-aimant G. Le levier Do B porte à gauche un autre bras o i, et contre son extrémité i vient heurter le taquet e lorsque le levier occupe 1 la position indiquée sur la figure ; la position du
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- taquet derrière le cylindre E doit être telle que lorsqu’il est arrêté par le bras oi du levier, l’origine de l’hélice soit en bas. Au moment ou l’armature o B est attirée par les pôles de l’électro G, deux effets se produisent : le bras oi s’élevant, cesse d’appuyer contre le taquet qui, devenant libre, permet à l’hélice E de commencer à tourner, et le papier est poussé contre le filet de l’hélice et la circonférence du disque bd par l’action du bras oD; puisque l’origine de l’hélice se trouve en bas à l’instant du déclanchement, il s’ensuit que le papier
- touchera le filet de l’hélice à son origine, et au même même moment il touchera aussi la circonférence du disque qui a le même diamètre que l’hélice.
- Avant de faire connaître la disposition mécanique à l’aide de laquelle le cylindre A (fig. 2. 3) entraîne la bande de papier avec une vitesse proportionnelle à la vitesse de rotation de l’axe moteur, il est utile, pour la clarté de l’exposition, de commencer par considérer le fonctionnement de la partie de l’appareil dont nous avons donné la description. Supposons que l’électro G (fig. 2), la vis xx' x" (fig. 1) et la
- tige F F' soient interposés dans un circuit contenant une pile de quelques éléments, et voyons les effets qui auront lieu lorsque les horloges du transmetteur et du récepteur seront en mouvement, et l’axe moteur en repos. Dans ce cas, à chaque tour de la vis xx'x" (fig. 1), c’est-à-dire de 60" en 60", la palette q et le point milieu x' de l’hélice viendront, au même instant, toucher les sommets des petits ressorts n et i, et un courant électrique sera lancé dans le circuit indiqué ci-dessus; l’électro G entrera en action, attirera l’armature B (fig. 1, 2), et l’hélice E commencera à tourner puisque le bras oi laissera libre le taquet e ; au même instant le bras o D portera la bande de papier au contact du filet de l’hélice et I
- de la circonférence du disque bd. Mais le point de l’hélice E qui, à ce moment, se trouve en bas, est son origine, et il laisse par conséquent une trace sur le papier, puisque un rouleau cylindrique encré appuie continuellement sur les filets de l’hélice; une autre trace est laissée par le bord du disque bd. Après i5", l’hélice E ayant accompli sa révolution, le taquet e viendra heurter contre oi du levier Boz, et s’arrêtera, et comme nous avons supposé que lavis xx'x" (fig. 1) fait un tour en60", il s’ensuivra'que la durée de l’arrêt de l’hélice E sera de qS". On peut réduire ce temps à i5" en adaptant au cylindre pp' du transmetteur un autre demi-1 pas d’hélice exactement égala xx'x" et diamétrale-
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- ment opposé, et une autre palette opposée à la palette q ; en effet il y aura alors deux courants électriques lancés dans le circuit par la palette q à la distance de 3o" l’un de l’autre ; par conséquent deux déclenchements de l’hélice E auront lieu à des intervalles de temps de 3o" dans l’appareil récepteur, et la durée de l’arrêt de l’hélice E sera réduite à i5 secondes) — Ce que nous avons dit se répétant régulièrement à des intervalles de temps de 60", on voit que le diagramme tracé par l’hélice E, dans l’hypothèse de l’axe moteur en repos, sur une ligne dro.te xx' (fig. 3) continue ou ponctuée (selon la vitesse plus ou moins grande de la bande de papier) parallèle au bord du papier, et le diagramme tracé par le disque bd sera formé de traits rectilignes tels que a, (3, a', (3'.... chacun desquels correspond à 5 minutes de temps puisque, ainsi qu’on l’a déjà vu, ce disque fait un tour en io minutes. Supposons maintenant que l’axe moteur A B soit en mouvement: alors à chaque tour de la vis xx'x" deux courants seront lancés dans le circuit électrique indiqué ; une émission de courant aura lieu au moment où la palette q viendra toucher n, et la seconde émission à l’instant où le filet de la vis xx'x" atteindra K' /'.point qui indiquera la position que K/ aura prise en raison de la torsion de l’arbre A B. Par conséquent deux diagrammes seront tracés. Le premier qui est dû à la première émission de courant, sera encore la droite x x' (fig. 3) et la série des traits a, (3, a', p'... que nous avons déjà expliqués; en effet la palette q touchant à chaque tour de la vis le filet « comme dans l’hypothèse dp l’axe moteur en repos, les mêmes effets auront lieu. — A la seconde émission du courant qui suit la première après un temps / et à l’instant où a lieu le contact entre le filet xx' x” et K' /' (fig. i), le circuit électrique sera de nouveau fermé ; l’élèctro G fera donc accomplir à l’armature oB une autre oscillation ; mais dans ce cas le bras o i (fig. 2) ne produira aucun effet, tandis que o D portera le papier au contact du filet de l’hélice E (fig. 3) qui ayant commencé à tourner à la première émission de courant, aura accompli dans le temps /écoulé entre les deux émissions, une portion de tour exprimée par la fraction j^-, puisqu’on a supposé qu’elle exécute une révolution en i5". Le filet de l’hélice laissera donc sur le papier un petit trait dont la distance y (ordonnée) à la droite xxV'ou à l’axe des abscisses, sera une fraction du pas h de l’hélice proportionnelle à la
- fraction de tour accompli, et qui est donnée par l’expression : y = h — . Des traits analogues se produisant presque à chaque tour de la vis E, il en résultera une courbe continue (ou formée de petits traits) dont les ordonnées y, y' ,y" ,y’"... seront proportionnelles au temps /, c’est-à-dire à l’intervalle de temps écouléentrelesdeuxémissionsde courant. Maisnous
- avons vu que ce temps est proportionnel à l’effort moteur appliqué à l’axe AB; donc les ordonnées delà courbe tracée par l’appareil récepteur sont aussi proportionnelles à l’effort moteur; et si F est cet effort correspondant à une ordonnée y, on aura: F — Ky, K étant une constante qu’on doit déterminer expérimentalement.
- Il est utile d’observer que d’après la disposition mécanique adoptée, la vis E qui commence à tourner à la première émission de courant, c’est-à-dire au momènt ou la palette q vient à toucher », ne peut accomplir sa révolution qu’après la seconde émission.
- En effet le temps qui s’écoule entre deux émissions consécutives de courant est nécessairement moindre que celui employé par la portion x' x" de l’hélice à passer à travers le plan horizontal contenant kl; mais ce temps est i5", c’est-à-dire la quatrième partie de la durée de la rotation de la vis, puisque la portion x' x" correspond au quart du pas. Les deux émissions de courant se succèdent donc à des intervalles de temps moindres que i5"; mais à la première émission, l’hélice E du récepteur devient libre et commence sa rotation dont la durée est i5" ; il s’ensuit donc que son arrêt déterminé par les bras o i doit forcément suivre la seconde émission de courant.
- Il est aussi utile d’observer qu’il n’est pas nécessaire que les deux horloges du transmetteur et du récepteur soient d’accord entre elles ; une petite différence dans leur marche n’a aucune influence, puisque il est évident que l’erreur due à cette cause est .insensible pour la durée d’une rotation de la vis E du récepteur, et qu’elle ne peut pas s’accumuler.
- Nous avons supposé que la vitesse d’entraînement du papier était proportionnelle à la vitesse angulaire de l’axe moteur AB: il faut maintenant indiquer la disposition à l’aide de laquelle on peut obtenir ce résultat.
- Dans un circuit électrique contenant une pile (qui peut être celle déjà indiquée ci-dessus) est interposé unélectro H (fig. 2) qui, pour un instant, entre en action à chaque tour de l’axe moteur, et pour cela il suffit que le circuit soit fermé à chaque tour de l’axe. Or au moment où le circuit est fermé, l’élèctro H fait accomplir une oscillation à son armature M qui, étant en relation au moyen d’un cliquet avec une roue N à rochet, fait avancer celle-ci d’une dent ; le nombre des dents qui passent sera donc égal au nombre des tours de l'axe A B. L’arbre de la roue à rochet communique, à l’aide d’une vis tangente V (fig. 2, 3), un mouvement lent de rotation à la roue S, et par conséquent au cylindre A calé sur son axe. La vitesse de rotation de ce cylindre sera évidemment proportionnelle à la vitese angulaire, de l’axe moteur, et si la roue à rochet a 20 dents, et la
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- roue S 5o, le cylindre entraîneur A du papier accomplira une rotation dans le temps que l’axe AB (fig. 3) en fait 1000.
- Sur la circonférence d’une des bases du cylindre A existent io petites pointes métalliques émoussées qui s’élèvent un peu au-dessus de sa surface, à égale distance l’une de l’autre ; 9 de ces pointes sont simples, mais la dixième vi est double ; elles laissent des traces à sec sur la bande de papier; la distance des traces doubles correspond par conséquent à une rotation du cylindre A, ou à 1000 tours de l’axe AB, et la distance des traces simples à 100 tours.
- De cette manière, 011 voit que la vitesse d’entraînement du papier est proportionnelle à la vitesse angulaire'de l’axe AB, et qu’on a ainsi un moyen très facile de connaître le nombre des tours qui correspondent à une longueur donnée de la bande de papier, ou à une longueur xx' prise sur l’axe des abscisses.
- De ce qui précède il résulte que le diagramme tracé par l’appareil récepteur aura la forme indiquée dans la figure 2; les ordonnées y, y', y", y"'... sont proportionnelles à l’effort moteur transmis à l’axe de rotation de la machine à laquelle l’appareil est appliqué, et les abscisses x, x' sont proportionnelles à la vitesse de rotation du même axe.
- Il s’ensuit que l’aire comprise entre deux ordonnées quelconques, la courbe, et l’axe des abscisses sera proportionnelle au travail acccompli par la machine dans le temps que le diagramme considéré a été tracé.
- Considérons, par exemple, la portion du diagramme comprise entre les ordonnées y et y"' : les traits p, a, p' indiquent que le temps employé à la tracer est i5 minutes; la distance des points à sec indique que le nombre des tours de l’axe moteur a été 740 à peu près. Pour avoir l’effort moyen F transmis dans ce même temps, il faut déterminer l’ordonnée moyenne Y de la portion considérée du diagramme, et alors on aura F = KY où K est une constante que nous avons déjà supposée déterminée.
- Si donc le bras de levier de l’effort F est égal à l’unité, le travail total de la machine correspondant à la partie du diagramme considérée sera : 2 tt F. 740; mais ce travail ayant été accompli en i5' ou en 900", dans l’unité de temps il aura été :
- 2îtP. 7.IÛ 2îcKy. 7')0 . T, .
- -----— , ou -----—— puisque F = h.y.
- 900 900
- Soit en général n le nombre de tours qu’on dé duit de la lecture du diagramme, t le temps exprimé en secondes, . F l’effort moyen en kilogrammes, H son bras de levier en mètres, Y l’ordonnée moyenne, le travail T de la machine en
- kilogrammètres, et pour l’unité de temps, sera donné par la formule :
- 2 71 II F. n 2 t: «H K Y
- T=—t >ou 1=——;
- et puisque le facteur 2 irH K peut être représenté
- 11 Y
- par une constante C, on aura : T = C. —.
- La valeur numérique des quantités n, Y, t étant donnée par le diagramme, on peut aisément calculer le travail de la machine.
- Si la rotation de l’axe A B de la machine avait lieu en sens contraire, le diagramme serait encore tracé exactement de la même manière. Cela est évident pour la partie x x' du diagramme qui fait connaître le nombre de tours de l’axe, et pour les traits a, p, a.', p'... qui donnent le temps. Pour la courbe dont les ordonnées y,y'y".- sont pro-tionnelles à l’effort moteur, il faut observer que la rotation de l’axe AB s’effectuant en sens opposé, l’index kl se déplacera non plus de kl en k' l', mais en k" l" (fig. 3), et par conséquent le contact entre le filet xx' x" et k" l" précédera le contact de la palette q avec n au lieu de le suivre; mais le temps qui s’écoule entre les deux contacts sera encore proportionnel au déplacement de k l et par conséquent à l’effort appliqué à l’axe A B. La différence qui existe entre ce cas et celui de la rotation dans le sens considéré jusqu’ici, est qu’il y a inversion entre les effets des deux émissions de courant qui ont lieu à chaque tour de la vis x x' x" ; c’est-à-dire que les courants lancés dans le circuit par les contacts entre le filet xx' x' et k" l" donneront lieu non plus au tracé de la courbe, mais au traçage de l’axe des abscisses et des traits a, p, a', p'...; et réciproquement les émissions de courant déterminées par la palette q produiront le tracé de la courbe.
- Si la disposition mécanique indiquée du transmetteur, dans laquelle le tube DD' EE' doit avoir une longueur d’un mètre e£ demi ou deux mètres, ne pouvait pas s’adapter à la machine, on devra la modifier de manière que le déplacement de l’anneau C soit toujours proportionnel à l’effort moteur (ce qui ne présente en général aucune difficulté), et alors l’appareil que nous avons décrit sera toujours applicable.
- Prof. C. Resio.
- BIBLIOGRAPHIE
- Code général des brevets d'invention, par En, et Em, Picard (Bruxelles, Larder, — Paris, Pedone-Lauriel).
- C’est une matière fort controversée que celle des brevets d’invention ; et cela à tous les points
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- de vue. Dans le sens général et philosophique, on a discuté s’il existait même un droit d’inventeur, une propriété intellectuelle quelconque ; j’ai entendu de bons esprits soutenir encore cette thèse qui peut prêter à des développements paradoxaux brillants, mais qui ne tient pas lorsqu’on va au fond. Dans le sens légal et au point de vue des principes, on s’est demandé ce que c’est qu’un brevet ; est-ce une reconnaissance de propriété dont la durée n’est limitée que par la force des choses, est-ce au contraire un privilège temporaire accordé en échange d'avantages offerts à la société? Les deux opinions ont été soutenues non sans éclat : pour moi j’estime que la première est la bonne ; au reste, il ne s’agit pas de les discuter ici, mais de montrer simplement combien cette question renferme encore de points incertains et fertiles en désaccords.
- L’un des meilleurs moyens de résoudre ces questions, ou du moins d’en préparer la solution, c’est de recourir au procédé expérimental, et d’examiner d’abord comment les divers peuples les ont comprises : à cet effet, il faut posséder les législations qui dans les divers pays régissent ces matières. Le livre de MM. Ed. et Em. Picard répond à ce besoin ; les auteurs ont traduit et réuni toutes les lois de ce genre, et en ont formé un code général. Ceci serait déjà une œuvre de compilation demandant des qualités spéciales de soin et d’intelligence, mais MM. Picard y ont ajouté une part personnelle : chacune des législations est précédée d’un résumé très clair où se trouvent sous une forme très resserrée et en même temps très claire tous les principes qui caractérisent la législation, ce qui permet de se rendre compte d’un seul coup de l’esprit qui la domine et rend très faciles les comparaisons internationales. On y voit par exemple sans recherche longue que parmi toutes les nations, la France, le Mexique et le Portugal sont les seules qui interdisent sous peine de déchéance au breveté l’introduction d’objets compris dans son brevet fabriqués au dehors du pays. Quels sont les avantages que le Portugal et le Mexique ont tirés de cette loi prohibitive, on peut se le demander; quant aux inconvénients sérieux qu’elle a pour l’industrie française, je les ai moi-même signalés, et on en voit la preuve dans ce fait que seule parmi les grandes puissances elle a conservé cette disposition étroite et mauvaise.
- Je n’entrerai pas plus avant dans le détail du livre; d’autant que tous ceux qu’il peut intéresser vont l’acheter, si ce n’est déjà fait, tant il sera utile pour les recherches relatives aux brevets; c’est un point qu’îl était à peine utile de signaler et que chacun sent de lui-même; tous ceux qui s’occupent de science actuellement touchent forcément un jour à l’industrie, sinon pour eux-mêmes, au moins pour des personnes où des questions auxquelles
- ils s’intéressent, et chacun a intérêt à tenir sous sa main, dans sa langue, dans un format commode et élégant, tout l’ensemble des lois adoptées dans les divers pays sur ce sujet.
- J’ajouterai que cette réunion des lois diverses peut amener à un but plus élevé, que l’un des auteurs, M. Ed. Picard, expose dans ces termes :
- « C’est en effet préparer plus efficacement que jamais l’uniformité nationale que de grouper l’ensemble des manifestations juridiques auxquelles elles ont donné lieu ; la comparaison qui en résulte met dans un puissant relief les avantages et les imperfections ; on voit mieux quels sont les principes dominants sur lesquels s’accordent les grandes nations, celles dont l’expérience et l’autorité sont les plus hautes. On trouve aussi parfois dans une législation obscure, un détail ingénieux dont peuvent faire fruit même ceux qui se croient les plus habiles. Ce n’est pas trop s’avancer que de dire que celui qui aura la patience de lire avec attention toutes ces législations variées n’arrivera pas au bout de cette lecture sans apercevoir très clairement, pour l’ensemble comme pour les derniers détails, la législation unique qui s’impose comme la plus sage, la plus pratique et la plus garantissante. Et, s’il nous a été permis de dire au début de cette courte introduction que les brevets d’invention ont été l’occasion première qui a fait surgir le droit international privé, peut-être pourra-t-on proclamer un jour que ces mêmes brevets ont, les premiers, provoqué une de ces belles législations, uniformes pour tous les peuples, qui apparaissent comme le dernier mot du progrès juridique. »
- On n’a qu’un regret, c’est que M. Ed. Picard n’ait pas formulé lui-même et indiqué avec sa haute autorité les grandes lignes de cette loi future. Il est vrai que le livre n’est point une étude mais une réunion de documents, il est donc bien comme il est, et pour ceux qui n’en tireront point les hautes conséquences que l’auteur indique, il n’en reste pas moins un très précieux outil de travail.
- Frank Geraldy.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur la pyro-électricité du quartz ; par MM. C. Friedel et J. Curie (q.
- « L’un de nous a fait connaître un procédé au moyen duquel on peut mettre en évidence d’une manière nette et facile la pyro-électricité qui ap-
- P) Note présentée à l’Académie des Sciences dans la la séance du 3o avril i883.
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- partient aux cristaux hémièdres à faces inclinées en éliminant les causes d’erreur qui pourraient provenir de la forme extérieure des cristaux. Ce procédé consiste à employer, au lieu de cristaux dans jeur état naturel, avec leurs angles et leurs arêtes, des plaques à faces parallèles taillées dans ces cristaux perpendiculairement à la direction des axes d’hé-miédrie qui sont toujours en même temps les axes dè pyro-électricité, c’est-à-dire des directions telles que, par un échauffement ou par un refroidissement du cristal, leurs deux extrémités se chargent d’électricités contraires. Lorsqu’on opère sur des plaques à faces perpendiculaires à un axe de pyroélectricité, l’une des faces devient positive et l’autre négative par une variation de température.
- « On constate facilement cette propriété en déposant sur la plaque maintenue à la température ordinaire une demi-sphère métallique chauffée et mise en communication par un fil métallique avec l’aiguille d’un électromètre de Thomson (*). On voit immédiatement se produire une déviation, en général très forte, de l’aiguille de l’électromètre. Si, après avoir laissé refroidir la plaque cristallisée on la retourne pour opérer de même sur la deuxième face, on obtient une déviation en sens contraire et sensiblement égale, à condition que la température de la plaque et celle de la demi-sphère soient les mêmes que dans la première expérience (-). Avec les cristaux homoèdres ou avec les substances non cristallisées, on observe bien de légères déviations de l’aiguille, mais elles sont beaucoup plus faibles, et de même sens sur les deux faces de la plaque.
- « Des expériences comparatives. faites sur des plaques de tourmaline perpendiculaires à l’axe, par le nouveau procédé et par les méthodes ordinaires, ont montré que les indications des deux sont tout à fait d’accord.
- « Pour éviter les effets électriques dus au frottement et en même temps pour rendre les observations plus comparables entre elles, la pression de la demi-sphère sur la plaque n’étant due alors qu’à son poids, on suspendait la demi-sphère chauffée par un fil métallique à un support isolant; la plaque taillée était disposée au-dessous sur un support à crémaillère et mise en communication avec la terre par la face opposée à celle sur laquelle on se proposait d’opérer. On amenait la plaque au contact de la demi-sphère par un mouvement vertical lent de la crémaillère.
- « Le quartz, étudié de la même manière, a montré très nettement la pyro-électricité dans trois direc-
- (!) On a d’abord employé le modèle modifié par M. Branly, puis plus tard celui de M. Mascart, qui est d’un usage plus commode et donne des indications plus régulières.
- (2) En opérant de même avec la plaque cristalline chauffée et avec la demi-sphère froide, on obtient des déviations opposées aux précédentes.
- tions parallèles aux axes qui joignent les milieux de deux arêtes opposées du prisme hexagonal. Les lames perpendiculaires à l’axe principal ne donnent, au contraire, aucune indication régulière : ce ne sont pas des axes de pyro-électricité. Ces faits sont en harmonie complète avec la forme cristalline du quartz. Les deux extrémités de l’axe principal sont pareilles entre elles. Il n’en est pas de même des axes latéraux. Ceux-ci vont chacun du milieu d’une des arêtes au sommet de la base du trigonoèdre, ou, si l’on aime mieux considérer le prisme hexagonal modifié par les facettes rhombes, elles joignent le milieu d’une arête portant les faces rhombes avec le milieu d’une arête qui n’est pas modifiée. Ils sont donc des axes d’hémimorphisme et en même temps des axes de pyro-électricité.
- « Les faces correspondant aux extrémités des axes latéraux portant les faces rhombes donnent toujours, avec la demi-sphère chaude, des déviations indiquant une tension positive; les faces opposées donnent des déviations en sens contraire indiquant des tensions négatives (').
- « M. Hankel avait déjà, en 1866, dans un mé moire étendu, étudié ce qu’il appelle la thermoélectricité du quartz, et ce qu’il vaudrait mieux appeler la pyro-électricité, car nous pensons que ce terme doit être conservé et appliqué, comme il l’a toujours été, à l’électricité polaire développée par une variation de température dans une masse cristalline homogène, en distinguant celle-ci des phénomènes électriques qui peuvent se produire au contact de deux corps hétérogènes.
- « Cette confusion se poursuit dans de nombreux mémoires de M. Hankel, dans lesquels, à côté du quartz, de la topaze et d’autres substances hémi-morphes et pyro-électriques, il étudie la distribution de l’électricité à la surface de beaucoup de cristaux holoèdres chauffés après avoir été partiellement enveloppés de limaille métallique et refroidis dans les mêmes conditions. 'Il n’est pas étonnant que, dans ces conditions, il se manifeste des phénomènes électriques, mais ceux-ci n’ont rien à faire avec la structure cristalline et présentent, par conséquent, beaucoup moins d’intérêt que les phénomènes pyro-électriques, d’autant que, de toutes les observations de détail si minutieusement faites, il ne semble ressortir aucune loi générale.
- « M. Hankel avait admis, dans le quartz, l’existence de trois axes de thermo-électricité (pyro-électricité) coïncidant avec les axes secondaires horizontaux du prisme hexagonal; mais, en même temps, entraîné, semble-t-il, par l'idée préconçue d’une liaison de l’hémiédrie plagièdre et de l’exis-
- (*) C. Friedel, Sur la pyro-électricité dans la topaze, la blende et le quarte {Bulletin de la Société minéralogique de France, t. II, p. 3i; 1879.
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- tence de formes droites et de formes gauches non superposables avec les phénomènes électriques pouvant être observés à la surface du quartz, il en est arrivé à conclure, ce sont ses propres expressions :
- « Qu’en général, le quartz possède trois axes 5 électriques, de telle façon que les faces du prisme « sont alternativement positives et négatives; les « polarités sont opposées par échauffement et par « refroidissement. Les pôles ne sont pas au milieu « des faces, mais repoussés vers les arêtes' laté-« raies; de plus la force des pôles est très diffé-« rente, et il y a des cas où un ou deux pôles sont « détruits par les autres et ne se révèlent que par « un affaiblissement de l’électricité de nom con-o traire des faces voisines. »
- « Et plus loin :
- « Dans un cristal également bien développé aux « deux extrémités et simple, il se produit par le re-« froidissement six zones électriques alternative-« ment positives et négatives ; les zones négatives « vont des faces du rhomboèdre primitif, du haut « obliquement vers le bas, à une face voisine du « même rhomboèdre. Les zones positives s’éten-« dent de même obliquement entre les faces du « rhomboèdre inverse. Nous pouvons donc, en i nous servant des expressions ordinaires, recon-« naître dans le cristal de roche six pôles électri-« ques alternativement positifs et négatifs, ou trois « axes électriques qui coïncident avec les axes la-« téraux de la pyramide hexagonale. »
- « La direction des zones inclinées de haut en bas « est opposée dans les cristaux -droits et dans les « cristaux gauches. Elle est toujours parallèle aux « stries des faces rhombes, ou à l’intersection de « celles-ci avec les faces du rhomboèdre primitif. K II résulte de là que -les zones positives qui par-« tent d’une face du rhomboèdre inverse, pour re-« joindre l’autre face, passent toujours sur les » arêtes qui portent à leurs extrémités les faces « rhombes et que les pôles positifs ou extrémités « positives des axes électriques coïncident avec les « milieux de ces arêtes verticales du prisme, tandis « que les pôles négatifs ou extrémités négatives a appartiennent aux arêtes placées entre celles-ci. ®
- « Il résulterait évidemment de là que les divers points d’une même arête du prisme ne présenteraient pas des tensions électriques égales, après une égale variation de température, et que les axes électriques dont parle M. Hankel, qui coïncident avec les axes du trigonoèdre, seraient des axes au sens géométrique, c’est-à-dire des droites définies non seulement par leur direction, mais encore par leur position, au lieu d’être des axes cristallographiques, c’est-à-dire des directions pareilles entre elles par leurs propriétés et qui passent par un point quelconque du cristal, comme les axes optiques.
- « Or, la structure d’un cristal simple étant la même dans toutes ses parties, un phénomène qui est lié à la structure, comme la pyro-électricité, doit se produire de la même manière en tout point du cristal, pourvu que l’on opère dans la direction voulue. Cela est vrai surtout si l’on élimine, en employant des plaques taillées d’assez grandes dimensions, les perturbations pouvant provenir de la forme extérieure du cristal et de l’existence d’arêtes ou d’angles. Nous ajouterons tout de suite que, dans le cas dont il s’agit, cette dernière précaution n’est pas indispensable et que les cristaux naturels nous ont donné des résultats entièrement d’accord avec ceux trouvés sur des plaques taillées.
- « Nos expériences ne présentaient rien de pareil à ce qu’indiquait M. Hankel; nous trouvions des tensions électriques sensiblement égales tout le long d’une même arête des prismes de quartz. Nous étions encore en désaccord avec ce savant sur un point important : tandis qu’il observait des tensions positives par le refroidissement sur les arêtes portant les faces rhombes, nous avons toujours trouvé sur les mêmes arêtes des tensions positives par échauffement.
- « Dans notre première publication, nous n’avions pas insisté sur ces différences, ayant répété nos expériences un assez grand nombre de fois et sous des formes assez diverses pour être sûr de nos résultats.
- « D’ailleurs MM. Jacques et Pierre Curie (*), ayant découvert ce fait important que les cristaux hémièdres à faces inclinées sont susceptibles de prendre par pression des pôles électriques de noms contraires aux extrémités de certains axes, ont montré que le quartz est du nombre et que ses axes d’électricité par pression coïncident avec les axes horizontaux du trigonoèdre.
- « Ils ont également trouvé que l’électricité développée par la pression correspond à celle qui se produit par le refroidissement et que celle qui résulte d’une diminution de pression correspond à celle qui se produit par réchauffement.
- « Ils. ont établi cela comme une loi générale et ils l’avaient observé en particulier sur le quartz, en comparant les observations faites par pression avec celles pour lesquelles on avait employé le procédé indiqué plus haut.
- « Dans un Mémoire très étendu publié en 1881 (s), M. Hankel est revenu sur la question et a maintenu ses conclusions antérieures relativement à la distribution de l’électricité à la surface du quartz. Il interprète les divergences entre ses expériences et celles rappelées plus haut, en admettant que,
- (*) Comptes rendus, t. XCI, p. 294 et 383; 1O80.
- (2) Etektrische Unlersuchungen, XV,C Abhandl. (extrait du t. XII des Abhcindlungen der mathem.-physischen Classe der Kœnigl.-SaecItsisc/i. Gesetlschajt, Leipzig, 1881.
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- dans ces dernières, dans lesquelles on a obtenu des tensions électriques. de noms contraires à celles observées par lui, les phénomènes ne sont pas produits par la thermo-électricité (pyro-électricité), c’est-à-dire par réchauffement ou le refroidissement du cristal, mais par une action particulière qu’exerceraient les ladiations lumineuses sur les cristaux hémièdres, et qu’il nomme pour cette raison actino-élèctricité.
- « La conception de l’actino-électricité se rattache à la manière dont M. Hankel interprète la production des phénomènes électriques. Il suppose que ceux-ci sont dus à des vibrations circulaires de l’éther avec participation au mouvement des molécules matérielles, suivant les circonstances. Les deux modifications de l’électricité, la positive et la négative, ne différeraient que par le sens de la rotation : un seul et même tourbillon ( Wirbel) présenterait donc d’un côté la modification positive et de l’autre la modification négative.
- « Il admet ensuite que, dans le cristal de roche, les molécules éthérées tournent autour des axes latéraux (horizontaux) plus facilement dans un sens que dans l’autre, et il en conclut que toute vibration produite dans l’intérieur du cristal doit provoquer le développement de pôles électriques opposés, aux deux extrémités de chacun des axes horizontaux du cristal.
- « C’est en effet ce que M. Hankel vérifie d’abord au moyen de la lumière solaire, puis avec un simple bec de gaz. Bientôt il reconnaît que ce ne sont pas les radiations lumineuses, mais bien les radiations calorifiques qui produisent le phénomène. Il n’en conclut pas moins, sans donner d’ailleurs d’autres preuves de son opinion, qu’il y a là un phénomène distinct de la pyro-électricité et de sens contraire à celle-ci, d’après ses expériences sur le refroidissement du quartz.
- « Il fait même la supposition assez singulière que, dans nos anciennes expériences, l’application d’un hémisphère métallique chaud sur la plaque ou sur le cristal de quartz avait dû donner lieu à un phénomène actino-électrique et que nous avons confondu l’actino-électricité avec la pyro-électricité qui est, selon lui, de signe contraire. Cette opposition de sens serait en même temps en contradiction avec la loi établie par MM. J. et P. Curie.
- « Il importait de chercher la cause de ces divergences. Nous ne devions pas nous attendre à la trouver dans les faits observés par un expérimentateur aussi consciencieux et aussi exercé que M. Hankel : c’est dans l’interprétation de celles-ci que se trouve le désaccord.
- « Nous ne voulons pas remonter jusqu’à la théorie de M. Hankel sur l’électricité, ni montrer que la conséquence nécessaire de son hypothèse serait l’existence, dans la tourmaline, par exemple, suivant l’axe principal, d’un pouvoir rotatoire ayant
- de l’analogie avec le pouvoir rotatoire magnétique; dans la blende, il devrait de même exister un pouvoir rotatoire parallèle aux grandes diagonales du cube primitif ('). Jamais rien de pareil n’a été observé. Mais no"us voulons nous borner aux phénomènes électriques présentés par le quartz.
- « Nous ferons d’abord remarquer, en ce qui concerne la distribution dissymétrique de l’électricité à la surface des cristaux de quartz droits ou gauches, qu’elle est en contradiction avec la notion même des axes cristallographiques. Suivant la manière de voir de M. Hankel, l’axe horizontal passant par un des points de la face rhombe ne serait plus un axe de pyro-électricité, tandis que ses parallèles, situées plus près du centre du cristal, seraient de tels axes. Ceci serait en opposition avec ce que nous savons de la structure intérieure des cristaux, qui est homogène dans tous les points du cristal simple. Il importe de remarquer qu’il s’agit ici d’un phénomène qui est intimement lié à cette structure même.
- « D’ailleurs, en examinant les figures par lesquelles M. Hankel représente le détail de ses expériences, on voit que, si la distribution tournante de l’électricité dont il parle peut être aperçue au milieu de bien des irrégularités sur un très petit nombre de figures, il en est un beaucoup plus grand nombre sur lesquelles elle disparaît complètement. Cela est vrai surtout des cristaux allongés, et M. Hankel fait remarquer que la distribution régulière, suivant lui, de l’électricité est surtout visible sur les cristaux qui ne sont pas trop longs. Celle qu’il a aperçue nous semble donc être purement accidentelle et due peut-être à la forme extérieure des pyramides qui terminent les cristaux et aux irrégularités de température qui peuvent en résulter pendant réchauffement ou le refroidissement.
- « En répétant avec soin les expériences de M. Hankel, nous n’avons pas rencontré cette distribution des tensions électriques. Nous nous sommes assurés d’ailleurs que les faces rhombes elles-mêmes, au lieu d’être des sortes de points neutres, comme le dit M. Hankel, qui dans les cristaux réguliers fait passer sur ces faces la ligne de séparation des zones positives et négatives, sont très fortement pyro-électriques et donnent, par l’application delà demi-sphère chaude, de fortes tensions positives.
- « Il en est ainsi sur les cristaux réguliers qui ne portent que trois faces rhombes sur les arêtes al-
- (l) A moins d’admettre que ce qui est vrai, selon lui, pour les axes d’hémimorphisme du quartz ne le soit pas pour celui de la tourmaline et pour ceux de la blende, les molécules d’éther doivent se mouvoir avec plus de facilité dans un sens que dans l’autre autour de ces axes, et la conséquence nécessaire, nous semble-t-il, est une déviation du plan de polarisation d’un rayon polarisé.
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- ternatives à une même extrémité du cristal, et sur les cristaux irréguliers et maclés qui en portent un plus grand nombre. Nous avons opéré, entre autres, sur un cristal qui présentait, à une même extrémité des faces rhombes sur les six arêtes du prisme, et nous avons obtenu sur toutes les six des tensions positives très marquées. »
- Résistance de l’arc électrique. — Expériences de MM. Ayrton et Perry.
- Ces expériences ont eu pour objet de compléter les recherches exécutées, en 1878, par Schwendler, et à la suite desquelles il avait admis comme très probable que la résistance d’un arc de longueur constante varie en raison inverse de l’intensité du courant qui le traverse.
- Dans une première série d’expériences, l’un des charbons de l’arc électrique était relié à un volta mètre v et, par l’intermédiaire d’un ampèremètre A au pôle P d’une batterie de piles de Grove G disposées en série, l’autre était relié à ce même galvanomètre et à un bain de mercure T qile l’on pouvait relier, au moyen d’une pièce métallique, à l’une quelconque des coupes de mercure B. C. D : chacun de ces godets était relié d’une manière permanente à l’un des pôles d’un nombre variable de piles.
- L’expérience consistait à noter les indications du voltamètre et de l’ampèremètre lorsqu’on réunissait, sans faire varier la longueur de l’arc, d’abord T D puis T c, puis en faisant l’opération inverse ; on poursuivait ensuite l’expérience avec les éléments P B P c, au lieu de PD Pc; le tableau ci-dessous donne un des résultats ainsi obtenus.
- Nombre des éléments.
- 3o
- 40
- 5o
- Courants en amçères.
- 6,52 16,16 11,92
- Différences de potentiel des charbons cil volts.
- K
- 30.4
- 30.4
- 30.4
- Energie de l’are Cil
- kilogrammètres par seconde.
- 20.4
- 3i.7
- 37.4
- On voit que la force électromotrice de l’arc ne varie pas lorsqu’on fait varier presque du simple au double l’intensité du courant.
- On exécuta, en outre, un grand nombre d’expériences en remplaçant les piles de Grove par une machine Brush et en faisant varier l’intensité du courant par l’interposition de résistances dans le circuit.
- Ilfaut, même avec un ampèremètre sans vibrations, un certain temps pour doubler et dédoubler l’intensité des courants par l’introduction de résistances variables dans le circuit, et cet intervalle suffit pour rendre la distance des charbons plus considérable pendant le passage des courants intenses qui en brûlent les pointes avec une très grande rapidité ; on
- se résolut, pour atténuer les effets de cette variation, à ne plus faire varier l’intensité du courant, dans les
- expériences, que du ÿ au triple.
- Il résulte, de ces expériences que, pour une distance donnée entre les charbons, la différence de potentiels nécessaire pour maintenir l’arc est à peu près mais non pas entièrement indépendante de l’intensité du courant, elle augmente ûn peu lorsqu’on augmente beaucoup le courant.
- La seconde partie des recherches de MM. Ayrton et Perry avait pour objet de déterminer la loi suivant laquelle la différence de potentiels entre les charbons varie avec la longueur de l’arc lorsque le courant est maintenu constant.
- On mesurait la longueur de l'arc en le profilant sur une échelle au moyen d’une lentille dont on déterminait l’amplification d’après sa distance à l’axe et à l’échelle, puis en mesurant sur l’échelle l’image
- FIG. I
- d’une tige de charbon placée tout près de l’arc et de diamètre connu.
- On procédait de deux manières, soit en faisant varier les résistances du circuit, en maintenant l’axe fixe jusqu’à ce que le courant eût atteint une intensité donnée, soit en faisant varier la longueur seule de l’axe. On exécuta ainsi un grand nombre d’expériences avec une machine Brush et des courants variant de 5,5 à 10.4 ampères, des longueurs d’arc variant de o à 6m/lu et des différences de potentiels variant de o à 140 volts : le diamètre des charbons était de 6 m/m. Le résultat de ces expériences sont représentés par la courbe (lîg. 2) dont les ordonnées sont proportionnelles aux différences de potentiels entre les pointes des charbons et les abscisses à leurs distances, et dont l’équation est approximativement donnée par la formule
- H = 63 + 55,7 — 63 X 10“10 ",
- dans laquelle E représente la différence de potentiel entre les charbons en volts, a la distance des pointes des charbons en pouces.
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- On voit d’après cette courbe, que la différence de potentiels nécessaire à la permanence de l’arc augmente d’abord très rapidement avec la distance des charbons; elle est d’environ 60 volts pourune distance de 2 m/m 5; à partir de ce point la courbe s’accentue rapidement jusqu’au point correspondant . à une distance de 6 m/m environ à partir duquel les différences de potentiels croissent à peu près proportionnellement aux distances des
- 0,1 "0/2 0,3 " 6,'f ’6,b'o,6 0,7 O.fi 0.3 1,0
- FIG. 5
- charbons, et au taux d’environ 21 volts 6 par centimètre d’arc.
- Cette loi concorde avec les résultats obtenus par M. C.-F. Varley, pour la décharge électrique dans un tube à vide, et .par MM. de la Rue et Hugo Muller pour la relation entre la force électro-motrice et la longueur de l’étincelle qu’elle peut produire.
- Il semble en outre résulter de quelques expériences de ces savants que la nature des conduc-
- teurs doit avoir une grande influence sur la force électro-motrice nécessaire pour maintenir le passage d’un courant à travers leur solution de continuité : cette force aurait été, à longueur d’arc égale, plus faible avec des charbons plus tendres et, pat-conséquent, plus facile à désagréger.
- La résistance de l’arc est due, en effet, à deux ' causes : une résistance proprement dite du milieu et une force contre-électro-motrice rendue presque évidente, comme l’a fait remarquer Edlund, par le transport des particules des charbons à travers l’arc, mais il est très difficile de faire la part de ces deux éléments, parce que cette force électro-motrice, qui cesse avec le courant, varie probablement comme la résistance propre du milieu et se confond avec elle dans les expériences.
- MM. Ayrton et Perry pensent que la conduction de particule à particule des microphones est analogue à celle d’un petit arc électrique ou plutôt à une décharge par convection, parce que ta résistance des microphones varie avec le courant employé pour la mesurer : il est probable que les morceaux de charbon cessent d’agir comme microphone, dès que leur contact est suffisamment intime pour rendre leur résistance indépendante de l’intensité du courant.
- MM. W. Atkinson et B. Atkinson ont collaboré aux expériences de MM. Ayrton et Perry (‘j*.
- Action présumée de l’aimantation sur la conductibilité électrique des liquides. — Expériences de
- M. J. Paktowski.
- Pour s’assurer si l’action d’un champ magnétique peut provoquer dans les liquides un changement de conductibilité électrique, M. J. Paktowsky a pris un long tube rempli d’une solution concentrée de chlorure de fer et l’a placé à l’intérieur d’une série de bobines aimantantes.
- Pour réduire autant que possible à un minimum la polarisation, l’auteur a fermé les deux extrémités du tube avec des membranes de vessie, et les a placés chacune au milieu d’un vase contenant une solution de sulfate de zinc et des électrodes de zinc amalgamé.
- Ce tube ainsi préparé fut placé dans un des bras d’un pont de Wheatstone ordinaire et l’on détermina la résistance quand le courant ne passait pas dans les bobines, puis ensuite quand il y circulait.
- On ne put observer aucune différence entre les résitances observées dans les deux cas.
- Le résultat est, on le voit, négatif, mais il n’en est pas moins utile de le signaler.
- (‘) Philosophical Magazine, mai i883.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE'
- RÉSUMÉ
- DES
- BREVETS D’INVENTION
- 152391. — PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS AUX PROCÉDÉS ET APPAREILS EMPLOYÉS POUR LE CHAUFFAGE PAR ^ÉLECTRICITÉ, par m. o. rose. — Londres, 3i mai 1882. — Paris, 3o novembre .1882.
- La figure est une élévation, partie en coupe, d’une disposition du système de chauffeurs de M. Rose, représentant aussi un procédé pour appliquer ce système à un tuyau sans fin.
- Il enroule le fil de fer ou autre métallique A autour d’une tige centrale qui est recouverte d’amiante ou autre ma-
- tière non conductrice C. Le fil A est enroulé en spirales de dimensions suffisantes pour empêcher le contact des deux parties adjacentes du fil. Cet appareil est alors introduit dans un tube E, Deux disques de substance non conductrice FF7 sont assujettis sur les extrémités de la tige B; ces disques s’adaptent exactement à l’intérieur du tube E et empêchent la perte de la chaleur produite dans le tube. Les extrémités du fit A passent à travers le disque extérieur F pour être reliées avec les fils venant du générateur électrique ou accumulateur. Le tube E est alors introduit dans le tube C d’un diamètre légèrement plus grand, et l’espace circulaire est en communication avec l’espace de l’intérieur du tuyau ou série de tuyaux.
- Dans la figure ci-jointe est représenté un dispositif dans ce but, et dans lequel l’eau de l’espace circulaire est en communication avec l’eau du tuyau sans fin; une chambre d’expansion ou à air H est ménagée en communication avec ce tuyau sans fin quand il est à son plus haut niveaui
- Quand l’eau, ou autre fluide, est introduite dans le tuyau, il est fermé d'une manière étanche dans toutes ses parties, et quand l’électricité est appliquée au chauffeur, la chaleur produite par ce moyen est communiquée à l’eau qui se dilate et comprime l’air dans la chambre H, et circule alors par lè tuyau sans fin.
- L’inventeur brévète aussi plusieurs modifications de ce sys- . tème de chauffeur destinées à utiliser de différentes façons la chaleur produite par le passage du courant électrique.
- 152415. — PERFECTIONNEMENTS DANS L’ÉPUISEMENT DE L’AIR DANS LES GLOBES DE LAMPES ÉLECTRIQUES A INCANDESCENCE, par m. n. ciiERRiLL. Paris, 2 décembre 1882.
- A représente le globe où le vide doit être fait, B la chambre ou tube qui contient la matière qui doit absorber le gaz quand on le puise hors du globe A, C est le tube qui communique, d’un côté avec la chambre, de l’autre avec le globe; d est le tube communiquant à la pompe. Le gaz étant
- ax ~rrJ •'Vr.
- comme il a été dit, introduit ou formé dans le globe, et la pompe étant mise en mouvement, le gaz est aspiré par ce fait dans la chambre B et s’y combine, laissant le vide dans le globe. Comme exemple, l’inventeur cite le gaz ammoniac dont il remplit le globe, et l’anhydride phosphorique, comme la substance qu’il place dans le passage entre le globe et la pompe.
- 152423. — PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS AUX MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES, PAR M. R.-E.-B. CROMPTON. — Paris,
- 2 décembre 1882.
- M. Crompton désigne son procédé d’enroulement sous le nom d’« enroulement par degrés. »
- Il divise le disque en autant de segments qu’il veut avoir de bobines séparées, et sur chacun de ces segments il en-
- roule autant de tours de fil parallèles et égaux que sa largeur circonférencielle intérieure le permet. Il continue alors l’enroulement par une série de trous -percés à travers le disque, ou degrés taillés dans les segments, de manière que chaque tour successif de fil, ou groupe de tours de fils, soit
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 9°
- en quelque sorte plus court que le précédent. De cette manière, il remplit les tringles vides par 1’enroulement en une série de tours ou groupes de fils, disposés en degrés, de manière que tous les segments en forme de coin soient complètement recouverts.
- L’inventeur adapte ce procédé d’enroulement à des machines dynamo de grandes dimensions. La fig. i représente suffisamment cette disposition; chaque tour de l’enroulement consiste en un étrier en cuivre, étant de section rectangulaire, de préférence, la communication entre les tours adjacents étant faite par des boulons en cùivre passant par les trous des disques.
- Dans ces derniers, le noyau en fer peut être formé de plusieurs épaisseurs de tôle rivées ensemble ou le centre peut consister en un disque en bronze phosphoreux ou en bronze manganésé, ou tout autre métal non magnétique, de force et de ténacité suffisantes, ayant des rayons et un rebord reliant les rayons, comme le représente la fig. 2. Sur les côtés de ce rebord on rive des plaques en fer forgé doux comme
- fig. 4
- il est représenté en b. On emplit l’espace compris entre ces plaques latérales en y enroulant une bande en fer forgé, d’une largeur correspondante à la distance comprise entre les plaques, jusqu’à ce que l’espace soit complètement rempli avec une bande en fer forgé et de manière à remplir le noyau.
- 152458. — PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS AUX LAMPES
- électriques, par m. r.-ii. MATiiER. — Paris, 5 décembre
- 1882.
- Un courant d’électricité venant de tout générateur convenable passe,- lorsque les charbons ne sont pas en contact), à travers la bobine de l’aimant en dérivation d. Ce courant excite fortement le noyau c et attire par en bas l’armature i et la pince à ressort / qui lui appartient, et permet à la tige h et au charbon supérieur de glisser en descendant par suite de son propre poids et d’établir le contact entre les charbons ^supérieur et inférieur. La partie principale de ce courant passe alors par les charbons et une petite partie seulement passe par la bobine de l’aimant en dérivation, relâchant l’armature et la pince à ressort qui, en remontant, force la pince à saisir la tige //, l'enlève et sépare légèrement les pointes des charbons. Le circuit formé à travers les charbons est maintenant la route la plus courte pour le courant, l’arc est formé et les pointes des charbons deviennent incandescentes et se consument; au fur et à mesure que les charbons sont consumés et que la distance des pointes augmente, la force de courant à travers la bobine de l’aimant en dérivation est augmentée et l’armature est attirée par en bas et avec elle la
- tige h jusqu’à ce qu’elle soit#dégagée de la pince à ressort/, alors la tige et le charbon tombent. Le charbon continue à descendre jusqu’à ce que le courant qui passe par l’aimant en dérivation soit diminué par le raccourcissement de l'arc* l’armature est dégagée et la pince maintient encore la tige. Si le charbon tombait trop bas, c’est-à-dire de manière à frapper le charbon inférieur, la réaction de la pince à ressort serait suffisante pour séparer les charbons et former un arc de longueur convenable. En prévision de l’extinction automatique de toute lampe d’un circuit, l’inventeur emploie un aimant commutateur ayant une extrémité de sa bobine fixée au cadre de la lampe (comme à la borne />) et l’autre au
- FIG. I
- noyau en fer doux de l’aimant. Dès que le charbon supérieur est presque consumé, le bouton h* frappe le sommet du manchon j qui repose sur la pince à ressort L Le charbon tombe alors pour alimenter. Alors l’armature est abaissée, et la force du courant à travers l’aimant en dérivation augmente avec la longueur de l’arc, jusqu’à ce que les charbons soient consumés, et .l’armature est attirée par en bas, jusqu’à ce qu’elle amène sa partie en saillie / en contact avec le noyau de l’aimant commutateur. A travers la bobine de l’aimant commutateur, un nouveau circuit est instantanément formé, excitant le noyau et retenant l’armature dans sa position abaissée. Au moment où l’armature frappe le noyau de l’aimant commutateur, trois circuits sont ouverts au courant, un à travers les charbons, un deuxième à travers l’aimant en dérivation et un troisième à travers l’aimant commutateur. Le dernier forme un circuit court et la lumière sort sans éteindre aucune des autres lampes qui peuvent être sur le même circuit.
- Un commutateur ordinaire, actionné à la main, est employé pour chaque lampe afin relier les extrémités des fils positif et négatif, et mettre la lampe à laquelle il est fixe hors du circuit.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Le couvercle a s’adapte sur le rebord de la boîte a' et y est.assujetti par des vis. Une goupille S est introduite par une ouverture du couvercle a et y est maintenue relevée par un ressort. Lorsqu’on appuie sur cette goupille, elle frappe la pince à ressort /, et en l’abaissant, permet à la tige h de tomber et de faire éteindre la lampe. En maintenant abaissée
- FIG. 2
- s
- la pince à ressort par la pression de la goupille 8, la tige// peut être relevée ou glissée à travers la pince et un nouveau charbon peut être introduit sans enlever le couvercle de la lampe. ___________
- 152464. — PERFECTIONNEMENTS DANS LA FABRICATION DES
- FILS OU CONDUCTEURS POUR COURANTS ÉLECTRIQUES, PAR
- m. f.-k. fitch. — Paris, 5 décembre 1882.
- Le lit peut être fait soit avec une âme en bronze phosphoreux et une enveloppe en cuivre, ou avec un noyau en cuivre et du bronze phosphoreux à l’extérieur. L’inventeur le définit, un fil de cuivre renforcé avec du bronze phospho-reux; le cuivre agissant comme le principal conducteur électrique, soit à l’intérieur, soit à l’extérieur, et la résistance reposant sur le bronze.
- Ce fil composé de cuivre et de bronze phosphoreux peut être fabriqué par diverses méthodes; nous décrirons seulement une de celles-ci :
- Par dépôt électrique de cuivre, sur un bronze phosphoreux comme noyau, le fil étant déjà*ctiré et le dépôt galvanique étant produit à la manière ordinaire, en prenant soin de fixer un dépôt adhérent et d’une épaisseur convenable.
- 152468. -V- PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS AUX PROCÉDÉS ET APPAREILS DESTINÉS A LA PRODUCTION ET AU MESURAGE DE
- l’électricité, par m. v.-w. blanchard. — Paris, 5 décembre 1882.
- A est une auge mi-circulaire contenant le bain électrolytique dans lequel sont placées les plaques génératrices I) D
- (fig. i). Ces plaques sont fixées parla rainure en queue d’hi-ronde à un côté correspondant C, faisant partie de l’arbre B, où elles peuvent être reliées séparément à un arbre uni, tournant dans des coussinets ajustables Q Q sur les bouts de l’auge A. Un nombre plus ou moins grand de plaques peut être ajusté sur l’arbre B, les espaces entre lesdites plaques formant des cellules dans le bain électrolytique. Deux séries de plaques génératrices peuvent être adaptées à l’arbre B, l’une, — celle inférieure,.— occupant l’angle A,
- FIG, 1
- et l’autre — celle supérieure, — étant disposée de manière à pouvoir être facilement détachée à volonté de l’arbre. Dans la rotation de ce dernier, la série inférieure de plaques déjà immergées sortira du bain électrolytique, tandis que celle supérieure prendra sa place.
- D (fig. 2) représente l’une de ces plaques génératrice
- fig. 2
- dont les murailles sont divisées par des cloisons en quatre compartiments, deux de ces compartiments M, M' occupant transversalement la partie supérieure de l’intérieur de la plaque, et deux compartiments au-dessous occupant latéralement l’intérieur de la plaque en dessous des compartiments supérieurs M, M'. — Les deux compartiments inférieurs dans l’intérieur de la plaque sont divisés par une cloison S qui s’étend longitudinalement au travers de la plaque jusque dans deux cavités symétriques munies de tuyaux J, J, J qui, s’ouvrant dans les cavités M M', descendent perpendiculairement jusqu’à la muraille extérieure de la plaque D.
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- JOURNAL UNIVËRSËL D'ÉLECTRICITÉ
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- Un métal à l’état granulaire, de préférence du plomb, est placé dans des plateaux sur les tablettes d' d! (fig. 3), dans le four à rôtissage V. Lorsque le plomb granulé a atteint la température de 1R0 à 2000 c., l’oxygène est admis au four du réservoir K par le tuyau de communication, la soupape g' dans le tuyau g étant fermée. La soupape dans le tuyau /est fermée après la sortie de l’air atmosphérique du four U. Le plomb granulé ayant été maintenu pendant quelque temps à une température de 180 à 2000 c., dans une atmosphère
- FIG. 3
- d’oxygène libre, est converti en peroxyde de plomb, et est alors employé dans les plaques du générateur électrique.
- Ces plaques doivent être disposées de façon à ce que l’oxyde métallique à l’intérieur de la plaque, soit en opposition avec les granules métalliques, du métal non oxydé de la plaque opposée. L’auge A est remplie, de préférence, d’acide sulfurique étendu.
- On peut alors faire passer des réservoirs K et L, par leurs
- FIG 4
- tuyaux respectifs, un courant d’oxygène et d’hydrogène dans chaque plaque de la série. Ces gaz se rendent dans les cavités M et M', et de là descendent par les tuyaux perforés J, J dans les granules d’oxyde métallique et de métal non oxydé qui entourent les tuyaux, d’où ils passent dans le fiuide de chaque cellule de l’angle A, en traversant les mu* railles perforées ou fibreuses G G.
- O, O' sont les électrodes qui conduisent à l’appareil à actionner.
- Selon l’inventeur, le courant électrique se maintiendra jusqu’à ce qu’une quantité suffisante d’oxygène de l’oxyde
- métallique sur un côté des plaques D, ait été transférée à la surface opposée dans chaque tfellule, et que leur équilibre ait été rétabli.
- L’inventeur brevète aussi la disposition suivante :
- L’électricité positive sortant du générateur se rend par le fil P' (fig. 4) au pendule interrupteur du circuit G2, et par le levier P à l’électro-aimant E2; de là elle se rend par le fil P2 à l’électrode positive de l’accumulateur A2. Dans le passage du courant par les aimants E2, ces derniers attirent leur armature. A chaque soulèvement de cette armature, le rochet N2 est tourné d’un cran par le cliquet M2, et le mouvement du levier pousse la boule g contre le bras d’arrêt II', faisant ainsi interrompre le circuit dans les aimants E3 ; l’armature tombe alors instantanément, la boule g vient de nouveau en contact avec le levier F, et la ligne de l’accumulateur est de nouveau rétablie. En ajustant le bras H' à un point plus ou moins éloigné du pendule interrupteur, on détermine l’amplitude de ses vibrations.
- Le fil N' venaut du pôle négatif de l’accumulateur est assujetti à la pièce D3 contre laquelle le bras D1 est tenu par le ressort b2, et le fil N3 complète la ligne de retour au générateur. Les fils b3 et c3 conduisent de l’accumulateur aux aimants C', afin que ceux-ci soient toujours excités au même point que l’accumulateur. Lorsque la tension de la charge de ce dernier dépasse le degré voulu, l’attraction des aimants vaincra la tension du ressort b2 et amènera l’armature D, en contact avec les âmes faisant ainsi séparer D2 et D3 et interrompre le circuit de retour de l’accumulateur au générateur. Il en résulte la suspension du courant du générateur, jusqu’à ce que la tension de l’accumulateur se trouve suffisamment réduite pour permettre au ressort ajusté b2 de retirer l’armature des aimants et d’amener le bras D2 en contact avec la pièce D3; le circuit de chargement sera alors complété de nouveau.
- A' représente une pile voltaïque ou autre générateur électrique relié à l’accumulateur A2.
- FAITS DIVERS
- Un projet d’établissement d’un chemin de fer électrique a été présenté au conseil municipal de Paris. Ce chemin par traction électrique serait construit sur les boulevards extérieurs depuis la Villette jusqu’à la place Moncey. Il aurait 3077 mètres de longueur et neuf stations, séparées les unes des autres par une distance moyenne de 325 mètres. La hauteur moyenne de la voie serait de 4m75. Le trajet de la Villette à la place Moncey s’effectuerait en vingt minutes. On se servirait de wagons isolés, circulant toutes les deux minutes dans chaque sens.
- Pour l’année i88.|, le grand prix des sciences mathématiques, consistant en une médaille de la valeur de trois mille francs, portera sur la question suivante : « Perfectionner en quelque point important la théorie de l’application de l’électricité à la transmission du travail. »
- A Londres, on multiplie les installations d’appareils avertisseurs d’incendie. Dans la portion du district de l’Ouest, qui comprend Golden-Square, Piccadilly, Pall-Mall, Saint-James’s-Square, Burton-Street, Oxford-Street, MM. Griffith et O viennent de poser, avec l’autorisation du Board of Works métropolitain, six appareils avertisseurs du système Spagnoletti, lesquels sont reliés à la station de pompiers de King-Street.
- Un chemin de fer électrique va être construit à Wimble-don, dans le comté dé Surrey. Un contrat a été passé pour
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- l'établissement de ce railway entre la National Rifle Association et l’Electric Motor Syndicate. Le train comprendra six wagons, pouvant contenir chacun vingt-quatre voyageurs.
- Un salon de lecture international spécialement réservé aux ouvrages ayant trait à l'électricité doit être installé à l’Exposition d'électricité de Vi‘enne.
- Ce salon ne sera éclairé qu'au moyen de lampes électriques. On y trouvera tous les livres, journaux et revues du jour des différents pays, relatifs à la science électrique.
- Éclairage électrique.
- Au grand Opéra de Paris, on projette l'installation de dix-huit cent lampes Edison. La force motrice destinée à produire le courant électrique serait installée sur un terrain situé dans le neuvième arrondissement; elle alimenterait tout le quartier de l'Opéra qui se trouverait ainsi doté d’une station électrique.
- A Dijon, dans le département de la Côte-d'Or, la Compagnie Edison établit une usine centrale d'éclairage.
- En Ecosse, dans le comté d’Argyle, le nouvel hôtel du lac Awe doit être éclairé avec des lampes électriques.
- La corporation de la ville de Noltingham, grand centre de fabrication de tulles de coton et de soie, vient de recevoir de la Telegraph Construction and Maintenance Company d’East Greenwich l'offre de fournir à la ville de Nottingham une installation de soixante mille lampes Swan de vingt candies chacune.
- Le devis comprend les moteurs, chaudières, machines dynamo, conduites de rues, bâtiments etc., et l'exploitation d'essai pendant trente jours et nuits consécutifs. Le courant doit être produit par cinq machines dynamo Gordon, d'une capacité de quinze mille lampes chacune, quatre devant être en fonction et une en réserve. D’après les chiffres soumis à la corporation, l'économie serait de 42 1/2 pour cent sur le prix actuel de l'éclairage au gaz à Noltingham.
- A Sydenham, où se trouve le célèbre Palais de Cristal, sorte de musée de l'histoire entière du monde, la Compagnie Brush offre d'éclairer une partie de la localité, près de Kirkdale. Le Board of Works de la paroisse de Lewisham, dont dépend Sydenham, a chargé son comité des travaux d'examiner ce projet.
- A Stuttgart, la grande Poste aux lettres a reçu une installation de mille lampes à incandescence du système Edison.
- Le paquebot à vapeur VInvicta, faisant le service de Douvres à Calais, est éclairé avec des lampes Swan.
- Le vapeur Cavalier, qui vient d’être lancé dans la Clyde, des chantiers Aitlcen et Mansel, à Glasgow, a été pourvu d’appareils pour l’éclairage avec cinquante lampes à incandescence du système Swan.
- Le grand yacht à vapeur Bros va être éclairé avec des ampes à incandescence.
- Le Roslin Caslle, vapeur de la malle royale anglaise, qui vient d'être lancé à Whitcinch pour le service de la Castel
- Mail Packet Company, dans l'Afrique du Sud, doit être éclairé entièrement avec des lampes à incandescence.
- Le nouveau yacht à vapeur VAlalanta, appartenant à M. Jay Gould, que l'on vient de lancer à Philadelphie, doit être pourvu d’appareils pour l'éclairage électrique.
- Le Voila, un des nouveaux vapeurs de l'Eastern Telc-graph Company, dont le réseau de câbles sous-marins est répandu sur une si grande étendue du globe, est éclairé au moyen de l’électricité. Des lampes Swan sont disposées dans les^salons, passages et cabines.
- Télégraphie et Téléphonie
- La pose d'un câble électrique sous-marin est projetée entre l'ile de Cuba et l'Espagne. Ce câble serait divisé en trois sections, l'une allant du Portugal aux Açores, l'autre aux Bermudes et le troisième aboutissant à la Havane. Aux Bermudes, le câble serait relié à New-York par une ligne sous-marine de sept cent cinquante milles de longueur. De la Havane partirait une autreligne rattachant le câble aux lignes télégraphiques du Centre-Amérique. Le prix fixé pour les messages d’Espagne â la Havane serait de un franc cinquante centimes par mot.
- Un nouveau câble électrique, comprenant trois fils, vient d’être posé entre l’Italie et la Sicile par l'Eastern Telegraph Company pour le compte du gouvernemènt italien.
- Un Français, propriétaire dans la Po'ogne russe, le comte Alexandre de Choiseul-Gouflier, fait poser des téléphones en utilisant la ligne télégraphique qui existe sur ses propriétés, situées à neuf lieues de Memel.
- __________ ' •
- En Angleterre, dans le comté de Cumberland, MM. Maxwell et fils font établir une communication téléphonique entre leurs usines de Silloth et la ville de Carlisle.
- En Ecosse, dans le comté d’Argyle, une ligne téléphonique vient d'être établie à l'usage des touristes entre l'hôtel Fraser à Dalmally et le nouvel hôtel du lac Awe. La distance est d'environ quatre milles.
- A quoi n’emploiera-t'on pas le téléphone?
- Dans plusieurs villes d'Angleterre, entre autres Leeds et Bradford, le téléphone a servi récemment à des joueurs d'échecs, qui de leurs habitations séparées par d'assez grandes distances ont pu faire des parties aussi aisément que s'ils se fussent trouvés dans les mêmes pièces. Ces jours derniers à Scarborough, dans le comté d'York, diverses personnes habitant les rues Newborough et South ont pu jouer ainsi aux échecs d'une maison à l’autre au moyen de téléphones Gower-Bell posés par le Post-Office.
- On annonce l'ouverture à Malte, 27 Strada Mercanti, d’un bureau central de téléphonie, qui est ouvert nuit et jour. La souscription annuelle est de 200 francs par an pour toutes distances.
- Le nombre des abonnés est déjà de 48. Il y a en outre quelques bureaux secondaires qui sont à la disposition du public.
- Le Gérant : A. Glénard.
- Paris. — Imprimerie P Mouillot, l3, quai Voltaire. — 38 j \ 2
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- Lumière
- Journal universel
- Electrique
- d’Électricité
- 5i, rue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL Administrateur-Gérant : A. GLÉNARD
- ANNÉE (TOME IX) SAMEDI 26 MAI 1863 N® ai
- SOMMAIRE
- Régulateurs de vitesse pour les instruments de précision (5° article); Th. du Moncel. — Sur le danger de l’électricité au point de vue des secousses ; Frank Geraldy. — Application de l’électricité à la manœuvre des signaux sur les chemins de fer (io° article); M. Cossmann. — Les bureaux téléphoniques de Paris; De Magneville.—Application des tracés graphiques à la solution de quelques problèmes relatifs aux courants électriques; Aug. Guerout. — Revue des travaux récents en électricité : Le moteur deM. Estève. — La sonde électrique de M. Coffînières de Nordeck. - • Les auditions téléphoniques théâtrales en Russie; note de M. F. Chresten. — Résumé des brevets d’invention ; Camille Grollet. — Correspondance : Lettre de M. Édouard d’Auberjon." — Fai'.s divers.
- RÉGULATEURS DE VITESSE
- POUR
- LES INSTRUMENTS ÉLECTRIQUES
- DE PRÉCISION
- 5° article. (Voir là nos des 14 et 21 avril, 12 cl 19 mai.)
- Régulateur de M. P. Van Rysselberghe. —
- La nécessité dans laquelle s’est trouvé M. Van Rysselberghe d’obtenir toutes les dix minutes pour les enregistrations de son météorographe des mouvements d’une parfaite uniformité, l’a engagé à étudier les différents systèmes de régulateurs jusque-là connus, et ayant trouvé qu’ils ne comportaient pas une régularité suffisante, il a cherché à corriger les défauts qu’il a cru y remarquer, en combinant un système, dit elliptique, dont nous avons déjà dit quelques mots dans notre article sur le météorographe de ce savant (voir La Lumière Electrique du 18 mars 1882), et qui, suivant l’auteur, est susceptible de donner l’isochronisme à un dix millième près ; il pourrait même le donner, avec une très bonne construction, à une fraction assez petite pour atteindre moins d’une seconde par jour.
- Cet appareil est fondé sur ce principe que pour
- obtenir rigoureusement l’isochronisme des moteurs, il faut maintenir la masse régulatrice sur une parabole, et que la parabole est la limite vers laquelle tend une ellipse lorsque, tout en conservant à"
- celle-ci un même paramètre ^ = />, on augmente
- indéfiniment son demi grand axe a. Ce principe signifie que l’isochronisme peut être obtenu avec une très grande approximation, en maintenant la maSse régulatrice sur une ellipse très allongée. Or, suivant l’auteur, rien n’est plus facile que d’obliger un point à décrire une ellipse.
- « ABCD(fig. 2o),ditM. Van Rysselberghe, étant un losange articulé dont le sommet A est fixé sur l’axe de rotation A X et dont le sommet B peut glisser le long de cet axe, un point tel que M parcourra la courbe demandée puisqu’il appartient à une droite de longueur constante BE dont les extrémités glissent sur les côtés de l’angle droit X A Y.
- « Soit l la longueur du côté du losange et c = BM la distance du point M au sommet mo-, bile B : l’ellipse décrite par M aura /
- Pour demi grand axe................. 2 lr—c. L-S ;
- Pour demi petit axe.................. . c. fe\
- £2
- Pour paramètre.................... ——- =»
- et pour équation (rapportée à'son grand axe et à la tangente du sommet)......
- « Si c est beaucoup plus petit que l et si X est également très petit, le terme (^-fzrc J est pratiquement négligeable et l’on a y3 = ip x.
- « C’est-à-dire que dans ces conditions l’arc elliptique décrit par la masse régulatrice se confond sensiblement avec l’arc parabolique isochrone. En d’autres termes, pour ce qui concerne les régulateurs industriels, il suffit de renverser le régulateur primitif de Watt et de lui donner des' bras un peu plus longs que d’habitude pour le rendre supérieur à tous les régulateurs imaginés jusqu’à présent. » M. Van Rysselberghe indique comme avantage
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- de ce système : i° sa simplicité ; 2° la possibilité qu’il donne d’augmenter autant qu’on le veut l’approximation en allongeant les bras et en plaçant les boules plus près du manchon mobile; 3° le système de courbe décrite par les boules qui, s’écartant lentement mais progressivement de la parabole qui seule est isochrone, font que la vitesse de régime qui ne sera pas tout à fait constante augmentera lentement au fur et à mesure que le régulateur s’ouvrira davantage, et cette augmentation pourra être aussi petite qu’on le voudra. Comme elle est régulière et progressive , il en résultera que les variations de sa vitesse de régime ne changeront jamais de signe pour des ouvertures croissantes ou décroissantes du losange, et l’on sait que ces changements de signe constituent le défaut capital de la plupart des régulateurs connus.
- Comme pour les applications scientifiques, il im-
- FIG. 20
- porte de pousser la précision jusqu’à ses dernières limites, M. Yan Rysselberghe donne dans la fig. 21 le tracé de la courbe elliptique décrite par les boules de son régulateur, et celui de la courbe parabolique que ces boules devraient suivre pour fournir des effets complètement isochrones. Cette dernière courbe qui est représentée par la formule yi = 2px correspond à une vitesse angulaire de i5 tours par seconde, et alors 2p = 2,2 millimètres. La courbe de l’ellipse de même paramètre et qui correspond à
- jâ formule yl — 2px— jzrcx)~ a été obtenue en
- faisant/ = 15o millimètres, ce qui exige c —17,65 millimètres. Or, l’on peut voir qu’avec ces données qui n’ont rien d’excessif au point de vue de l’exé--cution pratique, l’ellipse se distingue à peine de la parabole sur un très long parcours.
- . Pour xannuler le petit écart progressif qui existe encore entre les vitesses sur les deux courbes, M. Yan Rysselberghe a cherché à introduire dans le système un organe de compensation, et pour cela il a considéré que l’ellipse restant à l’intérieur de la parabole, il fallait pouvoir soulever quelque
- peu le manchon mobile B (fig. 20) à l’aide d’un force croissante pour forcer le losange à s’ouvrir plus vite. Voici comment il a résolu ce problème.
- Soit Pj le poids d’un point matériel M(fig. 22), placé à une distance BM = c du sommet mobile B d’un losange articulé dont le côté = /. Appliquons en B deux forces verticales : l’une constante représentée par un poids P2, l’autre Q variable, à déterminer. Enfin soit « l’angle que le côté dtf losange fait avec l’axe de rotation A Q, lorsque le système est en. équilibre dynamique sous une vitesse angulaire de n tours par seconde, et soit t la durée d’une révolution du régulateur : le principe des travaux virtuels fournira la relation suivante :
- /0 J_____v . Pi c2 cos « , «
- g Pj (2/-c) + 2/P2-2 iq •"
- et il s’agit de disposer Q de manière à faire disparaître le facteur cos a. Si l’on faisait
- !Q = ^2/—^ +2/P2j sin-2 ?... (2)
- on aurait :
- Pi c2
- P[ (2 l—c) f 2 / Ps
- X —5£ÎL“—=constante(3)
- 1 — 2 sin2?
- 2
- L’isochronisme serait donc parfait et la vitesse de régime toujours égale à celle qui se maintiendrait sur la trajectoire parabolique, si on parvenait à appliquer en B une force de soulèvement qui pour a = zéro serait équivalente à P2, et qui, pour des valeurs croissantes de a augmenterait
- proportionnellement à sin 3?. Par une heureuse circonstance B0 B hauteur de l’articulation mobile B au-dessus de sa position initiale correspondant à a — o
- est égale à 2/ (1 — cos a) = 4 /.sin —--Il suffirait
- donc que les augmentations de Q fussent proportionnelles à B0B.
- Or, l’expérience a démontré à M. Van Rysselberghe, que, pour maintenir le sommet B (fig. 23) sur l’axe de rotation A Q, il y avait avantage lorsqu’il s’agit d’obtenir une grande sensibilité, à adopter non pas un manchon qui glisse sur cet axe, comme dans le régulateur de Watt, mais un demi-parallélogramme O KL O', le milieu du côté KL décrivant une ligne que l’on peut considérer comme droite entre les limites très resserrées du jeu de l’appareil. Et si l’on implante sur chacun des axes O et O' une tige ON portant une petite masse N, le moment de la force centrifuge de cette masse qui se transmet en B pour y agir de bas en haut, augmentera par le passage de cette masse de sa position initiale N0 à une position ultérieure, d’une quantité proportionnelle à N0 N, laquelle sera proportionnelle
- à Bn B ou à sin—, du moins entre les limites très u 2
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- resserrées du jeu de l’appareil, car M. Van Ryssel-berghe fait observer que a ne varie pas de plus de 2°.
- Si, au lieu de considérer des points matériels, et des liaisons idéales, on tient compte de la forme, de la densité et des déplacements de tous les organes qu’exige la réalisation matérielle du sys-
- tème indiqué ci-dessus, on obtient, suivant M. Van Rysselberghe, au lieu des équations (i), (2), (3), des équations de même forme, en disposant les organes de l’appareil comme l’indique la figure 24, mais en supposant que les côtés du losange sont cylindriques, que la masse principale P, est prismatique, que la masse de réglage P4 est très petite et réduite à son centre et que le nombre de révolutions du régulateur par seconde est égal à n.
- Le calcul montre en effet que, dans ces conditions, des déplacements infiniment petits compatibles avec les liaisons et représentés par dx et dy
- >------------F
- donnent pour conditions d’équilibre du système (').
- (X d x + Y d y) = o ce qui permet d’obtenir en développant
- 1e- 3- g‘
- P, v'c2 + dc-f d*-) 4- P2 (c2 + Cl + /*4-3 P-, k*) + Ps 42 4- P0 /2 Pi (41 - c-d) + P2(3 l-c)+4 P3 l-f 2 P.i (2 /—*)+P5(4 9+Pr, l
- et l’on voit qu’alors t est indépendant de a.
- « Une augmentation graduelle de la force cen-
- trifuge d’une masse additionnelle, peut donc, dit M. Van Rysselberghe, nous fournir dans tous les
- (*) Voir pour tous ces calculs le mémoire de M. Vau Rys* selberghe dans le Bulletin de l’Académie royale de Belgique, 2e série, tome XL1X, n° 1, janvier 1880.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- loo
- cas l’effort variable proportionnel à sin ~ dont nous avons besoin pour rendre le régulateur elliptique rigoureusement isochrone. Reste à le rendre efficace, et pour cela il faut adopter un organe qui, grâce au jeu du régulateur, offre à la rotation du système une résistance croissante au fur et à mesure que la vitesse tend à s’accélérer, et qui détruise ou absorbe à chaque instant l’excès de la force motrice sur les résistances variables qui lui sont opposées en dehors du régulateur et que i'appellerai résistances utiles. Pareil organe, pour rester dans les traditions, serait une ailette attachée à l’un l’un des côtés du losange, mais une ailette ainsi dis-
- FIG. IÎ4
- posée offre une résistance initiale considérable, conduit à dépenser en pure perte la majeure partie de la force motrice, et n’est pas capable de contrebalancer des variations de force ou de résistance quelque peu notables, sans obliger le régulateur à s’ouvrir au delà des limites de l’isochronisme. Il faudrait que la résistance initiale fût nulle ou à peu près, et qu’elle augmentât très rapidement pour des ouvertures croissantes du régulateur, afin de devenir égale à la totalité de la force motrice avant que le système dépasse les limites de l’isochronisme. C’est parce que ni le régulateur si apprécié de M. Yvon Yillarceau, ni ceux de L. Foucault ne satisfont pas complètement à ces conditions d’efficacité, que je n’ai pu les utiliser pour la solution du problème de l’enregistration des observations météorologiques à distance, à l’aide d’un seul fil télégraphique. »
- Dans le problème qu’il avait à résoudre, M. Van Rysselberghe avait à surmonter, avec une régularité parfaite, des résistances variant brusquement et dans
- une forte proportion, et voici comment il a pu obtenir matériellement la solution du système dont nous avons indiqué précédemment le côté théorique.
- L’un des bras du demi-parallélogramme de Watt NOKLO' (fig. 22) porte un petit arc denté KH (fig. 25) qui engrène avec un pignon P de petit diamètre, et c’est sur' le prolongement de l’axe de ce
- pignon qu’on implante les ailettes I, J, de telle façon qu’elles soient horizontales dans la position initiale du régulateur. La résistance qu’elles introduisent sous cette position est sensiblement nulle, mais dès que le régulateur commence à s’ouvrir, les ailettes se dressent, et la projection de leur surface sur un plan normal au vent augmente avec rapidité
- FIG. 26
- Une faible ouverture du régulateur suffit pour les mettre debout, en sorte que les résistances qu’elles engendrent partent de zéro pour atteindre une valeur qui n’a d’autres limites que la grandeur des ailettes et l’étendue du rayon dans lequel elles se meuvent. M. Van Rysselberghe croit qu’il n’y aurait aucune impossibilité à avoir des ailettes capables de faire face à des perturbations qui feraient varier les résistances utiles dans le rapport de 1 à
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- i ooo. Toutefois il reconnaît que le problème présente une difficulté.
- « Quoique des feuilles de mica, dit-il, fournissent des ailettes très légères, cependant leur masse et la forcé centrifuge de celle-ci ne sont pas négligeables. Or lorsque les ailettes sont horizontales ou verticales, la direction de leur force centrifuge passant par leur plan, son effet est détruit par les 'réactions intérieures; mais dans toute position intermédiaire, cette force tend à faire tourner les ailettes autour de leur axe pour les ramener à la position ^horizontale ; d’où en B (fig. 23) un petit effort d’abaissement nuisible parce qu’il est variable. Voici comment j’ai fait disparaître cet inconvénient.
- « Sur l’axe K L (fig. 26) qui doit recevoir les ailettes, j’ai fait disposer quatre petits disques métalliques découpés dans une feuille bien laminée et bien homogène et percés chacun de deux fenêtres M, N de dimensions telles que le poids du métal enlevé pour chacune de ces fenêtres soit équivalent au poids d’une demi ailette. Dès lors ces disques peuvent être considérés comme pleins, les ailettes remplaçant le métal enlevé; tout devient symétrique par rapport à l’axe L K, et le moment de rotation du système autour de cet axe reste constamment nul. L’introduction des disques D, E est d’ailleurs d’une grande utilité pour pousser la perfection pratique du régulateur jusqu’à ses dernières limites. En effet quelle que soit l’excellence théorique d’un système et malgré tous les soins que le meilleur des ouvriers apportera à sa réalisation matérielle, il arrivera toujours, pour des instruments du genre de celui qui nous occupe et où les moindres défauts de densité ou de forme ont de l’importance, que l’exécution finale laissera à désirer.
- La vitesse ne sera pas rigoureusement constante pour des ouvertures croissantes du régulateur.
- Ces erreurs pourront ne pas dépasser [55^555, mais
- elles existeront toujours, et la courbe des écarts de vitesse mesurée sous différentes ouvertures se présentera en général sous la forme d’une sinusoïde ; or celle-ci peut être neutralisée au moyen d’une sinusoïde inverse dont on déterminera la naissance en disposant sur l’un des disques de la
- figure 26 et à l’endroit convenable , une très petitemasse de compensation (cette masse se pèsera au milligramme). »
- M. Van Ryssel-berghe recherche ensuite quelle sera l’influence des variations de température sur l’isochronisme et le synchronisme du régulateur, il croît qu’on peut neutraliser cette in fluence d’ailleurs minime, mais que pour cela il faut examiner séparément sous ce rapport : i° les déformations du losange principal A B CD (fig. 23); 20 celles du système compensateur N OKB.
- « Remarquons d’abord, dit-il, qu’en construisant la longueur totale d’une tige en joignant bout à bout deux sections en métaux différents, on peut arriver à donner à cette tige un coefficient de dilatation déterminé, intermédiaire entre les coefficients de chacun des métaux composants. Cela posé, en ce qui concerne le losange A B C D (fig. a3), il
- C’2
- suffit que le paramétré p = 2l _ 3reste constant.
- Construisons la longueur totale du côté BD=/de deux sections différentes c et / — c : soit 0 le coefficient de dilatation de c, V celui de l — c, on aura pour le coefficient de la dilatation totale
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- « Or les allongements de c et de l—c dus à la température et qui seraient compatibles avec l’équation de condition p — ^—c sont assimilables
- aux différentielles de ces mêmes quantités. Donc, pour que l’isochronisme et le synchronisme se maintiennent malgré ces allongements, il suffit que
- l'on ait dp = c. Or p=f(c /), il faut donc que
- dp^fcdc + f'fdl^o
- ou
- c à/c + l à"f'i —o
- « Les équations i et 2 permettent de calculer
- g
- le rapport p. J’ai fait ce calcul et j’ai constaté que
- les métaux usuels peuvent fournir le résultat de mandé.
- « J’ai fait la même constatation pour le système compensateur. Là il faut que le moment résultant de la force centrifuge due à la masse N (fig. 23), et de la force d’inertie qui lui est opposée en B, moment pris par rapport à l’axe O, reste constant malgré les dilatations du système, et la détermination de l’équation de condition se' fait d’une manière analogue à celle que nous avons indiquée ci-dessus. i
- Comme on le voit, le régulateur de M. Van Rys-selberghe est un instrument de haute précision où tous les effets perturbateurs sont prévus et compensés; il est pour ainsi dire d’une efficacité illimitée et il peut être appliqué aux chronographes aussi bien qu’aux enregistreurs à distance et même aux lunettes équatoriales, aux sidérostats, aux télégraphes et aux moteurs industriels. Nous ajouterons encore qu’en déplaçant des petites masses de réglage, on amène le régulateur à une vitesse de régime déterminé, et que pour faire varier celle-ci de petites quantités, il suffit d’incliner l’axe de rotation. Si <» est la vitesse angulaire correspondant à un axe vertical, 01 cos y sera la vitesse autour d’un axe faisant avec la verticale un angle y, comme l’a du reste indiqué M. Villarceau.
- Nous représentons dans la figure 27 l’ensemble du système de M. Van Rysselberghe appliqué à son enregistreur météorologique, appareil que nous avons décrit dans le numéro du 18 mars 1882 de La Lumière Electrique, p. 241. Mais il est déjà une modification de celui que nous venons de décrire et dont la représentation perspective se voit ligure 28.
- Th. du Moncel.
- SUR
- LE DANGER DE L'ÉLECTRICITÉ
- AU POINT DE VUE DES SECOUSSES
- , Naturellement lorsque l’électricité commença il y a quelques années à pénétrer dans l’industrie, si elle eut pour ses partisans toutes les qualités du monde, elle eut aussi pour ses détracteurs tous les défauts imaginables. Cependant on ne lui reprocha pas beaucoup en ce temps-là d’être dangereuse. Par le fait, dans les conditions où elle - avait été employée jusqu'alors, il 11e pouvait être question de danger; les tensions qu’elle avait reçues, les quantités qu’on en dépensait étaient si peu élevées que le fluide était absolument inoffensif. Elle ne tarda pas à montrer qu’elle pouvait être plus nuisible qu’on ne le pensait, des accidents entraînant mort d’homme survenus dans les installations élec-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- triques Jablochkhoff montrèrent que lorsqu’on arrivait à ces régions industrielles il devenait nécessaire de prendre des précautions. Alors les adversaires eurent beau jeu et ne se firent pas faute de crier au danger. Ces manifestations se sont reproduites avec une énergie nouvelle lorsque, pour réaliser le, transport de la force, on s’est avancé vers les hautes tensions, et lorsqu’on a annoncé qu’on marcherait de plus en plus dans cette voie. On a prédit les plus effroyables accidents et appelé l’attention des pouvoirs constitués sur la race dangereuse des électriciens.
- Il faut regarder ces choses avec sang-froid ; qu’il se soit produit des accidents, cela n’est pas niable, et qu’il puisse s’en produire encore, c’est ce dont il faut convenir : mais il est un premier point sur lequel il faut d’abord insister, tous les accidents constatés jusqu'ici ont été dus à des courants alternatifs; cela est extrêmement important à constater. Il paraît certain èn effet que le courant électrique ainsi soumis à des renversements fréquents prend des propriétés particulièrement dangereuses pour les êtres animés ; c’est sous cette forme active que les médecins l’emploient généralement pour agir sur le système nerveux. Je ne cherche pas à indiquer quelle est la nature des désordres produits ; je ne sais si on la connaît précisément, en tous cas ce qui est certain, c’est que l’action exercée est très violente et amenée à un certain degré peut entraîner la mort immédiate.
- L’action des courants continus est tout à fait différente, et je ne crois pas qu’on puisse indiquer d’accident grave qui leur soit attribuable.
- L’expérience tend au contraire à prouver que le danger est médiocre. On a essayé en Allemagne l’effet du courant d’une machine Schuckert donnant une tension de 800 volts sur un mouton ; l’animal n’a pas été tué, même en renouvelant l’expérience ; on a reconnu que l’écoulement électrique dans certain cas, se faisait pour une portion importante par une voie superficielle, et que la peau se trouvait brûlée par places sans que les organes essentiels fussent atteints.
- Une société anglaise pour la protection des animaux a proposé dernièrement d’abattre les bestiaux à l’aide de secousses électriques ; il a été démontré que ce mode d’abattage était très peu pratique, les animaux échappant presque toujours et la mort étant très difficile à donner par ce moyen.
- En ce qui concerne les machines, on a, il est vrai, signalé quelques accidents dus aux machines de Brush;mais d’abord, ces accidents n’ont pas eu de gravité; ensuite, ainsi que le fait remarquer M. Ayrton dans une conférence, ces machines sont loin d’être réellement continues et fournissent un courant qui a des inégalités périodiques importantes.
- Pendant les expériences de transport de la force qui ont été faites par M. Marcel Deprez un accident a fourni uiîe preuve nouvelle de l’innocuité relative des courants continus. M. Cornu, membre de la commission de l’Institut, prenait les mesures pendant le transport; à un certain moment, voulant faire un changement dans ses communications, il porta la main sur les clefs, sans quitter des yeux son galvanomètre, en sorte qu’il saisit le commutateur par la partie métallique au lieu de le prendre par les manches isolants. Il reçut une secousse très forte, fut projeté à deux ou trois pas de l’appareil, eut les deux index assez fortement brûlés en deux points du reste.très nettement limités : ce fut tout; quelques secondes d’étourdissement, dix minutes, pour se remettre d’une émotion trop bien justifiée, et M. Cornu reprenait avec sang-froid les mesures interrompues. Or, tout compte fait, la tension du courant qui avait traversé le corps de M. Cornu était de 2 400 volts environ ; c’est la plus haute tension obtenue à l’aide des courants dont l’action dans de telles circonstances ait pu être observée et on a pu heureusement reconnaître que le danger n’était pas aussi grand qu’on l’eût pu croire.
- Sans aucun doute il n’est pas nul, personne n’entend le nier, mais croit-on de bonne foi qu’il soit possible de manier de grandes forces, de les condenser et de les mettre dans la main de l’homme sous la forme d’un agent obéissant sans qu’il y ait quelque danger ? Il est contradictoire de supposer un appareil recevant et rendant de grands travaux sous quelque forme que ce soit, et d’admettre en même temps qu’on pourra impunément mettre la main dans les rouages. Il faudra prendre des précautions, cela est certain, mais on voit que le danger n’est pas à ce point menaçant et qu’il est possible de s’en mettre à l’abri.
- On ne saurait évidemment prévoir dès aujourd’hui quelles précautions seront nécessaires à prendre lorsqu’on arrivera aux très hautes tensions. Dans les conditions actuelles, c’est-à-dire pour les installations destinées à l’éclairage, diverses Compagnies ont eu occasion d’édicter des règlements de sécurité. Nous avons inséré ceux de la Compagnie mutuelle d’assurances de Boston, ceux du service du feu de New-York, ainsi de ceux de la Société des ingénieurs télégraphistes et électriciens de Londres. Tous indiquent des conditions d’isolement, des limites d’échauffement qui sont utiles sans être d’ailleurs bien nettes ; tous recommandent d’éviter absolument le retour par la terre, ce qui en effet est une des précautions des plus utiles parce qu’elle évite d’introduire une personne dans le circuit par un seul contact, mais ce qui est en même temps, il faut le reconnaître, dans beaucoup de cas une dépense qui peut être considérable. On recommande aux jonctions l’emploi d’un fil en métal fusible empêchant l’élévation excessive de la température.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Cela peut en effet être d’un bon emploi, quoique on doive d’autre part éviter de provoquer, pour parer à un danger, la rupture brusque du circuit, cette rupture étant très préjudiciable aux machines. En somme dans ces divers règlements, il y a beaucoup de bon, sans qu’on puisse dire qu’ils soient ni complets ni définitifs. En échange on doit repousser absolument certaines limitations qui ont été proposées; ainsi la Société des télégraphistes recommande de faire en sorte que personne 11e puisse recevoir un choc de courant alternatif dépassant 6 volts, et d’éviter qu’il y ait jamais entre deux points d’une même salle une différence de potentiel de plus de 200 volts : or, on ne voit pas pourquoi on limiterait un choc à 6 volts, il faut l’éviter tout à fait et cela se peut ; quant à la différence de potentiel, il sera quelquefois complètement impossible de se limiter à celle qu’on indique : <^n assure que le Board of trade aurait proposé de limiter à 600 volts les forces électro-motrices à employer; je ne puis croire à une pareille proposition qui irait à couper les ailes de la science et l’arrêter net au moment ou elle va prendre son véritable essor; personne n’a le droit d’agir de telle sorte. Ce qui sera juste et utile c’est de prendre, à mesure que cela sera nécessaire et à mesure que la science l’indiquera, les précautions indispensables ; qu’on le fasse avec s'oin et d’avance, si cela se peut, ce sera fort bien ; mais il n’est pas mauvais de voir que le danger n’est pas si grand qu’on l’a dit.
- Frank Geraldy.
- APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- A LA MANŒUVRE DES SIGNAUX
- SUR LES CHEMINS DE FER
- 10e article. (F. les noa des 10, 17 et 3i mars, des 7, 21 et 28 avril, et des 5, ii et ig mai i883.)
- SYSTÈME DE IIALL (Suite)
- Interlocking System. — De même que le signal de l’Union Company, l’appareil de Hall peut se prêter à l’application de la conjugaison des appareils de la voie avec les signaux.
- A cet effet, sur la tringle t de l’aiguille est articulé un balancier L (fig. 73) oscillant autour de l’axe P. Supposons qu’il s’agisse d’un changement triple et que ce balancier occupe la position verticale quand l’aiguille donne la direction du milieu, c’est-à-dire celle de la voie principale. Dans cette position, les cames b b' qui terminent le balancier L ne touchent pas la tige p du commutateur dont le plan est indiqué à la fig. 74. Le courant peut alors passer des pédales situées sur la voie principale,
- aux signaux d’arrêt, par la borne 1, le ressort a et la borne 2. le commutateur étant intercalé sur le fil de ligne.
- Lorsqu’on manœuvre l’aiguille, le balancier prend la position 11 par exemple, la came b déplace la tige p, son bouton isolé n entraîne la plaque E et le ressort a, n’étant plus pressé par le bouton isolé m, cesse d’être en contact avec la touche 1; le courant passe par la touche 3, le ressort c et la touche 4. Le signal se met à l’arrêt.
- Dès que l’aiguille est faite à fond, la came A lâche l’axe p qui revient à sa position initiale sous l’action des ressorts s s, le circuit 3,4 est rompu et le signal reste à l’arrêt. Dès lors la pédale n’a plus d’action sur le signal tant que l’aiguille occupe la position renversée.
- Lorsqu’on la ramène à sa position normale, la tige p passe de l’autre côté de la came b en établissant, entre les contacts 5 et 6, par le ressort e, un courant qui remet le signal à voie libre. En même temps, la plaque E ramène le ressort a sur la touche 1 et remet le signal en correspondance avec la pédale. Dès que le balancier a repris complètement sa position normale, la tige/» lâche la came b et l’appareil reprend la situation indiquée au plan de la fig. 74.
- La plaque E porte, d’ailleurs, une petite coulisse i de manière qu’elle ne commence à se déplacer que pour un mouvement du balancier, ayant une certaine amplitude. Un petit obstacle formé d’un doigt v qui doit franchir le butoir à ressort w, empêche aussi que ce déplacement de la plaque E ait lieu autrement que par un effort assez considérable, exercé sur le levier de manœuvre de l’aiguille.
- La délicatesse des mécanismes que nous venons de décrire, aussi bien pour la manœuvre du signal que pour l’enclenchement des aiguilles, est le plus grave reproche que l’on puisse faire à ce système, indépendamment des inconvénients inhérents à l’emploi d’une pédale électro-mécanique.
- Il a, d’autre part, un avantage considérable, c’est que le mouvement du signal est exempt de la nécessité de rencontrer un poids ou un ressort moteur à des intervalles réguliers.
- Pour atteindre la perfection, il faudrait combiner le disque du système Hall avec le mode de contact de l’Union Company.
- SYSTÈME CÉRADINI
- Les trois appareils américains que nous avons passés en revue dans les articles précédents constituent ce qu’on pourrait appeler le. bagage le plus sérieux des appareils de block complètement automatiques. Ils sont en usage sur des sections de lignes fréquentées par un grand nombre de trains, ils ont fait leurs preuves depuis un certain nombre d’années ; en un mot, tout en faisant des réserves
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- au sujet du principe sur lequel ils reposent, on peut en approuver les dispositions qui sont heureusement combinées.
- Les systèmes que nous avons encore à décrire ou à mentionner sont loin d’atteindre le même degré de perfection. Beaucoup d’entre eux n’existent qu’à
- FIG. 73. — INTERLOCIUNG SYSTEM DE HALL
- l’état de projet et on nous saura probablement gré de ne signaler que ceux qui ont été l’objet d’essais sérieux et suivis. .Parmi eux, celui qui présente le caractère le plus sérieux est l’appareil de M. Cé-radini.
- Cet appareil réalise un système de block com-
- fig. 71. — plan du Commutateur
- plètement automatique, muni de signaux acoustiques s’adressant aux| mécaniciens et contrôlés par des signaux optiques placés, soit dans lés gares, soit à des passages à niveau intermédiaires, si ces gares sont trop éloignées les unes des autres.
- Le principe sur lequel est fondé ce système a
- été décrit par une note de M. l’ingénieur Cabella, publiée dans le numéro du 10' novembre 1879 de La Lxmière Electrique. Il nous suffira donc de le rappeler brièvement et nous n’insisterons, avec détails, que sur la structure de l’appareil optique dont aucun dessin original n’a été publié jusqu’à présent.
- Les contacts fixes sont formés de crocodiles placés sur la voie comme ceux des appareils de MM. Lartigue etForest; les sifflets situés sur les machines sont également empruntés à ces inventeurs. Contrairement à la pratique universellement admise, c’est l’absence de signal, c’est-à-dire le silence de ce sifflet qui indique au mécanicien que la voie est occupée en avant : un coup de sifflet signifie que la voie est libre. Au premier abord, on ne comprend pas trop pourquoi M. Céradini a précisément tenu à renverser la règle habituelle, quand il était facile de suivre les errements de la tradition.
- Cela tient uniquement à l’emploi des signaux
- FIG. 75. — APPAREIL CÉRADINI
- acoustiques; dès l’instant que l’on a recours à ce moyen pour informer le mécanicien de l’état de la voie, il faut prévoir le cas où l’appareil ne fonctionnerait pas par suite du manque d’électricité ou de la rupture d’un fil conducteur. Dans ces conditions, aucun coup de sifflet ne se faisant entendre, il est nécessaire que cette absence de signal signifie « Danger », sans quoi un accident pourrait se produire, chaque fois que l’appareil se dérange.
- A chaque poste est installée une paire d’appareils dont le type est indiqué à la fig. 75, une étoile rouge apparaît sur le cadran lorsque la voie est occupée ; le guichet est au contraire blanc quand la voie est libre. Chacun de ces cadrans munis de timbres électriques, correspond à l’une des deux sections entre lesquelles est compris le poste dont il s’agit. Ils servent non seulement de signal de contrôle, mais surtout de commutateurs inverseurs de la marche des courants. A cet effet, quatre fils aboutissent aux bornes de chaque appareil, à savoir le fil T, le fil L, et les fils a b communiquant avec les contacts fixes.
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- Les brosses et le sifflet sont installés sur la machine comme l’indique la disposition de la fig. 76 reproduisant celle qui a été donnée par M. le comte du Moncel dans le numéro du ior septembre 1880 de La Lumière Electrique. C’est la fermeture du circuit de la pile située sur la machine, qui au moment du passage de ses brosses sur les contacts fixes, engendre le courant chargé de faire passer l’appareil du rouge au blanc et vice versa.
- En jetant les yeux sur la vue antérieure (fig. 77), sur les coupes horizontale (fig. 77) et transver-
- sale (fig. 78) de l’appareil, on se rend compte que le mouvement de l’étoile est obtenu au moyen d’un double système de rouages d’horlogerie dont le déclenchement est provoqué par le passage du courant dans l’un des deux électro-aimants. Les cames disposées à la circonférence des roues d’engrenage arrêtent le mouvement après que l’étoile a exécuté une fraction de tour suffisante pour apparaître devant les fenêtres du cadran ou pour disparaître derrière les rayons fixes du guichet.
- Le système de M. Céradini fonctionne sur une
- FIG. 76. — DISPOSITION DE LA DROSSE ET DES SIFFLETS DANS LE SYSTEME CÉRADINI
- ligne à voie unique de la Haute-Italie (Gênes à la Spezia, Est de Ligurie) ; les contacts sont disposés symétriquement par rapport à l’axe de la voie de manière que le passage des brosses puisse avoir lieu dans les deux sens, en donnant naissance aux courants nécessaires pour que 'chaque train soit toujours protégé à l’avant et à l’arrière. Les appareils optiques sont alors placés à chaque station où il existe une voie d’évitement. Le blocage de la section qui suit une station a lieu quand le train passe devant le disque situé en avant de la station, et le déblocage de la section qui précède la station ne se fait que quand le train quitte la station et franchit le changement de voie situé à l’autre extrémité de cette station.
- Les renseignements que nous avons sur ce système n’indiquent pas la manière dont on procède quand un train doit être dépassé par un autre train dans une station. Il est probable que, dans ce cas, il faut ou forcer ou couper la ligne de block.
- En résumé, cet appareil ne nous paraît pas susceptible d’une application étendue sur un grand réseau, particulièrement en raison du peu d’avantages que l’on aurait à faire reposer la sécurité uniquement sur des signaux acoustiques, surtout si le person-. nel est déjà habitué, de longue date, à considérer l’absence de signal comme une invitation de marcher en avant, la voie étant libre. En réalité, il semblerait que l’inventeur a dû reculer devant la combinaison des mécanismes d’un signal optique robuste
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- s’adressant aux mécaniciens, et que, dans l’impossibilité de faire fonctionner autre chose qu’un petit signal de laboratoire, tel que son appareil à cadran, il a été obligé de recourir à l’emploi de coups de sifflet pour avertir le mécanicien. Il n’a donc obtenu qu’une demi-solution, bien inférieure aux systèmes que nous avons antérieurement décrits ;
- FIG. 77. — VUE INTERIEURE ET PLAN DE L’APPARLIL CÉRADINI
- en d’autres termes, il a volontairement, mais ingénieusement estropié le block-system.
- BLOCK AVERTISSEUR DU SYSTÈME FORTIN ET LANÜLET
- Nous aurions passé sous silence cet appareil, si la Compagnie de P. L. M. n’expérimentait pas, précisément en ce moment, dans la tranchée de Lieusaint, le contact fixe de ces inventeurs, pour l’appliquer à l'annonce des trains aux passages à niveau. Nous en dirons donc quelques mots* sans
- p'réjuger aucunement le résultat définitif de ces essais, et tout en faisant nos réserves habituelles au sujet du principe même de l’appareil.
- Contact fixe. — Le contact fixe est contenu dans une boîte en tôle, réputée parfaitement étanche, mais de laquelle doit nécessairement sortir la pédale équilibrée A (fig. 79), parallèle au rail, ce qui fait que, de ce côté du moins, la boîte en tôle doit être percée d’une ouverture qui laisse pénétrer la poussière dans l’intérieur de l’appareil.
- L’oscillation de la pédale se transmet par le le-
- FIG. 78. — MÉCANISME D’HORLOGERIE DE L’APPAREIL CÉRADINI
- vier B au commutateur C portant, à chacune de ses extrémités, une aiguille qui peut plonger dans l’un des godets à mercure GG'. Le levier B porte, en outre, un mentonnet M destiné à le caler, quand le bec b qui surmonte l’armature de l’électro-ai-mant E vient se placer au-dessous de ce menton-net.
- Ce calage se produit précisément au moment où le levier B vient d’être abaissé par le passage de la première roue d’un train, de sorte que la pédale échappe à l’action des roues subséquentes. L’appareil ne reprend sa position initiale que quand la section à l’entrée de laquelle il se trouve placé, devient libre, par suite du passage du train sur le contact fixe de la section suivante. Il en résulte que si, conformément aux dispositions des règlements de toutes les Compagnies françaises, un second train pénètre dans une section bloquée, après avoir rempli toutes les formalités nécessaires, il
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- n’a pas d’action sur la pédale située à l’entrée de cette section, et que l’économie générale de la ligne de Block serait immédiatement troublée, par cela même que l’appareil aurait automatiquement mangé un train, pour nous servir de l’expression qui caractérise l’inconvénient dont la plupart des inventeurs de systèmes de Block cherchent aujourd’hui à se garantir. Mais ce n’est pas le moindre des inconvénients de l’appareil.
- Signal électrique. — Le signal se compose d’un petit disque portant les mots « voie libre » et qui vient apparaître devant un guichet pratiqué dans une boîte, quand aucun courant ne passe dans les
- FIG. 79. — CONTACT FIXE DU SYSTÈME FORTIN ET LANGLET
- bobines d’un électro-aimant dont l’armature commande l’oscillation de ce disque. Dès que le courant passe, le disque démasque le fond de la paroi et laisse voir les mots « voie occupée ».
- Cette disposition n’est pas nouvelle ; elle est même exellente pour de petits signaux de cabinet, ayant un diamètre de quelques centimètres et par conséquent très légers. Mais nous pensons qu’elle serait absolument inapplicable à des disques s’adressant aqx mécaniciens, destinés à être placés en pleine voie, exposés aux intempéries, robustes et par suite très pesants. La dimension des bobines qu’il faudrait employer et la force qu’il faudrait électriquement accumuler pour obtenir la manœuvre de ces signaux ne permettent pas de songer sérieusement à recourir à un tel système. Si la
- chose était aussi simple que paraissent le croire les inventeurs, beaucoup de ceux qui les ont précédés dans la construction des disques électriques*, n’auraient pas été réduits à avoir recours à une force accumulée à l’avance, telle que la pesanteur par exemple ou la bande d’un ressort.
- L’attention de MM. Fortin et Langlet eût nécessairement été appelée sur cette lacune, si leur appareil avait été essayé pour un autre but que comme avertisseur de passage à niveau.
- Dispositions des contacts. — Quoi qu’il en soit, admettons que le signal soit un véritable disque se mettant à l'arrêt par le passage des courants et intercalé en e (fig. 80) sur le circuit. Soient A et A' les deux extrémités d’une section de Block, C C' les commutateurs correspondants, et supposons que le sens de la circulation soit de Avers A'.
- Quand le train passe en A, le commutateur C prend une position inclinée comme l’indique la figure, et le commutateur C'occupe la position d’attente inclinée en sens inverse. Le courant suit alors la marche indiquée par la flèche ; l’électro-aimant E attire son armature et cale la pédale du poste A; enfin les deux signaux en miniature e e’ indiquent que la voie est occupée dans la section A A'.
- Quand le train arrive en A', le commutateur e s’incline en sens inverse; mais pendant qu’il passe d’une position à l’autre, il y a interruption du courant qui cesse de traverser l’électro-aimant E, et la pédale du poste A, étant décalée, revient à la position d’attente; quand le commutateur C' est incliné et plonge dans le godet g', le courant circule en sens inverse, la pédale du poste A' est calée et les signaux en miniature reviennent à la position dans laquelle ils donnent l’indication de voie libre.
- Comme tous ceux qui ont eu à étudier la question du Block-system automatique, MM Fortin et Langlet sont venus se heurter à la question des stations où quelques trains se garent pour être dépassés par d’autres. Nous avons vu, dans le cours de cette étude, à quelles ingénieuses complications quelques inventeurs ont cru devoir recourir pour surmonter cette difficulté. Ici, la solution est plus simple ; pour ne pas résoudre le problème, on a pris le parti radical de nier son existence et de couper la ligne de Block à tous les points de la voie où ces trains peuvent quitter la voie principale ou s’y introduire sans être annoncés.
- L’expérience prouve cependant que c’est aux stations qu’arrivent les accidents sur les lignes munies de Block-system et qu’il faut non pas prouver d’une manière irrécusable la culpabilité des agents qui ont commis une erreur, mais empêcher cette erreur de se commettre.
- On peut conclure de ce qui précède que l’appa-
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- réil de MM. Fortin et Langlet, qui a pu être essayé comme avertisseur de passage à niveau, serait, comme appareil de Block-system, tout à fait inférieur à beaucoup de ses congénères.
- APPAREILS DIVERS.
- Après les systèmes que nous venons de passer en revue et qui, s’ils ne sont pas tous également recommandables, forment chacun un ensemble homogène et bien défini, viennent se placer une série d’inventions, pour la plupart mal digérées et qui, à notre avis, ne méritent pas une description détaillée.
- L’un des plus anciens en date, parpii ces inventeurs, a proposé un système d’intercommunication permanente des trains entre eux, au moyen du frottement d’un balai fixé à l’un des véhicules, sur un conducteur placé à la hauteur nécessaire, à côté
- Terre
- FIG. 80
- de la voie. Non seulementles essais que l'on a faits de cet appareil sur un grand réseau, ne permettent pas de penser qu’il fonctionnerait avec toute la régularité désirable à cause des oscillations des véhicules et à cause de beaucoup d’autres inconvénients pratiques qu’il serait superflu d'énumérer ; mais encore on ne se rend pas très exactement compte du but que poursuit l’inventeur, qui n’a pas l’air de savoir au juste à quel résultat il veut aboutir. Il faut donc attendre, avant de porter un jugement sérieux, qu’il ait produit un appareil destiné à atteindre un but parfaitement défini, et s’appliquant à un besoin nettement circonscrit, dans l’exploitation des chemins de fer.
- Tout récemment encore, à l’occasion de l’enquête sur quelques accidents, la commission technique, instituée par le Ministre, a eu à faire un rapport sur une centaine de brevets, dans lesquels l’automaticité jouait le rôle principal. Combien peu ont trouvé grâce devant ces examinateurs, cependant bien indulgents.
- Çe serait, refaire le travail de cette commission
- que de prendre à tâche" de citer les idées, souvent ingénieuses, presque toujours impraticables, que contiennent les mémoires à l’appui de ces demandes de brevet. Bornons-nous à signaler l’une des plus curieuses.
- M. Vérité, de Beauvais, place dans le rail un piston à ressort, qui, lorsque le train passe, refoule de la glycérine dans un cylindre, de manière à faire fonctionner lentement et sûrement le mécanisme du signal automoteur. Le commutateur électrique de ce signal est actionné par la tige d’un autre piston qui flotte sur la glycérine.
- Ce que l’on retrouve, d’ailleurs, dans tous ces systèmes, c’est l’inévitable pédale électro-mécanique, signe bien certain d’après lequel il est facile de reconnaître que l’inventeur n’a dû faire que des essais de laboratoire, sur un modèle à petite échelle de son appareil.
- Chaque fois qu’il nous arrive de nous trouver en présence d’un de ces chercheurs infatigables et surtout convaincus de la perfection de leur système, nous ne manquons pas de lui donner le conseil charitable de dépehser la même somme d’ingéniosité, en dirigeant plutôt ses efforts vers la solution d’un problème d’exploitation qu’on lui indiquerait, faute de quoi il s’expose à travailler dans le vide. Nous n’avons pas besoin d’ajouter qu’après un tel conseil, nous ne recevons jamais une seconde visite de la même personne.
- (A suivre.) M. Cossmann.
- LES BUREAUX TÉLÉPHONIQUES
- DE PARIS
- Nous avons consacré plusieurs articles dans ce journal à l’organisation du réseau téléphonique de Paris, et nous avons vu que depuis trois ans il s’était développé dans des proportions inespérées. Aujourd’hui il compte près de 3 000 abonnés, et quoique ce nombre ne soit pas très considérable, par rapport à la population, puisqu’ainsi qu’on fa vu dans un précédent numéro, il ne dépasse que de très peu 1 par mille habitants, il représente le total le plus considérable imputable actuellement à une seule ville.
- Le réseau est aujourd’hui desservi comme on l’a vu, par 10 bureaux centraux, qui sont situés : 27 avenue de l’Opéra, 4, rue Logelbach, 10, place de la République, 204 bis, boulevard de la Villette, 24 et 26, rue de Lyon, 20, avenue des Gobelins, 62, rue du Bac, ie3, rue Lecourbe, 80, rue de Passy, 42, rue Lafayette ; mais on s’occupe d’en organiser un nouveau rue Etienne-Marcel, n° 25, qui déchargera un peu celui de l’avenue de l'Opéra, le plus important de tous.
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- IIO
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Au icr janvier i883, ce dernier bureau desservait 788 abonnés, et celui qui vient après par ordre d’importance est le bureau de la rue Lafayette qui dessert la partie du réseau au nord des boulevards. C’est lui que nous représentons dans la gravure ci-contre, et le nombre des abonnés avec lesquels il correspond directement était au icr janvier de 392.
- Dans l’article publié dans le n° du 28 décembre 1881 de ce journal, nous avons décrit avec détails le bureau de l’avenue de l’Opéra auquel aboutissent tous les fils auxiliaires qui relient les bureaux entre eux et qui, en raison de son importance comprend deux compartiments séparés par une double cloison où sont appliqués les commutateurs et les indicateurs. Nous reviendrons prochainement sur cette disposition dont nous donnerons une représentation exacte, mais nous voulions montrer dès maintenant que les bureaux peuvent être tout aussi bien organisés sans rien changer à la disposition ordinaire des appartements, et le bureau de la rue Lafayette. nous montre en effet une organisation de ce genre.
- Dans ce bureau, les cloisons qui portent les commutateurs et les indicateurs sont placées, comme on le voit, en avant des murs de la chambre sur trois côtés. Le jour vient par le quatrième côté. La distance séparant ces cloisons des murs est juste suffisante pour qu’on puisse y circuler et établir facilement toutes les liaisons électriques des abonnés et des bureaux avec les commutateurs et indicateurs qui leur correspondent du côté opposé de la cloison.
- Les commutateurs ou Jacq-Knives ainsi que les plaques des annonciateurs ou indicateurs sont répartis par groupes de iS sur des tableaux qui, comme on le voit sur notre dessin, sont au nombre de 6 sur la cloison du fond. Les plaques indicatrices sont en haut, les commutateurs au-dessous, et les fils qui les réunissent sont établis de manière que leur position relative soit toujours la même, de sorte qu’à l’inspection du numéro de la plaque de l’indicateur qui tombe, on peut immédiatement savoir à quel commutateur on doit placer la cheville qui doit établir la liaison téléphonique.
- Au-dessous des tableaux dont nous venons de parler se trouve une petite tablette pour la commodité du service, et au-dessous de cette tablette, d’autres tableaux plus larges qui correspondent chacun en position à deux des tableaux supérieurs. Des casiers à rebords terminent inférieurement ces sortes de devantures. Enfin entre chaque couple des tableaux supérieurs se trouvent des index triangulaires sur lesquels sont peints des chiffres et des teintes de diverses couleurs. Les sonneries d’appel qui sont communes à tous les abonnés d’une même série sont placées aux extrémités des cloisons, et entre les différents tableaux du haut sont disposés des com-
- mutateurs pour les liaisons momentanées des employés avec les abonnés. Nous allons voir à l’instant comment fonctionnent tous ces dispositifs.
- Le service est fait le jour par 16 jeunes filles et la nuit par des hommes qui sont du reste en très petit nombre. Dans les bureaux ouïes commutateurs sont placés sur une seule cloison, comme à l’avenue de l’Opéra, les jeunes filles qui ne sont pas de service sont assises sur de longs banch placés devant la cloison, mais dans ceux ou les cloisons sont dans divers sens, ce sont des chaises qui rempla-çent les bancs, et notre dessin indique un peu comment le service est alors fait. La directrice est placée devant une table et peut facilement surveiller son personnel. Pour éviter les bruits extérieurs, les portes sont capitonnées et les murs recouverts de moleskine que souvent on capitonne pour la même raison.
- A chaque bureau est attaché un inspecteur qui est chargé de la surveillance du matériel du bureau, de la vérification des communications téléphoniques et de la recherche de dérangements quand ils se produisent; il a sous ses ordres un ou plusieurs surveillants qui réparent les dérangements, surveillent les piles et les changent, au moyen de commutateurs, toutes les demi-heures. Quand le bureau est important comme celui dont nous parlons ici, il y a en outre un fonctionnaire instructeur qui fait l’éducation téléphonique des jeunes filles surnuméraires, et à cet effet une salle particulière est disposée pour tous les exercices nécessaires à ce genre d’instruction.
- Comme il arrive souvent que les appareils portatifs dont les employés se servent pour la correspondance s’altèrent, un local est affecté pour les déposer, et après examen on les envoie, si besoin en est, aux ateliers de la compagnie, à Grenelle, pour y être réparés.
- Tous ces services sont régulièrement faits, et l’ordre le plus parfait règne dans les bureaux. Les consignes sont même très sévères dans les rapports qui pourraient exister entre le public et les jeunes filles préposées au service; personne ne peut entrer dans les bureaux sans une autorisation spéciale. Quand on a des réclamations à faire, c’est à la directrice à qui l’on doit s’adresser, et elle vous reçoit dans une salle complètement séparée du bureau. En définitive, tout se passe de la manière la plus convenable, et le service est parfaitement fait, quoi qu’en disent certaines personnes qui ne se rendant pas compte des choses, rendent les bureaux responsables de la négligence ou des retards qui ncombent le plus souvent aux abonnés. Il arrive en effet souvent que les abonnés qui sont appelés, sont absents ou ne veulent pas se déranger, mais même quand ce cas se présente, le bureau prévient au bout de quelques minutes que l’abonné appelé n’a pas répondu. Il est vrai que dans certains bureaux et à certaines heures du jour, surtout aux heures
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- de bourse, le service est tellement surchargé qu’on ne peut répondre instantanément à tous les abonnés ; mais par le fait, les retards ne sont jamais longs et ils ne paraissent tels que parce que le temps semble toujours très long quand on attend.
- Il nous reste'à indiquer le mode de liaison des abonnés et des bureaux entre eux.
- Nous avons vu qu’entre chaque couple de tableaux se trouve une sorte de prisme triangulaire peint d’un côté, et portant de l’autre côté un numéro. La couleur de la partie peinte de ce prisme indique que le tableau de ce côté correspond aux fils auxiliaires qui doivent réunir le poste à celui des bureaux de Paris qui porte cette couleur, et comme la réunion de ces tableaux avec les abonnés dont les commutateurs sont distribués sur les différents tableaux de la salle et même la réunion des tableaux des différents abonnés du même poste'entre eux exigeraient souvent des fils flottants très longs et très encombrants, chacun de tous ces tableaux correspond aux tableaux inférieurs qui contiennent par conséquent des liaisons avec tous les tableaux du poste et avec tous les bureaux du réseau.
- Quand donc un abonné du bureau de la rue Lafayette qui porte le n° L veut pârler à Passy, par exemple, l’employé du bureau L doit établir la liaison de l’abonné avec le tableau correspondant au bureau de Passy. Si ce tableau est voisin de celui où est le commutateur de l’abonné appelant, la liaison se fait directement d’un tableau à l’autre par les fils portatifs que les employés ont à leur disposition, mais si le tableau en question est très éloigné, la réunion se fait avec le tableau du dessous et sur la rangée de commutateurs qui correspond à la couleur du bureau de Passy, couleur qui se trouve indiquée comme les autres à gauche des commutateurs de ces tableaux. La liaison étant ainsi effectuée on demande au bureau de Passy la communication avec l’abonné appelé, et ce bureau établit de la même manière la . communication entre cet abonné qu’il a appelé et le tableau du bureau de la rue Lafayette. Dès lors la conversation peut être échangée entre les deux abonnés, et il en serait de même entre les deux abonnés d’un même bureau si les tableaux où sont placés leurs commutateurs sont très éloignés l’un de l'autre. Nous ajouterons que par mesure d’ordre et de régularisation dans le service tous les fils auxiliaires qui réunissent les bureaux entre eux passent par le bureau central de l’avenue de l’Opéra où ils sont joints sur des rosaces particulières; c’est à cet effet que se trouve disposée dans les caves de ce bureau la seconde chambre à rosaces dont nous avons parlé dans notre article du 28 décembre 1881.
- Les fils qui font le service des abonnés sont réunis dans des cables qui en contiennent généralement 14 ; ils sont fbçés à la voûte des égouts et
- sont posés par l’administration des lignes télégraphiques à laquelle la Compagnie paye un droit ainsi qu’à la ville de Paris de tant par mètre. Les employés de cette Compagnie n’ont pas le droit d’entrer dans les égouts et, quand un dérangement se produit, c’est un service particulier de l’administration des lignes télégraphiques qui a mission de le réparer. Le rôle des poseurs dç la Compagnie se borne à établir les communications à l’intérieur des maisons, de fixer les appareils aux endroits désignés et de faire arriver leur double fil recouvert de plomb dans l’égout qu’ils percent au point convenable dans les ramifications qui correspondent aux maisons. Quand ce trou est bouché, les poseurs de l’administration des lignes télégraphiques, après s’être entendus avec les agents de la Compagnie, soudent des fils de raccord aux deux bouts entrant dans l’égout et vont rechercher le câble de la Compagnie le plus voisin en lui empruntant l’un des doubles fils qui y sont encore libres. Comme le câble part de l’un ou de l’autre des bureaux centraux où il s’épanouit sur l’une des rosaces de la cave aux fils, au sortir de l’égout, le double fil auquel vient d’être faite la soudure du fil de liaison du nouvel abonné est bien vite trouvé sur la rosace. Le nom de l’abonné y est inscrit et ce fil, en se continuant à travers l’un des annonciateurs et commutateurs libres du bureau, affecte à l’abonné le numéro de cet annonciateur. L’abonné se trouve ainsi relié, ce dont il est prévenu par un premier essai fait par l’un des surveillants du bureau.
- On sait que les appareils mis à la disposition des abonnés sont le transmetteur à pupitre d’Ader et les téléphones à surexcitation du même [inventeur. Ces appareils- fonctionnent généralement très bien, et la parole s’entend parfaitement, même d’Ivry au quartier de l’Europe. Deux piles de 3 éléments Leclanché suffisent pour ce service. L’une de ces piles est affectée au transmetteur et les deux réunies au circuit de la sonnerie d’appel. Tous les 3 mois on change celle du transmetteur, mais elle pourrait évidemment fonctionner pendant beaucoup plus longtemps et c’est par excès de précaution que la Compagnie a posé cette règle. Du reste tous les matins chaque abonné est appelé pour qu’on examine du bureau central si son appareil fonctionne bien, vérification qui du reste se fait très promptement.
- Comme nous l’avons dit plus d’un fois, des bruits de friture et de grésillement s’entendent fréquemment sur les lignes téléphoniques de Paris, parce que l’on n’a pas isolé complètement de la terre les deux fils des abonnés. On a maintenu une dériva-vation pour indiquer sur l’annonciateur la fin des conversations ; mais au moyen de relais polarisés on pourra obtenir le même résultat sans avoir besoin de dérivation à la terre, et alors les sons anormaux seront beaucoup moindres. Dans l’état
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- actuel ils n’empêchent presque jamais les conversations; cependant certains jours ils acquièrent une intensité si grande qu’on ne peut bien s’entendre dans certaines directions. Le plus souvent ces effets tiennent à l’induction des fils les uns sur les autres, mais souvent aussi à la pile dont le courant, quand il est trop fort et irrégulier, altère les contacts microphoniques.
- Ceux qui auront lu les derniers articles publiés dans ce journal, sur les effets microphoniques, pourront s’en rendre facilement compte. Quelquefois on entend aussi des conversations échangées à travers d’autres fils, et presque toujours il suffît de mettre à l’oreille le téléphone sans avoir demandé aucune liaison au bureau, pour qù’on entende certains bruits de conversations dans ce bureau, le mot halloh se distingue presque toujours. Néanmoins les résultats que l’on obtient aujourd’hui sont très satisfaisants, et l’organisation du réseau de Paris fait le plus grand honneur à MM. Lartigue et Berthon qui en ont été chargés.
- {A suivre.) de Magneville.
- APPLICATION DES TRACÉS GRAPHIQUES
- A LA SOLUTION DE QUELQUES PROBLÈMES RELATIFS
- AUX COURANTS ÉLECTRIQUES
- nergie dégagée ou absorbée dans l’unité de temps dans une portion donnée du circuit.
- Si on considère, par exemple, une partie du circuit de résistance AB=R, aux extrémités de laquelle les potentiels sont AA' et BB' et où, par suite, la différence de potentiel E est égale à A'C', il suffira, pour avoir l’énergie correspondant à cette résistance AB, d’élever en A' la perpendiculaire AI>.
- L’énergie sera représentée par DC'. D’après la propriété des triangles rectangles, en effet, A'C' est moyenne proportionnelle entre DC' et C'B', et l’on a
- De même, si l’on prend pour résistance la portion ko' du circuit, l’énergie est représentée par AD'.
- Dans un sens moins général, on peut considérer
- FIG. I
- Les tracés graphiques de Ohm ont déjà été appliqués avec avantage à la solution d’un certain nombre de questions relatives aux courants électriques. C’est ainsi que nous avons vu M. O. Frœ-lich (numéro du 24 mars i883) s’en servir pour l’étude du transport électrique de la force, et il est peu d’électriciens qui n’aient eu occasion d’en tirer parti pour des cas particuliers. M. Pollard nous communique aujourd’hui la solution, au moyen de ces tracés graphiques, d’un certain nombre de problèmes relatifs principalement aux circuits de pile.
- On se rappelle que, dans les tracés de Ohm, supposant le circuit développé suivant une ligne 00' (fig. 1) et une de ses extrémités 0' au potentiel zéro, on porte en abscisses sur cette ligne les résistances des différentes parties du circuit et en ordonnées les potentiels. La ligne Eo' qui joint les extrémités des ordonnées représente la chute de potentiel et la tangente de l’angle a représente l’intensité I, de sorte que l’on a pour expression de cette dernière
- La même construction peut servir à calculer Té-
- lé circuit comme formé de deux parties : la résistance intérieure ou résistance de la source, et la résistance extérieure ; sur le tracé on portera alors ces deux résistances en abscisses de part et d’autre d’un point P (fig. 2). S’agit-t-il, par exemple, d’une pile, on porte en Po la résistance du circuit extérieur, en PM la résistance de la pile, et en ME3 sa force électro-motrice mesurée par la différence de potentiel à ses bornes à circuit ouvert, ou le potentiel à l’un de ses pôles quand l’autre est au sol. Si on joint alors E3o, l’angle I donnera l’intensité et E3o permettra de déterminer le potentiel en un point donné. eP, par exemple, représentera le potentiel au pôle P de la pile quand o est à la terre, ou la différence de potentiel aux bornes quand le circuit Po est fermé directement sur la pile.
- Inversement, si l’on connaît la différence de potentiel eP aux bornes d’une pile, sa résistance intérieure MP et la résistance Po du circuit extérieur, on aura sa force électro-motrice en élevant en M une perpendiculaire et menant Oc; le point d’intersection E3 déterminera la valeur de la force électro-motrice ME*.
- Si on considère un élément de pile d’un type déterminé, et qu’on porte en PL (fig. 2) sa résistance p et en L sa forcejélectro-motrice s, le type sera caractérisé par le*point.ou foyer Ef, et par
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- l’angle <p, dont la tangente donnera l’intensité ^ de
- l’élément fermé sur lui-même.
- Si l’on prend deux, trois... éléments semblables supposés associés en tension, et qu’on trace les résistances et les forces électro-motrices de ces divers accouplements, les foyers E2, E,... qui les çaractériseront seront sur la même ligne PE, que E„ et la construction rappellera de suite ce principe
- élémentaire que quand le circuit extérieur est nul, c’est-à-dire quand la pile est fermée sur elle-même, l’intensité qui la parcourt est indépendante du nombre des éléments.
- Cette construction permet en outre de résoudre tous les problèmes qui lient entre eux le nombre
- 10 Ohms
- FIG. 3
- des éléments de la pile, la résistance extérieure et l’intensité. Elle donne, par exemple, avec la plus grande facilité, l’intensité limite pour un type de pile donné, le nombre d’éléments nécessaires pour obtenir, avec une résistance extérieure déterminée, une intensité donnée, etc.
- Il est assez pratique, pour la solution graphique des problèmes relatifs aux piles, de tracer pour différents types le foyer E, et l’angle <p qui caractérisent ce type. On obtient ainsi un graphique (fïg. 3) qui permet de résoudre à première vue différents
- problèmes. Dans ce tracé, le chiffre 1 dont sont affectés la ligne et le foyer désigne l’élément Daniell-Callaud, 2 le Leclanché à vase poreux, 3 le Le-clanché à agglomérés, 4 le Bunsen petit modèle, 5 le Bunsen grand modèle, 6 le Daniell-Thomson, 7 l’accumulateur. Ce tracé donnera de suite la solution de quelques problèmes. Il permettra, par exemple, de déterminer quel type, de pile conviendra le mieux pour obtenir avec une certaine résistance extérieure une intensité donnée. Au point de vue de l’enseignement, il a en outre l’avantage de présenter nettement à l’œil l’influence de la insistance intérieure des éléments et démontrer l’impossibilité de réaliser certains effets avec les sources qui ont une grande résistance intérieure.
- Un autre graphique fort pratique est celui que l’on obtient en traçant le foyer et l’angle caractéristiques des piles obtenues par des nombres de plus en plus grands d’éléments identiques associés en
- FIG. 4
- quantité. Si' l’on prend par exemple un élément, puis deux, puis trois, puis enfin six en quantité, on obtient le tracé de la fig. 4. Ce tracé donnera pour une résistance extérieure déterminée PR, les intensités que l’on aura avec les divers groupements, il permettra donc de trouver quelle est la meilleure combinaison pour un cas donné.
- Un problème qui se présente fréquemment est celui-ci : Etant donné un certain nombre d'éléments identiques, comment faut-il les grouper pour obtenir dans un circuit extérieur donné l'intensité maximum ?
- Pour résoudre graphiquement cette question, on tracera les foyers des différentes combinaisons possibles, ainsi qu’on le voit dans la fig. 5 pour 6 éléments groupés d’abord en tension, puis par 3 en tension et 2 en quantité, puis par 2 en tension et 3 en quantité. Ces différents foyers se trouveront sur une parabole et, d’après les propriétés de cette courbe, l’intensité maximum pour un circuit extérieur donné sera fournie par la tangente à la parabole. Ainsi pour le circuit extérieur PC le maximum d’intensité correspondra au groupement de trois éléments en tension et deux en qiiàiitité, et
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- la figure montre qu’à ce moment la résistance intérieure PB est égale à la résistance extérieure PC.
- Il peut se faire que le point de tangence ne coïncide pas avec un des foyers, comme par exemple, avec la résistance PR avec laquelle le point de tangence est en#; on est alors entre deux solutions parmi lesquelles il faut choisir la plus avantageuse.
- Pour la résistance extérieure PC, l’énergie dégagée est représentée par DB ; la fig. 5 montre que
- FIG. 5
- pour toute autre résistance PR, l’énergie D'B' correspondant à l’intensité maximum est égale à DB. Cela résulte d’ailleurs des propriétés de la parabole.
- On peut encore appliquer la méthode graphique aux problèmes suivants :
- i° Etant donnés deux éléments identiques déter-
- FIG. 6
- miner le circuit extérieur pour lequel on a la même intensité, que les éléments soient groupés en tension ou en quantité.
- Soient (fig. 6) r la résistance et s la force électro-motrice d’un élément.
- Traçons les foyers A pour le montage en tension et B pour celui en quantité. Joignons AB et prolongeons cette ligne jusqu’en R. Il est facile de voir que l'intensité I correspond aux deux groupements et que par suite PR répond à la solution du problème.
- La figure montre en outre que la résistance PR est égale à celle d’un élément, et cette propriété fournit un moyen de mesurer la résistance inté-
- rieure d’un type d’élément de pile, à l’aide d’un galvanomètre non étalonné.
- 2° Etant données deux sources, trouver dans quel circuit extérieur elles produisent des courants dont les intensités sont dans un rapport déterminé \>. (fig. 7).
- Traçons les foyers A et B des deux sources et divisons A D par le point C de telle sorte que l’on ait :
- AD
- Menons CB jusqu’en R, puis tirons AR. Le circuit P R satisfera à la condition du problème, car les intensités a et (5 seront évidemment entre elles comme AD et CD.
- 3° Trouver le circuit extérieur dans lequel une source donnée développe le plus d'énergie par unité de temps (fig. 8).
- Tracer SR de manière que BP soit maximum,
- FIG. 7
- cela revient à construire un cercle ayant son centre sur X X, passant par S et tangent à P Y. Le point de contact A donne la solution et l’on obtient P R en menant S A.
- On voit que le cercle passe par la projection de S et que A se trouve sur XX, c’est-à-dire que la différence de potentiel aux bornes de la pile est la moitié de la force électro-motrice de la source. On retrouve en outre ce principe connu que PR = PC.
- 40 Etude des dérivations aux bornes d'une source.
- Considérons (fig. 9) une source de foyer S sur une résistance extérieure P D. Si l’on met sur les bornes de cette source en dérivation une seconde résistance, on pourra d’après le théorème de M. Pollard (La Lumière Electrique, n° du 21 décembre 1881), considérer la source et la première résistance extérieure PD comme formant une nouvelle source homothétique de la première.
- Pour construire cette nouvelle source, on mènera S D et on aura ainsi P S' qui représente la différence de potentiels aux bornes. Cette différence pourra être considérée comme la force électro-motrice de la nouvelle source et, comme d’après le théorème cité, la résistance est réduite dans
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- le même rapport que la force électro-motrice, le foyer de la nouvelle source sera en S". Si alors PR est la dérivation, en joignant S" R, on obtiendra Pu pour la différence de potentiel aux bornes. L’intensité sera donnée par la tangente de PRs La figure montre que si l’on intervertissait le problème et si l’on considérait PR comme étant la première résistance extérieure et P D comme la dérivation additionnelle, la construction donnerait encore P g comme différence de potentiel finale.
- FIG. 8
- nelle au nombre n des spires de la. bobine; en abaissant une autre perpendiculaire sur S o, on a :
- o C = n tg a = 111 = F
- F représentant l’intensité du champ magnétique, de l’électro, etc.
- Si on compare entre elles plusieurs bobines de même volume, mais dont on fait varier le fil, en supposant que l’épaisseur de l’enveloppe isolante soit proportionnelle au diamètre même du fil, on
- H A
- aura entre n et r (résistance de la bobine) la relation
- Si on tire S a et qu’on prolonge cette ligne jusqu’en A, on obtient une longueur PA qui représente une résistance équivalente à l’ensemble des deux.dérivations PR et PD. On a alors.
- — — A—l JL
- PA PR T PL)
- — — constante. r
- Les extrémités de n sont donc sur une parabole. Joignons maintenant S' à l’extrémiié de n, nous déterminerons l’angle a' et l’on aura
- FIG. 9
- La construction peut être étendue à un nombre quelconque n de dérivations.
- Les constructions que nous venons d’étudier peuvent être étendues aux champs électro-magnétiques ; en appelant n le nombre de spires et I l’intensité, on peut admettre que l’intensité du champ est proportionnelle à »I.
- Soitvalors (fîg. io) S'A la résistance de la source y compris les conducteurs intermédiaires interposés jusqu’en A où commence le circuit de la bobine. Ko sera la résistance de cette bobine, tg* l’intensité du courant résultant.
- En o élevons une perpendiculaire n proportion-
- FIG. 1 I
- Si d’autre part nous abaissons SD perpendiculaire à S'B et si nous désignons parE la longueur SS', nous aurons
- S'D = E tg a = ^-L = tg a. n — n I = F.
- Pour chaque bobine, S'D représente donc l’effet produit F = ni.
- Le maximum de F, pour une bobine donnée, correspond évidemment au maximum de c’est-à-
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- dire que l’extrémité de n, pour ce cas de maximum, coïncide avec le point de contact de la tangente menée de S' à la parabole.
- Une construction analogue à la précédente (figure ii) peut servir à traiter le cas de bobines en dérivation et à étudier leurs meilleures proportions.
- Soient alors S'P la résistance de la source, S'S sa force électro-motrice, PD le circuit extérieur primitif. On considère la source comme une nouvelle source réduite; S" en est le foyer. Si on suppose alors que l’on met en dérivation sur cette source une bobine de résistance AO par l’intermédiaire d’un conducteur de résistance PA et que le nombre de tours soit représenté par ON, on voit d’après ce qui a été dit plus haut que l’intensité dans la résistance primitive sera représentée par tg% et l’intensité dans la bobine par tgfi. On aura en outre
- O E = « I = F.
- En construisant la parabole qui représente le . lieu des points N, le maximum de F correspondra à la position . de N qui coïncide avec le point de contact de la tangente S"7 N.
- Toutes ces constructions graphiques seraient susceptibles d’être encore étendues à un grand nombre de problèmes ; M. Pollard qui les a établies pour son usage personnel les a trouvées commodes et nous les avons rapportées avec quelque détail pour montrer qu’elles constituent un véritable outil, aussi bien pour la démonstration que pour la solution rapide des diverses questions pratiques.
- Aug. Guerout.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Le moteur de M. Estève.
- M. Estève nous communique la note suivante au sujet d’un petit moteur, ou machine dynamo-électrique, représentée par la figure ci-jointe.
- « D’après les nombreux essais que j’ai faits sur les petites machines dynamo et magnéto-électriques à une bobine, j’ai constaté qu’il y avait avantage à munir l’électro aimant inducteur d’un épanouissement et à le supprimer à la bobine Siemens (*); l’induit a alors la forme d’un simple
- (') La disposition inverse a été indiquée par M. Marcel Deprez, La Lumière Électrique, tome 4, page 389. Avec l’épanouissement à l’inducteur, on a un champ magnétique plus puissant et en le supprimant à la bobine, on a un induit plus léger qui tourne avec une bien plus grande rapidité.
- électro-aimant plat. On obtient de meilleurs résultats en formant le noyau de l’induit par des lames de tôles minces isolées les unes des autres par des feuilles de papier; mais il est encore préférable d’employer un noyau creux formé par des lames isolées.
- « En employant des bobines induites à noyau creux, les meilleurs résultats sont obtenus avec les bobines construites d’après les règles indiquées pour la construction des électro-aimants tubulaires; les parois doivent être assez épaisses, car si elles sont trop minces le rendement diminue et devient semblable à celui qu’on obtient avec les induits à âmes sans fer. J’ai également construit des bobines dont le noyau était formé par des fils de fer isolés, je n’ai pas obtenu de meilleurs résultats qu’avec les noyaux creux formés de lames isolées,
- disposition que j’ai adoptée dans mes machines et avec laquelle on a tous les avantages que donne le fer sans en avoir les inconvénients, attendu qu’il n’existe pas de magnétisme rémanent et que l’aimantation et la désaimantation peuvent s’effectuer avec la plus grande vitesse.
- « J’ai cherché à simplifier le plus possible la construction de la machine, l’inducteur, en fonte grise du commerce, sert de bâti et cette masse relativement grande de fonte augmente la puissance du champ magnétique et les pôles de l’électro-ai-mant agissent aussi directement que possible sur l’induit.
- « Lorsqu’on a fait passer un courant assez énergique dans la machine, l’inducteur reste assez fortement aimanté et le moteur présente alors les avantages des machines magnéto-électriques' sans en avoir les inconvénients; en l’employant comme générateur d’électricité, il peut produire un courant assez énergique lorsque l’inducteur a été aimanté, tandis qu’il donne un courant très faible lorsque l’aimantation n’a pas eu lieu.
- « La bobine induite est placée en tension et
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- avec des courants puissants il n’y a pas d’étincelles aux bobines (‘). Cette machine ainsi disposée a été placée en dérivation dans le circuit d’unè machine Gramme type atelier, elle ne s’est nullement échauffée, et il n’y avait pas d’étincelles aux bobines. J’ai constaté qu’avec les commutateurs en fer, qui s’usent très peu, il y a beaucoup moins d’étincelles qu’avec les commutateurs en cuivre et le rendement n’est pas diminué.
- « Pour éviter le point mort, on peut mettre une armature formée de 4 bobines ayant la même longueur et le même diamètre que la bobine simple; pour construire des machines plus puissantes on met un plus grand nombre de bobines à l’induit. »
- La sonde électrique de M. Coffinières de Nordeck
- Depuis quelques années, la navigation a reconnu les avantages qu’il y avait à pouvoir exécuter des sondages sans arrêter le navire. On comprend qu’on évite ainsi une partie des erreurs de direction, qui proviennent des courants.
- La sonde Thomson a résolu ce problème, mais en ne faisant connaître le fond que longtemps après qu’on a commencé le sondage. Il faut, en effet, avec la sonde Thomson, pour faire un sondage, lancer la sonde, puis la retirer et en extraire un tube intérieur, enfin mesurer ce tube sur une règle graduée. Pendant ce temps, le navire file toujours ses 10 ou 12 nœuds, c’est-à-dire qu’il est peut-être assez loin de son sondage au moment où le capitaine le connaît pour que le danger qu’il voulait éviter soit trop proche pour le salut. De plus, si le fil qui retient la sonde casse, on perd le résultat du sondage.
- La sonde que propose l’auteur présente les trois avantages :
- i° De pouvoir être employée sans diminuer la vitesse du navire;
- 20 D’indiquer le fond aussitôt que le plomb le touche ;
- 3° Même en cas de rupture du fil de sonde, d’indiquer le sondage.
- Le principe de l’appareil est le suivant :
- Lin poids suffisant entraîne au fond de l’eau un manomètre dont l’aiguille, par un circuit métallique, communique à la mer. A mesure que la pression augmente, cette aiguille se meut et vient rencontrer successivement, dans sa marche, des fiches métalliques plantées dans un morceau de métal. Cette lame métallique et ces fiches sont reliées au câble de la sonde par un fil conducteur isolé ; elles sont isolées de l’aiguille et de la mer.
- (!) M. D’Arsonvai {La Lumière Electrique, tome 4, page 389), conseille cependant de placer la bobine en dérivation, cette dernière disposition n’e ma pas donné de bons résul
- La mer et le fil conducteur isolé pourront com muniquer ensemble au point de vue électrique, lorsque la pression montera dans le manomètre et que son aiguille viendra toucher une de ces fiches métalliques; mais lorsque la pression diminuera, l’aiguille, en rencontrant les fiches dans son mouvement de retour, ne les touchera que par une partie isolante empêchant tout courant électrique de passer.
- Le manomètre ainsi construit est à l’abri de l’eau dans un iogement étanche, son orifice seul communique avec la mer dont la pression vient l’influencer.
- La partie supérieure de la sonde est de forme ogivale élancée; elle est percée de trous disposés de façon à ne permettre à l’çau de ne donner que des pressions barométriques, de sorte qu’en retirant, l’appareil sa vitesse dans l’eau ne puisse influencer le manomètre.
- Le fil conducteur passe par la partie supérieure de la sonde; il est fixé dans une pièce métallique, sur laquelle se visse l’extrémité du câble.
- Le câble est composé d’une âme métallique et d’une enveloppe isolante.
- Son âme communique par un fil conducteur isolé à l’enregistreur des fonds.
- Cet appareil est destiné à indiquer la profondeur du fond.
- Il porte une ou deux aiguilles qui se meuvent sur un cadran gradué en mètres, yards ou autres mesures. Ces aiguilles sont actionnées par un mouvement d’horlogerie à échappement à ancre.
- Cette ancre est munie sur un de ses becs d’un petit morceau de fer doux faisant face à un électro-aimant dont un des fils communique à la mer en passant par une pile et dont l’autre communique à l’âme du câble de la sonde.
- On visse la sonde au bout du câble; l’aiguille du cadran est à zéro, on lance la sonde à la mer; pendant qu’elle descend, la pression monte dans le manomètre, et chaque fois que l’aiguille du manomètre rencontre une des fiches métalliques, le courant passe par la mer, le manomètre, le fil conducteur, le câble, l’électro-aimant, la pile, la mer ; le petit morceau de fer doux de l’ancre est attiré, et une dent du mouvement d’horlogerie passe; l’aiguille du cadran marche d’une division.
- Lorsque la sonde est au fond, l’aiguille du cadran s’arrête, car en retirant la sonde, comme nous l’avons déjà dit, la pression sur le manomètre doit diminuer et dans son mouvement rétrograde l’aiguille du manomètre ne permet pas le passage du courant malgré son contact avec les fiches.
- Donc, le capitaine sait aussitôt le fond qu’il a obtenu, et cela sans avoir besoin de sortir de sa cabine et de quitter sa carte.
- On peut mettre des enregistreurs en différents points du navire pour la facilité du service.
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- Après ces explications, on comprend facilement qu’on aurait le résultat du sondage, si par accident le câble venait à casser en retirant la sonde.
- Un des fils de l’enregistreur est relié au conducteur qui prolonge le câble de la sonde. L’autre fil de l’enregistreur est joint, d’une manière semblable, à un des pôles de la pile. La pile employée est une pile Leclanché-Barbier, qui, une fois garnie d’eau, n’a plus besoin d’entretien (ses éléments en sont associés en tension). L’autre pôle de la pile est mis en communication avec la mer, au moyen d’un fil conducteur, qu’on soude sur une pièce de la machine qui communique bien avec l’eau, quel que soit le tirant d’eau du navire.
- Le câble de la sonde est enroulé sur un petit treuil semblable à celui de la sonde Thomson, muni comme lui d’un frein très simple, et n’en différant que par l’adjonction d’un frotteur qui permet à l’électricité de passer du câble dans le conducteur qu’il est bon de fixer par un grain de soudure.
- Les installations du navire pourraient rendre préférable de placer la pile près du treuil. Dans ce cas, on mettrait un des fils de l’enregistreur en communication avec la mer, et l’autre par le conducteur irait à un pôle de la pile dont l’autre pôle serait en communication avec le frotteur.
- Les auditions téléphoniques théâtrales en Russie
- Nous avons fait connaître dernièrement (numéro du 28 avril i883) les expériences d’auditions téléphoniques théâtrales faites par M. Moser à l’aide d’un seul circuit au lieu des nombreux conducteurs employés en 1881 par M. Ader. M. Goloubitzky nous fait remarquer qu’une disposition analogue a été employée l’année dernière à l’Exposition de Saint-Pétersbourg et nous communique à ce sujet une note de M. F. Chresten dont nous extrayons les principaux passages :
- « C’est à la séance des membres de la sixième section de la Société Impériale russe de technologie, tenue le 23 octobre 1881 et ayant eu pour objet la discussion des questions relatives à l’organisation de l’exposition d’électricité, que fut présenté pour la première fois le projet d’établissement d’une communication téléphonique avec les théâtres pendant la durée de cette exposition. Ainsi qu’il fallait s’y attendre, cette proposition rencontra une forte opposition au sein de ladite section, à cause des fonds limités dont elle disposait.
- « L’exemple donné par Paris, où, d’après le dire de plusieurs journaux et revues, les frais d’installation s’étaient élevés à plus de 100 000 francs, effrayait tout le monde.
- « Personne ne voulait croire, au début, qu’on pourrait obtenir un bon résultat, tout en n’adoptant pas dans tous ses détails le plan et le système
- d’installation compliqués .de l’exposition de Paris. La majorité des membres déclarèrent qu’ils avaient certains doutes sur la possibilité de la réalisation des fonds nécessaires à une pareille entreprise. Les moyens que proposait le rapporteur différaient à un tel point de ceux dont disposait Paris, qu’il était, en effet, permis de douter du succès tout d'abord.
- « Il fut décidé de nommer une commission spéciale devant se charger, conjointement, de l’étude de cette question et de l’élaboration d’un projet. Les propositions présentées à cette séance tou« chaient les questions suivantes :
- « — Etablissement d’une communication entre le Grand-Théâtre et l’exposition d’électricité pour la transmission téléphonique de l’opéra italien.
- « — Emploi, à cet effet, d’un fil aérien sur le modèle des lignes télégraphiques volantes employées en campagne.
- « — Emploi du sol pour le retour du courant.
- « — Etablissement, suivant les moyens dont on disposera, soit d’une simple, soit d’une double ligne, tout en reconnaissant qu’une double ligne représente plus d’avantages qu’une simple.
- « — Répartition des microphones en deux groupes dont l’un serait établi à droite et l’autre à gauche de la scène, de façon à pouvoir relier les microphones parallèlement entre eux. — Direction du cou-' rant d’induction de chacun des groupes séparément, au moyen de fils, jusqu’au palais de l’Exposition, par 10 paires de téléphones, dans lesquelles un des appareils communiquerait avec le groupe droit des microphones et l’autre avec le groupe gauche.
- « La Commission eut bientôt terminé ses études et se déclara en faveur du micro-téléphone Blake-Bell.
- « Nous donnerons maintenant la description de l’installation des téléphones...
- « Commençons par l’installation de la ligne. Cette ligne a été établie dan's la direction suivante : du Grand Théâtre, elle traversait la place, longeait le canal d’Ekathérina jusqu’au pont du Koniouchennoïa, puis la Moïka et l’esplanade de Mars, traversait la Fontanka à l’endroit du Tsepnoï most (pont de chaines) et longeait finalement la rue de Panteleimanskaïa jusqu’au Sole-noï Garodok. L’étendue totale de cette ligne était de 3 verstes 1/2 (1), c’est-à-dire 1/2 verste plus que le chemin le plus direct entre les deux points.
- « Mais la première direction avait cet avantage que les fils ont pu être fixés à la grille des canaux presque sur tout les parcours.
- « Les deux lignes étaient complètement séparées ; l’une était posée du côté droit et l’autre du côté
- (9 La verste vaut 1 kilomètre 067.
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- gauche des canaux. Les fils étaient fixés à la grille au moyen de perches ayant i5 pieds de hauteur, et celles servant à supporter les fils à travers une rue avaient 20 pieds de hauteur. A l’extrémité de chaque poteau, se trouvait un support isolant.
- « Le fil téléphonique était en cuivre rouge d’un diamètre de i,83mm. Quoiqu’un pareil fil présente des avantages en ce sens que sa résistance est insignifiante, à savoir 8 ohms 1/2 par verste au maximum, il ne faudrait pas s’en servir dans ce genre d’expériences. C’est son emploi qui a été la cause des irrégularités continuelles sur la ligne, attendu que ce fil s’allongeait et se rompait facilement par son propre poid. De plus, à cause de son prix élevé, on en a fréquemment volé. Le fil le plus avantageux serait le fil d’acier de 2 millimètres de diamètre, dont la résistance ne dépasse pas 19 ohms par verste et dont la solidité est bien supérieure à celle du fil de cuivre rouge. La tension des courants d’induction est si puissante que même une résistance plus grande de la ligne n’aurait aucune importance. En effet, l’action des récepteurs sur les grandes lignes diminue, non par suite de la résistance qu’elle y rencontre, mais à cause des imperfections de l’isolement, qui permettent des dérivations nombreuses sur tout le parcours de la ligne.
- « C'est le sol qui remplaçait le fil de retour du courant c’est à dire que dans le palais de l’Exposition c’étaient les conduites d’eau qui le remplaçaient, et dans le théâtre, les conduites de gaz. Contrairement aux prévisions de beaucoup de personnes, l’emploi du sol n’a jamais occasionné aucune entrave à la transmission et jamais les téléphones récepteurs n’ont éprouvé l’influence des courants terrestres. Pour ce qui concerne les lignes, il ne nous reste plus qu’à ajouter que le temps humide et pluvieux n’avait que peu d’influence sur-la netteté des sons transmis et que seules les fortes bourrasques de neige exerçaient une influence fâcheuse sur la transmission.
- « Le téléphone adopté, le Bell Blake, transmet très bien la parole. On peut, sans aucune difficulté, recevoir dans un téléphone toute une conversation sans que le timbre de la voix subisse un changement notable. Cette affirmation peut aussi être appliquée au chant. Le soprano, le ténor et la basse se transmettent pareillement bien ; cependant une voix forte de soprano produit le plus d’effet. C’est le réglage des microphones qui a donné le plus de difficulté à leur installation au grand théâtre. Il s’agissait de les régler de façon à ce qu’ils fussent à même de transmettre pareillement bien et le chant de l’acteur et la musique de l’orchestre. Il a été constaté que si l’on le règle de façon à pouvoir transmettre le chant distinctement et avec une netteté permettant même de distinguer le pianissimo, la musique de l’orchestre se transmet avec trop
- d’intensité, elle devient trop bruyante et les téléphones commencent à cracher.
- « D’autre part, si l’on voulait régler le microphone de façon à ce qu’il rendît bien et avec netteté les sons de l’orchestre, une partie du chant deviendrait trop faible, et l’effet serait manqué.
- « Deux systèmes peuvent être appliqués da'ns ce cas : i° transmettre principalement le chant, comme cela s’est pratiqué à Paris. Ge résultat s’obtient en abritant le microphone, autant que possible, des sons intenses de l’orchestre; 20 adopter un réglage moyen permettant de transmettre pareillement bien les deux parties de l’opéra, c’est-à-dire la musique et le chant. C’est ce dernier système quia été adopté à Saint-Pétersbourg, bien qu’on n’ait pas réussi à supprimer complètement le bruissement de l’orchestre qui était surtout appréciable dans les passages où les tambours et les instruments de cuivre se faisaient entendre avec une grande intensité.
- « Le croquis schématique de la fig. 2 fait connaître la disposition des microphones dans le théâtre, ainsi que leur jonction entre eux et avec la batterie.’ Ainsi que le montre le croquis, les 8 microphones qui se trouvaient dans le théâtre, ont été divisés en deux groupes A et B dont chacun comprenait 4 microphones.
- « Trois microphones sur quatre étaient placés à l’avant-scène, dans une direction verticale. Le quatrième microphone de chacun des deux groupes était placé dans la grande loge impériale du milieu et fixé au mur du fond.
- « Chaque microphone demande, pour son fonctionnement, un élément Leclanché. Mais, considérant que la polarisation se manifeste facilement dans ces éléments quand le circuit est fermé, on s’est servi, en réalité, de deux éléments pour chaque microphone, dont un en activité et l’autre en réserve. De cette façon on avait installé toute une rangée de 16 éléments, dont 8 destinés au groupe des microphones A et 8 au groupe B. Deux commutateurs (c et d), d’une construction très simple, servaient au remplacement des 8 éléments épuisés par 8 noùveaux éléments. Le changement se faisait pendant les entr’actes.
- « Voici la route que suivait le courant : du cathode à une extrémité du fil primaire de la bobine; de l’autre extrémité de ce fil au contact de platine du microphone; de l’autre contact du microphone, c’est-à-dire de la rondelle de charbon au commutateur et finalement de ce dernier à Y anode de l’élément. Ainsi que le représente le croquis, on y avait établi, à un certain endroit, des embranchements reliant chaque microphone à son élément de réserve. Ces embranchements sont représentés sur le croquis en lignes pointées.
- « Il en résulte que tous les microphones étaient complètement indépendants les uns des autres. C’est là une question importante, et voici pourquoi :
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- « En admettant qu’un des microphones ou des éléments s’abîme ou s’altère, la transmission n’éprouverait pas d’interruption, les sons ne deviendraient qu’un peu plus faibles; si, au contraire, les microphones sont reliés en tension, il suflit qu’un seul élément s’altère pour que tous les autres éléments et microphones reliés avec lui, cessent de fonctionner. On aurait pu supposer àpriori que dans le système adopté par nous, tous les microphones
- Orchestre
- Scène
- .Entrée,
- ne transmettraient pas en même temps les ondes sonores, et que les microphones posés au fond de la salle, dans la loge impériale, seraient, pour ainsi dire, en retard sur les autres. En réalité, il n’en était rien, et personne n’a pu constater une différence dans la transmission du son.
- « Le circuit extérieur, dit circuit d’induction, a été établi de la manière suivante :
- « Une extrémité du fil secondaire de la bobine d’induction du premier microphone de chaque groupe se trouvait reliée avec la terre par une conduite de gaz ; l’autre bout de ce fil était relié à l’extrémité de la spirale du deuxième microphone, et ainsi de suite, jusqu’au dernier microphone de
- chaque groupe. L’extrémité libre du fil gros de la spirale formait en réalité une ligne dans la direction suivante : pour ce qui concerne le groupe droit des microphones, elle se dirigeait vers le commutateur h avec l’aide duquel on pouvait intercaler dans la ligne, à volonté, soit le téléphone servant à parler e, soit le téléphone de contrôle f. Il n’a été ajouté à la ligne partant du groupe droit des microphones que le téléphone de contrôle g. Ensuite les deux fils sortaient du théâtre pour aboutir au Palais de l’exposition.
- « Il résulte de la description ci-dessus, qu’en ce qui concerne l’action extérieure ou inductrice, les microphones présentaient deux groupes compo-
- Souff leur
- Téléphones
- FIG. 2
- sés chacun de quatre microphones, dont les spirales inductrices étaient reliées en tension. »
- « En pénétrant dans le palais de l’Exposition, c’est-à-dire dans la pièce réservée aux téléphones, les deux lignes étaient reliées aux commutateurs i et k.
- « L’un deux, à savoir le commutateur i principalement, servait à inclure dans la ligne l’appareil de conversation l, servant à communiquer avec le théâtre. L’autre commutateur le ne servait qu’à exclure de la ligne les téléphones et à y supprimer tout fonctionnement. Cela avait pour but de forcer le public à quitter la salle des expériences à l’expiration du temps qui lui avait été assigné, ce qui aurait été moins facilement obtenu par une simple invitation de l’employé.
- « Des commutateurs, les lignes se dirigeaient vers les téléphones, qui, à l’instar des microphones, étaient aussi divisés en deux groupes ; chaque groupe comprenait 20 téléphones, reliés en ten-
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- sion entre eux. En sortant du dernier téléphone de chaque groupe la ligne était reliée au sol par l’intermédiaire des conduites d’eau, et le circuit se trouvait ainsi fermé. En fixant à 80 unités Siemens la résistance moyenne de chaque téléphone, et à iii unités Siemens la résistance de chaque ligne, y compris un téléphone de contrôle, il en résulte que la résistance totale du circuit d’induction était égale à 1711 unités Siemens pour chaque ligne. Grâce au fonctionnement parfait des microphones et du bon état des lignes, cette grande résistance n’a produit aucun effet défavorable.
- « Le croquis ci-joint donne une idée précise de la disposition des téléphones dans la salle des expériences; toute autre explication serait donc inutile...»
- « En comparant notre installation avec celle adoptée à Paris, nous arrivons aux résultats suivants : notre système exigeait 40 téléphones, 8 microphones, 16 éléments Leclanché et deux lignes pour permettre à vingt personnes d’écouter à la fois.
- « Quel en était le nombre à l’Exposition de Paris ? 40 téléphones, 5 microphones Ader, 5o éléments Leclanché et 10 lignes,
- (On sait qu’à Paris chaque microphone Ader agissait simultanément sur 8 téléphones par l’intermédiaire de 2 câbles souterrains distincts et qu’il fallait 10 éléments Leclanché, dont 5 en activité et 5 de réserve, pour chaque microphone.)
- « De plus, chez nous il n’y avait qu’une seule-salle réservée aux expériences téléphoniques avec deux portes, l’une vis-à-vis de l’autre, et destinées, la première à faire entrer le public et la deuxième à faire évacuer la salle.
- « Si l’on avait voulu appliquer le système de Paris, il aurait fallu installer une deuxième salle avec le même nombre de téléphones, reliés alternativement aux mêmes microphones.
- « Dans le premier cas, l’entrée et là sortie du public font perdre un certain temps, c’est-à-dire environ une minute, tandis que dans le deuxième cas, pas un seul instant n’est perdu inutilement. Il ne s’agit que de tourner le commutateur pour satisfaire vingt nouveaux visiteurs. Mais aussi ce système exige-t-il une salle supplémentaire et une augmentation du nombre des conduits et des téléphones.
- « Le système d'installation employé chez nous et décrit plus haut, permettait de servir 5oo visiteurs pendant une soirée, en fixant la séance de chaque visiteur à 3 minutes. A Paris les séances n’ont duré que 2 minutes, et le public était obligé de se tenir debout, tandis que chez nous on était assis et la durée de la séance était de 3 minutes.
- « Chaque visiteur recevait un numéro d’ordre à l’appel duquel il entrait dans la salle. Par contre à Paris, où il n’y a pas eu de distribution de numéros, le public était souvent obligé de faire la
- queue pendant plusieurs heures avant d’entrer dans la salle, et cela juste au moment d’un ballet de façon qu’on n’entendait que le frottement des pieds des danseuses.
- « Chez nous, au contraire, le préposé des téléphones écoutait par le téléphone de contrôle en même temps que le public, et lorsqu’il arrivait des interruptions comme la sus-mentionnée ou des applaudissements prolongés, il retardait toujours la fermeture de la ligne, afin de permettre au public d’entendre, au moins, quelques paroles du chant.
- « En ce qui concerne l’effet acoustique des deux systèmes, nous dirons que, d’après le système Ader, la jonction des téléphones avec les microphones
- FIG. 3
- avait été opérée de façon que les auditeurs rassemblés dans la salle des téléphones occupaient, pour ainsi dire, différents points de la scène, depuis les bords jusqu’au centre. La figure 2 rend plus intelligible cette observation.
- « Par exemple : huit personnes entendaient simultanément le chant comme elles l’auraient fait si elles étaient placées du côté gauche de la scène; un autre groupe de huit personnes, placées à côté du premier, recevaient les sons comme si elles étaient placées plus près du centre, et ainsi de suite jusqu’au côté opposé.
- Dans notre installation, tous les auditeurs entendaient simultanément comme s’ils étaient placés au centre de la salle du théâtre (voir fig. 3).
- « L’effet acoustique n’a point souffert de cette disposition; mais en ce qui concerne l’audition bi-auriculaire, faisant naître la perspective acoustique, il va sans dire qu’elle existait chez nous aussi bien qu’à Paris. »
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- RÉSUMÉ
- DES
- BREVETS D’INVENTION
- 152471. — APPLICATIONS AUX INDUSTRIES ÉLECTRIQUES, NOTAMMENT A LA FAIîRICATION DES CONDUCTEURS, DES MATIÈRES PLASTIQUES A BASE DE CELLULOSE, ENTRE AUTRES
- le celluloide, par m. j. bernard. — Paris, 6 décembre 1882.
- Appliquées aux conducteurs électriques, les matières à base de cellulose, servent : i° comme isolant-, — 20 comme enveloppe protectrice.
- L’isolement est obtenu par le revêtement direct du conducteur lui-même. La protection est obtenue par le revêtement de l’armature extérieure ou par la substitution à cette armature d'une double couche de matière. Les modes d’emploi sont: pour les matières solides, le laminage et le filage; — pour les matières liquides, la peinture et le trempé; — s’il s’agit de conducteurs servant d’éléments constitutifs aux instruments, la matière s’applique par voie d’empâtement entre les spires de l’embobinage.
- 152473. — perfectionnements dans les appareils et
- AGENCEMENTS SERVANT A RÉGLER AUTOMATIQUEMENT LES
- courants électriques, par m. j.-t. k in g. — Paris, 6 décembre 1882.
- Cette invention est destinée à régler automatiquement la quantité de courant électrique fournie à un circuit par une machine dynamo-électrique ou magnéto-électrique, afin de la proportionner a.ux demandes du circuit, et elle consiste à employer une armature pivotée actionnée par une bobine ou un électro-aimant placé dans le circuit pour effectuer le mouvement des brosses ou organes de collection sur le collecteur de la machine génératrice. L’invention est applicable à tout producteur quelconque d’électricité où il est fait usage d’un collecteur et à rajustement automatique d’une résistance placée dans le circuit.
- Nous allons donner la disposition que l’inventeur a adoptée quand son régulateur est appliqué à un circuit dans lequel les lampes sont montées en dérivation; son fonctionnement est comme suit : les armatures se meuvent dans un arc de ç)0° et l’attraction des bobines sur elles est réglée par la résistance du circuit dans lequel le régulateur est installé, ledit circuit étant monté pour contenir un nombre donné de becs. Admettons que toutes les lampes soient en circuit et ensuite qu’on en intercepte une ou plusieurs, cela augmentera la résistance du circuit et réduira l’attraction des bobines à un degré correspondant et permettra au ressort /2 de communiquer au levier des brosses du commutateur rfun mouvement tournant, de manière à changer la position des brosses sur le commutateur; ce changement de position modifie l’écoulement du courant partant de la machine, suffisamment pour rétablir l’équilibre entre la résistance de la machine et celle du circuit : la somme de courant alors fourni suffira pour le fonctionnement des lampes restant en circùit.
- Si alors une ou plusieurs des lampes qui ont été suppri-mées sont de nouveau remises en circuit, la résistance du circuit sera réduite et la puissance des bobines et leurs influences sur les armatures seront augmentées. Cette action magnétique, fait tourner la poulie t, laquelle par l’effet de la corde et du bras i change la position des brosses sur le commutateur de manière à contraindre la machine à produire plus de courant. Ce mouvement continuera jusqu’à ce que la somme du courant fourni par la machine soit celle nécessaire pour le fonctionnement approprié des lampes alors en circuit et ensuite le mouvement cessera.
- Pour l’application de cette ihvention à un circuit contenant des lampes disposées en séries, la position des organes est renversée, de sorte que l’attraction des armatures a pour effet de réduire la production de la machine, et le ressort P celui de l’augmenter.
- L’inventeur brevète aussi un régulateur consistant en une
- aiguille à défleètion ou barre commandée par un électro-ai mant et appliqué de la même manière qui vient d’être décrite, pour mobiliser les brosses du commutateur. II emploie en outre un galvanomètre comme régulateur.
- 152477. — APPLICATION nouvelle d’un dispositif électro-magnétique AUX FAUTEUILS, SIÈGES OU AUTRES MEUBLES, par g. édard. — Paris, 6 décembre 1882.
- En principe, ce système consiste à créer, sur le fauteuil et autour de ce siège, un milieu magnétique qui est produit de la manière suivante :
- Sous le siège et le dossier du fauteuil, et en dessous delà garniture, on monte deux séries d’électro-aimants c. Les électro-aimants de chaque sérié sont reliés, soit en tension, soit en quantité, et, dans le premier cas, les deux séries sont reliées en quantité, et dans le second, eu tension.
- Comme ôn le voit dans la figure, chaque noyau en fer doux des bobines d, se termine par un disque e de même métal; une plaque f est percée de trous de diamètre égal à celui des disques e, correspondant rigoureusemnt à la position qu’ils occupent dans la boîte g, et est fixée un peu au-dessous de ces disques. Il en résulte à la partie supérieure des bobines d, un petit espace creux, formé en partie des disques e et en partie de la plaque f, et on répand dans cet espace une épaisseur convenable de minerai magnétique. Le courant fourni par une forte pile est amené dans les élec -tro-aimants du fauteuil, passant d’abord dans la série d’électro-aimants du dossier et ensuite dans celle du siège.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Le fauteuil repose sur des godets en verre.
- Le parquet sur lequel repose le fauteuil, porte une sorte de tapis présentant une série de gaines parallèles, formées par une série de piqûres parallèles. Ces gaines sont remplies du même minerai magnétique qué celui placé sur les bobines d, et ce minerai est aussi excité, dans chacune des gaines qui le renferment, par un courant électrique venant d’une machine de Hdltz; cet ensemble de gaines est isolé ui-même du parquet de l'appartement par plusieurs couches de gutta-percha en feuilles.
- Le courant entre par une extrémité, traverse le minerai de chaque gaine qu'il excite, en le traversant, et sort ensuite par l'extrémité opposée.
- 152487. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES RÉCEPTEURS TÉLÉPHONIQUES, PAR MM. H. ALABASTEH ET T.-E. GATEIIOÜSE.
- — Paris, 7 décembre 1882.
- Cette invention est relative à une nouvelle construction et disposition d'un récepteur téléphonique, et à sa combinaison avec tout transmetteur connu et avec des circuits
- galvaniques pour la transmission des sons articulés et autres.
- Le récepteur consiste en une âme A en fer ou en acier ormée d’une barre et d'un fil droit qui est tendu et fixé à un disque résonnant B fait en matière conductrice du son, à un ou aux deux bouts. Ou bien, et de préférence, cette âme peut être dressée d'une façon permanente en lui faisant subir une tension longitudinale avant de l'introduire dans le récepteur.
- Autour de l'âme A sont enroulées deux spires séparées de fil métallique isolé C D que les inventeurs appellent respectivement la bobine primaire C et la bobine secondaire D. Ces deux fils peuvent être accouplés pour la transmission des sons articulés ou autres, soit en combinaison avec une bobine d'induction d'un système connu, soit sans cette bobine, comme on le voit dans la figure, mais toujours en combinaison avec une pile locale F, un transmetteur G, et un fil de ligne H, venant d'une autre station semblable.
- 152497. — LAMPE ÉLECTRIQUE A ENVELOPPE DE' SÉCURITÉ, par m. g. mangin. — Paris, 7 décembre 1882.
- L'inventeur isole la lampe de tout fluide gazeux et extérieur en la disposant dans un globe en verre rempli d'eau, dans leNquel on entretient une circulation constante par un tuyau branché sur une canalisation; l’eau sort par une tubulure. Cette circulation d'eau empêche que la lampe atteigne une température élevée.
- La lampe est fixée au bouchon par une tige, et on attache à ses bornes les deux extrémités des conducteurs électriques; ceux-ci qui sont branchés sur une distribution électrique quelconque, sont enveloppés d'un isolant dans
- toute la longueur extérieure à la lampe, et on ne les dénude que sous l'eau.
- Dans ces conditions, tout accident est impossible. Si la lampe se brise, et si même le charbon se brise, le courant continue de passer entre les conducteurs à travers la masse d'eau qui les sépare. Mais le globe extérieur très résistant, et au besoin protégé encore par un grillage, maintient l’eau.
- 152518. — PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS AUX ÉLECTROAIMANTS, par m. v.-w. blanchard. — Paris, 8 décembre 1882i
- A représente l'aimant (fig. 1), dont l'âme est composée d'un faisceau de fils en fer doux C, lequel faisceau est con-
- •à • •
- •«••• ••
- •••• •
- FIG. I
- tenu dans un tube en fer doux B qui est isolé par du papier amiante D. On dispose sur cette âme des disques isolés en cuivre qui ont une ouverture centrale; une fente s'étend
- de cette ouverture jusqu'au bord, et elle est formée par des rainures cylindriques d. Pour faciliter l’emploi de toute longueur voulue d’aimants, on munit les plaques en cuivre d'oreillons a' (fig. 2); c’est au moyen de ces derniers et de la pièce d'accouplement F qu'on peut relier et faire fonctionner ou condamner un nombre quelconque de sections d'un aimant. La pièce d'accouplement se compose de ban-
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- jOÜkiïAt ÜNΟEkSEL D'ÈLECTRICITÊ
- 12S
- delettes métalliques, g, g, articulées à une extrémité et mu nies à l’autre d’une vis de serrage g
- Entre chaque paire de disques métalliques A est placé un disque isolant b, ayant la même dimension et les mêmes fentes que les disques A. Ces disques sont disposés alternativement le long de l’âme. Afin de distribuer également le poids des bandelettes g, celles-ci sont disposées en forme de spire continue. Le but de cette disposition est d’intervertir les joints et de ménager un espace suffisant eutre les joints de la plaque pour l’insertion des goupilles e' dans les rainures/,/'; ces plaques sont placées sur l’âme de manière à ce que lp rainure sur le côté supérieur d’une plaque, l’ouverture dans le disque isolant et la rainure du côté in érieur de la plaque de cuivre suivante, coïncident les unes avec les autres.
- Un courant entrant par l’un ou l’autre bout de l’aimant serait forcé de parcourir la surface entière de chacune des plaques qui serait ainsi intégralement utilisée.
- 152525. — PILE VOLTAÏQUE PORTATIVE PERFECTIONNÉE, APPLICABLE AUX LAMPES ÉLECTRIQUFS PORTATIVES, PAR M. C.
- G. gumpel. — Londres, 12 juin 1882. —Paris, 8 décembre 1882.
- Cette invention a pour objet une pile voltaïque, soit primaire, soit secondaire, de manière à la rendre portative,
- facile à déplacer, conjointement avec une lampe électrique applicable à l’éclairage des mines, maisons, voitures, navires et autres.
- La figure est une coupe verticale d’une disposition de pile secondaire, suivant l’invention de M. Gümpel. A, A, sont
- des plaques de métal, charbon ou autre matière constituant les éléments de la pile.
- Ceux-ci sont faits en forme de disques séparés par des anneaux B, B de matière isolante et enfermés tous dans un tube en caoutchouc C qui presse hermétiquement contre les bords des disques de manière â empêcher le passage ou l’échappement du liquide qui remplit les espaces entre les plaques. Une enveloppe métallique D renferme le tout. A la partie supérieure de cette enveloppe est fixée une douille E en matière isolante pour recevoir le col ou goulot du globe d’une lampe à incandescence F. Un fil de la lampe est relié à l’encadrement D, et, par ce moyen, à la plus basse des plaques A; l’autre fil est relié à une console métallique G dans laquelle est montée une came H.
- En tournant cette came au moyen d’un bouton extérieur, un contact s’établit entre G et la plus élevée des plaques A, le circuit de la pile étant ainsi fermé par le filament de la lampe F. Afin de charger la pile, un obturateur métallique, relié à l’une des électrodes de la machine ou pile de chargement, passe dans un trou isolé L pour établir un contact avec la plus élevée des plaques A, tandis que la boîte métallique D est reliée à l’autre électrode de la machine. Les cellules contenant les éléments et les cloisons qui les séparent peuvent être de diverses formes.
- Camille Groli.et.
- CORRESPONDANCE
- Monsieur le Directeur,
- J’ai lu avec le plus grand intérêt une communication de MM. Gladstone et Tribe, sur la chimie des accumulateurs, insérée dans votre numéro du 5 mai.
- Permettez-moi de venir y ajouter très humblement quelques observations.
- L’idée d’utiliser la chaleur en élevant la température du liquide baignant les couples secondaires, appartient de droit et de fait à M. Nezeraud aussi bien qu’à M. Planté.
- Dès l’année 1880, j’ai étudié et travaillé avec M. Nezeraud cette intéressante question et les résultats auxquels nous sommes parvenus à ce jour m’autorisent à en parler. La concordance des travaux de M. Planté et de M. Nezeraud tourne évidemment à l’honneur de ce dernier qui, dans un moment où tous les esprits savants et pratiques portent leur activité sur la solution des problèmes électriques, s’est trouvé d’accord, sans le savoir, avec un esprit du mérite de M. Planté.
- La communication de MM. Gladstone et Tribe, pour être juste, est fort incomplète.
- M. Nezeraud, s’emparant du système d’accumulateur au plomb de M. Planté, étudia :
- 1® Le moyen d’obtenir une couche épaisse de plomb poreux et adhérent et dont le contact électrique avec les électrodes pût rester indéfiniment assuré;
- 2° D’arriver à une rapide formation et revivification des couples ;
- 3° De rendre industriel l’emploi-des piles secondaires.
- Après des essais qui ont duré déjà trois années, nous sommes arrivés à obtenir cette couche épaisse et adhérente qui fut toujours le desideratum deM. Planté, et queM Faure et ceux qui ont perfectionné son système ont cru atteindre par leur dépôt préalable d’oxyde sans rendre leur système pratique et économique.
- Le système de M. Nezeraud repose sur les amalgames de plomb, et nous sommes arrivés à cette conclusion qu’aucun amalgame n’est bon s’il n’est obtenu à un état pâteux. C’est par les moyens les plus simples que cet état moléculaire du plomb est obtenu. Il suffit alors d’étendre cette matière avec une truelle sur une lame polaire à une épaisseur va-
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- riant de imm à i5ram (et au delà, si on le juge utile) pour donner à cet amalgame pâteux une solidité et une adhérence sur la lame polaire égale à celle que le mortier acquiert sur une pierre à bâtir.
- Quand ces couches sont soumises à l'influence d'un courant galvanique, la lame positive ne tarde pas à se couvrir de peroxyde partant de la surface apparente; au furet à mesure de la pénétration de la peroxydation sur la couche supérieure, le mercure tombe au fond du vase. La couche immédiatement inférieure est alors à son tour attaquée et ainsi de suite sans inversion de courant ni rep<j§.
- La couche de peroxyde ainsi obtenue conserve sa porosité et une adhérence absolue.
- C'est dans ce travail de formation tout comme dans celui de la revivification que M. Nezeraud a eu l’idée d'utiliser la chaleur en élevant la température de ses bains, non pas, tout comme M. Planté en a eu l'idée, pour élargir les pores du métal et faciliter la pénétration (M. Nezeraud n'en avait pas besoin à ce titre), mais pour faciliter le travail de peroxydation.
- Quel en est le résultat ? Sans doute MM. Gladstone et Tribe nous disent qu'ils ont obtenu des dépôts considérables de sulfates de plomb ; nous en avons obtenu aussi et par le fait seul d'avoir plongé nos couples amalgamés, avant même toute formation, dans des bains à température élevée. Ce qu’a visé M. Nezeraud et ce que nous avons obtenu, c’est une peroxydation rapide sous l’influence d’un courant galvanique de faible intensité.
- Par quel phénomène obtient-on ce résultat ?
- Le cadre que je m’impose aujourd’hui est trop restreint pour attaquer ces questions.
- Ce à quoi je voulais en venir, c’est à bien établir le mérite du chercheur, M. Nezeraud, qui a apporté dans ses tra vaux l’esprit pratique du mécanicien qui fait de l’art pour les besoins de l’industrie, sans se préoccuper de la divulgation de son idée, ce qui a pourtant sa valeur, puisque je ne crois pas mieux faire aujourd’hui que de m’adresser à vous, Monsieur le Directeur, .pour vous demander l’hospitalité dans votre revue si estimée et si répandue.
- Je compte en user encore, avec votre permission, pour indiquer par quels moyens simples et pratiques nous sommes arrivés à faire d’une pile secondaire un engin de force pratique et à la portée de toutes les industries.
- Édouard d’Auberjon.
- FAITS DIVERS
- Le laboratoire pour Vètude de Vèleelricitè organisé par les Compagnies de gaz. — Diverses Compagnies de gaz, dans un sentiment de concurrence intelligent, ont voulu se rendre compte des conditions commerciales de l’éclairage électrique dont la marche progressive n’était pas sans leur sembler menaçante. A cet effet, elles se sont réunies pour organiser un laboratoire d’étude. Les motifs de cette fondation et son but sont exposés dans un document qui se trouve dans le Journal des Usines à gaz ; nous les reproduisons ici :
- « Les premières applications industrielles de l’électricité à l’éclairage public datent- de 1878.
- « Malgré les progrès incontestables réalisés depuis cette époque, la consommation du gaz a suivi un développement régulier, et les appréhensions exagérées qui s’étaient manifestées sur l’avenir de notre industrie sont demeurées sans fondement.
- « L’introduction de l’éclairage électrique a fait naître un besoin nouveau auquel est venue répondre la création des becs intensifs donnant une quantité de lumière comparable à celle des foyers électriques;
- « Néanmoins ce serait une illusion de croire que l’éclairage électrique n’a pas de raison d’être. Il possède des propriétés spéciales, défauts pour les uns, qualités pour les autres, qui font de son application une question de convenance particulière, et lui assurent une place importante dans la consommation générale, aussi bien qu’aux autres systèmes d'éclairage. Cela résulte évidemment du nombre déjà grand des applications qui en ont été faites soit dans des établissements industriels, soit dans des lieux publics. On peut, il est vrai, citer à l’encontre de cette opinion une assez longue série d’insucccs; mais ils tiennent probablement moins à l'essence même du système qu'à ceux qui ont voulu l'appliquer sans connaître tous les éléments du problème industriel à résoudre.
- « Ces éléments, personne ne les possède mieux que les Compagnies de gaz. Par la position qu’elles occupent, par le personnel dont elles disposent, par les relations qu'elles entretiennent avec les municipalités et les autres consommateurs de lumière, elles sont, mieux que tout autre, en situation d'entreprendre les éclairages électriques qui pourraient leur être demandés, de même que dans la plupart des villes ce sont les Compagnies de gaz qui sont chargées d’éclairer au pétrole les quartiers non alimentés par le gaz.
- « En notre qualité de Sociétés d’éclairage, nous devons donc être en mesure de satisfaire à toutes les demandes des consommateurs de lumière, et par conséquent nous tenir au courant des progrès réalisés non seulement dans l'industrie du gaz, mais encore de toutes les questions qui concernent l’éclairage.
- « Malgré l'Exposition d’électricité de 1881 à Paris, et celles qui l'ont suivie à Londres et à Munich, il était à peu près impossible de se faire une idée exacte des prix de revient de l'éclairage électrique.
- « Dans quelques villes, les Compagnies de gaz exploitantes ont consenti à s’imposer de lourds sacrifices pour donner satisfaction aux Municipalités, en faisant l'essai de l'éclairage électrique sur quelques voies publiques. Elles ont pu, de la sorte, établir pratiquement le coût de l'éclairage électrique dans les conditions où il était appliqué.
- « Mais quelque utiles et intéressantes que puissent être des expériences de cette nature par les renseignements qu’elles sont susceptibles de fournir, .elles ne permettent pas d’élucider la question d'une façon complète, parce qu'elles ne portent que sur un système ou un cas spécial.
- « Pénétrées de ces idées, plusieurs Compagnies de gaz, sur l’initiative de notre collègue M. Ellissen, ont formé une association pour étudier d’une façon générale les applications de l’électricité intéressant plus spécialement notre industrie.
- « Le règlement de l’aèsociation et le programme que nous reproduisons ci-après indiquent clairement l’origine et Je but de cette association.
- RÈGLEMENT
- « Entre les Compagnies de gaz ci-après désignées, qui désirent se renseigner sur les avantages ou les inconvénients de l’éclairage électrique,
- « Il a été convenu ce qui suit :
- « Article premier. — Il est formé, entre les soussignés et tous ceux qu’ils pourront admettre par la suite à faire partie de la participation créée par les présentes, un Syndicat en participation ayant pour but « d’étudier et d’expéri-« menter tous les systèmes et appareils proposés pour la « production, la distribution et l'emploi de l’électricité dans « ses applications à l’éclairage et au transport de la force « motrice. »
- « Art. 2. — Le Syndicat pourra toujours admettre de nouveaux participants acceptant toutes les obligations stipulées dans les présentes, mais seulement avec le consente^ ment des deux tiers des associés.
- « Art. 3. — Chaque participant s’engage à verser une
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- somme égale fixée à vingt mille francs, dont dix mille seront versés le jour de . la signature du présent, le reste devant être appelé ultérieurement et au fur et à mesure des besoins du Syndicat.
- « Art. 4. — Le Syndicat sera administré par un Comité des délégués de toutes les Sociétés adhérentes, à raison de deux délégués par Société.
- « Art. 5. — Le Comité aura tous pouvoirs pour la gestion du Syndicat qu’il représentera et au nom duquel il agira.
- « Il fixera le programme des recherches et expériences à .faire, et en dirigera et surveillera l’exécution; il réglera l’emploi des fonds du Syndicat, nommera les agents chargés des études, etc.
- « Art. 6. — Le Comité désignera parmi ses membres, pour constituer le Bureau : ,
- « Un Président,
- « Un Vice-Président,
- « Deux Secrétaires,
- « Un Trésorier.
- « Le bureau exécutera les décisions du Comité.
- « Art. 7. — Le Comité se réunira au moins deux fois par mois, soit au siège du Syndicat, soit sur le lieu des expériences.
- « Les délibérations ne seront valables que si le nombre des membres présents est au moins égal au nombre des Sociétés adhérentes.
- « Les décisions seront prises à la majorité des membres présents.
- « Art. 8. — Le procès-verbal de toutes les séances du Comité sera rédigé par les Secrétaires, transcrit sur un registre spécial et signé du Président.
- « Il sera en outre rédigé, par les soins du Comité, un résumé trimestriel des travaux du Syndicat, dans lequel seront consignés les résultats des expériences faites sous sa direction, et qui sera adressé aux Sociétés participantes.
- « Art. 9. — Les fonds, versés chez un banquier désigné par le Comité, ne pourront être retirés que sous la signature du Président et du Trésorier agissant collectivement.
- « Toutes les dépenses seront ordonnancées par le Président et le Trésorier, après approbation du Comité.
- « Art. 10. — La durée du Syndicat est fixée à deux ans, à partir du ior janvier 1882.
- « La dissolution anticipée sera prononcée si elle est demandée par les deux tiers des Syndicataires; le Bureau sera, dans ce cas, chargé de'la liquidation. »
- Les Compagnies se sont proposé un programme très complet : elles veulent étudier d’abord le rendement des machines ; deuxièmement, l’utilisation lumineuse du travail électrique, les divers types de brûleurs et leur rendement; en troisième lieu, on examinerait le transport de la force, et enfin la distribution. Voilà beaucoup de matière, et le laboratoire a du travail à faire. L’association se propose de publier ses résultats quand elle aura terminé ses études; si elle attend d’avoir complété le programme ainsi tracé, nos fils profiteront seuls de ses études : jusqu’ici, il n’a rien été publié; en tous cas, le laboratoire est remarquablement bien monté, très-complet; les moyens d’action ne manqueront pas.
- Nous apprenons que l’administration des chemins de fer de l’État vient d’adopter à titre définitif et exclusif le frein électrique de M. Achard.
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- Le ministre de la marine a décidé de faire participer la marine française à l’Exposition internationale d’électricité de Vienne. Les officiers en service à Paris ont été invités à indiquer quels sont les appareils électriques de leur invention qu’ils désireraient voir figurer à cette Exposition.
- Une application du transport électrique de la force à distance peut être vue dans les ateliers de la Railway and Electric Appliancts Company, Polmadie. Une machine dynamo Kennedy est utilisée comme génératrice, et la force ainsi développée est transmise à une autre machine dynamo, qui, à son tour, actionne divers appareils et machines, entre autres une machine à raboter.
- Le chemin de fer électrique du parc de Kostverloren, près d’Amsterdam, doit fonctionner tout cet été.
- Il existe en Amérique et en Europe un certain nombre de laboratoires électriques appartenant à des particuliers qui s’intéressent à l’électricité et qui ne cessent de faire des expériences. Un des plus grands de ces laboratoires est celui de M. Louis Crossley, à Moorside, près d’Halifax, dans le comté d’York. On y trouve une salle réservée aux recherches chimiques, une autre aux machines. Cette dernière contient un des plus beaux assemblages d’appareils destinés à faciliter les expériences qu’il soit possible de voir. Ces appareils ont été recueillis pendant une période de vingt années. Toutes sortes de lampes à arc et à incandescence sont disposées sur des rayons en bois, et des fils se croisent en tous sens, soit pour l’éclairage, soit pour la transmission de la force nécessaire à la mise en marche d’un tramway établi à l’extérieur de l’habitation que surmonte un phare électrique pourvu d’une lentille holophotale de i5° de divergence.
- Éclairage électrique.
- L’éclairage électrique de la place du Carrousel, à Paris, qui se fait à l’aide de machines Lontin-Bertin et de régulateurs de Mersanne, est définitivement autorisé par le conseil municipal pour une nouvelle période s’étendant jusqu’au 18 novembre prochain.
- A Londres, la « Vestry » du Strand vient de concéder pour une période de sept ans, à la Compagnie d’éclairage et de force Jablochkoff, le droit d’éclairer à la lumière électrique les paroisses qui comprennent Saint-Ann, Soho, Saint-Paul, Covent-Garden, Saint-Clement Danes, Saint-Mary le Strand, la Liberty of the Rolls, et les Precincts of the Savoy.
- L’installation d’éclairage électrique Edison à la gare de Waterloo, à Londres, est une des plus importantes qui aient été faites en Angleterre. Elle a reçu dernièrement quelques modifications et améliorations. Les lampes sont du type ordinaire A. On se sert de moteurs à vapeur Lawrence, construits par la Compagnie américane Armington et Sims de Providence, et de machines dynamo Edison Z et L.
- A Leeds, la corporation vient de voter une somme de dix mille livres sterling pour appliquer l’éclairage électrique au nouvel Hôtel-de-Ville, aux nouveaux offices municipaux et à quelques-unes des principales rues.
- A Dublin, les nouveaux bureaux de Vïrish Times, situés dans Westmoreland-Street, vont être éclairés à l’électricité* MM. Siemens y installent cent cinquante lampes Swan de vingt candies chacune, disposées en quatre circuits.
- A ICirkcaldy (Ecosse) a eu lieu, à la dernière réunion dans l’Iiôtel-de-Ville de la Société des naturalistes, une véritable exhibition d’appareils électriques, lampes, téléphones, ma-
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- i38 LA LUMIÈRE ÊLECTRÏQÜË
- chines. Les salies étaient en môme temps illuminées parles soins de la National Electric Company de Glasgow.
- A l’occasion des fêtes annuelles, les villes de Séville, Cordoba, Granada, ont été éclairées à la lumière électrique. C’est une habitude prise actuellement dans toutes les villes d’Espagne de se servir de la lumière électrique pour les illuminations qui ont lieu à l’occasion des fêtes diverses.
- L’éclairage électrique fait d'ailleurs de grands progrès en Espagne. La Société Espagnole d’clectricité, par exemple, qui fabrique des machines, des lampes à arc et incandescence, et couvre elle-même ses fils conducteurs, est en train d’organiser une fabrication toute spéciale de charbons à lumière.
- A Barcelone, on a pris la détermination d’éclairer à la lumière électrique le théâtre du Lycée, un des plus grands théâtres du monde.
- A Madrid, les ateliers de construction de machines Labrador sont actuellement éclairés avec des lampes Edison.
- A Brünn, en Moravie, une seconde fabrique vient de recevoir une installation d’éclairage Edison, comprenant deux cent cinquante lampes.
- Le nouveau théâtre national de Prague va être éclairé à l’électricité. La Société électrique Edison, de Paris, y posera dix sept cents lampes.
- A Mexico, des arrangements viennent d’être pris avec les autorités municipales pour l’éclairage au moyen du système Brush de rues et places de cette capitale.
- Un phare, qui sera le plus grand de tous les phares américains, va être construit par le « board » des phares des Etats-Unis dans la baie de Deïaware et pourvu d’appareils électriques. Ce nouveau phare s’élèvera sur un rocher à douze milles du rivage, entre le cap Henlopen (Deïaware) et le cap May (New-Jersey).
- A Washington, le Musée national est éclairé à l’électricité dans la partie ouverte au public.
- Les Chinois adoptent l’éclairage à l’électricité. Sur un de leurs cuirassés, la frégate Tin g Y tien, sont installées des lampes Edison au nombre de deux cent quarante, et des machines dynamo construites à Nuremberg.
- Le Takapunct paquebot de la Union Steamship of New Zealand, que l’on va lancer à Barrow-in-Furness, reçoit des installations d’éclairage système Edison. C’est le quatrième navire de cette Compagnie qui est pourvu de ce mode d’éclairage.
- A Cuba, les bureaux du Diario de la Marina, journal qui se publie à la Havane, capitale de l’ile, ont un éclairage du système Edison.
- A Boston vient d’être inauguré le système d’éclairage à incandescence Bernstein, dans lequel un cylindre de charbon creux remplace le filament ordinaire.
- Santiago, capitale du Chili possède depuis quelque temps déjà une usine centrale d’éclairage électrique établie par la
- Compagnie Edison de New-Vork et qui fournit la lumière à plusieurs usines et maisons particulières.
- Dans l’ile de Cuba, plusieurs plantations de canne à sucre ont des installations de lumière électrique.
- Téléphonie.
- Un nouveau bureau central de téléphone vient d’être ouvert à Paris, rue Étienne-Marcel, 25.*
- On compte maintenant dans la capitale onze bureaux téléphoniques.
- Une innovation est signalée à Paris dans le service téléphonique chez les particuliers. C’est l’adoption d’un type réduit du transmetteur et du récepteur Ader en vue de l’établissement de petits réseaux téléphoniques à l’intérieur des administrations, banques, hôtels, etc. Un poste complet de ce nouveau modèle ne coûte que cent francs.
- La Société générale des téléphones va installer un nouveau système d’appel qui présente des avantages sur celui qui est actuellement en vigueur. Avec ce nouvel appareil, une fois la communication établie entre deux abonnés, ceux-ci auront la faculté, en appuyant sur un bouton spécial, de s’adresser directement des appels par sonnerie, sans que ces appels puissent être confondus aux bureaux centraux avec ceux qui indiquent la fin de la correspondance. De cette façon, les abonnés pourront interrompre momentanément leur conversation sans être obligés de garder le récepteur à l’oreille et s’appeler ensuite de nouveau pour la reprendre.
- Au Ier mai, la Société générale des téléphones avait à Paris 2,840 abonnés, soit une augmentation de 192 depuis le iflr janvier i883. Sur ces 2840 abonnés 2 549 sont reliés et répartis de la manière suivante : 856 pour le bureau de l’Avenue de l’Opéra, 3oo pour celui du parc Monceau, 168 à la Villette, 411 place de la République, 84 rue de Lyon, 61 avenue des Gobelins, 181 rue du Bac, 44 rue Lecourbe, 53 à Passy, 391 rue Lafayette. En province, le nombre total des abonnés au icr mai était de 4 460 dont 4 o3a reliés. A Lyon, il existe deux bureaux centraux de téléphone, l’un dans le centre de la ville, l’autre au faubourg de Vaize.
- Des téléphones Ader sont en ce moment posés chez un un cèrtain nombre de propriétaires d’usines de Paris et des environs qui ont leurs fabriques et leurs maisons reliées par une ligne télégraphique privée. Les industriels peuvent ainsi se servir alternativement, soit du télégraphe, soif du téléphone.
- A Malte vient d’être inauguré à la Valette, capitale de l’ile, un bureau téléphonique, situé rue Mercanti. On se sert du transmetteur et du récepteur Ader. Les fils sont tous en bronze phosphoré. Le bureau téléphonique de la Valette, dont le directeur est le chevalier Edouard Rosenbusch, est ouvert nuit et jour. Le prix de l'abonnement annuel a été fixé à deux cents francs. Parmi les points reliés, il y a le théâtre Royal, la Bourse, la Chambre des avocats, la gare du chemin de fer, les administrations publiques.
- A Biala et à Cracovie, des concessions de lignes de téléphone sont demandées au gouvernement autrichien.
- Le Gérant : A. Glénard.
- Paris. — Imprimerie P Mouillot, i3» quai Voltaire. — 38664
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- La Lumière Électrique
- Journal universel ci’Électricité
- 5i, :ue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL Administrateur-Gérant : A. GLÉNARD
- S® ANNÉE (TOME iX) SAMEDI 2 JUIN 1883 N® 22
- SOMMAIRE
- Recherches sur les effets microphoniques (4e article); Th. du Moncel. — Sur quelques actions intérieures dans les piles; Frank Geraldy. — Applications de l’électricité à la manœuvre des signaux sur les chemins de fer (11e article); M. Cossmann. — La lumière électrique à Abbeville; C.-C. Soulages. — Bougie à solénoïde ; A.-H. Noaillon. — Projet d’éclairage d’un quartier de Nottingham; Aug. Guerout.
- — Sur le transport de l’énergie mécanique; Marcel Deprez.
- — Revue des travaux récents en électricité : Nouvelles recherches physiologiques sur la torpille, par M. Stassano.
- — Galvanomètre ou ampèremètre à solénoïde, du prof. Blyth. — Résumé des brevets d’invention; CamilleGroilet.
- — Faits divers.
- RECHERCHES
- SUR
- LES EFFETS MICROPHONIQUES
- 4e article (Voir les n0!i des 10 et 17 mars,
- 28 avril i883).
- Les résultats curieux obtenus par MM. Stroh, Shelford-Bidwell, Heaviside, Munro, ont engagé plusieurs physiciens anglais à continuer les recherches sur les effets microphoniques, et nous trouvons dans le Télégraphie Journal des 21 et 28 avril deux nouveaux mémoires de MM. Stroh, Pro-bert et A. W. Soward que nous allons analyser.
- Après avoir montré que d’après les expériences dont nous avons parlé dans nos précédents articles, les variations d’intensité du courant, dans les contacts microphoniques, étaient dues à l’intervention d’une lame d’air excessivement mince interposée toujours entre les charbons au moment des actions microphoniques, MM; Probert et Soward montrent que l’effet produit dans ces conditions pourrait être rapporté à un phénomène connu en physique sous le nom d'adhésion hétérogène, et dont une des phases est la condensation du gaz produite
- sur les surfaces de contact. Une étude de ce phénomène a montré, en effet, que quand une surface solide est exposée au contact d’un gaz, elle se recouvre d’une couche de ce gaz condensé et que, plus ce gaz est susceptible de se liquéfier rapidement sous l’influence de la pression, plus est grand le volume du gaz ainsi condensé. On a même reconnu que quand ce gaz est très facilement liquéfiable, cette surface est dé suite recouverte d’une couche liquide.
- « Notre atmosphère, disent MM. Probert et Soward, est, comme on le sait, composée d’azote, d’oxygène, d’acide carbonique et de vapeur d’eau, et des expériences faites avec soin montrent qu’avec du charbon, substance qui en raison de sa nature poreuse présente une surface très développée relativement à sa masse, les coefficients de condensation de ces gaz sont représentés, par rapport à celui de l’hydrogène pris pour unité, par 3,5; q,i5 et 80. Or ces chiffres multipliés par ceux représentant les proportions dans lesquelles ces gaz existent dans l’air, c’est-à-dire 79, 21, o,o3 et i,5, indiquent dans quel rapport ces différents gaz interviennent dans la couche d’air condensée sur les surfaces charbonneuses, et on trouve 276,5 pour l’azote, 84 pour l’oxygène, 0,12 pour l’acide carbonique et 120 pour la vapeur d’eau. De ces quatre gaz, les deux premiers, l’oxygène et l’azote, peuvent se condenser sans liquéfaction, et l’effet de cette condensation serait de diminuer légèrement la conductibilité électrique de la couche gazeuse, car on sait que cette conductibilité diminue avec la pression exercée sur le gaz. L’acide carbonique pourrait, il est vrai, être liquéfié, ce qui augmenterait la conductibilité de la couche gazeuse, mais les proportions de ce gaz sont tellement faibles que l’effet en serait pour ainsi dire microscopique. Quant à la vapeur d’eau, il n’en est plus de même, elle serait évidemment liquéfiée, et l’effet de cette liquéfaction serait d’augmenter considérablement la conductibilité de la couche gazeuse. Il s’ensuivrait donc que le phénomène de la condensation gazeuse aurait pour résultat, dans les effets microphoniques, de recouvrir les surfaces de contact des charbons
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- d’une couche plus conductrice que celle qu’elles devraient avoir dans les conditions normales. » Pour démontrer cette théorie et reconnaître l’influence de cette couche d’air condensé sur les effets microphoniques, MM. Probert et Soward ont fait fonctionner un microphone dans différents gaz, et en particulier dans l’hydrogène, l’acide carbonique, de l’air saturé d’humidité, et de l’air sec. Le microphone se composait d’un tube renfermant un certain nombre de morceaux cylindriques de charbon pour fournir de nombreuses surfaces de contact, et ce tube, fixé à l’intérieur de la boîte d’une horloge, était interposé dans le circuit d’un audiomètre de Hughes animé par 3 éléments Leclanché ; une clef Morse permettait d’interrompre le courant. Les morceaux de charbon du tube étaient un peu serrés les uns contre les autres afin d’éviter autant que possible les variations de contact dues aux vibrations accidentelles, et on faisait passer pendant une demi-heure, à travers le tube, un courant d’air desséché par son passage à travers de la pierre ponce imprégnée d’acide sulfurique concentré et au-dessus de peroxyde de phosphore. On mesurait alors la résistance du microphone et l’on notait le point de l’échelle de l’audiomètre où les battements de l’horloge cessaient de se faire entendre dans le téléphone. Un courant d’hydrogène était ensuite envoyé à travers le tube de la même manière, et pendant le même temps on effectuait les mêmes mesures que précédemment. On expérimenta de la même manière avec de l’acide carbonique et on termina en employant, comme milieu gazeux, un courant d’air imprégné de vapeur d’eau par son passage à travers un flacon de Woulf rempli d’eau. On obtint les résultats consignés dans le tableau ci-dessous.
- Gaz.
- Résistance du microphone en ohms.
- Points de l'échelle de l’audiomètre où le téléphone devenait silencieux.
- Air humide.......
- Oxyde de carbone .
- Hydrogène .......
- Air sec..........
- 386 5i°
- a35' 56»
- 600 58»
- 520 63»
- Or, on voit par ce tableau que les meilleurs résultats furent obtenus avec l’air humide, c’est-à-dire avec le milieu gazeux qui fournissait la meilleure couche conductrice. L’acide carbonique qui, à l’état liquide, est un médiocre conducteur, vient ensuite, et ce sont l’hydrogène et l’air sec qui ne sont pas liquéfiables dans les effets de condensation normale, qui ont fourni les moins bons résultats.
- « Nous avons, pensé disent MM. Probert et Soward, que pour obtenir des couches d’air condensé sur les charbons du microphone, il suffisait de faire passer pendant quelque temps un courant du gaz à essayer, car on sait que quand un morceau de charbon imprégné d’un gaz est placé dans
- un milieu occupé par un autre gaz, les deux gaz en se diffusant se mélangent et donnent comme charge du charbon un mélange dont les proportions sont indiquées par la multiplication du chiffre représentant leur volume par le rapport de leur condensation respective. Dans nos expériences, la quantité du gaz que l’on faisait passer dans celui qui était mis en expérience était beaucoup plus grande que celle du gaz résiduel .expérimenté précédemment. Nous devons toutefois dire que nous n’avons, pu réussir à éliminer l’influence de l’eau dans quelques-unes de nos expériences, car il nous a été démontré que les plus légères traces d’eau adhèrent tellement intimement à la surface des corps que, pour pouvoir complètement dessécher un tube de verre, ilfaudraitle chauffer assez pourle ramollir et le maintenir ainsi pendant quelques heures, alors qu’on ferait passer à travers le courant d’air sec. Dans ces expériences, du reste, il est, une cause d’erreur qu’il ne faut pas négliger, c’est que la résistance d’un morceau de charbon poreux n’est pas constante à une température donnée ; elle varie avec la nature chimique et la densité du gaz qui remplit ses pores, et si on emploie une force électro-motrice constante, il arrive que le courant transmis ainsi que les sons qui seront reproduits varieront suivant la nature du gaz absorbé et indé. pendamment des surfaces de contact. Toutefois nous avons reconnu que dans nos expériences, le charbon employé n’avait qu’un pouvoir absorbant très inférieur, et sa résistance était à peu près constante à la température du contact ».
- Les conclusions formulées par MM. Probert et Soward sont que la couche d’air condensé qui couvre les surfaces des charbons des contacts microphonrques, exercent jusqu’à une certaine limite une action régulatrice dans les effets qu’ils produisent.
- Voici du reste une expérience assez curieuse basée sur l’influence de la couche humide.
- Une boîte à thé commune en zinc est reliée par l’intermédiaire d’un interrupteur à l’un des pôles d’unebatterie composée de 4 éléments de Grove-et elle est tenue à la main au moyen d’un manche isolant. Cette boîte convenablement isolée étant appliquée contre l’oreille, le fil en rapport avec le second pôle de la pile fut maintenu sur la langue, et on put entendre très bien les sons produits par le jeu de l’interrupteur. Ces sons étaient môme accompagnés d’une sensation de picotement analogue à celle que pourraient produire d’innombrables petites décharges électriques. Ces mêmes effets purent être encore obtenus avec une pile de 10 éléments Da-niell (moyen modèle). La surface de la boîte ainsi exposée à l’air était recouverte, comme toutes les surfaces de même nature exposées à l’air, d’une couche impalpable d’humidité, mais quand elle était bien mouillée, la sensation de picotement
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- s’accentuait davantage alors que les sons produits par l’interrupteur n’étaient plus perceptibles. Il paraît qu’avec une boule solide de cuivre, placée dans les mêmes conditions que la boîte de zinc, aucun son ne pouvait être perçu, que sa surface fût sèche ou humide
- La discussion qui s’est engagée en Angleterre à la suite des expériences de M. Stroh que nous avons rapportées dans notre dernier article, a engagé cet habile expérimentateur à continuer ses re: cherches, et voici les nouveaux résultats qu’il a communiqués à la Société des ingénieurs télégraphistes de Londres dans sa séance du 12 avril.
- Le microphone employé par lui était encore celui à marteau et à enclume dont nous avons parlé dans notre précédent article, mais la forme .en était un peu plus simple, comme on le voit dans la figure 1 ci-dessous. Sur une petite planchette A (fig. 1), était fixée au moyen d’une équerre métallique a, une
- petite barrette de charbon b sur laquelle appuyait une autre, c, soutenue par un pivot métallique d, et un ressort antagoniste e permettait de faire varier à volonté la pression exercée au point de contact des deux charbons. Le motif de cette disposition était de faire en sorte que le point de contact pût être observé au microscope, et pour que l’expérience pût être faite dans les meilleures conditions possibles, les charbons, dans le voisinage de ce point de contact, étaient taillés en lames et assez amincis pour pouvoir être facilement amenés au foyer du microscope. La petite planchette A sur laquelle on plaçait une montre comme source de son, était soutenue en B sur un pied différent de celui portant le microscope afin que, quand on touchait ce dernier pour le régler, le microphone ne fût pas influencé. Un trou était pratiqué en h dans la planchette pour que le point de contact des deux charbons pût apparaître dans un champ éclairé. Enfin, dans le circuit du microphone étaient interposés un interrupteur, un téléphone et une pile de 1 à 3 éléments.
- Malgré le soin pris pour bien polir les charbons, les deux bords du contact paraissaient rugueux et
- dentelés dans le champ du microscope, comme on le voit fig. 2, et avant le passage du courant on ne voyait en contact réel qu’une ou deux de ces dentelures. La tension du ressort antagoniste au, moment de la première observation, était celle que l’expérience avait indiquée comme fourbissant le contact. Voici maintenant ce que l’on observa.
- Au moment ou le courant résultant d’une pile de 2 éléments fut fermé, on observa, au contact des deux charbons, un point lumineux qui semblait indiquer une combustion des charbons, et cette combustion semblait avoir pour effet de rapprocher l’un de l’autre les deux charbons et de déterminer un ' autre contact qui entraînait la production d’un nouveau point lumineux, donnant lieu à un effet analogue qui se renouvela jusqu’à ce qu’il se produisit un assez grand nombre de contacts réels pour que le courant pût passer facilement. La combustion cessa alors tout à fait, et le tic-tac de la montre put se faire entendre dans le téléphone. Tout ceci s’effectuait en quelciues secondes, et pendant tout .
- 'i
- FIG. 2 FIG. 3
- le temps que ces conditions microphoniques se maintenaient, aucune lumière n’était visible au point de contact. Mais aussitôt que l’on augmentait la force de la pile, la combustion recommençait et continuait jusqu’à ce que la surface de contact se trouvât suffisamment élargie pour rendre la résistance incapable de provoquer un effet de combustion. Ce fait explique l’observation de M. Shelford-Bidwell qui avait constaté, comme on l’a vu, que la résistance du contact diminue à mesure que l’intensité du courant augmente.
- Après cette première expérience, on diminua la pression exercée au point de contact et on la réduisit à son minimum. Quand on fit passer le courant de la pile de 2 éléments, on remarqua un effet de combustion momentanée qui fut accompagné d’un bruit dans le téléphone, après quoi le courant était interrompu. En faisant fonctionner plusieurs fois de suite l’interrupteur, on ne put reconnaître aucune trace de courant dans le téléphone, ce qui montrait qu’après un premier passage du courant, il se produisait une si grande résistance que le courant ne passait plus. Ce fait avait été également observé par M. BidwelL
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- On ressera ensuite le ressort antagoniste, opération qui, suivant M. Stroh, devait avoir pour effet de rejeter de côté les particules isolantes qui empêchaient le passage du courant, et on obtint de nouveap un contact qui amena la circulation du courant, mais ce passage ne dura qu’un moment, et une nouvelle interruption se produisit. Ces effets purent être répétés plusieurs fois et se renouvelèrent jusqu’à ce que le ressort antagoniste fut assez serré pour que la matière isolante fût entièrement traversée. Alors on entendait dans le téléphone le a bruit de friture et de crachements, que l’on remarque si souvent quand un microphone est mal réglé. Quelque fois ce bruit était celui d’un son musical et, par l’effet d’un changement apporté à la tension du ressort, il acquérait l’acuité d’ün sifflet.
- M. Stroh, après certains tâtonnements, trouva le moyen de régler son microphone de telle sorte que le tic-tac d’une montre fût toujours parfaitement reproduit dans le téléphone, et ce furent les téléphones à grande résistance qui lui donnèrent les meilleurs résultats. Dans ces conditions et alors que le ressort antagoniste était assez desserré pour que les charbons ne fussent qu’en contact très léger, on aperçut comme précédemment, au premier moment du passage du courant, un effet de combustion momentané, mais on put voir que le charbon mobile était immédiatement repoussé assez loin du charbon fixe et restait ainsi éloigné de celui d'tant que le courant passait. A chaque fermeture du circuit cette répulsion se renouvelait, et des étincelles continues pouva ent s’apercevoir dans l’intervalle de séparation entre les charbons. Le son produit dans le téléphone était, suivant l’expression de M. Stroh, analogue au craquement du bois que l’on brûle, et quand on resserrait le. ressort, il se changeait souvent en un son musical qui augmentait avec la pression produite.
- En examinant de plus près le phénomène, M. Stroh put distinguer des lignes obscures et fines qui partaient, à chaque projection, des bords rugueux du charbon mobile pour se propager à travers l’espace vide jusqu’au charbon fixe, ce qui indiquait suivant lui, que le charbon mobile était en état de vibration, avec des ondes dont l’amplitude devait être égale à la distance apparente séparant les deux charbons. Cette distance, qui était considérable quand la vitesse de vibration du charbon mobile était minime, diminuait rapidement quand cette vitesse s’accélérait par suite de la tension du ressort, et il arrivait un moment où la séparation n’était plus visible ; cependant elle devait évidemment exiàter encore pendant la production des sons élevés.
- Pendant la production des differents bruits dont il vient d’être question, on observa encore dans le microscope la formation d’une sorte de pont entre
- les électrodes, qui semblait résulter du transport de particules charbonnées enlevées aux électrodes de charbon et qui semblaient s’agréger entre elles de manière à former un corps persistant.
- « Pendant la production des sons ayant le caractère du chant, du sifflement ou du grésillement, dit M. Stroh, le courant doit évidemment être inconstant; mais avec les premiers il est intermittent, tandis que, avec les derniers, il doit se produire par périodes irrégulières et il est probablement ondulatoire. Il me paraît donc évident que par le fait même de sa transmission à travers un contact microphonique, un courant doit tendre à déterminer un effet vibratoire, et on peut raisonnablement supposer que pendant l’action microphonique, même en supposant l’appareil parfaitement réglé, il doit se produire des vibrations autres que celles qui sont la conséquence des ondes sonores qui l’impressionnent.
- « Chaque fois en effet qu’il a été possible de régler le microphone de manière à ce que le tic-tac de la montre fût entendu pendant qu’il se produisait des bruits de friture ou des sons sifflants, le timbre ou la qualité du son du tic-tac était exactement celui de ces sons anormaux, et toute modification dans le caractère de ces derniers entraînait une modification correspondante dans le son principal. On sait, du reste, qu’il arrive quelquefois que des changements subits de timbre se manifestent même dans les appareils parfaitement réglés, c’est-à-dire ne produisant ni grésillement ni sifflements, et suivant moi ces modifications n’ont pas d'autres causes que la superposition, aux vibrations résultant des ondes sonores, d’autres vibrations dues au passage du courant à travers le contact et qui peuvent être plus ou moins accentuées suivant les circonstances de l’expérience. »
- M. Stroh n’a pas borné ses expériences aux contacts microphoniques constitués avec du charbon, il les a continuées avec des contacts métalliques, et il a pu constater qu’avec le platine on pouvait obtenir de bons résultats toutes les fois qu’on parvenait à empêcher les effets d’adhérence, et pour cela il suffisait d’interposer une goutte d’huile entre les deux pièces de contact; cette goutte s’y maintenait en raison de l’attraction capillaire.
- Ces expériences révélèrent un phénomène curieux et inattendu : certaines particules de poussières charbonnées qui se trouvaient dans l’huile se mirent à tourner tout autour de la goutte avec une grande vitesse et on reconnut que cet effet résultait de ce que l’huile s’échauffait sous l’influence du passage du courant et arrivait quelquefois à un état d’ébullition capable de provoquer un dégagement de fumée. En augmentant la quantité de ces particules charbonnées dans la goutte liquide, le phénomène se développa beaucoup et toutes les particules, après avoir été soumises à un
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- mouvement rapide de giration, vinrent successivement s’accumuler autour du point de contact, en formant une sorte de pilier qui provoquait un écartement prononcé des électrodes, comme on le voit figure 3.
- Des contacts d’acier substitués aux contacts de platine produisirent des effets analogues, mais un autre phénomène se montra. Les particules char-bonnées qui étaient dans l’huile continuèrent leur mouvement longtemps après l'interruption du courant, et, dans certains cas, ce mouvement dura plus de deux minutes. L’espèce de colonne de particules charbonnées résultant ainsi de leur mouvement giratoire n’était du reste pas la propriété exclusive de l’huile, car on put s’assurer que dè semblables agrégations pouvaient se produire avec des contacts complètement secs et propres. Dans ce dernier cas, ces agrégations, pendant leur formation en colonne, semblaient être à l’état légèrement incandescent, mais cette apparence résultait d’une succession d’étincelles qui couraient tout autour de la colonne en l’entourant d’une sorte de gaine lumineuse peu marquée d’ailleurs. M. Stroh ne croit paâ cependant, du moins quant à présent, que la formation de cette colonne fût la conséquence de l’action microphonique, mais qu’elle n’était qu’un effet secondaire résultant du passage du courant. « Toutefois, dit-il, tous les effets observés doivent être enregistrés avec soin, car en les réunissant ainsi et en les reliant les uns aux autres, on pourra, avec le temps, arriver à pénétrer le mystère qui entoure encore les effets résultant des contacts microphoniques. » t
- Nous sommes de l’avis de M. Stroh, et c’est pourquoi nous enregistrons, à mesure qu’ils se produisent, tous les phénomènes se rapportant aux effets microphoniques et qui ont déjà été pour nous l’occasion de quatre longs articles.
- Tu. du Moncel.
- sur
- QUELQUES ACTIONS INTÉRIEURES
- DANS LES PILES
- (Recherches électriques par Cari Fromme)
- Lorsqu’on recherche dans les ouvrages techniques les valeurs des constantes de diverses piles électriques, on est frappé des différences considérables que présentent les divers chiffres fournis. Elles sont extrêmes surtout en ce qui concerne la résistance. Il suffit d’une très courte réflexion pour voir qu’il n’en peut être autrement ; la résistance dépend en effet dans de grandes proportions des dimensions de l’élément mesuré, de la gran-
- deur des électrodes, de leur distance, et d’une foule d'autres conditions matérielles que l’on ne prend généralement pas le soin de définir, ce qu’il faudrait au contraire faire avec beaucoup de précision si l’on voulait avoir des résultats comparables. Ce n’est pas tout, d’ailleurs, il faudrait pour que les éléments fussent analogues que les liquides divers qui constituent les piles fussent absolument de composition identique, ce qui le plus souvent n’a pas lieu. Enfin, et c’est un des points délicats, il faut que les liquides, si on les a mis dans un certain état, soient demeurés dans ce même état, même si la pile à fonctionné; or il y a toujours des variations résultant des actions chimiques qui coïncident avec le développement d’électricité ; la composition des liquides se modifie, s’il y en a de différents, ils se mélangent, ils se distribuent par couches de densité décroissante : en somme au bout d’un instant l’élément n’est plus tel qu’il était, au point de vue des liquides ; de plus et cela est très important, il se développe, dans un élément, des gaz, dont une partie est absorbée chimiquement ou dissoute, mais dont une partie reste libre et vient changer les conditions de l’élément. On conçoit aisément que toutes ces modifications agissent sur la résistance et la modifient.
- Elles font plus, elles agissent sur la force électromotrice. Celle-ci, il est vrai, ne dépend absolument que de la nature chimique des éléments en présence ; mais les modifications dont nous venons de parler portent précisément sur les relations chimiques des corps et les changent, en sorte que la force électro-motrice elle-même en reçoit l’influence : et cette deuxième constante, qui semble d’abord plus fixe, peut elle-même présenter des causes d’erreur et de variation.
- A ce point de vue, M. Cari Fromme vient de donner dans les Annalcn der Physik und Chemie un mémoire formant le complément de deux études déjà faites par lui, et dont- le sujet est la façon dont se comportent les électrodes de platine, palladium, etc., à l’égard de l’hydrogène dégagé dans les éléments de la pile.
- Pour les observer, M. Fromme prend deux éléments, composés l’un de zinc, acide sulfurique et platine, l’autre de zinc, acide sulfurique et palladium : à l’aide d’un électromètre il constate les forces électro-motrices éngendrées ; pour l’élément Pt elle est de i,5i daniell, pour l’élément Pd de 1,41 daniell.
- 11 se présente ici dès l’abord un sujet de réflexion : nous avons coutume de rapporter la force électro-motrice à l’action chimique produite, or dans les deux éléments considérés cette action est la même, le platine et le palladium restant tous les deux non attaqués ; la force électro-motrice devrait donc être la même; nous voyons que cela n’a pas lieu. Bien que M. Fromme n’insiste pas sur ce
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- point, la suite de son travail donne, je pense, la clef de ce fait.
- Dans les essais précédents, on a pris soin de faire rougir à la flamme d’alcool les électrodes en platine et palladium de façon à en éloigner tout gaz : de même l’acide doit être bien pur.
- Au contraire, M. Fromme met ensuite ses électrodes dans des éléments ou l’acide sulfurique était par avance saturé d’hydrogène. L’élément au platine accuse alors une force électro-motrice de 0,71 daniell et s’y maintient, l’élément au palladium descend rapidement à 0,92 daniell, mais ne s’y arrête pas. et continue de baisser.
- On en conclut que les deux métaux se comportent de façon différente; le platine condense à s# surface une couche d’hydrogène, il en absorbe peu, en sorte que cette couche atteint rapidement une épaisseur à laquelle elle s’arrête; le palladium, au contraire, jouit d’une grande faculté absorbante, comme on le sait du reste, en sorte qu’il absorbe l’hydrogène à mesure qu’il le condense, et que la couche atteint lentement l’épaisseur à laquelle elle doit s’arrêter : même, dans l’expérience dont il s’agit, la quantité d’hydrogène renfermée dans l’acide étant insuffisante à produire la saturation du métal, le point d’arrêt n’est pas atteint.
- Ces hypothèses sont confirmées par l’expérience inverse; si on retire les électrodes ainsi chargées d’hydrogène et qu’on les remette dans l’acide pur, le palladium ne rend sa force électro-motrice première qu’au bout de cinq jours environ, tandis que le platine la reproduit immédiatement.
- J’ajouterai que même en mettant les métaux purs dans l’acide pur, il se développe probablement une certaine quantité d’hydrogène, même le circuit restant ouvert, et la différence d’action de ce gaz sur chacun des métaux donne lieu aux différences que l’on observe dans les forces électro motrices.
- Je ne citerai pas par le menu toutes les expériences de M. Fromme, elles portent sur le mode d’action des deux électrodes placées dans des éléments type Grove, chargés successivement avec de l’acide azotique et de l’acide chromique comme dépolarisant. Il a étudié avec soin les diverses variations de force électro-motrice avec les diverses intensités du courant. Il conclut que, dans tous les cas, il se développe de l’hydrogène, et ce gaz est pris entre deux tendances : la tendance que possède le métal à condenser ce gaz, et la tendance oxydante de l’acide dépolarisant. Les actions des métaux diffèrent, comme il a été dit, en ce que l’un, le platine, est vite saturé et tend à former une couche sur sa surface; l’autre, le palladium, est difficilement saturé et peut absorber des quantités considérables d’oxygène : en tous cas, il n’y a d’état permanent que lorsque les deux tendances sont en équilibre, et le point où cet équilibre a lieu
- dépend, comme on le conçoit, de l’état de concentration de l’acide dépolarisant qui détermine la capacité oxydante, et la densité du courant qui détermine le montant du gaz dégagé.
- En ce qui concerne particulièrement l’acide chromique, les actions prennent un aspect particulier que M. Fromme attribue à la formation de,l’oxyde de chrome ; celui-ci aurait une tendance à se déposer sur l’électrode métallique, fait qui s’observe en effet dank les piles; il y aurait alors une sorte de lutte entre la tendance du métal à fixer Uhydrogène d’une part et l’oxyde de l’autre, ce qui donnerait lieu à des conditions d'équilibre plus compliquées.
- Dans tous les cas ces actions se traduisent par un abaissement de force motrice.
- D’après les expériences, le palladium, l’or, l’aluminium, et le charbon de cornue placés dans l’acide azotique se comportent comme le platine.
- Dans l’acide chromique, l’action du palladium et celle du platine présentent quelques différences que M. Fromme indique. L’aluminium se comporte comme le platine ; l’or et le charbon de cornue se comportent comme le palladium.
- Ces études ingénieuses auraient besoin, dit l’auteur, de quelque confirmation; cette conclusion modeste peut être admise. Cependant les hypothèses présentées par M. Fromme paraissent fort acceptables. Ce qui résulte en tous cas de ces études, c’est que la pile est un appareil très compliqué, et que les actions que l’on a l’habitude de comprendre sous le nom de polarisation sont extrêmement complexes : il est bon d’y penser, car on se laisse assez volontiers prendre au mot, et lorsqu’on voit la force électro-motrice d’une pile s’abaisser, on a bientôt fait de dire qu’elle est polarisée; que l’on conserve l’expression, soit, puisque, après tout, l’effet produit est toujours de même sêns, seulement n’oublions pas qu’elle ne représente pas un fait simple, mais bien un grand nombre de phénomènes différents suivant le cas, et toujours fort compliqués. ,
- Frank Geraldy.
- APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- A LA MANŒUVRE DES SIGNAUX
- SUR LES CHEMINS DE FER
- 11° article. (Voir les «os des 10, 17 et 3i mars, des 7, 21 et 28 avril, et des 5, 12, 19 et 26 mai i883.)
- 4° TACIIYMÈTRES A CONTACTS FIXES
- La mesure exacte de la vitesse des trains en marche a été, depuis longtemps, l’objet de l’attention des ingénieurs. Il s’agissait de rechercher un
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- procédé qui permît d’obtenir graphiquement, et avec beaucoup plus de sûreté que ne le pourrait faire un observateur qui noterait sur son chronomètre l’heure précise du passage des trains à chaque kilomètre de la voie, la représentation de l’itinéraire réel, non pas celui qui est prévu à l’avance sur des livrets, mais celui que le mécanicien exécute dans la pratique, soit lorsqu’il ralentit pour gravir une rampe, soit qu’il regagne le temps perdu en doublant sa vitesse à la descente d’une pente.
- Cette recherche, qui paraît d’abord n’avoir d’autre intérêt que celui d’une vérification faite à posteriori, est souvent utile, non seulement dans les cas d’enquête, mais même pour se rendre compte si la charge des trains est bien en rapport avec le profil des sections de ligne qu’ils doivent franchir, ou encore lorsque l’on veut connaître la valeur exacte des efforts de tractions, comparer des freins entre eux, etc.
- La vitesse étant le rapport de l’espace parcouru au temps employé pour le parcourir, il existe deux moyens de la calculer, à l’aide de données obtenues par un procédé automatique : ou bien l’on enregistre l’espace parcouru pendant un temps déterminé; ou bien l’on note l’heure exacte du passage du train à certains points fixes de la voie dont la distance est connue à l’avance.
- Les tachymètres empruntant leur mouvement à la rotation d'un essieu rentrent dans la première catégorie; pour les autres, au contraire, ceux dont nous avons seulement à nous occuper, ii faut admettre l’installation de contacts fixes qui, au moment du passage du train, détermineront par exemple l’enregistrement d’un point sur une bande de papier qui se déroule proportionnellement au temps écoulé.
- L’obligation de poser des contacts fixes à intervalles rapprochés, si l’on veut que la constatation de la vitesse réelle soit aussi exacte que possible, serait une cause d’infériorité marquée des tachymètres de cette dernière catégorie, si ces appareils n’étaient pas à priori, destinés à un usage spécial et restreint, s’ils ne devaient pas fonctionner en certains points de la voie, par exemple aux abords des bifurcations où les règlements imposent un ralentissement aux mécaniciens. Dans ces conditions, il suffit alors d’installer deux contacts fixes, pat-exemple à ioo1" l’un de l’autre et de relever le temps qui a été employé à parcourir l’intervalle compris entre ces deux points.
- Ils existe plusieurs appareils répondant à ce programme : nous les examinerons successivement.
- ENREGISTREUR DE LA VITESSE DES TRAINS (Système Digney).
- Cet appareil exposé en 1881, par la Compagnie du chemin de fer du Nord, étant spécialement des-
- tiné à contrôler la vitesse réduite avec laquelle les trains doivent aborder certains points dangereux de la voie, tels que les bifurcations, on n’a pas hésité à faire usage, comme contacts fixes, de pédales électro-mécaniques de l’un des deux systèmes déjà décrits à propos des avertisseurs de passages à niveau, la pédale à soufflet ou la pédale à mercure.
- L’enregistreur mécanique dans lequel sont envoyés les courants produits parle passage du train
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- fig. Si. — enregistreur automatique de la vitesse des trains,
- SYSTÈME DIGNEY
- sur ces deux pédales est un double récepteur Morse, à marche intermittente, dans lequel un mouvement d’horlogerie tend à dérouler, d’un mouvement uniforme, une bande de papier télégraphique P (fig. 81 et 82) en face de deux molettes encrées GG', si-, tuées sur une même perpendiculaire à la ligne de translation du papier.
- En face de ces deux molettes, sont disposées deux lames de ressort LL' qui, mues chacune par un électro-aimant E ou E', viennent presser le papier contre une des molettes toutes les fois qu’un courant électrique passe dans l’électro-aimant correspondant, ce qui a lieu chaque fois [qu’un train
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- aborde ou quitte la section de ioo™ sur laquelle il s’agit de mesurer sa vitesse. D’autre part, le rouleau rugueux R, qui entraîne le papier, est muni, au milieu de sa longueur, d’une série de pointes fines dépassant légèrement la surface du rouleau et situées sur une même circonférence, à une distance de omoo3 l’une de l’autre : il en résulte que le papier, pressé contre ce rouleau, prend l’empreinte de ces pointes, et se trouve, au sortir de l’appareil, régulièrement divisé en secondes.
- Cet appareil débiterait omi8 de papier à la minute, soit plus de iom à l’heure, s’il marchait d’une façon continue. Pour éviter ce mouvement inutile le double récepteur Morse a été modifié de la manière suivante :
- L’appareil d’horlogerie est muni d’un levier
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- FIG. S2. — ENREGISTREUR AUTOMATIQUE DIGNEY, VUE DE BOUT
- coudé déclencheur * non représenté sur la figure, et qui, soulevé toutes les 90 secondes par une came, vient retomber sur un buftoir, arrête le régulateur de l’appareil et le maintient immobilisé, jusqu’à l’intervention du courant électrique produit par l’arrivée d’un train. Au moment de la production du courant,Te buttoir, solidaire de l’armature d’un des électro-aimants E et E', se déplace, et le déroulement du papier recommence pour durer encore pendant un nouvel intervalle de 90". Cette durée est largement suffisante, car elle permet de mesurer une vitesse de 4 kil. à l’heure.
- Celle des deux pédales qui est la plus avancée vers la direction d’où viennent les trains est reliée électriquement à l’électro-aimant qui manœuvre le levier coudé déclencheur. La première roue du train abaisse la pédale, ferme le circuit du premier électro-aimant, fait basculer le levier déclencheur, dé-
- termine le mouvement du papier et y marque en même temps un point indiquant le moment précis dé l’entrée du train dans la section d’expérience. Cette même première roue, après avoir parcouru cent mètres, abaisse la deuxième pédale et inscrit de la même manière son passage, mais sans modifier en rien la marche de l’enregistreur. Le nombre de secondés compris entre ces deux points marqués sur le papier indique la vitesse de marçhe; au bout de 90", l’appareil s’arrête et est prêt à fonctionner pour une nouvelle expérience.
- Si l’on fait usage d’une pédale à mercure, chaque roue du train l’abaisse successivement et l’on obtient un trait continu sur la bande de papier. Si, au contraire, Ja pédale est du système à soufflet, la première roue donne seule un courant prolongé et les autres 11e marquent pas leur passage.
- Dans les deux cas, comme les trains ont en général une longueur supérieure à cent mètres, il est nécessaire de marquer, par deux électro-aimants distincts et sur deux lignes différentes, le passage du train sur les deux pédales. Pour éviter toute confusion, ces indications sont inscrites en deux couleurs.
- Dans les limites de vitesse auxquelles est destiné cet appareil, c’est-à-dire entre 10 à 3o kil. à l’heure, il est facile de lire la vitesse à 1/20 près, et cette approximation est plus que suffisante dans la pra tique.
- L’appareil enregistreur peut être placé à une distance quelconque des pédales, soit dans la cabine de l’aiguilleur de bifurcation, soit même dans une section voisine. Il n’a pas encore été installé sur le réseau du Nord.
- DROMOSCOPE ET DROMOPETARD.
- (Système Le Boulengé). .
- Cet appareil qui, hâtons nous de le dire, n’a aucune affinité avec l’électricité, est comme le précédent destiné à être installé aux abords des bifurcations et des ponts tournants. Son but n’est pas seulement de contrôler l’allure des trains qui franchissent cès points réputés dangereux, mais encore et surtout de faire exercer' ce contrôle par le mécanicien lui-même, en le prévenant en temps utile qu’il atteint ou ne dépasse pas la limite indiquée, laquelle est généralement de 20 kilomètres à l’heure.
- Ce désideratum a été obtenu par M. le Boulengé, major de l’artillerie belge : d’une part, au moyen d’un signal à contact fixe qui tourne sous les yeux du mécanicien, en décrivant un arc proportionnel à la vitesse du train, et qui est placé assez loin du point dangereux pour que le mécanicien ait encore le temps de ralentir s’il s’aperçoit en passant devant ce signal qu’il marche trop rapidement ; d’autre
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- part au moyen d’un pétard qui éclate sur la voie, dans le cas où malgré l’avertissement du signal à vue, la locomotive franchit le point dangereux avec une vitesse trop grande.
- Occupons-nous d’abord du signal qui porte le nom de Dromoscope et qui se compose d’un disque A (fig. 83), en bronze noirci, parfaitement équilibré pesant environ 2 kil., monté sur un axe qui peut tourner dans des colliers en bronze. Ce disque tend à tourner sous l’action de la chute d’un poids moteur B suspendu par un cordon de soie qui fait un tour sur une petite roue à gorge C. Ce mouvement de rotation est arrêté par la butée d’un taquet D, monté à la circonférence du disque A,
- FIG. 83. — DROMOSCOPE l.E BOULENGÉ, VUE DU SIGNAL
- contre la pointe d’un levier E, dont l’autre extrémité terminée en fourche F, est commandée par l’écrou H solidaire du mouvement de la chaînette NJ.
- A l’une des extrémités de cette chaîne est attaché le contrepoids M (i5 kil.), l’autre extrémité de cette chaîne passe sur une poulie O et se rend au premier des contacts fixes placés sur la voie. Lorsqu’un train passe sur ce contact, la chaîne est déliée, le poids M descend, l’écrou H se soulève et le taquet D échappe au levier E ; le disque se met à tourner.
- Quand le train passe par le deuxième contact, la chaîne N étant b son tour dégagée, le poids M' placé symétriquement par rapport au poids M, descend de la même manière, et l’écrou H en se soulevant, amène le frein à ressort W en contact
- avec la circonférence du disque A, de manière à en arrêter le mouvement. *
- Le point où s’arrête l’index Z qui accompagne le disque A, dans son mouvement, montre l’arc parcouru par ce disque et la grandeur de cet arc représente la vitesse moyenne du train pendant que son premier essieu franchit l’espace de 5om qui sépare les deux contacts fixes.
- Sur un cadran en tôle noircie X sont peints en blanc les traits et les chiffres indiquant les vitesses. Ce cadran est découpé, en son centre, au même diamètre que le disque et cette ouverture est fermée par une glace Y qui permet de voir l’index Z se détachant en blanc sur tout le reste de l’appareil qui est noir. L’indication se lit très facilement à ioom de distance; pendant la nuit, le cadran.est éclairé avec une lanterne à réflecteur.
- Tout l’appareil repose sur une colonne en fer creux y, portée par un trépied en fonte 1i' solidement fixé à un bâti en charpente.
- Le contact fixe est formé d’une pédale T (fig. 84)
- FIG. 84,
- PEDALE DU SYSTEME LE BOULENGÉ
- en acier fondu basculant sur des tourillons d’acier et dont la queue s’engage dans le'J’cran U d’un rouet Q sur lequel s’enroule la chaînetteN ou N' du dromoscope, après avoir passé sur une poulie de renvoi P. La chaînette est fixée au rouet Q par une vis R et porte à son extrémité un contre-poids S de 5 kilogrammes environ-. La pédale est ajustée sur une tringle en fer />, fixée au moyen de tire-fonds sur deux traverses consécutives.
- Lorsque le train passe, la pédale s’incline et prend la position indiquée en traits ponctués à la la figure, la queue de cette pédale dégage le cran U et le rouet tourne dans le sens de la flèche sous l’influence de la différence de poids de 10 kilos qui existe entre les contre-poids M et S.
- Lorsque la queue de la pédale dégage le cran U, elle monte sur le contour excentré U R du rouet Q et reste par suite inclinée en échappant au contact des roues des véhicules qui suivent la machine. Grâce à cette disposition, l’appareil ne subit qu’une seule oscillation et il est dans de meilleures conditions, au point de vue de la conservation.
- L’indication de la vitesse, donnée par le dro-
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- moscope reste permanente jusqu’à ce que le garde soit venu remettre l’appareil en état de fonc donner de nouveau en soulevant les poids M M' ; les rouets achèvent alors leur rotation et la pédale s’arme automatiquement pour le passage d’un autre train. Puis il faut ouvrir le clapet m, agir sur la broche manivelle a pour enrouler le cordon du poids moteur en faisant exécuter au disque un mouvement de rotation en sens inverse jusqu’à ce que le taquet D ait soulevé et dépassé le levier E.
- Lorsque l’appareil a fonctionné, si l’on veut enregistrer son indication, on se sert d’un disque en zinc très mince, percé de deux trous dont l’un, celui du centre, s’enfile sur l’axe s, l’autre sur la broche manivelle a; on appuie alors, avec le pouce, sur la partie dg disque qui recouvre la broche fixe t et l’on imprime ainsi sur le zinc un point qui correspond à la position de l’index sur le cadran. Pour lire ensuite cette indication, on applique le disque de zinc sur un gabarit de laiton de diamètre un peu supérieur, gradué comme la cadran du dromoscope et on lit la vitesse en regard du point imprimé sur le zinc.
- Dromopétard. — L’appareil se compose d’un lourd pendule en fer Y (fîg. 85) battant la seconde et suspendu, à côté de la voie, à un bâti en fonte Z, au moyen d’une lame d’acier flexible A, de manière. qu’il puisse osciller dans un plan perpendiculaire aux rails.
- Ce pendule est enclenché dans la position d’attente, par un levier O P dont l’oscillation se produit sous l’action des bandages des roues, au passage du train. Le pendule est alors décroché et lorsque son oscillation s’achève, il vient frapper l’extrémité C d’une tige E qui est accrochée après la pièce fixe F; aussitôt la chaîne N ML étant libre, le pétard O, sollicité par l’action d’un ressort H, s’écarte vivement du rail et le train peut passer sans l’écraser.
- Si le pétard est placé à 8m33 de la pédale, et que le pendule batte exactement la seconde, le train écrasera ce pétard toutes les fois qu’il marchera avec une vitesse supérieure à 3o kilomètres à l’heure; l’infraction commise par le mécanicien pourra alors être constatée et punie.
- Le centre de gravité du levier O P est placé en deçà, vers le rail, du point d’oscillation X; de sorte que, quand la pédale a été attaquée par la première roue du train, elle reste inclinée jusqu’à ce que le garde remette l’appareil en état de fonctionner de nouveau, en accrochant le pendule et la glissière.
- Les deux appareils que nous venons de décrire fonctionnent d’une manière très satisfaisante en Belgique, à Louvain, Landen, Val-Benoît, Chenée, Welkenraedt, Melle, Tournay Jurbise, Hal, Ecaus-sines, Charleroij Essonvaux et Spa; en France, ils
- ont été appliqués par le chemin de fer de l’Ouest à la bifurcation d’Achères.
- Très utiles et très appréciés il y a quelques années, ils ont moins d’importance aujourd’hui, puisque la tendance générale est de tolérer une vitesse moins réduite qu’autrefois aux abords des bifurcations, dont les aiguilles en pointe sont munies de verroux de sûreté et qui sont situées sur des lignes où le Block-system fonctionne.
- Les prescriptions dû règlement devenant, dans ce cas, et aussi grâce à l’extension de l’usage des freins continus, moins draconiennes que jadis, l’utilité d’un moyen de contrôle de la vitesse des trains est plus contestable.
- Il est bon de remarquer, d’ailleurs, que ce système n’a qu’une valeur relative au point de vue de la sécurité ; une collision peut se produire à une bifurcation entre des trains circulant avec la vitesse réglementaire et qui n’auraient pas aperçu les signaux d’arrêt assez à temps.
- Quoi qu’il en soit, la solution de M. Le Boulangé est intéressante ; elle est du reste le premier jalon d’une série de recherches entreprises par lui à l’effet de réaliser mécaniquement, sans l’intervention de l’électricité, par l’emploi de simples fils compensés, les solutions des problèmes, tels que le Block-system et l’annonce des trains sur les voies uniques. Les expériences récemment faites à ce sujet, à Louvain, auraient été couronnées de succès.
- CONTROLEUR DU BERG-MARCIIE.
- L’appareil que nous allons décrire sommairement et qui figurait à l’Exposition d’électricité de 1881 est destiné à mesurer automatiquement la vitesse des trains sur les lignes à fortes rampes.
- Il se compose d’une pédale électro-mécanique A (fig. 86) placée près du rail et dont l’oscillation se transmet par le levier B à la tige verticale C au bout de laquelle se trouvent les lames de contact électrique D. Un ressort R tend à ramener la pédale à sa position initiale.
- L’appàreil de contact est fixé à un montant en bois M placé sur l’accotement de la voie. La fermeture du circuit ainsi obtenu provoque l’émission d’un courant qui se transmet au contrôleur P placé dans la station.
- Ce contrôleur est un appareil Morse ordinaire, muni d’un mouvement Graham et d’un pendule, au lieu d’un volant; on ne met les rouleaux en prise que quand l’appareil doit fonctionner, c’est-à-c’Ûre quand un train part de la section située etï amont cle la pente. La bande de papier se déroule alors avec une vitesse de om,04 par minute/; au moment du passage du train sur chaque c-ôntact, il se produit un point sur cette bande de/papier; à l’arrivée du train à la gare où se trouve l’appareil de con-
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- trôle, on arrête le mouvement de celui-ci et l’on peut lire sur la bande de papier si le train a suivi, sur la pente, l’itinéraire réglementaire. Cet appareil de contact qui est exposé à supporter en pleine voie, sur une pente, le choc de toutes les roues d’un train, doit se détraquer rapidement.
- CONTROLEUR DE GUNTERSUAUSEN.
- Cet appareil, exposé en 1881 par la direction
- Nous n’avons pas besoin d’ajouter que cette expérience ne pouvait démontrer qu’une chose, c’est que tel frein enraye plus rapidement les roues que tel autre, résultat connu d’avance ; mais que l’excellence d’iin frein est due à des qualités très diverses, d’un ordre bien différent et qu’il est difficile de mesurer mathématiquement. Mais cette discussion est étrangère à notre sujet.
- La mesure de la vitesse à Giintershausen, se fai-
- royale des chemins de fer de l’Etat à Hanovre, n’est pas destiné à l’exploitation courante. C’est un système de précision qui a servi à relever la vitesse des trains d’essai, dont on enrayait la force vive à Giintershausen (1877), dans le but de comparer entre eux les divers freins dont les trains étaient munis.
- Ces trains étant placés dans des conditions identiques de charge, de composition et de parcours, le frein le plus recommandable devait être celui dont la vitesse était moindre à l’extrémité de la section de ligne qu’on leur faisait parcourir. De là, la nécessité de mesurer très exactement cette vitesse.
- sait au moyen de contacts électriques, placés sur le parcours d’essai à des distances exactement déterminées, actionnés seulement par les roues d’avant de la machine, et donnant la production d’un signal enregistre par un appareil chronographique.
- Pour que cette indication fût nettement inscrite, il fallait que le contact eût une durée d’au moins o".i, quelle que fût la vitesse du train.
- Chaque pédale était formée d’une sorte d’étrier A (fig. 88) mobile autour d’un axe O; une fois que cette pédale A était abaissée , par la première roue de la machine, elle restait enclenchée par la came C qui appuyait sur le doigt B.
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- On était obligé de ramener la pédale à sa position après chaque passage ; mais cet inconvénient était négligeable parce que, en raison du caractère d’essai de ces expériences, tous les appareils étaient gardés par un personnel suffisant.
- L’appareil enregistreur était formé d’un mouvement d’horlogerie extrêmement précis, construit par M. Hipp, de Neuenburg (Suisse), et au travers duquel passait une bande de papier destiné à recevoir les observations. La roue d’échappement était mise en mouvement par un ressort d’acier.
- L’un des deux électro-aimants de ce chrono-graphe était en communication avec une horloge électrique à secondes, de manière à graduer la bande
- FIG. 88. — PÉDALE BE GUNTERSHAUSEN
- de papier; l’autre électro-aimant recevait les courants envoyés par les contacts électriques placés sur la voie.
- Pour lire les indications de la bande de papier et apprécier, avec la dernière exactitude, le temps écoulé entre le passage successif d’un même train sur les contacts échelonnés entre le départ et l’arrivée, on plaçait cette bande sur une sorte de ver-nier à crin dont l’approximation atteignait o".oi.
- Un tel appareil ne peut évidemment être utilisé que pour des circonstances exceptionnelles comme celle dont il s’agit; dans la pratique ordinaire, on n’a pas besoin d’une telle exactitude et cet appareil de laboràtoire serait trop délicat pour que l’on pût en confier l’usage à des mains inexpérimentées. Quoi qu’il en soit, il peut rendre des services particuliers et à ce titre il mérite d’être signalé.
- CONTROLEUR DE VITESSE DU SAINT-GOTHARD
- Cet appareil, très voisin de celui de Berg-Marche, a été construit par la maison Hasler de Berne, et installé sur les rampes d’accès au tunnel principal du Saint-Gothard, partout où la voie présente une déclivité égale ou supérieure à om. 02 par mètre.
- Le contact fixe, généralement placé 'auprès d’un passage à niveau, sous la surveillance d’un garde-barrière, se compose d’une pédale A (fig. 89 et 90) attaquée par le boudin des roues, et dont l’oscillation se transmet, par l’axe B,'à un levier C qui commande une tige D. Les chocs, dont la brusquerie pourrait compromettre le fonctionnement de l’appareil, sont amortis par un ressort à boudin E qui entoure la tige D.
- L’appareil de contact électrique est formé d’une lame de ressort l au laiton (fig. 91), dont une
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- FIG. 8g. — PÉDALE DU CONTROLEUR DE VITESSE DU SAINT-GOTHARD
- extrémité est montée sur le levier F actionné par la tige D, tandis que l’autre extrémité s’écarte ou s’approche de la vis de contact a montée sur la plaque isolée G ; les plaques G et H sont en communication avec deux fils de ligne aboutissant au compteur et à la pile situés dans la station voisine. Tout le mécanisme est enfermé dans une boîte en fer-blanc montée sur un poteau en bois.
- A chaque passage d’un essieu, la tige D s’abaisse, ferme le circuit entre a et l, et un courant est aussitôt lancé dans l’appareil compteur de la station. Le croquis schématique (fig. 92) indique la disposition de ce circuit.
- Le compteur à horloge est sommairement représenté à la figure g3 : au mécanisme d’horlogerie est adjoint une- sorte d’appareil Morse, dont la bande de papier se déroule avec une vitesse d’avancement de 3 c. m. par minute. Dès que le levier à ancre O est attiré par le passage d‘un courant dans le circuit de la bobine M, le style s marque un point sur la bande de papier au-dessus de laquelle se trouve le tampon à encre t. Un mécanisme, que l’on peut manœuvrer de l’extérieur,
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- permet d’arrêter le déroulement de la bande de papier, en éloignant l’un de l’autre les deux cylindres w w.
- Cet appareil est assez simple ; mais il est probable qu’il se détraquerait rapidement sur ùne ligne où les trains circuleraient avec une grande vitesse.
- On s’en aperçoit d’ailleurs au bruit caractéristique que fait la pédale, lorsqu’on passe devant un passage à niveau. Il a néanmoins rendu jusqu’à présent de bons services sur la ligne du Saint-Gothard, en permettant de constater si les mécaniciens dépassaient, à la descente, la limite de vitesse fixée par les règlements.
- CONTROLEUR JOUSSELIN ET GARNIER.
- La Compagnie P.-L.-M. a exposé, en 1881, un contrôleur de la vitesse des trains, qui vient se placer à côté de ceux dont nous avons entrepris
- la description. Il se compose, comme ceux-ci d’ailleurs, de deux appareils distincts : i° l’appareil enregistreur , ou horloge à cadran diagramme, marquant les passages des trains; 20 l’appareil transmetteur, ou contact fixe, actionné par les trains au moment de leur passage.
- L’horloge porte un cadran mobile, entraîné par le mécanisme, et sur lequel sont tracées deux circonférences concentriques qui viennent présenter successivement tous leurs points à deux styles enregistreurs, commandés chacun par un déclenchement électrique indépendant. Le déclenchement ne peut avoir lieu qu’une fois, quelle que soit la durée du courant envoyé et, quand il se produit, le style perce le papier du cadran. Chacun des deux rouages de déclenchement est, d'ailleurs, mis en communication avec un contact électrique placé sur la voie.
- Chaque contact se compose d’une pédale en fer,
- placée contre l’un des rails et articulée à l’une de ses extrémités. Lorsqu’elle s’infléchit sous le passage du boudin des roues, son extrémité libre appuie sur un levier perpendiculaire à la voie et le mouvement d’oscillation se transmet à un soufflet à air dont le piston porte une tige qui agit sur le commutateur électrique. Il résulte de cette disposition que le contact est unique, quel que soit le nombre des véhicules du train.
- La distance angulaire qui existe entre les deux trous percés sur le cadran-diagramme, correspond à un certain nombre de minutes et de secondes, qui représentent le temps exact employé par le train à franchir l’intervalle connu séparant les deux contacts. On en déduit la valeur de la vitesse du train.
- i o ,1
- F,G. 91. — APPAREIL DE CONTACT
- 5° CONCLUSIONS.
- Arrivé au terme de l’étude que nous avions entreprise sur les appareils à contacts fixes, il nous paraît utile de résumer l’impression générale qui se dégage de cette revue comparative des systèmes où l’automaticité entre en jeu.
- Nous avons dit au commencement pour quelles raisons il est prudent de se défier de ces séduisantes solutions dans lesquelles toutes les fonctions que doit remplir le garde signaleur, principalement l’annonce et la protection de la marche des trains, sont confiées à ces trains eux-mêmes; nous avons expliqué par quels motifs il était bon de n’avoir recours à de tels moyens que quand il s’agissait seulement de doubler d’autres indications, ou encore de neutraliser soit la négligence, soit la malveillance humaine.
- En faisant, dans cet ordre d’idées, une sorte d’examen de conscience relatif à la longue série
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- d’appareils que nous venons de décrire, on remarquera immédiatement qu’il faut éliminer les systèmes de Bloclc complètement automatiques, tels que ceux de Rousseau, de Hall, de l’Union Cy, etc..., dans lesquels la sécurité repose uniquement sur le fonctionnement des appareils.
- Quant aux appareils de Block-system dans lesquels l’automaticité ne joue qu’un rôle restreint, pour empêcher seulement le garde de découvrir une section de ligne encore occupée par un train, les objections que l’on peut leur faire sont tirées, non pas du principe général énoncé ci-dessus, mais des conditions mêmes du service de l'exploitation dans les gares et les stations. On se heurte, en effet, dans l’application de ces systèmes, à de telles difficultés qu’on arrive à se demander si l’inconvénient que l’on voulait éviter est bien réellement en rapport avec la gêne et la complication qu’on s’impose pour s’y soustraire.
- Un garde a eu, un jour, ou plutôt une nuit, en Belgique, la malencontreuse idée de croire, en s’éveillant, que le train qu’on lui avait annoncé
- FIG. Q2
- pendant son sommeil, était réellement passé à son poste, tandis que (coïncidence rare!) ce train était au contraire resté en détresse en deçà de ce poste. On part de là pour prescrire comme une nécessité, comme une règle à laquelle devront satisfaire tous les appareils de Block à venir, comme une amélioration indispensable à tous ceux qui sont déjà en service, l’emploi d’appareils automatiques capables d’empêcher désormais qu’une telle erreur soit jamais commise, mais susceptibles de se détraquer plus souvent qu’il n’arrivera de fois qu’un garde s’endorme précisément quand une détresse a eu lieu.
- Il y a vraisemblablement là une exagération dont seront frappés les esprits qui ne sacrifient pas à tout propos le commerce à l’algèbre. Dès l’instant qu’il est établi que le remède serait, à d’autres points de vue il est vrai, pire que le mal, le bon sens commande de n’en pas faire une panacée officielle ; on y aura recours peut être dans quelques cas particuliers où les inconvénients seront atténués par telle ou telle circonstance locale, mais on ne l’appliquera pas d'une manière générale.
- Donc, en principe, point d’automaticité en matière de Block-system.
- Considérons maintenant les appareils avertisseurs, destinés soit aux passages à niveau, soit aux gares. Plusieurs ingénieurs pensent que ces
- appareils, très utiles en général, n’auraient plus guère d’intérêt sur les lignes munies du Block-system, puisque les passages à niveau et les stations peuvent alors être munis d’appareils ou de répétiteurs, de manière que les trains leur sont annoncés soit par le poste précédent, soit par l’avant dernier poste.
- Cela n’est pas tout à fait exact ; en effet lorsque sur une ligne de Block, un garde est absent ou qu’il néglige de faire la manœuvre de ses appareils,
- FIG. 93. — COMPTEUR A HORLOGE
- au moment du passage du train, cela n’a pas d’inconvénient au point de vue de la circulation. Car, si la dépendance existe entre les sections successives, ce train reste couvert en arrière, et les trains suivants se sont arrêtés jusqu’à ce que l’erreur soit réparée. Mais, en ce qui concerne la fermeture des barrières des passages à niveau, l’interruption des manœuvres qui engagent la voie principale, dans les stations que doit franchir le train annoncé, la négligence du garde est d’autant plus nuisible que l’on s’attend à être informé par le Block-system de l’arrivée prochaine des trains.
- Par conséquent si, indépendamment du Block-system ce train s’annonce lui-même, l’erreur commise par un garde n’aura pas de conséquences fâcheuses et même sera immédiatement connue et sigalée*
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- Donc l’avertisseur automatique répond bien au programme que nous indiquons comme un désidé-tum : Annuler les mauvais effets cle la faillibilité humaine.
- Pour les signaux automoteurs, disposés de manière que le train se couvre lui-même (soit en fermant un disque, soit en chargeant d’électricité un contact fixe qui fera siffler le train suivant), et de manière qu’il ne puisse être découvert que par la manœuvre d’un agent à poste fixe, ceux-là font évidemment double emploi avec le Block-system. Leur application, se trouve donc restreinte aux lignes qui ne sont pas munies du Block-system, et même sur celles-ci il arrivera fréquemment que l’on préférera établir quelques sections de Block, par exemple aux abords des points où il existe des sinuosités et des tranchées.
- Quant aux tachymètres, ainsi que nous l’avons dit, c’est une classe d’appareils que l’on peut mettre tout à fait à part, qui exigent l’automaticité et qui n’en redoutent pas les inconvénients, parce que ce sont des instruments de contrôle et de statistique, n’intéressant pas directement la sécurité.
- Si nous passons du but, que doivent atteindre les appareils automatiques, à la réalisation de ce but au moyen de l’organe principal de l’automaticité, c’est-à-dire au moyen du contact fixe qui est actionné par le passage des trains, les conclusions auxquelles nous arrivons à la suite de cette étude sont encore plus nettes.
- Un bon contact fixe doit : i° être à l’abri des chocs résultant du passage des trains les plus rapides ; 2° n’être influencé que par la première roue (ou la dernière suivant les cas) de chaque train ; 3° donner lieu à la production d’un effet électrique suffisamment énergique, et suffisamment prolongé pour qu’il ait des résultats appréciables et utilisables.
- Les pédales ne répondent pas à la première condition ; à notre avis elles doivent être éliminées à priori.
- Les crocodiles, le contact électro-magnétique de M. Ducousso et le contact par la voie de l’Union Company donnent seuls une satisfaction complète à la première condition.
- Mais l’appareil de M. Ducousso ne répond ni à la seconde ni à la troisième.
- Enfin si l’on compare le crocodile au système de l’Union Compariy, on remarquera que l’addition nécessaire de la brosse sur un véhicule de chaque train, loin d’être un inconvénient, est au contraire un avantage du système de MM. Lartigue et Fo-rest sur l’appareil américain, parce qu’il permet de spécialiser les véhicules pour lesquels on veut avoir un effet électrique, de ne mettre un de ces véhicules que dans les trains qu’on veut annoncer, à l’exclusion des manoeuvres* des lorrys ou des
- essieux montés qu’on peut avoir l’idée de faire circuler sur la voie.
- Toutefois il est juste de reconnaître que, dans les conditions où le système de l’Union Company est appliqué, c’est-à-dire pour la réalisation du Block-system automatique, la propriété d’interrompre le courant que bloque la section, dès qu’il y a un véhicule quelconque sur la voie, est une qualité incontestable de ce système; mais c’est une qualité concourant à la réalisation d’un but qui nous paraît, pour d’autres raisons, peu recommandable. Dans tous les autres cas, ce serait plutôt un inconvénient.
- En résumé donc, au point de vue de l’utilisation immédiate des appareils dont nous avons donné la description, il ne subsiste que quelques avertisseurs et quelques tachymètres, employant des crocodiles comme organes de contact ; car ce sont les seuls qui soient susceptibles d’une application générale, d’un emploi sans aucune réserve.
- Certes il est dur d’avoir à porter un tel jugement qui frappe indistinctement un très grand nombre de systèmes, plus ingénieux les uns que les autres, en ne laissant, comme champ d’application, qu’un très petit nombre de cas particuliers. Peut-être, avec un peu plus de prévoyance, les inventeurs de ces systèmes auraient-ils dû, avant tout, se concerter avec ceux dont la tâche, plus modeste, se borne à exploiter de leur mieux un chemin de fer, s’enquérir auprès d’eux des besoins de cette exploitation et diriger leurs recherches dans une voie plus sûre et plus utile.
- M. Cossmann.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- A ABBEV.ILLE
- Tandis qu’à Paris, les quelques installations d’éclairage électrique, qui avaient été faites avant toutes les autres grandes villes du monde, sont supprimées un peu partout, malgré le mécontentement unanime provoqué par les agissements de la Compagnie du.gaz, certaines villes de province se livrent à d’intéressantes expériences. On ne peut plus essayer aujourd’hui une comparaison quelconque entre la capitale de la France et les principales cités des autres pays au sujet de l’éclairage de la voie publique par les procédés électriques, car chez nous tous les essais, quelques résultats qu’ils aient fournis, ont été peu encouragés, et presque toujours définitivement abandonnés après une période de fonctionnement plus ou moins longue.
- Mais puisque la ville de tous les luxes ne nous
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- donne plus l’occasion d'enregistrer de nouvelles manifestations dans cette voie du progrès, nous sommes heureux, sans sortir de chez nous, de pouvoir mettre scus les yeux des lecteurs le résultat d’expériences récentes qui viennent de se produire dans un chef-lieu d’arrondissement de la Somme dont la population né dépasse guère 20 000 habitants.
- Le dessin ci-contre (fig. 2) donne une vue perspective de la place principale d’Abbeville, brillamment éclairée par des foyers électriques; le croquis qui a servi à exécuter ce dessin nous a été fourni par M. Moynier de Yillepoix que nous tenons à remercier ici avec d’autant plus de justice, que, grâce à son intelligente activité, les expériences dont nous nous occupons aujourd’hui ont été menées à bonne fin; c’est aussi au pharmacien abbevillois, notre correspondant, que nous devons les renseignements qui nous permettent de donner des indications précises sur cette nouvelle installation d’éclairage électrique.
- Le système Gravier a été employé ; on a vu ce système, des plus élémentaires, fonctionner à l’Exposition internationale d’électricité en 1881. M. Gravier réduit autant que possible la résistance du générateur, pour cela il associe ses machines en quantité, de manière à leur donner la moindre résistance, puis il les fait exciter par une machine extérieure ; à Abbeville, on a deux machines Gramme type A, et une excitatrice sur le circuit de laquelle se trouve placé un interrupteur, les deux machines sont groupées en quantité sur un distributeur à six directions, et on peut envoyer à volonté à ce dernier le courant de l’une ou de l’autre machine. Le schéma de la fig. 1 indique du reste très exactement la façon dont les circuits sont formés pour assurer le fonctionnement des six foyers établis sur la place et dans les rues avoisinantes. La force motrice est produite par une machine à vapeur prêtée par M. Delepierre, directeur du Comptoir Linier, et comme sa puissance est considérable, on obtient facilement une marche très régulière pour actionner les dynamos qui font 1 200 tours à la minute, tandis que l’excitatrice n’en fait que 960.
- Le distributeur à six directions est placé dans un magasin sur l’un des côtés de la place ; la longueur du câble d’émission qui va des machines au distributeur est de 750 mètres, ce qui fait, avec le fil de retour, un circuit de 1 5oo mètres; chaque circuit des lampes est en moyenne de 400 mètres avec
- un câble d’émission ayant ^d'e millimètre et un fil
- de retour de—de millimètre, comme dans l’installation du Palais de l’Industrie; en réduisant la résistance des machines, on s’interdit toute grande portée, et il est nécessaire d’employer des conducteurs de fort diamètre en établissant autant que possible des circuits à peu près égaux.
- Voici quelques mesures pratiques prises avec le galvanomètre Deprez placé en dérivation ; nous devons encore ces renseignements à l’obligeance de \I. Moynier de Villepoix :
- Les résistances ont été calculées d’après les sections des fils et sont de 3 ohms 60 environ par circuit de lampe sans compter la résistance des charbons qui peut être estimée à^ohm.
- Résistance du câble d’émission, environ. . j ohm. Chute aux balais des machines excitées.. . 110 volts.
- Chute aux bol nés du distributeur....... 62 —
- Chute au fil de retour.................. 60 —
- Chute moyenne aux bornes des lampes.. . 33 —
- Intensité moyennedes lampes............. 9 ampères.
- Une lampe d’une intensité de 9 ampères ) sous une chute de 33 volts donne en j 29ksm,7 kilogramme! rcs........................'
- Place
- Jacobins
- O is.trtbu.ieur
- Les galvanomètres Deprez employés pour ’ces mesures étaient à fil fin pour indiquer la chute et à gros fil pour l’intensité.
- Quelle que soit la valeur des procédés employés, procédés que nous avons du resté déjà appréciés dans ce journal, nous félicitons les organisateurs de ces expériences qui ont donné à la vieille cité abbevilloise un éclat et une animation nocturnes tout à fait inaccoutumés. Notre dessin pittoresque montre l’effet charmant que l’on pouvait admirer tous les soirs de 8 heures et demie à dix heures sur la grande place où la lampe centrale est suspendue à i3 mètres de hauteur, tandis que celles des rues voisines ont une élévation qui varie entre huit et dix mètres.
- Tous les foyers étaient à feu nu pendant les premières soirées d’expériences, mais dans les derniers jours, on a employé des globes dépolis qui adoucissaient la crudité des rayons électriques et ne fatiguaient pasja vue.
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- FIG* 2. — LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE A ABBEVILLE
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- L’heureuse combinaison des lumières amène un éclairage très uniforme et permet d’apercevoir, comme, en plein jour, l’ensemble des constructions aussi bien que les diverses scènes produites par les promeneurs; parmi ces dernières, nous ne saurions résister à la tentation de signaler une originalité toute spéciale à la ville qui vient de prouver son goût pour le progrès. On aperçoit sur le dessin, vers la gauche de la place, une espèce de véhicule ayant à peu près la forme des anciennes chaises à porteurs et tenant le milieu entre celles-ci et les litières. C’est la Vinaigrette sorte de boîte à peu près carrée montée sur deux roues avec un brancard en avant dans lequel s’attèle le vinaigrier ou homme de peine chargé de tirer, tandis qu’un second pousse à l’arrière, formant à eux deux un quadrupède en deux parties. La vinaigrette sert aujourd’hui encore au transport des naturels de la petite cité abbevilloise lorsqu’ils vont au bal, au spectacle, à un dîner ou même à l’église et Boucher de Perthes a laissé sur ce véhicule qui a su résister à toutes les révolutions, de curieux détails que nous allons résumer.
- Le vinaigrier est ordinairement mâle, cependant comme acolyte il s’adjoint quelquefois son épouse, alors monsieur traîne et madame pousse ; les vinaigrettes sont à une ou deux places et les bons bourgeois d’Abbeville continuent à trouver très commode ce moyen de locomotion dont la rapidité n’a pourtant rien de comparable aux nouveaux moyens empruntés à la vapeur ou à l’électricité.
- Il paraît qu’en 1848 quelques profonds humanitaires trouvèrent que le métier de vinaigrier était avilissant et il fut question de le supprimer, mais la corporation réclama prétendant que le premier droit du citoyen était de pouvoir vivre de son métier lorsqu’il était honnête et disant qu’il n’était pas plus dégradant de porter un homme sur son dos qu’un chien sous son bras. La vinaigrette fut donc conservée à la satisfaction de tous et c’est ainsi qu’on la voit encore aujourd’hui sous les rayons de la lumière électrique semblant marquer par son étrange aspect le pas immense qui sépare ses origines des temps actuels si féconds en merveilles.
- Disons en terminant que ces essais d’éclairage exécutés à Abbeville présentent un intérêt tout particulier au point de vue de l’utilisation des forces naturelles, car la Somme pourrait fournir à Abbeville une force naturelle d’au moins 3oo chevaux absolument inutilisée et qu’il serait bien facile d’employer aujourd’hui, soit pour l’éclairage complet de la ville, soit pour l’industrie, grâce à la possibilité du transport de l’énergie au moyen de l’électricité.
- C. C. Soulages.
- BOUGIE A SOLÉNOÏDE
- Lorsque en 1876, M. Jablochkoff eut inventé sa bougie, l’enthousiasme excité par ce nouveau brûleur fut simplement dû à sa simplicité qui contrastait si fortement avec la complication des régulateurs alors employés.
- Mais'1 bientôt l’usage de la bougie en même temps qu’il en affirmait les qualités en montrait aussi les défauts et désiderata.
- Parmi les reproches qui étaient formulés, celui qui parut alors le plus grave était l’impossibilité de rallumer une bougie éteinte.
- Disons de suite que, quoique ce manque de rallumage existe encore dans les bougies actuellement employées, on n’y attache plus la même importance. Mais à l’époque dont nous parlons le défaut paraissait capital, aussi chercha-t-on à y remédier de différentes manières.
- Dès 1878, M. H. Wilde imagina une bougie qui remplissait ce but; d’autres vinrent ensuite, MM. Ja-min et Debrun, dont les bougies n’étaient guère que des parentes plus ou moins éloignées de la bougie Wilde.
- Dans le brûleur Wilde dont la description a été donnée dans le volume 1880 de La Lumière Elec-trique, un des charbons reste fixe, tandis que l’autre est mobile et lié par un levier à l’armature d’un électro-aimant. Au repos un contre-poids fait reposer la pointe du charbon mobile sur celle du charbon fixe, mais aussitôt que le courant passe, l’électro-aimant rétablit le parallélisme entre les deux charbons et l’arc jaillit entre leurs extrémités.
- Cette disposition très simple n’a cependant pas réalisé les espérances qu’elle avait fait concevoir, non pas au point de vue du rallumage qui fonctionnera toujours bien, si l’appareil çst convenablement construit, mais à cause des nombreuses oscillations que présente la lumière, et qui sont dues en partie à l’action de l’électro-aimant.
- De plus, lorsqu’une bougie était consommée il fallait intervenir pour faire passer le courant dans la suivante.
- Ce sont ces inconvénients que M. Morin, ingénieur de la Compagnie parisienne d’éclairage par l’électricité, a cherché à faire disparaître par la combinaison d’un nouveau dispositif que nous allons décrire.
- Dans ces nouveaux appareils, M. Morin a remplacé l’électro-aimant par un solénoïde dont l’action est à la vérité moins énergique, mais qui agit à une distance beaucoup moins grande, de sorte qu’au lieu de l’action violente et instantanée de l’é-lectro, on a une action progressive qui évite la vibration métallique produite dans le premier cas,
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- et dont le bruit était souvent plus fort que celui de l’arc lui-même.
- Les ligures (1) et (3) représentent un chandelier à une seule bougie. Comme on le voit, le solénoïde S est aplati et a presque la forme d’un cadre galvanométrique ; seulement au lieu d’être rectangulaire, la cavité intérieure au cadre est circulaire, et c’est dans cette cavité que se trouve une lame de fer doux A mobile autour d’un axe horizontal.
- Au repos la lame A est légèrement inclinée par rapport au fil du solénoïde, mais lorsque le courant passe, elle tend à se mettre en croix avec lui en tournant sur son axe.
- C’est cette rotation que l’on a utilisée* pour ob-
- c 0
- FIG. I
- tenir l’écart des charbons. A cet effet un excentrique en forme de colimaçon placé sur l’axe de la lame A, et qui participe à son mouvement, écarte le charbon mobile C pour produire l’arc et le maintient tout le temps que passe le courant. Mais lorsqu’il cesse, un ressort antagoniste ramène la lame de fer A à son point de départ, et les charbons viennent de nouveau au contact, se trouvant ainsi prêts pour un nouvel allumage.
- En augmentant un peu les dimensions de l’appareil on a donné au solénoïde une force beaucoup plus grande, et il a été possible de placer quatre brûleurs dans un même appareil ce qui permet de faire un éclairage de longue durée sans avoir besoin de renouveler les charbons.
- Dans cet appareil dont la figure (4) est un schéma et la figure 3 une vue d’ensemble, le solénoïde S est placé horizontalement et l’axe de la lame de fer A est vertical et porte à sa partie supérieure une plaque circulaire portant quatre saillies, qui peuvent agir sur autant de porte-charbons mobiles, comme le colimaçon agissait sur le chandelier simple ; les saillies sont d’ailleurs placées de manière à agir successivement. «
- Dans cette disposition l’allumage se produit comme précédemment. Lorsque le courant passe,
- « FIG. 2
- le fer du solénoïde qui était maintenu dans une certaine position par un ressort, fait un mouvement dans le sens transversal à la direction du fil jusqu’à ce qu’une saillie ait atteint le porte-charbon mobile de la première bougie et produit l’arc. Le courant cessant, le fer du solénoïde est ramené à sa première position par un ressort antagoniste et les charbons reviennent au contact.
- Pour obtenir l’allumage successif et automatique des différentes bougies les charbons fixes sont maintenus par un petit morceau Z de fil de zinc qui brûle dès que l’arc a atteint, par suite de l’ù-
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- sure, une hauteur déterminée. Alors le charbon fixe n’étant plus maintenu tombe de son support et l'arc se trouve rompu avant d’avoir pu altérer l’appareil.
- Mais comme le courant se trouve encore fermé par les autres bougies qui sont au contact, la plaque de fer A tourne jusqu’à ce que la seconde saillie vienne déterminer l’allumage dans la seconde bougie, et ainsi de suite.
- Le passage d’une bougie à l’autre se fait très rapidement, et c’est à peine si l’on peut saisir l’instant où se fait le changement.
- Dans l’étude de ce nouveau brûleur, M. Morin a pu observer quelques phénomènes résultant de l’action du solénoïde sur l’arc voltaïque. Ainsi, dans un chandelier ou les quatre bougies étaient symétriquement placées autour de l’axe de la plaque A, deux d’entre-elles diamétralement opposées et situées au-dessus de l’espace libre compris en-
- tre les deux moitiés du solénoïde ne subissaient aucune influence ; dans la troisième située au-dessus du milieu d’une moitié du solénoïde, l’arc était légèrement repoussé vers l’extrémité des charbons, comme dans les appareils de M. Jamin; enfin, dans la quatrième, l’arc était violemment ramené vers la base, c’est-à-dire sur les supports qui auraient été détruits en peu d'instants.
- Ces différences d’action dont il est facile de se rendre compte en considérant le sens du courant dans Tare et dans les parties du solénoïde les plus voisines constituaient un défaut très grave que M. Morin a fait disparaître en éloignant le plus possible le solénoïde et en interposant une plaque de tôle, ce qui, suivant M. Morin, est une preuve de la réalité des écrans magnétiques.
- Pour mesurer le travail absorbé par ces bougies, M. Morin s’est servi d’une poulie dynamométrique à indications continues qu’il a construite sur le principevde son dynamomètre qui a été décrit dans La Lumière Electrique, numéros du i5 août 1879 et du 22juillet 1882. Il a ainsi trouvé que:
- 3 bougies absorbaient 3,3o chevaux.
- 4 » » 4,16 »
- 5 » » 3,40 »
- pour un pouvoir éclairant d’environ 40 becs Car-cel. Il espère d’ailleurs augmenter ce rendement grâce à des modifications qu'il vient de faire, subir aux machines de l’Alliance.
- A.-H. Noaillon.
- PROJET D’ÉCLAIRAGE
- d’un
- QUARTIER DE NOTTINGHAM
- La Telcgraph Construction and Maintenance Company vient de publier un projet d’éclairage d’un quartier de Nottingham que l’on trouvera résumé parmi les faits divers de ce même numéro. Ce projet qui, paraît-il, n’a pas été demandé parla ville de Nottingham, et n’aurait aucune chance d’être adopté, n’a par suite aucun caractère officiel. Il faut donc le considérer comme un ‘projet d’éclairage d’un quartier de grande ville anglaise, projet dans lequel Nottingham est choisi pour exemple, afin sans doute de lui donner une apparence de réalité. C’est à ce point de vue qu’il convient de l’examiner.
- La Société citée plus haut offre à la ville une installation centrale capable d’alimenter tout autour d’elle 60 000 lampes Swan de 20 candies réparties dans le quartier, et elle demande comme prix de cette installation une somme de 220 000 livres sterling, soit 5 5oo 000 francs. C’est là un prix pour la vérification duquel les éléments nous manquent, et il est difficile de dire si la Compagnie y trouve un bénéfice rémunérateur, mais si l’on se place au point de vue de la ville à laquelle l’offre est faite, cela importe peu et l’on peut dès l’abord admettre ce chiffre qui représente en Somme le capital engagé, en remarquant toutefois qu’il ne comprend pas l’installation des lampes chez les consommateurs, et que cette installation doit être faite en outre, soit par ces derniers soit par la ville.
- Mais ce qu’il y a surtout intérêt à examiner, c’est si la somme de 42 614 livres (1 o65 35o francs) indiquée comme représentant les frais d’entretien annuels de l’installation est exacte.
- Tout d’abord on est frappé du chiffre très faible de 2 shillings (2 fr. 5o) par 1 000 heures de lampe, porté pour le renouvellement des lampes Swan; ce chiffre doit être évidemment élevé et Y Engineering nous semble encore modéré en le portant à 3 shillings 3 pence (4 fr. 70).
- D’autre part, un correspondant de YElectrician estime qu’au taux payé en Angleterre pour l’eau le chiffre indiqué dans le devis est bien trop bas.
- Mais la principale erreur que comporte ce devis d’entretien est relative au nombre d’heures pen-
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- dant lesquelles chaque lampe brûle par an. L'Engineering donne à ce sujet sur la marche de l’éclairage dans une ville anglaise des détails dont l’exactitude sera évidente pour quiconque a quelque peu peu vécu en Angleterre.
- « A quatre heures et demi, dit-il, en hiver, le fonctionnement sera dans son plein et le courant sera fourni aux 60 000 lampes. Vers 5 heures, la quantité de courant à fournir sera diminuée par suite de la fermeture des banques et bureaux; à la demie, les femmes et enfants des fabriques quitteront leur travail et la quantité de courant consommé par les fabriques sera considérablement diminuée. A six heures les magasins de gros fermeront, à huit ce seront les boutiques, à onze les cafés et les lieux de plaisir, et à minuit il ne restera plus à fournir de courant qu’aux lampes des rues et à quelques lanternes brûlant comme sécurité contre les voleurs. Ainsi environ une heure après le commencement de l’éclairage la nécessité de le restreindre se fera déjà sentir et, au bout de quatre heures, la majeure partie des 60 000 lampes sera éteinte. L’appendice dit cependant que si au lieu de chaque lampe (électrique ou à gaz) brûlant 2 5oo heures par an, les 2 5oo heures sont réalisées par deux ou trois lampes brûlant alternativement, le résultat ne sera pas changé, l’électricité étant, comme le gaz, fournie par des compteurs. Voyons donc dans quelles conditions on peut attendre qu’une série de lampes en remplacera une autre qui aura été éteinte. Cela se présentera dans deux cas au moins. D’abord entre 7 et 8 heures le courant devra être fourni aux endroits d’amusement, mais cela ne va pas loin dans les villes de province, et en second lieu l’éclairage privé augmentera au moment où les habitants rentrent chez eux pour la soirée. Mais aucun de ces accroissements ne compensera à beaucoup près la réduction de l’éclairage produite par la fermeture des maisons d’affaires. »
- « Dans les maisons riches, le retour du propriétaire ne causera pas l’emploi de plus de lumière, et il ne faut pas compter que les ouvriers des fabriques, qui rarement brûlent du gaz, feront la dépense de l’introduction de l’éclairage électrique dans des maisons louées à la semaine. On peut résumer ainsi qu’il suit l’éclairage d’un jour ouvrier de décembre.
- Durée
- de l'éclairage
- Banques................................... *''5
- Bureaux...................................... 2
- Fabriques et ateliers, matin et soir........ 4
- Magasins................................... 2,5
- Boutiques.................................. 4>S
- Théâtres. ................................ 4
- • Habitations particulières................... 7
- Rues........................................ 16
- En plein été, cette liste se réduirait à :
- Théâtres....................................... 4
- Habitations particulières...................... 2
- Rues........................................... b
- « Il est très difficile évidemment de calculer la durée moyenne par lampe, mais si on considère que les bureaux, fabriques et boùtiques constitueront la majeure partie de la consommation, et que tous ces endroits sont fermés les dimanche, il semble que 1 225 heures par lampe au lieu de 2 5oo géra une moyenne excessivement favorable.
- « Reconstruisant sur cette base le tableau des dépenses annuelles, nous arrivons à un résultat tout différent. L’amortissement et l’entretien restent les mêmes, le charbon diminue de moitié, les menus frais sont réduits à environ 600 livres, la main-d’œuvre et surveillance ne changent pratiquement pas, car les machines doivent tourjours fonctionner, mais nous la réduirons néanmoins à 4 5ooliv.; l’intérêt, les taxes, etc., restent les mêmes, tandis que le renouvellement des lampes, à 3 shillings 6 pence par 1 000 heures, devient 12 187 livres. L’intérêt reste également à i3 200 livres, de sorte que les dépenses annuelles (augmentées de l’intérêt de 6 0/0 indiqué) s’élèvent à 46 829 livres ; cela donne i5 shillings L contre i5 shillings 62 par bec
- de gaz pour le même temps, c’est-à-dire qu’avec 1 25o heures d’éclairage par lampe, le gaz et l’électricité coûteraient pratiquement le même prix. »
- Nous sommes loin de l’avantage si marqué que le projet donnait à l’électricité sur le gaz. Mais comme le prix de 2 shillings 6 pence (3 fr. 125) par 1 000 pieds cubes (28™°4) met le gaz à o fr. 11 le mètre cube, le projet rectifié indiquerait encore que l’éclairage à incandescence revient à bien meilleur marché que notre éclairage au gaz au prix de o fr. 3o le mètre cube que nous payons à Paris, tandis que nous avons trouvé dans de précédentes études que les deux éclairages revenaient sensiblement au même prix.
- Cette divergence s’explique par plusieurs raisons. En premier lieu le projet ne compare pas comme nous l’avions fait les deux éclairages à intensité égale, ensuite il s’applique à une installation beaucoup plus importante que celles dont il a été question dans le journal, ce qui doit conduire évidemment à un prix de revient plus faible, enfin il part d’une mise première de fonds qui nous paraît notablement inférieure à ce que coûterait l’installation projetée. Comme nous le disions plus haut, cela n’a pas d’importance si on se place au point de vue de la ville, mais il n’en est plus de même quand on cherche le prix de revient réel de l’éclairage par incandescence avec une installation faite par Une Compagnie n’ayant aucun intérêt à perdre de l’argent pour faire de la réclame.
- La plus grave objection que l’on puisse faire
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- au projet est encore celle qui est relative au mode même de fonctionnement de l’installation. Nous venons de voir combien, pour un quartier quelconque d’une ville de province en Angleterre, la quantité de courant à fournir sera variable pendant la durée de l’éclairage. Comment les machines satisferont-elles à toutes ces variations?
- Ces machines seront au nombre de quatre ayant chacune deux circuits, mais chaque endroit éclairé sera alimenté par deux circuits appartenant à deux machines différentes. Tout changement d’éclairage d’un établissement quelconque agira donc sur deux machines à la fois, et il faudra à chaque machine un homme pour modifier la production en raison de la demande d’après les avertissements d’un voltmètre placé en dérivation sur les bornes de chaque circuit. Bien plus, comme les deux circuits d’une même machine alimenteront des endroits différents, il faudra qu’ils puissent être réglés indépendamment les uns des autres. Le réglage par variation de vitesse des machines Gordon elles-mêmes sera alors impossible ; si on veut le faire en faisant varier la vitesse des excitatrices, il faudra que les inducteurs d’un des circuit d’une machine soient excités indépendamment des inducteurs de l’autre circuit. Autrement on pourra faire le réglage au moyen de résistances inertes introduites en dérivation dans le circuit des lampes ou en tension dans celui des excitatrices. Mais tous ces moyens seront d’une grande complication, et on n’aura jamais ainsi qu’un réglage à la main, c’est-à-dire un réglage lent et dépendant du plus ou moins d’attention de l’ouvrier chargé de la machine.
- Il est vrai que d’après une lettre publiée dans Y Engineering, le quartier de Nottingham visé par le projet contient presque exclusivement des magasins et des boutiques, et que par suite il n’y aurait pas de variations bien considérables ; mais puisque la ville de Nottingham n’a pas demandé réellement cet éclairage, et que le projet doit être considéré comme un exemple d’installation, il faut envisager la question, comme nous venons de le faire, à un point de vue plus général. On voit alors que l’installation proposée ne satisfait pas aux besoins d’un éclairage aussi variable, et que l’on devra forcément pour des installations de ce genre employer des machines à distribution, comme celle que M. Marcel Deprez a fait fonctionner en x88i, au Palais de l’Industrie, qui assureront automatiquement la constance du potentiel aux bornes.
- Malgré ses erreurs, le projet de la Telegraph Construction and, Maintenance Company nous confirme dans cette idée que l’éclairage à incandes-cencè pourra être établi sur une échelle assez étendue à un prix qui, à lumière égale, ne dépassera pas le prix actuel de l’éclairage au gaz. Mais cela ne pourra être fait qu’avec une installation mieux étudiée que celle que nous venons d’examiner et avec
- des machines à potentiel constant. Avec ces dernières qui sont à courant continu l’emploi de fortes tensions présentera en outre moins de danger qu’avec les machines alternatives.
- Aug. Guerout.
- SUR LL TRANSPORT
- DE
- L’ÉNERGIE MÉCANIQUE
- Lorsque l’on veut transmettre du travail au moyen de l’électricité et que l’on se donne la quantité de travail qui doit être développé sur l’arbre de la réceptrice, la résistance totale du circuit et le rendement économique que l’on veut atteindre, ces trois quantités permettent de déterminer toutes les autres conditions de problème, c’est-à-dire les forces électro-motrices directe et inverse et l’intensité du courant.
- Si l’on désigne par :
- e0 la force électromotrice de la génératrice ; eL — . réceptrice;
- R la résistance totale du circuit composé des machines et de la ligne;
- tL le travail mécanique que doit développer la réceptrice dans l’unité de temps;
- A le rendement économique, c’est-à-dire le rapport du travail développé par la réceptrice aü travail absorbé par la génératrice;
- I l’intensité du courant
- On a, lorsque les machines sont supposées parfaites,
- ..., /TrTT ._ , A g R h iti~VF(T^T) Ll - V i -/,• ’
- d’où l’on tire en remarquant que le —j-
- r _ eo—ei _ * /(i — A)gt R V k R *
- e o
- J’,ai fait connaître il y a environ deux ans les équations qui donnent e0 ete15 mais c’est surtoùt sur celle qui donne la valeur de I que je crois devoir attirer l’attention. Elle montre en effet que l’intensité du courant ne dépend en réalité que de deux variables qui sont : le rendement économique que l’on veut obtenir et le rapport du travail mécanique de la réceptrice à la résistance totale du circuit. La conséquence pratique la plus importante qui résulte immédiatement de là, c’est que si l’on distribue le travail d’une usine centrale à un certain nombre de machines réceptrices groupées en série, l’intensité du courant devra varier automatiquement en même temps que le travail total développé par l’ensemble des récepteurs répartis le long de la ligne, si l’on veut que le rendement économique reste constant.
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- JOURNAL UNIVÉRSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- C’est là un fait important qui montre que la distribution de l’énergie mécanique au moyen d’un courant d’intensité constante ne remplirait pas les conditions que l’on est en droit d’exiger dans ce genre d’application, à moins de faire varier la résistance du circuit suivant une loi déterminée.
- Je ferai connaître ultérieurement les procédés que j’ai trouvés pour assurer dans ce cas un rendement constant, quel que soit le travail demandé à l’ensemble des récepteurs, la vitesse de ceux-ci devant rester constante, ainsi qu’on l’exigera toujours dans les applications industrielles.
- Si l’on voulait appliquer les formules ci-dessus non pas à des machines idéales, mais à des machines réelles dans lesquelles la transformation du travail mécanique en courant électrique sensible ou réciproquement n’est jamais complète, il suffirait d’y introduire les coefficients H et h déjà employés par M. Cornu dans les calculs relatifs aux expériences du chemin de fer du Nord et auxquels on pourrait, il me semble, donner le nom de coefi-cients de transformation. C’est, je crois, la manière la plus simple de tenir compte de tous les phénomènes parasites complexes qui s’accomplissent dans le fil de l’induit des machines à collecteur ét qui ne disparaîtraient que dans une machine dont l’anneau serait composé d’un nombre infiniment grand de sections infiniment petites.
- Marcel Deprez.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Nouvelles recherches physiologiques sur la torpille, par M. H. Stassano. (')
- « Les recherches histologiques de M. Ranvier sur la terminaison des nerfs dans les organes électriques ont eu les résultats suivants : i° Cette terminaison se fait par une série de branches à l’ex trémité desquelles il existe des boutons; 20 quand un tube nerveux s’engage dans une lame électrique, il montre, dans l’intérieur de sa gaîne, un groupe de gros noyaux, ce qui rappelle la terminaison des nerfs moteurs dans les muscles volontaires.
- « Au point de vue physiologique, la terminaison des nerfs électriques a été étudiée, pour la première fois, par Armand Moreau, qui essaya l’action du curare sur la torpille. Ces expériences prouvèrent que la paralysie des nerfs électriques arrivait un peu plus tard que celle des nerfs musculaires. En Allemagne, M. F. Boll répéta les expériences de
- (') Note présentée a l’Académie des sciences, dans la séance du 14 mai i883.
- Moreau, mais il obtint des résultats différents et même contradictoires. •
- « Dernièrement, j’ai repris les expériences de Moreau, mais en pratiquant la respiration artificielle dans les animaux curarisés.
- « A la bouche d'une torpille, je fixe un tube en caoutchouc. Ce tube amène d’une façon constante, sur les branchies du poisson, de l’eau de mer aérée. Pour empêcher la pénétration de l’eau dans l’estomac, j’ai eu soin de pratiquer préalablement la ligature de l’œsophage; quelquefois je me^suis borné à comprimer l’abdomen de la torpille.
- « Si, dans les premiers moments de l’action du curare, on soulève la torpille par la queue, elle se tord, se recourbe et tâche de toucher la main de l’opérateur au moyen de ses organes électriques. Ceux-ci, en ce moment, peuvent encore donner de fortes décharges; mais ensuite les mouvements et les décharges électriques vont en s’affaiblissant.
- « Dans la torpille, cependant, tous les mouvements ne sont point paralysés en même temps. Une quinzaine de minutes après l’injection, l’animal ne peut plus se courber quand on le soulève, mais peut encore exécuter de temps en temps quelques mouvements de côté. Il arrive bientôt que ces mouvements ne s’observent même plus. On pourrait donc croire que l’animal est alors complètement paralysé, pourtant quelques faibles secousses se manifestent encore. Mais un examen attentif montre qu'à ce moment même il y a encore certains mouvements volontaires. En effet, si l’on ouvre la bouche de la torpille, elle la referme de suite avec colère et son corps présente des tressaillements. On ne peut considérer la paralysie comme complète qu’au moment où la bouche ne se referme plus. Vers cette époque de la curarisation, la paralysie des nerfs électriques se manifeste à son tour.
- « Pour démontrer d’une façon péremptoire cet affaiblissement progressif et simultané des contractions musculaires et des décharges électriques, j’ai employé le téléphone, d’après le conseil de M. Marey.
- « Le téléphone a de grands avantages sur la grenouille galvanoscopique que j’avais employée jusque-là. Par exemple, quand le pouvoir électrique de la torpille s’est affaibli, une grenouille préparée à la Galvani, placée sur une des faces de l’organe électrique, ne se contracte plus, et cependant les contractions peuvent réapparaître si l’on a soin de joindre, avec deux doigts de la main, formant un arc conducteur, les deux faces d’un même organe électrique, dont les tensions sont de signes contraires. L’emploi du téléphone dispense de ces soins, parce que, alors, l’organe électrique est placé entre deux plaques d’étain jointes au téléphone.
- « Grâce à la respiration artificielle, l’échange des gaz du sang dans les branchies de la torpille continue à se faire régulièrement. Les autres fonctions
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- de la vie végétative continuent à s’opérer normalement. Le poison est à peu près éliminé, mais j’ai remarqué que les décharges électriques réapparaissent avant que l’animal ait retrouvé toute sa mobilité. En effet, vers cette dernière période de l’expérience, si l’on excite la torpille, bien qu’elle soit encore immobile, elle donne déjà de petites secousses. D’ailleurs l’animal reprend bientôt ses mouvements et ses décharges acquièrent alors l’intensité primitive.
- « Les recherches anatomiques de M. Babuchin ont démontré que, dans l’embryon de la torpille, l’organe électrique est représenté par un muscle. Plus tard apparaissent dans ce muscle les plaques électriques qui finissent par remplacer presque entièrement le tissu musculaire. Je dis presque entièrement, attendu qu’il y a bien des ressemblances, comme l’a démontré M. Ranvier, entre la lame cellulaire à plusieurs rayons des plaques électriques et les faisceaux primitifs des muscles striés.
- « D’autre part, M. Marey a démontré que la décharge électrique de la torpille, au point de vue de son retard sur l’excitation qui la provoque, ainsi qu’au point de vue de sa durée et de ses phases, se comporte comme une contraction musculaire.
- « Pour confirmer ce rapprochement entre la décharge électrique de la torpille et la contraction d’un muscle, j’ai fait les expériences suivantes :
- « i° Dans un des organes électriques d’une torpille en pleine vigueur, j’injecte un poison musculaire, l’essence de bergamotte ou la digitaline.
- « Bientôt l’animal ne donne plus de décharges du côté où l’on a fait l’injection. Au fur et à mesure que se fait l’absorption générale du poison, l’animal va en s’affaiblissant. L’abolition de l’activité de l’autre organe électrrque précède la complète paralysie musculaire.
- « 2° A travers un des organes électriques d’une torpille, je fais passer une série de courants induits. Si j’excite alors l’animal, même fortement, il ne réagit pas non plus électriquement du côté où l’on fait passer les courants; il se comporte en cela comme un muscle qui, en état de tétanos, ne se contracte point si l’on excite son nerf moteur. De l’autre côté, seulement au début de l’expérience, on observe encore quelques petites décharges.
- « Si l’on suspend le passage du courant, les secousses électriques réapparaissent de part et d’autre. En répétant l’expérience plusieurs fois de suite, on obtient chaque fois le même résultat; mais on observe que la torpille s’affaiblit beaucoup.
- « A une torpille anesthésiée par un courant continu d’eau de mer mélangée d’éther sulfurique, qui coule sur les branchies, j’ai injecté delà strychnine. Sous l’action de l’éther, la torpille, qui a perdu toute conscience, ne donne plus de décharges; mais, après l’injection de strychnine, les décharges réapparaissent violemment. C’est une dizaine de
- minutes plus tard que survient le tétanos. Des tressaillements du corps de la torpille se manifestent à courts intervalles, pendant que le téléphone fait entendre, même à quelque distance, une série de coups très violents, qui se suivent rapidement et qui rendent très manifeste le tétanos de l’organe électrique. »
- Galvanomètre ou ampèremètrte à solénoïde du professeur Blyth.
- Cet appareil se compose, essentiellement, d’un solénoïde S (fig. 2), dans lequel on fait passer le courant à mesurer, enroulé autour d’un tube de fer doux c
- FIG. I
- suspendu, en L, à un ressort à boudin attaché à une vis de réglage A.
- La vis d’attache et de réglage du ressort est, elle-même lixée à un tube à crémaillère R, qui
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- peut monter ou descendre, tendre ou relâcher le ressort, sous l’action du pignon P : ce tube se meut dans une gaine extérieure fixe, graduée en S, et porte un vernier.
- Tout l’appareil repose sur trois vis calantes.
- Pour se servir de l’appareil, on commence par amener, au moyen de la vis de réglage A, le zéro du vernier à coïncider avec celui de la gradua-
- tion S, puis on fait passer le courant dans la solénoïde qui tend à aspirer alors le tube de fer doux malgré l’antagonisme de son ressort; on ramène, au moyen du pignon P qui soulève le tube c malgré l’action du courant en tendant le ressort, le zéro du vernier a coïncider de nouveau
- avec celui de l’échelle : "la lecture du déplacement du tube R, sur l’échelle S, donne immédiatement l’intensité du courant en ampères.
- Le miroir M permet de suivre simultanément les indications du vernier et de l’échelle.
- On reconnaît très exactement que le vernier est au zéro quand les deux tracés de repère tracées sur le tube de fer se trouvent à égale distance de la ligne d’intersection de deux cercles percés dans le tube extérieur ainsi que l’indique le croqïïis à gauche de la figure i ; on constate cette position au moyen d’une lentille.
- Le solénoïde est formé d’un fil de cuivre isolé d’une résistance de 0,07 ohms.
- Les indications de cet appareil ne sont affectées ni par le magnétisme terrestre ni par la proximité des corps magnétiques ou des masses de fer ; leur étendue est très considérable, elles peuvent mesurer, à la deuxième décimale, l’intensité de courants variant de 0,1 à 24 ampères, et jusqu’à 100 ampères par l’addition des résistances auxiliaires.
- La graduation de l’appareil se fait en l’intercalant en G, figure 3, dans le circuit d’une pile de Grove B, entre une résistance variable R, et un électrolyseur plongé dans un bain rI\, à température constante dont les gaz (H et O) se recueillaient, à température cunstante, en T2.
- Si l’on désigne par
- I L’intensité du courant en ampères,
- V Le volume des gaz dégagés en t secondes,
- P La pression barométrique en millimètres de mercure,
- 0 La température en T2,
- on a
- t , VX273XP — o. 1764X t (273 + 0) X 760
- 0.1764 étant le volume de gaz (Ha-|-o) dégagé par seconde et par ampère.
- Le voltmètre à solenoïde ne diffère de l’ampèremètre que par le plus grand nombre de ses hélices en fils très fins présentant une résistance de 5 000 à 6000 ohms de façon que l’interposition de l’appareil en dérivation entre deux points d’un circuit ne modifie pas sensiblement la différence de leurs potentiels.
- Ce genre d’appareil reposant sur l’attraction d’un noyau de fer par un solénoïde est encore une démonstration de ce fait déjà signalé plusieurs fois dans le journal que toutes les actions électro-magnétiques peuvent devenir le principe de galvanomètres. Nous ne croyons cependant pas que ce nouveau système présente des avantages bien marqués (‘).
- (f) Electrical Rewiew et Electrician du S mai i883.
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- RÉSUMÉ
- DES
- BREVETS D’INVENTION
- 152529. — ISOLATEUR P-OUR FIL TÉLÉGRAPHIQUE, PAR M. JOHANNES wolf. — Paris, 9 décembre 1882.
- Cet isolateur se compose de deux parties principales : de la bague extérieure et de la bague intérieure.
- La bague extérieure est en fonte grise; elle est conique dans sa partie intérieure et se compose de deux parties représentées sur la figure A (partie supérieure) et A' (partie inférieure). De chaque côté du pied de cette pièce, qui fait partie de A', il y a un trou b pour fixer l’isolateur. La partie inférieure A' est reliée avec la partie supérieure A au moyen d’une oreille que l’on voit indiquée à droite de la figure. De l'autre côté se trouve la fermeture (une simple goupille /). La partie opposée à l’oreille est munie d’une poignée D qui permet l’ouverture de l’isolateur en toute
- f V-
- circonstance. La surface intérieure de cette bague est destinée à recevoir la bague intérieure en porcelaine B B'.
- Cette bague intérieure est aussi en deux parties, et est fixée à la bague extérieure par deux goupilles en laiton ; à son centre est un trou qui reçoit le fil télégraphique apres l'ouverture de l’isolateur.
- S’il faut que le fil soit tendu auprès de l’isolateur, on le plie en forme d’N renversé on l’introduit dans /ouverture centrale de la bague intérieure, et on place dans chaque courbure une tige en fer un peu aplatie d’un bout. Ces tiges en fer doivent être disposées de telle sorte qu’elles ne touchent pas les goupilles en laiton qui fixent la bague intérieure à la bague extérieure. En fermant l’isolateur, ces deux tiges sont serrées par la bague intérieure, et, par suite, le fil se tend.
- La partie de la bague intérieure, depuis l’oreille jusqu'à la fermeture/, est taillée en escalier, pour éviter toute influence que pourrait exercer le fer de la bague extérieure sur le courant du fil télégraphique.
- 152531. — CABLE TÉLÉGRAPHIQUE SOUS-MARIN, PAR M. F.-A. v bureau. — Paris, 9 décembre 1882.
- Le principe dominant du câble de M. Bureau est de revêtir ce dernier d’une gaine extérieure formée de verre pilé mélangé avec du caoutchouc et de la gutta-percha. La figure est une coupe transversale du câble : C, conducteur; R, recouvrement d’une soudure; G, gutta-percha; C', caoutchouc; G', gutta-percha; C", caoutchouc; M, gutta-percha minéra-
- lisée; D, chanvre goudronné; V, verre pilé et caoutchouc. Quant aux soudures, elles sont faites de la façon suivante : les deux extrémités à réunir sont limées en biseau et soudées
- à l’argent; un bout de tube en cuivre sans soudure, recouvre les biseaux et en dépasse les extrémités de i5 millimètres environ.
- 152540. — SYSTÈME DE . CHANDELIER MIXTE SERVANT A
- l’éclairage électrique ou a l’éclairage au moyen de
- LA BOUGIE, DES HUILES ET DU GAZ, PAR M. G. TROUVÉ. —
- Paris t i3 novembre 1882.
- La figure représente la vue du sommet d’un candélabre mixte à 4 branches :
- a est le corps du chandelier qui peut être de toute forme ou de toute matière convenable et qui renferme les conducteurs et la pile, ou simplement les conducteurs, si la pile est indépendante.
- b sont les lampes électriques alimentées par les conducteurs ; c sont les porte-bougies ordinaires qui peuvent être remplacés par les petites lampes à huile, à essence, enfin par tout mode d'éclairage autre que la lumière électrique.
- 152550. — LAMINE ÉLECTRIQUE A INCANDESCENCE A UNE SEULE POINTE DE CHARBON, PAR M. J. UNGER. — Paris, 9
- décembre 1882.
- Le tube en laiton a est rempli avec un liquide de nature à augmenter le pouvoir éclairant du charbon, ce qui a lieu-,
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- par exemple, au moyen d'une dissolution de chlorure de zinc dans l’eau ; dans ce liquide plonge un flotteur d’un poids spécifique moindre que le liquide et portant une pointe de charbon c soulevée par le liquide et pressée contre un cylindre en fer d, à mesure que l'usure de la pointe de charbon se produit; cette pointe de charbon est guidée par les pinces en cuivre//'. Le cylindre en fer d est suspendu à un ressort en cuivre g qui est soudé à la tige en laiton recourbée h et maintient le cylindre d. Lors de l'usure accidentelle du charbon, le ressort permet d’obtenir un contact parfait entre le cylindre d et la pointe de charbon c, et de régler constamment la pression du flotteur b. La tige h traverse l'arincau en bois i dans lequel elle tourne. On peut
- aussi enlever en tout temps la pointe de charbon. A la base du tuyau a est fixée la gaîne k à l’aide de la pince /, celle-ci servant à recevoir le fil conducteur alimentaire.
- Le courant entre en /, passe par le tuyau en laiton a, et les pinces fjf qui l'amènent à la pointe de charbon; de là, il passe par Je cylindre en fer d, le ressort g et la tige k, et il sort de la lampe par la pince m. D'après les expériences de M. Unger, la lampe pourrait fonctionner sans machine électrique, à l'aide d’une simple batterie galvanique.
- 152556. — AVERTISSEUR ÉLECTRIQUE, PAR AI. J. CUIZINIER.
- . — Paris, ii décembre 1882.
- Cet appareil 11'est autre chose qu'une sonnerie électrique ordinaire à laquelle on adapte un commutateur spécial composé d'un petit flotteur installé et guidé dans le fond de la cale d'un navire. Ce flotteur, par son mouvement ascensionnel soulève, à la moindre entrée d’eau, une petite lame métal-
- lique qui ferme le courant électrique et met la sonnerie en mouvement.
- 152553. — SYSTÈME DE SONNERIE GALVANOMETRIQUE, PAR le Dr a, d'arsonval. — Paris, 9 décembre 1882.
- Cette invention a pour objet un système de sonnerie gal-•vanométrique qui fonctionne à toute distance. Ce système comprend : i° le récepteur ou sonnerie; 20 un transmetteur qui peut être indifféremment une petite macîîine magnéto-électrique ou une bobine d'induction pour un élément de pile.
- Le récepteur se compose d'une palette en fer doux a pouvant osciller autour de deux pointes b et portant un double marteau venant frapper dans les deux sens sur un timbre d. Cette palette a est fortement polarisée et dirigée par un aimant permanent /; de plus, elle est environnée d’un cadre galvanométrique g sur lequel se trouve enroulé un fil de cuivre recouvert de soie dont les extrémités aboutissent aux bornes LT. Si l'on fait passer un courant électrique dans ce
- fil, la palette a s'inclinera à droite ou à gauche, suivant le sens du courant, et l'un des marteaux viendra frapper le timbre d.
- Si le courant est alternatif, la palette a recevra un mouvement oscillatoire et frappera un coup de timbre à chaque oscillation.
- 152561. — lampe gazo-électrique, par m. s.-h.,loder. — Paris, n décembre 1882.
- Le gaz après avoir parcouru un tube a b entre dans un autre tube bc qui le conduit dans la chambre //;; uv où se fait le mélange d'air et de gaz. Autour de bc se trouve, un cylindre de matière isolante. Les parois du cylindre sont perforées de trous dans le sens longitudinal, trous par lesquels passent plusieurs fils métalliques de, df. Les extrémités inférieures d d de ces fils communiquent avec la source électrique; les extrémités supérieures cf sont en contact avec des lames métalliques eghf qn\ partent des tubes gi h k où sont placés les charbons. Les lames sont placées de façon que les charbons peuvent être rapproches et se toucher l'un l'autre en les inclinant dans une direction perpendiculaire aux lames. Pour faciliter ce rapprochement, on a fixé aux parois intérieures delà chambre hnuv un anneau opqrzn matière isolante. Les tubes gihk touchent l'anneau, et on peut ainsi, au moyen d'un -tour de vis dont sont pourvues les parois du cylindre, régler le rapprochement des charbons.
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- Une chambre A B C D E F est descendue sur la flamme de manière à y entrer de un à deux centimètres. Les produits de combustion pénètrent dans la chambre et la quittent par un tube E FL M qui est lui-même placé dans un autre tube plus large GUI K; c’est par ce dernier tube que l’air entre dans la lanterne où la lampe est placée. Pour éviter à Pair d’entrer brusquement, on peut appliquer des toiles métal-
- liques GE à ce tube. L’air nécessaire pour le mélange de gaz entre par un tube qt qui peut être fermé.
- Cette lampe peut être allumée par l’électricité.
- 152567. — SYSTÈME DE MICROPHONE CENTRALISATEUR A LIGNES MULTIPLES PAR LA SOCIÉTÉ DITE : « SOCIETA GENERALE ITALIANA DEI TELEFONI ED APPLICAZIONE ELETTRICHE. » —
- Paris, il décembre 1882.
- Les charbons /, d9 e sont d’une disposition particulière, capable de concentrer les vibrations du diaphragme sur un point central; ils sont renfermés dansuneboîte rectangulaire façonnée extérieurement comme un livre ordinaire, ou pressés par le diaphragme qui les porte -contre le bord d’une coupe en bois très concave et qui renferme dans sa cavité la bobine d’induction dans le but de recueillir les sons magnéto-électriques qu’elle produit. Le diaphragme bbb formé par trois ou quatre planchettes en sapin collées et superposées l’une contre l’àutre avec les fibres croisées, porte contre son plan inférieur un système microphonique composé d’un certain nombre de charbons de cornue en forme de fuseaux, disposés comme les rayons d’une roue, autour d’un autre charbon octogonal; ces fuseaux en charbon s’introduisent, par un bout dans l’octogone, et par l’autre, dans un support d, lui-même en charbon.
- Dans le dessin représenté fig. 1, le microphone est complet et a la forme d’un livre qui peut être mobilisé sur une table à l’aide d’ùn cordon élastique A renfermant les différents fils qui déterminent les communications des lignes et les fils nécessaires à l’installation. *Ce livre renferme : la sonnerie d’appel, parfois; toujours le diaphragme bbb avec les charbons ff J... convergeant sur un octogone en charbon e et maintenus librement aux extrémités opposées par des bornes dd aussi en charbon; la bobine d’induction; les pièces de contact pour l’inversion nnf\ un bouton d’appel p; un interrupteur q pour le courant local du microphone pendant le repos; enfin le distributeur A7; les boutons h représentent autant de lignes qui aboutissent à des livres microphones simples, c’est-à-dire sans distributeur. Le
- Microphone
- Terre
- fig. i "Et 2
- curseur l est le contact mobile de la communication des lignes du microphone; en glissant dans la coulisse i il peut reposer successivement sur les boutons h et établir ainsi la communication du microphone avec la ligne que représente le bouton qu’il touche. Lorsque le livre est fermé, le curseur doit reposer au bout de la coulisse, vers la charnière et il est pressé par une espèce de peigne métallique fixé au plan inférieur de la couverture; toutes les lignes h h h... qui sont ainsi réunies au curseur, le sont, par suite, au microphone. La fermeture du livre établit ainsi le courant d’arrivée à la sonnerie, tandis que l’ouverture produit l’introduction du microphone.
- Le récepteur n’a rien de spécial, sauf la forme du pôle actif de l’électro-aimant, comme l’indique la fig. 2; l’extrémité supérieure du noyau n’est pas un simple cylindre, mais il ressemble à un chapeau dont les bords reposent sur le disque supérieur de la bobine.
- 152586. — SYSTÈME DE MACHINE DYNAMO-ÉLECTRIQUE, PAR m. j. Carpentier. —Paris, 12 décembre 1882.
- Les électro-aimants AA sont disposés en face l’un de l’autre sur deux couronnes B B entretoisées par l’enveloppe D. Les électro-aimants sont desservis par les contacts d’un distributeur; sur ces contacts appuient deux lames de cuivre a a solidaires de deux bagues b b, isolées l’une de l’autre et sur lesquelles appuient les frotteurs c c auxquels sont reliés les pôles positif et négatif du courant qui alimente l’inducteur. La moitié des électro-aimants est desservie par un courant d’un sens, et l’autre moitié par un courant
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- de l’autre sens. A chaque contact du distributeur aboutissent les fils qui entourent deux électro-aimants successifs; le fil venant d’un contact du distributeur arrive donc à Tune des bobines A, passe par le fil e à celle qui se trouve en regard de celle-ci, va de cette dernière à la voisine, revient par un fil e à la bobine placée en regard, et une communication aboutit au contact voisin, du précédent, et ainsi de suite pour chacune des moitiés de l’inducteur. Les pôles xx des électro-aimants placés en regard l’un de l’autre sont de signes contraires; en outre, sur une couronne, il y a la moitié des. électro-aimants qui ont les pôles d’un sens et la moitié qui les ont de sens inverse. Comme les lames a a tournent avec l’arbre o et se déplacent ainsi sur le distributeur, la ligue diamétrale sur laquelle s’opèrent les changements de sens des pôles se déplace successivement d’un électroaimant au suivant!1
- 0
- L’induit est formé par des lignes métalliques // rayonnantes, maintenues entre la double couronne g g et le noyau central F. La moitié des lames / sont reliées au cercle isolé h et les lames de l’autre moitié au cercle hf. En outre, à la périphérie, une lame est reliée par un fil avec la lame diamétralement opposée; et au centre une lame est reliée par un fil avec la lame placée en regard immédiatement avant la lame diamétralement opposée. Par suite de cette disposition, il se produirait à chaque demi-révolution un changement de sens dans le courant induit recueilli sur la machine. Mais si on fait coïncider le changement de sens du courant dans l’induit avec le changement de polarité dans les électro-aimants inducteurs, la machine engendrera un courant constant.
- Camille Grollet.
- FAITS DIVERS
- La compagnie des mines de cuivre Mansfeld en Saxe offre un prix de six mille francs pour le meilleur projet de transport souterrain de la force. La fç>rce transmise ne doit pas être inférieure â dix chevaux; la distance est d’un kilomètre.
- Le moteur peut ctre placé soit à la surface du sol, soit sou terre; dans le premier cas, la vitesse des arbres et poulies de transmission doit être, au plus, de cent tours par minute; quant au prix d’installation, il ne doit pas dépasser celui qui résulterait de l’emploi d’une machine à vapeur.
- Le cinquante-troisième congrès annuel delà British Association pour l’avancement des sciences doit se tenir à South-port en septembre. Entr’autres discours on annonce celui de M. Mac-Kendrick, de l’Université de Glasgow, sur Gal-vani et l’électricité animale.
- Au musée national de Washington, toute une série de sonneries électriques et d’avertisseurs sert à indiquer aux surveillants si l’on ouvre une des huit cent cinquante fenêtres ou des deux cent trente portes de l’édifice. Le même système d’avertissement électrique va être adopté pour les vitrines dans lesquelles sont exposés les objets, de façon que les gardiens soient avertis de toute tentative de soustraction qui pourrait être commise dans les salles du musée.
- New-York compte plus de vingt compagnies d’électricité soit de télégraphes, de téléphones ou d’éclairage. Plusieurs de ces compagnies ayant construit des réseaux souterrains, éprouvent parfois de grandes difficultés à poser leurs fils conducteurs et elles se trouvent actuellement exposées, par suite de leur développement considérable, à se gêner mutuel-lément et à causer des dérangements dans la circulation des rues. Afin d’étudier cette question de l’établissement des conducteurs électriques sous le sol, il vient de se constituer à New-York un comité dit « Comité de communication souterraine ». Son but est d’examiner tous les projets de réseaux souterrains et de rechercher si, parmi les brevets ayant trait à ces installations, il n’en existe pas un qui donne la solution du problème ou avec lequel tout au moins on diminue les dépenses de chaque compagnie en leur permettant de s’unir toutes dans un système unique.
- Quelques détails sur l’établissement des conducteurs électriques aux Etats-Unis, spécialement à Boston et à New-York, sont contenus dans un rapport du capitaine Green. A Boston, les fils de lumière et de télégraphe sont aériens et fixés sur les toits des maisons. Il en était de même il y a quelque temps des lignes téléphoniques; mais leur nombre trop considérable et les dangers qu’elles courent pendant les orages les ont fait poser sous terre. Du bureau central de la Société de téléphones, situé dans Franklin et Pearl-Street, il partait anciennement deux lignes aériennes, l’une de huit cents fils vers State et Congress Street, l’autre de cinq cents fils vers Franklin et Washington Street, qui se divisaient ensuite dans toutes les directions. C’est sur ces deux lignes principales que porte l’expérience; à leurs extrémités, leurs fils redeviennent aériens. A New-York, presque tous les conducteurs sont au-dessus du sol, fixés soit sur les maisons, soit sur des poteaux; cependant, la Western Union a établi deux lignes souterraines entre son bureau de Broadway et la Bourse d’une part et Hudson River de l’autre. Les fils téléphoniques sont donc aériens. Il en est de même des conducteurs de lumière électrique, sauf dans le district n° i d’Edison, qui renferme plusieurs milliers de lampes réparties dans les maisons particulières. A Chicago, la municipalité oblige maintenant les Compagnies électriques à poser tous. leurs fils sous les rues dans des tubes. — —
- La recherche d’une lampe de sûreté électrique parfaite à l’usage des mineurs dans les houillères, lampe pour la-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- quelle M. Ellis Lever offre, comme on sait, un prix de cinq cents livres sterling (douze mille cinq cents francs), occupe beaucoup les inventeurs, principalement de l’autre côté du détroit, et contribuera aussi sans doute à l’adoption générale de l'électricité comme moyen d’éclairage dans les mines de charbon. Déjà, des houillères du Boyaume-Uni sont éclairées avec des foyers électriques. Dans une houillère du pays de Galles, on se sert actuellement avec avantage, nuit et jour, depuis plusieurs mois, de lampes Swan. Quant à la lampe de sûreté électrique, objet du prix Lever, elle a été l’occasion de l’envoi de centaines de lettres ou mémoires de tous les points de l’Europe et de l’Amérique.
- Éclairage électrique.
- Pendant la soirée, tous les mardis, jeudis et samedis, on voit briller sur le boulevard Montparnasse, presqu’en face la gare de l’Ouest, deux foyers électriques éclairant l’avenue qui conduit à la petite usine où se font des expériences avec le système Laing, comprenant des machines dynamo de divers types pour actionner les lampes à incandescence ou des foyers à arc du meme inventeur.
- Une Société anglaise, la Lyon’s Eleclrical Company, vient de se fonder pour exploiter dans la région lyonnaise l’éclairage électrique par les lampes à incandescence. Des expériences d’éclairage au moyen de ces lampes ont eu lieu au Panorama de Lyon, rue du Nord. Les lampes employées sont des lampes Swan, alimentées par des accumulateurs que l’on charge au moyen de machines Siemens.
- A Angoulcme, pendant les fêtes de l’Union des Sociétés de gymnastique de France, ont eu lieu des illuminations électriques. Au banquet de six cents couverts, présidé par le ministre de l’intérieur, la grande cour de l’Hôtel-de-Ville, transformée pour la circonstance en salle de festin, a été éclairée au moyen de l’électricité.
- Le projet d’èclaitage de NoUingham. — Les journaux anglais publient le projet d’installation à Nottingham de 60000 lampes .Swan de 20 candies, dont deux tiers doivent brûler 16 heures sur 24» et l’autre tiers huit heures.
- Ce projet émane d’une Compagnie bien connue, The Te• legraph Construction and Maintenance Company.
- Les principaux détails du projet sont les suivants :
- La force électro-motrice ne doit pas dépasser 70 volts, afin que les lampes Swan puissent être montées en quantité.
- Les machines doivent être 5 grandes machines Gordon, dont une de réserve, capables chacune de desservir d’une façon continue i5 000 lampes Swan de 20 candies, pendant 16 heures sur 24 à une vitesse ne dépassant pas i5o tours par minute. Les dynamos à inducteurs mobiles doivent être menés directement par les machines à vapeur.
- Six séries d’excitatrices, dont une série de réserve, alimenteront ces dynamos.
- Chaque dynamo, lorsqu’il travaillera sur toutes ses lampes absorbera environ. 153o horse-power indiqués. Cette force doit être fournie pour chaque dynamo par deux machines de 85o H. P. I. fixées chacune à une extrémité de l’axe.
- Les machines employées seront des machines Compound, tandem, à condensation, du type à cylindre vertical inversé.
- Chacune d’elles doit avoir un cylindre q haute pression, au-dessus d’un cylindre à basse pression, les deux pistons étant menés par la même tige. Elles sont construites spécialement pour la lumière électrique et comportent des dispositions spéciales pour le graissage en marche.
- Elles doivent être munies des meilleurs régulateurs de vitesse, et pouvoir marcher à i5o tours par minute pendant
- 16 heures consécutives par jour sans arrêt, à une pression de 100 livres par pouce carré.
- Six petites machines à vapeur, de chacune 60 H. P. indiqués feront fonctionner les excitatrices, elles seront aussi du type Compound, mais seront reliées aux condenseurs des grandes machines.
- Trente-huit chaudières, à tubes de Galloway, fourniront la vapeur; elles seront capables de développer chacune environ 220 H. P. indiqués, de sorte que trente pourront fonctionner, tandis que 8 seront en réserve.
- Les tubes de vapeur seront installés de manière qu’on puisse exclure n’importe quelle chàudière ou machine, et réparer un tube quelconque sans entraver le fonctionnement.
- Outre un aménagement fort complet pour les chaudières, les machines, le charbon, etc , l’atelier sera muni d’un treuil mobile sur rails pour soulever au besoin- une pièce quelconque des appareils.
- Les appareils de réglage ou autres doivent comprendre : 8 photomètres, 6 ammètres, 10 voltmètres, 8 voltmètres enregistreurs, 5 indicateurs de vitesse, 5 manomètres, des commutateurs et leviers à mouvement lent pour les excitatrices.
- Les conducteurs principaux doivent être souterrains et d’une section telle que le courant n’y dépasse pas 1 750 ampères.
- Chaque machine doit alimenter deux circuits de sorte que le nombre total serait de 8 circuits. Quatre séries de lignes doivent rayonner de l’usine centrale; chaque ligne représentant deux circuits ou quatre conducteurs. Les deux circuits compris dans une même ligne doivent être reliés à des machines différentes, de sorte que chaque maison ait la moitié de ses lampes alimentée par une machine et l’autre moitié par une autre, de manière à exclure la possibilité d’une extinction complète. La Compagnie doit fournir et placer toutes ces conduites et établir dans chaque maison deux prises de courant, puis remettre les rues en bon état.
- Une fois l’installation faite et un nombre suffisant de lampes placées dans les maisons, la Compagnie propose de faire un essai de trente jours, soit avec les 60000 lampes, soit avec un nombre inférieur, depuis le coucher du soleil jusqu’à son lever, et avec 20000. depuis son lever jusqu’à son coucher, avec interruption de i5 minutes dans chaque circuit deux fois pendant le jour, mais de telle façon que l’interruption dans les deux circuits de chaque maison ne se fasse pas*en même temps.
- En cas de défauts, la Compagnie doit les faire disparaîlre et considérera avoir terminé son œuvre après trente jours d’essai satisfaisant. Pendant l’essai la Compagnie fournira le charbon, l’huile et la main-d’œuvre, mais la ville fournira l’eau et paiera toutes les taxes.
- Si immédiatement avant l’essai, la ville ne juge pas le nombre de lampes suffisant, l’essai pourra être reculé de plusieurs mois, mais alors la ville paiera un intérêt de 5 0/0 par an, sur la somme exigible à la fin du mois d’essai, à compter du jour où les travaux auront été terminés, tout d’abord jusqu’au jour ou l’essai sera autorisé. Cet intérêt ne sera pas réclamé cependant si la Compagnie a elle-même fait les installations intérieures, et si le délai est causé par elle.
- La somme à payer à la Tclegraph Construction and Maintenance Company, pour tout le travail ci-dessus est de 220000 livres sterling (5 5ooooo francs).
- A ce projet, la Compagnie ajoute le devis suivant d’entretien des 60 000 lampes :
- Par an. Par an. liv. st. liv. st.
- Toutes les lampes fonctionnant 2 5oo heures
- par an. Amortissement et entretien ....
- Charbon. — Pour 6 36o H P, pendant 2 5oo
- heures à 2 75 livres par II P et par heure,
- soit 19370 tonnes à 10 shillings par tonne.
- Huile, déchets, etc. .....................
- » 10 000
- » 9 685
- » 83o
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- Main d’œuvre :
- Chef électricien............................... 35o
- Deux aides électriciens........................ 3oo
- Quatre ouvriers à 26 s. ................... 270
- Chef mécanicien................................ 35o
- Aide mécanicien................................ i5o
- Pour chaque dynamo, un mécanicien à 35 s., un aide à 25 s., un homme pour la chambre noire à 3o s.; cela fera, pour une équipe de 4 dynamos, 18 livres par semaine, ou 936 livres par an. Pour trois équipes de
- 8 heures ................................ 2 808
- Deux chauffeurs à 45 s.......'............. 236
- Aides chauffeurs à 28 s. :
- Pour la première équipe de nuit, pour 3o \
- chaudières, 6 hommes...................1
- Pour la seconde équipe de nuit, pour 20 I
- chaudières, 4 hommes...................? *
- Pour l’équipe de jour, à 6 chaudières, 4 \
- hommes.................................I
- Pour les réparations, deux ajusteurs à 40 s. et 35 s., et un ouvrier à 25 s.............. 260
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- Main-d’œuvre totale . . 5 599 5 599
- Eau ....... .................................... 5oo
- Autres impositions et taxes diverses............ 5oo
- Dépenses de bureau............................. 5oo
- Renouvellement des lampes Swan à 2 shillings par
- 1 000 lampes heure sur 60000 lampes-pendant
- 2 5oo heures............................... 15 000
- Dépense totale................42 614
- Avec le gaz, la dépense annuelle serait :
- 60 000 becs de gaz (de 12 à 14 candies), brûlant chacun 5 pieds cubes par heure pendant 2 5oo- heures, soit 750000000 pieds cubes qui, avec du gaz à 2 s. 1/2 les 1 000 pieds cubes, font........, . y3 760
- En faisant payer au consommateur pour chaque lampe Swan ce que coûte le bec.de gaz, on a :
- Revenu....................................93 750
- Dépense. .............................. . . 42 608
- Bénéfice............* . . . . . 5i 142
- Ce dividende d’un capital engagé de 220000 livres correspond à un intérêt de 23 par an.
- Si la Ville ne voulait réaliser que 6 °/0 par an, elle pourrait fournir l’électricité à un prix inférieur d’après les don-
- nées suivantes :
- 6 °/0 sur 220 000 livres.......... i3 200 livres.
- Dépenses d’entretien..............42 608 —
- Revenu annuel nécessaire. 55 808 livres.
- Pour obtenir ce résultat, en faisant payer également le gaz et l’électricité, il faudrait, pour 60 000 becs brûlant, 750000000 de pieds cube par an, que le gaz fût compté à 1 s.-J- les i 000 pieds cubes.
- RÉ8UMÉ DES RÉSULTATS
- Prix par heure
- Lampe de pour là consommation.
- Gaz à 2 s. 1. . » j 14 candies. 0 i4Q penny.
- 20 candies. 0,212 penny.
- Électricité comptée de façon à donner
- 6 °/0 . . . 20 candies. 0,090 penny*
- Si au lieu de chaque lampe, électrique ou à gaz, brûlant 2 5oo heures par an, le compte de 2 5oo heures est réalisé par deux ou trois lampes réunies, le résultat ci-dessus ne sera pas changé, l’électricité et le gaz étant l’un et l’autre fournis par un compteur.
- O11 sait que l’on a dernièrement éclairé avec des lampes Swan les Cours de Justice de Londres; depuis quelque temps certaines parties de la Chambre des Communes sont éclairées au contraire avec des lampes Edison. Ce dernier choix vient de provoquer à une des réunions des membres du Parlement composant le Committee of Supply, un incident qui a vivement préoccupé la presse anglaise. M. Gorst se plaignit des variations de l’éclairage dans la, salle de lecture et demanda si d’autres Compagnies que la Compagnie Edison avaient été invitées à faire des offres pour l’éclairage et si elles le seraient pour l’éclairage du reste de l’édilice.
- En réponse à ces observations, M. Shaw-Lefevre dit qu’il ne pensait pas que l’éclairage électrique pût dès à présent faire l’objet d’adjudications par soumission.
- Le système Swan lui avait semblé le meilleur pour l’éclairage des Cours de Justice. Comme il y a fort peu de différence entre les lampes Edison et les lampes Swan, et que la Compagnie Edison lui avait offert d’éclairer pour une somme minime les salles à manger et la bibliothèque de la Chambre, il avait pensé qu’il n’était pas mauvais que les membres du Parlement pussent se faire une idée de l’effet produit. La Compagnie Swan ayant eu la préférence pour leb Cours de Justice, il avait cru juste de mettre le système Edison à l’épreuve dans la Chambre des Communes. Mais peut-être lord Churchill (qui avait aussi demandé des explications) avait-il des intérêts dans la Compagnie Swan ?
- Lord Churchill se disculpa de cette accusation, mais il fit observer que la Compagnie Swan avait éclairé les Cours de Justice d’une façon dont tout le monde avait été fort satisfait; qu’elle avait fait des efforts surhumains pour que l’installation fut prête en temps, et qu’à ce titre elle méritait bien quelque attention de la part de la direction des travaux. Ce dont se plaignaient les Compagnies, c’est que l’on ait, sans donner à personne l’occasion de soumissionner, conclu un arrangement avec un aventurier américain fortement soupçonné d’avoir volé les brevets de M. Swan. En présence de l’agiotage auquel avaient donné lieu les actions de ces Compagnies, le gouvernement aurait dû y regarder de plus près avant de fournir à la Société Edison une réclame aussi importante que l’éclairage de la Chambre des Communes. Personnellement, il n’avait aucun intérêt dans les‘Compagnies d’éclairage, mais il y avait dans la Chambre des membres appartenant à la Compagnie Edison. L’honorable représentant de l’Université de Londres était le principal administrateur de cette Compagnie; M. Bouverie en faisait également partie. Il espérait qu’avant de faire de nouveaux arrangements avec cette Compagnie aventurière pour le reste de l’éclairage, le premier commissaire provoquerait des offres en ' se réservant, bien entendu, le droit de choisir en dernier ressort.
- M. Lefevre répondit qu’il était fâché d’avoir accusé à tort lord Churchill, mais fit observer qu’il semblait avoir parlé plutôt dans l’intérêt d’une Compagnie que dans l’intérêt public. On eût pu, l.ors de l’éclairage des Cours de Justice, lui faire des reproches analogues au sujet du choix de la Compagnie Swan. Quelques avantages du système Edison, par exemple sa machine sans bruit, l’avaient conduit à penser qu’il était bien approprié à l’éclairage du Parlement. Quant à l’épithète d’aventurier appliquée à Edison, elle ne lui semblait pas justifiée. La Compagnie Edison de Londres était très honorable et présidée par M. Bouverie.
- Cette discussion a été suivie d’une lettre écrite au Times par M. White, secrétaire de la Compagnie Edison, Cette lettre protestait énergiquement contre les insinuations faites au sujet de M. Edison.
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- LA LÙMIÈRE ÉLECTRIQUE
- La Jablochkoff Electric Light and Power Company, qui exploite à Londres la bougie Jablochkoff vient d’obtenir du bureau des travaux du quartier du Strand l’autorisation de demander le droit d’éclairage pour le quartier qui comprend les cinq paroisses de St-Ann, Soho, St-Paul, Covent Gar-den, St-Clément Danes, St-Mary-le-Strand, lé Liberty of thc Rolls et les Precincts of the Savoy. La paroisse de St-Mary-le-Bone a aussi accordé à la Compagnie une autorisation semblable. La Compagnie a eu outre fait uu certain nombre d’installations importantes, parmi lesquelles il faut citer le Gaiety Restaurant, une partie de l’exposition des Pêcheries et les Aston Lower Grounds à Birmingham.
- Chaque soir, l’accès des jardins à l’Exposition internationale d’Amsterdam est laissé libre au public, ces jardins étant éclairés à l’électricité jusqu’à dix heures.
- A l’Exposition internationale des pêcheries de Londres sont installés des éclairages électriques. MM. Siemens éclairent la longue arcade du sud. On y compte mille lampes Swan qui, suspendues de distance en distance, le long des arceaux, produisent un bel effet de perspective.
- Des lampes à incandescence vont être installées par MM. Emerson, Murgatroyd et Cc pour l’éclairage des bâtiments de l’Exposition industrielle de Cork (Irlande) qui doit s’ouvrir en juillet. ________
- Télégraphie et Téléphonie
- Aux Etats-Unis, on se sert pour la construction des poteaux télégraphiques de bois de cèdre, châtaignier, genièvre, cyprès, sapin. D’après un rapport de la Western Union Telegraph Company, le bois de cèdre dure en moyenne seize ans, le châtaignier treize, le geuièvre également treize et le sapin noir sept ans.
- Un projet de construction d’un câble électrique sous-ma-rin entre Gibraltar et Tanger est mis à l’étude par les Anglais. ___________
- Un certain nombre d’adhésions ayant déjà été recueillies à Cannes pour le réseau téléphonique que l’Etat se propose d’exploiter dans cette ville, remplie de-villas et d’hôtels, on croit que le réseau projeté pourra être installé l’hiver prochain. Les conditions posées par le ministère des postes et des télégraphes sont celles que l'on a fait connaître pour la ville de Nice. Le prix d’abonnement dans l’enceinte de l’octroi de Cannes est fixé à deux cents franco par an et à cent cinquante francs pour six mois. Les dépenses de premier établissement à la charge des abonnés seront de deux cents francs pour les appareils et de la même somme pour le fil. L’administration pourra laisser des appareils téléphoniques aux abonnés moyennant le prix de vingt ou de quarante francs par an, suivant la nature de l’appareil. D’un autre côté, les frais de construction de la ligne peuvent être payés en quatre annuités. Ainsi, le propriétaire d’une.villa ou d’un établissement situé en dedans des limites de l’octroi pourrait obtenir une communication téléphonique pour la saison d’hiver en payant environ deux cent vingt francs pendant quatre ans. Au bout de quatre ans, les frais de premier établissement se trouveraient remboursés, et la dépense pour la saison ne serait que de cent soixante-dix francs.
- Bradford, la grande cité industrielle du comté d’York, possède un réseau téléphonique établi par la National Téléphoné Company. Dans un rapport remis récemment à la corporation de cette ville, certaines conditions étaient indiquées relativement à la pose des conducteurs de téléphone
- sur les toits des maisons. Çes conditions étaient que les fils se croisassent à angles droits, ne fussent pas suspendus à travers des espaces ouverts, mais le long des édifices ou habitations, en évitant de les appuyer aux cheminées, et qu’à leur traversée des rues ils fussent au moins à trente-cinq pieds du sol. Le rapport préconisait, en- outre, la substitution de fils en bronze de phosphore aux fils en fer galvanisé. Pour les lignes qu’a reconstruites à Bradford la National Téléphoné Company, les perfectionnements recommandés ont été introduits. Les fils en bronze de phosphore paraissent bien s’adapter aux lignes-de téléphone sur les toits, à cause de leur légèreté et de leur grande force d’extension. _________
- A Gratz, ville des Etats autrichiens en Styrie, une concession est demandée au gouvernement pour l’établissement d’un réseau de téléphone.
- A Lemberg, capitale de la Galicie, on prépare l’installation d’un bureau central de téléphone.
- Un concert téléphonique a été donné dernièrement dans le district de Telschi, en Pologne, chez le comte Joseph Tyrszkiewicz. Les chants et la musique ont été entendus distinctement par les personnes qui se trouvaient réunies au château du prjnce Ogicsky, à une distance de plusieurs lieues.
- Les princes Michel et Bogdan Oginsky, propriétaires dans le gouvernement de Grodno, en Pologne, ont établi sur leurs domaines des lignes téléphoniques qui leur permettent de communiquer entre eux et avec leurs intendants à des distances de quinze et vingt kilomètres.
- A Czernowitz, ville des Etats Autrichiens, dans la Bulio-wine, va être établi un réseau téléphonique.
- On compte actuellement au Musée national de Washington vingt-six postes téléphoniques communiquant des diverses salles et pièces avec le bureau central de la ville.
- Pilsen, ville industrielle des Etats autrichiens, va recevoir une installation téléphonique.
- Brooklyn, le grand faubourg de New-York situé dans l’ile appelée Long-Island, compte actuellement plus de seize cents abonnés au téléphone. La Long Island Téléphoné Company a étendu ses lignes à Flushing, College Point, Whitestone et Bayside. Elle en construit jusqu’à Jamaica, Far Rocka-way, Hempstead, Babylon, Patchogue et compte atteindre prochainement l’autre extrémité de l’ile. A Brooklyn même il passe chaque jour par les fils environ cinq mille messages et entre New-York et Brooklyn une trentaine de mille. _________
- Il vient d’être déposé à la Chambre des représentants de Belgique un rapport sur un projet de loi relatif aux concessions téléphoniques. On voulait exiger l’établissement de conducteurs souterrains. Le rapport se prononce en faveur de de la liberté laissée aux compagnies de conduire leurs fils au-dessus des maisons et émet le vœu de voir les compagnies autorisées par les particuliers à placer ces fils sans indemnité préalable.
- Le Gérant : A. Glénard.
- Paris. — Imprimerie P Mouiliot, i3, quai Voltaire. — 38g5q
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 5i, rue Vivienne, Paris
- : —^ /W- . -
- Directeur Scientifique : M. Administrateur-Gérant : Th. DU MONCEL A. GLÉNARp m. Æ
- 8° ANNÉE (TOME !X) SAMEDI 9 JUIN 1883 N° 23
- SOMMAIRE
- Les anémométrographes électriques; Th. du Monccl.— L’influence de la pression et de la tension sur l’action des forces physiques; Frank Geraldy. — Les bureaux téléphoniques de Paris; de Magneviile. — L’électrolyse du chlorure de sodium : Recherches de MM. Naudin et Bidet; Aug. Guerout. — Revue des travaux récents en électricité : Sur les unités électriques. — Modifications de la lampe de MM. Tihon et Rezard. — Sur la déformation des électrodes polarisées, par M. Gouy. —Résumé des brevets d’invention; Camille Grollet. — Faits divers.
- LES ANÉMOMÉTROGRAPHES
- ÉLECTRIQUES
- Les indications concernant la direction, la durée et la force du vent sont une des données les plus importantes pour l’étude de la météorologie, car des vents dépendent la plupart des variations atmosphériques. Or, on sait combien ces indications sont difficiles à obtenir de la part des observateurs, non seulement à cause de la mobilité de cet élément insaisissable, mais encore des circonstances locales et des remous qui agissent souvent sur les girouettes et les empêchent de donner la véritable direction des courants d’air. Pour éviter ces difficultés, on a donc dû chercher à placer les organes indicateurs de la force et de la direction des vents sur des points assez élevés pour être à l’abri des effets locaux, et, comme on ne pouvait exiger d’un observateur des déplacements continuels et une attention assez soutenue pour saisir aux différentes heures du jour et de la nuit les différents azimuts suivant lesquels soufflent les vents, on avait imaginé des systèmes d’enregistreurs mécaniques qui pendant 24 heures fournissaient sur une feuille de papier toutes les indications relatives au vent. Ce sont ces appareils auxquels on avait donné le nom d'anémométrographes, et les types les plus perfec-
- tionnés, jusqu’en 1802, étaient ceux de MM. d’Ons en Bray et Chazallon. Avec ces appareils, l’observateur n’avait qu’à aller une fois par jour relever la feuille d’observations de dessus l’instrument, et la remplacer. Toutefois, en raison des positions exceptionnelles que devaient avoir ces appareils, il était à désirer que l’on pût faire en sorte que l’observateur n’eût pas à se déranger, et que les indications anémométriques s’enregistrassent dans le cabinet même de l’observateur, quelle que fût d’ailleurs la distance séparant l’appareil enregistreur de l’appareil indicateur. Or, c’est ce problème que j’ai résolu pour la première fois dans l’anémométrogfaphe électrique que j’ai fait construire en i852, et qui a même été installé pendant quelque temps à l’obser vatoire de Paris d’après le désir qu’en avait témoigné M. Arago. Depuis cet appareil, plusieurs systèmes d’anémométrographes électriques ont été combinés par divers savants et constructeurs, et bien qu’ils se rapprochent tous plus ou moins du mien, ils présentent certaines particularités qui peuvent les rendre utiles dans des cas donnés. Nous ne décrirons toutefois en ce moment que le premier en date.
- Pour qu’on puisse comprendre le principe de cet appareil, supposons qu’un anémomètre à ailettes, dont nous allons indiquer à l’instant la disposition, soit fixé derrière une girouette adaptée à un axe de fer vertical mobile dans une douille; admettons que ce système soit placé au sommet d’un toit, d’une tour ou d’une montagne même, et que des fils métalliques combinés en conséquence, unissent cet instrument à un autre appareil que nous appellerons récepteur ou enregistreur qui sera placé dans le cabinet de l’observateur; on pourra comprendre déjà qu’un courant électrique passant à propos par ces fils et les deux appareils, pourra, à l’aide de certains mécanismes adaptés à l’anémomètre, se trouver interrompu ou rétabli suivant la vitesse et la direction du vent. Or, ces interruptions pouvant faire agir des organes sensibles électro-magnétiques placés sur l’appareil récepteur, il suffit d’adapter à celui-ci un mécanisme marquant le temps, pour obtenir des indications
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- continues inscrites sous l’influence du vent, et par le seul intermédiaire de l’électricité. Tel est le principe de mon anémométrographe électrique qui, en raison des renseignements qu’il doit fournir, se compose de trois systèmes ayant des fonctions différentes à remplir : i* V anémomètre proprement dit, 2° l'appareil récepteur, 3° les calculateurs.
- Anémomètre. — Un anémomètre se compose, comme tout le monde le sait, d’une girouette accompagnée d’un moulinet à ailettes, le tout monté sur un axe mobile •, mais comme dans le cas qui nous occupe, cet appareil doit fournir la durée des différents vents, la vitesse moyenne de chacun d’eux pendant la journée et la vitesse moyenne du vent aux différentes heures du jour, cette girouette doit
- agir : i° sur un commutateur azimutal; a° sur un système rhéotomique disposé de telle manière que, suivant la direction du vent et pendant le temps qu’il reste dans cette direction, le moulinet puisse laisser un indice des tours qu'il accomplit ; 3° enfin sur un compteur intermédiaire entre le moulinet et le compteur de l’appareil récepteur. Cet appareil est représenté fig. i.
- Le commutateur azimutal se 'compose d’une circonférence métallique appliquée sur le plancher A B du bâti de l’appareil et divisée en huit secteurs isolés métalliquement les uns des autres. Sur cette circonférence appuie sans cesse un frotteur à piston CD, porté par l’axe de la girouette, qui établit sans cesse, entre cet axe et les secteurs, un rapport métallique très intime. Si donc chacun de ces secteurs est relié par un fil spécial avec l’appareil récepteur de manière à être en rapport avec un même pôle de la pile et, si d’un autre côté, la cra-paudine sur laquelle pivote l’axe de la girouette est en communication directe avec l’autre pôle de cette même pile, il arrivera forcément qu’un courant se trouvera toujours fermé à travers l’un ou l’autre
- des secteurs, suivant la direction du frotteur CD, c’est-à-dire suivant la direction du vent. La fig. 2, peut donner une idée de ce commutateur : I, I, I, I sont les secteurs auxquels aboutissent les fils qui relient l’anémomètre à l’appareil récepteur; P est le frotteur à piston qui est sollicité toujours à appuyer sur la circonférence métallique par un ressort à boudin.
- Le système rhéotomique pour l’indication des tours que le moulinet accomplit suivant chaque direction du vent, est exactement semblable au commutateur précédent. C’est également un frotteur C' D', fig. i, qui, en se portant tour à tour sur l’un ou l’autre des secteurs d’une circonférence métallique divisée fixée sur le second plancher E F de l’anémomètre, permet à un courant spécial, dirigé sur le moulinet, de faire enregistrer les différents tours qu’il accomplit, sur tel ou tel compteur de l’appareil récepteur. Seulement, pour éviter le mélange des courants, le frotteur C'D', est isolé de l’axe de la girouette par un manchon de bois, et c’est un ressort R qui lui amène le courant. —
- Le moulinet anémométrique se compose de quatre ailes de moulin à vent montées sur un axe
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- horizontal GH disposé dans le même plan que la palette de la girouette ; par conséquent, il suit tous les mouvements de celle-ci et se trouve toujours orienté de manière à faire face au vent. L’axe de ce moulinet porte une roue K qui engrène avec une autre L de même diamètre, au moyen d’une chaîne; de sorte que le moulinet est dégagé de tout obstacle à l’action du vent, et son mouvement se trouve transporté sur l’axe LQ qui commande le compteur intermédiaire à l’intérieur de l’appareil. Celui-ci peut d’ailleurs être mis parfaitement à l’abri, au moyen d’un toit mobile abc fixé en b sur l’axe de la girouette.
- L’axe QL porte une vis sans fin qui engrène
- avec une roue I de soixante dents, armée sur l’une de ses faces de quatre chevilles, et sur l’autre dhm butoir de platine. A portée de ces chevilles et de ce butoir, se trouvent deux lames de ressort isolées r, r', l’une qui est en rapport avec une bague J également isolée et fixée sur l’axe de la girouette, l’autre qui communique avec le frotteur C' D'.
- Avec cette disposition, il arrive que le courant transmis à l’axe de la girouette peut se trouver complété par la rencontre des chevilles et du butoir avec les ressorti qui leur correspondent, si les secteurs de la circonférence EF et la bague J sont mis en rapport avec la pile. Or, ce courant ainsi fermé peut réagir sur des compteurs interposés
- FIG. 3.
- dans les circuits allant aux secteurs et à la bague J.
- Le circuit en rapport avec la bague J correspondra à l’appareil destiné à enregistrer la vitesse diurne du vent ; par conséquent, il ne sera traversé par le courant que tous les soixante tours du moulinet. Les huit autres circuits correspondant au système rhéotomique et aux appareils qui doivent enregistrer la vitesse du vent dans chacune de ses directions, ne seront affectés qu’isolément, suivant la direction de la girouette, et le courant les traversera tous les quinze tours du moulinet.
- Pour éviter les erreurs qui pourraient résulter des variations brusques et insignifiantes du vent, un système de palettes MM, plongeant dans une bassine circulaire remplie d’eau, a été fixé en P sur l’axe de la girouette. De cette manière, celle-ci n’est sensible qu’aux déplacements-importants des courants d’air, Cette condition de l’instrument est
- indispensable, car, sans elle, il arriverait que tel nombre de tours de moulinet accompli dans telle direction'du vent pourrait être enregistré sur un compteur n’appartenant pas à ce vent. Aussi faut-il que la dimension des plaques M M soit calculée de manière à retarder le mouvement de la girouette d’une quantité en rapport avec le temps moyen employé par le moulinet à accomplir quinze tours sur lui-même.
- Ce système anémométrique, basé sur l’emploi de l’anémomètre de Woltmann, a été avantageusement remplacé depuis parle moulinet à tasses deM. Piazzi-Smith, mais celui-ci n’était pas inventé en i852.
- Appareil récepteur. — Cet appareil se compose de quatre.systèmes parfaitement distincts les uns des autres : i° d’un système pour l’enregistrement des vents dans l’ordre de leur succession, et aveG leur durée partielle ; 2° d’un .système au moyen du
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- quel on peut voir 'immédiatement la somme totale des instants pendant lesquels chaque vent a soufflé ; 3° d’un système de compteurs pour l’enregistrement des tours accomplis par le moulinet suivant chaque direction de vent ; 40 d’un compteur pour l’indication des tours accomplis par le moulinet aux différentes heures du jour.
- Nous avons vu que l’anémomètre, par son commutateur azimutal, pouvait, suivant l’influence du vent, distribuer successivement le courant électrique dans huit circuits différents ayant un fil commun pour le retour à la pile. Il ne s’agit, par conséquent, pour obtenir des indications en rapport avec les fermetures temporaires de ces différents circuits, que d’interposer, dans les huit fils qui unissent l’anémomètre à l’appareil récepteur, un organe sensible à l’action électrique. Cet organe sensible aurait pu être une aiguille de fer agissant sur du papier recouvert de cyanure de potassium; mais pour plusieurs motifs qu’il est facile de deviner, j’ai dû choisir de préférence les électro-aimants.
- J’ai donc disposé parallèlement les uns à côté des autres, huit électro-aimants, en ayant soin d’interposer leur fil conducteur dans le circuit auquel ils devaient correspondre, et, pour relier au temps les" indications fournies par ces organes sensibles, je les ai échelonnés devant un cylindre mû d’une vitesse uniforme par un mouvement d’horlogerie. De cette manière leur armature, en s’abaissant sous l’influence du courant électrique, pouvait entraîner un crayon et faire laisser à celui-ci, sur le cylindre, nne trace d’autant plus longue que la fermeture du courant avait duré plus longtemps.
- Le cylindre, qui devient alors l’appareil récepteur proprement dit, est relié au mouvement d’horlogerie (qui n’est autre qu’une horloge ordinaire) de telle manière qu’il exécute une révolution sur lui-même en 12 heures. Mais, en même temps que s’accomplit ce mouvement, une vis sans fin, dont l’axe de ce cylindre est muni, le fait avancer d’une quantité constante, deux millimètres environ par révolution.
- On comprend aisément qu’avec cette disposition, chacun des crayons des électro-aimants appuyant constamment sur le papier dont le cylindre doit être revêtu, y décrira une hélice dont les spires seront distantes de deux millimètres les unes dés autres, et en nombre égal à celui des tours du cylindre, c’est-à-dire à celui des demi-journées pendant lesquelles aura duré le mouvement. De plus, comme on peut tracer à l’avance, à la surface du cylindre et parallèlement à son axe, douze droites équidistantes, on connaîtra à quelle heure de la journée correspond, une impression donnée des crayons, par la seule inspection de l’espace où elle se trouve marquée. Des divisions intermédiaires donneraient encore plus d’exactitude à l’observation. Ainsi, suivant que le courant circule plus ou moins
- longtemps dans tel ou tel électro-aimant, un trait est laissé sur le cylindre, et la longueur de ce trait, ainsi que sa position, indique non seulement la durée et la nature du vent qui a agi sur le commutateur, mais encore le moment de la journée où il a soufflé.
- Dans la figure 3, qui représente ce récepteur vu en plan, les armatures des huit électro-aimants sont figurées en 0,0, o; elles sont ù bascule et disposées au-dessus du cylindre récepteur T, de manière à ce que les crayons le touchent selon sa génératrice dans le plan vertical, comme 011 peut le voir*-dans la figure 4 qui représente l’un de ces électro-aimants vu de profil.
- Le cylindre récepteur est figuré en T, fig. 3 ; il est traversé par un axe de fer terminé par un roue B, qui le relie au mouvement de l’horloge M. Cet axe pivote d'un côté sur un coussinet, de l’autre sur un trou taraudé dans lequel est engagée la vis sans fin Y, qui sert au mouvement de translation.
- Calculateurs, — Au moyen du système précédent, ou peut suivre en quelque sorte la marche du vent, heure par heure, minute par minute; mais pour les récapitulations mensuelles, si nécessaires pour le calcul des moyennes météorologiques, un tel mode de notation entraîne tant de travail, à cause des variations du vent, qu’on serait bien vite découragé, si, à l’aide de compteurs spéciaux, cette récapitulation n’était faite elle-même par l’instrument. Aussi, le mécanisme que nous allons décrire peut-il être regardé comme un complément du premier, bien qu’on puisse, néanmoins, en faire un appareil tout à fait indépendant. Cette partie de l’appareil récepteur n’a pas d’autre mécanisme transmetteur que celui qui agit sur les électro-aimants portant les crayons. Il est complètement lié aux mouvements de ceux-ci, bien qu’il forme sur l’appareil récepteur un mécanisme indépendant N P Q R.
- Ce mécanisme consiste dans un arbre horizontal X sur lequel sont montées huit roues d’angle dont l’écartement représente exactement l’intervalle qui sépare les électro-aimants les uns des autres. Cet arbre est placé à l’opposite du cylindre récepteur et parallèlement à lui, c’est-à-dire derrière les électro-aimants. Il reçoit son mouvement de rotation de l’horloge, par l’intermédiaire d’une chaine de Vaucanson, dont les roues sont tellement disposées et combinées, qu’il accomplit un tour sur lui-même toutes les deux heures. Au-dessus de ces roues d’angle et s’engrenant avec elles à angle droit, se trouvent huit autres roues d’angle horizontales a fig. 4, d’un diamètre deux fois plus petit, Pt dont l’axe creux pivote sur une platine fixée au bâti du mécanisme. Ces roues, qui font un tour en une heure, sont toutes constamment engrenées et marchent avec l’horloge.
- A une certaine hauteur, au-dessus de chacune de
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- ces roues que nous appellerons roues motrices, est disposée une minuterie de pendule dont le pivot de la roue des minutes (la chaussée) traverse l’axe creux de la roue motrice, ainsi que la platine qui la supporte, et vient s’appuyer au-dessous de cette platine sur une lame de ressort très flexible.
- Çette roue des minutes (la chaussée) porte au-dessous d’elle un ressort arqué, dont les extrémités sont distantes à peine d’un demi-millimètre de la surface horizontale de la roue motrice, en temps ordinaire, mais qui viennent appuyer sur elle quand le pivot de la roue des minutes se trouve abaissé sur le ressort qui lui sert de support. Alors la minuterie participe au mouvement de la roue motrice, et se trouve engrenée jusqu’à ce que la pression qui a fait abaisser le pivot de la roue des minutes ait cessé.
- Un cadran de montre et des aiguilles étant adap-
- FIG. 4
- tés à chaque minuterie, on comprend que la durée de la pression, qui a pour effet son engrène-ment, peut être facilement constatée, et que, si ces pressions sont alternatives, leur durée totale ou la somme de leurs durées partielles sera expràmée par le nombre d’heures et de minutes marqué sur le cadran.
- Pour obtenir la somme totale des persistances du vent dans une même direction, il ne s’agira donc que de faire réagir l’électro-aimant correspondant à cette direction sur celle de ces minuteries qui sera à sa portée.
- Pour cela j’ai fait l’armature de ces électro-aimants à bascule, et en l’un des points b du bras de la bascule opposé à celui qui porte le crayon, j’ai articulé une tige métallique à vis de rallonge, descendant verticalement. Cette tige est ensuite articulée à l’extrémité d’un levier basculant cd dont le bras libre va appuyer sur le pivot de l’aiguille des minutes du compteur correspondant. Ainsi disposée, l’armature de l’électro-aimant, en s’abaissant,
- soulève la tige articulée, et celle-ci, en soulevant à son tour le levier-bascule, lui fait engrener la minuterie. Tant que le courant circule dans l’électro-aimant, l’engrènement subsiste, mais aussitôt qu’il est rompu, la minuterie devient libre.
- Dans la figure 4, l’électro-aimant est indiqué eu A, son armature en E B, la tige à vis de rallonge en D, le levier à bascule en c d, la minuterie en L, les aiguilles en K, et les roues motrices en g et en a.
- Compteurs des vitesses. — Le troisième système de l’appareil récepteur comprend les compteurs en rapport avec les vitesses des différents vents (voir les fig. 5 et 3). Ils consistent dans huit électro-aimants spéciaux à une seule bobine, qui portent sur leur branche sans bobine une platine en cuivre sur laquelle sont disposées une roue à rochet de cent
- FIG. 5
- dents avec ses crochets d’encliquetage, et une autre roue à dents droites, également de cent dents, engrenant avec un pignon que porte la roue à rochet. L’armature des électro-aimants porte les cliquets d’impulsion et d’arrêt de telle manière, que chaque fois qu'elle s’abaisse elle fait sauter une dent du rochet. Deux flèches de repère sont fixées sur la platine, et les divisions sont gravées et numérotées de dix en dix sur les roues elles-mêmes. Ainsi disposés, les compteurs sont placés verticalement les uns vis-à-vis des autres au nombre de quatre de chaque côté, et rangés de' manière que les ressorts antagonistes des armatures et les vis de rappel pour le règlement de leur écart soient placés sur un bâti de cuivre commun.
- Le quatrième système, celui en rapport avec les indications de la vitesse du vent aux différentes heures de la journée, est le plus simple de tous; il consiste uniquement dans un électro-aimant faisant agir un crayon sur une partie du cylindre récepteur à lui réservée. Cet électro-aimant est placé horizontalement et transversalement à l’extrémité du
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- cylindre; conséquemment, les traits fournis par le crayon que porte son armature sont dans le sens de la génératrice de ce cylindre. Autant de fois que le moulinet de l’anémomètre aura fermé le courant en rapport avec cet électro-aimant, autant de traits seront tracés sur le cylindre, et ces traits seront distincts, puisque dans l’intervalle des fermetures du courant, le cylindre aura tourné sur lui-même. Plus le vent sera fort, plus les traits seront rapprochés, et si l’on connaît la relation qui existe entre un kilomètre et le nombre de tours du moulinet que comporte chaque fermeture du courant, il suffira de compter les traits marqués dans chaque intervalle d’une heure, pour suivre les variations diurnes de la vitesse du vent.
- Cependant comme, dans les vents un peu forts, les traits ainsi marqués sur le cylindre pourraient être tellement rapprochés qu’ils se confondraient, j’ai été obligé d’établir un compteur spécial pour les grands vents; ce compteur, d’ailleurs, permet un compte plus facile et plus prompt de tous les traits correspondant à une vitesse moindre. Cette partie de l’appareil, placée entre les branches de l’électro-aimant des vitesses, consiste dans une roue à rochet de cinquante dents que l’on distingue dans la fig. 3, sur laquelle agit un cliquet, fixé à l’armature de l’électro-aimant, et qui porte en l’un des points de sa circonférence un doigt, disposé de telle façon, qu’à chaque révolution de la roue, un petit levier coudé, portant un crayon, se trouve mis en jeu. Comme ce dernier crayon correspond au crayon des petites vitesses, on comprend que les traits laissés par lui correspondent à tous les cinquante traits laissés par l’autre crayon, et que, pour un même intervalle de traits, on peut avoir l’indication d’une vitesse cinquante fois plus grande.
- Malgré sa complication, l’appareil tel qu’il vient d’être décrit, forme un très joli meuble, qui peut servir en même temps d’horloge et même de régulateur pour des compteurs électro-chronométriques. De plus, un réveil a été ajouté à l’horloge pour prévenir, en cas d’oubli, du moment où l’on doit relever les observations. Il suffit alors de retirer la feuille de papier de dessus le cylindre, d’en remettre une autre, de noter les indications des compteurs et de remonter les mécanismes, pour remettre l’appareil en état de fournir une nouvelle série d’observations. Une pile de Daniell de dix éléments suffit pour faire marcher ce quadruple appareil.
- Dansl’anémométrographequi avaitété établiàl’Ob-servatoire, les mécanismes étaient combinés de manière à de que l’enregistrement des crayons s’effectuât pendant huit jours consécutifs, et que le relevé des indications des compteurs se fit toutes les douze heures, par exemple à neuf heures du soir et à neuf heures du matin. Mais l’on comprend facilement qu’en compliquant les mécanismes et en
- 1 augmentant les dimensions de l’appareil, on pourrait reculer aussi longtemps qu’on le voudrait les époques du relevé des observations. Cependant il vaut mieux, en général que ce relevé se fasse à des périodes de temps assez rapprochées pour empêcher les erreurs de s’accumuler.
- Bien que les données anémométriques fournies par l’appareil, tel que nous l’avons décrit, soient les plus nécessaires à connaître, il en est encore une dont on ne s’est jamais préoccupé, et qu’il serait pourtant bien important d’étudier : c’est l’inclinaison du vent aux différentes heures de la journée, et suivant sa direction. Voici un appareil que j’avais proposé dans ce but, et qui pourrait parfaitement s’adapter aux précédents. C’est une palette métallique, qui serait placée perpendiculairement au plan de la girouette, et qui serait mobile autour d’un axe horizontal sur lequel elle serait maintenue en équilibre. Cet axe, toutefois, devrait être isolé métalliquement de la girouette, et la palette elle-même ne devrait la toucher que par un appendice qui servirait de commutateur. Le vent, en soufflant, dirigerait la palette suivant son inclinaison, et l’appendice, en décrivant un arc de cercle, pourrait réagir sur trois plaques conductrices isolées, correspondant aux trois principaux azimuts de l’inclinaison du vent ; il pourrait alors établir un courant électrique à travers l’une ou l’autre d’entre elles, ou plutôt dans l’un ou l’autre des circuits auxquels appartiendraient ces plaques. Il suffirait donc de trois électro-aimants armés de crayons, pour marquer sur le cylindre récepteur les différentes inclinaisons du vent.
- Comme complément à l’anémométrographe qui vient d’être décrit, je lui ai adapté un pluviomètre anémométrique, qui donne la quantité de pluie tombée sous l’influence de chaque vent. Il consiste dans une bassine circulaire de zinc, divisée, suivant le rayon, en 8 compartiments. Un entonnoir, soudé sur l’axe de la girouette et dont le tube de déversement est situé sur le côté, reçoit la pluie par l’intermédiaire d’un pluviomètre ordinaire placé à côté de l’anémomètre, et la distribue dans l’une ou l’autre des huit cases, suivant la direction de la girouette. Connaissant le rapport de la capacité de ces compartiments avec la surface du pluviomètre, on peut facilement déterminer, par une échelle graduée que l’on plonge dans chaque case, la hauteur d’eau en millimètres, tombée sous l’influence de chaque vent en particulier.
- J’ai combiné encore plusieurs autres systèmes d’anémométrographes, qui sont décrits dans mon Exposé des applications de l'électricité, tome IV, et un traducteur électrique des courbes anémométriques, qui permet d’obtenir automatiquement la somme des durées de chaque vent dans les différentes directions en suivant le tracé de la courbe.
- Tu. du Monceu.
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- L’INFLUENCE
- DE LA
- PRESSION ET DE LA TENSION
- SUR l’action des forces physiques (Herbert Tomlinson. 15. A.)
- M. Herbert Tomlinson vient de publier sous le titre un peu vague que nous reproduisons ci-des-sus, un travail très étendu, très consciencieux sur l’influence de la pression et de la tension, ou plus généralement de la déformation, mécaniquement provoquée, sur les actions physiques des corps. Dans une première partie, d’ailleurs assez brève, l’auteur étudie à nouveau les relations de l’allongement temporaire et permanent des corps sous l’influence de la traction; en somme, c’est une sorte de vérification des lois connues de l’élasticité dans laquelle M. Tomlinson signale quelques particularités intéressantes. Cette partie du mémoire ne nous concerne donc pas. Cependant l’électricité y intervient, mais à titre accessoire et d’une façon assez incertaine : on a remarqué que la résistance à la torsion des fils de cuivre et de fer semblait temporairement diminuée par-le passage d’un fort courant électrique; de même la résistance à ,la torsion d’un fil de fer paraît diminuée quand le fil est soumis à une puissance action magnétique longitudinale. Ces deux faits sont seulement indiqués; ils sont curieux, mais ne sont pas complètement nouveaux; M. Hughes, dans ses études sur la balance d’induction, avait indiqué une relation entre l’état de torsion d’un fil et son état électrique ou magnétique; il est vrai que M. Tomlinson nous présente le phénomène sous la face inverse et qu’on en peut ainsi constater la réversibilité, ce qui est frappant. Néanmoins, comme il ne semble pas que l’expérimentateur anglais ait beaucoup approfondi ce genre de faits, de plus, comme il les signale sous une forme presque dubitative, je ne crois pas devoir m’y arrêter.
- La seconde partie du mémoire, de beaucoup la plus importante, est au contraire entièrement consacrée aux modifications électriques occasionnées par l’application de la traction ou de la compression.
- M. Tomlinson commence par la traction.
- Il rappelle que, en 1856, sir W. Thomson, étudiant les effets de la tension sur la conductibilité du cuivre et du fer, énonça ce fait que, au moins pour le fer, la résistance est augmentée par suite de la tension, temporaire ou permanente, et, de plus, qu’elle devient un peu plus forte qu’elle ne devrait l’être en tenant compte seulement du changement de forme.
- En d’autres termes, la résistance spécifique du fer serait augmentée par la traction.
- M. Tomlinson reprit le sujet en 1877 et crut trouver la confirmation du fait indiqué par Thomson. Toutefois, il rencontra de grandes difficultés à cause de la petitesse des résultats à mesurer, et aussi des variations de résistance causées par les différences de température, variations qui étaient très difficiles à éliminer.
- Il parvint à surmonter ces difficultés à l’aide de l’appareil représenté figure 1.
- Au lieu d’un fil d’épreuve on en prend deux aussi identiques que possible. Ces deux fils sont disposés l’un à côté de l’autre, de façon à former deux boucles pareilles. On les voit dans la figure en A O B, B SC. Ces fils sont placés dans une boîte cylindrique formée de deux enveloppes entre lesquelles est interposée une couche d’eau. Un thermomètre T permet de s’assurer que la température de la chambre à air ainsi enclose ne varie pas.
- Le fil qui doit supporter l’extension porte par
- FIG. I
- l’intermédiaire d’une poulie un plateau de balance sur lequel on peut poser des poids W. Dans certains cas, au lieu de poids, on emploie un vase renfermant de l’eau dont la quantité peut être augmentée ou diminuée tout doucement sans causer aucune secousse à l’ensemble. Les variations de résistance du fil tendu seront constatées directement par comparaison avec le fil étalon. A cet effet, les extrémités des deux fils sont réunies sur une vis B, les deux autres étant attachées à deux vis A et C, électriquement isolées. Les fils formeront alors deux branches d’un pont de Wheats-tone, dont les autres branches seront faites de résistances connues. On voit cette disposition dans la figure : en P est la pile formée d’un élément Leclanché à grande surface; en G est le galvanomètre qui est du type Thomson à miroir, enfin sur la table on trouve la boîte de résistance, qui se compose de bobines étalonnées et, de plus,
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- d’un fil calibré de résistance connue sur lequel court un contact mobile, c'est-à-dire d’un rhéostat du genre déjà connu. Ce fil qui avait d abord ete fait de platine-argent, fut ensuite remplacé par un fil de platine-iridium, M. Tomlinson loue beaucoup le bon calibrage du fil qui lui avait été fourni. L’appareil ainsi disposé est d’une extrême sensibilité : il a l’avantage de pouvoir être placé comme on le veut, le galvanomètre étant par exemple dans une pièce où l’observation est commode, tandis que les fils en expérience restent dans une pièce où la température est plus constante.
- Les bobines et le rhéostat ont d’abord été vérifiées avec soin ; puis on a étudié le mode d expérience ; en des matières si délicates tous les details sont importants ; certains modes de fermeture de courant ont dû être écartés comme donnant lieu à des courants thermo-électriques, etc. Il ne paraît pas utile d’insister longuement sur ces points, je les signale afin de bien marquer le soin minutieux qui a été apporté à ces recherches délicates.
- On doit observer d’abord que les déformations occasionnées dans les corps peuvent être de deux sortes, temporaires ou permanentes. Nous pouvons en effet charger par exemple un fil jusqu’à une certaine limite, en le déchargeant il reprendra sa forme; la déformation est temporaire, et correspond ’à une variation temporaire de résistance. Nous pouvons au contraire le chaiger au delà du point nommé limite d’élasticité, le fil ne reviendra plus à sa forme première, il subira un allongement permanent, et la résistance recevra une modification permanente. Ajoutons qu’une fois cet allongement acquis et le fil ayant une longueur nouvelle on pourra de nouveau le charger de poids qui, supprimés, le laisseront revenir à cette longueur, on aura ainsi de nouvelles déformations temporaires qui correspondront à des variations temporaires de la résistance. Il peut arriver qu’un poids plus élevé détermine une nouvelle variation permanente et ainsi jusqu’à ce qu’on arrive au point de rupture Ces points où l’élasticité semble passer par une limite et entrer dans une phase nouvelle, l’auteur les nomme points critiques; on n ignorait nas qu’ils existaient, mais comme nous le verrons, l’étude de M. Tomlinson les met dans un relief
- ^Avant^d’entrer dans le détail des expériences et des résultats, il faut remarquer que nous aurons à considérer la résistance à deux points de vue , nous examinerons les variations de sa valeur absolue nuis nous verrons comment ces variations sont en relation ^vec les variations de volume du corps examiné, c’est-à-dire comment se comporte la
- résistance spécifique. .
- L’auteur étudie d’abord les variations temporaires de la résistance ; on n’oubliera pas que jusqu’ici il s’agit seulement d’appliquer aux fils éprou-
- vés une-traction longitudinale dans l’appareil décrit ci-dessus. Les corps mis en expérience d’après cette méthode ont été le fer, l’acier, le platine, le maillechort, le cuivre, le platine argent, le laiton, le zinc, l’argent, l’aluminium, l’étain, le plomb ; il faut y ajouter le charbon et le nickel, mais le charbon, comme on le conçoit, ne pouvait former la boucle pendante faite avec les fils métalliques, le nickel de son côté étant fort difficile' à étirer et ne pouvant s’obtenir qu’en fils courts, pour ces deux corps la disposition du système était légèrement modifiée, son principe restant d’ailleurs le même.
- Les* résultats essentiels obtenus sont les suivants :
- « La résistance électrique absolue de tous les corps ci-dessus énumérés, à l’exception du nickel, est augmentée par un allongement temporaire ; la proportion de l’accroissement est - à peu près proportionnelle à la tension, mais pas complètement. »
- « La résistance spécifique de tous ces corps à l’exception de l’aluminium et du nickel est temporairement accrue par un allongement temporaire. Celle de l’aluminium est au contraire diminuée. »
- « Le nickel se comporte d’une façon toute spéciale, sa résistance absolue et sa résistance spécifique sont toutes les deux diminuées par une traction longitudinale, tant que celle-ci ne dépasse pas une certaine limite ; au-delà d’un certain point une traction plus puissante commence à produire un accroissement de résistance : les variations dans les deux sens sont beaucoup plus grandes avec ce métal qu’avec les autres substances mises en expérience. »
- « Dans tous-les cas, si l’on compare la variation de résistance à la variation de volume, on voit que pour une certaine déformation mécaniquement obtenue, la variation de résistance est beaucoup moins grande que pour la même déformation obtenue par un changement de température; les modifications de résistance dues aux actions caloriques ne résultent donc pas seulement du changement de longueur, mais aussi d’une action spéciale de l’agent calorique. »
- « Le charbon donne des résultats très différents, suivant les spécimens, mais dans un sens déterminé, ainsi qu’il a été dit ci-dessus. »
- Après avoir appliqué la traction longitudinale, M. Tomlinson a appliqué la traction transversale, c’est-à-dire perpendiculaire à la direction du courant. A cet effet, au lieu de fils, il prend, des petites feuilles de métal et les saisit entre deux pinces; comme dans la méthode précédente, on met dans l’appareil deux feuilles semblables : l’une est soumise à une traction exercée à l’aide d’un levier, l’autre reste libre et on mesure par comparaison.
- On n’a soumis à l’expérience que des feuilles de
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- fer, d’étain et de zinc. Le résultat est ainsi formulé.
- « La traction exercée dans une direction perpendiculaire à celle du courant produit des altérations de résistance temporaires et permanentes, de nature opposée à celles qui résultent de la traction longitudinale. »
- La compression dans un seul sens n’a été appliquée qu’au charbon; l’appareil est analogue au précédent, seulement, au lieu de tirer, le levier presse. Le résultat est le^suivant, d’après M. Tomlinson :
- « La compression dans un sens produit sur la résistance électrique un effet de nature contraire à celui que produit l’extension. »' .
- Je dois dire en passant que cette conclusion, bien que probable, me paraît formulée d’une façon un peu générale en raison du petit nombre d’expériences faites.
- Nous entrons alors dans une série d’expériences qui réclament un autre appareil. Après avoir appliqué la traction ou la compression dans divers sens isolément, M. Tomlinson s’est proposé d’appliquer la force dans tous les sens à la fois, c’est-à-dire de placer le corps en expérience dans un milieu compresseur.
- Il est intéressant.de raconter par quelles phases ont dû passer les expériences, elles donnent bien l’idée des conditions multiples et souvent difficiles à découvrir qui interviennent dans une recherche de ce genre.
- L’idée première, toute simple, est la suivante : on opérera toujours par comparaison; le fil à comprimer sera placé dans un cylindre clos où l’on pourra comprimer ou décomprimer l’air, le fil de comparaison sera placé à l’extérieur, et par exemple enroulé autour du cylindre où sera placé le fil d’expérience.
- C’est ainsi qu’opéra d’abord M. Tomlinson; l’insuccès fut complet. Les changements de température causés par la raréfaction ou la condensation de l’air masquaient complètement les effets produits sur le fil, même en laissant écouler un temps considérable : on essaya de remplir les cylindres d'eau, l’effet quoique moins marqué fut analogue, et le procédé dut être écarté.
- On adopta alors la méthode suivante.
- Les deux fils furent enroulés sur des cylindres distincts placés l’un dans l’autre, de manière que l’espace compris entre eux formât une chambre où l’on pouvait comprimer l’air.
- On commençait par disposer de la glace brisée, en couche autour du cylindre extérieur, puis on remplissait les deux cylindres avec de la glace tassée, et lorsque la température était bien égalisée, on commençait l’expérience.
- ( L’appareil ainsi monté parut d’abord donner des résultats. On fit varier la pression de 700 à /3o
- millimètres de mercure, et on constata quelques différences de résistance, peu marquées, il est vrai, et médiocrement concordantes.
- Sur ces entrefaites, on suggéra à M. Tomlinson l’idée que l’abaissement du point de fusion de la glace, en raison de la pression, pourrait bien jouer un rôle dans les résultats. En examinant de plus près, M. Tomlinson vit qu’en effet les abaissements du point de fusion fournissaient des différences de température correspondant bien avec les variations observées, ce qui tendait à confirmer la supposition. Il fallait donc écarter la glace; et de plus augmenter les pressions employées qui, trop faibles jusque-là, ne donnaient pas de résultats suffisamment marqués.
- M. Tomlinson en vint donc enfin à l’appareil
- représenté figure 2. Le cylindre est devenu un vase solide en bronze à canon, fermé par un couvercle étanche, le fil d’épreuve y est suspendu en XX aux boutons C B, et la pression s’exerce par l’intermédiaire d’eau comprimée, arrivant par le tube F; le fil de comparaison est en CD. Quant à la température, on évita les procédés artificiels en opérant l’hiver par des journées à basse température. Le fil expérimenté était en cuivre. Les expériences n’ont pas été très nombreuses, quoique reprises deux hivers consécutifs, le couvercle ayant dans les deux séries d’expériences laissé fuir l’eau lorsque la pression s’est élevée à une certaine hauteur.
- On a pu cependant constater une diminution de résistance d’environ 1160X io-12 par unité pour une augmentation de pression de i8'1' par centimètre carré.
- Une considération confirme ce résultat.
- On a observé que la résistance ne semblait pas
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- varier pendant qu’on accroissait la pression et qu’au moment où on s’arrêtait à une certaine pression, on n’observait pas de variation au moment de l’arrêt ; mais en se tenant à cet état, on voyait bientôt la résistance décroître et atteindre un minimum au bout d’environ une demi-heure. On conçoit ce qui se passe : la pression élève la température, ce qui tend à aügmenter la résistance; d’autre part elle diminue le volume du fil, ce qui tend à diminuer cette même résistance ; les deux phénomènes s’équilibrent à peu près, et la diminution n’apparaît qu’à la suite du refroidissement de l’appareil. On peut calculer l’augmentation de résistance due à l’élévation de température occasionnée par la pression, et on tr.ouve qu’elle serait de 1241 X io~12 résultat qui concorde suffisamment avec celui que nous venons de citer et qui résulte de l’expérience directe.
- Sans s’arrêter à l’évaluation numérique qui comporte quelques incertitudes, M. Tomlinson se contente d’énoncer le résultat suivant qui peut être admis comme suffisamment prouvé :
- « La pression appliquée dans toutes les directions diminue la résistance absolue et spécifique de la plupart dès métaux. »
- Après cette étude très intéressante de la pression produisant des déformations temporaires, on est naturellement amené à étudier ce qui se passe lorsque la force éxtérieure, qui, dans ce cas, sera presque uniquement la traction, est poussée jusqu’à produire des déformations permanentes.
- Une remarque générale domine toute cette série d’expériences. Les premiers essais ont montré qu’il existait entre la résistance et la tension longitudinale d’un fil une relation nécessaire, que l’une était fonction de l’autre.
- Les variations de la résistance doivent donc ré-fléter toutes les variations de l’élasticité d’un fil.
- Or, examinons le tableau suivant obtenu à l’aide d’un fil d’argent bien recuit placé dans l’appareil et chargé de poids croissant successivement de 1 ki-log.
- Charge Accroissement de résistance, mesuré en divisions
- en kilos du fil rhàostatique
- — —
- I 40
- 2 40
- 3 45
- 4 60
- 5 75
- 6 80
- 7 142 *
- 8 1S6
- 9 3 06
- K) 1436*
- II 2706
- On est immédiatement frappé de ce fait que la série croissante des résultats présente deux points singuliers où la règle de variation change subite-
- ment. Or, on savait par les études sur l’élasticité que les métaux extendus présentaient ainsi des points où, après un allongement déterminé, le module d’élasticité changeait, on supposait que chaque métal présentait probablement un de ces points; la méthode de la résistance électrique, plus sensible, montre que, pour l’argent, par exemple, il y en a deux.
- Une autre expérience pour laquelle je ne repro duis pas le tableau, afin de ne pas sortir des limites d’un résumjé, prouve que* pour le fer, il y à trois de ces points dits points critiques. L’auteur explique qué le premier de ces points a généralement échappé à l’observation directe, parce qu’il correspond à des charges faibles et peu supérieures à celles qui sont nécessaires pour obtenir la rectitude complète d’un fil; la méthode des résistances
- FIG. 3
- n’ayant pas à tenir compte de cette condition peut au contraire le manifester. Il ajoute d’ailleurs avec raison qu’on né doit pas s’attendre à pouvoir déterminer ces points avec précision pour chaque métal, attendu qu’ils dépendent de l’homogénéité de la pièce mise en expérience, laquelle n’est jamais absolue, variant d’une pièce à l’autre et d’un point à l’autre de la même pièce, en sorte que certaines parties d’un fil sont au point limite lorsque d’autres n’y sont pas encore. Il n’en est pas moins intéressant de posséder une approximation.
- Naturellement le nickel, qui se comporte d’une façon si spéciale dans tous ces essais, manifeste ces phénomènes d’une façon encore plus marquée, puisque, chez lui, la variation de la résistance va jusqu’à changer de signe.
- M. Tomlinson tire encore de ces expériences une autre conséquence curieuse ; il l’énonce de la façon suivante :
- « La proportion suivant laquelle un fil continue à s’allonger (is running down) sous l’influence d’une charge peut être très avantageusement étudiée en observant l’accroissement permanent de sa résistance.
- « Si P est la charge de rupture du fil et p la
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- charge qu’il porte actuellement, le décroissement par unité de la rapidité d’accroissement de la résistance est inversement proportionnel à P — p, en sorte que la charge de rupture d’un fil peut être calculée par l’observation de la loi de l’accroissement de résistance quand le fil s’allonge sous la charge.
- « La proportion mentionnée ci-dessus s’applique aux différents métaux. »
- Il faut dire un mot du mode de calcul résumé dans les paragraphes précédents. Voici comment opère M. Tomlinson :
- Si on nomme t213 les temps nécessaires pour accroître la résistance de quantités égales, les rapports ^seront égaux pour une'même valeur dep; ainsi prouve l’expérience.
- Soit r la valeur de ces rapports, le décroissement de la rapidité d’accroissement de la résistance sera mesuré par
- 1 1
- L___N
- 1
- h.
- ou en d’autres termes, par
- r — 1
- r
- On aurait alors, en admettant l’énoncé ci-dessus
- r — 1
- : constante.
- P — P
- Pour le cuivre les expériences amènent à trouver
- r — 1
- r (P — P)
- = o.ooo5oi
- trouvent clairement résumés dans un tableau de' courbes que nous reproduisons fig. 5.
- On voit que pour la plupart des métaux la résistance spécifique s’accroît jusqu’à un maximum, puis diminue; le fer passe au contraire par un minimum. Le nickel, toujours singulier, après un minimum très marqué et un retour très brusque, donne une courbe ascendante avec des points d'inflexion fort curieux.
- M. Tomlinson examine ensuite l’influence du martelage, de la torsion, de l’élévation de température combiuée avec ces diverses actions mécaniques. Je passerai rapidement sur ces résultats moins importants; il faut se borner. Je citerai seulement ce fait que la résistance du fer et de l’acier recuits est augmentée non temporairement, mais
- On a appliqué ce nombre et le procédé de calcul à la détermination du poids de rupture P pour un certain nombre de métaux et on l’a ensuite déterminé par expérience.
- Voici les résultats :
- P observé
- P calculé (par centim. carré)
- Cuivre.............. 2625 (moyenne). 2625
- Fer................. 3826 3825 (moyenne).
- Zinc................ 1446 1460 •—
- Platine.......... 1942 — 2021 —
- Argent........... 2191 — 2185 —
- Aluminium........... 1295 1293-
- La concordance est vraiment très remarquable.
- Autre point : Nous avons vu que, en imposant aux fils des allongements temporaires, la résistance spécifique subissait une variation qui était très généralement dans le sens de l’accroissement ; le fait n’est plus tout à fait le même lorsque l’on considère la résistance spécifique à la suite d’allongements permanents. Tous les résultats obtenus dans ce sens se
- FIG. 4
- d’une façon permanente ,par une élévation de température de ioo° centigr.
- J’insisterai davantage sur la dernière partie; il s’agit de l’altération de conductibilité électrique produite par la magnétisation. Nous sortons un peu ici des actions mécaniques proprement dites, mais le sujet n’en est que plus curieux au point de vue électrique. M. Tomlinson rappelle que sir W. Thomson, en i856, signala ce fait, que la magnétisation longitudinale accroissait la résistance électrique du fer et de l’acier, tandis qne la magnétisation transversale la diminuait.
- Le sujet avait été depuis étudié par MM. Beetz, Chwolson, et par M. Tomlinson lui-même, mais les résultats n’étant pas bien concordants, ce dernier reprit l’étude.
- L’appareil était disposé comme on le voit fig. 3. Un fil de cuivre solidement attaché en C passait à travers deux tubes de verre, entourés eux-mêmes
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- de cylindres creux en cuivre dans lesquels coulait de l’eau froide. Les deux moitiés du fil étaient ainsi dans les mêmes conditions; l’une d’elles était alors passée dans la bobine magnétisante CC plongée elle-même dans un vase à circulation d’eau B; le conducteur allant au galvanomètre G s’attachait au milieu du fil de cuivre dont une des moitiés servait de terme de comparaison pour l’autre.
- Les résultats découverts sont les suivants :
- « Les résistances électriques du fer doux, acier doux, acier trempé, nickel, cobalt, bismuth et zinc, sont toutes augmentées par la magnétisation longitudinale ; l’altération produite dans le nickel est très remarquable. »
- M. Tomlinson fait alors une distinction entre la-force magnétisante et le magnétisme induit; il établit que l'augmentation de la résistance dépend surtout de la première et que cette résistance continue de s’accroître lorsque le magnétisme induit n’augmente plus, c’est-à-dire pour parler notre langage habituel, lorsque le fer est saturé. Ce résultat se trouve représenté dans les courbes, (fig.
- 4). Bien que les courbes ne soient pas poussées très loin, on y voit clairement que la courbe d’accroissement de résistance tend à s’éloigner de l’axe des ordonnées, tandis que la courbe du magnétisme induit tend à lui devenir parallèle.
- Comme derniers résultats nous citerons les suivants :
- « La magnétisation circulaire, qui se produit quand un courant passe dans un fil de fer, n’altère pas d’une façon sensible la résistance du fil. »
- « Les eltets de la tension ou de la déformation sur l’altération de résistance due à la magnétisation dans un fil de fer ou de nickel sont de même nature que ceux qu’elles produisent sur la capacité magnétique de ces corps. »
- On voit que le travail de M. Tomlinson est, ainsi que je l’ai dit, fort étendu, très complet, et renferme une quantité considérable d’expériences faites avec le soin le plus louable, et d’après un plan méthodique.
- Si l’on peut exprimer un regret, c’est que l’auteur ait toujours pris pour sujet d’expérience des métaux mis sous forme de fil à l’aide de l’étirage ; cette opération ne peut manquer de placer les corps dans un certain état quasi-anormal; l’auteur remarque lui-même que ces fils sont toujours peu homogènes; çela ne peut surprendre, on les a amenés à
- leur forme en forçant déjà leur élasticité : 011 remarquera, par exemple, que le nickel qui ne se laisse étirer qu’avec beaucoup de difficulté, a’ pré-senté les propriétés les plus singulières ; il est permis de se demander s’il n’y a pas là quelque corrélation et on voudrait que M. Tomlinson reprît quelques-unes de ses expériences en faisant usage de tiges comparables à des fils, mais obtenues par fusion ou du moins par un autre procédé que la filière et l’étirage.
- La remarque est de médiocre importance et le mémoire n’en est pas moins d’une sérieuse valeur; il ajoute un très précieux document à la série d’études qui ont été déjà faites sur la relation qui existe entre la déformation des corps et leur état électrique; le nombre en est tel qu’il serait difficile de rappeler seulement ici celles qui ont été insérées dans ce journal; sans qu’il soit besoin de rapprocher ces travaux, il n’est pas douteux que de leur ensemble on peut conclure cette vérité générale : toute variation dans l’état électrique des corps détermine une variation dans leur forme, et réciproquement. C’est un point qui peut jeter quelque lumière sur la nature même de l’électricité; il faut bien reconnaître qu’elle se manifeste sous la forme de mouvements, puisque ces mouve-
- FIG. 5
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- ments sont d’assez grande amplitude pour amener .dans les solides des changements de volume sai-sissables et même mesurables.
- Il ne s’agit pas de tirer de là une conclusion ferme ou de hasarder l’exposé d’un théorie; mais .les expériences du genre de celles dont s’est occupé M. Tomlinson sont fort propres à suggérer des réflexions et à soulever dans l’esprit des hypothèses sur ces problèmes obscurs qui sont les questions dernières et souvent insolubles de la science. Il serait sans doute peu prudent de formuler une affirmation; mais il n’est pas inutile de remuer une idée. Il en surgit beaucoup du travail de M. Tomlinson, sans que lui-même soit sorti des limites de l’expérience pure ; ce n’est pas le moindre mérite de son mémoire.
- Frank Geraldy.
- LES BUREAUX TÉLÉPHONIQUES
- DE PARIS
- 2e article. ( Voir le n° du 26 mai.)
- Dans notre dernier article, nous avons donné une idée de l’organisation du réseau téléphonique parisien et de la manière dont il était relié aux différents bureaux centraux; aujourd’hui nous allons entrer dans plus de détails à cet égard en prenant comme exemple le bureau de l’avenue de l’Opéra, le plus important de tous, et pour plus de clarté dans notre description, nous allons suivre les fils depuis l’égout où ils se trouvent réunis en faisceau jusqu’aux commutateurs des bureaux proprement dits où ils viennent se distribuer pour constituer les circuits particuliers des différents abonnés.
- Pour rendre notre description plus claire, nous donnons dans la figure 1 qui représente la salle des rosaces du bureau de l’avenue de l’Opéra, la coupe d’une partie de la rue au point où les fils entrent dans le bureau. Ainsi on voit à droite de la figure une moitié de l’égout collecteur qui longe dans toute sa longueur l’avenue de l’Opéra sous les trottoirs, et le petit égout d’embranchement qui fait communiquer la maison n° 27 de cette rue à cet égout. Les murs de cette maison sont supposés enlevés en avant du spectateur afin de laisser voir la salle des rosaces, et au-desus de l’égout et des terres qui le recouvrent on aperçoit le trottoir de l’avenue de l’Opéra où circulent quelques promeneurs. On distingue même la devanture de la boutique qui forme l’entrée du bureau et où se trouvent exposés les appareils téléphoniques mis en vente par la Compagnie et fabri-
- qués du reste par elle. L’intérieur même de cette boutique se distingue en partie au haut de la figure et au-dessus des voûtes de la salle des rosaces, qui n’est du reste autre qu’une des caves de la maison.
- La porte que l’on distingue dans l’égout d’embranchement correspond à un regard placé sur le trottoir et donne par conséquent accès de l’extérieur dans l’égout, précisément au point où les fils entrent dans le bureau.
- Il y a, comme on le voit, deux chambres à rosaces : la première qui est en avant est affectée aux fils des abonnés directement reliés au bureau, la seconde est affectée aux fils auxiliaires qui, comme nous l’avons dit dans notre précédent article, aboutissent tous à ce bureau et s’y trouvent joints entre eux. Le tube que l’on aperçoit suspendu à la voûte du plafond de la salle est destiné à la ventilation de tout le bureau.
- Les fils qui, au nombre de 3 000, aboutissent au bureau de l’avenue de l’Opéra, sont renfermés, comme nous l’avons dit, par groupes de 14, dans des tuyaux de plomb, qui eux-mêmes constituent deux faisceaux distincts, et ces faisceaux pour pénétrer dans la maison développent les câbles qui les composent selon plusieurs lignes parallèles qui correspondent à des rangées de trous ouverts dans -une grande plaque de bronze et par lesquels passent isolément tous les câbles. A leur sortie de ces trous, ces câbles se réunissent de nouveau en deux larges faisceaux qui pénètrent par deux conduits de bois placés en haut et en bas de la salle, à l'intérieur des chambres à rosaces. Là ils se développent, et les câbles sous plomb se distribuent autour d’ouvertures circulaires pratiquées sur les quatre faces de chaque chambre et auxquelles on a donné le nom de rosaces. Etant fixé sur la face intérieure de ces chambres, chaque câble est dépouillé de sa couverture de plomb, et les fils qui s’y. trouvent renfermés sont séparés par couples de deux, formant sept lignes à deux fils qui traversent la cloison pour venir extérieurement aboutir à des serre-fils doubles fixés tout autour des rosaces. Pour distinguer facilement les fils appartenant à un même circuit, on les a recouverts de guipages d’une même couleur, mais chaque couple a une couleur différente, de sorte que chaque câble fournit 7 couples de fils de 7 couleurs différentes qu’on place toujours dans le même ordre autour de la rosace.
- Sur un cercle plus grand sont placées de petites plaques de corne sur lesquelles sont gravés les noms des abonnés, et sur un cercle plus grand encore sont d’autres étiquettes donnant les numéros de chaque câble. De chaque serre-fil part un câble à deux fils recouverts de gutta-percha qui va au bureau proprement dit et que nous allons suivre.
- Les quatre rosaces peuvent être considérées
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- comme les bases de quatre cônes, dont le sommet commun est au centre géométrique de la chambre. L’idée de la rosace est celle de faire passer tous ces fils par ce centre, de telle sorte qu’ils aient la même longueur et qu’ils puissent être interchangés. En pratique voici comment l’idée est réalisée. Les fils sont soutenus à l’intérieur de la chambre par des cercles, dont on en distingue deux sur la figure. On leur donne une longueur supplémentaire qui pend au-dessous de l’anneau, et ils montent enfin au plafond pour traverser le sol du rez-de-chaussée et arriver dans le bureau. Cette disposition a pour objet de permettre de placer dans le voisinage les uns des autres, dans le bureau, les appareils servant à faire communiquer entre eux les abonnés dont les communications sont les plus fréquentes, pour abréger les manœuvres.
- En examinant sur notre figure, par la porte restée ouverte, l’intérieur de la chambre la plus rapprochée, on voit le faisceau de fils dont nous venons de parler, qui monte verticalement pour regagner le plafond et s’enfoncer dans le conduit qui va le mener au bureau.
- Là se termine, sur la figure i, le parcours des fils, et pour continuer à suivre leur marche, nous devrons nous reporter à la figure 2 qui représente l’intérieur du bureau proprement dit.
- Dans le coin gauche de la figure, on voit les deux conduits de bois partant des deux rosaces et qui viennent amener les fils dans le conduit unique d’où ils vont sortir pour se distribuer sur les commutateurs. Ce conduit est placé sous le plancher d’un petit couloir formé par deux cloisons qui divisent le bureau en deux salles, et c’est sur ces cloisons que sont adaptés les tableaux des indicateurs et des commutateurs. Ces tableaux que l’on voit échelonnés les uns à la suite des autres sur notre gravure, sont d’ailleurs disposés de la manière indiquée dans notre précédent article, et l’on peut apercevoir à l’intérieur du couloir sur la face postérieure de la cloison de la seconde salie, les' électro-aimants qui commandent le jeu des indicateurs. Les fils passant sous le plancher du couloir dont nous venons de parler, se distribuent successivement, à mesure que l’on avance, aux commutateurs de droite et de gauche, et il n’arrive à l’extrémité du corridor que les câbles nécessaires aux deux derniers tableaux des deux bureaux.
- Bien que nous ayons décrit dans notre article du 28 décembre 1881, les indicateurs et commutateurs des bureaux téléphoniques, nous croyons devoir en parler ici plus longuement pour qu’on puisse s’en faire une idée précise.
- Quand un abonné appelle au bureau central, il faut que la téléphoniste soit prévenue de l’appel par un bruit ; il faut ensuite qu’elle sache par qui elle est demandée : c’est à ces besoins que répondent la sonnerie, qui suffit à un grand nombre de lignes,
- et l’indicateur nécessaire à chaque ligne. La sonnerie est une sonnerie électrique ordinaire qui n’a rien de • particulier et qu’on voit à gauche du premier tableau de notre dessin. L’indicateur est disposé d’une manière analogue à ceux des cadres à numéros que l’on voitdanslesinstallationsdesonneries électriques des hôtels. Le modèle qui a été adopté par la Société générale des téléphones est celui que nous représentons fig. 3. C’est, comme on le voit, un guichet G portant un numéro devant lequel est appliquée une plaque-'articulée P munie d’un contact bombé b. Cette^plaque est accrochée sur une détente électro-magnétique c adaptée à l’armature A d’un
- FIG. 3
- électro-aimant E E placé derrière les cloisons qui portent les tableaux, et c’est derrière ces tableaux, également, que viennent s’épanouir les fils des abonnés pour correspondre à leurs commutateurs respectifs, ainsi que les bobines d’induction des téléphonés des employés et tous.les fils de liaison des groupes de commutateurs entre eux et avec les commutateurs des fils des bureaux. On comprend dès lors pourquoi il faut que le passage entre les deux cloisons soit assez grand pour qu’on puisse y travailler à son aise lors de la pose des fils et des réparations. Quand l’abonné appelle, il lance un courant à travers l’électro-aimant E E, l’armature A est attirée et la plaque P tombe en mettant sa partie bombée b en contact avec une tige t qui ferme un courant local à travers la sonnerie du poste.
- Les commutateurs ou jack-knives au moyen desquels on effectue les liaisons des abonnés entre eux et avec les employés des bureaux, ont reçu pour les bureaux de Paris, la forme indiquée figure 4. Cette forme a été combinée en pré-
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- vision d’une installation qui n’a pas encore été réalisée* mais qui sera sans doute exécutée prochainement, et à cause de cela nous allons la décrire dès maintenant. C’est une pièce de cuivre composée de deux plaques isolées l’une de l’autre L, L' et qui sont mises en rapport, l’une avec la ligne de l’abonné, l’autre avec l’indicateur que nous venons de décrire, lequel est déjà en communication soit avec la terre, soit avec le fil de retour du circuit quand on emploie deux fils. Ces plaques sont munies en dessous et dans les sens de leur épaisseur de deux lames de ressort R, qui appuient en sens inverse, en temps normal, sur un contact dépendant du circuit local de l’indicateur, mais ce contact peut être coupé par une cheville d’ivoire G dont nous allons voir la disposition.
- La double plaque dont nous venons de parler est percée de deux trous A, B dont le diamètre est
- différent d’une plaque à l’autre et qui sont destinés à recevoir, pour les liaisons, les fiches représentées en F. Ces trous sont pourvus latéralement, dans l’épaisseur même des plaques, d’une petite ouverture dans laquelle est engagée une cheville d’ivoire G dont la tête dépasse dans le trou et qui, en appuyant séparément sur les ressorts R, peut les séparer de leur contact au moment où la fiche est enfoncée. Naturellement ces chevilles correspondent à des plaques et à des trous différents. Ainsi la cheville qui correspond au ressort R de la plaque antérieure se montre dans le trou de gauche, et la seconde cheville qui correspond au second ressort se montre dans la partie la plus étroite du trou de droite qui est pratiqué dans la plaque de derrière.
- On peut facilement distinguer ces dispositions dans la figure 6, qui représente chaque commutateur dédoublé, les plaques du dessous représentant celles qui sont accolées, derrière les plaques du dessus. Quand les lignes n’ont qu’un seul fil, un seul de ces^ disjoncteurs, celui de gauche, est utilisé, et il arrive qu’en établissant la communication électrique par le trou de gauche, on sépare l’annonciateur de la ligne de l’abonné. Au contraire, quand on l’établit par l’autre trou, l’annonciateur est con-
- servé, et il constitue une dérivation du circuit de l’abonné.
- Les fiches F destinées à agir sur les jack-knives sont composées de deux parties métalliques isolées l’une de l’autre et adaptées au même manche (voir figure 5). L’une d’glles C, qui correspond à un des fils du cordon flexible, est enveloppée par l’autre C', dont elle est séparée par une bague en ébo-nite, et cette autre pièce C' correspond au second fil. Quand une fiche est enfoncée dans l’un ou l’autre des trous,,le fil de l’abonné se continue à travers le cordon flexible pour regagner soit le téléphone, portatif lie l’employé du poste central, soit la ligne de l’abonné avec lequel la liaison est effectuée. Ces différentes liaisons sont indiquées, figure 6. Dans le cas où la ligne est composée de deux fils, les jack-knives agissent par les deux ressorts dis-
- •FIG. 6
- joncteurs dont il a été question, et pour peu qu’on suive les communications électriques sur la figure 6, on voit que quand les correspondants ne sont pas unis, le courant de l’abonné de gauche arrivant au jack-knife supérieur de gauche J, traverse par r l’annonciateur correspondant A, et passe de là au jack-knife inférieur J' pour atteindre par lui r', le fil de retour et revenir à la pile de l’abonné; car alors tous les ressorts des jack-knives sont en contact avec leur contact isolé. Quand, au contraire, les communications sont établies entre abonnés, comme sur la figure 6, les courants envoyés par l’abonné de gauche ne peuvent plus traverser l’annonciateur A, mais ils passent par le fil de jonction e au jack-knife supérieur J de l’abonné de droite pour regagner, après avoir traversé le téléphone de celui-ci, le jack-knife inférieur du même côté J, et par le second fil de liaison F, le jack-knife inférieur f du côté gauche, d’où ils sortent pour regagner la pile del’àbonné de gauche; et il en serait de même, mais en sens inverse, si c’eût été l’abonné de droite qui eût transmis les courants. La marche de ces courants se devine, du reste, aisément, à l’inspection de la figure.
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- FIG. 2
- LE BUREAU CENTRAL TELEPHONIQUE DE l’aVENUE DE L'OPERA, N° 27
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- ' Nous avons indiqué dans notre précédent article comment était fait le service des abonnés dans les bureaux simples, mais dans les bureaux doubles comme celui de l’avenue de l’Opéra, il est un peu plus compliqué, et nous allons en conséquence donner quelques renseignements complémentaires.
- Quand un abonné A veut parler à un abonné B il appelle d’abord, comme on l’a vu, le bureau central auquel il est directement relié, en appuyant sur son bouton d’appeL Au bureau, l’indicateur correspondant tombe et fait agir la sonnerie, la téléphoniste est prévenue; elle relève l’indicateur et sonne à son tour l’abonné, puis tous deux échangent la correspondance qui doit amener la communication des deux abonnés. Mais ici deux cas se présentent : ou le second abonné B est relié au même bureau que A, ou il est relié à un autre. Dans le premier cas, la téléphoniste prévenue appelle B, et dès quelle a reçu sa réponse elle établit la communication. Quand les deux abonnés ont fini de parler, ils doivent l’annoncer au bureau central en pressant leur bouton d’appel, ce qui a pour résultat de faire tomber la plaque de l’indicateur. Dans le second cas, l’abonné A doit demander à son bureau de le mettre en communication avec le bureau auquel est reliée la personne à laquelle il veut parler, et pour obtenir la liaison, il faut d’abord relier, comme on l’a vu, les bureaux entre eux au moyen des fils auxiliaires qui ont leurs commutateurs dans des tableaux spéciaux et dans les tableaux inférieurs des bureaux. Ces commutateurs, dans les tableaux inférieurs, n’ont qu’un seul trou et sont au nombre de 80 échelonnés les uns au-dessous des autres sur i5 rangées horizontales composées chacune de 6 plaques; les quatre premières rangées horizontales sont destinées aux lignes auxiliaires, les huit suivantes aux lignes des abonnés du même bureau éloignées du tableau en question, et les trois dernières rangées aux lignes des abonnés appartenant au bureau contigu ou bureau jumeau.
- Tous ces commutateurs sont reliés ensemble, le premier A de chaque groupe des tableaux et de cha-que rangée horizontale à tous les jack-knives de même nom A et de même situation dans les autres groupes de tableaux, de sorte que les liaisons n’ont lieu que dans la même ligne horizontale, et dans chacune, tous les commutateurs de la colonne A sont réunis métalliquement, de même que tous les commutateurs de la seconde colonne B, et ainsi de suite.
- Commençons par suivre les manœuvres qui se font pour relier les abonnés du bureau qui nous occupev Les huit rangées de jack-knives consacrées à ces communications sont numérotées de 1 à 8, et chacune correspond à un des groupes de deux tableaux. Supposons qu’un abonné du tableau 101 à X2.S appelle un abonné d’un autre groupe. La téléphoniste mettra un cordon à chevilles entre le
- jack-knife de l’abonné qui est, je suppose, le premier de la quatrième ligne et un des jack-knives du tableau inférieur de la ligne n° 3 réservée au groupe de tableaux n° 3 qui nous occupe. Ici on a mis la cheville dans le jack-knife 2 de la ligne n° 3. Cela donne à penser que le n° 1 était occupé quand la manœuvre qui nous occupe s’est faite, car il n’y a pas de raison pour faire usage du n° 2 si le n° 1 est libre.
- Si l’abonné appartient au groupe de tableaux n° i, la téléphoniste s’y rend et relie le jack-knife n° 2 tableau n° 1 par une corde à chevilles avec le jack-knife de cet abonné, non sans l’avoir au préalable appelé et avoir constaté qu’il est chez lui. On voit que, dans ce cas, au lieu d’une manœuvre simple, il y en a deux à faire pour établir la communication; il y a deux cordes à mettre en œuvre. Cette manœuvre se fait cependant en fort peu de temps si les demoiselles savent bien la place à la-quellè est dans le bureau le jack-knife de chaque abonné, ce à quoi elles arrivent très vite.
- Suivons maintenant les manœuvres qui se font pour relier un abonné du bureau où nous sommes avec un bureau jumeau. Nous avons pour ce service, comme on l’a vu plus haut, trois rangées de commutateurs qui sont désignées par 3 couleurs, rouge, vert et marron, données à des étiquettes rondes qui précèdent chaque rangée horizontale.
- Ces trois lignes répondent à un tableau de 25 numéros, qui est désigné par les 3 couleurs susdites et placé au milieu de la longueur de la cloison, pour diminuer les distances à parcourir.
- Si un abonné du second jack-knife de la quatrième ligne de tableaux (125 à i5o), demande un abonné du bureau jumeau, on met la corde à chevilles entre son jack-knife et un des jack-knives de la ligne rouge qui est la première des trois. Cela fait, la téléphoniste va au tableau à 3 couleurs et appelle le bureau jumeau par un des jack-knives qu’elle trouve libre; puis la réponse reçue, elle relie son abonné avec le bureau jumeau qui continue la manœuvre de la même manière. La troisième rangéè des jack-knives composée de 4 rangées horizontales répond comme nous l’avons dit aux lignes auxiliaires. Ces quatre lignes sont désignées par des disques de couleurs différentes, blanc, jaune, bleu et noir. Ces quatre rangées répondent à quatre tableaux de 25 numéros désignés chacun par l’une des couleurs indiquées. Les appels qui sont faits par les autres bureaux centraux arrivent à l’un de ces quatre tableaux.
- Supposons que l’un des indicateurs du tableau bleu tombe, la téléphoniste mettra sa cheville entre le jack-knife du numéro qui est tombé et un des jack-knives de la ligne marquée bleu, puis elle la reprendra au tableau dans lequel est l’abonné appelé.
- Au contraire, lès appels d’un abonné du bureau
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- qui nous occupe se transmettent par la rangée de jack-knives portant le numéro du groupe de deux tableaux auquel il appartient, comme nous l’avons expliqué pour le cas où l’appel s’adresse à un numéro du même bureau.
- Le service est fait au bureau de l’avenue de l’Opéra par trente-trois jeunes filles inégalement distribuées, il est vrai, entre les deux bureaux contigus, attendu que l’un est plus surchargé que l’autre en raison des dépêches de bourse.
- Comme on le voit, toutes ces combinaisons sont simples et pratiques, et nous doutons fort qu’on puisse faire mieux.
- Cependant nous savons que M. Berthon a résolu dernièrement d’une manière .extrêmement simple le problème de la suppression des communications à la terre des fils des abonnés pour l’indication des fins de conversations, et que son système permettra en même temps les appels directs des abonnés entre eux, résultat très important, car il évitera aux abonnés d’attendre, les appareils aux oreilles, la fin de certaines recherches de renseignements demandés par eux à leurs correspondants. Nous ne pouvons en ce moment à cause des brevets faire connaître ce système, mais nous sommes en droit de croire qu’il fournira des résultats parfaitement satisfaisants,.
- de Magneville.
- L’ÉLECTROLYSE
- DU
- CHLORURE DE SODIUM
- RECHERCHES DE MM. L. NAUDIN ET A. BIDET
- Opérée dans des conditions convenables, l’élec-trolyse du chlorure de sodium donne, d’une part, au pôle positif, du chlore gazeux, de l’autre, au pôle négatif, de l’hydrogène et de la soude caustique. Mettre en pratique cette réaction électrolytique pour la fabrication industrielle du chlore et de la soude était une idée séduisante qui s’est certainement présentée à l’esprit de plusieurs inventeurs, et M. L. Naudin, que son heureuse application de l’électrolyse à la rectification des alcools devait encourager dans cette voie, fut un des premiers à s’occuper de cette question il y a environ deux ans (*). Pour étudier le problème au point de vue de son application, M. L. Naudin a entrepris, en collaboration avec M. A. Bidet, une série d’expériences que nous allons rapporter.
- Une partie de ces expériences a eu pour but d’é-
- (>) Son premier brevet date du 9 juin 1881.
- tudier la marche de la. réaction dans un appareil construit de manière à séparer les produits formés
- aux deux pôles. Pour cela les auteurs ont fait usage de deux éprouvettes AA' (fig. 1) reliées entre elles
- 17 III
- FIG. 2 ET 3
- par un siphon à robinet S. Dans ces éprouvettes plongeaient deux électrodes P et N. Comme il était nécessaire, après chaque prise d’essai faite en
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- O et O' pour l’analyse des produits, de maintenir une même surface d’électrolyse, la tige de chaque électrode pouvait glisser à frottement doux dans les bouchons en liège fermant l’ouverture de chaque éprouvette.
- La surface totale des deux électrodes était dé 60 centimètres carrés.
- Trois éléments Daniell montés en tension fournissaient le courant.
- Quand la 'réaction est théorique, le chlore recueilli est uniquement sous forme de chlore, mais par suite de réactions secondaires, il peut se trouver à l’état d’acide hypochloreux, et en outre le chlore pur peut se présenter sous forme de chlore gazeux dégagé ou de chlore dissous.
- Dans le tableau n° i où sont consignés les résultats d’analyses poursuivies pendant une période de 18 jours, le chlore gazeux dégagé est représenté par C/g, le chlore dissous par C/3; et le chlore resté dans le chlorure non décomposé par C/na. Quant au chlore sous forme d’acide hy-perchloreux Cla,
- il ne s’est pas produit dans cette expérience.
- Tableau I
- Chlore sous ses différents états pour des dosages effectués toutes les 24 heures pendant 18 jours sur une dissolution aqueuse de chlorure de sodium èlectrolysèe.
- Chlore total initial : 27 gr. 974= 46 gr. 09 Na Cl par litre.
- Les résultats de ce tableau sont exprimés graphiquement par la fig. 2 et voici à quelles remarques ils donnent lieu :
- i° A partir du cinquième jour, la quantité de chlore en solution Cls reste constante. A partir de ce moment, en effet, l’eau étant saturée, le chlore se dégage au fur et à mesure de sa production ;
- 20 Les quantités de chlore sous tous ses états vont sans cesse en augmentant; *
- 3° Les rendements en chlore actif total sont très petits, -.vu la résistance opposée par le siphon S fermant le circuit.
- Observons en outre que les dosages de sodium exécutés à trois intervalles égaux pendant la période d’expérimentation correspondent sensiblement aux quantités théoriques. ( Voir tableau //.(
- Enfin la ligne de démarcation entre le chlore d’une part, et la soude de l’autre, s’est maintenue très nette pendant les dix-huit jours, sans qu’on ait pu constater traces d’hypo-chlorite de soude, indice certain
- qu’il n’y a pas eu mélange. Cette expérience démontre donc la possibilité de séparer, complètement le chlore de la soude.
- A un autre point de vue, les conditions dans lesquelles se sont placés MM. Naudin et Bidet, ne permettent-pas de savoir quel est le rendement in-
- Tableau II
- APRÈS CHLORE actif total par litre C/s -}- C/g Ch par litre C/g par litre Cl Na par litre SODIUM
- jours I o,oi58 0,0l58 27,9582 »
- 2 o,o3i6 o.o3i6 » 27,9424 »
- 3 o,o633 0,o633 0,0950 » 27*0107 »
- 4 .0,0950 » 27,8790 l)
- 5 0,1266 0,1266 » 27,8474 »
- 6 0 1626 0,1266 0,1266 o,o36o 27.8114 o,io35
- 7 0,1976 0,2336 0,0710 27,7764 »
- 8 0,1266 0,1070 27.7404 »
- 9 0,2686 0,1266 0,1266 0,1420 27,7054 »
- 10 0 3046 0,1780 27,6694 »
- 11 0,3396 0,1266 0,2130 27.6344 »
- 12 0,3756 0,1266 0,2490 27,5984 0,2300
- i3 0,4106 0,1266 0,2840 27,5634 »
- 14 0,4466 0,1266 0 3200 27,5274 »
- i5 0 4816 o,1266 o,355o 0,3910 27,4964 D
- l6 0,5176 0,1266 27,4564 »
- 17 0,5526 0,1266 0,4260 27,4214 »
- ié 0,5886 0,1266 0,4620 27,3854 o,368o
- APRÈS TROUVÉ CALCULÉ
- 6 jours. o,io35 0,1054
- 12 — o,23oo 0,2430
- 18 — o,368o o,38io
- dustriel qu’il est possible d’atteindre. Peut-être ce rendement serait-il assez élevé pour que dans certaines conditions de force motrice à bon marché, il y eût intérêt à se servir du courant électrique pour préparer le chlore et la soude ; mais les auteurs ne nous ont encore rien communiqué de positif à cet égard, et nous ne croyons pas, en tout cas, que le rendement soit assez notable pour permettre l’application du procédé dans les conditions ordinaires de force motrice.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- Mais il y a un autre mode d’opérer qui permettra peut-être plus aisément d’appliquer l’électrolyse à l’industrie du chlore c’est de se servir directement du liquide électrolysé pour le blanchiment des fibres textiles.
- Lorsqu’on fait agir le chlore sur ces dernières, on sait qu’il les décolore par suite d’une réaction encore mal connue qui équivaut à une oxydation de la matière organique et que le chlore se transforme rigoureusement en un composé chloré, acide chlorhydrique ou autre, généralement perdu dans les lavages . subséquents et susceptible de donner du chlore actif par l’électrolyse.
- Il était donc à présumer que l’on pourrait avec un appareil convenablement combiné -retrouver et
- '2'-V
- 1 fi11\ ^*• *• V jvvyjY+Vw}
- mettre de nouveau en circulation la presque totalité du corps oxydant mis en œuvre. On n’aurait plus ainsi à chaque opération qu’une très faible quantité d’électrolyte à dépenser, le même chlore servirait sans cesse d’intermédiaire à l’oxydation et les frais de traitement seraient par conséquent réduits.
- Pour préciser les conditions à adopter dans un traitement de ce genre MM. Naudin et Bidet ont constitué d’abord quelques expériences de laboratoire.
- En opérant l’électrolyse du chlorure de sodium sans séparer par une cloison les deux électrodes et suivant par l’analyse, ainsi qu’il a été dit plus haut, l’opération pendant 18 jours, ils ont obtenu, au
- point de vue de la composition que prend le liquide, les résultats contenus dans le tableau III et exprimés graphiquement dans la fig. 3. On voit qu’en dehors du chlore qui se dégage et dont le dégagement est représenté par une parabole, le liquide est toujours composé d’un mélange de chlore etd’hypo-chlorite, mélange très convenable pour la décoloration des tissus.
- Une seconde expérience donne maintenant une idée de ce qui se passe lorsqu’un semblable liquide se trouve en présence de matières organiques. Dans une électrolyse exécutée au moyen d’un courant aussi faible que possible, les électrodes ont été soutenues par un cadre en bois qui jouait non seulement le rôle de support, mais constituait en outre une matière organique sur laquelle le chlore était susceptible d’agir. Les résultats sont consignés dans le tableau IV et la courbe de la fig. 4.
- On voit qu’au bout de 7 jours, la réaction chi-
- mique ayant pris le dessus sur le phénomène électrolytique, tout le chlore actif avait disparu par suite de son action sur la matière organique et que le chlore inactif total était redevenu égal au chlore total initial du bain de chlorure, c’est-à-dire que si la matière organique n’eût plus été là pour détruire sans cesse les produits formés par le courant, on se fût trouvé de nouveau en présence d’un liquide susceptible de donner les mêmes résultats que le liquide primitif.
- Ces résultats montrent la possibilité d’effectuer avec une force électro-motrice faible la rotation du chlore. Quant à l’appareil adopté par M. Naudin dans ce but, il est représenté dans la fig. 5. Il se compose d’une cuve à électrolyse M fermée à sa partie supérieure. Le liquide électrolysé passe dans une autre cuve N où se trouvent les matières à décolorer. Une pompe P sert à établir la circulation du liquide et à remplacer le liquide épuisé de la
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Tableau III
- Chlore sous ses différents états pour des dosages effectués toutes les 24 heures pendant 18 jours sur une dissolution aqueuse de chlorure de sodium èlectrolysèe.
- Chlore total initial : 18 gr. 46 = 32 gr. 42 Na Cl par litre.
- APRÈS CHLORE actif total C/0 par litre Ch par litre c/g par litre CHLORE total non actif Cl Na par litre
- jours 1 0, io53 o,oi32 0,0343 0,0578 18,3547
- 2 0,1766 0,226s 0,0249 0,0701 0,0816 18,2834
- 3 0,0776 0,0490 0,0999 18,2334
- 4 0,2580 0,0975 0,0450 0,Il55 18,2020
- 5 0,2884 0,1194 o,o389 0,1291 18,1726
- 6 o,3i5s 0,3109 0,1427 0,o3i5 0,0269 0.1413 18,1445
- 7 0,1314 0,i526 18,1491
- 8 o,3o59 o,o85i 0,0574 0,1634 18,1541
- 9 o,3i58 0,0/52 0,0678 0,1733 18,1442
- 10 0,3094 o,o3o3 0,0964 0,1827 18,i5o6
- II 0,333g 0,0216 O.1209 0,1914 18,1261
- 12 o,345o 0', 0487 0,0965 0,1998 i8,ii5o
- i3 0,3664 0,0759 0,0824 0,2081 18,0936
- 14 0,3742 0,io36 0,0547 0,2159 0,2235 18,0858
- i5 o,366o 0,i3i5 0,0110 o,o38o 18,0940
- l6 0,3575 0.0887 o,23o8 18.1025
- 17 0,3487 0,0461 0,0647 0,2379 18,x113
- 18 0,3399 o.oo36 0,0914 0,2449 18,1201
- FIG. 6
- Tableau IV
- Chlore total initial : 19 gr. 24= 3i gr. 70 Na Cl par litre.
- APRÈS CHLORE total actif par litre ACIDE hypochloreux par litre CHLORE gazeux par litre CHLORE total non actif
- heures 24 1 ,o63 0,993 0,070 18,247
- m8 2,III i,56o 1,774 0,337 17,466
- 72 1,490 0,070 17,75o
- 96 1 ,o35 0,070 o,o65 18,io5
- 120 0,639 » 0,072 18,673
- 144 )) » 18,099
- 168 » 19,240
- cuve N par du liquide fraîchement électrolysé tandis que le premier reprend sa place en M. M' et M" sont des vases destinés à recueillir le chlore gazeux qui échappe à la réaction.
- La fig. 6 montre une disposition que l’on peut donner à la cuve N quand les substances à décolorer sont des écheveaux de fils.
- La disposition pratique d’une opération continue est donc fort simple à réaliser* et il est possible que dans ces conditions l’emploi de l’électricité puisse, présenter des avantages économiques. MM. Naudin et Bidet continuent leurs essais en vue cï’élucider ce dernier point et nous pourrons sans doute prochainement donner à ce sujet des détails plus précis.
- Aug. Guerout.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur les unités électriques.
- Dans une conférence faite dernièrement à l’Institution of Civil Engineers, Sir William Thomson a traité le sujet des unités électriques.
- Le conférencier a fait d’abord observer l’impossibilité de faire des progrès dans les sciences physique, tant que l’on n’a pas de méthodes pratiques pour calculer numériquement les phénomènes. Il a rappelé que les travaux de Cavendish et de Coulomb au siècle dernier, puis ceux d’Ampère, de Poisson, de Green, de Gauss et autres avaient fait faire les premiers pas à la question des unités électriques, et qu’en i858 les premières mesures pratiques et systématiques avaient été faites à l’occasion de l’essai des câbles sous-marins.
- Il a montré l’importance qu’ont eue pour les unités électriques les travaux de Gauss et Weber et ceux du Comité de l’Association .britannique qui ùon seulement établit en 1869 un système général, mais encore prit des dispositions pour l’établissement d’étalons de résistance représentant aussi près que possible io9 unités absolues. Cette unité pratique reçut ensuite le nom de ohm qui fut adopté à la suite d’un mémoire de M. Latimer Clark et Sir Charles Bright, communiqué en 1861 à l’Association britannique, et qui proposait un système complet d’unités électriques. Au Congrès International des Electriciens en 1881, le système absolu fut adopté par la France, l’Allemagne et les autres pays européens, et la nomenclature de Clark et Bright fut adoptée et étendue.
- Le principe de Gauss pour la mesure absolue du magnétisme et de l’électricité n’est qu’une extension de la méthode astronomique pour calculer
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- la masse en fonction de ce que l’on peut appeler l’unité de matière dans la gravitation universelle, et du calcul de la force d’après lequel l’unité de force est la force qui, agissant sur l’unité de masse pendant l’unité de temps, lui communique l’unité de vitesse. Dans la gravitation universelle l’unité de masse est une quantité de matière telle que si deux quantités, qui lui soient égales, sont placées à l’unité de distance, elles s’attirent avec l’unité de force.
- Là la masse est définie en fonction de la force et de l’espace; dans la définition précédente, la force était définie en fonction de la masse, de l’espace et du temps. Eliminant la masse entre ces deux expressions, on trouve qu’une force donnée est numériquement égale à la quatrième puissance de la vitesse avec laquelle une masse quelconque accomplira sa révolution autour d’une autre masse identique placée à la distance voulue pour l’attirer avec [a force considérée. Et si l’on élimine la force entre les deux expressions en question, on trouve qu’une masse dom«ée est numériquement égale au carré de la vitesse avec laquelle une particule libre doit tourner autour d’elle dans un cercle de rayon quelconque,'multiplié par ce rayon.
- Pour donner une idée des principes de la mesure scientifique, l’orateur supposa le cas idéal d’un homme qui parcourrait l’univers sans emporter ni poids, ni mesure, ni montre ou chronomètre, ni balance, mais qui n’aurait que l’ouvrage d’Everett sur les unités et les constantes, et en comprendrait parfaitement le contenu. Si ce voyageur voulait se reconstituer un système métrique semblable à celui qui existe sur la terre, ce qu’il aurait de plus simple à faire pour reconstruire son centimètre serait de chercher le nombre de longueurs d’ondes de lumière sodique contenues entre deux traits d’un réseau qu’il pourrait tracer lui-même sur une lame de verre. Une expérience démontra la praticabilité de cette méthode, sans autres appareils qu’une plaque de verre portant 25o traits de diamant parallèles, deux bougies et une mesure de longueur à divisions arbitraires, employée seulement pour mesurer le rapport entre la distance des deux bougies et la distance de chacune d’elles au réseau. On trouva que la distance de deux traits consécutifs était de 32 longueurs d’onde de lumière jaune. Sachant que cette longueur d’onde est 5 cent. 89 X 10 5 on trouva que l’espace compris entre le icr et le 25o° trait était de o cent. 4714. D’après le fabricant, il était réellement de o cent. 5, mais l’expérience avait été faite très rapidement et il n’y a aucun doute qu’avec un peu de soin on eût obtenu la valeur réelle à 1/2 0/0 près.
- Retrouver l’unité de temps serait moins facile ; le voyageur pourrait refaire la détermination de la vitesse de la lumière par la méthode de Foucault, mais on peut le supposer électricien et alors il
- pensera à v, le nombre d’unités électrostatiques contenues dans l’unité électromagnétique de quantité; il est cependant probable qu’il trouvera plus pratique de reconstruire l’unité de mercure de Siemens, ce qu’il peut faire maintenant qu’il a son centimètre et de chercher, par la méthode de l’Association britannique ou celle de Lorenz modifiée par lord Rayleigh ou par les deux, la vitesse qui mesure sa résistance en mesure absolue. Cette vitesse, d’après lord Rayleigh et M. Sidgwick, est 9413 kilomètres par seconde solaire moyenne et ce nombre lui permet de calculer en secondes solaires la valeur de l’unité de temps arbitraire qu’il a employée dans ses expériences.
- Cependant la méthode au moyen de v est trop instructive pour être laissée de côté. Un moyen très simple de déterminer v est basé sur une remarque importante du mémoire de Clark et Bright. Prenez une bouteille de Leyde ou autre condensateur de capacité modérée et mesurez-le exactement. Arrangez un dispositif pour le charger à un potentiel mesuré exactement mais faible (par exemple
- 10 C.G.S. ou environ 3 000 volts) et déchargez-le à de fréquents intervalles, par exemple dix fois par seconde, à travers un galvanomètre.
- Cela donnera un courant intermittent d’intensité moyenne connue (dans l’exemple choisi ioBCGS
- électro-statiques, ce qui équivaut à 3o’q^ C G S
- électro-magnétiques ou 3^^ ampère). La valeur
- du courant en unités électro-statiques sera donnée par le calcul, sa valeur en unités électro-magnétiques par le galvanomètre. En divisant le premier nombre par le second, on aura v en centimètres pendant l’unité de temps arbitraire employé par l’expérimentateur. L’unité de masse arbitraire dont
- 11 s’est également servi disparaît dans la formule finale.
- Il est à penser que v sera connu bientôt très exactement; pour le moment; v ne diffère probablement que de 3 0/0 de 2,9 X io10 centimètres par seconde solaire moyenne. Quand ce chiffre sera parfaitement connu, un expérimentateur, muni d’un centimètre étalon, pourra, en n’importe quel point de l’univers, régler son chronomètre à la seconde solaire moyenne, à l’aide de pures observations électro-magnétiques, sans avoir recours aux astres.
- Le reste de la conférence a été consacré à l’exposé complet du système des unités électriques, et l’orateur a proposé d’employer une unité pour la conductibilité aussi bien que pour la résistance. Il a suggéré pour cela le terme mho qui est le mot ohm retourné.
- Sir William Thomson a indiqué en terminant que d’après les vérifications de lord Rayleigh et de M. Sidgwick, on peut considérer l’unité de l’Association britannique comme égale à 0,9868 ohm et
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE•
- l'unité Siemens comme 0,9413 ohm, l’ohm étant défini io9CGS.
- Modification de la lampe Tihon et Rézard.
- Nous avons décrit dernièrement dans le numéro du 7 avril i883 de La Lumière Electrique la lampe de MM. Tihon et Rézard. Cette lampe présentait l’inconvénient de ne permettre la combustion que d’une paire de charbons et de n’éclairer que d'uii seul côté, aussi les inventeurs ont-ils cherché à éviter ces inconvénients par différentes dispositions.
- La lampe représentée par la figure 3 est un arrangement dans lequel les paires de charbons disposées en cylindre se substituent successivement les unes aux autres au fur et à mesure qu’elles sont brûlées.
- Elle se compose de deux disques isolants reliés entre eux par des entretoises disposées de manière à recevoir les réglettes à incandescence, soit direct ement, soit par l’intermédiaire des prismes réfractaires S.
- En avant de l’appareil sont des pièces A, A' porteurs des charbons Ç, C',
- C". Des ressorts maintiennent constamment les charbons contre les réglettes à incandescence jusqu’à leur complète usure.
- Le courant arrivant par les fils F se transmet aux supports porte-charbons A et A' par l’intermédiaire de deux contacts E s’appuyant chacun sur un porte-charbon et de là arrive aux charbons C, C', d’où l’arc voltaïque jaillit et produit l’incandescence de la réglette réfractaire R. Les charbons étant usés, le disque tourne dans le cas qui nous
- occupe de g de tour ; les contacts ne tournant pas
- font fonction de commutateur et le courant passe dans les charbons C", C'", qu’il allume et l’éclairage continue alors de la sorte.
- Voici comment se fait cette commutation :
- Chaque porte-charbon dessiné en X porte sur la partie qui fait charnière une petite entaille, tous les supports de ces porte-charbons portent une entaille semblable ; ces entailles ne coïncident entre elles que lorsque les porte-charbons et leur support occupent l’un par rapport à l’autre une position X' qui est celle des porte-charbons quand les charbons sont complètement brûlés; jusqu’à ce
- FIG. I ET
- moment-là les entailles ne coïncident pas. Un barillet ou un contre-poids tend à faire tourner continuellement la lampe dans un certain sens ; mais un petit butoir fixé sur le bâti fixe de la lampe et disposé de manière qu’il pénètre dans les entailles des supports et des porte-charbons se trouve buter contre ceux-ci tant que les charbons ne sont pas complètement usés ; mais lorsque cette usure est complète, les entailles se trouvent en face, le butoir n’est plus un obstacle au mouvement et il laisse alors tourner le chandelier. Celui-ci fait
- alors g>de tour; mais lorsque le premier porte-charbon de la paire suivante arrive contre ce butoir ce porte-charbon étant garni, d’un charbon neuf n’a pas son entaille en face de celle du support et il vient par conséquent heurter contre le butoir qui arrête alors le mouvement de l’appareil. Pendant
- cette opération, la paire de charbons précédente a été sortie du circuit et une nouvelle paire est venue s’y placer, et ainsi de suite jusqu’à complète usure des 8 paires de charbons placées autour du cylindre.
- Il va sans dire que l’on peut construire des appareils de ce type avec un nombre quelconque de paires de charbons.
- La commutation peut encore être simplifiée en reliant la moitié des charbons à l’axe de l’appareil qui deviendrait ainsi un des pôles de la lampe, il n’y aurait alors qu’un seul contact à frottement qui se déplacerait sur l’autre moitié des charbons isolés entre eux.
- CeS chandeliers sont pourvus d’allumeurs semblables à celui qui a été décrit dans l’article cité plus haut.
- Les figures 1 et 2 représentent un autre type destiné principalement à être placé horizontalement et par suite à rayonner de la lumière de tous côtés.
- Dans cette lampe, le principe est le même que dans les autres types, les charbons et la tringle réfractaire y sont disposés de manière à rayonner la lumière dans tous les sens; mais au lieu que le foyer lumineux se déplace au fur et à mesure de l’usure des charbons, ce foyer reste absolument fixe; pour obtenir ce résultat, la tringle réfractaire est placée dans un chariot C. Ces deux charbons, placés dans des conduits U U', forment entre eux et avec la tringle réfractaire, des angles semblables
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- à ceux qu’ils forment dans les autres types, seulement ces angles restent constants tout le temps que dure le fonctionnement.
- Deux flasques S S', placées en face l’une de l’autre, et reliées par de petites entretoises, guident le chariot porte-tringle, et supportent en même temps à leur partie supérieure un axe horizontal sur lequel sont placées trois roues, Tune placée au milieu de l’arbre entre les deux supports est creuse et contient un ressort qui tend à la faire tourner dans le sens des flèches.
- Les deux autres roues aux extrémités de l’axe, en dehors des flasques, sont à gorge, semblables entre elles et d’un diamètre plus grand que celui de la roue centrale. Ces trois roues-tournent ensemble sous l’action du ressort renfermé dans celle du milieu, trois petites chaînes métalliques très souples ou trois cordes s’enroulent sur ces roues. Les extrémités libres de ces chaînes sont reliées,
- FIG. <)2
- l’une, celle du milieu, au chariot porte-tringle en C (fig. 3), les deux autres à deux glissières placées dans les guides derrière les charbons.
- Grâce à cette disposition, les deux charbons et la tringle viennent se rencontrer en F (fig. 3) et tous les organes restent immobiles, si la lampe n’est pas en activité.
- Si, au contraire, on allume la lampe, les charbons se consument et la tringle se contracte légèrement au point de contact avec les charbons incandescents. C’est cette usure des charbons et cette légère contraction de la tringle qui permettent leur avancement sous Faction des roues et du ressort qui les commandent. Les deux grandes roues ne sont pas clavetées sur l’arbre, mais en reçoivent le mouvement par l’intermédiaire d’une lame flexible fixée sur les têtes de vis qui terminent cet arbre ; ce. sont ces lames qui actionnent les roues en appuyant sur une tige fixée en V (fia. 3), ce qui rend jusqu’à un certain point le mouvement des deux roues, et par conséquent celui des charbons indépendants l’un de l’autre. Ces deux roues pourraient aussi être remplacées par une seule placée en dedans à côté de la petite, et actionnant les deux glissières à la fois, soit avec deux chaînes, soit avec une seule, en reliant les deux glissières par une traverse à coulisse; la différence entre les
- roues des charbons ef celle du chariot porte-tringles permet de réduire à volonté l’usure de ces tringles par rapport à l’usure des charbons; dans le dessin ci-joint, cette proportion est de une partie de tringle pour trois parties de charbon.
- Enfin, en commandant chaque grande roue par un barillet spécial, on peut rendre la lampe utilisable pour les courants continus.
- L’écart entre les charbons est réglé comme dans les autres types par la baguette saillante que porte la tringle réfractaire, et aussi par le support qui relie les guides U des charbons en les laissant isolés électriquement; ce support peut être élevé ou abaissé suivant la grosseur des charbons, au moyen des tiges taraudées et des boutons de rappel qui les surmontent et qui reposent sur deux petites équerres fixées sur les flasques, deux contre-écrous se serrent au dessous de ces équerres et empêchent le support de se soulever.
- Les guides sont fixés également avec un isolant sur une armature en fer qui sert aussi à soutenir le réflecteur. Cette armature qui est généralement un cercle, n’est pas indiquée dans le dessin, parce que sa position comme sa forme dépendent de celles qu’on veut donner au réflecteur.
- Enfin, un petit système électro-magnétique permet le rallumage; il se compose d’une bobine L agissant sur une armature en fer M dont l’extrémité libre actionne un porte-charbon articulé ; ce porte-charbon placé à côté du foyer F est muni d’une came en contact continuel avec l’extrémité de l’armature. Quand celle-ci est attirée par la bobine, l’allumeur décrit un arc de cercle et son charbon s’éloigne de ceux de la lampe après les avoir allumés.
- Sur la déformation des électrodes polarisées ; par M. Gouy (*).
- « Les expériences que je vais décrire mettent en évidence un effet mécanique produit par la polarisation sur les électrodes solides, qu’on doit peut-être rapprocher de la variation de la constante capillaire du mercure, découverte par M. Lippmann. Ce phénomène consiste en une flexion que subissent les électrodes en se polarisant, lorsqu’elles sont formées d’une lame métallique mince, protégée sur une de ses faces par une couche très légère d’un vernis isolant.
- « Cette déformation a été étudiée par deux méthodes un peu,différentes, que je vais décrire en prenant pour exemple des expériences faites avec l’or et une solution saturée de sulfate de cuivre contenant un peu d'acide sulfurique.
- (!) Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 2i mai iU83.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- « i° Dans un ruban d’or laminé de omm,oi5 d’épaisseur, on découpe une bande de 2mm de largeur, terminée en pointe effilée, qui est ensuite vernie sur une de ses faces et serrée dans une pince qui laisse libre son extrémité sur une longueur de om,oô. Cette extrémité est placée verticalement et entièrement immergée dans la solution contenue dans une auge à faces parallèles ; la pointe est visée avec un microscope. Cette bande est reliée au pôle positif d’un élément Daniell; l’autre électrode est de cuivre et reliée au pôle négatif.
- « Dans ces conditions, la lame d’or est polarisée sans qu’il y ait électrolyse persistante et sans aucune bulle de gaz. La pointe occupe, dans le champ du microscope, une position déterminée. On ouvre le circuit : la pointe se déplace graduellement, en même temps que la polarisation diminue par déperdition. On le referme : la pointe revient aussitôt à sa position primitive. On ouvre le circuit et en même temps on joint les deux électrodes par un fil métallique; la pointe saute brusquement à une autre position, où elle demeure. Le sens du déplacement montre que la lame s’est courbée du côté non verni; sa valeur absolue est de omm,i et sa grandeur apparente de om,02 environ. En rétablissant le circuit comme au début, la pointe revient à sa première position, et les mêmes phénomènes peuvent être reproduits indéfiniment. Les déplacements sont subits; ils commencent au moment même où le contact s’établit et s’achèvent en moins d’une seconde, sans aucune oscillation. Si l’on introduit dans le circuit une grande résistance (iooooohms), les déplacements deviennent un peu plus lents; ils atteignent en io secondes environ les trois quarts de leur valeur.
- « 2° Dans la même feuille d’or, ou découpe un ruban large de imm,5 et long de om,6o, qui est verni sur une de ses faces, et enroulé de manière à former une hélice de 4mm de diamètre. Cette hélice est placée verticalement dans une éprouvette pleine de la solution; son extrémité inférieure est fixée au fond par un lest, et un fil d’or vient s’y joindre pour amener le courant ; son extrémité supérieure est soutenue par un fil métallique très fin et porte un petit miroir qui envoie une image sur une échelle divisée.
- « On répète avec cet appareil les mêmes expériences qu’avec le précédent, ici la flexion de la lame fait tordre ou détordre l’hélice, suivant que le côté verni est à l’extérieur ou à l’intérieur. Quand la polarisation change brusquement, on voit l’image lancée à une grande distance décrire quelques oscillations rapides et se fixer à la nouvelle position d’équilibre. Son déplacement angulaire est d’environ 5° dans les conditions précédemment décrites; il concorde bien, pour le sens et la grandeur, avec les résultats de l’expérience précédente. Mais l’introduction d’une grande résistance dans le cir-
- cuit ralentit davantage le phénomène, la surface de l’électrode étant ici bien plus grande.
- « Enfin, soit avec cet appareil, soit avec le premier, on n’a plus de déplacements brusques si l’on a fait déposer sur la feuille d’or une très petite quantité de cuivre. Dès que le cuivre est dissous, l’électrode se polarise, il se produit une déformation rapide, et l’appareil fonctionne comme auparavant. Cette expérience doit êti'e faite avec une résistance de quelques centaines d’ohms, sans quoi le dépôt galvanique causerait des déforma-tions^d’un autre genre, ‘assez rapides pour compliquer le phénomène.
- « Les déformations accompagnant la polarisation ont été constatées dans l’eau acidulée et diverses solutions avec l’or et le platine pour la polarisation positive, et avec ces métaux et l’argent, le cuivre, le laiton, le plomb et l’étain pour la polarisation négative. Elles varient, suivant les cas, de sens et de grandeur dans des limites très étendues. L’or, polarisé positivement dans l’azotate de manganèse, donne d’énormes déformations, au moins 200 fois plus grandes que celles qu’on vient d’indiquer (‘).
- « Enfin il est nécessaire de signaler des déformations d’un autre genre, qui se produisent lorsqu’il y a dépôt de métal sur l’électrode, ou attaque d’un dépôt déjà formé. Celles-ci sont graduelles, croissent jusqu’à des limites très étendues, et sont très rapides quand le circuit est peu résistant (plusieurs degrés de torsion par seconde au début, avec un élément Daniell et l’hélice en or qui a été décrite plus haut). Ces flexions sont dues évidemment à l’action mécanique des dépôts galvaniques, étudiée déjà par d’autres méthodes (2). Il est particulièrement intéressant d’examiner .comment elles se raccordent à celles que produit la polarisation seule, c’est-à-dire d’étudier la période transitoire pendant laquelle le dépôt commence à se former, ou bien achève de disparaître. »
- (!) La petite lame d’or de la première expérience est polarisée positivement pendant quelques heures dans une solution concentrée d’azotate de manganèse, au moyen d’un élément Daniell, l’autre électrode étant de platine. Au bout de ce temps, on constate que la lame, primitivement droite, s’est courbée considérablement du côté non verni. On ouvre le circuit et l’on joint les deux électrodes par un fil métallique; la lame se redresse aussitôt et s’infléchit en sens contraire.
- Le déplacement se fait en quelques secondes, il est d’environ im02 à la pointe, soit un tiers de la longueur de la lame. En répétant l’expérience plusieurs fois à court intervalle, les déformations diminuent, et l’appareil ne reprend sa sensibilité qu’après quelques heures de polarisation. Il se fait un dépôt de bioxyde de manganèse sur la lame d’or.
- (2) Bouty, Sur la contraction des dépôts galvaniques (Journal de Physique, t. X, p. 241).
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- RÉSUMÉ
- DES
- BREVETS D’INVENTION
- 152591. — PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS AUX MACHINES dynamo-électriques, par m. R.-il mather. — Paris, 12 décembre 1882. -
- La machine comporte un inducteur divisé en deux parties disposées dans la même ligne générale longitudinale que celle de l’armature placée et tournant entre ces deux parties. Une des particularités de cette machine est l’armature dont le noyau en fer est un disque plat, entaillé trans-
- ^77^777/r/S//7r/7hr/?7
- versalement à intervalles réguliers sur sa circonférence pour maintenir le fil enroulé. L’armature magnétique du disque est à angle droit par rapport à l’axe de rotation. Le nombre de mortaises périphériques du disque est proportionnel au nombre d’enroulements posés sur l’armature, deux mortaises diamétralement opposées pour chaque enroulement. La largeur de ces mortaises périphériques est égale à la distance comprise entre deux mortaises adjacentes. Les lettres b, c et d /fig. 1) désignent les trois enroulements placés sur l’armature; une extrémité de chacun de ces enroulements communique avec une des six plaques commutatrices. Dans une rotation complète d’une armature de ce genre, deux courants électrique? sont produits dans chaque enroulement, l’un positif et l’autre négatif; la durée de chacun de ces courants est légèrement moindre que la durée d’une semi-rotation de l’armature. Quand cette armature est actionnée dans un champ magnétique, les courants produits dans chaque enroulement ont une force presque fixe pendant une grande partie de chaque demi-rotation.
- Le commutateur employé avec l’armature ci-dessus est de construction particulière : le nombre de plaques périphé-
- riques du commutateur est le double du nombre des bobines de l’armature, deux pour chaque bobine, et les deux qui appartiennent à une même bobine sont diamétralement opposées l’une à l’autre sur le commutateur. Les lettres //'et h' (fig. 2) désignent les plaques du commutateur communiquant avec les extrémités des fils e} ef et appartiennent à la bobine /;; les lettres i et i* désignent les plaques du commutateur communiquant avec les extrémités des fils/et/'
- qui appartiennent à la bobine c; les lettres/ et f désignent les plaques du commutateur communiquant avec les extrémités des fils g et g' appartenant à la bobine d.
- Ces plaques de commutateur sont séparées l’une de l’autre par un intervalle, dans le but de les isoler, et elles forment ensemble l’extrémité ouverte d’un cylindre creux, construction qui permet à l’air d’avoir accès à toutes les parties, ce qui a pour effet d’empêcher réchauffement des
- fig. 3
- plaques du commutateur. Ces plaques sont supportées par un disque qui se trouve sur l’arbre de l’armature rotative b. Les extrémités des fils entrent dans le creux de l’arbre, près de l’armature et vont le long du même au commutateur; n et //' constituent les balais qui recueillent les courants et qui portent sur chaque série de plaques du commutateur, dans le cas où elles sont au nombre de six.
- L’inducteur, qui est un point capital de l’invention, con-
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- siste en deux pôles, situés sur la même ligne que l’armature qui les sépare. Chàcun des pôles est fait en deux ou plusieurs plaques de fer. Les lettres n, n* (fig. i et 3) désignent deux plaques qui sont un des pôles, et o o désignent deux autres plaques qui constituent le second pôle. Les plaques n, n' sont supportées et maintenues en communication, à l’extrémité extérieure, par des vis p, traversant la pièce au bout r du bâti de la machine, et sur les bords, par des vis s, traversant les plaques /. Les plaques o, o sont supportées et maintenues d’une manière correspondante en communication à l’extrémité extérieure par des vis/»' traversant la pièce du bâti et sur les bords par les vis traversant les plaques en cuivre.
- Le noyau de l’aimant peut être creux et avoir des nervures extérieures et être entouré de matière isolante, sur laquelle on enroule les spires de fil ou des plaques de cuivre qui sont isolées au moyen de papier interposé.
- Le procédé d’enroulement de l’armature est le suivant : des goupilles p' en métal sont enfoncées dans le noyau e'; entre ces goupilles, les fils sont enroulés comme le représente la fig. 4. Un fil métallique Z2 est enroulé latéralement autour du disque e', avec toutes ses parties d’un côté de
- l’arbre /, les extrémités + et — du fil étant l’une près de l’autre. Un autre fil V est enroulé entre les mêmes goupilles /», />', mais sur l’autre côté de l’arbre f et ses extrémités -f et — viennent ensemble presque à l’opposé de celles du fil Z2. D’autres fils sont enroulés d’une manière semblable entre les autres goupilles, jusqu’à ce que les espaces soient remplis
- 152801. — PILE HYDRO-ÉLECTRIQUE DITE : PILE RÉGÉNÉRABLE, par m. e.-j. delaurier. — Paris, i3 décembre 1882.
- Dans une caisse carrée en bois, rendue imperméable et mauvaise conductrice de l’électricité, l’inventeur en met une autre en plomb; il soude à cette caisse métallique une lame de cuivre qui sert de conducteur à l’enveloppe de plomb constituant le pôle positif; à l’intérieur de la caisse de plomb, il met un vase poreux, et, dans l’intérieur de celui-ci, une lame épaisse de zinc se prolongeant par une petite lame de cuivre ou de zinc : le zinc est le pôle négatif. Dans la caisse en plomb, l’inventeur met, proportionnellement à la grandeur, un équivalent de chlorhydrate d’ammoniaque en morceaux; pars, dessus, il met deux équivalents de sulfate de cuivre aussi en morceaux, et dans le vase poreux, deux équivalents de sel ammoniac en poudre. Il faut que la quantité d’eau ait à peu près le même poids que celui de tous les sels réunis.
- Il fait subir à cette pile plusieurs changements sans bien grande importance, mais le 29 décembre il a pris un certi-
- ficat d’addition à ce brevet, certificat dont nous allons don ner les principaux détails ;
- a est une caisse en bois, rendue imperméable et mauvaise conductrice de l’électricité; b est un couvercle pour empêcher l’évaporation du liquide; c est une caisse en plomb s’adaptant bien à l’intérieur de l’autre, elle sert de pôle positif; c' est un vase cylindrique fait d’un alliage de .six parties de plomb et d’une d’antimoine, on le place dans le vase poreux; ce vase est percé d’un grand nombre de trous pour laisser écouler, vers le vase poreux, le liquide concentré; d est un vase poreux ordinaire; e est un tuyau cylindrique en zinc qui forme le pôle négatif de la pile; il n’a pas’ besoin d’être amalgamé, mais il est percé de trous. Il se trouve complètement entouré, et à une petite distance, par deux larges surfaces de plomb; g est le pôle positif formé parla réunion des lames de cuivre soudées aux deux surfaces de plomb, et h le pôle négatif formé d’une lame de cuivre rouge soudée au zinc.
- Il place d’abord le zinc et le vase poreux, puis, dans les
- angles vides, entre le premier et la caisse en plomb, il met jusqu’au haut du sel ammoniac réduit en poudre; enfin, il ajoute de l’eau. Dans le vase cylindrique c', il place au fond, et environ jusqu’au quart de la hauteur, du chlorure de sodium. Il achève de remplir avec du sulfate de cuivre en petits cristaux. Après avoir mis ce vase dans le vase poreux, il ajoute de l’eau.
- Pour la régénération de cette pile, l’inventeur y fait passer un courant inverse ayant un peu plus de tension.
- 152602. — NOUVELLE MACHINE DYNAMO-ÉLECTRIQUE PERFECTIONNÉE, ET CERTAINS PERFECTIONNEMENTS APPLICABLES TANT
- A CETTE MACHINE QU’A TOUTES LES AUTRES, PARM. S. HALLET.
- — Paris, i3 décembre 1882.
- La machine est combinée comme suit :
- Sur un arbre A, on place un anneau B; sur cet anneau sont boulonnées les armatures formant les bobines. Les armatures émergent radialement de l’anneau.
- L’arbre A qui supporte les armatures tourne dans des coussinets en bronze ou en cuivre jaune, coussinets qui, eux-mêmes, sont fixés sur des bâtis en métal non magnétique. L’un des bâtis est séparé de la plaque de fondation par une substance isolante.
- Dans le cas d’une petite machine, un des bouts de l’arbre porte la poulie de commande et l’autre le commutateur D. Quand, au contraire, il s’agit d’une machine ouïssante ou
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- d’une machine devant à la fois servir à la galvanoplastie et à la lumière, ou encore d’une machine devant à la fois faire deux dépôts métalliques de résistance diverse, et même de l’électrolyse, alors-la poulie de commande est fixée dans le milieu de l’arbre A. Les deux commutateurs sont placés l’un à chaque extrémité de l’arbre; les supports de l’arbre sont de chaque côté de la poulie, et des balais collecteurs sont fixés sur ces bâtis. Dans le cas où la machine doit donner deux courants, les deux supports doivent être isolés.
- Dans les machines de petite dimension, le champ magnétique est constitué par les électro-aimants E; deux anneaux b servent à les soutenir. Les pièces de fer doux a sont boulonnées sur les deux anneaux b qui portent des pôles épanouis c.
- Les bobines des électro-aimants peuvent s’étendre dans toute la largeur entre les anneaux b. Les spires peuvent être enroulées d’une façon continue lorsqu’on veut obtenir un seul courant, depuis un bout jusqu’à l’autre; mais on peut aussi les diviser en deux circuits distincts, entre lesquels on place une bague d en matière isolante.
- Si, au contraire, on veut construire une machine puissante et de grande dimension, les électro-aimants sont encore placés autour des bobines, mais alors ils sont placés perpendiculairement à l’axe de l’arbre A. Des pièces formant les pôles épanouis sont placées sur les anneaux, de telle
- sorte qu’elles forment une sorte de circonférence dans laquelle tournent les bobines.
- La partie fixe du commutateur est composée d'une pièce cylindrique qui porte des fentes longitudinales; ces fentes ont une longueur correspondante aux parties qui sont occupées par les sections mobiles. Ces sections sont disposées dans l’ordre dans lequel elles doivent être ajustées avec la partie fixe du commutateur. Lorsqu’on met ensemble ces diverses parties, il faut avoir soin de placer dans la partie annulaire une bague en matière isolante Les lames doivent être suffisamment minces pour laisser un espace entre elles.
- Les fris des induits sont choisis suivant les résultats que l’on veut obtenir; on les enroule ensuite suivant les besoins; ils peuvent être disposés par séries, ou en quantité ou en tension. Les fils sont mis en relation avec les conducteurs principaux.
- Voici comment se construisent les supports des porte-balais. Le support est un cylindre de métal fixé dans le bâti par un écrou; il peut glisser dans une coulisse curviligne formant partie d’une circonférence autour de l’arbre A.
- 152607. — PERFECTIONNEMENTS AUX ACCUMULATEURS D’ÉLECTRICITÉ, par m. n. monnier. — Paris, i3 décembre 1882.
- D’une manière générale, le procédé qu’emploie M. Monnier est l’alliage, le mélange ou l’amalgame de deux métaux, dont l’un est éliminé ultérieurement de la masse, de façon à ce que le métal restant se trouve dans un état de porosité complète.
- Les métaux que l’inventeur emploie de préférence sont
- les alliages de plomb et de sodium, ou plus spécialement de plomb et de zinc.
- Il coule en plaques l’alliage de plomb et zinc; ces plaques peuvent avoir une forme quelconque, et sont soumises après la coulée au traitement suivant :
- Le zinc est préalablement enlevé de la masse des plaques par l’action d’un acide, plus particulièrement l’acide sulfurique dilué; la petite quantité qui est encore contenue dans la masse du plomb disparaît pendant la première période de formation des couples accumulateurs.
- Ces accumulateurs sont donc composés de deux ou d’un plus grand nombre de plaques, formées chacune de métal poreux, tel qu’il est indiqué plus haut, ces plaques formant alternativement les pôles positif et négatif de l’accumulateur, et étant contenues dans un vase rempli d’acide sulfurique dilué. L’accumulateur ainsi disposé est formé suivant la méthode Planté.
- 152612. — système de machine dynamo-électrique, par m. r. ventéjoul. — Paris, i3 décembre 1882.
- La machine se compose (fig. 1) :
- i° De deux inducteurs à pôles conséquents alternés, disposés aux deux extrémités des bobines induites, fixés au bâti général et laissant passer l’axe de rotation; 2°'de l’induit B, que nous décrirons plus loin; 3° d’un collecteur C; 4° de quatre frotteurs FF; 5° de l’axe et ses supports HH.
- FIG. I
- Comme l’induit est disposé d’une façon toute particulière, nous allons en faire la description (fig. 2).
- Sur un tambour en bois fixé à l’axe et dans le sens de ses générateurs, sont attachées 16 bobines b, b, dont l’âme se compose d’un tube en fer doux, fendu longitudinalement
- afin d’éviter les courants secondaires; chaque bobine se compose de 12 hélices juxtaposées. Les bouts sortants sont unis aux bouts entrants, non des hélices placées sur la même âme, mais de celles placées sur l’âme suivante. Les points de jonction de ces fils sont attachés sur les tiges- en cuivre ab} cd, ef, gh, prolongement intérieur des lames du collecteur. Chaque lame reçoit donc le courant qui passe dans chacune des hélices, c’est-à-dire 12 courants. Le plan de commutation de ces courants passe par la ligne des pôles.
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- Et comme on place deux frotteurs en dessus de ce plan et deux autres en dessous, chaque frotteur reçoit à la fois 12 courants continus.
- L’inventeur brévète une autre machine à courant continu dont l’induit est ainsi disposé :
- Douze hélices, bouts sortants liés aux bouts entrants de l’hélice suivante, sont placées sur une âme affectant la forme d’un arc de cercle. Quatre arcs ainsi disposés sont fixés par leur partie convexe sur un tambour attaché à l’arbre de rotation. Les fils de jonction des hélices sont reliés aux lames d’un collecteur. Les bobines présentant successivement leurs deux faces aux mêmes pôles, et, par suite, le courant ne changeant pas de sens dans le parcours d’une ligne neutre à l'autre, les frotteurs sont placés sur cette ligne.
- Le 18 décembre, M. Ventéjoul prit un certificat d’addition, au point de vue de la réversibilité de sa machine (fig. 3).
- Dans cette nouvelle destination, l’appareil sert comme moteur.
- O A
- FIG. 3
- Les bobines a n’ont plus qu’une hélice; reliées iesunes aux autres, bout sortant avec bout rentrant, elles sont reliées à cette jonction aux 16 lames c, c; il y a aussi quatre frotteurs d, d. L’armature b, vissée aux deux côtés des âmes, se compose d’une rondelle en fer doux ayant des prolongements e, e, c, disposés de deux en deux bobines. Ce nouvel induit A, qui entoure l’ancien, est composé comme l’était précédemment celui-ci.
- Pour la machine à inducteur cylindrique, lorsqu’on veut l’employer comme machine réversible, il faut visser aux pôles des bobines un cylindre non coupé ayant des joues à ces pôles qui devront induire des bobines à hélices multiples disposées dans l’espace laissé libre, entre l’armature extérieure et l’ancien inducteur.
- 152614. — PERFECTIONNEMENTS DANS LA FABRICATION DES CHARBONS POUR BOUGIES ÉLECTRIQUES, PÔLES, PLAQUES DE PILE ET ACCUMULATEURS, PAR M. F.-II. VARLEY. — Paris, i3 dècçinbre 1882.
- L’invention consiste principalement à convertir des fibres végétales ou autres, tissées, tressées, tordues ou feutrées ensemble, en un charbon pouvant conduire l’électricité. L’inventeur préfère saturer ces tissus fibreux ou textiles d’un hydrocarbure, et les exposer ensuite à une chaleur intense
- dans une cornue, chambre ou convertisseur fermé. II préfère en général.chauffer préalablement le convertisseur pour expulser l’air contenu et le remplacer par de l’hydrogène carburé.
- Les fibres, lorsqu’elles sont exposées à la chaleur nécessaire, deviennent conductrices de l’électricité, et, en continuant le procédé, les fibres se cimentent l’une à l’autre et forment un conducteur continu. Si on fait passer l’hydrogène carburé à travers le convertisseur, pendant que celui-ci est chauffé, le carbure contenu dans le gaz se dépose sur les fibres calcinées ou carbonisées, et aide à la cimentation. Il préfère cependant accélérer le procédé par deé immersions subséquentes dans un hydrocarbure, et, en le réchauffant, le convertir en un charbon conducteur et remplir les pores jusqu’à ce que l’on ait obtenu du charbqn de la densité spécifique voulue.
- La figure est une élévation d’un four pour quatre cornues ou chambres de carbonisation chauffées par des brûleurs à air et à gaz.
- a, a1 a2 a3 représentent des cornues; B est le tuyau d’admission destiné à remplir la chambre de vapeur ou gaz d’hydrocarbure. Le tuyau de sortie est, de préférence, plus grand que le tuyau d’admission B pour
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- laisser échapper les produits de la combustion; b, b1 b2 b3 sont des orifices du tuyau d’admission B, débouchant dans les cornues a9 aic>sa3; D représente un tuyau pour fournir du gaz au four. Il débouche dans un conduit permettant le mélange de l’air au gaz avant son ignition dans le four; F montre une porte fermant la chambre inférieure à air, et ayant un régulateur de tirage; G représente une porte qui, quand elle est fermée, enveloppe la chambre de combustion. Les chambres de combustion sont destinées à convertir les tiges, barres ou plaques droites en lin charbon conducteur.
- L’inventeur brévète, en outre, plusieurs variantes de ce four.
- 152623. — BALANCE ÉLECTRO-MÉTRIQUE, PAR M. E.-F.-F. DE BAiLLEHACiiE. — Paris, 14 décembre 1882.
- Cette balance électro-métrique permet de mesurer en grammes l’intensité d'un courant, d’exprimer par des mesures pondérables la densité, le poids et le volume d’un courant, ainsi que les variations qu’il éprouve. Cette balance sert aussi à mesurer la constance électrique des moteurs électriques.
- Toute balance peut être tranforméc facilement en balance électro-métrique. En effet, soit une balance ordinaire. Il suffit d’appliquer sous les plateaux 2 lames A, B de fer doux, et de disposer un électro avec sa bobine sous le plateau. Le fil de la bobine, à l’entrée et à la sortie, peut être fixé à des bornes de communication pour y amener le courant à vérifier. Dans le plateau B, on met des poids, pour équilibrer ou faire lâcher le contact. Comme par le passage du courant l’électro s’aimante, le fer doux du
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- plateau est attiré et on charge l'autre plateau de poids; on obtient ainsi la force électro-motrice des moteurs ou éléments à mesurer. L'attraction peut être faite soit au contact, soit à distance, suivant la sensibilité de la balance ou la force du courant à vérifier.
- Si l'on a une balance romaine, 011 n'a besoin que d'une seule amorce en fer doux que l'on fixe sous le levier, car le platea.u B n'est armé que pour équilibrer la balance à l'état de repos.
- Dans la pratique, on peut adjoindre au galvanomètre, des bobines de différentes résistances, dresser des tables comparatives, suivant les forces à mesurer.
- On peut aussi, comme effet utile, savoir quelles pertes ont subies un ou plusieurs éléments, dans une installation, par exemple, ou en ligne 011 voit si une pile est trop faible; les tables comparatives que l'on aura dressées, après des expériences multiples, indiqueront le nombre d'éléments nécessaires, pour faire fonctionner à nouveau les appareils.
- Un simple commutateur disposé sur la balance permettra à volonté d'obtenir ces résultats, et un deuxième commutateur peut servir à faire l'expérience sur plusieurs lignes ou sur plusieurs appareils.
- Camille Grollet.
- FAITS DIVERS
- Le phare de Calais va être transformé en phare électrique. Les travaux relatifs à cette transformation viennent de commencer. Le feu actuel est remplacé jusqu'à l'allumage du feu définitif par un feu provisoire, fixe, varié de quatre en quatre minutes par des éclats précédés et suivis d'éclipses. Le foyer électrique qui va être installé au sommet de la tour actuelle présentera des groupes successifs de quatre éclats blancs, l'intervalle entre deux groupes consécutifs étant triple de l'intervalle entre les éclats d'un même groupe. Sa portée lumineuse sera égale ou supérieure à dix-neuf milles.
- Le chemin de fer électrique sur les boulevards extérieurs, dont un devis vient d'être présenté au conseil municipal de Paris et au préfet de la Seine, et qui s'étendrait de la Villette à la place Moncey, comprendrait les stations suivantes : la Villette, la rue Château-Landon, la Chapelle, la rue deMau-beuge, le boulevard Magenta, le boulevard Rochechouart, le collège Rollin, la place Pigalle, la place Blanche, la place de Clichy.
- « *
- A l'Exposition internationale de Vienne, la France vient d'achever son installation. Le point central de l'Exposition française est formé par un pavillon de l'Administration des télégraphes dans lequel, outre les instruments scientifiques et les appareils actuels, sont exposés des appareils historiques précieux pour l'histoire du développement de la télégraphie.
- L'Exposition électro-technique de Kœnigsberg vient d'attirer dans cette ville une grande affluence. On y compte cent soixante trois exposants et deux cent trente quatre objets répartis en quatorze groupes de la manière suivante : appareils historiques; télégraphie; téléphonie; appareils électro-médicaux ; batteries et accumulateurs; électro-chimie; machines magnéto et dynamo-électriques; lumière électrique; moteurs; câbles, fils, paratonnerres; mesureurs électriques de l'heure; appareils électriques pour chemins de fer; appareils et ustensiles divers; mobilier décoratif en vue de l'éclairage électrique.
- L'université de Kœnigsberg, plusieurs sociétés et instituts, des Compagnies d'électricité de Berlin, Stuttgart, Nuremberg, Leipzig, Magdebourg, Hambourg, Carlsruhe, Varsovie, Paris, le chemin de fer de la Prusse orientale figurent à cette exposition où l'on trouve les systèmes d'éclairage électrique les plus divers.
- La construction d'un chemin de fer électrique est projetée dans la principauté de Schwarzbourg-Rudolstadt, en Thu-ringe.
- Ce chemin irait de Schwarza aux villes de Blankenbourg et de P.udolstadt.
- La Society of Arts de Londres décernera cette année son prix de deux mille cinq cents francs au meilleur ouvrage sur l'emploi de l'électricité comme force motrice. Les concurrents devront principalement étudier les résultats déjà obtenus et donner des chiffres démontrés par l'expérience.
- La vitesse des trains sur le chemin de fer électrique qui reliera le Prater à la Rotonde pendant l'Exposition internationale d'électricité de Vienne sera de vingt à trente kilomètres à l'heure.
- U11 terrible ouragan s'est déchaîné le 9 mai sur Fairfield, et a renversé sa tour éjectrique en démolissant complètement sa base. C'était une tour Elgin* haute de 53 mètres et qui portait six lampes Brush de 2000 candies chacune. Les lampes sont entièrement brisées. La tour est tombée en travers des fils télégraphiques de la Western Union Telegraph Company et a arraché la ligne sur une longueur de quatre à cinq cents mètres.
- Éclairage électrique.
- Une installation de lampes Laue-Fox vient d'être faite à Aberdeen dans les magasins Duncan, Union Street. On se sert d'accumulateurs Sellon-Volckmar.
- A Birmingham, les Aston Lower Grounds vont être éclairés avec des lumières Jablochkoff.
- Le vaisseau de guerre autrichien Custozza a reçu une installation d’essai de cent trente lampes a incandescence
- A Vienne, une grande chapellerie, située dans la Maria-
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- hilferstrasse, est éclairée avec des lampes Maxim, alimentées par des machines Schuckert.
- Le salon de lecture de la Chambre des Députés, à Berlin, est éclairé à l’électricité. Les vingt-deux becs de gaz et les huit lampes à pétrole ont été remplacés par trente et une lampes Edison.
- L’exposition d’hygiène qui vient de s’ouvrir à Berlin est éclairée avec des lampes Edison et Siemens et Halske.
- Des expériences d’cclairage avec des lampes à incandescence viennent d’être faites sur la scène du grand Opéra à Vienne. Deux cents accumulateurs Sellon-Volckmar ont alimenté douze cent trente-six lampes, dont la lumière a ôté essayée alternativement sur les costumes des acteurs et les décors qui ont été changés à plusieurs reprises.
- A Tcmesvar, en Hongrie, la municipalité vient de passer un contrat pour l’éclairage de la ville à l’électricité pendant une période de vingt-cinq ans à dater du icr septembre prochain. L’homologation ministérielle a été accordée.
- La municipalité de Temesvar s’engage à payer vingt-quatre mille cinq cents florins par an, pour cinq cent quatre-vingt lampes à incandescence d’urtc puissance de seize bougies.
- En Hongrie, la ville de Waitzen va être éclairée à l'électricité.
- A Naumbourg, en Saxe, s’est formé un syndicat pour l’établissement de l’éclairage électrique dans les rues.
- L’éclairage électrique a été adopté dans plusieurs maisons et fabriques de Nuremberg. Parmi les installations faites par M. Schuckert, on remarque celles de la fabrique de jouets Nenimert, des magasins de draperie Kann, de l’horlogerie Bleibinhaus, des magasins de lainage Sonlhelm.
- Des essais d’application de l’éclairage électrique aux opérations militaires viennent d’être faits à Nuremberg par la maison Schuckert. On s’est servi d’un réflecteur Fresnel et d’une lampe Schuckert alimentés par un courant d’environ quarante ampères. La lampe placée sur le toit de la fabrique envoyait ses rayons jusqu’à une habitation située à une distance de trois kilomètres trois quarts. La surface éclairée avait environ quatre-vingts mètres de diamètre et la lumière, qui permettait de lire les plus petits caractères, avait une force de deux mille bougies normales.
- A Zurich, la gare du chemin de fer est éclairée avec des foyers Brush et des lampes Picttc et Krizik.
- A Stuttgart, la fabrique de papiers peints Lell est éclairée avec des lampes Swan. On se sert de machines dynamo Fein.
- La lumière électrique a joué un grand rôle dans les décorations nocturnes de Moscou à l’occasion du couronnement du tsar. Pendant les quatre nuits principales de la fête, le Kremlin a été illuminé de la façon la plus resplendissante par l’énorme quantité de 4000 foyers à incandescence de Swan et 120 lumières à arc. La municipalité de Moscou avait voté 3ooooo francs pour ces illuminations colossales et pour celles qui ont eu lieu dans d’autres parties de la ville,
- notamment au Grand Hôtel, au Square Rouge et sur la place Sokolnikifaree.
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- On vient d’achever à Milan l’usine ou station centrale d’éclairage électrique, créée sur le modèle de celle dé Pearl-Street à New-York par une association ou syndicat que dirige M. Colombo. Pour les premiers essais, l’installation n’est que de trois mille six cents lampes. Les machines dynamo sont placées dans les sous-sols afin d’éviter des secousses.
- Il y a quatre grandes machines Edisoi\ de cent cinquante chevaux de force chacune, et des moteurs à vapeur Porter Allen, Armington et Sims. Les fils sont conduits de la station centrale à travers les rues, le long des trottoirs.
- En Italie, le génie militaire vient de faire des expériences avec un appareil photo-électrique de campagne pour éclairer les approches des places fortes. On se propose d’employer ces appareils dans les forts des Alpes.
- Téléphonie
- Nous avons annoncé dernièrement (n° du 2 juin), la substitution des fils en bronze de phosphore (bronze phosphoreux) aux fils en fer galvanisé, dans l’établissemeni du réseau téléphonique de Bradford (Yorhshire).
- Cette note contenait une légère erreur. Les fils substitués à ceux de fer galvanisé étaient non pas en bronze phosphoreux, mais en bronze silicienx. La National Téléphoné Com-pany qui a installé le réseau en question a depuis longtemps adopté ces fils pour toutes ses lignes téléphoniques aériennes.
- La Compagnie des chemins de fer de l’Ouest vient de relier au moyen du téléphone ses deux grandes gares de Paris, Saint-Lazare et Montparnasse entre elles et avec les principales administrations municipales.
- Ludwigshafen est la localité qui a reçu la première installation téléphonique publique en Bavière. Cette installation présente cette particularité qu’elle est reliée au bureau de téléphone de Mannheim.à l’aide de six conducteurs posés au-dessus du Rhin. On se sert du téléphone Paterson.
- A l’Exposition électro-technique de Kœnigsberg, une ligne téléphonique relie les bâtiments des exposants dans le parc FIora-Hufen au théâtre de la ville situé à deux kilomètres et demi. Cinq fils permettent aux visiteurs de suivre avec les téléphones les représentations de l’Opéra.
- L’édifice de l’Exposition d’hygiène à Berlin a été relié au réseau téléphonique de la capitale.
- Un pavillon spécial pour transmission de la musique par le téléphone a été disposé à l’Exposition internationale d’Amsterdam. Des conducteurs y aboutissent de quatre endroits différents,- le théâtre de la ville, le théâtre Fras-cati, le palais du Volksvlijt et une habitation située derrière la douane, où se trouvent des microphones Berliner. Dans le pavillon même de l’Exposition, quatre chambres contiennent chacune quarante téléphones.
- Le Gérant : A. Glénard.
- Paris. — Imprimerie P Mouillot, i3, quai Voltaire. — 3qt3o
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Electricité
- 5i, rue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL Administrateur-Gérant : A. GLÉNARD
- 6<> ANNÉE (TOME !X) 1 Samedi ie juin 1883 N° 24
- SOMMAIRE
- Les moteurs électriques de M. Froment; Th. du Moncel. — Nouvelle lampe à incandescence; Frank Gérai dy. —La lumière électrique au grand Opéra; C.-C. Soulages. — L’éclairage électrique au point de vue hygiénique; O. Kern. — Le système de torpilles du capitaine Mac Evoy; Aug. Guerout. — L’électricité atmosphérique; G. Le Goa-rant de Tromelin. — Revue des travaux récents en élec-' tricité : Recherches du prof. Hughes sur la cause du magnétisme. — Démonstration expérimentale de l’inégale vitesse de transmission du son à travers les gaz et les solides, par M. F. Griveaux. — Sur l’électricité produite par l’évaporation et sur l’état électrique des vapeurs dégagées pair une surface d’eau électrisée, par M L.-J. Blake. — Emploi des piles sèches comme accumulateurs d’électricité, par MM. J. Eister et H. Geitel. — Sur les observations de M. Lemstr.oem, en Laponie. — Sur la pyro-électricité du quartz, par MM. C. Friedel et J. Curie. — Sur le principe fondamental du loch électrique aujourd’hui en usage dans la flotte, par M. G. Le Goarant de Tromelin. — Eclairage électrique de l’hôpital de Lausanne. — Résumé des brevets d’invention; Camille Grollet. — Faits divers.
- LES MOTEURS ÉLECTRIQUES
- DE M. FROMENT
- Nous avons donné à plusieurs reprises dans ce journal la description et même les dessins des premiers moteurs électriques combinés successivement de i83i à 1844, on doit se le rappeler, par MM. Sal-vator dalNegro, Schulthess, Botto, Jacobi, Davidson, Patterson, Taylor, Wheatstone, Elias et Froment; mais nous n’avonsjamais décrit les différents modèles construits dans cette première période, par M. Froment qui, pourtant, s’était alors le plus occupé de cette question. Quoique dans tous les cours de physique publiés en France ce soit toujours un même modèle de ce célèbre constructeur qu’on ait donné comme spécimen de ce genre d’application de l’électricité, nous avions supposé que tous les autres devaient être connus des électriciens, et nous étions d’autant plus en droit de le croire, que tous ces modèles sont exposés dans les galeries du Conservatoire des Arts-et-Métiers. Toutefois, par les différents brevets qui ont été pris et que l’on prend encore tous les jours, nous nous sommes convaincu qu’il n’est guère que
- deux des moteurs Froment qui soient réellement connus de la plupart de ceux qui s’occupent d’électricité, et nous croyons en conséquence être agréable à nos lecteurs en leur donnant la description et les dessins de tous les modèles qui se trouvent au Conservatoire, appareils admirablement construits et qui peuvent montrer à quel point de perfection était arrivé l’art de la construction des appareils électriques de précision chez ce constructeur dans la' période de 1844 à 1848.
- Le premier moteur de M. Froment construit en 1844 et représenté figure 1 a été longtemps un type classique qui a été reproduit par un grand nombre de constructeurs, comme spécimen de moteur électrique pour les cours de physique. C’était un électro-moteur à manivelle dans lequel la force attractive communiquée à l’armature articulée sur l’électro-aimant lui-même, se trouvait transformée en mouvement circulaire au moyen d’un double levier articulé agissant sur une bielle, et par suite sur une manivelle adaptée à l’axe d’un volant un peu lourd; une excentrique adaptée à ce même axe, derrière le volant, et que pouvait rencontrer à chaque tour un ressort relié par l’intermédiaire de l’électro-aimant au circuit de la pile, constituait le commutateur, et celui-ci établissant la fermeture du circuit lorsque l’armature se trouvait à son maximum d’écartement de l’électro-aimant, provoquait de la part de celui-ci une impulsion qui faisait tourner le système jusqu’à l’entier abaissement de l’armature. En ce moment, l’excentrique échappait le ressort de contact, l’électro-aimant devenait inerte, et en raison de la vitesse acquise du volant, le mouvement était continué jusqu’à ce que l’armature fût relevée et eût échappé le point mort correspondant à la verticale ; on se trouvait donc avoir ainsi un mouvement circulaire continu comme celui que l’on obtient avec les meules à repasser des émouleurs. Cet appareil, ainsi que tous les autres moteurs de M. Froment, fait partie, comme on l’a vu, des collections du Conservatoire des Arts-et-Métiers, grâce à la générosité de son habile successeur et gendre, M. Dumoulin-Froment. La marque du catalogue est P. E. H. 5g.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Après le moteur précédent, M. Froment en combina un autre en 1845, fondé sur le principe des roues à aubes, et où la force électrique agit directement sur l’arbre moteur, sans transformation de mouvement : c’e^ï le modèle le plus connu et que l’on trouve le plus souvent dans les cabinets de physique. Nous le représentons figure 2, et son fonctionnement se devine aisément.
- Quatre électro-aimants, fixés sur un bâti en fonte, sont disposés suivant le rayon d’une roue qui est ajustée sur l’arbre moteur, et cette roue a sa circonférence munie d’un certain nombre d’armatures de fer doux. Un commutateur composé de ressorts à galets, mis en rapport avec chacun des électroaimants et placés devant des contacts de pile, est
- mis successsivement en action par l’intermédiaire de petites cames, sous l’influence de la rotation de l’arbre moteur, et fait passer successivement et alternativement le courant dans les deux couples d’électro-aimants dont l’action sur lès armatures est conspirante. Ces armatures, cédant alors à l’attraction électro-magnétique qui agit sur elles, entraînent la roue sur laquelle elles sont fixées en déterminant un mouvement de rotation continu.
- Cet électro-moteur figure sur le catalogue du Conservatoire des Arts-et-Métiers avec la marque P. E. H. 61. On l’a appliqué souvent à la manœuvre de petites pompes de cabinets de physique et pour certaines expériences de laboratoire.
- Les moteurs combinés par M. Froment, après
- ceux que nous venons de décrire, et qui datent de 1847, sont les appareils que nous représentons figures 3, 4 et 5 ; celui de la figure 3 avait été appelé par lui électro-moteur épicycloïdal à aimants mobiles ; il figure au catalogue du Conservatoire avec la marque P. E. H. 62. Il était constitué par une forte circonférence de bronze verticale, garnie intérieurement de douze armatures de fer, et au dedans de laquelle se mouvait, eu sautant d’une armature à l’autre, une couronne d’électro-aimants à deux branches en nombre égal à celui des armatures, et maintenus, suivant le rayon de la couronne, sur une sorte de moyeu emboîté à la manivelle de l’axe moteur. Cet axe pivotait sur deux forts piliers et correspondait à une roue d’engrenage que l’on aperçoit sur notre dessin en arrière de la machine.
- Un commutateur adapté sur le moyeu de l’appareil et sur lequel appuyait un frotteur mis successivement en rapport avec les différents électro-ai-
- mants, les rendait tour à tour actifs et inertes, et il en résultait, entre eux et les armatures de la circonférence de bronze, des attractions successives qui tendaient à faire courir, en tournant, tout le système électro-magnétique tout autour du bord intérieur de cette circonférence. La manivelle de l’axe moteur accomplissait par conséquent un mouvement circulaire agissant à l’extrémité d’un bras de levier dont la longueur correspondait à la différence de diamètre des cercles constitués par les électro-aimants et les armatures.
- Malgré son ingéniosité, cette disposition présentait un grand inconvénient qui donna à M. Froment l’idée de renverser les données du problème et de créer le modèle que nous représentons figure 4. Cet inconvénient était une déformation continuelle, par suite des actions attractives normales, de la circonférence de bronze qui finissait par ne plus être ronde, et empêchait, par cela même, la
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- roue intérieure de tourner régulièrement. D’un autre côté, le poids relativement considérable de la pièce mobile était un inconvénient, et en faisant en sorte que cette pièce portât les armatures, alors que la circonférence était munie des électro-aimants, on résolvait le même problème dans des conditions infiniment meilleures, car les électro-aimants pouvaient être fortement emboîtés dans une double cage circulaire AB solidement arc-boutée par eux, et ils pouvaient être disposés en couronne tout autour de la roue portant les armatures. Or, c’est ce même modèle qui avait été combiné par M. Wheatstone dès l’année 1841 et qui fut remis à l’ordre du jour en i855, par M. Marié Davy.
- Pensant que l’effort exercé entre le système fixe
- FIG. 3
- et le système mobile, dans son moteur à mouvement direct, pourrait être réparti avantageusement entre les deux systèmes en les mettant tous les deux en mouvement et en combinant ensuite ces deux mouvements en un seul, au moyen d’un engrenage, M. Froment construisit en 1848 le moteur que nous représentons figure 6, qui porte la marque P. E. H. 65 au catalogue du Conservatoire, et qu’il a appelé l'électro-moteur triangulaire. Cette disposition lui' a permis de réagir sur trois systèmes de tambours à armatures avec un seul système d’électro-aimants mobiles.
- Dans ce système, les électro-aimants au nombre de trois ou de six sont fixés rectangulairement autour d’un axe vertical mobile sur pointes, et tournent au centre du bâti triangulaire aux angles du-
- quel pivotent les axes de trois tambours verticaux munis de trois armatures chacun.
- Ces axes se terminent inférieurement par des roues dentées qui engrènent avec une roue centrale adaptée à l’axe du système électro-magnétique, et un commutateur analogue à ceux dont nous avons déjà parlé est monté à la partie supérieure de ce dernier axe.
- Quand les électro-aimants se trouvent à portée
- FIG. 4
- des armatures des tambours mobiles, ces organes s’attirent mutuellement en donnant une impulsion aux systèmes dont ils font partie, et chacun de ces systèmes est mis en mouvement; mais comme de cette impulsion résulte une nouvelle action effectuée par les électro-aimants qui suivent, le mouvement
- FIG. 5
- se continue de part et d’autre, et les effets s’additionnent sur l’axe central par l’action combinée des engrenages ; de sorte que le commutateur n’a d’autre action à remplir que d’établir le courant à travers les électro-aimants au moment où ils sont près des armatures correspondantes des tambours les plus voisins, et de l’interrompre une fois que les pièces sont arrivées dans le voisinage de leur point de tangence.
- La figure 5 qui représente vue en plan une machine de ce genre à six électro-aimants et à six
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- armatures par tambour, peut donner une idée très nette de cette combinaison qui, du reste, n’a pas donné de résultats supérieurs aux autres moteurs du même genre à simple effet^
- La même année, en 1848, M. Froment combina encore plusieurs moteurs que nous représentons figures 7 et 8, dont un a été nommé par son auteur électro-moteur à coins et porte la marque P. E. H. 64 du catalogue du Conservatoire. Dans ce moteur muni de 4 électro-aimants fixes opposés deux par deux et légèrement inclinés l’un par rapport à l’autre dans le plan horizontal, les armatures ont la forme de coins allongés, et sont maintenues verticalement par des rainures qui leur servent de guide dans les mouvements ascensionnels qu’ils accom-
- plissent. Ils sont soutenus chacun par une bielle adaptée à une manivelle terminant l’axe moteur, lequel axe est pourvu d’un volant et de pièces excentriques servant de commutateur. Naturellement ces deux coins sont disposés l’un par rapport à l’autre de manière que lorsque l’action de l’un commence, l’action de l’autre cesse, et réciproquement.
- Quand l’un des coins est au point supérieur de sa course, les deux faces de sa partie aiguë ont leur maximum d’écartement des pôles magnétiques, et c’est à ce moment que le courant anime les électro-aimants; ceux-ci tendent donc à abaisser ces coins jusqu’à ce que leur partie la plus épaisse soit arrivée sur leur ligne axiale, alors le courant est interrompu dans les électro-aimants précédents et
- FIG. 6
- renvoyé par le commutateur dans l’autre système, disposé en ce moment comme l’était celui dont il vient d’être question, et qui continue son action. Dans ce cas l’effet attractif est tangentiel et provient à la fois d’une attraction latérale et d’une action directrice; toutefois aucun avantage particulier n’a été produit par ce système.
- Enfin, nous représentons (fîg. 8), le grand moteur à mouvement de rotation direct que M. Froment avait construit pour faire marcher dans ses ateliers ses machines à diviser. Tous les électro-aimant^ étaient fixés verticalement les uns au-dessous des autres sur six montants en fonte formant les arêtes d’un prisme hexagonal très solidement établi. Au centre de cette espèce de carcasse cylindrique, hérissée d’électro-aimants, se trouvait établi l’arbre moteur portant sur toute sa hauteur une ou plusieurs séries d’armatures verticales placées dans
- FIG. 7
- le prolongement les unes des autres et disposées de manière à correspondre à chacune des paires de bobines. Cette arbre se terminait supérieurement par une roue d’angle qui, par l’intermédiaire d’une autre roue d’angle de même diamètre, faisait fonctionner le commutateur que l’on voit à gauche de la figure, et un système d’engrenage destiné à diminuer la vitesse du mouvement de la machine, lequel mouvement se trouvait ensuite transmis à ses machines à diviser par l’intermédiaire de la poulie que l’on distingue à droite de la figure.
- Le commutateur était constitué par une série de doubles galets rayonnant autour de l’axe moteur et appuyant sur des plaques alternativement isolantes et conductrices mises en rapport avec les divers systèmes d’électro-aimants.
- On a prétendu que ce moteur avait la force des ~ d’un cheval-vapeur, mais M, Froment a sou-
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- vent dit que cette force était bien inférieure à ce chiffre, malgré la transformation qu’il fit subir à ce moteur en 1862.
- Tels sont les moteurs de M. Froment qui avaient été regardés longtemps comme les plus perfectionnés et qui ont coûté beaucoup de temps et d’argent à leur auteur. Toutefois, celui-ci ne s’était jamais fait de grandes illusions sur ce genre d’application de l’électricité, et je l’ai souvent entendu désespérer de l’avenir qui lui était ré-servé. Certainement, les combinaisons mécaniques les plus ingénieuses avaient été alors épuisées sur ce genre de machines, mais les effets physiques enjeu n’étaient pas encore parfaitement connus, et ce n’est que dernièrement que la question, en prenant une toute autre direction, a pu faire entrevoir quelques résultats favorables.
- Dans l’exposé que nous venons de faire des moteurs de M. Froment, nous n’avons considéré que les modèles les plus ingénieux et les plus remarquables (sous le rapport du lini de l’exécution) qu’il avait construits, mais il en est une foule d’autres __ _ qu’il avait combinés " ~~
- et dont on a retrou- fig. s
- vé les débris dans
- les greniers de son établissement après sa mort.
- Parmi ceux-ci, il y en avait qui avaient des armatures composées de lames de fer juxtaposées les unes contre les autres et isolées magnétiquement entre elles. Ces armatures, réinventées plus tard et appliquées par MM. Chutaux et Camacho à leurs électro-moteurs, furent même l’occasion d’un procès entre ces deux inventeurs qui fut jugé en faveur du premier. Elles présentaient évidemment quelques avantages, et nous sommes étonné qu’elles n’aient
- pas été plus employées dans les moteurs à courants discontinus. Avec elles, en effet, les alternatives d’aimantation et de désaimantation étaient plus promptes et les effets du magnétisme rémanent et condensé beaucoup moins énergiques. Dans les électro-moteurs où les armatures se présentent de côté, comme dans celui de la figure 2, la disposition des armatures dont nous parlons présente encore un avantage qui a été souvent reconnu par M. Camacho, c’est de permettre des attractions successives d’une lame à l’autre, effets qui accroissent dans une assez grande proportion la force directrice des électro-aimants, c’est-à-dire la force qui tend à faire coïncider la ligne médiane des armatures avec la ligne axiale des électro-aimants. Nous ignorons pourquoi M. Froment n’a pas donné suite à son idée qui n’est restée, comme on le voit, qu’à l’état d’ébauche. Il est probable que, désespérant de l’avenir des moteurs et ayant dépensé plus de 40 000 francs en essais infructueux, il n’a pas jugé utile de continuer. D’ailleurs les travaux si nombreux et si importants qu’il dut entreprendre pour l’administration des lignes télégraphiques dans le but de rendre pratiques les télégraphes de Hughes et de Caselli ne lui laissèrent pas le loisir de s’occuper plus longtemps des électro-moteurs, et nous ne voyons pas qu’il ait produit de nouveaux modèles au-delà de l’année 1862.
- Du reste, jamais constructeur n’étudia plus sérieusement les questions se rattachant à son art ; ses recherches sur les électro-moteurs le conduisirent à étudier les moyens d’obtenir des fers à
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- peu près exempts de force coercitive permanente, et il y était jusqu’à un certain point parvenu, car il m’a montré des électro-aimants qui, après avoir été aimantés par un fort courant, ne présentaient pas trace de magnétisme rémanent après un premier arrachement de l’armature. Il est vrai que ces fers lui coûtaient très cher, mais pour les instruments électriques de précision et notamment pour les horloges électriques et les chronographes ils étaient précieux. Nous avons un peu insisté sur les travaux de M. Froment, parce que c’était le constructeur par excellence pour les instruments électriques de précision. Comme ancien élève de l’École polytechnique il avait des connaissances mathématiques étendues qu’il sut appliquer utilement, et, certainement, si la mort ne l’eût pas enlevé dans un âge peu avancé, il eût figuré avec éclat parmi les membres de l’Académie des sciences.
- Th. du Moncel.
- NOUVELLE
- LAMPE A INCANDESCENCE
- Nous trouvons dans le Télégraphie Journal la lettre suivante :
- « Dans un numéro récent de votre estimable journal, vous avez publié un tableau d’expériences faites sur diverses lampes à incandescence. Voulez-vous me permettre d’ajouter les expériences récentes que voici :
- Expériences faites sur /5 lampes Galehouse
- Moyenne par lampe.
- 96 Ohms. i,o5 ampère. 49 volts.
- 15,5 ampères. 49,0 volts.
- 759,5
- watts = 1,018 cheval vapeur.
- « Ce résultat, j’pse le dire, est sans rival, et manifeste un progrès très sérieux dans l’éclairage électrique, puisqu’il montre i5 lampes de 20 candies pour un cheval vapeur. Je n’ignore pas que de bons résultats ont été obtenus avec une ou deux lampes poussées à une haute intensité lumineuse; mais ces résultats ne peuvent être comparés à ceux que je vpus envoie, dans lesquels le courant est divisé entre de nombreuses lampes.
- « Mise en présence des huit lampes de 16 candies par cheval vapeur, dont nous nous contentions il y a quelques mois, ou plus récemment de 10 lampes
- de 20 candies, la lampe Gatehouse montre un extraordinaire accroissement du rendement.
- « Je dois faire remarquer qu’un tel progrès est d’un très heureux augure pour l’avenir de l’éclairage électrique, et permet de prévoir des résultats encore meilleurs. Il devient tous les jours plus évident que les avantages de la lumière électrique et son prix décroissant doivent conduire à son adoption universelle.'
- « Henry F. Joël. »
- En insérant la lettre le journal anglais l’a fait suivre des réflexions suivantes.
- « Si les expériences de notre correspondant ont été faites avec précision, les résultats obtenus sont extraordinairement élevés. Nous serions heureux de savoir quels instruments de mesure M. Joël a employés, et nous lui proposerions de répéter ses' essais par la méthode recommandée dans notre journal. »
- Ces lettres appellent quelques remarques. M. Joël ne nous est pas inconnu. Il a inventé, en collaboration, je crois, avec M. Gatehouse, une lampe à incandescence à air libre : on sait que ce principe était assez anciennement appliqué, on fit d’abord les lampes avec des charbons descendants, M. Wer-dermann reprit le principe qu’il perfectionna en le complétant et fit usage de charbons montants ; M. Joël remit la tête en bas la lampe que son prédécesseur avait redressée.
- Çes foyers Joël figurèrent à l’Exposition électrique de 1881, ils y éclairaient avec beaucoup de discrétion l’une des salles. Ces antécédents sont intéressants sans doute, mais ils ne suffisent pas, on le conçoit, pour que tous les documents émanés de M. Joël soient acceptés les yeux fermés. La remarque du Télégraphie Journal est donc de tout point motivée; nous serions comme lui heureux de connaître les méthodes appliquées, et même de voir contrôler les résultats ; il n’y a rien là de blessant pqur l’auteur : lorsqu’on annonce des chiffres extraordinaires on s’attend naturellement à ce qu’ils soient vérifiés ; c’est la loi scientifique.
- D’ailleurs, à les bien considérer, ces résultats ne sont pas si extraordinaires qu’on pourrait le penser.
- Il faut remarquer d’abord que M. Joël paraît avoir pour la lampe Gatehouse une affection spéciale; s’il n’est pas son père, il est certainement son allié par quelque côté ; il est donc naturellement affecté de cette tendance grossissante que nous rencontrons chez presque tous les inventeurs ou quasi inventeurs, et qui leur fait, sans qu’ils s’en aperçoivent, trouver des chiffres élevés là où d’autres en constateraient de moindres. A ce titre, les résultats de M. Joël doivent être affectés d’un co-
- Résistance froide..........
- Intensité. . . . ..........
- Chute de potentiel. . . . . Total pour i5 lampes :
- Intensité..................
- Chute de potentiel.........
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- efficient de réduction qu’il faudrait appliquer dans la plupart des cas de ce genre, et qu’on pourrait nommer le coefficient d’inventeur.
- M. Joël nous suggère lui-même une autre considération : « Nous savons, dit-il, qu’on a obtenu de bons résultats avec des lampes poussées à une haute incandescence. »
- Nous le savons aussi, et c’est là justement le point ; c’est qu’on n’est fixé sur la valeur d’une lampe à incandescence que lorsqu’on connaît sa durée pour une certaine intensité lumineuse ; quand M. Joël le voudra, nous lui obtiendrons avec des lampes quelconques les résultats qu’il indique, seulement elles ne dureront pas longtemps : combien durent les lampes Gatehousie dans les conditions annoncées ?
- Il faut remarquer de plus, avec beaucoup de soin, que le cheval-vapeur dont parle M. Joël, est un cheval-vapeur électrique, c’est-à-dire qu’il représente la somme juste d’énergie dépensée dans les lampes et non celle produite par là machine qui donne le mouvement; pour avoir la véritable somme de travail dépensée par cette machine, il faudrait fortement augmenter. Or quand M. Joël cite les 8 lampes de 16 candies par cheval dont on se cohtentait, il oublie qu’il s’agit là de cheval-vapeur mécanique, ce qui est très différent. Dans les expériences Allard-Potier, etc., qui eurent lieu après l’exposition et dont nous avons inséré les comptes rendus, on trouve que les lampes Edison, par exemple, brûlaient à raison de 11 lampes et demie par cheval électrique; nous ne sommes plus bien loin des
- 15 lampes de M. Joël, et le coefficient d’inventeur aidant, les résultats deviennent moins surprenants.
- Il est vrai que les lampes Edison étaient de
- 16 candies et que celles de M. Joël en donnaient 20; nous le savons, la photométrie est bonne et complaisante personne; une bougie étalon mal mouchée, une légère erreur dans le bon sens sur la distance, erreur qui s’élève au carré, et un petit peu de coefficient, avec cela on passe de 16 candies à 20 candies sans s’en douter.
- Je ne nie en aucune façon les résultats de MM. Joël et Gatehouse, sur lesquels je n’ai pas de renseignements, seulement je fais comme le Télégraphie Journal, j’en doute : nul ne désire plus que moi le progrès de la lumière électrique, mais il le faut certain; il ne sert à rien, au contraire, il est très nuisible de se faire illusion; en présence de résultats extraordinaires ou présentés comme tels, un contrôle précis et impartial est indispensable.
- Il l’est d’autant plus que nous avons grand besoin de clarté et de contrôle; la lampe à incandescence est entrée dans la période des affaires, c’est-à-dire des inexactitudes, pour parler avec douceur; le mot d’ordre doit être maintenant « défiance ».
- Frank Geraldy.
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- AU ORAND OPÉRA
- Depuis bien des années l’idée d’installer l’éclap rage complet du grand Opéra de Paris au moyen des procédés électriques, a vivement préoccupé M. Garnier et tous les personnages influents de. l’administration. Le public de son côté ne pouvait comprendre que, dans un monument si exclusivement consacré au luxe, et pour lequel tant de millions ont été dépensés, l'ancien éclairage fût encore toléré et risquât de compromettre son existence en allumant un de ces terribles incendies comme nous en avons tant vus dans bien des villes de la France et de l’étranger. En dehors des grandes catastrophes qui viennent de temps en temps jeter l’épouvante parmi les populations, le gaz présente, comme usage ordinaire, une foule d’inconvénients qui ne peuvent plus être contestés aujourd’hui; dans les salles de spectacles surtout où un public nombreux se trouve entassé pendant plusieurs heures, quelles que soient les mesures prises pour le renouvellement de l’air, l’atmosphère surchauffée par l’énorme dégagement de chaleur d’une multitude de brûleurs qui absorbent à l’air ambiant les éléments les plus essentiels à la respiration, devient intolérable et, dès la saison chaude, une soirée de théâtre se transforme en vrai supplice à cause du système d’éclairage que l’on s’entête à conserver, surtout chez nous ; car dans presque toutes les villes principales des pays voisins ou des Etats-Unis, des tentatives sont faites dans la voie du progrès, et à chaque instant nous apprenons qu’une nouvelle salle de spectacle renonce enfin à condamner ses spectateurs au bain de vapeur forcé ou aux risques d’une explosion avec incendie et écrasement général comme à Nice et à Vienne, pour ne citer que deux exemples dont le retentissement a été général.
- On n’en finirait pas s’il fallait énumérer en détail tous les méfaits que l’on peut mettre sur le compte du gaz, et pour les monuments de luxe comme l’Opéra, cet éclairage est complètement anti-artistique; les décorations en peinture sont en effet une des plus belles parties de notre Académie de musique, et non seulement il n’est pas permis de les admirer sous cette lumière trop différente de la clarté du jour, mais encore tous les chefs-d’œuvre de nos grands artistes qui se trouvent réunis dans le vaste monument sont menacés de détériorations sérieuses et, dant tous les cas, deviennent de plus invisibles, même en plein jour, par suite de la couche de noir de fumée qui se dépose sans cesse sur les toiles grâce aux produits de la combustion du gaz.
- Il y a déjà quelques années, alors que la lumière électrique devenait d’une application pratique,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- M. Garnier et les membres de la Commission des théâtres nationaux, justement préocdupés de cette grave question, ont bien voulu se prêter à quelques expériences tout à fait provisoires et dans ce but des machines à vapeur avaient été introduites dans les caves de l’Opéra. Nous avrîns rendu compte de ces expériences à mesure qu’elles se produisaient, mais comme on n’a pas consenti à faire les frais suffisants pour permettre des installations décoratives et vraiment dignes du lieu où elles se faisaient, l’effet n’a jamais été complet, et chaque fois c’est le gaz pour lequel les grands lustres et les autres motifs de décoration ont été primitivement dessinés, qui a recommencé à régner en maître. Nous nous rappelons pourtant l’aspect si séduisant de la lumière produite dans le grand foyer par les lampes soleil et l’éclairage si heureux de l’un des grands médaillons situés au dessus de la corniche et qui avait été en partie débarrassé de sa couche de noir de fumée pour la circonstance.
- Aujourd’hui la question de l’éclairage électrique de l’Opéra est de nouveau à l’ordre du jour, il faut évidemment que la vraie lumière se fasse. Il y a des projets, qui vont peut-être recevoir bientôt un commencement d’exécution, il y en a d’autres qui s’exécuteront plus tard, car il s’agit cette fois de l’éclairage total du monument par les procédés électriques. M. Garnier a toujours été opposé, avec raison, à l’introduction de machines à vapeur, il ne faut pas en effet supprimer une cause d’incendie qui est partout avec le gaz, pour en introduire de nouvelles, alors même qu’elles seraient parquées dans les caves ; cette condition pourrait être parfaitement résolue puisque la force motrice nécessaire pour faire tourner les machines dynamoélectriques devant alimenter les diverses lampes de l’Opéra serait, si l'on voulait, produite à l’extérieur et dans un quartier excentrique de Paris où l’emplacement pour l’usine productrice de force motrice et de courant électrique serait relativement à bas prix ; des câbles conduiraient le courant et pénétreraient à l’Opéra où l’on aurait seulement à installer les différents foyers électriques. M. Gar-riier a reçu récemment une. proposition dans ce sens pour un transport de force qui serait exécuté au moyen du système Deprez, mais il paraît que des négociations sont déjà entamées avec la Société Edison et que, malgré la répulsion de l’architecte pour l’introduction des engins à feu dans les caves de l’Opéra, on va y installer deux .machines à gaz de 5o chevaux chacune.
- . C’est pour réaliser la première partie du projet qui consiste à substituer simplement la lumière à incandescence au gaz dans la salle et au foyer; il y aurait environ 900 lampes, peut-être 1 000, 400 dans la salle, 36o au foyer et le reste dans les arrière foyers, la pièce du glacier, les dégagements, etc.; ce travail serait accompli dans 3 mois et la
- Compagnie Edison se chargerait de fournir cet éclairage au même prix que le gaz remplacé. Nous doutons fort que ces conditions amènent pour la Société un résultat rémunérateur, et il est évident qu’elles sont stipulées en vue de l’immense avantage, comme réclame, que l’affaire Edison retirera de sa prise de possession de l’Opéra de Paris.
- La seconde partie du projet est autrement complète. Tout l’ensemble du monument, scène, salle et accessoires serait entièrement éclairé par l’électricité : on. ne se borne plus exclusivement à l’incandescence pure qui, seule, fera, croyons-nous, assez triste figure dans la grande salle et dans le foyer principal; des lampes-soleil seraient installées d’une façon convenable pour éclairer les hauteurs du foyer dans lesquelles les lampes Edison feraient l’effet de petites veilleuses et ces foyers à arc projetteraient, comme à l’époque des expériences, une belle lumière sur les peintures de Baudry que l’on pourrait alors nettoyer sans craindre de nouveau les dépôts de noir de fumée ; dans le grand lustre de la salle on disposerait aussi des lumières à arc combinées avec l’incandescence, et de cette façon on arriverait certainement à obtenir un éclairage digne des splendeurs de l’Opéra français.
- La Société Edison serait aussi chargée de l’exécution de cette seconde partie de l’installation, et son projet serait, paraît-il, d’entrer en négociations avec Bryon, le loueur de voitures qui a de grands locaux rue Basse-du-Rempart, locaux qui s’étendent en arrière jusque dans le voisinage de l’Opéra ; les machines dynamos seraient placées là, et il serait ainsi facile de faire arriver le courant aux appareils électriques d’éclairage. Mais M. Bryon ne paraît disposé à céder la place que dans deux ou trois ans, et demande pour ses terrains et constructions.la somme de six millions, de sorte que si l’on persiste dans ces combinaisons, l’Opéra nous paraît condamné pour bien des nuits, aux charmes par trop insuffisants de l’incandescence pure.
- Au reste, il faut bien le dire, l’affaire ne marche pas salis difficultés. La direction, si elle consent au changement, entend ne pas courir de risques et même y trouver quelques avantages, elle veut, par exemple, conserver la faculté d’augmenter son éclairage les jours de grande fête, elle n’est pas sans tenir compte de l’abaissement possible du prix du gaz, etc.; de son côté, la Compagnie, encore médiocrement sûre d’elle-mème, ne s’avance pas sans quelque hésitation dans une voie où elle est assurée de rencontrer une grosse responsabilité, des risques sérieux, et dans laquelle le bénéfice au moins actuellement est probablement négatif ; il faut espérer pour l’Opéra, pour l’éclairage électrique, que l’affaire se fera, mais elle ne se ferait pas qu’il ne faudrait pas en être surpris.
- C. C. Soulages,
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- AU POINT DE VUE HYGIENIQUE
- Une des grandes qualités de l’éclairage électrique est le peu de chaleur qu’il produit et l’absence de dégagement de gaz nuisibles.
- Dans une étude que nous trouvons dans le journal de Dingler, M. Ferd. Fischer a comparé entre elles à ce point de vue les différentes sources de lumière et ses résultats peuvent être résumés dans le tableau ci-dessous.
- Pour ce qui concerne la chaleur, les conclusions
- à tirer du tableau sont très nettes, l’éclairage électrique'a une supériorité marquée; même dans le cas du maximum obtenu avec les lampes à incandescence, la quantité de chaleur dégagée est encore trois fois plus faible qu’avec le bec régénérateur Siemens, système spécial déjà de beaucoup supérieur, à ce point de vue, à tous les autres.
- Quant à l’absence de produits gazeux dans l’éclairage électrique elle est évidente pour les lampes à incandescence ; mais pour les lampes à arc, cette évidence n’existe que pour la vapeur d’eau. Aussi ne voyons-nous pas pourquoi M. Fischer a, dans son tableau, indiqué comme nul le dégagement d’acide carbonique dans les lampes à
- UNE INTENSITÉ LUMINEUSE de 100 bougies IL SE DÉGAGE PAR HEURE
- tour dépense par heure et coûte en pfennigs Vapeur d’eau en kilog. Acide carbonique eu mètres cubes à 00 Chaleur en calories
- L’éclairage électrique à arc ch. ch. 0,09 à 0,25 0,46 à o,85 i5,4 à 12,3 0 0 57 à l58
- — à incandescence . . 14,8 à 14,9 6,3 à 10,1 0 0 . 290 à 536
- L’éclairage au gaz, bec Siemens om3,35 à om3,56 — — env. i5oo
- — bec Argand om3,8 à 2m3 14,4 0,86 0,46 4860
- — bec Manchester .... 2m3 36,o 2,14 1,14 12150
- Le pétrole, grand bec rond 0,28 kil. 5,04 0,37 0,44 0,95 336o
- — petit bec plat 0,60 — 10,8 0,80 7200
- La soléine-lampe Schuster et Baer 0,28 — 5,3 0,37 0,44 336o
- — petit bec plat 0,60 — o,/|3 — 11,4 0,80 0,95 7200
- L’huile de colza, îampe Carcel 41,3 67,2 0,52 0,61 4200
- — lampe d’étude 0,70 — 0,85 1,00 6800
- La paraffine 0.77 — l3q 0,99 1,22 9200
- Le spermaceti o,77 — 270 0,89 1,17 7960
- La cire. o,77 — 3o8 0,88 1,18 7960
- La stéarine 0,92 166 1,04 i,3o i,4S 8940
- Le suif. 1,00 — 160 1 ,o5 9700 •
- arc. Avec les crayons aujourd’hui employés dans ces brûleurs électriques, on peut admettre, pour la bougie Jablochkoff, par exemple, une consommation d’environ 20 centimètres de crayon par heure, ce qui correspond à un poids de 5 grammes. Si cette quantité de charbon n’est pas intégralement convertie en acide carbonique, elle est au moins convertie en un mélange de ce gaz et d’oxyde de carbone, ce qui 11e fait pas matériellement une grande différence. Si donc on évalue tout le gaz produit en acide carbonique, on trouve que les 5 gr. de charbon donnent naissance à omSoo92 d’acide carbonique. L’intensité étant alors d’environ 3oo bougies, le chiffre à inscrire au tableau pour une intensité de 100 bougies serait om:,oo3.
- A ce dégagement il faut ajouter une petite quantité de produits oxygénés de l’azote formés par l’action de l’arc électrique sur le mélange d’azote et d’oxygène qui constitue l’air; mais, malgré cette addition, la quantité de produits gazeux dégagés par l’arc électrique est encore très faible, ils seront
- facilement enlevés par une ventilation même médiocre et la petite rectification que nous venons de faire n’en laisse pas moins subsister cette conclusion de M. Fischer, qu’au point de vue hygiénique et sous le rapport de la chaleur produite et des gaz dégagés, la lumière électrique est préférable à tout autre mode d’éclairage.
- Le tableau ci-dessus met en outre en relief un autre point intéressant, dans la comparaison du prix de revient des différentes lumières à intensité égale. Dans ce tableau, le gaz est compté à 18 pfennigs (22 cent. 5) y compris les intérêts et l’amortissement de l’installation, et à ce prix l’auteur arrive à la même dépense pour le bec de gaz type Argand que pour les lampes à incandescence. Cela confirme les opinions déjà émises par nous au sujet du prix de revient de l’éclairage par incandescence.
- O. Kern.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- LE SYSTÈME DE TORPILLES
- DU CAPITAINE MAC EVOY
- La défense d’une passe . à *Taide des torpilles fixes peut se faire soit avec des torpilles de fond, c’est-à-dire reposant sur le sol, soit au moyen de torpilles entre deux eaux, qu’une chambre à air tend à faire flotter, mais qu’un câble et une ancre retiennent mouillées à dix ou quinze mètres au-dessous de la surface de la mer, soit enfin avec des torpilles dites vigilantes, mouillées par le même procédé à une faible distance du niveau de l’eau (‘).
- Dans les deux premiers cas le feu doit être communiqué du rivage à chaque torpille au moment jbrécis où le télémètre (2), ou autre appareil d’observation, indique qu’un vaisseau passe au-dessus d’elle. Chaque appareil a alors son câble spécial de mise de feu.
- Dans le cas des torpilles vigilantes, le choc d’un bâtiment produit dans l’appareil une fermeture de circuit qui détermine son explosion s’il est préalablement relié à la pile et qui permet de l’effectuer du rivage si la communication avec la pile n’a pas été faite au préalable. Les torpilles peuvent alors avoir chacune leur conducteur, mais elles peuvent aussi être en relation avec le rivage par un seul conducteur qui, à son extrémité seulement, est relié par des branchements aux divers appareils, le retour du courant se faisant par la mer.
- Entre ces deux modes d’installation, on préfère le plus souvent celui qui emploie des conducteurs indépendants au système à un seul conducteur, parce que avec ce dernier quand une torpille a sauté, son fil se trouve dénudé, fait une communication avec l’eau et empêche les autres torpilles d’agir.
- Cet inconvénient n’est cependant pas sans remède et nous trouvons dans Y Engineering la description d’un système de torpilles à un seul conducteur, imaginé par le capitaine Mac Evoy et qui semble combiné dans de fort bonnes conditions de fonctionnement (2).
- Le système du capitaine Mac Evoy qui, naturellement, s’applique à des torpilles vigilantes est représenté schématiquement dans la fig. i.
- Un conducteur relie le manipulateur placé sur
- (') Voir à ce sujet les articles de M. Brossard de Corbi-gny dans La Lumière. Electrique, numéros des i5 août, icr octobre et iS novembre 187g, et des iS janvier et Ier février 1880.
- (2) Voir La Lumière Electrique, numéros du 1er janvier 1880, du 29 octobre 1881 et du ig août 1882.
- (a) L’attention a été récemment appelée sur cet appareil, parce qu’il figure à l'Exposition de Westminster Aquarium; mais son invention remonte déjà à trois ou quatre ans.
- le rivage à un appareil établi à une certaine distance dans la passe et porté par une balise ou autrement. C’est à cet appareil représenté en perspective dans la fig. 4, que viennent aboutir les fils D, D, de toutes les torpilles reliées d’autre part à la mer. Chacun de ces fils D D est relié à une des touches E sur lesquelles peut venir appuyer successivement un bras F. L’extrémité, du conducteur est en communication d’abord avec un électro-aimant H, puis avec l’axe du bras F. A son autre extrémité ce conducteur L communique avec une pile et une sorte de transmetteur télégraphique a b relié d’autre part à la mer. Lorsqu’on tourne la manivelle w», son mouvement produit des émissions alternatives
- FIG. I
- du courant; chaque émission'de courant agit sur l’électro H et l’armature de celui-ci, commandant à son tour un échappement, fait avancer progressivement le bras F sur les contacts E. En même temps, sur le cadran b, un index suit tous les mouvements de F et indique avec quel contact E il est en relation.
- Quand le bras b est au zéro, le bras F établit une communicaiion avec toutes les torpilles en dérivation. Le système est alors dans sa position normale d’attente ; un courant modéré passe dans la ligne et se répartit entre les différentes torpilles, traversant dans chacune d’elles des bobines résistantes, puis passant par l’amorce et retournant par la mer. Si l’une des torpilles reçoit un choc, un poids qui se trouvait retenu par un ressort tombe et produit un contact qui
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- exclut du circuit les bobines résistantes. Cette I élimination ‘diminue immédiatement la résistance totale et il en résulte une plus grande déviation du galvanomètre e intercalé dans la ligne. Son aiguille en se déviant produit un contact électrique et fait sonner la sonnerie c qui avertit l’opérateur. Il peut alors, en appuyant sur une clef f envoyer dans la ligne un courant plus puissant qui met le feu à la torpille touchée. Dans le cas où l’on ne craint pas que le choc soit produit par un vaisseau ami le contact avec la forte pile peut être établi préalablement et l’explosion se fait alors automatiquement au moment du choc.
- Quand une torpille vient de sauter, son lil étant
- I à nu elle pourrait, comme nous l’avon§ dit plus haut, paralyser les autres torpilles. Pour éviter cet incom-vénient M. Mac Evoy a eu recours à un dispositif placé entre le lîl D de chaque torpille et son contact E. Le dispositif est soit une pièce fusible que détruit le passage d’un fort courant, soit un électroaimant. La fusion de la pièce ou le jeu de l’élec-tro-aimant remplace le conducteur direct qui reliait D à E par une résistance un peu différente de celle de la torpille détruite, de sorte que le système se trouve sensiblement dans les mômes conditions que précédemment, mais que la petite différence entre la résistance de chaque torpille et k résistance auxiliaire qui vient d’être introduite permette cependant
- FIG. 2
- à l’opérateur de déterminer quelle est la torpille j qui a sauté. Il lui suffit pour cela de manœuvrer la manivelle a de manière à faire passer le bras F sur les différentes pièces E, et de comparer les résistances entre elles.
- Par une disposition ingénieuse de la boîte de jonction, quand le bras F a quitté la première pièce E, les fils D ne sont plus reliés ensemble en dérivation, et dans les différentes positions que F prend ensuite il relie à la ligne les torpilles séparément les unes des autres. C’est ce qui permet à l’opérateur de vérifier la résistance de chacune d’elles et l’appareil de la station est muni pour cela d’un galvanomètre d et d’un pont de Wheatstone représenté en r (fîg. 1).
- Enfin, dans chaque torpille, le circuit comprend un téléphone au-dessus duquel est une clochette
- ou une boite en métal remplie de grains de plomb
- Le mouvement des vagues agitant la torpille produit un bruit que l’on peut entendre sur le rivage au moyen d’un second téléphone attaché en tt. La suppression de ce bruit indique que la torpille a coulé à fond. Ce sont les bobines de ce téléphone qui forment en même temps les bobines résistantes de chaque torpille.
- Les bornes que l’on voit à droite et à gauche de la fig. 2 sont destinées aux communications des piles de ligne et de terre, les clefs h g sont destinées à introduire dans le circuit le téléphone ou la batterie d’essai, la clef i est un commutateur, k celle du pont.
- Il ne nous reste plus maintenant qu’à décrire le ferme-circuit (fig. 3) que contient chaque torpille. Ce dispositif est renfermé, dans une boîte étanche
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- supprimée dans la figure et vissée à la base de la torpille.
- L’appareil contient un électro-aimant, un poids de chute dans sa boîte, un téléphone et une amorce.
- Le courant entre à la base de la boîte, traverse un fil isolé que l’on voit s’élever le fong de la boîte du poids, traverse le téléphone, sort de l’autre côté, passe par j’amorce et communique enfin avec la boîte de l’appareil. Dans ces conditions on peut au rivage écouter le son du téléphone ou vérifier la résistance.
- Quand la torpille reçoit un choc, le poids que
- l’on aperçoit dans la figure au travers d’une échancrure de sa boîte, échappe à un ressort qui le retenait et se déplace. Il lève alors une tige qui porte l’armature de l’électro-aimant et un contact électrique; il supprime ainsi les bobines résistantes du téléphone et les remplace par celles de l’électro-aimant. Celui-ci attirant son armature, maintient le nouveau contact nécessaire pour, l’explosion de la torpille.
- Dans le cas où le choc aurait été causé par un navire ami, l’opérateur peut, au moyen du commutateur i, renverser le courant, l’armature se
- FIG. I, 2 ET 3
- détache alors et les premières, communications se trouvent rétablies.
- Il va sans dire que l’appareil de M. Mac Evoy pourrait être appliqué, et cela avec de notables simplifications, à des torpilles de fond. Dans ce cas, la sonnerie d’avertissement deviendrait inutile, ainsi que le galvanomètre employé pour la mettre en mouvement. Les téléphones, considérés même comme simples résistances, n’auraient plus non plus de'raison d’être, et il en serait de même des appareils de contact. Chaque torpille n’aurait plus besoin de contenir que son amorce et sa charge, et le système se réduirait au télégraphe à cadran, permettant d’amener le bras F sur une torpille donnée, soit pour y faire passer ensuite le fort courant
- d’explosion, soit pour vérifier ses contacts par la détermination de sa résistance au moyen du pont de Wheatstone du manipulateur. Mais quand un navire aurait été signalé au-dessus d’une torpille, il faudrait un certain temps pour établir la communication avec cette torpille et mettre le feu. L’emploi de conducteurs séparés qui permet une inflammation instantanée'est donc préférable dans ce cas.
- L’ingénieux système que nous venons de décrire a, paraît-il, été adopté par plusieurs gouvernements et il est à penser qu’il aura donné de bons résultats, car il repose sur le principe du télégraphe à cadran qui a depuis longtemps fait ses preuves et est su-ceptible d’une construction rustique et sûre.
- Aug. Guerout.
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- L’ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE
- Lorsqu’un orage éclate, il est rare qu’il se produise sans manifestations électriques.
- Ce renouvellement continuel doit indiquer que la cause principale doit résider dans le phénomène . orageux lui-même.
- Nous allons donc étudier s’il est possible, dans l’état actuel de la science, d’expliquer cette tension énorme qui donne lieu aux éclairs, etc.
- i. — Il existe une source générale de l’électricité dans l’atmosphère.
- Nous émettrons brièvement notre opinion motivée.
- En recherchant dans la nature les forces capables de produire de l’électricité, nous avons été conduits à admettre en première ligne le frottement de l’air humide ou sec contre la surface des terres ou des mers.
- Il est difficile de concevoir qu’à la surface des mers ou des fleuves, de. l’air sec puisse frotter cette surface sans qu’il y ait desparticules aqueuses entraînées ou détachées, puisque le vent active l’évaporation des masses liquides.
- Nous ne voulons pas dire que l’évaporation seule puisse produire de l’électricité, là où il n’en n’existait pas primitivement, puisque lés expériences démontrent le contraire; mais dans l’évaporation produite par le vent, il y a en plus frottement. C’est dans ce dernier travail mécanique, qui engendre aussi les lames, que réside la source cherchée.
- Tout le monde connaît la machine hydro-électrique d’Armstrong, dont le nom seul aurait dû fixer, au point de vue où nous nous sommes placés, l’attention des physiciens.
- On sait que lorsque la vapeur d’eau sort de la chaudière, cette dernière reste chargée négativement, tandis que la vapeur l’est positivement.
- Cette machine comporte une boîte remplie d’eau pour refroidir les tubes d’échappement. La vapeur, avant d’atteindre les ajutages de sortie, éprouve ainsi un commencement de condensation et sort mélangée de vésicules d’eau. C’est une condition nécessaire.
- D’après les expériences de Faraday, le passage de la vapeur sèche ou d’un courant d’air sec ne dégage pas d’électricité, tandis qu’un courant d’air humide donne le même résultat que la machine d’Armstrong, mais à un degré moindre.
- Que l’on discute sur la qualité d’air sec ou humide, le fait important à signaler est le précédent. Nous admettrons volontiers que le frottement de l’air sec contre un corps solide produit très peu d’électricité, puisque l’air sec est un assez bon diélectrique; mais dans la nature l’air est-il parfah
- tement sec comme celui préparé dans un laboratoire ? Nous ne le pensons pas et les faits rappelés plus haut permettront de considérer le. frottement des vents contre la surface du globe comme le générateur qui alimente constamment le réservoir d’électricité de l’atmosphère. N’y a-t-il pas identité entre ces expériences de cabinet et l’opération immense des forces naturelles ?
- L’air en mouvement peut être humide, c’est-à-dire subissant un commencement de condensation ; mais, cet air peut être aussi relativement sec, c’est-à-dire contenant de la vapeur d’eau invisible, ou n’ayant pas subi de commencement de condensation. Dans le premier cas, le nuage foncé et orageux est chargé d’électricité négative ; dans le second cas le nuage est blanc et chargé d’électricité positive en général.
- Dans le premier cas ces nuages peuvent donner de la pluie, de la grêle ou du grésil ; dans le second cas, de la neige ; mais un pareil nuage primitivement positif se résolvant en pluie n’aura pas pour cela son électricité changée de nom.
- En effet, M. Spring, dans une conférence faite à Liège en 1881, a dit qu’il avait constaté expérimentalement, que si l’on amène un courant d’air sec sur la boule de cuivre d’un électroscope, celui-ci reste chargé d’électricité positive.
- Mais nous ne voyons pas pourquoi ce physicien a voulu prouver que les manifestations électriques étaient subordonnées à une condensation brusque de la vapeur d’eau de l’atmosphère, non pas à l’état de brouillard, mais à l’état de grésil, la source d’électricité se trouvant dans les ruptures d’adhérence de l’air aux particules de grésil. Ce n’est pourtant pas ce qui a lieu dans les pays chauds, où dans les orages très bas avec une température ambiante élevée, il ne se produit pas de grésil. Il peut se produire, il est vrai, des cirrhus, qui sont des accumu-mulateurs de l’électricité; mais nous verrons que les compositions énergiques d’électricité sous forme d’eclairs ne sont pas dues à la seule présence de la charge qu’ils contiennent.
- De plus, ajoute M. Spring, lorsque les cristaux de grésil se réunissent sous forme de blocs de glace, il y a une surface libre énorme.qui disparaît. M. Van der Mensbrugghe et moi avons montré qu’à cet engloutissement énorme de surface doit correspondre un développement très grand d’électricité. Mais, à notre avis, il faudrait pour cela que ce grésil fût déjà électrisé à l’avance et ceci n’explique pas l’origine première de cette électricité et la variation d’énergie potentielle ne se transformera en variation du potentiel électrique, que si la masse nuageuse a été au préalable électrisée.
- D’après ce que nous avons dit, il doit se développer une quantité énorme d’électricité dans la région des alizés ; mais cette production considérable ne suffit pas pour donner des éclairs et des
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- phénomènes électriques orageux. Ces derniers effets ne dépendent que de la différence du potentiel des nuages voisins ou des surfaces électrisées en sens inverse ; mais dans ces régions, où tout est constant au point de vue météorologique, ces différences ne peuvent se manifester. On peut donc regarder les vents comme remplissant le rôle delà vapeur d’eau dans une immense machine hydro-électrique.
- C’est là la source qui alimente la charge de l’atmosphère. Cette électricité tend à se répandre sur les surfaces atmosphériques les plus élevées, puisqu’elle se porte à la surface des corps, et dans ces régions, les cirrhus doivent retenir une grande partie de cette électricité.
- 2. — Lorsque deux nuages remplissant le rôle de conducteurs sont différemment électrisés, la distance à laquelle éclate l’étincelle dépend de la pression électrique et de la résistance mécanique que le milieu oppose à la décharge.
- Cette pression varie avec le carré du potentiel, la charge des conducteurs en présence avec leur éloignement, leur forme et leur surface. Deux nuages chargés à un faible potentiel peuvent ne donner lieu à aucune décharge, tandis qu’une faible augmentation de leur potentiel rapprochera beaucoup le moment où la différence de potentiel sera suffisante pour qu’il s’opère une décharge.
- On mesure généralement l’électricité atmosphérique au moyen d’électromètres qui peuvent donner le potentiel en un point de l’air; mais ce potentiel peut être très faible en un point donné, quoiqu’il se produise une forte quantité d’électricité ; c’est ce qui aura lieu dans la région des vents alizés. C’est un phénomène analogue à ce qui se passe dans les machines électro-magnétiques à galvanoplastie qui fournissent un débit électrique Considérable avec une faible différence de potentiel aux bornes de la machine.
- D’une manière générale la somme algébrique des masses électriques du globe est nulle, de la même manière que sur un conducteur neutre électrisé par influence.
- On a constaté qu’en une région donnée le potentiel des différents ptfints de l’atmosphère variait. Il est plus considérable en hiver qu’en été et d’autant plus que le froid est plus intense.
- Le degré d’humidité de l’air l’augmente encore.
- De quelque façon que se produise cette électricité, nous savons, d’après les lois qui président à la distribution électrique, qu’elle tend à se porter à la surface des corps, c’est ce qui explique pourquoi le potentiel augmente avec la hauteur.
- En toutxcas, s’il se produit un phénomène capable de développer de l’électricité, celle qui se porte sur la terre (généralement la négative), corps relativement à l’air, bon conducteur, se recompose immédiatement. I! ne peut donc y exister d’élec-
- tricité statique libre. Au contraire l’air sec, dont le pouvoir inducteur est' la moitié de celui de la gomme laque, sert de diélectrique entre la vapeur d’eau et la surface terrestre. Il en résulte que cette vapeur d’eau devient le réservoir naturel de l’électricité, qu’elle soit produite comme nous le pensons par le frottement de l’air humide sur la surface des terres et des mers, ou par toute autre cause.
- Les vésicules de vapeur d’eau d’un nuage ainsi électrisées tendent à se repousser mutuellement et à provoquer à sa surface des mouvements continuels, tandis que le centre de la masse nuageuse reste à peu près en repos, les répulsions se compensant à peu près dans les différents sens ; la chaleur solaire qui tend à produire le même effet, n’y arrive pas non plus, comme on sait.
- L’énergie potentielle d’un nuage dépend de sa forme, de sa surface et de sa température. Lorsque ce nuage électrisé éprouve une transformation quelconque, condensation, congélation des vésicules aqueuses, etc., il absorbe une certaine quantité d’énergie qui doit se retrouver sous la forme d’une augmentation d’énergie potentielle; si donc on suppose que la charge d’électricité du nuage reste constante pendant un certain temps et qu’il s’opère une condensation, le potentiel total de la masse moyenne augmente. L’effet d’un abaissement de la température d’un nuage électrisé produira le même effet.
- Si par une cause extérieure cet abaissement se produit, il y aura absorption d’une quantité d’énergie qui se retrouvera de la même façon que précédemment sous forme d’augmentation d’énergie électrique.
- Les aiguilles de glace des cirrhus, les gouttes de pluie ne sont que le rapprochement des molécules aqueuses opéré par un abaissement de température. La démonstration de ce principe est du domaine de la mécanique électrique ; il dérive du principe fondamental de la conservation de l’énergie.
- S’il se produit simultanément les modifications sus mentionnées sur des nuages chargés d’électricité contraire, ou sur l’un d’eux seulement, la différence des potentiels augmentera suffisamment pour produire entre les deux nuages une recomposition d’électricité sous forme d’éclairs.
- S’il n’y a pas de nuage voisin et que la différence potentielle soit suffisante, elle pourra s’opérer par la terre directement qui jouera alors le rôle de conducteur, et tant que durera le phénomène de la condensation ou du refroidissement de la masse, le potentiel se maintiendra à un chiffre élevé.
- Dans les alizés où le régime des vents est constant, les orages avec éclairs sont aussi rares que la pluie.
- Dans les latitudes élevées ils n’ont généralement
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- lieu que pendant la saison chaude et diminuent en allant vers les pôles. Il en est de même des conditions hydrométriques des différentes parties du globe. On doit par suite reconnaître qu’il existe une certaine connexion entre ces deux ordres d’idées.
- 3. — Considérons un nuage chargé de vésicules aqueuses. La pression électrique augmente quand le rayon d’une vésicule diminue.
- Or de quelque manière que l’on envisage la structure d’une vésicule aqueuse en suspension dans l'atmosphère ou un amas de vapeur d’eau qui y est disséminé, si la température ambiante vient à baisser, il y aura augmentation de potentiel du nuage que nous supposons comme toujours primitivement électrisé, soit par l’influence de l’électricité qui existe dans l’atmosphère, ou par toute autre cause.
- Or, si le potentiel arrive à un certain chiffre, la vésicule considérée ne pourra pas conserver sa charge à ce potentiel, c’est-à-dire, qu’elle s’échappera dans l’atmosphère sous forme de décharges silencieuses.
- Ainsi on calcule qu’à la pression ordinaire, une petite sphère de six dixièmes de millimètre ne peut conserver de l’électricité au potentiel que l’on obtient avec nos bonnes machines de cabinet. Un nuage formé de vésicules ne pourra donc conserver une charge à un potentiel dépassant un certain chiffre. Tel est le phénomène connu sous le nom d’éclairs de chaleur. Leur lueur est assez faible et diffuse. Comme pour différents observateurs ces lueurs ne se montrent qu’à l’horizon, il est logique de penser qu’elles se produisent aussi bien au zénith qu’à l’horizon et qu’elles ne sont pas, comme on l’a dit, le reflet d’éclairs produits par des orages lointains. C’est un phénomène analogue à celui d’un navigateur en marche qui voit toujours à l’horizon une bande de brume, tandis qu’il a un ciel très clair au-dessus de sa tête ; ce n’est qu’une différence d’épaisseur de couche traversée par les rayons visuels.
- Nous distinguerons donc dans la production des manifestations électriques sous forme de décharges, deux causes distinctes ; la première est la source d’électricité produite par les vents d’une manière générale, et qui a pour conséquence l’électrisation du nuage par influence ou directement ; la seconde est l’augmentation "du potentiel qui résulte du refroidissement d’un nuage amenant la condensation ou la congélation de la vapeur d’eau en suspension dans l’atmosphère. La grandeur des effets observés ne dépend que de celle des causes mises enjeu.
- G. Le Goarant de Tromelin,
- Lieutenant de vaisseau.
- REVUE 'DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Recherches du professeur Hughes sur la cause du magnétisme (*).
- Après avoir rappelé les théories du magnétisme proposées par Poisson, Ampère, de la Riye, Wiede-mann, Weber et Maxwell, théories qui admettent toutes la nature moléculaire des phénomènes magnétiques et la polarité inhérente des molécules des corps magnétiques, mais qui font appel à des hypothèses telles que celles de deux fluides magnétiques, d’une force coercitive, de courants électromagnétiques, M. Hughes expose, dans les termes suivants, la théorie du magnétisme à laquelle il est arrivé après de longues et ingénieuses recherches :
- « i° Chaque molécule d’un corps magnétique, soit fer, acier ou tout autre métal magnétique, est un aimant isolé et indépendant ayant ses deux pôles et une distribution magnétique exactement la même que celle du corps considéré dans sa masse ; par conséquent on peut s’en faire une idée exacte en étudiant celle d’un aimant d’acier.
- « 20 Les polarités de chaque molécule peuvent tourner dans un sens ou dans un autre sur leur axe sous l’influence de la torsion, de l’étirement ou d’actions physiques telles que celles du magnétisme et de l’électricité.
- « 3° Le magnétisme inhérent à chaque molécule ainsi que les polarités qui en résultent est une action de valeur constante comme la pesanteur et ne peut être ni accrue ni détruite.
- « 40 Quand extérieurement les corps magnétiques ne présentent aucun magnétisme apparent, les molécules ont leurs polarités tellement combinées par suite de leurs réactions mutuelles, qu’elles se trouvent neutralisées les unes par les autres, et cette combinaison s’effectuant d’après les lois des attractions magnétiques en suivant la ligne la plus directe, elles constituent des circuits complets maintenus par les forces attractives.
- « 5° Quand le magnétisme se manifeste sur les corps magnétiques, les polarités moléculaires sont toutes en relation, suivant une direction donnée qui détermine un pôle nord si le mouvement giratoire s’effectue en regard de la pièce magnétique, ou un pôle sud si ce mouvement est en sens contraire. lise produit en même temps des arrangements symé-
- (>) D’après le mémoire de M. Hughes « On the causes of évident magnétisai in iron Steel and other magnetic metals » lu le 24 mai i883 devant la « Society of telegraph Engi-neers ». Voir aussi les « Proccdings of the Royal Society », 10 mai j883 et vol. 3i, p. 528, vol. 32, p. 25 et 2i3. « On molecular magnetism ». Inst, of Mechanical engincers, 25 janvier i883. s On the molecular rigidity of Steel; »
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- triques moléculaires formant des cercles d’attraction incomplets qui ne se complètent que quand une armature extérieure réunit les deux pôles du système (*). »
- Les expériences du professeur Hughes ont été exécutées, pour la plupart, avec sa célèbre ba-lailce d’induction bien connue de nos lecteurs (* 2); celles qui font l’objet du présent mémoire ont été faites au contraire sans cet appareil, par des moyens très simples, et peuvent être répétées presque sans frais.
- Nous avons cru devoir, en raison de la grande importance de la théorie du magnétisme proposée par M. Hughes, donner un compte rendu assez étendu de ses dernières expériences, la plupart très originales, en reproduisant presque textuellement les principaux passages de son mémoire où il expose ses vues sur la nature intime des phénomènes magnétiques.
- i° Influence de la rigidité moléculaire.
- La rigidité moléculaire des corps joué, dans la théorie du professeur Hughes, le même rôle que leur force coercitive dans la théorie de Poisson : les expériences suivantes démontrent, en effet, que l’on peut attribuer à cette rigidité seule tous les phénomènes dont on rend ordinairement compte par l’hypothèse d’une force coercitive.
- Si l’on frappe et fait vibrer avec un maillet en bois des tiges magnétisées de fer et d’acier à divers degrés de dureté, l’acier trempé ne perdra, toutes choses égales, à cause de sa grande rigidité moléculaire, que 5 %, par exemple, de son magnétisme, tandis que l’acier doux en perdra 60 %, le fer dur 5o %, et le fer doux de Suède 99 %; la rapidité avec laquelle ces métaux perdent ou acquièrent le magnétisme dépendant donc bien plus de leur degré de douceur que de leur composition chifnique.
- Le fer très doux acquiert et perd presque instantanément son magnétisme ; à l’état naturel, son magnétisme est, en apparence,nul. La disparition apparente du magnétisme dans le fer doux abandonné à lui-même est due àl’extrème liberté du mouvement de ses molécules, qui leur permet d’obéir immédiatement à la faible force directrice du magnétisme terrestre. On le démontre en magnétisant faiblement une barre de fer doux maintenue verticalement, le pôle nord en bas : cette barre conserve alors, après l’enlèvement de l’aimant ou du solénoïde inducteur, un pôle nord puissant; mais, si on la magnétise en. sens contraire, on ne constate plus, après l’éloi-
- (9 Extrait de La Lumière Electrique du 10 février i8t)3.
- (2) Lumière Electrique, i5 septembre 1879. « Royal Society >;, 29 mars 1879.
- gnement de l’inducteur, que des traces de magnétisme.
- La chaleur, les vibrations magnétiques, et, en général, toutes les actions tendant à donner plus de liberté aux mouvements des molécules, facilitent et renforcent la magnétisation du fer.
- Prenons, pour en donner une illustration frappante, une série de tubes de verre remplis aux f de limaille de fer : nous constatons que cette limaille perd presque immédiatement son magnétisme rémanent dès qu’on secoue légèrement les tubes, et qu’il n’en est plus de même si l’on empêche ces particules de limaille de céder aussi facilement aux vibrations, en les mélangeant avec un agglutinant, tel que la résine ou des huiles minérales, dont la viscosité semble leur donner une force coercitive.
- On reproduit les effets de la torsion sur le magnétisme du fer, en secouant le tube, de manière que la limaille vienne occuper sa partie la plus basse; puis en le faisant tourner autour de son axe maintenu horizontal, la limaille perd instantanément son magnétisme. Il en est de même pour lé fer doux. La torsion n’a, au contraire, que peu d’effet sur le magnétisme de l’acier trempé, comme la rotation du tube sur celui de la limaille agglutinée (*).
- Il n’est donc plus nécessaire de faire intervenir l’action d’une force coercitive mystérieuse, puisque nous pouvons prédire, d’après la connaissance seule de leurs propriétés mécaniques, la puissance de conservation magnétique des fers et des aciers.
- 2° Rotation des molécules polarisées. — Polarité inhérente.
- O11 sait que l’on peut magnétiser fortement une barre de fer doux, maintenue verticale ou dans le méridien magnétique, en la faisant vibrer ou en la tordant, tandis qu’on n’obtient ainsique des traces de magnétisme avec une barre d’acier. Ces phénomènes sont beaucoup plus accentués qùand le fer ou l’acier sont en tiges minces ou en fils, parce que les molécules extérieures des corps s’orientent directement sous l’influence du magnétisme terrestre, tandis que les molécules intérieures 11e peuvent tourner aussi librement, ou agissent, lorsque le barreau est très épais, comme une armature, en empêchant le mouvement des molécules extérieures.
- La puissance magnétique d’un fil de fer de Suède très doux, placé dans le méridien magnétique, serait, d’après des expériences exécutées au moyen de la balance d’induction, environ i5 600 fois plus grande que celle de la colonne d’atmosphère ma-
- (i) « On the Motecular Rigidity of tempered Steel » by Professor. D. E. Hughes. P. R. S. Proceedings institution of Meehanical Engineers. Janvier i883, p. 72-79.
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- gnétiqué déplacée par ce fil; et l’on ne pourrait obtenir un résultat aussi considérable avec aucun autre corps de même volume.
- M. Hughes considère qu’on doit attribuer cette énergie magnétique du fer à une polarité inhérente de ses molécules. On a une preuve de l’existence de cette polarité par ce fait qu’il suffit de tordre une barre de fer ordinaire, placée dans le méridien magnétique, pour augmenter considérablement son magnétisme; car, si la [puissance magnétique du fer provenait d’une faculté de concentrer sur lui le magnétisme terrestre, l’aide procurée au mouvement de ses molécules par la torsion et les chocs ne serait d’aucune utilité.
- La polarité inhérente des molécules du fer une fois admise, il faut aussi admettre la rotation de ces molécules, car on ne pourrait, sans cela, s’expliquer comment les vibrations mécaniques, qui en facilitent les mouvements, déterminent toujours une polarité en concordance avec l’action du magnétisme inducteur.
- La torsion et les vibrations paraissent détruire, par elles-mêmes, le magnétisme dit fer. Les deux fluides de Poisson et les courants parallèles d’Ampère devraient, dans ce cas, d’après leurs théories, se mêler et constituer des systèmes hétérogènes, tandis que, d’après la théorie du professeur Hughes, les molécules polarisées ne feraient qu’obéir, comme les aiguilles des. boussoles, à toutes les forces magnétiques directrices, toutes les fois que leurs mouvements moléculaires leur laissent la liberté de tourner.
- L’existence d’une polarité inhérente est encore démontrée par ce fait qu’un même aimant peut servir à magnétiser presque indéfiniment la même barre de fer, que l’on démagnétise ensuite par la torsion ou le choc.
- On peut faire traverser les tiges de fer par les décharges les plus violentes, — telles que celle d’un condenseur d’une capacité de 4.3 microfarads, chargé par 3 36o éléments au chlorure d’argent de Warren de la Rue, — sans altérer leur polarité inhérente.
- Si les molécules sont douées d’une polarité inhérente et peuvent tourner sur elles-mêmes, elles tourneront tantôt dans un sens puis dans le sens opposé, quand on fera passer sur elles le même pôle d’un aimant de droite à gauche, puis de gauche à droite ; c’est pour éviter ce retournement des molécules qu’il faut, pour aimanter un morceau de fer, le frotter toujours dans le même sens, avec le même pôle. Les théories de Poisson et d’Ampère rendent difficilement compte de ce fait.
- D’après la théorie du Dr Hughes, il y aurait lieu de s’attendre à ce que la rotation des molécules des corps aimantés y produise des perturbations ou vibrations mécaniques; ces vibrations ont été observées par Page, Joule, de la Rive, Reiss, qui en tira
- le principe de son premier téléphone, et M. du Mon-cel, qui a beaucoup'étudié ce sujet. Le microphone permet d’ailleurs de saisir ces sons, dans les expériences précitées, malgré leur faiblesse.
- C’est également à des rotations de leurs molécules que M. Hughes attribue la rupture et la cristallisation des corps soumis à de nombreuses vibrations, comme les ressorts et les essieux.
- D’après M. Hughes, les molécules du fer posséderaient donc une polarité inhérente qui serait, comme la pesanteur, une qualité spécifique, et nous n’aurions pas plus de raison de l’attribuer à des courants électriques élémentaires que, pour la pesanteur, l’affinité chimique, la cohésion et sa puissance polaire de cristallisation, souvent effectuée par l’électricité. L’analogie qui existe entre les courants électriques et le magnétisme n’est pas aussi complète qu’entre la polarité magnétique des molécules et leurs autres propriétés spécifiques.
- Le magnétisme possède d’ailleurs, comme l’affinité, la cohésion et la cristallisation, des points critiques, dont il est difficile de rendre compte par la théorie d’Ampère.
- 3° Neutralité.
- Les fig. 1 vont servir à illustrer plus clairement les idées de M. Hughes sur la nature du magnétisme. Les flèches indiquent la direction polaire des molécules et les pointillés les limites de leur libre rotation élastique.
- Sur la figure 1 A, la neutralité se trouve réalisée
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- FIG. I
- par l’attraction mutuelle de chaque paire de molécules, satisfaisant à leurs attractions mutuelles parle trajet le plus court.
- En B se trouve figuré le cas de superposition de magnétismes égaux et de sens contraires, rendant la tige de fer neutre en apparence, bien que les molécules inférieures soient tournées en sens contraire des molécules supérieures et donnent, à la tige, des polarités égales et opposées.
- En C, les molécules sont rangées en cercles au-
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- tour de l’axe du barreau traversé par un courant électrique.
- D représente la polarité manifeste ou active induite par l’influence directrice de la terre sur un barreau de fer doux maintenu dans le méridien magné' tique; lorsqu’on place ce même barreau perpendiculairement au méridien magnétique, la polarité de ses molécules prend la direction transversale indiquée par la fig. E et le barreau perd sa polarité longitudinale.
- La véritable neutralité ne peut se réaliser qu’avec du fer très doux; avec l’acier, elle n’est jamais qu’apparente, comme dans le cas de la figure B.
- On peut très facilement, rien qu’en changeant sa direction dans le méridien magnétique, renverser les pôles d’une tige de fer doux, sans que le phénomène de sa polarité présente jamais aucune discontinuité ni dissymétrie. Les fig. F, G, H, I, J indiquent comment s’opère cette interversion des pôles n et s, en passant par l’état H, où le barreau, neutralisé longitudinalement, se trouve polarisé transversalement.
- On ne peut donc obtenir une neutralité extérieure complète tant que les molécules de fer sont libres de céder à l’influence du magnétisme terrestre, et ne forment pas des cercles dans lesquels leurs attractions mutuelles soient parfaitement satisfaites (fig. C). On peut obtenir ces cercles en faisant traverser un barreau magnétisé, placé dans le méridien, par un courant électrique, autour duquel ses molécules viennent s’orienter comme des aiguilles aimantées. On arrive ainsi à détruire le magnétisme du barreau et à lui donner graduellement une neutralité parfaite. On parvient à réaliser une neutralité complète et plus stable en soumettant successivement le barreau à des actions magnétiques de sens contraires (fig. B), car on aboutit, en superposant ainsi des arrangements des molécules symétriques et opposés, à les grouper en des cercles d’attractions mutuelles plus petits et plus stables.
- Il suffit, pour réaliser un cercle de molécules polarisées analogue à ceux de la fig. C, de magnétiser, sans pôles conséquents, un anneau de fer doux; un pareil cercle est absolument neutre, mais, si on le coupe, chacun de ses fragments présentera, à ses deux extrémités, des polarités très puissantes.
- L’expérience suivante met clairement en évidence l’influence de la chaleur sur le magnétisme par la liberté qu’elle procure au mouvement des molécules : on chauffe au rouge trois barreaux d'acier, dont deux primitivement magnétisés à saturation, puis disposés séparément avec leurs pôles de noms contraires en regard, le troisième barreau étant neutre.
- Apres leur refroidissement, les trois barreaux ont acquis la même polarité, ce qui prouve que la chaleur a tellement dégagé les molécules de cet acier si dur, qu’elles ont pu tourner sous l’action du ma-
- gnétisme terrestre, et en acquérir la même puissance, et que la magnétisation préliminaire de deux d’entre eux n’a pu altérer en rien la polarité inhérente de leurs molécules.
- 4° Magnétismes superposés.
- Si on magnétise une lame de fer, fig. 2, recourbée aux deux bouts pour pouvoir la tordre, en la passant toujours sur le même pôle d’un aimant, d’abord jusqu’à saturation en la maintenant tordue dans un sens, puis légèrement, à la surface seulement, en la maintenant tordue en sens contraire, on peut superposer, sur cette barre, deux systèmes de polarités opposées, qui se neutralisent exactement quand elle est sans torsion, et qui se manifestent en déviant brusquement à droite ou à gauche l’aiguille aimantée dont on approche parallèle-
- FIG. 2
- ment cette barre, suivant qu’on la tord un peu dans un sens ou dans l’autre.
- Ces lames en fer, de l- à ^ m/m d’épaisseur, conservent presque indéfiniment leurs propriétés de réversibilité magnétique pourvu qu’on ne les touche pas avec un aimant.
- Les fils de fer ne se prêtent pas au magnétisme par torsion, parce qu’ils se dénaturent trop vite, mais on peut obtenir, avec des fils d’acier, de très beaux résultats, surtout en les groupant en faisceaux.
- On peut, en tordant au-dessus d’une'petite sonnerie magnétique une barre à magnétisation réversible,- faire marcher cette sonnerie, transformant ainsi directement, et pour la première fois, un mou-ment moléculaire en mouvement mécanique ou de masse ; cette expérience du professeur Hughes est des plus remarquables.
- 5° Nature élastique de l'éther environnant les molécules magnétiques.
- M. Hughes a remarqué une propriété particulière du magnétisme, que « non seulement les molécules « peuvent tourner de tout degré d’arc jusqu’à leur « maximum de déviation ou jusqu’à saturation, « mais aussi que, tout en exigeant une force consi-« dérable pour surmonter leur rigidité ou leur résis-
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- « tance à la rotation, elles ont chacune une atmo-« sphère, dans laquelle elles peuvent se mouvoir « avec une excessive liberté, tremblant, vibrant ou « tournant d’un petit angle, sous une force infini-« ment moindre que celle qu’il faudrait pour leur « imprimer une rotation permanente d’un côté ou « de l’autre. »
- C’est grâce à la présence de cette atmosphère élastique que l’on peut s’expliquer comment la membrane des téléphones peut reproduire toutes les délicatesses de la parole, ce qui exige des variations innombrables par seconde dans la puissance de son aimant, alors qu’il faut au moins ^ de seconde pour le charger à saturation, et pourquoi les téléphones reriforceurs ne peuvent pas arriver à nuancer le timbre des sons comme le font si facilement ceux qui ne mettent en jeu que des actions comprises entre les limites critiques de la libre rotation magnétique.
- Ces limites, qui varient avec la nature des fers et des aciers, peuvent même servir à en spécifier la qualité.
- La rotation élastique des molécules des fers et des aciers, s’accomplissant dans un certain espace limité, ne doit pas être confondue avec leur élasticité mécanique; c’est ainsi que l’élasticité moléculaire du fer doux est, à l’inverse de son élasticité mécanique, de beaucoup supérieure à celle des aciers. Le mouvement libre des molécules diffère entièrement de celui qui leur est imprimé par la torsion ou l’étirement; on peut considérer les molécules comme environnées par un éther d’une nature analogue à celle d’une gelée plutôt qu’à celle d’un gaz, dans lequel elles peuvent vibrer librement suivant de faibles amplitudes, tandis qu’elles opposent une grande résistance aux rotations qui dépassent la limite critique de leurs libres oscillations.
- Les découvertes du professeur Hughes n’intéressent pas seulement la science pure; elles permettront peut-être d’expliquer et de maîtriser les phénomènes, encore obscurs et incertains, que manifeste l’action du froid, du - martelage et de la trempe sur les aciers (*).
- (') A consulter,
- Sur la théorie du magnétisme, les travaux de : Hughes, Lumière Électrique, 1881, iorvol., p. 265, 289,401, 455.
- Gaugain, Lumière Electrique, 1880, p. 374 et Annales de Physique et de Chimie, 1876, vol. VIII, p. 3a6.
- Trêves, Lumière Électrique, 1879, P- 1'7 : Expériences démontrant les courants d’Ampère. nu Moncel, Lumière Électrique, 1870, p. 228 : Réactions magnétiques.
- — Lumière Électrique, 1881, ior vol., p. ni : Histoire du magnétisme.
- Jamin, Lumière Électrique, 1882, 20 vol., p. 241 : Exposé de ses travaux, par M. du Moncel.
- Démonstration expérimentale de l’inégale vitesse de transmission du son à travers les gaz et les solides, par M. F. Griveaux.
- Sur une planchette horizontale en bois sont disposés deux petits leviers .très légers en laiton parfaitement mobiles, autour d’axes verticaux passant par leurs centres de gravité. Ils sont
- traversés dans le voisinage de leurs extrémités par des vis métalliques V Y, ; V' V'.
- Sur la planchette sont, en outre, fixées huit
- Righj, Lumière Électrique, 1880, p. 177 : Polarité rémanente de l’acier.
- Sur P influence de la température :
- De la Rive, vol. 3, p. 692.
- Wosmuth et Poloni, Lumière Électrique, 1881. Ier vol. p. 253-254.
- Berson, Lumière Électrique, 1882, 2» vol. p. 571.
- Sur l'influence des vibrations, torsions et compressions :
- De la Rive, vol. 1, p. 3i5; vol. 2, p. 297.
- Wiedemann, Lumière Electrique, 1882, inr vol., p. 41. Maxwell, vol. 2, p. 85.
- Ader, Lumière Électrique, 1880, p. 264.
- Piazzoli, id. 1881, ior vol. p. 370.
- Clémendot, id. 1882, 2e vol., p. 405.
- Tomlinson, Lumière Electrique, T. IX, p. 167.
- Sur l’influence de la rupture :
- Bissenger, Lumière Électrique, i883, iB1‘ vol., p. 3i3.
- Sur le magnétisme superposé :
- Gaugain, Lumière Électrique, 1880, p. 374.
- Bouty, Annales de l’École normale, 187.5, vol. IV, p. 20.
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- bornes a {5 a' p' y 8 y' 8'. Les bornes {5 et 8, p' et 8' communiquent entre elles respectivement ainsi qu’avec les axes de mouvement O et O' par le moyen de bandes ou de fils métalliques. De même a communique avec y et a' avec y'.
- On dispose alors un tube de verre AB et une tige de sapin de même longueur (im5o) dans un plan horizontal en avant de la planchette, de manière qu’ils soient symétriquement placés par rapport à la ligne XY. Le tube est fermé en A par une membrane très légère et très élastique, il reste ouvert en B. Tube et tige sont d’ailleurs solidement maintenus. Leurs fronts A et C viennent s’appuyer, sans pression, sur les pointes Y et V'.
- Les vis Y, et V' sont alors réglées de manière à venir toucher les bornes a et a'.
- On prend un galvanomètre différentiel dont les fils aboutissent aux bornes i et 2, 3 et 4.
- Les bornes 1 et 3 sont mises en communication avec le pôle + d’une pile, les extrémités 2 et 4 par l’intermédiaire de rhéostats avec les bornes 8 et y', enfin les bornes y et 8' sont rattachées au pôle — de la pile.
- Les deux fils du galvanomètre sont alors traversés par deux courants circulant en sens inverse et, en réglant les rhéostats, on obtient aisément que l’aiguille du galvanomètre se tienne au o.
- Si l’on présente alors un tambour à quelque distance des extrémités B et D de la barre et . du tube et qu’on vienne à le frapper avec une baguette, on voit l’aiguille du galvanomètre se dévier violemment dans le sens où elle se dévie quand on chasse avec le doigt la vis V' qui appuie sur l’extrémité C de la tige de bois.
- La vibration sonore transmise rapidement par le levier a repoussé la pointe V', supprimé le contact entre Y', et a'. Comme à ce moment la vibration à travers l’air du tube n’a pas encore atteint la membrane A, le levier a b est resté en place, le courant qui passe dans le fil x 2 continue seul à agir sur l’aiguille qui est violemment déviée.
- Il est aisé de comprendre comment, si l’on ne disposait que d’un galvanomètre à un seul fil, on pourrait réussir l’expérience en faisant entrer les deux leviers a b et a’b' dans la construction d’un pont de YVheatstone. {Journal de Physique).
- Sur l’électricité produite par l’évaporation et
- sur l’état électrique des vapeurs dégagées par
- une surface d’eau électrisée, par L.-J. Blake (')•
- On sait que Volta considérait l’évaporation de l’eau comme une source d’électricité; après lui, Pouillet, Tait et Wanklyn soutinrent la même opinion, tandis que Saussure, Configliachi, Erman, Reich, Gaugain et Riess furent d’un avis contraire.
- (') Annales de Wiedemann, n° 7, i883.
- Afin de trancher cette question, si importante au point de vue de l’origine encore inconnue de l’électricité atmosphérique, M. Blake a institué, dans le laboratoire de M. Helmholtz, une série d’expériences très soignées.
- Est-il vrai d’abord que de l’eau qui s’évapore prenne une certaine électricité, tandis que toute vapeur formée emporte le fluide du nom contraire? M. Blake place l’eau à évaporer dans une capsule de porcelaine au milieu d’un bain de sable isolé.
- L’eau peut être mise en communication avec un électromètre à quadrant, non pas directement, mais par l’intermédiaire d’un condensateur (*) de Kohlrausch; de telle sorte que le système formé par l’électromètre et le condensateur fonctionne comme un électromètre condensateur.
- On porte le liquide dans son bain de sable à la température de ioo° au moyen d’une lampe à gaz; on éloigne la lampe, puis on établit la communication entre l’eau et l’appareil électrique. L’électromètre est au zéro au commencement de l’expérience : on constate qu’au bout de 5, 10 ou i5 minutes il est resté au zéro; du moins il ne s’écarte du zéro que très peu, irrégulièrement, et pas plus que si l’eau, au lieu d’être à ioo°, était à la température du laboratoire. L’évaporation dans ce cas est bien plus forte que dans l’autre. Il résulte donc de ces expériences que l’évaporation de l’eau pure ne produit pas d’électricité. L’eau de mer et une dissolution de sulfate de cuivre n’en produisent pas davantage.
- Lorsqu’une surface d’eau est électrisée, la vapeur qu’elle émet est-elle chargée de la même électricité? Pour répondre à cette question, M. Blake électrise fortement l’eau contenue dans la capsule de porcelaine, en employant à cet effet soit une pile de 480 éléments zinc-cuivre dont un pôle plonge dans l’eau, tandis que l’autre communique avec la terre, soit une machine électrique attelée à un moteur à eau. Au-dessus de la surface liquide, il place un plateau métallique isolé, que l’on met en communication immédiatement avec la terre, puis avec l’électromètre à quadrants. L’électromètre ne diverge pas ni quand l’eau est froide, ni quand elle a été préalablement portée à ioo° avec le bain de sable qui l’entoure.
- Il est essentiel dans ces expériences d’enlever la flamme qui sert à chauffer le bain de sable avant de commencer l’expérience électrique; il est essentiel également de ne pas aller jusqu’à l’ébullition du liquide. La flamme est par elle-même une
- C) Le condensateur de Kohlrausch est un condensateur comme celui d’CEpinus, c’est-à-dire à lame d’air et à armature mobile; seulement, il est construit avec plus de soin; de plus, en vue de certaines expériences, l’un des plateaux est en zinc, l’autre en cuivre. Cet instrument, commode pour beaucoup de recherches, se rencontre rarement dans nos laboratoires.
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- source d’électricité, et les gaz qu’elle émet sont très conducteurs; d’autre part, l’ébullition est toujours accompagnée d’une projection de gouttelettes liquides, lesquelles transportent avec elles de l’électricité.
- Les dissolutions salines et le mercure donnent le même résultat négatif que l’eau pure : aucune trace d’électricité n’est transportée par leur vapeur, lors même que celle-ci se dégage assez abondamment pour que la distillation du liquide soit abondante.
- Ces expériences démontrent une fois de plus que l’on ne doit pas dire que l’air humide est plus conducteur que l’air sec : l’air humide, la vapeur d’eau et la vapeur de mercure sont parfaitement isolants; il arrive seulement que l’air humide rend plus conducteurs certains corps isolants.
- L’électromètre employé dans ces expériences est un électromètre à quadrants modifié par M. Helm-holtz : l’aiguille mobile, en aluminium, a la forme de deux quarts de cercle opposés par le sommet : elle est portée par un fil d’argent fin qui est isolé ; ôn met l’aiguille, par l’intermédiaire du fil d’argent, en communication avec la source à mercure, tandis que les paires de quadrants sont maintenues à des potentiels constants au moyen de 2 piles sèches de Zamboni. La cage de l’appareil est en métal et elle communique avec la terre. Le miroir qui sert à observer la déviation est placé au-dessous des quadrants; enfin ceux-ci ont une hauteur moindre que celle que l’on a coutume de leur donner, parce que l’appareil est d’autant plus sensible que l’aiguille est plus voisine des faces horizontales des quadrants. L’échelle étant à 3 mètres du miroir, un élément Daniell donnait dans cet instrument une déviation d’environ 70 millimètres.
- L.
- Emploi des piles sèches comme accumulateurs
- d’électricité, par MM. J. Elster et H. Geitel (>).
- Une pile sèche que l’on fait traverser par le courant fourni par une machine de Holtz acquiert une force électro-motrice de polarisation qui peut devenir considérable en raison du grand nombre d’éléments qui composent la pile.
- MM. Elster et Geitel ont intercalé entre les conducteurs d’une machine de Holtz une pile sèche de Zamboni de 11 000 éléments et de 1 centimètre carré de section ; le pôle cuivre touchait le conducteur positif de la machine, le pôle étain de la pile communiquait avec le conducteur négatif. Au bout de 10 minutes la force électro-motrice de la pile était devenue telle que l’étincelle jaillissait entre ses pôles, lorsqu’on les rapprochait à 1 millimètre dans l’air. La pile ainsi polarisée faisait fonctionner d’une manière continue un petit tube de Geissler.
- MM. Elster et Geitel eurent dès lors l’idée de construire une pile secondaire à un seul métal, sur le modèle de la pile Planté. Sur chaque face d’une feuille de papier de plomb ils collèrent une feuille de papier de soie imprégnée d’une solution de silicate de potasse additionnée d’un peu d’oxyde de plomb; ils découpèrent le tout en petits disques d’un centimètre carré qu’ils empilèrent au nombre de 7 000. Traitée comme la pile de Zamboni, cette pile Planté sèche donna des effets un peu plus énergiques.
- Une pile sèche ainsi polarisée, puis abandonnée à elle-même se dépolarise spontanément et assez vite : au bout de dix minutes la perte est sensible ; cependant au bout de 24 heures la polarisation acquise est encore très facile à mettre en évidence au moyen d’un électromètre grossier.
- Pour donner au silicate de potasse le degré d’humidité nécessaire, il suffit quand il est sensiblement sec de le mettre sous une cloche de verre en présence d’un vase plein d’eau. Les auteurs recommandent de monter la pile en enfilant tous les disques qui la composent sur un fort fil de soie : les tubes de verre où l’on enferme quelquefois les piles sèches donnent de moins bons résultats.
- MM. Elster et Geitel ajoutent que les piles sèches ainsi employées sont propres à montrer à un auditoire nombreux le principe du fonctionnement des accumulateurs.
- Une machine de Holtz remplace la machine dynamo-électrique ; et les effets de tension produits dans l’accumulateur sont assez considérables pour être montrés de très loin.
- Si au lieu de former la pile électriquement, on la construit en y introduisant du bioxyde de plomb tout formé, on obtient des effets moins énergiques.
- L.
- Sur les observations de M. Lemstrœm en Laponie. (l)
- « J’ai l’honneur de présenter à l’Académie, de la part de M. le professeur L. Lemstrœm, de l’Université d’Helsingfors, les résultats des expériences et des observations qu’il a faites l’année dernière en Laponie, sur diverses circonstances décisives qui se rattachent au phénomène de l’aurore boréale.
- « La note de M. Lemstrœm, publiée en langue française, ne pourrait sans doute être reproduite sous la forme ordinaire, mais j’espère que l’Académie me permettra de consigner, en quelques lignes, insérées dans les Comptes rendus, les faits (*)
- (*) Note présentée à l’Académie des Sciences, par M. Tresca dans la séance du 7 mai i883.
- C1} Annales de Wiedemann, n° 7, 1883.
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- principaux déjà constatés, pour mieux faire comprendre l’objet des nouvelles expériences que M. Lemstrœm se propose d’instituer prochainement, dans les mêmes parages.
- « En installant au sommet d’une montagne un conducteur métallique, couvrant une grande surface, muni d’un très grand nombre de pointes verticales et relié, avec l’intermédiaire d’un galvano-nomètre, à une plaque de zinc enterrée dans le sol humide, à un niveau inférieur de quelques centaines de mètres à celui du conducteur, M. Lemstrœm a démontré par des expériences que, dans ces latitudes extrêmes et par un froid de — 3o° :
- « L’aurore polaire est un phénomène essentiellement électrique auquel correspondent des courants atmosphériques, continués dans l’appareil d’observation et comparables à celui qu’y déterminerait un élément de pile Leclanché de moyenne grandeur.
- « La manifestation naturelle de ce courant donne lieu, même en l’absence de toute autre illumination et sous forme de rayon lumineux, à une aurore toute locale qui se montre au-dessus de l’appareil et dans laquelle on observe la raie X = 556g, caractéristique de tous les phénomènes de ce genre.
- « On peut ainsi reconnaître avec une complète certitude, sur certains points, l’existence et même la grandeur des forces électriques qui sont mises enjeu dans ces circonstances, qu’il est facile de faire naître et d’interrompre à volonté.
- « Ces expériences ont été faites sur deux points élevés, l’Oratunturi et le Pietarintunturi, avec des appareils couvrant jusqu’à goomq de superficie, et il y a lieu d’admettre, à titre de première appréciation, que le courant ainsi produit, sensiblement proportionnel à l’étendue de la surface couverte par l’appareil à pointes, est essentiellement variable avec la latitude et avec la saison.
- « Si les observateurs n’ont pu à cet égard fournir jusqu’à présent des chiffres suffisamment concordants, il faut sans aucun doute l’attribuer aux difficultés extrêmes que présentent les constatations numériques, à ces températures insupportables, par lesquelles les fils se couvraient en quelques minutes d’une quantité de givre telle qu’ils se brisaient sous le poids de cette charge additionnelle.
- « Si intéressantes que soient ces premières indications, notre but principal, en les rappelant, est de faire connaître à l’Académie la portée des nou-.velles observations que M. Lemstrœm se propose de continuer dans les mêmes régions, pendant toute la durée de l’hiver prochain, et au moyen desquelles il espère répondre, grâce à une meilleure installation, aux questions suivantes, dont il nous donne le programme :
- « i° Comment l’appareil d’écoulement doit-il être construit pour fournir, sur une superficie
- donnée, le courant de la plus grande intensité ?
- « 2° Quelle est la relation entre l’étendue de la surface couverte et l’intensité du courant ?
- « 3° Comment varie le courant avec la latitude nord et avec la différence d’altitude entre les deux extrémités de l’appareil d’écoulement ?
- « 4° Quelle est l’influence des saisons ?
- « 5° Quels sont les rapports entre le courant atmosphérique, le courant terrestre et les variations magnétiques ?
- « Nous n’hésitons pas à donner à M. Lemstrœm l'assurance que ces pénibles et intéressantes recherches seront appréciées chez nous comme elles méritent de l’être, et nous serons heureux qu’il lui soit donné de les mener à bonne fin. »
- Sur la pyro-électricité du quartz ; par MM. C. Friedel et J. Curie (J).
- « Comment se fait-il maintenant que nous ayons obtenu par échauffement des tensions de même signe que celles que M. Hankel a observées par refroidissement? Il nous paraît bien difficile d’admettre, avec lui, qu’en opérant comme nous avons fait, nous ayons produit autre chose que des phénomènes dus à réchauffement du cristal. Nous communiquons de la chaleur au cristal par le com tact d’un corps chaud, et ce que nous observons serait, d’après lui, la conséquence du rayonnement et non de la transmission au contact. Peu de physiciens seront disposés à le croire.
- « Nos expériences faites sur la tourmaline montrent que l’on obtient bien par le contact, avec la demi-sphère métalliqne chaude, des tensions électriques de même signe qu’en chauffant le cristal; et, quoiqu’il y ait une distinction à établir, ainsi qu’on le verra tout à l’heure, entre le quartz et la tourmaline, il nous semble que le rayonnement, s’il joue un rôle, ne peut en jouer un qui soit autre chose que tout à fait accessoire.
- « Expériences de M. Hankel. — Après avoir répété nos anciennes expériences et en avoir vérifié l’exactitude (elles n’étaient d’ailleurs pas contestées), nous avons repris celles de M. Hankel, en nous mettant, autant que possible, dans les conditions où il avait opéré.
- « Nous avons fait chauffer les cristaux de quartz dans une étuve, portée à une température connue (i8o° à 200°), en les plaçant dans une petite boîte métallique et en les entourant de limaille de fer ou de laiton. La limaille laissait seulement à découvert les parties sur lesquelles devait porter l’observation. Lorsque nous pouvions admettre que le cristal avait pris la température de l’étuve, c’est-à-
- (‘) Note présentée à l’Académie des sciences dans la-séance du i | mai ifi83.
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- dire au bout de trois quarts d’heure ou d’une heure, nous placions la petite boite’sur un support à crémaillère au-dessous d’un fil de platine suspendu à un support isolant et communiquant avec deux des secteurs de l’électromètre Thomson-Mas-cart. Lorsque la température du cristal s’était abaissée suffisamment, on approchait celui-ci de l’extrémité du fil par un mouvement du support et l’on observait le déplacement de l’aiguille de l’électromètre.
- « Nous avons obtenu ainsi des résultats s’accordant en général pour le signe (mais non pour la disposition tournante) avec ceux de M. Hankel.
- « Mais nous nous sommes bientôt demandé si te procédé employé pour chauffer les cristaux et pour les laisser refroidir pouvait donner lieu à un échauffement et à un refroidissement régulier, et si la divergence entre les opérations faites par le procédé de l’hémisphère métallique et par celui ' que nous venons de décrire ne proviendrait pas précisément d’inégalités dans le refroidissement. Nous avons commencé par nous assurer qu’en chauffant, comme M. Hankel, un cristal de quartz enveloppé de limaille de laiton, sauf sur une des arêtes du prisme et sur les parties avoisinantes des deux faces contiguës, et en laissant refroidir tout le système à l’air, au bout d’un certain temps et quand la limaille a pris à peu près la température à laquelle M. Hankel faisait ses observations, le cristal se trouve, dans quelques-unes de ses parties au moins, à une température notablement supérieure à celle de la limaille.
- « Pour le prouver, nous nous sommes servis de deux procédés différents : nous avons attendu qu’un thermomètre plongé dans la limaille au voisinage du cristal montrât 40° environ et à ce moment nous avons placé sur la face libre du cristal, en même temps que sur la limaille, deux petites boules de paraffine fusible à 5o°. La boule placée sur le cristal a fondu facilement, l’autre est restée sans fondre. La température du cristal à sa surface était donc supérieure à 5o°.
- « Nous avons encore procédé de la manière suivante :
- Après avoir chauffé le cristal pendant un temps suffisamment long à 200°, dans la boîte remplie de limaille, nous avons laissé la boîte et le cristal refroidir jusqu’à ce que le thermomètre plongé dans la limaille, à côté du cristal, marquât 63°. A ce moment nous avons rapidement transporté le cristal dans un petit calorimètre plein d’eau et nous avons observé l’élévation de température produite, par l’immersion du cristal.
- « Voici les données de l’expérience : poids du « calorimètre de platine, i5Br,o72; poids de l’eau,
- « i9sr,573; poids du cristal, i2Br,oo85 ; température « primitive de l'eau, 17V ; température finale,
- « 220,85; chaleur spécifique du quartz, 0,19,
- « De ces données on déduit la température moyenne du cristal et l’on trouve que celle-ci est de 73°, c’est-à-dire de io° plus élevée que celle de la limaille à son voisinage. Cette dernière doit donc exercer une action réfrigérante sur les parties du cristal qui y sont plongées et, en supposant que l’air agisse moins énergiquement à cause de sa faible masse, malgré sa température inférieure, sur les parties qui sont à découvert, nous ne penàons pas nous tromper.
- « Le cristal doit donc se trouver très inégalement refroidi ; les parties en contact avec la limaille formeront à son extérieur une sorte d’enveloppe froide, laquelle, en se contractant, exercera une pression sur les parties intérieures, qui sont à une température supérieure à la moyenne, et sur les parties découvertes, et celles-ci, comprimées latéralement, devront se dilater dans le sens normal à la compression, c’est-à-dire dans le sens d’un des axes latéraux du prisme. Il devra y avoir, en conséquence, comme M. Hankel l’a observé, dégagement d’électricité positive sur les arêtes portant les faces rhombes, dégagement d’électricité négative sur les arêtes opposées.
- « Pour constater qu’il y a réellement dans le cristal qui se refroidit dans les conditions réalisées par M. Hankel des tensions intérieures, nous avons opéré de la manière suivante. Npus avons placé un petit cylindre de verre, poli sur les deux bases et bien recuit, qui n’exerçait aucune action sur la lumière polarisée, dans une petite boîte de métal percée à son fond d’une ouverture dans laquelle le cylindre s’ajustait exactement. Nous avons entouré le cylindre de limaille de cuivre, en laissant la base supérieure découverte. On pouvait de la sorte examiner le cylindre dans un appareil de polarisation, tout en le laissant refroidir dans la limaille. Nous avons chauffé le tout dans une étuve à 200° environ, puis, après un temps suffisant, placé le système sur le porte-objet de l’appareil de Norremberg, en supportant la boîte de façon que le cylindre ne touchât pas la glace du porte-objet. Dans ces conditions, nous avons observé une action qui allait en augmentant pendant un certain temps, puis disparaissait finalement : une croix noire traversait un champ éclairé lorsque l’appareil était à l’extinction.
- « On peut exagérer beaucoup le phénomène en chauffant le cylindre seul dans la boîte et en l’entourant rapidement de limaille froide au moment où l’on va le placer dans l’appareil polarisant. On voit alors se produire une croix noire et plusieurs anneaux. De plus, en opérant avec le mica quart d’onde, comme pour reconnaître le signe d’un cristal uniaxe, on voit la croix se disloquer et les deux tache noires prendre la position qui correspondrait au signe —, et indiquer ainsi une compression latérale. On observe, en effet, le même caractère lorsqu'on dépose sur une plaque de glace à faces
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- parallèles un petit cylindre de métal chauffé. En enlevant le cylindre au bout de quelques instants, on voit, dans ce cas aussi, en lumière parallèle, entre un polariseur et un analyseur croisés, une croix noire et un anneau d’un gris jaunâtre et les taches noires produites par l’interposition du mica quart d’onde se placent parallèlement au plan des axes du mica (').
- « Nous croyons pouvoir conclure de tout cet ensemble de faits que, dans les observations de M. Hankel, il y a compression latérale du cristal pendant le refroidissement et, par conséquent, dilatation dans le sens de l’un des axes d’hémimorphisme, ce qui met ses résultats d’accord avec les nôtres. En tous cas, il nous est impossible d’admettre que le procédé employé parce savant puisse donner un refroidissement régulier des cristaux.
- « Refroidissement régulier du cristal. — Nous avons dû nous demander ce qui arriverait si on laissait le cristal de quartz se refroidir régulièrement à l’air libre. Notre attention ayant été attirée, par les expériences précédentes, sur l’action que peut exercer sur un cristal ayant plusieurs axes d’hémiédrie une dilatation s’exerçant seulement dans le sens de l’un de ces axes, il était nécessaire de nous rendre compte de ce qui pouvait se produire par une dilatation égale et régulière du cristal.
- « D’après les recherches de MM. J. et P. Curie, la dilatation (ou la contraction) développe une quantité d’électricité qui est proportionnelle à la surface considérée et à la dilatation projetée sur l’axe d’hémiédrie. Si nous admettons avec MM. Curie que réchauffement agit, comme la traction, simplement en éloignant les molécules les unes des autres, et si nous nous rappelons qu’en un point quelconque du cristal passent les trois axes d’hémiédrie et que ceux-ci doivent agir les uns indépendamment des autres, nous verrons facilement que, pour une dilatation régulière, leur action totale doit être nulle. En effet, si nous considérons une plaque de quartz à faces parallèles, taillée parallèlement à l’axe principal du cristal, la surface, normale au plan des axes latéraux,rencontrera ceux-ci sous des angles qui seront a. pour l’un des axes, 6o° -j- a pour le deuxième et 6o° — a pour le troisième. Si nous considérons une dilatation 8 de la
- (i) Il ne faudrait pas confondre ces indications avec celles que l’on obtient sur les cristaux uniaxes. Nous n’avons pas affaire là à des cristaux, mais à des matières comprimées ou temporairement trempées, qui agissent comme le ferait une série de petits cristaux uniaxes ayant leurs axes perpendiculaires à la direction dans laquelle on regarde et divergeant à partir de l’axe du cylindre. Nous ajouterons ici qu’on-peut suivre d’une manière très nette les tensions produites dans des prismes de glace par le contact d’un corps chauffé, en plaçant ces prismes entre deux gros niçois croisés. On aperçoit alors des franges mobiles, dont les formes varient avec les conditions de l’expérience.
- lame, la quantité d’électricité développée par la dilatation relative au premier axe sera 8 cos a; celle pour le deuxième axe sera 8 cos (6o° -4~ «) et celle relative au troisième sera 8 cos (6o° — a), et ces deux dernières devront être prises avec des signes contraires à la première. La somme sera donc
- 8 [cos a — cos (6o° + a) — cos (6o° — a)]
- = 8 (cos a — 2 cos a cos 6o°),
- valeur égale à zéro, puisque cos 6o — i.
- « Ceci étant vrai pour toute lame parallèle à l’axe est aussi vrai pour le cristal entier, toujours à condition que la dilatation se produise également dans tous les sens ; il serait du reste facile d’établir que la quantité d’électricité dégagée par un échauffement régulier sur une surface quelconque doit de même être nulle.
- « Pour vérifier cette conséquence, nous avons chauffé des cristaux de quartz dans une étuve jusqu’à une température de i8o° à 200° pendant un temps suffisant pour que le cristal entier ait pris la température ; le cristal était tenu au moyen d’une pince ne le touchant qu’en deux points, de manière que réchauffement (ou le refroidissement) se fît aussi régulièrement que possible. Après l’avoir laissé refroidir pendant un certain temps, on cherchait en approchant les diverses parties du cristal de l’extrémité d’un fil de platine en communication avec l’électromètre, si le cristal présentait des tensions électriques. L’électromètre avait une sensibilité telle qu’un couple Daniell faisait dévier l’image de om,io à om,n sur l’échelle; nous pouvions donc lire facilemeut les centièmes de Daniell.
- « En opérant ainsi, nous n’avons point trouvé d’électricité sur les cristaux de quartz, ou seulement des traces distribuées d’une façon tout à fait irrégulière. Nous avons expérimenté de la même manière sur les lames taillées perpendiculairement à l’un des axes d’hémimorphisme, et nous n’avons pas davantage trouvé de tensions électriques.
- « Du reste, d’anciennes expériences de MM. Reiss et G. Rose, citées par M. Hankel, avaient donné des' résultats tout pareils : sur cinq grands cristaux de quartz et sur un petit, ils n’avaient pas trouvé d’électricité et, sur un autre très petit cristal, ils avaient seulement observé des indices d’électricité positive sur une face du prisme et d’électricité négative sur une face de la pyramide.
- « Le fait de la non-production d’électricité dans le cas du refroidissement régulier nous paraît donc établi, et les tensions électriques observées par M. Hankel sont dues au refroidissement irrégulier qui, comme nous l’avons dit plus haut, doit provoquer une compression latérale.
- « Les expériences faites avec la demi-sphère donnent, d’une manière beaucoup plus régulière, des résultats pareils; en effet, lorsque nous déposons la demi-splière chaude au milieu d’une plaque
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- froide, nous provoquons une dilatation des parties chauffées, dilatation gênée latéralement par les parties froides ; le résultat est le même que si l’on comprimait latéralement des parties chauffées. On doit donc avoir par échaulfement un dégagement d’électricité de même sens que celui observé par un refroidissement irrégulier dans les expériences de M. Hankel.
- « On peut trouver une autre vérification expérimentale de cette interprétation. Si l’on dépose sur une petite plaque de quartz, perpendiculaire à l’un des axes d’hémimorphisme, une demi-sphère métallique chaude, d’un diamètre plus grand et qui, par conséquent, déborde la plaque de tous les côtés, on observe un dégagement d’électricité presque nul et, en tous cas, beaucoup plus faible qu’en opérant sur une même surface de cristal avec une demi-sphère débordée par la plaque. Dans le premier cas, réchauffement est plus régulier, et il n’y a pas compression comme dans le second, Nous avons du reste montré plus haut que, en plaçant l’hémisphère chaud sur une plaque de glace, on voyait, en lumière polarisée, des phénomènes indiquant une compression latérale.
- « Dans un Mémoire (‘) paru après la première publication de nos expériences (2), dont il ne paraît pas avoir eu connaissance, M. Rœntgen arrive, comme nous, à la conclusion que les modes de développement de l’électricité, distingués par M. Hankel sous les noms de thenno, à'actino et de piézo-électricité, se ramènent à une seule et même cause. Il propose de les désigner tous sous le nom de piézo-électricité ; il nous semble qu’il est préférable de leur conserver le nom plus ancien de pyro-électricité, Pour M. Rœntgen, la cause commune est un changement dans les tensions intérieures du cristal. Pour nous, c’est plus simplement un changement dans les distances moléculaires.
- , « M. Rœntgen décrit plusieurs expériences dont
- les résultats sont d’accord avec les nôtres. L’une d’elles est faite en prenant une plaque de quartz perpendiculaire à l’axe, sur laquelle on a fixé un anneau d’étain en feuille que l’on a divisé, par des sections normales aux faces du prisme, en six portions dont chacune correspond à l’une des extrémités d’un des axes d’hémimorphisme. En déposant au centre de la plaque un petit cylindre de laiton chauffé, on voit, lorsqu’on a réuni trois portions alternatives avec deux des secteurs de l’électromètre Kirchhoff-Thomson , se manifester un dégagement d’électricité qui correspond à celui qui résulterait d’une compression dans le sens de l’axe latéral correspondant. Ici encore, il y a un échauffement irrégulier et par conséquent un dèga-
- (’) Ber. der Oberrh. ties. f. Natur und Heiliiinde, XXII.
- (*) Bulletin de la Société minéralogique de France, t. V, p. 282, décembre 1OO2.
- gement d’électricité dans les corps hémimorphes. Il n’en serait plus de même, ainsi qu’il résulte d’expériences de M. Rœntgen sur une sphère de quartz, si l’on passait d’une température à une autre température fixe. Dans ce cas, la tourmaline donne une quantité d’électricité proportionnelle à la variation de température; le quartz ne donne pas d’électricité du tout.
- « Dans une prochaine Note, sur la pyro-électricité de la blende, nous reviendrons sur ce que M. Hankel a appelé actino-électricité. * *
- Sur le principe fondamental du loch électrique
- aujourd’hui en usage dans la flotte; par M. G. Le
- Goarant de Tromelin (').
- « Il a plusieurs fois été question à l’Académie des sciences du loch électrique inventé par M. Fleu-riais.
- « Cette Note a pour but de revendiquer la prio rité du principe sur lequel repose le loch en question.
- « Je rappelle, en quelques lignes, l’exposé de son principe que j’extrais de la description donnée par M. Fleuriais dans la Revue maritime du mois de novembre 187g.
- « A première vue, le comptage par transmission « électrique semble entraîner avec lui la nécessité « d’un ferme-circuit étanche, opérant au sein de « l’eau, des fermetures et des ruptures alternatives « du courant.
- « Des essais nombreux faits dans ce sens ne « donnèrent que des résultats médiocres.
- « Toujours au bout d’une période de vingt-« quatre à quarante-huit heures au maximum, l’oxy-« dation des touches de contact conduisait à des « arrêts persistants.
- « On était sur le point d’abandonner le pro-« blême, lorsque la pensée vint de cherfcher à rem-« placer les ruptures absolues du courant par de « simples variations alternatives de son intensité.
- « Suit la description de ce loch qui est connu et qui, en résumé, est un simple commutateur qui tourne dans la mer.
- « Le contact de la languette de cuivre qui ter-« mine le conducteur, tantôt avec le gaïac, tantôt « avec le cuivre de la roulette calée sur l’arbre du « moulinet, produit des différences d'intensité « tellement tranchées qu’il était difficile de les dis-« tinguer de celles que donnaient antérieurement < les fermtures et les ruptures absolues.......
- (') Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 14 mai i883.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE --------------:
- « Nous avons beaucoup insisté sur ce point, « parce qu'il nous semble résumer en lui tout « l'intérêt de la question. C’est, en effet, dans ce « point que réside l’invention. »
- « Dans un rapport adressé au ministre de la marine le ier mars 1875, j’ai décrit en détail mon loch électrique. Il ne diffère de celui de M. Fleuriais que par une hélice au lieu d’un moulinet, actionnant le commutateur.
- « Du moment que la cage de l’hélice est plongée dans la mer, écrivais-je, il en résulte que le courant est toujours fermé; mais son intensité est bien moindre que quand la lame qui termine le conducteur communique avec l'hélice, car alors il y a un circuit complet fermé par du cuivre dont la résis-est très faible, etc.
- « Voici un extrait du rapport de la Commission locale d’examen des travaux des officiers, inséré dans le registre des travaux des officiers du port de Lorient :
- « M. l’enseigne de vaisseau Le Goarant de Tro-« melin adresse à la Commission d’examen des trace vaux des officiers une Note ayant pour but de « fournir quelques renseignements supplémentaires « au sujet d’un loch électrique de son invention.
- « Dans cette Note, M. Le Goarant de Tromelin « insiste sur la différence de principe qui existe « entre « le nouveau loch électrique et les instru-« ments analogues essayés jusqu’ici ».
- « Le fonctionnement de cet appareil est basé, « dit l’auteur, sur la différence d’intensité entre un « courant dont le circuit est complètement métal-« lique, et un courant dont le circuit est fermé par « la mer. »
- « J’ai fait à Nantes, en 1875, lors du Congrès scientifique pour l’avancement des sciences, une conférence sur un sillographe destiné à tracer automatiquement sur le papier les courbes qu’un bâtiment à vapeur décrit dans une évolution.
- « On trouvera dans le volume de l'Association française pour Vavancement des sciences cette conférence, faite le 23 août 1875, pages 314 et suivantes.
- « En voici quelques extraits se rapportant au loch en question :
- « 3° Il se compose d’une hélice plongeant dans « la mer et d’un récepteur simple des télégraphes « Bréguet des chemins de fer, disposé en comp-« teur...
- « 'L’hélice, disposée comme celle des lochs à hé-« lice enregistreurs, ouvre et ferme le circuit au « moyen d’une languette de cuivre liée à l’arbre de « l’hélice. Les deux fils formant le circuit complet 1 sont contenus dans le même fil remorqueur. On
- « pourrait, d’ailleurs, n'en mettre qu'un seul, en « fermant le circuit par la mer.
- « Le courant sera toujours fermé, puisque l’hé-« lice plonge dans la mer; mais, suivant que le « circuit sera métallique ou fermé par la mer, la « résistance du circuit variera beaucoup d'inten-« sité, de telle sorte que l'on pourra facilement « régler le ressort antagoniste de Vélectro-aimant « du compteur, de façon qu'il ne fonctionne que « lorsque le circuit métallique sera fermé; ce loch « est donc nouveau comme principe. »
- « A ces descriptions était jointe la figure du loch électrique. Il a figuré à l’Exposition d’électricité.
- « M. Fleuriais n’a imaginé et expérimenté son loch qu’à la fin de l’année 1878, à bord de la Magicienne.
- « Je n’avais fait, avant cette époque, quedes expériences non officielles sur un interrupteur plongé d’abord dans l’eau acidulée, puis ensuite dans la mer. M. Fleuriais, qui ignorait la publication antérieure de mon loch, a le mérite incontestable d’avoir le premier expérimenté un loch électrique sans ferme-circuit étanche; mais, pour les raisons susmentionnées, je réclame la priorité du principe de cette invention. Le jour où l’on remplacerait le moulinet de M. Fleuriais par une hélice, on aurait intégralement le loch que j’ai imaginé au commencement de l’année 1875. »
- Eclairage électrique de l’hôpital de Lausanne.
- L’hôpital de Lausanne vient de recevoir une installation assez complète d’éclairage électrique : deux turbines de vingt chevaux actionnent directement, au moyen d’engrenages, deux machines Edison. Ces dernières marchent à 900 tours par minute et donnent 100 volts et 60 ampères avec un circuit dont la résistance est de 1,66 ohm.
- Le nombre des lampes est de 23o dont les intensités sont de 4, 8, 16 ou 32 bougies. Le courant est amené à l’hôpital d’une distance de 400 mètres par 4 conducteurs de 2 centimètres de diamètre et réparti ensuite à l’aide de conducteurs moins gros qui desservent les différents groupes de lampes et les lampes isolées.
- Chaque étage est éclairé par deux circuits appartenant chacun à une des machines. On évite ainsi l’extinction totale en cas d’accident. La nuit, comme une moitié des lampes doit seule rester allumée, on ne fait fonctionner qu’une des machines dy-namo-éleétriques.
- L’installation comprend en outre une turbine et une machine de réserve pouvant être mise en action en cas d’accident arrivé à l’une des deux autres.
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- RÉSUMÉ
- DES
- BREVETS D’INVENTION
- 152632. — SYSTÈME DE CONTRÔLE APPLICABLE AU GALVANOMÈTRE A MIROIR QUI, PAR LUI-MÊME, NE LAISSE PAS DE TRACES DES TRANSMISSIONS TÉLÉGRAPHIQUES, PAR M. E.-N. BÉ-
- cue. — Paris, i5 décembre 1882.
- Les deux touches T et T' (fig. 1) destinées à envoyer à la ligne des courants positifs (T) et négatifs (T') ont été pourvues de goupilles d’ivoire G qui, lorsqu’on abaisse les tou-
- ches, viennent mettre en communication les languettes L avec les languettes L' et L" ; L communique au pôle positif d’une pile locale, L' et L" à une des extrémités des électroaimants E et E' (fig. 2); l’autre extrémité communique avec
- ZE=D
- PIC-. 2
- la borne M où vient aboutir le pôle négatif de la pile locale.
- Lors donc qu’on abaisse la touche T, outre le courant envoyé à la ligne, on envoie dans l’électro-aimant E un courant local qui fait fonctionner la palette P, laquelle envoyant le papier-bande contre une des deux parties saillantes de la double molette m, chargée d’encre oléique par un tampon, produit une marque. La touche T' produit le même effet sur l’électro-aimant E' et la palette P', d’où une autre marque sur le papier. Ces marques sont espacées dar.s les mêmes proportions que l’écartement des deux parties saillantes de la double molette; et, de ces marques sur deux lignes, il résulte un alphabet composé de même longueur, celles du
- dessus correspondant aux coups à gauche du miroir et aux points du Morse; et celles'du dessous correspondant aux coups à droite du miroir et aux traits du Morse.
- Par exemple, la lettre A qui se fait au Morse----se fait
- au contrôle-.; la lettre B, Morse, — contrôle, .— ; C, Morse — — •, contrôle,et ainsi de suite.
- Ainsi toutes les transmissions envoyées à la ligne par le manipulateur se trouvent reproduites sur la bande du récepteur; on peut donc les vérifier.
- Enfin le commutateur qui sert à mettre alternativement la ligne en communication avec le manipulateur ou le galvanomètre, a été pourvu d’une excentrique X à laquelle est fixée une tige qui ouvre ou ferme automatiquement le récepteur, selon que l’on transmet ou que l’on reçoit.
- 152670. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES BATTERIES A GAZ ET DANS LES APPAREILS POUR LA FABRICATION DE L’HYDRO-GÈNE ET DE L’OXYGÈNE PAR L’ÉLECTRICITÉ, PAR M. R.-J.
- gulcher — Paris, 16 décembre 1882.
- a' est un vase en fonte de fer fermé au fond par une plaque b. Des ouvertures a2 a4 a5 sont disposées dans le haut dudit vase, et a° est l’ouverture inférieure. Ce vase est pourvu d’une garniture en fer d dl ; e1 e2 sont des tubes de
- OOOOO
- verre qui constituent les séparations divisant le vase en compartiments /*/2 f2 ; le diamètre de ces tubes est tel que la surface du compartiment/2 est double de celle du compartiment/1, et que la surface du compartiment /3 est égale aux surfaces réunies des compartiments fl et/2; e3 e3 sont les trous au moyen desquels les différents compartiments communiquent entre eux; g1 g2 sont des plaques de platine
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- suspendues par les tiges g* g4 g* qui passent à travers les bouchons dl d2d3 fermant les ouvertures a3a4a8; ces plaques sont suspendues à une hauteur telle que leurs bords inférieurs sont au-dessus du niveau de l’ouverture aG.
- L’ouverture a° est fermée et tous les compartiments du vase sont remplis d’eau légèrement acidulée; les compartiments p et/2 sont fermés hermétiquement en serrant les bouchons d1 à2 d3. Le bouchon du vase communiquant avec le compartiment /3 est enlevé et le liquide de ce compartiment s’écoule hors du niveau de l’ouverture a6. On ferme alors ce compartiment en vissant à fond les bouchons des ouvertures des parties supérieure et inférieure, et l’appareil est prêt à fonctionner. On relie la tige g3 avec le pôle positif d’un générateur d’électricité, et une des tiges gu communique avec le pôle négatif. L’eau des compartiments flf2 est décomposée par l’action du courant, l'oxygène étant formé dans le compartiment P et l’hydrogène dans p. Cette action se continue jusqu’à ce qu’une quantité suffisante des gaz ait été formée pour abaisser le liquide dans les compartimentsp f2 au niveau des bords inférieurs des plaques de platine; ce liquide est chassé hors de Pp2 par l’accumulation des gaz, par les ouvertures e3 e6, dans les divisions e1 el dans le compartiment /3 où le liquide s’élève, comprimant l’air dans la partie supérieure. L’action de l’appareil cesse alors et il peut être détaché du générateur d’électricité et être employé, soit comme réservoir d’hydrogène et d’oxygène comprimés, ou comme batterie secondaire; son action comme batterie secondaire se faisant en reliant électriquement les tiges g3 g4. Le liquide du compartiment/3, par suite de la génération du gaz, retourne dans les compartiments/1/2, quand l’appareil est employé comme réservoir à gaz, et quand les gaz se combinent pour former de l’eau. Quand l’appareil est utilisé comme batterie secondaire, le retour du liquide se fait par l’expansion de l’air dans le compartiment.
- 152683. — INDICATEUR CONTRÔLEUR ÉLECTRIQUE DU NIVEAU OU DE LA PRESSION DANS LES GÉNÉRATEURS DE VAPEUR OU AUTRES APPAREILS OU RÉCIPIENTS, PAR M. E. BARBEY. — Paris, iô décembre 1882,
- Supposons un llotteur dans une position correspondant à une indication .sur le cadran k comprise, par exemple, entre
- conditions, le niveau dans la chaudière vient à monter, le flotteur fait tourner l’aiguille i de gauche à droite et l’amène sur la division 6; comme il est indiqué sur le dessin, le galet u a établi ou maintenu le contact de l’armature p avec le limbe /, et le circuit est fermé. Le courant vient alors animer l’électro-aimant E qui attire le cliquet s; celui-ci en se baissant entraîne d’une dent le rochet q et fait passer par suite
- FIG. 3
- l’aiguille du cadran récepteur sur la division 6. Le niveau continue-t-il à monter? L’aiguille i quittera pendant un instant très court la division 6, en interrompant le courant, ce qui permettra au cliquet s de remonter à sa position de déclenchement; puisraiguillerencontreradenouveau l’armature l au point où est inscrite la division 7, et le passage du courant déterminera un nouveau mouvement de l’aiguilla du ca dran récepteur et l'annoncera sur la division 7 de ce cadran.
- Mais si le niveau vient à baisser, le recul de la tige du flotteur aura pour effet de faire osciller la bascule/p' d’interversion en relevant le contact / et en rompant ainsi le circuit de l’électro-aimant E; par contre, le contact p' se trouvera abaissé et fermera le circuit correspondant à la partie postérieure du cadran k et à l’électro-aimant E'.
- A partir de cet instant, et pendant toute la durée de la baisse du niveau, les mêmes phénomènes se reproduiront.
- Enfin une sonnerie d’alarme peut être disposée sur la boîte du récepteur pour être mise en activité au moyen de la fermeture d’un circuit spécial et qui serait, par exemple, produit simplement par l’aiguille réceptrice quand elle arrive sur le contact limite inférieur»
- 152752. — PILE ÉLECTRIQUE A BASSINS, PAR M. J. UNGER. — Paris, 79 décembre 1882.
- La fig. 1 représente un élément qui est formé par un bas sin en cuivre aux deux bords opposés duquel sont fixée?
- les divisions 5 et 6; l’aiguille i 11’étant pas, dans ce cas, en contact avec l’armature ou limbe /, le circuit est interrompu et par conséquent il ne se produit aucun mouvement des cliquets s s' du récepteur ou avertisseur (fig. 2). Si, dans cês
- FIG. I
- les tiges en/fer b b, dont les extrémités sont isolées par des bouts de tube en caoutchouc montés sur ces extrémités. Des
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- vis en laiton fixent la plaque de zinc à la partie inférieure du bassin, et les quatre supports en bois d dans son intérieur. Les divers éléments sont disposés l’un dans l’autre. Ainsi qu’on peut le voir (fig. 2), deux bassins successifs sont réunis entre eux, à leurs quatre extrémités, par les pièces à œil double//. Les ouvertures de ces pièces sont plus grandes que.l’épaisseur des extrémités des tiges b qui les traversent, et c’est cette différence qui permet de séparer les éléments. Quand le bassin supérieur est élevé, les bassins étagés peuvent être élevés successivement et le liquide dans ces bassins peut être tiré à volonté.
- La fig. 2 représente une batterie double; les bras g' maintenant les bassins de la partie inférieure sont reliés avec les
- bras g- de la division supérieure; de sorte que, lors de la rotation du volant à main /, dans lequel se déplace la vis //, les bassins correspondants des deux divisions sont élevés simultanément.
- 152766. — SYSTÈME D’APPAREILS TÉLÉPHONIQUES, PAR M. F. tyler. •— Paris, 20 décembre 1882,
- La fig. 1 est une vue en perspective et la fig. 2 une coupe longitudinale d’une chambre ou caisse amovible construite pour être adaptée aux transmetteurs ordinaires.
- A désigne la boîte du transmetteur construite à la manière habituelle; a est le diaphragme, b l’ouverture pratiquée sur le devant du transmetteur devant la partie exposée ou apparente du diaphragme.
- A l’extérieur de cette ouverture se trouve la Caisse ou chambre B. Sur le devant du transmetteur se trouve une ouverture C disposée pour recevoir les levées de la personne qui parle, de manière à permettre aux parties voisines de la figure d’y pénétrer, l’ouverture étant allongée Vers le haut, comme on le voit en d, pour recevoir le nez. La paroi intérieure delà caisse est faite en forme d’entonnoir, comme on le voit en D, pour concentrer la voix sur le diaphragme. L’ouverture est de préférence garnie d’ui léger coussin flexible qui s’adapte bien sur la figure.
- Il doit y avoir une petite ouverture / quelque part pour laisser entrer l’air, mais elle ne doit pas être assez grande pour avoir une influence sur les vibrations imprimées par la voix à l’air contenu dans la caisse.
- En confinant ainsi l’air autour du diaphragme de manière que toutes les vibrations soient concentrées sur ce der-
- nier, on obtient les meilleurs résultats, d’après l’inventeur, en murmurant ou en parlant bas.
- 152768. — PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS A LA DISTRIBUTION DE L’ÉLECTRICITÉ, PAR M. T.-B.-E. TURRETTINI. — Pa-
- ris, 20 décembre 1882.
- Cette invention consiste à intercaler 'dans le circuit d’ude machine dynamo-électrique construite pour de hautes tensions, des groupes d’accumulateurs, dont le nombre varie suivant la chute de potentiel que l’on veut utiliser en un point déterminé, et à prendre un courant en dérivation à chaque pôle de chaque groupe d’accumulateurs, de façon à ce que toutes les lampes ou électro-moteurs placés sur le circuit dérivé, allant d’un pôle à l’autre d’un des groupes, ne soient soumis qu’à la différence de force électro-motrice correspondant aux groupes d’accumulateurs dont ils dépendent.
- Lorsqu’un groupe d’accumulateurs se trouvera chargé, il sera mis hors du circuit, soit à la main, soit par un procédé quelconque. A ce moment, la force électro-motrice du cir-
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- cuit général diminue de la différence de la force électro-motrice correspondant au groupe éliminé'du circuit principal, et les autres groupes continuent à être chargés comme précédemment.
- 152770.— PROCÉDÉS ET APPAREILS PERFECTIONNÉS DE TRANSMISSIONS POUR LA TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE, PAR M. P.-E.
- perez. — Parts, 20 décembre 1882.
- A (fig. 1 et 2) est.une table dont la partie supérieure est formée d’une plaque métallique a. Sur les côtés de la plaque s’élèvent des rebords b, b, et à ses extrémités sont des plaques transversales cyc fixées par des vis. Des bandes^ de métal sont
- ques types f sont contenues dans un récipient convenable, et Bhaque lettre est dans une même case. Les bandes tétant enlevées, l’opérateur se tenant devant la table prend les plaques types une par une et les y place dans l’ordre convenable, en commençant par une extrémité et en finissant par l’autre, formant ainsi deux ou plusieurs rangées de types, selon que le nécessite la longueur du télégramme. Les bandes d sont alors mises en place, leurs extrémités en dessous des plaques transversales c, chaque plaque d reposant sur les bords adjacents de deux rangées de types; en vissant alors les plaques c, les types / se trouvent solidement maintenus.
- Pour transmettre le télégramme, l’opérateur prend le style D dans sa main, et place son extrémité inférieure, armée de la molette «, à l’extrémité de la première rangée, en la promenant sur toute sa longueur. Dans cette opération, le circuit est alternativement ouvert et fermé, par suite des surfaces alternativement conductrices des plaques types f9 et les caractères ou signes sont ainsi transmis pour former le télégramme. Les bords des bandes d servent à guider le style D dans son mouvement.
- Pour recevoir le télégramme à l’autre extrémité, on peut employer un récepteur Morse; le mécanisme étant activé afin de donner la rapidité de mouvement nécessaire au papier; Ou le télégramme peut être reçu sur du papier préparé chimiquement, comme dans les systèmes de télégraphes automatiques.
- disposées pour maintenir les plaques types sur la table. Dans ce but, les bandes d passent au-dessous des plaques c. Les plaques types mobiles / consistent en de petits blocs ou plaques métalliques, entaillées transversalement, ces entailles étant garnies de matière non conductrice, comme représenté en g, de sorte que la surface de chaque plaque présente
- D
- o
- m
- des bandes alternatives de métal et de matière isolante, — ces dernières étant disposées sur chaque plaque pour correspondre à une lettre de l’alphabet Morse, par exemple.
- A l’extrémité de chaque plaque est une entaille ou dépression /, garnie de matière isolante pour former l’espace convenable entre les lettres. Pour former les espaces entre les mots ou phrases, l’inventeur applique de petites plaques isolantes k. Le style ou transmetteur D peut être de tout genre n convenable; comme il est représenté, il consiste en une poignée 7)i, de matière non conductrice, portant à une extrémité une molette métallique w, à laquelle est adapté un ressort o, qui reçoit l’extrémité du fil de ligne p. L’autre extrémité q de ce fil de ligne est reliée à la partie métallique supérieure de la table.
- Le fonctionnement de l’appareil est le suivant ; Les pla-
- 152772. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES PROCÉDÉS ET DISPOSITIFS DE MONTAGE DES CANDÉLABRES ET AUTRES ACCESSOIRES POUR LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE, PAR M. A.-W. BREWT-
- nall. — Paris, 20 décembre 1882.
- Cette invention a pour but de rendre le principe du joint ou articulation à genouillère applicable à la suspension de candélabres et au montage d’autres accessoires suspendus ou mobiles, pour la «lumière électrique, en donnant les moyens, par l’intermédiaire dudit joint, de maintenir non interrompu le circuit électrique, lorsque le candélabre ou autre accessoire se déplace ou oscille.
- L’invention consiste à construire la rotule de ce joint et sa douille, en segments, zones ou autres parties métalliques séparées l’une de l’autre au moyen de segments, zones ou parties de matière isolante, les segments de la douille correspondant à des segments semblables de la boule ou rotule, et étant en contact avec elles sur une étendue suffisante de surface pour permettre à cette rotule un mouvement libre dans sa douille, sans interrompre la communication électrique entre les segments correspondants.
- 152794. — NOUVEAU SYSTÈME APPLICABLE AUX RÉGULATEURS a lumière électrique, par m. f. suisse. — Paris, 22 décembre 1882.
- L’inventeur dispose une cage galvanométrique enveloppée d’un fil de cuivre très fin, dont les deux bouts sont fixés aux deux bornes du régulateur. Sous l’influence du courant de dérivation qui passe dans ce fil, lorsque les charbons de la lampe ne sont pas en contact, un barreau de fer placé sur un centre, dans l’intérieur de cette cage, est fortement dévié. La puissance de cette déviation agissant sur les organes de la lampe permettant le débrayage des charbons, laisse avancer ces derniers à la distance suffisamment petite pour que, par suite du passage d’un axe assez court, la dérivation dans le fil du galvanomètre devienne assez faible pour empêcher le barreau de fer de commander les charbons* D’a* près l’inventeur, l’emploi de Cet organe permet à la lampe de fonctionner sans être réglée spécialement, quel que soit le courant employé.
- En somme, cet organe n’est autre chose qu’un simple gai-
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- vanomètre dont la forme peut varier, selon les besoins de son application à des régulateurs de systèmes différents.
- Ce même galvanomètre peut avoir un autre usage permettant le changement des charbons sur les lampes pendant la marche des appareils. Le galvanomètre est enveloppé d’un gros fil de cuivre par lequel passe le courant allant à la lampe; sous l'action de ce courant, le barreau est et reste dévié tant que la lampe fonctionne; mais aussitôt que le courant ne passe plus pour une cause quelconque, soit, par exemple, pour le renouvellement des charbons, le ^barreau du galvanomètre reprend sa position primitive, et comme, à ce moment, il établit une communication complète entre les deux câbles qui apportent.le courant à la lampe, le service des autres lampes n'est pas interrompu.
- Camille Grou.et.
- FAITS DIVERS
- Les expériences comparatives ont été faites récemment aux mines de Blanzy, avec l'électricité et l'air comprimé, pour actionner un ventilateur de quatre-vingts centimètres de diamètre et de trente centimètres de largeur. Ces expériences ont donné les résultats suivants. Pour Pair comprimé, on s'est servi d'une locomobile de dix chevaux, d'un compresseur Sautter et Lemonnier. Les dépenses qu'ont entraînées ces appareils, ainsi que la pose des tuyaux, conduites, maçonneries, abris, se sont élevées à quatorze mille sept cent soixante-dix francs. En ce qui concerne l'électricité, les dépenses d'installation, comprenant une locomobile de dix chevaux, deux machines Gramme, des câbles, abris, etc., n'ont été que de quatre mille deux cent quarante-quatre francs; en d'autres termes, les frais d'installation avec l'air comprimé ont été triples de ceux qu'a nécessités l'emploi de l'électricité; il en a été de môme pour les frais d'entretien; ce qui prouve que le transport électrique offre des avantages et n’est pas inférieur aux autres systèmes.
- L'application de l’électricité comme force motrice va être essayée par la Compagnie des tramways de Genève à l'occasion de l’extension de son réseau jusqu'à Annemasse. Les voitures seront construites dans le genre de celles que l'on a vues circuler à Paris, Berlin et Londres.
- Une Exposition d'électricité, organisée sous les auspices de MM. Abel, Hughes, sir John Pender, Preece, doit s'ouvrir à Plymouth au mois de septembre.
- Le# chemin de fer électrique d'Offenb&ch à Francfort-sur-le-Mein est commencé. Ces deux villes, que sépare une distance de cinq kilomètres, sont déjà reliées par le chemin de fer de l'Etat et par une ligne d’intérêt local. Le tracé du railway électrique fera communiquer les centres des deux cités. Les machines à vapeur et les.dynamos se trouveront au village d'Oberrad, à moitié chemin entre Francfort et Offenbach.
- Une Compagnie vient de se fonder à New-York pour construire des chemins de fer électriques aux Etats-Unis.
- D'après un rapport publié à New-York, on compte actuellement dans le faubourg de Brooklyn deux mille cinq cent milles de fils électriques et plus de cinq mille poteaux de télégraphe ou de téléphone.
- Éclairage électrique.
- Un des grands cercles de Londres, le Reform Club, de Pâli Mail, essaie en ce moment l'éclairage électrique dans ses magnifiques salons où, jusqu'ici, n'avaient brûlé que l’huile et les bougies de cire. Quarante lampes Swan, suspendues en cercle à quatorze pieds du parquet, ont été disposées dans la salle à manger et une partie de la bibliothèque, et quinze lampes Woodhouse et Rawson, à globes dépolis, dans le fumoir. On se sert d'une machine Elphinstone-Vin-cent, capable d’alimenter quatre cents lampes Swan, et d'un moteur Easton employé à pomper de l'eau depuis la fondation du cercle. Ces appareils sont placés dans les caves.
- Soixante lampes Woodhouse et Rawson viennent d'être installées à Vauxhall, Londres, dans les fabriques d'eaux minérales Barrett et Cn, par la Lumley Electric Light Company.
- Le paquebot Ipswîch, que l'on vient de lancer à Kingston-Upon-Hull pour le service de la Great Eastern Railway Company, entre les ports de Harwich et de Rotterdam, va être muni de lampes à incandescence dans ses salons et cabines.
- Saalfeld, ville du duché de Suxe-Meiningen-Hildburghau-sen, doit adopter l’éclairage à l'électricité pour ses rues et places.
- A Blankenbourg, en Thuringe, est projetée l'introduction de l'éclairage électrique.
- Hartford, une des deux capitales de l'Etat de Connecticut, va sans doute être éclairée au moyen de l'électricité. La Hartford Electric Light Company vient de soumettre aux autorités tout un plan pour l'éclairage entier de cette ville avec une économie de huit mille dollars sur les dépenses qu'entraîne actuellement l’éclairage au gaz.
- En Hongrie, la ville de Kesmark se propose d’adopter l'éclairage électrique.
- Le théâtre Manzoni, de Milan, vient de recevoir des appareils d'éclairage, système Edison.
- A l'occasion du transport des restes de Manzoni au Fa-medio, le Panthéon milanais, et de l'inauguration d'une statue élevée à la mémoire de l'auteur des Fiancés, les principales rues et places de Milan ont été brillamment illuminées à la lumière électrique. La gare où sont descendus le duc et la duchesse de Gênes était éclairée avec des lampes Edison, et les rues Principe Umberte, Manzoni, Carlo Alberto, la place du Dôme ruisselaient de feu le long des trottoirs, sur les fenêtres et jusque sur les toits des maisons.
- Lausanne, chef-lieu du canton de Vaud, est la première ville de Suisse où la Société suisse d'électricité ait installé une station ou usine centrale d'éclairage électrique. On trouve dans cette station une machine Edison pour cinq cents lampes, mise en mouvement directement par une turbine d'une force de quarante chevaux,, et fournissant le courant nécessaire à l'éclairage de la gare du chemin funiculaire de Lausanne-Ouchy, de divers cafés, magasins, bureaux, d'un hôtel et du nouvel hôpital du canton. Des appareils Marcel Deprez servent à mesurer la force du courant. Chaque abonné paye actuellement cinq centimes par heure et par
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- lampe de seize bougies, ce qui correspond à peu près au prix du gaz à Lausanne.
- A Lugano, dans le canton du Tessin, remplacement du Tir fédéral va être éclairé à la lumière électrique.
- Le premier essai pour l’éclairage électrique du fameux pont de Brooklyn a eu lieu dans la seconde moitié du mois de mai. C’est la United States Electric Illuminating Company qui a organisé cette importante installation électrique, qui ne comprend pas moins de 70 foyers divisés sur deux circuits de 35 lampes chacun. Il y a deux machines distinctes chacune appliquée à l’un des circuits pour prévenir un accident et éviter une extinction complète, car il est bien improbable que les deux machines soient arrêtées en même temps. Les lampes des deux circuits sont intercalées sur toute la longueur du pont afin que la lumière reste également distribuée, même en cas d’accident. Chaque machine doit servir à actionner deux dynamos de 20 foyers réunis en série et devant fournir le courant nécessaire pour chaque circuit. Ces appareils diffèrent des machines à lumière ordinaire par ce fait que leurs champs magnétiques sont enroulés en dérivation. L’avantage que Ton,.trouve à employer ces shunt dynqnioSy comme on les appelle, est que la quantité de courant qu’elles sont capables de donner s’adapte automatiquement et avec plus ou moins d’exactitude à la demande, c’est-à-dire que lorsque un certain nombre de foyers est éteint à dessein ou par accident, la machine ne fournit plus que le courant nécessaire aux lumières qui restent dans le circuit, et la force motrice dépensée diminue aussi proportionnellement. La longueur totale des fils conducteurs est, dit-on, de 10 000 mètres; ces fils sont en cuivre de 7n*m, tressés, recouverts d’isolant et de peinture, de façon à éviter absolument les courts circuits qui pourraient se produire par suite de contacts, dans un endroit quelconque, avec la charpente de fer et aussi pour prévenir toute détérioration provenant de l’eau.
- Les câbles sont enfermés dans des tuyaux entourés de maçonnerie le long des approches, et ils sont cachés par des enveloppes en bois sur le pont lui-même. Dans les quatre stations, on a employé des fils de petit diamètre ayant^envi-ron 33o mètres de longueur.
- Toutes les lampes sont doubles, de façon à recevoir deux paires de charbons, ce qui permet d'obtenir un éclairage qui durera, en hiver, de 4 h. 3o du soir à 6 heures du matin. L’intensité des foyers est nominalement estimée à 2 000 candies. Les lampes sont convenablement protégées par un réseau métallique, et sont fixées à des supports décoratifs faisant saillie sur les colonnes de fer convenablement disposées à cet effet. Il paraît qu’en dehors des circuits principaux il y a un fil qui va séparément à chaque foyer formant des circuits secondaires pour permettre d’allumer ou d’éteindre à volonté une ou plusieurs lumières. On avait proposé la lumière à incandescence pure pour l’éclairage du pont, mais ce système a été complètement écarté à cause de son insuffisance.
- A Cleveland, Etat de l’Ohio, les nouveaux bâtiments des usines de la Compagnie électrique Brush viennent d’être achevés. Ces usines recouvrent maintenant une superficie de six acres de terrain.
- A Los Angeles, en Californie, on vient de concevoir le projet de fonder dans l’île Santa Catalina, en face du port de San Pedro, un grand établissement pour la pêche au moyen de la lumière électrique. La réalisation de ce projet serait la source de profits, car elle permettrait de fournir à toute la contrée d’excellent poisson en abondance. On se servirait dans cet établissement d’un appareil consistant en trois lampes Edison ayant chacune une puissance de seize bougies, et entourées d’un globe de verre capable de résis-
- ter à la pression de l’eau à une grande profondeur. Cet appareil, plongé dans là mer, illumine les flots en projetant la lumière au loin et attire le poisson. Un filet de dix pieds de diamètre, placé au-dessous de la lumière, est retiré au moment opportun, et des milliers de poisson sont ainsi capturés à de fréquents intervalles.
- A Baltimore, les bureaux du journal le Sun sont éclairés avec des lampes Edison.
- Télégraphie et Téléphonie
- Canton, le grand entrepôt de l’empire du Milieu pour le commerce extérieur, est maintenant relié à Hong-Kong par le télégraphe. Les Chinois ont consenti à rattacher leurs lignes terrestres à la station de l’Eastern Extension Cont-pany à Hong-Kong. Les Anglais peuvent maintenant corres* pondre avec Canton et Kowloom, limite où finit le territoire chinois et commence celui de la possession britannique.
- D’après un rapport lu à l’assemblée générale de la Compagnie des télégraphes du Nord à Copenhague, le gouvernement du Japon vient de concéder à cette Compagnie le droit exclusif de relier le Japon par câbles électriques à l’Asie et aux îles adjacentes pendant une période de vingt années. De son côté, le gouvernement russe, suivant l’exemple de la Suède et de la Norwège, a prolongé toutes les concessions faites à la Compagnie jusqu’en 1912. De nouveaux câbles sont posés en ce moment par les soins de la Telegraph Construction and Maintenance Company de Londres entre Wladiwostock et Nagasaki, et de Nagasaki à Shanghaï et à Ilong-ICong. Ces câbles suivront les directions ci-dessous : de Hong-Kong à Fu-Chau-Fu, de Fu-Chau-Fu aux îles du Chien-Blanc, de Fu-Chau-Fu aux îles Saddles, de ces îles à Shanghaï et à l’île Tsu-Sima, dans le détroit de Corée de Su-Sima à la baie de Posiette et à Wladiwostock, dans la Tartane russe. Leur pose sera terminée vers le mois de septembre.
- On nous écrit de New-York, le 23 mai, que les expériences importantes entreprises entre New-York et Chicago sur les transmissions téléphoniques à longue distance et qui ont si bien réussi, ainsi qu’on l’a vu dans un précédent numéro, avaient été faites sur des lignes constituées par un fil d’acier de 3 millimètres recouvert de cuivre et d’un diamètre total de 5 millimètres la couche de cuivre avait une épaisseur moyenne de 1,7 millimètre et la longueur totale de la ligne était de 1 048 milles, soit 1 686 kilomètres.
- Si l’on considère que dans ce fil, la section en cuivre représente i6mm- c-,68, alors que la section en fer est 7mra- c*,o6 et que le cuivre est 6 fois plus conducteur que l’acier, on arrive à cette conclusion que le conducteur américain ne devait représenter qu’une résistance de iohm,i7 par kilomètre, soit 1 973 ohms pour la résistance totale de la ligne, ou 197 kilomètres environ de fil télégraphique de 4 millimètres. Or, dans les expériences faites en France, avec le téléphone de M. Ilerz, on a pu transmettre la parole beaucoup plus loin, puisqu’on a pu parler de Tours à Brest en passant par Paris sur une longueur de circuit de 1 100 kilomètres.
- En Suisse, le service téléphonique a coûté à la Confédération, en 1882, 274 000 fr., dont 246 000 fr. pour constructions nouvelles on installation de réseaux nouveaux. Les recettes se sont élevées à 256 000 fr., dont 82 OOO fr. d’abonnements, 3 5oo produits des stations publiques, et 167 000 fr. à titre d’augmeatation de la valeur de l’inventaire.
- Le Gérant : A. Glénard.
- Paris, — Imprimerie P Mouillot, i3, quai Voltaire. — 39388
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- La Lumière Électrique
- Journal universel cl’Électricité
- 5\, :ue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. T11. DU MONCEL} Administrateur-Gérant : A. NOAILLON
- : 6® ANNÉE (TOME IX) SAMEDI 23 JUIN 1883 N® 25
- SOMMAIRE
- Recherches sur les effets microphoniques (5° article); Th. du Moncel. — Travaux récents sur les piles secondaires (M. Hallwachs); Frank Geraldy. — Essai d’une théorie purement mécanique des machines électro-motrices; M. Leblanc. — Installation pour les mesures électriques ; Aug. Guerout. — Les freins électriques (6° article) ; L. Regray.
- — Revue des travaux récents en électricité : Distribution de l’heure dans la ville de Paris. — Electromètre absolu des sinus, par M. Minchin. — Sur la variation de la constante capillaire des surfaces eau-éther, eau-sulfure de carbone, sous l’action d’une force électro-motrice, par M. Krouchkoll. — Sur l’interférence électro-dynamique des courants alternants, par M. A. Oberbeck. — Sur le loch à moulinet, par M. Fleuriais. — A propo^ de l’histoire de l’éclairage électrique. — Sur un amalgamateur électrique.
- — Résumé des brevets d’invention; Camille Grollet. — Faits divers.
- RECHERCHES
- SUR
- LES EFFETS MICROPHONIQUES
- 5e article (Voir les nos des ro et 17 mars, 28 avril el es juin i883).
- Décidément la théorie du microphone préoccupe toujours beaucoup les esprits en Angleterre, et nous voyons que les discussions ne sont pas sur le point d’être closes ; mais ce qui nous étonne-, c’est que beaucoup de savants en France ne paraissent s’en préoccuper aucunement. Ils semblent, en général, rester sur les premières données théoriques que des expériences incomplètes avaient fait émettre dès l’origine delà découverte de Bell, et ne semblent pas se douter que, depuis, la question s’est considérablement élargie et éclaircie. Cette indifférence n’a pourtant pas sa raison d’être, car les nouvelles expériences faites en Angleterre ont mis au jour des faits physiques nouveaux très intéressants et qui, à ce titre, méritent de fixer l’attention des physiciens. Pour faciliter leur étude, nous allons continuer à passer en revue ce qu’on peut tirer de nouveau des
- récentes communications qui ont été faites aux journaux anglais.
- Nous voyons d’abord que M. Munro a présenté, au mois d’avril, à la Société des ingénieurs télégraphistes de Londres, un nouveau travail dans lequel il développe les idées qu’il avait émises dans celui que nous avons résumé dans notre avant dernier article. « Les idées que j’ai émises à la réunion du 8 mars, dit-il, relativement à ce fait qu’il y aurait une décharge entre les pointes de contact et à travers une lame étroite d’air qui jouerait le rôle de conducteur, me paraissent toujours vraies ; mais par le fait, l’action la plus importante mise en jeu est une force répulsive exercée entre les deux pointes et qui tend à les maintenir éloignées quand elles tendraient au contraire à se rapprocher sous l’influence de la vibration;, c’est cette action qui rend le microphone réversible et qui fait qu’on l’emploie comme récepteur téléphonique. J’en ai construit un modèle avec mon système microphonique à gaze métallique qui a donné de bons résultats et qui est disposé de la manière suivante. Dans une boîte sont empilés, les uns sur les autres, une série de petits carrés de gaze métallique compris entre deux électrodes qui leur transmettent le courant. La surface extérieure de cette espèce de pile de gaze est reliée au centre d’un diaphragme de mica, par une petite cheville de liège qui sert d’intermédiaire pour répercuter, sur le disque, les vibrations dont pourrait être animée la pile de gaze métallique, au moment du passage du courant ondulatoire. En écoutant du côté du diaphragme, on perçoit en effet de cette manière la parole. Les sons sont faibles, à la vérité, mais ils sont indiscutables, et peuvent démontrer que les microphones métalliques, comme les microphones à charbon, sont réversibles.
- « Si nous cherchons à étudier le phénomène de plus près, ert» voyant ce qui se passe quand, dans un circuit téléphonique complété par un transmetteur composé de deux lames métalliques ou de charbon, on vient à mettre les deux électrodes en contact : on reconnaît qu’il se produit d’abord un bruit, puis ensuite un bruissement, et quand on
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- vient à serrer les deux lames l’une contre l’autre, on n’entend plus rien. Le premier bruit vient évidemment de la décharge, le bruissement est la conséquence de légers contacts opérés entre les pointes, et le silence correspond à un contact intime qui peut être assimilé alors à une continuité parfaite du circuit. Le bruissement est ce que j’apel-lerai Y étal microphonique, car ce n’est que quand il se produit, que le microphone, soit métallique, soit à charbon, devient actif, et la limite de cet état est d’un côté la distance qui sépare les deux contacts quand le courant ne passe pas ou, en d’autres termes, la distance extrême à laquelle la décharge peut se produire, de l’autre côté le point où la fixité du contact est assez complète pour qu’il ne puisse plus se produire de vibration. En somme, la qualité d’un microphone dépend de la distance à laquelle se produit la décharge dans l’air, les liquides, ou à traver les fibres conductrices des deux pointes, et l’on ne peut obtenir un microphone qu’à la condition que les pointes puissent vibrer dans un intervalle libre. Ceci montre ce que l’on doit entendre par un contact microphonique.
- « Si l’on prend une lampe électrique à arc et à charbons d’un fort diamètre, animée par un fort courant, et qu’on prenne les charbons comme électrodes, on retrouve les effets que nous avons décrits précédemment, mais ils sont plus visibles. Au moment où l’arci se forme, on entend un fort coup, puis un bruissement qui ressemble à un rugissement ; puis, quand on serre les charbons, un silence complet, etc. Chaque fois qu’il existe un petit arc, une lampe électrique peut former un microphone puissant, mais quoi qu’en aient dit certains observateurs, je ne puis admettre qu’on puisse former un microphone avec un grand arc et des charbons éloignés l’un de l’autre. On ne peut pas rapporter ce fait à ce que le bruissement couvrirait les autres bruits, car c’était souvent quand la lampe brûlait d’une manière régulière que ce bruissement disparaissait, et on ne le retrouvait que quand la lampe avait des fluctuations et que l’arc n’était, pas fixe. En définitive, je suis arrivé à cette conclusion que les deux bruits produits dans un microphone mal réglé, ne sont dus qu’à un changement dans les conditions de la décharge, changement provenant de la répulsion exercée entre les pointes, et des variations déterminées sur le milieu interposé dans la décharge. Les microphones à charbon sont, sous ce rapport, sujets à ces variations, et c’est pourquoi je préfère l’emploi de contacts en platine tels que ceux qui existent dans le transmetteur Blake qui dirige la décharge tout en conservant les positions de ces contacts. » *
- Dans une partie de sa communication, M. Munro veut expliquer pourquoi les microphones à contacts métalliques essayés avant les siens, n’avaient pas donné de résultats satisfaisants. Suivant lui, ils ne
- présentaient que des contacts uniques, et de pareils contacts traversés par le courant dans son entier se trouvaient immédiatement altérés ; il faut pour obtenir de bons résultats avec ce système, que les contacts soient multipliés pour diviser le courant et empêcher les adhérences nuisibles, que les pièces, qui les produisent soient légères pour être mises facilement en vibration, et que les ondes sonores qui les affectent soient réduites à des proportions convenables pour que les écarts produits entre les points de contact ne dépassent pas la distance à laquelle peut s'effectuer la décharge silencieuse qui transmet le courant. Cette décharge paraît être plus petite avec les contacts métalliques qu’avec les contacts en charbon, probablement parce qu’avec ceux-ci il se produit un entraînement de particules conductrices qui rendent le milieu interposé plus conducteur.
- M. Munro croit toutefois que les microphones métalliques ainsi disposés peuvent être préférables aux autres, d’abord parce qu’ils sont moins résistants, ce qui n’a pas d’inconvénients pour la sensibilité de l’appareil, puisque la résistance utile est au contact même et est indépendante de la matière qui constitue les pointes, en second lieu, parce qu’ils paraissent susceptibles de fournir des vibrations plus délicates et plus rapides que ceux construits avec du charbon. Il prétend d’un autre côté que les microphones à gaze métallique composés de plusieurs systèmes de contacts, réunis en série dans une même boîte et combinés à d’autres microphones à limaille ou grains métalliques, présentent l’avantage, tout en diminuant la tendance à l’adhérence, de maintenir le son uniforme et distinct, car si par accident quelques adhérences pouvaient se développer entre certains contacts, il y en aurait beaucoup d’autres qui pourraient fonctionner à leur défaut. Ces appareils doivent du reste avoir une manipulation spéciale.
- M. Munro explique ensuite pourquoi il n’admet pas que l’effet microphonique vienne d’un arc échangé entre les deux pointes. lia bien, ainsi qu’on l’a vu, observé qu’avec une lampe à arc il obtenait des effets microphoniques quand cet arc était très petit et que les pointes de charbon étaient libres de vibrer l’une sur l’autre, mais il a aussi remarqué qu’il n’obtenait aucun résultat quand l’arc était long et que les charbons étaient visiblement séparés. Quand il chauffait l’un de ces charbons de manière à changer matériellement la longueur de l’arc, le bruit n’était accompagné que d’un seul son, encore celui-ci n’était pas microphonique. Il n’en était plus de même quand les pointes paraissaient se toucher, et elles devenaient un véritable microphone. Leur partie rouge pouvait alors se toucher n’importe en quel point, pourvu qu’il y eût une sorte d’arc provoqué en un autre point; celui-ci tenait lieu delà décharge silencieuse dont il a été question, et les
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- effets se produisaient comme dans les microphones ordinaires, mais d’une manière plus intense.
- « Il semble donc nécessaire, dit M. Munro, pour constituer un état microphonique suffisant, que les deux pointes puissent vibrer l’une près de l’autre tout en maintenant entre elles une décharge continue; elles pourront même se toucher accidentellement sans que les effets changent. Mais d’autres éléments entrent encore dans le phénomène : c’est une action attractive qui précède généralement les effets de répulsion, et il est probable que dans les récepteurs microphoniques ces deux actions se manifestent concurremment.
- < L’attraction doit évidemment se produire avant que la décharge se manifeste, et ce doit être une attraction statique due à la différence de potentiel des deux charges sur les pointes; elle pourrait bien représenter le phénomène d’adhérence signalé par M. Stroh. Mais, c’est évidemment l’action répulsive qui exerce les effets les plus importants dans les actions microphoniques; les expériences deM. Stroh sont là pour le démontrer, et l’on peut encore s’en convaincre en suspendant légèrement, l’un devant l’autre, deux crayons de charbon. Aussitôt que l’étincelle passe, les pointes sont repoussées, et quand elles reviennent en avant, elles sont repoussées encore, ce qui établit un mouvement de vibration réagissant comme un interrupteur de courant. Cette répulsion est évidemment due à l’étincelle dont lés effets vibratoires se manifestent soit à l’œil nu, soit dans le microscope quand elles deviennent invisibles....
- « Dans le cas des métaux, cette vibration a une très petite amplitude, mais j’ai pu constater en les plaçant dans un liquide visqueux, tel que la glycérine et de la vaseline, que les sons étaient beaucoup moins bien reproduits, par suite de l’amortissement donné aux vibrations... Cette force répulsive est en rapport avec la pression appliquée aux contacts microphoniques, et si celle-ci est trop faible,- il peut arriver que la répulsion rompe le circuit en éloignant trop les pointes l’une de l’autre. »
- Dans une autre partie de son travail, M. Munro montre qu’en plaçant un aimant devant un de ses microphones à gaze de fils de fer dans lequel la plaque mobile ne touchait la plaque fixe que sous l’influence de la pression occasionnée par son inclinaison par rapport à la verticale, on augmente les sons transmis par cet instrument d’autant plus que le rapprochement de l’aimant est plus grand, et un son très fort se produit au moment où le circuit se trouve rompu par suite de l’attraction de la plaque mobile. Si cette expérience est faite avec soin, ce bruit peut se renouveler quand on éloigne assez le pôle magnétique pour permettre au circuit de se rétablir par l’intermédiaire de la décharge échangée entre les deux contacts et alors que ceux-
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- ci sont encore plus ou moins rapprochés. Quelque, fois cependant la décharge peut être interrompue si doucement que le bruit en question est à peine perceptible. M. Munro montre d’un autre côté que si l’aimant est placé du côté opposé, c’est-à-dire derrière la plaque fixe, il résulte de l’attraction de la plaque mobile et du serrage des deux plaques qui en résulte,.l’extinction des sons; « d’où l’on peut conclure, dit-il, que moins est grande la pression exercée entre les deux plaques l’une sur l’autre, meilleur est l’effet microphonique, et cela parce que la force répulsive peut alors agir plus facilement, et que les vibrations des plaques peuvent se faire sans résistance dans l’intervalle occupé par la décharge. » L’expérience que nous venons de rapporter a indiqué à M. Munro que le meilleur système de réglage pour son microphone à gaze métallique, était l’emploi d’un aimant.
- En résumé, suivant M. Munro, l’action du microphone dépend de trois causes : x° de la décharge effectuée à travers le milieu plus ou moins échauffé placé entre les pointes de contact; 20 des vibrations sonores que peuvent provoquer ces pointes dans le milieu occupé par la décharge ; 3° de la répulsion exercée sur les pointes elles-mêmes par le courant.
- L’étendue de la surface de contact ne paraît pas exercer un rôle important, bien qu’elle puisse cependant avoir une certaine action sur l’intensité du courant ; mais il importe, dans tous les cas, que la lame d’air interposée entre les contacts soit de très petite épaisseur.
- M. Munro cherché ensuite à expliquer d’où peut provenir l’action répulsive exercée entre les pointes de contact; « elle peut être due, dit-il, à la dilatation des pointes de contact provoquée par la chaleur ; mais bien qu’il puisse se produire une action calorifique dans les actions microphoniques, elle semble être ici plutôt un effet accidentel qu’une cause de phénomène. Des contacts en charbon ou en métal, par suite d’effets caloriques auxquels ils sont soumis, peuvent agir comme microphones, mais il est difficile de comprendre comment la température des pointes d’un microphone peut varier assez rapidement, pour fournir des sons, et surtout les vibrations si capricieuses de la parole. Les effets répulsifs constatés proviennent plutôt de quelque propriété de la décharge elle-même, de la répulsion clectro-dynamique comme l’appelle M. Ayrton dans les remarques faites par lui à ce sujet.
- « On pourrait peut-être encore les attribuer à la dilatation du milieu séparant les deux contacts ; mais avec un microphone à gaze métallique plongé dans une boule où le vide a pu être fait d’une manière aussi complète que dans une lampe à incandescence, le tic tac d’une montre a pu être entendu avec une grande clarté et une grande netteté. L’appareil était même très sensible et avait l’avantage dç
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- préserver les gazes métalliqnes de l’oxydation. On pouvait d’ailleurs agir sur elles avec un aimant comme à l’air libre. La boule avec son microphone, était fixée sur une planchette verticale adaptée à un pied en bois, et la montre était placée sur ce pied, les fils de communication avec le circuit étaient reliés aux deux plaques de gaze par deux fils de platine soudés dans le verre de la boule. » Il y a longtemps, en 1878, lorsque M. Hughes m’informa des expériences qu’il fit avec le microphone employé comme récepteur, je pensai qu’une action du genre de celle indiquée par M. Munro devait se produire dans le microphone, et voici ce que je disais à cet égard dans la première édition de mon ouvrage sur le téléphone publiée au mois de septembre 1878 (voir page 175) : « Le microphone peut non seulement transmettre la parole, mais il peut encore dans certaines conditions, la reproduire et être substituépar conséquent au téléphone récepteur. Cette fois, c'est seulement dans les variations d’intensité du courant, qu’il faut chercher une cause du mouvement vibratoire produit dans l’une des parties du circuit lui-même, et il n’y a plus alors à invoquer des effets d’attraction et d’aimantation. Est-ce aux répulsions qu'exercent entre eux les éléments contigus d'un même courant qu'il faut rapporter cette action ? »
- Il est certain que cette répulsion est manifeste, et l’expériènce de De La Rive que l’on fait dans les cours de physique, la démontre bien, mais il y a déjà quelques années M. Fernet avait mis à contribution cette propriété dans un régulateur de lumière électrique. M. J. Yan Malderen avait également basé sur ce principe une lampe économique qui n’était autre qu’une sorte de compas à branches très mobiles portant à h ur extrémité les deux charbons entre lesquels devait se produire l’arc, et celui-ci se produisait au moment du passage du courant, par suite de la répulsion exercée entre les charbons. M. Munro n’avait donc pas besoin de M. Ayrton pour expliquer naturellement les effets répulsifs dont il s’agit, et qui, je crois, expliquent suffisamment les effets signalés par lui.
- On pourra s’étonner que j’abandonne aussi facilement la théorie du microphone basée sur les différences de pression que j’avais dans l’origine préconisée; je ferai remarquer à ce sujet, qu’en science, on ne doit jamais avoir de parti pris, mais je dois dire que, tout en attribuant aux différences de pression exercées entre les contacts les variations d’intensité des courants téléphoniques, j’avais toujours regardé comme inexpliquée la cause de cet effet. Ayant _ constaté que le serrage plus ou moins grand de deux contacts entraînait des variations de conductibilité proportionnelles à ce serrage, et considérant que les vibrations d’une plaque contre un contact rigide devaient entraîner des alternatives de pression et de dépression, j’attribuais à
- ces alternatives l’origine du phénomène. Mais comment et par quelle cause se produisait-il?.... c’est ce que j’avais toujours cru inexpliqué ; de là la phrase qui accompage l’exposition que je fais de ce principe dans le tome I de mon Exposé des applications de l'électricité publié en i856 : « Cela tient souvent à ce que les métaux ne sont pas toujours dans un état parfait de décapage au point de contact, mais peut-être aussi aune cause physique encore mal appréciée. » Or, cette cause physique était, en effet, jusqu’à ces derniers temps, mal appréciée, puisque nous voyons qu’elle constitue un ordre particulier de phénomènes assez complexes qui ont nécessité, pour être mis en lumière, la découverte du téléphone. Il est certain qu’avec les contacts durs il est difficile d’admettre que des différences de pression aussi minimes que celles qui résultent de vibrations sonores, puissentprovoquerdirectement des variations de conductibilité de matière aux points de tangence, et d’ailleurs ces variations ne pourraient expliquer la reproduction des sons quand le microphone est pris comme récepteur. Il faut pour que ce dernier effet ait lieu, qu’il y ait une vibration matérielle des contacts microphoniques et que la cause qui la produit, tout en dépendant des variations de conductibilité, puisse les déterminer elles-mêmes ; or ce double effet peut très bien résulter des répulsions des éléments contigus d’un même courant aux points où le conducteur est disjoint, car ces répulsions étant plus ou moins énergiques suivant l’intensité du courant, se trouvent être en rapport avec les ondes électriques des courants ondulatoires transmis et, par conséquent, peuvent fournir des vibrations reproduisant les sons qui ont provoqué ces courants ondulatoires. D’un autre côté, ces vibrations s’exécutant dans un milieu aériforme rendu plus ou'moins conducteur sous l’influence de la décharge, peuvent entraîner des variations de résistance de ce milieu en rapport avec elles, et par conséquent réagir sur le courant de manière à lui faire fournir des ondes électriques. La réversibilité des deux actions se comprend donc dans cette hypothèse; toutefois, d’autres causes peuvent intervenir et réagir dans le même sens, les effets thermiques, peut-être, si on les considère dans certaines conditions, mais aussi d’autres effets quiont pour résultat de troubler l’état moléculaire des corps. M. le Dr J. Ochorowicz a montré en effet que si on constitue un microphone avec deux fils d’acier aimantés placés parallèlement l’un à côté de l’autre, les deux pôles contraires en regard, et réunis à l’une de leurs extrémités par de la limaille de fer, alors que du côté opposé ils correspondent à un circuit téléphonique animé par une pile, il suffit d’influencer les lignes de force magnétique du système avec un diaphragme vibrant tenant lieu d’armature, pour transmettre avec une netteté parfaite les sons impressionnant ce diaphragme.
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- Dans ces conditions, les lignes de force courbes des filets de limaille tendent à se redresser au moment des mouvements de la plaque effectués du côté de l’aimant, et à se coucher au moment des mouvements inverses, et il en résulte un état de vibration de ces filets de limaille qui donne lieu à-des variations de résistance dans la partie du circuit constituée par eux et, par suite, à des courants ondulatoires en rapport avec les vibrations du diaphragme. La théorie de l’action répulsive serait-elle applicable à ce cas ainsi qu’aux transmetteurs Hunningà grains conducteurs?... Cela me paraît douteux, et je crois qu’il est plus sage de reconnaître que plusieurs genres d’action peuvent être en jeu dans les effets microphoniques. Ce qui est certain, c’est que le microphone de M. Ocho-rowicz est très bon et | peut réagir sans bobine d’induction.
- Nous allons maintenant analyser certaines observations que M. A. E. Conti a publiées dans le Télégraphie Journal du 19 mai i883. Il commence par formuler ses conclusions de la manière suivante :
- i° Si un courant passant à travers un contact microphonique se trouve renforcé, les deux faces de ce contact se repoussent l’une l’autre.
- 20 Si ce même courant décroît d’intensité, l'effet inverse se produit.
- 3° Quelque faible que soit un courant qui traverse deux pièces conductrices mises en contact, il détermine en un certain point un effet de cohésion qui, dans le cas des métaux, peut être regardé comme le résultat d’une fusion des particules projetées.
- 40 Un courant traversant un contact développe sur les pièces opposées qui le constituent une polarité inverse de celle qui lui correspond et une force électro-motrice qui tend à s’opposer à son ' passage, et c’est avec des contacts homogènes que cet effet est le plus apparent.
- 5° Un circuit composé de plusieurs pièces de contact réunies en tension, fournit après la disparition du courant primitif qui l’a traversé, un courant de polarisation de plus longue durée que si le circuit, tout en ayant une même résistance eût été continu.
- 6° Pour une distance constante entre les pièces de contact, la résistance des contacts varie en raison ' inverse de l’intensité du courant qui les traverse.. Ceci, bien entendu, ne concerne pas les variations de résistance qui peuvent affecter le reste du circuit, lesquelles sont au contraire proportionnelles aux intensités du courant, en raison des effets thermiques qu’il développe.
- 7° On ne trouve aucune pièce de contact qui, pour une différence de pression qui lui est donnée, ne donne à un plus ou moins haut degré des courants ondulatoires.
- 8° Il n’existe pas de contact absolu entre deux
- conducteurs se touchant sauf le cas où il y a fusion ou amalgamation.
- En partant de ces principes, M. Conti a pensé qu’on pourrait établir avec avantage le microphone de la manière suivante : Sur une planchette verticale soutenue par un pied en bois, il fixe une petite planchette horizontale percée d’un large trou circulaire dans -lequel s’emboîte une petite boîte cylindrique à laquelle vient- aboutir, par dessous, un tubé acoustique. Au-dessus de cette boîte qui forme caisse sonore est suspendu par une chaîne de fer un disque de bois qui forme comme un couvercle de la boîte, et un fil de soie adapté à ce disque et à un petit treuil à vis de rappel, permet dérégler le serrage des chaînons de la suspension. C’est alors ces chaînons qui constituent les contacts microphoniques. Quand l’appareil est bien réglé, il peut agir comme transmetteur ou comme récepteur, et il permet en outre d’étudier les effets produits au moyen d’un miroir réflecteur que l’on adapte à un levier placé au centre du disque suspendu.
- Pour montrer que dans cet appareil il n’a pas cherché à copier M. Munro, l’auteur dit que dans •une chaîne, l’imperfection des contacts des chaînons entre eux, au point de vue de|la conductibilité électrique, avait été constatée dès le siècle dernier par Nicholson dans l’introduction de son ouvrage sur la Philosophie naturelle, tome II, p. 33e ; mais il n’avait pas besoin d’aller chercher si loin, puisque dès l’origine de sa découverte du microphone, M. Hughes avait montré qu’on pouvait transmettre la parole en le constituant avec des chaînes ou avec des clous superposés. Après avoir rapporté le passage de l’ouvrage de Nicholson se rapportant à la conductibilité électrique des chaînes, M. Conti discute certaines parties des mémoires de M. Munro et examine d’abord la question de priorité dans l’invention du téléphone et du microphone. Dans cette partie de son plaidoyer, il s’égare dans le même labyrinthe 'd’arguments faux que nous avons souvent relevés et qui s’étayent sur ce qu’avec la disposition de Reiss, on peut obtenir avec un réglage. convenable la transmission de la parole. Nous avons discuté longuement cette question dans ce journal, et pour en finir une fois pour toutes, nous dirons à M. Conti que M. Reiss n’a jamais eu l’idée des courants ondulatoires, que'pour obtenir des sons avec le genre de récepteur qu’il avait employé, il fallait qu’il réglât son transmetteur de manière à fournir des courants interrompus, et que, si par hasard il a obtenu la reproduction de sons articulés, ce n’était qu’accidentellement parce qu’alors, pour certains sons, les contacts de son interrupteur restaient appuyés l’un sur l’autre, qu’enfin pour faire parler haut un récepteur du genre de celui de Reiss, il faut adapter à l’aiguille vibrante une masse métallique, ce que n’avait pas fait Reiss,
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- et cet appareil n’aurait jamais pu reproduire la parole sur un circuit un peu long, sans être disposé de manière à être porté à l’oreille, ce qui n’a jamais été son cas. Nous sommes donc en complet désaccord avec M. Conti sur ce point.
- Nous le sommes également en ce qui touche le rôle qu’il attribue aux contacts métalliques et aux contacts semi-conducteurs; enfin nous le sommes encore en ce qui touche l’histoire du microphone employé comme transmetteur téléphonique. Si M. Conti eût étudié le brevet de M. Berliner, il aurait vu que les contacts microphoniques y étaient parfaitement indiqués et il y aurait trouvé l’adaptation au système des bobines d’induction, ainsi que l’emploi du microphone comme récepteur.
- Le dépôt de ce brevet avait été fait le 4 juin 1877, alors que celui de M. Edison n’avait été fait que le 3o juillet 1877. Mais si l’invention du microphone considéré comme transmetteur de la parole doit être attribuée à M. Berliner, le microphone considéré comme amplificateur des sons appartient bien à M, Hughes ainsi que toutes les dispositions qui ont été la conséquence de son application à ce point de vue, et c’est pourquoi dans la dernière édition de mon ouvrage sur le téléphone, j’ai séparé les transmetteurs microphoniques du microphone, et ai fait de ce dernier l’objet d’un ouvrage à part.
- Nous passerons donc sous silence toute la partie de la communication de M. Conti relative aux priorités. Quant à ce qu’il dit des expériences de M. Munro, nous allons rapporter textuellement ses paroles.
- « En revenant, dit-il, à M. Munro, je dirai que je partage son opinion en ce qui concerne la théorie qu’il donne de ses instruments, mais je dois avouer que la décharge silencieuse qu’il prône ne doit pas, dans mon opinion, être prise en considération, du moins quand on la considère comme base de la théorie des contacts. J’accepterais plus volontiers pour cette base la théorie fondée sur la formation d'un arc autant qu’on puisse en préjuger dans l’état actuel de nos connaissances.
- « La théorie basée sur les effets calorifiques me paraît très nuageuse et peu concluante; elle pourrait être comparée à celle qu’on ferait si on disait, pour expliquer la marche en avant d’une locomotive, qu’elle est mise en mouvement par la chaleur! Nous savons tous, il va sans dire, que là où il y a un courant électrique, il y a aussi développement de chaleur ; mais celle-ci résulte-t elle d’une action particulière produite au contact?... Ceci est encore un mystère à éclaircir. Peut-être a-t-on pxensé que pour éviter à la science d’être, dans un avenir plus ou moins éloigné, taxée d’erreur, il valait mieux mettre en avant une théorie ambiguë.
- « Dans mon opinion une théorie qui ne rend pas bien compte des phénomènes devrait être re-
- jetée entièrement, car nous ne devons pas chercher à expliquer aux autrès ce que nous ne comprenons pas nous-mêmes. »
- Nous pensons que cette conclusion de M. Conti, aussi bien que toute sa discussion sur les priorités, semble déceler chez lui un esprit de dénigrement regrettable. Il est bien certain que si on n’avait pas émis dans l’origine des découvertes certaines théories provisoires, souvent même un peu hasardées, bien des découvertes importantes n’auraient pas été faites; une théorie amène quelquefois des controverses, des discussions, et pour soutenir leur opinion les savants attaqués font de nouvelles recherches qui les amènent à découvrir- des phénomènes souvent plus importants que ceux qui ont servi de base aux discussions. Sans la querelle qui s’est élevée entre Yolta et Galvani, la pile n’aurait peut-être pas été découverte ; sans les discussions qui eurent lieu au sujet de la vitesse de l’électricité, les lois de Ohm seraient restées ignorées, du moins celles qui se rattachent à la période variable de la propagation électrique.
- Que M. Conti se rassure : d’une discussion bien entendue, conduite sans passion et sans parti pris, la vérité peut jaillir, et nous voyons déjà que la question des effets microphoniques s’est considérablement éclaircie depuis que les chercheurs, pour justifier leurs idées théoriques, ont entrepris les expériences intéressantes qui ont rempli les cinq longs articles que nous avons consacrés à ce sujet.
- Th. du Moncel.
- TRAVAUX RÉCENTS
- SUR
- LES PILES SECONDAIRES
- (ai. iiallwaciis)
- J’estime décidément que lé nom de piles secondaires doit être conservé aux appareils qu’aujourd’hui on nomme souvent accumulateurs, improprement à mon avis. Ils n’accumulent pas l’électricité en effet ; s’ils sont en état d’en reproduire après en avoir reçu, ce n’est pas qu’ils en aient réellement emmagasiné, c’est qu’on a provoqué dans leur intérieur une réaction chimique susceptible de se détruire d’elle-même, et de rendre sous forme électrique une partie de l’énergie qui a été dépensée à la former. C’est, au fond, une application du principe de la réversibilité des piles. On pourrait fort bien former de toutes pièces les éléments d’une pile de ce genre, présenter l’une à l’autre une plaque chargée de bioxyde de plomb, et une plaque recouverte ou formée de plomb grenu obtenu par le procédé de l’arbre de Saturne,
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- 2.31
- lé dégagement d’électricité se produirait; l’appareil n’aurait cependant rien accumulé : ce serait une pile directe, et lorsqu’on aura séparé par le passage d’un courant les éléments chimiques qui se sont une première fois combinés, on n’aura pas accumulé d’électricité, on aura reproduit la pile par une action secondaire et on aura une pile secondaire : le nom qu’avait donné M. Planté était parfaitement juste et rend bien compte du phénomène ; il faut le garder.
- On vient de publier sur ces appareils quelques études qui méritent d’être examinées. Nous résumerons d’abord un mémoire de M. Hallwachs professeur à l’université de Strasbourg. Il a expérimenté sur quatre types de pile secondaire. L’un d’eux (n° i), fourni par M. Schulze, se compose de 5 plaques de plomb, de 20 cent, de haut sur 10 de large, disposées parallèlement et portant du minium. Il pèse 8 kil. 1. Le suivant de la même source (n° 4) se composait de 3o feuilles de plomb gaufrées, préalablement saupoudrées de fleur de soufre et chauffées de manière à les recouvrir d’une
- Terre
- 0
- couche de sulfure de plomb; son poids est de iokil.5. Deux éléments fournis par Tommasi (n° 3) étaient composés de deux faisceaux rectangulaires de 3o cent, sur 3o formés de tiges de plomb. L’élément pèse 21,4 kil. Enfin deux éléments fabriqués chez Bréguet avaient la forme habituelle des piles Planté, c’est-à-dire étaient formés de deux plaques roulées l’une sur l’autre en spirale et séparées par des bandes de caoutchouc ; le plus grand pesait 4 kil. 9. Ces derniers éléments ainsi que ceux de Tommasi avaient été formés suivant la méthode de Planté.
- M. Hallwachs s’est proposé de déterminer pour chacun de ces éléments : i° la force électro-motrice ; 20 la résistance ; 3° le rendement utile.
- A cet effet, il a combiné un dispositif qui est représenté (fig. x). B est la batterie ou la machine qui opère le chargement : entre b et c se trouve la pile secondaire en expérience ; a b c d est le circuit sur lequel elle devra fonctionner, et un rhéostat R permet d’en régler la résistance à volonté.
- G est un galvanomètre en dérivation qui permet de mesurer l’intensité, E est un électromètre de Mascart qui donne la différence de potentiels aux bornes de la pile secoudaire ; enfin W est un
- commutateur qui permet de mettre en action la batterie B ou de la relever, W2 en est un autre qui peut ouvrir le circuit a b c d e, le fermer ou le mettre en rapport avec un pont de Wheatstone.
- Ce dernier mesure les résistances à l’aide du téléphone ; il est représenté dans le diagramme (fig. 2). La méthode employée est celle qui a été décrite sous le nom de Less dans l’article qui a été publié par M. Guerout sur cette question dans notre journal (n° du 12 mai 1883). Le schéma (fig. 2) montre que les bras 1, 2, sont ici formés par un rhéostat à fil tendu à contact mobile K; le bras 3 est également formé d’un fil de maillechort de résistance connue ; enfin le bras 4 comprend tout le circuit dénommé a b ede dans la figure précédente introduit dans le pont ainsi que cela vient d’être dit à l’aide du commutateur W3.
- Il n’y a pas à insister davantage sur la mesure de la résistance.
- Pour la force électromotrice, dans le cas où la pile est en circuit ouvert, l’électromètre la donne ;
- FIG. 2
- dans le cas de la charge, l’électromètre donne la différence des potentiels aux bornes E', on connaît d’ailleurs parle galvanomètre G l’intensité I du courant, et on a mesuré la résistance p de la pile secondaire. On aura donc
- E = E' — Ip
- Dans le cas de la décharge, on peut de même écrire en faisant usage des lettres analogues
- e = e' + i p
- Le plus souvent, au lieu de mesurer la différence de potentiel e', on la calculait par la formule e' = ir dans laquelle r représente la résistance du circuit de débit abc de : on relevait directement e' seulement dans le cas où l’intensité i étant assez élevée on avait lieu de craindre que la insistance r fût modifiée par la chaleur développée.
- Voici maintenant les résultats constatés :
- D’abord, et ceci est fort curieux, la foi'ce électromotrice dépend de la situation de la pile secondaire, c’est-à-dire qu’elle varie suivant que la pile est en charge, en circuit ouvert ou en décharge. On peut
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- s’en assurer en passant rapidement par ces trois états à l’aide de commutateurs; pour trois expériences se succédant ainsi sans intervalle, on trouve par exemple
- Comme on le voit, la force électromotrice est une quantité variable, même comme moyenne, et n’a en aucun cas de valeur définie, elle dépend du temps et de l’intensité de charge.
- . Courant Circuit Courant
- de charge. ouvert. de décharge,
- 2,41 2,18 2,08
- 2,20 3,06 1.99
- 2,31 2,11 2.01
- On voit que la différence est sensible et toujours dans le même sens.
- C’est un point qui n’avait pas été signalé et dont il faut tenir compte.
- Si l’on prend ensuite un élément et qu’on mesure sa force électromotrice pendant le fonctionnement, on s’aperçoit qu’elle n’est jamais nulle .
- FIG. 3
- l’élement ne peut être complètement déchargé; la valeur initiale de cette force est toujours de 0,2 à 0,4 volts. Pendant la charge (fig. 3) la force électromotrice s’élève rapidement vers 2,2 volts, puis continue à monter lentement ; la rapidité de son ascension dépend de l’intensité du courant de charge; quant à sa limite, M. Hallwachs n’a pu l’atteindre, il a toujours constaté une tendance à monter tant que la charge n’était pas arrêtée.
- Dans la décharge, la force électromotrice part, ainsi que nous l’avons dit, d’une valeur moins élevée que celle qu’elle possédait à la fin de la charge; elle s’abaisse d’abord d’un mouvement régulier et assez lent (fig. 4), puis, lorsque la charge est sensiblement diminuée, l’abaissement s’opère suivant une loi beaucoup plus rapide; la valeur n’atteint d’ailleurs jamais o, quelle que soit la durée de la décharge. Il est bien entendu que si, au lieu d’une décharge lente dans un courant résistant, telle que celle que représente la fig. 4, on opérait une décharge rapide à travers un circuit court, la pente de la courbe serait plus rapide.
- Voici des nombres relevés sur l’élément n“ 1 :
- r0 est l’intensité moyenne, T le temps de la charge, E0 la force électro-motrice moyenne.
- , /o T Eo
- 3,9 4 2,19
- 4,o ' 4 2,27
- 7,4 7 2,33
- 6.7 j 2,20
- 17,1 4 2,46
- 1,1 4 1,95
- On remarquera les deux premières expériences dans lesquelles les éléments I0 et T sont constants ; Eo a pourtant varié, cela tient à ce que entre les deux expériences l’élément avait travaillé, et que sa réceptivité avait augmenté ; c’est encore une condition dont il faut tenir compte.
- «
- FIG. 4
- Les déterminations relatives à la résistance sont curieuses et moins connues que les précédentes, sur lesquelles on avait quelques idées.
- La fig. 5 en donne l’idée. On voit que la résistance de la pile secondaire déchargée est relativement assez élevée; aussitôt que la charge commence, elle s’abaisse très rapidement, et atteint une valeur minimum; dans la décharge, cette valeur se maintient assez longtemps, puis remonte assez rapidement, et d’un mouvement régulier, pour aller reprendre sa valeur primitive. Ce phénomène était, je crois, peu connu ; il tient évidemment à la différence des conditions chimiques de la pile et à la conductibilité relativement faible du protoxyde de plomb.
- Reste le rendement. Pour le déterminer, M. Hallwachs remarque que le travail dépensé pendant la
- charge est exprimé par f E'IiT, E' étant la différence de potentiel aux bornes. Or, on peut poser
- f E'I dT — fü1dT+ f PI*rfT
- ce que M. Hallwachs écrit, en appelant L le travail
- L ^ Le “h Lp
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- Dans la décharge, le travail électrique total l peut de même s’écrire
- cidl =J*i-rdl + Ç i-pdt
- OU
- l~lv + /p
- lr est le travail disponible, et M. Hallwachs prend pour expression de l'effet utile —. Cette expression est inexacte, et je ne vois pas pour quel motif l’auteur l’a adoptée; le rendement est le rapport du travail rendu au travail dépensé; le travail rendu est bien lr, mais le travail dépensé n’est pas Lc, c’est L; le travail exprimé par le terme Lp est dépensé tout aussi bien que Le. Par suite de cette erreur, que je ne puis m’expliquer, les valeurs obtenues seront un peu trop fortes; la différence sera, ailleurs, faible en raison de la petitesse de p,
- FIG. 5
- et les chiffres donnés dans le mémoire sont peu éloignés de la vérité.
- Il suit des expériences de M. Hallwachs que le rendement dépend d’abord des services antérieurs de l’appareil, ce que nous appelons lc degré de formation. Cela semble naturel, et pourtant ne l’est pas autant que cela; un élément bien formé doit être en état de recevoir et de rendre une quantité d’énergie plus grande qu’un élément mal formé; mais rien ne prouvait qu’avec un même temps et une même, intensité de charge l’élément bien formé donnerait plus de rendement. Cela résulte, par exemple, du tableau suivant.
- L’élément (n° i) a été employé deux mois à un éclairage journalier, puis chargé et déchargé dix fois après un mois de repos.
- T (durée de charge) I (int. de charge) N (rendement)
- 4 3,g o,2i
- (L’élément est mis 20 fois en travail) on trouve :
- T = 4 1 = 4,0 N = 0,47
- L’élément est mis en travail 4 fois :
- T = 4 I = l-o N = 0,4»
- L’élément est mis en travail 27 fois :
- T = 4 I = 4,2 N = 0,28
- ^ Après cette expérience et dans la charge suivante, l’élément se détruit.
- On voit là, distinctement, l’influence de la formation croissante et aussi la limite de la vitalité d’un élément, au moins d’un élément à minium ; trois mois de travail sont la somme extrême de ce que peut porter un engin de ce genre : .nous ne l’ignorions pas et on doit convenir maintenant que lorsque, dans un article inséré il y a quelque temps, nous estimions que ces accumulateurs devaient être remplacés une fois par an, nous étions fort au-dessous de la vérité; c’est trois fois qu’il eût fallu dire, et c’était bien au fond ce que nous pensions; les expériences de M. Hallwachs nous donnent raison. '
- Le rendement dépend également de l’intensité du co.urant de charge. Je ne rapporte pas les chiffres fournis qui sont assez nombreux; il en résulte que le rendement s’abaisse pour les intensités trop élevées, ce que l’on savait, mais qu’il s’abaisse aussi pour les intensités très faibles, ce qui n’avait pas été signalé. On recommandait généralement de charger avec les intensités les plus faibles. Le résultat obtenu s’explique : on sait que lorsque la pile secondaire reste chargée, elle perd peu à peu sa force électromotrice, la recomposition s’opérant d’elle-même par des circuits locaux ; ce fait peut se produire lorsque le courant de charge est trop faible et nuire au rendement. M. Hallwachs estime que le maximum de celui-ci s’obtient lorsque le courant de charge a une intensité comprise entre 4 et 11 ampères.
- 11 n’a pas remarqué de liaison entre le rendement et la durée de la charge.
- Je dois ici faire une légère critique : toutes les décharges ont été opérées à travers des résistances relativement très grandes; en effet, la résistance intérieure des divers éléments est comprise entre 0,015 et 0,020 ohm, tandis que le circuit de débit avait une résistance de 1,137 à LM0 ohm, c’est-à-dire en moyenne 67 fois plus forte. La décharge est donc très lente; il est clair que, théoriquement, cette circonstance est avantageuse au rendement, la quantité de travail perdue dans l’élément étant très petite; réellement cela n’est pas certain. De même que les courants ,de charge trop faibles sont peu avantageux, M. Hallwachs l’a montré, de même les courants de décharge trop faibles peuvent ne pas être les mieux choisis. Il eût été intéressant d’opérer la décharge à travers des résistances différentes.
- Le mémoire fournit peu d’expériences au sujet de la capacité électrique de chaque élément. L’auteur estime qu’un kilog. de plomb peut fournir en disponible 3ooo kilogrammètres, chiffre rond.
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- C’est très exactement ce que nous avions trouvé, M. Hospitalier et moi, dans les expériences que nous fîmes, il y a deux ans, sur la pile Planté. Il est clair, d’ailleurs, que ce nombre dépend tout à fait de l’état de formation de la pile secondaire. L’expérience citée plus haut au sujet de l’élément n? 1 est intéressante à ce point de vue, la capacité de l’élément n’a cessé d’augmenter. Une pile secondaire est donc un appareil de qualité continuellement variable, il s’améliore toujours jusqu’au jour où étant aussi parfait que possible, il se détruit.
- Presque toutes les expériences que nous venons de rapporter ont été faites avec l’élément n° 1. M. Hallwachs en a fait quelques-unes avec les autres types : il a reconnu d’abord que les éléments n° 2 et n° 3 (Tommasi et Bréguet) donnaient de mauvais rendements, surtout le dernier; il a du reste constaté que ces appareils s’amélioraient avec l’usage. Nous devons donc admettre qu’ils étaient mal formés, et comme ils ne renferment ni minium ni sulfure, leur service devait être peu convenable. Au sujet des appareils fournis par la maison Bréguet, nous avons déjà eu occasion' de remarquer lors de l’apparition de la pile Faure, qu’ils étaient généralement mis dans le commerce sans formation suffisante. Pour l’élément n° 4 (Schulze avec sulfure), les résultats ont été relativement avantageux, c’est celui qui a donné le rendement le plus élevé, o,5o. Il ne paraît pas d’ailleurs avoir été expérimenté d’une façon très complète.
- Le mémoire se termine par quelques critiques sur les travaux publiés sur ce sujet par MM. Allard, Potier, Leblanc, Joubert et Tresca. Ces messieurs n’ont point tenu compte de la variation de la force électro-motrice; dans la pile de 35 éléments dont ils ont fait usage, on n’a point précisé le travail antérieur : de plus, les éléments n’étaient pas entièrement déchargés à l’origine de l’expérience, car la batterie conservait une force electro-mètre de 72 volts, ce qui est beaucoup trop élevé ; enfin sa décharge a été faite en quatre reprises, à un jour d’intervalle, ce qui laisse des doutes.
- Quelques critiques du même genre peuvent être faites au travail de MM. Ayrton et Perry; ceux-ci ont trouvé des rendements de 83 à go 0/0 que M. Hallwachs regarde comme absolument inadmissibles : la proportion de 5o 0/0 lui paraît la plus haute qui puisse être obtenue; il est en cela d’accord avec MM. Allard et conjoints, et il est extrêmement probable qu’en effet ce chiffre est le bon.
- Comme onj le voit, le travail de M. Hallwachs, s’il pouvait être plus complet, en ce qui concerne la capacité des piles secondaires, est tout à fait intéressant au point de vue de la force électro-motrice et du rendement; il fournit des renseignements nouveaux et qui seront fort utiles dans les applications secondaires; je regrette un peu qu’on |
- n’ait pas plus étudié le type Planté que je persiste à considérer comme le plus simple et le meilleur dans l’état actuel des choses.
- Frank Geraldy.
- ESSAI D’UNE THEORIE
- PUREMENT MÉCANIQUE DES
- MACHINES ÉLECTRO-MOTRICES
- (APPLICATION DU THÉORÈME DES QUANTITÉS DE MOUVEMENT)
- i° Rappel de quelques phénomènes connus.
- On sait que :
- A. — Si l’on intercale un voltamètre dans le circuit que parcourt un courant électrique, la quantité totale qui aura traversé ce voltamètre pendant un temps déterminé, est mesurée par le nombre d’équivalents chimiques décomposés pendant ce temps, quelle que soit leur nature. (Loi de Faraday.)
- B. — La résistance d’un conducteur dont la substance est déterminée, est inversement proportionnelle à sa section et proportionnelle à sa longueur (Loi de Ohm et de Pouillet). D’une manière générale, on pourra toujours remplacer un conducteur par n conducteurs juxtaposés de même substance et de section n fois plus faible, et chacun de ces conducteurs sera le lieu de phénomènes identiques.
- C. — Si l’on fait parcourir un conducteur par un courant électrique, il y aura en chacun de ses points un dégagement de chaleur proportionnel au carré de l’intensité de ce courant et à la résistance de ce conducteur. (Loi de Joule.) L’intensité n’étant autre chose que la quantité d’électricité qui traverse une section supposée faite dans le conducteur pendant l’unité de temps, cette quantité étant d’autre part proportionnelle à la masse d’électricité en mouvement dans le conducteur multipliée par sa vitesse de translation, il en résulte qu'une masse déterminée d'électricité abandonne en tous les points du conducteur qu’elle parcourt tme quantité d'énergie proportionnelle à sa vitesse de translation.
- 20 Conclusions.
- A. — La plus petite quantité d’électricité qu’on puisse mesurer à l’aide de la première loi, est celle qui serait capable de décomposer la plus petite partie qui puisse exister du corps que contient le voltamètre, c’est-à-dire l'atome.
- Si l’on admet l’existence de l’atome, il est logique d’admettre que la quantité d’électricité néces-
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- saire pour le décomposer est aussi la plus petite quantité d'électricité qui puisse exister.
- Cette grandeur serait la véritable unité absolue de quantité d’électricité; à sa notion correspondrait une grandeur d’ordre physique, et cela, quelle que soit la nature intime du courant électrique.
- Nous admettrons l’existence de cette grandeur physique, et l’appellerons par la suite masse élémentaire d’électricité.
- B. — En appliquant la deuxième loi, on peut, à la limite, considérer un conducteur quelconque comme formé par la juxtaposition de conducteurs linéaires ne comprenant chacun qu’une seule file d'atomes, les mêmes phénomènes se produisant au sein de chacun d'eux, et nous sommes amenés à considérer un de ces conducteurs élémentaires.
- 3° Comment s'opère le mécanisme du transport de
- l'énergie en chacun des points d'un conducteur
- parcouru par un courant électrique.
- Considérons un circuit idéal, formé par un conducteur élémentaire supposé en cuivre et comprenant :
- i° Une force électro-motrice quelconque A et un voltamètre B tel que les surfaces des deux électrodes ne contiennent chacune qu’un seul atome de cuivre, et que la colonne de liquide qui les réunit (du sulfate de cuivre par exemple) ne contienne aussi qu’une seule file de molécules.
- Le passage du courant aura pour elfet de porter successivement un atome d’une des électrodes sur l’autre.
- Chaque fois qu’un atome sera transporté, une masse élémentaire d’électricité aura parcouru le circuit, et aura affecté successivement chacun de ses atomes. Nous savons d’après la troisième loi qu’elle aura communiqué à chacun d’eux une quantité d’énergie proportionnelle à sa vitesse de translation.
- Or, nous devons considérer les atomes d’un corps comme oscillant autour de diverses positions moyennes où ils sont constamment rappelés par les actions à distance qui s’exercent entre eux et les différents points voisins.
- Le passage du courant aura pour effet d’élever la température du conducteur jusqu’à ce que l’excès de sa température sur celle du milieu ambiant soit tel que le conducteur perde, par suite du refroidissement, pendant un temps quelconque, autant de chaleur qu’il en gagne par suite du passage du courant.
- Le conducteur demeurant alors à une température constante, et le milieu extérieur, supposé indéfini, demeurant dans le même état, les positions moyennes autour desquelles oscille chacun des atomes qui composent le conducteur ne varieront pas.
- Si nous revenons au conducteur linéaire que nous avons considéré plus haut, le dégagement d’énergie dû au passage de chaque masse élémentaire d’électricité aura été employé à augmenter la force vive de chacun des atomes du conducteur.
- Comme les positions moyennes autour desquelles oscillent ces atomes ne varient pas, il faut bien admettre que cet accroissement de force vive est immédiatement absorbé par des travaux résistants que doit effectuer la molécule en oscillant autour de sa position moyenne, travaux dûs à l’existence de forces déterminées par la température inférieure du milieu ambiant.
- Il résulte de ce qui précède que toutes les fois qu’une masse élémentaire d'électricité parcourra un circuit supposé réduit à une seule file d’atomes, elle communiquera à chacun des atomes qui le composent un accroissement de force vive proportionnel à la vitesse de translation de cette masse
- A
- B
- FIG. I
- et à un certain coefficient relatif à la nature du corps qui constitue le circuit, coefficient dit résistance. Cet accroissement de force vive sera immédiatement perdu par le conducteur et transmis au milieu ambiant sous forme de chaleur, de telle manière que chacun des atomes soit revenu à son état primitif, lorsqu’une nouvelle masse d’électricité viendra l’ébranler.
- 4° Expression de la somme des impulsions élémentaires que reçoivent, pendant l'unité de temps, les divers points d'un conducteur parcouru par un courant électrique d'intensité déterminée et maintenu à température constante.
- Soit un circuit formé par un conducteur en tous points identique à lui-même et comprenant une force électro-motrice quelconque.
- Désignons par v le volume de ce .conducteur, par Q la quantité d’énergie qu’il renferme, par 0 sa température et par p la pression du milieu extérieur, on sait que ce corps peut être défini par deux relations de la forme
- f(p, v, t) = o
- Q = <? (P, v, t)
- Or, il faut considérer les divers points d’un corps comme animés de mouvements vibratoires autour de certaines positions moyennes qui demeurent fixes.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- $36
- Si on désigne par m la masse d’un de ces points matériels, par v0 sa vitesse moyenne, x, y, z les valeurs moyennes de ses coordonnées par rapport à trois axes quelconques, X Y Z les 3 composantes moyennes de la force totale (résultante des forces extérieures et intérieures) qui est appliquée en ce point, par rapport aux mêmes axes, on a d’après un théorème de M. Clausius,
- - ^ m v' — * ^ ^ x + Y>'4- Zîj
- le signe ^ étant étendu à tous les points du corps
- (Le 2° membre de cette équation a reçu le nom de viriel).
- Comme toutes les forces X, Y, Z, d’après le théorème de M. Helmoltz sur les forces centrales ne peuvent être fonction que des coordonnées, ce 2° membre pourra toujours être sommé.
- Il représente la moitié de l’énergie du corps. Or nous avons vu que l’on avait
- /'(/>, V, t) = o
- Q= <P (P,v,i)
- Si donc nous maintenons le corps à la même température, la pression du milieu extérieur demeurant constante, le viriel conservera la même valeur.
- Considérons une masse élémentaire d’électricité |j. qui part d’un point pour y revenir après avoir parcouru une file de molécules du conducteur. Soit N le nombre de molécules contenues dans l’unité de longueur.
- Chacune d’elles animée d’une vitesse moyenne v0 au moment où elle est rencontrée par la masse élémentaire g d’électricité, reçoit une impulsion qui lui communique un accroissement de quantité de mouvement m (v—v0).
- L’énergie de la molécule a été augmentée d’une 2
- quantité m (v2—vJ, mais celle-ci se dégage immédiatement sous forme de chaleur, et nous savons qu’elle est proportionnelle à la masse et à sa vitesse de translation
- donc
- 2
- m (i'2 — v ) — g fi o
- Si nous passons maintenant à l’ensemble des points du système, nous aurons un nombre de points à considérer égal à N multiplié par la Ion gueur l et la section a du conducteur, d’autre part le nombre de masses élémentaires d’électricité sera proportionnel à la section a, et le temps qu’aura
- duré la translation égal à— •
- Donc en un temps y la quantité totale de mou-
- vement dont s’accroîtrait le système sera égale à N lam(v~va)
- Or on a :
- N / <r m (i,s—v^) = (N l a) ([i. 1-0
- et en désignant par A la valeur du viriel du système
- 2
- N / n m v = A o
- On en tire immédiatement, en remarquant que N/u/nest égal au poids du conducteur divisé par l’intensité de la pesanteur g
- n;,„,[v/A,1'+ - y/fj
- Tel est l’accroissement de la quantité de mouvement du système dû au parcours du conducteur par une masse d’électricité égale à <s y..
- Mais on peut décomposer par la pensée le conducteur en une série de tranches dont l’épaisseur ne renferme qu’une molécule matérielle, et considérer toutes les masses d’électricité qui partent simultanément d’une des tranches pour y revenir après avoir parcouru le conducteur. Le nombre de ces tranches sera égal à N /. Donc l’accroissement
- de mouvement du système pendant le temps È sera :
- D’autre part l’intensité du courant I étant par définition la quantité d’électricité qui traverse la section du conducteur pendant l’unité de temps, on a : u vl — I.
- Si l’on suppose maintenant que le mouvement de l’électricité soit dù aux impulsions d’une force constante, on a, d’après le théorème des quantités de .mouvement :
- 5° Application aux machines électro-motrices (‘).
- Si nous appliquons la formule précédente au cas où la source d’électricité est une machine dy-
- (') Nous supposerons dans ce qui suit que le courant fourni par la machine considérée est parfaitement continu, et que les lois de Ohm sont rigoureusement applicables.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 2,3?
- namo ou magnéto-électrique, elle nous donnera immédiatement la valeur de l'effort exercé sur la poulie de cette machine en fonction de l’intensité électrique qui la traverse.
- En effet, du moment que nous connaissons la quantité de mouvement totale qui est dégagée pendant l’unité de temps dans son conducteur, la force appliquée à la jante de la poulie doit lui être proportionnelle.
- Pour une machine déterminée, elle pourra donc être représentée par la formule symbolique ;
- F — al (b -tVc+rfl) dans laquelle I est la seule variable.
- Equation de la caractéristique. — La courbe à laquelle M. M. Deprez a donné ce nom est celle qui représente la loi suivant laquelle varie la force électro-motrice d’une machine dynamo ou magnéto-
- FIG. 2
- électrique tournant à vitesse constante lorsqu’on fait varier l’intensité électrique qui circule en elle, en agissant sur la résistance extérieure.
- La formule
- F = a I {b + \Jc + dl)
- nous donne la valeur de F correspondant- à chaque valeur de I.
- Le travail dépensé est proportionnel à F puisque la vitesse est constante. D’autre part, en appelant E la force électro-motrice, il est proportionnel à
- F
- I E donc E est proportionnel à y, donc E est relié à I par une expression de la forme
- E = m + c + d I
- Il en résulte que la caractéristique d’une machine électro-motrice quelconque est une parabole ayant son axe parallèle à l'axe des intensités.
- Remarque. — M. Marcel Deprez a relevé expérimentalement les caractéristiques d’un grand nombre de machines, et leur forme générale s’écarte sensiblement de celle qui est indiquée par l’équation ci-dessus.
- En général elles affectent la forme représentée ci-contre par un trait, plein AC, tandis que la forme parabolique est représentée par un trait pointillé A y. Il est facile de voir d’où provient cette discordance.
- Dans toutes les machines dont l’induit est formé d’un grand nombre de parties identiques disposées suivant les divers rayons d’un polygone régulier c, c, c, c, reliées entre elles par l’intermédiaire des touches successives d’un collecteur a b, il arrive que chacune de ces portions est périodiquement retirée du circuit lorsque les balais viennent à mettre en communication les deux touches du collecteur qui servent de points d’entrée et de sortie au collecteur qui la compose.
- Ce phénomène a pour résultat :
- i° De faire varier périodiquement la résistance du circuit;
- 2° De déterminer une variation de la force électro-motrice développée.
- Or, si nous nous rapportons à la formule
- INP
- W¥
- +
- (A I
- nous voyons que la valeur de E se trouverait altérée.
- Ce phénomène n’aurait plus lieu pour une machine idéale dans laquelle les diverses portions qui composent l’induit seraient infiniment minces et en nombre infini. Dans ce cas, la caractéristique serait une parabole.
- Dans la pratique, les extra courants dûs à ce que l'induit esr nécessairement composé d’un nombre fini de parties et dont l’influence se fait d’autant plus sentir que l’intensité est plus forte, ont pour résultat d’abaisser les points de la caractéristique véritable au-dessous de la parabole qui doit être considérée comme une courbe limite.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- On se rapprochera d’autant plus facilement de cette limite que les machines que l’on construira seront plus fortes.
- INFLUENCE DE LA DIMENSION DES MACHINES.
- Nous avons considéré une machine électrique comme une machine capable de développer une certaine intensité électrique dans un circuit déterminé.
- L’action de cette machine a pour résultat d’augmenter d’une quantité que nous connaissons la quantité de mouvement d’un système dont elle fait partie.
- Quels que soient les intermédiaires, nous savons que cet accroissement de quantité de mouvement est égal à la somme des impulsions des forces extérieures.
- Ces forces se réduisent à une seule, celle appliquée à la jante de la poulie.
- D’après le théorème des moments de quantités de mouvement, nous savons que le moment de cette force extérieure par rapport à l’axe doit être égal à, la somme des moments des accroissements de quantité de mouvement de chaque point par rapport au même axe.
- Par conséquent, le circuit demeurant identique, lorsque l’intensité augmente, le moment de la force croît proportionnellement à la quantité de mouvement.
- Reprenons maintenant la formule
- et considérons 2 machines géométriquement semblables faisant partie de 2 circuits aussi géométriquement semblables.
- Supposons que dans les deux circuits nous fassions parcourir l’unité de section des masses conductrices par la même intensité, c’est-à-dire si nous faisons en sorte que dans les deux cas, le
- rapport ait la même valeur,
- Si l’on remarque que la quantité A est évidemment proportionnelle au poids, si les niasses conductrices sont constituées avec la même substance, on voit immédiatement que la force F variera comme le poids P.
- Considérons maintenant la somme des moments des quantités de ^mouvement par rapport à l’axe de la machine.
- Nous voyons que si les dimensions linéaires de la 2° machine sont égales à celles de la iro multipliées pat K,
- En un point quelconque l’accroissement de la quantité de mouvement sera K3 fois plus grand, la distance à Taxe K fois plus grande.
- Il en résulte que la somme de ces moments sera IC fois plus grande.
- Nous en concluons que pour la 20 machine la force F sera K3 fois plus grande et appliquée en un point K fois plus éloigné de l’axe.
- Il en résulte que :
- Si l’on considère deux machines géométriquement semblables, telles que le rapport de deux de leurs dimensions linéaires homologues soit K et si on fait parcourir l’unité de section du conducteur enroulé sur chacune d’elles par la même intensité électrique, le rapport des couples développés sur leurs axes sera IC.
- Comme la dépense d’énergie calorifique faite dans la plus grande machine n’est que K3 fois plus grande que celle qui est faite dans l’autre, on peut dire que le prix de revient du couple est inversement proportionnel au poids de la machine.
- Ces deux dernières propriétés ont déjà été énoncées par M. Marcel Deprez.
- M. Leblanc.
- INSTALLATION
- POUR
- LES MESURES ÉLECTRIQUES
- Les mesures électriques sont devenues aujourd’hui si fréquentes que toutes les dispositions qui sont destinées à les faciliter présentent un réel intérêt.
- Les appareils employés pour ces mesures comprennent toujours, d’une part, les instruments qui, comme le galvanomètre et les électromètres à réflexion, ramènent à une mesure de longueur la mesure d’une grandeur électrique, d’autre part les règles graduées sur lesquelles se lisent ces longueurs. Dans tous les cas où l’on veut employer une méthode précise, on se sert comme index d’un rayon lumineux qui vient imprimer sur l’échelle une tache brillante, et cette méthode présente cet avantage que l’on a ainsi un index sans poids d’une longueur aussi grande que l’on veut et dont l’extrémité, par suite de l’emploi d’un fil de réticule, est bien mieux déterminée que la pointe de n’importe quelle aiguille.
- Dans une installation bien entendue, les galvanomètres et électromètres doivent présenter une grande stabilité, les fils qui s’y relient 11e doivent pas être encombrants, de façon que les appareils restent accessibles, le système d’éclairage doit également tenir peu de place, enfin les appareils eux-mêmes doivent être d’un placement et d’un centrage faciles.
- D’un autre côté, les échelles de réflexion sur les-
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- quelles se fait la lecture doivent être assez à portée de l’opérateur pour qu’il puisse les observer sans se déranger et pouvoir se mettre en place avec une grande facilité.
- Comme exemple d’une installation de mesures où ces conditions se trouvent réunies, nous citerons celle que vient de combiner M. Carpentier et que représente la fig. 2.
- Dans cette installation, la stabilité des galvanomètres, électromètres, etc., est obtenue en les pla-
- çant sur une table de pierre mise autant que possible à l’abri des trépidations. Pour arriver à ce résultat, on a l’habitude de sceller les tables dans un mur épais, ou de placer les appareils sur des piliers de maçonnerie reposant sur le sol même. Les trépidations ne sont pas toujours évitées par ce moyen et nous, avons constaté personnellement qu’une table de pierre scellée dans un mur de 70 centimètres d’épaisseur n’était nullement soustraite aux trépidations causées par le passage de lourdes
- voitures dans la rue. M. Carpentier a préféré avoir recours à un autre moyen.
- La table de pierre sur laquelle il pose les appareils ne touche pas au mur et est portée par un fort bâti en bois à quatre pieds reposant chacun sur une rondelle de caoutchouc. Les vibrations sont bien mieux atténuées par l’emploi de ce support mou que par celui d’un massif rigide. Les rondelles de caoutchouc ne doivent pas être trop molles, parce qu’elles cèdent sous le poids de la table et deviennent peu élastiques, ni trop dures, parce qu’elles transmettent alors les vibrations. Il y a d’ailleurs un rapport entre le poids à isoler des vibrations et la surface et l’épaisseur des cales en caoutchouc que
- l’on doit employer. Ce rapport n’a pas été fixé, malheureusement, mais les praticiens y arrivent pour ainsi dire d’instinct. •
- Les fils destinés à mettre en communication les différents instruments accessoires avec les galvanomètres sont placés le long du mur; ils vont du mur aux galvanomètres par des fils volants et, soutenus par des supports AA'A'", ils passent à une hauteur telle que l’on peut facilement circuler au-dessous et accéder aux appareils.
- Pour les électromètres, les fils, qui exigent alors un meilleur isolement, sont supportés par de petits isoloirs Mascart 1,1,1,1, et l’on peut aisément, à l’aide de ces derniers, mettre les électromètres en
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- communication avec les appareils de la table de travail et avec la pile de charge que l’on voit, disposée dans une petite armoire spéciale.
- Pour rendre facile le placement et le centrage des appareils, M. Carpentier s’est construit des plaques de laiton circulaires sur lesquelles ont été creusées six rayons à 6o° les uns des autres. Sur ces plaques, un appareil à trépied se trouve toujours centré, trois points solidaires entre eux sur trois droites fixes ne pouvant occuper qu’une seule position.
- Les plaques sont elles-mêmes placées sur la table de pierre au moyen de trois cales en caoutchouc, et leur position est déterminée invariablement par des cercles tracés sur la table.
- La question de l’éclairage est très importante. Dans une installation définitive, le plus simple est d’avoir un bec de gaz, et c’est cette source de lumière qui a été adoptée dans l’installation dont nous parlons. On ne sait pas, en général, quelle faible quantité de lumière est suffisante pour les appareils' à réflexion. Ainsi, un simple bec de gaz peut éclairer un grand nombre d’appareils avec ia disposition que M. Carpentier appelle familièrement sa mitrailleuse.
- Cette disposition se compose d’un certain nombre de petits miroirs M supportés par une même platine D. Chacun d’eux constitue un petit porte-lumière mobile autour de deux axes, l’un horizontal et l’autre perpendiculaire au premier. Il est facile de concevoir qu’avec les deux mouvements que ces axes comportent (pivotage et basculage) on peut envoyer un rayon lumineux dans une direction quelconque, condition précieuse quand on a de nombreux appareils à essayer, installables dans 11’importe quel endroit de la pièce où on opère.
- Chacun de ces petits porte-lumière peut d’ailleurs être introduit dans la platine d’un côté ou de l’autre, de sorte que le miroir sé trouve soit en avant, soit en arrière de celle-ci.
- Le bec de gaz est renfermé dans une lanterne B afin que ses rayons ne soient dirigés que d’un seul côté. En outre, un tuyau T, qui enlève dans une cheminée les produits de la combustion, empêche que la température de la pièce ne s’élève sensiblement et prévient tout dépôt de vapeur d’eau sur les appareils. Une lentille L ramène au parallélisme les rayons lumineux. Enfin, pour éviter toute manipulation gênante, l’allumage du bec de gaz se fait au moyen d’une petite bobine d’induction que l’on voit sur l’armoire contenant les piles de l’élec-tromètre. '
- En chaque poste d’observation se trouve placée une échelle de réflexion. Cette échelle comprend d’abord un miroir monté sur pied, identique aux porte-lumière décrits précédemment, c’est-à-dire susceptible de recevoir un rayon venant de n’importe où. Il crée pour ainsi dire un champ lumi-
- neux sur lequel se détache un réticule placé verticalement sur le chemin des rayons lumineux. C’est l’image de ce réticule que l’appareil, le galvanomètre, par exemple, porteur d’un petit miroir concave, va former sur l’échelle transparente fixée au même support. Cette échelle est faite en une substance qui se trouve convenir parfaitement à cet usage, le celluloïde dont l’opacité est comparable à celle de la corne et qui reçoit avec une grande facilité une division précise.
- La règle transparente est rendue rigide par une garniture en cuivre qui la soutient dans toute sa longueur. La garniture glisse d’autre part entre les griffes qui la supportent, de sorte que l’on peut amener le zéro de la graduation à une position variable.
- Cette échelle de réflexion, dont la construction a été très étudiée par M. Carpentier, est d’un emploi des plus commodes, elle n’exige pas une source lumineuse intense, et permet d’opérér même au demi-jour. Une lampe d’appartement, une simple bougie (fig. 2) munie d’un de ces petits réflecteurs que l’on trouve partout, sont amplement suffisants. Aussi l’installation peut-elle se faire n’importe où et sans aucun apprêt.
- L’échelle de réflexion dont nous venons de parler est placée non plus sur la table de pierre mais sur une table située à quelque distance de celle-ci et que l’on peut appeler table d’expériences. Il est bon de remarquer de suite que dans l’installation que nous décrivons, cette table est absolument nue, à l’opposé de ce que l’on fait trop souvent. On a l’habitude de grouper à poste fixe sur une même"table, les boîtes de résistance, condensateurs, clefs et étalons divers en les reliant d’une façon ingénieuse par un grand nombre de communications enchevêtrées, et disposant des commutateurs à chevilles qui permettent de passer aisément d’une combinaison à l’autre pourvu que l’on ait bien dans la tête le plan de cette installation complexe.
- Lés dispositions de ce genre peuvent être compliquées, elles ne sont jamais complètes. Ce qui est bien préférable dans la pratique est de donner à l’observateur une place suffisamment large pour éviter tout encombrement, des communications faciles avec les instruments et les piles qui les actionnent et un maniement aisé de l’éclairàge. Dans de telles conditions rien n’est plus simple que de passer d’un genre de mesure à l’autre en substituant par exemple aux appareils pour la mesure des résistances ceux qu’exige la détermination des capacités ou des forces électro-motrices, et cela par les méthodes les plus variées.
- On a alors l’avantage de voir clair dans ses fils et dans le chemin que suivent les courants.
- Nous ne voulons pas dire par là qu’on ne doive pas avoir d’appareils tout disposés à l’avancé pour
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- INSTALLATION DE MESURES ELECTRIQUES DE M. CARPENTIER
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- un genre déterminé de mesures. Au contraire il sera bon d’avoir par exemple une planchette contenant tous les dispositifs nécessaires pour la mesure des résistances, une autre ceux qui servent à la mesure des capacités, etc. Mais c’est folie de vouloir tout réunir en un seul et même dispositif.
- C’est dans cette idée que M. Carpentier a laissé la table d’expériences libre de tout appareil à poste fixe, se contentant seulement de tracer sur cette table des lignes perpendiculaires au bord de la table de pierre et passant par les' centres des plaques supports des appareils.
- Ces lignes permettent de trouver de suite pour chaque appareil la position que l’on doit donner à l’échelle de réflexion.
- Pour les piles, les éléments les plus commodes sont ceux de Meidinger qui se maintiennent très propres. La couleur du liquide contenu dans le ballon renversé permet de juger à distance de leur état d’entretien et l’on peut en raison de cette facilité de surveillance les placer, comme le montre la figure 2, sur des planches élevées. Des fils partant des différents éléments arrivent à un appareil à chevilles semblable à ceux que nous avons eu déjà occasion de décrire et à l’aide duquel on peut effectuer tous les groupements nécessaires.
- On voit que dans cette installation, toutes les conditions que nous avons énumérées plus haut se trouvent remplies, elle est certainement des plus pratiques, et renferme en outre quelques points nouveaux et ingénieux. Dans le détail des appareils, galvanomètres et boîtes de résistance, M. Carpentier a également introduit quelques perfectionnements qui ont leur importance, nous nous proposons de les faire connaître prochainement.
- Aug. Guerout.
- LES FREINS ÉLECTRIQUES
- 6e article ( Voir tes numéros du 6 janvier, du 3 février des 3 et 3i mars cl du 5 mai i883).
- Résumons en quelques mots les recherches dont nous venons de donner une énumération, trop détaillée peut-être,,et qu’il nous semble utile de condenser en peu de lignes pour établir le degré d’avancement de ces études et le chemin parcouru depuis notre point de départ.
- A l’origine, en 1869, la source d’électricité se composait, pour chaque véhicule, d’une batterie de 6 piles Daniell, installée sur le véhicule lui-même. L’appareil de serrage, décrit pages 1.84 à 137, était des plus ingénieux; il avait demandé à M. Achard un grand nombre d’années de médita-
- tions et de recherches. Néanmoins, quoi qu’il donnât de bons résultats comme serrage, et qu’il fût automatique, il se composait d’un ensemble d’organes trop multipliés et trop délicats pour fournir un service d’une certaine durée, et il fut abandonné.
- Dans une deuxième disposition, décrite pages i38-139, la source d’électricité était empruntée à une batterie unique, placée dans un fourgon. Quoique plus simple que le précédent, l’appareil comportait des organes en mouvement continuel, qui s’usaient rapidement et nécessitaient un entretien dispendieux qui rendait impossible une application étendue.
- Enfin, en 1879, apparaît l’électro-aimant pendulaire décrit pages 267-268 et qui, dès l’origine, fut jugé susceptible de fournir une solution véritablement pratique.
- Les difficultés à vaincre étaient de plusieurs sortes. Il fallait, en effet :
- i° Trouver une disposition mécanique qui permît de développer sur les sabots un effort statique déterminé, sans coincements nuisibles au desserrage.
- 20 Rechercher les formes et les dimensions de l’électro-aimant, de manière qu’il fût capable de donner naissance à l’effort adhérent nécessaire, tout en ne consommant qu’une quantité d’énergie relativement faible ;
- 3° Répartir également entre tous les véhicules l’énergie qui devait déterminer la mise en action du frein, de manière à serrer également toutes les paires de roues ;
- 40 Trouver l’appareil le plus convenable pour développer au moment voulu la quantité d’électricité nécessaire.
- Si nous avions à entreprendre cette étude aujourd’hui, elle pourrait être menée beaucoup plus rapidement, grâce aux progrès qu’a faits la science électrique pendant ces dernières années. Mais, à l’époque où nous avons commencé nos expériences, c’est-à-dire en 1879, tous les points que nous avions à élucider étaient des plus obscurs et nous avons fait connaître les tâtonnements successifs par lesquels nous avons dû passer avant d’arriver au résultat final.
- Nous croyons que les dispositions auxquelles nous nous sommes arrêtés et qui ont été décrites pages 10 à 14 (tome IX) répondent, en grande partie, au programme que nous venons de développer, et nous pensons que l’emploi des machines Gramme, substituées aux piles et actionnées par un petit moteur indépendant, — alimenté lui-même par la vapeur de la locomotive, — constitue un progrès considérable, digne de l’attention des ingénieurs.
- Le train muni du frein électrique est en service courant depuis bientôt trois années et fonctionne
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- convenablement. Les dépenses d’entretien ont été relativement faibles ; cependant, nous avons dû faire entrer en réparation le moteur Brotherhood ainsi que la machine Gramme.
- Pendant le cours de ces trois années, les dépenses d’entretien se sont élevées :
- Pour les électro-aimants et les organes du frein propre-
- ment dit, à.................................. 1600 fr.
- Pour les machines Gramme.................... 202
- Pour le moteur Brotherhood.................. 365
- Total pour trois années, environ........ 2167 fr.
- Nous avons dit, au début de ce compte-rendu, comment ces expériences se sont trouvées brusquement interrompues lorsqu’elles touchaient à leur terme. Il est difficile, au milieu des préoccupations et de la responsabilité d’un service journalier, qui n’admet pas de temps d’arrêt, de trouver la liberté d'esprit et le temps nécessaires pour poursuivre des études de cette nature. Nous espérons néanmoins que d’autres que nous, plus libres de leur temps, continueront ces recherches en utilisant les résultats acquis, et nous nous permettrons d’indiquer les voies qui nous paraissent devoir être utilement explorées pour atteindre une solution vraiment pratique et définitive.
- Tout d’abord, il y aurait lieu d’étudier une disposition du frein qui pût être appliquée aux machines locomotives et de monter les inducteurs de la machine Gramme en dérivation, au lieu de les monter en tension. Nous avons vu, en effet, qu’il fallait au moins qu’il y eût 4 véhicules pour que la machine pût s’amorcer et actionner les électroaimants. La locomotive seule ne saurait donc s’arrêter, et, en cas de rupture d’attelage, le frein se trouverait complètement annihilé si la rupture se produisait vers la tête du train.
- On pourrait encore obvier à cet inconvénient en établissant, une fois pour toutes, une dérivation de résistance convenable entre les deux bornes de la machine Gramme, mais cette solution donnerait lieu à une dépense d’énergie en pure perte.
- Quant à l’automaticité, son utilité est très con testée. Nous croyons, quant à nous, que l’automaticité constituera toujours une amélioration utile, chaque fois qu’elle pourra être obtenue par des moyens simples, et à l’aide d’organes robustes, d’un entretien facile et d’un fonctionnement sûr ; mais nous croyons que l’automaticité devra être rejetée lorsqu’elle 11e pourra s’obtenir qu’à l’aide d’organes compliqués, d’un fonctionnement douteux et susceptibles d’introduire tout un cortège d’irrégularités et de dangers plus redoutables encore que ceux que l’automaticité elle-même est censée devoir faire disparaître.
- Dans l’état actuel de la science électrique, l’automaticité ne peut être obtenue qu’à l’aide d’accu-
- mulateurs, et ces appareils ne nous semblent pas avoir atteint encore le 'degré de perfection nécessaire. Mais ce n’est là qu’une question de temps, et nous ne doutons point que les recherches poursuivies avec tant d’ardeur par toutes les personnes qu’intéressent les progrès de l’électricité, n’aboutissent bientôt à une solution définitive.
- L. Regray.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Distribution de l’heure dans la ville de Paris.
- Nous trouvons dans le rapport annuel de l’Observatoire de Paris publié par M. Mouchez, les renseignements suivants sur l’état actuel du réseau des horloges électriques de Paris.
- « Ce service, plus spécialement dirigé par M. Wil-liot avec une très grande compétence, s’étend actuellement à huit pendules réglées électriquement sur le circuit Ouest et à sept pendules sur les circuit Est.
- « Il s’est encore produit cette année un certain nombre de dérangements, mais dont la cause est connue : les uns proviennent de la détérioration des câbles dans les égouts, et il pourra sans doute y être paré par l’adoption d’écrous mobiles adaptés aux câbles et par une surveillance active; d’autres sont dus à des défauts d’organisation dans le service d’entretien; il y sera porté remède par un nettoyage plus fréquent des régulateurs et par un contrôle attentif du poste central, placé d’ailleurs dans de mauvaises conditions hygrométriques. Ces régulateurs seront transportés dans les nouvelles salles souterraines dès qu’elles seront en état de les recevoir.
- « Enfin certains dérangements, consistant généralement en un retard de deux' secondes, sont dus à la construction trop délicate des régulateurs relativement aux mouvements de trépidation auxquels ils sont exposés dans quelques emplacements spéciaux. L’addition d’un système amortisseur des vibrations sur l’axe d’échappement a permis d'améliorer notablement cette situation et conduira sans doute à écarter absolument les accidents de ce genre.
- « Les considérations qui précèdent ont amené à penser que l’amélioration la plus importante aujourd’hui serait l’organisation d’un service de contrôle central, permettant de surveiller du poste de l’Observatoire la marche des diverses horloges des circuits. Ce problème peut recevoir sa solution à l’aide d’interruptions du courant de synchronisation données à des points divers, mais fixes, du cadran
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- par des horloges mêmes à contrôler et de la constatation au poste central de la position de ces interruptions,' signalées par un galvanomètre récepteur pour chaque circuit.
- « Bien que la réalisation de ce système de contrôle doive être conduite avec prudence et n’être effectuée que progressivement dans les limites à fixer par l’expérience, il faut espérer qu’on pourra l’installer complètement avec le concours de la maison Breguet, qui va être saisie officiellement de la question. »
- Electromètre absolu des sinus, par M. Minchin.
- L’électromètre absolu du professeur Minchin que nous trouvons décrit dans YElectrical Rcview est formé essentiellement de deux plaques métalliques parallèles l’une à l’autre, distantes d’un millimètre ou o,5 millimètre et pouvant être écartées ensemble de la verticale. L’une de ces plaques est
- pleine, l’autre est percée d’une fenêtre dans laquelle se trouve une petite lame d’aluminium suspendue au bord supérieur de la plaque par des fils de soie et un petit fil de platine la Wollaston.
- Les deux plaques font avec la verticale un angle 0. Dans la fig. i, on représente par a l’axe horizontal autour duquel est mobile le système des deux plaques, par C la plaque continue, par D la lame d’aluminium dont le poids est W, par p les fils servant à suspendre cette lame au bord supérieur r de la plaque, et par s l’axe d’une vis micrométrique M et qui sert à incliner plus ou moins le système.
- Supposons maintenant que la plaque C soit reliée avec un conducteur au potentiel Y, tandis que l’autre plaque (plaque de garde) et par suite la lame D sont en communication avec le sol.
- La charge de C exercera une attraction N sur D et dans une position quelconque D sera en équilibre sous l’influence de N, de W, des tensions des fils de suspension et des réactions des vis qui maintiennent cette lame au niveau de la plaque.
- Si maintenant on fait tourner les plaques autour de a de manière à donner à l’angle 0 une valeur telle que D soit juste sur le point de n’être plus
- de niveau avec sa plaque, les réactions des vis dis* paraissent, et si l’on résout les forces qui maintiennent D en équilibre perpendiculairement à son plan on a : N = W sin 0 (i)
- Si 0 est petit, on peut remplacer sin 0 par 0 (valeur angulaire) et on a : N = WO.
- Soit S la surface de D en centimètres carrés, d la distance des plaques en .centimètres et V la différence de potentiel des plaques en mesure électrostatique absolue, on sait que
- FIG. 2
- Pratiquement la distance d sera d’un millimètre ou d’un demi-millimètre et W sera connu en grammes, tandis que dans (2) il est supposé exprimé en dynes. En admettant que d est exprimé en millimètres et W en dynes, (2) deviendra :
- y = d\/l 8,^—P- (3)
- Dans l’instrument lui-même, le pas de la vis micrométrique est de un 60" de pouce de sorte que si, pour atteindre sa position limite, la vis micrométrique a fait m tours, son axe aura avancé de ut 6ou de pouces; de plus l’axe de rotation est éloigné de i5 pouces de la pointe de cette vis; il en résulte que
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- (3) devient alors
- V = V°’274^- (4)
- Comme il est difficile de déterminer exactement l’origine de 0 et de m, on a recours à une méthode différentielle.
- Supposons que nous ayons un nombre quelconque d’éléments ; nous pouvons trouver facilement le rapport de leurs forces électromotrices à
- FIG. 3
- l’aide d’un électromètre à quadrants de Thomson. Appelons n E la force électromotrice totale d’une série de ces éléments (cinq ou six par exemple) et n'E la force électromotrice totale d’une autre série (20 ou 3o) ; soient d’autre part m et m'les nombres inconnus de tours de vis correspondant à la position d’équilibre limite de la lame d’aluminium, alors on connait A ou m'—m quoique m' et m soient séparément inconnus ; (4) donne dès lors
- E =
- \/n'
- T.V
- 0,274
- A W
- (5)
- qui détermine E et par suite la force électromotrice de chaque élément en mesure absolue.
- En somme, la manœuvre de l’instrument consiste
- à amener le système dès plaques à une inclinaison telle que la lame d’aluminium soit juste sur le point de quitter les vis sur lesquelles elle s’appuie. Pour arriver à déterminer cette position, la plaque de garde est munie d’une lunette permettant de viser des marques tracées sur la lame d’aluminium. Quand cette lame est attirée par la plaque C, les marques disparaissent du champ de la vision.
- Derrière la plaque C est un poids qui assure son contact avec la pointe de la vis S M.
- La figure 2 représente l’appareil vu du côté de la plaque à fenêtre ; la fig. 3 montre le côté opposé, et enfin la fig. 4 donne le détail de ce dernier côté avec suppression de la boîte qui le recouvre. Cette boîte est reliée par des tubes en
- FIG. 4
- caoutchouc avec les colonnes creuses qui supportent l’appareil et sont elles-mêmes en rapport avec des flacons dessicateurs d’acide sulfurique.
- Sur la variation de la constante capillaire des surfaces eau-éther, eau-sulfure de carbone sous l’action d'une force électro-motrice, par M. Krouchkoll (').
- « Dans le cours d’expériences, dont j’aurai bientôt l’honneur de soumettre les résultats à l’Académie, j’ai remarqué que les liquides isolants, tels que le sulfure de carbone, l’éther, l’essence de térébenthine, non miscibles à l’eau, lorsqu’ils se trouvaient en contact avec cette dernière, acquéraient une conductibilité notable, facile à constater à l’aide de l’électromètre Lippmann. Il était intéressant de rechercher si la constante capillaire à la surface de contact d’un tel liquide et de l’eau ne variait pas sous l’action d’une force électromotrice. Les expériences décrites plus bas ont montré que la constante capillaire des surfaces eau-éther, eau-sulfure de carbone, varie sous l’action d’une force
- (') Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 11 juin i883.
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- électromotrice dans le même sens que celle de la surface eau-mercure.
- « 1. On peut montrer par une expérience directe que l’éther, au contact de l’eau saturée de sulfate de zinc, se polarise par un courant de la même manière que le ferait une électrode métallique. Dans un tube en U on verse du sulfate de zinc dans l’une des branches et de l’éther dans l’autre; une lame de zinc amalgamé plonge dans le sulfate de zinc et une autre lame enveloppée dans du papier buvard imbibé du même sel plonge dans l’éther, de façon à empêcher le contact entre celui-ci et le zinc nu. Ces deux lames en contact avec du sulfate de zinc forment deux électrodes impola-risables. Elles sont alternativement mises en communication au moyen d’un commutateur convenable avec l’électromètre capillaire et avec une pile de quatre éléments Bunsen. On fait passer le courant pendant un instant et l’on établit la communication avec l’électromètre : ce dernier accuse, par un déplacement du ménisque, que l’éther est polarisé au contact du sulfate de zinc. La polarisation augmente avec la durée du courant polarisant, ce qui prouve que le déplacement de l’électromètre est bien dû à une polarisation et non pas à une charge statique des électrodes. Du reste, ce déplacement est bien plus lent que dans le cas d’une décharge statique.
- « 2. Un tube dans le genre de celui de l’électro-mètre Lippmann est soutenu verticalement et son bout capillaire plonge dans de l’eau saturée d’azotate d’urane contenue dans un verre. Ce tube est rempli d’éther saturé du même sel. Un fil de platine plonge dans l’éther et arrive jusqu’à la naissance de la partie capillaire du tube; un autre fil de platine plonge dans l’eau. Un microscope pourvu d’un micromètre oculaire est fixé horizontalement et braqué sur le ménisque éther-eau. Lorsque celui-ci a pris sa position d’équilibre dans le tube capillaire, on met les deux électrodes de platine en communication avec les pôles d’une pile de quinze éléments Bunsen, de manière que le pôle négatif de la pile communique avec le fil plongeant dans l’éther. On constate que le ménisque se déplace et monte dans le tube. Ce déplacement devient de plus en plus lent, à mesure que le ménisque avance; arrivé à un point il s’arrête, s’y maintient pendant quelques instants, pour se mettre à redescendre d’abord lentement, puis un peu plus vite. Le ménisque passe ainsi par une position maxima. Si, pendant que le ménisque descend, après avoir passé par cette position maxima, on intervertit à l’aide d’un commutateur le sens de la polarisation, le ménisque revient vers sa position maxima et de là il se met de nouveau à descendre. Avec une force électromotrice de quinze éléments le déplacement de l’image est très visible. Si l’on diminue graduellement la force électromotrice de la
- pile (tout en laissant le pôle négatif de la pile en communication avec l’éther), on constate que les déplacements du ménisque deviennent plus lents et que le temps qu’il met pour atteindre sa position limite (en montant) devient de plus en plus long; les mouvements sont surtout lents aux environs de cette position. Si, pendant qu’il monte, on intervertit le sens du courant polarisant (en mettant le pôle positif en communication avec l’éther), le ménisque s’arrête un instant pour se mettre à descem dre, d’abord assez vite, puis de plus en plus lentement.
- « Avec 5 éléments Bunsen, le pôle négatif communiquant avec l’éther, le ménisque est monté d’abord relativement vite (10 divisions micrométriques en trois minutes); puis, après s’être déplacé de 18 divisions, il s’est arrêté, pendant une heure, dans une position invariable. Quand on a changé le sens de la polarisation, le ménisque est redescendu d’un mouvement qui allait en se ralentissant.
- « Ces expériences s’expliquent bien par la variation de la constante capillaire de la surface eau-éther avec la différence électrique à cette surface : lorsque cette dernière croît d’une manière continue, la constante capillaire croît d’abord, atteint un maximum et décroît ensuite. La résistance de l’éther, même saturé d’azotate d’urane, étant énorme, l’électricité arrive à la surface du ménisque très lentement et l’influence de la déperdition devient très grande. La différence électrique au ménisque varie donc très lentement et d’autant plus lentement que la force électromotrice de la pile est plus faible, par suite la vitesse du déplacement du ménisque varie dans le même sens. Ce déplacement se ralentit à mesure que la constante capillaire s’approche de son maximum; il se ralentit aussi à mesure que le ménisque descend (lorsque l’éther communique avec le pôle positif), car, dans ce cas, la colonne capillaire s’allongeant, le temps que met l’électricité pour arriver au ménisque croît de plus en plus.
- « Ces expériences ont été répétées avec du sulfure de carbone et de l’eau acidulée ; elles ont donné les mêmes résultats. Le sulfure de carbone, contenant des traces d’eau, étant plus résistant que l’éther, il faut employer des forces électromotrices plus grandes. Dans une série de ces expériences, on s’est servi d’un électrophore qu’on déchargeait à travers le sulfure de carbone.
- « 3. On peut reproduire, avec l’éther et le sulfure de carbone, les expériences bien connues de M. Lippmann, qui consistent à faire couler du mercure par la pointe d’un entonnoir effilé plongeant dans de l’eau acidulée, contenue dans un vase au fond duquel se trouve du mercure, ou à déformer mécaniquement la surface eau-mercure. Pour la première expérience, on se sert de l’appareil décrit plus haut. Il suffit de laisser couler l’éther ou le
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- sulfure de carbone et de mettre les deux électrodes de platine en communication avec un électromètre capillaire. Le déplacement du ménisque, de celui-ci indique que l’éther ou le sulfure de carbone s’électrise négativement.
- « Pour la seconde expérience, je me sers d’un tube en U, contenant dans une de ses branches du sulfure de carbone ou de l’éther saturé d’azotate d’urane dans l’autre de l’eau acidulée ou saturée d’azotate d’urane. Les deux liquides sont mis en communication avec un électromètre Lippmann. On compense la différence électrique qui existe presque toujours entre les fils au contact des liquides, à l’aide d’une dérivation prise sur le circuit d’un daniell. L’équilibre électrique atteint, on incline le tube autour d’une horizontale passant par les axes' de ses deux branches, et l’on constate, par le déplacement du ménisque, que l’éther ou le sulfure de carbone s’électrise négativement. En ramenant le tube dans sa position primitive, l’élec-tromètre revient à son point de départ. Dans cette expérience, on peut remplacer l’électromètre par un galvanomètre à fil fin et le tube en U par deux vases contenant l’un de l’eau acidulée ou saturée d’azotate d’urane, l’autre ce même liquide que surnage une couche de sulfure de carbone ou d’éther (saturé d’azotate d’urane), les deux vases communiquant entre eux par un tube recourbé ou par une mèche mouillée. Cette expérience réussit particulièrement bien avec l’éther et l’eau saturés d’azotate d’urane ((i) 2). »
- Sur l’interférence électrodynamique des courants alternants; par M. A. Oberbeck (>).
- « Dans les Comptes rendus (séance du i5 janvier i883), M. Brillouin propose plusieurs méthodes pour déterminer l’ohm, qui reposent toutes sur l’application du principe suivant :
- « L'action électrodynamique mutuelle de deux courants alternants (vibrations électriques) dépend non seulement du produit des amplitudes, mais aussi de la différence de phase des vibrations, et
- devient zéro pour la différence de phase —
- « C’est de cette proposition importante que je me suis occupé le premier depuis deux années.
- « J’ai publié, sur ce sujet, plusieurs Mémoires (3) que j’ai l’honneur de présenter à l’Académie, mémoires qui semblent être restés inconnus à M. Brillouin. J’ai proposé) pour le principe mentionné
- P) Ce travail a été fait au laboratoire de M. Jamin à la Sorbonne.
- (3)Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 21 mai i883.
- (3) Monatsberichte der Berliner Akademie, p. I25-i3i, et p. 1065-1074, 1882; Wiedemann, Annalen der Physik, t. XVII, p. 816-841, et p. 1041-1042; t. XIX, p. 214-229.
- qui montre une certaine analogie avec les phénomènes d’interférence optique, la dénomination qui forme le titre de cette Note.
- « Dans les Mémoires cités, j’ai donné plusieurs moyens pour réaliser l’interférence électro-dynamique, j’ai exposé la théorie générale de ce phénomène et j’ai appliqué cette théorie à- un grand nombre de cas spéciaux, par exemple à la méthode du pont de Wheatstone.
- « Les conditions d’interférence complète se distinguent, en général, par une forme remarquable. Au lieu de donner seulement une équation entre les rapports de résistances (cas du zéro pour le pont de Wheatstone et les courants constants), elles' présentent ordinairement entre les grandeurs dont il s’agit : coefficients d’induction de bobines, capacités de condensateurs, résistances, temps, etc., une liaison qui correspond directement aux dimensions de ces grandeurs. Dans mon premier Mémoire j’en ai donné plusieurs exemples.
- « Tl va sans dire qu’on peut appliquer ces relations à des mesures absolues, par exemple à la détermination de l’ohm.
- « M. Brillouin propose, pour ce but, un arrange-gement assez compliqué. Il s’agit de trois circuits dont le premier agit par induction sur le second, le second encore par induction sur le troisième. J’espère qu’on trouvera des conditions d’expérience plus simples: Mais, en général, je suis d’accord avec M. Brillouin sur ce point que le principe de l’interférence électrodynamique se prêtera très bien à des mesures absolues. »
- Sur le loch à moulinet. Réponse à la récente communication de M. Le Goarant de Tromelin; par M. Fleuriais (’).
- «J’ai lu, dans le numéro du 14 mai des Comptes rendus, une note de M. Le Goarant de Tromelin relative à un loch actuellement en usage à bord des bâtiments de la flotte. Je m’associe avec plaisir et empressement aux conclusions fixées par les trois dernières lignes de la Note dont il s’agit.
- 1 Mais les considérations émises par M. de Tromelin, et plus particulièrement la phrase : « Ce « loch qui, en résumé, est un simple commutateur, « tourne dans la mer » ; tendant à déplacer entièrement le point de vue auquel je me suis placé, je me crois autorisé à formuler quelques observations, d’autant plus que (3) je ne reconnais pas avoir écrit la phrase : « C’est en effet dans ce point que ré-« side l’invention ». La recherche d’un appareil, capable de donner à tout instant la vitesse d’un navire, ne constitue pas un problème nouveau.
- (i) Note présentée à l’Académie des sciences, dans
- séance du 4 juin i883.
- (a) Voir Revue maritime, novembre 1879, p, 471.
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- =4»
- « Je ne crois pas exagérer en disant que le chiffre des tentatives faites pour Substituer au loch dit à bateau un engin plus en rapport avec les vitesses actuelles s’élève à 3o ou 40.
- <r Les recherches personnelles que j’ai faites sur cette intéressante question n’avaient et ne pouvaient avoir logiquement pour objectif principal un mode spécial d’enregistrement. Certes, ce côté du problème est intéressant, mais il n’est que secondaire et ne peut, dans tous les cas, prétendre au rang de « principe fondamental » (*).
- « Ce que j’ai proposé, avec une certaine insistance, est la substitution d’un moulinet à l’hélice, base commune de beaucoup d’essais.
- « Aussi la brochure publiée à l’issue des expériences de la Magicienne, c’est-à-dire à une époque où cependant les travaux de M. de Tromelin étaient encore inconnus au nombreux état-major de la frégate, a-t elle reçu le simple titre de Note sur un loch à moulinet. Extension du principe de l'anémomètre Robinson.
- « Quant à la qualification à'électrique, elle n’a paru ni à moi tout d’abord, ni plus tard au département de la marine, suffisamment distinctive pour être employée.
- « Le seul point sur lequel je me suis permis d’attirer l’attention de plusieurs membres de, l’Académie, en particulier de M. Yvon Villarceau, a été et est. encore la supériorité incontestable d’un moulinet sur l’hélice pour l’évaluation pratique de la vitesse d’un courant d’eau.
- « Un moulinet, c’est-à-dire un instrument rappelant par sa forme et son mode d’action l’anémomètre Robinson, peut être construit très grossièrement. La • déformation accidentelle des hémisphères n’altère que très peu le coefficient.
- « L’énergie considérable du pouvoir moteur rend sans influence les petites variations des résistances passives. Enfin l’axe de rotation, perpendiculaire à la remorque, ne fait éprouver à cette dernière aucun effet de torsion.
- « Une hélice, au contraire, change de pas pour une déformation à peine visible des ailes; les surfaces frappées par les filets d’eau étant obliques, une variation faible des frottements entraîne un changement notable du coefficient. Enfin la remorque subit des effets de torsion dont les inconvénients sont d’autant plus sensibles que la mer est grosse.
- « C’est ce parallèle qui a motivé l’adoption de l’instrument proposé et qui même a fait dire à M. l’amiral Serre que l’emploi d’un moulinet convenablement étalonné pouvait être supérieur à celui des bases mesurées pour les expériences de vitesse des navires à vapeur.
- (i) Voir Revue maritime, novembre 1879, p. 467.
- « Pour ce qui concerne le comptage du nombre de tours, certes j'ai employé l’électricité; mais, puisque l’occasion s’en présente, qu’il me soit permis de dire que ce n’est qu’à regret et parce que je n’ai pas trouvé mieux (voir p. 467, 1. 29).
- « En marine, l’emploi de l’électricité conduit à de fréquents mécomptes, surtout sur les bâtiments dont le personnel ne comprend pas la catégorie spéciale dite des Torpilleurs. Or un loch s’adresse aussi bien aux paquebots, aux navires de commerce, qu’aux bâtiments de guerre.
- « Ma conviction est donc que le desideratum ne sera atteint que lorsque la transmission des indications d’un mesureur quelconque se fera mécaniquement. Cette conviction est d’ailleurs partagée et j’ajouterai qu’un officier de marine, M. Ratomski, entreprend actuellement, dans ce sens, quelques expériences dont il serait aujourd’hui prématuré d’indiquer la nature. »
- A propos de l’histoire de l’éclairage électrique.
- Le journal anglais Nature publie, relativement à la découverte de l’arc électrique, la note suivante du professeur Silvanus P. Thompson.
- « En parcourant un vieux volume du Journal de Paris, j’ai trouvé, à la date du 22 ventôse an X (12 mars 1802), le passage suivant qui se rapporte évidemment à une exhibition de l’arc électrique :
- « Le citoyen Robertson, auteur de la fantasmais sorie, fait en ce moment des expériences inté-« ressantes et qui doivent sans doute avancer nos « connaissances sur le galvanisme. Il vient de « monter des piles métalliques au nombre de 2 5oo « plaques de zinc et autant en cuivre rosette. Nous « parlerons incessamment de ses résultats, ainsi « que d’une expérience nouvelle qu’il a faite hier « avec deux charbons ardents.
- « Le premier étant placé à la base d’une colonne « de 120 éléments de zinc et argent, et le second « communiquant avec le sommet de la pile, ils ont « donné au moment de leur réunion une étincelle « brillante d’une extrême blancheur qui a été aper-« çue par toute la société. Le citoyen Robertson « répétera cette expérience le 25. »
- « Le personnage ainsi mis en avant était Etienne-Gaspard Robertson, nom qui semblerait indiquer une origine écossaise. Il était plus connu par sa fantasmagorie qui fut montrée à Londres quelques années plus tard. Cette invention est mentionnée également au commencement du volume d’où est tirée la citation ci-dessus et dans un volume précédent du Journal de Paris. Au mois de fructidor an VIII, on trouve mentionnées quelques-unes de ses expériences avec la pile à couronne de tasses de Volta.
- « Il est intéressant de remarquer incidemment
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- que dans le numéro où se trouve annoncée la Fantasmagorie de Robertson, l’annonce placée immédiatement après a trait à une séance donnée par le citoyen Martin, à l’hôtel des Fermes. Dans ce « spectacle extraordinaire et amusant de physi-« que, » on devait assister à « l’expérience du té-« légraphe plus rapide que la lumière, d’un effet « extraordinaire et amusant. »
- « La date généralement donnée pour l’invention de la lumière électrique, par sir Humphry Davy, est 1809, mais je savais que des mentions antérieures de son expérience se trouvaient dans YElec-tricity de Cuthberson (1807) et dans d’autres ouvrages. J’étais aussi sous l’impression que des indications antérieures relativement à ce sujet existaient dans les ouvrages mêmes de Davy. La découverte du passage du Journal de Paris cité plus haut m’amena à consulter les premiers volumes du Philosophical Magazine et du Nicholson's Journal.
- « Dans le Philosophical Magazine, vol. IX, p. 219, à la date du icr février 1801, dans un mémoire de M. H. Moyes, d’Edimbourg, relatif à des expériences faites avec la pile à colonne, on trouve le passage suivant :
- « Quand la colonne en question avait atteint la « hauteur de sa force, ses étincelles se voyaient à « la lumière du jour, même quand on les. faisait « jaillir avec un morceau de charbon tenu à la « main. »
- « Dans le Journal of the Royal Institution, vol. I (1802) Davy décrit, à la page 106, quelques expériences produites par Ja pile et dit :
- « Quand au lieu de métaux on employait des « morceaux de charbon bien calciné, l’étincelle « était encore plus grande et d’une vive blancheur. »
- « A la page 214, il décrit et dépeint un « Appareil « pour prendre l’étincelle galvano-électrique dans « des substances fluides et aériformes. » Cet appareil consistait en un tube de verre ouvert par le haut et ayant sur le côté une tubulure par laquelle pénétrait un fil terminé par du charbon; un autre fil, aussi terminé par du charbon, traversait le fond et était mastiqué dans une position verticale.
- « Mais toutes ces indications sont postérieures à une lettre imprimée dans le Nicholson's Journal, en octobre 1800, p. i5o. Cette lettre est intitulée : « Expériences additionnelles en électricité galvanique, dans une lettre à M. Nicholson. » Elle est datée « Dowry Square, Hotwells, 22 septembre 1800 » et signée par Humphry Davy, qui, à cette époque, était préparateur du Dr Beddoes, à l’ancienne Philosophical Institution de Bristol. Cette lettre commence ainsi :
- « Monsieur. — Les premiers expérimentateurs en « électricité animale ont remarqué la faculté qu’a « le charbon bien calciné de conduire l’action gai-, « vanique ordinaire. J’ai trouvé que cette substance
- « possède les mêmes, propriétés que les corps « métalliques pour la production des commotions « et 'de l’étincelle, quand on s’en sert pour éta-« blir la communication entre les extrémités de la « pile galvanique du signor Volta. »
- « Dans aucun de ces extraits, cependant, on ne trouve rien qui ait trait aux propriétés de l’arc, comme étincelle lumineuse continue. C’est dans ses recherches postérieures que Davy fit connaître ses propriétés. On voit cependant que la lumière électrique avait attiré l’attention avant que l’on eût observé sa propriété spéciale de continuité, »
- Sur un amalgamateur électrique.
- La figure ci-dessous représente un appareil dû à M. James Mânes et destiné à traiter les minerais d’or et d’argent d’une façon plus complète qu’on
- ne le fait actuellement, et à éviter les pertes de ces métaux et de mercure qui sont très notables avec les procédés en usage.
- Des cônes d’acier sont disposés inversement les uns au-dessus des autres, de sorte que la base de l’un communique avec le sommet de l’autre. A l’intérieur de ces cônes tournent continuellement des brosses ou des meules en acier et on y, fait circuler un courant d’eau et de mercure. Le minerai pulvérisé entre par une trémie à la partie supérieure et les brosses et cônes sont mis en relation avec une source électrique.
- Grâce à ce dispositif, l’amalgamation de l’or est beaucoup plus complète et l’on recueille 75 % de la totalité de l’or et du mercure qui traverse l’appareil.
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- s5o
- RÉSUMÉ
- DES
- BREVETS D’INVENTION
- 152810. — SYSTÈME DE LAMPE A ARC A ÉLECTRODE A GRANDE SURFACE, PAR LA SOCIÉTÉ SOLIGNAC ET Ce. — Paris, 22 décembre 1882.
- La lampe est une lampe à arc dans laquelle les charbons sont-maintenus à distance constante l’un de l’autre. Le charbon supérieur s’avance par son propre poids dans un bloc
- de matière réfractaire C, qui lui sert de support et agit aussi comme réflecteur. Le charbon inférieur, contenu dans un tube E, s’élève au fur et à mesure qu’il s’use, poussé par un contre-poids F contre un collier de platine D. Le cadre que supporte le bloc C est fixé au noyau d’un solé-noïde A, traversé par le courant, Dès que le circuit est
- fermé, ce noyau et le bloc s’élèvent légèrement et l’allumage se produit. La lampe est, on le voit, très simple, et un de ses prinpipaux avantages est sa rusticité meme,
- 152816. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES LAMPES ÉLECTRIQUES A INCANDESCENCE, PAR M. A. BERNSTEIN. — Paris, 23
- décembre 1882.
- A représente un globe dans lequel on a fait le vide par les moyens ordinaires. A l’intérieur de ce globe de verre est disposé le charbon B donnant la lumière, lequel est Creux et est supporté aux extrémités par les douilles ou blocs de charbon solide C et D. Le charbon B aussi bien que les fils conducteurs E et F sont fixés aux pièces C et D, au moyen d’un ciment convenable à base de carbone. Les fils conducteurs E et F pénètrent dans le globe A, soit à une extrémité à travers le col du globe, comme on le voit dans la figure, ou aux extrémités opposées. Un des fils conducteurs E est rigide, tandis que l’autre F est flexible,
- étant composé d’un grand nombre de fils métalliques minces. Au moyen d’un dispositif de construction qui relie le conducteur flexible à une extrémité de la ligne principale, l’un ou l’autre des fils conducteurs rigides peut être relié à l’autre extrémité de la ligne principale, de façon à graduer la longueur du charbon donnant la lumière, et par conséquent régulariser la lumière sans l’emploi d’un moyen artificiel, rde telle sorte que la lumière correspond toujours à la force donnée. Les charbons peuvent aussi être disposés par série ou en arc multiple.
- 152825. — PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS AUX TÉLÉ-
- PHONES, par m. cii.-a. randall. — Paris, 23 décembre 1882.
- Cette invention a pour objet de produire un instrument sans la membrane ou diaphragme ordinaire et qui recueillera néanmoins tous les sons de la voix humaine et les transmettra.
- L’invention consiste à employer un électro-aimant dont un . pôle est placé en contact avec une paroi de l’enveloppe ou boîte de l’instrument qui peut être en bois, en caoutchouc, en verre, etc. Les vibrations ou changements du pôle magnétique, en contact avec l’enveloppe de l’instrument, dues aux variations du courant électrique, sont communiquées à la paroi de l’enveloppe et sont propagées par elle dans l’air,
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- et rendues sensibles à l’ouïe, en donnant ainsi à l’instrument le caractère d’un récepteur téléphonique. Quand il est employé comme transmetteur, des sons articulés à proximité de la paroi de l’enveloppe avec laquelle le pôle de l’aimant est en contact produisent des vibrations dans cette paroi, et ces vibrations sont communiquées au pôle de l'aimant, le forçant à déranger le champ magnétique, de manière à induire dans la bobine de l’aimant des courants ou variations de courants, ce qui provoque la reproduction des sons par un instrument récepteur semblable ou autre, placé dans le circuit par un fil métallique de ligne.
- 152826. — PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS AUX LAMPES ÉLECTRIQUES A INCANDESCENCE ET LEUR MODE D’ÉTABLISSEMENT, PAR M. N.-G. lUMBERLEY ET M. C.-S. GARVIE. — Paris, 23
- décembre 1882.
- La figure est une coupe verticale d’une forme de cette lampe perfectionnée dans laquelle a représente le globe en verre; b est le filament qui y est contenu ; cc9 représentent les conducteurs qui supportent le filament; c passe à travers un bouchon fixé dans un tampon, et cf est fixée directement dans le tampon tf. A travers ce tampon, on pratique
- un passage, quand ce tampon est fixé en position avec l’intérieur du globe a; dans cette ouverture, on place une soupape /disposée pour venir en contact avec un siège de même forme dans l’ouverture. Dès que le vide est produit dans le globe a, ou dès que les gaz non combustibles y ont été introduits, on ferme cette soupape, et pour empêcher l’entrée d’une quantité quelconque de l’oxygène de l’air, on scelle, dans certains cas, cette soupape; h représente un prolongement de matière conductrice fixée dans d et disposée pour être facilement attachée ou placée dans une douille, dans une console, etc.
- 152Ô30. — lampe différentielle, par la société egger kremenezky et c°. — Paris, 23 décembre 1882.
- Les solénoïdes A et B sont pourvus de noyaux creux a et b, et d’une baguette de charbon L. Ces solénoïdes sont disposés de manière que la grande bobine A (pour le courant principal et la formation de l’arc lumineux) soit maintenue au-dessus de la petite bobine B (pour le courant différentiel secondaire et la régulation de l’arc lumineux) par trois colonnes, tandis que la bobine B repose directement sur la plaque de fondation G. Les deux noyaux a et b sont reliés par des bras d’articulation vv et agissent ainsi simultanément sur deux languettes symétriques z z9 qui peuvent tourner sur deux fourchettes reliées par un collier /z; ces languettes sont en outre reliées par des bras à double articulation dd9, avec a, et elles peuvent monter et descendre librement. Les languettes zz9 viennent, dans leur
- position inférieure, s’appuyer par leurs extrémités sur une fourche fixe g courbée en forme d’angle; quand la descente se produit, ces extrémités inférieures tournées vers l’intérieur s’écartent de la tige du charbon L, s’ouvrant respectivement en décrivant des arcs de cercle permettant ainsi la descente de la baguette de charbon L, jusqu’à ce que le noyau a et les charnières dd9 remontent en occasionnant le rapprochement des languettes vers l’intérieur.
- A ce moment les languettes, quit-^ tent les extrémités des fourches g, saisissent le porte-charbon, le soulèvent et le laissent retomber ainsi jusqu’à ce que les lauguettes puissent de nouveau se poser sur la fourche fixe g, et s’ouvrir, pour laisser glisser à travers elles, par les moindres variations d’arc, la tige porte-charbon L. La tige porte-charbon supérieure a deux longues rainures pour recevoir deux cordons tt9 passant sur deux rouleaux R R’ reliés au porte-charbon pour l’équilibre partiel des porte-charbon mobiles de L et de M. Le porte-charbon est pourvu latéralement des rouleaux-guides xx9, et à sa partie inférieure, de la tige de piston s et du piston k. Celui-ci se meut lentement en glissant à frottement dur, dans un corps de pompe P rempli de mercure ou de glycérine, empêchant ainsi un jeu trop grand de a et b et des deux porte-charbons. Les guides FF' du porte-charbon D, sont fixés dans la plaque de fondation G dont ils sont isolés. Le porte-charbon en laiton est guidé, d’une part, dans la plaque de fondation G, d’autre part dans le tuyau principal H à l’aide d’une plaque ronde vissée p, sur laquelle sont posées des boules en laiton pour la formation des contacts d’arrivée du courant.
- Le courant entre dans cette lampe par la bobine principale A, la parcourt, passe du corps métallique du bâti supérieur de la lampe dans la tige du pofte-charbon supérieur, va au charbon L, de là dans le charbon inférieur, puis dans le porte-charbon D; enfin des rouleaux de contact xx9, il passe par le cadre inférieur, dans le deuxième fil et à la lampe voisine ou à la source génératrice du courant.
- Quand la bobine principale A parcourue par le courant, attire a, les languettes zz9, reposant sur g, se ferment, saisissent le ch'arbon supérieur, l’entraînent vers lé haut et produisent ainsi l’arc lumineux qui s’allonge jusqu’à ce que le courant secondaire B de la bobine produise une action contraire plus grande, et arrête le mouvement d’ascension. L’arc lumineux a alors atteint la longueur normale fixée d’avance. La distance entre les points L et M et, par suite, l’intensité du courant principal diminuant, l’intensité du courant dérivé augmente dans la'bobine B et produit la descente des noyaux a et b, jusqu’à ce que les languettes zz9 s’ouvrent et laissent glisser le charbon L de la quantité voulue pour obtenir la longueur normale de l’arc lumineux.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Cette régulation de la lampe est basée sur le déplacement longitudinal des noyaux de fer doux; ce résultat est obtenu par la fourche g, amenant dans la proportion convenable l’action des deux solénoïdes sur le noyau en fer doux avec des courants variables. Pour la distribution de la lumière, la lampe est en outre pourvue d’un aimant automatique parcouru en partie par le courant principal, et en partie par le courant dérivé et qui. dans le cas où, pour une cause quelconque, une lampe viendrait à manquer, introduirait une résistance entre les deux pinces de la lampe.
- 152869. — mode d’application de l’électricité, pour les
- VÊTEMENTS, SUR LE CORPS HUMAIN, PAR M. L.-F. JOST. —
- Paris, 27 décembre 1882.
- De chaque côté du vêtement est ménagée une poche dans laquelle on place une petite pile quelconque. Les deux pôles communiquent respectivement avec deux lames métalliques placées dans le sens longitudinal, et d’où parteht des fils métalliques dirigés vers toutes les parties du corps. L’inventeur, pour faire passer l’électricité dans le corps, emploie des boutons de métal fixés en divers points des fils et en contact avec la peau.
- 152854. — APPAREIL SERVANT A ALLUMER ET A ÉTEINDRE INSTANTANÉMENT LE GAZ PAR L’ÉLECTRICITÉ, PAR M. J. LE-FAURE. — Paris, 29 décembre 1882.
- Du réservoir à gaz partent, en même temps que les tuyaux des appareils, les fils électriques destinés à communiquer l’étincelle qui doit allumer chaque bec ayant un robinet correspondant fixé sur le cadran de l’appareil à gaz.
- 152868. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES PILES ÉLECTRIQUES SECONDAIRES ET DANS LA FABRICATION DES MATIÈRES ET PLAQUES DANS ce but, par m. a. watt. — Paris, 27 décembre 1882.
- Pour préparer la matière et les plaques, on soumet un courant de plomb fondu à l’action d’un jet de vapeur ou d’air, ou de tout autre gaz pouvant être surchauffé, ou d’un jet d’eau, de manière à lancer le plomb sous forme de pJuie; on produit ainsi une sorte de poussière de plomb qui peut être recueillie sous sa forme pulvérulente et comprimée en
- W f
- W'
- plaques poreuses ; ou bien on place une feuille d’amiante, de feutre, etc., dans la ligne du jet, on recueille dessus le plomb sous la forme d’une feuille poreuse de toute épaisseur voulue. Les plaques ainsi produites ou formées par compression de la poussière de plomb peuvent être renforcées en faisant fondre du plomb sur leurs bords.
- Au lieu d’employer du pjomb pur, on peut traiter un alliage de plomb et de zinc, comme il a été décrit ci-dessus, les plaques étant ensuite soumises à l’action d’une solution d’un sel de plomb ; le zinc est enlevé et remplacé par du plomb spongieux. On lave alors les plaques avec de l’eau pour les débarrasser du sel de zinc. Ou bien la poussière de plomb produite comme il a été décrit par l’alliage de plomb et de zinc peut être mélangée avec un oxyde ou sel de plomb et traitée par l’acide sulfurique dilué de manière à enlever le zinc et réduire l’oxyde ou sel de plomb, le tout formant alors une masse de plomb spongieux qui, une fois lavée, est comprimée en plaques, pour servir dans une pile secondaire.
- A cet effet, les plaques sont placées comme on le voit dans la figure, dans un sac de caoutchouc ou de gutta-percha ou dans un vase pouvant se fermer hermétiquement, les espaces entre les plaques et autour de celles-ci étant remplis, par exemple, d’acide sulfurique dilué et de permanganate de potasse ou de soude. Les fils conducteurs W W' passenUpar des tubes en caoutchouc F fixés dans l’extrémité du sac ou vase ; E est un tube de sortie pour les gaz dégagés pendant le chargement, ce tube ôtant fermé quand la pile fonctionne.
- 152884. — SYSTÈME D’AVERTISSEUR ÉLECTRIQUE D’EFFRAC-TION, PRINCIPALEMENT PAR PERFORATION, APPLICABLE AUX COFFRES-FORTS, AUX DEVANTURES DE MAGASINS, ET, EN GÉNÉRAL A TOUTES LES FERMETURES MÉTALLIQUES, PAR M. L.
- c. aboilard. — Paris} 29 décembre 1882.
- L’invention consiste à appliquer sur la cloison métallique une feuille de métal, isolée électriquement de la première, à faire communiquer une des feuilles avec le pôle positif d’une pile, l’autre avec le pôle négatif et à intercaler une sonnerie dans le circuit. Avec cette disposition, si l’on veut perforer la double cloison métallique, il arrivera un moment où l’outil employé touchera à la fois les deux feuilles de métal ; dès lors, le courant sera établi, et . la sonnerie fonctionnera.
- L’application de ce moyen comporte naturellement des dispositions différentes, suivant les cas particuliers.
- 152887. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES CONDUCTEURS
- ÉCLAIRANTS, POUR LAMPES ÉLECTRIQUES, PAR II. G. ZANNI.
- — Paris, 29 décembre 1882.
- Un des moyens de mettre en pratique cette invention consiste à prendre un fil ou cordon de soie, coton, laine ou autre matière convenable et à le courber suivant la forme voulue. On carbonise alors ce fil de manière à former un filament de charbon, et on revêt ce filament de platine, iridium ou métal semblable, soit par l’électricité, soit en se servant d’une solution convenable. On couvre alors le filament ainsi préparé en y déposant un revêtement de charbon au moyen d’un gaz convenable quelconque, ce qui donne une garniture métallique entre deux parties de charbon.
- Les bandes ou filaments fabriqués comme nous venons de le décrire, sont disposés, ce la manière ordinaire, à l’intérieur de globes; ces filaments passent à travers des tampons de verre dans lesquels ils sont incorporés, les extrémités de ces filaments étant reliées d’une manière convenable aux fils venant d’une source d’électricité.
- 152900. — UTILISATION INDUSTRIELLE DES COURANTS ÉLECTRIQUES DE QUANTITÉ, MAIS DE FAIBLE TENSION, PAR MM. A.
- d’arsonval et f. lalande. — Paris, 3o décembre 1882.
- Le but que les inventeurs se proposent est d’utiliser industriellement la transformation des courants de quantité, mais de faible tension, en courants de tension supérieure quelconque. Ces courants peuvent être produits soit par l’induction d’un courant sur son propre circuit, ce qui donne naissance à l’extra-courant, soit dans d’autres circonstances par l’induction du courant de quantité sur un ou plusieurs fils secondaires.
- Pour produire l’extra-courant, les inventeurs se servent de plusieurs dispositions, dont nous allons indiquer la principale (fig. 1).
- L’appareil se compose d’un faisceau de fils de fer doux sur lequel est enroulé un gros fil de cuivre isolé. En face d’une des extrémités A du faisceau de fer se trouve un trembleur
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- T destiné à interrompre le courant; la tension de ce trem-bleur est réglée par un ressort R que l'on bande à volonté de façon à ce que la rupture du courant ait lieu pour une aimantation variable du noyau de fer doux. Plus la tension du ressort sera grande, plus il faudra que l’aimantation du noyau de fer doux soit elle-même considérable pour opérer la rupture du courant, et plus par conséquent aura de tension l’extra-courant qui en résultera.
- La pile chargée de fournir le courant est mise hors du circuit au moment de la production de l’extra-courant de rupture. Les deux extrémités du fil inducteur, qui devient la source d’électricité au moment de la rupture, sont réunies à l’appareil chargé d’utiliser ce courant.
- L’usage de l’extra-courant produit dans les conditions que nous venons de décrire permet d’allumer avec une pile de quantité, mais à faible tension, des lampes électriques (à incandescence ou autres) ayant une grande résistance. Les inventeurs emploient aussi l’extra-courant pour actionner les aîlumoirsà gaz ou les amorces de torpilles et de canons qui fonctionnent par ce moyen.
- Ils appliquent, en outre, leur invention à la télégraphie. La production de l’extra-courant pourra être continue ou, au contraire, n’avoir lieu qu’au moment de la manipulation télégraphique. On peut ainsi mettre en mouvement à toute
- distance soit un récepteur télégraphique quelconque, soit une sonnerie électrique, soit un relais, soit un signal.
- L’extra-courant peut aussi mettre en action tous les signaux employés en téléphonie, en se servant, au besoin, de la pile même qui actionne le microphone. Il permet, déplus, de se passer de la bobine d’induction pour la transmission de la parole, en adoptant la disposition suivante (fig. 2) : le courant provenant de la pile P traverse le microphone M et la bobine B; le circuit téléphonique t est fermé à travers la bobine.
- L’emploi de ces courants de haute tension et de même sens permet de décomposer plus facilement les composés chimiques de toutes sortes.
- En faisant agir les extra-courants sur des moteurs électriques, les inventeurs prétendent obtenir une utilisation meilleure du courant fourni par la pile. L’emploi de ces courants de tension leur permet également de transporter à dis-
- tance, avec moins de pertb, l’énergie électrique, avec un fil de moindre section.
- Dans uri certificat d’addition, en date du i3 janvier i883, les inventeurs revendiquent l’emploi direct de l’étincelle produite par l’extra-courant lors de la rupture du circuit d’une pile traversant une bobine. Cette rupture est produite soit mécaniquement à l’endroit où l’on veut enflammer le gaz, soit automatiquement, au moyen d’un trembleur actionné par la bobine elle-même. L’étincelle d’extra-courant, qui est très chaude, permet d’enflammer le gaz ou tout autre corps combustible approprié. Les inventeurs donnent In disposition d’un allumoir électrique fondé sur l’emploi de l’étincelle d’extra-courant.
- 152901. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES BATTERIES GALVANIQUES, parm. davies.*— Londres, icp juillet 1882.— Paris, 3o décembre 1882.
- L’objet de cette invention est de produire des courants électriques plus directement de la combustion ou combinaison avec l’oxygène du carbone ou de ses composés, et spécialement d’effectuer cette combustion aux dépens de l’oxygène de l’air.
- La méthode que l’inventeur emploie est représentée par la figure qui donne l’une des formes les plus simples de con-
- struction de sa batterie. A est un vase contenant du nitrate de potasse fondu par la chaleur. Dans ce bain est plongé une plaque de carbone C à laquelle est attaché un fil, de même qu’à la cage B, faite en gaze métallique de fer, dans laquelle est logé le tube D. Ce tube peut être de la même matière que la cage B, de verre ou de porcelaine. Le tube D, ainsi que le tube F, passent à travers le bouchon d’un autre vase E, dans lequel est contenu de l’acide nitrique; le vase est maintenu à une température convenable, tandis qu’au bout extérieur de F est rattaché un tube venant d’un réservoir d’air convenable. Lorsque de l’air est refoulé à travers F, il entraîne avec lui dans D et B des vapeurs d’acide azotique, et ce mélange pénètre à travers le réseau de la cage B dans le nitrate de potasse fondu. Oh trouvera alors qu’en reliant les fils du carbone qui constitue l’élément positif et de la cage en fil de fer qui, conjointement avec le mélange gazeux, forme l’élément négatif, il se produit un fort courant électrique. L’action chimique qui se produit dans la batterie paraît consister principalement eu ce qui suit : le carbone est oxydé par le nitrate de potasse, et l’oxygène est fourni à ce dernier, au bout du conducteur négatif, par les vapeurs d’acide nitrique; l’air arrivant oxyde de nouveau l’acide azotique décomposé intégralement ou en partie, et on l’emmène' de la batterie dans un récipient convenable où il est reconverti en acide azotique concentré pouvant servir à nouveau.
- Camille Grou.et.
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- FAITS DIVERS
- L’exposition d’électricité de Kœnigsberg est ouverte depuis la fin du mois d’avril. On sait que Kœnigsberg possède de puissantes fortifications et une université assez importante, sa population est de 125 000 habitants, elle est située sur le Pregel qui se jette dans une des baies de la Baltique. C’est la capitale de la province de la Prusse Est, province qui est couverte de lacs et de forêts, mais qui, en dehors de la côte et du riche et fertile district du delta de la Vistule, ne présente qu’un sol stérile et une population pauvre et clairsemée.
- La ville voisine importante la plus rapprochée estDantzick, à 209 kilomètres, tandis que Berlin se trouve à plus de 484 kilomètres. Aussi l’installation d’une exposition électrique à Kœnigsberg semblait être une entreprise des plus hardies. Il n’y avait pas le moindre Palais de Cristal dont on pût se servir, mais on a trouvé un local convenable dans le jardin qui appartient à la ville.
- Une jolie construction Renaissance a été élevée et a été décorée et garnie avec tous les appareils électriques destinés aux usages domestiques. Les divers objets exposés sont divisés en quatorze groupes, logés dans des pavillons spéciaux. Le groupe se rapportant à l’histoire et à l’éducation contient, entre autres, les très importantes collections d’instruments scientifiques et techniques de l’Université et des diverses institutions de Kœnigsberg; une section est attribuée au groupe médical; une salle de lecture très complète contient les ouvrages et les journaux d’environ cinquante des principaux libraires-éditeurs de l’Allemagne. On voit des piles de toute sorte, des appareils télégraphiques; plus de quarante machines dynamo-électriques sont employées pour la production de la lumière, sans compter celles qui sont destinées à la galvanoplastie; quinze machines à vapeur et trois moteurs à gaz donnent la force motrice nécessaire. Pour montrer pratiquement l’éclairage des vaisseaux, on a construit une carcasse longue de 200 pieds et large de 5o. Il y a une audition téléphonique où l’on entend l’opéra de Kœnigsberg, un chemin de fer électrique, etc. L’appareil de cloche à plongeur avec lumière électrique qui sert à récolter l’ambre est surtout intéressant pour ces parages, car l’ambre se trouve en quantités plus ou moins considérables tout le long des côtes sud et est de la Baltique, mais surtout dans la péninsule rectangulaire de Tamland; cette péninsule est sur la rive nord de la rivière Pregel, sur laquelle est bâti Kœnigsberg.
- A l’exposition métallurgique de Madrid figurent un certain „ nombre d’appareils électriques.
- Éclairage électrique.
- La grande filature Lemaître, Lavotte, à Bolbec (Seine-In férieure), est éclairée avec des lampes Swan au nombre de cinq cent quinze.
- Le Talisman vient de quitter Rochefort ayant à son bord une mission scientifique dirigée par M. Alph. Milne-Edvvards et chargée d’accomplir des travaux de draguages sur les côtes du Maroc, aux Canaries, aux Açores, à l’archipel du Cap Vert, etc.
- Ce navire emporte les appareils nécessaires pour produire la lumière électrique à arc, afin de pouvoir exécuter les sondages pendant la nuit, l’extrême chaleur delà journée rendant les opérations excessivement pénibles.
- A l’occasion d’un grand bal donné à Londres au palais de Buckingham, la salle de danse a été brillamment illuminée
- au moyen de sept cents lampes Swan. Le gaz doit être remplacé dans ce palais cet été par l’éclairage électrique pendant toutes les fêtes et réceptions.
- Une partie du Gaiety Theatre, à Londres, va être éclairée avec des lampes Swan.
- Au Musée de South Kensington, à Londres, l’Electric Sun Lamp and Power Company vient d’installer des lampes* soleil dans plusieurs galeries de tableaux, dans les salles réservées aux legs d’objets d’art, dits legs Jones, et dans quatre autres galeries. Les autorités du département des Sciences et des Beaux-Arts du Musée se sont engagées à payer à la Compagnie le prix qui était dépensé pour le gaz, en se réservant, en outre, le droit d’acheter toute l’installation si les résultats de l’éclairage électrique sont satisfaisants.
- Vingt lampes à incandescence et huit à arc viennent d’être posées par la Giilcher Company dans les usines Morewood et O, Soho, à Londres.
- La petite ville de Croydon, près de Londres, va être éclairée à l’électricité à titre d’essai. Un délai de dix-huit mois a été accordé pour y installer, avec l’autorisation préalable du Board of Trade, des foyers Brush sur une superficie déterminée.
- Le paquebot Adélaïde, des chantiers de Partick, près Glasgow, va être pourvu de lampes Edison.
- A Aberdeen, la salle des compositeurs de VAberdeen Journal a reçu un éclairage électrique par incandescence. L’installation, due à la Brush Electric Light and Power Company of Scotland, comprend des accumulateurs Sellon-Wolckmar. L’électricité est emmagasinée par une des machines, de l’imprimerie, pendant les intervalles de temps qui s’écoulent entre la publication des éditions de 1 ’Evening Express, et les accumulateurs, ainsi chargés, alimentent les lampes toute la nuit sans qu’il soit nécessaire de les recharger.
- A Manchester, l’Albert Square et les alentours de l’Hôtel-de-Ville vont être éclairés avec des lampes à arc du système Lever.
- A Bruxelles, la Compagnie Edison vient de s’adresser aux autorités municipales à l’effet d’obtenir le droit d’éclairer à l’électricité l’intérieur d’habitations dans un quartier où se trouvent plusieurs théâtres, cafés et divers établissements importants.
- Un nouveau cuirassé, destiné à la marine chinoise, et dont la construction a lieu en ce moment à Stettin, sera pourvu, de même que la frégate Ting- Yen, d’un éclairage de lampes à incandescence.
- En Hollande, la gare du chemin de fer de Vento est éclairée avec des lampes Brush. On se sert de moteurs Fowler.
- A Goeppingen, dans le Wurtemberg, les fabriques Schaeffer et Kuntze sont éclairées à l’électricité. Dans la fabrique Schaeffer, l’installation comprend des lampes Edison A et B et des lampes Swan ainsi réparties : dans la cour, deux lampes A et une B; dans le vestibule de l’habitation, une lampe à incandescence A; dans le comptoir, une lampe semblable ; dans le parloir, un lustre avec trois lampes et une
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- lampe de table portative disposée eu lampe A; dans le bureau des dessins, plusieurs lampes A ; dans la chambre de maître, une lampe B; dans la cave, une lampe A. Au premier étage, dans le vestibule, une lampe B; dans la cuisine, une lampe B; dans une chambre, un lustre avec trois lampes Swan; dans le salon, un lustre avec trois lampes A; dans une chambre à coucher, une lampe Swan. Au second étage, une lampe B dans un grenier et une autre dans la salle des outils. Le bâtiment des chaudières à vapeur renferme une lampe A, et l’atelier des machines des lampes à arc. Dans la fabrique Kuntze brûlent quarante-trois lampes à incandescence.
- Depuis plusieurs mois, la grande usine Mayser, à Herma-ringen (Wurtemberg), est éclairée à ses six étages exclusivement avec des lampes à incandescence. Les écuries ont également un éclairage électrique. Les lampes ont été en service Phiver dernier pendant une durée moyenne de quinze heures chaque jour.
- Dans im rapport sur les moyens d’éviter les incendies dans les théâtres, le Comité du Franklin Institute fait les remarques suivantes, relatives à la lumière électrique :
- « Grâce aux travaux d’éminents électriciens, nous avons à notre disposition un agent à l’aide duquel on peut produire des effets aussi brillants, sinon plus brillants qu’avec le gaz et qui ne présente pas les dangers de ce dernier, les lampes elles-mêmes étant absolument inoffensives. La plus fine ‘gaze peut être posée sur une de ces lampes sans être endommagée. En même temps on n’a plus à craindre la chaleur et les produits délétères que donne le gaz.
- « Votre Comité ne croit pas nécessaire de décrire les systèmes d’éclairage par incandescence dont l’introduction serait sans aucun doute une des réformes les plus nécessaires dans notre système actuel d’éclairage des théâtres.
- « Votre Comité ne pense pas que les lampes à arc pourraient être introduites avec avantage dans les théâtres, si ce n’est munies de réflecteurs, afin d’augmenter l’effet lumineux produit par les lampes à incandescence. Les désavantages de tous les systèmes à arc seraient : i° leur manque de fixité; 2° la couleur de leurs rayons qui, comme disent les acteurs, fait ressortir le maquillage; en outre, leur manque de chaleur serait désagréable aux auditeurs. Le grand avantage des lampes à incandescence aidées de lampes à arc munies de réflecteurs serait, en supprimant le gaz, de supprimer: i°les dangers de fuite et d’explosion; 2° la chaleur suffocante de nombreux becs, qui dessèche les châssis, les toiles, les cordes des dessus et les convertit pour ainsi dire en amadou; 3° l’altération des couleurs métalliques sous l’influence des produits de la combustion; 40 les procédés coûteux de ventilation qui souvent ne donnent pas une quantité suffisante d’air frais et qui pourront être de beaucoup simplifiés, car ce sont les nombreux becs de gaz plutôt que les auditeurs qui consomment l’oxygène et rendent l’atmosphère lourde; 5° le danger de feu par Gontact avec la flamme, puisque les filaments incandescents sont hermétiquement enfermés dans une enveloppe de verre.
- « Votre Comité n’ignore pas les dangers d’incendie que présente l’éclairage électrique, mais' les lampes à incandescence (et spécialement nos systèmes américains) ont été après les travaux de différents Comités et spécialement de celui du New-York Board of Fire Underwriters si bien pourvues de joints de sûreté et les installations électriques dans les principales villes d’Amérique sont si bien surveillées par les différents conseils que le danger estréduit à un minimum. La praticabilité de l’éclairage électrique des théâtres a été mise en évidence par l’éclairage du Savoy-Theatre qui, éclairé pendant plus d’un an avec la lumière électrique, a été un véritable succès artistique.
- « Votre Comité a reçu du directeur du Savoy-Theatre la lettre suivante : « En réponse à vos demandes : i° la lumière
- « électrique est un parfait succès artistique; 20 elle coûte à « présent â peu près deux fois autant que le gaz en Angle-« terre, mais le prix demandé serait ici sans doute beaucoup « moindre, puisque le gaz est plus cher qu’en Angleterre. « Enfin, le prix sera le même qu’en Angleterre. *»
- En Australie, l’imprimerie du gouvernement à Brisbane, dans le Queensland, est éclairée au moyen de lampes à incandescence du système Edison.
- Le port de Québec (Canada) va être éclairé à l’électricité.
- La ville de Minneapolis, Minn., est très fière de sa nouvelle lumière électrique sur mâts, à Bridge Square.
- La Compagnie Brush a fait ses expériences pendant les nuits les plus sombres. Jusqu’ici le gaz n’était pas allumé dans Minneapolis, lorsque la lune devait théoriquement se montrer, aussi quelques parties éloignées de la ville dans lesquelles la lumière électrique ne peut parvenir étaient dans la plus profonde obscurité; cependant les gens qui étaient dehors au moment des expériences ont pu constater après l’extinction des lumières, dans les magasins et les demeures, que le mât électrique projetait une clarté très suffisante dans un rayon de six à huit bîoeks de tous côtés. Pendant les expériences et dans un rayon de six blocks à partir de Bridge Square, le gaz a été éteint, et l’essai tenté pendant des nuits complètement sombres est un réel succès pour ces expériences qui pourraient encore être étendues. Tous les gens que leurs occupations tiennent hors de chez eux vers le milieu de la huit, pendant les temps d’orage durant l’époque des clartés lunaires supposées, considèrent les mâts avec lampes Brush comme un inestimable bonheur, lorsque les becs de gaz ont été éteints.
- A Bombay, l’Esplanade Parade Road, la Marine Lines Road, le High Court et les alentours de la statue de la Reine vont être éclairés à l’électricité. Dans cette ville, les grands magasins Treacher ont un éclairage de cinquante lampes Swan, alimentées par vingt accumulateurs.
- Les habitants de Los Angeles, Californie, sont tout heureux du succès de leur éclairage électrique au moyen des lampes Brush supportées par des mâts. Ces mâts ont une hauteur de 46^50 environ (x55 feet) avec des lampes à arc Brush d’une puissance de 3ooo candies chacune. La ville est éclairée en ce moment par sept appareils de ce genre et on est en train d’en construire un huitième.
- La superficie de la cité est de 58 kilomètres carrés; les mâts sont placés les uns par rapport aux autres à une distance qui varie entre 800 mètres et trois kilomètres. L’éclairage au gaz existait depuis soixante ans et était considéré comme très insuffisant, quoique la partie où les constructions se trouvaient massées en quantité fût assez restreinte. Le prix de l’éclairage actuel de la ville est à peine un peu plus élevé que celui qu’on payait pour les médiocres services du gaz. Toutes les portions de la ville ont une lumière suffisante pour les usages ordinaires, même pendant les nuits les plus noires, et, dans la région centrale où l’on employait précédemment le gaz, l’éclairage est aujourd’hui bien autrement réussi, d’après l’avis unanime de tous les habitants. Son efficacité est vraiment remarquable pendant les nuits humides et orageuses, surtout lorsque les brouillards de la mer envahissent la ville. Quand ces brouillards sont assez denses pour qu’il ne soit pas possible d’apercevoir les lampes, toute leur masse devient lumineuse par la diffusion des rayons électriques et les rues sont parfaitement claires, La ville de Los Angeles est maintenant la plus magnifiquement
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- éclairée de la côte du Pacifique et l’érection de nouveaux mâts est décidée dans le but de distribuer plus généralement la nouvelle lumière.
- Téléphonie
- La Chambre des députés de Belgique vient de voter à la presque unanimité une loi qui règle l’exploitation de la téléphonie en Belgique. Le gouvernement est autorisé à accorder des concessions d’une durée n’excédant pas vingt-cinq ans. L'industrie privée sera libre d’exploiter les agglomérations; l’Etat se réservera les communications de ville à ville ou de pays à pays. Une première ligne téléphonique doit être établie entre Bruxelles et Anvers.
- A Reichenberg, ville des Etats autrichiens, va être installé un réseau téléphonique.
- Nuremberg, en Bavière, doit avoir un établissement téléphonique qui le reliera à la ville industrielle de Furth, située à cinq kilomètres. On compte deux cent cinquante adhérents au réseau de Nuremberg.
- Dans la plupart des localités du canton de Zurich, en Suisse, partout où l’on a réuni au moins dix abonnés, sont installées de petites stations téléphoniques, qui sont reliées au bureau central principal du téléphone de Zurich, lequel se charge de la mise en communication de ces localités entre elles, de même que les personnes habitant Zurich, où ?e trouve ainsi concentrée toute l'exploitation du réseau. L’expérience a démontré que des distances de trente à cinquante kilomètres n’ont aucune influence contraire au bon fonctionnement des appareils; l’effet produit est le même, soit que-les abonnés parlent de maisons voisines à Zurich, ou bien conversent de Thalweil à Wintherthur. Parmi les localités reliées au moyen du téléphone, il y a Wiplcingen, Hoengg, (Erlikon, Zollikon, Kussnacht, Wollishofen, Horgen, Thalweil, Waedensweil, Winterthur, Richtersweil, Uster, Ruti Le chiffre des abonnés à la Compagnie zurichoise est d’un millier.
- Pour les communications promptes, entre de petites localités à la campagne, le téléphone est, sous bien des rapports, préférable au télégraphe. Non seulement son installation et son entretien sont plus simples et moins coûteux, mais encore il ne nécessite ni bureau spécial, ni personnel technique; le premier venu peut aisément le manier et s’en servir. C’est ce qu’a reconnu l’administration des postes et des télégraphes d’Allemagne. Elle a déjà établi pour l’échange des messages verbaux, entre de petites localités, plusieurs stations téléphoniques, et elle en accroît continuellement le nombre. Dans le grand-duché de Bade, par exemple, on compte actuellement plus de vingt stations de ce genre, notamment à Oberweiler et aux sources thermales de Baden-weiler. Dans le Wurtemberg, à Baisingen et dans plusieurs autres villages, ont été inaugurées des stations semblables.
- A Munich, les gares de chemins de fer, la gare centrale, la gare de l’Est, celle d^u Sud sont maintenant reliées au réseau téléphonique de la ville, de telle sorte que l’on peut, de ces gareè; aviser directement les abonnés au téléphone, dans leur domicile ou bureaux, de l’arrivée des marchandises qui leur sont expédiées. Cet avis par téléphone tient lieu des cartes ou lettres d’avis usitées précédemment.
- &
- C'est avec le plus vif regret que nous enregistrons la mort de notre administrateur-gérant
- ALEXANDRE GLÉNARD.
- Auteur de plusieurs ouvrages de littérature fort estimés, ancien secrétaire de la rédaction du Bulletin des Communes. Alexandre Glénard était des nôtres depuis la fondation de La Lumière Électrique. Ses capacités littéraires et administratives, la droiture de son caractère, et sa grande loyauté lui avaient concilié Vestime et Vamitié de ceux qui Vont connu. Sa mort laisse un grand vide parmi mous, et nous nous associons tous au deuil de sa famille.
- Le Gérant : A. Noaillon.
- Paris. — Imprimerie P Mouillot, i3, quai Voltaire. — 39672
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 5i, rue Vîvienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL Administrateur-Gérant : A. NOAILLON
- t>° ANNÉE (TOME IX) SAMEDI 30 JUIN 1883
- SOMMAIRE
- Différentes modifications du pont de Wheatstone; Th. du Moncel. — Travaux récents sur les piles secondaires; Frank Geraldy. — Les maéhines et lampes de la Compagnie Brush; Aug. Guerout. —Ligne de télégraphie à travers une forêt d’Amérique; C.-C. Soulages. — Comparaison du gaz et de l’électricité au point de vue du pouvoir éclairant et du pouvoir calorifique ; Georges Gueroult. — Bibliographie. — Revue des travaux récents en électricité : Lé galvanomètre pour courants continus et alternatifs de M. R. Sabine. — Les calories de combinaison des sels métalliques. — A propos de la purification électrique des alcools. — A propos du loch électrique. — Appareil de M. Clerk Maxwell pour représenter les phénomènes d’induction. — Appareil de M. Woodbury pour l’essai des circuits électriques. — Sur la résistance de l’arc électrique par M. Frœlich. — Résumé des brevets d’invention; Camille Grollet. — Faits divers.
- DIFFÉRENTES MODIFICATIONS nu
- PONT DE WHEATSTONE
- Les différentes applications qu’on a laites du pont de Wheatstone pour la mesure des résistances, surtout depuis l’établissement des longues lignes sous-marines, ont fait chercher plusieurs combinaisons qui pussent en faciliter l’emploi dans des cas donnés, et dès l’année 1868, M. C. Varley m’avait envoyé la description de quelques-unes d’entre elles que j’ai publiées en 1869 dans ma notice sur le câble transatlantique. Comme ces modifications sont peu connues en France et qu’elles n’ont été décrites dans certains ouvrages américains, entre autres dans celui de M. Prescott, que d’après ce que j’en ai dit moi-même, j’ai cru intéressant pour les lecteurs de La Lumière Electrique de rapporter les descriptions que j’en avais données en les faisant suivre d’un résumé de la démonstra-tratiort donnée par Schwendler des conditions que doit présenter le galvanomètre appliqué à ce pont pour être dans les meilleures conditions de fonctionnement, conditions qui peuvent être résumées dans le principe suivant :
- « La résistance du galvanomètre, pour obtenir de la part de ce système de balance électrique la plus grande sensibilité possible, doit représenter la résistance totale des deux dérivations constituées par les côtés du losange à partir des points d’attache du fil du galvanomètre et considérées à gauche et à droite de ce fil. »
- Pont de Wheatstone. — Dans la disposition adoptée par M. Wheatstone dans sa balance (pont), les deux côtés a et b du losange abx R (fig. 1) aboutissant au pôle positif de la pile, étaient des quantités connues, égales et constantes dans une même expérience, et la résistance inconnue x se déduisait de la résistance variable R, de telle sorte que quand le galvanomètre g était à zéro, on avait a=b, R=at.
- Quand il ne s’agit que de petites résistances, et surtout de résistances dans lesquelles les charges électriques n’exigent pas un certain temps pour atteindre leur maximum de force, ce système est très suffisant; mais il n’en est plus de même quand 011 veut, par ce procédé, mesurer les résistances des câbles sous-marins. Alors les variations de la résistance R, en modifiant les conditions de résistance de la dérivation CùRZ, changent les conditions de distribution du courant à travers les deux circuits dérivés, et, comme il faut un temps assez long pour que la charge puisse être complètement effectuée et répartie entre les deux circuits, il devient très-difficile de savoir exactement le moment où la résistance R représente la quantité inconnue x.
- Pont Thomson. — Pour obvier à cet inconvénient, M. Thomson rend constante la dérivation CùRZ et ne fait varier que le point d’attache de la dérivation du galvanomètre g en le portant du côté de b ou du côté de R, jusqu’à ce que le galvanomètre se tienne à zéro.
- Alors pour déterminer la valeur de la résistance x, il ne s’agit que de déterminer la résistance b et la résistance a R; mais comme celle-ci est fonction de la première, il n’y a par le fait qu’une inconnue à déterminer.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Dans ce cas, on a
- lt a
- X=Z~F‘
- FIG. 1
- Voici la disposition pratique de ce système :
- Les résistances des branches a et b du losange (tig. i) sont représentées par une série de bobines de résistance ab (fig.
- 3) qui se terminent chacun'e par un contact métallique, et ces contacts, placés les uns à la suite des autres sur une même ligne droite, peuvent être rencontrés par une lame de ressort r mobile sur un guide VV et en rapport direct avec le galvanomètre g (*). Celui-ci communique d’ailleurs avec la résistance x, et le pôle négatif de la pile ainsi que le bout libre du câble sont en rapport avec le sol. Cette disposition, par le fait, revient à celle que nous représentons ci-contre (fig. 4), puisque la terre, en raison de son peu de résistance, peut être considérée comme le point de jonction a et a;.
- Il ne s’agit donc, pour faire l’expérience et connaître les valeurs de a et de b, d’où dépend la valeur x, que de faire glisser le ressort r (fig. 3) sur
- (•) La fig. 2 donne une idée de la disposition de ce système conjoncteur: r est la lame du ressort qui appuie sur les contacts t, l, l des bobines de résistance H, R, R. Ce ressort est adapté à un manchon mobile sur le guide en cuivre V V et disposé de manière à fournir un contact métallique à frottement sur ce guide. Ce guide correspond lui-même métalliquement avec le galvanomètre g. Enfin une petite ouverture carrée O placée en face du contact touche, permet de lire la résistance de la série des bobines en ce point, laquelle résistance est inscrite sur l’appareil dans deux sens différents à partir des deux extrémités de la série.
- les différents contacts des bobines de la série ab, jusqu’à ce que le galvanomètre arrive à zéro, et de lire sur l’index désignant les résistances des différentes bobines de la série, celle de ces résistances qui correspond au contact touché par le ressort r. Comme les indications sont doubles et inscrites dans un sens inverse, il devient ainsi facile de connaître immédiatement et sans calculs les valeurs de a et de b.
- Dans le pont de Thomson, la résistance totale a-j-£est égale à 100000 ohms ou à 10 000 kilomètres de fil de fer de 4 millimètres de diamètre, et le nombre des bobines interposées est de 100, ce qui suppose à chacune une résistance de 1000 ohms.
- Pont de MM. Thomson et Varley. — Il est facile de comprendre que des résistances aussi espacées entre elles que celles dont nous venons de parler
- ne sont pas suffisantes pour ia pratique, et qu’il était nécessaire d’adapter à l’appareil un système qui pût fournir les sous - divisions de 1000 ohms; c’est ce que M. Varley a obtenu en ajoutant au système décrit précédemment une seconde série de résistance a' b' (fig. 5), et en prenant pour la première série 101 bobines au lieu de 100.
- Le frotteur r qui appuie sur les contacts de ces
- FIU. 4
- bobines, au lieu d’être simple comme dans la fig. 3, est double et disposé de manière à laisser isolées, entre les deux contacts touchés, deux bobines de résistance, qui se trouvent alors combinées dans la série ab avec la série entière des résistances a' b', laquelle représente la même valeur.
- FIG. 2 FIG. 3
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- Comme celle-ci est composée de ioo bobines n’ayant chacune qu’une résistance de 20 ohms ou 2 000 mètres, il devient facile, au moyen d’un ressort de contact r mobile sur un guide, comme dans le premier cas, de déterminer, sur la nouvelle échelle, celle des bobines qui correspond à la résistance cherchée, que l’on obtient ainsi à moins de 10 ohms d’approximation.
- En effet, • la dérivation établie entre la première série ab et la deuxième a' b' diminue, par le fait, de moitié la résistance des deux bobines intercalées entre les deux contacts touchés, c’est-à-dire de 1000 ohms. Les deux r
- échellesréunies
- ne représentent donc pas, en réalité, pour la partie a-{-b du losange abRx (fîg. 4), une résistance plus grande que celle du pont de Thomson; mais l’action du courant sur le galvanomètre, au lieu de ne pouvoir être étudiée que sur 100 combinaisons dé dérivations du circuit du galvanomètre, peut l’être sur 100 X 100, c’est-à-dire dix mille.
- C’est ce système de balance rhéostatique qui a été employé pour la mesure de la résistance du câble transatlantique de 1866 pendant son immersion.
- Toutefois, comme la dé- f
- duction de la
- résistance x avec cet appareil exige un petit calcul, puisque dans ce cas on a :
- R a
- il était à désirer, pour la promptitude des opérations, que l’instrument pût fournir lui-même la détermination de cette résistance sans aucun calcul.
- M. Yarley y est parvenu au moyen du dispositif représenté lig. 6.
- Pont de Varlcy. — Dans ce nouveau système, la résistance R du pont de MM. Yarley et Thomson est remplacée par le système ab, a' b' (lig. 6) dont nous avons parlé précédemment, et une troisième série cd de bobines de résistance devant lesquelles glisse un ressort e en rapport avec le galvanomètre g, représente, comme dans le pont de Thomson, la résistance a-\-b. Ainsi, on peut régler, comme
- on le désire, la sensibilité de l'appareil, et cela dans des conditions connues qui peuvent fournir, pour une même série d’expériences , une constante r e -présentant le rapport ~ de l’équation
- 5 R a
- .x —m
- Pour plus de clarté, dans les déductions qui vont suivre, nous représentons ( fîg. 7) le dispositif théorique du nouveau pont réduit à ses éléments simples.
- Dans cette figure, quand le galvanomètre arrive à zéro à la suite du déplacement du point de dérivation i du circuit de ce galvanomètre , et pour une position donnée de l’autre point m de dérivation du même circuit sur cd, on a
- a : c : : b -}- x : ci;
- d’où
- b + X — .1-
- et
- 15 rf
- x=a------b.
- ' . c
- Or le rapport^peut être donné immédiatement
- par la place occupée par le ressort c (fig. 6) sur l’échelle c d.
- Dans l’appareil de M. Varley, les bobines de résistances de la série c d sont disposées comme ci-dessous, p. 260, et au nombre de 14.
- Leur résistance totale est égale à 100000 ohms ou, si l’on veut, à 10 000 kilomètres de fil télégraphique de 4 millimètres. Elles présentent, comme
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- on le voit, deux périodes symétriques, l’une croissante de bas en haut, l’autre décroissante, et constituent ainsi les deux côtés c et d du losange abcd (ûg- 7)-
- i ®_
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- 0.001
- 0.0001
- 0.00001
- 0.000001
- 100 000.0
- Quand la dérivation du galvanomètre correspond au milieu de ces deux séries, c’est-à-dire au
- FIG. 7
- contact n° 1, le côté c est égal au côté d, et ces deux côtés ont chacun une résistance de 5o 000
- ohms; en conséquence, le rapport~ est égal à 1. Quand cetie dérivation correspond au contact 10, le côté c n’a plus qu’une résistance de 9 090,9, et le côté d a eu sa résistance portée à 90 909,1 ;
- en conséquence, le rapport — est égal à 10. lien' aurait été de même si la dérivation eût été placée sur le contact 1 000; dans ce cas, le côté c n’aurait eu qu’une résistance de 99,9, tandis que |d l’aurait
- de 99900,1 ; de sorte que le rapport — serait devenu 1 000. En reportant la dérivation sur les contacts de la période du dessous, on trouverait que sur le contact 0,001 le côté d a une résistance de 99,9 alors que le côté c a une résistance de 99 900,1 ;
- ce qui donne, pour le rapport0,001.
- On voit donc que par cette disposition, les numéros inscrits sur les contacts indiquent eux-mêmes
- et sans calculs les rapports-^et que l’opération, pour trouver les valeurs des résistances x, consiste
- uniquement à lire sur les échelles ab, a'b', qui sont numérotées dans deux sens opposés, les valeurs de a et de b, d’ajouter à la valeur de a le nombre de zéros indiqué sur le contact touché de l’échelle cd et de retrancher de cette valeur ainsi multipliée celle de b.
- » Quand on a à faire, dit M. Varley, des calculs toutes les trois minutes, comme cela arrive,lors de l’immersion des câbles, et cela pendant des jours entiers, c’est un travail pénible que de faire des multiplications et des divisions, même dans des conditions aussi simples que celles de la formule
- On comprend maintenant qu’avec cette disposition il est facile de rendre l’appareil apte à mesurer de très grandes résistances comme de très petites, car il suffit de porter successivement le frotteur de l’échelle cd sur les contacts de l’échelle ascendante de 1 à 1 000 000 pour augmenter dans telle proportion qu’on le désire son aptitude à mesurer de
- très grandes résistances, puisqu’alors le rapport —
- qui multiplie a augmente de 1 à 1000000; de même on peut diminuer dans la même proportion cette aptitude en portant successivement le frotteur dans la période descendante de 1 à 0,000 001, car
- alors le rapport — au lieu d’être un multiple de 10, comme dans le premier cas, devient une fraction décimale de 10 en 10 fois plus petite.
- Quand on veut mesurer des résistances plus petites que a, il faut naturellement que c soit plus grand que d; alors on néglige le terme b, car dans ce cas le câble à mesurer (du moins l’âme du câble) est si court, que le trouble provenant de l’induction et de la charge rend l’observation assez incertaine et assez difficile pour que l’intervention de cette quantité ne puisse être appréciée.
- Il nous reste maintenant à démontrer les conditions de résistance du galvanomètre du pont de Wheatstone pour correspondre le plus utilement aux dispositions de ses branches. Nous avons vu que cette résistance devait être égale à la résistance totale des deux dérivations constituées par les côtés du losange, à partir des points d’attache du fil du galvanomètre, et considérées à gauche et à droite de ce fil. Si ces côtés sont désignés par a, b, c, d, on doit donc avoir :
- rr = (a + b) (c + d)
- 0 = a + t + c + d*
- La démonstration dont il s’agit se déduit des six formules suivantes qui sont les conséquences des deux lois de Kirsch off sur les courants dérivés :
- A = C + G Rr + A(j+Gg'+Dii = E D=B-f-G Aa-j-G# — B b=o
- lt = À *f B 1 * G c=o
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- JOURNAL UNIVERSEL O'ÉLECTRICITÉ
- 261
- équations dans lesquelles les petites lettres majuscules représentent les intensités du courant dans les parties du circuit désignées par les lettres correspondantes.
- Ces six équations conduisent en effet à l’expression :
- (d -f b) (a + c) + r (a + c + d + b)
- S cb—ad +
- . (c + d) (a-f- b) -f- a c(d' + b) + d b (a + c)
- ' c b — ad 9
- ou en représentant par V, W et a les trois groupes de quantités qui y figurent :
- oc a
- Si, d’un autre côté, on représente par U le nombre de tours de l’hélice galvanométrique et q la section du fil, le montent magnétique Y du galvanomètre se représente par
- Y = E“ffV+W °llpiirV = f,0lfV + W’
- en admettant que V= co-n't' et g —. —— —1 : , et dès ^ <7 ô 1
- lors on obtient pour conditions de maximum par rapport à g :
- W________r (c + d) (g + /’) a c (d + b) -f d b (a + c)
- V (ti -|- b) (a -f- c) -J- /* {a -|- (' d b) .
- ac , d b ~a + c’ d -f b
- OUff-
- + r V.
- Or, comme rV=o quand on suppose l'équilibre de la balance à peu près établi, on a en définitive :
- 8=-,
- db
- b+7T+Bm^ +
- (a -f- b) (c + d) a+c + d + bJ
- puisque (cb — a d)2 devient alors infiniment petit.
- Cette loi, toutefois, n’est rigoureusement vraie que quand l’enveloppe isolante du fil du galvanomètre est en rapport exact avec le diamètre du fil lui-même. D’un autre côté, comme il est impossible, pratiquement, de changer la résistance du galvanomètre pour chaque mesure que l’on veut prendre, on ne peut tenir compte de cette loi que quand on construit des galvanomètres particuliers, destinés à fournir un même genre de mesures, par exemple pour prendre la résistance d’un knotde différents câbles, afin d’en déduire la conductibilité ou la capacité électrostatique (’).
- T11. du Moncel.
- TRAVAUX RÉCENTS
- SUR
- LES PILES SECONDAIRES
- (nr II. ARON)
- Le travail de M. Aron s’est présenté sous la forme d’une conférence faite à la Société électro-technique de Berlin (Elektrotechnische Zeitschrift, février et mars). Cette étude comprend deux parties qui se distinguent nettement; la première se rapporte aux meilleures dispositions à adopter pour la construction d’une pile secondaire ; la seconde a trait aux phénomènes chimiques qui se passent dans la pile secondaire en action.
- Ce qu’il faut surtout réaliser dans les piles secondaires (je parle des piles faites avec le plomb, c’est-à-dire de la très grande majorité, nous dirons plus loin un mot des autres), c’est un certain mode d’agrégation du métal, lui permettant de se prêter plus facilement aux modifications chimiques alternatives qu’il doit subir.
- Ce mode d’agrégation, lorsqu’on s’en rapproche entraîne avec lui une plus grande rapidité dans la formation et. une meilleure réceptivité électrique. M. Aron rappelle d’abord que les deux plaques ne jouent pas le même rôle dans la pile secondaire, la plaque positive doit se transformer facilement en peroxyde de plomb, pendant la charge, et reste toujours oxydée, la plaque négative ne forme que de l’oxyde ou du sous-oxyde pendant la décharge et se réduit complètement pendant la charge. Les observations de M. Aron l’ont conduit à penser que la surface de la plaque positive ne devait pas être augmentée au-delà de toute dimension; il pensé en effet que la nature de .l’oxyde formé sur cette plaque dépend de la densité du courant; avec une surface trop étendue, le courant par unité est très petit, et M. Arou pense, que dans ces conditions il se forme du sousoxyde. Il conviendrait donc d’écarter les plaques gaufrées, les amas de feuille, etc. Le Dr Aron a également essayé le minium; il a rencontré comme tout le monde la difficulté grave que l’on trouve à faire tenir le minium sur les plaques de plomb, difficulté si mal surmontée dans les piles Faure, et qui est l’une des raisons pour lesquelles elles sont si peu durables. Il est arrivé, paraît-il, à des résultats très curieux avec le collodion. On pourrait croire que ce corps qui est très isolant, serait impossible à employer comme agglomérant pour des électrodes ; il paraît
- î1) Voir, pour les développements de cette démonstration, le mémoire de M. Schwendler dans le Philosophical Magazine, tome XXXI (4e série) (janvier-juin 1866, p. 384). Ce mémoire a été suivi d’un second sur le même sujet, qui
- indique les limites de l’erreur qu’entraînent, dans la formule, les conditions matérielles des fils galvanométriques et leur mode d’enroulement. Ce mémoire est inséré dans le na de janvier 1867 du même recueil scientifique, page 29.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- qu’il n’en est rien ; M. Aron a obtenu des plaques d’une très bonne conductibilité en agglomérant du bioxyde de plomb à l’aide de collodion ; lorsqu’on laisse ces plaques se bien sécher, elles deviennent insolubles même dans l’alcool et dans l’éther. C’est un résultat intéressant ét qui pourra être utilisé. J’avais personnellement eu cette idée, à laquelle j’avais renoncé sans l’essayer, pour la raison que j’ai donnée ; j’ai eu tort, d’après les études de M. Aron. J’avais également pensé à la gélatine chromatée rendue insoluble par l’action de la lumière, moyen que M. W. Siemens a indiqué en quelques mots à la fin de la conférence, mais les plaques ainsi formées résistent mal à l’action du courant, ainsi que ce dernier l’a constaté; j’ai quelque crainte qu’il n’en soit de même pour les plaques de, M. Aron, si le courant est intense ; toutefois le cas peut être différent, la gélatine n’agglomère bien que la surface, le collodion donne adhérence dans toute l’épaisseur. Le savant allemand l’a employé pour agglomérer du peroxyde de manganèse et former ainsi un élément type Leclanché qui fonctionne très bien.
- ' Il indique encore un autre moyen de rendre les plaques plus faciles à préparer; celui-ci est connu ét a été signalé il y a déjà longtemps par M. Planté; il consiste à attaquer la surface des plaques avec de l’acide azotique. M. Aron le pousse plus avant, et introduit un peu d’acide azotique dans la solution d’acide sulfurique qui remplit la pile secondaire. D’après lui on obtient ainsi une formation beaucoup plus rapide et une grande capacité de charge; seulement l’élément a un défaut, c’est de garder sa charge moins bien que les' éléments Faure ou les agglomérés au collodion.
- L’auteur examine en passant quelques éléments : l’élément Schulze est prépare avec du soufre, il suppose que le soufre joue là le même rôle que l’acide azotique dans ses expériences, c’est-à-dire qu’il commence l’attaque et rend plus facile la désagrégation du plomb métallique : cela est effectivement probable; l’élément de Kabath, qui, on le sait, consiste en feuilles très minces froissées; il le repousse d’abord pour la raison que nous avons dite, c’est-à-dire que la surface de la plaque positive est trop grande, ensuite, parce que ces feuilles de plomb ne résistent pas aux transformations, se brisent promptement et perdent leur conductibilité.
- Ces deux éléments ont pour base le plomb seul. M. Aron cite celui de M. Sutton composé d’une plaque de cuivre et d’une plaque de plomb amalgamé, le liquide est une solution de sulfate de cuivre; pendant la charge, le cuivre se dépose sur le cuivre "pendant que le plomb s’oxyde’; pendant la décharge, le sulfate de cuivre se reforme. Les défauts sont que la résistance du sulfate de cuivre est relativement grande, et va en
- augmentant beaucoup lorsqu’il se décompose; de plus, le cuivre déposé est mal adhérent et tombe au fond. Un détail assez curieux, c’est que sans la présence du mercure sur la lame de plomb, celle-ci serait difficilemant attaquée ; il y a du reste en chimie de nombreux exemples de cas semblables dans lesquels un corps qui semble ne jouer aucun rôle dans une réaction, détermine cependant une attaque qui ne se ferait pas sans sa présence.
- L’élément Bœttcher est une pile secondaire, type Planté ou Faure dans lequel la plaque négative est de zinc au lieu d’être de plomb. Il fonctionne bien, mais on ne peut éviter la solution du zinc dans le liquide acide, en sorte qu’il n’est pas d’un usage pratique.
- J’ai dit que dans la deuxième partie de la communication de M. le Dr Aron, il a cherché à élucider le processus chimique qui se développe dans la pile secondaire pendant son action. MM. Gladstone et Tribe, dont nous avons déjà exposé les recherches, ont étudié la question par les procédés chimiques, M. Aron a fait usage des procédés physiques. Chacun, dit-il justement, emploie les moyens qui lui sont sympathiques. Il a d’abord constaté un fait : c’est que la densité de la solution d’acide sulfurique varie pendant le travail; elle s’élève pendant la charge et s’abaisse pendant la décharge; la différence dans une expérience a été de 1,175 à i,o65, ce qui est très considérable : l’auteur en conclut que pendant cette dernière période, il y a consommation d’acide sulfurique et, par conséquent, formation de sulfate.
- Il a alors cherché à constater la formation de ce sulfate sur la plaque négative en mesurant la variation de son poids et se proposait de voir si cette variation, pendant un temps donné, correspondait à l’énergie électrique dépensée : il a bien été constaté que le poids de cette plaque augmente pendant la décharge, mais sans pouvoir trouver de correspondance. M. Aron attribue ce fait à ce que, en même temps que la plaque gagne du poids, le liquide dont elle est imbibée en perd, comme nous l’avons dit, ce qui modifie les résultats.
- Il faut donc opérer autrement. Voici alors le procédé suivi : Dans toute pile, la force électromotrice correspond à la quantité de chaleur rendue libre par l’ensemble des actions chimiques qui se passent dans son sein : ainsi on sait que la force électromotrice d’une pile de Daniell correspond (d’après M. Aron) à 5o i3o calories gramme; la force électromotrice d’un élémennt secondaire mis en expérience ayant été trouvée de 1,78 daniell, elle, correspondait à une valeur de 89200 calories. Cette somme de chaleur se compose de la quantité x dégagée sur la plaque positive et de la quantité y dégagée sur la plaque négative et nous devons poser
- x + y = 89230
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- Nous pouvons déterminer directement y. A cet effet, [dans le même élément, nous remplaçons la plaque négative par une plaque de cuivre et nous déterminons la force électromotrice qui est trouvée égale à i,3i daniell, soit 65670 calories. Nous voyons clairement ce qui se passe ; sur la plaque de cuivre, il s’y forme du sulfate bien reconnaissable à sa couleur; or comme la chaleur de la formation du sulfate de cuivre est connue et égale à 55 960 (T. Thomsen) il reste donc
- y=65670 — 55g6o = 9710
- d’ou
- x = 89230 — 9710 = 79520
- Or, la chaleur de formation du sulfate de plomb est de 73 800 (J. Thomsen), nombre très rapproché du précédent; on doit donc conclure qu’il se formé* du sulfate de plomb sur la plaque négative.
- Pour la plaque positive, la même méthode ne peut être appliquée, la chaleur de formation du bioxyde de plomb étant inconnue. Il s’y forme certainement du sulfate de plomb, ainsi que l’ont montré d’ailleurs MM. Gladstone et Tribe; seulement M. Aron ne croit pas pouvoir décider si cette formation est essentielle au fonctionnement de l’appareil ou seulement accessoire. Il s’est occupé alors d’examiner si l’action repose seulement sur le peroxyde de plomb. A cet effet, en conservant à son tour la plaque négative, il a substitué à la plaque positive électriquement formée une plaque artificiellement revêtue de peroxyde. La force électrô-motrice est alors beaucoup moindre.
- La plaque ainsi constituée est brune : si on soumet cet ensemble au courant électrique, la plaque devient d’un noir bleu et la force électro-motrice reprend sa valeur. M. Aron attribue ce fait à l’absorption d’une certaine quantité d’oxygène qui serait probablement maintenu sous la forme de bioxyde d’hydrogène : afin de voir si ce fait est vrai, il a directement soumis du bioxyde de plomb à l’action d’un courant décomposant de l’eau et il a reconnu que ce corps absorbait une proportion sensible d’oxygène.
- M. Aron fait sortir de ces hypothèses l’explication des décharges répétées d’un élément. On sait que ces piles secondaires, lorsqu’on les décharge rapidement, voient leur force électromotrice tomber; puis lorsqu’elles semblent épuisées, reprennent une nouvelle force par le repos et donnent une deuxième décharge. Selon l’auteur cela tiendrait à ce que l’action exige une consommation d’acide sulfurique : les plaques consomment d’abord celui dont elles sont imbibées, et ne peuvent continuer d’agir que lorsque cet acide est remplacé; si la décharge est rapide l’imbibition n’a pas eu le temps de s’opérer, la pile s’arrête ; le repos permet à cette opération de se compléter et la pile
- reprend sa force. De cette explication l’auteur tire cette conséquence que les plaques doivent être en contact très facile avec l’acide ; c’est pourquoi il condamne les enveloppes de parchemin, de flanelle, etc, et recommande les tissus très lâches, et s’il se peut point de tissus du tout.
- Les faits que M. Aron a observés sont si réguliers, notamment la variation de densité de l’acide, qu'il en a fait un contrôle pour le chargement de la pile ; il met un aréomètre dans son liquide et s’arrête lorsqu’il est à un certain point. 11 serait bien heureux que ce moyen fût réellement applicable, nous ne possédons en effet aucun moyen de régler cette charge. M. Planté s’arrêtait lorsque le dégagement de gaz devenait abondant, mais cela ne se peut faire que lorsque le courant de charge étant très faible, le dégagement normal de gaz est insignifiant. Dans la pratique, il faut charger vite et avec des courants de quelque intensité, le dégagement est donc toujours assez fort et ne donne que des signes insuffisants. On pourrait peut-être utiliser la marche ascendante de la force électromotrice signalée par M. Hallwachs, mais cela n’est pas sans quelque difficulté, la période de variation utile étant comprise entre 2, 1 et 2,4 volts limites très rapprochées. Le moyen de M. Aron serait sans doute le plus commode et il serait bon qu’il fût essayé en grand. La pratique ainsi que les expériences montrent qu’il faut charger les piles avec une certaine modération, ne pas les pousser à leur limite sous peine d’une destruction prompte : il est donc urgent de savoir ce que l’on fait.
- Au point de vue de la capacité d’accumulation, M. Aron la considère comme très variable, il admet, comme nous l’avons fait, le chiffre de 3 000 kilogrammètrespar kil. d’appareil : il en tire une remarque curieuse, c’est que en admettant les actions chimiques telles que nous les avons reconnues, il suffit de 57^07 de plomb pour donner cet emma-gasinement ; il n’y aurait donc que 57 grammes d’actifs sur 1 000; c’est un poids mort effrayant. Il faut admettre que seulement une très faible surface des lames entre réellement en action. La conservation de la charge, la capacité, le rendement utile sont du reste signalés par M. Aron comme des quantités extrêmement variables.
- Pour compléter ces notions, M. Aron donne le détail d’une expérience intéressante. Il constitue un élément type Faure, le soumet à la formation avec un courant constant de 1,5 ampère pendant 11 jours (28 septembre au 9 octobre), puis commence à le mettre en action en intercalant dans le courant un grand voltamètre à cuivre ; les quantités d’électricité qui passent sont alors mesurées par les poids de cuivre déposés. Appelons a le cuivre déposé dans la charge et b celui qui se dépose dans la décharge, — sera le rendement. M. Aron
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- écarte ainsi l’influence des variations de force élec- I tromotrice et de résistance intérieure. L’élément fut ainsi chargé et déchargé 14 fois, le rendement fut trouvé le i3 octobre de 68,g 0/0,le 2.5 de 57,8 0/0, le 7 novembre de 20,4 0/0, après quoi l’élément fut reconnu hors de service. En séparant les deux plaques, et les mettant en action chacune de leur côté, on reconnut que le défaut existait dans la plaque positive, laquelle au lieu de se couvrir de la masse noire caractéristique, portait une couche pâteuse renfermant une proportion notable de sulfate de plomb. Il y avait lieu de se demander pourquoi ce sulfate n’était pas réduit ainsi que cela a lieu d’ordinaire; par une expérience directe, M. Aron établit que la réduction de ce sel ne s’opère qu’au contact du plomb lui-même : il s’ensuivrait que lorsque la portion active devient trop épaise, la couche extérieure de sulfate de plomb n’est plus transformée e.t l’élément perd sa capacité d’emmagasine-ment.
- On ne saurait mieux terminer ce résumé que par la conclusion même de M. Aron.
- « La route que Planté a ouverte est encore loin d’être parcourue jusqu’au but. Les difficultés sont malheureusement essentielles de leur nature, mais le travail qui a déjà surmonté dans l’électricité tant de difficultés qui semblaient insurmontables, nous conduira, il faut l’espérer, dans cette question aussi, au succès cherché. »
- Frank Geraldy.
- les
- MACHINES ET LAMPES
- DE LA
- COMPAGNIE BRUSH
- Avoir sa machine ou sa lampe électrique est aujourd’hui la chose du monde la plus simple. La moindre modification à un principe connu suffit pour motiver un brevet et ces diverses variétés d’un même appareil électrique deviendront bientôt aussi nombreuses que les dérivés de certains corps ofganiques dont le nombre n’est limité que par la patience du chimiste, occupé sans cesse à remplacer des atomes simples par des radicaux composés, pour substituer ensuite aux atomes de ceux-ci de nouvelles molécules et ainsi de suite. Dans ces conditions, lorsque paraît un nouvel appareil (machine dynamo-élec-triqUe ou lampe), il est rare qu’on ne puisse le rattacher à un type déjà existant et l’on est souvent tenté de le laisser de côté comme uue modification sans valeur. Ces modifications, si peu originales qu’elles soient, font cependant parfois du bruit dans
- le monde et les publications électriques ne peuvent pas toujours les ignorer. C’est à ce titre, sans doute, que Y Engineering a dernièrement consacré un article à de nouveaux types de machines et de lampes à incandescence, construits par YAnglo-American Brush Electric Light Company, c’est à ce titre aussi que nous allons en donner la description, d’après ce journal anglais.
- La machine que l’on connaît généralement sous le nom de machine Brush est une machine dont l’armature diffère sensiblement de l’anneau de Paci-notti et dans laquelle il y a un commutateur et non un collecteur. Cette machine à haute tension ne se prête pas à l’alimentation des lampes à incandescence et la Société Brush voulant faire des installations avec ses lampes à incandescence a dû se munir d’une machine répondant à ce but. Celle
- FIG. I
- qu’elle vient de mettre au jour n’est qu’une simple modification de la machine Schuckert dont les brevets anglais appartiennent à cette Société.
- La machine Schuckert, on le sait, est elle-même très voisine de la machine Gramme; elle en diffère seulement par ce fait que l’anneau, très aplati, au lieu d’être soumis à l’action des inducteurs par sa circonférence est attaqué par eux latéralement. La nouvelle machine diffère de celle de Schuckert en ce qu’elle présente quatre pôles au lieu de deux et comporte, par conséquent, quatre balais susceptibles d’être réunis en dérivation ou d’alimenter deux circuits distincts. Pour le reste, la différence n’existe que dans la forme, ainsi qu’on peut s’en convaincre en jetant les yeux sur la fig. 2.
- La fig. 1 est un type dans lequel les pôles des inducteurs portent chacun quatre appendices entre lesquels tournent sur le même axe quatre anneaux induits.
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- Dans les installations de lampes à incandescence il faut que l’on puisse enlever ou ajouter des lampes sans influencer les autres.
- Pour arriver à ce but, la Compagnie Brush a ajouté à ses machines un régulateur destiné à rendre constant le potentiel aux bornes de la machine.
- Ce régulateur est représenté sur la fig. 2 à côté de la machine ; son organe principal est représenté en'détail dans la fig. 3 et le schéma de la fig. 4 permet d’en suivre le principe. Sur le circuit des lampes est greffé en dérivation un solénoïde résis-
- tant d dont le noyau est équilibré par un ressort antagoniste. Ce noyau commande un levier c oscillant entre deux vis dé contact a et b. Tant que le potentiel reste à sa valeur normale, le ressort fait équilibre à l’attraction du noyau et le levier c reste entre a et b sans les toucher; mais si le potentiel augmente, le noyau du solénoïde est attiré davantage et c vient toucher b;, si, au contraire, le potentiel diminue, c’est le ressort qui l’emporte et c se trouve mis en contact avec a.
- Comme l’axe de c est relié au fil allant au solénoïde, quand il touche la vis a, un courant
- dérivé se trouve envoyé dans l’électro-aimant e ; quand au contraire le contact est sur b le courant se trouve envoyé dans l’électro f. L’attraction d’un côté ou de l’autre de l’armature g de ces électros a pour effet de faire varier dans un sens ou dans l’autre la résistance d’un rhéostat intercalé dans le circuit des inducteurs.
- Ce rhéostat comprend deux colonnes formées par des disques de charbon que presse une platine inférieure, la résistance varie suivant la pression exercée. A la partie inférieure de l’appareil se trouve un axe portant deux roues dentées et qu’une transmission venant de la machine fait tourner sans cesse. Entre ces deux roues se trouve une autre roue que l’armature g fait embrayer tantôt avec l’une, tantôt avec l’autre des deux premières. C’est
- elle qui règle la pression des disques et l’aug*-mente. ou la diminue suivant le sens de sa rotation. On voit ainsi que les mouvements de l’armature g feront varier de la quantité voulue la résistance du rhéostat.
- L’appareil fonctionne bien, paraît-il, mais il convient de rappeler que son principe n’a rien de nouveau.
- Les lampes que la Compagnie Brush alimente avec ses machines sont des lampes Lane Fox. Elles sont cependant assez modifiées pour différer autant des lampes Lane Fox que celles-ci diffèrent des autres systèmes. Cela 11’a du reste pas grande importance. En ce qui concerne les lampes, proprement dites, abstraction faite de la monture, tous les systèmes se valent à peu près, les différences
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- reposent sur des subtilités et la meilleure est celle qui est fabriquée avec le plus de soin.
- Pour la monture, les lampes de la Compagnie Brush se terminent par un cylindre isolant à la partie inférieure duquel se trouvent deux têtes de vis communiquant avec les fils de platine. Comme on le voit dans la figure 8, ce cylindre s’introduit à baïonnette dans la douille de la monture ; les
- 10 0 0 O O O O O o ooooo 0 5 0 0 0 O O O O 0 ooon
- FIG. 3
- têtes de vis appuient sur deux ressorts en forme d’arc et établissent le contact. La monture peut recevoir de la même façon un conducteur double allant à une lampe mobile (fig. 8).
- Ces dispositifs s’appliquent aux lampes murales; pour lçs lampes de lustres, la partie cylindrique de la monture dans laquelle s’introduit la lampe est à sa partie supérieure découpée de manière à former une sorte de fleur dont les pétales soutiennent le verre et empêchent les trépidations.
- Cette même disposition de support à pétales est quelquefois employée avec un autre mode de
- contacts. Dans ce cas (fig. 5) les vis de contact ont disposées latéralement et les ressorts se
- FIG. 5
- trouvent dans un plan vertical; en tournant la lampe de 90°, on peut l’éteindre.
- L’installation comprend en même temps des
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- JOURNAL UNIVERSEL IR ÉLECTRICITÉ
- 267
- pièces fusibles de sûreté. Chaque pièce fusible consiste en un fil tendu autour d’un bloc isolant et placé entre un arrêt fixe et un contact à ressort, Quand un fil est brûlé, c’est l'affaire d’un instant d’enlever le bloc et de le remplacer par un autre tout préparé. La fig. y montre une boîte conte-
- nant 6 blocs de sûreté et pouvant desservir six circuits distincts. La fig. jo est une boîte analogue mais plus grande et destinée à des branchements sur la conduite principale.
- Lorsque l’on veut affaiblir ou éteindre en même temps un grand nombre de lampes, le régulateur
- FIG. 6, 7 ET 8
- automatique décrit plus haut ne pourrait pas agir assez vite pour rétablir l’équilibre. Pour ce cas la Compagnie Brush a disposé un jeu de clefs tel
- que lorsque l’on introduit dans un groupe de lampes une certaine résistance pour les affaiblir, le mouvement même de la clef introduit aussi dans
- no. 9 FIG. IO
- le circuit conducteur une résistance convenable et il en est de même lorsqu’on éteint complètement un groupe de lampes. De cette façon le régulateur automatique n’a plus à pourvoir qu’aux variations peu importantes dans le nombre des lampes.
- Enfin le système est complété par un compteur (tig. u) destiné à être placé sur le circuit d’un
- groupe de lampes. Dans ce compteur un mouvement d’horlogerie mène des cadrans compteurs et la vitesse de sa rotation est réglée par la position d’un noyau de fer doux dans un solénoïde. Le solénoïde étant parcouru par le courant la marche du compteur dépend de l’intensité du courant.
- En même temps un crayon dont le mouvement
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- 268 LA LUMIÈRE
- est relié à celui du noyau du solénoïde enregistre à chaque instant l’intensité.
- Il va sans dire que ce compteur n’èst pas à proprement parler un compteur d’énergie, mais;bien un compteur d’intensité. Mais comme dans une installation de lampes à incandescence, l’intensité dépend du nombre de lampes mises en service, et qu’on peut admettre que les lampes sont toujours maintenues au même pouvoir éclairant, et . par suite fonctionnent’ toujours avec la même dépense d’énergie, un compteur d’intensité est suffisant.
- L’ensemble des appareils mis en avant par la Compagnie Brush comprend donc tous les systèmes nécessaires à une installation complète de lampes à incandescence. Toutes les parties en sont bien étudiées, mais c’est seulement dans le petit détail que l’on trouve quelque chose de nouveau.
- La modification apportée aux machines Schuc-
- FIG. 1 I
- kert est peu importante; le régulateur de potentiel fonctionne d’après le principe déjà indiqué depuis longtemps de l’affaiblissement des inducteurs au moyen de résistances introduites dans leur circuit, il présente cependant pour la première fois Tem-^ ploi industriel d’un rhéostat à charbon fonctionnant par la pression. Ce genre de rhéostat indiqué dès i856 par M. le comte de Moncel, employé plus tard par M. Clérac en télégraphie, puis introduit dans des appareils microphoniques, n’avait pas encore à notre connaissance été employé pour servir de résistance à de forts courants.
- Les lampes, bien comprises, ne présentent pas cependant de caractère bien saillant et il en est de même du compteur, qui se rapproche de celui de MM. Hours Humbert et Braneioh de Limân . et ! quelques autres, mais les boîtes de1 sûreté présen-•tent, grâce à la facilité de remplacement dès'pièces> fusibles, une fort utile disposition!' 1 “’
- Aug. Guerout.
- ÉLECTRIQUE
- LIGNE DE TÉLÉGRAPHE
- . A, TRAVERS UNE FORÊT D’AMÉRIQUE
- Les habitants du Nouveau-Monde sont avant tout des gens d’affaires, et c’est bien à eux que l’on peut appliquer le dicton anglais : Time is money. Aussi dans toutes les grandes entreprises d’intérêt public se préoccupe-t-on principalement d’arriver vite, sans tenir compte du perfectionnement des travaux et même quelquefois de leurs éléments de sécurité. Les lignes de chemins de fer et de télégraphes en sont la preuve; ces grandes exploitations industrielles n’appartiennent pas au gouvernement dans les Etats-Unis et elles ne sont pas concédées, avec monopoles, à de puissantes Compagnies; c’est une industrie particulière qui doit se soumettre simplement aux lois et ordonnances pour l’établissement des lignes dans les villes, sur les routes, sur les monuments publics et dans les propriétés particulières.
- Pour les chemins de fer, on a supprimé tout ce qui pouvait être une gêne et une cause de lenteur dans les travaux de construction; la voie est partout libre d’accès, plus de haies, plus de clôtures, plus de barrières et par conséquent plus de gardes chargés de fermer et d’ouvrir les portes des passages à niveau, dans tous les endroits où une route vient croiser la voie ferrée, un écriteau porte ces simples mots : Look out for the locomotive, le public est prévenu et il s’habitue à veiller lui-même à sa propre sécurité au lieu d’être conduit en lisières comme chez nous ou d’être parqué, comme un véritable troupeau, sous prétexte de protection. Dans les rues des villes ou des villages où se trouvent les stations, de nombreuses manœuvres se font continuellement et je me rappelle avoir vu bien souvent une foule de gamins courant après un train pour monter sur le dernier wagon comme ils le font ici derrière les voitures traînées par des chevaux; malgré cette liberté absolue on ne constate pas un plus grand nombre d’accidents isolés. Il y a quelquefois de grandes catastrophes provenant de l’insuffisance des travaux* d’art, mais aujourd’hui la surveillance se fait d’une façon plus sérieuse et on peut avoir une sécurité aussi parfaite dans les trains de l’Amérique du Nord que dans ceux de la vieille Europe où la routine et l’excès de précautions maintiennent une foule de mesures absolument vexatoires pour les voyageurs.
- , Pour la télégraphie, aux Etats-Unis, il y a une organisation à peu près semblable à celle des che-, mips de fer;.depuis.l’année 1845, ce service a été j nus à la disposition, du public,; le gouvernement abandonnant l’exploitation " générale à la concurrence industrielle et se réservant seulement un ou
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- LIGNE DE TÉLÉGRAPHE A TRAVERS UNE FORET D’AMERIQUE
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- deux fils sur les lignes exécutées. Aussi les communications télégraphiques ont-elles pris un développement immense; grâce à la concurrence des établissements rivaux, les lignes se sont multipliées, les appareils sont chaque jour perfectionnés et toute invention qui semble présenter une plus grande rapidité dans la transmission est immédiatement mise en expérience et bientôt adoptée, si vraiment elle donne des résultats sérieux.
- On le voit donc, l’exploitation des communications télégraphiques est, comme les chemins de fer, une industrie particulière, exploitée par de nombreuses compagnies qui ne relèvent en rien, pour leur administration, du gouvernement central ou de celui des Etats, et qui dans beaucoup départies de l’Union américaine peuvent se former sans aucune sanction de l’autorité publique. La constitution du pays donne toute liberté aux citoyens isolés ou réunis en société d’installer, dans certains Etats, des communications électriques, à la seule condition de se soumettre aux lois et ordonnances pour l’établissement des fils dans les endroits habités.
- Aussi les lignes télégraphiques sont loin d’être construites en Amérique avec autant de soin qu’en Europe, car il s’agit de faire les installations avec la plus grande rapidité possible, plutôt que de les bien faire. Les lignes américaines sont presque partout formées par des fils aériens et ce système persiste encore, même dans les grandes villes, malgré l’agitation sérieuse qui s’est produite, il y a bien des années, pour faire adopter les câbles souterrains.. Aussi toute la surface des cités importantes semble-t-elle englobée sous une immense toile d’araignée par suite des milliers de lignes qui s’entrecroisent en tous sens sur les poteaux destinés à soutenir les fils tendus dans l’espace. Ces poteaux ne sont pas, comme en Europe, de beaux mâts de sapin bien séchés et soigneusement injectés à la pyrolignite ou autres sels, mais simplement des arbres quelconques dégrossis à peine. Dans les villes, ces poteaux sont très élevés et quoique très solidement fixés au bord des trottoirs, ils se renversent quelquefois sous la puissante traction de i5 à 20 fils secoués par un vent violent; pendant mon séjour à New-York, j’ai, vu un de ces poteaux renversé en travers d’une rue et qui avait tué un malheureux passant au moment de sa chute.
- Hors des villes, le télégraphe est placé le long des chemins de fer, sur le bord des routes, des canaux ou des rivières, aucune difficulté n’amène du retard, aucun obstacle ne peut arrêter une installation commencée.
- Si le tracé de la ligne vient à rencontrer ie prolongement d’une de(ces immenses forêts vierges où la main de l’homme n’avait jusque-là jamais touché à une branche, on va tout de même en avant, de longs clous sont plantés dans les troncs d’arbres,
- et sur leur tête recourbée on fixe un goulot de verre ou un isolateur de porcelaine, sur lesquels on appuie le fil, et la ligne télégraphique poursuit son chemin à travers les lianes enchevêtrées, les fourrés épais, les troncs d’arbrés séculaires (voir le dessin ci-contre'), visités seulement par quelques singes bien étonnés sans doute de voir apparaître un beau jour une créature humaine sous l’uniforme de surveillant du télégraphe. Ce surveillant, perdu au milieu des immensités, n’est, du reste, pas complètement isolé, car, à un endroit quelconque, il peut correspondre à un poste de la ligne au moyen d’un petit appareil excessivement ingénieux appelé le pocket relay, et qui a été décrit en 1882 dans le numéro de La Lumière Electrique du 29 avril. On sait que l’appareil se compose d’ün électro-aimant couché dans une sorte de boîte oblongue en ébo-nite avec un relais et un manipulateur; pour s’en servir, il n’y a qu’à relier une des bornes à la ligne et l’autre à la terre, le tout à environ i5 centimètres de long sur 6 de large ; il est ainsi facile au surveillant en tournée de signaler au poste le moins éloigné les détériorations graves qu’il rencontre et de demander les accessoires et le personnel nécessaires pour les réparations.
- Par suite de l’installation si élémentaire à travers les forêts d’Amérique, il se produit de fréquentes interruptions dans les communications; des arbres se pourrissent et tombent; les vents violents ou les orages si terribles parfois dans ces contrées renversent les fils sur une étendue plus ou moins grande, et la visite des surveillants devient alors indispensable.
- Dans les parties où la population est assez compacte, les brigades d’hommes destinées aux réparations sont cantonnées à d’assez grandes distances, quelquefois jusqu’à i5o kilomètres les unes des autres; mais le long des lignes qui sont suspendues aux arbres à travers les forêts, on a trouvé prudent de ne pas éloigner les stations de plus d’une trentaine de kilomètres?
- Les Compagnies de télégraphes électriques ayant toute la liberté pour adopter tel ou tel système, les appareils les plus divers sont en usage aux Etats-Unis, suivant les circonstances; trois systèmes sont cependant plus généralement adoptés, le Morse, celui d’Alexandre Bain et celui de House; le premier est en usage [sur la plupart des lignes.
- Par suite de l’immense étendue du continent américain, les lignes sont souvent la propriété de plusieurs Compagnies, et la transmission subit des retards fâcheux toutes les fois qu’il est nécessaire de retranscrire le télégramme; mais lorsque la distance à parcourir, quelque considérable qu’elle soit, est exploitée par une même Compagnie, le service est fait avec une exactitude et une rapidité que les administrations européennes en général, et celle
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 27 r
- de M. Cochery en particulier, devraient bien chercher à obtenir.
- C. C. Soulages.
- COMPARAISON
- DU
- GAZ ET DE L’ÉLECTRICITÉ
- A U POINT DE VUE
- DU POUVOIR ÉCLAIRANT ET DU POUVOIR CALORIFIQUE
- Dans le travail qui va suivre, nous nous proposons de déterminer d’une façon aussi exacte que possible :
- i° La quantité de chaleur dégagée par un bec de gaz Bengel donnant icam\?3 à raison de 140 litres de gaz par heure.
- 20 La quantité de chaleur qui, dans ce bec, est employée à fournir la lumière, et, par conséquent, par différence, celle qui constitue le pouvoir exclusivement calorifique.
- 3° La quantité de chaleur nécessaire pour produire le même effet lumineux dans une lampe électrique à incandescence, et dans une lampe à arc.
- I
- THÉORIE GÉNÉRALE DES FLAMMES LUMINEUSES.
- Si l’on compare les théories émises sur ce sujet par les chimistes, depuis Dulong, Dumas, Régnault, Pelouze, Frémy, Laudolt, Schilling, etc., 011 peut en résumer les conclusions comme il suit, au moins en ce qui concerne la combustion des hydrogènes carbonés.
- Sous l’influence de la chaleur, l’hydrogène protocarboné, C3 H4, et l’hydrogène bicarboné, C'1 H4 se décomposent en leurs éléments, lesquels se recombinent avec l’oxygène de l’air, pour former de l’acide carbonique, de l’oxyde de carbone et de* l’eau.
- Mais ces réactions ne sont pas distribuées d’une manière uniforme dans la masse de la veine fluide qui s’échappe du bec. Les particules libres de charbon et d’hydrogène situées à la périphérie, en contact immédiat avec l’oxygène, forment de l’acide carbonique et de l’eau. Les particules libres de charbon qui viennent immédiatement après, et qui reçoivent encore un peu d’oxygène, forment de l’oxyde de carbone. Enfin les particules de charbon placées dans la portion centrale de la veine gazeuse, préservées de tout contact avec l’oxygène, restent libres au moins pendant tout le temps qu’elles demeurent dans cette région, mais, échauffées par la chaleur de la combustion, elles arrivent à la
- température de l’incandescence. Ce sont elles — et elles seules — qui représentent l’élément lumineux du bec de gaz, l’hydrogène et l’oxyde de carbone brûlant avec une flamme très chaude, mais fort peu éclairante (‘). On peut donc, comparer la flamme d’un bec de gaz, ou d’une lampe à huile, à une lampe électrique à incandescence. L’enveloppe transparente d’acide carbonique joue le rôle de la cloche vide en verre, les particules libres de charbon qui se succèdent sans cesse dans la flamme en se renouvelant, représentent la fibre carbonisée; enfin la chaleur développée par la combustion remplace la chaleur produite par le passage du courant.
- Si cette assimilation est légitime, elle permet de se rendre compte, beaucoup mieux peut-être qu’on ne l’a fait jusqu’ici, des phénomènes qui constituent l’éclairage.
- En premier lieu, si, dans une même lampe à incandescence, une lampe Edison, pour fixer les idées, on fait passer un courant d’intensité constante, la lumière reste constante.
- A un courant moindre correspond un pouvoir éclairant moindre; à un courant plus fort un pouvoir éclairant plus fort. Le courant n’agit ici que par la chaleur qu’il développe dans une fibre de résistance donnée, mais il serait inexact de dire que la lumière dépend exclusivement de la chaleur fournie; la quantité de lumière est liée à la température de la fibre.
- Or, la température d’un corps dépend de la quantité de chaleur reçue par l’unité de poids de ce corps. Le courant électrique produisant sans cesse de la chaleur dans la fibre de charbon, la température de la fibre et, par conséquent, son pouvoir éclairant, ne peut être invariable qu’à la condition que la chaleur fournie à chaque instant soit égale à la chaleur perdue par rayonnement de la surface.
- C’est précisément ce qui a lieu, comme on peut s’en convaincre en plongeant une lampe Edison dans un calorimètre. L’eau s’échauffe par rayonnement d’une quantité exactement correspondante à la chaleur développée dans la fibre sous l’influence du courant.
- De ce qui précède, il résulte qu’il est très facile d’évaluer avec une grande exactitude la quantité de chaleur nécessaire pour porter à un degré d’incandescence, c’est-à-dire de lumière donnée, une quantité donnée de charbon quelconque.
- Il suffit, en effet, de chauffer cette quantité de charbon jusqu’à ce qu’elle acquière un pouvoir
- (*) L’exactitude de cette analyse du phénomène est démontrée par l’expérience bien connue de Bunsen, par la théorie du chalumeau à gaz et à oxygène de Schlesing, etc. Une expérience récente de M. Wilde prouve que la vapeur de charbon n’est pas lumineuse. C’est donc bien la particule de charbon solide qui, de la base du bec à l’extrémité de la flamme, produit la lumière.
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- LA LUMIÈRE . ÉLECTRIQUE
- éclairant égal à celui d’une lampe Edison bien définie; on peut être sûr qu'à ce moment la température fixe résultant de l’état d’équilibre qui s’est établi entre la chaleur reçue dans l’unité de poids, et la chaleur perdue par rayonnement, est la même. Si le charbon dont il est question pèse sensiblement le même poids que la fibre carbonisée de la lampe, les pouvoirs éclairants, les quantités de chaleur seront aussi les mêmes (’).
- Nous allons comparer, par ce procédé, un bec de gaz et une lampe Edison ayant exactement le même pouvoir éclairant savoir : un bec Bengel donnant ioaiccl,73 à raison de 140 litres de gaz à l’heure, et une lampe Edison du type A 31' série fournissant la même quantité de lumière.
- II
- CHALEUR DÉVELOPPÉE PAR LE REC RENGEL.
- D’après Schilling, la densité du gaz d’éclairage par rapport à l’air est d’environ o,55, d’où il suit qu’un litre de gaz pèse os,7i5 ce qui est, à très peu près, d’après Berthelot, la densité duformène C2 H\ Les 140 litres à l’heure représentent donc un poids de 140x0,715 soit, en chiffres ronds, 100 grammes.
- D’après Pelouze et Fremy, le gaz d’éclairage contient :
- 72 parties de formène (C2H4).
- 8 — d’éthylène (C4H4).
- i3 — d’oxyde de carbone (CO).
- 4 — d’acide carbonique (CO2).
- 3 — d’acide sulfhydrique (SII).
- 100
- D’après les tableaux publiés dans Y Annuaire du Bureau des longitudes pour i883, par Berthelot, la chaleur de combustion de 100 grammes d’un gaz d’éclairage ainsi défini, peut s’évaluer comme suit.:
- calories.
- 72 grammes de formène (C3H4) donnent 960,48
- 8 — d’éthylène (OH4) — 104,80
- 1.3 — d’oxyde de carbone (CO) — 31,5g
- 3 — d’acide sulfhydrique (SH) — 3,13
- 100 grammes de gaz donnent donc......... 1100,00
- (!) L’influence de l’inégalité des surfaces éclairantes nous paraît ici négligeable et voici pourquoi. Supposons la flamme du bec occupant une étendue cent fois plus considérable que la fibre. Puisque des deux côtés, par hypothèse, il y a la même lumière, c’est que l’unité de surface de la flamme est cent fois moins éclairée que l’unité de surface de la libre, et, en admettant la proportionnalité de l’éclat obtenu à la chaleur produite, cent fois moins échauffée. La chaleur rayonnante totale, c’est-à-dire le produit de la surface par la chaleur reçue sur l’unité de surface sera donc la même dans les deux cas.
- La chaleur produite par la combustion du gaz a été. encore mesurée par Dulong en France et par Schilling en Allemagne.
- Dulong a trouvé que la combustion d’un mètre cube de gaz donne.................. 8.880 calories
- d’où
- 100 litres................ 888 calories.
- 40 —...................... 355 —
- 140 litres............... 124.3 calories.
- D’après Schilling :
- 1 kilog. de gaz défiant.. . . 6600 calories.
- 1 — de gaz des marais. . i3205 —
- 1 — d’oxyde de carbone 2488
- Par conséquent, pour la composition ci-dessus admise :
- 72 grammes de gaz des marais donnent q5i calories.
- 8 — gaz défiant — 5,3 —
- i3 — oxyde de carbone — 32 —
- Total.............................. io36 calories.
- Ces écarts entre les chiffres de l’expérience et les chiffres de la théorie sont peu considérables. En prenant la moyenne des trois nombres, nous devons être très près de la vérité.
- On peut donc considérer comme établi d'une façon incontestable qu’un bec Bengel brûlant 140 litres à l’heure et donnant icarccl,73, développe une quantité de chaleur égale, en une heure, à 1 126 calo-riés soit, en chiffres ronds, à x 100 calories.
- Il est intéressant d’évaluer le travail correspondant.
- Un cheval-vapeur .représente 75 kilogrammètres par seconde, soit par heure, 270 000 kilogrammètres qui, divisés par 425 l’équivalent mécanique
- de la chaleur, donnent 635 calories, soit les —— de
- IOOO
- i 100 calories.
- Donc, pour avoir icaroel,7.3 il faut, avec un bec Bengel brûlant 140 litres à l'heure, l'équivalent de 1 chcv,73.
- De ces 1 100 calories dégagées en une heure, combien sont employées à faire de la lumière, combien à faire de la chaleur rayonnante, c’est ce que va nous apprendre l’étude de lampe à incandescence.
- ÎII
- CHALEUR DE LA LAMPE A INCANDESCENCE.
- Une lampe Edison type A, série 3, donnant icarcri^ est actionnée par un courant dont la force
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- électro-motrice est de 100 volts et l’intensité de de oamP,75 (»).
- La chaleur qui maintient la fibre de charbon à la température voulue est donc, par seconde,
- — 0<',aloricj013) et> par lieure> 640!,1-,B.
- On peut évaluer environ à i5 milligrammes le poids de la fibre carbonisée.
- Or, par une coïncidence curieuse et certainement fortuite, si l’on cherche combien il passe de charbon pur par seconde dans le bec Bengel de 140 litres à l’heure, on trouve = og,oi6. La fibre de la lampe Edison représente donc exactement le poids de charbon disponible qui existe par seconde dans la veine gazeuse. Ce charbon disponible ne brûle pas, il est échauffé, il est vu à travers l’enveloppe transparente d’acide carbonique; il pèse le même poids que la fibre carbonisée de la lampe électrique; tant qu’il est dans la veine gazeuse, il se refroidit par rayonnement dans des conditions analogues. S’il donne la même quantité de lumière, c’est qu’il reçoit la même quantité de chaleur.
- Donc, sur les onze cents calories par heure du bec Bengel, il y en a soixante-cinq utilisées pour faire de la lumière; le reste, soit io35 calories, ne sert absolument qu'à échauffer l'espace environnant.
- On peut arriver au même résultat par une voie .différente. Dans le bec de gaz, la chaleur se perd : 1 ° par rayonnement, tant que la particule de charbon incandescent va du trou du bec au sommet de la flamme; 20 par convection, quand cette particule combinée à l’oxygène est emportée par le courant gazeux. Or, tout le monde sait qu’il est possible de tenir la main latéralement tout près d’une flamme de bougie ou de gaz, tandis qu’en la tenant au-dessus, on doit se placer à une distance beaucoup plus grande pour ne pas être brûlé. Cela signifie que la chaleur perdue par rayonnement, la chaleur lumineuse, est beaucoup plus faible que la chaleur perdue par convection.
- Si on place la main latéralement, à une distance de la flamme d’un bec, égale au diamètre de l’ampoule d’une lampe à incandescence Edison, on éprouve la même sensation de chaleur.
- Les conclusions précédentes se trouvent donc confirmées.
- Pour donner le même pouvoir éclairant, le bec de gaz emploie donc dix-sept fois plus de chaleur que la lampe électrique.
- (i) Ces chiffres, qui figurent dans le catalogue - officiel Edison, ne présentent que des différences absolument insignifiantes avec les résultats d’expériences directes faites par M. Clérac et par moi en 1881. Nous avions trouvé la force électro-motrice pour une moyenne de /\ expériences, égale à ioovolts,65 au lieu de iôovolts; la résistance, à i3oohms,35 au lieu de i35ohma; l’intensité, à oalï,i’-,76; le pouvoir éclairant, était de ic,?7.
- IV
- CHALEUR DÉGAGÉE DANS UNE LAMPE ÉLECTRIQUE A ARC
- Nous raisonnerons ici sur la lampe Cance, ayant eu occasion de faire personnellement des expériences sur ce brûleur qui fonctionne actuellement au poste central du ministère des postes et télégraphes.
- Dans les conditions normales, la force électro motrice aux bornes de la lampe est d’environ 44 volts, l’intensité du courant qui la dessert étant de 7amp-,5, ce qui donne comme chaleur développée dans l’arc par seconde oc,o74.
- Maintenant, qu’est-ce qu’une lampe à arc?
- C’est' une lampe où, sous l’influence de la chaleur développée par le courant, deux morceaux de charbon brûlent à l’air.
- Comme dans le cas des flammes précédemment étudiées, il semble que les parties périphériques, en contact immédiat avec l’oxygène, doivent donner de l’acide carbonique qui forme, autour des particules de charbon entraînées dans le centre de l’arc, une enveloppe transparente, les préservant contre l’action de l’oxygène. Nous pouvons donc adopter le mêtne procédé de raisonnement.
- Nous venons de voir que le nombre de calories développées par seconde dans la lampe Cance est de o",074, c’est-à-dire quatre fois la quantité de chaleur qui, dans le bec de gaz et dans la lampe Edison, est employée à produire, en lumière,
- jcurcel^
- La lampe Cance use environ, par heure, 8 centimètres de crayons de charbon de 1 centimètre de diamètre, et de densité i,5, soit 9 grammes qui, en
- une seconde, représentent = 2millig-,5. On se
- rappelle que, pour la lampe à incandescence et le bec de gaz, la chaleur utilisée était concentrée sur i5 milligrammes, c’est-à-dire sur un poids six fois plus fort.
- La température des particules lumineuses de l’arc étant produite par une chaleur quatre fois plus grande, concentrée sur une masse six fois moindre, doit donc être au moins 4 X 6 ou 24 fois plus forte (*).
- Si la quantité de lumière émise par le charbon était proportionnelle à la température, la lampe Cance devrait donc avoir un pouvoir éclairant égal à 24 X 1,73—4icarc-52. Mais on sait que l’intensité de la sensation lumineuse croît beaucoup plus vite que la température. Ainsi, pour le platine, par exemple, de la température de 525° à celle de i5oo°, ce métal passe du rouge naissant, à peine lumi-
- (*) Nous disons au moins parce qu’une certaine quantité de chaleur peut être aussi produite par la combustion du charbon dans l’air en dehors de l’arc.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- neux, au blanc éblouissant, dont l’œil peut à peine supporter l’éclat. La lampe à arc doit donc avoir un pouvoir éclairant très supérieur à 41 carcels (*).
- Il est probable que d’autres phénomènes viennent compliquer la théorie; il est possible qu’à cette température si élevée l’acide carbonique soit dissocié, que l’azote de l’air se combine à l’oxygène ou au carbone libre.
- Pour la lampe à arc, nous n’avons eu d’autre prétention que d’établir une approximation.
- En tout cas, la conclusion qui ressort de notre travail, c’est que le gaz d’éclairage mériterait bien mieux le nom de gaz de chauffage. C’est que, dans l’éclairage électrique, la chaleur est employée tout entière à produire la lumière* tandis que, dans le
- gaz, de la chaleur produite, les — sont perdus pour l’effet lumineux utile, et répandus dans l’atmosphère. Cette chaleur ainsi perdue représente, pour le bec de 140 litres, presque l’équivalent de deux chevaux-vapeur.
- Georges Gueroult.
- BIBLIOGRAPHIE
- RrITISK AMERICAN AND CONTINENTAL ELECTRICAL DIRECTORY
- and advertiser, par M. J.-A. Berly (20 édition. Londres, Dawson and sons, i883.
- The electrician’s directory wmi diary for i883. Londres, aux bureaux de The Eleclrician.
- Annuaire de l’électricité pour i883, par M. A. Révérend. Paris, chez l’auteur.
- Formulaire pratique de l’électricien, par E. Hospitalier. Paris, Masson, i883.
- A DICTIONARY OF ELECTRICITY OR THE ELECTRICIAN’S HANDBOOK
- of reference. par Henry Greer. New-York, i883.
- L’importance qu’ont prise dans ces dernières années les applications électriques a provoqué la création de nouvelles industries s’y rattachant de près ou de loin, et qui permettent aujourd’hui la réalisation prompte et facile des installations électriques de tous genres ; en mêjne temps les publications spéciales sur l’électricité se sont multipliées et le nombre des adeptes de cette science s’est accru dans une proportion inespérée. Il y avait donc lieu, pour satisfaire aux besoins de cette nouvelle classe d’industriels et .de savants, de publier un annuaire combiné intelligemment qui pût leur servir de guide pour leur faire connaître les
- (i) Des expériences photométriques exécutées sur la lampe Cance, au moyen d’un photomètre à tache de stéarine, nous ont donné à feu nu 1 490 bougies, et, avec un globe diffusant très épais, 616 bougies. La bougie sur laquelle nous avons opéré peut être considérée comme valant environ o°,ii, ce qui représenterait 160 carcels à feu nu, et à peu près 65 carcels avec globe.
- adresses des constructeurs, électriciens, ingénieurs, savants s’occupant de toutes ces questions, qui leur donnât un résumé des travaux électriques les plus importants accomplis dans l’année écoulée, qui pût fournir tous les renseignements relatifs aux services télégraphiques et téléphoniques, qui pût donner quelques indications précises sur les diverses Compagnies électriques, les grandes maisons de construction, et les principaux brevets électriques pris dans le courant de l’année, enfin qui contînt une revue bibliographique des principaux journaux et livres d’électricité.
- Uu travail de ce genre avait été fait en 1882 pour l’Angleterre par M. Berly, et nous avons à signaler maintenant une seconde édition de cet annuaire considérablement agrandie et renfermant un nombre beaucoup plus grand de documents utiles.
- Un livre analogue a été également publié pour i883 par le journal l’Electrician sous le titre de The Electricians' Directory, et l’on trouve dans cet ouvrage à peu près les mêmes renseignements que dans les deux précédents.
- Pour la France un livre similaire n’existait pas. M. Révérend vient d’entreprendre ce travail et de publier son annuaire pour i883. Ce volume bien compris et divisé avec méthode présente beaucoup de facilité pour les recherches. Bien qu’il donne beaucoup de renseignements sur les pays étrangers, il s’applique surtout aux industries électriques françaises et complète heureusement les ouvrages anglais dont nous venons de parler. En outre une intéressante préface écrite par M. le comte Du Moncel donne un résumé des progrès accomplis en électricité pendant l’année 1882. Il y a donc lieu de croire que l’ouvrage sera bien accueilli. Nous regrettons seulement que l’auteur y ait laissé entrer un chapitre sur les unités électriques où se trouvent de nombreuses erreurs.
- Dans un autre ordre d’idées, des données fort utiles aujourd’hui pour les électriciens sont les renseignements numériques, les formules, etc., relatives aux différentes branches de l’électricité. Ces données avaient déjà été réunies en Angleterre par MM. Clarke et Sabine, en France par M. Raynaud (Agendas deDunod). Dans son formulaire, M. Hospitalier s’est proposé le même but. A un chapitre qui rappelle brièvement les définitions, principes et lois générales de l’électricité, succède un résumé du système d’unités aujourd’hui en usage. La partie qui suit est consacrée aux appareils et méthodes de mesure, puis viennent des tableaux et renseignements numériques concernant les formules algébriques, géométriques, trigonométriques, les différentes propriétés physiques des corps, les résistances électriques, le magnétisme, la construction des électro-aimants. Le livre contient ensuite différentes données pratiques sur les piles, les accu-
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- mulateurs, l’électro-métallurgie, les générateurs mécaniques d’électricité, l’éclairage électrique, la télégraphie et se termine enfin par quelques recettes pratiques. On pourrait reprocher à l’auteur de s’être trop étendu, dans le premier chapitre, dans la description des appareils de mesure et en quelques autres endroits sur des points dont la place serait plutôt dans un traité d’électricité que dans un formulaire pratique.
- D’autre part, nous aurions aimé à y trouver certains renseignements numériques comme le tableau des calories de combinaison dont on a aujourd’hui de fréquentes occasions de se servir. L’ouvrage renferme cependant bon nombre de documents. L’auteur a évidemment puisé aux meilleures sources et son formulaire peut être considéré comme une bonne compilation.
- Dans son Dictionary of Electricity, M. Henry Greer s’est proposé aussi de réunir des documents pratiques relatifs à l’électricité. La forme de dictionnaire adoptée par l’auteur eût pu avoir des avantages; mais le choix des documents est peu heureux et semble fait bien au hasard. Par suite l’ouvrage n’est guère intéressant que parce qu’il contient des détails sur certains appareils spéciaux aux Etats-Unis.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Le galvanomètre pour courants continus et alternatifs de M. Robert Sabine.
- On se sert généralement pour la mesure des courants alternatifs de grande intensité de l’électro-dynamomètre bien connu de Siemens dans lequel la déviation de la bobine est compensée par la torsion d’une spirale de platine et l’intensité mesurée par l’angle de torsion. Cet appareil présente deux inconvénients : en premier lieu, l’élasticité de la spirale de platine peut varier, et cette spirale peut assez facilement se trouver endommagée ; en second lieu, l’instrument exige une table de réduction des lectures.
- M. R. Sabine se sert depuis quelques mois déjà d’un appareil qui nous paraît avoir sur le précédent certains avantages. Il se compose de deux spires plates de gros fil A et B. La prémière A, équilibrée par un contre-poids, est portée par une suspension bifilaire D et les extrémités de ses fils plongent dans deux godets de mercure M. et N qui leur laissent une certaine liberté de mouvement. L’autre spire B est perpendiculaire à deux rails, le long desquels elle peut glisser sans que les extrémités de ses fils cessent d’être en contact avec eux.
- Quand l’appareil n’est pas traversé par le courant, la suspension bifilaire tend à rapprocher la spire A de B et à lui faire faire avec celle-ci un angle d’environ 5° à io°, A prend alors une position d’équilibre qui se trouve indiquée par un miroir fixé à cette spire et projetant une tache lumineuse sur une échelle graduée.
- Lorsque le courant à mesurer traverse l’appareil, il entre parle godet M, traverse la spirale A, passe parle godet N et le premier rail, parcourt la spirale B et sort par le second rail. Les deux spirales tendent alors à se repousser et il est facile, en faisant varier leur distance par le déplacement de B, d’amener A à être parallèle avec B, position pour laquelle la tache lumineuse se trouve au zéro de l’échelle.
- Quelle que soit l’intensité du courant à mesurer, la force de répulsion nécessaire pour obtenir le parallélisme est constante, de sorte que si, comme
- '.y'/z/s/C'////-////!''////
- il est permis de l’admettre, cette force est directement proportionnelle à la distance AB, l’intensité est proportionnelle à cette distance.
- En opérant avec un courant mesuré à l'aide d’une boussole des tangentes, M. -Sabine s’est assuré que cette proportionnalité existe pratiquement pour des intensités supérieures à un ampère, mais qu’on ne la retrouve plus quand le courant n’atteint pas un ampère. Cela est dû sans doute à un manque de symétrie dans les bobines.
- On peut d’ailleurs, comme l’a fait M. Sabine, graduer l’appareil expérimentalement une fois pour toutes. Pour mesurer une intensité il n’y a plus alors qu’à ramener la tache lumineuse au zéro de l’échelle et à lire ensuite sur la division située entre les deux rails le chiffre correspondant à la position de B.
- Pour que A conserve bien sa position d’équilibre, M. Sabine emploie pour la suspension des fils de soie non tordus, et les écarte de telle sorte que le poids du système détermine à peu près seul la position d’équilibre.
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- En faisant passer le courant dans les deux spirales en dérivation, la sensibilité est diminuée de moitié, et la valeur des divisions de la graduation est au contraire doublée.
- Quand on mesure des courants très forts, il faut tenir compte de l’action du magnétisme terrestre. Pour cela, avant l’expérience, on remplace la spirale B par une spirale de même forme et de même résistance, mais enroulée en double, de sorte qu’elle n’ait aucune action sur A, et on fait passer le courant à mesurer. Sous l’influence du magnétisme terrestre A se dévie légèrement. On agit alors sur D pour la ramener à sa position d’équilibre, puis on remet B en place et on opère comme il a été dit plus haut.
- A propos de la purification électrique des alcools.
- En décrivant les procédés de M. Naudin pour la purification des alcools par l’électrolyse (numéro du 19 mai i883), nous avons estimé en bloc à o fr. 40 l’hectolitre d’alcool pur le prix du traitement électrique dans le cas très désavantageux où l’on a à soumettre les flegmes à la fois au couple zinc-cuivre et aux voltamètres. M. Naudin nous envoie aujourd’hui le détail du prix de revient par hectolitre d’alcool fabriqué, pour chacune des deux opérations.
- Traitement de 200 h. de Jlegmes par ta pile zinc-cuivre (en 2 4 heures)
- Ac. H Cl ordinaire.. . . ik25o à b fr. les % kil. = of. 070 Sulfate de cuivre. . . . ik2So à 56 fr. les % kil. = o 700
- 1 par acide ou sulfate de cuivre, 2kooo .... par dégagement de II,
- ik5oo.............
- Main-d’œuvre, 24 heures . •..........
- Force motrice................................... 2 »
- Entretien, réparations.......................... 1 5oo
- Amortissement sur iSooo fr. en 10 ans...........4 5oo
- Total..........171.075
- Soit = o f. o83 pour 1 hect. de flegmes (à 6o° si pos-
- sible).
- Electrolysalion de 200 h. de flegmes Ac HC 1 . . —-— = 6 litres == 7k3oo à 6 fr. les
- AC. ne.i. îo.OOO
- 0/0 kil. ...................................... of. 438
- Dèsacidulation, zinc, 4k5o à 58k les °/a kil. = . . . . 2 610
- Force motrice, 4 chevaux...................• • • 8 »
- Main-d’œuvre, 24 heures........................... 7 »
- Entretien, réparations........................... 1 5oo
- Amortissement sur i5ooo fr. en 10 ans..........4 5oo
- Total..........24 f. 048
- Soit24^ °— = of. 12 pour 1 hect. de flegmes.
- 200
- Si les flegmes sont à 6o°, 200 hect. correspon-
- dent à 120 hect. alcool à ioo°, ce qui conduit aux données suivantes :
- 17 f 875
- Traitement sur pile. ‘ ^ — of. 145
- Electrolysation. . . =of. 204
- Total......... of. 340 pour 1 hect.alcool pur.
- Ce prix de revient est même un peu inférieur à celui que nous avions indiqué.
- Les calories de combinaison des sels métalliques
- On a souvent recours dans les questions d’électro • métallurgie aux quantités de chaleur dégagées dans la formation des composés chimiques et la thermochimie devient de plus en plus un auxiliaire de l’électrotechnique.
- Dans l’étude des piles, par exemple, on a fréquemment besoin de connaître la chaleur de formation des sels qui entrent dans leur composition. Ces quantités de chaleur sont quelquefois difficiles à trouver dans les tables; pour en faciliter le calcul, M. D. Tommasi a dressé un tableau dont il explique le principe et l’usage dans la note suivante présentée il y a quelques mois à l’Académie des sciences :
- « J’ai trouvé par le calcul la loi suivante :
- « Lorsqu’un métal se substitue à un autre dans « une solution saline, la quantité de calories dé-« gagée est, pour chaque métal, toujours la même, « quelle que soit la nature de l’acide qui fait partie « du sel ou du corps halogène uni au métal. » Le zinc, par exemple, en se substituant au cuivre dans le sulfate cuivrique, dégage 5ocal,6; or, la substitution du zinc au cuivre dans n’importe quel composé cuivrique soluble, dégagera toujours cette même quantité de chaleur.
- « Si l’on prenait le cadmium au lieu du zinc, on trouverait 33<:al,8; mais cette quantité serait la même pour tous les sels de cuivre. Il en serait de même pour tous les métaux pouvant se substituer, non seulement dans une solution cuivrique, mais encore dans une solution saline quelconque. D’autre part, on sait, d’après les principes de la Thermochimie, que les calories dégagées lors de la substitution d’un métal dans un sel sont égales à la différence des calories de combinaison du composé initial et du composé final. Ainsi les calories dégagées par la substitution du zinc au cuivre, dans le sulfate cuivrique, seront égales à la différence des calories de combinaison, du sulfate de zinc et du sulfate de cuivre :
- (SO* Cu + Zn = SOl Z11 f Cu = So“i,6)
- = (SO* Zn — SO* Cu = 5o°a>,6).
- « D’après les principes que je viens d’exposer,
- à 60 fr. ;
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- il doit s’ensuivre que, si la différence de calories de combinaison entre le sulfate de zinc et le sulfate de cuivre est égale à 5ocal,6, ce chiffre représentera aussi la différence de calories de combinaison entre le chlorure de zinc et le chlorure de cuivre, le bromure de zinc et le bromure de cuivre, le nitrate de zinc et le nitrate de cuivre, l’acétate de zinc et l’acétate de cuivre, etc., etc.
- o SO*Zn — o SO'1 Cu = 5ooal,6 ; o Cl2 Zn — o Cia Cu = So^'.a (<) ; o Br2 Zn — o Br3 * * Cu = 5ooaI,2 . o (NO8)2 Zn — o (NO3)2 Cu = 5o°al,2 ; o (C2 H3 O2)2 Zn — o (C2 H3 O2)2 Cu = 5i0a,,o.
- « Pour le cadmium, on aurait
- d SO* Cd — o SO* Cu = 33°n ,8 ; d Cl2 Cd -- d Cl2 Cu = 33c.ii,6 o Br2 Cd — d Br2 Cu = 34°al,o ; o (NO3)2 Cd - o (NO3)2 Cu = 33cal,6.
- D’une manière générale, si l’on désigne par A, A', A",... les halogènes ou les acides et par B, B', B",... les métaux, on aura
- o AB — o AB' = n A'B — o A'B'.
- « En me basant sur ces considérations et sur d’autres que je ne puis développer ici, je suis arrivé à pouvoir dresser un tableau, à l’aide duquel on peut déterminer à priori les calories de combinaison de tous les sels solubles, minéraux et organiques. J’ai obtenu ce tableau en retranchant, des calories de combinaison du chlorure de potassium, les calories de combinaison des autres chlorures. Ainsi le chiffre 88cal,8, placé dans le tableau vis-à-vis du zinc, exprime la différence des calories de combinaison entre i X oKCl—oCPZn. On aurait pu aussi obtenir ce même tableau en prenant la différence entre les calories de combinaison du bromure, iodure, sulfate, etc., de potassium, et les bromures, iodures, sulfates, etc., des autres métaux.
- TABLEAU DES CONSTANTES THERMIQUES DE SUBSTITUTION DU POTASSIUM DANS DIVERSES SOLUTIONS SALINES.
- Formule générale : A = 8 ±.0.
- A, sel dont on cherche les calories de combinaison ;
- 6, calories de combinaison du sel de potassium ayant le même radical acide du sel A;
- 8, constante thermique correspondant à la base du sel A ;
- Valeur de 0 par rapport aux poids moléculaires
- Sels de sodium........................ 4,6
- — d’ammonium...................... 28,1
- — de lithium....................... 1,1
- — de magnésium.................... 14,6
- — de strontium..................... 6,0
- f1) Le 0, placé devant un sel, indique les calories de combinaison de ce sel.
- Sels de calcium 14,0
- . de zinc 88,8
- — de cadmium. .' io5,4
- d’aluminium I 43,0
- l 3 X 4^»^
- — de manganèse ?3-,6
- — de fer (proto) 101,6
- — de fer (per) t 116,4 l 3 X 116,4
- — de nickel . . . 108,0
- — de cobalt . . 106,8 . . 139,0
- — de cuivre
- — de mercure , . 142,0
- — de plomb ' 123,2
- — de thallium 62,3
- — d’étain , . 120,4
- — d’étain (bi) 44,2
- — d’or 147,0
- Calories de combinaison des principaux sels potassiques ou sodiques dissotis.
- cal
- Chlorure de potassium................... 100,8
- Bromure — 91,0
- Iodure — 74,7
- Cyanure — 86,1
- Sulfure — 112,4
- Nitrate — 96,1
- Nitrite — 91,9
- Iodate — 96,6
- Sulfate — 196,0
- Sulfite de sodium f1),.................. 186,2
- Ghromate — 180,0
- Carbonate de potassium.................. 184,8
- Formiate — 95,7
- Acétate — 95,6
- Chloracétate de sodium................... 92,0 ;
- Trichloracétate — 91,7
- Butyrate — ....... 91,3
- Valératc — 91,6
- Picrate — 91,2
- « Je vais maintenant montrer, par quelques exemples pris au hasard, l’exactitude de la loi et la manière de faire usage du tableau ci-dessus.
- « Soit à déterminer, par exemple, les calories de combinaison du sulfate de magnésium dissous. D’après la formule générale A = 8 + 0, on aurait
- oSO*Mg = oSO* K2 — 0, oSO*Mg = 196e111,o — I4cal,6= i8ical,4.
- Trouvé par expérience : i8ical,o.
- « Pour les calories de combinaison du chlorure de zinc, on aurait
- oCl2 Zn = 2 C1K—0,
- oCl-Zn = 2 X ioocal,8 — 88e1»1,8 = 1 i2»ai,8.
- Trouvé par expérience : ii2cal,8.
- (i) Pour passer d’un sel de potassium au sel de sodium
- correspondant, il suffit de retrancher de la formule géné-
- rale 4caI,6 ou 2 X 4cal,6, suivant que le métal est monoato-
- mique ou biatomique. Cette formule devient par conséquent
- A = 8 + 6 — «4oal,6.
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- « Pour les calories de combinaison du sulfate de cuivre, on aurait
- oSO4 Cu =oS04 Ks — 0,
- oSO4 Cu = ig6ca|,o— i3qcal,o =57ca,,o.
- Trouvé par expérience : 56clll,8.
- « Pour les calories de combinaison du sulfure de lithium, on aurait
- oSLi*=3SK2 — 0,
- oSLi2—oii2°al,6 -j-2X i°al,i = ii4cal,8.
- Trouvé par expérience : nSo.11,2.
- « Il serait superflu de multiplier ces exemples. En faisant usage de ma formule générale et en suivant les indications que j’ai données, il sera facile de contrôler ou de prévoir les calories de combinaison de tous les sels solubles. »
- Ajoutons que les nombres contenus dans les tableaux ci-dessus se rapportent, non pas aux équivalents, mais aux poids moléculaires et qu’il faudra toujours tenir compte de la formule des sels dont il s’agit.
- Si, par exemple, on cherche la chaleur de formation du nitrate de cuivre, en retranchant simplement de la chaleur de formation du nitrate de potassium 96,1, la valeur de 0 indiquée pour les sels de cuivre, 189,0, on trouverait une quantité négative. Il faut alors se rappeler que, tandis que la formule du nitrate de potasse est Az03K, celle du nitrate de cuivre est (Az03)2Cu, le cuivre étant biatomique.
- Pour qu’il y ait comparaison, il faut donc doubler la formule du nitrate de potasse et par conséquent doubler sa chaleur de formation; on a alors pour la chaleur de formation du nitrate de cuivre :
- X 2 — 1.39 = 53Cill,2.
- A propos du loch électrique.
- M. Th. du Moncel, en présentant à l’Académie, dans la séance du 18 juin i883, une lettre de M. Le Goarant de Tromelin, en réponse à une communication récente de M. Fleuriais relative au loch électrique, a fait remarquer que le loch électrique de M. Fleuriais est bien électrique, quoiqu’il ne considère le rôle de l’électricité que comme très accessoire dans cet instrument. C’est d’ailleurs ainsi qu’ont été désignés tous les lochs qui mettent à contribution l’électricité pour transmettre à bord du navire le nombre de tours accomplis par le moulinet anémométrique. C’est M. Bain qui a construit le premier loch de ce genre, et depuis lui on en a combiné beaucoup d’autres qui ont mis à contribution soit le moulinet de Woltmann, soit l’hélice, etc. La difficulté du problème était de produire des fermetures de courant sur le loch
- immergé qui n’entraînassent pas de complications trop grandes dans la construction de l’appareil, et c’est ce problème qu’a résolu M. Le Goarant de Tromelin, en évitant les commutateurs à boîtes étanches jusque-là employés. Or, c’est par un moyen semblable que M. Fleuriais a effectué le comptage des tours du moulinet de son loch, et c’est sur ce point qu’a porté la réclamation de priorité de M. Le Goarant de Tromelin. Elle ne pouvait évidemment pas s’appliquer à la substitution du moulinet à tasses de Robinson, au moulinet à ailettes de Woltmann, qui avait étéjusque-làleplus employé, car cette substitution a été faite souvent, et particulièrement dans tous les anémomètres météorologiques.
- Appareil de M. Clerk Maxwell pour représenter les phénomènes d'induction.
- Lorsqu’il dirigeait le laboratoire de Cavendish, Maxwell fit construire une modèle mécanique qui illustre parfaitement les principaux phénomènes des courants induits; il se compose, comme mécanisme, d’un simple train différentiel tel qu’on en emploie souvent pour les dynamomètres destinés à mesurer les travaux absorbés par les machines. Cet appareil, dont nous empruntons la description à une notice sur les travaux du professeur Clerk Maxwell en électricité, par M. William Garnett, est représenté par la figure ci-jointe.
- La roue à gorge P est calée sur le même arbre
- que la roue d’angle B qui tourne, par conséquent, avec elle ; la rotation de cette pièce représente le courant primaire. Une seconde roue d’angle D est folle sur l’arbre C D, l’un des quatre bras, dont
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- on ne voit que deux sur la figure, formant une croix pouvanttourner librement sur l’arbre central C. On peut fixer les poids MM' en une position quelconque sur oes bras, de façon à modifier le moment d’inertie de la croix qui constitue la pièce différentielle du mécanisme. Une troisième roue A est calée sur le même arbre creux que la roue S identique à P, et la rotation de la pièce A S représente le courant du circuit secondaire. Comme l’arbre A S est creux et tourne librement sur l’arbre B C, les roues A et B peuvent tourner indépendamment l’une de l’autre à l’exception de leur liaison par la roue D. P' est un index attaché à l’arbre intérieur et tournant avec P. Autour de chacune des roues P et S est passé un fil portant un petit poids; ces fils agissent comme des freins dont les frottements représentent respectivement les résistances des circuits primaires et secondaires. Le moment d’inertie de la croix chargée ou de la pièce différentielle représente ceux des cellules qui constituent les tourbillons moléculaires dans le diélectrique. Une fois en rotation, son énergie cinétique représente l’énergie des vortex et son momentum angulaire est proportionnel au momentum électromagnétique du système. Les moments d’inertie des autres parties du mécanisme sont très faibles en comparaison de celui de la croix. Les mouvements de la croix et de la roue D doivent avoir aussi peu de frottements que possible.
- Supposons que l’on fasse tourner la roue P représentant un courant dans un fil primaire P ; la lourde croix ne se mettra pas de suite en mouvement, mais la roue D tournera d’abord et communiquera le mouvement à A et à S qui tournera en sens opposé de P et représentera un courant dans le circuit secondaire, de sens opposé au courant primaire. Mais le mouvement de S est gêné par le frottement de son frein, il faut donc que D exerce une force finie sur A pour le mener. La réaction de A et la force exercée par B tendront donc constamment à faire tourner la croix dans le même sens que P, et sa vitesse s’accélérera constamment jusqu’à ce qu’elle arrive à tourner moitié moins vite que P, et que D roule alors sur A qui restera au repos ainsi que S. La pièce AS restera immobile, tant que la rotation de P •'restera constante, ce qui correspond à la cessation du courant dans le circuit secondaire tant que celui du courant primaire demeure constant, mais si P s’accélère S tournera dans un sens opposé au mouvement de P.
- Supposons maintenant qire l’on arrête brusquement P. L’énergie cinétique du croisillon le forcera à continuer de tourner jusqu’à ce qu’il ait surmonté un travail résistant équivalent, et, B étant au repos, D roulera sur lui et forcera AS à tourner dans le même sens que la croix, c’est-à-dire dans le sens du premier mouvement de P; quelle que soit la résistance opposée au mouvement de S, .clic sera
- vaincue, et S tournera jusqu’à ce qu’il ait accompli, contre les résistances, un'travail équivalent à l’énergie cinétique primitive du croisillon. Ce phénomène correspond au courant induit dans l’hélice secondaire par l'arrêt du courant primaire, de même direction que lui, et qui dure jusqu’à ce que l’énergie de rotation ait été dépensée en travaux contre les résistances électriques.
- Si l’on maintient S immobile, il faut pour imprimer une même accélération à P, déployer un plus grand effort que si S est libre de tourner, parce que P ne peut plus alors se mouvoir qu’en entraînant le croisillon dont le moment d’inertie est considérable. Si l’on arrête alors brusquement P, le mécanisme reçoit un choc violent et la roue S glisse, si fortement qu’on la tienne. La force appliquée en S correspond, par exemple, à une interruption de l’hélice secondaire, suffisante pour empêcher la formation d’une étincelle quand on ferme le courant primaire; mais, lorsqu’on l’interrompt brusquement, comme dans la bobine de Rumkorff, il jaillit une étincelle disruptive dans l’air entre les pôles du lil primaire. Si l’expérimentateur qui s’efforce de maintenir la roue S est inexpérimenté, il en subit un effet très frappant.
- Si l’on insère, dans la roue S, un butoir que l’on fait porter sur un ressort fixé au bâti du mécanisme, on a l’image d’une hélice secondaire dont on rompt le circuit en y intercalant une bouteille de Leyde avec ses deux armatures reliées aux extrémités du fil. Lorsque la rotation de P change, S commence par tourner et fléchir le ressort comme un courant dans l’hélice secondaire charge une bouteille de Leyde. Si le ressort est très flexible, de sorte qu’il doive absorber un effort considérable avant d’échapper la butée, le courant primaire peut avoir acquis sa pleine force avant que cet échappement ne se produise, — ce qui correspond au cas d’une bouteille d’une capacité trop grande pour pouvoir être chargée à un potentiel suffisant pour produire l’étincelle. Dans ce cas, il n’y a pas d’étincelle, mais lorsque la force entre les roues D et A diminue à cause de la diminution de l’accélération de P, le ressort se détend, en repoussant la roue S en arrière; c’est le cas où, dans des circonstances analogues, la bouteille de Leyde se décharge lentement à travers l’hélice secondaire en renversant le procédé par lequel elle a été chargée.
- Appareil de M. Woodbury pour l’essai des circuits électriques.
- Dans les installations électriques, qui deviennent aujourd’hui de plus en plus nombreuses, il est indispensable de s’assurer du bon isolement des conducteurs et de vérifier s’il n’y a pas de dérivation au sol.
- Cette vérification s’est faite jusqu’à présent à
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- l’aide d’une pile et d’un galvanomètre, mais ces appareils sont peu commodes à transporter et la pile en particulier se prête fort peu au transport; en outre même dans le cas où l’on immobilise le liquide au moyen d’amiante ou d’une autre substance analogue, la pile a même l’inconvénient d’être très lourde.
- M. Woodbury vient de combiner, pour rempla-
- cer dans ces essais la pile et le galvanomètre un petit appareil d’essai qui né pèse avec sa boîte qu’un kilogramme et demi et que nous trouvons d’écrit dans le Journal of The Franklin Institute. Dans cet appareil la source d’électricité est fournie par une petite machine magnéto-électrique de Siemens dont l’inducteur est formé par cinq petits aimtants permanents. Elle n’a pas de commutateur et le courant alternatif qu’elle produit traverse les bobines d’un électro-aimant polarisé placé au-dessus de la machine. L’armature placée
- entre les deux bobines entre alors en vibration et vient frapper alternativement deux petits timbres.
- L’armature de la machine est mise en mouvement par une roue à gorge au moyen d’une corde qui passe sur une poulie guide de réglage à l’aide de laquelle on peut faire varier la tension de la corde.
- A l’extrémité de la boîte sont deux bobines dont chacune contient un ruban d’acier de dix mètres de long terminé par une pince d’attache. La poulie à gorge est menée par une manivelle à carré qui au repos se fixe dans la boîte à côté de la sonnerie.
- Pour se servir de cet appareil à la détermination des dérivations au sol, on fixe un des ressorts d’acier à un objet en relation avec la terre comme un robinet d’eau ou de gaz, et l’autre ressort au conducteur d’acier. On met alors en mouvement la machine et s’il y a une dérivation au sol la sonnerie se met en mouvement.
- L’armature de la machine dynamo-électrique est enroulée avec 2 000 mètres de fil n° 40 et mesure om025 de diamètre sur.omo75 de longueur. .
- La sonnette peut fonctionner avec une, résistance extérieure de 7000 ohms, quand on tourne la machine à une vitesse d’environ 200 tours par minute. En tournant plus vite on peut faire sonner la sonnerie, à travers une plus grande résistance. La limité est environ 10 000 ohms quand on tourne aussi vite que possible.
- Comme base de comparaison entre les limites de cet appareil et les méthodes actuellement en usage, M. Woodbury a fait quelques expériences avec une sonnerie à vibration et une boussole à faible résistance.
- La résistance des bobines de l’électro-aimant de la sonnerie à vibration était de deux ohms et avec un élément Leclanché elle sonnait à travers une résistance extérieure de dix ohms. Avec un élément à bichromate de potasse, la sonnerie sonnait dans une résistance de 26 ohms.
- La boussole était du type employé dans l’essai des circuits, la résistance de ses bobines était de 18 centièmes de ohm. Avec un élément Leclanché l’aiguille du galvanomètre se déviait de 10 degrés dans une résistance de 70 ohms. Avec un élément au bichromate on obtenait la même déviation dans une résistance de 100 ohms.
- En comparaison avec ces instruments, l’appareil Woodbury fonctionnait à travers une résistance 35o fois aussi grande que la sonnerie à vibration actionnée par la pile au bichromate et 70 fois aussi grande que celle pour laquelle le galvanomètre donnait 10 degrés avec la même pile. Avec l’élément Leclanché le rapport est double.
- L’efficacité de l’appareil d’essai repose sur la facilité avec laquelle il peut décéler toute communication à la terre susceptible de devenir un élément de danger.
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- Sur la résistance de l’arc électrique, par M. O. Froelich.
- Dans un mémoire publié par YElectrotechnische Zeitschrift, M. O. Froelich présente d’intéressantes considérations sur la résistance de l’arc électrique.
- En premier lieu, la résistance de l’arc électrique est difficilement définie, car il n’est pas encore démontré expérimentalement que l’arc donne lieu à une force contre-électromotrice.
- D’une part on a avancé que la différence de potentiel aux deux charbons est une quantité sensiblement constante et a pour valeur environ 5o volts.
- Mais cette assertion n’est pas exacte, car si elle l’était, les propriétés électriques de l’arc seraient indépendantes de sa longueur. Or à intensité égale la résistance de l’arc croît avec sa longueur et c’est là un fait incontestable.
- M. Froelich appelle résistance apparente de l’arc
- le rapport de la différence de potentiel aux deux charbons à l’intensité.
- La résistance apparente de l’arc dépend de sa longueur et de l’intensité du courant. En partant d’observations diverses faites par MM. Siemens et Halske, M. O. Froelich a dressé une courbe que représente la figure ci-jointe et dans laquelle les longueurs de l’arc sont prises comme abscisses et les différences de potentiel comme ordonnées.
- Bien qu’irrégulière, cette courbe montre qtie la différence de potentiel aux charbons croît avec la longueur de l'arc et que cet accroissement est sensiblement régulier et peut être représenté par une ligne droite T T.
- Si donc on représente par S la tension aux charbons, par L la longueur de l’arc et par a et b des coefficients, on a
- S = a + f>.L (1)
- ou enjfchiffresAenlexprimant Sîen'volts et Leu millimètres
- S = 3ç + 1,8 L.
- «
- La résistance apparente W de l’arc se déduit immédiatement de la différence de potentiel, en la divisant par l’intensité I :
- w=4=r+*r- (2)
- On peut se demander si les deux équations (1) et (2) ne permettent pas de décider entre les deux façons de concevoir l’action de l’arc électrique ou comme une polarisation, ou comme une résistance au passage.
- En appliquant ces deux formules à l’une ou l’autre des deux hypothèses, on peut les faire concorder toutes deux avec l’expérience, si l’on admet que la section de l’arc est proportionnelle à l'intensité, mais les expériences peuvent être expliquées par l’une ou par l’autre des deux hypothèses ou par une combinaison des deux.
- L’existence d’une polarisateur est appuyée par la diversité des phénomènes qui se produisent aux deux charbons et par ce fait que, pour la formation
- de l’arc, il faut qu’il y ait entre les charbons une certaine tension minimum.
- L’hypothcse d’une résistance de passage est appuyée par la grandeur de la polarisation à laquelle conduit l’autre manière de voir, polarisation qui est 10 fois plus grande que toutes les polarisations connues.
- Les formules (1) et (2) conduisent, pour le travail de l’arc, à l’expression suivante :
- T = SI = (<Ï + /’• LOI. (3)
- Le travail est donc proportionnel à l'intensité.
- Le travail est en grande partie converti en chaleur rayonnante et en lumière, en partie aussi en désagrégation mécanique dés charbons. A ces travaux s’ajoute encore la combustion qui produit aussi de la lumière et de la chaleur.
- En prenant pour l’intensité lumineuse de l’arc celle des rayons horizontaux, il est clair que cette intensité lumineuse est une expression très incomplète du travail de l’arc; cependant, la formule (3) confirme cette loi souvent admise dans ces .derniers temps, que l’intensité lumineuse est proportionnelle à l’intensité du courant.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- RÉSUMÉ
- DES
- BREVETS D’INVENTION
- 152914. — PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS AU SYSTÈME
- D?ÉLECTRO-AIMANT CONNU SOUS LE NOM n’ÉLECTRO-AIMANT
- d’arlincourt. — Paris, 27 décembre 1882.
- On sait que le système d’électro-aimant de M. d’Arlin-court repose sur l’inversement naturel produit par la rupture d’un courant dans la partie de l’électro-aimant située derrière les bobines, c’est-à-dire la culasse. Une palette magnétisée par un des pôles d’un aimant sera attirée par suite, par le pôle secondaire existant sous les bobines de l’élec-tro-aimant, pendant le passage du courant de ligne; à la rupture de ce courant, le magnétisme de l’électro-aimant s’inverse et la palette est repoussée avec force du côté de l’autre noyau. La modification qui fait l’objet du présent brevet consiste à munir l’appareil d’une seconde palette placée au bout des bobines et fixée sur le même axe que la première palette actionnée par la culasse.
- Elles sont ainsi solidaires l’une de l’autre, et le fonctionnement simultané des deux armatures ne peut avoir lieu qu’à la condition de développer aux appendices entre lesquels elles se meuvent des polarités de nom contraire.
- ' Mais pour que les effets magnétiques soient inverses dans les deux appendices qui doivent actionner les armatures solidaires du même axe, il est nécessaire que l’électro-aimant soit traversé par une certaine force électro-motrice. Pour un courant faible, la polarité développée a l’appendice placé à l’extrémité du noyau de fer doux. Par suite, ce courant ne peut provoquer aucune action mécanique de l'axe des armatures, lequel dans ce cas estsollictté par un couple de forces égales et contraires.'
- 152921. — perfectionnements apportés aux moteurs
- ÉLECTRIQUES OU MACHINES DESTINÉS A TRANSFORMER L’ÉLEC-TRICITÉ, PAR MM. W. E. AYRTON, ET J. PERRY. — Paris9 3o décembre 1882.
- Ce que les inventeurs appellent leur aimant de champ est un noyau magnétique entouré de fils constituant des
- bobines presque parallèles à l’axe. Les bobines tournent à l’intérieur* d’un anneau Pacinotti. Dans le cas actuel une extrémité du fil de la bobine est reliée au fer et l’autre ex-
- trémité est isolée et passe à travers un trou pratiqué dans l’arbre en S où elle est reliée à un des balais T. Les inventeurs préfèrent former l’anneau Pacinotti de plusieurs pièces, savoir : deux parties extrêmes enfer doux EE et un nombre considérable de plaques ayant la forme représentée dans la figure, séparées par des rondelles et boulonnées ensemble. Les lignes ponctuées montrent comment les bobines sont enroulées dans les rainures de l’anneau de manière à être en dehors de l’espace occupé par la partie tournante. Il peut y avoir quatre bobines ou un nombre pair quelconque de ces bobines. Dans le cas actuel il y a douze bobines et leurs extrémités sont reliées aux pièces C du commutateur. Ce commutateur est disposé de manière que la surface frottante est plane, les 12 pièces C étant reliées au disque de bois z.
- Ce disque de bois a sur sa surface un anneau métallique continu D auquel est relié une des électrodes B de la machine. Supposons que le courant entre en B dans l’anneau D, le grand balai t fait communiquer l’anneau avec une des pièces C, de sorte que le courant passe par ce chemin, traverse les deux côtés de l’anneau, sort par la pièce de contact diamétralement opposée par le second balai plus étroit T, puis arrive en S, et traverse l’arbre creux pour arriver aux hélices de la bobine tournante, puis au métal de la bobine ; de là, il passe par les paliers au bâti général de la machine sur laquelle peut être fixée l’autre borne. Le dessin montre suffisamment bien comment un mouvement rotatif peut être donné au commutateur et à l’anneau Pacinotti, au moyen de la poulie.
- Le porte-balais K est un disque en matière isolante, relié à l’arbre au moyen d’une vis de serrage traversant la circonférence du disque.
- Le deuxième point de cette invention a pour but de permettre de faire tourner à une vitesse constante un moteur électrique dont la différence de potentiel entre les bornes est maintenue constante ou qui reçoit un courant constant, quel que soit d’ailleurs le travail mécanique que ce moteur doit effectuer. Supposons qu’un moteur ait été disposé pour fonctionner à une certaine vitesse quand il effectue son maximum de travail. Lorsqu’il n’y a qu’un travail moyen, on introduit dans le circuit et on en retire périodiquement une certaine résistance. Lorsque le travail augmente, le régulateur introduit la résistance pendant des intervalles de temps plus longs. Les inventeurs emploient de nombreuses dispositions pour atteindre ce but. Dans une de ces dispositions, une came déplace un bloc de contact, un balai ou un cylindre périodiquement sur des boutons, de sorte que le contact est établi pendant une partie du temps correspondant à une révolution de la came. Un déplacement latéral du bloc de contact ou de la came, au moyen du régulateur, le dispose sur des boutons qui sont plus courts ou plus longs dans la direction du mouvement périodique qu’auparavant.
- Pour le réglage des moteurs, les inventeurs emploient également une méthode consistant à disposer plusieurs circuits dans l’enroulement des électro-aimants.
- 152935. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES LAMPES ÉLECTRIQUES, PAR LA « EIIROPEAN ELECTRIC COMPANY » DE NEW-
- YORK. — Paris, 2 janvier i883.
- Quand un courant électrique arrive à la lampe, l’énergie de l’électro-aimant G élève les armatures G1 et G3, oblige les bras J à pousser les pièces I sur la tige D par un mouvement semblable à celui d’un levier brisé, ce qui maintient en place cette tige et le charbon supérieur; un mouvement considérable des bras, en haut et en bas, est nécessaire pour produire un faible mouvement d’éloignement ou de rapprochement des pièces à emboîture par rapport à la tige, dans le but de retenir celle-ci ou de la dégager. Quand la résistance dans le circuit principal est augmentée par
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- l’usure des charbons, l’électro-aimant G s’affaiblit, et comme une grande somme de courant électrique est obligée d’affluer vers le circuit dérivé, l’électro-aimant H acquiert par là de la force. G1, G3 descendent alors, et avec eux, les bras J, les pièces I et la tige D, jusqu’à ce que les bras se trouvent en contact avec les arrêts L. Les armatures descendent au-delà des extrémités intérieures des bras, et les
- pièces à emboîtures sont obligées de se mouvoir sur une ligne en forme d’arc, et par là, de dégager la tige D. Celle-ci et le charbon supérieur A descendent alors jusqu’à ce que la résistance du circuit principal soit amenée à son degré normal, ce qui augmente le courant passant dans l’électro-aimant H ; puis les armatures G1, G3 se meuvent vers le haut. Les bras J pressent les pièces à emboîtures contre la tige D et les oblige à embrasser cette tige et à la maintenir en position. Et ainsi de suite.
- 152936. — NOUVELLE BATTERIE ÉLECTROGÈNE, PAR M. C. iiayet. — Paris, 2 janvier i883.
- Les éléments dont la forme est plate sont rangés en batterie côte à côte dans une armoire et posés à une certaine distance l’un de l’autre sur deux traverses horizontales qui reposent sur les parois de l’armoire. La partie inferieure de ces traverses est en pente par rapport à l’horizontale, et une planche garnie de plomb pour recevoir le liquide est fixée sur la partie inclinée des deux traverses qu’elle relie de manière à permettre l’écoulement des liquides. La partie la plus basse formée en gouttière est munie d’un ajutage qui la relie à un tuyau d’écoulement. Chaque élément est formé d’un vase extérieur en tôle goudronnée ou en toute autre matière; dans ce vase est suspendu un sac en toile peu perméable qui enveloppe la plaque négative de zinc. A droite et à gauche de ce sac qui est suspendu au moyen de
- deux tringles et légèrement écarté pour former poche, on verse du charbon de cornue concassé qui entoure deux rectangles de charbon de cornue servant d’électrode positive. De cette manière, si on admet qu’un liquide convenablement préparé vienne tomber goutte à goutte et graduellement dans le sac en toile et baigner par conséquent le zinc au fur et à mesure du remplissage, les couches les plus basses qui seront en même temps les plus denses et les plus épuisées filtreront à travers l’étoffe et le charbon qui sera continuellement lavé, mais non noyé, ce qui assure, d’après l’inventeur, une dépolarisation constante, car le fond des vases extérieurs en tôle est percé de plusieurs trous qui permettent l’écoulement continu du liquide.
- Une disposition particulière assure la netteté des contacts des fils conducteurs avec les rectangles de charbon.
- A cet effet, un trou, en forme de godet, est percé à la partie supérieure de chacun des charbons; un autre trou est percé à angles droits sur la partie latérale de chaque charbon et vient rejoindre le premier trou. Si l’on verse du mercure dans le trou supérieur, il viendra[baigner un goujon eu fer et les parois du trou du charbon, de sorte que la connexité métallique sera convenable; à chaque goujon en fer est fixé un fil conducteur qui le relie à l’électrode négative suivante.
- Afin d’assurer l’écoulement constant des liquides dans chaque élément, on place un réservoir supérieur sur l’armoire qui renferme la batterie ; ce réservoir communique par un tube à un autre tube qui règne horizontalement dans l’armoire au-dessus de chaque rangée d’éléments.
- Ce tube est percé d’un trou en regard de chaque élément; un robinet placé sur le parcours permet de graduer l’écoulement; au fond de l’armoire se trouve un autre réservoir destiné à recevoir l’excédent des liquides ; une pompe manœuvrée à la main ou mise automatiquement en mouvement par le courant, quand le réservoir supérieur est vide, permet de faire remonter les liquides dans le réservoir supérieur. La solution que l’inventeur préfère, est une solution d’acide chlorydrique au dixième.
- 152937. — moteur, par m. e.-j. reuille. — Paris,
- 2 janvier i883.
- L’inventeur place un électro-aimant C à chaque parallélogramme, comme la figure le représente, ou encore plusieurs
- électro-aimants supportés par les bras E qui forment les côtés de chaque parallélogramme. Alors il place aux côtés
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- H ou E, suivant la position des électro-aimants, les armatures D; ces armatures sont en regard des électro-aimants, pour que ceux-ci, au passage du courant, attirent les armatures D et fassent faire une flexion aux parallélogrammes; la base étant fixe, le sommet aura une impulsion qui variera suivant le nombre de parallélogrammes et suivant la course que chacun aura faite; c’est la course ou impulsion que le sommet donne qu’on emploie comme force motrice.
- 152938. — nouveau procédé d’extraction de l’aluminium DE SES SILICATES NATURELS : FELDSPATH, KAOLIN, ARGILES ordinaires, par m. l. LOssiER. — Paris, 2 janvier
- 1883.
- Les silicates d’aluminium sont, suivant leur composition, mélangés avec des proportions variables de chaux, d’oxyde de fer ou d’un autre métal lourd et de sable silicieux, de manière à former une masse fusible dans laquelle la silice doit être assez abondante pour que l’alumine reste toujours à l’état de base. Le mélange additionné d’une petite quantité de chlorure dé sodium, pour le rendre plus fluide, est fondu dans un fourneau à réverbère dont la sole est traversée par un. grand nombre de barres de fer. La matière fondue est alors soumise à un fort courant électrique qui la décompose en passant par les barres de fer de la sole qui servent de cafhodes, et de longs morceaux de coke, suspendus dans la masse en fusion et servant d’anodes. L’aluminium et le fer, ou un autre métal quelconque, se précipitent sur la sole à l’état d’alliage fondu, tandis que l’acide silicique se sépare au pôle négatif. Pour éviter l’obstruction des anodes de charbon par la silice infusible, on recouvre le bain d’une forte couche de 10 centimètres d’épaisseur environ, de chlorure de calcium et de sodium mélangés dans lesquels plongent les anodes de charbon. La silice se sépare alors au contact des deux couches liquides formant des silicates de soude et de chaux, tandis qu’autour des charbons il ne se dégage plus que du chlore.
- Le métal brut obtenu dans l’opération ci-dessus est coulé en plaques, lesquelles, suspendues dans un bain fondu de chlorure double de sodium et d’aluminium, sont soumises à un courant dont la force électromotrice doit être assez faible pour que le fer ou les autres métaux, moins attaquables que l’aluminiüm, restent insolubles au pôle positif. Ils peuvent servir pour une nouvelle opération, et l’aluminium au pôle négatif est chimiquement pur.
- 152940. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES APPAREILS RÉCEPTEURS TÉLÉPHONIQUES, PAR M. G.-N. TORRENCE. - Pam, 2
- janvier i883.
- A représente un aimant circulaire dans lequel se trouve une solution de continuité, et dans lequel une extrémité du
- fil est tournée intérieurement, puis extérieurement et ayant formé, dans l’axe, un pôle secondaire B, sur lequel la bobine D est montée, l’électro-aimant formant deux pôles sur ses
- extrémités supérieure et extérieure; C représente le diaphragme et A' l’enveloppe du récepteur.
- 152941. — PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS AUX APPAREILS TÉLÉPHONIQUES, PAR M. G.-N. TORRENCE. — Paris, 2 janvier i883.
- L’aimant ou tige D est suspendu à la console E et peut osciller librement. Cette tige amène l’électrode F en contact avec l’électrode B fixée au diaphragme A, par l’attraction ou la répulsion des pièces en matière magnétique G. La tige D est munie d’un bloc de charbon placé à l’opposé de la pointe en platine B. Le courant d’une pile est conduit par
- le (il II au charbon E, auquel le fil est attaché. L’aimant ou tige D est réglé ù l’extrémité libre, dans sa oosition defonc-t;onncment, par l’attraction ou la répulsion des pôles des
- !>) A G
- O P r
- aimants G. Ces aimants en rayon sont réglables en les faisant mouvoir en va-et-vient à l’extrémité de la tige D, et la force de contact des électrodes est ainsi réglée. Un ressort J (fig. 2), dont la partie inférieure est munie d’un coussinet en matière non conductrice, maintient le fil K sur le diaphragme A. Ce fil K est attaché à l’électrode B, passe sous le coussinet J et va au diaphragme A, d’où il est conduit à
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- la bobine d’induction ordinaire. Le ressort de compression J agit aussi comme un régulateur pour donner un ton aux vibrations du diaphragme.
- 152963. — PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS AUX HORLOGES électriques, par m. j.-s.-a. sciilaefli. — Paris, 4 janvier i883.
- Cette invention est relative à une horloge électrique secondaire perfectionnée, devant être actionnée par un poids élevé périodiquement par un courant envoyé, à intervalles fréquents, par une station centrale.
- A est le levier par le poids duquel le mécanisme est actionné d’une manière intermittente. Son petit bras porte l’armature B d’un électro-aimant C fixé sur un côté du cadre et dont les bobines sont reliées avec les bornes D D\ E est le bras de propulsion ' ou cliquet suspendu au levier A, auquel il est articulé en c. Ce cliquet est pressé par un ressort e% dans les dents d’une roue à rochet F fixée sur l’arbre de l’aiguille des minutes G, cette roue ayant 60 dents, si le courant est envoyé chaque minute, ou un
- autre nombre de dents correspondant à la fréquence de la transmission du courant. Un cliquet / pressé par un ressort /' engrène avec la roue F, empêche son retour quand le levier A et le cliquet de propulsion E sont élevés. Une roue d’engrenage H fixée également sur l’arbre de l’aiguille des minutes G, engrène avec un pignon i sur l’axe i* de la roue d’échappement I ayant trois dents (plus ou moins suivant la proportion de la roue et du pignon et les intervalles auxquels le courant est transmis) à égales distances autour de sa périphérie, avec lesquelles une détente d’échappement IC sur un arbre k' engrène par un ressort Æ. La détente K est élevée quand le levier A s’élève, et cette élévation est produite par un bras a' agrafé sous cette détente et fixé au levier A afin de peimettre à la roue d’échappement I d’avancer d’une dent par suite de la descente du levier A, moment auquel la détente K tombe devant la dent suivante. La roue d’échappement I est maintenue stationnaire pendant l’élévation du levier A, par une autre détente au frein L pressé par un ressort contre la roue I, quand la détente K est dégagée et enlevée de la roue par une goupille V.
- Cette horloge n’a pas de pendule ou de roue à balancier pour régler son action qui dépend seulement de la fréquence de la transmission du courant, l’aiguille des minutes étant actionnée d’une manière intermittente à intervalles d’une mi-
- nute à la distance de l’epace mesurant une minute sur le cadran et restant statiomîaire entre temps. L’aiguille dés minutes est fixée sur l’arbre G et celle des heures est commandée par cette dernière, à l’aide du mouvement ordinaire. Le fil de ligne est attaché aux bornes D D'. Le courant est transmis d’une manière périodique par la fermeture du circuit au moyen d’une horloge régulatrice d’une station centrale.
- 152965. — CORSET ÉLECTRIQUE, PAR AI. A.-F.-R. GOIRANI).
- Paris, 4 janvier i883.
- Derrière le buse en acier, à crochets ou agrafes, on dispose une garniture voltaïque composée de plaques de cuivre et de zinc entrelacées, et entre lesquelles se trouve interposée une bande de drap humide. Une disposition identique existe dans le deuxième buse. Dans le but de développer un maximum d’électricité, on peut doter tout ou partie des baleines de semblables éléments.
- 152969. — MOTEUR ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE PERFECTIONNÉ, PAR m. T. toynbee. — Londres, 7 janvier1882.— Paris, 5/an-vier 1883.
- Ce moteur consiste en une série d’électro-aimants concentriques, parallèles, tournants et fixes, disposés de manière à ce que l'ensemble forme un ou plusieurs circuits de pôles magnétiques comprenant toutes les lignes magnétiques de force ou à peu près, tant pour les aimants fixes que .pour ceux tournants. Ces cercles peuvent être multipliés à volonté sur le même axe; l’ensemble des aimants soit tournants, soit fixes sont commutés à chaque segment de cercle, quel que soit le nombre des segments du cercle.
- 152975. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES MICROPHONES, PAR mm. e.-l.-j. et e.-A. jouvet. — Paris, 4 janvier i883.
- A est le support de la plaque vibrante B; C est un appendice, en coke ou en charbon aggloméré, fixé sur la plaque B; D est un appendice en coke ou en charbon aggloméré, main-
- tenu, à une certaine distance de C, au moyen d’un tube E, en caoutchouc, par exemple. La chambre H, qui est formée par les extrémités des deux appendices C et D et la paroi du tube E, est remplie de coke ou de charbon aggloméré con-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- cassé. I est une borne reliée avec C; J est, de son côté, relié avec D; chacune de ces bornes peut indifféremnjent communiquer avec l’un des pôles de la pile ou avec l’une des bornes du récepteur. On parle devant B; les vibrations se transmettent à D, à l’aide de la matière concassée renfermée dans la chambre H.
- Camille Grollet.
- FAITS DIVERS
- Un phénomène bizarre, dû au feu du ciel, s’est produit à quelques mètres de la poudrière d’Annecy (Ilautc-Savoic), pendant un des derniers grands orages. A la suite d’un éclair éblouissant, deux boules grosses comme des œufs, d’une lueur pâle, sont descendues jusqu’à un mètre environ du sol, puis se sont mises à osciller, comme si elles eussent été attirées et repoussées alternativement par une puissance invisible. Tout à coup un éclair luit, les deux boules éclatent simultanément et une formidable détonation se fait entendre par toute la ville d’Annecy. Huit personnes ont été témoins de cet étrange spectacle. Au moment de l’explosion, deux d’entre elles ont ressenti une violente douleur dans la poitrine, quatre ont été renversées et les autres n’ont rien éprouvé. Quant au fluide, il n’a laissé aucune trace de son passage.
- Des appareils électriques utilisables en aéronautique (moteurs, téléphones, télégraphes, appareils d’éclairage) ont été exhibés à l’Exposition aéronautique organisée au Palais du Trocadéro à l’occasion de la célébration du centenaire de la découverte des aérostats.
- De môme qu’à d’autres Expositions, des conférences et des congrès scientifiques dans lesquels seront traitées des questions se rapportant à l’électricité, auront lieu pendant l’Exposition internationale coloniale et d’exportation générale d’Amsterdam qui s’ouvrira en septembre et coïncidera avec l’Exposition internationale actuellement ouverte dans cette ville.
- Le comité delà cinquième section de cette dernière Exposition est chargé de la direction de ces conférences et congrès scientifiques. Il a admis la langue française comme langue officielle.
- Éclairage électrique.
- Parmi les illuminations inscrites au programme de la fête du 14 juillet, on remarque celle du Trocadéro.
- Un puissant foyer électrique partira de la,grotte de la cascade. Il projettera sa lumière à travers la nappe d’eau.
- A la place de la République, où sera inaugurée une statue de la République, un foyer de lumière électrique sera dirigé sur le monument.
- Au dernier grand bal qui a eu lieu à l’Hôtel de la princesse de Sagan à Paris, le jardin de l’habitation a été brillamment illuminé à l’électricité.
- Mercredi dernier, des expériences d’éclairage électrique ont eq lieu chez Denis Farcot avec la machine à vapeur à grande vitesse de ce constructeur. Cette machine motrice qui a été décrite dans La Lumière Électrique est du type Compound à simple effet, disposée spécialement pour marcher respectivement à la vitesse de 3oo tours. Elle alimentait i5o lampes à incandescence absorbant une force de 20 chevaux.
- D’après le Times de Londres, la question de l’éclairage des phares a provoqué dernièrement une certaine agitation en Angleterre. M. Wigham ayant préconisé l’éclairage au gaz a été approuvé par le professeur Tyndall et les ingénieurs des phares pour la côte d’Irlande.
- D’un autre cèté, M. James Douglass, ingénieur en chef du service des phares à Trinity House, qui avait un intérêt dans une lampe à huile, a approuvé ce dernier mode d’éclairage.
- La formation d’un comité pour décider la question, comité dans lequel M. Tyndall ne voulait pas voir figurer les noms de SirJ. Douglass et de M. leDr Hopkinson, également intéressés, a provoqué chez l’illustre physicien un vif mécontentement, et M. Tyndall a donné sa démission pour tous les postes qu’il occupait dans le service des phares.
- Cette démission a été expliquée par le professeur Tyndall dans une lettre insérée dans le Times du 22 juin. Dans cette lettre il rappelle dans quelles conditions le poste de Conseil de Trinity House, qu’il occupe aujourd’hui, a été accepté en i836 par Faraday. L’illustre savant eut soin de faire remarquer qu’il ne le faisait pas pour de l’argent, et il accepta les modiques appointements de 5ooo francs par an. Lorsqu’en 1866 l’âge empêcha Faraday de remplir ses fonctions, et que voulant lui conserver pendant la fin de sa vie ses appointements, on offrit au professeur Tyndall 2 5oo fr. par an, il déclara qu’il remplacerait Faraday sans recevoir pour cela aucune rétribution et ce n’est qu’après la mort de ce dernier qu’il reçut les mêmes appointements portés plus tard à 10 000 francs. S’il avait voulu, le professeur Tyndall eût pu décupler ses revenus en donnant des consultations pour des affaires industrielles, il a préféré une position purement honorifique et s’il parle ainsi de lui-même, c’est pour dissiper les illusions de M. Chamberlain, le président du Board of Trade.
- Au moment où il dut se séparer de lui, il fit remarquer au secrétaire de Trinity House, M. Inglis, que M. Wigham, inventeur de systèmes d’éclairage au gaz pour les phares, avait droit d’entrer dans le comité d’éclairage au même titre que Sir James Douglass, possesseur d’un brevet pour une lampe à huile.
- On lui représenta que Sir J. Douglass n’avait pris son brevet que pour le bien de son pays et l’honneur de la corporation, et qu’il était bien au-dessus de M. Wigham. Aujourd’hui le professeur Tyndall a en main de brillants prospectus qui montrent bien que l’invention de Sir Douglass est une affaire industrielle. Les lampes de Sir J. Douglass y sont pompeusement vantées, et les éloges sont appuyés par le témoignage de deux autorités photométriques, dont l’une est le Dr Hopkinson, jeune électricien, ami et associé de Sir Douglass. Ce prospectus est arrivé à temps aux mains du Board of Trade pour l’empêcher d’exclure M. Wigham et de lui donner son rival pour juge, mais le professeur Tyndall proteste contre ce fait que des circonstances connues en haut lieu lui aient été cachées quand il eût dû les connaître en sa qualité de Conseil de Trinity House, et que des documents qui contenaient ces faits aient été tronqués de telle sorte qu’il n’en pût avoir connaissance.
- La démission du professeur Tyndall est l’expression de sa protestation.
- On va tenter en Angleterre l’expérience d’un éclairage électrique dans un asile d’aliénés. C’est à Glocester que doit avoir lieu cette expérience. Après avoir fait procéder à un examen comparatif, le comité de l’asile des aliénés du comté de Glocester a décidé d’adopter la lumière électrique pour éclairer une partie de cet établissement. On se servira de moteurs Crossley, de batteries secondaires Sellon-Volckmar et de lampes à incandescence Woodhouse et Ravvson.
- La maison de lord Randolph Churchill, située dans Con-naught-Place, à Londres, vient de recevoir un éclairage de
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- quatre-vingts lampes Swan. Un moteur à gaz Otto, de la force de trois chevaux, est fixé dans la cave et actionne une machine Bürgin, qui charge pendant la journée soixante accumulateurs Selion-Volckmar.
- Le vapeur écossais Can Mac Inlosh doit recevoir une installation d’éclairage système Edison.
- Cinquante lampes Swan viennent d’être installées à bord du paquebot Liguria, de la Pacific Steam Navigation Company. Le courant est fourni par une machine dynamo Bürgin, qu’actionne un moteur Marshall.
- Quatorze cent quarante lampes à incandescence du système Edison sont posées par la National Electric Company de Glasgow dans la fabrique de toiles cirées Shepherd et Beveridge, à Kirkcaldy (Ecosse).
- Le Gabo, steamer que l’on vient de lancer à Kinghorn (Ecosse) pour le compte de MM. Howard et Smith, de Melbourne et Sydney, va être pourvu de lampes à incandescence.
- La partie la plus intéressante et la plus complète de l’Exposition électro-technique de Kœnigsberg aura été celle de l’éclairage électrique. Cinquante lampes à arc des systèmes les plus divers éclairaient le parc, la serre des palmiers, la grande salle des moteurs, la salle des machines agricoles. Un foyer de six mille bougies normales, disposé dans la coupole du bâtiment des arts et de l’industrie, projetait ses rayons sur une chute d’eau, tandis qu’un foyer semblable rayonnait au sommet de la salie des machines. Pour donner au public une idée d’un éclairage électrique à bord de navires, on avait exposé avec son gréement tout un corps de vaisseau d’une longueur de soixante mètres et d’une largeur de quinze mètres. Sur ce vaisseau se trouvaient une machine à vapeur Siemens Dolgorouki, plusieurs lampes électriques et un projecteur Sautter-Lemonnier. La lumière par incandescence fournissait l’éclairage aux diverses salles de l’Exposition, de même qu’à un aquarium orné avec goût, et elle était employée sous toutes les formes, en couronnes, guirlandes, candélabres, appliques. La curiosité des visiteurs était aussi spécialement attirée par des travaux de scaphandriers ou plongeurs à la clarté de feux électriques, travaux organisés dans des bassins par la maison Stantien et Becker, de Kœnigsberg, fermière des grandes pêcheries d’ambre jaune du Samland et du havre de Courlande dans la Prusse orientale
- Une exhibition d’éclairage électrique à incandescence vient d’avoir lieu rue Mercaati, à la Valette, capitale de l’ilc de Malte. Le gouverneur de cette possession britannique, un grand nombre d’officiers, de notabilités et de dames assistaient à cette exhibition, qui était organisée par l’Eastern Electric Light and Power Company, et à l’occasion de laquelle la musique militaire de la Valette est venue jouer devant l'habitation du chevalier Roscnbush, représentant de la Compagnie, le « God save the Queen ». A l’intérieur de l’habitation étaient exposés des lustres, des flambeaux, des lampes avec globes de diverses couleurs et de nombreux appareils. Toute la rue Mercanti était en même temps brillamment éclairée à l’électricité.
- Outre l’installation d’éclairage électrique qui a été décidée récemment pour le théâtre de la cour à Stuttgart, il y aura des installations de foyers électriques sur la place du château et au château royal.
- Un éclairage électrique des systèmes Schuckert et Edison est établi à Amsterdam dans le grand hôtel et restaurant ICrasnapolsky, situés près du Dam.
- A Mtihiacker, dans le Wurtemberg, la grande fabrique Bauer est éclairée avec des lampes à incandescence.
- Une intéressante application des accumulateurs électriques vient d’être faite à Vienne (Autriche). La voiture du baron de Rothschild a été éclairée au moyen de l’électricité, des accumulateurs étant placés sous le siège du cocher, et les foyers électriques à l’intérieur des lanternes habituelles.
- Aux Etats-Unis, on annonce que la ville de Boston va consacrer une somme de quatre-vingt-trois mille dollars à l’éclairage électrique.
- L’éclairage par l’électricité de la gare de Spencer-streetà Melbourne, ayant donné des résultats satisfaisants, le gouvernement de la colonie de Victoria a acquis toute une installation de lampes à arc et à incandescence.
- A Sydney (Australie) le gouvernement doit faire poser des appareils électriques pour l’éclairage du Circular Quay.
- En Amérique, les éclairages au moyen des foyers électriques à arc prennent chaque jour plus d’extension et les lampes à incandescence sont menacées d’être reléguées au second plan, surtout pour les installations dans les villes et cités. Il est assez curieux de signaler que sur la côte du Pacifique et dans le nord-ouest l’emploi des mâts est préféré pour établir les lumières, tandis que dans l’est ce système est en défaveur. Cela doit tenir à la plus grande pureté de l’atmosphère dans le Far West, pureté qui permet aux rayons lumineux de parvenir à de plus grandes distances sans absorption. Cependant on a trouvé dans l’expérience faite à Cleveland pour éclairer la ville au moyen de mâts, que la dépense était deux fois et demie plus considérable que celle nécessitée par l’ancien éclairage, quoique l’obscurité ait été augmentée en bien des endroits par la suppression des becs de gaz dans le cercle supposé éclairé par les mâts et cela pour rendre l’expérience favorable, comme prix, au système de mâts électriques. En adoptant l’éclairage des rues par l’électricité, on propose du reste de frapper d’une taxe les habitants des rues ainsi favorisées. .
- A San-Francisco, la California Electric Light Company vient d’offrir de remplacer dans les rues de cette ville dix-sept cents becs de gaz de seize candies, coûtant par au soixante-dix-sept mille trois cent cinquante dollars, par deux cent dix lampes électriques, d’une puissance totale de quatre cent vingt mille candies, et revenant seulement à soixante-cinq mille cinq cent vingt dollars par an. Ces lampes seraient placées sur des poteaux de quarante pieds de haut au croisement des rues.
- Après avoir achevé l’éclairage de Bourke-Street-Arcade et d’autres rues de Melbourne, l’Australian Electric Light Company entreprend de nouvelles installations électriques en Australie.
- En Espagne, l’Ayuntamiento ou municipalité de Bilbao entreprend des essais comparatifs d’éclairage électrique avec des lampes à arc et à incandescence. C’est la Société espagnole d’électricité qui s’est chargée des installations.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- En Espagne, la municipalité de Béjar, ville industrielle de la province de Salamanque, centre de fabriques de draps et de jambons renommés, vient de solliciter du gouvernement l'autorisation d'utiliser le cours de la rivière Cuerpo de Ilombre pour l'éclairage électrique public. Des turbines et des moteurs hydrauliques produiraient le courant qui, pendant la journée, transporterait la force motrice à l'intérieur de Béjar.
- L'arsenal maritime de Yokosuka, au Japon, vient d'inaugurer un éclairage électrique du système Brush. Quarante lampes d'une intensité de deux mille candies chacune sont alimentées par une grande machine dynamo Brush n° 8 sur un circuit de fil de cuivre d'une étendue de trois milles. Ces lampes sont placées, dans les ateliers des machines, des charpentiers, de construction des bateaux et mâtures, dans les deux docks et chanüers de navires. La force motrice est fournie par deux moteurs qui servent aussi à pomper de l’eau. Cette installation d'éclairage est avantageuse principalement dans les docks où, jusqu'ici, on était tellement surchargé de travail que les navires qui voulaient entrer subissaient le plus souvent de longs retards. Les ouvriers opèrent maintenant la nuU aussi facilement que le jour. Les lampes Brush, qui sont disposées à une hauteur de vingt-cinq à trente pieds, sont pourvues de réflecteurs. On a egalement installé à l'arsenal de Yokosuka des lampes Swan.
- A Campos (Brésil), on vient de poser dans les rues quarante foyers Brush.
- L'éclairage électrique du Canal de Suez est en ce moment à l'étude.
- La dixième réunion de la Société allemande d'hygiène publique a été particulièrement remarquable, grâce à l'ouverture récente de l'Exposition d'hygiène de Berlin, exposition qui est, comme on sait, éclairée avec des lampes Edison, Siemens et Ralske. On a traité à cette réunion la question de l'éclairage artificiel. Le Dr Herman Cohn, de Breslau, a parlé de cet éclairage au point de vue de l'hygiène scolaire, qui est aujourd'hui très défectueux. D'après l'orateur, l'avenir, en fait d' clairage, appartient à l’électricité. C'est le mode le plus hygiénique pour la vue, puisque c'est celui qui est le plus favorable à la différenciation des couleurs, et que c'est également celui qui échauffe le moins. La lumière électrique perfectionnée dans son mode de distribution se rapprochera le plus de la lumière diffuse du jour qu'il faut répandre abondamment partout. Le discours a eu pour conclusion cette parole de Gœthe : « Encore plus de lumière 1 »
- Télégraphie et Téléphonie
- On s'occupe activement, depuis quelque temps, de relier nos principales colonies avec la mère-patrie, à l'aide de nouveaux câbles électriques. Déjà l'on travaille au câble de la Nouvelle-Calédonie qui doit rattacher cette possession à l'Australie et par suite à l'Europe. Pour le Sénégal on doit établir un câble reliant Dakar, limite sud de la colonie,-avec les îles du Cap-Vert qui, elles, sont déjà en communication télégraphique avec l'Europe. D'autre part, comme un fil télégraphique a été établi le long dn tracé du chemin de fer du Sénégal actuellement en construction, on voit qu’il sera possible bientôt d'envoyer des dépêches de Paris jusqu'au bord du Niger. De même, on vient d'étendre le télégraphe en Tunisie jusqu'à Zarzis, à l'extrême sud de la Régence, et bien tôt on espère également relier le Tonkin à la Cochinchine par une ligne sous-marine allant d'Haï-Phong, à l'embouchure du Fleuve-Rouge jusqu'à Saigon, ville qui est déjà, comme on sait, en communication télégraphique avec la France.
- Le gouvernement siamois a notifié son adhésion à la con vention télégraphique. Les taxes terminales et transitoires sont fixées à quarante centimes par mot.
- D'après une communication faite à l'Académie par M. Faye une communication par télégraphie optique vient d'être établie entre Maurice et La Réunion. Des démarches avaient été faites en 1881 par M. le commandant Bridet, pour tâcher d'obtenir l'établissement d'un câble télégraphique entre ces deux îles., mais certaines difficultés arrêtèrent l'exécution de ce projet, et M. Adam, de l’ile Maurice, entreprit d'établir par les moyens optiques la communication demandée. C’est la réussite de son entreprise que M. Faye vient d'annoncer à l'Académie.
- Le cerf-volant dont Franklin s'est servi pour ses expériences sur la similitude de la foudre et du fluide électrique et qui l’a conduit à l’invention du paratonnerre, le cerf-volant ce passe-temps regardé jusqu'ici comme inoffensif, vient d'attirer sur lui les rigueurs administratives. Par arreté, le maire de Nantes, chef-lieu de la Loire-Inférieure, vient, en effet, d'interdire de lancer des cerfs-volants dans toute l'étendue de la ville de Nantes.
- L'arrêté porte que des dérangements fréquents se sont produits sur diverses lignes lignes du réseau téléphonique de Nantes, et qu’il a été constaté que ces dérangements étaient occasionnés par des cerfs-volants.*
- Près de Barnsley, dans le comté d’York (Angleterre), le téléphone vient d'être adopté pour le service des houillères Mitchells Main. Les bureaux de la Compagnie d'exploitation, qui se trouvent dans la ville de Barnsley, sont reliés par les appareils téléphoniques aux mines de Wombwell, lesquelles sont situées à une distance de cinq milles. Les lignes sont conduites jusque dans les puits. On se sert de téléphones Johuson-Bell.
- La Compagnie des téléphones de Zurich projette d'établir des communications téléphoniques entre Zurich, Bâle et Berne. La distance de Zurich à Bâle est de soixante-dix kilomètres, et de Zurich à Berne de quatre-vingt sept kilomètres.
- En Suisse, les cantons de Saint-Gall et d'Appenzell ont des réseaux téléphoniques. La longueur des lignes est actuellement de deux cent trente-cinq kilomètres.
- Les.villes de Saint-Gall, chef-lieu du canton de Saint-Gall, et d'Hérisau, ville du canton d'Appenzell, communiquent , entre elles par le téléphone.
- Dans le pays de Bade, une ligne téléphonique vient d'être posée sur le Feldberg à l'usage de l'hôtel du Feldberg, point isolé où s’arrêtent les touristes. Cet hôtel est maintenant, grâce au téléphone, en communication instantanée avec le village de Menzenschwand. Les messages téléphoniques sont reçus à la station de cette localité tout comme les dépêches télégraphiques
- A Dublin, le réseau téléphonique compte plus de cinq cents adhérents, reliés au bureau central ou ayant des lignes privées.
- Le Gérant : A. Noaillon.
- Paris. — Imprimerie P Mouillot, i3, quai Voltaire. 40010
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 5i, rue Vivîenne, Paris
- Directeur Scientifique : M. T11. DU MONCEL Administrateur-Gérant : A. NOAILLON f
- 8e ANNÉE (TOME IX) SAMEDI 7 JUILLET 1883 N° 27
- SOMMAIRE . .
- Les machines à double enroulement; Frank Geraldy. — La génératrice dés expériences du chemin de fer du Nord; Marcel Deprez. — Exposition Internationale cl’Électricité de Munich : septembre et octobre 1882; Th. du Moncel.
- — Sur la mesure des intensités de courant ; G. Lippmann.
- — L’éclairage électrique de l’Éden-Théâtre; Aug. Gue-rout.' — Description de quelques freins électriques ; Gustave Richard. — Bibliographie. — .Revue des travaux récents en électricité : La lampe à sélénium de M. Tommasi.
- — Sur la dissymétrie de la décharge électrolytique, par M. Alfred Tribe. — Dosage du plomb dans ses minerais par l’èlectrolyse, méthode de M. A. Sommer. — Les étalons lumineux. — Résumé des brevets d’invention; Camille Grollet. — Faits divers.
- LES MACHINES
- A DOUBLE ENROULEMENT
- . Nous l’avions dit, et cela ne pouvait manquer d’arriver. Voici que de divers côtés on voit reparaître les principes, les découvertes de Marcel Deprez sous des figures variées et des noms qui ne sont pas celui de l’inventeur. A l’Exposition de 1881, l’exemple de distribution que celui-ci avait installé fut regardé avec beaucoup d’intérêt, il y a pourtant lieu de croire que peu de gens en virent la portée (') ; au congrès, la théorie du transport de la force qu’il exposa fut écoutée avec grande considération, il parut néanmoins que bien des personnes ne l’avaient pas absolument comprise. Maintenant, le temps a passé; les idées ont fait
- P) Un savant, qui-compte parmi les électriciens éminents de l’Angleterre, membre d’ailleurs d’une puissante dynastie industrielle, après avoir bien considéré la distribution de force à l’Expôsition de 1881, et reçu les explications de l’inventeur, disait : « Tout cela est fort bien, mais, dans le fond, votre double enroulement ne sert à rien, et cela marche parce que votre génératrice est grosse et les réceptrices petites, le reste est sans importance. » Le fait a été souvent rapporté par M. Deprez.
- leur chemin, les expériences les ont confirmées, et l’on réinvente de divers côtés ce qui était inventé; les uns naïvement, et parce qu’ils ne savent pas ; les autres sans aucune naïveté, et, au contraire, parce qu’ils savent très bien. Nous verrons peut-être d’ici quelques années tous les points de cette découverte reparaître successivement à nouveau; nous les attendons à leur tour; pour le moment, il s’agit de l’usage de deux circuits distincts sur les inducteurs.
- A tout seigneur, tout honneur; voici d’abord la maison Siemens et Halske qui, par la plume de M. Ernst Richter, expose des expériences faites par elle sur ce sujet. (Elektroteçhnische Zeitschrift, avril i883.)
- La note qui relate ces études explique que*» dans une machine génératrice, si l’on suppose, la force électro-motrice et la résistance intérieure constante, et que l’on fasse varier la résistance extérieure de o à co, la différence des potentiels aux bornes de l’appareil a pour équation celle d’une hyperbole équilatère; réciproquement, la résistance intérieure étant constante, pour que la différence des potentiels aux bornes soit constante, la résistance extérieure variant de o à co , il faut que la force électro-motrice varie suivant une loi représentée également par l’équation d’une hyperbole équila-tère. Ces faits étaient bien connus, et je ne vois pas trop pourquoi M. Richter les expose ainsi à nouveau. Voici la partie intéressante.
- On a étudié la marche d’une machine dynamoélectrique en faisant varier la résistance de o à co , et en adoptant différentes dispositions. On relève pour chaque expérience la différence de potentiel aux bornes, puis on construit une courbe en prenant pour abscisses les résistances, et pour ordonnées ces différences.
- Si l’on applique ce procédé à une machine où le circuit des électro-aimants inducteurs est en série dans le circuit général, ainsi qu’onle dispose d’ordinaire, on trouve une courbe qui, après s’être élevée, redescend rapidement; si même les électro-aimants sont enroulés avec un fil court et peu résistant, la courbe est à peu près uniquement des-
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- cendante ; au contraire, si les électro-aimants sont animés par un circuit long et résistant placé en dérivation sur le circuit général, on trouve une courbe qui s’élève d’abord rapidement, puis plus lentement, mais ne cesse pas d’être ascendante.
- « L’idée de combiner ces deux montages sur une même machine naissait naturellement de ces expériences, » dit M. Richter. On l’appliqua : on construisit des machines où deux électro-aimants portaient un enroulement f)eu résistant placé en série, et les deux autres un enroulement résistant placé en dérivation ; en conservant une vitesse déterminée, après quelques tâtonnements, on obtint un appareil qui fournissait une différence de potentiel aux bornes passablement constante pour des résistances très variables.
- On peut admettre, comme le dit M. Richter, que l’idée des enroulements combinés naissait naturellement; mais le malheur est qu’elle était déjà née, et bien plus complète, bien plus claire, bien mieux établie qu’elle ne l’est dans le travail allemand : il suffira de se reporter à notre numéro du 3 décembre 1881; on y verra comment à l’aide de la courbe qu’il a nommé caractérisque, M. Marcel De-prez a étudié l’action de deux courants inducteurs combinés, comment il a montré qu’à l’aide des actions concordantes d’un courant constant et d’un courant variable on pouvait obtenir un potentiel approximativement constant; il a établi géométriquement et mathématiquement ces faits ; il a donné le moyen de mesurer l’approximation obtenue; il a indiqué les divers moyens propres à réaliser cette combinaison, et, parmi eux, l’usage d’un courant dérivé combiné avec le courant principal. La question est donc, depuis plus de deux ans, résolue à fond, et, bien plus, la distribution électrique qui fonctionnait au Palais de l’Industrie était une application de cette théorie.
- La maison Siemens avait, paraît-il, fait la demande d’un brevet sur ce point le 20 juillet 1882, mais elle retira cette demande au mois d’octobre « parce que, dit M. Richter, on sut dans l’intervalle qu’un pareil montage avàit été mîs en usage dès l’année 1871 par Sinsteden et par d’autres. »
- Que l’on ait retiré la demande de brevet, je le crois sans peine, mais ce n’est pas pour la raison que donne M. Richter. Parmi ceux qui réinventent, la maison Siemens et Halske ne doit pas être rangée dans la classe des naïfs qui ne savent ce qu’ils font; elle le sait fort bien, au contraire; au point où elle est arrivée , elle n’a, du reste, pas le droit d’ignorer, et, dans le cas actuel, elle est parfaitement informée. Elle sait que M. Marcel Deprez a fait, dans l’année 1881, la demande d’un brevet comprenant le double enroulement, et elle le sait si bien qu’elle a fait opposition, et que c’est elle qui a signalé la prétendue antériorité de Syns-teden.
- Il sera bon que tout le monde sache ce que vaut cette antériorité. Voici les faits : Dans un mémoire inséré dans les Annales de Poggendorf (supplément V, pages 65i-653, mai 1871), Sinsteden s’occupe de l’influence qu’exerce sur la marche d’une machine la résistance de son circuit inducteur. « Pour augmenter l’effet de la machine, j’ai employé un autre moyen ; afin de pouvoir introduire dans la spirale de l’aimant inducteur des résistances facilement variables, j’ai intercalé un rhéostat comprenant 10 pieds de fil de maillechort de |mm de
- diamètre au milieu de la spirale de l’aimant, à l’endroit où le fil passe d’une branche à l’autre, et, par cette addition, j’ai obtenu un grand accroissement de l’effet de l’appareil et une plus grande facilité à faire tourner la bobine. » Sinsteden raconte plusieurs expériences faites avec ce rhéostat, puis il ajoute, et c’est là le point qui nous touche : « Mais, comme un fil de maillechort extérieur à l’aimant ne peut agir que par sa résistance, il ne sert en rien à l’aimantation de l’aimant; il pourrait être plus utile et pratique de le remplacer par une quantité équivalente de fil de cuivre enroulé sur les branches, même en deux ou trois couches séparées de spires, et de relier ensuite au fil principal de l’aimant une de ces couches ou plusieurs en tension, suivant que l’appareil intercalé entre les bornes de la machine, et dans lequel doit passer le courant, présente une résistance plus ou moins grande. »
- Il faut lire ce passage avec bien peu d’attention pour y voir l’indication de deux circuits combinés; il n’y en a qu’un seul dont la longueur et par conséquent la résistance peuvent être modifiées par la mise en circuit ou le retrait d’un certain nombre de spires, et il n’y a qu’un seul et même courant inducteur; Sinsteden le dit expressément. La prétendue antériorité n’a aucun rapport avec la découverte à laquelle on voudrait l’opposer, cela est de toute évidence, et de fait, cela a été reconnu,, puisque le brevet Marcel Deprez a été accordé.
- Pour traiter d’un seul coup la question des antériorités, disons qu’on a prétendu opposer à l’invention de M. Marcel Deprez une disposition brevetée par M. Brush : nous la trouvons citée dans une conférence de MM. Ayrton et Perry qui la présentent comme un procédé de régulation; il est aisé de montrer qu’ils sont entièrement dans l’erreur. L’invention de M. Brush est indiquée dans les termes suivants :
- (Brevet américain du 22 juillet 1879). «Je réclame dans une machine dynamo électrique dont les bobines formant le champ magnétique sont comprises dans le circuit général, la combinaison de ce circuit général avec un circuit différentiel de résistance déterminée toujours fermé, dans le but de maintenir le passage du courant dans les bobines entourant les électro-aimants de la machine lors même
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- que le circuit général est rompu. » Ici, il y a bien deux circuits et deux courants autour des électroaimants inducteurs; mais comment et dans quel but?
- M. Marcel Deprez ne prétend pas, j’imagine, être le premier qui ait mis deux circuits sur les électro-aimants, il n’est pas non plus le premier qui ait employé un levier ou un engrenage, les choses ne valent que par ce qu’on en fait. Or, M. Brush dit fort bien ce qu’il veut faire ; il entend ménager un petit courant toujours en action, afin d’éviter le désarmorcement de la machine en cas de rupture du circuit utile.
- De la régulation du courant, de la constance du potentiel pas un mot, par la raison que M. Brush n’y a pas pensé, ne les cherchait pas, et d’ailleurs n’aurait pas pu les atteindre avec les moyens qu’il indique, sans se placer dans des conditions toutes spéciales, qu’il faudrait définir : cette antériorité est également sans aucune valeur, on l’a officiellement reconnu.
- La maison Siemens et Halske connaissait ces faits.
- Je m’explique cependant : je veux admettre qu’à l’époque des expériences rapportées par M. Richter, elle ignorait les découvertes de M. Deprez ; je l’admets avec un peu d’étonnement et en regrettant qu’une maison aussi considérable ne suive pas avec plus de soin les travaux les plus importants; je reconnais également qu’elle a agi correctement en retirant sa demande de brevet, correction forcée du reste, puisqu’elle ne pouvait guère agir autrement; seulement j’ai le droit d’être surpris qu’en communiquant à M. Richter les essais de la maison, on lui ait laissé ignorer une antériorité de cette importance, et qu’on lui ait laissé dire que la propriété de cette combinaison électrique était à tout le monde lorsqu’elle était à quelqu’un, en vertu d’un brevet du 16 août 1881. Le procédé demande au moins une explication.
- A d’autres maintenant. La maison Siemens et Halske n’était pas parmi les naïfs, en voici : MM. R. E. B. Crompton' et Gisbert Kapp ont pris le io octobre 1882 un brevet sur les enroulements combinés dans lequel on trouve ce qui suit : « Une méthode pour disposer cet enroulement combiné, consiste à prendre une machine dynamo-électrique ayant une bobine induite dont la résistance, soit par exemple de o, 1 ohm, d’enrouler sur les noyaux de ses inducteurs assez de tours du fil n° 5 B. W. G. pour produire une résistance égale à celle delà bobine, soit 0,1 ohm ou environ et de monter ces inducteurs en série avec la bobine à la façon ordinaire. Sur les noyaux ainsi garnis, nous enroulons assez de fil o 57 pour obtenir une résistance de 20 à 3o ohms. Nous rattachons ce fil d’un balai collecteur à l’autre. Nous préférons mener cet appareil à une vitesse telle que la force électromotrice soit
- de 65 volts pour une résistance infinie. On trouvera alors que le circuit extérieur étant fermé à travers des résistances variant de l’infini a 0,75 ohm, et bien que le courant varie de 2 ampères jusqu’à 80 ampères environ, la différence des potentiels aux bornes restera néanmoins constante et égale environ à 65 volts. » Ici nous voyons tout de suite ce qui s’est passé; MM. Crompton et Kapp ont expérimenté, essayé, et en tâtonnant ils ont obtenu par un heureux hasard un résultat avantageux : le texte même de leur brevet montre qu’ils ne savent pas du tout ce qu’ils font : ils adoptent des résistances quelconques, reconnaissent par expérience que pour une machine donnée il y a une certaine vitesse préférable; mais pourquoi ces choses sont nécessaires, quelle action elles ont les unes sur les autres, ils l’ignorent : s’ils veulent le savoir, ils en trouveront l’explication dans le n° du 3 décembre 1881 de La Lumière Electrique où se trouve le mémoire de M. Marcel Deprez déjà cité. Je ne la rapporte pas, cela ne tient point à notre sujet, et d’ailleurs je ne prétends donner de leçons à personne; seulement je dois avertir MM. Crompton et Kapp que leur brevet ne vaut pas un farthing, attendu qu’il est en arrière de deux ans sur le brevet obtenu le 24 septembre 1881 en Angleterre par M. Marcel Deprez : je ne puis que le regretter pour ces messieurs, car je pense sincèrement, ainsi que je l’ai dit, qu’ils ignoraient absolument ce qui avait été fait : cela prouve une fois de plus qu’il faut s’informer et étudier avant de se jeter dans une question.
- Je m’attends à trouver de nouvelles occasions de faire des rectifications semblables à celle-ci : le transport électrique de la force avec sa distribution était déjà la question posée lors de l’exposition, aujourd’hui il est le point culminant de la science électrique.
- Nous avons le droit de dire à l’honneur de notre collaborateur, qu’il a été le centre de ce grand mouvement et que tout le bruit qui s’est élevé dans les deux dernières années s’est fait autour de son nom et autour de ses belles expériences de Munich et du chemin de fer du Nord. Actuellement la question entre dans la phase industrielle, la carrière s’ouvre immense et il est certain que chacun va vouloir s’y faire une place à tort ou à bon droit.
- Je considérerai toujours comme néesssaire, de rétablir les faits. La presse doit fournir les éléments de l’histoire et la juste attribution des découvertes est un des principaux soins qui lui incombent : c’est la base de l’équité scientifique; chacun de nous a pour premier devoir de veiller à son-maintien.
- Frank Geraldy.
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- particulier que j’ai étudié en mettant à profit les recherches expérimentales que j’ai commencées en novembre 1881 sur les machines dynamo-électriques, et dont une certaine partie a été publiée dans ce recueil. *
- Le but que l’on doit s’efforcer d’atteindre lorsqu’on crée un nouveau type de machine dynamo électrique est de lui faire absorber le plus grand travail possible par rapport à son poids en produisant le plus petit échauffement possible, la vitesse étant, bien entendu, déterminée. Cette con-
- GÉNÉRATRICE DES E.XP_ÉR IE N C E 5 DU CHEMIN DE^FER DU NORD
- LA GÉNÉRATRICE
- EXPERIENCES DU CHEMIN DE FER DU NORD
- A l’occasion des expériences faites aux ateliers du chemin de fer du Nord sur la transmission électrique du travail mécanique on a donné une description très sommaire de la machine qui servait à engendrer le courant. Cette machine était d’un tvDe
- dition est beaucoup plus facile à énoncer qu’à réaliser. Je crois cependant m’être approché beaucoup de ce but dans la machine d’expérience représentée ci-dessus.
- Elle se compose essentiellement de deux électro-aimants à double enroulement, conformément au principe que j’ai fait breveter en février 1881, et à deux branches, opposés par les pôles de noms contraires, de façon à constituer deux champs magnétiques, ce qui entraîne naturellement l’emploi de deux anneanx dont le courant pouvait être recueilli par un seul collecteur. J’ai préféré cependant en mettre deux, chaque anneau ayant ainsi un fonctionnement absolument indépendant.
- On peut dire que l’objectif principal que je me
- suis proposé de réaliser en étudiant ce type a été de créer un champ magnétique d’une très grande intensité, avec un poids de fer et de cuivre modéré, en ne dépensant pour le produire qu’une très petite quantité d’énergie.
- Dans les expériences du chemin de fer du Nord, l’intensité du courant était de 2,5 ampères et la résistance des inducteurs de la machine de 20 ohms. La quantité d’énergie dépensée dans le fil
- des inducteurs atteignait à peine g de cheval. Ce chiffre permet de juger si j’ai atteint mon but.
- Je reviendrai prochainement sur les résultats des expériences que.i’ai faites avec cette machine.
- Marcel Deprez.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ
- DE
- MUNICH
- SEPTEMBRE ET OCTOBRE 1882
- Nous n’avons pas voulu commencer les comptes rendus détaillés de l’Exposition d’électricité de Munich avant d’avoir réuni sur cette nouvelle manifestation des progrès électriques tous les documents et dessins nécessaires pour en donner la description aussi complète que possible.
- L’Exposition de Munich, nous l’avons dit, si elle n’a pas eu la grande importance et l’universalité de celle de Paris, présentait un grand nombre de points intéressants : organisation remarquable pour les mesures électriques, types de machines et de lampes particuliers aux constructeurs allemands, appareils scientifiques peu connus en France, venaient donner un intérêt tout spécial à cette exposition et ajoutaient à l’importance qu’elle empruntait aux belles expériences de M. Marcel Deprez. Aussi avons nous pensé qu’il y avait avantage à en différer le compte rendu afin d’en mieux pouvoir grouper les éléments.
- L’Exposition de Munich avâit pour but principal d’étudier la praticabilité des applications électrotechniques, dé faire les mesures nécessaires pour avoir une juste idée de la valeur de ces applications et en même temps de juger sérieusement l’éclairage électrique au point de vue artistique.
- A ce dernier point de vue, on ne pouvait trouver un milieu plus approprié, car après Paris où les artistes du monde entier se donnent rendez-vous et viennent faire consacrer leur talent, l’école de Munich tient une des premières places par le nombre et le talent de ses peintres et sculpteurs.
- Pendant l’Exposition d’électricité de 1881, au Palais de l’Industrie, les applications artistiques des nouveaux modes d’éclairage ont été assez restreintes; le salon de peinture, éclairé avec les lampes-soleil, a certainement produit le plus heureux effet, et l’arrangement du théâtre et des appartements du Président de la République a montré que pour les éclairages de luxe on pouvait accomplir des merveilles, mais en somme on n’avait éclairé à ce moment, ni un musée, ni un monument, tandis qu’à Munich on a fait ces tentatives avec un certain suc« cès, et tous ceux qui ont visité à cette époque la capitale de la Bavière, se rappellent l’excellent effet produit parles projections "des lampes Schuckert sur les Érauenthiirme en même temps que les installations électriques de certaines rues.
- Ils se rappellent aussi la décoration toute spéciale de ces divers salons de l’exposition, tous remplis de meubles et d’objets d’art dans lesquels la lumière électrique s’échappant de lustres élégants venait éclairer de la façon la plus luxueuse les superbes produits de l’art bavarois.
- A un autre point de vue, celui des applications électrotechniques proprement dites, le milieu était encore des plus favorables, car si les machines dynamo-électriques sont déjà susceptibles de rendre d’imj3ortants services lorsqu’on emploie la vapeur comme force motrice, à plus forte raison sont-elles encore plus précieuses lorsqu’on peut disposer de forces naturelles moins coûteuses que la vapeur. Or Munich est traversé par l’Isar dont les magni-
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- fiques et puissantes chutes seraient capables de produire des milliers de chevaux et la force naturelle ainsi crééen’est pas confinée en un seul point, car des bras de l’Isar traversent la ville en divers endroits et la force à utiliser a ainsi reçu naturellement un commencement de distribution. On voit dès lors tout l’intérêt que les habitants de Munich devaient attacher à l’étude des machines et des moteurs électriques et principalement à celle du transport électrique de la force, et l’on comprend pourquoi le Comité d’organisation, aussitôt qu’il eut connaissance des faits avancés par M. Marcel Deprez, relativement au transport à grande distance, lui en demanda instamment la preuve expérimentale et mit sans compter à sa disposition tous les moyens de mener à bonne fin son audacieuse expérience.
- Malgré ces conditions si favorables, les industries électriques étaient encore peu connues à Munich, mais lorsque M. le professeur Yon Beetz à l’Union polytechnique et M. l’ingénieur Oscar von Miller à la Société des architectes et ingénieurs vinrent, dans de brillantes conférences, décrire toutes les merveilles de l’Exposition de Paris, il n’y eut plus, chez les membres des sociétés dont nous venons de parler, qu’un seul désir : entreprendre l’étude de ces nouvelles inventions, si rapides que l’électricien lui-même a peine à les suivre, et s’en rendre compte par eux-mêmes au moyen d’expériences pratiques. C’est de ce désir que naquit l’Exposition de Munich.
- On sait que l’organisation del’expoisition électrotechnique fut commencée en mars 1882 par un comité d’initiative dont le bureau était ainsi constitué :
- Président : M. le docteur W. von Beetz, professeur à l’Ecole technique royale.
- Vice-président : M. Friedr. Hænle, fabricant.
- Secrétaires : M. Oscar von Miller, ingénieur, M. le chevalier J. von Schmædel, architecte.
- En même temps un certain nombre d’habitants, de maisons de commerce, de Sociétés, etc. se réunirent pour constituer un fonds de garantie et l’entreprise ne tarda pas à obtenir l’appui du gouvernement et des grandes administrations de l’Etat.
- L’ouverture eut lieu le 16 septembre 1882.
- Les objets exposés avaient été classés en i5 groupes, de la façon suivante :
- I. — Appareils historiques, instruments scien-
- tifiques et appareils d’enseignement.
- II. — Télégraphie et signaux.
- III. v— Téléphonie.
- IV. — Appareils électro-médicaux.
- V. — Piles et accumulateurs.
- VI. — Electrochimie.
- VIL — Machines magnéto et dynamo-électriques.
- VIII. — Lumière électrique.
- IX. — Moteurs.
- X. — Appareils et ustensiles divers.
- XI. — Câbles, fils et paratonnerres.
- XII. — Bibliographie.
- XIII. — Mesure électrique du temps.
- XIV. — Dispositions décoratives.
- XV. — Agriculture.
- Mais relativement aux essais électriques auxquels ils devaient être soumis, ces i5 groupes avaient été réduits à 12, ainsi qu’il suit :
- I. — Machines, accumulateurs et câbles.
- II. — Appareils historiques, instruments scientifiques et appareils d’enseignement.
- III. — Moteurs, mesure du travail et de la résis-
- tance.
- IV. — Photométrie.
- V. — Appareils télégraphiques.
- VI."— Téléphonie.
- VII. — Annonces d’incendie, appareils de contrôle, sonneries et horloges électriques.
- VIII. — Machines et appareils employés dans les chemins de fer ou dans les applications à la guerre.
- IX. — Piles, électro-métallurgie et électro-chi-
- mie.
- X. — Electro-thérapeutique.
- XL — Etude artistique de l’éclairage électrique. XII. — Applications de l’électricité à l’agriculture.
- Pour étudier les différents appareils ainsi classés, la commission d’essai se répartît en 12 groupes, dont les présidents et vice-présidents étaient les suivants :
- I. — M. le prof. Dr von Beetz.
- M. le Dr Kittler.
- II. — M. le prof. DrvonJol]y.
- M. le prof. D'Himstedt (Freiburg-i.-B.). ITI. — M. le prof. Schrœter.
- M. l’ingénieur Pœllath.
- IV. — M. le prof. Dr Voit.
- M. le Dr Kriiss (Hamburg.).
- V. — M. le conseiller Seifert.
- M. l’ingénieur von Hœsslin.
- VI. — M. le conseiller Seifert.
- M. l’inspecteur des télégraphes Beringer. M. le prof. Dr von Bezold.
- VIT. — M. Lautensclilæger, chef-machiniste du Théâtre-Royal.
- M. l’inspecteur des télégraphes Beringer. VIIT. — M. le prof. D1' Cari.
- M. l’ingénieur Henle.
- IX. — M. le prof. Dr Stœlzel.
- M. le D1- II. III. IV. V. VI. * VIII. von Schauss, directeur de la Monnaie.
- X. — M. le conseiller Dr von Ziemssen.
- M. le Dr Stinzing, aide-major.
- XI. — M. le baron von Perfall, intendant géné-
- ral.
- M. le chevalier von Schmædel, archi-tccte.
- XTT. — M. le prof. Wollny.
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- L’Exposition était installée dans un grand bâtiment en verre ayant servi autrefois de serre pour le jardin botanique au milieu duquel il est situé.
- Le plan ci-joint de Munich (fig. 1) indique la position du bâtiment ; la figure 2 en donne l’aspect extérieur du côté du jardin, et la figure 3 le montre à vol d’oiseau ainsi que les rues avoisinantes.
- Bien qu’occupant superficiellement un espace assez
- étendu, le Palais de cristal de Munich n’avait pas, comme notre Palais de l’Industrie, la ressource de galeries au premier étage, tout avait dû être groupé au rez-de-chaussée.
- Cela avait été fait néanmoins d’une façon fort réussie et de manière à produire sur l’œil l’effet le plus agréable.
- La figure 4 montre l’aspect que présentaient, de
- l’entrée, le centre et le côté droit de l’Exposition. La figure 5 montre l’aspect du côté gauche.
- La vue s’arrêtait d’abord sur une grande fontaine dont les jets d’eau faisaient le soir un effet magnifique sous les rayons de la lumière électrique. Les deux jets latéraux éclairés par les rayons colorés de deux projecteurs produisaient surtout un effet fort pittoresque.
- En face, derrière une colonnade ornée de guir-
- landes, était le buffet, éclairé par de nombreuses lampes Swan habilement disséminées dans les houblons et des lustres de lampes Edison.
- Dans la nef centrale, du côté droit, une chapelle disposée pour juger de l’effet de l’éclairage électrique dans les églises, s’élevait d’abord au milieu d’élégants massifs d’arbustes ; une grande salle de tableaux éclairée par des lampes Schæfer permettait ensuite de juger de l’effet produit par la lu-
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- mière électrique sur les belles, peintures réunies dans ce salon. En le quittant on entrait dans une salle de dessin éclairée pat des lampes Edison: de nombreux modèles, tant dessins que modèles de bosse, exposés aux rayons de cette lumière, montraient qu’ellé se prêle parfaitement à l’organisation d’une école du soir. Enfin en s’avançant encore vers la droite de la nef, on rencontrait un vaste espace où la Compagnie du chemin de fer du Nord avait groupé les différents dispositifs électriques en usage dans son exploitation.
- En tournant autour du pâté formé par la chapelle, le salon de peinture et la salle de dessin, on trouvait; d’abord en partant de l’entrée, près de l’espace réservé aux laboratoires d’essai, l’exposition des principaux constructeurs allemands comprenant les appareils à l’usage de l’enseignement ou aux recherches scientifiques. Différents appareils historiques attiraient ensuite l’attention, les postes téléphoniques servant aux auditions à grande distance, différents types de téléphones, des modèles de bureaux téléphoniques étaient exposés de
- FIG. 2. — PALAIS DE L’EXPOSITION ÉLECTRIQUE DE MUNICH
- l’autre côté de la chapelle; enfin diverses applications des procédés galvanoplastiques aux objets d’art rappelaient les constantes préoccupations artistiques de l’industrie de Munich.
- De l’autre côté de la nef, le groupe central était formé par l’installation de M. Marcel Deprez pour le transport delà force et les expériences si importantes >auxquelles ces nouvelles applications de l’électricité ont donné lieu. C’était là que se trouvait surtout concentré le grand intérêt de l’Exposition de Munich, car il s’agissait de démontrer la réalisation de l’un des plus .'grands problèmes de l’industrie moderne, le transport de la force à gran-
- des distances, au moyen de l’électricité et à travers un fil télégraphique ordinaire.
- Aussi, le soir, toute l’attention des visiteurs se portait-elle sur cette cascade, de près de trois mètres de haut, mise en mouvement par une force transmise de Miesbach à Munich, à une distance de 57 kilomètres. Cette belle expérience, confirmée par celles du chemin de fer du Nord et sanctionnée par le rapport de la commission de l’Institut, fera époque, et l’on est en droit de dire que la réalisation du transport électrique de la force à grande distance date de l’Exposition de Munich.
- Toujours au centre de la partie gauche de la
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- mm VUE A VOL D’OISEAU
- FIG • 3
- LE PALAIS DE L'EXPOSITION DE MUNICH.
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- F J G • 4..— PARTIE GENTRALE DE L’EXPOSITION DE MUNICH. — COTÉ DROIT
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- FIG. 5 — EXPOSITION DE MUNICH. •— CÔTÉ GAUCHE
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- nef se trouvaient l’exposition de M. Schuckert présentant également, mais avec du fil de cuivre et à une distance de cinq kilomètres, un transport électrique de force, on y voyait une laiterie mise en mouvement par une machine Edison, enfin le théâtre destiné aux essais d’éclairage de scène. En tournant autour de ce groupe, à partir du buffet, on longeait d’abord la galerie des machines, comprenant différents types plus ou moins semblables à la machine Gramme ou de Siemens; puis venaient les appareils de Planté, les piles secondaires de Schulze, celles de Bœttcher. On rencontrait ensuite différents types de paratonnerres et de câbles, puis quelques installations spéciales de machines.
- Pour rendre compte de tous ces appareils, nous décrirons d’abord ceux qui ont eu, dans l’Exposition de Munich, la plus grande importance, c’est-à-dire les appareils et installations de mesure du comité d’essais, et nous décrirons les magnifiques laboratoires si bien organisés, en quelques mois, pour faciliter toutes les mesures et les rendre réellement applicables à l’étude des puissants courants qu’emploie aujourd’hui la pratique.
- Nous aborderons ensuite, pour procéder par ordre chronologique, l’étude des appareils historiques, et nous passerons à la description des différentes machines dynamo-électriques exposées. A côté des types connus, nous aurons là à décrire un certain nombre de modifications de ces types, particulières à des constructeurs allemands et qui n’ont pas encore été mentionnées dans les publications scientifiques françaises.
- L’étude des lampes électriques, qui se relie si étroitement à celle des machines, viendra ensuite et nous fournira encore quelques modèles spéciaux qui, pour être peu connus des praticiens français, n’en ont pas moins fait leurs preuves en Allemagne.
- L’examen des machines et des lampes sera complété par celui des accumulateurs. A l’Exposition de Munich, ces auxiliaires des machines étaient représentés spécialement par la pile secondaire de Planté et par deux types nouveaux, ceux de Schulze et de Bœttcher. Là encore nous aurons donc du nouveau.
- Les appareils télégraphiques et téléphoniques, et les applications aux chemins ds fer formeront les chapitres suivants et nous terminerons cette revue par des articles consacrés d’abord aux applications diverses de l’électricité, telles que les appareils d’annonce ou de contrôle, et les applications électro-métallurgiques ou électro-médicales, puis aux appareils scientifiques destinés soit aux recherches soit à l’enseignement de l’électricité.
- Enfin nous donnerons autant qu’il sera possible, les résultats des expériences faites sur les différents appareils par le Comité d’essais.
- Nous aurons ainsi passé en revue d’une façon
- méthodique les différents objets que les difficultés de l’installation n’avaient pas permis de rapprocher les uns des autres autant qu’il eût été désirable, et cela permettra de bien voir ce qu’a apporté de neuf l’Exposition de Munich, malgré la promptitude avec laquelle elle a suivi l’Exposition de Paris.
- Cette dernière avait été un événement ; les applications électriques avaient largement rempli ce Palais de l’industrie que l’on croyait deux fois trop grand pour elles. On y avait contemplé avec des yeux étonnés mille choses que l’on ne connaissait que par les froides descriptions des livres et des journaux et qui semblaient à peine exister réellement. On avait vu tous ces appareils en fonctionnement, les machines transportaient la force d’un bout à l’autre du Palais, elles alimentaient de nombreux types de lampes qui avaient surgi de tous côtés comme par enchantement. Les téléphones, les télégraphes, et d’innombrables applications diverses achevai«nt d’étonner le visiteur. Enfin après une telle révélation, il semblait impossible que l’on pût rien tenter de sitôt en fait d’exposition d’électricité.
- C’était là cependant une erreur. Il se passera longtemps il est vrai avant que l’Exposition de Paris puisse être égalée et cela par ce fait qu’elle était la première exposition d’électricité et qu'elle apportait tout d’un coup un ensemble formidable d’inventions, non encore réunies jusque là et qui n’avaient figuré qu’isolément dans les expositions générales. Mais dans une science toute nouvelle et en plein développement comme l’électricité, les progrès sont si rapides qu’un an de distance entre deux expositions peut fort bien apporter assez d’inventions nouvelles pour créer un noyau intéressant et neuf dans une. exposition où l’on reverra encore avec plaisir et profit des appareils déjà connus.
- En outre, quand deux expositions consécutives ont lieu dans des pays différents, chacune d’elles porte toujours le cachet de la région dans laquelle elle se tient. Nombre d’industriels qui ne se dérangeraient pas pour aller porter leurs produits dans une ville éloignée sont tout heureux au contraire de les apporter quand le lieu d’exposition ne les force plus à un grand déplacement.
- C’est pour ces raisons que l’exposition d’électricité de Munich a pu être un succès, un an après celle de Paris, et qu’elle a pu encore présenter un nombre fort respectable de nouveautés. Ceux qui l’ont visitée ont pu s’en rendre compte et l’on pourra s’en" convaincre en lisant la série d'articles qui vont lui être consacrés.
- Tii. du Moncel.
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- SUR LA MESURE
- DES
- INTENSITÉS DE COURANT
- Pour mesurer les intensités de courant en unités absolues, on emploie toujours, dans les laboratoires, soit la boussole des tangentes, soit l’élec-trodynamomètre, sous Tune des formes que l’on donne à cet instrument.
- Dans l’industrie, on préfère, en général, se servir de galvanomètres construits spécialement pour cet usage et gradués d’avance en ampères par le constructeur. Ces galvanomètres de quantité sont, en effet, suffisamment précis pour les besoins de l’industrie; ils sont très commodes, parce qu’ils sont portatifs, que leurs indications sont presque instantanées et que leur emploi n’exige ni réflexion ni calcul. Il peut arriver cependant que l’un de ces instruments fasse défaut, ou bien que l’on croie devoir en contrôler les indications. Il faut alors pouvoir exécuter la mesure d’un courant en valeur absolue, et dans ce cas, il peut être utile d’employer la méthode suivante qui dispense également de faire usage de la boussole des tangentes du laboratoire.
- On fait passer le courant à mesurer à travers un long fil de cuivre rectiligne tendu verticalement. On dispose une petite aiguille de boussole à une distance du fil vertical égale à a; l’axe du fil et le centre de l’aiguille sont dans le même méridien magnétique. Sous l’influence du courant d’intensité i, l’aiguille dévie de l’angle a. Si a n’a qu’une longueur de quelques centimètres et que le fil vertical ait plus d’un mètre de longueur au-dessus et au-dessous du plan horizontal qui contient l’aiguille aimantée, on peut considérer le fil vertical comme infiniment long. Dans ce cas on a
- (1) z'—^al-Itang a.
- Dans cette formule H désigne l’intensité horizontale du magnétisme terrestre; on a H — 0,198 à Paris.
- On peut disposer de a de manière à rendre le coefficient de tang a égal à l’unité. Il suffit de prendre a égal à io3 millimètres, on a alors simplement
- (2) i — tang a.
- Dans la formule (2) i se trouve exprimé en unités absolues C. G. S. Si on veut avoir la valeur de i en ampères, il faudra multiplier par 10, c’est-à-dire employer la formule suivante
- i = 10 X tang a.
- En mettant l’aiguille-à i,o3 centimètre du fil, la formule (2) donnerait l’intensité en ampères ; mais il faudrait alors réduire proportionnellement la longueur de l’aiguille, ce qui présenterait quelques difficultés.
- Cette manière de mesurer i est très simple. Mais la méthode se trouvera en défaut si, au voisinage de l’opérateur, il se trouve des masses de fer ou des aimants qui ajoutent leur action à celle du magnétisme terrestre. On peut alors en tenir compte, en mesurant le rapport de la valeur locale de H à sa valeur normale, à l’aide de la méthode des oscillations. Mais c’est là, évidemment, une complication notable. Dans ce cas, on pourra remplacer la méthode précédente par celle que nous allons indiquer.
- On fait passer le courant à mesurer à travers un fil métallique MM'. Entre deux points A et B de ce fil on place en dérivation un circuit qui contient un galvanoscope G et un élément Daniell D. La force électromotrice de l’élément Daniell se
- trouve alors opposée à la différence de potentiel entre les points A et B. Si l’écart de ces deux points est convenablement choisi, on arrive à l’équilibre, le galvanoscope ne dévie plus. On a à ce moment
- (4) r/=ivolt,i2.
- Le nombre inscrit dans le second membre représente en volts la force électromotrice de l’élément Daniell. r est la résistance delà portion du fil MM' comprise entre les points A et B.
- Cette méthode suppose donc seulement que l’on connaît la résistance comprise entre A et B; elle est indépendante de la valeur du magnétisme terrestre, et elle permet de faire usage d’un galvanoscope quelconque. En outre, elle permet, dans le cas d’un courant variable, de trouver l’intensité à un moment donné : l’emploi d’un galvanomètre en pareil cas impliquerait la mesure de la durée du contact. La formule (4) donne
- r étant exprimé en ohms, cette valeur de i est exprimée en ampères.
- ’ G. Lippmann.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- DE L’ÉDEN-THEATRE
- Il a déjà été question dans ce journal (numéro du 14 avril i883) de l’emploi de la lumière électrique à l’Eden-Théâtre, au point de vue général de l’éclairage de la façade et des salles intérieures; mais la partie la plus intéressante de l’éclairage électrique de l’Eden est l’éclairage de la scène au moyen de bougies Jablochkoff, dans le but d’obtenir des effets tout spéciaux.
- La scène de l’Eden-Théâtre est pourvue d’un système complet d’éclairage au gaz, mais, pour le ballet, au moment de certains effets de décors ou de certains groupements des danseurs, on a besoin d’augmenter tout à coup l’intensité de la lumière et de la porter à un point que le gaz ne permettrait pas d’atteindre.
- C’est pour obtenir cet éclairage intense que la lumière électrique a été. installée sur la scène, à l’instigation de M. Boucher Hallez, ancien directeur du théâtre Bellecour, à Lyon, où il avait fait faire jadis une organisation analogue.
- L’installation électrique de la scène de l’Eden a été faite, aussi bien que celle du reste du théâtre, par la maison Mildé fils, sous la direction de M. Des-roziers.
- Pour obtenir les effets de scène demandés, il fallait d’abord que les allumages et réallumages se fissent instantanément pour tous les brûleurs à la fois, ensuite l’ensemble de chaque lampe devait être léger, maniable et robuste, de manière qu’on pût la mettre en place et l’enlever presque instantanément. Les transformations sont en effet très rapides et les manoeuvres des lampes électriques doivent toujours précéder celles des portants.
- C’est cette dernière condition qui a fait choisir la lampe Jablochkoff de 4mm, malgré la multiplicité des fils qu’entraîne l’emploi de ce brûleur, puisque chaque lampe doit contenir 4 bougies pour des allumages successifs.
- 48 chandeliers contenant chacun, comme nous venons de le dire, quatre bougies, fonctionnent sur la scène. Ils sont répartis de la façon suivante :
- 16 chandeliers pour la rampe;
- 20 chandeliers pour les portants, disposés sur to plans distincts;
- 8 projecteurs du type Molteni, dont deux au manteau d’Arlequin et 6 au premier dessus;
- 1 torche à main à 8 bougies s’allumant quatre par quatre;
- 1 torche à main à deux bougies.
- Il y a en outre deux appareils spéciaux qui per-
- mettent de produire l’un de fortes étincelles, l’autre de forts éclairs.
- On voit dans les figures ci-jointes, exécutées d’après les plans que nous a communiqués M. Des-roziers, la disposition des différents foyers, les chandeliers des portants F F... F'..., les projecteurs PP', LL', les foyers de la rampe R et la torche T.
- Les foyers de rampes sont montés sur deux longues rampes portées par des ascenseurs hydrauliques et la rampe à gaz est montée de la même façon, de sorte que l’on peut élever au niveau de la scène l’une ou l’autre des deux rampes à volonté. La figure 3 montre en coupe cette disposition; s
- y représente la rampe à gaz, s' celle à foyers électriques.
- Ainsi qu’on peut le voir assez nettement en s'les quatre bougies sont contenues dans une sorte de lanterne à base carrée à jour, dont les arêtes n’ont pour but que de protéger les bougies contre les chocs et de soutenir une lame courbe de fer-blanc qui fait réflecteur.
- Pour les portants, ces lampes sont fixées sur des bâtons de manœuvre à crochet, de sorte qu’on peut les fixer derrière les coulisses, comme on le voit en F F (fig. 3). Elles sont reliées à la canalisation électrique, chacune par un câble souple contenant 5 conducteurs à 8 brins.
- Lorsque les brûleurs sont éteints, ces chandeliers avec leurs câbles souples, sont enfoncés deux par deux dans des coffres GG... allant jusqu’au deuxième dessous. Cette manœuvre est d’une exécution très facile, bien que les câbles souples aient une longueur de 20 mètres.
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- La figure 4 permet de se rendre compte des dispositifs employés pour obtenir les rallumages divers et les changements de circuit demandés.
- Pour les lampes des portants des 8 premiers
- plans, le courant arrive en L L par les fils de droite dont deux seulement sur quatre sont représentés, ils se rend aux commutateurs à deux directions E E....et par leur moyen peut être dirigé soit sur
- les commutateurs D D... soit sur le circuit des projecteurs. Les commutateurs DD... à leur tour dirigent le courant soit sur des résistances W, soit sur les commutateurs à 4 voies C C. Enfin cha-
- cun de ces commutateurs CC... est relié directe-
- ment aux quatre circuits de quatre lampes par 4 fils, dont un seul est indiqué sur la figure et permet d’allumer à volonté chacune des bougies. Les manettes de ces quatre commutateurs sont réunies par une barre transversale à l’aide de laquelle on
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- les manœuvre simultanément, de sorte que l’allumage de toutes les lampes se fait au même ins-. tant.
- Les commutateurs H H........ jouent pour les
- lampes de la rampe et celles des deux derniers plans
- le même rôle que CC....pour les autres lampes de
- la scène ; MM.... permettent comme DD........ de
- diriger le courant à volonté soit vers H H......,
- soit dans les résistances W.
- Les commutateurs N N sont destinés à desservir la torche T ; celui de droite envoie le courant soit en M, soit dans le circuit des 4 premières lam-
- pes de la torche, soit dans celui des 4 autres lampes de cette torche.
- Le commutateur N de gauche intercalé dans le fil de retour de la torche permet d’introduire à volonté une résistance dans son circuit. Le retour des courants se fait par les conducteurs indiqués en gros traits, le même fil servant de retour pour 16 bougies. Dans certains cas cependant quatre bougies fonctionnent isolément et les 12 autres sont alors remplacées par les résistances correspondantes.
- Dans le cas de la torche à deux bougies il est
- FIG. 3
- également possible de ne faire fonctionner qu’une seule bougie.
- Les étincelles et les éclairs fonctionnent sur des circuits de quatre bougies.
- Pour l’allumage on lance d’abord la machine sur les résistances dérivées et on substitue au moment voulu les bougies.
- Des signaux électriques et acoustiques mettent la personne qui a charge des commutateurs en relation avec les mécaniciens.
- Outre l’éclairage de la scène, l’installation comprend aussi l’éclairage de la salle. On se sert dans ce cas de lampes différentielles Siemens.
- Ces lampes, au nombre de 24, sont installées de I
- la manière ordinaire et ne présentent rien de particulier. Elles sont réparties ainsi qu’il suit :
- 6 dans la salle indienne ;
- 6 dans le Jardin d’hiver;
- 4 dans le lustre ;
- 6 en façade extérieurement ;
- 2 sur un candélabre de la Ville en dehors du théâtre.
- Les lampes extérieures ont dû être soustraites complètement à l’air car les courants d’air produisaient des irrégularités et des extinctions ; pour cela les charbons sont complètement enfermés dans un cylindre de verre comme le montre la figure 5
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- . JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- qui représente l'aspect des lanternes extérieures. I machines Siemens et l’on utilise actuellement 3 Pour la production du courant on se sert des | groupes W4 D7 comme on le voit indiqué dans (la
- lH<? J(h<?
- FIG. 4
- fig. 2. Ces groupes doivent être cependant portés à 5 pour satisfaire à une augmentation projetée du nombre des lampes.
- Pour deux d’entre eux, les machines W, ont du fil de 25 dixièmes et tournent à 65o tours. Les D7 tournent à i 3oo tours Chaque groupe peut ali-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- menter 24 lampes différentielles Siemens ou i5o lampes à incandescence normales.
- Pour les trois autres groupes les machines W, ont du fil de 18 dixièmes sur l’induit et tournent à 570 tours. Les D7 tournent à 1 3ôo tours. Chaque
- f;g. 5
- groupe peut alimenter 16 bougies JablochkofF ou i5o lampes à incandescence normales.
- Chacune de ces machines actionne quatre circuits distincts et dans l’installation des lampes les circuits sont croisés afin de parer à toute chance d’extinction.
- Chacun des trois groupes W4 D, est actionné actuellement par une machine à vapeur spéciale. La
- vapeur est fournie par deux chaudières Belleville pouvant produire régulièrement 2 200 kilog. de vapeur à l’heure à la pression de 8 kilog. 5.
- La salle des machines est située dans les caves au-dessus du générateur. De cette salle les divers circuits se rendent au travers de la cour dans les caves situées au-dessous de la salle même et se dirigent les uns dans les autres vers la salle.
- Tels sont les principaux points de cette installation. Elle faithonneur à ses organisateurs, d’autant plus qu’elle ne s’est pas faite sans rencontrer nombre de difficultés extérieures.
- En premier lieu le délai très court dans lequel les travaux ont dû être accomplis était une première entrave, et d’autre part l’emplacement exigu laissé à la machinerie constituait une autre difficulté. Mais en outre la Commission théâtrale a fortement gêné l’installation.
- Elle a d’abord exigé l’érection d’une cheminée en briques de 44 mètres d’élévation et de im20 d’ouverture. La construction de cette cheminée a fort entravé l’installation des machines.’
- Des observations furent faites ensuite sur le nombre trop considérable de lampes par circuit, la force électro-motrice nécessaire étant considérée comme trop élevée.
- La difficulté la plus considérable a été cependant celle relative à l’isolement des circuits, qui ont dû être complètement refaits pour satisfaire aux exigences de la Commission.
- De crainte d’incendie cette Commission exigea en effet que chaque câble fût à la fois enveloppé d’un isolant comparable à la gutta-percha et d’une enveloppe incombustible.
- Les tubes métalliques ayant été écartés, l’amiante paraissait satisfaire à la condition d’incombustibilité, mais c’est un mauvais isolant quand elle est humide, ou mal préparée, ou employée dans des endroits humides comme on a pu en faire l’expérience à l’Eden. Pour éviter cette difficulté on s’est arrêté à la solution suivante qui a été adoptée par la Commission théâtrale. On a employé les câbles ordinaires avec les isolants en usage et ces isolants ont été entourés d’un tissu d’amiante recouvert lui-même d’un second tissu de toile silicatée.
- Ajoutons que les effets d’éclairage de la scène produisent un très bon effet; que l’allumage de toutes les bougies se fait avec une grande instantanéité et que cette bonne réussite a décidé l’administration de l’Eden à étendre encore son éclairage de scène. De nouvelles machines vont être mises en action; le nombre des brûleursJabloch-koff va être porté à 64 ou 72 dont 48 ou 56 pourront fonctionner simultanément. Enfin on va éclairer les dessus de la salle indienne et du Jardin d’hiver, et le rez-de-chaussée par une centaine de lampes à incandescence.
- Aug. Guerout.
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- DESCRIPTION
- DE QUELQUES
- FREINS ÉLECTRIQUES
- Les descriptions qui vont suivre ont pour objet de compléter, au point de vue de l’histoire des freins électriques, l’exposé qui vient d’être fait, dans ce journal, par M. Regray, des remarquables travaux de M. Achard et des ingénieurs de la Compagnie de l’Est f1). Cet exposé restera comme une confirmation officielle du titre justement mérité, d’inventeur du frein électrique, que donnaient déjà à M. Achard, les ingénieurs au courant de cette importante question, et comme le document fondamental, le point de départ, de toutes les recherches à tenter dans cette application de l’électricité.
- Les descriptions que je vais donner, d’un certain
- . — FREIN CARPENTER. — ELEVATION
- nombre de tentatives faites en dehors des essais de M. Achard, mais quelquefois en le copiant sans scrupule, seront, je l’espère, utiles à deux points de vue : en empêchant les inventeurs de suivre des voies déjà battues, et en signalant, au milieu de projets d’un ensemble parfois enfantin, quelques idées ingénieuses, quelques bons gràins tombés sur une terre ingrate.
- Il est bon de se rappeler, avant d’entreprendre la lecture de ces descriptions, que les mécanismes des freins doivent être, au premier chef, simples, robustes, très accessibles, qu’ils sont forcément exposés à l’humidité, à la poussière, et confiés à des hommes qui ne peuvent pas être des mécaniciens.
- Il faut donc, dans toute espèce de freins, éviter avec soin :
- i° Les organes toujours en mouvement sous les voitures ;
- 2° Les encliquetages et embrayages à ressorts multipliés;
- 3° Les transmissions par longues chaînes mouf-flées, sujettes aux ruptures et aux coincements, les
- (l) La Lumière Electrique, numéros des û janvier, 3 et 3i mars, 3 février et 5 mai i883.
- attirails trop lourds; le point moteur du mécanisme des freins devra donc attaquer son attirail, aussi directement que possible, et avec une longue course, de manière à réduire au minimum les dimensions des leviers amplificateurs ;
- 4° Le calage immédiat et systématique des roues qui heurte le matériel, provoque, dans les bandages, des méplats et des échauffements locaux, dangereux comme causes de ruptures, surtout si leur métal est aciéreux et sujet à la trempe.
- Il faut assurer, dans les freins continus :
- i° Un serrage aussi prompt et aussi uniforme que possible sous toutes les voitures du train, à la volonté du mécanicien et, souvent, des gardes des fourgons de tête et de queue : la promptitude de ce serrage doit être indépendante de la vitesse du
- FREIN CARPENTER.
- train, c’est-à-dire que l’organe moteur ou déclencheur des freins doit pouvoir agir avec une énergie ou une promptitude indépendante de cette vitesse, de façon à pouvoir déployer, en tout cas, l’énergie maxima dont leur attirail est susceptible ;
- 2° Un serrage modérable et constant, pour les ralentissements et le service des pentes;
- 3° L’automaticité absolue ou, tout au moins, un système avertissant le personnel du train des dérangements survenus en route au mécanisme des freins.
- Les freins électriques qui font l’objet de cette notice peuvent se diviser en trois classes.
- i° Les freins à action directe, dans lesquels l’électro-aimant forme presque lui-même le sabot du frein.
- 2° Les freins électro-magnétiques à embrayage, dont M. Achard est le véritable inventeur.
- 3° Les freins dynamo-électriques, à transmission de force électrique, dont le frein de Sir W. Siemens et de M. Boothby représente un des meilleurs types.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- FREINS A ACTION DIRECTE Carpenler
- L’un des premiers freins à action directe est celui qui a été proposé, en i858, par M. S. D. Car-penter (*); il consiste essentiellement (fig. i et 2), en deux électro-aimants F F, se faisant vis-à-vis par leurs pôles de noms contraires, suspendus au
- châssis par des lames G G, et reliés, par les écrous d aux barres ou entretoises porte-sabots C C.
- Lorsqu’on fait passer le courant, les aimants s’attirent en appuyant les sabots D sur les roues : le desserrage se fait par le rappel des lames de suspension G, qui ramènent les aimants à leur position primitive dès que le courant cesse.
- Les écrous d permettent de régler l’écartement des aimants.
- FREIN MILLIGAN ET WEELER
- Dans une autre variété de ce frein, l’un des élec-tro est remplacé par une armature.
- Milligan et Wheeler (2)
- Le frein proposé, en 187g, par MM. Milligan et Wheeler, de Melbourne, utilise l’adhérence même des armatures des électro-aimants sur les bandages. Le courant (fig. 3), est amené, par le fil A,
- FREIN COCHRAN
- FIG. 4.
- aux électros B, munis d’une armature en forme de sabot de frein, et renfermés dans une boîte pouvant glisser sur les barres-guides C, inclinées de manière à laisser l’électro retomber et lâcher la roue, après le serrage et l’interruption du courant.
- Cochran
- Dansvle frein de M. Cochran (fig. 4), les électro-aimants b, au nombre de deux pour chaque roue,
- (») Brevet américain, n° 19132, 19 jauvicr iflSfï. (2) Brevet anglais, n» i563, 16 avril 1MS0.
- et suspendus au châssis par des articulations à ressorts de rappel, sont munis d’armatures en forme de sabot c, garnies de plaques en bronze c', qui
- FIG. 5.
- — FREIN DUVELIUS
- frottent directement sur le bandage. M. Cochran a, dit-il, découvert que ces plaques-sabots, en bronze ou en tout autre métal non magnétique suffisam-
- FlG. 6. — FREIN DUVELIUS. — VUE PAR BOUT
- ment résistant, ont l’avantage « d’empêcher la dc-« charge du magnétisme des électros à travers le fer « de la roue, sans nuire à l’intensité de leur attrac-« tion, tout en donnant un frottement plus dur que
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- « celui du fer sur le fer ou l’acier » : c’est là toute la singulière originalité de ce frein. (‘)
- Duvelius
- L’électro-aimant de MM. Duvelius et Cc (*) présente (fig. 5 et 6) une forme particulière, il se compose d’une barre de fer transversale R, munie de deux bobines h h, et dont les extrémités, rivées aux sabots métalliques des freins, sont reliées par une traverse en bois Q. Le cadre ainsi formé peut osciller autour des articulations r, qui le suspendent au châssis.
- On peut évidemment supprimer la traverse en bois et la remplacer par la barre R, recouverte elle-même de fils; on réaliserait ainsi un aimant très puissant.
- Sigmund von Sawiczeski
- La principale originalité du frein de M. Sigmund von Sawiczeski consiste en ce que l’adhérence magnétique des armatures sur les bandages des roues n’y fait qu’amorcer le serrage, qui se complète par l’arc-boutement de ces armatures, en forme de coins, entraînées par le bandage sous des pièces fixées au châssis du véhicule.
- Sur la figure 7, on voit comment les pôles f ou /', des électros e, suspendus par les ressorts h, viennent, suivant que le véhicule avance vers la droite ou vers la gauche, se coincer, par l’entraînement du bandage, entre la roue et les pièces fixes g ou gt, rattachées, par la boîte-enveloppe c des électro-aimants, aux barres-guides a a. (*)
- On peut certainement obtenir ainsi, avec une
- FIG. 7,
- FREIN SIGMUND VON SAWIGZESKI
- faible aimantation, un serrage très considérable, mais trop brusque et presque impossible à modérer : le desserrage des sabots coincés présenterait d’ailleurs toujours des difficultés croissant avec l’usure des pièces f g.
- Les essais sommaires exécutés, au chemin de fer du Nord français, en février 1881, avec un frein Sigmund sans arc-boutement n’ont donné que des résultats négatifs : serrage excessivement faible.
- On ne peut guère espérer augmenter ce serrage en essayant, comme l’a proposé M. Oratio Lugo, d’enrayer les roues par la résistance magnétique seule des électro-aimants, dont les pôles affleureraient les bandages sans les toucher. (3)
- Conover
- Enfin M. P.-V. Conover a proposé d’actionner les freins par un solénoïde à piston A (fig. 8), ana-
- (!) Brevet américain, n° 231276, 17 août 1880.
- (2) Duvelius, Goss, Paget-Higgs, Merrel, Peck et Walter. Brevet anglais, n° 57S1, 3i déc. 1881; américain, 237071, 2S janvier 1881.
- (:!) Brevet américain, n° 22.1933, 24 février 1880.
- logue à celui des électro-moteurs de Page et de Bourbouze.
- Il est certain que l’application de ces solé-noïdes, sous la forme proposée parM. Conover, ne donnerait qu’un serrage très faible, mais il semble
- FREIN CONOVER
- qu’on pourrait les appliquer, à cause de leur grande simplicité et des longues courses de leurs pistons, à la manœuvre des freins à embrayage ou à déclenchement, dans lesquels l’électricité n’a plus qu’une action directrice. M. Conover a lui-même
- C) Brevet anglais, n° 3464, 10 août 1881.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- proposé un système de ce genre, qui sera décrit dans notre prochain article.
- Je me contenterai de signaler les propositions faites par plusieurs inventeurs et, notamment par M. Groombridge (*), d’arrêter les trains par le frottement, sur les rails, d’armatures d’électro-aimants fixés aux châssis des voitures.
- Ce système serait évidemment impraticable, et les freins agissant sur les rails sont depuis longtemps condamnés comme dangereux, en particulier au passage des croisements de voie.
- Gustave Richard.
- BIBLIOGRAPHIE
- DIE ALLGEMEINE ELEKTRISATION DES MERSCHLICHEN KŒRPN.
- (L’électrisation générale du corps humain, par M. S. Theodor Stein. Halle, Wilhelm Knapp, i883. hanbuch der galvanoplastik. (Manuel de galvanoplastie, par G. Kaselovvsky. Stuttgard, Rieger, 1882.
- EINIGE WISSENSCHAFTLICH-TECHNISCHE FRAGEN DER GEGEN-tyart. (Quelques questions scienlijico-techniques actuelles), par Sir William Siemens. Berlin, Julius -^pinger, i883. electricity and magnetism (Électricité et magnétisme), par Fleeming Jenkin). Septième édition. Londres, Longmans, Green and O, i883.
- SOPRA UN MODO D’iNTERPRETARE I FENOMENI ELETTRO-STA-
- tici. (Sur un mode d'interprétation des phénomènes électrostatiques), par M. G.-B. Ermacora. Padoue, A. Dra-ghi, 1882.
- Les applications médicales de l’électricité sont aujourd’hui fort en honneur, mais il n’est peut-être pas de branche de la science appliquée qui soit moins ordonnée que celle-là. Le mode d’application préféré varie beaucoup suivant les praticiens, et tout le monde n’est pas bien d’accord sur les effets obtenus par tel ou tel mode d’opération.
- Le petit livre que vient de publier M. Stein nous semble présenter, autant qu’il est possible, l’état actuel de cette science; l’auteur divise son ouvrage en deux parties principales, traitant de la faradisation et galvanisation d’une part, de la franklinisation de l’autre. Par ce dernier terme, l’auteur comprend les applications médicales de l’électricité statique. Dans chacune de ces parties, il décrit d’abord tout le matériel électrique nécessaire aux applications, puis donne toute une série d’observations thérapeutiques empruntées surtout à sa pratique. Lé livre se termine par l’indication des soins à prendre des appareils et constitue certainement un fort bon manuel d’électricité médicale.
- Un livre également utile est le manuel de galvanoplastie de M. Kaselovvsky; il n’est, il est vrai, qu’une traduction de l’ouvrage bien connu de Ro-seleur, ce qui le rend intéressant surtout pour les
- praticiens allemands, mais pourtant l’auteur ne s’est pas contenté de traduire, il a cherché à mettre l’ouvrage au niveau de la science actuelle' et en a développé un certain nombre de chapitres, concernant les plus récentes applications de la galvanoplastie et notamment le nickelage.
- Sous le titre que nous avons inscrit plus haut Sir William Siemens a réuni deux de ses conférences et un de ses mémoires. Dans la première de ces communications, l’auteur passe en revue les derniers progrès de la science, l’adoption des mesures électriques, les diverses applications de l’électricité à la télégraphie, à la téléphonie, au transport de la force, à la galvanoplastie, à l’éclairage, les expériences de M. Warren de la Rue sur les décharges électriques et un grand nombre d’autres questions intéressantes se rattachant moins directement à l’étude,de l’électricité. La seconde communication est relative à l’éclairage électrique, elle a déjà été analysée dans les colonnes de ce journal, ainsi que la troisième relative au fourneau électrique, et dont nous avons donné des extraits.
- Signalons encore la septième édition du Traité d'électricité et de magnétisme du professeur Fleeming Jenkin. Cet excellent petit manuel est trop connu pour que nous ayons à donner à son sujet de nouveaux détails ; nous nous contenterons d’exprimer le regret que malgré la rapidité avec laquelle les éditions se succèdent en Angleterre, nous n’en ayons pas encore la traduction annoncée depuis plusieurs années.
- Nous indiquerons enfin le traité de M. Ermacora, ouvrage théorique qui mérite un examen approfondi et sur lequel notre collaborateur M. Merca-dier se propose de publier une étude étendue.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- La lampe à sélénium de M. Tommasi.
- On sait que si la bougie Jablochkoff est le plus simple des brûleurs à arc, elle a du moins cet inconvénient que son point lumineux s’abaisse au fur et à mesure que la bougie brûle. Pour rendre fixe ce point lumineux, M. Tommasi a eu l’idée d’utiliser la propriété du sélénium d’être meilleur conducteur sous l’influence de la lumière que lorsqu’il est plongé dans l’obscurité.
- La figure ci jointe montre comment M. Tommasi se propose d’installer son appareil.
- La bougie Jablochkoff est placée dans un tube T dans lequel elle tend à s’élever sous l’action d’un ressort R. Elle est, d’autre part, retenue dans son ascension par un électro-aimant E dont le
- (') Brevet américain, n° 175935, n avril 1876.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- oi i
- noyau porte des épanouissements s’appuyant sur des rails en fer. Tant que le courant d’une pile locale traverse cet électro-aimant, il est retenu contre les rails, ainsique la bougie qu’il supporte. Quand ce courant cesse, l’électro et la bougie peuvent obéir à l’action du ressort.
- D’autre part, la bougie est entourée d’un réflecteur M portant, à la hauteur à iaquelle le foyer doit être maintenu, un objectif qui concentre les rayons sur un élément de sélénium S. Celui-ci est dans le circuit d’une seconde pile locale et d’un relais B qui a pour fonction de maintenir normalement fermé le circuit dé E.
- Si le point lumineux vient à baisser, la lumière n’agissant plus sur S sa résistance augmente et le
- relais ouvre alors le circuit de E, de sorte que la bougie peut s’élever jusqu’à ce que le point lumineux ait repris sa posiiion et que l’état primitif de l’appareil soit par conséquent rétabli.
- L’idée est ingénieuse et quand M. Tommasi aura terminé la construction de ses appareils nous nous proposons de rendre compte des résultats obtenus.
- Sur la dissymétrie de la décharge électrolytique, par M. Alfred Trifoe.
- Dans des recherches antérieures, M. Tribe, en opérant avec les analyseurs dont nous avons déjà eu occasion de parler, était arrivé à cette conclusion que, dans le passage du courant au travers d’un électrolyte par l’intermédiaire d’électrodes plus étroites que la section du bain, on observe une
- dissymétrie d’action jdans les parties opposées, mais correspondantes, du champ électrolytique. Cette conclusion était mise en évidence par les étendues superficielles très différentes des électrisations obtenues sur des plaques d’argent placées respectivement en présence des électrodes positive et négative. Ces plaques ou analyseurs étaient
- FIG- 1
- placées dans une solution de sulfate de cuivre soumise à l’électrolyse et on put s’assurer que la dissymétrie était due à la diffusion des lignes de force, car elle disparaissait de plus en plus, à me-
- Q y____________________________________________________________________________<5
- - ; ! +
- v
- FU». 2
- sure qu’on les rendait de plus en plus parallèles.
- Dans ses nouvelles expériences, M. Tribe a employé une cuve carrée de 3o5 millimètres de côté et 128 millimètres de profondeur, une solution de
- ! *+•
- v 1 ~
- A
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- FIG. 3
- sulfate de cuivre à 5 % remplissant la cuve jusqu’à 8 millimètres du bord, deux électrodes de cuivre d’environ 7,5 millimètres de large placées dans des rainures sur les côtés de la cuve, et des analyseurs en argent fin de 67 millimètres de long sur 7 de large et pesant 0,75 grammes placés longitudinalement au milieu de la solution entre la surface et le fond et parallèlement à un plan vertical
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- passant par les électrodes. Les analyseurs étaient supportés par un petit pied de bois paraffiné. Dans chaque expérience on employait un seul analyseur et on faisait passer un courant de deux ampères pendant 6 minutes.
- Les résultats numériques de douze expériences sont donnés dans la figure i, représentant une section horizontale de la cuve, et montrant la position occupée par les différents analyseurs. On devra se rappeler que l’ion positif (cuivre) et l’ion négatif (peroxyde d’argent) forment les images permanentes des électrisations positive et négative, de sorte
- -f- —
- A
- i.'S Os 4-2 22 b 3i
- i--------- ~i |---- — |
- + - +
- + .
- B
- Jt3 G 22 cL 3l
- f ..l r _ ~\
- k-2
- r 3i
- FIG. 4
- que la grandeur de ces électrisations peut être mesurée après l’expérience.
- On se rappellera aussi que l’ion positif se dépose à l’extrémité de l’analyseur la plus rapprochée de l’électrode positive et que l’oxyde d’argent se dépose au bout le plus rapproché de l’électrode négative. Les deux dépôts sont séparés par un espace neutre. Les nombres inscrits dans la figure donnent les longueurs des dépôts en millimètres.
- Dans le cas où les longueurs sont les mêmes des deux côtés de l’analyseur, les chiffres sont placés seulement d’un seul côté du trait représentant l’analyseur.
- Les actions en a et en b étaient trop faibles pour qu’on pût les étudier; mais dans les parties c de f et gh\a dissymétrie était très distinctement indiquée par les différences de grandeur des dépôts
- de même signe sur les analyseurs placés dans des positions opposées mais correspondantes. Par exemple en g et h la dissymétrie pour le côté négatif était dans le rapport de i à 3,6 et dans le rapport de 1,9 à 1 de l’autre côté.
- En relation avec ces expériences, l’auteur cite deux autres observations qui ne se rattachent pas directement à la dissymétrie. La relation qu’il avait signalée entre la forme que prennent à leur limite les dépôts et la direction des lignes de force permet de déterminer cette direction lorsque l’intensité des lignes n’est pas trop faible. Or les lignes de force dans la partie du champ où étaient les analyseurs g, l, h étaient, d’après cette considération, parallèles à la longueur des plaques d’argent et dans le voisinage de i, j, k il en était à peu près de même, mais les plaques c, d, e,f indiquaient nettement^ la forme courbe des lignes de force.
- L’auteur appelle aussi l’attention sur la grandeur des dépôts sur les analyseurs ijk ; on observera que le dépôt négatif est toujours le même tandis que le dépôt positif varie de i3 à 26 millimètres. Gela semblerait montrer que la grandeur des dépôts, pour les dépôts négatifs au moins, n’a pas de rapport avec l’intensité du champ, car on observe sous ce rapport de grandes variations, mais les observations ne sont pas assez nombreuses pour que l’on puisse généraliser.
- Un autre point est la variation dans les grandeurs relatives des dépôts opposés. Dans huit cas où les effets des électrisations étaient assez marqués pour permettre la mesure, les dépôts positifs étaient plus grands sur les deux côtés ou sur un seul côté de l’analyseur que les dépôts négatifs à l’autre extrémité; mais dans quatre cas les dépôts négatifs étaient plus grands que les positifs.
- Les fig. 2 et 3 représentent les analyseurs g et e de la fig. 1. Les lignes pointées indiquent les limites des dépôts.
- Sous le nom de Dissymétrie par interférence, l’auteur décrit ensuite des expériences faites à l’aide de deux analyseurs séparés par un écran isolant.
- La cuve à électrolyse employée avait 3o5 millimètres de long sur 120 de large et 128 de profondeur ; des électrodes de cuivre de la largeur de la cuve étaient placées à ses extrémités. La solution de cuivre était la même que précédemment et les analyseurs avaient la même dimension.
- Une plaque carrée d’ébonite de 76 millimètres de côté et d’un millimètre et demi d’épaisseur était placée parallèlement aux électrodes au. centre du liquide. Dans la position A (fig. 4) cette plaque était à distance égale des deux électrodes. Dans la position B elle était à 71 millimètres de l’électrode positive, dans la position C à 71 millimètres de l’électrode négative. Les analyseurs étaient placés à 2 millimètres du centre de la lame isolante.
- Si les plaques d’ébonite avaient été absentes les
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 3i3
- grandeurs des dépôts sur les deux électrodes auraient été les mêmes. Les plaques d’ébonite ont donc exercé une influence. Il était d’ailleurs à prévoir que la direction des lignes de force serait changée et que la quantité de courant passant le long des analyseurs serait diminuée par l’interposition de l’ébonite, mais la dissymétrie dans la grandeur des dépôts de même nom semblerait foire croire à une dissymétrie dans les parties correspondantes du champ, et indiquerait que cette dissymétrie serait produite par une sorle d’interférence à la transmission de l’électricité.
- En effet en réduisant la largeur des lames d’ébonite, la dissymétrie était diminuée.
- L’auteur fait remarquer que l’effet général de l’interposition d’une plaque isolante devrait paraître au point de vue de la symétrie semblable à celui produit par l’extension des lignes de force; en outre que la même dissymétrie existait dans les trois positions A, B, et C. Ce dernier fait montre que le phénomène est indépendant d’une action directe des électrodes, attractive ou autre.
- Il conclut que la dissymétrie observée dans l’é-lectrolyse est analogue à celle de l’étincelle électrique et que la première offre des facilités pour l’étude du sujet. Il fait remarquer en outre que la dissymétrie doit être réelle et non due à des actions secondaires des électrodes, parce que les différences dans les grandeurs des dépôts semblables ne s’observent dans les parties correspondantes du champ que quand les lignes de force ont été déviées de leur route normale, et parce que ces différences s’observent dès le premier moment du passage du courant.
- Dosage du plomb dans ses minerais par l’élec-trolyse, méthode de M. A. Sommer.
- On sait que l’on obtient, par l’électrolyse des sels de plomb, un dépôt de plomb au pôle négatif et du peroxyde à l’électrode positive : M. A. Sommer, professeur à l’université de Californie, en a conclu que le plomb se séparait d’abord en totalité à l'état métallique, et que l’on pourrait en foire un dosage exact si l’on arrivait à en empêcher l’oxydation, en l’amalgamant à l’état naissant : l’expérience a confirmé cette théorie, et M. Sommer est arrivé à doser très exactement les minerais de plomb à l’aide d’un électrolyseur disposé de la manière suivante :
- Dans un tube à essai est placée d’abord une couche de mercure pur (de 20 à 40 grammes), puis une certaine quantité d’acide chlorhydrique étendu contenant de i5 à 20 pour cent de HCl. Un gramme de minerai de plomb pulvérisé est ensuite pesé avec soin dans un papier, puis enveloppé et jeté dans le tube où il tombe sur la surface du mercure. Dans ce dernier plonge une électrode formée par un morceau de crayon à lumière fixé par
- un tube de caoutchouc à un tube de verre que l’on remplit de mercjre. D'ans ce mercure plonge l’un des fils de la pile. Une autre électrode faite de la même manière, mais terminée par du graphite au lieu de charbon à lumière plonge, dans l’eau acidulée.
- On maintient au bain-marie l’éprouvette à une température de 70° environ, et l’on y fait passer un courant de 4 piles Daniell ou Meidinger, ou de deux éléments de Bunsen ou de Grove.
- L’électrolyse du minerai, de la galène par exemple, commence immédiatement, il se dégage finalement au pôle négatif de l’hydrogène sulfuré et de l’acide hypochloreux au pôle positif.
- Au bout de cinq heures environ, dès que l’odeur de l’acide hypochloreux devient très nette, la décomposition de la galène est terminée, on n’a plus qu’à verser en dehors du tube l’amalgame, le laver soigneusement et le peser, la différence entre son poids et celui du mercure donne le poids du plomb.
- Il est nécessaire de constituer l’électrode positive en graphite, et l’électrode négative en charbon de lampes. On reconnaît, en effet, que si l’on renverse le courant, les charbons se désagrègent (').
- Les étalons lumineux
- Nous avons parlé dernièrement du laboratoire installé par les Compagnies de gaz pour l’étude de l’électricité. M. Monnier, directeur de ce laboratoire, vient, à l’aide du matériel mis à sa disposition, de comparer le carcel avec les diverses bougies-étalon.
- 11 a trouvé comme valeur de carcel en bougies anglaises 8,33, en bougies allemandes 7,5, et en bougies de Munich 6,5. Ces nombres, pour ce qui concerne la bougie anglaise, diffèrent de ce que l’on admet généralement, ainsi qu’on peut s’en rendre compte par le tableau suivant :
- Valeur du carcel en bougies pour
- J la bougie anglaise. lit UUUt’IU de TUnion alle- la bougie de * Munich.
- — . mande. —
- Nombres donnés par M. Monnier. 8,33 7,5 6,5
- Nombres généralement admis. . . 9,5 7,6 »
- Nombres donnés par M. Schilling. 9.6 9,8 0
- — M. Schellen. 7,77 7,4 »
- Ce n’est pas que nous voulions mettre en doute en aucune façon l’exactitude des observations de M. Monnier, les divergences peuvent provenir des étalons mêmes qu’il a eu entre les mains; mais n’est-ce pas l’occasion de rappeler combien il serait urgent, qu’une commission autorisée fixât définitivement le rapport entre ces diverses unités.
- P) Scientijïc American supp., 16 juin i883.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- RÉSUMÉ
- I) E S
- BREVETS D’INVENTION
- 152979.— SYSTÈME DE TÉLÉPHONES, PAR M. H.-B.-T. STRANG-ways. — Londres, 7 octobre 1882. — Paris, 6 janvier i883.
- La figure montre une des dispositions réalisant le système de l'inventeur.
- A est la boîte du téléphone, dans le manche de laquelle est fixé le barreau aimanté B, portant, à la manière ordi-
- ..E
- naire, une hélice de fil isolé C enroulé autour d'une bobine c, à son extrémité supérieure qui est la plus voisine du diaphragme D, Sur ce diaphragme est attaché le petit aimant d d'une dimension et d’un poids assez petits pour ne pas gêner les vibrations du diaphragme; autour de d se trouve une seconde hélice ou bobine E en fil isolé avec de la soie qui est enroulé autour d'une bobine en bois e faite d'une seule pièce avec la bobine c. La bobine e est percée à son centre pour recevoir le petit aimant d, et le trou a juste la dimension suffisante pour permettre à d d’aller et venir ou de vibrer librement dans le sens de sa longueur sans toucher les parois de la bobine e. Le diaphragme D est maintenu en place par l'embouchure au pavillon A de la boîte du téléphone. En parlant dans le pavillon A, le diaphragme I) vibre, et avec lui la pièce d; la vibration de cette dernière à l'intérieur de l'hélice E et tout près de l'extrémité polaire de l'aimant B, augmente, selon l'inventeur, l’effet de la variation du courant électrique dans le fil. Si l'instrument est employé comme récepteur, les variations du courant électrique qui passent dans le fil de ligne et dans les bobines C
- et E feront osciller ou vibrer rapidement la pièce d dans le sens de sa longueur, et avec elle le diaphragme D.
- 152980. — FLANELLE HYGIÉNIQUE ÉLECTRO-NATURELLE, PAR m. j.-b. nyssen. — Paris, 6 janvier i883.
- L'inventeur revendique comme sa propriété exclusive la flanelle rendue électrique par son simple frottement sur le corps; cette flanelle est constituée par le mélange en proportion variable avec la laine employée à la confection, du tissu, de poils de chat ou autres animaux dont le- poil remplit les mêmes conditions.
- 153020. — PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS A LA CONSTRUCTION DES LAMPES ÉLECTRIQUES, PORTE-LAMPES ET DES EXCENTRIQUES ÉLECTRIQUES, PAR M. J.-S. BEEMAN. — Paris, 9 janvier i883.
- La première partie de cette invention se rapporte aux lampes électriques à incandescence. On prend du mica ou une substance demi-transparente et nou conductrice, qu'on forme et qu'on dispose, soit comme support pour les filaments de charbon, soit comme diaphragme non conducteur empêchant les particules de charbon de se déposer sur une partie quelconque des filaments, soit enfin comme réflecteur, en argentant une partie ou en la traitant de manière à la pourvoir d'une surface réfléchissante et la combiner ensuite avec un réflecteur.
- Pour ce qui regarde les lampes à arc, les perfectionnements consistent dans l'emploi du mica ou d'une autre matière analogue pour en former un tube qu'on applique de manière à le faire servir soit pour arrêter les étincelles, soit pour les réunir, s'il est nécessaire.
- La seconde partie de cette invention se rapporte à des porte-lampes et à des excentriques électriques dont l'inventeur a perfectionné la construction, en faisant ces porte-lampes télescopiques, et en produisant les contacts voulus au moyen de ressorts, de roues ou d'autres pièces à contact qui, disposées dans ou sur le tube intérieur contenant les fils conducteurs, portent contre la paroi intérieure du tube et se trouvent en contact électrique avec le courant produisant ainsi un électrolier mobile à coulisse et pouvant tourner autour de son axe, le revêtement du tube extérieur étant, quant à la propriété électrique, opposé à la tige centrale qui pénètre dans le tube intérieur sur lequel sont disposés les ressorts ou leurs équivalents.
- Pour ce qui regarde enfin les excentriques électriques, cette invention consiste dans l'application d'un interrupteur double pour rompre le contact. Ces interrupteurs sont formés et disposés de manière que l'excentrique soit en pleine activité ou complètement arrêté, dispositif qu'on effectue en donnant à la partie mobile la forme d'une came double, et en la munissant de ressorts fonctionnant dans des creux ou sur des épaulcments doubles.
- 153035. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES BATTERIES SECONDAIRES PLANTÉ ET DANS LES APPAREILS EN RAPPORT AVEC CES BATTERIES OU D'AUTRES BATTERIES, PAR M. F.-G-L. FOX.
- Paris 10 janvier i883.
- Cette invention consiste dans une construction et une combinaison perfectionnées de plaques de plomb employées dans les batteries secondaires Planté, de façon à leur donner une plus grande capacité d'emmagasinement. Dans ce but, on prend un certain nombre de bandes de plomb ou de feuilles de plomb, et on les superpose ou les place côte à côte avec des couches alternatives de sable, papier d'amiante ou autre matière poreuse convenable, et on les presse alors ensemble de façon à former une plaque épaisse qui sera ainsi composée de lames ou feuilles de plomb et de
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- substances poreuses séparatrices. On relie ensemble toutes les lames formant cette plaque par du plomb ou de la soudure, aux côtés, au sommet ou au fond. On monte deux ou plusieurs de ces plaques laminées dans un récipient de verre ou autre matière convenable contenant de l’acide sulfurique dilué, de façon que les bords des lames d’une plaque ou d’une série de plaques qui forment un pôle ou compartiment soient opposés, sans les toucher, aux bords
- de la lame de la plaque ou des plaques qui forment l’autre pôle ou compartiment. Comme toute la surface de chaque lame est une surface active, il en résulte que la capacité d’emmagasinement de toutes les lames, c’est-à-dire de la batterie, est considérable.
- Un nombre quelconque de cellules ou compartiments de
- J~ZL
- SL
- SSL
- YY
- y
- y
- FIG. 2
- batterie, construits comme nous l’avons décrit, peuvent être reliés ensemble pour former une batterie secondaire.
- Cette invention consiste en outre dans les moyens par lesquels une ou plusieurs cellules de cette batterie ou d’autres batteries primaires ou secondaires peuvent être détachées, quand on le désire, pendant que l’on charge la bat-
- Z
- j :
- .y
- -EErcB-
- J Y
- J' ^
- FIG. 3
- terie ou autrement. Dans ce but, on emploie en relation avec chaque cellule le commutateur représenté dans les figures i, 2 et 3. L’appareil est composé de la coulisse a, ayant trois pièces métalliques, b, c9 d, et de la partie fixe e, ayant quatre pièces métalliques ou de contact, / g, h, i. Deux de ces pièces de contact,/, g, sont respectivement en relation avec les deux pôles de la cellule correspondante de la batterie, et les deux autres pièces de contact h, i sont respectivement en rapport par des fils ou connexions k k avec les deux commutateurs adjoints. Dans la position normale, les deux deux pièces b9 c sont respectivement en contact avec les pièces /, h et g9 i, de façon que le courant de la cellule précédente et du commutateur passe à travers les pièces h9 b et / à la cellule, et, après avoir passé à travers
- la cellule, il va à travers les pièces g, c et i, et alors, par la connexion k au prochain commutateur. Quand, d’autre part, il est nécessaire de séparer une cellule donnée quelconque, la coulisse a en relation avec cette cellule est mue dans une position telle que les pièces b et c ne sont pas plus longtemps en contact avec h et i pendant que la pièce d relie h et /, et forme un circuit direct à travers le commutateur de k à k; l est un ressort pour maintenir la coulisse a à son fonctionnement. .
- 153048. — BOUGIE SOLÉNOÏDE, PAR LA COMPAGNIE PARISIENNE d’éclairage par l’électricité. — Paris9 u janvier i883.
- L’invention consiste en un solénoïde particulier formé par un fil conducteur isolé A, enroulé parallèlement à lui-même
- FIG. I ET 2
- sur un cadre vide B (fig. i ayant la forme d’un cylindre à base très large par rapport à sa hauteur; une lame de fer rectangulaire C peut se mouvoir dans ce cadre en entraînant un arbre D dont le centre coïncide avec l’axe de figure du système. Lorsqu’un courant circule dans un solénoïde de ce genre, la lame de fer C, mobile dans l’intérieur du cadre, tend à se mettre en croix avec le fil conducteur
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- isolé A, enroulé à l’extérieur, et peut vaincre ainsi la résistance d’un ressort antagoniste E. On conçoit alors la possibilité de placer sur Taxe D, un certain nombre d’excentriques, quatre, par exemple, taillés dans un disqùe
- de cuivre F (fig. 2), calé sur Taxe D, qui peuvent agir dans des circonstances favorables sur un certain nombre de charbons mobiles G, G4) G2, G3, placés à la manière de Wilde, par rapport à un même nombre de charbons fixes H, Hj H2j H3; une agrafe métallique I placée à la hauteur nécessaire pour la conservation du porte-charbon J, est atteinte par l’arc électrique à l’extrémité inférieure de la bougie, elle entre alors en fusion, et le charbon fixe H désormais sans support est rejeté de l’appareil, le courant passe alors, par un mouvement du solénoïde, dans une des bougies du voisinage, celle formée parles charbons H4 et G4 par exemple, dont les charbons Hi Gt se trouvent alors amenés au contact; un autre mouvement du même solénoïde provoque l’arc dans cette nouvelle bougie, jusqu’à ce que l’usure atteigne l’agrafe métallique dont il a déjà été parlé. Le même phénomène se reproduit ainsi à la fin de chacune des bougies placées sur l’appareil.
- 153049. — NOUVELLE MACHINE A COURANTS CONTINUS, DITE: ÉLECTRO-GÉNIQtJE, PAR LA COMPAGNIE PARISIENNE D’ÉCLAI-
- rage par l’électricité. — Paris, zi janvier i883.
- La figure montre le profil de droite de la machine vue extérieurement.
- A, A sont les inducteurs; ces inducteurs sont montés sur noyaux en fer cintrés à leur partie B' pour envelopper l’ar-
- mature mobile C. Les inducteurs et l’armature mobile reposent sur un bâti D, lequel est muni de supports D' pour recevoir l’arbre E commandé par la poulie F. L’ensemble de l’armature mobile C est calé sur l’arbre E qui lui communique un mouvement de rotation d’une vitesse donnée, uniforme. Un support à balais G, reçoit le fluide électrique et établit le courant avec les inducteurs à l’aide de fils retenus; sur les bornes g g* v
- 153051. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES APPAREILS A MESURER LES COURANTS ÉLECTRIQUES, PAR M. S.-G.-L. FOX.
- — Paris, 11 janvier i883.
- Le fonctionnement de l’appareil a lieu comme suit :
- Quand il ne passe pas de courant à travers la bobine du solénoïde A, le noyau B se trouve dans sa position la plus élevée^ et, par suite, le passage F pratiqué dans le fond du vase G qu’on entretient à un niveau constant avec une charge fournie par un réservoir d’alimentation H, est complètement fermé par la valve F; mais quand, au contraire, un courant passe, le noyau B se trouve plus ou moins attiré vers le bas, suivant la force du courant, et, par suite,
- la valve F se trouve plus ou moins soulevée par le levier C, et de là, le courant d’eau provenant du vase G et allant au réservoir I devient plus ou moins fort. Si le compteur M est construit de manière à indiquer un nombre donné d’unités de quantité, ce compteur, combiné avec la quantité d’eau contenue dans le réservoir ï, ainsi qu’il est indiqué par un niveau ou une jauge située à l’extérieur du réservoir, permettra de connaître de suite la quantité d’électricité qui est
- passée à travers le solénoïde, jusqu’à un moment donné quelconque; N est un syphon qui agit automatiquement, de manière à vider le réservoir I.
- 153064. — NOUVEL ACCUMULATEUR D’ÉLECTRICITÉ AVEC
- DISPOSITION SPÉCIALE DE TRANSPORT DIT : ACCUMULATEUR A
- LAMES BOUCLÉES, SYSTÈME DE KABATH, PAR M. N. DE KA-
- batii. — Paris, 12 janvier i883.
- Pour construire une lame suivant cette invention, on prend une feuille de plomb a dans laquelle on pratique des entailles, puis on replie ensuite le métal libéré par ces entailles sur lui-même de manière à former des boucles c.
- Une fois le métal replié, on obtient ainsi une lame munie de trous d et de saillies ou boucles c. On enroule alors ces lames en spirale, de façon à former des électrodes positives et négatives munies de prolongements extérieurs qui servent
- à les accoupler. Dans la lame spirale ainsi constituée, les trous d laissent circuler le liquide dans le sens transversal, et les boucles c, en maintenant les diverses spires écartées les unes des autres, permettent la circulation du liquide dans le sens vertical, tout en augmentant la surface active de la lame. Les lames fabriquées ainsi suivant cette invention peuvent être traitées par tous les procédés convenables et montées de toutes manières dans la cuve de l’accumulateur. Néanmoins, pour en faciliter la pose et le remplacement, l’inventeur préfère les disposer parallèlement les unes aux autres dans une caisse rectangulaire.
- L’inventeur brévète aussi la disposition et la construction spéciale de la caisse avec des leviers, crochets ou oreilles, facilitant le transport des accumulateurs.
- Quant à l’intérieur de la caisse, il sera, soit en caoutchouc durci, soit en plomb ou en toute autre matière convenable.
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- 153066. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES LAMPES ÉLECTRIQUES, par m. j.-d.-f. andrews. — Londres, ij juillet 1882. — Paris, 12 janvier i883.
- Cette invention se rapporte à des lampes électriques à arc voltaïque dans lesquelles on emploie un solénoïde pour la régulation; le but de l'inventeur est de se servir de dispositifs pour compenser l’attraction variable exercée sur le noyau lorsqu’il prend différentes positions dans le solénoïde.
- La figure est une coupe verticale d’une disposition de lampe suivant eette invention.
- a est le solénoïde, dont le noyau en fer b est attaché par son extrémité inférieure au support glissant du charbon inférieur, et par son extrémité supérieure à une chaîne c qui passe sur la poulie ci et est attachée au support du
- charbon supérieur. Lorsque le noyau b monte, la force attractive du solénoïde sur celui-ci s’amoindrit, mais la chaîne devient plus légère sur un côté et plus pesante sur l’autre, de manière à compenser la diminution de l’attraction sur le noyau.
- 153067. — SYSTÈME RÉGULATEUR PERMETTANT DE RÉGLER L’INTENSITÉ D’UN COURANT ÉLECTRIQUE, QUELLE. QUE SOIT LA SOURCE D’OU IL PROVIENT, PAR M. N. DE KABATII. — Parts,
- 12 janvier i883.
- L’appareil comprend d’abord un électro-aimant monté en dérivation et dont l’armature est disposée de manière à être attirée dans un sens par le magnétisme de l’aimant, et en sens contraire par un ressort antagoniste convenable. Cet aimant sert d’inverseur de circuit. Quand la force de l’aimant est plus grande que celle du ressort, le courant est envoyé dans un certain sens dans un moteur électrique et le fait tourner; tandis que, quand la force du ressort est prépondérante, le sens du courant se trouve renversé, ainsi
- que le sens de rotation du moteur électrique. Le moteur transmet au moyen d’cngrenages-convenables un mouvement de rotation lent à un arbre central; le mouvement de cet arbre peut être utilisé pour manœuvrer un commutateur introduisant dans le circuit soit des éléments nouveaux, soit des bobines de résistance.
- Pour régler des lampes montées en arc multiple, l’aimant régulateur est également monté en are multiple avec ces lampes; pour régler les lampes montées en série, l’aimant régulateur est également monté en série. Dans le cas où les lampes montées en arc multiple sont alimentées par une machine dynamo-électrique, l’appareil peut être employé à régler le courant excitateur de cette dernière. Quand, d’ailleurs, le régulateur est employé en combinaison avec des lampes à arc montées en série, on peut le faire fonctionner dans un circuit dérivé pris sur le circuit des électro-aimants.
- 153085. — PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS AUX LAMPES ÉLEC
- triques a arc, par m. n.-e. crompton. — Paris, i3 janvier i883.
- Cette invention consiste particulièrement dans des perfectionnements apportés aux lampes électriques à arc et qui sont applicables dans le cas où les porte-charbon supérieur et inférieur sont reliés ensemble par des cordes, chaînes ou autres communications flexibles convenables, passant sur des poulies disposées de manière que la course de chaque charbon soit réglée par l’autre.
- Dans une première disposition, on force une partie de cette corde de communication à s’engager sur une poulie montée sur le même axe que la première roue dans le cadre du train d’engrenages; ce cadre d’engrenages est relié à un électro-aimant ou solénoïde de manière à s’élever et tomber suivant le degré de magnétisation de l’armature ou du noyau du solénoïde. Par cette élévation et cette descente, il rapproche ou éloigne les charbons fixés à la corde de communication et règle la longueur de l’arc.
- O11 peut aussi utiliser le mouvement du cadre d’engrenages ainsi produit comme dispositif actionnant un mécanisme d’alimentation, en fixant un arrêt qui dégage le frein de sa roue quand le cadre d’engrenages est arrivé à la position qu’il occupe lorsque les charbons doivent avancer et que la lampe doit être alimentée. Dans ce cas, le cadre d’engrenages est suspendu à une boucle de la corde de communication, et les poulies sur lesquelles passe cette dernière sont, de préférence, choisies de manière que dans l’avancement des charbons, au fur et à mesure de leur consommation, le cadre d’engrenages conserve sa position. Un dispositif semblable peut être employée quand le mouvement des charbons est réglé par d’autres moyens, de sorte que lorsque l’avancement des deux se fait dans une certaine proportion, le cadre d’engrenages qui règle le mécanisme d’alimentation est fixe.
- On peut appliquer la même disposition d’engagement do la poulie du cadre d’engrenages avec une corde qui est employée à suspendre un charbon, dans le cas seulement où le mécanisme de la lampe fonctionne par le mouvement d’avancement d’un seul charbon.
- Quand le mouvement d.u noyau du solénoïde règle l’alimentation de la manière ci-dessus décrite, on rend également l’action du solénoïde plus délicate et plus sûre en enroulant le noyau de l’électro-aimant avec du fil fin; et en plaçant la bobine sur un circuit dérivé, et on enroule le so-iénoïde d’une manière différentielle, ou on emploie deux so-lénoïdes agissant sur les extrémités opposées du noyau, un solénoïde étant dans le circuit principal et l’autre dans un circuit dérivé.
- 153086. — PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS AUX MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES, MAGNÉTO-ÉLECTRIQUES OU ÉLECTRO-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- dynamiques, par m. r. matthews. — Paris, i3 janvier i883.
- Les électro-aimants M sont disposés autour d'un cercle, comme on le voit figure i ; le nombre des spires c est variable. Les électro-aimants M sont disposés en paires avec tous les pôles N d'un côté de l'armature et les pôles S de l'autre côté (fig. 2). L'armature est composée de bandelettes
- FIG, 1
- étroites de cuivre c, comme on le voit (fig-. 2). D est l'arbre que commande la poulie E. Ayant déterminé la résistance relative entre le circuit et la lampe ou autre appareil; on rattache à un commutateur séparé M' le nombre de spires propre à donner le champ magnétique nécessaire pour pro:
- fig. 2
- duire les courants voulus; le courant est ainsi rendu continu et est employé de préférence pour aimanter les électroaimants. Le commutateur principal A' (fig 3) dirige le restant du courant sur les électro-aimants M, et sur le circuit principal, de sorte que les spires de l'armature qui sont employées comme courant de série fournissent le courant pour vaincre le circuit, et la dérivation fournit la résistance variable des lampes ou autre appareil extérieur.
- Dans les machines à courants alternatifs, on dispose les aimants et deux fois leur nombre de spires d'armature comme on le voit figure 3; on dispose le commutateur A'
- (fig. 3) de manière à former un courant de dérivation intermittent continu en ce qui concerne la direction pour alimenter les électro-aimants M; ce courant est conduit de par le conducteur H jusqu'au solénoïde S' ; de là, il va aux aimants M. On fait fonctionner également conjointement avec ce courant une partie des spires d'armature en série; ce courant, commuté en M1, va du balai P' au conducteur B1, de là, il se rend au solénoïde S, puis aux aimants m. R R sont deux roues s'engrenant avec la vis sans fin J de l'arbre; R' est une excentrique; les tiges SS reçoivent un mouvement de va et vient qu'elles transmettent à la pièce en cuivre U sur laquelle sont montés l$s différents ba-
- FIG. 3
- lais E', fi7', F', F", G' et P'; ces balais sont isolés les uns des autres.
- Le commutateur de la machine à courant continu doit de préférence être formé de bagues munies de dents en nombre égal à celui des champs magnétiques ; un nombre semblable d'espaces un peu plus grands que les dents doivent -être réservés entre ces dernières, de manière à ce que les dents d'une bague viennent se placer entre lés dents de l'autre bague.
- La roue des balais consiste en un nombre de bagues placées côte à côte et munies de bras et de ressorts pressant sur l'arbre, pour former contact sur le commutateur.
- Pour régler la vitesse de la machine, lorsqu'elle est mue directement par la vapeur, par exemple, afin d’obtenir un
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- FIG. 4
- courant constant, on fait passer le courant par un électro-aimant S2 muni d'une âme H, contre laquelle presse le ressort L; quand le courant est trop fort, il surmonte la résistance du ressort et fait fonctionner le levier J (fig. 4) et *a soupape V, de sorte que la vapeur sous pression pénètre dans le cylindre A, et la soupape V' se' déplace pour permettre au piston de se mouvoir et d'ouvrir ou de fermer la soupape d'alimentation V. L'armature doit dé préférence être composée de minces disques en cuivre placés côte à côte dans un plan à angles droits à l'axe de rotation.
- Camille Groli.et.
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- FAITS DIVERS
- Nous apprenons la mort de M. William Spottiswoode, le président actuel de là Société royale de Londres. Mathématicien de la plus haute,valeur, M. Spottiswoode était plus connu dans le monde des électriciens par ses recherches de physique et principalement par ses études sur la décharge électrique. Possesseur d’une grande fortune, il en consacrait une partie à ses travaux scientifiques, et pouvait ainsi réaliser des expériences devant les frais desquelles des universités même eussent reculé.
- La science perd en lui un savant distingué et un travailleur infatigable. M. Spottiswoode n’était âgé que de 58 ans. Il était membre correspondant de l’Académie des Sciences.
- Nous avons également à annoncer la mort de Sir Edward Sabine, également membre de la Société royale de Lon-drest et dont les travaux sur le magnétisme terrestre sont universellement connus.
- Un tramway électrique appartenant à la Compagnie des Omnibus, chargé de voyageurs, vient à plusieurs reprises, de faire à 3 heures du mat'n le trajet de la place des Nations àPassy par les boulevards extérieurs. Le courant était fourni par dés accumulateurs placés dans le tramway même.
- Des expériences du batteur électrique de mesure Samuel viennent d’avoir lieu au grand Opéra de Paris dans le foyer du chant. Ces expériences, auxquelles la basse Boudouresque est venue prêter son concours, ont été faites devant une commission, qui a décidé qu’elles seraient renouvelées sur la scène avec un orchestre, des chœurs et l’orgue.
- Un chemin de fer électrique, acheté par la commission de l’Exposition, a été établi à l’Exposition électro-technique de Kœnigsberg.
- La ville de Genève va utiliser les eaux du Rhône pour la création d’un grand établissement de force motrice. Un concours a été ouvert relativement à la construction de turbines, vannages, transmissions, et le conseil administratif de Genève vient d’adresser au Conseil d’Etat une demande en concession de la puissance hydraulique du fleuve depuis le point situé à mille mètres en aval de la jonction du Rhône avec l’Arve jusqu’à mille mètres en aval du moulin de Vernier, pour une période de quatre-vingt-dix-neuf ans. L’exécution de ce projet mettrait à la disposition de la ville plusieurs milliers de chevaux de force à bon marché, développerait le service des eaux et faciliterait des essais d’application de l’éclairage électrique, ainsi que de la transmission de la force par l’électricité. L’Etat de Genève prendrait l’engagement de n’autoriser dorénavant aucun travail pouvant être préjudiciable à l’entreprise. La force du fleuve serait utilisée au lieu dit « le moulin du Vernier » au moyen d’un barrage transversal muni de vannes de décharge qui pourront être levées pendant les hautes eaux. Le bâtiment des turbines serait construit sur la rive droite du Rhône et contiendrait le nombre de turbines nécessaires pour utiliser un volume minimum de cent vingt mètres cubes par seconde, sous une chute de quatre mètres.
- Le nouveau Capitole de l’Etat de New-York va être éclairé à l’cîectricité. L’autorisation vient d’être accordée par le Sénat new-yorkais.
- Éclairage électrique.
- L’Amirauté, annonce VElectrician de Londres, vient de traiter avec la Swan United Company pour l’éclairage à l’aide de lampes à incandescence du transport de guerre de Sa Majesté britannique YOrontes. On se servira d’un moteur Gwynne et d’une machine Siemens à courant continu. Il y aura environ trois cent quatre-vingt lampes de douze, vingt et cinquante candies.
- Dans le quartier de Fulham, à Londres, la West Middle-sex Electric Lighting Company installe un éclairage électrique.
- Un des plus beaux hôtels du Royaume-Uni, le Caledo-nian Central Station Hôtel, dont la construction vient d’être achevée à Glasgow, a reçu des installations d’éclairage électrique. Des lampes à incandescence du système Swan ont été disposées dans les caves, la salle des machines, la buanderie, et il paraît probable que cet éclairage sera étendu à d’autres parties de l’hôtel.
- D’après un rapport adressé à l’Amirauté par le commandant du transport de guerre anglais l'Himalaya, les essais d?éclairage électrique à bord de ce navire pendant l’aller et le retour d’Europe en Asie ont donné d’excellents résultats. Depuis près d’un an que cet éclairage a été établi, YHima-laya est allé jusqu’en Chine, puis est revenu à Plymouth, d’où il vient de se remettre en route pour l’Inde. Pendant la traversée des régions les plus chaudes du globe, le système à incandescence a été particulièrement apprécié. Sur deux cent quarante lampes Swan, vingt-cinq seulement se sont brisées; leur durée de fonctionnement a été d’environ mille heures. D’intéressantes expériences ont été tentées en même temps relativement au débarquement des troupes pendant la nuit. On avait disposé à cet effet sur le pont un groupe de lampes à incandescence Swan de préférence à une lampe à arc. Deux lanternes réglementaires du vaisseau ont été munies de huit lampes Swan de cinquante candies chacune. Le résultat obtenu a dépassé toute attente; car, bien que les rayons ne fussent pas aussi intenses que ceux de la lumière à arc, ils permettaient de conduire les opérations d’une manière plus sûre, parce que la lumière était répartie plus uniformément. Les lampes Swan étaient placées dans les agrès.
- A Cardiff, dans la principauté de Galles, les lampes Brush, qui servaient à l’éclairage de la Saint-Mary-Street, viennent d’être remplacées par des lampes à arc Crompton, qu’alimente une machine Bürgin. Là façade du théâtre de Cardiff et l’hôtel Washington sont également éclairés avec des lampes Crompton.
- Saint-James-Hali, de la ville de Burnley, dans le comté de Lancastre, va être éclairé à l’électricitc.
- La fabrique de produits chimiques Barnes et Ce, à Hack-ney-Wick (Angleterre), est éclairée régulièrement avec soixante lampes à incandescence de vingt candies. On se sert d’une machine dynamo Lumley.
- Chesterfîeld dans le comté de Derby, où l’on avait d’abord installé, pour l’éclairage public, des lampes à arc est maintenant presque entièrement éclairée avec des lampes à incan-descenc posées par MM. Hammond et C^, L’éclairage est trouvé sâtisfaisant par la corporation de la ville. Les lampes sont maintenues en service toute la nuit à l’aide de machines Brush de quarante foyers et on va en placer de nouvelles dans Beetwell Street et à St-Mary’s Gâte.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- Le projet d’éclairage électrique de Leeds, pour lequel la corporation de cette ville a voté dernièrement une somme de dix mille livres sterling, contient une invitation aux compagnies à envoyer leurs soumissions en s’engageant pour une période d’une'ou de deux années. Il est proposé d’éclairer le Victoria liai! avec cinq cents lampes de vingt candies, la grande salle de lecture de la Bibliothèque publique libre avec cinquante et une lampes à incandescence, la bibliothèque de prêts avec soixante dix lampes à incandescence. celle des références avec soixante dans la salle d’en bas et environ . quatre vingts dans celle d’en haut. Des lampes à arc seront installées dans le vestibule de l’Hôtel de Ville, les bâtiments municipaux, Calverley Street, l’Office général des paiements, l’Office du Clerc, le Victoria Square', en face de l’Hôtel de Ville. Les conduites seront posées à travers .la ville dans les limites suivantes : de Great George Street le long d’Oxford Place à Park Lane, de là à l’East Parade le long de Bond Street à Park Row, puis par Park Row à Park Lane, Calverley Street et Great George Street. La ville de Leeds se réserve le droit de racheter toute l’installation à la fin de la première-ou de la seconde année d’essai de cet éclairage.
- Dc"rîsais d’éclairage'à l’électricité ont eu lieu, comme il a ét ' J..‘au Grand Opéra de Vienne sur la scène. Voici
- o"*\e détails sur ces essais. Dans les sous-sol du théâtre •élut installés deux cents accumulateurs répartis en quatre groupes, comprenant chacun cinquante éléments qui ne sont cependant pas tous en fonction; pour la production du courant électrique on n’intercale d’ordinaire que quarante-cinq de ces accumulateurs, ciuq restent en réserve. Mais tous les groupes sont reliés ensemble. Deux cables puissants servent de conducteurs pour les ramifications principales du . courant; ils aboutissent à une petite cloison situé derrière le front du proscenium où se trouvent les distributeurs et régulateurs de toutes les conduites diverses. Le nombre des lampes à incandescence intercalées pour les expériences était de douze cent trente-six. La lumière de la rampe était répartie en quatre circuits de trente-trois feux, comprenant ainsi cent trente-deux lampes. Dans chacun de ces circuits étaient intercalés deux appareils pour accroître ou diminuer l’intensité du courant. Lés conducteurs des plafonds étaient répartis en deux branches principales; d’autres lampes étaient posées dans les coulisses. Le programme des expériences embrassait sept effets différents. On a commencé l’épreuve sur un décor représentant une salle Renaissance à fond blanc avec ornementation dorée. La scène, de même que l’espace réservé, aux spectateurs se trouvaient plongés dans l’obscurité. Une lueur crépusculaire apparut d’abord, puis par degrés, presque insensiblement, s’agrandit; la clarté se fit de plus en plus sur la scène, jusqu’à ce que celle-ci fut remplie d’une lumière chaude et pure à peu près égale à celle du jour. L’effet a été reconnu satisfaisant sur tous les détails de l’architecture, colonnes, chapiteaux, ornements, ainsi que sur les meubles, vases, ustensiles, objets en métal blanc, et l’on a surtout remarqué la précision avec laquelle s’opérait le passage du crépuscule à la lumière et le changement subit de la clarté et de l’obscurité. Les expériences ont été conduites ensuite sur les costumes. On a fait défiler, devant les yeux des spectateurs, des acteurs en costumes de tous pays et de couleurs bigarrées, des tons les plus voyants et les plus criards. Les feux électriques ont été essayés également sur les visages des acteurs et des actrices en vue de s’assurer lequel, du fard sec ou du fard gras, est préférable lorsqu’on emploie l’éclairage à l’électricité. Les avis ont été partagés à ce sujet. Les uns ont trouvé que le fard sec doit être condamné; les autres qu’il faut seulement mettre plus de rouge pour obtenir avec la lumière électrique le même résultat qu’avec le gaz.
- Télégraphie et Téléphonie
- Depuis une dizaine d’années, l’exploitation des câbles télégraphiques sous-marins a pris un grand développement. Il existe actuellement dix-sept compagnies de télégraphes sous-marins. En outre, plusieurs gouvernements possèdent des câbles qu’ils exploitent eux-mêmes en Angleterre, en France, en Russie, en Italie.
- De tous les systèmes de télégraphie sous-marine, les plus importants soutceuxdontles câbles franchisSentl’Atlantique. On a posé jusqu’à dix câbles électriques à travers l’Océan, d’Europe aux Etats-Unis. De ces câbles, il en reste à l’heure présente huit en service. L’Auglo-American Telegraph Company, la plus ancienne des compagnies télégraphiques transatlantiques, possède quatre lignes sous-marines allant d’Irlande à Terre-Neuve, en partant de Vaîcntia pour aboutir â Heart’s Content. Ce sont le câble posé en 186*, le câble de 1866, celui de 1873 et celui de 1874.
- La compagnie française du télégraphe de Paris à New-York, fondée en 1879, n’a qu’un câble; la Direct Company n’en a qu’un également qui va d’Irlande à la Nouvelle-Ecosse et à Rye Beach. L’American Cable Company en a deux qu’elle a loués pour cinquante années à la Western Union Company. Ces huit câbles marchent maintenant en parfaite harmonie et l’on peut dire qu’il n’y a pas de meilleur service télégraphique que celui de l’Atlantique.
- La pose d’un câble électrique sous-marin est projetée par le gouvernement français entre l’ile de Ténériffe et Saint-Louis du Sénégal.
- On se propose d’établir un service de communications télégraphiques entre le Tonkin et la Cochinchine française. Un câble serait installé de Saïgon à Haï-Phong avec embranchement sur Hanoï. La pose de ce câble électrique déviait avoir lieu prochainement; car, dès le mois d’octobre, la traversée de Saïgon au fleuve Rouge est des plus laborieuses, contrariée qu’elle est par la grosse mer, les grandes.brises de la mousson du nord-est qui soufflent pendant six mois, et par un courant du nord qui, sur la côte d’Annam, a une vitesse de trois à quatre nœuds.
- Depuis quelque temps, des auditions téléphoniques théâtrales ont lieu tous les soirs au Musée Grévin. Cet établissement est relié â cet effet avec le concert de l’Eldorado.
- Montceau-Ies-Mines possède, depuis quelque temps déjà, toute une installation téléphonique, qui permet aux autorités de l’endroit de communiquer avec les bureaux de l’exploitation de la mine.
- Le Sénat de Belgique vient de voter à son tour la loi relative aux concessions téléphoniques en Belgique, loi qui a été l’objet d’une intéressante discussion à la Chambre des Députés de ce pays.
- En Suisse, on annonce 1’ctablis'scment de réseaux téléphoniques dans les villes de Lucerne et de Montreux.
- On vient de constater à Mayence, rapportent les journaux de cette ville, une curieuse influence de l’établissement des communications téléphoniques. Les fils courant sur les toits dos maisons de Mayence ont tellement déplu aux cigognes que ccs oiseaux ont quitté la ville.
- Le Gérant : A. Noaillon.
- Parie» — Imprimerie P Mouillot, i3, quai Voltaire. — 40222
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 5i, rue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL
- Administrateur-Gérant : A. NOAILLON ‘0
- &e ANNÉE (TOME IX)
- SAMEDI 14 JUILLET 1883
- N» 28
- SOMMAIRE
- Revue téléphonique; Th. du Moncel. — Sur une application du transport électrique de la force; Frank Geraldy. — Exposition internationale d’électricité de Munich : Les installations de mesures; Aug. Guerout. — Description de quelques freins électriques (2° article); G. Richard. — Revue des travaux récents en électricité. — Moyen de désaimanter les montres qui ont été aimantées par le voisinage d’un champ magnétique puissant, par M. Marcel Deprez.— Sur les rapports de l’induction avec les actions électro-dynamiques, et sur une loi générale de l’induction, par M. Quet.
- — Sur la dilatation électrique du verre, par M. Quincke.
- — Appareils du professeur Hughes pour l’étude du magnétisme. — Téléphone magnétique à aimants multiples, de M. J. Pollard. — Résumé des brevets d'invention ; Camille Grollet. — Faits divers.
- REVUE TÉLÉPHONIQUE
- Nous avons publié dans les numéros du 21 avril, p. 5ig, et du 12 mai, p. 55 du journal La Lumière Electrique, un résumé de l’état de la téléphonie dans les différents pays, et nous en avons déduit quelques considérations qui ont une certaine importance. Ainsi nous avons montré que c’est en Amérique que la téléphonie a acquis le plus d’importance, et qu’en Europe ce sont la Suède et la Belgique qui ont le plus d’abonnés aux réseaux téléphoniques eu égard à la population. Ce mouvement s’accentue de plus qji plus en Amérique malgré les difficultés d’installation qu’on y rencontre, et d’après les renseignements publiés par la Compagnie internationale des téléphones de Paris, il paraîtrait que le nombre des appareils téléphoniques s’accroîtrait en moyenne de 5000 par mois. D’après les statistiques arrêtées au ior janvier i883, le nombre des circuits était, à cette époque, de 74484, et il n’était, en 1882, que de 54 143. Le nombre de milles de fils téléphoniques était représenté en i883 par68 57i milles, en 1882 par 49750. Le nombre des abonnés en i883 était 97728, alors qu’il n’était que de 71 337 en 1882; enfin, le nombre des employés des compagnies des téléphones
- était, au Ier janvier i883, 3716, et il n’était que de 1 863 en 1882.
- En répartissant ces nombres suivant l’importance des villes, Y American Bell Company arrive aux déductions suivantes :
- « i° Pendant l’année 1882, le nombre ’ s réseaux téléphoniques, en Amérique, est resté ême dans les villes les plus importantes; il a au e eité de 1 seulement dans les villes de 5oooo à i5ooCo habitants, et de 7 dans les villles de 10000 à 5oooo habitants, tandis qu’il a augmenté de 252 à 496 pour les plus petites cités;
- « 20 Le nombre d’abonnés offre des changements analogues. Peu différent dans les grands centres, il a plus que doublé dans les villes de moins de 10000 âmes où il a été porté de 11 911 à 24031. Il ressort clairement de ces chiffres que le téléphone a trouvé une nouvelle clientèle dans ces derniers endroits, c’est-à-dire qu’il tend à se démocratiser chaque jour davantage;
- « 3° Si on étudie les chiffres donnés, on voit que la longueur moyenne des lignes par abonné diminue avec la population, comme on pouvait s’y attendre. Cette moyenne par abonné est de 1,01 mille pour i5oooo habitants, de 0,68 pour 5oooo, de 0,60 pour 10000 et de 0,57 au-dessous de 10000 habitants. La moyenne totale se trouve donc être de 0,70 mille par abonné ;
- « 40 II faut en moyenne un employé pour trente abonnés, et naturellement les employés sont plus nombreux dans les grands centres. C’est dans les villes ayant 10000 à 5oooo habitants que chaque employé arrive à desservir le plus d’abonnés;
- « 5° Quant au nombre d’abonnés par réseau, il est en moyenne respectivement de 1 525, 688, 240 et 48 pour des populations de i5oooo, de i5oooo à 56 000, de 5oooo à 10000 et au-dessous de 10000 habitants. La moyenne totale est de i35 par réseau. *
- D’après les derniers renseignements, ce serait New-York qui tiendrait la tête de la liste des abonnés; cette ville aurait 3 i3a abonnés; viennent ensuite : Chicago avec 2610, Cincinnati avec 2 c35, Providence avec 2061, Philadelphie avec 1890.
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- En Amérique, le prix d’abonnement varie essentiellement suivant la population de la ville et augmente avec le nombre des abonnés. Ainsi pour les villes de plus de i5oooo habitants, ce prix, par mois, est compris entre 7 dollars (Pittsburg et Cleveland) et 12,5 dollars (New-York). A Chicago, il est de 10,42 dollars, à Philadelphie, Boston de 10 dollars. Dans les villes de 5oooo à 100000 habitants, l’abonnement coûte par mois de 3 à 10 dollars, et dans les villes de 10000 à 5o ooo âmes le prix moyen s’abaisse encore sans descendre cependant au-dessous de 2,5 dollars pour les petites cités.
- Cette inégale répartition est juste et se comprend facilement si l’on considère qu’à mesure que le nombre des abonnés augmente, le nombre des personnes avec lesquelles chaque abonné peut communiquer augmente également, et cela dans une très forte proportion; il en résulte que le nombre des correspondances devient de plus en plus considérable et que l’on est obligé d’augmenter sans cesMde personnel des bureaux centraux ainsi que (4P^aes surveillants des lignes dans une proportion beaucoup plus grande que ne croît le bénéfice qui résulte de l’augmentation du nombre d’abonnés. On a donc été obligé en Amérique d’avoir des tarifs variables, et comme l’accroissement du nombre d’abonnés s’effectue avec une grande promptitude, il a fallu établir ces tarifs par mois, jusqu’à ce que ce mouvement ascendant se soit arrêté. En Europe, il n’en a pas été de même, sans doute à cause des progrès plus lents de la téléphonie dans ce pays, mais cependant on y trouve des taxes très différentes dans les différentes villes, et si on les compare aux populations de ces villes, on voit que les prix, comme en Amérique, sont d’autant plus élevés que les villes sont plus populeuses.
- Relativement aux prix de ces tarifs, on voit qu’il ne sont, en somme, guère différents de ceux de l’Amérique. Ainsi en prenant comme types les prix les plus élevés et les plus bas, on voit que le prix, d’abonnement par an, s’élève au maximum, en Amérique, à 765 francs pour les grandes villes, et au minimum à i53 francs pour les petites villes.
- A Paris il n’est, il est vrai, que de 600 franes pour un nombre d’abonnés à peu près égal à celui de New-York, mais il faut considérer que, à cause des égouts pratiqués dans toutes les rues de cette ville, les travaux d’établissement des réseaux ont entraîné moins de dépenses; il ne paraît pas d’ailleurs démontré que ce prix soit très rémunérateur pour la Compagnie, et d’après la communication faite par M. Lartigue l’an dernier, à la Société de physique, on pourrait croire que le développement considérable du réseau parisien ne serait pas une source de bénéfices tant que le prix d’abonnement sera maintenu à ce taux. Quoi qu’il en soit, nous
- ' tenions à montrer que les réclamations que certaines personnes font sans cesse contre le prix d’abonnement du réseau parisien, comparativement à ceux d’autres villes, n’ont pas leur raison d’être, puisque les dépenses s’accroissent dans un rapport très considérable avec le nombre des abonnés, et que la ville de Paris est celle qui en Europe en a le plus.
- Pendant que nous examinons le progrès de la téléphonie en Amérique, il ne sera pas sans intérêt-pour nos lecteurs que nous entrions dans quelques détails sur l’établissement des réseaux téléphoniques dans ce pays; le Bulletin de la Compagnie internationale des téléphones vient de publier des documents intéressants sur cette question, et nous allons rapporter quelques uns d’entre eux.
- Depuis quelque temps déjà, il s’est produit, comme on a pu le voir souvent dans nos faits divers, une vive opposition dans les principales villes d’Amérique contre le développement des réseaux aériens établis par les Compagnies de téléphones et de télégraphes. Les rues commencent a être encombrées de poteaux, les fils s’étendent au-dessus des maisons et des places publiques comme des toiles d’araignées où de temps à autres s’accrochent les échelles de sauvetage manœuvrées par les pompiers; de plus l’emploi de lignes aériennes pour la lumière électrique peut donner lieu à des accidents graves à cause de l’énergie des courants employés. Certaines municipalités se sont donc préoccupées de mettre un terme à cet envahissement du domaine public, et si elles n’ont pas encore trouvé le moyen pratique de remplacer les fils aériens sans diminuer la capacité du travail de ces lignes, elles n’en ont pas moins décidé quelquefois, à Chicago par exemple, l’enlèvement des poteaux et des chevalets tolérés jusqu’ici par le service de la voierie. Les compagnies que ces arrêtés exposaient à des dépenses considérables, vu l’absence à peu près générale d’égouts spacieux, n’ont pas manqué de résister, et à Chicago notamment, elles ont menacé de faire la grève des téléphones et des télégraphes. La situation est, on le voit, délicate, et il est difficile de prévoir comment on en sortira, car les particuliers eux-mêmes semblent disposés à intervenir.
- Il y a peu de temps, à Hartford, le jury a décidé que les Compagnies de téléphones n’avaient pas le droit d’emprunter, sans accord préalable, les constructions privées pour supporter leurs fils. 11 s’agissait, dans l’espèce, de l’établissement temporaire de supports sur le toit d’une maison; le propriétaire l’avait autorisé pour quelques jours, le temps de procéder à des réparations sur le réseau, la Compagnie avait profité de l’occasion pour s’installer à demeure. Elle y serait sans doute encore si le propriétaire, à bout de patience, n’était monté sur son toit et n’avait jeté bas poteaux et chevalets. De là, procès où le jury après vingt
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- minutes de réflexion donna tort à la Compagnie.
- Dans un autre cas, à Philadelphie, la Bell Téléphoné Company avait fait simplement passer ses fils à une distance de im,65 d’une maison sans tenir compte des observations du propriétaire. Celui-ci ne trouva rien de mieux que de lier les fils entre eux de manière à interrompre le service, et lorsqu’on envoya des ouvriers pour remettre les lignes en état, il déclara qu’il ne laisserait pas la Compagnie utiliser les fils s’il ne lui était accordé quelque compensation; sa demande n’ayant pas été accueillie, il recommença la même manœuvre,. ce qui motiva des poursuites de la part de la Compagnie. Les journaux américains qui rapportent ce fait, ajoutent qu’il y aura sans doute un compromis, car la perte de ce procès aurait de très graves conséquences pour les Compagnies de téléphones.
- « On est généralement disposé, dit le Bulletin de la Société des téléphones, à considérer en Amérique que les droits des propriétaires d’un terrain s’étendent à la pyramide qui a son sommet au centre de la terre, la surface du terrain comme base et va se prolongeant indéfiniment dans l’air. Lors de la construction du métropolitain de. Londres, il a été légalement établi que personne ne peut être contraint à laisser construire sans compensation un tunnel sous sa propriété : on n’avait pas encore pensé que la possession de l’air pût donner lieu à des réclamations du même genre, et sans l’invention du téléphone, il est probable que cette question n’eût jamais été soumise à un tribunal. En France l’exploitation des réseaux téléphoniques n’est pas exposée à de pareilles mésaventures. On pourrait tout d’abord invoquer comme précédent les règles imposées pour l’exploitation des mines où les droits des propriétaires de la surface du sol sont réglés par l’acte de concession (art. 6 de la loi de 1810). L’intervention de l’administration ne paraît pas nécessaire, et la Société générale des téléphones n’en a pas eu besoin. A Paris, elle a profité des égouts pour loger ses câbles, et dans les villes de province où elle a créé des réseaux aériens, elle s’est parfaitement entendue avec les municipalités et tes particuliers. D’ailleurs elle n’a pas à craindre la concurrence qui, en Amérique, se pratique en toute liberté entre toutes les Compagnies de téléphones et de télégraphes, et constitue la principale cause de l’encombrement des rues par-les fils électriques. Si les Compagnies américaines sont obligées de modifier le système actuel de communications, il ne leur restera d’autre ressource que d’établir à grands frais des conducteurs souterrains, et en prévision de cette transformation, il s’est récemment constitué à New-York une Compagnie qui a obtenu le privilège de poser dans les rues des conduites qui seront ensuite
- louées aux Compagnies des téléphones et des télégraphes. »
- Au Mexique, le développement des exploitations téléphoniques dans les Etats de Puebla, de Tlaxcala et de Hidalgo est digne d’attention, et les demandes faites par la ville de Puebla seule ont été si nombreuses que la Compagnie mexicaine a pu établir quelques agences à peine sur le reste du territoire. « Les opérations de la Société, dit le Bulletin de la' Compagnie internationale des téléphones, ont commencé en août 1882, avec une concession de 5o ans, octroyée par le gouvernement. Le public a montré, dans le principe, une grande froideur pour le téléphone; il a eu besoin de s’accoutumer à ce nouveau genre de conversation avant de l’adopter pour ses affaires et le premier bureau central a été ouvert à Puebla, le icr septembre 1882, avec 5 abonnés seulement, et une longueur totale de lignes de 2 milles. Au i01' mai dernier, le réseau comptait i5o abonnés et 71 milles de lignes. Actuellement, la Compagnie a posé 100 milles de fil.
- « Le nombre des communications s’élève en moyenne à 3oo par jour; deux employés se partagent le service de huit heures du matin à minuit; le bureau n’est pas ouvert pendant la nuit. Le prix de l’abonnement est de 5 dollars par mois pour les distances inférieures à un kilomètre.
- « On construit en ce moment une ligne téléphonique qui reliera Puebla à San Martine, entre lesquels la distance est de 87 kilomètres. On espère la continuer par la suite jusqu’à Mexico (90 kil.) et peut-être même jusqu’à la Vera-Cruz. »
- Nous allons examiner maintenant les progrès de la téléphonie en Europe, et nous allons commencer par la Suisse qui, eu égard à sa population, est un des pays qui marche le plus en avant.
- D’après un travail récemment publié par M. Ro-then, directeur-adjoint des télégraphes suisses, le réseau suisse se répartirait de la manière suivante :
- Localités Nombre des installa- tions Moy des commu- nication» quoti- diennes enne par abonné Longueur des lignes du réseau Nombre d’habi- tants par station
- Berne 246 342 i >4 kil. 213 179
- Bâle 371 1263 3,4 385 l65
- Genève.. , . 543 1192 2,2 590 125
- Lausanne. . 144 155 1,08 191 20Ç)
- VVintcrthur 66 ç5 1,4 i35 206
- Horpen.. . . 19 59 3,0 6,5 277
- Thalweil. . . 15 47 3,0 i3 221
- Iterisau. . . 12 „ » »,
- Saint-Gall. . m " » ’> »
- 1430 1767,5
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- Mais en dehors de ces réseaux principaux, l’administration a établi et entretient, disséminées un peu partout, un certain nombre de stations privées, et prépare dix autres réseaux dont deux, ceux de Montreux et de Lucerne, seront prochainement mis en fonctionnement. Plusieurs des réseaux dont il vient d’être question sont d’ailleurs reliés entre eux.
- Ce sont ceux de Winterthur, de Thalweil et de Horgen qui communiquent avec Zurich, et celui d’Herisau qui communique avec Saint-Gall. Ces différentes installations, au nombre de 1 568, ont été faites depuis 1881 par l’administration des télégraphes de l’Etat suisse, avec un déploiement de fils de 1800 kilomètres.
- Dans ce pays, les réseaux sont divisés en artères principales dont le nombre varie de 3 à 6, suivant leur importance, et ces artères comprennent de 3o jusqu’à 120 fils en couches superposées; elles doivent suivre autant que possible la ligne droite, de même que les artères secondaires qui en dérivent et qui finissent par n’être qu’un fil unique aboutissant au domicile de l’abonné. Les lignes sont constituées par des fils d’acier fondu galvanisé, de 2 millimètres de diamètre, ou des fils de bronze silicieux; ils sont soutenus par des supports en fer éloignés moyennement de 100 mètres, mais dont la distance peut varier depuis 3o à 3oo et même 5oo mètres. La distance entre les fils formant artère varie de 3o à 5o centimètres, suivant la portée qu’ils ont à franchir, et les joints des fils sont effectués d’après le système anglais.
- Les isolateurs sont en porcelaine, vissés sur de courtes tiges rivées aux traverses des supports ou chevalets.
- Tous les fils sont réunis sur un chevalet central formé autour d’un pavillon ou d’une tourelle spécialement construite à cet effet.
- Pour parer aux dangers de la foudre, on relie aux paratonnerres tous les chevalets qui se trouvent sur des maisons munies de cet engin, et le paratonnerre de la station centrale est toujours pourvu d’un paratonnerre communiquant avec le chevalet central.
- Enfin, la station centrale ainsi que tous les postes d’abonnés sont munis de parafoudres. Pour éviter les bruits produits par les vibrations des fils, on adapte aux supports les plus exposés à ces bruits des amortisseurs ou sourdines qui se rapprochent de ceux employés par l’administration des télégraphes français.
- Nous aurons, du reste, plus tard, occasion de -revenir sur l’organisation du service téléphonique en Suisse.
- La Hollande, comme la Suisse, est en progrès pour l’établissement des lignes téléphoniques : au icr juin i883, l’état des communications était le suivant :
- VILLES ABO installés S’NÉS annoncés TOTAL TOTAL des communications dans le, mois de mai
- Amsterdam Ç)32 59 991 93g33
- Rotterdam 378 25 403 36323
- La Haye 7 117 124 »
- Arnheim QI 12 io3 5i75
- Groninguc 5 41 46 ))
- Utrecht » 56 56 »
- En Italie, la téléphonie s’est développée rapide ment, comme on l’a vu d’après notre article inséré dans le numéro du 12 mai, et à Milan, particulièrement, on en a compris tellement l’importance, qu’il s’est formé deux compagnies rivales pour l’ex ploiter dans cette ville ; mais il est résulté de cette rivalité des inconvénients assez grands qui ont forcé la municipalité d’intervenir, et ont montré combien il est fâcheux de permettre la concurrence pour des services de ce genre. Voici en effet ce que nous lisons dans le Bulletin de la Compagnie internationale des téléphones, p. 74 :
- « Il y a à Milan deux compagnies rivales exploitant la téléphonie dans cette ville. L’une, la Société générale italienne des téléphones, dont les réseaux couvrent toutes les villes importantes de l’Italie; l’autre constituée par un groupe local de banquiers unis à lu Compagnie américaine Bell. Ces deux compagnies se font une concurrence très sévère, la première en s’appuyant sur la force de son capital et sur la supériorité de ses instruments et de ses services, la seconde en usant des relations locales de ses adhérents et de l’arme bien connue qu’on appelle la réduction des tarifs. Il y a à peu près 18 mois que les choses se sont établies et développées dans ces conditions, et aujourd’hui l’ensemble des abonnés des deux compagnies comprend environ mille adhérents, et les avantages du système téléphonique paraissent se faire d’autant mieux sentir dans cette ville que les abonnés, par suite de leur division en deux groupes, ne peuvent pas tirer de leurs instruments tout le bénéfice qu’ils auraient s’il n’y avait qu’un seul service. Leurs réclamations ont pris dans ces derniers temps une telle vivacité que la municipalité milanaise s’est vue dans la nécessité d’intervenir. Elle vient d’adresser aux deux compagnies un avis comminatoire, leur enjoignant de se mettre d’accord, d’ici trois mois, pour l’unification de leur service,' sous peine, pour la compagnie récalcitrante, de se voir retirer les autorisations municipales indispensables à son fonctionnement. »
- Il est certain qu’il y a beaucoup à faire pour
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- régulariser conformément aux intérêts de tous, la législation se rapportant à l’exploitation du télé-léphone. On s’occupe en ce moment de cette grave question en France et en Italie, mais en Angleterre et en Belgique des lois viennent d'être promulguées à ce sujet, et nous croyons devoir dire quelques mots de celles qui viennent d’être votées en Belgique.
- En somme le gouvernement belge est autorisé à accorder des concessions d’une durée n’excédant pas 25 ans, conformément aux termes d’un cahier des charges annexé à la loi, et le gouvernement paraît dans l’intention de laisser exploiter par l’industrie privée les agglomérations, ne se réservant que les communications de ville à ville, de pays à pays. Il paraîtrait même qu’il s’occuperait dès ce moment d’établir une ligne téléphonique entre Bruxelles et Anvers.
- Les considérants du rapport de M. Wilquet, qui ont précédé le vote du projet de loi, montrent du reste combien l’importance du téléphone est appréciée dans ce pays intelligent : « Convaincus de l’influence considérable et féconde que cette mise en contact instantanée, cette suppression des distances, cette multiplication de la valeur du temps doivent éxercer sur tous les rapports sociaux, sur la vie des affaires comme sur la vie de famille, sur les questions d’utilité publique comme sur celles d'intérêt privé, beaucoup de gens sont naturellement impatients de donner à la téléphonie le champ le plus libre, de vaincre les résistances que son établissement rencontre, de n’attribuer qu’une importance atténuée aux sacrifices qu’un état de choses nouveau à créer entraînerait pour la généralité des citoyens. Ces sentiments qui sont largement répandus dans le pays ont trouvé un écho accentué dans le sein de vos sections et de la section centrale.... Comme tout le monde, le gouverne-
- ment est convaincu que la téléphonie n’a encore dit que son premier mot et que l’avenir nous prépare de ce côté bien des étonnements encore. »
- Il est certain que, maintenant, en Belgique, les Compagnies téléphoniques pourront marcher sur un terrain solide sans avoir à se préoccuper du lendemain, et il est probable que des résultats matériels viendront bientôt leur apporter une rémunération légitime de leurs risques et de leurs peines. Nous n’en sommes malheureusement pas encore là en France, et il faut en vérité une grande force.de caractère et une grande foi dans l’avenir de cette branche si nouvelle des services publics, pour que la Société générale des téléphones de Paris ait fait tous les sacrifices qu’elle a eu à supporter pour la bonne organisation de ses réseaux, dans les conditions qui lui ont été imposées.
- Tu. du Moncel.
- SUR UNE APPLICATION
- D U
- TRANSPORT ÉLECTRIQUE
- DE LA FORCE
- Avant d’entrer dans l’examen du transport de force dont il s’agit, qui est celui qui fonctionne aux mines de la Péronnière, il faut insister sur un point. Généralement, lorsqu’on parle d’un transport de force, on donne la distance entre les deux stations, sans plus de détail; il faut remarquer avec soin que ce renseignement n’apprend rien du tout.
- En effet, la difficulté qu’il y a à opérer un transport de force ne réside pas proprement dans la distance qui sépare les deux machines électriques, elle tient à ce que ces deux appareils doivent être réunis par un conducteur métallique et que celui-ci présente de la résistance au passage du courant : l’obstacle est dans cette résistance et non dans la longueur du fil; or, en donnant la distance c’est seulement cette longueur qu’on donne.
- Il est’bien vrai que la résistance est un élément dont on dispose. Ainsi que l’a écrit un peu naïvement un savant éminent : « La résistance du circuit extérieur peut être rendue très petite, même pour de grandes distances, en prenant du fil très gros. » Il n’y a rien de plus certain, cela est même par trop clair, mais l’auteur en question a immédiatement ajouté le correctif. « C’est, dit-il, une question de dépense d’installation. » Eh oui, c’est cela, voilà justement la difficulté; c’est que pour réduire la résistance il faut payer. Si l’argent, qui est notre meilleur conducteur, ne coûtait que o fr. io le kilo, il n’y aurait presque pas de question du transport; on mettrait une belle barre d’argent de gros diamètre entre les deux stations et, quelle que fût la distance, les machines fonctionneraient presque comme au contact. Par malheur, au prix où sont les métaux, il faut compter et compter sévèrement les kilos ; pour cela il faut savoir diminuer la quantité de métal, par conséquent user de fils minces, augmenter la résistance entre les machines et pouvoir cependant la franchir. C’est la question même du transport électrique de la force.
- Cette résistance est donc le véritable élément à connaître; au point de vue électrique, c’est elle qui donne la valeur de la solution; au point de vue économique, en la combinant avec la distance, il est possible de calculer au moins approximativement le prix de l’installation et par conséquent d’estimer son utilité pratique.
- Les divers documents qui ont été fournis sur le transport installé aux mines de la Péronnière donnent des détails assez complets; on n’y trouve point cependant la résistance du conducteur, mais il est possible de la calculer.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Le système établi est double, il comprend deux machines génératrices et deux réceptrices, avec deux circuits complets; en somme, cela constitue deux transports distincts et fonctionnant isolément.
- Il y a même là un indice de faiblesse; pour faire manoeuvrer des appareils distincts un seul générateur devrait suffire, c’est évidemment la vraie solution : on n’aura pas osé l’aborder. L’un des systèmes amène la force de la bouche d’un puits à la tête d’un plan incliné sur lequel la machine réceptrice fait monter les wagonnets chargés ; l’autre système amène la force à la bouche d’un autre puits où la machine élève les bennes ; la distance
- entre les génératrices et les motrices est d’environ i 200 mètres.
- Les câbles employés sont composés de 16 fils de cuivre de o,imni de diamètre. On sait qu’un fil de ce diamètre a une résistance de 17 ohms par kilomètre, soit pour 1200 mètres 20,4 ohms; pour 16 fils la résistance sera 16 fois moindre ou i,3; le circuit étant double, aller et retour, la résistance totale du conducteur dans chacun des systèmes est de 2,6 ohms.
- Les machines sont de type octogonal de Gramme. Voici les chiffres qui, d’après les renseignements donnés, résultent d’un certain nombre d’expériences :
- Ed U 55 w 5 'U tU W U '.J (d Q O a Md S Z CONDITIONS* TRAVAIL DE LA VAPEUR par seconde. E. 1. VITESSE de la génératrice. VITESSE de la motrice. CHARGE MONTÉE. HAUTEUR. Cd U 55 y a «5 y 0 o> u «/> Q ^ y 'W « Ct TRAVAIL UTILE TOTAL, TOTAL UTILE PAR SEC. RENDEMENT. TRAVAIL SUR L’ARBRE de la génératrice. 0.
- 1 Machine à vapeur avec génératrice et motrice, 1 benne remontée sur la descente . 1241 320 15 1280 1102 399 40 96 15960 166 0,134 786 .
- 2 Machine avec 2 bennes 1429 400 19 1280 io5o 798 40 io5 31920 304 0,213 974 »
- 3 Machine avec 3 bennes 16S7 425,6 21,3 1280 969 1200 40 IIO 48000 436 0,263 1202 348
- 4 Machine avec 4 bennes 1928 436 25,7 1280 912 1597 40 120 63880 532 0,275 1473 »
- 5 Machine avec génératrice et motrice du faux-puits, 1 benne 1672 372 19>3 1280 „ 627 2Ô 36 i6302 453 0,270 1217 298
- 6 Machine avec 2 génératrices, 2 motrices, 3 bennes descente, 1 benne faux-puits . . 2786 36o 21,4 1280 969 1200 627 40 26 IIO 40 48000 i6302 843 0,302 2278 »
- 7 Machine avec 2 génératrices, 2 motrices, 4 bennes descente, 1 benne faux-puits . . 3294 400 21,4 1280 912 1S97 027 40 26 120 40 6380o i6302 : 939 0,285 2786 »
- Il faut d’abord remarquer que divers points de ce tableau ne sont pas clairs. Les expériences de 1 à 4 s’appliquent à l’une des installations de transport, celle qui remonte les bennes roulantes sur un plan incliné; l’expérience 5 se rapporte, au •contraire, à l’autre installation, celle qui fait monter des bennes dans le faux-puits ; dans ces essais, un seul système est en action; dans les expériences 6 et 7, les deux systèmes fonctionnent simultanément, mais néanmoins ils restent distincts, comme on le voit, puisque la durée du transport n’est pas la même pour chacun : dans ces conditions, les deux génératrices peuvent avoir la même vitesse, parce qu’elles sont menées par la même machine à vapeur; mais les forces électromotrices, les intensités des courants, les vitesses des réceptrices doivent ê'tre différentes dans chacun des deux circuits ; 011 ne donne pas ces nombres. L’expérience 6 est la superposition des expériences 3 et 5; l’expérience 7 la superposition des expériences 4 et 5; les chiffres qui sont donnés pour les vitesses des machines
- s’appliquent seulement au circuit de la descente en plan incliné; les forces électromotrices et les intensités ne correspondent'à aucun circuit désigné, et ne paraissent pas être des moyennes.
- La colonne des rendements est calculée en prenant le rapport du travail utile, mesuré par l’élévation des bennes, au travail dépensé mesuré sur la vapeur même ; c’est donc le rendement de l’installation entière comprenant tous les organes de transmission, treuils, courroies, etc., et toutes les causes de perte, c’est le rendement qu’on a nommé rendement mécanique, rendement industriel ; nous garderons, si l’on veut, ce dernier nom, qui est clair. Ce rendement a varié entre 0,21 et 0,37, comme on le voit aux expériences. Mais ce chiffre comprend des éléments non électriques qu’il convient d’éliminer si on veut avoir la valeur du transport électrique proprement dit. Le rendement de ce transport peut également être considéré à deux points de vue : le rendement électrique ou théorique, qui est mesuré par g-, et le rendement mécanique qui
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- serait mesuré par le rapport du travail rendu pris sur l’arbre de la réceptrice au travail dépensé mesuré sur l’arbre de la génératrice.
- Le rapport ^ n’est donné dans le tableau que
- pour les expériences 3 et 5. Ces expériences s’appliquent d’ailleurs aux deux circuits différents, le rendement est de 0,82 pour l’un et de 0,80 pour l’autre. Je dois cependant faire une réserve : on ne sait trop quelle est la signification exacte de e et de E; certaines expressions des rapports donnent lieu de penser que ce seraient les différences de potentiels aux bornes des machines; dans ce cas, le rendement ainsi calculé serait inexact et trop fort.
- Pour le rendement mécanique, les tableaux nous donnent le travail sur l’arbre de la génératrice, mais nous n’avons pas la même donnée pour la réceptrice ; on peut cependant l’évaluer pour l’un des circuits; d’après les renseignements, le travail nécessaire pour actionner le treuil et les organes intermédiaires conduits par la motrice du plan incliné serait de 2ogksm par seconde ; le travail total fourni par cette machine devrait donc être obtenu en ajoutant ce nombre à celui que représente le travail utile dans les expériences 1, 2, 3 et 4. Le rendement mécanique du transport électrique proprement dit serait donc dans ces expériences de
- 375 . 5i3 ,
- -b — Cf,47 — = 0,52 786 974
- 645
- = o, 53
- 741 . 1472'
- :0,50
- Ces cihffres sont évidemment assez élevés, cependant je ne vois pas de motif pour les récuser, ils sont très possibles, et je ferai remarquer avec l’auteur des rapports qu’aucun mode de transport de la force n’aurait donné un rendement supérieur, ni même aussi élevé.
- A ce propos, l’histoire de cette installation est assez curieuse. Il [était nécessaire d’opérer cc transport de force dans les mines delà Péronnière; on se réunit en conseil technique, la question étant quelque peu épineuse; quelqu’un proposa timidement de se servir de l’électricité, ce fut une répugnance générale; un homme de science, ingénieur de l’Etat, déclara qn’il n’y fallait pas penser, qu’il savait, d’une façon certaine que cela ne marchait point, on y renonça donc sans pousser plus avant : mais lorsqu’on vint à 'discuter, tout autre mode présenta de graves inconvénients; la distance était trop grande pour des câbles télodynamiques; les transmissions par l’air comprimé ou l’eau forcée étaient très difficilement applicables, la mobilité des terrains rendant presque impossible de maintenir l’étanchéité des joints : on revint bon gré mal gré à ce transport électrique si méprisé. Sur ces entrefaites, une maison de construction voisine, la'mai-son Crozet-Fourneyron ayant entendu parler du cas, proposa de faire l’installation électrique à ses risques et périls, répondant du résultat. Cela deve-
- nait sérieux et on se décida à examiner de plus près. Des délégués vinrent à Sennaize, virent les installations Chrétien et Félix et s’en allèrent convaincus; je ne dirai pas qu’ils convertirent les autres, mais on se décida à essayer, et la chose marcha sans embarras. Elle marche encore; non pas qu’il n’y ait eu quelques ennuis ; on a dû remplacer des câbles dont l’isolement se trouva insuffisant en raison de l’humidité des endroits traversés ; mais ce ne fut là qu’un inconvénient passager et, du premier jour, le succès fut assuré.
- Cela doit nous apprendre, à nous tous électriciens, combien ces matières tant discutées, tant expérimentées dans notre milieu, sont peu connues, même dans le monde technique et instruit. Ceci nous enseigne une fois de plus, à nous publicistes, que, suivant la jolie image d’Emile de Girardin, il faut frapper et frapper encore sur le clou, parce qu’il est bien loin d’être enfoncé.
- Dans un article de journal où il en est question, on fait l’éloge de cette application en la présentant comme une œuvre sérieuse, prise dans les bonnes proportions scientifiques et raisonnable dans toutes ses parties. Il est certain qu’elle ne renferme pas le moindre grain de témérité ou d’audace; elle pourrait même être qualifiée de timide et de terre à terre. Si on a voulu, en pariant ainsi, l’opposer aux expériences de M. Marcel Deprez au chemin de fer du Nord, le parallèle n’est pas en effet sans intérêt.
- A la Péronnière, il y a deux installations distinctes de transport, le travail total maximum produit par l’un de ces circuits est de 532ksm (expérience 4) soit 7 chevaux; le travail développé à l’expérience du Nord a été de 4,5 chevaux, les quantités sont du même ordre; le rendement industriel de l’installation complète varie à la Péronnière entre o,3o et 0,87. Le même rendement au Nord a varié deo,3q à 0,37; le rendement mécanique du transport électrique proprement dit est en moyenne à la Péronnière de o,5o, au Nord le rapport de l’Institut donne 0,482; lea expériences du Nord ont été de courte durée, deux ou trois minutes chaque; les expériences de la Péronnière varient entre 40 et 120 sec. Donc, valeur et durée du travail, rendement général, rendement spécial, tout est semblable, sauf une petite différence, S. P. Q. R., si peu que rien, disait Panurge; à la Péronnière, la résistance intercalée entre les deux machines est de 2,6 ohms, au Nord elle était de 160 ohms, soit environ 60 fois plus grande et représentait, par conséquent, en faisant usage du fil conducteur appliqué à la Péronnière, une distance, non de 1 200 mètres, mais bien de 72 kilomètres. Essayer d’obtenir les mêmes résultats qu’un autre avec une distance 60 fois plus grande peut être de l’audace, mais quand on réussit, comment faut-il appeler le résultat ?
- Frank Geraldy.
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- 3a8
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ DE MUNICH
- LES INSTALLATIONS DE MESURES
- Les différentes mesures qu’avait à faire le comité d’essais relativement aux machines et lampes électriques pouvaient être divisées en : mesure mécanique du travail fourni par les moteurs à vapeur ou à gaz aux machines électriques ou du travail rendu par elles lorsqu’elles fonctionnaient comme moteurs, mesures électriques, et mesures photométri-ques.
- Nous décrirons d’abord les appareils et dispositifs adoptés pour les mesures mécaniques, puis ceux concernant les mesures électriques et enfin les appareils photométriques.
- APPAREILS
- SERVANT
- A LA MESURE DU TRAVAIL
- Les dynamomètres de transmission adoptés pour mesurer le travail transmis aux machines dynamoélectriques par les moteurs mécaniques étaient au nombre de trois.
- Le premier de ces appareils, le plus employé par la Commission d’essais était le dynamomètre d’Hef-ner Alteneck (voir La Lumière Electrique, n° du 3 septembre 1881), dont le principe est représenté schématiquement dans la figure 6.
- Le brin moteur et le brin mû de la courroie passent dans un système de 7 galets, tel qu’au repos le tout forme une figure symétrique à l’axe longitudinal du dynamomètre. Pendant la marche, le galet central, qui est mobile, se trouve déplacé latéralement et la force nécessaire pour le ramener à sa position primitive est proportionnelle à la différence de tension des brins et par suite à l’effort transmis.
- Si l’on observe en même temps le second des deux facteurs dont le travail est le produit, c’est-à-dire la vitesse, on peut à chaque instant calculer le travail en chevaux. Dans les petits modèles de ce galvanomètre dont on s’est servi, l’échelle du ressort spiral servant à ramener le galet au zéro était graduée de telle sorte qu’un millimètre correspondait à une différence de deux kilogs dans la tension des brins.
- Ce dynamomètre, qui peut être très bon pour
- mesurer le travail de grandes machines tournant à des vitesses modérées ne s’est pas montré aussi avantageux lorsqu’il s’est agi de l’appliquer aux machines électriques. D’une part, ses nombreux galets absorbent une certaine somme de travail qui n’est pas toujours négligeable, de l’autre, avec les machines électriques qui presque toutes tournent à une assez grande vitesse, il est très difficile d’amener l'index réellement au repos et, par suite, les lectures présentent une certaine incertitude.
- Les dynamomètres reposant sur le principe de celui du général Morin sont bien préférables. La
- FIG. 6
- Commission avait également adopté un appareil de ce type, celui de Keck (brevet de Schuckert),
- 7-
- Sur un axe court, sont placées une poulie fixe et une poulie folle; la première est menée par le moteur et elle entraîne avec elle la poulie folle reliée à la machine dynamo-électrique, dès qu’un ressort en spirale fixé d’une part à l’axe, d’autre part à la poulie folle, a acquis une tension égale à la résistance opposée par la machine électrique. La tension du ressort est employée à faire mouvoir un crayon qui inscrit l’effort tangentiel sur un cylindre tournant recouvert de papier. En multipliant cet effort par la vitesse qu’indique un compteur de tours, on a le travail en kilogrammètres par seconde.
- Le troisième dynamomètre adopté, celui de Rie-ter, à Winterthur (fig. 8), appartient à la classe des dynamomètres à roues dentées. La roue mé-
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 32g
- diane, portée sur un levier, s’abaisse sous l’influence de la pression des dents des deux autres. La force d’abaissement est équilibrée par un ressort fixé à l’extrémité du levier, et on la mesure par
- FIG. 7
- l’allongement de ce ressort. Cette force (ou l’effort tangentiel correspondant) est inscrite continuellement par un appareil enregistreur, et le diagramme
- FIG. S
- obtenu donne une notion exacte du travail transmis; un compteur de tours fixé à l’appareil donne les indications de vitesse nécessaires pour le calcul.
- Pour la mesure du travail fourni par un moteur électrique, on s’est servi du frein de Prony et dans
- le cas des expériences du transport électrique de force de M. Marcel Deprez, du frein funiculaire de M. Carpentier.
- APPAREILS ET MÉTHODES
- POUR
- LES MESURES ÉLECTRIQUES
- Les méthodes de mesures électriques adoptées par la commission d’essais reposaient sur les con-
- £ Alix;
- sidérations suivantes, exposées dans le plan de mesures du Dr Kittler.
- Le travail transmis à une machine électrique par un moteur (machine à vapeur, moteur à gaz, etc.), se convertit en partie en travail électrique, en partie en travail perdu, par suite des frottements et des courants développés dans le fer de la machine.
- Le travail absorbé par la machine peut être mesuré directement au moyen d’un dynamomètre de transmission, comme ceux qui viennent d’être décrits. D’autre part, le travail électrique peut être déduit, soit de la force électro-motrice et de l’intensité du courant produit dans le circuit de la machine électrique, soit de l’intensité et de la résistance du circuit, soit enfin de la force électro-motrice et de la résistance.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Soient :
- I l’intensité en ampères, i
- E la force électro-motrice totale en volts, R la résistance totale du circuit en ohms,
- le travail produit par seconde par la machine électrique ou l'effet électrique total T est alors, en prenant comme unité le kilogrammètre par seconde :
- IE
- T = —57 kilogrammètres,
- 9»°i
- soit en chevaux vapeur : 'IE IE
- T —9,81.75— 736 - ch'
- RI2 706 "
- . E2 ch'= ÎT736-Cn-
- Une partie du travail T est absorbée par réchauffement des fils de la machine ; le reste peut être utilisé dans le circuit extérieur comme travail utile
- -...--- -tWvV\^aA''vYV!
- FIG. IO
- (travail électrique extérieur pour l’éclairage, transport de la force, etc.).
- Soient I l’intensité dans le circuit extérieur ; e, la différence de potentiel aux bornes de la machine ; le travail utile a pour expression :
- i== 736 "-ch-
- Le rapport est ce que la commission d’essais a nommé le rendement électrique. En appelant A le travail transmis par seconde à la machine électrique par le moteur, le rapport est le rendement de la machine électrique par rapport à l’installation totale.
- Ce rapport est la valeur la plus importante pour la pratique.
- Daps l’étude des machines électriques, on a donc à évaluer au moins deux des quantités suivantes : intensité, différence de potentiel et résistance.
- Pour la détermination des intensités, on se servait des trois appareils suivants :
- i° Le galvanomètre à miroir de Wiedemann;
- 20 Le galvanomètre, de Deprez ;
- 3° L’électro-dynamomètrè de Siemens.
- Le galvanomètre de Wiedemann (fig. g), plus connu et employé en Allemagne que dans les autres pays, est constitué par deux bobines circulaires mobiles sur deux rails, et entre lesquelles, se trouve un petit miroir en acier suspendu dans une masse de cuivre amortissante. La sensibilité de l’appareil peut être variée en éloignant plus ou moins les bobines de la masse de cuivre. Quand elles en sont complètement Rapprochées, ce galvanomètre reproduit, à peu de chose près, celui de Thomson, qui lui est d’ailleurs postérieur.
- Le galvanomètre Marcel Deprez était du type dit
- FIG. 1 I
- à arête de [poisson. Il est trop connu pour que nous nous étendions sur sa description. Ôn la trouvera dans La Lumière Electrique, numéro du 3o avril 1881.
- L’électro-dynamomètre de Siemens, qui a été déjà décrit dans La Lumière Electrique (numéro du 22 juillet 1882), était destiné principalement à l’étude des courants alternatifs.
- Pour graduer ces différents appareils, on étalonnait d’abord le galvanomètre de Wiedemann. Cette opération se faisait à l’aide d’un dispositif représenté dans la fig. 10, dans laquelle il faut faire abstraction de ce qui concerne l’appareil TG. Le courant d’une pile, mesuré à l’aide de voltamètres, traversait une résistance ou shunt en fil de cuivre de 6“m de diamètre, dont on pouvait employer la totalité, la moitié ou les deux moitiés réunies en quantité. Sur cette résistance, le galvanomètre de
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- FIG. 12.
- SALLE DU RHÉOSTAT
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Wiedemann était placé en dérivation, ainsi qu’un rhéostat à chevilles. Les fils étaient soudés aux points de bifurcation. Le rhéostat permettait de faire varier la sensibilité du galvanomètre, de sorte que ce dernier pouvait être employé et gradué aussi bien pour le courant destiné à alimenter une lampe à incandescence que pour les courants intenses destinés aux lampes à arc.
- Une fois qu’on avait déterminé, pour le galvanomètre de Wiedemann, ainsi shunté, la déviation correspondant à Yunité de courant, on étalonnait les autres appareils destinés à la mesure de l’intensité eh les intercalant avec le galvanomètre dans le circuit d’une pile constante, ainsi que le représente la fig. ii.
- La mesure des différences de potentiel se faisait à l’aide d’un galvanomètre de torsion de Siemens.
- Cet appareil consiste essentiellement en un petit aimant à deux branches suspendu entre deux cadres galvanométriques. Les déviations y sont équilibrées par la torsion d’une spirale de platine, il a d’ailleurs été décrit dans La Lumière Electrique, numéro du ai juillet 1880. Il est d’un maniement peu commode et lorsque le fil de suspension de son aimant vient à rompre, son remplacement présente beaucoup de difficultés. Pour l’étalonnage de ce galvanomètre, on opérait de la manière suivante :
- Dans le circuit d’une pile constante on intercalait un voltamètre ou un galvanomètre à miroir, déjà étalonné pour les intensités, et une résistance d’exactement 1 unité Siemens en gros fil de cuivre (fig. 10 et 11).
- On reliait ensuite les extrémités du fil de cuivre avec le galvanomètre de torsion, en introduisant dans le circuit dérivé ainsi formé une résistance vis-à-vis de laquelle l’unité Siemens fût négligeable.
- La valeur lue sur le galvanomètre à torsion donnait alors la mesure de la différence de potentiel qui existait aux extrémités de l’unité Siemens.
- Le multiplicateur du galvanomètre de torsion a une résistance d’environ 100 unités Siemens. Il contient en outre environ 900 unités Siemens que l’on peut introduire dans le circuit en enlevant une cheville. t
- D’autre part, on avait à sa disposition des résistances étalonnées jusqu’à 100 000 unités Siemens.
- On se servait également pour vérifier l’étalonnage du galvanomètre de torsion d’un électromètre à quadrants construit sur le principe de celui de Thomson, par M. Edelmann.
- La mesure des résistances des machines électriques se faisait par la méthode ordinaire au moyen du jpont de Wheatstone, type Siemens, et d’un galvanomètre à miroir.
- Ces appareils de mesure étaient placés, ainsi qu’on le voit dans la vue d’ensemble de la fig. 12, sur des pieds en pierre reposant sur des piliers de maçonnerie; ils étaient répartis’entre deux grandes
- salles qui constituaient spécialement le laboratoire, de mesures électriques.
- A ce laboratoire aboutissaient :
- i° Deux câbles longs chacun de i5o mètres, destinés à amener le courant des machines au commutateur général;
- 20 Deux fils de cuivre de chacun i5o mètres de long et 7 millimètres de diamètre pour permettre de mesurer en n’importe quel point la différence de potentiel d’une machine. Pour des courants très forts, ces deux fils pouvaient être réunis en quantité avéc les deux câbles.
- Une des principales installations du laboratoire était le Rhéostat pour courants intenses destiné, à permettre de substituer instantanément à un circuit de travail, un circuit inerte de même résistance.
- Ce rhéostat comprenait :
- 100 unités Siemens (10 X 10) en fil de fer de 3 millimètres.
- 20 unités Siemens (5, 5, 5, 2, 2, j) en lil de fer de 4 1/2 millimètres.
- 2 unités Siemens (1— o,S—0,2—0,2—0,1) en fortes torsades de fil de cuivre.
- Les fils formant ces résistances étaient tendus ainsi que le montre la fig. i3, au moyen de poteaux et d’isoloirs de télégraphe dans une sorte de galerie située au-dessus du laboratoire.
- La gigantesque boîte de résistance ainsi formée, avait environ 60 mètres de longueur ; ses fils, soutenus par des isoloirs en porcelaine, pénétraient dans une des deux grandes salles du laboratoire, et aboutissaient à trois tableaux de manœuvre comprenant les résistances, le premier de 10 à 100, le second de 1 à 10, et le troisième de 0,1 à 1 unités.
- La figure 12 donne l’aspect général de ces trois tableaux et dans la partie supérieure de la figure i5, on voit comment les résistances étaient reliées entre elles et avec les bornes des tableaux.
- Le fil amenant le courant dans le premier tableau était relié à la première borne de gauche de ce tableau, et celle-ci communiquait par en-dessous avec l’axe du bras mobile. Il en résulte que quand ce bràs était sur le dernier bouton de droite, les résistances du tableau se trouvaient exclues et le courant passait au second tableau. En avançant le bras de bouton ert bouton vers la gauche, on introduisait chaque fois dans le circuit dix unités Siemens. Mais pour qu’il n’y èût pas à chaque passage de brusque variation du courant, et par suite production de phénomènes d’induction, le bras mobile était formé de deux parties superposées dont les extrémités faisaient contact en même temps sur les boutons. *
- Quand on voulait passer d’un bouton à un autre, on plaçait d’abord sur ce dernier l’une des deux branches, puis on y reportait l’autre de sorte que le courant n’était jamais soumis à une brusque variation d’intensité.
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- FIG. l3. — GRAND RHEOSTAT
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- O O
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Le second et le troisième tableau fonctionnaient d’après le principe des rhéostats à chevilles, avec cette différence que les pièces fixes au lieu d’être réunies par des chevilles étaient reliées par des verrous de contact que l’on ouvrait et fermait selon les résistances à introduire. ,
- Chacune des résistances de cet appareil était-
- FIG. 14
- formée par deux des fils tendus dans la galerie supérieure; mais ces deux fils n’étaient pas réunis entre eux à leur extrémité d’une façon permanente.
- FIG. l5
- Leuç réunion se faisait à l’aide d’une sorte de pont en fil métallique dont les extrémités pinçaient chacune un des fils constituant la résistance. Ce pont pouvait être aisément déplacé le long des fils et l’on pouvait ainsi donner à chaque résistance la valeur qu’elle devait avoir. En outre, dans le cas ou de fortes variations de température eussent
- trop altéré la valeur des résistances, cette disposition permettait de les corriger très facilement.
- Ce rhéostat n’était d’ailleurs pas destiné à des mesures de précision. Son but, comme nous l’avons indiqué déjà, était de permettre de substituer rapi-ment à une résistance de travail, une résistance inerte constituée par des fils assez gros pour pouvoir supporter le passage de courants intenses. Lorsqu’il s’agissait de mesurer exactement la résistance ainsi introduite, on |se servait du pont de Wheatstone, type du prof, von Beetz. Le même appareil était employé pour le tarage approximatif du rhéostat.
- Pour pouvoir établir facilement toutes les communications entre les appareils placés dans l’exposition même et ceux qui se trouvaient dans le labo-toire, on avait en outre établi un commutateur général représenté par la fig. 17.
- Il offrait une série de pièces métalliques de communication susceptibles de liaisons variables, par
- FIG. l6
- l’intermédiaire de quatre manettes et de quatre chevilles.
- Les quinze bornes étaient pour la plupart reliées en permanence avec certains appareils ou conducteurs, et les communications entre ces appareils pouvaient se faire très rapidement par le jeu des manettes et des chevilles.
- C’est ainsi que les deux gros câbles étaient en général reliés aux bornes E et J ; et les deux fils de cuivre ainsi que les fils du galvanomètre de torsion aux bornes F et I. Dans la majorité des cas, le rhéostat pour courants intenses était relié aux bornes N et O. Les bornes G et H servaient à établir la communication avec divers appareils du laboratoire.
- Pour l’étalonnage du galvanomètre, par exemple, dont la fig. 7 donne le schéma théorique, le tableau des communications du commutateur général est représenté par la fig. 14; pour la mesure de la résistance prise sur le rhéostat à courants intenses, ces communications sont données par la fig. i5.
- On trouvera d’ailleurs plus loin, dans l’exposé des méthodes spéciales, l’indication des communications pour chaque cas.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÈLECTRlCITÈ
- 335
- La communication des machines situées dans l’Exposition môme avec le commutateur général ne se faisait pas directement. Un seul des deux gros câbles allait directement à ce commutateur, à la borne E, par exemple. L’autre conducteur aboutissait à une clef spéciale (fig. 18) dans laquelle il était relié à une borne fixée sur la pièce N.
- Un levier T, mobile entre deux butoirs A et B et qu’un ressort R tendait toujours à ramener vers B, était maintenu en contact avec une pièce N. C’est à la borne de cette dernière qu’était reliée la borne J du commutateur général.
- Le but de cette disposition était de permettre l’interruption rapide du courant, lorsqu’on craignait de fatiguer les appareils en les laissant trop longtemps parcourus par le courant, ou bien lorsqu’on voyait se produire un accident, lorsque, par exem-
- ple, des étincelles avaient lieu là où il ne devait pas y en avoir.
- L’opérateur tirait alors un cordon aboutissant par des renvois de sonnette au levier coudé L ; le cliquet C se trouvait déclanché, et le levier T, violemment tiré par le ressort R, quittait brusquement N pour venir faire contact avec la pièce O. Cette pièce étant réunie à la borne E du commutateur général par une résistance de gros fil, les machines continuaient à fonctionner sur cette résistance, et l’on n’avait pas à craindre de les endommager.
- Le laboratoire comprenait, outre les appareils déjà mentionnés, un certain nombre d’instruments parmi lesquels nous citerons :
- Le compensateur universel de M. Beetz, grand appareil comprenant, sur le même support, fil de portait à sa partie supérieure un fil qui s’enroulait
- FIG. 17
- FIG. l8
- résistance en platine-iridié, bobines de résistance et commutateur, et permettant la détermination des résistances, la comparaison des différences de potentiel et la mesure des résistances intérieures de piles ;
- Le galvanomètre de Beetz, appareil apériodique à miroir et à cadran, employé concurremment avec le précédent;
- La. pile d'Edelmann, série de deux cents petits éléments, zinc, cuivre, étain, employée avec son électromètre ;
- La clef d'électromètre de von Beetz, appareil à haut isolement qui permet de faire très simplement et avec beaucoup de sécurité tous les changements de communication pour l’électromètre ; cet appareil (fig. 16) consistait essentiellement en deux lames de ressort placées verticalement et isolées; que l’on pouvait faire appuyer sur l’un ou l’autre de deux butoirs également isolés. La première de ces lames se trouvait par exemple entre les deux butoirs A et B et ces derniers, ainsi que la lame, étaient portés par un bloc d’ébonite. La lame tendait à s’appuyer naturellement sur A, mais elle
- sur un treuil M isolé sur une colonne d’ébonite S. En tournant la manivelle M de ce treuil, on pouvait d’abord isoler la lame de A, puis lui faire toucher B. Un second dispositif semblable h! B' M' S' complétait l’appareil. Lès deux lames communiquant par exemple avec les quadrants de l’électro-mètre ; A et A' avec un des pôles d’une pile à mesurer, et B B' avec l’autre pôle, on voit que la manœuvre des manivelles permettait aisément d’intervertir les communications.
- Le voltamètre à argent de von Beetz, employé pour l’étalonnage des galvanomètres d’intensité ;
- Un grand pont de Wheatstone normal, servant à M. Edelmann pour l’établissement de ses boîtes de résistance et obligeamment prêté par lui.
- L’installation du laboratoire était complétée par deux postes téléphoniques mettant en relation les laboratoires d’expériences du Comité avec la galerie des machines, et le Comité se trouvait ainsi dans d’excellentes conditions pour effectuer les différents genres de mesures électriques que nous allons maintenant passer en revue.
- (A suivre). Aug. Guerout.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- DESCRIPTION
- DE QUELQUES
- FREINS ÉLECTRIQUES
- 2° article. ( Voir le n° du y juillet.)
- FREINS ÉLECTRO-MAGNÉTIQUES A EMBRAYAGES.
- A. L. Whipple (i).
- Le frein proposé par M. Whipple, en i858, est à ma connaissance, le premier dans lequel on rencontre l'indication du principe de la commande
- FIG. 10. — FREIN WHIPPLE. DETAIL DE L’EMBRAYAGE
- des sabots par l’enroulement d’une chaîne sur un axe solidaire de l’électro-aimant et entraîné, au moment du serrage, par le mouvement de l’essieu, avec une puissance variable entre certaines limites.
- Sur la fig. io l’électro-aimant se reconnaît en E; la chaîne de commande des freins s’enroule en F, sur sa douille, et l’électricité lui est amenée par les fils L.
- L’électro-aimant est fou sur son axe, toujours entraîné dans le mouvement de l’essieu par les galets de friction DD' (fig. ii); cet axe porte, en outre, un plateau G, libre aussi de tourner, mais serré entre deux épaulements K et H solidaires de l’axe.
- Lorsque le courant passe, l’aimant E se colle sur le plateau G, qui l’entraîne dans sa rotation, et serre les freins, avec une puissance limitée par la pression qu’exerce sur lui l’écrou à ressort J.
- C’est donc un embrayage à frottement variable ;
- (') Brevet américain, n° 222i3, du 3o novembre i858.
- la forme de l’électro-aimant est des plus défavorables, bien inférieure à celle des premiers aimants de M. Àchard, le mécanisme est rudimentaire, mais on trouve néanmoins, dans le brevet de M. Whipple, le premier énoncé d’idées ingénieuses, souvent exploitées depuis, et qui auraient, peut-être, conduit cet inventeur au succès, s’il n’était venu trop tôt, à une époque où il n’était guère question de
- FREIN WHIPPLE
- freins continus ni de machines dynamo-électriques industrielles.
- Le frein Whipple était automatique ; l’accouplement des fils, se faisait, de voiture à voiture, par l’enmanchement des crochets à ressort P P (fig/ 12)', dans les entailles des lames W, W. En cas de rupture du train, P P et W, W, séparés, se refermaient,
- P W
- p W
- — ACCOUPLEMENT WHITPLE
- et, avec eux, les circuits de tête et de queue du train; il suffisait donc de mettre, en tête et en queue du train, deux piles en opposition, pour assurer l’automaticité du frein. Avec une seule pile, sur la machine, les freins d’avant restaient seuls disponibles.
- Les fils L aboutissaient (fig. 10) à ceux de l’électro-aimant, par deux gorges métalliques isolées l’une de l’autre et de son axe, et aux disques intérieurs desquelles étaient fixés les bouts du fil de l’aimant.
- Olmsled.
- L’essai de freins électriques le plus important que l’on ait tenté, en dehors des travaux de
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- JOURNAL UNIVERSEL Ù'ÉLËCTRICITÉ
- 337
- M. Achard, est celui du frein Olmsted, pendant l’hiver de 1872-1873, sur le North-London
- Ry (*)•
- Les fig. i3 à 21 représentent l’ensemble et les principaux détails de l’installation de ce frein sur un train de 10 voitures.
- L’embrayage du frein Olmsted est représenté
- par la fig. i5. L’essieu du véhicule a entraîne, par frottement, un galet e, fou sur son axe b, suspendu au châssis par les articulations d; ce galet porte un disque en fer doux a qui vient se coller, quand le courant passe, sur l’armature des électroaimants f fixés sur l’arbre.b. Cet arbre est alors entraîné par les électro-aimants, et tire la chaine du
- ELEVATION.
- frein, enroulée sur sa fusée b’, avec une puissance proportionnelle à l’attraction des armatures. Le disque a porte sur les armatures par l’intermédiaire d’une rondelle protectrice /, qui s’use presque seule au frottement (1 2).
- Le courant arrive au fil des électros par les bras
- FIG. l5. —- AIMANT OLMSTED
- de l’une des deux fourches, indiquées séparément sur la fig. i5, et aboutissant à l’anneau de bronze n;
- (1) Society of Engineers, 3 mars 1873. « On Continuons Ry. Brakes » by. W. H. Fox; brevets américains, n° 61089, 8 janvier 1867, 89495, 27 avril 1869, et 98880, 18 janvier 1870.
- (2) Le brevet américain de M. Achard, n° 5q8o5 (20 no-
- il en sort par l’anneau n' et l’autre fourche ; les anneaux n et n' sont isolés sur un cylindre en bois calé sur l’arbre b.
- Le desserrage est assuré par des ressorts de rap-
- 1
- FIG. 16 ET 17. — COMMUTATEUR
- pel agissant sur les leviers H K (fig. i3 et 14), et, comme nous le verrons plus bas, par le passage
- vembre 1866), spécifiant le frein décrit à la page i35 du numéro du 3 février, est antérieur de deux ans au dèuxième brevet d’Olmsted (27 avril 1869), spécifiant l’embrayage du North-London.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- d’un courant de sens contraire à celui du serrage.
- L’électricité était fournie, dans les fourgons, à chaque bout du train, par deux piles Highton de 16 éléments chacune, dont un pour le fil principal et trois pour chacune des voitures à freins.
- Le commutateur, représenté par les fig. 16 et 17, permet de faire passer des courants de 8, 12 ou i’6~éléments en tension, suivant le serrage que l’on veut ; il s’en trouve un dans chaque fourgon.
- Le commutateur se compose essentiellement
- FlG. lS. — ACCOUPLEMENT
- d’une clef K, des contacts B, C, E, D, F, G, H —J, et des deux ressorts L et M.
- Le ressort L, relié à la clef, est disposé de manière à toucher successivement, lorsque la clef va de la position de desserrage — représentée sur la figure — à la position de serrage, les contacts B, C, E.
- Le ressort M, isolé de la clef par de l’ébonite,
- FIG. 19, 20 ET 21. — COMMUTATEUR AUTOMATIQUE
- relie successivement, pendant ce trajet, les contacts D,F,G,H à la plaque J.
- Les fils de l’un des éléments (CH) aboutissent aux contacts C et D respectivement.
- Les fils des batteries de 8 et de 12 éléments aboutissent à F et à G.
- xLes contacts C et H, D et E, sont toujours reliés deux à deux.
- Le fil principal part de J, passe aux aimants sous les voitures, puis à la plaque J de l’autre Commutateur, et revient par les axes des clefs K, des deux commutateurs, et par leurs galvanomètres.
- Le guide en bronze de la clef K porte les indi-
- cations R, 1, 2, 3, qui signifient: courant renversé, ou de 8, 12 et 16 éléments.
- FIG. 22 A 26. — FREIN DE L’AUTOMATIC BRAKE MANUFACTURING C®
- X*
- Coupe xx
- 0 0
- FREIN DESSERRÉ
- FIG. 22 ET 23.
- FIG. 24 ET 25. _ FREIN SERRÉ
- Pour expliquer l’action de ce commutateur, désignons par B1E1F1..... les pièces de l’autre com-
- FIG. 26.
- PLAN
- imitateur, celui du fourgon de queue, par exemple* correspondant aux pièces B E F du premier.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- Supposons la clef K posée sur la division 1 du cadran correspondant à 8 éléments, la clef K, étant dans sa position normale (fig. 16), le courant parcourra le trajet suivant : pile, EK, conducteur principal, K, B, ressort M,, conducteur principal, aimants, M FJ, pile.
- On suivrait de même le trajet du courant de 12 et de 16 éléments, lorsque la clef est posée sur 2 ou 3.
- Pour desserrer, on pose la clef sur la division R » de manière à renverser momentanément la direction du courant et à désaimanter les électros, puis on la replace dans sa position normale.
- On peut commander le frein de la machine ou de chacun des fourgons.
- Chaque fourgon est muni d’un galvanomètre indiquant le serrage du frein.
- Les accouplements (fig. 18) sont formés par des
- MASUI. — ÉLECTRO-AIMANT
- pièces de bronze b, portant quatre fils ff, s’engageant à ressort dans les rainures des pièces b' de l’autre voiture.
- Les conducteurs étaient en fils de fer n° 8, B W G (4m/m 20).
- Les fils des électro étaient en cuivre n° 14, B WG, 2m/m 10); les électro pesaient chacun 3 k. 20.
- L’automaticité était obtenue au moyen de piles locales dans chaque voiture, aboutissant aux aimants par un commutateur (fig. 19-21) fixé au plafond. En cas de rupture de la corde AB, tendue d’un bout à l’autre du train, le ressort R amenait la clef Iv du commutateur sur la borne fe du fil local, aboutissant à l’électro de la voiture, qui se
- I'IG. 2(J. — ENSEMBLE DU FREIN MASUI
- trouvait alors parcouru par le courant de la pile d’automaticité,'suivant fl K fc.
- Les essais duNorth-London auraient été, d’après M. Fox, des plus satisfaisants, comme efficacité et comme entretien pendant une période de 1 à 8 mois d’hiver. Il suffisait de renouveler les piles tous les i5 jours environ. La dépense d’entretien ne dépassait guère o fr. 5o’par voiture et par jour, et les frais d’établissement du frein complet, pour le train d’essai de 10 voitures, n’auraient pas dépassé la somme de 5,780 fr.
- Il est fort probable que ces grandes espérances ont été bien vite déçues, car le frein Olmsted fut bientôt abandonné, et l’on n’en a plus entendu parler depuis; il n’a même pas été essayé en Amérique. En France, la place était très justement occupée par M. Achard.
- Automatic Car Brake Manufacturing C°
- L’appareil proposé par l’Automatic Car Brake Manufacturing C°, de New-York, est certainement
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- l’une des conceptions les plus compliquées de la mécanique des freins (').
- L’essieu de la voiture à freins conduit, par une vis sans fin, l’axe d’un tambour à chaîne 14 (fig. 2,3) qui se trouve, en temps ordinaire, maintenu, par un déclic à ressort i5, soulevé au-dessus de son embrayage 11, de manière à laisser son axe tour-
- FIG. 30. — FREIN MASUI. — ACCOUPLEMENTS
- ner sans tendre la chaîne des freins, 34 (fig. 22).
- Lors du desserrage, les différentes pièces du mécanisme occupent les positions indiquées par les fig. 22 et 23 ; lorsque le frein serre, elles occupent les positions indiquées par les fig. 24 et 25.
- Pour serrer les freins, on fait passer le courant dans l’électro-aimant 27, qui attire le levier 28, et déclenche le cliquet 3e; le levier à contrepoids 26, lâché par 32, tombe dans la position indiquée sur la fig. 24, entraînant avec lui le levier 22, dont le parallélogramme soulève le déclic i5, de manière à laisser le cabestan 14 tomber en prise sur son embrayage 11.
- Le cabestan tourne alors, sous l’action de l’essieu, et tend la chaîne jusqu’à ce que l’encoche 36 (fig. 25), passant sous le taquet 17, le laisse libre de se soulever par la traction oblique de la chaîne 34, et d’échapper de nouveau à son embrayage.
- En même temps, la partie supérieure du cabestan
- FIG. 3l ET 32. — FREIN DUVÉLIUS
- se renclenche avec le cliquet à ressort i5, qui le maintient et empêche le frein de se desserrer.
- Pour desserrer le frein, il suffit d’interrompre le courant; l’électro-aimant lâche le levier 28, que le ressort 29 ramène suffisamment pour déclencher le cliquet 33 d’avec 26. Ce déclenchement permet, au
- ressort 24, de ramener, par 22, tout l’appareil à son état premier.
- Ce mécanisme de machine à coudre serait assurément incapable de fonctionner en service courant sous un véhicule de chemin de fer; bien qu’il soit d’une cinématique ingénieuse et remarquable par le faible travail qu’il exige de l’électricité, je ne pense pas que la Compagnie fondée pour l’exploiter ait jamais réussi même à le faire essayer sérieusement.
- T. Masui (')
- L’embrayage du frein électrique de M. Masui consiste simplement en un électro-aimant à disque d’Achard enfilé sur l’essieu même du véhicule, sans arbre de renvoi.
- FIG. 33.
- FREIN CONOVER.
- VUE PAR DOUT
- L’essieu m (fig. 27 et 28) porte :
- i° Un manchon M, calé sur lui, entraînant dans sa rotation les disques D, qui peuvent glisser sur les boulons B.
- 20 Deux manchons fous J, dont les joues J' sont fixés, par les boutons v, à un tambour en bois T, auquel se trouve attaché, par les boulons t, l’élec-tro-aimant, formé par l’enroulement du fil g entre les cylindres en fer doux E E'.
- Le courant est amené au fil g par les ressorts Q, appuyés sur les frettes K.
- Lorsque le courant passe, les disques D, attirés sur les pôles E, entraînent l’électro-aimant et les manchons J reliés, par L, à la chaîne du frein.
- La distribution du courant est indiquée sur la fig. 29.
- Le courant, engendré par un pile ou un dynamo N, passe d’abord par 'deux commutateurs, l’un à
- (9 Brevet américain, 1.39557, 3 janvier 1873.
- (') Brevet anglais, 792, 3 mars 1876.
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- pédale I, l’autre à manette V; le premier sert à faire les freins sur l’ensemble du train, l’autre sur le fourgon seulement; le courant va des commutateurs aux fils ff de la conduite générale, reliés directement aux fils g g des électros.
- Les fils f.fi du circuit général sont accouplés, en A (fig. 29), par le contact des quatre ressorts LL RR (fig. 3o), auxquels ils aboutissent, aux extrémités des voitures; ces ressorts sont isolés dans des cylindres d’ébonite HH.
- Duvèlius (9
- L’embrayage du frein Duvèlius produit un serrage indépendant de la puissance des électro-aimants. L’électro-aimant (fig. 3î et 32), monté sur
- IU1 R
- O &
- FIG. 34. — FREIN CONOVER. — ÉLÉVATION
- un des essieux du véhicule ou sur un arbre mené par lui, porte des brides à encoches 7 et un tambour fou M, auquel sont attachées les chaînes des freins II; ce tambour est muni de barres k3, mobiles dans des rainures radiales entaillées dans ses fonds. Lorsque le courant passe, ces barres, attirées dans les encoches de l’électro, entraînent le tambour et serrent les freins. Cet embrayage, très simple, exercerait une action sans doute un peu brutale, et serait difficile à desserrer.
- P.-y. Conover
- Le frein à embrayage de M. Conover repose, comme son frein à action directe, sur l’emploi des aimants à solénoïdes; lorsque le courant passe (*)
- dans un de ces aimants M (fig. 33, 35), la tige K, attirée suivant la flèche d' (fig. 33), pousse le manchon J et sa roue I sur la roue C, qui les entraîne par la prise des axes D dans les encoches U (figure 3q). Le tambour J serre alors les freins, jusqu’à ce que l’un des bossages E de la roue C vienne, par sa butée sur la pièce fixe O (fig. 34), la repousser le long de son axe et du pignon A de l’essieu, et dégager ses taquets des encoches i.
- Le frein reste maintenu à ce degré de serrage par la prise du cliquet W dans le rochet j, solidaire du tambour J ; lorsqu’on fait repasser le courant, la roue c tourne d’un nouveau bossage et accentue d’autant le serrage du frein.
- Pour desserrer, on fait passer le courant dans le
- FIG. 35. — FREIN CONOVER,
- PLAN
- second solénoïde U (fig. 35’), qui, attirant sa tige dans le sens de la flèche/', fait pivoter le levier R autour du point S (fig. 34). Ce mouvement enlève le bloc Q du dessus de la tige du cliquet W, qui lâche sa roue et laisse les freins se desserrer.
- L’emploi des solénoïdes pour l’embrayage des freins électriques est parfaitement admissible, mais le mécanisme proposé par M. Conover ne durerait probablement pas longtemps, parce que certaines de ses parties fonctionnent toujours, et qu’il procède un peu par chocs; en outre, il exigerait, pour le desserrage, une action très vigoureuse du solénoïde U.
- Il est en outre à peine nécessaire de faire remarquer combien les appareils que nous venons de décrire sont inférieurs aux derniers types de M. Achard.
- {A suivre.)
- (*) Brevet américain, n° 224880, 24 février 1880.
- Gustave Richard.
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- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Moyen de désaimanter les montres qui ont été aimantées par le voisinage d’un champ magnétique puissant, par M. Marcel Deprez (1).
- « Quand une montre se trouve accidentellement maintenue dans un champ magnétique, les pièces d’acier que contient son mécanisme intérieur subissent une aimantation qui en arrête la marche. Pour remédier à cet accident, sans avoir recours au procédé extrême du remplacement des pièces aimantées, il suffirait de faire naître une aimantation égale et de sens contraire à la première ; mais, comme la valeur et la direction de celle-ci sont inconnues, j’ai imaginé de tourner la difficulté au moyen de l’artifice suivant.
- « On dispose la montre dans un champ magnétique puissant, et on lui imprime un mouvement de rotation; la polarité qui tend à se former par influence se déplacera constamment avec l’orientation des lignes de force, sans pouvoir se fixer jamais pendant toute la durée du mouvement, et toute trace de magnétisme disparaîtra de la montre si l’on parvient à la soustraire ainsi à l’action du champ qui l’entoure. Ce but est facilement atteint en la faisant tourner dans le champ magnétique, d’un mouvement héliçoïdal qui, l’éloignant graduellement, la fera échapper aune influence dont le sens et la direction varient d’ailleurs constamment jusqu’au moment où elle devient nulle.
- « J’ai souvent expérimenté ce procédé, toujours avec succès, sur des montres dont l’aimantation était quelquefois telle, que les secousses qu’on leur imprimait ne parvenaient même pas à les mettre momentanément en marche. »
- Sur les rapports de l’induction avec les actions électro-dynamiques et sur une loi générale de l’induction ; par M. Quet (2).
- « Je me propose de faire voir que, à l’aide d’une seule règle générale, on peut déduire de l'électro-dynamique les lois de l’induction produite par un déplacement relatif; il suffît pour cela de résoudre le problème suivant : Déterminer la direction et la grandeur de la force qui est appliquée à un élément de fluide électrique, lorsqu'il se meut dans le champ d'un système quelconque de courants. La règle à laquelle je vais être conduit est celle-ci: la direction de la force d’induction coïncide avec celle de l’action électro-dynamique qu’exercerait le système inducteur sur un élément de courant lictif,
- (!) Note présentée il l’Académie des Sciences dans la séance du i juillet i883.
- (2) Note présentée à l’Académie des Sciences, dans la séance du s5 juin i883.
- placé au point même du champ où se trouve l’élément induit et dirigé suivant la vitesse relative de celui-ci ; son intensité est la moitié de la force électro-dynamique qui agirait sur cet élément fictif, si les deux fluides qui le traversent en sens opposés avaient en somme une quantité de mouvement égale à la quantité de mouvement relatif de la masse induite.
- « Considérons une masse élémentaire m de fluide électrique en mouvement ; elle peut faire partie d’un fil ou d’un conducteur quelconque qui reste fixe ou qui se meut en entraînant avec lui la masse m et en lui communiquant sa propre vitesse; elle peut d’ailleurs se mouvoir elle-même dans le conducteur. Le système inducteur est fixe ou en mouvement ; dans le dernier cas on peut encore le supposer fixe, pourvu que l’on applique au conducteur induit une vitesse convenable qui, en se combinant avec la vitesse absolue, produit la vitegse relative. D’après cela, nous regarderons comme fixe le système inducteur et nous attribuerons à la masse électrique m, indépendamment de sa vitesse propre dans le conducteur, une vitesse relative v dans le sens Ov, O étant le milieu de m ; il suffira de considérer cette dernière vitesse, parce que, de quelque manière que l’on considère la vitesse de m, la règle s’appliquera à chacune de ses composantes.
- « Je place sur la direction Ov un élément da de courant fictif, dont le milieu soit en O, et dans lequel les masses m' et — m' de fluides en mouvement aient les vitesses respectives -\-v et — v, la masse m' étant d’ailleurs égale à m. Je désigne par p et p' les actions exercées par le système inducteur sur ces masses m et —m', et par Op la direction de la force p. Si la masse — m', conjuguée de -J- m', avait la même vitesse v que m' , elle serait soumise à une force égale à p et de sens opposé a O p, c’est-à-dire ‘ à la force —p. Mais, comme — m' a la vitesse — v, la force doit éprouver un nouveau changement de signe, et l’on a p' =p. Cela résulte du fait général de la décomposition par induction du fluide neutre, lorsqu’il se meut en présence de courants électriques, et de ce que, si l’élément — m' avait simultanément les vitesses -j- v et — v, il serait sans mouvement relatif et n’éprouverait pas d’induction. De ces considérations il suit que les forces p ttp' ont une résultante égale à 2p et dirigée suivant Op. Mais cette résultante n’est autre chose que l’action électrodynamique exercée par le système inducteur sur l’élément fictif da; par les règles d’Ampère, on déterminera la direction OF et l’intensité F de cette action, et il est clair que OF donnera O p et F la
- force de 2p, ou £ la force p. La force p est l’action exercée par le système sur la masse m' de l’élément fictif; mais cette niasse est égale à la masse m que nous avons à considérer ; elle occupe
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- la même position qu’elle dans le champ électrique, elle a même vitesse v et même direction de vitesse Op : p est donc aussi la force que le système inducteur exerce sur m ; car cette force ne peut dépendre que des quantités ou des conditions qui viennent d’être énumérées et non de la forme de m ou de la manière dont la vitesse v lui est communiquée : le problème est donc résolu et la règle que j’ai indiquée est la conséquence immédiate de cette solution.
- « Je vais maintenant donner quelques lois générales comme application de cette règle.
- « Supposons que le système inducteur se compose de courants fermés quelconques. D’après la règle d’Ampère, on aura OF, en menant la direction OD de la force auxiliaire d’Ampère (OD est aussi la direction de la courbe magnétique ou de la ligne de force au point O), le plan directeur d’Ampère, qui est perpendiculaire à OD, et dans ce plan une droit normale à da ou à la vitesse Ov, à gauche de Ov personnifié et regardant OD. Quant à la force F, on a cette formule d’Ampère
- F = J da D sin X,
- où D est la force auxiliaire (on l’appelle aussi l’intensité du champ au point O), X l’angle vOD, da la longueur de l’élément du courant fictif et J l’intensité de ce courant ; l’intensité J est donnée par l’équation connue Jd® = 2mv. Il suit de là que la force d’induction p est perpendiculaire à la vitesse et à la ligne de forces, et que son intensité est donnée par cette formule
- p — mDv sin X.
- « Cette loi générale de l’induction des courants fermés vient d’être démontrée en admettant sur la constitution intime des courants une hypothèse qui a cours ordinairement dans les recherches sur l’induction. Comme elle me paraît très importante, je ferai voir plus tard comment on peut l’établir sans s’appuyer, autant que possible, sur cette hypothèse.
- « Lorsque la masse m se meut dans un fil bon conducteur S qui l’entraîne avec la vitesse v, on projette la force p sur l’élément ds qu’elle occupe dans ce fil, et, 4- étant l’angle que la direction O p fait avec ds, on aura pour sa composante ^=/>cos4|. Cette dernière force et la force analogue — q appliquée à la masse — m de l’élément ds détermineront la formation d’un courant électrique dans le fil S supposé fermé. Si u est la vitesse de m dans le fil, 2qu dt sera le travail élémentaire des composantes q et -r-q, et l’on aura
- dl—um vDsinXcostydt——JvDsinacosçcftds;
- a est l’angle que ds fait avec la direction OD et cp l’angle de la vitesse v avec la normale au plan DOS.
- « La formule précédente donne presque immédiatement la loi de Neujnann.
- « Si dTx est le travail élémentaire de la force électro-dynamique appliquée à l’élément du fil ds, on a
- rfT^JDvsinacosç dtds et rfT = —rfT,;
- de là cette proposition assez remarquable : pour chaque élément du fil conducteur, les travaux dT et dT, soiit égaux et de signes contraires. •
- « Si l’on considère un fil rectiligne l, qui se meut parallèlement à lui-même dans un champ uniforme, en restant relié à un conducteur fixe fermant le circuit, on tirera de dT les valeurs de i et de la force électro-motrice données par M. W. Thomson. On a sensiblement
- c/T = i*Rrff
- et, par suite,
- E = ;R = — /vD sin a cos©.
- Cette démonstration n’exige pas l’intervention d’un courant étranger.
- « Si, dans le système inducteur, on ne considère que l’action d’un simple élément de courant (o’, i’, ds'), notre règle générale donne immédiatement
- kmvi'ds'f 3 „
- p= ^—( cos s — - cosO cosO' 1, q—pCOSip.
- Ce sont les formules de M. Weber.
- « Dans le cas où l’inducteur se compose de solé-noïdes homogènes et à directrices fermées, on a F = o, et par suite/» —o; il n’y a donc pas d’induction par ce système. Cela n’aurait pas lieu si les courants variaient d’intensité. »
- Sur la dilatation électrique du verre par G. Quincke (*).
- On sait que lorsque l’on charge une bouteille de Leyde en verre ou en mica, le volume intérieur de cette bouteille augmente. M. Duter puis M. Ri-ghi ont étudié ce phénomène qui avait été autrefois aperçu par Volta. Ces physiciens ont constaté que l’accroissement du volume intérieur est dû à la dilatation de l’enveloppe, dilatation proportionnelle au carré de la différence de potentiel employée pour charger le condensateur.
- Quelle est la raison de ce phénomène? L’électricité agit-elle directement pour dilater le verre, ou bien n’y a-t-il là qu’un effet secondaire dû à ce que les deux charges électriques accumulées sur les faces du verre s’attirent, compriment le verre
- (>) Annales de Wiedemann, n° 8, i883.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- qui les sépare, et par conséquent tendent à l’aplatir dans un sens et à le dilater dans toutes les autres directions ? M. Quincke a tenté de résoudre cette question, en mesurant d'une part expérimentalement la dilatation du verre, et en calculant d’autre part le changement de volume qui serait dû à l’attraction des charges électriques.
- Ponr mesurer le changement de volume de la bouteille de Leyde, M. Quincke, comme autrefois M. Duter, lui donne la forme d’un thermomètre à gros réservoir et à tige graduée rempli d’eau. L’abaissement du niveau de cette eau dans la tige donne l’accroissement de volume du réservoir.
- I^e calcul de l’attraction électrique est plus difficile. Tl suppose d’abord que l’on connaisse en valeur absolue la différence de potentiel entre les armatures. Cette détermination a été faite à l’aide d’un électromètre à quadrants simplifié dont la construction est due à M. Righi ; cet électromètre a été gradué lui-même par comparaison avec un électromètre absolu très simple dû à M. Kirchhoff. Cet instrument se compose d’une balance ordinaire, dont l’un des plateaux est remplacé par un disque horizontal A qui est en communication permanente avec la terre. Au-dessous de A est placé un disque fixe B également horizontal, porté par un pied isolant, et mis en communication avec la source à mesurer. L’attraction entre A et B s’obtient donc au moyen d’une pesée, la distance entre A et B se mesure au cathétômètre ; avec ces données, on calcule sans, peine la différence de potentiel cherchée.
- M. Quincke a dû en outre déterminer le coefficient d’élasticité du verre employé, et sa constante diélectrique ; il a fait usage de la méthode piézo-métrique ordinaire, pour la première de ces déterminations, de la méthode de comparaison galvano-métrique pour la seconde. Il a finalement obtenu pour la dilatation due à l’attraction électrique, une valeur calculée plus grande que la valeur observée, l’une des valeurs est double de l’autre dans certains cas. De sorte que les expériences de M. Quincke indiquent que la dilatation électrique est un effet propre de l’influence électrique, et qu’elle n’est pas simplement due à la pression des charges accumulées sur le verre.
- Toutefois il convient d’ajouter que le coefficient d’élasticité et la constante diélectrique du verre varient considérablement (du simple au double) avec l’état moléculaire du verre, c’est-à-dire avec le traitement qu’il a subi à la lampe d’émail-leur, et avec le temps, il en résulte d’après M. Quincke, que le verre se prête mal à résoudre la, question ; et l’auteur se propose en effet de l’étudier plus tard en se servant d’un diélectrique liquide. L.
- Appareils du professeur Hughes pour l’étude du magnétisme (4).
- La fig. 1 représente la balance d’induction, sous la forme que le professeur Hughes vient d’adopter pour l’étude des effets de la torsion sur les propriétés électro-magnétiques des tiges métalliques.
- La bobine d’induction A, recouverte de 200 mètres de fil n° 28 ou 32 (om/m35 et om/m23) est traversée par la tige E, soumise à l’expérience, pincée à ses deux extrémités par des vis de pression, dont l’une peut tourner sous l’action d’un bouton B,‘à
- FIG. I
- aiguille D, indiquant la torsion : la tige E peut être reliée, parle fil de cuivre GG, au circuit d’une pile, et la bobine A à celui d’un téléphone.
- Si l’on interpose, dans le circuit de la pile et de la tige E, un interrupteur, on observe, dans le téléphone, des sons d'autant plus puissants que. la torsion est plus grande, jusqu’à une certaine limite. La direction du courant induit en A change avec le sens de la 'torsion, après avoir passé par une
- ÎO.J1
- zone de torsion neutre, pendant laquelle il ne se produit aucun son dans le téléphone.
- On peut compenser les effets dus à la torsion, en inclinant plus ou moins la bobine A autour de son pivot S, à division graduée.
- La fig. 2 représente une autre variété analogue de la balance d’induction, disposée pour l’étude de la torsion des lames J'J", saisies par les vis B' B",. supportées en A' A", avec aiguille C, indicatrice de la torsion. On voit indiqués : en H, la pile dont le courant traverse la lame expérimentée, l’interrupteur T et le galvanomètre auxiliaire E; en D, la bobine d’induction, avec son téléphone J. La bobine E est parcourue par le courant en sens contraire de
- f1) Voir La Lumière Electrique du 16 juin, p. 207.
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- sa marche dans la bobine A, de sorte qu’il en contrarie l’influence, et que l’on peut apprécier l’effet de la torsion par la grandeur de l’angle dont il faut déplacer son aiguille F G pour annuler le son du téléphone.
- L’on serait obligé pour arriver à ce résultat par l’orientation de la bobine D, de lui donner un trop grand diamètre.
- Les lames ont environ om22 de long, elles se magnétisent à saturation plus vite que les tiges et produisent des sons plus intenses.
- Un troisième appareil, construit pour la démonstration, permet de figurer les évolutions des molécules magnétiques d’après la théorie du professeur Hughes; les molécules y sont représentées par des flèches, dont la pointe indique l’un des pôles et les ailes l’autre pôle. L’état neutre du barreau, représenté par la règle à laquelle sont fixées les flèches, est figuré par une direction des flèches perpendiculaire à la longueur de la règle ; le barreau prend une polarité nord ou sud, quand on incline simultanément toutes les flèches à droite ou à gauche de leur position neutre. A l’état neutre, chaque molécule n’en possède pas moins sa propre polarité inhérente, l’un des longs côtés de la barre possède une polarité nord et l’autre une polarité sud; le barreau, dont la neutralité n’est qu’apparente, n’a pas de polarité terminale (end polarity) mais une polarité latérale (side polarity) (').
- Téléphone magnétique à aimants multiples, de M. J. Pollard.
- Au commencement de l’année 1880, M. Pollard combina un téléphone magnétique à aimants multiples disposés de manière à réaliser un pôle central énergique, l’autre pôle étant réparti sur un cercle de fer en contact avec la périphérie de la plaque vibrante. Dans ces conditions, le champ magnétique est réparti régulièrement autour de l’axe de la bobine.
- Le noyau en fer doux N, qui traverse la bobine b, est fileté à travers un bloc de fer m à section triangulaire et contre les faces duquel s’appuient les .pôles de même nom de trois systèmes d’aimants en fer à cheval formés chacun de trois lames superposées et séparées par de petites cales en fer doux.
- Les trois autres pôles reçoivent des entretoises en fer doux e, sur lesquelles repose un cercle en fer c, dans lequel se répartit la polarité magnétique. Ce cercle reçoit la membrane en fer de omm75 environ d’épaisseur. Une contre-plaque métallique également boulonnée sur les entretoises porte l’embouchure.
- Le réglage est obtenu avec précision de la ma-
- nière suivante : l’extrémité du noyau central traverse librement la plaque de laiton qui porte tout l’appareil et reçoit un bras muni de butoirs et d’une vis de rappel, grâce auxquels on obtient le réglage voulu en orientant le noyau convenablement.
- En amenant l’extrémité du noyau à une très petite distance de la plaque et en chantant dans
- FIG. I
- l'embouchure, comme dans un transmetteur de Reiss, on réalise des chocs de la membrane sur le noyau qui donnent naissance à des courants induits énergiques. A l’arrivée, ces courants produisent un son intense dont on accroît singulièrement l’effet, en disposant l’extrémité du noyau très près de la
- membrane, de telle sorte que celle-ci ne peut vibrer sans produire de chocs.
- Le réglage d’attaque et d’attente est obtenu aisément au moyen de la vis de rappel; mais il ne saurait convenir à la conversation. On peut, sans le détruire, produire momentanément un écart un peu plus considérable, grâce à une disposition du levier et des butoirs.
- La bobine est faite avec du fil n° 40 et a une résistance de 400 ohms environ. Cet appareil est à la fois un transmetteur et un récepteur énergique : on ne peut lui reprocher que son poids.
- P) Engineering, i5 juin i883.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- RÉSUMÉ
- T) E S
- BREVETS D’INVENTION
- 153087. — APPAREIL DESTINÉ A LA PRODUCTION, AU DÉVEL0P"
- PEMEMT, A L?ACCUMULATION ET A L’UTILISATION DE L’ÉNERGIE
- ÉLECTRIQUE, POUR L’ÉCLAIRAGE ET AUTRES USAGES, PAR M.
- j.-l. pulvermacher. —Londres, 12 juillet 1882. —Paris,
- i3 janvier i883
- L’appareil qui forme l’objet de cette invention se compose de plusieurs cylindres semblables dans leur exécution et leur agencement; ils sont susceptibles de rentrer les uns dans les autres. Chaque cylindre est formé de deux fils de plomb, l’un droit servant d’âme à l’autre qui est enroulé dessus le premier en forme d’hélice; lorsque ces deux fils sont ainsi réunis ensemble, ils sont tournés en hélice sur un mandrin de grosseur convenable, suivant le diamètre que devra avoir le cylindre à exécuter. Chaque spire formée par cette hélice est très voisine de la précédente, de façon que les spires formées par le fil enroulé sur le fil intérieur s’enchevêtrent entre les spires voisines, en laissant entre elles un vide très petit, de façon à ce que le cylindre terminé soit & jours.
- Lorsque ces cylindres réunis sont plongés dans un vase contenant de l’acide sulfurique dilué et chargés par un générateur, l’effet maximum est produit quand ils sont employés comme pile secondaire; ou bien, si on remplit les cavités formées par les spirales avec une pâte chimique convenable, cette pâte est retenue dans ces cavités d’une façon très tenace et augmente la durée de la charge électrique. Si on place une tige de zinc amalgamé dans le vase poreux placé au centre du cylindre central (lequel vase est rempli d’une solution de sulfate de zinc), et si on réunit les quatre cylindres en plomb dont les cavités à jours sontreniT plies de peroxyde de plomb, on formera un électro-générateur. Sous l’influence du courant primaire ainsi produit, le oeroxyde de plomb se transforme en plomb poreux, lequel aussi bien que l’élément zinc peut servir pour être chargé de manière à pouvoir produire un courant secondaire en effectuant les contacts convenables. Afin de réunir ces éléments secondaires en une pile d’une haute tension électrique, on garnit chaque élément, c’est-â-dire le cylindre extérieur de l’élément, d’une enveloppe isolante, et on les place côte à côte dans une boîte en bois; on remplit ensuite l’espace intérieur d’acide sulfurique dilué; on relie ces éléments d’une manière convenable pour le but désiré.
- 153094. — UTILISATION DE LA CHALEUR PERDUE DES FOURNEAUX ET FOYERS INDUSTRIELS ET AUTRES, POUR LA PRODUCTION DE L’ÉLECTRICITÉ AU MOYEN DES PILES THERMO-ÉLECTRIQUES, PAR m. A.-F.-II. BARON. — Paris, î3 janvier i883.
- Ce résultat est atteint au moyen d’une forme et d’une disposition particulières des éléments des piles thermo-électriques; on peut les employer dans l’établissement des parois en briques des fourneaux ou foyers industriels ou autres de tous genres.
- La disposition des couples bi-métalliques dans ces parois doit être telle que l’une des soudures soit exposée à la chaleur, et que l’autre fasse saillie à l’extérieur, et ne soit, par conséquent, soumise qu’à une température peu élevée; dans ces conditions, la portion du calorique qui a traversé i la chemise en brique de ces fourneaux ou foyers, au lieu d’être perdue comme elle l’est actuellement par transmission et par rayonnement, se transforme en électricité, et
- détermine un courant électrique qui peut être utilisé pour toute application industrielle de l’électricité.
- 153109. — PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS A LA CONSTRUCTION DES BATTERIES ÉLECTRIQUES SECONDAIRES, PAR MM. J.-I.
- beeman, w. taylor et F. king. — Paris, i5 janvier 1883.
- Les inventeurs fabriquent leurs plaques perfectionnées en embobinant des rubans ou des bandes de plomb, d’une forme spéciale, qu’ils coupent dans la masse métallique au moyen d’un tour ou d’une coupeuse que nous décrirons, de manière que le côté de la bande qui n’entre pas en contact a'sec l’outil tranchant ait une surface inégale ou cellulaire, relevée par l’angle sous lequel travaille l’outil. On forme la plaque en recevant le ruban de plomb directement de la coupeuse, pour l’enrouler autourd’unmandrinmuni déjoués à surfaces plates ou ondulées, produisant ainsi une plaque à surfaces lisses ou inégales; les bords des rubans embobinés sont ensuite fixés aux endroits appropriés de la plaque, fixage qui est effectué par estampage ou par compression.
- La coupeuse est construite de la manière suivante : Quand on veut des rubans ayant partout la même épaisseur, on se sert d’un tour à plateau ordinaire, en réglant le mouvement du chariot; mais, lorsqu’il s’agit de produire des rubans d’épaisseur variable, on fait la roue d’alimentation excentrique au chariot et on donne à l’arbre qui porte l’hélice motrice un mouvement à la fois oscillant et rotatoire, en le faisant s’engager avec l’engrenage postérieur de la tête d’un tour ordinaire, ce qu’on obtient en appliquant à l’arbre un support à rotule ou autre et en faisant travailler l’extrémité de l’arbre dans une glissière.
- Cette invention se rapporte, en outre, à la formation de plaques pour électrodes, qu’on fait de bandes isolatrices combinées avec des rubans métalliques appropriés; elle se rapporte aussi à des bandes isolatrices couvertes de métal et combinées avec une bande isolatrice, de manière à former une conduite pour des sels de plomb ou pour du plomb finement divisé ; cette conduite isolatrice se trouve entre les rubans métalliques ou leurs équivalents dans toute leur étendue, et de même que ces rubans, peut être faite de toute manière appropriée.
- L’invention comprend également le revêtement des bandes isolatrices, ayant d’un côté la substance inerte, en poudre, et de l’autre, les sels de plomb. Elle comprend, ;en outre, l’application d’une cellule perfectionnée en bois saturé ou revêtu de paraffine, que l’on combine avec les plaques décrites plus haut; cette cellule est doublée de papier saturé de paraffine, et une couche de paraffine est appliquée entre le bois et le papier.
- Cette invention comprend aussi un système pour combiner les perfectionnements susdits, ou une partie d’eux, avec l’assemblage des différentes séries de plaques, de manière que chacune de ces dernières puisse être retirée facilement, ainsi qu’avec le fixage des cellules au moyen de crochets appropriés, et avec une soupape perfectionnée permettant la ventilation des cellules.
- Les inventeurs brevètent enfin un système pour combiner la cellule perfectionnée avec un montant servant de support à cette cellule et contenant l’huile nécessaire pour empêcher les courants de rétrograder dans le sol.
- 153118. — perfectionnements dans les éléments galva niques, par mm. a. skene et f. KuiiMAiER, — Paris, 16 janvier i883.
- L’invention est basée sur le fait suivant : Quand on plonge une plaque de cuivre rouge dans de l’acide sulfurique étendu d’eau, qu’on l’expose à l’air pendant quelque temps, et qu’on le replonge dans de l’acide sulfurique étendu d’eau dans lequel se trouve une plaque de zinc
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- amalgamé, il sc produit un courant d’abord très fort, mais qui ne tarde pas à devenir bien plus faible, quoique la consommation de cuivre rouge devienne bien plus grande. Mais si, au bout de quelques instants, on sort la plaque de çuivre rouge hors du liquide, et qu’on la laisse quelques instants à l’air libre, pour la replonger de nouveau dans le liquide, il se produit un courant énergique, et la consommation du cuivre rouge est minime.
- Cette invention a pour objet de sortir la plaque de cuivre rouge du liquide et de l’y replonger d’une manière continue, de manière à ce que cette plaque soit mise alternativement en contact, tantôt avec le liquide, tantôt avec l’air.
- 153122. — BATTERIE ÉLECTRIQUE SECONDAIRE, PAR M. BOETT-cher. — Paris, 16 janvier i883.
- Au moyen d’un courant, l’inventeur décompose électrolyti-quement une solution de zinc dans l’acide sulfurique pur, dans les proportions d’environ 1 :2 d’eau, de manière à faire précipiter le zinc sur une cathode faite d’une lame mince de zinc ou de plomb pur.
- Comme anode, il emploie une plaque mince de plomb (o,oo3), ayant sur chacune de ses surfaces une couche de 0,001 à o,ooi5 de plomb métallique poreux, produit avec du protoxyde de plomb, au moyen d’une réduction électrolytique. Sous l’inlluence de l’acide sulfurique, produit par la décomposition du sulfate de zinc et combiné avec de l’oxygène, ce plomb se transforme en peroxyde de plomb dont la quantité peut être augmentée successivement par l’addition d’un peu d’acide acétique libre, 1 à 2 0/0. La batterie est disposée en batterie plongeante ; le poids de l’élément est très minime, comparé à la capacité; la force électromotrice est dè 2,5 et la résistance intérieure est faible, d’après l’inventeur.
- 153132. — PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS AUX SYSTÈMES DE
- TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE, PAR MM. T.-M. FOOTE ET II.-C.
- goodspeed. — Paris, 16 janvier i883.
- La première partie de cette invention consiste en un instrument récepteur dans lequel deux stylets sont actionnés alternativement l’un par l’impulsion électrique sur la ligne, et l’autre par une force locale; par cette disposition, des impulsions d’une seule polarité transmises sur la ligne sont utilisées pour former des points et des traits sur une ligne, tandis que d’autres points et traits formant l’autre partie du travail complet sont pratiqués dans les intervalles existant entre les impulsions.
- La deuxième partie de l’invention consiste en un perforateur perfectionné propre à poinçonner un ruban destiné à être employé conjointement avec l’appareil récepteur décrit ci-dessus. La disposition générale à l’aide de laquelle ce résultat est obtenu comprend un instrument récepteur dans lequel les deux appareils encreurs sont alternativement amenés sur le papier, l’un d’eux restant en contact, tant qu’il n’est pas actionné par une impulsion électrique, et l’autre étant amené en contact avec le papier par ladite impulsion qui, en même temps, fait écarter le premier. La disposition comprend en outre un ruban transmetteur percé sur une ligne d’un système de trous, dans lequel des trous isolés ou en groupes sont séparés par des espaces en blanc dont la longueur est calculée de manière à ce que l’encreur actionné par l’interruption ou pendant l’intervalle de celle-ci soit composé de lignes de la même longueur que les lignes provenant des impulsions transmises par les trous isolés ou groupés. Dans d’autres termes, la dépêche à transmettre se compose d’une seule ligne ou rangée de trous dans laquelle un seul trou transmet une impulsion pour former un point sur le ruban qui se meut à une vitesse réglée et uniforme sous l’encreur de l’appareil récepteur; ou bien un groupe
- de trous suffisamment rapprochés pour transmettre en pratique une impulsion continue fait reproduire de la même manière un trait d’une longueur correspondante à celle de ce groupe, tandis que les espaces compris entre ces trous ou groupes donnent lieu à des interruptions pendant lesquelles le récepteur devient pour ainsi dire collecteur automatique; les courtes interruptions produites par les courts espaces formant des points sur le ruban récepteur, et les longues interruptions produites par les longs espaces formant des traits dont la lougueur correspond à celle de ces espaces.
- 153136. — SYSTÈME D’ÉCLAIRAGE DES VOITURES DE CHEMINS DE FER ET AUTRES, PAR L’ÉLECTRICITÉ, DIT : SYSTÈME DE
- kabatii, par m. n. de KABATii. — Paris, 16 janvier i883.
- A l’emplacement de la lampe à huile du wagon, autour de l’ouverture ménagée dans la paroi, on place une rondelle de caoutchouc ou toute autre matière isolante; cette rondelle
- sert de siège à la lampe électrique proprement dite dont une partie vient se loger dans le globe vitré a (fig. 1), qui fait saillie dans chaque compartiment. Cette lampe électrique comporte deux lames conductrices b en cuivre, formant
- siège, faisant corps avec un récipient cloisonné c contenant un groupe d’accumulateurs réunis en tension, en nombre voulu suivant la distance à parcourir entre les stations de charge et suivant la durée de l’éclairage.
- A la base du récipient cloisonné sc trouve une lampe à incandescence ordinaire d reliée aux deux pôles des accu-
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- mulateurs placés immédiatement au-dessus par des /ils de cuivre; on peut ù volonté établir ou interrompre le courant de la lampe au moyen d’un commutateur ordinaire e ayant la forme d’une clef. Telle est, en principe, la disposition ù l’aide de laquelle M. de Kabath réalise son invention.
- On aura de distance en distance des lampisteries électriques dans lesquelles on chargera les accumulateurs des lampes. Ces stations pourront être établies dans une construction quelconque, sous un hangar par exemple où seront placés la ou les machines dynamo-électriques m et les accumulateurs n (fig. 2).
- A chaque station de charge, les lampes électriques sont enlevées de chaque compartiment et placées sur un wagonnet porte-lampes, tel qu’il est actuellement employé, mais dont la partie supérieure, en contact avec la partie conductrice de la {ampe, sera rendue non conductrice, par une plaque de matière isolante convenable. Les lampes apportées à la station de charge sont posées par leurs conducteurs de cuivre sur deux plaques en cuivre ou autre matière bonne conductrice, réunie aux accumulateurs de la station de charge (fig. 2), accumulateurs stationnaires d’un très grand poids qui reçoivent constamment la charge du moteur dynamo-électrique. M. de Kabath a fait l’application à son système d’un moulin à vent p.
- Afin d’éviter les changements de pôles pouvant se produire en raison des irrégularités du moteur naturel que l’inventeur applique, celui-ci interpose, entre le moteur dynamo-électrique et les accumulateurs un disjoncteur-conjonc-teur automatique q. Les lampes électriques étant changées par leur contact plus ou moins prolongé avec les plaques de cuivre de la lampisterie électrique reliées aux accumulateurs stationnaires n, on les place sur le wagonnet pour les conduire près des voitures et les remettre en place.
- On allume les lampes en agissant sur le commutateur, pour fermer le circuit.
- 153145. — PROCÉDÉ DK FABRICATION DU SODIUM ET AUTRES MÉTAUX ALCALINS ET TERREUX PAR L'ELECTROLYSE A CHAUD des sels, par m. p. jABLOCiiKOFF. — Paris, i6 janvier i883.
- L’invention consiste à fondre des sels de ces métaux et à opérer la décomposition des sels fondus au moyen d’un
- courant électrique dans un appareil disposé de manière à isoler les gaz provenant de la décomposition, de sorte qu’on recueille, d’une part le métal, et d’autre part le gaz qui était combiné avec lui dans le sel. Ces appareils peu-
- vent affecter des dispositions diverses. Nous allons indiquer une de ces dispositions; nous supposerons que nous nous occupons de la fabrication du sodium,
- La figure est une coupe d’un de ces appareils.
- Il se compose d’un creuset A en terre réfractaire, fermé par un couvercle B aussi en terre réfractaire. Ce couvercle est traversé par les deux tubes CC' et le tube de chargement D par lequel on introduit du chlorure de sodium solide.
- Le tube C renferme l’électrode positive a en charbon, et sert au dégagement du chlore; le tube C' renferme l’électrode négative en fer £et sert au dégagement du sodium à l’état gazeux; celui-ci se condense et se recueille à la manière ordinaire. L’appareil est disposé sur un fourneau quelconque.
- Dans ces appareils, le tube de chargement contient toujours du chlorure solide, de sorte que le fonctionnement de l’appareil est continu.
- L’inventeur brevète aussi la fabrication simultanée de deux métaux en employant un sel double de ces métaux, et en particulier la fabrication du sodium et de l’aluminium, l’aluminium pouvant être extrait du creuset sans interrompre le travail.
- Il brevète enfin l’utilisation du chlore qui se dégage de l’appareil de décomposition pour exciter la pile qui produit le courant électrique.
- 153180. — SYSTÈME DE I-IALAGE ÉLECTRIQUE ET APPAREILS
- QUI'S’Y RATTACHENT, PAR MM. W.-E. AYRTON ET J. PERRY.
- — Pains, 17 janvier i883.
- La première partie de cette invention consiste dans l’emploi d’une corde métallique ou d’un rail-métallique que les inventeurs appellent le rail. Ce rail est maintenu sur des supports le long du canal ou du chemin sur lequel on veut lialer les bateaux ou. les wagons. Le chemin ou la voie supportant le wagon peut être incliné. Sur le rail court un mo-
- ’-r—l
- teur électrique suspendu par des axes au-dessus des poulies. La* figure est une des dispositions qu’adoptent les inventeurs. C représente le moteur actionnant les roues d’adhérence Jget I, au moyen de l’engrenage à roues droites
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- et à roues d’angles représenté dans la ligure; K et L représentent une autre paire de roues d’adhérence dont les axes sont disposés sur un cadre relié aux bielles OP, OD, au moyen d’un ressort Q; lorsque la chaîne dont les extrémités sont reliées à la ligne de halage est tirée, le mouvement du point O empêche l’adhérence de IC et de L d’être plus grande, en proportion, que le tirage sur la ligne de halage. Les deux roues R R portent le poids de la voiture.
- La deuxième partie de cette invention est relative à l’alimentation d’électricité des moteurs électriques. La méthode employée est celle de M. Fleeming Jenkin.
- La troisième partie de l’invention consiste à bloquer automatiquement les voitures motrices qui courent sur le rail, c’est-à-dire à les empêcher de trop se rapprocher. C’est dans ce but, si ce n’est pas nécessaire pour obtenir une bonne isolation, que les inventeurs divisent le rail en sections; soit qu’ils fassent fonctionner leurs voitures motrices en série ou parallèlement, le rail est divisé en sections, et ils produisent un blocage automatique, au moyen de la méthode F. Jenkin, c’est-à-dire qu’ils installent des dispositifs électriques automatiques qui sont tels que quand une voiture motrice se trouve sur une section, et une voiture motrice sur une section voisine ou section spécifiée, l’une d’elles ne peut pas recevoir une alimentation électrique.
- Une autre partie de cette invention consiste dans l’emploi de deux voitures motrices pour le halage d’un seul bateau ou d’un seul wagon. Deux rails indépendants, dont un de retour, peuvent être employés au moyen d’un changement convenable dans les dispositions du blocage; et en permettant à chaque voiture motrice de porter avec elle un pont ou une partie courbée d’un rail qui se réunit en avant et en arrière avec un autre rail, on peut permettre à une voiture motrice de dépasser l’autre. Une voiture motrice fixée exactement au rail peut enrouler la ligne de halage, et pendant que ceci a lieu, l’autre voiture motrice passe en avant et se fixe, et haie, pendant que la deuxième cesse d’adhérer au rail, et passe en avant de l’autre, dévidant la ligne au fur et à mesure qu’elle avance et se fixe dans une nouvelle position, et peut de là enrouler la ligne de halage. Cet enroulement peut être effectué, sans permettre à un moteur de dépasser l’autre.
- On peut employer plus de deux voitures.
- 153192. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES APPAREILS DYNAMO ou magnéto-électriques, par m. j.-s. beeman. — Paris, 18 janvier i883.
- Cette invention se rapporte aux appareils destinés à séparer de l’armature d’une machine dynamo ou magnéto-
- FIG. I
- électrique à courant continu, certaines parties de circuits, lorsque ces derniers cessent de contribuer à la production
- de courants, pour faire fentrer ensuite ces parties dans les circuits, lorsqu’elles arrivent au point actif dons le champ magnétique.
- La figure 1 représente une armature, vue en élévation, et une vue en plan d’un commutateur, déployé. — La figure 2 montre le même commutateur, vu par bout et en élévation, tandis que la figure 3 le représente vu en plan.
- FIG. 2
- A est un anneau d’armature et Y un porteur isolé par les ressorts ou par les surfaces à friction b, c, d, e, /, g-, h, /, 5, r, q, p, o, 11, m, /. — K et K' sont les isolateurs sur lesquels sont montés les arrêts isolateurs intercalés avec leurs joints M L, N P. — B, C, D, E, F, G, H, I sont des parties de conducteurs métalliques sur l’armature, ayant les premières
- FIG. 3
- et les dernières extrémités assemblées avec les parties correspondantes du commutateur. K et K' sont montés sur les barres d’ajustage XX'. Quand on tourne l’armature A et le commutateur dans la direction indiquée par les flèches, K restera fixe, et les ressorts b, c, d et m, nf o vont alternativement établir et interrompre le contact avec le circuit en LM et en N P.
- 153217. — BLOCK-SYSTÈME AUTOMATIQUE, PAR LA MACHINE elle-même, par m. ii. le loutre. — Paris, K) janvier i883.
- L’invention se compose de trois appareils.
- Le premier est fixé sur la voie; il se compose de deux leviers A et B qui sont déplacés par le passage de la machine et fait, par suite, mouvoir la pièce C qui vient se placer en C' au-dessous du levier placé en B'.
- Le second appareil est situé à l’avant de la machine.
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- Le premier appareil, par suite de la situation de la pièce B', fait mouvoir à son tour le second appareil, si la voie se trouve fermée. Cet appareil est destiné à faire entendre au mécanicien, au moyen d’un avertisseur électrique, que la voie est occupée. La petite branche o de la pièce C sert à établir en p le courant électrique; la branche verticale sert de contact à un électro-aimant E. A l’extrémité du levier A et en dessous, existe une pièce S qui sert à établir le cou-
- se sert de moteurs Daft à courant très faible et offrant par suite plus de facilité au point de vue de l’isolement des conducteurs et moins de danger'pour les personnes qui toucheraient les fils par mégarde.
- Une embarcation mue par l’électricité, le De La Motte, appartenant à M. Toynbee, des Malvern Villas, Willesden, et mesurant vingt et un pieds de long, vient d’etre essayée sur la Tamise. On emploie une batterie Bunsen de trente-sept éléments réunis en série à-l’aide de bandes de cuivre verni, et un moteur consistant en aimants formant un anneau complet sur le même arbre ou axe que l’hélice. La vitesse obtea nue avec un poids de trois quart de tonne est d’environ trois milles à l’heure.
- rant destiné à faire agir l’électro-aimant d’un appareil précédent.
- Le troisième appareil est situé à l’arrière de la machine et fonctionne continuellement, car c’est lui qui ferme la voie en appuyant sur le levier A qui agit à son tour sur le levier B et produit le courant en appuyant sur la pièce S destinée à remettre l’appareil précédent en place.
- En plaçant ces appareils de distance en distance, on aura une suite de voie bloquée et débloquée.
- 153236.— PERFECTIONNEMENT APPORTÉ A LA CONSTRUCTION DES LAMPES ÉLECTRIQUES FONCTIONNANT PAR L’iNCANDES-CENCE DANS LE VIDE, PAR MM. L. MORS ET G. DUPRÉ. —
- Paris, 20 janvier i883.
- Les inventeurs disposent les charbons comme le montre la figure ï ; ceux-ci sont d’une fabrication spéciale et isolés les uns des autres; aussitôt que l’un d’eux, soit par usure, soit
- FIG. I ET 2
- par accident est mis hors d’usage, il est facile, en poussant la petite lame du commutateur 0 de A en B (fig. 2), de faire passer le courant dans le deuxième filament de charbon ; celui-ci usé ou brûlé, la même opération se renouvellera pour mettre le troisième charbon en fonction, il en sera de même pour le quatrième, le cinquième, etc.
- Camille Grom.et.
- Parmi les nouveautés de la Chicago Railway Exhibition, se trouve un chemin de fer électrique très admiré par les visiteurs. Dans un seul jour, on a transporté plus de 12000 voyageurs, en huit heures, sans le moindre dérangement.
- On a souvent discuté la question de savoir si l’électricité ne pourrait pas être employée avec avantage dans les abattoirs pour tuer les moutons ou les bœufs. L’idée était surtout d’abréger autant que possible l’agonie de ces derniers. A Nuremberg, la Société protectrice des animaux, qui s’est occupée de cette question avec zèle, vient de faire procéder à une nouvelle expérience. L’emplacement choisi était la cour de la fabrique Schuckert. On avait installé à cet effet une machine dynamo, qui était destinée à alimenter quatorze lampes à arc. Cette machine ayant été mise en mouvement, le courant électrique fut amené sur la tête d’un mouton choisi pour l’expérience. La communication était établie à l’aide de deux lames de laiton entourées de lambeaux mouillés et attachés sur le front et la nuque du mouton. La tension de la machine était égale à neuf cent vingt-cinq volts. Cependant cette grande tension ne suffît pas pour tuer le mouton. On tenta une seconde expérience 'avec un inducteur à étincelles d’une longueur d’étincelle de 24 millimètres, mais cette fois encore sans plus de succès. L’animal ayant été retiré, on constata que la plus grande partie du courant s’était répandue sur la surface de la peau qui se trouvait avoir été ainsi brûlée.
- Éclairage électrique.
- A la fête de Neuilly, quatre lampes Solignac à courant continu, remarquables par la fixité de leur lumière, éclairent le pont de Courbevoie.
- Dans le département de Meurthe-et-Moselle, à Rennepont, 21 lampes-soleil éclairent par réflexion les diverses parties de la manufacture de drap de MM. Demachy et Seilfière, et spécialement les salles de cardes, les métiers à filer, renvi-deurs et les machines à fabriquer les rubans de cardes. Cette installation d’éclairage électrique marche à la satisfaction complète des directeurs et montre une fois de plus combien les applications de la lampe-soleil sont nombreuses dans toutes les branches de l’industrie comme pour tous les éclairages artistiques. '
- FAITS DIVERS
- De même qu’à Paris, Londres et autres villes, des expériences ayant pour but de substituer la traction électrique au service par chevaux ont lieu sur la ligne des tramways de Newark et de Bloomficld, dans l’Etat de Ncw-Jcrscy. On
- La Compagnie des houillères de Blanzy, dans le département de Saône-et-Loire, a fait installer des lampes du système Edison dans la galerie du puits Magny, à trois cent vingt-et-uu mètres de profondeur, ainsi que dans les bureaux et salles des machines de la mine.
- Depuis le 20 juillet 1880, la gare intérieure de la ville de Strasbourg a été pourvue d’un éclairage électrique. Dans les
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- salles des voyageurs, il y a six lampes différentielles Siemens et Halske de trois cent cinquante bougies chacune, réunies en un circuit, et deux de douze cents bougies chacune. Dans la nouvelle gare, on a posé, le ï5 octobre 1881, douze lampes Siemens de cent cinquante bougies à l’usage des perrons, salles d’attente, vestibules, salles des marchandises, et le 2 janvier 1882 quarante-cinq lampes à incandescence de seize bougies, et trente-six également du système Edison de huit bougies, destinées aux buffets des premières et deuxièmes classes, de la salle de réception, des bagages, du bureau télégraphique, à l’éclairage des horloges de la gare, de la salle des machines et de seize pièces de la direction générale. On en a ajouté depuis vingt-quatre, soit un total de cent cinq.
- L’Exposition internationale des Pêcheries, inaugurée à Londres, reste maintenant ouverte chaque soir au public jusqu’à dix heures. L’espace éclairé par les appareils électriques, qu’exposent quinze Compagnies, comprend environ quatorze hectares. La longueur des (ils conducteurs est de quarante-deux kilomètres; le nombre des lampes est de quatre mille, dont trois cents à arc, d’une puissance égale à sept cent cinquante mille bougies; enfin les machines génératrices représentent un total de mille cent chevaux. Parmi les principales installations, on remarque celle du vestibule où brûlent trois cent cinquante lampes Woodhouse et Raw-son; celle des pêcheries britanniques, où MM. Siemens ont placé mille quarante lampes Swan; celle de la grande serre, éclairée avec quatre foyers à arc en dérivation, d’une puissance de cinq mille candies chacun. Le système Jablochkoff est établi dans les cours de la Belgique, des Pays-Bas et de Terre-Neuve. Quinze lampes à arc Brockie se trouvent dans la section de Suède et Norwègc, et quinze lampes à arc Lex dans celles des Etats-Unis et du Canada. Les annexes de la Russie et de l’Espagne ont chacune dix feux à arc Gérard. Six cents lampes à incandescence Crookes, pourvues de réflecteurs semi-transparents et de couleur sont suspendues aux voûtes de la galerie orientale qui renferme les collections de la Chine, de la Nouvelle-Galles du Sud, de l’Inde, du Japon, du Chili, de la France. On peut citer encore la longue promenade centrale qu’éclairent des lampes Hoch-liausen, la galerie des restaurants, illuminée avec vingt-huit foyers Lever, et le pavillon du prince de Galles, où ont été installées cent quatre-vingt-quatre lampes Swan.
- Soixante-dix lampes à incandescence de vingt candies, et deux lampes à arc de deux mille candies, viennent d’être installées à bord du vapeur écossais Burmah, construit par J. Kcy et fils, de Kirkcaldy, comté de Fife (Ecosse). On se sert de machines Higgs.
- A l’Exposition de Vienne, le théâtre, qui occupe toute la galerie sud-ouest du palais, est à peu près terminé. Ce théâtre est très magnifiquement décoré et va être éclairé à la lumière électrique, comme nous l’avons déjà dit. On va d’abord employer les lampes à incandescence Swan de 20 candies; i5 lampes pour le vestibule d’entrée et les bureaux des billets, 90 dans le foyer, 184 dans la salle, 3o à l’orchestre, 90 pour les loges des artistes et 1260 sur la scène. La plus grande partie de ces dernières sera employée seulement par occasion pour produire des changements de couleur dans la lumière projetée sur la scène. La machine dynamo qui doit fournir le courant et qui a été spécialement construite pour la circonstance, sera placée dans une salle distante d’environ 35o mètres, et l’électricité sera amenée au théâtre par un câble souterrain. MM. Piette et K.rizik, les inventeurs du régulateur Pilsen, que l’on a vu si bien fonctionner à l’Exposition de Paris, éclaireront aussi le théâtre avec leurs lampes, de façon à alterner les effets
- do l’arc avec le système à incandescence et pour pouvoir juger la valeur relative des deux méthodes. Ces constructeurs placent trois à cinq régulateurs dans la salle, deux sur la scène qui servent de rampe et deux ou trois à chaque coulisse. Toutes les autres parties du théâtre resteront éclairées avec les lampes à incandescence. Il paraît que l’on a renoncé à employer les accumulateurs.
- Nous avons déjà signalé plusieurs installations faites par la maison Ganz et C°, de Budapest. Le nombre d.e ces installations va toujours en s’augmentant. Cette maison vient d’établir, dans la distillerie de MM. Grunwald et C°, à Budapest, 60 lampes à incandescence. Des installations analogues ont été faites dans une sucrerie à Sokolnith (Moravie).
- Les bureaux et dépendances du Lloyd autrichien à Trieste sont éclairés par 7 lampes à arc à 600 bougies normales chaque et 3oo lampes d’incandescence.
- A l’occasion du passage à Naples des reines de Portugal et d’Italie, la place du Plébiscite, où se trouve le palais royal a été brillamment éclairée à la lumière électrique.
- Roselle, ville de l’Etat de New-Jersey, possède un éclairage électrique à incandescence. Six cent cinquante lampes Edison, dont cent cinquante dans les rues, sont alimentées par'trois machines dynamo K,
- Le système à incandescence Edison vient d’être essayé à la Bourse de Nèw-York avec trois lustres de soixante-six lampes chacun.
- Une partie de « Base Bail », jeu national des Américains du Nord, vient d’être jouée la nuit dans le Far West sous la lumière de foyers électriques. La Jenney Electric Light Company avait entouré le League Parle de Fort Wayne de dix-sept foyers électriques d’une puissance de quatre mille candies chacun, soit une lumière égale à quatre mille huit cent cinquante-sept becs de gaz ordinaires. Des réflecteurs étaient disposés derrière une portion de ces foyers de ma nière à renvoyer leurs rayons en haut, et le degré d’illumination était tel que le jeu s’est bien passé, quoiqu’on ait remarqué que lorsque les joueurs regardaient en face une de leurs lampes, ils étaient obligés de s’abriter avec leurs coiffures. Environ deux mille personnes, parmi lesquelles des dames en toilettes brillantes, assistaient à cette fête d’un genre nouveau dans ces contrées de l’extrême ouest américain.
- Dans l’Inde, l’éclairage à l’électricité va être introduit sur le chemin de fer de Madras.
- Le nombre des lampes du système Jablochkoff actuellement en service dans les différents pays s’élève à plus de quatre mille, sur lesquelles près de mille se trouvent en France, notamment à Paris, Fivcs-Lille, au Havre, à l’arsenal de Rennes, aux ateliers de la Compagnie transatlantique à Saint-Nazaire, au théâtre Beliecour à Lyon, à Saint-Raphaël dans le Var, aux forges d’Ivry, au Crcuzot.
- Le Junior Conservative Club qui vient d’être inauguré à Liverpool, a été pourvu de toute une installation d’appareils pour l’éclairage électrique.
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- 35s
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Télégraphie et Téléphonie
- Le conseil colonial de la Cochinchine vient de voter la pose du câble électrique projeté entre Saigon et Iîaï-Phong, en acceptant la totalité des dépenses si le Tonkin et la Cochinchine restent réunis, et le quart seulement dans le cas contraire.
- Une innovation dans le service de VAmerican district teîe-graph est signalée à New-York. La district Messenger Company fait installer dans tes endroits les plus fréquentés des boîtes destinées, à recevoir les appels qui lui sont adressés. Ces boîtes sont divisées en deux compartiments. Dans le compartiment supérieur est disposé un appareil électrique relié au bureau de la Compagnie. Les personnes qui ont besoin d’un commissionnaire, d’une voiture, ou qui désirent seulement envoyer une dépêche, n’ont qu’à ouvrir la boîte, à presser le bouton d’appel et à introduire par une fente qui donne dans la partie inférieure une carte indiquant leur nom, leur adresse et ce dont ils ont besoin. La Compagnie envoie immédiatement un employé qui ouvre l’appareil et prend la carte sur laquelle il lit les renseignements qui lui permettent d’exécuter la commission demandée.
- A la gare Saint-Lazare, ainsi que dans les stations de Bois-Colombes et Colombes-embranchement, viennent d’être posés des postes téléphoniques dits postes de secours. On emploie le téléphone Ader.
- On vient de remettre en place, à Strasbourg, les appareils téléphoniques à l’usage des personnes abonnées au réseau. Ces appareils avaient été détruits le 19 juin pendant un incendie .qui avait éclaté dans le bureau central des télégraphes.
- Une concession est demandée au gouvernement autrichien pour l’établissement d’un réseau téléphonique à Prague.
- Le gouvernement italien vient de publier un nouveau cahier des charges ou règlement relatif aux concessions et à l’exploitation des lignes téléphoniques publiques ou privées dans la Péninsule. Ce règlement indique les conditions requises pour la construction des lignes qui sont aériennes. Les réseaux restent soumis au contrôle de l’Etat, tant au point de vue de la construction que pour l’exploitation. Les tarifs sont fixés par le concessionnaire, mais doivent rester inférieurs à un maximum fixé par TEtat; les personnes qui prendront plus d’un abonnement auront droit à une réduction de vingt pour cent sur le tarif; les institutions gouvernementales ou de bienfaisance jouiront d’une réduction de cinquante pour cent. Qnant aux redevances à payer à l’Etat il sera dû un minimum de quinze lires par ligne privée, de sept lires par abonné relié, de cent lires par appareil dans les bureaux mis à la disposition du public non abonné. La durée des concessions reste fixée à trois ans, renouvelable de deux en deux ans. Le décret porte que le prix, d’achat sera fixé par arbitres en cas de reprise des réseaux par l’Etat.
- Kiew, ancienne capitale de la Russie, et une des villes principales de ce pays, va recevoir des installations téléphoniques, notamment pour le service des incendies. Depuis longtemps, les signaux du feu, à Kiew, se font sur des tours vigies. Chaque caserne ou poste de pompiers est surmonté d’une tour d’observation en bois, avec galerie circulaire, où deux pompiers sont constamment en vigie. Dès qu’ils aperçoivent la fumée d’un incendie, les pompiers donnent le premier signal avec un drapeau, si c’est pendant le jour. La
- nuit, ils se servent d’une lanterne rouge. Puis, au moyen de grosses boules de couleur qu’ils hissent au sommet de la tour, les sentinelles indiquent le quartier où le feu a pris. Le télégraphe vient à son tour en aide à ces signaux et en quelques minutes, tous les pompiers de Kiew sont sur pied.
- A Dublin, les bureaux du réseau téléphonique restent maintenant ouverts toute la nuit pour le service du public.
- L’agrandissement des faubourgs de Mexico, le grand nombre de domaines ou haciendas qui environnent cette capitale, l’habitude qu’ont les gens d’affaires de rester chez eux l’après-midi pendant la saison chaude> la possibilité pour les dames qui sortent rarement de causer par le téléphone, ont beaucoup contribué à favoriser l’extension de l’exploitation du téléphone dans la région de Mexico. On va maintenant conctruirc de nouvelles lignes qui relieront Mexico à des villes environnantes. Déjà cette capitale communique avec Puebla par le téléphone. La distance est de cent vingt-deux kilomètres. L’ayuntamiento ou municipalité de Mexico vient d’accorder à la Mexican Téléphoné Company une nouvelle concession additionnelle de neuf ans et de plus grandes facilités pour la construction de ses lignes aériennes.
- Au Mexique, on a posé une ligne téléphonique reliant Puebla à San Martino, distance trente-sept kilomètres, cette ligne devant être probablement poussée jusqu’à Mexico.
- L’île de la Trinité, la principale et la plus méridionale des Petites Antilles anglaises, située vis-à-vis de l’embouchure de l’Orênoque, et que l’on a surnommée le « Paradis des Antilles » à cause de son climat et de sa végétation luxuriante, va être dotée d’un réseau téléphonique. La Tropical American Téléphoné Company vient, en effet, d’installer un bureau de téléphone à Spanishtown, capitale de cette colonie.
- Sur le pont suspendu de Brooklyn, dont la construction a été terminée récemment, les autorités de New-York et de Brooklyn ont fait installer des postes téléphoniques communiquant avec les différents bureaux de police des deux villes.
- Celui qui se sert du téléphone est-il tenu à quelque réserve dans le choix de ses expressions? Telle est la question sur laquelle vient de statuer un tribunal dans l’Ohio, aux Etats-Unis. Un abonné avait l’habitude invétérée de parler avec le téléphone en termes peu châtiés. A bout de sommations, la Compagnie de téléphone se mit en devoir de reprendre son appareil, car un article du règlement proscrit les discours vulgaires ou malséants. Le juge a donné raison à la Compagnie. « Le téléphone, a-t-il dit, pénètre dans l’intérieur des familles; telle communication peut être entendue d’une personne à qui elle n’est pas destinée; un langage convenable est par conséquent de rigueur. Beaucoup de dames, en. outre, travaillent dans les bureaux du téléphone, et chacun dans ces bureaux a droit à des égards. »
- A Calcutta vient de se former une Compagnie en vue de répandre le téléphone dans la présidence du Bengale.
- Le Gérant : A. Noaillon.
- Paris. — Imprimerie P Mouillot, i3, quai Voltaire. — 4o388
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 5i, rue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL
- Administrateur-Gérant : A. NOAILLON
- 6» ANNÉE (TOME IX)
- SAMEDI 21 JUILLET 1883
- N° 29
- SOMMAIRE
- Recherches sur les meilleures conditions d’enroulement des électro-aimants ; Th. du Moncel. — Exposition Internationale d’Electricité de Munich : Les installations démesures (suite); Aug. Guerout. — Nouvelle pile à oxyde de cuivre; De Lalande et Chaperon. — Description de quelques freins électriques (3° article); G. Richard. — Comparaison du gaz et de l’électricité; Georges Guéroult. — Le prix de revient de l’éclairage électrique; O. Kern. — Revue des travaux récents en électricité : Sur l’application de la méthode d’Ampère à l’établissement de la loi élémentaire de l’induction, par M. Quet. — Actions électrodynamiques renfermant des fonctions arbitraires, par M. Le Cordier. — Impression automatique des dépêches
- . téléphotiques, par M. Martin de Brettes. — Sur le dégagement d’électricité au contact des gaz et des corps incandescents, par J. Elster et H. Geitel. — Sur les propriétés électriques du quartz, par W.-C. Rœntgen.— Résumé des brevets d’invention; Camille Grollet. — Faits divers.
- RECHERCHES
- SUR LES MEILLEURES CONDITIONS D’ENROULEMENT
- DÈS
- ÉLECTRO-AIMANTS
- On s'occupe en ce moment en Angleterre de certaines expériences faites par MM. Ayrton et Perry, sur la force des électro-aimants suivant le mode d’enroulement des hélices magnétisantes sur les noyaux, et ce n’est pas sans étonnement que nous constatons que ces savants n’ont fait aucune allusion aux nombreux travaux' que nous avons faits sur cette question depuis 1857, travaux qui ont été publiés non-seulement dans nos différents ouvrages, mais même dans les journaux anglais, et dans une traduction de notre volume sur la détermination des éléments de construction des électro-aimants qui a paru l’année dernière en Angleterre. Nousrappele-rons ces recherches à la fin de cet article pour que cette question soit complètement élucidée.
- Les expériences de MM. Ayrton et Perry, comme les miennes, avaient été faites dans le but de déterminer le meilleur système d’enroulement d’un fil
- donné sur un barreau de fer pour lui donner la plus grande force possible. Ils ont en conséquence découpé dans un même morceau de fer quatre barreaux de dimensions exactement égales qui avaient 12 pouces de longueur sur 3/8 de pouce de diamètre. Ils ont enroulé ensuite sur ces barreaux une même longueur de fil, d’abord régulièrement, sur toute la longueur, puis en deux tronçons avec des épaisseurs successivement croissantes de spires, depuis la ligne neutre jusqu’aux extrémités polaires, ce qui constituait deux hélices coniques, puis ils sont revenus à un enroulement uniforme sur une moitié de la longueur du noyau; enfin ils ont réparti le fil sur cette demi longueur de manière à accumuler coni-quement vers les pôles les spires de l’hélice. Nous désignerons sous les nos 1, 2, 3, 4 ces quatre dispositions dans l’ordre où nous venons de les décrire.
- Prévoyant que les effets pourraient ne pas être les mêmes en des points différents du champ magnétique, MM. Ayrton et Perry ont commencé par examiner ce qu’ils devaient être à une distance du pôle actif variant , de 3 à 10 pouces, et pour cela ils ont employé le système des déviations de l’aiguille aimantée. Ils plaçaient donc leur aiguille dans le champ magnétique à différentes distances d’un des pôles magnétiques de chaque barreau dont l’hélice était parcourue par un courant constant, et ils en notaient les déviations. Partant de ce principe que la force du champ magnétique, au point correspondant au centre de l’aiguille d’épreuve, est proportionnelle à la tangente de l’angle de déviation, ils répétèrent les expériences avec les différents systèmes de barreaux à des distances variant de 3,5 pouces à 10 pouces, et obtinrent les résultats consignés dans le tableau ci-dessous (voir page 354).
- Ces chiffres montrent : i° que, conformément à ce que j’avais trouvé, la force magnétique au pôle actif (celui qui correspond dans toutes les expériences aux hélices) est plus considérable quand l’hélice est répartie sur une moitié de la longueur du barreau que quand elle est distribuée sur toute sa longueur, avec cette particularité pourtant que passé une certaine distance dans le champ, le con-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- traire a lieu. La distance limite correspond à une distance de 4 pouces; 20 qu’aux différentes distances expérimentées dans les conditions précédentes, la disposition de l’hélice en tronçons de diamètres croissants jusqu’aux pôles, soit qu’elle se trouve divisée en deux parties couvrant chaque moitié du barreau, soit qu’elle n’en couvre qu’une moitié, est toujours la moins favorable.Comme dansles applications électriques fondées sur les attractions, les effets doivent être produits à petite distance, on a donc avantage à accumuler sur une moitié seulement du barreau toutes les spires de l’hélice.
- Pour examiner ce qui résultait des ces dispositions différentes de l’hélice magnétisante sur les lignes de force magnétique, MM. Ayrton et Perry ont cherché à en fixer les fantômes magnétiques, et ils purent reconnaître : i° que l’effet de l’hélice de forme conique était de créer très près du pôle un fort
- champ magnétique qui s’affaiblissait rapidement à mesure qu’on s’éloignait de l’aimant, et que, dans les conditions du barreau n° 2, le champ entre les deux pôles devenait si faible, que les lignes de force courbes disparaissaient presque entièrement; 2° que, dans les conditions du barreau n° 1 les lignes de force étaient distribuées comme dans les barreaux aimantés régulièrement, et qu’il en était de même avec le barreau n° 2, sauf la disparition des lignes courbes dont il a été parlé précédemment; 3° que, dans les conditions du barreau n° 3, la disposition des lignes de force était très particulière, montrant une grande concentration des lignes au pôle correspondant à la moitié couverte par l’hélice, et n’indiqùant au pôle libre qu’un long pôle faible ayant son maximum au centre du barreau, c’est-à-dire à l’extrémité de la bobine; 4° qu’avec le barreau n° 4 les effets précé-
- en pouces entre
- l’extrémité rapprochée de la barre et le centre de l'aiguille
- Extrémité
- Extrémité nue du barreau.
- Extrémité
- Extrémité nue du barreau.
- d’expériences.
- Tang.
- O 07
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- dents se retrouvaient mais avec une concentration relativement plus grande des lignes de force au pôle recouvert de la bobine conique. L’autre pôle semblait alors être plus long encore que dans le cas précédent, et semblait même se prolonger sous l’hélice. « Dans ces deux derniers cas, disent MM. Ayrton et Perry, les extrémités libres des barreaux semblaient se comporter comme de véritables armatures. » C’est ce que j’ai dit depuis près de 3o ans.
- Pour déterminer la force qu’un aimant exerce dans la partie du champ tout à fait voisine du pôle actif, action qui est celle qu’on doit prendre en considération quand on veut se rendre compte des effets exercés sur les armatures, MM. Ayrton et Perry ont eu, comme moi, recours aux effets de la force attractive, mais au lieu de les étudier à des distances de 1, de 2, de 3 millimètres, ils les ont étudiés par les efforts nécessaires pour vaincre la force attractive des deux pièces magnétiques au contact, méthode de mesure très irrégulière et le plus souvent inexacte. Naturellement ils employaient
- dans les différentes expériences un même courant et la même armature, et ils ont obtenu les résultats suivants :
- AIMANTS POIDS nécessaire à l'arrachement de l’armature au pôle correspondant aux hélices.
- Aimant n° 1 45 onces.
- — n° 2 57 —
- n° 3 S7 -
- — n° 4 77 -
- Ils en concluent que le champ magnétique a une beaucoup plus grande énergie près des pôles, quand les hélices ont leurs spires accumulées dans le voisinage du pôle actif, que cette énergie est à peu près la même avec les aimants 2 et 3, mais qu’elle devient beaucoup plus considérable avec la disposition conique de l’hélice, quand celle-ci n’occupe que la moitié de la longueur du barreau.
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- Ayant représenté graphiquement ces résultats par des courbes, ils discutent la forme de ces courbes, ce qui, du reste, n’apprend rien de plus que ce que nous venons de dire; ils ajoutent que les courbes du fantôme magnétique dans ces nouvelles conditions des aimants, indiquent dans les champs magnétiques dont nous venons de parler, surtout dans celui du barreau n° 4, une grande concentration des lignes de force dans le voisinage immédiat du fer, et ils concluent ainsi :
- « Donc avec un barreau d’une longueur donnée et une hélice ayant une longueur de fil déterminée traversée par un courant d’une valeur définie, le mode d’enroulement susceptible de produire le champ électrique le plus énergique dépend de la distance à laquelle doit être exercée l’action du pôle actif du barreau. Avec le barreau que nous avons employé, on voit qu’à des distances très petites de son extrémité active, le fil doit toujours être enroulé de manière que les spires se trouvent accumulées le plus possible vers cette extrémité active; mais quand on veut obtenir un champ magnétique puissant à' une distance du pôle équivalente au tiers de la longueur du barreau, il vaut mieux enrouler le fil coniquement sur chaque moitié de sa longueur, comme dans le barreau n° 2, que de l’enrouler de la même manière sur une moitié seulement de sa longueur, comme dans le barreau n° 4. Enfin quand la distance à laquelle doit s’exercer l’action
- du barreau est égale ou supérieure à de sa longueur, l’enroulement uniforme d’un bout à l’autre du barreau est celui qu’on doit préférer. »
- A la suite de la communication de MM. Ayrton et Perry une correspondance insérée dans le Télégraphie Journal et YElectrician et signée Caca-rucas, mentionne que dans le Philosophical Magazine, le signataire avait indiqué comme forme à donner aux électro-aimants droits celle d’un sablier, ce qui correspondrait à la disposition du barreau n° 2 de MM. Ayrton et Perry. Il indique également une autre forme qu’il voudrait voir expérimenter, mais qui n’a rien à faire avec le sujet que nous traitons. Nous n’en parlerons donc pas ici, mais nous nous permettrons de dire au correspondant des journaux anglais qu’il est bien peu au courant des travaux faits sur les électro-aimants. La forme en sablier qu’il indique a été expérimentée depuis longtemps par plusieurs physiciens, et entre autres par MM. Scarpa et Baldo, qui ont construit d’après ce principe une bobine de Ruhmkorff qui était, à ce qu’il paraît, plus forte que les autres. Ce qui nous étonne toujours, c’est que les Anglais, ordinairement si au courant des découvertes électriques, semblent ignorer les travaux faits en dehors de leur pays depuis plus de 40 ans. Ainsi toutes les lois des électro-aimants qui ont été étudiées
- en France et en Allemagne par beaucoup de savants tels que MM. Nicklès, de 'Haldat, Dub, Muller, de Waltenhofen, Wiedemann, leur sont à peu près inconnues, et pourtant j’ai publié moi-même depuis 1O57 plusieurs volumes sur électro-aimants et les meilleures conditions de leur construction qui auraient dû les mettre d’autant plus facilement au courant des travaux faits sur cette question, qu’une édition anglaise et une édition américaine de mon dernier ouvrage sur les électro-aimants ont été publiées à Londres et à New-York.
- Si M. Cacarucas avait lu ce livre, il aurait vu que les questions qu’il pose dans sa correspondance pouvaient avoir une réponse immédiate. Il aurait vu pourquoi il faut diminuer la résistance des électro-aimants quand ils sont appliqués à des appareils fonctionnant en ligne avec une grande vitesse, on quand les noyaux sont un peu massifs; il aurait vu aussi pourquoi il faut que les électro-aimants appliqués en télégraphie aient une résistance moindre que celle qu’ils devraient avoir d’après les calculs de maxima. Toutes ces questions sont maintenant traitées mathématiquement et ne peuvent plus laisser de doute dans l’esprit. Il n’y a que sur les formes particulières d’électro-aimants que des recherches sont encore à faire. Cependant dans l’ouvrage de M. Nicklès, on trouve presque toutes les formes d’électro-aimants, et ils les a toutes plus ou moins expérimentées.
- Voici maintenant les expériences que j’ai entreprises en i858 sur la question traitée aujourd’hui par MM. Ayrton et Perry (*).
- « Dans un précédent mémoire présenté à l’Académie le 14 septembre 1857, j’ai démontré que si l’on magnétise alternativement un cylindre de fer doux à l’aide de deux hélices de différente taille constituées par une même longueur de fil, la force polaire de ce cylindre de fer mesurée à l’extrémité des hélices magné tissantes sera toujours plus forte avec l’hélice courte qu’avec l’hélice longue.
- « Mes expériences de l’année dernière n’avaient porté que sur deux hélices seulement. Or il était curieux de savoir si cette augmentation de force avec la brièveté de l’hélice, n’était pas susceptible d’un maximum et d’un minimum. A cet effet, j’ai fait construire 4 bobines dont les longueurs étaient multiples les unes des autres, et j’ai enroulé sur chacune d’elles une même longueur de fil (5o mètres). La plus courte de ces hélices n’avait que 2 centimètres de longueur, la plus longue 16 centimètres et les deux intermédiaires 4 et 8 centimètres. Voici les résultats que j’ai obtenus en me servant de deux piles différentes de 8 et de 16 éléments de Daniell
- \ C) Voir le journal L’Insliliit, du 16 juin 1858, p. 197.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- et d’un même barreau de fer doux de 16 centimètres de longueur.
- i° Hélice de i centimètres avec 8 éléments de pile :
- Attraction à i millimètre................. 18 gr
- — à 3 millimètres................. 6
- — ii 3 millimètres................. 2
- 2° Même hélice avec une hile de 16 éléments :
- Attraction à i millimètre................. 47 gr
- — à 2 millimètres..........., . . 18
- — à 3 millimètres.................. 9
- 3° Hélice de 4 centimètres avec 8 éléments de pile :
- Attraction à 1 millimètre . . .............. 25 gr
- — à 2 millimètres................... 8
- — à 3 millimètres................... 4
- 4° Même hélice avec pile de 16 éléments :
- Attraction à 1 millimètre................... 67 gr
- — à 2 millimètres................... 25
- — à 3 millimètres................... 14
- 5» Hélice de 8 centimètres avec 8 éléments :
- Attraction à 1 millimètre................... 23 gr
- — à 2 millimètres.................... 8
- — à 3 millimètres.................... 3
- 6° Même hélice avec 16 éléments à la pile :
- Attraction à 1 millimètre................. 65 gr
- — à 2 millimètres................. 25
- — à 3 millimètres................. 14
- 7» Hélice de 16 centimètres, avec 8 éléments de pile :
- Attraction à 1 millimètre................. 12 gr
- — à 2 millimètres.................. 3
- — à 3 millimètres.................. 1
- 8° Même hélice avec 16 éléments à la pile :
- Attraction à 1 millimètre................. 27 gr
- — à 2 millimètres................ 12
- — à 3 millimètres................. 8
- « La pile de 16 éléments était composée de deux piles de Daniell de 8 éléments chacune, réunies toutes deux par leurs pôles de mêmes noms. Cette disposition de la pile était la plus avantageuse dans les conditions où je m’étais placé en raison de la brièveté du fil des hélices.
- « On voit, d’après les chiffres précédents, que la longueur des hélices par rapport au maximum de le force polaire qu’elles développent, est susceptible, comme il était d’ailleurs facile de le prévoir, dlun maximum qui est atteint à peu près quand'la masse de fer dépassant l’hélice est trois fois plus grande que cette hélice elle-même, et cela quelle que soit l’intensité du courant. Quant au minimum, il peut y en avoir deux, l’un correspondant à une
- hélice infiniment courte, l’autre à l’hélice la plus longue; mais dans les conditions où j’ai expérimenté, le minimum correspond à l’hélice de 16 centimètres. Ainsi, bien qu’une hélice de 2 centimètres ne soit pas dans les conditions de maximum de force, l’action polaire qu’elle développe est beaucoup plus grande que celle qui résulte d’une hélice de 16 centimètres. Ce phénomène s’explique d’ailleurs facilement si l’on réfléchit que dans le cas des hélices longues, aucune masse de fer ne surexcite le magnétisme produit directement par l’hélice. On se trouve donc dans des conditions de minima. Avec l’hélice de 2 centimètres, au contraire, la masse de fer qui réagit sur le noyau magnétisé est 8 fois plus considérable que celle de ce noyau; cette,masse se trouve alors, il est vrai, avoir dépassé la limite d’effet utile que nous avons reconnue pour ces sortes de réactions, mais elle n’en exerce pas moins pour cela son effet, et cet,, effet est plus énergique que celui produit par l’hélice elle-même.
- « Le contraire arrive précisément avec la bobine de 8 centimètres; la masse de fer qui la dépasise n’est plus assez considérable pour agir avec toute son efficacité sur le noyau magnétisé, et ce n’est qu’avec la bobine de 4 centimètres que les conditions voulues pour obtenir tout l’effet avantageux de ces sortes de réactions se trouvent à peu près remplies.
- « La conséquence de ces expériences, c’est que quand on veut utiliser la force polaire d’un électroaimant droit, il faut concentrer autour du pôle qui doit réagir les spires de l’hélice magnétisante, en ayant soin de laisser dépasser en dehors de cette hélice une masse de fer égale à environ 2 ou 4 fois celle du noyau recouvert.
- « Si au lieu d’estimer la force polaire produite par les quatre hélices précédentes sur un même cylindre de fer, on estimait celle que ces hélices produiraient en réagissant sur des morceaux de fer de même longueur qu’elles, on retrouverait une toute autre loi. Alors les forces polaires croîtraient avec la longueur des bobines, non pas proportionnellement, mais dans un rapport particulier qu’on pourrait préciser, dans le cas expérimenté, par l’énoncé suivant : Les forces polaires croissent dans un rapport arithmétique, alors que les électroaimants eux-mêmes croissent en longueur dans un rapport géométrique. Cette loi s’est vérifiée, quelle que fût, dans ce .cas particulier, l’intensité de la pile et la distance de l’attraction, et on peut s'en convaincre par les chiffres suivants :
- ic Hélice de 2 centimètres, fer de 2 centimètres, 8 éléments à la pile :
- Attraction à 1 millimètre............... 3 gr
- — à 2 millimètres................... 4
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- 357
- 20 Même électro-aimant avec 16 éléments A la pile :
- Attraction à 1 millimètre............... 11 gr
- — à 2 millimètres.............. 3
- 3° Électro-aimant de 4 centimètres, 8 éléments à la pile :
- Attraction à 1 millimètre............... 6 gr
- — à 2 millimètres.............. il
- 4° Même électro-aimant avec 16 éléments :
- Attraction à 1 millimètre............... 16 gr
- — à 2 millimètres............ . (1
- — à 3 millimètres.............. 3
- 5° Électro-aimant de 8 centimètres avec 8 éléments à la pile :
- Attract’on à 1 millimètre.................. g gr
- — à 2 millimètres................. 2
- 6° Même électro-aimant avec 16 éléments à la pile :
- Attraction à 1 millimètre.-............... 22 gr.
- — à 2 millimètres................. g
- — à 3 millimètres................. 5
- 7° Électro-aimant de 16 centimètres, 8 éléments A la pile :
- Attraction à 1 millimètre................. 12 gr *
- — à 2 millimètres................. 3
- — à 3 millimètres................. 1
- 8° Même électro-aimant avec 16 éléments :
- Attraction à 1 millimètre. ... :.......... 27 gr
- — à 2 millimètres................ 12
- — à 3 millimètres................. 8
- « Si l’on compare ensemble les chiffres 3, 6, 9, 12 qui représentent les séries attractives à 1 mill-mètre des différentes hélices avec une pile de 8 éléments, on trouve effectivement qu’ils forment une progression arithmétique dont la raison est 3. Or les chiffres 2, 4, 8, 16 qui représentent les longueurs différentes des électro-aimants forment une progression géométrique dont la raison est 2. Il en est de même des chiffres 11, 16, 22, 27 correspondant aux attractions produites par une pile d’une force double. Mais nous remarquerons que la raison de la progression se trouve alors augmentée du double, puisqu’elle est à peu près 6. Ceci nous montre que la rapidité de croissance de la force attractive avec la longueur des électro-aimants droits pourrait être proportionnelle à la force électrique qui est enjeu, et si on ajoute à cette conclusion celle qu’on peut déduire de la comparaison des chiffres 3, 6, 9, 12 représentant les attractions produites à 2 millimètres par la pile de 16 éléments, on trouve que cette rapidité de croissance de la force attractive et aussi en raison inverse des distances d’écartement des armatures.
- « Comme dans les électro-aimants droits, il n’y a d’utilisé que la force d’un seul pôle, on n’a guère
- à se préoccuper des conditions de force des deux réunis. Pourtant si l’on veut avoir égard à cette circonstance comme cela doit avoir lieu quand on fait de ces électro-aimants des électro-aimants boiteux, les conditions de force que nous venons d’étudier changent complètement, et l’avantage reste toujours aux hélices les plus longues. C’est ce que démontrent les expériences suivantes faites avec un fer d’électro-aimant en fer à cheval dont les branches avaient 16 centimètres de. longueur.
- i» Electro-aimant boiteux muni d’une bobine de deux centimètres. Pile, 8 éléments :
- Attraction à 1 millimètre................ 47 gr
- — 112 millimètres................ i5
- — à 3 millimètres................ 7
- 2° Mêmes expériences répétées avec une pile de 16 éléments :
- Attraction à 1 millimètre........ 114 gr
- — à 2 millimètres............... 37
- — à 3 millimètres............... 19
- 3° Électro-aimant boiteux avec bobine de 4 centimètres. Pile de 8 éléments :
- Attraction à 1 millimètre.................. 55 gr
- — à 2 millimètres. . ............ 20
- — à 3 millimètres................. 8
- 4° Mêmes expériences avec une pile de 16 éléments :
- Attraction à 1 millimètre................. 145 gr
- — à 2 millimètres.................5o
- — à 3 millimètres................ 25
- 5° Électro-aimant boiteux avec bobine de 8 centimètres, 8 éléments à la pile :
- Attraction à 1 millimètre.................. 75 gr
- — à 2 millimètres................. 27
- — à 3 millimètres................. 14
- 6° Mêmes expériences avec une pile de 16 éléments :
- Attraction à 1 millimètre................ 172 gr
- — à 2 millimètres................. 60
- — à 3 millimètres................. 34
- 70 Électro-aimant boiteux avec bobine de centimètres. 8 éléments à la pile :
- Attraction à 1 millimètre................ 80 gr
- — à 2 millimètres................. 28
- — à 3 millimètres................. i5
- 8° Mêmes expériences avec pile de 16 éléments :
- Attraction à 1 millimètre................ 192 gr
- — à 2 millimètres................. 62
- — à 3 millimètres................. 37
- « Les réactions sont tellement complexes dans les électro-aimants boiteux qu’il est impossible de déduire des chiffres précédents quelques rapports simples existant entre les différentes longueurs
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- 358
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- d’hélices et les forces attractives; mais cet accroissement successif de la force, à mesure que l’hélice magnétisante s’allonge, n’a rien qui puisse surprendre, puisque de quelque longueur que soit cette hélice, elle est toujours plus courte que la longueur totale du fer de l’électro-aimant; de sorte que la culasse et la branche sans bobine, qui croissent en même temps, seront toujours suffisantes pour produire la surexcitation polaire à laquelle les électro-aimants boiteux doivent leur énergie; il n’y a donc que pour les hélices très courtes que l’affaiblissement de force dû au trop grand développement' de la partie nue du fer de l’électroaimant peut exister.
- « Avec les électro-aimants en fer à cheval à deux bobines dont la culasse reste invariable, la force attractive croît également avec la longueur des hélices magnétisantes. Ce résultat semble en contradiction avec les déductions de M. Nicklès, mais cette discordance s’explique aisément si l’on remarque que, dans les expériences de M. Nicklès, la longueur des hélices restait toujours la même, et qu’il n’y avait de variable que la longueur des branches de fer de l’électro-aimant. Or, dans ce cas, la force devait rester la même quelle que fût cette longueur, ainsi que je l’ai démontré dans mon ouvrage sur le magnétisme. Dans le cas qui nous occupe, au contraire, la force électro-magnétique doit profiter de la plus grande étendue du fer magnétisé directement par les hélices, car cette magnétisation n’empêche pas la réaction réciproque des deux branches l’une sur l’autre. Voici du reste les chiffres que l’expérience m’a fournis :
- i» Électro-aimant à deux branches ayant chacune 16 centimètres de longueur. — Bobines de 2 centimètres de longueur. — 8 cléments à la pile :
- Attraction à 2 millimètres............... 40 gr
- — à 3 millimètres................ 22
- 20 Mêmes expériences avec pile de 16 éléments :
- Attraction à 2 millimètres............... q5 gr
- — à 3 millimètres............. 5o
- 3° Électro-aimant de même longueur avec des bobines de
- 4 centimètres. — 8 éléments à la pile :
- Attraction à 2 millimètres . . . , ....... 55 gr
- — à 3 millimètres............... 3o
- 4° Électro-aimant — id. — avec bobines de 8 centimètres. — 8 éléments à la pile :
- Attraction à 2 millimètres................ 7S gr
- — à 3 millimètres............... 42
- 5° Électro-aimant — ici. — avec bobines de 16 centimètres de longueur. — 8 éléments à la pile :
- Attraction à 2 millimètres................. 85 gr
- — à 3 millimètres................ 45
- j*
- « Ces chiffres sont trop peu concordants pour que j’essaye d’en déduire des rapports, mais M. Dub a étudié suffisamment cette question pour que je n’y revienne pas en ce moment. Je terminerai toutefois cette note en rapportant quelques expériences sur l’influence de la forme des armatures des électro-aimants par rapport à l’attraction.
- « Tous les télégraphes allemands et américains, voire même ceux que MM. Digney construisent pour l’administration, ont des armatures d’électroaimants de forme cylindrique. Tous les autres tér légraphes, au contraire, ont leurs armatures prismatiques et posées à plat sur l’électro-aimant; je ne rechercherai pas ici quel motif a engagé les constructeurs des télégraphes allemands et américains à adopter la forme cylindrique, mais j’ai voulu m’assurer si des armatures de ce genre étaient dans de meilleures conditions de force que les armatures prismatiques.
- « Pour cela, j’ai fait construire une armature cylindrique et une armature prismatique, de manière à présenter une même surface extérieure; l’armature cylindrique avait 16 millimètres de diamètre sur 81 millimètres de longueur et pesait 182 grammes; l’armature prismatique avait 81 millimètres de longueur, 19 de largeur et 6 d’épaisseur ; elle pesait 75 grammes.
- « Les deux surfaces avaient quatre mille cinquante millimètres carrés. La force attractive de l’armature cylindrique, à 2 millimètres, a été 44 grammes, à 3 millimètres 22 grammes. La force de l’armature prismatique posée à plat a été, à 2 millimètres, 85 grammes et à 3 millimètres, 35 grammes.
- « On peut donc conclure de là que la forme cylindrique est beaucoup moins avantageuse pour le développement de la force attractive que la forme prismatique, bien que pourtant la masse de celle-ci ait été dans mes expériences 1,8 fois même moins considérable que la masse de celle-là. Il est d’ailleurs facile de comprendre qu’il doit en être ainsi, car dans une armature cylindrique les différentes parties de la surface magnétique qui sont soumises à l’induction sont, en somme, beaucoup plus éloignées des pôles de l’électro-aimant, que dans les armatures prismatiques posées à plat. »
- Tel est le mémoire que j’ai présenté à l’Académie des sciences en i858, et on voit qu’il renferme à peu près les mêmes conclusions que celui de MM. Ayrton et Perry, sauf en ce qui concerne les effets à des distances supérieures à trois millimètres.
- T11. du Moncel.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 35c)
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ DE MUNICH
- LES INSTALLATIONS DE MESURES
- (suite)
- Les différentes mesures concernant les machines étaient effectuées principalement dans la salle du laboratoire où se trouvaient le commutateur général et la clef à déclenchement ainsi que le représente la fig. 23.
- Nous allons passer en revue les différentes méthodes employées d’abord pour les machines puis pour les lampes.
- ♦
- MESURES ÉLECTRIQUES
- RELATIVES AUX MACHINES
- I. — Machines dynamo-électriques dans lesquelles les inducteurs sont montés en tension.
- Pour ce genre de machines, les mesures prises étaient :
- La mesure à froid, puis à chaud, de la résistance de la machine en prenant la résistance de l’armature R,, celle des inducteurs R, et la résistance totale de la machine R;
- La détermination du travail utile de la machine avec des lampes dans le circuit ;
- La détermination du travail de la machine avec un fil connue résistance extérieure.
- La mesure des résistances, à froid comme à chaud, se faisait au moyen d’un pont de Wheat-stone, type Siemens, et d’un galvanomètre à miroir, avec la disposition que l’on voit indiquée dans là fig. 19.
- Pour la mesure des résistances à chaud, la machine après avoir fonctionné un certain temps, était simplement arrêtée pendant la durée des mesures.
- Les résistances des câbles et autres conducteurs allant au pont étaient déterminées une fois pour toutes.
- La détermination du travail utile de la machine avec des lampes dans le circuit, travail exprimé par se faisait en déterminant, à la vitesse
- normale de l’armature, l’intensité au moyen de l’électro-dynamomètre de Siemens ou le galvanomètre de Marcel Deprez et la différence de potentiel e aux bornes, au moyen du galvanomètre de torsion. (La fig. 20 donne la schéma de l’expé-
- rience et la fig. 21 1 arrangement, pour cet essai, du commutateur général.)
- Pour déterminer ensuite le travail de la machine avec un fil comme résistance extérieure, on enlevait les lampes du circuit et on les remplaçait à l’aide du rhéostat pour courants intenses, par une résistance p telle qu’à la vitesse normalè on ait la même intensité que précédemment (fig. 22 et 24).
- Les câbles qui se rendaient au commutateur gé-
- FIG. 19
- néral étaient alors, au moyen de deux chevilles, reliés au galvanomètre à torsion. On obtenait ainsi la différence de potentiel e' aux bornes du commutateur général.
- p était mesurée alors exactement au moyen du pont de von Beetz et de son galvanomètre et l’on avait tous les éléments pour calculer le travail dans le circuit extérieur de la machine.
- En appelant K la résistance des deux gros câbles, et p' celle des autres conducteurs accessoires, on avait en effet
- e'=I (p-f p')
- La tension aux bornes de la machine était c = I (P + P' + K) = I r
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- On avait également
- e = I K + e'
- et le travail utile avait pour expression
- , = L£l+iüic,
- 70‘j
- FIG. 20
- Lorsqu’il s’agissait de mesurer la différence de potentiel en d’autres points du circuit, par exemple
- FIG. 21
- aux extrémités du fil des inducteurs ou de l’arma-türe, on se servait des deux gros fils de cuivre de 7 millimètres qui reliaient le commutateur général à l’endroit où se trouvait la machine.
- Une fois qu’on avait déterminé le travail utile ta la vitesse normale, on répétait les essais en faisant
- varier cette vitesse, ainsi que la résistance extérieure.
- II. — Machines dynamo-électriques avec indue* teurs montés en dérivation.
- Pour ces machines, la mesure des résistances comprenait :
- La résistance de l’armature............ Rt
- — des inducteurs................. Rj
- On mesurait en outre la différence de potentiel e aux bornes de la machine à la vitesse normale pendant que les lampes étaient dans le circuit, puis on les remplaçait par un fil de résistance r, telle qu’à la vitesse normale on ait aux bornes la même différence de potentiel e que précédemment, (fig. 25).
- FIG. 22
- L’intensité i dans le circuit extérieur était alors donné par la formule
- .__ e
- 1 r
- et le travail utile avait pour expression :
- L’intensité I2 dans les inducteurs pouvait être déterminée directement, elle avait d’ailleurs pour expression
- et l’intensité totale était
- I = / T“ I •>
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- FIG. 23
- SALLE DES MESURES
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- III. — Machines à courants alternatifs.
- Pour ces machines, on mesurait la résistance extérieure comme précédemment et l’intensité au moyen de l’électro-dynamomètre Siemens. On avait alors pour expression du travail utile :
- dérivation (fig. 28), on mesurait l’intensité i dans chaque dérivation le travail électrique de la lampe était exprimé par
- MESURES ÉLECTRIQUES
- RELATIVES AUX LAMPES
- Pour les lampes à arc, on calculait d’après l’intensité et la différence de potentiel aux bornes, le travail électrique total absorbé par toutes les lampes comprises dans le circuit.
- Puis on déterminait par la même méthode le travail électrique d’une quelconque des lampes pla-
- FIG.
- eée dans la chambre du photomètre, tandis que les autres (n — 1) continuaient, à fonctionner dans le Palais de l’Exposition ou étaient remplacées par une résistance équivalente. 5
- Dans le cas des lampes montées en tension, en appelant
- I l’intensité dans le circuit extérieur,
- (Vj — v.p la différence de potentiel aux bornes de la lampe,
- Le travail électrique absorbé était
- K^vVVvVVWV^
- FIG, 25
- Pour les lampes à incandescence (fig. 29 et 3o), on mesurait la résistance de la lampe à froid ; on
- La figure 26 donne le diagramme théorique de la disposition de l’expérience pour le cas où les 11— 1 lampes sont remplacées par une résistance, la figure 27 montre pour cet essai les communications du cpmmutateur général.
- Dans le cas ou les lampes étaient montées en
- FIG. 2(i
- déterminait d’après l’intensité et la différence de potentiel le travail électrique absorbé par une lampe mesurée au photomètre pendant que les autres restaient dans le circuit et quand n — 1 lampes étaient remplacées par une résistance.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 363
- CALCUL DES OBSERVATIONS
- POUR
- LES MACHINES ET LES LAMPES
- Les déterminations que nous avons indiquées, une fois faites, on en tirait par le calcul un certain
- nombre de données, destinées à caractériser chaque appareil ou. chaque installation.
- Pour les machines, les résultats définitifs étaient les suivants :
- 1. Le travail A transmis par le moteur mécanique à la machine dynamo-électrique.
- e. Le travail électrique total T.
- l'*
- 3. Le rapport £.
- 4. Le travail utile t ou travail électrique dans
- le circuit extérieur.
- 5. Le rapport^-ou rendement électrique.
- 6. Le rapport j ou rendement da la machine
- par rapport à l’installation totale, appelé aussi rendement industriel. '
- 7. La vitesse des armatures correspondant
- aux valeurs ci-dessus.
- fi. La résistance des machines tant à froid qu’à chaud.
- 9. L’échaulïement des fils.
- FlC. 21)
- Parmi ces différents résultats, le travail A était mesuré directement par l’intermédiaire du dynamomètre, le travail utile t, calculé d’après les formules que noua avons indiquées plus haut et la résistance mesurée ainsi que nous l’avons dit.
- Le travail électrique total était obtenu par la for-El
- mule — , en déduisant la force électromotrice E
- de la différence de potentiel aux bornes e et de la résistance intérieure de la machine ; il pouvait encore être déterminé en calculant d’après l’intensité et la résistance mesurées directement le travail intérieur de la machine et l’ajoutant au travail utile dans le circuit extérieur.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- La vitesse était mesurée au moyen d’un tachy-mètre ordinaire.
- Enfin réchauffement des fils était déduit de la différence de résistance à chaud et à froid et l’on pouvait ainsi déterminer l’élévation de température bien plus exactement que par une méthode thermométrique quelconque.
- Pour les lampes, les résultats formulés définitivement étaient :
- 1. Le travail électrique absorbé par toutes
- les lampes.
- 2. Le travail fourni par le moteur méca-
- nique.
- 3. Le travail absorbé par une lampe.
- 4. L’intensité de la lampe en bougies nor-
- males.
- 5. Le nombre de bougies par cheval.
- Nous avons vu dans les détails qui précèdent comment étaient obtenues les premières de ces données, il nous reste maintenant à indiquer comment se faisaient les mesures photométriques.
- MESURES PHOTOMÉTRIQUES
- La chambre noire consacrée aux mesures photométriques était une salle longue et étroite que représente la fig. 3i, et dont la fig. 32 donne le plan.
- Cette chambre contenait deux règles photométriques AB et BC de 6 et 12 mètres de longueur. En A, on pouvait placer une bougie normale I ou un bec à gaz d’Argand III (modèle n° 2 du professeur Rudorff). En II se trouvait un bec de gaz à un trou de.rm d’ouverture avec flamme de hauteur constante. En B se plaçaient un bec intensif de Siemens ou une lampe à incandescence IY, en VI les lampes à arc. a et b étaient deux photomètres de Bunsen mobiles sur les règles ; enfin Ct C2 C3 étaient des compteurs pour les becs de gaz devant lesquels se trouvait un régulateur principal R.
- Pour faire les observations, les opérateurs étaient au nombre de cinq, B,, B2, B3, B4, Bs.
- Une fois que les exposants avaient reconnu que ‘ leurs lampes fonctionnaient normalement, on faisait un essai provisoire sur la constance de leur éclat lumineux. Les observateurs B, et B2 comparaient, à l’aide de quatre observations chacun, les intensités lumineuses pour les positions III et IV ou V et VI. Puis B3 et B4 faisaient la comparaison pour les mêmes sources. Au bout de quelques temps, on répétait les observations. Pendant ce temps, Bb observait le régulateur de gaz R, et vérifiait ainsi la constance de la pression. Les mesures proprement dites se faisaient ensuite d’après l’une ou l’autre des méthodes suivantes, selon qu’il .s’agissait de lampes à incandescence ou de lampes à arc.
- a. — Lampes à incandescence.
- L’unité de lumière adoptée était la bougie normale anglaise de spermaceti (I) d’une hauteur de flamme de 45 millimètres.
- Avant et après chaque série d’expériences, on comparait au moyen du photomètre a, placé sur la règle AB, cette bougie normale avec le bec de gaz à un trou (II) alimenté par un compteur d’une bougie (GJ. Pendant l’expérience, environ 2 minutes, on contrôlait la constance de l’intensité du bec de gaz, au moyen d’un régulateur d’Elster R.
- Le bec de gaz à un trou (II) était ensuite substitué à la bougie et on le comparait avec le bec à
- FIG. 30
- gaz d’Argand (lit) alimenté par un compteur de 16 bougies (G2).
- Après avoir enlevé le bec (II), on comparait le bec d’Argand (III) avec les lampes à incandescence (IV). Les lampes du type Edison avaient le plan de leur charbon perpendiculaire à la règle photomé-trique.
- Les sources II, III et IV brûlaient pendant toute la durée de 1’observation, et quand elles ne servaient pas, on les cachait par des écrans complètement opaques.
- Suivant le mode d’expérience adopté, les observateurs B, et B2 faisaient sur les sources II et III, chacun 4 observations. B3 et B4 faisaient de même avec IV et III. Les observateurs se remplaçaient ensuite de sorte que B, et B2 comparaient IV et IIÏ, et B3 et B,(, III et II, en faisant toujours 4 observations chacun. Bs notait, avant et après chaque série d’observations, l’état du régulateur de près-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE'
- sion d’Elster et celui des 3 compteurs, ainsi que la durée de la série d’observations.
- Outre cette détermination de l’intensité des lampes, on déterminait encore la proportion de lumièro émise, quand on tournait la lampe autour d’un arc vertical, à o°,45° et go° relativement à sa position première. B, et B2 faisaient cette détermination aux angles o°, 45° et qo0, et B3 et B4 la répétaient dans l’ordre inverse à 90°, 46° et o°. B5 faisait les contrôles comme ci-dessus.
- n — Lampes à arc.
- La marche des opérationsjusqu’à la comparaison du bec d’Argand était la même qu’en A.
- On comparait ensuite le bec d’Argand (III) avec le bec intensif Siemens (Y) alimenté par un compteur de 3o becs, puis .on comparait le bec Siemens
- FIG. 32 ET 33
- (V) avec la lampe à arc se trouvant sur la même horizontale, au moyen du photomètre b placé sur la règle BC. Dans ce cas encore les foyers brûlaient tout le temps des observations et étaient recouverts d’écrans tant qu’ils ne servaient pas.
- Les observateurs B, et B2 comparaient les sources II et III, puis III et V, toujours par 4 observations, puis B3 et Bv comparaient Y et VI, ce dernier foyer d’abord à nu, puis avec le globe.
- Les observateurs se remplaçaient ensuite de sorte que B, et B2 comparaient VI et V, le premier foyer à nu et avec le globe, puis B3 et B4 opéraient sur V et III et ensuite sur III et II.
- Bj; faisait les contrôles comme nous venons de le dire pour les lampes à incandescence.
- Outre ces déterminations de l’intensité des lampes à arc, dans la direction horizontale, on déterminait aussi la proportion de lumière émise aux angles o°,3o° et 6o° à partir de l’horizontale, aussi bien' que dans les directions spéciales indiquées pat les fabricants.
- On se servait pour cela d’un miroir S (fig. 33) fixé à l’extrémité de la règle BC et auquel on pouvait faire faire un angle donné autour d’un axe horizontal.
- La lampe à arc VI était amenée à différentes hauteurs bien déterminées, de sorte que les rayons émis b suivant les angles indiqués plus haut, venaient après réflexion tomber sur le photomètre.
- Le coefficient de réflexion du miroir était déterminé par un essai préalable,.
- La détermination de l’intensité par unité de surface des différentes sources a été laissée de côté à cause du temps considérable qu’elle exige et de son peu d’importance pratique; on en a tenu compte cependant, une fois les travaux principaux terminés.
- On voit par ce qui précède quel était l’ensemble des mesures effectuées sur les machines et les lampes qu’elles actionnaient.
- Lorsque le circuit extérieur comprenait au lieu des lampes d’autres appareils tels que des moteurs ‘-électriques, la méthode générale de mesure des différents travaux restait la même, seulement on . avait à mesurer en plusle travail rendu par le moteur iélectrique.
- Dans les expériences de transport électrique de la force, par exemple, les quantités à mesurer directement étaient le travail absorbé par la génératrice et le travail rendu par la réceptrice ; la différence , ide potentiel aux bornes des deux machines, leurs résistances respectives et celles de la ligne et enfin - l’iiîtensité. Ces mesures se faisaient avec les appareils et d’après les procédés décrits plus haut.
- Si maintenant l’on examine à un point de vue général et critique l’ensemble des méthodes de mesures adoptées par le Comité d’essais, on trouvera que les méthodes sont simples et bien étudiées, et la critique ne pourra guère porter que sur l’emploi de certains appareils, déjà signalés comme défectueux ou peu commodes.
- C’est ainsi que le galvanomètre de torsion de Siemens eût été avantageusement remplacé par un galvanomètre à indications rapides, et qu’il faut attribuer, à l’emploi trop exclusif du (dynamomètre de Von Hefner Altenek, l’incertitude qu’ont présentée certaines mesures du travail absorbé par les machines, cet instrument n’étant pas, ainsi que nous l’avons dit, propre à la mesure du travail pour des machines qui marchent à une grande vitesse et absorbant par lui-même trop de force.
- Mais ces quelques défauts étaient largement rachetés par les soins considérables apportés à l’organisation des laboratoires d’essai, et par les dispositions nouvelles qu’elle a présentées, et l’on peut dire que l’installation de mesures de l’exposition de Munich est la première qui ait été faite d’une façon aussi complète et aussi pratique.
- Aug. Guerout.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 367
- NOUVELLE
- PILE A OXYDE DE CUIVRE
- Nous sommes arrivés à établir une nouvelle pile à un seul liquide et à dépolarisant solide en associant. l’oxyde de cuivre, la potasse caustique et le zinc.
- Il est facile de former avec l’oxyde de cuivre des électrodes dépolarisantes. Il suffit pour cela de le maintenir en contact avec une lame ou un vase de fer ou de cuivre constituant le pôle positif de l’élément.
- La figure 1 représente une disposition très simple. Au fond d’un vase de verre V nous plaçons une boîte de tôle de fer A renfermant l’oxyde de cuivre B. A cette boîte est fixé un fil de cuivre isolé du zinc par un bout de tube de caoutchouc. Le zinc est constitué par un gros fil de ce métal enroulé sous forme de spirale plate D et suspendu à un couvercle E qui porte une borne F réunie au zinc; un tube de caoutchouc G recouvre le zinc à l’endroit où il plonge dans le liquide, pour l’empêcher de se couper à ce niveau.
- Le vase est rempli d’une solution de potasse à 3o ou 40 0/0. Cette disposition est analogue à celle d’un élément Callaud, avec cette différence que le dépolarisant est solide et soluble.
- Pour éviter les inconvénients de la manipulation de la potasse nous enfermons la quantité de ce corps à l’état solide nécessaire pour un élément dans la boîte qui doit recevoir l’oxyde de cuivre et la munissons d’un couvercle maintenu par un bracelet de caoutchouc. Il suffit alors pour monter la pile d’ouvrir la boite à potasse, de la placer au fond du vase et d’ajouter de l’eau peur dissoudre la potasse; on y verse ensuite l’oxyde de cuivre renfermé dans un sac.
- Nous formons également avec l’oxyde de cuivre des agglomérés dont l’emploi est fort commode. Parmi les divers moyens qui peuvent être employés, nous préférons le suivant :
- Nous mélangeons à l’oxyde de cuivre de l’oxychlorure de magnésium en pâte de façon à transformer le tout en une masse épaisse que nous introduisons dans les boîtes métalliques.
- La masse fait pri§e au bout de quelque temps ou même très rapidement par l’action de la chaleur et donne des agglomérés poreux de solidité croissante avec la quantité de ciment employé (5 à 10 0/0).
- La figure 2 représente une disposition à agglomérés. Le vase V est muni d’un couvercle de cuivre E se vissant sur le verre. Ce couvercle porte deux lames verticales de tôle A, A', contre lesquelles sont maintenus des agglomérés prismatiques B, B', au moyen de liens de caoutchouc.
- La borne C portée p^r le couvercle constitue le pôle positif. Le zinc est formé par un simple crayon D passant dans un tube fixé au centre du couvercle. Le caoutchouc G est replié sur ce tube de façon à produire un joint étanche. Le couvercle porte en outre un autre tube H recouvert par un tube de caoutchouc fendu qui forme soupape.
- La fermeture est rendue hermétique au moyen d’un bracelet de caouchouc K qui s’applique sur le verre et sur le couvercle. La potasse en morceaux destinée à charger l’élément est renfermée soit dans le vase de verre lui-même, soit dans une boîte de tôle séparée.
- En appliquant la même disposition nous formons des éléments hermétiques à une seule plaque dépolarisante d’un volume très réduit.
- L’emploi de vases en fer, fonte ou cuivre, qui
- FIG. I ET 2
- restent inattaqués par le liquide excitateur nous permet de construire facilement des éléments à grande surface (fig. 3). Le vâse A formant le pôle positif de la pile est en tôle de fer brasée sur les arêtes verticales : il a 40 centimètres de longueur sur 20 centimètres de largeur et 10 centimètres environ de hauteur. On recouvre le fond d’une couche d’oxyde de cuivre et on dispose dans les 4 angles des isolateurs L en porcelaine qui supportent une plaque de zinc horizontale D, D' redressée verticalement à l’une de ses extrémités et maintenue à distance de l’oxyde de cuivre et des parois métalliques du vase; celui-ci est rempli aux trois quarts par une solution de potasse. Les bornes C et M fixées respectivement au vase de tôle et au zinc servent à attacher les rhéophores. Pour éviter l’absorption trop rapide de l’acide carbonique de l’air par une grande surface, nous la recouvrons d’une mince couche de pétrole lourd (corps ininflammable et sans odeur) ou bien encore nous munissons la
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- pile d’un couvercle. Ces éléments se superposent facilement de façon à occuper peu de place.
- Sans insister davantage sur des dispositions qui peuvent être variées d’une infinité façons, nous allons signaler les propriétés principales de la pile à oxyde de cuivre, zinc et potasse. Comme les piles à dépolarisant solide, la nouvelle pile présente l’avantage de ne consommer les produits qu’elle contient qu’en proportion de son travail; le zinc amalgamé et le cuivre ne sont en effet nullement attaqués par la solution alcaline, c’est donc une pile de durée.
- Sa force électromotricc est à l’origine très voisine de i volt. Sa résistance est très faible. On peut l'évaluer à i/3 ou 1/4 d’ohm pour les surfaces polaires d’un décimètre carré séparées l’une de l’autre par une distance de cinq centimètres.
- Le débit de ces couples est très grand; les petits modèles, représentés figures 1 et 2, peuvent donner environ 2 ampères en court circuit; le
- FIG. 3
- grand modèle donne couramment i5 à 20 ampères. Deux de ces éléments donnent plus d’intensité qu’un élément Bunsen de grand modèle.
- Ces éléments jouissent d’une très grande constance. On peut dire qu’avec une surface dépolarisante double de celle du zinc, la pile peut travailler sans polarisation notable et presque jusqu’à complet épuisement dans les conditions même les plus défavorables. La transformation des produits, le changement de l’alcali en zincate alcalin ne font pas varier sensiblement la résistance intérieure. Cette grande constance est due surtout à la réduction progressive de l’électrode dépolarisante à l’état de métal très bon conducteur, ce qui augmente singulièrement sa conductibilité et son pouvoir dépolarisant.
- Le peroxyde de manganèse qui forme la base d’une pile excellente pour donner un petit débit, possède à l’origine une meilleure conductibilité que l’oxyde de cuivre, mais cette propriété se perd par la réduction et la transformation en oxydes inférieurs. Il s’ensuit que la pile à cuivre peut donner une très grande quantité d’électricité en travaillant suide faibles résistances, tandis que dans ces conditions les piles au manganèse sont rapidement polarisées.
- L’énergie contenue dans la pile à oxyde de cui-
- vre et potasse est très grande et bien supérieure à celle emmagasinée par un accumulateur du même poids, mais le débit est beaucoup moins rapide. La potasse peut être employée en solutions concentrées, à 3o, 40, 60 pour cent; la potasse solide peut dissoudre l’oxyde de zinc provenant d’un poids de zinc supérieur au tiers de son propre poids. La quantité d’oxyde de cuivre à employer dépasse de 1/4 environ le poids du zinc qui entre en réaction. Ces données permettent de condenser les produits nécessaires sous un poids relativement faible.
- Les piles à oxyde de cuivre ont donné des résultats intéressants dans leur application aux téléphones. Pour les auditions théâtrales, elles permettent d’employer la même batterie pendant toute la durée du spectacle, au lieu de 4 à 5 batteries. Leur durée est considérable : trois éléments ont pu actionner d’une façon continue, nuit et jour, des microphones Edison à pastille de charbon pendant plus de quatre mois, sans affaiblissement sensible.
- Nos éléments travaillent pendant des centaines d’heures sur de faibles résistances et ce travail peut leur être demandé à un moment quelconque, par exemple plusieurs mois après qu’ils ont été montés. Il faut seulement les protéger par un couvercle contre l’action de l’acide carbonique de l’air.
- Nous préférons la potasse à la soude pour les piles ordinaires malgré son prix et son équivalent plus élevés, parce qu’elle ne donne pas naissance, comme la soude, à des sels grimpants.
- Divers modes de régénération rendent cette pile très économique. Le cuivre réduit absorbe assez facilement l’oxygène par simple exposition à l’air humide et peut servir à nouveau. Un grillage oxydant produit très rapidement le même résultat.
- Enfin, en traitant la pile épuisée comme un accumulateur, c’est-à-dire en y faisant passer un courant inverse, on ramène les divers produits à leur état primitif : le cuivre absorbe intégralement l’oxygène et l’alcali se régénère pendant que le zinc se dépose; mais l’état spongieux du zinc déposé oblige à le soumettre à une nouvelle manipulation ou à le recevoir sur un support de mercure.
- Du reste l’oxyde de cuivre que nous employons étant un déchet des ateliers de laminage et de chaudronnerie, destiné à être réduit, ne perd nullement de sa valeur par sa réduction dans la pile : la dé-polarisation peut donc être considérée comme se faisant à peu près sans frais.
- En résumé, la pile à oxyde de cuivre est une pile de durée et de quantité qui, par ses propriétés spéciales, nous semble appelée à remplacer avantageusement, dans un grand nombre d’applications, les piles actuellement connues.
- De Lalande et Chaperon.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 36g
- DESCRIPTION
- DE QUELQUES
- FREINS ÉLECTRIQUES
- 3° article. ( Voir les n°* des 7 el \.\ juillet.)
- FREIN ÉLECTRO DYNAMIQUE A TRANSMISSION DE FORCE, DE SIR W. SIEMENS ET A.-C. BOOTIIRY
- Sir W. Siemens est, à ma connaissance, le premier ingénieur qui ait, avec M. A.-C. Boothby, p-o-
- posé un système logique permettant d’actionner lés freins d’un train par des machines dynamoélectriques placées sous chacun des véhicules, et mises en relation, par un circuit unique et continu, avec une dynamo motrice installée sur la locomotive (').
- Leur système est à la fois très simple et complet.
- Sous chaque voiture, une dynamo B (fig.- 36 et 37) actionne, par la vis sans fin C, le secteur D, calé sur l’arbre A des leviers E E' des freins.
- Ces leviers sont calés sur un manchon d’embrayage F, fou sur l’arbre A tant qu’il n’est pas embrayé par la griffe G (fig. 38).
- FIG. 36 ET 37. — FREIN SIEMENS ET BOOTHBV — ÉLÉVATION ET PLAN
- Le prolongement du levier E' est relié au ressort I, qui tend à serrer les freins.
- Si la corde d’intercommunication M, qui va tout le long du train, vient à se tendre, par la rupture du train, par l’appel d’un agent ou d’un voyageur, l’ac-
- tion qu’elle exerce sur le levier L, par le mouflage N IC N, débraye le manchon F, et le ressort commence immédiatement à serrer les freins.
- (') Brevet anglais...ns C©6,q7 février
- 1881.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ."70
- La dynamo achève le serrage, automatiquement ou à volonté, dès qu’on laisse, en lâchant la corde-, l’embrayage G se refaire.
- Pour desserrer, on fait tourner les dynamos en sens contraire, sans changer le mouvement de la dynamo génératrice, grâce à l’une des deux distributions suivantes du courant.
- Dans le premier système de distribution (fig. 3g) le courant émané du pôle positif de la dynamo génératrice O, qui tourne toujours dans le même sens,
- FIG. 38. — VU U PAR BOUT
- se divise, en Q, en deux parties, dont l’une va, toujours dans le même sens, par le fil général R, traverser les inducteurs des dynamos Pt Pa.... Pn et revient, par R,, au pôle négatif de la génératrice :
- l’autre branche du courant passe du commutateur S2 aux induits des électros P, P2...., soit par R2, en revenant par R„ soit, en sens contraire, par
- Rt P,,... R2.
- FIG. 40
- Avec le second système (fig. 40), le courant passe tout entier dans les inducteurs des dynamos P, P2.... Pn et revient, par R,, au commutateur S; ce commutateur le ramène à la génératrice à travers les induits des dynamos, soit par R2 P, P2.... Pn R3, soit, en sens contraire, par R3 Pn'.... P2 P, R2.
- La dynamo génératrice marche toujours, mais seulement assez vite pour engendrer un courant suffisant pour indiquer, au galvanomètre de la machine ou du fourgon, les pertes ou les interruptions du circuit.
- Le commutateur S peut être relié à la corde de serrage automatique.
- Les essais exécutés en Ecosse, avec ce système de freins, ont été des plus encourageants; le principal obstacle qui s’est opposé à son introduction en Angleterre a été l’isolement du système au milieu des freins à air comprimé, à vide et à chaînes, qui se partagent le réseau de la Grande-Bretagne.
- Il est impossible de ne pas être frappé de la simplicité cinématique du mécanisme de ce frein, que des essais et des études d’application auraient inévitablement perfectionnée.
- L’électricité peut encore être appliquée au service des freins auxiliairement et d’une façon très utile, par exemple comme mécanisme d’avertissement (') ou comme force motrice des valves de distribution des freins à air comprimé (2). Je n’ai pas cru pouvoir faire entrer dans cette étude la description de ces appareils, qui ne constituent pas, à proprement parler, des freins électriques.
- Les appareils que je viens de décrire, dans les trois articles dont se compose cette notice, ne donnent qu’une faible idée du nombre considérable des brevets pris au sujet des freins électriques et de la variété des solutions impraticables proposées par les inventeurs. J’ai présenté, aux lecteurs de La Lumière Electrique, un choix parmi les moins rêveuses de ces propositions, dont bien peu soutiennent néanmoins, dans leur ensemble, un examen sérieux. Ne semblerait-il pas, entre autres, qu’aucun des inventeurs de freins à action directe n’a tenu compte, soit de l’énergie électrique énorme qu’exigerait l’application de son système, soit de la différence, pourtant visible, entre l’atmosphère d’un cabinet de physique et le tourbillon de poussière et de gravier dans lequel roule un frein de chemin de fer, soit enfin de réchauffement et de la déformation considérables des bandages et des sabots, par l’action du serrage? On propose pourtant encore chaque jour de ces systèmes, et je m’estimerais heureux si la lecture des descriptions données dans la première partie de cette étude pouvait contribuer à en diminuer le. nombre.
- Il n’y a plus, en réalité, pour le moment, et probablement pour longtemps encore, que deux systèmes de freins continus en présence, les freins à vide ou, plus exactement, à pression atmosphérique, et les freins à air comprimé.
- (!) Tcll-lale avertisseur des dérangements du frein à vide de MM. Delebecque etBanderali. (Notice sur les appareils présentés par la Compagnie du chemin de fer du Nord à l’Exposition d’électricité.)
- (2) Westinghouse. Brevets américains 2|3qi7,3i mars 1881, et 245592,31 mars 1881.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 3.71
- Les freins à air comprimé tiennent la corde et se répandent de plus en plus : ils sont d’un serrage plus rapide, plus égal et plus modérable, leur attirail est plus léger, ils se prêtent mieux à l’automaticité et se simplifient tous les jours.
- Les freins électriques jouissent, en principe, de toutes les propriétés des freins à air comprimé. Les essais du chemin de fer de l'Est ont montré comment on pouvait étendre, même aux trains les plus longs, leur puissance de serrage, et profiter de l’instantanéité avec laquelle se transmet l’énergie de la dynamo génératrice, pour leur assurer la simultanéité d’action indispensable si l’on veut éviter des chocs et des calages partiels, nuisibles à la conservation du matériel, toujours désagréables, et parfois dangereux.
- La modérabilité des freins électriques, dont l’énergie varie presque proportionnellement à la vitesse de la dynamo génératrice, est, théoriquement, absolue : on y dispose, en effet, d’une puissance motrice dont on est absolument maître, comme du degré de vide avec le frein atmosphérique, et de la pression de l’air dans son heureux rival, mais avec une maniabilité plus docile et plus étendue.
- Sous le rapport de l’automaticité, le frein électrique présente, sur ses rivaux, l’avantage de se prêter comme de lui-même à la réalisation d’une automaticité seulement partielle, se bornant à signaler, à coup sûr, au personnel du train, tout dérangement de nature à infirmer l’action du frein, sans provoquer, comme l’exige l’automaticité complète, un arrêt en pleine voie, toujours à redouter, malgré la perfection des signaux. Cette automaticité, en quelque sorte simplement monitrice, qui ne ferait qu’avertir, est encore considérée comme un desideratum des freins continus par quelques ingénieurs dont le nom fait autorité en pareille matière. On la trouve réalisée dans la partie électrique du frein de Siemens et Boothby.
- Le frein électrique possède en plus, et bien en propre, la réduction à un simple fil de l’organe qui transmet sa puissance à toute la longueur du train, simplicité doublement précieuse, par elle-même, et par ce fait qu’elle résout presque de soi la question de l’intercalation d’un véhicule étranger dans un train électrique.
- Mais les freins électriques ont été, jusqu’à ce jour, presque exclusivement fondés sur l’attraction des électro-aimants appliqués par les uns directement, comme puissance d’arrêt, et par les autres, notamment par M. Achard, indirectement, comme un moyen de mettre simultanément en œuvre une série d’attirails utilisant, pour le serrage des freins, le mouvement même des roues qu’ils doivent arrêter; l’électricité agit alors, mais très en grand, de la même manière que dans un bon nombre d’appareils de télégraphie.
- Cette conception, pour ainsi dire télégraphique,
- de l’emploi de l’électricité pour les freins présente elle les avantages d’utiliser la puissance gratuite du train, et de n’exiger, de l’électricité même, qu’une énergie relativement faible ; elle a contre elle l’inconvénient de conduire à l’emploi d’un attirail lourd, compliqué, d’une action souvent brutale, d’exposer l’organe électrique à des chocs et à des frottements au contact même de pièces en pleine poussière, sans diminuer en rien, pour les fils et leurs accouplements, les difficultés d’isolement et de continuité, qui ne s’accroissent pas avec l’énergie du courant.
- Les électro-aimants s’imposaient au temps où M. Achard commençait ses remarquables recherches, et même jusqu’à ces toutes dernières années ; la machine dynamo industrielle n’existait pas, on ne songeait guère à la transmission de la force par l’électricité.
- Il n’en est peut-être plus de même aujourd’hui, et il est permis de penser que l’avenir des freins électriques appartient à l’inventeur qui saura le mieux les envisager comme une question de transmission de puissance par l’électricité. Sir W. Siemens et M. Boothby sont entrés les premiers, je crois, dans cette voie, simple aujourd’hui, et qui les aurait sans doute conduits à.d’heureux résultats, s’ils avaient rencontré le concours indispensable d’une grande compagnie.
- Je ne saurais mieux terminer cette courte notice qu’en rappelant que, quel que soit l’avenir, sans doute encore lointain des freins électriques, c’est, toujours à M. Achard que l’on devra reporter l’honneur d’avoir, le premier, abordé cette question, de l’avoir résolue aussi complètement qu’on le pouvait de son temps, d’avoir su faire partager sa foi d’inventeur et poursuivre son but avec un courage, une persévérance et une loyauté d’autant plus dignes de respect que ses travaux n’ont pas été couronnés du succès qu’ils méritaient à tant d’égards.
- Gustave Richard.
- COMPARAISON
- DU
- GAZ ET DE L’ÉLECTRICITÉ
- A propos de notre article du 3o juin, M. D. Monnier a publié quelques observations auxquelles nous voudrions répondre ici.
- M. D. Monnier admet, avec nous, que le bec de gaz dégage environ 19 fois plus de chaleur que la lampe à incandescence pour produire le même effet lumineux, mais il porte la question sur un autre terrain.
- Il rapporte le travail consommé, par le bec et
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- par la lampe, à une même unité, c’est-à-dire à l’énergie de 1 kilogramme de houille.
- Un kilogramme de houille donne, parla combustion. . ............................8 000 calories:
- Par distillation, il fournit 3oo litres de gaz d’éclairage.
- Les sous-produits (coke et goudron) retenant 3 740 calories disponibles, la différence, soit 4 260 calories, représente la chaleur nécessaire à la production de 3oo litres de gaz, ce qui donne i4onl2o par litre de gaz.
- Pour 140 litres, on arrive à 1 988 calories.
- Mais d’autre part la lampe électrique à incandescence de même pouvoir éclairant absorbe un nombre de kilogrammètres représenté par °u’7^-^-1—-_ ^kilogrammètres 55 ^ ce qUj dans les conditions ordinaires de la pratique, en évaluant à 60 0/0 les pertes de travail depuis le cylindre de la machine à vapeur jusqu’aux balais de la machine dynamo, correspond 12,75 ou ào,chev!Ui7.
- 0,6
- Or, dans les bonnes machines à vapeur, il faut ik,5 de houille par cheval et par heure. La lampe à incandescence réclame donc, par cheval et par heure, la combustion de i\5 X '0,17 — ok,255 ce qui correspond à 0,255 X 8 000 ou — 2 040 calories.
- Il y aurait donc à peu près parité entre le bec et la lampe au point de vue de la quantité de chaleur dépensée, au point de vue tout au moins de l’utilisation du combustible.
- 11 y a beaucoup à répondre.
- Examinons les choses d’abord au point de vue de l’utilisation du combustible.
- D’après les chiffres de M. D. Monnier, chiffres un peu élevés à notre avis, il faut pour la lampe à incandescence, par heure, o, kil0!ï255 de houille.
- Pour produirdfeqo litres de gaz d’éclairage en une
- heure, il faut 1 kilog.
- de houille................... o,kiI08466 —
- Maintenant! tandis que la chaudière de la machine à vapeur laisse échapper, sous forme de fumée, de chaleur rayonnante, etc., une partie des calories qu’elle renferme, la cornue à gaz permet d’en retenir une grande partie et de les utiliser dans une fabrication à part. On ne peut pas dire que la lampe à incandescence y soit pour quelque chose. Elle pourrait, à la rigueur, être actionnée par une chute d’eau, par un moteur ou une chaudière chauffée au gaz, en un mot, par un système quelconque où les produits et sous-produits de la combustion seraient mieux utilisés. Il n’en est pas moins vrai que, pour fonctionner, elle exige, par heure, un poids de
- houille qui est les du poids de houille neces-cairë à la fabrication du bec de gaz.
- On répondra qu’industriellement ce qu’il y de réellement important, c’est le prix de revient et le prix marchand ; tant pis pour l’électricité, si elle est obligée de recourir à des machines imparfaites,
- perdant les de la chaleur dégagée par la combustion !
- Voyons donc, sur les bases déterminées plus haut par M. D. Monnier, le prix du charbon dépensé par heure, respectivement par le bec de 140 litres et la lampe à incandescence du même pouvoir éclairant.
- a. — Prix de revient pour ta Compagnie.
- La lampe à incandescence dépense, par heure, en houille, ok,255, soit, à raison de 33 fr. les
- 1000 kilogrammes.......................of,oo84
- Le bec de gaz de 140 litres dépense, par heure, ok,4Ô6 de houille, soit or,oi54 dont il faut déduire ok4'66 X 0,47 de coke, soit ok,219 qui, à 5o fr. les 1000 kilogrammes donnent. . of,oio9
- ce qui remet le prix du charbon à. . of,oo45 of,oo45 Différence en faveur du gaz............of,oo39
- Comme prix de revient, grâce au prix élevé du coke, le bec de gaz dépense par heure près de moitié du prix du charbon dépensé par la lampe électrique à incandescence.
- b. — Prix marchand.
- Mais, pour les consommateurs, le bec de gaz de 140 litres coûte, par heure, actuellement or,3o
- X of,o42. En admettant les circonstances
- les plus favorables, le prix du mètre cube ne descendra jamais au-dessous de of,i5, ce qui mettrait les 140 litres à of,o2i, c’est-à-dire à 2 fois et demie le prix de la consommation en charbon, par heure, de la lampe à incandescence.
- Au taux actuel, le rapport des prix de charbon .employé par la lampe et par le bec est de 1 à 5.
- Il est à peine besoin d’ajouter que, si l’on se place sur le terrain de l’éclairage par lampe à arc, la proportion est renversée, même pour le prix de revient.
- Une lampe électrique à arc donne une moyenne de lumière utile qu’on peut évaluer de 3o à 40 Car-cel, et elle prend, aussi en moyenne, ochuval,75 soit, en charbon, par heure, par cheval et par
- Carcel. ................................ ok,o3i
- qui, à 33 fr. les 1000 kilogrammes, donnent of,ooi c’est-à-dire plus de quatre fois moins que le charbon du gaz vendu au.prix coûtant.
- Georges Guéroult.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- LE PRIX DE REVIENT
- DE
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Dans des articles précédents j’ai déjà donné le prix de revient de l’éclairage à incandescence (page 5i5, i883, tome VII) en le comparant avec celui du gaz. C’est d’un projet d’installation d’éclairage dans une tisserie en Allemagne, que j’ai tiré des chiffres qui ont montré que l’incandescence ëst seulement meilleur marché si le prix du gaz est supérieur à 3o centimes le mètre cube. J’ai parlé des avantages qu’offrait un système d’éclairage mixte, c’est-à-dire avec arcs et incandescence, les foyers à arc devant être naturellement absolument fixes, condition qu’il est facile de réaliser en employant la lampe soleil.
- M. Chrestin dans un rapport à propos de l’éclairage dans l’usine de cartouches de Saint-Pétersbourg (Electricité Russe) nous donne des chiffres très intéressants, sur deux ateliers, l’un éclairé par des lampes Siemens, l’autre par des lampes à incandescence (Maxim). Le prix de revient du premier éclairage était bien meilleur marché que le gaz, le second était de 25 o/o plus cher. En les réunissant on aurait perdu la fixité à cause de l’irrégu larité des lampes différentielles Siemens ; mais on aurait eu l’avantage sur le gaz au point de vue de l’économie, les deux conditions pouvant seulement se réaliser en employant, comme nous l’avons indiqué, une lampe à arc fixe. L’éclairage a été fait dans cette usine du 20 septembre 1882 jusqu’au i5 février i883, c’est-à-dire pendant cinq mois.
- Durant tout ce temps, le travail commencé à 7 du matin durait jusqu’à 5 heures du soir, excepté le samedi où la journée finissait à 4 heures.
- La distribution des heures d’éclairage, matin et soir, était la suivante :
- MATIN SOtP. TOTAL
- Septembre (comm. le 20) Octobre Novembre Décembre (jusqu’au 23, à cause des fêtes). . . Janvier Fév. (jusqu’au iS incl.) Total. . . . . 4>> 20“ 42 25 bg o5 58 o5 55 45 16 40 5h 55“ 35 53 60 o5 42 45 3o 25 3 40 ioh i5m 78 20 129 10 100 5o 86 10 20 20
- 246h 20m 178'' 45“ 428h o5m
- Avec cette répartition des heures du travail l’éclairage du matin était 57,94 °/° de l’éclairage total.
- On avait installé 12 lampes différentielles Siemens éclairant 6 métiers, ce qui faisait 2 lampes par chaque métier.
- La surface à éclairer était de 208,9 sagènes carrées, (g5o mètres carrés), ce qui faisait 17 Sag. C., c’est-à-dire 77 mètres carrés par lampe.
- Toutes les lampes étaient suspendues au plafond au moyen de poulies et de cordes pour les faire monter et descendre.
- Six lampes étaient munies de globes opales, les autres six d’un verre conique renversé; une partie des rayons était réfléchie par le plafond, d’autres traversaient le verre. Cette dernière disposition diffuse la lumière très également.
- La hauteur des salles était i5 pieds.
- Dans les lampes différentielles Siemens, les charbons duraient 4 heures, leur diamètre avait 10 millimètres, ils contenaient une âme en verre.
- La machine employée était une Siemens W6 à courant alternatif, l’excitatrice était de la même maison, du type D6.
- Toutes les lampes étaient mises en tension dans un seul circuit.
- Lès observations faites sont consignées dans le tableau suivant :
- INDICATIONS FORMULES lampes dans un seul circuit.
- Observations mécaniques. Vitesse de l’excitatrice . . . Tours par minute. io5o
- — de la machine à lumière __ 75o
- Travail mécanique total trouvé sur l’indicateur de la machine à vapeur. . . .
- T ch. vap. 10,9
- Observations électriques. Résistances totales de l’ex-
- citatrice et des inducteurs de la machine à lumière. . R ohms. 2,98
- Résistance de l’induit de la machine à lumière . 3,014
- Résistance du circuit extérieur IF 5,29
- Intensité de l’excitatrice. . i ampères. 23
- — de la machine à
- lumière j - 12, l6
- Travail électrique de l’exci- ri2 , —-? chev. vap* S
- tatrice 2,14
- Observations pholométriques Diamètre des charbons . . . Millim. 10
- Consommation des charbons par heure 66.23
- Longueur de l’arc voltaïque — 3
- Quantité de lumière dans une direction à nu Bougie normale. 35o
- Avec globe — 240
- Travail utile.
- Nombre des bougies par 35o
- ampère 12 16 28,70
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- 374
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Quant aux frais, ils peuvent être calculés comme il suit :
- Dépense pour 425 heures déclairage :
- Charbons de Siemens à iomm de diamètre et 2oomm de longueur, l’usure totale
- étant de 1207 pieds à 70 c........Fr.
- Force motrice de la machine à vapeur
- 10,go.
- Le cheval vapeur coûtant n,5 cent, par
- . 10,UOX42SX ii,5 cent,
- heure, on a------------—---------- .. .
- Graissage, 2 pud i51iv. à fr. 25,5o par pud......................................
- Courroies pour les machines électriques :
- 1 courroie double 4" de largeur et 8,53“
- de longueur, à fr. 4 5o.. ............
- 1 courroie simple, à fr. 2 5o............
- Surveillance de l’éclairage..........
- 844 90
- 53a 75 60 55
- 5q » 3o » 365 »
- Fr. 1887 20
- Ce qui fait pour l’éclairage total, c'est-à-dire pour
- les i2 lampes par heure...........Fr. 443
- et par lampe.......................... » 3o,75
- L’éclairage au gaz remplacé par les 12 lampes Siemens était de 121 brûleurs ordinaires et de 41 brûleurs d’Argand.
- Le prix pour les 121 brûleurs ordinaires de 5 pieds cubes par brûleur et par heure, en prenant le prix de fr. 7 25 par 1000
- pieds cubes, =-------—*— . br. 1864 10
- Pour les brûleurs Argand, consommant 8 pieds cubes par heure, =
- 41 XBX425X72,5
- 1000
- 1010 65
- Fr. 2874 80
- Le Gouvernement a une remise de i5 °/0
- , I l50 X l5 r, c
- sur le gaz, ———.................... 401 i5
- Fr. 2448 65
- Réparations. . . . Fr. i5o »
- Surveillance..........25o“ » 400 »
- Dépense totale......................Fr. 2843 65
- O11 a donc une économie de fr. g56 45, en employant l’électricité, ce qui fait 33 °/„. s Un autre atelier, dans lequel sont placés i5 tours, était éclairé à l’incandescence. Une machine Gramme A, faisant goo à 1 o3o tours par minute, alimentait i5 lampes Maxim, placées en dérivation.
- Les observations faites sont consignées dans le tableau suivant :
- INDICATIONS FORMULES i5 lampes Maxim en dérivation.
- Observations mécaniques:
- Nombre de tours. io3o
- Travail de la machine à vapeur pris sur l’inducteur . T chev. vap. 3,25
- Observations électriques.
- Résistance intérieure de la
- machine r ohms. 1,25i
- Résistance des conducteurs. r' - 0,482
- Résistance totale des lampes en dérivation prise à froid R 4,687
- Différence de potentiel entre les bornes de la machine. E volts. 65,55
- Différ. de potentiel moyenne entre les bornes d’une lampe c — 54,71
- Intensité du courant I amp. 22,50
- Intensité moyenne par lampe i — i,5o
- Résistance moyenne par lampe à froid 4,687 X i5 70,30
- Travail total de la machine. 4,16 X 22,50^ 2,86
- Résistance moyenne par g 75 36,47
- lampe à chaud -. . j ohm.
- Résistance de toutes les
- lampes placées en déri-vflfion à chaud 06,47 ohms 2,43
- i5
- Travail absorbé dans toutes Ip.s lampes ......... 32.43 X 2,252 C. V. 1,67 0,1x i5
- g 75 54,71 x 1,5 ch. v.
- g 75
- Observations pholomélriques
- Quantité moyenne de la lu- Bougies normales.
- mière d’une lampe 12
- Travail utile.
- Total T' ^-=2,8:3,25 0,88
- Nombre de bougies par che-
- val vapeur 3,25 55,37
- Nombre de bougies par cheval électrique 12 X i5 2,86 62,93
- Nombre de bougies pour l’é-
- clairage total 1,67 107,78
- Nombre de bougies par am-
- ! père 1.5 8,00
- Il ressort de ce tableau que la quantité de la lumière obtenue par lampe est peu considérable, ce qui est dû à la différence des résistances, résistances qui varient entre 60 à 75 ohms. Les lampes à 60 ohms donnaient 16 à 17 bougies, celles à 75 ohms ne donnaient que g à 10 bougies.
- L’expérience a duré du g octobre 1882 jusqu’au 16 février i883.
- Les heures de l’éclairage étaient les suivantes :
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 3?5
- MATIN SOIR TOTAL
- Octobre 141’ i5m 36h »"> lioh i5m
- Novembre 87 » 62 » 141) 3o
- Décembre ........ 70 55 27 45 98 40
- Janvier 71 35 37 o5 108 40
- Février 27 55 12 » 39 55
- Total 3oih .|Oul 1 7S11 20"' 477" »m
- L’éclairage du matin prenait 63,24 u/0 de l’éclairage total.
- A la fin de l’éclairage, 12 lampes étaient encore intactes; 2 lampes ont été cassées par accident; dans une autre, le charbon s’est cassé après 365 heures d’éclairage.
- Le prix de la lampe Maxim complète est en Russie de fr. 12,5o, sans les attaches de communication de fr. 10 » seulement.
- Les frais pour l’éclairage électrique pendant 477 heures, sont les suivants :
- Force motrice, 3,25 chevaux vapeur :
- 1 cheval vapeur à ii,5 cent, par heurej =
- 3,25 X n,5 cent. X 477 . no
- Graissage, 1 1/2 pud à fr. 25 5o....... 33 25
- 3 lampes cassées....................... 3o »
- Fr. 246 53
- La casse des 3 lampes a porté le nombre total des lampes à 12, ce qui donne.............................. Fr. 90 »
- Soit au total................................. 336 53
- L’éclairage pour i5 lampes Maxim coûte,
- par heure.....................Fr.
- Pour une lampe.......................
- L’éclairage au gaz au moyen de 15 brûleurs ordinaires, avec une consommation de 5 pieds cubes coûterait, pour les i5 brûleurs, à fr. 7 25 par 1000 pieds cubes
- 15X477X7.25X5 „
- 1000 r>
- En déduisant la.remise de i5 % sur le prix du gaz faite au Gouvernement, on trouverait io3,75 X i5=Fr. 38.90
- le prix définitif sera donc.........Fr. 220 47
- Surveillance............................... 3o »
- 70 35 4 37
- 2.59 36
- Fr. . 25o 47
- Le prix de l’éclairage avec les lampes Maxim était donc de fr. 86 plus élevé que celui fait avec
- le gaz, c’est-à-dire qu’il présentait une augmentation de vingt-cinq pour cent. Mais il faut dire que dans ce travail de M. Chrestin la comparaison n’a pas été faite, à intensité lumineuse égale.
- O. Kern.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur l’application de la méthode d’Ampère à l’établissement de la loi élémentaire de l’induction électrique par déplacement; par M. Quet. (i)
- « J’ai montré, dans ma dernière communication, que les lois de l’induction par déplacement pouvaient être établies comme corollaires de l’électro-dynamique, et j’ai atteint ce but très rapidement en m’appuyant sur l’hypothèse assez généralement admise de la constitution intime des courants. Cependant, comme il s’agit de lois dont les applications sont nombreuses et importantes, il m’a semblé qu’il ne serait pas inutile de s’affranchir, autant que possible, de ce genre d’hypothèses, et je crois avoir obtenu ce résultat en recourant à la célèbre méthode expérimentale d’Ampère. Voici, très brièvement exposés, les principes qui m’ont servi :
- « i° Hypothèse générale. — J’admets que l’action d’un élément de courant sur une niasse élémentaire de fluide électrique animée d’une vitesse relative quelconque. consiste en une attraction ou une répulsion, c’est-à-dire en une force dont la direction passe par les centres des deux éléments. Cette hypothèse, qui est la plus simple de toutes, et qui est une imitation de celles de Newton et d’Ampère, donne la direction de la force d’induction dont il n’y a plus qu’à déterminer la grandeur.
- « 2° Proposition. — La force d’induction est nulle lorsque, la direction de l’élément de courant étant perpendiculaire à la ligne des centres, la vitesse relative de l’élément induit a lieu suivant cette droite. En effet, si l’on fait tourner autour de la ligne des centres oc le plan mené par elle et par la direction ds' de l’élément de courant inducteur, la force g, qui est appliquée à la masse m dans la direction oc, restera la même pour toutes les positions du plan, à cause de la symétrie de l’espace; l’action sur m deviendra donc 2g, si l’on fait agir à la fois deux éléments de courants égaux, l’un occupant la première position de ds', et l’autre celle que ds' prend après une demi-révolution du
- (9 Note présentée à l’Académie des séance du 2 juillet 11133.
- Sciences dans la
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- plan. Mais alors, les deux éléments de courant étant égaux, superposés et de direction contraire, se contrebalancent, et l’on a
- 2/i=0 ou p -= o.
- Il sera du reste facile de s’assurer, en employant un conducteur replié sur lui même, que les courants égaux, superposés et opposés de direction, ont des actions égales et contraires.
- « 3° Principe général. — La force g peut être considérée comme la résultante des actions qu’exerceraient sur m les projections de l’élément inducteur (ci' di') prises par rapport à trois directions rectangulaires menées par son centre c. Ce principe, qui ne peut être douteux, sera vérifié par des expériences faites avec un fil replié en forme de polygone dont les côtés s’écartent peu de la direction primitive du fil.
- « La force g est aussi égale à la résultante des actions que l’élément de courant ds' exercerait sur la masse m, si celle-ci était animée tour à tour de vitesses égales aux projections de sa propre vitesse v sur trois axes rectangulaires.
- « Il suit de ce principe général que la force g peut être remplacée par neuf composantes qui se réduisent d’abord à six, lorsque l’on choisit les axes de projection, comme le faisait Ampère dans une question analogue, et ensuite à deux seulement si l’on a égard à la deuxième proposition. Ces deux composantes sont : l’action g' que la projection ds' cosO' de ds’ sur oc exerce sur la masse m animée delà vitesse v cosO, projection de v sur la ligne des centres, et l’action g" que la projection ds' sinO' de ds' sur la perpendiculaire à oc dans le plan oc ds' exerce sur m supposé animé de la vitesse v sinO cos y, projection de v sur la direction perpendiculaire à oc dans le plan précédent. On a g = g’ + g"-
- « 4° Proposition expérimentale. — L’action inductrice est proportionnelle à la vitesse v de l’élément m. Cela résulte d’anciennes expériences et d’un grand nombre d’expériences faites dans ces derniers temps.
- « Cette action est proportionnelle, ce qu’il est aisé de voir, à l’intensité i’.
- « D’après cela, si l’on désigne par f (r) et F (r) deux fractions inconnnes de la distance r des centres des éléments, on a
- g — mvi' ds' [sin 0 sinO cos y /(r) + cosû sinO' F (r)].
- « 5° Proposition expérimentale. — L’action exercée par un système quelconque de courants fermés sur une masse élémentaire m en mouvement est perpendiculaire à la direction ov de la vitesse v de cette masse.
- » Cette proposition résulte d’anciennes expériences connues : elle sera soumise à des vérifica-
- tions nouvelles. Sa conséquence est que avoir
- I d
- F(r)-5^[r/(r)].
- l’on doit
- « 6° Proposition expérimentale. — Un solénoïde homogène, dont la directrice est une courbe fermée, n’exerce pas d’induction sur un conducteur en mouvement; la proposition n’est point douteuse ; néanmoins, elle sera soumise à l’expérience.
- « Cette proposition, jointe aux précédentes, exige que f (r) soit égal au quotient d’une constante k' divisée par r2, lorsque la force ne peut pas devenir infinie avec la distance. Ce résultat et le précédent s’obtiennent sans nouveaux calculs, parce que des questions complètement analogues ont été traitées dans l’électrodynamique. On a ainsi
- k’ k'
- /('O = p’ F (r) = — jp’
- k' mvi'di' , .
- g =------p-----(sinO sinO cos y
- {cosO cosO').
- La dernière de ces formules donne la loi élémentaire de l’induction électrique par déplacement; elle montre clairement que les questions relatives à ce genre d’induction se ramènent à des problèmes d’électrodynamique; elle conduit aisément à la règle générale que j’ai donnée dans ma dernière communication. C’est ce que je vais montrer.
- « G est l’action électrodynamique exercée par l’élément de courant (ci' ds') sur un élément de courant (oi ds) placé au même point o que la masse m et ayant pour direction celle de la vitesse v de cette masse ou ov. La formule d’Ampère donne
- G =
- kii' ds ds'
- rî
- (sinOsinO'cosy —{cosO cosû');
- si l’on compare g à G et que l’on pose k' — hk, mv — H i ds, on obtient g — HG et le rapport H est indépendant de rOO' y i' ds.
- « Je considère un système quelconque de courants fermés ou de portions de courants, et je le fais agir tour à tour sur m par induction et sur ds par action électrodynamique. Décomposons ces courants en leurs éléments a, a', a",... dont les centres sont a, c', c",..., nous aurons deux groupes de force g, g', g",...', G, G', G",...; les forces correspondantes de ces deux groupes (g, G), (g', G'), (g", G."),... ont pour directions communes les lignes oc, oc', oc",..., et leurs intensités sont entre elles dans un rapport constant et égal à H, puisque g = H G, g' = H G', g" = H G",.... Il résulte de là que les résultantes p des forces d’induc-tiong-, g',... et F des forces électrodynamiques G, G', G'",... ont la même direction et sont entre elles dans le rapport des composantes, rapport qui est égal à H ; ainsi l’on a p — H F.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 3 77
- « L’intensité i du courant supposé dans ds et la longueur ds sont deux quantités arbitraires ; on peut les choisir de manière que l’on ait i d s = 2 mv ;
- alors H —\h et p — hl-¥. Il suit de là que la force d’induction p a la même direction que l’action électrodynamique qu’exerçait le système sur un élément de courant placé en o dans la direction ov, et que son intensité est égale au produit d’une constante par la moitié de l’action électrodynamique qui aurait lieu si * ds était égal 2 mv. Dans certains problèmes, il sera inutile de connaître la valeur de la constante h. Si on voulait l’avoir, on pourrait recourir à l’hypothèse relative à la consti tution des courants ; les formules précédentes permettraient alors de montrer immédiatement, pour ainsi dire, que h — 1 ou k' — k. »
- Actions électrodynamiques renfermant des fonctions arbitraires : hypothèses qui déterminent ces fonctions ; par M. P, Le Cordier (*).
- « Dans deux premiers Mémoires (i883, p. 222 et 1128 des comptes rendus), les actions pondéromotri-ces, les plus générales que l’on puisse observer, ont été déduites de l’expérience seule, et ramenées à l’action d’un courant fermé sur un élément de courant, à l’aide des hypothèses les plus incontestables, les neuf actions mutuelles entre les courants, les aimants et le magnétisme terrestre, dont six seulement sont observables, étant désignées collectivement sous le nom d'actions pondéromotrices, qui rappelle un fait établi dans les deux mémoires précédents, préférablement au nom d'actions électrodynamiques, qui explique ce fait par l’hypothèse des courants moléculaires d’Ampère.
- « Il s’agit maintenant de calculer l’action d’un élément de courant sur un autre. La solution, affranchie de toute hypothèse, renferme des fonctions arbitraires. On pourrait même se demander si l’action d’un courant non fermé, qui n’a jamais été observée, est autre chose qu’une fiction : car on ne sait pas si un courant électrique peut exister sans être fermé. Mais elle est réelle dans l’hypothèse des actions directes à distance, qui ramène tout à des actions de mutuelles de points, et d’après celle d'un milieu continu, qui propage les forces apparentes à distance avec une vitesse nécessairement finie ; les actions envoyées simultanément par les différents éléments d’un courant fermé doivent ainsi arriver successivement à un élément linéaire d’un autre courant, on n’a pas encore conçu d’hypothèse permettant de les regarder comme fictives.
- « C’est pourquoi elles sont traitées comme
- (1) Note présentée à l’Académie des Sc'ences dans la séance du 2 juillet i883.
- réelles dans ce mémoire, qui énonce les solutions déterminées d’Ampère et de Reynard, puis la solution générale, renfermant des fonctions arbitraires, que M. Maurice Lévy a donnée dans son cours du Collège de France. L’hypothèse d’Ampère et celle de M. Reynard déterminent complètement ces fonctions ; en sorte que les deux solutions respectives sont seules compatibles avec les hypothèses, de leurs auteurs.
- « Un courant fermé permanent à trois dimensions étant défini celui dont l’électricité ne traverse pas la surface, on a vu, dans le premier mémoire, que son action sur un élément de courant extérieur s’exprime par un potentiel. Mais la forme de ce potentiel n’y a pas été donnée. Elle se déduit immédiatement d’une hypothèse que des expériences assez nombreuses ont vérifiée pour le cas de deux dimensions : cette hypothèse consiste à admettre qu’îm courant permanent, à plusieurs dimensions, est décomposable en éléments de courants linéaires; en sorte que rien n’y serait changé, si une surface quelconque du rhéophore, ayant pour génératrices des lignes du courant, devenait isolante.
- « Dans les deux mémoires précédents, l’élément de courant qui reçoit l’action a été supposé extérieur au courant agissant. Cette lacune est comblée, dans le mémoire actuel, au moyen de l’hypothèse suivante : les actions éleclrodynamiques qui s'exercent à des distances insensibles suivent toutes les lois observées à des distances sensibles.
- « Mais ces deux hypothèses ont besoin de vérifications expérimentales : deux vérifications possibles, mais qui 11’ont pas été faites, sont indiquées. La première qui ne paraît pas facilement réalisable, est l’action d’un courant fermé, fixe et permanent, à trois dimensions, sur un solénoïde fixe et fermé, plongé dans un liquide. Le fil solénoïdal est supposé recouvert d’une couche isolante, dont le diamètre extérieur est assez petit pour que la présence du corps immergé ne change pas sensiblement les lignes du courant à trois dimensions. Soit la masse qu’aurait le pôle positif du solénoïde, s’il n’était pas fermé : l’action qui en sollicite l’axe est la même que si cet axe était parcouru par un courant linéaire idéal, d’intensité 4^., et si les lignes du courant à trois dimensions devenaient les lignes de force d’un champ magnétique fictif, ayant pour force directrice l’intensité cubique du courant.
- « Une seconde vérification expérimentale sera indiquée dans un mémoire sur l’induction. On admet qu’un courant permanent, parcourant un fil homogène, passe uniformément dans une section droite. Il en résulte que les lignes de force, dans cette section, sont des circonférences concentriques, et que la force, constante sur chaque ligne, varie de l’une à l’autre proportionnellement à leurs rayons. Cette
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 37Ü
- force intervient dans le calcul du coefficient de self-induction d’un fil fermé sur lui-même, et, comme on sait mesurer expérimentalement ce coefficient, on en déduit un moyen de vérifier les hypothèses déjà si bien vérifiées. »
- Impression automatique des dépêches téléphoniques ou transmises par la lumière. Mémoire
- de M. Martin de Brettes. (Extrait.) «
- « Tout appareil imprimeur exige, pour fonctionner, le travail mécanique d’une force qui se manifeste |à propos, c’est-à-dire quand et comment le veut l’expéditeur de dépêches.
- « Cette force peu considérable se réduit à l’aimantation d’un électro-aimant, et le travail mécanique à l’attraction de l’armature, dont le mouvement détermine le fonctionnement de l’appareil.
- « Il suffirait, pour résoudre le problème de l’impression des dépêches téléphoniques à la station de réception, que la lumière projetée eût la propriété d’y produire pendant sa durée, qui dépend de la volonté de l’expéditeur, l’aimantation d’un électro-aimant, faisant partie d’une pile locale, ou une augmentation suffisante pour qu’il surmontât la résistance du .ressort antagoniste de son armature.
- « La partie éclairée du circuit de la pile devrait, par conséquent, être composée d’un corps doué de la propriété de devenir subitement conducteur sous l’influence de la lumière, et de cesser de l’être dès qu’il y serait soustrait. Il existe, comme on sait, un corps qui possède cette propriété à un très haut degré, c’est le sélénium.
- « La lumière électrique produite à la station de réception, dans un projecteur du colonel Mangin, y serait envoyée en un faisceau de rayons parallèles et reçue sur une lentille convergente, au foyer de laquelle se trouverait fixé l’élément de sélénium, faisant partie du circuit de la pile locale qui contient la bobine de l’électro-aimant moteur du récepteur.
- « L’impression des jets de lumière en traits noirs, longs et courts, conformes à l’alphabet Morse, se ferait automatiquement avec l’appareil Morse à molette. Les jets de lumière seraient envoyés par le mouvement d’un simple leyier qui déplacerait un écran obturateur. L’impression des dépêches en caractères d’imprimerie se ferait au moyen d’un récepteur à cadran de Breguet, dont l’aiguille serait remplacée par une roue des types et auquel on ajouterait un mécanisme imprimeur qui fonctionnerait au moyen d’une pile spéciale, et seulement lorsqu’on voudrait imprimer une lettre déterminée.
- « La distance entre deux stations dépend de la transparence de l’air, de la latitude et, toutes circonstances égales d’ailleurs, de la quantité de lumière reçue par unité de surface quand les rayons
- lumineux sont parallèles. Qn ne connaît pas la loi de la décroissance de l'intensité de la lumière dans ce cas, mais cette décroissance dépend seulement de l’absorption par l’air; car, dans le vide, l’intensité resterait constante ; de sorte qu’on ne peut déterminer, a priori, la distance des deux stations, pour un foyer électrique donné; il faudrait recourir à l’expérience. 'ft
- « Cependant la belle expérience de M. Fizeau, pour déterminer la vitesse de la lumière, montre que la distance de deux stations pourrait être considérable, avec les puissants foyers électriques actuels, qui dépassent 2 000 carcels. On sait en effet que, dans ces expériences, la lumière d’une simple lampe donnait, après un parcours de i7km, un foyer brillant d’intensité très appréciable. »
- Sur le dégagement d’électricité au contact des
- gaz et des corps incandescents; par J. Elster et
- H. Geitel (i).
- Lorsqu’on fait passer de l’air ou un autre gaz sur du platine incandescent, le gaz se charge d’électricité positive, laissant la négative au platine. L’expérience a été faite avec un appareil Paquelin, composé d’une sphère creuse en platine, contenant de la mousse de platine, et dans l’intérieur de laquelle on fait arriver un courant régulier d’air chargé de vapeurs de benzine. Cette sorte de lampe sans flamme fonctionne d’autant plus énergiquement que le courant d’air est plus rapide; la sphère de platine est ainsi maintenue à l’incandescence. Cette sphère est en communication électrique avec le sol; un tube abducteur emporte au loin les gaz de la combustion. A un demi-millimètre au-dessus de la sphère incandescente se trouve une lame de platine constituée par le fond d’un creuset que l’on remplit d’eau afin que sa température ne dépasse pas ioo°. Ce creuset est isolé avec le plus grand soin, et mis en communication avec un électromètre à quadrants. On constate que cet électromètre dévie lentement et qu’il atteint un maximum qui peut atteindre 0,95 daniell environ. La déviation est d’autant plus rapide que l’incandescence est plus vive; au-dessous du rouge on n’a rien. Si l’on remplace l’air sec par de l’air humide, de l’acide carbonique, de l’oxygène ou du gaz d’éclairage, le signe de l’électricité dégagée ne change pas ; et même la différence de potentiel demeure constante, est indépendante de la nature du gaz employé.
- La nature de l’électrode froide n’intervient pas davantage. Seulement, si au lieu d’un métal sec, on emploie une lame de métal mouillé, la différence de potentiel qui a lieu entre le métal et le liquide vient
- () Ann. Wicd., n° 8, i883.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- s’ajouter à celle que l’on veut étudier, et augmenter ou diminuer la déviation de l’électromètre. Si le métal employé est oxydable, la force électromotrice métal-oxyde intervient également. Dans le cas où le gaz employé est du gaz d’éclairage, il se produit peu à peu sur la sphère' incandescente un dépôt uniforme de charbon qui diminue peu à peu la déviation observée.
- L’électromètre dévie d’autant plus rapidement que le courant d’air ou de gaz chaud est plus rapide. Pour rendre ce courant d’air plus rapide, les auteurs remplacent la sphère de l’appareil Paque-lin par un tube de métal ou de verre.
- On porte ce tube à l’incandescence à l’aide d’une flamme que l’on supprime ensuite. Puis on y fait passer un courant soit d’air, soit de gaz d’éclairage, et l’on constate qu’une lame de platine froide et isolée, présentée au courant de gaz qui sort du tube, s’électrise d’autant plus vite que le courant gazeux est plus abondant. Les auteurs en concluent que l’électricité reçue par la lame froide lui est apportée, non par conductibilité, mais par convection, et que le système formé par le corps chaud, le corps [froid et l'air qui les sépare est l’analogue, non d’une pile hydro ou ihermo-élec-trique, mais d’une machine électrique par frottement.
- Le gaz s’électrise au contact du métal incandescent comme le piateau d’une machine de Ramends s’électrise au contact du cuivre et l’électrode froide joue le rôle du peigne.
- MM. Elster et Geitel s’occupent ensuite des phénomènes électriques présentés par les flammes. On sait combien ces phénomènes sont variés et compliqués. Les auteurs croient pouvoir conclure de leurs observations que ces phénomènes peuvent s’expliquer au moyen des hypothèses suivantes : i° la flamme se comporte par rapport à l’air environnant comme le ferait un corps incandescent, tel que le platine, c’est-à-dire qu’elle charge cet air positivement. La flamme elle-même se trouve en communication avec le sol par l’intermédiaire des gaz de la combustion, lesquels sont conducteurs de l’électricité. 20 Les corps incandescents que peut contenir la flamme (charbon, vapeur de sodium) se comportent par rapport à celle-ci comme le platine incandescent par rapport à l’air; c’est-à-dire qu’ils cèdent de l’électricité positive au gaz qui les entoure. 3° Une électrode de platiné introduite dans la flamme de façon à y devenir incandescente devient également négative par rapport à cette flamme, et cela d’autant plus que la température de l’électrode est plus élevée. De là vient, par exemple, que si on introduit symétriquement dans la flamme un fil de platine gros et un lin, ce dernier est négatif par rapport à l’autre.
- L.
- Sur les propriétés électriques du quartz; par W. G. Rœntgen (').
- On sait que le quartz s’élcctrjse sous diverses influences : les variations de température, la chaleur rayonnante, les variations de pression produisent dans le quartz une distribution électrique suivant certains axes qui ont une position fixe dans le cristal.
- On sait également que la théorie de ces phénomènes ëst l’objet d’une discussion entre MM. Frie-del et Curie d’une part, M. Hankel de l’autre. Les différentes notes relatives à cette discussion ont été publiées dans La Lumière Electrique. M. Rœntgen étudie maintenant de son côté la question, et les conclusions qu’il tire de ses expériences donnent tort à M. Hankel.
- MM. Curie ont découvert que le quartz s’électrise par la pression : c’est ce que les Allemands appellent la piézo-électricité, et ce que nous appellerons le phénomène Curie.
- Or, d’après M. Rœntgen, tous les phénomènes électriques observés dans le quartz s’expliquent par l’effet Curie : les variations de température et le rayonnement servent simplement à produire des dilatations inégales dans le cristal, et par là des tensions mécaniques, et par suite l’effet Curie.
- Lorsqu’on porte, par exemple un cristal de quartz dans une étuve, les couches superficielles s’échauffent et se dilatent les premières, par suite elles exercent sur la partie centrale une traction mécanique dans tous les sens.
- L’inverse a lieu quand on porte un cristal chaud dans une enceinte froide : il y a alors compression des centres par la périphérie. De même, lorsque M. Rœntgen prend une plaque de quartz et qu’il en échauffe le centre seulement par contact avec un corps chaud, il constate l’effet Curie tel qu’il serait produit par une compression du centre de la plaque.
- La chaleur rayonnante ne produit pas non plus dans le quartz d’effets qui lui soient propres, comme le prouve M. Hankel. M. Rœntgen constate en effet qu’un rayon de chaleur brun produit sur un morceau de quartz les mêmes phénomènes qu’un jet d’air chaud dirigé sur le même point, ou que le contact d’un corps chauffé; et ces phénomènes sont simplement dus à la dilatation locale. Si l’on pouvait opérer de manière que toutes les parties du cristal se dilatent à la fois de la même quantité, il n’y aurait plus de tensions mécaniques, et les phénomènes électriques cesseraient de se produire.
- L.
- (i) Ann. Wiedemann, n° 7, 1 tit}3.
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- 38o
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- RÉSUMÉ
- DES
- BREVETS D’INVENTION
- 153239. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES APPAREILS TÉLÉPHONIQUES, PAR MM. THOMPSON ET CIIASTER. —- Paris, 20
- janvier i883t
- Dans ces appareils, le courant arrivant par la ligne téléphonique passe par le câble u renfermé dans le manchon r du récepteur et parcourt le fil g entourant la bobine; le courant transforme ainsi tout l'appareil- en un seul électro-aimant ayant un champ magnétique d’une haute intensité entre le pôle de la partie intérieure, la tige e, et la surface extérieure d, v; toute variation du courant altérant le champ magnétique devient perceptible comme par les mouvements moléculaires du pôle mince v v.
- On peut se servir d’un appareil transmetteur quelconque; cependant, à ce sujet, les inventeurs brevètent des pièces homogènes de sulfure métallique, d’antimoine ou d’ar-sèniure métallique; ils emploient ces pièces à la place du charbon, dans le but de varier la lésistance dans les circuits téléphoniques; ils préfèrent produire ces pièces par la fusion et la fonte dans des moules au lieu, par"exemple, de'les tailler dans des blocs des diverses substances que nous venons d’énumérer.
- Il y a ainsi beaucoup moins de perte de matière dans la fabrication.
- 153252. -zr SYSTÈME DE MOYENS ET APPAREILS NOUVEAUX ET PERFECTIONNÉS POUR TÉLÉGRAPHIER A L’INTÉRIEUR D’UN TRAIN DE CHEMIN DE FER EN MARCHE ET DE CE TRAIN A UN
- endroit quelconque, par m. w.-l. iiunt. — Paris, 22 janvier i883.
- Les variétés -d’appareils décrits par l’inventeur sont nombreuses : nous donnerons le plus simple de ces appareils : Les blocs-manipulateurs G étant dans leur position nor-
- male tout le long de la ligne, le circuit est complété par les fils I, les blocs-pôles H et les blocs-manipulateurs G, ceux-ci ayant la forme que l’on voit en Q. Alors, à mesure que la voiture C avance sur la voie, le sabot L passe au-dessus de deux ou plusieurs rouleaux E à la fois, de manière à rester constamment en contact avec l’un de ces rouleaux; les rouleaux E, pendant qu’ils se trouvent en contact avec le sabot L font une partie d’un tour, faisant, par suite, tourner le bloc-manipulateur G, suffisamment pour que celui-ci puisse dégager sa face ar de l’un des blocs-pôles H et mettre en contact sa face a avec l’autre bloc-pôle II, ce dernier agis-
- sant comme arrêt, ainsi qu’on le voit en R, interrompant ainsi le circuit de la ligne et faisant monter le courant par le sabot L, dans la voiture, puis redescendre par le fil N dans le sabot M, de là, passer dans les rouleaux F, et revenir, par les rouleaux E, à la ligne. L'invention s’applique à
- toutes les voitures de chemins de fer, quelle qu’en soit la direction.
- La fig. i représente une élévation, en coupe, d’une voD turc de chemin de fer; la fig. 2 en représente un plan.
- 153253. — perfectionnements apportés aux machines dynamo eu magnéto-électriques, par m. H.-h. baissier. — Paris, 22 janvier i883,
- La fig. 1 est une vue en dessus d’un porte-brosse comprenant l’invention; la fig. 2 représente l’excentrique dans une de ses positions.
- FIG. I
- C est le cadre du porte-brosse muni d’une saillie L servant à le fixer à la machine. Le cadre C est composé d’un fond a, des côtés ce et du dessus b. Dans1 l’ouverture rectangulaire ainsi
- FIG. 2
- formée, joue le socle D, sur les côtés duquel sont montées des oreilles d, fournissant des supports et un pivot pour la tige A, qui se prolonge et se termine par le bouton B en matière isolante. Sur cette tige, et entre les supports dd est fixé l’excentrique e. Sur la partie inférieure du dessus b du cadre de la brosse est fixé le ressort r. Quand la tige A est tournée de manière que l’excentrique soit dans la position représentée dans la fig. 2, le socle est élevé de manière que
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- la brosse H puisse être introduite ou actionnée dans toutes les positions voulues entre D et a. Lorsque H est réglée, on fait tourner d’un quart de tour la tige A, ce qui amène e dans la position suivante, la partie supérieure pressant contre le ressort, l’extrémité inférieure appuyant fortement sur le socle, afin de tenir la brosse H en position. Par suite de la forme du dessus, le ressort empêche l’excentrique de se déplacer accidentellement.
- Lqs fig. 3 et 4 représentent une construction au moyen de
- FIG. 3 ET 4
- laquelle on peut effectuer là seconde partie de cette invention. La fig. 3 est une vue diagrammatique, représentant la dérivation appliquée à un générateur et à un circuit; la fig. 4 est une vue faite à une plus grande échelle d’un commutateur.
- Dans ces figures, MM' sont les électro-aimants de toute machine magnéto ou dynamo-électrique ayant des pôles PP' dans lesquels tournent les bobines d’induction de l’armature dont le commutateur C est représenté; sur les bobines
- frottent les brosses W, supportées par les cadres BB'. De la brosse b'yet du cadre B', un fil métallique i conduit àM, tandis que de la brosse b et du cadre B un fil métallique conduit à M'. A partir de M, le fil 2 conduit à toute distance et à travers un nombre de dispositifs ou d’appareils, représentés ici par les lampes L, L, desquelles le fil 3 conduit à M', formant ainsi un circuit complet, à partir de C, et ne contenant aucun commutateur. BB' sont cependant reliés par un court circuit qui forme une dérivation au circuit principal qui vient d’être décrit et qui contient un circuit à dispositf de réglage.
- Ce petit circuit est représenté ici par les axes SS'; chacun
- d’eux se compose d’un ressort; une pièce telle que S' étant en contact électrique avec fe cadre et les collecteurs B, b, tandis que l’autre est en contact électrique avec le cadre B' b'.
- Dans l’axe S est pratiquée une rainure e (fig. 5), et à sa partie supérieure sont fixés deux paliers a a, traversés par une tige d; sur cette tige, et dans la rainure e, est montée une excentrique à came c en matière isolante. La came c, actionnée par la tige q, peut tourner au-dessous de l’extrémité intérieure de S', de manière que SS' buttent comme dans la fig. 4. Quand on tourne la tige d un peu plus, la la came c fait saillie sur la partie inférieure et force SS' à se séparer.
- Quand on désire employer le circuit principal, les parti» sont dans la position représentée dans la fig. 3.
- Si l’on désire interrompre le circuit principal, la tige d est tournée jusqu’à ce que c soit dégagé de S', en permettant à S et S' de venir en contact quand le second circuit SS' est fermé.
- 153254. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES LAMPES ÉLECTRIQUES OU DANS LES APPAREILS D’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE, PAR
- m. 11.-R. baissier.— Paris, 22 janvier i883.
- La fig. 1 est une élévation en avant et une coupe partielle
- FiG. I
- de la partie supérieure d’une lampe électrique à arc construite d’après l’invention de M. Baissier. Si l’arc est formé, et si les charbons se consument et viennent à s’éloigner
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- l’un de l'autre, le courant passant dans l’électro-aimant de faible résistance A diminue, et celui de A', de forte résistance, augmente dans le meme rapport; le noyau mobile B est attiré de haut en bas, l'extrémité E du cadre D est soulevée, dégage le volant G en prise avec le bras dente de I, et permet au charbon supérieur de descendre à la distance convenable. Mais, s'il descend trop, la diminution de résistance force l'aimant A à soulever son noyau B, de telle sorte que l’extrémité extérieure du cadre D soit abaissée et que le volant G se trouve pris dans les dents e et arrête ainsi le mouvement de la tige à crémaillère. Par cette disposition, le fonctionnement de Ja détente est certain, car l'extrémité / du levier maintient l’extrémité dentée toujours à la même place par rapport au volant G et empêche toutes vibrations.
- Si une lampe vient à manquer, il faut pouvoir l'enlever du circuit, pour que le courant puisse passer aux autres
- FIG. 2
- lampes sans interruption ; c'est là le deuxième but de l'invention.
- La figure 2 est un diagramme représentant la disposition relative des circuits et des dispositifs séparés du mécanisme ordinaire d'une lampe.
- 1, 2 représentent le circuit électrique principal, 1 étant relié avec le charbon c et 2 relié avec le charbon c'; 3,3 est un circuit dérivé contenant une résistance ajustable R et un aimant creux M, dont le noyau A est un peu plus court que l'aimant etrepose normalement à l'extrémité inférieure de l'aimant ou sur sa base O. A son extrémité supérieure, il est muni d'une pièce formant saillie a sur laquelle repose l'extrémité libre d'un levier L compris dans un deuxième circuit 4, 5, dans lequel se trouve un fil de fer W qui s'échauffe immédiatement et fond par le passage d’un courant relativement fort. Dans ce circuit dérivé, 4, 5, il y a normalement une interruption entre le levier L et son contact c; 6, 7 est un'troisième circuit dérivé dans lequel est compris un levier D et son enclume au contact B ; un ressort tend constamment à pousser D contre B. Il est cependant maintenu écarté au moyen du fil W.
- Ces dispositifs fonctionnent comme suit :
- Quand les charbons s'écartent en sortant, ils créent à Parc une grande résistance ou interrompent le courant envoyé
- par 3 M3 partiellement ou entièrement, forçant ainsi à soulever A dans son noyau central; par conséquent, la pièce a soulève L contre c fermant ainsi le deuxième circuit dérivé 4 W 5. Ce nouveau circuit ayant peu de résistance en comparaison de 3M3 prend une grande proportion du courant et le fil W est immédiatement fondu et ne fait plus obstacle au mouvement du ressort et permet à D de faire contact avec B, fermant ainsi le troisième circuit dérivé 6D, B 7 lequel n'ayant pratiquement pas de résistance par rapport à 3 M 3, forme un circuit dérivé permanent autour de cc’. Comme le fil fusible W est maintenu en position par les vis v, v, ce fil doit être remplacé, chaque fois qu'on a remédié au défaut de fonctionnement de l'arc entre c c'.
- 153282. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES TORPILLES MOULES, par m. j.-w. craydon. — Paris, 23 janvier i883.
- L'invention se rapporte à l'emploi défensif et offensif des torpilles sur les côtés et dans les ports. Son objet est d'établir un système de manœuvre et d'explosion des tprpilles permettant de les déplacer sous l'eau au moyen de machines disposées sur la rive et reliées par des câbles aux torpilles, de façon à fournir un contrôle complet sur les torpilles et à permettre de les examiner et de les relever.
- Elle consiste dans la construction des torpilles avec des machines et appareils qui les meuvent sous l'eau par des dispositions mécaniques dont le moteur, ainsi que l'appareil d'explosion, dans le cas où l'on se sert de l'électricité, sont placés à distance.
- 153298. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES OU GÉNÉRATEURS ÉLECTRIQUES ET ÉLECTRO-MOTEURS, PAR M, o.-w. HILL, — Londres, 25 juillet 1882. —’ Paris, 24 janvier i883.
- a a est un châssis en fer sur lequel sont fixés les noyaux d'aimants b b. Les noyaux b portent les anneaux en fer cc. Sur chaque côté de la machine, un des anneaux c est un pôle
- nord et l’autre un pôle sud. Au centre du bâti a est une douille dans laquelle est logée une boule dr placée au bout d'un axe d. Cet axe reçoit un mouvement conique par l'axe e qui porte à son bout un bras de manivelle e' dans une douille où est introduit l'axe d; f est un bâti annulaire portant les barres d'armature g g; le nombre de ces dernières est impair. Les extrémités des fils enroulés sur ces armatures sont amenées aux pièces de contact hh qui sont
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- égales en nombre aux armatures et sont interposées entre elles; ii sont des anneaux de métal, isolés, ils reposent sur des coussins en caoutchouc vulcanisé jj. Un des anneaux i est relié avec la borne positive de la machine, et l’autre avec la borne négative, les bornes sont reliées par un circuitcxté-
- rieur ; un courant passera dans le circuit dans un sens aussi longtemps que la machine sera tenue en action.
- Si la machine, au lieu d’être actionnée par une force motrice, est pourvue d’un courant électrique introduit dans son circuit, elle fonctionne comme un électromoteur.
- Camille Grollet.
- FAITS DIVERS
- Un accident vient de se produire sur le chemin de 1er électrique de la Chaussée des Géants, dans le comté d’An-trim en Irlande. Comme une partie seulement de la ligne possède des conducteurs électriques, on se sert encore d’une locomotive à vapeur conjointement avec la locomotive électrique. La première de ces machines marchait sur la voie lorsqu’elle s’arrêta subitement par suite de l’explosion d’un des tubes du bouilleur. Cet accident fut annoncé aux stations voisines. On mit aussitôt en action le générateur fixe dynamo-électrique qui produit le courant et la locomotive électrique fut envoyée en secours. Elle revenait une heure après ramenant derrière elle la machine avariée.
- On a eu l’idée, aux Etats-Unis, d’utiliser le papier pour la confection des conduites ou tuyaux destinés aux fils de lumière ou de téléphone posés sous le sol. Ces conduites en papier sont, dit-on, imperméables, assez ilexibles, élastiques et à l’abri de l’induction.
- Éclairage électrique.
- Environ trois cents lampes Swan de vingt candies viennent d’être adoptées pour l’éclairage de l’habitation du marquis de Salisbury, Arliugton-Street, à Londres. On sc sert d’un moteur à gaz Otto de seize chevaux placé dans la cour et d’une machine dynamo Siemens. Les lampes sont disposées en circuit parallèle sur de superbes candélabres en argent.
- Un hôtel de Londres, l’Inns of Court Ilotcl, Iligh IIol-born, vient d’adopter l’éclairage électrique. Vingt-huit lam-. pes à incandescence de vingt candies chacune sont disposées
- dans la salle à manger, deux foyers à arc Pilsen dans le salon de lecture et le fumoir cf un troisième à rentrée de l’hôtel. On sc sert de machines dynamo, mues par des moteurs à gaz et placées dans le Whctstonc Park, llolborn.
- Soixante dix-huit lampes Edison de seize candies et trois de cent candies ont été mises en service sur la terrasse de la Tamise, à Westminster, pendant le dernier dîner auquel assistaient le prince et la princesse de Galles et qui était offert par le président de la Chambre des Communes.
- Au dernier meeting des commissaires de la ville de Grec-nock (Ecosse) a été lu un rapport sur un projet d’éclairage électrique. On propose d’adresser au Board of Trade une demande d’autorisation en vue d’utiliser la force hydraulique à Greenock pour la production de l’électricité. Des expériences auraient lieu dans un périmètre indiqué du sixième quartier, limité par Prospect Ilill, Ann, Roxburgh et Mount Pleasant strects. La longueur des rues à éclairer avec des lampes à arc et à incandescence serait d’environ trois mille mètres, la force motrice étant obtenue des Water Trust Premises à Prospect Hill.
- En Ecosse, la Compagnie du Canal Calédonien qui fait le service d’Inverness aux îles et à la Clyde, vient de décider l’adoption de l’éclairage électrique système Swan à bord de tous ses paquebots.
- On vient d’achever une installation d’éclairage électrique à bord du grand yacht à vapeur Empress construit à Hull pour Sir A. Walker. Trente-deux lampes Swan sont alimentées par des accumulateurs Sellon-Volckmar, que l’on charge avec une machine Bürgin, actionnée par un moteur Bro-therhood.
- Le grand passage couvert, appelé Galerie du prince de Naples, que l’on vient d’inaugurer à Naples, a été brillamment illuminé avec des appareils électriques.
- De même que Milan, les villes d’Amsterdam et de Rotterdam, en Hollande, vont être dotées d’une usine ou station centrale d’é.clairage à l’électricité.
- Un des principaux édifices religieux de Madrid, l’église de Saint-François, a reçu une installation d’éclairage électrique.
- L’éclairage par l’électricité a fait d’assez grands progrès en Espagne. Dans plusieurs villes, entre autres Madrid, Barcelone, Bilbao, le gaz a été remplacé sur des places publiques par des foyers électriques. On se sert également de l’électricité pour l’éclairage de grandes entreprises. C’est ainsi que les travaux du Canal d’Aragon se poursuivent actuellement la nuit à l’aide de lampes à arc installées par la Société espagnole d’électricité de Barcelone.
- La belle promenade du Prado à Madrid et le jardin public du Buen Retiro sont, on le sait, éclairés à l’électricité. Au Prado, sont disposées vingt lampes Gramme do cent vingt bougies chacune, remplaçant cent cinq bec de gaz et alimentées par quatre machines dynamo Gramme. Au jardin de Buen Retiro se trouvent trente quatre lampes Gramme.
- Les théâtres de Wallack et de Madison Square à New-York vont être éclairés avec des lampes Edison.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- L’usage des tours ou mâts électriques se répand aux Etats-Unis. A New-York, les mâts électriques que Ton voit dans les squares Union et Madison mesurent deux cent cinquante pieds de haut, trois pieds de diamètre à la base et huit pouces de diamètre au sommet. Ils sont construits en sections tubulaires de plaques d’acier, longues chacune de cinquante pouces, rivées bout à bout. Le mât est retenu par six chaînes en fer forgé qui l’empêchent d’osciller et a de solides fondations de vingt pieds de diamètre et de douze pieds de profondeur, reposant sur une plaque en fonte. Les lampes sont munies d’un réflecteur en cuivre au dessous duquel se trouve l’appareil servant à les soulever ou à les baisser et à une faible distance du sol il y a une galerie ou balcon où un homme prend place pour le nettoyage et le travail ordinaire.
- Halifax, capitale de la Nouvelle-Ecosse (Amérique anglaise) vient de recevoir d’Angleterre toute une installation d’éclairage à incandescence du système de Crookes fournie par la Gülcher Electric Light Company de Londres.
- Télégraphie et Téléphonie
- Notre colonie du Sénégal va prochainement, comme il a été annoncé, être reliée par le télégraphe à la métropole. Voici quelques détails sur cette nouvelle communication.
- Une concession ayant été obtenue en Espagne par une Compagnie anglaise pour rattacher les Canaries au réseau télégraphique continental espagnol par un câble à poser entre l’île de Ténériffe et le port de Cadix en Andalousie, le gouvernement français a utilisé cette circonstance et traité avec la Compagnie concessionnaire pour le prolongement de ce-câble de Ténériffe au Sénégal.
- Aux termes de la convention signée à Paris, la Compagnie établira et exploitera le câble pendant vingt-cinq ans; le câble devra être construit conformément aux types des câbles de Marseille à Alger. La communication entre les frontières de la France et le point d’atterrissement du câble de Cadix aux Canaries sera assurée au moyen d’un fil direct traversant l’Espagne et spécialement affecté à ce trafic. Le tarif, à partir de France, ne pourra pas dépasser 2 fr. 5o par mot, y compris la taxe de transit à travers l’Espagne. C’est une taxe très réduite, puisqu’aujourd’hui le tarif est de quatre francs par mot pour le seul transit sous-marin de Lisbonne à Saint-Vincent.
- La Compagnie s’engage à établir le câble dans un délai de sept mois, et l’exploitation devra commencer le 12 janvier prochain. La Chambre des Députés, puis le Sénat, viennent de donner leur approbation à l’établissemeet de ce câble sous-marin entre Ténériffe et Saint-Louis du Sénégal.
- L’hôtel et la maison de banque Rothschild, rue Laffitte à Paris, viennent d’être mis en communication téléphonique avec le château de Ferrières, une des résidences du baron Alphonse de Rothsthild dans le département de Seine-et-Marne. Cette installation comprend quatre-vingt dix kilomètres de fil double.
- A l’aide d’un commutateur spécial, M. de Rothschild peut communiquer à tous les instants du jour et de la nuit de son château de Ferrières avec tout le réseau téléphonique de Paris.
- Douze postes téléphoniques relient entre eux les ateliers des grandes fabriques Decauvillc dans le département de Seine-et-Oise. Les fils aboutissent à Petit-Bourg, Evry ét Corbeiî, de sorte que les chefs de gare de ces trois localités peuvent prévenir par le téléphone M. Decauville de l’arrivée en gare de ses marchandises.
- Une intéressante expérience est signalée à Londres.
- Il s’agit de la mise en communication par téléphone des hospices de la métropole avec leurs médecins et chirurgiens qui pourraient être ainsi avertis dans leurs résidences de manière à arriver rapidement dans les cas urgents.
- D’après le projet, les hospices seraient le centre des communications; la United Téléphoné Company, chargée des installations, relierait sans rétribution ces établissements avec le bureau de téléphone le plus proche, la Compagnie étaijt rémunérée par le paiement que feraient les médecins et chirurgiens pour la mise en communication de leurs demeures privées avec le bureau téléphonique de leur quartier. Déjà, l’expérience a commencé à l’hospice SainDBar-tholomew qui a été rattaché au bureau de Regent Street. Il y aurait des employés chargés spécialement de ce service jour et nuit.
- Une ligne de téléphone sous-marine est posée par le Post-Office d’Angleterre pour le compte de MM. Tancred, Arrol et Cc entre South-Queensferry et North Queensferry en passant par l’île d’Inch Garvie.
- Par décret impérial, le gouvernement du Brésil vient de confirmer les brevets et patentes accordés par le gouvernement des États-Unis à M. Alexandre Graham Bell pour le téléphone dont il est l’inventeur.
- Une Compagnie s’est formée à Rio-de-Janeiro récemment, sous le titre de Compagnie nationale d’électricité, et elle a acquis de la Tropical American Téléphoné Company le droit exclusif à l’usage des brevets Bell au Brésil.
- La nouvelle Compagnie vient d’accorder des concessions à la Compagnie des télégraphes urbains pour Rio-de-Janeiro et Nitheroy.
- Un des réseaux téléphoniques américains les mieux organisés est celui de Portland, ville de l’Etat du Maine, peuplée d’environ trente cinq mille habitants. On y emploie le commutateur Williams. Chaque tableau renferme cent abonnés et constitue une section qui porte comme numéro le chiffre de la centaine des abonnés qu’elle contient, ces derniers étant aux Etats-Unis désignés par des numéros dont 011 se sert pour les appels. Cette disposition facilite le travail des employés qui reconnaissent de suite à quelle section ils doivent s’adresser pour établir une communication. Les employés du bureau téléphonique communiquent entre eux par le téléphone sans quitter leur place; chacun d'eux est chargé d’une section et peut se trouver dans une pièce séparée afin de travailler plus tranquillement. Le temps nécessaire pour effectuer une communication est en moyenne de trente secondes; il est quelquefois de dix secondes seulement. On voit qu’il faut le concours de deux employés si l’on veut relier deux abonnés de sections différentes. Il se pourrait qu’un seul employé s’aperçût de la fin de la conversation et interrompît la communication sur sa section et que l’autre oubliât de le faire sur la sienne. Il en résulterait que dans cette dernière section, sur une ligne, on ne pourrait plus appeler le bureau central. Pour remédier à cet inconvénient, on a disposé des circuits locaux au moven desquels l’employé qui remarque le premier la fin d’une conversation, en avertit son collègue en faisant tomber l’annonciateur. Cette modification est d’autant plus utile à Portland que chaque ligne dessert plusieurs abonnés.
- Plusieurs villes du Canada, Kingston, Toronto, Hamil-ton, Western Points vont être reliées entre elles au moyen du téléphone.
- Le Gérant : A. Nôaillon.
- Paris» — Imprimerie P Mouillot, i3, quai Voltaire. — 4o3S8
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 5i, rue Vivienne, Paris / vsv
- Directeur Scientifique : M. Tu. DU MONCEL Administrateur-Gérant : A. NOAILLON (rJ " vtfSr m
- 6« ANNÉE (TOME IX) SAMEDI 28 JUILLET 1883 N« 30
- sommaire
- Manière simple de considérer les formules se rapportant aux dérivations sur les circuits télégraphiques; Th. du Moncel. — Sur un nouveau batteur de mesure électrique; Frank Geraldy. — Exposition Internationale d’Electricité de Munich : Les appareils historiques ; Aug. Guerout. — Notes sur la construction et l’établissement des turbines; G. Richard. — Note sur l’installation du bureau télégraphique de la gare de Paris du chemin de fer du Nord; Eug. Sartiaux. — Revue des travaux récents en électrU cité : Sur la pyro-électricité dans la blende, le chlorate de sodium et la boracite ; par MM. C. Friedel et Curie. — Sur un nouveau théorème d’électricité dynamique; par M. L. Thévenin. — Appareil pour enregistrer la longueur de l’arc électrique. — Résumé des brevets d’invention ; Camille Grollet. — Correspondance : Lettre de M. E. Semmola. — Faits divers.
- MANIÈRE SIMPLE
- De considérer les formules se rapportant aux dérivations SUR LES
- CIRCUITS TÉLÉGRAPHIQUES
- L’une des causes qui s’opposent souvent à l’étude raisonnée de certains phénomènes électriques que découvrent dans le cours de leurs expériences certains électriciens peu versés dans les études théoriques, est la complication et la multiplicité de certaines lois et formules qui échappent à leur mémoire. Il serait alors à désirer que l’on eût présentes à l’esprit des indications peut-être moins exactes, mais plus simples à retenir, qui permettraient de mettre sur la voie, quitte à y revenir quand la question aurait reçu un commencement d’élaboration.
- Parmi les lois et formules qui sont dans le cas dont nous parlons, nous citerons celles qui concernent les réactions dynamiques des courants, et les dérivations sur les lignes télégraphiques. Nous croyons qu’elles peuvent être résumées d’une manière assez simple, et je vais rappeler dans cet arti-
- cle les travaux que j’ai faits à cet égard il y a déjà bien longtemps.
- Relativement aux dérivations, je rappellerai que d’après les expériences nombreuses faites depuis plusieurs années par M. Gaugain et par moi, expériences que sont venues confirmer celles de M. Marangoni que nous avons rapportées dans le numéro du 2 avril 1881, page 252 de ce journal, les dérivations ou les pertes, dans les conditions de l’exploitation ordinaire, ne peuvent se faire que par les supports des fils ; l’humidité de l’air 11’in-tervient nullement, de sorte que la question se réduit à calculer les pertes dans l’hypothèse d’une ligne soumise à un nombre connu de dérivations régulièrement espacées et présentant une résistance susceptible d’être mesurée. Dans ces conditions, la formule devient simple et elle le devient encore plus si, considérant que la résistance de la ligne s’efface devant celle des dérivations qui est égale à plusieurs millions de kilomètres de fil télégraphique, on peut les supposer toutes de résistance égale. A ce point de vue, on peut les regarder comme issues d’un point du circuit plus ou moins voisin de la pile, et comme suivant le point d'application d’une dérivation sur un circuit on peut obtenir sur la partie utilisée de ce circuit un effet maxima et. un effet minima, on peut calculer la perte dans ces deux cas, et le chiffre véritable doit se trouver approximativement entre les deux nombres ainsi calculés. Mais examinons d’abord les points du circuit qui correspondent aux maxima et aux minima de perte.
- Les formules d’Ohm montrent d’abord, par leur simple inspection, que le point d’un circuit où les dérivations sont le moins nuisibles est celui qui correspond à la pile, car si on désigne par l la ligne, a la dérivation, E la force électro-motrice de pile, r sa résistance, l’intensité du courant passant par le fil l sera représentée par
- E a
- r(a + l) + a P
- tandis qu’en tout autre point la quantité r, dans cette formule, sera additionnée à un quantité plus
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- ou moins grande qui sera multipliée par le facteur a l et qui rendra l’expression d’une valeur plus faible.
- Supposons maintenant que la dérivation soit appliquée en un point quelconque de la ligne de telle manière que la partiô comprise entre la pile et la dérivation soit x', et la partie utilisée au-delà, soit x. Nous supposons que le circuit est complété par la terre et ne présente, par conséquent, pas de résistance, la résistance totale T sera, d’après les formules des courants dérivés :
- x' +
- àx
- a + x
- ou
- X' +
- (l —- x') a (l — x') + a •
- Si la résistance de la pile P est comprise dans la partie x' du circuit l et que E représente la résistance totale de cette pile, l’intensité du courant dans la partie x’ du circuit l sera représentée par :
- Ea______ ___________Ea____________
- x' (x + a) + ax x' (l — x' + a) + (l — x') a
- x' (l — x') + la‘
- le voisinage du point le plus éloigné du générateur électrique que les dérivations sont les plus nuisibles.
- Si au lieu d’un circuit l soumis à une seule dérivation nous considérons un circuit soumis à un nombre d de dérivations égales de résistance a concentrées au pôle de la pile, leur résistance totale sera -•> et cette résistance combinée à celle de la ligne
- d
- donne pour valeur de l’intensité I du courant passant à travers la ligne l :
- „ a n E d
- l=^(‘+s) + ‘ï
- et d’après ce qui a été dit plus haut, cette formule représente l’intensité du courant dans ses conditions les plus favorables par rapport aux appareils intercalés sur la ligne l.
- Mais si on suppose toutes ces dérivations appliquées au milieu de la ligne l, elles détermineraient les effets les plus préjudiciables, et l’intensité du courant sera alors représentée par :
- Or dans cette expression, le produit x' (l — x') ou lx! — xn permet de reconnaître les conditions de maxima et de minima de la valeur I.
- En effet pour que cette valeur soit la plus grande possible, il faut que ce produit devienne zéro, c’est-à-dire que x' — l ou soit lui-même égal à zéro. Dans ce cas, la dérivation est supposée se produire très près de l’un ou de l’autre des pôles de la pile. Pour que l’intensité I devienne au contraire la plus petite possible, il faut que la quantité x soit assez grande pour augmenter le plus possible le produit l x et pouvoir cependant en être retranchée après avoir été multipliée par elle-même. Désignons par n le maximum reconnu de la valeur lx' — x2, on pourra poser :
- lx' — x''1 = n d’où x' — ^ ± y/-j—n.
- Or, pour que cette quantité soit positive ou réelle, il faut que la quantité n qui doit être la plus
- grande possible puisse se retrancher de — et elle
- ne peut fournir ce résultat qu’en lui étant tout au plus égale; dès lors la valeur de x', dans ces conditions, devient -• Ainsi c’est au milieu du circuit 2
- que les dérivations exercent leur plus fâcheuse influence, et comme sur les lignes télégraphiques la résistance de la terre est considérée comme nulle, c’est au milieu du fil de ligne que les plus mauvais effets des dérivations devraient se manifester. Toutefois, comme dans les circuits télégraphiques il existe un électro-aimant qui a une résistance à peu près égale à celle delà ligne, c’est, par le fait, dans
- „ a n E 2
- Nous examinerons à l’instant les conséquences que l’on peut déduire de ces formules, mais nous allons examiner d’abord comment on peut déterminer d’une manière approximative la valeur moyenne a des dérivations.
- Puisque^ représente la résistance totale des dérivations, et que ces dérivations se trouvent généralement espacées à une distance p qui peut être estimée en moyenne à 75 mètres, on peut déduire la valeur de l’intensité I du courant passant par ces dérivations en maintenant la ligne isolée au bout opposé à la pile et en lisant la déviation de la boussole à l’extrémité près de la pile. Cette déviation représente par le fait la force électro-motrice de la pile E divisée par la résistance totale du circuit qui est alors et on pourra poser I = — •
- Mais si avec les mêmes instruments mesureurs de l’intensité du courant et. avec le même générateur électrique on constate, par un temps parfaitement sec et une ligne nouvellement construite, l’intensité du courant produit sur la même ligne mise directement en rapport avec le sol au bout primitivement isolé, on aura une autre valeur F qui sera
- E
- représentée par -f; et en combinant ensemble ces deux équations, on arrive à la relation — de laquelle on peut tirer la valeur de a, qui est
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- Les expériences faites sur les lignes télégraphiques conduisent à des valeurs très-différentes, non seulement suivant l’état plus ou moins humide de l’air, mais encore suivant la nature et la construction des isolateurs, suivant l’ancienneté plus ou moins grande de la ligne, suivant son état d’entretien, suivant même les conditions de son parcours, car l’on conçoit facilement que si une ligne passe à travers des villes manufacturières où il se dégage une grande quantité de fumée, l’isolation ne peut être aussi parfaite que dans les pays de plaines où l’air n’est pas imprégné de matières conductrices. Il suffit, du reste, de voir la couleur des isolateurs aux entrées des gares de chemins de fer pour juger de leur qualité sous le rapport de l’isolation.
- Il est encore un autre élément qui peut changer considérablement la valeur de a déterminée d’après nos formules, c’est l’espacement des poteaux souteneurs des fils que nous avons supposé être de 75 mètres, mais qui par le fait varie suivant les conditions de construction de la ligne. Ce chiffre 75 ne peut donc être pris que comme une moyenne, et encore il paraît devoir être considéré aujourd’hui comme plus élevé ; on pourrait toutefois éviter ce cas d’erreur si on avait un grand intérêt à le faire, car le nombre des poteaux de chaque ligne est enregistré aux administrations télégraphiques; mais comme pour arriver à un calcul quelque peu exact il faudrait examiner les conditions de tous les poteaux et tenir compte des influences du temps sur tout le parcours des lignes, et tout cela pour n’arriver qu’à des conclusions susceptibles tout au plus de s’appliquer à la ligne expérimentée, il est plus simple de ne considérer que les conditions générales et de prendre des moyennes. Or, ces moyennes, pour la valeur de a, sont comprises entre i5 et 5o millions d’ohms, soit entre i5 et 5o megohms, et cela par les temps très-humides. Le premier chiffre se rapporte aux lignes en service depuis longtemps, dans un mauvais état d’entretien et dans de mauvaises conditions de parcours. C’est, en un mot, un minimum qu’on devra toujours choisir de préférence dans les calculs pour ne pas s’exposer à des erreurs en moins. Le dernier chiffre 5o megohms s’applique aux lignes nouvellement construites. Avec les isolateurs à double cloche, il peut être plus considérable encore, ainsi que l’a assuré M. Gaugain; toutefois, comme cet état estiustable, on s’exposerait à des erreurs en l’employant.’
- Quand le temps est très sec on ne constate pres-qu’aucune dérivation sur les circuits, du moins quand ceux-ci sont courts et bien établis; quand ils sont très longs et de construction déjà ancienne, il n’en est plus de même, et la valeur de a peut atteindre un chiffre très appréciable. O11 pourra en avoir une idée d’après les expériences que M. Guil-lemin. avait entreprises sur une ligne de 570 kilomètres qu’il avait à sa disposition et dont il vou-
- lait reconnaître le degré d’isolation par un beau temps. Voici quelles étaient ces expériences.
- La ligne étant isolée dans toute son étendue M. Guillemin l’a maintenue par une extrémité seulement en contact avec une source électrique jusqu’à ce que la charge statique du fil fût complète. Dans une première expérience le fil fut rompu, et l’une des extrémités d u fil fut mise en communication avec le sol par un fil. En 25 millièmes de seconde, la charge électrique tomba de 740 à io°. Dans une seconde expérience on coupa la communication avec la source, mais on maintint le circuit isolé. La charge ne pouvait disparaître que par suite des dérivations ou de l’action de l’air; mais comme celle-ci pouvait être négligée ainsi qu’on l’a vu précédemment, cette décharge ne devait être attribuée qu’aux dérivations par les poteaux. Or, cette charge tomba dans le même espace de temps, c’est-à-dire en 25 millièmes de seconde, de 56° à 220.
- Dans le cas en question on ne peut appliquer les formules que nous avons données dans nos articles sur les effets électro-statiques des lignes sous-marines, pour la détermination des résistances des dérivations par les pertes de charge, car ces dérivations ne se font qu’en des points donnés du circuit, mais on peut grosso modo se faire une idée de ces résistances en considérant que les dérivations à elles seules ayant écoulé à peu près la moitié de la charge dans le même temps que le
- fil avait mis à en écouler les -y- on peut établir la proportion
- a . . .. 6 _ 1
- d : 1 ”7 : 2’
- • 12 l
- d’où l’on tire a — Id — et comme d = on a en
- 7 7^
- définitive pour valeur approchée de a le chiffre 74 megohms.
- Dans le numéro du 22 janvier 1881 de ce journal (p. 77), nous avons rapporté d’un'autre côté quelques expériences faites à Madras avec des isolateurs prussiens ayant une résistance de masse de 2000 megohms qui ont montré que leur plus grande réduction de résistance par le fait de l’humidité ne les avait pas fait tomber au-dessous de 179 megohms par isolateur, ce qui donnerait comme perte maxima par les dérivations à la terre sur une longueur de un mille (1 kil. 6) et en supposant l’emploi de 20 isolateurs par mille environ (soit tous les 80 mètres), 9 megohms. Il est certain que ces chiffres sont plus élevés que ceux que nous avons donnés, mais on remarquera qu’on n’a tenu compte dans leur appréciation que de l’humidité, et il est facile de s’assurer que l’intervention des poussières charbonnées, des toiles d’araignées, des fêlures et des contacts avec les arbres qui peuvent ne fournir qu’une résistance ne dépassant pas 18 megohms, est beaucoup plus préjudiciable; de sorte que l’on peut regarder
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- les chiffres que nous avons donnés comme les plus approchés; celui de 5o megohms avait d’ailleurs été regardé comme minimum par M. Yarley pour les lignes dont il avait la direction, en Angleterre, et en assignant aux isolateurs dans leurs plus mauvaises conditions une résistance totale de 2 megohms par mille de ligne, comme on le fait en Angleterre, chaque isolateur représenterait une résistance de 40 megohms, chiffre encore moins élevé que le précédent.
- Il nous reste à examiner les conséquences qui peuvent résulter de l’intervention des dérivations sur un circuit télégraphique, et pour cela nous allons discuter la formule qui en représente la résistance totale T dans le cas le plus simple qui est
- On voit déjà, au premier aspect, qu’elle est susceptible d’un maximum, car pour une longueur de
- T
- ligne le rapport des résistances totales deviendra égal à
- * +
- V A (a + dl) ’
- ou, en représentant par/> la distance entre les points de dérivation, à
- 1 VAL+Z?
- y ^ pa +P’
- Or nous voyons que, tandis que le rapport des résistances métalliques croît comme les longueurs de la ligne, celui des résistances totales croît comme ce rapport multiplié par une quantité qui tend à l’amoindrir et à le rapprocher de l’unité, et cela d’autant plus que les valeurs de l et de V sont plus grandes; il devra donc arriver un moment où ces résistances totales ne croîtront plus du tout, et même deviendront de plus en plus petites si on continue d’augmenter la longueur de la ligne, et cette limite sera atteinte quand le rapport précédent sera devenu égal à l’unité, c’est-à-dire quand
- ou quand
- l (pa + l'2) — V {pa -f P)
- II' = pa,
- pa étant une quantité constante qui, dans l’hypothèse d’un écartement de 75 mètres entre les dérivations, et avec le minimum de la valeur de a que nous avons assigné, représente ii25ooo ohms, il dévient facile d’apprécier la valeur du produit II'; mais comme l’équation précédente peut être satisfaite par différentes valeurs de l et qui devront être dans un rapport constant et inverse, il sera possible de n’avoir à considérer qu’une longueur l du circuit pour obtenir la valeur maxima, et pour
- cela il suffira de faire 1 = 1'. Dès lors, l’équation précédente devient
- Ps=pa d’où l=\/pa
- Ces conditions de maximum se retrouvent immédiatement par le calcul différentiel en partant de la formule représentant la résistance totale et
- en transformant d en L car on a alors P’
- lap _ ap P + ap ap
- l-r 1
- formule dont la dérivée du dénominateur (1—yr)
- devient zéro quand P=pa.
- Mais dans ces conditions, la valeur de la résistance totale T devient égale à la moitié de celle de la ligne, car l% = pa et la formule précédente devient alors T = Avec les chiffres que nous avons donnés pour a et pour p, cette résistance maxima correspondrait à 3354 ohms, soit 335 kilomètres de fil télégraphique de 4 millimètres.
- Si on considère maintenant le cas où les dérivations seraient appliquées au milieu du circuit, la résistance totale devient
- T/._ la 1 L !aP 1 1
- 2a-\-dl*2 P-\-2ap'r2
- et n’est plus susceptible de maximum. Or on peut en conclure que si la résistance totale n’atteint pas un maximum réel, elle tend sans cesse vers ce maximum qui montre qu’au delà de la moitié d’une ligne télégraphique, la résistance de celle-ci peut devenir plus grande que celle du circuit entier.
- D’un autre côté, si des équations donnant les valeurs de I et I' on déduit les valeurs des nombres d’éléments de pile qu’il faut employer pour obtenir ces intensités, on arrive aux équations
- lia . {Aa-\-ld)V
- 10 ?2 =-------------20 — m =-----au— ---------
- aE — rl (a -f- Id) 4 Ea — 2 Vr (2 a 4- Id)
- Ce qui montre que l’on n’est pas toujours maître d’obtenir une intensité donnée sur un circuit télégraphique quand bien même on augmenterait indéfiniment la force de la pile. En effet, les limites extrêmes des valeurs de n (dans le cas où’ toutes les valeurs l, I, a, d sont connues) sont atteintes quand i° : aE = rl (a -f- Id) ; 2°4aE=2lV (2a -\~ld), c’est-à-dire, en supposant les poteaux télégraphiques éloignés de ’jS mètres les uns des autres, quand :
- ,,= v/rax,5
- d’où l’on conclut que la longueur d’une ligne télégraphique sur laquelle on peut obtenir une inten-
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- sité électrique donnée est assez limitée et peut être plus ou moins grande suivant les valeurs relatives de a, de I et de d. Plus les valeurs de I et de d sont considérables, plus cette longueur est petite ; au contraire, plus la valeur de a est grande, plus cette longueur est considérable.
- Du reste, il est facile de voir que la valeur mi-nima de la quantité a pour correspondre à une intensité donnée avec un nombre infini d’éléments à la pile est donnée par l’équation
- _ 3 RI ld a 4(E —RI)’
- Si on prend pour valeur de a i5 megohms, il en résulterait que la force électro-magnétique d’un électro-aimant de 2000 ohms de résistance interposé sur une ligne de 400 kilomètres, pourrait être diminuée par le fait des dérivations dans le rapport de 70 à 40, c’est-à-dire de près de moitié. Dans ces conditions, la plus grande longueur du circuit à laquelle on pourrait fournir l’intensité nécessaire au fonctionnement d’appareils peu sensibles (0,320) serait de 1 664 kilomètres ou 413 lieues.
- Comme le milieu de la résistance d’un circuit télégraphique peut varier suivant les résistances non sujettes aux dérivations qui existent aux deux extrémités de la ligne, il vaut mieux désigner par x et x' ces deux résistances sans préciser leur valeur dans l’établissement de la formule, quitte à leur restituer leur véritable chiffre lors de la discussion de cette formule. D’après ce principe l’expression donnant la valeur de I dans le cas des dérivations issues des pôles mêmes de la pile devrait être
- „___ _________________n'Ea________________
- (wR. a*) {et -R (/ — x -f~ x*) ci) -f- (ï(/ — x ~f“ x')
- De cette manière on peut donner à x et x' différentes valeurs qui permettent de discuter la formule suivant les différents cas.
- Ainsi, par exemple, si x' représente la résistance d’un électro-aimant et si on suppose x variable, les plus mauvaises conditions de la valeur de I' seront fournies par le maximum du dénominateur de la formule, lequel maximum correspondra à
- ___/ 4- x* — «R__/ x' —
- * 2 2
- c’est-à-dire à la moitié de la résistance de la ligne augmentée de la moitié de la différence des résistances de l’électro-aimant et de la pile.
- Ainsi sur un circuit de 400 kilomètres traversé par le courant d’une pile de 70 éléments Daniell et terminé par un électro-aimant d’une résistance égale à 1 i5i ohms, le point du circuit où les dérivations accumulées produiraient le plus mauvais effet, correspondraient à une longueur de ligne égale à 222 kilomètres et demi à partir de la pile,
- c’est-à-dire delà moitié*de la ligne plus 1/18 environ de la longueur de cette dernière.
- Tous ces calculs, nous le répétons, ne sont qu’approximatifs, mais comme ils sont très simples, ils peuvent être d’une application plus facile que les autres, et d’ailleurs, avec des quantités aussi variables que celles qui peuvent entrer dans ces formules, les différences qui pourraient résulter des erreurs de calcul seraient bien moindres que celles qui résulteraient des données numériques du problème.
- Th. du Moncel.
- SUR UN NOUVEAU BATTEUR
- DE
- MESURE ÉLECTRIQUE
- Il y a assez longtemps que la nécessité d’instruments de ce genre se fait sentir. L’étendue énorme qu’ont reçue les masses chorales et instrumentales dans certains concerts ou même festivals réclame souvent la présence de répétiteurs qui dans les diverses régions de l’armée exécutante reproduisent le rythme marqué par le chef conducteur ; mais cette nécessité est bien plus pressante encore au théâtre en raison de certains arrangements de mise en scène. Il arrive fréquemment que les artistes qui sont en vue du public, sont accompagnés par des chœurs invisibles, par exemple dans la scène connue du Miserere dans le Trouvère ; ou bien il y aura des trompettes, comme dans Aïda, ou bien' un orchestre militaire ou un orchestre ordinaire faisant effet de musique extérieure.
- Quelquefois, complication plus grande, les artistes en scène seront accompagnés par un chœur invisible en même temps que par l’orgue, ainsi que cela se voit dans la scène de l’église, de Robert le diable et dans celle de Faust. Il faut alors que ces divers groupes exécutants, placés forcément en des points très distants, obéissent cependant à une même direction. On obtient ce résultat à l’aide de répétiteurs ; ainsi dans la scène de Faust à l’Opéra de Paris, le chœur est placé derrière le rideau du fond ; son chef spécial voit le chef d’orchestre par un trou ménagé dans ce rideau, et reproduit les mouvements de son bâton conducteur ; d’autre part, l’orgue est placé dans la loge du cintre, à l’avant-scène du théâtre, derrière le rideau ; l’organiste tourne le dos à la salle, un répétiteur placé à côté de lui regarde le chef d’orchestre, et répète ses indications. Tout cela est compliqué, demande beaucoup de soin et amène toujours un peu de raideur dans le résultat : il y aurait grand avantage à posséder des instruments mus par le chef d’orchestre lui-même et traduisant directement ses
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- intentions aux divers groupes ; outre que cela se? rait plus sûr, cela permettrait certains effets, jusqu’ici impossibles; dans l’état actuel, comme en définitive il faut Que le chef soit vu de tous les groupes, on ne peut les écarter beaucoup; en sorte que si l’on veut donner la sensation du lointain, on est obligé de l’obtenir en faisant chanter les masses chorales pianissimo ; le résultat serait beaucoup meilleur s’il était possible de les éloigner réellement ; la dimension de nos grands théâtres le permet en général, les nécessités de la conduite et de l’ensemble s’y* opposent.
- D’après le Traité des applications de l’électricité de M. Th. du Moncel, ce serait un M. Tassine qui
- FIG. I
- aimants ont des ressorts antagonistes ; il est probable que la baguette était lourde et qu’on avait dû prendre des ressorts très forts ; quant aux vibrations elles semblent témoigner que les mouvements de la baguette étaiept au contraire assez brusques. En somme il est probable que l’appareil ou les appareils iustallés en ce temps étaient médiocrement construits.
- Ils furent du reste bientôt dépassés par un appareil que combina M. J. Duboscq, et dont nous donnons ici la figure. Le récepteur (fig. i) se présente sous la forme d’une véritable métronome. La vergette de cet appareil, surmontée d’un disque d’aluminium pour la rendre plus visible, est conduite
- ®) M
- le premier mit en usage un appareil de ce genre dans la cathédrale de Bayeux en i855 dans le but de pouvoir faire accompagner par le grand orgue les voix placées dans le chœur de l’église : l’appareil était alors un simple électro-aimant dont l’armature munie d’un ressort antagoniste était prolongée par une petite baguette légère ; un manipulateur à la disposition du chef d’orchestre, une pile et des conducteurs complétaient l’appareil. On envoyait le courant pour faire frapper un coup à la baguette. Un appareil analogue fut employé à un festival qui termina l’exposition de i855.
- Cet appareil tout en étant de quelque utilité fut jugé insuffisant; il avait d’ailleurs des inconvénients, il j^arut que le ressort antagoniste opposant une résistance à l’action magnétique, l’instantanéité des des battements était troublée. De plus la baguette avait des vibrations qui rendaient le mouvement difficile à suivre. Je ne me rends pas bien compte pour ma part de ces inconvénients ; tous les électro-
- par une aiguille O appliquée sur un balancier qui est terminé par les armatures de deux électro-aimants A et B. Suivant que le courant sera envoyé dans l’un ou l’autre de ces électro, la vergette s’inclinera d’un côté ou de l’autre.
- Le transmetteur a quelque analogie avec le télégraphe à cadran de Brégüet, comme on peut le voir par la figure ci-jointe (fig. 2). Un levier formant godille passe successivement sur les dents d’une roue, laquelle est mise en mouvement à l’aide d’un pied de biche en prise avec une pédale placée à portée du pied du chef d'orchestre. Le levier G dans ses positions successives envoie le courant à l’un puis à l’autre des électro-aimants du récepteur et provoque les coups de la vergette métronome.
- Je ne vois pas très bien comment sont évitées dans cet appareil les vibrations fâcheuses remarquées dans son prédécesseur ; cela peut tenir à ce qu’il n’y a pas de ressort antagoniste, cela peut
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- tenir surtout à ce que M. Dub'oscq, constructeur très habile, avait établi son appareil beaucoup mieux qu’on ne l’avait fait avant lui.
- Quoi qu’il en soit, ce nouveau système, appliqué pour la première fois à l’Opéra, le 3 mars 1869 dans l’opéra de Faust, a peu à peu cessé d’être employé. Il n’était sans doute pas suffisant. On voit en effet, que, comme les essais antérieurs, il ne peut que donner deux coups inverses l’un de l’autre ; sans doute, c’est quelque chose; pour conduire réellement un corps de musiciens il faut pins.
- FIG. 3
- Pour peu qu’on se soit occupé de musique, on sait que chaque genre de mesure se marque par des gestes convenus; pour une mesure à quatre temps, par exemple, on bat un coup en bas, un à gauche, un à droite, un en haut. Le métronome décrit ne peut faire ces mouvements, il peut indiquer deux des temps, le premier et le troisième, par exemple, mais si, sur le quatrième temps, il y a un arrêt ou point d’orgue, après un ralentissement placé sur le troisième temps, procédé musical fréquent, l’appareil ne se prête pas à en donner l’indication.
- Voici un appareil nouveau dû à M. P. Samuel, lequel paraît répondre tout à fait au desideratum. Fort bien construit par M. Branville (maison Len-
- chewski) il présente la" forme représentée fig. 3. Le batteur de mesure est la petite baguette que l’on voit faire saillir sur la face de la boîte carrée qui surmonte l’appareil. Cette boîte qui est la partie essentielle est montée sur un trépied à crémaillère qui permet de l’installer au point et à la hauteur convenable. Un câble terminé par une attache à crochets isolés est indiqué pendant sur le pied; pour faire la communication, il suffit d’introduire cette attache dans des contre-crochets placés sur la petite boîte carrée qui termine en bas la crémaillère.
- Il faut maintenant ouvrir la boîte pour se rendre compte du fonctionnement de l’appareil.
- La figure 4 donne l’indication de son contenu : la baguette se voit en AA', elle passe à travers la
- FIG. 4
- paroi de la boîte en S et en ce point elle est suspendue à l’aide d’une articulation à genou lui permettant de s’incliner dans tous les sens. Le bout intérieur de la baguette passe en A' à travers deux guides demi circulaires M et N l’un placé horizontalement, l’autre verticalement. Ces deux guides sont mobiles autour de deux axes K K' et L L'. Si donc on fait tourner le guide M autour de son axe K K' en laissant le guide N immobile, le bout A de la baguette sera entraîné et la partie saillant S A s’agitera de gauche à droite horizontalement; réciproquement si c’est le guide N qui est mis en rotation, la baguette's’agitera de haut en bas: on peut ainsi lui donner les quatre mouvements qui constituent la mesure.', Cela s’opère à l’aide de quatre électro-aimants B, C, D, E. C et D produisent les mouvements vers la gauche et vers la droite, B et E les mouvements vers le bas envers le haut, les ressorts antagonistes R ramènent la baguette à la position milieu. Il suffira donc d’envoyer le courant à un des électro pour faire donner à la baguette celui des battements que l’on voudra : en envoyant
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- dans l’ordre suivant B, C, D, E, elle ira en bas, à gauche, à droite, et en haut, c’est-à-dire qu’elle battra la mesure à quatre temps; BCE donneront la mesure à trois temps, en bas, à droite, en haut ; B, E la mesure à deux temps.
- Pour envoyer ainsi le courant dans les divers électros, on fait usage d’un petit clavier à quatre touches numérotées 1, 2, 3, 4, placé sous la main du chef qui les abaisse successivement avec les doigts de la main gauche en donnant ainsi les contacts nécessaires. Pour battre à quatre temps, il frappe les quatre touches ; pour trois touches, il suffirait de prendre 1, 3, 4, et pour deux temps, 1 et 4. Afin d’éviter les erreurs, la boîte du trans-
- metteur comprend trois petits claviers superposés, celui du bas a quatre touches, celui du milieu trois, et celui d’en haut deux; ils correspondent à chacun des numéros correspondant aux diverses natures de mesure.
- La figure 5 représente à droite ce transmetteur; à gauche on voit le treuil sur lequel s’enroule le câble à cinq fils qui donne les communications Les contacts sont faits à l’aide de ressorts appuyant sur l’axe de façon à ce que le treuil puisse être mis en mouvement et le câble enroulé ou déroulé sans interrompre le travail.
- Ainsi constitué, l’appareil est entièrement obéissant, il peut non seulement battre les diverses
- mesures, comme je l’ai dit, mais faire tous les signaux; on peut, en frappant plusieurs fois la même touche, marquer les mesures complexes, six, huit, etc., subdiviser les temps, donner des coups d’avertissement, en un mot conduire complètement.
- Lorsque j’ai vu fonctionner l’appareil, il m’a semblé que la baguette avait quelques vibrations, néanmoins son mouvement est bien net et les musiciens auxquels l’appareil a été soumis n’ont pas paru frappés de ce petit défaut qui pourrait d’ailleurs être corrigé. Une autre petite critique, c’est quex le chef d’orchestre ayant la main droite occupée à son bâton, la main gauche à son clavier, ne pourra tourner les pages. Cela n’est pas tout à fait vrai, une page est vite tournée, les pianistes le savent : d’ailleurs il est fort possible d’arranger le contact, pour marcher au pied; une petite boîte
- où l’on introduirait le bout du pied et dont les quatre faces donneraient les contacts sous le choc de la pointe du pied ferait l’affaire : les chefs d’orchestre sont habitués à battre ainsi. Le principal est d’avoir trouvé un récepteur satisfaisant à toutes les données du problème, et celui de M. P. Samuel nous paraît y satisfaire complètement.
- Il ne faut pas s’attendre, même avec cet appareil, à pouvoir supprimer les chefs répétiteurs qui conduisent les divers groupes exécutants; les choristes auraient bien vite cessé de regarder leur conducteur mécanique ; mais l’appareil donne la certitude que le répétiteur lui-même recevra fidèlement les intentions du chef : c’est un sérieux avantage, et nous ne doutons point qu’il soit très apprécié dans l’exécution compliquée de nos pièces de théâtre.
- Frank Geraldy.
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- jOURkAL ÜNIVEÈSËL D'ÉLECTRICITÉ
- 3c.)§
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ DE MUNICH
- (WVNAAAAAA/
- LES APPAREILS HISTORIQUES
- W'V
- LE TÉLÉPHONE DE REIS
- Parmi les quelques appareils historiques qui figuraient au Palais de Cristal de Munich, le plus intéressant était sans contredit le téléphone de Ph. Reis. Des discussions se sont en effet élevées dans ces derniers temps sur la question de savoir si cet appareil avait été un téléphone parlant ou chantant, et cette diversité d’opinions nous engage à nous étendre quelque peu sur les appareils de Reiss et à grouper ici sur ce sujet un certain nombre de documents.
- C’est en octobre 1861 que M. Reis présenta
- FIG. 3+
- produire simultanément l’ensemble des actions de tous les organes qui entrent en jeu dans la parole humaine? Cela a toujours été la question capitale. A la finje suis arrivé par accident à poser la question d’une autre manière : Comment notre oreille perçoit-elle l’ensemble des vibrations de tous les organes de la parole opérant simultanément? » Partant de là il étudie le fonctionnement de l’oreille, le jeu des os de cet organe, l’effet des condensations et raréfactions de l’air, et montre que les actions exercées par les os de l’oreille les uns sur les autres sont proportionnelles aux condensa-
- FIG. 35 •
- pour la première fois son téléphone en public : le transmetteur dont il se servait alors est présenté dans la figure 3q; le récepteur était analogue à la disposition indiquée par la fig. 35.
- En même temps qu’il présenta son téléphone, Reis remit à la Société de physique un mémoire imprimé dans les comptes rendus de cette Société (Jahresbericht des Pliysikalischen Vereins zu Franlcfort am Main), année 1860-61 p. 5? et intitulé : Sur la téléphonie par le courant galvanique.
- Dans ce mémoire (*) l’auteur, qui se proposait de transmettre électriquement tout ce que l’oreille humaine était susceptible d’entendre, dit :
- « Comment un simple instrument pourrait-il re-
- tions du milieu sonore et aux amplitudes de vibration du tympan. Il parle ensuite de la méthode graphique de représentation de forces variables telles que les ondes sonores, par des courbes et proclame que l’oreille est absolument incapable de percevoir quelque chose qui ne puisse être exprimé par une semblable courbe. Après avoir donné des exemples de courbes ondulatoires correspondant aux notes musicales et aux sons discordants, il continue :
- « Du moment donc qu’il est possible en un lieu quelconque et d’une manière quelconque, de produire des vibrations dont les courbes sont identiques à celles d’une note donnée ou d’une combi-
- (i) Les extraits et résumés que nous donnons ci-dessous des différentes parties de ce mémoire, sont empruntés
- principalement aux notes publiées par M. S. Thompson dans The Electricien et Nature.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- naison de notes, nous recevons alors une impression semblable à celle que cette note ou cette combinaison de notes aurait produite sur nous. Partant de ces principes, je suis parvenu à construire un appareil au moyen duquerje suis à même de reproduire les notes des divers instruments et même jusqu’à un certain degré la voix humaine. »
- Plus loin, il dit : « Puisque la longueur du fil conducteur peut être étendue dans ce but aussi loin que dans la télégraphie directe, je donne à mon instrument le nom de tél iphone. »
- L’appareil transmetteur présenté à la Société de Francfort est ainsi décrit dans le mémoire :
- « Dans un cube de bois r, s, t, u. v, w, x (fig. 36) est un trou conique a, fermé d’un côté par la membrane b (faite avec l’intestin inférieur du porc) sur le milieu de laquelle est collée comme conducteur
- FIG. 36
- du courant une petite bande de platine. Celle-ci est reliée à la borne p. De la borne n part également une bande mince de métal qui va jusqu’au milieu de la membrane et là se termine par un petit fil de platine, à angle droit relativement à la longueur et à la largeur de la bande. De la borne p un fil conducteur conduit à travers la pile à une station éloignée. »
- Le transmetteur consistait en une hélice de fil isolé enroulée autour d’une aiguille d’acier reposant sur une boîte sonore (fig. 35), mais il ne comprenait pas alors de couvercle renforçant.
- Quant aux effets obtenus avec cet appareil, voici ce qu’en dit Reis lui-même.
- «xj’ai pu faire entendre des mélodies à un nombreux public à la Société de physique de Francfort. Ces mélodies étaient chantées, à voix peu élevée, dans mon appareil qui se trouvait dans un hôpital distant d’environ 3oo pieds des auditeurs ; tout soin était pris pour qu’aucun son ne pût être
- entendu directement ou par conduction le long des fils. Les sons de différents instruments de musique ont été aussi clairement reproduits, entre autres ceux de la clarinette, de la trompe, des tuyaux d’orgue et même de l’harmonium et du piano, lorsque le transmetteur était placé sur leurs tables d’harmonie, pourvu que les notes n’embrassent pas plus de trois octaves, depuis Fa—-, jusqu’à Fa2. Jusqu'à présent, Varticulation n'a pas été reproduite aussi bien. Les consonnes cependant s'entendaient en général assez clairement, mais non les voyelles. Le son est, en tout cas, beaucoup plus faible que dans l’instrument primitif. »
- Reis ne prétendait donc pas avoir réussi dans la transmission de la parole, et telle n’était pas d’ailleurs l’impression produite dans le public si l’on en juge par la conclusion d’un article, un peu tardif peut-être, dans lequel le Bœttgeris polytechnisclies Notizblatt rendait compte de la séance de la Société de Francfort. Le rédacteur de ce journal terminait ainsi un article intitulé : Sur la propagation des sons à des distances aussi grandes que l'on veut, au moyen de Vélectricité (téléphonie) : (')
- « Quoique l’on soit encore bienloin“de pouvoir converser avec un ami demeurant à ioo milles de distance et reconnaître sa voix comme s’il était auprès de nous, on ne peut plus déclarer la chose impossible, et la possibilité d’un tel résultat est déjà devenue aussi vraisemblable que l’est devenue, par suite des merveilleuses recherches de Niepce, la reproduction des couleurs naturelles par la photographie. »
- On sentait, cette dernière comparaison le montre bien, qu’il y avait un pas de fait mais que le résultat n’était pas encore atteint. L’appareil pré-senté’à la Société de Francfort n’était d’ailleurs pas le premier essai de l’inventeur, ainsi que le montre une lettre citée par M. J.-J. Fahie (2) et adressée au professeur Barrett, de Dublin, par le Dr Mes-sel, un ancien élève de Reis. D’après lui, les recherches de Reis remontent à i852, mais elles ne réussirent pas alors et ne furent reprises qu’en 1860.
- « Le premier appareil, dit le docteur Messel, était fort primitif. La bonde d’un tonneau à bière était percée d’un trou conique dont le plus petit orifice était fermé par une peau de saucisse allemande faisant office de membrane. A cette dernière était fixée, avec une goutte de cire à cacheter, une petite bande de platine, ou un fil de platine, représentant le marteau de l’oreille et qui fermait et ouvrait le circuit précisément comme dans les appareils de date plus récente. Le récepteur était une aiguille à tricoter entourée par une bobine de fil et
- (') Bottgers polytechnisclies Notizblatt, i863, n° 6 et Diugler’s Polytechnisclies Journal, i863, vol. 2,.p. i85.
- (2; The Electrician, numéro du 7 avril 1883, p. 498.
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- placée sur un violon pour servir comme boite de résonnance (voir fig. 37). On peut se faire ainsi une idée de la grossièreté des principales parties du premier téléphone. Quand il fut montré pour la première fois à Francfort, il étonna le public autant que le font aujourd’hui les appareils perfectionnés de Bell. L’appareil que nous venons de décrire est actuelle-
- FIG. 37
- ment entre les mains de l’administration des télégraphes du gouvernement allemand. »
- C’est également à une époque antérieure à 1861 que Reis donna à son transmetteur la forme d’une oreille en bois grossièrement sculpté (fig. 38) que
- FIG. 38
- M. Silvanus Thompson a décrite dans les notes déjà citées.
- Le mécanisme interrupteur de cet appareil était semblable à celui d’un autre instrument qu’on trouve décrit en 1862 dans un rapport de M. Légat, publié par le Zeitschrift des Deutsch Osterreischis-cheit Telegraphen Vereins. M. Légat décrit en même temps un récepteur tout particulier qui n’est pas sans avoir une certaine analogie avec celui de Bell.
- Voici du reste les passages principaux de ce rapport :
- Sur la reproduction des notes par voie électrogalvanique; par Von Légat, inspecteur des Télégraphes, à Cassel.
- Il n’est pas sans intérêt de faire connaître les idées de M. Philippe Reis de Friedrichsdorf sur la reproduction des notes par voie électro-galvanique, idées communiquées en leur temps à la Société de physique de Francfort, et ce qui à été fait depuis pour la mise en pratique du projet. On pourra ainsi s’appuyer sur l’expérience acquise et trouver à utiliser à ce point de vue le courant électrique que le génie humain a déjà asservi aux besoins de sa correspondance.
- Dans les faits dont nous nous occupons il ne
- 7’crre
- s’agit plus de l’utilisation du courant électrique pour mettre en mouvement des appareils télégraphiques, de quelque construction que ce soit, pour produire des signaux visibles, mais de son application pour produire des signaux sonores, des notes.
- La fig- 3g est le transmetteur, la fig. 40 le récepteur placés tous deux à des stations différentes. Je remarque cependant tout d’abord que la liaison des appareils pour une communication réciproque a été laissée de côté pour plus de clarté et aussi que ce que je dirai n’est pas présenté comme une chose terminée, je me propose seulement de faire
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- connaître ce qui'a été fait jusqu’ici et je laisserai de côté la possibilité de faire fonctionner les appareils au delà d’une distance actuellement limitée dans la pratique par l’action directe du courant galvanique; ces points seront facilement résolus par les dispositions mécaniques et n’atteignent pas ce qu’il y a d’essentiel dans les phénomènes en question.
- Occupons-nous d’abord du transmetteur flg. 39.
- Cet appareil est d’une part en communication métallique avec la station voisine et par suite avec le récepteur (fig. 40). D’autre part il est relié au travers de la pile au sol ou au fil de retour.
- Le transmetteur (fig. 3q) consiste en un tube conique a b d’environ i5 centimètres de long, 10 centimètres d’ouverture à sa base et 4 à son sommet.
- La plus petite ouverture du cône est fermée par une membrane de collodion, et sur le milieu de cette membrane s’appuie l’extrémité c du levier cd, dont l’axe e maintenu par un support est en communication avec le conducteur métallique.
- Le choix de la longueur des deux bras du levier ce et ed est réglé par les lois des leviers. Il est bon de faire le bras ce plus long que le bras ed, afin que le plus léger mouvement en c produise le plus de force possible en d. D’un autre côté il est désirable de faire le levier aussi léger que possible, afin qu’il puisse suivre les mouvements de la membrane. Quand le levier c d suit mal ces mouvements, les notes reçues au récepteur ne sont pas prises à l’état de repos, le contact dg est fermé et un léger ressort n maintient le levier dans cette position.
- La seconde partie de l’appareil, la partie /’, consiste en un support métallique relié à un des pôles de la batterie c, tandis que le deuxième pôle est au sol ou au fil de retour.
- Au support f se trouve fixé un ressort g avec un contact qui correspond en d à celui du levier cd, et dont la position est réglée par une vis A.
- Quand on se sert de l’appareil, pour éviter que l’action ne soit affaiblie par la communication des ondes sonores qui se produisent au côté postérieur de la membrane, il est bon de placer sur le tube ab, perpendiculairement à son axe, une plaque d’environ 5o centimètres de diamètre fixée solidement sur la paroi extérieure du tube.
- Le récepteur (fig. 40) consiste en un électro-aimant mm placé sur une caisse de résonnance u w et dont le fil es.t en communication métallique avec la terre ou avec le fil de retour.
- En face de l’électro-aimant mm, se trouve une armature liée à un levier i aussi long que possible, mais léger et large.
- Le levier i et son armature sont suspendus comme un pendule au support k et on peut régler leurs mouvements par la vis et le ressort q.
- Pour augmenter le pouvoir de l’appareil, on peut placer ce récepteur au foyer d’une cavité ellipsoïdale de grandeur convenable, tandis que l’observateur place son oreille au second foyer.
- Il ne faut pas méconnaître que l’appareil dont il s’agit reproduit le nombre exact des vibrations, mais que cependant on n’atteint pas encore à l’intensité des vibrations reproduites et que la production de cette intensité demande encore un perfectionnement de l’appareil.
- Il résulte de cette imperfection actuelle de l’appareil que les petites différences des vibrations primaires sont difficiles à entendre, c’est-à-dire que les voyelles paraissent plus ou moins indéterminées, d’autant plus que chaque note dépend non seulement du nombre des vibrations du milieu, mais encore de sa condensation et de sa raréfaction.
- Cela explique aussi que, dans les recherches pratiques faites jusqu’ici, les accords, mélodies, etc., sont transmis avec une silrete étonnante, tandis que, à la lecture, à la parole, etc., les mots sont perçus d'unefaçon peu claire, bien que les inflexions de la voix exprimant l'interrogation, l'appel, l'étonnement, etc., soient nettement reconnues.
- Il n’y a pas de doute que, avant de pouvoir être employé pratiquement avec avantage, l’appareil dont nous parlons a besoin d’être notablement développé, et notamment au point ds vue mécanique. Je suis cependant persuadé, par des recherches expérimentales répétées, que la poursuite des recherches dont je viens de parler est du plus haut intérêt théorique et que dans notre siècle intelligent leur application pratique ne sera pas laissée de côté.
- Pendant que les journaux rendaient ainsi compte de ses expériences, Reis continuait à modifier ses appareils, et en i863, il présentait de nouveaux instruments à la Société de Francfort ; le Bœttger's Notizblatt publia alors dans son numéro ibune note que l’on trouve dans le Dingler's polytechnisches Journal i863, v. 3, p. 399 et qui pour être courte n’en est pas moins instructive. Nous la traduisons intégralement :
- Sur le téléphone perfectionné
- Dans la séance du 4 juillet de la Société de physique de Francfort-sur-le-Mein, M. Ph. Reis, de Friedrichsdorf près de Homburg vor der Hœhe, membre de cette Société, a montré quelques-uns de ses téléphones perfectionnés (Dispositif pour reproduire les sons à une distance quelconque par le courant galvanique). Il y a aujourd’hui deux ans que M. Reis a présenté pour la première fois au public ses appareils. A cette époque déjà, sous leur forme simple et grossière, ils présentaient un
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- fonctionnement étonnant, mais ils présentaient pourtant ce grand défaut qu’ils ne pouvaient fonctionner que dans les mains de l’inventeur lui-même. Les instruments présentés dans la séance dont nous venons de parler rappelaient à peine les premiers. M. Reis s’est efforcé de leur donner une forme agréable à l’œil, de sorte qu’actuellement. ils tiendront dignement leur place dans tous les cabinets de physique. Les nouveaux appareils peuvent être maniés avec facilité par tout le monde et fonctionnent d’une façon sûre. Des mélodies chantées assez bas à une distance d’environ 3oo pieds ont été réproduites par l’instrument plus nettement que pré-cédemment. Les notes de la gamme ont été particu-lièmentbien reproduites. Les expérimentateurs ont même pu se communiquer des mots, mais seule-
- FIG. 4'I
- ment cependant des mots qu'ils avaient déjà souvent entendus. Afin que d’autres moins exercés, pussent aussi correspondre par l’appareil, l’inventeur a placé sur le côté de l’instrument une petite disposition qui, selon lui, suffit complètement pour cela ; sa vitesse de communication n’est pas aussi grande que celle des nouveaux télégraphes, mais elle fonctionne très sûrement et ne suppose aucune aptitude spéciale de l’expérimentateur. Nous appellerons l’attention des physiciens de profession sur ce fait que l’inventeur fait fabriquer pour la vente, sous sa surveillance, ces intéressants appareils (il en fait lui-même les parties importantes) et qu’on peut se les procurer soit chez lui, soit chez le mécanicien Wilh. Albert de Francfort en deux modèles différents par leurs qualités extérieures aux prix de 14 et 21 florins.
- Le téléphone de Reis avait alors atteint sa forme
- définitive, représentée dans la figure 41 en ce qui concerne le transmetteur; son récepteur était toujours formé par la spirale et les boîtes de résonnance de la figure 35.
- Peu après, M. Ladd ayant acheté un de ses appareils, Reis lui écrivit en anglais la lettre suivante :
- Friedrichsdorf, 17/7/63.
- Cher monsieur, je suis très fâché de n’avoir pas été à Francfort lorsque vous êtes venu chez M. Albert, par lequel j’ai appris que vous aviez acheté un de mes instruments nouvellement inventés (téléphones) ; je ferai cependant tout mon possible pour vous donner les plus amples informations sur ce sujet. Je suis sûr qu’il été eût préférable de communiquer avec vous personnellement, d'autant plus que vous devez, m’a-t-on dit, pré-
- FIU. 43
- senter l’appareil à votre prochaine réunion scientifique et le faire connaître dans votre pays. "
- Les notes et sons de toute espèce (tunes (*) and sounds) ne sont perçus par nous que par les condensations et raréfactions de l’air ou du milieu quelconque dans lequel nous nous trouvons. A chaque condensation, le tympan de notre oreille est pressé vers l’intérieur ; à chaque raréfaction, il est poussé vers l’extérieur. Le tympan accomplit ainsi des oscillations comme un pendule. Le nombre plus ou moins grand de ces oscillations accompli par seconde nous donne, par l’intermédiaire des petits os de l’oreille et du nerf auditif, l’idée d’une note plus ou moins élevée (a higher or lower tune).
- Il n’y avait pas grand’peine, soit à imaginer que toute autre membrane que celle de notre oreille
- (>) Ainsi que l’a fait remarquer M. Silvanus Thompson, Reis, qui n’était pas parfaitement maître de l’anglais, ’a dû écrire lunes (mélodies), pour loues, ce qui voudrait dire alors noies et non mélodies. La dernière phrase du paragraphe montre d’ailleurs qu’il faut traduire ainsi.
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- pût être amenée a faire des oscillations semblables si elle était convenablement tendue et de grandeur convenable, soit à utiliser ces oscillations pour l’interruption d’un courant galvanique. Ce furent là cependant les principes qui me guidèrent dans mon invention.
- Ils suffirent pour m’amener à essayer la reproduction des sons {tunes) à une distance quelcom que. Il serait long de rapporter tous les essais infructueux que j’ai faits avant de trouver les proportions de l’instrument et la tension nécessaire de la membrane. L’appareil que vous avez acheté est actuellement ce que l’on peut trouver de plus simple et il fonctionne sans accidents quand on le dispose avec soin de la manière suivante :
- L’appareil se compose de deux parties séparées, l’une A, pour la station ou l’on chante {singing station), l’autre B, pour la station où l’on écoute.
- L’appareil A (fig. i) est une boîte carrée en bois dont le couvercle vitré laisse voir extérieurement la membrane b (*)•
- , Au milieu de cette dernière est fixée une petite plaque .de platine à laquelle est soudé un fil de cuivre aplati destiné à conduire le courant. A l’intérieur du cercle vous remarquerez en outre deux vis : une d’elles est terminée par une petite cavité dans laquelle on met une- petite goutte de mercure, l’autre est terminée en pointe. L’angle que vous trouverez libre sur la membrane doit être placé, d’après les lettres, avfec son petit trou A sur la pointe (de la vis) et son petit pied de platine B dans la vis contenant du mercure; l’autre pied de platine se trouvera alors sur la plaque de platine au milieu de la membrane.
- Le courant galvanique venant de la batterie (que je compose généralement de trois ou quatre bons éléments) entre par la vis de communication près de B, d’où il atteint le mercure, l’angle mobile, la plaque de platine, le télégraphe complémentaire et enfin la vis de communication s. De là il traverse le conducteur jusqu’à la station B et retourne à la batterie.
- L’appareil B est une boîte sonore, sur le couvercle de laquelle est fixée la spirale de fil, avec l’axe d’acier qui devient magnétique quand le courant traverse la spirale. Une seconde petite boîte est fixée sur la première et posée sur l’axe d’acier de manière à accroître l’intensité des sons reproduits. Sur le petit côté de la boîte inférieure vous trouverez le manipulateur {correspond™g part) du télégraphe complémentaire.
- Si une personne chante à la station A dans le tube x, les vibrations de l’air passeront dans la boîte et mettront en mouvement la membrane du dessus; le pied de platine c de l’angle mobile sera
- (') La lettre b manque sur la figure; elle doit se trouver entre A et c.
- aussi soulevé et ouvrira ainsi le courant à chaque condensation d’air dans la boîte. Le courant sera rétabli à chaque raréfaction. De cette manière, l’axe d’acier à la station B sera magnétique une fois par chaque vibration entière, et comme le magnétisme n’entre ou ne sort jamais d’un métal sans troubler l’équilibre des atomes, l’axe d’acier, à la station B doit répéter les vibrations de la station A et reproduira alors les sons qui les ont engendrées. Un son quelconque sera reproduit pourvu qu’il qu'il soit assez fort pour mettre en mouvement la membrane.
- Le petit télégraphe que vous trouverez sur le côté de l’appareil est très utile et agréable pour donner des signaux entre les deux correspondants. A chaque ouverture du courant et après la fermeture qui suit, la station A entendra un petit coup {clap) produit parPattraction du ressort d’acier. Un autre petit coup sera entendu à la station B dans la spirale. En multipliant les coups et les produisant avec différentes mesures, vous serez à même, aussi bien que moi, de vous faire comprendre par votre correspondant.
- J’ai terminé, monsieur, et j’espère que ce que j’ai dit suffira pour vous permetrre de faire un premier essai, après cela vous marcherez tout seul.
- Je suis, monsieur, votre très obéissant serviteur.
- Pii. Reis.
- Enfin, un mois après, il publia un prospectus que nous traduisons en entier d’après The Elec-trician :
- Prospectus de Beis
- TÉLÉPHONE
- Chaque appareil est formé, comme on le voit par la figure ci-dessous, de deux parties : le téléphone
- %/iJh
- proprement dit A et l’appareil reproducteur (récepteur) C. Ces deux parties sont placées à une dis-
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- tance assez grande l’une de l’autre pour que le chant ou les notes d’un instrument de musique ne puissent être entendus d’une station à l’autre que par l’appareil lui-même.
- Les deux parties sont reliées entre elles et avec la batterie B comme les télégraphes ordinaires. La batterie doit être capable de produire l’attraction de l’armature de l’électro-aimant placé sur le côté à la station A (3 à 4 éléments Bunsen de 6 pouces suffisent pour quelques centaines de pieds de distance).
- Le courant galvanique va alors de B à la vis d, puis, à travers le ruban de cuivre, à la petite plaque de platine placée au milieu de la membrane, puis par le pied r (*) de la pièce angulaire à la vis b dans la concavité de laquelle est placée une goutte de mercure. De là le courant traverse alors le petit appareil télégraphique cf, va à la clef de la station C et revient à B par le fil en spirale et par i.
- Si, maintenant,
- 011 produit devant l’ouverture S des notes suffisamment fortes, la membrane et le petit marteau en forme d’angle qui repose dessus sont mis en mouvement parles vibrations; le circuit, pendant chaque vibration complète, sera ouvert et fermé une fois, et par suite il se produira dans le fil de fer de la spirale à la station C le même nombre de vibrations, qui sont perçues sous forme de note ou de combinaison de notes (accord). En appuyant la petite boîte supérieure fortement sur l’axe de la spirale, les sons en C sont puissamment renforcés.
- Outre la voix humaine (suivant mon expérience), on peut aussi reproduire les notes de bons tuyaux d’orgue defa0 à doa et celles d’un piano. Dans ce dernier cas, on place A sur la caisse d’harmonie (sur i3 triades, un observateur expérimenté peut en reconnaître dix avec une sûreté parfaite).
- En ce qui concerne l’appareil télégraphique placé sur le côté, il est clair qu’il n’est pas nécessaire pour la reproduction des sons, mais il forme une très agréable addition pour permettre d’expérimenter convenablement. Par son intermédiaire il est possible de se faire comprendre très bien et avec certitude par l’autre personne,. Cela se fait à peu
- près de la manière suivante : après que l’appareil a été complètement arrangé, on vérifie la bonne: communication et la force . de la batterie en ouvrant et fermant le circuit, ce qui fait entendre en A le coup de l’armature et en C un craquement très distinct.
- En ouvrant et fermant alternativement et très rapidement en A, on demande à C si on est 'prêt pour l’expérience; sur quoi, C répond de la.même manière.
- De simples signaux de convention peuvent être envoyés des deux stations en ouvrant et fermant le circuit, une, deux, trois ou quatre fois. Par exemple :
- 1 coup = chantez
- 2 coups = parlez, etc.
- Je télégraphie les mots en numérotant les lettres de l’alphabet et je transmets ensuite leurs nombres :
- x coup = A
- 2 coups = B
- 3 — = C
- 4 - = D
- 5 — = E
- Z serait par suite désigné par 25 coups.
- Ce nombre de coups paraîtrait cependant une grande perte de temps et produirait de l’incertitude, c’est pourquoi j’emploie pour chaque cinq coups un coup dactylé et il en résulte :
- ——pour E.
- —et 1 coup poiir F, etc.
- qui est plus vivement et plus aisément exécuté et plus facile à comprendre.
- Il vaut encore mieux représenter les lettres par des nombres en raison inverse de leur fréquence d’emploi.
- Piiil. Reis,
- Professeur fl l'Institut de L.-F. Garnier.
- Friedrichsdorf, près de Homburg vor der Hœhe. Août i863.
- De toutes ces pièces, il nous semble résulter clairement que le téléphone de Reis construit dans un but très général de reproduction des sons de toute espèce a parfaitement fonctionné pour là
- FIG. 44
- (*) Lettre omise sur la figure du prospectus.
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- musique, pour la transmission des sons des instruments et des notes de la voix humaine, mais qu’il n’en a pas été de même de la parole articulée. Là, la transmission a certainement existé, mais à un état fort incomplet. Certains mots et phrases ont pu être reconnus au récepteur, mais encore fallait-il pour cela une certaine habitude. Aucune des personnes dont on a invoqué le souvenir n’a d’ailleurs dit que l’appareil ait pu servir réellement à une correspondance. Le professeur Quincke, cité par M. S. Thompson, dit qu’il n’était pas difficile de saisir les mots transmis; le Dr Messel, dans sa lettre à M. Fahie, dit qu’il est hors de doute que Reis soit arrivé à une articulation imparfaite. Enfin, d’autres élèves de Reis, que nous avons pu consulter, n’ont guère conservé le souvenir que de la
- FIG. 45
- transmission de sons musicaux, mais’ il y a loin de tout cela à une transmission pratique de. la parole et cela explique pourquoi l’appareil de Reis est resté si longtemps dans l’ombre.
- Reis n’en avait pas moins approché du but de bien près, et comme Bell et Gray connaissaient ses recherches, on peut considérer celles-ci comme le point de départ de l’invention du téléphone.
- AUTRES APPAREILS HISTORIQUES
- Après le téléphone de Reis, nous pouvons citer d’abord Yhorloge électrique de Steinheil datant de i83g. Cette horloge n’était à proprement parler qu’uhe remise à l’heure. Une horloge centrale reliée électriquement à un certain nombre d’horloges envoyait toutes les heures ou toutes les demi-heures un courant qui remettait les aiguilles d^ns J3 position convenable,
- Deux machines électriques anciennes attiraient également l’attention : l’une était une machine construite par Stœhrer (fig. 44) dans laquelle une double bobine B entraînée par un rouage à poids R T tournait entre les pôles de 4 électros E. Les courants étaient redressés par un commutateur C. L’autre, une machine dynamo-électrique de Sins-teden (fig. 46), présentait surtout cette particularité que son armature genre Siemens offrait 4 pôles au lieu de deux.
- Nous citerons enfin, quoique plus récente (1874)
- FIG. 46 ET 47
- la machine employée par M. Kohlrausch pour l’étude de la conductibilité des liquides. Des courants alternatifs égaux étaient produits par un disque d’acier D (fig. 46), aimanté suivant un diamètre et tournant dans une bobine B (fig. 47) sous l’influence d’un rouage à poids RM Pp. Ces courants étaient employés pour la détermination des résistances liquides comme le sont aujourd’hui ceux des bobines d’induction. •
- ' Aug. Guerout,
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- NOTES
- SUR LA CONSTRUCTION ET L’ÉTABLISSEMENT
- DES TURBINES
- Articles complémentaires
- L’objet des présents articles est de faire connaître les plus importants des renseignements qui m’ont été fournis par les journaux spéciaux ou par les constructeurs, depuis la publication de mes derniers articles sur les turbines dans les numéros de
- janvier et février de cette année, de La Lumière Electrique (•).
- ROUE-IlÉLICE DE GENÈVE.
- Lesfig. 1 et 2 représentent la grande roue-hélice, ou turbine des fleuves, installée, par M. Roy, de Vevey, pour actionner une partie des pompes du service des eaux de Genève : cette roue, dont le diamètre extérieur est de 6m8o, est construite pour un débit de 22m3 par seconde, une chute de om45 à o“75 et des variations de niveau de 2m5o au moins. Sa marche est des plus régulières et son
- eaux moyenne•
- j i i
- ym'mv/w > fs, >. * *t/wf*
- >} W?WW//)77p?//.)-W,W/??Trr/,
- FIG. I. — ROUE-HÉLICE, SYSTEME GIRARD, CONSTRUITE PAR M. ROY, COUPE LONGITUDINALE
- rendement dépasse les 60 0/0 de la puissance disponible au courant du fleuve.
- M. Roy est, de plus, parvenu à simplifier de beaucoup l’établissement de ces roues en construisant en tôle et en fonte les parties que l’on a faites jusqu'ici en maçonnerie; « le montage achevé, l’on « descend tout l’appareil et l’on remplit intérieure-« ment de maçonnerie de ciment les caisson? de « tôle qui forment le support de la roue-hélice. Ce « travail s’opère par le moyen de l’air comprimé, « de la même manière que les fondations des piles « de ponts : les dépenses énormes des batardeaux, « de l’épuisement de la chambre et des maçonne-« ries, sont ainsi évitées (’). »
- (J) Extrait d’une notice de M, Roy,
- TURBINES GIRARD-ItOY. — ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE DE L’iIOTEL DE FERRITET.
- M. Roy s’est fait, en Suisse, l’ardent promoteur des idées de Girard, dont il a su simplifier heureusement les appareils, sans en modifier les principes, de manière à leur conserver le rendement élevé et la parfaite régularité qui les caractérisent; c’est ainsi qu’il est parvenu à établir un grand nombre de ces appareils, même dans la Suisse allemande, où l’on est très en défiance des idées françaises. Des essais exécutés, par le professeui (*)
- (*) Erratum. — A la page 238 (n0 du 24 février), la hauteur de la chute des turbines d’Aberdeen est de 22 pieds (6m6o) et non de 22 piètres, comme l’indique d’ailleurs la figure 123,
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- Zeuner, à l’usine de M. Tobler à Zurich, ont cons- I près les formules, de Poncelet et de Lesbros. taté, pour les turbines Girard-Roy, un rendement L’emploi des formules de Francis, habituellement moyen de 75 à 85 0/0 avec un jaugeage évalué d’a- J admises par les ingénieurs américains aurait, dans
- /v////////////////7//7///7/V/y//y ^
- I
- I
- VUE PAR COUT
- les mêmes circonstances, conduit à des rende- I être, en fin de compte, un peu d’exagération dans ments de q5 à io5 0/0, de sorte qu’il y aurait peut- | les rendements si brillants des turbines américaines
- FIG. 3 ET 4. — TURBINE GIRARD-ROY, A AXE HORIZONTAL — CHUTE, 14 MÈTRES — FORCE, 14 CHEVAUX
- Les fig. 3 à 7 représentent les principaux éléments de l’installation de la force motrice de l’éclairage électrique de l’hôtel des Alpes, à Ferritet-Montreux,
- établie par les soins de MM. Roy et Salerno, et dont je dois la description à leur commune obligeance.
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- 4<d3
- La puissance motrice est fournie par une turbine à axe horizontal de Girard (fig. 3 et 4) (*), de om7o diamètre, représentée en a sur la fig. 5.
- Cette turbine, remarquable par l’extrême simplicité de son appareillage, reçoit, du tuyau/, l’eau d’une source située à i5o mètres environ de l’hôtel; elle est alimentée par un petit torrent très variable dont la puissance oscille de 4 à 10 chevaux, et fait mouvoir, pendant le jour, ainsi que l’indiquent les fig. 5 et 6, une scierie et une petite huilerie.
- Les machines dynamo sont au nombre de deux en d (fig. 5 et 6). En temps normal elles fonction-
- ne. 5 ET 6
- Élévation et plan du bâtiment contenant les machines dynamo-électriques dd et la turbine a : b, scie alternative; c, scie circulaire; e, huilerie; f, conduite d’eau à la turbine; g, canal de fuite; h, transmissions.
- nent toutes deux; on n’en fait marcher qu’une quand la source baisse beaucoup, ce qui est très rare en automne et en hiver; elles sont du système Gramme type d’atelier A, et tournent à 1,200 ou i,5oo tours, afin d’en obtenir la tension suffisante pour faire marcher chacune 45 lampes Svvan, auxquelles elles sont reliées par des fils de 200 mètres environ.
- Le câble qui relie les dynamos à l’hôtel est un câble n° 2, sous enveloppe de plomb, formé de 19 fils de imm, et fourni par la maison Cortaillod de Neuchâtel.
- A leur entrée dans la cour de l’hôtel, les extrémités du câble de chaque machine sont reliés aux
- bornes 1 et 3 d’un tableau (fig. 7). On a dérivé, entre les pièces de bronze 1 et 2, 2 et 3, environ, 20 à 24 lampes de chaque côté, suivant un circuit disposé en quantité, qui présente, sur la disposition en tension, à circuit plus court, l’avantage de ne pas faire dépendre chaque lampe de sa compagne, de sorte que l’on aurait toujours deux extinctions en même temps, au lieu d’une, quand une lampe viendrait à sauter.
- Les détails de cet éclairage ont été très bien étudiée par M. Salerno. Je ne puis mieux faire que de reproduire intégralement les renseignements que cet ingénieur a bien voulu me communiquer, et qui ne pourront manquer d’être utiles aux électriciens qui auraient à résoudre un problème analogue.
- « Nous avons cependant été obligés d’employer la disposition de deux lampes en tension sur une
- FIG. 7
- même dérivation pour de nombreuses demi-lampes placées dans les escaliers de service, les water-closets, petits corridors, etc.
- « L’éclairage de la salle à manger se compose de lampes appliquées aux bas côtés et des lustres dans la partie centrale. Une des principales difficultés résidait dans le grand éclairage de cette salle, dont les lustres ne doivent- être allumés que pendant 1 heure 1/2 environ chaque soir.
- « Nous avons pris la détermination de mettre les lampes des bas côtés sur le circuit de l’une des machines, ces lampes restant continuellement incandescentes ou non au moyen de résistances. Quant aux 16 lampes des lustres, nous les avons réparties sur les 4 séries de lampes des deux machines. De cette façon, en allumant ces 16 lampes à la fois, nous ne produisons pas une variation sensible sur l’intensité lumineuse des lampes en fonction, car nous n’ajoutons que 4 lampes par série de 20.
- « Si nous n’avions pas adopté cette disposition, il eût été fort incommode de mettre hors du circuit 16 lampes d’un seul coup, sans substituer aux lampes des résistances qui auraient absorbé de la force en pure perte.
- « Il n’est pas’nécessaire d’ajouter que nous avons
- (') La Lumière Electrique du 27 janvier i883.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- eu recours à des dispositions spéciales pour faire passer à volonté le courant d’une série de lampes dans une autre, suivant les exigences du service.
- o o oE<&v> s>s,vi>
- FIG. 8, 9, IO ET I I
- « Nous allons encore adjoindre deux nouvelles dispositions; l’une permettra de faire passer le courant des lustres de la salle à manger à ceux de
- ’PE GIRARD
- FRANKENTj
- a salle des concerts, et l’autre de lancer, à un moment donné, une partie de la lumière dans les jardins.
- « Cent-dix lampes de to et 20 bougies fonction-
- nent ordinairement; en réduisant ce nombre de lampes en leur équivalent de lampes de 20 bougies,, on en compterait 96 sur les deux machines Gramme du type A.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- « La turbine fonctionne jour et nuit; au coucher du soleil, on débraye la transmission de la scierie et
- FIG. 12 ET l3. — DÉTAIL DES AUBES ET DES DIRECTRICES
- l’on passe la courroie sur celle des machines dynamo-électriques.
- « Nous sommes très satisfaits des lampes Swan, soit comme lumière, soit comme durée. »
- TURBINES DE FRANKENTIIAL
- Les ingénieurs de l’usine de Frankenthal ont récemment apporté aux turbines Girard quelques perfectionnements dignes d’être signalés (*).
- Les premiers s’appliquent, fig. 8 à 11, aux turbines parallèles. La roue E, de ces turbines
- FIG. I-J. — ROUE TURRINE GIRARD-KOSTER
- est surmonté d’un tambour de 40 directrices groupées dix par dix; deux de ces groupes opposés reçoivent l’eau radialement, comme on le voit en H,
- fig. 10, et sont réglés par un vannage à crémaillère. D; les directrices des deux autres groupes reçoivent l’eau d’aplomb et restent toujours ouvertes.
- La roue de la turbine repose sur un long pivot central, par la lanterne N. L’enveloppe des directrices H, à cuir embouti Q, fait joint étanche dans le cylindre PM, et se trouve suspendue aux tiges à écrous C. Il est, grâce à cette disposition, facile d’ajuster, par la manœuvre des écrous A et B et des tiges C, la turbine et ses directrices, de manière que la roue E et la couronne GH viennent presque à se toucher, le bas de la roue E, muni d’ouvertures de ventilation, affleurant le niveau du bief de décharge.
- Les ouvertures de ventilation des aubes de la turbine débouchent en partie à l’extérieur de la
- FIG. l5 ET l6
- roue, en partie à l’intérieur, dans une chambre à air communiquant avec l’atmosphère par un gros tube central.
- Le tableau suivant donne la puissance et le rendement moyen d’une turbine de ce type, de im20o de diamètre, avec une chute de 2 à 3 mètres.
- Hauteur Débit Puissance
- de par seconde Ren- en
- chute. en litres, dement. chevaux.
- 2m....................... 883 72 0/0 16,92
- 2m,5o.................... 987 75 24,67
- 3™....................... 1080 78 33,5
- Les autres perfectionnements s’appliquent aux roues-turbines de Girard (1 ) , et sont dus à M. Koster ; ils consistent principalement à munir le dos de leur tiroir de vannage (fig. 14) d’un canal, destiné à laisser l’air pénétrer librement, ainsi que l’indiquent les flèches, dans quelques-unes des aubes fermées à l’eau par le vannage.
- Ce même mode de ventilation peut aussi s’appliquer, comme l’indiquent les fig. i5 et 16, aux vannages par tiroirs séparés des turbines parallèles.
- (A suivre.) Gustave Richard.
- (>.) Engineering, 16 mars i883.
- (*) Lumière Électrique du 27 janvier i883, pp. io3-io5.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- NOTE SUR L’INSTALLATION nu
- BUREAU TÉLÉGRAPHIQUE
- DIS LA
- GARE DE PARIS DU CHEMIN DE FER DU NORD
- Les installations des bureaux télégraphiques des Compagnies des chemins de fer français sont généralement peu connues; elles mériteraient cependant de l’être, car on peut dire qu’elles représentent, d’une manière générale, la quintessence de la simplicité, de la commodité et de l’éconornie dans le choix et la disposition des appareils électriques. Il paraît difficile d’ailleurs qu’il en soit autrement, lorsqu’on réfléchit à la quantité, considérable de dépêches transmises journellement sur chaque réseau pour les besoins du service de l’exploitation, à l'emplacement obligatoirement étroit réservé aux télégraphes dans les gares et aux occupations multiples du personnel chargé d’en assurer le service.
- Depuis la création des chemins de fer et jusqu’à une époque qui n'est pas encore bien éloignée, les Compagnies n’employaient que l’appareil à cadran du système Bréguet; mais on sait que cet appareil est d’une manipulation lente, qu’il ne laisse aucune trace des transmissions et que dans beaucoup de cas il occasionne des erreurs qui sont inhérentes au système lui-même et dont les conséquences pourraient être très graves.
- C’est, préoccupés de ces inconvénients sérieux dans l’exploitation des chemins de fer, que les Ingénieurs des Compagnies ont essayé un grand nombre d’appareils imprimeurs; mais les divers systèmes expérimentés ou en cours d’expérimentation, présentent généralement les inconvénients non moins graves, soit d’être encombrants et d’exiger la surveillance d’un ouvrier spécial, soit de coûter très cher d’achat et d’installation et de fonctionner presqu’aussi lentement et plus irrégulièrement peut-être que l’appareil Bréguet.
- Les chemins de fer ont alors porté leur choix sur l’appareil imprimeur de Morse, qui tient peu de place, permet un travail rapide et est d’un prix peu élevé d’achat et d’installation. La Compagnie du chemin de fer de l’Est a, la première en France, donné l’exemple d’une substitution presque radicale et elle a bientôt été suivie par les Compagnies du Nord et de Paris à Lyon et à la Méditerranée.
- Mon intention n’est pas de donner aujourd’hui une .description des différentes installations télégraphiques des chemins de fer, bien qu’il y aurait matière à une étude très intéressante que je me propose de mettre plus tard sous les yeux des lecteurs de cette revue. Je me bornerai, dans cette note, à examiner les dispositions toutes particulières prises
- par le service électrique du chemin de fer du Nord pour son bureau télégraphique de la gare de Paris et dans lequel aboutit un assez grand nombre de fils.
- Dans certaines gares ou stations de peu d’importance, la manœuvre des appareils télégraphiques est confiée à des agents employés en même temps à d’autres travaux ; dans les gares principales, des employés sont chargés spécialement de ce service; dans quelques autres gares plus importantes encore et qui sont têtes de lignes, le ministre des postes et télégraphes impose aux Compagnies la présence d’agents de son administration qui assurent le service de la Compagnie, mais dont la mission spéciale est en même temps et surtout, de relever chaque jour le texte des dépêches expédiées qui ne rentrent pas dans la catégorie de celles que les chemins de fer sont autorisés à transmettre en franchise.
- Pour remédier à des inconvénients multiples provenant de l’organisation du bureau de Paris, dont le service est assuré par des stationnaires de l’Etat et pour activer la transmission rapide des dépêches, le service électrique du chemin de fer du Nord a fait construire une table qui figurait à l’Exposition de l'électricité de 1881 et dont la disposition d’ensemble est représentée par l’image ci-contre.
- Cette table a cinq mètres de longueur et avait été préparée pour recevoir vingt directions qui sont aujourd’hui toutes utilisées. Elle est pourvue de quatre appareils Morse et d’un appareil à cadran du système Bréguet : chacun de ces appareils peut être utilisé dans toutes les directions au moyen d’un commutateur suisse placé sur un pupitre au centre de la table. Ce commutateur est divisé en trois séries de bandes de communications : au centre se trouvent les vingt lames correspondent aux vingt lignes et aux vingt sonneries ; à l’extrémité de droite, sont disposées douze lames qui permettent de céder la communication directe d^ns six directions à la fois; les fils aboutissant à ces bandes, traversent six parleurs que l’on voit sur une tablette au-dessus du commutateur. A l’extrémité de gauche, sont réservées cinq bandes, qui servent exclusivement à amener sur l’un des cinq-appareils Morse ou sur le cadran, l’une ou l’autre des vingt lignes reliées à la table.
- Au-dessous des vingt paratonnerres et des vingt boussoles traversés par les lignes, sont, en commençant par la gauche, une sonnerie d’urgence spéciale, quatre relais de sonnerie à cinq directions, les six parleurs, la sonnerie trembleuse locale des relais; et enfin, tout à côté de celle-ci, un commutateur qui permet de supprimer la trembleuse pendant le jour.
- Devant chaque appareil Morse, est disposé un commutateur inverseur du système Tesse et Lar-
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- vue d’ensemble du BUREAU
- TÉLÉGRAPHIQUE DE LA GARE DE
- PARIS DU CHEMIN
- DE FER DU NORD
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- tigue, deux commutateurs de pilés, dont l'un donne la pile faible et la pile forte, et l’autre sert à prendre l’un des groupes des quatre piles, dans le cas où l’une d’elles viendrait à manquer subitement, et enfin des casiers dans lesquels chaque employé peut déposer les imprimés, les originaux des dépêches, les reçus, etc., etc.
- Chacune des piles, qui sont du système Leclan-ché à vase poreux fendu, grand modèle, type du Nord, se compose de 35 éléments placés dans une armoire spéciale au-dessus du bureau.
- Les fils aériens ont été amenés à deux boîtes renfermant des paratonnerres d’où partent des câbles qui descendent jusqu’à la table et que l’on voit sur le côté droit de la figure.
- Le bureau de la gare de Paris a en moyenne 370 dépêches par jour, le service y est assuré par trois employés de l’Etat auxquels sont adjoints de jeunes auxiliaires pour la copie et le port des dépêches. Il est à remarquer qu’il n’y a jamais qu’un seul stationnaire de service, qui dans les heures les plus chargées delà journée se fait aider par les jeunes auxiliaires pour la transmission et la réception des dépêches; on forme ainsi des jeunes employés propres à être utilisés plus tard dans d’autres gares du réseau.
- Le montage de la table de Paris a été fait dans les ateliers de la Société générale des téléphones, par les ouvriers de la maison Digney.
- Eug, Sartiaux.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur la pyro-électricité dans la blende, le chlorate de sodium et la boracite, par MM. C. Friedel et J. Curie (i).
- « Nous avons montré, dans nos deux notes sur la pyro-électricité du quartz, que lorsqu’un cristal hexagonal présente, comme le quartz, trois axes horizontaux d’hémimorphisme, et par conséquent de pyro-électricité, et qu’il est échauffée ou refroidi régulièrement, il y a compensation des effets produits par les axes de pyro-électricité, et il ne se manifeste pas de pôles électriques de noms contraires le long des deux arêtes opposées du prisme hexagonal. Si, au contraire, on vient à chauffer siir un de ses points une plaque normale à l’un des axes de pyro-électricité, il se produit des pressions latérales dont le résultat est un dégagement d’é-
- (f) Note présentée à l’Académie des sciences, dans la séance du 9 juillet 1883.
- lectricité positive sur une face et négative sur l’autre.
- « Les cristaux cubiques affectés d’hémiédrie tétraédrique présentent des phénomènes de tous points semblables. Supposons, en effet, que la normale à la face naturelle ou artificielle sur laquelle on opère fasse, avec les trois axes du cube, des angles a, [3 et y. Les grandes diagonales du cube, normales aux faces a‘, c’est-à-dire les axes d’hémimorphisme, font avec les mêmes directions des angles égaux entre a1 p, p étant le pôle d’une des faces du cube. En appelant x le pôle de la face en question, on aura pour l’angle des normales à ces deux faces, contenues dans le même quadrant,
- cos x a1 = cos a1 p (cos a + cos y + cos p).
- « Pour les cosinus des angles de la même face x avec les faces de l’octaèdre contenues dans les trois quadrants voisins, il n’y aura rien de changé, si ce n’est l’un des signes du cosinus de l’angle que fait a1 avec l’un des axes du cube. On aura donc
- cos ï«[= cos a1 p (cos a — cos y + cos p), cos a Aj = cos a1 p (cos a + cos \ — cos p), cos a a .J == cosa1 p (— cos a-f- cos y + cos p).
- « Pour avoir l’action totale relative aux quatre axes d’hémimorphisme, en admettant, comme nous l’avons fait précédemment, qu’elle est proportionnelle pour chaque axe à la projection sur cet axe de la dilatation 8, il faut multiplier par 8 chacun des quatre cosinus précédents, en affectant du signe — les trois derniers, pour lesquels l’électricité est de signe contraire à celle du premier, et faire la somme. Or, cette somme est nulle.
- « Cette déduction est entièrement confirmée par l’expérience. Pour la vérifier, nous avons opéré d’abord sur la blende qui, ainsi que l’un de nous l’a reconnu (’), présente les phénomènes de la pyro-électricité lorsqu’on dépose sur une plaque taillée normalemeut à l’une des grandes diagonales du cube une demi-sphère métallique chauffée.
- « Nous avons constaté de deux manières différentes que si la plaque ou le cristal de blende est chauffé régulièrement, il n’y a pas formation de pôles électriques.
- « Nous avons pris d’abord un dodécaèdre rhom-boïdal extrait par clivage d’une masse en belles lames de blende de Santander ; nous l’avons chauffé dans une étuve en le suspendant par un fil très fin, et nous avons présenté divers points de sa surface à l’extrémité d’un fil en communication avec les secteurs de l’électromètre Thomson-Mascart. Nous n’avons constaté en aucun point un dégage-
- C) Bulletin de la Société minéralogique de France t. II, p. 3i; 1879.
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- ment notable et régulier d’électricité, pas même aux extrémités des axes d’hémimorphisme qui correspondent aux sommets des angles trièdres du dodécaèdre rhomboïdal.
- « Nous avons fait la même expérience avec des plaques taillées normalement à l’un des axes d’hémimorphisme qui avaient servi à démontrer l’existence de la pyro-électricité dans la blende. Elles n’ont pas non plus donné d’électricité, ni sur l’une ni sur l’autre de leurs faces.
- « Nous avons eu recours enfin à un procédé que nous avions déjà employé pour le quartz. Au lieu d?opérer avec un petit hémisphère métallique et une plaque d’une surface notablement plus grande que celle de la surface plane de l’hémisphère, nous l’avons fait avec un hémisphère de plus grande dimension et avec des plaques plus petites. Nous nous sommes arrangés de telle façon que, dans les deux cas, la surface de contact fût sensiblement la même. Lorsque la plaque dépasse l’hémisphère, nous avons toujours obtenu de la façon la plus régulière un dégagement très notable d’électricité, et d’électricité de signes opposés sur les deux faces de la plaque. Quand, au contraire, la plaque était plus petite que l’hémisphère et, par conséquent, réchauffement plus régulier, nous n’avons plus obtenu que des indices très faibles et irréguliers d’électricité.
- « Nous avons pu faire, quoique plus difficilement, des observations tout à fait analogues sur des cristaux et sur des lames taillées de chlorate de sodium. La difficulté principale provient de ce que cette substance attire l’humidité de l’air et devient alors conductrice. Mais nous avons réussi à obtenir de bons résultats en opérant sur des cristaux préalablement chauffés et restés à une température de 40° ou 5o°. Nous avons déposé sur une face taillée sur le cristal, parallèlement à une des faces du tétraèdre, un très petit cylindre métallique chauffé à ioo° environ. Nous avons obtenu sur deux faces, correspondant l’une à la base, l’autre au sommet du tétraèdre, des dégagements d’électricité égaux et de signes contraires. En employant de même la demi-sphère métallique qui débordait la face de tous les côtés, nous n’avons plus observé de dégagement d’électricité.
- « Nos conclusions pouvaient être soumises à une épreuve bien plus délicate encore.
- « Oïl sait que la boracite est fortement pyroélectrique ; elle a passé longtemps pour cubique, et c’est seulement depuis les belles recherches de M. Mallard sur les phénomènes optiques anormaux que l’on sait qu’elle est, en réalité, formée de douze pyramides orthorhombiques avec leurs sommets au centre du solide, et présentant des axes d'hémimorphisme qui sont parallèles aux petites diagonales des bases de ces pyramides.
- Il n’y a donc là rien qui ,goit en contradiction avec notre manière de voir.
- « Mais, récemment, M. Mallard a fait cette observation intéressante, que la boracite devient réellement cubique à une température de 205° environ et conserve cet état jusqu’à la fusion ('). Il y avait lieu de rechercher si, lorsque la boracite est cubique, elle reste pyro-électrique comme aux températures plus basses, où elle est orthorhom-bique.
- « Nous avons pris un cristal de boracite, sur lequel deux faces avaient été taillées parallèlement entre elles et à l’une des faces du tétraèdre. Nous l’avons disposé dans une petite étuve à huile, de façon que le cristal reposât, par une de ces faces, sur un plan métallique soutenu au milieu de l’étuve et en communication électrique avec la terre. Sur l’autre face était placé un petit cylindre métallique en communication, par un fil fin, avec deux des secteurs de l’électromètre. Un thermomètre, placé près du cristal, indiquait la température.
- « L’étuve était chauffée jusqu’à 3oo-32o° et maintenue pendant quelque temps à cette température, On ôtait ensuite la lampe et on enlevait la communication qui jusqu’à ce moment avait réuni avec la terre le petit cylindre métallique et les deux secteurs de l’électromètre.
- « On voyait alors l’aiguille de l’électromètre rester immobile ou ne subir que des déplacements très faibles pendant que la température s’abaissait de son maximum jusque vers 205°. Tout à coup, au moment où cette température était atteinte, on voyait l’aiguille se déplacer rapidement et l’image sortir de l’échelle ; on pouvait même, à plusieurs reprises, décharger le cylindre et voir encore l’image sortir du champ. Puis le dégagement devenait moins fort, s’annulait et l’on pouvait observer une ou plusieurs inversions de signe de l’électricité dégagée. En retournant le cristal, de manière à mettre en contact avec le cylindre la face qui, dans la première expérience, avait été en communication avec la terre, on observait la même succession de phénomènes avec inversion de signes. Ce qui se produisait était donc bien de la pyro-électricité. Nous nous sommes assurés d’ailleurs, comme il était bien probable, que le cristal de boracite n’est pas sensiblement meilleur conducteur de l’électricité aux températures où il ne donne aucun indice d’électricité qu’à celles où il en fournit abondamment.
- « Nous avons varié l’expérience de plusieurs manières. Grâce à l’obligeance de M. Mallard, nous avons pu opérer sur une petite lame mince, taillée parallèlement à a1 et qui lui avait servi pour ses
- (i) Bulletin de la Société minéralogique, t. V, p. 216, 1882, et t. VI, p. 122, i883.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- observations optiques. Elle était formée de trois portions de cristal se pénétrant assez irrégulièrement, mais s’éteignant dans les trois directions régulières.
- « En opérant comme il a été dit plus haut, nous avons observé exactement les mêmes phénomènes, si ce n’est que la température indiquée par le thermomètre au moment du dégagement électrique était un peu plus basse; mais il est évident que le thermomètre ne peut pas indiquer la vraie température du cristal. Une autre différence à signaler, c’est que nous n’avons plus constaté qu’une seule inversion de signe, dans le dégagement électrique, pendant le refroidissement.
- « Nous avons encore obtenu des résultats tout semblables en plaçant soit la plaque de la première expérience, soit des cristaux entiers entre les deux extrémités d’une pince formée de fils de platine soudés dans des tubes de verre et dont l’un était en communication avec la terre, l’autre avec deux des secteurs de l’électromètre. La pince était introduite soit dans l’étuve à huile, soit dans une autre étuve formée d’un vase en fer fixé dans une petite marmite remplie d’un mélange d’azotate de sodium et d’azotate de potassium. On évite ainsi les vapeurs de l’huile fort gênantes à la température qu’il est necessaire d’atteindre. Dans ces conditions encore, et toujours aux environs de la température indiquée par M. Mallard pour le changement de forme cristalline de la boracite, nous avons reconnu un fort dégagement d’électricité polaire; ce dégagement est même si intense qu’il nous paraît dépasser de beaucoup ce qui correspondrait à la pyro-électricité régulière observée à une température inférieure pour un même intervalle. Il y aurait là un phénomène spécial dû au changement d’état et accompagné probablement d’un changement de densité.
- « Nous ne voulons pas maintenant entrer dans l’étude de ce phénomène ni de ceux assez compliqués qui suivent ce premier dégagement d’électricité. Nous comptons revenir plus tard sur ce sujet, dont l’étude est rendue fort délicate par la structure si complexe de la boracite et par la petite dimension des cristaux sur lesquels il faut expérimenter.
- « Tout ce que nous voulons retenir pour le moment, c’est que la boracite ne devient pyro-électrique, dans des conditions de refroidissement régulier, que lorsqu’elle cesse d’être cubique.)
- « C’est une preuve bien frappante, nous semble-t-il, de l’exactitude des considérations que nous avons fait valoir dans nos Notes sur la pyro-électricité du quartz et au commencement de celle-ci.
- « Nous pensons pouvoir conclure de ces faits, d’une manière générale, que dans les substances hexagonales ayant trois axes horizontaux d’hémimorphisme et dans les substances cubiques appar-
- tenant au mode d’hémiédrie tétraédrique, lorsqu’il y a échauffement ou refroidissement régulier du cristal, c’est-à-dire lorsque les dilatations sont égales par rapport aux différents axes en question, il y a compensation au point de vue pyro-électrique et l’on n’observe aucun dégagement d’électricité. On en obtiendra au contraire lorsqu’une variation irrégulière de la température ou une compression intéressant certains axes plus que d’autres produira des dilatations inégales. »
- Sur un nouveau théorème d’électricité dynamique; par M. L. Thévenin (*).
- « Théorème. •— Etant donné un système quelconque de conducteurs linéaires reliés (2), et renfermant des forces électro-motrices quelconques E1E2, ..., E„ réparties d’une manière quelconque, on considère deux points A et A' appartenant au système et possédant actuellement des potentiels V et V'. Si l’on vient à réunir les points A et A' par un fil ABA' de résistance r, ne contenant pas de force électro-motrice, les potentiels des points A et A' prennent des valeurs différentes de Y et Y', mais le courant i qui circule dans ce fil est donné
- par la formule i =. ^dans laquelle R représente la résistance du système primitif, mesuré entre les points A et A' considérés comme électrodes.
- « Ainsi, la formule d’Ohm est applicable, non seulement aux circuits électro-moteurs simples et présentant des pôles bien définis, comme une pile ou une machine à courant constant, mais à un réseau quelconque de conducteurs, que l’on peut dès lors considérer comme un électro-moteur à pôles arbitraires, dont la force électro-motrice est, dans chaque cas, égale à la différence des potentiels préexistant aux deux points choisis pour pôles.
- « Cette règle, qui ne semble pas avoir été indiquée jusqu’à ce jour, est d’un usage très commode dans certains calculs de théorie. Au point de vue pratique, elle permet d’évaluer immédiatement, au moyen de deux données faciles à obtenir expérimentalement, l’intensité du courant qui traversera un branchement que l’on viendra à greffer sur un réseau quelconque de conducteurs, sans que l’on ait à se préoccuper autrement de la constitution intime de ce réseau.
- « Pour démontrer le théorème, supposons qu’on introduise dans le conducteur ABA' une force électro motrice — E, égale et opposée à la différence de potentiel V — V'. Il est clair qu’aucun cou-
- (!) Note présentée à l’Académie des Sciences dans la séance du 16 juillet 1883.
- (2) De façon qu’aux extrémités de chacun d’eux aboutisse au moins un second conducteur.
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- rant ne traversera le conducteur ABA'. Ainsi, le système des forces électro - motrices — E, Elf E2. E„ donne lieu à une distribution de courants, parmi lesquels celui qui traverse le conducteur ABA' est nul.
- « Supposons maintenant que, dans ce même conducteur, on introduise, conjointement avec la .première, une second force électro-motrice -f- E, égale à la différence de potentiel Y — Y', et de même sens. En vertu du principe de l’indépendance des forces électro-motrices simultanées, la force -f- E donne naissance à une nouvelle distribution de courants, qui se superpose simplement à la précédente. Parmi ces nouveaux courants, celui qui traverse le conducteur ABA' est précisément le courant cherché i, puisque les effets de forces -|- E et — E, égales et opposées, s’annulent. Le courant i étant dû à la seule force -f-E=V —Y', dont le siège est dans la branche r, on peut, en appelant R une certaine résistance, écrire, d’après la formule d’Ohm, i— , • D’ailleurs, la significa-
- tion de la quantité R apparaît immédiatement; c’est la résistance d’un fil pouvant remplacer entre les points A et A' le réseau primitif de conducteurs, sans que le débit propre d’une source constante d’électricité qui existerait dans la branche r en soit modifié. La quantité R a donc une signification physique précise, et on peut l’appeler la résistance du réseau primitif mesurée entre les points A et A' considérés comme électrodes. L’énoncé du théorème résulte immédiatement de cette définition. »
- Le théorème énoncé par M. Thévenin est fort intéressant et sera certainement utile, mais l’auteur n’explique pas assez nettement que R représente la résistance totale des conducteurs primitifs et qu’il faut considérer leur ensemble comme une source de résistance R et de force électromotrice V—V'. Quand on réunit aux pôles A et A' de cette source fictive, le conducteur de résistance r possédant en lui, pour la démonstration, sa force contre-électromotrice — E = — (V — V'), le circuit total composé de R -j- r peut-être considéré comme inerte, et si l’on ajoute ensuite -f- E la valeur de l’intensité i = se déduit tout naturel-
- lement en considérant le conducteur ajouté comme une source de résistance r et de force électromotrice E et R comme la résistance extérieure, -r- A. G.
- Appareil pour enregistrer la longueur de l’arc électrique.
- On se rappelle les intéressantes expériences optiques faites sur la bougie Jablochkoff, par M. Street {La Lumière Electrique, numéro du 7 octobre 1882). M. Bright vient de communiquer à l'Electrician des expériences analogues faites à la Brighton Electric Lighting Station avec des lampes à arc. L’arc M
- (fig. 1) placé devant un écran F projette, à travers une ouverture triangulaire H et une lentille N, placée derrière une ouverture oblongue, son image sur un disque de papier photographique B. Ce disque est mis en mouvement par une horloge A dont il remplace l’aiguille des minutes. Il est fixé sur un disque en métal par 12 bras dont les intervalles représentent
- FIG. I
- un espace de 5 minutes; un d’eux D, plus large que les autres, marque l’heure.
- Pour opérer, on règle l’arc de façon que son image se fasse à une faible distance de B (environ 25 m/m) et à mesure que le papier se dé-
- place, il s’y trace une ligne spirale dont la largeur représente exactement la longueur de l’arc parce que ses rayons propres ont un pouvoir acti-nique bien plus considérable que ceux des charbons rouges. La pièce mobile L permet de diminuer l’ouverture H à mesure que le point lumineux s’abaisse. La fig. 2 est un diagramme de ce genre, obtenu avec une lampe Brush.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- RÉSUMÉ
- DES
- BREVETS D’INVENTION
- 153318. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES BATTERIES SECONDAIRES OU A POLARISATION SERVANT A EMMAGASINER LA
- FORCE ÉLECTRIQUE, PAR M. G.-L. WINCII. — Londres,
- 25 juillet 1882.----Paris, 25 janvier i883.
- L’inventeur brevète :
- i° L’application de liège ou de moelle végétale sur les côtés des plaques en plomb, charbon ou autre matière conductrice;
- 20 Les sels d’aluminium, les sels doubles d’alun et leurs composants, pris séparément ou combinés avec du sulfate de cuivre ou du sulfate de zinc, avec des plaques en plomb ou, alternativement, en plomb et en cuivre, ou en plomb et en zinc, ou avec des plaques formées de matières composées;
- 3° Un revêtement des récipients fait avec du goudron, du brai ou avec une matière non conductrice contenant des ingrédients hydro-carboniques pouvant être introduits entre le récipient extérieur et le plongeur y contenu, ou un récipient intérieur formant le réservoir des batteries secondaires ou à polarisation employées;
- 4° Des dispositions spéciales pour assujettir les plaques en plomb, charbon ou autres matières conductrices, combinées avec des tablettes en liège, moëlle végétale ou bois perforé.
- 153325. — nouveau système de télégraphie a courants graduels, par m. F. van RYSSELBERGiiE. —Paris, 25 janvier i883.
- L’inventeur réalise les courants graduels au moyen d’un manipulateur rhéostatique spécial que représente la figure. A est un manipulateur télégraphique quelconque, ^actionnant, au moyen d’une pile locale B, un électro-aimant C. Le levier de l’armature de cet électro-aimant porte un contact
- D, en matière dont la résistance électrique varie suivant la pression, en charbon, par exemple; en dessous, un autre contact E de même nature, posé sur un ressort quelconque très peu flexible. Un ressort de rappel H est réglé de telle façon que lorsqu’aucun courant ne passe dans Télectro-ai-mant C, le contact des deux pièces D et E soit aussi léger que possible. Ces courants servent à fermer le circuit d’une pile F de très faible résistance intérieure, et cela à travers le fil primaire d’une bobine d’induction G. Le fil primaire, ainsi que la pile F, doivent avoir très peu de résistance.
- Lorsqu’on manipule en A, la pression entre D et E est tantôt très grande, tantôt très faible, tout en passant graduellement d’une valeur à l’autre; l’intensité du courant de
- la force électro-motrice F à travers le fil primaire de la bobine d’induction G éprouve des variations de même nature. De là, dans le fil secondaire de cette même bobine des courants induits alternatifs et graduels, et ce sont ces courants qui s’élancent sur la ligne pour aller actionner, à l’autre bout, des récepteurs télégraphiques, susceptibles de fonctionner sous l’influence de courants alternatifs instantanés.
- i 53345. — perfectionnements dans les lampes électriques, par m. j.-g. lorrain. — Paris, 26 janvier i883. ’
- Le fonctionnement d’une des dispositions de cette lampe a lieu comme suit :
- Les charbons étant écartés, et le courant y étant amené, il passe par le solénoïde A en dérivation, en tirant le noyau
- vers l’intérieur, puis la masse b et l’arète de couteau e en opposition à la pression du ressort O, ce qui permet au charbon supérieur E de tomber et de venir en contact avec le charbon inférieur. Au même moment, la partie en fer du noyau et de la masse b sont aimantés et tendent à attirer la masse br\ mais comme celle-ci est fixe, le solénoïde A est attiré et tourne sur son axe pivotaut vers la masse bf en opposition à l’action du ressort />. Les charbons étant alors en
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- contact, le courant est presque totalement détourné du solénoïde et passe par les charbons, ce. qui fait que le noyau et la masse b* n'étant plus attirés fortement vers l'intérieur, le ressort O les repousse immédiatement an-dehors en les mettant en contact avec le charbon supérieur, tandis que le ressort p tire le solénoïde dans une position horizontale et le met en contact avec la vis g, en soulevant en même temps le charbon supérieur, qui est alors maintenu par l'extrémité du noyau à une courte distance et en produisant Tare, dont la longueur est déterminée par le réglage convenable de la masse b' et des vis g g*. A mesure que les charbons se consument graduellement, la résistance de Parc augmente, il passe alors nécessairement davantage de courant par le solénoïde; le noyau, la masse b et Parète de couteau e sont attirés en dedans, et le charbon supérieur descend un peu. Cette action fréquente du solénoïde fait brûler la lampe avec fixité.
- L'inventeur brevète plusieurs variantes de cette disposition.
- 153357. — PROCÉDÉ d'ÉLECTROLYSE POUR L'EXTRACTION DES MÉTAUX DIRECTEMENT DE LEURS MINERAIS, ET POUR LEUR RAFFINAGE, EN ÉVITANT TOUTE POLARISATION, PAR M. J.
- LAMBjsRT. — Paris, 26 janvier i883.
- On broie les minerais, on fait un mortier avec 3/4 de minerai en poussière, 1/4 de poussier de coke ou de charbon, puis on verse sur ce mélange de Peau saturée de chlorure de sodium. On introduit le mélange dans un sac de toile, on le place dans la cuve d'électrolyse divisée en deux compar-
- timents par une cloison filtrante; on place dans un des compartiments une ou plusieurs électrodes conductrices de l'é-lectricité et non attaquables, de préférence en charbon. On suspend le sac à Panode B; la cuve contient une dissolution concentrée de chlorures facilement décomposables, du chlorure de sodium, par exemple. L'anode B reçoit un mouvement d'oscillation de haut en bas; l'électrode A est un cylindre bon conducteur de l'électricité, soumis à un mouvement de rotation, et dont une partie émerge au-dessus du liquide de la cuve. Cette partie passe sous une brosse ou tout autre appareil mauvais conducteur de l'électricité. Cette brosse
- chasse les bulles de gaz adhérentes £ l'électrode : c'est ainsi que l'inventeur parvient à détruire la polarisation L'anode B, par son oscillation, sort aussi du liquide, et se débarrasse ainsi des gaz qui la polarisent. Quand les électrodes sont en mouvement, on les place dans le circuit de la machine électrique. Le courant décompose le chlorure de sodium; le chlore se porte sur le minerai; les chlorures solubles entrent dans le courant et sont décomposés; le métal se dépose alors sur l'électrode A et le chlore retourne au sac de minerai.
- 153358. — SYSTÈME DE RÉCEPTEUR TÉLÉPHONIQUE A DOUBLE ACTION MAGNÉTIQUE, PAR M. E. CHARRIÈRE. — Paris,
- 21 janvier i883.
- Le récepteur téléphonique à double action magnétique repose sur le principe suivant. La plaque P de réception est placée entre les deux pôles d'un aimant A; l'un de ces pôles est rendu mobile afin de permettre le réglage, lequel consiste à le rapprocher le plus possible de la plaque, et obte-
- nir, par ce moyen, l'égalité d'attraction, ce qui donne à la plaque une grande sensibilité. Chacun des deux pôles de l'aimant est muni d'une bobine B de même résistance; les deux bobines B B concourent à augmenter le rendement de l'appareil. M est un manchon en fer doux se vissant dans l'un des deux pôles de l'aimant, ainsi que dans la bobine supérieure. CC sont les coquilles du téléphone ; FF sont les fils des bobines, reliés deux à deux à l'extérieur, et communiquant à la ligne et à la terre.
- La figure représente une coupe de l'appareil.
- 153375. — PROCÉDÉ DE RÉGULATION AUTOMATIQUE A DISTANCE, DU DÉBIT ET DE LA PRODUCTION DES COURANTS ÉLECTRIQUES, DES DISTRIBUTIONS D'EAU, DE GAZ OU DE VAPEUR,
- ET, GÉNÉRALEMENT D'üN FLUIDE QUELCONQUE, SYSTÈME
- cléRac et g. guéroult. — Paris, 27 janvier i883.
- Ce système a pour objet de régulariser à distance le débit ou la production de l'électricité, de la vapeur, etc ; il comporte, dans tous les cas, les parties suivantes :
- 10 Un dispositif de deux valves spéciales régulatrices;
- 20 Un système d'électro-aimants gouvernant l'une ou l'autre des deux valves suivant que le débit à régulariser est trop fort ou trop faible. Ces deux groupes d'organes sont situés dans le voisinage immédiat de la machine centrale.
- 3° Un appareil d’épreuve de forme variable, situé à l’extrémité du circuit, auquel il emprunte une portion de son énergie pour la transformer en un courant électrique de signe ou d'intensité tels qu'il actionne par l'intermédiaire d'un fil conducteur spécial, les électro-aimants gouvernant les valves.
- Malgré cette prise d'essai faite au fluide ou circuit principal, celui-ci n'en reste pas moins indépendant du circuit auxiliaire.
- Camille Grou.et.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- CORRESPONDANCE
- A propos d'une nouvelle expérience sur Félec-trolyse.
- Monsieur le Directeur,
- Dans le numéro du 17 mars de votre journal, p. 35o, on a publié une lettre de M. G. Faè, dans laquelle il fait des observations critiques à la méthode que j'ai proposée pour démontrer cette loi que la quantité d'un liquide décomposé par le courant électrique est proportionnelle à la quantité d'électricité qui le traverse. Je vous demande la liberté de répondre quelques lignes aux critiques que M. Faè a lancées un peu trop à la hâte, il me semble. Donc, M. Faè dit « que mon procédé avec le voltamètre à trois électrodes Serait rigoureux si l'intensité du courant avait toujours la même valeur dans la première, et dans la seconde expérience. Or, c'est précisément ce qui ne peut pas arriver dans la disposition employée par l'auteur; pour s'en convaincre, il suffît de se rappeler la loi de Ohm. De mon côté, je dis que M. Faè aurait mieux fait, pour s’en convaincre, de faire des mesures, qu'il a le tort de n'avoir pas faites, parce que dans les sciences expérimentales la rigueur scientifique est seulement l’effet de la rigueur expérimentale. En effet, M. Faè croit que le courant électrique, lorsqu'il traverse mon voltamètre en se divisant en deux flux égaux, gagne en intensité parce qu'il en traverse une section plus large. Ce serait, en effet, bien juste si le courant traversait le liquide d’un voltamètre exclusivement suivant la droite unissant les électrodes; mais M. Faè sait bien que la transmission du courant dans un liquide, sans fils conducteurs, ne se fait pas du tout ainsi; le courant, à partir des électrodes, rayonne dans toute la masse du liquide; il importe peu que les électrodes soient au nombre de deux ou trois; on peut bien admettre que la section du réophore liquide correspond toujours à la section de la masse liquide contenue dans un voltamètre pas trop grand, et alors l'intensité du courant doit rester invariable dans tous les cas. En effet, j'ai fait bien des mesures en intercalant dans le circuit mon voltamètre et une boussole des sinus, et j’ai trouvé toujours que l'intensité du courant à la boussole reste constante, soit que le courant passe sans bifurcation par le voltamètre, soit qu'il se divise en deux flux égaux en opérant à trois électrodes.
- Le voltamètre dont je me suis servi avait un diamètre de sept centimètres, les deux électrodes négatives étaient éloignées l’une de l'autre de six millimètres, et toutes deux étaient éloignées de la positive de 20mm. Je ferai aussi remarquer que toutes les fois que j'ai expérimenté avec le courant sans le faire diviser, j'ai eu toujours soin de porter au contact les extrémités libres des deux électrodes négatives : ce qu'on peut faire très facilement en les inclinant un peu l'une vers l'autre; de cette manière-ci, les deux électrodes négatives fonctionnent comme un seule qui a la forme d'un V renversé. Cette précaution est nécessaire soit pour égaler la surface des électrodes dans les deux expériences, soit pour l'uniformité du champ électrique dans le liquide. Lorsqu'on veut expérimenter en divisant le courant en deux flux égaux, alors on soulève les deux électrodes négatives, en les remettant verticales et dans le même temps on ferme la communication en dehors du voltamètre par les deux vis de pression, qùi communiquent à ces deux électrodes, qui, dans ce cas, fonctionnent indépendamment l'une de l'autre. On conçoit bien que les électrodes de platine très voisines ne souffrent pas de cette légère inflexion d'un côté ou de l’autre.
- M. Faè dit encore à la fin de sa lettre : « L'auteur aurait procédé rigoureusement s'il avait rempli la condition de maintenir toujours constante la valeur du courant princi-
- pal 0) en introduisant dans le circuit un rhéostat et un rhéo-mètre, mais alors la simplicité aurait disparu. »
- Eh bien, encore cette fois-ci, M. Faè n'est pas juste : en effet, pour opérer par une autre méthode; il suffirait d'intercaler dans le même circuit, l'un après l'autre, deux voltamètres, l'un à deux électrodes, l'autre à trois; après l'action du courant, on trouve que la somme des volumes d'hydrogène H' H" est égale au volume H d'hydrogène recueilli dans le même temps dans le voltamètre à deux électrodes; donc, sans rhéomètre, sans rhéostat et avec une seule expérience de plus on aurait démontré la loi.
- Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l'assurance de ma respectueuse considération avec la déclaration que, de mon côté, je renonce d'avance à toute discussion ultérieure, qui ne pourrait être basée que sur des équivoques.
- E. Semmola.
- FAITS DIVERS
- Les bâtiments et transports de guerre qui ont quitté la France pour se rendre au Tonkin ou à Madagascar, VAnnamite, le Mytho, la Saône, la Naïade, ont été pourvus de divers appareils électriques. Il y a des torpilles contenant des charges de fulmi-coton auquel on met le feu par l'électricité, et qu'on peut lancer, soit par l’avant, soit par l'arrière aux sabords, puis des fanaux électriques de la force de seize cents becs, fixés aux extrémités de la passerelle, sur le pont des gaillards. L'aviso la Saône a embarqué tout un matériel de télégraphie optique. ,
- A Brigthon, port du comté de Sussex, situé au fond d’une baie de la Manche, presqu'en face de Dieppe, et principal rendez-vous d'été des Londoniens, le conseil municipal vient d’autoriser l’établissement d'un chemin de fer électrique à titre temporaire. Ce railway passera devant le palais oriental, dit palais Georges IV, et suivra la plage le long de la terrasse.
- La question de la création d'usines d'électricité dans les villes est à l’étude dans plusieurs grands centres du Royaume-Uni. On veut substituer entièrement l'éclairage électrique au gaz dans un périmètre donné. Des installations de ce genre ont été proposées, comme on sait, pour les villes de Nottingham et de Leeds. Une Compagnie écossaise offre maintenant d'éclairer d’une usine centrale tout un quartier de Londres avec dix mille lampes à incandescence, alimentées par des machines auto-régulatrices Higgs. L'offre a ôté faite à la « Vestry » de Saint-Mary, Newington. Mais les devis de la Compagnie et ceux du service technique du district de Saint-Mary présentent des différences sensibles; ces derniers concluant à un bénéfice net de moitié moins élevé que celui que la Compagnie prétend réaliser.
- Un chemin de fer électrique, installé par la maison Siemens et Halske, fonctionne depuis plusieurs mois dans les houillères de Zankcrode, en Saxe. La voie, qui a une longueur de sept cents mètres, se trouve à deux cent soixante mètres de profondeur. Dix voitures, contenant une charge de huit mille kilogrammes, sont traînées par la locomotive électrique avec une vitesse d'environ douze kilomètres à l’heure. L'installation a présenté quelque difficulté, les gaic-
- * (‘) Vraiment, je ne sais pas pourquoi il l’appelle courant principal, s'il n’y en a qw’uu seul.
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- ries à traverser n’ayant qu’une très faible largeur, ce qui obligeait à employer une locomotive extrêmement petite. Celle-ci ne mesure que 2 430 millimètres de long sur 1 040 millimètres de haut, avec un poids de 1 55o kilog., et une largeur de 800 millimètres pour une largeur de voie de 566 millimètres. Le diamètre de chaque roue est de 340 millimètres. Le courant électrique est produit à Fcxtéricur de la mine à l’aide d’une machine dynamo, actionnée par un petit moteur à vapeur, et est amené dans le puits au moyen d’un câble jusqu’aux rails en fer, d’où il arrive ensuite à la machine électrique de la locomotive par l’entremise de patins de contact disposés sur les rails et entraînés par la locomotive avec des câbles. Une autre application de l’électricité au transport de la force a été également organisée avec succès dans les houillères de Zankerode. On y emploie l’électricité ppur actionner un ventilateur.
- Une nouvelle application de l’électricité vient d’être imaginée et brevetée aux Etats-Unis. L’invention, due àM. She-ridan, a pour objet d’exécuter les criminels condamnés à mort, sans que ceux-ci éprouvent la moindre douleur. Elle consiste en un fauteuil isolé du plancher sur lequel le condamné est placé, et dont les bras sont reliés aux deux pôles d’une machine dynamo. Le condamné s’assied sur ce fauteuil et pour le foudroyer l’exécuteur n’a qu’à envoyer le courant électrique.
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- Éclairage électrique.
- Un théâtre de Londres, le Criterion, situé dans Piccadiily, va être entièrement éclairé à l’électricité. Six cents lampes à incandescence du système Edison y seront installées et fonctionneront au mois de septembre. Il y aura deux moteurs horizontaux à grande vitesse Armington et Sims, marchant à deux cent soixante quinze révolutions par minute, et actionnant quatre machines dynamo Edison L, capables chacune d’alimenter cent cinquante lampes de seize candies. Chaque moteur sera capable d’indiquer quatre-vingt-quatre liorsepower à soixante-dix de pression, et l’un ou l’autre pourra ainsi prendre toute la charge en cas d’accident ou de réparation. Les fils seront disposés sur huit circuits indépendants les uns des autres, grâce à un régulateur qui permet d’augmenter ou de diminuer Péclat des lampes depuis la bougie normale jusqu’à zéro.
- Les difficultés que rencontrent plusieurs Compagnies d’éclairage électrique pour faire régulariser par le Board of Trade leurs demandes de concession relativement aux installations d’éclairage tant public que privé à Londres, semblent n’avoir d’autre résultat que d’exciter davantage la concurrence et leurs efforts en vue d’obtenir le succès. Il s’agit pour elles de se partager des quartiers entiers de la métropole, dans la Cité aussi bien que dans les faubourgs. Un ordre provisoire a déjà été accordé à la Pilsen Joël and General Electric Light Company, d’accord avec les autorités locales, pour éclairer le côté sud de New Oxford Street et de High Holborn, Tottenham-court-Road et le voisinage jusqu’à Liltle Queeu Street et une partie du district qui comprend les principales rues autour de la Banque d’Angleterre. Celte Compagnie a établi sa station centrale pour cet éclairage.
- Dans le West-End, cinq Compagnies demandent à installer l’éclairage électrique. Dans le district de Poplar, la Compagnie Brush veut éclairer le périmètre limité à l'ouest par le Blackwall Extension Railway, au sud par Archibald Street, au sud du bâtiment des machines du North London Railway jusqu’à l’angle de High Street, puis de là le long de High Street. Elle s’est adressée au comité des travaux pour l’éclairage du district d’Holborn, de la paroisse du Saint-Sepulchre (Middlesex) et de Greenwich. Elle est eu
- négociations relativement à celui de Chelsea. La Compagnie Edison doit éclairer tout le quartier compris entre Holborn, Oxford Street, le Thames Embankment avec le Strand, le Temple, les Inns of court; celle de Swan, Marylebonc, Ken-sington, Belgravia.
- Dans le quartier de Saint-Pancras, c’est la « Vestry » qui veut se charger elle-même d’introduire l’éclairage électrique public et privé et elle vient de publier une notice pour annoncer que le Board of Trade a rendu un ordre provisoire favorable à sa pétition.
- A Stockholm, sont installées pour l’éclairage public d’une partie de cette capitale, quatorze lampes à arc Pilsen.
- Le tir nocturne à la clarté de feux électriques a été une innovation introduite à Lugano, dans le canton du Tessin, à l’occasion des fêtes du grand tir fédéral de i883 qui ont eu lieu dans cette ville du 8 au 19 juillet. La pittoresque petite cité tessinoise avec ses villas, ses campaniles de style italien qui se mirent dans les eaux d’un beau lac, a été inondée pendant plusieurs soirées d’une éblouissante lumière qui éclairait le paysage, les arcs de triomphe, les élégants édifices de la cantine et du tir national, au sommet desquels fiottaient tous les drapeaux des cantons surmontés de la croix blanche sur fond rouge, et où se pressaient les premiers tireurs de la Suisse et de l’étranger, pour se disputer des prix d’une valeur totale de quatre cent dix-huit mille francs. L’éclairage électrique avait été adjugé à MM. Erem-berg et Gane, et le système adopté pour le tir nocturne était celui des lampes Siemens à incandescence. Ce système a donné des résultats satisfaisants, et a permis aux tireurs de continuer leurs poules jusqu’à une heure avancée chaque nuit. On a trouvé généralement que la lumière électrique faisait valoir les costumes pittoresques des tireurs ainsi que les toilettes des dames venues cette année en grand nombre et qui ont pris part aussi aux coupes de cette fête nationale. Les rayons électriques se répandaient en formant un magique coup-d’œif sur les bâtiments du tir fédéral, de la cantine et sur la statue de l’Helvétie, œuvre du sculpteur Vêla, qui se dressait majestueusement au milieu du champ de tir entre deux jets d’eau.
- L’éclairage électrique inauguré il y a plusieurs mois par les soins du major Flood Page dans les ateliers et les bureaux de l’imprimerie du gouvernement colonial àBrisbane, dans le Queensland (Australie), donne de bons résultats' Soixante lampes Edison, la plupart de seize candies de force, quelques-unes de huit et une de- trente-deux candies, sont distribuées dans l’imprimerie, principalement au-dessus des casses des compositeurs. Ces derniers préfèrent la nouvelle lumière à celle du gaz et il y a une absence marquée de chaleur. Les lampes sont munies d’abat-jour verts. On se sert d’un moteur Robey de seize chevaux.
- Aux Etats-Unis, la ville de Providence, un des deux chef-lieux de l’Etat de Rliode-Island, vient de recevoir de l’American Electric and Illuminating Company une proposition d’installation d’éclairage électrique. II serait créé une usine centrale d’électricité qui comprendrait deux chaudières tubulaires de cent chevaux, quatre machines à grande vitesse Armington et Sims et huit dynamos Thomson Houston.
- Trois villes de l’Etat de Massachusset, Brocton, Lowell et Lawrence vont avoir des usines centrales d’électricité, système Edison, pour l’éclairage public et privé.
- \ Les Villes d’Ütica et de Lockport, dans l’État de New-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- York, viennent d’accepter les offres de l’Edison Electric Light Company pour l’éclairage public.
- Cinq villes de l’État de Pensylvanie, Shamokin, Sunbury, Banville, Williamsport et Erié, viennent de traiter avec l’Edison Electric Light Company pour des installations d’éclairage électrique.
- Plusieurs compagnies figurent avec des appareils électriques à l’Exposition nationale des appareils pour chemins de fer ouverte à Chicago et exposent leurs plus récentes inventions. On remarque, entre autres, la Western Electric Company, la Union Switch and Signal Company, la Hall Railway Signal Company. Deux cents foyers à arc et trois cents lampes à incandescence ont été installés par la United States Electrical Lighting Company. Il y a, en outre, deux cent cinquante lampes à incandescence, des lampes Brush, Fuller, Thomson-Houston et des machines dynamo de divers types.
- La ville de Lancastre, en Pensylvanie, vient de traiter avec la Maxim Electric Light and Power Company pour une installation de cent-vingt lampes.
- Le grand temple de l’Or d’Umritsar, dans l’Inde anglaise, va, paralt-il, être éclairé au moyen de l’électricité. Divers princes et chefs indigènes ont souscrit pour l’achat d’appareils destinés à cet éclairage qui sera le premier de ce genre que l’on ait tenté dans un édifice religieux des Indous.
- L’Université et le collège des missionnaires dominicains de Manille, chef-lieu da la capitainerie générale des Philippines, dans l’île de Luçon, ont maintenant un éclairage par l’électricité qu’a installé la Société espagnole de Barcelone.
- Trois cent vingt-cinq lampes Edison sont posées dans la galerie Adélaïde, Strand à Londres.
- Télégraphie et Téléphonie
- On annonce l’achèvement de la pose du fil télégraphique qui relie Saigon, capitale de la Oochinchine, à la ville de Bangkok, capitale du royaume de Siam, en passant par le Cambodge, qui, comme on sait, est soumis au protectorat français.
- Le 16 juillet, a eu lieu l’inauguration du fil télégraphique à Bangkok, en présence du roi de Siam, qui a fait adresser au gouvernement de la Cochinchine un premier télégramme de félicitations.
- La construction des lignes télégraphiques, entreprise par le gouvernement, se poursuit au Canada. On en établit maintenant le long du rivage septentrional du golfe de Saint-Laurent, golfe formé par l’Océan Atlantique sur la côte est de la Nouvelle-Bretagne et où se jette le fleuve Saint-Laurent par un large estuaire qui renferme les îles d’Anticosti, de la Madeleine, de Saint-Jean et du Prince-Edouard. Les terres qui embrassent ce golfe sont le Labrador et le Bas-Canada, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Ecosse, l’île du Cap-Breton et l’île de Terre-Neuve. On vient d’achever ja ligne télégraphique jusqu’à Bermisis et on a le projet de poser un câble de ce point jusqu’à la rivière Godbough, près de Point de Monts, sur une distance de quatre-vingts milles, puis de là une ligne terrestre de soixante-quinze milles de longueur jusqu’à la rivière Moisie. L’année pro-
- chaine on poussera la ligne terrestre jusqu’à Eàquimaux Point, à quinze milles de Mingan Harbour et à soixante-cinq milles de la rivière Moisie. Par suite de la nature accidentée du sol, des nombreux hâvres et fiords profonds dont la côte est dentelée, la difficulté que présente l’établissement d’une ligne terrestre à l’est de Mingan est si grande qu’on se propose de poser de courts câbles, de chaque hâvre ou station de pêche important jusqu’à ce qu’on atteigne Forieau, port situé dans le détroit de Belle-Isle, à cinq jours de Moville par voilier. L’achèvement de cette voie télégraphique jusqu’à Forteau offrira de grands avantages aux armateurs et marchands, car des communications pourront être ainsi assurées avec les navires passant par Belle-Isle durant quatre ou cinq jours de la traversée de Montréal en Europe.
- Suivant le rapport de M. Koll, secrétaire de l’administration des télégraphes allemands, l’entretien des 127 666 éléments de pile employés était, pour l’année fiscale 1881-82, de 3o8 7S0 fr.
- Le gouvernement a récupéré 68 17S fr. par la vente du cuivre, des cristaux, du zinc, du plomb, etc.
- . En Belgique, de même qu’en Angleterre, le téléphone est de plus en plus utilisé pour mettre en communication les puits de mines avec la surface. C’est ainsi qu’après plusieurs mois d’essais, la Société Cockerill de Seraing près de Liège vient d’étendre ses installations téléphoniques de la houil-lière Marie à tous ses sièges d’extraction de charbon. Les fils se déroulent et se placent comme les fils télégraphiques d’une armée en campagne et sont facilement poussés en avant en même temps que les travaux. Dans la houillère Marie, les différents fils de l’intérieur aboutissent à l’endroit du fond spécialement réservé au- rallumage des lampes et qui se trouve toujours placé près du puits. L’appareil établi à trois cent cinquante mètres de profondeur, fonctionne très bien. L’instantanéité des communications, la possibilité de converser épargnent beaucoup de manœuvres.
- En cas d’accident aux câbles, de déraillement des cages, de rupture du cordon de sonnette ou de dérangement de la sonnerie électrique, d’interruption du service d’extraction pour une cause quelconque, le personnel de l’intérieur peut être prévenu immédiatement.
- Les ordres, les renseignements urgents sont transmis aussitôt de la surface à l’intérieur et réciproquement, même dans le cas où les communications ordinaires seraient interrompues. On se sert du téléphone Bell.
- Un journal de Gand, la Flandre Libérale a fait installer un service téléphonique spécial entre ses but eaux à Gand et Bruxelles. La longueur de cette ligne de téléphoné est d’environ cinquante kilomètres. Les appareils adoptés sont ceux de M. Van Rysselberghe.
- On compte actuellement aux Etats-Unis six établissements ou usines exclusivement consacrés à la fabrication de téléphones. En moins de deux mois une de ces fabriques a reçu dernièrement des commandes pour six mille instruments.
- Dans un rayon de douze milles autour de Boston, chef-lieu de l’Etat de Massachussets, toutes les villes et localités possèdent maintenant des réseaux téléphoniques établis par la Suburban Téléphoné Company.
- Le Gérant : A. Noaillon.
- Paris. — Imprimerie P Mouillot, »3, quai Voltaire. — 407G2
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- La, Lumière Électrique
- Journal universel ÆÉlectricité
- 5i, tue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Tii. DU MONCEL
- Administrateur-Gérant : A. NOAILLON
- ANNÉE (TOME IX) SAMEDI 4 AOUT 1883 N» 31
- SOMMAIRE
- Histoire de la découverte des lois des courants électriques \ Th. du Moncel. — Sur un essai de locomotion par l’emploi des accumulateurs; Frank Geraldy. — Exposition Internationale d’Electricité de Munich : Les machines dynamoélectriques ; Aug. Guerout. — Notes sur la construction et l’établissement des turbines; Gustave Richard. — Revue des travaux récents en électricité : Sur un galvanomètre universel sans oscillation, par M. Ducretet. — Nouvelle méthode pour déterminer les limites de l’électrolyse, par M. Ch. Truchot. — Sur les courants d’immersion et de mouvement d’un métal dans un liquide, par M. Kronchlcoll. r- Détermination des lois du rayonnement calorifique par l’électricité, par sir W. Siemens. — Description d’un compteur d’électricité, par M. J. Cauderay. — Sur la différence entre la lueur positive et négative, par M. Hellmann. — Résumé des brevets d’invention ; Camille Grollet. — Correspondance : Lettre de M. P. Samuel sur l’Exposition de Vienne. — Faits divers.
- HISTOIRE DE LA DÉCOUVERTE DES LOIS
- DES
- COURANTS ÉLECTRIQUES
- Aujourd’hui que, familiarisés avec les lois des Courants électriques découvertes par Ohm en 1827, nous faisons un usage journalier des formules que cet illustre géomètre a posées, nous avons peine à comprendre que la découverte de ces lois si simples, échafaudées-sur une théorie si rationnelle, n’aient pas été saluées tout d’abord avec enthou • siasme par les physiciens qui, à cette époque, dirigeaient la science électrique. Nous comprenons difficilement que, après les travaux de vérification entrepris vers la même époque (i83i) par Fechner et Ohm lui-même, et surtout après l’appui que donna l’illustre Gauss à cette découverte, on ait pu rencontrer des contradicteurs. Pourtant, ces contradicteurs se sont trouvés, et même en grand nombre, dans le propre pays de l’illustre géomètre, ce qui montre combien est fatal pour les progrès des sciences, un parti pris en fait de théorie. Les échecs que sa théorie rencontra réagirent même matériellement sur le pauvre savant, en le privant d’une chaire qui était sa seule ressource. En vérité, il semble écrit que toutes les grandes découvertes
- aient besoin de controverses pour se faire jour. La découverte de Yolta serait là pour le démontrer si nous n’avions pas à citer l’exemple qui nous occupe en ce moment.
- Quoi qu’il en soit, les idées de Ohm furent combattues par des physiciens illustres de l’époque, et entre autres parRitchie, Peltier et de La Rive, qui ne comprenaient pas que Gauss eût pu se compromettre en soutenant cette théorie (*). Ce n’est que quand Pouillet en France, en 1837, eut entrepris une série d’expériences décisives qui le conduisirent aux mêmes conclusions que Ohm, qu’on commença à revenir sur les jugements qu’on avait formulés contre lui, et bientôt la Société Royale de Londres consacra son mérite en lui accordant, en 1841, la médaille de Copley. Depuis cette époque,'une foule de physiciens se mirent à l’œuvre pour vérifier ces lois, mais en ne les considérant que dans les conditions où il les avait placées, et naturellement elles ne furent vérifiées qu’autant que pouvaient le permettre les réactions secondaires qui accompagnent toujours les manifestations électriques et dont Ohm n’avait pas tenu compte. Mais on put s’assurer que les anomalies que l’on pouvait signaler ne voilaient pas sensiblement les grandes lois qui avaient été posées, et à partir de ce moment les lois de Ohm devinrent classiques.
- (q Voici ce qu’écrivait M. Peltier à l’Académie des sciences clans sa séance du 14 octobre i835, à l’occasion d’un rapport de M. Gauss, lu le 14 février i835, à la Société de Gœttingue, rapport dans lequel il dit que tous ses essais ont prouvé que, conformément à la loi posée par Ohm, la résistance dans les fils de même métal est toujours directement proportionnelle à leur longueur et en rapport inverse avec la surface de leur section transversale.
- « Les physiciens, écrit Peltier, ont cherché vainement à ramener à des lois la conductibilité électrique des fils métalliques selon leurs longueurs et leurs diamètres; la diversité des résultats devait faire soupçonner l’existence d’une cause d’erreur dont on n’avait pu tenir compte jusque-là et qu’il fallait reconnaître avant de produire des essais. Ce n’est donc pas sans surprise que nous avons vu formuler en loi générale un fait particulier par un esprit aussi judicieux que celui de M. Gauss. Celle persévérance à se maintenir dans la fausse route est due aux hypothèses reçues sur la cause des phénomènes électriques..... »
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- ' Bien que les l'ails que nous venons de signaler soient connus de la plupart de nos lecteurs, nous avons pensé qu’il ne serait pas sans intérêt pour eux d’avoir une idée des controverses qui se produisirent dans les différents centres académiques de l’Europe à l’époque où Ohm enfanta de prime-saut toute sa théorie, de laquelle il put déduire mathématiquement toutes les lois de îa propagation électrique.
- Georges-Simon Ohm naquit à Erlangen le 16 mars 1787. Sa famille habitait cette ville depuis un siècle et tous ses parents avaient exercé de père en fils le métier de serrurier. Georges-Simon lui-même, ainsi que son jeune frère Martin, étaient destinés à suivre lamême profession, mais leur pèreWolfgang Ohm était un homme qui avait le goût de l’étude et voulut que ses enfants reçussent un certain degré d’instruction, et, en dehors des cours de l’école primaire, il leur transmettait les quelques notions d’algèbre, de géométrie et de physique qu’il possédait. Un jour, le savant mathématicien Langsdorff, ayant remarqué l’aptitude extraordinaire aux sciences que montraient les deux apprentis serruriers, leur donna une instruction plus sérieuse et fit admettre, à seize ans, Georges-Simon à l’Université d’Erlangen, d’où il sortit pour être attaché à une institution en Suisse et exercer le professorat à Neufchatel. Après quelques années, en 1811, il revint à Erlangen pour devenir ensuite professeur de mathématiques à l’Académie de cette ville, puis à l’Ecole royale de Bamberg, puis, en 1817, au grand collège des Jésuites de Cologne. C’est là qu’il médita sa théorie des courants électriques, qu’il publia à Berlin, en 1827, sous le titre de Théorie mathématique du circuit galvanique.
- Ce travail, qui lui a valu sa grande réputation, 11e fut d’abord pour lui qu’une source de disgrâces qui le forcèrent d’abandonner sa position de professeur à Cologne et le rejetèrent dans une vie de privations et de misère dont il ne fut tiré que sept ans plus tard, en i833, par le gouvernement bavarois qui le nomma professeur à l’Ecole Polytechnique de Nuremberg. Ce ne fut toutefois que plus tard encore que son mérite fut reconnu, à la suite surtout de la récompense que lui accorda en 1841 la Société Royale de Londres. En 1849, Ohm quitta l’Ecole Polytechnique de Nuremberg pour aller à Munich où il parvint à la chaire de physique expérimentale de l’Université. Ce fut là qu’il mourut le 7 juillet 1854 à la suite d’une attaque d’apoplexie.
- Nous ne pouvons mieux faire pour montrer l’importance des travaux de Ohm et l’injustice des controverses dont ces travaux furent l’objet, que de rapporter les considérants de la décision prise par la Société Royale pour lui accorder la médaille de Copley.
- « Le Conseil a décerné la médaille de Copley pour la présente année au docteur G.-S. Ohm, de
- Nuremberg, pour ses recherches relatives aux lois des courants électriques. Ces recherches sont contenues dans divers Mémoires qui ont été insérés dans le Journal de Schweiger et les Annales de Poggendorff, et dans un ouvrage séparé qui a été publié à Berlin dans l’année 1827, sous le titre : Die galvanische kette mathematisch bearbeitet. Dans ces ouvi'ages, le docteur Ohm a établi, pour la première fois, les lois du circuit électrique, sujet d’une importance immense et jusqu’alors enveloppé de la plus grande obscurité. Il a fait voir que les distinctions vagues établies entre la tension et la quantité n’ont pas de fondement, et que toutes les explications tirées de ces considérations sont absolument erronées. Il a démontré tout à la fois par la théorie et l'expérience que l’action d’un courant est égale à la somme des forces électomotrices, divisée. par la somme des résistances, et que l’effet reste toujours le même quand ce quotient reste le même, quelle que soit la nature du courant, qu’il soit voltaïque ou thermo-électrique. Il a aussi donné les moyens de mesurer avec précision les résistances séparées et les forces électromotrices du circuit. Ce s recherches ont jeté une grande lumière sur la théorie des courants électriques, et, bien que les travaux de Ohm soient restés dans l’oubli pendant plus de dix ans (Fechner étant le seul physicien qui, dans cet espace de temps, ait admis et confirmé ses vues), dans ces dernières années, Gauss, Lenz, Jacobi, Poggendorff, Henry et beaucoup d’autres savants éminents ont reconnu l’importance considérable de ses recherches et en ont tiré un très grand parti pour la conduite de leurs propres travaux... Les savants de ce pays qui ont le plus d’expérience dans les recherches relatives à l’action voltaïque rendent témoignage des services que leur a rendu la théorie de Ohm, et constatent la concordance parfaite qui existe toujours entre cette théorie et les phénomènes observés. »
- Pour apprécier la valeur de cette décision, il huit se rappeler que la Société Royale comptait dans son sein les hommes les plus compétents en matière d’électricité, et Faraday entre autres.
- Depuis l’année 1827, époque à laquelle Ohm publiait son mémoire devenu célèbre, jusqu’en 1837, époque à laquelle M. Pouillet publiait les résultats des expériences qu’il avait entreprises pour déterminer les lois des courants électriques, les physiciens des divers pays, la plupart ignorant le travail de Ohm, faisaient des recherches de leur côté ; mais ne se rendant guère compte des éléments qui étaient en jeu dans leurs expériences, ils arrivaient à des conclusions impossibles. Ainsi en i832, nous voyons dans le résumé des travaux de la Société Royale de Londres un mémoire de M. Christie qui était arrivé à établir que l’intensité des courants varie en raison de la masse du fil et en raison inverse du carré de sa longueur. D’un autre côté, suivant
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- MM. Cumming et Barlow, la variation devait avoir lieu en raison directe du diamètre et en raison inverse de la racine carrée de la longueur. Enfin, suivant MM. Becquerel et Pouillet, elle devait être en raison directe du carré du diamètre et en raison inverse de la simple longueur. Cette dernière loi est celle de Ohm, celle qui est admise aujourd’hui, et.pourtant dans un mémoire présenté à la Société Royale de Londres le 28 mars, M. Ritchie la critique, prétendant que les physiciens français ont mal interprété leurs expériences, parce que, d’un cote ils ont voulu tirer d’une seule équation deux inconnues, et d’un autre côté parce qu’ils ont été induits en erreur par les fausses indications d’un galvanomètre ordinaire avec lequel les intensités ne peuvent être proportionnelles aux tangentes des angles de déviation en raison de la grosseur de son fil et de sa petite longueur. Tl prétend que les calculs sont plus exacts avec son galvanomètre à torsion et que la loi de Cumming et Barlow se rapproche beaucoup plus de la vérité dans les circonstances ordinaires ; mais il arrive en définitive à cette singulière conclusion, qu’il n’y a pas à proprement parler de loi de conductibilité dépendant du diamètre et de la longueur du fil, parce que les résultats varient selon les dimensions des plaques des piles et l’énergie de la dissolution saline du liquide excitateur; qu’il n’y a pas non plus transport réel d’électricité et que tous les phénomènes dépendent de l’arrangement définitif du fluide électrique le long du fil conducteur.
- Aujourd’hui que les lois de Ohm mille fois vérifiées nous sont devenues familières, nous avons peine à comprendre des assertions aussi erronées de la part de physiciens d’un mérite pourtant incontestable, mais il faut qu’on s’imagine qu’à cette époque on ne tenait pas compte de la résistance du générateur électrique et que la loi formulée d’abord par Ohm, puis par MM. Pouillet et Becquerel, ne s’appliquait qu’à un circuit dans lequel on faisait intervenir la résistance du générateur réduite en unités de même ordre que celles du fil conducteur, en un mot qu’à un circuit de résistance réduite. La particularité signalée par M. Ritchie des variations dépendant dé la grandeur des plaques de la pile et de la concentration du liquide acidulé auraient dû pourtant le mettre sur la voie, et il n’aurait eu qu’à ouvrir les mémoires de Ohm pour reconnaître immédiatement pourquoi ses conclusions étaient fausses.
- Du reste, il semble qu’à l’époque dont nous parlons, c’est-à-dire vers i835, tous les physiciens se soient donné le mot pour embrouiller les lois des courants électriques. Ainsi nous voyons que dans une note présentée à l’Acadénne le 12 octobre i835, Peltier,-physicien pourtant très habile, critique de la manière la plus incroyable les lois de Ohm soutenues par l’illustre Gauss,
- Après avoir rappelé la grande variété des résultats obtenus par les physiciens, il avance qu’il faut chercher la cause de ces discordances dans l'espèce d’électro-moteur employé. Suivant lui c’est là le principal élément du phénomène, et si on l’a oublié, c’est qu’on était fasciné par les hypothèses reçues sur l’origine de l’électricité. « Dès l’instant, dit-il, que tous les effets électriques furent le produit de l’action d’un ou de deux fluides spéciaux, il fallut placer ces fluides dans les corps, les y enchaîner avec des puissances actives ou virtuelles selon le besoin ; il fallut douer les corps eux-mêmes d’aptitudes différentes pour les contenir ou leur livrer passage. Ces hypothèses n’ayant pas suffi pour expliquer tous les faits dont la science s’est dernièrement enrichie, on a eu recours à des ondes électriques, imitation des ondes lumineuses; mais tout cela n’a fait que déplacer la difficulté, puisqu’il faudrait loger et conserver les ondes comme il fallait loger et conserver les fluides. »
- Ainsi d’après M. Peltier, c’est de la création imaginaire de fluides électriques spéciaux et permanents que sont venues de fausses idées sur les écoulements plus ou moins faciles. Pour prouver que les faits ne se prêtent pas aux formules, M. Peltier, joint à sa note des tableaux qui démontrent en effet qu’il y a de très grandes différences entre les pertes éprouvées par un courant qui traverse diverses longueurs d’un même fil selon l’espèce d’électro-moteur employé et même selon la température du même électro-moteur.
- Ce qui est le plus curieux, c’est que M. A. De la Rive dont personne ne suspectera la compétence en matière d’électricité écrivait le 20 octobre i835 à M. Arago la lettre suivante dans laquelle il partage l’aveuglement dans lequel étaient à cette époque les physiciens.
- « J’ai lu dans le Compte rendu de la séance de l’Académie des Sciences du 12 octobre, que M. Peltier a trouvé des différences dans la faculté que possèdent à vaincre les mêmes résistances des courants primitivement égaux, mais provenant de sources différentes. Ce résultat me paraît tout à fait d’accord avec mes idées et propre à confirmer ce que j’ai dit sur la nature individuelle caractéristique de chaque courant. Je rappellerai aussi que j’avais déjà en 1828 montré que la conductibilité des corps pour l’électricité n’est pas une propriété absolue, mais qu’elle varie avec l’intensité du courant et le plus ou moins grand nombre de couples qui le produit, tellement qu’une substance plus conductrice qu’une autre pour une certaine intensité de courant peut devenir moins conductrice que cette autre pour une intensité différente ou pour un courant de même intensité, mais provenant d’une pile composée d’un nombre de paires qui n’est pas le même.
- « Puisque j’ai encore l’occasion de dire quelques
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- mots, je désire en profiter pour expliquer plus clairement comment je compare les'intensités relatives des courants dus à des actions chimiques différentes, en me mettant à l’abri de l’infliience du nombre ou de la quantité de ces courants qui pourrait n’être pas la même dans les cas qu’on voudrait comparer. Le moyen le plus simple et que j’ai le plus fréquemment employé consiste à faire agir un liquide sur un corps composé; chaque atome composé donne lieu à deux courants inverses, l’un qui provient de la décomposition de l’atome, l’autre de la nouvelle combinaison qui remplace la première. Ces deux courants sont simultanés et le sens de la déviation de l’aiguille du galvanomètre indique lequel des deux est le plus fort. Il est clair qu’il y a ici autant de courants dus à l’une des actions que de courants dus à l’autre, et que, par conséquent, les différences d’effet ne peuvent être attribuées qu’à des différences dans les intensités individuelles de chaque courant et non à des différences dans leur nombre. »
- . On a peine à comprendre comment un esprit aussi sagace n’a pas vu qu’il fallait tenir compte de la résistance des électro-moteurs dont Ohm avait pourtant parlé dans ses mémoires de 1827.
- C’est à la séance du 20 février 1837 de l’Académie des Sciences que M. Pouillet présenta son premier mémoire sur les lois des courants électriques. Dans ce mémoire il commence d’abord par donner la description des deux systèmes galvano-métriques qu’il a employés pour mesurer l’intensité des courants électriques, appareils auxquels il a donné le nom de boussole des tangentes et de boussole des sinus et qu’il peut rendre plus ou moins sensibles par le nombre de spires du multiplicateur galvanométrique. Il montre que l’intensité d’un courant avec le premier instrument est proportionnelle à la tangente de l’angle de déviation de l’aiguille, et au sinus de cet angle quand on fait usage du second appareil.
- Pour déduire les lois des courants avec ces instruments, il ajoute successivement au circuit d’une pile constante telle que celle de Becquerel, plusieurs longueurs égales d’un fil métallique soigneusement isolé et présentant exactement le même dia-mètre, puis il prend exactement les déviations fournies par sa boussole avec ces différentes longueurs, mais il a soin de faire observer qu’il ne suffit pas de considérer le fil ajouté au circuit primitif, et qu’il faut tenir compte du circuit primitif lui-même dont la résistance est, il est vrai, inconnue, et qu’on peut calculer. « En désignant par x, dit-il, cette résistance inconnue et en admettant que les intensités du courant sont en raison inverse des longueurs totales du circuit, on établit des équations de la forme —ï-, ^ etc., 'dans les-
- X-\-l X-\-2 X + 3
- quelles en substituant à x les tangentes des dévia-
- tions fournies par la boussole avec les longueurs 1,2, 4, 8, 16 et aux quantités #-{-1, J?-f-2, #-{-4, etc., la tangente de l’angle déterminé avec le circuit primitif sans addition des longueurs, 1, 2, 4, 8 etc., on peut déduire la valeur inconnue x qui est à peu près la même pour tous les rapports, et qui peut être considérée comme la résistance de l’élément. » Cette résistance était o,m52 du fil pris pour fournir les longueurs 1,2, 3, 4, 8 etc., qui en réalité étaient 5m, iom, 40“, 70“, et ioomde fil de cuivre de un millimètre de diamètre.
- En ajoutant cette résistance aux différentes longueurs expérimentées, M. Pouillet obtenait pour résistances totales 0,52, 1,52,2,52,4,52,8,52, 16,52 qui fournissaient des déviations calculées très rapprochées des déviations observées.
- M. Pouillet donne dans son mémoire plusieurs tableaux d’expériences qui ont confirmé l’hypothèse qui avait servi de point de départ aux formules qu’il avait posées, et il dut en conclure cette loi générale que l'intensité d'un courant produit par un seul élément est en raison inverse de la longueur réelle du circuit.
- Des expériences analogues lui ayant permis de démontrer que la résistance de l’élément ou la longueur primitive du circuit est exprimée par des longueurs qui sont proportionnelles à la section et à la conductibilité du fil qui compose la longueur apparente du circuit, il en conclut que l’intensité d’un courant produit par un élément peut être exprimée par la formule générale
- csr + es__
- csr +1 '
- c représentant la conductibilité du circuit, s sa section, l sa longueur apparente et r la résistance de l’élément pour un circuit dont la conductibilité et la section sont prises pour unité.
- M. Pouillet déduit' de cette formulle que le courant produit par un élément est capable d'un effet électrodynamique constant.
- • Dès ce premier mémoire M. Pouillet, avait abordé la question des courants dérivés et avait déduit de ses expériences 4 lois qu’il résume de la manière suivante :
- i° Aussitôt que l’on fait une dérivation, le courant primitif, celui qui existait avant la dérivation, augmente d’intensité : ainsi le courant principal est toujours plus fort que le courant primitif;
- 20 L’intensité du courant dérivé est proportionnelle à la distance des points de dérivation ;
- 3° A distance égale, elle est en raison inverse de la section et de la conductibilité de la portion du circuit où se fait la dérivation ;
- 40 La somme des intensités du courant partiel et du courant dérivé est toujours égale à l’intensité du courant principal.
- De ces lois et de celles qu’il avait primitivement
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- établies, M. Pouillet arrive aux formules suivantes pour exprimer les intensités x, y, z du courant principal, du courant partiel et du courant dérivé :
- x = T(M + 0
- pk -x- 1 — 11'
- 1 />/; + 1 — 11’
- formules dans lesquelles T est l’intensité du courant primitif, n la fraction qui exprime le rapport de la distance des points de dérivation et de la longueur totale du circuit, k le rapport de la longueur du fil qui fait la dérivation et de la distance des points de dérivation, p le rapport des sections du circuit et du fil de dérivation, ces sections étant réduites si la conductibilité est dilférente.
- A la fin du même mémoire, M. Pouillet examine ce que deviennent les lois des courants quand la pile se compose de plusieurs éléments ; il procède d’abord par l’expérience et il démontre que dans ce cas le courant du premier élément n’a pas seule ment à traverser les conducteurs de l’appareil, mais qu’il doit traverser encore les autres éléments et s’affaiblir proportionnellement à la longueur du fil qui représenterait la résistance de ces éléments. Par conséquent pour connaître son intensité individuelle lorsqu’il fait partie de la pile, il faut la calculer d’après la longueur réelle du nouveau circuit qu’il parcourt, et il en est de même de tous les autres éléments. En faisant ces calculs et en ajoutant les intensités individuelles des éléments ainsi calculés, on retrouve toutes les intensités observées soit pour une pile seule soit pour lés divers circuits.
- « En généralisant ces résultats on arrive à la formule suivante qui exprime l’intensité' d’une {file quelconque au moyen des intensités individuelles de ses éléments.
- rl h + r2 h -j-..rH fn
- n + r2 +....ru —(11—1) a +1
- r{ r2... r„ sont les résistances des éléments; tt /2... lu les intensités individuelles;
- a la longueur du fd qui représente la résistance de la boussole;
- / la longueur du fil ajoutée au circuit de la pile.
- « Ainsi, ditM. Pouillet, les principes démontrés pour un élément s’appliquent à une pile composée d’un nombre quelconque de paires. »
- M. Pouillet part de là pour expliquer ce que l’on appelle la tension de la pile et comment les formules peuvent s’adapter à une pile dont les éléments sont réunis pôle à pôle ; il démontre qu’a-lors l’intensité du courant peut être exprimée par
- _________r2r3........r,, (/t /2 +..<„ )._______
- ri r2....rn -f / (r2 r3.... rn + 1\ r3 .rn + etc.)
- et pour le cas où tous les éléments auraient la même intensité et la même résistance, cette formule devient
- nrl
- r + ni
- d’où il résulte que pour l = o l’intensité est nt ; mais aussitôt que l’on ajoute au circuit des éléments eux-mêmes une longueur l d’un fil équivalent seulement à n fois la résistance r de l’un des éléments, l’intensité, devient
- 111
- 1 -f «3
- c’est-à-dire que dans ce cas elle diminue très rapidement à mesure que l’on augmente le nombre des éléments, si bien que l’intensité d’un seul élément pourrait être presque 10 fois plus grande que l’intensité d’une pile de 10 éléments.
- « L’ensemble des expériences contenues dans ce mémoire, dit M. Pouillet, conduit en dernier résultat à ces deux lois générales qui sont d’une simplicité remarquable ;
- « i° Une source d’électricité est capable d’un effet électro-dynamique constant, quelles que soient la nature et l’étendue du circuit métallique traversé par le courant qu’elle produit ;
- « 20 Lorsqu’on réunit plusieurs sources électriques leurs effets s’ajoutent ou se superposent sans se modifier. »
- Un peu plus tard, le 22 mai 1837, M. Pouillet présenta à l’Académie un nouveau mémoire dans lequel il étudie au point de vue des lois qu’il avait formulées, les différentes espèces de piles, et pour cela il cherche à déterminer les conductibilités des divers liquides qui y entrent et la quantité d’électricité nécessaire pour décomposer un gramme d’eau; mais il se trouve naturellement conduit par cette étude aux lois des piles qu’on trouve ainsi formulées dans son mémoire :
- « i° La tension d’une source quelconque est indépendante de la grandeur des éléments qui la composent;
- « 20 Dans une pile quelconque, la tension est toujours égale à la somme des tensions de toutes les sources et de tous les éléments qui la composent ;
- « 3° La quantité d’électricité nécessaire pour dé composer 1 gramme d’eau est constante et indépendante de l’intensité du courant, elle représente une quantité i3 787 fois plus grande que celle qui passe en une minute dans un circuit bismuth et cuivre de 20 mètres de fil de cuivre de 1 millimètre avec une différence de températures de ioo° aux soudures. »
- Quand on compare les formules qui précèdent aux formules si simples de Ohm et quand on considère que l’un des éléments les plus importants de ces formules, la force électro-motrice du générateur n’y figure pas, on ne peut comprendre que le travail de M. Pouillet ait pu suivre à un intervalle
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- de io ans la magnifique conception de Ohm; il est certain qu’il en était un diminutif, et lorsque M. Pouillet se défendait en 1845, de s’être inspiré de Ohm, il 11e disait évidemment que la vérité, car s’il s’en était inspiré il aurait placé ses formules dans des conditions plus rationnelles. Toutefois, nous ne comprenons pas qu’après avoir pris connaissance des travaux de Ohm, M. Pouillet ait pu écrire dans une note insérée aux Comptes rendus de 1845 (tome XX, p. 210) la phrase suivante : « C’est lui (Ohm) qui a été le premier à poser la « question, et sans savoir qu’il l’eût posée, j’ai été « le premier à la résoudre... Il avait montré le but « d’une manière vague par le calcul; je l’ai vu, de « mon côté, d’une manière nette, et je l’ai touché « par l’expérience. » Quoi qu’il en fût, comme toutes ses déductions étaient le résultat d’expériences bien faites, que pour les mener à bien il dut imaginer des rhéomètres ingénieux qui sont devenus d’un usage continuel chez les expérimentateurs, on ajouta plus de foi à ses déductions qu’aux conséquences formulées d’une théorie savamment élaborée, et comprenant un ensemble complet de toutes les questions se rapportant à la propagation de l’électricité; et c’est pourquoi M. Pouillet eut de suite un succès qui ne devait plus tard profiter qu’à son rival. Ce qui est certain, c’est que de 1837 à 1845 les lois des courants électriques furent professées en France sous le nom de lois de Pouillet, et quand les formules de Ohm nous arrivèrent avec toute leur simplicité, nous les adoptâmes avec enthousiasme ne comprenant pas qu’on ne les eût pas enseignées plutôt. Mais là ne devait pas s’arrêter le succès des travaux de Ohm.
- A l’époque où on se décida à rendre enfin hommage à sa théorie, les physiciens n’avaient eu égard qu’à la partie de ses travaux concernant la période permanente de la propagation électrique; ici encore les physiciens guidés par certaines idées théoriques qui tendaient à établir un lien entre la lumière et l’électricité, voulurent trouver une vitesse de propagation à l’électricité, ce qui excluait l’idée d’une période variable assimilable à celle de la chaleur. Mais les chiffres discordants qu’on obtint donnèrent à réfléchir aux esprits sans idées préconçues, et quand, en 1859, M. Gaugain démontra par expé-. rience que la propagation électrique comme la chaleur passait par une période variable dont il formula quelques-unes des lois, on se reporta aux mémoires de Ohm, et on y trouva non seulement les conditions dans lesquelles elle s’opérait, mais encore les lois qui la gouvernaient et qui avaient été formulées mathématiquement. Dès lors toute la théorie de Ohm fut admise dans son entier et devint classique. Mais que de difficultés pour faire triompher la vérité même quand elle se présente dans toute sa simplicité! ! !
- Txi. du Moncee.
- SUR UN ESSAI DE LOCOMOTION
- PAR
- L'EMPLOI DES ACCUMULATEURS
- Il a été fait dernièrement à Paris un certain nombre d’essais de traction sur les tramways par l’application des accumulateurs. Le trajet parcouru était compris entre la place de la Nation et la place de l’Etoile par les boulevards extérieurs. D’après les renseignements, l’expérience paraît avoir réussi ; on fait bien quelques petites réserves, les voyageurs seraient descendus à une montée, etc., mais ce sont là de menus détails après tout ; en somme le trajet a été effectué, on a pu démarrer, même sortir des rails et y rentrer. C’est donc un résultat qui doit être considéré comme satisfaisant.
- Reste toujours la question grave : « Quel est le prix de revient ? »
- J’ai reçu sur ce sujet un document émanant de M. Philippart directeur de la Compagnie « The Frencli Electrical Power Storage. La pièce est adressée à l’un des administrateurs de la Compagnie des tramways, mais elle a été envoyée directement à diverses personnes parmi lesquelles je me trouve ; l’intention de l’auteur est évidemment d’appeler l’attention et l’examen sur cette note, il le dit du reste en terminant.
- Il convient d’abord de reproduire in extenso le document en question pour en discuter ensuite les divers points un à un. (Pour ordre j’ai indiqué les divers paragraphes avec des lettres de renvoi).
- The French Electrical Power Storage
- CO LIMITED
- 5, Avenue de l'Opéra, 5, Paris
- Paris, le 8 juillet i883.
- A Monsieur L. Marsillon, Ingénieur, administrateur et membre du Comité de direction de la Compagnie générale des omnibus, à Paris.
- Cher Monsieur,
- Vous avez eu l’obligeance de me féliciter sur le succès de nos expériences de traction des voitures de tramways par l’électricité; vous avez ajouté que ce succès vous paraissait complet. Mais, comme tout le monde, vous m’avez posé la question : a Quel est le prix de revient > » C’est de cette question capitale que je vais vous entretenir, en vous donnant les indications et les chiffres qui vous permettront de l’établir vous-même.
- C’était jeudi dernier la cinquième fois que nous avons effectué le trajet de la place de la Nation jusqu’à la place de l’Etoile par les boulevards extérieurs. Bien que la voiture fût bondée (son poids total, tout compris, était, au moins, de dix tonnes et les ressorts pliaient), bien que les rails fussent dans l’état que vous savez, les ornières pleines de la poussière ramassée par les balayeuses, sans parler des rampes de deux à cinq centimètres, le trajet a été effectué en uü heure. Le relevé des galvanomètres et des voltmètres con-tate que notfs avons dépensé, en moyenne, pendant toute i la durée du trajet, toutes compensations faites, une force
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- égale à 10 chevaux électriques (un cheval électrique = 750 . ampères volts).
- Nous avons donc utilisé, pendant une heure, un cheval électrique par tonne, pour faire un trajet de 11 kilomètres avec une machine qui rendait un coefficient de 70 0/0 de travail utile.
- Au moyen de ces indications, tout ingénieur peut se rendre compte à quel point les conditions dans lesquelles nous nous sommes trouvés, étaient mauvaises. Néanmoins, c’est sür un effort égal à un cheval électrique par tonne traînée, que nous établirons nos calculs.
- (a) Partout, je prendrai les maximums actuels, laissant à l’avenir toutes les améliorations et réductions. Nous calculerons à 25 0/0 la perte d’électricité, à la charge et à la décharge des accumulateurs,, bien que les professeurs Thompson, Ayrton et Morton n’aient constaté que 20, 18 et même 10 0/0 de perte.
- (b) Enfin, nous compterons qu’une tonne d’accumulateurs peut débiter seulement 3o chevaux électriques heure, alors que nos expériences en donnent 40.
- Sur toutes ces prémisses, il ne peut y avoir contestation, la vérification en étant possible tous les jours dans nos usines.
- Il ne reste donc plus qu’à établir le prix coûtant des accumulateurs, des machines dynamo, leur entretien et leur durée.
- (c) La machine dynamo coûtera 2 5oo fr. pour une force effective de 12 à i5 chevaux. Son entretien consiste dans le remplacement des balais et l’usure des coussinets. Toute la dépense importante réside donc dans le prix et l’entretien des accumulateurs, et c’est là, sans doute, l’objet principal de vos préoccupations.
- (d) Ici encore et surtout, je vais vous donner bonne mesure. En dehors du prix du brevet et de la boîte qui contient le plomb, ce métal qui constitue l’accumulateur, coûte tout fabriqué en plaques de dimensions propres à l’usage de la traction 600 francs la tonne (nous avons un traité à forfait à ce prix). Les plaques hors d’usage nous sont reprises à 25o fr. la tonne.
- Vous savez, comme moi, que dans un accumulateur, la plaque négative jouit d’une durée à peu près illimitée; la plaque positive seule, après, une durée de 4 à 12 mois, devient impropre au service, parce que tout le plomb se péroxyde et qu’elle n’a plus de conductibilité. Sans doute, un jour ou l’autre, un remède sera trouvé à ce défaut; en attendant, mettons les choses au pire, et disons que trois fois par an, soit tous les quatre mois, nous changerons les plaques positives, c’est-à-dire la moitié du poids des accumulateurs. Nous avons donc à compter 1 1/2 tonne par tonne et par an; à 600 fr. par tonne, cela fait 900 fr. dont nous avons à déduire 1 1/2 tonne à 25û fr. = fr. 375. Reste une dépense annuelle de 525 fr. par tonne; disons 600 fr. avec la main-d’œuvre.
- Vous avez maintenant tous les chiffres et tous les éléments nécessaires pour établir le prix coûtant par jour et par voiture. Permettez-moi de vous y aider en vous expliquant comment je crois que nos procédés doivent %être appliqués pour en tirer tout le parti possible.
- Et d’abord, je me garderai bien de toucher en rien à vos voitures pôur y placer nos machines et nos accumulateurs, comme nous l’avons fait sur la voiture d’expériences. Je remplacerai les chevaux par un truc électrique de 2 mètres de large sur 4 mètres de long, prenant juste la même place que les chevaux: au-dessus des roues, un espace de 75 centimètres de hauteur contiendra la machine et les accumulateurs, et sur le tout sera installé un compartiment de voiture, capitonné, élégant, où s’installeront 12 voyageurs payant 5o centimes pour toutes destinations. Ce compartiment rapportera certainement 5o francs par jour.
- Voyons maintenant ce que nous aurons à dépenser en capital d’abord, puis en frais d’exploitation et d’amortissement.
- Pour chaque voiture en service, il nous faudra deux trucs capables chacun de faire un travail de 5 heures ou un parcours de 60 kilomètres, sans être rechargés.
- Vos voitures actuelles de 5o voyageurs avec plein chargement pèsent 7 tonnes; les trucs pèseront 0 tonnes :
- Essieux et charpente..................21/2 tonnes.
- Accumulateurs et machines. . . '......11/2
- Voyageurs............................. 1 —
- Total..........8 tonnes.
- Dont 3 tonnes d’accumulateurs.
- (e) Comme nous avons i5 tonnes à traîner, il nous faut une force de i5 chevaux électriques, soit, pour 5 heures, 75 chevaux-heure. Nous avons vu plus haut qu’une tonne d’accumulateurs rendait 3o chevaux-heure ; avec 3 tonnes, nous aurons donc 90 chevaux-heure, soit une réserve- de i5 chevaux-heure. Vous voyez que je vous accorde la bonne mesure promise.
- (/) Chaque truc coûtera 10000 francs tout compris, c’est donc une dépense de 20 000 francs par voiture en service, c’est-à-dire exactement ce que vous coûtent aujourd’hui vos chevaux et vos harnais. II restera comme bénéfice la moitié au moins des dépôts qui pourront être supprimés, moins la dépense d’installation des machines fixes pour la charge des accumulateurs, dépense qui ne dépassera pas 5 000 francs par voiture en service.
- Nous arrivons maintenant aux frais d’exploitation que nous divisons en trois chapitres :
- i° La force motrice;
- 20 L’intérêt et l’amortissement du capital employé;
- 3° L’entretien des accumulateurs.
- (g) Pour chaque journée de voiture, il nous faut i5o chevaux-heure électriques, soit 200 chevaux-vapeur-heure, par suite de la perte de 25 % admise plus haut.
- (h) Je n’ai pas besoin de vous démontrer que pour charbon, huile, main-d’œuvre, entretien et amortissement, un cheval-vapeur-heure, produit en grand, ne coûte pas 5 centimes.
- (i) A ce prix, c’est 10 francs par jour que nous coûtera la traction; j’ajoute 5 francs pour huile, graisse et entretien de la machine dynamo, des trucs. C’est en tout i5 francs pour la force motrice.
- (k) Nous avons ensuite l’intérêt et l’amortissement d’un capital de 25 000 francs par voiture en service : comptons 12 %, soit 3 000 francs par an et par voiture.
- Enfin, 6 tonnes d’accumulateurs à 600 francs pour l’entretien, cela fait 3 600 francs par an et par voiture. Ajoutons à ces deux derniers chiffres 700 francs par an et par voiture pour frais généraux, cela fera en chiffre rond 20 francs par journée de voilure.
- (/i) Vous voyez que, quoique je fasse pour forcer mes chiffres, je n’arrive qu’à 35 francs par journée de voiture; et comme mon remorqueur rapportera au moins 5o francs, je puis encore me tromper de i5 francs par jour et traîner votre voiture pour rien.
- Mais ce n’est pas le seul bénéfice que je vous apporte.
- Et les 3o kilomètres de parcours en plus !
- Et la possibilité d’augmenter à certaines heures et à certains jours le nombre des voitures en service!
- Et la création possible de voitures spéciales faisant, pendant les premières et dernières heures de la journée, un service à prix réduit pour le transport des ouvriers!
- J’espère, cher monsieur, avoir répondu à votre question d’une manière satisfaisante. Je publie cette lettre et la livre sans crainte à la critique des ingénieurs, des électriciens et de toutes personnes compétentes. Je suis persuadé que tous diront que mes chiffres sont exagérés et qu’ils laissent pour l’avenir un vaste champ aux améliorations de toute nature. Nous parlerons plus tard de la traction des voitures sur route. En attendant, je vous serre la main.
- S. PllILlPPART.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- D’abord la somme de travail électrique dépensée pour la traction paraît, il est vrai assez élevée, mais non après tout autant qu’on pourrait le croire : l’auteur suppose que sa machine rendait en travail mécanique 70 0/0 du travail électrique qu’elle recevait, cela est très peu probable, de pareils rendements n’ont jamais été sérieusement constatés il est fort probable qu’elle donnait mécaniquement de 35 à 45 0/0. On aurait donc dépensé
- en moyenne moins de cheval par tonne traînée ;
- en tenant compte des montées, des démarrages qui sont très fréquents, cela ne paraît pas très exagéré. Au reste, il n’y a pas à discuter, c’est un chiffre d’expérience, M. Philippart l’accepte, et nous devons l’accepter avec lui. Nous admettrons donc qu’on dépense un cheval-électrique-heure par tonne de poids traîné.
- (a) MM. Thompson, Ayrton, et Morton ont trouvé que la perte d’électricité dans les accumulateurs allait de 10 à 20 0/0 ; ces messieurs étaient sans doute très bien placés pour le savoir puisqu’ils sont ou ont été ingénieurs conseils des Sociétés exploitant les accumulateurs. MM. Potier et Tresca, Hallwachs, Aron, et autres ont trouvé chacun de leur côté à la suite de nombreuses expériences dont les résultats ont été publiés dans ce journal que cette perte variait de 40 à 80 0/0. Leurs opinions concordantes sont incontestablement d’une très grande valeur, nous sommes obligés d’en tenir compte : 400/0 de perte est une proportion au moins probable, et il est prudent de calculer en partant de cette base.
- (b) Les expériences récentes de M. Hallwachs, de M. Aron, concordant parfaitement avec celles que nous avons faites il y a trois ans, M. Hospitalier et moi, établissent qu’un kilogramme d’accumulateur dans de bonnes conditions et bien chargé peut restituer de 3 000 à 3 5oo kilogrammètres ; je ne connais pas les expériences dont parle M. Philippart je dois me baser sur ce que je connais. Dans ces conditions une tonne d’accumulateurs peut donner 3 5co 000 kilogr. c’est-à-dire 12,9 chevaux-vapeur-heure, soit i3 chevaux-heure.
- (c) Une machine dynamo d’une force effective de 12 à i5 chevaux ne peut se trouver, parmi les machines existantes (Gramme ou Siemens), que dans les plus grands types, et ces appareils coûtent de 10 à i5 000 francs. Il est probable, il est certain que dans quelque temps on en aura de beaucoup moins coûteuses, mais nous devons nous placer dans les conditions actuelles.
- (dj nous avons déjà été en désaccord avec la Société des accumulateurs sur le prix de revient de ces appareils. Je vois avec regret que le dissentiment continue; le prix indiqué dans le document est visiblement beaucoup trop bas : l’auteur ne compte
- absolument que le plomb, il y a bien autre chose ; dans les accumulateurs Faure, il y avait le minium, les draps ou les cartons d’amiante. N’y en a-t-il plus dans les nouveaux? Soit, mais alors il y a la formation, et celle-ci coûte plus cher que le minium : il y a les boîtes, la peinture, etc., la main-d’œuvre enfin, qui est fort importante; nous avions établi d’après des évaluations très exactes et très modérées que l’accumulateur de 60 kilos valait au plus bas 100 francs, ce qui porterait la tonne à 1 660 francs; je puis bien, si l’on veut, compter 1 200 francs, mais vraiment, il ne m’est pas possible raisonnablement d’aller plus loin : cela me paraît le dernier terme du bon marché.
- Il ne servirait à rien d’entrer dans la discussion détaillée de ce prix, ce serait fournir de nouveaux éléments à la contradiction ; nous sommes, comme on dit au tribunal, contraires en fait, chacun s’en tient naturellement à son opinion; je ne nourris aucunement le fol espoir de ramener ces messieurs à mon avis, mais je n’en puis changer, ayant toutes raisons, après mûr examen, de le juger fondé. Je compterai donc la tonne accumulateur à 1 200 francs.
- Le document suppose qu’on renouvelle les appareils tous les quatre mois, c’est tous les trois mois qu’il faut dire : toutes les expériences le prouvent (voir Hallwachs et Aron, etc.) : l’auteur déclare que les plaques positives seules doivent être remplacées, cela est loin d’être vrai; les plaques négatives souffrent moins, je le sais, malgré celà leur durée est encore limitée ; cependant comme il faut être large et, comme le dit M. Philippart, faire bonne mesure, j’admets la réfection par moitié; seulement je ne puis admettre alors que les plaques soient reprises pour une valeur quelconque ; si on les enlève, c’est qu’elles sont entièrement réduites en oxyde et en sulfate ; elles ne représentent plus qu’une sorte de bouillie de produits plombeux mélangés; sil’on refaisait complètement les accumulateurs, la revente pourrait s’opérer, les plaques négatives ayant encore une certaine valeur ; si au contraire, on n’enlève queles plaques hors service, il ne peut être question de revente. Nous avons donc à compter
- par an 4 fois l- tonne ou 2 tonnes de plomb à 600 fr.,
- reste la main-d’œuvre des quatre réfections; elle sera très modérément évaluée à 3oo francs : la dépense annuelle d’une tonne d’accumulateurs sera donc de 1 5oo francs.
- Il faut ici faire une remarque importante : la durée de trois mois de service a été observée les accumulateurs demeurant en place; on doit se demander si elle ne serait pas beaucoup raccourcie, les accumulateurs étant journellement soumis aux trépidations qu’entraîne le roulement ; quand on songe que ces appareils subsistent seulement par l’adhérence de corps divers qui ne sont que juxta-
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- posés, on se prend à douter qu’un service sérieux puisse être obtenu ; il serait nécessaire qu’une expérience de quelque durée vint écarter cette crainte..
- Le mode d’emploi indiqué par M. Philippart, c’est-à-dire des trucs distincts portant les accumulateurs et faisant office de locomoteurs en même que de voiture spéciale semble ce qu’il y a de plus pratique; je reprendrai donc son calcul en y introduisant les modifications nécessitées par les remarques faites ci-dessus.
- L’auteur admet que le truc portera trois tonnes d’accumulateurs; il paraît en effet difficile d’augmenter le poids de ce véhicule déjà évalué à 8 tonnes.
- (e) Nous avons donc i5 tonnes à traîner, il nous faut i5 chevaux électriques. Nous avons vu que une tonne accumulateurs donne i3 chevaux-heures (b), trois tonnes donnent 3g chevaux, soit deux heures et demie de service. Le document compte la journée de voiture tramway à 10 heures, je ne suis pas parfaitement au fait des usages en cette matière, mais ce chiffre est certainement trop bas; le service commence à 7 heures du matin pour finir à minuit et demi soit en tout 17 heures 1/2; toutes les voitures ne font pas tout le service, mais la moindre des journées ne peut être au-dessous de 12 heures; accepter ce chiffre comme moyenne sera très modéré. Chaque voiture demandera donc cinq trucs : il est vrai qu’on pourrait réduire ce nombre en les chargeant à mesure, mais cela supposerait comme on le verra plus loin une âugmentation 'dans les machines à vapeur et dans la dépense journalière; le résultat serait moins avantageux. Cinq trucs à 10 000 francs chacun donnent 5o 000 francs. J’accepte le prix de la note sans tenir compte de l’augmentation de prix des accumulateurs que j’ai signalée au paragraphe d. D’ailleurs, dans la note, ce prix est donné en bloc sans aucun détail, il est impossible de la discuter, il sera mieux de l’admettre tel quel, le calcul n’en sera que plus probant,
- (g) Pour chaque journée de voiture (12 heures) il nous faut 180 chevaux électriques heure; soit en raison de la perte de 40 0/0 (a) une production réelle de 3oo chevaux électriques heure. Nous savons que les machines génératrices rendent pratiquement 0,80 de l’énergie qu’elles reçoivent, le moteur à vapeur devra donc fournir 375 chevaux vapeur heure effectifs. La charge pourra être opérée pendant 20 heures de la journée, il faut donc, pour chaque voiture, une force de 16,5 chevaux-vapeur. Un cheval-vapeur avec de grosses machines, compris chaudières, etc., ne peut être établi à moins de 800 fr., c’est donc une dépense de 13200 fr. Ajoutez la machine génératrice qui, pour absorber 16,5 chevaux doit être d’un gros type et ne peut coûter moins de 70oofr. environ, nous aurons
- 20200,“ il faudrait ajouter les installations, les transmissions, etc. ; arrêtons nous si l’on veut à 20000.
- (h) Un cheval-vapeur heure peut être convenablement évalué àofr. o5, dît la note; soit.
- (i) Nous avons à payer 375'chevaux-vapeur heure, cela fait donc 18 fr. 75; ajoutons, comme, la note, 5 fr. pour graissage et entretien, soit en tout 23 fr. de dépense journalière.
- (k) Nous avons donc, en récapitulant, pour chaque voiture, une dépense de première installation composée de 5oooo fr. pour les trucs électriques, 20 000 pour les moteurs à vapeur, en tout 70000 : l’amortissement doit être compté, non à 12 0/0 mais au moins à i5 0/0; pour les voitures, matériel roulant, etc. ; on compte généralement 200/0. Cela donne io5oo fr., soit par journéee 29 fr.
- Par voiture, nous avons i5 tonnes d’accumulateurs, donc chacune entraîne une dépense de 1 5oo fr., soit en tout 22 5oo fr. ; par jour : 62 fr.
- La dépense journalière du matériel ressort donc à 91 fr., à quoi il faut ajouter 23 fr. pour le moteur, et, comme la note, 2 fr. pour frais généraux divers en tout 116 fr. de dépense journalière (bien entendu sans compter le personnel).
- Je dirai à mon tour : quoi que je fasse pour abaisser mes chiffres, je 11e puis trouver moins.
- J’entends immédiatement les réflexions qui seront faites : « Mais pourquoi discuter ces chiffres ; en admettant que vos résultats soient justes, quelle animosité vous pousse à nuire ainsi à des tentatives intéressantes ? »
- De l’animosité, je n’en ai aucune, bien loin de là, j’admire sincèrement la persistance et la fertilité de ressources avec lesquelles on renouvelle cette question des accumulateurs et on cherche à lui donner une vitalité; mais quand nous aurons nourri des illusions, en serons-nous plus avancés? quand l’administration des tramways, M. Philippart, le public et moi nous nous serons tous trompés ensemble, que s’ensuivra-t-il ? une grosse perte de temps, d’argent, un état moral déplorable, un recul de l’industrie électrique pour des années; voilà de beaux résultats ! Je vois distinctement que la voie où l’on s’engage est fausse, que charger des voitures de plomb pour les faire marcher ne peut être une ressource que s’il n’y en a pas d’autres, et il y en a d’autres; je vois que l’on s’égare, je puis le dire et je ne le dirais pas? Je me le reprocherais profondément; il n’y a là ni sympathie, ni antipathie, ni rien de ce genre, il y a la vérité qu’il faut dire quand on croit la tenir.
- Frank Geraldy.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ DE MUNICH
- LES MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQ.U ES
- Les machines dynamo-électriques occupaient dans le Palais de cristal de Munich une longue galerie, située à gauche du buffet, et que représente la figure 48. Là se trouvaient principalement les machines exposées pour elles-mêmes et servant uniquement à l’alimentation des différentes lampes. Un certain nombre d’autres machines, utilisées pour la force motrice, se trouvaient en diverses autres parties du palais.
- Machines à courant alternatif.
- Parmi ces diverses machines, celles à courants alternatifs étaient uniquement représentées par l’alternative de Gramme et par la machine bien connue de Siemens, accompagnée de son excitatrice ordinaire.
- L’alternative de Gramme étai texposée par la Direction générale des postes, et servait à alimenter quatre bougies Jablochkoff.
- Les alternatives Siemens, au nombre de quatre, étaient exposées par la maison L.-A. Riedinger d’Augsburg ; elles alimentaient des lampes à arc et à incandescence, qui éclairaient le jardin du restaurant, le vestibule, deux galeries et différentes pièces. Une autre machine du même type, installée dans la gare de la ville, fournissait en outre le courant à 5 lampes différentielles placées dans l’Exposition.
- Machines à courant continu.
- Les machines à courant continu étaient représentées d’abord par un type historique de la machine Gramme, la première qui ait été utilisée pour l’éclairage électrique, exposée par la Compagnie du chemin de fer du Nord.
- M. Schœnemann, de Munich, exposait également une machine Gramme, type d’atelier, de construction locale.
- Mais si la machine Pacinotti-Gramme n’était que peu représentée par elle-même, on en rencontrait dans l’Exposition un certain nombre de modifications.
- Nous citerons, en premier lieu, la machine Schuc-
- kert, qui est assez répandue en Allemagne, mais peu connue en France.
- Dans sa machine (fig. 49), M. Schuckert ne fait plus agir le champ magnétique sur la surface cylindrique de l’anneau. Il donne, au contraire, à cet anneau, une forme aplatie, celle d’un disque évidé en son milieu, et attaque latéralement les sections par des inducteurs placés des deux côtés de l’anneau. Cette disposition, déjà employée en 1874 pour une machine à galvanoplastie, par M. Siemens, et indiquée dans les brevets de M. Gramme (voir La Lumière Electrique, numéro du 14 décembre 1881), exige que les deux pôles opposés des inducteurs, entre lesquels tourne l’anneau, soient de même nom. Il faut alors, pour que les deux champs magnétiques qui agissent sur l’anneau soient bien distincts, et ne réagissent pas l’un sur l’autre, que le noyau de fer de l’anneau ait une notable épaisseur. Cette masse un peu forte, que l’on est ainsi forcé de donner à l’anneau, rend plus facile la production de courants intérieurs dans le fer, et c’est pourquoi M. Schuckert forme son anneau plat par la juxtaposition d’une série de couronnes de tôle mince isolées les unes des autres.
- Chacun des pôles inducteurs est muni d’une plaque de fer à peu près de la largeur de la couronne et qui forme un épanouissement du pôle sur la surface de l’anneau; mais les épanouissements des deux pôles de nom contraire qui se trouvent d’un même côté ne viennent pas jusqu’à la rencontre l’un de l’autre et laissent entre eux un espace assez grand.
- La raison de cet espace est expliquée par l’inventeur par les considérations suivantes : Une influence magnétique a besoin d’un certain temps pour changer complètement l’état magnétique du fer soumis à son action. Avec un anneau tournant, il est donc nécessaire que chaque section soit soumise pendant un cert ain temps à l’influence magnétique, et c’est dans ce but qu’on emploie les épanouissements; mais de même qu’il faut un certain temps pour produire l’aimantation d’une masse de fer, il faut aussi un certain temps pour la désaimantation. Si donc on construit les épanouissements, de manière qu’ils viennent très près l’un de l’autre, • le fer n’a plus le temps de perdre sa polarité et
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- FIG. 48
- GALERIE des machines
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- l’autre épanouissement doit le dépolariser par son influence pour pouvoir ensuite l’aimanter en sens contraire. L’éloignement des pôles fait donc plutôt gagner que perdre.
- Le collecteur de la machine Schuckert forme un tout que l’on peut aisément, en dévissant quelques vis, détacher de l’axe. Les fils venant de l’anneau ne sont par suite pas soudés, mais seulement vissés, aux lames du collecteur.
- Dans la plupart1 des modèles, le bâti est échancré latéralement, de manière qu’après avoir dévissé les chapeaux des coussinets, on puisse enlever l’axe
- et l’anneau par le côté de la machine sans avoir besoin de démonter le bâti.
- Le modèle que représente la figure 49 est destiné à la galvanoplastie. U possède deux collecteurs.
- L’un est le collecteur principal de la machine.
- A l’autre se rendent les fils d’un certain nombre de sections et le courant recueilli est employé à exciter les inducteurs. De cette façon, on n’a plus à craindre le renversement des pôles et cette disposition est certainement préférable aux divers interrupteurs automatiques employés pour rompre le
- FIG, 49
- circuit lorsque la vitesse de l’anneau devient trop faible.
- • M. Schuckert et son représentant à Munich, M. Zettler, avaient exposé 12 machines,
- Deux de ces machines étaient mises en mouvement par une machine à vapeur à quatre cylindres. L’une d’elles alimentait la lampe pour locomotive, l’autre placée avec la machine à vapeur et la chaudière ssur une voiture légère fournissait le courant à une lampe sur chariot mobile destinée à l’éclaiiage des constructions ou aux applications militaires.
- Une troisième machine fournissait le courant à un puissant foyer placé sur le toit du Palais et
- qui éclairait très vivement les Frauenthurme distantes de 700 mètres.
- Deux autres machines alimentaient i3 lampes à arc, dont 6 dans le théâtre et 7 dans l’Exposition même.
- Une machine placée dans l’école technique faisait fonctionner les lampes à incandescence de Greiner et Friedrichs.
- La machine de la fig. 49 était utilisée par la Wurttembergische Metallwaaren Fabrik pour son atelier de galvanoplastie.
- Deux autres servaient à un transport de force mettant en mouvement dans le palais un atelier de mécanique.
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- Une grande machine de 16 chevaux était placée aux chutes de l’Hirschau, à 5 kilomètres de l’exposition; pendant le jour elle envoyait le courant à une réceptrice qui faisait tourner les machines agricoles de M. Epple, le soir elle alimentait i5 lampes à arc éclairant la place Royale et le jardin de l’Exposition.
- Une autre modification de la machine Gramme est la machine de Fein de Stuttgart dans laquelle l’inventeur a cherché à faire agir les inducteurs sur la partie intérieure de l’anneau aussi bien que sur la partie extérieure. Pour cela il a conservé la forme cylindrique de l’anneau, mais en fixant ce dernier sur Taxe d’une façon toute particulière, permettant de soumettre les fils à l’action des inducteurs presque dans toute leur étendue. L’appareil est représenté en coupe dans la figure 5o.
- K K'
- FIG 5 O
- L’anneau RR est fixé au moyen de vis et d’écrous à une pièce de laiton de forme étoilée SS, clavetée sur l’axe a ci , et mise en mouvement en même temps que cet axe par la poulie I. Les extrémités des fils de chaque groupe passent soit entre les branches de chaque pièce étoilée, soit par des trous garnis de matière isolante et percés dans ces branches, et viennent aboutir au commutateur C. Ce dernier, pour la commodité du maniement de la machine, est placé en dehors du bâti.
- Le courant est recueilli, comme d’ordinaire, par deux balais B et B'. Pour éviter la formation des courants de Foucault et réchauffement qui en résulte, l’anneau est formé d’une série de lames de fer très minces, isolées les unes des autres.
- Les noyaux des inducteurs E, E sont reliés aux armatures M, M' qui enveloppent l’extérieur de
- l’anneau, et à ces armatures sont vissées les pièces polaires A, A' qui ont chacune la forme d’un demi-entonnoir et qui enveloppent l’intérieur et un des côtés de l’anneau comme le montre la figure 1.
- FIG. 5l
- De cette façon, il n’y a que le côté fixé contre la pièce étoilée qui ne concoure pas à la production de la force électro-motrice.
- Cinq de ces machines étaient exposées par M. Fein; elles servaient à des essais de laboratoire, à la galvanoplastie, à l’éclairage d’un foyer séparé, à celui d’une salle de téléphones à l’aide de lampes Swan, et enfin à l’alimentation de lampes de Schulze placées en différents endroits de l’Exposition.
- Une autre machine à anneau Gramme est celle de Schu erd et Scharnweber, représentée en coupe longitudinale dans la fig. 5i, en élévation dans la figure 52 et en perspective dans la fig. 53.
- Comme disposition générale, cette machine a le même aspect qu’une machine Siemens, les inducteurs étant comme dans cette dernière réunis par une double cuirasse polaire, non refendue cependant. Ces deux pièces polaires M1 M2 (fig. 5i) sont, dans la machine Schwerd munies à à leurs extrémités de deux pièces M1, M2 qui embrassent une partie de l’intérieur de l’induit. Ce dernier est un cylindre enroulé comme l’anneau Gramme et l’addition de pièces à l’intérieur a pour but de faire agir
- P Oi
- lQ Q:
- le champ magnétique sur une plus grande étendue des fils induits.
- Le cylindre tournant est alors supporté sur l’axe à son centre par une étoile métallique S. Dans cette machine un soin tout particulier a été égale-
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- ment donné au collecteur, les métaux employés pour les lames et les balais ont été choisis de façon que le frottement soit réduit à un minimum ; en outre les fils qui relient les lames aux sections de l’induit sont complètement couverts par une sorte de manteau, afin que de petites parcelles détachées du collecteur ne puissent établir entre eux de commu-cations nuisibles. Le trait caractéristique de la machine est cependant, comme dans la machine Fein, le prolongement interne des épanouissements polaires.
- Nous ne croyons pas que des expériences sérieuses aient jamais montré s’il y a oui ou non un avantage à prolonger ainsi à l’intérieur de l’anneau
- les surfaces polaires. Nous ne pensons pourtant pas qu’il y ait par là beaucoup à gagner, car en étendant l’action aux fils intérieurs, on provoque une nouvelle distribution des lignes de force et il est probable que leur densité du côté des fils extérieurs se trouve diminuée.
- La machine exposée par M. Schwerd fournissait le courant à quatre lampes à arc placées dans la partie consacrée aux applications de l’électricité aux chemins de fer.
- A la machine Gramme se rattache encore la machine Edelmann (fig. 54) qui se distingue principalement par la forme de ses inducteurs enroulés
- FIG- 53
- en trois couches décroissantes comme cela a lien dans la machine Jiirgensen, mais droits au lieu d’être courbes comme dans cette dernière.
- Un des modèles de cette machine était muni d’une disposition, au moyen de laquelle deux sections consécutives de l’anneau pouvaient être réunies soit en quantité soit en tension. De même les inducteurs étaient composés de deux enroulements que l’on pouvait relier en quantité ou en tension. Enfin l’anneau lui-même pouvait être divisé en deux parties distinctes, de sorte que quand une sectionxétait abîmée, on pouvait utiliser au moins la moitié de la machine.
- Trois machines Edelmann mises en mouvement par des moteurs à gaz servaient à l’éclairage d’une des salles des téléphones au moyen de lampes
- Edison, à l’alimentation d’une lampe à arc pour des effets de lumière dans le théâtre et à l’excitation d’un grand électro aimant.
- En outre une petite machine Edelmann mue à la main par une manivelle pouvait allumer 6 lampes Edison.
- Dans les machines Einstein (fig. 55) à inducteurs en fer à cheval, l’enroulement de ceux-ci était en escalier comme dans la précédente. L’armature était construite comme l’anneau Gramme. Les deux machines exposées servaient à l’éclairage de deux salles de téléphone avec 12 lampes. Swan.
- La machine Siemens à courant continu était représentée par deux modèles exposés par la maison
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- Riedinger d’Augsburg alimentant trois lampes à arc dans le buffet et l’atelier de photographie et les lampes à arc dans le salon de peinture.
- Il y avait également une machine destinée à la galvanoplastie (fig. 57) et dans laquelle les fils des inducteurs aussi bien que ceux de l’induit étaient remplacés par des barres de cuivre rectangulaires.
- Les barres des inducteurs dans le type dont nous parlons et qui est employé aux mines royales d’Oker, ont i3 centimètres carrés de section, elles sont isolées les unes des autres et du reste de la machine à l’aide d’amiante. Les barres qui constituent l’armature ont une section un peu moindre.
- La résistance intérieure de semblables machines est de o°hmooo7, la force électro-motrice d’environ 3 volts'. Avec la résistance extérieure constituée par les bacs à électrolyse tels qu’on les emploie aux
- rie. 34
- usines d’Oker, l’intensité du courant est d’environ 800 ampères.
- Dans la pratique, lorsque la polarisation électrolytique doit être faible, on relie les inducteurs et l’armature en tension; lorsqu’au contraire, la polarisation doit être forte, on les accouple en quantité. Ce dernier mode d’accouplement a en outre l’avantage de rendre impossible le renversement des pôles de la machine.
- D’ailleurs dans l’électro-métallurgie du cuivre qui constitue aujourd’hui la principale application de ce type de machines, on emploie comme électrode positive des plaques de cuivre impur et les impuretés ne dépassant pas 1/2 pour cent, la polarisation n’est jamais très forte. S’il en était autrement, la décomposition électrolytique absorberait trop de travail et l’emploi des machines dynamoélectrique ne présenterait plus d’avantages pratiques.
- Weston ('). La maison Schæffer de Goeppingen en exposait deux modèles (fig. 56) dans lesquels le noyau des inducteurs était formé d’une série de
- lames verticales perpendiculaires à l’axe de rotation. L’une de ces machines fournissait le courant
- FIG. 56
- à quatre lampes à arc, l’autre alimentait des lampes à incandescence.
- La machine Edison se rapproche également
- A la machine Siemens se rattache la machine
- (<) Voir La Lumière Électrique, numéro du 7 sept. 1881,
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- 402
- beaucoup en ce qui concerne son armature de la machine Siemens. Dans la galerie des machines se trouvaient deux grands appareils de ce type à 6 électro-aimants chacun (fig. 58). Ils pouvaient alimenter chacun 25o lampes Edison A. Il y avait également une machine pour 64 lampes et une petite de 16 lampes. Ces machines contribuaient à l’éclairage du théâtre, du restaurant, de la salle Edison, d’une salle de téléphones, de l’école de dessin et de l’Arcisstrasse.
- En outre, deux machines Edison, une grande et une petite, étaient employées pour un transport de force à faible distance (11 mètres).
- Nous citerons encore deux machines Bürgin (2)
- exposées par la maison Crômpton de Londres. L’une faisait marcher trois lampes à arc Crompton et l’autre servait à .l’éclairage par incandescence. (Lampes Swan et Maxim).
- Enfin la machine bien connue de Brush était représentée par deux types exposés par la maison Seeligmann de Vienne. Elles étaient destinées l’une à alimenter 17 lampes Brush disséminées dans le palais, l’autre à envoyer des chutes de l’Hirs-chau le courant aux lampes Brush disposées dans la Briennerstrasse.
- Nous ne parlerons que pour mémoire des deux machines Gramme modifiées par M. Marcel' De-prez et qui servaient au transport électrique de la force de Miesbach à Munich. Il sera question plus
- FIG. 57
- loin dans un article spécial de cette mémorable expérience et la description des machines employées sera alors plus à sa place que dans cette revue générale.
- Pour en revenir aux différentes machines dont nous avons parlé plus haut, on voit que l’on retrouvait à l’Exposition de Munich les principaux types connus. A première vue cependant, lorsqu’on entrait dans la galerie des machines, il semblait que l’on dut y trouver un grand nombre d’appareils nouveaux. De grands écriteaux suspendus au-dessus des machines portaient en effet des noms que l’on voyait pour la première fois associés avec des machines dynamo-électriques. Les noms de
- Riedinger, Zettler, Schæffer, Seeligmann se lisaient à côté de ceux de Schwerd, Edelmann, Einstein. En regardant de plus près, on reconnaissait que M. Riedinger esposait les machines-de Siemens, M. Zettler celles de Schuckert, M. Schæffer les appareils de Weston et M. Seeligmann des machines Brush.
- Les machines de Schuckert, d’Edelmann, de Schwerd, d’Einstein étaient cependant nouvelles et chacune d’elles présentait quelques particularités intéressantes.
- Nous nous sommes assez étendu sur la première de ces machines pour ne pas avoir à y revenir. Celle de Schwerd et Scharnweber, outre le prolongement intérieurdes pièces polaires, présentait un commutateur de construction soignée, et l’idée de protéger par une sorte de manteau les fils
- 0 Voir La Lumière Électrique, numéro du Ier juin 1880.
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- 4.33
- allant des sections aux lames du collecteur constitue une bonne précaution de construction.
- La machine Einstein n’avait guère, comme caractéristique,- que la forme de ses inducteurs et son enroulement en escalier, déjà employé d’ailleurs par Jurgensen, mais la machine d’Edelmann, qui reproduisait ce même mode d’enroulement méritait de tixer l’attention par suite de la disposition de son induit. L’indépendance des sections, dont les extrémités aboutissent à des bornes placées sur un disque antérieurement à l’anneau pérmet en effet de varier facilement leurs liaisons, de les accoupler en tension ou en quantité, et les deux moitiés de l’anneau peuvent être employées isolément. Ces dispositions ajoutées à la faculté de grouper en tension ou en quantité les deux enroulements des inducteurs font de la machine Edelmann un appareil fort approprié à des expériences. Le plus petit modèle de cette machine trouvera très ' bien sa place dans les cabinets de physique.
- Cette remarque nous amène à signaler encore une petite machine de laboratoire construite d’après le
- principe de la machine Schuckert et exposée par M. Cari Fraas et le Dr Kéllermann, de Wun-siedel. Cette machine est munie d’une roue à manivelle pour la mettre en mouvement à la main, et d’une table d’expériences pour poser différents appareils qui l’accompagnent. En outre, toutes les parties en sont bien visibles, ce qui la rend précieuse pour l’enseignement.
- Un type de machine Fein, pouvant aussi être mue à la main, et munie de sa planchette d’expé-
- périences, était encore exposé par la maison Krottlinger, de Vienne.
- La figure 48 qui présente l’aspect général de la galerie des machines, ne laisse voir aucun des moteurs à gaz ou à vapeur destiné à mettre en marche les appareils dynamo-électriques.
- Ces moteurs étaient placés en arrière de la galerie, dans une sorte de long appentis ajouté longitudinalement au Palais dî Cristal. Là, - chaque
- exposant avait un moteur spécial et indépendant; les courroies de transmission traversaient la cloison pour communiquer le mouvement aux axes correspondant à chaque installation.
- Cette indépendance a beaucoup facilité l’exécution des mesures du Comité d’Essais, relativement aux machines et aux lampes.
- En général, chaque machine correspond , comme on le sait, à une lampe particulière formant pour ainsi dire, un ensemble avec elle, et il eut été assez original de voir, dans la galerie des machines, figurer, à côte de chacune d’elles, la lampe correspondante; l’éclairage eut été ainsi très varié, et peut être peu harmonieux, mais on eût pu plus aisé-effets obtenus avec chaque
- FIG. 58
- ment comparer les mode d’éclairage.
- On avait cependant préféré adopter un éclairage uniforme et l’on n’avait disposé dans la galerie des machines que des lampes différentielles.
- Quant aux types variés de lampes alimentés par les diverses machines, ils étaient, ainsi-que nous l’avons indiqué plus haut, distribués dans le Palais.
- Aug. Guerout.
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- NOTES
- SUR LA CONSTRUCTION ET L’ÉTABLISSEMENT
- DES TURBINES
- Articles complémentaires. (Voir le numéro du 28 juillet.) TURBINES VALET-GIRARDIN
- Les turbines Valet, construites par M. Girardin, à Lille, se recommandent par le tracé de leurs aubes, fig. 19, dérivé de celui de Girard (‘), mais calculé de manière que la forme de l’aube moule constamment la veine fluide, sans y laisser aucun vide, sur toute l’étendue de son passage à travers
- FIG, 19. — TURBINES VALET-GIRARDIN. — TRACÉ DES AUBES ET DES DIRECTRICES
- la roue. Ce tracé, qui ne laisse, entre la veine fluide et les parois des aubes, aucun éspace vide dans lequel l’eau puisse s’étaler si la vitesse de la roue ou l’angle d’injection viennent à se modifier, s’oppose à toute perturbation des filets, même en marche noyée, et permet d’atteindre sans hydropneumatisation des rendements de 75 à 80 0/0 (1 2).
- Les fig. 20-22 représentent deux types de turbines Valet-Girardin, remarquables par la simplicité de leur montage; elles sont à courants parallèles et à vannage partiel : leur fonctionnement s’explique à l’aspect seul des dessins.
- TURBINES NAGEL ET KAEMP
- Les turbines centrifuges, analogues à celles de Fouyneyron, construites par MM. Nagel etKaemp,
- (1) Lumière Électrique du 27 janvier i883.
- (2) On trouvera l’exposé complet du tracé des aubes de ces turbines dans l’ouvrage de M. Vallet, Principes de construction des turbines, Paris, Dejey, 1875.
- de Hambourg, sont remarquables par leur admission en dessous, qui tend à soulever la turbine et à alléger son pivot, et par leur mode de vannage cylindrique disposé de manière à faire varier simultanément la section des directrices et des aubes, tellement que le rendement de l’appareil n’en soit que très peu modifié. Un système de leviers, facile à suivre sur les fig. 23-25 et manœuvré de l’extérieur, fait descendre, en même temps, entre les directrices, un système d’obturateurs reliés à un plateau central, et, entre les aubes, des vannes fixées à une cloche extérieure (fig. 24) ou intérieure (fig. 25). Ces turbines, d’une installation fort
- FIG. 20. — TURBINE VALET-GIRARDIN POUR HAUTES CHUTES
- simple, ont l’avantage d’être très accessibles, faciles à inspecter, et de se prêter avantageusement à l’utilisation des plus basses chutes : l’une d’elles, de' om93o de diamètre, fait marcher, avec une chute de omi5, un moulin d’une paire de meules.
- La petite turbine à axe horizontal, représentée par les fig. 26 et 27 est construite par les mêmes ingé,-nieurs, qui la livrent complètement montée; son installation est d’une extrême simplicité, mais elle ne peut guère prétendre à un rendement élevé. Son dia mètre est de om55 : son vannage partiel est équilibré par un contrepoids et n’admet l’eau que sur un côté de l’axe, ce qui n’a pas d’inconvénients pour les petites forces.
- TURBINES DE MAC-CQNNELL.
- La question des turbines centripètes a été récemment reprise par Mac-Connell, d’Antrim, dont
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- l’appareil est représenté, en schéma, par les fig. 28 I fermée dans une case B, évasée en A2 afin de ré-et 29. On reconnaît en A, la roue de la turbine en- | duire la vitesse de décharge de l’eau. Les aubes A
- FIG. 31 ET 32. — TURBINE PORTATIVE VALET-GIRARDIN
- coupent presque à angle droit l’élément de sortie I dans la turbine de Thomson par le jeu des des directrices B B'; le vannage s’opère, comme | vannes c, commandées, autour du cylindre des di
- FIG, 2J UT 24. — TURBINE MAC,El. ET KAEMP A VANNAGE EXTERIEUR
- rectrices, par la manivelle de l’excentrique E, relié I points c. Cette turbine peut, comme la plupart des à leurs bielles c G é, qui les font pivoter autour des | turbines centripètes, se monter à volonté sur un
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- axe horizontal ou vertical, et convient surtout aux grandes vitesses. La direction des filets liquides sur les aubes est absolument indépendante de celle
- à celui des machines à vapeur sur leur vannage ou sur celui du cours d’eau, soit en fonction de la vitesse de régime de la turbine, soit en
- FIG. 2 5. — TURBINE NAGEL ET KAEAIP A VANNAGE INTÉRIEUR
- des ailettes du vannage C, mais l’expérience n’a pas encore démontré que cette amélioration justifiât l’addition du tambour des directrices B (’).
- FIG. 20. — TURBINE A AXE HORIZONTAL DE NAGEL ET KAEMP
- v RÉGULARISATION DES TURBINES.
- On peut régler la puissance des turbines en faisant agir le mécanisme d’un régulateur analogue
- fonction du niveau moyen de la chute ; c’est, le plus souvent, aux variations de la vitesse de la tur-
- F1G. 28 ET 29. — TURBINE MAC-CONNELL
- bine que l’on s’adresse, pour déterminer l’action du régulateur; mais, l’incertitude où l’on est presque toujours des résistances et des effets du vannage
- (i) Brevet anglais, n° 3760, 3 février i883.
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- fait que l’on ne peut guère déterminer que par la pratique et des tâtonnements sur place les éléments définitifs des régulateurs.
- L’un des-appareils de ce genre, des plus anciens et des plus simples, est celui de Hewes (fig. 3o, 3i et 3e); l’arbre du régulateur, commandé par celui de la
- FIG. 3o, 3l ET 32. — RÉGULATEUR DE HEWES
- turbine, engrène avec deux pignons fous sur l’arbre du vannage, et le fait tourner dans un sens ou dans l’autre, ouvre ou ferme, suivant que la came A du manchon du régulateur frappe le bras inférieur ou le bras supérieur de la fourche B, réliée par D C, à l’embrayage E.
- Dans le régulateur de King, (fig. 33, 3q et 35) (')
- la roue dentée supérieure (fig. 33), menée par la turbine, conduit à la fois le pignon du régulateur et, par un excentrique, le double cliquet 4 (fig. 35) qui ne fait qu’affleurer en temps ordinaire la roue 12, commandant le vannage. Lorsque le régulateur monte ou s’abaisse, sa tige à crémaillère 3 fait osciller à droite ou à gauche la .came 4 du cliquet, de façon à mettre en prise avec la roue 12, celui des rochets qu’il faut pour fermer ou ouvrir le vannage. Cette came est disposée de manière à
- FIG. 33. — RÉGULATEUR KING
- prendre, par coup d’excentrique, un nombre des dents 12 d’autant plus considérable que le régulateur l’aura plus écartée . de sa position moyenne, c’est-à-dire, de manière à agir avec une. rapidité proportionnelle à l’importance de l’irrégularité.
- Lorsque la vanne est toute grande ouverte, la roue à limaçon 8, actionnée par une spirale de la roue 12, vient par l’appui du bras g sur la came 10 reliée par pignon à la crémaillère 3, débrayer automatiquement le cliquet. On peut aussi opérer ce
- (*) Engineering, 26 janvier i883.
- (') La Lumière Électrique, 3 février i883.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- débrayage à la main, en amenant l’accrochage 6, 7, I On peut modifier la sensibilité du régulateur en dans la position indiquée en pointillés (fig. 35). | accrochant des poids en n, au bout de sa tige.
- FIÜ. 34 ET 35. — RÉGULATEUR KTNG
- C’est aussi par l’action- d’un excentrique GH (fig. 36 et 37) à double cliquet I, que l’arbre A du
- 1TG. 36. - RÉGULATEUR I-EFFEL
- régulateur de la turbine Leffel (‘) fait tourner à droite ou à gauche la roue de commande de son
- vannage F, suivant que l’entaille de son enveloppe E, folle sur son axe et reliée par D C au manchon B, laisse entrer en prise avec sa denture l’un ou l’autre des cliquets I.
- En marche normale, cette entaille est au milieu des deux cliquets, aucun d’eux n’entre en prise.
- L’arbre de la roue F porte à son extrémité un manchon fileté qui ramène l’enveloppe E à sa position moyenne, dès que F a tourné suffisamment pour ouvrir en grand le vannage. On peut, en agissant sur le levier horizontal que l’on voit à la droite de la fig. 37, débrayer les cliquets pour manœuvrer à la main le vannage, à la mise en train ou à l’arrêt.
- Le fonctionnement du second régulateur de Ring (fig. 38), a pour but de maintenir le niveau de l’eau constant au bief d’amont : la roue de vannage 1 — équivalant à la roue 12 du premier régulateur — est conduite par le système de la came 4, à double encliquetage actionnée par la crémaillère, du flotteur 5, tandis que le levier des cliquets 2, 3,
- (') Lumière Electrique du 10 février.
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- oscille sous l’action d’une bielle articulée à la poulie du régulateur. Le levier 8 débraye le régulateur, en fixant la came 4 dans sa position moyenne.
- Nous signalerons enfin la remarquable installation du régulateur de la roue hydraulique de l’usine de
- FIG. 38. — RÉGULATEUR DE NIVEAU KING
- la Clane faite, sous la direction de M. Pichault, avec l’exactitude et l’ingéniosité qui caractérisent les travaux de cet habile mécanicien (').
- Gustave Richard. (*)
- (*) Génie civil, nov. 1882.
- REVUE D-ES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur un galvanomètre universel sans oscillation, pour la mesure rapide des courants de grande intensité ou de haute tension, par M. Ducretet. (')
- « La boussole des tangentes dont il s’agit offre l’avantage de donner une mesure presque' instantanée de l’intensité des courants. Cette propriété précieuse est obtenue par la suppression des oscillations de l’aiguille, qui est complètement immergée dans un liquide transparent enfermé dans une boîte à compensation, comme on l’a déjà fait pour les boussoles marines. (2) Cette disposition, qui peut être adaptée à toute espèce de galvanomètre, amortit les oscillations bien plus vite que ne font les étouff'oirs en cuivre ou les aimants puissants quelquefois employés; et elle laisse à l’aiguille toute sa sensibilité.
- « Il suit de là : i° que, dans l’étude des piles, on peut obtenir la valeur de l’intensité du courant ou de la force électromotrice de la pile, avant que les phénomènes de polarisation se soient produits, bien qu’ils se produisent très rapidement lorsque la pile est fermée par un circuit de résistance nulle, comme c’est le cas pour la mesure des intensités; 20 qu’on peut suivre pas à pas toutes les variations du courant, faibles ou fortes, lentes ou brusques, observation précieuse pour l’étude des courants des piles et surtout de ceux des machines magnéto-électriques.
- « L’aiguille aimantée, de très petites dimensions, est portée par une chape en agate sur une pointe très fine non oxydable; elle se prolonge par une tige très déliée en aluminium qui parcourt les divisions du cadran. Le fond de la boîte est formé par un miroir platiné, l’index de l’aiguille s’y réfléchit et la superposition de l’index à son image écarte toute erreur de parallaxe.
- « La boîte de l’aiguille est montée à centre à l’extrémité d’une règle graduée, mobile elle-même sur un axe vertical servant à l’orientation de tout le système. Un aimant puissant, faisant fonction d’aimant directeur, peut être fixé au-dessous de l’aiguille de la boussole; son action s’ajoute à
- (9 Note présentée à l’Académie des Sciences dans la séance du 23 juillet i883.
- (a) Ce n’est pas la première fois que l’on se sert d’un liquide pour amortir les oscillations d’une aiguille galvano-métrique. Nous avons vu, en effet, en 1880, un galvanomètre construit par M. Le Goarant de Tromelin, et dans lequel l’aiguille était plongée complètement dans une boîte contenant de l’alcool étendu. Le cadran était même, comme dans les roses marines, imprimé sur un disque de mica et le zéro de la graduation coïncidait au repos avec un trait gravé sur le verre de la boite. Le cadre galvanomé trique entourait celle-ci suivant un diamètre. — A.-G.
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- l’action directrice de la terre et constitue un champ magnétique assez intense, qui rend peu sensibles les variations extérieures. Le cadre multiplicateur circulaire est mobile le long de la règle et peut être amené rapidement à une distance quelconque de l’aiguille à l’aide d’une crémaillère et d’un bouton. Grâce à cette disposition, la boussole peut être employée à la mesure soit de l’intensité des courants, soit de la force électro-motrice des piles,
- dans des limites très étendues, de d’ampère à 400 ampères environ pour l’intensité, de ^ de volt
- jusqu’à 700 volts et au delà pour la force électromotrice.
- « Dans le premier cas (ampèremètre), on fait passer le courant dans le cadre même du multiplicateur, dont la résistance est inappréciable. On détermine, par étalonnage, une table de correspondance entre les degrés du cadran, suivant les diverses positions du cadre sur la règle, et la valeur en ampères du courant qui le traverse. L’expérience montre qu’il y a proportionnalité jusqu’à 35° entre les intensités et les déviations.
- « Lorsque la boussole est employée comme galvanomètre de force électro-motrice ou voltmètre, on fait passer le courant dans un fil de maillechort très fin, enroulé sur la gorge du cadre et représentant une résistance très grande, 5490 ohms. L’intensité du courant est alors très sensiblement proportionnelle à la force électro-motrice. On étalonne l’appareil en volts pour les diverses positions du cadre.' La proportionnalité entre les forces électromotrices et les degrés de déviation se soutient encore jusqu’à 35° environ.
- « On doit vérifier fréquemment l’étalonnage de l’appareil, qui peut varier par suite des variations de la composante horizontale terrestre et de celles de l’aimant directeur. Cette vérification se fait en lançant dans les circuits le courant d’un grand élément Daniell dont la force électro-motrice est con nue et dont on détermine la résistance. »
- Nouvelle méthode pour déterminer les limites de l’électrolyse, par M. Ch. Truchot (').
- « En étudiant l’électrolyse d’un certain nombre de sels au moyen d’éléments de pile diversement combinés, M. Berthelot a établi cette loi importante : « La décomposition des électrolytes s’o-« père dès que la plus petite somme des énergies « nécessaires, c’est-à-dire prévues d’après lesquan-« tités de chaleur, est présente ».
- « vCette loi, démontrée par l’expérience, permet de déduire des forces électro-motrices limites em- (*)
- (*) Note présentée à L’Académie des sciences, dans la séance du 9 juillet i883.
- ployées les quantités dé chaleur nécessaires pour effectuer les décompositions. C’est donc un moyen de vérifier ou de déterminer certaines chaleurs de formation.
- « Dans ce but, j’ai imaginé le dispositif suivant, qui fournit une force électromotrice variable à volonté, et pouvant être maintenue constante pendant la durée de chaque expérience.
- « Une machine de Gramme (modèle des laboratoires, à aimant Jamin) qui donne, comme on le sait, un courant dont la tension croît à peu près proportionnellement à la vitesse, est actionnée par un moteur, de manière à obtenir la vitesse nécessaire. J’emploie à cet effet un petit moteur à eau, système Smidt, qui, grâce à une vanne de réglage et à un jeu de poulies convenablés, fait tourner la machine de Gramme avec une vitesse pouvant varier entre des limites très étendues. La courroie de transmission est en caoutchouc, dont l’élasticité rend le mouvement de la machine très uniforme. Le courant est conduit à un voltmètre, formé de lames ou de fils de platine, ou de crayons de charbon de cornue, suivant la nature de l’électro-lyse.
- « Sur une dérivation prise aux deux bornes de ce voltmètre, se trouve un voltamètre, dont la bobine, en fil de maillechort, a une résistance de plus de 13 000 ohms. Son magnétomètre, composé de vingt petites aiguilles aimantées, oscille sur deux- pointes d’aiguilles et porte un miroir convenablement incliné. Une lunette fixe, munie d’un réticule, permet d’observer l’image d’une règle divisée en centimètres et fixée au plafond du laboratoire à une hauteur de im,85.
- « On observe ainsi, quand le miroir s’incline sous l’action d’un courant, des tangentes qu’une Table permet de convertir en degrés du cercle. L’angle observé est double de celui dont a tourné le miroir. En n’utilisant que des déviations de l’aimant d’une quinzaine de degrés de part et d’autre de sa position moyenne, on peut admettre que les angles sont proportionnels aux intensités.
- « Pour graduer cet instrument, j’ai employé un élément de Daniell, chaque métal plongeant dans son sulfate, et représentant 25cal. On l’observe avant et après chaque série d’expériences, pour éliminer l’influence de la température sur le voltamètre. On peut d’ailleurs faire varier la sensibilité, selon le nombre total de calories à mesurer, en plaçant des barreaux dé fer doux à des distances convenables de la bobine.
- « Le voltmètre donne la différence de potentiel aux deux bornes du voltamètre, ce qui mesure le nombre de calories absorbées dans l’électrolyse.
- « Enfin, un commutateur permet de ne faire passer le courant dans le voltmètre qu’au moment où l’on veut essayer l’action d’une force électro-motrice donnée.
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- « En électrolysant par ce procédé un certain nombre de sels, j’ai trouvé des résultats qui concordent sensiblement avec les chiffres prévus par la théorie : ainsi, par exemple, l’eau acidulée a donné un dégagement gazeux à 34cal, 6 ; le sulfate de. potasse à 5ocal, 1; le sulfate de cuivre a donné un dépôt métallique à 28°“'.
- ,« De plus, ce procédé m’a permis de constater,' de la manière la plus nette, la décomposition en acide et base, sans dégagement de gaz, du sulfate de potasse, du sulfate de soude et du sulfate de magnésie vers i6’cal. Les solutions étaient placées dans un tube en U où plongeaient les électrodes de platine; au bout de quelques minutes, on ajoutait au pôle négatif quelques gouttes d’une solution incolore de phtaléine du phénol, qui rougissait fortement. Cette même solution, rougie au préalable par une trace d’ammoniaque, se décolorait au pôle positif.
- « C’est une nouvelle vérification expérimentale du principe de la force électro-motrice minima, formulé par M. Berthelot.
- « Je me propose d’employer cette méthode à la détermination des chaleurs de formation de certains sels, notamment des fluosilicates, concurremment avec la méthode calorimétrique de M. Berthelot. »
- « La force électromotrice produite par le mouvement est analogue à la force électromotrice de polarisation : elle se détruit immédiatement dans les solutions des sels des métaux avec lesquels on opère ; lorsque ces derniers sont chimiquement purs et que les solutions salines sont suffisamment concentrées, les effets de mouvement sont nuis (’). Ainsi, le zinc électrolytique ne donne pas de courant de mouvement dans une solution un peu concentrée de sulfate de zinc; dans une solution étendue du même sel, les effets sont très faibles et la dépolarisation se produit dès qu’on laisse le métal au repos. De même pour le platine dans du chlorure de platine, pour le cuivre dans un sel de cuivre, pour l’argent dans l’azotate d’argent.
- « On peut expliquer ces phénomènes par l’hypothèse de M. Helmholtz sur les couches électriques doubles. D’après cette hypothèse, au contact de deux corps hétérogènes, il se forme une couche double, e’est-à-dire un système de deux couches électriques égales et de signes contraires, chaque moitié de la couche étant attachée à l’un des corps en contact. Au moment où l’on plonge le fil dans le liquide, la couche double se forme : de là, un mouvement d’électricité, qui est précisément le courant d’immersion. De même, au moment où le liquide quitte la surface du métal, cette sorte de condensateur moléculaire, dont le métal et le liquide forment les deux armatures, se défait, ses (*)
- électricités deviennent libres, d’où le courant d’émersion.
- « Pendant le mouvement de l’électrode dans le liquide, une partie m de la couche double, celle qui adhère au liquide, ne suit pas le mouvement de l’électrode et reste en quelque sorte en route, parce que le liquide n’est pas infiniment conducteur. Sur l’électrode même, une quantité de fluide contraire à m, qui était dissimulée par celle-ci, est mise en liberté. Il se produit par suite du mouvement de l’électrode, une dissociation partielle du condensateur moléculaire, qui constitue la couche double, et par suite la différence du potentiel sur les arma tures augmente ; de là, le courant de mouvement (2). Cette explication du courant de mouvement a été déjà donnée par Helmholtz (3). »
- M. Edm. Becquerel rappelle, à propos de la Communication précédente, les expériencés très nombreuses qu’il a faites sur cet ordre de phénomènes. Il cite notamment la production de. courants électriques lors du mouvement de corps, comme le platine, l’or et le charbon, dans des liquides qui ne les attaquent pas, courants qui peuvent être rendus constants pendant longtemps quand on entretient le mouvement d’une manière permanente.
- Sur les courants d’immersion et de mouvement
- d’un métal dans un liquide et les courants
- d’émersion par M. Krouchkoll (>).
- « Deux électrodes d’un même métal plongeant dans un liquide, on sait que, si l’on met en mouvement l’une d’elles, à l'intérieur de ce liquide, il se produit un courant, dont le sens varie avec la nature du métal et du liquide en contact. Ces phénomènes ont été étudiés avec beaucoup de détails par M. Edm. Becquerel (2). On sait, d’autre part, que, l’une des électrodes étant plongée dans le liquide, si l’on vient à plonger l’autre, il se produit un courant au moment de l’immersion. J’aiouterai qu’on obtient un effet électrique du même genre au moment où l’on retire l’une des électrodes du liquide : il se produit alors un faible courant d’émersion, et je crois pouvoir énoncer une relation simple entre ces trois espèces de courants :
- (2) Le fait de la non-existence de courant de mouvement, dans les solutions des sels des métaux sur lesquels on opère, peut s’expliquer, dans cette hypothèse, en admettant soit qu’il n’y a pas de couche double eu pareil cas, soit que les mouvements d’électricité qui s’y produisent ont lieu tout entiers il l’intérieur de la couche double et ne se font pas sentir au dehors.
- (3) Abhan4lungen, vol. I, p. 909-921.
- P) Note présentée à l’Académie des Sciences dans la séance du 16 juillet i883.
- (2) Annales de Chimie et de Physique (3), t. XLIV, p. 401 ; 1.855.
- (*) Ce fait a été observé levant moi par M. Blondlot.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- « Le courant produit par l'immersion est de sens contraire à celui que produit le mouvement ; le courant d'émersion est de môme sens que le courant de mouvement,
- « Ainsi, lorsqu’on plonge un fil de platine bien dépolarisé dans de l’eau acidulée, le fil s’électrise positivement au moment de l’immersion ; il devient négatif pendant son mouvement dans le liquide, et il devient encore négatif au moment où on le retire de ce liquide. Le même fil de platine s’électrise négativement au moment où on le plonge dans l’eau contenant en dissolution du sel
- marin (5^)’ il devient positif pendant son mouvement dans le liquide, et il devient encore positif au moment où il sort de ce liquide. Les- mêmes effets s'obtiennent avec de l’or pur (3).
- « Un fil d’argent fraîchement amalgamé donne, dans l’eau acidulée les mêmes effets, quant à leur sens, que le platine et l’or, seulement les effets sont plus intenses. Dans l’eau salée, l’argent amalgamé se comporte comme dans l’eau acidulée, contrairement à ce qui se passe avec le platine et l’or.
- « 1. Pour faire ces expériences, on se sert de deux fils de platine, d’or, ou d’argent amalgamé, soudés dans du verre. Les deux fils plongent dans deux verres communiquant entre eux par un siphon. Les fils de platine et d’or sont bien lavés à l’acide azotique et portés ensuite au rouge : les fils d’argent sont fraîchement almalgamés. L’eau faiblement acidulée ou salée est préalablement bouillie. (Lorsqu’on opère avec le platine, il vaut mieux employer del’eau acidulée bien concentrée.) Les deux fils sont mis en communication avec un électromètre de M. Lippmann. Cet instrument peut seul être employé dans ce genre d’expériences : d’abord on évite la polarisation de l’un des fils par l’autre, par celui que l’on remue ; en outre, l’extrême sensibilité de l’instrument permet d’observer tous les états électriques successifs par lesquels passe un fil métallique, depuis le moment où on le met en contact avec le liquide jusqu’au moment où on l’en retire. La partie du fil nue est recourbée à angle droit avec le tube de verre dans lequel il est soudé, afin de pouvoir plonger dans le liquide toute sa surface d’un coup et l’en retirer de la même manière. On met dans le circuit une dérivation prise sur un daniell, afin de pouvoir compenser les différences électriques qui existent presque toujours entre deux fils d’un même métal et de pouvoir partir de l’équilibre électrique le plus parfait possible.
- « On peut, dans ces expériences, remplacer l’air par un isolant liquide, par de la benzine, par exemple, et, au lieu de passer de l’air dans l’eau acidulée ou
- (3) Je dois à l’obligeance de M. Debray les deux électrodes d’or pur avec lesquelles j’ai expérimenté.
- salée, passer de la benzine dans celle-ci. On obtient alors les mêmes effets.
- « 2. Au cours des expériences, j’avais remarqué que l’éther, laissé quelque temps au contact de l’eau, devenait assez conducteur pour pouvoir servir à produire des courants de mouvement. J’ai remplacé l’eau acidulée par l’éther et le milieu isolant par un milieu dépolarisant : deux fils de zinc, couverts d’un dépôt électrolytique du même métal et amalgamés, plongent l’un dans une solution concentrée de sulfate de zinc, l’autre dans une couche d’éther qui surnage une couche delà même solution. On peut s’assurer qu’au moment où l’on passe du sulfate de zinc dans l’éther (*), le fil s’électrise négativement, qu’il devient positif par le mouvement dans l’éther, et qu’il . acquiert une charge positive au moment où l’on repasse dans le sulfate de zinc; cette dernière est immédiatement détruite par l’effet dépolarisant du sulfate.
- Détermination des lois du rayonnement calorifique par l’électricité : Expériences de Sir C.-W.
- Siemens.
- On sait que la loi de Newton, d’après laquelle le rayonnement calorifique du corps augmente proportionnellement à l’excès de leur température sur celle du milieu, n’est qu’approximative, surtout pour les températures élevées.
- Dulong et Petit ont ensuite proposé, comme expression de cette loi, la formule plus exacte
- v = m a {a1-1 — 1),
- dans laquelle 011 représente par
- v la vitesse de refroidissement du corps; m un coefficient variant avec la nature du corps; a une constante; a — 1 0077 ; t la température du milieu;
- T la température du corps.
- Cette formule donne encore des résultats incertains, parce qu’elle a été obtenue en notant les refroidissements de thermomètres dont on ne pouvait déterminer que très difficilement les pertes de chaleur par conduction et par conversion.
- Sir W. Siemens a cherché à éviter ces causes d’erreur en déterminant le rayonnement d’un fil de platine en partant de la loi suivant laquelle sa résistance à l’électricité varie avec sa température.
- L’appareil employé se compose, fig. 1, d’un fil de platine A B relié directement au circuit d’une pile secondaire variable, avec électro-dynamomètre
- C) A ce moment, on ouvre une dérivation qui compense la force électromotrice zinc-éther. Dans toutes ces expériences, on s’arrange de manière que l’effet qu’on veut observer détruise et dépasse un effet contraire que tend à produire la compensation-.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- D, et, par dérivation, à un galvanomètre G, qui donne la différence des potentiels E aux extrémités du fil, tandis que l’électro-dynamomètre mesure l’intensité du courant I ; on pouvait donc facilement déterminer les résistances
- E
- FIG. I
- du fil à différentes températures. Les mesures étaient prises lorsque la fixité des appareils C et D indi-
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- 1 ABSORPTION DE L'ENEROIE EN WATTS.
- FIG. 2
- quait qu’il y avait équilibre entre le rayonnement et l’énergie du courant.
- Pour déterminer les températures du fil correspondant aux résistances, on le plaça dans un tube de verre bouché aux deux bouts, fixé lui-même dans une boîte métallique, dont le couvercle laissait passer un thermomètre à mercure en contact avec le tube. L’auge, d’abord remplie de glace, fut ensuite chauffée graduellement jusqu’à ioo°, puis
- refroidie de ioo° à q°; on put ainsi mesurer les variations de la résistance du fil très exactement de o° à ioo°.
- Les résultats de ces expériences conduisirent aux deux formules suivantes :
- i-=aTV+PT+y (,)
- T = A (log A')2 + B (log a*) + C (2)
- dans lesquelles on désigne par
- r la résistance du fil à T»; r„ — — o»;
- a p y des coefficients variables suivant la nature du fil :
- Pour un fil de platine de i02“m de long et de omm,7ô de diamètre :
- a := 0,011g P — 0,00112
- Y = o,5i2
- Pour un fil d'alliage de 80 0/0 de platine et de • - 20 0/0 d’iridium, de 100mm de long et de 75
- de diamètre :
- a — 0,00 S P = 0,00694
- Y = 0.7285 .
- x l’énergie absorbée, dépensée ou rayonnée pour maintenir le fil à la température T exprimée en watts par seconde f1).
- ABC des coefficients variables avec la nature du corps. Pour le platine
- A = — 63
- B= 1177 C := — 1603
- La formule (1) avait été démontrée théoriquement par Sir W. Siemens, en 1871, les expériences précédentes n’ont fait que la vérifier (2).
- Le tableau graphique ci-contre représente les résultats de ces expériences étendus, par les formules (1) et (2), jusqu’à i3oo°. Aux températures élevées, la résistance augmente à peu près proportionnellement aux températures absolues (3).
- Description succincte d’un compteur d’électricité, par M. J. Cauderay 0,
- « L’unité de quantité d’électricité étant le coulomb, c’est-à-dire l’ampère (unité d’intensité) dans
- f1) Le watt— = o,ioig363 = 0,102 kilogrammètres
- équivaut à o,000235 calories.
- 0 Bakerian Lecture for 1871 (Proc. Roy. Soc., vol. 19, p. 443). Cette formule s’applique au platine, au cuivre, à l’argent et à l’aluminium (Journal of the Society of Tele-graph Engineers, vol. I, p. 123, vol. III, p. 297) et Anna-len der Physik und Chimie, 1873, p. 225.
- (3) Proceedings of the Royal Society, i883, n° 225.
- 0 Cette communication, présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 16 juillet i883, était parvenue à l’Académie dans la séance du 9 juillet.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- une seconde (prise comme unité de temps), on comprend qu’un mécanisme réalisant à la fois l’enregistrement d’un bon ampèremètre et d’un pendule à seconde, ou d’autre mouvement d’horlogerie, constituera un compteur d'électricité aussi parfait qu’on peut le désirer. Ce mécanisme est réalisé de la manière suivante :
- « R est un cylindre d’une dimension quelconque, qu’un mouvement d’horlogerie fait tourner sur son axe ii, à raison, par exemple, d’un tour par seconde. Ce cylindre est muni de dents, à peu près comme dans une boîte à musique, disposées d’une manière spéciale sur des cercles tracés à égale distance les uns des autres. Le cercle m, qui divise le cylindre en deux parties égales, ne reçoit pas de dents. Sur chacun des cercles n, tracés à gauche et à droite du précédent, se trouve une dent; sur les seconds cercles o, deux dents; sur les troisiè-
- mes, trois dents, et ainsi de suite jusqu’aux extrémités du cylindre.
- « a est l’aiguille indicatrice d’un ampèremètre, construit spécialement; elle est placée devant le cylindre, en face de la trace m, de façon que, lorsqu’elle sera au zéro, c’est-à-dire lorsque aucun courant ne traversera l’appareil, le cylindre R puisse tourner sans qu’aucune dent vienne toucher l’aiguille a. Au contraire, dès qu’un courant traversera l’appareil, l’aiguille a déviera à droite ou à gauche, suivant le sens de ce courant, et d’une quantité telle que, si celui-ci a une intensité d’un ampère par exemple, l’aiguille se placera en face du cercle n; alors, à chaque révolution du cylindre, une dent viendra presser légèrement contre l’aiguille a. laquelle, au moyen d’un mécanisme facile à concevoir, fera avancer d’une dent la roue d’un compteur à cadran semblable à ceux des compteurs à gaz, et ce compteur enregistrera un coulomb à chaque seconde. Si deux ampères traversent l’ampèremètre, l’aiguille. a se plaçant en face du cercle o, deux dents viendront, à chaque seconde, presser
- contre cette aiguille : on enregistrera ainsi deux coulombs toutes les secondes, et ainsi de suite.
- « Principaux avantages du système. — i° L’appareil, entièrement mécanique, étant basé sur les effets physiques des courants, bénéficie de tous les avantages de ceux-ci, comparés aux compteurs basés sur les effets chimiques.
- « 2° La résistance, étant invariable et très faible (environ — d’ohm), permet de faire passer par les bobines de l’appareil la totalité du "courant à mesurer, ce qui constitue un avantage sérieux.
- <i 3° Le courant peut changer de sens assez fréquemment, sans altérer l’exactitude des indications.
- « 4° L’appareil peut fonctionner dans presque toutes les positions, sans cesser d’être exact, ce qui permet de l’employer sur un bateau, etc.
- « 5° Le compteur indique directement la quantité d’électricité én coulombs; le calcul indiquant que la lumière fournie par imo de gaz d’éclairage est égale à la lumière fournie par 10080 coulombs, brûlés dans des lampes à incandescence, on a profité de cette concordance pour graduer les cadrans de l’appareil en myria-coulombs, quantité qui sera, par ce fait, tout à fait comparable au mètre cube de gaz, dans la pratique.
- « 6° Le champ magnétique de l’ampèremètre pouvant se régler à volonté, il sera toujours très facile de l’étalonner à nouveau, si une vérification montrait qu’il est survenu un changement dans l’état • magnétique de l’aimant. »
- Sur la différence entre la lueur positive et négative, par H. Hellmann (*).
- Les deux électrodes d’un tube de Geissler présentent des apparences lumineuses distinctes.
- Ces apparences varient beaucoup suivant les conditions de l’expérience ; mais la différence entre l’aspect des deux électrodes demeure un fait général. Ce serait même là une règle sans exception, d’après M. E. Goldstein ; cet observateur assure qu’il y a toujours trois ou bien quatre intervalles obscurs, près de la cathode, et cela quelles que soient les conditions de l’expérience. M. Hellmann vient contredire sur ce point M. Goldstein.
- Il a opéré sur un tube à air raréfié de Crookes, tube muni d’électrodes circulaires et parallèles, et pourvu d’une poche à potasse caustique; dans ce tube il a obtenu des phénomènes lumineux presque pareils aux deux électrodes, et présentant le phénomène des intervalles obscurs tant à l’anode qu’à la cathode. Il décrit ces apparences lumineuses, plus ou moins variables et compliquées.
- La différence entre les deux électrodes reparaît lorsque l’on ménage une petite interruption dans le circuit de la bobine induite. L.
- f1) Ann. de Wiedemann, n° 8 Ms, i883.
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- RÉSUMÉ
- DES
- BREVETS DTNVENTION
- 153382. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES MACHINES DYNAMO
- ET MAGNÉTO-ÉLECTRIQUES, PAR M. C.-L.-B.-E. MENGES. —
- Paris, 2? janvier i883.
- L'inventeur revendique comme sa propriété exclusive, les points suivants :
- ,i° Une méthode d'enroulement pour les armatures qui consiste essentiellement en ce que chaque solènoïde est divisé en plusieurs spirales; l'inventeur brevète différentes constructions d'armatures;
- 20 Un dispositif pour renforcer l'action magnétisante du courant électrique dans les électro-aimants, soit en intercalant et éliminant alternativement des portions du fil de l'électro-aimant, soit en concentrant l'action du courant sur une faible étendue du noyau de l'électro-aimant;
- 3° Un dispositif pour régler le courant électrique dans les machines dynamo-électriques en intercalant ou en éliminant des portions de fil de l'électro-aimant, que ce soit automatiquement, directement ou indirectement par le courant, ou que ce soit non automatiquement;
- 40 L'enroulement des électro-aimants dans les machines dynamo-électriques ou électro-magnétiques, avec deux fils, avec intercalation.
- 153384. — PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS AUX APPAREILS
- ÉLECTRIQUES D'iNCENDlE, PAR M. W.-C. GORDON. — Paris,
- 27 janvier i883.
- L'inventeur applique à chaque étage du bâtiment, un ou plusieurs tableaux indicateurs, ayant chacun autant d'ouvertures d'avertissement et de disques d'avertissement correspondants qu'il y a d'étages ou parties dans le bâtiment. A chaque étage ou autre partie d'un bâtiment, on fixe un bouton moleté pour fermer le circuit et pour donner un avertissement immédiat, en cas de besoin. Enfin, dans les parties convenables du bâtiment, on applique un nombre voulu de sonneries électriques.
- Il y a autant de circuits électriques qu'il y a de disques avertisseurs dans n'importe lequel des indicateurs; ces circuits correspondent respectivement aux divers étages du bâtiment et passent successivement par l'électro-aimant des divers indicateurs du premier, deuxième, troisième, etc.; tous ces circuits sont reliés en dérivation avec les conduites principales, à partir des pôles de la pile. Dans le circuit de la conduite principale négative, entre le dernier indicateur de la série et le pôle négatif de la pile, on interpose un certain nombre de sonneries électriques, disposées en dérivation.
- Pour permettre à tous les disques avertisseurs qui ont été actionnés, de retourner à leur position normale, en fermant un circuit à l'un quelconque des indicateurs, chaque indicateur est muni d'une série d'aimants de renversement, un pour chaque disque avertisseur; tous ces aimants sont disposés en séries sur le même circuit et reliés par une extrémité avec la conduite venant du pôle négatif de l’une des piles, tandis qu'un fil venant de l'autre extrémité est branché aux dispositifs employés pour fermer le circuit, un sur chaque indicateur; un fil relié au fil qui lui-même relie les pôles positifs de la pile est branché d'une manière semblable à ces dispositifs, de sorte que le circuit étant fermé à l’un quelconque d'entre eux, un courant passera par toutes Jes séries d'aimants de renversement de tous les indicateurs,
- et retournera ainsi à tous les disques avertisseurs qui pourront avoir préalablement été rejetés à leur position normale.
- Les disques avertisseurs sont portés par des aiguilles polarisées, articulées de manière à osciller entre les paires d'électro-aimant de commande et de renversement.
- 153393. — nouveau magasin ou réservoir d'électricité,
- DIT « ELECTRODOCK », FAR MM. J. BARRIER ET F. TOURVIEILLE.
- — Parist 27 janvier i883.
- La fig. indique en section verticale ce nouveau réservoir d'électricité.
- L'appareil comprend un premier tube ou cylindre a rainé extérieurement, puis un, deux ou plusieurs cylindres b cylindres rainés intérieurement et extérieurement, et en dernier lieu un cylindre c rainé intérieurement. Les cylindres a, b br... c emboîtés les uns dans les autres sont suspendus par des queues diamétrales et découpées A, au
- couvercle v' du vase v; ils laissent entre eux des intervalles égaux ou inégaux.
- Les inventeurs stipulent qu’ils emploient indistinctement
- la glucose et les sucres, caramels, gommes, dextrines jouissant des mêmes propriétés, pour la fabrication de l'aggloméré dont ils garnissent les rainures des cylindres en plomb. Cet aggloméré est composé de sucre ou glucose en quantité suffisante, de 10 parties de litharge et de 3 parties de charbon platiné.
- 153424. — PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS AUX LAMPES 01*
- RÉGULATEURS ÉLECTRIQUES, PAR M. E. BURGIN. — Paris,
- 3o janvier i883.
- Lorsqu'un courant électrique arrive à la lampe par la borne h, il y trouve les trois passages suivants : i° à travers le petit électro-aimant n s, mais en si petite quantité qu'il n'a pas la force d'attirer l'armature /; 20 à travers les charbons A; 3° à travers l’électro-aimant NS.
- L'électro-aimant NS, à fil de petite résistance, attire l'armature I, la fait monter jusqu'à ce qu'elle s'appuie contre le ressort q\ le crayon supérieur, entraîné par l'armature, s'écarte alors du crayon inférieur, et la lumière jaillit; en même temps, l'armature I cesce d'être en contact avec la pièce v, et la circulation du courant à travers les charbons A est interrompue. La consommation des crayons accroît leur écartement, de telle sorte que le courant dérivé qui passe par le petit électro-aimant augmente proportionnellement jusqu'à ce qu'il soit assez énergique pour attirer l'armature i. Cette attraction déclenche le cliquet m et le rochet/; le galet r et la roue R étant devenus libres, le charbon supérieur descend de son propre poids, jusqu'à ce que l'équilibre soit rétabli. Il faut remarquer qu'au moment ou le cliquet m dé-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- clenche le rochet, le courant dérivé est interrompu, l’électroaimant n s laisse reculer son armature et le cliquet m arrête de nouveau la descente du crayon. Ce jeu se répète chaque fois que les crayons dépassent l’écartement; la lampe est réglée par la vis q du ressort antagoniste v. Dans le cas où les crayons ne pourraient pas se rapprocher convenablement et où, par conséquent, l’arc voltaïque viendrait à s’éteindre , l’armature I, retombant immédiatement sur la pièce y, rétablirait le courant à travers les charbons A.
- Pour éteindre la lampe, on n’a qu’à tourner le robinet ou commutateur v v qui établit une commnnication directe entre la barre h et l’enveloppe de la lampe, et permet alors au courant de passer directement de la borne d’entrée à la borne de sortie sans traverser les crayons ; cette communication directe sera, d’ailleurs, établie toutes les fois qu’on voudra changer les crayons pendant le passage du courant.
- Dans la fig., le robinet v v est représenté en coupe, le pas-
- sage direct rompu; pour l’ouvrir, on doit tirer et tourner d’un quart de tour.
- La fig. représente en coupe verticale le mécanisme d’un type de lampe.
- L’inventeur brevète plusieurs autres dispositifs de cette lampe.
- 153437. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES MOTEURS ÉLECTRIQUES, par M. m. immesch. — Paris, 3i janvier i883.
- Nous décrirons l’application du système de l’inventeur à un moteur dans lequel il y a trois armatures en forme de T, et des inducteurs formant quatre pièces polaires, de polarités alternatives. Les fils des armatures sont enroulés de la même manière, et les extrémités des fils sont rattachées à un commutateur. On emploie deux paires de balais, l’une pour conduire le courant au commutateur, l’autre pour l’en emmener. Les commutateurs et les balais sont disposés de manière que la polarité de chacune des armatures change quatre fois dans un tour. En outre, chacune des bobines d’armature reçoit quatre foi^dans un tour une double quantité de courant, juste lors- • que les aimants se trouvent dans le champ magnétique, dans une position telle que ce double courant convient le mieux pour produire un mouvement de rotation; Les quatre pièces polaires peuvent être formées de quatre segments d’anneau; ces segments peuvent être circulaires ou avoir la forme de fers à cheval, le fil étant enroulé de manière à déterminer la for-
- mation de pôles alternatifs dans le champ magnétique. Ou bien, on peut employer deux électro-aimants droits, leurs pôles étant placés de la même manière.
- 153445. — ACCUMULATEUR-ÉPONGE A LIQUIDE ALCALIN OU acide, par m. a.-l. nolf. — Paris, 3r janvier i883.
- L’appareil se compose d’un récipient rectangulaire en bois ou en tôle de fer, revêtu à l’intérieur de caoutchouc vulcanisé.
- A est le récipient; a est une plaque de plomb, C un espace rempli de plomb sous forme d’éponge; D un diaphragme très mince en terre de pipe; FF espace rempli de minium et séparé en deux parties égales, dans le sens vertical, par une plaque de plomb b ; D' diaphragme; C' espace rempli de plomb en éponge et séparé verticalement èn deux couches d’égale épaisseur par une plaque de plomb n'; D* diaphragme poreux; FF' espace rempli de minium, et ainsi de suite, alternativement, jusqu’à ce que tout le récipient soit rempli, et en faisant la dernière case semblable à la première. R est un conducteur mis en contact en x,x,x, avec toutes les pla-
- ques de plomb a, a', a"... du plomb en éponge, et communiquant avec le pôle négatif d’une machine dynamo-élec-tuique; T est un conducteur mis en contact en V, V, V... avec toutes les plaques de plomb b, b', b"... du minium et communiquant avec le pôle positif d’une machine dynamoélectrique.
- Pour former cette pile secondaire, il suffît de remplir de litharge en écailles tous les espaces destinés au plomb en éponge, et de faire alors passer un courant électrique dans la masse préalablement humectée par une dissolution de soude caustique et par de l’acide sulfurique dilué.
- CORRESPONDANCE
- Exposition internationale d’électricité de Vienne.
- Vienne le 31 juillet 1883.
- L’ouverture de l’Exposition vient d’être fixée au 16 août. L’Empereur, paraît-il, tient à ce que la cérémonie ait lieu le soir, mais malgré l’activité qu’on ne cesse de déployer, il est peu probable que les machines soient prêtes et qu’on puisse suffisamment éclairer la rotonde. Il ne serait donc pas impossible que l’ouverture de l’Exposition ait lieu de jour.
- Quoi qu’il en soit de ce retard, pendant ces derniers jours les travaux ont marché avec une extrême rapidité et l’on peut déjà prédire la réussite complète de l’Exposition.
- Nous constatons avec plaisir que la section française est la plus avancée; Le pavillon, très élégant, du ministère des postes et télégraphes est terminé ; les vitrines sont garnies* les Morse* les Hughes, les Casclli, les Mayer, les Baudot
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- sont déballés. On installe les Baudot; les piles sont montées, il n’y a pas moins de 1200 éléments; i5o appareils fonctionneront et chacun aura sa pile spéciale, pour éviter toute dérivation dans le cas de plusieurs appareils marchant en même temps. Quelques appareils fonctionneront en ligne (circuits directs ou bouclés); on parle même de faire marcher le Baudot de Paris à Vienne (1400 kilomètres), mais cela présenterait de sérieuses difficultés.
- Un grand nombre de communications sont établies.
- On déballe les caisses du Conservatoire des arts et métiers et du ministère de la marine.
- A côté du pavillon des postes et télégraphes, le chemin de fer du Nord installe ses appareils à signaux et établit des tronçons de voie pour voitures miniatures.
- Dans la « Rundgalerie » on travaille aux entablements des maisons De Brauville, Carpentier, Carré, Leclanclié, et de M. Gaston Planté dont on nous promet des expériences intéressantes, entre autres avec la machine rhéostatique.
- Plusieurs guérites téléphoniques de Walker sont montées.
- Dans la section russe, il n’y a encore que quelques tables surchargées de draperies.
- Le gouvernement belge commence à installer ses appareils de télégraphie; les matériaux de la télégraphie militaire sont arrivés, mais on ne les a pas encore déballés.
- Par contre, l’exposition des voitures et des matériaux de la télégraphie militaire du Danemark est fort avancée.
- La vitrine de la « Gutta-Percha C° » de Londres, est toute prête.
- Parmi les installations terminées, on remarque :
- Les appareils télégraphiques italiens; les vitrines pour les bronzes phosphoreux de Lazare et Weiler; celle de Raphaël de Breslau avec d’admirables ouvrages en mica; celle de Hartman et C° de Wurtzburg (appareils d’optique); les appareils du professeur Mâche, de Prague; le pavillon de Kal-mar (galvanoplastie) dans la galerie des machines, etc.
- Vis-à-vis du pavillon des Postes et Télégraphes français, on construit une grande plate-forme destinée aux télégraphes autrichiens : quelques poteaux télégraphiques en foute sont installés. Dans la « Rundgalerie » les chemins de fer autrichiens ont une exposition fort intéressante et presque terminée.
- Enfin partout il y a des caisses qui attendent, pour être déballées, leurs propriétaires.
- De nouvelles caisses et machines arrivent encore chaque jour; le chemin de fer a été prolongé de la gare jusqu’au Palais, de sorte qu’on décharge les caisses directement des wagons dans la galerie des machines.
- Au centre de la Rotonde, on construit une cascade qui sera éclairée le soir par dessous; autour un charmant jardin avec buffet.
- . La Rotonde avec son immense et imposante coupole, la plus grande qui existe, se prête admirablement à la décoration, A ce point de vue, l’Exposition de Vienne l’emportera certainement sur celle de Paris.
- La Rotonde sera éclairée : par 100 régulateurs placés tout autour de la irc galerie supérieure; par plusieurs gros brûleurs placés à la 2G galerie supérieure ; enfin par une lampe de 20 000 bougies qui sera logée tout en haut, dans la lanterne.
- D’autres lampes placées en bas, entre les piliers serviront à éclairer la « Rundgalerie ».
- L’éclairage présentera ce côté extrêmement intéressant que chaque constructeur aura sa machine à vapeur spéciale et qu’il devra disposer, en quelque sorte, un éclairage modèle en vue des mesures comparatives auxquelles se livrera une commission spéciale. Car, — comme cela a eu lieu à l’Exposition de Munich, — le jury traditionnel est remplacé par une commission technique, laquelle, au lieu de décerner des récompenses, se bornera à vérifier par des expériences précises la valeur des appareils qui lui seront 60umis, et à relater les résultats dans un certificat.
- Une chambre photomètrique de 20 mètres sur 5 mètres a ôté construite en vue de ces mesures.
- Toutes les machines à vapeur et à lurtiière se trouveront dans les galeries latérales du palais, et les chaudières sous de grands hangars qu’on a élevés tout exprès dans les cours comprises entre la rotonde et les galeries latérales. Les fondations pour les machines sont toutes établies; les chaudières sont installées en grande partie ainsi que quelques machines. Il y aura une force totale d’environ 1400 chevaux-vapeur. Ce chiffre eut été notablement réduit si l’on s’était servi de 2 ou 3 machines seulement, mais, comme.on vient de le voir, le but de la commission organisatrice n’a pas été de faire une installation économique.
- Dans les parties des galeries latérales non affectées aux machines, des chambres téléphoniques ont été bâties pour les auditions théâtrales. Différents systèmes seront essayés et comparés par la commission technique.
- A côté, on arrange en ce moment une bibliothèque d’électricité, qui sera très fournie.
- On travaille, dans une des galeries latérales, à la construction de chambres richement ornées qui seront chacune éclairées par un système différent. On exposera dans ces petits salons des meubles, des étoffes, tableaux, etc. La galerie est assez sombre; pour permettre aux ouvriers de travailler, on y a placé une trentaine de lampes Swan munies d’un second globe protecteur. Elles sont alimentées par une dynamo Kremenetzky à courants alternatifs et à excitatrice séparée; les deux dynamo sont mus par une petite loconn-bile.
- Un joli théâtre qui pourra contenir quelques centaines de personnes, et dont la construction avance rapidement, servira pour les essais d’éclairage électrique et pour des expériences de projection. Dans l’une des cours s’élève un second théâtre, presque terminé, où toutes les manœuvres de la scène se feront par l’électricité.
- Mentionnons encore le pavillon oriental, très réussi, et le pavillon, fort avancé, de l’Empereur. Ces deux pavillons seront éclairés à l’aide de piles secondaires.
- Enfin, dans le Prater, s’installent le chemin de fer électrique de Siemens qui s’étend du Prater Stern jusqu’au Palais, sur une longueur de deux kilomètres environ et un moulin à vent qui alimentera des piles secondaires.
- Près de 600 exposants sont inscrits pour l’Exposition et le nombre des objets annoncés par chacun est très grand.
- L’exposition de Vienne a obtenu l’appui de plusieurs gouvernements étrangers; la France y sera représentée.par les ministères de la Guerre, de la Marine et des Colonies, du Commerce et de l’Instruction publique, des Postes et des Télégraphes et par la préfecture de police ; l’Angleterre, l’Italie, la Russie et la Turquie par leurs administrations des télégraphes; la Belgique, par son ministère des trayaux publics; le Danemark enfin, par son ministère de la guerre.
- P. Samuel.
- FAITS DIVERS
- Le chemin de fer électrique, construit à Wimbledon, dans le comté de Surrcy sur le champ de tir pour le service de l’Association nationale des tireurs du Royaume-Uni vient d’être inauguré. Ce railway est destiné principalement au transport des personnes depuis le mât du drapeau ou pavillon jusqu’aux cibles éloignées qui se trouvent à l’extrémité de la plaine. II y a six wagons ou cars pouvant contenir chacun vingt-quatre voyageurs, Le système de propulsion est établi par un courant engendré d’une machine dynamo Maxim-Weston, actionnée par un moteur Robey de douze chevaux* transmis et ramené par deux bandes, de cuivre plates d’environ un pouce de largeur, posées chacune; au
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- fond d'une rainure, dans des supports en bois étendus à mi-chemin entre les lignes de rails et soutenues sur des blocs carrés en bois saturé de poix. Le moteur de l'invention de M. Brown consiste en quatre aimants extérieurs accouplés ensemble en pôles similaires et en une armature formée de seize aimants marchant dans l'intervalle entre les aimants extérieurs et coupant toutes les lignes de force. Il s'attache à l'une des extrémités du wagon et est renfermé dans une boîte d'environ trentre pouces carrés; le courant est amené aux conducteurs par deux chaînes traînantes. La longueur du chemin de fer électrique de Wimbledon est d'un mille.
- Aux dernières régates de Genève a couru un petit bateau électrique, dont la marche régulière, silencieuse et relativement rapide, a* été remarquée.
- Dans ce bateau, le moteur du système Thury est placé sous le banc d'arrière; il commande directement l'hélice qui marche à raison de deux mille deux cents tours par minute et procure une vitesse de huit kilomètres à l'heure. Les piles sont placées dans un caisson. L'hélice, d'un diamètre de dix-huit centimètres a deux bras très légers; elle ne provoque pas de remous à l'arrière.
- Éclairage électrique.
- Le premier essai que l'on ait tenté à Londres d’éclairer une voie publique à l'aide de lampes à incandescence se poursuit depuis environ un an et demi au Holborn-Viaduct Un rapport du colonel William Haywood adressé au comité des rues des commissaires des égouts de la métropole contient quelques détails sur cet éclairage que l'on continuera jusqu'au Ier janvier 1884. Les machines destinées à la production du courant sont disposées dans les soubassements du n° 57 du Holborn-Viaduct; les locaux sc trouvent sur le côté nord de la voie entre le pont de Farringdon-street et la station de Snow-Hill du chemin de fer de Londres Cha-tham et Douvres. Ï1 y a quatre machines dynamo Edison qu'actionnent des moteurs Porter, Allen, Armington et Sims.
- Les lampes adoptées sont celles d’Edison. On compte actuellement quatre-vingt douze lampes, de seize candies chacune, en fonctionnement. Sur ce nombre, soixante quatre sont placées dans les becs de gaz ordinaires du viaduc et autour du monument du Prince Consort, seize sur la colonne située à l'extrémité est du viaduc à Snow-Hill et douze dans les escaliers qui mènent à Farringdon-street. En outre, sept cent quarante-cinq lampes- sont disposées dans des maisons et magasins du viaduc. La longueur totale du parcours éclairé est d’environ quatre cent cinquante mètres et la superficie de neuf mille mètres carrés. Chaque lampe éclaire sur le viaduc une surface de cent vingt-cinq mètres carrés. Quant aux dépenses de cet éclairage, elles sont, d’après le contrat, les mêmes qu'avec le gaz précédemment employé. Chaque lampe revient à quatre livres dix shillings quatre pence par an. La quantité de lumière est supérieure de vingt-cinq pour cent environ à celle du gaz. Mais le rapport du colonel Haywood mentionne plusieurs accidents survenus aux lampes pour des causes diverses. On a constaté, outre les extinctions partielles, trois extinctions totales, la première le 3o août, pendant près de trois quarts d’heure par suite de la mise hors de service de la machine dynamo sur laquelle on avait laissé tomber de l'acide sulfurique; la seconde, le 2 octobre pendant trois minutes, par suite de l’échauffemcnt d’un coussinet; la troisième, le 4 novembre, à l’occasion d’un changement de machines pendant une minute et demie. Enfin, le 20 décembre, l'éclairage ne put avoir lieu de 4 h. 3o minutes jusqu'à 10 h. 45 en raison d’un retard dans la réparation d'une machine motrice et d'une avarie simultanée à la dynamo, conduite par la seconde machine motrice.
- A Liverpool, des lampes à incandescence Woodhouse'
- Rawson viennent d'étre posées dans le restaurant Eberle par l'Electric Supply Company.
- L’usine centrale d'électricité créée à Milan par le comité des applications de l'électricité, système Edison et inaugurée au mois de juin dernier, fonctionne maintenant d'une manière régulière. Cette usine qui est installée près du Dôme, dans le théâtre Sainte-Radegonde, acheté pour cet objet, comprend quatre grandes machines dynamo de douze cents lampes ; il y en aura plus tard douze en tout. Les moteurs sont des systèmes Porter Allen, Armington et Sims. Les chaudières peuvent fournir une force de sept cent cinquante chevaux.
- L'usine éclaire divers établissements, des cafés, des cercles, des restaurants, des magasins dans les quartiers les plus fréquentés de Milan et le théâtre Manzoni. Les conducteurs sont souterrains. On a posé dix-huit cents mètres de lignes de 9,3 millimètres de diamètre qui sont reliés à l'usine par six conduites d'alimentation d'une longueur de quatorze cents mètres et d'un diamètre de 65,6 millimètres et de 44,2 millimètres, réunies toutes à la station centrale au moyen de deux conducteurs qui reçoivent le courant directement des machines dynamo. On a le projet d'éclairer d'après ce système le grand théâtre de la Scala avec deux mille lampes.
- Télégraphie et Téléphonie
- A Philadelphie, vient d'avoir lieu dans Front street, au-dessus du Marché, la pose des conduites souterraines du système Brooks, qui doit être étendu jusqu'au Kensington Depot. Afin de ne point gêner la circulation dans les rues, les conduites sont placées en sections de deux mille pieds chacune, de telle sorte que la rue peut être aussitôt réparée.
- Dans le canton de Neufchâtel, en Suisse, on annonce l'établissement d’une ligne téléphonique entre La Chaux-de-Fonds et Le Locle, deux grands centres de fabriques d'horlogerie.
- Un service qui a été généralement adopté depuis assez longtemps déjà en Allemagne, où il donne de bons résultats, vient d’être introduit dans l'administration des télégraphes en Hongrie. C'est celui de la délivrance et de Iat réception des télégrammes à l'aide du téléphone. Depuis le i5 juillet, le ministre des communications de Hongrie a autorisé le fonctionnement de ce service à Pcsth, afin de rendre plus facile le travail dans les bureaux du télégraphe. Le réseau téléphonique de Pesth est relié à la station télégraphique centrale de la ville, et les abonnés peuvent ainsi, par l’entremise du téléphone, recevoir chez eux ou expédier de leur demeure leurs télégrammes.
- Une expérience de transmission téléphonique vient d’être faite à New-York sur des câbles sous-marins. Cinq câbles d’un mille de long chacun, traversant la North River, entre New-York et Jersey City, ont été reliés ensemble, produisant ainsi une longueur totale de cinq milles de câbles. La ligne ayant été placée en circuit avec cent six milles de fils aériens a donné un total de cent onze milles. On s’est servi de transmetteurs Blake et de récepteurs Bell et des conversations ont été échangées sans difficulté entre les représentants des diverses compagnies.
- Le Gérant : A. Noaillon.
- Paris» — Imprimerie P Mouillot, i3* quai Voltaire» — 409*4
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- Lumière
- Journal universel
- Electrique
- d’Electricité
- ANNÉE (TOME IX)
- 5i, rue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCEL
- Administrateur-Gérant : A. NOAILLON
- SAMEDI II AOUT 1883
- SOMMAIRE
- Vérification des lois se rapportant aux multiplicateurs gal-vanométriques ; Th. du Moncel. — Exposition Internationale d’EIectricité de Munich : Les lampes électriques ; Aug. Guerout. — Imitation par des courants liquides ou gazeux des phénomènes d’électricité et de magnétisme ; C. Decharme. — Nouveaux freins électriques à entraînement; Maurice Leblanc et F. Dubost. — Revue des travaux récents en électricité : L’éclairage du pavillon de Brighton. — Conducteur à charnière pour courants électriques, par M. Verity. — Sur la polarisation des électrodes produite par des courants alternatifs, par A. Ober-beck. — La lampe électrique de M. Gray. — Sur la construction de la machine de Holtz, par M. Pouchkoff. — Résumé des brevets d’invention; Camille Grollet. — Faits divers.
- VÉRIFICATION DES LOIS
- SE RAPPORTANT
- AUX MULTIPLICATEURS
- GALVANOMÉTRIQUES
- Dans une série d’articles publiés à diverses reprises dans ce journal (*), j’ai indiqué les lois des électro-aimants et rapporté les expériences faites pour leur vérification. J’ai entrepris le même travail pour ies multiplicateurs galvanométriques, et je vais en rapporter ici les conclusions.
- Je commencerai d’abord par rappeler que si la formule donnant la longueur du fil d’un électroaimant est ?-feÇa+_g)? elle devient ~ [(a -J-c)n-\-ad]
- dans le cas d’un multiplicateur galvanométrique, en raison des parties droites d des fils comprises entre les parties arrondies (2).
- Or nous avons démontré que quand on prend pour variable la quantité a représentant l’épaisseur des couches de spires du multiplicateur, on obtient l’effet le plus avantageux de la part d’un galvanomètre
- (J) Voir les numéros des 3o avril et 7 mai 1881.
- (2) Nous appelons a l’épaisseur des couches de spires de l’hélice du multiplicateur; b la largeur du cadre de celui-ci; c l’épaisseur du cadre galvanométrique, à l’intérieur duquel est suspendue l’aiguille et sur lequel est enroulée l’hélice;
- donné quand sa résistance surpasse celle du circuit extérieur d’une quantité représentée par
- a b .
- . +
- ou quand sa résistance est supérieure à celle du circuit extérieur dans le rapport de i à
- 7T (a -f- c) -J- 2 d
- 7t a
- Avec les galvanomètres sensibles, ce rapport est considérable, car avec celui à 2 multiplicateurs qui m’a servi pour mes expériences sur la conductibilité des corps mauvais conducteurs et pour lequel le§ quantités a, c et d avaient pour valeur 0^,04, om,oo4, om,o5, il était représenté par 1,9, et ce rapport était encore plus élevé pour le multiplicateur le moins résistant qui en constituait la première partie et dont l’épaisseur était om,oi8i, ce qui donnait au rapport des deux résistances une valeur de 2,425.
- Si, au lieu de prendre pour variable l’épaisseur de l’hélice magnétisante, on la suppose constante, et qu'on fasse varier seulement le diamètre g du fil de l’hélice, les conditions du maximum répondent à l’égalité des deux résistances'H et R. Cette déduction toutefois n’est vraie que si l’on ne tient pas compte des variations d’épaisseur de la couche isolante du fil, épaisseur qui est différente, ainsi que je l’ai dit dans mes Recherches sur les meilleures conditions de construction des électro-aimants, suivant les différents diamètres des fils. En faisant entrer cette donnée dans les calculs, M. Weber montre que, pour être dans les conditions de maximum, il faut que « la résistance du multiplica-« teur soit à celle du circuit extérieur dans le rapport « du diamètre du fil nu du multiplicateur à celui du « même fil recouvert; d’où il résulterait que cette ré-
- g le diamètre du fil enroulé, y compris sa couverture isolante; d la distance séparant les deux parties courbes du cadre galvanométrique; R la résistance du circuit extérieur estimée en longueur du fil de l’hélice; E la force électro-! motrice de la pile.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
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- sistance du multiplicateur devrait être moindre que celle du circuit extérieur. (Voir la démonstration qui en a été donnée dans les Annales télégraphiques, tome IV, page 208.)
- Quand il s’agit de la construction d’électro-aimants ou de galvanomètres appelés à réagir dans des conditions données, en partant d’un type déterminé qui, par d’autres considérations, a été jugé le plus convenable, il est certain que la résistance de l’hélice du multiplicateur doit être calculée d’après ces dernières conditions de maximum; mais, comme je l’ai déjà dit, ce n’est pas le cas dans lequel se trouve ordinairement un expérimentateur. Les galvanomètres qu’il a à sa disposition sont généralement pourvus de deux multiplicateurs superposés qui peuvent n’en former qu’un, et il s’agit pour lui de savoir dans quelles conditions de résistance du circuit extérieur il doit employer l’un ou l’autre; dans ce cas, les conditions de maximum correspondent aux premières déductions que nous avons indiquées.
- D’un autre côté, on démontre que sur un circuit . soumis à des dérivations w,les déductions précédentes sont encore vraies, mais en considérant la résistance extérieure R du circuit comme étant représentée. par la résistance totale du circuit, du moins en supposant celle-ci comme si la partie commune aux circuits dérivés était représentée par la dérivation l où se trouve intercalé le galvanomètre, et comme si la partie réellement commune R n’était qu’une dérivation u ou une somme de dérivations.
- Pour vérifier ces différentes déductions avec des galvanomètres sensibles, les seuls pour lesquels la question présente de l’intérêt, il m’a fallu recourir à un électro-moteur extrêmement faible et présentant une grande résistance afin que les indications fussent facilement appréciables et relativement constantes. J’ai composé cet électro-moteur avec deux bouts de fils métalliques, fer et cuivre, de om,ooo8 de diamètre. Ces fils étaient séparés par un diaphragme de papier collé, qui, après les avoir enveloppés extérieurement, permettait de ligaturer le tout avec du fil et d’en faire un petit faisceau dont les éléments métalliques avaient une position invariable. L’un de ces fils était constitué par le bout dénudé d’un fil de cuivre recouvert de gutta percha, l’autre par un fil de fer assez long pour que sa jonction avec le second rhéophore pût se faire en dehors du liquide. Les deux rhéophores étaient, d’ailleurs, tordus ensemble de manière à former du système une sorte de sonde.. Le liquide excitateur n’était autre que de l’eau de pluie.
- Quand l’appareil était immergé pendant une heure environ, sa résistance intérieure mesurée au galvanomètre différentiel avec un courant faible et en partant de la formule
- — 2RR'
- ' Û + H'
- que j’ai posée pour ces sortes de mesures, était de 2 720 ohms ou 272 kilomètres de fil télégraphique, et sa force électro-motrice rapportée à celle de l’élément Daniell était représentée par o,o56, soit environ -4- de la force électro-motrice de ce
- Io
- dernier élément.
- D’un autre côté, mon galvanomètre, construit avec un soin extrême par M. Ruhmkorff, avait son multiplicateur composé, comme on l’a vu, de deux hélices superposées qui avaient, l’une 237 kilomètres de résistance, l’autre 496 kil., et les deux hélices réunies formaient une résistance totale de 733 kilomètres. Or, voici les résultats que j’ai obtenus en introduisant d’abord dans le circuit de l’élec-tro-moteur décrit précédemment différentes résistances, et en répétant alternativement l’expérience plusieurs fois à travers les deux hélices galvano-métriques.
- Résistances Multiplicateur Multiplicateur
- du circuit extérieur. de 237 kil. de 733 kil.
- Avec 272 kil. + 1 kil......I — 740^.........I = 8o°{
- Contre-épreuve........I = 74 i........I = 80 v
- Avec 272 + 64..............I = 73 I = 80 "
- Contre-épreuve........ I = 73 I — 80
- Avec 272 + 320............. I = 70 I = 78
- Contre-épreuve........ I =. 70 |....... I — 78 ~
- Avec 272 + 832.............I = 69 I = 77
- Contre-épreuve........I = 69 7........I = 77 i
- Or, on voit que l’avantage reste toujours au multiplicateur le plus résistant, même quand le circuit extérieur représente à peu près la propre résistance du multiplicateur le moins résistant. Il aurait été intéressant de suivre l’expérience jusqu’au moment où la sensibilité des deux galvanomètres aurait été la même; mais comme la résistance minima du circuit extérieur n’était guère représentée que par celle de l’électro-moteur, et que je ne pouvais la diminuer sans rendre les déviations impossibles à constater, j’ai dû me contenter de ces résultats pour les circuits simples; mais nous allons voir que le problème a pu être résolu facilement avec les circuits dérivés.
- Pour vérifier la déduction que j’ai posée, eu égard aux conditions de maxima galvanométri-ques sur les circuits dérivés, j’ai interposé dans le circuit du générateur précédent un rhéostat, et j’en ai placé un second dans une dérivation joignant les deux extrémités du fil de mon galvanomètre. Dans ces conditions, la résistance R de la formule
- appliquée à ce cas était constituée par le circuit de l’électro-moteur, et la résistance u par la dérivation. La résistance l ne pouvait figurer dans les calculs, puisque les points de bifurcation des deux dérivations correspondaient aux deux extrémités du fil
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- <pi
- galvanométrique. En faisant varier les résistances u et R dans un rapport convenable, je pouvais toujours combiner une résistance totale égale à la résistance démon multiplicateur le moins résistant, c’est-à-dire à 237 kilomètres, et il me suffisait pour cela, R étant donné, de calculer u au moyen de la formule
- '«te
- H représentant la résistance du multiplicateur. Or voici les résultats que j’ai obtenus en prenant toutes les précautions nécessaires pour ne pas faire varier les conditions des expériences :
- Résis-
- Dérivations tance Multiplicateur Multiplicateur en kil. totale de 237 kil. de 733 kil.
- en kil.
- 1° R=272+8g6 ) (49° (52°
- 237 1= ...... 1=
- «=297 ) (48 {(contrôle) ( Si (contrôle)
- 20 R==272+256 ) ( 55 (60
- 237 1=] ........1=
- u =,]3o ; (54 (contrôle) ( 58 (contrôle)
- On voit d’après ces chiffres que, conformément à la déduction que j’avais tirée, le multiplicateur le plus résistant conserve l’avantage, même quand la résistance totale du circuit extérieur est égale à celle du multiplicateur le moins résistant, et que c’est bien au-dessous de cette résistance que la supériorité de ce dernier multiplicateur se manifeste (4).
- Comme avec le système des dérivations je pouvais faire varier entre des limites très étendues les résistances du circuit extérieur, j’ai voulu voir à quel chiffre de ce circuit correspondait l’égalité de sensibilité des deux multiplicateurs, et voici les nouvelles expériences que j’ai entreprises à cet effet :
- Résis-
- Dérivations tance Multiplicateur Multiplicateur en kil. totale de 237 kil. de 733 kil.
- en kil.
- 1° R=512+272 | 1- I-j 1 27°{
- u= 86 ! 1 [27 f (contrôle)
- 2° R=512+272 j | 110 H ,32{
- H 128 1 ; 33 (contrôle)
- 3» R=5l2+272 | j |iS9 H j 36° f
- u—200 ; 1 1 [36 {(contrôle)
- 4° R=5l2+272 j [193 i=! j 40
- H =256 ' [40 {(contrôle)
- H
- 1=
- 1=
- 24°'
- 24 £ (contrôle) 3o
- 3o (contrôle) 36» i
- 36 {(contrôle) 41 T
- 41 {(contrôle)
- (9 Bien que la résistance totale du circuit en dehors du galvanomètre ait été la même dans les deux expériences, il ne faudrait pas croire que les intensités électriques à travers l’un ou l’autre des deux multiplicateurs eussent dû être les mêmes. Le galvanomètre, étant interposé sur une dérivation, doit être impressionné différemment selon les valeurs de u et de R, et si on calcule cette intensité au moyen des formules des courants dérivés, on trouve, comme exprimant
- Résia-
- Dérivations tance Multiplicateur Multiplicateur
- en kil. totale de 237 kil. de 733 kil.
- en kil.
- 5° R=5i 2+272] 1 (46
- H =512 | »3oq H
- (46
- 6° R=256+272 j (36
- ; ms f =
- u =200 ; (36
- I—! S“
- (contrôle) (5i (contrôle
- ,J j 35 » \
- (contrôle) 1 (.36 (contrôle
- O11 voit d’après ce tableau que c’est avec les résistances totales de i5gkil et de i45kil, suivant la valeur de R, que les multiplicateurs se trouvent avoir la même sensibilité, et ces résistances sont inférieures à celle du multiplicateur le moins résistant de près de moitié. Toutefois, il faut considérer que ces chiffres de résistance ne peuvent être ceux qui correspondent au maximum de sensibilité du multiplicateur le moins résistant , puisqu’ils représentent, par rapport à lui, une limite maxima, et en même temps une limite minimapar rapport à l’autre multiplicateur qui est le plus résistant. En effet, si on fait le calcul des résistances correspondantes aux maxima dans les deux cas, on trouve d’après les formules les nombres 98“ et 386kil, entre lesquels le chiffre de la résistance limite doit naturellement être compris et figurer comme une moyenne proportionnelle ; or, cette moyenne proportionnelle étant ig3kU n’est pas très éloignée des nombres fournis par l’expérience. On remarquera encore dans le précédent tableau que des variations assez considérables de résistance dans la dérivation R affectent assez peu l’intensité du courant, car l’on voit que quand R=256kil -j— 272kil et «=2ookil, l’intensité électrique fournie par les deux multiplicateurs, et qui est 36°, est la même que quand R = 5i2kü -j- 2721111. J’ai voulu, du reste, m’assurer si cette constance de déviation se maintenait entre des valeurs de R plus éloignées les unes des autres, et j’ai pour cela rendu constante la dérivation u que j’ai prise égale à 86kil. Or, j’ai obtenu les résultats suivants :
- Dérivations en kil.
- 10 R = 256 + 272
- u = 86
- 2° R = 5i2 + 272 u = 86
- 3° R = 768 -|- 272 u = 86
- Résistance Multipli- Multipli-
- totale catenr catenr
- cn kil. de 237 kil. de 733kil.
- | 74. . . . I = 28° .... I = 25°
- j 77. . . . I =» 27? . . . . I = 24?
- j 79. . . . I = 27 { . . . . I = 24 {
- sa valeur dans les deux expériences et à travers le multiplicateur le moins résistant,
- . _________0,056X297________.
- 10 ~ 1168 (237 4- 297) + 237 X 297 ’
- ____ o,o56X43o________
- 2° 5a8 (23? + 430) + 287 X q3o
- qui donnent 0,0000239 et o,oooo53o. Or, cette dernière quantité est beaucoup plus considérable que la première, comme l’indiquent les déviations observées.
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- La lumière électrique
- Dérivations en kil.
- Résistance Multipli-totale cateur en kil. de 2'iy kil.
- Multiplicateur de 733 kil.
- 4° R = 896 4- 272
- U = 86
- j 80. . . . I = 27 !... . 1—2)4
- 5° R
- U
- 06 + 272 j 65. . . . I = 29 .... I = 26
- On voit qu’effectivement les déviations sont peu atteintes par les variations en question, et cela tient à ce que les valeurs de R sont affectées par une quantité constante qui est relativement considérable, et qu’elles sont adjointes, par addition, à des quantités importantes qui figurent au même dénominateur dans l’expression
- _ E ut
- (R + p) («+H) + «H
- qui représente le moment magnétique du galvanomètre dans ce cas ; par conséquent les variations de R doivent alors beaucoup moins affecter les déviations que dans lé cas où l’on fait varier la dérivation u, qui figure non seulement au dénominateur, mais encore au numérateur de l’expression comme multiplicateur. On remarquera, du reste, que les résistances totales constituées par les deux dérivations diffèrent assez peu les unes des autres, malgré les variations considérables de R.
- Si la résistance de la pile est peu considérable et la dérivation u très peu résistante, comme cela a lieu dans les expériences ordinaires, et en particulier dans celles que j’ai faites sur les corps mauvais conducteurs, il n’en est plus de même, et l’avantage reste entièrement au multiplicateur le moins résistant. Ainsi, en prenant la dérivation u égale à 100 mètres, et en employant une pile de Daniell de 3 éléments, on trouve les résultats suivants :
- Dérivations en kil.
- Résistance
- totale Multiplicatr Multiplicatr MultiplicaU en kil. de 237 kil. de'733 kil. de49Ôkil.
- !» R= 256 +310 u= 0,1 pow?-
- 2° R= 5l2
- I = 68 . . . 62 . . . 56°
- 5= 5lo,i+3j°-°999- • • 1 = 54 • • 47 • • • 40
- 3° ^,+3|o,0999. • I = 46 • • • 39 . . - 32
- 40R^IO24;5+3J0)1..... 1 = 39... 32... 25
- Dans ces conditions, la résistance totale est très minime, puisqu’elle est représentée toujours à peu près par ioo mètres, et les variations d’intensité constatées décroissent presque proportionnellement aux résistances R. J’ai eu occasion de constater la vérité de cette déduction en expérimentant le silex d’Hérouville, dont j’ai si souvent parlé dans mes recherches sur les corps médiocrement conducteurs. Quand, avec une dérivation galvano-métrique de 8 kilomètres, j’employais le multiplicateur de 733 kil., la déviation avec ma pile de
- 12 éléments Daniell, n’était, par exemple, que.de 56°, et elle devenait de 6i° quand je prenais le multiplicateur de 237 kil. Mais dans mes expériences, je ne prenais ‘guère en considération cet effet, car je ne cherchais, en employant des dérivations, qu’à diminuer la sensibilité de mon galvanomètre, et je pouvais faire varier cette sensibilité à mon gré en prenant des dérivations galvanométriques plus ou moins résistantes.
- Si on fait varier légèrement la conductibilité du liquide dans lequel est plongé le petit électro-moteur dont nous avons parlé plus haut, on peut s’assurer que la résistance de la dérivation u correspondante à l’égalité de sensibilité des deux multiplicateurs, reste la même. Ainsi, en prenant u = 200 kil. et en interposant 256 kil. dans le circuit R, la déviation fournie par le multiplicateur le moins résistant a été 410, et celle fournie parle multiplicateur le plus résistant a été exactement la même.
- Cette similitude des déviations fournies avec des résistances R très variables et une même résistance u dans les expériences qui précèdent, ne peuvent, comme on le comprend, exister théoriquement; seulement elles n’affectent pas assez le galvanomètre pour fournir des différences sensibles-dans les déviations produites. Si on traite la question mathématiquement, on reconnaît, en effet, que la dérivation u capable de rendre égales les déviations fournies par les deux multiplicateurs, doit nécessairement varier avec R, et être d’autant plus grande que R est plus petit. Cherchons, en effet, quelle sera la valeur de u dans ces conditions. Pour cela, il suffira d’égaler les expressions des moments magnétiques des deux multiplicateurs adaptés à une même combinaison des résistances R et u, et d’en tirer la valeur de u ; on a ainsi l’équation
- Eu t _ Eut’
- R (H + u) +H«“ R (H' + u) + H' u’ qui donne
- R(/' H — t H')
- , U— 7(R + H') — P(R + H)‘
- Si nous prenons R égal à 5i2 kil. -j-272 kil., Soit 784 kil., avec les valeurs de t, t’, H, H', déterminées pour mon galvanomètre, cette dernière équation, avec R réduit en fil de même grosseur que celui du galvanomètre, pourra être posée de la manière suivante :
- _ 7152 (12659 x 6783) — (28481 x 2i3i)
- U ~ 28481 (7152 + 2l3l) — 12659 (7^2 4- 6783)
- = 2046 m. = 224 kil. fil tél.
- Ce nombre n’est pas, comme on le voit, très éloigné de celui qui est indiqué par l’expérience, et qui est 200 kil.; mais en prenant R=256 kil. -[-272 kil., la valeur de u calculée par la même formule est 260 kil., qui s’en éloigne davantage. Il
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- faut dire aussi que l’enroulement du fil d’un galvanomètre et le recouvrement du fil lui-même sont sujets à tant de variations, qu’il est impossible de trouver dans les calculs se rapportant aux hélices magnétisantes une précision suffisante pour répondre exactement aux expériences, et il faut s’estimer heureux d’en approcher si près. Il ressort néanmoins de la disposition de la formule précédehte que la quantité R ne peut influer beaucoup sur la valeur de u, car elle'figure, aux différents termes de l’expression, au dénominateur aussi bien qu’au numérateur. Il ressort également de cette formule que plus le nombre des tours de spires est différent dans les deux galvanomètres, moins doit être grande la valeur de u, et par suite celle de la résistance limite du circuit extérieur, et cette diminution est d’autant plus grande que R est plus grand, car c’est par l’intervention de cette quantité que la formule précédente donne à u une valeur réelle ; si elle était nulle, la valeur de u deviendrait nulle également.
- Si ôn étudie avec attention les chiffres des expériences de la page 41g, on reconnaît aisément que le courant, au lieu de s’affaiblir, comme cela a lieu avec les piles ordinaires à un seul liquide, a toujours été en augmentant. Cela provenait de ce que l’oxyde de fer ou rouille formé à l’électrode positive, en se dissolvant successivement dans le liquide autour des électrodes, le rendait de plus en plus conducteur et contrebalançait à peu près les effets de polarisation, ce qui était un grand avantage pour ce genre d’expériences. Toutefois cet accroissement d’intensité assez minime pour des expériences successives, devenait notable au bout d’un certain temps, et son intervention dans nos expériences pourrait expliquer certaines anomalies ou irrégularités qu’on peut y constater. Pour qu’on puisse s’en faire une idée, il nous suffira d’indiquer les chiffres d’un série d’expériences qui a précédé celle dont nous avons rapporté les résultats page 419, et qui avaient été faites avec R = 256 kil. 272 kil. Ces chiffres sont les suivants :
- Résis-
- Dérivations tance Multiplicateur Multiplicateur
- cil kil. totale de 237 kil. de 733 kil.
- en kil..
- 1° R=256+272 1 1 21°i 1 19°
- ( 74 1= | I- >
- u— 86 ^ ( 21 i(contrôle) ( 19 (contrôle)
- 2° lï=256+272 I ( .27 { 1 25 *
- io3 1= I- )
- 128 ; 1 ; 27 ^(contrôle) ( 25 5 (contrôle)
- 3° R=256+272 ) [36 (35 |
- 145 1= 1 I— 1
- 11=200 ) ( 36 (contrôle) } 36 (contrôle)
- 4° R=256+272 1 ! I [36.* ( 37 ï
- ( 172 1= 1= >
- u—256 ) 1 (36 f(contrôle) ( 38 (contrôle)
- 5° R=256+272 ] 1 (44 1 49
- 260 1=
- «=S12 ' 1 (44 (contrôle) ( 49 (contrôle)
- Dérivations Résis- tance . Multiplicateur Multiplicateur
- en kil. totale de 237 kil. de 733 kil. ! 41
- 6° R=256+272 1 en kil.
- 11=200 ) 145 1= 14' ï j (41 (contrôle) | 1 41 (contrôle)
- Or, cette dernière expérience, dont nous avons, du reste, déjà parlé, page 420, et qui n’est que la reproduction de l’expérience n° 3, faite deux heures et demie après, montre que l’intensité du courant avait augmenté pendant ce laps de temps d’environ 5°. On retrouve, néanmoins, dans les deux séries d’expériences qui ont été faites dans un ordre inverse, exactement les mêmes effets quant aux conditions de maxima galvanométriques.
- Cet accroissement successif de l’intensité du courant, dont nous venons d’expliquer la cause, peut rendre compte de l’accroissement successif de la résistance d’une pile dont on augmente successivement la résistance métallique du circuit. On comprend, en effet, qu’avec un circuit court, l’intensité électrique étant plus grande qu’avec un circuit long, la conductibilité du liquide sera meilleure au moment où on mesurera la résistance de la pile avec le premier circuit qu’avec le second, et partant, les chiffres représentant cette résistance seront d’autant plus forts que le circuit sera plus long. Néanmoins, cette action ne pourrait expliquer à elle seule les différences énormes que le calcul constate, si on ne considérait pas qu’elles se trouvent exagérées du fait même des formules.
- On peut conclure des diverses expériences qui précèdent :
- i° Que la résistance du circuit extérieur, la plus convenable pour expérimenter un galvanomètre donné, doit être notablement inférieure à celle de l’hélice de son multiplicateur, du moins si le circuit est parfaitement isolé;
- 20 Que si le circuit est mal isolé ou présente des dérivations, le maximum de sensibilité du galvanomètre correspondra à un circuit dont la résistance totale, à partir du galvanomètre et avec ses dérivations, sera notablement inférieure à celle de l’hélice de son multiplicateur; toutefois, comme la résistance totale d’un circuit mal isolé est inférieure à celle d’un circuit complètement isolé, l’hélice galvanométrique, appropriée au circuit mal isolé, pourra correspondre à une résistance métallique du circuit extérieur, supérieure à la sienne propre;
- 3° Que dans les expériences faites avec un galvanomètre dont les extrémités du multiplicateur sont réunies par une dérivation (que les Anglais désignent sous le nom de shunt), l’on doit préférer généralement les multiplicateurs peu résistants ;
- 40 Qu’en conséquence il est opportun que les galvanomètres soient munis au moins de deux multiplicateurs différents.
- Th. du Moncel.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ DE MUNICH
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- LES LAMPES ÉLECTRIQUES
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- Les brûleurs à arc
- Les lampes à arc réparties dans le Palais de Cristal ne comprenaient guère que des régulateurs à division. La bougie Jablochkoff, exposée avec une alternative de Gramme par la Direction générale du trafic, ne fut pas allumée et ne figura, en somme, que comme pièce historique.
- Parmi les régulateurs, on retrouvait d’abord la lampe différentielle bien connue de Siemens et Halske f); six appareils de ce type étaient exposés par la Direction générale du trafic. La maison Riedinger fournissait en outre deux lampes différentielles de 4000 bougies pour l’atelier photographique disposé dans le palais, et dix-huit lampes de 1 200 bougies placées en différents endroits.
- Une autre lampe, sur la description de laquelle nous n’avons pas à nous étendre, est celle de Brush (2). Exposées par M. E. Seeligmann et installées dans le Palais et dans la Bricnner-Strasse, les lampes Brush n’ont fonctionné que fort peu de temps.
- Les lampes Weston (3), assez analogues aux lampes Brush, étaient exposées par M. Gottlob-Schæffer, de Gœppingen; elles éclairaient, entre autres, le salon de peinture.
- Une lampe largement représentée à l’exposition de Munich, était celle de Piette et Krizik, connue aussi sous le nom de lampe Pilsen (4). On se rappelle le principe de cet appareil. Un noyau de fer doux A (fig. 59) est, comme dans la lampe Siemens, soumis à l’action de deux solénoïdes, l’un S à gros fil parcouru par le courant principal, l’autre S à fil fin en dérivation sur l’arc. Mais ce noyau, au lieu d’être cylindrique, est formé par deux longs
- fig. 5y
- f1) Voir La Lumière Electrique, numéro du i"1' mars 1880. (a) Voir La Lumière Electrique, numéro du 2 juillet 1881. (3) Voir La Lumière Electrique, numéro du 7 sept. 1881. P) Voir La Lumière Electrique, numéro du 16 nov. 1881.
- cônes réunis par leurs bases et il résulte de cette forme que l’effort exercé par les solénoïdes sur le noyau ne varie plus suivant la position de celui-ci, comme dans le cas d’un noyau cylindrique, mais reste constant sur une longueur égale environ à la moitié du noyau.
- FIG. Go
- Celui-ci peut donc porter directement le charbon supérieur et le régler, par suite de l’action différentielle, sans l’intermédiaire d’un rouage. Que l’on remplace par le porte-crayon inférieur le poids Q, destiné à équilibrer le noyau, on a la lampe Pilsen dans sa forme la plus répandue (fig. 60), dans laquelle les deux charbons vont à la rencontre l’un de l’autre. Cette lampe fonctionne, d’une façon générale, d’a-
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- près le principe différentiel ; elle est cependant munie en A d’un dispositif destiné à empêcher la combustion des porte-charbon quand les charbons sont usés, et à assurer la continuité du circuit général des lampes quand l’une d’elles cesse de fonc-
- tionner. Le courant arrive par la borne de droite dans le solénoïde E; en le quittant, il va par une spirale à la tige isolée b, et de là, par le galet, au porte-charbon inférieur S. D’autre part, il va aussi de E à la tige isolée a et à S à travers le petit
- FIG. 62
- électro-aimant A. Le solénoïde E' en dérivation sur l’axe est formé de deux bobines en fil de mail-lechort, l’une en fil fin, l’autre en gros fil. Tant que la lampe fonctionne normalement, l’armature de A reste attirée, et les deux fils de E' sont reliés en tension. Quand les charbons sont près d’être usés,
- le galet droit de S rencontre sur a une incrustation isolante ; le courant cesse de traverser A, qui relâche son armature et produit un contact en B. Ce contact enlève du circuit le fil fin de E'; le solénoïde E devient prépondérant et écarte les charbons.
- FIG. 63
- Pendant que cette opération se produit, et avant que les charbons ne soient écartés, le courant continue à arriver en S à l’arc par la tige b. Une fois l’écart produit, le courant traverse la lampe p'ar la borne de droite, un fil en spirale, moins résistant que E, et qui relie cette borne au bâti de A, ce bâti, le gros fil de E', la cage de l’appareil et la borne de gauche.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Le courant peut, être ainsi. transmis à la lampe suivante; en cas d’extinction accidentelle, il suit la même route. . r ,
- Dans.un nouveau modèle de lampe Pilsen qui se trouvait à l’Exposition de Munich (fig. 6i),le noyau
- : FIG. 6 |
- est divisé en deux parties coniques suspendues à ’une poulie (nonreprésentée sur la figure); chacun d’eux mène.un des porte-charbon et les solénoïdes sont côte à côte au lieu d’être superposés. L’ac- tion est d’ailleurs, à peu de chose près,'la même que précédemment. , . .
- M." Schuekêrt avait exposé dans le Palais i.3 de ;
- ces lampes Pilsen dont deux munies de réflecteurs et de verres colorés éclairaient les jets d'eau. ,
- FIG. 65 ET 66
- Là-' lampe. Sçhulze .(fig. 62 et 63) est munie'..de 'deux sôlénqïdes, .mais,'ira ..seul, monte , en. dériva-
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- FIG. 67.— ÉCLAIRAGE EXTERIEUR DE LA CHAPELLE
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- tion sur l’arc, sert au réglage. Le noyau de fe'r Creux traversé par le porte-charbon, porte une tige Côurbe agissant sur un levier oblique pour soulever un coinçage à galets (représenté à part en haut de la figure) qui retient le porte-charbon supérieur auquel le courant arrive par un frotteur.
- Lorsqu’on lance le courant, il passe dans le solénoïde, et soulevant le noyau, dégage le coinçage et laisse tomber le charbon supérieur. Dès qu’il y a contact, le courant ne passe plus dans le solénoïde, mais au travers des charbons; le noyau retombe et le charbon supérieur
- FIG. 68
- se trouve arrêté, l’arc se forme par suite, le courant passe de nouveau dans le solénoïde, et, quand l’écart devient trop grand, le noyau étant attiré, le coinçage laisse descendre le charbon supérieur. Quand les charbons sont brûlés, le porte-charbon supérieur ne pouvant descendre au delà d’une certaine limite, tout le courant passe dans le solénoïde ; le noyau est fortement attiré et la pièce coudée qu’il porte détermine un contact qui introduit dans le circuit le solénoïde extérieur de gros fil (voir fig. 62); le fer est alors très fortement retenu, et l’on peut aisément changer les charbons. Une lampe Schulze était exposée par M. Fein.
- La lampe Crompton, à défilement de rouages sôus l’influence du poids du porte-charbon supé- î riçur, a_ affecté successivement plusieurs formes.
- La fig. 64 représente celle qui figurait à l’Exposition de Paris, en 1881. L’écart des charbons était produit par l’électro E, placé dans le circuit ; un autre électro D, en dérivation sur l’arc, commandait le frein du rouage.
- Le type exposé à Munich est représenté dans les fig. 66 et 68. La figure 65 montre un système de suspension employé pour cette lampe. Le mé-
- FIG. OtJ ET 70
- canisme régulateur fonctionne à l’aide de deux électro-aimants insérés l’un G G dans le circuit principal, l’autre CC en dérivation sur l’arc. Les charbons étant en contact, le courant traverse GG et celui-ci, attirant son armature, soulève tout le rouage et produit l’écart. Une portion du courant passe alors dans C C et quand la résistance de l’arc devient trop grande, C C attire son armature et en même temps le frein F qui embrayait le rouage ; le défilement du charbon supérieur peut alors avoir lieu. En même temps le charbon infé-
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- rieur s’élève, entraîné par un fil qui passe sur les poulies Rp' et p, de sorte que le foyer est fixe. La maison Crompton avait exposé trois de ces régulateurs, deux éclairaient l’extérieur de la chapelle (voir la fig. 67) et un l’intérieur.
- Dans la lampe Schwerd et Scharnweber, fig. 69 et 70, les deux solénoïdes différentiels ordinaires sont employés seulement à produire l’allumage et à déclencher le rouage qui laisse défiler le porte-charbon supérieur. Les charbons étant au contact, le courant passe dans le solénoïde à gros fil E; une tige que porte le noyau soulève le levier H O L et par l’intermédiaire de la tige tt abaisse le levier O'/, ce qui produit l’écarté L’arc une fois formé, lorsque sa résistance augmente, l’action de B diminue, O' l se relève et un appendice i que porte la tige, agissant sur un déclic r, libère le rouage et permet le défilement du charbon supérieur. Quand les charbons sont usés, la crémaillère établit auto-
- matiquement un court circuit; g est un amortisseur pour régulariser les mouvements du noyau. Quatre lampes Schwerd et Scharnweber étaient ! placées à l’extrémité du côté droit du Palais de Cristal et ont fort bien fonctionné.
- Citons encore, parmi les lampes à arc, toute une série de régulateurs dus à M. Franz Schmidt de Prague. Le principe en est représenté dans la fig. 71. Chacun des électros AB CD a deux enroulements, fil gros et fil fin; le fil gros des quatre électros forme avec l’arc le circuit principal et le sens de l’enroulement est tel que, quand le courant passe,
- B et D tendent à s’écarter ainsi que A et C. Le fil fin, en dérivation sur l’arc, forme un circuit enroulé de telle façon que sous l’influence du courant, qui le traverse, B et D ainsi que A et C tendent au contraire à se rapprocher. Quand la lampe fonctionne, ces deux actions s’équilibrent pour produire entre les charbons l’écart normal; lorsque l’arc devient trop grafid, le courant de rapprochement augmente et les charbons se trouvent ramenés à leur position primitive.
- Les fig. 73 et 76 représentent deux applications
- de ce principe avec 4 "et 2 électros. Dans l’appareil de la fig. 74, les deux électros B B' s’attirant et se repoussant sont montés sur des rails R et guidés par une tige T; dans celui de la fig. 75 les mouvements des électros sont transmis aux charbons par un double système de crémaillère. Enfin, dans la lampe de la fig. 72 les actions exercées entre A et B
- FIG. 72
- sont combinées avec celles qui ont lieu entre B et
- C.
- Tous ces appareils sont évidemment ingénieux, mais ils n’ont absolument aucune valeur pratique. Un d’entre eux a pourtant fonctionné pendant une heure et demie à l’Exposition.
- Lampes à incandescence.
- Les lampes d'Edison, Swan, Maxim et Muller-Nothomb sont trop connues pour que nous ayons
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- à nous étendre sur les détails de leur construction. Nous dirons seulement qu’à Munich, les lampes Edison éclairaient, la scène, le restaurant, le ca-
- binet de lecture, une partie des galeries et l’Ar-cisstrasse sur une longueur de 3oo mètres ; les lampes Swan éclairaient le vestibule et le jardin
- du restaurant ; les lampes Maxim et Muller fournissaient la lumière à quelques pièces contenant des objets d’art.
- nouvelle lampe à incandescence exposée par M. Cruto.
- Dans cette lampe, le filament est préparé en plaçant un fil de platine dans la vapeur d’un carbure d’hydrogène et le portant au rouge à l’aide, d’un
- FIG, 76
- FIG. 75
- MM. Greiner et Friedichs de Stutzenbach avaient également exposé des lampes à incandescence dans lesquelles les filaments de charbon sont obtenus avec de la suie et du graphite agglomérés au moyen de goudron.
- Mais l’attention avait été surtout attirée par une
- courant; le carbure dissocié dépose du carbone. En augmentant ensuite l’intensité du courant, on volatilise le platine et il reste un tube. Dans les lampes de Munich (fig. 77), le fil de platine était du fil ordinaire, mais très fin, et tourné en spirale. Dans les lampes construites depuis (fig. 79), le fil de platine employé est du fil à la Wollaston, et le filament est seulement courbé en U. Il jouit d’une
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- très grande élasticité. On le fixe (fig. 78) par une 'sorte de soudure autogène à l’aide de deux pinces bornes PP', qui servent à la fois à saisir les électrodes et à amener un courant un peu fort.
- La résistance du filament qui était autrefois de 80h“B,i8, s’est élevée à 7o0hms,2 pour les lampes de 16 bougies, et à i4oohms pour celles de 3a bougies. Le. mode de fabrication permet d’ailleurs de régler la résistance pendant la fabrication. Les lampes Cruto sont de quatre types, les unes à un seul charbon (fig. 79), de 4, 8 et 16 bougies, les autres
- FIG. 77
- à deux charbons, que l’on peut mettre en tension ou en quantité.
- .E Volts I Am- pères El Volt- Am- pères L Inten- sité lumi- neuse en carcels El L Volt- Am- pères par carcel
- Expériences faites à Paris avec 1 lampe à 2 charbons en quantité (32 boug.) : iro expérience 57,60 1.76 101,37 4,35 23,3
- 20 — 63,60 1,90 120,84 7.10 17,01
- Expériences faites à Londres : Type de 16 bougies. . 58,00 0,80 46.40 2,06 22.5l
- — 8 — . . 36,oo 0,80 28,08 Q.QI 3l ,60
- - 4 - 21,00 0,87 18,87 0.79 22,88
- Le tableau ci-dessus donne les résultats de quelques expériences faites avec ces lampes.
- Il montre que la quantité moyenne de volt-am-
- FIO. 7S
- pères dépensée par carcel est de a5, ce qui est une dépense peu élevée. D’après l’auteur, ce bon ren-
- FIG. 79
- dement est dû à la petite section du filament et peut être aussi à son éclat métallique qui tiendrait à diminuer la quantité de chaleur émise.
- Aug. Guerout.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- IMITATION
- PAR LES COURANTS LIQUIDES OU GAZEUX DES
- PHÉNOMÈNES D'ÉLECTRICITÉ
- ET DE MAGNÉTISME (J)
- EFFETS MÉCANIQUES
- i° Imitation, par les courants liquides, des phénomènes d’électro-magnétisme et d’induction.
- Si, à l’extrémité d’un tuyau d’arrosage, alimenté par les eaux de la ville, on adapte un disque de o,u,o7 à om,o8 de diamètre, affleurant l’ouverture et qu’on approche ce disque, à quelques millimètres
- L’électricité est-elle un fluide particulier, simple ou double, comme on le dit généralement ? Est-ce un mode de mouvement de l’éther universel, ou de la matière pondérable, ou des deux ? Ce mouvement est-il ondulatoire ou vibratoire ? C’est ce qu’on ne peut décider dans l’état actuel de la science.
- Le problème a cependant été maintes fois attaqué de différents côtés, par de savants mathématiciens, par de nombreux et habiles expérimenta-
- FIG. I A 3
- teurs; mais aucune solution définitive n’est encore sortie de ces laborieuses recherches.
- Je ne saurais avoir la prétention de trancher une question aussi délicate et aussi controversée; mais j’apporte à l’appui de l’une des hypothèses auxquelles je viens de faire allusion, un ensemble démonstratif d’expériences nombreuses qui établissent une frappante analogie entre les phénomènes électriques ou magnétiques et les effets que j’obtiens à l’aide de courants liquides ou gazeux ; effets qui s’étendent aux diverses parties principales de l’électricité, et qui vont être successivement examinées aux points de vue mécanique, physique, chimique et mêmeyphysiologique, en se bornant au
- côté purement expérimental de la question.
- «
- (l) La Lflimière Électrique a donné, en 1882, divers extraits des Comptes rendus de l’Académie des Sciences concernant les expériences hydrodynamiques de M. Decharme. L’auteur se propose de faire connaître dans ce journal la suite de ses recherches, de résumer l’ensemble et d’en formuler les conclusions.
- FIG. 4 A. 6
- d’un sol carrelé ou du fond plat d’un vase, dès que le courant liquide passera par le tube, celui-ci sera attiré contre l’obstacle fixe avec une énergie assez grande qui dépendra de la force du courant et du
- FIG. 7 A II
- diamètre du disque. L’attraction n’amène pas le disque jusqu’au contact; mais quand on veut soulever le tuyau, on éprouve une résistance assez grande due à la différence de pression qui s’exerce' d’une part sur le disque et de l’autre sur le liquide dans l’intervalle.
- Hydro-aimant à courant continu. — L’expérience précédente est l’image d’un électro-aimant qui reste actif tant que dure le courant électrique
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- et qui cesse immédiatement avec lui. En remplaçant le disque adapté au tube par un ajutage à disque (fig. i) qui se visse à l’extrémité de la lance, ou seulement par un ajutage à bords épais de om,oo3 à om,oo4 (fig. 2), on obtient encore une attraction. Mais si l’on y substitue un ajutage à bords tranchants ou simplement minces, de om,ooi à om,oo2 d’épaisseur, cylindrique ou conique (fig. 3, 4, 5), l’attraction se change en répulsion; fait sans analogue parmi les phénomènes d’électro-magnétisme.
- Les effets d’attraction ou de répulsion sont plus forts avec les ajutages convergents qu’avec les ajutages cylindriques et plus marqués avec ces derniers qu’avec les ajutages divergents.
- D’après ces effets, on conçoit comment on peut produire un hydro-aimant à deux pôles contraires, l’un attractif, l’autre répulsif, ou à deux pôles de même nom.
- FIG. 12 A l5
- Hydro-aimant à courants' discontinus. — Vibrations hydrodynamiques, — Les dispositions étant les mêmes que pour un hydro-aimant à courant continu, l’ajutage étant à bords épais, l’ouverture très près du plan fixe, si l’on soulève un peu le tube (pour amorcer le mouvement) et qu’on l’abandonne à lui-même, il accomplira spontanément des vibrations verticales, assez rapides pour produire un son régulier. Cet effet est analogue à celui d’un clectro-aimant placé sous l’influence d’un courant électrique interrompu automatiquement, comme dans les trembleurs électriques.
- Lorsqu’on tient à la main ce tube vibrant, on croirait avoir affaire à un véritable électro-aimant, tant sont rapides et forts les effets successifs d’attraction et de répulsion, tout à fait semblables à ceux de l'aimantation et de la désaimantation pour l’instantanéité et l’accroissement d’action à mesure que la distance diminue.
- Le mouvement vibratoire a lieu également,'et
- même d’une façon plu£ énergique, mais par répulsion, avec les ajutages à bords minces.
- Gn peut, d’après cela, former un hydro-aimant vibrant, à deux pôles contraires ; ou un appareil à
- FIG. tb
- double effet, en prenant deux ajutages légèrement convergents à bords minces.
- On pourrait encore, pour compléter l’imitation,
- fui. 16 bis
- donner au tube la forme d’aimant en fer à cheval dont les deux extrémités seraient munies d’ajutages égaux. Mais en divisant ainsi un même courant en deux parties égales, l’effet total serait inférieur à
- - ::AvSfv:v£-, - -».«.v./'W wa-
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- celui d’un courant unique; la division n’est pas moins défavorable pour l’eau que pour l’électricité.
- • Cette expérience, avec l’appareil simple, ou avec l’appareil double, n’est pas seulement une imitation
- FIG. 17
- abstraite du phénomène électro-magnétique, mais c’est une réalisation effective, semblable aux mouvements produits par les électro-aimants, sous l’in-
- FIG. 17 biS
- fluence d’un courant interrompu régulièrement; elle me paraît même susceptible de recevoir des applications dynamiques. Il est facile, en effet, d’imaginer des dispositions mécaniques propres à faire
- de ce tube vibrant hydrodynamiquement, un petit moteur à grande vitesse, ou un interrupteur, ou un commutateur, un compteur, etc.
- Hydro-induction: — Dans les mouvements vi-‘
- FIG. l8
- bratoires précédents, le phénomène simple qui en est la cause déterminante, est celui qui se produit dans un tube au moment de l’interruption et du pas-
- fig. 18 bis
- sage du courant liquide, l’extrémité du tube ouvert étant loin de tout obstacle. Au moment où l’on ouvre subitement le robinet qui donne passage au jet liquide, on sent dans le tube, tenu à, la main,
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÈLECTRICITÊ
- 465
- un mouvement de recul très prononcé; et lorsqu’on ; qu’un courant électrique, alternativement ouvert et ferme rapidement le robinet, on constate, au con- fermé, produit dans un fil induit. De plus, les mou-traire, un mouvement qui entraîne le tube en avant; | vements hyrodynamiques sont instantanés comme effets analogues, le premier à celui du tourniquet ! les courants induits; c’est-à-dire ne se manifestant
- FIG. Il)
- hydraulique ou du char à réaction, le second au coup de bélier hydraulique produit par l’arrêt subit de la longue colonne liquide intérieure.
- FIG. 19 bis
- En comparant le courant liquide à un courant voltaïque inducteur et l’enveloppe, le tube, au fil induit qui entoure le fil inducteur, les phénomènes qui viennent d’être décrits sont analogues à ceux
- ' FIG. 2ü
- qu’au moment même du passage ou de l’interruption du courant; pendant toute sa durée il n’y a pas d’effet dynamique. D’autre part, on sait que
- L FIG. 20 biS
- quand] un courant électrique inducteur commence, s'accroît, diminue ou cesse, iljdétermine dans le fil induit un courant inverse, croissant, décroissant ou direct. Il en est absolument de même avec les
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- courants liquides; ce qu’il est facile de vérifier.
- 2° Imitation, par les courants liquides, des actions réciproques des courants électriques.
- Pour ces expériences, j’ai adopté la disposition
- FIG. 2 I
- suivante : A un ajutage à deux branches, en Y (fig. 6), qui se visse directement sur le tuyau d’ar-
- mité desquels on adapte les divers ajutages (fig. 7 à i5). On suppose que l’un, au moins, de ces tubes, est mobile.
- FIG. 22 b
- Pour les courants liquides sortant (dans l’air ou dans l’eau) par deux tubes sans ajutages, courants parallèles, de même sens ou de sens contraire,
- FIG. 22 a
- rosage^ sont fixés deux tubes en caoutchouc, de courants angulaires, etc., j’ai trouve les mêmes même diamètre et de même longueur (*), à l’extré- lois que pour les courants électriques. Mais avec
- P) Ces tubes ont chacun 1 mètre de longueur, o“,oi8 de diamètre intérieur et om,oo25 d’épaisseur. Les branches de
- l’ajutage en Y ont le même diamètre intérieur que les tubes; le diamètre des ajutages est un peu moindre.
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- les tubes munis à'ajutages à bords épais (fig. 7, 8, 9) ou à disques (fig. i5), les résultats sont tout différents : deux courants de sens contraire et directement opposés s'attirent vivement (dans l’eau),
- FIG. 24
- dès que la distance qui sépare les ouvertures n’est plus que d’un centimètre environ; et cette attraction croît très rapidement à mesure que la distance
- FIG. 2 5
- diminue. Si l’on veut éloigner les disques, on sent une résistance assez grande et il y a vibrations fortes, surtout avec les ajutages convergents. Si l’on dispose les ajutages angulairement ou ex-
- centriquement, une fCTree axiale ramène les courants au parallélisme et à la coïncidence des axes. C’est sur ces faits que repose la construction des hydrod iapasons ( ').
- FIG 26
- Avec les ajutages à bords minces ou tranchants (fig. 10, 11, 12), il y a toujours répulsion, direction axiale et vibrations.
- FIG. 26 bis
- Avec ces derniers, dès qu’on écarte les courants
- (>) Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 2 octobre 1882, page 6q7.
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- (directement opposés), de leur position d’équilibre, ils oscillent, comme le ferait une aiguille de boussole, à laquelle on présente un barreau aimanté. Plus les ajutages sont légers et les tubes flexibles, plus le phénomène oscillatoire est apparent.
- Lorsqu’on emploie dans ces expériences des ajutages à bords courbes, convexes ou concaves (fîg. i3 et 14), on obtient des effets assez variés.
- Avec deux ajutages concaves égaux (fîg. 14), terminés chacun par une calotte sphérique, on constate dans les courants (dont l’un, au moins, est mobile) une direction axiale déjà sensible, dans l’eau, à une distance de plus de om,io; en
- même temps il se produit une répulsion assez vive des deux ajutages, c’est-à-dire des deux courants exactement opposés l’un à l’autre.
- Avec deux ajutages convexes analogues (fig. i3), il y a toujours répulsion et direction axiale.
- En mettant un ajutage concave à l’un des tubes et un ajutage convexe à l’autre tube, il se produit une forte attraction à petite distance, attraction déjà sensible à om,o5. La direction axiale est également prononcée avec ce système.
- En combinant ces ajutages à formes courbes avec les précédents, on trouve toujours répulsion quand l’un de ceux-ci est à bords minces, et attrac-
- tion s’il est à bords épais ou à disques. Dans tous les cas, il y a direction axiale avec vibrations plus ou moins prononcées. C’est l’ajutage concave qui, combiné avec un ajutage de forme quelconque, donne le maximum d’effet sous ce rapport.
- 3° Imitation, par un courant liquide, de la répulsion des parties consécutives d’un même courant électrique; vibrations planes spontanées d’un courant liquide, avec ou sans rotation.
- On connaît diverses expériences instituées dans le but de démontrer que les portions consécutives d’un même courant électrique se repoussent. On peut en réaliser d’analogues pour les courants liquides. Il en est une, extrêmement simple et très démonstrative, que je dispose de la manière suivante ;
- Un petit tube en caoutchouc, très flexible, assez résistant toutefois (de omi2 à om25 de longueur, de om,oo4 à om,oo5 de diamètre intérieur, et de om,ooi5 à om,oo2 d’épaisseur), est adapté directement au tuyau alimenté par les eaux de la ville ou au branchement vissé à ce tuyau. Lorsqu’un courant d’eau s’écoule par ce petit tube dont on tient à la main l’extrémité libre, ou l’un quelconque de ces points, on sent une forte réaction de ce tube, un recul très prononcé.
- Pour évaluer la grandeur de cette force, on attache à l’extrémité libre du petit tube, tenu alors verticalement, un fil portant un poids ; et l’on peut constater que, dans ces conditions, cette réaction est capable de soulever 140 grammes et qu’elle fait sauter facilement un poids de 100 grammes. Vient-on à rendre libre ce petit tube ? il serpente en divers
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- sens et lance de l’eau de tous côtés. Placé dans le liquide, il y frétille vivement, comme une anguille qu’on tiendrait par la tête. Il tend d’ailleurs à .s’appuyer contre le fond et les parois du vase.
- En prenant un tube plus fin, plus flexible de om,ôoi d’épaisseur, le phénomène de réaction est encore plus sensible. Dès qu’on touche ce tube en un de ces points, il se courbe aussitôt en cet endroit et s’applique immédiatement contre la main; on ne peut même s’en défaire facilement sans être une peu arrosé.
- En augmentant la longueur du tube, les mouve-riients sont nécessairement ralentis, à cause de la difficulté qu’éprouve le liquide à traverser ce long canal étroit. Si, au contraire, on réduit le tube- à om,io ou om,i2, il se produit un autre phénomène : le tube se met à vibrer spontanément avec une vitesse et une amptitude d’autant plus grandes que le courant est plus fort. Il se produit souvent, en même temps que les vibrations planes régulières, unjmouvement de rotation, relativement lent, d’un
- FIG. 27 C
- tour en quatre secondes environ. Le tube, à chaque demi-révolution, se détord subitement et poursuit son mouvement uniforme dans le même sens; effet qui est dû sans doute à la forme naturelle un peu courbe du tube et, par suite, à son inégale flexibilité en différents sens.
- Les mouvements précédents s’effectuent également dans l’eau, mais avec une énergie moindre.
- Tous ces -effets variés sont dus évidemment à la répulsion des diverses partie^ consécutives d’un même courant liquide; ils montrent bien l’existence de cette réaction et en donnent la mesure.
- EFFETS PHYSIQUES
- i° Imitatiou, par les courants liquides ou gazeux, des lignes de force ou fantômes magnétiques obtenus avec les courants électriques ou les aimants.
- Les circonstances sont ici très nombreuses, nous citerons les principales :
- i° Pour imiter, par voie hydrodynamique, les lignes de force d'un courant électrique dans un plan perpendiculaire à sa direction (fig. 16) (*), il suffit
- f1) Cette figure et les suivantes proviennent de photographies (épreuves négatives) : les bleus correspondent aux clairs et les blancs aux ombres.
- de souffler doucement, par un tube de verre effilé, un courant d’eau continu, perpendiculairement- à une plaque de verre recouverte d’une mince couche de minium délayé dans l’eau, la pointe du tube étant fixée à quelques millimètres de la plaque. On obtient, autour du point de chute du liquide, un assez grand nombre de cercles concentriques, formés de parcelles de minium juxtaposées à la façon de la limaille de fer sous l’influence d’un courant électrique (fig. 16 bis).
- Au lieu de minium, on peut employer de la limaille de fer très fine (fer porphyrisé); on obtient
- FIG. 27 C*
- les mêmes effets; mais ce que l’on gagne en.analogie, on le perd en finesse de détails.
- 20 Pour obtenir les lignes de force imitant celles A un courant électrique dans un plan parallèle à sa direction (fig. 17), il faut employer, nôn un courant d’eau, mais un courant d'air. 'On souffle sur le dépôt de minium, par un tube effilé, tenu verticalement; pendant ce temps on transporte ra-
- FIG. 27 d
- pideme.it le tube parallèlement à la plaque de verre; on étale, pour ainsi dire, le courant horizontalement. On obtient sur le dépôt des droites très courtes, très serrées, perpendiculaires à la direction du courant et pareilles à celles que donne un courant électrique couché sur une feuille de papier blanc saupoudrée de limaille de fer (fig. 17 bis).
- On peut aussi réaliser des effets analogues en aspirant avec un tube qu’on transporte rapidement au contact de la plaque.
- 3° Pour imiter les lignes de force de deux courants électriques parallèles de même sens, dans un plan perpendiculaire à leur direction (fig. 18),
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- on emploie deux tubes effilés, contenant de l’eau, et dans lesquels on souffle simultanément ; on les ferme bientôt, en même temps, avant l’épuisement du liquide contenu dans chacun d’eux. On obtient ainsi deux systèmes de courbes qui se redressent à leur rencontre et se repoussent (fig. 18 bis), comme cela se produit avec la limaille, sous l’action de deux courants électriques (fig. 18).
- 4° L’imitation des lignes de force de deux cou-
- tiques produits par les aimants isolés ou combinés, dans des conditions qui correspondent à celles des courants dont il vient d’être question, on emploie des moyens peu différents des précédents et des tubes non effilés.
- La fig. 20 bis représente l’imitation hydraulique du fantôme magnétique produit par un aimant dans un plan perpendiculaire à sa direction (fig. 20).
- La fig. 21 donne l’imitation hydraulique du fan-
- fig. 27 e
- FIG. 27 g
- rants électriques parallèles de sens contraires, dans un plan perpendiculaire à leur direction (fig. 19) présentait des difficultés réelles. Il fallait trouver un moyen pratique de produire, par voie hydrodynamique, des effets de polarité.
- Parmi les procédés que j’ai imaginés, je citerai le suivant : je me sers de deux tubes de verre;
- tome magnétique de deux aimants voisins, parallèles, de même pôle, dans un plan perpendiculaire à la direction de leurs axes.
- On peut produire ainsi, par voie hydrodyna mique, des effets variés, soit par chute libre de colonnes liquides plus ou moins longues, soit par soufflé ou aspiré de liquide ou de courants d’air ; effets qui sont autant d’imitations des nombreuses
- sortes de fantômes magnétiques connus, ou susceptibles d’être réalisés.
- l’un effilé, pour lancer le liquide par la compression d’une poire en caoutchouc à laquelle il est adapté ; l’autre, moins étroit, servant à aspirer le liquide et le minium entraîné. Par le jeu simultané des deux tubes, convenablement placés, l’un à quelques millimètres de la plaque, l’autre au contact du dépôt pulvérulent, on produit une figure qui accuse nettement les deux effets de polarités contraires (fig. 19 bis). Nous verrons plus loin que Y aspiré semble correspondre à l’électricité positive et le soufflé à l’électricité négative.
- Pour l’imitation des larges fantômes magné-
- 2° Imitation des formes et des effets de la décharge électrique.
- L’imitation des aigrettes et des nappes électriques (fig. 22 a, b), des étincelles électriques rectilignes, ramifiées, sinueuses, s’obtient facilement, soit en soufflant avec un tube effilé un courant d eau, ou dair, dans le plan de la plaque recouverte de minium aqueux, soit en déplaçant le tube parallèlement à cette plaque. L'étincelle étoilée est exactement imitée par la figure 23, obtenue en as-
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- pirant fortement, avec une pipette fixe, le minium à demi desséché,
- L’imitation des figures de Lichtenberg présente cette particularité que l’effet de l'aspiré- correspond à celui de Yélectricité positive (fig. 24) et lç soufflé, à l'électricité négative (fig. 25); résultat qui peut avoir son importance.
- Imitation des projeetions d'un fil métallique volatilisé par la décharge électrique. — Si, à l’aide d’un tube effilé et rapproché à om,oi environ de la plaque recouverte de la couche aqueuse de minium, on dirige un courant d’air sur cette plaque, en déplaçant le tube horizontalement, il se produit un sillon étroit, une partie de la matière chassée
- pic. 28 a
- FIG, 28 C
- flotte à la surface, l’autre sous-jacente et fixe est disposée en lignes droites, très fines, très courtes, perpendiculaires à l’axe du sillon (fig. 26 bis) et semblables à celles qu’on obtient en faisant passer la décharge électrique au travers d’un fil de métal entre deux lames de verre ou entre deux feuilles de papier (fig. 26).
- Imitation des stratifications de la lumière électrique dans les gaz raréfiés. — Elle s’obtient par un procédé déjà employé dans nos expériences précédentes : au-dessus de la plaque recouverte de sa couche de minium, on transporte horizon-
- talement, et avec vitesse, un tube plus ou moins large, pendant que l’eau s’en écoule ou qu’on la souffle ; le courant se trouve ainsi étalé en ligne droite ou courbe sur le dépôt pulvérulent. Les traces qu’il y produit sont souvent conservées avec leurs formes délicates. Pour certains effets, on substitue avec avantage un courant d’air à un courant d’eau. L’imitation est encore plus exacte en employant des courants d’air interrompus, soit avec un seul tube, soit avec deux tubes géminés. En faisant varier les conditions expérimentales,, on trouve, parmi les dessins obtenus (fig. 27, a, b, c,c’, d, e, f, g, h), des formes analogues à celles des
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- 'stratifications très variées de la lumière électrique dans les gaz raréfiés à divers degrés ; ainsi on en trouve en forme de V comme celles que M. Warren de la Rue a montrées dans ses belles recherches sur la décharge électrique (Ann. de ch. et de phys., décembre 1881). On en rencontre fréquemment en forme de gouttelettes analogues aux strates globulaires que donne la décharge électrique à travers un tube renfermant de l’acide carbonique à la pression de omm5 (fîg. 27, c').
- Nos imitations hydrodynamiques des stratifications de la lumière électrique montrent tous les degrés du phénomène, depuis le courant uni, sans strates, jusqu’au courant à gouttes visiblement séparées, en passant par toutes les formes intermédiaires.
- i Un autre procédé, purement mécanique, donne une imitation bien approchée du phénomène des strates; Il consiste à recouvrir la lame de verre d’une couche de minium presque sec et à frotter cette lame entre les doigts mouillés (comme quand on veut exciter des vibrations sonores longitudinales dans une tige en bois). Il en résulte des strates plus ou moins serrées (fîg. 27,/, g, h), tout à fait semblables à celles de la lumière électrique dans les tubes renfermant des gaz à divers degrés de raréfaction.
- ^ L'éclair en chapelet, signalé par M. G. Planté, peut être facilement imité en transportant le tube à eau rapidement au-dessus de la couche aqueuse de minium, de manière que les gouttes s’écoulent successivement et s’étalent en se juxtaposant sur la plaque en expérience (fîg. 28 a, b, c).
- Quant à Véclair en boule, à la foudre globulaire, on en a une imitation dans les gouttes sphériques qui parfois roulent à la surface du liquide, lorsqu’elles tombent isolées par un tube étroit, ou qu’on les souffle.
- On obtient encore, par les moyens indiqués précédemment, des formes analogues à celles que M. Planté a décrites sous les noms de gerbes de globules aqueux, jets de vapeur, perforations cratér if ormes, etc. On réalise aussi des figures dont les formes ont beaucoup de rapport avec celles des trombes, des aurores polaires, des queues de comètes, etc.
- Je rappellerai encore diverses analogies bien connues entre les deux phénomènes que nous comparons : le tourniquet, le moulinet électriques correspondent au tourniquet et au moulinet hydrauliques. Le trop-plein électrique, imaginé par M. Mas-cart et destiné à maintenir la constance du potentiel sur tin conducteur, est analogue au trop-plein usité en hydraulique. On a aussi les turbines électriques.
- Aux électrophores, condensateurs, accumulateurs électriques correspondent la fontaine de compression,, les appareils à air comprimé. Les
- effetsde volatilisation électrique ont pour analogué la pulvérisation des liquides. On a la machine hydro-électrique d’Armstrong.
- On pourrait, en se basant sur les effets d’attraction et de répulsion que j’ai fait connaître précédemment, réaliser divers appareils analogues à la balance électrique de Coulomb, aux courants flotteurs de de la Rive, aux moteurs électriques, etc.
- On voit par là combien sont nombreuses et remarquables les analogies entre les effets électriques et les effets hydro-dynamiques.
- Projections. — Toutes les figures dont il vient d’être question peuvent être projetées agrandies devant un auditoire, au moyen de l’appareil à projections de M. Dubosq, soit quand elles sont déjà fixées sur la plaque de verre, soit au moment où on les produit. Dans ce dernier cas, on a une série d’expériences extemporanées d’un grand attrait.
- Photographie des figures. — En se servant, comme clichés, des plaques diverses sur lesquelles on a produit les dessins, ont peut obtenir des épreuves négatives par les procédés ordinaires. Il est possible, avec un peu de soin, sans avoir besoin de vernir la plaque, de tirer plusieurs exemplaires de ces dessins. On abrège l’opération, en employant le papier sensible dit au ferro-prussiate. Une exposition de 10 à i5 minutes au soleil ou de 3o à 60 à la lumière diffuse suffit pour avoir de bonnes épreuves. Il n’y a plus qu’à les plonger dans l’eau pendant quelques minutes, et à les faire sécher.
- (A suivre.) C. Decharme.
- NOUVEAUX
- FREINS ÉLECTRIQUES
- A ENTRAINEMENT
- Les avantages que présente l’emploi de l’électricité lorsqu’il s’agit de commander un système de freins continus sont bien connus, et nous n’y reviendrons pas.
- Mais il est à remarquer que lorsqu’il s’agit de développer un effort statique pendant un temps plus ou moins prolongé, comme c’est ici le cas, la production de cet effort, quand il est déterminé par le passage d’un courant électrique, nécessite une dépense continuelle d’énergie. 1
- - Il y a donc intérêt à réduire, autant que possible, la grandeur de l’effort que doit développer le passage du courant.
- C’est dans ce but que nous avons entrepris l’étude suivante :
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- Nous savons qu’il faut dépenser en moyenne i5o kilogrammètres pour amener le serrage d’un frein, bien qu’il n’y ait qu’un effort statique à exercer, ce qui, théoriquement, ne doit rien coûter, mais que cette dépense est nécessitée par le jeu que doivent toujours posséder les sabots.
- Plusieurs ingénieurs ont combiné des dispositions permettant un réglage automatique de ce jeu, de façon qu’il ne dépasse pas une limite déterminée; mais ainsi, les sabots sont maintenus très voisins des roues, ce qui occasionne des frottements nuisibles pendant la marche.
- . Nous avons préféré envisager le problème de la manière suivante :
- Pour serrer un frein, il faut :
- ’ i° Amener les sabots au contact des roues, quel que soit leur écartement pendantla marche.
- ‘ 20 Les sabots étant au contact, exercer sur eux une pression statique.
- Or, l’expérience de chaque jour montre que pour amener le desserrage d’un frein à 8 sabots dont toutes les pièces restent sensiblement au même niveau, il suffit de disposer d’un ressort dont la flexion soit de r millimètre par kilog., et qui reçoive pendant le serrage une bande de 10 centimètres au maximum. Autrement dit, il suffit de disposer d’un travail de 5 kilogrammètres.
- Il est évident qu’il faut le même travail, dans ces conditions, pour approcher les sabots des roues que pour les en écarter. Donc, pour serrer un frein, en admettant que l’effort statique qui sera développé ne coûte rien, c’est-à-dire que son point d'application ne sera pas déplacé, il suffit de dépenser 10 kilogrammètres, la quantité de travail nécessaire pour le desserrage étant mise en réserve pendant le serrage.
- Si nous avons, par exemple, à notre disposition une puissance de 100 kilogrammes susceptible de déplacer, son point d’application de 10 centimètres, nous ferons agir cette puissance successivement :
- i° Sur un système de leviers qui amplifiera peu l’effort, mais déplacera la résistance, et amènera les sabots au contact des roues, quel que soit leur jeu.
- 2° Sur un autre système de leviers amplifiant considérablement l’effort, mais à ce moment, la résistance ne se déplacera plus sensiblement.
- Qnant à la cause qui déterminera le changement du point d’application de la puissance, il est naturel de la demander à un léger entrainement des sabots qui se produira dès qu’ils seront amenés au contact des roues, et c’est ainsi que nous utiliserons la force vive du train.
- On peut combiner bien des appareils réalisant ces diverses conditions. En voici un qui nous a paru suffisamment simple.
- Il est représenté sur.la figure 1. Nous allons décrire son fonctionnement.
- Au moment du serrage, la tige D R se déplace dans le sens de la flèche d'une quantité X, au plus égale à 10 centimètres : elle entraîne avec elle les points D et p, le levier D C tourne autour du point E. En même temps le déplacement du point p fait tourner la came, r autour du point C';. celle-ci s’appuie sur un boulon o porté par le levier.EF.
- Le rayon vecteur C'o allant constamment en
- Légende :
- S S' Sabots.
- SB. S'B' Bielles de suspension des sabots.
- SC, S'C' Bielles déterminant les mouvements des sabots.
- CD Levier articulé en D avec la tige de commande
- du frein DR.
- EP Tige de suspension du levier SC; elle est formée de deux pièces se projetant l’une sur l’autre et réunies par un boulon O sur lequel vient s’appuyer une came P oscillant autour de c'. Cette tige est articulée en E et en F. Elle porte une saillie K qui pénètre dans une rainure faite dans la bielle sV, et qui sert à soutenir cette dernière, tout en la laissant libre de se déplacer dans le sens du serrage des sabots.
- I Saillie de la came T'qui s’engage dans une rainure a (j faite dans la tige de commande DR. De cette façon, la came r est solidaire de tous les mouvements de la tige DR effectués dans le sens de la flèche, mais non des mouvements effectués en sens contraire.
- croissant à mesure que la came tourne, la bielle C' S' est forcée de se déplacer par rapport au point K jusqu’à ce que le sabot S' touche la roue : alors le mouvement de la came, le point C' étant devenu fixe, détermine la rotation du levier F E autour du point F, et le point E entraîne le levier DC jusqu’à ce que l’autre sabot soit venu au contact de la roue.
- Supposons qu’un déplacement de la tige de commande égal à 10 centimètres détermine une rotation de la came telle que le rayon vecteur C'o croisse de 4 centimètres, on pourra laisser à cha-
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- cun des sabots un jeu maximum de 2 centimètres, ce qui est relativement considérable, et lorsqu’ils seront amenés au contact des roues, ils seront pressés contre elles par une force égale à l’effort de traction <I> exercé par la tige D R multiplié 10
- Par T
- Alors, suivant le sens de marche du train, l’un ou l’autre des sabots sera entraîné, ce qui aura pour effet de les écarter l’un de l’autre d’une quantité très petite et facile à déterminer à priori.
- Mais si la came r a une courbure telle que l’effort développé sur la bielle O S' ne puisse la faire tourner en sens inverse, les sabots ne pourront s’écarter qu’à condition de faire osciller le levier C D autour du point E, le point D se déplaçant en sens inverse de la flèche, la saillie p ne s’oppose pas à ce mouvement, elle se déplace à l’intérieur de la rainure a p.
- Lorsque les sabots entraînés sont venus buter contre les sommets des œilletons de leurs bielles de suspension, ils demeurent appliqués contre les
- FIG. 2 ET 3
- roues par des forces dont la somme est pour une même paire de roues :
- F~É x cTi + f~ô x EU CË x Fô
- rapport qu’il est facile de rendre considérable à cause de la petitesse des chemins parcourus.
- Dans les conditions où l’appareil est représenté, ce rapport est de 20. Donc pour une valeur de ‘h égale à 3ook., on aurait une pressée sur la roue de 6 000 k. Il serait aisé de multiplier considérablement ce rapport en n’attachant plus l’extrémité de la tige D R au point D, mais en les mettant en relation au moyen d’un petit levier oscillant autour d’un point fixe w (fig. 2), de façon que la valeur maxima de <I> puisse toujours rester inférieure à 100 k., pour exemple.
- Remarquons tout de suite que la pressée exercée sur les^roues étant toujours proportionnelle à <I>, le frein peut être complètement modérable.
- Enfin, quand on voudra desserrer, la tige RD reculera en sens inverse de la flèche, ce qui aura pour premier effet d’écarter le sabot S de la roue, puis
- de rendre libre le levier EF et par suite la came F, quels que soient les coincements qui aient pu se produire pendant le serrage.
- Ainsi donc cet appareil nous donnerait une solution du problème cherché complètement générale, c’est-à-dire indépendante du mode d’actionne-
- ment du frein : électricité, air comprimé, vide.....
- Pour en finir avec la description de cet appareil, nous rechercherons quel doit être le profil de la came F. (Voir fig. 3).
- Soit L le coefficient de frottement de la came 11
- contre le boulon o. La condition nécessaire et suffisante pour que la came ne puisse glisser sous l’influence d’un effort dirigé suivant C' o, c’est que la longueur d’arc qui correspondrait à une variation donnée du rayon vecteur C' o soit au moins n fois plus grande que cette variation. Autrement dit, on doit avoir
- d s = il d p
- Or on a
- d s2 = p - d m2 + d p2 = 11- d p2
- donc
- d p _ I j
- ------- ’ - ci te)
- 9 Vn2 — 1
- d’où
- La came doit donc avoir pour profil un arc de spirale logarithmique.
- On peut aller encore plus loin dans la voie que nous venons d’indiquer, et c’est ainsi que nous avons été conduits à étudier un système de freins que nous croyons complètement nouveau, et dont nous donnerons prochainement la-description.
- (A suivre.) Maurice Leblanc et F. Dubost.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCËNTS EN ÉLECTRICITÉ
- L’éclairage du Pavillon deBrighton.
- L’établissement qui porte à Brighton le nom de Pavillon est une sorte de grande salle servant à des bals, soirées, conférences, réunions musicales et autres. Eclairée au gaz, cette salle présentait à un haut degré tous les inconvénients résultant de la chaleur dégagée et des produits de la combustion, et c’est pour remédier à ce fâcheux état de choses que l’on a résolu de l’éclairer par l’électricité.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- Nous empruntons à YElectrician quelques détails sur l’installation qui a été.faite.
- Le moteur est une machine Robey demi-fixe de 40 chevaux nominaux, faisant au maximum 82 tours par minute.
- Le courant est engendré par une alternative Siemens du type destiné à alimenter 5oo lampes Swan de 20 carcels, montées en déviation par groupes de deux. Elle tourne à 600 tours par minute. Son armature a une résistance de o0hm-oi37, ses inducteurs une résistance de 30hms’8; la différence de potentiel aux bornes est de 94 volts. L’excitatrice, une Siemens D2, a pour résistance de son armature o0hm'3, celle de ses inducteurs est de 32 ohms et le courant passant dans les inducteurs a une intensité de 25 ampères.
- La figure ci-jointe montre le tableau des communications. Le courant arrive de la machine à la
- înacAine
- pièce E, et communique par deux fils fusibles en plomb aux pièces G et H d’où partent les principaux fils d’aller. Les fils de retour aboutissent à la pièce J reliée à une seconde F par un fil de plomb M et par un conducteur dans lequel est intercalé un électro-dynamomètre de Siemens D. De E le courant retourne à la machine. Le tableau comporte en outre un voltamètre A branché aux points de distribution et un ampèremètre B pour le courant excitateur; en outre une clef C pour ce dernier.
- Les conducteurs principaux sont formés par quatre câbles de cuivre tordu, réunis deux à deux de façon à former deux conducteurs, ils sont recouverts de gutta-percha, de jute et de ruban goudronné. Leur longueur est de 252 mètres chacun,leur résistance d’environ oui,m’044. Les branchements sont des conducteurs à 14 fils de chacun imm,75 dé diamètre, isolés de la même façon. Les fils menant directement aux lampes sont recouverts d’amiante. Des pièces fusibles sont intercalées dans chaque branchement et, dans quelques cas à chaque paire de lampes.
- Le nombre total de. lampes établies dans le pavillon est de 436, elles remplacent 594 becs de gaz. L’intensité d’éclairement obtenue est de beaucoup supérieure à celle que donnaient ces derniers.
- Conducteur à charnière pour courants électriques, par M. Verity (*).
- Le dispositif représenté dans la figure ci-jointe est applicable aux lustres supportant des lampes électriques ; il a pour but de permettre de donner
- à ces lustres une certaine inclinaison dans différents sens.
- La tige At du lustre contenant les deux conducteurs isolés EF- se termine par une portion de sphère A3 mobile dans une coquille. Celle-ci est reliée à la partie fixe At de la tige du lustre par laquelle arrivent les deux conducteurs K et L, reliés aux deux pièces conductrices F2 Fa F/( et E2 E3 Et, qu’isole une masse d’ébonite G. Sur ces pièces s’appuient deux ressorts F, En concen-
- (*) Electricien!, t. 10, p. 5 ( j.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- triques l’un à l’autre qui d’autre part viennent toucher les anneaux isolés C et D reliés chacun avec un des fils EF par les vis C, et D, ; de cette façon on peut déplacer la portion de sphère dans sa coquille, tout en conservant un parfait contact.
- Sur la polarisation des électrodes P) produite par des courants alternatifs, par A. Oberbeck.
- On saie qu’une électrode métallique qui se polarise, peut être assimilée à un condensateur qui se charge. Au point de vue des propriétés électriques, sinon du mécanisme antérieur, l’assimilation est complète. Si l’on appelle V la différence de potentiel acquise par suite de la polarisation, Q la quantité d’électricité nécessaire pour produire cette différence de potentiel V, on peut poser
- Q = cv
- Le coefficient s’appelle la capacité de polarisation de l’électrode, il est donc à définir de la même manière que la capacité d’un condensateur.
- M. Oberbeck s’est proposé de mesurer cette capacité en employant comme courant de charge des courants alternatifs à courte période. Dans ce cas le sens de la charge acquise par le condensateur varie de sens périodique.
- L’auteur pense que l’emploi de charges alternativement de sens contraires diminue les causes d’erreur qui peuvent provenir d’une charge longtemps maintenue dans le même sens.
- A cet effet M. Oberbeck fait tourner un petit aimant m avec une vitesse d’environ 40 tours par seconde devant une bobine fixe B. Il se produit donc des courants induits i qui changent de sens environ 80 fois par seconde. On envoie ces courants i dans un voltamètre constitué par des électrodes du métal à étudier, électrodes plongeant dans de l’eau salée. Les courants i étant alternatifs, on ne peut les étudier qu’au moyen de l’électrodyna-momètre. L’originalité du travail de M. Oberbeck réside surtout dans la manière dont il se sert de l’électrodynamomètre. M. Oberbeck démontre d’abord que cet instrument ne dévie pas si on fait passer dans la bobine fixe une série de courants sinusoïdaux i, et dans la bobine mobile une série de courants sinusoïdaux i' de même période que les premiers, à condition qu’il y ait entre les courants
- i et i' une différence de phase égale à f , et par conséquent telle que les uns s’annulent quand les autres sont maximum. On voit en effet facilement que l’intégrale
- ii' dt
- correspond à un nombre entier de périodes.
- L’auteur fait passer les courants i, qui traversent les voltamètres qu’il étudie, à travers la bobine fixe de l’électro-dynamomètre, il produit les courants i', qui traversent la bobine mobile, en faisant agir le petit aimant m sur une bobine induite B' qui fait un angle égal à - avec la bobine induite B. Si le circuit i ne contenait pas de voltamètre, on pourrait obtenir la la différence de phase égale à ^ et la déviation nulle
- de l’électro-dynamomètre. Mais en introduisant dans ce circuit un voltamètre polarisable, on change la phase du courant i, et par conséquent on obtient une déviation de l’électro-dynamomètre. Pour ramener cette déviation à zéro, il suffit d’introduire dans le circuit i une résistance x convenablement choisie.
- M. Oberbeck montre que l’équation d’équilibre de l’électro-dynamomètre permet de trouver la capacité de polarisation du voltamètre en fonction de x.
- On obtient ainsi une valeur moyenne de la capacité de polarisation ; et de plus, les deux électrodes se polarisent à la fois, les résultats obtenus se rapportent à la fois à ces deux polarisations inverses, que le dispositif de M. Oberbeck ne permet pas de séparer.
- L’auteur trouve ainsi que la capacité de polarisation de la plupart des métaux, de ceux surtout qui sont oxydables, varie pendant les premiers temps de l’expérience. Le cuivre s’oxyde notable-blement par l’effet du courant. La capacité moyenne de polarisation par millimètre carré tend vers les valeurs suivantes dans l’eau salée :
- Argent.............................. 0,60 microfarad.
- Or.................................. o,3o —
- Palladium.......................... 0,27
- Platine............................ 0,18 —
- Aluminium.......................... o,o5 —
- Les résultats numériques sont suffisamment d’accord avec ceux obtenus par M. Kohlrausch et par M. Blondlot dans le cas du platine; l’auteur ne parait pas connaître l’excellent travail de ce dernier physicien sur la capacité de polarisation (').
- M. Oberbeck calcule l’épaisseur que devrait avoir un condensateur à lame d’air qui aurait la même capacité par unité de surface. Il trouve les nombres suivants :
- Argent...................... 147 à io~10millimètres.
- Or............................ 295 à io—,° —
- Palladium..................... 327 à io~10 —
- Platine....................... 491 à io~10 —
- Aluminium..................... 1768 à io~10 —
- L.
- (') Voir La Lumière Electrique, numéro du 23 juin 1881.
- (i) Annales de Wicdemann, n° 8, i883.
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- La lampe électrique de M. Gray (>).
- Dans cette lampe, la marche des charbons est réglée par une petite machine Gramme dont m m sont les inducteurs, B B les épanouissements polaires. Sur l’axe de l’anneau de cette machine sont deux poulies C et w; des cordes dd relient w au cadre qui porte le charbon inférieur, de sorte que quand w tourne de gauche à droite, elle tend à relever ce cadre ; une corde d'fixée sur C commande au contraire le charbon supérieur et l’abaisse quand C tourne de gauche à droite.
- L’anneau et les inducteurs, enroulés en gros fil, sont dans le même circuit que l’arc, mais ces derniers portent en outre un enroulement en fil fin, en dérivation sur l’arc qui tend à agir en sens inverse du gros fil.
- Les charbons étant au contact, le courant traverse la machine Gramme et la fait tourner de droite à gauche : l’écart se produit. L’arc devient-il trop grand, le courant augmente dans le fil fin; l’anneau tourne d’une certaine quantité de gauche à droite et le rapprochement des charbons a lieu.
- O Electrician, t. io, p. Si3.
- Dans la majorité dès lampes, les mouvements trop brusques du mécanisme régulateur sont réglés à l’aide d’un amortisseur à piston. Dans la lampe de M. Gray, l'amortisseur est d’une nature toute particulière. L’anneau Gramme est creux et divisé par des cloisons en plusieurs compartiments communiquant entre eux. Ces compartiments contiennent du mercure.
- Quand l’anneau est entraîné de gauche à-droite, il en résulte dans ce liquide une différence de niveau momentanée qui tend à agir en sens contraire de l’action électrique et amortit ainsi le mouvement.
- Pour éviter un trop grand écart des charbons, l’axe de l’anneau porte une roue à rochet dont le cliquet p est suspendu à une sorte de potence. Quand les charbons tendent à trop s’écarter, p vient buter contre la potence et arrête leur mouvement.
- L’emploi de cette roue à rochet permet de donner de plus petites dimensions au régulateur à mercure, elle est également fort utile lorsque plusieurs lampes sont réunies en tension dans le même circuit.
- Lorsque les charbons s’arrêtent et que la lampe s’éteint, une disposition magnétique, que ne montre pas la figure, remplace l’arc par une résistance équivalente, de sorte que les autres lampes peuvent continuer à brûler dans le circuit.
- Cette lampe rappelle jusqu’à un certain point celles deTchikoleffet de Schuckert. (Voir La Lumière Electrique, nos du ior mai 1880, et du 27 juillet 1881).
- Sur la construction de la machine de Holtz, par M. Pouchkoff.
- On sait que dans les machines de Holtz, telles qu’on les construit actuellement, le plateau fixe porte extérieurement deu,x armatures de papier que l’on charge pour amorcer la machine. Chacune de ces armatures se trouve au bord d’une ouverture percée dans le plateau et au travers de laquelle une ou plusieurs pointes de papier fort viennent agir sur le plateau mobile.
- Pour simplifier la construction de la machine et éviter le percement, toujours délicat, des ouvertures dans le plateau, M. Pouchkoff, après avoir collé les armatures extérieurement au plateau, colle les pointes à l’intérieur et relie ces deux organes par une petite bande de papier à cheval sur le bord du disque.
- La machine ainsi construite a, d’après M. Pouchkoff, fonctionné aussi bien qu’une machine ordinaire (‘).
- (>) Electricité russe.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- RÉSUMÉ
- DES
- BREVETS D’INVENTION
- 153454. — CONTACT ÉLECTRIQUE BAZERQUE, POUVANT DISTRIBUER L'HEURE A N'iMPORTE QUEL NOMBRE DE RÉCEPTEURS
- électriques, par m. l. baze^que. — Paris, 2 février i883.
- Une roue d'échappement d'une horloge ou d'une pendule produit à chaque tour une minute; l'inventeur a donc fixé une rondelle en bois sur la rondelle d'échappement avec entaille sur un côté. Ainsi, à chaque minute, la bascule, en tombant, met en communication le contact électrique qui distribue à son tour le courant aux différents cadrans.
- 153464. — perfectionnements dans la fabrication des fils ou conducteurs électriques et dans les procédés, appareils et matières employés a cet effet, par m. p.-r. de faucheux d'humy. — Paris, xCT février i883.
- Nous allons donner la description d'une des méthodes employées par l'inventeur.
- Il plonge un fil en métal convenable, rond, plat, ou tordu, etc., dans un bain composé comme suit :
- Caoutchouc. . .
- Verre en poudre Charbon .....
- Paraffine (solide)
- Sable argenté. .
- Naphte.........
- L'inventeur modifie ce bain, dans plusieurs cas.
- Il passe ensuite le fil à travers une embouchure ayant la forme d'une trompette à l'entrée et contractée légèrement à la sortie ; il enveloppe ce fil de filaments desséchés de bois, et il alimente ces filaments, dans cette embouchure, au fur et à mesure que le fil s'avance; dans quelques cas, il tord légèrement le fil.
- Le fil est graduellement déroulé d'une bobine à travers un cylindre chauffé, afin de rendre le revêtement mou, puis il est passé à travers une chambre qui contient du verre en poudre ou toute autre matière isolante qui adhère à la couverture. Le fil est alors passé entre deux rouleaux, dans le but de comprimer la matière formant la couverture et de la diviser partiellement sous forme de perles, et donner ainsi de la flexibilité.
- 153471. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES ÉLECTRO-AIMANTS, par mm. a. skene et f. kuiimaier. Paris, 2 février 1883.
- La figure 1 est une vue de côté de l'électro-moteur.
- A sont des électro-aimants fixes et B des clectro-aimants tournants. Dans les électro-aimants fixes A, les pôles restent constants, tandis que dans les électro-aimants tournants B, au moyen d'un commutateur C, un changement continuel de$ pôles a lieu. D est un rhéostat dont le déplacement de haut en bas permet d'intercaler des résistances de plus en plus grandes. E est un régulateur qui est relié au rhéostat D, de telle sorte qu'à la marche plus lente ou
- «ir
- plus rapide du moteur s’intercalent des résistances plus for tes ou plus faibles correspondantes.
- ™o
- La direction de l'enroulement des fils autour des bobines varie alternativement de façon que les pôles soient alternés.
- 153477. — PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS A LA FABRICATION DES CANAUX OU CONDUITS DE FORME ET DE MATIÈRES CONVENABLES, PAR LESQUELS, DES FILS MÉTALLIQUES EMPLOYÉS POUR L'ÉLECTRICITÉ, LE MAGNÉTISME, LA TÉLÉGRAPHIE, LA TÉLÉPHONIE OU TOUS AUTRES BUTS, PEUVENT ÊTRE POSÉS, FIXÉS, PROTÉGÉS, OU AU BESOIN ISOLÉS, PAR M. G.-M. EDWARDS. — Paris, 2 février i883.
- Pour mettre cette invention en pratique, on emploie de la tôle de fer ou autre métal de longueur et d'épaisseur convenables, qui a été préalablement froncée, de manière que chaque pli soit en forme de queue d'hironde ouverte à son extrémité étroite, afin de pouvoir retenir dans son creux des matières plastiques, comme le ciment, le béton, etc. Les feuilles métalliques étant rivées et fixées ensemble, sont assez longues pour être cintrées autour d'un noyau mobile de forme aplatie ou en forme de losange, et être ainsi formées en tube ou en canal elliptique.
- Le procédé ayant pour but de construire ces canaux, consiste en ce qui suit :
- i° A creuser dans le sol une tranchée pour y mettre les tubes, en ajoutant du métal ondulé -feuille à feuille, de la manière décrite, et en les montant sur le noyau mobile désigné ci-dcssus.
- 20 A placer des bandes de fer autour de la surface extérieure des tubes en métal ondulé, ainsi formés, pour les forcer à s'adapter contre le noyau mobile.
- 3° A remplir de ciment tout l'espace de la tranchée, inoccupé par les tubes; on force le ciment ou tout autre matière convenable, à remplir les [extrémités ouvertes des plis autour de la circonférence extérieure des tubes;
- 40 parties en poids. i5 —
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- 153486. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES MOTEURS ÉLECTRIQUES, PAR MM. F.-B. CRQCICER, C.-G. CURTIS ET S.-S.
- wiieeler. — Paris, 3 février i883.
- La fig. représente en élévation une machine dynamo-électrique munie d’un commutateur de contrôle de circuit pour faire .varier sa résistance.
- A représente l’armature et FF les inducteurs d’un moteur électrique qui peut être de toute construction connue. Chacune des bobines inductrices est composée de quatre conducteurs séparés B, B, D, E qui sont enroulés sur les noyaux en fer les uns sur les autres, de telle manière que le fil B forme la ou les premières couches intérieures, le fil C les couches suivantes; puis D, et ainsi de suite. Les divers fils
- sont respectivement reliés, d’un bout aux bornes B' G' D'E' du commutateur S, et de l’autre bout à l’un des conducteurs P amenant le courant. En tournant le commutateur S qui est en connexion électrique avec l’autre'conducteur N, de façon à le relier avec une des bornes ou toutes les bornes B' C'D' E' des bobines de l’inducteur, on peut faire passer le courant excitateur à travers un ou plusieurs fils du moteur en arc multiple et lui faire produire ainsi à volonté un effet électro-magnétique plus ou moins fort.
- Le dessin ne représente qu’une des bobines enroulée de quatre fils séparés, comme il a été dit; mais l’autre bobine doit être enroulée de la même façon avec quatre fils distincts ayant leurs bouts électriquement reliés aux bouts correspondants de ceux de la première bobine, de façon que quatre circuits séparés ainsi formés parcourent les deux bobines l’une après l’autre.
- L’inventeur brevète plusieurs autres dispositions des machines dynamo-électriques, dispositions basées sur les mêmes principes.
- 153497. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES MACHINES A VA-, PEUR, PRINCIPALEMENT EN VUE DE LA COMMANDE DES GÉNÉRATEURS électriques, par m. t.-a. Edison. — Paris, 3 février i883.
- M. T.-A. Edison revendique comme sou invention : i° La commande d’un, certain nombre de machines dynamo ou magnéto-électriques, alimentant les mêmes conducteurs, au moyen de deux ou plusieurs machines séparées qui sont obligées de fonctionner à l’unisson par un mécanisme mécanique ou électrique reliant leurs soupapes d’admission ou d’interruption.
- 2° La combinaison de deux ou plusieurs machines à vapeur séparées, ou autres moteurs, munies du mécanisme dont nous venons de parler qui relie leurs soupapes d’admission ou d’interruption et les fait fonctionner à l’unisson de deux ou plusieurs machines dynamo ou magnéto-électriques actionnées par ces moteurs et alimentant les mêmes conducteurs; — la-combinaison de moyens pour faire varier la force électromotrice des générateurs électriques, par l’addition et l’enlèvement des dispositifs de transformation.
- 3° La combinaison de moyens pour faire venir la force électro-motrice des générateurs, par l’addition et l’enlèvê-mentde dispositifs de transformation et d’organes contrôlés ou réglés par la vitesse de chaque machine, et compensant les variations de vitesse, pour maintenir constamment la force électromotrice pour laquelle le générateur (ou les générateurs) actionné par la machine motrice est réglé.
- Camille Grollet.
- FAITS DIVERS
- Un tramway électrique établi par M. Dupuy a été inauguré à Caen, à l’occasion de l’Exposition agricole et industrielle. La locomotive électrique renferme une machine dynamo qui agit sur un des essieux du véhicule, au mojœn d’une chaîne et d’un engrenage convenable. Quatre-vingt-quatre accumulateurs donnent la force motrice.
- On a construit dans les chantiers Yarrow de Poplar, à Londres, et essayé ces jours-ci un nouveau bateau qui marche par le moyen de l’électricité. C’est une embarcation en acier galvanisé qui mesure quarante-six pieds de longueur. On se sert d’une machine dynamo Siemens du type D2, actionnant directement l’hélice. L’électricité qui donne le mouvement à la machine dynamo est obtenue de quatre-vingts accumulateurs, placés sous le plancher dans la cale, de telle sorte qu’ils sont invisibles, ils servent en même temps de lest et n’occupent aucune place pouvant être utilisée pour la commodité des passagers. Sous ce rapport, le système électrique présente un avantage sur la vapeur, car dans une embarcation de ces dimensions, onze pieds au moins de la partie centrale du bateau devraient être occupés parla chaudière et les machines, qui prendraient ainsi la meilleure place. Sur le bateau électrique,' on ne voit que le gouvernail qu’un matelot manœuvre. Vingt et une personnes sont montées k bord pour le premier essai, qui a eu lieu entre la jetée du Temple et Greenwich, près de Londres. Le trajet de six milles a été franchi en trente-sept minutes. Ce bateau, que l’on dit capable de marcher pendant six heures consécutives, peut être regardé comme, un modèle d’embarcation de plaisance; il n’y a naturellement ni fumée, ni poussière, ni aucune odeur. Les constructeurs signalent aussi leur invention comme éminemment utile aux opérations militaires. Le bateau chemine, en effet, sans bruit, et l’appareillage n’exige que peu de temps lorsque les accumulateurs sont charges.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Éclairage électrique.
- Le conseil municipal de Paris vient d'adopter définitivement le système de l'éclairage électrique à incandescence Edison à la place du gaz, pour les salles des séances et les dépendances du conseil, ainsi que pour les locaux occupés par le secrétaire général et le directeur des travaux. Cette installation entraînera une dépense de cent mille francs.
- A Rouen, le conseil municipal a étudié de nouveau la question de l'éclairage de la ville au moyen de l'électricité. Depuis environ deux ans, trois systèmes, ceux de Siemens, Jablochkoff, Sautter-Lemonnîer ont été successivement essayés sur les quais de Rouen. On a maintenant fait choix de Pont de l'Arche pour la prise de la force motrice dans la Seine el l'installation des machines électriques destinées à la production du courant pour l'éclairage de rues ou places de Rouen.
- Dans les grandes ardoisières de Fresnoy, près d'Angers, l'éclairage électrique donne de bons résultats. L'installation qui a été faite par la maison Sautter-Lemonnier comprend des lampes Serrin et des machines Gramme.
- On construit dans le Royaume-Uni de nouveaux phares flottants. Ce sont de grands cylindres de trois cents pieds de longueur, dont la partie supérieure présente les formes d'un pliare, tandis que la partie inférieure est chargée de ballast qui la maintient à fleur d'eau. Ces appareils surnageront comme des bouteilles à moitié pleines, et seront fixées au fond de la mer comme des bouées. Ce seront de véritables phares mouvants, habités et reliés aux câbles sous-marins par des fils et des appareils télégraphiques. Ce ne sera pas la première fois qu’on aura tenté d'établir sur l'Océan des bureaux télégraphiques, mais, mal installés, ils n'avaient pu, jusqu'à ce jour, résister aux tempêtes qui bouleversent l'Atlantique. On les utilisera pour la transmission des renseignements météorologiques; ils donneront aussi aux voyageurs des nouvelles quotidiennes et les steamers en marche pourront publier un véritable journal de bord.
- En parlant dernièrement de l'éclairage du tir fédéral de Lugano, nous n'avons mentionné que les régulateurs Siemens. On nous fait observer que ces régulateurs éclairaient seulement l'intérieur de la brasserie et de la cantine.
- Les effets produits sur le paysage, les arcs-de-triomphe., les édifices, etc., étaient dus à 14 grands foyers Bürgin alimentés par les dynamos du même inventeur. De même, le tir nocturne était éclairé par des lampes Edison A alimentées par une machine Bürgin.
- Le jardin public de la ville de Boston, aux États-Unis, est éclairé à l'électricité. On y a posé des foyers Thomson-IIouston.
- Télégraphie et Téléphonie
- Le projet de loi, présenté par le ministre de la marine et des colonies, concernant l'établissement, par l'Eastern Extension Telegraph Company, d'un câble télégraphique sous-marin entre la Cochinchine française et le Tonkin a été l'objet d'une discussion à la Chambre des députés dans la séance du icraoût. Ce câble devrait s'étendre de Saigon à Haï-Phong avec embranchement sur Hanoï. Un député de la Cochinchine a demandé à la Chambre de ne pas approuver la convention passée avec la Compagnie anglaise de l'Eastern Extension Telegraph pour la pose de ce câble et d'accepter les propositions du conseil colonial de la Cochinchine qui a offert de participer aux dépenses. On aurait
- ainsi un câble français en pays français. Le ministre de la marine et des colonies a répondu qu'on n'avait pas accepté les offres du conseil colonial parce motif que la Compagnie anglaise en faisait de beaucoup plus avantageuses et que toutes les conditions du traité conclu avec l'Eastern Extension ayant été étudiées avec le plus grand soin, le gouvernement croyait devoir maintenir son projet. Mis aux voix, le projet gouvernemental a été rejeté par 218 voix contre i83 et l'urgence a été déclarée au sujet de la propositiontle M. Blancsubé, député de la Cochinchine, tendant à l'établissement d'un câble exclusivement français posé et exploité par une Société françiise. Cette proposition a été renvoyée à la Commission déjà nommée.
- Dans son dernier rapport, la United Téléphoné Company de Londres constate le grand développement qu'a pris le réseau téléphonique de la métropole. Le nombre des abonnés approche maintenant de trois mille. IL était en juillet de deux mille huit cent quatre-vingt-dix-neuf. De nouveaux bureaux téléphoniques ont été ouverts dans le quartier de Mill-wall, dans l'Edgware-road, et l*on doit en inaugurer d'autres incessamment, lorsque les arrangements définitifs auront été conclus avec le Post-Office. Les lignes privées sont aussi en augmentation. Elles ont plus que doublé en un an. Les appareils de la Compagnie sont actuellement mis à la disposition des membres des Chambres du Parlement, ainsi que du public, que les affaires parlementaires appellent dans les salles des comités au Palais de Westminster. L'United Téléphoné Company étend ses lignes jusque dans les faubourgs, et le maître général des postes vieht de lui accorder des facilités en vue d'essais d’établissement de lignes principales à de grandes distances pour relier plusieurs villes entre elles, notamment Brighton, Birmingham, Manchester, Liverpool. -
- En Italie, au icr juillet dernier, la Société générale des téléphones comptait 4790 abonnés, tandis qu'à la même date, en 1882, elle n'en possédait que 2347. En un an, l'augmentation est ainsi de plus du double. C'est dans la capitale de la Péninsule que l'on trouve ie chiffre le plus élevé. Avec une population de 300467 habitants, Rome offre un total de 939 abonnés. Viennent ensuite avec 252 832 habitants, Turin, qui compte 570 abonnés; Naples, dont la population atteint près de 5ooooo habitants, et le nombre des abonnés 525 ; Milan, avec 321839 habitants et 520 abonnés; Florence, 169000 habitants et 5i3 abonnés; Gênes, 179515 habitants et 432 abonnés; Bologne, 123000 habitants et 3i2 abonnés; Palerme, 244994 habitants et 246 abonnés; Livourne, 97610 habitants et 23i abonnés; Venise, 132826 habitants et i85 abonnés; Catane, 100417 habitants et \iS abonnés; Messine, 126497 habitants et 114 abonnés; Saint-Pierre d'Arena, 22 i38 habitants et 74 abonnés.
- C'est aussi à Rome que la moyenne quotidienne des communications est la plus grande; elle a été en juin dernier de 2 5oq. Pendant la même période, elle a été à Milan de 2 000 ; à Naples, de 1 800; à Gênes, de 1 5oo; à Turin, de 1 3oo; à Florence, de 1100; à Bologne, de 1000; à Venise, de 900; à Palerme de 800 ; à Livourne, deCoo; à Messine et à Catane, de 3oo et à Saint-Pierre d'Arena, de 100.
- ERRATUM
- Dans notre dernier numéro, à la page 434, lire : Valet-Dujardin, au lieu de Valet-Girardin.
- Le Gérant : A. Noaillon.
- Paris. — Imprimerie P Mouillot, i3. quai Voltaire. — 411^8
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- La Lumière Electrique
- Journal universel d’Électricité
- 5i, rue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Tu. DU MONCEL Administrateur-Gérant : A. NOAILLON
- &e ANNÉE (TOME IX) SAMEDI 18 AOUT 1883 N° 33
- SOMMAIRE
- Histoire de la découverte des lois des courants électriques (2°^article); Th. du Moncel. — Exposition Internationale d’Électricité de Munich : Les lampes électriques; C.-C. Soulages. — Quelques observations sur le pont de Thomson et Varley; Dr A. Tobler.— Imitation par les courants liquides ou gazeux des phénomènes d’électricité et de magnétisme (20 article) ; C. Decharme. — Sur le prix de revient de l’éclairage électrique; Frank Geraldy. — Revue des travaux récents en électricité : Expériences sur la décharge lumineuse, par Henri Hertz. — Sur la théorie de la pile, par A. Witkowski. — Téléphone, système Testu. — Le téléphone de MM. P. et F. Lippens. Résumé des brevets d’invention ; Camille Grollet. — Correspondance : Lettre de M. P. Samuel sur l’Exposition de Vienne. — Faits divers.
- HISTOIRE DE LA DÉCOUVERTE DES LOIS
- DES
- COURANTS ÉLECTRIQUES
- 2e article. (Voir le numéro du 4 août.)
- A l'époque où Ohm combina son admirable théorie de la propagation électrique, les idées qu’on se faisait sur ce sujet étaient vagues et si peu arrêtées qu’il n’en était même pas question dans les traités de physique qu’on publiait alors. Je n’en veux pour preuve que celui de Despretz (20 édition), publié en 1827, qui n’en dit pas un mot, et dans celui de Biot, où la question des effets produits dans la pile est longuement étudiée, il n’est fait aucune mention des lois qui gouvernent le courant dans les circuits extérieurs. On considérait alors, comme résultat de l’action produite dans la pile, la création de deux charges électriques de noms contraires, aux deux extrémités de l’appareil, charges dont la tension devait être proportionnelle au nombre des éléments et indépendante de leurs dimensions, et dont la somme devait être proportionnelle au carré du nombre des éléments. Mais on admettait que cette déduction n’était vraie
- qu’autant qu’on supposait les conducteurs humides interposés d’une conductibilité parfaite. Enfin on admettait que quand une pile est isolée par ses deux extrémités, une moitié est chargée d’électricité positive, l’autre moitié d’électricité négative, mais que les charges n’existent que sur les éléments extrêmes, ceux du milieu étant à l’état naturel par suite de la neutralisation des électricités contraires qui doivent y exister en quantités égales. De la force qui détermine ces charges et que Volta avait appelée force électro motrice, il n’est pas question, et tous les calculs sont basés sur ce que la quantité d’électricité libre sur l’élément zinc à une
- des extrémités de la pile, est représentée par
- alors qu’elle l’est par — — sur l’élément cuivre,
- 11 représentant le nombre des éléments, e la quantité d’électricité dégagée sur chacun d’eux. Ces quantités d’électricité sur un élément placé à un rang m dans la pile ont alors pour expression
- et
- II
- cette théorie était confuse et d’une application incommode, pour ne pas dire impossible, dans les calculs pouvant s’approprier à la propagation électrique ('). La conductibilité des circuits n’y était nullement reliée à la source, et même à l’époque dont nous parlons, il n’en était pas question dans les traités de physique, bien que pourtant Davy en eût entrevu les lois, comme l’indique ce passage de la physique de Lamé, publiée en 1837 :
- « Davy a utilisé la pile pour déterminer les lois et les rapports de la faculté conductrice de l’électricité dans les métaux. Il se servait d’une pile de Wollaston formée d’un assez grand nombre d’éléments et chargée avec un liquide assez peu acidulé
- — (m—i) 0
- + (>«— 0 t’-
- est facile de voir par ces-déductions «
- . (') Voir Physique de Despretz (2* éd.), p. 423.
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- 482 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- pour que cette pile conservât longtemps à peu près la même force.....
- « Il admettait dans cette circonstance que la faculté conductrice du fil éprouvé était d’autant plus grande que la pile qu’il déchargeait ainsi contenait un plus grand nombre d’éléments. Il a trouvé, par ce moyen, que la conductibilité d'un meme métal était proportionnelle à la section du fil et en raison inverse de sa longueur ; et le même procédé a donné les rapports numériques suivants, entre les conductibilités des différents métaux employés en fils de même longueur et de même diamètre : Argent, 600. — Cuivre, 55o. — Or, 400. — Plomb, 38o. — Etain, 109. — Platine, 100. — Fer, 82 (‘). »
- Plus loin il ajoute : « M. Becquerel a vérifié, au moyen du galvanomètre différentiel, la loi trouvée par Davy relativement aux variations de longueur et de section des fils métalliques de même nature.
- C’est par l’emploi du même moyen qu’il a pu ranger plusieurs métaux ainsi qu’il suit dans l’ordre décroissant de leurs conductibilités : cuivre 609, or 571, argent 447, zinc 174, étain 104, platine 100, fer 95, plomb 5o, mercure 21, potassium 8. »
- En comparant les chiffres représentant la conductibilité des métaux d’après divers physiciens et en voyant leur discordance, M. Lamé conclut « qu’il est impossible de déterminer d’une manière absolue les rapports des pouvoirs conducteurs des métaux pour l’électricité, qu’il est très probable que la conductibilité d’un métal varie avec la nature de la source électrique, avec l’énergie des courants et qu’elle dépend surtout des conducteurs de diverse nature que les courants ont traversés.
- « La loi qui régit la conductibilité des fils métalliques de même nature relativement à leurs dimensions semble, au premier abord, indépendante des différences de source et de circuit, puisque plusieurs physiciens sont arrivés à cette loi par des expériences très dissemblables et qui conduisaient à des tables fort hétérogènes. Il paraît prouvé cependant que les courants thermo-électriques transmis par un fil métallique dont la longueur est successivement augmentée, diminuent plus rapidement d’intensité que les courants hydro-électriques. »
- (9 Voir Cours de physique de Lamé, tome II (2e partie), p. 3oo.
- Il est évident que M. Lamé n’avait pas eu à cette époque connaissance des travaux de M. Pouillet qui avaient été publiés pourtant cette même année; car, s’il les avait connus, il aurait pu se rendre compte de ce dernier fait en examinant qu’en ne tenant pas compte de la résistance du générateur, qui est, pour ainsi dire, nulle avec les piles thermo-électriques de cette époque, il devait trouver avec elles un rapport plus rapide d’affaiblissement de l’intensité électrique avec l’accroissement de la longueur du circuit qu’avec les piles hydro-électriques dont la résistance est plus grande. Du reste, il ne paraît pas bien certain de ce qui se passe dans la transmission des courants, car dans un autre passage (p. 004) il dit : « M. De la Rive vient tout récemment de signaler une propriété nouvelle des fils métalliques transmettant les courants électriques qui semble indiquer que ces courants sont dus à des systèmes d’ondes analogues aux ondes sonores ou lumineuses, etc. »
- Nous avons déjà fait allusion au travail de M. De la Rive dans notre précédent article; mais ce qui nous semble résulter de ce qui précède, c’est que M. Lamé, longtemps après Ohm et avant les recherches de M. Pouillet, n’admettait pas la loi simple de la propagation de l’électricité à travers les fils conducteurs suivant leur longueur et leur diamètre, loi qu’il attribuait à Davy. M. Lamé n’indique pas, il est vrai, la date du mémoire de Davy où cette loi est formulée, mais d’après l’une des notes de M. Despretz, communiquée à l’Académie des sciences le 24 mai i852, il paraîtrait que ce travail de Davy remonterait à l’année 1821. On peut alors s’étonner que les physiciens anglais qui ont attaqué la loi en question, l’aient attribué à MM. Becquerel et Pouillet comme on l’a vu dans notre précédent article. Peut-être ne voulaient-ils pas lancer leur critique contre un compatriote et un savant de la taille de Davy. Si nous considérons que Davy est mort en 1829, à Genève, on peut bien admettre que la loi dont nous parlons fut connue de Ohm au moment de ses premiers travaux, mais, à coup sûr, elle ne pouvait être alors considérée par lui que comme une loi empirique et isolée qui, n’étant pas reliée à la force électro-motrice des courants, ne pouvait pas conduire à des calculs utiles et former les bases d’une théorie complète de la propagation électrique, pas plus que les lois de Pouillet et celles qui avaient été formulées par les autres physiciens qui se sont occupés de la question avant et après Ohm. D’après M. Despretz, dans les expériences qui ont précédé celles d’Ohm, on ne considérait la pile que comme une machine productrice du courant ; on ne savait pas quelle influence elle pouvait exercer sur la longueur du circuit total, quelle longueur de fil d’un diamètre donné et d’une conductibilité
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- déterminée elle représentait, et on s’était placé dans des conditions indépendantes de la pile. Une pile grande ou petite très conductrice ou peu conductrice aurait conduit aux mêmes résultats et aux mêmes conséquences. Voici du reste ce que dit, au sujet de la théorie d’Ohm, M. Gauguin dans la préface de sa traduction :
- « Les lois qu’on a coutume d’appeler loi de la longueur, loi de la section, loi des courants dérivés, ont certainement une haute importance, même quand on ne les considérerait que comme des lois empiriques, mais la théorie à laquelle elles ont servi de base me paraît plus importante encore. Les sciences envisagées au point de vue philosophique ont en définitive pour objet principal de rechercher la cause des phénomènes naturels, c’est-à-dire de découvrir les relations qui existent entre ces phénomènes, de manière à les faire dépendre du plus petit nombre possible de faits primordiaux. Toutes les fois donc qu’on parvient à restreindre le nombre des principes qu’une science est obligée d’admettre, on lui fait faire un progrès notable, et quand Ohm n’eût pas trouvé lui-même les lois empiriques qui l’ont conduit à sa théorie, il eût encore rendu un immense service à la science de l’électricité en découvrant le lien qui rattache ces lois l’une à l’autre.
- « Pour faire bien apprécier toute la portée de sa théorie, je vais appeler l’attention sur un rapprochement qui me paraît augmenter de beaucoup l’intérêt qui s’attache à la découverte d’Ohm. Je viens de dire qu’il est parvenu à résumer dans un principe unique les lois que l’expérience lui avait permis de constater; eh bien ! ce principe est précisément le même qui sert de base à la théorie de la chaleur de Fourrier. Cette analogie me paraît extrêmement remarquable ; c’est peut-être l’une des plus puissantes raisons qui peuvent porter à croire que l’électricité et la chaleur sont deux manifestations diverses d’un même agent.
- « Le rapprochement que je viens d’indiquer permet d’apprécier toute l’étendue des questions qui se rattachent à la propagation de l’électricité. De même, en effet, que dans la théorie de la chaleur on a deux états différents à considérer : l’état permanent et l’état variable des températures, on doit aussi dans la théorie de l’électricité envisager deux états différents : l’état permanent et l’état variable des tensions; de même que dans la théorie de la chaleur on peut se proposer de déterminer ou la distribution des températures ou le flux de chaleur, dans la théorie de l’électricité on peut rechercher ou la distribution des tensions ou l’intensité du courant qui n’est autre chose qu’un flux d’électricité. Enfin dans le cas de l’électricité comme dans le cas de la chaleur, on peut admettre que ta propagation s’opère dans les trois dimensions de
- l’espace, ou supposer qu’elle s’effectue dans le sens d'une seule dimension. D’après ces considérations, on voit que toutes les questions relatives à la propagation de l’électricité pourraient être distribuées en huit classes de la manière suivante :
- État permanent des tensions
- Phénomènes < Circuit linéaire................. inclusse.
- de courant \ Circuit ayant 3 dimensions. . . 2» —
- Phénomènes f Circuit linéaire............ 3U —-
- de tension t Circuit ayant 3 dimensions. . . .-i» —
- État variable des tensions
- Phénomènes ( Circuit linéaire.............. 5° classe.
- de courant l Circuit ayant 3 dimensions. . . 6° —
- Phénomènes ( Circuit linéaire............ 7° —
- de tension { Circuit ayant 3 dimensions.... 8° —
- « La théorie d’Ohm embrasse toutes ces questions, mais celles qui forment la première classe du tableau ci-dessus, celles qui se rapportent aux phénomènes de courant dans l’état permanent des tensions et dans le cas d’un circuit linéaire, ont plus particulièrement fixé l’attention des physiciens, parce qu’elles sont plus faciles à aborder, et que d’ailleurs leur solution avait un plus grand intérêt au point de vue pratique. Les lois relatives à cette classe de questions ont été vérifiées par une multitude d’expériences dont les plus importantes sont dues à Ohm lui-même, à Fechner, à Pouillet et à M. Despretz. On peut donc dire qu’il n’existe aucun doute sur l’accord de la théorie et de l’expérience relativement à cette classe. Malheureusement l’étude des phénomènes qui appartiennent aux autres classes n’est pas tout à fait aussi avancée. Ceux de la deuxième classe ont cependant déjà été l’objet d’un grand nombre de recherches importantes, au nombre desquelles il faut citer en première ligne celles de MM.-Kirchoff et Smaasen; mais je ne crois pas que les résultats de ces travaux aient été jusqu’à présent l’objet d’aucune vérification expérimentale.
- « On s’est également beaucoup occupé des questions qui composent la cinquième classe du tableau, de celles qui se rapportent à la propagation linéaire du courant dans l’état variable des tensions, et qui d’après les vues d’Ohm, se rapporteraient à la vitesse de l’électricité; mais ceux qui s’en sont, occupés, soit qu’ils ne connussent pas la théorie d’Ohm, soit qu’ils ne crussent pas devoir le prendre en considération, se sont placés presque toujours à des points de vue tels que les résultats qu’ils ont obtenus ne peuvent pas servir de contrôle à la théorie ; j’ajouterai que ces résultats sont pour la plupart extrêmement discordants.
- « Les phénomènes de tension n’avaient été jusqu’ici que très peu étudiés, mais les recherches
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- que j’ai récemment exécutées fournissent une confirmation remarquable des vues d’Ohm. Tous les résultats que j’ai obtenus soit dans l’état permanent, soit dans l’état variable des tensions, sont, à une seule exception près, d’accord avec la théorie. A la vérité, mes observations sont en opposition sur un point avec l’une des hypothèses qu’Ohm a admises, mais cette hypothèse n’est pas essentiellement liée au reste de la théorie et peut être écartée sans que les formules établies subissent de modifications notables; il suffit de changer la signification d’un coefficient pour que ces formules représentent exactement tous les résultats que j’ai obtenus. Je crois donc, en définitive, que mes expériences offrent une vérification importante de la théorie. Jusqu’à présent les physiciens n’avaient accordé d’attention qu’aux lois qui régissent les phénomènes de courant dans l’état permanent; les formules qui se rapportent à la distribution des tensions, soit dans l’état variable, soit dans l’état permanent, étaient restées inaperçues ou n’avaient été considérées que comme des conceptions mathématiques. D’après mes expériences on peut dire aujourd’hui qu’elles correspondent à une classe de phénomènes naturels.
- « En résumé, il reste beaucoup d’expériences à exécuter pour vérifier la théorie d’Ohm dans toutes ses conséquences; mais jusqu’ici on n’a pas trouvé un seul fait qui fût sérieusement en désaccord avec elle. »
- Les travaux d’Ohm sur les courants électriques ont été publiés dans trois mémoires dont le principal est celui dont nous avons parlé dans notre précédent article. Ce mémoire est précédé d’une longue introduction dans laquelle l’auteur résume sa théorie dans des tracés graphiques, facilement compréhensibles pour tous ceux qui n’ont que de simples connaissances géométriques, et qui peuvent fournir une démonstration parfaitement rigoureuse des différentes lois.
- Dans le mémoire principal qui est analytique, Ohm expose d’abord les principes de sa théorie, puis il établit l’équation différentielle fondamentale au moyen de laquelle il détermine d’une manière complète la distribution des tensions et de l’intensité du courant, en supposant que l’état permanent des tensions est établi, que la propagation s’effectue dans un seul sens et que l’air n’exerce aucune influence sur le circuit. Il indique enfin, mais d’une manière très succincte, ce qu’il y aurait à faire dans les cas plus complexes où l’influence de l’air ne serait plus négligeable et où l’on voudrait considérer l’état variable des tensions. Dans un appendice qui termine ce mémoire, l’auteur s’occupe des actions chimiques qui se produisent sous l’influence du courant et des variations d’intensité qui résultent de ces actions; mais à l’époque où
- l’ouvrage a été écrit, on ne possédait sur ces sujets que des données très insuffisantes, et pour soumettre la question au calcul, il a fallu admettre un assez grand nombre de principes purement hypothétiques. En conséquence, cet appendice ne doit être regardé que comme une indication de la marche qu’on aura à suivre quand l’observation aura fourni tous les éléments nécessaires pour établir une théorie sérieuse. Cette appréciation est celle de l’auteur lui-même, car, après avoir établi les équations qui doivent résoudre les questions proposées, il s’abstient d’en tirer les conséquences : « Ce serait peine perdue, dit-il; dans l’état actuel de nos connaissances, on ne pourrait que s’égarer dans un rêve philosophique en entassant les uns sur les autres des matériaux problématiques. »
- Nous n’exposerons pas ici la théorie d’Ohm que tout le monde connaît aujourd’hui, du moins dans ses principes généraux, et d’ailleurs nous lui avons consacré dans ce journal (numéro du 2 avril 1881) un article intitulé De la distribution électrique dans les circuits; nous préférons terminer notre revue historique par un aperçu de quelques-uns des travaux de vérification entrepris à la suite des recherches de M. Pouillet, de 1837 a 1860. Les principaux, qui sont même les seuls qui ont été présentés à l’Académie des sciences jusqu’en i85c, sont ceux de M. Despretz que nous allons résumer d’après son mémoire du 24 mai i852.
- Dans ses recherches, ce savant s’est efforcé de donner à ses expériences la plus grande rigueur possible ; il a cherché d’abord à combiner une pile de Daniell plus constante que les piles ordinaires, en substituant à la solution excitatrice acidulée une solution composée de sel marin ou de sulfate de soude dissous dans 10parties d’eau en poids; puis il a étudié quelle correction il fallait faire subir aux indications de la boussole des tangentes pour que ses déviations fussent proportionnelles aux intensités, et, au lieu d’effectuer les mesures avec un seul sens de ces déviations, il les a prises dans deux sens opposés, prenant comme véritables chiffres les moyennes de ces deux déviations. Enfin il a opéré sur trois circuits différents composés : le premier de la pile, de la boussole, et de ses conducteurs ; le second, de ce même circuit auquel il ajoutait 10 mètres de fil de cuivre de 1 millimètre ; enfin le troisième, du circuit primitif augmenté d’une longueur de 80 mètres du même fil.
- Pour que les résultats ne fussent pas affectés par les légères variations inévitables de la pile, il faisait les observations dans l’ordre suivant :
- i° Premier circuit de la boussole sans fil additionnel;
- 20 Circuit avec fil additionnel de 10 mètres;
- 3° Premier circuit;
- 4° Troisième circuit avec fil additionnel de 80 mètres;
- 5» Premier circuit;
- 6° Deuxième circuit avec fil de 10 mètres;
- 7° Premier circuit.
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- La moyenne de la première et de la troisième déviation pouvait être considérée comme représentant la déviation qu’on devait obtenir dans le premier circuit au moment où on la prenait dans le second, et avec cette moyenne et la deuxième déviation, on pouvait calculer, d’après la formule d’Ohm, une première valeur de la résistance R de la pile et de la boussole qui, en représentant la première intensité par I, la seconde par i et la résistance additionnelle par L, devait être fournie par l’équation
- On pouvait la calculer de la même manière pour les observations 4 et 6 en prenant les moyennes des observations 3 et 5 et 5 et 7. Si la loi d’Ohm était exacte et que la pile fût restée parfaitement constante, les trois valeurs de R ainsi déterminées eussent dû être les mêmes; mais conformément à d’autres recherches faites par M. Jacobi, on trouva que la valeur était un peu différente et augmentait avec la résistance du circuit. Nous en avons expliqué les causes dans plusieurs articles que nous avons publiés dans ce journal (voir le tome IY de La Lu. mière Electrique, p. 121, 186, 236); mais M. Des. pretz en a donné une autre explication. Quoi qu’il en soit, la moyenne des résistances R et R" pouvait être regardée comme la résistance moyenne du circuit primitif en rapport avec la résistance additionnelle de 10 mètres obtenue au moment où l’on prenait l’intensité après avoir introduit 80 mètres de fil dans le circuit, et dès lors R' ne devait pas
- différer de fi +R"-2
- « Pour que ces expériences eussent quelque valeur, il fallait que les 80 mètres de fil ajouté fussent égaux en résistance à 8 fois les 10 mètres ajoutés d’abord, et pour remplir cette condition, on a dû graduer le rhéostat en parties d’égale résistance, ce qui entraîna un travail assez long et délicat, duquel il est résulté que, par le fait, les 80 mètres n’avaient en réalité que 78™,35, de sorte qu’en les prenant pour 80 mètres, on commettait une erreur notable, car ils figuraient dans les calculs comme représentant 8im,684 du fil qui avait fourni la résistance de io mètres; par conséquent, pour être justes, les résultats obtenus devaient
- être multipliés par et l’on obtenait pour la
- moyenne des six séries 8m,2o pour la résistance correspondante à iom, et 8m,25g pour la résistance correspondante à 80™.
- Dans une autre série d’expériences, faites d’une autre manière, ces valeurs de R se sont trouvées être 7.74, 7.86. « En résumé, dit M. Despretz, la moyenne des valeurs de R obtenue avec 80 mètres
- de fil additionnels, était supérieure de ^ à la
- moyenne des valeurs obtenues avec 10 mètres, et la différence était toujours dans le même sens, en faveur de la résistance calculée avec la plus grande longueur de fil ajouté; j’en attribue la cause à
- l’empâtement du zinc de la pile...... En définitive,
- la loi des courants comprend, dans son énoncé, deux choses distinctes et qui ont été formulées ainsi qu’il suit :
- « i° L’intensité du courant de la pile est en raison inverse de la somme des résistances du circuit (la résistance de la pile étant comprise dans cette somme);
- « 20 La résistance de la pile est une grandeur constante indépendante des modifications que peut éprouver le reste du circuit.
- « Nous croyons que la première proposition est toujours rigoureusement vraie, mais nous pensons que la seconde, qui peut s’éloigner considérablement de la vérité pour les piles où l’action est très énergique,'est d’autant plus exacte que la pile est plus faible. La loi des courants, qui est une des plus belles acquisitions de l’histoire du galvanisme, qui est un guide indispensable et sûr dans une infinité d’expériences sur la pile, est vraie en elle-même ; mais on ne doit la regarder comme rigoureuse que dans les conditions où elle peut l’être réellement. Nous pensons même qu’on ne l’a jamais vérifiée avec autant d’approximation que nous l’avons fait dans ce mémoire. »
- Les expériences de vérification les plus importantes après celles de M. Despretz, sont celles de M. Gaugain, faites de i858 à 1860 (‘).
- A l’époque où M. Gaugain commença ses travaux sur la propagation électrique, on ne s’était préoccupé, comme on l’a vu, que de la vérification des lois d’Ohm, pendant la période permanente, et ces lois, que M. Pouillet prétendait avoir découvertes, ne nécessitaient, pour être vérifiées, que des conducteurs métallique^. On ignorait si ces lois étaient vraies avec des conducteurs médiocres et avec une source d’électricité statique. M. Gaugain voulut entreprendre, pour ce cas, une vérification expérimentale, et employa comme conducteurs des fils de coton, des rubans de soie, des colonnes d’huile, etc. Au moyen d’une méthode très ingénieuse qu’il imagina et qui était fondée sur l’emploi des électroscopes, il put mesurer la valeur des tensions électriques, celle du flux transmis et la durée de transmission de celui-ci. C’est ainsi qu’il put constater qu’avec les médiocres conducteurs il y a deux sortes de conductibilités, l’une intérieure, l’autre extérieure; que la première, quand
- (!) Voir les Comptes rendus des 8, 29 novembre i858, 11 avril, 23 mai, 26 décembre i85o, 20 février, 17 septembre, 10 décembre 1860.
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- le conducteur communiquait à la terre par un bout, était inversement proportionnelle à la longueur du conducteur, et proportionnelle à sa section, et que les tensions électriques étaient régulièrement décroissantes sur le conducteur depuis la source jusqu’à la terre. Quant à la conductibilité extérieure, il trouva que, dans les conditions où il opérait, elle était généralement très grande en raison de l’humidité qui recouvrait le conducteur. En résumé, il put reconnaître que les lois d'Ohm, dans la période permanente, étaient applicables aussi bien au cas dans lequel il s'était placé, qu'avec des conducteurs métalliques traversés par un courant voltaïque, à cette différence près, que la charge totale du conducteur devait être considérée comme dépendant alors de la surface extérieure.
- Ce sont les recherches qu’il fit à la suite des précédentes, qui le conduisirent à la découverte des lois de la propagation électrique dans sa période variable, lois qui, comme on l’a vu, avaient été formulées par Ohm, sans qu’il en eût connaissance. C’est alors qu’il put reconnaître que la durée de la propagation électrique pouvait être considérée à deux points de vue : soit en examinant le temps nécessaire pour obtenir, en un point donné du conducteur, une tension dont la valeur est fixée, soit en considérant le temps nécessaire pour obtenir en ce point donné une fraction convenue de la tension limite convenant à ce point. Il donna à la durée de la propagation, dans le premier cas, le nom de durée de propagation absolue, et celui de durée de propagation relative à celle du second cas.
- Or, l’expérience le conduisit aux lois suivantes, qui sont maintenant admises partout :
- i° Lorsque les dimensions du conducteur sont supposées constantes et que la tension de la source est invariable, la durée de la propagation varie en raison inverse de la conductibilité;
- 2° Quand la conductibilité et la section du conducteur sont invariables, ainsi que la tension de la source, la durée de la propagation est directe -ment proportionnelle au carré de la longueur du conducteur ;
- 3° Lorsque la tension de la source est constante, que la nature et la longueur du conducteur restent les mêmes, ainsi que la surface extérieure, et que, par suite de cette dernière condition, le coefficient de charge est lui-même invariable, la durée de la propagation est en raison inverse de la section ;
- 4° Lorsque la forme de la section varie de manière à changer le coefficient de charge, que, d’ail-leursy la grandeur de cette section, la longueur du conducteur et sa conductibilité restent invariables, ainsi que la tension de la source, la durée de la propagation est directement proportionnelle au coefficient de charge ;
- 5° Les lois précédentes s’appliquent aussi bien à la durée de la propagation absolue qu’à celle de la propagation relative ; mais celle qui concerne les rapports existant entre la durée de la propagation relative et la tension de la source, peut être formulée ainsi : La durée de la propagation relative est indépendante de la tension de la source, ce qui revient à dire que la tension absolue qui correspond, au bout d’un temps donné, à un point déterminé du conducteur, est proportionnelle à la tension de la source ;
- 6° La durée de la propagation relative est diminuée par l’influence de l’air et des dérivations, mais elle croît alors plus vite que le carré de la longueur du conducteur.
- J’insiste sur ces lois ; car, bien que plusieurs d’entre elles soient conformes aux déductions mathématiques d’Ohm, il en est quelques-unes qui en diffèrent complètement, parce que l’hypothèse qui a servi de base à la théorie d’Ohm, vraie d’une manière générale, ne tient pas compte des réactions secondaires qui se manifestent dans les conditions expérimentales et qui en modifient certaines déductions. M. Gaugain, en partant directement de l’expérience, pouvait mieux qu’Ohm formuler les lois précédentes et les rendre applicables dans la pratique. C’est, en effet, ce qui a été reconnu ; mais on s’est bien gardé, en Angleterre comme en Allemagne, d’y attacher le nom de M. Gaugain, quoique les dates de ses travaux à ce sujet ne puissent laisser aucun doute.
- En outre des lois précédentes, les mémoires qui s’y rapportent contiennent plusieurs considérations du plus haut intérêt. Ainsi, M. Gaugain montre que les coefficients de charge des fils télégraphiques, depuis i millimètre jusqu’à 5 millimètres de diamètre, croissent beaucoup moins vite que le diamètre des fils, et, par suite, que la durée de propagation diminue rapidement quand le diamètre des fils augmente ; il montre également que si l’on met en communication, pendant un instant seulement, l’un quelconque des points d’un circuit voltaïque, soit avec une source d’électricité, soit avec le sol, et que, par ce moyen, on abaisse ou on élève la tension de ce point, tous les autres points du circuit subissent instantanément la même augmentation ou la même diminution de tension, et la nouvelle distribution qui s’établit persiste après que l’on a rompu toute communication avec la source ou le sol. Il résulte de ceci, et d’autres faits encore, que la différence des tensions, dans un générateur électrique, qu’Ohm et Yolta ont supposée constante, et qui a servi de base à la théorie d’Ohm, est bien, par le fait, dans les conditions admises par ces. savants.
- Th. du Moncel.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRTCTTÉ DE MUNICH
- LES LAMPES ÉLECTRIQUES
- (lustres et supports divers)
- L’exposition de Munich a présenté au point de vue de la décoration artistique des lampes une différence marquée avec l’Exposition d’Electricité de Paris. Là l’effort fait pour donner aux lustres et support des lampes un aspect agréable à l’œil semblait général. Il s’appliquait aussi bien aux lampes à arc qu’aux lampes à incandescence. La plupart des brûleurs à arc étaient renfermés dans d’élégantes lanternes et on se rappelle le lustre des lampes Siemens qui ornait l’entrée de l’exposition, celui des lampes Werdermann qui éclairait la salle de théâtre et les nombreuses dispositions variées auxquelles avait donné lieu cette dernière lampe. Pour les lampes à incandescence les solides montures d’Edison et ses lustres en cristaux à facettes rivalisaient avec l’élégant lustre en verre soufflé de Swan.
- A Munich, au contraire, fort peu de chose avait été fait pour l’ornementation des lampes à arc, et tous les efforts semblaient s’être portés sur les lampes à incandescence comme si l’on eût admis qu’elles seules fussent destinées à pénétrer dans les intérieurs et qu’elles seules eussent besoin d’être ornementées.
- Il semblait que. pour les lampes à arc on n’eût cherché qu’à exposer des systèmes sans rien faire pour la décoration des lampes, et nous n’avons guère à citer à ce point de vue que la suspension de lampes Crompton dont le dessin a été donné dans le dernier numéro (fig. 65), une lampe Schuc-lcert exposée par la maison Zettler et Soller, de Munich, et un candélabre à abaissement pour lampes Schuckert, analogue à ceux employés par M. Jaspar, exposé par MM. Anspach Foerderreu-ther et C°.
- Pour les lampes à incandescence, tout le contraire avait eu lieu; les dispositions ornementales étaient en grand nombre et la chose est d’ailleurs facile à expliquer. Donner un aspect artistique à une lampe à arc ou en réunir plusieurs ensemble pour former un lustre élégant est chose difffcile, tandis que les lampes à incandescence, par leurs
- petites dimensions, se prêtent admirablement aux combinaisons les plus diverses.
- D’un autre côté, les lampes à incandescence peuvent s’adapter aisément sur des supports construits pour le gaz ou la bougie, et la faculté qu’elles ont de pouvoir brûler dans toutes les positions, rend encore leur installation plus facile.
- C’est ainsi que l’on avait pu disposer dans le jardin du restaurant un éclairage des plus originaux et des plus pittoresques. Des lampes Swan étaient suspendues dans les feuillages des arbres verts et plantes grimpantes. Attachées sans raideur à l’aide de leurs fils conducteurs, et jouissant d’ailleurs par leur modejnême de montage d’une certaine flexibilité, elles participaient au mouvement des feuilles, et le jardin, comme en un conte des Mille et une Nuits, semblait éclairé par les fruits lumineux d’arbres magiques.
- Mais ce n’est là qu’une disposition ingénieuse qui montre toute la facilité d’emploi que présentent les lampes à incandescence. Pour revenir aux appareils proprement dits, nous aurions à considérer d’abord les supports et appliques destinés aux lampes isolées, mais nous les avons retrouvés à Munich tels qu’ils étaient à l’Exposition de 188r. Bien étudiés dès cette époque, ils sont restés tels qu’ils étaient; nous n’avons pas à y revenir, et nous nous occuperons surtout des dispositifs plus compliqués, des lustres électriques, pour lesquels l’imagination des constructeurs s’est donné largement carrière.
- Et d’abord, qu’on nous permette à propos de ces lustres une courte digression pour protester contre un mot qui tend à s’introduire dans le langage électrique, le mot électrolier. Il nous vient des Anglais; calquant notre mot chandelier, ils ont appelé électrolier tout appareil destiné à supporter des lampes électriques sans s’apercevoir que la lettre l introduite dans la terminaison appartenait dans chandelier à la racine du mot, et que pour être conséquent avec ce mode de formation ils devraient appeler poivrelier un poivrier, sucrelier un
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- sucrier, etc2_Ce mot bâtard a fait son apparition ' I anglais ; depuis, noüs l’avons vu, non sans éton-ü y a environ un an dans les journaux électriques | nement, répétédans des iournaux français. Prenons
- à nos voisins, tels quels, ceux de leurs mots‘qui n’ont pas d’équivalent chez nous, mais laissons leur
- ces termes d’apparence française forgés par eux contre toute règle.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les lustres électriques étaient fort nombreux dans le Palais de Cristal de Munich. L’Exposition d’Electricité ayant été rattachée à une exposition d’art décoratif, de nombreux fabricants avaient tenu à montrer qu’ils pouvaient faire pour l’électricité aussi bien que pour le gaz et les autres modes d’éclairage. Delà une grande profusion de modèles variés.
- Parmi ces modèles, les uns n’étaient que des lustres à gaz légèrement modifiés pour la circonstance ; les autres avaient été dessinés spécialement pour les lampes électriques, mais ce qui frappait particulièrement, c’est que presque tous avaient un grand cachet artistique.
- La raison en est dans ce fait que les lustres, bien que construits en vue des lampes électriques, n’étaient pas, pour la plupart, exposés par des sociétés d’éclairage, émanaient, en général, d’artistes du pays, et représentaient une des spécialités de l’industrie locale.
- Munich, on le sait, est un centre artistique, mais elle ne se contente pas de donner l’hospitalité à de nombreux peintres et sculpteurs, et de recueillir dans ses musées de peinture et de sculpture les chefs-d’œuvre des maîtres anciens, elle a, en outre, fait son industrie de la reproduction des objets d’art. Meubles, ustensiles, fers forgés du moyen âge, sont reproduits avec beaucoup d’habileté et de goût par les artisans bavarois et ils ne manquent pas d’ailleurs, pour cela, de modèles. Le Musée national de Bavière, sorte d’immense musée de Clüny, contient, non pas entassées, mais classées de la manière la plus méthodique, d’innombrables richesses artistiques qui sont pour l’ouvrier autant de modèles.
- On conçoit que dans un pareil milieu et avec de pareilles ressources, les exposants de Munich aient pu allier à l’éclat de la lumière électrique l’élégance de leurs lustres dont on pourra se faire une idée par les quelques reproductions que nous en donnons.
- Parmi les maisons qui se distinguaient le plus dans la production de ces lustres, il faut citer en première ligne la société pour la fabrication des bronzes connue sous la raison sociale de Spinn und Sohn de Berlin, MM. Schæfer et Hauschner, fabricants de lustres à Berlin, et M. L.-A. Riedinger d’Augsbourg, constructeurs de machines électriques.
- Les deux premières maisons avaient appliqué leurs appareils principalement aux lampes de la Société Edison et leurs lustres se rencontraient dans tous les espaces réservés à cette Compagnie. Nous citerons comme exemple de leurs productions le lustre placé dans le salon d’objets d’art que représente la fig. 80, et l’applique de la fi g. 82 qui se trouvait contre une des colonnes du grand buffet du restaurant.
- Le lustre â pendentifs en cristaux rappelait dans une certaine mesure ceux que nous avions vus à l’Exposition de 1881. L’applique, avec ses réflecteurs opalescents en forme de corolles présentai un aspect à la fois simple et élégant.
- Un lustre assez ornemental et qui est peut-être un de ceux qui ont le plus attiré l’attention, est ce-luLque représente la fig. 81. Tout en fer forgé supportant des fleurs de verre et à la partie inférieure les lampes à incandescence sous des disques réflecteurs de peu de volume, il joignait un grande élégance à la bonne disposition de ces lampes. Il était exposé par la maison Riedinger. Le même fabricant exposait aussi dans le vestibule une fort jolie applique, style Renaissance, représentant une sirène, et nous pouvons encore citer le lustre de la fig. 83 très léger de suspension, quoique moins ornemental, et dans lequel lés- lampes se trouvaient agréablement groupées en couronne sans être pour cela reliées par un cercle plus ou moins lourd comme cela a lieu trop Souvent.
- L’exposition artistique qui faisait pour ainsi dire corps avec l’exposition électrique, avait, au contraire de celle-ci, décerné des prix et trois lustres appliqués aux lampes à incandescence avaient obtenu de grandes récompenses. Ces prix leur avaient cependant été donnés surtout au point de vue du style artistique sans prendre en considération l’application à l’éclairage électrique et selon nous ils étaient, sous ce rapport, moins réussis que ceux dont nous venons de parler. Nous en reproduisons cependant dans la figure 86 un qui nous paraît original tant par sa forme que par sa destination.
- C’est une vaste couronne oblongue en fer forgé contenant en son centre une statue de la Vierge, La couronne même était formée de feuillages et de fleurs et au centre de chaque fleur se trouvait une lampe à incandescence. Cette couronne était destinée à l’éclairage électrique d’une église, question à laquelle on attache en Bavière une certaine importance puisque l’on avait pris soin d’édifier dans le palais de Cristal une chapelle destinée à des essais d’éclairage. Le lustre dont nous venons de donner la description avait été dessiné par M. Anton Seder et exécuté par M. Hans Mayer de Munich.
- D’autres appareils n’ayant pas la même origine artistique que les précédents offraient à l’œil un coup d’œil moins agréable, mais n’en répondaient pas moins au but proposé. Nous citerons comme exemple de ces derniers l’applique de la figure 84 exposée par la maison Crompton, qui, si elle pèche un peu par l’élégance, n’en présente pas moins une certaine originalité de formes.
- Cette courte revue des appareils employés au point de vue ornemental avec les lampes à incandescence permet de voir que l’artiste peut tirer de
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- ces dernières un excellent parti. Moins lourdes que I très d’une grande légèreté, et comme elles ne dé-les becs de gaz, elles peuvent s’adapter à.des lus | gagent qu’une quantité de chaleur très faible, on
- FIG* S3 l'IG. 84
- peut les disposer de toutes les façons possibles j gaz, que les ornements placés directement au-des-sans avoir à craindre, comme cela a lieu pour le | sus des foyers soient endommagés par elles.
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- LA lumière électrique
- C’est là un des avantages de l’éclairage électrique et un des éléments qui militent pour lui dans , sa lutte avec le gaz. On a vu que l’éclairage électrique, lorsqu’on se sert des lampes à arc, est, pour la plupart des installations, bien supérieur au gaz au point de vue du prix de revient, à intensité égale s’entend.
- En revanche, les effets ornementaux sont plus difficiles à obtenir avec les foyers à arc, mais on doit considérer qu’ils sont surtout destinés à éclairer de grands espaces, soit des ateliers pour
- lesquels la question artistique disparaît, soit de vastes salles comme celles des théâtres ou autres lieux de plaisir, et là l’espace dont on dispose permet de résoudre plus aisément la question ornementale.
- Mais c’est surtout avec les lampes à incandes-cencet comme on vient de le voir, que cette dernière est aisément résolue, et cette facilité d’ornementation vient s’ajouter aux résultats déjà obtenus du côté du prix de revient.
- La lampe à incandescence avait paru dès l’abord
- FIG. 8 5
- devoir être d’un prix de revient fort élevé. Le peu de renseignements fournis sur ce sujet, 1 indécision relative à la durée que l’on doit assigner à une lampe avaient contribué à affermir le public dans cette opinion. Peu à peu cependant les installations se sont multipliées, les renseignements ont été obtenus progressivement et l’on est arrivé à se rendre compte de ce fait qu’il n’est pas difficile aujour-d’hui d’installer un éclairage à incandescence où le carcel revient sensiblement au prix qu’il coûte actuellement avec le gaz. On peut même dire qu’avec une fabrication soignée la vie des lampes peut être prolongée et que lorsqu’il s’agira d’installations un
- peu considérables le prix de revient sera certainement inférieur à ce que l’on paye aujourd’hui pour le gaz. La nouvelle lumière aura en plus ses avantages bien connus relativement à sa fixité et au peu de chaleur dégagée et, puisqu’elle se prête admirablement à des dispositions décoratives, elle est dès à présent prête sous tous les rapports à entrer en lutte avec le gaz.
- Une des particularités que présente la lampe à incandescence est encore la grande facilité avec laquelle on peut, modifier la dimension des foyers. Sans insister sur ce que les constructeurs ont généralement deux types de ces lampes doubles l’un
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- de l’autre, nous rappellerons que l’on a pu dans ces derniers temps faire des lampes à incandescenc
- FIG. 87
- férents effets décoratifs. C’est ainsi ‘ que dans un des théâtres de Londres, on a vu de ces petites lampes, alimentées par des accumulateurs portatifs, orner la tête des danseuses dans un ballet. A Munich, quelques vitrines d’objets d’art étaient ainsi éclairées à l’intérieur de la façon la plus agréable par des lampes à incandescence de petites dimension et la fig. 85 montre une de ces applications dans laquelle la lampe est élégamment supportée par une jolie statuette en bronze.
- Reste un mode des lampes à incandescence dont nous n’avons pas encore parlé, c’est leur application à l’éclairage des rues. Cette application semblait tout d’abord exclue, car si l’on veut augmenter l’intensité de l’éclairage d’une voie publique, il semble plus logique d’avoir recours aux foyers à arc moins coûteux que les lampes à incandescence. Cependant la lumière blanche de l’arc semble désagréable à un certain nombre de personnes, et la Société Edison avait tenu à Munich, à démontrer la possibilité d’éclairer une rue au moyen de lampes à incandescence. Elle avait établi cet éclairage dans l’Arcise-Strasse. Les candélabres adoptés (fig. 87), supportaient à la partie supérieure un réflecteur, et au-dessous une sorte de coupe en verre dans laquelle se trouvaient trois lampes.
- L’effet obtenu était très agréable et rappelait un vif éclairage au gaz, mais il est certain qu’éciairer les rues de cette façon demanderait un système coûteux au même titre, d’ailleurs, lorsqu’on éclaire une rue avec une orgie de gaz, comme cela a lieu dans la rue du Quatre-Septembre.
- Dans un semblable cas, le gaz est, il est vrai, fourni à la Ville par la Compagnie à un prix inférieur au prix général, mais une Compagnie élec trique entreprenant l’éclairage d’une ou plusieurs rues pourra se placer dans des conditions analogues.
- L’installation comprendra alors en effet un nombre très grand de lampes et elle pourra être faite de manière à arriver par carcel à un prix de revient fort raisonnable.
- U n’en reste pas moins vrai que si l’on veut bien adopter l’éclairage par l’arc électrique malgré la teinte lunaire qu’il produit, il sera toujours, au point de vue économique, préférable pour l’éclairage intense des voies publiques.
- Il est d’autant plus propre à cette application que, dans les rues, la lumière n’a pas besoin d’avoir une excessive fixité et que l’on pourra se servir dans ce cas de brûleurs rustiques tels que les bougies Jablochkoff.
- L’installation de l’Arcise-strasse, fort bien étudiée par la Société Edison, pourra cependant servir •de type dans des cas particuliers, et elle mérite en ce sens de fixer l’attention.
- presque microscopiques, de véritables petits joujoux lumineux qui se prêtent admirablement à dif-
- C. C. Soulages.
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- QUELQUES OBSERVATIONS
- SUR LE
- PONT DE THOMSON ET VARLEY
- Dans le numéro 26 de ce journal, M. le comte du Moncel a décrit quelques modifications du pont de Wheatstone, dues à MM. Thomson et Varley. Comme ces ingénieuses dispositions offrent un intérêt général, je me propose de développer leur
- théorie d’une manière plus complète que ne l’avait fait l’article en question.
- I. — Commençons par le pont de Thomson
- (fis- 0*
- La série a b étant composée de 100 bobines d’é ; gale résistance, on a, dans le cas d’équilibre du galvanomètre, le frotteur r étant placé sur le »m0 contact,
- P1G.
- I
- Exemple : 11 = 40; R — 2000 ohms.'
- On a de suite :
- x = 1 333,33 ohms
- Il est facile à comprendre, que cette disposition permet 100 combinaisons différentes et que, en portant r d’un contact à l’autre, le numérateur du quotient l00^~ change d'une unité, tandis que le
- dénominateur augmente ou diminue d’une égale quantité.
- II. — Dans la balance rhéostatique de Thomson et Varley, les conditions sont différentes (fig. 2), puisque la série a b contient ioi bobines, dont deux se trouvent toujours entre deux contacts touchés par le double frotteur, et se trouvent combinées avec la seconde série a' b'. Cette dernière est composée de ioo bobines qui représentent la même valeurjque deux bobines de la série a b.
- Si nous réduisons le dispositif fig. 2 à ses éléments! simples, nous obtenons la fig. 3, et en lui appliquant les lois de Kirchhoff, on a, ainsi que je l’ai démontré dansl’Electrotechnische Zeitschrift,
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- vol. II, p.,5i, février 1881 ('), les relations suivantes (le galvanomètre supposé à zéro).
- II *0 = 0 ii = i« 4~ *2 = T2 ii ; ii — 2
- («) h —- h', h — h — H—i 2*1 = 22 = 2 a = Ù *1 — 2*3 4" *4
- (2) I, 1 R — 2/, r,t — ii r2 = 0
- (3) II x —it rf — i,, re=:o
- (4) ii l il O
- En divisant l’équation (3) par (2) on trouve
- (5)
- x _ it n + ii r2 R i\ r, 4- it r&
- Pour obtenir on n’a qu’à substituer la valeur de i3 (équat. 1) dans l’équation (4). Ensuite, en substituant la valeur de i, dans (5), on trouve, puisque i% disparaît
- r 1 4-
- r3rt ;
- (6)
- r-1 + r. + ?•;;
- r2 +
- >'3 + n
- du double frotteur touche le «mo contact et le frotteur simple s touche le rnmo contact :
- rt — 1000 w ; r2 = 1000 (99 — «) f.T = 3,1000; r.., — 20 (100 — m) = 20 m
- Cette dernière équation devant s’appliquer à la fig. 2, doit subir une légère modification pour être plus commode à employer.
- Comme la série ab (fig. 2) contient 101 bobines de 1 000 ohms, lesquelles se trouvent réduites par la dérivation a' b' à 99 bobines, et la série a' b' 100 bobines de 20 ohms, on trouve, si le ressort S
- En substituant ces valeurs dans l’équation (6) ou obtient facilement
- x___________1000 n + 10 m________
- R 1000 (99 — 12) + iooo — 10 m
- , . n + 0,01 m n
- (7) X — —-----r—~--------r R
- " 100 — (n + 0,01 m)
- no. 4
- Exemple : Le ressort S du double frotteur touche le 40“® contact de la série a b, le frotteur s le 35me contact de a' b', R = 2 5oo ohms;
- 40 + o,3S
- 100 — (40 4 0,35
- 25oo= 1691
- ohms.
- On voit de suite qu’un déplacement du double frotteur change la valeur du numérateur de (7) d'une unité, le dénominateur diminuant ou augmentant d’une même quantité. Par contre, un déplacement de s produit une variation de 0,01. Il est
- (') Le même sujet a été traité dansée Ilandbook of elec-
- trical lesting, de H.-R. Kempe, 20 éd., qui a paru dans le mois de juin 1881.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- du reste facile de dresser une table, qui donne immédiatement les différentes valeurs de n et m pour chaque position des frotteurs S et s.
- III. — La troisième disposition (fig. 4) a pour but, comme il est indiqué dans l’article de M. Du Moncel, d’éviter la multiplication par R dans l’équation (7).
- Le diagramme obtenu par l’analyse de la fig, 4 est représenté par la fig. 5 (*). Il est à peu près identique au diagramme 3, mais on n’a pas pu le construire en losange, parce que les deux points d’attache du galvanomètre sont mobiles, tandis que dans la fig. 3 l’un de ces points (jonction de x et R)
- r,
- Nf
- FIO. 3
- est fixe. Or les quatre parties de la combinaison 5 sont, d, c,
- x + rt J4-
- _______r3 r&
- r3 + >•'. + rt;
- et
- r3 +
- r 3 r%
- r3 + r,t + rs
- On a donc
- A+r1 + :
- 1 + 4- ra
- r2 +
- r 3 >'1
- '3 + r\ + r ii
- (R)
- En substituant dans (8) les valeurs de l’exemple précédent, on trouve
- d __ x-j- 1000 11 + 10 m c 1000 (99 — 11) + îe (100 — m)
- et
- x — — J 100000 — ( 1000 n + 10 m)
- 1000 n + 10 m
- Exemple :
- , d
- n— 00, 111 = 20, — = 10
- x => 568900 ohms
- Quand on connaît, à l’aide d’une table dressée ad hoc, toutes les valeurs de 1 000 n -j- 10 m, le calcul final est en effet fort simple; puisqu’on n’a qu’à retrancher cette valeur de 100 000, la multiplier par ^ (qui est toujours ou une puissance de
- 10, ou bien une fraction de 10), et retrancher la même valeur. Il me semble pourtant que cet avantage est acheté au prix d’une assez grande complication ; le dispositif fig. 2 est en lui-même assez complexe.
- En tout cas, il faut surveiller les différents frotteurs avec soin, quoique les contacts soient formés d’un alliage de platine et d’iridium, ils auront besoin d’un nettoyage fréquent.
- Le grand modèle du pont de Thomson et Varley, fig. 2, a été employé à bord du GreatEastern pendant la pose du câble transatlantique de 1866 pour mesurer la résitance d’isolement du câble. Cette résistance étant au moins de 2, 5 à 3 mégohms, il a fallu donner aux bobines de la série a b une valeur considérable. Si cela n’avait pas été fait, la plus grande partie du courant de la pile se serait rendue de a à (3 et aurait pu chauffer les bobines.
- Les appareils de ce genre que j’ai vus admirablement exécutés dans les ateliers de MM. Elliott Frères, et Clark, Muirhead et Ce à Londres, étaient plutôt destinés à la mesure du conducteur du câble, ou à fa recherche de défauts ; aussi la série a b contenait 101 bobines de 10 ohms, et a1 b' 100 bobines de 0,2 ohm.
- Il est clair que ces valeurs ne changent pas la formule (7), seulement elles ne permettent pas la détermination de très grandes résistances par la raison indiquée plus haut.
- L’avantage principal des dispositions que je : viens de décrire, est qu’elles permettent d’établir la balance dans beaucoup moins de temps- qu’il ne faudrait en employant un rhéostat et pont ordinaires à fiches. Au laboratoire on se sert pour cela volontiers des ponts à fil tendu et mètre divisé. (Voir La Lumière Electrique, vol. 6, page 3x9).
- Il est peu probable que l’emploi du pont de Thomson et Varley, en dehors de son application à bord des navires chargés de la pose de câbles, se généralise.
- Les soins extrêmes qu’il faut mettre à la construction de ces appareils, le grand nombre de bobines en fil platine-argent et enfin les difficultés que présente l’ajustage d’un si grand nombre de résistances sont cause que leur prix est assez élevé (60 à 80 liv. st.)
- Dr A. Tobler
- Zurich, 28 juillet i883.
- (*) Et non pas par la fig. 7 de l’article de M. du Moncel.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- IMITATION
- PAR LES COURANTS LIQUIDES OU GAZEUX DES
- PHÉNOMÈNES D'ÉLECTRICITÉ
- ET DE MAGNÉTISME
- Deuxième article. (Voir le numéro du n août.)
- EFFETS CHIMIQUES.
- Imitation des anneaux électrochimiques de Nobili.
- De toutes les imitations des effets de l’électricité hydrodynamique, celle-ci est la plus remarquable et la plus concluante en faveur de l’assimilation du courant électrique à un courant liquide.
- On sait que les anneaux de Nobili sont produits par l’action d’un courant électrique, arrivant par un fil de platine sur une plaque métallique recouverte d’une dissolution aqueuse, en couche mince, d’acétate de plomb, de plombate de potasse, ou d’autre dissolution. Selon la polarité, la nature et le poli de la plaque, selon la dissolution, simple ou mélangée de divers sels, et suivant l’énergie de la pile employée, on obtient sur la plaque au bout de quelques secondes, en regard de la pointe verticale amenée à quelques millimètres de cette plaque, des anneaux concentriques, tantôt monochromes, alternativement clairs et obscurs, tantôt irisés comme les anneaux de Newton ; et si l’on emploie plusieurs fils rattachés au même pôle, on peut obtenir des rosaces et diverses figures symétriquement colorées.
- J’ai cherché à imiter ces effets, au moyen des courants liquides.
- Pour réaliser hydrodynamiquement des anneaux imitant ceux de Nobili je n’ai eu qu’à suivre, pour ainsi dire pas à pas et presque textuellement, le mode d’expérimentation décrit par le savant italien (*) et perfectionné par M. Becquerel. Il a suffi de faire les changements suivants :
- Ainsi, la plaque métallique polie (qu’on pourrait à la rigueur conserver) est remplacée par une plaque de verre ; la litharge, au lieu d’être en dissolution dans la potasse, est en suspension dans l’eau (je me sers ordinairement de diverses poudres lourdes insolubles, blanches ou diversement colorées : sulfate de baryte, céruse, minium, vermillon...) ; la pointe effilée de platine qui donne passage au courant électrique, devient ici un tube plus' ou moins fin selon les effets à produire, lequel contient une colonne liquide dont la longueur et la hauteur de
- (>) Annales de chimie et de physique, 3° série, t. XXXIV, page 280.
- chute correspondent à la durée et à l’énergie du courant électrique.
- Je dispose donc l’expérience de la manière suivante :
- Sur une plaque de verre horizontale recouverte d’une couche mince et uniforme de minium en suspension dans l’eau, on fait arriver un filet liquide tombant d’un tube de verre gradué, tenu verticalement, à la distance de om,oi à om,io ou plus.
- Dans ces conditions, il se produit instantanément, sur la plaque, autour du point de chute, des anneaux concentriques, plus ou moins nombreux, inégalement espacés, d’épaisseurs différentes, formés par le transport mécanique du dépôt pulvérulent, sous l’action impulsive du courant liquide. Ces anneaux présentent ordinairement des contours très nets, des dégradations de tons remarquables par leur finesse. On y distingue fréquemment des rayons très déliés qui traversent parfois tous les systèmes d’anneaux et forment des dessins symétriques très variés et d’une grande délicatesse, (fig- ?9).
- On peut déjà, d’après cela, se faire une idée des effets communs aux deux phénomènes. Pour mieux en montrer l’analogie, je pourrais mettre en regard les détails des dispositions expérimentales comparatives et les effets obtenus de part et d’autre; je me bornerai à citer seulement les principaux faits relatifs aux anneaux hydrodynamiques; on y reconnaîtra facilement les analogues dans les anneaux de Nobili. |
- La netteté, la régularité, la délicatesse des anneaux, en un mot leur beauté, dépendent de la nature de la poudre en suspension dans l’eau, c’est-à-dire de sa densité, de sa finesse. Plus le tube est étroit et rapproché de la plaque, plus les anneaux sont fins et serrés. Le nombre et le diamètre des anneaux varient avec la longueur de la colonne liquide et sa hauteur de chute; on en compte ordinairement quatre ou cinq, mais fréquemment huit ou dix. Tous les anneaux d’une même figure n’ont pas la même netteté : les plus rapprochés du centre sont les plus réguliers et ceux dont les contours sont le mieux dessinés; l’anneau extérieur, chassé au loin, est généralement peu net et bordé de festons qui manquent parfois de régularité.
- Tantôt le centre est brillant et laisse à nu la plaque de verre, tantôt c’est une tache noire arrondie ou étoilée. Tous les anneaux naissent les uns des autres, se propageant en ondes, ainsi que les anneaux de Nobili.
- On peut obtenir des anneaux hydrodynamiques de toutes les dimensions, depuis deux ou trois millimètres de diamètre, jusqu’à 25 ou 3o centimètres et plus encore. Mais petites ou grandes, ces figures ont toujours des formes analogues. Quelquefois [les petites présentent en miniature tout ce
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
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- que l’on peut trouver dans les grandes ou les moyennes; alors elles sont ravissantes.
- Tout ce magnifique travail géométrique du choc de la colonne liquide, cette distribution symétrique des parcelles très déliées de la matière pulvérulente, se fait pour ainsi dire instantanément, en une très petite fraction de seconde; et ces nombreuses stries rayonnantes, ces anneaux concentriques, ces pointes d’une finesse extrême, ces ornements gracieux, disposés symétriquement, se reproduisent avec la plus grande facilité, quand on réalise les mêmes conditions expérimentales.
- Enfin, on peut, en employant simultanément plusieurs tubes, produire des anneaux multipolaires (fig. 29), analogues à ceux que Nobili réalisait à l’aide de plusieurs fils de platine rattachés à un
- FUI. 29
- même pôle et disposés symétriquement au-dessus de la plaque.
- Quant aux différences entre les deux ordres de phénomènes, elles portent spécialement sur la polarité, l’action chimique, la structure et Y irisation des anneaux. La polarité de la plaque métallique joue un rôle important, mais non absolu, dans la production des anneaux de Nobili. J’ai pu imiter d’ailleurs ces effets de polarité par Y aspiré et le souffle des colonnes liquides sur le minium.
- Dans la production des anneaux colorés par voie électrolytique, il y a décomposition chimique, il est vrai, mais surtout transport mécanique de la matière constitutive des anneaux.
- Les anneaux obtenus par voie hydrodynamique présentent ordinairement, dans leur structure, des lignes rayonnantes plus ou moins déliées, s’étendant du centre à la périphérique (fig. 3o) ; tandis que dans les anneaux de Nobili on n’aperçoit aucune
- trace de rayons. Gette différence disparaît lorsque les anneaux hydrauliques sont produits par la chute d’une assez longue colonne liquide tombant d’une faible hauteur.
- La seule différence, vraiment essentielle, entre les anneaux hydrodynamiques et les anneaux de Nobili, c’est que ces derniers présentent des couleurs irisées que ne possèdent pas les premiers; et encore, cette différence n’est-elle pas absolue.
- En effet, remarquons d’abord que, dans un très grand nombre de cas, les anneaux électrochimiques sont seulement clairs et obscurs alternativement, c’est-à-dire monochromes ou quelquefois di-chromes. D’autre part, les anneaux hydrodynamiques ne sont pas totalement dépourvus de coloration; car, en regardant la flamme d’une bougie
- Fin. 3o
- (ou même la lumière diffuse du jour vis-à-vis d’un fond noir) au travers d'anneaux formés de sulfate de baryte parfaitement blanc, on voit ordinairement, autour du centre incolore, une zone extrêmement mince, d’une teinte bleu pâle; tandis que les deux grands anneaux extérieurs, et surtout les cercles étroits qui les terminent, sont colorés en jaune et en orangé, plus ou moins foncé, selon l’épaisseur du dépôt. Des effets de coloration analogues et même plus prononcés, s’observent sur les anneaux produits au moyen de la céruse. Les anneaux obtenus avec le minium montrent une zone centrale d’un rose pâle, la suivante d’un jaune orangé; celle qui suit est rougeâtre, tandis que les filets en bordure sont d’un rouge foncé.
- On voit par là que la différence des couleurs entre les deux ordres de phénomènes n’est pas absolument essentielle.
- O11 peut donc conclure des effets précédents, que
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- les anneaux obtenus par voie hydrodynamique sont tout à fait comparables à ceux de Nobili réalisés électrochimiquement (1).
- Enfin, l’imitation par les courants liquides des anneaux électrolytiques s’étend à d’autres phénomènes tels que les suivants : anneaux de Priestley, de Grove, etc., produits directement sur les métaux par les étincelles d’électricité statique ou d’induction (effets qu’il est facile d’imiter par la chute de simples gouttes au lieu de colonnes d’eau), anneaux réalisés en soufflant par un tube sur une couche de minium humide, ou par le choc d’un corps solide contre un plan résistant recouvert d’un pareil dépôt ; anneaux thermiques et chimiques que j’ai fait connaître dans diverses communications à l’Académie des Sciences (Comptes rendus, 1876 et 1877), et obtenus par l’action d’une flamme ou d’une vapeur (vapeur de brome ou de sulfhydrate d’ammoniaque) sur une plaque de métal poli, anneaux semblables, pour les couleurs irisées à ceux de Nobili et de Newton. D’un autre côté, Nobili avait assimilé ses apparences électrochimiques, aux figures acoustiques de Chladni, de Pa-radisi et de Savart. D’autre part, les figures équi-potentielles de M. Guébhard sur l’écoulement de l’électricité, ont été assimilées par lui aux courbes de niveaux hydrauliques, lesquelles ne sont autres que nos anneaux hydrodynamiques.
- Ajoutons à cela les fantômes magnétiques des courants électriques et des aimants, ainsi que les différents effets physiques dont nous avons donné les imitations (volatilisation d’un fil métallique par l’électricité, stratifications de la lumière électrique dans les gaz raréfiés, etc); nous aurons ainsi un certain nombre de phénomènes d’ordres très différents, qui trouvent un lien commun dans nos expériences hydrodynamiques.
- EFFETS PHYSIOLOGIQUES
- Imitation, par un courant liquide, d’un phénomène physiologique dû aux courants électriques discontinus.
- Après avoir imité, par les courants liquides ou gazeux, les effets mécaniques, physiques et chimiques produits par l’électricité statique ou dynamique, il restait à trouver une analogie, sous le rapport physiologique, entre les deux ordres de phénomènes comparés. Une expérience particulière, faite dans un autre but, m’a mis sur la voie de cette analogie, je dirais presque de cette similitude.
- En effet, lorqu’on touche un hydrodiapason (2), traversé par un fort courant d’eau et vibrant éner- (*)
- (*) Les anneaux hydrodynamiques peuvent être conservés, photographiés, projetés, comme les figures d’imitation des effets physiques précédents.
- (2) Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 2 octobre 1H82, page 697.
- giquement (cet instrument donnait le son lat — 2i7ïib s,5 par seconde), on ressent un frémissement très intense ; c’est une sensation tout à fait comparable à celle que l’on éprouve lorsqu’on touche les rhéophores d’un appareil voltaïque ou d’induction de faible intensité.
- Cette observation pourrait servir de point de départ pour des recherches sur les effets physiologiques, que des mouvements vibratoires, plus ou moins intenses, seraient capables de produire sur l’organisme.
- Je citerai à cette occasion, l’expérience suivante que j’ai faite, il y a longtemps, et dans un autre but : quand on serre entre les dents un diapason ordinaire (par son support) et qu’on le fait vibrer fortement, on éprouve au cerveau un ébranlement subit, comme une sorte de vertige, sensation qui se rapproche beaucoup de celle qu’on ressent lorsqu’on fait passer un courant électrique des dents au sommet de la tête.
- D’autre part, on sait que les douches, agissant par le choc et la température du liquide, produisent sur l’organisme des effets physiologiques utilisés en thérapeutique, lesquels ne manquent pas d’analogie avec ceux de l’électrophysiologie. Il est probable que ces effets mécaniques et thermiques seraient différents et plus marqués, si le courant liquide, au lieu d’être continu, était interrompu à des intervalles plus ou moins rapprochés; ils imiteraient, sous ce rapport, les courants électriques discontinus qui produisent depuis le simple chatouillement jusqu’à la douleur la plus insupportable, sans désorganiser les tissus; tandis que les courants continus tendent à produire ce fâcheux effet.
- Quant à l’imitation des effets physiologiques dus à l’électricité statique, c’est-à-dire en général, à la décharge électrique instantanée ou au moins très rapide (soit d’une machine électrique ordinaire, soit d’une bouteille de Leyde, ou d’une batterie, soit des appareils à haute tension), on la trouverait dans le choc subit d’un jet liquide sous une pression plus ou moins énergique.
- Généralisation des expériences. — Comparaison des courants électriques aux courants liquides. — Conclusions.
- A l’origine de mes recherches, j’ai d'abord étendu aux liquides un effet d’attraction produite par un courant d’air, ou de vapeur d’eau (expérience de M. Clément Désormes) sur un disque placé à très petite distance de l’orifice du jet gazeux. Les phénomènes d’attraction, de répulsion, de vibration, que j’ai réalisés ensuite avec les liquides, pour imiter les effets d’électromagnétisme et d’induction, peuvent être également produits avec les courants gazeux (air ou vapeur d’eau), sous pression plus ou moins forte.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÊLECTRICITÈ
- Soi
- On a vu aussi que la plupart des phénomènes d’électricité statique sont imités presque indifféremment par des courants liquides ou par des courants gazeux et qu’enfin l’imitation des anneaux électro chimiques de Nobili peut être réalisée avec le courant d’air (ou de vapeur d’eau) comme avec les liquides que j’ai employés.
- Il résulte donc de l’ensemble comparatif de ces expériences, que les phénomènes d’électricité, imitables par les courants liquides le sont aussi par les courants gazeux. On sait d’ailleurs que les équations générales du mouvement des fluides,
- . sont applicables à la fois aux liquides et aux gaz.
- Comparaison des courants électriques aux courants liquides. — On a souvent assimilé, et avec raison, le courant électrique à un courant d’eau qui s’écoule d’un réservoir placé à une hauteur déterminée. On a apporté à l’appui de cette assimilation, divers faits dont le nombre et la valeur se sont accrus avec les progrès de la science. Mes expériences viennent ajouter des preuves nouvelles à cette manière de voir.
- Citons d’abord quelques-unes des analogies qu’on a trouvées entre les deux ordres de phénomènes.
- Le courant constant d’une pile électrique est analogue au courant constant d’un liquide (obtenu au moyen d’un trop plein) ; le courant décroissant progressivement du liquide d’un vase qui se vide sans se renouveler, offre l’image du courant d’une pile ordinaire; plus le vase est grand et l’orifice étroit, plus l’écoulement dure de temps. « On peut, dit M. Bertrand {Journal des Savants, janvier i883, page 20), comparer la pile à un réservoir dont l’eau s’écoule; la vitesse dépend de la hauteur du liquide ; mais le ralentissement est réglé par son volume. »
- Plusieurs lois fondamentales sont communes aux deux ordres de phénomènes que nous comparons : nous allons citer les principales :
- A la force électromotrice E, cause du mouvement électrique, correspond la pression en vertu de laquelle l’eau s’écoule ;
- La résistance R offerte par le conducteur électrique est analogue à la résistance que présente la conduite à l’écoulement de l’eau ;
- L'intensité I du courant circulant dans le conducteur électrique est représentée par le débit de la conduite.
- Or ces quantités E, R, I sont liées entre elles par la formule suivante, de Ohm, laquelle exprime les lois fondamentales de l’écoulement électrique :
- est proportionnelle à la force électromotrice et en raison inverse de sa résistance.
- Dans une circulation d’eau, le débit est proportionnel à la pression et en raison inverse de la résistance offerte à cet écoulement par la conduite (on suppose le régime établi régulièrement). Les lois sont donc les mêmes dans les deux cas.
- Un courant électrique est donc comparable à un courant d’eau circulant dans un tuyau de conduite.
- La vitesse d’écoulement de l’eau dans une conduite fait bien comprendre ce que l’on doit entendre par vitesse de l'électricité, c’est-à-dire par le temps qui s’écoule entre le moment où l’électricité est lancée à l’extrémité d’un circuit et celui où elle produit à l’autre extrémité un effet déterminé, ou bien arrive à son maximum d’énergie. D’autre part, la rapidité de transmission de la pression des liquides est tout à fait comparable à celle de l’électricité. Nous en avons un exemple dans le télégraphe hydraulique comparé au télégraphe électrique (’).
- En un mot, les lois de la propagation de l’électricité dans la période variable et dans l'état permanent, sont analogues à celles de l’écoulement des liquides.
- Les lois des courants dérivés s’appliquent aussi aux deux ordres de phénomènes.
- Il résulte de ce qui précède que l’on peut, dans un grand nombre de cas, regarder le courant électrique comme le mouvement d’un fluide incompressible et obéissant aux lois de la mécanique.
- Plus le courant électrique est fort, c’est-à-dire plus est grande la quantité d’électricité mise en mouvement dans un temps donné, plus les effets produits parce courant se rapprochent de ceux d’un courant liquide.
- Les petits courants liquides que j’emploie dans mes expériences d’imitation des phénomènes d’électricité statique, sont aux forts courants de la conduite d’eau de la ville ce que les faibles décharges de nos machines sont à-la foudre.
- Quand un courant électrique passe d’un conducteur métallique à large section dans un fil fin, il échauffe celui-ci, le fait rougir, passer à l’état incandescent, le fond et même le volatilise, suivant les circonstances. Lorsqu’un courant liquide, sous forte pression, passe d’un tube large dans un tube étroit et flexible (par exemple, un tube de caoutchouc de om,oo5 de diamètre et de om,ooi d’épaisseur) il tend à gonfler celui-ci, à le tordre et à le faire éclater. L’anologie de ces deux effets paraît évidente.
- A ces analogies viennent s’ajouter celles qui résultent de mes expériences comparatives précédem-
- Ce qui signifie quel’intensité du courant électrique
- (i) Hydrotélégraphe de M. Tomasi. Causeries scientifiques par de Parville. 12e année (1872), p. 286.
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- ment décrites, et qui motivent les conclusions suivantes.
- CONCLUSIONS
- Après avoir imité, au moyen des courants liquides ou gazeux, dans de nombreuses expériences, les principaux phénomènes d’électricité statique ou dynamique, d’électromagnétisme et d’induction, d’électrochimie et même d’électrophysiologie, je me crois autorisé à conclure de l’analogie des effets à l’analogie des causes, à savoir : que les phénomènes électriques (ou magnétiques) sont assimilables aux phénomènes hydrodynamiques : c’est-à-dire que l’électricité, sous forme de courant (d’éther ou de matière pondérable) est analogue à un courant liquide, et à l’état de tension, est analogue à une certaine quantité de liquide se répandant en jet.
- Un certain nombre de faits dus à l’électricité paraissent être le résultat d’un mouvement vibratoire. Mais la difficulté disparaît quand on remarque que le mouvement ondulatoire est susceptible, en certains cas, d’engendrer un mouvement vibratoire (nous en avons d’ailleurs un exemple dans nos vibrations hydrodynamiques). Au contraire, nombre de phénomènes électriques ne peuvent s’expliquer en assimilant le courant à un mouvement vibratoire, tandis que l’explication en devient facile quand on regarde le courant comme un transport de fluide, comme une ondulation.
- Les figures équipotentielles de M. Guébhard. sur l’écoulement de l’électricité (*), viennent à l’appui de l’assimilation de félectricité à un flux, c’est-à-dire à des ondulations et non à des vibrations. L’auteur a établi théoriquement! et expérimentalement que ses lignes équipotentielles sont exactement représentées par l’équation différentielle des courbes de niveau, donnée par Lamé :
- De mon côté, j!ai prouvé, par des expériences comparatives très nombreuses, appuyées de photographies des phénomènes imités, que les anneaux hydrodynamiques (courbes de niveau hydraulique) sont identiques de forme aux anneaux de Nobili. De cette double vérification résulte la conséquence que les anneaux électrochimiques de Nobili peuvent être représentés par la formule générale
- À2 9 — O,
- formule rjui, par suite, convient à la fois aux figures
- (i) Comptes rendus de l’Acad. des scienc. Séances des 26 avril et 10 mai 1880; 17 septembre, 14 novembre 1881; i3 février, 27 mars 1881. Journal de Physique, 20 série, io5 (1882).
- équipotentielles d’écoulement hydraulique, électrique et thermique; car, d’un autre côté, j’ai assimilé le flux thermique au flux électrique (*), par la correspondance des courbes relatives aux vitesses de transmission dans les deux ordres de phénomènes.
- Il résulte, en définitive, de tout ce qui précède, que les flux électrique et thermique sont assimilables au flux liquide et par suite au flux gazeux.
- C. Decharme.
- SUR LE PRIX DE REVIENT
- DE
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- (Note de M. J. Dumont. — Communication de M. Ph. Pelahayc;)
- Sans doute nous avons parlé déjà bien souvent du prix de revient de l’éclairage électrique; pourtant nous sommes loin d’être complètement édifiés sur cette question : nous ne pourrons l’être qu’après avoir comparé de nombreux exemples pratiques sur lesquels nous aurons des renseignements exacts. Des notions de ce genre nous sont fournies par une note dans laquelle M. J. Dumont, ingénieur à l’administration des télégraphes belges, a réuni les prix de revient d’un certain nombre d’installations d’éclairage. Dans le tableau qu’il en domife et qui est fort intéressant, il a fait figurer un certain nombre d’installations restées à l’état de projet et par conséquent qui ne peuvent fournir que des évaluations hypothétiques ; j’ai cru devoir écarter ces chiffres, quoiqu’ils soient quelquefois curieux et m’en tenir aux installations réelles et aux prix éprouvés; j’y ai ajouté deux installations (Lazare Weiller et La Buire) sur lesquelles les renseignements ont été fournis par M. Ph. Delahaye, dans une communication qu’il a faite à la Société technique du gaz, dans lè mois de mai dernier. Le tout se résume dans le tableau suivant :
- On voit immédiatement combien de causes d’incertitude il y a dans ces évaluations si exactes qu’on ait voulu les faire; par exemple, il y a quatre installations faites avec la bougie JablorhkofF; le pouvoir éclairant de ce foyer est évalué respectivement à ao, 28, 3o et 40 carcels; dans les deux premiers cas, on tient compte de la présence des globes diffusants; dans les deux derniers cas, le foyer est nu et cependant l’estimation varie de 25 % ; cela tient sans doute à ce que l’une, 3o carcels, a été mesurée par l’usinier, l’autre, 40 car-
- (i) Mémoires de la Société académique de Maine-et-Loire, t. XXXIV (1876).
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- cels, est celle que la Société électrique a annoncée et la première de ces deux est la plus probable; elle concorde, d’ailleurs, avec ce que nous savions. Nous avons deux installations faites par Sautter-Lemonnier; dans l’une, l’intensité de son foyer est comptée de i5o carcels, dans l’autre de 3oo; où est la vérité?
- D’ailleurs quand on serait fixé sur ce point il resterait à élucider une question très délicate : dans
- ces éclairages quellq est la proportion de lumière réellement utilisée ? Les foyers sont placés naturellement à une certaine hauteur, et à d’assez grandes distances une part de leur intensité se perd évidemment entre eux et le point où s’accomplit le travail; pour être exact, ce n’est pas la lumière directe qu’il faudrait compter, mais la lumière à l’endroit où l’on a besoin de voir, l’éclairage utile. Ceci est très difficile à déterminer, d’autant qu’il ne faudrait
- a» a. G DÉPENSE DÉPENSE PRIX PRIX
- SYSTÈME <U U O-« G 'W S h 42 NATURE horaire horaire de revient de revient
- INSTALLATIONS de m g 55 i-i du totale totale du du carcel OBSERVATIONS
- foyers employés ii *T3 u ^ Ç G <t> *73 moteur Gaz Electri- cité carcel gaz (heure) élec- trique (heure)
- Salle des télégraphistes, 0,0265 0,0054
- à Bruxelles (Nord). . . Place des Nations, à Jaspar 3 235 mac. à gaz 1,86 3,82
- Bruxelles Id. 3 235 Id. 1,21 3,54 o,o3oo 0,0052
- Halle aux marchandises,
- gare de Lyon (Paris).. Atelier de tissage, à Ri- Lontiii 18 64 vapeur 6,825 6,625 0,0273 0,0054
- verside (Amérique). . . Brush 7i 75 Id. 36,80 11,68 o,o353 0,0022 Non compris amortis-semeut du moteur;
- Gare de La Chapelle (Pa-
- ris-Nord) Serrin 4 200 Id. )) 0,0376 0,0039
- Etablissement Ducom-
- mun, à Mulhouse.. . . Passage des tilleuls Frie- Id. 4 110 Id. » b,64 0,044 o,oi5
- drïchstrasse (Berlin). . Bureau télégraphique, à Siemens 10 So mot. à gaz 9.14 6,45 0,040 o,oi3
- Amsterdam Id. ' 5 36 gaz 2,89 4,53 0,020 0,025 Globe opalin.
- Avenue de l’Opéra (Pa-
- ris) . . • . Jablochkoff Ô2 20 21,27 0,017 Bougies avec globe opàliu.
- Quais de la Tamise (Lon-
- dres) Id. 20 28 Id. a 0,487 o,ot£o 0,018 Globe verre dépoli.
- Ateliers de Cards, frères
- (Gand) Id. 6 3o Id. A . HT 1,98 10,6t 0,0889 0,0162 0,01 I
- Gare d’Ânvers-Bassins. . Filaturè de E. Manchon, Id. 48 40 Id. 4i?3 0,010
- à Rouen Sautter-Lemonuier 6 i5o Id. 9,55o 7,387 0,0597 0,0082
- Ardoisières d’Angers (Le
- Fresnois) Id. 3 3 no Id. m. à vap. 2,27 o,383 0 o34 o,o5i8 o,oo38 0,0082
- Gramme 5 IOO » La forcé est prise sur une grande machine h vapeur de 100 che-
- Lazare Weiller (Angou-
- lême) Swan i5 I Id. » 0,1937 )) o,o3 vaux. Le prix u eu est pas compté.
- Ateliers de la Bièvre. . . incandescence
- Indéterminé (système inconnu) 400 2 vapeur » )> » 0,025
- Edison » Id. „ 0,0d3d Prix calculé.
- pas faire cette évaluation d’une façon trop étroite, et seulement d’après des calculs de distance, par exemple dans certaines installations avec l’éclairage électrique on ne voit pas sensiblement mieux sur les tables de travail qu’on ne faisait avec le gaz et de ce côté on gagne peu, mais en revanche, les passages, l’ensemble du bâtiment sont infiniment mieux éclairés, les mouvements sont grandement facilités et le travail général y gagne beaucoup ; c’est spécialement ce qu’on a constaté dans les gares à marchandises telles que celle de Paris-Lyon et de Paris-Nord-La Chapelle. M. T. Dumont
- dans sa note, avait tenté une comparaison de ce genre, elle m’a paru trop hypothétique et je n’ai pas cru devoir le suivre dans cette voie ; l’évaluation en lumière directe, bien qu’inexacte, me paraît moins trompeuse qu’une réduction sans bases certaines et dont la proportion doit venir du tout au tout suivant les cas.
- J’ai d’ailleurs porté au tableau la dépense totale par heure des installations électriques ainsi que celle des installations de gaz qui ont été remplacées, dans tous les cas où j’ai pu trouver ces renseignements.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Malgré l’incertitude relative de ces chiffres, certaines conclusions en ressortent clairement.
- Mettons à part les trois dernières installations où figurent des lampes à incandescence, nous en parlerons plus loin. L’examen des premières montre d’abord que le carcel électrique est dans la très grande majorité des cas d’un prix plus bas que le carcel gaz ; deuxièmement que la dépense totale d’un éclairage électrique est très inférieure à celle d’un éclairage gaz pour peu que l’installation atteigne environ 6 foyers. (La gare d’Anvers-Bassins où les chiffres donnent la conclusion contraire n’est pas probante parce que l’éclairage a été là énormément augmenté ; on a mis un bec électrique pour 3 becs de gaz environ). Dans le cas de petites installations telles que celle des bureaux télégraphiques de Bruxelles ou d’Amsterdam, la dépense est plus considérable pour l’électricité que pour le gaz, ce qui •n’a rien de singulier ; l’éclairage électrique est imposé là par ses qualités spéciales.
- En ce qui concerne les lampes à incandescence nous avons peu de renseignements ; j’ai même cru devoir pour compléter faire figurer, par exception, un prix non résultant de l’expérience, mais qui m’a paru raisonnablement calculé. On ne peut tirer beaucoup de conclusions d’un nombre aussi faible de résultats, il en est pourtant une qui s’impose ; c’est que, appliqué à propos, bien employé et dans des installations, l’éclairage à incandescence peut lutter avec le gaz et rivaliser avec lui au point de vue du prix. C’est un résultat important. Il me frappe d’autant plus que nous ne l’aurions pas prévu il y a quelques années.
- On pensait unanimement que la lumière à incandescence deviendrait difficilement pratique à cause de son haut prix. L’événement nous a trompés dans le bon sens ; il faut s’en louer, et compter que le mouvement ne s’arrêtera pas, nous aurons certainement des conditions plus avantageuses encore à mesure que les installations grandiront et que la consommation s’étendra.
- Frank Geraldy.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Expériences sur la décharge lumineuse par Henri Hertz (').
- Ce travail, fait de main de maître, a été exécuté par M. Hertz dans le laboratoire de l’université de Berlin. Il montre que le courant de la pile traverse
- l’air raréfié comme il traverserait un liquide, sous forme d’un courant électrique continu et invisible ; les phénomènes lumineux qui attirent tout d’abord l’attention dans un tube de Geissler ne sont pas des phénomènes électriques et n’ont pas avec eux de relation directe, ils ne se produisent même pas en général sur le trajet du courant électrique. Ces phénomènes lumineux sont parents de la lumière plutôt que de l’électricité.
- L’auteur s’est d’abord assuré que le passage de l’électricité dans l’air raréfié se fait d’une manière continue, et non pas une série de décharges très rapprochées. Comme source d’électricité il a employé une bobine de i ooo petits éléments Planté, d’une force électromotrice totale de i 8ooDaniells; on la chargeait en réunissant en quantité des séries de 10 éléments que l’on déchargeait ensuite en tension. On mettait dans le circuit le tube de Geissler et de plus une résistance métallique de quelques milliers d’ohms. Dans cette résistance métallique, il se forme dans le tube un arc électrique, et l’appareil est bientôt mis hors d’état. D’autre part si la résistance intercalée est extrêmement considérable, si elle comprend un nombre suffisant de megohms, la décharge est discontinue. Si l’on diminue cette résistance graduellement il vient un moment où la décharge de visiblement discontinue qu’elle était, devient continue du moins en apparence, c’est-à-dire qu’aucun des moyens employés jusqu’ici, ne peut y faire découvrir de discontinuité, le passage de la discontinuité à la continuité se fait brusquement sans transition. M. Hertz s’est proposé de savoir si cette continuité apparente de la décharge est réelle, c’est-à-dire si elle résiste à des moyens d’analyse plus sensibles que ceux que l’on avait mis en œuvre précédemment.
- On s’était précédemment servi à cet effet du téléphone intercalé dans le circuit; de la patte de grenouille rhéoscopique; du miroir tournant, destiné à analyser la décharge lumineuse ; enfin d’un système formé d’une bobine placée dans le circuit, et voisine d’une seconde bobine dont les extrémités sont reliées à celle d’un électrodynamomètre; si le courant qui parcourt la première bobine est variable, la seconde devient le siège de courants d’induction que l’électrodynamomètre peut mettre en évidence. Mais à cause de l’induction du circuit sur lui-même, ce dernier mode d’investigation fait défaut, aussi bien que le précédent, quand les variations du courant primaire deviennent extrêmement rapides. M. Hertz a donc eu recours à de nouveaux dispositifs.
- Dans le circuit à étudier, l’auteur dispose un électrodynamomètre et un galvanomètre. Si le courant est continu, les indications du premier de ces appareils doivent être proportionnelles aux carrés des indications du second; elles doivent, au contraire, varier plus vite que ce carré, si le courant est va-
- (') Annales de Wie.iemann, n° 8 bis, i883.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- no.)
- riable. Or, l’expérience a montré que la proportionnalité se maintenait exactement.
- Un pont de Wheahtstone formé de quatre résistances égales, est intercalé dans le circuit; le galvanomètre du pont reste donc au zéro si le courant qui parcourt les 4 branches est constant. L’une de ces branches est formée par un fil long enroulé eh bobine, de telle sorte qu’il ait un coefficient de self-induction considérable; si donc le courant principal subissait des variations, il naîtrait dans cette bobine des forces électromotrices d’induction qui troubleraient l’équilibre dans le pont. M. Hertz a constaté que le galvanomètre du pont restait au zéro.
- Il a employé le pont de Wheahtstone d’une autre manière, en le formant de quatre branches de même résistance, de même forme, et à peu près rectilignes; mais sur la quatrième branche, il place en déviation un condensateur; si le courant qui traverse le pont est constant, le condensateur prend une charge constante qui n’affecte pas le galvanomètre placé dans le pont; si, au contraire, la charge du condensateur subit des fluctuations correspondantes à celles des potentiels aux extrémités de la quatrième branche, d’où des courants de charges et de décharge partielles qui font dévier le galvanomètre. Or, celui-ci reste au zéro, ce qui indique encore la constance du courant principal.
- Le courant pourrait cependant être sensiblement constant dans la partie métallique du circuit, ainsi qu’on vient de le constater sans l’être dans le tube de Geissler qu’il contient; en effet un courant à fluctuations très rapides n’a pas nécessairement la même intensité dans toutes les portions du circuit; la capacité électrostatique des différentes parties du circuit peut intervenir pour rendre insensible dans certaines parties des variations très notables dans d’autres.
- Il était donc nécessaire d’étudier le passage de l’électricité dans le tube de Geissler lui-même. A cet effet, l’auteur met l’électrode négative de ce tube en communication avec les feuilles d’or d’un électroscope par l'intermédiaire d’un fil gros et court; la même électrode est mise en communication avec la cage métallique de l’électroscope par l’intermédiaire d'un fil long et fin. Ainsi disposé l’instrument ne doit pas diverger si le potentiel de l’électrode négative reste constant, puisque les feuilles d’or et la cage prennent également ce même potentiel ; au contraire si ce potentiel subit des variations brusques, ces variations devront se communiquer instantanément aux feuilles d’or, tandis que le potentiel delà cage de l’instrument ne pourra prendre qu’une valeur moyenne peu variable, à cause du retard dû à la grande résistance intercalaire ; d’où une divergence continue des feuilles d’or. Or celles-ci restent immobiles ; le potentiel demeure donc bien constant.
- Par cette méthode’et encore par quelques autres M. Hertz montre que si le courant qui traverse l’air raréfié subit des fluctuations, leur durée n’est du moins pas do l’ordre du milliardième de seconde.
- L’auteur remplace ensuite le tube de Geissler par une boite plate horizontale où l’on fait le vide, et il étudie la forme des lignes de courant dans la lame d’air ainsi constitué ; à cet effet il se sert d’un petit aimant rendu asiatique et muni d’un miroir, comme dans le galvanomètre Thomson. Le petit aimant est suspendu à un fil de cocon au-dessus de la boîte, et très près de celle-ci ; il s’oriente donc à peu près comme s’il était dans le plan des lignes de courant, et l’étude de ces déviations donne approximativement la forme des lignes de courant. On voit ainsi que celles-ci ont à peu près la forme qu’elles auraient si l’air raréfié était remplacé par de l’eau ou par quelques autres fluides conducteurs.
- Il reste à considérer les phénomènes lumineux qui accompagnent la décharge, et eu particulier cette lueur négative dont M. Crookes fait ressortir les propriétés. Cette lueur a une forme et une position entièrement distinctes de celles des lignes du courant. Si dans un tube de Geissler on donne à l’électrode positive la forme d’un tube qui enveloppe l’électrode négative, le courant électrique proprement dit reste concentré presque entièrement dans le petit espace annulaire que comprennent les électrodes, la lueur négative n’en est pas moins émise et elle se projette dans tout le reste du tube, qui forme une sorte de cul-de-sac où elle va se loger. Ainsi séparée du courant électrique, on peut constater qu'elle n’a ni propriété électromagnétique, ni propriété électro-statique ; on observe en effet: i° que la lueur négative n'exerce aucune action sur l’aiguille aimantée ; i° qu’elle ne charge pas par influence un électromètre à quadrants; donc elle n’est pas une projection de particules électrisées ; 3° qu’elle n’est pas déviée par une influence électrostatique.
- La lumière qui se produit dans les tubes de Geissler 11’est donc pas un phénomène électrique ; ce n’est pas une forme de la décharge. Il convient toutefois, pour être complet de se rappeler les deux faits suivants : i° La lueur négative est réfléchie par le voisinage d’un aimant ; 20 elle rend la masse d’air qu’elle traverse plus facilement perméable au courant de la pile. M. Hertz reconnaît ces faits, il n’explique pas le second ; mais il interprète le premier en admettant que l’aimant agit, non en infléchissant la lueur négative, mais en modifiant d’avance la structure du milieu où elle se produit, de telle façon que la lueurnégative y naisse infléchie.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Sur la théorie de la pile; par A. Witkowski (I).
- Sir W. Thomson et M. Edlund ont donné deux théories différentes de la pile; l’auteur compare entre elles ces deux théories.
- D’après sir W. Thomson, il y aurait une relation directe entre la force électromotrice d’une pile hydro-électrique et l’action chimique qui s’y produit; les forces chimiques qui produisent le travail chimique lorsque la pile est fermée produisent en même temps la force électromotrice et auront à maintenir entre les pôles de la pile ouverte la différence de potentiel qu’on y constate. En outre les points de contact entre les substances qui forment la pile, peuvent être le siège de forces thermoélectriques, et il peut s’y produire le phénomène de Peltier, comme il se produirait au contact de métaux différents; c’est-à-dire que le passage du courant y est accompagné d’une production, soit de chaleur, soit de froid, proportionnelle à l’intensité de ce courant.
- D’après M. Edlund, l’affinité chimique n’interviendrait qu’indirectement dans la production du courant. « Si j’ai bien compris la théorie de M. Ed-« lund, dit M. Witkowski, l’action chimique ne « sert qu’à échauffer les surfaces de contact, les-« quelles jouent le rôle de soudures thermo-élec-« trique.
- « A ce compte, on pourrait assimiler un couple « thermo-électrique ordinaire chauffé au gaz, à un « élément chimique, puisque le courant est dû à la « combustion du gaz. Il y aurait seulement cette « différence essentielle que dans les piles hydro-« électriques la quantité d’action chimique est pro-« portionnelle à la quantité du courant.
- « Si donc on imaginait que dans le cas de la pile « thermo-électrique on rend la dépense du gaz « proportionnelle à l’intensité du courant, on aurait » l’image assez exacte de la pile hydro-électrique. « La quantité de chaleur produite par l’action chi-« mique peut être plus grande que celle qui est « nécessaire à la production du courant : dans ce « cas l’excès de chaleur se communique au milieu « environnant; cette quantité peut au contraire <t être plus petite, et alors c’est le milieu environ-« nant qui fournit de la chaleur. »
- Les deux théories conduisent à la même expression de la force électromotrice; mais l’interprétation des termes qui entrent dans cette expression est différente. M. Witkowski ne se prononce pas ; mais il paraît pencher vers la théorie de sir W. Thomson; il rappelle notamment.ee fait que la force électromotrice d’un élément impolarisable tel que l’élément Daniell est la même à circuit ouvert, qu’à circuit fermé : or, quand le circuit est ouvert il n’y a pas action chimique, et par
- conséquent on ne peut faire intervenir le dégagement de la chaleur qui serait dû à l’action chimique.
- Téléphone système Testu.
- M. Testu, employé de l’administration des postes et télégraphes, a combiné un téléphone magnétique qui depuis plusieurs mois a fourni d’excellents résultats.
- Extérieurement, il présente la forme d’une forte montre dont le verre serait remplacé par une embouchure en ébonite. La plaque de fer vibre devant un double anneau magnétique présentant des saillies et des solutions de continuité et formant comme les rebords crénelés de deux cuvettes concentriques. Les polarités magnétiques varient d’un anneau à l’autre : chacun d’eux reçoit une bobine
- de fil fin, de telle sorte que tout le champ magnétique est traversé par le circuit.
- Le modèle, représenté ci-contre, construit par la maison de Branville et C° peut figurer avantageusement comme récepteur dans tout poste microtéléphonique.
- Le téléphone de MM. P. et F. Lippens.
- Le téléphone de MM. Lippens est un appareil dans lequel l’aimant permanent est remplacé par un électro-aimant EF (fig. i) dont le noyau porte une boîte cylindrique en fer B B sur les bords de laquelle s’appuie la plaque vibrante. La plaque l présente par suite un pôle magnétique Contraire à celui du noyau E.
- A chaque station se trouve une pile, mais les deux piles sont réliées entre elles par l’intermédiaire
- (•) Annales de Widemann, n° 8 bis, i883.
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- du sol, de manière à n’en former qu’une seule dont chaque pôle est en communication avec un des deux téléphones réunis d’autre part par le fil de ligne.
- Ce téléphone parle, d’après les inventeurs, avec .une grande force et une grande netteté. Son principe permet en outre d’installer aisément les postes de façon que l’appel se produise au moment même où l’on prend en main le téléphone.
- La fig. 2 montre l’installation d’un poste. La sonnerie est mise sur les bornes G et H ; la ligne est reliée à la borne 1, la borne 2 mise au sol et le téléphone, monté sur les bornes 4 et 5, est sus-
- FIG. I
- pendu au levier B. Dans cette position le ressort D que porte ce levier vient appuyer sur E et tout courant arrivant par la ligne entre par 1, passe en GH dans la sonnerie et revient par 2 à la terre. La sonnerie sonne sous l’influence de la pile de l’autre station.
- A cette dernière, l’opérateur ayant son téléphone en main le levier B est dans la position de la fig. 2. Le courant venant de la pile entre donc par 3, traverse le téléphone placé en q-5, viènt en F et par D, I et 1 se rend à la ligne. C’est donc par le fait seul de prendre en main son téléphone que l’opérateur avertit son correspondant. En outre comme le courant traverse le téléphone de celui qui appelle les interruptions de la sonnerie y pro duisent un bruit qui avertit du bon fonctionnement de l’appareil à l’autre station et dont la cessation fait connaître que le correspondant a pris en main son téléphone.
- A ce moment leg, deux postes sont dans la posi tion de la fig. 2, le courant ne passe plus que dans les deux téléphones, et les piles réunies en une seule par le sol et les fils de terre des bornes 2, n’entrent plus enjeu.
- Les deux téléphones une fois suspendus de nouveau à leurs leviers, les postes se trouvent dans la position d’attente avec leurs deux ressorts D sur les deux goupilles E.
- Dans cette nouvelle position les deux téléphones sont réunis chacun avec une des extrémités de la
- FIG. 2
- pile mais leur second fil est complètement isolé. La ligne communique donc seulement avec les deux sonneries réunies d’autre part au sol par les deux fils de terre des bornes 2.
- Chaque sonnerie est donc prête à fonctionner dès qu’en prenant le téléphone à l’autre poste on lancera dans la ligne le courant de la pile de ce poste.
- Nous ne savons dans quelle mesure cet appareil est plus fort et plus distinct que les téléphones à aimant permanent, mais il a certainement un avantage consistant en ce fait, signalé plus haut, que l’appel est rendu automatique par l’action même de prendre le téléphone et que la présence du correspondant s’annonce aussi automatiquement. De cette façon, les oublis ne sont plus possibles.
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- 5o8 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- RÉSUMÉ
- DES
- BREVETS D’INVENTION
- 153499. — NOUVEAU SYSTÈME DE CONJONCTEUR-DISJONCTEUR ET DÉPOLARISATEUR, PRINCIPALEMENT APPLICABLE AUX MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES, PAR M. C. DE CIIANGY. ~ Paris, 3 jëvrier i883
- Le système d’a; pareil imaginé par l'inventeur repose sur le principe de la fermeture du circuit sur les deux bornes des machines dynamo; il comprend un fil fin et long
- enroulé en électro-aimant autour d'une tige en fer doux A, et, d'autre part, un fil gros et court, enroulé sur une tige semblable B. Ces deux électro-aimants sont disposés au-dessus d'une tige C, en cuivre, formant bascule, et dans laquelle est incrustée une plaque de fer D, en face des électro-aimants.
- L'appareil fonctionne comme suit :
- On prend une dérivation sur les deux câbles de la machine dynamo-électrique, que l'on fait communiquer avec les bornes f de l'éîectro-aimant en fil fin. On met un des câbles venant directement de la machine sur la borne n° i du circuit de l’électro-aimant en fil gros qui communique avec une tige de cuivre g placée au-dessus de la bascule que celle-ci doit toucher en s’élevant sous la traction des électroaimants; quand ces pièces sont en contact, le courant circule dans la partie mobile C, dans la partie fixe h de la bascule, ce qui permet au courant de passer dans le fil d’entrée de cet électro-aimant; le courant sort de celui-ci par la borne n° 2.
- Quand on met la machine dynamo-électrique en marche,
- les deux câbles étant fermés sur l'électro-aimant en fil fin, la machine s’amorce. L’électro-aimant étant excité attire la plaque de fer D incrustée dans la tige de cuivre C. Celle-ci, en se soulevant, touche la tige de cuivre g qui doit faire contact et permet au courant, en circulant dans l’électro-aimant en fil gros, de passer dans les bains; la résistance de ceux-ci étant très faible, il ne passe plus ou presque plus de courant dans l’électro-aimant en fil fin qui est très résistant; l'électro-aimant en fil gros, se trouvant toujours excité, maintient constamment la tige c en contact.
- Cet appareil sert en même temps de dépolarisateur des bains électrolytiques; à cet effet, les deux pôles des bains sont fixés aux deux bornes n° 3 qui communiquent avec les deux butoirs en cuivre e, que la barre de bascule vient toucher en tombant, lors de l'arrêt des machines dynamo-électriques. Cette barre fait contact par une partie en cuivre qui y est incrustée, mais qui en est complètement isolée; celle-ci, en touchant, ferme les deux pôles des bains sur eux-mêmes, ce qui les décharge presque instantanément.
- 153500. — PROCÉDÉ PERMETTANT D'OBTENIR LA CIRCULATION
- ET DE MAINTENIR L'HOMOGÉNÉITÉ DES LIQUIDES DE TOUS APPAREILS ÉLECTRO-CHIMIQUES, PAR M. C. DE CIIANGY. — Parts,
- 3février i883.
- L'invention comporte deux dispositions :
- Les bains, étant reliés ensemble par des tubes percés de trous et venant plonger verticalement dans toute la hauteur du bain, sont aussi reliés avec un récipient contenant la solution qu'il s'agit de faire circuler dans les cuves de dépôt. Une tubulure inférieure relie ces cuves avec un autre récipient semblable au premier, mais vide. Une pompe à compression existe sur les deux récipients qui doivent servir alternativement; après être montée comme il est dit, on comprime légèrement l’air dans le récipient, le liquide circulera alors dans les cuves.
- La deuxième disposition est semblable à la première, sauf qu’il n'y a qu'un récipient, et l'application du thermosyphon à la circulation et à l'échauffement du liquide dans les cuves de dépôts métalliques.
- La circulation des liquides, chauds ou froids, dans les cuves de dépôts électrolytiques, dépolarise les anodes plongées dans ces bains.
- 153519. — SYSTÈME DE CONFECTION DES CONDUCTEURS MÉTALLIQUES DESTINÉS AUX USAGES ÉLECTRIQUES, PAR M. W.
- HALKYARU. — Paris, 5 février i883.
- Les câbles sont entourés d'une bande de métal dont l'un des bords recouvre l'autre; ces bords sont soudés ensemble : l’invention a ainsi pour but d'empêcher l’eau et l'air d'arriver jusqu’au câble.
- Le but spécial de ce système est de faire des fils télégraphiques et particulièrement des fils téléphoniques, recouverts de matière isolante, puis d'une enveloppe métallique flexible, fils avec lesquels on puisse établir un circuit métallique complet. L'inventeur prétend éviter ainsi les effets d'induction et les autres influences perturbatrices: les planchettes des commutateurs doivent être construites de manière à établir des communications avec le fil central et avec l’enveloppe métallique.
- 153527. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES BATTERIES CONDENSANTES OU ACCUMULATEURS ÉLECTRIQUES, PAR M. J.-A.
- maloney. — Paris, 6 février i883.
- Dans ce système, une batterie-jarre est formée d'une matière isolante quelconque, contenant une lame poreuse d'oxyde noir de manganèse et une lame de charbon, reliées
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- à des bornes fixées au couvercle. Le liquide dans lequel plongent les lames consiste en acide sulfurique dilué.
- 153568. — DISPOSITIONS PERMETTANT, DANS LA TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE, DE SUPPRIMER LA SONNERIE DU DÉPART, ET DE ’ CONTROLER L'ARRIVÉE DES SIGNAUX AU MOYEN DU TÉLÉPHONE, par m. h. muller. — Paris, 0 février i883.
- Quand les générateurs sont des batteries galvaniques, on emploie le bouton d'appel à double contact, représenté fig. i. Le ressort c, constamment relié avec le conducteur,
- presse, étant abandonné à lui-même, contre la plaque de contact a; c'est ainsi que l'on produit la communication avec la sonnerie de la station qui avertit. Si donc, en donnant le signal, on appuie sur le bouton, ce contact se trouve levé avant que le ressort soit mis en contact avec b ; on ar-
- rive ainsi à diriger le courant do la batterie de la station, directement dans le fil conducteur aérien.
- Pour atteindre le même résultat avec l’emploi d’un inducteur électro-magnétique, on se sert de la disposition représentée par la fig. 2, où le conducteur aerien passe dans le ressort de contact très recourbé d, muni à une de ses extrémités du cylindre c. Ce cylindre est pressé, d'une part, contre le disque à frottement b, qui est fixé directement sur l'arbre manivelle a de l'inducteur, au moyen de ce ressort même ; il est pressé, d'autre part, entre les deux régulateurs ef. Au repos, le ressort appuie contre la tige x; il établit ainsi la liaison entre la sonnerie de la station avertissante et
- le conducteur aérien. Mais si, au contraire, l'arbre a de l'in ducteur b fait un mouvement dans le sens de la flèche, le ressort vient appuyer contre la tige de contact y, ce qui a pour résultat de faire passer le courant produit dans l'inducteur. directement dans le conducteur aérien.
- La deuxième partie de cette invention est relative au contrôle de l’arrivée des signaux dans les téléphones. Un des moyens employés par l'inventeur pour arriver à ce but, consiste à relier, au moment de la transmission du signal, le téléphone à un bout de fil que l'on y a appliqué parallèlement sur une longueur de quelques mètres.
- 153586. — SYSTÈME D'APPAREIL DIT : « ÉLECTROLYSEUR »
- POUR LA PRODUCTION INDUSTRIELLE DU GAZ HYDROGÈNE ET
- oxygène, par m. E.-v. renoir. — Paris, 8 février i883.
- L'inventeur revendique comme sa propriété exclusive cet clectrolyseur qui fonctionne sous l'action d'un courant électrique produit par un générateur quelconque d'électricité, mis en mouvement de préférence au moyen de forces naturelles et permettant, en raison de la fermeture des extrémités du tube en U qui le constitue, de fournir séparément des gaz hydrogène et oxygène, sous une pression aussi élevée qu'on le juge nécessaire, en vue de permettre leur accumulation dans des récipients clos, fixes ou transportables, et leur utilisation ultérieure à la production de la chaleur, de la lumière, de la force motrice, de l'électricité, etc.
- Il revendique également des dispositions spéciales permettant de faire varier la résistance intérieure de l'appareil, de rendre uniforme la pression dans les deux branches du tube en U et d'en prévenir réchauffement au moyen d'un rélrigérant convenable.
- 153602. — PERFECTIONNEMENTS APPORTÉS AUX PILES ELECTRIQUES, par m. j. warnon. — Paris, ç février i883.
- Le pôle positif est constitué par une lame de charbon munie, à sa partie supérieure, d'une pince métallique de forme quelconque, pour recevoir le fil conducteur. Cette lame est percée d'un trou dans lequel passe, à frottement dur, une tige de charbon qui fait saillie des deux côtés de la lame. Le mélange de graphite et de manganèse est contenu dans deux sacs de toile qu'on applique sur les faces de la lame de charbon. Dans cette situation, les deux tiges de charbon pénètrent dans l’intérieur des sacs par deux trous percés dans la toile. Le zinc employé comme électrode négative peut affecter toutes les formes. On plonge le tout dans une dissolution de sel excitateur, contenu dans un vase isolant.
- 153619. — MACHINE DYNAMO-ÉLECTRIQUE A. ESTÈVE, A BOBINE creuse, par m. a. estève. — Paris, 12 février i883.
- Le brevet comprend les points principaux suivants :
- i° L'emploi d'un ou plusieurs électro-aimants creux formés par des lames de tôle mince, isolés magnétiquement les unes des autres, pour constituer les armatures des machines dynamo ou magnéto-électriques, quels que soient leur dimension, leur forme et leur usage;
- 2° La forme de Pélectro-aimant inducteur en une ou plusieurs pièces servant ainsi de bâti à la machine.
- 153621. — PILE DITE : PILE A. ESTÈVE A RENOUVELLEMENT DE LIQUIDE PAR DÉPLACEMENT, SANS SIPHON ET SANS PLACER
- les éléments en gradin, par a. estève. Paris, 12 février i883.
- L'inventeur emploie plusieurs dispositions pour atteindre le but qu'il se propose; voici en quoi elles consistent. Le
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Vase extérieur d’un élément est muni de deux tubulures convenablement disposées avec des tubes, en verre, en plomb, etc. ; elles sont placées soit en dehors, soit en dedans des vases; elles sont destinées à faire passer le liquide d’un élément dans l’autre, par déplacement; le liquide sort eu s’écoulant de bas en liant.
- 153643. — PERFECTIONNEMENTS DANS LES PILES SECONDAIRES, par m. ch.-t. iungzett — Paris, io février i883.
- Les électrodes de cette pile secondaire peuvent être faites en plomb, charbon ou platine, ou en fer recouvert de plomb, soit mécaniquement, soit par électrolyse, ou en fer recouvert d’une couche d’oxyde magnétique de fer. Ces électrodes peuvent être de diverses formes; mais la forme que l’inventeur préfère employer est celle présentée par une brosse.
- On peut assurer au liquide électrolytique un libre accès aux diverses parties des éléments, de plusieurs manières; par exemple, par la distribution de morceaux de rouleaux de tabac creux se tenant verticalement, entre et parmi des parties de la brosse correspondant aux poils.
- Toutes les surfaces de métal ou autres substances employées comme électrodes, mis en contact avec l’un quelconque des composés de plomb employés dans cette pile, sont recouverts d’une membrane non conductrice, ses substances à placer dans, autour ou sur les électrodes sont des composés de plomb; mais ce que l’inventeur revendique comipe étant un procédé nouveau, est l’emploi d’oxyde rouge ou de peroxyde de plomb exclusivement au pôle où, pendant le chargement, l’oxygène est mis en liberté ou dégagé du liquide électrolytique, tout en évitant l’emploi de l’une ou de l’autre de ces deux substances à l’autre pôle.
- Camille Groli.et
- CORRESPONDANCE
- Vienne^ le 12 août i883.
- Exposition Internationale d’Électricité.
- L’aspect de l’Exposition a complètement changé : des tables, des vitrines s’élèvent de tous côtés et sont garnies d’appareils; aux murs pendent des tableaux, des enseignes, des drapeaux, des étendards, des écussons, etc. Une grande partie des lampes sont placées dans la « Rundgalerie », dans les galeries des machines et dans la 2® galerie supérieure. Les crochets pour les 100 lampes de la irc galerie sont fixés et les communications prêtes. Il n’y a plus qu’à accrocher les lampes.
- Hier, on a commencé ce travail qui sera bientôt terminé.
- Les lustres à lampes à incandescence sont presque tous installés dans les petits salons et dans le restaurant.
- Les machines et les chaudières sont montées ; plusieurs fonctionnent déjà. Divers moteurs à gaz de 2 à 40 chevaux sont prêts à marcher.
- Les dynamos Edison, Weston, Schwerd, Schuckert, Siemens, Ganz et O, Bürgin, E,-R. Crompton, Brush, Egger et Kremenezky, Gramme et quelques Jüngersen sont en place.
- La plus grande partie est en marche.
- Les petits jardins sont terminés et font assez bon effet. La canalisation de la cascade est faite, ainsi que la carcasse en bois qu’011 garnit d’écailles en zinc. Le charmant pavillon oriental a reçu sa dernière couche de peinture, on y installe des lampes à incandescence. A côté, se trouvent l’entrée du théâtre et celle de la galerie des salons qui sont toutes deux très réussies, et l’exposition de lustres et candélabres élcc*
- triques de la maison Wolf,et C° de Vienne. C’est une des parties de la Rotonde les plus intéressantes au point de vue de la décoration.
- Le pavillon de l'Empereur fera très bien : on pose les tentures.
- Devant le pavillon s’élèvent deux jolis monuments, l’un en tôles et fils de cuivre et laiton, l’autre en tubes des mêmes matières : produits des fabriques de M. Lange de Saxe.
- La Turquie a un ravissant pavillon ou elle expose ses appareils télégraphiques, construits dans ses propres ateliers. Le pavillon des télégraphes autrichiens est terminé.
- Enfin, partout des postes téléphoniques, et des sonneries dont le carillon accompagné par les cloches des block-sys-tèmes se mêle maintenant au bruit incessant des marteaux.
- Dans le Prater, des poteaux sont installés pour recevoir des lampes destinées à éclairer Dallée principale. Au dessus du « Sud-Portal », on a disposé deux puissants réflecteurs de Egger et Kremenezky, qui éclaireront egalement le parc. La façade sud, où est l’entrée principale, sera éclairée par des lampes à incandescence et à arc.
- De l’autre côté du palais on a établi, près du moulin, un petit chemin de fer funiculaire qui transportera directement le charbon du « Lager-IIaus » — où arriveront les wagons chargés, — jusque dans une des cours intérieures du Palais où sont les chaudières, en passant au-dessus de la galerie des machines (Nord G). Les petits wagons arriveront par une pente rapide jusqu’au haut d’une tour en bois élevée dans la cour, et seront descendus à l’aide d’un treuil mis en mouvement par une dynamo placée sur la tour.
- Les communications téléphoniques avec l’Opéra sont terminées, et comprennent sept fils de cuivre.
- Bref, depuis un dizaine de jours on a travaillé énormément. Il y a encore cinq jours avant l’ouverture : on. sera prêt. Il y aura bien quelques vides, mais quelle est l’Exposition où l’on n’a pas travaillé quinze jours encore après l’ouverture ? On serait même bien plus avancé si bon nombre de caisses n’étaient pas allées s’égarer en Turquie. Il a fallu s’informer, télégraphier, réexpédier, d’où un retard considérable.
- Des expériences de téléphonie fort intéressantes ont eu lieu pendant ces derniers jours. Il s’agissait d’essayer les nouveaux transmetteurs verticaux de d’Arsonval. M. Straus est venu avec son orchestre à l’Exposition, et bien qu’on ait dû placer les musiciens dans une chambre trop petite et où il se produisait des échos, les appareils, presque sans réglage, ont donné les meilleurs résultats : clarté et intensité. On a ensuite rapproché le transmetteur et placé les deux récepteurs (modèle d’Arsouval) sur la table, la membrane en bas. La table s’est mise à jouer comme une grande boîte à musique, et avec assez de netteté et d’intensité pour qu’on ait pu distinguer de tous les points de la chambre les différents timbres des instruments.
- Le 9, les premières auditions téléphoniques de l’Opéra on eu lieu. Les appareils appartiennent à la « Wiener Privât Telcgraphen Gcsellschaft» qui a la concession de toutes les communications télégraphiques urbaines. Les appareils, sans valoir les Ader, fonctionnent néanmoins très bien.
- Le final du deuxième acte d’Aïda avec la Materna, la grande chanteuse allemande, a soulevé parmi nous sept (Il y a sept paires de téléphones) de sincères applaudissements. C’est assez dire que les sons étaient reproduits avec pureté.
- Le même soir la Rotonde était éclairée par 5 gros régulateurs Schwerd, placés à la 2e galerie supérieure. Sans être brillant, cet éclairage était déjà plus que suffisant, et donnait une idée de ce que sera l’éclairage quand toutes les lampes brûleront.
- Le restaurant est éclairé tous les soirs par les lampes Edison.
- Devant, dans la cour, où l’on fera de la musique, ou pose des Jablockhoff.
- A propos d’éclairage, on a fait avec les accumulateurs Planté une intéressante expérience ; on a allumé de petites
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- lampes Swan avec des éléments venus tout chargés de Paris. Une demi-heure après avoir été remplis d'eau acidulée, ifs avaient repris leur force, il y avait près d’un mois que ces accumulateurs avaient été expédiés.
- Parmi les attraits de l'exposition on nous signale encore les expériences du docteur Vinko Dvorak d'Agram avec ses appareils électro-acoustiques, celles de Paul la Cour de Copenhague avec la roue phonique, celles de Rychnowsky de Lemberg avec des appareils tout à fait nouveaux et très curieux où par exemple on obtient un courant assez intense par la simple compression de l'eau.
- On espère que tous ces appareils fonctionneront déjà pour l'ouverture, nous en rendrons compte alors avec quelques détails.
- P. Samuel.
- FAITS DIVERS
- Exposition de Caen. — A l'occasion de l'Exposition régionale qui devait avoir lieu à Caen cette année, M. le Maire de cette ville avait eu l'idée d'établir une exposition d'électricité. Nous avions parlé dans ce journal de ce projet, mais malheureusement peu d’électriciens ont répondu à l'appel qui leur avait été fait et cette exposition s'est réduite à constituer une simple classe de groupe de 12 exposants. Cependant la Société Edison a pu installer daus tous les bâtiments de l'Exposition un bel éclairage électrique qui fait l'admiration de ceux qui viennent entendre trois fois par semaine les charmants concerts dirigés par Strauss, et organisés au centre même des bâtiments de L'Exposition industrielle. Ces bâtiments, qui occupent toute l'étendue du petit cours de Caen, c'est-à-dire une longueur de près de 5oo mètres, sont en effet éclairés tous les soirs de concert par 261 lampes Edison entretenues par une machine du type K (à six cylindres inducteurs) et une machine du type Z.
- Il devait y avoir, comme à Paris, un chemin de fer électrique qui devait être desservi par la locomotive électrique à accumulateurs que M. Dupuy avait appliquée au relèvement des toiles à la blanchisserie du Breuil-en-Auge, mais, soit que les accumulateurs fussent en mauvais état, soit que les rails du chemin de fer fussent mal établis, cette locomotive n'a pu fonctionner et finalement ce chemin de 1er électrique est resté jusqu'ici vierge de tout transport.
- Parmi les rares exposants qui ont apporté leurs produits, nous signalerons M. Albert Berjot qui y a apporté sa lampe bien connue et que nous avons décrite dans ce journal en 1881. Elle marchait sous l’influence de la petite machine du système Pacinotti Meritens qui a ôté également décrite dans ce journal et qui peut, comme on le sait, être tournée à la main. Cependant à l'Exposition caennaise elle recevait son mouvement d'une des deux machines à vapeur qui faisaient fonctionner les grosses machines de l’Exposition et les deux dynamo-électriques d'Edison. Dans l'exposition de M. Berjot on trouvait naturellement les divers modèles de charbons à lumière fabriqués par la maison Carré dont il est aujourd'hui l’associé.
- On trouvait encore parmi les grosses machines de l’Exposition, la machine exposée par M. Flécheux, de Rouen. Nous avons encore décrit cette machine dans ce journal en 1881, et nous n'avons pas, par conséquent, à la faire connaître.
- En fait d'applications électriques sortant des conditions ordinaires, nous avons remarqué : i° Les horloges électriques de M. Patry qui avaient déjà été remarquées à l'Exposition électrique de 1881 et que nous avons même fait connaître à nos lecteurs; 20 une horloge électrique de M. Ledoux, de Caen, qui fonctionne régulièrement par l'addition au pendule d'un lourd volant qui corrige par la masse les irrégularités provenant d’une action électro-magnétique
- directe exercée sur l’axe de ce pendule. Dans ces conditions celui-ci ne sert plus qu'à régler la vitesse d’oscillation du volant; 3° deux compteurs électro-chronomctriques, qui répètent l'heure fournie par deux pendules sur deux grands cadrans, l'un fixé au-dessus de l'une des portes d'entrée de l'Exposition, l'autre au fronton d’un pavillon en bois placé au milieu de l’Exposition ; l'un de ces compteurs a été établi par M. Le Roy, horloger à Caen, dans le système de M. Thomas de Liège qui a été décrit dans ce journal, l'autre par M. Patry, auteur de l'horloge électrique dont il a été question plus haut.
- Nous avons aussi remarqué à l'exposition d.e M. Pain, une machine à cendre mise en mouvement par le petit moteur de Cloris Baudet, divers modèles de téléphones et d’in stallations téléphoniques et de lumières électriques, etc A l’exposition de M. Carré, de Rouen, on trouvait un appareil avertisseur d’incendie; à celle de M. Lecorsu, des appareils d’électricité médicale; à celle de M. Richer, des téléphones de diverses espèces et des appareils électriques usuels; enfin à celle de MM. Mangin et Le Royer, une lampe électrique à enveloppe de sécurité.
- En somme, rien de bien nouveau, si ce n’est l’horloge de M. Ledoux, ne se faisait remarquer à l'Exposition de Caen. Mais le bel éclairage électrique a toujours pu donner aux habitants de ce pays une idée d'une des grandes applications électriques modernes, et comme complément dans un autre genre, on y a installé deux postes téléphoniques d'Ader qui ont attiré l'attention des curieux.
- Dans plusieurs contrées ont été institués depuis assez longtemps déjà auprès d'universités ou collèges des cours spéciaux pour Renseignement et la propagation de tout ce qui a trait à l'électricité. En Angleterre, ces cours existent à Londres, Cambridge, Bristol, Liverpool, Nottingham, Glasgow, en Autriche-Hongrie, en Allemagne, en Russie, à Vienne, Munich, Berlin, Saint-Pétersbourg. Nous avons déjà parlé de l’ouverture à Darmsdadt, dans la Hesse, d'une école, dite électro-technique, laquelle se trouve être adjointe à la haute école technique de cette ville.
- En vertu d'un décret du grand-duc en date du 6 juin i883, cette fondation est comprise comme sixième division ou section de la haute ccole technique de Darmstadt. Les cours d’clectrotcchnique embrasseront une période de quatre ans. Pendant les deux premières années le futur électricien participe aux études techniques ordinaires des sciences naturelles et mathématiques. Pendant la troisième et la quatrième année il reçoit, avec la facilité de se servir de tous les appareils et machines de l'école, un enseignement complet théorique et pratique dans tout le domaine de l’électricité. Voici quel est le programme des cours arrêtés pour le premier exercice à la nouvelle école électro-technique de Darmstadt : i° magnétisme et électro-dynamique; 20 machines magnéto et dynamo-électriques, transport de la force; 3° éclairage électrique ; 40 principes de la télégraphie et de la téléphonie; 5° théorie du potentiel avec application spéciale à la science de l'électricité; 6° signaux électriques pour chemins de fer; 70 chemins de fer électriques aériens; 8° pratique électro-technique, travaux galvaniques, déterminations de différences de potentiel, de forces de courant, de résistance, applications aux rapports électriques dans les machines dynamo, les lampes à arc et à incandescence. Recherches sur les câbles. Détermination du travail transmis par les moteurs aux machines électriques. Recherches photométriques.
- U11 yacht à vapeur, le Leïsure Hour, construit à Londres pour M. Michael de Bayswater, va être éclairé avec des lampes universelles. On emploiera des accumulateurs Kho-tinsky, le courant étant obtenu de générateurs thermopiles Woodward, afin d'utiliser la vapeur perdue de la machine.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Éclairage électrique.
- A Nantes, les grandes raffineries de sucre Etienne et Cézard, s'tuées au centre de la ville, sur les bords de la Loire, ont adopté l'éclairage électrique. On se sert de lampes Swan de vingt bougies et d’une machine Gramme. Pour plus de sécurité, les conducteurs sont recouverts d’amiante. L’éclairage à incandescence présente un grand avantage sur le gaz dans un établissement comme les raffineries Etienne, où le système de fabrication étant à l’alcool expose à des ex plosions dans les ateliers où sont réunis des centaines d’ouvriers.
- Des expériences d’éclairage électrique pour les feux de route à boid des paquebots vont être faites par les Messageries maritimes.
- On sait que diverses combinaisons ont été proposées pour modifier le système de feux de route réglementé par les conventions internationales, système dont l’efficacité laisse à désirer au point de vue de la sécurité, même avec les vitesses de dix à douze nœuds. On a déjà eu recours à la lumière électrique. Les projecteurs électriques ont été adoptés il y a longtemps sur un grand nombre de navires. Les expériences des Messageries maritimes ont pour but de trouver une solution pouvant répondre aux nécessités de la navigation à grande vitesse. On reproche généralement aux projecteurs, qui servent surtout à fouiller l’horizon d’émettre un faisceau lumineux trop éblouissant pour l’officier du navire qui l’envoie aussi bien que pour celui du bâtiment sur lequel on le dirige. D’après une nouvelle combinaison à essayer, au lieu de projeter un faisceau horizontal sur le navire en vue, on se contenterait d’éclairer son propre bâtiment. Un faisceau vertical serait projeté sur le mât de misaine à une hauteur que fixerait l’expérience, et qui serait cependant suffisante pour que la lumière émise n’eût aucune action sur la vue de l’officier de quart. Un faisceau horizontal projeté droit à l’arrière, dans la houache du navire, en marquerait le cap approché. De cette façon, l’inconvénient que l’on reproche à la lumière électrique disparaîtrait. Le faisceau vertical indiquerait le navire et on l’apercevrait à très grande distance. En venant à contre-bord, c’est le faisceau seul que l’on verrait; la manœuvre pour parer le bâtiment serait donc tout indiquée. Dans toute autre position on aurait en vue le faisceau vertical indiquant l’avant du navire, et le faisceau horizontal de l’arrière qui marquerait la route; on n’aurait qu’à gouverner pour passer dans le dernier faisceau et l’on serait sûr de parer le bâtiment. Si l’on ne voyait que le seul faisceau horizontal et la lumière diffuse du faisceau vertical, c’est que l’on suivrait la même route. Dans ce système, les feux de couleur en usage peuvent être conservés.
- La plus complète installation d’éclairage électrique que l’on ait essayée jusqu’à ce jour à bord de paquebots est sans doute celle du steamer amércain Pilgrim de la Fall River Line qui fait le service de Boston à New-York. Le Pilgrim est un des plus grands vapeurs du monde. II peut transporter aisément mille passagers. Il est entièrement éclairé par l'électricité. On y compte neuf cent quarante lampes à incandescence du système Edison, dont trois cent soixante-dix-sept lampes A de seize candies et cinq cent trente-cinq de dix candies réparties dans le grand salon, la galerie, le pont principal, la salle à manger, les cabines de l’avant
- La longueur totale des câbles et des fils est d’environ dix milles. Ils sont disposés comme pour l’éclairage d’un grand édifice etvpartagés en quatre systèmes sur chaque pont. Le courant est produit par trois machines dynamo Edison deux du type K et une du type L, reliées aux conducteurs en circuit perallèle, développant une force motrice de cent huit volts et actionnées par deux moteurs Armington et Sims.
- Les fabriques de machines Carcels frères à Gand, en Belgique, ont un éclairage de six bougies Jablocbkoff. D’après un rapport de M. H. Backer, ces six bougies remplacent cent vingt-six biûleurs à gaz, et l’éclairage électrique revient à 2 fr. 28 c. par heure pour une durée de deux heures par bougie, tandis qu’avec le gaz la dépense est de 4 fr. 91 c.
- L’exposition des écoles techniques qui vient de s’ouvrir à Huddersfield, dans le comté d’York, est éclairée avec des foyers Brush et des lampes à incandescence. On se sert d’une machine Brush de quarante foyers et d’une machine dynamo Ferranti de trois cents feux.
- Télégraphie et Téléphonie
- Une somme de trois millions est comprise dans le budget poui la construction en France de lignes télégraphiques souterraines.
- La pose du câble électrique sous-marin vient d’être terminée entre Nagasaki, au Japon, et Wladiwostoclc, dans la Tartane russe. Un autre câble est posé entre Nagasaki, Shanghaï et Hong-ICong.
- On signale une nouvelle extension du télégraphe au Canada. Une ligne télégraphique est maintenant établie entre Qu’appelle et Touehwood Hills, puis jusqu’à Hümboldt.
- De même que diverses Compagnies de raîlwags anglais et américains, les grandes Compagnies des chemins de fer de France viennent d’adopter le téléphone comme appareil avertisseur de préférence au téléphone. Cette application aura lieu d’une manière générale à dater du ior septembre. On sait que depuis quelque temps déjà les gares Saint-Lazare et Montparnasse, à Paris, sont reliées entre elles par des appareils téléphoniques. Jusqu’ici, la Compagnie de l’Ouest était la seule qui eût installé le téléphone comme appareil avertisseur dans ses différents services.
- Au 18 juillet, la Société générale des téléphones de Paris comptait 4 562 abonnés; au iep janvier dernier, elle n’en avait que 4019.
- Potsdam, la seconde résidence royale, le Versailles de la Prusse, est maintenant relié à Berlin au moyen du téléphone. Les bureaux téléphoniques des deux cités sont rattachés par une ligne de quatre fils d’une longueur d’environ trente-trois kilomètres, qui va du bureau n° 11 dans la Ma nerstrassc à Berlin au bureau de téléphone à Potsdam. Les abonnéè au téléphone de cette dernière ville peuvent ains entrer en communication verbale avec ceux de Berlin et réciproquement.
- Le téléphone pénètre jusque dans les donjons crénelés et les antiques séjours des rois.
- C’est ainsi qu’en Écosse, Scone l’ancienne résidence des souverains écossais qui s’y faisaient couronner assis sur une pierre qu’une tradition disait être la pierre même sur laquelle Jacob dormît à Béthel et qü’on voit aujourd’hui à Londres dans l’abbaye de Westminster, Scone que des milliers de touristes visitent chaque année, va recevoir une installation téléphonique. Un fil y est posé par la National Company et la reliera à la ville de Perth, chef-lieu du comté, sur les bords du Tay.
- Le Gérant : A. Noaillon.
- Paris. — Imprimerie P Mouillot, i3, quai Voltaire. — 41260
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- La Lumière Électrique
- Journal universel d’Électricité
- 5i, :ue Vivienne, Paris
- Directeur Scientifique : M. Th. DU MONCELiS/
- Ml
- Administrateur-Gérant : A. NOAILLON
- »« ANNÉE (TOME IX)
- SAMEDI 25 AOUT 1883
- N» 34
- SOMMAIRE
- Recherches sur la théorie de l’anneau Gramme; Th. du Moncel. — Nouveaux freins électriques à entraînement (2B article); MM. Leblanc et F. Dubost. —Exposition internationale d’Electricité de Munich : Application de Ja lumière électrique aux théâtres ; Aug. Guerout. — Quelques expériences sur les piles voltaïques; Dr A. d’Arsonval. — Revue des travaux récents en électricité : Sur l’application de la méthode d’Ampère à la recherche de la loi élémentaire de l’induction électrique par variation d’intensité, par M. Quet. — Sur la mesure des différences de potentiel au moyen du galvanomètre, par M. Thévenin. — Le téléphone de M. d’Argy. — Sur les propriétés thermoélectriques et actinoélectriques du quartz, par M. Hankel.--Appareil de démonstration pour les courants de Foucault, par A. Von Waltenhofen. — Correspondance : Lettre de M. Samuel sur l’Exposition internationale d’électricité de Vienne. — Faits divers.
- RECHERCHES
- SUR LA
- THÉORIE DE L’ANNEAU GRAMME
- Lorsque la machine Gramme fut présentée à l’Académie des sciences en 1871, on ne se rendait pas un compte bien exact des effets produits dans l’anneau, et les idées théoriques qui avaient conduit M. Pacinotti à sa machine, ne pouvaient certainement pas rendre compte de ces effets. On se trouvait en face d'une masse circulaire de fer tournant tan-gentiellement entre deux pôles magnétiques, sans variations apparentes d’intensité magnétique, ce qui était en dehors de toutes les conditions des machines magnéto-électriques jusque-là combinées, machines dans lesquelles les noyaux magnétiques passaient toujours par des aimantations et des désaimantations successives.
- A cette époque, on ne se préoccupait pas beaucoup des effets d’induction résultant du passage d’une hélice à circuit fermé à travers un champ magnétique, car les expériences qui avaient été faites jusque-là avaient montré que les courants qui en résultaient étaient beaucoup plus faibles que ceux qui étaient produits par l’action, sur ces hélices, des-noyaux de fer placés à leur centre et mobiles avec elles à travers le champ inducteur.
- Préoccupé moi-même de ces effets, je m’occupai, dès la fin de 1871, à les analyser, et je présentai à l’Académie des sciences, le 20 mai 1872, une Note dans laquelle je donnais les résultats de mes recherches et qui était intitulée : Note sur les courants induits résultant de l'action des aimants sur les bobines d'induction normalement à leur axe. Dans cette Note, j’attribuais ces courants aux déplacements successifs des polarités moléculaires, et j e rapportais plusieurs expériences qui semblaient le démontrer. Je donnai à ces courants le nom de courants d'interversions polaires, et je pensais que c’étaient eux qui étaient en jeu dans la machine de Gramme.
- Un peu plus tard, M. Gaugain se mit à étudier la même question et, avec la persévérance qu’il mettait dans tous ses travaux, il disséqua en quelque sorte le phénomène, et dans trois Notes qu’il présenta le i5 juillet, le 9 septembre et le 7 octobre 1872, il montra qu’en outre des effets que j’avais signalés, il y en avait un plus important que les autres qui résultait du mouvement propre des hélices sectionnées de l’anneau autour d’un noyau magnétique, présentant en différents points de sa longueur des polarités occupant toujours une même position relative dans le champ magnétique. Les effets devaient donc se produire comme si on constituait l’anneau de fer avec deux aimants semi-circulaires opposés l’un à l’autre par leurs pôles semblables et comme si on faisait voyager autour du cercle constitué par eux des hélices courtes réunies par dérivation aux lames du collecteur. Dans ces conditions, l’anneau présentait, aux quatre extrémités de deux diamètres perpendiculaires, deux polarités de noms contraires, se faisant face, et, à 90°, deux lignes neutres. Or, avec une disposition de ce genre, le mouvement des hélices, depuis l’une des lignes neutres jusqu’au pôle vers lequel elles se dirigeaient, devait provoquer des courants de même nature que ceux que l’on obtient quand on fait glisser sur un aimant une petite hélice depuis sa ligne neutre jusqu’à l’une ou l’autre de ses extrémités, et le mouvement continué tangentielle-ment au delà du pôle devait engendrer un nouveau
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- courant dans le même sens que le premier, car, bien que devant être de sens contraire, puisque l’hélice s’éloignait alors du pôle inducteur, comme celle-ci recevait l’induction polaire sur sa face opposée, le courant se trouvait par ce fait même redressé. Les mêmes effets se répétant dans la seconde moitié de l’anneau, des courants de même nature devaient à leur tour se développer dans leà hélices, mais dans un sens inverse, puisque le pôle inducteur se trouvait être alors de nom contraire, de sorte que, dans les deux moitiés de l’anneau, les hélices devaient être parcourues par des courants alternativement de sens inverse qui se trouvaient par conséquent opposés l’un à l’autre en face des deux lignes neutres, et qui ne se trouvaient redressées dans le circuit extérieur que par les dérivations établies entre celles-ci et les hélices par l’intermédiaire du collecteur.
- Cette explication du redressement des courants par le fait des dérivations établies entre les hélices et le collecteur avait du reste déjà été donnée par M. Gramme lui-même, lors de la présentation de sa machine à l’Académie des sciences, et il comparait l’effet produit dans cette circonstance à celui que l’on obtient quand, après avoir réuni par les pôles semblables deux piles composées d’un même nombre d’éléments disposés en tension, on venait à réunir par un fil ceux des pôles qui avaient été réunis en quantité.
- Ayant répété les expériences de M. Gaugain, j’ai reconnu leur parfaite exactitude, mais je me suis trouvé en désaccord avec lui sur les conclusions de son troisième mémoire, qui établissaient que les modifications de polarité des différentes parties de l’anneau de fer, par suite de son mouvement, non seulement ne concourent pas au courant produit, mais encore agissent dans un sens contraire. Les nombreuses expériences que j’ai entreprises sur les courants d'interversions polaires et qui sont rapportées dans ce journal, tome I, p. 161, tome Y, p. 81 et tome VI, p. 217, prouvent parfaitement le contraire, puisque ces courants sont toujours dans le même sens que ceux étudiés par M. Gaugain, et relativement énergiques.
- Quoi qu’il en soit, cette théorie était parfaitement suffisante pour rendre compte des effets produits dans l’anneau Gramme, et, bien qu’elle eût été admise par presque tous les physiciens, elle n’a pas, à ce qu’il paraît, satisfait certains électriciens anglais, car nous lisons dans le Télégraphie Journal, du 16 juin i883, un mémoire de M. H. Cu-nyngham, dans lequel il cherche à ramener cette théorie à celle de l’induction basée sur la disposition des lignes de force du champ magnétique.
- Dans son travail, M. Cunyngham établit d’abord : i° que les lignes de force magnétique relient tou jours le pôle nord au pôle sud des aimants, soit dans un même aimant, soit entre plusieurs aimants..
- 20 que ces lignes de force se repoussent mutuellement et tendent à s’écarter les unes des autres de la ligne la plus directe, ce qui les force à rayonner et à se développer suivant des lignes circulaires; 3° que les lignes de force, repoussées du pôle nord se trouvent au contraire attirées par le pôle sud, à travers lequel elles pénètrent pour traverser l’ai: mant dans sa longueur et revenir enfin au pôle nord, après avoir décrit des circuits qui ne sont en définitive autres que les tourbillons de Descartes; 40 que la direction de ces lignes de force, dans tout leur parcours, indique la direction de la force magnétique aux divers points du champ magnétique, et que leur nombre, en un point donné de ce parcours, mesure la force du champ magnétique en ce point; 5° que quand un circuit métallique fermé change de position dans un champ magnétique de •telle manière que dans son mouvement le nombre de lignes de force qui le traversent Va en augmentant ou en diminuant, il se produit toujours à travers le circuit un courant qui est dans un sens ou dans l’autre, suivant qu’il y a augmentation ou diminution; 6° que la direction de ce courant peut être aisément reconnue, en supposant une ïnontre ayant sa face tournée vérs les lignes de force au pôle nord d’où partent ces lignes. Si la montre étant poussée en avant, le nombre des lignes de force que rencontre sa face va en augmentant, une hélice qui serait enroulée autour de son cadran serait traversée par un courant induit dont la direction serait en sens inverse du mouvement des aiguilles de la montre, et si on recule la montre ou qu’on la déplace de telle sorte que les lignes de force qui traverseront sa face deviennent moins nombreuses, le courant qui parcourra l’hélice sera dans le même sens que celui de ses aiguilles.
- Suivant M. Cunyngham, quand un anneau de fer est interposé entre des pôles nord et süd, l’action totale des lignes de force du champ est constituée par la somme des actions exercées sur chaque portion de l’anneau, et comme chacune de ses parties élémentaires coupe toujours les lignes de force en quelque point, il se produira en ces points des courants dont la direction pourra être indiquée en assimilant les lignes de force à un jet d’eau lancé horizontalement par une pompe et qu’un coup de vent arrondirait en cercle. Si un homme suivait le cercle ainsi formé en marchant contre le jet d’eau, il recevrait ce. jet sur sa face et sur les côtés et l’on pourrait établir que, quand le jet frapperait directement son dos ou sa face, aucun courant ne serait développé en lui, mais que sur le Côté gauche il pourrait se développer en lui un courant allant de la tète vers les pieds, alors que sur le côté droit ce courant irait des pieds vers la tête.
- Les corps magnétiques tels que le fer? le nickel, peuvent toujours, d’après M. Cunyngham, être traversés par les lignes de force d’un champ magné-
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- tique et ils pourront eux-mêmes en créer d’autres qüi sè marieront avec les lignes de force des pôles magnétiques, de manière à former deux systèmes de tourbes fermées joignant les faces opposées des pôles inducteurs 'et de l’induit.
- Si on recherche dans un champ magnétique la direction des courants qu’il doit engendrer en imaginant une montre tournant circulairement autour d’un centre occupant le milieu de l’intervalle interpolaire, on reconnaît que pour un mouvement de droite à gauche devant le pôle nord du système magnétique et avec le cadrân tourné vers ce pôle, au point le plus éloigné de sa course, le courant qui tendrait à naître dans l’hélice enveloppant circulairement ce cadran, serait dans le sens de ses aiguilles, et, dans le mouvement au delà du pôle nord, qui devient alors de gauche à droite, le cou-
- rant conserve encore la même direction; car, bien que les lignes de force qui coupent le cadran aillent en augmentant, elles le rencontrent du côté opposé. Dans la partie moyenne, entre les deux pôles, les lignes de force ne varient guère de position par rapport au cadran de là montre, et en conséquence, il ne doit pas se produire de courant, mais en se rapprochant du pôle sud, les mêmes effets qu’au pôle nord se produisent; seulement, comme les lignes de force émanent du pôle sud, le courant prend une direction en sens inverse du mouvement des aiguilles de la montre, direction, qu’il conserve jusqu’à la seconde région moyenne du champ où aucun courant ne prend naissance, par la même raison que quand la montre se mouvait dans l’autre région moyenne correspondante.
- « Les effets ainsi produits, dit M. Cunyngham, sont ceux qui résulteraient d’un mouvement circulaire donné à une hélice dépourvue de noyau magnétique. Or, voyons maintenant ce qui arriverait si on plaçait sur le parcours circulaire suivi par cette hélice un anneau de fer tournant» Dans ce cas,
- cet anneau de fer tetidrait, d’après ce qui a été dit plus haut, à attirer les lignes de force des pôles magnétiques à proximité, et à les entraîner dans son mouvement de rotation; niais pour mieux analyser le phénomène, produisons le fantôme d’un système magnétique ainsi disposé, et étudions la direction des lignes de force qui le traversent: on aura le fantôme de la fig. i. On verra d’abord qu’elles se divisent aux points les plus rapprochés' de l’anneau et des pôles magnétiques, que la plus plus grande partie circonscrit l’anneau et qu’une petite partie le traverse. La nature et la direction de ces lignes peuvent d’ailleurs être déterminées au moyen d’une petite boussole dont on fait osciller l’aiguille aux différents points du système, ce qui permet même de calculer les intensités du champ aux points* ainsi explorés. Si on examine le fan-
- tôme dont nous avons parlé, on reconnaît qu’au centre de l’anneau, il n’existe pas de lignes de force ; car celles qui ont traversé l’anneau l’ont suivi dans sa masse, pour reconstituer le circuit magnétique fermé dont il a été question précédemment. Toute-fois, pour qu’il en soit ainsi, il faut que l’anneàu soit un peu épais, car avec un anneau très mince les lignes de force pourraient prendre une direction qui ne serait pas aussi naturelle, et qui pourrait alors se prolonger dans la partie centrale comme on le verra à l’instant.
- « Si on suppose maintenant que de petites hélices courtes glissent autour de l’anneau que nous venons d’étudier, comme on le voit dans la fig. 2, les lignes de force qui passeront à travers, seront très nombreuses, car l’anneau les a presque toutes entraînées, et les effets se produiront au sein de l’hélice comme dans le cas que nous avons étudié en premier lieu, seulement avec une plus grande intensité, et le sens des courants changera à partir des points P et Q. Si, au lieu de quatre hélices, nous couvrons tout l’anneau d'une série d’hélices réunies l’une à l’autre, les effets précédents se produisant dans
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- chacune d’elles, deux courants de direction contraire se développeront dans les deux parties opposées de l’anneau, en;P N Q et en P SQ, et ils se neutraliseraient en P et en Q,; si chacune de ces hélices ne se trouvait pas réunie, comme dans les anneaux Gramme, à un collecteur qui, par la voie dérivée qu’il leur ouvre, leur permet de s’écouler dans le circuit extérieur.
- « D’après ces effets, on pourrait croire que les
- . FIG. 3
- parties internés du fil des hélices qui correspondent à la partie centrale de l’anneau seraient inactives, puisqu’elles ne sont coupées par aucune ligne de force de ce côté de l’anneau, ou que si elles en rencontraient, ce serait pour déterminer des courants
- FIG. 4
- contraires à ceux provoqués dans les parties externes. Si l’anneau est très épais comme dans la machine dynamo-électrique de Maxim, c’est effectivement ce qui arrive, mais si l’anneau est mince, les lignes de force contournent extérieurement l’anneau pour l’envelopper, et on peut s’assurer qu’elles se disposent comme on le voit dans la fig. 3 qui représente la coupe transversale d’une partie de l’anneau et du pôle qui agit sur elle.
- « La position théorique qu'on devrait donner aux balais devrait correspondre aux points P et Q, mais la pratique a démontré qu’il fallait que cette position fût légèrement déviée dans le sens du mouvement de l’anneau. Cela tient à ce que, par suite de la création d’un courant au sein des hélices induites, le champ magnétique se trouve très modifié; des pôles tendent à se former en P et Q, et, en examinant le sens des courants, on trouve que le courant tend toujours à former, dans les parties de l’anneau correspondant aux points de contact des balais, des pôles semblables, comme nature, aux pôles vers lesquels les balais se rapprochent. L’effet produit sera, par conséquent, celui qui est indiqué fig. 4. Les lignes de force de N seront at-
- tirées vers P et repoussées en Q, de sorte que les points neutres seront rejetés en P' et en Q', et ce sera, par conséquent, à partir de ces points que les courants produits auront des directions opposées. Les lignes de force traversant l’espace libre au centre de l’anneau seront également modifiées dans leur direction, et rejetés plutôt vers les points neutres, car ceux-ci seront alors les résultantes des pôles N et S des champs magnétiques et des pôles de l’anneau en P et en Q: En fait, les lignes de force qui émanent de N pour entrer dans l’anneau en M, se divisent en deux faisceaux, et, plus le faisceau qui suit la direction M Q' Q R s’avance, plus les lignes de force entrent dans l’anneau entre M et Q', et il en résulte que beaucoup de lignes de force sont rejetées du côté opposé de l’anneau, prenant la position de celles qui ont été repoussées entre P' et R. Pour recueillir le plus possible de courant, il faudra donc faire glisser les balais presque en P' et Q'.
- « On peut démontrer la vérité de cette explication en entourant de fil l’anneau de la figure 1 et en
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- faisant passer à travers le courant d’une pile, le fantôme prendra alors l’apparence de la figure 5.
- D’après la théorie précédente, on peut conclure : 1° que dans un anneau mince de Gramme, il n’y a qu’une petite fraction de la partie intérieure des hélices qui est réellement inactive, car de Q' à M et de P' à R la tendance des lignes de force à contourner l’anneau, est utile aiftc effets produits dans les hélices qui passent, et de M à P' et de R à Q' l’extérieur et l’intérieur de ces hélices sont influencés de manière à produire au travers d’elles des courants dans la même direction.
- « 2° Que le principal travail qui produit les courants est effectué dans les 4 parties de l’anneau qui sont les plus rapprochées des balais du collecteur, et ce travail est encore aidé d’une façon importante par l’action des inducteurs sur l’état magnétique de l'anneau dont les polarités se trouvent incessamment modifiées et interverties. »
- Comme on le voit, cette théorie est définitive, la même que celle que nous admettons aujourd’hui, seulement, au lieu de considérer les effets d’induction par rapport aux effets produits par les mouvements de rapprochement ou d’éloignement des bobines, eu égard aux polarités magnétiques de l’inducteur et de l’anneau de fer, on les considère par rapport à la manière dont les lignes de force du champ magnétique, modifiées par la réaction du noyau de fer, se présentent devant les hélices aux différentes phases de leur mouvement. Ce système de considérer l’induction est évidemment très bon, et nous y avons eu recours plus d’une fois pour expliquer différentes circonstances de ce phénomène qu’on aurait pu croire des anomalies, mais comme nous ne sommes pas encore familiarisés en France avec les lignes de force, la théorie qu’en a donnée M. Gaugain se comprend mieux, et est plus rationnelle, mais il faut y ajouter les effets résultant des courants d'interversions polaires qui sont regardés aussi par M. Cunyngham comme jouant un rôle important.
- Nous croyons maintenant devoir faire quelques remarques relativement à la disposition des balais du collecteur Gramme que la pratique a indiquée ne devoir pas correspondre aux lignes neutres de l’anneau. M. Cunyngham veüt l’expliquer comme on l’a vu (fig. 4) par la disposition que prennent les lignes de force du champ, quand l’anneau tourne, disposition qui donne à supposer qu’elles se trouvent entraînées dans la direction du mouvement de la roue par suite de leur adhérence avec les surfaces extérieures de l’anneau. Cette adhérence vient-elle du magnétisme rémanent de l’anneau qui l’empêcherait de perdre instantanément sa faculté de faire converger en lui les lignes de force quand les parties primitivement influencées s’éloignent des pôles, inducteurs, ou bien cette adhérence viendrait-elle d’une aimantation réelle due aux courants
- induits naissant dans l’anneau ? M. Cunyngham ne s’explique pas nettement à ce sujet. Dans tous les cas, il importe que nous disions comment nous considérons la question qui ne laisse pas que d'être assez compliquée.
- 1 Si nous considérons un certain nombre d’hélices ' sectionnées de l’anneau Gramme partant de la ligne neutre Q (fig. 4) pour se diriger vers N, puis ensuite vers P, il se développera en elles un courant continu qui sera direct, c’est-à-dire propre à développer dans l’annéau, en face de N, s’il était immobile, un pôle de même nom que celui provoqué par l’inducteur N. Les hélices diamétralement opposées, de l’autre côté de l’anneau, partant alors de la ligne neutre P et se dirigeant vers S, seront en même temps parcourues par un courant de même nature, mais de sens inverse, qui tendra à créer en face de S un pôle de même nom que celui induit par ce pôle S.
- Mais, si au lieu de quelques hélices nous considérons l’ensemble de toutes les hélices occupant chaque moitié de l’anneau, qui sont toutes enroulées dans le même sens, on pourra comprendre que sous l’influence d’un même courant qui les parcourra toutes, chaque moitié de l’anneau sera aimantée par lui dans un sens différent, et si les balais des collecteurs sont placés en face des lignes neutres de l’anneau correspondantes aux effets inducteurs des pôles N et S, il devra se produire sous l’influence des courants développés dans les hélices et précisément en ces points où les courants entrent dans le circuit extérieur, des pôles conséquents de noms contraires qui correspondront aux deux lignes neutres et qui auront la polarité du pôle inducteur en arrière d’eux. Ils en seront en quelque sorte comme une prolongation, et il en résultera que les deux lignes neutres ne se trouveront plus sur le diamètre perpendiculaire à la ligne des pôles inducteurs, mais sur un diamètre intermédiaire dont la position devra dépendre de l’équilibre-ment d’énergie des pôles inducteurs et des pôles créés par les courants. Si ces polarités étaient de même puissance, il est probable que ce diamètre devrait être à 45 degrés de la ligne réunissant les pôles inducteurs; mais comme ceux-ci sont les plus puissants, le diamètre en question est plus rapproché de la ligne qui lui est perpendiculaire, et c’est, par conséquent, suivant ce diamètre que doivent être placés les balais collecteurs, c’est-à-dire en avant, dans le sens du mouvement, des points correspondants aux lignes neutres théoriques qui répondent au diamètre perpendiculaire à la ligne des pôles. En définitive cet effet équivaut, comme l’a fait observer M. Marcel Deprez, à un déplacement en avant des pôles induits dans l’anneau, et Ce déplacement en avant est accusé dans le fantôme magnétique de la fig. 5 donné par M. Cunyngham. Notre collaborateur, M. Guerout,
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- a, du reste, déjà traité cette question dans un article inséré dans le numéro du 6 janvier i883, et on pourra y voir les conséquences importantes qui en découlent pour le bon fonctionnement des machines dynamo-électriques.
- Th. du Moncel.
- NOUVEAUX <
- FREINS ÉLECTRIQUES
- A ENTRAINEMENT
- Deuxième article. (Voir le numéro du n août.)
- NOUVEAU FREIN A ENTRAINEMENT MODÉRABLE A VOLONTÉ
- Principe du frein. — Le nouveau frein dont nous allons donner la description prend à la force
- vive du véhicule tout le travail nécessaire pour déterminer l’application des sabots contre la rpue et le développement de la pression statique qui doit amener l’arrêt.
- Voici son principe :
- Un ressort bandé pendant la marche ordinaire se trouve déclanché au moment où l’on veut produire l’arrêt, il se détend et agit sur les sabots qu’il amène au contact des roues.
- Ces sabots sont entraînés par les roues et tendent à s’écarter les uns des autres, mais ils fie peuvent le faire qu’en rebandant le même ressort.
- Le déplacement des points de suspension des sabots est limité, et lorsqu’il a pris sa plus grande valeur possible, il ne peut plus y avoir de nouvel entraînement. Les sabots demeurent alors pressés contre les roues par un effort qui dépend de la tension plus ou moins grande que le ressort a prise.
- Pour produire le desserrage, on encJanche le ressort qui demeure bandé et emmagasine ainsi
- l’énergie nécessaire pour amener les sabots au contact, lors d’un nouvel arrêt. En même temps on supprime la solidarité qui existait entre le mécanisme cinématique commandant les déplacements des sabots et la chape du ressort.
- Rien ne s’oppose plus à la répulsion exercée par la roue contre les sabots, ils s’en écartent et reviennent à leur position initiale sous l’influence de leur propre poids.
- On comprendra mieux le principe de ce frein en considérant les figures 4 et 5.
- Considérons en particulier la roue O et le sabot S (le sens de marche est celui indiqué par la flèche inférieure); la tige de suspension de ce sabot est reliée au châssis par un œilleton M; le sabot ne pourra pas s’abaisser mais pourra s’élever de quelques centimètres (l’appareil représenté sur la figure
- est supposé dans la situation qu’il a pendant la marche ordinaire).
- Supposons que les embrayages soient faits au moyen de deux électro-aimants.
- Au moment où nous'voulons arrêter, nous lançons un courant qui soulève le cliquet K' et abaisse le cliquet K (l’électro E est supposé attiré par cc).
- Application des sabots contre les rôties. — Rien ne retenant plus le ressort R, il tend à revenir à sa position de moindre tension, mais en même temps il exerce une traction sur la chaîne IJ qui, en agissant sur la bielle AB, rapproche par un mécanisme facile à comprendre les sabots S et S' et les amène au contact de la roue O.
- La chaîne se déplace d’une manière sensiblement parallèle à elle-même. Le déplacement du point I
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- est sensiblement le même que celui du point J. Dès lors la pointe B se déplace davantage que le point I, cause de la différence des bras de levier AI et AB, et la crémaillère c c, qui a le même déplacement que B, doit prendre un mouvement relatif par rapport au manchon qui supporte le point d’attache J. On n’a qu’à regarder la forme des dents de la crémaillère et celle du cliquet K pour voir qu’un pareil mouvement est possible. •
- Détermination de l'effort statique. — Ceci fait, le sabot s appliqué contre la roue est entraîné par elle et fait tourner le levier AB dans le sens indiqué par la flèche a b.
- Le point B dépasse la crémaillère c c mais celle -ci entraîne le cliquet K et rebande le ressort R.
- Lorque l’œilleton M sera à bout de course, l’entraînement deviendra impossible, mais alors les sabots seront serrés contre la roue par un effort égal à la tension du ressort R multipliée par le
- rapport des bras de levier |^.
- Remarques. — i° La chaîne IJ n’empêche pas ce mouvement de rotation de AB; en effet, le point J a le même déplacement que B, celui du point I est plus faible, donc la chaîne devient lâche.
- 20 Les choses se passent comme si le sabot était poussé par une force égale à la force d’entraînement, moins le poids des appareils soulevés dans un coin dont le r/2 angle d’ouverture a serait égal à l’angle OSA.
- Dès lors, pour une force égale à / déterminée par l’entraînement, l’effort correspondant déterminé sur le système de levier SAS' qui règle la distance f
- des sabots sera F = -r—.
- sin a
- Il est facile de voir que pour que l’entraînement ait toujours lieu, il faut que l’on ait constamment tga, < tp, tp étant le coefficient de frottement du sabot contre la roue.
- 3° Si nous considérons le ressort R, nous voyons qu’il est utilisé de deux manières. :
- i° Lorsqu’il agit par l’intermédiaire de la chaîne IJ, toute sa course est utilisée, lorsque celle-ci est nécessaire pour amener les sabots au contact des roues.
- 20 Lorsqu’il s’agit d’exercer une pression statique, la même course est utilisée, mais comme il n’y a plus besoin que d’un déplacement très faible et d’un effort considérable, sa tension est transmise à l’aide d’un autre jeu de leviers qui diminue la course, mais amplifie l’effort.
- Principe de la modèrabilité. — Tel que nous venons de décrire cet appareil, la pression statique qui doit nécessairement finir par s’exercer sur les sabots S et S1 sera la tension du ressort corres-
- pondante au déplacement du point B multipliée par un certain rapport d’amplification.
- Il est facile de voir comment on peut arriver à la faire varier à son gré.
- Disposons la crémaillère cc comme il est représenté sur la figure 5.
- Il y aura une certaine réaction verticale qui tendra à soulever le cliquet K. Elle sera combattue par l’attraction de l’électro E. Elle croîtra au fur et à mesure que la tension du ressort R augmentera.
- Lorsqu’elle sera devenue susceptible de vaincre l’attraction de E, c c reculera d’un certain nombre de dents iusqu’à ce que l’action de l’électro l’emporte à nouveau. Pendant ce temps, la tension de R ne variera pas, et finalement nous aurons ap-
- FIG. 5
- pliqué sur les sabots une pression statique qui dépendra de la quantité d’électricité que nous aurons fait circuler autour de E.
- Desserrage. — Nous interrompons le courant.
- Le cliquet K1 retombe, s’engage dans les dents de c' c' et maintient le ressort R armé pour un nouvel arrêt.
- Le cliquet K se soulève, cc redevient parfaitement libre. Le levier AB retombe donc sous l’influence de son propre poids et des réactions de la roue sur les sabots; ceux-ci s’écartent et reviennent d’eux-mêmes à leur position primitive.
- Si le sens de marche était inverse de celui indiqué par la flèche mn, ce serait le sabot S' qui serait entraîné : tout le reste aurait lieu de la même manière.
- MISE EN ACTION DES EMBRAYAGES
- Il est évident qu’il faudrait des forces considérables pour actionner les deux embrayages que nous avons décrits.
- Or, nous nous sommes proposés de ne dépenser que l’énergie nécessaire à la manœuvre de simples signaux d’avertissements, et de prendre tout le reste à la force vive du véhicule. Nous sommes ainsi conduits à employer un appareil servQ-moteur capable d’être manoeuvré par la plus faible force et qui prendra à cette source l’énergie nécessaire à son fonctionnement.
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- LA lumière électrique
- De tous les appareils de ce genre qu’on pourrait imaginer, le plus énergique et le plus simple est à coup sûr le suivant :
- .Considérons un cylindre mobile autour d’un axe xy.et qui est entraîné par un couple moteur aussi puissant qu’il est nécessaire dans le sens indiqué par la flèche a (3.
- Sur ce cylindre enroulons une corde Pp qui fera plusieurs spires, et sollicitons-la par une force p. Le cylindre tournant, il faudra, pour faire glisser la corde à sa surface, appliquer à son autre extrémité une force P telle que l’on ait P — pén
- e base du système népérien, f coefficient de frottement de la corde sur le cylindre,
- n angle d’enroulement de la corde sur le cylindre.
- On voit ainsi qu’avec un nombre de spires con-
- FIG. 6
- venable, on pourra déterminer un effort P aussi grand que l’on voudra avec un effort p aussi petit que l’on voudra.
- On peut encore procéder de la manière suivante : supposons que le cylindre tende à tourner sous l’influence d’un couple quelconque et que nous voulions nous opposer à son mouvement.
- Nous n’aurons qu’à fixer le point P; dès lors le mouvement du cylindre aura pour premier effet de tendre la corde, et il ne pourra plus continuer à tourner qu’à la condition d’être sollicité par un couple plus grand que r pcfn (r étant le rayon du cylindre).
- Théoriquement, cet embrayage serait supprimé avec p, mais en pratique le poids et la tension de la corde gêneraient tout mouvement tendant encore à se produire dans le sens de la flèche a B.
- (Remarquons tout de suite que tout mouvement en sens inverse n’aurait pour effet que de dérouler la corde et pourrait s’accomplir sans difficulté.)
- Aussi au lieu d’enrouler une corde sur le cylindre, nous avons pensé à y enrouler un ressort à boudin. Celui-ci dans sa position d’équilibre ne touche pas le cylindre et le premier effet de la force p est de le tordre légèrement et d’amener une portion de la première spire en contact. Le mouvement du cylindre amène successivement le contact le long
- de toutes les spires, et le ressôrt travaille alors à la traction comme la corde de tout à l’heure.
- Si nous remarquons que la tension de cette corde ou du ressort (lorsqu’il travaille à la traction) décroît graduellement depuis son extrémité P jusqu’à l’autre, nous sommes conduits à constituer ce ressort avec une tige dont la section devra varier suivant une loi déterminée. Pratiquement nous emploierons une tige conique ou encore plusieurs tiges cylindriques soudées bout à bout (voir fig. 7). De cette façon la force p n’aura à vaincre qu’un effort très faible pour déterminer le contac.t des premiers points.
- Nous avons été ainsi conduits à adopter le mode d’embrayage représenté fig. 7 et 8.
- A'B cylindre calé sur. son axe xy (celui-ci est supposé fixe).
- R R galet fou sur l’axe xy auquel est appliquée la puissance P qu’il s’agit de maîtriser.
- FIG- 7 ET 8
- ît roue à rochets également folle sur l’axe xy à laquelle est appliquée la puissance p. Celle ci est supposée déterminée par un cliquet c, et celui-ci actionné par une force quelconque f.
- Les deux roues R R et rr sont reliées par un ressort à boudin constitué comme nous l’avons dit plus haut.
- Lorsque le cliquet cc est soulevé, le ressort revient de lui-même à sa position d’équilibre en entraînant s’il le faut la roue r r. Dès lors quels que soient la grandeur et le sens de la force qui sollicite la roue RR, elle tournera librement, car il n’y a aucun contact entre le ressort et le cylindre.
- Si nous abaissons le cliquet c c, le mouvement est toujours possible dans le sens inverse de celui indiqué par la flèche.
- Dans l’autre sens, il sera impossible tant que le cliquet cc ne sera pas soulevé. Si celui-ci se soulève lorsqu’on applique une force p tangentielle-ment à la roue rr, le mouvement de R ne pourra s’effectuer que lorsqu’on appliquera à sa périphérie une force tangentielle P= K p.
- K étant un coefficient aussi grand que l’on voudra et qui dépendra :
- i° Du nombre de spires du ressort.
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- 2° Du coefficient de frottement du ressort contre le cylindre.
- 3° De la résistance à la tension du ressort.
- RÉALISATION DU FREIN.
- Si l'on combine le mode d’embrayage que nous venons d’indiquer avec les principes exposés en premier lieu, on conçoit la possibilité de réaliser
- un système de freins très énergique et parfaitement modérable susceptible d’être actionné par les forces les plus faibles.
- On peut imaginer une infinité d’appareils d’après ces principes. Voici celui auquel nous nous sommes arrêtés en dernier lieu.
- Dans ce croquis nous avons représenté (fig. 9) une coupe longitudinale d’un châssis de wagon avec la disposition que nous avons adoptée.
- FIti. q ET IO
- La figure 10 est un plan de la même combinaison ; les figures suivantes sont des vues de détail nécessaires à l’intelligence de la description qui va suivre.
- O est l’essieu. Le contour de la jante roulante de la roue est représenté par le cercle R (fig. 9). Les quatre sabots SS, S'S' de construction ordinaire qui sont appliqués sur les deux roues R et R' (fig. 10) sont suspendus au châssis C par des bielles B articulées en b et percées à leûr partie inférieure d’œillets oblongs a destinés à permettre
- le soulèvement du sabot, sous l’influence de l’entraînement des roues R et R'.
- Les deux sabots SS ou S'S' sont reliés par des pièces rigides T et T' que nous avons représentées dans la forme triangulaire, bien qu’elles puissent affecter toute autre forme.
- Ces pièces commandent les mouvements des sabots sous l’action de la chaîne G et du levier de commande L articulé en m. (Par mesure de précaution, et pour empêcher qu’en cas de rupture de la chaîne G, les pièces T et T' ne viennent tom-
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- la lumière électrique
- ber sur la voie, leurs extrémités qui sont reliées à la chaîne, sont suspendues au châssis par des systèmes de tirants tttt. Les assemblages de ces tirants avec les pièces TT' sont faits avec assez de jeu pour ne jamais gêner en rien tous les mouvements des pièces LG et TT'.)
- Le levier L qui est déterminatif du mouvement de tout le système qui a été décrit, reçoit son action de la chaîne d qui est elle-même tirée par le système embrayeur qui sera décrit plus loin.
- Toute traction dans le sens de la flèche a exercée sur l’extrémité supérieure du levier L aura pour effet de tendre la chaîne G et d’amener ainsi les sabots SS, S'S' au contact des roues R et R'.
- Alors, suivant le sens de marche, les sabots S S ou S' S' seront soulevés par l’entraînement développé par les roues R et R'.
- Il est facile de voir en se reportant à la fig. 9
- que cet entraînement aura pour effet de faire revenir l’extrémité supérieure du levier L en sens inverse de la flèche a.
- Remarque. — Voici quelles considérations nous ont amenés à choisir ce mode d’actionnement des sabots :
- Il faut :
- i° Que l’angle a que fait le rayon de la roue passant par le point d’application de. la force qui agit sur le sabot avec la direction de cette même force soit toujours inférieur à une certaine quantité, si l’on veut qu’il y ait toujours entraînement.
- 2? Que la quantité dont doit s’allonger le jeu des bielles qui réunit les huit sabots d’une même paire de roues soit constante quelle que soit la position initale des sabots au début de l’arrêt (position variable avec la flexion des ressorts de suspension, c’est-à-dire avec la charge du véhicule.)
- Il est facile de voir que ces deux conditions sont réalisées.
- En effet le diamètre du collier monté sur l’essièu est choisi de telle manière que la chaîne G vienne toujours le toucher lorsqu’on la tend, et ceci quelle que soit la charge du véhicule.
- Dès lors :
- i° L’angle « sera toujours égal au demi-angle sous
- FIG. 12
- lequel on voit le cercle O G des divers points d’un cercle concentrique ayant pour rayon O a. Il sera donc constant.
- 20 L’arcaa' décrit par le sabot étant constant, le système a G a, en passant de sa position initiale à la position aGG'a' devra s’allonger d’une quantité égale àOGX«. w étant l’angle sous lequel on voit l’arc a a' du point O.
- Nous devons dire que cette disposition n’est
- </
- FIG. l3
- pas nécessaire, et qu’il serait facile d’en concevoir d’autres ne nécessitant pas la prise d’un point d’appui sur l’essieu.
- Avant de passer à la descriptioii du mécanisme embrayeur, nous supposerons, pour fixer les idées, que pour appliquer les sabots entre les roues, il.ait fallu déplacer l’extrémité supérieure du levier L de 5oo m/m dans le sens indiqué par la flèche a, et que l’entraînement ne l’ait fait rétrograder que de xoo m/m.
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- La chaîne d et la chaîne semblable d’ qui commande l’autre paire de roues, sont susceptibles de s’enrouler sur un arbre h (fig. 12 et i3). Sur cet arbre est montée une poulie à gorge P solidaire d’un cylindre Q indiqué en traits ponctués.
- La poulie à gorge est creuse et sert de barillet à un ressort à spirale D (fig. i3) dont une des extrémités prend son point d’appui sur une pièce en fer à cheval E reliée rigidement à une traverse F qui supporte d’ailleurs l’arbre /tau moyen de deux brides U’ ; l’autre extrémité est attaché en J au rebord intérieur de la poulie.
- Sur la gorge de cette poulie, s’enroule une chaînette K qui passe sur un rouleau n et vient s’adapter à l’arbre h.
- Le cylindre Q porte deux ressorts à spirale qui composent des embrayages analogues à ceux que nous avons décrits plus haut avec détails et qui remplissent exactement les fonctions qui leur ont été attribuées.
- Sur le cylindre Q sont montées 3 roues à ro-chets 1, 2, 3; la roue 2 est solidaire du cylindre Q ; les deux autres sont folles sur lui, mais à chacune d’elles est adaptée l'extrémité fine d’un des ressorts embrayeurs dont il vient d’être question.
- Une petite molette A peut se déplacer le long de son axe sous l’influence d’un levier à fourche r oscillant sur un pivot fixe, dans un sens sous l’action d’un électro-aimant X, dans l’autre, soit sous l’action propre de son poids, soit sous celle d’un ressort auxiliaire quelconque.
- Ses déplacements ont pour résultat de rendre solidaire de la roue à rochets 2, soit la roue 1 soit la roue 3.
- En solidarisant les roues 2 et 1, nous empêchons le cylindre Q, de tourner dans le sens indiqué par la flèche p (fig. i3) ; car la grosse extrémité du ressort q aboutit à un point invariablement relié à la traverse F et le mouvement de rotation du cylindre Q est limité au serrage complet du ressort q contre sa périphérie. En solidarisant les roues 2 et 3, nous rendons le cylindre Q solidaire de tous les mouvements de rotation de l’arbre h effectués dans le sens de la flèche y- Én effet la grosse extrémité du ressort q' aboutit à une manivelle u calée sur l’arbre h, et il suffit de regarder quel est le sens d’enroulement du ressort pour voir que tout mouvement de l’arbre h dans le sens de la flèche y aura pour premier résultat de serrer le ressort q' contre la périphérie du cylindre Q.
- Mais tout mouvement de rotation de l’arbre A, en sens inverse de la flèche y, n’aura aucune action sur le cylindre.
- La molette A vue à part (fig. 14),est en effet composée de deux parties x et y, et, comme 011 le voit sur la fig. 14, la partie y ne oeut entraîner la partie x que par l’intermédiaire
- d’un cliquet V qui' est en prise avec une roue à rochets 2 faisant corps avec la roue x. Ainsi la solidarité n’est établie entre les roues 2 et 3 (fig. 12) que lorsque l’arbre A tourne dans le sens de la flèche y.
- De plus les dents des roues 1, 2, 3 et de la mo- . lette A sont héliçoïdales, comme on le voit (fig. 14), de telle manière que le couple de rotation déterminé par l’arbre A développe une réaction sur la molette A dirigée en sens inverse de la poussée dü levier r sous l’influence de l’électro-aimant X.
- L’armature de celui-ci pourra donc être arrachée, lorsque cette réaction atteindra une certaine valeur.
- Lorsque la molette A réunit les roues dentées 2 et 1, cette réaction n’a aucun effet, car la molette s’appuie alors sur une butée e montée sur son axe fixe.
- Pour compléter la description de cet appareil, nous ferons remarquer que la traverse F (fig. 12), est mobile autour de 2 tourillons ff. De telle sorte que le système entier est pendulaire, et qü’il y aura toujours égalité entre les efforts de traction développés sur les chaînes dd'.
- Voici maintenant le fonctionnement de l’appareil.
- Le véhicule est en marche. Alors les sabots sont
- FIG. 14
- écartés des roues et les chaînes dd' déroulées de l’arbre A.
- Le ressort à spirale D est bandé, et la molette A met en relation les roues 1 et 2.. La chaîne K est enroulée sur l’arbre A.
- Au moment de l’arrêt, nous lançons un courant provenant d’une source électrique quelconque dans l’électro X.
- La molette A se dégage de la roue x, et vient solidariser les roues 2 et 3.
- Le ressort D se débande, et comme on le voit sur la fig. 12, la chaîne K s’enroule sur la poulie P, mais en même temps elle fait tourner l’arbre A d’un angle qui sera à celui dont a tourné P dans le rapport des diamètres de la poulie P à celui de l’arbre
- A, soit | en partant de la supposition que nous avons
- faite au commencement de cette description.
- La rotation de l’arbre A a pour effet de faire enrouler sur lui les chaînes d et ^^et d’amener ainsi les sabots au contact des roues, comme nous l’avons déjà vu plus haut.
- L’entraînement a lieu; les chaînes d et d' se déroulent de l’arbre A, mais celui-ci entraîne dans son
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- •mouvement de rotation la poulie P, et le ressort D se trouve ainsi de nouveau rebandé.
- 1 Si l’on modère l’intensité du courant qui circule dans l’électro-aimant X, en faisant, par exemple, varier la résistance du circuit, il arrivera un moment . où la molette A sera repoussée par la roue 3. Dès lors la tension du ressort n’augmentera plus, et à la fin de l’entraînement nous exercerons sur les sabots SS, S'S' une pression statique qui sera proportionnelle à la tension qu’aura prise le ressort, c’est-à-dire à l’intensité électrique que nous aurons fait circuler autour de X.
- Le frein est donc ainsi parfaitement modé-rable.
- Pour faire cesser l’action du frein, il suffit d’interrompre le courant. La molette A quitte la roue 3 et revient solidariser les roues 2 et 1. Dès lors :
- i° Le ressort D ne peut plus se débander;
- 20 L’arbre h redevient complètement libre.
- - Donc les chaînes d et d'cèdent à la traction exercée
- FIG. l5 ET 16
- parles leviers T (fig. 1) les sabots s’écartent sousl’in-fluence de la répulsion des roues et de leur propre poids; et les chaînes d et d' se déroulent jusqu’à ce que la chaîne K qui s’enroule en même temps sur l’arbre h soit complètement tendue.
- Les divers organes sont ainsi revenus à leur position originelle.
- On pourrait craindre que dans un arrêt fait à faible vitesse, le ressort D ne fût pas suffisamment rebandé pour être à même de provoquer un nouvel arrêt.
- Pour parer à cette éventualité nous avons donné au ressort D une grande flexibilité, mais nous avons disposé sur le plat de la poulie une pièce auxiliaire p sur laquelle viendra s’appuyer le ressort D, lorsqu’il aura été bandé de la quantité nécessaire.
- Alors sa raideur augmentera brusquement et il deviendra propre à développer l’effort statique voulu.
- TRANSMISSION DE LA COMMANDE
- Nous avons supposé le frein commandé par un électro-aimant.
- Nous pensons que l’emploi d’une commande électrique est éminemment avantageux pour les freins continus à cause de son instantanéité d’action.
- Dans ce cas il suffirait de quelques piles installées dans un fourgon ou sur la machine. Les électro-aimants pourraient être montés soit en tension comme dans la fig. i5, soit en dérivation comme dans la fig. 16.
- Mais dans certains cas, soit que l’on se défierait de l’emploi de l’électricité, soit qu’une voiture munie de ce système de freins dût être intercalée dans • un train de voitures dont les freins fussent actionnés par l’air comprimé ou le vide, il pourrait être avantageux de remplacer la commande électrique par une commande à air comprimé ou à vide.
- La modification à opérer dans ce cas est des plus simples.
- En effet, considérons le croquis (fig. 17). L’action
- ô;v\\\\\\N\N\\v
- FIG. I7
- de l’électro E sur son armature pourra être évidemment remplacée par l’action d’un piston it mobile dans un cylindre où il recevra la pression de l’air comprimé amené par une conduite quelconque, ou bien par celle d’un piston iz' actionné par un petit cylindre à vide.
- Les trois dispositifs pourraient être montés en même temps comme il est représenté fig. 17, de cette façon une voiture munie de notre frein pourrait être intercalée dans un train composé de voitures munies d’un système de freins quelconque et être actionnée en même temps que les autres, à la condition qu’elle comportât le nombre voulu de conduites spéciales.
- La modérabilité subsiste toujours dans tous les cas.
- On pourrait encore remplacer l’action de l’élec-tro-aimant ou celle des cylindres ir ou tt' par celle d’une corde qui circulerait d’un bout à l’autre du train.
- (A suivre.) Maurice Leblanc et F. Dudost.
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- EXPOSITION INTERNATIONALE D’ÉLECTRICITÉ DE MUNICH
- APPLICATION DE LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- AUX THÉÂTRES
- Les dangers d’incendie que provoque dans les théâtres l’emploi du gaz ont donné une importance toute spéciale à l’application de l’électricité aux salles de spectacles, et il n’est pas sans intérêt, avant de décrire l’organisation du théâtre de l’Exposition de Munich, de passer en revue les différentes phases qu’a traversées l’application de la lumière électrique au théâtre.
- Les premières tentatives remontent jusqu’à 1879 :
- La bougie Jablochkoff avait à peine imprimé un premier élan aux applications de la lumière électrique que le théâtre du Châtelet recevait, l’éclairage de la salle à peu près- tel qu’il le possède encore aujourd’hui. Le théâtre Bellecour, à Lyon, suivit de près, en octobre 1879. L’installation était faite également avec des bougies Jablochkoff, au nombre de cinquante-deux. Huit de ces foyers étaient placés dans le lustre, quatre dans la salle, douze sur la scène et les autres dans le foyer, les promenoirs et les sous-sols. Trois alternatives Siemens, placées dans les sous-sols, alimentaient ces lampes. L’installation produisit un fort bon effet, on trouva très agréable la lumière répandue sur la scène et dans la salle, on remarqua qu’elle n’altérait pas la couleur des étoffes et était répandue fort également. Ce fut un succès à Lyon.
- En Angleterre, à la même époque, quelques essais furent faits également.
- L’Albert-Hall, à South-Kensington, qui est plutôt une salle de concert qu’un théâtre, fut depuis le i3 février 1879 éclairée à plusieurs reprises avec la lumière électrique; les lampes employées étaient de grands foyers Siemens de 6000 candies et des bougies Jablochkoff.
- Au Gaiety-Theatre, à Londres, l’éclairage fut fait à l’aide d’une machine Lontin, alimentant des lampes du même inventeur. Ces foyers, d’une intensité moyenne 570 candies, étaient placés en partie à l’intérieur de la salle, en partie dans les rues avoisinantes.
- Une autre salle de théâtre , pour laquelle on ne tarda pas non plus à se préoccuper de la question
- de l’éclairage électrique, fut celle du grand Opéra de Paris.
- En octobre 1879, M. Garnier adressa au ministre un rapport dans lequel il faisait ressortir une certaine insuffisance d’éclairage dans la salle et appuyait surtout sur l’état déplorable dans lequel les belles peintures de Baudry dans le foyer se trouvaient mises par les produits de la combustion du gaz. Il concluait à des essais d’éclairage électrique.
- Ces essais furent faits quelque temps plus tard. Vers le milieu de 1880, les systèmes Jablochkoff, Werdermann et Lontin furent choisis et expérimentés principalement dans le. foyer. Là on fut frappé des qualités de la nouvelle lumière, on admira particulièrement la douceur et la fixité de l’éclairage produit par la lampe Werdermann, mais aucune suite ne fut donnée aux expériences.
- Dans l’intervalle, une installation importante avait été faite à l’Hippodrome, immense salle qui, par cela même, était plus que tout autre propre à recevoir des lampes à arc. Deux grands moteurs à vapeur mettaient en mouvement vingt machines de Gramme à courant continu et quatre machines alternatives munies de leurs excitatrices. Chacune des machines à courant continu actionnait un régulateur Serrin: Des alternatives, trois alimentaient chacune 20 bougies Jablochkoff; la quatrième 60 bougies. Il y avait donc en tout 140 foyers en marche. L’installation comprenait, en outre, 10 régulateurs placés à certains endroits et que l’on allumait selon le besoin, lorsqu’il fallait concentrer l’éclairage vers certains points. L’éclairage était donc basé sur la combinaison des régulateurs pour éclairer principalement les parties élevées et centrales, et des bougies pour les parties moins découvertes. Quelque peu augmenté et perfectionné, il est encore aujourd’hui resté en principe ce qu’il était tout d’abord.
- Nous avons- à citer ensuite l’éclairage électrique des Folies Clermontoises (septembre 1880), celui du théâtre de Bordeaux, installé à l’occasion d’uné
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- fête de charité en avril 1881 avec des bougies De-brun; celui d’un cirque d’Amsterdam (mai 1881). Ces éclairages furent en général de peu de durée.
- C’est alors que revint sur le tapis la question de l’éclairage du grand Opéra de Paris, et, les i5 et 18 octobre, l’Opéra, éclairé électriquement dans presque toutes ses parties, fut ouvert à un public de visiteurs d’élite.
- Le vestibule circulaire, situé au-dessous de la salle,: était éclairé par un lustre de 16 lampes Werdermann. Dans l’escalier, 38 lampes Brush, alimentées par une machine située dans le Palais de l’Industrie, éclairaient vivement cette belle partie de l’édifice. La galerie du buffet était éclairée par cinq lampes Jaspar à diffusion de lumière et projetant leurs rayons sur de grands réflecteurs circulaires placés au-dessus d’eux. Dans la salle, les médaillons de la frise contenaient chacun un foyer Jablochkoff, placé derrière un globe à facettes, et quelques-uns de ces globes avaient été coloriés, de sorte qu’ils semblaient autant de gros joyaux. L’effet était très décoratif, mais contribuait peu' à l’éclairage. Sur lé lustre, au milieu des becs de gaz allumés, étaient placées un certain nombre de lampes à incandescence, mais il était difficile, au milieu de la lumière du gaz, de se rendre compte de l’effet qu’elles produisaient. Sur le balcon du foyer, des bougies Jablochkoff étaient placées à chaque colonne à l’intérieur, de façon à n’être pas visibles de l’extérieur, et le balcon produisait ainsi, vu de,la place, un fort bon effet. Les deux petits foyers étaient très vivement éclairés par de nombreuses lampes Maxim. Enfin, les lustres du foyer étaient, les uns, complètement garnis de lampes Edison, les autres garnis à la fois de becs de gaz et de lampes Edison, de sorte que là encore l’effet de ces dernières ne pouvait être bien jugé. En somme, on avait réuni, dans l’Opéra, un grand nombre de systèmes. Mais cette profusion de lumières diverses ne pouvait faire faire un pas à la question de son éclairage électrique.
- C’est vers la même époque qu’un théâtre de Rouen, le théâtre Lafayette, fut pendant toute une saison de féerie éclairé avec des lampes Siemens. L’installation s’appliquait aussi bien à la scène qu’à.la salle, des lampes électriques étaient placées sur des portants qui, lorsqu’on les enfonçait dans le plancher de la scène, établissaient automatiquement les contacts électriques nécessaires pour le fonctionnement de leurs lampes. Le gaz n’était pas cependant supprimé et contribuait encore pour une bonne part à l’éclairage.
- Les\ installations qui suivirent furent celles du théâtre de l’Alhambra à Londres, éclairé seulement dans la salle ; celle du théâtre royal de Turin et de nouveaux essais faits en décembre 1881 à l’Opéra ,de Paris pour l’éclairage du foyer avec la lampe soleil. Comme toujours l’éclairage fut fort apprécié
- et il le méritait bien d’ailleurs au point de vue de la fixité et du bel effet produit sur les peintures du plafond, mais, comme toujours, on en resta là, et malgré de nouvelles tentatives faites récemment, la question est encore maintenant pendante.
- Le même hiver vit s’ouvrir à Bruxelles l’Eden-Théâtre qui fut en partie éclairé avec des lampes à arc.
- Dans tous les éclairages de théâtres que nous avons cités jusqu’ici il faut remarquer deux choses : en premier lieu qu’ils ne furent en général que partiels et de peu de durée ; en second lieu qu’à l’exception des essais faits en octobre 1881 à l’Opéra l’éclairage avait toujours été fait avec des lampes à arc. En décembre 1881, la lampe à incandescence fit carrément son apparition au Savoy-Theatre à Londres et cette installation eut le mérite d’être la première dans laquelle un théâtre fut éclairé totalement par l’électricité. Le théâtre était neuf et son propriétaire, M. D’Oyly Carte, confiant dans l’avenir des lampes à incandescence et compilant sans doute aussi sur la réclame que lui ferait un semblable mode d’éclairage, résolut de l’éclairer uniquement à l’aide de lampes Swan. Ces lampes étaient au nombre de i i58. Cent quatorze, disposées en groupes de trois sur d’élégantes appliques, étaient placées dans la salle, le long des différentes galeries. Leur lumière était atténuée par des globes en verre dépoli.
- 220 autres lampes étaient affectées à l’éclairage des corridors, passages, loges etc.; 824 étaient placées sur la scène et réparties entre la rampe, les herses et les portants; enfin 8 lampes témoins se trouvaient dans la salle des machines.
- Les lampes étaient montées en dérivation en 6 groupes, dont 5 comprenaient 200 lampes chacune, le sixième était de 160 lampes. Le courant était fourni à chaque groupe par une alternative Siemens W, excitée par un D,.
- La force employée pour faire marcher les 6..alternatives et leurs dynamos était de 120 à i3o chevaux.
- Des rhéostats introduits dans les différents circuits permettaient de faire varier l’intensité des lampes depuis zéro jusqu’au maximum.
- Comme on pouvait s’y attendre, cette installation ne fonctionna pas tout d’abord d’une façon parfaite, et fut l’objet de nombreuses critiques. Aussi les directeurs de théâtre se montrèrent-ils peu désireux d’imiter l’exemple de M; D’Oyly Carte.
- Les tentatives partielles n’en continuèrent pas moins. Nous rappellerons entre autres : l’éclairage du théâtre royal de la Monnaie, à Bruxelles, avec des lampes Lane-Fox; celui du théâtre du Prince de Galles, à Liverpool, où l’on installa des lampes à incandescence dans les couloirs ; celui du théâtre royal de Turin, où l’on essaye plusieurs systèmes, entre autres les lampes Siemens et les lampes so-
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- FIG 88. — INTÉRIEUR DE LA SALLE DE THEATRE
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- leil ; l’éclairage du foyer de la Scala à Milan, avec des lampes Edison; celui du théâtre du Parc, à Boston, et d’un théâtre de New-York, avec des lampes à incandescence.
- Toutes ces tentatives nous mènent jusqu’en juin 1882. A cette époque, les défauts que présentait tout d’abord l’installation du Savoy-Théâtre avaient été corrigés, le fonctionnement était satisfaisant, l’exemple devenait encourageant. Aussi, la municipalité de Brünn, en Moravie, qui reconstruisait son théâtre récemment incendié, n’hésitàit-elle pas à décider que la nouvelle salle serait, pour son ou-
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- verture au mois d’octobre, complètement éclairée par des lampes électrique?.
- Un peu plus tard, en août 1882, le théâtre de Korch à Moscou, reçut également une installation électrique qui a continué à fonctionner depuis. Elle excluait complètement le gaz et comprenait 36o lampes Edison et i5 lampes à arc.
- Pendant que se faisait à Brünn l’installation élec-
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- trique du nouveau théâtre, des essais dans le même sens avaient lieu à Paris au théâtre des Variétés, et au mois de septembre, il fit sa réouverture éclairé partiellement avec des lampes Swan alimentées par des accumulateurs Faure. Mais cet éclairage avait un vice capital: il n’était pas né, comme celui du Savoy-Théâtre, de l’idée qu’avait eue le directeur de diminuer dans son établissement les chances d’incendie et d’augmenter le comfort des spectateurs tout en se faisant une réclame intelligente ; il résultait de la proposition faite par M. Philip-part à M. Bertrand d’éclairer son théâtre avec des lampes à incandescence pour le même prix que lui coûtait précédemment le gaz. Or, ce que voulait M. Philippart en éclairant les Variétés, c’était
- mettre en avant les accumulateurs Faure ; leur emploi, qui eût pu être évité en trouvant dans le quartier, même à quelque distance, un emplacement pour les machines, rendit l’installation fort peu économique; le désir qu’avait l’entrepreneur de diminuer ses frais provoqua certaines parcimonies d’éclairage et finalement la cessation de l’expérience. La non-réussite de l’éclairage des Variétés n’est donc pas un argument contre l’application de la lumière électrique à l’éclairage des théâtres, puisqu’elle n’est due qu’à des circonstances particulières et c’est pourquoi nous avons cru devoir les rappeler.
- Le nouveau théâtre de Brünn, complètement éclairé par la lumière électrique, comprenait environ 1 430 lampes Edison, dont 900 seulement fonctionnaient à la fois.
- Le courant était fourni par quatre machines Edison du type de 25o lampes, réunies en quantité sur les deux conducteurs principaux de la canalisation, de sorte que si l’une des machines manquait on forçait un peu plus les autres ; les inducteurs étaient montés en dérivation sur le circuit principal, et le circuit excitateur dérivé contenait un rhéostat permettant de régler l’intensité du champ magnétique.
- Des pièces fusibles intercalées de place en place dans les circuits supprimaient tout danger d’incendie par le surchauffage des fils.
- La régulation des lampes était opérée comme à Savoy-Théâtre à l’aide de boîtes de résistance placées à l’origine des circuits et que l’on introduisait graduellement au moyen de commutateurs. On trouvera d’ailleurs le détail de cette installation dans La Lumière Electrique, n° du 4 avril i883.
- A côté de cette installation étendue, d’autres essais plus ou moins importants suivaient également leur cours. ,
- En octobre, deux théâtres de Liverpool furent éclairés'par la Maxim-Weston C°, et le théâtre de l’Opéra de Pittsbourg, en Pensylvanie, reçut également une installation électrique.
- L’hiver suivant les théâtres impériaux de Saint-Pétersbourg furent munis de lampes électriques, le théâtre de Dewsbury (comté d’York) fut éclairé avec quelques foyers à arc installés par le Yorkshire Brush Electric Light and Power Company de Leeds et un nouveau théâtre de Chester, le Royal Theatre, poüvant contenir deux mille personnes, fut éclairé avec des foyers Brush.
- Une installation importante eut lieu pendant ce même hiver, ce fut celle du théâtre du Parc à Bruxelles avec 33o lampes. Les machines dynamoélectriques étaient au nombre de deux ayant chacune son moteur à vapeur.
- Une autre fut celle de TEden-Théâtre de Paris dont il a été rendu compte en détail dans la Lumière électrique, n° du 7 juillet i883; l’éclairage électrique
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- n’y figure que pour une partie et est adapté seulement à certaines salles et à des éclairages momentanés de la scène. Il est d’ailleurs exclusivement effectué avec des lampes à arc.
- A la même époque furent annoncés différents projets d’éclairage de théâtres dont quelques-uns furent mis à exécution. Parmi ces projets nous citerons : l’éclairage de l’Opéra ou théâtre royal de Madrid avec i 200 lampes à incandescence, par la Société d’électricité de Barcelone ; celui des théâtres royaux de Berlin également avec des lampes à incandescence; l’installation de mille lampes Swan dans le théâtre national de Budapest; l’éclairage du théâtre royal d’Edimbourg au moyen d’accumulateurs; celui du théâtre de la Cour, à Dresde, avec des lampes Edison ; l’installation de 1 700 lampes Edison dans le théâtre de Prague ; une organisation analogue pour le théâtre Manzoni, de Milan, et l’installation de lampes Swan dans une partie du Gaiety theatre de Londres.
- Nous avons vu ensuite annoncer la décision prise d’installer complètement avec des lampes Swan le théâtre de Stuttgard, puis les expériences faites sur la scène du Grand-Opéra de Vienne avec des accumulateurs et des lampes à incandescence, l’éclairage des théâtres de Wallack et de Madison Square, à New-York, et celui du théâtre du Criterion, à Londres, dans Piccadilly, complètement éclairé au moyen de 600 lampes à incandescence. Enfin, on annonce encore l’éclairage du théâtre d’Islington à Londres.
- Tous ces essais montrent bien les progrès sensibles que fait la question de l’application de l’éclairage électrique aux théâtres et l’intérêt qu’elle
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- excite.
- Les organisateurs de l’Exposition de Munich, avaient, dans le but d’étudier cette question, fait élever dans la nef une salle de théâtre dont l’intérieur est représenté dans la fig. 88.
- Cette salle avait été édifiée avec le concours bienveillant de l’intendant général du théâtre royal de Munich, le chevalier von Perfall, qui chargea de l’entreprise le machiniste chef du théâtre, M. Lau-tenschlager. Tous les matériaux nécessaires pour l’installation, ornements, décors, coulisses, etc., furent également fournis par le Théâtre-Royal.
- Le théâtre de l’Exposition pouvait contenir 600 spectateurs, en dehors de l’espace réservé aux musiciens. Son éclairage était fait d’une part au moyen d’un plafond transparent au-dessus duquel se trouvaient 6 lampes Schuckert. L’intensité de la lumière projetée pouvait être modifiée au besoin en excluant plusieurs lampes du circuit et les remplaçant par des résistances équivalentes.-
- Outre cette lumière tamisée, la salle recevait encore celle de guirlandes de lampes d’Edison disposées le long des murs, comme cela avait été fait à l’Exposition de 1881 dans la grande salle du Con-
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- grès, et les deux lumières combinées produisaient un effet fort agréable.
- La scène était éclairée uniquement, mais d’une façon complète, avec des lampes Edison. La rampe, les portants, les herses en étaient munis.
- Les lampes étaient disposées de manière à pouvoir éclairer avec leur lumière naturelle ou projeter sur les objets environnants, pour la production de certains effets spéciaux, des rayons rouges ou bleus. Ce dernier résultat était obtenu en faisant passer la lumière de chaque lampe à travers un écran de gélatine colorée qu’il était facile de faire arriver devant la lampe au moment voulu.
- Pour la rampe, chaque lampe était entourée à sa base d’une poulie horizontale dont la circonférence pouvait être considérée comme divisée en trois parties. Un premier tiers restait libre, le second
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- portait verticalement un écran de gélatine, rouge à courbure cylindrique; le troisième était muni d’un semblable écran en gélatine bleue. Une. corde passait, comme le montre la fig. 89, alternativement devant et derrière toutes les lampes consécutives, de sorte que si on la tirait, elle imprimait à deux lampes voisines des mouvements inverses ; mais les écrans étaient placés de façon que, toutes les lampes se trouvant d’abord à nu comme le montre la figure, un seul et même mouvement de la corde amenait devant elles tous les écrans rouges ou tous les écrans bleus.
- Pour les lampes des herses (fig. 90) la disposition des écrans était inverse, les lampes étant renversées; en outre la corde de commande agissait d’une façon différente. Le mouvement de fun des
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- écrans entraînait de proche en proche celui de tous les autres et de chaque écran partaient deux cordes qui permettaient d’amener devant la lampe la gélatine bleue ou la gélatine rouge suivant le côté que l’on tirait.
- Pour les portants (fig. 91), les écrans de gélatine au fieu d’être parallèles l'un à l’autre dans le sens vertical, étaient superposés et glissaient sur deux tiges verticales. Une corde passant sur une poulie les entraînait tous d’un même mouvement. A l’état normal, ils dégageaient les lampes ; en tirant plus ou moins la corde on amenait devant elle les écrans rouges ou les écrans bleus.
- Dans ces écrans, pour les trois installations, la gélatine était soutenue par un quadrillé de fils.
- L’éclairage delà scène comportait encore (fig. 92) des appareils destinés à projeter sur certains points, sur la toile de fond par exemplej une plus vive lumière. Ces appareils consistaient en trois rangées de quatre lampes Edison montées dans une sorte de caisse inclinée faisant réflecteur.
- Le système était enfin complété par des projecteurs à arc.
- Pour le réglage des lampes à incandescence, on avait recours à un jeu de résistances fort bien disposé (fig. 92). Les fils de résistance placés dans une grande caisse à jour pouvaient être introduits progressivement dans chaqjue circuit à l’aide d’une série de poignées placées sur une table au-dessus de la caisse, sur la table, des inscriptions indiquaient à quel circuit correspondait chaque poignée. En outre, les extrémités de toutes les poignées s’appuyaient sur une même barre à l’aide dé laquelle on pouvait les manœuvrer toutes ensemble, soit à la main, et d’un seul coup, soit progressivement à l’aide d’une vis fixée sur le bord de la table.
- La figure 94 montre comment les différents appareils que nous venons de passer en revue étaient placés sur la scène.
- Pendant la durée de l’Exposition de Munich, des représentations de ballet eurent lieu tous les soirs dans ce théâtre, et le 26 septembre, après de nombreuses expériences, le congrès des directeurs de théâtre émit une opinion favorable à l’éclairage des salles de spectacle par l’électricité, surtout en ce qui concerne l’absence de danger d’incpndie.
- « Dans le fait, dit à ce sujet le rapport officiel de l’Exposition de Munich, l’éclairage par incandescence, en dehors de la sécurité qu’il présente au point de vue du danger d’incendie, possède toute une série d’avantages qui sautent aux yeux. Ainsi, avant tout, la chaleur produite par les lampes à incandescence, relativement à celle que dégagent les becs de gaz, est excessivement faible. D’autre part, elles ne consomment pas d’oxygène et ne fument pas, et ce sont là des avantages qu’apprécieront particulièrement les artistes qui ont à produire des effets à l’aide des poumons et de la gorge. Un fait très important est que l’allumage des lampes à incandescence et leur réglage, soit pour l’ensemble, soit pour les diverses parties, peuvent être faits d’un point unique par un seul homme, sans présenter les dangers qui résultent de l’allumage des herses au gaz. En outre, l’éclairage par incandescence a certaines propriétés infiniment précieuses au point de vue décoratif, si important pour les scènes de théâtre. On peut le disposer partout sans aucun danger, il donne une teinte plus chaude et plus ensoleillée que l’éclairage au gaz, ce qui est important pour la peinture des décors; il est particulièrement fixe, ce qui fait que le ton des décors reste toujours le même; il n’exerce pas d’influence, comme cela a lieu avec les lampes à arc, sur la couleur des costumes et des décors, exécutés pour l’éclairage au gaz; combiné avec des projecteurs à arc, l’éclairage par incandescencè permet d’atteindre à une intensité inconnue jusqu’ici, et il permet aussi d’aller jusqu’à l’obscurité
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- . — COUPE
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- complète que l’on n’obtient jamais avec le gaz; on pourra ainsi, grâce à son emploi, dans un lever de soleil, obtenir par des gradations insensibles toutes les teintes de la nuit, de l’aurore et du plein soleil, ou bien dans un orage produire des effets subits de lumière, comme ceux des éclairs. »
- En somme, le théâtre installé dans le Palais de Cristal de Munich a montré une fois de plus la possibilité d’employer dans les théâtres les lampes à incandescence en les combinant pour l’éclairage de la salle et pour certains effets de scène avec les foyers à arc.
- La question en est arrivée à un point tel que l’on peut dès aujourd’hui formuler une opinion au sujet de son avenir.
- Pour nous, l’éclairage des théâtres par les lampes à incandescence, combinées avec les lampes à arc dans la mesure que nous avons indiquée, est appelé à prendre de plus en plus de développement.
- Le fait que la plupart des salles de spectacle sont aujourd’hui munies d’une installation de gaz fort complète et très bien entendue retardera certainement ce progrès; mais il sera, d’un autre côté, favorisé par deux autres circonstances : la facilité avec laquelle on peut aujourd’hui écarter d’une installation électrique tout danger d’incendie, et le besoin croissant de lumière, besoin qui se fait sentir dans les théâtres aussi bien que dans tous les endroits publics et dans nos habitations même.
- Cette dernière circonstance est aujourd’hui un fait incontestable. Elle est d’ailleurs une conséquence de la progression toujours croissante que suit le luxe de la décoration.
- Si l’on augmente les dorures, les peintures, les ornements de toutes sortes, il faut inévitablement plus de lumière pour les faire valoir, et les théâtres subiront forcément cette loi. Mais dans ces établissements, si l’augmentation de l’éclairage est obtenue au moyen du gaz, on verra s’accroître dans une fâcheuse proportion tous les inconvénients de ce dernier. En adoptant l’éclairage électrique, au contraire, on augmentera l’éclairage en supprimant ces inconvénients.
- Malgré les précautions prises, les incendies de théâtres éclairés au gaz sont encore fréquents. Tout récemment encore on a vu le théâtre de Tours détruit par le feu, et si l’installation des lampes électriques dans les salles de spectacle doit être appuyée par quelqu’un, c’est certainement par la commission théâtrale chargée de contrôler si les précautions préventives sont suffisamment prises.
- Avec les hampes électriques, en effet, les risques d’incendie sont absolument nuis quand l’installation est bien faite.
- Pour lçs lampes à incandescence, le danger ne peut provenir de la destruction d’une lampe puisque cette destruction entraîne immédiatement la rup-
- ture du circuit de cette lampe; il ne peut être causé que parce qu’un conducteur quelconque, recevant pour une catise ou pour une autre un courant trop intense, se trouverait porté à l’incandescence, et ce cas est complètement évité par l’intercalation, en des endroits convenables, de pièces fusibles. S’il y a échauffement, ces pièces sont détruites par fusion et le conducteur ne peut jamais être porté au rouge.
- Pour les lampes à arc, la même précaution peut être employée, mais elles peuvent d’autre part présenter un certain danger dans le cas où il s’en échapperait des fragments de’charbons enflammés. L’emploi de globes convenables, fermant bien' à leur partie inférieure permet encore de mettre de côté cette crainte.
- Quant aux machines motrices, on ne peut les considérer par elles-mêmes comme une cause de danger d’incendie, car elles seront généralement placées dans une cave ou un sous-sol ne contenant pas de matières combustibles et elles pourront dans certains cas être mises dans un bâtiment séparé du théâtre.
- On a dit que la gutta-percha et les autres matières analogues dont sont recouverts les conducteurs constituaient un danger par suite de leur grande combustibilité. C’est là, ce nous semble, un point auquel il n’y a pas lieu de s’arrêter. A ce compte, il faudrait supprimer dans les théâtres un grand nombre de substances servant à l’ornementation ou à la mise en scène, et qui sont combustibles au même degré.
- L’éclairage électrique des théâtres ne comporte donc pas au point de vue du danger d’incendie, d’objection sérieuse ; il est d’autre part à penser que lorsque la question aura encore été mieux étudiée qu’elle ne l’est à présent, le prix de revient ne sera pas un obstacle.
- L’installation électrique d’un théâtre comporte en effet un grand nombre de lampes à incandescence ; elle peut, par cela même être faite dans les meilleures conditions économiques, et est à ce point de vue dans une bonne situation.
- Le plus grave empêchement résultera, dans bien des cas, de la difficulté de placer les machines génératrices du courant, surtout dans le cas de théâtres déjà construits, où l’on n’a pas ménagé pour cela un local convenable.
- Avec les salles neuves, cette difficulté sera moindre, et ce sera surtout aux directeurs de théâtres nouvellement construits qu’il sera aisé d’entrer dans la voie du progrès. C’est à eux qu’il appartiendra de montrer la voie; mais tout donne lieu de penser que les autres ne tarderont pas à y entrer également.
- Auo, Guiîrout.
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- QUELQUES EXPÉRIENCES
- SUR
- LES PILES VOLTAÏQUES
- On voit donc d’après cela que le travail disponible maximum pour un couple quelconque est proportionnel âü carré de sa force électromotrice et en raison inverse de sa résistance intérieure.
- M. de Lalande vient de publier dans ce recueil la pile qu’il a combinée avec M. Chaperon.
- L’intérêt commercial des inventeurs étant aujourd’hui sauvegardé, je crois devoir publier les expériences nombreuses que j’ai faites sur ce couple. Ces expériences, commencées en juillet dernier, à la demande de M. de Lalande, ont été poursuivies pendant plusieurs mois dans un but purement scientifique et amical. N’ayant pas été encore mentionnées, je crois utile de les faire connaître; néanmoins, avant de passer aux détails, il est opportun d’établir ou mieux de rappeler en quelques mots les principes fondamentaux d’électricité qui permettent seuls de mener à bien une semblable étude.
- CALCUL DE L’ÉNERGIE MAXIMA DISPONIBLE
- d’un couple voltaïque
- Des considérations très simples permettent d’établir ce calcul quand on connaît la force électromotrice et la résistance intérieure du couple, c’est-à-dire ses constantes.
- L’énergie fournie à un circuit de résistance R, traversé par un courant, est égale, d’après la loi de Joule à
- R
- (i) W—----------kilograniraétres par seconde.
- R étant évalué en ohms, et I en ampères.
- — Supposons que le couple voltaïque soit fermé sur lui-même par un conducteur sans résistance, R représente alors la résistance intérieure de l’élément. En remplaçant dans la formule (i) I par sa E
- valeur p- tirée de la formule d’Ohm, il vient
- Dans ces conditions, aucun travail n’est disponible à l’extérieur de l’élément.
- Pour avoir le maximum de travail dans le circuit extérieur, on sait que la résistance R de ce circuit doit être égale à celle de la pile.
- Le travail total fourni par le courant devient alors
- Mais le travail disponible dans le circuit extérieur n’est que la moitié de ce travail total, il vient donc pour Ce travail disponible
- E2
- Wa=-^kilogrammètres par seconde
- CALCUL DE LA FORCE ÉLECTROMOTRICE
- On peut calculer la force électromotrice d’un couple quand on connaît la nature des réactions qui s’y passent et leur valeur en calories.
- Depuis les travaux de Joule les physiciens ont établi une relation entre la force électromotrice et la chaleur chimique d’un couple. Ils sont arrivés à cette loi : La force électromotrice est proportionnelle à la quantité de chaleur dégagée, loi qui se formule ainsi :
- E=KC
- K étant une constante et C le nombre de calories.
- L’exactitude de cette loi a été vérifiée par Favre et Silbermann, J. Regnaud, E. Becquerel, Julius Thomsen, Marié-Davy, Troost, Joule, Jenkin, Tommasi, Berthelot, etc.
- MM. Marie-Davy et Troost, dans un travail déjà ancien publié dans les Annales de physique et de chimie (t. 53, p. 423), ont étudié la même loi par une méthode inverse qui consiste à déduire C de la mesure de E, et ces savants ont conclu de leur travail qu’on peut légitimement employer les forces électromotrices pour mesurer C (*).
- En rapportant C aux équivalents chimiques et E aux unités de l’Association britannique, on peut calculer facilement la valeur de la constante K. On peut se baser pour cela sur les considérations élémentaires qui suivent :
- i° Une même quantité d’électricité traversant plusieurs électrolytes, les poids des éléments séparés sont entre eux comme leurs équivalents chimiques. (Loi de Faraday.)
- 20 Pour détruire une combinaison chimique il faut lui fournir une quantité d’énergie exactement égale à celle que donnent en se recombinant les éléments séparés. (Loi de la conservation de l’énergie.)
- Cela posé, faisons traverser par un courant électrique un électrolyte quelconque, de l’eau acidulée, par exemple, il se développe dans le voltamètre une force électromotrice de polarisation qu’il est facile de calculer.
- En effet la quantité d’énergie fournie par le cou -rantpour décomposer l’eau est égale en kilogram-mètres à
- Q étant la quantité d'électricité exprimée en Cou-
- (') Voir Daguin, Physique, t. III, p. 63o, 4e édition.
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- lotnbs qui traverse le voltamètre et x la force électromotrice inverse inconnue due à la décomposition. . . '
- D’après les expériences précises de Kohlraüsch et de M. Mascart, il faut 96 000 Coulombs pour libérer 1 kilo, c’est-à-dire un équivalent d’hydrogène. Donc l’énergie électrique absorbée par la décomposition d’un équivalent (9 kilos) d’eau est égale à
- . w — kilogrammètres.
- D’autre part l’énergie mécanique représentée par la formation d’un équivalent d’eau est égale à
- W =4240 kilogrammètres
- 424 étant l’équivalent mécanique de la chaleur et C le nombre de calories dégagées par la formation d’un équivalent d’eau ; — or d’après la 20 loi citée plus haut ces deux quantités sont égales.
- On peut donc écrire
- En remplaçant g par sa valeur 9,81 et effectuant les réductions, il revient
- Æ volts—0,0433 c
- Comme on le voit, c’est une formule générale applicable à n’importe quel corps, puisque d’après la 110 loi il faut toujours 96 000 Coulombs pour décomposer un équivalent d’un électrolyte quelconque.
- Dans le cas de l’eau C =.34,5 on a donc E=o,0433 X 34,5= i'449
- ce qui donnerait ivolt,49 pouf la force électromotrice du couple à gaz de, Grove. M. Blavier donne ivolt,75 obtenu par mesure directe.
- Cette différence tient à ce que lorsqu’on charge le couple de Grove par électrolyse, et grâce aussi à la présence du noir de platine, ce n’est point de l’oxygène ordinaire qui se forme, mais bien un mélange d’ozone, d’eau oxygénée et d’oxygène ordinaire ; or, l’ozone se forme en absorbant i4°,8 — O2 O et l’eau oxygénée 10e,74 = HO -f- O (Berthelot).
- Dans le cas de formation de l’eau avec l’ozone et l’hydrogène C = 34e,5 -f- 3e = 37e,5 environ ; alors :
- E = 0,0433x37,5= 1,62
- Avec l’eau oxygénée on a :
- E = 0,0433X(34,5+10,74)= 1,95 ' '
- E prend donc une valeur intermédiaire entre 1,62 et i,g5.
- IL n’y a donc rien d’étonnant à ce que la mesure directe ait donné à M. Blavier 1,75.
- Ainsi s’explique la différence signalée par M. Deprez dans un de ses articles (*).
- — La formule E = 0,0433 C à laquelle on arrive par les considérations ci-dessus diffère un peu de celles domiées par d’autres auteurs antérieurement.
- Ainsi, M. Gordon (2) (1880) donne la formule
- OA
- 9505
- dans laquelle J est l’équivalent mécanique de la chaleur, A l’équivalent chimique du métal considéré et 0 le nombre de calories dégagé par la combustion de un gramme de ce métal.
- Comme on le voit, 0 A est le nombre de calories rapporté à l’équivalent chimique que j’ai désigné par C.
- Après réduction la formule devient donc E=o,044C
- M. Hospitalier (i883) donne la formule
- E=4,i6^H
- dans laquelle H représente la quantité de chaleur produite par la combustion d’un gramme du corps considéré et Z l’équivalent électrochimique de ce corps, c’est-à-dire la quantité de ce corps combiné libérée par 1 coulomb d’électricité.
- Cette formule est moins commode que les précédentes, en ce qu’elle a l’inconvénient de contenir 2 variables Z et H.
- — Il y a environ un an, M. Deprez me dit être arrivé par le calcul à la formule
- E = 0,043 (C—G')
- Mais, mon savant ami ne m’indiqua pas la marche qu’il avait suivie pour l’établir. Comme cette formule est identique à celle que j’ai mentionnée ci-dessus, je suppose qu’elle doit reposer sur un raisonnement analogue.
- Comme on le voit cette formule diffère bien peu de celle de M. Gordon. Elle est très commode pour l’étude des piles et permet, en comparant là valeur de E qu’elle fournit à cette même valeur mesurée directement, de reconnaître soit la présence de réactions secondaires dans l’élément, soit même la vraie nature des réactions chimiques, comme on l’a vu ci-dessus pour le couple à gaz de Grove.
- — J’en citerai d’autres exemples dans le cours de cette étude.
- (9 M. Deprez; Sur le .travail absorbé par l’électrolyse, dans La Lumière Electrique du 7 janvier 1882.
- C2) Gordon; Traitéd’Eleclricilé, traduction française, t. II, p. 335.
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- LA PILE DE LALANDE-CHAPERON.
- C’est en juillet dernier que M. de Lalande me pria d’étudier cette pile pour voir le parti qu’on en pourrait tirer au double point de vue de la production de la lumière électrique et de la force motrice. i
- M. de Lalande mit à ma disposition i5 éléments contenus dans dès pots en grès ronds dé 20 centimètres de haut. Chaque élément était composé d’une boîte eh toile métallique (fer ou cuivre) contenant l’oxyde de cuivre de 20 cent, de haut
- sur 8 de large et environ d’épaisseur.
- Une plaque de zinc recourbée en U enveloppait l’oxyde de cuivre.
- Je procédai immédiatement aux expériences en employant le galvanomètre industriel de M. Deprez à double circuit gradué en volts et en ampères (modèle Carpentier). Cet appareil est certainement le plus commode et le plus pratique pour ces sortes de recherches.
- Chaque élément fermé en court circuit (R=o,oo5 d’ohm) me donnait en moyenne 20 ampères. La force électromotrice, au repos et au début, était très voisine de o volt, 9, tantôt un peu plus, tantôt un peu moins. Ce qui fait que les constantes de chaque couple venant d’être monté était en moyenne
- E = ovoIt,9
- et R = oohm,04
- ' Ces i5 éléments actionnant la machine Gramme à aimant de laboratoire qui m’a servi dans d’autres expériences (') lui faisaient produire un travail de 3 kilogrammètres par seconde, mesuré au frein Carpentier. Ces i5 éléments me donnaient donc le même travail que les 6 bunsens ronds de 20 centimètres de hauteur employés dans l’étude déjà citée.
- La force électromotrice du début ne se maintint que peu de jours et tomba à o volt, 8 pour rester constante.
- Au bout de 3 semaines d’un travail discontinu, la potasse, s’étant en partie carbonatée, par son exposition à l’air, laissait déposer de l’oxyde de zinc et filtrait à travers le grès. De plus, les plaques dépolarisatrices étaient en grande partie épuisées. Leur disposition même empêchait de les recharger et je dus songer, pour poursuivre mes expériences, à employer une autre disposition qui permît facilement la recharge.
- Après un grand nombre d’essais reconnus peu pratiques, je commandai, dans les premiers jours d’août, à M. Wiesnegg, des cuvettes en tôle de forme rectangulaire de 2 dimensions différentes.
- (9 Lumière électrique. Recherches sur les1 moteurs électriques.
- Le premier modèle était une cuvette plate dë> 63 centimètres de long sur 45 de large et 10 de profondeur. Le second, de même forme, avait 40 centimètres de longueur sur 20 de largeur et la même hauteur (10 centimètres) que le premier.
- Ces dimensions n’étaient pas prises au hasard, mais imposées par les dimensions des feuilles de tôle du commerce de façon à ce que la feuille fournît sans déchets 2 vases du premier modèle et 4 du second. Les arêtes verticales étaient soudées à la soudure forte (brasées). Te recouvris le fond d’oxyde de cuivre, et, après avoir disposé aux 4 angles 4 isolateurs en marbre, je posai dessus horizontalement la plaque de zinc redressée verticalement à une de ses extrémités pour attacher la borne négative de l’élément. Pour empêcher sous la plaque de zinc l’accumulation des gaz, 2 des isolateurs étaient un peu plus hauts, de sorte que, la plaque de zinc étant légèrement inclinée, les gaz pouvaient s’échapper facilement. C’est le modèle fig. 3, décrit par M. de Lalande. — De plus, pour égaliser l’épaisseur de la couche d’oxyde, je disposai au fond du petit modèle une grille en fontè entre les barreaux de laquelle l’oxyde vint naturellement se loger.
- Le grand modèle me donna des résultats magnifiques dont je rendis témoins plusieurs personnes, et notamment M. Deprez qui me donna alors sa formule
- E = o,oq3 (C—-CO, et M. Frank Geraldy.
- Le zinc était seulement à 2 centimètres de l’oxyde de cuivre.
- En shuntant le galvanomètre, j’obtins 106 ampères, ce qui donnait pour les constantes du couple
- E = o,8 volt R =0,0075 ohm.
- Le petit modèle me donna dans les mêmes conditions
- E = o,8 volt I = 26 ampères
- Ce qui correspond sensiblement au rapport des surfaces des éléments qui étaient de 8 de'cimètres carrés pour le petit et de 28 pour pour le grand.
- Pour diminuer encore la résistance intérieure, je mis dans le petit modèle le zinc aussi près que possible de l’oxyde, en interposant entre eux une simple feuille de papier parchemin. Dans ces conditions j’obtins plus de 80 ampères, c’est-à-dire près de 10 ampères par décimètre carré, mais la pile se polarisait vite. C’était,. comme on le voit, une pile à outrance, bonne simplement pour fournir à un moment donné un coup de fouet.
- Pour éviter d’avoir des soudures qui fuient quel-
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- quefpis,, je commandai des vases circulaires en tôle repoussée de, 36 centimètres de diamètre sur .12 de haut, ce sont des dimensions courantes dans le commerce pour les bassiner en fer battu. Ces éléments sont munis d’un couvercle en bois qui soutient le zinc et empêche l’accès de l’air» On réunit les couples en les superposant.
- Le zinc étant à 4 centimètres du fond, cès couples donnent en moyenne 3o ampères en court circuit (i5 en travail maximum).
- Quant aux vases de fonte, je ne crois pas que leur usage soit pratique : d’abord ils sont plus lourds que les vases en tôle et de plus tous ceux que j’ai employés ont laissé filtrer la potasse au bout d’un temps plus ou moins long. Je crois que cette disposition en cuvettes plates est tout à fait pratique pour les éléments à grande surface qui sont installés à poste fixe, tandis que les plaques agglomérées doivent être réservées pour les éléments portatifs.
- ACTION DE LA CHALEUR SUR LA PILE DE LALANDE-CHAPERON.
- Dans le cours de ces essais, j’ai constaté que la chaleur permet d’augmenter considérablement l’énergie de cette pile.
- Voici l’expérience que j’ai faite à cet égard : un élément était monté dans une petite cuvette circulaire de fonte de 10 centimètres de large sur 5 de haut installéè sur un petit support à gaz.
- La température étant de 20 degrés, la pile fermée sans résistance sur le galvanomètre Deprez me donnait 4 ampères.
- J’allume alors un bec de gaz sous la petite marmite de fonte, de façon à chauffer graduellement l’élément; à 3o degrés j’avais 6 ampères, à 40° 8 ampères, et enfin à 5o°, j’atteignais 12 ampères.
- Je n’ai pas poussé l’expérience plus loin, parce que, à cette température, le zinc commençait à être attaqué par la solution de potasse. J’ai répété plusieurs fois cette expérience, toujours avec des résultats analogues.
- A ces différentes températures, la force électromotrice n’a pas changé, comme je m’en suis assuré, ce qui aurait pu avoir lieu, car on sait, d’après les expériences de M. Berthelot, que la chaleur de combinaison des corps varie suivant la température à laquelle s’effectue la réaction. Cette expérience montre donc que la résistance intérieure de la pile diminue beaucoup avec la température.
- Au point de vue pratique, il découle de cette expérience que la pile doit être placée dans un endroit le plus chaud possible, pourvu que la température ne dépasse pas environ 40 à 45 degrés centigrades.
- ÉNERGIE DE LA PILE DE LALANDE-CHAPERON.
- Quand la pile vient d'être montée, sa force électromotrice est de 0,9 volt environ. Fermée en court circuit, elle tombe à 0,70, et pendant le travail ordinaire elle donne en moyenne 0,8 volt.
- Les réactions génératrices du courant sonl très simples. Quand les pôles sont réunis, l’eau est décomposée, l’oxygène se porte sur le zinc et produit de l’oxyde de zinc qui se combine à la potasse pour former un zincate alcalin; quant à l’hydrogène, il réduit l’oxyde de cuivre à l’état métallique. L’oxydation du zinc dégage 42 calories par équivalent. La combinaison de cet oxyde avec la potasse dégage 4 calories (Marié-Davy et Troost).
- Quant à la réduction de l’oxyde de cuivre, elle nécessite environ 20 calories; nous avons donc
- 0 = 424-4 — 20=26
- En appliquant la formule
- E = 0,04330
- nous avons
- E=i,ivolt.
- La force électromotrice mesurée directement est, on le voit, plus faible que celle indiquée par la théorie. Je crois que cela tient à ce que la chaleur de dissolution de l’oxyde de zinc dans la potasse n’a pas été mesurée directement, mais déduite de considérations théoriques.
- Quant à la mesure de l’énergie pour le couple à auge de 8 décimètres de surface, elle est facile à calculer d’après la irc formule .
- D’après les mesures directes
- E = o,8volt R=0,04 0hm il vient donc
- ^=5^1 = 0,4 kilograramètre.
- 1,57
- Chaque couple peut donc donner au maximum un travail utile de 4 dixièmes de kilogrammètre. Comparons cette énergie à celle fournie par un couple Bunsen plat (modèle Ruhmkorff).
- Quand le vase poreux est en terre rouge, qu’on a le soin de le laisser bien imbiber par l’acide, le modèle de 20 centimètres de haut donne les résultats suivants:
- E = 1,9 volt 1=36 ampères
- T’ai même obtenu 48 ampères avec ces couples
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- en mélangeant l’acide nitrique à 1/4 de son volume d’acide sulfurique concentré.
- En adoptant comme résistance intérieure o,o5 ohm pour ce modèle monté dans de bonnes conditions, on a
- Le Bunsen plat peut donner 1,8 kilogrammètre par seconde, il vaut donc comme énergie 4, 5 éléments de Lalande-Chaperon.
- Le Bunsen rond de 20 cent, de haut dans les meilleures conditions ne donne guère que moitié du modèle plat, et souvent moins quand les vases poreux sont de mauvaise provenance. En pratique 2 éléments à auge de 20X40 remplacent couramment un Bunsen rond de 20 cent.
- J’ai souvent pesé le zinc après avoir fait donner à la pile un travail connu; toujours la consommation a été à très peu près égale à celle indiquée par la théorie. Ce fait prouve par conséquent que ce couple est exempt de réactions secondaires et ne consomme qu’en proportion du travail qu’il fournit.
- La pile à potasse-oxyde de cuivre comparée aux meilleurs accumulateurs leur est supérieure comme énergie emmagasinée. .
- M. Planté avec ses meilleurs accumulateurs n’a. jamais déposé plus de 20 grammes de cuivre par kilo de plomb.
- La pile de Lalande dépose 5o fois de plus par kilo de zinc, c’est à-dire 1 kil. de cuivre environ.
- Mais, dans la pile pour dissoudre 1 kilo de zinc, il faut 3kilos de potasse sèche, 5 ou 6 d’eau et 1 kilo 25o d’oxyde de cuivre. Ce qui fait en moyenne que 1 kilo de pile de Lalande-Chaperon peut dissoudre 100 grammes de zinc seulement qui déposeront 100 grammes de cuivre. Donc
- ik d’accumulateur dépose.............. 20 gr.
- ik pile de Lalande-Chaperon......!.. 100 gr.
- La quantité de coulombs donnée par la pile est donc 5 fois plus grande que celle fournie par l’accumulateur de même poids.
- Quant au travail électrique, il est égal, comme le travail hydraulique, à la quantité écoulée multipliée par la chute de pression.
- Pour la pile
- E=o,8
- Pour l’accumulateur
- E'=2
- Le rapport des travaux de ces deux générateurs d’électricité est donc égal à
- 20X2 _42_2 100X0,8 80 '
- La pile de Lalande-Chaperon à poids égal vaut
- donc seulement 2 accumulateurs Planté bien formés comme quantité d’énergie emmagasinée. Dans la pratique, il est vrai que les accumulateurs ordinaires ont une capacité d’emmagasinement 3 ou 4 fois plus faible au début.
- L’accumulateur a pour lui sa grande force électromotrice et sa faible quantité de liquide qui le rendra toujours plus transportable que la pile. Je ne pense donc pas que la pile à potasse puisse remplacer l’accumulateur au plomb, même quand cette pile pourrait devenir pratiquement réversible sans manipulation. La potasse a de plus l’inconvénient de s’altérer à l’air, ce qui n’a pas lieu pour l’eau acidulée de l’accumulateur.
- Quoi qu’il en soit, ce nouveau couple est intéressant par d’antres côtés, notamment par sa constance, son absence d’odeur et la suppression des actions locales à circuit ouvert. Il est appelé à remplacer le couple Daniell dans toutes ses applications et constitue un précieux auxiliaire pour la téléphonie et les recherches de laboratoire où on a si souvent besoin d’un courant à la fois énergique, constant, et toujours prêt à agir pour la production d’effets thermiques, lumineux, chimiques, physiques et mécaniques.
- J’ai étudié depuis longtemps déjà d’autres couples analogues. Je me réserve de faire connaître ces expériences dans un prochain travail.
- Dr A. D’Arsonval.
- REVUE DES TRAVAUX
- RÉCENTS EN ÉLECTRICITÉ
- Sur l’application de la méthode d’Ampère à la •recherche de la loi élémentaire de l’induction électrique par variation d’intensité, par M. Quet (i).
- « La loi élémentaire de l’induction produite par la variation d’intensité des courants électriques est aujourd’hui représentée par trois formules très différentes, dont une est de M. Neumann et l’autre de M. Weber. Quelle est celle qu’il convient d’adopter? Une question analogue se produit aussi pour l’induction par vitesse relative, dont deux lois élémentaires différentes . ont été proposées par MM. Neumann et Weber, et, dans ma dernière communication, j’ai fait voir que la méthode d’Ampère donne la loi du dernier de ces savants. Il est naturel de chercher quel résultat peut fournir cette méthode dans le cas plus délicat et plus difficile de la première question; on verra qu’elle conduit à une expérience propre à mettre à l’épreuve la loi
- (’) Note présentée à l’Académie des Sciences dans la séance du 6 août i883.
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- de M. Weber. D'ailleurs cette expérience aura cela d’intéressant que, si elle est favorable, elle suffira pour donner directement la véritable formule.
- « L’appareil à employer se compose d’une série de solénoïdes égaux, fermés, à directrices planes, et enfilés par un anneau support sur lequel ils sont régulièrement répartis. On fait passer un même courant dans les conducteurs et l’on observe si des effets extérieurs d’induction së produisent lorsque Je courant subit des variations d’intensité. Si l’induction est appréciable, c’est que la loi de M. Weber ne satisfait pas à ce genre d’expériences; si elle est insensible, c’est que la loi sort victorieuse de cette épreuve. Reste à savoir si d’autres lois ne pourraient pas conduire au même résultat. Admettons, pour un moment, que l’expérience soit favorable et consultons les équations d’équilibre que fournit alors la méthode d’Ampère. Nous trouvons que trois lois seulement peuvent satisfaire à ces conditions; que deux d’entre elles doivent être rejetées comme étant contraires à d’autres observations, et que celle qui reste donne la loi de M. Weber.
- « Voici, en peu de mots, la marche que j’ai suivie :
- « i° Hypothèse générale. —J’admets que l’action inductrice de l’élément du courant ds sur la masse élémentaire m de fluide électrique * consiste en une attraction du une répulsion.
- « 2° Proposition. — Cette action est nulle lorsque ds est perpendiculaire à la ligne des centres. Cela résulte de l’application de la loi de symétrie employée par Ampère dans l’électrodynamique. La loi de M. Weber s’accorde avec cette proposition.
- « 3° Principe général. — L’action de ds sur m est égale à la résultante des forces que l’on obtiendrait si l’on faisait agir sur cette masse successivement les projections de l’élément de courant ds suivant trois directions rectangulaires menées par son centre.
- « On peut réduire à deux les trois projections de ds en choisissant pour axes de projection la ligne des centres et sa perpendiculaire dans le plan qui passe par ds. Comme l’action due à la projection sur ce dernier axe est nulle en vertu de la proposition qui précède, on n’a à considérer que celle de la première projection, dont la grandeur est ds cosô, 0 étant l’angle ds avec la ligne des centres O C ou r. D’après cela, on peut écrire
- />=?n ^/(r) cos 9 ds.
- V
- La loi de M. Weber a cette forme. Il reste à déterminer la fonction inconnue/(r).
- « 40 Action inductrice d'un circuit plan et de très petites dimensions. — Le calcul m’a donné, pour
- les composantes X, Y, Z de l’action P exercée sur m,
- X==OTi“ TrOï-z.P), Y=..., Z=...; .
- d» est l’aire du circuit plan ; x, y, z les coordonnées de son centre de gravité G; p la distance de ce centre au point O; a, G, y les cosinus des angles que la normale G N au plan du circuit fait avec les axes des coordonnées dont l’origine est au centre O de m.
- « 5° La fonction inconnue f (r) est négative. — Les valeurs précédentes de X, Y, Z montrent immédiatement qu’il en doit être ainsi pour que l’augmentation d’intensité du courant inducteur produise un courant inverse dans un circuit concentrique et de même plan. Ce même signe se trouve dans la loi de M. Weber.
- « 6° Action inductrice d'un solénoïde homogène, fermé et à directrice plane. — Les composantes X', Y', TJ de cette action P' se déduisent des valeurs précédentes par un calcul qui se trouve tout à fait dans l’électrodynamique. On a ainsi
- x=-w|1T"|^2!pW + r?'^
- -^V(R)|, Y'=..., TJ—,..
- Le signe de f (r) a été changé d’après la remarque précédente. On apposé f (r)=r2cp(r); on a désigné par R la distance du point O au centre de gravité G' de la directrice d’aire w' qui appartient au solénoïde dont la génératrice a pour aire w ; x', y', z' sont les coordonnées de G' ; a', (3', Y sont les cosinus des angles faits avec les axes par la normale G' N' du plan sur lequel se trouve l’aire <o' ; q est la distance du point O à ce plan ; R est la distance OG'; ïest l’intervalle de deux génératrices consécutives du solénoïde, intervalle compté sur la directrice.
- « L’expérience a montré à Felici que l’action inductrice du solénoïde n’est pas nulle, et cela s’accorde avec les expressions de X', Y', Z', et spécialement lorsque l’on adopte la loi de M. Weber, c'est-à-dire lorsqu’on prend f(r) = -, b étant une
- constante. Il y a là une nouvelle vérification de la loi de M. Weber.
- « 7° Action inductrice d'un solénoïde composé, construit conformément à la règle déjà donnée. — Je considère une courbe quelconque passant par les centres de gravité G' de divers anneaux solé-noïdaux et dirigée perpendiculairement aux plans de ces animaux. Cette courbe servira de directrice au solénoïde composé. Je désigne par V la distance constante des centres de gravité consécutifs G', comptée sur la directrice, et par X", Y", Z" les composantes de l’action exercée par le système sur
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- la masse m. Lp calcul de ces composantes est en quelque sorte tout tait dans l’électrodynamique. Lorsque la directrice est fermée, j'ai
- J£-—y—..., v- .
- Cp? composantes deviennent nulles lorsqu’on prend pour f (r) l’une ou l’autre des trois expressions
- '' h> r%> j. + h'r3,
- et il est aisé de voir qu’il n’existe pas d’autre ex-ppessipn pour annuler les seconds membres; cela est démontré d’ailleurs dans l’électrodynamique. Comme on doit rejeter les deux dernières expressions, ÏI ne reste plus que la première qui soit possible. Dans ses conditions, et l’expérience étant supposée favorable, on a, pour la loi élémentaire et pour la force électrotaotrice e développée dans l’élément da d’un circuit fermé, contenant la masse m et faisant l’angle <|/ avec O C,
- i t hm di „ , di „ .. .
- p *=-r~ diC0S ® “Sy e ” — ldiC0S ® cos ^ ^r7m
- Ce sont les formules de M. Weber. »
- Sur la mesure des différences de potentiel, au moyen du galvanomètre ; par M. L. Thévenin (*).
- « Parmi les conséquences pratiques du théorème d’électricité dynamique que j’ai présenté à l’Académie (séance du 16 juillet 1083), je crois devoir signaler aujourd’hui son application à la détermination expérimentale de la différence des potentiels V et Y' en deux points A et A' d’un réseau de conducteurs parcourus par des courants constants.
- « L’emploi de l’électromètre fournit une solution rigoureuse du problème, et cette solution est, à tous les égards, la plus satisfaisante; mais la mise en station et le réglage de l’instrument exigent, de la part de l’expérimentateur, une habileté peu commune, et réclament, dans tous les cas, un temps assez long. On a donc souvent recours au galvanomètre; la méthode usitée 'est alors la suivante :
- « L’appareil est placé en dérivation, c’est-à-dire que les deux extrémités du fil des bobines aboutissent en A et A'. On observe la déviation de l’aimant, et, connaissant la constante de l’appareil, on en déduit l’intensité i du courant dérivé. Ceci posé, si la résistance r de la branche contenant le galvanomètre est très grande, on admet que l’introduction de cette résistance n’a pas changé sensiblement le régime primitif des courants, c’est-à-dire que la nouvelle différence v—v', des potentiels des
- (*) Note présentée à l’Académie des sciences dans la séance du 6 août i883.
- points A et A' est sensiblement égale à la différence cherchée V—V', et l’on accepte, pour valeur de la quantité cherchée, l’expression
- v — v'=ix r.
- « Mais que faut-il entendre par une résistance très grande? Il est clair qu’il ne s’agit pas ici d’une résistance très grande d’une manière absolue, mais très grande par rapport à une autre résistance. Quelle est cette autre résistance, et sur quelie approximation peut-on compter? Ce sont là deux questions importantes, sur lesquelles aucun traité de mesure ne donne, à ma connaissance, d’explications. Or j’ai démontré que, si R représente la résistance du réseau primitif mesurée entre les points A et A' considérés comme électrodes, la valeur véritable de Y—V' est donnée par la relation
- Y — V' = î(r+R).
- . « L’erreur absolue est donc
- V — V' — (v — v') = iR,
- et l’erreur relative est
- R i
- r + Rü + I-
- « Ainsi, pour avoir une idée de l’approximation de la mesure, il faut connaître, au moins d’une manière approchée, la valeur du rapport —• La méthode supposant qu’on connaît r, il reste à évaluer R. Cette évaluation peut se faire assez facilement, lorsqup les points A et A' partagent le réseau en deux parties qui n’ont pas de communication entre elles, et qui sont constituées chacune par un conducteur simple ou par des conducteurs en arc multiple, de résistances connues; mais il n’eii est plus de même si ces deux parties sont reliées entre elles par d’autres conducteurs, et, dans ce dernier cas, on ne peut, en général, se rendre compte a priori de la valeur minima qu’il convient de donner à r pour que l’erreur ne dépasse pas une limite assignée.
- « Voici une méthode qui évite cet embarras, en fournissant une solution dans laquelle il n’entre aucune approximation.
- « Le galvanomètre, dont la résistance peut avoir une valeur quelconque, étant installé en dérivation, comme précédemment, entre les points A et A', les potentiels de ces points prennent des valeurs différentes de V et V', mais j’ai démontré que l’on a
- (I) V-V'=*(>-+R).
- « Introduisons maintenant dans la branche du galvanomètre une résistance étalonnée a, et soit i'
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- S^o
- la nouvelle intensité du courant dérivé, déduite de la nouvelle déviation de l’aimant. On aura
- (2) V—V' = /(a+r+R).
- « Eliminant r-j-R entre ces deux relations, on obtient
- * Si l’on choisit a de manière la for-
- mule se simplifie et devient
- V-V'=«Xi.
- « Cette formule est rigoureusement exacte, et, en vertu de la généralité du théorème dont elle se déduit, elle est applicable quelle que soit la complication du réseau.
- * Théoriquement, on peut donner à r une valeur quelconque. En pratique, cela est encore vrai, sauf lorsqu’il existe dans le réseau des forces électromotrices de réaction. Il convient alors, pour rendre leurs variations peu sensibles, de faire usage, de préférence, d’une dérivation de résistance considérable (*).
- « Remarque 1. — On peut également, des équations (2) et (3), tirer la valeur de R. On trouve
- et, dans le cas où i' = j.
- R = a — g.
- Il en résulte que le réseau donné peut, le cas échéant, être traité comme une source constante, par exemple comme une pile, dont les pôles sont en A et A', dont la force électromotrice est a X i, et la résistance intérieure a — g.
- « Remarque II. — Toutes les méthodes connues pour la mesure de la force électromotrice et de la résistance intérieure d’une pile peuvent servir pour déterminer les quantités désignées par Y — V' et par R; c’est la conséquence de la formule
- . V —V' l~ r + R »
- qui fait l’objet de mon théorème. Si j’ai développé spécialement l’une de ces méthodes, c’est pour indiquer la possibilité de parvenir, par une modification simple, à rendre rigoureusement exact, un procédé^ usuel ne fournissant qu’un résultat approché. »
- (>) A ce point de vue, l’emploi de l’électromètre présente un grand avantage, car il permet d’effectuer la mesuré sans altérer en rién le régime des courants.
- Le téléphone de M. d’Argy.
- Nous avons décrit l’année dernière (voir La Lumière Electrique, p. 528) le parleur microphonique de M. d’Argy. On se rappelle le dispositif de l’ap • pareil dérivé des instruments antérieurs, basés sur l’emploi des matières pulvérulentes, notamment des électrophones de M. Ch. Bourseul. M. d’Argy nous communique aujourd’hui les perfectionnements apportés à son microphone, perfectionnements qui en font un transmetteur tout particulier, qu’il a fait breveter, et que la maison Mildé fils livre à très bon marché.
- L’emploi des poudres semi-conductrices, de matières plus ou moins concassées, n’est pas sans présenter d’inconvénients. La mobilité des particules, leur déplacement presque certain, provoquent des crachements désagréables, le bruit de friture, malheureusement si connu et si contraire à la netteté de la conversation. Ces désagréments n’ont pas permis la vulgarisation des appareils en question. M. d’Argy assure avoir résolu le problème. Pour arriver au but voulu, il prend un tube de caoutchouc dans lequel est collé un dé de charbon qui peut avoir moins d’un centimètre. Un deuxième dé de même dimension s’applique dessus fortement. Entre les deux surfaces, pressée, est la couche de coke, de mine de crayon, de charbon, etc. Cet organe électrique forme donc un cylindre dont quelques échantillons ne dépassent pas 17 millimètres de long. Quand cet organe est bien fait, que le tour de main délicat nécessaire a réussi, le cy lindre parlant peut être jeté à terre, puis collé à une table, à un mur, dans une armoire, dans un coffret, etc. ; il transmettra, comme avant, la parole avec une clarté surprenante. Dans la pratique, M. d’Argy loge son appareil dans une petite boîte en forme de losange. La planche antérieure (sapin, noyer, ébonite, etc.) peut avoir 3 millimètres et plus. Enfin, pour éviter trop de sonorité, souvent le losange est rempli de ouate. On n’emploie la bobine d’induction que pour les longues distances.
- Sur les propriétés thermo-électriques et actino-
- électriques du quartz. Réponse à MM. Friedel et
- Curie, parM. Hankel (>).
- M. Hankel maintient l’existence des propriétés achino-électriques du quartz ; il ne croit pas que les phénomènes qu’il a observés soient dus uniquement à la compression qu’exerceraient les unes sur les autres des parties du cristal inégalement échauffées. D’après MM. Friedel et Curie, au contraire, les phénomènes observés par M. Hankel se ramèneraient au phénomène de MM. Curie. A l’appui de son opinion, M. Hankel reprend dans le détail la
- f1) Annales de Wiedemann, n° 8 bis, i883.
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- discussion de ces expériences. Il ajoute que certains cristaux symétriques jouissent de propriétés thermo-électriques, sans pourtant qu’il ait pu observer sur eux le phénomène de MM. Curie ; ces cristaux sont nombreux et parmi eux se trouvent : le, spath fluor, le spath d’Islande, la topaze, l’arragonite, le gypse; il est vrai que l’auteur ajoute que l’expérience de MM. Curie ne réussit pas si on écarte tout effet électrique perturbateur; sa conclusion paraît donc reposer ici encore sur la discussion des conditions de l’expérience. — L.
- Appareil de démonstration pour les courants de Foucault, par A. von Waltenhofen (').
- L’appareil se compose d’un pendule en cuivre oscillant entre les pôles d’un électroaimant (fig. 1 et 2). Au moment où la masse de cuivre du pendule passe entre les pôles de l’électroaimant, elle est arrêtée par le frottement électromagnétique. Un courant très faible suffit pour amortir visiblement les oscillations; un courant énergique les fait cesser aussitôt : la masse s’arrête dans le champ magnétique comme si elle pénétrait dans une masse pâ-
- teuse. Cette forme de l’expérience de Foucault paraît propre à montrer à un auditoire l’action retardatrice due aux courants induits qui prennent naissance dans la masse de cuivre en mouvement.
- _________ L.
- Recherches sur le pouvoir diélectrique et sur la biréfringence des liquides, par M. G. âuincke f1).
- L’auteur s’est proposé de mesurer la constante diélectrique des liquides par plusieurs méthodes.
- La méthode la plus directe consiste à charger un condensateur formé de deux armatures métalliques parallèles immergées dans le liquide à étudier; on compare, au moyen du galvanomètre, la charge acquise par ce condensateur à celle qu’il aurait reçue si la lame isolante était constituée par de l’air; le rapport des deux charges est égal à la constante diélectrique du liquide.
- Deux autres méthodes employées par l’auteur sont indirectes. L’une d’elles consiste à suspendre
- A) Annales de Wiedemann, 8 bis, 1883.
- (') Annales de Wiedemann, n° 8 bis, i883.
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- l’une des armatures du condensateur à liquide au plateau d’une balance, et à déterminer par une pesée l’attraction qui s’exerce entre les deux armatures. L’autre méthode consiste à rendre, de nouveau, les deux armatures métalliques fixes, mais à introduire entré elles une large bulle d’air, de telle sorte, qu’au lieu d’êire formée uniquement par du liquide, la lame isolante est formée en partie par le liquide, en partie par la bulle d’air. Cette bulle d’àir est mise en communication avec un manomètre à air libre contenant du pétrole. Lorsque l’on charge le condensateur, le liquide isolant qui le baigne est attiré, et comprime par suite la bulle d’air. L’accroissement de pressions ainsi produit est mesuré par le manomètre; il dépend, suivant une formule simple, de la constante diélectrique. Ces trois méthodes ont donné à M. Quincke des résultats peu concordants; et même les déterminations faites avec une même méthode et un même liquide lui ont fourni des nombres qui variaient d’heure en heure; le savant expérimentateur d’Heidelberg croit pouvoir attribuer ce résultat peu satisfaisant à une attraction spontanée des liquides en expérience. Ces liquides étaient : l’éther, le sulfure de carbone,’ pur et chargé de soufre, la benzine, la térébenthine et le pétrole. Les racines carrées du volume trouvées pour la constante diélectrique diffèrent notablement de leurs indices de réfraction, au lieu de leur être égales, comme le voudrait la théorie de Maxwell.
- On se rappelle que M. Kerr a découvert la biré: fringence acquise par les corps isolants, pendant qu’ils sont soumis à l’influence électrique. M. Quincke a repris l’étude des phénomènes de Kerr. L’appareil se compose de deux armatures métalliques immergées dans le liquide à étudier. Ces armatures sont planes et parallèles, ou bien cylindriques et concentriques. Le' liquide est contenu dans une auge de verre à faces parallèles. Un rayon de lumière polarisée traverse le liquide qui forme la lame isolante du .condensateur, parallèlement aux armatures ; il est reçu dans un analyseur. On charge le condensateur à liquide en mettant ses armatures en communication avec celle d’une batterie de Leyde qui elle-même est chargée par une machine de Holtz. On met d’abord l’analyseur à l’extinction, puis on charge l’appareil et on voit la lumière réapparaître colorée, comme elle le serait si la lame liquide était remplacée par une lame cristalline dont l’axe serait parallèle aux lignes de force. Ce phénomène est dû, comme on sait, à ce 'que la vibration lumineuse succédant se résout en deux composantes qui acquièrent entre elles une différence de marche.
- On peut mettre cette différence de niarche en évidence au moyen d’un réfractomètre interféren-tiel. M. Quincke a employé, à cet effet, l’appareil à glaces épaisses de M. Jamin. Le rayon émergeant
- était reçu dans un spectroscope où l’on observai^ un spectre sillonné de bandes d’interférence. Ôr, ces bandes, au lieu d’être rectilignes et fixés, se sont montrées ondulées, mobiles et aminées en outre- d’un mouvement de translation très lent. L’auteur attribue cette particularité à ce qüe le liquide isolant se meut entre les deux plaques, comme les balles de sureau dans l’expérieilce de la grêle électrique; de là une distribution inégale des pressidns qui produit les ondulations ; de là aussi un échaüffement graduel qui produit le mouvement de translation lent des franges. Les mesures de la différence de marche faites par M. Quincke lui ont présenté des irrégularités de même ordre de grandeur que les mesures de la constante dialectrique. — L.
- CORRESPONDANCE
- Exposition Internationale d’Électricité de Vienne
- Vienne, le ig août i883.
- L’ouverture de l’Exposition vient d’avoir lieu le jeudi ib avec les cérémonies ordinaires. Le prince impérial, suivi de son état-major, est arrivé à onze heures. Il a visité, après un échange de discours, les principales installations. Cette promenade, sous la conduite de la commission, a duré jusqu’à deux heures un quart. Une musique militaire jouait des airs pendant ce temps.
- Le prix d’entrée était de 2 florins (5 fh environ) pour ce jour; aussi n’y avait-il que trois à quatre cents personnes. Le temps, du reste, était affreux, et la Rotonde se trouve, comme on le sait, au milieu d’un parc boueux, à deux kilomètres de la ville.
- La Rotonde avait été fort bien ariangée pour l’ouverture, ce qui a été fait en deux jours est inoüï. Partout des fleurs, des arbrisseaux, des tentures, des drapeaux. Le « Sud-Por-tal » avait été disposé en salon : c’est là que la Cour a été reçue et que les discours ont été prononcés.
- Mais ce n’est que le lendemain que le succès de l’Exposition s’est franchement déclaré. Dès dix heures du matin, une foule compacte, qui n’a cessé de circuler jusqu’à cinq heures et, demie, se pressait aux portes.
- A cinq heures, un formidable carillon de toutes les sonneries, cloches, timbres de l’Exposition, auxquels se mêlaient les sifflets stridents des chaudières, fêtait le lendemain de l’ouverture, ainsi que cola a eu lieu à Paris en 1881.4 En' même temps, on invitait le public à se retirer, car ce n’est que dans quelques jours qu’on pourra ouvrir le soir. La Compagnie Brush doit encore installer ses lampes dans la Rotonde. MM. Piette et Krizik sont prêts. Quarante-deux de leurs régulateurs, comprenant la moitié de la première galerie supérieure, ont été essayés. L’effet est très beau. MM. Schwerd et Schuckert ont également déjà leurs lampes dans la deuxième galerie, dans la Rundgalerie et dans les galeries des machines. La maison Breguet installe des lampes dans la section française. Le pavillon des Postes et dès Télégraphes de Paris sera éclairé par des lampes Cance, qui sont déjà à leur place.
- Samedi, malgré que ce fût le jour de la fête de l’Empereur, et que le public se trouvât un peu dispersé par des jeux et divertissements qui avaient lieu en différents points de la ville, le public n’a cessé d’arriver, montrant un vif intérêt pour toute l’exposition.
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- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ 543
- Le prix d’entrée est de 40 kreutzer (1 franc environ) pour les jours ordinaires et de 3o kreutzer (0,75 centimes) pour les dimanches et jours de fête.
- Aujourd’hui dimanche la foule est énorme.
- Le pavillon oriental, le théâtre, les petits salons, sont la grande attraction, et en effet ces salons Sont ravissants. Il y a un modèle de chambre à coucher éclairé par des lampes à incandescence cachées qui est tout à fait réussi. On emploie 3 modèles de lampes : les Edison, les Swan et les Maxim. Ces deux dernières sont bien pâles, les Maxim surtout; est-ce la faute de la machine qui n’est pas assez forte î Est-ce le voisinage des lampes Edison, qui, peut-être à dessein, sont toutes du type A? Dans tous les cas, les Edison l’emportent de beaucoup dans les petits salons sur les autres lampes.
- Lé théâtre est éclairé d’une façon charmante par deux lustres de Swan. Ici la lumière est très belle, bien qu’on ne force pas les lampes. On a fait dernièrement quelques essais d’éclairage qui ont montré quelle grande ressource on trouvait dans les lampes à incandescence pour les jeux de lumière scéniques.
- Un effet de lune a soulevé des applaudissements parmi les personnes qui assistaient à ces expériences.
- Une loge construite au fond du théâtre renferme un appareil de projection.
- Les séances commenceront la semaine prochaine, ainsi que des conférences sur l’électricité qui auront lieu pendant toute la durée de l’Exposition dans le petit théâtre.
- P. Samuel.
- FAITS DIVERS
- UElectrical World décrit tout au long un système de tramway électrique de MM. Field et Edison. Ce système n’est que la reproduction des essais faits depuis longtemps sur ce sujet, et ne présente aucun trait caractéristique.
- D’après 1’Electrical World, Edison aurait exprimé ainsi qu’il suit ses projets actuels :
- « Je suis arrivé à cette conclusion que mon système d’éclairage, aujourd’hui perfectionné, doit maintenant être répandu, et que je puis, mieux que personne, le prendre en main et le pousser, ii est Si compliqué que je ne me sens pas disposé à le confier à des mains neuves et inexpérimentées, parce que la science et l’argent y jouent un double rôle. Le droit d’introduire la nouvelle lumière une fois acquis par des étrangers, je fais un traité pour élever des t>â-timents, établir des conduites, etc., et trente jours après, je transmets l’établissement à la Compagnie locale pour la somme convenue. Je compte établir l’éclairage dans 6 villes, comme Utica, tous les mois, à partir de maintenant. Je Veux accomplir ce que j’avais entrepris : démontrer l’utilité de la division de la lumière électrique par les lampes à incandescence et la substituer au gaz. Les faits confirment mon attente. Il me faudra un an au plus pour achever do perfectionner le système dans son ensemble. Cela fait, je me remettrai à inventer, mais je ne puis encore dire ce que j’inventerai. Ce sera dans le même ordre d’idées qu’aujour-d’hui. J’ai, jusqu’à présent, trouvé une foule .de choses auxquelles je n’ose pas toucher. En expérimentant, je rencontre bien des choses auxquelles je n’avais pas songé. »
- L’amirauté russe fait placer dans le golfe de Finlande des torpilles du système Lay. Ces torpilles sonty destinées à la défense du canal qui va de Kronstadt à Saint-Pétersbourg. On les a essayées récemment près de Constantinople, dans le Bosphore. Ce sont des torpilles autolocomobiles, dans lesquelles la force motrice est obtenue de l’acide carbonique
- liquéfié. La torpille Lay présente cette particularité qu’elle peut marcher en tous sens, en avant, en arrière, à droite, à gauche, plonger ou remonter. Elle a deux gouvernails et deux hélices; ces dernières sont abritées sous une sorte de cage. La marche et la direction de la torpille sont indiquées à l’officier, qui la manœuvre à distance par dèux baguettes verticales fixées à l’un et à l’autre de ses bouts, et dont l’extrémité supérieure dépasse un peu la surface de l’eau. Pendant la nuit, ces baguettes supportent deux fanaux, visibles seulement pour le poste de lancement. S’il s’agit de faire marcher la torpille, un courant électrique, produit par une dynamo placée sur le rivage, arrive par Un câble métallique à la torpille, dans laquelle il traverse Un petit moteur dynamo qu’il met en mouvement. S’il faut déterminer l’explosion, on lance le courant dans la charge de fulmi-coton. Les torpilles Lay ont une longueur de huit mètres et pèsent quinze cents kilogrammes; leur vitesse dépasse douze nœuds et elles peuvent être projetées jusqu’à des distances de deux mille cinq cents mètres.
- Éclairage électrique.
- L’installation d’éclairage électrique faite au Musée de South-Kensington, à Londres, par l’Electric Sun Lamp and Power Company, donne, paraît-il, des résultats avantageux. Sept galeries de tableaux, les deux salles réservées aux objets d’art, dits legs Jones, et la salle de lecture, sont éclairés avec quarante lampes de d ufze cents candies chacune; le courant est fourni par quatre machines dynamo Gramme à courant alternatif, alimentées par deux excitatrices Gramme ordinaires et actionnées par un moteur Fowler de trente chevaux. Dans la salle de lecture, les rayons sont projetés par réflexion de la muraille et du plafond, ce qui procure une lumière douce et sans ombre.
- L’éclairage à l’électricité essayé depuis quelque temps dans la salle à manger et la bibliothèque de la Chambre des Communes, au Palais de Westminster, donne de si bons résultats qu’on se propose de l’adopter d’une manière permanente.
- Les Compagnies d’électricité anglaises continuent à sol* liciter et à obtenir du Board of Trade des concessions pour des installations d’éclairage, conformément à l’Electric Ligh-ting Act de 1882. Dans le sud-est de l’Angleterre, on ne cite pas moins de quatorze villes qui vont être éclairées avec des loyers Brush.
- Le paquebot Bristol, de la Fall River Line, qui fait le service entre les villes de New-York et Boston, va être éclairé à l’électricité.
- Au théâtre de Covent Garden, à Londres, les concerts-promenades sont éclairés avec quarante-cinq bougies Jabloch-koff et quatre-vingts lampes Swan, alimentées par la station centrale de Belvedere Road. Une des attractions de ces concerts est l’illumination électrique, avec des lanternes de formes originales, d’un paysage représentant un village chinois.
- Le « Grand Théâtre » d’Islington, à Londres, vient d’adopter d’une manière permanente l’éclairage électrique. L’installation faite par la Hammond Electric Light Company comprend quatre-vingt-cinq lampes Swan de vingt candies dans la salle, et. huit lampes Swan de cinquante candies à l’extérieur du théâtre, alimentées par une machine dynamo Ferranti de cent feux. On se sert d’une excitatrice Siemens Dg et d’un moteur à gaz Otto. Les lampes sont rangées sur le devant des balcons en groupes de trois dans de petits
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- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE.
- enfoncements recouverts d’abat-jour en verre de couleur jaune. D’autres sont placées en cercle autour du lustre central. ’ ' '
- Le théâtre royal d’Edimbourg vient d’expérimenter un système d’éclairage établi par l’Electric Manufacturing Company of Scotland. Le premier essai a eu lieu pendant une représentation du Jeune Fra Diavolo. Cent cinquante lampes à incandescence de divers modèles étaient en service conjointement avec le gaz. Quatre machines dynamo Higgs, actionnées par un moteur à gaz Sterne, donnaient la lumière chacune à cinquante lampes à incandescence, munies d’abat-jour en verre opalin. Pendant le jour ces machines doivent servir à charger des accumulateurs qui pourront alimenter six cents lampes de cinquante candies. Le grand lustre qui descend de la voûte de la salle sera également pourvu'de lampes électriques.
- L’Eristeddfod, la grande fête nationale annuelle des Gallois, qui vient de se célébrer à Cardiff, dans la principauté de Galles, a été l’occasion d’illuminations électriques. L’édifice oü se tenait l’assemblée populaire était illuminé avec des lampes à arc Weston, disposées en trois circuits, et alimentées par deux machines dynamo Weston. On comptait, avec celles des jardins et de la gare, trente-trois lampes de quinze cents candies chacune. En outre, dans la galerie des Beaux-Arts, étaient suspendues en guirlandes soixante-dix lampes' Maxim de cinquante candies, semblables à celles qui depuis plusieurs hivers servent à l’éclairage des galeries artistiques de Glasgow. Pendant toute la durée de la fête, le château du marquis de Bute a été illuminé avec deux cent vingt lampes Swan. Sur divers points de la ville de Cardiff étaient disposées des lampes à arc, entre autres des foyers Brush, au nombre de trente, et chez les propriétaires de la Western Mail cinq grandes lampes Crompton.
- A York, l’exposition agricole et industrielle est éclairée à l’électricité, l’installation ayant été faite par MM. Crompton.
- En Angleterre, les grandes carrosseries de Saltley qui sont au nombre des plus importantes de ce pays, continuent à être éclairées avec des foyers Brush installés il y a plusieurs mois par la Birmingham and Warwickshire Brush Electric and Power Company.
- Trois cent cinquante lampes à incandescence sont posées dans la fabrique Kemp, à Birmingham.
- A Exeter, capitale du comté de Devon, le conseil municipal a élu un comité en vue d’étudier le meilleur système pour l’éclairage à l’électricité du nouvel asile d’aliénés d’Exeter.
- En Angleterre, la Compagnie du Great Eastern Railway a fait installer un éclairage électrique dans le buffet et l’hôtel de la gare de Parkestone, point important du transit avec le continent.
- Avec ses rues bien percées, régulières, se coupant à angle droit comme à Philadelphie, avec ses larges et longues avenues bien plantées, ses grands monuments publics, ses instituts èt ses vastes hôtels, son confort et son élégarce, Washington, la capitale des États-Unis, est une des villes •où l’éclairage électrique peut être le mieux et le plus brillamment appliqué. Il a déjà été introduit, comme on sait, au Capitole, l’édifice Où siègent le Sénat, la Chambre des représentants et la Cour suprême. On annonce maintenant qu’une Société se dispose à éclairer les rues et les habita-
- tions de la belle cité des bords du Potomac aveo des lampes à arc et à incandescence. Les systèmes Brush et Swan ont été adoptés et on se servira de moteurs hydrauliques. A douze milles de Washington, au port de Georgetown, les grandes chutes du Potomac fournissent une abondante provision d’eau. Pour actionner les machines dynamo, cette force naturelle sera prise à un mille au-dessus de Georgetown dans un canal où sera placée une turbine d’une puissance de cinq cents chevaux.
- Télégraphie et Téléphonie
- La pose d’un nouveau câble indo-australien est projetée, et une concession a été accordée dans ce but à sir Julius Vogel par le gouvernement de l’Australie occidentale. Le câble irait de cette colonie à Ceylan et à Singapore, pour de là être rattaché au réseau chinois. Ce serait une route plus courte que celle de l’Eastern Extension Company actuellement en usage. __________
- En Asie, où les Russes construisent une nouvelle route carrossable, destinée à relier Koungrad à l’embouchure de l’Amou-Daria, au golfe du Mertoy Koultouk, dans la mer Caspienne, la ligne télégraphique, qui finit actuellement à Katty- Kourgan, va être poussée jusqu’à Boukara.
- Èn Angleterre, des villes des comtés de Durham et de Northumberland sont reliées entre elles par le téléphone. C’est ainsi que des lignes téléphoniques rattachent à Newcastle Sunderland, South-Shields, North-Shields.
- En Ecosse, la reine d’Angleterre vient de faire établir une ligne téléphonique de Ballater à son château de Balmoral, situé au milieu des monts Grampions, dans le comté d’Aberdeen. L’installation a été faite par MM. Tasker de Shef-field. La ligne est aérienne. Les poteaux traversent la rivière Dee, à Crathie, près du pont suspendu, et aboutissent à la résidence royale, puis à Abergeldie.
- La Compagnie internationale du téléphone Bell à Liège, qui s’était constituée en 1880, vient d’adopter la raison sociale de Compagnie liégeoise du téléphone Bell, et elle a englobé l’ancienne Compagnie Bède, dont elle offre aux abonnés de remplacer les instruments par des appareils Bell. __________
- A Buenos-Ayres, où les deux Compagnies de téléphone rivales se sont fondues récemment en une seule, qui a pris le titre de Compagnie téléphonique unie du Rio de la Plata, la liste des abonnés au réseau s’élève à plus de onze cents. Un bureau de téléphone a été également ouvert à Montevideo, et une concession a été obtenue pour la pose d’un câble téléphonique entre Montevideo et Buenos-Ayres sut une distance de deux cents kilomètres. L’instrument employé est le Gower Bell. La Compagnie étend son champ d’opération à plusieurs autres villes.
- AVIS
- La copie des brevets et dessins y annexés, au Ministère du Commerce, ayant été interdite par un récent arreté, nous cessons en conséquence d’en publier le résumé. ,
- Le Gérant : A. Noaillon.
- Paris. — Imprimerie P. Mouillot, i3, quai Voltaire. — 41378
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- TABLE DES MATIÈRES
- DU TOME IX
- Pages.
- A
- APPLICATIONS DE LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Les installations d’éclairage électrique, du paquebot la Normandie. ................................... 56
- La lumière électrique d’Abbeville, par le Dr Soulages iq3 Projet d’éclairage d’un quartier de Nottingham, par
- M. A. Guerout........................................ 148
- Eclairage électrique de l’hôpital de Lausanne......... 218
- Éclairage électrique de l’Éden-Théàtre, par M. A.
- Guerout............................................. 302
- Système d’éclairage des voitures de chemins de fer et
- d’autres par l’électricité, par M. de Kabath. . . . 347
- Éclairage du pavillon de Brighton............ .... 474
- Application de la lumière électrique au théâtre de
- l’Exposition de Munich, par A. Guerout............... 525
- Faits divers d’éclairage électrique, 3i,63, 96, 127, i58,
- 191,223, 254, 286, 319, 35o, 383, 41.5, 448, 480 5i2 et 543
- APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ AUX CHEMINS DE FER
- Les freins- électriques, par M. L. Regray (5° article).. 10
- Application de l’électricité à la manœuvre des signaux \x( de chemins de fer, parM. M. Cossmann (70 article). 18'
- Id. — Id. — 8° article......................... 44
- Id. — Id, — 9e article......................... 73
- Id. — Id. — io° article....................... 104
- Id. — Id. — 11e article....................... 134
- Telpherage ou chemin de fer électrique aérien du professeur Fleeming Jenkin.................................. 22
- Chemin de fer électrique de Portrush.......................... 23
- Commutateur conjoncteur à crochet, par M. Sieur. . 3o Appareil destiné à avertir électriquement du passage
- des trains, par M. Mors.................................. 3o
- Chemin de fer électrique de Charing Cross à Londres. 3i Description de quelques freins électriques, par M. G.
- Richard,................................................ 307
- Id. — Id. 2° article........................... 336
- Id. — Id. 3° article........................... 369
- Pages.
- Block système automatique, par la machine elle-même
- par M. Leloutre.................................. 349
- Système de moyens et appareils nouveaux pour télégraphier à l’intérieur d’un train de chemin de fer en marche et de ce train à un endroit quelconque
- par M. W. Hunt, . . ,............................ 38o
- Nouveau frein électrique à entraînement, par MM. M.
- Le Blanc et F. Dubost............................ 472
- Id. — Id. — (2° article)..................... 5i8
- APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ A l’II ORLO G E RI E
- Distribution de l’heure dans la ville de Paris..... 243
- Perfectionnements apportés aux horloges électriques,
- par M. J.-A. Schlaefli. .......................... 285
- Horloge électrique de Steinheil, par M. A. Guerout.. 400
- Contacts électriques pouvant distribuer l’heure à n’importe quel nombre de compteurs électriques, par M. L. Bazerque....................................... 478
- APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ AUX ANNONCES
- d’incendie
- Perfectionnements apportés aux appareils électriques
- d’incendie, par M. Gordon.................. 445
- APPLICATIONS DIVERSES DE L’ÉLECTRICITÉ
- Procédé de chauffage électrique, par M. Roumiguières 3o Sur l’emploi de la terre glaise comme électrodes dans
- la thérapeutique électrique, par le Dr Apostoli. . 57
- Procédé électrique bisolénoïdal,-par MM. Wienand et
- Hang.............................................. 60
- Réclamation de priorité de M. Giltay relativement à
- une sonnerie trembleuse........................... 62
- Perfectionnements apportés aux procédés et appareils-* employés pour le chauffage par l’électricité, par
- M. O. Rose........................................ 92
- La sonde électrique de M. Coffïnières de Nordeck. . 118
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- 546 LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Pages.
- Applications aux industries électriques des matières
- plastiques à base de cellulose, par M. J. Bernard 123 Application nouvelle d’un dispositif électro-magnétique aux fauteuils, sièges et autres meubles, par
- G.Edard.......................................... 123
- Avertisseur électrique, par M. J. Cuzinier........... 155
- Système de sonnerie, galvanométrique, par M. D’Ar-
- sonval............................................. i55
- Le système de torpille du capitaine Mac Evoy, par
- M. Aug. Guerout................................... 202
- Sur le principe fondamental du loch électrique aujourd’hui en usage dans la flotte, par M. Goarant de
- Tromelin........................................ 217
- Indicateur-contrôleur électrique du niveau ou de la pression dans les générateurs de vapeur, par M.
- Bardey ...............-....................... 220
- Sur le loch à Moulinet, réponse de M. Fleuriais. . . . 247
- Appareil servant à allumer et à éteindre instantanément le gaz par l’électricité, par M. Lefaure. . . 2S2
- Mode d’application de l’électricité pour les vêtements
- siir le corps humain, par M. P. Jost............. 2S2
- Système avertisseur électrique d’effractions, par M.
- C. Aboilard...................................... 252
- A propos du loch électrique.......................... 278
- Corset électrique, par M. R. Goerand................. 285
- Flanelle hygiénique électro-naturelle, par M. Nyssen. 314 Perfectionnements dans les torpilles mobiles, par M.
- J.-W. GraydOn....................................... 382
- Sur un nouveau batteur de mesure électrique, par M.
- F. Geraldy...........:........................... 38g
- B
- BIBLIOGRAPHIE
- Code général des brevets d’invention, par MM. Picard,
- par M. F. Geraldy........................... 85
- Différents ouvrages par MM. Berly, les rédacteurs de YElectrician, A. Révérend, Hospitalier, Henri
- Greer.......................................... 27^
- Différents ouvrages de MM. T. Stein, Kaselowsky,
- Sir William Siemens, Fleeming Jenkin, Ermacora. 310
- C
- CABLES ÉLECTRIQUES ET CONDUCTEURS
- Perfectionnements apportés à la construction des fils et câbles conducteurs et aux procédés et moyens employés pour relier des sections de câble, par
- M. Waring................................... 61
- Perfectionnements dans la fabrication des fils ou conducteurs pour courants électriques, par M. Fitch. 94
- Câble télégraphique sous-marin, par M. Bureau. ... 154
- Perfectionnements dans la fabrication des fils ou conducteurs électriques, par M. de Faucheux d’Hu-my................................................. 478
- Pages-
- Perfectionnements apportés dans les conduites des
- câbles électriques, par M. Edwards.................. 478
- Système de confection des conducteurs métalliques destinés aux usages électriques) par M. W. Hal-kyard................. ... ............................. 5o8
- D
- DISTRIBUTION DE L’ÉLECTRI CITÉ
- Perfectionnement apporté à la distribution de l’électricité, par M. Turettini.......'................. 221
- E
- ÉLECTRICITÉ ^ATMOSPHÉRIQUE
- L’électricité atmosphérique, par M. le Goarant de
- Tromelin. . -................................. 205
- Sur les observations de M. Lemstrœm en Laponie. . . 2i3
- ÉLECTRO-CHIMIE
- La chimie des accumulateurs, par MM. Gladstone et
- Tribe. ............................................. 25
- Application de l’électricité à la rectification des alcools,
- par M. A. Guerout..................................... 69
- Sur quelques actions intérieures dans les piles, par
- M. F. Geraldy........................................ i33
- L’électrolyse du chlorure de sodium, par M. A. Guerout................................................... . 179
- Sur un aihalgamateur électrique........................... 249
- A propos de la purification électrique des alcools . . 276 Des calories de combinaison des sels métalliques. . . 276 Nouveau procédé d’extraction de l’aluminium de ses
- silicates naturels, par L. Lossicier................. 284
- Dosage du plomb dans ses minerais par l’électrolyse,
- méthode de M. A. Sommier. ......................... 3i3
- Procédé de fabrication du sodium et autres métaux alcalins et terreux par- l’électrolyse à chaud des sels, par M. Jablochkoff............................. 348
- Procédé d’électrolyse pour l’extraction des métaux directement de leur minerais et pour leur raffinage en évitant toute polarisation, par M. J. Lambert. 4i3 A propos d’une nouvelle expérience sur l’electrolyse;
- lettre de M. E. Semmola..................-........ 414
- Nouvelle méthode pour déterminer les limites de l’électrolyse, par M. C.-H. Truchot.................... 440
- Procédé permettant d’obtènir la circulation et de maintenir l’homogénéité des liquides de tous appareils
- électrochimiques, par M. de Changy............ 5o8
- Système d’appareil dit électrolyseur pour]la production industrielle des gaz hydrogène et oxygène, par M. E. Renoir................................... Sog
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-
-
- JOURNAL UNIVERSEL £>'ÉLECTRICITÉ
- 547
- Pages
- ÉLECTRO-MOTEÜRS
- Le premier moteur électrique, par M. O’Itern....... 40
- Le moteur de M. Estève ............................ 117
- Sur le transport de l’énergie mécanique, par M. M. De-
- , prez............................................ 1S0
- Les moteurs électriques de M. Froment, par M. Th.
- du Moncel.... ................................. 193
- Essai d’une théorie purement mécanique des machines électromotrices, par M. M. Leblanc .... 234
- Perfectionnements apportés aux moteurs électriques,
- par MM. Ayrton et J. Perry..................... 282
- Moteur, par M. E.-J. Reuille....................... 283
- Moteur électromagnétique perfectionné, par M. Toyu-
- " bée..:....................................... 285
- Sur une application du transport électrique de la
- force, par M. F. Geraldy. ."..................... 325
- Système de halage électrique et appareils qui s’y rattachent, par MM. Ayrton et Perry.................. 348
- Note sur la construction et l’établissement des turbines, par M. G. Richard. — Ier article complémentaire ......................................... 401
- Id. — Id. — 20 article. — Id. —............ 434
- Sur un essai de locomotion par l’emploi des accumulateurs, par M. F. Geraldy........................ 422
- Perfectionnements dans les moteurs électriques, par
- M. Immesch...................................... 446
- Chemin de fer électrique de Wimbledon.............. 447
- Bateau électrique sur le lac de Genève............. 448
- Perfectionnements dans les moteurs électriques, par
- MM. Crocker, Curtis et Wheeler................... 479
- Nouveau bateau électrique à Londres................ 479
- Le tramway électrique de M. Diipuy................. 479
- ÉTUDES DES PHÉNOMÈNES ÉLECTRIQUES
- Conditions de chargé et de décharge dans les circuits
- voltaïques, par M. Th. du Moncel................. 1
- Étude sur les éléments de la théorie électrique, par
- M. E. Mercadier (6° article)......................... 4
- Id. — Id. 70 article............................. 37
- Recherches sur la décharge électrique dans les gaz
- raréfiés, par M. Goldstein........................... 58
- Relation entre la conductibilité électrique des liquides
- et leur fluidité ...................................... Sg
- Sur la pyroélectricité du quartz, par MM. Friedel et
- J. Curie............................................. 86
- Action présumée de l’aimantation sur la conductibilité
- électrique des liquides.............................. 91
- Nouvelles recherches électriques sur la torpille, par
- M. H. Stassano...................................... i5i
- L’influence de la pression et de la tension sur l’action
- des forces physiques, par M. F. Geraldy.......... 167
- Sur la déformation des électrodes polarisées, par
- M. Gouy............................................ i85
- Démonstration expérimentale de l’inégale vitesse de transmission du son à travers les gaz et les solides, par M. Griveaux............................. 211
- Sur l’électricité produite par l’évaporation, et sur l’état électrique des vapeurs dégagées par une surface d’eau électrisée, par M. Blake................ 212
- Sur la pyroélectricité du quartz, par MM. Friedel et
- J. Curry............................................ 214
- Sur la variation de la constante capillaire des surfaces, eau-éther, eau-sulfure de carbone sous l’action
- Page»'
- d’une force électromotrice, par M. Krouchkoll. . . 245
- Sur l’interférence électrodynamique des courants alternants, par M. Oberbeck........................... 247
- Sur la dissymétrie de la décharge électrolytique, par
- M. A. Tribe.......................................... 3n
- Sur les rapports d’induction avec les actions électrodynamiques, par M. Quet............................. 342
- Sur la dilatation du verre, par M. G. Quincke......... 343
- Sur l’application de la méthode d’Ampère à l’établissement de la loi élémentaire de l’induction électrique par déplacement, par M. Quet................... . 375
- Id. — Id. — 2° article....................... 537
- Action électrodynamique renfermant les fonctions arbitraires, hypothèses qui déterminent ces fonctions, par M. P. Le Cordier.......................’. . 377
- Sur le dégagement d’électricité au contact des gaz et des corps incandescents, par MM. J. Elster et
- H. Geitel........................................... 378
- Sur les propriétés électriques du quartz, par M. C.
- Roentgen............................................ 379
- Sur la pyroélectricité dans la blende, le-chlorate de
- sodium et la boracite, par MM. Friedel et Curie. . 408
- Sur un nouveau théorème d’électricité dynamique, par
- M. L. Thevenin...................................... 410
- Sur les courants d’immersion et de mouvement d’un métal dans un liquide, et les courants d’inversion,
- par M. Krouchkoll................................... 441
- Détermination des lois du rayonnement calorifique
- par l’électricité. —Expériences de sir W. Siemens. 442
- Sur la différence entre la lueur positive et négative,
- par II. Hellmann................................... 444
- Imitation par les courants liquides ou gazeux des phénomènes d’électricité et de magnétisme, par M. De-
- charme .........'................................ 462
- Id. — Id. 2e article . . ................. 498
- Sur la polarisation des électrodes produite par des
- courants alternatifs, par M. Oberbeck............... 476
- Expériences sur la décharge lumineuse, par Henri
- Hertz............................................... 504
- Sur la théorie de la pile, par M. A. Witkowski........ • 5o6
- F
- FAITS DIVERS
- Faits divers, 3i, 62, g5, 126, 157, 191, 223, 254, 286,
- 319, 35o, 383, 414511 et 5q3
- I
- INSTRUMENTS ÉLECTRIQUES ET AUTRES SE RAPPORTANT AUX APPLICATIONS DE L’ÉLECTRICITÉ
- Le réélectromètre de Marianini et son emploi dans
- l’étude de l’électricité atmosphérique, par M. A.
- Guerout....................................... 7
- Appareil à enrouler les fils sur les armatures des machines dynamoélectriques, par M. Espeut........... 28
- p.547 - vue 551/560
-
-
-
- LA LUMIERE ÉLECTRIQUE
- Pages.
- Régulateur de vitesse pour les instruments électriques de précision, par M. Th. du Moncel, 3° ar-
- ticle. ............................................ 33
- Id. — Id. 40 article........................... 65
- Id. — Id. 5° article ....................... 97
- Régulateur de vitesse pour machines de navires à vapeur, par M. G. Brown. ............................ 54
- Perfectionnements apportés aux presses hydrauliques destinées à envelopper les conducteurs électriques d’un métal mou quelconque et à comprimer les tubes protecteurs ainsi obtenus, par MM. Siemens ................................................... 60
- Perfectionnements dans les appareils et agencement servant à régler automatiquement les courants
- électriques,, par M. King......................... 123
- Les anémométrographes électriques, par M. Th. du
- Moncel. . . . ...........î...................... 161
- Système de contrôle applicable aux galvanomètres à
- miroir, par M. Bécue.............................. 219
- Appareil de M. Clerk Maxwell pour représenter les
- phénomènes d’induction.......................... ' 278
- Appareil de M. Woodbury pour l’essai des circuits
- électriques....................................... 279
- Système régulateur permettant de régler l’intensité d’un courant électrique, quelle que soit la source
- ,d’où il provient, par M. de Kabath............... 317
- Machines magnétoélectriques. de MM. Stœhrer, Sins
- teden et Kohlrausch, par M. A. Guerout. ..... 400
- Appareil pour enregistrer la longueur de l’arc électrique............................................ 411
- Procédé de régulation automatique à distance du débit, et de la production des courants électriques, des distributions d’eau, de gaz et de vapeur, et généralement d’un fluide quelconque, par MM. Cle-
- rac et G. Guéroult.............................. 413
- Description succincte d’un compteur d’électricité, par
- M. J. Cauderay.................................... 443
- Conducteurs à charnières pour courants électriques,
- par M. Verity................................... 475
- Nouveau système de-conjoncteur, disconjoncteur et dépolarisateur pour machines dynamoélectriques,
- par C. de Changy................................ 5o8
- Appareils de démonstration pour les courants de Foucault, par M. von Waltenhofen..................... 541
- L
- LAMPES ÉLECTRIQUES
- Nouveau système de lampe électrique, par M. E. Picard............................................... 28
- Lampe électrique à incandescence, par M. André. . . 29
- Perfectionnements dans les appareils servant à produire le vide pour préparer les lampes électriques
- à incandescence, par M. Akester.................... bo
- Perfectionnements dans les lampes électriques à incandescence ....................................... 60
- Système perfectionné pour régler l’alimentation des
- lampes à arc électrique, par M. J. Mathieson ... 62
- Perfectionnements dans l’épuisement de l’air dans les globes de lampes électriques à incandescence, par
- M. Cherill......................................... 92
- Perfectionnements apportés aux lampes électriques,
- par Mather....................................... 93
- Pages
- Lampe électrique à enveloppe de sécurité, par M. G.
- Mangin............................................ 124
- Bougies à solénoïdes, par M. A.*Noaillon..........'. . 146
- Système de chandeliers mixtes servant à l’éclairage
- électrique ou à l’éclairage ordinaire, par M. Trouvé 154
- Lampe électrique à incandescence à une seule pointe
- de. charbon, par M. J. Unger'.................... . 154
- Lampe gazoélectrique, par M. H. Loder............. i55
- Modification'de la lampe Tihon èt Rezard.............. 184
- Perfectionnements dans la fabrication des charbons
- pour bougies électriques, etc., par F. Yarley . . . 190
- Nouvelle lampe à incandescence de Gatehouse, par
- M. F. Geraldy.................................... 198
- Perfectionnements dans les procédés et dispositifs de montage des candélabres et autres accessoires pour la lumière électrique, par M. Brewtuall. . . . 222
- Nouveau système applicable aux régulateurs électriques, par M. Suisse. . ............................ 222
- Système de lampes à arc, à électrodes, à grande surface, par la Société Solignac...................... 25o
- Perfectionnement dans les lampes électriques à incandescence, par M. Bernstein...................... 25o
- Perfectionnements apportés aux lampes électriques à
- incandescence, par M. Kinberley et M. S. Garvie. 25i Lampes différentielles, par la Société Egger Krem-
- meneski.......................................... 25i
- Perfectionnements dans les conducteurs éclairants pçur
- lampes électriques, par M. Zanni.................. 252
- Perfectionnements dans les lampes électriques, par la
- European Electric Company........................ 282
- La lampe à sélénium de M. Tommasi..................... 3io
- Perfectionnements apportés à la construction des
- lampes électriques, par M. Beeman................. 314
- Bougies solénoïdes, par la Compagnie Parisienne d’éclairage par l’électricité........................ 3i5
- Perfectionnements dans les lampes électriques, par
- M. Andrews........................................ 3i7
- Perfectionnements apportés aux lampes à arc, par
- M. Crompton....................................... 317
- Perfectionnements apportés à la construction des lampes électriques fonctionnant par l’incandescence dans le vide, par MM. Mors et Dupré. . . 35o
- Perfectionnements dans les lampes électriques, par
- M. H.-R. Baissier.......................... 38i
- Perfectionnements dans les lampes électriques, par
- M. G. Lorrain...................................... 412
- Perfectionnements apportés aux lampes ou régulateurs
- électriques, par M. Burgin......................... 445
- Les lampes électriques à l’Exposition de Munich, par
- M. A. Guéroult............'..................... 454
- Id. — Id. 20 article...................... . 487
- Lampe électrique de M. Gray........................... 477
- LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Résistance de l’arc électrique, expériences de MM. Ayr-
- ton et Perry......................................... 90
- A propos de l’histoire de l’éclairage électrique .... 248
- Comparaison du gaz et de l’électricité au point de vue du pouvoir éclairant et du pouvoir caloriflque, par
- M. G. Guéroult. . . .,.......................... 271
- Id. — Id. 2° article.......................... 371
- Sur la résistance de l’arc électrique, par M. O. Frœ-
- lich................................................ 281
- Les étalons lumineux..................................... 3i3
- Prix de revient de l’éclairage électrique, par M. O.
- Kern................................................ 373
- p.548 - vue 552/560
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- 549
- Pages.
- Appareils pour enregistrer la longueur de Tare électrique. ..................................... . ....... 411
- Sur le prix de revient de l’éclairage électrique, par
- M. F. Geraldy........................................ 502
- M
- MACHINES A LUMIÈRE
- Perfectionnements dans la construction des machines dynamo-électriques, par MM. Elphinstone et Vincent.............................................. 27
- Perfectionnements apportés aux machines dynamoélectriques, par M. Crompton................... 92
- Système de n^chines dynamo-électriques, par M. J.
- Carpentier...................................... i56
- Perfectionnements apportés aux machines dynamoélectriques, par M. Mathers..................... 187
- Nouvelle machine dynamo-électrique perfectionnée,
- par M. Hallet................................... 188
- Système de machine dynamo-électrique, par M. Ven-
- tejoul......................................... 189
- Des machines et lampes de la C° Brush, par M. A.
- Guerout......................................... 264
- Les machines à double enroulement, par M. F. Geraldy . ......................................... 289
- La génératrice des expériences du chemin de fer du
- Nord, par M. Marcel Deprez...................... 292
- Nouvelle machine à courant continu, dite électrogé-nique, par la Ce Parisienne d’éclairage par l’électricité.......................................... 3i6
- Perfectionnements apportés aux machines dynamoélectriques, magnéto-électriques ou électro-dynamiques, par M. Matthews............................ 3i8
- Perfectionnements dans les appareils dynamo ou magnéto-électriques, par M. Beeman................. 349
- Perfectionnements apportés aux machines dynamo ou
- magnéto-électriques, par M. H. Baissier......... 38o
- Perfectionnements dans les machines dynamo-électriques, parM. O.-W. Hill............................. . 382
- Les machines dynamo-électriques à l’Exposition de
- Munich, par M. Aug. Guerout..................... 426
- Perfectionnements dans les machines dynamo et magnéto-électriques, par M. Menges................. 445
- Perfectionnements dans les machines à vapeur com-• mandant les générateurs électriques, par M. Edison ................................................. 479
- Machine dynamo-électrique à bobine creuse, parM. A.
- Estève........................................ 509
- Recherches sur la théorie de l’anneau Gramme, par
- M. Th. du Moncel................................ 5x3
- MAGNÉTISME
- Système d’électro-aimant sphérique, par M. L. Bonne-
- Perfectionnements apportés aux électro-aimants, par
- M. W. Blanchard................................ 124
- Recherches du professeur Hughes sur la cause du magnétisme ...................................... 2J7
- Perfectionnements apportés au système d’électro-ai-mants connu sous le nom d’électro-aimant d’Ar-lincourt. . . . .............................. 282
- Pages
- Moyen de désaimanter les montres qui ont été aiman- , tées par le voisinage d’un champ magnétique
- puissant, par M. M. Deprez........................ 342
- Appareils du professeur Hughes pour l’étude du magnétisme ......................................... 344
- Recherches sur les meilleures conditions d’enroulement
- des électro-aimants, par M. Th. du Moncel....... 353
- Vérification des lois se rapportant aux multiplicateurs
- galvanométriques, par M. Th. du Moncel........... 449
- Perfectionnements dans les électro-aimants, par MM.
- Skene et Kuhmaier................................. 478
- MESURES ÉLECTRIQUES
- Système d’appareil galvanométrique de M. Picou. . . 27
- La mesure des résistances au moyen du téléphone, par
- M. Aug. Guerout................................. 49
- Sur un nouvel électro dynamomètre pour les courants alternatifs très faibles, par M. Bellati. ... 52
- Le dynamographe électrique ou appareil enregistreur
- du travail des machines, par M. C. Resio........ 8i
- Applications des tracés graphiques à la solution- de quelques problèmes relatifs aux courants électriques, par Aug. Guerout............................. n3
- Galvanomètre ou ampéromètre à solénoïde du professeur Blyth..................................... i52
- Sur les unités électriques, par Sir William Thomson . 182
- Balance électrométrique, par M. de Bailhache........ 19b
- Installation pour Içs mesures électriques de M. Carpentier, par M. Aug. Guerout...................... 238
- Electromètre absolu des sinus, par M. Minchin. . . . 244
- Différentes modifications du pont de Wheatstone, par
- M. Th. du Moncel.................................. 257
- Le galvanomètre pour courants continus et alternatifs
- de M. Robert'Sabine............................... 275
- Sur la mesure des intensités de courant, par M. G.
- Lippmann.......................................... 3oi
- Perfectionnements dans les appareils à mesurer les
- courants électriques, parM. Lane-Fox.............. 3i6
- Les installations de mesures à l’Exposition de Munich
- par M. Aug. Guerout............................... 328
- Id. — Id. — (2e article).................... 359
- Sur un galvanomètre universel sans oscillations pour la mesure rapide des courants de grande intensité
- ou de haute tension, par M. Ducretet............ 439
- Quelques observations sur le pont de S. W. Thomson
- et Varley, par M. A. Tobler..................... 495
- Sur la mesure des différences de potentiel au moyen
- du galvanomètre, par L. Théveuin.................. 539
- Sur les propriétés thermoélectriques et actinoélectri-ques du quartz. Réponse à MM. Friedel et Curie,
- par M. Hankel..................................... 540
- Recherches sur le pouvoir diélectrique et sur la biréfringence des liquides, par M. G. Quincke........... 541
- p
- PILES ET GÉNÉRATEURS ÉLECTRIQUES
- Nouvel accumulateur sec à surfaces isolées permettant le redressement et la division du courant par la
- Société Encausse et Canésie................... 28
- Pile électrique régénérable, par M. Scrivanow..... 60
- p.549 - vue 553/560
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- 55o
- Pages.
- Système de piles chimiques par combustion directe du carbone, de l’oxyde de carbone, de l’hydrogène ou des hydro-carbures industriellement combustibles, au moyen de l’oxygène ou l'air atmosphérique,, par M. A. d’Arsonval........................ 61
- Perfectionnements apportés aux procédés et appareils destinés à la production et mesurage de l’électricité, par M. Blanchard... 94
- Pile voltaïque portative perfectionnée applicable aux lampes électriques portatives, par M. G. Guns-
- pel.............................................. .125
- Lettre de M. E. d’Auberjon, relative aux accumulateurs .......................................... 125
- Pile hydro-électrique, dite pile régènérable, par M.
- Delaurier......................................... 188
- Perfectionnements aux accumulateurs, par M. Mon-
- nier.............................................. 189
- Emploi des piles sèches comme accumulateurs d’électricité.......................................... 213
- Perfectionnements dans les batteries à gaz, par M.
- Güicher.......................................... 219
- Pile électrique à bassin, par J. Unger. .............. 220
- Travaux récents sur les piles secondaires, par M. F.
- Geraldy.......................................... 2.3o
- Id. — Id. — (20 article)...................... 261
- Perfectionnements dans les piles électriques secondaires et dans la fabrication des matières et plaques dans ce but, par M. Watt.................... 252
- Utilisation des courants électriques de quantité, par
- MM. d’Arsonval et Lalande......................... 252
- Perfectionnements dans les batteries galvaniques, par
- M. Davies......................................... 253
- Nouvelle batterie hétérogène, par M. Hayet............ 283
- Perfectionnements dans les batteries secondaires, par
- M. L. Fox......................................... 314
- Accumulateurs à lames bouclées, par M. de Ka-
- Dath............................................ 3i6
- Appareil destiné à la production, au développement, à l’accumulation et à l’utilisation de l’énergie électrique pour l’éclairage et autres usages, par M.
- Pulvermacher...................................... 346
- Utilisation de la chaleur perdue des fourneaux et foyers industriels et autres pour la production de l’électricité au moyen des piles thermo-électriques, par M. H. Baron................................. 346
- Perfectionnements apportés à la construction des batteries électriques secondaires, par MM. Beeman,
- Taylor et King.................................... 346
- Perfectionnements dans les éléments galvaniques, par
- MM. Skene et Kuhmaier............................. 346
- Batterie électrique secondaire, par M. Boettcher.. . . 347
- Nouvelle pile à oxyde de cuivre, par MM. de Lalande
- et Chaperon....................................... 367
- Perfectionnements dans les batteries secondaires, par
- M. G.-L. Winch.................................... 412
- Nouveau magasin ou réservoir d’électricité, dit électrodock, par M. Barrière et Tourvieille.......... 445
- Accumulateur éponge à liquide alcalin ou acide, par
- M. A.-L. Nolf................................... 446
- Sur la construction de la machine de Holtz, par M.
- Pouchkoff......................................... 477
- Perfectionnements dans les batteries condensantes ou accumulateurs électriques, par M. J.-A. Ma-
- loney............................................. 5o8
- Perfectionnements apportés aux piles électriques, par
- M. J. Warnon...................................... 5og
- Pile à renouvellement de liquide, par M. A. Estève. . 509
- Perfectionnements dans les piles secondaires, par M.
- C.-H. Kingzett.................................... 5io
- Quelques expériences sur les piles voltaïques, par
- A. d’Arsonval..................................... 533
- Pages
- T
- TÉLÉGRAPHIE
- Isolateur pour fils télégraphiques, par M. Johannès
- Woif................................................ 154
- Procédé et appareil perfectionné de transmission
- pour la télégraphie électrique, par M. Perez. . . . 222
- Perfectionnements apportés au système de télégraphie
- électrique, par MM. Foote et Goodspeed.............. 347
- Manière simple de considérer les formules se rapportant aux dérivations sur les circuits télégraphiques
- par M. Th. du Moncel................................ 385
- Note sur l’installation du bureau télégraphique de la gare du chemin de fer du Nord, par M. C. Sar-
- tiaux....................................*........ 406
- Nouveau système de télégraphie à courant graduel,
- par M. Van Rysselberghe............................. 412
- Dispositions permettant dans la télégraphie électrique de supprimer la sonnerie de départ et de contrôle et l’arrivée des signaux, au moyen du téléphone,
- parM. H. Muller..................................... 509
- Faits divers de télégraphie. 32, 64, 96, 128, 160, 192,
- 224, 288, 320, 352, 384, 416, 448, 480, 5i2 et 544
- TÉLÉPHONIE
- Mesure de l’affaiblissement des sons dans le téléphone
- par M. F. Geraldy.................................. 42
- Expériences microphoniques de MM. J. Munro et B.
- I Warwich-,........................................... 53
- Importance de la téléphonie dans les différents pays. 55 Les bureaux téléphoniques de Paris, par M. de Ma-
- gneville.......................................... 109
- Id. — Id. — (20 article).................... 173
- Les auditions téléphoniques théâtrales en Russie . . . 119
- Perfectionnements dans les récepteurs téléphoniques
- par M. Alabaster et Gatehouse.................... 124
- Recherches sur les effets microphoniques, par M. Th.
- du Moncel (4® article)............................ 129
- Id. — Id. — (5° article)...................... 225
- Système de microphone centralisateur à lignes multiples, par la Société dite Societa générale Italiana
- dei telephonie et d’applicationne'Electrice....... i56
- Système d’appareils téléphoniques, par M. Tyler ... 221
- Perfectionnements apportés au téléphone, par Randall 25o Perfectionnements dans les appareils téléphoniques,
- par M. Torrencé................................... 284
- Perfectionnements dans le microphone, par MM. J. et
- A. Jouvet......................................... 285
- Système de téléphone, par M. Strangways............. 314
- Revue téléphonique, par M. Th. du Moncel. ...... 321
- Téléphone magnétique à aimant multiple de M. Pollard 345 Impression automatique des dépêches téléphoniques ou transmises par la lumière, par M. Martin de
- Brettes........................................... 378
- Perfectionnements dans les appareils téléphoniques,
- par MM. Thompson et Chaster.................. 38o
- Le téléphone de Reis à l’Exposition de Munich, par
- M. Aug. Guerout................................... 393
- Système de récepteur téléphonique à double action | magnétique, par M. C. Charrière....................... 4i3
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-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ
- ' 551
- Pages.
- Le téléphone de Testu.............................. 5o6
- Le téléphone de MM. V. et F. Lippens............... 5o6
- Le téléphone de M. d’Argy.......................... 540
- Faits divers en téléphonie. 32, 64, 96, 128, 160, 192,
- 224, 256, 288, 320, 352, 384, 416, 448, 480, 5i2 et 544
- V
- VARIÉTÉS
- Sur le danger de l’électricité au point de vue des secousses, par M. F. Geraldy...................... 102
- -Pages.
- La lumière électrique au grand Opéra, par M. C.-C.
- Soulages........................................... 199
- L’éclairage électrique au point de vue hygiénique, par
- M. O. Kern......................................... 201
- Ligne de télégraphie à travers une forêt d’Amérique,
- par M. C.-C. Soulages............................. 268
- Exposition Internationale d’Électricité de Munich, par
- M. Th. du Moncel................................... 293
- Histoire de la découverte des lois des courants électriques, par M. Th. du Moncel....................... 417
- Id. — Id. — (20 article)....................... 481
- Lettre de M. Samuel sur l’Exposition Internationale
- d’Électricité de Vienne............................ 446
- 2« lettre de M. Samuel.................................. 5io
- 3° lettre de M. Samuel.................................. 542
- Exposition de Caen...................................... 5ii
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-
-
-
- TABLE DES NOMS D’AUTEURS
- Pages.
- A
- Aboilard (G.). — Avertisseur d’effraction (brev.). 252
- Akester. — Appareil pour produire le vide (brev.) . 60
- Alabaster (H.). — Récepteur téléphonique (brev.). 124
- André (G.) — Lampe à incandescence (brev.). ... 29
- Andrews (F.). — Lampes électriques (brev.) .... 3ï7
- Apostoli. — Électrodes pour la thérapeutique .... 57
- Arlincourt (d’). — Électro-aimant (brev.)........... 282
- Aron (H.). — Piles secondaires...................... 26?
- Arsonval (A. d’). — Pile à combustion de carbone
- (brev.).................................. 61
- — Sonnerie galvanométrique (brev.).......... 155
- — Emploi des extra-courants (brev.)........... 252
- — Expériences sur les piles voltaïques........ 533
- Auber j on (E. d’). — Correspondance. . . .'........ 125
- Ayrton (E.) — Résistance de Parc.................... 90
- — Moteur électrique (brev.)................... 282
- — Halage électrique (brev.)................... 348
- B
- BaiUehache (de).— Balance électrométrique (brev.) 190
- Baissier (H.-R.). — Machine (brev.) .................. 38o
- — Lampe (brev.)............................... 381
- Barbey (E.). — Indicateur contrôleur électrique
- (brev.).......................................... 220
- Barbier (J.).,— Accumulateur (brev.).................. 445
- Baron (H.). — Pile thermoélectrique (brev.)...... 346
- Bazergue (L.). — Distribution de l’heure (brev.) . . 478
- Becue (E.). — Contrôle du galvanomètre à miroir
- (brev.).......................................... 219
- Beeman (J.). — Lampe (brev.).......................... 314
- — Machines (brev.)............................... 349
- Bellati (N). — Électrodynamomètre...................... 52
- Bernard (J.). — Emploi du celluloïde (brev.) .... 123
- Bernstein (A.). — Lampe à incandescence (brev.) . 25o
- Bidet (A.). — Electrolyse du chlorure de sodium . . 179
- Blake (L.). — Electricité produite par l’évaporation- 212 Blanchard (V.). — Production et mesurage de l’électricité (brev.).................................... 94
- — Électroaimant (brev.).......................... 124
- Blyth. — Ampèremètre à solénoïde...................... i52
- Pages
- Bœttcher. — Batterie secondaire (brev.)............ 347
- Bonnefils (L.). — Éiectroaimant sphérique (brev.) . 29 Boulengé (Le). — Dromoscope et dromopétard . . 137
- Boothby (G.). — Frein électrique................... 36g
- Brewtnall (W.). — Candélabre électrique (brev.) . 222
- Brigth. — Enregistreur de la longueur de l’arc ... 411
- Brown (G.). — Régulateur de vitesse............* . . 54
- Brush. — Machines et lampes.’...................... 264
- Bureau (A.). — Câble sous-marin (brev.). ...... 154
- Burgin (E.), — Lampe à arc (brev.)................. 445
- c
- Ganesie. — Accumulateur (brev.)..................... 29
- Carpenter. — Frein électrique...................... 3o8
- Carpentier (J.). — Machine dynamo (brev.).......... i56
- — Installation pour mesures électriques. . . . 239
- Gauderay (J.). — Compteur d’électricité.......... 443
- Ceradîni. — Block-system ....................... 104
- Chaperon. — Pile à oxyde de cuivre........... 367-535
- Gharrière (E.). — Récepteur téléphonique (brev.). . 4i3
- Ghaster. — Téléphone (brev.)....................... 38o
- Gherrill (N.). — Lampes à incandescence (brev.) . . 92
- Compagnie parisienne d’électricité. — Bougie
- à solénoïde (brev.)................... 3i5
- — Machine électrogénique (brev.)............ 3i6
- Glerac. — Régulation des courants (brev.)........ 413
- Cochran. — Frein électrique...................... 308
- Goffinières de Nordeck. —Sonde électrique ... 118
- Gonover. — Frein électrique............ 309-341
- Gordier (P. le). — Actions électrodynamiques . . . . 377
- Gossmann (M.). — Études sur les signaux de chemins de fer.................... 18, 44, 73, 104 et 134
- Courtin. — Régulateur de vitesse................. 35
- Crompton. — Machines dynamo (brev.).............. 92
- — Lampes à arc (brev.).... 3i7
- — Lampe..................................... 458
- Cruto. — Lampe................................... 460
- Cuizinier (J.). — Avertisseur électrique (brev.)... 155
- Curie (J.). — Pyroélectricité........ 86, 2i5 et 408
- Curtis (G.). — Moteur électrique (brev.)......... 479
- D
- Davies. — Batterie galvanique (brev.)............ 253
- Decharme (G.). — Expériences hydrodynamiques. . 462
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-
-
-
- JOURNAL UNI VERSEL D'ÉLECTRICITÉ -. \ Ji'ÉÉJ " "$53
- Pages.
- Delaurier (E.). — Pile régénérable (brev.)........ 188
- Deprez (Marcel). — Régulateur de vitesse.......... 33
- — Transport de l’énergie .mécanique............ i5o
- — Génératrice des expériences du chemin de
- fer du Nord........................... 292
- — Moyen de désaimanter les montres........... 342
- Digney. — Enregistreur de la vitesse des trains. . . i35
- Dubost (F.). — Frein électrique............... 472-S18
- Ducousso. — Signal pour chemins de fer............ 44
- Ducretet. — Galvanomètre............................ 439
- Duprez (G.). — Lampe à incandescence (brev.). . . 35o
- Duvelius. — Frein électrique.................... 309-341
- E
- Edard (G.). — Fauteuil électrique (brev.)........... 123
- Edelmann. — Machine................................. 43o
- Edison (T.-A.). — Machine .......................... 433
- — Machine à vapeur (brev.). ................. 479
- Edwards (G.). — Conducteurs (brev.)................. 478
- Einstein. — Machine................................. 43i
- Elphinstone (N.) — Machine dynamo (brev.). ... 27
- Elster(J ). — Piles sèches employées comme accumulateurs........................................... 2l3
- — Dégagement de l’électricité au contact des
- gaz et des corps incandescents......... 378
- Encausse (L.). — Accumulateur (B) . . ............ 28
- Espeut (W.). — Appareil pour enrouler les fils
- (brev.)......................................... 28
- Estève. — Moteur électrique......................... 117
- European Electric Company. — Lampe électrique (brev.)................................... 282
- F
- Faucheux d’Humy. — Conducteurs électriques
- (brev.).......................................... 476
- Fein. — Machine....................................... 429
- Fitcb (F.). — Conducteurs électriques (brev.) .... 94
- Flamache. — Block-system............................... 20
- Fleeming Jenkin. — Chemin de fer électrique. . . 22
- Fleuriais. — Lock à moulinet...................... 247-278
- Foote (M.). — Télégraphe (brev.) ................... 347
- Fortin. — Block avertisseur.......................... 107
- Foucault. — Régulateur de vitesse...................... 66
- Fox (L.). — Pîle secondaire (brev.)................... 314
- — Instruments de mesures (brev.)................. 3i6
- Friedel (C.). — Pyroélectricité....... 86, 225 et 408
- Friedichs. — Lampe.................................... 460
- Froment. — Moteurs électriques........................ ig3
- Fromme Cari. — Actions intérieures dans les piles 133 Frœlich (O.). — Résistance de l’arc électrique. ... 281
- G
- Garnier. — Contrôleur de vitesse des trains..... 141
- Garvie (C.). — Lampes à incandescence (brev.) ... 25i
- Gassett (O.) — Signaux de chemins de fer........ 73
- Pages
- Gatehouse (T.) — Récepteur téléphonique (brev.) 124
- — Lampe à incandescence. .....................». 198
- Geitel (H.). — Piles sèches employées comme accumulateurs ............................................. 213
- — Dégagement de l’électricité au contact des
- gaz et des corps incandescents. ..... 37.8
- Geraldy (F.). — Affaiblissement des sons dans le
- téléphone................................... 42 -
- — Code général des brevets d’invention (Picard) ........................................... . 85
- — Dangers de l’électricité au point de vue des
- secousses................................. 102
- — Actions intérieures dans les piles.............. i33
- — Influence de la pression et de la tension sur
- l’action des forces physiques.. '....... 167
- — Nouvelle lampe à incandescence.................. 198
- — Piles secondaires........................... 230-261
- — Machines à double enroulement................... 289
- — Transport de la force........................... 325
- — Batteur de mesure............................... 389
- — Locomotion par les accumulateurs................ 422
- Girardin — Turbine..................................... 437
- Gladstone. — Chimie des accumulateurs. ...... 25
- Goirand (A.). — Corset électrique (brev.).......... 285
- Goldstein. — Décharge dans les gaz raréfiés..... 58
- Goloubitzky — Auditions téléphoniques théâtrales
- en Russie........................................ 119
- Goodspeed (C.). — Télégraphe (brev.)................... 347
- Gordon (W.). — Indicateur d’incendie (brev.). . . . 445
- Gouy. — Déformation des électrodes polarisées. . . i85
- Gray. — Lampe......................................... 477
- Graydon (W.). — Torpilles (brev.)...................... 382
- Greiner. — Lampe....................................... 460
- Griveaux (H.). — Transmission du son à travers les
- gaz et les solides............................ 211
- Grollet (C.). — Résumé des brevets. . 27, 60, 92,
- 123, j 54, 187, 219, 25o, 282, 3x4, 346, 38o, 412,
- 445, 478............... ......................et 5o8
- Gueroult (G.). — Comparaison du gaz et de l’électricité........................................... 271
- — Régulation des courants (brev.)......... 413
- — Comparaison du gaz et de l’électricité.. . . 371
- Guerout (Aug.). — Réélectromètre de Marianini . . 7
- — Mesure des résistances à l’aide du téléphone 49
- — Rectification des alcools................ 69
- — Tracés graphiques appliqués aux courants
- électriques........................ 113
- — Projet d’éclairage de Nottingham........ 148
- — Electrolyse du chlorure de sodium....... 179
- — Torpilles Mac-Evoy......................... 202.
- — Installation pour mesures électriques .... 238
- — Machines èt lampes Brush................ 264
- — Éclairage de l’Eden-Théâtre............. 302
- — Exposition de Munich. — Mesures.. . . 328-359
- — — — Appareils historiques............ 3g3
- — — — Machines......................... 426
- — — Lampes........................... 454
- — — — Applications au théâtre......... 525
- Guimpel (C.). — Pile portative (brev.)............. 12.5
- Gülcher (R.). — Batteries à gaz (brev.)............ 219
- H
- Hall. — Signaux de chemins de fer. . . . —• -. 78-104
- Hallet (S.). — Machine dynamo (brev.). ............. 188
- Hallwachs. — Piles secondaires...................... 23o
- Hankel. — Propriétés thermo-électriques et actino-
- métriques du quartz............................. 540
- p.553 - vue 557/560
-
-
-
- LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- fe',1 v Pages.
- Hasler. — Contrôleur de vitesse des trains........ 140
- Hayet (C.). — Batterie électrogènè fbrev.);....... 283
- Hellmann. — Différences entre les lueurs positives
- • 'et négatives................................... . 445
- Hill (W.). — Machine (brev.)...................... 382
- Hughes. — Recherches sur les causes du magnétisme .............................................. 207
- — Appareils pour l’étude du magnétisme ... 344
- Hunt (W.). — Télégraphie dans les trains (brev.). . 38o
- Immesch (M.). — Moteur électrique (brev.)............ 446
- J
- Jablochkoff (P.).— Fabrication du sodium (brev.). 348 Jousselin. — Contrôleur de vitesse des trains.. . . 141
- Jouvet. — Microphone (brev.)............... 285
- K
- Kabath (N. de). — Accumulateur (brev.)................ 3iô
- — Régulateur de courant (brev.).................. 3i7
- — Éclairage des voitures (brev.)................. 347
- Kaemp. — Turbine...................................... 434
- Kern (O.). — Le premier moteur électrique............ 40.
- — L’éclairage électrique au point de vue
- hygiénique............................. 201
- — Prix de l’éclairage électrique................. 373
- Kimberley. — Lampe à incandescence (brev.). ... 25i
- King (J.).— Régulation des courants électriques (b.) 123
- — Pile secondaire (brev.)........................ 346
- Kohlrausch. — Appareil pour la conductibilité des
- liquides. . ..................................... 400
- Koster. — Turbine.................................... 4o5
- Kremenezky. — Lampe différentielle!............... 251
- Krouchkoll. — Variations de la constante capillaire 245 — Courants dus à l’immersion et au mouvement................................................. 441
- Kuhmaier (F.). — Pile (brev.)......................... 347
- — Électro-aimant (brev.)......................... 478
- L
- Lalande {F. de). — Emploi des extra-courants (b.) 252
- — Pile à oxyde de cuivre..................... 367-535
- Lambert (J.). — Extraction des métaux par élec-
- trolyse (brev.).................................. 413
- Langlet. — Block avertisseur........................... 107
- Leblanc (M.). — Théorie des machines électromo-
- x trices................................ 234
- — Freins électriques........................... 472-518
- Lefaure (J.). — Allumoir électrique (brev.).......... 252
- Lemstroem (L.). — Aurores boréales..................... 2i3
- Lippmann (G.).Mesure des intensités.................... 3oi
- Loder (H ). — Lampe gazo-électrique (brev.). ... i55
- Lorrain (G.). — Lampe électrique (brev.)............. 412
- Pages.
- Lossier (L.). — Extraction de l’aluminium (brev.). . 284
- Loutre (H. le). -— Block System (brev.).................. . 349
- M
- Mac-Connel. — Turbine............................... 434
- Mac-Evoy. — Torpille................................. 202
- Magneville (de). — Bureaux téléphoniques de Paris......................................... 109-173
- Mânes (J.). — Amalgamateur électrique............. 249
- Mangin (G-). — Lampe (brev.)...................... 124
- Marianini. — Réélectromètre............................ 7
- Martin de Brettes. — Impression des dépêches téléphoniques et lumineuses....................... 378
- Masui. — Frein électrique............................ 340
- Mather (H.). — Lampes électriques (brev.)............. 93
- — Machines dynamo (brev.)....................... 187
- Mathieson (J.), — Lampe électrique (brev.). ..... 62
- Matthews (R.). — Machinés (brev.).................... 3i8
- Maxwell (C.), — Représentation des phénomènes
- d’induction...................................' 278
- Menges (E.). — Machines (brev.)................>*. 445
- Mercadier (E.). — Éléments de la théorie électrique 4-37
- Miligan. — Frein électrique..............;........ 3o8
- Minchin. — Électromètre absolu des sinus............. 244
- Moncel (Th. du). — Conditions de charge et de décharge des circuits voltaïques.................. 1
- — Régulateurs de vitesse................. 33-64-97
- — Effets microphoniques.. ................ 129-225
- — Auémométrographes électriques.......... 161
- — Moteurs électriques de Froment. ............ ig3
- — Modifications du pont de Wheastone. . . . 257
- — Exposition de Munich...................... 293
- — Revue téléphonique..................... 321
- — Enroulement des électro-aimants........ 353
- — Circuits télégraphiques................ 385
- — Histoire des lois des courants électriques . 416
- — Multiplicateurs galvanométriques ...... 449
- — Recherches de l’anneau Gramme.......... 5i3
- Monnier (D.). — Accumulateurs....................... 189
- — Étalons lumineux....................... 3i3
- Mors (L.). — Avertisseur du passage des trains (b.) 3o
- — Lampe à incandescence (brev.).......... 35o
- Mouline (£.). — Régulateur de vitesse............ 34
- Munro (J.). — Expériences microphoniques.............. 53
- N
- Nagel. — Turbine................................... 434
- Naudin (L.). — Rectification des alcools........ 69-276
- — Électrolyse du chlorure de sodium............ 179
- Negro (Salvator del). — Moteur électrique.... 40
- Noaillon (A.-H.). —Bougie à solénoïde.............. 146
- Nolf (A.). — Accumulateur (brev.).................. 446
- Nyssen (B.). — Flanelle hygiénique (brev.)......... 3i4
- O
- Oberbeck (A.). — Interférence électrodynamique
- des courants alternants............. 247
- p.554 - vue 558/560
-
-
-
- JOURNAL UNIVERSEL D'ÉLECTRICITÉ ;V.'/5S5 C.;
- Pages.
- Oberbeok (A.). — Polarisation des électrodes par
- courants alternatifs................................... 476
- Olmsted,. — Frein électrique. . .................... 336
- P
- Paktowzki (J.). — Action de l’aimantation sur la
- conductibilité des liquides........................ qi
- Ferez (P.). — Télégraphe (brev.)....................... 222
- Perry (J.). — Résistance de l’arc..............~. . 90
- — Moteur électrique (brev.). .................. 282
- — Hallage électrique (brev.)................... 348
- Picard (E.;. — Lampe électrique (brev.)................. 28
- Picard (Ed. et Em.). — Code général des brevets
- d’invention...................................... 85
- Picon (R.). — Appareil gatvanométrique.................. 27
- Pilsen. — Lampe........................................ 454
- Pollard (J.). — Tracés graphiques appliqués aux
- courants électriques.................... ii3
- — Téléphone à aimants multiples................ 345
- Pouchkoff. — Construction de la machine de Holtz 477 Pulvermacher (J.). — Pile.............................. 346
- Q
- Quet. — Rapports de l’induction avec les actions
- électrodynamiques................. 342, 375 et 537
- Quincke (G.). — Dilatation électrique du verre.. . . 342
- — Pouvoir diélectrique et biréfringence des liquides.......................................... 5qi
- R
- Randal (Ch.). — Téléphone (brev.)................ 25o
- Regray (L.). — Freins électriques............... 10-242
- Reis. — Téléphone................................. 3g3
- Resio (C.). — Dynamographe.......................... 81
- Rëuille (E.). — Moteur électrique (brev.;.......... 283
- Rézard. — Lampe................................... 184
- Richard (G.). — Freins électriques. . 3o8, 336 et 369
- — Turbines................................. 401-434
- Rœntgen (W.). — Propriétés électriques du quartz 379 Romiguières (F.). — Chauffage électrique (brev.). 3o
- Rousseau. — Block-system............................ 46
- Rose (O.). — Chauffage électrique (brev.)........... 92
- Roy. — Turbine..................................... 401
- Rysselberghe (Van). — Régulateur de vitesse. . . 97
- — Télégraphie à courants graduels (brev.).. . 412
- S
- Sabine (R.). — Galvanomètre pour courants conti-
- nus et alternatifs............................. 275
- Samuel (P.). — Batteur de mesure................. 389
- — Exposition de Vienne..................... 446-542
- Sartiaux (E.). — Bureau télégraphique du chemin
- de fer du Nord................................. 406
- Sawigzeski (S. von). — Frein électrique.......... 309
- Pages
- Scharnweber. — Machine dynamo.................... 429
- — Lampe................................... 459
- Schlaefli (A.). — Horloges électriques (brçv.). 285 1
- Schmidt (F.). — Lampe........................... 459
- Schuckert. — Machine dynamo...................... 428
- Schulze. — Lampe................................. 456
- Schwerd.—Machine dynamo......................... 429
- — Lampe................................... 459
- Semmola (E.). — Electrolyse. . .'.............. 414
- Siemens. — Block-signal automatique............... 18
- — Chemin de fer électrique de Portrush. ... 23
- — Presse hydraulique (brev.)............... 61
- — Freins électriques...................... 369
- — Machine. . ............................. 431
- — Lois du rayonnement................... 442
- Sieur (E.). —Commutateur conjoncteur (brev.).. . . 3o
- Sinsteden. — Machine. . . ..................... 400
- Skène (A.). — Pile (brev.)..................... 347
- — Electro-aimant (brev.).................. 478
- Societa generale italiana. —Microphone centralisateur (brev.)............................. i56
- Solignac. — Lampe à arc (brev.).................. 2ho
- Sommer (A.). — Dosage du plomb par èlectrolyse. 3i3
- Soulages (C.-C.). — Eclairage d’Abbeville........ 143
- — La lumière électrique à l’Opéra......... 199
- — Ligne télégraphique à travers une forêt
- d’Amérique.......................... 268
- Spagnoletti. — Block-system....................... 46
- Stassano (H.). — Recherches physiologiques sur la
- torpille..................................... i5i
- Stephan. — Conductibilité des liquides........... 5g
- Stœhrer. — Machine............................... 400
- Strangeways. — Téléphone (brev.)................. 314
- Suisse (F.). — Régulateur à lumière (brev.)...... 222
- T
- Taylor (W.).— Pile secondaire (brev.)............... 346
- Thévenin (L.). — Théorème d’électricité dynamique. 410
- — Mesure des différences de potentiel........... 539
- Thomsom (Sir W.). — Unités électriques.............. i83
- Thompson. — Téléphone (brev.)......................... 38o
- Tihon. — Lampe........................................ 184
- Tomlinson (H.). — Influence de la pression et de la
- tension sur l’action des forces physiques....... 167
- Tommasi (D.). — Calories de combinaison des sels
- métalliques............................. 276
- — Lampe à sélénium. . . ................... 3io
- Torrence (G.). — Récepteur téléphonique (brev.). . 284
- Tourvieille (F.). — Accumulateur (brev.).............. 445
- Toynbee (T.). — Moteur électrique (brev.)........... 285
- Tribe (A.). — Chimie des accumulateurs.............. 25
- — Dissymétrie de la décharge électrolytique.. 3n Tromelin (G. de). — Électricité atmosphérique. . . 205
- — Loch électrique.. . ..............217
- Trouvé (G.). — Chandelier mixte (brev.)............ 154
- Truchot (C.). — Limites de l’électrolyse.............. 440
- Turrettini (B.). — Distribution de l’électricité (br.) 221
- Tyler (F.). — Téléphone (brev.)....................... 221
- U
- Unger (P.).— Lampe à incandescence (brev.). ... 154
- — Pile à bassins (brev.)....................... 220
- p.555 - vue 559/560
-
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-
- sî*ÿ,v . LA LUMIERE
- k ;
- ËLÈCTRIQUE
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- Pages, î
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- Valeti — Turbine. .................................. 434
- Varley(H.j.— Charbon électrique.(brev.)............. 190
- Ventejoul (R.). — Machine dynamo (brev.).......... 189
- Vérity. — Conducteur à charnières................. 475
- ÿierordt (K.). — Affaiblissement des sons dans le
- téléphone. ...................................... 42
- Villarceau. — Régulateur de vitesse................ 67
- Vincent (C.). — Machine dynamo (brev.). ...... 27
- w
- Waltenhofen (A. Von). — Courants de Foucault. Warwich (B.). — Expériences microphoniques. . .
- 541
- 53
- Pages.
- Watt (A.). Piles secondaires (brev.). . . ...... 252
- Watt. — Régulateur de vitesse.................. 65
- Weeler. — Frein électrique........................ 3o8
- Westpn—Machine. ....................•........... 43j
- Wheatstone. — Condition de charge et de décharge
- dans les circuits voltaïques................ 1
- Whecler (S.). — Moteur électrique (brev.)....... 479
- Whipple. — Frein électrique..................... 336
- Wiedemànn. — Galvanomètre........................ 33o
- Wienand (A.). — Procédé électrique bisolénoïdal
- (brev.)*....................................... 60
- Winch (G.). Batterie secondaire (brev.)........... 412
- Wœring (R.). — Construction des fils et câbles (b.) 61
- Wolf (J.). — Isolateur télégraphique (brev.).... i54
- Woodbury. — Appareil pour l’essai des circuits . . 279
- Zanni (G.).. — Conducteurs électriques (brev.).
- 252
- PA RIS. — IMPRIMERIE P. MOUILLOT, l3 QUAI VOLTAIRE. — 4l5l4.
- p.556 - vue 560/560
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