L'Industriel
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- f^FTOLCME.)
- <yCoQè m&ie 1828
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- PRINCIPALEMENT DESTINÉ A RÉPANDRE LES CONNAISSANCES UTILES A L’INDUSTRIE GÉNÉRALE, AINSI QUE LES DÉCOUVERTES ET LES PKRFEGTIONNEMENS DONT ELLE EST JOURNELLEMENT L’OBJET.
- JrUîT Ip
- Fabrication de la céruse en Hollande, communiquée par M, P***, qui a observe récemment cette industrie.
- Le plomb employé vient d'Angleterre où d’Espagne. Ou commence par le couler en lames 5 on a pour cela une chaudière de fontç de deux hectolitres de capacité, montée de manière à ce que les émanations de plomb qui s’en dégagent ne puissent se répandre dans la chambre. Pour cela, la chaudière est surmontée d’un tambour en tôle qu’on ouvre ou ferme à volonté, et qui est en communication avec la cheminée, qui fait appel. Avant qu’on eût pris celle précaution, l’ouvrier charge de la fonte avait de fréquens maux de tête. On acquérait, d’ailleurs, facilement la preuve du dégagement du plomb en vapeur; il suffisait d’exposer dans la chambre à fusion un vase plat rempli d’eau ; peu après il se recouvrait d’une iris qui était de l’oxide de plomb.
- L’ouvrier a deux moules : ce sont des platines de tôle de sur 0,12, garnies d’un rebord de om,oi. Le plomb, une fois fondu, il décrasse bien la surface ; pour cela il place dans la chaudière un cercle de fer dans lequel il puise toujours, et
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- d’où il lui suffit d’enlever l’oxide au fur à mesure qu’il se iorme. Le moule est très-légèrement incliné, il y verse le plomh fondu avec une cuiller ; le plomb coulé sur la partie antérieure du. moule, gagne la partie postérieure en raison de la pente qu’il trouve; et il forme une couche de om,ooi à 0,002 garnie d’aspérités qui facilitent son oxidation et sa transformation en carbonate : s’il était laminé, la surface lisse qu’il acquerrait rendrait l’action du vinaigre très-lente.
- L’ouvrier chargé de servir le fondeur enlève le moule plein , le remplace par le moule vide , renverse le moule plein, en fait tomber ainsi la lame : les deux mêmes moules servent à une vingtaine d’opérations; après quoi, étant trop chauds et ne condensant plus le plomb, ils sont mis à rafraîchir et sont remplacés par d’autres.
- Les plaques ayant une longueur double de celle qui est nécessaire pour les rouleaux ou cornets, on les coupe en deux au moyen d’une hache.
- Chaque plaque pèse environ 9 kilog.
- 100 kil. de plomb en saumon nedonnentque g8de plomb en lames ; il y a donc 2 p. cent transformés en oxide. On roule en cornets la moitié des plaques.
- Il s’agit alors de former les couches.
- Les couches ont 4 mètres sur 5; elles s’enfoncent en terre d’un mètre et demi.
- L’oxide se vend aux potiers de terre ou aux plombiers, qui le réduisent dans des fourneaux à manches..
- On établit un premier tas de fumier de om,6 ; le fumier doit être frais et pailleux : le fumier des casernes de cavalerie, qui est toujours également chargé de crottin, est très-recherché par les fabricans de céruse.
- On égalise bien le tas, et l’on forme tout autour un rebord de oni,4 de hauteur et de 0,8 de largeur.
- On place dans le vide qui reste 1600 pots ; ces pots sont des creusets en terre vernissés à l’intérieur, de om,25 de hauteur, de o,“i de diamètre, garnis de 2 mentonnetsplacés à om,i du fond. On les charge de vinaigre jusqu’au niyeau des mentonnets, et cela*
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- avec uh arrosoir, sans s’inquiéter si le vinaigre tombe sur le fumier, vu qu’il s’en dégagera en vapeur par la chaleur que produira la fermentation. L’ouvrier qui répand le vinaigre établit une planche sur la couche de pots; c’est sur cette planche qu’il marche en la déplaçant selon le besoin. Le lit dépense 55o à 4«o litres de vinaigre.
- Le vinaigre mis, on plaça un cornet dans chaque pot; ce cornet s’appuie sur les mentonnets et ne doit pas toucher le vinaigre, sinon le blanc serait altéré par la matière colorante du vinaigre qui ne doit y parvenir que par volatilisation.
- Au-dessus on établit une couche de lames de plomb auxquelles on donne une disposition imbriquée. On a placé avant au-dessus des pots, des madriers de om,07, distans entre eux de o,6; ce n’est que dans leurs intervalles que sont placés les lames. On réunit ces madriers par des tringles distantes entre elles de 0,2, et sur ces tringles on établit une nouvelle couche de plaques; c’est celte deuxième couche qui forme particulièrement les belles écailles de céruse. Les cornets de chaque tas pèsent 1000 à io5o kilogrammes; les deux rangées de plaques imbriquées pèsent autant.
- Au-dessus de cette couche sont encore des madriers de om,07, et c’est sur ces madriers qu’on établit un plancher foçmé de planches imbriquées. Sur ce plancher on établit une nouvelle couche de fumier de om,3 qu’on tasse bien également, puis une nouvelle couche de pots, et le reste comme précédemment. On forme ainsi six couches de pots.
- On ménage à chaque tas une communication avec l’extérieur, au moyen d’un madrier de om,i sur omi. Quand la couche est formée, ce qui dure trois jours, et qu’elle s’est rassise pendant deuxà trois jours, on enlève ces madriers, il se dégage des ouvertures qu’ils laissent une grande abondance de vapeur dont la température est fort élevée, on bouche les ouvertures avec des bouchons de paille, et on les ouvre de temps en temps pour aérer la couche. Après une quinzaine de jours, la fermentation se calme, il n’est plus besoin d’aérer si souvent. La couche s’affaisse, elle perd le tiers de sa hauteur.
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- • Ce n’est qu’après six semaines qu’on juge l’action complète', et ce n’est qu’alors qu’on défait la couche. On enlève à part les plaques et les cornets ; le fumier a perdu beaucoup de son volume, il est livré aux cultivateurs, qui en font grand cas en raison de l’action prompte qu’il est susceptible d’exercer sur la végétation.
- Les plaques entièrement transformées en céruse sont mises à part pour être vendues aux peintres sous le nom de blanc d’argent , blanc en écailles; on ne les pulvérise pas. Le consommateur les estime fort parce qu’il est sûr que la céruse n’y est altérée pur aucun corps étranger, et que d’ailleurs elles offrent en général une blancheur parfaite , à moins que le plomb ne contienne du fer qui donnerait une nuance jaunâtre. La présence du cuivre eu donnerait une bleuâtre, mais qui ne nuit pas à l’éclat.
- Les plaques qui ne sont qu’en partie attaquées sont empilées au nombre de 5o à 60, et battues avec une latte en bois qui en détache le blanc. Les cornets sont déroulés, le blanc s’en détache déjà en grande partie; on les empile aussi, puis on les bat, ce qui achève d’en détacher la cénise ; les plaques et les cornets résidus sont roulés avec du plomb neuf pour être de nouveau soumis à l’action du vinaigre. On aime mieux les attaquer ainsi jusqu’à la fia que de les refondre, à cause de la freinte qu’on évite. Ces dernières opérations sont fort dangereuses; les ouvriers qui y sont employés sont souvent malades: on pourrait sans doute en diminuer le danger en les faisant dans des hottes soumises à un bon aérage, mais on ne peut guèr réviter totalement; il sera toujours nécessaire que l’ouvrier manie les cornets, les plaques, et que ses mains soient couvertes de blanc.
- Dans un travail continu ioo parties de plomb donnent no parties de céruse. Le blanc est soumis à l’action de meules verticales.
- Ou le passe au blutoir, on ramène sous les meules ce qui refuse de passer à travers l’étamine ou la toile métallique, car il y a blutoirs faits avec ces deux sortes d’enyeloppes.
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- La portion blutée est délayée dans de l’eau, puis soumise à Faction de meules horizontales.
- La pâte a besoin d’être passée à trois meules pour acquérir la finesse convenable.
- Chaque meule exige la force d’un cheval : broyé convenablement, le blanc est mis dans des pots coniques non vernissés, de 0,15 de hauteur, et de 0,1 au grand diamètre; ces pots sont mis sur des étagères où on les prend trois à quatre fois par jour pour leur imprimer une secousse qui facilite le dégagement du pain. Après trois à quatre jours , le pain a perdu assez; d’eau et a acquis assez de consistance ; on retourne le pot et l’on place le pain à nu sur l’étagère ; il achève là sa dessiccation. Cependant pour lui donner un grain plus fin et le rendre moins hygrométrique, on l’expose à la chaleur de l’étuve qui est de 5o à 60°; les séchoirs sont disposés de manière à ce qu’on puisse profiter de l’action desséchante de l’air pendant l’été, et avoir recours à une chaleur artificielle pendant les temps humides et froids.
- On ne doit pas laver la céruse, comme le prescrit l’auteur de l’article céruse du Dictionnaire technologique. Le sous-acétate qu’il contient lui donne de la compacité ; une trop grande proportion le ferait jaunir.
- Comme il arrive souvent que le blanc a un œil jaunâtre, on y ajoute Tgggg d’indigo, et cela en même temps qu’on broyé humide; le bleu de cobalt, plus cher de beaucoup, ferait un meilleur effet. La teinte verte qui en résulterait serait plus agréable. Ce moyen est employé à Lyon : le blanc en pain au sortir de l’étuve est mis dans du papier bleu, comme le papier à sucre, on le lustre à la surface.
- II importe beaucoup de séparer les couches de lames de plomb imbriquées, les unes des autres et des pots : quand on n’espace pas suffisamment, on remarque que le blanc ne se forme pas en si grande quantité et qu’il se colore davantage, coloration qu’on croit provenir des sulfures. Il est à remarquer que le tas supérieur est celui qui s’attaque le mieux, et que du tas supérieur, le lit de plaques supérieur est celui qui donne les produits les plus beaux et les plus abondans.
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- Ce sont les cornets qui donnent le produit de moindre qualité.
- Un lit contient environ i/jioo pots* on met dan» une couche 25oo à 3ooo kilogiainmes de plomb,, et 3400 à 25oo litre» de vinaigre.
- On laisse six semaines les couches en travail.
- Un cheval peut mener une paire de meules horizontales ou verticales. Les meules horizontales ont une vitesse convenable qua nd elles font quarante-cinq tours à la minute.
- On la isse les pains sécher à l’air pendant huit à dix jours, y compris le séjour en pots; ils baissent dans les pots pendant la dessiccation de 1 à 2 centimètres.
- Les Hollandais ne se servent pour la fabrication que de vinaigre de bière, qui est en général très-faible. Il paraît que le vinaigre concentré convient mieux pour cette industrie, car quelques fabricans qui l’entendent bien, concentrent le vinaigre de bière au septième de son volume avant de l’employer.
- Les céruses de Hollande sont quelquefois falsifiées avec lê sulfate de baryte ou avec le carbonate de chaux. Elles contiennent quelquefois aussi un peu de plomb métallique, et un sous-acétate insoluble dans l’eau selon les observations de M. Darcet.
- Pour reconnaître la proportion d’acide acétique, M. Darcet s'est servi avec succès de carbonate de soude qui donne un acétate soluble. La proportion de plomb s’évalue par calcination dans un creuset fermé. La proportion de mêlai obtenue dans cette calcination est quelquefois considérable.
- La falsification de la céruse par le sulfate de baryte est toujours facile à reconnaître par l’acide nitrique qui dissout le carbonate de plomb, et n’a pas d’action sur le sulfate de baryte*
- Pour reconnaître la chaux, on pourrait se servir de potasse ou de soude caustique après le traitement à l’acide nitrique. Ces alcalis en solution dans l’eau dissolvent le carbonate de plomb et n’attaquent pas le carbonate de chaux. Il faudrait, pour suivie cette méthode, s’assurer préalablement que la céruse ne contient pas de sulfate de baryte.
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- 11 paraît qu’on emploie en France beaucoup de sulfate de plomb pour falsifier les céruses.
- Les céruses présentent toujours des constitutions trôs-va*. tables. Ainsi, en général la céruse de Hollande contient plus d’acide carbonique sous un même poids que la céruse préparée par le procédé de Clichy. Plusieurs échantillons hollandais examinés Ont fourni jusqu’à un volume d’acide double de celui donné par la céruse de Clichy.
- Les fabriques de céruse par le procédé hollandais se sont beaucoup multipliées dans ces derniers temps, et particulière-ment dans le nord de la France, où l’on trouve des établisse-mens qui rivalisent bien ceux de la Hollande. L’on peut dis* tinguer parmi ces établissemens celui de MM. Lefebvre et comp., près de Lille, qui ont obtenu une médaille d’argent â la première exposition des produits de l’industrie au Louvre.
- MÉMOIRE
- Sur les fromages de Gruyères (i); par M. Boîtàfoüs-.
- Il est des personnes qui, étant peu au fait des bases fonda* mentales qui constituent la force et la richesse des états, croient que c’est faire un tort irréparable à un pays que de> communiquer aux autres les procédés de quelques art*1 exclusifs, ou bien les méthodes des cultures particulière» mieux connues d’une nation que d’une autres mais qu’il me soit.permis de rangerce préjugé parmi ceux qui avilis* sent l'homme et le dégradent aux yeux du sage.
- Lettres du comte de Berch. Milan , 1780;
- ( Extrait des Annales d* Agriculture. )
- Si l’on considère que la fabrication des fromages cuits ne
- (î) Voyez un rapport sur Ce sujet, t. xxxtr, p. tS de la deuxième série des Annales d’Agriculture.
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- suffit point, en France, aux besoins de la consommation intérieure, et que chaque année nous sommes contraints d’en im« porter de l’étranger pour des sommes considérables, tandis que, dans plusieurs localités, nous pourrions en fabriquer avec avantage, il ne paraîtra pas inutile de rappeler l’attention des cultivateurs sur ce besoin de notre agriculture, en leur offrant une esquisse rapide de l’excursion que j’ai faite dans le pays de Gruyères, afin d’observer une branche si importante de l’industrie agricole de ses habitans.
- Les Alpes du canton de Fribourg, auquel le pays de Gruyères-appartient, sont de nature différente. Les premières, appelées Hautes-Alpes, sont assises sur des rochers calcaires; elles sont en général plus élevées, bornent l’horizon au sud, et se distinguent de la première lisière par l’âpreté du sol et les pics sans végétation qui les couronnent. Sur les flancs, on aperçoit des brins d’herbes qui se glissent entre les joints inégaux d’énormes amas de cailloux, lesquels, en réfractant les rayons du soleil, réchauffent la terre et favorisent la germination. Tel est le sol privilégié où. se préparent les meilleurs fromages; et l’on croit communément que c’est l’influence végétative de la roche calcaire, réunie à l’élasticité de l’air, qui donne aux fromages de ces l égions élevées leur saveur et leur délicatesse.
- La roche calcaire se produit aux environs de la Chartreuse de la Part-Dieu, parcourt une courbe horizontale et embrasse les^ flancs des montagnes jusqu’à la dent de Jarnan , située aux limites du canton de Fribourg et du pays de Yaud; elle se pro^ longe, de là, au midi vers Château-d’Oez, et suit au levant les; chaînes des Alpes, depuis la Finna jusqu’au Lac-Noir.
- D’autres montagnes disputent aux Hautes-Alpes quelques avantages; elles les doivent aux soins de la manipulation et aux demandes multipliées du commerce. Le sol de celles-ci se compose de grès plus ou moins compactes, d’argile et de schistes alumineux ; elles s’étendent de Châtel-Saint-Denis à Gruyères et de Brox à Planfayon. Le terrain y est souvent rempli de tourbe et de marécages.
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- Les prairies alpestres de cette partie de la Suisse peuvent se diviser en trois classes :
- i° Les prairies proprement dites, dont on fauche l’herbe chaque fois qu'elle a acquis la maturité nécessaire;
- a0 Les pâturages, ou celles dont l’herbe est consommée sur place;
- 3° Les prairies mixtes, dont la première pousse est livrée à la pâture; la seconde, récoltée pour la nourriture hivernale des bestiaux, et dont la troisième est broutée sur les lieux. Mais quelles sont les plantes qui rendent ces prairies si adaptées aux vaches laitières ? Le temps que j’ai employé à visiter ces régions élevées m’a seulement permis d’en apercevoir quelques-upes dont les bestiaux paraissent fort avides, telles que la lrvèche pourprée ( phellandrium mutellina, L. ), l’épervière dorée ( hieraciunt aureum, Willd. ), l’alchemille argentée ( alche-milia alpina, L. ), l’alchemille commune ou pied-de-lion ( alchemilla vulgaris, L. ), le plantain des Alpes ( plantaga alpina, L.), la renouée vivij ave ( poiygonum viviparum, L.), la bistorte {polygonum bislorta, L. ), le trèfle châtain ( trifolium badium, Schreb. ) ; quelques autres espèces du même genre, et plusieurs espèces de patuvins, de fétusques et autres graminées.
- Dans les vallées inférieures, les pâturages, composés de plantes moins aromatiques et de quelques légumineuses, telles que le sainfoin, Je trèfle, la luzerne et la vesce, que l’on cultive avec soin, donnent un produit plus considérable, mais influent moins avantageusement sur la qualité du lait. Dans ces localités, on établit des fruitières où chaque cultivateur apporte le lait de ses vaches, et le fromage qu’on en retire se partage à proportion de la mise que chacun a faite (i). Les fromages qui en proviennent, quoique inoins réputés, entrent en copcur-
- (i) Voyez, à ce sujet, l’ouvrage de M. Charles Lullin,intitulé : Des Asso-dations rurales pour la fabrication du lait, connues en Suisse sous le nom de fruitières. In-8°, i8ti. Paris et Genève, chez Paschoucl et chez madame Huzaid (née Vallat la Chapelle).
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- tence avec ceux des Alpes, principalement depuis que les agriculteurs ont substitué, dans beaucoup d’endroits, la culture de la vesce ('Vicia sativa, L.) à celle du trèfle, que l’on accuse de donner de l’âpreté au lait. On doit présumer aussi que chaque particulier, n’ayant qu’un petit nombre de vaches» peut en prendre un plus grand soin, et obtenir par là un lait d’aussi bonne qualité.
- Dans ces établissemens oit il est possible d’introduire le principe si fécond de la division du travail, on peut assujettir la manipulation des fromages à des règles fixes ; tandis que dans les chalets des Alpes, aucun système de manipulation ne peut être régulièrement suivi $ le tact et le coup d’œil des fruitiers, formés par une expérience journalière, peuvent seuls y suppléeri aussi les procédés nécessaires à la bonne confection des fromages sont assez difficiles à développer. Je vais les détailler tels que je les ai vu pratiquer dans un des chalets que j’ai visités au milieu des pâturages du Molesson, un des sites les plus renommés du pays de Gruyères par la qualité de ses produits.
- L’extérieur de ces chalets ou fromageries présente un toit en bardeaux assujettis à la sablière par des chevilles de bois, et surchargés de quelques blocs de pierre pour les faire résister à la violence des vents. Sous ce toit qui n’a point de cheminée s’élèvent quatre parois en solives disposées transversalement, et assez mal assemblées pour que l’air se renouvelle, et que la fumée trouve une issue lorsque la porte est close.
- Sur le front du bâtiment le toit avance de six à dix pieds, et repose sur deux piliers de bois; ce qui forme une espèce de galerie ou péristyle, terminé par deux portes à claire-voie, et fermé, sur le devant, à un tiers de son élévation, par un lambris d’ais épais qui donne assez d’espace pour laisser parvenir le jour. Quelquefois ce péristyle est ouvert de toutes parts, et l’on entre directement par la porte située vers le milieu. C’est sous cet abri que l’on trait les vaches lorsqu’il fait mauvais temps.
- D’autres chalets ont, du côté opposé, une étable plus ou pioins spacieuse, avec deux portes latérales qui servent au pas-
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- sage des bestiaux et k la libre circulation de Pair* On y intro* ’duit, lorsque la localité le permet, un ruisseau dirigé de ma» Uière à y entretenir la propreté convenable* L’intérieur du Chalet ne forme souvent qu’une seule chambre qui d’ordinaire ft’est point pavée. La couche des fruitiers (nom que l’on donne aux gens qui manipulent le fromage) est disposée dans un espace fort étroit, et entourée d’une cloison au-dessus de la galerie*
- Dans la partie inférieure, on distingue en premier lieu le foyer au centre ou à l’extrémité ; il est ordinairement deplain-pied ou creusé à très-peu de profondeur, et entouré de pierres îangées circulairement, qui ne laissent qu’un intervalle au-devant pour mettre le bois. A l’extrémité du foyer s’élève une poutre mobile, traversée en haut par une autre plus petite, à laquelle on suspend la chaudière dans laquelle on fait le fromage. Dans Un des angles se trouve la presse en bois destinée à le dépouiller de toute sa sérosité, et tout autour existent des rayons en planches sur lesquels on entrepose les baquets et les ustensiles employés à la fabrication. On se sert pour sièges de gros troncs d’arbres ou de petites escabelles rondes portées sur un seul pied terminé en une pointe armée de fer.
- Lorsque le fruitier trait ses vache», il se sert de ces escabelles, qui, au moyen d’une courroie, s’attachent à la ceinture. Un seul homme peut en traire trente par jour, quinze le matin et autant le soir.
- Aussitôt qu’une traite est faite, on débarrasse le lait des impuretés qui peuvent s’y trouver mêlées, en le faisant passer par un couloir en bois de forme conique, dont l’orifice inférieur est bouché avec dès feuilles de sapin. Le lait, en sortatit de ce couloir, soutenu par un cadre de bois, tombe dans de grands baquets circulaires qu’on a bien lavés auparavant $ un vaisseau qui aurait contracté quelque âcreté altérerait toute la traite. On réunit le lait des deux traites en le versant dans une grande chaudière en cuivre battu, suspendue au bras de la poutre tournante, à l'aide de laquelle on peut l’amener sur le foyer ou l’éloigner à volonté. La quantité de lait nécessaire à la formation
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- d’un fromage n’est point toujours la même; elle dépend de la qualité des herbages et de la complexion des animaux qui sécrètent un lait plus ou moins riche; mais on calcule, par approximation, qu’il faut cent vingt pots de lait (i) pour produire un fromage de cinquante livres (poids de dix-sept onces).
- Lorsque le fruitier a reconnu, en plongeant le bras dans la chaudière, que le lait a acquis la chaleur convenable (que je jugeai d’environ vingt-cinq degrés de Réaumur), il détourne la chaudière du feu, et essaie la force de la présure sur une petite quantité de lait chaud; il met ensuite dans une grande cuiller en bois la dose qu’il croit nécessaire pour précipiter son lait, et il promène celle-ci dans toute la chaudière pour disperser la présure également.
- Il y a différentes manières de préparer la présure : cette substance n’est autre chose que la portion de lait caillé qu’on trouve dans la caillette ou le quatrième estomac des veaux encore à la mamelle. Les uns ouvrent ce corps membraneux, y introdui-duisent du sel en petite quantité, et le déposent dans un vaisseau de bois rempli de petit-lait. Les autres coupent la caillette en morceaux , la saupoudrent de sel et la mettent dans un vase quelconque plein d’eau. Il en est d’autres enfin qui, après avoir ouvert l’estomac du jeune animal, en détachent les grumeaux, les lavent, les salent, et les remettent dans la membrane d’où ils sont extraifs ; ceux-ci suspendent cette poche dans un lieu sec, et lorsqu’ils veulent employer la présure, ils en délayent dans du lait la quantité dont ils ont besoin. Mais si la préparation de la caillette n’est pas difficile, son emploi demande une longue habitude ; elle est plus ou moins riche en principe coagulant, et son effet est soumis à la température de l’atmosphère, qui, selon qu’elle est chaude ou froide, facilite plus ou moins sa dissolution. L’excès de présure donne au fromage une saveur désagréable, et l’habileté du fruitier consiste à l’épargner autant que possible.
- (i) Un pot équivaut à 1 litre,563.
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- La coagulation du lait s’opéra, sous mes yeux, en douze minutes ; aussitôt le fruitier agita le caillé avec le brassoir, es-pèce de moulinet fait avec un bâton de bois écorcé, garni de dix à douze chevilles qui le traversent dans son extrémité inférieure j tandis que, de son autre bras, il imprimait au liquide un mouvement moins rapide qui rédu’sit le caillé en grains jaunâtres, que l’on sent crier sous la dent lorsqu’on les miche.
- Il ramena la chaudière sur le feu en continuant à brasser la matière caséeuse, et la température fut élevée jusqu’à ce que toute la masse eût atteint le degré de coagulation convenable. Il fallut à peu près une demi-heure pour arriver à ce terme, où la chaleur me parut être d’environ trente-cinq degrés. Parvenu à ce point, on éloigna la chaudière du feu sans discontinuer de brasser bernasse pendant douze à quinze minutes. La matière se précipite au fond de la chaudière, on la rassemble avec les mains jet l’on introduit au-dessous de toute la masse, dans la chaudière même, une toile que deux hommes tiennent par les quatre coins. Ceux-ci soulèvent la pâte et la font entrer, avec cette enveloppe, dans le moule, où elle doit recevoir la forme et le volume sous lesquels on connaît le fromage de Gruyères.
- Ce moule est une planche de sapin d’environ cinq lignes d’épaisseur, large de cinq à six pouces, et longue de cinq pieds, contoürnée en cercle, et dont on peut, à volonté, agrandir ou diminuer le diamètre, ses extrémités n’étant point fixées l’une à l’autre. Deux plateaux, ou disques de bois, dont le diamètre dépasse un peu celui du cercle, le recouvrent de part et d’autre. On place ce moule sur une table inclinée, pour que la pâte s’égoutte insensiblement, et, à l’aide d’une presse à levier que l’on fait agir fortement sur le plateau, on exerce une pression progressive. Demi heure après, on relâche la presse, on étend le cercle, on retourne la pâte, qui reçoit alors le nom de fromage j on le met dans une nouvelle toile et on le replace ainsi dans le même moule ; on resserre le cercle d’autant que le fromage s’est rétréci, on abat la presse dessus, et l’on répète cette manœuvre pendant plusieurs heures, jusqu’à ce que le fromage
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- soit dépouillé de son petit-lait, et qu’il soit parvenu au degré de fermeté et d’affaissement nécessaire.
- On transporte ce fromage, sous cette forme, dans le grenier, nom sous lequel on désigne le local où l’on procède à la salaison- On peut dire que ce grenier, ou chambre à fromages, sert de boussole aux opérations du fruitier. Selon qu’il est sec ou humide, exposé au nord ou aux ardeurs du soleil, étouffé ou aéré, le procédé de la salaison varie, ainsi que la durée du temps nécessaire à la parfaite confection du fromage.
- Ce grenier consiste dans un bâtiment recouvert en bardeaux et formé de quatre parois en solives transversales parfaitement jointes. Il est quelquefois détaché du sol au moyen d’un plancher soutenu par quatre piliers en bois de trois pieds environ de hauteur, pour empêcher les eaux pluviales ou les souris de s’y introduire. Ce plancher, débordant de deux pieds à peu près, présente, à l’entrée du grenier, une longue plate-forme sur laquelle on monte par une échelle mobile. Son intérieur n’a qu’une porte pour toute ouverture, et son pourtour est garni de tablettes qui s’élèvent les unes sur les autres à une certaine distance, pour y placer les fromages que l’on doit saler. Cette opération tend tout à la fois à favoriser leur conservation et à améliorer leur goût.
- La quantité ordinaire de sel que l’on consomme est de quatre livres par quintal de fromage (poids de dix-sept onces). On prend du sel broyé et exempt de substances étrangères, et à l’aide d’une cuiller de fer-blanc, criblée de petits trous, on saupoudre chaque fromage de part et d’autre. Tous les jours on répète cette opération pendant deux ou trois mois, en le retournant chaque fois pour imprégner aussi la surface inférieure. La salaison n’est achevée que lorsqu’on aperçoit une humidité surabondante, qui annonce que la pâte est saturée de selj sa couleur devient plus intense, et il se forme, à l’extérieur, une couche qui a plus de consistance que le centre.
- Lorsque la pâte a ainsi absorbé environ quatre pour cent de son poids de sel, on l’humecte très-également deux ou trois fois par semaine avec un morceau de drap imbibé de vin blanc
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- ou d’eau salée. On peut, de cette manière, procurer au fro* tnage une qualité supérieure en continuant cette sorte de lavage une ou deux années, et finissant par ne faire cette opération qu’une fois par semaine pendant la seconde. On obtient par là des fromages plus fermes, d’une saveur exquise, et qui résistent mieux à une longue navigation.
- Pour reconnaître si la pâte a subi une fermentation suffisante, on la soumet à l’essai d’une sonde, et c’est ici que se distingue le bon fromage; ses yeux ou pores sont clair semés ; le sondage ne doit en présenter que trois ou quatre au plus, et ils n’ont que le volume et la forme d’un gros pois. La pâte riche en principes nutritifs est d’un blanc jaunâtre ; elle est moelleuse, délicate, et se dissout à la bouche sans effort et sans se briser.
- Ces fromages ne sont pas les seuls produits de l’industrie des fruitiers : ils font en outre une espèce de fromage mou avec le peu de matière caséeuse que le sérum ou petit-lait tient encore en dissolution après la cuite du fromage. La préparation de celui-ci, que P on nomme le serai, dont la consommation se borne à la localité, est prompte et facile. On remet sur le feu le petit-lait dont on vient d’ôter un fromage, on y ajoute environ un quart d’eau, et dès qu’il arrive au degré d’ébullition, On y verse Vaisyy nom que porte le petit-lait qu’on a laissé aigrir pour servir de présure. Bientôt il se forme à la surface une écume blanchâtre qui acquiert, par la cuisson, une consistance pâteuse. On retire la chaudière du feu ; on enlève cette matière avec une pelle de bois à manche court, et on la verse dans un moule, dont le pourtour forme un cercle fixe et est revêtu intérieurement d’une toile claire. On le fait égoutter, et, en se refroidissant, le serai s’affaisse et forme une masse cohérente, qui conserve la forme que le moule lui a donnée.
- Le serai frais est une substance très-saine, dont les alpicoles font leur nourriture journalière. Iis sont aussi dans l’usage de le saler en le recouvrant de sel des deux côtés, à la dose de cinq à six pour cent, et, par ce moyen, on le conserve plusieurs mois ou même d’une année à l’autre. Il ne reste, après
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- cette manipulation, qu’un petit-lait très-clair,qui ne renferme plus de caséum- , et qu’on emploie très-utilement à la nourriture des cochons.
- La vente des fromages se fait ordinairement pendant les mois de septembre et octobre ; lé maximum de leur prix a été de quarante-deux francs le quintal (poids de dix-sept onces J, et le minimum vingt francs ; le prix actuel est dé vingt-sept à vingt-huit francs. (1827.)
- On porte à quinze mille pdqiders lés pâturages dé la fchaîne des Alpes du pays de Gruyères. On nomme pdquier l’étendue de terrain qui fournit à l’estivage d’une mère vache, ce qui porte à quinze mille vaches l’alpage annuel. Or, prenant deux Cents livres de fromage pour le produit moyen de chacune, ou obtient une quantité de trente mille quintaux ; calculant ensuite leur valeur sur la moyenne des prix courans, on aura neuf cent trente mille francs, sans y comprendre les fruitières des ^ vallées inférieures.
- Vingt à vingt-deux mille qüintàux passent annuellement dans l’Italie et dans le midi dé la France; le nord et l’intérieur de ce royaume n’importent que quatre à cinq mille quintaux; le canton de Berne enlève le produit des Alpes septentrionales; le sud de l’Allemagne et la Suisse orientale se partagent le surplus.
- On croyait autrefois que la qualité de tes fromages était inhérente au sol et aux pâturages, et la petite ville de Gruyères était alors le seul dépôt des fromages de toute la contrée environnante; elle les marquait dé son blason, c’est-à-dire de la grue , et percevait, eu échange , un droit de balance; mais depuis quel’expéricncé a fait connaître qu’avec de bons pâturages, èt en suivant les memes procédés, il était possible de fabriquer ailleurs des fromages que l’on distingue difficilement de ceux du pays de Gruyères, ses industrieux habitans ont une double concurrence à soutenir : la première, dans les cantons de Berne et de Lucerne, qui font passer leurs fromages en Allemagne sous le nom emprunté de Gruyères; et la seconde, dans le nombre toujours croissant des fruitières dans les vallées du
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- Léman, du Jura, des Vosges, la Savoie et autres contrées dont les productions sont confondues, sur les marchés étrangers avec celle du pays de Gruyères.
- Ici se terminent les notions que je dois à l’expérience des fruitiers, aux renseignemens que la société économique de Fribourg m’a procurés, et aux observations que j’ai recueillies en parcourant les Alpes dç Gruyères. Puissent-elles exciter l’attention des cultivateurs sur une des branches les plus productives de ^agriculture pastorale ; outre les bénéfices qui résultent de cette industrie, on doit considérer comme un avantage précieux la multiplication des fumiers, et par conséquent l’amélioration du sol et l’augmentation progressive de toutes sortes de denrées.
- DESCRIPTION
- d’un four a puddlcr, suivi de la description du puddlage , d’après MM. Dufrénoy et Elie de Beaumont.
- Nous nous sommes procuré les dessins d’un de ces fours avec tous les détails qu’ils comportent pour leur construction, et nous avons jugé convenable de les publier dans notre recueil. Mais n’ayant pas de description développée de ces dessins et de l’opération à laquelle l’appareil se rapporte, nous avons cru que nous ne pouvions mieux faire que de nous servir de la publication excellente faite sur ce sujet par MM. Dufrénoy et Elie de Beaumont.
- » L’affinage du fer à la houille se compose de trois parties distinctes : i° l’affinage proprement dit qui s’exécute dans des fourneaux analogues à nos fourneaux de mazage, et qui produit un métal plus voisin de l’état de fer pur, connu sous le nom de fine-métal; 20 le puddlage qui a pour but de compléter L'affinage, et qui s’exécute dans des fourneaux à réverbères, connus sous le nom de puddling-furnaces ; 3° la 3e opération consiste à réunir plusieurs barres de fer ensemble en les soudant dans des fourneaux à réverbères, connus sous le nom
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- de bulling-furnaces pour le soumettre ensuite au corroyage des laminoirs.
- Nous ne décrirons ici que le second appareil et le travail qui s'y rapporte.
- Ces fourneaux ( puddling-furnaces ) rentrent dans la classe des fourneaux à réverbères; la chaleur qui s’y développe étant très-grande, on divise l’épaisseur du massif en deux parties. Le revêtement extérieur peut être construit en briques communes ou en matériaux du pays; mais la paroi intérieure doit être nécessairement composée de briques réfractaires. L’épaisseur de cette pai’oi intérieure varie suivant la partie du fourneau à laquelle elle appartient ; elle est généralement de deux briques. Quant à l’épaisseur du revêtement extérieur, elle varie beaucoup; lorsqu'il est en briques, il n’est ordinairement composé que d’un rang.
- Pour augmenter la résistance que ce fourneau doit opposer à l’action destructive de la dilatation produite par la chaleur, on l’arme en fer; quelquefois cette armure est simplement composée de barres de fer horizontales et verticales qui entrent les unes dans les autres ; ces barres sont arrêtées par des clavettes qui les empêchent de s’écarter. Le plus ordinairement les fourneaux à réverbères sont revêtus de plaques de fonte sur toute leur surface, comme l’indique la fig. i, pl. 17 ; elles sont retenues par des barres de fonte verticales i appliquées sur les parois du fourneau, et par des barres de fer horizontales qui sont placées au-dessus de la voûte.
- Le fourneau est divisé intérieurement en trois parties distinctes , qui sont : la chauffe, la sole et la cheminée.
- La chauffe c varie de 3 pieds 1 h à 4 pieds 1/2 de long sur 2 pieds 8 pouces à 3 pieds 4 pouces anglais de large. L’ouverture a de la porte par laquelle on charge le charbon a 8 pouces en carré; elle est évasée vers l’extérieur du fourneau; l’embrasure de cette porte est entièrement en fonte ; on y accumule ordinairement de la houille.
- Les barreaux de la chauffe sont mobiles afin qu’on puisse, en les écartant avec un ringard, faire tomber les escarbilles qO;
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- s’amassent entre eux, et nettoyer la chauffe après chaque opération. C’est également pour cette raison que le mur qui forme la naissance de la voûte ne descend pas entièrement jusqu’à la grille. Il existe un vide de trois pouces par lequel les ouvriers introduisent le ringard; et pour qu’ils puissent l’appuyer, on a placé à la hauteur de la grille une marâtre en fonte qui présente des dentelures et que par ce motif on appelle quelquefois peigne. Les barreaux reposent sur deux marâtres en fonte, qui ont de trois à quatre pouces de côté; ils ont eux-mêmes de 12 à 14 lignes de côté.
- Lorsque le fourneau est simple, on pratique sur le côté de la chauffe opposé à la porte un petit trou carré par lequel on chauffe les ringards, et on bouche ce trou avec une brique. Lorsque les fourneaux sont accouplés, ce trou est placé à côté de la porte de la chauffe.
- La sole est tantôt en briques, tantôt en fonte ; dans le premier cas, elle est composée de briques réfractaires placées de champ et formant une espèce de voûte plate. Elle repose immédiatement sur un massif de maçonnerie plein ou voûté à sa partie inférieure.
- Quand elle est en fonte, ce qui devient maintenant d’un usage presque général, elle peut être composée d’une ou de plusieurs pièces. Plus ordinairement elle est d’une seule pièce, ce qui offre le désavantage de reconstruire presque entièrement le fourneau lorsqu’on veut la changer. Dans ce cas elle est un peu creuse; lorsqu’elle est de plusieurs pièces, elle est ordinairement plane.
- Les soles en fonte reposent sur des piliers également en fonte, au nombre de quatre ou cinq. Ils sont supportés par des dés en fonte placés sur une assise en maçonnerie. Cette sole entre de deux pouces dans les murs du fourneau, sur toute sa circonférence ; et pour qu’elle soit maintenue plus solidement, on place un rang de briques en saillie, de manière à former une espèce de tasseau.
- La longueur de la sole est ordinairement de 6 pieds ; sa largeur varie de point en point; sa plus grande largeur, qui est
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- vis-à-vis la porte, est de 4 pieds. Dans le fourneau dont nous donnons le dessin pl. 17, et qui produit de bons résultats, la sole présente en outre en cette partie une espèce d’oreille qui entre dans l’embrasure de la porte ; à sa naissance, vers la chauffe, elle a 2 pieds 10 pouces; elle en est séparée par un petit mur eu briques (pont de la chauffe) qui a 10 pouces d’épaisseur et s’élève de 3 pouces à 3 pouces r/2 au-dessus d’elle; à l’autre extrémité, la largeur est de deux pieds; la courbure que présentent les côtés de la sole n’est pas symétrique, elle forme quelquefois un avancement, comme on l’observe dans 4j pl. 17. Ordinairement elle est seulement un peu plus forte du côté de la porte que du côté opposé. La flèche de l’arc est de 1 pied d’un côté et de 8 pouces de l’autre; à l’extrémité de la sole la plus éloignée de la chauffe, il existe un renflement en briques de 2 pouces 1/2 de hauteur, que l’on appelle autel, dont le but est d’empêcher le métal qui viendrait à fondre de couler vers le trou du floss. Au-delà de l’autel, la sole se termine par un plan incliné qui aboutit au floss ou trou du chio e, issue par laquelle les scories coulent'hors du fourneau : le floss est ordinairement presque au niveau de la sole. Il est pratiqué dans le massif de la cheminée, afin que les scories ne se figent pas sur ce plan incliné, on force la flamme à passer dessus en abaissant l’ouverture de la cheminée. Il existe près de cette ouverture une plaque de fonte que l’on chauffe un peu pour entretenir les scories liquides. Ce feu a en même temps l’avantage de brûler les gaz qui s’échappent du fourneau, d’exciter le tirage et d’échauffer cette partie de la sole très-éloignée du foyer : c’est au-dessus de cette plaque de fonte et au bas de ce plan incliné que les scories s’accumulent dans une petite cavité, d’où ensuite elles s’écoulent; souvent elles s’y figent, et l’ouvrier les fait sortir avec le ringard.
- La porte est une plaque de fonte garnie intérieurement de briques réfractaires ; son épaisseur totale est de 3 pouces 1 /2 : elle présente à sa partie inférieure une ouverture de quatre à cinq pouces de côté, qui se ferme au moyen d’une brique, et par laquelle les ouvriers peuvent reconnaître l’état du four-
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- il eau, faire chauffer les ringards et brasser le métal désagrégé; la porte glisse dans une embrasure en fonte, qui a 14 pouces de côté et qui présente une coulisse.
- Le massif de la cheminée fait continuité avec le fourneau; il est très-souvent supporté par quatre colonnes/'en fonte et des marâtres gh placées horizontalement, comme l’indique la/zg. i, pi. 17. Ordinairement les cheminées sont entièrement verticales : quelquefois cependant, dans certaines usines où l’on veut profiter de la chaleur pour chauffer des chaudières de machines à vapeur, on en fait une partie horizontale. Excepté ces cas, il est préférable de faire les cheminées verticales; elles tiennent moins de place et coûtent moins à construire.
- Souvent pour rendre la construction plus économique, on accole deux fourneaux et on réunit leurs cheminées ensemble ; mais comme le tirage n’est pas le même, et que souvent l’opération du puddlage n’est pas au même point dans les deux fourneaux, on conserve les deux tuyaux de cheminée isolés et séparés par un mur composé d’un ou de deux rangs de briques réfractaires; quelquefois aussi on laisse les cheminées des deux fourneaux accolés entièrement indépendantes l’une de l’autre et dans deux massifs isolés.
- L’extérieur des cheminées est construit en briques communes, tandis que l’intérieur est formé d’un rang de briques réfractaires non liées avec les premières. Par ce moyen , on peut réparer l’intérieur des cheminées à volonté, sans démonter l’extérieur.
- La largeur intérieure de la cheminée est de i4 à 16 pouces; elle est carrée ou rectangulaire, sa hauteur varie de 4o à 45 pieds; elle porte à sa partie supérieure une plaque de fer ou registre A-, que l’on peut ouvrir ou fermer au moyen d’un levier, de manière à régler le tirage.
- Lorsque les cheminées sont horizontales, on leur donne im térieurement les mêmes dimensions : leur partie supérieure est voûtée. Les briques qui forment la voûte sont réunies par un lien en fer. f
- Lorqu’il y a deux fourneaux accolés, l’axe de la cheminée
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- commune est placé sur leur ligne de séparation, de façon qu’il faut deux tuyaux inclinés qui conduisent la fumée de chaque fourneau dans la cheminée ; dans ce cas, le floss est séparé de la cheminée, et placé comme à l’ordinaire sur le prolongement de l’axe du fourneau. Le petit tuyau incliné, qui met la cheminée en communication avec le fourneau, n’a que 8 à io pouces de vide intérieur : sa surface de réunion avec le corps de la cheminée est évasée j les ouvriers assurent que lorsque ces deux parties sont à angle droit, le tirage est moins bon.
- La sole du fourneau est élevée de 3 pieds au dessus du sol. La voûte, qui n’a que l’épaisseur d’une brique, estélevéede 2 pieds au-dessus c!u pont de la chauffe, et au-dessus du niveau de la sole pris du fourneau. A son point extrême, près de la cheminée, son élévation n’est que de 8 pouces; cette hauteur est aussi celle de l’ouverture de la cheminée.
- Dans la plupart des usines, la sole est recouverte d’une couche de sable réfractaire de 2 pouces 1/2 à 3 pouces d’épaisseur que l’on bat légèrement avec une pelle. A chaque opération, une partie du sable est entraînée ; on en remet dans les parties qui présentent des cavités.
- Depuis quelques années on a commencé à substituer au sable des scories pilées; cette substitution donne, dit-on, une grande économie de fer et de combustible. Quant à l’économie en fer, elle est évidente; les scories employées étant déjà saturées d’oxide de fer ne peuvent plus en dissoudre. D’un autre côté, on peut mettre en question si ce procédé peut toujours être employé avec avantage, attendu que les verres terreux que fournit la sole accélèrent peut-être l’affinage en absorbant l’oxide de fer, et en dissolvant en partie avec cet oxide les matières impures qui donnent au fer des qualités nuisibles. Cependant M. Chaper a vu en 1826 l’usage des scories pour la confection des soles des fourneaux à puddler, introduit dans beaucoup d’usines; les ouvriers lui ont dit qu’entre autres avantages elles ont celui de donner un fer moins pailleux, les grains du sable auquel on les substitue étant sujets à s’introduire et à rester dans le fer, dans lequel ils produisent des solutions dé continuité.
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- Lorsqu’on recouvre la sole d’une couche de scories, on se sert de préférence de celles de chaufferies, comme les plus pures : on les pile de manière qu’elles soient réduites en gros sable, on les tasse un peu sur la sole en les] frappant avec une pelle.
- Il existe quelques usines où l’on affine sur la sole en fonte sans faire une couche de scories; on en jette seulement quelques pelletées au moment de charger. Cette méthode a l’inconvénient d’altérer très-facilement la sole.
- Voici maintenant comment on opère pour le puddlage ou l’affinage dufine-métal, qui peut être comparé à la fonte blanche qu’on obtient directement de quelques hauts fourneaux, et qui un a tous les caractères extérieurs.
- Après avoir nettoyé la sole, l’avoir réparé comme nous l’avons indiqué , on la charge en introduisant successivement les morceaux de fine-métal avec une spadelle , et on les pose sur les côtés de la sole du fourneau les uns sur les autres, de manière à former des piles qui montent j usqu’à la voûte ; on laisse le milieu libre pour pouvoir brasser la matière qui se fond successivement. On ménage le plus de vide possible entre ces piles de fonte, afin que l’air chaud puisse circuler librement autour d’elles; on ferme alors la porté du travail; on met de la houille sur la grille, et on bouche avec ce combustible l’entrée de la chauffe et l’ouverture latérale de la grille ; enfin on ouvre le registre en entier.
- La conduite de l’opération exige de la part des ouvriers une attention soutenue. Au bout de vingt minutes à peu près le fine-métal est parvenu à la température rouge blanc. Les fragnrens aigus commencent alors à éprouver la fusion, et il tombe des gouttelettes de métal sur la sole du fourneau : l’ouvrier débouche la petite ouverture de la porte du four-rieau, et détache avec un ringard les morceaux de la matière qui commence à se fondre; puis il tâche d’exposer de nouvelles surfaces à l’action de la chaleur ; et pour que le métal ne s agglomère pas à mesure qu’il s’amollit, il doit l’écarter du pont de la chauffe. Quand tout le fine-métal est ainsi réduit à
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- un état pâteux, on abaisse la température du fourneau pour empêcher que la fluidité du métal n’augmente ; l’ouvrier ferme le registre, enlève une partie du feu et des barres qui forment la grille de la chauffe, et jette en outre souvent un peu d’eau sur le métal désagrégé ; cette eau ne nous paraît pas avoir seulement pour but d’abaisser la température du fourneau, elle exerce aussi une action chimique sur la fonte qu’elle oxide en partie : cette addition d’eau n’est pas générale, et si elle a l’avantage d’aider à la décarbonisation du fer, elle occasionne aussi une perte de ce métal qui passe à l’état d’oxide dans les scories.
- La température du fourneau est alors arrivée à son point le plus bas. L’ouvrier remue continuellement avec sa spadelle le métal désagrégé qui se boursouffle et laisse dégager beaucoup d’oxide de carbone qui brûle avec une flamme bleue, de façon que le bain paraît enflammé. Le métal s’affine peu à peu, et devient moins fusible ; il commence, suivant l’expression des ouvriers, à se sécher; le dégagement d’oxide de carbone diminue ; enfin il cesse entièrement. Les ouvriers continuent toujours de brasser le métal jusqu’à ce que toute la charge soit réduite à l’état de sable sans cohésion : alors on replace les barres du foyer, on rétablit le feu, et on ouvre le registre peu à peu. La chaleur augmente graduellement ; les grains de fer deviennent d’un rouge blanc ; leur température est alors assez élevée pour qu’ils commencent à s’agglutiner ; la charge devient plus difficile à soulever, ce que les ouvriers désignent par l’expression ‘work-heavy. A ce moment de l’opération, dans quelques usines du pays de Galles, nous avons vu les ouvriers ajouter une petite quantité de chaux; ils nous ont dit que c’était pour empêcher le métal de couler. Dans le Staffordshire on ne fait aucune addition. L’affinage est alors terminé; il ne reste plus qu’à réunir le fer, et à en former des balles ou coupes. Pour cela, le fondeur, avec sa spadelle, prend un noyau de métal, il le fait rouler sur la surface du fourneau, de manière à ramasser d’autre métal et à former une balle du poids de 60 à 70 livres, avec une espèce de ringard appelé en anglais dolly,
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- et qu’il a fait chauffer auparavant ; l’ouvrier place cette balle de fer sur le côté du fourneau qui est le plus exposé à l’action de la chaleur, afin que les différentes parties puissent se réunir, et il les comprime pour faire sortir les scories.
- Quand toutes les balles sont faites, ce qui dure à peu près vingt minutes, on ferme avec une brique la petite ouverture de la porte du travail pour les amener à une haute température et faciliter le soudage; quand on juge qu’elles ont acquis la température convenable, on soulève la porte, et on prend successivement chaque balle, soit avec une tenaille si la compression a lieu au moyen de cylindres comme dans le pays de Galles, soit en la soudant à une barre de fer rouge si on se sert du marteau comme dans le Staffordshire.
- En résumé, l’opération dure en tout deux heures à deux heures et demie; au bout d’un quart d’heure le fine-métal entre en fusion, et on commence à le brasser pour opérer la division ; au bout d’une heure à une heure et demie, le fine-métal est entièrement réduit en sable; on le maintient en cet état pendant Une demi-heure en remuant toujours, et l’opération de faire les balles exige à peu près le même temps.
- On charge à chaque opération ijo à 200 kilog. ; quelquefois on y ajoute des bouts de barres; ces bouts sont puddlés à part. Ea perte en fer varie beaucoup dans ce travail, suivant le degré d’habileté de l’ouvrier, le défaut de soins pouvant laisser une assez grande quantité de fer passer avec les scories, ou s’infiltrer dans la sole dont elle élève alors le niveau. Bans une bonne exécution, la perte est de 8 à 10 pour 100.
- La consommation en houille est aussi très-variable, suivant sa qualité, sa grosseur, et suivant encore la manière dont l’ouvrier travaille; elle est évaluée en général, pour le pays de Ealles, à 1000 kilog. pour 1000 de fine-métal ou 917 de fer brut, ce qui fait un peu moins de dix parties de houille pour neul de fer.
- On divise quelquefois l’opération en deux parties : on chauffe métal à l’extrémité du fourneau en même temps qu’on puddle près delà chauffe; quelquefois les foui neaux dont on
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- se sert dans ce cas sont plus longs que les fourneaux ordinaires; quelquefois aussi ils ont une forme particulière et sont formés de deux cheminées accolées comme nous l’avons indiqué plus haut. Ce procédé, peu usité en Angleterre, est au contraire mis en usage assez fréquemment chez nous; la consommation de charbon est diminuée d’environ 4o kilog. à chaque opération , et l’on peut faire cinq charges au lieu de quatre dans le même temps. La conduite du feu , qui est très-importante, ne doit être confiée qu’à un ouvrier expérimenté ; il le règle, soit en augmentant le charbon, soit en ouvrant plus ou moins le registre.
- Dans l’opération du puddlage, il se forme des scories qui, suivant la disposition du fourneau, coulent par le trou du floss ou s’accumulent avec les balles. Lorsqu’elles coulent continuellement, on a soin de mettre du feu sous le trou du floss, et de le nettoyer de temps en temps avec un ringard, de peur qu’elles ne s’arrêtent vers cette ouverture, comme nous l’avons dit plus haut.
- Lorsque l’écoulement des scories n’est pas continu , elles restent dans le fourneau; une partie mélangée avec le fer tombe au bas des cylindres quand on comprime la loupe, et l’autre partie adhère à la sole du fourneau, d’où on les arrache avec un ringard quand l’opération est terminée. Les scories de cette opération, qui sont toujours en petite quantité, proviennent de celles qui restaient dans le fine-métal et du sable qui forme la sole du fourneau. Comme elles contiennent beaucoup de fer dont elles sont chargées, on a substitué au sable, avons-nous dit, les scories pilées. Malgré les avantages que cette substitution présente, nous devons faire observer encore que, dans quelques circonstances, on a trouvé dans des scories provenant du puddlage au sable de l’acide phosphorique qui n’aurait pu être enlevé au fine-métal, si une certaine proportion de fer n’avait pas été entraînée à l’état d’oxide. Il s’ensuivrait donc que la formation de ces scories en enlevant du phosphore au fer en aurait amélioré la qualité.
- Ces scories sont noires, très-pesantes, souvent cristallines, offrant quelquefois des cristaux analogues au pyroxène. M. Ber-
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- thier, par les analyses de ces corps, a appris que leur richesse était très-variable, quoique toujours considérable, suivant le temps qu’elles sont restées en contact avec le métal ; elles sont cependant moins riches que les scories des forges au charbon de bois.
- Une scorie de l’usine de Dowlais (pays de Galles) a donné le résultat suivant :
- Silice..............0,468.
- Protoxide de fer. . . . 0,610.
- Alumine.............o,oi5.
- 0,993.
- Dans une autre usine des environs de Dudley, on a trouvé :
- Silice..............0,402.
- Protoxide de fer. . . o,564-
- Alumine.............0,023.
- Acide phcsphorique.. o,oo5.
- o,994*
- D’après la charge d’un fourneau et le temps employé à chaque opération, on voit qu’il faut cinq fourneaux à puddler pour desservir un haut fourneau et une finerie.
- Malgré tous les soins des ouvriers, il s’accumule sur la sole des scories et des carcas de fer ; cette accumulation est telle quelquefois que la sole s’est élevée de 5 à 6 pouces. Le samedi soir, on enlève ordinairement l’ancienne sole, opération qui se fait, soit en fondant le tout , soit en l’arrachant avec un ringard que l’on emploie comme levier. La première méthode est suivie par les ouvriers qui sont bien maîtres de leur fourneau; ellr paraît préférable à la seconde, qui peut endommager les parois et qui exige plus de temps et de travail. Lorsque la sole est en scories, il faut qu’elles aient été ramollies et réagglutinées avant de commencer le travail; sans cela, la fonte, à mesure qu’elle fondrait, coulerait à travers les scories et occasionnerait une Perte. Il faut au moins huit heures pour cette préparation de la sole, et même en général on ne doit pas travailler avant douze heures, de façon que si le puddlagc doit commencer à six heures du matin, il faut chauffer la sole à partir de six heures du soir.
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- hégende du fourneau a puddler. ( Yoy. la pl. XVII.)
- Fig- ire. Elévation de face.
- Fig. 2. Vue par le bout (du côté du foyer).
- Fig. 3. Coupe verticale par le milieu du fourneau.
- Fig. 4. Coupe horizontale.
- Fig. 5. Plan et élévation de la plaque de fond.
- Fig. 6. Détail des supports de la cheminée.
- Fig. 7. Détail des traverses qui se placent sur les supports. Fig. 8. Autres traverses qui se placent dessus les premières, et règlent leur écartement.
- Fig. g. Pièces qui servent à maintenir les plaques de fonte qui garnissent l’extérieur du fourneau.
- a. Embrasure par laquelle on introduit le combustible.
- b. Porte par laquelle on introduit le métal, etc.
- c. Grille du foyer.
- d. Plaque de fond.
- e. Trou du chio. k. Registre.
- DESCRIPTION
- D’un bocard ou machine a pulvériser.
- Cet appareil est susceptible de pulvériser toute espèce de matières friables. Il est employé dans les ateliers de M. Thié-bault aîné, mécanicien et fondeur en cuivre, et il y sert à pulvériser les scories de cuivre. Nous signalons cette machine aux industriels pour sa simplicité et sa bonne construction, et nous la recommandons comme étant susceptible de beaucoup d’applications.
- L’on ne manquera sans doute pas de remarquer l’analogie que présente cette machine avec celle qui a été usitée pendant
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- long-temps pour broyer les graines oléagineuses, et l'on pourra. facilement reconnaître la différence qui existe dans les emman-chemens, la construction et la disposition des pièces des deux machines.
- Légende. ( Voyez la planche 16. )
- a. Arbre qui reçoit son mouvement du moteur, et qui fait 3o tours à la minute.
- b. Pignon ajusté sur l'arbre à frottement lisse, de manière que l'arbre n’entraîne pas le pignon dans son mouvement’ ce pignon porte un manchon.
- c. Manchon placé sur l’arbre a-, ce manchon s’embraie dans celui du pignon pour le faire marcher afin de donner à volonté le mouvement au bocard.
- d. Fourchette coudée.
- f. Support de la fourchette coudée.
- g. Bielle fixée à tourillon après la fourchette d et après le levier i.
- i. Levier par le moyen duquel l’homme chargé de la ma-neuvre du pilon le met en mouvement.
- j. Bâti du pilon supportant un palier jJ.
- k. Traverses en bois fixées au haut du bâti, ) servant à guider
- k’. Traverses en bois fixées au bas du bâti, j les pilons.
- l. Pièces en cuivre fixées sur les pièces de bois k par le moyen de vis, et servant à guider les pilons.
- mm. Boulons servant à fixer les pièces de bois après le bâti.
- n. Pilons.
- o. Mantonnet fixé après le pilon, au moyen d’un écrou p.
- q. Cames doubles des pilons surmontées de galets pour diminuer le frottement.
- r. Galets.
- s. Arbre supportant les cames et la grandè roue t.
- t. Grande roue qui reçoit son mouvement du pignon.
- u. Système de mortiers en fonte.
- v. Massif de maçonnerie.
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- L’arbre de couche tournant entraîne le manchon c ; on l’embraie avec le manchon de la roue au moyen du mouvement du levier i qu’on lève; alors ce manchon tournant fait mouvoir le pignon b avec une vitesse de 3o tours par minute; ce pignon transmet sou mouvement à la roue t, et lui donne une vitesse de io tours par minute. Cette roue dans son mouvement entraîne l’arbre s qui porte les cames qui font lever les pignons; il y en a toujours 3 de soulevées.
- CHOIX DE LA TERRE POUR LA PRÉPARATION DES BRIQUES;
- Par M. J. Clere , ingénieur des mines.
- (Extrait de son Essai pratique sur l’art du briquetier.)
- La terre dont on doit faire usage pour fabriquer de la brique est en général une argile grasse, uniquement composée d’alumine, de silice et d’oxide de fer; mais toutes les argiles ne sont pas bonnes, et, sous ce rapport, il importe d’abord de bien s’assurer des qualités physiques et chimiques de celles qu’on aura crues propres à cet emploi. Une longue habitude est certainement le meilleur guide auquel on doive se fier. Néanmoins, à défaut d’expérience, la règle qu’on peut quelquefois suivre, c’est que la terre soit plutôt grasse que sablonneuse, qu’elle soit ductile, se pétrisse bien sous la main qui la comprime, qu’elle soit savonneuse, un peu rude au toucher en même temps et happant à la langue, dépouillée surtout de toute espèce de matières salines, terreuses (telles que magnésie, chaux, baryte, etc., étrangères à celles qui la constituent ), métalliques, végétales et animales, et enfin qu’elle contienne le moins possible de cailloux roulés ou autre corps plus ou moins volumineux et abondans; les ouvriers nomment ces sortes d’argile des terres fortes. Je dis qu’elle doit être plutôt grasse que sablonneuse , cependant il est indispensable qu’elle contienne une certaine
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- quantité de sable. Mais comme il est absolument impossible d’apprécier à la vue la juste proportion du mélange, il vaut uûeux, lorsqu’on ne peut faire autrement, employer une argile tout à fait pure et homogène, si du reste elle réunit les principaux caractères dont je viens de parler, sauf à lui ajouter ensuite, comme on le pratique en Hollande, le sable qui lui est nécessaire pour prévenir les retraits inégaux auxquels la brique serait infailliblement exposée pendant la dessiccation et la cuisson sans la présence de ce nouveau principe constituant. L’expérience d’ailleurs prouve que ces retraits sont d’autant plus oonsidérables que la terre est plus pure et que l’objet travaillé a de plus fortes dimensions. D’un autre côté, il faut savoir qu’une terre très rude et qui s’émiette facilement sous les doigts ne vaut absolument rien : elle est mêlée abondamment de matières étrangères, dont il est presqu’impossible de la dépouiller entièrement, et qui la feront peut-être entrer en fusion lorsque ie feu agira sur elle. Enfin une argile, quoique très-pure sous certains rapports, mais qui du reste contiendrait une trop grande quantité de substances siliceuses, outre la difficulté presqu’in-Sürmontable qu’elle présenterait au moulage, occasionnerait encore à la surface des briques une vi trification qui dans le four les attacherait les unes aux autres. Cet inconvénient arrive même fréquemment lorsqu’on n’a pas soin d’y veiller, malgré les précautions qu’on aurait pu prendre.
- Brique d’essai.
- Les briquetiers habiles ont une dextérité merveilleuse pour reconnaître au tact la qualité d’une terre qu’on désire leur faire travailler j ils se trompent rarement. Pourtant il est des circonstances où ils craignent de se prononcer, et lorsque cela leur arrive , ils font des briques d’essai qu’ils cuisent dans les premiers fours qu’ils trouvent à leur portée. Us jugent par là s’ils doivent amaigrir ou fortifier la terre , c’est à-dire lui ajouter du sable ou de l’argile très-grasse, lorsqu’ils peuvent se procurer l’un ou l’autre.
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- Une bonne brique exige une certaine proportion dans le mélange intime de l'argile et du sable.
- M. Touruelle , ancien ingénieur-mécanicien des mines d’An-zin, et membre de la société d’encouragement, a entrepris en j 812 un travail pour déterminer les proportions les plus favorables de ces deux terres pour la bonne confection des briques.
- Dans un premier essai, il a mélangé sept parties d’argile très-pure avec une partie de grès grisâtre pulvérisé et grillé; il en a fabriqué des briques qui, en se séchant, se sont fendillées de toutes parts, et qui au feu ont contracté un retrait considérable.
- Il a ensuite diminué successivement la dose de la terre, et, après plusieurs autres tentatives infructueuses, il a été conduit à découvrir que 3 parties d’argile unies à une de ce même grès pilé et grillé, procuraient une brique excellente.
- Ces expériences, citées pour servir de données approximatives, prouvent au moins qu’il doit y avoir une proportion déterminée, quant à la combinaison mécanique des deux substances élémentaires supposées simples, et qu’elle ne doit varier qu’en raison de la nature de la terre argileuse qu’on emploie, laquelle toutefois existe trop rarement à un degré d’homogénéité suffisamment appréciable, pour que dans le cas de nécessité d’un mélange préparatoire, on puisse y avoir recours suivant des rapports connus, applicables aux matières terreuses d’une localité quelconque (1).
- (i) Dans les mines des environs de Valenciennes, où l’on refond la fonte de fer et où l’on affine ce métal au réverbère, ainsi que dans les verreries, on construit les voûtes et les parois des fourneaux avec une espèce de brique , crue ou cuite, assez réfractaire pour résister au feu pendant un temps suffisant , et composée d’un tiers de sable le plus pur qu’on peut se procurer. Pour les banquettes de verreries on ne fait aucun mélange, on emploie l’argile seule.
- Au reste, quelle que soit l’utilité des recherches, ce qu’il importe surtout, c’est de bien reconnaître les caractères des terres que la nature nous offre comme propres dans leur état brut au genre de travail qui nous occupe.
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- Gisement de la terre a brique dans le departement du Nord»
- La terre qu’on met en œuvre dans le ci-devant Ilainaut, arrondissement de Valenciennes, département du Nord, gît ordinairement en bancs plus ou moins puîssans sous la couche d’humus, ou à une faible profondeur; elle repose tantôt sur un grès gris jaunâtre, fortement mélangé d’argile et quelquefois de calcaire, grès que les mineurs du pays nomment tuf-, tantôt sur la formation crayeuse qui couvre presque toute la Flandre.
- Ses caractères extérieurs.
- Au premier aspect, cette argile est d’un assez beau jaune, et *ie fait pas effervescence par les acides; séchée, elle prend une Jointe d’un jaune grisâtre sale; elle est un peu rude -au toucher lorsqu'elle a perdu son principe aqueux, et alors elle happe faiblement à la langue; délayée dans l’eau, elle devient très-sa-Vonneuse, et en l’étendant sur la main, on sent le frottement des grains siliceux qu’elle contient; elle développe une odeur forte par l’insufflation de l’haleine.
- Par la dessiccation, elle se réduiten poudre fine lorsqu’on cherche à la couper avec un couteau, et, frottée avec les doigts, elle acquiert une espèce de poli grossier, qui permet à l’œil d’apercevoir une multitude de petits corpuscules brillanset comme diaphanes.
- Telle est en particulier l’espèce d’argile dont on se sert dans les environs de Valenciennes, où elle règne abondamment. Je we la cite que pour servir de terme de comparaison ; car il est évident que toute autre peut offrir les mêmes avantages; niais toutefois je ferai observer en dernière analyse que la terre doit etre toujours assez grasse et suffisamment sablonneuse, pour Que les briques mondées, séchées et cuites, aient toutes les dimensions communes et fini formes avec les capacités des moules qui leur auront donné la forme qu’elles doivent avoir; sauf, bien entendu, les retraits inévitables qu’elles éprouveront par la dessiccation et la cuisson, retraits qui doivent être les mêmes
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- pour chacune d’elles si la terre a été bien préparée, et eu égard encore à la place qu’elles occuperont dans le four, de laquelle dépendra le degré de chaleur qu’elles recevront.
- Il est inutile pour la brique que la terre forme une pâte très fine.
- La brique qui sortira d’une terre en pâte très fine ne sera pas plus solide ni plus propre aux usages auxquels on la destine. On réserve ces belles variétés d’argile pour les carreaux, briquettes, tuiles, poterie et autres menus ouvrages d’apparence un peu plus soignés; au total, on s’attache moins au brillant extérieur qu’au solide, lorsqu’il s’agit de la confection de ces matériaux si utiles, et, sous ce point de vue, l’on peut avancer hardiment que les terres qui procurent les meilleures briques ne pourraient être employées à la fabrication d’aucun autre objet d’arts; et vice versd, que les terres les plus fines et les pures ne seraient point propres pour la plupart à être soumises dans leur état naturel au travail commun, mais profitable du briquetier.
- NOTE CONTENANT QUELQUES IDÉES SUR LES MOYENS DE VOYAGER DANS L’AIR,
- .EN SE SERVANT X>’AILES COMME LES OISEAUX J
- Par J. Chabrier, ancien officier supérieur.
- L’explication nouvelle du vol des oiseaux et des insectes, d’après l’observation attentive des faits, m’a conduit à voir la possibilité pour l’homme de se servir d’ailes artificielles, soit pour mieux courir , soit pour s’élever dans l’air et s’y diriger à volonté par leur moyen seul ou concurremment avec un ballon.
- Je n’ignore pas le ridicule attaché depuis long-tems à ces sortes d’entreprises , et l’un de nos plus célèbres physiciens , Coulomb , les a tout-à-fait condamnées ; en effet, ce savant, ne considérant que le mouvement des ailes conformément aux
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- idées reçues ( idées selon lesquelles on croit que leur nbais-sement rapide dans le vol suffit pour élever le centre de gravité de l'oiseau) , devait conclure, comme effectivement
- l’a fait, que jamais l’homme n’aurait à sa disposition le moyen de mouvoir rapidement les ailes immenses qui lui seraient nécessaires pour l’élever dans l’air. Mais ce qui n’a pas réussi dans des temps où le vol était mal compris, pourrait peut-être se réaliser aujourd’hui que ce mouvement est mieux connu. Mon excuse donc, pour en essayer à mon tour, est de prendre mes moyens dans la nature, que je crois avoir devinée en étudiant le vol chez tous les volatiles avec tout le soin possible.
- Jusqu’ici, dans toutes les tentatives faites d’après l’opinion commune, ayant pour objet de voyager dans l’air, on s’est toujours occupé du mouvement des ailes de l’appareil projeté , et l’on n’a jamais cherché les moyens directs de soutenir dans l’air et d’y mouvoir le centre de gravité de cet appareil, où devait se placer l’homme pour essayer de voyager dans ce fluide par son moyen. Il est évident néanmoins que tout essai où le mouvement de ce centre serait négligé et ne serait pas en première ligne, n’aurait aucun succès.
- Les recherches auxquelles je me suis livré pendant long-temps {et qui ont été le sujet de plusieurs Mémoires insérés dans les Annales du Muséum d’histoire naturelle, et d’un nouveau Méritoire lu h l* Académie royale des Sciences le ‘io août 18 a y , inséré depuis dans le Journal des Progrès des Sciences médicales), m’ont fait découvrir : i° que la partie essentiellement mobile de tout animal, pendant l’exercice de ses mouvemens de P’-’ogression, est toujours le tronc où sont placés les organes essentiels de la vie ; a° que les membres et leurs muscles, qui n’exis-tent que par le tronc, ne paraissent faits aussi que pour son service, pour le soutenir, le mou voir et le transporter d’un lieu dans Un autre, afin de satisfaire à ses besoins ou à ses plaisirs; 3° que les membres étant faits pour le service du tronc, il s’ensuit que les muscles qui des membres vont s’attacher au tronc, dans les points d’où ils peuvent le mieux remplir leurs fonctions envers loi, sont des dépendances de ces membres, et doivent compter
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- au nombre de leurs muscles : appartenant donc aux membres- f c’est de là qu’ils partent, c’est-à-dire de leur tendon, pour aller s’attacher au tronc, afin de le mouvoir ou de le maintenir dans la situation qui convient. Ainsi, chez les oiseaux, tous les muscles, ÿ comprislesgrandspectoraux, qui de l’humérus viennent s’insérer au tronc afin d’agir sur lui, sont au nombre des muscles des ailes ; 4° et enfin, que le vol ne s’opérait point comme on l’avait pensé jusqu’ici; que les grands pectoraux , dont l’extrême force a été remarquée par tous les naturalistes, et que l’on a toujours considérés comme des muscles du tronc destinés à opérer l’abaissement des ailes dans le vol, n’étaient en réalité que des muscles de ces ailes , ayant pour principales fonctions de projeter le tronc en haut; que ces muscles, par leur contraction subite, tendent à la vérité à agir sur leurs deux points d’insertion, dont l’un est aux ailes et l’autre au sternum; mais que les ailes ne pouvant pas se mouvoir aussi promptement dans l’air que le tronc, à cause de la résistance qu’elles éprouvent de la part du fluide, d'après leur organisation , c’était le tronc seul qui était mu et élevé, étant tiré de bas en haut par les muscles; que les ailes garnies de leurs pennes n’étaient ainsi que des espèces de jambes et de pieds antérieurs , organisés pour s’appuyer lestement sur l’air , et lancer avec vitesse , par le moyen de leurs muscles, le tronc dans cet élément, comme les jambes postérieures sont organisées pour marcher sur la terre et lancer aussi, par l’intermédiaire de leurs muscles, le tronc en haut, ouïe faire sauter , si le cas l’exige ; que le mécanisme des sauts exécutés par les ailes était conséquemment semblable à celui qui fait sauter les autres animaux, car tous les muscles des ailes y prennent part, même ceux des bras et des avant-bras ; et enfin que l’abaissement des ailes n’était guère qu’apparent, étant occasionné par la rareté du fluide, et surtout par cette projection du tronc en haut dont nous venons de parler, projection qui diminue ou plutôt arrête tout d’un coup ce que cet abaissement peut avoir de réel.
- Quant à l’élévation subséquente des ailes, elle a lieu autant par la réaction de l’air sur leur face inférieure , et par le léger
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- abaissement du tronc qui survient après sa projection, que par l’action musculaire.
- Ainsi, mes idées sur les moyens de s’élever dans l’air et dJy avancer à son gré , reposant sur des faits qui n’avaient pas encore été observés, et qui sont la clef de l’explication du vol ,f je n’hésite point à les mettre au jour, espérant convaincre les plus incrédules, stimuler leur curiosité et même leur intérêt. En effet, quelle plus belle entreprise que celle qui a pour objet de Voyager dans l’air • au moyen de laquelle on peut explorer sans danger des contrées inconnues , et parcourir avec une extrême vitesse des distances immenses ; qui, en tems de guerre, met à même de découvrir les forces de l’ennemi, ses positions , ses points retranchés , ses marches et contre-marches, ses communications de toute espèce , toutes ses ressources enfin, etc. ?
- Le vol étant le produit de sauts continuels , et les ailes , garnies de leurs pennes ou d’une membrane légère, devant être considérées comme des espèces de pieds et de jambes propres à prendre appui sur l’air et faire ensuite sauter le tronc , il s’ensuit que, pour que l’homme puisse aussi parcourir l’air, il doit être pourvu d’ailes artificielles, afin d’avoir ainsi un point d’appui dans le fluide ambiant. Il faut qu’il soit en état de monter dans ce fluide , en sautant plus vite qu’il ne pourrait descendre en ayant ses ailes étendues ; qu’il puisse en outre sauter facilement et long-temps, en s’aidant à la fois de ses jambes et de ses mains, celles-ci tenant aux ailes immédiatement et les dirigeant, et les jambes communiquant leur mouvement à ces ailes par l’intermédiaire des montans de l’appui dont les pieds ont besoin pour sauter, et sans lequel on retomberait à terre après le premier saut.
- Il faut donc à l’homme qui tente de s’élever dans l’atmosphère, outre ses ailes, un appui pour ses pieds, ayant la forme d’une balançoire en corde, et se composant ainsi de deux montans en bois suspendus aux ailes près de leur base respective, et unis en bas par une traverse; cet appui, qui doit être léger, et où se placera l'homme pour sauter, peut se faire d’une seule pièce en bois de frêne pliée convenablement par les procédés
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- connus; les pieds s*appuieront sur la partie transversale qtü joint par en bas les deux montons, et ils y seront fixés, en sorte que l’appui montera avec eux lorsqu’ils s’élèveront dans le saut, et ne les abandonnera jamais. Par ce moyen, le déploiement des membres inférieurs ayant toujours lieu de bas en haut, élèvera rapidement les épaules et avec elles la partie interne des bases des ailes; d’où résultera l’abaissement de la partie externe de cos ailes, c’est-à-dire de la partie qui est en dehors des mon-tans de l’appui.
- C’est sur l’extrémité supérieure de ces montons à laquelle les ailes sont unies par une charnière, que ces ailes exécuteront leur mouvement alternatif d’abaissement et d'élévation. L’extrémité interne de la base des ailes tenant aussi par une charnière à des épaulières fixées sur les épaules; lorsque celles-ci monteront dans le saut avec tout le reste du corps, elles élèveront avec elles, par l'intermède de ces épaulières, non seulement cette extrémité interne de la base des ailes, mais encore les montons de l’appui. C'est ainsi que la partie externe de ces ailes se trouvera abaissée. La simple préparation à un nouveau saut, abaissant les épaules et la partie interne de la base respective des ailes, relèvera la partie externe, et l’opération recommencera, comme nous venons de le dire, et se continuera aussi long-temps que les forces le permettront (i).
- La disposition des ailes des libellule s sur leur appui respectif, et celle des principaux muscles qui les meuvent dans le vol , m’ont servi de type pour la disposition des ailes sur les épaules
- (1) Je crois qu’il est très-possible d’appliquer à une petite figure humaine en bois un mouvement à ressort, par le moyen duquel celte figure ferait très-promptement plusieurs sauts de suite. Il serait facile , après cela , de disposer sur cette figure un appareil, afin de mettre à profit la partie ascendante des sauts , et faire , par là , monter la machine dans l’air. Un tel modèle, sur lequel on ferait tous les essais et tous les perfectionnemens désirables , servirait ensuite de type dans la construction de l’appareil nécessaire à l’homme pour qu’il puisse aussi s’élever dans l’atmosphère. Point de doute que si l’homme parvient à faire voler une machine, il ne soit bientôt en état lui-même de s’élever dans l’air.
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- de l’homme, et pour l’action que celui-ci doit exercer sur elles.
- Afin de diminuer, autant qu’il est possible, la pesanteur spécifique de l’homme , et donner à son corps une inclinaison en avant qu’il doit conserver, afin de sauter toujours dans ce sens et voir en même temps devant lui et au-dessous de lui, il serait convenable d’employer un ballon, qui doit être petit pour pouvoir être dirigé sans peine, et avec lequel.on puisse s’élever et descendre à volonté). Il serait important aussi qu’il pût être construit de matières propres à conserver le gaz long-temps (i). Quant à sa petitesse, on Obtiendra facilement avec tous ses avantages, s’il se confirme que l’on a découvert un gaz beaucoup plus léger que le gaz hydrogène.
- Si l’on fait usage d’un ballon réunissant les conditions ci-des-sUg, au lieu d’une voile remplissant les fonctions de la queue des oiseaux, on se trouve alors, au milieu de l’air, dans une position presque semblable à celle du poisson suspendu dans l’eau à la hauteur qui lui convient, par le moyen de sa vessie natatoire, et qui n'a besoin pour avancer et se diriger que de l’action de sa queue, ou dans celle de l’oiseau et de l’insecte, portant dans leur abdomen de grandes vessies remplies d’un gaz dont la température chez les oiseaux est très-élevée, et qui en outre est peut-être susceptible d’être dilaté ou resserré à volonté et à un degré inconnu.
- Ainsi, pour se diriger dans l’air avec des ailes, l’homme, aidé 6n outre et soutenu d’un ballon, n’a qu’à sauter en haut et en avant, en s’appuyant directement à ses ailes par le moyen de scs mains et indirectement par l’appui de ses pieds.
- Il ne s’agit pas de savoir d’abord s’il y a du danger à se servir d’ailes artificielles pour voyager dans l’air. Lorsque l’homme tente de sortir des voies ordinaires, il a presque toujours quel* ques risques à courir, soit par défaut d’expérience , soit par
- (1) Je crois qu’il serait possible, au moyen d’une espèce de réservoir, d’ajouter ou de retirer sans perte pour le ballon une certaine quantité de gaz, et môme de remplacer le gaz perdu.
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- l’imperfection des instrumens qu’il emploie ; mais avec de l’intelligence et de la persévérance il remédie à tout, il perfectionne' tout.
- la question est celle-ci : L’homme peut-il voyager dans l’air avec des ailes comme les oiseaux? Nous croyons avoir répondu affirmativement à celte question par ce qui précède. Le vol étant une suite de sauts , et l’homme pouvant très-bien sauter, toute la difficulté consistait à employer ses sauts à le faire monter dans l’air, et nous sommes persuadé d’avoir trouvé ce moyen.
- Il est bon de l'appeler ici que les ailes dans le vol ne sont presque pas à la charge de l’oiseau, du moins lors de leur abaissement, quelle que soit la longueur que la nature leur assigne. Les oiseaux qui sont pourvus de très-grandes ailes en seraient sans doute embarrassés pour marcher; mais ceux qui les ont marchent peu. La même chose a lieu chez les insectes. Certains lépidoptères, dont les ailes sont très-étendues, et les grandes libellules, ne sont point marcheurs, ou font très-peu de chemin par le moyen de leurs jambes, qui ne leur servent guère que pour s’accrocher aux objets sur lesquels ils se reposent et de moyen pour s’élancer plus facilement dans l’air. Il est probable qu’il en serait de même à l’égard de l’homme, surtout s’il parvenait à s’élever très-haut. De grandes ailes, dont il se débarrasserait facilement étant à terre, le soutiendraient bien mieux dans l’air que de petites.
- Nota. Il serait sans doute utile à ia science de faire faire des expériences sur ce sujet intéressant. D’ailleurs l’appareil que nous a communiqué l’auteur est si simple, que les frais d’essai ne pourraient jamais être considérables : l’auteur ne considère d’ailleurs pas les ballons comme indispensables, surtout pour de courts trajets, tels que le passage d’un fleuve, etc.
- ( Note du Rédacteur.)
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- SUR LA FABRICATION DE L’ORSEILLE EN FRANCE, Par Ph. Hedde.
- ( Extrait du bulletin de Saint-Etienne. )
- Cette matière colorante est fournie par plusieurs variétés de lichen qui croissent sur des rochers de quelques points du globe ; on trouve même sur les côtes de Normandie deux lichens qui servent à la préparation de l’orseille; mais les plus recherchés viennent des îles Canaries, des Açores, du cap Vert, de Madère , de la Corse et de la Sardaigne.
- On pourrait probablement extraire de différentes autres mousses des matières colorantes, précieuses pour la teinture; mais jusqu’à présent les recherches sur cette matière ont été peu étendues.
- On trouve sur les rochers des Pyrénées, des Alpes, de l’Auvergne et de la Lozère, un lichen qu’on a nommé Parelle ou orseille terrestre, et qui pourrait donner une couleur pareille à l’orseille, s’il était possible de le monder entièrement des parties terreuses qu’elle retient toujours; ces corps étrangers nuisent beaucoup à la préparation de la matière colorante ; aussi préfère-t-on le lichen des colonies.
- Quel que soit le lichen employé, voici comment on opère : on met la mousse réduite en poudre dans une barque de teinturier, avec de l’urine humaine et de la chaux vive, en ayant soin de remuer régulièrement et ajoutant de l’urine et de la chaux jusqu’à ce que le mélange ait acquis la couleur rouge. Cette préparation dure deux ou trois mois.
- Cette matière est employée pour aviver d’autres couleurs ; celle qu’elle donne seule n’est pas solide; elle est toujours plus belle si on a employé le lichen des colonies.
- Les Hollandais préparent le tournesol en pain avec la mousse de Suède ou le lichen de l’orseille, qu’ils ont réduit en poudre
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- et mêlé avec moitié en poids de cendres gravelées, bien pilées, et humectent le mélange avec de l’urine, pour le faire entrer en fermentation; lorsque la masse a pris une teinte rouge, ils l’arrosent de nouveau et la remuent; bientôt elle acquiert une couleur violette. Us divisent ensuite la pâte pour en modérer la chaleur, ajoutent un tiers d’excellente potasse avec une nouvelle quantité d’urine, ce qui fonce la couleur, et enfin y mêlent de la craie pour en diminuer le prix, la mondent et la font sécher. M. Ghaptal a obtenu une couleur pareille de la parelle.
- L’infusion de l’orseille est violette ; les acides la font passer au rouge; elle donne la couleur à l’eau, aux alcalis, à l’alcool. Cette teinture alcoolique est employée dans la confection des thermomètres; elle communique aux marbres une très belle couleur violette ou bleue, qui tire sur le pourpre et résiste long-tems à l’air.
- L’orseille se trouve dans le commerce mouillée et sèche; dans ce dernier état elle est appelée par les Anglais cud-beard. IL He-beuzer Kern, à Hexton-Square, dépure, par des moyens chimiques qui lui appartiennent, les urines qu’il met en contact avec le lichen des colonies; ces lichens donnent, par son procédé, une couleur plus vive et exhalent une odeur moins désagréable.
- En France, on s’est occupé aussi de perfectionner ce genre de fabrication, et l’auteur cite l’établissement de M. Bourget, et celui de MM. Brun aîné et comp., de Lyon, dans lequel il a fait des essais sur différens lichens qu’il avait recueillis sur les ro chers de la Lozère.
- Le prix de l’orseille d’herbe est d’environ 3 fr. la livre, qui peut produire près de 2 livres et demie d’orseille mouillée, que l’on vend 1 fr. c. la livre.
- Il faut environ 3 livres de cette orseille mouillée pour faire une livre de cud-beard ou orseille sèche, qui se vend de 4 à 5 fr. la livre.
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- DESCRIPTION
- D’une machine h laver les draps. Par M. Betjth;
- (Traduit de l’allemand* )
- Des machines à laver les draps, construites suivant les principes ci-après, ont été recommandées par beaucoup d’auteurs : elles sont généralement répandues en Angleterre, et ont été employées depuis huit ans dans plusieurs fabriques de Prusse par le concours de l’administration industrielle de la société dJencouragement de ce pays. Cependant elles ne sont pas autant connues qu’elles devraient l’être, on n’en a pas des dessins exacts} et le manufacturier qui s’en rapporte pour cette construction h un mécanicien ordinaire, est sùr d’obtenir une cuve à laver suivant l’ancienne méthode. Les avantages de cette machine à laver consistent en ce qu’elle exige peu de force} qu’elle rend inutile toute surveillance pendant le travail} qu’elle fait plus de besogne , sans exposer le drap à être endommagé ou à être troué } qu’elle permet un emploi facile de substances propres à nettoyer} enfin qu’on peut laver à grande eau, en recevant continuellement de l’eau claire tandis que l’eau sale s’écoule.
- Cette machine à laver fut introduite dans son origine à Brinscombe par Davys; elle a été améliorée par Flint, qui donna des cannelures auxcylindres.il ne faut pas que ces cannelures «oient aussi profondes que celles des machines employées pour laveries indiennes, qui engrènent les unes dans les autres comme les lanternes. Quoiqu’il paraisse au premier abord que leur effet en serait augmenté de beaucoup , l’avantage qui en résulte n’est pas cependant très-considérable en totalité. En effet les draps ne passent pas fcur les cylindres dans toute leur largeur, il est au con-
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- traire prouvé par l’expérience qu’il est plus avantageux de tordre chaque pièce de drap un peu avant de l’y faire passer : il s’ensuit que les cannelures des cylindres en engrenant les unes dans les autres, ne peuvent influer en rien sur le nettoiement du drap, et que l’inégalité du drap tordu avec des cylindres unis produit déjà une partie de l’effet que l’on peut obtenir par les cannelures.
- Le bulletin de la société de Berlin de i8a5, page 51, indique les résultats d’un essai comparatif, suivant lequel le nettoiement d’une pièce de drap par des cylindres unis exigeait 3 heures 4o minutes, tandis qu’il ne fallait que 3 heures i5 minutes par les cylindres cannelés. Le drap lavé par ces derniers était, après le sèchement et l’apprêt, plus propi’e , plus égal en couleur, et il ne déteignait pas. Je ne puis cependant pas considérer ce dernier avantage comme exclusivement réservé aux cannelures, car, moi-même, j’ai fait laver des draps par des cylindres unis, et la couleur était aussi solide.
- Il faut encore que je fasse observer que le poids des cylindres , construits comme l’indique la description qui va suivre et qui empêche aussi qu’ils ne se déjettent, est un des avantages essentiels de cette machine. Les fabricans qui, par une économie mal calculée, pensaient que des cylindres en bois suffiraient en chargeant les pivots d’un poids plus fort, se sont trouvés fortement trompés.
- La pl. 18, fig. i et a, sont deux différentes vues de côté de la machine à laver. Les mêmes parties sont désignées sur toutes les figures par les mêmes lettres.
- A est une grande caisse en bois blanc pour contenir l’eau; elle est plongée dans le sol, et est consolidée par le moyen des bandes en fer, a, a.
- B , B’, B” sont les trois cylindres.
- Sur l’axe en fer forgé de chacun de ces cylindres, sont as-sujétis trois cercles en fonte à distances égales , b , b , b.
- Seize boulons à vis c, c, passent à travers la périphérie de ces cercles, et servent à maintenir les six planches en bois
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- de chêne lessivé d, d, d, qui composent le cylindre. Les têtes de ces boulons à vis sont encasillées, tel qu’on le voit fig. 3; et le trou rond qui en résulte est bouché par une broche en bois, pour éviter que le drap mouillé, qui passe dans la direction de la ligne pointillée e ,e, e, entre les trois cylindres, ne prenne des taches de rouille. La caisse à eau est enfoncée dans le sol jusqu’à l’ouverture J', fig i, afin que l’ouvrier puisse faire passer commodément le drap entre les cylindres. Au fond de la caisse se trouve une ouvertnre pour l’écoulement de l’eau, qui peut être ouverte et fermée par la soupape g1. Une monture en fonte G, qui est boulonnée aux deux côtés opposés de la caisse, porte les supports à coussinets des deux cylindres inférieurs et de l’axe moteur, et elle présente en haut la forme d'une fourche pour supporter le troisième cylindre supérieur : cette monture sert encore à maintenir le levier qui assujétit le cylindre supérieur, et par lequel on peut lever ou baisser ce dernier. L’axe moteur en fer forgé, qui est posé en travers au centre de la caisse sur deux supports avec leurs coussinets, porte outre la poulie à courroie D, la petite roue E de 18 dents, qui engrène dans les roues F, F’, de 45 dents. Ces roues sont assujéties sur les axes des cylindres inférieurs B, B’, qui tournent sur des coussinets en cuivre, posés sur des supports en fonte h, h, /», h. La poulie à courroie D est du genre des poulies dormantes (elle roule librement sur une partie arrondie de l’axe), et en s’avançant elle met la machine en mouvement ; le levier G, la griffe H, et le crochet d’arrêt, sont arrangés comme de coutume. Le cylindre supérieur B” peut monter et descendre dans la fourche supérieure de la montui'e G, suivant l’espace plus ou moins grand que le drap occupe entre les cylindres.
- La pression opérée par leur propre poids peut être augmentée à volonté par le levier J , J , qui presse, par l’intermédiaire de deux coussinets supérieurs sur les tourillons des axes, à mesure que l’on charge plus ou moins le poids sur la planche J’, qui est le poids de charge du levier. La pression
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- du cylindre supérieur sur les cylindres inférieurs et sur le drap qui passe sur ces derniers, peut cesser d’exister au moyen du levier K en appuyant sur le levier en i7 et en le fixant au crochet du ressort L; par là le cylindre B” est soulevé. Deux pièces de drap un peu tordues sont passées des deux côtés entre les cylindres , et sont cousues ensemble par les bouts; elles forment, par ce moyen, un manchon, et passent continuellement comme une toile sans fin, en pompant alternativement de l’eau claire au fond de la caisse, et en se débarrassant de la malpropreté par la pression qu’elles subissent en haut par les cylindres. Afin que le drap , puisqu’il est abandonné à lui-même , n’arrive pas trop sur les bords des cylindres, et qu’il ne s’endommage pas en passant contre la monture en fonte, on a adapté dans les coins de la caisse à éau qui se trouve dessous, les planches obliques K, K , pa* lesquelles le drap est dirigé vers le milieu de la caisse, et se maintient par là toujours à la même place. Dans la caisse à eau A, se trouve, par le haut, un second fond concave N, fig. i , qui a la destination de recevoir l’eau sale sortant dut drap par la pression des cylindres. Au milieu du fond N, se trouve une planche L , posée un peu en dessous ; là est pratiquée une ouverture sur laquelle un tasseau en bois chargé de plomb fondu , n , peut être poussé horizontalement en avant ou en arrière, comme dans une coulisse, par le moyen de la barre O sortant de la caisse, de manière que l’ouverture peut être fermée ou ouverte pour faire descendre dans le fond l’eau qui y séjourne, en cas qu’elle soit encore propre; mais si elle est sale , on peut la faire sortir par le côté, par l’ouverture f fermée par la coulisse p.
- La fig. 3 représente la coupe d’un cylindre composé de iô lattes,et pourvu de 16 cannelures qui peuvent être employées au lieu de celles entièrement unies. On voit par la fig. 3 que chacune de ces lattes est assujétie par un boulon à vis, trois fois dans sa longueur, sur les trois couronnes en fer, et que les troussont bouchés sur la surface par les broches en bois, q, etc.
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- SUR UN NOUVEAU GAZ,
- Et sur un nouveau Moyen de se diriger dans l’air à l’aide de
- ce gaz.
- Plusieurs journaux ont annoncé qu’un Américain avait découvert un nouveau gaz dont la densité ne serait que les 3 ou 4 millièmes de celle de l’air atmosphérique, et l’on a de suite saisi les avantages qui résulteraient d’une semblable découverte pour les aérostats. Rien n’a été publié jusqu’à présent sur la préparation et l’ensemble des propriétés de ce nouveau gaz.
- Depuis cette annonce, un journal belge a dit, et quelques journaux français ont répété que M. Berzéiius, dont le nom est Une grande autorité en sciences physiques, avait eu connaissance des procédés de préparation de ce nouveau corps, et qu’il en avait fait l’application à Charleroi dans une expérience qui avait pour but de diriger un ballon à l’aide d’un cheval. Ce ballon n’avait, dit-on, que 4 pieds de diamètre, et il a pu porter un homme placé dans une caisse de voiture semblable aux caisses de boguey. Cet appareil a pu aussi, dit-on, faire- 4 lieues à l’heure à l’aide d’un cheval.
- L'an sentira facilement toute l’absnrdiîé d’une semblable annonce , faite sous l’égide d’un savant aussi recommandable que M. Berzéiius. Est-il possible en effet qu’un ballon soulève un poids plus grand ou même égal au volume d’air qu’il déplace? et en supposant même que le nouveau gaz ne pesât rien du tout, un volume d’air sphérique de 4 pieds de diamètre pèse-t-il plus que le poids d’un homme, plus celui d’une caisse de voiture, plus le poids de l’aérostat? L’annonce de la prétendue expérience de M. Berzéiius est donc, ou erronée dans quelques données, ou tout-à-fait absurde.
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- SUR LE PROCÉDÉ DE DAVY Pour préserver le doublage des navires.
- On sait que M. Davy avait proposé le zinc pour préserver des attaques de l’eau de mer le cuivre qui double les navires. Cette proposition , fondée sur de saines doctrines physiques, avait bien réussi dans le laboratoire. On avait même annoncé que des expériences faites en grand avaient assez bien réussi, et confirmé les présomptions du savant anglais. Des renseignemens nouveaux, pris dans des expériences faites en grand en Angleterre, ont démontré que ce moyen de préservation est tout-à-fait inefficace. Nous annonçons à regret ce fait qui intéresse à un haut degré les constructions maritimes et la navigation ; et quoique nous n’ayons pu encore nous procurer des détails sur les causes de ce non-succès, nous avons cru ne pas devoir en différer la publication.
- COURS PERMANE1NS
- DE DESSIN APPLIQUÉ AUX MACHINES ,
- Par M. Leblanc , professeur au Conservatoire royal des Arts et Métiers.
- Le Cours a toujours lieu dans un local attenant aux galeries du Conserva-vatoire, où les élèves sont admis à dessiner, et à proximité de l’amphithéâtre où sont professés les Cours de Mécanique, de Chimie appliquée, etc.
- Des leçons de Géométrie élémentaire et de Géométrie descriptive appliquée spécialement aux machines,forment l’introduction au Cours de Dessin.
- Le professeur conduit une fois par semaine ses élèves dans les établisse-mens industriels et les ateliers de construction qui offrent le plus d’intérêt.
- L’àtelier est ouvert toute là journée. Un suppléant au professeur y dirige continuellement les travaux des élèves.
- S’adresser au professeur, au Conservatoire royal.
- DE L’IMPRIMERIE DE SELL1GUE, BREVKTé pour les presses mécaniques EX A VAPEUR, RUE DES JEUNEURS, S° l/j.
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- JOURNAL
- PRINCIPALEMENT DESTINÉ A RÉPANDRE LES CONNAISSANCES UTILES A L’INDUSTRIE GÉNÉRALE ? AINSI QUE LES DÉCOUVERTES ET LES PERFECTIONNEMENS DONT ELLE EST JOURNELLEMENT L’OBJET.
- Du bon emploi de capitaux que Von consacre a une entreprise de mines.
- Plusieurs fois consulté par des capitalistes qui voulaient consacrer leur fortune à former des établissemensminéralurgiques, j’ai reconnu que souvent l’art d’étudier une affaire de ce genre leur était tout-à-fait étranger • de soi te que leurs hésitations et quelquefois même un commencement d’exécution mal digéré et mal conçu, rendaient toujours difficile l’application des capitaux à la matière minérale. Cependant le pays appelle leur secours pour produire, et les entreprises de mines sont, de toutes, celles qui veulent être le mieux appuyées..
- C’est ordinairement un homme sans connaissances spéciales qui découvre une substance minérale utile. Il se hâte d’en faire part à ceux qu’il croit pouvoir l’aider dans sa découverte, et sur des indices légers, quelquefois probables niais souvent faux, son imagination forme le plan d’un vaste établissement qui enrichit tous ceux qui ont part aux travaux, et qui, embelli des fictions de l’esprit du fondateur, forme bientôt un village , une ville même, au milieu d’un pays ingrat et stérile.
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- D'autres fois c’est le propriétaire d’un champ qui en labourant la terre a soulevé avec le fer de sa charrue quelques morceaux d’un minéral utile. II se garde bien alors d’en faire part à personne qui puisse l’aider, de crainte d’être spolié de sa propriété, car telles sont ses idées sur le droit régulier des mines. Mais la chose transpire et se grossit, elle arrive aux capitalistes enflée de tout le mystère et de toute l’importance qu’on y a mis, et souvent en outre prônée par quelque charlatan qui s’est hâté de s’entendre avec le propriétaire du champ et qui vient vendre chèrement son secret.
- Quand les autorités locales s’en mêlent, les choses se passent avec plus d’apparat et souvent sans plus de fondement ; un maire de commune rurale voit dans la découverte d’une substance minérale, le moyen de se faire valoir, quelquefois le bien de ses administrés. Dans tous les cas, privé comme son voisin le laboureur de lumières et de discernement; il contribue mieux que lui, par des actes authentiques, à constater l’existence d’un minéral exploitable où souvent il n’y a rien qui mérite l’attention.
- De quelque manière que s’opère une découverte déminés, par quelque voie que le capitaliste en soit informé, il est certain que dans le moindre indice de substance exploitable, il doit trouver l’espérance d’un établissement considérable et avantageux. Toutefois «l’habitude de juger avec lenteur, d’examiner une affaire mûrement, le fait hésiter. Souvent même il recule après avoir fait quelques pas, à moins que celui qui lui présente l’affaire ne l’entraîne par charlatanisme et par intérêt personnel. Aussi arrive-t-il ordinairement qu’une bonne chose présentée simplement et sans les brillans dehors dont on décore une affaire douteuse, ne peut trouver nulle part l’appui qui lui serait nécessaire.
- Quelquefois aussi le capitaliste ne recule qu’après avoir fait des démarches, livré des fonds et même commencé un établissement; on a vu des concessions accordées ou au moins très-près de l’être, pour des gîtes de minerais que personne ne con naissait encore d’une manière précise.
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- A quoi toutes les crrems dans lesquelles on est exposé à tomber tiennent-elles ? Pourquoi les choses se présentent-elles presque toujours ainsi, sous un faux jour, en matière de mines?
- Cela tient, suivant moi, à deux causes : la première est que l’on considère encore au dix-neuvième siècle une mine comme un trésor caché, ce qui est loin pourtant d’être la même chose ; la seconde est le peu de connaissances spéciales que l’on a généralement, en France surtout, dans cette matière.
- De la première de ces causes naît le charlatanisme* de la seconde naît l’erreur, j
- C’est donc voir les choses sous un nouveau jour que de considérer l’application des capitaux à la matière minérale du pays, c’est tendre vers un but bien désirable que de chercher à faciliter les entreprises en empêchant les fausses démarches et les hésitations qui les font avorter.
- Nul doute d’abord que l’intervention du gouvernement ne soit d’une grande importance. On pourrait le prouver, si cela était une preuve aux yeux de tous, par le consensus populo-rum de Cicéron ; pour moi, la nécessité de cette intervention me semble démontrée sans réplique, malgré l’opinion de Turgot, dans les avis de MM. Lefebvre, Karsten, Héron de Villefosse, et dans les rapports des jurisconsultes qui ont provoqué la législation actuelle sur les naines. Il en ressort que le propriétaire du très-fonds doit-être distingué du propriétaire delà superficie , que la nature des entreprises de mines, l’immense échelle qui les mesure, leur utilité générale et leur richesse plus ou moins temporaire, établissent une différence notable entre les entreprises commerciales ordinaires et celles qui ont en vue des établissemcns métallurgiques.
- En traçant une carte géologique du pays, le gouvernement fait ce qu’il peut sous le rapport des recherches de mines. En surveillant les exploitations et l’exécutiorl du cahier des charges , il remplit les fonctions qui lui sont déléguées par la société pour l’agrandissement et Ta conservation des richesses minérales du sol.
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- Un capitaliste a d’autres vues et doit se garder de prendre le gouvernement pour modèle; ses recherches doivent être détaillées, plus minutieuses, plus économiques surtout; les exploitations doivent être sages, il est vrai, mais elles doivent aussi tendre à épuiser dans le moins de temps et aux moindres frais possible les gîtes de minerais où elles sont établies.
- En matière de mines il y a trois distinctions utiles à établir : i° la science de l’ingénieur; 20 l’art du conducteur; 3° le métier de l’ouvrier.
- La science doit éclairèr l’art et celui-ci diriger le métier.
- Le métier sans l’art ne peut servir que pour des minières de peu d’importance, telles que les extractions de sables, de pierre à chaux, etc., à ciel ouvert et en très-petites masses.
- L’art sans la science ne s’applique jamais qu’à un seul genre d’exploitation, c’est la connaissance pratique de ce qui se fait dans un établissement, et de ce qu’on y doit faire judicieusement pour obtenir le meilleur résultat possible dans les circonstances locales auxquelles on est habitué.
- Mais la science basée sur la connaissance des principes les plus sains de physique et de chimie . appuyée sur les connaissances mathématiques et sur un esprit d’analyse sage et profond , entourée enfin d’un nombreux cortège de connaissances d’histoire; naturelle, de mécanique industrielle et d’une foule d’exemples différens pour chaque localité, est seule capable de marcher en avant et de prendre en main, pour ainsi dire, le gouvernail de toute espèce d’affaires : pleine de sagacité, elle seule peut faire des recherches utiles dans des pays inconnus ; prudente, elle seule peut créer de nouveaux établissemens sans compromettre leur destinée future; enfin hardie sans être téméraire et marchant toujours d’un pas assuré, seule elle doit se permettre des innovations dans les établissemens formés depuis long-temps.
- Je sais crue beaucoup d’hommes instruits , sans être savans , attribuent souvent à l’art tout ce que je regarde comme l’apanage exclusif de la science et des connaissances spéciales en matières de mines, car la science des mines n est pas simple-
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- ment la minéralogie. Mais je sais aussi que cette opinion a été souvent, et sous mes yeux mêmes, la cause des erreurs qui ont entraîné des capitalistes dans des affaires aventureuses, ou qui leur en ont fait abandonner d’autres qui méritaient l’emploi de leurs capitaux.
- C’est ce que je démontrerai, je crois, en suivant dans un ordre chronologique la manière dont un établissement minéra-lurgique doit se former méthodiquement.
- J’ai dit comment la découverte d’une mine à ordinairement lieu* àla suite des indices que l’on a ainsi recueillis, on établit des recherches afin de connaître exactement les choses, et d’apprécier la valeur d’un établissement. Il faut que l’analyse exacte du minerai et des substances qui l’accompagnent, fasse d’abord connaître quelles sont sa richesse, sa nature et ses associations. Cette précaution est de la plus grande importance.
- Quelquefois on forme en même temps une demande en concession , on achète dés terrains, on alloue des indemnités aux propriétaires voisinsj en quelques mois, toutes les mesures qu’on croit utiles sont prises parce qu’on est dans le premier engouement d’une affaire. Agir ainsi, c’est compromettre l’entreprise tout entière, c’est s’entraver du lien qui doit unir plus tard l’dbjet que nous avons en vue à nos intérêts personnels.
- Mais quel est le but des recherches à faire et quel est l’homme propre à les bien exécuter?
- Le but, sans contredit, est de connaître positivement le gîte du minerai dont on a des indices, d’en déterminer la nature, d’y reconnaître des parallèles, d’en constater l’étendue, la puissance et la richesse, enfin d’établir par les renseignemens de statistique sur les localités et par les reconnaissances des cours d’eau et de la géographie physique du pays, si la possibilité d’un établissement est incontestable et quel profit on en peut espérer.
- On sent qu’ilxy a dans tout cela un ordre à conservei*, et qu’un homme capable de faire de pareilles recherches, établira d’abord les détails économiques de l’affaire avant de commen-
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- cer des travaux. Dans les recherches qui sont toutes dépenses, l'économie est d’abord à considérer, et il ne faut, pour ainsi dire, mettre des fonds dehors qu’en raison de la probabilité du succès.
- On sent aussi que plus tôt on arrivera à une conclusion, plus tôt le problème qu’on se propose sera résolu, et mieux aussi on aura atteint le but vers lequel on tend.
- De là la nécessité de charger de cette tâche difficile, non pas un ouvrier travaillant au hasard, non pas même un homme de l’art qui cherche à trouver partout des analogies à ce qu’il a vu dans une localité, et qui concluant toujours par dénombrement imparfait et par pressentiment est exposé à mille erreurs; mais bien un homme qui connaisse la science des mines , capable d’étudier le lieu généalogique du gîte, de comparer avec les exemples semblables existant dans le monde et toujours présens à sa mémoire, de suivre enfin un plan de recherche méthodique et concluant.
- On dira que je demande un phénix, et qu’en conseillant l’économie je ne songe pas qu’un tel homme est un agent très-cher à employer.
- Je décris la perfection, c’est à vous d’en approcher le plus près possible dans le choix que vous ferez; mais si vous voulez économiser ici que ferez-vous ?
- Payant une foule d’ouvriers et un agent incapable qui feront mille vaines démarches, vous marcherez à l’aveugle et serez surpris, en établissant vos comptes, d’avoir consumé deux ans à des recherches inutiles sans constater le succès de l’établissement que vous avez en vue, sans même en connaître positivement la possibilité.
- Intéressez, au contraire, à votre entreprise un homme qui possède la science des mines, et dans quelques mois il aura largement regagné la dépense qu’il peut vous causer. Songez que l’inhabileté de votre agent est le plus sûr garant de votre ruine prochaine ou éloignée.
- Je suppose que l’on a acquis la certitude d’un gîte puissant d’une matière exploitable, qu’on en connaît toutes les circons-
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- tances , que les débouchés sont ouverts, que tout semble assurer le succès de l’entreprise. Il faut maintenant songer à.former un établissement durable.
- C’est ici que je crois seulement utile de former une demande en concession, la loi ayant consacré ce principe que le propriétaire seul aurait la préférence sur celui qui aurait fait des recherches pour constater l’existence d’une substance minérale exploitable.
- Je sais que c’est entraver le commencement d’un établisse ment que de se soumettre, à l’époque où nous sommes arrivés, aux retards que doit apporter la lenteur administrative ; mais je ferai observer que , d’accord sur la concession avec les pro priétaires de la superficie , comme cela doit être avant même de faire des recherches pour n’être pas exposé à les faire en vain, on n’a aucune opposition raisonnable à attendre; qu’en conséquence, si l’on a bien pris Ses mesures, les délais voulus par la loi ne seront pas trop longs.
- D’ailleurs pendant la rédaction du cahier des charges impo sées aux concessionnaires par le gouvernement, n’y a-t-il pas des plans, des devisa établir aussi pour reconnaître quelle marche auront à suivre les exploitans ?
- L’époque qui précède l’établissement définitif des travaux en exploitation bien déterminée est grave ; c'est là que se trou vent la ruine des exploitans ou leur richesse future.
- C’est encore à la science qu’il faut avoir recours, et plus que jamais; que celui qui a fait les recherches, qui Connaît les localités ainsi que les espérances que présente le gîte reconnu, fasse le plan détaillé de l’établissement à former, qu’il le trace sur une échelle étendue, calculée sur les détails de statistique qu’il a recueillis, qu’il décrive l’économie des eaux motrices à employer, les préparations mécaniques nécessaires, l'usine métallurgique, etque tout cela soit accompagné de devis établis avec exactitude sans être approximatifs, enflés ou amaigris.
- Il a, pour ainsi dire, trouvé par ses recherches la différen-
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- lielle de ^Établissement à former ; qu’il soit chargé de l'intégrer, lui seul en est plus capable qu’un autre.
- Ce dont il doit se garder le plus, c’est d’avoir l’ambition de présenter à l’œil de beaux travaux ou d’admettre sans réflexion des mesures qui ne seraient pas d’une utilité reconnue.
- Combien un pareil plan, conçu avec sagesse, ne facilitera-t-il pas la discussion du cahier des charges, où trop souvent les ingénieurs du gouvernement, plus habiles que ceux qu’un capitaliste parcimonieux emploie, en tirent des clauses onéreuses qui diminuent beaucoup le profit de l’exploitant, en ne cherchant pourtant qu’à garantir la bonne exploitation des mines concédées !
- Et je ferai observer que ce plan qui entraînerait une mise de capitaux très-grande peut-être, si on l’exécutait en un moment, devra être calculé de manière à se compléter chaque année en donnant déjà des produits.
- C’est ainsi que l’habile M. Dartigues à su créer peu à peu des établissemens aujourd’hui d’une grande importance; c’est ainsi que se sont formés doucement les vastes et admirables travaux du Hartz, de cette terre classique des mines où chaque année encore on agrandit et on améliore en suivant pas à pas les progrès de la science.
- Ce n’est pas qu’il faille pour cela employer les mesures provisoires qui anéantissent toujours une entreprise à moins qu’elle ne soit assez riche pour faire d’énormes sacrifices ; mais dans un établissement considérable, on peut toujours exécuter une partie du plan, sans être obligé de détruire l’année suivante ce qu’on a fait quelques mois auparavant.
- Des masses de fer, par exemple, se présentent dans une montagne avec une belle puissance; à côté se trouve le combustible à bon marché , les eaux motrices sont bien disposées, tout annonce une exploitation des plus riches. Le plan qu’on en établit admet quatre fourneaux, on peut par la disposition des localités les placer en une masse, de manière à n’avoir que deux machines soufflantes, etc., etc. Ne doit-on pas, pour
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- opérer avec sagesse, en construire d’abord un ou deux, en laissant des pierres d’attente pour tout ce qui doit entourer plus tard ce que j’appellerais volontiers cette molécule élémentaire d’un vaste établissement?
- D’après ces principes, on conçoit que dans une exploitation 11 vaudra mieux établir des galeries d’écoulement au niveau le plus bas de la vallée tout d’un coup, et que celles qu’on serait obligé d’établir provisoirement sur le flanc de la montagne devraient, autant que possible, être en alongement dans le gîte même ou du moins servir au roulage, et n’être que de peu de longueur.
- Je pourrais multiplier à l’infini les exemples, et citer bien des ôtablissemens abandonnés pour s’être éloignés de cette méthode; mais ce serait faire un traité sur l’art de tracer et d’exécuter des plans de mines, et tel n’est pas mon but.
- Je suis arrivé au moment de considérer l’établissement comme entièrement formé} et rapportant aux concessionnaires de beaux bénéfices; ici se trouve la limite qui sépare la science de l’art; ici deviennent inutiles les services de l’habile fondateur que j’ai supposé à l’établissement : dignement récompensé par le capitaliste dont il a créé peut-être la fortune, qu’il aille porter ailleurs des lumières si dignes d’être recherchées, et qu’un directeur sage, économe", instruit par lui dans ce qui est utile à l’établissement, le remplace dans la conduite des travaux journaliers qui, une fois établis, doivent chaque jour", chaque heure, chaque minute, présenter la même régularité, la même harmonie.
- Sans doute une surveillance éclairée est encore utile, sans doute il faut encore aux concessionnaires un homme capable de déterminer les nouvelles mesures à prendre. Mais un pilote adroit suffit au gouvernail, un habile capitaine n’est utile que pour lui faire changer sa course lorsque le temps l’y oblige.
- En réfléchissant à ce que je viens de dire sur la manière de former un établissement; en faisant attention que je n’ai pas prétendu ici décrire d’une manière technique la méthode à suivre pour explorer un terrain avec succès, on comprendra
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- facilement .comment un capitaliste d’un esprit droit et habitué au maniement^des affaires, peut, sans avoir personnellement aucune connaissance des mines, se mettre à la tête d’une entreprise de ce genre et la faire réussir.
- Le point sur lequel j’ai le plus insisté, c’est le choix des hommesj que de grands monarques, en effet, n’ont dû. leur grandeur qu’à la sagacité dont ils étaienbdoués pour juger les hommes !
- Après le choix de ses agens, ce qu’un capitaliste doit apprécier le plus, c’est ce principe de ne jamais faire d’avances qu’en raison de la probabilité du succès. Mais il ne faut pas, pour cela, qu’il soit parcimonieux outre mesure.
- Par exemple, la localité doit d’abord être constatée et reconnue exactement, le plan et le nivellement de la superficie du terrain levés et tracés; ensuite, si cette première reconnaissance s’accorde avec la probabilité d’un gîte et la possibilité d’un établissement, il faudra faire des fouilles, des tranchées et des sondages, ainsi que l’indique l’art du mineur, et voilà les premières dépenses; le gîte reconnu ainsi, les galeries et les puits seront commencés, et il faudra de nouvelles allocations de fonds pour ces travaux, qui doivent être du reste entrepris avec beaucoup d’économié, comme ce qu’on appelle en général travaux de recherches.
- Je ne suivrai pas ces détails plus loin. Ce que j’ai dit suffira bien certainement pour éclairer le jugement de l’homme qui, en utilisant ses capitaux pour son intérêt propre, les rend utiles à ses concitoyens, en les appliquant à créer de nouvelles richesses dans sa patrie.
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- DESCRIPTION
- bes machines-appareils a raffiner le SUCRE , par howard ;
- Contenant les spécifications de ses trois brevets, avec des notes sur le sujet, par M. Hawkins.
- ( Traduit de l’anglais. )
- Les opérations qui vont être décrites , et que j’ai adoptées , sont basées sur le fait bien connu que l’eau dissout plus facilement le sucre incristallisable que l’autre, et sur la découverte que j’ai faite qu’une dissolution de sucre dans l’eau ne peut , à moins d’être déjà dans un grand état de concentration , rester exposée à l’ébullition pendant tout le temps nécessaire pour l’amener au point convenable à sa cristallisation , sans souffrir d’altérations dans sa couleur et dans sa propriété cristallisable.
- En premier lieu, je soumets la moscouade à une opération préliminaire, en la mélangeant avec soin et aussi promptement que possible avec une quantité d’eau telle, qu’à la température ordinaire le mélange ait la consistance d’une bouillie épaisse (i).
- (1) Le meilleur moyen de bien faire le mélange, c’est de se servir d’une grande spatule ou mouveron, et d’opérer dans une caisse d’environ dix pieds de long sur cinq de large et deux de hauteur, posée à plat. A cette caisse se trouve pratiquée une porte latérale qui s’ouvre sur la bassine dans laquelle on doit faire chaulfer le sucre. On peut, dans une caisse de cette dimension , mouiller promptement trente quintaux de sucre sans en dissoudre une quantité notable, pourvu qu’on ait soin de n’ajouter l’eau que petit à petit, et qu’on remue le tout à chaque portion d’eau ajoutée sans la laisser long-temps séjourner sur le sucre en mas^.
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- Je laisse le sucre ainsi humecté reposer peudant une heure ou davantage. Puis je procède à son chauffage à peu pies de 190 à 200 degrés Fahrenheit (r), lequel peut être effectué avec beaucoup de facilité dans un vase entouré d’eau chaude ou de vapeur à la pression ordinaire. Cet appareil est trop bien connu sous le nom de bain-marie, pour qu’il soit nécessaire de le dédire.
- Lorsque, par ces moyens et par le mouvage, j’ai amené le mélange de sucre et d’eau à une température uniforme , j’en règle la consistance, s’il est nécessaire, par l’addition de quelques parties, soit d’eau, soit de sucre. On reconnaît que la masse est au point de fluidité convenable, lorsqu’en y plongeant le mouveron , le sillon formé se referme immédiatement. Je mets alors en formes, et lorsque la masse est refroidie, j’opère comme pour des formes ordinaires, c’est-à-dire que je les débouche pour faire écouler la mélasse; et, aussitôt que l’écoulement a cessé, ou même pendant que celte opératioor s’achève, j’unis et j’égalise le sucre sur la base des formes avec des instrumens convenables (2).
- (1) La pratique a réduit la chaleur à 180 deg. Fahrenheit. (82,22 centigrad.) L’eau communique la chaleur avec tant de lenteur, que l’usage doit en être banni. A l’aide de la vapeur même, l’opération exige de 4 à 6 heures , souvent même 8 heures, lorsque la vapeur n’est pas abondante.
- (2) Le travail fatigant qu’occasionne l’opération ci-dessus indiquée (h: plamotage), engagea M. Howard à prier M. Hawkins de chercher à y appliquer la puissance de la vapeur. Ce dernier inventa , à cet effet, le mécanisme suivant.
- Fig. 1 et 2, pl. 19. Sont des élévations de la machine.
- a. Arbre vertical mu parla machine à vapeur.
- b. Deux roues coniques de fonte, couvertes de cuir.
- c. Axe horizontal mu par les roues b, glissant en avant et en arrière sur ses supports.
- d. Support attaché à écrous sur le plancher.
- c. Collier dans lequel tourne le milieu de l’arbre.
- f. Deux colliers entre lesquels sc meut le collier c ; ilssoutfixés à l’arbre c.
- g. Levier dont le point d’appui sc trouve en h dans la longueur du sup-
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- Je mêle le sucre provenant de ce plamotage des pains avec
- port. Ce levier est muni, à l’extrémité de son bras supérieur, de deux fourchettes qui soutiennent le collier e par deux tourillons.
- A. Poids suspendu à l’extrémité du bas du levier g- ; il tient en contact les roues d’angle. Le frottement des deux roues est suffisant pour mettre en mouvement l’arbre e et ses couteaux, et pour couper le sucre ; cependant d n’est pas assez fort pour empêcher l’arbre de s’arrêter, si par hasard les couteaux frappaient contre les parois de la forme.
- /.Couteaux, dont chacun tourne sur un axe en m à chaque extrémité du bras de levier n.
- n. Bras de levier fixé par le milieu sur l’extrémité de l’axe c, et tournant atec lui.
- p. Roue tournant sur l’arbre e, et rencontrant les bras du levier n. (Celte roue est munie de rainures en spirale du côté des pièces n.)
- q. Quatre leviers placés sur la roue p , au moyen desquels on peut faire tourner cette roue sur l’arbre e.
- r. Deux bras de levier, chacun desquels se trouve fixé sur l’axe de chaque couteau /. Ces deux pièces portent une pointe à leur extrémité, qui entre dans les rainures de la roue./?, qui par là servent à régulariser le cercle décrit par les couteaux, qu’on rend plus grand ou plus petit, selon qu’on tourne la roue/) sur l’arbre e.
- A. Table servant à livrer la forme dans laquelle se trouve le sucre à l’action des couteaux et à la retirer.
- s. Support ou bâti en fer, fixé au plancher.
- t. Trois vis tournant dans le support.
- u Trois leviers fixés à l’extrémité inférieure des écrous.
- v. Châssis triangulaire fixé aux extrémités des leviers u, et faisant tourner les trois leviers, et par eux les vis, dans la même direction, afin, en même temps, de lever ou de baisser la charge de la table.
- w. Manivelle servant à donner le mouvement au châssis.
- œ. Autre châssis appuyé sur les extrémités supérieures des vis t.
- z. Châssis rectangulaire glissant, à angles droits, sur le châssis x, et attaché à ce châssis par des liens t.
- 2. Bloc de bois, glissant sur le châssis z et portant la forme.
- 3. Quatre supports courbes aux cotés du bloc; on les monte et on les descend par des coins 4, à la hauteur qui convient aux diverses formes.
- 5. Manivelle fixée à un axe traversant le châssis z; aa milieu de cet axe se trouve un pignon engrenant une crémaillère.
- 6. Partie d’une manivelle placée du côté opposé, faisant mouvoir un axe.
- Dans le châssis z, le milieu de cet axe porte un filet de vis dans une
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- de l’eau froide, jusqu’à consistance d’un magma plus épais, dans lequel un sillon formé ne se referme pas de suite (i).
- noix fixée au châssis x, de manière qu’en tournant la manivelle, le châssis avec sa charge se meut latéralement, et l’axe de la forme se trouve dans le même plan vertical que l’axe «, et sur la même droite.
- 8. La forme.
- 9. Base de la forme; le sucre y est amené à une surface unie , un peu creusée vers le milieu , à cause du sucre humide qui s’y rassemble en plus grande quantité que sur les bords, et qu’on a été obligé d’enlever avec les couteaux.
- 10. Pièce de bois sur laquelle on pose l’extrémité de la forme , avant de la renverser sur les supports courbes.
- L’ouvrier apporte la forme dans ses bras, la place à l’extrémité sous la pièce 10 , puis la .couche doucement sur les supports ; alors il tourne la manivelle 5, pour porter le sucre sous les couteaux ; s’il s’aperçoit que ceux-ci coupent plus d'un côté que d’un autre, il tourne la manivelle 6. Si la forme est trop haut ou trop bas , il tourne la 3* manivelle.
- Quand le pain de sucre est ainsi égalisé sur la patte à une profondeur suffisante, il tourne la manivelle 5 en sens inverse et enlève la forme , etc.
- (1) On trouve plus convenable de dissoudre le sucre du plamotage dae.--de l’eau bouillante et de laisser refroidir la dissolution jusqu’au tooc degré Farhenheit. line faut pas saturer entièrement l’eau, car les degrés de saturation et de température doivent varier avec la grosseur des pains, la chaleur chambre dans laquelle on opère, et d’autres circonstances qu’un ouvrier intelligent doit savoir apprécier quand il a quelque pratique.
- J’ai introduit dans plusieurs raffineries qui travaillent d’après le nouveau procédé, des saccharomètres üottans que j’avais gradués avec soin d’après un grand nombre d’expériences ; mais ils sont souvent négligés : l’expérience et l’indolence de l’ouvrier le porteront toujours à préférer la preuve du filet, celle de toutes qui lui donne le moins de peine. Si la claircc se trouvait trop peu saturée , elle dissoudrait une partie du pain de sucre, le rendrait, trop poreux, et y ferait des rats en passant à travers avec trop de promptitude. Si la liqueur au contraire était parfaitement saturée, elle cristalliserait sur la surface de la patte, et formerait une croûte qui empêcherait la clairce de passer à travers le pain.de sucre; et le but qu’on se propose par ce procédé, qui est d’enlever la mélasse et les parties colorantes, ne serait pas rempli. Entre ees deux extrêmes il se trouve tant de degrés, qu’il n’est pas difficile, dans la pratique , d’obtenir une liqueur de clairce convenable.
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- Je replace la liqueur ainsi obtenue sur la patte du pain , préparée et égalisée comme nous l’avons dit plus haut $ et , aussitôt que la masse est à peu près sèche, je verse dessus une solution saturée à froid de sucre fin, et à peu près d’un demi-pouce de hauteur (i) • ou plutôt encore j’enlève de la surface du pain la bouillie que j’y avais versée après le plamotage. Je l’amène, à l’aide d’une certaine quantité d’eau, à une consistance moins grande que celle dont on vient de parler, et je répète les mêmes opérations avec cette bouillie moins épaisse, ou avec Une dissolution faite à froid de sucre plus fin que celui sur lequel on agit. Je préviens que, quand le sucre est de grain très-serré et la surface extrêmement dure, une dissolution non saturée ou même de l’eau pure peut être versée sur les pattes , sans aucun danger, de lièvres ou gouttières. Je ne recommande pas cette pratique parce qu’elle exige trop de soins (2).
- Je déclare en outre que, quand le sucre est poreux, les résultats sont meilleurs, parce que l’humidité descend plus facilement et plus également dans le pain ; de plus, il n’est nullement utile que le sucre qui a été enlevé au plamotage soit employé comme sirop ou bouillie, mais au contraire il est plus convenable, pour économiser le temps, pour la bonté des résultats , d’employer du sucre de plus belle couleur, déjà obtenu au plamotage dans une opération précédente.
- Je reconnais qu’il est temps de mettre fin à cette première opération, soit en tirant de temps en temps un pain de la
- (1 j L’usage ordinaire est de dissoudre dans l’eau bouillante , pour composer la seconde liqueur, les têtes des lumps qui ont déjà subi l’opération.
- (2) Il semble inutile de donner un second plamotage au pain de sucre ; mais il est pins avanlageux, an lieu de se servir d’une dissolution de sucre à froid, de ia faire à chaud , et de ne s’en servir que lorsqu’elle est refroidie à quelques degrés au-dessus de la température du sucre sur lequel on la verse. H n’est pas possible de se servir d’eau pure, sans endommager les pains. On ne fait guère que deux claiices, et pas plus.
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- forme, soit en observant le degré de rapidité avec lequel la clairce s’infiltre dans la masse, soit en examinant la couleur delà mélasse qui s'écoule. Cette dernière observation est le plus souvent suffisante pour reconnaître le degré de purification où se trouve le pain. De plus, je juge convenable, autant qu’on peut le faire, d’abaisser à 60 degrés Fahrenheit ( i5,56 centig.) la température de la chambre où l’on range les formes avant de les traiter par la clairce, et de l’élever j usqu’à 80 ou 90 (26 à 32° environ), quand les pattes des pains sèchent pour la dernière fois (1). On ne doit jamais négliger, à chaque fois qu’on verse la bouillie ou la dissolution de sucre sur les pains, de percer , piquer, rompre, la surface des pattes, lorsqu’elle est devenue dure et cristalline, et qu’elle empêche l’air de s’échapper et la clairce de passer.
- Cette première partie dé mon procédé terminée, je loche mes formes à la manière ordinaire, et je sépare ce qu’on nomme le sucre pur de celui oui retient de la mélasse ; je le conserve à part pour mélanger aux moscouades par une opération telle que celle que je viens de décrire.
- Je procède au raffinage du sucre en versant dessus, dans un vaisseau convenable, six livres d’eau bouillante pour cinq livres de sucre, déduisant à peu près 6 p. ioo, à cause de l’hu1-midité qu’ils contiennent ''encore. Après avoir fait complètement dissoudre le sucre en le mouvant, je laisse reposer, pour faire tomber au fond du vase les impuretés. Je décante alors la liqueur dans un autre vaisseau très-propre; puis j’effectue la clarification complète, et je me débarrasse de la matière colo
- (1) Cet abaissement ou cette élévation de température de l’appartement ne peut se faire avec facilité, parce que dans la même chambre se trouvent souvent des pains de sucre soumis à des opérations diverses. La chaleur ordinaire est donc de 80 à 160 degrés Fahrenheit “(26 à degrés centigrades).
- Les lumps que l’on obtient par celle première partie du procédé se nomment fendus.
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- '•ante et des impuretés de la manière suivante, et au moyen des agens clarifians que je vais indiquer (i).
- Je prépare un lait de chaux, en éteignant de la chaux bien calcinée avec de l’eau bouillante; et, quand les substances sont bien mélangées, j’y ajoute un volume d’eau égal à celui de la masse entière; je fais bouillir le mélange pendant quelques minutes jusqu’à ce que la chaux prenne l’apparence de caillots de ^it; j’en sépare alors aisément par décantation les matières étrangères et les morceaux qui ne veulent pas se déliter; et, afin de m’assurer encore mieux qu’il ne reste pas de morceaux , je passe tout le mélange à travers un tamis qui ne permette le passage qu’à la chaux très-ténue, très-divisée ; puis après je prends environ 2 livres 1/2 d’alun pour chaque t 00 livres de sucre, et je le fais dissoudre dans à peu près seize fois son poids d’eàu ( l’eau bouillante est préférable); j’ajoute ensuite à la dissolution environ 70 à 80 grains de carbonate de chaux par livre d’alun. Après avoir remué tout le mélange jusqu’à ce que l’effervescence ait cessé, je laisse reposer les substances qui se trouvent en suspension, et je décante la liqueur qui surnage. Je jette dans cette liqueur petit à petit la bouillie de chaux , en prenant soin d’agiter à mesure, et de n’en verser que juste ce qu’il faut pour que Je papier de curcuma plongé dans le mélange soit légèrement altéré, et puisse reprendre sa couleur jaune en séchant, et qu’il soit à peine altéré par son immersion dans la liqueur qui surnage, quand la chaux, et l’alumine sont déposées au fond du vase.
- Les agens sont alors préparés, et je les laisse déposer au fond du vase qui les contient. Je décante la liqueur qui les surnage, et je place ces agens sur un blanchet, soutenu comme un
- (1) Le mode de clarification par décantation n’ayant pas en pratique tout le succès qu’on en attendait, M. Howard s’occupa de le faire par la filtration, c’est ce qui fait l’objet de la troisième patente. Mais les agens clarifians décrits et modifiés selon sa deuxième patente, s’emploient de concert avec la filtration , en plus ou moins grande quantité, selon la qualité du sucre soumis à l’opération.
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- filtre; je les laisse sécher jusqu’à ce qu’il commence à se former quelques crevasses à leur superficie. On peut alors les employer à la clarification du sucre amené à l’état que nous avons décrit. Je verse sur ces agens une quantité de la dissolution de sucre telle que le tout forme une espèce de bouillie très-claire ou de lait , et je verse ensuite cette bouillie dans tout le sirop à clarifier, en ayant soin d’agiter pour opérer un mélange parfait.
- On laisse alors reposer le sucre ainsi traité pendant la nuit ou six à sept heures ; puis on décante avec soin et par les procédés ordinaires, et on commence l’évaporation à la température d’environ 200 degrés Fahrenheit, un peu plus ou un peu moins. On se sert à cet effet , et avec avantage, de la vapeur de l’eau sous la pression ordinaire. Quand le sirop a atteint la pesanteur spécifique d’environ 1,37, on le transvase et on l’agite fréquemment jusqu’à ce qu’il ait acquis le grain convenable pour qu’on puisse emplir les formes. Quand celles-ci sont refroidies, on les débouche pour donner passage au sirop contenu dans la masse ; et, lorsque les pains paraissent assez secs, on les pla-mote, comme il a,.déjà été dit. Si le sucre me paraît de qualité bonne, et marchande, on loche les formes de la manière ordinaire; on rogne la tête des pains, laquelle retient encore une quantité notable desirop , puis on fait sécher. Si quelques pains ne paraissent pas assez blancs, on s’en sert, ainsi que du sucre qui résulte du plamotage, pour en faire une bouillie ou une clairce, comme il a été dit dans la description de la première opération (1).
- Si le grain du pain de sucre n’est pas assez serré, s’il est tellement poreux qu’il serait de vente difficile, avant de le mettre à l’étuve on le.met dans une forme métallique, dans laquelle
- (1) L’évaporation à 200 degrés sous la pression ordinaire étant trop longue pour être employée avec quelque avantage, M. Howard y substitua l’évaporation dans le vide , dont les appareils font le sujet du deuxième brevet.
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- on l’expose à une pression suffisante pour en rapprocher le grain (r).
- Si l’on juge convenable de ne point rogner la tête des pains , et qu’on veuille cependant empêcher le sirop qui y est contenu de redescendre tout à travers la masse , on se sert d’une espèce d’alonge qu’on ajoute à l’extrémité conique de la forme y qu’on a soin d’élargir à cette fin. C’est dans cette alonge que serendtout le sirop restant. Il suffit donc de couper cette partie du pain de sucre (2).
- (1) Cette pratique d’exposer le sucre à une pression dans une forme de métal n’a duré que peu de temps. Elle est à présent tombée en désuétude.
- (2) Cette méthode n’est plus pratiquée; on se trouve mieux de fabriquer les pains un peu plus longs qu’on ne le veut, et d’en couper l’extrémité qui relient le sirop.
- A la prière de M. Howard, j’ai inventé une machine destinée à couper la tête du pain de sucre, de telle manière que celui-ci conserve saforme conique, voy. les fig. 3 et 4 , pl. 19 , vues du côté et par le bout de la machine montée sur un bâti et prête à être employée.
- a. Bâti de bois, supporté sur quatre pieds; il contient un tiroir b, destiné à recevoir le sucre qu’on rogne des pains.
- c. Deux supports et colliers de fonte, fixés au bâti.
- d. Axe en fer se mouvant dans les colliers et les supports c.
- e. Manivelle de l’axe d.
- f. Plaque de laiton circulaire , fixée à la manivelle.
- g. Quatre traverses de fer, fixées au disque f.
- h. Anneau en laiton, attaché aux traverses g.
- li. Deux couteaux courbes atlachés au disque f, au moyen des brides /.
- /. Deux brides attachées par des vis, sur l’extréinité des couteaux h.
- Deux brides semblables sont placées à l’autre extrémité des couteaux; elles ne peuvent être aperçues dans le dessin. Ces brides permettent de donner aux couteaux la distance convenable au diamètre du pain à rogner.
- m. Deux joues en bois ; elles peuvent glisser sur les traverses et s’ajuster à la grosseur du pain qu’on doit couper , afin que celui-ci se trouve toujours sur l’axe des couteaux. Quand on se sert de cette machine, on tient le pain d’une main, et de l’autre on tourne la manivelle. Dans quelques raffineries, cette machine est mue par la machine à vapeur.
- On a fait dans ces derniers temps un changement à cette disposition, on a ajouté un couteau et retranché les deux blocs de bois; on n’a besoin par là
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- Je reviensauxüqucui s des décantations placées dans deux vases différons, l’un contenant les impuretés, la poussière inso-ldble, et l’autre les agens , car ces deux liqueurs contiennent une quantité de sucre qu’il faut employer dans quelque opération subséquente. A la première j’ajoute à peu près son volume d’eau bouillante, et je la filtre à travers un linge assez fin pour retenir toutes les impuretés. J’y ajoute la liqueur qui contient (es agens, et je lave et laisse déposer. J’obtiens par la décantation toute la liqueur édulcorée, dont je me sers pour mouiller mes moscouades, comme nous l’avons vu d’abord, ou pour composer une clairce à raffiner (i).
- Quant aux sirops qui s’écoulent des formes lorsque les pains sont traités par les agens, on peut les faire concentrer et en obtenir du sucre bien cristallisé, pourvu qu’on évite de le faire bouillir. On peut faire fondre dans ce sirop le sucre du lochage, du plamotage , etc., au lieu d’eau. On mêle les sirops inférieurs avec les moscouades qu’on destine à subir les opérations ci-dessus (2).
- Je déclare en outre que les sucres qui ont subi l’opération du raffinage telle qu’elle vient d’être décrite, peuvent encore recevoir un degré nouveau de raffinage au moyen des nouveaux agens, que je prépare ainsi qu’il suit : je prends à peu près 3 livres 1/2 d’alun sur 100 livres de sucre solide 5 je fais dissoudre l’alun dans seize fois son poids d’eau bouillante -, j'ajoute à
- que de trois traverses; mais ce changement n’est guère une amélioration , puisqu’il faut apporter un soin beaucoup plus grand pour soutenir le pain et empêcher l’une des lames de couper plus profondément que les autres.
- (1) Les opérations dont il est ici question ont pour objet le lavage desimpuretés et des agens, après la clarification par décantation. Or ce mode de clarification ayant été remplacé par la filtration, ces opérations sont à présent inutiles à décrire.
- (2) Les sirops qui proviennent des sucres raffinés sont habituellement mélangés avec les dissolutions filtrées qui ont à peu près la même couleur, et ou les fait bouillir ensemble.
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- la dissolution 70 à 80 grains de carbonate de chaux par livre d’alun ; après avoir agité le mélange jusqu’à ce que l’effervescence ait cessé, je laisse déposer et je décante; puis je verse dans la liqueur ainsi décantée , au lieu dé chaux , une dissolution concentrée de soude caustique, jusqu’à ce que le mélange produise une légère teinte rouge sur le papier de cuvcuma ; j’y ajoute de l’eau très-pure, et j’agite de nouveau; puis je décante. Je répète ces lavages jusqu’à ce que l’eau décantée ne soit plus chargée d’alcali ; je laisse sécher mes agens comme les précédens. Je juge souvent convenable de purifier l’eau que j’emploie en la faisant bouillir avec un peu d’alun et de chaux ou de craie, prenant le soin de ne pas y laisser d’excès de chaux en dissolution (1).
- En conseillant l’usage de l’alun, ce n’est pas qu’il soit préférable au sulfate d’alumine , mais c’est qu’il est plus facile de se le procurer.
- Un composé d’alumine et de chaux, semblable à celui que je viens de décrire, peut remplacer mes premiers agens, et l’alumine pure peut remplacer les seconds.
- L’usage de la soude est préférable à celui de la potasse parce que les lavages se font plus facilement, et à celui de l’ammoniaque qui est d’un prix plus élevé.
- Quand j’ai obtenu mes seconds agens, je fais dissoudre le sucre qui a déjà été raffiné par les premiers dans de l’eau bouillante x dans les proportions ci-dessus indiquées; puis j’y mélange mes seconds agens delà même manière que les premiers; je laisse déposer, et, après décantation, je procède à l’évaporation et à l’emploi des formes (2).
- Quoique j’aie mentionné dans l’application de la chaleur, la
- (1) Ces agens ne sont pas employés.
- (2) Le procédé ci-dessus n’est point pratiqué. Les indications qui vont suivre ne sont non plus d’aucun usage dans la pratique actuelle; mais nous les donnerons cependant pour ne rien omettre de la spécification du brevet.
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- température de 200 degrés Fahrenheit comme le degré le plus convenable pour obtenir et conserver la couleur et la cristalli-sabilité des sucres, et que le moyen de l’obtenir aveesûreté et précision, soit la vapeur ou le bain-marie, cependant, quand les circonstances semblent l’exiger, je me sers d’une température plus élevée, toujours en prenant soin de maintenir une uniformité de température à la surface de la chaudière. Je construis mesappareils à vapeur ou au bain-marie, selon les principes publiés dans les ouvrages de chimie.
- Quand la température qu’il est nécessaire d’obtenir est au-dessus du degré d’ébullition de l’eau, je me sers d’un bain de vapeur bien solide et que je puisse fermer. Ce bain est muni d’un appareil alimentaire, d’une pompe foulante, d’une soupape de sûreté, etc., comme les chaudières ordinaires.
- Bien que je préfère faire usage de la vapeur ou du bain-marie, cependant j’opère aussi à feu nu, etc.
- Si les sucres qu’on doit raffiner sont d’une qualité très inférieure, s’ils ont été trop mouillés, il est nécessaire d’employer la chaux en une proportion plus grande; c’est au jugement de l’opérateur que cette addition doit se faire.
- ( Toutes les opérations ci-dessus peuvent se faire séparément ou ensemble.)
- Spécification de la deuxième patente de M. Howard.
- i° Au lieu de raffiner le bon sucre obtenu par la première pai’tie démon procédé, ou tout autre, par la dissolution dans l’eau, suivie de l’application de mes agens clarifians, comme il est expliqué dans la spécification de mon premier brevet, je commence à raffiner par l’action de la vapeur et des agens, ce qui peut être facilement effectué en plaçant le sucre mêlé à une certaine proportion des agens dans un vaisseau convenable, contenant un double fond percé de trous sur lequel on pose le sucre, et sous ce fond un grand nombre de tuyaux aussi percés de trous par lesquels sort la vapeur. Le sucre se trouve par ce moyen amené à la température convenable et fondu par l’ac-
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- tion de la vapeur d’eau. Quand le tout est entièrement dissous et amené à la température de 200 degrés Fahrenheit, je continue le raffinage soit par lafiltration, soit par la précipitation (1).
- J’aide la filtration au moyen d’une haute colonne de liquide ou de quelque autre force. Le filtre que j’emploie se compose d’une surface étendue de toile de chanvre, appelée ÏVussie-Itnek (coutil de Russie), et je tâche de conserver à ce filtre le degré de température que possède le sucre (2).
- (1) Le raffinage par précipitai ion , comme nous l’avons déjà dit, n’a jamais été pratiqué sur une échelle étendue ; par conséquent, loutce qui suit concernant cette opération peut être regardé comme ayant été remplacé par la filtration. On élève généralement le sirop qu’on veut filtrer à a 18 degrés Fahrenheit environ, c’est la température de l’ébullition d’un sirop de la consistance convenable pour être filtré.
- (2) La manière déplacer le filtre de façon qu’il offre à la liqueur filtrante une grande surface sans cependant occuper beaucoup de place dans les ateliers est décrite dans la 3e patente.
- Un filtre fut fait et présenté par M. Howard : d’après l’essai qu’on en-fil., il ne semble pas applicable à des opérations en grand; cette partie importante du procédé fut condamnée comme impraticable, et on allait bannir je filtre, lorsque M. Howard, sacbautque je m’étais occupé maintes années de la filtration, m’appelai son aide.
- Je m aperçus que M. Howard, en cela d’accord avec un grand nombre de. nos meilleurs chimistes expérimentateurs, était imbu d’une grande cireur, savoir : qu’une force considérable est nécessaire quand il s’agit de filtrer de grandes quantités de liquides. C’étàit par suite de cette erreur que M. Howard s’efforcait de faire passer la dissolution à travers son fiîlie par le secours d’une colonne de liquide de plus de 20 pieds de haut ; il s’ensuivait que la liqueur passait trouble d’abord, et qu’on était obligé de la reverser sur le filtre plusieurs fois, jusqu’à ce qu’enfîn une partie des agens et des impuretés s’étant attachée à la toile du filtre, les pores de celui-ci fussent diminués et une petite partie de la liqueur commençât à passer claire. Mais l’action de la force continuant à précipiter et à attacher sur la toile des molécules de plus en plus nombreuses des agens et des impuretés, le filtre se bouchait entièrement et ne laissait plus aucun passage à la liqueur. On était obligé de le laver, et on n’obtenait à chaque lavage qu’une très-petite quantité de liqueur claire.
- Je parvins à convaincre M. Howard que la force est plus nuisible qu’utile à la filtration; jj me pria donc demodifier le filtre comme je le jugerais
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- Mais si au lieu de procéder par la filtration, je procède par la précipitation, et que la liqueur se trouve trop concentrée, c’est-à-dire si elle est beaucoup plus d’un cinquième plus dense que le même volume d’eau, je l’amène à cette densité par une certaine quantité d’eau, etc.
- Il est avantageux, et c’est là un de mes perfectionnemens, que les agens dont il est question dans ma première spécifica tion, lorsqu’on veut s’en servir avec le procédé de la filtration, soient préparés par la complète saturation de la chaux et de l’alun , sans que par l’immersion le papier de eurcuma change de couleur. Je crois aussi convenable d’ajouter à mes trois agens à peu près 3 onces de carbonate de chaux sur 2 livres 1/2 d’alun. Les agens ainsi préparés, lorsqu’on les emploie avec la filtration, remplacent ceux dont je parle dans ma première spé-
- eonvenable. Jé le refis et je ne donnai de pression an liquide que ce qu’il en fallait pour déterminer son passage à travers les interstices de la toile. Cette pression était presque inappréciable quand le filtre était propre. Cependant je filtrai aussi limpide que le vin le mieux clarifié , et à travers une surface de 3oo pieds carrés d’étoffe sans être obligé de rejeter sur ce filtre plus de 2 gallons (8 litres) de la liqueur obtenue au commencement de l’opération , et je filtrai très-clair 4oo gallons (1600 litres) de sirop pendant la première heure, et 4°o gallons pendant les deux ou trois heures suivantes. Le filtre alors se trouvait obstrué, mais j’avais obtenu 800 gallons en trois ou quatre heures environ.
- M. Howard par sa méthode de pression, aussi bien que par d’autres pratiques erronées, était obligé de rejeter au moins 3oo gallons de sirop, avant d’obtenir une liqueur égale en limpidité à mon deuxième gallon , et son filtre, après qu’il en avait obtenu environ 100 autres gallons, se trouvait tellement obstrué , qu’aucune force applicable ne pouvait forcer la liqueur encore contenue dafns le filtre à traverser la toile.
- Ayant donc réussi à établir la filtration, et à en faire une partie essentielle du procédé, j’abandonnai la raffinerie après avoir enseigné ma méthode aux ouvriers.
- Peu de temps après, ceux-ci rencontrèrent des obstacles qu’ils crurent insurmontables, et le filtre allait être réformé quand M. Howard eut encore recours à moi. Je rétablis les choses, j’enseignai de nouveau leur usage aux ouvriers , et depuis ce temps le filtre a été considéré comme l’un des appareils principaux du nouveau procédé.
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- cification, et que je désigne pour le deuxième degré de raffinage. Si on n’opère pas par filtration, il vaut mieux faire dissoudre l’alun dans une plus grande quantité d’eau, à peu près 24 fois son poids au lieu de 16 fois, et que la chaux soit étendue dans une quantité d’eau telle que chaque gallon du mélange contienne 600 grains de chaux. Ces agens ainsi préparés, et qui ne peuvent produire aucun changement de couleur sur le Papier de curcuma, peuvent remplacer avec avantage ceux qui ontété décrits au premier brevet pourle deuxième raffinage (1).
- Il est de plus très-avantageux, toujours dans la supposition qu’on n’opère pas par filtration, d’employer 2 portions des agens, chacune de même quantité, et en proportion de la quantité de sucre, comme on l’a vu dans le premier brevet. La première sera employée avec la vapeur , comme il a été décrit ^ on la laissera précipiter en partie, puis après la décantation on jettera le résidu, la liqueur non claire, sur un filtre ordinaire. La deuxième portion sera mélangée à la liqueur clarifiée par la première, comme mon premier brevet recommandait de le faire lorsqu’on avait décanté toute la liqueur, au lieu d’une partie seulement. Cette deuxième portion, après qu’on en aura sé--paré le sirop par la filtration ou autrement, pourra servir, soit comme première portion pour une nouvelle opération, soit en la mettant en suspension dans le sirop clarifié sur le sucre contenu sur le double fond du vase , où il est exposé à l’action de la vapeur.
- Dans la préparation des gros pains, au moyen de sucres déjà raffinés, clarifiés et évaporés, je trouve qu’une seule portion est suffisante avec l’aide de la vapeur, et que même cette portion peut encore servir de première portion pour des sucres de qualité inférieure, toujours avec l’aide delà vapeur.
- Je déclare donc que mon invention, celle pour laquelle je demande un brevet de perfectionnement à mon premier procédé,
- (1) Ces agens comme ils viennent d’être décrits sont préférables à tous ceux qui ont été décrits auparavant.
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- consiste dans l’application des agens neutralisés, quand oïl opère par filtration, et que lorsqu’on n'opère pas par filtration, elle consiste à exposer le sucre non raffiné successivement à l’action de mes deux portions d’agens clarifians, dont la première, avec l’aide de la vapeur, enlève une partie des impuretés, principalement par son action chimique, et dont la deuxième portion, sans l’aide de la vapeur, enlève le reste des corps étrangers par la seule action mécanique, et peut être par conséquent employée comme première portion dans la répétition du procédé sur une autre quantité de sucre.
- Je regarde encore comme un de mes perfectionnemens de concentrer mes sirops dans une chaudière fermée, chauffée par la vapeur, et sur laquelle chaudière j’établis le 'vide plus ou moins parfaitement, mais assez parfait au commencement de l’opération pour ne supporter qu’un pouce de mercure. Parmi les nombreux moyens de parvenir à faire le vide sur ma chaudière, je donne la préférence à une pompe avec un condenseur pour la vapeur, par éjection, comme dans les machines à vapeur. Il est cependant extrêmement avantageux, afin d’obtenir une évaporation rapide, que la pompe fonctionne sans cesse, bien que le vide se maintienne au même degré pendant les intervalles où la pompe pourrait cesser de fonctionner. On peut s’assurer de la densité où se trouve la dissolution ou le sirop, par l’usage de certaines parties de l’appareil, comme on le verra ci-après. La preuve se fait, comme à l’ordinaire, par le filet. On peut encore reconnaître l’état de concentration du sirop au moyen d’un thermomètre plongé dans la dissolution-il suffira d’observer la température à laquelle le sucre encore fluide et sans grain peut entrer en ébullition sous diverses pressions qui sont indiquées par une jauge ou un manomètre plongeant dans le vide de la chaudière; car cette dissolution sera amenée à l'état que je juge le plus convenable à la confection des pains de io liv., qu’on appelle pains de Hambourg, quand les demi-pressions sur le mercure, indiquées par un manomètre ordinaire, mesurées de la ligne qui est à la même distance des deux surfaces du mercure (ou lignes de niveau ), et la tempe-
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- Nature de l’ébullition à l'échelle de Fahrenheit qui y correspond , sont respectivement comme le démontre le tableau suivant r
- Le pouce anglais raut a.'),099 millimètres ou 11 lignes 2.59.
- emi-pressions indiquées sur es pouces et les centièmes de pouce anglais. Millimètres. Température correspondante ou degrés d’ébullition à l’échelle de Fahrenheit.
- 0,74 i8,5oo 115
- 0,80 20,020 îao
- 1,01 25,654 1 25
- 29,718 i5o
- i,36 34,544 i35
- 7 i,57 39,87s i4o
- 1,80 45,720 4 5
- 3,o5 52,070 15o
- 2,36 59-944 155
- 2,7s 69,088 160
- 3,io 78,740 i65
- 0,62 89,4 08 i70
- 4,oo 101,599 175
- Les pressions intermédiaires correspondant aux simples degrés de température, peuvent se trouver facilement et d’une manière assez rapprochée par la pratique, par l’interpolation des différences des nombres dans la table ci-dessus. Je n’ai pas établi les pressions et les températures au-dessous de 0,74, parce que je n’ai jamais opéré à une plus basse température que 118 Fahrenheit, et j’ai lieu de douter qu’on puisse porter la dissolution à l’ébullition à un degré de pression inférieur 5 car il faudrait pour y arriver obtenir, dans la pompe aspirante , une perfection à laquelle on n’est pas encore parvenu.
- J’ai donné les demi-pressions au-dessus de 2,00 , et j’ai indiquées degrés d’ébullition correspondans} mais comme je n’ai jamais opéré avec un vide aussi imparfait, il est possible que dans la pratique il soit nécessaire d’y faire quelques corrections, selon les quantités de sirop soumises à l’évaporation j cependant en somme, cette table pourra aider beaucoup l’ouvrier intelligent à comprendre et à exécuter tous les procédés de mon in-
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- vention. La fig- 5, pl. 19, représente un manomètre avec les degrés de pression de mercure déplacé et les degrés correspon-dans d’ébullition exprimés en nombres, de telle sorte que quand le mercure du manomètre se trouve de niveau avec quelque division ou degré, il est temps, quand on se propose la confection des pains de Hambourg, de retirer le sirop s’il bout à ce degré du thermomètre (1).
- S’il s’agit de réduire quelque solution saccharine ou mélasse jusqu’à consistance solide, je continue l’évaporation sans interruption dans mon appareil, jusqu’à ce que toute la dissolution se prenne en masse et qu’on ne puisse l’enlever de la chaudière. Je m’assure de son état par des échantillons que j’enlève de temps en temps au moyen de l’instrument qui sera décrit ci-après.
- Gomme le tube du thermomètre est exposé à se casser si on le plonge à nu dans la chaudière, et que cependant il est fort utile qu’il soit en un contact aussi parfait que possible avec le sirop, j’ai pris le parti d’enfermer la boule et la partie delà tige, qu’on n’a pas besoin de consulter, dans un tube métallique, que je fais ordinairement eu fer étamé à l’extérieur, et vissé, soudé ou plombé de toute autre manière dans la chaudière. L’extrémité inférieure de ce tube est fermée, et il de3-
- (i) La graduation de l’échelle des manomètres était très-petite. Je sug- , gérai à M. Howard l’idée de la faire avec une boule très-grosse et une tige d’une grosseur modérée, parce que les pressions peuvent y être indiquées par des espaces doubles. Cela fut exécuté comme l’indique la fig. 6, pl. 19.
- a. La tige et la boule de verre.
- b. Echelle tracée sur une plaque de laiton argentée attachée à la tige par ^les brides.
- c. Les degrés indiquant les pressions entières mesurées du niveau du mercure dans la boule, aux niveaux dans la tige,
- d. Récipient ou cloche en verre , fixée et cimentée dans la cuvette e, vissée sur le disque fda robinet g.
- Le tube qui communique à ce robinet est aussi en communication avec l’intérieur de la chaudière, et le degré du vide se manifeste aussitôt qu’on >uvre le robinet.
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- cend suffisamment pour être continuellement plongé dans le sucre en ébullition. Pour établir un contact aussi parfait que possible entre le thermomètre et le sucre bouillant, je verse dans le tube de métal une quantité de mercure suffisante pour couvrir la boule du thermomètre.
- L’instrumentdont je me sers pour prendre de temps en temps ene partie de la dissolution pour m’assurer de son état de concentration, sans établir cependant un contact immédiat entre le contenu delà chaudière et l’air extérieur, est représenté dans la pl- i9,fîg. 7, 8, 9, io et ii. Ce tube est inséré dans une position inclinée dans le côté de la chaudière, et pour empêcher le passage* de l’air, lepoint de. jonction est vissé ou soudé. Je laisse ouverte l’extrémité extérieure du tube, tandis que l’autre plonge dans la liqueur. Cette extrémité est fermée ; mais sur le côté du tube, presqu’au-bout, se trouve pratiquée une ouverture ou fente d’un demi-pouce au moins de large. Dans ce tube se trouve On deuxième tube très-court, qui peut se mouvoir dans le premier, mais qui ne peut qu’y faire une demi-révolution. Une ouverture c, pareille à celle du premier tube et qui y correspond, se trouve pratiquée à ce tube intérieur, de sorte qu’en tournant celui-ci on peut à volonté faire communiquer les ouvertures. (Fig. 9.)
- Une pièce de bois ou cheville est destinée à remplir, mais non complètement, l’intérieur des tubes, fig. 7 et 8) elle est pourvue de pointes qui entrent dans des entailles pratiquées au tube intérieur, et le font mouvoir à volonté d’ün côté ou de l’autre. Dans cette pièce se trouve une cavité qui peut communiquer avec les entailles ou fentes des deux tubes. En tournant les tubes et la cheville dans une position convenable, cette dernière se remplit de la dissolution de sucre, et on peut la retirer.
- Mais pour empêcher toute communication de l’air extérieur avec la chaudière à travers les tubes, cette pièce a sa partie supérieure, aussi bien que le tube extérieur dans lequel elle est ajustée, en cône tronqué. De plus, pour que le mouvement du tube intérieur ne soit pas empêché par l’adhésion du sirop
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- lorsqu’il devient visqueux et épais, je pratique une fente ou rainure e sur la surface de ce petit tube, comme ou le fait aux essieux de quelques voitures, et je la remplis de cire ou de graisse, f, noix destinée à serrer l’écrou g.
- Lorsqu’on veut prendre un échantillon de sirop, on s’y prend de la manière suivante.
- On place d’abord la cheville comme on le voit dans la section fig. 8, on la tourne dans la position fig. g; on établit ainsi une communication entre les ouvertures , et par conséquent la cavité de la cheville se remplit de sirop; on remet alors la cheville à la position fig. 8, ce qui ferme la communication avec le sirop de la chaudière ; on retire ensuite la cheville pour la désengager du petit tube intérieur; ce tube reste donc fermé. On repousse la cheville à sa première position, en tenant la cavité comme il est montré dans la fig. io ; la retirant ensuite, on ramène l’échantillon de sirop dont on a besoin.
- Lorsque la dissolution saccharine est amenée par une évaporation convenable à la densité voulue, je la transvase, par une ouverture pratiquée à la chaudière, dans un rafraîchissoir, à peu près de la forme des rafraîchissoir s ordinaires, et qu’on peut chauffer de quelque manière que ce soit, mais particulièrement par la vapeur, qu’on applique à la surface. La température de cet appareil doit être tellement ménagée, qu’elle permette le mouvage utile à la' cristallisation du sirop, qui doit être assez fluide et assez froid pour que les particules puissent prendre leur forme. J’ai remarqué que le degré de température convenable est entre i5o et i6o° Fahrenheit, plus rapproché de l’un ou de l’autre, selon la densité du sirop.
- Mais comme on s’est aperçu dans la pratique que l’alternative du chaud et du froid, au-dessus et au-dessous des degrés ci-dessus, est avantageuse à la cristallisation, j’ai jugé bon, lorsque le sirop est dans le cristallisoir, de l’élever à la température de 180 degrés, puis de l’abaisser ausitôt à celle de i5o , soit en discontinuant l’application de la chaleur, et en agitant toute la masse, soit en y ajoutant une certaine portion de sirop froid et déjà concentré; puis j’élève de nouveau la tem-
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- pérature jusqu’à ce que le sucre ait acquis tout le grain qu’il peut avoirs ce que l’ouvrier intelligent sera bientôt à même de comprendre lorsqu’il aura pendant quelque temps mis en pratique mes procédés, en jugeant du degré de concentration et de chaleur, même à l’œil, sans se servir de thermomètre, duquel toutefois je recommande fortement l’usage.
- Quand j’élève pour la dernière fois la température du sirop, je la pousse jusqu’au 200e 0 Fahrenheit (1).
- Puisje procède à l’empli des formes, en employant, soit celles dont on se sert habituellement, soit celles qui sont décrites dans mon premier brevet, soit enfin celles que je décrirai plus tard. Si l’on veut conserver la tête des pains, sans cependant que le sirop qui y est conservé se répartisse sur tout le pain, au heu d’employer les formes alongées qui ont été décrites dans fiaon premier brevet, je me sers de formes plus grandes que ne doit l’être le pain de sucre, afin de pouvoir en rogner la tête avec un instrument que j’emploie à cet effet. (M. Howard décrit ici l’instrument, mais il ne l’a jamais exécuté ; et M. Hawkins le remplace par son tour à rogner, déjà décrit. )
- Dans tous les cas qui ne sont pas ici prévus, je procède selon la coutume ordinairement suivie dans les raffineries, etc. L’invention pour laquelle ce brevet est sollicité comme perfectionnement à mon premier procédé, consiste en ce qui concerne la cristallisation, etc.
- (1) Dans les raffineries où l’on entend le mieux le nouveau procédé , on fait bouillir le sirop à environ i5o ou 160 degrés, puis on le verse de la chaudière dans le rafraîchissoir, dans lequel on jette plusieurs cuites ensemble qu’on remue de temps en temps jusqu’à ce que la température s’élève à 180 degrés Fahrenheit Le sucre est versé ensuite dans les formes,
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- Spécification du troisième brevet accordé à M. Howard pour
- ses moyens de séparer des substances insolubles des
- solutions de sucre dans lesquelles elles sont en suspension.
- Les mêmes lettres désignent les mêmes objets dans les différentes figures. Fig. i, planche 20 , représente la section d’un vase qui doit renfermer le liquide qui tient en suspension les substances insolubles. La fig. 2 en représente le plan.
- Le cylindre intérieur b, fig. 1, indique un tuyau dont les côtés sont percés de très-petits trous. Ce tuyau est de longueur telle , que son extrémité supérieure donne le niveau du liquide contenu dans le vase, et que son extrémité inférieure passe à travers le fond du vase, où elle est solidement fixée, comme le montrent les lettres pp f- La ligne ponctuée indique le niveau du liquide. Dans l’espace entre les cercles cc et dd, se trouve un flotteur qui environne le conduit ci-dessus. Ce flotteur porte des ouvertures 00, qui permettent l’introduction du fluide dans le conduit bb-, et, afin que tout le liquide puisse passera travers ces ouvertures, un peu au-dessous du niveau on attache au flotteur et au fond du vase un sac que les anneaux rr tiennent ouvert, ee, espèce de cage qui empêche les impuretés grossières d’arriver en 00. Le conduit bb se termine en h, où’se trouve une ouverture par laquelle on peut vider le vase de temps en temps. Mais dans l’opération ci-dessous on fait passer la liqueur par le conduit latéral et le robinet z, d’où elle se rend par l dans le récipient ou filtre A. On peut régler son arrivée en tournant plus ou moins le robinet i. La vitesse de ce mouvement s’évalue au moyen du tube k qui communique avec l, et dans lequel se trouve le flotteur m communiquant avec le contre-poids n par la poulie qii)-
- (i) Cet appareil a eu bien des inconvéniens en pratique , les ouvriers ne savent jamais le faire fonctionner; c’est ce qui m’a porté à imaginer un conduit de cuivre tournant à genou près du fond du vase, ayant un flotteur à son orifice supérieure; par ce moyen le fluide entre dans le tube un peu
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- le filtre A est enfermé de tous côtés. Il porte trois robinets æy z, dont le dernier permet à l’air de s’échapper, et indique par là quand le filtre est plein. Il est temps alors de décanter au moyen du robinet y. La vitesse d’écoulement est d’autant plus grande que la pression en m est plus forte.
- La fig. 4 montre la construction du filtre. C’est une caisse assez forte qui contient un grand nombre de châssis à filtres, qui sont représentés en profil dans la fig. 8, n°* i et i, et fig. 4 et 5, n° 3 , et de face, bien que partiellement, dans la section horizontale, fig. 6; cette fig. indique des formes de châssis différentes.
- Les lignes extérieures fig. 8, et les lignes ponctuées fig. 6, indiquent le filtre proprement dit, de linge, de coton, de laine, de peau, de soie, ou d’autre matière flexible, perméable aux liquides, et fermé au côté i et aux deux côtés qui touchent aux châssis, mais seulement attaché au 4e côté a , fig. 8, au moyen de lacets ou autrement, et entièrement recouvert autour du bord 4, ou côté plat, d’une bordure de lisière. (Cette lisière ne doit pas aller jusque sur le rebord.) Les lignes intérieures montrent (en section) le châssis qui soutient le filtre. Les parties du châssis qui soutiennent le filtre sont aussi petites qu'on peut les faire j de plus, il est percé de distance en distance, afin de laisser
- au-dessous de sa surface, ce qui empêche les impuretés surnageantes d’y trouver accès.
- La fig. 3 représente une coupe du vase avec le tube, etc.
- «. Section.
- b. Double fond.
- c. Tuyau qui conduit la liqueur dans le filtre.
- d. Tuyau très-court passant à travers le double fond, s’ajustant à l’orifice du tuyau c.
- Tuyau ajusté sur le conduit au moyen d’un joint mobile.
- f. Ouverture à la porte supérieure de e qui admet le liquide et le transmet en c.
- g. Boule en cuivre, creuse, qui surnage le liquide, et tient le conduit e dans une position inclinée.
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- ün libre écoulement aux parties de liquide qui s’y trouvent (i).
- La iig. 4 montre la caisse munie d’une certaine quantité de châssis.
- Fig. 5. Méthode qu’on emploie pour disposer ces châssis quand ils sont nombreux.
- Fig. 7* Pièce consistant en un petit nombre de tringles 6, et en une traverse droite et couverte de lisière ou d’autre substance élastique. Cette pièce sert à soutenir un certain nombre de filtres. Les côtés et le fond intérieur de la caisse sont garnis de lisières sur lesquelles posent les châssis , de manière que lorsqu’un certain nombre de ces châssis sont fortement pressés les uns contre les autres, la communication entre les espaces conservés entre les châssis et au-dessus, et l’espace laissé sous ces mêmes châssis, se trouv/e interceptée, ,et ce n’est plus qu’à travers les canevas qu’elle peut s’établir. Dans la fig. A, le tuyau l conduit le sirop dans l'espace dont on a parié d’abord. Le robinet^ sert à décanter le liquide, après qu’il a passé à travers les filtres sur lesquels les substances étrangères sont retenues. Le robinet z communique avec la partie où se trouve le sirop non filtré, ce qui permet de le retirer s’il est nécessaire.
- Fig. 5. Méthode employée pour placer avec force les châssis ,
- (i) Le coutil de Russie, ou le canevas anglais qui en est une imitation , peut soutenir pendant un temps assez long l’action des outils et des brosses dont on se sert pour nettoyer les filtres tous les jours ; il peut durer de six mois à un an, c’est donc l’étoffe qu’on doit préférer.
- Le 3e châssis, fig. 6, est la forme qu’on a adoptée. Les châssis sont faits de cuivre étamé; ils présentent des entailles verticales de chaque côté contre le canevas ou filtre qui se compose de sacs aplatis, avec un ourlet d’nn pouce de large et de i/8 de pouce d’épaisseur tout autour de l’ouverture. On place dans cette ouverture le châssis qui tient ainsi le sac ouvert; dans cet état on place les sacs dans la caisse à filtrer, la bouche ou l’ouverture tournée vers le bas, tous les ourlets serrés les uns contre les autres ; le liquide pénètre de l’extérieur des sacs dans leur intérieur, coule le long des raies du canevas, et il u’y a plus qu’à le décanter par y. Les ourlets empêchent le sirop non filtré de couler entre les sacs, et en même temps tiennent ceux-ci à une petite distance les uns des autres.
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- au nombre de dix, chacun à sa pface respective. 8 : Longue planche aussi large que le châssis, et qui supporte une crémaillère en métal. 9 : Pièce portant des entailles, dont l’une ou l’autre l’assujétit au point d’appui du levier 10 11, accroché au boulon du gond, et pouvant s’y mouvoir • en 10 le bras supérieur du levier se trouve joint par le gond i5 à l’un des bras d’un autre levier. ( V'. fig. 2. )
- Il est évident qu’en abaissant le levier ï4, on exercera une très-grande pression, qui forcera les châssis à prendre leurs places ; et quand le dernier rang de châssis est presque mis en place, on place des coins garnis d’étoffe aux coins de la caisse, qu’il n’eût pas été convenable de garnir parce qu’on n’au-pu les fermer entièrement.
- i5 fig. 4 représente un des gonds inférieurs de la porte-couvercle de la caisse, qu’on peut mettre ou enlever à volonté.
- i5, i5 : Manière dont sont joints les gonds inférieurs et supérieurs. Ces gonds sont représentés dans la fig, 2, soumis à l’effort des leviers 14, qui tiennent fermé le 4e côté de la caisse. On peut les assujétir par les coins 16. La méthode que j’emploie de préférence pour laver et nettoyer tout l’appareil est représentée par la fig. 8. 17 est une boîte ouverte en chanfrein par le sommet. On introduit le châssis dans cette ouverture, où il est bien fixé par sa partie inférieure garnie de lisière. 18 : Robinet qui donne admission à la vapeur qui vient remplir le sac, et qui en se condensant le rend plus facile à nettoyer avec une brosse dure, qui achève d’en enlever les impuretés. 19 permet de faire écouler la vapeur condensée, qu’on peut conserver s’il est nécessaire.
- TEINTURE DES CHAPEAUX;
- Par M. P.-L. Pichakd.
- Voué par état à l’étude des sciences utiles, j’ai pensé remplir un devoir en livrant au public quelques observations sur une
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- branche importante de notre industrie , Ja teinture en chapeaux.
- Pour réussir dans cet art, il faut avant tout abandonner les quartiers trop resserrés où l’air pénètre difficilement, et créer un établissement dans un lieu vaste, aéré, et près d’une rivière.
- La saison, l’air, l'eau, l’emplacement, la disposition des chaudières, la qualité des chapeaux, influent d’une manière toute particulière sur la beauté, l’éclat et la durée du noir.
- C?est dans les mois de septembre et octobre que l’on fait les plus belles teintures. Les temps trop chauds, orageux ou pluvieux ne conviennent pas. 11 faut un air doux et tempéré. Remédier aux vicissitudes de l’atmosphère, en disposant l’atelier de manière à ce que l’air ambiant soit continuellement dans les conditions les plus favorables, est donc la première chose dont on doive s'occuper.
- L’emplacement doit être vaste, l’endroit où l’on évente convenablement placé.
- Les eaux de pluie et de rivière sont préférables ; cependant au moyen d’une préparation préliminaire, j’ai employé avec succès les eaux de puits et de source.
- De tous les ingrédiens employés pour teindre les chapeaux, le gallate de fer, le sulfate de cuivre et les bois de campêche sont seuls utiles : encore parviendrai-je peut-être avant peu à teindre sansbois.
- Les gommes ne servent qu’à faire de la boue et empêchent les parties colorantes de s’appliquer sur l’étoffe.
- Teindre indistinctement dans un même bain et au même degré de chaleur des chapeaux de qualités et de fabriques différentes, est une des grandes fautes commises tous les jours.
- Lorsqu’un chapeau a pris du gras, et que ses poils se trouvent pliqués, on doit le mettre dans une légère eau de potasse et le laver ensuite.
- S’il a perdu de son noir, on peut le remettre en chaudière sans inconvénient.
- On ferait bien de décreuser les chapeaux fins avant de les teindre.
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- On peut mettre en teinture avec des formes en osier, et éviter ainsi de casser ies arêtes ou d’arraeher les bords.
- Aux chaudières rondes on peut en substituer de longues, mettre les chapeaux dans une roue en cuivre faite à jour, dont Une moitié baignerait dans la cuve, et l'autre moitié serait exposée à un courant d’air, de manière à ce que moitié des chapeaux pût s’éventer pendant un temps donné , tandis que l’autre moitié se teindrait, et vice versa (i).
- Au moyen d’u-n engrenage, un seul homme pourrait faire tourner une roue contenant 4<>o chapeaux.
- Par ce procédé, les chapeaux ne seraient plus en contact avec le fond delà cuve, on pourrait les agiter dans le bain et à l’air en même temps, en imprimant un mouvement à la roue ; on aurait une grande économie de temps, et on obtiendrait Un plus beau noir • car les chapeaux suspendus et agités dans l’air prendraient beaucoup plus d’oxigène qne sur le pavé où on les jette ordinairement.
- Procédé employé par Vauteur pour teindre ioo chapeaux fins.
- Préparation préliminaire. — Faire bouillir, pendant deux, heures, dans une chaudière de cuivre chargée d’une quantité d’eau suffisante,
- Noix de galle concassée.. . . 6 livres.
- Bois de campêche...........5o livres.
- Piétage en bleu. — Lorsque ce bain, que j’indiquerai par le U° ier, sera préparé, on en mettra la moitié dans une autre chaudière j après y avoir ajouté ao livres de sulfate de cuivre, °n y passera les chapeaux pendant i /4 d’heure, on abattra pendant i heure ip, on passera encore q4 d’heure, on relèvera Pendant ip heure.
- Emploi du pyrolignate de fer.
- On verse dans la chaudière ij3 de ce qui reste du n° ier, 3o li-
- 0) Cette méthode a été imaginée et exécutée en Angleterre»
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- très de pyrolygnate de fer, on couvre le feu, on remet en chaudière, on passe pondant r{4 d’heure, on abat pendant i heure ip, on relève, on évente xp heure.
- On rafraîchit de nouveau avec le 2e tiers restant du bain n° ier, on chauffe à j5°, on ajoute x5 litres de pyrolignate de fer, on met les chapeaux pendant ip heure, on évente ip heure.
- On remet en chaudière pendant i heure, on évente ipheure. On rafraîchit de nouveau avec le restant du bain n° ier, on fait chauffer à ^5°; on ajoute i5 litres de pyrolignate de fer, on met les chapeaux pendant i heure, on évente.
- On remet en chaudière pendant i heure ip, on relève poux-lave r à l’eau courante. On sèche à l’étuve, on met sur forme et on lustre.
- Dans un autre numéro, je ferai connaître les nouveaux rés*l-tats que j’ai obtenus.
- DESCRIPTION
- D'une scierie pour le marbre.
- La fig. ire, pl. 2i, est une vue de côté d’une machine pour cier et polir des tables de marbre ; la fig. 2 est un plan de la même machine, avec des lettres con-espondantes. La fig. 3 est un détail des scies. Sur une échelle double, a est un châssis de bois suspendu par des pièces verticales en bois b7 c aux pièces de bois dt de manière à pouvoir prendre un mouvement oscillatoire. Le mouvement est donné à ce châssis par la tige e communiquant avec la manivelle/, qu’on fait tourner par l’eau ou la vapeur.
- Ce châssis étant mis en mouvement fait aller les parties g h ainsi que les bras ik, kl servant à polir • ces bras travaillent ou se meuvent sur le pivot i, et sont mus en ai'rière et en avant par les tringles en fer m m, qui servent à établir lacom-
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- munication. Les scies sont des lames en fer ayant la forme d’une scieordinaire; elles sou t attachées à des anneaux oblongs au moyen de clavettes (voyez jîg. 5). Ces anneaux sont placés sur les croisillons gh, et les scies sont tendues par les vis n n t o o $ ppf q q sont quatre piliers verticaux formant un châssis dans lequel on place les blocs de marbre pour être sciés en table ; ces piliers servent en même tempsà guider lechâssis delà scie. À chaque bout de ce châssis, se trouvent plusieurs barres de fer carrées et verticales , désignées par les lettres r r, entre lesquelles passent les scies; ces barres tiennent lieu de conducteurs. Les piliers q q peuvent être posés à une plus grande distance,, de manière à rendre le châssis plus long pour recevoir des blocs de différentes grandeurs. La partie s à laquelle la scie est attachée sur le châssis mobile, glisse sur le poteau vertical a. Cette partie est suspendue par une corde qui passe sur une poulie t'y elle est contre-balancée par le poids u. Par ce moyen la scie peut presser sur son ouvrage avec le degré de force qu’on veut. Il est évident que le châssis mobile d’après son mouvement d’Oscillation, se meut, non pas en ligne droite, mais en ligne courbe. Ainsi la partie glissante s sertà établirle mouvement rectiligne delà scie. Les barres verticales de fer rr sont d’une dimension égale ou inférieure aux tables les plus minces, de sorte que les scies peuvent se placer à différentes distances, suivant l’épaisseur des tables. Si l’on veut déplacer les scies pour cet objet, il •suffit de desserrer les vis o o, etc., et de changer les anneaux oblongs qui contiennent les scies.
- Les tables de marbre qu’on veut polir se mettent sur le chariot v, de manière à correspondre avec le polissoir l qui pasSte dessus dans la direction de sa longueur. Veut-on étendre le polissoir aux autres parties de la table, le chariot v a un mouvement latéral au moyen de quatre roues creusées en gorge, roulant sur les guides dé fer introduits dans les traverses x. La vis sans fin y ^ placée sur l’arbre principal, fait tourner la roue z. Celle-ci donne le mouvement au levier i fig. i, aü moyen de la manivelle 2. Ce levier communique avec la manivelle 3, et fait tourner la roue 4 ; la roue 4 fait aller la crémaillère 5 , et
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- donne un mouvement latéral au chariot. Par là toute la surface de la table est exposée à Faction du frottoir.
- Des articles arrondis de spath fluor, de gypse et de marbre sont façonnés sur le tour avec des instrumens pointus d’acier trempé. Les pièces qu’on veut tourner sont attachées à un mandrin de bois avec du ciment.
- Le gypse est très-tendre et se tourne avec une grande facilité. Le spath fluor et le marbre exigent que l’outil soit très-dur, tandis que la partie qu’on veut tourner a besoin d’être arrosée constamment avec de l’eau qui tombe goutte à goutte d’un réservoir placé au-dessus. Après que les articles ont reçu au tour la forme qu’on veut, on emploie le sable et l’émeri pour les dégrossir, et après cela ou les polit avec du tripoli et de la potée d’étain.
- MARMITE POUR LA CONCENTRATION DES SIROPS DE BETTERAVE PAR LA VAPEUR ; par M. Oudart.
- La fabrication du sucre de betterave, comportant par son essence tout agricole une grande simplicité dans les appareils, nous croyons utile de faire connaître ici une machine simple, malgré ses imperfections, qui a été disposée et employée par l’un de nos fabricans de sucre de betterave les plus éclairés dans son art. Nous donnerons de cet appareil un dessin et des résultats d’expériences que nous devons à la complaisance de M. Blanc de Péronne.
- La fig. i3, pl. iq, représente un plan de la marmite; la fig. 12 est une coupe prise sur la ligne AB du plan.
- C est une chaudière à cuire, munie d’un fond et d’un collet a. Cette chaudière est en cuivre d’une demi-ligne d’épaisseur sur les côtés et pour le collet, et d’une ligne i/a pour le fond. Sur ce fond, sont adaptés 8 tubes verticaux b,c,d, e, f, g,h,i, fermés par en haut et ouverts par le bas à leur jonction sur le fonde
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- D Autre chaudière basse en cuivre, d’une ligne 1/2 d’é-paisseur et portant un collet, de manière qu’on puisse lui appliquer exactement le collet fixé sur le fond de la chaudière C, a l’aide de boulons et d’écrous. '
- Le tube b est fermé par un robinet destiné à l’introduction de l’eau dans la chaudière C.
- Le tube vertical f est fermé par une soupape qu’on charge Pour 3 atmosphères.
- E Robinet qui sert à décharger le liquide contenu dans la chaudière C.
- La chaudière C reçoit le sirop à cuire, et il y est mis en ébullition par la vapeur d’eau comprimée de la chaudière D. On voit loi que les tubes verticaux doivent peu concourir à la vaporisation.
- La chaudière contient 100 litres} on y met 4o litres j elle pèse Ia4 livres ; elle a été montée sur un fourneau rond, avec deux ouvertures pour la sortie de la fumée. La grille était distante 8 pouces du fond de la chaudière 5 elle reposait par son rebord en saillie sur un cercle de fer, et on avait eu soin d’empêcher avec de l’argile le contact immédiat de la flamme avec les écrous qui serrent le double fond.
- Le double fondD se chai’gede 241itres d’eau ÿ il en peut contenir 48.
- On a cuit avec cet appareil des mélasses de bonne et de mauvaise qualité, et on a trouvé que le sucre cristallisait mieux, ôtait plus nerveux, que le résidu s’épaississait moins. Il faut faire attention que chez M. Fernet, où se sont faites les expé-Ilences, on travaille dans les chaudières à feu nu, en pous-sant vivement le feu.
- La marmite a consommé un demi-hectolitre de charbon en 8 heures.
- Elle mettait une heure pour cuire 4o litres de 27°à 44° ? ou hectolitres de charben pour cuire 160 litres de sirop en 4 heures.
- Dans les chaudières ordinaires à feu nu, on cuit 80 litres en Une demi-heure, et les chaudières consomment 1 hectolitre et
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- démi en ia heures , ce qui fait 0,12 d’hectolitre en une heure pour 160 litres de sirop.
- On voit qu’il n’y a pas économie de combustible, et qu’il y a perte de temps. On estime qu’un homme conduirait 4 chaudières.
- Des mélasses qui étaient à 33° ont été amenées à 44° en 4° minutes par cette marmite.
- TABLEAU
- DES
- Brevets et Patentes délivrés en France et en Angle-terre pendant le mois de décembre 1827.
- Au sieur Migeon , maître de forges de Morvillars, représenté à Paris parle sieur Armonville, secrétaire du Conservatoire des arts et métiers, un brevet d’invention de dix ans, pour une machine propre à frapper à chaud les têtes des vis à bois , faites avec des fils de fer de tous les numéros, et ayant des tètes de toutes les formes connues, rondes, plates, carrées, etc.
- Au sieur Delacoux , chevalier de Saint-Louis, à Paris , rue Basse-du-Rempart, impasse Cendrier, n. 1, un brevet d’invention et de perfectionnement de dix ans pour une harpe perfectionnée.
- A la dame Choel, née Marie-Marguerite Léger, à Paris, chez le sieur Boudé, rue Mondétour, n. 16, un brevet d’invention de cinq ans, pour un moyen de denteler les bords de pièces de tulle sans les couper.
- Au sieur Thinat, mécanicien, à Nantes, département de la Loire-Inférijeure, un brevet d’invention de dix ans, pour une machine à haute pression.
- Au sieur Lamothe , négociant à Montréal., département du Gers, un brevet d’invention et de perfectionnement de dix ans*
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- pour des moyens de rendre portatif et distillant sur charrette l’appareil distillatoire de Baglioni.
- Au sieur Stryboscii, chimiste, rue duPlat, à Lyon, département du Rhône, un brevet d’invention de cinq ans, pour des Procédés de fabrication de chandeliès imitant la bougie.
- Au sieur Perkins, citoyen des Etats-Unis, représenté à Parts par le sieur Hubert, rue des Jeûneurs, n. 8, un brevet d’im-Portation de quinze ans, pour des améliorations dans les machins à vapeur.
- Au sieur Bernhard, à Berlin, représenté par le sieur Mayçt, faisant élection de domicile à Paris, rue Chariot, n. 16, un brevet d’invention et d’importation de quinze ans, pour un appa-reil qu’ij appelle Bernhard, propre à élever l’eau ou tout autre fluide, à l’aide seulement de la pression de l’air atmosphérique et par l’emploi de la chaleur.
- Au sieur Chamboredon, avocat à Alais, département du Gard, Un brevet d’invention de cinq ans, pour un moteur mécanique qu’il appelle conservateur des forces, lequel, mis en mouvement , reçoit ses forces de lui-même, et paraît propre à remplacer toute sorte de moteurs.
- Au sieur Wright, ingénieur de Londres, représenté à Paris par le sieur Albert, rue Neuve-Saint-Augustin, n. 28 , un brevet d’importation et de perfectionnement de quinze ans, pour une nouvelle grue perfectionnée.
- Au sieur Petit (Pierre), ingénieur-mécanicien, à Paris , rue du Battoir-Saint-André-des-Arts, n. 1, un brevet d’invention, de perfectionnement et d’addition de cinq ans, pour une machine typomélographique, propre à graver la musique.
- Aux sieurs Boche et Aubin, fabricans de poires à poudre, à Paris, rue Montorgueil, n. 84, un brevet d’invention de cinq aus, pour une poire à poudre qui détermine d’elle-même la quantité de poudre qui doit- former la charge.
- Aux sieurs Rollé et Schwidgue , mécaniciens, à Strasbourg, département du Bas-Rhin, un brevet d’invention et de perfectionnement de dix ans, pour une balance à pont, propre à peser les voitures chargées.
- Au sieur Niogret, à Paris, rue Saint-Paul, n. 5, un brevet
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- d’invention de dix ans, pour un mode de transport des voyageurs et marchandises par terre et par eau, au moyen d’un bateau-voiture , de voitures, bateaux et navires mis en mouvement et dirigés sans vapeur, sans chevaux, en employant de nouvelles puissances à simple, à double et triple effet.
- Au sieur Chamblant , ingénieur-opticien, à Paris , rue des Fossés-Saint-Germain*des-Prés, n. x2, un brevet d’invention de quinze ans, pour un nouvel élément mécanique, dit machine-principe de conversion du mouvement rectiligne en mouvement circulaire, avec une force constante et uniforme, sans le secours du volant.
- Au sieur Duclos , candidat en médecine, rue des Marais-Saint-Germain, n. 3, un brevet d’invention de cinq ans , pour une ceinture qu’il appelle ménorrhéenne, à l’usage des femmes.
- Au sieur Bostock, rentier, de Londres, représenté à Paris par le sieur Albert, rue Neuve-Saint-Augustin, n. 28, un bre vet d’importation et de perfectionnement de quinze ans , pour un système de mécanique perfectionnée, propre à fabriquer les vis métalliques, communément appelées vis a bois.
- Au sieur Batillat , pharmacien, à Mâcon, département de Saône-et-Loire , un brevet d’invention de dix ans , pour une substance chimique, propre à remplacer en partie la pâte de chiffon dans la fabrication du papier, auquel elle communique plusieurs propriétés particulières.
- Au sieur Gibon , artiste , à Paris , rue de Richelieu , n. 9, un brevet d’invention de cinq ans, pour de nouveaux cadres inaltérables ou bordures de tableaux.
- Au sieur Poupon , à Nuits, département delà Côte-d'Or, un brevet d’invention de cinq ans, pour une nouvelle presse propre à presser les raisins et autres substances.
- Au sieur Arnett, de Londres, représenté à Paris par le sieur Perpigna, rue du Faubourg-Poissonnière, n. 8, un brevet d’importation de dix ans pour un lit flottant perfectionné.
- Aux sieurs Moitessier, luthier, marchand-horloger, et Maze-line, mécanicien, à Carcassonne, département de l’Aude, un brevet d’invention de cinq ans, pour une machine à tondre les draps et autres étoffes, qu’ils nomment vélociforce.
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- Aux sieurs Delaporte , banquier , et Berthier , mécanicien à ïteris, le premier rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur, n. 18, et te second rue de Reuilly, n. 36, un brevet d’invention de cinq ans pour des outils et procédés de fabrication de dés à coudre en acier, en fer, en cuivre, en argent et en or.
- Aux sieurs Aschermann et Perrin , à Paris , rue de Montmorency, n. 7, au Marais, un brevet d’importation de dix ans, pour fine machine servant à éjarrer et nettoyer les poils, à l’usage de \ te chapellerie, et connue sous le nom de Blowing-machine.
- Au sieur Capelain aîné, mécanicien au Petit-Couronne, Près Rouen, département de la Seine-Inférieure, un brevet d'invention de 5 ans pour une machine propre à tondre les draps ou autres étoffes, qu’il appelle tondeuse à mouvement alternatif.
- Patentes délivrées en Angleterre pendant le mois de décembre 1827.
- A Thomas Bonnor, pour des perfectionnemens apportés aux tempes de sûreté.
- A William Fawcett et à Matthew Clarke , pour un appareil propre à perfectionner la fabrication du sucre de canne.
- A Robert Water-Winfield, pour une nouvelle méthode de fabriquer des tringles propres à la confection des couchettes et autres objets.
- A John Meadon , pour le perfectionnement des roues de Voitures.
- A Samuel Wilkinson , pour le perfectionnement des calandres.
- A Maurice de Jough, pour des machines propres à filer, doubler, tordre ou préparer le coton et autres substances fibreuses.
- A Thomas Tyndall , pour des perfectionnemens dans la fabrication des boutons et dans les machines employées à cette fabrication.
- A Daniel Ledsam et à William Jones , pour des perfectionnerons aux machines à découper les pointes et les clous.
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- A Joseph Robinson , pour le perfectionnement des brosses de différentes espèces, et des améliorations dans la préparation des matières employées à leur fabrication.
- A Paul Steenstrup, pour le perfectionnement des appareils employés à faire mouvoir les vaisseaux.
- A John-Harvey Sadler , pour le perfectionnement des métiers à tisser la soie, le coton, etc., etc.
- A Ralph Rewcastee , pour une méthode perfectionnée de donner le lest au vaisseau.
- A Robert Stein , pour un perfectionnement dans l’application de la chaleur à la distillation.
- A Frédéric-Benjamin Geitlen, pour des perfectionnemens dans le castor destiné à l’ameublement et à d’autres usages.
- A Henri Peto , pour un appareil propre à engendrer de la force motrice.
- A Josepb-Antony Berrollas, procédé propre à remonter les montres de poche sans clef, et perfectionnement applicable aux appareils destinés pour avertir en cas d’alarmes.
- A Andrew-Motz Skene, pour des perfectionnemens dans la manière de faire marcher les vaisseaux, et de faire tourner les moulins à eau en-dessous.
- A John-Lee Stevens, pour des moyens perfectionnés de faire mouvoir les vaisseaux à l’aide de la vapeur ou de toute force motrice, et pour l’application de ce moyen à tout autre objet.
- A Thomas Tyndall , pour l’exploitation de moyens propres à fabriquer des pointes, des clous et des vis.
- A John George, pour un moyen de conserver les vaisseaux pontés de manière à les rendre moins susceptibles de la pourriture sèche, et pour un procédé à J’aide duquel on met les marchandises à l’abri du dommage causé par la chaleur.
- A Thomas-Stanhope Holland , pour un moteur applicable à un mécanisme fixe et propre à faire avancer des corps flottans, des chariots et autres machines locomotives.
- A William. Harland, pour un moteur applicable à la marche des voitures locomotives et à d’autres usages.
- À Charles-Augustus Ferguson et à James-Falconer Atlee, pour des perfectionnemens dans la confection des mâtures.
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- A William Hale , pour des perfectionnemens dans les machines et appareils propres à faire mouvoir les vaisseaux.
- bulletin bibliographique.
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- 0US ^es Ouvrages annoncés dans le Bulletin se trouvent à la librairie de l’indcstrie , rue Saint-Marc, n. 10.
- M
- 'iVTlPlilat‘,ons chimiques, traduit de l’anglais du professeur Faraday par l aiscau> revu et annoté par M. Bussy, professeur à la pharmacie cen-ftî ^a,*s’ 2 v°h in'8°» avcc i5o figures; prix : i4 fr. A Paris, chez
- alher et Ce, libraires, passage Dauphine.
- es*- avec uu nouvel intérêt que nous rappelons cet ouvrage à nos lec-hj hs; ^ e» est peu qui soient plus utiles aux personnes qui s’occupent de née U^e expérimentale : fruit des observations et des travaux de vingt an-, un des plus célèbres chimistes de l’Angleterre, il a reçu un nouvel <îes n°tes de M. Bussy. Nous le regardons, et plusieurs professeurs da . m,'e l’oat indiqué à leurs élèves comme un manuel indispensable ^s S ,*0us les laboratoires. Avec son secours on pourra faire les expériences t- ,Plus compliquées, avec la certitude du succès. C’est le plus bel éloge °n puisse donner à un tel livre.
- cé 1 SSC'^ Pra^1uc yHr l’urt du Briquetier au charbon de terre, d’après les pro -t es en usage dans le département du Nord et dans la Belgique ; ouvrage p 1 ®aûx ingénieurs, architectes, entrepreneurs,fabricans, propxiétaires,etc.; P M- J. F. Clere , ingénieur au corps royal des mines, ancien élève de i.COe polytechnique, i vol in-8. avec 4 graudes planches gravées. Prix £ 5o c. Paris, 1828. Chez AI. Carilian-Gœury. dé e. cadre et l’esprit de l’Industriel ne nous permettant pas de donner des S'r'rt °PP®me\ns ‘pisoounés sur les ouvrages que nous annonçons, nous re-S ettons de devoir nous borner pour cet ouvrage important à un simple dirait de la table des matières .
- Chapitre 1er. — Section ire. Choix de la terre. — Section 2e. Préparation la terre. — Section 5e. Foulage et démêlage de la terre.
- Chapitre IIe. — Moulage de la brique.
- ^Chapitre IIIe. — Section ite. Dessiccation de la brique. — Section 2e.
- exsiccation définitive, et disposition des briques en haies.
- ^ Chapitre IVe. — Section ire. Cuisson de la brique. —Section 2e. Cons-1^action du fourneau. —Section 3e. Conduite du feu et exhaussement de jj Parfie supérieure du fourneau. — Section 4e* Remarques sur les effets P °duits par la chaleur. — Section 5e. Remarques sur la construction des tow>nées.
- ^Chapitre 5e. — Section iIc. Considérations générales sur le combustible. Section 2e. Examen de la houille maigre et sèche. — Section 5e. Exa-en de la houille grasse. — Section 4e- Manière de brider de la houille S asse et de la houille maigre. — Section 5e. Manière de brûler la houille f c le et m£iigre. — Section 6e. Marche du caloiique dans l’intérieur de la ^ Urnée lorsqu’on se sert de charbon sec et maigre. — Section 7e. Moyens e®ployer pour faire usage d’autres charbon fossiles, d ,j,PPendice. — Il traite de la question économique d’une briqueterie , et t usage des briqueteries pour niveler les terrains ; enfin il est terminé par e*phcation des planches.
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- Traité des machines à vapeur et de leur application à la navigation, a'1' mines, aux manufactures, etc., comprenant l’histoire de l’invention et de> perfectionnemens successifs de ces machines, l’exposé de leur théorieel des proportions les plus convenables de leurs diverses parties, accompag*11 d’un grand nombre de tableaux synoptiques contenant les résultats les pl11-utiles pour la pratique; traduit de l’anglais de Th. Tredgold, ingéniée1 civil, etc.; avec des notes et additions, par M. Mellet., ancien élève l’école polytechnique ; 1 vol in-4., et atlas de a4 pl., avec légende en regard-Prix, 3o fr. A Paris , chez Bachelier, libraire, quai des Augustins , n. 55 et à Bruxelles , à la librairie parisienne', rue de la Madeleine, n. 458.
- Yoici les matières qui sont traitées dans cet ouvrage :
- Section Irc. Histoire de l’invention et des perfectionnemens successifs de-' machines à vapeur ;
- II. De la nature et des propriétés de la vapeur, de sa force élastique expansive, et de sa puissance mécanique ;
- III. De la production et de là condensation de la vapeur ; des appareil" propres à ces usages ;
- IV. De la puissance mécanique de la vapeur; delà nature, des prop<-n tions générales et de la classification des machines à vapeur ;
- V. De la construction des machines sans condenseurs ;
- VI. De la construction des machines avec condenseur ;
- VII. D< s proportions et de la construction des diverses parties des ma chines à vapeur ;
- VIII. Des moyens de rendre uniforme l’action des machines à vapeur d’en régler la puissance, d’en mesurer l’effet utile, et règles pour la cofl duite de ces machines ;
- IX. De l’application des machines à vapeur à différées usages ;
- X. Delà navigation par la vapeur.
- Tableaux synoptiques ; tableau des bateaux à vapeur exécutés; tablea' des propriétés de la vapeur à dilférens degrés de force élastique; tableau de' proportions des machines à vapeur à simple effet; tableau des proportion-des machines à double effet; légendes des planches.
- La 33e livraison du Musée de Peinture et de Sculpture, recueil des Tableau* et Statues de toutes les collections de l’Europe, vient de paraître. Cet inté ressaut Musée est une sorte de résumé qui fait pour les arts ce qu’on a fai‘ pour l’histoire et la littérature. Chaque livraison i fr. On souscrit à Paris chez Audot, rue des Maçons-Sorbonne , n. n.
- Art de dègruisser et de remettre à neuf les tissus ; par E. Martin, directeur de teintureries à Louviers et à Elbeuf. i vol. in-8. î fr. Cet ouvrage fai partie de VEncyclopédie populaire, publiée par Audot, rue des Maçons-Sorbonne, n. il, à Paris.
- Art d’élever les Lapins et d’en tirer un grand profit, par M. Rédarès-1 vol. in-18 , i fr. Chez Audot, rue des Maçons-Sorbonne, n. n, à Paris.
- Traité de mécanique pratique, traduit de l’anglais de la collection publier par la société pour la propagation des connaissances utiles.
- Cet ouvrage fait partie de VEncyclopédie populaire, dirigée par M. Audot-rue Maçons-Sorbonne, n. n , à Paris. Il est divisé en 4 parties : Agen? mécaniques, machines, frottemens, mécanique animale. Il contient î*1 pl inches gravées et paraîtra en 7 livraisons du prix d’un franc, tous les samedis.
- On sentira 1 utilité d’un pareil ouvrage,fait pour être mis entre les main' des ouvriers et de toutes les personnes qui fabriquent ou font usage do? mécaniques.
- —... ~ ' -
- DE L’IMPRIMERIE DESELLIGUE, breveté pour les presses mécan»'
- q(JES ET A VAPEUR, RUE BBS JEUNEURS,-R* l4.
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- (•"T VOLUME.) ^oiu-bu iSag.
- l’IMBSMEL.
- JOURNAL
- Principalement destiné a répandre les connaissances utiles
- A L'INDUSTRIE GÉNÉRALE, AINSI QUE LES DÉCOUVERTES ET LES Pl-RFECTIONNEMENS DONT ELLE EST JOURNELLEMENT L’OBJET.
- MÉMOIRE
- Sur les appareils d‘évaporation dans lesquels la vapeur ne sert que de véhicule à la chaleur, etc., suivi de remarques sur les dangers des divers appareils à vapeurs par M. Th. Bar-rois.
- (Ce Mémoire est le texte d’un Rapport fait par l’auteur à la chambre de commerce de Lille, au sujet d’une lettre du ministre du commerce. Les observations qu’il renferme sont d’un homme recommandable comme savant et comme manufacturier. Nous ne saurions donc trop appeler sur elles l’attention de l’autorité , des savans et des industriels. }
- Chargé de présenter un rapport sur la question de savoir s’il Y a lieu d’assujétir aux dispositions prescrites pour les machines a feu à haute pression , les appareils d’évaporation dans lesquels ta vapeur ne sert que de véhicule à la chaleur et tout autre appareil où la force de la vapeur dépasse deux atmosphères, j’ai l’honneur de vous soumettre les observations qui ont déterminé mon opinion à cet égard. J’y ajouterai quelques remarques sur l^s dangers des divers appareils à vapeur. J’espère qu elles pouf-
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- vont être de quelque utilité et se joindre aux documens que le gouvernement rassemble en. ce moment sur les moyens d’en prévenir les explosions.
- La lettre de Son Ex. le ministre des manufactures et du corn vnercc dit : « Si la mesure était adoptée en principe, il y aurait » lieu déranger ces sortes de chaudières dans le nombre des v ateliers dangereux, insalubres ou incommodes de seconde .» classe; elles ne pourraient être établies ainsi qu’en vertu » d’une autorisation délivrée,en ce qui concerne ladite classe, » d’une manière conforme au décret du i5 octobre 1810 : par » là serait restreinte la liberté dont jouissent actuellement di ’» vers genres (l’industrie, ou leur exercice en éprouverait au » moins une gêne dont il a été affranchi jusqu’à présent. »
- ’L’intervention de l’autorité contrarie en général les manu facturiers lorsqu’elle les assujétit à des dispositions propres à diminuer l’insalubrité de leurs ateliers, ou les incommodités qu’ils font éprouver aux maisons voisines ; mais il n'en est pas de même lorsque le gouvernement, exerçant une surveillance tutélaire, vient leur donner des instructions utiles et faire les épreuves nécessaires pour garantir leur établissement d’une explosion terrible. Je pense donc que la crainte de restreindre la liberté dont jouissent actuellement divers genres d’industrie, ne doit point arrêter ici ; loin que la surveillance des ingénieurs des mines soit une gêne pour les fabricans, leurs avis seront au contraire reçus avec reconnaissance; et si auprès de quelques hommes ignorans ces avis devaient se changer en ordres sévères, eux-mêmes et la sûreté publique auraient à s’en féliciter. L’emploi de la vapeur au chauffage et à diverses operations des arts chimiques, serait d’ailleurs bien plus arrêté par quelque explosion1 effrayante que par le désagrément de s’as-sujétir à des mesures que l’on pourrait regarder comme superflues.
- Je pense donc que la surveillance du gouvernement peut s’étendre sans inconvénient, et qu’elle doit être étendue à tous les appareils a vapeur clans lesquels Valimentation se fait au moyen cVune pompe foulante; car tous ces appareils
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- Reparaissent présenter à peu près le même danger, quelle que soit la force de la vapeur qu’ils contiennent habituellement. Il lle faudrait cependant pas que cette surveillance fit regarder les appareils à vapeur comme particulièrement dangereux.
- MM. Laplace, de Prony, Ampère, Girard et Ch. Dupin, firent en i8a3 un rapport à l’institut sur les avantages, sur les incon-VGniens et sur les dangers compares des machines à vapeur dans les systèmes de. simple, de moyenne et de haute pression. frans ce rapport remarquable par un grand nombre de faits, M. Ch. Dupin dit en s’exprimant au nom de la commission : <l Lorsque des machines d’un certain^genre sont employées de-9 puis un grand nombre d’années, Phabitude fait pour ainsi 9 dire fermer les yeux sur les dangers qu’elles présentent, et * l’on ne prend plus même la peine de compter les accidens 9 qu’elles produisent. Ainsi l’emploi de la force du vent sur les 9 voiles occasionne chaque année un grand nombre de nau-9 fragesj soit qu’un coup de vent trop fort fasse chavirer les 9 navires, soit qu’il casse leurs mâts, emporte leurs voiles, 9 laisse les marins à la merci des flots et les pousse à leur perte 9 sur des côtes et des rochers. Ces accidens ne comptent plus; 9 ils sont, si nous pouvons parler ainsi, reçus. Nous ne dai-9 gnons pas même apprendre que chaque année plusieurs '» centaines ou plusieurs milliers de matelots périssent victimes » du système de navigation qui fait usage du vent comme force 9 motrice.
- » Mais si un seul bateau à vapeur vient à sauter ou à brûler par 9 l’effet de sa force motrice, aussitôt les papiers publics appren-9 nent ce fait à tous les peuples du globe. Un cri s’élève de toutes 9 parts, et l’on regarde comme le plus dangereux des moyens 9 mécaniques celui qui peut-être l’est le moins que tout 9 autre dans le cours ordinaire de la navigation, et surtout a 9 l’approche des côtes.
- 9 Il est d’ailleurs certains genres de destruction qui frappent 9 davantage l’invagination des hommes. Des explosions qui 9 retentissent au loin, comme celles de la poudre ou celles 9 des capacités qui contiennent de la vapeur fortement con-
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- » densée, effraient les hommes beaucoup plus que les accident » qui leur procurent une mort moins bruyante. »
- Le public s’exagère donc certainement le danger, et si je demande ici la surveillance de l’autorité, c’est que je suis convaincu que cette surveillance éclairée par plusieurs travaux vécens répandus dans les journaux industriels et notamment par un mémoire de M. Perkins, sur l’explosion des machines à vapeur, parviendra à prévenir entièrement ces explosions-Alors on pourra sans crainte profiter des avantages nombreux que le système des machines à vapeur à haute pression est reconnu présenter dans le rapport à l’institut dont je viens de parler.
- La commission annonce qu’elle partage l’opinion du comité d’enquête établi par la chambre des communes de la Grande-Bretagne.
- « Votre comité, disent les membres qui le composent en s’a-» dressant dans leur rapport à la chambre qui les a choisis, » votre comité n’est entré dans l’examen dont vous l’aviez » chargé, qu’avec un sentiment profond de l’inconvénient qu’il » y aurait à ce que l’autorité législative interposât son action » dans les intérêts des propriétés privées, au-delà du terme où » doit s’étendre le soin de la sûreté publique; à ce qu’elle » interposât une telle action mettant quelques limites aux ten-» tatives de ce talent, de ce génie pour la mécanique qui dis-« tinguent éminemment les artistes de notre contrée. C’est en » effet par la grande économie apportée dans le travail de » l’homme au moyen de nos machines , que les manufactures » del’Angleterre, ajoutent-ils, se sont élevées au-dessus de toutes » les industries des nations rivales, et que le commerce de l’env » pire britannique s’est étendu avec supériorité dans toutes les » parties de l’univers. »
- Le comité termine cependant son rapport en proposant diverses mesures de sûreté qui pour la plupart sont sanctionnées par le parlement. Je ne pense pas que celles que l’on pourrait prescrire aujourd’hui, qui exigeraient très-peu de dépenses, puissent être regardées comme une entrave à la liberté de l'industrie.
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- Il est exact qu’il y a, comme le dit Son Ex. le ministre-du com^ ftierce et des manufactures, une différence essentielle entre une chaudière à haute pression où la vapeur agit comme moteur, et des appareils d’évaporation dans lesquels on ne l’emploie que comme véhicule de la chaleur; car il existe dans le premier cas plusieurs motifs pour qu’on abuse de la force de la vapeur, et Cela même aura presque toujours lieu lorsque la force motrice sora insuffisante pour les besoins de l’usine, ou dans le casbeau-c°up plus fréquent où, le mode d’action de la machine étant troublé par quelque défaut survenu à quelqu’une des pièces du mécanisme intérieur, il faut, si l’on veut obtenir la même force Motrice, employer une vapeur plus comprimée. Dans un appareil d’évaporation au contraire, il n’existe guère de motif raisonnable d’élever la vapeur au-dessus du degré de condensation aPprécié d’avance et jugé nécessaire pour produire l’évaporation ou tout autre effet déterminé. Il est encore une cause fort importante en leur faveur, c’est qu’il est facile de les arrêter quelques jours pour y faire les réparations convenables.
- Mais il est d’autres rapports sous lesquels les appareils d’évaporation sont plus dangereux: que les pompes à feu, et leur danger est d’autant plus important à signaler qu’il est moins connu. D’abord ils sont moins sui’veillés, parce qu’ils ne servent pas au travail d’un grand nombre d’ouvriers; le feu y est entretenu avec moins de régularité, parce qu’une différence dans la tension de la vapeur ne produit pas, comme dans une pompe à feu, l’effet de changer la vitesse de toutes les machines d’une manufacture; et ce qui forme la différence essentielle, et les rend au moins aussi dangereux que les machines à vapeur , cJest que l’eau qui les alimente n’étant pas fournie continuellement, leurs chaudières sont beaucoup exposées à se trouver vides, exposées à l’action du feu. En effet, les mécaniciens sont aujourd’hui convaincus que les explosions des appareils à vapeur ne sont pas dues à la force expansive régulière de la vapeur , mais à un très-grand développement de vapeur , produit instantanément par le contact de l’eau contre une partie de la chaudière , qui a acquis accidentellement une très-haute température. Or,
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- les parois de la chaudière ne peuvent s’échauffer extraordinairement que dans le cas où un dépôt très-épais empêcherait le contact de l’eau, et dans celui où l’on ne fournirait pas à la chaudière la quantité d’éau nécesssaire pour la maintenir au niveau convenable. Si, dans le premier cas, le dépôt vient à se briser par l’effet de la dilatation du fer auquel il adhère, ou par toute autre cause, l’eau qui vient baigner ce fer rouge se réduit instantanément en vapeur qui peut produire une explosion si la soupape de sûreté ne lui offre une issue suffisante. Ce cas , qui est possible, est cependant fort peu probable , parce qu’il faudrait une extrême négligence pour laisser former un dépôt assez considérable pour cela, et que le fabricant, pour ne pas brûler trop de charbon, est intéressé à tenir sa chaudière propre. Il est donc inutile de s’occuper de ce premier cas , contre lequel la surveillance de l’autorité serait d’ailleurs impraticable. Mais tous les soins doivent se porter sur les dispositions propres à maintenir constamment l’eau à la hauteur convenable ; car c’est au manque d’eau dans la chaudière que l’on doit attribuer presque toutes les explosions.
- Il est clair , en effet, que l’eau manquant, la chaudière s’échauffe et rougit, que la vapeur acquiert également une très-grande chaleur, qui ne lui donne pas une force proportionnée à sa température, et que, si, dans une telle circonstance, l’eau alimentaire vient à baigner le fer rouge, il se produit tout-à-coup une énorme quantité de vapeur, qui ne peut trouver une issue suffisante par la soupape de sûreté , et qui fait éclater la chau-dièrej ce qui est alors d’autant plus facile , qu’elle éprouve une grande contraction par son refroidissement subit.
- Il est même à remarquer qu’en levant la soupape de sûreté au moment où la chaudière est très-chaude, on s’expose à produire l’explosion au lieu de la prévenir : car alors le peu d’eau qui se trouve dans la chaudière jaillit tout-à-coup , et prend un mouvement d’oseillation produit par la supériorité de la tension qu’a dans cet instant la vapeur dans la partie de la chaudière qui est plus éloignée de la soupape. Dans ce mouvement, les parois brûlantes se trouvent mouillées à plusieurs reprises, et
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- induisent en vapeur'une grande quantité d’eau. Le guuid volume qu’occupe cette vapeur produite instantanément peut oc-casiouer une explosion , si les soupapes de sûreté ou les tuyaux de conduite ne lui ofirent pas un passage assez facile ou une place dans laquelle elle puisse se loger en comprimant la vapeur qui s’y trouve.
- Lorsqu’une chaudière vient à manquer d’eau , elle est tout aussi exposée à éclater dans un appareil d’évaporation ordinaire que dans une pompe à feu; mais si les tuyaux de chaleur d’un appareil à vapeur communiquaient directement avec la chaudière, le danger deviendrait très-petit, parce que la vapeur produite instantanément par le contact de l’eau et du fer rouge pourrait pénétrer dans les tuyaux, en refoulant la vapeur qu’ils contenaient auparavant. Presque jamais les appareils d’évaporation ne jouissent de cet avantage, parce que ordinairement, pour satisfaire à des convenances de localité, la vapeur n’arrive dans les tuyaux qu’à travers des robinets et des conduits très-petits.
- On a proposé, pour éviter les explosions dans les machines à feu à haute pression, un moyen qui consiste à adapter aux chaudières deux rondelles de métal fusible, qui se fondent lorsque la température de la vapeur devient supérieure à celle que lui donne la force expansive pour laquelle la chaudière est construite. Ce moyen , qui a obtenu à juste titre la sanction de l’au loiité , et qui est prescrit par une ordonnance du octobre i8a3, me paraît cependant ne pas mériter toute la confiance qu’on lui accorde généralement, et exiger une modification , qui consisterait à adapter les rondelles sur le corps même de la chaudière et vers son milieu, au lieu de les mettre sur de petits tuyaux et aux extrémités : car, avec la disposition actuelle, lorsque le cas dont je viens de parler se présente , le petit tuyau ne se ressentant presque pas de la chaleur extraordinaire de la chaudière, les rondelles ne se fondront probablement pas, et, lorsque la vapeur viendra ensuite à se produire en abondance par le contact du fer rouge, l’explosion pourrait arriver avant qu’elles eussent ie temps d’acquérir la température qui les fait iondre ; mais elles auraient évité l’accident eu se tondant par
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- les bords, si elles eussent été mises sur le corps meme de la chaudière, comme je le propose ici. £1 sera nécessaire, si l’on adopte cette idée, d’employer des rondelles moins fusibles, parce que le corps de la chaudière est toujours plus chaud que la vapeur. Le fabricant pourrait alors, et il le ferait sans danger, augmenter momentanément la tension régulière de sa va-peur, et être néanmoins mieux garanti des accidens , qui seuls sont à redouter. Il est aussi préférable de mettre la rondelle vers le milieu : car, dans le cas où elle se fond sur les bords par la chaleur extraordinaire de la chaudière, la dilatation brusque de la vapeur qui l’avoisine fait élever l’eau vers elle. Cette eau , retombant ensuite par son poids, prend, lorsque la rondelle est à une extrémité, un mouvement d’oscillation dans lequel les pavois chaudes sont mouillées à plusieurs reprises ; ce qui produit un développement extraordinaire de vapeur , et peut faire éclater la chaudière. Lorsqu’au contraire la rondelle est placée vers le milieu, et que la même chose arrive, l’eau s’élève simplement vers l’orifice, et sort en formant une espèce de trombe.
- 11 existe souvent dans l’établissement des chaudières à haute pression un vice peu à craindre sous le rapport des explosions, mais qui occasione souvent la perte des tubes bouilleurs : c’est que ces tubes sont joints à la chaudière proprement dite par une tubulure qui est vers une extrémité. L’autre côté pose sur la maçonnerie, ainsi que la chaudière. L’action de la chaleur diminuant les dimensions de la maçonnerie, le système entier s’affaisse , et la position relative des chaudières et des tubes varie (i)j les tubes portent à faux, éprouvent près des tubulures
- (1) On doit attribuer également au retrait de la maçonnerie par l’effet prolongé de la chaleur, les petites fentes longitudinales qui se trouvent presque toujouis dans les cheminées des usines où l’on fait un grand feu. Je pense qu’on pourrait les éviter, et augmenter ainsi la solidité du tuyau, en le faisant double dans le bas, jusqu’au tiers de sa hauteur par exemple. Le tuyau extérieur, qu’on ferait de demi-brique d’épaisseur, pourrait faci-
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- une fatigue énorme, qui peut les briser; les joints qui les unissent à la chaudière sont particulièrement exposés à se casser et à laisser perdre l’eau, ce qui fait ensuite fendre les tubes en fonte par l’effet du froid qu’ils éprouvent dans les parties uiouillées, et qui rouille et détruit extrêmement vite les tubes de tôle. On évite ce défaut en plaçant les tubes et la chaudière du côté opposé au joint sur un fort support en fonte, qui maintienne leur position relative sans empêcher leur dilatation.
- Si les explosions des appareils à vapeur n’étaient pas produites par des accidens analogues à ceux que je viens de citer, eonxnient les chaudières des machines à basse pression, dans tesquelles la force régulière de la vapeur est environ d’un quart d’atmosphère, pourraient-elles éclater, tandis que les récipiens qui renferment le gaz portatif, qui sont en tôle peu épaisse , Apportent sans inconvénient une pression de trente atmosphères , et ne crèvent dans les épreuves qu’on leur fait subir que par une pression de soixante atmosphères?
- J’ai calculé avec soin l’épaisseur de l’un de ces récipiens, d’a-pi'ès son poids; et j’ai trouvé qu’elle n’était que celle prescrite dans la troisième instruction relative à l’exécution des ordonnances du roi du 29 octobre 1823 et du 7 mai 1827 , pour une chaudière à vapeur où la pression serait de deux atmosphères deux tiers.
- D’après cette manière d’expliquer l’explosion d’une chaudière à vapeur par la chaleur qu’acquiert dans certaines cireons-
- lement se contracter; le tuyau extérieur n’adhérerait pas au premier et serait préservé par lui d’une chaleur trop grande, et de l’inégalité de température qui fait fendre les cheminées ordinaires ; en le faisant de deux brigues dans le bas il aurait une très-grande force, et comme on lui donnerait , suivant l’usage , la forme pyramidale, il ee trouverait à une certaine hauteur au-dessus du premier. Cette cheminée double conserverait évidemment mieux la chaleur, et donnerait au foyer un plus grand tirage. Il est étonnant qu’on construise aujourd’hui des cheminées en tôle ou en cuivre bminé, puisque c’est un principe reconnu que les cheminées doivent être h- moins conductrices qu’il est possible de la chaleur.
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- tances le métal qui la compose, il est clair que c’est plutôt la force des chaudières relativement à leur poids qui peut les rendre sûres, que leur force absolue : ainsi une chaudière de fonte, capable de supporter dans l’épreuve de la presse hydraulique qu’on lui fait subir, une pression cinq fois aussi grande que celle qu’elle aura à supporter dans le travail régulier de la machine, peut être beaucoup moins sûre qu’une chaudière en tôle ou en cuivre qui ne peut supporter sans s’altérer, une pression plus forte que trois fois celle avec laquelle elle devra fonctionner.
- D’après une ordonnance du roi du 7 mai 1828 , les pressions d’épreuve sont fixées pour les chaudières en tôle et en cuivre au triple de la pression qui doit faire agir habituellement les machines auxquelles elles sont destinées, et les pressions d’épreuve pour les chaudières et les tubes bouilleurs en fonte restent fixées par l’ordonnance du 29 octobre 1820 , à cinq fois celle qu’elle sont appelées à supporter dans l’exercice habituel de la machine à laquelle elles sont destinées.
- Dans un appareil de chauffage par la vapeur , la disposition des tuyaux doit encore faire l’objet d’un examen de la part de l’ingénieur, car si cette disposition ne leur permet pas de se dilater lorsque leur température augmente , ils se briseront nécessairement et pourront répandre tout-à-coup une vapeur capable de brûler. Ils se briseront encore, si les eaux condensées ne peuvent sortir facilement et en sens inverse du mouvement de la vapeur : il arrive sans cela que les tuyaux contenant accidentellement de l’eau froide , il peut s’y opérer une condensation subite de la vapeur j cette condensation fait affluer avec une grande vitesse toute l’eau vers le lieu où elle s’est opérée, et comme l’eau arrive à la fois des deux côtés opposés, elle produit un choc considérable capable de briser un tuyau solide.
- Il y a des appareils de chauffage dans lesquels l’eau provenant de la condensation de la vapeur , doit retourner d’elle-même à la chaudière. Presque jamais ce retour ne peut s’effectuer régulièrement, paice que la tension de la vapeur étant plus forte dans la chaudière que dans les tuyaux, repousse l’eau qui
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- se présente pour rentrer. Dans un tel appareil la chaudière pourrait donc manquer d’eau et rougir : dans cette circonstance , si le feu vient à diminuer et que la tension de la vapeur contenue dans les tuyaux., devienne supérieure à celle de la chaudière, l’eau sera ramenée en abondance vers cette dernière, et comme elle coulera sur du fer rouge, elle pourra se transformer tout-à-coup en une vapeur capable de produire une explosion. II est clair que plus les conduits par où la vapeur arrive dans les tuyaux de chaleur sont petits, plus l’eau de condensation éprouve de difficulté pour retourner à la chaudière ; d arrive même souvent que ce retour est absolument impossible tant que l’appareil fonctionne et que l’eau ne rentre que lorsqu’il n’y a plus de vapeur dans la chaudière.
- Des principes que je viens d’avoir l’honneur de vous exposer, principes sur lesquels tous les mécaniciens paraissent aujourd’hui d’accord , on peut conclure, quoique M. John Taylor ait exprimé la pensée que les explosions pouvaient être dues a une explosion soudaine de gaz dans les fourneaux (Philosoph. Mcigciz', février 1827, page 126):
- i° Que les appareils d’évaporation dans lesquels la vapeur n’est qu’un véhicule de la chaleur, sont aussi dangereux que les pompes à feu dans lesquelles la vapeur agit habituellement sous la même pression.
- %° Que les dangers des appareils d’évaporation diminuent beaucoup lorsque les tuyaux de vapeur en conservant leur diamètre , communiquent directement avec la chaudière , surtout lorsqu’alors la vapeur sort des tuyaux par des robinets pour échauffer de l’eau comme cela arrive dans le dévidage des soies j car en cas d’une grande production subite de vapeur , elle pourrait être refoulée dans les tuyaux et sortir parles robinets.
- Je suis donc de l’avis du comité consultatif des arts et manufactures , que tous les appareils d’évaporation dans lesquels la tension de la vapeur dépasse deux atmosphères , doivent etre considérés sous le rapport de la surveillance du gouvernement , de même que les pompes à feu à haute pression : mais puisque l’autorité s’occupe eu ce moment de rechercher les
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- moyens de diminuer les dangers des chaudières à vapeur, ainsi que j’en ai jugé par une instruction remise récemment par M. le préfet du département à tous les propriétaires de machines à vapeur, j’ai cru pouvoir joindre à ce rapport plusieurs observations qui tendent à ce but.
- Je ne pense pas d’abord que les appareils à vapeur de toute espèce, dans lesquels la tension delà vapeur est inférieure à deux atmosphères, doivent être exempts de la surveillance du gouvernement, ce qui tendrait à inspirer une fausse sécurité ; le danger des appareils à vapeur ne provenant pas de la force expansive de la vapeur qu’ils renferment ordinairement, mais bien d’accidens qui peuvent être rendus plus ou moins difficiles par des dispositions convenables. Ces appareils, considérés sous le rapport des dangers auxquels ils exposent, devraient suivant moi être rangés en deux classes, savoir :
- i° Les appareils dans lesquels l’alimentation de la chaudière se fait au moyen d’une pompe foulante , et qui n’ayant aucune communication avec l'atmosphère , peuvent manquer d’eau sans qu’on en soit averti autrement que par les indications du llotteur ou d’un robinet. Si ces indications sont trompeuses, ou si elles sont négligées, la chaudière peut manquer d’eau, puis s’échauffer, rougir et éclater lorsque l’eau y reparaît ensuite.
- 2° Les appareils dans lesquels l’alimentation se fait par un tube plongeant dans le fond de la chaudière, et ouvert par le haut où il communique librement avec l’atmosphère : de sorte que l’eau monte dans le tube à une hauteur qui balance la pression de la vapeur: il est impossible aux maîtres comme aux ouvriers de l’empêcher de sortir par le haut,dès que la force de la vapeur est capable de la soutenir à une plus grande hauteur. Dans un tel appareil, si l’eau cesse d’arriver en quantité suffisante, lorsqu’elle est descendue au niveau de l’ouverture du tube alimentaire, la vapeur sort avec force par ce tube, se répand partout et avertit que l’eau va manquer. Lorsqu’il est temps encore d’y porter remède, le même tube remplace avec avantage la soupape d’absorption. Presque toutes les chaudières à vapeur en Angleterre, sont alimentées de eette manière, et l’un des meilleurs constructeurs
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- de machines à vapeur de ce pays, m’assurait dernièrement qu’il ne connaissait pas d’exemple d’explosion arrivée dans une chaudière alimentée de cette manière.
- Il résulte de ce qui précède que les appareils à vapeur alimentés par un tube ouvert par les deux bouts, devraient seuls être exempts de la surveillance du gouvernement, la distinction admise, qui n’a égard qu’à l’intensité de la pression régulière de la vapeur, ne paraissant pas fondée sur l’observation.
- Perkins , après avoir dans un excellent mémoire cité un grand nombre d’explosions arrivées dans des machines à haute et à basse pressions, fit sans crainte son artillerie à vapeur et üe fut point victime de son invention , parce qu’il connaissait le terre!n sur lequel il s’était placé : il savait qu’avec une bonne alimentation il évitait tout danger. Dans le rapport cité fait à l’institut, on rend compte d’un grand nombre d’explosions , et on doute après sa lecture, si les appareils à basse pression sont plus sûrs que les autres. M. Evans, dit M. Du-pin, « a défié ses adversaires de lui citer un seul exemple de « machines construites d’après ses principes qui aient éprou-» vé d’explosion; et l’on n’a pu rien répondre à M. Evans, dont « les machines travaillent cependant sous une pression de dix « atmosphères. »
- Les moyens propres à avertir du manque d’eau dans les chaudières à haute pression, sont ceux dont il paraît le plus essentiel de s’occuper : un Anglais nommé Scibe en a imaginé un qui paraît très-convenable. Lorsque l’eau vient à baisser, la vapeur sort avec grand bruit par une espèce de tuyau d’orgue : ce moyen est décrit dans le tome IV, page 78, du Recueil industriel de M. de Moléon.
- Il serait aussi fort utile de proscrire l’emploi des manomètres pour les remplacer par des baromètres d’un grand diamètre à siphon et à cuvettes; car la vapeur ferait jaillir le mercure hors du baromètre, et se répandrait partout, si elle devenait capable de balancer une hauteur de mercure plus grande que celle du tube. Un baromètre de cette espèce est décrit par M. Jos. Kœehîin dans le Bulletin de la Société industrielle de Mulhau-
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- sen, volume I, page 4^, ainsi que dans le Bulletin des sciences technologiques ? rédigé par M. Dubrunfaut sous la direction de M. le baron de Férussac.
- Enfin plusieurs explosions ont été attribubées à la mauvaise disposition des soupapes de sûreté et à leur trop petit diamètre. On trouvera dans l'Industriel de décembre 1827, pag. 1 o4 > la distribution d’une nouvelle soupape de sûreté , qui est à la fois plus sûre et beaucoup moins chcre que les autres; on pourra, en l’adoptant, établir à moins de frais des soupapes d’un plus grand diamètre , ou en placer un plus grand nombre.
- Si des dispositions convenables, indiquées par les principes bien connus aujoui’d’hui sur l’explosion des machines à vapeur, et sanctionnées par l’expérience, peuvent rendre l’emploi de tous les appareils à vapeur sans danger ; ne serait-il pas juste de classer ces appareils dans la troisièuîe classe dcsétablis-semens dangereux, qui comprend ceux qui peuvent rester sans danger auprès des habitations , mais doivent rester soumis à la surveillance de la police? Ils pourraient alors, d’après le décret du i5 octobre 1810 , se former avec la simple permission du préfet de police à Paris, et du maire dans les autres villes , et se trouveraient dispensés d’adresser, pour s’établir, une demande au conseil-d’état, et de l’information de commodo et incom-modo.
- On ne refuse nulle part en France d’établir des machines à vapeur, ainsi les formalités exigées aujourd’hui sont inutiles.
- Parmi les dispositions prescrites par les ordonnances actuellement en vigueur sur les machines à feu à haute pression, il en est une qui gène souvent beaucoup les manufacturiers, et qui, pour cette raison, 11’est pas toujours mise à exécution;, -c’est celle qui empêch* d’habiter au-dessus des chaudières. Les moyens connus aujourd’hui pour diminuer le danger des explosions présentant une grande sécurité, je pense qu’on pourrait sans inconvénient abroger cette disposition.
- •Te vais maintenant résumer ce rapport, que l’étendue et l’importance du sujet m’ont forcé de rendre un peu long.
- J’ai d’abord représenté la surveillance de l’autorité comme
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- n’étant pas impérieusement commandée par l’imminence du danger , mais comme convenable néanmoins , parce qu’elle est )ci toute tutélaire, agréable aux manufacturiers, et que son résultat probable sera d’éviter complètement les explosions des appareils à vapeur.
- J’ai parlé ensuite des causes qui produisent ces explosions dans lesdeux espèces d’appareils dont il était question de comparer les dangers j l’on a pu juger par plusieurs exemples que Presque toujours les explosions étaient la suite du manque d’eau dans la chaudière. Ce manque d’eau étant plus à craindre dans les appareils d’évaporation où la vapeur n’est qu’un véhicule de la chaleur, que dans les pompes à feu, parce que les premiers ne sont pas comme les autres, alimentés continuellement, j’en ai conclu que les appareils d'évaporation étaient aussi dangereux que les chaudières des pompes h feu , quoi-da'ils fussent moins exposés à éclater par l3abus qu’on pourrait faire de la force de la vapeur; que leurs chaudières devaient par conséquent être soumises à la même surveillance, ot que la disposition de leurs tuy aux de chaleur devaient aussi faire l’objet d'un examen, cette disposition devant être telle , que Vévacuation des eaux de condensation soit facile.
- Le gouvernement s’occupant en ce moment de la révision des réglemens sur les appareils à vapeur, j’ai proposé, en m’appuyant sur des principes reconnus par l’expérience, plusieurs moyens que je regarde comme propres à rendre les dangers de ces appareils presque nuis.
- J’ai cherché à faire voir que la distinction admise par la loi entre les machines à haute pression, ou dans lesquelles la force de la vapeur dépasse deux atmosphères, qui sont seules surveillées et celles où cette force est moindre , n’est pas conforme à in nature du danger. Je désirerais que cette distinction, au lieu de se régler sur la force régulière de la vapeur, fût établie sur la possibilité du manque d’eau dans la chaudière, et qu’en, conséquence tous les appareils à vapeur alimentés directement par nne pompe foulante, fussent placés sous la surveillance de l’au-tnvité. Pour les autres, où l’alimentation se fait par un tube
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- ouvert par lés deux bouts, comme le manque d’eau y est presque impossible et que la force de la vapeur y est limitée, je désirerais qu’ils restassent parfaitement libres. On pourrait encore exempter de la surveillance les appareils servant au dé-vidage des soies, dans lesquels les tuyaux de conduite de grand diamètre communiqueraient immédiatement avec la chaudière.
- Les moyens de sûreté que j’ai proposés pour les appareils à vapeur alimentés directement par une pompe foulante consistent :
- i° A adapter les rondelles de métal fusible sur le corps même de la chaudière et vers son milieu;
- 2° A maintenir la position de la chaudière relativement aux tubes bouilleurs par un fort support eu fonte placé du côté opposé à la tubulure qui les réunit;
- 3° A employer, pour être averti du manque d’eau dans la chaudière, l’appareil du sieur Seibe;
- 4° A remplacer les manomètres par des baromètres à mercure d’un grand diamètre;
- 5° A adopter la nouvelle soupape de sûreté, dont le poids est dans la chaudière, et qui est décrite dans l’Industriel de 1827, page io4;
- 6° On pourrait ajouter à ce.tte liste, qu’il est essentiel que tous les joints des chaudières et des tubesbouilleurssoientserrés par des boulons, et qu’ils ne soient point faits avec le mastic de fer seulement, et qu’il faut éviter d’emplovcr le cuivre jaune pour faire les chaudières, parce que la chaleur le rend très-cassant.
- Enfin, messieurs, comme de l’adoption de ces moyens, ou d’autres plus convenables que l’expérience pourrait indiquer , il résultera une extrême diminution du danger des appareils à vapeur, j’ai exprimé le désir de voir ranger tous ceux de ces appareils pour lesquels je regarde la surveillance du gouvernement comme convenable, dans la troisième classe des étabiisse-mens dangereux, au lieu de la seconde où sont aujourd’hui
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- les pompes à feu à haute pression, et celui qu’on abrogeât la dis-position qui défend d’habiter au-dessus des chaudières à vapeur a haute pression.
- NOTICE
- Sur la Dilatation de la pierre, par M. Destigny (i).
- ( Lue à l’académie de Rouen. )
- Rien de plus naturel que le désir de savoir. La science qu’on Acquiert par l’application au travail donne l’habitude de penser
- de raisonner juste, étend, alimente et fortifie l’esprit; la science, selon l’immortel d’Aguesseau, tend la main à notre arne enchaînée dans les liens du corps et comme courbée vers la terre, pour la rappeler à la sublimité de son origine, que sans son secours elle oublierait à jamais; la science, indépendamment du plaisir qu’elle procure, dispose à de nouvelles conquêtes ; plus Une découverte coûte de veilles à son auteur, plus aussi elle l’en courage à continuer ses recherches ; et s’il parvient à dévoiler un effet jusqu’alors inconnu, que cet effet soit relatif aux arts, en contribuant à leur perfectionnement, ce sera pour lui une récompense qui le dédommagera amplement des efforts qu’il aura faits. L’illusion de la vraisemblance est souvent remplacée par une vérité soumise en quelque sorte à l’empire de l’observateur.
- La physique, autrefois cultivée par un petit nombre de sa-vans philosophes dont elle était l’apanage, est de nos jours, sous son rapport avec les arts industriels, l’objet des méditations et des recherches du plus simple ouvrier.
- Comment en effet l’artisan ne prendrait-il pas de goût à l’é-
- (i) Les figures relatives à cette notice paraîtront dan* le prochain numéro.
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- tude d’une science, source de grandes, de vives jouissances, et qui lui offre en outre l’avantage inappréciable d’être guidé sûrement dans les opérations de l’état qu’il exerce? Combien de tentatives, d’essais infructueux ne se serait-il pas épargnés si la physique lui eût été familière !
- C’est aussi d’observations physiques que je vais avoir l’honneur de vous entretenir.
- Vous vous rappelez, Messieurs , qu’il y a deux ans une notice fut adressée à la Société par notre habile confrère M. Alavoine, auquel nous devrons bientôt la restauration de la flèche de la cathédrale de Rouen. Cette flèche entièrement en fonte de fer, formera un monument unique en ce genre, et qui fera époque dans l’histoire, en même tems qu’il honorera a jamais son auteur. Cette notice avait pour objet de signaler les inconvéniens résultant de l’emploi du fer dans les bâtisses, comme entrants ou tirans, et les moyens de neutraliser ces élémens de destruction. 3’eus l’honneur, à cette occasion, de rendre compte à la Société du résultat que j’avais obtenu d’expériences faites relativement à l’extension et à la contraction que les pierres doivent éprouver lors de l’élévation ou de l’abaissement de la température. Je pris alors l’engagement, non seulement de renouveler ces expériences, mais encore d’en faire de nouvelles sur des pierres de natures différentes. Je vais essayer aujourd’hui de m’acquitter de cette dette; je vous prie de m’accorder votre bienveillante attention. Je suis certain, Messieurs, de vous intéresser , le phénomène que j’ai à vous signaler pouvant presque être considéré comme nouveau; car s’il a été aperçu par ceux qui savent que les corps prennent de l’extension par la chaleur ct se contractent par le froid, personne n’a apprécié exactement cet effet relativement aux pierres.
- Wendelinus est le premier qui ait découvert que les métaux se dilataient par la chaleur, et se condensaient par le froid. Musschembrock, au commencement du siècle dernier, est aussi le premier qui ait imaginé un instrument nommé pyromètre, destiné à constater et mesurer ces effets'. Le chevalier don Georges Juan, espagnol, et Bouguer s’en sont également occu-
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- pés. D'autres physiciens, tant français qu’étrangers, ont aussi fait des expériences, au moyen desquelles ils ont reconnu que tous les corps ne possèdent pas au même degré la propriété de contenir la chaleur. Nous avons diverses tables du rapport des dilatations de quelques substances, particulièrement des métaux -, mais dans aucun ouvrage on ne trouve rien de relatif aux pierres, si l’on n’en excepte trois observations que je vais rapporter.
- La première est de Bouguer, lors de son voyage au Pérou pour mesurer un ai’C du méridien afin de déterminer la figure de la terre; il observa à la zone torride, où il séjourna, que la chaleur du soleil faisait éprouver à un pavé de brique, qui était dans la cour de sa maison, un aîongement d’un tiers de ligne sur onze pieds. Il ne dit pas quels moyens d’observation il employa, ni quelle élévation de température éprouva ce pavé. Si nous la supposons avoir été de 25° centigrades, son rapport de dilatibilité avec le fer sera à peu près comme 2 est à 3, et sa dilatation absolue pour ioo°, de omil-,0008418. Je doute que l’effet ait été aussi considérable. D’après cette observation, ce savant académicien pensa que les édifices, et surtout ceux qui sont isolés, devaient éprouver de grandes variations, et qu’il y avait lieu de s’étonner qu’ils pussent résister si long-tems à l’alternative d’accroissement et de diminution qu’ils éprouvent.
- Le second fait sur la dilatation de la pierre,'est extrait du Traité de T art de bâtir, par M. Rondelet, tome iv, 2e partie, page 545. On y trouve que le chevalier don Georges Juan, espagnol, ayant exposé aux rayons du soleil des règles de même longueur, faites avec les différons métaux ci-après, elles s’alongèrent :
- ~ -y
- Centièmes de ligne.
- Le fer, de................... i3 1/4
- Acier........................... 12 i/3
- Cuivre......................... 19 x/4
- Similor. ........................20
- Verre........................... 3 r/4
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- il est à. remarquer que don Georges Juan ne parle pas de la longueur des règles, et qu’il omet, comme Bouguer, de dire quel fut le changement de température ; seulement on voit que le rapport de dilatation de la pierre au fer est comme 2 a i3 1/2 ou 1 à 6 1/8.
- M. Vicat, ingénieur en chef des ponts et chaussées, est l’auteur de la troisième observation, développée en trois articles consignés dans deux numéros des Annales de chimie et de physique de MM. Gay-Lussac et Arago ^septembre 1824 et décembre 1827. Dans la première notice, cet ingénieur exprime la doute que jusqu’alors personne se soit occupé de la recherche de la dilatation des corps pierreux, mais il assure qu’en architecture on ne tient aucun compte des effet de la chaleur ou du froid considérés comme causes de dilatation ou de contraction de ces matériaux, tandis qu’on ne pourrait impunément en agir ainsi à l’égard du fer, du plomb ou du cuivre.
- Discutant ensuite les moyens de mesurer les effets de la température sur la pierre, il croit que le mode de construction dès grandes voûtés surbaissées, offre l’avantage de rendre évidens les petits mouvemens thermoriiètrïques des pierres, qu’au contraire la structure des autres édifices est peu propre à ces sortes d’observations. M. Vicat donne le résumé des remarques faites sur le pont en‘pierre détaillé (1) construit sur la Dordogne, à Souillac; après avoir fait fermer exactement, avec du mastic bouillant, quelques joints entr’ouverts, il observa
- x«'En février, froid moyen de — 70 centigrades, écartement j
- 2° Sur la fin du même mois, pour une chaleur de 20° au soleil, à deux heures, resserrement ;
- 3° Du 3 au 6 mars, par un froid moyen de — 5°, écartement j
- 4° Du 10 au i5 avril, pour une chaleur de 20° au soleil, à deux heures, resserrement.
- L’axe du pont étant dirigé de l’est à l’ouest, la face amont
- (1) Calcaire blanc, à grain fin , d’une dureté moyenne qui permet d’en dresser les paremens avec l’outil dentelé nommé ripe.
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- Regardant le midi,.et conséquemment la face aval le nord, les mouvemens, sans exception, furent plus sensibles en amont qu’en aval, et par suite les .premiers effets de l’élévation de la température se manifestèrent sur le parapet sud, et les effets contraires sur le parapet nord.
- M. Vicat, après avoir mesuré ces différens effets, en calcula le résultat, et trouva que pour ioo° centigrades la dilatation absolue était de omU-,oooio5442ô, ce qui ne serait pas la dixième partie de celle du fer.
- On conçoit que ces observations, quelque soin qu’on y ait apporté, doivent être affectées de plusieurs erreurs;, M. Yicat s’empresse lui-même de le reconnaître. ïl en signale les causes , qui sont :
- ï° Dans l’insuffisance des moyens physiques, d’observation ;
- Dans l’épaisseur des joints dont il aurait fallu tenir compte, le mortier ne se dilatant pas de la même manière que la pierre ;
- 3° Enfin dans l’inégalité de la température de la masse, à raison de l’exposition, de l’épaisseur , etc.
- Dans la seconde note supplémentaire sur les mouvemens ther* mométriques du pont de Souillac , M. Yicat observa qu’au mois de juin les joints indicateurs s’étaient exactement refermés, ce qui indiquait un plus grand effet que celui constaté quelques mois auparavant.
- Le numéro des Annales du mois de décembre 1827, contient la troisième notice de M. Vicat sur les mouvem.ens périodiques observés au pont de Souillac. Cet ingénieur, pénétré de l’importance du travail qu’il avait entrepris, et muni d’un appareil propre à mesurer avec plus d’exactitude les effets qu’il n’avait en quelque sorte qu’aperçus, se livra à de nouvelles observations, qui lui révélèrent que la pierre se dilatait de oœ‘S2^r par mètre pour ioo° centigrades, répondant à une dilatation absolue de oœil-,000251, quantité beaucoup plus grande, que celle déterminée en 1824.
- Après avoir rapporté tous les faits que j’ai pu recueillir sur Je phénomène de l'extension et de la contraction des pierres
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- faits de nature à convaincre les plus incrédules, mais qui n’indiquent qu’imparfaitcment quelle est la dilatation absolue pour un degré de température donné, je vais avoir l’honneur, Messieurs, de soumettre à votre jugement les moyens que j’ai employés pour parvenir à la solution de cette seconde partie du problème.
- Je ne me suis pas dissimulé qu’ayant à constater des effets peu considérables, je devais construire un instrument susceptible d’apprécier la plus petite variation. Je mets sous les yeux de la Société cet instrument, que je nomme aussi pyromètre, comme ceux dont on se sert dans des observations analogues. Quoiqu’il soit de la plus grande simplicité, il offre l’avantage de reconnaître à l’œil nu si la longueur d’une des règles de métal soumises l’observation change de i/4ooo de millimètre.
- Mes premièi’es observations m’ont révélé un effet très-naturel et que j’aurais pu prévoir. J’exposai la pierre sur un feu très-modéré; la chaleur frappa d’abord la surface inférieure sans pénétrer la surface supérieure ; par conséquent la branche de métal communiquant avec le pyromètre n’avait pas changé de température; cependant l’aiguille de l’instrument fut affectée d’un mouvement très sensible; la pierre avait donc pris une courbure, et sa convexité était du côté de la surface qui rece* vait immédiatement l’action du feu ; car le mouvement de l’aiguille avait lieu dans le même sens que si la verge de métal se fût alongée, et je viens de dire qu’elle n’avait pu se dilater. On conçoit que la courbure, ayant eu lieu dans le sens indiqué, a rapproché les deux points entre lesquels était placée la verge.
- Après avoir reconnu que cette manière de procéder était défectueuse, j’ai fait monter un fort poêle dans un petit cabinet, ce qui m’a procuré une véritable étuve , puisqu’il m’a été facile d’élever la température jusqu’à 4°° de Réaumur.
- Deux tringles fixées sur une table m’ont servi à poser la pierre à observer. Par cette disposition, toutes ses surfaces ont été pénétrées en même temps.
- Une pierre de Vernon a été l’objet de mes premières expériences. Je posai dessus un thermomètre métallique ( échelle de
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- Réaumur ) comme étant le plus commode à cause de sa forme. Les branches de métal dont je me suis servi étaient longues de 3aomii,5.
- Point de départ.
- Température. Aiguille'du py rom être.
- 7°>S 5 mill.
- îja température s’étant élevée à 32 • le pyromètre marqua *47
- Pendant i heure 3o' que la température se conserva la même , les deux aiguilles restèrent fixes; celle du thermomètre, comme on le voit, s’éleva, pendant l’observation, de 240,5; celle de l’instrument varia de i4^ millimètres; cette variation aurait été de 23imil>,84 si le thermomètre se fut élevé à 4o°, terme que je prends pour base de mes calculs. Ayant reconnu d’avance que la dilatation de la règle de cuivre, si la pierre n’en eût éprouvé aucune, devait obliger l’aiguille à se mouvoir de 3oi millimètres, j’en conclus que les 6gmn-,i6 qu’elle a parcourus de moins,, doivent nécessairement appartenir à la pierre. On conçoit facilement que, si la pierre s’était alongée de la même quantité que la branche de métal, l’aiguille sei’ait restée immobile, et que le mouvement qu’elle acquiert est d’autant plus considérable que la différence de la dilatation du métal et de la pierre à essayer est plus grande.
- Si je m’étais borné à cet essai, une réflexion se serait présentée à tous les esprits : on aurait dit que le cuivre n’étant pas toujours de même qualité, sa dilatation pouvait aussi différer, et ne pas être celle indiquée dans les tables; qu’àlors l’extension attribuée à la pierre ne serait pas exacte. Pour y répondre, j’ai fait une seconde expérience avec une règle de fer, qui pour 4°° devait faire parcourir 196 millimètres à l’aiguille; elle n’en a parcouru que i27mll-,35 ; la différence 68milj65 doit être attribuée a la pierre. Ce résultat est presqu’identiquement le même que le précédent.
- Mon premier but était d’offrir un système de compensation propre à neutraliser dans les bâtisses les inconvéniens qui résul-
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- tent de l’emploi du fer comme tirans ou entraits. Voulant a£' teindre ce but, et corroborer encore les résultats que je viens d’annoncer, j’ai, comme vous le voyez, Messieurs, réuni trois branches, dont l’une, de cuivre, est placée au milieu de deuï autres de fer. Par cette disposition, on obtient facilement la compensation exacte que je me suis proposé d’établir (x). J’ai appliqué les trois règles sur la pierre, et j’ai fait une troisième observation. La compensation a été à peu près exacte, puisque ’aiguille du pyromètre qui, selon mes calculs, devait encore pour 4o° du thermomètre, varier de 24 millimètres, à cause du défaut de longueur de la branche de cuivre, a varié de L’erreur est donc d’un demi-millimètre, qui peut être négligée; et j’en conclus que le terme moyen de la dilatation de la pierre de Vernon est de 68mil-,95 lorsque le fer se dilate de 196. Le rapport est donc d’environ 1 à 3.
- M’étant livré à des expériences analogues, tant sur trois espèces de marbre que M. Alavoine a eu la complaisance de m’envoyer de Paris, que sur la pierre de Saint-Leu, j’ai trouvé que
- pour 4o° la dilatation du fer étant de................ 196
- Celle du marbre d’Italie, Carrare, blanc clair,
- deuxième qualité, serait de.......................... i36
- Celle du marbre français de Solst, de.............. 9VO
- Celle d’un autre marbre français de Saint-Béat, de. . 67
- Celle de la pierre de Saint-Leu, de................ 104
- Enfin celle de la pierre de Vernon-sur-Seine, de. . . 68,95
- Table de la dilatation absolue de ces diff érens corps pierreux , ainsi que du cuivre et du fer, pour une variation de température de ioo° centrigradçs ou 8o° Réaumur.
- Dilatation pour une
- Dilatation absolue. longueur d’un mètre.
- MILLIM.
- Cuivre jaune ou laiton* ..... o5oo 187821 1,8782
- Fer doux forgé.......................o,ooiaao45 1,2204
- (1) Ce résultat sera facilement apprécié lorsque j’expliquerai les effets d» mon système.
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- Marbre de Carrare . 0,00084867 0,8487
- Marbre ds Saint-Béat . 0,00041810 0,4181
- Marbre de Solst . . o,ooo5684g o,5685
- Pierre de Vernon-sur-Seine. . . 0,0004^027 o,43o3
- Pierre de Saint-Leu 0,00064890 O 'CTi ID O
- Pensant que la dilatation différerait pour la même pierre, suivant qu’elle serait sèche ou humide, je pesai celle de Saint-Leu, que plusieurs expériences avaient desséchée, et ensuite je l’exposai à l’hnmidité pendant vingt-quatre heures; l’ayant pesée de nouveau, je la trouvai de gi5 grammes plus pesante, et cependant la dilatation éprouvée une seconde fois fut identiquement la même. Cette dernière observation me prouva en outre que le volume de la pierre, après avoir absorbé cette grande quantité d’eau, n’avait pas augmenté, puisque l’aiguille du pyromètre, au même degré de température, conserva sa position pendant tout le temps que je laissai sécher la pierre (i).
- Description des pièces composant le pyromèlre.
- Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans les trois premières figures. Voyez la Pl.xxv,fig. 1,2, 3 et 4* N 0 de février.
- (1) Depuis la lecture de cette notice, l’énoncé de ce fait a été l’objet d'observations de la part de plusieurs membres de l’académie et de la société d’émulation. Ces collègues ont pensé qu’il y avait erreur dans cette énonciation ; qu’il était presqu’incroyable qu’une pierre, dont le volume était à peu près la dixième partie d’un pied cube, pût augmenter de gi5 grammes, lorsque le même volume d’eau ne pèserait qu’environ 7 livres. J’ai répété l’expérience en présence de ces personnes, et nous avons reconnu, non pas une différence degi5 grammes, mais de 1116, presque le tiers de la quantité d’eau nécessaire pour former un volume égal à celui de la pierre. La différence de gi5 à 11)6 s’explique en disant que la pierre ctait restée cetle fois une nuit entière dans un seau d’eau, tandis que la première fois je m’étais contenté de la laisser à la pluie pendant un jour. Ce fait bien constaté doit paraître néanmoins assez extraordinaire : peut-être sera-t-il discuté par nos savans chimistss et physicien*.
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- AA, figure ir», marbre ou pierre dont on veut connaître la dilatation. La dimension est d’environ 365 millimètres de longueur, i65 de largeur, et 5o d’épaisseur.
- a a’ y branche de métal en cuivre ou en fer, fixée à la pierre par son extrémité a, au moyen d’un pied entré dans un bouchon en cuivre chassé dans la pierre.
- bb'levier à deux bras inégaux ; le plus petit b ayant 3 milli' mètres de longueur, et le plus grand U ioo millimètres. Ce levier est monté sur un axe terminé par deux pivots exécutés avec le même soin qu’on apporte aux pièces d’horlogerie. Il est fixé sur la pierre au moyen du pont fÿ le pivot inférieur roule dans un bouchon en cuivre chassé dans la pierre.
- c c’ est un autre levier également placé sur la pierre au moyen du pont e; ce levier a, comme le premier, deux bras inégaux , celui c, long de 3 millimètres i/3, et l’autre e, de ioo millimètres.
- d est un ressort pressant constamment sur le petit bras de levier b, en l’obligeant à toujours porter contre l’extrémité a’ de la branche de métal a a'.
- g g est un arc de cercle dont le rayon est de ioo millimètres; la division est en millimètres depuis o jusqu’à 190. Le rapport de l’espace parcouru entre le petit bras de levier b et celui c’ est comme 1 à 1000, ce qu’on trouve en divisant le produit de la longueur des deux grands bras de levier par celui des deux petits; en effet, multipliant 100 par 100, on aura 10000; multipliant également 3 i/3 par 3, on aura 10; divisant ensuite le premier nombre par le dernier, le quotient sera évidemment 1000. Dans ce calcul, je n’ai regardé le pignon c que comme un simple bras de levier; mais on arrivera au même résultat en le considérant comme engrenage. Ce pignon a 28 ailes, et est conduit par la portion de roue qui termine le bras de levier £’; la division de 14 dents qui termine ce petit arc de cercle est proportionnelle au nombre 840 pour toute la circonférence; la vitesse du pignon c, et conséquemment de l’aiguille ou bras de levier c, est donc 3o fois plus grande que celle du bras de levier ô’; sachant que l’espace parcouru par ce bras de
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- levier 6’ est de 33 i/3 pour i du petit bras b, il suffira, pour connaître le rapport entre l’espace parcouru par ce petit bras et celui c’ ou aiguille, de multiplier 33 i/3 par 3oj le profit iooo sera égal au premier résultat obtenu.
- Je crois devoir répondre dès à présent à trois objections qui ^’ont été faites, et qui pourraient naître dans l’esprit de quelles autres personnes. La première a été que, pendant i’obser-v'ation dans l’étuve, la longueur des bras de levier ne pouvait ïester la même, ce qui est vrai • mais en même temps, ce qui est aussi incontestable, c’est que le rapport de longueurs de ces leviers ne peut varier, puisque la dilatation, comme la condensation, est proportionnelle aux longueurs.
- La deuxième objection consiste à dire que , par la variation *1® température, l’engrenage de la portion de roue b’ avec le î^gnon c sera plus ou moins fort : cela est encore vrai, mais le laPport de vitesse entre ces deux organes n’en sera nullement changé ; en effet, on sait que, quelque différence qu’il y ait dans lft pénétration des dents qui s’engrènent, la vitesse relative ne PeUt en être troublée.
- Le jeu indispensable dans un engrenage, au moyen duquel il Pourrait y avoir du temps perdu, fait l’objet de la troisième ob-tection j je réponds que ce mouvement est neutralisé dans des cas analogues, dans les thermomètres métalliques par exemple, etl employant un ressort spiral qui oblige les dents du pignon à s’appuyer toujours sur celles de rateau. Lors de mes observa-L°ns, j’ai suppléé à ce moyen en inclinant la pierre à essayer, ahn que le poids de l’aiguille c’ produisît l’effet du ressort.
- Effets résultant d’un changement de température, et indiques par C instrument dont je viens de donner la description.
- Lors de l’élévation de la température, la branche de métal aa’ %• v, s’aïongera du point a où elle est fixée à la pierre vers le Petit bras b du levier b b’• cet alongement sera proportionnel à ^a longueur de la branche et au nombre de degrés dont la tem-Pe*ature aura été élevée •> si l’on suppose que cette élévation soit
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- de 4o° échelle de Réaumur, l’alongement de la branche de tal, longue de 32omiI-,5, sera de omil-,3oi si elle est en cuivré jaune ou laiton j il sera de omi1-, ig56 si elle est en fer doux forgé; la dilatation absolue du cuivre pour 8o°, suivant Lavoisier et La" place, étant de omil>,oo 187821 et celle du fer de.oœil-,ooi2o45-
- L’alongement de la branche forcera le levier b de céder, ^ fera parcourir à l’aiguille c’ un espace mille fois plus grand; puisque nous avons démontré que l’espace parcouru par l’eX' trémité de deux leviers b c’ est comme 1 est à 1000.
- Connaissant pour une variation quelconque de température; et pour une longueur donnée de la branche de métal, quelle dod être sa dilatation ou sa condensation, et conséquemment contt' bien elle doit faire parcourir de divisions à l’aiguille, il sera fa' cile de dire la quantité dont la pierre sera dilatée ou condeD' sée, eu cherchant la différence des degrés parcourus par l’a1' guille à ceux qu’elle aurait dû parcourir, puisque, ce qu’o11 concevra facilement, l’effet de la pierre est toujours à soustrait de celui de la branche. Comme je l’ai déjà dit, l’aiguille n’aU' rait aucun mouvement si la dilatation de la pierre était la mêifle que celle du métah
- Supposons maintenant qu’une barre de fer , longue d’un me' tre, soit employée comme entrait dans une construction e11 pierre de Saint-Leu et que ses deux extrémités soient scellées; voyons ce qui se passera à une élévation de température que }e porterai, pour faciliter le calcul, à 100 degrés centigrades J 1* dilatation de la pierre ne sera que de omil-,64g , tandis que ceHe du fer sera de 1 mil-,22o (voir la table de dilatation, page 460 ). Lil différence d’extension de omiL,57i que le métal éprouvera d& plus que la pierre, fera nécessairement courber la barre de fersl la résistance est très-forte, ou écarter les deux points auxquels les extrémités de cette barre seraient fixées. Ces effets sont iO' contestablement des élémens de destruction , comme l’obserV6 M. Alavoine dans sa notice. Il serait peut-être bon, lorsque; pour lier les pierres entre elles, on emploie du fer, de laisser a ce métal la facilité de se courber en ne le scellant pas dans tout® sa longueur. Toutefois, je pense que si, dans quelques circon*'
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- tances, on voulait neutraliser les effets que je viens de signaler, °n y parviendrait facilement en disposant trois branches de métal comme celles représentées fig. 4*
- Pour faciliter l’intelligence de ce système de compensation, je supposerai, comme dans l’hypothèse précédente, que l’ex-b'érnité k d’une des branches de fer, et l’extrémité V de l’autre Manche de même métal soient scellées ou fixées d’une manière Quelconque à la pierre, et que la température soit élevée de ioo° centrigradës; j’ai déjà dit que la quantité dont le fer se dilatera de plus que la pierre sera , dans ces circonstances, de omil-,57i. L faut donc faire en sorte que cet excès de dilatation ait lieu de 1 extrémité V scellée vers l’autre extrémité libre i) pour y par-venir, il faut chercher, parle calcul, quelle doit être la longueur d’une branche de cuivre pour que son extension surpasse eelle d’une branche de fer de même longueur, et pour ioo° centigrades, de oiail-,57r, on trouvera omet,,868 : ce sera cette longueur qu’on donnera à la branche de fer k k\ à partir de son extrémité k scellée, on la réunira par son extrémité libre, au taoyen d’une broche, à la branche de cuivre «a’; on réunira egalement, de la même manière , l’extrémité a de cette branche de cuivre à l’extrémité i de la branche de fer. On concevra facilement que la compensation aura lieu, puisque la branche de cuivre, par son excès de dilatation, ramènera la branche de fer du point /’ vers le point i de omll-,57i , quantité qu’il y avait à compenser.
- On peut encore se rendre compte d’une autre manière de cet effet de compensation; j’ai déjà dit que l’extension de la pierre était à soustraire de celle du fer ; celle du cuivre est également à soustraire : ainsi, en ajoutant la dilatation du cuivre a celle de la pierre, la somme devra être égale à celle des deux branches de fer, ce qui a réellement lieu.
- La dilatation du cuivre d’une longueur de o^>,868 et pour une variation de température de ioo° centigrades sera
- de........................................... -i““i-,63o.
- Celle de la pierre, sur une longueur d’un mètre, sera de. ..•** omiljd49*
- amiI- ,279.
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- La dilatation de la branche de fer i i' y longue d’un mètre, sera de..............
- Celle de l’autre branche de fer, longue de omit-,868, sera de................... imil-,o5g.
- 2mil-,279.
- Ce que j’ai dit à l’occasion de l’extension du métal et de la pierre, doit s’entendre de même à l’égard de la contraction.
- Je suis arrivé, Messieurs, au terme de mes observations, qu1 contribueront, je l’espère, à détruire les doutes dans cette matière. On voit facilement de quelle utilité ces découvertes, si elles étaient étendues sur tous les corps pierreux, pourraient être aux architectes, surtout dans notre département et dans tout autre aussi manufacturier où l’on construit beaucoup de bâtimens qui doivent être exposés à une température très-élevée. Dans ce moment même, une difficulté où la dilatation de la pierre joue un grand rôle, est déférée au tribunal de première instance de cette ville.
- J’ai exécuté avec le plus grand soin l’instrument qui m’a servi pour les expériences dont je viens d’avoir l’honneur de vous entretenir. Ces expériences ont été pour moi une nouvelle occasion de remarquer le grand avantage qui résulte pour celui qui? réunissant la pratique à la théorie, peut exécuter par lui-même les instrumens nécessaires à ses observations, sans avoir besoin de les demander à des ouvriers qui, n’étant pas aussi pénétrés que lui de l’effet qu’ils doivent produire, sont exposés à ne pas atteindre aussi exactement le but proposé.
- C’est l’art de l’horloger qui m’a facilité mon travail, et l’on peut voir, par ce que je vous présente, que si cet art emprunte souvent à la physique, il s’acquitte bien envers elle par les secours qu’il lui offre dans la construction des instrumens.
- Je n’ai plus maintenant, Messieurs, qu’à vous remercier de votre bienveillante attention. Puissé-je avoir réussi ! c’est le seul honneur que j’ambitionne.
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- SUR LES DISTILLERIES D’EAUX-DE-YIE DE GRAINS DE SCHIEDAM ;
- PAR M. DUBRTJNFAUT.
- C’est à Schiedam que se fabrique la majeure partie des genièvres si famés de la Hollande. Ces genièvres ne sont que des eaux-de-vie de grains (seigle et orge) aromatisées avec les baies de genièvre. Leur qualité est réellement supérieure à tout ce que ^ °n fabrique ailleurs en ce genre, ainsi que je nf en suis assuré tecemment dans un voyage que j’ai fait en Hollande. J’ai alors laminé les opérations et les appareils de fabrication ; c’est le résultat de cet examen que je livre aujourd’hui aux lecteurs de ^Industriel.
- Schiedam, petite ville de la Hollande, à trois lieues de Rotterdam , n’a d’autre industrie que la distillation des grains. On 7 compte cent-soixante brûleries environ qui font la fortune du Pays.
- Les distilleries se divisent en trois classes d’après l’importance de leurs appareils. Les cuves à fermentation ont la même contenance que les alambics. La première classe comprend les alambics de vingt hectolitres ; la deuxième classe ceux de dix hectolitres j et la troisième ceux d’une contenance moindre.
- Tous les grains que l’on y travaille viennent de la Baltique, bes seigles présentent des grains petits, et sont bien préférables seigles de nos latitudes; on les mélange avec un quart de ieür poids d’orge germée.
- Te maltage ne présente pas de différence avec les procédés connus en France, et, en général, la macération et la fermentation sont conduites d’après les principes suivis dans nos distilleries de grains.
- On démêle avec de l’eau tiède, à l’aide d’une cuillère en fer à claire voie, on brasse ensuite avec un disque de bois percé de
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- trous et fixé au bout d’un bâton; on macère à 5o° pendant deuï ou trois heures , et la fermentation s’achève en trente ou quarante heures.
- Quand la fermentation se manifeste, on décante des cuves un peu du liquide clair que l’on transvase dans un petit réservoir superposé aux cuves de fermentation, et ce liquide, en fermentant isolément, donne une levure assez pure, bien séparée des détritus du grain ; elle se précipite au fond du réservoir, et on la presse pour la livrer au commerce.
- L’Administration bonifie 3 p. o/o. de réfraction aux distillateurs qui utilisent cette méthode. Cette réfraction est établie sur la perte d’alcool évaluée pour cette même méthode.
- Une distillerie se compose de trois alambics de même capacité , dont deux servent consécutivement à la distillation, et le troisième sert à la rectification. On y fait en effet deux distillations pour une rectification. Ce travail produit seulement de l’alcool de i4 à i5°; et, dans cet état, il est vendu aux distillateurs proprement dits qui l’amènent au titre de 190 1/2. Il y a donc là deux industries distinctes, celle du bouilleur et celle du distillateur rectificateur.
- Une distifierie comporte seize à dix huit cuves de fermentation, qui sont élevées à cinq ou six pieds au dessus du niveau du sd sur un échafaudage en bois, de manière qu’un ouvrier, à l’aide d’un chaudron et d’un conduit en bois, peut facilement décanter un cuvier dans l’alambic.
- On permet aux bouilleurs de mélanger neuf litres de farine pour cent litxes d’eau. On exerce le grain qu’ils employent et les cuves qu’ils font macérer. On exige qu’ils payent le droit sur cinquante-quatre litres par quintal métrique de farine mis en travail. En général on ne tire guère plus de 60 litres à 19° couverts de cette quantité de farine.
- Les distillateurs préfèrent l’eau de la Meuse à toute autre.
- Une journée de travail est de 15 heures, et l’on peut pen* dant ce temps distiller trois cuves avec une chaudière, cela fait donc 6 cuves par jour pour les deux chaudières à bouillir ; et comme une distillerie se compose de seize à dix-huit cuves, l’o*
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- voit qu’une même cuve n’est chargée qu’une fois tous les trois jours. On met ordinairement en macération le matin, et le mélange fermenté qui en provient est mis en chaudière le surlendemain. Une cuve vidée n’est rechargée que le lendemain ri,atin.
- Les alambics dont on se sert sont formés d’une simple chaudière et d’un serpentin, ils n’ont pas même de cuve de vitesse. L’administration repousse à ce qu’il paraît toute complication d’appareil qui pourrait gêner la perception de l’impôt. L’appareil distillatoire est donc là ce qu’il y a de plus simple et de plus ^parfait sous tous les rapports. Cependant les produits sont d excellente qualité. En recherchant les causes d’une anomalie aUssi remarquable, je n’ai pu en trouver l’explication probable ffae dans les qualités du grain, que les distillateurs hollandais choisissent avec un soin extrême.
- Les 98 centièmes du genièvre que l’on fabrique à Schiedam s’expédieut aux Indes, où il est préféré à toute autre liqueur alcoolique de même espèce. On l’expédie dans des bouteilles rectangulaires qu’on emballe dans des caisses rougies. Ces bousilles sont ensuite ramenées vides.
- Le genièvre de Hollande acquiert en vieillissant de la douceur et de l’onctuosité, il est alors moins estimé des Hollandais.
- On tient beaucoup à la couleur blanche du genièvre, et cette circonstance présente quelques difficultés aux distillateurs. En effet ils ont beaucoup de peine à trouver des bois qui ne cèdent Pas de couleur au liquide alcoolique. Pour en séparer cette macère colorante ils se servent de divers moyens, ainsi ils lavent à 1 eau bouillante, ils passent au chlore liquide, au chlorure, au shlfate de fer, etc.
- Note sur les terres -propres au moulage, par m. ferry fils.
- Les mélanges terreux dont les fondeurs composent leurs moules , contiennent essentiellement un sable silicieux, et une
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- argile qui peut être blanche ou colorée, soit par des matières charbonneuses , soit par des oxides de fer. Ils peuvent admettre aussi une fort petite portion de chaux carbonatée ; mais cette matière n’y est rien moins que nécessaire. Le moulage ne serait pas moins bon quand même les terres dont il serait formé ne contiendrait pas un atome de chaux.
- Les sulfates et les sulfures doivent être exclus avec soin ; on évitera donc les argiles pyriteuses. En général, on n’a rien de mieux à faire que de rechercher des argiles et des sables, ou des mélanges naturels de ces deux matières , qui soient bien réfractaires $ et, par conséquent , assez exemptes de toute combinaison avec des substances qui pourraient servir de fon-dans à l’alumine ou à la silice , ou qui seraient capables d’altérer les métaux jetés dans les moules.
- Le carbonate de chaux, si l’on en admettait une quantité notable dans le mélange, aurait de plus l’inconvénient de laisser dégager deux de ses principes constituans, l’acide carbonique et l’eau, c’est-à-dire à peu près la moitié de son poids, et de fournir ainsi un volume énorme de fluides élastiques, quand même les moules auraient été séchés avec le plus grand soin , et à une température plus élevée que celle des étuves*ordinaires.
- Remarquons à ce sujet qu’une terre propre au moulage des petites pièces, peut n’être pas propre à en mouler de grandes-Lorsque les dimensions, ou la forme des pièces fondues sont telles que le refroidissement puisse être prompt, la terre du moule, quelle qu’elle soit, n’a pas le temps de fondre ni d’éprouver aucune décomposition chimique ; mais si la masse métallique contenue dans le moule est très-considérable, si, de plus , elle est surchargée d’une masselote , le refroidissement est très-lent, et les affinités chimiques ont tout le temps nécessaire à leur action. Les vitrifications et les décompositions possibles ont donc lieu , et si le dégagement des fluides élastiques est rapide et abondant, on est menacé d’une explosion dangereuse. Encore une fois, aucun carbonate n’est nécessaire dans le mélange terreux des fondeurs, et on fera très-bien de n’en admettre qu’une quantité presque imperceptible. Cette pru-
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- dence est recommandée surtout pour le moulage des plus fortes pièces.
- Ces observations , pour la nature chimique des terres à mou-ki'> sont assez complètes; toutes les autres recherches auxquelles un chimiste pourrait les soumettre seraient inutiles à l’art du fondeur. Mais les propriétés physiques et mécaniques de ces sortes de terres ont tant d’influence sur le succès du mou-lage qu’elles méritent une étude approfondie.
- Premièrement, elles doivent contenir la silice et l’alumine dans l’état de mélange, et non de combinaison complète et achevée. Communément, l’alumine y est unie à une très-grande quantité de silice ; mais comme cette combinaison ne lui fait perdre ni sa finesse ni sa ductilité, elle ne produit aucun mauvais effet. Quant à la couleur, si elle est produite par des matières bitumineuses, elle peut être plus utile que nuisible. Si c’est un oxide de fer qui colore l’argile, à moins que cet oxide Ue soit très-abondant, il ne fera ni bien ni mal : s’il était une Partie notable du tout (le cinquième à peu près), l’argile perdrait beaucoup de sa ductilité, et serait de mauvaise qualité pour le moulage; mais ce n’est pas comme étant chimiquement trop ferrugineuse que cette argile cesserait d’être propre au moulage, mais comme trop pe» liante.
- L’argile qui a servi à quelques fontes perd de son liant, et devient de plus en plus friable et sans consistance. La meilleure terre ne doit donc être employée qu’un petit nombre de fois ; mais celle qu’on cesse d’employer seule peut entrer dans un Nouveau mélange avec une petite quantité de terre crue. Dans Ce cas , elle tient lieu de sable silicieux, et elle en possède en effet les propriétés essentielles.
- Ces propriétés sont de prendre peu de retraite par le dessèchement , de présenter un grain assez fin et surtout uniforme , de prendre une surface aux gaz et aux vapeurs produits par le métal fondu dans les moules.
- Les terres maigres, c’est-à-dire celles qui ne contiennent que peu d’argile, sont celles qui possèdent au plus haut degré toutes ces bonnes qualités. On fera donc bien, toutes choses égales
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- d’ailleurs , de leur donner la préférence ; mais il faut aussi que les moules aient une certaine solidité , qu’ils résistent au travail du mouleur , aux effets de la dessiccation et au choc du métal qu’on verser a quelquefois de très-haut : or c’est l’argile seule qui leur donne cette consistance nécessaire. Il y a donc entre les proportions d’un sable silicieux et d’une argile un certain rapport qui en composerait la meilleure terre à mouler qué comportent les propriétés particulières de ces substances séparées. Ces proportions , les plus avantageuses , ce maximum > ne peut être trouvé par.la seule expérience, car on sait en général que la détermination des limites des résultats appartient à la théorie seule ; mais l’observation peut en approcher assez pour les besoins de la pratique. On ne perd donc pas son temps en multipliant les essais, variant les mélanges, recherchant des terres nouvelles. Excepté dans les terrains calcaires, il est bien rare qu’une fonderie ne trouve pas autour d’elle de bonnes terres à mouler, ou les matières propres à les composer.
- A tous égards, un mélange naturel vaut mieux qu’une préparation artificielle. Si on est réduit à se contenter de celle-ci, on devra ne pas épargner les manipulations propres à former un mélange bien uniforme. Le sable et l’argile seront d’abord travaillés séparément et amenés au degré de finesse dont on a besoin; on procède ensuite au mélange. Pour bien réussir il faut opérer sur des matières sèches : presque jamais les terres humides ne se mêlent assez intimement et uniformément.
- C’est au contraire par le lavage qu’on peut donner à l’argile ét au sable le degré et l’égalité de finesse nécessaires pour qu’il en résulte un bon mélange. En un mot, les mouleurs feraient bien d’imiter d’un bout à l’autre les procédés auxquels les potiers ont recours pour la préparation de leurs terres; mais les opérations du mouleur n’exigent pas, à beaucouq près , autant de soin et d’attention. Ces opérations peuvent être assez expéditives si on les fait en grand; mais il est évident qu’il vaut encore mieux se livrer à la recherche des mélanges naturels ; ïecherches qui sont rarement infructueuses lorsqu’on les dirige avec intelligence.
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- Ce n’est donc que par l’impossibilité de faire autrement que l’on se détermine à faire des mélanges artificiels de sable et d’argile ; mais les mélanges naturels ont souvent besoin de quelques préparations dont le but est de les amener au degré de cohésion et de finesse dont on a besoin.
- i° Si on trouve une terre dont le sable soit tel qu’il convient, naais qui contienne trop d’argile, on lui fera subir un lavage pour enlever l’excès de terre argileuse 3 mais comme l’effet de ce lavage ne se réduira pas à celui qu’on avait en vue ; comme Ie sable déposé le premier au fond de la cuve ne contiendra presque point d’argile, au lieu que la superficie supérieure du dépôt en contiendra beaucoup , il faudra brasser fortement et long-temps ce mélange, afin de lui rendre l’uniformité, la sorte d’homogénéité qui est une des qualités essentielles de toute bonne terre à mouler.
- a° Si au contraire le sable ne contient pas naturellement assez d’argile, il est indispensable d’en ajouter, mais alors la trituration se fait mieux à sec. On subdivisera la masse des terres en Volumes égaux, au moins sensiblement, à chacun desquels on ajoutera une quantité proportionnelle d’argile desséchée et pulvérulente. On réunira toutes ces parties de sable rendues plus argileuses et on les corroiera long-temps, en y ajoutant un peu d’eau, assez seulement pour empêcher que l’argile la plus tenue ne s’en aille en poussière.
- 3° Si le sable est trop gros, on le lavera en décantant l’eau chargée d’argile et de sable fin, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que les grains trop volumineux et trop pesans On laissera déposer tout ce que le lavage aura entraîné, et l’on corroiera avec s°in, après avoir essayé si la quantité d’argile qu’il a retenue est celle qui convient.
- Lorsqu’on est parvenu à trouver ou à composer les terres propres au moulage , il s’agit de les employer selon leur nature et leurs propriétés.
- Ces terres sont plus ou moins argileuses, plus ou moins fines. En général, les plus argileuses conviennent au moulage dit en terre, quel q^e soit d’ailleurs leur degré de finesse ; mais lors_
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- qu’il s’agit de fondre des pièces en bronze ou en cuivre, il faut de plus que la terre du moule soit plus fine que celle qu’on emploie pour la fonte de fer. Comme le cuivre fondu ne décompose pas l’eau, même aune très-haute température, il n’est pas nécessaire que les moules destinés à contenir du cuivre aient des pores aussi ouverts, aussi larges que ceux qu’on veut remplir de fonte de fer. D’un autre côté, le cuivre fondu, et encore plus l’étain du bronze fondu , pénètrent dans les moindres cavités du moule, s’insinuent entre les grains de sable, pour peu que les interstices entre ces grains puissent admettre un liquide. Il faut donc, dans ce cas, des moules d’une plus grande compacité, et par conséquent il faut employer une terre plus fine.
- Dans le moulage dit en sable, la terre du moule n’a pas besoin d’une aussi grande cohésion, et peut être moins argileuse; elle l’est en effet si peu, que le sable y est presque tout, et de là vient cette sorte de moulage. Pour fondre du cuivre ou du bronze par ce procédé, il faut interposer entre le métal et le châssis une plus grande épaisseur de terre que celle qui suffit pour y couler de la fonte de fer. Puisque la terre propre à mouler le cuivre est plus fine, plus serrée, et présente plus d’obstacle au passage des vapeurs et des gaz, il est indispensable de donner plus d’étendue aux surfaces par lesquelles ces fluides s’écoulent. Or, dans le moulage en sable, ces surfaces sont dans la direction de l’épaisseur de la couche de terre contenue par le châssis.
- La terre qui a servi à mouler de petites pièces n’est presque pas altérée par cet usage, et peut être employée de nouveau jusqu’à ce qu’on s’aperçoive d’une diminution considérable dans sa cohésion ; mais la terre qui a subi durant assez longtemps l’action d’une haute température , ne doit plus être employée , si ce n’est comme du sable , ce qui obligerait à la pulvériser et à lui incorporer de l’argile crue, travail qu’on ne s’imposera pas sans nécessité. En dépouillant les grosses pièces, soit de cuivre, soit de fonte de fer , il est aisé de séparer la terre qui n’a pas changé de nature et qu’on peut employer
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- de nouveau , et de laisser, autour des pièces fondues, la partie du moule dont la terre doit être ou jetée ou remaniée.
- DESCRIPTION
- D une machine à vapeur à moyenne pression, composée et exécutée par J.-F. Saulnier , mécanicien de la Commission des monnaies , à Paris.
- Cette machine a été établie en 1828 chez M. Boutarel-Gonin, aPprêteur, rue et île Saint-Louis, n° 71. Elle est de la force de douze chevaux; nous l'avons choisie parmi celles du même conducteur, comme étant la plus récente.
- Les machines de M. Saulnier se distinguent particulièrement Par la manière dont l’admission de la vapeur y est opérée. L’auteur voulant conserver au tiroir de distribution le mouvement doux et régulier que lui donne l’excentrique circulaire employé depuis long-temps avec succès dans les machines à basse pression , a pris le parti, afin de n’y rien changer, d’interrompre-l’émission de la vapeur par une soupape particulière, qu’il a placée à cet effet immédiatement avant le tiroir distributeur (1), il a voulu aussi, afin d’éviter les mouvemens brusques, toujours nuisibles dans les machines, faire mouvoir, également cette dernière soupape par un excentrique circulaire; à cet effet, il a placé ce second excentrique sur un arbre qui fait exactement une révolution pour chaque coup de piston ou émission de vapeur; mais il fallait encore que cette soupape s’ouvrît subitement, bien que la propriété essentielle du mouvement circulaire soit de commencer lentement et de finir de
- (1) Cette idée a été réalisée par M. Saulnier, dès l’année 1821, dans une machine de 6 chevaux qu’il a fournie à M. Dufresne à Caen; mais au lieu d’une soupape glissante, c’était un robinet qu’il appelait alors le mesureur, ïn*s en mouvement par des cames.
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- même ; c'est alors qu'il imagina d’employer une plaque glissante dout l’amplitude de mouvement fût plus grande que la hauteur de l’ouverture, en sorte qu’elle pût continuer à se mouvoir, après même avoir bouché cette ouverture (i). La planche 24, qui sera expliquée ci-après, donnera une idée claire de cette nouvelle disposition.
- Les machines de M.Saulnier se distinguent encore par la manière dont il a garanti le cylindre du refroidissement. Il a mis en pratique l’idée déjà connue de faire passer la vapeur dans l’enveloppe au sortir du cylindre, pour aller au condenseur.
- Persuadé qu’il devait y avoir une économie de vapeur dans cette méthode, il a pensé que les difficultés d’exécution, seules, y avaient fait renoncer.
- Parmi les machines qu’il a construites depuis dix ans, il en existe huit à Paris, savoir :
- i° Une de la force de quatre chevaux, à l’ancienne manufacture royale de plomb laminé, rue de Bercy; elle avait été établie originairement (en 1818) chez M. Lenoble, rue des coquilles.
- 2° Une de même force à l’abattoir Montmartre, pour l’élévation de l’eau. (Y. Bulletin de la société d’encouragement, n» 2o3, 1821.)
- 3° Une de dix chevaux, chez M. Thiébaut aîné , rue du faubourg Saint-Denis, n° i52.
- 4° Une semblable chez MM. Decrouy Chamorin et Poulain, me du Chemin-Vert, n° 8.
- 5° Une de douze chevaux, chez MM. Lelardeuxet compagnie, fabricans de clous d’épingles, à la Gare, n° 8.
- 6° Une de seize chevaux, chez MM. Pihet frères, mécaniciens, avenue de Parmentier.
- rjo et 8° Enfin, une de six et une de douze chevaux, chez M. Boutarel-Gonin.
- (1) La première application de cette idée a été faite par M. Saulnier, dans une machine de la force de dix chevaux , qu’il a établie en 1822 , à la houillière de Schœnccken, département de la Moselle,
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- C’est cette dernière machine qui est représentée planchas 22 et 23.
- A. Bâtis en fonte composé d’une bâche, de six colonnes et d’un entablement.
- B. Balancier.
- C. Bielle.
- D. Manivelle.
- E. Volant.
- F. Son arbre.
- O. Pallier.
- H. Cylindre à vapeur.
- J. Son enveloppe.
- K. Piston à garniture métallique.
- o. Assemblage de pièces qui composent le parallélogramme qui lie la tige de ce piston au balancier.
- b. Boîte à vapeur contenant le tiroir distributeur.
- c. Boîte contenant la soupape de détente.
- d. Soupape modératrice placée dans le canal auquel doit aboutir le tuyau à vapeur venant de la chaudière.
- e. Soupape de détente.
- f Tiroir distributeur.
- g- Canal par lequel a lieu la communication du dessus au piston K à la boîte b y ou à l’ouverture k, suivant la position du tiroir
- h. Autre canal remplissant lesmêmes fonctions pour le dessous du piston.
- k. Ouverture toujours en communication avec le condenseur d’un côté, et de l’intérieur du tiroir f de l’autre.
- ni. Espace annulaire entre le cylindre H et son enveloppe J, que la vapeur traverse au sortir de cette ouverture.
- L. Capacité intermédiaire entre l’espace annulaire ni et le condenseur.
- n. Petites ouvertures circulaires qui établissent la communication entre la capacité L et l’espace annulaire nu
- M. Condenseur et cuvette d’eau chaude d’une seule pièce-
- N. Cylindre de la pompe à air.
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- O. Son piston.
- P. Tirant qui lie latigede ce piston avec le parallélogramme-
- Q. Pompe alimentaire de la chaudière.
- R. Tirant delà pompe du puits.
- S. Excentrique placé sur l’arbre du volant pour donner le mouvement au tiroir f, par l’intermédiaire des bielles, arbre et bascules indiqués par les nombres 1,2,3,4*5, et 6.
- 1. Longue bielle horizontale liée au collier de l’excentrique S»
- 2. Bascule pendante fixée à l’arbre 3.
- 3. Arbre tournant dont les tourillons portent dans des coussi • nets fixés aux colonnes.
- 4- 4’. Bascules fixées, parallèlement entre elles, à l’arbre 3, et dont les extrémités portent des tourillons; celle 4’ porte une queue pour recevoir la tige du contre-poids du tiroir f, et en même temps pour servir de poignée lors de la mise en train de la machine.
- 5. 5’. Petites bielles verticales dont le bas s’adapte aux touril lons des bascules 4- 4’ > et Ie haut à la traverse 6.
- 6. Traverse liée par son milieu à la tige du tiroir/J laquelle y est fixée par deux écrous.
- p. Roue dentée fixée à l’arbre du volant.
- q. Autre roue dont le diamètre est exactement moitié de celui de la précédente.
- r. Excentrique adapté à la roue q-, servant à faire mouvoir la soupape de détente g. par l’intermédiaire de la bielle, de l’arbre et des bascules 7, B, 9, 10, n et 12» On peut suivre la marche de cet attirail sur la figure, par l’ordre des chiffres, comme on a fait pour le tiroir distributeur. On remarquera seulement que la bielle horizontale 7, 7’, 7”, attendu sa grande longueur est composée de trois parties; celle du milieu 7’ est conduite dans des coulisseaux placés vers ses extrémités et articulée avec les deux autres. La bascule 8 porte comme celle 4’ une queue terminée par une boule servant de poignée lors de la mise en train. Une quatrième bascule i3 fixée à l’arbre 9 dans une direction opposée aux bascules 10 et 10’, et articulée avec une tringle descendant dans la bâche et à laquelle est attaché le contre-
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- poids qui fait équilibre à la soupape e, à la traverse 12 et aux bielles verticales 11 et 11’.
- T. Modérateur à force centrifuge communiquant avec la soupape d, par les tringles et bascules x45 x5, 16, 17, 18 et 19^
- U. Colonne qui porte le modérateur et son engrenage.
- V. Roues d’angle qui composent cet engrenage.
- t. Manchon qui réunit les deux parties de la tringle 19. Les deux extrémités de ce manchon sont taraudées, l’une d’un pas à gauche, l’autre d’un pas à droite, afin de pouvoir ralonger °U raccourcir la tringle 19 pour régler la vitesse de la machine, eii faisant seulement tourner le manchon et sans rien décrocher.
- Explication de la planche 24.
- Pour rendre sensible le jeu simultané du piston, du tiroir de distribution et de la soupape de détente , on a supposé dans chacune des huit figures de cette planche : x° que les deux excentriques S et r étaient situés immédiatement au-dessus des boîtes b et c • 20 que l’émission de la vapeur devait avoir lieu pendant la première moitié de la course du piston, et être interrompue pendant l’autre moitié ; 3° enfin, que la durée d’un demi-tour de volant était divisée en huit temps égaux j partant de ces suppositions, on a figuré chacune des trois pièces mobiles dans la position qu’elle doit occuper au commencement de chaque temps.
- La dilatation ou raréfaction de la vapeur a été indiquée par la diminution graduelle de la teinte qui en occupe la place dans les boîtes, les canaux et le cylindre.
- On pourra remarquer que la vapeur qui remplit la boite b, au moment où la soupape e se ferme, se dilate en même temps que celle qui est entrée dans le cylindre , et contribue ainsi a l’effet utile.
- Le jeu de la machine devient maintenant facile à concevoir j dans la position du premier temps, fig. ire, la soupape e et le tiroir/ sont fermés, la manivelle G est dans la position verticale. La vapeur ne pourrait donc, d’elle-même, produire le
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- mouvement mais si on fait tourner le volant dans la direc-tion convenable, d’un seizième de tour seulement, la soupape e et le tiroir/, par ce seul effet(Yoy. fig. ), seront déjà ouverts beaucoup plus qu’il n’est nécessaire, eu égard au très-petit volume de vapeur qui a dû passer.
- M- Saulnier, outre le système des machines à condensation que nous venons de décrire, en construit aussi sans condensation , et qui peuvent servir aux établissemens dans lesquelsTon peut utiliser la vapeur au sortir du cylindre. Nous donnons ci-après le tarif de ce constructeur pour l’un et l’autre système.
- PRIX COURANT des machines de M. Saulnier.
- Chevaux. Prix du système Prix du système
- décrit ci-dessus. sans condensation.
- 2 .... S5oo fr............ y5oo fr.
- 4 .... 12000 9000
- 6 .... i5ooo .............. io5oo
- 5 .... 18000 ..... 12000
- 10 .... 2i5oo .................. i4ooo
- 12 .... 25000 ......... 16000
- 16 .... 32000 20000
- 20 38ooo .............24.000,
- Sur les briqueteries et les constructions en briques de la Hollande.
- On sait que l’on fait en Hollande une consommation considérable de briques. On emploie eu effet ces matériaux, non seulement pour la construction des bâtimens, mais encore pour l’établissement des chemins et des routes. Les briques employées pour ce dernier usage n’ont cependant pas une grande ténacité, et cette propriété étonne les voyageurs qui admirent en passant l’excellence des routes hollandaises. Mais si l’on remarque que
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- ces routes ne servent guère qu’aux voitures suspendues, et qu’elles sont entretenues avec beaucoup de soin, on concevra facilement leur beauté, malgré le peu de consistance de leurs Matériaux. En effet les transports de marchandises, en Hollande, ne se font guère que par eau, de même que les 19/20'“ des voyageurs.
- Les matériaux qui servent à la fabrication des briques sont des mélanges d’argile et de sable, dans lesquels ce dernier prédomine. En outre, les cuissons se font avec beaucoup de ménagement; de là le peu de consistance du produit.
- Les briqueteries les plus remarquables, celles qui sont en Possession d’approvisionner la majeure partie de la Hollande , s°nt les briqueteries des environs d’Utrecht et de Dordrecht. Celles de Dordrecht touchent la ville, et le sable qui entre dans la confection de la brique se tire du fond des canaux même qui baignent le pays.
- On y cuit la brique dans des fours qui ne sont rien autre que des fossés plus ou moins grands et de formes rectangulaires ; là °n dispose les briques en ménageant des jours à la partie inférieure des fournéaux , dans deux directions ; 011 laisse entre les briques des intervalles qu’on remplit avec de la tourbe, et on mene le feu avec ce combustible.
- Les briques qui forment la base du four sont de couleur grisâtre et sont les plus dures ; celles qui se trouvent vers le milieu du four sont rouges, et enfin celles qui forment le sommet sont jaunes et ont moins de consistance que les autres.
- C’est avec ces briques de diverses couleurs que les Hollandais confectionnent les marqueteries si remarquables de toutes les villes de Hollande , qui se distinguent, non seulement par une grande propreté, mais encore par le luxe de leur décoration.
- Les ouvriers hollandais assemblent ces briques pour le pavage des routes et des villes avec une adresse et un art remarquables. Ils les déposent les unes près des autres, de champ et quelque Ibis à plat, sur une couche d’une terre pulvérulente, qu’ils placent aussi entre elles, et ils forment ainsi toutes sortes de dessins de marqueteries. Ces assemblages de petits prismes
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- réguliers, bien sevrés l’un contre l’autre, présentent une très* grande solidité.
- Ces briques ont environ sept pouces de longueur, trois et demi de largeur et un et demi d’épaisseur.
- NOTE
- Sur la fabrication du minium dans Vétablissement de ver-rerie et cristallerie de M. Kemlin, près Liège.
- On prend de préférence du plomb d’Angleterre à cause de sa pureté. On l’oxide sur la sole concave d’un fourneau à réver' bère, et on le fait à une chaleur telle que le massicot qui le forme ( protoxidc de plomb) et qui a une couleur jaune , ne puisse entrer en fusion, ce qui le transformerait en litharge et le rendait impropre à la production du minium, (i) Pendant l’oxi-dation on écréme le bain de plomb pour exposer de nouvelles couches de métal à l’action de l’air.
- On sépare les premières portions d’oxide formées, qui en traînent avec elles les métaux étrangers , comme le cuivre qui se trouve toujours en faible proportion dans les plombs d’Angleterre.
- On place ensuite le massicot dans des petites caisses en pierre bâties sur le sol même de l’atelier, et là on le laisse réfroidir. Dans cet état il contient beaucoup de plomb , et pour l’en séparer on broyé la masse entre deux meules qui se meuvent dans l’eau, comme celles qui servent à broyer la céruse. De là la matière passe dans une série de tonneaux échelonnés, qui se décantent les uns dans les autres. Dans ce transvasement continu qui suit la besogne des meules, le minium bien divisé passe dans des cuviers où il se purifie par le repos, tandis que le plomb
- (0 On sait que la litharge qui se produit en abondance dans la coupellation des plombs argentifères n’est autre chose que du protoxide de plomb ou massicot fondu, puis cristallisé par refroidissement.
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- toutes les parties grossières tombent au fond des tonnneaux. Ces matériaux rentrent en calcination dans de nouvelles opérations.
- Le massicot, séparé par décantation du liquide qui le surage, est sous forme de pâte j on le place dans des chaudières de fonte qu’on chauffe légèrement, et on l’agite pour le sécher. Lans cet appareil, il prend déjà une teinte rougeâtre par l’oxi-génation d’une partie du massicot. Au sortir de là il est en grumeaux et on l’écrase sur une pierre dure (Pierre calcaire bleue de Tournay).
- Le massicot ainsi divisé est porté sur la sole d’un fourneau à réverbère où on le chauffe pendant sept à huit heures. Là il achève de se deutoxider et de devenir ainsi minium • on le dépose ensuite dans les caisses en pierre pour le faire réfroidir.
- LROGÉDÉ DE FABRICATION DU VINAIGRE DE BOIS, EN BAVIÈRE ET DANS LE GRAND DUCHÉ DE HESSE.
- On établit au milieu des forêts des cônes de bois comme on le fait pour les charbonnières ordinaires. On recouvre leur surface de poussier de charbon, provenant des opérations précédentes, puis on les enduit d’argile calcaire, ou marne, 0U, à défaut, d’argile délayée avec 5 à 6 % de craie ou de chaux. Le vinaigre se purifie en passant à travers la couche de charbon, 11 se combine avec la chaux de l’enveloppe y on recueille cette enveloppe, on la met dans des tonneaux disposés en bandes, on les lessive comme les matériaux salpétrés. L’acétate de chaux cpFon recueille est déjà presque pur , et on le purifie a la maniéré ordinaire. On obtient donc finalement de l’acétate de soude très-pur, dont on sépare l’acide acétique par l’acide sulfurique, comme dans la méthode connue.
- Ce procédé, ainsi qu’on le voit, peut donner, sans dépense bien grande et sans appareils ni constructions dispendieux, un PrQduii de plug que les charbonnières ordinaires. Il change peu de chose aux méthodes usitées, et pourrait sans doute être
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- adopte par tous nos charbonniers des forêts qui n’opèrent p* à vase clos. On jugei’a aussi facilement qu’il ne doit pas recueil lir autant d’acide acétique que les charbonnières closes; cepeu dant on ne peut douter qu’il ne soit très-avantageux.
- PROCÉDÉ DE FABRICATION DU CINNABRE DANS DE DUCHÉ DE DEUX PONTS.
- On place dans un flacon du tnercüre et une dissolution de sulfure de potasse , on lie ce flacon à une scie hydraulique (machine à agiter, fort commune dans le duché de Deux-Ponts)-L’agitation imprimée au mélange détermine la formation du cinnabre. Quand le sulfure est décompose on le remplace pat d’autre , et l’on remplace aussi le mercure au besoin
- Le cinnabre provenant de cette opération se sépare par décantation et lavage, et il est de très-bonne qualité. On le transforme en vermillon en le broyant dans de l’eau comme le cin-nabre ordinaire.
- On sait que le cinnabre artificiel se prépare ordinairement en formant : 1 ° de l’éthiops de mercure par la combinaison directe du mercure et du soufre dans un vase de fonte; a0 puis en sublimant l’éthiops. Ce procédé est difficile à manier; il perd beaucoup de matière et il ne réussit pas constamment bien. Celui décrit ci-dessus paraît devoir être préférable, et quoique nous n’ayons point de de dessin d’appareils et de proportions à donner aux industriels qu’ils intéressent, nous avons cru devoir le leur signaler, bien persuadés que nous sommes, qu’il leur sera très-facile de suppléer par quelques tatonnemens au laconisme de notre description.
- DE L’IMPRIMERIE DESELLICtUE, breveté pour les presses mécaniques EX A VAPEUR, RUE DES JEUNEURS , s» l4.
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- ça^ss,yOLUME. ) cPeouev 182g.
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- JOURNAL
- fflINCiPALEMENT DESTINÉ A RÉPANDRE LES CONNAISSANCES UTILES A ^INDUSTRIE GÉNÉRALE , AINSI QUE LES DECOUVERTES ET LES PKRFECTIONNEMENS DONT ELLE EST JOURNELLEMENT L’OBJET.
- EXTRAIT
- Mémoire de M. Bussy sur Vaction décolorante du charbon.
- Le Mémoire de M. Bussy a remporté le prix proposé par laSo-c^été de Pharmacie de Paris, pour concours sur la théorie de ^ Action décolorante du charbon. Ce travail important présente 'h* modèle de Futile direction que Fonpeutdonner aux recherches chimiques pour les rendre immédiatement applicables aux ai'ts, et, sur ce rapport, nous pensons qu’il ne saurait être trop connu. Les faits qu’il contient sont d’ailleurs tout aussi impor-taos pour la science que pour l’industrie; leur publication faite seulement dans le Journal de la Pharmacie, sans tirage isolé,ne ^eur ont pas donné toute la publicité désirable; c’est à ce titie ^he nous sommes décidés à publier le présent extrait, api es avoir prié l’auteur d’y apporter les changemens qu’il jugerait
- convenables.
- ùe la manière de comparer entre elles lesforces décolorantes des divers charbons.
- La dissolution de l’indigo dans l’acide sulfurique m’a paru
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- * v
- être le meilleur moyen à employer pour établir J une manière exacte et comparative la force décolorante des différens ch a1'" bons :
- io En ce que l’on peut toujours connaître la quantité exacte de matière colorante sur laquelle on agit, puisqu’il suffit po»1' cela de tenir note du poids d’indigo dissout et de l’ea» ajoutée ;
- 2° En ce que la teinte tranchée de l’indigo ne permet paS d’hésiter sur la décoloration de la liqueur lorsqu’elle a lieu •
- 3° En ce que l’indigo est moins susceptible que toute autre matière d’être altéré par la lumière , la chaleur, etc., qui pot»' raient avoir quelques influences sur les résultats.
- L’on peut objecter avec raison que l’acide de la dissolution peut agir sur les substances étrangères au charbon ; pour éviter cet inconvénient, j’ai pris une dissolution neutre faite de la ma' nière suivante : dans une dissolution acide d’indigo l’on md une certaine quantité de laine ; lorsqu’elle a pris toute la cou' leur qu elle est susceptible de prendre, on la retire, et on lalavc à l’eau froide pour enlever tout l’indigo qui n’est pas bien adhérent ; après quoi on la fait bouillir dans de l’eau contenant u»e excessivement petite quantité de potasse, seulement ce que l’o» suppose nécessaire pour saturer l’acide que la laine pourrait encore retenir. De cétte manière l’on obtient une dissolution neutre dont on peut connaître la quantité d’indigo, car no»s savons, d’après des expériences très-exactes de M. Welter, que 100 parties de chlore en poids détruisent 226 parties d’indigo* Il suffira donc, pour reconnaître la quantité d’indigo contenue dans une dissolution, de déterminer la quantité de chlore nécessaire à sa décoloration, puisque ces deux quantités sont entre elles comme 226 a 100. C’est ainsi que j’ai reconnu que la dissolution q»i m’a servi pour mes essais contenait un millième de son poids d’indigo.
- Pour essayer un charbon avec cette dissolution, j’en prends une certaine quantité que je mets dans une fiole en contact avec une quantité connue de charbon; je chauffe légèrement, ce qui
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- hâte un peu la décoloration, et j’ajoute de la liqueur d’essai Jusqu’à ce que le charbon refuse de la décolorer.
- La décoloration se fait aussi bien à froid, mais dans un temps plus long.
- Le charbon que l’on emploie à la décoloration n’étant pas une substance toujours identique, mais se présentant modifié de disses manières, et combiné avec plusieurs corps étrangers dont le nombre et la nature varient suivant les matières d’où °u le retire, il était utile de rechercher d’abord l’influence que chacune de ces causes pouvait exercer sur la décoloration, et J’ai commencé par essayer différentes espèces de charbons ob-tenues par la calcination en vaisseaux clos, à un feu assez fort Pour le débarrasser autant que possible des substances gazeuses flu’il contient ordinairement. J’avais calciné ainsi du bois , de l’amidon, de la gélatine, de la gomme, du sang, de la houille ; *°us ces charbons étaient plus ou moins durs, friables, brillans,
- ne décoloraient point sensiblement la liqueur d’essai.
- J’examinai ensuite le noir d’os, c’est-à-dire le résidu de la calcination des os que l’on emploie généralement pour la clarification du sucre; et j’examinai surtout le charbon que l’on connaît sous le nom de charbon du bleu de Prusse , qui provient de la calcination des matières animales avec la potasse.
- Pour me procurer ce dernier produit, je pris du sang de bœuf desséché, que je calcinai avec deux fois son poids de sous-carbonate de potasse, à une température un peu inférieure à celle du 10uge-brun; j’obtins une masse spongieuse qui, après avoir été suffisamment lavée à l’eau bouillante pour en séparer tout ce qu’elle contenait de soluble, laissa un charbon d’un noir mat, excessivement léger et spongieux, dont la force décolorante , comparée à celle du noir d’os, était comme 4o à i. Etonné d’une différence si grande, je voulus voir si le charbon n’avait pas contracté quelque combinaison, ou s’il devait cette exaltation de propriété à la présence d’un corps étranger, et particulièrement à la potasse.
- Après l’avoir lavé aussi bien que possible à l’eau bouillante, qui avait enlevé de l’hydro-cvanate ferruréde potasse, du sulfure
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- et du carbonate de potasse , etc. , le résidu fut traité par l’acide muriatique, qui occasiona une effervescence due à la décon*' position d’un peu de sulfure de fer; l’on fit bouillir l’acide sur le charbon; il enleva du phosphate de chaux, un peu de ch au* et du fer. Ce charbon ainsi traité, décolorait encore très-bien 5 sa propriété décolorante se trouvait même un peu augmentée-Il n’était donc pas probable que ce charbon dût sa propriété a la présence delà potasse, à moins cependant qu’il ne sefùtforrne quelque alliage qui eut résisté à l’action de l’acide muriatique-Pour m’enassurer, je calcinai ce charbon traité par l’acide; mais les cendres n’étaient point alcalines, et ne renfermaient aucun sel de potasse : elles étaient un mélange d’oxide de fer et de silice, faisant un douzième du poids du charbon que j’avais calciné.
- C’est donc dans le résidu de l’action de l’acide muriatique que se trouve la propriété décolorante, et ce résidu est composé de charbon, de fer, à l’état de carbure probablement, puisqu’il n’est pas attaquable par l’acide muriatique , d’un peu de silice, qui n’y est qu’accidentellement, comme nous le verrons, et de gaz azote.
- Pour rechercher quelle pouvait être l’influence de l’azote, je pris du sang calciné seul ; trois décigrammes de ce sang, brûlé» par le peroxide de cuivre, ont donné 12 d’azote pour cent de charbon en poids. Cette quantité d’azote est très-variable ; on peut même n’en pas obtenir du tout, si le charbon a été chauffé assez fortement ; mais dans tous les cas ce charbon est dur, brillant et ne décolore point. Celui qui provient de la calcination du sang avec la potasse , essayé par l’oxide de cuivre, contient encore une certaine quantité d’azote, véritable aussi, mais beaucoup moindre que la première; or comme c’est un des caractères des charbons azotés de donner du cyanure de potasse lorsqu’on les calcine avec cet alkali, j’imaginai qu’en traitant ce charbon par une nouvelle quantité de potasse, je lui enlèverais encore une portion d’azote; je le traitai donc de nouveau par la potasse, et la quantité d’azote qui, après la première calcination était de 5 pour 100 , se réduisit à 2 à la seconde , et à la troisième le charbon n’en contenait plus une quantité sensible; et comme
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- cette action réitérée de la potasse n’a fait qu’augmenter la propriété décolorante du charbon , au point qu’après la dernière calcination elle était égale à 5o, il s'ensuit que U azote est sans effet dans la décoloration, et que par conséquent ce n’est point à ce c°rps que le charbon animal doit sa propriété. Il restait à savoir ri la propriété décolorante n’était point due à la combinaison du charbon et du fer, combinaison qui résiste, comme noua l’avons Vu> à l’action de l’acide muriatique bouillant, mais dont on ne peut nier l’existence, puisque l’on retrouve toujours du fer dans
- résidu de la combustion du charbon. Cependant cette quantité de fer du résidu n’est pas en proportion fixe. L’on remarque ^e la quantité de fer est d’autant plus grande que la chaleur a été plus forte lorsque l’on a calciné lé sang avec la potasse ; mais au contraire, si l’on ménage convenablement la chaleur, et que ^ °n répète un assez grand nombre de fois la calcination avec la Potasse, le résidunecontient qu’une extrêmement petite quan tité de fer.
- La cause de cette différence est facile à apercevoir : l’on sait qoe lorsque l’on traite des matières animales, et surtout du sang, par la potasse, l’on obtient de l’hydro-cyanate ferrure de Potasse, puisque c’est sur ce produit qu’est fondée la fabrication du bleu de Prusse; or l’hydrb-cyanate ferruré de potasse contient de l’hydrogène, du carbone, du fer et de l’azote. Les trois dernières substances proviennent des élémens du sang qui se combinent entre eux de maniéré a donner naissance a 1 acide hydro-cyanique ferruré; par conséquent, plus on favorisera la formation de l’hydro-cyanate ferrure de potasse, plus on enlèvera du fer au sang.
- Mais si l’on donne un coup de feu trop violent, alors il ne se torme plus d’hydro-cyanate ferruré de potasse; car ce sel est riécomposable par une forte chaleur, et donné pour produit de sa décomposition un peu de cyanure de potasse et une combinaison solide de fer et de charbon; alors dans ce cas l’azote du sang se dissipe, et le fer reste combiné en entier dans le résidu. '*e suis parvenu, par plusieurs calcinations successives du sang ^ec la potasse, à lui enlever tonte la quantité de fer qu’il cou-
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- tenait. La plus grande difficulté que l’on éprouve pour arriver à ce point , tient à ce que l’azote abandonne plus facilement Ie charbon que ne ferait le fer, et que lorsque l’on est parvenu à ce point que le charbon ne contient plus d’azote, la potasse est alox’s sans action sur le fer. Mais si à cette époque l’on ajoute au charbon du sang, une substance animale contenant beaucoup d’azote, de l’huile empyreumatique animale, par exeni' pie, alors on parvient facilement à enlever la portion de fer restante, et l’on obtient un charbon qui brûle sans résidu. L’alumine et la gélatine, qui sont des substances qui renferment beaucoup moins de fer que le sang, sont très-promptement ramenées aù point de n’en plus contenir du tout. Il suffit pour cela de les dessécher, de les réduire en poudre, et de les calciner avec de la potasse du commerce. Il faut aussi avoir soin, après chaque calcination, de traiter le résidu d’abord par l’eau, puis par l’acide muriatique, qui enlève chaque fois une petite portion de fer qui, probablement, n’est pas combiné avec le charbon.
- Comme dans tous ces traitemens successifs que l’on fait éprouver au charbon pour le priver des substances étrangères qu’il contient, il ne perd rien de sa propriété décolorante , h faut conclure que cette propriété réside essentiellement dans le charbon, mais qu’elle ne s’y développe qu’à la faveur des circonstances physiques dans lesquelles on les met.
- Cette conclusion qui se déduit rigoureusement de l’expérience que je viens de citer, est appuyée encore par une multitude d’autres dont je vais rapporter quelques unes, et que j’ai faites surtout dans l’intention de montrer que la propriété décolorante du charbon variait suivant que les substances avec lesquelles on le calcine agissent avec plus ou moins d’énergie sur lui et sur les corps étrangers qu’il contient.
- Nous avons vu que le sang calciné seul donnait un charbon qui ne décolorait pas, parce que ses molécules contractent une agrégation si forte ^qu’elles ne sont pas susceptibles de se combiner avec les matières colorantes. Mais, si au lieu de calciner le sang seul, on le calcine mélangé avec une substance inerte, du phos-
- r '..
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- pbate de chaux, par exemple, qui ne lasse que s’opposer à l'agrégation des molécules du charbon, l’on obtiendra un chai'' bon susceptible de décolorer, et dont la force décolorante sera Représentée par 12, en prenant toujours pour unité la force déflorante du charbon d’os. Si l’on calcine le sang avec du carbonate de chaux très-fin, sa propriété décolorante devient 18; enfin si on le traite par la poiasse, elle peut aller jusqu’à 5o. H est inutile de dire que dans ces différens essais l’on avait privé le charbon de la potasse, de la craie, ou du phosphate de chaux avec lesquels il avait été calciné.
- L’on se rend facilement compte de tous ces résultats en observant que la première substance, le phosphate de chaux, 11’a-qu’en opérant la division presque mécanique du charbon ; b* seconde agitdéjà avec un peu plus d’énergie, car l’on remarque q^e l’eau de lavage contient une petite quantité de prussiate de chaux • enfin la potasse non-seulement atténue les molécules du charbon, mais en se combinant avec tous les principes étrangers qu’il contient, elle doit le laisser dans un certain état de porosité , que je regarde comme plus favorable à la décoloration que la division elle-même.
- Pour m’assurer que le charbon jouit bien de la propriété de décolorer, indépendamment des substances que l’on peut faire agir SUl’ lui, je cherchai à me procurer du charbon pur, au moyen de la décomposition du sous-carbonate de soude par le phosphore, je réussis à en obtenir une quantité assez grande pour constater sa propriété décolorante, que j’ai trouvée égale à i2.
- J’essayai ensuite du noir de fumée; mais dans son état naturel d contient des matières résineuses qui empêchent qu’on ne puisse le regarder comme du charbon pur. Pour l’avoir tel, on est obligé de le calciner de nouveau. Dans cet état il est susceptible de décolorer; sa force décolorante peut être exprimée par 4; et quoiqu’elle soit, comme l’on voit, beaucoup moins grande que celle du précédent, elle est suffisante pour montrer qu’elle est inhérente au charbon, et qu’elle peut varier de ® 19 par le seul effet des circonstances physiques fort peu np-
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- préciables ; car il serait difficile d’établir une différence sensible entre ces deux charbons. Si au lieu de chauffer seul le non' de fumée, on le mélange exactement avec i5 ou 20 fois so« poids de potasse cavbonatée pure, celle qui provient de la calcination de la crème de tartre ( comme je l’ai fait ), et qu’on l’expose à une forte chaleur dans un creuset de platine, l’on observe que la masse devient dure, compacte, et qu’elle a éprouvé un commencement de fusion dans les parties qui avoisinent le creuset. Si l’on dissout cette masse dans l’eau, qu’on en sépare toute la potasse, le charbon qui reste a une force décolorante exprimée par i5, et ce charbon ne contient rien d’étranger, il brûle sans résidu. D’ailleurs on ne peut point supposer ici un alliage de potassium avec le charbon, car ces sortes d’alliages sont décomposés par l’eau, tandis que la propriété décolorante persiste même dans toute son intensité après l’action de l’acide muriatique. L’on est donc forcé de reconnaître que la potasse peut, à une haute température, agir sur le charbon très-divisé, de manière à changer sa constitution physique, et que c’est là l’unique cause de l’augmentation de sa force décolorante , puisqu’il n’a contracté aucune combinaison avec elle.
- L’on conçoit très-bien d’après cela qu’en calcinant une substance végétale avec de la potasse, l’on peut obtenir un charbon décolorant ; en effet, j’ai calciné de l’amidon avec quatre parties de potasse, et j’ai obtenu un charbon dont la propriété décolorante était exprimée par 10. Le charbon qui provient de la calcination de l’acétate de potasse jouit d’une propriété décolorante de 3 ; et l’on voit aussi que si la force décolorante de ces charbons n’est pas aussi grande que celle du charbon qui provient de la calcination des matières animales, cela tient à ce que dans ces dernières il y a deux causes qui concourent à augmenter l’action décolorante; x° l’action de la potasse sur le charbon lui-même ; 20 la soustraction qu’elle opère des matières étrangères, telles que le fer et l’azote, tandis que dans les matières végétales il n’y a que le premier effet de produit.
- Les matières animales elles-mêmes ne donnent pas toutes un
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- charbon également bon pour décolorer- mais il est d'autant Meilleur que la potasse s’est combinée avec une plus grande quantité des principes de la substance animale ; ainsi plus une Matière donnera de prussiate de potasse lorsqu’on la calcinera avec cet alcali, et mieux son charbon décolorera. La gélatine et l’albumine qui dorinent beaucoup moins de bleu de Prusse que n’en donne le sang, fournissent un charbon dont la force décolorante est de 36 à 4o, tandis que celle du sang va jusqu’à 5o.
- Tâchons maintenant d’expliquer la manière d’agir du charbon d’os, qui est le plus employé en même temps qu’il est un des Plus compliqués dans sa composition.
- Ce charbon, tel qu’il existe dans le commerce, varie dans Sa composition 5 mais généralement on trouve qu’il contient : Phosphate de chaux. . .
- Gai’bonate de chaux. . .
- Sulfure de chaux.......
- Sulfure de fer.........
- Oxide de fer...........
- Fer à l’état de carbure silicé....................2
- Charbon renfermant 6 à y pour cent d’azote........io
- Lorsque l’on traite ce charbon par l’acide muriatique , il laisse Un résidu de 12 pour cent environ, qui est un mélange de charbon azoté, de silice et carbure de fer, de telle sorte que le charbon pur paraît n’être pas tout-à-fait le dixième du charbon Primitif. Il semblerait par conséquent que puisque la force décolorante réside dans le charbon, celle de ce charbon ainsi purifié devrait être dix fois plus considérable que celle du charbon brut • or, c’est ce qui n’est pas, car la force décolorante du charbon purifié n’est que de i,5, celle du charbon biut étant 1. Pour rendre raison de cette anomalie apparente, il faut savoir, comme nous le prouverons dans le chapitre suivant, que lorsque le charbon décolore une dissolution, la matière colorante vient se déposer à sa surface ; par conséquent plus *e charbon offrira de surface à la dissolution , plus la décoration sera facile. C’est absolument le même effet que l’on °hserve lorsque l’on teint de la laine fine ou de la laine grosse -
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- il faut plus de matière colorante pour teindre la première que la deuxième à poids égal. Ainsi lorsque l’on traite du charbon d’os par l’acide muriatique, sa force décolorante se trouve augmentée en raison des corps étrangers que l’on soustrait, diminuée en raison de l’étendue de surface qu’il perd ; de sorte que c’est le rapport de ces deux altérations qui détermine l’aug-mentation ou la diminution de ses propriétés.
- J’ai d’ailleurs essayé isolément chacune des substances qul entrent dans la composition de ce charbon , et aucune ne décolore d’une manière sensible. J’en excepte cependant l’hydrogène sulfuré qui agit d’une manière spéciale sur l’indigo? en le désoxigénant ; il décolore aussi la décoction de cochenille et de bois de campêche , mais je n’ai pas remarqué qu’il décolorât la mélasse; de sorte que si l’on a observé que le sirop est d’autant mieux décoloré qu’il se dégage plus d’hydrogèae sulfuré , je pense que cela tient, non point à la présence de l’hydrogène sulfuré lui-même , mais à quelques circonstances de la calcination ou de la clarification, qui favorisent la production de ce gaz, comme, par exemple, un degré de chaleur assez fort pour opérer la décomposition des sulfates contenus dans les matières animales, ou bien à la présence d’un acide dans le sirop, car l’on sait que dans ce cas la décoloration s’opère beaucoup mieux.
- J’ai cherché à imiter artificiellement le charbon d’os ; pour cela j’ai pris du phosphate de chaux obtenu de sa dissolution dans l’acide muriatique précipité par l’ammoniaque, et desséchée ; j’en fis une pâte avec de l’huile végétale d’une part, et de l’huile animale de l’autre, que je calcinai séparément. La masse charbonneuse qui en résulta décolorait l’une et l’autre à peu près comme le charbon d’os. Sa force décolorante pourrait être exprimée par 1,6, sans que la différence de l’huile animale à l’huile végétale eût apporté dans les résultats une différence sensible. J’essayai également d’employer l’argile, apiès l’avoii préalablement calcinée afin de lui ôter la propriété de faire pâte avec l’eau : j’obtins des résultats semblables.
- Après avoir établi la différence qui existe entre la propriété
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- décolorante des différens charbons relativement à la dissolution d’indigo , il devenait intéressant de savoir si ce l'apport se conservait toujours le même pour les diverses matières colorantes.
- Je fis une liqueur d’essai avec la mélasse ) elle était composée de i partie de mélasse étendue de 20 parties d’eau ; j’essayai alors les différens charbons indiqués dans le tableau ci-joint. (Je n’ai point agi sur des quantités aussi petites que celles indicées, mais j’ai réduit tous les nombres proportionnellement, afin que la comparaison en fût plus facile ).
- L’on voit par ce tableau, i° que la même quantité d’un Sterne charbon décolore dix fois plus de la liqueur d’indigo Ce de celle de mélasse , 20 que les différens charbons conservât, par xapport aux deux substances, le même ordre dans ^eur force décolorante , mais que le rapport qui existe entre edes lorsqu’on les essaie par la mélasse est plus petit que lorsqu’on les essaie par l’indigo ; ainsi dans le cas de l’indigo, 1 on trouve que la force décolorante du charbon du sang est à oolle du noir d’os comme 5o à 1, et pour la mélasse ce rapport devient de 20 : 1. Pour rechercher quelle pourrait être la cause de cette variation, je fis les mêmes essais sur les décoctions de cochenille, de bois de campêche , de gomme, etc., et j’observai toujours que plus il fallait de charbon pour décolorer hn même volume de liqueur, plus le rapport entre la propriété décolorante des charbons diminuait -, c’est-à-dire que si l’on suppose que l’on prenne un même volume de toutes les liqueurs d’essais, un litre par exemple, celle qui exigera le C)ins de charbon pour sa décoloration sera celle qui établira 1& plus grande différence entre la force décolorante des divers
- charbons.
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- TABLEAU comparatif de la force décolorante de divers charbons.
- DÉSIGNATION POIDS Expression 4 Expression 1
- quantité QUANTITE numérique numérique
- de liqueur de liqueur
- de l’espèce de charbon du décolorante
- d essai d in- d essai de
- employé. charbon. digo décolo- mélasse dé- sur l’indigo.
- rée. colorée. lasse.
- Sang calciné avec la potasse. i gram. i litre 6 0,l8 5o 20
- Sang calciné avec la craie. Sang calciné avec le M. U. o,57 o,38 0,10 4 12 11
- phosphate de chaux. 0,09 10
- Célatine calcinée avec la potasse. Id. i,i5 0,4 36 15,5
- Albumine calcinée avec la potasse. Id. i,o 8 0,4 34 i5,5
- Fécule calcinée avec la potasse. Id. 0,34 00 O O 10,6 8,8
- Charbon de ,’acétate ) de potasse. 1 0,18 0,04 5,6 4,4
- Charbon obtenu de la
- décomposition du| sous-carbonate de » o,38 P 0 00 12 8,S
- soude par le phos-l phore. /
- Noir de fumée calciné. Noir de fumée calci- Id. 0,128 o,o5 4 3,3
- né avec de la potasse. Charbon des os traité par l’acide muriatique et par la po- Id. ! ». o,55 i,45 0,09 l5,2 45 io,6
- 0,18 20
- tasse.
- Charbon des os traité
- par l’acide muriatique. Huile végétale ou ani- . Id. 1 0,06 o,oi5 1,87 i,6
- male calcinée avec le phosphate de chaux. Id. 0,064 0,017 2 C9
- Charbon des os brut. Id. 0,o32 0,009 1 l
- Puisque la liqueur d’indigo contient la millième partie de son poids d’indigo ; c’est-à-dire un gramme par litre , l’on voit que les nombres qui expriment la quantité de liqueur décolorée en litre, expriment la quantité réelle d’indigo fixé sur la charbon.
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- De la manière d’agir du charbon dans la décoloration.
- L’on pense généralement que le charbon agit sur les matières colorantes en les décomposant , et cette opinion esi fondée sur Ce que l’on a remarqué qu’en traitant différentes matières avec Ie charbon, telles que la bière, la dissolution de gomme, la mé-lasse, le vin, etc., la décoloration était accompagnée d’un décernent de gaz. Présumant que cette opinion était tout-à-fait eri’onée et que c’était à tort qu’on attribuait à la décomposi-li°n de la matière colorante un dégagement de gaz qui devait dépendre d’une autre cause, j’ai entrepris les expériences sui-VaUtes : J’ai pris 8 onces de mélasse que j’ai délayée dans une llv‘e et demie d’eau distillée; je l’ai agitée avec du carbonate de chaux pour absorber les acides qui auraient pu agir sur le char-b°U; je pai filtrée, puis chauffée, afin d’en chasser les gaz qui aui’aient pu être en dissolution dans l’eau.
- L’un autre côté, j’ai pris une once de charbon de sang lavé foi't exactement; je l’ai fait bouillir dans 8 onces d’eau afin de chasser tout l’air qui pourrait lui être adhérent, et lorsque j’ai Jügé qu’il n’en contenait plus, j’ai ajouté la mélasse de manière a ce que le vase dans lequel j’agissais en fût exactement plein. Lai adapté au flacon un bouchon portant un tube propre à re-cueilür les gaz, également plein d’eau. L appareil étant ainsi âisposé et parfaitement purgé d’air, j’ai engagé l’extrémité du tuhe sous un tube gradué plein d’eau, et j’ai chauffé au bam-^arie pendant deux heures à une température voisine de 1 eau bouillante; il ne s’est dégagé aucun gaz, et la liqueur s est complètement décolorée. L’expérience réussit également bien à
- froid ;j
- ’ai essayé de même la décoction de cochenille et de plu-8leurs autres matières colorantes, et je n’ai point obtenu de dégagement de gaz. Quant au vin, il faut avoir gi’and soin d’em-ployer du charbon qui ait été déjà traité par l’acide muriati-*îUe; car sans cela les acides qu’il contient décomposent le carbonate de chaux qui se trouve dans le charbon, et donnent heu à un dégagement de gaz.
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- Les substances colorantes n’étant point décomposées par Ie charbon, comme il résulte de cette expérience , j’ai pense qu’elles devaient se fixer sur îê charbon , augmenter son poids proportionnellement à la quantité du liquide décoloré, et quJ dans quelques circonstances on pourrait reproduire la dissol11' tion de la matière colorante.
- Pour vérifier cette conjecture, je pris trois espèces de chat' bon, que je savais agir avec une intensité différente, c’était i° du charbon de sang; 20 du noir d’os purifié; 3° du ndf d’os brut; ces charbons, après avoir été bien lavés à l’eau bouib lante, pour en séparer tout ce qu’ils contenaient de soluble > ont été desséchés au bain-marie, et pendant le même espace de temps. J’ai pris ensuite 5 grammes de chacun de ces chai' bons, que j’ai fait chauffer séparément avec 20 grammes de mélasse étendue dans quatre parties d’eau; cette liqueur est restée en contact avec chacun des charbons pendant le mêiüe temps, au bout duquel on l’a filtrée , et elle s’est trouvée di' versement décolorée, suivant l’espèce de charbon qui avait agl sur elle. Chacun de ces charbons ayant été lavé et séché ensuite au bain marie, en prenant toutes les précautions pour qu’ils se trouvassent dans les mêmes circonstances, il est arrivé que Ie
- poids du charbon de sang était augmenté de...... i?56 gi’-
- celui d’os purifié de...........................0,54
- et le poids du charbon brut de.................. o,3
- Cette augmentation de poids, qui est, comme l’on voit, relative à la force décolorante de chaque charbon, indique que la décoloration s’opère par la combinaison de la matière colorante avec le charbon. Le même effet se remarque aussi lorsque 1 ’o$ emploie de l’indigo , mais il est beaucoup moins appréciable-L’on a lieu en effet d’être surpris de l’augmentation considérable de poids que prend le charbon dans la décoloration de la mélasse ; mais je pense que cette augmentation provient no»' seulement de la matière colorante, s’il en existe une particulière, mais aussi des matières mucilagineuses, et autres qui Ve sont pas en dissolution parfaite. C’est un fait bien connu des raffineurs, que les eaux de lavage du charbon qui a servi à ^
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- starification sont très-muciiagineuses. Si au lieu de prendre de 1 eau froide pour laver c e charbon l’on prend de l’eau bouillante, légèrement alcalisée avec de la potasse , l’eau sort colorée de la soldeur cie la mélasse, ce qui confirme encore la conclusion que l’°n peut tirer de l’augmentation de poids du charbon , savoir que la matière colorante se combine au charbon sans éprouver de décomposition.
- Mais cette vérité est établie d’une manière incontestable, par üne expérience que j’ai faite sur l’indigo, et que je vais rapporter.
- Dans une dissolution d’indigo par l’acide sulfurique, faiie ^ec i partie d’indigo , 7 d’acide sulfurique, le tout étendu dans 92 parties d’eau , j’ai ajouté une certaine quantité de charbon , qui l’a complètement décolorée; la liqueur jetée sur un filtre, a passé avec une très-légère teinte de jaune, visible seulement sUr une grande masse de liquide ; le filtre lut lavé avec une très-Petite quantité d’eau froide, pour enlever ce qui était resté de ta dissolution adhérente au filtre : cette eau sortit incolore. Je 1 etai ensuite sur ce même filtre de l’eau bouillante, contenant Une très-petite proportion de sous-carbonate de potasse ; à l’instant la liqueur passa colorée en bleu, non point d’une teinte taible et incertaine, mais avec une intensité de couleur égale à CeUe de la première dissolution. L’on peut, en continuant le tavage avec de l’eau alcalisée très-chaude, enlever au charbon la presque totalité de l'indigo qu’il contient.
- Si l’on reprend ensuite ce même charbon ainsi lavé, qu’on le ,nette en contact avec la liqueur bleue de lavage, après 1 avoir lendue légèrement acide par l’addition d’un peu d’acide sulfu-rique, il ja décolorera de nouveau, et l’indigo fixé sur le chai-b°n pourra être de nouveau repris par la potasse, de sorte qu’on pourra le faire passer successivement un assez grand nombre de fois du charbon dans la dissolution , et de la dissolution SUr charbon. Cependant on observe que ces dissolutions successives finissent par altérer l’indigo, et à chaque nouvelle décoloration la liqueur conserve une légère couleur jaunâtre qui lndique }a décomposition d’une petite quantité d’indigo.
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- Cette expérience, qu’il serait très-facile de répéter dans un cours, est de nature à ne laisser aucun doute sur la manière dont agit le charbon dans la décoloration. J’ai essayé de lamême manière le charbon qui avait décoloré une décoction de cochenille ; j’ai obtenu une liqueur dont la couleur tirait sur le cramoisi, mais d’une teinte faible. Avec le bois de campêche, j’avais une teinte violette; mais dans l’un et l’autre cas, la matière décolorante que je retirais était loin de représenter celle qu1 avait été absorbée par le charbon; cependant elle était suffisante pour indiquer que la décoloration avait eu lieu de la même manière que celle de l’indigo. D’ailleurs il doit en être ici absolument comme du drap que l’on tiendrait en différentes couleurs : elles ne sont pas toutes également solides ; l’une est dissoute par un agent qui n’attaque pas l’autre, et souvent l’agent que l’on emploie, lorsqu’il est trop énergique, détruit la matière colorante sur le drap ou sur le charbon même, sans pouvoir la faire reparaître.
- Reprenons maintenant notre expérience de la décoloration de l’indigo, pour nous rendre compte des phénomènes qui s’y passent.
- Lorsque le charbon agit sur cette dissolution acide, il se forme une combinaison insoluble de charbon et d’indigo, retenant un peu d’acide sulfurique qui concourt à la fixation de l’indigo; car si l’on prend cette combinaison, et qu’on la lave avec de l’eau froide en grande quantité, la première portion passera incolore , et à mesure qu’elle enlèvera un peu d’acide sulfurique, elle passera très-légèrement colorée ; si l’on prend au contraire de l’eau bouillante, qui a plus d’action sur la combinaison, cette eau se colore davantage. Enfin si l’on prend de l’eau contenant assez d’alcali pour saturer l’acide sulfurique, et qu’on l’emploie bouillante, on enlèvera presque tout l’indigo; car à cette température, l’indigo n’a qu’une très-faible affinité pour le charbon. La preuve que cette nouvelle dissolution de l’indigo est bien due à la saturation de l’acide, c’est que si on lave 1» combinaison de charbon et d’indigo avec de l’eau aiguisée d’acide sulfurique, elle ne passe jamais colorée; seulement lors-
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- que la quantité d’acide est un peu forte, et que la température est très-élevée, la liqueur passe colorée en jaune ( comme celle qui résulte de la décomposition de l’indigo par le chlore), et lorsque l’on continue suffisamment ce lavage, l’on finit par détruire tout l’indigo, au point que la potasse né'peut plus le
- faire reparaître.
- L’on peut conclure de tout ce que. nous venons de voir : 10 que la propriété décolorante est inhérente au carbone ; mais qu’elle ne peut se manifester que lorsque le carbone se trouve dans certaines circonstances physiques, parmi lesquelles la porosité et la division tiennent le premier rang;
- 20 Que l’azote est sans effet dans cette circonstance; que les substances étrangères que le charbon renferme n’exei cent individuellement aucune action décolorante, si l’on en excepte l’hydrogène sulfuré et les sulfures, dans quelquescireonstances seulement; que si les matières étrangères paraissent avoir une influence sur la décoloration , cela tient à ce qu’elles développent davantage la surface du charbon qui est en contact avec le liquide;
- 3° Qu’aucun charbon ne peut décolorer lorsqu’il a été chauffé assez fortement pour devenir dur et brillant; que tous au contraire jouissent de cette propriété lorsqu’ils sont suffisamment divisés, non point par une action mécanique, mais par l’interposition de quelque substance qui s’oppose à leur agrégation ;
- 4° Que la supériorité du charbon animal, tel que celui du sang, de la gélatine, provient surtout de sa grande porosité; qui peut être considérablement accrue par l’effet des matières avec lesquelles on le calcine, telles que la potasse;
- Que la potasse ne se borne pas seulement à augmenter la porosité du charbon par la soustraction des matières étrangères qu’il contient, mais qu’elle agit sur le charbon lui-même en atténuant ses molécules ; et que l’on peut, en calcinant des substances végétales avec la potasse, obtenir un charbon décolorant; que 1 on peut également obtenir un charbon décolorant en calcinant du phosphate de chaux ou de l’argile avec des matières ' dgétales ou animales ;
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- 6° Que la force décolorante des différens charbons, établi pour une substance, suit généralement le même ordre pour leS autres ; mais que la différence qui existe entre eux diminue a mesure que les liquides sur lesquels on les essaie sont plus ditë' ciles à décolorer •
- 7° Que lecharbon agit sur les matières colorantes en se conibi* nant avec elles sans les décomposer, comme le ferait l’aluminé; et que l’on peut, dans quelques circonstances, faire reparaîti'e la couleur et l’absorber alternativement.
- SUR LES MACHINES A VAPEUR,
- Par M. Arago.
- {La simplicité, les clartés et la précision qui caractérisent le mémoire que M. jérago vient de publier dans V annuaife des longitudes nous imposent l'obligation d’en présenter le présent extrait a nos lecteurs. )
- Machine de Watt.
- Du Condenseur.
- Pour que la machine à feu atmosphérique, dite machine de Newcomen, produise de bons effets, il faut, i° qu’à l’instard où. le mouvement descendant du piston commence, il y ait daOs toute la capacité inférieure du corps de pompe, le vide le plus parfait possible; que pendant le mouvement ascendant, la vapeur venant de la chaudière dans la même capacité, ne perde rien de la force élastique qu’elle avait acquise au prix de beaU' coup de charbon.
- La première condition exige [impérieusement qu’au moment de la condensation, l’eau d’injection aille refroidir les parois du corps de pompe. Sans cela, la vapeur qu’on veut amener com server ait un ressort considérable, et elle opposerait un grand obstacle au mouvement descendant du piston que la pressio#
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- atmosphérique doit déterminer.La seconde condition nécessite, au contraire, que les mêmes parois soient très-chaudes. En effet, la vapeur d’eau à ioo° de température ne conserve, en arri-Vant dans un vase, toute la force élastique qui lui est propre, d’autant que les parois de ce vase sont elles-mêmes à ico°. Si ta température des parois est moindre, la vapeur affluente perd aussitôt une partie de sa chaleur primitive, et avec elle une L’action considérable de la densité ou de la force élastique qu’elle possédait. Ainsi, durant le mouvement descendant du piston, les parois du cylindre métallique qu’il parcourt doivent etre aussi froides que possible, si c’est dans ce cylindre que la c°ndensation a lieu ; pendant le mouvement ascendant, il serait très-utile, au contraire, qu’elles fussent à ioo°.
- fre refroidissement s’opère assez simplement en projetant l’eau d’injection non-seulement au milieu de la vapeur, mais encore sUrles parois du cylindre. Quant à réchauffement qui doit sui-comment l’obtenir de manière qu’il soit considérable et Prompt? La vapeur affluente elle-même produira bien à la longue l’échauffement désiré ; mais ce sera à la longue seulement, et dès-lors les excursions ascendantes du piston étant fort lentes , la machine ne fera pas dans les 24 heures tout l’ouvrage sur lequel, sans ce genre d’obstacle, on aurait pu compter. Remarquons d’ailleurs que la vapeur venant de la chaudière n’échauffe le corps de pompet qu’aux dépens de sa propre chaleur ou en se condensant en partie ; or, la vapeur a un prix élevé, lors même que l’eau d’où, elle provient ne coûte rien; car le combustible à l’aide duquel s’opère la transformation est assez cher en tout Heu. Pour qu’on ne doute pas de la grande attention qu’il importe d’accorder à cette considération économique, je dirai que la quantité de vapeur employée ainsi pour échauffer le c°rps de pompe, en remplirait plusieurs fois la capacité , en sorte que la dépense de vapeur, ou, ce qui revient au même , ta dépense de combustible, ou, si on l’aime mieux encore, la dépense d’argent nécessaire pour mettre la machine enjeu, se-lait plusieurs fois moindre, si l’on parvenait à faire disparaître ta nécessité des échauffemens et refroidissemens successifs dont
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- nous venons île parler. Or , tel est précisément le problème que Watt a résolu par une méthode qui permet de laisser toujours au corps de pompe sa tempérance de ioo°. Il lui a suffi pour cela:
- jyopérer la condensation de la vapeur dans un vase sépare , totalement distinct du corps de pompe, et ne comntU' niquant avec lui qu’à l'aide d’un tube étroit.
- Expliquons cet ingénieux procédé, qui formera toujours le principal titre de Watt à la reconnaissance de la postérité.
- S’il existe quelque communication entre un corps de pompe rempli de vapeur et un vase vide de vapeur et d'air, la vapeur du corps de pompe passera en partie et très-rapidement dans le vase; l’écoulement ne cessera qu’au moment où l’élasticité sera la même partout. Supposons, dès à présent, que le vase soit maintenu constamment froid dans toute sa capacité et dans son enveloppe, à l’aide d’une injection d’eau abondante et continuelle; la vapeur s’y condensera alors dès qu’elle y arrivera : ce vase restera donc toujours vide de fluides élastiques, et toute la vapeur dont le corps de pompe était primitivement rempli viendra s’y anéantir successivement. Ce corps de pompe se trouvera ainsi purgé de vapeur, sans que ses parois aient été le moins du monde refroidies, et la vapeur nouvelle, dont il pourra devenir nécessaire de le remplir un moment après, n’y perdra rien de son ressort.
- Un vase séparé ainsi d’un corps de pompe, et dans lequel la vapeur de celui-ci vient de temps en temps se précipiter, s’appelle un condenseur.
- Le vase ou condenseur que nous venons de mettre en jeu n’a entièrement absorbé la vapeur dont le corps de pompe était rempli, qu’à cause qu’il contenait de l’eau froide, et que le reste de sa capacité se trouvait vide de fluides élastiques (i) ; mais
- (1) A la rigueur, un vase n’est jamais entièrement purgé de fluides élastiques tant qu’il contient de l’eau : car l’eau la plus froide dégage des vapeurs; mais dès que la température du liquide d’injection ne surpasse pa® les températures habituelles de l’atmosphère, on peut, dans la pratique, ne pas tenir compte de la vapeur qui en émane.
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- api'ès que la condensation dè vapeur s’y est opérée, ces deux conditions de réussite ont disparu. L'eau condensante s'est échauffée en absorbant tout le calorique de la vapeur • une quantité notable de vapeur s’èst formée aux dépens de cette eau chaude • l’eau froide contenait d’ailleurs de l’air atmosphérique qui a dû. se dégager pendant son échauffement. Si l’on n'enle-vaitpas, après chaque opération, cette eau, cette vapeur, cet ah’ que le condenseur renferme, il finirait par ne plus produire d’effet. Watt opère cette triple évacuation k l’aide d’une Pompe ordinaire qu’on appelle la pompe aairy et dont le piston porte une tige convenablement attachée au balancier que ta machine met en jeu. Quand on calcule les effets d’une machine à feu de Watt, il est donc nécessaire d’avoir égard à la Portion de force qui est destinée à maintenir la pompe à air en Mouvement. Cette soustraction, au reste, n’est qu’une petite partie de la perte qu’amenai t dans l’ancienne méthode la condensation de la vapeur sur les parois refroidies du corps de pompe (i).
- Machine a double effet.
- La machine atmosphérique, soit que l’injection d’eau froide s opeie au milieu du corps de pompe ou dans un condenseur séparé, n’a de force réelle que pendant le mouvement descendant du piston. C’est alors, et seulement alors, que le poids de
- (1) On se fera une idée exacte de l’importance commerciale que 1 invention du condenseur a eue , si l’on veut bien jeter les yeux sur le petit nombre de renseignemens, qui suivent :
- Pour accorder la permission de substituer leurs machines à celles dites de Newcomen , Watt et Boulton exigeaient la valeur du tiers de la quantité de charbon dont chaque nouvelle machine procurait l’économie, en supposant qu elle produisît précisément le même ouvrage que l’ancienne. Une expérience préliminaire faite par des personnes habiles et désintéressées, sur deux ruachines de l’une et de l’autre espèces, ayant précisément les mêmes dimen Sl°ns, détermina à combien l’économie s'élevait pour mille oscillations du prston, par exemple. Les droils à percevoir pouvaient se calculer ensuite « -
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- Fatmosphère produit tout son effet. Durant l’oscillation ascendante, ce poids est contre-balance par la pression de la vapeur qui pousse le piston de bas en haut. Le mouvement est alors uniquement déterminé par un contre-poids qui ne surpasse Ie poids du piston que de la valeur du frottement qu’éprouve celui-ci sur les parois du corps de pompe. Cela n’est pas un inconvénient quand la machine à feu est employée à extraire des mines l’eau qui les inonde. Le mouvement descendant du piston détermine en effet un mouvement de même sens dans l’extrémité du balancier auquel sa tige est attachée, et, dès lors, un mouvement ascendant à l’autre extrémité. Or, c’est pendant ce dernier mouvement que l’eau située verticalement sous cette seconde extrémité du balancier, est soulevée d’une quantité égale à l’excursion du piston du grand corps de pompe. Quand le piston de la pompe d’épuisement descend, quand il va se charger de nouveau de liquide, il est parfaitement inutile qu’il soit poussé vivement. La force qui servirait à cela serait de la force perdue. Qui n’a remarqué, et l’analogie en effet est complète, que partout où l’on tire l’eau d’un puits, on laisse le seau descendre par son propre poids, que nulle part on n’a jamais imaginé de produire ce mouvement descendant par l’action du moteur? Ainsi, comme moyen d’épuisement, la machine atmo-
- l’aide d’une simple partie proportionnelle, dès que le nombre d’oscillations qü 'avait faites dans le mois la machine employée était connu. Watt et Boulton faisaient compter ce nombre d’oscillations par une pièce d’horlogerie attachée au balancier et disposée de manière que chacun de ses mouve-mens avançait l’aiguille d’une division. Ce mécanisme ou courtier étaût renfermé dans une boîte à deux clefs qu’on ouvrait à l’époque du réglement de comptes, en présence d’un agent des inventeurs et du directeur de la mine. Dans celle de Chacewater, en Cornouailles, où trois machines étaient en jeu , les propriétaires rachetèrent le droit des inventeurs pour une somme annuelle de 60,000 francs, ce qui prouve que la substitution de l’injection isolée à celle qu’on opérait précédemment dans le corps de pompe, y avait procuré une économie de combustible de plus de 180,000 francs par an.
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- sphérique est parfaite. Ses intermittences d’action ne sont pas alors un défaut. Il n’en est pas de même du cas où cette marine est employée comme moteur. Les appareils, les outils qu’elle ébranle, ont des mouvemens très-rapides durant la course descendante du piston • mais, pendant le mouvement ascendant, ils s’arrêtent ou ne continuent à agir qu’en vertu de la vitesse acquise. Une machine à feu qui aui'ait de la puissance Pendant que s’exécutent les deux excursions opposées du piston présenterait doncalors des avantages réels. Tel est l’objet de la machine inventée par Watt, et qu’on appelle machine a dou~ ble effet.
- Dans cette machine, l’atmosphère n’a plus d’action. Le corps de pompe est fermé dans le haut par un couvercle métallique, Percé seulement dans son centre d’une ouverture garnie d’é-touPe grasse et bien serrée, à travers laquelle la tige cylindrique du piston se meut librement, sans pourtant donner passage à l’air ou à la vapeur. Le piston partage ainsi le corps de pompe eu deux capacités fermées et distinctes. Quand il doit descendre, la vapeur de la chaudière arrive librement dans la capacité supérieure par un tube convenablement disposé à cet effet, et pousse le piston de haut en bas comme le faisait l’atmosphère dans la machine atmosphérique. Ce mouvement n’éprouve pas d’obstacle, attendu que, pendant qu’il s’opère, le dessous du corps de pompe, mais ce dessous tout seul, est en communication avec le condenseur. Dès que le piston est descendu tout-à-fait, les choses, se trouvent complètement renversées par le simple mouvement de deux robinets. Alors la vapeur que fournit la chaudière ne peut aller qu’au-dessous du piston qu’elle doit soulever, et la vapeur supérieure qui, l’instant d’avant, a produit le mouvement descendant, va se liquéfier dans le condenseur avec lequel elle est, à son tour, enlibre communication. Le mouvement contraire des mêmes robinets replace toutes les pièces dans l’état primitif dès que le piston est au haut de sa course. La machine marche ainsi indéfiniment, avec une puissance à peu près égale, soit que le piston monte, soit qu’il descende ; mais, il importe de le remarquer, la dépense de vapeur
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- est précisément double de celle qu’une machine atmosphérique ou à simple effet aurait occasionee.
- Machine à détente.
- Dans la machine à double effet dont je viens de parler, le piston est alternativement poussé par la vapeur de haut en bas et de bas en haut. Si la communication de la chaudière avec le corps de pompe est ouverte pendant tout le lems que chacune de ces oscillations nécessite, le pis'on se trouvera soumis à l’action d’une force accélératrice constante; il aura donc un mouvement accéléré; il arrivera à l’une et à l’autre extrémité du corps de pompe avec une vitesse très grande, et qui, sans produire aucun effet utile, contribuera à ébranler l’ensemble de l’appareil. Si, au contraire, chaque robinet de communication entre la chaudière et le corps de pompe ne demeure pas ouvert pendant toute la durée des excursions du piston ; s’ils se ferment, par exemple, quand le piston est parvenu aux deux tiers de sa course, le tiers restant sera parcouru en vertu de la vitesse acquise, et surtout par l’action que la vapeur déjà introduite alors continuera à exercer. Cette action deviendra de moins en moins forte pendant le reste du mouvement du piston, attendu que la vapeur se dilatera graduellement, et qu’à mesure qu’elle occupera des espaces de plus en plus grands, son élasticité, comme celle de tout autre gaz, s’atténuera. Dès lors il n’y aura plus d’accélération nuisible vers les deux limites des excursions du piston, et, ce qui est incomparablement plus important, une moindre quantité de vapeur sera employée pour produire les mouvemens désirés. Qui ne voit, en effet, que, si le robinet était ouvert pendant toute la course du piston, l’injection détruirait chaque fois un volume de vapeur égal à celui du corps de pompe, tandis que, si le robinet se ferme quand le piston est aux deux tiers de sa course, il entrera et il se détruira un tiers de vapeur de moins. Les mécaniciens ont cité des expériences d’après lesquelles il semblerait qu’en employant ainsi la détente de la vapeur, on peut économiser, à égalité d’effet,
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- Une quantité considérable de combustible, et ils rangent la proposition que Watt a insérée à ce sujet dans sa première patente, au nombre des plus lumineuses dont l’industrie lui soit redevable. Il ne paraît pas cependant que, dans la plupart des Machines sorties des ateliers de Soho, la détente ait été employée sur une grande échelle : on n’y a eu recours que pour rendre le Mouvement du piston à peu près uniforme (r).
- Enveloppe ou chemise du corps de pompe.
- Le condenseur isolé, la plus belle des inventions de Watt, a Pour objet, comme on l’a vu plus haut, de laisser constamment le corps de pompe à la température de la vapeur, afin qu’elle ne s’y condense pas en partie quand elle vient de la chaudière, mais ce corps de pompe est en contact avec l’atmosphère sur toute l’étendue de ses parois extérieures. Il y aura donc sur ces parois, et, par suite, dans toute l’épaisseur du cylindre, un refroidissement continuel auquel la vapeur motrice devra pourvoir aux dépens de sa propre élasticité. Watt a proposé d’atténuer cet effet en enveloppant le corps de pompe dans un second cylindre. Une telle enveloppe, si elle est fermée en haut et en bas, empêchera qu’il ne se forme des courans d’air refroi-dissans, et ce sera déjà beaucoup de gagné. Mais on pourra de plus introduire de la vapeur dans l’espace annulaire compris entre les deux cylindres, et dès lors la température du corps de pompe proprement dit sera si peu différente de celle de la va^
- (1) Au moment de mettre cette feuille sous presse, j’apprends expérience faite, ces jours-ci, fort en grand, sur un bateau à vap l’État, et à l’aide d’une machine susceptible d agir à volonté avec détente , montrerait non-seulement que la détente n amènerait a ^ sultat utile , mais même, tout paradoxal que cela puisse paraître , qu e le occasionerait, à égalité d’effet, un accroissement notable dans la consommation du charbon. La juste confiance dont, sont entourés les ingénieurs habiles qui ont présidé à ces épreuves, ne doit pas nous dispenser d attendre, avant d’en adopter les conséquences, que tous les détails aient été oubliés*
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- peur fournie parla chaudière, que, dans la pratique, on pourra les considérer comme étant parfaitement égales.
- Machines a haute pression.
- Les machines dont nous avons parlé jusqu’ici n’exigent pas que la vapeur qui les fait mouvoir exerce une pression supé rieure à celle de l’atmosphère. Pour se débarrasser de la vapeur quand elle a agi, il suffit de la condenser; mais cette opération , nécessite l’emploi d’une abondante quantité d’eau froide, et, dans beaucoup de localités, c’est un grand inconvénient. Quant aux machines locomotives propres à faire marcher des chariots sur des chemins de fer, on ne peut pas songer à les construire sur ce système. Elles devraient, en effet, porter avec elles, non seulement le charbon nécessaire à l’alimentation du foyer, non seulement l’eau qui doit remplacer incessamment dans la chaudière celle qui est graduellement transformée eu vapeur, mais encore une énorme quantité d’eau froide destinée à opérer la condensation. Une telle machine ne produirait pas de grands effets : elle pourrait à peine se traîner elle-même. Le besoin de se soustraire à la nécessité de la condensation de la vapeur a fait inventer les machines à haute pression.
- Dans ces machines, quand la vapeur a poussé, par exemple , le piston de bas en haut, l’ouverture d’un robinet lui permet de s’échapper dans l’air ; mais comme c’est la différence d’élasticité qui détermine cet écoulement, il cesse dès que la pression de la vapeur intérieure ne surpasse plus celle de l’atmosphère. Ainsi le corps de pompe n’est pas entièrement évacué comme dans le cas de l’injection. La vapeur qui, après l’oscillation ascendante, devra pousser le piston de haut en bas, aura donc à surmonter une pression égale à la pression atmosphérique avant de produire aucun effet utile. La même remarque s’applique à l’oscillation ascendante qui succède, car le haut du corps de pompe renferme de la vapeur quand elle s’opère, et ainsi de suite.
- Papin est le premier qui ait construit une machine dans la-
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- vielle la vapeur à haute pression s’échappait dans l’atmosphère, après avoir produit son effet. Cette machine était exclusivement destinée à élever de l’eau. Leupold, qui l’a fait connaître, en a décrit une du même genre en 1724, dans son Thea-lrum Machin, hydraul. Celle-ci était à piston et a balancier-, mais à simple effet. Enfin, en 1802, MM. Trevithick et Vivian obtinrent, en Angleterre, une patente pour une machine à haute pression, à double effet, qui a été appliquée, soit par eux, soit par d’autres constructeurs, au mouvement des voitures sur des ornières en fer. Dans sa première patente de 17^9? Watt s é-tait déjà réservé le droit, « pour les cas où l’eau froide serait ” rare, de faire marcher les machines à l’aide de la seule vapeur, ® laquelle pourrait s’échapper dans l’air après qu’elle aurait pro-# duit son effet » ; mais il ne paraît pas qu’on ait jamais construit dans ses ateliers une seule machine sur ce principe.
- Parmi les machines à haute pression et à condensation, celles •pd, comme machines stationnaires, jouissent de la plus grande réputation, sont celles qu’a proposées M. Arthur Woolf en *804. Dans les machines de cet ingénieur, la vapeur à haute élasticité venant directement de la chaudière, pénètre d’abord dans un premier corps de pompe, tantôt par-dessus, et tantôt par-dessous, comme dans une machine à double effet. Mais cette vapeur n’est pas condensée aussitôt qu’elle a amené le piston à l’une des deux extrémités de sa course ; M. Woolf en tire encore un certain parti avant de l’anéantir ; voici de quelle manière :
- A. côté du premier corps de pompe, il en existe un second de même hauteur, mais d’un plus grand diamètre. La partie supérieure du premier communique par un tuyau avec la partie inférieure du second, et réciproquement. Quand la vapeur a poussé le piston du premier cylindre jusqu’au bas de sa course, au moment précis où ce même piston commence à monter par 1 action de la nouvelle vapeur venant de la chaudière qui le pousse de bas en haut, toute celle dont le cylindre qu’il parcourt est rempli et qui a amené le premier mouvement descendant, va se répandre dans le second cylindre au-dessous du
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- piston qu’il contient et le pousser aussi de bas en haut. Ainsi* les deux pistons marchent dans le même sens. Dès que ce mouvement est achevé, la vapeur dilatée qui occupe toute lacapa-cité du grand cylindre va se liquéfier dans un condenseur isolé-Une nouvelle vapeur venant de la chaudière, se rend alors au-dessus du premier cylindre et pousse son piston de haut en bas-L’ancienne vapeur, dont tout le bas de ce cylindre était rempli à la suite du premier mouvement, passe, en se dilatant, au-dessus du piston du second cylindre et le force à descendre, en sorte que les deux pistons, encore cette fois , marchent dans le même sens. Si chaque piston porte une tige verticale, et si elles sont attachées à deux points du balancier situés du même côté de son centre de rotation, les oscillations que ce balancier éprouvera s’opéreront en vertu des impulsions réunies des deux pistons, et la même vapeur aura produit deux effets avant d’être condensée.
- Cette machine de Woolf est une véritable machine à détente, assez semblable à celle que M. Hornblower a décrite dans sa patente de 1781. On ne voit point, au reste, a priori pourquoi la détente de la vapeur ne produirait pas autant d’effet en l’opérant, comme Watt1 l'avait proposé, dans un seul corps de pompe, qu’en suivant le système de Woolf. Des expériences publiées dans les rapports mensuels des mines de Cornouailles, semblent, il est vrai, très favorables à ce système•, mais elles n’obtiendront l’assentiment général qu’après qu’on les aura faites en rendant tout égal de part et d’autre, sauf le mode de dilatation de la vapeur. Or, si je suis bien informé, les chaudières, par exemple, des deux espèces de machines essayées dans les mines sont tout-à-fait dissemblables.
- Artifices quidonnent a la machine a vapeur la propriété de marcher d’elle-même et sans le secours d’aucun ouvrier -
- Les premières machines de Newcomen exigeaient la présence constante d’une personne qui ouvrît et fermât à propos et alternativement divers robinets, tantôt pour introduire la vapeur
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- gueuse dans le corps de pompe, tantôt pour y amener l’eau destinée à la condenser. La tradition attribue à un enfant n°mmé Humphry Potter, la première invention du mécanisme a M’aide duquel la machine elle-même tourne les robinets à l’infant convenable. On raconte que Potter, contrarié un jour de ne pouvoir pas aller jouer avec ses camarades, imagina d’atta-cher les extrémités de deux ficelles aux manivelles des deux l0binets qu’il devait ouvrir et fermer; les autres extrémités ayant été liées au balancier, les tractions que celui-ci occasio-Ilait en montant ou en descendant remplaçaient les efforts de main. L’ingénieur Beighton perfectionna beaucoup cette Première idée, en fixant au balancier une tringle de bois vertige nommée en anglais plug frame. Cette tringle était armée de différentes chevilles qui venaient presser, aux momens con-Venables, déterminés aussi par les excursions du balancier, les hges des différentes soupapes. Le mécanisme de Beighton fut adopté par Watt avec quelques modifications avantageuses. Maintenant la distribution de la vapeur dans les diverses parties du corps de pompe s’opère par un moyen plus simple, et qui a permis de renoncer entièrement au plug-frame, du moins dans les machines dont la force n’est pas excessive, et qui sont destinées à faire tourner un axe.
- Ce moyen, dont je n’essaierai pas de donner ici une description, qui, sans figures, serait peut-être inintelligible, s’appelle 1111 tiroir ou glissoir. Une roue excentrique, attachée à l’arbre que la machine doit faire tourner, imprime au tiroir deux utouvemens opposés pendant chacune de ses révolutions, et ces deux rnouvemens suffisent pour amener successivement la vapeur de la chaudière au-dessus et au-dessous du piston, et pour fournir à celle qui a déjà agi un écoulement convenable vers le condenseur. Le mécanisme du tiroir et de son excentrique a été imaginé par M. Murray de Leeds, en 1801.
- Dans les machines à haute pression et à double effet, la vapeur se rend successivement dans les deux capacités du corps de pompe, et s’écoule ensuite dans l’atmosphère à chaque quart de tour d’un seul et même robinet, désigné par le nom
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- <le robinet à quatre voies ou à quatre fins. Cet appareil, extrêmement ingénieux, est également employé de nos jours dans toutes les grandes machines à colonne d’eau exécutées en Aile* magne. C’est à Papin qu’on en doit l’invention; on le voit, en effet, dans la machine à haute pression de ce mécanicien, dont Leupold nous a conservé la figure, et dans celle que Leupold lui-même a proposée plus tard, c’est-à-dire en 1724.
- Manivelles et votons,
- M. Keane Fitz-Gérald publia, dans les Transactions philosophiques 1758, p. 727 et suiv., la description d’un procédé propre à transformer le mouvement rectiligne de va-et-vient qu’éprouve le piston d’une machine à feu, en un mouvement de rotation continu. Il se servait pour cela d’un système assez compliqué de roues dentées, parmi lesquelles plusieurs doivent être à rochet. Jusque-là, la méthode de cet ingénieur rentre dans celle qu’avait proposée Papin long-temps auparavant; mais il avait imaginé, de plus, de joindre à son mécanisme un volant. C’est un moyen de régulariser le mouvement des machines à feu, qui, denos jours, est généralement employé, et dont il est juste de faire honneur à M. Keane de Fitz-Gérald.
- Tant que le mouvement oscillatoire du balancier d’une machine à feu ne se communiquait à un axe de rotation que par l’intermédiaire de roues dentées, on était exposé à des ruptures fâcheuses en elles-mêmes, et plus encore à cause des interruptions de travail qu’elles occasionaient. En 1778 , M. Washbrough, de Bristol, proposa d’opérer cette communication à l’aide d’une manivelle coudée faisant corps avec l’axe tournant : c’était, comme on voit, se servir du moyen qui se trouve dans tous les rouets des fileuses, dans toutes les roues des rémouleurs. Néanmoins, une patente avait été prise, un privilège avait été concédé, et un artifice que tout le monde aurait pu employer quand le moteur était le pied d’un homme ou un courant d’eau, se trouvait interdit à l’ingénieur dont la machine marchait à l’aide de la vapeur.
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- Pour se soustraire à la redevance qu’il aurait dû payer à i’îu-genieur de Bristol pour chacune de ses machines, Watt se ser-Vlt> jusqu’à l’expiration du brevet dont ce dernier était en Possession , d’une communication de mouvement qui s’opérait aide d’une roue dentée liée à l’axe tournant, et qu’il appert la roue solaire, parce que son centre demeurait fixe, et d One autre roue, également dentée, attachée à l’extrémité de bielle du balanciez, et que, par opposition, il nommait la l0Ue planétaire. Il serait inutile de décrire ce mécanisme plus Pai’ticulièrement, puisque Watt lui-même revint à la manivelle S!lïlple dès qu’il le put.
- Moyens de diriger 'verticalement la tige du piston et de la lier au balancier.
- Dans la machine à simple effet de Newcomen ou de Watt, balancier se terminait par un arc de cercle, et une chaîne flexible j attachée à l’extrémité de cet arc le plus éloigné du P’ston, était le seul moyen de communication de ces deux parties de l’appareil; quand le piston descendait par la pression de tatmosphère, il tirait le balancier; quand le piston remontait par l’action d’un contre-poids placé à l’extrémité opposée, c’était le balancier qui tirait le piston. Or une chaîne, située entre deux points, quelque flexible qu’elle soit, est toujours un excellent moyen d’opérer une traction; ainsi son emploi, dans la machine à simple effet, ne pouvait donner lieu à aucune difficulté.
- Il n’en est pas ainsi de la machine à double effet. Dans son excursion descendante, le piston tire bien le balancier ; mais dans le mouvement suivant, ou quand il remonte, le balancier doit être poussé de bas en haut : or, une chaîne flexible ne peut Jamais servir à pousser. L’ancien mécanisme exigeait donc ici fine modification.
- La première qu’on ait employée consistait à denter la portion de la tige du piston qui reste toujours en dehors du corps de Pompe, à en former une véritable crémaillère, et à la faire en-
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- grener dans un arc circulaire également denté, fixé à restreint du balancier, c’était ce que Papin avait proposé en i6p5.
- Plus tax'd, Watt imagina une méthode de beaucoup préférable et qui maintenant est généralement adoptée partout où l’espace ne manque pas; c’est celle qu’on appelle méthode du paraît^0' gramme ou du mouvement parallèle. Il me serait bien diffic^e d’en donner ici une description complète sans figures. Je&e contenterai donc de dire qu’un parallélogramme aux quatre a®' gles duquel se trouvent quatre tourillons, et qui, conséquent ment, peut prendre toutes sortes de formes sans cesser d’êùe parallélogramme, est fixé par ses deux angles supérieurs a® balancier de la machine; que la tige du piston est attachée ^ l’un des angles inférieurs, et que le quatrième angle est lie a une verge rigide, inextensible et mobile autour d’un cenbe fixe. Quelle que soit la position de ce centre, il suffit que le Ie' vier qui en part soit de longueur invariable pour que le paraît' logramme se déforme inévitablement durant les oscillations d® balancier, pour qu’il soit tantôt rectangle et tantôt obliquangle‘
- Mais, quand le centre auquel le levier aboutit est conven»' blement choisi ( c’est en cela que la découverte de Watt coi»' siste), l’angle du parallélogramme mobile et de forme variabl0 auquel la tige du pis'ton est attachée ne quitte pas sensibleme®1 la verticale pendant les oscillations du balancier, la tige du p»5' ton se trouve ainsi parfaitement guidée, et sa communicatio® avec le balancier ayant lieu par l’intermédiaire d’un systèi®® rigide , elle pourra tout aussi bien tirer le balancier de haut e® bas durant le mouvement descendant du piston, que le poussé de bas en haut quand le piston remontera.
- Le parallélogramme articulé excite au plus haut degré Patte®' tion des personnes qui voient pour la première fois marche»' une machine à vapeur. A ux yeux du mécanicien exercé, il &e présente comme un appareil d’une exécution facile, entièî'e' ment exempt de secousses, et susceptible d’une durée inde’ finie. C’est incontestablement une des plus ingénieuses inve®' tions de Watt. La patente dans laquelle elle se trouve décrit pour la première fois est du mois d’avril 1784.
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- Régulateur à force centrifuge.
- tuyau qui dans les machines de Watt amène la vapeur de ^ chaudière dans le corps de pompe , renferme une plaque mince °u soupape semblable à celles qu’on adapte aux tuyaux de nos Poêles ; dans une certaine position , la plaque laisse l’ouverture du tuyau presque entièrement libre ; dans une autre, le tuyau cst tout-à-fait fermé. Pour les positions intermédiaires, l’ouver-tui'e a des dimensions plus ou moins grandes , suivant qu’on s approche davantage des deux positions limites dont je viens do parler. Les mouvemens de la plaque peuvent s’opérer a l’aide d’un axe qui se prolonge jusqu’à l’extérieur du tuyau.
- Si la soupape est entièrement ouverte , la vapeur remplit le c°i’ps de pompe très-rapidement; si elle est presque fermée, il taudra , au contraire , un temps sensiblement plus long pour opérer l’écoulement de la même quantité de vapeur. Or, la ra-P]dité des oscillations du piston dépend évidemment de la rapidité avec laquelle la vapeur va le presser sur l’une ou l’autre de faces. La soupape du tuyau donne donc, jusqu’à un certain point, le moyen de régulariser cette vitesse. Si l’axe qui la porte est terminé par un coude de manière à former à l’extérieur une manivelle , il suffira de la faire tourner dans un sens °ù dans le sens contraire pour accélérer ou retarder les oscillations du piston. Il faudra, par exemple, que la manivelle monte §i le piston va trop vite et qu’on veuille lè retarder; qu’elle descende, au contraire, quand il va trop lentement, en adaptant ù la machine une pièce qui doive nécessairement monter quand son mouvement s’accélère, et nécessairement descendre des 'I^’il se-ralentit; le problème se trouvera résolu, car il suffira de lier Ge^e p^ce d’une manière quelconque à la manivelle de la soupape. Tel est l’objet du mécanisme que Watt appelait le gouverneur (governor), et qu’on nomme plus généralement aujourd’hui régulateur à force centrifuge. Cet appareil est formé ù un axe vertical que la machine fait tourner plus ou moins ra-
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- pidement, suivant qu’elle marche elle-même plus ou moi11 s vite.
- Sur l’extrémité supérieure de cet axe se trouve implanté u11 tourillon horizontal auquel deux tringles métalliques sont suspendues par des collets un peu libres, de manière qu’elles puis* sent s’écarter plus ou moins de la verticale. Chaque tringlc porte dans le bas une grosse boule métallique - quand l’axe vertical est mis en mouvement par la machine, les boules qui tour' nent avec lui s’en écartent jusqu’à une certaine limite, par l’effet de leur force centrifuge. Si ensuite le mouvement s’accélère, l’écartement devient plus fort- il diminue dès que le mouvement se ralentit. Les boules montent donc dans le premier cas, et elles descendent dans le second. Ces oscillations ascendantes et descendantes se communiquent par des leviers à la manivelle de la soupape tournante du tuyau qui fournit la vapeur, et tout changement trop considérable dans la vitesse de la machine se trouve ainsi prévenu.
- Cet appareil, composé de tringles mobiles portant des boules; ee pendule conique , comme on l’appelait autrefois, avait été employé fort anciennement comme régulateur dans les moulins à farine. On s’en était également servi pour régler l’ouverture de la vanne que traverse le liquide destiné à-mettre une roue à augets en mouvement. Cette dernière application était exactement semblable, pour le but et pour les moyens, à celle que Watt en a faite à la machine à vapeur dans l’année 1784.
- Soupape de sûreté-
- Le feu placé sous les chaudières des grandes machines n’est jamais réglé avec assez d’uniformité pour qu’on puisse éviter de donner de temps en temps à la vapeur, dont ces chaudières sont à moitié remplies, une force élastique supérieure à celle que la résistance de leurs parois surmonterait. Éviter cet inconvénient et les dangereuses explosions qui en seraient la suite , tel est le but du petit appareil qu’on nomme avec raison une soupape de sûreté.
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- La soupape de sûreté a été inventée par Papin j elle forme Une partie essentielle de son digesteur, et l’on en trouve la description aux pages 6, 7, 8, 9 et 10 d’un petit ouvrage imprimé a Paris en 1682 , sous le titre de la Manière dyamollir les 0S, etc. (1).
- Le mécanisme de Papin est précisément celui des soupapes de süreté en usage aujourd’hui. Son principe d’ailleurs est très-simple.
- On veut éviter qu’une chaudière éprouve jamais intérieurement des pressions supérieures à une certaine limite déterminée d’avance. Pour cela faire, on découpe circulairement une h'ès-petite partie de sa paroi, et l’on couvre le trou qui en résulte avec une soupape bien dressée, et mobile de dedans en dehors : c’est comme si la petite portion correspondante de la chaudière était devenue mobile elle-même. Supposons que le tl'ou ait, par exemple, un centimètre carré de surface. Papin mlcule alors ce qu’un centimètre carré de la chaudière doit eprouver de pression quand l’élasticité de la vapeur y.a atteint ta limite convenue, et trouve ainsi de quel poids le bouchon doit être chargé , pour qu’il ne soit pas soulevé dans toutes les
- (1) On trouve dans Y Histoire delà machine à feu, de Robison, édition commentée par Watt, pag. 48, le paragraphe que voici :
- “ Le docteur Papin , Français, inventa, vers ce temps-là (vers 1699 ) , “ dà moyen de dissoudre les os et autres matières animales solides dans “ 1 eau, en les enfermant dans des vases parfaitement clos, qu’il appelait
- * digesteurs. Ces matières acquéraient ainsi un grand degré de chaleur. Je 8 dois observer ici que Hooke, le plus subtil expérimentateur d un siècle si
- * fécqnd en recherches ingénieuses, avait trouvé long-temps auparavant, 8 c est-à-dire en 1684, que l’eau ne peut acquérir au delà d’une certaine 8 terapératnre quand on la chauffe en plein air, et qu’aussitôt qu’elle com-» mence à bouillir, elle marque toujours le même degré. » Pour que ce passage fût exact, ilfaudrait que la manière d’amollir les os n’eût pas été publiée en 1682; mais comme 1682 est bien la véritable date de l’ouvrage de -Papin, il faudra transformer le long-temps auparavant du docteur Robi-s°n en quelque tewps après. Les argumens empruntés à l’arithmétique sont irrésistibles.
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- pressions inférieures à la limite, et pour qu’il se soulève au contraire et donne un libre passage à la vapeur, dès que cette pression limite est dépassée. Ce moyen présenterait quelques inconvéniens si la soupape, ayant une grande ouyerture, la pression devait être un peu forte ; les poids dont il faudrait alors la charger seraient très-considérables et d’un ajustement difficile; aussi Papin préféra-t-il d’agir sur le bouchon par l’in-termédiaire d’un levier. Un poids médiocre suffit alors pour contre-balancer les plus fortes pressions. Ce poids, suspendu successivement sur des entailles pratiquées le long du levier, à diverses distances du centre de rotation r comme le poids d’une romaine, procure des pressions variables et graduées, parmi lesquelles le mécanicien adopte journellement celle qui convient le mieux au genre de travail qu’il veut exécuter. Je suis entré dans tous ces détails concernant la soupape de sùrete de Papin, parce que ce petit appareil est d’une extrême importance ; parce qu’il prévient, en très-grande partie, les acci-dens désastreux auxquels les explosions des chaudières donnaient inévitablement lieu avant son adoption, parce qu’enfiu j’ai trouvé ainsi une nouvelle occasion de rèndre à noire compatriote une justice qu’on lui a trop long-temps refusée (i).
- (i) Partington affirme, dans son intéressant ouvrage , que les premières machines de Savery avaient déjà une soupape de sûreté ; mais c’est une erreur : la figure insérée dans le tome XXI des Transactions philosophiques n’en offre aucune trace. Au demeurant, cela serait vrai , que Papin n’eû resterait pas moins le véritable inventeur, puisque sa description imprimée est de 1682 , que la patente de Savery ne remonte qu’à 1698,01 que le premier essai de sa machine devant la Société royale , est de 1699. (Trans., tom. , pag« 228.) Le docteur Robison paraît aussi attribuer la soupape de sûreté à Saiery ; car il la fait figurer dans la description de ia machine de cet ingénieur, sans nommer Papin , dont il connaissait cependant l’ouvrage sur le digesteur. Mais l’impartialité habituelle de M. Robison s'est toujours démentie quand il a dû parler de Papin. Ses préventions, je ne saurais les qualifier autrement, étaient telles qu’il se trompait constamment, comme on 1 a vu, même sur la date des ouvrages du physicien de Blois, qu’il consentait à citer.
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- A l’époque où des explosions de machines autoclaves montrèrent qu’une soupape de sûreté ordinaire ne peut pas être confiée sans danger à des mains inexpérimentées, on songea à munir ces ustensiles d’une pièce qui dût agir inévitablement fi’elle-même dès que la température serait devenue trop forte. On fit choix pour cela de l’alliage connu des chimistes sous le nom de métal fusible, et qui est composé de bismuth, d’étain et de plomb : une portion de cet alliage ajusiée sur un trou firit à la marmite , se fondait et donnait issue à la vapeur, dès rpr’elle acquérait une élasticité, ou, ce qui est la même chose, mie température trop forte. Depuis, ces plaques fusibles sont appliquées, en France, à toutes les chaudières de machines à haute pression : l’autorité en a imposé l’obligation. Le degré fie fusibilité de la plaque, variable avec la proportion des divers métaux qui entrent dans sa formation, est toujours réglé d’avance par l’élasticité sous laquelle le constructeur annonce que Sa machine marchera.
- NOTE
- Sur le chauffage des cuves à pastel pour teindre en bleu , communiqué par M. Casimir Maistre, manufacturier à Vil-leneuvette ( Hérault ).
- S’il est bien, reconnu aujourd’hui qu’on ne peut obtenir sur la laine des couleurs bleues fixes et brillantes qu’avec l’indigo, il l’est également que cette madère colorante ne peut offrir des avantages qu’au moyen de sa dissolution dans les cuves à pastel.
- Les cuves d’Inde, celles à l’urine, au sulfure d’arsënic, à 1 oxide d’étain, ne peuvent nullement lutter avec les cuves à pastel, qui sont généralement adoptées.
- L’indigo est insoluble dans l’eau à quelque température qu’on l’y expose; sa dissolution dansl’acide sulfurique donne des nuances
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- très-éclatantes, mais elles n’ont aucune solidité; les autres agens chimiques qui seraient susceptibles de le dissoudre l’altèrent plus ou moins et présentent ainsi dans leur emploi des obstacles jusqu’à présent invincibles, tandis que le pastel en fermentation, aidé par les alcalis et par le calorique, possède la propriété de le dissoudre complètement et de le rendre apte à se combiner directement avec la laine sans le secours d’aucun mordant.
- Une cuve à pastel destinée à teindre dé la laine ou des draps est formée de fortes douves de bois de chêne bien sain, retenues par des cercles de fer, et enfoncées dans la terre à hauteur d’appui dans un lieu bien clos nommé guêde; le fond en est pavé très-soigneusement ; sa capacité est de i55 pieds cubes environ.
- Pour monter cette cuve, on fait bouillir dans une chaudière, pendant une ou deux heures, une quantité d’eau suffisante avec ii kilogrammes de son, ta kilogrammes de garance et autant de gaude. On transvase ensuite ce bain dans la cuve, où l’on a mis de l’indigo broyé et 200 ou 25o kilogrammes de pastel préparé réduit en poudre ou du moins écrasé à coups de maillet. On recouvre d’une bonne couverture, pour conserver la chaleur, et on pallie de temps en temps jusqu’à ce que la cuve soit arrivée au degré de fermentation convenable, ce qui se reconnaît à des signes avec lesquels on ne peut se familiariser que par l’observation et l’expérience. On administre alors une certaine quantité de chaux vive réduite en poudre pour arrêter la fermentation, et quelques heures après elle est en état de teindre.
- Le plus ou moins de temps que les cuves mettent à être prêtes dépend principalement de la qualité du pastel et de la nature des eaux. Quelquefois elles viennent en i5, 18 heures ; tandis que souvent elles restent 3o, 40 , 5o et même jusqu’à 60 heures. Quoi qu’il en soit, on ne doit jamais se presser de leur donner de la chaux, et il vaut mieux attendre trop que trop peu. Une cuve bien établie, et qui a suffisamment fermenté lors de son établissement, est ensuite très-facile à con-
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- (luire, taudis que celle qui aurait été arrêtée trop tôt serait pendant long-temps sujette à des dérangemens très-fréquens.
- Dans les ateliers où Ton teint en grand et en nuances foncées, il faut remettre de l’indigo dans la cuve , et la réchauffer régulièrement tous les deux jours.
- L’opération du réchaud consiste à faire passer le bain du cuvier dans une grande chaudière en cuivre, que l’on échauffe jusqu’au degré de l’ébullition, et à transvaser ce bain, ainsi chauffé , dans la cuve où l’on a remis de l’indigo, un peu de son et de garance. La chaudière est au niveau des cuves, soit dans Ie guède, soit dans un local voisin, et cette double transva-sion se fait au moyen de comportes que quatre hommes charrient , ou au moyen d’une conduite en bois dans laquelle à coups de seaux on jette le liquide que l’on a puisé d’abord dans la cuve et puis dans la chaudière.
- Cette manière d’opérer présente un très-grand nombre d’in-c°nvéniens : le bain de la cuve se fatigue, en ce qu’étant fortement remué et mis en présence de l’air atmosphérique , 1 indigo se réoxide, se précipite et nécessite une nouvelle désoxi-génation pour se redissoudre 5 l’opération est très-longue, très-fatigante pour les ouvriers et très-coûteuse. Au surplus elle n’est pas du tout en rapport avec les progrès des arts, et en voyant réchauffer de la sorte, on se croit transporté aux époques les plus reculées de l’industrie.
- Depuis long temps la nécessité d’améliorer ce procédé est vivement sentie par les teinturiers; on a même introduit quelques changemens. Dans le nord de la France et dans certaines fabriques du midi, on se sert de cuves dites à la hollandaise, qui, ayant une partie de leurs parois en cuivre, sont munies ultérieurement d’un fourneau , et se réchauffent sur place. Dans quelques ateliers on a essayé de chauffer par la vapeur de 1 eau introduite dans la cuve ; mais l’un et l’autre de ces procédés n’offrent aucun avantage réel, et il est bien constaté que ceux qui l’emploient peuvent à peine lutter avec ceux qui chauffent par l’ancien procédé, malgré toute son imperfection.
- Le moyen qui va être décrit, et dont on fait actuellement
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- usage dans l’atelier de teinturerie de Villeneuvette, n’est qu’une modification du réchauffage ordinaire, mais il simplifie beaucoup le travail, diminue considérablement la dépense, et obvie à la plupart des inconvéniens dont les autres modes sont accompagnés. Il consiste dans l’emploi d’une pompe en cuivre, pour élever le bain des cuves dans la chaudière de réchaud, placée de manière à ce que son fond soit au niveau de l’orifice des cuves, et à rendre le bain chaud dans celle-ci en ouvrant le robinet d’une conduite en cuivre qui prend naissance au fond de ladite chaudière.
- DESCRIPTION.
- ( PL a5, Jig. 5 ).
- A. Six cuves en bois placées dans le guède sur un même rang.
- B. Chaudière du réchaud placée dans la teinturerie à 4 mètres de distance du guède, et à 4 pieds ( i mètre 33 centimètres ) d’élévation au-dessus du niveau des cuves. Cette chaudière est établie sur une maçonnerie où l’on monte par un large escalier.
- C. Réservoir en bois, doublé en plomb laminé, destiné à recevoir le liquide des cuves et à le transmettre à la chaudière. Le fond de ce réservoir est au niveau de l’orifice de ladite chaudière. Sa capacité est égale à la quantité de bain qu’on réchauffe de chaque cuve. Il est établi sur deux piliers en pierre liés au mur du guède.
- 27. Pompe portative, a double corps, qui se place successivement dans chaque cuve et qui monte le liquide dans un conduit en cuivre E, lequel le porte dans le réservoir C. Xe bout aspirant de cette pompe est placé à o,8o mètres de son extrémité inférieure, afin de ne pas soutirer le dépôt. Cet appareil est assujéti par un anneau placé intérieurement à une douve, et par une bride placée à l’orifice de la cuve.
- E. Conduit en cuivre fixé tout le long d’un mur du guède, un peu au-dessus du niveau des cuves, et ayant sa pente des deux côtés vers le milieu.
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- F. Tuyau de cuivre qui s’embranche sur le milieu du canal E, et qui conduit le liquide dans le réservoir C.
- G. Tuyau destiné à transmettre le bain du réservoir C dans la chaudière B. Ce tuyau porte un robinet à son extrémité près de l’orifice de la chaudière.
- II. Robinet de la chaudière.
- 1. Tuyau en cuivre qui s’adapte au robinet 77, et porte le tain chaud dans les cuves.
- K. Douilles du susdit tuyau vis à vis chaque cuve. Ces douilles, qui sont évasées, se ferment au moyen d’un gros bouchon en liège, ou d’un petit sac de toile rempli de papier mouillé et de terre glaise.
- Lorsqu’on veut réchauffer, on commence par une des cuves indistinctement, n° i, par exemple, on y place la pompe que deux hommes font mouvoir • eri dix minutes le bain se trouve dans le réservoir C : on ouvre le robinet G, et dans un instant la chaudière étant pleine, on le referme ; on pousse le feu, et pendant que cette première cuve se chauffe, on porte la pompe dans une autre, et l’on emplit de nouveau le bassin C.
- Le bain de la chaudière étant suffisamment chaud, on ouvre la douille n° 1, on ouvre aussi le robinet H, et en moins de trois minutes le liquide est transvasé, sans perdre la moindre chaleur; on ouvre de suite le robinet G pour remplir derechef la chaudière , et on continue ainsi cette manoeuvre jusqu’à la fin.
- Trois hommes suffisent pour réchauffer les six cuves, comme ils suffiraient pour un plus grand nombre ; deux sont occupés à pomper, à moudre l’indigo et à pallier ; le troisième est chargé de diriger le feu et d’ouvrir et fermer les robinets. Dans moins de trois heures les six cuves sont réchauffées, tandis qu’autrefois d en fallait sept à huit en employant six hommes, ce qui présente une économie de temps et d’ouvriers de 5o % environ ; mais c’est là l’un des moindres avantages de cette méthode : le 4 bain des cuves se fatigue beaucoup moins , la chaleur est plus intense, l’indigo se dissout mieux, les cuves sont prêtes à travailler bien plus promptement, elles donnent déplus belles couleurs et en plus grande quantité.
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- description
- Dune machine à aiguiser et à nettoyer les dents des cardes des machines à carder le coton ; par M. Beuth.
- ( Traduit de l’allemand. )
- Les figures des planches 26 et 27 représentent la machine et sa composition.
- Cette machine , ainsi que le titre l’indique, sert à aiguiser , non-seulement les cardes des cylindres, mais aussi celles des chapeaux, des cardes à coton, et en outre à les nettoyer. La première opération s’exécute au moyen d’un mouvement de rotation que l’on donne au grand tambour de tôle , recouvert d’éméri humide, et en approchant les parties à aiguiser dans une position convenable. Toute la machine , à l’exception des parties dont la matière est spécifiée dans la description, est en fer forgé et en fonte.
- Les chapeaux doivent être enclavés à cet effet dans les supports O, des deux côtés du grand tambour à éméri (les dents tournés vers le tambour ) et seront dirigés verticalement, à l’aide des supports 00, etc., vers le haut et vers le bas ) pur cette disposition, le tambour, en tournant, les ébarbe, et ils peuvent être approchés graduellement par le moyeu des vis S, S, S, S, jusqu’à ce qu’ils soient entièrement aiguisés. Quant aux cylindres , on les pose dans les supports a et ô, par en haut, et on les fait tourner parle moyen d’une courroie fine, qui passe sur une poulie c, enfilée sur l’axe du grand tambour à éméri et qui passe en outre sur le cylindre à aiguiser. Les vis d font avancer les supports , et par conséquent aussi les cylindres qu’ils enchaînent. Les supports a servent à contenir les cylindres à aiguiser d’un moindre diamètre, et les supports b contiennent ceux d’un diamètre plus fort.
- Pour nettoyer les chapeaux et les cylindres, 011 les place sur les supports e, pour les soumettre à l’action du cylindre à bros-
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- ses X, qui tourne également sur son axe. On obtient le rapprochement convenable des cylindres à cardes vers le cylindre a h’ osses, par le moyen des vis f
- La transmission du mouvement sur toutes les parties de la Machine s’exécute comme il suit : tout le mouvement part de la poulie A, sur laquelle s’enroule une courroie sans fin, communiquant avec le cylindre moteur. Le tambour B , dont la surface en tôle a été couverte d’un mastic et puis d’éméri, est fixé sur Ie même axe que la poulie. A l’extrémité opposée de‘cette axe du tambour, se trouve une petite roueC, de 16 dents, qui en-10'êne une grande roue D, de J20 dents, et cette dernière en commande une plus petite E, de 60 dents. Sur l’axe de cette dernière voue E se trouve un excentrique F, avec sa bielle G, qui conrmunique un mouvement de va-et-vient à la manivelle H , ctfait mouvoir par conséquent le cylindre J, sur lequel se trouvent fixées deux manivelles K, de même que sur le cylindre opposé L, qui est mis en mouvement par la bielle M et par la manivelle N. Les 4 broches intérieures K font descendre les quatre Supports O sur leurs barres verticales, par le moyen des petites Nielles Q.
- Les barres P, sur lesquelles les supports O se meuvent, ont leurs tourillons en R, et peuvent à leur sommet, par le moyen des vis S, être approchées ou éloignées du tambour B, suivant fiUe l’aiguisement des chapeaux l’exige.
- Mais afin que le tambour à éméri ne soit pas usé inégalement, ü a été pratiqué une entaille T sur l’axe de ce tambour, tout Pres de la roue C, et dans cette entaille engrène un excentrique U, qui porte une roue Y de 80 dents (fig. d); et H tourne Par l’intermédiaire de cette roue, engrenant la petite roue W de' 3o dents, qui est consolidée sur le même axe de la grande loue D. L’excentrique U imprime par ce moyen, à l’àxe du tambour, un mouvement lent de va-et-vient, et par ce moyen tous les points delà surface du tambour sontutilisés par l’aiguisement.
- Le cylindre à brosses X , sur lequel se trouvent 8 rangs de brosses triples placés obliquement et parallèlement, est mis en Mouvement par la grande poulie à courroie, fixée sur l’axe du
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- tambour, en faisant passer une autre courroie sur ce disque et sur celui adapté au cylindre à brosses Y.
- La fig. 5 représente ce cylindre à brosses. Il est composé deux moitiés g et hy qui sont réunies par un anneau en fer i ^ chaque bout. Les lignes pointées indiquent les directions q11’^ faut donner aux trous pour y insérer les brosses, tel qu’on Ie voit en j.
- Les côtés de la machine en fonte , ainsi que ceux du tant' bour, sont garnis en dedans de planches Z. Sur le sommet de h1 machine se trouve encore une forte traverse en bois.
- Pour aiguiser le grand tambour des machines à carder, qui ne peut pas être déplacé , il faut encore un second tambour a éméri, que l’on adapte à la machine à cardes même, par Ie moyen des supports, fig- 9, sur lesquels il roule j on le fait agi1 ainsi sur le grand tambour des machines à carder. Le second tambour à éméri est construit de la même manière que le grand tambour B. Il consiste en deux disques en fer, forts de 4 pouces , qui sont assujétis sur un axe en fer de un quart de pouce d’e-paisseur, à une distance telle, que le plan extérieur de l’un des disques se trouve éloigné de 19 pouces du plan extérieur de l’autre.
- Par-dessus ce bâti on ajoute, ainsi que cela se pratique pour le grand tambour, une archure de tôle de forme cylindrique que l’on soude sur les disques, de manière que tout le tambour forme un cylindre de 9 pouces de diamètre, et de 19 pouces de longueur, qu’il faut couvrir ensuite , comme le grand tambour , de mastic et d’éméri.
- L’axe, épais d’un pouce et quart, dépasse le tambour des deux côtés de 10 pouces, et ces 10 pouces de chaque côté sont amincis au tour jusqu’à un diamètre d’un pouce ; sur l’un des bouts on visse une poulie comme la poulie Y du cylindre à brosses X, et sur l’autre bout on visse la poulie excentrique, représentée fig. 8>
- La figure 10 représente également des supports qui sont attachés à la machine à carder par des vis, pour contenir le cylindre à brosses, afin de nettoyer le grand tambour des machines à carder sans le déplacer.
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- ‘Sur un moyen de reconnaître la pureté du chromate de potasse} par M. J. Zuber fils.
- ( Ext. du bulletin de la Société industrielle de Mulhausen. )
- Le chromate de potasse a la propriété de se combiner avec d autres sels à base de potasse, sans que, jusqu’à un certain P°ini, ni sa couleur, ni la forme de ses cristaux, en éprouvent des changemeus notables. La spéculation a tiré parti de cette Propriété pour verser dans le commerce beaucoup de produits impurs, dont la sophistication est d’autant plus difficile à reconnaître, que les sulfates et hydrochlorates de potasse, dont °u se sert ordinairement pour reconnaître cette fraude, ne peuvent être découverts par les réactifs ordinaires, le nitrate de Laryte et le nitrate d’argent j parce que les chromâtes de baryte et d’argent sont tout aussi insolubles que le sulfate de baryte et le chlorure d’argent.
- Le mémoire de M. Daniel Kœchlin-Schouch , sur la décomposition du chromate de potasse par les acides végétaux, a fait uaître l’idée d’un moyen aussi sûr que facile, de découvrir ces ^eux sels. Il consiste à verser, dans le chromate de potasse que l’on veut essayer, un grand excès d’acide tartrique ; le chromate est aussitôt décomposé, et la liqueur prend, au bout d’environ minutes, une couleur améthiste foncée, de jaune clair <Ill’elie était d’abord, et ne forme alors plus aucun précipité, ni Par le nitrate de baryte, ni par celui d’argent, lorsque le chro-mate soumis à l’essai était pur ; tandis que les mêmes réactifs indiquent jusqu’aux moindres traces de sulfates ou hydrochlorates qui seraient contenus dans la liqueur. Je dois cependant parler de quelques précautions à prendre lorsque l’on veut 1 eussir dans ces essais : il faut d’abord agir sur des liqueurs assez étendues, pour qu’en mêlant la dissolution tartrique à celle du
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- chromate, il ne puisse point se précipiter de tavtvate acide de potasse, ce qui a lieu si l’on n’étend pas de 60 parties d’eau au moins. Il faut ensuite ne point essayer la liqueur avant que la couleur améthyste ne soit bien prononcée et qu’elle ne tire plu' tôt sur le vert que sur le jaune ; car, dans ce dernier cas, la dé-composition n’est pas complète. Si l’on veut opérer prompte* ment, il faut prendre 8 à io parties d’acide tartrique sur une de chromate : ou réussit avec des proportions moindres , même avec deux parties d’acide sur une de chromate j mais alors il faut ou chauffer légèrement, ou attendre plusieurs heùres. Si l’on ne prenait que parties égales d’acide et de chromate, l’on n’au-rait aucun résultat, puisqu’alors se forme la liqueur verte dont a parlé M. Kœchlin-Schouch , laquelle donne encore des précipités avec les sels de baryte et d’argent. Le chromate du commerce contient aussi parfois du nitrate de potasse que l’on reconnaît en faisant fuser le sel sur un charbon ardent.
- Je crois qu’il serait utile d’insérer cette note dans notre bulletin elle servirait à rectifier un article du Journal de Pharmacie, qui indique les mêmes moyens d’une manière inexacte. On lit en effet dans ce journal, au quatrième bulletin de 1828, page 2o3 : « que d’après une communication de M. Robiquet> »on essaie les chromâtes de potasse, en y versant une dissolu-» tion d’acide tartrique, et qu’alors l’acide du chromate est pré-» cipité de sa dissolution. » Cette dernière indication est entièrement erronée, et il m’appartient de la relever, puisque c’est moi qui avais prié M. Robiquet de donner de la publicité aux moyens d’essais indiqués ci-dessus.
- Je ne puis quitter ce sujet sans témoigner le désir que nous obtenions bientôt une théorie satisfaisante sur ce qui se passe quand on fait agir un acide sur le chromate de potasse : il ne paraît pas que depuis la publication de la notice intéressante de M. Kœchlin-Schouch, sur l’enlevage que l’on obtient par ce moyen, aucun savant se soit occupé de l’explication de ce phénomène, et il serait peut-être convenable que la Société proposât une médaille pour la solution de cette question.
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- ISOTE
- Sur la conversion de la pomme de terre en pain, contenant autant de substance animale ou azotée qu’on en trouve dans le pain fait avec la farine de froment par M. Darcet.
- J’ai lu, il y a long-tems, dans un auteur anglais dont je ne *ne rappelle pas le nom, la proposition d’améliorer les farines avariées, en y ajoutant de la colle de poisson. Cette idée m’a Paru féconde en applications utiles, et j’ai dès lors pensé à ani-ï'taliser toutes les substances végétales qui sont peu nutritives , eQ y ajoutant une quantité suffisante de gélatine.
- J’ai proposé en 1821 d’ajouter de la gélatine à la farine de froment, pour fabriquer avec ce mélange des biscuits très-nour-vfrsans à l’usage de la marine, et j’ai fait préparer de ces bis-cviits pour le voyage autour du monde qui se fait maintenant S°US le commandement de M. de Durville. J’ai en outre conseillé de fabriquer du pain avec la pomme de terre animalisée au moyen de la dissolution de gélatine. La note suivante est le développement de cette dernière proposition. Je crois qu’elle mérite d’être prise en considération , surtout en ce moment, °ù la cherté du pain influe si malheureusement sur le sort de la classe ouvrière , et où l’appareil que je monte à l’hôpital de la Charité pour l’extraction de la gélatine , va fournir à l’adminis-fration de grandes quantités de cette substance à très-bas prix, fra farine des boulangers de Paris contient environ :
- Eau............................. 10
- Gluten. . . ......................10
- Amidon...................... ^3
- Matière sucrée.................... 4
- Matièxe gommo-glutineuse.......... 3
- JOO
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- Les pommes de terre, achetées au marché, contiennent environ par quintal :
- Eau...............................7a
- Fibres ligneuses.................. 2
- Amidon........................\ . 26
- 100
- On voit, en comparant ces analyses que, pour rapprocher autant que possible la pomme de terre de la farine de blé, sous le rapport delà panification, il faudrait ajouter à 100 de pommes de terre 4,63 de matière animale et i,53 de substance sucrée.
- En mélangeant ces trois substances, on aurait évidemment une espèce de farine aussi nutritive et aussi facile à convertir en pain que celle qui provient du blé.
- La matière animale à ajouter à la pomme de terre pourrait être la gélatine ou la matière caséeuse. Quant à la substance sucrée , on pourrait la trouver à bas prix dans le sirop de fécule ou dans le sucre de raisin.
- Pour préparer 100 kilogr. de farine de pomme de terre aM'
- malisée, il faut :
- 264 kil. de pommes de terre, qui valent............. 4fr'9')
- Houille pour cuire ces poqimes de terre à la vapeur. . o 66
- 12 kil. de gélatine à 1 centime par kilogramme. ... 12 v
- 4 kil. de sucre de fécule ou de raisin................... 2 »
- Main d’œuvre pour cuire ou écraser la pomme de terre
- et pour y mélanger la gélatine et la matière sucrée. 4 ”
- Le i/io des dépenses ci-dessus en sus pour tous autres
- frais............................................... 2 36
- 25 97
- Disons 26 francs (1).
- (1) Pour convertir cette pâte en pain, il ne resterait plus qu’à lui donner la consistance convenable en y ajoutant de la farine, à y mélanger du levain, à faire lever la pâte , et à cuire le pain, comme on le lait de coutume.
- On apporterait une grande économie dans la fabrication de ce pain de pommes de terre.
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- On aura donc pour 26 fr. une niasse de pâte de pomme de terre animalisée, représentant 100 kil. de farine de blé telle-qu elle se vend dans le commerce, levant comme cette farine , et pouvant très-bien servir à faire de bon pain. Enajoutantaux
- fr. la somme de 1 f. 70 c. pour servir de bénéfice au fabricant, °n trouve que la farine dont il s’agit pourrait être vendue à raison de 27 fr. 70 c. par 100 kil.
- *00 kilogrammes de farine de blé de bonne qualité se vendent à Paris 60 fr. Nous venons de voir que l’on pourrait y vendre 100 kilogrammes de farine de pomme de terre anima-Usée pour la somme de 27 fr. 70 c.
- On voit, en comparant ces prix, et en supposant que ces deux espèces de farine se comportent de la même manière à la panification :
- i° Que la farine de pomme de terre animalisée coûte moins de moitié que la farine de froment;
- 2° Que le pain fait avec cette farine ne doit revenir qu’à environ 25 cent, le kil. ou à 10 sous le pain de givres (1).
- Note du rédacteur. — Nous donnerons dans notre prochain numéro une note développée sur les procédés employés par M. Darcet pour extraire la gélatine des os avec facilité et économie. Cette note complétera le vide que laisse sous ce rapport la
- En écrasant les pommes de terre cuitesà la vapeur, et en mélangeant la gélatine et le sucre de fécule, au moyen d’une des machines indiquées Par M. Schwartz. ( Voyez Traité de la pomme de terre, etc., page 5i.)
- a° En pétrissant la pâte, au moyen du pétrin mécanique de M. Lambert, ou de toute autre machine analogue ;
- 3° En cuisant le pain dans un système de fours chauffés alternativement Par un seul foyer alimenté avec de la houille, et rendu parfaitement fu-mivore.
- (i) La gélatine pouvant ne rien coûter dans les hôpitaux, on peut ainsi y avoir 100 kilog. de farine de pomme de terre animalisée pour i4 fr.
- Hans ce cas, la farine de pomme de terre ne coûterait qu’environle quart la farine de froment, et le pain fait avec cette farine ne reviendrait qu’à environ 5 sous les quatre livres.
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- présente note. L’auteur continue, avec le dévouement et les lumières qui le caractérisent, ses travaux sur la panification de la pomme de terre. Le biscuit qu’il obtient de cette substance présente toutes les qualités désirables, et le pain qu’il a pu pi’®' parer jusqu’à présent est déjà d’excellente qualité, et promet des résultats meilleurs. La seule circonstance qui laisse encore a désirer pour l’économie de la préparation est dans l’emploi de la levure de boulanger , qui, comme on le sait, entre à Paris pour un tiers dans le pain de froment. Ce mélange de levain an pain de pomme de terre double le prix de revient de ce pain-M. Darcet fait maintenant des recherches sur cette partie de la fabrication, et il a réuni des recettes de levures, qui entre ses mains ne pourront manquer de donner d’heureux résultats. H compte aussi obtenir de bons effets de l’addition de l’albumine, pour donner aux géodes formées par la fermentation toute la permanence désirable, que la gélatine n’a pas présentée jusqu’à présent. Cependant, quoi qu’il en soit des travaux ultérieurs tentés sur ce sujet, les résultats obtenus, livrant au commerce un pain salubre et nourrissant à 12 sous les 4 livres, présentent déjà un avantage qui, dans les circonstances actuelles, devient extrêmement précieux. Nous ferons connaître la suite de ces recherches importantes.
- BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
- j On vient de mettre sous presse les ouvrages suivans :
- Cours do Physiologie, de Zoologie et d’Histoire naturelle de l’homme, par W• Lawrence. professeur au collège royal de chirurgie, membre la Société royale de Londres, etc. etc. ; traduit de l’anglais, revu et annoté par M. , , docteur en médecine, 2 vol. in-8°, ornés de ta
- planches.
- Cet ouvrage paraîtra dans le courant du mois prochain.
- Traité^des Aliénations mentales, parle docteur Paul Slade Knight, chirur*
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- g>en eu chef de l’hôpital des fous de Bethléem; avec des observations écrites en français par le docteur Park, membre de la Société royale de Londres, revu et annoté par le docteur Ramon, médecin surveillant à la maison royale de Charenton ; 1 vol. in-8°, orné de planches.
- Cet ouvrage sera publié dans le courant du mois d’avril.
- Histoire descriptive de ta filature et du tissage de la laine, ou Description des divers procédés ou machines employés jusqu’à ce jour dans cette branche d’industrie, par M. Maiseau, traducteur des Manipulations chimiques de Faraday, et de l’Histoire descriptive de la filature et du tissage de coton ; a v°l. in-8°, avec un atlas séparé, contenant les dessins de toutes les ma-clbnes décrites dans le texte.
- Cet ouvrage, qui manquait à l’industrie française, paraîtra dans les pre-^iers jours du mois d’avril.
- ENCYCLOPÉDIE POPULAIRE.
- l'Oise des bâtimens, ou l’Art de se rendre compte et de mettre à prise toute espèce de travaux. Ouvrage indispensable aux architectes, construc-teurs et propriétaires; par L.-T. Pernot, architecte, expert près les tribaux.
- Partie, Maçonnerie. 1 vol., fig. 1 fr.
- Partie, Charpente, i vol. i fr.
- Partie, Serrurerie, x vol. 1 fr.
- IV
- Partie , Couverture et Carrelage, x fr.
- Ve t» . ------°
- Partie, Menuiserie. 2 vol. 2 fr.
- de construire les foumauæ d’usines ; par Pelouze.'a vol. 2 fr.
- ^ de fabriquer le savon, mis à la portée des ménages ; par M. Dussart. 1 1 fr.
- *** de fabriquer ta chandelle avec économie, et d’opérer son parfait blanchî-|®®nt, ouvrage dans lequel on donne les procédés pour faire la chandelle-0ugie ; par Michel, ancien fabricant. 1 vol. 1 fr.
- GUIDE DE LA MÉNAGÈRE.
- Traité des Alimens, leurs qualités, leurs effets, l’usage que l’on en doit faire selon l’àge, le sexe, le tempérament, la profession, les saisons, les cli-mats> les habitudes, les maladies, etc, ; par M. A. Gautier, docteur en médecine, x vol. afr.
- dît de la
- conservation des substances alimentaires, 1 vol. 1 fr.
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- Classification et description des vins de Bordeaux, et des cépages particuliers au département de la Gironde ; mode de culture, préparations pour les vins, selon les marchés auxquels ils sont destinés; par M. Paguierre, courtier de vins, i vol. in-ia, avec une carte des vignobles du Bordelais-Prix : 5 fr., et 4 fr. par la poste.
- A Paris, chez Audot, rue des Maçons-Sorbonne, n° n.
- DE L’IMPRIMERIE DE SELLIGUE, breveté roua les presses Mie*?1'1'
- «JOES BT A VAPBOR, RGB DBS JBUR8ÜR3, H» )4-
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- (V'VOLUME.) cÂbaxHS 1829.
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- JOURNAL
- ^HINCIPaLEMENT destiné a répandre les connaissances utiles ' A L’industrie générale , ainsi que les découvertes et les
- ^•P'FECTIONNEMENS DONT ELLE EST JOURNELLEMENT L’OBJET.
- ESSAI
- Des potasses du commerce, (i)
- Par M. Gay-Lussac.
- (Extrait des Annales de Chimie et de Physique.)
- Cessai des potasses du commerce a pour objet la détermi-tlation de la quantité réelle et utile d’alcali qu’elles renferment.
- Ou peut évaluer cette quantité en kilogrammes de potasse PUr par quintal, ou en degrés alcalimétriques. Nous donnerons es deux évaluations ; mais nous préférons la première, parce <îu elle est plus en harmonie avec l’usage général d’exprimer k ïïiasse des corps par leurs poids.
- Nous appelons en général titre pondéral d’un alcali, lenom-bfe de kilogrammes de matière utile que cet alcali renferme
- il) Les fleures wéro. S
- relatives à ce mémoire paraîtront dans le prochain nu*
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- au quintal. Pour le déterminer, nous prenons, d’urippm’1* une certaine quantité d’acide que nous divisons en cent parties, et de l’autre une quantité d’alcali telle que, si elle était pme,^ elle saturât exactement les cent parties d’acide. Le nombre e® parties d’acide employé pour la saturation d’un alcali impur en exprimera le titre pondéral.
- La nature et la force de l’acide que nous devons prendre paraissent tout-à-fait arbitraires y mais Descroizilles, dont Ie nom est cher aux arts , ayant introduit dans le commerce, pour acide d’épreuve, l’acide sulfurique affaibli par l’eau, renfermant ioo grammes d’acide sulfurique concentré par litre, il est convenable de l’adopter. Une autre considération nous détermine encore: l’acide sulfurique est de tous lesacides qu’on pourrait employer pour l’essai des alcalis celui qui marque Ie mieux sur le papier bleu de tournesol, réactif coloré le pins sûr pour reconnaître le terme de la saturation.
- A l’exemple de Descroizilles , nous prendrons pour unité d’acide 5 grammes d’acide sulfurique concentré, mêlés avec Peau de manière qu’ils occupent ioo demi-centimètres cubes, ou un vingtième de litre. Mais , au lieu de prendre comme lui5grammes de potasse, nous en prendrons seulement 4s,807, parce que c’est la quantité qui saturerait exactement les 5 grammes d’acide sulfurique concentré , si la potasse était absolument pure. D’après cela, une potasse quelconque, essayée sous le poids de 4S,8°7> renfermera, au quintal métrique, autant de kilogrammes de potasse pure qu’elle saturera de centièmes d’acide, et ce nombre de kilogrammes exprimera son titre pondéral.
- L’essai des potasses paraît donc très-facile , et il ne s’agit, pour l’exécuter, que d’employer des instrumens commodes et de.bons procédés. Il se compose, r° de la préparation de l’acide sulfurique d’épreuve ou normal, et de sa mesure ; a° de la préparation de l’échantillon de potasse dont on veut connaître le titre} 3° de celle d’un réactif color’é pour reconnaître Ie terme de la saturation de l’alcali par l’acide, et 4° du procédé même de saturation. Nous allons décrire successivement
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- chacune de ces opérations, et nous donnerons ensuite le tûoyen de déterminer le titre en potasse de plusieurs sels ayant cet alcali pour base.
- Préparation de Vacide normal et sa mesure.
- L’acide sulfurique distillé, le plus concentré que nous ayons PU obtenir, a une densité de 1,8427 à la température de i5° centigrades; 100-grammes de cet acide occupent par conséquent un volume de 54,268 centimètres cubes. Cet acide retient un pey au-delà d’une proportion d'eau ; mais l'excès egt très-petit et peut être négligé ici : nous le ferons d'ailleurs c°nnaître très-prochainement#
- Pour mesurer 100 grammes d'acide sulfurique , on prendra t*Ue petite boule A, surmontée d’un tube de 6 à 7 millimètres °ie diamètre intérieur, et contenant 54,268 centimètres cubes Jusqu’au trait circulaire ab , à la température de i5°. On la Emplira d’acide sulfurique, au moyen de l’entonnoir J?, de Manière que le bas de la courbe que forme l’acide dans le tube touche le trait ab. En opérant à la température de i5°, °n aura un poids exact de 100 grammes d’acide.
- On parvient très-aisément à faire la mesure d’acide en se Servant de la pipette C, effilée à son extrémité inférieure. Paut-il ôter de l’acide de la boule A? On y plonge l’extrémité inférieure delà pipette, et, pressant aussitôt sur l’extrémité supérieure avec l’index légèrement humecté, on retire la pipette , et avec elle l’acide qui y est contenu. On pourra en-c°re se servir, avec un égal avantage, d’un petit tortillon *ie papier buvant, que l’on tiendra à peine plongé dans l’acide. Ajouter de l’acide avec la pipette C ne sera pas plus difficile.
- Si, au lieu de mesurer l’acide , on préfère le peser, la petite boule A sera encore d’un très-grand secours. La boule étant pesée d’avance, on la remplira d’acide à peu près jusqu’au trait, et on complétera le poids des 100 grammes d’acide
- la même manière qu’on vient d’en compléter le volume.
- Le poids de l’acide sulfurique, comparé au volume qu'il
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- doit avoir à la température de i5» , ou à peu près , fera connaître si l’acide est convenablement concentré. S’il ne l’était pas, on en remplirait aux deux tiers la panse d’une cornue D, de un quart de litre environ , dans laquelle on mettrait un ou deux petits bouts de fil de platine $ on ferait pénétrer son col jusqu’au centre d’un récipient, et on l’échaufferait graduellement jusqu’à l’ébullition de l’acide. On laisserait distiller au moins le quart de l’acide mis dans la cornue , et, après le refroidissement de celui qui y resterait, on le mettrait dans un flacon sec, bouché à l’émeri, pour s’en servir au besoin (i).
- Le poids de 100 grammes d’acide sulfurique concentré étant obtenu, on préparera l’acide d’épreuve ou normal de la manière suivante :
- On prendra un vase E de la capacité d’un litre, ou contenant un kilogramme d’eau froide jusqu’au trait cd, et on le remplira environ à moitié d’eau. On y versera lentement les 100 grammes d’acide sulfurique contenus dans la boule A, et pendant ce temps on lui imprimera un mouvement rapide de rotation. On rincera plusieurs fois la boule avec de l’eau T qu’on réunira à celle contenue dans le vase E : on achèvera de remplir d’eau ce dernier jusque près du trait cd, et on agitera tout le liquide avec l’agitateur F. Après le refroidissement , on enlèvera l’agitateur, en tenant son disque appuyé contre le bord supérieur du vase , pour faciliter l’écoulement de l’acide qu’il a entraîné , et, au moyen du tube G, on achèvera de remplir d’eau le vase E, de manière que la sur-
- (1) Il est très-difficile, pour les personnes qui ne sont pas familières avec les manipulations chimiques, de préparer l’acide sulfurique concentré. Il leur serait plus facile de titrer l’acide sulfurique normal au moyen du carbonate de soude ou de potasse pur; mais il faut encore quelques manipulations, et c’est pour les éviter que nous avons engagé M. Collardeau, ancien élève de l’École polytechnique (rue de La Cerisaie, n° 3, à Paris), à préparer des flacons contenant 100 grammes d’acide sulfurique concentré. On trouvera chez lui l’alcalimètre complet.
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- fece du liquide paraisse toucher le trait cd, lorsque l’œil sera a la même hauteur que lui. On agitera de nouveau , et la Préparation de l’acide normal sera terminée.
- Cette manière de préparer l’acide normal nous paraît tres-sunple et très commode ; mais on pourra, si on l’aime mieux, peser l’eau au lieu de la mesurer. Il suffira de mêler ?oo grammes d’acide sulfurique concentré avec 962,0g grammes d’eau (i)? et pour effectuer le mélange, on prendra un flacon d’ün peu plus d’un litre de capacité, dont le poids soit connu. On le remplira aux trois quarts d’eau j on y versera les 100 grammes d’acide , on agitera le mélange, et après le refroidissement , on complétera le poids de 9628,09 que doit avoir l’eau • enfin on agitera de nouveau tout le liquide , et l’acide Normal sera préparé.
- Mesure de l'acide normal. Au moyen de l’instrument que nous allons décrire, et que nous désignons par le nom de burette , cette opération se fait avec autant de facilité que d’exactitude. La burette est représentée en H 5 elle est divisée en demi-centimètres cubes, en sorte que roo divisions ou degrés représentent 5 grammes d’acide sulfurique concentré (2). On la remplit d’acide normal, un peu au-dessus de la première division o, et l’on fait écouler l’excédant goutte à goutte parle bec e , enduit d’une légère couche de suif et mieux de cire. Toutes les gouttes étant sensiblement de meme grosseur, on Pourra subdiviser facilement chaque division en autant de parties qu’elles contiendra de gouttes. On trouvera, par exemple, qu’il faudra de 6 à 10 gouttes , selon le diamètre du bec d, Pour faire une division.
- (1) Ces nombres sont tels, que si l’on opère à la température de..ji5 , et sous la pression de o“, 76, on aura exactement 100 grammes d’acide sulfurique concentré par litre, sans faire aucune correction pour l’air. Si l’on opérait dans le vide, il faudrait prendre pour îpo grammes d’acide 9035,635 d’eau.
- (1 2) Les chiffres gravés sur la burette représentent des dizaines.
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- Préparation de Véchantillon de potasse dont on doit faire
- é essai.
- Nous avons dit qu’en adoptant pour unité d’acide 5 gram-mes d'acide sulfurique concentré, il fallait 4^807 de potasse absolument pure pour les saturer, et que, dans ce cas, le titre de la potasse était de cent centièmes, ou qu’elle renfermait 100 kilogrammes de potasse pure par quintal métrique.
- Si l’on se bornait , pour l’essai d’une potasse , à en prendre seulement 4^807, et qu’on ne fût point pourvu de balances très-délicates, on commettrait sûrement une erreur dans la pesée. De plus , la potasse du commerce étant rarement homogène , un aussi petit échantillon n’en représenterait pas l’état moyen ; enfin , si on manquait l’essai, on serait obligé de recommencer toutes les opérations préparatoires, ce qui entraînerait une perte de temps. -
- Afin d’éviter ces inconvéniens , on prendra un poids de potasse dix fois plus grand , ou de 485,07 qu’on formera de divers échantillons pris dans toute la masse ; on le dissoudra dans l’eau de manière que le volume de la dissolution soit d’un demi-litre ou de 5oo centimètres cubes , et le dixième de ce voluiïie renfermera 4^807 de potasse.
- Pour faire commodément la dissolution de la potasse , prenez une cloche à pied I, contenant un demi-litre jusqu’au trait circulaire f g, terminé par deux flèches en regard , et placez-la sur une table horizontale. Mettez-y les 48^,07 de potasse j puis ajoutez l’eau, en ayant l’attention qu’elle n’atteigne pas tout-à-fait le trait fg; agitez avec l’agitateur F, et lorsque la dissolution de la potasse sera achevée, vous retirerez l’agitateur • vous compléterez avec le tube G le volume d’un demi-litre qu’elle doit avoir, et vous agiterez de nouveau. Remarquez que, pour que le volume de la dissolution soit exactement d’un demi-litre, il faut que sa surface plane paraisse rencontrer le trait fg lorsqu’elle sera à la hauteur de l’œil.
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- La dissolution de potasse étant préparée, vous en prendiez dixième avec la pipette K , contenant 5o centimètres cubes jusqu’au trait hL Pour la remplir , immergez-la dans la dissolution jusqu’au-dessus du trait hi ; ou mieux faites-y monter liquide par aspiration , en immergeant seulement son extré-ïmté inférieure. Posez ensuite rapidement l’index ( qui ne doit être ni trop humide , ni trop sec ) sur l’orifice supérieur, €t laissez écouler le liquide excédant, en tenant l’extrémité inférieure de la pipétte appuyée contre le bord de la cloche, P°ur faciliter l’écoulement de la dernière goutte , qui autrement y resterait adhérente. Videz ensuite la pipette dans le ^°cal L d’environ g centimètres de diamètre et i5de haut, dans lequel doit se faire la saturation de la potasse.
- Cas où la potasse contiendrait beaucoup de matières ter-reiises. Quand le dépôt terreux qui se forme dans la dissolution de potasse est très-petit , on peut supposer sans erreur sensible que son volume ne change pas celui de la dissolution ; mais , s’il était un peu giand , il ne serait plus permis do le laisser dans la dissolution et on le séparerait par le fil-h'e. Voici la manière*de procéder dans ce cas.
- On mettra l’échantillon de potasse , de 488>°7 dans le bocal L avec seulement un quart de litre d’eau ; et , quand la dissolution en sera opérée , on enlèvera le liquide avec la pipétte K, e*- on le transportera dans le filtre M placé sur la cloche I de On demi-litre (r). Après le passage par le filtre de tout le liquide , on rincera successivement le bocal L avec de petites quantités d’eau qu’on enlèvera à mesure avec la pipette K et ’ïd’on passera par le filtre. On aura soin d’ôter le filtre de la 'doche / aussitôt que le volume de la dissolution sera de un demi-litre , on agitera le liquide avec l’agitateur G , et la dissolution de l’échantillon de potasse Sera préparée.
- (r) Pour avoir plus de précision, il ne faut pas que le filtre soit t 1 J5*and, et qu’il contienne au-delà du volume de la pipette K.
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- Préparation d’un réactif coloré pour reconnaître le ternie de la saturation de la potasse par l’acide sulfurique.
- Le réactif coloré auquel nous donnons la préférence est le tournesol 7 matière qu’on trouve dans le commerce sous la forme de petits pains bleus. Nous l’emploierons en dissolution dans l’eau et en teinture sur le papier. La dissolution de tournesol se prépare en faisant bouillir dans l’eau le tournesol réduit en poudre. Deux à trois pains suffisent pour colorer fortement un décilitre d’eau. On peut faire la dissolution à froid, mais elle est moins colorée. Nous donnerons à cette dissolution, colorée en bleu violet, le nom de teinture de tournesol. On n’en prépare que peu à la fois > parce qu’elle s’altère en quelques semaines, même dans des vases fermés.
- La préparation du papier coloré avec le tournesol se fait de la manière suivante :
- On prend du papier à lettre , ou tout autre bien collé , et on le colore d’un côté seulement avec la teinture de tournesol , au moyen d’un pinceau. Desséché, il doit avoir une couleur bleue tendre - si» elle n’était pas assez foncée , on lui donnerait une seconde couche Ce papier est ensuite coupé en petites bandes d’environ un centimètre de largeur ; nous l’appellerons papier bleu de tournesol. La couleur du tournesol ne change point par les alcalis et les corps neutres ; mais elle devient rouge par une très-petite quantité d’acide. Elle in-que par conséquent le moment où une dissolution alcaline est saturée par un acide ; car elle reste bleue tant qu’il y a un peu d’alcali libre dans la dissolution, et elle prend une couleur pelure d’ognon aussitôt que l’acide est en très-léger excès.
- Le tournesol peut également servir à reconnaître la présence d’un alcali. H suffit de passer le papier bleu de tournesol dans de l’eau dans laquelle on aura mis deux à trois gouttes d’acide, il prendra par là une couleur rouge , et reviendra bleu par une très-petite quantité d’alcali. Nous donnerons à ce réactif
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- ta nom de papier rouge de tournesol. Ainsi un liquide qui l°ugira le papier bleu de tournesol sera acide; celui qui taeuixa le papier rouge de tournesol sera alcalin , et celui *îUl ne changera aucun de ces réactifs sera neutre.
- Saturation de la dissolution de la potasse par l’acide normal'
- Prenez le bocal L ; mettez-y une pipette K de la dissolu-b°n alcaline qui a été préparée dans la cloche/(i), ajoutez ata dissolution une quantité suffisante de teinture de touv-^esol pour qu’elle ait une teinte bleue bien piononcée, et tenez le bocal au-dessus d’une feuille de papier blanc , afin *ta mieux apprécier les changemens de couleur que doit éprou-Ver le tournesol. Remplissez la burette H d’acide normal lusqu’à la division o , et, la tenant d’une main et le bocal *ta l’autre, versez peu à peu l’acide dans la dissolution de Pelasse que vous tiendrez continuellement agitée en donnant ab bocal un mouvement circulaire alternatif. La couleur bleue *ta tournesol ne changera pas d’abord, mais vers les de ta saturation, si c’est de la potasse carbonatée qu’on essaie, eHe virera au rouge vineux par l’acide carbonique devenu ^tae dans la dissolution.
- Commencez maintenant à vous tenir sur yps gardes pour ne Point dépasser le point de saturation. Dès que l’acide, en tombant dans la dissolution , ne fait plus entendre de bruis-Sement et n’excite qu’une faible effervescence , ne le versez par deux gouttes à la fois; et apiès chaque addition, taites un trait sur le papier bleu de tournesol avec une barbette de verre N ou une allumette trempée et bien lavée
- (l) A la rigueur, il faudrait rincer la pipette arec un peu d’eau p°ur ea~ kver l’alcali adhérent à ses parois; mais si on la laisse bien égoutter, et qu on 8°Uffle dedans pour détacher le liquide qui se rassemblera dans son bec, ^ette opération pourra être omise sans erreur sensible. Pendant qu on souf-Cla dans la pipette , il faudra en appuyer le bec contre la paroi du bocal.
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- dans la liqueur. Aussitôt que vous aurez dépassé le point de saturation , la couleur vineuse de la liqueur deviendra pelure d’ognon, et le trait fait sur le papier de tournesol sera rouge et persistera. Mais, pour mieux saisir le point de saturation, continuez à faire une ou deux additions d’acide, de deux gouttes chaque ( représentant, par exemple, un quart de centième )• lisez sur la burette le nombre de centièmes d’acide normal employé pour la saturation, et de ce nombre retranchez autant de quarts de centièmes que vous aurez de traits rouges persistans, plus un (i). Le nombre restant sera le titre de la potasse. On pourra , pour plus desûreté, recommencer l’essai, ce qui exigera très-peu de temps , parce qu’on versera de suite, à un ou deux centièmes près, la quantité d’acide nécessaire à la saturation.
- Revenons sur les changemens de couleur qu’éprouve la teinture de tournesol dans la dissolution pendant la saturation, parce qu’ils peuvent donner des indications utiles sur le degre de causticité de la potasse soumise à l’essai.
- On peut distinguer trois cas : la potasse sera entièrement caustique, ou carbonatée , ou enfin bicarbonatée.
- Premier cas ; potasse caustique. La couleur du tournesol ne changera qu’à la fin de la saturation, et passera brusquement du bleu au rouge pelure d’ognon.
- Deuxième cas ; potasse carbonatée. Si la potasse se trouve délayée dans environ quarante fois son poids d’eau, l’acide carbonique restera en entier dans la dissolution , pourvu qu’on ait bien soin d’agiter , jusqu’à ce que l’on ait saturé à peu près les ~ de la potasse ; à ce terme , l’effervescence commence à devenir très-vive, la couleur bleue du tournesol passe au rouge
- (x) La raison de cette soustraction est fondée sur ce qu’une quantité de sulfate de potasse, à jxeu près égale à celle qui se forme pendant la saturation d’une bonne potasse, retarde la réaction de l’acide libre sur le papier de tournesol. Deux gouttes ne le rougissent point, et la réaction n’est sensible qu’à la troisième.
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- vineux , et persiste jusqu’au moment de la saturation complète °u eHe devient rouge pelure d’ognon.
- Troisième cas : potasse bi-carbonate'e. La couleur de la téin-ture de tournesol virera au rouge vineux apres l’addition du P^tnier vingtième d’acide sulfurique, et peisistera jusqu’au fument où la saturation sera outrepassée.
- d’après ces observations, on pourra déterminer approxima-l|veînent le degré de causticité de la potasse, et régler la quan-bté de chaux vive nécessaire pour la rendre caustique. Si, par c*eillple, la couleur bleuè du tournesol ne virait au rouge vi-neUx qu’au moment où l’on aurait saturé les ~ de la potasse, Ce serait une preuve que celle-ci contiendrait environ la moitié son poids de potasse caustique, et que l’autre moitié serait a 1 état de carbonate.
- &egré de précision que l’on peut obtenir avec le mode des-Sai qui vient d’être décrit. N ous avons pris le titre d’une potasse par d’autres moyens très-précis, nous savions être de o,484> Qous l’avons trouvé, par le procédé décrit, de o,488, c’est-à-de quatre millièmes plus grand que le titre réel. L’exacti-du procédé est donc aussi grande qu’on peut le désirer.
- ité
- sdniédes opérations qui viennent d’être décrites pour l'essai d’une potasse.
- formez un échantillon moyen de la potasse à essayer, pre-i*e2'en 48207, jetez-les dans la cloche à pied I, et versez de l’eau ^'dessus, presque jusqu’au trait circulaire f g $ agitez avec l’a-8|tateur .Fpour favoriser la dissolution de la potasse -, retirez l’a-^tateur, ajoutez de l’eau pour compléter le demi-litre, et mêlez IeQ de nouveau. Quand la dissolution se sera éclaircie, prenez-une pipette K que vous ferez écouler dans le bocal L > et °loiez-la avec un peu de teinture de tournesol. La burette H rumplie d’acide, tenez-la d’une main et le bocal de l’autre, p1 ^essus d’une feuille de papier blanc • faites couler peu à peu acide dans la dissolution en agitant continuellement le bocal
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- d’un mouvement alternatif de droite à gauche, tant que l’effei' vescence sc fait entendre;, mais, aussitôt qu’elle n’est plus ^erl sensible, ne versez l’acide que par deux à trois gouttes, et apieS chaque addition faites un trait sur une bande de papier bleu de tournesol avec une baguette de verre trempée dans la dissolu* tion. Continuez ainsi jusqu’à ce que la couleur du tournesol ad viré au rouge pelure d’ognon, et que vous ayez deux à trois trait® rouges persistans sur le papier bleu de tournesol. Lisez sur la bu* rette combien vous avez employé de centièmes diacide, et dece nombre retranchez autant de quarts de centième que vous ave* de traits rouges bien persistans, plus un ( on suppose que Ie nombre de gouttes d’acide ajouté à chaque fois forme un quad de centième ) ; le restant de l’acide employé sera le titre de 1® potasse cherché. Quand on se sera rendu familier le changemeot de couleur du tournesol du rouge vineux au rouge pelure d 0' g non, on fera l’essai avec beaucoup plus d’assurance, et ofl n’aura qu’à tracer trois à quatre traits sur le papier de tournesol-
- S’il arrivait de dépasser le terme de la saturation, sans savoi1 de combien, il faudrait recommencer une autre opération ; mai®; même sans cette circonstance; il est utile de la faire comme ve' rification. Le titre étant déjà connu, ou à très-peu près, par d première opération, cinq minutes au plus suffiront.
- Essai des cendres.
- Nous le citons comme exemple d’une matière très-peu riclF en alcali, et contenant beaucoup de matières terreuses. Faite® bouillir, dix minutes (i), 48s,07 de cendres dans un vase avcc environ un quart de litre d’eau ; décantez le liquide avec la pi' pette K, et jetez-le sur le filtre M placé sur la cloche /; verse* sur les cendres deux pipettes d’eau K, faites bouillir et filtrez? enfin ajoutez encore aux cendres deux autres pipettes d’eau,
- (i) En ne lavant les cendres qu’à froid, on n’enlève qu’une partie de I® potasse qu’elles renferment. Le titre de cendres lavées à froid n’a été ql,c de i,a, tandis que, lavées à chaud, il a été de 2,6.
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- Ptocédeü de même. Attendez que le liquide reçu dans la cloche ^ 8°it refroidi, et complétez son volume de un demi-litre en jetant sur les cendres un peu d’eau froide que vous passerez aussi Parle filtre. Mêlez bien tout le liquide et opérez comme pour * essai de la potasse. Mais comme les cendres sont très-pauvres en alcali, vous pourrez prendre deux pipettes de dissolution, au Jieii d’une, pour en faire la saturation, et la moitié du titre ob-Sei’vé sera le véritable titre.
- Titre d’une dissolution de potasse.
- Supposons qu’on ait une dissolution de potasse, et qu’on cfe-lnapde combien elle contient de potasse absolument pure par on en prendra une pipette /T de ~ de litre, et on la satu-lerad’acide sulfurique normal, d’après le procédé indiqué. On ^°Uyera, par exemple, que le titre est o,34j ce qui indiquera la dissolution de potasse contientÇp,807 0,34=is,633 de
- Potasse pure par chaque vingtième de litre, ou 32^,66 par litre, 011 enfin 3^,266 par hectolitre. ,
- Titre du sulfate de potasse.
- P'ans quelques arts, comme dans ceux du salpêtrier.et du fa-^’ieant d’alun, on peut remplacer la potasse par son sulfate : il avr*ve aussi quelquefois que la potasse contient des quantités Stables de sulfate, et il peut être utilé de déterminer la quan-par quintal de chacune de ces substances.-Mous commence^ r°n8 par le titre du sulfate de potasse.
- réactif le plus convenable que l’on puisse employer pour Cet objet est le chlorure de barium ( muriate de.baryte ). Il pré-ClP'te l’acide sulfurique du sulfate en une poudre blanche inso-lüble, et par la quantité qu’il en faut pour la précipitation compte, on peut déterminer exactement le titre du sulfate ou la S'iamité de potasse qu’il contient.
- Comme c’est la potasse réelle contenue dans le sulfate qu’il 1porte de connaître, nous suivrons exactement la même mar-e^e que pour la potasse du commerce. •
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- Faisons donc une dissolution de chlorure de barium dans l’eau, telle qu’elle soit entièrement décomposée par un égal volume d’acide sulfurique normal ; le nombre de divisions de la burette H que l’on emploiera de cette dissolution, pour dé' composer 4ë,8°7 de sulfate de potasse, exprimera le titre de Ce sel, ou le nombre de kilogrammes de potasse pure qu’il coU' tient au quintal.
- Préparation de la dissolution de chlorure de barium. PrenC2 ioo grammes de chlorure de barium cristallisé, seulement deS' séché à l’air, et dissolvez-les dans 3^50, ^3 d’eau, ou bien mette2 248s, 4-35 de chlo rure dans le vase E de un litre, remplissez-Ie d’eau presque jusqu’au trait c d7 agitez pour favoriser la dissm lution du chlorure; retirez l’agitateur, complétez avec de l’eaU lé volume de un litre, et agitez de nouveau. Si cette dissoluti°11 est faite à i5°, elle aura 1,1812 de .densité.
- Maintenant, pour faire l’essai du sulfate de potasse, c ont' rnencez par le réduire eu poudre très-fine, et pesez-en 48»7°7 que vous dissoudrez dans la cloche /, de manière que le volum6 de la dissolution soit d’un demi-litre ; prenez-en avec la pipette X un dixième, que vous mettrez dans un grand verre à boire, & ayant rempli la burette de dissolution de chlorure de barium? vei’sez-la goutte à goutte dans la dissolution du sulfate, tant que vous apercevrez qu’elle y produit du trouble. Lorsque le Ü' quide sera devenu trop opaque pour permettre de distinguer s* l’addition d’une nouvelle quantité de chlorure de barium dm termine un précipité, vous en mettrez une petite partie dans Ie filtre O, et vous recevrez le liquide dans une petite éprouvette P, ou dans un verre à patte Q. Vous y verserez alors une ou. deux gouttes de chlorure de barium; et s’il ne se produi-duisait aucun trouble, ce serait une preuve que l’on aurait outrepassé le point de saturation; un nouvel essai serait nécessaire. Si-,au contraire, la liqueur se trouble, vous ajouterez uVe nouvelle quantité de chlorure de barium à la dissolution du sulfate, en vous dirigeant d’après l’abondance du précipité; vous réunirez à la dissolution la portion mise sur le filtre, vous agiterez et vous filtrerez une nouvelle portion du liquide avec Ie
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- ttieme filtre K, pour savoir s’il précipite encore avec le chlo-ï'Ure de barium; mais vous aurez l’attention de,ne j^oiilt éprou-Ver )a première portion qui aura rempli le filtre, et qui est des-bnée à le laver; vous la laisserez même s’écouler entièrement, et ce n’est que la seconde portion que vous mettrez sur le filtre <îu‘ sera essayée. On continuera ainsi jusqu’à ce qu’une ou deux §°uttes de chlorure de barium n’occasionnent plus de trouble Sensibie dans la dissolution. La quantité de chlorure de barium Manquant dans la burette indiquera le titre en potasse du suinte de potasse.
- Cet essai est un peu long; mais on peut l’abréger de beau-Coup. Au lieu de verser le chlorure de barium goutte à goutte, 011 mettra à la fois deux divisions de la burette, par exemple, quand on aura outrepassé le point de saturation, on fera un Nouvel essai en versant de suite, dans la dissolution de sulfate potasse, une quantité de chlorure de barium égale, à deux divisions près, à celle qui avait été employée dans le premier essai, et on n’aura plus à faire qu’un très-petit nombre de tâ-tonnemens pour arriver au véritable titre (i).
- Titre du sulfate acide de potasse.
- Si le sulfate dé potasse qu’on doit essayer est avec excès d’acide, comme celui provenant des chambres de plomb, on en Pèsera 48^,07 que l’on dissoudra dans l’eau dé manière qu’ils °ccupent un demi-litre. On prendra une pipette K de cette dissolution , et on en déterminera le titre avec le chlorure d® barium, comme pour le sulfate neutre de potasse. Soit ce titre 72.
- D’une autre part, on préparera une dissolution de carbonate
- (l) Si l’on avait de fréquens essais de potasse et de sulfate de potasse à ^a*re> il serait plus commode d’avoir deux burettes, l’upe pour l’acide sul-^llrique> et l’autre pour le chlorure de barium. On peut les fermer avec un k°uchon de liège, et alors les dissolutions s’y conservent long-temps sans altération , c’est-à-dire sans évaporation sensible.
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- Je potasse qui soit telle qu’elle neutralise exactement un vo* lume égafaugien d’acide sulfurique normal. On l’obtiendra facilement pesant 700,506 de carbonate de potasse desséché au rouge obscur, et en les délayant dans l’eau jusqu’au point qu’ils occupent un demi-litre • ou bien en mêlant 100 gram. de carbonate de potasse avec 691,574 gram. d’eau.
- Cela fait, on prendra une nouvelle pipette K de dissolution de sulfate acide de potasse , et on la saturera avec la dissolution de carbonate de potasse, au moyen de la burette H. On connaîtra ainsi 1 acide en excès du sulfate acide de potasse. Soit 28 le n.ouibie dé centièmes de carbonate dépotasse employé pour obtenir la saturation ; on retranchera 28 de 72, et la différence 44 sera le titre en potasse du sulfate acide de potasse.
- Essai d'une potasse contenant du sulfate de potasse.
- Commencez par faire l’essai de cette potasse, comme si elle ne contenait pas de sulfate, et notez-en le titre.
- Prenez une pipette K de la même dissolution de potasse, et versez-la dans le bocal à saturation L; ajoutez une quantité suffisante d’acide nitrique ou d’acide hvdro-chlorique exempts d’acide sulfurique, pour qu’elle rougisse sensiblement le tournesol; puis cherchez son titre avec le chlorure de barium.
- Si, par exemple, il a fallu 35 centièmes d’acide normal pour saturer la potasse, et 12 de chlorure de barium pour précipiter le sulfate de potasse, vous conclurez que l’échantillon soumis a l’essai contient 47 centièmes de potasse ; savoir, 35 à l’état caustique ou carbonaté, et 12 à l’état de sulfate.
- Analyse d’un mélange de sel marin et de chlorure de potassium (muriate de potasse).
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- Le procédé que nous proposons pour l’analyse de ce mélang est fondé sur l’abaissement très-inégal de température que chacun des deux chlorures produit en se dissolvant dans l’eau* 5o grammes de chlorure de potassium, au moment où ils s® dissolvent dans 200 gv. d’eau contenus dans un vase de verre R, de la capacité d’environ 320 grammes d’eau, et du poids de
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- *85 gr., produisent un abaissement de température de 11,4 centigrades. La même quantité de sel marin donne seulement* dans les mêmes circonstances, un abaissement de i°,g.
- Maintenant, si l’on fait un mélange des deux chlorures, et *ïu on en dissolve 5o grammes dans 200 gram. d’eau, le froid produit sera relatif à la quantité de chacun d’eux ; et l’on conçoit ^u’en foftnant une table des proportions des deux chlorurés correspondantes à chaque abaissement de température , il sera focile, connaissant l’abaissement produit par un mélange, de connaître les proportions des deux chlorures dans ce mélange. "Ÿbici la manière d’opérer.
- Prenez 60 grammes du mélange à analyser , dissolvez-les dans •l’eau , filtrez, 1 avez le filtre , et évaporez fortement à siccité Pour expulser toute humidité. Pésez le résidu salin, son poids étant multiplié par 10, et le produit divisé par 6, vous aurez Par quintal la quantité de matière saline pure contenue dans le tuélange. Broyez très-fin ce résidu salin , et prenez-en 5o gram. ; d’une autre part * pesez 200 grammes d’eau dans le bocal R, de la capacité et du poids cités; mettez le sel sur une feuille de papier à côté du bocal, et attendez qu’ils soient l’un et l’autre à la hiême température. Prenez ensuite exactement la température» de l’eau avec un thermomètre dont les degrés soient divisés en cinquièmes, ce qui vous permettra d’évaluer des dixièmes de degré ; et jetez rapidement le sel dans le bocal. Pendant que vous tenez l’une des mains sur le thermomètre , prenez le col du vase de l’autre, en lui imprimant un mouvement giratoire très-rapide pour accélérer la dissolution. Pendant qu’elle s’opère, le thermomètre baisse rapidement; on suit sa marche ^Vec attention, et on observe le degré le plus bas auquel il parvient. On prend ensuite la différence entre la température de l’eau avant la dissolution et celle après, et, en cherchant dans la table suivante A la même différence, on trouve vis-à-vis la Quantité de chlorure de potassium correspondante. Si, par exemple, la température initiale de l’eau était 20°,4 fit la température finale i2°,8, la différence y°,6 donnerait, par la table, centièmes de chlorure de potassium ; et par conséquent 4°
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- de sel marin : on réduira ensuite ees proportions d’après la quantité de matières étrangères ( eau et matières terreuses ) contenues dans le mélange soumis à l’essai.
- Ce procédé, qui exige à peine io minutes pour son entière exécution, est surtout avantageux dans la fabrication du salpêtre et dans celle de l’alun;
- Table A donnant en centièmes la proportion du chlorure de potassium correspondante aux abaissemens de température dans un mélange de chlorure de potassium et de chlorure de sodium.
- Abaiesera. de temp. Chlorure de posasse. Abaissem. de temp. 'Chlorure de potass. Abaissera, de temp. Chlorure de potass. Abaissem. de temp. Chlorure de potass*
- i°.9 0.00 4 .3 25.26 6 .7 50.57 9 .1
- a .0 i.o5 4 4 26.3i 6 .8 5l,58 9 .2 76.84
- 2 .1 a. 10 4 .5 27.37 6 .9 5 a. 63 9 .0 77-89
- 2 .2 5.i6 4 .6 28.42 7 53.68 9 .4 78.95
- 3 .3 4-ai 4 •7 2947 7 -1 54.74 9 .5 80.00
- 2 .4 5.26 4‘ >.8 3o.53 7 -2 55.79 9 .6 81. o5
- 6.3i’ 4 •9 3i.58 7 .3 56.84 9 82.10
- 7.37 5 .0 32.63 7-4 57.89 9 .8 83.16
- 8.42 5 .1 33.68 7 -5 68,95 9 •9 84.21
- t:'s 9-^7 5 .2 34.74 7 -6 60.00 10 .0 85. u6
- 10.53 5 .3 35.79 7°-7 61.o5 10 . 1 86.31
- i'o 11.58 5 4 36.84 7 -8 62. )0 10 .2 87.37
- 3 ,i ia.63 5 .5 37.89 7 -9 63.16 10 .3 88.42
- 3 .a i3.68 5 .6 38.95 8 .0 64-21 10 •4 89.47
- 3 .3 14.74 5 •7 4o,00 S .i 65.26 10 .5 90.55
- 3 .4 l5.7q 5 .8 41.o5 8 .2 66.3i 10 .6 91 i-
- 3 .5 16,84 S •9 4-2. 10 8 .3 67.07 10 •7
- 3 .6 17.8q 6 .0 43.l6 8 .4 68.42 10 .8 90.68
- 3 .7 18. g5 6 . 1 44.21 8 .5 69.47 0 •9 94.74
- 3 .S 20,00 6 .2 45.26 8 .6 . 7°-33 11 .0 95A9*
- 3 .Q 21.o5 6 .3 46,31 8.7 71.58 1 . 9b. 84
- 4 .0 22.10 6 4 47.37 8 .8 72.63 1 . 2 97-89
- 23.16 6 .5 48.42 8 .9 73.68 11 •3 98.95
- 4 -3 24.21 6 .6 49-47 9 0 74-74 1 .4 100.00
- Essais des sels de Wareck.
- Ces sels, que l’on extrait par lixiviation des soudes brutes de Wareck , sont principalement formés de sel marin, de
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- chlorure de potassium et de sulfate de potasse j ils contien-nent aussi de un à trois pour cent de carbonate de soude et quelques millièmes d’iodure de potassium , et d’hypo-sulfite. Nous porterons particulièrement notre attention sur les trois Premiers sels. Nous faisons remarquer qu’il serait possible que l’acide sulfurique fût combiné avec la soude au lieu de l’être avec la potasse, et que le potassium fût combiné avec le chlore; Utais peu importe ; un mélange à proportions équivalentes de sulfate de soude et de chlorure de potassium , agit exactement comme les mêmes sels transformés en sulfate de potasse et en chlorure de sodium. On prendra donc , comme pour l’essai des potasses , 4^,07 de sels de Wareck ; on en fera une dissolution d’un demi-litre, au moyen de la cloche I, et après y avoir ajouté assez d’acide nitrique ou hydro-chimique pur pour la rendre légèrement acide, et décomposer le carbonate de soude qu’elle pourrait contenir, on cherchera combien il faudra de chlorure de barium titré pour précipiter l’acide sulfurique du sulfate de potasse. Supposons que ce soit 12 centièmes ; les sels de Wareck contiendront i2k de potasse par quintal métrique, ou, d’après la table JB, 22^19 de sulfate de potasse, ou enfin 18,97 de chlorure de potassium.
- Cette opération terminée, on réunira la portion liquide qu’on aura saturée de chlorure de barium à celle qui ne l’aura pas été, et on y dissoudra encore 12 à i5 grammes de sel de Wareck. On saturera exactement cette dissolution avec dù. chlorure de barium , et après l’avoir filtrée , on la fera évaporer à siccité. Il ne restera qu’un mélange de chlorure de potassium et de chlorure de sodium qui sera analysé de la manière qui a été décrite page 357 ; admettons qu’on ait trouvé 45 centièmes pour la proportion du premier chlorure , et par conséquent 55 pour celle du second.
- Ces deux quantités doivent éprouver une réduction ; cp les 22,19 de sulfate de potasse trouvés précédemment , ne produisant que 18,97 de chlorure de potassium, 100 parties de sels de Wareck sont réduites à 96,78 après la décomposition du sulfate de potasse par le chlorure de barium. Il faudra
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- donc réduire, dans le rapport de 100 à 96,78 , les 45 parties de chlorure de potassium et les 55 de chlorure de sodium ; ce qui donnera 43,55 et 53,23 ; retranchant maintenant de 43,55 les 18,97 parties de chlorure de potassium produites par la décomposition du sulfate , il en restera 24,58 qui préexistaient dans le sel de Wareck. Ce sel, supposé sec et privé de parties terreuses , sera donc composé de la manière suivante :
- Sulfate de potasse...... 22,2 ;
- Chlorure de potassium. . 24,6;
- Sel marin. . . . ....... 53,2.
- 100,0.
- L analyse de plusieurs sels de Wareck nous a donné pour résultat moyen :
- Sulfate de potasse. ... 195
- Chlorure de potassium. . . 25 = 29 sulfate de potasse j
- Sel marin................ 56.
- 100.
- Ces sels sont d’un grand intérêt par les sels à base de potasse qu’ils contiennent, et qui peuvent être utilisés tant dans la fabrication de l’alun que dans celle du salpêtre.
- Procédé pour reconnaître un sel de Wareck. L’analyse de ce sel f exécutée comme nous venons de le dire, ne laisserait aucun doute sur sa véritable origine $ mais il existe un moyen beaucoup plus simple de la constater. Les sels de Wareck retiennent, quoique ayant été lavés pour en séparer l’iodure de potassium, une quantité suffisante de ce composé pour le laisser déceler par les deux moyens suivans.
- Yersez sur lé sel de l’acide sulfurique concentré, et vous apercevrez ordinairement des vapeurs violettes qui annonceront la présence de l’iode, ou au moins le sel se colorera en jaune-brun.
- Mais le moyen le plus sensible et le plus sûr de reconnaître l’iode sera de jeter sur le sel moins d’eau qu’il n’en faut pour le dissoudre ; de délayer dans la dissolution un peu d’empois ou de
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- colle d’amidon, et d’y verser goutte à goutte, en agitant, du chlorure de chaux très-affaibli ; le liquide deviendra bientôt d’un violet plus ou moins foncé par la combinaison de l’iode, avec l’amidon.
- Titre alcalimétrique d’un alcali.
- On entend par titre alcalimétrique d’un alcali le nombre de centièmes d’un acide constant saturé par un égal poids de cet alcali. Dans le commerce, on a adopté pour l’acide un quintal métrique d’acide sulfurique concentré, et on appelle degré de potasse ou de soude la quantité de potasse ou de soude qui sature un kilogramme d’acide sulfurique concentré.
- L’acide qu’on emploie pour la détermination du titre alcalimétrique est le même que celui dont nous avons fait usage jusqu’à présent, c’est-à-dire que c’est l’acide sulfurique concentré, du poids de 5 grammes , et délayé dans l’eau de manière qu’il occupe un vingtième de litre, ou 5o centimètres cubes; le poids de l’alcali est par conséquent aussi de 5 grammes.
- Procédé pour déterminer le titre alcalimétrique de la potasse. Pesez 5o grammes de potasse, et faites-en une dissolution d’un demi-litre dans la cloche I. Prenez-en une mesure K de un Vingtième de litre ; versez-la dans le bocal L, et saturez-la avec l’acide normal , en opézant exactement comme il a été prescrit page 35o, pour déterminer le titre pondéral de la potasse. Soit 55 le nombre de centièmes d’acide normal employé pour la saturation; ce titre signifie, en prenant le quintal métrique pour imité, que ioo kilogrammes de potasse supposée impure, contiennent en potasse pure de quoi saturer 55, kilogrammes d’acide sulfurique concentré.
- Les divers alcalis, sous le même poids, ne saturent pas la même quantité d’acide ; ou,' en d’autres termes, ils contiennent Un nombre inégal de degrés. Ainsi iook de potasse, absolument pure, qui ne saturent que ()6k d’acide sulfurique conccnti e, ne contiennent que 96 degrés de potasse, tandis que iook de soude en contiennent i56,g6. Nous donnerons, dans les tables suivantes, le titre pondéral et le titre alcalimétrique de la potasse à l’état caustique, de carbonate, de sulfate et de chlorure.
- s
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- Table B.
- Titre pondéral en potasse. Degrés alealimétriques du commerce. Potasse hydratée. Carbonate de potasse. Chlorure de potassium. Sulfate de potasse.
- I i°o4 1*19 1.47 1.58 i.85
- 2 2.08 2.38 2.93 3.16 0.70
- 3 3.12 3.58 4.4.0 4-74 5.55
- 4 4.16 4,76 5.87 6.32 7.40
- 5 4.20 5,95 7.33 7- 9o 9.25
- 6 6.24 7.4 8.80 9-49 11.10
- Z 7-28 8.33 10.27 11.07 12.95
- 8 8.3a 9.52 11.73 12.65 14.80
- 9 9-^6 10.72 l3.20 4.23 16.65
- 10 10,40 11.91 4.67 i5.8i 18.5o
- 11 11.44 i3.io ; i6.i3 17.39 20.35
- 12 12.48 4.29 17.60 18.97 22.19
- i3 i3.52 i5.48 19.07 20.55 24.04
- i4 4.56 16.67 20.53 22. i3 25.89
- 4 i5.6o 17-86 22.00 23.71 27.74
- 16 16.64 19.05 23.47 25.29 29.39
- J7 17.68 20. â4 24.93 26.87 3i.44
- 18 18.72 21.43 26.40 28.46 33.29
- *9 19-76 22.62 27.87 3o.o4 35.4
- 20 20.80 2 5.81 29.53 31.62 66.99
- 21 21.84 25.00 3o.8o 33.20 38.84
- 22 22.88 26.19 32.27 34.78 4o.6g
- 23 ? 20.92 27.38 33.73 36.36 4-2.54
- 24 35 24.96 26.00 28.57 29.76 35.20 36.67 57-94 3g. Sa 44.3g 46.24
- 36 27.04 30.96 38.i 3 4i.io 48.09
- 27 28.08 02. i5 39.60 42.68 49-94
- 38 29.12 33.34 4i.o7 44-26 3i-79
- 29 3o.i6 \ 34.53 42.53 45,84 : 53.64
- 30 31 3l.20 35.72 44-00 47.43 55.4g
- 32.24 36.91 45 47 4g.oi 57.34
- 3û 53.28 38.io 46.94 60.59 69.19
- 33 34.32 39.29 48.40 52.17 6i.o4
- 34 35.37 4o.48 49 87 53.75 55.33 62.88
- 35 3 6.4a 41.67 51.34 64.73
- 36 57-45 42.86 52.80 56.91 66.58
- $7 38.49 44o5 54.27 58.49 68.43
- 38 ' 39.53 i 45. 4 55,74 60.07 70.28
- £9 ; 4o,5,7 46.43 5j„20 6i.65 72. i3
- 4o 4 >.61 47.62 58.67 65 20 75.98
- 4* 4'2.65 48.81 - 60.14 : 64.81 75.83
- 4a 43.69 5o.oo 61.60 66.40 77.68
- 43 44.7 3 5l.'20 63.07 67.98 ' 79.53
- 44 : 45.77 62.39 64.54 ; 69.56 81.38
- 45 „ 46.81 53.58 66.00 7 !* l4 83.23
- 46 47.85 •54.77 67.47 72.72 85,08
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- Titre pondéral u potasse. Degrés a^calimé triques du commerce. Potasse hydratée. Carbonate de potasse. Chlorure de potassium. Sulfate de potasse*
- 47 48.89 55.96 68.94 86.93
- 48 49*93 57. »5 70.40 j5.88 8S.78
- 49 50.97 58.34 71.87 77.46 90.63
- 5o 52.01 59.55 73.54 79*°4 92.48
- 5i 55. o5 60.72 74.80 80.62 94.33
- 52 54.09 61.91 76.27 82.20 96.18
- 53 55. i3 63.io 77*74 83.79 98.05
- 54 56.17 64.29 79.20 85.37 99.88
- 55 57.21 65.48 80.67 86.95
- 56 58.25 66.67 82.14 88.53
- s7 59.29 67.86 83.60 9°. 11
- 58 6o.35 69.05 85.07 91*69
- 59 61.37 70.25 86.54 93.27
- 6o 62.41 71.44 88.00 94.85
- 6x 63.45 72.63 89*47 96.43
- 6a 64.49 73.82 90.94 98.01
- 63 65.53 7.5.01 92.40 99*^9
- 64 66.57 76.20 93.87
- 65 67.61 77*3g 95.34
- 66 68.65 78.08 96.80
- ' f7 89 69 79-77 98.27
- 68 70.73 80.96 99*74
- 69 7 ’ *77 82. i5
- 7o 72.81 83.34
- 7i 73.85 84.53
- 72 /4*8g 85.72
- 73 75.93 S6.9i
- 74 78-97 88.10
- 75 78.01 89.29
- 76 79.05 9°.49
- 77 80.09 9i.68
- 78 81. i5 92.87
- 79 82.17 94.06
- 80 83.21 95.25 A
- 81 84.25 96.44
- 8s 85.2g 97*63
- 85 86.33 98.8a * ^
- 64 87.37 100.01 ' *
- Dans cette table , la première colonne exprime le titre pondéral en kilogrammes, par exemple ; la seconde indique à combien de degrés correspond le titi'e pondéral, et les autres colonnes combien il faut de chacune des substances qu’elles renferment Pour fournir le nombre de kilogrammes de potasse exprimé par titre pondéral. Ainsi, le titre pondéral 3o signifie que, pour
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- 3<A de potasse, il faut prendre 3i,ao degrés de potasse ; 35k72 de potasse hydratée; 44k°o de carbonate; 47k43 de chlorure de potassium, et 55k49 de sulfate. Pour l’hydrate, le carbonate et le sulfate, la différence de leur titre pondéral en potasse , à leur quantité correspondante dans chaque colonne , donne le poids je Peau, de l’acide carbonique et de l’acide sulfurique sec que ces substance? renferment. Par exemple, dans la quantité 55k49 de sulfate de potasse, dont le titre pondéral est 3o, il y a a5k4o d’acide sulfurique. Quant au chlorure de potassium, il n’y existe pas de potasse ; mais il renferme assez de potassium pour produire la quantité de potasse exprimée par le titre pondéral correspondant. Ainsi, la quantité 47k43 de chlorure de potassium peut fournir 3ok de potasse. Pour faciliter la transformation réciproque des sels de potasse qui ont fait l’objet de cette instruction , nous avons dressé les petites tables qui suivent, allant de i à io.
- Titre alcali- métrique. Titre pondéral en potasse. Carbonate de potasse. Chlorure de potassium. Sulfate de potasse.
- I vaut 0.96 i.4l 1.52 1.78
- 2 I.92 2.82 3.o4 3.56
- 3 2.88 4-23 4.56 5.33
- 4 3.85 5.64 6.08 7-11
- 5 4.81 7.05 7.60 8.89
- 6 5.77 8.46 9.12 10.67
- 2 6.73 9>87 10.64 12.45
- 8 7*69 11.28 12.16 i4-a3
- 9 8.65 12.69 i3.68 16.00
- 10 9.61 14.10 l5.20 17.78
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- Carbonate de Potasse. Chlorure de potassium. Sulfate de potasse. Titre pondéral en potasse. Titre alcali- métrique.
- I vaut I.o8 1.26 0.68 O.71
- 2 2.16 2.52 i.36 1.42
- 3 3.23 3.78 2.o5 2. i3
- 4 4-3i 5.04 2.73 2.84
- 5 5.3g 6.3o 3.41 3.55
- 6 6.47 7.57 4.09 4.25
- 7 i.54 8.83 4-77 4.96
- 8 8.62 10.09 5.45
- 9 9-7° 11.35 6.14 6.38
- lo 10.78 12.61 J 6.82 7-°9
- Chlorure
- de
- Potassium.
- 1 vaut
- 2
- 3
- 4
- 5
- 6
- 9
- 10
- Carbonate Sulfate Titre Titre
- de de pondéral alcali-
- potasse. potasse. en potasse. métrique.
- 0.93 1.17 o.63 0.66
- 1.86 2.34 1.26 1.32
- 2.78 3.5i 1.90 *•97
- 3.71 4.68 2.53 2.63
- 4.64 5.57 5.85 7.02 3.i6 3.8o 3.29 3.95
- 6.49 8.19 443 4.61
- 7.42 9.36 5.o6 5.26
- 8.35 io.53 5.69 5.92
- 9.28 11.70 6.33 6.58
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- Sulfate de potasse. Carbonate de potasse. Chlorure de potassium. Titre pondéral en potasse. Titre alcali- métrique*
- I vaut °-79 o.85 0.54 o.56
- 2 i.5q 1.71 I.08 1.12
- 3 2.38 2.56 1.62 1.69
- 4 3.17 3.42 2.l6 2.25
- 5 3*97 4.27 1 2.7O 2.8l
- 6 4.76 5.i3 3.24 3.37
- 2 5.55 5.q8 3.78 3-94
- 8 6.34 6.Ô4 4.33 4.5o
- 9 7.14 7-69 4.87 5.o6
- 10 7.93 8.55 1 5-4° 5.62
- Les procédés que nous venons de décrire pour l’essai des potasses s’appliquent aussi aux sels de soude ; mais, au lie1* du poids de 48^07 que nous avons pris pour la potasse, 011 n’en doit prendre pour la soude qu’un de 3i ,85o grammes.
- En terminant, nous ajouterons que c’est Descroizilles qui 7 le premier , a mis en pratique l’essai des alcalis en les. saturai* ^ par un acide ; mais ses procédés laissaient beaucoup à désireb et c’est par ce motif que nous avons cédé à l’invitation qu’ nous a été faite par quelques personnes , de publier ceux quc nous venons de décrire , et que nous avions il y a déjà quel' ques années , communiqués à la direction des Poudres et Sal' pêtres pour ses élablissemens.
- — . ^
- TROISIEME INSTRUCTION.
- Relative à Vexécution des ordonnances du Roi du 29 octohre 1823 et 7 mai 1828, concernant les machines a vapeur ^ haute pression.
- Conformément à l’article 3 de l’ordonnance royale du 29 oc" bre 1823, portant régiment sur les machines à vapeur à haidc
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- Pression, toute chaudière d’une machine de cette espèce doit 8ubir Une pression d’épreuve cinq fois plus forte que celle d’elle est appelée à supporter dans l’exercice habituel de la Machine à laquelle elle est destinée. Cette pression d’épreuve est réduite au triple par l’article i de l’ordonnance royale du 7 mai ^28, mais seulement pour les chaudières faites en cuivre taminé ou en tôle ( fer laminé ou battu ).
- -^insi les chaudières en fonte continueront à être éprouvées
- Sous Une pression quintuple.
- Cette pression quintuple ne peut se rapporter qu’à la force tend à faire rompre la chaudière ; il en est de même de la P'ession triple qui sera substituée à la première dans le cas d’une chaudière en cuivre laminé ou en tôle; mais la force dont il s’a-est évidemment égale à la tension de la vapeur dans la chaude, diminuée d’une pression atmosphérique, puisque la chau-dièro supporte extérieurement tout le poids de l’atmosphère. C est pour cette raison que l’ordonnance royale du 7 mai 1828 P°'teJ article 4 ? que la force de pression à prendre, comme teilUe de départ, pour les épreuves de chaudières est la force de te,)sion que la vapeur doit avoir habituellement, diminuée de
- Pression extérieure de l’atmosphère.
- d’après les dispositions des articles 2 et 3 de la nouvelle or-^°Unance, les tubes bouilleurs, ainsi que les cylindres et leurs Grrv’eloppes, seront essayés de la même manière, c’est-à-dire, en Pliant le même terme de départ pour les pressions d’épreuve
- ^ ou leur fera supporter. Ces pressions seront quintuples pour ,s tubes bouilleurs en fonte, les cylindres et leurs enveloppes élément en fonte, et seulement triples pour ceux en cuivre la-^•ué ou en tôle. '
- hes timbres qui devront être apposés après les épreuves sur 8 tubes bouilleurs, cylindres et enveloppes, le seront de la ma-: î*lere qui est indiquée, pour les chaudières, dans la seconde lristrUction relative à l’exécution de l’ordonnance royale du ïq octobre 1823.
- par exemple, une machine construite pour agir à ime ^CS8ion habituelle de einq atmosphères. La chaudière de cetite
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- machine devra, après l’épreuve, être marquée d’un timbre indiquant, en chiffires, cinq atmosphères. Cela posé, la preS' sion à prendre, comme terme de départ, pour l’épreuve sera cinq moins un ou quatre ; et il faudra multiplier cette pression quatre par cinq, si la chaudière est en fonte, et seulement par trois si elle est en cuivre laminé ou en tôle. Aies1; pour ce même timbre cinq atmosphères, la pression d’épreuve sera, dans le premier cas, portée jusqu’à vingt atmosphères ? et dans le second cas elle ne s’élèvera qu’à douze atmosphères^
- Si la chaudière est en fonte et ses cuivres bouilleurs en cuiv*e laminé ou en tôle, quoique les tubes n’aient été soumis qu’à la pression triple, ils seront marqués du même timbre que la chaudière qui aura supporté la pression quintuple.
- Maintenant que les chaudières en cuivre laminé ou. en tôle ne seront plus soumises à une épreuve aussi forte que par passé, il est bien important de rappeler aux fabricans qu’ils devront pas s’autoriser de cette réduction pour diminuer leS épaisseurs des chaudières. S’ils agissaient ainsi, les plus grave* inconvéniens seraient à craindre, et c’est pour les prévenir que l’article ier de l’ordonnance royale du 7 mai 1828, en réduisait la pression d'épreuve au triple, impose aux fabricans l’oblig3' tion de donner aux chaudières des épaisseurs suffisantes pot“ qu’elles puissent toujours subir cette pression d’épreuve, safls que la force de résistance du métal en soit altérée.
- L’expérience a démontré que des substances douées d’élast1' cité, telles que le cuivre et le fer, ne pourraient j sans être térées, supporter des tractions ou tensions qui s’approche' raient trop de celles capables de produire leur rupture. LeS mêmes altérations auraient nécessairement lieu pour des cbaü' dières en cuivre laminé ou en tôle qui seraient trop minces Il est donc bien essentiel que les fabricans conservent à chaudières des épaisseurs suffisantes pour résister à des prcs' sions qu’il convient de porter au triple de celles qui seront exe*' cées lors des épreuves par la presse hydraulique ou pompe àe pression. S’il en était autrement, ces épreuves pourraient Ie* altérer, sans néanmoins y produire aucune rupture, de so»’1?
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- ^Ue les chaudières, après avoir été soumises aux essais, seraient tellement moins résistantes et moins bonnes qu'au para vaut.
- ^es fabricans devront donc faiie faire les chaudières plutôt |l0P épaisses que trop minces , s’ils ne veulent pas s’exposer à es voir refuser, lors même qu’elles pourraient résister à la Preuve par la presse hydraulique.
- N est encore bien nécessaire de rappeler ici que l’article 7 de ^ ordonnance royale du 29 octobre 1823 prescrit aux ingénieurs visiter, au moins une fois par an , les chaudières, de cons-Piter leur état, et dé provoquer la réforme de celles que le long ou une détérioration accidentelle leur ferait regarder c°nuue dangereuse. Or, le seul moyen de constater le bon état ^ üne chaudière, c’est de la soumettre de nouveau à l’épreuve ^ar la presse hydraulique. Il est donc de toute nécessité que les fabricans ne livrent dans le commerce que des chaudières assez ePaisses pour pouvoir être, en tout temps, soumises à cette ePi’euVe j sans en recevoir une altération sensible.
- Si les épaisseurs qu’on a données jusqu’ici aux chaudières en l°lesont, en général, trop faibles pour l’épreuve par la pres-Sl°n quintuple, elles paraissent convenir pour l’épreuve par la Passion triple, et pourvu qu’elles soient conservées, on pour-a eprouver les chaudières sans les altérer.
- On parviendra, pour tous les cas, à déterminer des épais-8eUrs convenables, en considérant ; i° la ténacité de la tôle , eu egard d’ailleurs aux altérations qu’elle doit nécessairement su-^l3 20 le diamètre des chaudières ; 3° la pression qu’elles sont aPpelées à supporter intérieurement. Voici le type du calcul:
- On exprimera en centimètres et parties décimales du centi-^ètre le diamètre intérieur de la chaudière, laquelle est sup-Posée cylindrique et terminée par des calottes hémisphériques, Senle forme convenable pour toute chaudière de machine à Vapeur à haute pression. On multipliera par 18 ce diamètre ainsi exprimé, et le produit sera ensuite multiplié par le nu-^éro du timbre que la chaudière doit porter, diminué d’une Unité. On ajoutera à ce nouveau produit 3ooo , et on divisera cette somme par 1000; le quotient de cette division donnera ,
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- en millimètres et parties décimales du millimètre, l’épaisseui
- cherchée.
- Supposé, par exemple, que le diamètre intérieur d’une chaù dière soit 80 centimètres, et le numéro de son timbre 5 sphères, on multipliera d’abord 80 par 18 : le produit sera *44°' Le numéro du timbre étant 5, ce nombre diminué d’une unite deviendra 4, par lequel il faudra multiplier i44°, et Ie pr°dult sera 5j6o. A ce nouveau produit on ajoutera 3ooo, et la sotn111^ 8760 sera ensuite divisée par xooo. Cette division se fera * l’instant, en retranchant par une virgule les trois chiffres se trouveront à droite dans le nombre 8760. Ces trois chiffré seront des parties décimales dü millimètre, tandis que celui restera à gauche de la virgule indiquera des millimètres. Aius1’ flans l’exemple cité, l’épaisseur que devra avoir la chau' dière sera 8 millimètres, et 760 millièmes de millimktre ( 3 lignes 88/100 ).
- Les épaisseurs que donne la table qui est jointe à la présent instruction ont été calculées de la manière qui vient d’être i°' diquée. Elles fourniront des termes de comparaison, à l’*^c desquels on estimera, en ayant toutefois égard aux qualité des tôles, si les chaudières sont suffisamment épaisses pour su' bir les épreuves. Ces données pourront satisfaire à un gra^ nombre de cas. Quant aux épaisseurs qu’on ne trouvera pas cal' culées d’avance, on les déterminera facilement à l’aide de la méthode ci-dessus généralisée dans la formule qui est à la sude de la table.
- Les chaudières des machines à vapeur à haute pression ,l6 doivent jamais avoir une épaisseur moindre de 4mm,5 (2 lignes)' Mais si d’un côté, on ne peut faire usage de chaudières trop minces, d’un autre côté il y aurait des inconvéniens à se sei’vl1 de chaudières trop épaisses. L’observation a prouvé que, dansce dernier cas, elles s’altèrent beaucoup par l’action du feu. fré praticiens portent le maximum d’épaisseur à i4 millimétré (6 lignes environ ). Cette limite oblige à restreindre beaucoup les diamètres que ï’on peut donner, sans inconvéniens, aux cb3,1 dières des machines qui doivent travailler à une très-haute p**é
- 1
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- 8l°n. On voit en effet, par la table jointe à la présente instruc-b°n, qu’une chaudière , portant le timbre 8 atmosphères, ne pourrait avoir qu’un diamètre compris entre 85 et 90 centimètres.
- d’après ce qui précède, ne pourrait être admise toute chaudière qui serait trop mince, à raison de son diamètre et du numéro du timbre qui correspondrait à la pression projetée, et à Quelle chaudière on n’aurait pu cependant donner une épais-seur suffisante, sans dépasser le maximum ci-dessus. Dans ce Cas, il faudrait appliquer à cette chaudière un timbre d’un numéro inférieur ; ou si le fabricant tenait à avoir le timbre corres-P°ndànt à la pression primitivement projetée, il devrait remplacer cette même chaudière par une autre d’un moindre diamètre.
- H est essentiel de faire observer ici que la méthode qui vient d’être exposée ne s’applique pas aux tubes bouilleurs. A propor-kon de leurs petits diamètres, on donne toujours à ces tubes des épaisseurs beaucoup plus grandes qu’aux chaudières, attendu ^üe, par leur position au milieu du foyer, ils sont plus exposés a se détériorer.
- bans le cas où. la chaudière devrait être en cuivre laminé, on Pourrait aussi se servir de la table ou de la formule pour déterminer son épaisseur. Les fabricans sont dans l’usage de ne pas donner aux chaudières en cuivre des épaisseurs plus grandes Wà celles en tôle, parce que si, d’une part} cette dernière a mie ténacité plus grande que celle du cuivre, d’une autre part,
- tôle présente de très grandes différences de qualités, non seu-feuient d’une feuille à une autre , mais encore dans une même feuille • ce qui n’a pas lieu pour le cuivre, dont toutes les plantes ou feuilles sont en général d’une qualité plus constante, ^pendant, si le cuivre n’était pas reconnu d’une très-bonne ‘ïùalité, il serait nécessaire d’augmenter l’épaisseur donnée par la feble ou par ja formuie d’environ un ou deux dixièmes de cette épaisseur.
- Quelques détails sur la manière de procéder aux épreuves à
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- l’aide de là presse hydraulique ou pompe de pression termine-* vont utilement la présente instruction.
- Pour éprouver les chaudières, on chargera leurs soupapes de sûreté de poids convenables; pour les épreuves des tubes bouU-* leurs, des cylindres et des enveloppes, c’est la soupape de la presse hydraulique que l’on chargera autant qu’il sera nécessaire*
- Le poids qui devra former la charge d’une soupape pour une pression d’épreuve donnée sera déterminé de la manière sut' vante :
- On exprimera en centimètres et parties décimales du centimètre le diamètre de la soupape. On élèvera ce diamètre an carré; c’est-à-dire qu’on le multipliera par lui-même. Ce carre étant multiplié par 811, et ensuite le produit étant divisé par i ooo, on obtiendra , en kilogrammes et parties décimales du kilogramme , le p oids qui formera la charge directe pour uné pression atmosphérique. Il ne restera plus qu’à multiplier ce poids par le nombre de pressions atmosphériques voulu pour l’épreuve.
- Soit, par exemple , une soupape ayant un ,diamètre de 3 cent.,6. On élèvera ce nombre au carré, ce qui donnera 12,96* Ce carré, multiplié par 811, produira io5io,56. On divisera ce dernier nombre par 1000 ( ce qui se fera aisément en avançant la virgule décimale de trois rangs vers la gauche), et on aura 10 kil.,5io56, qui formeront la charge directe pour une atmosphère.
- S’il fallait élever la pression d’épreuve à 12 atmosphères, Ie poids trouvé io kil.,5i devrait être multiplié par 12; il faudrait le multiplier par 20, si la pression d’épreuve devait être de a0 atmosphères. Supposé ce dernier cas, ou aurait 210 kil.,2 pou*' la charge directe, c’est-à-dire pour la charge qu’il faudrait mettre sur la tête de la soupape.
- Mais si la soupape était chargée au moyen d’un levier, ce poids 2io kil.,2 devrait être multiplié par le petit bras de ce levier, et le produit divisé par le grand bras (1).
- (1) Le petit bras est la partie du levier comprise entre son point d’appu‘
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- Soient 2 ]a longueur du petit bras, i5 la longueur du grand s foison multiplierait 2iokil.,2 par 2, et on diviserait le produit 4^0 kil., 4 par i5, ce qui donnerait 28 kil.,o3 pour le poids à appliquer au bout du levier. Ce poids aurait été 21 kil.,02, dixième de la charge directe, si les bras du lévier s’étaient trouves dans le rapport de 1 à 10. Les principaux mécaniciens dePa-lla ont adopté ce rapport, qui abrège les calculs : il serait à dési-ler que l’on en fît de même dans toutes les fabriques de machines a vapeur et de presses hydrauliques.
- Les opérations numériques qui précèdent sont, au reste, réfutées dans les formules qui terminent les explications jointes a ia présente instruction.
- Enfin, il est à observer qu’avant de procéder aux épreuves, °U devra s’assurer que les soupapes sont bien faites, et qu’elles °Ut été rodées avec beaucoup de soin.
- Lorsqu’une soupape est défectueuse, on voit l’eau jaillir d’un Seul côté bien avant que la pression prescrite ait été atteinte j °U ne peut être certain d’avoir produit cette pression qu’au-lant que la soupape, se soulevant tout-à-coup, laisse échapper Leau en forme de nappe sur tout son contour.
- ivj. | '
- le point par lequel il s’applique sur la tête de la soupape. Le grand bras cst la partie du levier comprise entre le même point d’appui et le point aPplication du poids qui sert à charger.
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- byo
- Table des Épaisseurs à donner aux Chaudières en tôle pour les Machines à vapeur.
- ps H T3 NUMÉROS DES TIMBRES.
- jj '% « n 2 atmosph. 3 atmosph. 4 atmosph. 5 at osph. 6 atmosph • 7 atmosph. 8 atmosph»
- cent. mm*
- mm. mm. mm. mm. mm. mm.
- 5o 5,90 4,80 5,70 6,60 7,5o 8,40 9,5i_
- 55 5 >99 4,98 3,97 6,96 7,95 8,94 9,9^,
- 60 4, 08 5,16 6,a4 7,32 8,4o 9,48 io,56^
- 65 4,17 5,34 6,5 i 7,68 8,85 10,02
- 70 4.26 5,5a 6,78 8,o4 9,00 io,56 11,82^
- 75 4,35 55 jo 7,o5 8,4o 9,7-3 11,10 12,43
- 80 4,44 5,88 7,3 a 8,76 10,20 11,64 i3,o8^
- 85 4,53 6,06 7,59 9,ia io,65 12,18 1357 -1
- 90 ‘ 4,62 6,2-4 7,86 9,48 11,10 12,72 i4,34_
- 95 4,71 6,4a 8,i3 9,84 11,55 i3,a6 4,97_
- 100 4,8o 6,60 8,4.0 10,20 12,00 i3,8o i5,6o
- Formule et explications relatives h la table qui précède•
- Les nombres de la première colonne verticale de cette tabl0 indiquent les diamètres des chaudières exprimés en centiioe' très, et ceux dala première ligne horizontale, les numéros deS timbres qu’on applique aux chaudières. Les autres nombres soo* les épaisseurs exprimées en millimètres et centièmes de mi^1' mètre.
- Cela posé, soit une chaudière dont le diamètre serait ^5 ce*1 timètres, et le numéro du timbre 5 atmosphères. On cherché le nombre qui se trouve, en même temps, sur la ligne du d*a mètre 75 et dans la colonne 5 atmosphères ; ce nombre, quieS^ 8,40, sera l’épaisseur cherchée, exprimée en millimètres et
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- centièmes de millimètre, laquelle sera donc 8 millimètres et 4e centièmes de millimètre.
- Le maximum d’épaisseur ayant été porté à 14 millimètres, ainsi qu’il est dit dans l’instruction qui précède, une chaudière marquée du timbre 8 atmosphères devra toujours avoir un diamètre au-dessous de90 centimètres. Le calcul donne 87 cent., 3. ïlest évident que toute chaudière dont le diamètre excédera ce dernier nombre, ne pourra porter qu’un timbre d’un numéro mférieur. Pour les timbres au-dessus de 8 atmosphères, il n’est moins évident que les diamètres devront être toujours plus Petits, à mesure que les numéros de ces timbres seront plus
- crevés.
- La table donne les épaisseurs pour les chaudières portant les timbres 2,3,4? 5, 6, 7 et 8 atmosphères, et dont les diamètres s°nt de 5o à 100 centimètres inclusivement. Pour les timbres et diamètres non indiqués, on calculera les épaisseurs correspondantes par la formule suivante :
- e
- 18 d ( n — 1) -f 3ooo 1000
- (0-
- Lans cette formule, e représente l’épaisseur cherchée, qu’on obtiendra exprimée en millimètres ; d, le diamètre intérieur de k chaudière, exprimé en centimètres; n, le numéro du timbre de la chaudière.
- (*) De cette formule, mise sous cette autre forme :
- on* tire
- e : d
- 0,018 d ( n—1 ) -f- 3 ,
- 6—3
- 0,018 (n—1) • • •
- (a.)
- n
- e — 3 0,018 d
- + »
- (*•)
- La formule (a) servira à déterminer, pour un timbre d’un numéro donné, le Plus grand diamètre que pourra avoir une chaudière, sans dépasser l’é-P^sseur qu’on prendra pour maximum.
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- Le co-efficient 18 dépend, d’une part , des nouvelles mesures prescrites pour la pression d’épreuve; et, d’une autre part, du rapport qu’on a déduit de considérations pratiques entre la va' leur d’une pression atmosphérique et celle de la ténacité de la tôle pour une même surface.
- Le nombre 3ooo, ajouté au numérateur, se trouvant divise par 1000, exprime une épaisseur constante de 3 millimètres, va.-dépendante de toute tension de la vapeur, et qui est indispensable , tant pour constituer le corps de la chaudière que pour' compenser ce que la tôle peut perdre de sa ténacité, par la courbure qu’on lui fait subir, par l’élévation de température et pal’ l’usé.
- Soient :
- on aura
- d — 83, et n — 4atm’ 4 18 X 83 ( 4 4 — 1 ) + 3ooo
- 1000
- ___ *4q4 ( 5 4) + 3ooo _____5229 4- 3ooo
- 1000 8229
- 1000
- 8 mm. 229 ou8mra-, 23.
- Si l’en fait cette épaisseur égale à i4 millimètres, et si l’on suppose Ie timbre de 8 atmosphères, alors e= i4, n=8 et on a :
- 14. — 3 n
- d =-
- 0,018(8—1) 0,018X7
- =87^111^ 3? valeur indiquée plus haut-
- La formule (3) sera employée pour trouver le timbre du plus haut numéro qu’il sera possible d’appliquer à une chaudière, eu égard à son épaisseur et à son diamètre.
- Soient : e = 1 imm, et d = 98 cent., on a,
- n — 5 ^ _ 8
- 0,018X98 1,764
- ,535 + 1 = 5,535.
- Ainsi, la chaudière prise pour exemple ne pourrait porter que le timbre indiquant 5 4 atmosphères.
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- En commençant la table par le timbre indiquant deux atmosphères , on l’a rendue applicable, autant qu’il est nécessaire, a la basse pression. On a jugé inutile de comprendre le timbre <ïUl se rapporte à une atmosphère et demie, attendu que, pour cette basse pression, les fabricans sont dans l’usage de donner aux chaudières des épaisseurs qui sont toujours proportionnellement plus grandes que pour les pressions supérieures.
- formules relatives a l’épreuve des chaudières, tubes bouilleurs, cylindres et enveloppes de cylindres.
- Soient : P le poids pour la charge directe d’une soupape , et P le poids pour la charge avec le levier, l’un et l’autre exprimés en kilogrammes et parties décimales du kilogramme ; d le diamètre de la soupape , expi'imé en centimètres et parties décimales du centimètre ; n le numéro du timbre ; B le grand hras du levier, et b le petit bras. Cela posé , on aura,
- P = P =
- d1 X8n (n—1 ) m
- 1000
- *d XSir {n—i) w
- JOOO
- X (tï)-(,)
- On fera m = 3 , si la pression d’épreuve doit être triple; Sl cette pression doit être quintuple, alors on fera m &= 5. Supposé une chaudière en fonte : dans ce cas, m = 5.
- Soient : d = 4>21 n = 4 ; ® , et b = 2.
- On aura, pour la charge directe,
- p — ^2X4>2 X8u (4 — 0 5
- 1000
- = 3 X 5. __ 2i4kil°gr-, 5go6 ; (*)
- 1000
- (*) Dans ce qui précède, le Jevier est considéré comme étant sans pesan-teurî °u ce qui revient au même, il est supposé mis en équilibre sur son P°int d’appui au moyen d’une espèce de contrepoids. Quoique les leviers
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- et pour la charge au moyen du levier
- p = 2i4ulosv-,59X(^) = i8lllos‘ 66.
- Si, toutes choses égales d’ailleurs , la chaudière était en tôle, il faudrait faire m = 3, et alors on trouverait,
- p ----^I28UIoS-, 75436 ,
- p — 1 iMosr-, 196.
- ESSAI
- Sur le sulfure rouge d'arsenic ou réalgar considéré coinmc matière colorante applicable a la fabrication des toile* peintes , par M. Houton Labillardière.
- L’art de la teinture et de l’impression marche avec tant de rapidité vers sa perfection , depuis que la Chimie a pris place parmi les sciences exactes, que le plus habile manufacturier du siècle dernier serait aujourd’hui bien en arrière dans cet art, dans lequel tout consistait alors dans l’application de quelques matières colorantes, végétales ou animales. Non seulement les moyens d’exécution se sont perfectionnés ? mais encore le nombre des matières colorantes a considérablement augmenté. Plusieurs , prises parmi les substances mi-
- dont on se sert ordinairement ne soient pas ainsi disposés, on opère, le plus souvent, comme s’ils n’étaient point pesans.
- Néanmoins, si, dans certaines circonstances, il était jugé utile de tenir compte de la pression que le levier seul exerce sur la tête de la soupape, on pourrait alors retrancher de la charge p la moitié du poids du levier. Nommant s ce poids et p’, la charge corrigée, on aurait, sinon toujours rigoureusement, du moins avec une exactitude suffisante pour la pratique, p’ ^ P —
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- fterales, regardées autrefois comme impropres à la teinture, figurent maintenant sur les beaux produits de notre industrie, fi°nt la nécessité de varier et d’assortir les couleurs dans 1 indienne , en fait journellement rechercher l’application.
- résultats prouvent qu’il est encore possible d’en augmen-ter le nombre et d’espérer les mêmes avantages. Les essais que 3 ai faits dans ce but sur le sulfure d’arsenic comme colorant,en s°nt une nouvelle preuve, par les nombreuses couleurs qu’il développe avec plusieurs substances , et la solidité de ces teintures, qui pourraient en quelque sorte lui faire donner k nom de garance minérale.
- Déjà M. Braconnot, dans une note publiée dans le tome ta des annales de Chimie et de Physique , a proposé le sulfure Jaune d’arsenic ou orpiment comme matière colorante jaune,. en le fixant sur les objets après l’avoir dissous dans l’ammoniaque ; la laine, la soie et le coton imprégnés de cette dis* s°lution , et séché ensuite , se trouvent teints en jaune- par k sulfure d’arsenic que l’ammoniaque laisse déposer en s’évaporant (i).
- Depuis assez long-temps je m’occupe de recherches sur l’ap-PÜcation de matières minérales colorées sur les tissus de coton, et les résultats auxquels je suis parvenu me paraissent assez 1JUportaus pour les publier, sans cependant avoir la prétention d’indiquer des procédés bien exacts et des couleurs très-prêteuses. Les moyens complets d’exécution n’étant pas en mon pouvoir, et le succès des couleurs dans l’indienne dépendant du caprice et du goût des consommateurs, j’espère, néanmoins, en publiant ces observations, attirer l’attention des manufacturiers de toiles peintes sur un grand nombre de c°uleurs solides et très-peu dispendieuses. Aujourd’hui je me ^ornerai à rapporter les résultats remarquables que j’ai obtenus Par le sulfure rouge d’arsenic combiné avec l’oxide de plomb, (ïUl y selon les proportions des matières qui servent à fixer
- (*) Cette teinture ne résiste pas à l’action des substances alcalines.
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- ce composé , la température à laquelle se fut la teinture, et quelques autres circonstances, peuvent donner une grande variété de couleurs solides, telles que le jaune , le rouge-orangé , le rouge-brun , le brun, le noir , et beaucoup de nuances intermédiaires entre ces couleurs, qui résistent toutes parfaitement au savon , à l’air, au frottement, et sont susceptibles d’être associées à beaucoup de genres d’indienne.
- Le composé ou plutôt les composés colorés avec lesquels j’obtiens ces différentes teintures, peuvent être considérés f d’après un travail récent de M. Berzelius, (annales de Chimie et de Physique, tom. 32 ) comme des combinaisons de sulfure d’arsenic et d’oxide de plomb, dans lesquelles le sulfure joue le rôle d’acide , et ayant par leur propriété beaucoup d'analogie aveè les sels. Depuis long-temps on connaît la propriété que la potasse et la soude ont de dissoudre le sulfure d’arsenic , et les acides de précipiter le sulfure de ces dissolutions ; mais on ignorait avant le travail de M. Berzelius , que la dissolution du sulfure d’arsenic dans un alcali, mêlée à une dissolution de cuivre, de plomb, de fer, etc., y déterminât un précipité composé du sulfure d’arsenic et de l’oxide métallique du sel employé , comme cela a lieu, pour le mélange de deux dissolutions salines, desquelles il peut résulter de leur décomposition mutuelle un sel insoluble. C’est sur ce principe que repose le moyen de fixer ces couleurs, qui consiste à appliquer sur la toile un sel de plomb , et à la passer ensuite dans un bain formé par la dissolution de sulfure d’arsenic ( réalgar ) dans la potasse ; la décomposition de ces matières se faisant au contact de la toile, le nouveau composé insoluble et coloré s’y combine ou y adhère avec assez de force pour être employé comme colorant, en donnant des nuances différentes dépendantes de quelques circonstances et des proportions des matières.
- J’emploie l’acétate de plomb pour composer la base ou le mordant de ces couleurs, mélangé avec un peu d’acide acé-
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- tl(IUe, pour permettre de l’épaissir à l’amidon grillé et d’être ^primé à la planche ou au rouleau. Le colorant ou la dissolution de sulfure d’arsenic rouge se prépare en faisant bouillir dans un pot d’eau , pendant une heure , trois onces réalgar, deux onces de potasse , et une de chaux éteinte. Le liquide forme la base du colorant, qui, étant modifié, donne avec le même mordant d’acétate de plomb, les différentes couleurs dont j’ai parlé. Le calicot imprimé avec 1 Acétate de plomb, plongé à froid dans ce bain, prend une Nuance jaune ; en ajoutant à ce même bain une certaine dose d® potasse ordinaire, que l’expérience apprend à connaître, on °Ltient du rouge-orangé; la potasse caustique , employée éga-fénaent en certaine proportion, donne du rouge brun -, en plus férte dose du brun , en teignant toujours à froid ; et avec ce dernier bain employé à chaud, on développe du noir et des vriétés de couleurs suivant les proportions des matières, la Quantité d’eau et la température.
- J’ai aussi cherché à fixer ces couleurs en fond uni et à ronger SUl' la teinture ; les résultats de l’application de ces matières c°lorantes sont aussi moins beaux que par l’impression , sur-féüt pour l’uni et la vivacité de la teinte ; dans ce cas c’est fé sous-acétate de plomb qui sert de mordant , et les colons sont les mêmes que pour l’impression; mais ces couleurs désistant aux acides et aux alcalis, m’ont occasioné beaucoup de recherches pour parvenir à les ronger parfaitement. Le Procédé le prouve assez par lui-même , car la théorie chimique Qe le prévoit pas ; il consiste à imprimer sur l’objet teint Utle dissolution épaissie de chromate de potasse, et à le passer ensuite dans une eau acidulée par l’acide muriatique ; les Pféces imprimées deviennent d’abord jaunes ( chromate de Plomb) , puis après quelques minutes blanches, sans que le féod soit altéré.
- ^es résultats, quoiqu’obtenus sur une petite échelle, me Projettent cependant de croire qu’ils peuvent être exécutés
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- avec succès sur une plus grande, ayant réuni dans leur execution les circonstances qui se présenteraient dans la pratique*
- MACHINE A FAIRE LES CHAINES A LA VAUCANSON, par M. Cochot , mécanicien à Paris.
- La chaîne imaginée par Vaucanson est d’une grande importance pour la mécanique industrielle, tant par son emploi fréquent dans les machines que par sa simplicité. Cependant le caractère de simplicité qui distingue cette chaîne ne se trouve pas dans la machine imaginée par Vaucanson lui-même pour la confectionner. Ce mécanisme en effet, dont on trouve plusieurs modèles dans les galeries du Conservatoire de Paris ( salle Yaucanson ), est tellement compliqué dans ses organes, et réclame une telle perfection, que son prix est resté très-élevé* Les modèles du Conservatoire ont coûté 6000 fr. chacun.
- Nous devons dire aussi que le gouvernement français avait jugé l’invention de Yaucanson d’une telle importance, qu’il avait prohibée sa machine à la sortie.
- Le mécanisme que nous publions aujourd’hui n’est, à vrai dire, qu’une imitation de celui de Yaucanson, mais son inventeur, M. Cochot, y a apporté de grandes modifications qui, en le simplifiant, diminuent beaucoup sa valeur. La machine de M. Cochot, en effet, ne coûte guère plus de 1000 fr.; elle est tout-à-fait inédite , et nous n’avons pas connaissance que celle de Yaucanson ait été publiée nulle part. Nous croyons donc fairè une chose très-agréable aux industriels, en publiant la machine de M. Cochot.
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- Description de la machine de M. CochüT.
- PA 28. Fig. ire Élévation de la machine.
- Fig. 1 Vue de face.
- Fig. 3 Plan.
- Fig. 4 Élévation.
- Cette machine est composée d’une plaque en fonte À sui' laqueiie; est fixé par un écrou le support B ,fig. 5. La pièce G est retenue sur ce support par la broche a, autour de laquelle e^e peut se mouvoir, ces deux pièces formant mâchoires Servent à retenir le fil qu’on veut ployer pour former les baillons de la chaîne , le fil est placé dans le trou b et Retenu solidement entre les deux mâchoires à l’aide de la v,s de pression D , les encoches c et d servent à recevoir et a retenir les derniers maillons de la chaîne qu’on fabrique. Les éviers E et F retenus par les petits supports G et H fixés par des écrous sur la plaque de fonte servent à donner le premier PB du maillon, et prennent à cet effet la position qui est ^diquée Jig. 2. On remet les leviers à la position primitive, et les branches du fil de fer restent placées verticalement, dans cette position on les coupe d’égale longueur, pour cela °n place la cisaille K de la position représentée fig. 4, à celle ïeprésentée Jig. 1. Dans cette cisaille sont pratiqués deux trous, qui reçoivent les bouts des branches et qu’on coupe 611 faisant tourner le levier L , à droite ou à gauche, ces extrémités sont coupées en creux ; la cisaille est retenue sur le Apport M par un boulon autour duquel elle peut tourner, est formée de deux parties 1 et K, réunies ensemble par 1111 boulon e , traversant un trou alongé afin de pouvoir la rdgler pour que les trous se présentent sur les extrémités des hanches du maillon qu’on fait; une fois réglé, on fixe la pièce N q'ii lui sert de directrice ,kon peut aussi régler la hauteur en eilfonçant plus ou moins la vis .y fig. 10. Lorsque les deux bran-
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- ches du maillon sont coupées et que la cisaille est remise à te première position , on prend le levier O fig. 7 et 8 , qui porte deux tiges m et n. On introduit premièrement la tige dans te trou h, et la dent p ploie le fil en tournant le levier et forme la boucle qui se moule autour de la tige m , et dont l’extré-mité étant coupée en creux vient s’accorder sur la boucle du içaillon inférieur.
- Lorsque cette première boucle est faite, on introduit la tige n1 qui est à l’autre extrémité du levier, dans le même trou A, mais du côté opposé, et on ferme l’autre boucle ; les dents du evier O qui servent à les former portent des gorges circulaires de te même courbure que le fil de fer, afin de ne pas l’applatir. Ces dents, ainsique les tiges, sont en acier trempé et sont fixées contre le levier par un écrou.
- Lorsque le maillon est fini, on desserre les mâchoires et on le place dans l’encoche c ; on place un nouveau bout de fil de fer en 6, en ayant soin de le faire dépasser autant d’un côté que de l’autre, et on continue la même manœuvre que pour le maillon, pi'écédent.
- Le fil de fer, avant d’être employé, est coupé de longueur convenable, avec la cisaille ronde, par le moyen d’un guide en fonte de fer ayant le même cintre que le fil en botte. Après cela on le trempe dans de la terre jaune et on le fait recuire, ensuite on le déroche et le lave, puis après l’avoir bien essuyé on le trempe dans l’huile pour le passer à la machine.
- Le premier maillon est toujours sacrifié, vu qu’il n’y a pas de fil de fer sur les côtés pour former les renflemens.
- Fig. 6, vue de face et de profil du levier L de la cisaille, de centre forme la moitié d’un tore, qui se loge dans le demi-tore creux de l’autre partie de la cisaille; c’est par ce moyen qu’on coupe le fil de fer en creux.
- Fig. 7 et 8. Yue de face et de profil du levier O.
- PI. 29. Fig. ire. Vue de face et de profil du support B.
- Fig. 2. Plan.
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- Fig. 3. Yue de face et de profil de la mâchoire C.
- Flg• 4- Plan.
- Fig. 5. Yue de face et de profil du support M.
- Fig. 6. Plan.
- Fig. 7. Yue de face et de profil du levier de la cisaille L.
- Fig. 8. Plan et élévation de la directrice N.
- F^g. g. Plan et élévation de la pièce contre laquelle est fixée
- la cisaille.
- Fig. io. Plan et élévation de la partie inférieure formant la cisaille et portant le demi-tore creux, q boulon autour duquel toürne le levier L ; s vis qui sert à régler la hauteur de la civile, afin de rogner plus ou moins le bout des maillons.
- Fig. 11. Y"ue de face et de profil d’une chaîne à la Yaucanson.
- DESCRIPTION
- &Une machine à percer la tôle, construite dans les ateliers de Charenton pour l'usine du Creusot.
- fig. i. Elévation de la machine.
- fig. 2. Plan.
- fig. 3. Elévation de bout, du côté des engrenages.
- fig. 4- Elévation du côté de l’outil.
- Cette machine agit comme un emporte-pièce, elle est composée d’un fort support en fonte a fixé sur deux pièces de kois 6, et formant vers le haut deux joues entre lesquelles passe le levier c, retenu par un boulon d- la tête de ce levier agit sUr un cylindre e, celui-ci est dirigé par le colet./qui est fixé c°ntre le support a. A la partie inférieure de ce cylindre sont aJUstés les poinçons en acier trempé qui doivent percer le ferj Ces poinçons entrent juste dans le trou pratiqué dans une plaque g qui est retenue et cintrée par les vis de pression h j Ces plaques et les poinçons se changent suivant la grandeur des tv°Us que l’on veut percer, i deux plaques en fer servant à re-
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- tirer le cylindre e ; ces plaques sont liées avec le cylindre et Ie levier par deux boulons qui les traversent.
- Une lame de fer ancré j est fixée contre le support a; une pareille lame est fixée contre le levier e, ces deux lames forment cisaille, et servent à couper le fer lorsque le besoin l’exige.
- k Deux supports en fonte fixés sur les pièces de bois b ; ces deux supports portent chacun deux collets l et m, les premiers supportent l’arbre du pignon n qui engrène avec la roue o j l’arbre de cette roue tournant dans les collets m porte une manivelle munie d’un galet v servant dans son mouvement à soulever le levier c qui, lorsque la manivelle l’abandonne, tombe sur un bloc de bois p, où il reste jusqu’à ce que la manivelle vienne de nouveau le reprendre. Sur l’arbre qui porte le pignon», est fixé un volant q, ainsi que deux manivelles servant à mettre la machine en mouvement. Le pignon est ajusté librement sur l’arbre, il tourne avec lui par le moyen d’un manchon s , portant des dents qui s’engagent dans des d ents pareilles que porte le pignon. Le manchon est entraîné par l’arbre dans son mouvement de rotation par une languette qui est fixée sur l’arbre , mais qui permet au manchon un mouvement de translation suivant l’axe. Un levier à fourchette t sert à engager ou à dégager le manchon.
- Par cette disposition, on peut suspendre le mouvement du levier sans que les hommes qui tournent les manivelles aient besoin de s’arrêter, on peut aussi faire agir le levier quand on veut eu engageant le manchon avec le pignon.
- On peut monter cette machine sur un chariot, afin de pouvoir la transporter là où on en a besoin. Le chariot n’a pas été représenté dans le dessin.
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- SUR UNE MACHINE A FAIRE LES BRIQUES, Inventée par M. C. Edmond de Dornach.
- (Rapport fait à la société industrielle de Mulhouse par M. Ch. Naegkiy.)
- La Société d’encouragement pour l’industrie nationale à Pa-ïls » pénétrée de l’utilité générale que présente ce genre de fabrication , décernera un prix de 2,000 fr. à celui qui aura introduit l’usage de machines ou moyens mécaniques qui permettent de livrer les briques, les tuiles ou carreaux, de bonne qualité et a des prix inférieurs aux prix ordinaires.
- M. Edmond, désirant se présenter au concours, a remis à la Société un petit modèle de la machine qu’il a inventée pour cet hsage, en nous priant d’aller la voir fonctionner chez lui.
- Cette machine est composée d’un long bâti en deux jumelles, comme celles d’un tour, qui porte à une extrémité une forte Presse à vis, et de l’autre une chapelle de dégagement, consistât en un système de pièces coulantes qu’on peut élever au moyen d’un levier. Un chariot à petite table, sur laquelle se Place le moule, glisse entre les deux jumelles. Deux hommes suffisent pour la manipulation -, ils commencent par remplir le moule avec de la terre préparée, la pressent, et font passer le riiariot sous la chapelle. L’un d’eux élève la forme au moyen du levier, pendant que l’autre glisse dessous un autre chariot, pour recevoir la brique sur une planche, quand elle est poussée hors de la forme, et pour l’emporter ensuite au séchoir.
- Cette machine, presque entièrement en bois, pourrait être d’une construction plus solide et plus précise ; mais ce n’est pas sousce point de vue, auquel d’ailleurs il est facile de remédier, ^Oe nous l’avons considérée j il nous a semblé que notre but Principal était d’examiner le résultat de son travail. Nous l’a-v°ns vue fonctionner pendant une heure environ j on était oc-
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- cupé à faire de grands carreaux de i pied carré sur 20 lignes d’e-paîsseur, et nous avons reconnu que deux hommes peuvent faire facilement 1200 de ces carreaux par jour de travail de douze heures. Le même nombre d’hommes peut faire 4800 briques* dites anglaises, de 9 pouces de longueur sur 4 h de largeur et 22 lignes d’épaisseur.
- En employant les moules nécessaires, on pourrait faire autant de briques ou de carreaux de toute espèce.
- M. Edmond a envoyé à la Société d’encouragement de Paris un modèle avec description d’une machine qu’il a l’intention de construire sur le même système, mais à deux chapelles, deux chariots, et le tout un peu plus large. Au moyen de cette machine, il prétend que quatre hommes, nécessaires pour son travail , feront par jour de douze heures :
- 2,400 carreaux de 18 pouces en carré, ou 19,200 briques anglaises, ou *9?200 tuiles, ou enfin,
- 38,4oo petits carreaux de 4 pouces £ en carré.
- Non seulement à l’aide de ce procédé, les frais de manipulation sont considérablement diminués, mais les produits ainsi obtenus sont de beaucoup supérieurs à ceux que l’on fait à la main-La terre étant comprimée avec plus de force dans les moules, la forme de ces carreaux, briques et tuiles, est plus régulière, leur dessiccation se fait plus promptement, et ils sont moins fragiles et moins susceptibles de s’altérer par l’action de l’air, de l’humidité ou de la gelée. L’administration du nouveau quartier de Mulhouse a employé l’année dernière 15,000 de ces grands carreaux pour trottoirs et vestibules, dont elle est très-satisfaite.
- Nous trouvons donc que M. Edmond a fait une invention très-ingénieuse, qui, avec quelques perfectionnemens, pourra devenir utile à son auteur ainsi qu’à l’industrie.
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- ^l(r la falsification de la farine de froment par la fécule de pomme de terre; communication faite par M. Henri à la Société de Pharmacie de Paris.
- Plusieurs variétés de farines ont été soumises à notre exa-uien, pour y reconnaître la présence de la fécule amilacée de la pomme de terre.
- A l’aide d’une bonne loupe, et par un temps très-clair, lorsque le soleil paraît dans tout son éclat, il est facile de reconnaître des points brillans et cristallins; mais, ne pouvant ainsi déterminer les proportions de fécu le mêlée à la farine, nous avons Pensé qu’il était préférable de déterminer la quantité degluten que ces farines fournissaient, en prenant pour terme de c°tnparaison des farines intactes et préparées sous nos yeux.
- Nous avons donc cherché à obtenir le gluten de 25 à 3o espèces de farines pures, provenant de blé de 1827 et *828, et Sans nous inquiéter des autres principes constituant de ces latines, et sans prétendre en faire une analyse exacte, laissant à d’autres ce soin.
- Nous avons reconnu que ces farines avaient donné pour terme moyen 10 i/4 pour 0/0 de gluten parfaitement sec et pulvérulent, tandis que des farines annoncées comme mélangées n’ont donné tantôt que 6, tantôt 6 1/2 de gluten parfaitement sec.
- d’après cela il sera facile, par la simple opération de'l’ex-teaction du gluten, de constater si une farine est mélangée.
- PROCÉDÉ
- Pour la préparation de Voxide de chrome en grand , par M. Frick.
- ( Traduit de l’allemand. )
- 1 Des procédés connus pour préparer l’oxide de chrome, utile üaiî$ plusieurs opérations des arts comme matières colorante
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- minérale, sont dispendieux ou donnent des résultats peu satis-faisans sous le rapport du ton de la couleur. Le procédé de préparation suivant, dù à M. Frick, paraît devoir être préférable à tous les procédés connus, sous le rapport de l’économie; d faudrait maintenant le soumettre à l’expérience, pour juger la qualité du produit :
- « Après avoir fait chauffer à une chaleur rouge un mélange de chromate de fer pulvérisé et de nitrate de potasse, et apres avoir traité la masse qui en résulte par l’eau, on fait évaporer la solution obtenue, qui est souvent d’un vert foncé; l’opération doit être faite dans un vase en fer et poussée très loin. Apres le refroidissement, le liquide est décanté dans de grands vases de verre, le résidu est lavé et ensuite rejeté.
- Cette dissolution, qui est ordinairement d’un jaune clair, contient, outre le chromate de potasse, du nitrenon décompose et une quantité assez considérable de potasse libre. On la fait bouillir dans un chaudron de fer , en y ajoutant de la fleur de soufre, aussi longtemps qu’il se précipite du vert de chrome ; ce précipité est ensuite suffisamment lavé à l’eau distillée, puis dissous dans l’acide sulfurique faible à l’aide de la chaleur; on sépare de la solution le soufre'pav précipitation oufiltration, on la précipite par le sous-carbonate de soude, on lave, on sèche et on calcine.
- Sur les changemens de volume qui ont lieu dans les mélanges d* eau et d'alcool, par M. B.udberg.
- (Traduit de l’allemand. )
- La table suivante contient dans la première colonne les vo lûmes de l’alcool, qui sont les centièmes des volumes du mélange; dans la deuxième colonne, il y a les poids spécifiques des mélanges ; la troisième contient la contraction éprouvée pat le mélange et exprimée en centièmes.
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- tialeool. 587 Poids «péc. à là®. Conlr«cHom.
- IOO <47947 o7oo
- 95 0,8168 1,18
- 9° o,8346 494
- 85 o,85o2 2>47
- 80 0,8646 2,87
- 75 0,8779 3,19
- 70 0,8907 3,44
- 65 0,9027 2,6i5
- 60 0,9141 3,73
- 55 0,9248 3,77
- 5o 0,9348 3,745
- 45 0,9440 3,64
- 40 o,g523 3,44
- 35 0,9595 3,14
- 3o 0,9656 2,72
- a5 °>97ir 2,24
- 20 0,9761 1,72
- i5 0,9812 1,20
- 10 0,9867 0,72
- 5 0,9928 o,3i
- 0 1,0000 0,00
- Ou yoit d’après cela qu’il y a diminution de volume toutes les *°is qU»ü y a mélange d'eau et d’alcool, que la plus forte contracta s’obtient à peu près avec 55 o/o d’alcool, et qu’elle équivaut a ^77 o/o du volume. D’après le calcul, la plus forte contraction 8 obtient avec 54,25 d’alcool, et elle équivaut à une diminution volume de 3,778 0/0.
- Ces résultats ne sont valables que pour une température + i5°. A des températures plus basses la contraction aug-Iüeate, elle diminue au contraire quand la température est plus eWée, ainsi on peut calculer des tables de Tralles qu’à une
- tettipérature de............... . 4- 4° la concentration = 3,97
- + i7°5............ • • = 3,6o
- + 37*7................. 3,5 c
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- QUESTIONS SUR LE CODE DE COMMERCE. A Monsieur le rédacteur de l'Industriel.
- M.
- Paris, 17 mars 1829.
- Depuis six ans, le Journal du Commerce a donné trois ou quatre fois Pa mois , sous le titre de Jurisprudence Commerciale, la solution des question les plus importantes et les plus difficiles, tirées des diverses dispositions du Code de commerce : ces articles, dus à M. Horson, Avocat à laCour Royu“’ ancien Agréé au Tribunal de Commerce de Paris, ont été pour la plupart pi'0' voqués par des négocians detoutes les parties de la France, et ne sODt pai> le résultat d'objections purement imaginaires.
- Plusieurs de ces questions sont fréquemment reproduites par des abonne qui ne l’étaient peut-être pas à l’époque où elles ont été traitées , ou qui » dépourvus de tous moyens de recherches, ne sauraient aujourd’hui les re^ trouver dans une collection de feuilles quotidiennes nécessairement volui®1 neuse , si d’ailleurs elle n’est incomplète.
- Ces considérations ont déterminé M. IIorson à réunir et à classer tous Ie articles en un corps d’ouvrage qui comprendra deux volumes in-8°, aya|J pour titre : Questions sur lb Code de commerce , ou Recueil des Articles Jurisprudence commerciale insérés dans le Journal du Commerce , depuis 182 jusqu en 1829 î revus et augmentés.
- Je m’abstiendrai de faire l’éloge de ce recueil, dont les élémens ont p être successivement appréciés par nos abonnés. Il embrasse presque toute* les parties de la législation commerciale , et il offrira à MM. les Négociai! l’avantage d’avoir continuellement sous la main l’interprétation d’une fouff de dispositions dont journellement ils ont à étudier le sens.
- Pour faciliter la recherche de ces solutions, M. Horson les a classées à la
- suite de chacun des titres du Code de commerce auxquels elles se rattachent; une introduction et une -table raisonnée des matières expliquen le but et les détails de cet ouvrage, qui est sous presse, et paraîtra de icriüll( prochain.
- Ceux de MM. les abonnés au Journal du Commerce et à R Industriel qui de-sirent se le procurer, jouiront, sur le prix des deux volumes, qui est mis a 10 fr., d’une remise de2fr., s’ils s’adressent directement au Bureau du Journal par lettres affranchies, d’ici au icr juin prochain : le port pour les de partemens est de 2 fr., et 4 fr. pour l’étranger.
- On trouvera l’ouvrage au Bureau du Journal du Commerce , rue Saint Mare, n° 10 ; chez Renard , à la librairie du Commerce , rue Sainte-Anne > n°/i; à la librairie de l’Industrie, rue Saint-Marc , n° 10, et chez tous le* Libraires de Paris et des Départemens.
- Agréez, Monsieur, l’expression de ma parfaite considération,
- MAISEAÜ,
- Directeur du Journal du Commerce et de l’Industriel.
- =s=»
- DE L’IMPRIMERIE DE SELLIGUE, breveté pour les presses mécaniques RT A VAPEUR, RUE DES JEUNEURS, K° l4-
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- (=¥® VOLUME.) €l>ùt .,S29.
- JOURNAL
- principalement destiné a répandre les connaissances utiles A ltndcstrie générale , ainsi que les découvertes et les
- PLRFECTIONNIjMENS DONT ELLE EST JOURNELLEMENT L'ODJET.
- MÉMOIRE
- ^Ur la fabrication du sucre de betteraves, par M. Dubrunfatjt.
- Mémoire publié en décembre 1827 dans ce recueil avait P°Ur objet d’exposer les progrès qu’avait faits la fabrication du Süci'e indigène, depuis la publication de mon travail technique ®Ul' ce sujet faite en 1825. Une année s’est à peine écoulée de-* Puis l’impression de mon dernier Mémoire, que je me trouve l’obligation d’en publier un nouveau pour tenir nos lec-*°Ul's au courant de la marche de cette industrie, qui chaque l°iU’ prend dé nouveaux développemens, et ajoute de nouveaux à son expérience. L’aiïnée qui vient de s’écouler, en effet, a eté extrêmement importante pour la nouvelle industrie, tant les recherches nombreuses dont elle a été l’objet, que par esacquisitions nouvelles qu’elle a faites, et surtout par l’alten-^j011 plus marquée qu’ont attirée sur elle et son essor et l’inves-Ugatiou d’un haut conseil chargé d’étudier les intérêts du com-, lîlerce et de l’industrie.
- renseignemens recueillis par ce conseil ont été publiés etl résumé dans un grand nombre de journaux quotidiens;
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- t ^ J&.
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- et?»- renséfgnernens, tout e» portant la conviction dans Pêsp®^ des membres du- conseil sur la- réalité" de l'industrie guère Betteraves, auront par leur publication' pot £ë la mêtrie eonvietiotÿ dans un- grand nombre d'esprits, disposés à se” méfier des seignemens-publiés ou présentés sous d’àutres formes. Ajoutons* à. celtoinfïuence'heureuse, déjà exercée sur l'industriedu sucre de betteraves par les travaux de la commission-d’enquêÊéy eeH* non moins féconde qu'exercera fepnbMeation officielle de so@ travaille sais, en effet, que le ndnistre du commerce, convainct*’' dés avantages que présentent les sucreries de'betteraves,, ©otisidé4' réescomtne manufactures agricoles,esfcdisposéàfavociser de to9* son pouvoir leur essor et leur propagation , en le'fôisant toutefois avec les-réserves-qpi eonviennentà un-laval administrateur»-Je sais^.,dis-je, que le "ministre 3® propose de Mre tirer à party 8^’ ii iun ,grand nombre d’exem plaires, fapai tie du tt avaif de iaoom-Biissiorï relative a,U; sacre de betterave»', et dé les dissémine® sur tons les points dé îaFranee. Bées travail jailliront des’faitxeX* trênietïœni; iin.pfyi j;p.,jS à-eminaki e pour cttté uouvello industrieî! eu effst,.. lea e-iîtreprenews-y vérroîitf qpe I® gouvernement y adoptant franchement et prudemment';] gprincipe' dtï-'Hbre eott**' îïierce, est disposé- à diminuer la surtaxé'dé»-suer es 'étrangers^ mais que eetfcc réduction fente-et gradrfeecombinée avec lê®f besoinsdes-sucrernes coloniales et indigèaesj, ne sera dénaturé'®'1 exercer que très-peu- d’fniluenes sur le cours dés matières pré* jnières, dont elle doit au contraire écarter-eir partiales variations, souvent; aussi onéreuses au producteur qu’à- l’aelieteu»'’-' Voilà-pour les principes.Ils verront aussi quel® sucre de bette4-raves n’êst pas dans soir essence une industrie factice que legofe vernement doive chereh er àétei ndrermais bien au con traire txné industrie réelle;qui ne demande que du temps pour lutter avec avantage contre Wproduetiwiskfes-fndeà,.et qùf est par corné--quent'ctlgu'® dè tout&saso-Hisitude (î). Hsw-errontéu ouîre'qpe fe'
- (0 J&sais qne fies rabncans airgsï pew justes qu’ils ont-'poar moi moins <fe' #ï*|)Osi!iOi)s b-ionv-sillanies ÿ.sc sont plu-à me montrer comme l’u tuq<;e $?ro--
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- gouvernement considère le sucre comme une substance éminemment imposable, et que son arrière pensée, en protégeant la fabrication du sucre indigène, est de lui faire suppôt ter dans l’ave-ttlr la charge qui pèse aujourd’hui sur les sucres exotiques et qui fournit à l’état un chiffre notable de ses recettes» Vainement voudrions-nous murmurer contre cette annonce qui effraiera sans doute plus d’un entrepreneuret paralysera la création de plus d’un établissement. Cette marche du gouvernement, conséquente ^vec le besoin des impôts et avec la bonne foi qui doit en régler la direction, est de nature à apporter plus de fixité et plus de ga-lantie dans les projetsdes entrepreneurs. Ceux-ci, en effet, plus teservés dans leurs combinaisons industrielles et plus réfléchis les moyens d’exécution, se précipiteront moins aventureu-
- ’fioteur des dispositions législatives dont nous menace le travail de la eom-^‘ssion d’enquête. Ils montrent la réduction du tarif des sucres étrangers c°i»me une cause de ruine pour l’industrie sucre de betteraves, et ils accusent publications de l’avoir provoquée eu montrant la question économique Cette industrie sous un jour trop avantageux. De là des calomnies, ou au moins des propos peu obligeans répandus dans le public sur ma con-
- *c* *cnce et sur mes travaux. Eh bien ! j’accepterai, si on le veut, ce blâme inÎU8te , et au lieu de rétracter des publications qui, de concert avec l’in fluence l’exemple et des conseils de quelques manufacturiers, ont provoqué à riles seules l’érection du plus grand nombre de nos fabriques , je dirai que si J avais encore â traiter la question du sucre de betteraves, je le ferais «oinme je l’ai fait jusqu’à présent. Ainsi, je dirai que si mes calculs qui flssi<?nent a,ix fa|,,iq,ues de sucre de betteraves la faculté plus ou moins loin-rime de produire le sucre à 3 sous la livre sont inexacts; si enfin cette industrie n’est pas capable de rivaliser ateccelle des Indes, elle est mauvaise : n°s manufactures existantes doivent cesser leurs travaux ; notre agriculiur.ï d°it renoncer aux bénéfices de la production saccharine,et le gouvernement doit à celle industrie devenue toute fiscale aucune protection. Mais si au c°utraire mes calculs sont exacts, ainsi que j’en ai la conviction, les su-c,uries indigènes sont dignes de toute la faveur de l’administration, de la ?°nfiance publique , et mes travaux , qui ont conduit à établir cette réalité e notre industrie , doivent me concilier plutôt la bienveillance dis mann-‘cbiriers, dont j’ai défendu loyalement la cause, que l’animadversion qu’on e,cheà leur inspirer contre moi.
- Maintenant que des intérêts opposés viennent recueillir et dénaturer mes
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- «ornent dans la nouvelle industrie; ils sauront qu’ils ne doivent se livrer à la fabrication du sucre qu’avec toutes les ressources matérielles, morales et intellectuelles qui puissent garantir la stabilité de leur établissement. Ils sauront quelles garanties protègent maintenant l’industrie qu’iis recherchent et quelles charges doivent peser sur elle dans l’avenir; ils n’au-ront doncpoint, si l’impôt s’établit, à venir demander compte au gouvernement des garanties politiques, dont nos cent établisse-mens actuels, formés sous l’égide de ces garanties, pourraient se prévaloir aujourd’hui. Cette marche, des le moment où l’on admet la légalité de l’impôt ( ce que je ne prétends pas discuter) , cette marche, dis-je, me semble très-sage et bien en harmonie avec nos institutions libérales.
- Des deux systèmes de fabrication.
- L’expérience d’une année a jeté quelque lumière sur la valeur
- calculs et mes raisonnemens qu’ils viennent présenter, des espérance? commodes réalités pour provoquer contre le sucre de betteraves des mesure? dangereuses à son développement ; c’est un acte de mauvaise foi qu’il nC dépendait pas de moi d’empÊeher, et dont fera nécessairement justice la raison éclairée de la commission d’enquête.
- D’ailleurs il résulte des dépositions de MM. Blanqnet et Crespel à la commission d’enquête que leur prix de revient ne s’écarte pas beaucoup de celui de 65 cent, le kilog. que j’avais établi dans mon ouvrage comff® un résultat réalisable dans une fabrique travaillant avec perfection a millions de kilog. par les procédés connus. D’une autre part, si je suis coupable d’avoir écrit que l’on pouvait produire le sucre à 65 cent, le k»!og., M.CreS-pel lui-même devrait partager ma culpabilité, puisqu’il résulte d’un rapport sur ses travaux, rédigé d’après ses données, et inséré dans les Mémoires de la Société d’Arras, que le sucre retiré à raison de 5 °/0, comme il le fait, Par un propriétaire cultivateur qui établirait son usine dans ses domaines, ne reviendrait qu’à 6o cent, le kilog. Un autre compte, établi d’après des données qui m’ont été fournies par M. Crespel lui-même , porte ce prix de revient à 62 cent. On voit donc que les données sur lesquelle8 étaient fondés mes calculs devaient m’inspirer une grande confiance ? puisque leurs résultats définitifs s’accordaient parfaitement avec ceux 5e M. Crespel, qui doivent inspirer une si juste confiance en semblable m3-' tière.
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- des àeux systèmes de fabrication qui se partagent l’industrie, ks cristallisoirs et les formes. Des établissemens se sont formés pour travailler dans l’un et dans l’autre système, d’autres aussi but fondu les deux méthodes, mais l’on doit convenir que généralement le système des formes a fait cette année plus de pro-Selytes que les années précédentes, soit par suite de l’introduc-li°n des appareils de cuite à vapeur, soit parce que l’ensemble ^ système a été mieux apprécié et mieux dirigé par les nou-'"oaux fabricans, soit encore par suite du discrédit que quelques ralBneurs ont jeté sur le sucre des cristallisoirs.
- La scission qui existe entre les méthodes de fabrication a fait naître deux partis opposés, qui se font une véritable guerre industrielle y chacun défend ses procédés en les signalant comme fes meilleurs, et chacun dénigre les autres sans mettre même toujours le calme ni la raison de son côté. On s’étonne de voir ^esprit de coterie et de parti envahir ainsi une discussion où. les faits et la raison seules devraient trouver accès. Quoi qu’il en soit de la mauvaise foi que fait naître nécessairement toute polémique passionnée, il est vrai de dire i°que les deux méthodes, les cristallisoirs et les formes, peuvent produire du sucre avec avantage dans les circonstances actuelles ) 2° que les cristallisoirs, présentant dans leurs procédés une marche plus mécanique et exigeant moins dé pratique et de connaissances dans lè manipulateur, ont généralement mieux réussi que la cuite ) 3° que celle-ci, moins facile à manier que la cristallisation lente, est cependant plus économique pour l’installation de rétablissement, qu’elle présente économie de main-d’œuvre et de combustible , une plus prompte réalisation des capitaux, et qu’elle Peut retirer autant de sucre de la racine quand elle est convenablement maniée ; 4° enfin, que les procédés de défécation exigés Pour la cuite rendent son sucre identique avec celui des colonies, n’exigent pas des modifications dans les procédés de raffinage, Pendis que les crisiallisoirs peuvent admettre des sirops de jus mrparfaitenient déféqués, et par conséquent conserver au sucre *îui en provient des matériaux qui viennent entraver le travail dU raffinage.
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- Ces diverses assertions ont besoin d’être développées, et c’est ce que nous allons faire.
- Quelle que soit la méthode que l’on suive pour extraire le sucre de la betterave, celle des cristallisoirs ou celle de la cuite, les cristaux qu'on en obtient en bruts et ceux qui proviennent du raffinage de ces bruts sont parfaitement identiques physiquement et chimiquement. Les formes géométriques qu’ils affectent sont bien telles qu’elles ont été 1 èconnues par Haüy, et véfi' fiées plus récemment par M. Gillot. La forme primitive est un prisme quadràngulaire à base de paralléiogramme dont le petit côté est au grand : : 7 : 10. J’ai remarqué en outre que les cristaux réguliers de candi de ces sucres, de même que ceux de la canne, éprouvent dans certaines circonstances des modifications sur les arêtes des angles plans aigus, mais ces modifications sont ordinairement peu profondes. Ils ont en outre un plan de clivage perpendiculaire aux bases du prisme. Si l’on vient à fabriquer avec du sucre des cristallisoirs des cristaux réguliers de candi, on obtient ordinairement ce que l’on appelle, eu termes de 1 affinage, des cristaux gremillés. Ce sont des groupemens què l’on obtient également avec le sucre de canne de mauvaise qualité , ou même avec de bon sucre mal clarifié et mal cuit. C’est cette circonstance, qui ne prouve rien contie l’identité des formes cristallines des deux qualités de sucre, qui a trompé M. Clémendot, quand il a affirmé récemment que ces deux sucres différaient sous ce rapport.
- Le sucre dçscristallisoirs, considéré comme matière première du raffinage , a une infériorité réelle sur le sucre de formes de pareille nuance. D’abord ce sucre, ne pouvant être purgé de la mélasse sans le secours de la presse, a besoin pour cette raison de passer aux cylindres. Le broiement qu’il éprouve dans ce travail produit sur une partie du sucre l’altération que l’on sait être pour ce produit le résultat du frottement. Une partie du sucre cristaUisabie est alors dénaturée, ne peut plus renaître au raffinage, et s’oppose dans ce travail au rapprochement du sucre non altéré. Telle est la cause qui contribue à 11e permettre à cette sorte de sucre qu’un moindre rendement dan»
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- ^ mfünâge. Cette altération est de l’ordre des altérations g rou pies, dans la langue des raffineries, sous le nom de graissage outre, la nuance qui appartient à un sucre cylindre n’est que !e résultat dil broiement et par conséquent factice. L'on Sait, en effet, que la blancheur des sucres dépend de l’état de division des cristaux; mais cette supériorité qui trompe l’acheteur, ne trompe yKts le manufacturier qui fond le sucre ï ^elui-ci^en effet, a remarqué que les sucres des crisîallisoirs ne rendent jamais a la chaudière la nuance qu’ils promettaient. Tandis que le sucre déformés , se présentant comme celui de la canne en petits cristaux èûnfus, intacts et souillés par l’eau drère dans laquelle ils se sont formés, ne trompent jamais le raffineur sur la véritable nuance qu’ils donneront à la chaudière, Le sucre de formes, à nuance égale, est donc préférable Sous ce rapport au sucre des cristallison s^
- Une ciiconstance assigne encore à ce dernier sucre une grande infériorité pour le raffinage ; cette infériorité est la variation qui existe dans sa pureté , variation qui est la conséquence de ta marche mécanique et constante de la défécation. En effet , tas betteraves exigent, suivant leur qualité et suivant l’époque de leur conservation , des proportions d’agens déféqüans { acide sulfm iqUe et chaux) qui varient dans des limites assez étendues Pour donner à la cuite des résultats constamment bons} quand ïes conditions ne sont pas remplies, la cuite marche mal, et le manufacturier est dé suite averti du Vice de son travail, et }éis par là même sur la voie de le corriger. Il est à remarquer qu’un sucre provenant de cuites mauvaises présente des difficultés semblables au raffinage. Lé raffineur peut d’aib taürs toujours distinguer facilement ce sucre ; son grain est Peu volumineux, ne croque pas sous k dent; il îda point de corps, il est empâté, et les cristaux ne sont point détaxés; il a aussi le plus souvent une saveur et une odeur qui Ie font distinguer très - facilement du sucre de canne. Les ^llstallisoirs au contraire peuvent recevoir impunément un Sll°p imparfaitement déféqué; tel est, par exemple, un sirop ^Clde, la cristallisation marché souvent dans ce dernier cas mieux
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- que pour lin sirop neutre; !e sirop est de bon goût, il conservé cette qualité dans l’étuve, et la proportion de sucre qui eut été nulle et mauvaise pour ce sirop soumis à la cuite , est grande et belle en apparence dans les cristallisons. Ces raisons doivent donc faire affectionner aux fabricans en criatallisou'* les sirops acides, et c’est ce qui a lieu pour le plus grand noni-bre. Dans le raffinage les vices de la défécation '^reparaissent J les matériaux non séparés, et souvent les sels ammoniacaux viennent rendre la cüite difficile. Cet effet se manifeste né» pas toujours dans le premier travail du raffinage, mais bien dans celui des sirops, et cela à une époque d’autant plus rap" prochée que le sucre est plus impur. Cet effet est surtout sensible dans le procédé mécanique d’Achard, qui recommande des proportions constantes d’acide et de chaux pour toutes les qualités de betteraves. Il est encore très-remarquable dan» le sucre préparé par M. Derosue à l’aide des cristallisons et du sulfate d’alumine. Ce sucre, en effet, préparé avec des racines qui étaient fortement ammoniacales, donne par la chaux de l’ammoniaque reconnaissable au seul odorat. Remarquons aussi que c'est l’imperfection de la défécation des jus préparés par ce dernier procédé qui rend leur cuite impossible. Les causes qui donnent à la défécation d’Achard une grande inconstance, sont dans les proportions variées d’ammoniaque contenues dans le jus des betteraves; cette ammoniaque se trouve dans ce procédé en partie saturée par i’acide sulfurique, et le sulfate formé, décomposé pendant ia concentration, met en liberté des acides qui le plus souvent ne sont pas de l’acide sulfurique, mais bien les acides de tous les sels qui sont en solution dans le jus : tels sont les acides hydrochlorique * nitrique, et les acides végétaux malique, pectique, etc. Il se produit alors dans le jus une matière qu’aucun moyen connu ï)c peut faire disparaître; car si l’on neutralise les acides libres de manière même à les empêcher de renaître, ia cuite du sirop ainsi traité est difficile, et donne toujours de mauvais résultats en formes. C’est particulièrement dans la cuite que cette matière produit des effets fâcheux qui sont rendus manifestes
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- î)av le montage, la viscosité et la caramélisation du sirop. Cette Matière, que l'on retrouve ensuite sur les cristaux du sucre, et •Jü! dans la dessiccation les fait adhérer fortement les uns aux Autres comme le ferait la colle de pâte, est analogue à celle ^üi se produit quand on traite le sucre par l’acide nitrique P°ur préparer l’acide nralique, on obtient alors, outre l’acide clique, une matière brune, soluble dans l’eau, insoluble dans 1 alcool, et analogue à la gomme. C’est cette matière qui dan§ le travail des cristallisoirs souille le sucre, et contribue a faire naître dans le raffinage les écueils dont nous avons Parlé.
- Nous avons dit que la marche régulière et moins difficultueuse ^s cristallisoirs avait donné plus de succès aux établissemens dirigés par cette méthode. Si l’on considère les conditions <^ui Président aux installations du plus grand nombre des sucreries, i’on reconnaîtra que toute méthode un peu complexe et délicate dans ses procédés doit y faire naître souvent des écueils Msurmo niables. En effet, tout roulé le plus souvent dans les Nouveaux établissemens sur un directeur plus ou moins novicq et plus ou moins éclairé; peu familier avec les machines et les agens qu’il a à manier, il doit en outre faire réduction d’ouvriers qui sont tout neufs dans l’industrie : cette charge est tellement grande, pénible et difficile, qu’elle a souvent été mal remplie. Dans le procédé de la cuite, en outre, le h'avaii se compose d’une dizaine d’opérations qui ont chacune taürs exigences mobiles, toutes indispensables au succès du récitât final; et si une seule de ces opérations vient à être manquée, le résultat est mauvais. Eh bien! ces opérations sont confiées ordinairement à des ouvriers diffère ns qui peuvent apporter de l’ignorance ou dé la négligence; il est donc facile de concevoir qu’un travail dont lé succès est subordonné au zele de tant d’individus et à l’accomplissement de tant de conditions, ait présenté souvent des résultats désèspérans pour le Manufacturier, qui pouvait aussi n’être ni assez actif ni assez eclairé pour remédier au mal. De là l’insuccès de la cuite; de ^ le succès des cristallisoirs, qui ne présentent véritablement
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- aucune opération délicate et qui peuvent sans préjudice auto» riser bien des fautes»
- Ces considérations expliquent aussi suffisamment comment il se fait que le procédé des cristallisoirs a généralement rendu plus de sucre que celui de la cuite. Mais il ne faudrait pas in» fèrer de là que la cuite convenablement maniée rende moins que les cristallisoirs; l’expérience prouve , au contraire, qu’on en retire tout autant, avec moins de dépenses en appareils, eu main-d’œuvre, en combustible, et dans un temps infiniment plus court. Une méthode de travail par la cuite emploi ée pour la première fois cette année dans mon atelier industriel, m’a per» mis d’extraire en premier jet 5 "]0 de sucre, pris sur le poids des racines mises à la râpe) dont le jus pesait 7 -f° Beaumé. Ces racines avaient été conservées pendant 4 mois en cave* et le nettoyage leur avait fait subir une perte de 1 o °/0* Le rendement de ces racines avant le nettoyage est donc de 4 î 0/o» Le second produit de ces racines, établi d’après le volume du sirop recuit obtenu ne doit pas s’élever à moins de { du premier produit» Gette expérience et celles des fabriques bien dirigées par lu cuite, comme celles de MM. Oudard, Blanquet et Harpagnics» Clémendot et Guiibert, de Beaujeu, fallu, etc», prouvent que le produit des racines travaillées par ce procédé ne s’élève pas a moins de 5 °jo des racines récoltées; remarquons aussi que tel est le rendement accusé par M» Grespel, dont la fabrique est sans contredit le type de la cristallisation lente la plus perfectionnée.
- La simplicité du travail par les cristallisoirs, simplicité que nous avons invoquée nous-même pour expliquer leur succès* a été invoquée aussi par les partisans de cette méthode pour la recommander aux industriels, et sous ce point de vue les avantages des cristallisoirs ne sont que spécieux. Eu effet, si l’on considère l’industrie sucre de betteraves comme étant appelée à rivaliser avec les sucieries des Indes, il faut pour cela la recommander dans ses appareils et ses procédés les moins dispendieux ; il faut la recommander dans ses méthodes qui lui assurent non pas l’existence du moment) mais bien l’attitude la
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- î^us perfectible et la plus durable. Eh bien! cet espoir d’acqüi-sition d’une industrie solide pour le sucre se trouve, à mon ayis, exclusivement dans le travail par les formes. Là seulement Se trouve un produit dë bonne qualité et identique sous tous les rapports avec celui dont il doit soutenir la concurrence, et rçu’il doit remplacer dans le commerce. Les cristallisoirs favo-llisent aux cours actuels des sucres une fabrication lucrative; ^is lorsque le commerce de raffinerie sera plus éclairé sur la qualité factice deieurssucresetsurlesdéfautsqu’ilsautorisent, et en sont inséparables, alors la ventedè leurs produits rencon-bera plus de difficultés; ceux-ci trouveront de moindres prix, cf>mme cela arrive déjà aujourd’hui, et la marge que présente la fabrication pourra disparaître, au point même de compromettre l’existence de l’industrie. Tous ces inconvéniens, disons-le, Peuvent se rencontrer accidentellement dans le sucre de formes; mais ils ne sont pas inhérens au système, et tout, au contraire, dans ce système, est naturellement coordonné pour lier intimement la bonne qualité de produits et l'existence Hes établisse mens.
- J’ai été l’un des premiers à insister fortement, dansmon travail Stl1- le sucre de betieraves publié en 1824, sur les inconvéniens l’emploi d’un excès d’acide sulfurique dans les jus et sirops *le betteraves, et je suis toujours convaincu que cet excès, préjudiciable dans les deux systèmes de fabrication, est surtout dan-§ei‘eux dans le travail par la cuite Ce n’est pas que l’acide qui P' édomine dans ce cas soit le plus souvent de l’acide sulfurique, Car celui ci 11e peut demeurer complètement libre dans un liquide contenant des sels, soit végétaux, soit minéraux, d’un ai,tre genre, et je suis bien convaincu que les mauvais effets abribués à faction directe de l’acide sulfurique sont dus à *1 autres acides qu’il a rendus libres (1). Il ne faut donc pas abribuer à l’emploi de cet agent dans la fabrication du seme de betteraves, des inconvéniens qui ne sont dus qu’à son emploi
- de
- '*) Des recherches que je publierai prochainement donneront la preuve °Cs asseyions.
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- tuai entendu et mal administré. L’emploi de cet agent Où d’atD 1res agens équivalèns est au contraire inévitable dans un-grand fiombve de cas, et rend dans beaucoup dé circonstances de$ services inappréciables. Ainsi son emploi dans lé'bac à jus pour préserver le vesou de l’altération glaireuse rend un service dont l'expérience a bien sanctionné la bonté, ét lé jus ainsi conserve et déféqué convenablement par la chaux est tout aussi propré il subir la cuile que celui qui aurait subi d’autres manipulations* soit par la chaux seule, soit par l’acide et la chaux. Dans d’autres cas, si le jus fortement alcalin ne pouvait subir la clarification à l’albuminé, il Recouvre cette propriété par l’additioU de l’acide sulfurique jusqu’à neutralité. Un sirop alcalin clarifié au sang qui 11e pourrait pas subir facilement la cuite jusqu’à la preuve, y arrive aussi facilement par l’addition d’un peu d’acide. Dans tous les cas où les racines contiennent une grande quantité de sels végétaux à basa de potasse, l’emploi de l’acide sulfurique est indispensable jusqu’à neutralisation approximative de la potasse. Ces considérations tendent à affirmer qu’il' ne faut rien conclure de l’action de l’acide sulfurique sur certaines madères organiques et dans certaines circonstances spéciales, contre son utilité dans d’autres circonstances, ainsi que quelques personnes l’ont faitpour le procédé d’Achard qui accompagne léS cristallisoirs. L’acide joue là un rôle utile, qui est également applicable au travail par les formes, mais applicable avec les les modifications que commande la cuite.
- Nous allons maintenant passer en revue toutes les opérations de la fabrication du sucre, ainsi que nous l’avons fait dans notre dernier Mémoire, et signaler en meme temps les modifications et les améliorations qu’elles ont subies, de meme que celles introduites dans les appareils qu’elles utilisent. Nous suivons pour cela l’ordre des travaux,
- Choix de lec localité pour établir uns sucrerie de betteraves<
- Les ioo fabriques qui existent maintenant en France, et dont pous donnerons la liste à la fin de ce Mémoire, sont disséminées
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- dans a3 de nos départemens, et ceux de ces départemens qui c°mptentlc plus d’établisscmens sont le Pas-de-Calais, le Nord, la Somme et l’Aisne. Cette prédilection des fabriques pour les Cllmats du nord, leur absence complète de nos climats du midi, et d’autres considérations, m’avaient fait admettre dans mon traité du sucre de betteraves que cette fabrication de meme que la pio-duction de laracineàsucre ne convenaient pasaux climats du midi, ^epuiscet te époque, des renseignemens qui me sont parvenus sur kqualité des racines dumidi, sur la quantité de matière cristalli-sable que des essais en ont séparée, et un examen plus attentif de cette question, m’ont fait reconnaître mon erreur. Je suis, en effet, b ieu convaincu maintenant que la betterave cultivée dan» fe midi de la France contient, toutes autres circonstances égales d’ailleurs, plus de sucre, et de sucre cristalüsable, que les Peines du nord; que ce sucre est tout aussi facile à extraire; et que si le midi ne compte pas de sucreries de betteraves, la cause en appartient moins au climat qu’à d’autres circonstances que l’on peut rencontrer dans des latitudes mixtes de notre b tance. Quant à la plus grande propagation des sucreries dans les départemens du nord, on peut l’expliquer de la manière
- suivante :
- L’agriculture des départemens du nord de la France a dû se Ressentir du voisinage de la Belgique, et subir l’heureuse influence de cultures perfectionnées avccp'anies sarclées et sans Jachères. Ces départemens étaient donc dès-long-temps en possession de la culture de la betterave, tandis qu’il n’en est pas de même de beaucoup d’autres départemens de l’intérieur et du midi, où cette racine esta peine connue comme plante potagère. Lorsque la fabrication du sucre de betteraves a été assez fixée pour devenir une industrie exploitable, elle a dû naturellement s’implanter de préférence là où elle trouvait eu abondance sa matière première. D’autres considérations purement economiques ont aussi donné aux départemens du nord une 8!'andc supériorité pour ce genre d’établisscmens; ce sont:
- le bas prix de la main-d’œuvre agricole et industrielle; 20 la Proximité des fosses de charbon et partant l’économie du corn-
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- bustibîe; 3° la grande fertilité du sol qui permet d’établi1’ te comp'e de revient des racines à plus bas prix.
- L’on peut donc établir en principe qu’en considérant la seule question de climat et de richesse saccharine des racines, te midi est hu moins aussi privilégié que le nord.
- Abordons maintenant la question de choix d’une localité pour l’établissement d’une sucrerie. Si l’on veut se livrer à cette industrie comme propriétaire, en ne tenant compte que des grands avantages qu’elle promet à l’agriculture par la culture d’une plante pivotante et sarclée, et parla consommation sui* place qu’elle réalise, on choisira de préférence pour son installation une propriété dont les terres, soumises à l’assolement
- triennal, sont, sinon peu fécondes, au moins privées de tous les avantages d’un bon système de culture; on choisir» enfin un terrain qui soit déjà propre et consacré à la culture des céréales. Là, quelle que soit la valeur du combustible et de la main-d’œuvre, on ne cherchera pas à réaliser les grands bénéfices que produirait ailleurs la fabrication du sucre; mais on ne considérera cette industrie que comme un accessoire de 1» ferme, capable de produire d’abondans engrais, de faire dispa' raître la jachère . et de doubler au moins la valeur du fonds dans un laps de temps plus ou moins court. Si l’on ne considérait la fabrication du sucre que comme une opération manufacturière ordinaire qui doit payer au moins au bout de l’année les avances et les peines qu’elle donne, il faudrait alors choisir de préférence une contrée riche, où les terres fussent très-fécondes, où la culture de la betterave fût organisée dès-long temps sur une grande échelle, où la main-d’œuvre et le combustible fussentà bas prix. C’est dans ces circonstances, en effet, que l'industrie donnerait je tiédirai pas les résultats les plus grands, mais bienles résultats les plus prompts, et c’est là seulement que cette fabrication pourrait être isolée avec avantage de l’agriculture. 11 y a plus, c’est que dans les départemens bien cultivés, que la fabrication du sucre indigène a choisis pour son implantation, elle n’est jusqu’à présent envisagée que sous ce dernier point de vue, et les améliorations qu’elle peut introduire dans l’agriculture ne
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- sont pas comparables à celles qu’elle introduirait dans des terres beu fertiles et ja ch crées.
- Dans la culture de la betterave, toute la dépense se compose façons et d’engrais. Ces dépenses sont les mêmes pour un 8°1 pauvre que pour un sol riche. Sous ce point de vue, l’on Pressent de suite l’avantage d’un sol riche qui, en donnant de grands produits, établit la question économique de re-v‘ent de la racine à un plus bas prix. Aussi 11’est-il pas étou-»ant de trouver des cultivateurs, dans les dépai temens du nord , *îui produisent avec avantage la bettenave à 8 fr. les 5oo kii., k'odisque d’autres départemens où la valeur locative des terres est à des prix moins élevés ne peuvent produire le même poids racines à 12 fr.
- b’on voit donc que la production du sucre indigène présente ’kux questions bien distinctes : l’une agricole, et c’est la plus ^portante et la plus fécondé en grands résultats; l'autre manufacturière , qui se borne à extraire avec le plus d’économie D°ssihle le sucie cristaliirable de racines achetées aussi au plus J^as prix. La première de ces questions intéresse au plus haut ^cgré le propriétaire, la richesse territoriale, les perfectionneras de l’agiùculture, et présente pour l’industrie les chances de habilité les plus grandes et les plus précieuses. L’autre, isolant pour ainsi dire la manufacture de la ferme, ne fait nullement t{*tervenir dans la question économique de fabrication la plus ValÜG acquise au sol par cette industrie; elle fait un compte de *ccette et de dépense, et ne trouve de salut que dans une ba-annuelle favorable.
- Cependant, il faut convenir que les circonstances les plus Combles et les plus utiles dans lesquelles un industriel puisse ^tnbrasser la fabrication du sucre, sont dans le cas où il est D'opriétaire ou au moins locataire à long bail du domaine. Là, S1 fe sol est peu riche, les premières années de fabrication du sucre ne donneront pas de grands bénéfices ; mais lorsqu’une cuUure soignée et des engrais abondans auront amélioré le So'> lorsque les ouvriers exercés aux bonnes manoeuvres agri-c°ks les feront avec célérité et perfection, lorsque l’on aura,
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- enfin, formé des hommes nouveaux pour l'agriculture et l'industrie , le propriétaire commencera alors à récolter amplement le fruit de ses travaux, par une augmentation considérable dan® les produits de ses terres et par des inventaires très-lucratif dans la fabrication de sou sucre.
- En résumant .ces considérations, l’on arrive aux conséquen-ces suivantes :
- i° Toutes les terres propres à la culture du blé, et tant soit peu profondes, sont propres à produire la betterave, quelle que soit leur nature, alumineuse, calcaire ou siliceuse ;
- 2° Un industriel qui veut faire les plus grands bénéfices stn la fabrication du sucre, doit s’établir de préférence dans un departement où l’on cultive la betterave avec économie, et cette condition se rencontre généralement dans les départemens dont les terres sont les plus fécondes, comme ceux du nord de la Fi ance ;
- 3° La fabrique de sucre dè betterave placée dans les circonstances les plus favorables, est entre les mains d’un propriétaire cultivateur, qui considère la sucrerie comme un accessoire de la ferme, propre à produire des engrais et à enrichir son fonds\
- 46 Fa fabrication du sucre de betterave est plus utile à l’agriculture là où elle donne moins de bénéfice au manufacturier, et vice versa.
- L’établissement d’une sucrerie dans une localité où il n’en existe pas présente toujours plus de difficultés, à cause du noviciat des ouvriers; ces difficultés sont bien plus grandes encore quand on se place dans une position où la culture des plantes sarclées, et où par conséquent la méthode des sarclages est inconnue. Là, en effet, il faut que le fabricant cultivateur fasse à ses frais l’apprentisage de son monde, il faut surtout qu’il attire des bras par un salaire élevé ; ces bras font d’abord peu de besogne, et par conséquent le travail coûte fort cher.
- Une marche avantageuse à suivre dans ces circonstances, consiste à faire travailler d’abord à la journée; puis, lorsque les ouvriers savent faire bien, on les fait travailler à la toise avec surveillance; par ce moyen on les fait travailler plus vite, et l’on
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- peut évaluer la besogne qu’ils expédient dans une journée de bavail. Lorsqu’ils ont travaillé pendant quelque temps sur ce Pied, et que l’on suppose qu’ils sont arrivés à peu près au Maximum de célérité, leur salaire à dû s’accroître beaucoupj alors on peut leur proposer de continuer de travailler aux piè-Ce$ à un moindre prix, de manière à ramener leur salaire à peu P*'ès à ce qu’il était primitivement quand ils travaillaient à la >ournée. Il est souvent plus convenable pour les travaux agri-c°les de maintenir pour la première année d’essai le salaire à pièce rèl qu’on l’a établi pour le travail d’une journée lors de l’ap-Prentissage, et de ne diminuer le taux que la deuxième année etl établissant des primes d’encouragement pour ceux qui travaillent le mieux et le plus vite.
- Culture».
- ta préparation mécanique du sol est de la plus grande importance. En effet, les betteraves cultivées dans les terres qui sont tien meubles ont une plus belle végétation, elles pivotent 1111 eux, elles présentent par là même moins de bifurcation ; k terre y adhère moins dans la récolte et elles se conservent tûieux.
- tes fumiers de cour et en général les engrais végétaux contiennent mieux à la qualité de la racine à sucre. Il vaut mieux aussi la faire succéder à une récolte bien fumée que de la fumer ete-même; on a remarqué, en effet, que les racines venues sans engvais sont d’une conservation et d’un travail plus faciles, tes engrais animaux paraissent surtout exercer une influence fâcheuse sur la constitution de la racine, et rendre son travail et sa conservation plus difficiles. On expliquerait ce dernier Phénomène par la présence d’une plus grande quantité de mariaux animalisés, et l’autre par la même cause, et en outre tav l’existence d’une plus grande proportion de sels animo-^acaux, qui sont un véritable écueil dans le travail du sucre.
- 1316 semble extrêmement probable que l’un des résultats de la
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- fermentation que la racine éprouve dans ies conserves, est Ie développement de l’ammoniaque sur-saturée par un acide.
- Les semailles en lignes faites à la main et avec des rayonneui'S, ou encore à l’aide des semoirs en lignes, sont toujours celle* qui sont les plus usitées. M. Blanquet, dont les procédés sont extrêmement dignes de considération, préfère semer au plan* toir et à la main. Le semoir en ligne ne convient bien qu’aux terres qui sont bien préparées, cet instrument étant surtout sujet à se déranger sur un sol inégal. Je ne sache pas qu’on ait encore adopté les semailles en quinconce avec repiquage ; cette méthode, qui permettrait l’emploi de la houe à cheval, au moins pour les deux derniers sarclages, serait sous ce rapport extrêmement digne d’attention, surtout dans les contvées ou la manœuvre des sarclages n’est pas usitée et où elle coûte pat conséquent fort cher.
- La méthode des repiquages est sans doute de nature à don-ner de bons résultats, mais l’inconstance de ces résultats et le* conditions qu’ils exigent, pourront en exclure la pratique d’une grande culture.
- Les variétés de betteraves les plus recherchées sont toujours la blanche de Silésie, la rose et la jaune à chair blanche.
- Le temps le plus favorable pour la récolte est un temps sec-Si l’on a du soleil ou un vent sec, la mise en monts pendant quelques jours avant la mise en réserve rend la conservation plus parfaite.
- La betterave non déplantée et légèrement abritée par ses feuilles peut résister à un froid de 20 sous zéro. Cependant il faut éviter d’attendre les gelées pour la récolte et l’emmagasinage.
- La récolte se fait toujours à la bêchej quelques fabricans, cependant, ont toujours le projet d’essayer la charrue.
- Le procédé de décolletage le plus économique se fait avec la bêche ; cependant ce procédé présente tant d’imperfections, et le décolletage a une importance si grande, qu’il vaut mieux l’exécuter au couteau ; c’est le parti qu’ont pris MM. Blanquet et Harpignies, qui conservent parfaitement leurs récoltes. Dans
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- décolletage au couteau, il est important de faire amputer -avec soin le collet jusqu’à la naissance des pétioles. Il serait Utême extrêmement utile, ainsi que je m’en suis convaincu par expérience > de couper en même temps les radicules et le chevelu, et d’enlever la terre qui y adhère. Ce premier travail, qui peut présenter de la lenteur et par là même des difficultés, serait Un véritable nettoyage qui rendrait plus simple et plus expéditif celui qui doit précéder le râpage, et l’on ne doit point douter <ïue cette manœuvre n’améliore beaucoup la conservation, en ccartant les causes de germination et de fermentation.
- Conservation,
- Da méthode de conservation la plus sûre pour les grandes basses de racines consiste à les placer dans des petites fosses Peu profondes et peu larges, creusées dans un sol compacte, elevé et par là même peu humide. Les racines ainsi réunies dans ces silos sont ensuite recouvertes d’une couche de terre suffisante pour les abriter de la gelée. Cependant, lorsqu’on dispose de magasins bien aérés et secs, on peut sans inconvénient y loger les récoltes, qui s’y conservent très-bien. M. Oudart , d°nt l’expérience est une grande autorité, ne conserve des vaines qu’en magasin , et il les conserve parfaitement saines.
- M. Bernard deSussy, qui a commencé cette année ses travaux de très-bonne heure, a travaillé une grande partie de sa récolte 8aus mettre en réserve. Cette circonstance est très-favorable, fiUand on peut le faire impunément. Ainsi, dans beaucoup de d®partemens, on compromettrait souvent la récolte, si l’on suivait l’exemple qu’a donné cette année M. Bernard, de laisser des racines sur terre jusqu’au mois de décembre.
- ^es conditions les plus importantes à remplir pour la parfaite conservation des racines sont :
- 10 D’amputer le collet jusqu’à la naissance des pétioles;
- 20 De couper les radicules et le chevelu ;
- °° D’enlever le mieux possible la terre qui adhère aux racines;
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- 4° De laisser parfaitement cicatriser les plaies faites par le couteau, avant d’emmagasiner;
- 5° De réunir les racines en petites masses, de creuser les silos dans un terrain sec, et de les abriter de la gelée;
- 6° D’éviter dans la récolte et dans l’emmagasinage toute meurtrissure, qui pourrait devenir une plaie et par suite un foyer de fermentation ;
- 7° D’éviter d’avoir à emmagasiner des racines d’un gros échantillon.
- Quelques expériences que j’avais faites , sur une petite échelle, sur l’emploi de l’acide sulfureux pour la conservation des racines, et le rôle utile que joue cet agent dans la conservation des moûts de raisin, m’avaient fait espérer qu’on pourrait retirer de grands avantages de cette méthode. L’expérience en grand n’a point vérifié ma présomption, et l’acide sulfureux, an lieu de favoriser la conservation des racines, les fait au contraire entrer en pourriture assez promptement.
- Il paraîtrait, d’après ce fait, que la betterave, comme plante bisannuelle, ne se conserve qu’à l’aide de la force vitale qui doit la féconder la seconde année de sa végétation, et que, si l’on vient à anéantir par un moyen quelconque cette vie du végétal, il subit alors la dernière période de décomposition des matières organiques. Les mutilations que l’on fait subir à la racine en coupant les pétioles et le chevelu, qui sont bien les organes de la reproduction , n’ont pas le même inconvénient, et il me paraît bien démontré que cette mutilation paralyse l’ac* tion de la force vitale sans tuer le végétal. Ainsi, la force qui aide la fermentation en altérant le sucre, peut être paralysée jusqu’à un certain point, en mutilant les organes dont elle se sert ; mais il faut bien se garder de l’anéantir.
- Les racines éprouvent dans la conservation des modifications qui diminuent le titre aréométrique de leur jus. Cette réduction, qui est quelquefois très-faible, est aussi quelquefois notable , quand l’altération est profonde. Une circonstance tend cependant à pallier cet affaiblissement de densité du jus; c’est la
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- dessiccation qu’éprouvent les racines dans les réserves : cette dessiccation tend en effet à en rehausser le titre.
- J’ai déjà fait observer que tout tend à me faire croire que les sels à hase d’ammoniaque peuvent se former dans les racines Qnses en réserve. Ce développement, qui est plus grand dans les racines fumées , rend le travail du sucre moins bon. L’on a annoncé aussi quelque part que le nitie se formait dans les rnê-ïttes circonstances ) mais, quoique je sois disposé à admettre la Présence du nitre dans beaucoup de racines , je dois convenir *Iue je n’ai aucune raison pour croire qu’il se forme pendant la conservation.
- Pendant cette conservation, les racines perdent toujours une Partie notable de leur poids, surtout quand on les loge dans des magasins aérés. Cette perte est le résultat de la fermenta-Lon, et particulièrement de l’évaporation d’une certaine quantité d’eau. On peut porter cette perte à 4 ou 5 o/o. Lorsqu’on ennnagasine des racines fortement chargées de terre, on éprouve ^ne perte plus grande encore, par suite de la séparation d’une partie de la terre qui a lieu dans le transport des fosses à l’atelier de Nettoyage. MM. Blanquet et Harpignies comptent la perte qu’é-Prouve la betterave depuis la récolte jusqu’à la râpe pour 17 0/0, Cette perte me paraît énorme. Cependant il paraîtrait qu’elle Serait pour ces manufacturiers le résultat d’observations faites Pendant deux années. Il est facile de voir d’ailleurs les causes d’inexactitude qui enveloppent de semblables observations dans düe grande fabrication.
- La conservation des racines est de toutes les opérations celle est la plus importante, et peut-être est-elle celle qui en gé-néral reçoit le moins de soins. C’est d’elle que dépend le suc-Cesde toutes les opérations ultérieures, et, si l’on considère la facilité avec laquelle on travaille des racines saines, on reconnaîtra qu’il n’est point de sacrifices que le manufacturier ne doive faire pour les conserver telles.
- Fabrication du sucre.
- #ettoyage ou lavage des racines.—Le nettoyage est utile par-
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- ticulièrement pour enlever les pierres et les parties malsaines que la racine pourrait présenter. Il est surtout indispensable sous ce dernier rapport, quand les racines ont séjourné quelque temps dans les réserves. Alors le lavage, qui pourrait être suffisant pour des racines fraîches et bien saines, ne peut dispenser du nettoyage au couteau, qui seul peut enlever les parties malsaines, et assurer que la racine que l’on met en travail est dans un étal convenable pour donner de bons résultats.
- M. Hallette a construit, d’après les données que nous avons présentées dans 1 ’Industriel, un laveur cylindrique , qui expédie beaucoup de besogne avec peu de force, peu d’eau, et avec perfection.
- Ce laveur , qui fonctionne dans le bel établissement de Roc-lincourt, près Arras, reçoit son mouvement d’une machine» vapeur, à l’aide d’une courroie. L’inventeur, M. Champonnois, a recommandé d’y placer deux segmens d’hélice aux deux bouts du cylindre, l’un pour admettre les racines , et l’autre pour les rejeter au dehors sur un plan incliné. Je pense que ces deux segmens seraient inutiles. En effet, les racines qui arrivent par l’un des deux bouts tendent constamment à s'y disposer sous des couches horizontales. C’est cette tendance qui, dans le mouvement de rotation du tambour, fait passer constamment les racines d’un bout du cylindre à l’autre Eh bien ! si l’on terminait les deux bouts par quatre croisillons, et que les racines fussent admises de manière à occuper plus de la moitié de la capacité du cylindre, il est évident que , son axe reposant sur le8 bords de la caisse, les racines sortiraient naturellement parle bout opposé à celui d’admission. Cette disposition simplifierait l’appareil , qui d’ailleurs est déjà d’une grande simplicité dans la construction admise par M. Hallette.
- Quelques fabricans ont renoncé au lavage, sous prétexte que cette manoeuvre introduisait de l’eau dans les racines. Cette allégation nous paraît bien peu raisonnable. Il serait difficile en effet de démontrer que le lavage puisse introduire de l’eau dan» le corps de la racine. Toute l’eau introduite dans la pulpe se ré-
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- düit doue a la faible proportion de ce liquide qui mouille en» c°i'ela superficie des racines après le lavage.
- J’ai déjà dit que des racines conservées pendant quatre mois en cave ont donné io o/o de perte au nettoyage. Cette perte est Souvent bien moindre^ elle est aussi quelquefois plus grande*
- Mâpage.
- Le râpage est toujours le seiil moyen employé pour mettre le Jus des betteraves en liberté* Ce moyen purement mécanique n'a point évidemment la perfection que présenterait une action 'chimique qui irait attaquér toutes les cellules sans exception ,
- c’est là encore l’une des imperfections de l'art, qui ne per» *net de retirer qu’incomplétement le jus et par conséquent le sucre contenu dans les racines.
- Dans mon dernier Mémoire, j’avais annoncé que des essais tentés par M. Champonnois sur la cuisson avaient donné de hons résultats, avec la précaution de mettre dans les sacs les raines cuites tout entières. J’ai tenté cette année cette expérience de la cuisson, et j’ai eu de mauvais résultats. J’ai reconnu que Uon seulement les racines dans cet état ne peuvent pas subir la pression, mais encore le jus qu’on en obtient subit mal la défé* dation.
- Des journaux de province et de Paris ont annoncé que M. Mar* fin, fabricant de sucre , près de Saint-Omer, avait trouvé Je Otoyen d’extraire g5 o/o de jus de la betterave par une nouvelle Otéthode. Il paraît que cette méthode n'était autre chose que la cuisson; mais il paraît aussi que le travail de M. Martin s’est borné a des essais infructueux, puisqu'il n’a plus été question ces suites de son travail sur ce sujet.
- On ne doit pas croire cependant que ce mode d’extraction du. soit tout-à-fait impossible; il résout bien le problème sous
- rapport de la division des cellules ; reste maintenant à trouer le moyen de séparer facilement le jus du parenchyme , puis a faire la défécation de ce jus de manière à obtenir de bons résultats. Il est possible que des recherches ultérieures parvien-nent à amener cette méthode à bonne fin* Pour moi, je crois
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- quelle est digne des méditations et des expériences de tous le3 fabricans de sucre.
- Le râpage est donc jusqu’à présent la seule méthode pratica-ble et pratiquée.
- Les râpes que l’on emploie exclusivement sont les cylindres horizontaux, armés de laines de scie à leur périphérie extérieure. Les rabots qui poussent les racines contre l’armure sont placés de manière que l’axe de la racine qu’ils poussent vienne se présenter au cylindre dans le prolongement du rayon-Cette condition dans la manière de présenter la betterave à la râpe est importante pour deux raisons : i° parce qu'alors le va-page est plus prompt et plus parfait que dans toute autre position j 2° parce que le talon qui échappe au râpage est alors le plus petit possible , puisqu’il ne peut être qu’un disque perpendiculaire à l’axe.
- On donne en général une grande vitesse au cylindre. La vu tcsse est en effet ici l’un des élémens indispensables d’un bon et prompt travail. Six cents tours cependant paraissent bien suffi-sans, même pour une râpe d’un pied de diamètre.
- Le modèle de Thierry, que tous les constructeurs se sont attachés à imiter et à perfectionner, avait un cylindre d’un pied de largeur sur deux de diamètre. Depuis, M. Hallette a réduit le diamètre à un pied, sous prétexte de diminuer la résistance de l’outil. Cependant cette réduction , dont je n’ai pas eu le résultat expérimental, a été faite d’une manière assez rationnelle, c’est-à-dire que le mécanicien a conservé au cylindre le même nombre de lames : il n’a donc par là même rien changé à la sur* face râpante.
- Le mouvement de la râpe s’est repris, jusqu’en ces derniers temps, sur le manège, à l’aide d’un double engrenage , et ce n’est que récemment qu’on l’a remplacé avec succès par une courroie : telle est la monture des râpes de MM. Wery et Peu-viou de Lille, de M. Amoire à Sauîtin, deMM. Ledru et comp.à Roye , de M. Montauvill et àDomfront, etc.
- On fait aussi les cylindres et les bâtis en fonte. La manière dont les lames sont assemblées sur les cylindres est aussi très-va-
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- ï'abîe. L’un dés modes les plus simples que je connaisse est îe vivant (voyez pl. 33, lig. 17 et 18.) Le cylindre en fonte dont ^ Périphérie est pleine porte deux collets saillans a a , dans lesquels on creuse deux rainures circulaires avec le tour; ce cylindre porte d’espace à autre des jours qui correspondent c > c, c. C’est, dans ces deux rainures qu’on place les lames de scie et qu’on les y arrête par leurs bouts; elles sont séparées *es unes des autres par des liteaux de bois qui s’engagent aussi dans les rainures, et des coins qui passent dans les jours c, c, maintiennent les lames et permettent d’en démonter quelques-Unes seulement quand elles ont besoin dé réparation. La pose et le rechange de l’armure de semblables cylindres est extrêmement facile. Cette disposition a été exécutée par MM. Molard Jeune et Moulfarine, chacun de leur côté.
- On fait aussi avec économie des râpes dont les bâtis et le cv-ündre sont en bois. L’armure du cylindre de bois peut s’y en-castrer dans des traits de scie ; ou bien on peut encore réunir les ^anaes sur la périphérie du cylindre à l’aide de liteaux de bois fixés par 3 vis sur ce cylindre. Ces cylindres sont très-économiques et conviennent très-bien aux fabriques purement agvico-^es> oùla simplicité et l’économie desappareils sont indispensables.
- Extraction du jus.
- On extrait le jus par la presse en renfermant la pulpe dans des sacs qu’on interpose entre des claies d’osier.
- La presse préférée pour cet usage est toujours la presse hydraulique, à cause de la facile manœuvre qu’elle présente et de Sa grande énergie, unies à la célérité avec laquelle on peut la laire fonctionner.
- Lans les grands établissemens, on reprend le mouvement des P°mpes sur le manège à l’aide d’excentriques, de manivelles ou poulies munies de courroies. Les pompes d’injections dou-b*es à mouvement alterné sont aussi préférées, à cause de la c°utinuité et de la régularité de la résistance. Cependant quand °a Veut faire mouvoir ces pompes à bras, il faut indispensable-
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- ment une bvinqueballe aux deux bouts cîe laquelle on place deu* hommes. Dans ce dernier cas, une seule pompe est préférable* en ce qu’elle coûte moins.
- Une seule pompe d’injection à double corps suffit très-bien a deux presses, parce que dans une fabrication les deux presses ne fonctionnent jamais simultanément, c’est-à-dire que l’une doit être en charge quand l’autre est en décharge.
- L’on a donné dans ces derniers teins une puissance peu raisonnable aux presses à betteraves; ainsi l’on parle de 5 à 6o0 milliers. Je suis toujours d’avis qu’une presse de 200 à 2Ôo mü' liers, qu’on peut établir à bon marché avec un piston de 7 à 8 pouces, est suffisante pour les dimensions de sacs généralement adoptées. Il est d’ailleurs très-difficile de reconnaître exactement la pression donnée par cette machine; il n’y a pour cela d’usité qu’une méthode de calcul, que les mécaniciens peuvent facilement mettre en faute, et qui est toujours loin de la réalité, attendu qu’elle est fondée sur des conditions d’équilibre abstrait.
- On a recommandé dans ces derniers tems une presse à vis inventée par Mi Reviilon. Cette presse ne diffère des presses à vis ordinaires qu’en ce qu’on y a transformé l’application du mouvement par pression en une série de chocs dont la puissancë est en effet sans limite. On a prôné cet appareil, en le présentant comme doué d’une puissance magique. Cependant, en examinant avec soin son principe , sa construction et ses effets* l’on reconnaît qu’elle est identique avec la presse* à vis ordinaire; que l’effort qu’elle peut donner est limité* comme celui de toutes les presses* par la résistance des matériaux qui la composent, et qu’elle ne présente d’avantage que par l’adoption d’un mécanisme qui permet avec une force faible d’obtènir un grand effet, mais avec peu de vitesse. Ainsi elle ne fonctionne pas plus vite que les presses à levier, et si elle est susceptible d’une énergie plus grande, c’est au préjudice de la vitesse.
- Cette presse cependant présente tout le caractère de simplicité de la presse à vis Ordinaire, et à ce titre elle est digne de l’attention des industriels des campagnes. Son mécanisme est a
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- découvert; elle doit être sujette à moins de réparations et de dérangemens que la presse hydraulique. Il pourrait doncarri-Vei' que dans beaucoup de localités éloignées des ateliers de instruction, cette presse put être employée avec avantage. Ces considérations nous ont engagés à la publier; nous la donnerons donc dans un de nos prochains numéros.
- Dans notre dernier mémoire nous avons mentionné une observation faite par MM. Cazalis et Cordier, de Saint-Quentin, ®Ul' le phénomène qui se passe quand on met en rapport deux Pisses hydrauliques dont l’une est arrivée ati maximum d'effet Çuand l’autre est en charge. L’unedans ce cas fait remonter l’autre a One certaine hauteur, qu’on assure être égale à la moitié de la iuise du piston. En cherchant à nous rendre compte de ce Phénomène, nous en avions recherché la cause dans l’élasticité la compressibilité de l’eau; mais cette solution était tout-à-feit incomplète. Nous avons su depuis que la cause principale *fo cette action était dans l’élasticité des claies, qui, comprimées dans l'une des presses, possédaient après ladépiession une force d’élasticité capable de produire la majeure partie de l’effet observé. Cette méthode peut donc être très-utile, puisqu’elle Otiliseune réaction qui dans les dispositions ordinaires est corn-Pfotement perdue.
- La toile qui convient le mieux pour la confection des sacs <foit être très-claire et formée de fils très-solides, ou mieux en-c°re de ficelles très fines. On fabrique de ces canevas à Abbe-vdie avec beaucoup d’économie.
- Dans quelques établissemens on a supprimé les guides qui savaient à l’arrangement des sacs sur le plateau de la presse.
- avait remarqué que ces guides autorisaient la négligence des ouvriers dans l’arrangement des sacs, et que par suite les claies lefoulées latéralement contre les guides se détruisaient promp-fourent et donnaient une pulpe inégalement et incomplètement Pressée. Lorsque les guides n’existent plus, les ouvriers ontbe-spin d’apporter beaucoup de soin et d’attention dans la prépa-tlou des sacs, parce que sans ces conditions ils ne pourraient ai’nver au maximum de pression sans devoir refaire plusieurs
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- fois leur pile; alors leur négligence ou leur maladresse sera ffl' cilement aperçue parle directeur. Dans ce cas, il faudrait évi“ ter de donner trop de hauteur à la pile de sacs et de claies; fi faudrait aussi éviter de trop charger les sacs. E.n général ou remarque que moius les sacs sont chargés de pulpe, inieu* celle-ci est épuisée.
- On pèche dans beaucoup de fabriques par la célérité avec la' quelle on fait la pression ; alors il n’y a pour ainsi dire pas de tems de repos pour l’égouttage, et l’épuisement de la pulpe est incomplet. Il faut pour qu’une pressée soit convenablement faite y employer au moins 20 à 25 minutes.
- On a remplacé avec avantage le plat bac qui servait à l’arran-gementdes sacs par une table en fonte mobile sur un tube fi*0 à son milieu. Cette table) élevée à 2 pieds et demi environ de hauteur, porte un rebord, et sa surface présente dans tous leS sens une inclinaison vers le milieu, où se trouve un dégorgeoii' destiné à recevoir et à conduire le jus qui se sépare dans le baC à jus. Cette table peut porter deux piles de sacs; elle est donc de forme longue. L’une des deux piles en préparation se trouve toujours sur le bout voisin de la râpe, et quand elle est prépa' rée on peut, en faisant pivoter la table, mener cette pile du côté des presses et en remonter une autre. Cette table enfin est beaucoup plus commode que le plat bac fixe et que les bacs rou-lans qui lui avaient succédé.
- Dans un système particulier de travail, j’ai trouvé de l’avan' tage à faire un lavage de pulpes dans les sacs eux-mêmes, b0 supplément du jus obtenu par cette méthode s’est élevé jusqu’3 10 ou 12 p. 0/0, en le ramenant toutefois au même titre que Ie premier jus.
- Moteur pour la râpe et les presses.
- Le moteur qui convient le mieux aux sucreries de betteraves) tant pour la simplicité de son mécanisme que pour l'économie; est un manège mû par des bœufs. Ce moteur, tout agricole; convient surtout pour la fabrication du sucre de betteraves, qul fournit en abondance la nourriture utile aux bœufs. L’entretien
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- e* les réparations d’un semblable moteur sont aussi à la portée:
- l’intelligence des ouvriers des campagnes. Il n’en est pas de ^enie des machines à vapeur, qu’on a cherché à introduire dans les sucreries. L’iniermitlence des travaux, la complication de la machine, le plus grand capital engagé, l’entretien plus soi-S^e, et les réparations plus fréquentes et plus difficiles excluent Ce moteur des sucreries, et n’en autorisent tout au plus l’emploi ^e dans les grands établissemens, dans lés localités où le combustible est à bas prix et où le voisinage des ateliers de cohs-tl'Uction de ces machinés rend les réparations promptes et Utiles. Partout ailleurs le manège est le seul moteur adoptable.
- Les chutes d'eau , que l^on peut se procurer avec économie dans beaucoup de localités, ont aussi été recommandées; mais P°Ur qu’elles puissent êtrè employées, il faudrait être certain de ne pas manquer d’eau pendant la durée des travaux, et en °utre ne pas être exposé âchaumèr pavsuite de gelée. Cette der-^•ere condition ne pouvant être remplie, oh doit renoncer aux Moteurs hydrauliques.
- L’inconstance des moulins a vent exclut aussi ce moteur des sucreries.
- Les mouvemens que l’on reprend sur le manège sont ceux de râpe, des presses hydrauliques et du laveur. Dans beaucoup d’établissemens agricoles, la râpe est la seule machine qui reçoive le mouvement du manège. Cet outil consomme de 2 à 4 chevaux de force, et une pompe double en prend un. On trouve dans quelques sucreries des attelages de 8 bœufs. Ce raa-negeest une machine un peu gênante; et dans ce cas, il serait Possible que la machine à vapeur fût pfus commode.
- Défécation.
- La défécation a pour objet de séparer du jus les matériaux etrangers au sucre et qui gênent sa séparation , ou bien encore les faire entrer en combinaison avec des corps qui puissent former des composés plus stables et moins nuisibles aux résul-tats que j>on ge propose.
- Lroisprocédés sont toujours employés pour produire ces ré-
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- sultats; ce sont ceux que j’ai qualifiés des noms de procédé de* colonies, procédé fiançais et procédé d’Achard.
- Procédé des colonies.
- Le premier, employédans toute son intégrité, se borne à rem* ploi de la chaux , c’est-à-dire qu’il exclut complètement l’acide sulfurique. Il convient à certaines qualités de racines, et ce sont celles qui ne contiennent des sels à base de potasse qu’en faible proportion (i). Je suis porté à croire que les racines cultivées dans des terres fécondes et fortement fumées Sont dans ce cas; celles-là aussi sont ordinairement riches en sels végétaux ammoniacaux. Si cela était, il faudrait admettre que les engrais favoriseraient dans les betteraves la formation de l’ammoniaque, et sont peu favorables au développement de la potasse. La chaux introduite dans le jus précipite des matières organiques et en outre forme des sels insolubles avec plusieurs acides végétaux, qui dans le végétal sont neutralisés par la potasse et l’ammonia-
- (1) M. Ciémendot, qui a publié récemment un Mémoire sur la fabrication du sucre de betteraves, est arrivé par ses observations et ses expériences à des conséquences qui sont identiques sous plusieurs rapports avec les miennes. Je dois donc prévenir que tous les faits et toutes les observations consignés dans ce Mémoire , de même que les expériences qui les ont fait naître, sont antérieurs à la publication du Mémoire de M. Ciémendot, ainsi que cela peut être affirmé par 54 personnes qui ont suivi mes cours et mes travaux de cette année. Cette observation écartera, je l’espère, toute accusation de plagiat. Je pourrais annoncer en outre qu’un bon nombre de mes élèves ont voyagé et visité les sucreries vers la fin de nos travaux. Plusieurs ont vu l’établissement de M. Ciémendot avant la publication de son Mémoire, et en recueillant de ce savant manufacturier le résultat de scs observations , ils lui ont dit (je parle ici d’après leurs récits) que j’étais arrivé de mon côté aux mêmes résultats que lui sous pin. sieurs rapports. On remarquera d’ailleurs que si nous sommes d’accord sur plusieurs points , nous ne le sommes pas sur d’autres; cela ne m’empêche pas de professer pour le travail de M. CHmendot la plus grande estime.
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- cllle- Ces deux alcalis doivent donc devenir libres dans le veson déféqué. L’insolubilité des sels de chaux formés pourrait seule déterminer la mise en liberté de la potasse • il n’eu est pas de Même de l’ammoniaque, dont tous les seissontsans exception dé-C0luposés par la chaux. L’alcalinité qui se développe dans le jus est donc due alors à la potasse ou à l’ammoniaque, ou à tous les deux en même temps, et la chaux n’y est le plus souvent pour llen, ainsi que je l’ai reconnu par une expérience directe.
- Si l’alcali qui domine danslejus n’est que de l’ammoniaque, et <1u,î la potasse n’y soit qu’en très-faible proportion, on ne peut ' ajouter de l’acide, qui formerait un sulfate acide d’ammo-itiaque pendant la concentration et mettrait en liberté danslejus, Pai' sou excès d’acide, plusieurs acides de sels qui sont en so-fution danslejus. Ces acides sont, répétons le, les acides ma-pectique, hydrochlorique, et le plus souvent aussi de 1 acide nitrique provenant de la racine, ou peut-être même de ^ acide sulfurique employé (r). [Voyez plus haut les inconvé-n>ens signalés à ces agens.]
- lorsque le jus est ainsi déféqué à l’aide de la chaux seule, il est toujours fortement alcalin, et il faut bien éviter d’y ajouter lps noirs qui proviennent des clarifications, ainsi qu’on le fait dans quelques établissemens. Cette méthode est commode pour laver les noirs, mus elle donne de mauvais résultats. Les jus, en effet, qui seraient déféqués ainsi, seraient fortement colorés et Monteraient beaucoup à la concentration. Ces phénomènes sont dus à la propriété que possèdent les alcalis de déplacer les macérés colorantes dans le charbon (a), et en outre à la propriété (*)
- (*) Il me paraît bien probable que l’acide sulfurique du commerce con-tlent souvent de l’acide nitrique ; on ne se rend pas bien compte de ce fait ;
- je suis porté à y ajouter foi. Des expéiiences que fai fait faire pour le Ve-'>fier me l’ont bien confirmé; mais comme la méthode d’expérience em-ï^yée était entachée de causes d’erreur, je ne puis encore l’affirmer positL Renient.
- (2) h’on savait déjà depuis long-temps que le charbon animal enlevait fa chaux à l’eau. J’avais expliqué à l’aide de ce fait la moindre proportion
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- què possède la potasse dé dissoudre l’albumine > en formant avec elle un composé visqueux qui rend la concentration mousseuse et la cuite très-difficile. '
- L’on a remarqué dans la défécation à la chaux que l’on obtient des dépôts tantôt floconneux et tantôt très-divisés. J’ai reconnu que l’une des causes qui influent sur cet état des précipités est dans la proportion d’eau contenue dans le lait de chaux qu’on verse dans la défécation. Si la proportion d’eau est très-grande, le précipité est ténu, le contraire arrive quand la proportion d’eau est faible.
- Les grumeaux formés par la chaux dans lejüs enveloppent toujours la chaux qui n’agit pas, de sorte qu’on peut les assimiler aux grumeaux formés par l’albumine dans la clarification? ils enveloppent et entraînent avec eux tout ce que le jus contient d’insoluble au ilroment où ils se forment. Remarquons bien cette constitution des grumeaux, elle nous servira fout a l’heure à expliquer d’autres phénomènes.
- Le point admis généralement pour l’addition de la chaux est entre le 70e et le 85e degré du thermomètre centigrade; il n’y
- d’acide utile pour la neutralisation des jus traités parle charbon; mais ce qu’on ignorait, c’est que le charbon neutralise tous les alcalis à la manière des acides. J’ai reconnu ce fait que j’avais pressenti dès long-temps, ainsi que le prouve une note de mon ouvrage , page a58 ; je l’ai reconnu, dis-je, par des expériences directes; les résultats que j’ai obtenus jusqu’à présent me permettent même de croire que la combinaison du charbon avec les bases a lieu en proportions définies. J’ai été conduit à faire celte observation immédiatement après avoir reconnu que nos jus déféqués alcalins ne contenaient pas le plus souvent de chaux libre. M. Clémendot s’étaiede ce dernier fait pour mettre en doute l’action neutralisante du charbon animal pour la chaux.
- 11 m’étonne que M. Bussy, qui avait si bien remarqué, dans son excellent -Mémoire sur lés charbons, l’action des alcalis sur le charbon chargé de matière colorante; il m’étonne, dis-je, qu’il n’ait pas été conduit au résultat que j’annonce aujourd’hui. En effet, M. Bussy suppose que l’alcali enlevait la matière colorante au charbon en se combinant avec elle , tandis que le fait est que l’aléali déplace la couleur dans le charbon.
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- a cependant pas d’inconvénient à l'ajouter plus tôt, et je n’en ai même pas trouvé à l’ajouter à froid : seulement alors il est titile de remuer de temps en temps pour empêcher les dépôts de Se précipiter au fond de la chaudière, et de s’y attacher. On Pousse aussi ordinairement le chauffage jusqu’au bouillon. Je 11 ai pas trouvé d’inconvénient à retirer le feu plus tôt, c’est-à-dü'e lorsque j’ai jugé que la défécation était faite, aux caractères habituellement admis pour cet examen. Ainsi j’ai cessé de chauffer, sans nul inconvénient, des défécations qui présent *aient tous les caractères de perfection à la température de ^>° centigrades. Je remarquai même que les jus provenant de ces défécations, tout aussi limpides que les autres, étaient moins foncés en couleur.
- J’ai aussi employé quelquefois avec avantage 5oo grammes de charbon animal par hectolitre de jus pour rendre le dépôt Plus dense et favoriser la précipitation. Alors cette addition du charbon doit être faite immédiatement avant l’addition de la dhaux.
- L’emploi de la chaux, tel qu’on le manie dans toutes les fabriques, est sujet à bien des anomalies. Ainsi, partout on la dose à l’état vif-, cette méthode est tout-à-fait imparfaite. En effet, l’on sait que la chaux vive, dans l’état où elle sort du four, est extrêmement avide d’humidité : cette propriété, dans circonstances où on la conserve ordinairement, augmente beaucoup son poids d’un jour à l’autre, par suite de l’absorp-fion de l’humidité de l’air. Ainsi, tel poids d’une chaux era-^gasinée, pris aujourd’hui, n’est plus le même le lendemain : de là autant de causes de variation dans le dosage et dans les résultats. En outre, la chaux présente souvent dès différences fi’ès-gian(]es dans sa constitution, dépendantes de l’inégalité de cllisson; ainsi il n’est pas rare de trouver au milieu d’un petit Nombre de morceaux de chaux plusieurs morceaux qui refusent s’hydrater; d’autres s’hydratent et se délitent imparfaite-^drtj de là de nouvelles causes d’anomalies.
- Lour pallier ces inconvéniens, qu’on ne peut même faire dis-
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- paraître complètement, j’ai trouvé utile d’hydrater toute ma chaux avant de l’employer. Pour cela, on la place dans uu paiiier qu’on plonge dans l'eau à plusieurs reprises jusqu’à ce que les morceaux cessent de boire l’eau. Alors on les met en tas sur un dallage ou dans une caisse en maçonnerie ; on les recouvre pendant quelques heures , jusqu’à ce qu’enfin le délitement soit le plus parfait possible. Alors je passe cet hydrate qul est bien sec à travers un tamis de crin, et je le renferme dans des tonneaux qu’on abrite le mieux possible contre le contact de l’air. La chaux pesée dans cet état donne des résultats pluS constans. Cependant il est rare, même par cette méthode, <fe les avoir tout-à-fait identiques. J’attribue les anomalies à l’état de division de l’hydrate qui présente des différences bien appréciables encore, même après un tamisage à travers une étoffe de soie. J’ai cherché à apprécier facilement le titre de la chau* par une méthode alcaiimétrique; mais je n’ai obtenu que diffi' eilement des évaluations approximatives. Il faut donc se résigner à employer la chaux hydratée, comme je viens de le dire, et à ia conserver dans un lieu sec et à l’abri du contact de l’air. Le poids de la chaux dans cet état est à celui de la chaux vive à peu près :: 4 : 3.
- Peu de fabricans suivent intégralement le procédé des colonies. M. Gudart, l’un de nos fabricans les plus expérimentés, le pratique avec succès; mais il paraît qu’il doit encore ajouter parfois de l’acide à la cuite, lorsque celle-ci ne peut passe faire. Le sucre obtenu par ce procédé, quand les racines le permettent, a un nerf de cristallisation qu’on ne retrouve jamais complètement dans les sucres préparés par d’autres méthodes j mais ils ont une saveur caractéristique; ils sont aussi très-propres à la raffinerie, qui les recherche comme l’une des meilleures qualités de sucre de betteraves. Les mélasses qui résultent de ce procédé ont en outre une saveur extrêmement désagréable.
- Quand les racines travaillées par cette méthode contiennent une quantité notable de potasse, et en outre, il faut le dire, quand la proportion de chaux employée a été suffisante pouf
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- mettte cette potasse en liberté (i), il peut arriver que la cîari-^cation à l’albumine soit mauvaise ; c’est-à-dire qu’alors l’albumine ne grumelle pas, et la filtration devient impraticable. J’ai déjà signalé ce fait dans mon ouvrage (2), et j’ai indiqué les moyens d’y remédier. Ces moyens sont d’amener le jus à neu-tl'alité, ou bien de se passer de l’emploi d’albumine. Alors i a-gent qui s’oppose à la coagulation de l’albumine est la potasse, ^ui forme avec elle un composé soluble et visqueux. Ce phé-n°uiène n’est bien sensible à la clarification que lorsque la Proportion de potasse libre est un peu notable. Dans le cas d’une proportion faible de potasse, le composé visqueux se forme bien encore au détriment d’une quantité proportionnelle d’albumine, mais le reste de cette matière se coagule et °Père la clarification. Alors la filtration peut s’opérer; mais si l’on vient à vouloir cuire la clairce qui contient le composé de potasse et d’albumine, la cuite marche bien j usque vers les derniers degrés, époque où elle devient tellement mousseuse, que l’évaporation n’a plus lieu. On peut alors rétablir le bouillon par l’addition d’un acide, et l’on voit aussi alors des écumes albumineuses venir se loger sur les points de repos de la chaudière. J’avais déjà signalé cette difficulté dans mon Traité de 1825 par suite d’observations faites dans la fabrique de Rafler, et le remède que j’y avais apporté et que j’ai signalé était dans la suppression de l’albumine, à l’aide d’une cons-b’uction de filtre particulière. M. Clémendot attribue cette difficulté à la potasse libre du jus et à son affinité pour l’eau; cette explication est tout-à-fait inadmissible. Elle n’expliquerait pas d’ailleurs la correction du mal que j’ai opérée en supprimant
- (0 Quand les jus de betteraves contiennent simultanément des sels à base de potasse et d’ammoniaque, l’on conçoit que la chaux employée en faible proportion doit d’abord reporter son action sur les sels ammonia-Cai»x, et que la potasse est alors le dernier alcali mis en liberté.
- (a) Alors j’en ai par erreur attribué la cause à la chaux ; mes dernières €xPériences prouvent qu’elle est due à la potasse.
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- l’albumine j elle n’expliquerait pas non plus la formation d’écumes albumineuses dans le cas qui nous occupe; et, d’une autre part, elle n’est pas d’accord avec un fait bien connu-' c’est que les alcalis employés seuls n’empcchent pas la cuite des sirops, ils la favorisent au contraire, et ils rendent en outre la cristallisation plus nei'veuse. La chaux et la potasse sont au moins dans ce cas. Cette action de la potasse est bien connue aux colonies, où l’on a souvent ajouté des cendres de bois cori* curemment avec la chaux pour faciliter le travail.
- L’on s’aperçoit du reste que dans le procédé de défécation des colonies toute l’ammoniaque rendue libre par la chaux est éliminée pendant la concentration et la cuite. Aussi ce procédé, dans lequel le sirop est toujours alcalin depuis la défécation jusqu’au point de cuite, ce procédé, dis-je, donne-t-il les sirops les plus colorés. Cependant le sucre qu’on en obtient quand la cuite, le rafraîchissement et l’emploi des formes sont menés convenablement, est très-nerveux, se purge facilement et présente une nuance qu’on n’aurait pas espéré à priori de pouvoir obtenir par la seule inspection de son eau mère. Le sucre aussi est alors très-sec et à grains gros et croquant sous la dent.
- Procédé français.
- Ce procédé consiste à employer l’acide sulfurique immédiatement après la chaux dans la chaudière de défécation. Ce procédé ainsi décrit dans mon ouvrage est t.out-à-fait vicieux, au moins pour les racines ammoniacales, et elles le sont toutes au moins un peu. Dans ce procédé, j’ai recommandé de faire I* défécation avec la chaux, comme si l’on ne voulait employer que cet agent. Cette mar che est toujours bonne et on doit la suivre ; mais pour opérer l’addition de l’acide d’une manière bien rationnelle, il faut éviter de l’ajouter dans la chaudière de défécation. En effet, la chaux n’existant pas ou au moins n’existant qu’en faible proportion dans le jus déféqué à la chaux, l’on ne doit pas craindre de verser de l’acide sulfurique dans ce jus tire
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- au clair, à la concentration par exemple. Mais pour obtenir par Cette addition de bons résultats, il faut ne mettre de l’acide que P°ur neutraliser le^ alcalis autres que l’ammoniaque ; celle-ci devant être complètement éliminée par la vaporisation. Voie1 ta méthode que j’ai adoptée et suivie avec succès pour préciser ce dosage.
- Je fais une défécation à la chaux seule; puis, je décante en concentration ; je fais ainsi évaporer ma première chaudière Sans addition d’acide jusqu’à la densité de clarification, 28° chaud environ. A cette époque toute l’ammoniaque se trouve apeu près chassée et l’alcalinité du jus n’est plus guère due qu’à tapotasse, je verse alors de l’acide étendu jusqu’à ce que l'excès d’alcali ne soit plus que faible, et je note en même temps ta proportion d’acide employée. Cette proportion étant ainsi déterminée, il n’y a nul inconvénient à la mettre dans le jus déféqué au moment où on le verse dans la chaudière de concentration. On a ainsi la certitude de ne point satuier la plus faible Proportion d’ammoniaque, et que par conséquent le jus ne deviendra acide ni à la concentration ni à la cuite. Il est ùtile dans un travail suivi de recommencer de temps en temps l’essai d’une concentration sans acide et de neutraliser à la clarification, pour reconnaître si la proportion d’acide est toujours bonne. Cet essai est surtout -indispensable quand °n change de racines. La couleur brune du sirop gêne beaucoup les observations que l’on doit faire avec les réactifs colorés pour arriver à la neutralité, on rend alors les observations plus faciles en étendant le sirop d’un peu d’eau. D’ail-taurs, quand on a un peu d’habitude de faire cette neutralisation, on peut la réussir approximativement en goûtant le sirop; d m’est au moins arrivé très-souvent de la faire ainsi avec assez de perfection, parce que devant le faire à la lumière, les réactifs colorés ne pouvaient m’être d’aucune utilité.
- La proportion d’acide déterminée de cette manière est assez Variable; cependant, la proportion de chaux employée deve-nant pius grande vers la fin des travaux, il est à remarquer que ta proportion d’acide utile deyient alors plus faible. On ne peut
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- guère se rendre compte de ce phénomène, qu’en admettant q1^ l'ammoniaque se forme dans les conserves. Dans beaucoup d’ateliers, où l’on ne précisait pas la proportion d’acide a\rec l’exactitude que comporte la méthode que je viens d’indiquer; on a aussi remarqué que vers la fin des travaux il faut plus de chaux et moins d’acide pour obtenir de bons résultats.
- J’ai dit que c’est la transformation du sulfate d’ammoniaque en sulfate acide, qui ne permet pas de neutraliser cette hase; quand on se propose de cuire. Il arrive, dans certains cas, qLie ^acidification du sulfate d’ammoniaque n’a lieu que dans la cuite, et même vers les derniers degrés. Alors le sirop cuit faci' lement, il prend une teinte brune, une saveur de caramel, et la cristallisation marche mal. Le sucre qui en résulte a enfin tous les défauts des sucres provenant des sirops cuits acides.
- J’ai remplacé avec assez de succès l'acide sulfurique utile a la neutralisation, par l’acide hydrochlorique impur du coin-merce (i). J’ai gagné alors beaucoup sur la nuance du sirop et du sucre. Celui-ci avait une saveur légèrement salée, mais ^ était nerveux et de bonne qualité. J’ai remarqué, cependant; que les mélasses qui proviennent de ces sucres se recuisent moins facilement que les autres, et rendent moins de cristaux» et dans un laps de temps plus long. En effet, il m’a été impossible d’obtenir par cette méthode des formes de recuit bien pleines de sucre. Le sucre qui en est résulté était cependant très-nerveux et de très-bonne qualité. Il faudrait attribuer cette difficulté de cristallisation au chlorure de potassium formé , qui est extrêmement avide d’humidité Les motifs qui m’avaient déterminé à essayer l’acide hydrochlorique impur étaient les suivans : d’abord, je savais que l’acide sulfureux qu’il contenait exerçait une influence heureuse sur la couleur des sirops et du sucre; ensuite, j’espérais qu’en cas d’emploi de l’acide hydrochlorique pour neutraliser l’ammoniaque, je n’aurais plus
- (0 Celui que j’ai employé contenait une grande quantité d’acide sulfureux , et je l’avais pris de préférence pour cette impureté.
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- a i’fedouter la décomposition de ce sel et surtout ^acidification <lu sirop.
- J’ai essayé de supprimer l’emploi des acides minéraux, en joutant simplement à la concentration un corps gras, comme laxonge, susceptible de donner des acides capables de n'eu trader la potasse, et de précipiter par suite la chaux des sels de chaux qui restent en solution dans les sirops jüsqu’à la cuite elle-même, et qui contribuent souvent à la rendre impraticable à feu nu. La concentration ne s’est pas boursouflée. Le J'ts s'est bien maintenu alcalin, il a pris une teinte rougeâtre, ta clarification et la cuite ont bien marché, et le sucre a prévôté tout le nerf des sucres traités par le procédé des colores. J’ai renoncé de suite à cette méthode, parce que je n’ai l jen gagné en nuance pour le sucre, et que la cuite du sirop
- m’a pas paru améliorée.
- Lorsqu’il m’est arrivé d’avoir à corriger un sirop acide, soit ata concentration, à la clarification ou à la cuite, je me suis bien trouvé de l’emploi du carbonate de soude cristallisé* Cet agent est surtout bien préférable à la chaux quand on doit alca-hniser la cuite, ou bien encore quand on doit produire cette htodification dans des sirops à recuire qui se sont acidifiés.
- Il faut aussi bien se donner de garde dans cette méthode S’employer les vieux noirs en défécation.
- Les motifs qui m’ont fait employer de préférence l’acide sulfurique dans la concentration, au lieu de ie faire dans la défé-Cation , sont les suivans :
- r° Si l’on emploie l’acide sulfurique dans la chaudière de défécation elle-même, on trouve qu’en employant la même proportion de chaux, il faut des proportions d’acide différentes pour ai’river au même état de saturation ( neutralité aux couleurs).
- ne trouve d’explication à cette anomalie que dans l’inégale ^taision de la chaux employée, et en même temps dans l’état Plus ou moins divisé du précipité qui, en entraînant de la chaux a l’état solide dans son tissu, n’en livre à l’action de l’acide sulfu-riquequ’uneproportiond’autantmoindre qu’il est moinsdivisé Si l’on verse de l’acide sulfurique dans un jus de betterave
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- déféqué à la chaux et mal décanté, c’est-à-dire obstrué par I® présence d’une partie du dépôt, si on l’y verse jusqu’à neutralité, le précipité disparaît complètement, même à froid. L’acide peut donc redissoudre une partie du pi’écipité formé par la chaux, et cette action peut se manifester, mais avec moins d’énergie, avant la parfaite saturation j
- 3° La proportion d’acide utiîê pour neutraliser le jus déféqué, étant égale à deux datas la chaudière de défécation, peut n’être qu’un et même moins dans la concentration. Il y aurait donc ici, dans le cas où la neutralité serait utile, une dépense d’acide superflue. Cette différence peut s’expliquer par l’action de l’acide sur le dépôt, et par les considérations énoncées dans les deux paragraphes précédens ;
- 4° Le jus déféqué à la chaux ne donne pas de précipité pal' l’acide sulfurique, ainsi qu’on le croyait, lorsqu’on admettait la présence de la chaux dans le jus. Il n’y a donc sous ce rapport aucun inconvénient.
- Lorsque j’eus reconnu l’action neutralisante du charbon pour les bases alcalines, je pensai qu’on pourrait tirer parti de cette propriété pour supprimer complètement les acides du travail du sucre ; mais le faible pouvoir saturant qu’il possède eu exigerait une trop forte proportion, pour que l’on puisse raisonnablement penser à ce moyen.
- ( La suite au prochain numéro. )
- . APPAREIL
- De MM. Drouault frères, de Nantes, pour la fabrication du sucre. *
- Description.
- L’appareil se compose d’une série de tuyaux coudés (t 11), pl. 33, fig. i et 2, en tôle de cuivre, fermés à soudure forte,
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- séparés les uns des autres et soudés sur un tuyau transversal T, ayant une séparation en son milieu (ni), qui intercepte entièrement la communication entre Tet T\
- La longueur du tuyau T 7” est comprise exactement entre les parois intérieures de la chaudière CC.
- Leux rondelles en cuivre RR’, sont soudées extérieurement aux deux angles inférieurs de la chaudière.
- Ces rondelles, ainsique la chaudière, sont percées d’un trou fond, dans lequel entre juste un anneau à brideAA, fig. 3, dont l’extrémité se loge dans une cavité circulaire pratiquée au Lout du tuyau T, et faite assez profonde pour y loger des étou-pes dans la partie xx. Cet anneau est maintenu fixe et serré contre les étpupes au moyen des vis (v), qui sont au nombre de six autour de la bride.
- Une pièce P, ayant une petite bride b, une partie droite d, appuyant sur le support s, fig. 1 et 2, indiqué fig. 3, dont une extrémité est terminée par une grande bride B qui présente , jointe à une calotte K un espace intérieur vide, dans lequel est fine soupape à tiroir pour admettre ou non la vapeur dans l’appareil, et dont la tige passe par une boîte à étoupes placée en Q. Ce tiroir est muni de son tuyau principal U, et d'un petit robinet r, servant à purger l’appareil de l’air et de l’eau condensés qu’il peut contenir.
- L’autre extrémité de la pièce P est terminée en robinet, et entre à frottement dans l’anneau A, contre lequel elle est maintenue toujours solide au moyen d’un boulon à écrous z, qui joint les deux supports s, et qui tend à les rapprocher l’un de Lautre. Une règle (e), percée d’une rainure longitudinale, sert à maintenir les tuyaux ensemble au moyen de clous à tête , sans cependant les empêcher de s’étendre plus ou moins dans la dilatation qu’ils sont susceptibles d’éprouver par la chaleur.
- D’après cet exposé, on voit qu’en admettant la vapeur par Lune des extrémités du tuyau T, cette vapeur s’introduira à la lois dans tous les tuyaux t tt, placés du côté de cette extrémité, par rapport à la cloison m, les parcourra et viendra sortit par l’extrémité opposée du tuyau en T3.
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- Gel appareil offre les avantages suivans sur ceux qui ont été construits jusqu’à ce jour.
- i«> Il déploie la plus grande quantité de calorique possible * puisqu’il présente la plus grande surface de contact au liquidé à échauffer, et ne donne aucune perte par le rayonnement }
- 20 II peut se dilater sans causer de crevasses dans les tuyaux* ni de fuites de vapeur, puisqu’il n’est fixe que d’un côté} tandis que dans d’autres appareils, fixés aux deux extrémités ou composés de tuyaux rapprochés et unis ensemble par de l’étain, la dilataiion étant inégale sur chacun des tuyaux* occasionne un tiraillemént considérable, qui cause des ruptures à la longue et des crevasses continuelles ;
- 3° Enfin, l’appareil peut être entretenu avec toute la pro-pieté désirable (ce qui paraissait jusqu’alors difficile à obtenir à moins de se servir des appareils à fonds plats (tuyaux réunis)* qui non seulement ont les désagrémens que nous avons signa-* lés plus haut, mais encore celui de retarder l’opération, puisqu’ils ont très-peu de surface en contact avec le liquide à échauffer )., puisque par sa disposition il peut être soulevé du fond de la chaudière et se mouvoir avec le tuyau T autour de l’anneau à brides A A.
- Les chaudières ont, en outre, la propriété de se basculer, indépendamment du mouvement des tuyaux j car les pièces P P étant fixées sur les supports, la chaudière peut tourner avec tout l’appareil sur l’extrémité de cette pièce qui entre à frottement doux dans l’anneau à brides A A, et dans laquelle elle est maintenue de manière à ne laisser aucune fuite à la vapeur par le boulon z, qui tend à rapprocher les deux supports* et par conséquent à maintenir la parfaite jonction dés deux pièces PP et AA, ainsi que nous l’avons déjà fait observer.
- Note du rédacteur. —- Nous donnons cet appareil un peu pré-* mâturément, car nous nous proposions de ne le faire qu’après avoir présenté un article d’ensemble sur les appareils à vapeur. Au reste, nous ne le signalons que pour la réduction du nombre de soudures qu’il présente et pour la méthode d’admission de la
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- vapeur. Au moment où nous corrigeons les épreuves de ce nu-» ^éro, nous apprenons que M. Pecquer a pris un brevet d’in-Veniion pour une chaudière qu’il appelle chaudière à compensation, et qui eA identique avec celle de MM. Drouault frères.
- — ---------- --- , , ....... -,------ _i
- ANALYSE
- Des Cokes employés au Janon, près Saint-Étienne, pour fondre les minerais de fer , par M. J. A. Rxby.
- Ces cokes sont faits avec la houille qui provient des exploitations de Lachaux, du Gat et de Poyetou, toutes situées dans la concession de la compagnie des mines de fer, à peu de distance tes unes des autres, mais ouvertes dans des couches différentes, Quoique faisant partie du même système de gisement.
- La carbonisation s’opère en plein air ou dans des fours, ioo kilogrammes de houille, renfermant, d’après l’analyse, 68 kilogrammes de substances fixes, ne donnent moyennement que 5o kilogrammes de coke par le premier procédé , et 60 par le second. Le coke que j’ai examiné avait été fait en plein air. Je vais indiquer sommairement le plan d’analyse que j’ai suivi ) je me contenterai ensuite de rapporter mes résultats.
- Cendres. Pour avoir la proportion des cendres, j’ai brûlé sur Une grille ordinaire au moins 3o kilogr. de coke de chaque ntine. J’ai allumé le feu avec de la houille incandescente, afin de n’introduire aucune substance étrangère à ce combustible. Comme le charbon est fourni par un grand nombre de chantiers a abattage , et qu’avant d’être réduit eu coke il est remanié cinq a six fois, on peut être sûr qu’en opérant sur 3o kilogr. de coke,
- J ai obtenu la moyenne de toute la mine.
- Soufre. J’ai cassé en petits morceaux 5o kilogr. de coke -, j’ai pt’isdeux grammes de la poussière qui s’est formée , et je les ai Lûlés avec 12 grammes de nitie. L’acide sulfurique produit, dosé par les moyens ordinaires, m’a fait connaître le poids du soufre.
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- Composition des cendres :
- i° Substances solubles dans Veau. Ayant reconnu que les cendres renfermaient, mais en très-petite quantité, des substances solubles dans l’eau, j’en ai lessivé 5oo grammes, en faisant digérer pendant 24 heures, et fiftsant bouillir à diverses reprises <
- J’ai filtré, puis évaporé la liqueur à siccité : chaque fois j’ai obtenu un résidu de 5 décigrammes à peu près, dans lequel j’ai trouvé de la chaux, de la magnésie, de la potasse, de la soude, de l’acide sulfurique et des traces d’acide phosphorique. Pour l’analyser, je l’ai redissous dans l’eau acidulée, et j’ai versé du nitrate de baryte dans la liqueur; il s’est précipité du sulfate de baryte. J’ai filtré, neutralisé l’excès d’acide et ajouté du nitrate d’argent : j’ai obtenu des traces de phosphate (1). J’ai préciphé l’excès de baryte et d’oxide d’argent par les acides sulfurique et muriatique, et j’ai versé de l’oxalate d’ammoniaque : le précipité , converti en carbonate par la calcination, m’a fait connaître la chaux. Par l’addition simultanée de l’ammoniaque et du phosphate d’ammoniaque, j’ai eu un piécipité de phosphate ammoniaco-magnésien, duquel j’ai déduit la proportion de magnésie. Enfin, j’ai ajouié de l’acide sulfurique évaporé à siccité et calciné long-temps le résidu à la chaleur rouge. Tous les sels à base d’ammoniaque se sont volatilisés, et il est resté une très-petite quantité de sulfate, dont je n’ai dosé que l’acide, mais que j’ai reconnu pour être à base de potasse et de soude.
- 20 Substances solubles dans V acide nitrique faible. A l’action de l’eau j’ai fait succéder celle de l’acide nitrique faible sur 80 grammes de cendres lessivées. Il s’est dissous un poids moyen de 1 gramme, composé d’alumine, de chaux, de peroxide de fer et de manganèse, d’acide sulfurique et d’acide phospho-rique.
- a. J’ai sursaturé la liqueur d’ammoniaque : il s’est formé un
- (1) S’il y avait une quantité notable d’acide phosphorique, il serait précipité à l’état de phosphate de chaux, après que j’ai neutralisé l’excès d’acide.
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- Précipité que j’ai traité par la potasse à la chaux ; j’ai repris par ^ eau et filtré.
- ^ Il est resté du peroxide de fer.
- c• J’ai sursaturé la liqueur b d’acide nitrique, puis ajouté un excès d’ammoniaque : j’ai obtenu l’alumine, mêlée d’un peu de phosphate, d’alumine et de manganèse.
- d. J’ai versé du muriate de chaux dans la liqueur c, et il s’est Précipité du phosphate de chaux) l’addition du nitrate de ba-ryte a encore donné un peu de sulfate.
- <?. Après l’ammoniaque, j’ai ajouté de l’oxalate d’ammoniaque a ht liqueur a : il s’est formé un précipité qui m’a fait connaître chaux. J’ai rendu la liqueur acide, je l’ai débarrassée de l’acide °xalique par le muriate de chaux , et j’ai ajouté du nitrate de haryte : j’ai encore obtenu un précipité de sulfate.
- 3° Substances insolubles. Après avoir lessivé les cendres avec l’eau et de l’acide nitrique étendu, je les ai soumises à un pillage prolongé pour brûler à peu près 6 p. o/o de carbone fiü’elles renfermaient encore-j’en ai ensuite déterminé la compo-Sltion, par la méthode qu’on emploie pour l’analyse des pierres.
- Ordinairement elles ont encore fourni de la chaux et des haces d’acide phosphorique.
- Cokes de Lachaux , du Gat, de Poyeton , sur ioo grammes.
- de Lachaux, du Gat, de Poyeton.
- Carbone.................... 87,95g 85,709 85,800
- Soufre....................... o,3oi 0,900 0,600
- Cendres............... 11,740 i3,i5o 13,690
- * Composition des cendres, sur 100 grammes.
- Silice..................\)3,4o4o 5o,3i6o 5i,5r7o
- Alumine........,........3o,8ooo 3r,985o 33,6010
- Peroxide de fer........ 11,0860 1.1,2950 i2,8q3o
- Chaux.................... 0,8770 o,353o 0,4100
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- Magnésie . 0,1000 0,0750 o,ooo3
- Peroxide de manganèse. o,94oo • 0,0230 o,o3oo
- Acide sulfurique .... . 0,404° o,io5o 0, i6‘î5
- Acide phosphorique. . . . o,oigo 0,0480 o,o5jo
- Potasse et soude . o,o3oo 0,0l4o 0,01‘io
- Perte ... . 1,8700 5,6060 i,366i
- 100,0000 100,0000 100,0000
- DESCRIPTION
- ZL une machine a calandrer, employée à la blanchisserie mécanique sur la Seine, et construite par M. Moulfarijxe.
- Planches 31 et 32.
- Fig. i. Elévation de la machine.
- Fig. 2. Elévation de bout.
- Fig. 3. Coupe verticale.
- Cette machine reçoit son mouvement d’un moteur qui le transmet par une courroie à la poulie A , qui est fixée sur un arbre Avec le pignon B; cet arbre repose d’un bout sur un collet C (-noy. fig. 6, pl. 82 ) attaché contre le bâti, l’autre bout est retenu par le support D.
- Le pignon B transmet son mouvement à la roue E ; celle-ci est fixée sur l’extrémité du cylindre creux F en fonte qu’elle entraîne ; ce cylindre repose sur celui II, qui est en papier; un autre cylindre G, aussi en papier, repose sur les deux premiers} le cylindre en fonte entraîne par le frottement les deux cylindres en papier; lestouriilonsducylindre inférieur tournent dans des collets logés dans les entailles pratiquées au bâti I de la machine. Le cylindre en fonte est simplement dirigé par ses tourillons contre les parois de ces entailles; les tourillons du cylindre supérieur tournent dans des collets qui peuvent glisser
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- long de ces entailles, et sur lesquels s’exerce la pression oh-tenue par la combinaison des leviers K et L, et du poids M qui comprime ces leviers: par ce moyen les trois cylindres se trouant fortement comprimés l’un contre l’autre.
- P et Q, traverses fixées par des vis à la partie supérieure du ^;ùi; N et O, deux vis de rappel, dont les collets tournent li-bi'enrent dans les traverses P et Q; ces vis sont taraudées dans l’œil de la bride R. La partie inférieure de cette bride est ^tachée contre le collet du cylindre G.
- Une autre bride S enveloppe les tourillons de ce cylindre ot ceux du cylindre eu fonte. Cette bride est un peu plus longue, alln que le premier cylindre puisse d’abord se lever seul, afinde conserver une distance entre lui elle second avant de l’entraîner^ ei1 continuant de tourner les vis de rappel on élève les deux cylindres à la fois, qui se trouvent ainsi_dégagés l’un de l’autre.
- T, tuyau par où arrive la vapeur, servant à échauffer le cvlin-dve en fonte; U, tuyau par où elle s’échappe en soulevant la s°upape V ; X, Y, boîtes garnies d’étoupes, qui permettent aux teyaux T et U de s’allonger ou se raccourcir suivant que les cy^-Undres ont besoin de monter ou descendre ; les tuyaux T et U Pénètrent dans le cylindre en fonte par les extrémités, et sont §m n <5 par des étoupes.
- ha fig. 4 représente une coupe suivant l’axe d’un cylindre eu Papier. La fig. 5 représente la coupe du cylindre en fonte, des teyaux, ainsique de la voue qui lui transmet le mouvement; ^mis les gorges a, b, c et d de ces deux cylindres se placent les hfides S.
- hes fig. 6 et 7 représentent un fragment de bâti.
- Cette machine est mise en mouvement par une machine à Vcipeur ; elle peut cylindrer douze à quinze serviettes par minute.
- Pour cela, le cylindre de fonte fait douze révolutions par rni-Mtite; il est échauffé par de la vapeur à iio°.
- Une machioe de ce genre est surtout commode pour le cylin-c'1 age des étoffes en pièces, et alors on se sert des guides en bois Md! se trouvent a l’avant de la machine.
- Lorsqu'on veut donnera l’étoffe un lustre plus parfait, on la
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- fait passer deux fois. La l’éunion de trois cylindres n’est pas utde pour cet effet, et ou l’a adoptée uniquement pour empêcher le$ cylindres qui fonctionnent de se courber pendant le travail) qui aurait lieu s’il n’y en avait que deux.
- Dans la blanchisserie où cette machine est mise en œuvre, elle ne sert qu’aux grosses pièces, comme rideaux, draps, nappeS> serviettes, etc. Elle est servie par deux ouvriers, l’un qui introduit le linge avec précaution d’un côté, tandis que l’autre Ie reçoit.
- Quand on veut produire des moirages, on fait passer les é(ol-sen double.
- Nous donnerons dans notre prochain numéro une note de-taillée des travaux de la blanchisserie mécanique établie sur la Seine. La nouveauté de cet établissement, son intérêt industriel et la perfection de soin organisation nous font espérer qüe tôette publication sera de quelque utilité.
- DE L’iMPitlfiiEItlE DESELLIGUE, breveté pour les presses mécas1'
- Qlits ET A VAPEUR, RUE DES JEUKEURS, K° l4*
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- TABLE ALPHABÉTIQUE
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- PAR ORDRE DE NOMS D’AUTEURS ET DE MATIÈRES
- CONTENUS DANS LES VOLUMES V et VI, IVe ANNÉE.
- Nota. La pagination ayant été continuée pour les Ve et VIe vol., nous
- ne donnons qu’une table pour ces 2 vol. — Le Ve vol. comprend 34o
- pages de 1 à 34o, et le VIe vol. comprend les pages de 34i à 636.
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- Abeilles. Méthode simplifiée de les soigner pour les conserver; par M. Féburier, V, p. 60.
- Acide sulfurique. Notice sur sa fabrication ; par M. Kuhl-mann, V, p.5o. — Perte occasionnée par l’emploi de cet acide mêlé d’acide nitrique dans le départ du cuivre, etc.; parHerm-staedt, V, p. 96.
- Air. Idées sur les moyens d’y voyager; par M. Ghabrier, VI,
- p. 374-
- Aitkin. Voyez Steel.
- Alcool (de T). Sur un nouveau procédé de rectification ; par M. Sœmmering, V, p. 179.—Sur les changemens de volume qui ont lieu dans les mélanges d’eau et d’alcool; par M. Rudberg, VI, p. 586.
- Aliénations mentales; par leD1 PaulSladeKnight, VI, p. 534.
- Alimens. Traité des alimens, leurs qualités, leurs effets, etc.; par M. A. Gaultier, docteur en médecine, VI, p* 535. — Art de leur conservation, p. id.
- Alun. Sur sa fabrication, sa composition et ses types cristallographiques, p. 270.
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- Appareil distillatoire continu, destiné à la distillation des eaux-de-vie de grains; par M. Cellier Blumenthal : sa description, Y, p. 3o3- —Pour la rectification des flegmes; par le même, Y,p. 307.
- Appareils. Remarques sur les appareils d’évaporation dans lesquels la vapeur ne sert que de véhicule à la chaleur, et dangers des divers appareils à vapeur ; par Th. Barrois,
- vi, P. 437.
- Arago. Sur les machines à vapeur , VI, p. 5o2.
- Art de fabriquer les couleurs et vernis ; par E. Pelouze, page 611. — Du briquetier au charbon de terre ; par M. J. A. Clere,VI, p. 435. — D’élever les lapins; parM. Re-darès, VI, p. 436. — De dégraisser et de remettre à neuf les tissus ; par E. Martin, VI,p. 436. —De faire le savon , mis à la portée des ménages ; par M. Dussart, VI, p. 535. — De fabriquer la chandelle avec économie, VI, p. 535. — De construire les fourneaux d’usine; par M. Pelouze, p. 535.
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- Baader ( le chevalier Joseph de ). Son mémoire sur l’impossibilité de faire marcher les chariots à vapeur sur les chemins ordinaires , V, p. 1.
- Balances dynamométriques ; par M. Hachette, V, p. 124*
- Barrois (Th.) Son mémoire sur les appareils d’évaporation dans lesquels la vapeur ne sert que de véhicule à la chaleur, et remarques sur les dangers des divers appareils à vapeur, VI, p. 437-
- Bateau à vapeur le Rhône. Extrait d’un rapport sur son explosion, V, p. 23o.
- Batimens. Toisé des bâtimens; par M. Pernot, V, p. 244*
- Benoît. Dynamomètre funiculaire , "V, p. 248.
- Berzelius. Sur le sucre de réglisse , V, p. 239.
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- Betteraves. Laveur à betteraves j; par M. Champon-nois, V, p. 45. — Marmite pour la concentration des sirops de betteraves ; par M. Oudart,VI, p. 428. — Mémoire sur la fabrication du sucre de betteraves; par M. Dubrunfaut, VI, p. 59o.
- Beutii. Description d’une machine à laver les draps, VI, p. 383. — D’une machine à aiguiser et à nettoyer les dents des cardes des machines à carder le coton, VI, p. 526.
- Biere. Note sur sa fabrication, parM. Van-Mons,V, p. 173. — De Bruxelles et de Louvain. Mémoire sur leurs procédés de fabrication ; par M. Dubrunfaut, V, p. 293.
- Blanchard. Petite pharmacie domestique, V, p, 60.
- Bocard. Sa desci'iption, VI,p. 368.
- Boelsterly. Machine à canneler les cylindres employés dans la filature, V, p. i3g.
- Bonafous. Son mémoire sur les fromages de Gruyère ,
- vi, P. 347.
- Borax nouveau découvert par M. Payen , V, p. 57. —Octaédrique. Sa préparation, VI, p. 177.
- Bougies. Machine pour les rouler ; par M. H. Heilberg , V, p. 127.
- Brard. Procédé pour reconnaître les pierres qui ne peuvent pas résister à la gelée , V, p. 286.
- Brevets d’invention , etc. , dont la déchéance a été prononcée , V, p. 64. — Délivrés en France et en Angleterre, pendant le mois d’octobre 18275 V, p. 191. —Pendant le mois de novembre 1827, V, p. 290. —Pendant le mois de décembre 1827, VI, p. 43o.
- Briques, Choix de la terre pour leur oréparation ; par
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- ui. J. Clerc, VI, p. 370. — Constructions en briques de la Hollande, VI, p. 48o.
- Briqueteries de la Hollande, VI, p. 480.
- Briquetier. Art du briquetier au charbon de terre; par M. J. F. Clere, VI, p. 435.
- Brunton. Sur le mouvement, la résistance et les effets des machines à vapeur, des pompes , etc., V, p. 18.
- Bussy. Extrait de son mémoire sur l’action décolorante du charbon , VI, p. 485.
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- Cagniard-Latour. Note sur sa machine à balayer; par M. Dubrunfaut, V, p. 167.
- CALORiQUE.Traité du calorique; par M. Desmatest,V,p. î>44-
- Capitaux. De leur bon emploi dans une entreprise de mines , VI, p. 389.
- Casimir , voyez Maistre.
- Gavé frères. Résultats d’un rapport fait à la Société industrielle de Mulhouse, V, p. 116.
- Cazalis et Cordier. Description de leurs meules verticales propres à écraser les graines oléagineuses, V, p. 207. — Chauffoir à vapeur pour les graines oléagineuses, V, p. 210.
- Cellier Blumenthal. Description d'un appareil distillatoire continu, destiné aux eaux-de-vie de grains, V, p. 3o3. — Td. destiné à la rectification des flegmes, V, p. 307.
- Céruse. Sa fabrication en Hollande, VI, p. 34'i.
- Chabrier. Idées sur les moyens de voyager dans l’air ,
- VI, p. 374-
- Chaleur. Notice sur la quantité contenue dans un poids
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- donné de vapeur d'eau, etc.; par M, Hachette, V, p. 57.
- Champonnois. Laveur à betteraves, Y, p. 45.
- Chapeaux. Leur teinture; par M. P. L. Pichard,VI, p. 4^3.
- Charbon. Extrait du mémoire de M. Bussy sur son action décolorante, VI, p. 485.
- Charbons. Application du colorimètre de M. Houtou La-billardière à l'évaluation de leurs propriétés décolorantes , VI, p. 271.
- Chariots a vapeur. Mémoire sur l’impossibilité de les faire marcher sur les chemins ordinaires; par M. le chevalier Joseph de Baader, ingénieur bavarois, Y, p.- 1.
- Chauffage.— A air chaud; par M. Wagenmann , V, p. 29. — Des cuves à pastel pour teindre en bleu; par M. Casimir Maistre, VI, p. 52i.
- Chauffoir.—A feu nu pour les graines oléagineuses, sa description ,V, p. 209. —A vapeur pour idem) par MM. Cazalis et Cordier, V, p. 210.
- Cheminees. Mémoire sur la mesure de leur tirage; par M. Léonard Schwartz , Y, p. 271. —Influence de l’état de l’atmosphère sur leur tirage ; par M. Péclet, V, p. 273.
- Chevalier, voyez Langlumé.
- Chlorure de Chaux. Résultats d’observations importantes sur ses propriétés , sa meilleure préparation et son examen chlorométrique , Y, p. 141 •
- Chromate de potasse. Moyen de reconnaître sa pureté ; par M. J. Zuber fils, VI, p. 529.
- Chrome (oxidede). Procédé pour sa préparation en grand; par M. Frick, YI, p. 585.
- Cinabre. Son procédé de fabrication dans le duché de Deux-Ponts, YI, p. 4$4-
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- Clere. Choix de la terre pour la préparation des briques VI, p.370.—Artdubriquetier au charbonde terre, VI, p. 435,
- Cochot. Machine à faire les chaînes à laVaucanson,VI, p. 578.
- Cokes employés au Janon , près Saint-Etienne , pour fondre les minerais de fer. Leur analyse; par M. J. A. Raby, VI, p. 631.
- Coloration des verres en bleu; par M. Engelhardt, V, p. 261.
- Colorimetre ( description d’un). Par M. Houtou Labillar-dieve, V, p. 252. — Son application à l’évaluation des propriétés décolorantes des charbons , VI, p. 271.
- Comité de mécànique de la société de Mulhausen. Rapport sur un mémoire de M. Schwartz, V, p. 188.
- Cordier , voyez Cazalis.
- Coste. Remarques générales sur les scieries, V, p. 170. — Sur la résistance des frottemens dans les machines , V, p^ 181.— Du frein de M. de Prony et de son usage, V, p. 125. — Etude sur les machines , V, p. 242.
- Couleurs et vernis. Art de les fabriquer ; parE. Pelouze, V, p. 61.
- Cours permanent de dessin appliqué aux machines; par M. Leblanc , V, p. 388.
- Cours de physiologie , de zoologie et d’histoire naturelle de l’homme ; parM. W. Lawrence, VI, p. 534-
- Creusets infusibles deM. Deyeux, V,p. i83. — DeMouchy, V, p. 268.
- Cure-mole à chapelet mû par la vapeur, et employé au port de Lorient, V, p. 3i4-
- Cylindres à papier. Leur description ; par M. Dubrun-faut, V, p. 129.—Cylindres employés dans la filature. Machine pour les canneler, par M. Boelsterly, V, p. i3g.—Pour écraser
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- les graines oléagineuses j construit par M. Maudsley. Leur description , V, p. 2of>.
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- Darcet. Sa note sur la conversion de la pomme de terre en pain, contenant autant de substance animale ou azotée qu’on en trouve dans le pain fait avec la farine de froment, VI , p. 531.
- Davy. Sur son procédé pour préserver le doublage des navires, YI, p. 388.
- Dépréssion. Mesure de la dépression sur un ajutage conique j par M. Hachette, Y, p. i ig.
- Desmarest. Traité du calorique, Y, p. ^44*
- Desormeaux. Art du menuisier et d» l’ébéniste, V, p. 6o.
- Destigny. Notice sur la dilatation de la pierre, YI, 453.
- Drouault frères. Leur appareil pour -la fabrication du sucre , YI, p. 628.
- Dubrunfaut. Mémoire sur la culture des graines oléagineuses, leurs qualités et l’extraction de leur huile, Y, p. 65. —Note sur la fabrication de l’orge perlé, Y, p. 73. — Description du cylindre à papier, et observations sur la fabrication du papier, V, p. 12g. — Note sur la machine à balayer de M. Cagniard-Latour, V, p. 167. — Mémoire sur la fabrication de l’huile de graines, V, p. ig3. — Sur celle des bières de Louvain , Bruxelles , Amsterdam , V, p. 2g3. — Notice sur les eaux-de-vie de grains de Schiedam, VI, p. 467. — Mémoire sur la fabrication du sucre de betteraves , YI, p. 58g.
- Dufrênoy et Élie de Beaumont. Description d’un four à puddler et du puddlage, VI, p. 357.
- Dussart. Art de fabriquer le savon, VI, p. 535.
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- Dynanometre funiculaire; par M. A. Benoît, Y, p. 248.
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- Eau. Sur les çhangemens de volume qui ont lieu dans les mélanges d’eau et d’alcool ; par M. Rudberg, VI, p. 586.
- Eaux-de-vie. Description d’un appareil distillatoire continu des eaux-de-vie de grains; par M. Cellier Blumenthal, V, p. 307.—Sur le meilleur procédé de préparation des pommes de terre destinées à produire de l’eau-de-vie, V, p. 3a3.— Leurs distilleries, à Schiedam ; par M. Dubrunfaut, VI, p. 467.
- Ebéniste. Art de l’ébéniste; par M. Desormeaux, V, p. 60 et 244*
- Eclairage des phares en France. Sur son nouveau système, V, p. 184-
- Ecrous. Machine pour les tarauder , VI, p. 284.
- Edmond. Machine à faire les briques, VI, p. 583.
- Elie de Beaumont. Voy. Duerénoy.
- Émail métallique des faïences anglaises; par M. Zuber fils, V, p. 175.
- Engelhardt. Coloration des verres en bleu, V, p. 261. — Notice sur la fabrication du verre rouge , V, p. 318.
- Engrenages des roues d’angles. Méthode abrégée pour le tracé des engrenages de ces roues ; par M. Poncelet, V, p. 245.
- F
- Farine de froment. Sur sa falsification par la fécule de pomme de teiTe ; par M. Henri, VI, p. 585.
- Féburier. Méthode certaine et simplifiée de soigner les abeilles pour les conserver, V, p. 60.
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- Ferry fils. Note sur les terres qui sont propres au moulage, VI, p. 469.
- Flegmes. Appareil distillatoire continu pour leur rectifica-i tion; par M. Cellier Blumenthaï, V, p. 307.
- Fonderies , forges et établissemens des mines du Creuzot et de Charenton, V, p. 189.
- Four a puddler. Sa description, d’après MM. Dufrénoy et Élie de Beaumont, V, p. 35^.
- Frein de M.’deProny et son usage ; par M. L. M. P. Coste,
- V, p.; 2a5.
- Frick. Procédé pour la préparation en grand de l’oxide de chrome, VI, p. 585.
- Fromages de gruyère. Mémoire ; par M. Bonafous ,
- vi, P. 347.
- Frottemens dans les machines. Loi de leur résistance; par M. L. M. P. Coste, V, p. 181. —Frottemens des vis et des écrous; par M. Poncelet, V, p. 181.
- Fuchs. Nouveau composé de silice et d’alcali, propre à préserver des incendies, etc., V, p. 74»
- G
- Garance. Notice sur les moyens dé déterminer sa qualité et sa valeur; par M. Kuhlmann, V, p. 4.6-,
- Gaultier. Traité des alimens, VI, p. 535.
- Gay-Lussac. Essai des potasses du commerce, VI, p. 537.
- Gaz nouveau, VI, p. 387.
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- Gmelin. Préparation artificielle de l'outremer, V, p. i5o.
- Graines oléagineuses. Mémoire sur leur culture, leurs qualités et l'extraction de leur huile ; par M. Dubrunfaut, V, p. 65. — Fabrication de leurs huiles ; par lé même, Y, p. 192. — Description de cylindres pour les écraser, construits par M. Maudsley, V, p. 206. — Description de meules verticales pour les écraser, construites par MM. Cazalis et Cordier, de Saint-Quentin, V, p. 207. —? Description d’un chauffoir à feu nu pour les torréfier , construit par Maudsley, V, p. 209. — Description d’un chauffoir à vapeur, construit par MM. Cazalis et Cordier, V, p. 210.
- Guide de la ménagère, VI, p. 535.
- H
- Hachette. Notice historique sur la quantité de chaleur contenue dans un poids donné de vapeur d’eau, etc., V, p.57.—*-De la mesure de la dépression sur un ajutage conique; nouvelle disposition des trompilles dansles soufflets à trompes, V, p. 119. -—Balances dynamométriques, V, p. 124.
- Hawkins. Description des machines-appareils à raffinerie sucre dans le système de Howard, VI, p. 39g.
- Hedde. Sur la fabrication de l’orseille en France, VI, p. 381.
- Heilberg. Machine à rouler les bougies, V, p. 127.
- Henri. Sur la falsification de la farine de froment par la fécule de pomme de terre, VI, p. 585.
- Hermstaedt. Remarques sur la perte occasionnée par l’emploi de l’acide sulfurique mêlé d’acide nitrique dans le départ du cuivre , etc., V, p. 96. — Sur le meilleur procédé pour disposer les pommes de terre à produire l’eau-de-vie, V, p. 323.
- Horson. Questions sur le Code de commerce, VI, p. 588.
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- Houldswortk (Henry). Description d’une machine à filer, avec un nouveau moyen de tordre et de renvider le fil, V, p. 3og.
- Houtou Labillardière. Description d’un colorimètre et du moyen de connaître la qualité relative des indigos, Y, p. 2 5 2. —Essai sur le sulfure rouge d’arsenic ou réalgar, considéré comme matière colorante applicable à la coloration des toiles peintes, YI, p. 574*
- Huiles de graines. Sur leur fabrication ; par M. Dubrun-faut, Y, p. ig3.
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- Indigos. Moyen de connaître leur valeur relative; par M. Houtou Labillardière , Y, p. 9.65.
- K
- Knight. Traité des aliénations mentales, YI, p. 534*
- Kuhlmann, Notice sur les moyens de déterminer la qualité et la valeur de la garance, Y, p. 46. — Sur la fabrication de l’acide sulfurique, V,p. 5o.
- L
- Langlumé et Chevallier. Mémoire sur quelques améliorations à l’art de la lithographie, V, p. 214,
- Laine. Histoire descriptive de la filature et du tissage de la laine ; par M. Maiseau, VI, p. 535.
- Lapins. Art de les élever; par M. Redarès, YI, p. 436.
- Lardner (Dionysius). Leçons familières sur la construction de la machine à vapeur, etc. ; V, p. 60.
- Laveur à betteraves; par M. Champonnois, V, p. 45.
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- Lawrence. Cours de physiologie, de zoologie et d’histoire naturelle de l’homme ; V, p. 534-
- Leblanc. Cours permanent de dessin appliqué aux ma-chires; VI, p. 388.
- Lithographie. Mémoires sur quelques améliorations apportées à cet art; par MM. Langlumé et Chevallier, V, p. 21 4-
- Loi de la résistance des frottemens dans les machines; par M. L. M. P. Coste, V, p. 181.
- LouvrierGaspart. Robinet à vapeur comprimée; Y, p. 21 i.
- — A filtration, V, p. ai a.
- M
- Machine à écarrir les tenons des cylindres de filature, V, p. 90. — A rouler les bougies, par H. Heilberg, Y, p. 127.— A canneler les cylindres employés dans la filature, par M. Boels-terly, V, p. i3g. — A balayer, décrite par M. Dubrunfaut, Y, p. 167.—Soufflante, par Steel etÀitkin,V, p.281.—Atarauder les écrous, Y, p. 284*—A filer, avec nouveaux moyens de tordre et de renviderle fil, parM. Henry Houldsworth, Y, p. 3og.
- — A pulvériser, ou bocard; sa description, YI, p. 368. — A laver les draps; par M. Beuth, YI, p. 383. — A aiguiser et à nettoyer les dents des cardes des machines à carder le coton ; par M. Beuth, YI, p. 526.—A faire les chaînes à la Yaucan-son; parM. Cochot, mécanicien, à Paris, YI,p. 578.—Apercer la tôle, construite dans les ateliers de Charenton, pour l’usine en Creuzot, YI, p.58i.—A faire les briques; parM. Edmond de Dornach, YI, p. 583.—A calandrer, employée à la blanchisserie mécanique sur la Seine; par M. Moulfarine, VI, p. 634-
- Machine a vapeur. Leçons familières sur sa construction, fctc. ; par Dionvsius Lardner, professeur de physique à l’université de Londres, Y, p. 60. — Machine à vapeur de MM. Cavé, frères. Résultats d’un rapport fait a la société industrielle de Mulhouse, Y, p. 116.—La machine à vapeur, comprenant un
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- exposé de ses principes, etc.} par Thomas Tredgold. Notice sur cet ouvrage, V, p. i54* — Machine à vapeur à moyenne pression} par M. Saulnier, YI, p. 4^5.
- Machines. Etude sur les machines} par M. L. M. P. Coste, VI, p. 242.
- Machines-Appareils à raffiner le sucre par Howard. Leur description, par Hawkins, YI, p. 399-
- Machines a vapeur à haute pression. Instruction relative à l’exécution des ordonnances du roi à cesujet, VI, p. 56s. Sur les machines à vapeur} par M. Arago, YI, p. 5o2.—Traité des machines à vapeur de Tredgold, traduit de l’anglais} par M. Mellet, YI, p. 436.
- Maiseau. Manipulations chimiques de Faraday, traduit de l’anglais, YI, p. 435. — Histoire descriptive de la filature et du tissage de la laine , YI, p. 535.
- Maistre. Note sur le chauffage des cuves à pastel pour teindre en bleu} YI, p. 521.
- Manipulations chimiques de Faraday,traduit par M. Mai-seau , Yï, p. 435.
- Manuel. — Pour l’éducation des vers à soie et la culture du mûrier} par M. Redarès du Gard , Y, p. 61. — Du marchand papetier, Y, p. 61.
- Martin. Art de dégraisser et de remettre à neuf les tissus, YI, p. 436.
- Maudsley. Description de cylindres pour écraser les graines oléagineuses} Y, p. 206. — Description d’un chauffoir à feu nu pour les graines oléagineuses , V, p. 20g.
- Mécanique pratique. Traité de mécanique pratique, YI, p. 436.
- Mécanisme avec soupape à manivelle,'propre à remplacer les gros robinets, etc.} par M. Moulfarine, V,p. 92.
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- Mellet. Traité des machines à vapeur ; traduit de l’anglais , VI, p. 436.
- Menuisier. Art du menuisier en bâtimens et en meubles; par M. Desormeaux , V, p. 60 et 244'
- Meules verticales pour écraser les graines oléagineuses, construites par MM. Cazalis et Cordier de Saint-Quentin, VI, p. 207.
- Michel. Art de fabriquer la chandelle, VI, p. 535.
- Mines. Du bon emploi des capitaux que l’on consacre à une entreprise des mines, VI, p. 38g.
- Minium. Sa fabrication dans l’établissement de verrerie et de cristallerie de M. Kemlin, près Liège, VI, p. 482.
- Mortiebs et Cimens calcaires. Résumé des connaissances positives sur la qualité et le choix des matériaux propres à leur fabrication ; par M. L. Vicat, V, p. 99.
- Moulage. Note sur les terres qui y sont propres ; par M. Ferry fils, VI, p. 469.
- Moulfarine , mécanicien. Description d’un mécanisme avec soupape à manivelle, propre à remplacer les gros robinets , V, p. 92. — Machine à calandrer, employée à la blanchisserie mécanique sur la Seine, VI, p. 634-
- Moyens d’utiliser la vapeur des chaudières d’avivage. Rapport sur un mémoire de M. P. Schwartz; par le comité de mécanique de la Société de Mulhausen, V, p, 188.
- Musée de peinture, V, p. 244» et VI, 436.
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- Navires. Sur le procédé de Davy pour préserver leur doublage , VI, p. 388.
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- Nitre. Sur sa production ; extrait d’une lettre de M. De-mesmay, V, p. 56.
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- Ordonnances du roi concernant les machines à vapeur àhaute pression. Instruction relative à ces ordonnances, VI, p. 562,
- Orge perle. Note sur sa fabrication ; par M. Dubrunfaut,
- v, P. 73.
- OrSëille. Sa fabrication en France5 par Pli. Hedde, VI, p. 381.
- Oudart. Marmite pour la concentration des sirops de betteraves par la vapeur, VI, p. 4^8.
- Outremer. Sa préparation artificielle; par C. Gmelin, V, p. i5o.
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- Paguierre. Classification et description des vins de Bordeaux, VI, p. 536.
- Pain de pomme de terre; par M. Darcet, VI, p. 531.
- Papetier. Manuel du marchand papetier, V, p. 61.
- Pastel. Chauffage des cuves à pastel pour teindre en bleu; par M. Casimir Maistre, VI, p. 521.
- Patentes délivrées en Angleterre pendant le mois d’octobre 1827, V, p. 192. — Pendant celui de novembre, V,p. 290. —Pendant celui de décembre 1827 , VI, p. 433.
- Payen. Nouveau borax qu’il a découvert, V, p. 5-]. — Préparation du borax octaédrique, V, p. 177.
- Peclet. Influence de l’état de l’atmosphère sur le tirage des cheminées , V, p. 273.
- Peinture. Musée de peinture, V, p. 244, et VI, 436.
- Pelouze. Leçons familières sur la construction de la ma-
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- chine à vapeur , etc., traduit de l’anglais, V, p. 60. — Art de fabriquer les couleurs et vernis, Y, p. 61.—Art de construire les fourneaux d’usines, Vï, p. 535.
- Pernot. Le toisé des bâtimens, Y, p. 244 > et VI, p. 535.
- Phares. Sur le nouveau système de leur éclairage adopté en France, Y, p. i84-
- Pharmacie domestique; par M. Blanchard, Y, p. 6o.
- Philippe, mécanicien. Description d’une scie circulaire,
- V, p. 4i.
- Pichard. Teinture des chapeaux, VI, p. 4^3.
- Pierre. Notice sur sa dilatation; par M. Destigny, Y, p. 453.
- Pierres qui ne peuvent pas résister à la gelée. Procédé pour les reconnaître ; par M. Brard, YI, p. 286.
- Platine. Sur le platine, Y, p. 182.
- Pommes de terre. Sur le meilleur procédé pour les préparer à produire de l’eau-de-vie; par M. Hermstaedt, p. 323.
- — Leur conversion en pain contenant autant de substance animale ou azotée qu’on en trouve dans le pain fait avec la farine de froment; par M. Darcet, Y, p. 531.
- Pompe anglaise aspirante et élevant l’eau à toutes les hauteurs, V, p. 94.
- Pompes. Sur leur mouvement, leur résistance et leurs effets ; par Robert Brunton , Y, p. 18.
- Poncelet. Sur le frottement des vis et des écrous, V, p. 181.
- — Méthode abrégée pour le tracé des engrenages des roues d’angles , V, p. 245.
- Potasses du commerce. Leur essai; par M. Gay-Lussac,
- VI, p. 537.
- Pnix nouveaux proposés par la Société industrielle de Mulhausen, V, p. 331.
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- Puddlage. Sa description d’après MM. Dufrénoy et Ëlie de Beaumont, "VI, p. 35-j,
- Q
- Questions sur le Code de commerce , ou recueil des articles de jurisprudence commerciale insérés dans le Journal du Commerce, depuis i8a3 jusqu’en 1829; par M- Hobson, VI, p. 588.
- R
- Raby. Analyse des cokes employés au Janon, près Saint-Etienne, pour fondre les minerais de fer, VI, p. 631.
- Redarès, du Gard. Manuel pour l’éducation des vers à soie et la culture du mûrier, V, p. 61. — Art d’élever les lapins , VI, p. 436.
- Robinet à vapeur comprimée; par M. Louvrier Gaspart, V, p. ‘au. — Robinet à filtration, V, p. ai2. — Robinet de sûreté, V, p. 213.
- Rudberg. Sur les changemens de volume qui ont lieu dans les mélanges d’eau et d’alcool ,VI, p- 586.
- S
- Saulnier. Description d’une machine à vapeur à moyenne pression, VI, p. 47^-
- Schiedam. Distilleries des eaux-de-vies de grains dans cette ville; par M. Dubrunfaut, VI, p. 467.
- Schwartz. Rapport sur son mémoire, concernant les moyens d’utiliser la vapeur qui s’échappe des chaudières d’avivage pour le rouge d’Andrinople, V, p. 188. —Mémoire sur la mesure du tirage des cheminées, V, p. 271.
- Scie circulaire , construite par M. Philippe, mécanicien. Sa description, V, p. 4i*
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- Scieries. Remarques générales sur les scieries; par M. L.-M.-P. Coste, Y, p. 170.— Scieries pour le marbre, VJ, p. 426
- Silice et Alcali. Nouveau composé propre à préserver des incendies; par M. J. Népomucène Fuchs , V, p. 74.
- Sirops de betteraves. Marmite pour leur concentration par la vapeur; par M. Oudurt, VI, p. 428.
- Société' industrielle de Mulhausen. Nouveaux prix qu’elle propose, V, 331.
- Soemmering. Sur un nouveau procédé de rectification de Falcool, V, p- 179.
- Steel et Aitkin. Machine soufflante, V, p. 281.
- Substances alimentaires. Art de leur conservation, V,
- p.535.
- Sucre. Lettre sur la fabrication du sucre de hetteraves , V, p. 62.—Sucye.de réglisse; par Berzélius, V, p. 23g.—Description des machines-appareils à raffiner le sucre de Howard; par M. Hawkins, VI, p. 399.—Mémoire sur la fabrication du sucre de betteraves; par M. Dubrunfaut, V, p. 58g. — Appareil de MM. Drouault , frères , de Nantes , pour la fabrication du sucre, VI, p. 628.
- Suif- Sur sa fonte, V, p. 285.
- Sulfure rouge d’arsenic. Son essai comme matière colorante applicable à la fabrication des toiles peintes ; par M. Houtou Labillardière , VI, p. 5^4-
- T
- Terres. Note sur celles qui sont propres au moulage ; par M. Ferry fils, VI, p. 4^9-
- Tissus. Art de les dégraisser et de les remettre à neuf ; par M, F- Martin, VI, p. 436.
- Toisé des batimens ou l’art de se rendre compte et de
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- mettre à prix toutes espèces de travaux ; par M. L. T. Pernoty architecte , V, p. 244> 535.
- Tredgold (Thomas). La machine à vapeur, avec un exposé des principes de cette machine, Y, p. x54- —Traité des machines à vapeur de Tredgold traduit de l’anglais ; par M. Mellet , Y, p. 436.
- V
- YAN-Mons. Note sur la fabrication de la bière, V, p. iy3.
- Vapeur. Mémoire sur l’impossibilité de faire marcher les chariots à vapeur sur les chemins ordinaires ; par M. le chevalier Joseph de Baader, ingénieur bavarois, Y, p. i. — Sur le mouvement, la résistance et les effets des machines à vapeur ; par Robert Brunton, Y, p. 18. — Leçons familières sur la construction de la machine à vapeur ; par Lardner , Y, p. 6o. — Bateau à vapeur le Rhône. Extrait d’un rapport sur son explosion, Y, p. 23o.—Sur les appareils d’évaporation dans lesquels la vapeur ne sert que de véhicule à la chaleur, avec des remarques sur les dangers des divers appareils à vapeur; par Th. Barrois , VI, p. 4^7• — Machine à vapeur à moyenne pression; par M. Saulnier, YI, p. ^5.—Sur les machines à vapeur; par M. Arago , YI, p. 5oa.
- Verre rouge. Notice sur sa fabrication; par M. Engelhardt,
- Y, p. 3i8.
- Vers a soie. Manuel pour leur éducation; par M. Redarès, du Gard , V, p. 6i.
- Vicat. Résumé des connaissances positives actuelles sur les qualités, le choix, etc., des matériaux propres à la fabrication des mortiers et cimens hydrauliques , V, p. gg.
- Vinaigre be bois. Son procédé de fabrication en Bavière et dans le grand-duché de Hesse , VI, p. 483.
- Vins de Bordeaux. Leur classification et leur description ; par M. Paguierre, VI,, p. 536.
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- Voyage dans l’aik. Idées sur les moyens de l'exécuter; par M. Chabrier, VI, p. 374*
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- Wagenmann. Mémoire sur le chauffage à air chaud, V, p. 29.
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- Zuber fils. Note sur l’émail métallique des faïences anglaises, V, p. 175.—— Moyen de reconnaître la pureté du chro-mate de potasse , VI, p. 52g.
- DE L’IMPRIMERIE DE SELLICÜE, breveté pour i.es PRESSES MECANIQUES HT A VAPEUR, 1W K DES JEUNEURS, Ti° ]$
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