L'éclairage électrique
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- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. D ARSONVAL
- G. LIPPMANN
- D. MONNIER
- H. POINCARE
- A. POTIER
- J. BLONOIN
- TOME XIV
- T1’ TRIMESTRE 1898
- PARIS
- GEORGES CARRÉ ET C. NAUD, ÉDITEURS
- RACINE, 3
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- Tome XIV.
- Samedi 1“ Janvier 1898
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Proiesseur â l’École Polytechnique, Membre de l’Institut.— A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l'Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l'Institut. — D. MONNIER, Professeur à l’École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ, Professeur à la Sorbonne, Membre de l'Institut. — A. POTIER. Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- LES PROGRÈS DE LA SCIENCE ÉLECTRIQUE EN 1897
- La coutume qui veut que les revues scientifiques établissent, dès les premiers jours de janvier, le bilan de l’année qui vient de s’écouler prépare des déboires et des erreurs aux savants futurs qui auront quelque souci d’établir une chronologie exacte. Si rapides que soient actuellement les communications scientifiques, le nombre des périodiques est sigrand qu'il est difficile de les avoirdépouillés en temps utile ; de plus, l’intérêt ou l’importance de telle découverte, annoncée d’abord dans une note très brève, n’apparaît souvent que quand l’auteur donne quelques développements; enfin les expériences les plus curieuses et les plus inattendues sont naturellement celles dont la réalité, malgré l’autorité du savant qui les fait connaître, soulève les doutes les plus légitimes, et les résultats les plus intéressants ne peuvent être acceptés qu’après avoir été soumis à une soigneuse vérification. Aussi arrive-t-il souvent que, dans une Revue de fin d’année, on ne mentionne aucunement la découverte, faite dans les derniers mois écoulés, qui mériterait d’attirer le plus l’attention et qui devrait, en quelque sorte, rester l’événement marquant qui donnerait son nom à l’année scientifique. C’est ainsi qu’il était à peu près impossible, en
- France, de se faire, h la fin de décembre 1895, une idée exacte de la valeur de la découverte de Rœntgen. J’ai, pour ma part, à m’excuser d’avoir absolument passé sous silence, dans la Revue que j’écrivais il y a un an, la première communication du DrZeeman au sujet de l’influence d’un champ magnétique sur la période lumineuse, qui remonte à la fin de l’année 1896.
- Cette note, qui n’a pas etc la seule qu’ait publiée son auteur et quia provoqué, de divers côtés, des recherches dont le résultat a été de mettre hors de doute, en même temps qu’elles les précisaient et les complétaient, les résultats observés par M. Zeeman, annonçait l’existence d’une modification, très faible il est vrai, mais observable,dans l’aspect desraies D, telles que les fournit un réseau de Rowland, quand on place la source lumineuse dans un champ magnétique; les variations ne sont pas les mêmes suivant qu’on observe dans le sens du champ ou dans le sens perpendiculaire. Passant sur quelques tâtonnements du début et sur quelques difficultés d’interprétation dues surtout au renversement des raies, qui tend à se produire si la source est trop intense, il suffit de prendre la question au point où l’ont amenée les expériences de M.W. Kœnig
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- et de M. Cornu qui ont eu séparément l’idée d’étudier les apparences présentées par le phénomène au moyen d’analyseurs biréfringents appropriés. Le savant physicien français a, comme l’on sait,, formulé d’une façon particulièrement nette et facile à retenir les résultats de l’expérience. Dans le sens des lignes de force se propagent deux rayons circulaires, l’un droit et l’autre gauche, dont les périodes diffèrent, de quantités égales et de signes contraires, de la période de la lumière naturelle ; la période du rayon dont le sens de rotation est le même que celui du courant dans les spires de l’électro-aimant est la plus courte. Dans le sens perpendiculaire, on observe une raie polarisée normalement au champ magnétique, ayant la période naturelle et deux raies, polarisées parallèlement au champ, dont les périodes sont les mêmes que celles des deux rayons circulaires précédents. M. Cornu relie les deux phénomènes en regardant les deux vibrations rectilignes comme la projection des vibrations circulaires, vues de tranche ; une analyse plus complète, qui n’est autre que celle que Hertz a appliquée à l’étude d’une vibration électrique rectiligne, montre en effet, comme le rappelait M. Poincaré ici même, que, sur les ondes planes produites à grande distance par une telle vibration, l’oscillation observée est la projection de celle qui existe dans la source. Il n’était peut-être pas inutile de rappeler cette justification du raisonnement très simple et intuitif de M. Cornu, car ce qui est vrai pour la vibration électrique ne l’est pas pour la vibration magnétique qui l’accompagne, et, si l’on essayait de relier l’existence des vibrations circulaires à celles des vibrations rectilignes de même période, en admettant l’hypothèse de Neumann, la connexion des deux phénomènes ne pourrait pas se traduire avec la même simplicité.
- Quelque défiance que l’on professe vis-à-vis des théories moléculaires en général et de l’hvpothcse des ions en particulier, on ne doit pas oublier que la découverte de M. Zeeman est doublement le fruit de la théorie ; l’auteur
- nous a appris quelles considérations a priori l’avaient conduit à tenter une première expérience, dont un calcul de Lord Kelvin lui faisait pressentir les résultats ; il faut se rappeler surtout que la seconde observation, faite dans le sens des lignes de force, a été suggérée par la théorie de Lorentz, qui prévoyait entièrement les phénomènes observés, phénomènes bien différents des premiers, puisqu’ils consistent en une polarisation rotatoire de la lumière.
- La decouverte de M. Zeeman est bien faite pour nous amener à mesurer l’étendue des progrès que le perfectionnement des méthodes opératoires et l’accroissement de la sensibilité des méthodes de recherches permettront d’effectuer, sans l’introduction d’idées ou d’hypothèses vraiment nouvelles. Dès 1862, Faraday cherchait, maisvainement, à mettre en évidence cette action, qu’il soupçonnait, du magnétisme sur l’émission de la lumière et la perfection des réseaux de Rowland a seule permis de reconnaître un effet dont l’importance théorique est considérable.
- Cette importance est apparue déjà dans les réflexions que les faits nouveaux ont suggérées à M. Becquerel et qui l’ont amené à formuler une loi que l’on peut, en la dégageant de toute hypothèse, énoncer comme il suit : « Dans l’air soumis à un champ magnétique, une vibration rectiligne qui se propage perpendiculairement au champ se décompose en deux vibrations circulaires de longueur d’onde différente ; à ces longueurs d’onde correspondraient, en l’absence du champ magnétique, deux périodes vibratoires très voisines de la période de la lumière employée ; les deux périodes ainsi définies sont précisément égales à celles des deux rayons circulaires en lesquels se dédouble, dans l’expérience de M. Zeeman, une vibration rectiligne perpendiculaire au champ, émise par la flamme du sodium brûlant dans l’air. » Cette égalité a été déduite par M. Becquerel d’une conception théorique de l’influence du magnétisme sur le mouve-
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- ment lumineux, qui l’a conduit ensuite à supposer que la loi générale de la polarisation rotatoire magnétique devait être — les
- nombres qu’ont calculés MM. Becquerel et Carvallo donnent un haut degré de probabilité à cette relation.
- Nous ne quitterons pas ce sujet sans rappeler que M. Cotton a réussi à mettre en évidence d’une façon très ingénieuse l’effet Zeeman par la simple observation de la flamme active à travers une autre flamme de sodium convenablement réglée. On doit retenir aussi l’étude qui a été faite du phénomène par M. Michelson au moyen du réfrac-tomètre interférentiel, bien qu’elle ait fourni d’abord des résultats incomplets, parce qu’elle est un des exemples, assez nombreux depuis quelque temps, de l’application de ces procédés optiques très délicats à l’étude de questions diverses , je rappellerai les expériences de M. Barus sur l’excursion de la membrane d’un téléphone et la comparaison des coefficients d’induction et les essais de M. Wadsworth dans la voie de la mesure des déviations angulaires au moyen de franges d’interférence; la stabilité parfaite, nécessaire à des expériences si délicates serait, paraît-il, atteinte en faisant flotter le support de l’appareil sur un bain de mercure contenu dans un vase dont les parois ne laisseraient subsister qu’un intervalle très réduit autour du support.
- Dans un ordre de recherches un peu moins minutieuses, mais qui ont fourni déjà et promettent les résultats les plus intéressants, nous devons signaler les perfectionnements que M. Blondel a apportés à son oscillographe, et l’habile construction du rhéographe de M. Abraham, réalisée par M. Carpentier. Cet appareil, qui a fait ses preuves en public, au cours d’une séance de la Société Internationale des Électriciens, où son auteur a recueilli les applaudissements les plus vifs et et les plus mérités, enregistre, avec une surprenante fidélité, la forme d’oscillations électriques dont la période est supérieure à
- 0,0001 sec. On ne peut manquer d’être frappé, quand on étudie les clichés qu’il permet d’obtenir, de la netteté avec laquelle il reproduit les phénomènes instantanés, rupture du courant qui entretient un diapason ou de celui d’un arc alternatif, sans que les courbes présentent aucune trace de festonne-ment dû à l’existence de termes parasites ; de telles qualités permettent d’accepter avec la plus grande confiance les renseignements que nous donne l’appareil sur des phénomènes tels que la décharge oscillante d’un condensateur ou la variation du courant d’un alternateur ; il présente le grand avantage de donner la forme vraie d’un courant à un moment donné, au lieu de la forme moyenne que donnent les appareils stroboscopiques ou basés sur un principe analogue.
- Les oscillations hertziennes continuent à être l’objet de nombreuses recherches tant théoriques qu’expérimentales, parmi lesquelles il faut noter au premier rang celles de M. Drude et de M. Righi. Le savant allemand a publié plusieurs mémoires sur la théorie du système de deux fils parallèles de Lecher, et continué ses études sur la dispersion électromagnétique, l’absorption et la mesure des constantes diélectriques au moyen des oscillations de haute fréquence ; M. Righi a publié un livre très intéressant,dans lequel il résume les expériences très nombreuses qu’il a exécutées dans diverses directions, sous le titre significatif : l'Optique des radiations électriques. Pour M. Righi non seulement il y a unité essentielle des ondes électromagnétiques et des vibrations lumineuses, ébranlements d’un même milieu, mais encore on peut établir les analogies lesplus étroites et le parallélisme le plus parfait entre toute la série des phénomènes de l’optique et les propriétés des ondes émises par l’excitateur. J’avoue que tous les rapprochements que fait l’auteur ne me semblent pas s’imposer avec une égale évidence ; il y a des différences entre les deux groupes de phénomènes ; une oscillation électrique, même si sa longueur d’onde est de quelques millimètres, résulte encore d’un
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- mouvement dont l’amplitude et l’étendue sont hors de proportion avec celles des vibrations moléculaires auxquelles la lumière doit sa naissance. Il faudra bien qu’un jour ou l’autre, après avoir insisté sur les rapprochements, on s’étende sur les divergences, et on établirait peut-être déjà des distinctions si l’on cherchait à se rendre compte plus complètement de la valeur des analogies que l'on croit observer. Pour ne citer qu’une remarque, qui n’est pas neuve, il me semble bien difficile d’assimiler aussi entièrement qu’on a l’habitude de le faire les phénomènes des réseaux optiques à cette diffraction que l’on observe quand on fait tomber des ondes électriques sur quelques bandes de métal parallèles ; il y a dans ce cas une action propre de la conductibilité du métal et un rôle essentiel de l’angle de la vibration électrique avec lagrande dimension des lames métalliques, qui ne se rapproche nettement d’aucun phénomène purement optique, si ce n’est peut-être des résultats très curieux observés par MM. Snow et Rubens sur des longueurs d’onde voisines de 0,02 mm. En résumé, en considérant l’état actuel des faits expérimentaux et du corps de doctrine auxquels la théorie de Maxwell et les expériences de Heitz ont servi de base, on voit, d’une part, un ensemble de résultats très intéressants, relatifs à la propagation des ondes électrométriques libres, qui suggèrent beaucoup de rapprochements sur la légitimité desquels on doit, à mon avis, formuler d’expresses réserves ; il est, semble-t-il, d’autant plus nécessaire de mettre les esprits en garde contre une tendance à l’assimilation trop rapide que ces expériences sont devenues, avec les appareils de M. Bosc et de M. Branly, aussi faciles à répéter que l’envoi d’un signal télégraphique, et qu’elles sont presque toutes uniquement qualitatives. D’un autre côté, la propagation des ondes le long des fils, si elle s’écarte des analogies optiques, présente le grand intérêt d’être l’objet de mesures précises, portant sur des résultats que la théorie fait, à l’heure actuelle, prévoir avec beaucoup d’exactitude.
- Sur la question des décharges dans le vide de Crookes et l’étude des rayons cathodiques ont été publiés de nombreux mémoires : les propriétés nouvelles s’accumulent sans qu’il soit facile de les grouper ni de distinguer si les différents expérimentateurs étudient des phénomènes d’origine commune ou même comparables. Les expériences d’un physicien dont on ne peut contester l’originalité et la décision, M. Jaumann, et son interprétation de certaines apparences par la décharge ont été fort discutées ; MM. Wiede-mann et Schmidt ont publié plusieurs mémoires sur les rayons cathodiques, et M. J.-J. Thomson a apporté également une intéressante contribution à cette étude. M. Villari a découvert une réflexion et une réfraction des rayons cathodiques, etM. Deslandrcs nous a fait connaître une sorte de dispersion analogue au moins en apparence, à celle que subissent les rayons lumineux dans leur passage à travers un prisme. Qui saisira le fil qui peut nous guider à travers cette complication prodigieuse d’un ordre de phénomènes dont le substratum se modifie incessamment au cours des observations pendant que le degré de vide, la condensation des gaz sur les électrodes et peut-être la répartition inégale du fluide extrêmement raréfié dans les tubes subissent des changements perpétuels ?
- M. Swyngedauw avait attaqué dans ses œuvres vives la théorie de M. Jaumann, en contestant, après plusieurs autres savants, la légitimité des conclusions qu’il avait déduites de ses études sur les décharges dans l’air, à potentiel variable, et en démontrant, par des expériences qui semblent décisives et dont il serait superflu de parler longtemps à nos lecteurs, qui ont eu la primeur de son travail, que la distance explosive, quand on se met à l’abri des radiations ultra-violettes, est fonction uniquement de la valeur de la différence de potentiel, et non de la variation de cette différence en fonction du temps; M. Jaumann n’a pas accepté ces résultats et sa réponse laisse encore la question en suspens. Pendant qu’on continuera à la discuter, je serais heureux dç
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- voir les expérimentateurs nous renseigner d’une façon indubitable sur ce que l’on doit penser de l’influence résiduelle qu’exercerait le passage d’une étincelle sur le gaz qu’elle a traversé et nous montrer définitivement si une décharge, jaillissant entre deux électrodes ramenées rigoureusement au même état, subirait de la part du gaz une résistance toujours la même, ou si, au moins pendant un certain temps, l’atmosphère ébranlée par le choc électrique conserve, pendant quelque temps, trace de cette perturbation.
- L’hypothèse de l’ionisation des gaz, qui a maintes fois servi à expliquer les propriétés des rayons X, a été étendue à divers états des gaz: on considère comme ionisés les gaz qui ont subi des décharges électriques, de quelque espèce qu’elles soient, et les produits de combustion ; les expériences de M. Villari sur l’influence qu’exerce l’ozonisation préalable sur la décharge d’un conducteur électrisé par un courant de gaz, s’accordent avec ces vues générales. Enfin M. Perrin a admis également une ionisation de la couche de gaz condensée à la surface d’un métal, pour expliquer la part que fournissent les armatures d’un condensateur au courant de décharge quand les rayons X les atteignent directement,
- Que le mécanisme du phénomène soit beaucoup plus complexe, c’est ce qui résulte'd’une belle série d’expériences de M. Sagnac, qui a étudié avec grand soin ce qui sort des métaux quand ils sont frappés par les rayons X et les radiations qui s’en échappent, soit par la surface frappée, soit par la seconde surface terminale. Les métaux émettent des radiations que M. Sagnac appelle rayons secondaires et qui présentent la propriété de se propager rectilignement, sans subir de réflexion régulière, ni de réfraction; ces nouveaux rayons ne sont pas des rayons X, ou du moins il est certain que le rôle des métaux qui sont frappés par les rayons émanant de l’antica-thode ne se réduit pas à une absorption ou à une diffusion sélective; nous sommes en présence d’un phénomène qui ne peut être ana-
- logue qu’a la fluorescence. Bien que ces rayons secondaires soient beaucoup plus facilement absorbés que les rayons X par tous les milieux, on peut encore suivre leur propagation jusqu’à des distances suffisantes pour constater qu’ils exercent les mêmes actions qui caractérisent les rayons de Rœntgen, et observer l’effet de la rencontre d’une lame métallique ; un nouveau rayonnement prend naissance, auquel M. Sagnac donne le nom de rayons tertiaires. Les ravons secondaires déchargeant un électroscope, M. Sagnac a été conduit à l’expérience suivante : une lame d’aluminium (qui n’émet qu’une très faible quantité de rayons tertiaires) constitue une partie d’une surface conductrice fermée ; les rayons X la frappent en traversant le champ électrique qui règne à l’intérieur de la surface; si l’on met derrière la lame d’aluminium, c’est-à-dire en dehors du champ, une lame de zinc, on voit la vitesse de la décharge s’accroître dans des proportions considérables ; reflet du zinc ne peut donc résider uniquement dans les gaz qui existent à sa surface, et ce n’est que dans le cas où l’effet total qu’il exercerait si on le substituait à l’aluminium différerait notablement de celui qu’on observe dans l’expérience actuelle, qu’il y aurait lieu de considérer un rôle direct de la surface métallique limitant le champ électrique.
- Ces résultats nous montrent que nous sommes bien loin d’avoir épuisé la veine féconde que Rœntgen a mise à jour et même de soupçonner dans quelle infinité de directions inconnues plongent ses ramifications ; l’illustre savant lui-même est sans doute occupé à de nouvelles découvertes. Dans un mémoire publié au mois de juin, après de longs mois de silence, il nous apportait une précieuse confirmation des résultats nombreux que la foule des savants qui se sont élancés sur la voie qu’il avait tracée avaient déjà indiqués; en même temps, il nous faisait connaître un fait nouveau : l’air traversé par les rayons X émet lui-même des rayons qui excitent la fluorescence du platinocyanure de baryum, Quelle est la nature de cettç
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- émission? Est-ce une fluorescence ou une simple diffusion? Espérons que nous n’attendrons pas longtemps la réponse.
- Nos vues théoriques sur la nature des rayons X restent toujours aussi incertaines ; M. Rœntgen a beaucoup insisté sur les analogies qu’ils présentent avec les rayons cathodiques; il ne voit entre les deux ordres de phénomènes que des différences de degré, sans trouver de différence essentielle ; peut-être ses nouvelles recherches nous révéleront-elles l’existence de radiations intermédiaires.
- C’est toujours dans le domaine des radiations et des phénomènes de l’ordre photoélectrique que nous restons avec les études de M. Rigollot sur les actinomètres électrochi-miques, qui nous donnent un moyen simple de définir le degré aelinique d’une source et de compléter les renseignements que nous fournit l’étude du spectre visible et surtout avec une expérience de M. Brillouin, qui éclaire d’un jour tout nouveau la théorie de l’électricité atmosphérique.
- Depuis longtemps on a soupçonné que les radiations solaires devaient jouer un rôle important dans la production des charges électriques qui apparaissent ou disparaissent à la surface du sol ou sur les nuages; mais où fallait-il chercher l’origine exacte des phénomènes? Certainement on avait d’autant plus de chances de trouver le lieu exact qu’on chercherait plus haut, dans les régions supérieures de l’atmosphère, où l’absorption n’a pas réduit énormément l’intensité des radiations ultraviolettes.
- M. Brillouin a pensé aux aiguilles de glace des cirrus; l’expérience lui a montré que la glace perd rapidement son électrisation sous l’influence des radiations de l’arc électrique ; l’eau reste au contraire insensible à cette action. Dès lors, tout cirrus éclairé par le soleil devient positif, l’air ambiant, qui ne prend pas de propriétés conductrices, se chargeant négativement. La recombinaison de ces deux électricités, quand l’action du soleil qui les- séparait a cessé, donne lieu aux efflu-
- ves qui ont reçu le nom d’aurores boréales, et, dans nos climats, aux «éclairs de chaleur».
- M. Brillouin ne s’arrête pas là; l’action des radiations solaires varie avec l’étendue des taches que nous apercevons sur l’astre. Bien que cette étendue seule ne nous renseigne que très imparfaitement sur la diminution d’énergie des radiations, on conçoit déjà pourquoi il existe une relation entre l’extension et la naissance des taches solaires et les perturbations atmosphériques. De brusques ruptures de l’équilibre électrique, causées par un affaiblissement rapide de l’action solaire, amènent les orages; bien entendu, ils ne se produisent que là où la mise en liberté d’électricité a préparé les circonstances favorables. Enfin, le point de départ de la théorie est l’hypothèse qu’il existe déjà un champ électrique,et que les cirrus sont déjà polarisés; M. Brillouin remarque que le champ électrique initial nécessaire se produit inévitablement dans les déplacements relatifs des hautes régions atmosphériques par rapport au globe terrestre aimanté.
- Des conceptions aussi simples et aussi profondes méritent toute notre attention; elles me ramènent aux réflexions générales, qui sont bien de mise dans un article d’ensemble sur les progrès de la science. Gardons-nous de conclure rapidement d’une expérience nécessairement imparfaite que telle conséquence d’une théorie ou telle prévision n’est pas d’accord avec l’expérience; un jour viendra peut-être où des moyens plus puissants permettront de découvrir un effet qui échappe actuellement à des méthodes imparfaites ; ne cherchons pas non plus à édifier trop tôt des théories et sachons reconnaître qu’il y a des laits que nous sommes impuissants à expliquer: il y a douze ans, toute explication de l'origine de l’électricité atmosphérique eût été vaine; le phénomène qui devait nous en donner la clé n’était pas découvert. Ne pas trop s’inquiéter des obscurités ni des déceptions, avoir foi dans l’avenir qui renferme un trésor immense de richesses que nous ne soupçonnons pas, telle défit être une des règles de la conduite des savants. C. Raveau.
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- ÉLECTROCHIMIE ET ÉLECTROMÉTALLURGIE
- Les progrès qu’accomplit depuis quelques années l’électrochimie sont si nombreux et touchent à tant d’industries diverses qu’il faudrait pour les consigner y consacrer annuellement tout un volume. C’est d’ailleurs ce que fait un des électrochimistes les plus
- distingués, le D‘ Borchers. Entre les innombrables procédés mis au jour, le choix a priori est bien difficile, et en électrochimie particulièrement, c’est à l’expérimentation sur une échelle industrielle que revient le dernier mot. Les renseignements sérieux sur le dé-
- PUISSANCE TOTALE
- PAYS EMPLACEMENT NOMS DES COMPAGNIES PRODUITS PROCÉDÉS
- I OOO Elcctro-Gas C° ofU. S. A. Carbure de Wilson
- calcium.
- American CarborundumC0 Carborindon. Acbeson.
- Niagara . . . 120 000 - Chemical Construction C°. Chlorate de potasse. Blumenberg.
- 1 Soo Niagara Electro-Chemical Sodiumetper- Castner.
- États-Unis- C°. oxyde.
- Pittsburg Réduction C°. Aluminium. Hall."
- Montana . . . 10 000 Boston and Montana Smel- Cuivre. >..
- ting C“.
- Rumford . . . I 100 Electro-Chemical C°of U. Alcalis et Le Sueur.
- S. A. chlore.
- Saint- [ean . . 6 ooo 8 ooo Société d'Electrochimie Chlorate de Gall-Mont-
- France. . française. potasse. laur.
- Saint-Michel . 2 OOO Société industrielle de l’A- Aluminium. Hall.
- luminium.
- La Praz. . . . 2 300 Société Electro-Métallur- Aluminium. HérOult.
- gique française. Consortium fur Elektro- Alcalis et Kellner.
- chem. Industrien. chlore.
- Haîlein .... Kellner Partington Paper Pâte de bois. —
- Autriche. Prague. . . a ; Pulp C”. Carborindon. Acheson.
- Aluminium Industrie Ac- Aluminium. Héroult.
- Suisse. . Neuhausen . . 4000 tien-GcseLlschaft.
- Vallorbes. 3 500 Société d Electrochimie. Chlorate de Gall-Mont-
- potasse. laur.
- Suède . . Mansboe . . , 4000 3 500 Super- Phosphat Actien- Chlorate de Idem.
- Stjernfors. . . 75 Gesel., Stockholm. Pâte de bois. Hermite.
- British Aluminium C°. Aluminium. Héroult.
- Écosse. . Foyers .... 4000 2100 Acetylene Uluminating C“. Carbure de calcium. Wilson.
- Norvège. Sarpsborg . . 5000 Kctlncr Partington Pulp Paper C°. Alcalis et chlore. Kellner.
- kuss.e, . Kalakant . . . 580 Kedabeg Copper C®. Cuivre. Siemens.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. — N° 1.
- vcloppemcnt industriel des procédés commencent seulement à arriver au public par la voie de la presse technique. Nous devons signalera cepropos deux récentes séries d’articles, l’une publiée par M. B.-C. Kershaw, dans YElectrician de Londres, l’autre due à M. Titus Ui.ke, dans le principal organe spécial, la Zeitschrift fur Electrochemie. Nous emprunterons à ces confrères de nombreux chiffres, mais nous ne nous défendrons pas de décrire certains procédés et appareils encore à l’état de projet ou à l’essai, et paraissant comporter d’utiles perfectionnements.
- C’est en grande partie aux chutes d’eau que les industries électrochimiques empruntent la force motrice considérable qui leur est nécessaire, et le tableau I ci-dessus, contenant les plus récents renseignements réunis par M. Kershaw, indique les puissances hydrauliques utilisées par les principales installations.
- Il ne faudrait toutefois pas croire que la force motrice à vapeur soit exclue de ces industries ; on peut, au contraire, citer une quarantaine d’entreprises qui se servent de machines à vapeur d’une puissance globale égale à celle qu’utilisent les 21 usines mentionnées dans le tableau. Ce sont naturellement les industries dont la consommation d’énergie est un des facteurs les plus importants de la fabrication qui se sont groupées autour des principales chutes d’eau, et il convient de remarquer à ce propos que les chutes avantageusement situées, non encore mises en valeur, seront dans un avenir prochain bien peu nombreuses, ce qui obligera- les entreprises nouvelles à recourir à la vapeur. Il ne manque d’ailleurs pas de procédés pour la miseen oeuvre desquels il est beaucoup moins important de disposer d’une force motrice peu coûteuse que de placer l’iisine à proximité de la source des matières premières et du marché ou du port d’embarquement des produits fabriqués.
- Suivant le professeur Lunge, le coût du cheval-heure hydraulique estesttmé en Suisse à i cent, et aux Etats-Unis à 1,25 cent; les gros consommateurs du Niagara ne payent
- même le cheval-heure électrique que 0,6 cent. La vapeur revient évidemment plus cher, mais dans des conditions favorables, l’écart peut ne pas être très considérable. C’est ainsi que M. Kershaw admet, en se basant sur l’évaluation ci-dessous, qu’en marche continue, avec des machines à triple expansion et le combustible à bon marché, le cheval-heure électrique pourrait revenir à 1,5 cent.
- Frais d’établissement d’une usine de 1000 chevaux indiqués : 237500 fr. Marche annuelle de 327 journées de 24 heures.
- Combustible 0,8 kg par cheval-heure indiqué, à 9 fr la tonne. 56500 fr par an.
- Salaires.......................13000 —
- Entretien...................... 7500 —
- Intérêt et amortissement à
- 10 p. roo.................23750 —
- Total.......100750 fr par an.
- Sii 000 chevaux-heure indiqués fournissent 850 chevaux-heure électriques, le cheval-heure électrique revient donc à
- Il va sans dire que des conditions aussi avantageuses sont loin de correspondre à la généralité des cas.
- TRIAGE DES MINERAIS
- Dans l’ordre logique, qu’il ne nous sera toutefois pas possible d’observer complètement dans ces articles, nous devons commencer par l’application de l’électricité à la préparation des minerais.
- La grande majorité des procédés de triage électromagnétique ont pour but l’enrichissement des minerais de fer contenant des composés très magnétiques ; à part les mé-tauxmagnétiques à l’état natif, on ne peut dénommer ainsi que le fer oxydulc et la pyr-rhotine, ou pyrite magnétique. Pour appliquer les trieurs magnétiques aux minerais qui ne contiennent pas le fer sous la forme oxydulée, on a fréquemment recours à un grillage préalable capable de transformer le composé ferrugineux en Fe30\
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- On n’avait pas encore tenté de concentrer magnétiquement des minerais de perméabilité magnétique beaucoup moindre, tels que les hématites rouge et brune, la sidérose, la frankîinite, etc. Théoriquement, la solution de ce problème s’indique aisément : puisqu’il s’agit de substances de faible perméabilité, employer pour les attirer des intensités de champ considérables, et puisque les forces en jeu restent quand même faibles, disposer les choses de manière que le plus petit déplacement relatif des grains de minerai suffise pour en opérer la séparation. Pour transporter ces considérations théoriques sur le terrain des opérations pratiques comportant le traitement de plusieurs tonnes de minerai à l’heure, un pas sérieux était à faire ; M. Wethkkii.l a franchi ce pas avec succès.
- Le trieur 'Wetherill, pour la description détaillée duquel nous renvoyons à deux articles récents de M. Borchers (’), se compose essentiellement d’un électro-aimant puissant à petit entrefer et de courroies sans fin qui amènent le minerai concassé à une petite distance des pièces polaires et enlèvent dans deux directions différentes les parties magnétiquement séparées.
- Une première forme d’exécution est repré-
- Fïg. r. — Principe du trieur Wetherill.
- sentée parle schéma (fig. O. Au-dessous d’un électro-aimant se meut, dans le sens normal aux lignes de force, une première courroie glissant presque en contact immédiat avec les pièces polaires coupées en sifflet et à arêtes très rapprochées. Une seconde courroie se meut dans le plan de l’électro-aimant à une
- Ci Zeitschrift fur Electrochemie, 5 mars 1897.
- très petite distance au-dessous delà première. Cette seconde courroie transporte le minerai de a en b. Au passage du minerai dans le voisinage de l’entrefer, les parties légèrement magnétiques sont soulevées et vont se coller à la courroie supérieure, qui les transporte en dehors du champ; dès qu’elles sont soustraites à l’attraction des pièces polaires, elles tombent dans une caisse disposée ad hoc, tandis que les parties non magnétiques sont entraînées par l’autre courroie et peuvent être recueillies en b.
- Les pièces polaires peuvent également être disposées, comme l’indique la figure 2, sur
- Wetheri!].
- un plan incliné, et embrassées par les courroies b et c, tandis que le minerai à trier es amené dans l’entrefer par une courroie a. Dans ce cas, l’attraction est suffisante pour amener les parties magnétiques sur la courroie b, mais non pour les soulever jusqu’au plan plus incliné de la courroie c. On recueille donc en d les substances magnétiques et en e les stériles.
- Enfin, l’inventeur a combiné une troisième forme de trieur dont la disposition semble très efficace ; la figure 3 en donne le schéma. Deux trémies versent le minerai sur deux courroies qui embrassent les pièces polaires et vont à la rencontre l’une de l’autre. En arrivant dans l'entrefer, les grains non magnétiques tombent verticalement dans le récipient du milieu, tandis que les parties magnétiques attirées par les pièces polaires tombent sur les plans inclinés de part et
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- T. XIV. — N° 4.
- d’autre de la verticale et sont reçues dans les récipients latéraux.
- Les moyens de réalisation sont, on le voit, assez simples. L’appareil est d’ailleurs appliqué en grand aux usines de la Sterling Iron and Zinc Company, en Amérique, et une
- Wether
- installation est en construction à Siegen, en Allemagne, pour le traitement de minerais de fer carbonatés contenant de la blende et de la galène.
- Le trieur traitant de i à 3 tonnes à l’heure absorbe, suivant la nature plus ou moins perméable des minerais, de jà 15 ampères sous 6 à3ovolts. L’usine américaine traite la fran-klinite et divers silicates manganésifères en employant un courant de 3 à 8 ampères. Pour l’hématite rouge de Clinton, il faut à peu près la même intensité de courant, tandis que l’hématite brune et la pyrolusite (MnO2) exigent de 10 à 15 ampères. En faisant varier l’intensité de courant, on peut meme faire toute une série de séparations successives. M. Borchers a constaté, par exemple, que par deux passages dans l’appareil, la mo-nazite, minerai si recherché aujourd’hui, peut être triée en monazite pure (phosphates des terres rares;, grenats (silicates complexes tenant Fe, Mn, Cr, etc.) et en rutile, Ti Oh
- Cet appareil n’est pas seulement applicable au traitement des minerais, niais on peut également envisager son application à la séparation de sels cristallisés de fer et de manganèse tels que les sulfates, qui présentent
- une certaine perméabilité. La même machine qui absorbe 8 ampères pour attirer le sulfate de fer, ne prend que 1 ampère pour le sulfate de manganèse. A ce point de vue, le trieur Wetherill peut donc devenir intéressant pour un certain nombre d’industries chimiques en dehors de la métallurgie.
- Edison, qui s'occupe depuis longtemps du triage électromagnétique, aurait trouvé récemment qu’en grillant à une température ne dépassant pas 400° un minerai finement concassé contenant des pyrites de cuivre et de fer, c’est la pyrite de cuivre qui perd d’abord son soufre et devient magnétique. On peut alors séparer le cuivre par un passage au trieur, après quoi, par un nouveau grillage, on oxyde et on rend ainsi magnétique la pyrite de fer pour pouvoir la séparer des composés de zinc, de plomb et des métaux
- EXTRACTION DES MÉTAUX
- Le procédé général d’extraction de Siemens et Halske (*) consiste en une chloruration des minerais à sec et à la température ordinaire, suivie d’une lévigation, puis de l’électrolyse ; dans cette dernière opération, on récupère le chlore. Si le dissolvant est convenablement choisi, on peut, pendant la lévigation, opérer la séparation des divers produits.
- Pour l’extraction du zinc de la blende, on fait agir le chlore sur le minerai sec jusqu’à saturation. Le chlorure formé est dissous dans une quantité modérée d’eau et la solution soumise à l’électrolyse en employant des anodes insolubleset des cathodes métalliques. Tout le chlore employé, sauf une perte inévitable, s’échappe pendant cette opération et peut être renvoyé directement sur une nouvelle quantité de minerai; leprocédéest donc cyclique.
- Si le minerai contient de la galène, le plomb n’entre en dissolution que pour une très faible proportion et la majeure partie reste
- P) Z. f. Eleklrocbemis, 5 août 1897.
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- lui' Janvier 1898.
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- avec l’argent, si le minerai est argentifère, dans le résidu insoluble, d’où on retire ces métaux par les méthodes connues.
- Les minerais contenant du sulfure d’antimoine et de l’or sont soumis à plusieurs chlorurations alternant avec des lévigations à l’eau. La plus grande partie de l’or se retrouve dans la lessive. Le résidu est traité à l’acide chlorhydrique pour fournir une solution de chlorure d’antimoine que l’on soumet k l’électrolyse pour précipiter le métal et récupérer le chlore. Toutefois, on ne pousse pas l’opération jusqu’à ce que tout le chlore soit retrouvé, parce que le dégagement des dernières portions absorbe trop d’énergie électrique. Il est préférable d’ajouter a la solution une quantité notable d’autres chlorures comme du sel marin; l’électrolyse est alors conduite de façon que seul le chlore combiné au métal soit dégagé, mais aussi complètement que possible. Le sel marin joue ainsi le rôle d’un intermédiaire qui se retrouve dans les opérations successives du procédé cyclique.
- Le procédé d’extraction Sinding-Larsen diffère seulement du précédent en ce qu’il prévoit le chauffage des minerais pendant la chloruration dans le but de séparer dès le début les chlorures volatils ; ceux-ci sont eux-mêmes séparés ensuite en tirant parti de la différence des points d’ébullition de leurs constituants. Dans certains cas, l’élévation de température due à l’action du chlore suffit pour amener la volatilisation des chlorures les moins stables.
- On sait que pour extraire le cuivre de ses’ minerais, Hœpfner les traite avec une solution de chlorure cuivrique, lequel, au contact du minerai, serait réduit en chlorure cuivreux, composé dont la décomposition élec-trolytique exige moins d’énergie que le per-chlorurc. Mais la solution est chargée de fer qu’il faut éliminer. Si nous en croyons les rapports qui ont paru sur ce procédé, il suffirait pour cela de faire réagir au contact de l’air sur le chlorure cuivreux du chlorure ferreux. L’oxvgènc de l’air irait alors se fixer
- sur le fer, dont le chlore se porterait sur le cuivre. Le fer ainsi précipité, et en admettant que cette réaction se fasse aussi aisément qu’on l’indique, c’est donc du per-chlorure de cuivre qu’il faut électrolyser en définitive, et le procédé n’est pas plus économique que d’autres au point de vue de la dépense d’énergie par kilogramme de métal.
- On indique comme prix de revient de l’extraction par le procédé Hœpfner iqo fr par tonne, en partant de minerais contenant de 5 à 10 p. 100 de cuivre et en obtenant du cuivre très pur. Il faut ajouter que les 200 à 300 gr d’argent que l’on récupère dans l’opération couvrent une bonne partie des frais.
- Pour obtenir des dépôts métalliques homogènes en employant de grandes densités de courant, Gkaham (‘) propose, principalement pour le cuivre, un moyen déjà indiqué par Thofern. Il consiste à faire arriver l’électro-lvte sur la cathode sous forme d’un jet puis-
- Avec une solution saturée de sulfate de cuivre acidulée avec 0,5 p. 100 d’acide sulfurique, sortant sous une charge de 30 à 45 cm d’un ajutage de 2 cm d’ouverture et venant frapper une cathode de cuivre placée à 3 cm de distance, le dépôt électrolytique prend une apparence polie surune surface de 12 à 13 cm de diamètre; en dehors de cette région, le métal déposé est peu adhérent. La densité de courant employée est de 3 ampères par décimètre carré.
- Si le dépôt doit être effectué sur de plus grandes surfaces, il faut employer plusieurs jets parallèles et donner à la cathode un mouvement de va-et-vient. Les anodes doivent .présenter une grande surface; il est recommandé de leur donner une forme ondulée. Enfin, pour éviter la formation de bourrelets sur les bords de la cathode, on protège ceux-ci par un cadre isolant.
- La figure 4 montre la disposition donnée aux appareils. A est la cathode dont la surface tournée vers l’anode B est recouverte sur
- (*) Zeilschift fur Electruchemie, 2U février 1837.
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- ses bords par un cadre D en substance isolante. L’électrolyte descendant par E d’un réservoir H est chassé par la pompe G à
- travers l’ajutage C contre la cathode et refoulé par F dans le réservoir.
- Suivant le procédé Ashcroft, on peut combiner l’extraction du \inc avec le traitement du cuivre noir. Le minerai de zinc oxydé par grillage est épuisé à l’aide d’une solution de chlorure ferrique. La lessive est électrolysée en employant des anodes en cuivre noir; le cuivre entre en solution et le zinc se dépose. L’électrolyte qui contient alors du chlorure ferreux et du chlorure de zinc est ensuite soumis à une nouvelle élec-trolyse avec des anodes insolubles; une nouvelle quantité de zinc est précipitée, en même temps que le chlorure ferrique est régénéré et peut être employé pour des opérations ulté-
- On sait que les dépôts électrolytiques de zinc sont fréquemment irréguliers et spongieux. De plus, l’acide qui se forme à l’anode nécessite l’emploi de diaphragmes poreux ou d’une circulation rapide de l’électrolyte. L’auteur précédemment nommé, dont les procédés sont exploités par la Sulphide Corporation, évite ces inconvénients en ajoutant à l'électrolyte des oxysels tels que l’oxychlorure et l’oxysulfate de zinc; ces sels absorbent l’acide sulfurique et le chlore, et le dépôt métallique est dans ccs conditions, et
- sans emploi de diaphragme, très cohérent et exempt de zinc spongieux.
- Pour former ces oxysels, on ajoute à la solution chaude provenant de l’épuisement du minerai grillé de l'oxyde de zinc, et l'élec-trolyse est avantageusement opérée à chaud. Le dépôt métallique qui se forme présente les qualités voulues tant qu’il reste de l’oxy-sel dans la solution. Ce procédé peut être combiné avec celui de Hampe et Schnabel qui permet d’obtenir l’oxyde de zinc en chauffant pendant deux heures à 650° un mélange intime de sulfate de zinc et de charbon finement divisé.
- Hcei'fnf.r prépare pour l’clcctrolyse des solutions de chlorure de zinc en traitant les minerais oxydés par grillage par l’acide sulfureux C). Le sulfite formé est transformé en chlorure par double décomposition avec du chlorure de calcium, lequel fournit du sulfite de calcium peu soluble. Ce sous-produit est directement utilisable dans l’industrie.
- Suivant le meme auteur, en traitant la galène contenant de la blende avec une solution de dorure cuivrique tenant au plus 4 p. 100 de cuivre, le sulfure de plomb seul est attaqué, à une température de 60 à 8ou. Une solution de chlorure ferrique à 4 à 10 p. 100 de fer agirait de même. Le traitement de la blende non attaquée ainsi que la régénération des chlorures s’effectuent ensuite par les procédés déjà indiqués.
- Pour l’extraction du nickel des minerais calédoniens, Hœpfner fond ces silicates avec des minerais sulfurés de cuivre, puis applique Son procédé de lessivage au chlorure cuivrique, ensuite l’électrolyse qui régénère le chlorure cuivrique. Ce procédé est appliqué par la maison Menne, à Siegen (Allemagne), qui obtient 30 kg de cuivre et 5 kg de nickel par cheval-heure. Une compagnie américaine l’Orford CopperC0 produit de grandes quantités de nickel électrolytique par un procédé ' quelle tient secret. Ces divers nickels électrolytiques ne sont pas aussi purs que le
- {') Zeitschrift für Elektrochemie, 5 juillet 1896.
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- métal obtenu par les procédés ordinaires; les j procédés devront être perfectionnés pour pouvoir lutter avantageusement avec les procédés ordinaires.
- Aluminium. — Nos lecteurs ont été tenus au courant des progrès de cette industrie par la monographie publiée par AI. G. Richard en une suite d’articles dans ce journal et dans la Lumière Électrique. Nous ajouterons ici quelques données statistiques fournies par AI. Kershaw (*).
- Le développement de la fabrication de l’aluminium par les procédés électrolytiques a été extrêmement rapide. En 1885, la production mondiale était de 3,3 tonnes dont la plus grande partie était produite par le procédé chimique au sodium. En 1895, les usines productrices d’aluminium employaient une force motrice de 11 700 chevaux et fabriquaient 1 150 tonnes par an; les extensions données aux usines existantes porteront leur capacité de production pour 1898 à 7000 tonnes. Le prix de 140 fr le kg de 1885 est tombé à 4 fr. Ce développement rapide accompagné d’une si notable réduction de prix est entièrement dû à l’introduction des procédés électrolytiques. Pourtant plusieurs entreprises n’ont eu qu’une existence éphémère, ainsi que le montre le tableau II ci-dessous donnant l’état de la production des dix dernières années. 16 usines ont été mises en train dont 6 seulement survivent. L’Angleterre, qui avait cessé toute production en 1895, vient de voir éclore l’entreprise de la British Aluminium C° dont l’usine fonctionne depuis l’année dernière.
- Le tableau III et le graphique (fig. 5) donnent les quantités d’aluminium produites annuellement dans les différents pays.
- Les six usines existantes emploient le procédé Héroult ou le procédé Hall. Le prix de revient par ces procédés est évalué à 2 fr 90 le kg, mais suivant AI. Kershaw ce chiffre sera encore notablement réduit et on peut
- (*] The Electrician, 29 janvier, 5 février, 11 juin 1897.
- prévoir pour l’avenir un prix de vente de 1 fr 85 le kg.
- Les procédés Héroult et Hall sont basés, comme on sait, sur la même idée de principe : faire dissoudre l’alumine dans un fondant approprié et l’électrolyser sans attaquer le fondant. La oyolithe est adoptée comme fondant à cause de son point de fusion peu
- Fig. 5. — Production de l’aluminium.
- élevé (900°). Les deux inventeurs, qui avaient élaboré leurs procédés indépendamment l’un de l’autre, ont pris leurs brevets presque simultanément en 1886.
- En 1888, la Pittsburg Réduction C°, formée au capital de 5 millions de francs, prit en mains l’exploitation du procédé Hall, et depuis 1892 cette Compagnie produit à elle seule tout l’aluminium américain. Les brevets Héroult ont été acquis par la Société allemande Aluminium Industrie, dont l’usine de Neuhausen fabrique ce métal avec un succès considérable depuis 1889. Le dividende de 10 p. 100 distribué dans ces dernières années par cette Compagnie prouve que l’abaissement des prix a pu être réalisé grâce à une réduction considérable des frais de production.
- Si l’on admet que la crvolithe ne subit
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- Tableau II.
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- Cowles. Hall. Iléroult. Willson. Cowles. Webster- Ilall. 1 Hérault. Minet. Aîinet- Ilall. Hérault. Gratzel-Sa- arburger.
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- 1 I 1' I I Cowles Electric SmelLing [ PiUsburg Réduction C'\ États- \ Un" 1 U S. Alum. Métal C°. . Willson Alumin. C°. . / Cowles Syndicale. . . . Grande \ The Aluminium C" . . . Bretagne, j The British Alum. C°. . Soc. lüectro-Métall. - . ^ 1 Bernard frères ' Soc. Industr. cl'Alum . . Suisse. Alum. Indust. Actieng. Aile- ' Alum. und Magnésium magne. 1 Fabrik !
- aucune décomposition, cc qui paraît maintenant établi, la force électromotrice théorique nécessaire pour lelectrolyse est de 2,8 volts, et avec une puissance d’un cheval on devrait obtenir en 24 heures 2,12 kg d’aluminium; les chiffres pratiques sont : au Niagara, 0,617 kg ; à Neuhuusen, 0,544; à New Kensing-ton, 0,396 kg, ce qui correspond aux rendements respectifs de 29,25 et 18 p. 100. Une partie de l’énergie sertàmaintenir le bain en fusion, il serait peut-être plus économi-quede produire cette chaleur par chauffage direct, au lieu de l’emprunter au courant.
- On a proposé de remplacer dans la fabrication de l’aluminium l’alumine par le sulfure d’aluminium, et récemment M. Rlackmore a annoncé à la Société de l’industrie chimique de New-York que par un procédé qu’il a étudié sur une échelle industrielle, le sulfure pourrait être obtenu à raison de 0,65 fr le kg. Ce procédé consiste à dissoudre l’alumine dans un bain de sulfures et de fluorures de sodium et de potassium fondus, et à la traiter a cet état avec de la vapeur de sulfure de carbone. Par double décomposition il se produirait
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- du sulfure d’aluminium et de l’acide carbonique. La décomposition du sulfure n’exige que 62 p. 100 de l’énergie nécessaire avec l’alumine, mais si on compare le prix de revient du métal tiré du sulfure avec celui que l’on peut obtenir par le procédé ordinaire en partant de la bauxite purifiée à 53 p. 100 de métal coûtant aux États-Unis 0,90 fr le kg, on trouve que l’économie en énergie ne compense pas tout à fait l’augmentation de prix de la matière première, en admettant pour celle-ci le prix indiqué par M. Blackmore.
- Ce chimiste a d’ailleurs fait des essais en vue de produire l’aluminium par des procédés métallurgiques ne faisant pas intervenir l’électricité. Il part encore du sulfure dissous dans un fondant et fait tomber dans le bain
- du fer en fusion divisé en gouttelettes par son passage à travers un tamis en terre réfractraire. Il se forme du sulfure de fer et de l’aluminium qui se séparent en deux couches au fond du creuset.
- On n’a pas de renseignements sur le prix de revient du métal ainsi fabriqué; il est très probable que le métal doit être souillé de fer. Cette impureté ne s’opposerait pas à son emploi dans la métallurgie du fer. Mais si l’on accepte le fer comme impureté, on peut également réduire les frais de production par les autres procédés en employant la bauxite non purifiée, comme l’a fait remarquer M. Becker. On ne peut donc pas encore dire si le procédé chimique de Blackmore réserve à l’industrie de l’aluminium un nouvel avatar.
- Tableau III. — p RODC TI 0 N TOTA LE D’ VLUM MUM EN ' O N N L s
- BAVS 1885 1886 1887 1888 1889 I89O ,8,i )892 1893 1894 1895
- États-Unis 0,12 U3 8,0 8,4 21,0 68,0 Il8 139 320 379
- Angleterre 1,0 1,0 1,0 1U 5 34,5 70.0 52,5 41 ? ? »
- France 2,0 2.5 3,5 4,5 H, 7 37m 3^, 0 40 U/ 137 100
- Suisse » 40,5 168,0 286 437 600 &5°
- Allemagne to’° IO'° 15m 15,0 B .. 1_ 8 8
- Total 3.12 14,8 22,5 39.4 85,2 174,5 324,5 485 713 io57 r 129
- A. Hess.
- SUR UN ALTERNATEUR UNIPOLAIRE AUTO-EXCITATEUR
- Le problème de l’auto-excitation des alternateurs n’a qu’un intérêt médiocre lorsqu’il s’agit de centrales importantes: il est en effet reconnu que, dans ce cas, la solution k la fois la plus rationnelle et la plus pratique consiste a faire dépendre l’ensemble des alternateurs d’un groupe d’excitatrices séparées.
- Mais il n’en est plus de même, ainsi que nous allons l’établir, lorsque l’on envisage le cas d’installations particulières de moyenne importance. Le matériel doit alors être aussi
- simple et aussi robuste que possible, car la conduite et l’entretien des machines se trouvent souvent confiés à un personnel assez peu expérimenté. La généralité de ces installations est, pour le moment, exclusivement tributaire du courant continu: cet état de choses s’explique d’ailleurs très bien si l’on considère que les alternateurs actuels exigent tous pour leur excitation soit une petite machine à courant continu, soit un commutateur redresseur, et se trouvent ainsi, com-
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- T. XIV. — NM.
- parativement aux générateurs continus, être à puissance égale, d’un prix tout au moins aussi élevé sans présenter d’avantages bien marquants.
- Or, malgré tous les perfectionnements qui y ont été apportés, la machine à courant continu, qu’on peut considérer aujourd’hui comme à peu près parfaite, n’en exige pas moins, de par son principe même, l’emploi d’un organe délicat dont le bon fonctionnement dépend essentiellement d’une surveillance avisée et soutenue. S’il est hors de contestation que, dans les grandes usines centrales où le service est confié à des électriciens connaissant à fond les soins qu’exigent leurs machines, l’entretien des collecteurs actuels ne présente plus de difficultés sérieuses, il est également avéré que c’est toujours par détérioration du collecteur que sont mises hors d’usage les machines mal entretenues : c’est le cas général des machines auxiliaires installées dans les usines privées.
- Ces considérations m’ont conduit à rechercher une machine capable de fonctionner sans le concours direct ou indirect des collecteurs-redresseurs.
- La solution que j’ai imaginée s’applique aux alternateurs du type dit « unipolaire ». Soit A (fig. i) l’inducteur et B l’induit : ce dernier
- Fig. i.
- peut comporter, comme on le sait, soit un bobinage unique, soit deux bobinages distincts, suivant que les pièces polaires a,, sont situées vis-à-vis des intervalles qui séparent les pièces af, soit vis-à-vis de ces pièces elles-
- mêmes; ces deux dispositions sont figurées par les schémas (fig. 2 et 3) où l’on a supposé
- Fig. 2 et 3.
- l’induit développé suivant sa surface intérieure.
- Quoi qu’il en soit, si l’on suppose un conducteur C placé dans la partie massive de l’induit, comme le montre la figure 1, on reconnaît immédiatement qu’il s’y développera une force électromotrice de sens invariable capable d’engendrer un courant continu.
- En désignant par $ le flux total à travers le noyau de A et par n le nombre de tour à la minute, la valeur de e en volts est donnée par la formule connue :
- C’est cette force électromotrice que j’utilise pour l’auto-excitation de l’alternateur : il suffit évidemment pour cela de connecter l’extrémité 1 de C à l’un des bouts de la bobine excitatrice (supposée fixe) I) et de compléter le circuit comme l’indique la figure 1 par les bagues de contact 2 et 3 (reliées électriquement entre elles, soit par la masse, soit par un conducteur spécial). A la vérité, le voltage ainsi engendré ne dépasse guère quelques volts pour les machines de puissance moyenne, mais il convient de remarquer que ce n’est pas là un inconvénient, car le poids du cuivre employé à l’excitation d’une machine quelconque est, comme il est facile de l’établir, absolument indépendant du voltage utilisé.
- En pratique on peut être conduit à utiliser
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- plusieurs conducteurs analogues à C réunis en parallèle. La bobine excitatrice comporte d’ailleurs elle-même plusieurs circuitspouvant être mis successivement en service à l’aide d’un interrupteur à contacts multiples ; le réglage de la tension s’obtient ainsi simplement en manœuvrant un rhéostat intercalé dans un seul de ces circuits et en agissant, pour les grandes variations, sur l'interrupteur ci-dessus mentionné.
- J’ai pu faire, grâce à l’obligeance de MM. Browm, Boveri et Clc, et des directeurs des ateliers d’Œrlikon, quelques essais sur les résultats qu’on peut attendre d’un alternateur excité par le procédé que je viens de décrire. J’ai constaté ainsi que la mise en charge du circuit alternatif n’entraîne dans le circuit d’excitation qu’une très faible baisse de voltage atteignant à peine quelques pour cent de la tension correspondant à la marche à vide. On a essayé, aux ateliers d’Œrlikon, d’appliquer le dispositif d’auto-excitation a un générateur du type normal construit par cette maison : la bague de cuivre 2 du schéma avait été supprimée et le balai intérieur frottait directement sur le noyau A qu’on s’était borné à dégrossir au tour : néanmoins il fut possible d’obtenir un nombre d’ampères largement suffisant pour l’auto-excitation, ainsi que l’établit le tableau suivant qui résume ces essais.
- La première colonne donne la vitesse de l’alternateur en nombre de tours par minute, la seconde les ampèretours de l’excitation normale; enfin la troisième et la quatrième j
- donnent le voltage aux bornes de C et le débit du circuit unipolaire mis en charge sur un rhéostat auxiliaire.
- Vitesse normale, 450 tours, 950 volts, 30 alternances.
- Résistance de la bobine d’excitation s ohms.
- Maximum du courant d’excitation 26 ampères.
- En admettant pour les valeurs de la densité et de la vitesse aux points de contact des balais avec les anneaux les chiffres relevés sur les générateurs Siemens à collecteurs extérieurs, on trouve qu’il suffirait pour le générateur qui a servi à nos essais de 3 balais de 3 cm X 1 cmVet que sa vitesse pourrait atteindre 575 tours.
- Il convient en terminant de remarquer que ce dispositif pourrait être avantageusement appliqué à la construction des petits moteurs synchrones ainsi qu’à celle des transformateurs destinés à l’électrochimie.
- J.-L. Routin.
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Recherches théoriques et expérimentales sur les transformateurs de phase Ferraris-Amo ;
- Par !.. LoMBARDif1)-
- On sait que les transformateurs de phase (b Mémoire présenté à l'Academia dei Lincei, juin 1897.
- Ferraris-Arno consistent essentiellement en un moteur asynchrone polyphasé qu’on lance à la façon ordinaire et, qu’une fois en vitesse, on fait fonctionner avec un seul des circuits de l’inducteur. Les autres circuits de l’inducteur sont alors le siège de forces électromotrices ; induites, décalées entre elles et par
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- rapport à la tension agissante de quantités déterminées et qui, combinées avec la tension du réseau, permettent d’alimenter une distribution à courants polyphasés.
- C’est la théorie de ces appareils, du reste facile à déduire de celle des moteurs asynchrones. que M. L. Lombardi se propose de
- équation qui, résolue, donne :
- ’= 1‘,A' [ifrcos2X- ?.i
- THÉORIE DU TRANSFORMATEUR DE RHASE
- Considérons un moteur asynchrone à courants diphasés à inducteur fixe bipolaire et formé de deux circuits recevant, l’un, le courant de la ligne monophasée et que nous appellerons circuit primaire ; l’autre, fermé sur une résistance quelconque et qui sera le circuit secondaire. L’armature mobile sera constituée par une cage d’écureuil ou, pour plus de simplicité, par deux circuits uniques, fermés sur eux-mêmes et disposés perpendiculairement l’un à l’autre.
- Dans ce cas, les deux circuits de l’armature n'auront pas d'effet d’induction l’un sur l’autre.
- Les coefficients d’induction mutuelle des circuits lixes, sont des fonctions sinusoïdales du temps à raison d’une période par tour de l’induit; soient M, la valeur du coefficient mutuel du circuit primaire avec les circuits de l’armature; M2 celle du circuit secondaire avec les mêmes circuits, p, et leurs valeurs maxima, et n le nombre de tours de l’armature par seconde.
- Représentons les courants primaire et secondaire respectivement par :
- 1, = A, cos 2n {ni — 4>,i lâ = A2 cos a «(«/-*,).
- L’équation différentielle permettant d’obtenir la valeur instantanée du courant dans un des circuits de l’armature est, en désignant par p la résistance du circuit et par A son coefficient de self-induction :
- dt
- d Ma dt
- + ain2ff}(w -h n,) t — «l** — ?,i
- i posant :
- 2 Tt (tt — M.) A tang 2TTfj= ------—H—
- M, = £,N,S
- VV + 4 "*(« — «il* A* (
- . ^ 2 * (« + »,) A |
- Mâ = *,N,S |
- fV +4 " + “j)2 A2 i
- N, et N, étant les nombres respectifs des enroulements primaire et secondaire.
- Cette expression donne facilement la valeur de l’énergie dissipée dans les résistances de l’armature en fonction des intensités des courants primaire et secondaire.
- Formons en effet la quantité pQ et prenons sa valeur maxima, on a :
- pû2 = p ffiPAi2 + iVAçs2) ^ -
- d2 — s2
- H-apHifaAA >>|t . sin 2 tï (3>, — 4>,). (4)
- Pour la vitesse du synchronisme ou pour un glissement assez faible n—ni est très petit, l’expression des pertes dans chaque circuit de l’induit peut alors s’écrire directement en fonction de l’intensité primaire. On a en effet :
- R, étant la résistance du circuit primaire.
- Nous obtiendrons enfin les équations des circuits fixes en écrivant les expressions analogues à (i)pourccs circuits, en y remplaçant I, et I, par leurs valeurs et en égalant le pre-
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- l0f Janvier 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- mier membre à la tension, agissante U cosmut pour le primaire et à zéro pour le secondaire. On obtient ainsi :
- R,A, cos 2 it (nt *,) - LjAj 2 tm. sin 2r.(nt- 4>J — U cos 2 r.nt = pL,4Aj [— d cos 2 - (ni — ‘ï^ — cp,) -ÎCOS2. (nt ?2)] + [d sin 2 «
- [nt - <I>2 - ?J) - 5 sin 2 tt (nf- 4>2 - oa)]
- RaAâ cos 2 tu {nt — <i*2) — LaAa 2 r,n sin 2 r. (nt — %) = Hi^A, [— rfsin2* (nt — 4*, — ?]) + ssin 21: (nt - <f2)J -f {*,* [- d cos 2 t. (nt -<L - ?1) — s cos2T(nt — 4>à — o2)].
- Les expressions générales des valeurs efficaces, des courants primaire et secondaire et de la valeur de leur différence de phase sont assez compliquées et se prêtent difficilement à une interprétation simple.
- Ces expressions peuvent facilement être simplifiées en admettant que le glissement est négligeable. Dans ce cas les termes contenant s cos ©a sont toujours très faibles par rapport à ceux contenant d cos ©,.
- Les résistances des enroulements primaire et secondaire sont également négligeables devant les inductances.
- La différence de phase entre les courants primaire et secondaire à laquelle se rapportent les seules mesures publiées^) par les auteurs du système est approximativement égale à
- Rs + (*_„,)=! a
- A circuit secondaire ouvert elle se réduit à 2 si l’armature tournait à la vitesse du synchronisme elle se réduirait au contraire àgo0—2 7î©s. Le circuit secondaire étant fermé etsa charge augmentant, la différence de phase croît rapidement et tend vers une limite qui serait égale a go°-J- 2^ si l’on pouvait annuler la résistance totale et qui, en général, dépend des éléments du circuit secondaire.
- Comme pour les moteurs asynchrones ordi-
- (l) Voir VEclairage Electrique, t. VIJI, p. 128, 1896,
- naires à courant alternatif simple le décalage du courant primaire décroît avec la charge que l’appareil fonctionne comme transformateur seul ou, en même temps, comme moteur. Ce décalage tend vers une limite qui est plus grande lorsque l’appareil fonctionne comme transformateur que lorsqu’il fonctionne comme moteur. Cette limite est encore plus grande si la charge du secondaire est inductive. La valeur approximative du décalage du courant primaire par rapport à la tension et celle de l’intensité de ce courant sont, toujours en admettant que le glissement est négligeable :
- Cette dernière se simplifie encore si l’on admet que les résistances sont négligeables devant les inductances ; on a alors simplement :
- A circuit d’armature ouvert nous aurons :
- Enfin, avec l’armature fixe les expressions du courant primaire et de sa différence de phase par rapport k la tension, sont :
- Toutes ces quantités qu’il est facile de mesurer directement à l’aide d’ampèremètres, de voltmètres et de wattmètres, combinées avec celles correspondant au synchronisme
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. — N° 1.
- qu’on peut déduire des courbes extrapolées des mesures faites avec diverses vitesses permettent de déterminer les principales grandeurs caractéristiques du transformateur quand on connaît les résistances des circuits fixes et de l’armature.
- Ceci suppose qu’on admette que les flux magnétiques sont proportionnels aux intensités de courant, ce qui est approximativement réalisé avec les inducteurs employés, et en coïncidence de phase avec ceux-ci, ce qiîi est peu exact ; aussi les valeurs déduites des équations renfermant les angles de phase n’auront aucune valeur.
- La différence de phase la plus intéressante est évidemment celle entre les tensions primaire et secondaire. Si le circuit secondaire est ouvert le décalage a pour expression :
- Cet angle est très voisin de go° et la quantité dont il en diffère dépend des éléments des circuits primaire et secondaire.
- En particulier, pour la vitesse du synchronisme il serait :
- 2tt4>2, n=9o° —arc tang
- Cet angle, lorsque la charge secondaire augmente, va en croissant, mais lentement, et l'expérience montre que cette variation est sensiblement proportionnelle à l’intensité du courant secondaire.
- Le rapport de transformation peut se déduire du rapport des tensions primaire et secondaire à vide. Sa valeur à la vitesse correspondant au synchronisme serait :
- Si les circuits primaire et secondaire sont
- bobines de la même façon, on pourra prendre kl=k%; il sera donc facile de déduire de cette mesure la valeur du rapportqui, porté dans l’expression du courant primaire, permet de calculer L).
- Pour avoir ensuite ^ et A on peut mesurer le courant primaire avec l’armature fixe. Toutefois, les valeurs ainsi obtenues peuvent différer de celles qu’on obtiendrait dans le fonctionnement normal de l’appareil. Il vaut alors mieux recourir à la courbe du couple en fonction de la vitesse relative n—ni de l’armature, laquelle s’obtient facilement en mesurant le travail utile pour diverses vitesses. La tangente, au point où elle rencontre l’axe des abscisses a pour coefficient angulaire jj.,2 I,2„.
- Le calcul du rendement de l’appareil fonctionnant comme transformateur peut se faire par la méthode des pertes séparées. Le rendement maximum dans ces conditions sera toujours inférieur à celui de l’appareil fonctionnant comme moteur par suite des pertes de l’enroulement secondaire et de la distribution différente du flux. Il sera d’autant plus petit que la charge secondaire sera plus inductive; l’expérience montre que ce maximum décroît sensiblement proportionnellement au cosinus de la différence de phase entre la tension et le courant secondaires.
- RÉSULTATS NUMÉRIQUES
- Les essais de l’auteur ont été effectués sur un moteur asynchrone monophasé de 6 chevaux, construit par les ateliers d’Oerlikon, pour fonctionner à la fréquence de 52 périodes par seconde. Ce moteur tétrapolaire porte deux enroulements décalés d’un demi-pôle par rapport au circuit primaire ; l’un, d’un même nombre de spires que ce dernier, sert au démarrage, l’autre, d’un nombre de spires moitié moindre, est l’enroulement secondaire.
- Les résistances primaire et secondaire a la température ordinaire sont respectivement de 0,08 et 0,184 ohm ; celle totale de l’induit est de 0,1. La vitesse normale était de 1 560 tours.
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- ier Janvier 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- La méthode suivie pour les essais consistait à mesurer l’intensité efficace primaire et secondaire et leur différence de phase par le procédé des trois électrodynamomètres ; les tentions primaire et secondaire et leur différence de phase par la méthode des trois voltmètres.
- Une première série de mesures a été prise, le moteur fonctionnant à vide sous différentes tensions primaire. Les résultats, mis sous forme de courbe en fonction de la puissance primaire comme abscisse, montrent d’abord que la courbe de la tension primaire rencontre l’axe des abscisses en un point correspondant à 170 watts, ils représentent le travail necessaire pour vaincre les résistances passives. En admettant que ce travail reste constant, on peut, pour chaque tension, calculer les pertes dues à l’hystérésis en retranchant des pertes totales ces 170 watts augmentes de ceux transformés en chaleur dans les enroulements.
- Le décalage 2-4^ de la force électromoirice induite secondaire varie de 93°,40' a 87°,40' lorsque la tension primaire croît de 60 a 220 volts: il est égal h 90° pour 120 volts. Le rapport des tensions primaire et secondaire décroit de 2,78 à 2,19 dans les mêmes conditions.
- L’appareil a ensuite été étudié comme moteur asynchrone. En prenant 2,2 pour le rap- j
- port de transformation on en déduit la même valeur pour . Pour 220 volts, le courant primaire étant 23,5 ampères, on a pour L, la valeur 0,0535.
- La tangente à l’origine de la courbe du couple est 16,7, d’où o.,2 — -o,oootq et A— 0,0074. Ue rapport des merles dans l’induit et dans le primaire pour la vitesse du synchronisme est donc :
- Ces quantités permettent de calculer d et s et par suite les watts perdus dans les enroulements. Plus simplement, dans le cas actuel, les pertes dans l’induit peuvent être regardées comme égales au rapport --—-1- du travail utile.
- Dans les essais de l’appareil comme transformateur, 011 a d’abord chargé le secondaire avec des résistances sans induction et étudié l’appareil sous deux tensions primaires differentes, l’une de 215 volts, l’autre de 150 volts.
- Nous reproduisons ,tableau ci-dessous) les mesures correspondant à la tension de 215 volts; on voit que le décalage 2-<C, le seul réellement intéressant, n’est voisin de 90° que pour des charges faibles; en pleine charge
- PUISSANCE I, L 2-<P, PUISSANCE I, SIX
- i552 1265 ' 23,6 75l’3ü' 12-30' 88°o' 0 0 ‘ 100,0 22,8
- 1552 1500 24,0 • 2,2 73V t6°2o' 8,-30' 24O 0,160 99-3 23,o
- i55i 1 2 2 OUO 25,4 7,0 68-30' 23-10' 92" 10’ 712 356 98,0 23,6
- 1551 2 500 26,9 11.7 94°3‘>' 3°°30 95-0' 1 J35 354 9 6,-1 24-3
- J55ü J/2 30UU 28.6 16,4 61V 36°50' 97n5°' 1 512 5i4 94.4 25;°
- i55<> 3500 3f>,5 21,ï 58V 42*40' 100-40' 1 908 545 92-4 25,9
- 549 4000 32.7 25,8 55"40' 47°5«' i<>303»' 2270 568 90,2 27,0
- 548 4500 35;1 30,5 53°5o' 52°3<>' 106-20' 2 57° 572 87,8 28,3
- 54? 5000 S7.8 35;2 52-10' 57°°' io90io' 2840 568 85,2 29,9
- IS4S 1/2 40,7 ;o.o 51V 61V II2"o' 3070 557 82,0 31,7
- 54 -1 6000 444 -14;5 5<>°o' 64-50’ II4-50' 3230 538 /8,o 33,8
- ’542 6500 48,2 494 49-10' 68>' 117-40' 33™ 5W9 72,4 36,5
- L’augmentation du décalage entre les ten- 1 est un peu moins grande lorsque l’appareil sions primaire et secondaire au-dessus dego0 I primaire fonctionne sur résistance inductive.
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- T. XIV. — NM.
- et d’autant moins grand, à charge égale, que l'inductance du circuit secondaire extérieur est plus grande, du moins jusqu’à 50°, comme le montrent les chiffres obtenus pour des décalages de 38" et 48° dans le circuit secondaire d’utilisation.
- Une dernière série de mesures fut faite en maintenant sur l’appareil une charge mécanique constante et égale à 2 400 watts et en chargeant le circuit secondaire avec des rcni-tances non inductives. La valeur de l’angle 2-tï>, croît beaucoup plus vite que dans les cas précédents et obtient 120° pour une charge de 4 800 sur le circuit secondaire.
- Ces résultats très intéressants montrent qu’il y a loin de la théorie à la pratique, car les décalages obtenus sont dans bien des cas un peu trop différents d’un quart de période; il faut toutefois remarquer que le moteur employé était de très faible puissance et que les résultats obtenus avec un appareil de plus grande puissance seraient certainement beaucoup meilleurs. Le rendement est également assez faible. J. R.
- Mesures des résistances à l'étincelle de différentes
- Par E.-F. Northrop et G.-W. Pierce i’i
- La tendance actuelle de s’engager dans la construction des appareils à haute fréquence, a conduit les auteurs à faire quelques séries de mesures comparatives sur les distances explosives dans l’air et dans certaines huiles.
- T.es appareils employés ont été : une bobine à haute fréquence capable de donner, en opérant avec un souffleur à air, une décharge con-tinueà travers 254millimètresd’air; unebobine de Ruhmkorff dont les étincelles très nourries ont 91,6 millimètres et enfin la môme bobine d’induction fonctionnant comme un transformateur à courant alternatif donnant, avec 100 volts sur la basse tension, une différence de potentiel explosant à une distance de 12,7 millimètres.
- (') The Ekctrical World du 6 novembre 1897.
- La méthode des deux circuits alternatifs a été employée en ayant soin de disposer symétriquement les deux circuits de façon à ce que la chute de tension due à l’impédance soit la même dans les deux cas. Les décharges se produisaient entre deux sphères de 2,2 centimètres de diamètre et dont la distance était relevée avec une vis micrométrique.
- Les différences maxima entre les valeurs moyennes et les valeurs obtenues ont été de 7 p. 100 avec la bobine à haute fréquence, 8 p. 100 avec la bobine d’induction et 5 p. 100 avec le tranformatcur.
- Les essais ont été faits avec l’huile « transil ». l’huile spéciale pour moteur « Eldorado », et l’huile de kérosène ; chacune d’elles a été essayée successivement parles procédés signalés;
- La première a donné les résultats suivants ;
- 2,15
- 3.23
- 3,7
- 4-3
- -I»6S
- 5'23
- 6,02
- 6,63
- 30 14
- 5i î5>8
- 72.5 !9.6
- 93:5 2I-5
- H4,5 24>6
- i35 26.7
- 146 27.-
- 156.5 26
- “IIP" lit?-
- 0,5 3,9
- 0.7 3
- 1 • 3-5
- i-3 „ 4:9
- 2 5:2
- 2,5 6
- 3 6,9
- 3:5 7.2
- 4 7-2
- 5 7-5
- 7 7.6
- 9 7.7
- E=-tËF
- i- 5 11
- 1.1 54
- 0,9 .100
- Remarque. — L’huile était remplacée après chaque essai. -
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 27
- Tableau III (bobine d'induction).
- Tableau VI (bobine d'induction).
- 4,2 42 10
- 5î3 63 11,9
- 63 9."
- On voit par ces chiffres que les résultats sont très différents suivant la nature de la source employée.
- L’huile « Eldorado » donne des résultats analogues comme le montrent les chiffres suivants :
- 1 >°3 3° 29,1
- 51 3i,3
- i?93 72 37,3
- 2,5 93 37,5
- 2-73 I04 38,1
- 3,°3 1 r4-5 37,8
- 3,36 ï23 37,2
- JS Si? jæ
- °,5 2.9 5.8
- 0,6 3.8 6,3
- o." 4,5 8.5
- 1 5,t 5,i
- •S 8,3 • 4,2
- 2 7 3,5
- 2.5 8,s 3,4
- 3 8,5 a,8
- 3.5 8,5 2,4
- •I 8,5 2,4
- 5 8,5 i,f
- 7 8,5 i>2
- 8-5 8,5 ,
- Nota. — L’huile était remplacée après chaque essai, sa température restait sensiblement constante.
- Di"d!ï “JS"
- »-r
- 2,0;
- 3-5
- 16,2
- Les résultats obtenus avec l’huile de kérosène sont un peu moins complets, voici les principaux chiffres obtenus :
- Tableau VII
- Di!srair'
- 0,63
- o,8
- ï-53
- 93
- 103,5
- 57-1 5S.9 63,7 67,5
- Tableau VIII 1
- 0,1 2,; 21
- OA 3,t 31
- 0,15 4,2 28
- o,3 8 26,6
- Nota. — Ces résultats sont comme on' le voit très peu concordants.
- Tableau IX 1 bobine
- 0,3 0,4 0,5 • o,7
- 0,8
- V
- i,5
- 10.3 J3 18,8
- 19.4
- 3X,5 29
- 52-5 35
- Ces expériences montrent que l’huile transil et l’huile « Eldorado » ont une résistance à l’étincelle qui s’affaiblit lorsqu’on la soumet à l’action d’une différence de potentiel de
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- T. XIV. - N° 1.
- L'ÉCLAIRAGE KLEXTRIQUE
- faible fréquence ; la résistance devient meme inférieure à celle de l’air. Toutefois l’isolation par l’huile est préférable à celle de l’air, parce que la première empêche la formation des surfaces de disruption et de conduction.
- Pour la haute fréquence, au contraire, la résistance à la tension est plus grande et croît beaucoup plus rapidement avec la distance dans l’huile que dans l’air. Enfin pour les fréquences moindres des bobines d’induction la résistance croît un peu plus rapidement.
- J. R.
- Résistances des huiles à l’étincelle ;
- Par Ch.-Proleus SteinjhetzO
- L’auteur, commentant les résultats obtenus récemment par MM. Northrup et Pierce (2 fait remarquer qu’on sait très bien que le rapport entre les distances explosives dans certaines huiles et dans' l’air dépend de la nature de la source d’énergie, mais que ce fait n’avait pas été étudié jusqu’ici d’une façon satisfaisante. Il prétend que cette dépendance est la conséquence de la présence d’une grande hystérésis diélectrique dans ces corps. L’effet serait simplement analogue aux effets physiologiques observés avec les courants alternatifs, à savoir que si les décharges à haute fréquence peuvent être facilement supportées, et si celles des bobines d'induction sont un peu moins supportables, celles des courants alternatifs de fréquence ordinaire sont très dangereuses.
- M. Steinmetz ne pense pas que la forme des ondes électriques soit la cause de cette différence. Si, comme il est probable, l’alternateur employé est une machine h fer, grâce à la self-induction et la capacité des enroulements du transformateur, les ondes diffèrent beaucoup plus d’une sinusoïde que les oscillations des appareils à haute fréquence. Avec les courants alternatifs, toutefois, Je diélec-
- ' f1) Ehetrical World du 20 novembre 1897, (2; Voir la revue précédente.
- trique est soumis d’une façon continue h un effet électrostatique, tandis que dans une bobine d’induction et encore plus dans un appareil à haute fréquence, les courtes périodes pendant lesquelles s’exerce la tension sont séparées par des intervalles très longs par rapport aux premiers et pendant lesquels il 'n’y a aucune action électrostatique. Il y aurait donc dans le premier cas une sorte de fatigue de l'isolant.
- L’auteur rappelle qu’il a fait il y a quelques années des essais sur la résistance à l’étincelle avec des courants alternatifs (‘) et qu’il a trouvé pour l’air la relation parabolique :
- V -j- 1,2 V2
- Pour la paraffine et les huiles les relations sont linéaires :
- Papier parafiiné, d’ = 3 Y
- Paraffine liquide. d' = 12. \ Y Huile de lin chauffée, d' = 12,5 V Huile lubréfiante, rf' —6r>y
- Ces relations montrent clairement que les rapports -37- augmentent avec la distance et celle-ci avec le voltage.
- L’auteur dit n’avoir jamais constaté par lui-même ni entendu dire par d’autres expérimentateurs que ce rapport diminue lorsqu’on emploie des huiles lourdes et des courants alternatifs de fréquence moyenne. Il cite qu’au contraire il a en sa possession quatre transformateurs isolés dans une huile analogue à l’huile transil et fonctionnant pendant plusieurs heures à des voltages de 60 000 à 150 000 volts pour des essais de résistance à la tension. Ces différences de potentiel correspondent à une distance explosive de 17,8 à 40,7 centimètres, et cependant la distance entre les deux bornes dans l’huile n’est que de 10,2 centimètres. Les transformateurs devraient donc, si les résultats de M.\I. Northrup et Picrce étaient exacts, être crevés depuis longtemps.
- Il est bon de remarquer que les huiles
- (') Transactions of American Institut of Eleclrical Enginetrs février 1895.
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- 1'1 Janvier 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- lourdes contiennent souvent des moisissures lesquelles peuvent produire des acides; c’est là probablement la raison des résultats inacceptables trouvés par les expérimentateurs précités. Aussi M. Steinmetz termine-t-il en
- disant qu’il est aussi convaincu qu’autrefois que les huiles bien sèches ont une résistance à l’étincelle beaucoup plus grande que celle de l’air, même avec les courants alternatifs industriels. J. R.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Décharges électriques dans les gaz raréfiés Influence du magnétisme;
- Par P.-G. Melani i* 1).
- L’intiuence du magnétisme sur la décharge électrique dans les gaz rarétiés a été l’objet des recherches de Plückcr Hittorf (:l , De la Rive(1;, Spottiswoode Pi, CrookesPi.Goldstein (T). Ces physiciens, s’occupant seulement de l’action de l’aimant sur la lumière positive ou négative sont toujours parvenus à des résultats purement qualitatifs.
- L’auteur, se proposant d'obtenir des résultats quantitatifs relativement à la décharge dans les tubes à vide, a dirigé ses recherches sur les deux points suivants :
- i" L'influence que le magnétisme exerce sur l’intensité du courant et sur la différence de potentiel aux électrodes d’un tube à air raréfié traversé par un flux d’électricitc ;
- 2° L’influence exercée sur l’action précédente du magnétisme par la nature du gaz, la forme et la nature des électrodes, et enfin la forme du tube.
- Pour augmenter la précision des mesures, l’auteur a remplacé les générateurs d’électricité, ordinairement employés par les expérimentateurs déjà cités (grande bobine d’induction ou puissante machine électrostatique;,
- •j XTumv Ciminto, série, t. V, mai 1897.
- i2J Pogg. Ann., t. CIII. p. 68. 1858.
- i») Ibid., t. CXXXVI, p. 2:3. 1869.
- (*>. Annales de Chimie et de Physiologie, p. 42'. 1874.
- i,5) Philosophical Transactions, p. 205. 1879.
- {6)Ibid., p. 657, 1879.
- :7Ï Wiedemann’s Annale», t. XI. p. 850, 1888.
- par le courant continu qu’engendre une batterie de 50 petits accumulateurs (‘). Le tube à vide était placé dans le circuit de la batterie et on pouvait créer dans la région qu’il occupait un champ magnétique plus ou moins fort dont l’intensité était mesurée par un magnétomètre spécial. Dans le môme circuit que le tube étaient placés un galvanomètre à miroir soigneusement gradué et une résistance liquide de 135 000 ohms. Un électromètre prenait la différence de potentiel électrique aux extrémités du tube. C’est un électromètre à quadrants du type Gugîielmo très bien adapté à la mesure des grandes forces électromotrices (2 * *) ; on l'emploie idiostatique-ment.
- Le champ magnétique est produit par un grand clectro-aimant de Faraday, entre les branches duquel est suspendu le tube de manière que les lignes de force du champ puissent être soit perpendiculaires, soit inclinées à 450, soit en parallélisme par rapport à la direction du courant qui traverse le tube.
- Les tubes cylindriques ont 1,8 cm de diamètre intérieur et 1 mm d’épaisseur: la longueur est telle que pour le premier tube 1-a distance des électrodes est de 2 cm; pour le deuxième de 4 cm, pourle troisième de 8 cm et pour le quatrième de 12cm. L’une des électrodes est un disque de 8 mm de diamètre et l’autre une pointe. On fait le vide dans les tubes au moyen d’une pompe du type Sprengeî, dont
- P) Voir pour la description de ces accumulateurs : Pan-dolfi, Nuovo Cimento, 4e série, t. V, p, 89, 1897.
- (-1 Kivista scientifica-industriale. p. 19. 1897.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. — N°l.
- la chute de mercure est modifiée de manière à donner très rapidement le vide de Crookes. La pression de l’air raréfié se mesure avec un bon manomètre à mercure, et, pour la fraction de millimètres, avec une jauge de Mac-Leo.d.
- On commence à faire le vide : quand le mercure se détache du sommet de la branche fermée du manomètre, on établit la communication entre les électrodes du tube et la batterie et l’on continue à faire le vide jusqu’à ce que le tube s’illumine; on détermine alors la pression, la différence de potentiel et l’intensité. On interrompt promptement le circuit et l’on excite le champ magnétique, dont on peut régler l’intensité en manœuvrant convenablement un rhéostat placé dans le circuit de l’électro-aimant. De nouveau on rétablit la communication entre les électrodes du tube et l’interrupteur et l’on continue à faire fonctionner la pompe jusqu’à ce que le tube s’illumine de nouveau; alors, en faisant toujours fonctionner lentement la pompe, on commence la série des mesures qui se poursuivent jusqu’au degré de raréfaction pour lequel la décharge ne passe plus dans le tube. A ce moment on supprime le champ magnétique; le tube s’illumine aussitôt et l’on continue à faire le vide jusqu’à ce qu'il redevienne obscur ; on fait alors les mesures qu’il con-
- Pour l’expérience faite avec le 4e tube, il arrivait que le tube cessait de briller non pas j à des pressions plus basses que dans le cas du champ magnétique, (ce qui arrivait avec les trois premiers tubes), mais à des pressions plus .hautes. Alors on faisait d’abord les mesures correspondant à l’illumination du tube, puis on laissait entrer un peu d’air pour faire toutes les mesures comme dans les séries précédentes.
- Les expériences comprennent 4 séries suivant que les lignes de force du champ magnétique sont perpendiculaires à la direction du courant (série U, inclinées à 450 sur cette direction (série 2), parallèles à cette direction mais de sens contraire '(série T- parallèles et
- de sens’ opposé (série 4). Dans chacune de ces quatre séries, on étudie l’action exercée, sur chacun des 4 tubes, par des champs magnétiques de427,63; 796,48; 1029,29: 1273,03 c.g s. Les résultats des observations aux différents stades de fonctionnement des tubes sont : les pressions (illumination commençant ou finissant, ou illumination maximum':, la différence de potentiel aux électrodes, exprimée en volts. l’intensité du courant, en milliampères.
- L’auteur a obtenu du 4e tube un nombre particulièrement grand de données numériques et a tracé la courbe dont les abscisses sont les pressions de l’air à l’intérieur du tube et les ordonnées, les différences de potentiel aux électrodes du tube.
- PHÉNOMÈNES LUMINEUX
- 1. Les lignes de force du champ magnétique sont perpendiculaires à la direction du courant. Le tube s’illumine en présentant l’étoile à l’anode et l’auréole interne à la cathode : mais, si la raréfaction augmente, subitement il part de l’anode, l’une après l’autre, de très nombreuses stries qui s’avancent dans tout le tube. Ces stries different de celles d’un tube ordinaire en ce qu’elles semblent, devant les noyaux de l’électro-aimant, pressées par deux forces égales et contraires, d’autant mieux qiie le champ magnétique est plus intense.
- Si la raréfaction croît, les stries se rapprochent jusqu’à former un flux lumineux continu qui lui-même se réduit ensuite à un seul filet délié de lumière rosée, puis le tube s’éteint.
- 2. Lignes de force inclinées à gS'1 sur le courant. — La seule différence est que le faisceau des stries a sa direction générale tordue par l’action du champ magnétique.
- 3. Lignes de force parallèles au courant. — Si elles sont de sens contraire à la direction du courant, la lumière négative avance ; si elles sont de même sens que la direction du courant, la lumière négative recule vers la région où se produit la même luminosité quand le
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- tube est en dehors du champ magnétique. La lumière positive subit les modifications opposées.
- Les stries se présentent non pas comme auparavant sous la forme d’un ellipsoïde plus allongé, mais sous une forme d’œuf assez court, tournant l’extrémité de plus grande courbure dans le sens des lignes de force.
- Ici, quand la raréfaction augmente, au lieu d’un filet lumineux délié on observe une étoile lumineuse à l’anode et une faible auréole intense à la cathode, puis la lumière disparaît.
- Tous ces phénomènes augmentent avec la longueur du tube et l'intensité du champ magnétique.
- CONCLUSIONS
- 1. L'allure des courbes (voir plus haut', est la même pour toutes.
- 2. Influence de l'augmentation du champ magnétique.
- a. La diminution soudaine de la différence de potentiel aux électrodes (qui a lieu quand le tube s’illumine) et la faible valeur de cette différence dans chaque expérience diminuent quand les lignes de force du champ magnétique sont perpendiculaires à la direction du courant qui traverse le tube, ou inclinées a45°, ou parallèles mais de sens contraire; au contraire ces différences de potentiel augmentent quand les. lignes de force du champ sont parallèles mais de même sens que le
- b. La pression à laquelle le tube s’illumine augmente quand les lignes de force sont parallèles à la direction du courant et de même sens; elle diminue dans les trois autres cas.
- c. La pression à laquelle le tube s’éteint varie assez peu; elle diminue légèrement quand les lignes de force du champ sont parallèles à la direction du courant et de même sens: elle augmente dans les trois autres cas.
- 3- Quand les lignes de force du champ magnétique sont parallèles à la direction du courant et de même sens, le tube s’illumine à une raréfaction plus grande et s’éteint à une
- raréfaction plus faible que lorsqu’il s’illumine en dehors du champ magnétique. C’est l’inverse dans les trois autres cas.
- 4. En comparant l’action du champ magnétique suivant la direction et le sens des lignes de force relativement à la direction et au sens du courant qui traverse le tube, on peut conclure que la décharge est facilitée dans le cas où les lignes de force sont parallèles à la direction du courant et de même sens, tandis que dans les trois autres cas clic est plus ou moins retardée. Cette action retardatrice est plus grande quand les lignes de force du champ sont perpendiculaires à la direction du
- G. Sagnac.
- Pile-étalon au cadmium de la Reichsanstalt ;
- Par le professeur W. Jaegeri1 .
- Les avantages de la pile-étalon au cadmium, représentée par la formule Cd — CdSO; — Hg-SCh — Hg, ont été indiqués par AI. Weston, de Ncwark(-). La caractéristique de cct élément est son très faible coefficient de température (environ 0,004 P- 100par degré C. à 2o°), qui permet de l’employer dans la plupart des cas, même pour les mesures de précision, sans tenir compte de la température. Depuis 1894 la Reichsanstalt a essayé differents modèles de cet élément qu’elle n’a pas trouvé inférieur à l’élément Clark sous le rapport de la constance et de la facilité de reproduction. Il est désirable pour les institutions scientifiques de posséder des règles éprouvées suivant lesquelles elles puissent construire cet élément pour leur propre usage. Les instructions suivantes sont analogues à celles publiées par le Dr Kahle(3; pour l’élément Clark.
- G Communication del'Institut impérial physicotechnique. (*} M. Czapski a fait usage dés 1884 d’éléments au cadmium et a attiré l’attention sur son faible coefficient de température (WüJ. Ann., t. XXI, 286, 1884) ; mais cette propriété avait été perdue de vue. t8) Wied. Ann., t. LI, 203, 1894.
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- DISPOSITION* GÉNÉRALE
- S’il n’est pas nécessaire d’obtenir une faible résistance intérieure, le vase en verre peut avoir la forme en H employée par lord Rayleigh, ou la modification Kahle. Les deux branches du vase sont munies de fils de platine soudés dans le verre à l’extrémité inférieure (fïg. i). Deux modèles sont décrits, l’un portatif, l’autre ne pouvant être transporté sans précautions spéciales.
- Dans ce dernier (fig. i), le pôle négatif con-
- siste en un amalgame de cadmium composé d’une partie de cadmium et de six parties de mercure. L’amalgame est recouvert d'une couche de cristaux de sulfate de cadmium, afin que cette électrode soit toujours en contact avec une solution saturée. Cette couche de cristaux empêche aussi le contact du sulfate mercurcux avec l’amalgame. Le pôle positif est formé de mercure métallique recouvert d’une couche de pâte de sulfate mercurcux trituré avec du mercure métallique; une solution concentrée de sulfate de cadmium contenant quelques cristaux de ce sel remplit le reste du vase. La pàtc ne doit pas être trop liquide mais former un magma compact. Chaque tube est fermé par une première couche de paraffine coulée h la surface du liquide et par une rondelle mince de liège. Enfin, l’élément est cacheté avec une cire non attaquable par le pétrole. Les tubes peuvent également être fermés au chalumeau.
- Dans le modèle portatif, le pôle négatif est constitué comme dans le précédent, mais le pôle positif est en platine amalgamé. Pour donner à cette électrode une plus grande surface le fil est contourné en spirale ou relié h une feuille de platine. L’espace occupé dans le premier modèle par le liquide est dans ce dernier modèle entièrement rempli de pâte [').
- INSTRUCTIONS SPÉCIALES
- Amalgamation du platine. —L’amalgamation du platine se fait par électrolyse. Le métal est d’abord chauffé avec de l’eau régale sur un bain de sable jusqu'à l’apparition de bulles; puis l’élément est rempli d’une solution de mercure dans l’acide azotique et le platine est relié au pôle négatif d’une pile: comme anode on se sert d'une feuille de platine. On fait passer le courant jusqu’à ce que le platine soit uniformément couvert de mercure: le mercure doit bien adhérer au plu-
- Amalgame de cadmium. — La force électro-motrice de l’élément au cadmium, dont la valeur est donnée à la fin de cet article, est indépendante de la composition de l’amalgame entre les limites de six à treize parties de mercure pour une partie de cadmium. Le cadmium légèrement chaufïé se dissout facilement dans le mercure en formant un amal game liquide qui, avec la composition la plus employée correspondant à i Cd -j- 6 Hg, est solide à la température ordinaire.
- Pour emplir d’amalgame la partie inférieure d’une des branches de l’élément, le procédé le plus simple consiste à introduire l’amalgame solide par petits morceaux que l’on fait fondre ensuite au bain de sable. Le mercure employé pour faire l’amalgame doit naturellement être pur; le cadmium du com-
- (J) On a construit des éléments de ce modèle sans vase poreux à basse résistance ( jo ohms environ^qui peuvent fournir pendant longtemps sans polarisation un courant de
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- rnerce des bonnes fabriques est le plus souvent suffisamment pur, d’autant plus que de légères impuretés sont sans influence.
- Sulfate de cadmium. — Le sulfate de cadmium du commerce est également habituellement assez pur, mais il n’est pas toujours suffisamment neutre. Comme l’acide libre affecte la force électromotrice de l’élément, il faut le neutraliser. La teneur en acide peut être constatée au papier sensible par la coloration en bleu du rouge du Congo. Quelquefois l’acidité est seulement due à la liqueur mère adhérant aux cristaux ; dans ce cas il suffit de laver les cristaux avec de l’eau distillée. Autrement, il faut neutraliser l’acide en faisant digérer la solution saline avec de l’hydroxyde de cadmium (l). Comme la solution devient souvent par ce fait un peu basique et décomposerait le sulfate mercureux, on la fait digérer avec ce sel avant emploi jusqu’à ce qu’il n’y ait plus décomposition. La solution de sulfate de cadmium ne doit pas être chauffée au-dessus de 70% parce qu’il se formerait un autre hydrate (CdSO4 -f- H40), tandis qu’au-dessous de 70° la composition est 3 CdSO* * + 8HaO.
- La solubilité du sulfate de cadmium change très peu avec la température (2). On ne peut donc obtenir les solutions concentrées en élevant la température, mais il faut agiter la solution avec du sel pulvérisé jusqu’à ce qu’il ne se dissolve plus rien. Avec une solution non concentrée, la force électromotrice est trop élevée. A la température ordinaire, cent parties d’eau dissolvent environ cent quinze parties d’hydrate.
- Mercure. — Le mercure du pôle positif peut être obtenu suffisamment pur à l’aide des procédés connus; il doit être exempt de toute trace d’un métal plus positif.
- (*) L’hydroxyde de cadmium peut être obtenu par l’action de la soude caustique sur une solation de sulfate de cadmium et lavage très soigné du précipité.
- (*) F. Mylius et R. Fu.nk, Ber. Chem. Gesellsch. t. XXX, p. 824; 1897.
- Sulfate mercureux (Hg2S04). — Ce sel peut contenir comme impuretés l’oxyde, des sels basiques ou de l’acide libre. L’oxyde peut être réduit en triturant la pâte avec du mercure métallique; les sels basiques accusent leur présence par la coloration jaune, leur insolubilité les empêche d’être nuisibles ; on peut les transformer en sels neutres en les traitant avec de l’acide sulfurique très dilué et en les lavant ensuite à l’eau distillée. Mais ce lavage ne doit pas être prolongé jusqu’à ce que par décomposition des sels basiques prennent à nouveau naissance. La dernière trace d’acide est neutralisée par le mercure finement divisé dans la pâte. Le mode de traitement d’un sel très acide résulte de ce qui vient d’être dit. Un sel faiblement coloré en jaune ou que le contact de l’eau colore légèrement en jaune peut être employé tel que. Si le sel a été lavé avec de l’eau, il faut le sécher aussi bien que possible à froid, et en formant la pâte ajouter assez de sulfate de cadmium solide pour qu’il se forme une solution saturée de ce dernier sel.
- La force électromotrice de l’élément au cadmium [pour des amalgames contenant de 7 à 14 p. 100 de cadmium) a pour valeur :
- 1,019 volt international à 20°,
- si l’on admet pour l’élément Clark, à 150 la valeur 1,433 volt intern. L’influence de la température sur l’élément est représentée par la formule
- Et = E*> - 3,8 X te-* (( - 20) - 0,065 X iQ-= (( - 20)*.
- • D’après les essais faits depuis avril 1894, cet élément, comme l’élément Clark, est constant et peut être reproduit à un dix-millième près. A. H.
- Amortissement produit par le cliamp magnétique sur la rotation des diélectriques ;
- Par W. Duane et W. Stewakt(’).
- Dans un mémoire précédent (*) M. Duane
- (1) Wied. Ann. LXI. p. 436-444.
- (2) L’Éclairage Électrique, t. X, p. 221.
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- avait annoncé que le champ magnétique exerçait sur un diélectrique qui tourne autour d’un axe perpendiculaire aux lignes de force, une force amortissante sensiblement proportionnelle à la vitesse angulaire et au carré de l’intensité du champ. Les expériences ultérieures n’ont pas confirmé ces premiers résul-
- La disposition de l’appareil est la même que précédemment à cela près que le tube de verre servant à protéger le système tournant est remplacé par un tube de laiton qui est mis en communication métallique avec le sol. L’intensité du champ magnétique est déterminée d’après la variation de résistance d’une spirale de bismuth : les nombres obtenus par cette méthode et la méthode balistique sont concordants.
- En premier lieu, les auteurs se sont servi d’un cylindre en fleur de soufre comprimée. La courbe I de la figure i a pour abscisses
- les valeurs de l'intensitc H du champ magnétique et pour ordonnées les valeurs correspondantes du décrément logarithmique s. Ce décrément passe par un maximum quand l’intensité du champ atteint 4 300 unités environ et diminue ensuite quand l’intensité du champ continue à croître. La courbe 2 représente la relation entre la déviation A et l’intensité du champ : A n’est pas proportionnel à H* comme il est dit daps lç mémoire pré-çédçtlt.
- Les courbes de la ligure 2 se rapportent à un cylindre de paraffine : le maximum d’amortissement se produit dans un champ d’environ 4 000 unités. Comme le montre la courbe 2, la déviation A croît plus vite que H, mais moins vite que H-.
- Fig. 2.
- L’amortissement varie très peu avec la déviation tant que le champ magnétique reste constant.
- Le fait que l’amortissement passe par un maximum est une preuve qu’il n’est pas dû à des traces de conductibilité de l’isolateur. S’il en était ainsi, l’amortissement croîtrait proportionnellement au carré du champ, ce qui a été vérifié d’ailleurs expérimentalement, en collant de minces feuilles d’étain sur le cylindre de soufre.
- D’autre part le produit r2 s (r — rayon du cylindre) ne demeure pas constant, ce qui semble indiquer que l’amortissement résulte de l’action du champ, non pas sur la substance elle-même, mais sur des impuretés contenues dans cette substance. C’est en eftet ce que l’expérience vérifie, car les valeurs trouvées pour l’amortissement varient avec le traitement chimique auquel a été soumise la matière et diminuent quand elle devient plus pure.
- Parmi ces impuretés sur lesquelles peutagir le champ magnétique vient en première ligne le fer : effectivement, si on fait s’attacher au cylindre une quantité même très minime de limaille de fer, l'amortissement augmente
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- considérablement et le champ exerce une action directrice mesurable sur le cylindre. Cet amortissement exercé sur le fer passe aussi par un maximum et pour des valeurs du champ du même ordre de grandeur que les valeurs citées plus haut. Bien que l’analyse chimique n'ait pu déceler le fer dans les échantillons de soufre et de paraffine soumis aux expériences, il paraît démontré, par ces rapprochements, que l’amortissement exercé par le champ magnétique sur ces isolants s’exerce en réalité sur des traces de fer métallique qui y sont contenues .
- M. L.
- D’après le principe de la conservation de l’énergie, 2^E=o, donc:
- - + dQ3 — p3dv —
- dQi + pkdv =. o.
- Si on admet que la chaleur spécifiqi la sphère ne dépend pas de son état trique,
- dQ, = dQ»
- e de élec-
- et
- M*
- M2
- 2 r (i + adt)
- (Pi — P*) dv-
- En négligeant a dt vis-à-vis de i, on trouve
- Calcul de la pression électrique ;
- Par C.-A. Mebius (’).
- Pour trouver l’expression de la pression électrique, l’auteur suppose que l’on fait décrire à une sphère conductrice isolée, située dans un milieu dont le pouvoir inducteur est égal à i, le cycle de transformations suivant :
- M3atfr
- (Pt-Pi) dv.
- Comme
- dv=
- L’expression entre parenthèses n’est autre que la densité superficielle p ; donc
- 1. La sphère de rayon r est chargée au potentiel V par une charge M ; l’énergie qui lui est communiquée ainsi est égale à :
- dE, = -i-MV = -^n.
- 2. On élève la température de dt :
- = dQ5 — p%dv,
- 3- On décharge la sphère :
- (* = coefficient de dilatation).
- 4. On abaisse la température de dt, ce qui ramène la sphère à son état initial.
- dE* — — 4Qa -f- pkdv.
- Pi — Fi=
- Le calcul s’étend facilement à un corps de forme quelconque. M. L.
- Sur les phénomènes électrocapillaires ;
- Par U. Behn (*).
- L’auteur s’est proposé de vérifier cette conséquence de la théorie de Warburg, que la variation de la tension superficielle du mercure au contact des électrolytes, est due à la dissolution du mercure dans l’électrolyte. Le maximum de la tension superficielle se produirait, quand tout le sel de mercure serait précipité, dans la partie voisine du ménisque.
- Il place deux ménisques de mercure différant par leur surface dans deux vases réunis par un siphon et renfermant l’un de
- Ci Wied. 4m., t, Uvl, p. 658-640.
- C) Wied. Annv t. LXI, p. 748-759.
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- l’acide sulfurique étendu, l’autre une dissolution de gaz sulfhydrique. Abandonnés à eux-mêmes, ces deux ménisques se recouvrent au bout de quelques heures de sulfure de mercure. Si au contraire on polarise le plus petit ménisque par une force électromotrice telle que le maximum de tension superficielle soit atteint, la surface en reste brillante.
- L’intensité du courant qui passe dans un élément Hg | Hg^SO | Hg, sous l’influence d’une force électromotrice plus petite que celle de l’élément, décroît rapidement ; mais il est possible de maintenir cette intensité a une valeur plus grande, en entraînant par le mouvement de l’électrolyte les produits de l’électrolyse. Cette valeur de l’intensité n’est jamais, du reste, qu’une fraction (2/5 au plus) de celle qui correspondrait à une polarisation nulle: cela tient peut-être à ce qu’il est très difficile d’entraîner toute trace du sel de mercure de la surface du ménisque.
- Ce sel de mercure qui se produit au voisinage du ménisque doit être un sulfate de sous-oxyde, analogue à celui qu’on obtient en agitant le mercure avec l’acide sulfurique ; il se forme surtout quand l’acide sulfurique renferme beaucoup d’oxygène en dissolution probablement, d’après le schéma :
- Hg2 + O + H2SO* - H g2 S O4 + H20.
- Dans les expériences définitives, deux verres à précipité réunis par un siphon renferment du mercure, et au-dessus de l’électrolyte ; le siphon est séparé en deux par une cloison poreuse pour éviter le mélange des deux électrolytes ; un agitateur mû par un petit moteur renouvelle constamment la surface du mercure.
- Dans la première série de mesures, la combinaison était :
- Hgl H2S04 + Hg2S041 H2S04 ! Hg
- Et dans la seconde :
- Hgj H2S04 + Hg2S04| IPSO4 + Hg2 SOs |Hg l’acide ayant toujours le même poids spéci-
- fique : 1,05. Le circuit renferme, outre cet élément, deux voltamètres à argent. Le mercure est dosé avant et après l’électrolyse dans la dissolution, par l’hydrogcne sulfuré.
- Le mercure se dissout à l’anode sous forme d’oxyde mercureux ; la quantité dissoute correspond d’ailleurs à la quantité d’argent déposé dans les voltamètres (94 p. 100 en moyenne) et se retrouve à la cathode.
- Il est probable que dans l’électromètre capillaire l’électrolyse commence sous une intensité de courant plus forte que dans les expériences qui viennent d’être décrites. Au début, la solution en contact avec le ménisque est saturée de. sulfate mercureux : mais quand le courant a commencé à prodaire la polarisation, les conditions des deux expériences deviennent les mêmes.
- D’antres expériences viennent aussi a l’appui de la théorie de Warburg; ce sont des mesures de la force électromotrice de la combinaison :
- IIg| H2S04| H2S04 saturé de H2S04jHg.
- On trouve les valeurs suivantes, selon que les électrodes sont formées par :
- Mercure en gouttes dans 1 )
- , dans » J volt
- ») immobile dans 2 ) °~^ *
- ” u dans 1 ) u 06 »
- » en gouttes dans 2 j ^
- » immobile dans 1 )
- >» » dans 2 j °’°^ "
- Comme on le voit par ce tableau, la force électromotrice ne dépend pas de l’état du mercure dans l’électrolyte 2, c’est-à-dire dans l’acide renfermant le sulfate mercureux, mais est presque nulle quand le mercure est immobile dans l’électrolyte 1, c’est-à-dire l’acide pur; ou atteint 0,77 volt, s'il tombe en gouttes; le mouvement du mercure empêche la formation de la couche de sulfate mercureux et par suite l’établissement de la différence de potentiel répondant au maximum de la tension superficielle. M. L.
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- Viscosité des liquides isolants dans un champ électrique constant ;
- Par G. Quincke (* 1).
- La viscosité des liquides croît lorsqu’ils sont placés dans un champ électrique constant. Les liquides sont contenus dans une cuve plate qui se trouve entre les armatures d’un condensateur : le condensateur peut être chargé à un potentiel de 2 000 volts, lequel est mesure par un électromètre de Braun (2).
- Dans ce liquide on fait osciller une boule de crown, de flint, de quartz ou de spath, ayant 1 cm de diamètre et suspendue par un
- fil de soie très fin à un fléau de balance. La période d’oscillation du fléau et de la boule reste à peu près constante (la variation n’excède pas 2,5 p. 100) quand on charge le condensateur; mais l’amplitude des oscillations décroît notablement et d’autant plus que la différence de potentiel entre les armatures du condensateur est plus grande.
- Dans le tableau ci-dcssous, v; représente la viscosité du liquide dans un champ nul, K le pouvoir inducteur pour les charges statiques, \ et à les valeurs moyennes du décrément logarithmique dans le champ nul, et dans un champ perpendiculaire à la direction des oscillations.
- Ether ..............................
- Sulfure de carbone..................
- 1 volume sulfure de carbone.........
- + 1 volume essence de térébenthine.
- Benzine.............................
- Essence de térébenthine.............
- J Le rapport —^ est à peu près le meme pour ces différents liquides.
- Il faut remarquer que l’amortissement est aussi augmenté du fait des mouvements tourbillonnaires qui se produisent dans le liquide entre les armatures du condensateur.
- Valeurs de^ — \ dans un champ de 2 2°°cn
- Ether ............
- Sulfure de carbone Benzine...........
- 0,0126
- La différence des décréments —À0est proportionnelle au champ électrique entre les armatures, multiplié par le carré çlu pouvoir inducteur du liquide, quand les oscillations sc font dans la direction perpendiculaire au champ.
- Lorsque les oscillations se font parallèlement aux lignes de force, le décrément croît encore, mais moins que dans le cas précédent.
- L’auteur répond à la critique formulée par M. Boltzmann(’) contre l’explication qu’il a donnée des rotations dans les champs électriques constants. Il fait remarquer qu’il a décrit en détail dans le mémoire en question les courants de convection et les mouvements tourbillonnaires qui se produisent dans le liquide ; qu’auparavant il a démontré que l'électricité passe d’une armature à l’autre, non pas d’une manière continue, mais par à-coup.
- («) Wied. Ann., t. LXII. p. 1-13.
- (*) Voir L’Éclairage Électrique, t. XI, p. 225
- (J) L’Éclairage Électrique, t. XII, p. 34.
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- T. XIV. — N" 1.
- Sur la viscosité magnétique ;
- Par J. Kle.uencic (’).
- Les expériences ont été effectuées par la méthode magnétometrique et par la méthode balistique.
- Méthode magnêtomêtrique. — Le magnéto-mètre est formé par une aiguille très légère, suspendue à un fil de soie très fin. A l’aiguille est fixé un fil de platine qui plonge dans l’huile de paraffine et est destiné à amortir rapidement les oscillations. La bobine magnétisante est dans la première position principale ou bien disposée verticalement.
- On ferme le circuit de la bobine magnétisante et après une minute on intervertit le sens du courant; au bout de 4 secondes, on note la position de l’aiguille ; cette lecture est répétée une minute après l’inversion. Cette série d’opérations est répétée six fois. On obtient de cette façon les valeurs moyennes des déviations qui sont proportionnelles à l’intensité de l’aimantation temporaire, 4 et 60 secondes après l’établissement du champ.
- Voici les résultats obtenus sur un fer doux de Styrie :
- 0,164 Bobine verticale.................11 p. 100
- 0,164 Bobine horizontale, l'extrémité
- a 25 cm de celle du barreau. 10 »
- 0,164 Bobine horizontale, l’extrémité
- à 13 cm de eehe du barreau. 9 »
- 0,047 Bobine verticale.................15 »
- 0,047 Bobine horizontale à 25 cm . . 14 »
- Ces chiffres expriment en centièmes de l’aimantation finale de combien l’aimantation augmente entre 4 et 60 secondes.
- Méthode balistique. — Le galvanomètre est un galvanomètre de Du Rois-Rubens, dont l’équipage magnétique exécute une oscillation simple en 3 secondes. En premier lieu, on mesure l’élongation du galvanomètre qui cor-
- (») Wied. Ann., t. LX1I, p. 68-84.
- respond à l’inversion du courant dans la bobine primaire et aussi le magnétisme rémanent en supprimant simplement le courant. Puis finalement on étudie l’aimantation temporaire dans les champs faibles (0,0012g à 0,0481 C.G.S. Comme l’a signalé lord Rayleigh, dans les champs faibles, l’intensité d’aimantation est proportionnelle à l’intensité du champ; au-dessous de 0,01 unité pour le fer doux et de 0,048 pour l’acier, il n’y a pas alors de magnétisme rémanent.
- La marche de l’induction magnétique dans le fer doux a été étudiée également au moyen d’un appareil deHiecke, dans lequel un poids qui tombe ouvre successivement, à un intervalle de temps connu, deux circuits : dans l’espèce, ces deux circuits sont, le premier, celui du courant magnétisant; le second, celui du galvanomètre.
- Les nombres trouvés pour l’intensité d’aimantation par la méthode magnétometrique sont plus forts que ceux donnés par la méthode balistique, ce qui est une conséquence de la viscosité.
- Fig. 1.
- Dans la figure 1, les abscisses sont proportionnelles au temps et les ordonnées aux élon-
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- gâtions du galvanomètre. La courbe I se rapporte au fer doux recuit, comme la courbe II; la courbe' III, au fer doux non recuit et la courbe IV à l’acier.
- La viscosité magnétique décroît quand l’intensité du champ augmente et décroît d’autant plus rapidement que le fil est plus lin.
- Dans les champs relativement intenses (0,04 un.) la viscosité est plus forte dans les fils gros que dans les fils fins. D'après Helm-holtz, les fils fins ne doivent pas avoir de viscosité; cependant une expérience, que d'ailleurs M. Klémencic ne tient pas pour décisive, semble indiquer le contraire. Les
- états magnétiques antérieurs, en particulier les aimantations intenses, ne paraissent pas avoir d’influence. Enfin la viscosité semble diminuer spontanément avec le temps et n’exister qu’immédiatement après le recuit.
- AI. L.
- Aimantation d’un tore par une bobine ne le
- Par J. Sauter (').
- L’auteur s’est proposé d’étudier principalement la marche des lignes de force magnétiques dans un tore dont le courant ne
- recouvre la surface qu’en partie et en premier lieu la déperdition des lignes de force par la surface.
- L’enroulement magnétisant recouvre, suivant les expériences, la totalité, la moitié, le quart ou le huitième de la périphérie (arc désigné par a sur la figure). Le flux magnétique se mesure par la méthode balistique, au moyen de deux bobines pouvant glisser le long du tore ; le galvanomètre balistique est étalonné au moyen de deux bobines circulaires dont le coefficient d’induction mutuelle est connu.
- Les mesures ont été effectuées sur deux tores; pour chacun d’eux on détermine, outre la courbe d’aimantation par l’enroulement total, la manière dont varient le flux maximum Fm et la différence Fm—Fra entre le flux maximum et le flux minimum quand on fait croître l’intensité du courant magnétisant, et, pour une intensité déterminée du courant magnétisant, la variation du flux le long du tore.
- Les figures 1 et 2 représentent les résultats
- («) WUâ. Ann., t. LXII, p. 84-108.
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- respectivement pour les deux tores étudiés. La courbe d’aimantation a pour abscisses la force magnétisante et, pour ordonnées, l’intensité d’aimantation du tore; les courbes de déperdition ont .les mêmes abscisses et ont comme ordonnées les valeurs de Fm—Fm.
- Dans la seconde partie du mémoire, la plus importante, est traitée la question théorique; cette partie, exclusivement mathématique, ne peut être analysée ici. Appliquée à l’anneau Gramme, cette analyse conduit à la conclusion que le champ du courant de l’arma-
- ture est équivalent à un champ uniforme d’intensité , N étant le nombre total des spires, — l’intensité du courant dans l’une d’elles/ M. L.
- Écrans magnétiques dans les champs oscillant avec amortissement;
- Far J.-A. Ekskine (').
- Dans le circuit d’un condensateur, que charge une machine de Voss est intercalé un micromètre à étincelles et sept bobines, ayant respectivement deux spires par centimètre, les autres 1/3, 2/3, 1, 4/3, 5/3 spires. On mesure d’abord la déviation qu’une aiguille d’acier aimantée à saturation communique à l’aiguille dun magnétomètre, placé à une distance déterminée. L’aiguille d’épreuve est
- amenée ensuite dans l’intérieur de l’une des bobines et on fait passer la décharge ; elle est partiellement désaimantée ; on la fait agir de nouveau sur le magnétomètre et on détermine la diminution de la déviation. La même série d’opérations est répétée avec chacune des bobines. A l’aide des résultats, on trace une courbe dont les abscisses figurent le nombre de spires par centimètre dans les bobines et dont les ordonnées figurent la diminution de la déviation.
- Puis l’aiguille d’épreuve est replacée dans l’une des bobines à deux spires par centimètre, mais cette fois entourée d’un écran (tube de verre recouvert de clinquant) ; on fait passer la décharge et on détermine encore la diminution de la déviation magnétomé-trique.
- La courbé fait connaître le nombre de spires qu’aurait dû avoir une bobine pour produire le même effet sans écran que la bobine
- {')Wied. Ann., t. LXII, p. 145-157-
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- à deux spires avec l’écran, soit n' : la fraction
- représente l’action d’écran.
- Suivant la direction donnée à l’aiguille, ce sont les oscillations d’ordre impair ou les oscillations (simples) d’ordre pair qui produisent la désaimantation de l’aiguille.
- La méthode a un point faible, car les expériences prouvent que l'écran n’agit pas également sur les deux oscillations de sens contraire.
- Si le tube-écran est fendu dans le sens de sa longueur, l’effet est beaucoup diminué: il disparaît presque complètement quand le verre ne porte qu’une seule couche de clinquant.
- L’effet d’écran augmente quand la capacité du condensateur diminue. Il est toujours plus petit pour les oscillations qui ont la direction de la première oscillation simple. Cela tient apparemment au courant de direction constante qui se superpose au courant induit oscillant et qui correspond au terme exponentiel dans la solution des équations différentielles: la plus grande partie de ce courant se superpose à la première oscillation, car son intensité décroît rapidement.
- Quand la capacité diminue, la différence de phase entre le courant inducteur et le courant induit s’approche d'une demi-oscillation ; de plus, le rapport de l’amplitude de l’oscillation du courant secondaire à celle du courant primaire augmente, ce qui accroît l’effet de l’écran.
- L’effet décroît avec le diamètre de l’écran et cela pour deux raisons : en effet la différence de phase s’écarte de r. quand le diamètre diminue, et ensuite l’amplitude du courant induit diminue également.
- La discussion de l’équation du courant induit rend compte aussi de ce fait que l’effet est moindre pour les oscillations d’ordre impair, comme il a été dit plus haut; le terme mentionné augmente i’amplitude de l’oscillation impaire et diminue celle de l’oscillation P^re. M. L.
- Vitesse de dépolarisation et pouvoirs inducteurs aux températures très basses;
- Par R. Abego (ff.
- L’électrolyte est formé par une dissolution, concentrée d’acide chlorhydrique à laquelle on a ajouté un peu d’alcool pour l’empêcher de se solidifier. Les électrodes, en platine non platiné, sont maintenues à distance constante par des cales de verre ; elles plongent dans un tube de verre où se trouve également le réservoir d’un thermomètre. Ce tube est dans un bain d’éther, contenu dans un récipient à vide de Dewar. L’éther est à la température de la chambre ou bien amené à — 8o° par l’addition d’acide carbonique solide.
- On fait passer à travers cette cuve électrolytique un courant dont on fait varier la force électromotrice par une disposition semblable à celle du potentiomètre : la valeur de cette force électromotrice est lue sur un voltmètre. Un galvanomètre est intercalé en série dans le circuit de la cuve. La déviation de l’aiguille de ce galvanomètre, assez grande au début, diminue à mesure que la force électromotricc de polarisation augmente et quand elle devient constante, c’est que la force clectromotrice de polarisation a atteint son maximum. Si on ouvre le circuit, l’aiguille revient au zéro et la cuve commence à se dépolariser. Pour déterminer la marche de cette dépolarisation, on diminue la force électromotrice polarisante, soit H' sa valeur; puis après un intervalle de temps déterminé, on ferme de nouveau le circuit : le galvanomètre indique une déviation dans le sens du courant polarisant ou en sens contraire. Dans le premier cas, c’est que la force électromotrice de polarisation est déjà devenue plus petite que F/; dans le second cas, c’est que cette force électromotrice n’a pas diminué encore jusqu’à E'.
- On trouve qu’aux températures très basses, la force électromotrice de polarisation se maintient constante pendant longtemps. Seulement la cuve polarisée n’est pas comparable
- (‘J WUà. Ann., t. LX1I, p. 249-258.
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- à un condensateur à diélectrique, parce que l’électrolyte ne peut isoler parfaitement que sous les forces électromotrices inférieures à celle de sa décomposition. Il en résulte que les mesures de Fleming et Dewar ne sont pas à l’abri d’objections et ne peuvent fournir les valeurs exactes des pouvoirs inducteurs.
- , L’influence de la vitesse de diffusion sur la polarisation se déduit aussi des mesures de la capacité de polarisation. II est à prévoir que la capacité de polarisation diminuera quand la température s’abaisse, comme le fait la vitesse de diffusion. C’est ce que M. Abegg a vérifié en mesurant les capacités de polarisation d’après la méthode de Nernst (J).
- L’auteur répond à une critique formulée par Dewar et Fleeming contre sa formule (a) :
- D = ce ^
- que cette formule s'applique seulement aux liquides : il compare les nombres calculés par cette formule avec les nombres trouvés pour la glace par Drude et Heervagen, et prouve qu’il y a concordance.
- Sur la dépolarisation du mercure et du platine;
- Par K. R. Klein (3).
- Pour pouvoir étudier séparément les polarisations afférentes aux deux électrodes, l’une de celles-ci est très petite, l’autre très grande (rapport des surfaces i : 100 ou i à 330) ; la polarisation de la grande électrode est négligeable vis-à-vis de celle de la petite. L’appareil de mesure des forces électromotrices est un électromètre capillaire, donnant un déplacement de six divisions pour une différence de potentiel de 0,104 volt.
- La force électromotrice polarisante est obtenue par une dérivation prise en deux points du circuit d’un accumulateur.
- {•) L'Éclairage Électrique, t. XII, p. 524. (2j L’Éclairage Électrique, t. XI, p. 420. (3) Wied. Ann,. LXII, p. 259-279.
- Les cuves de polarisation sont des flacons renfermant environ 220 cm d’électrolyte. Suivant les cas, les électrodes sont formées par une couche de mercure répandue sur le fond du flacon et par un fil de platine amalgamé, ou bien par une feuille et un fil de platine. La cuve est maintenue à une température constante qu’indique un thermomètre plongeant dans l’électrolyte : elle reste au moins 24 heures en court-circuit, afin d’éliminer toute différence de potentiel accidentelle entre les électrodes.
- La force électromotrice polarisation était toujours à peu près la même et égale environ à 0,20 volt : on la faisait agir pendant 10 secondes en général, pendant 1 minute et dans quelques cas pendant 2 minutes. Pour étudier la vitesse de dépolarisation, on note les époques auxquelles le ménisque de l’électromètre passe devant les divisions du micromètre.
- Résultats. — La vitesse polarisante varie avec l’état de la surface des électrodes et varie avec le temps quand on abandonne ces électrodes à elles-mêmes; la grandeur de la surface n’a pas d’influence.
- La vitesse diminue quand le temps pendant lequel agit la force électromotrice polarisante augmente, pour une même durée de la polarisation ; la polarisation anodique disparait plus lentement que la polarisation cathodique.
- Une élévation de température produit un accroissement de la vitesse de dépolarisation. Dans tous les électrolytes essayés (0,05 normal), la vitesse de dépolarisation des électrodes de platine est plus petite que celle des électrodes de mercure, à part quelques exceptions (COaNa2, NaOH).
- On augmente notablement la vitesse de dépolarisation en ajoutant à l’électrolyte une petite quantité d’un sel dont l’acide est le même que celui de l’électrolyte et dont la base est formée par le métal de l’électrode.
- Théorie. — La théorie de Warburg admet comme fait fondamental que le métal des
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- électrodes se dissout dès que l’électrolvte renferme du sel métallique. Ce sel métallique se rassemble à la surface et il faut qu’il se produise un équilibre entre la densité du métal à la surface et cette densité à l’intérieur de l’électrolyte. Soient u et u0 les densités du sel métallique à l’intérieur de l’électrolyte, qui sont en équilibre avec les densités r et ro, densités superlicielles aux deux électrodes, la force électromotrice de polarisation a: est déterminée par l’équation : •
- x= ciogr^-.
- Par la polarisation cathodique, le métal est précipité et une zone relativement pauvre en métal se forme autour de la cathode : c’est l’inverse qui arrive à la cathode. Quand la force électromotrice polarisante est supprimée, du sel se reforme à la cathode, et d’autre part il en vient par suite de la diffusion de l’intérieur de la dissolution vers la région cathodique. La dépolarisation se produit donc pendant que le courant polarisant passe, ce qui explique pourquoi ce courant ne devient jamais nul.
- Cette théorie explique que la polarisation anodique disparaisse moins vite, puisqu’à l’anode la dépolarisation résulte seulement de la diffusion, et aussi pourquoi l’addition du sel accélère la dépolarisation. La vitesse de dépolarisation croît avec la température parce que la vitesse de diffusion croît dans les mêmes conditions.
- Quand on connaît u en fonction du temps, on peut calculer la valeur de la polarisation à chaque instant. On a, par exemple :
- et par conséquent :
- = -Clognat. ! . i-
- En appelant V la force électromotrice polarisante, et remarquant que pour t = o, on a
- V = —Clog nat. ~~
- C-- V
- lu? nat. (i — in
- soit avec les logarithmes vulgaires :
- x — y log I i — be- «t | log-(i-é)
- Les nombres calculés par cette formule offrent un accord satisfaisant avec ceux que donne l’expérience. M. L.
- BIBLIOGRAPHIE
- Üie Mechanik des Weltalls (La Mécanique de l’Univers); par L. Zehnder. — Un vol. in-8°, 176 pages. B.Mohr, éditeur, Fribourg en Brisgau.
- L'idée maîtresse de ce livre est de considérer l’éther comme une véritable matière et de lui attribuer toutes les propriétés de la matière, tant qu’elles ne sont pas en contradiction avec le rôle qu’il doit jouer. L’éther est par lui-mème impon-
- dérable, au sens propre du mot, si aucune matière pondérable ne peut exercer sur lui de force analogue à la gravitation ; mais si ces forces existent, on peut attribuer à l’éther un certain poids, très faible à la vérité. D’après les évaluations de Lord Kelvin, la densité de l’cther ne doit pas dépasser 1,16. io-ïl, Il est donc vraisemblable de lui attribuer l’état gazeux. Il sera composé d’atomes sphériques, pouvant se grouper en molécules ; il doi
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- posséder une certaine élasticité, sans quoi les ébranlements se propageraient avec une vitesse infinie, ce qui n’a pas lieu, et ses atomes doivent être légèrement compressibles et déformables. D'après les considérations empruntées à la théorie cinétique des gaz. ces atomes doivent avoir une vitesse de translation égale à 4.4. 10 AH1.
- Comment à l'aide de cet éther, expliquer les phénomènes électriques qui nous intéressent spécialement? L’électricité sera un mouvement de vibration des atomes d'éther, une succession de contractions et de dilatations de ces atomes, tandis que la lumière consiste dans leurs mouvements d’oscillation. Aussi les deux formes de mouvement se propagent dans l'éther libre avec la même vitesse. U11 corps à l'état neutre est un corps dans lequel les vibrations des atomes d’éther sont les mêmes qu'en moyenne dans le système solaire; il est électrisé positivement si la vitesse des vibrations est plus grande que dans le milieu qui l’entoure, électrisé négativement dans le cas contraire. Si un corps ainsi électrisé positivement est apporté dans un certain volume à l'état neutre, de l'excès de la vitesse des atomes d’éther à la surface du corps électrisé sur cette vitesse dans l'espace ambiant, résultera une augmentation de cette dernière au voisinage de la surface de séparation, et par suite un rayonnement d’énergie électrique.
- L’énergie cinétique d'un gaz, et par conséquent de l’éther qui est ici assimilé à un gaz, est proportionnelle à la pression et aucun échange d'énergie ne peut avoif lieu sans différence de pression ; il en résulterait que l’éther ne conduirait pas du tout l’électricité. Mais cette conséquence ne paraît pas conforme à la réalité, et il est plus vraisemblable que l’éther possède une conductibilité, très faible d’ailleurs. Car, dans l’état d’équilibre, il doit passer à travers chaque élément d'une surface donnée autant d’atomes dans un sens que dans l’autre ; mais les atomes qui s'échappent d'un corps électrisé ont toujours une vitesse moyenne plus grande que ceux qui y rentrent; il se produit donc, malgré l’égalité dépréssion, un transport d’énergie.
- Quand un corps électrisé est amené dans une région de l'espace, l’état de l'éther dans cette région change et elle devient un champ électrique. Le potentiel électrique absolu, en un point du champ, sera proportionnel au carré moyen de la vitesse des atomes, comme la pression absolue dans la théorie cinétique des gaz. Les surfaces équipotentielles se définissent comme toujours;
- I quant aux lignes de force, ce seront les lignes suivant lesquelles la variation de la vitesse des atomes d'éther est la plus rapide.
- La tension dans le champ électrique le long des lignes de force, telle que la considère Maxwell, s'explique par la différence entre les vitesses des atomes qui traversent une surface de niveau dans un sens et dans l’autre : cette différence provoque aussi le déplacement électrique dans les diélectriques.
- Les répulsions ou attractions qui s’exercent entre deux corps électrisés proviennent des échanges d’énergie qui se produisent par rayonnement entre les deux. Le pouvoirinducteur est une constante du milieu, qui est définie comme étant inversement proportionnelle à la répulsion qu’exercent l’u/i sur l'autre dans ce milieu deux corps électrisés dans le même sens.
- Il y a ici une lacune dans la théorie : c'est qu’elle ne définit pas les diélectriques ; on ne s'aperçoit pas clairement à quelle différence de propriétés de l’éther correspond la distinction entre les conducteurs et les diélectriques.
- Quand un fil est traversé par un courant, c'est que l’énergie électrique se transmet le long de ce fil, dans son voisinage immédiat, comme dans son intérieur même; leséchanges d’énergie expliquent également les attractions et les répulsions qu’on observe entre les courants. Les courants d’induction sont également provoqués par les déplacements d'énergie que nécessitent les changements dans la distribution des surfaces équipotentielles, qui résultent de la naissance du courant.
- D’après Zehnder la lumière ne peut être identique avec l’électricité, car les ondes lumineuses consistent dans les vibrations d'un groupe d’atomes et dans ce cas chaque atome atteint par l’onde éprouve un accroissement de vitesse seulement dans la direction de la vibration. Au contraire, dans les ondes électriques, il s’agit d’un mouvement d’énergie électrique et les atomes subissent des accroissements de vitesse dans toutes les directions.
- Les phénomènes se compliquent naturellement quand, à côté de l’éther, on fait intervenir la matière pondérable. Chaque atome pondérable est considéré comme étant entouré d'une atmosphère d’éther, les couches voisines de la surface de l'atome étant relativement comprimées et peu mobiles, tandis que les couches extérieures conservent une certaine liberté de mouvement. Un
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- corps électrisé positivement ou négativement sera défini comme plus haut, suivant que la vitesse moyenne des atomes dans son atmosphère d'éther est plus grande ou plus petite'qu’en dehors : lorsque deux molécules pour lesquelles la vitesse moyenne est différente viennent en contact, il se produit entre elles un échange tendant à égaliser ces vitesses (électrisation par contact); le frottement favorisant le contact des molécules, favorise aussi ces échanges (électrisation par frottement).
- Cette différence de vitesse moyenne est nécessairement fonction de la température, d’où résultent les forces électromotrices thermoélectriques.
- Si une molécule, pour une raison quelconque, se scinde en atomes, les circonstances du moüve-ment vibratoire sont différentes dans les atomes séparés, et ces atomes (ou ions) sont électrisés en sens contraire. Les phénomènes lumineux auxquels donnent lieu les décharges dans les gaz sont dus aux chocs violents des molécules les unes contre les autres, chocs provoqués par les attractions entre molécules électrisées en sens contraire.
- La chaleur de Joule correspond à une transformation de l’énergie des atmosphères d’éther moléculaires en mouvements moléculaires.
- Dans certains liquides, les molécules, sous l’influence du courant, prennent des mouvements si violents, qu’elles se séparent en ions ; c’est la décomposition électrolytique.
- Mais un fait reste assez difficile à interpréter : à savoir que l’électricité sialique se porte à la surface des conducteurs.
- Quant aux rayons de Rœntgen, Zehnder y voit des mouvementsde l’éther provoquésparréchauffement des corps par les rayons cathodiques : les molécules échauffées vibrent avec plus d’amplitude et leur distance moyenne augmentant, elles perdent une partie de leur atmosphère d’ether. Cet éther est projeté brusquement dans toutes les directions et produit un mouvement-vibratoire.
- Le magnétisme s'explique comme l’électricité, à laquelle on le ramène comme l’a fait Ampère parla considération des courants particulaires.
- Telles sont dans leurs grandes lignes les idées formulées par Zehnder sur l’électricité et le magnétisme, chapitres qui intéressent spécialement les lecteurs de ce journal. L'ouvrage renferme en outre l'application des mêmes hypothèses à la théorie des autres phénomènes, chaleur, son, élasticité, etc., à la théorie des astres et enfin à la gravitation. M. L.
- CHRONIQUE
- Le I>r V. Wietlisbach. — L’administration des Télégraphessuisscs vient de faire une perte regrettable ; M. le Dr V. Wietlisbach, chef de la division technique de la Direction centrale, est mort, après une longue maladie, le 26 novembre dernier, à l’àge de 43 ans.
- M. Wietlisbach a fait ses études à l’Ecole polytechnique de Zurich, dont il a été diplômé en 1878. 11 les continua à Berlin dans le laboratoire de l'illustre professeur Helmholtz où il se voua particulièrement aux sciences électrotechniques. Rentré à Zurich en 1879, il remplit à l'Ecole polytechnique les fonctions d'agrégé pour les mathématiques et la physique. En 1881 il entra dans la Société des Téléphones de cette ville comme directeur technique. Lcsfonctionsqu’il remplit en cette qualité le préparaient au service de l’Administration fédérale où il fut admis en 1884 comme premier secrétaire technique et devint en 1891 chef de la Division technique.
- Dans cette position il trouva l’emploi des con-
- naissances spéciales qu’il avait acquises par ses travaux sur l’électricité et particulièrement sur la téléphonie ; il laisse dans le service public auquel il a consacré les treize dernières années de sa vie, le souvenir d'un fonctionnaire distingué par son savoir, son expérience et son dévouement. La télégraphie et là téléphonie suisses lui doiventune grande partie du développement technique auquel elles sont parvenues.
- Au dernier Congrès des Electriciens, de Genève, M. Wietlisbach présenta un rapport sur les « Perturbations téléphoniques dues à l’influence des courants industriels », rapport fort documenté et très remarqué dont une traduction in extenso a été donnée dans cette Revue (t. VIII, p. 383). Par métier il se faisait le défenseur des « courants faibles » contre les « courants forts »; mais sa largeur de vue l’empêchait de songer à aucune mesure draconienne pouvant arrêter le développement de ces derniers.
- Outre les articles sur la téléphonie qu’il a publiés
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- dans divers journaux, en particulier dans ajournai 'éiêgraphiquc , Y Elektrotechnische Zeitschrift, XElectrical Engineering, il a écrit un volume de la bibliothèque électrotechnique de la maison Hartleben, deVienne, « La Technique des Télé-
- Propriétés magnétiques des aciers trempés. — A la séance du 10 décembre dernier de la Société cT Encouragement pour l'Industrie nationale, M. Linder déposait au nom de la commission des alliages un mémoire important deM'^SKiODOwsKA-Curie sur cc sujet, mémoire qui sera inséré dans le Bulletin de la Société; M. Linder accompagnait ce dépôt du rapport qui suit :
- M“eSklodowska-Curie a étudié, dans ce mémoire, les propriétés magnétiques des aciers trempés de composition connue, en se plaçant surtout au point de vue de la construction des aimants permanents. L’étude a été généralement faite sur des barreaux ayant 20 cm de longueur et une section carrée de 1 cm de côté. Quelques aciers cependant ont été étudiés sous forme d’anneaux réalisant des circuits magnétiques fermés.
- Les barreaux étaient chauffés dans un four électrique à spirale de platine, puis trempés à l’eau. Le courant de chauffe aimantait le barreau dont on suivait l'état d’aimantation au moyen d’une aiguille aimantée montée sur pivot.
- L'auteur a reconnu ainsi que le barreau ne prend la trempe que si le four a été porté à une température supérieure à celle de la transformation magnétique, c’est-à-dire lorsque l’acier est à l’état faiblement magnétique au moment de la trempe.
- Les qualités magnétiques d’un acier à aimants sont caractérisées par Vintensité d'aimantation rémanente à circuit magnétique fermé et le champ coercitif. Le champ coercitif est le champ démagnétisant extérieur uniforme dans lequel il faut placer l’acier aimanté à saturation pour que l’intensité d’aimantation devienne nulle. De la gran-deurde ce champ dépendent la stabilité du magnétisme et la possibilité d’aimanter des barreaux peu allongés.
- M^Skîodowska-Curie a étudie une série d'aciers à pourcentage croissant de carbone. Parmi ces aciers, ceux qui renferment 1,2 p. 100 environ de carbone se prêtent le mieux à la construction des aimants.
- Elle a en outre porté son attention sur des aciers
- spéciaux, qui ont montré que l'existence, dans l’acier, des divers métaux ne modifie pas, en général, beaucoup l'intensité d’aimantation rémanente à circuit magnétique fermé, mais que souvent elle augmente le champ coercitif et que c'est l'augmentation du champ coercitif qui rend certains aciers spéciaux propres à faire de bons aimants permanents. La présence d'un peu de silicium. de bore, de manganèse ne semble pas, à ce point de vue, exercer une influence notable ; le nickel, le chrome, le cuivre en petite proportion améliorent au contraire les qualités magnétiques des aciers; mais ce sont les aciers au tungstène et au molybdène qui fournissent les meilleurs aciers à aimants.
- Le champ coercitif peut dépasser 60 pour les aciers au carbone : il atteint 70 à 74 pour les aciers au tungstène, tels que l’acier d'Allevard, et 80 à 85 pour les aciers au molybdène. Les aciers employés actuellement pour la construction des aimants permanents sont des aciers au tungstène. On voit que les aciers au molybdène pourraient être utilisés avec tout autant d'avantages.
- M*c Sklodowska-Curie termine son mémoire par une étude des conditions de stabilité du magnétisme rémanent des barreaux aimantés. Elle a examiné, dans cette partie de son travail, l'influence des chocs, des variations de température et des actions magnétiques extérieures sur les aimants. Ses expériences prouvent que les secousses produisent d’autani moins d’eiïet que Je champ coercitif est plus fort ; qu’un recuit à 200° altère considérablement les bons aciers à aimants, qu’un recuit à ioo° est déjà nuisible et que, pour construire des aimants permanents, il convient de les recuire vers 60“ seulement, en ayant soin de les désaimanter ensuite partiellement après les avoir aimantés à saturation.
- L’automobile électrique Elieson. —• Depuis quelques mois des automobiles électriques du système Elieson circulent à Londres. Le moteur est suspendu à la voiture et le mouvement est transmis aux roues motrices par une chaîne qui présente une disposition spéciale. A l'axe du moteur sont calées de chaque côté des roues dentées, sur chacune desquelles engrène une chaîne. Des clavettes transversales qui dépassent de 25 mm environ sont fixées sur la chaîne, à une distance de trois maillons les unes des autres. Sur la circonfé-
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- rence d’entraînement de chaque roue d’arrière de la voiture sont disposées deux bandes de cuir de part et d’autre de la chaîne, à une distance égale à la largeur de celle-ci, de telle façon que la chaîne peut passer librement tandis que les clavettes s'incrustent dans le cuir.
- Suivant la pensée de l’inventeur, cette disposition permet l'entraînement de la roue et rend .possible un glissement de la chaîne sur les bandes de cuir lorsque la voiture tourne.
- On sait que dans ce cas l’une des roues est arrêtée, tandis que l’autre conserve sa vitesse normale ; ici la chaîne glisse sur le cuir de la roue embrayée,puis l’entraîne à nouveau par frottement.
- Il y avait lieu de craindre que le glissement se produisît aussi dans les fortes montées ; les expériences faites sur un chemin présentant des pentes
- Tj ’ IF’ IJ ’ ^ et 17’ surune longueur de 6 km. ont montré que ces craintes n'étaient pas fondées. Ce système rend donc inutile l’emploi de mouvement différentiel.
- En manœuvrant le levier de réglage on peut obtenir cinq vitesses différentes. La voiture est munie d’accumulateurs Lamina, les plaques sont en plomb ajouré et cannelé et disposées de façon que les cannelures soient alternativement horizontales et verticales, pour que la circulation de l’acide se fasse aisément. Les boîtes sont en é nite et le poids total d’un élément de sept plaques est de 12 kil. 1/2.
- L’intensité du courant de charge est de 15 a 25 ampères, la capacité pour une décharge de 20 ampères est de 100 ampères-heure, et pour un courant de 10 ampères clic est de 120 ampères-heure. Pour une charge complète de la batterie, la voiture doit pouvoir fournir 48 km avec 1 vitesse moyenne de 128 km à l’heure. Les frais d’une charge sont d'environ 1,25 franc.
- Ln modèle de voiture est spécialement affecté aux communications de la banlieue avec la ville ; ainsi quelqu'un habitant à une distance de 8 <
- 16 km de la ville peut venir chaque matin et faire charger ses accumulateurs pendant qu’il vaque ; ses affaires. La charge suffit pour le retour et pour le voyage suivant,et le propriétaire de la voiture a l’avantage de n’avoir pas besoin d’une source d’électricité chez lui.
- triques sont sur le point de prendre leur essor dans les rues de Paris, il n’est pas inutile de connaître, à titre de renseignement comparatif, la dépense, par kilomètre, d’une automobile à vapeur. M. P. Dupuy nous fournit, dans la Revue pratique de Y Electricité, ce renseignement, d'après les essais faits par M. Michelin, essais qui ont duré huit mois et pendant lesquels la voiture expérimentée a effectué un parcours total de 7700 km.
- Cette voiture était un breack à vapeur à six places, du système de Dion et Bouton, actionnée par deux moteurs compound calés à 180° et agissant sur deux roues de 1,06 m de diamètre. Elle était chauffée au coke ; elle emportait deux hectolitres de combustible, ce qui était suffisant pour faire 100 km, et 200 litres d’eau, qui étaient renouvelés tous les 80 km. En ordre de marche, son poids était de 2 050 kg, non compris le poids des voyageurs.
- La dépense de traction, résultant des dépenses totales divisées par le nombre de kilomètres parcourus, est ressortie aux prix suivants :
- Coke...............6,16 centimes par km.
- Huile des moleurs. . 0,07 id.
- Huile de graissage . 3,46 id.
- Graisse............0.06 id.
- Total..............10,65 id.
- Si l’on rapporte ce prix de 10,65 centimes par kilomètre à la tonne kilométrique, on voit que celle-ci ressort à
- Les 7 700 km parcourus l’ont été en 115 sorties, ce qui fait une moyenne de 67 km à chaque sortie. La vitesse commerciale, c’est-à-dire en tenant compte des arrêts, a été de 16 km à l’heure.
- Pour conduire la voiture, il fallait deux hommes sans connaissances spéciales. Un bon mécanicien était cependant chargé de visiter la voiture dès qu’elle rentrait. De cc fait, les dépenses d’entretien au point de vue du mécanisme ont été de 50 fr par mois.
- Quoique les expériences aient duré longtemps, il n'a pas encore été possible de donner les chiffres se rapportant à l'amortissement et à l'intérêt du capital engagé dans la construction de la voiture.
- Le prix de la voiture-kilomètre d’une automobile à vapeur. — Au moment où les fiacres élec-
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- Emploi de l’aluminium en lithographie. — Depuis quelque temps, nous dit l'Électrochimie, l'aluminium est appliqué aux travaux lithographiques. L'aluminium, pour cet usage, doit être dense et homogène; il existe des préparations à fixer les compositions et des procédés pour l’effaçage qui permettent de se servir indéfiniment des plaques.
- Au point de vue de la conservation des reports-matrices, l'aluminium ollre des avantages marqués sur le zinc et la pierre. A qualité égale, il est moins cher que la pierre et beaucoup plus léger pour une même rigidité. Il est inoxydable et, par suite, les compositions conservées ne risquent pas d'être abîmées comme il arrive si fréquemment avec le zinc. De plus les teintes ne sont pas dénaturées, encore un avantage sur le zinc, en particulier le vermillon est sans action et conserve son éclat.
- L’aluminium est employé exclusivement par certaines maisons anglaises cl allemandes qui font des tirages considérables en noir et en couleur.
- Mais ce procédé exige une excessive propreté. Quant au travail, il ne diffère guère de celui de la pierre. La préparation, cependant, est à base d'acide chlorhydrique. Pour les corrections on peut, soit gratter, soit employer le procédé du graphivore Buyas si la composition est vieille; la benzine éthêrée suffit si le travail est récent.
- La modicité du prix de l'aluminium comparé à celui de la pierre est un facteur important; il paraît, en effet, qu’on pourrait exécuter tout , le travail d'une maison avec l'intérêt seul du capital employé à l’achat des pierres. Un matériel de peu de valeur permettrait d'exécuter des travaux de grandesdimensions, en particulier pourles affiches.
- Les usines éleetrochimiques de l’Arc (Savoie).— L’Arc est un torrent qui prend sa source près de l'Isère à 2816 m d’altitude et la rejoint à 285 m après un cours de 150 km presque circulaire. De là l’impétuosité de ce torrent qui a creusé et ravage sans cesse la vallée de la Maurienne. Depuis sa source jusqu’à Modane, il alimente un certain nombre de scieries et de petites industries. Mais les véritables installations industrielles sont enaval de Modane parce que la voie ferrée qui commence à cette ville facilite les transports.
- La première usine importaure est celle de La Praz, dont il a souvent été question dans ces colonnes, à 6 km en aval de Modane ; cette usine appartient à la Société Éieçtrométallurgique, qui
- ÉLECTRIQUE
- possède également l’cisine de Froges (Isère/; on y fabrique de l'aluminium et du carbure de calcium. La puissance primitive était de 3000 chevaux; après les travaux en courselle s'élèvera à 13 000 chevaux. C’est dans cette usine que sc trouve actuellement la plus puissante machine à courant continu unipolaire ; elle fournit 15 000 ampères sous 40 volts.
- A 5 km plus loin en aval est installée l’usine d'électrochimie (Société d’Électrochimie) où l’on fabrique les chlorates de potassium et de sodium (procédés Gall et Montlaur), ainsi que du carbure de calcium. File comprend seize turbines actionnant seize dynamos Thury à courant continu. La puissance totale disponible est de 4 000 chevaux.
- Si on continue à suivre le cours de l'Arc, on trouve, 2 km après Saint-Michel, l'usine Calypso, qui a capté le torrentde la Valoirettc. On y fabrique de l’aluminium; il y a deux dynamos à courant continu produisant 6000 ampères sous 150 volts. La puissance actuelle est de 3000 chevaux; 011 étudie un accroissement de puissance de 12000 chevaux en portant la chute à 600 m. •
- Les trois usines citées utilisent donc 10 000 chevaux et se préparent à en utiliser 32 000.
- Préparation électrolytique du sodium et du potassium. — D’après le Manuel d'Electrochimie que vient de publier M. Becker, l’usine d'Oldbury, appartenant à l’Aluminium Company, utilise actuellement le procédé Castner pour la production éleetrolytique du sodium, procédé qui consiste, comme on le sait, à électrolyser h soude en fusion. Le courant utilisé dans cette usine est de 1 200 ampères sous '4,5 volts. T.a production est de 5 à 6 tonnes par semaine.
- Le procédé Castner est également exploité aux États-Unis par la Niagara Electro-Chemieal Company, à Niagara-Falls. L'usine dispose de 800 chevaux et produit, en même temps que du sodium métallique, du peroxyde de sodium.
- L’électrolyse de la soude est aussi pratiquée à l’usine d’aluminium de Neuhauscn et dans une usine de Berlin. Fn 1895, àPatricroft, près de Manchester, existait une petite installation pour la préparation du potassium par un procédé identique.
- Le Gerant : Q. NAUD.
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- REVUE HEBDOMADAIRE D’ ELECTRI CITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l'École Polytechnique, Membre de l’Institut. — A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l'Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. - -D. MONNIER, Professeur à l'École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ. Professeur à la Sorbonne. Membre de l’Institut. — A. POTIER, Professeur à l'École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- TES PROGRÈS DE L’INDUSTRIE ÉLECTRIQUE EN 1897
- I. — Génération et distribution de l’énergie
- ÉLECTRIQUE
- Le développement des stations centrales urbaines et des usines génératrices de puissance a pi'is pendant l’année qui vient de s’écouler une extension assez considérable, mais en Amérique seulement. Au début de l’année le nombre des transports y était de 220, dont 38 employés uniquement à la traction électrique. Vers la fin de l’année, différentes transmissions ont été mises en service; parmi elles il faut citer l’utilisation des rapides de Lachine pour l’éclairage de Montréal, avec une puissance de 9000 kilowatts, et celle de Mechanicville, dont l’énergie est presque uniquement employée par les immenses ateliers et le service des essais'de la General Electric Company, à Schenectady.
- En Europe, nous avons eu toutefois à enregistrer quelques transp.orts, principalement en Suisse 'et, pour fa plupart (La Gouîe, La Sihl, Interlaken), faits en courants alternatifs, mono- di- ou triphasés. L’un d’eux toutefois, celui de Rheinfelden, d’une puissance de 16 000 chevaux, est mixte, une partie de l’énergie étant utilisée sous forme de courant continu dans le voisinage de l’usine par la Société de l’Aluminium de Neuhausen.
- La France est certainement un des pays les plus mal partagés au point de vue du développement des stations centrales; laissant de côté les quelques annonces de mise en service de stations de peu d’importance (sauf peut être Limoges), nous dirons quelques mots sur l’extension des usines génératrices
- Les distributions à courant continu se développent lentement par deux voies bien différentes. L’une, est suivie par le Secteur de la place Clichy et en partie par la Société d'éclairage et de force et le Secteur de la Compagnie parisienne de l’air comprimé, dont les installations récentes seront bientôt l’objet d’une description ; elle consiste à employer des unités à faible encombrement, composées dans certains cas par des turbines Laval accouplées à des dynamos Bréguet. L’autre est adoptée par la Société d’éclairage et de force pour ses usines déjà reliées avec la station à haute tension à courant continu et à courants diphasés de Saint-Ouen, et le sera aussi par la Compagnie Edison, dèsque la prolongation des concessions sera accordée; elle consiste à produire l’énergie dans des usines extérieures à Paris et situées sur le bord de la Seine, pour la facilité d’alimentation en combustible et en eau. Le transport se fait
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- ensuite sous forme de courant continu ou alternatif avec redresseurs ou commutatrices à l’arrivée, pour permettre l’emploi des accumulateurs. La station du faubourg Saint-Denis a reçu dans cet ordre d’idées deux transformateurs de fréquence et de tension, système- Hutin et Leblanc, et la station du boulevard Barbés va être munie prochainement de deux appareils identiques. Tous ces transformateurs ont chacun une puissance de 100 kilowatts.
- A la catégorie des distributions avec usines extérieures appartiennent aussi les deux secteurs h courant alternatif de Paris qui ont été l’objet tous deux d’importants développements.
- Le secteur de la rive gauche, dont le réseau et le débit augmentent très rapidement a installé cette année dans son usine du Point-du-Jour un quatrième groupe alternateur volant de 400 kilowatts, ce qui porte à 1 600 kilowatts la capacité totale de l’usine.
- Non moins importantes sont les adjonctions faites au secteur des Champs-Elysées qui, outre l’installation en cours d’un cinquième groupe alternateur volant Hutin-Leblanc-Farcot, a entrepris la transformation complète de son ancien matériel générateur. Celui-ci comprend maintenant quatre alternateurs Hutin-Leblanc-Farcot de 600 kilowatts chacun ; la puissance maxima de l’usine sera donc, dans les premiers mois de 1898, de 3000 kilowatts. Le tableau de distribution a cté complètement changé dans le cours de l’an passé et est établi maintenant pour sept feeders et sept machines pouvant fonctionner en parallèle ou chacune sur n’importe quel feeder.
- On ne peut terminer ce court aperçu sur les usines électriques sans dire quelques mots d’une question qui, pour ne pas être électrique, n’est pas moins intéressante que la question technique, c’est celle de l’exploitation des stations centrales.
- Le point qui a plus particulièrement soulevé les discussions en 1897 est celui du
- tarif de vente de l’énergie, le plus convenable et le plus rationnel. Différentes études ont été publiées dans les périodiques anglais et américains, et notre collaborateur, M. Pélissier ('), a, dans un article sur ce sujet, analysé tous les systèmes en usage depuis quelques années et présente les nouveaux. Dans un article sur les compteurs électriques, MM. Brown et Routin (*) discutaient également les différents tarifs en usage dans les stations centrales.
- Au point de vue scientifique comme au point de vue industriel, les djmamos n’ont pas été laissées de côté en 1897.
- La possibilité d’alimenter avec une seule génératrice un réseau à courant continu et à trois fils a été étudiée de nouveau, et la solution aussi simple qu’ingénieuse expérimentée par M. Dettmar apporte un nouveau perfectionnement à la question.
- La dynamo à courant continu, quelle que soit la perfection de son fonctionnement, sera toujours l’objet d’une attention toute parti-, culière des électriciens, dans le but de diminuer une dépense coûteuse et on peut même dire exagérée de -matériaux. Le mémoire présenté en mai dernier par M. Mordey à l’Institution des Ingénieurs électriciens de Londres montre que la question de la réaction d’induit est en effet encore à l’ordre du jour.
- Si l’on remarque avec le savant ingénieur anglais que la dixième partie de la puissance , actuellement dépensée pour l’excitation d’une dynamo serait largement suffisante pour créer le flux nécessaire avec l’entrefer imposé uniquement par les conditions mécaniques, on comprendra pourquoi l’attention des ingénieurs est constamment en éveil pour combattre l’ennemi naturel des machines à courant continu, la réaction de leur armature.
- En même temps qu’une étude historique de la question, M. Mordey suggère remploi d’un nouvel enroulement assez simple etcom-
- (') L’Éclairage Électrique, t. XII, p. 37, 18 octobre 1897. (a) Idem., t. XIII, p. 157, 22 octobre 1897.
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- pliquant peu la construction. Nous avons donné une analyse très complète de ce mémoire .et de l’intéressante discussion dont il a été l’objet (* *), nous n’insisterons donc pas plus sur ce sujet.
- Il est bon d’ajouter toutefois qu’une expérience faite par M, Mordey au cours de son étude et relative à l’absence d’effort mécanique sur les conducteurs indentés, a été le point d’une longue polémique à laquelle ont pris part MM. DobrowoIsky(z), H. du Bois (3), Baily(4), Menges, Wilson, Desombres (*), etc., au sujet de l’explication du phénomène d’ailleurs connu depuis quelque temps et remis en cause par M. Mordey. Les opinions de ces savants ont été longuement analysées ici et nous aurons l’occasion de compléter prochainement cette intéressante discussion.
- Les courants alternatifs n’ont pas été moins étudiés que le courant continu. Les mémoires originaux de M. Guilbert, sur l’introduction des condensateurs électrolytiques (6) dans les induits des moteurs asynchrones, de M. Bry-linski'1) sur la résistance des conducteurs en courants variables, l’étude très instructive de M. Berg sur l’emploi des moteurs synchrones surexcités dans les distributions à courants alternatifs (8), les notes très intéressantes de M. Potier sur la théorie des moteurs asynchrones '*) sont d’un intérêt plutôt scientifique. Un article d’un ordre plus pratique de M. Fischer Hinnen sur l’influence de la chute de la tension dans tes alternateurs (l0),a permis à son auteur de donner, à côté de nombreux résultats d’expériences, un procédé simple de calcul des alternateurs, tout en
- br
- (•) L'Èclait UM897.
- P) Idem.,
- (*) Idem.,’. (h Idem., ibidem.,
- (’) Idem., t Idem., p) Idem., 1 H Idem.,
- rage Électrique, x. XIII, p. 111 et 12
- t.XIII. p. 133, 16 octobre 1897. t. XIII, p. 136, t6 octobre 1897. t. XIII, p. 415, 27 novembre 1897. t. XIII, p. 379, 20 novembre 1897. t. X, p. 193, 30 janvier 1897.
- •XII> P- 5> ?7i H9, 200, 384, 3c trim t. XI, p. 22, 27 mars 1897. t. XI, p. 97 et 172, 3 et 17 avril 18 t. XIII, p. 43, 23 octobre 1897.
- tenant compte du facteur de puissance du réseau à alimenter.
- Rappelons qu’une des conclusions les plus importantes de cet article est que, théoriquement, les dimensions d’une machine, pour une puissance, un nombre de périodes, une chute tension et une induction dans l’entrefer donnés, sont indépendantes de la vitesse.
- Les notes de M. Riccardo Arno reproduites dans ce journal d), et son intéressante communication à la Société internationale (2) au sujet du démarrage des moteurs asynchrones à courant alternatif, ont montré tout ce qu’on pouvait tirer de l'emploi général des résistances dans l’induit des moteurs asynchrones à courants mono- ou polyphasés.
- Le procédé de M. Arno consiste à employer une résistance telle que l’impulsion à imprimer au moteur pour le faire démarrer soit minima. Il faut donc donner au moteur une légère impulsion, mais celle-ci est très faible et ne constitue pas une suggestion bien grande, car nous nous sommes laissé dire que la plupart des moteurs asynchrones à courant alternatif simple démarrant par déphasage du courant avaient souvent besoin de ce... coup d’épaule. Comme le procédé de M. Arno ne nécessite aucun enroulement spécial sur l’inducteur et ne prend pas un courant plus grand que dans le cas du déphasage, il présente donc l’avantage de la simplicité.
- Terminons ce bref résumé de quelques faits de l'année relatifs à la génération et la distribution de l’énergie électrique, en rappelant la proposition curieuse faite par un de nos lecteurs, M. Taudin-Chabot, d’employer comme isolant des canalisations électriques de l’air liquéfié qui maintiendrait la température des conducteurs à un niveau suffisamment bas pour que leur résistivité soit considérablement réduite. Cette idée a traversé l’Atlantique et nous est revenue ensuite avec
- p) L’Éclairage Électrique, t.XUl, p. 390, 27 novembre 1897. (2) Idem, t. XIII, p. 518, 11 décembre 1897.
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- t’estampille américaine; elle a été commentée un peu partout; mais il se perdra sans doute encore bien des watts dans les canalisations électriques avant qu’elle fasse l’objet d’un essai d’application.
- Enfin, on a essayé cette année une application assez inattendue du verre pour la confection de certaines pièces de machines, notamment des coussinets de dynamos ; il paraît que I’usurc de ces coussinets est très lente, mais il faut soigner particulièrement le centrage de l’arbre ainsi d’ailleurs que le graissage.
- J. Rkyval.
- II. — Traction iîi.ectkique
- Avec la traction électrique, nous entrons dans le domaine presque exclusif des applications. Peu d’études générales ou d'inventions faisant faire un pas en avant vers une création nouvelle, mais une activité pratique infatigable dans toutes les multiples industries dépendant de la traction : tramways, chemins de fer métropolitains et de grandes lignes, traction sur route par voitures automobiles, navigation électrique.
- Des tramways, peu de chose à dire. La grande fièvre des premiers temps s’est un peu affaiblie et le matériel a pris une forme à peu près définitive; l’attention des inventeurs et des constructeurs s’est donc portée surtout 'sur les questions Je detail; oh a pris le temps •d’examiner des cas particuliers. C’est ainsi que l’etnploi des batteries d’accumulateurs dans les stations centrales ou dans les sous-stati-ons, jadis tant décrié, a reçu certaines applications très intéressantes qui ont permis de réaliser de notables économies, tant dans les frais de premier établissement que dans les dépenses d’exploitation. Les exemples cités par M. Hewitt et par M. Ludwig Schrœder sont frappants à cét égard, et les résultats obtenus en France dans plusieurs usines confirment complètement les résultats annoncés en Amérique, en Suisse et en Allemagne.
- Par contre, la traction par accumulateurs a fait peu de progrès. A Paris, qui, suivant l’expression de M. H. Maréchal, détient le
- record de la traction par accumulateurs, les lignes de la Madeleine à Courbevoie et à Neuilly-Levallois ont été mises en service régulier d'exploitation; elles sont munies d’accumulateurs à charge rapide; leur service a été régulier, mais, au point de vue de l’économie, on peut douter que ce système donne satisfaction.
- Les nouvelles voitures qui devaient circuler sur les lignes de Paris à Saint-Denis n’ont pas été mises en service. Ce retard ne serait pas, parait-il, attribuable aux accumulateurs, mais bien plutôt aux difficultés qu’on a rencontrées dans la construction des organes de ces voitures où l’on voulait réduire au minimum la dépense d’énergie. Le désir de la Compagnie d’adopter la traction par trôlet a conducteur aérien, partout où celui-ci sera toléré, ne serait pas non plus étranger à cette sagesse prudente.
- La persévérance des constructeurs est en effet bien près d’avoir vaincu l’inertie administrative; le trôlet est aux portes de Paris; bientôt il y fera son entrée, on n’en peut douter. A la condition qu’on se borne à certaines voies, qu’on apporte des soins particuliers à la construction et à l’exploitation — Paris vaut bien une messe! —. personne n’v trouvera à redire. Toutefois, on n’en est pas encore là et les lignes de pénétration prévoient l’emploi d’accumulateurs à 1’intcrieur des fortifications.
- Peut-être les projets ultérieurs comporteront-ils l’emploi de contacts superficiels? En tout cas, la Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston établit une ligne de ce genre dans la principauté de Monaco. Les résultats obtenus seront suivis avec attention; nous ne doutons pas qu’ils soient favorables.
- Un dernier système qui a été employé cette année, avec, parair-il, lin grand succès, est celui de Patton que nous avons décrit dernièrement. Son principe est le même que celui de la locomotive Heilmann. Il était donc intéressant de rechercher quel était l’ainé des deux; nous croyions sincèrement que la
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- locomotive était la mère du tramway: du moins, en apparence, cela semblait logique! Quel n’a pas été notre étonnement en voyant que le contraire était vrai! En effet, le tramway Patton fut décrit dans un article illustré publié par The Klectrical Reviens de New-York, le 7 juin 1890, article reproduit dans The Scientific American, de New-York, le 21 juin 1890; ces journaux furent reçus à Paris le 15 et le 28 juin 1890. Le brevet Heilmann ne fut pris que le 18 juillet suivant, c’est-à-dire environ trois semaines après. Dans cette revue de fin d’année, l’enfantement de la grande locomotive par la petite voiture de tramway nous a semblé intéressant à signaler.
- Quoi qu’il en soit, la locomotive Heilmann a été aussi essayée au cours de cette année; elle s’est présentée sous des dimensions plus respectables encore que « la Fusée » de 1894. Nous n’avons pas à revenir sur les expériences qui ont été décrites ici-même ; l’avenir se chargera de dire si le principe est bon. Il y a longtemps que des doutes ont été émis à ce sujet, car il semble peu logique de transporter un poids mort additionnel considérable et de recourir à des transformations multiples pour obtenir une plus grande puissance utile disponible. En principe, il serait bien préférable de supprimer tout poids mort inutile en adoptant un système à trôlet. Mais les dépenses énormes entraînées par l’installation des lignes et des usines limitent l’adoption de ce dernier système. C’est la raison pour laquelle la locomotive Heilmann a pu être essayée. Dès lors, la seule question qui se posait était la suivante : la locomotive Heilmann peut-elle donner de meilleurs résultats que les locomotives à vapeur? Nous laisserons aux essais actuels le soin de répondre à cette question, afin de nous conformer à la ligne de conduite que, dès sa fondation, L'Eclairage Electrique s est tracée dans toute affaire industrielle où des intérêts financiers importants sont engagés. D’ailleurs, en dehors de toute opinion personnelle, nous ne souhaitons qu’une seule
- chose, c’est que les courageux efforts de M. Heilmann n’aboutissent pas à un échec ou, tout au moins, que des perfectionnements suffisants puissent être apportés à la locomotive hydro-électrique, encore à son enfance, pour lui permettre de vaincre la locomotive à vapeur qu’un demi-siècle de perfectionnements incessants ont amenée à peu près à son summum d’économie.
- De l’autre côté de l’Océan, d’autres tentatives intéressantes semblent devoir conduire à des résultats pratiques ; elles sont faites avec le système à troisième rail, sur des lignes choisies avec soin, sur lesquelles l’exploitation peut se rapprocher le plus possible de celle des tramways. Les installations de Nantaskét-Reach, de Berlin et Hartford servent ainsi d’école pratique aux compagnies et aux constructeurs ; elles ont donné pleine satisfaction. Aussi ont-elles fait naître de nombreux projets du même genre, les uns pour la traction à très grande vitesse, comme celui de MM. Davis et Williamson qui proposent de faire le trajet de New-York à Philadelphie en 36 minutes, ce qui représente une vitesse moyenne de 230 km : k environ; les autres, comme ceux de AL Child, de AL Short, pour l’exploitation de réseaux suburbains à trafic intense où l’on aurait avantage à accroître la fréquence des départs.
- Ces projets recevront-ils la sanction de la pratique ? Tant de projets analogues ont déjà été proposés que nous n’oserions l’affirmer, bien que ceux-ci soient bien étudiés et qu’ils pourraient donner de bons résultats finan-
- L’application aux chemins de fer métropolitains est plus certaine et, à Paris, présente un intérêt plus immédiat. Là, tout impose l’emploi de la traction électrique. Sans parler de l’hygiène et du confort, le trafic très intense dans un périmètre restreint, la fréquence des départs, la régularité des horaires permettent d’obtenir une exploitation très économique, surtout si le matériel est construit en vue du résultat à obtenir.
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- Les conditions à réaliser dans le service des chemins de fer métropolitains sont, en effet, complètement différentes de celles qu’on rencontre dans l'exploitation des tramways ou des chemins de fer ordinaires, par suite des grandes vitesses commerciales qu’il faut atteindre avec des trains relativement lourds et des arrêts très fréquents à courtes distances. Tl faut donc que les trains atteignent très rapidement leur vitesse maxima, et h peine l’ont-ils atteinte qu’on doit songer à les ralentir pour l’arrêt. La plus grande dépense d’énergie est donc occasionnée par l’accélération; elle se trouve emmagasinée dans le train en mouvement sous la forme de force vive; à l’arrêt, cette, dernière est absorbée par les freins, c’est-à-dire perdue et même transformée en travail nuisible, puisqu'elle se traduit par l’usure du matériel. II y a donc avantage à lancer le train avec une vitesse suffisante sur une partie du parcours, pour que, en supprimant ensuite la force motrice, il puisse atteindre la station suivante par suite de sa vitesse acquise, les freins n’étant appliqués que pendant peu de temps au dernier moment ; la vitesse maxima à atteindre, la durée d’application des freins, etc., dépendent de l’écartement des stations et de la vitesse moyenne à obtenir. On peut ainsi réaliser des économies d’énergie très considérables ; mais ce n’est qu’en donnant une accélération rapide aux trains, c’est-à-dire en les munissant de moteurs très puissants; en d’autres termes, on ne diminue la dépense d’énergie qu’en augmentant la puissance, et avec elle le capital engagé. Il y a donc un maximum d’économie dans l’ensemble de l’exploitation qui est atteint pour une puissance déterminée des moteurs dans chaque cas particulier.
- . Ces conditions, qui ont été mises en lumière tout dernièrement, seront bientôt étudiées plus au long dans nos colonnes. Elles présentent un intérêt pratique assez grand pour nos ingénieurs et nos constructeurs au moment où les travaux du Métropolitain de Paris vont peut-être commencer.
- Enfin, une dernière application du moteur électrique à la traction, — application encore dans l’enfance, mais à laquelle on pourrait appliquer le mot de Franklin sur les ballons, — a occupé l’attention des inventeurs, des financiers et même du bon public badaud et insouciant que les questions de l’ordre scientifique laissent d’ordinaire assez indifférent. Ce sontles automobiles. En France,enAngle-terre, en Amérique, une nuée de ces voitures ont pris naissance. Elle feront l’objet d'une prochaine étude que nous publierons dans L'Eclairage Electrique ; nous ne ferons que résumer ici les résultats acquis. En France, quatre inventeurs surtout ont obtenu d’excellents résultats: ce sont MM. Jcantcaud, Krie-ger, Rarracq et Mildé; en Angleterre, la Société Rersey a mis un certain nombre de ces voitures en service d’exploitation comme fiacres publics; en Amérique, la Société fondée par MM. Pedro et Salom a de même mis un certain nombre de fiacres électriques en service; l'Amencan Electric Vehicle C°, de Chicago, M. Riker, de Brooklyn, la Pope Manufacturing Cn, de Hartfort, ont également construit des automobiles électriques. Il est regrettable que la France, qui est à la tête du mouvement automobiliste, se soit laissé devancer par l’Angleterre et l’Amérique dans la création de fiacres automobiles. Nos voisins, très pratiques, ont préféré adopter une solution qu’ils savent imparfaite mais qui peut donner lieu dès le premier jour à une exploitation rémunératrice, plutôt que de dépenser leur argent en essais vers une perfection que la pratique seule peut faire atteindre. Us n’ont pas tort. Les perfectionnements qu’a reçus la bicyclette ont suivi l’engouement du public pour des appareils imparfaits; quelques années de pratique aux Etats-Llnis ont plus fait que vingt ans d’essais pour montrer les défauts de l’ancien matériel des tramways électriques et indiquer la voie à suivre pour atteindre le résultat cherché. Pourquoi vouloir atteindre d’etnblce la -perfection ? C’est vouloir commencer par la fin. G. Peu.issier.
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- III. — Télégraphie et téléphonie
- La télégraphie a fait beaucoup parler d’elle cette année... dans les journaux quotidiens. C’est M. Marconi, avec son système de télégraphie sans fil, qui a eu les honneurs d’une publicité peu faite pour enthousiasmer l’homme de science. C’est qu’en définitive l’analyse du système Marconi n’a rien révélé de saillant qui ne fût déjà connu, si ce n’est peut-être l’emploi d’un fil de terre remplaçant un des volets de l’oscillateur. Mais le grand public, indifférent aux moyens employés, a acclamé les résultats qui sont en effet, comme le sait le lecteur, fort encourageants. A ce propos, nous avons entendu seulement exprimer que le Post-Office le regret qui a si efficacement secondé M, Marconi, n’ait pas montré le même empressement envers le professeur Lodge lorsque ce savant réunit, il y a trois ans, tous les appareils nécessaires à la télégraphie par ondes hertziennes.
- Nous enregistrons encore cette année un fait signilicatif en télégraphie sous-marine : la pose entreprise par une compagnie française d’un câble entre les Etats-Unis et la France. Ce câble, dont la Compagnie française des câbles télégraphiques a commencé la pose,'reliera Brest avec un point de la côte du Massachussets, près de Cape Cod; il aura une longueur d’environ 2750 milles nautiques. Quoique le Sénat des Etats-Unis ait soulevé certaines difficultés d’ordre juridique, il faut espérer que cette nouvelle atteinte au monopole de fait que détiennent les compagnies anglaises sera avant peu un fait accompli.
- Quanta la téléphonie sous-marine à grande distance, les moyens techniques de réalisation font encore défaut. M. Brylinski (*) a exposé très clairement dans ce journal les difficultés qui s’opposent à l’établissement sur une base économique d’un câble téléphonique sous-marin de quelque longueur; et
- 0) L’Éclairage Électrique, t. X, p. 14, 2 janvier 1897.
- ce n’est pas sans étonnement qu’on a vu proposer par le chef dii Post-Office des dispositions de câbles qui sont tout le contraire d’un perfectionnement (h; nous ne doutons pas que M. Preece sera amené à reconnaître qu’il s’est trompé de signe. Plus pratique et plus efficace que ses dispositions nouvelles est certainement le cable à chambre d’air qui a été décrit récemment.
- Le développement du matériel téléphonique, qui avait été si rapide au début, se ralentit. Les modifications nouvelles ont à vaincre la résistance des systèmes adoptés; et pourtant, bien des organes de ce matériel ne sont plus à la hauteur des besoins. Notons entre autres qu’une grande partie du travail des employées téléphonistes des bureaux se compose en partie d’opérations toujours les mêmes que des dispositifs automatiques effectueraient avec autant de sûreté et une moindre perte de temps. Des dispositifs de ce genre ont été proposes, parmi lesquels nous remarquons comme paraissant bien étudié celui deM. J. West, introduit depuis peu en Allemagne.
- IV. — Éclairage électrique
- En ce qui concerne l’éclairage électrique, la prochaine exposition universelle en fait pour Paris un sujet d’actualité et nos édiles sont justement préoccupés de l’état d’infériorité sous le rapport de l’éclairage public de la Ville-Lumière. La municipalité prévoit, il est vrai, l’amélioration avant 1900 de l’éclairage de toutes nos grandes artères suivant un programme très complet; mais les conditions nouvelles qu’elle se propose d’imposer aux compagnies détentrices de monopoles sont pour celles-ci rien moins qu’engageantes. On ne peut nier que des mesures telles que l’abaissement des tarifs jusqu’à un taux égal ou inférieur à celui du gaz, la gratuité de l’installation des colonnes montantes,
- C) l’Éclairage Électrique, t. XII, p. 356 et 56 21 août et
- i8 septembre 1897.
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- etc., ne soient de nature a satisfaire le consommateur, mais si d’un autre côté elles devaient rendre aux compagnies la vie impossible, on conviendra qu’elles seraient par trop radicales. Des concessions réciproques amèneront, il faut l’espérer, une prompte résolution de la question.
- Au point de vue technique, les nouveautés en éclairage électrique sont rares. Les lampes à arc à globe clos sont assez en faveur: Péconomie dans la consommation des crayons fait oublier le rendement médiocre. Les recherches comparatives sur le rendement de l’arc dans des conditions variées se poursuivent et nous avons à signaler le travail consciencieux de M. Blondel paru dans ce journal {'). Du meme auteur encore une étude sur la nature de l’arc (2), étude qui lui permet d’affirmer que l’arc n’est pas le siège d’une force contre-électromotrice de valeur appréciable, mais qu’il se comporte comme une résistance, sur la nature de laquelle on n’est d’ailleurs nullement fixé.
- La lampe à incandescence est à peu près stationnaire ; néanmoins on constate que la fabrication des filaments se perfectionne, ce qui permet à divers fabricants d’établir de bons types de lampes de la puissance ordinaire fonctionnant sur des circuitsà 200 volts; l’emploi de ce voltage de distribution a des partisans, et qui mieux est, des exemples d’application de plus en plus nombreux. On parlait aussi récemment de la lampe-transformateur dont le filament est relié h une bobine comprise dans l’ampoule et formant le secondaire d’un petit transformateur dont le primaire entoure le culot de la lampe. Cette nouveauté est une vieille connaissance : elle fut proposée par Diehl il y a bien dix .ans, ce qui ne prouve d’ailleurs aucunement qu’il n’y ait pas là une idée d’utilité pratique.
- V. — Électrochimie
- Parmi les applications industriellcsde l’élec-
- (’) VÉclairage Électrique, t. X, p. 289.
- L’Eclairage Électrique, t. XII, p. 411.
- 1 tricité, l’électrochimie occupe une place de plus en plus importante. Les usines fabriquant à l’aide de procédés électrolytiques du chlore, des hypochlorites, de la soude, des chlorates alcalins, et tant d’autres produits de la grosse industrie chimique, augmentent en nombre et en importance. En métallurgie, en tannerie et dans de nombreuses branches de l’industrie, les procédés électrolytiques sont à l’ordre du jour. Certains produits tels que l'ozone, les carbures métalliques, etc., ne sont obtenus industriellement que grâce à l’inîervenrion de l’électricité ; d’autres encore ne sont connus que depuis l’introduction de l’électrolvse dans la pratique. Nous citerons-parmi les exemples les plus récents la préparation de MM. Constant et von Hansen du percarbonate de potasse (1), composé oxj'dant à ranger à côté de l’eau oxygénée et des peroxydes de baryum et de sodium. Il est à prévoir que les recherches poursuivies dans cette voie dans la plupart des laboratoires de chimie amèneront la découverte d’autres produits utilisables dans l’industrie.
- Grâce aux patientes recherches de M. Mois-san et des chimistes qui se sont engagés à sa suite dans le même ordre de travaux, la liste des produits du four électrique continue à s’accroître, et la preuve de l’utilité de ces travaux, si elle était encore à fournir, réside dans ce fait que les essais de laboratoire sont dans beaucoup de cas immédiatement transplantés sur le domaine- industriel. En première ligne vient à ce point de vue le carbure de calcium, qui est fabriqué aujourd’hui en quantités considérables, et on annonce la création de nouvelles usines d’une puissance de production considérable. On peut en inférer que l’acétylène produit à l’aide du carbure possède dès maintenant un vaste champ d’application ; mais il parait qu’on fonde aussi de grandes espérances sur la consommation du carbure pour combattre le phylloxéra. Quoi qu’il en soit, nous devons noter laformation, au début de l’année écoulée, de la Compagnie
- (f) L’Éclairage Électrique, t. XII, p. 107.
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- française de l’Acétylène dissous qui exploite le procédé Claude et Hess pour i’emmagasi-nement de l’acétylène par dissolution sous pression dans les liquides, notamment dans l'acétone {’). L’avantage de ce procédé de permettre la réduction au volume d’un litre de 250 litres d’acétylène sans que cc gaz soit amené à une pression supérieure à 10 atmosphères, se double de celui, non moins appréciable dans la pratique,de supprimer presque totalement les dangers d’explosion. ADI. Ber-thelot et A'ieille ont en effet trouvé que « l’acétylène dissous dans un liquide tel que l’acétone, est moins dangereux que l’acétylène pur, attendu que le gaz dissous cesse d’être explosif jusqu’à une pression d’au moins 10 kg par centimètre carré vers la température de 150 ». Le problème de l’acétylène portatif exempt des dangers que présentait le gaz liquéfié est dont ainsi résolu, et l’on doit s’attendre à en voir naître de nombreuses applications dans tous les cas où la préparation sur place de l’acétylène à l’état de pureté nécessaire présente le moindre inconvénient.
- Avec l’extension de ses applications, parmi lesquelles nous signalerons divers procédés de distillation à température élevée, la fabrication du phosphore par l’action directe du charbon sur le phosphate de calcium, etc., le four électrique commence à être étudié au point de vue de son rendement. On s’ingénie u éviter les pertes de chaleur par rayonnement, et d’autre part on cherche à combiner le chauffage direct par le combustible avec le chauffage dû à l’arc, de façon à ce que ce dernier ne serve qu’à surélever la température à l’intérieur du four déjà réchauffé par le combustible. Il semble qu’on doive arriver finalement à placer le creuset électrique à l’intérieur d’un foyer ordinaire de manière que la chaleur électrique ne soit rayonnée à l’extérieur qu’au prorata de la
- différence de température entre l’arc et le combustible en ignition. En tout cas, l’application du four électrique dans les opérations de fusion métallurgique sur une grande échelle dépend de l’amélioration de son rendement.
- L’élcctrolyse nous conduit à dire un mot d’un dispositif auquel AI. Leblanc a appliqué la désignation bien appropriée de « clapet électrique ». Le clapet électrique est un appareil qui, intercalé dans un circuit, laisse passer le courant dans un sens, mais l’arrête complètement dans le sens oppose. Cet appareil peut être constitué par un voltamètre dont une électrode est en aluminium. Le courant passe dans le voltamètre dans les conditions ordinaires lorsque l’aluminium est cathode ; mais 01111e peut le faire passer dans le sens opposé, c’est-à-dire l’aluminium devenant anode. L’appareil agit donc comme le clapet d’une pompe et il peut faire équilibre à une force électromotrice extérieure de 22 volts, lorsque l’électrolyte est une solution d’alun. Cette propriété de l’aluminium est connue depuis fort longtemps (1857); il en a été question récemment comme base d’un procédé de convertion du courant alternatif en continu pour la charge des accumulateurs. Suivant AI. Pollak, en employant un électrolyte alcalin, on pourrait se servir avantageusement de ce dispositif comme condensateur; le rendement serait suffisamment élevé et chaque élément ferait équilibre à plus de 100 volts.
- Nous terminerons ce qui a trait à l’élec-trolyse en rappelant que l’évolution actuelle de l’accumulateur est caractérisée par la tendance des fabricants de revenir à la formation Planté qui fournit décidément les accumulateurs les plus robustes. Les études récentes se font surtout en vue de permettre la charge rapide des éléments pour faciliter leur application à la traction.
- i.b L’Eclairage Électrique, t. X, p. 548.
- J. Riîyval.
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- APPAREILS DE MESURE
- Fig. i et 2. — Galvanomètre enregistreur Bullcr Elphinston. ler Elpiiinstone est composé d’un aimant
- Builer Elphir
- ou d’un électro-aimant AR (fïg. r et 2), créant,
- (') Brevet anglais, n° 17577, déposé le 8 août 1896, ac-ordé le 12 juin 1897. 12 figures.
- entre des pièces polaires FG, un champ magnétique intense. Un cadre mobile rectangulaire, porté à l’extrémité d’un levier, embrasse la pièce polaire G ; celle-ci est terminée par deux arcs de cercle dont le centre coïncide axec l’axe R autour duquel tourne le levier (fig. 3). Deux ressorts spiraux X servent à amener le courant au cadre mobile et le dirigent; le système est équilibré au moyen d’un contrepoids W et son fléau Z sert à l’enregistrement.
- Tout l’ensemble est monté dans une boîte renfermant un mouvement d’horlogerie y (fig. 4 et 5), deux tambours 6 servant de ma-
- iller Elphir
- • Galvanomètre
- gasin à papier et un tambour 8, muni de dents pour l'entraînement du papier. A l’extrémité du fléau Z est montée une plume, articulée sur celui-ci et appuyée sur le papier par un léger ressort destiné à compenser les différences d’épaisseur du papier.
- Ce galvanomètre peut être employé pour les intensités ou les différences de potentiel.
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- Le compteur àpendule de G.-A.-J. Telge (*) diffère des types bien connus par ceci, que le courant, au lieu d’agir directement sur le pendule, sert à limiter Y amplitude de ses oscillations au moyen de butoirs élastiques; il en résulte une variation du nombre d’oscillations, laquelle sert à la mesure.
- Dans la figure 6, par exemple un courant
- Fig. 6. - - Compteur à pendule Telge.
- attire le noyau de fer e dans un solénoïde/1; ce mouvement a pour effet de faire monter 'le coin d, entre les galets c3, par suite les res-
- Brevet anglais, n° 16657, déposé le 28 juillet 1S96, délivré le 11 juin 1897. 5 figures.
- sorts b, b3 rapprochés limitent plus ou moins la course du pendule. Dans la figure 7, l’attraction du solénoïdc fait monter ou descendre, au moyen d’une vis h, le bras horizontal c, et les extrémités des ressorts rencontrant la lentille du pendule plus ou moins haut, règlent son amplitude.
- Compteur à pendule Telge.
- Le compteur de Siemens et Hai.ske (!), est h intégration discontinue. L’appareil de mesure, wattmètre ou galvanomètre, est composé des bobines mt et mî formant le champ magnétique et d’un cadre mobile J, tournant entre pivots et muni de ressorts antagonistes S, et S2 (fig. 8 et 9) ; cet instrument dévie proportionnellement au courant mesuré.
- Un balancier P entraîne dans son mouvement un levier courbe B, qui tourne sur un axe concentrique à celui du cadre mobile et
- (*) Brevet anglais, n° 15162, déposé le 8 juillet 1896,
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- qui, rencontrant l’index Z de ce dernier, le ramène au zéro. Dès que le levier B est venu en contact avez Z, le ressort /q, porté par l’index, fait fléchir le'ressort /, du levier et l’applique contre une roue à rochet R ; cette roue est donc entraînée tant que dure le contact f et c’est-à-dire sur un angle proportionnel à l’indication de l’appareil ; cet angle est enregistré par le rouage ordinaire des compteurs. Dès que l’index
- rant de traverser E, et qui, quand ils sont fermés, mettent cet électro en court-circuit. Une résistance Ws (fig. 8 et 9) est ajoutée au circuit de E, pour que le courant employé soit très faible. La rupture des contacts cisi c2s2, est faite périodiquement par le nez y d’un levier entraîné par le balancier ; quand l’amplitude de l’oscillation devient trop grande, la butée x (fig. 10) vient arrêter le talon n3 du levier y et fait qu’au retour (sens inverse des aiguilles d’une montre), le ressort/, n'est pas soulevé et que l’électro reste en court-circuit.
- Pendant une grande partie du temps le
- est au zéro, le levier B s’arrête contre la butée H et le balancier continue seul sa course.
- Le mouvement du balancier est entretenu électriquement au moyen de l’électro E qui attire une armature de fer doux A ; le ressort /s rappelle le balancier en sens opposé. Le courant est' envoyé dans l’électro E au moyen des contacts (fig. 10), qui,
- lorsqu’ils sont ouverts, permettent au cou-
- galvanomètre reste au zéro; au moyen des contacts d, et di (fig. 11), les bobines à noyau de fer m, et mi sont mises en court-circuit, de même que le cadre l’est egalement par les contacts c,c2; ce n’est qu’au moment de la mesure que ces contacts sont rompus et que le galvanomètre prend sa déviation ; de cette façon, à chaque mesure, les masses de fer partent d’une aimantation nulle et on évite les erreurs que causerait l’hystérésis si ces masses suivaient constamment les variations du courant.
- Le compleur pour courant continu ou alter-
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- natif de A. Lotz (l), est un compteur moteur dans lequel l’armature mobile est animée d’un mouvement alternatif.
- La bobine mobile S (fig. 13 et 14b montée
- sur un arbre /, oscille autour de cet arbre en entraînant les bras Un solénoïde fixe, recevant le courant a mesurer, enveloppe la bobine S; celle-ci reçoit une dérivation proportionnelle à la diflérence de potentiel ; l’appareil est donc un wattmètre. Sous l'action du courant, la bobine S se meut plus ou moins rapidement, selon la puissance mesurée, et, dans ce mouvement, l’un des bras fj' vient toucher le contact correspondant KIv', ce qui met en. court-circuit l’un des deux électros E ou E' du relais, par suite l’armature AA' est attirée par l’électro opposé. L’armature entraîne un ressort /„ qui vient frapper le contact Kÿ ou Kj, mettant en court-circuit l’un des enroulements de la bobineS (figure schématique 14). Les deux circuits
- (*) Brevet anglais, n- 15080, déposé le 13 juin 1896,
- de S sont de sens opposé, de telle sorte qu’après le renversement de l’armature, la bobineS change de direction et revient à son point de départ où le même fait se reproduit. Un disque de cuivre placé entre les pôles d’un aimant, agit comme frein pour ralentir les oscillations et régler l’appareil. Le nombre des renversements est proportionnel à l’énergie mesurée et l’enregistrement se fait au moyen d’un levier, commandé par l’armature AA', qui, à chaque double inversion, fait avancer d’une dent une roue à rochet.
- Dans une autre disposition, le principe reste le même, mais l’électro double E, du relais, est remplacé par un électro simple sur lequel deux enroulements aimantent ou désaimantent le noyau ; le renversement du courant cil S est effectué par une roue montée sur l’axe de la roue à rochet. Dans un autre modèle encore, il n’y a qu’un seul enroulement sur l’armature S et la roue ci-dessus, par un jeu de ressorts convenable, renverse le sens du courant dans cette arma-
- Pour donner une mesure exacte des courants alternatifs, dans les circuits avec réactance, le compteur de Cari Raab (‘) est composéde deux bobines X et Y (lig. 15 et 16), en série et recevant le courant à mesurer. Deux autres bobines X' et Y', déplacées par rapport aux premières, sont montées en dérivation l’une sur l’autre et sur le circuit. L’une d’elles, XJ, est montée avec une bobine de réaction, de telle sorte que le courant qui la traverse est retardé d’un quart de période, ou à peu près. La seconde est munie d'une résistance sans self, son courant est donc en phase avec la force électromotrice. Entre chaque couple de bobines passe un disque de cuivre; les deux disques sont montes sur le même arbre. Sous l’action des courants induits parX et X', le couple moteur sur A est maximum quand il n’y a pas de décalage dans le cir-
- accordé le 17 avril 1897. 9 figures.
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- 6;
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- cuit; il est, dans les mêmes conditions, minimum, sinon nul, sur B. Quand un décalage existe, le couple diminue en A et augmente en B ; on peut arriver, par des proportions convenables, a maintenir les indications proportionnelles a El cos cp, quelle que soit la grandeur de cos f. Un aimant permanent agit sur le disque pour faire frein.
- Comme variante, un seul disque peut être employé : les deux bobines en dérivation sont alors placées dans le prolongement l’une de
- i l’autre, de telle sorte que leurs actions s’ajoutent sur le disque ; il n’y a alors qu’une seule bobine recevant le courant principal. Les deux bobines en dérivation peuvent aussi être placées de part et d’autre de la bobine d'intensité (fig. 17 et 18), leur circuit magnétique étant fermé par une armature de fer commune M.
- La différence de phase entre les bobines dérivées peut aussi être obtenue en reliant l’une d’elles avec le primaire d’un transfor-
- mateur, l’autre étant reliée seulement au secondaire, sans connexion directe avec le circuit (fig. 19;.
- Hartmann et Braun emploient également un moteur h champ tournant (‘). L'induit mobile est formé par un tambour en cuivre C (fig. 20 et 22), ouvert par le bas, qui tourne sur un axe vertical. Le champ est formé par un solénoïde S, traversé par le courant principal et par un électro AI, agissant comme voltmètre. Le noyau de l’électro est en tôle
- (‘) Brevet anglais, n° 18220, dépose le 17 août 1896, accordé le 19 juin 1897. 5 figures.
- mince; grâce k la self de cet éiectro, le courant dérivé est décalé d’environ un quart de période. Pour amener exactement le décalage k 90% deux cadres en cuivre, RR, sont disposés devant l’électro auquel leur action s’ajoute; pour faciliter le réglage, les deux cadres sont capables de glisser vers le tambour et peuvent tourner légèrement.
- Dans la disposition de la figure 21, le réglage exact de la différence de phase est obtenu en envoyant dans l’électro AI le courant dérivé, après son passage dans le primaire d’un petit transformateur T, le courant secondaire étant envoyé dans un second enroulement de l’électro AI.
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- Les distributeurs automatiques de gaz ou d’électricité, les compteurs à prêpaiement, comme on les appelle en Angleterre, continuent à préoccuper les inventeurs; nous en
- avons trois à examiner, pour ce pays seulement. Il est assez difficile de se prononcer sur l’avenir de ces instruments; jusqu’ici ils ont été surtout appliqués au gaz et ils y ont
- rencontré un certain succès ; M. Couzens cite, dans The Eleclrician, la London Cas Light and Coke C° qui. a déjà 150000 consommateurs employant ce mode de paiement, et 16 à 17 000 qui attendent leur installation. La clientèle est, aujourd’hui, trop différente pour le gaz et l’électricité, pour qu’il soit possible de raisonner par analogie.
- Le mécanisme de H.-A. Wu.lv et Stephen Sim\'Son(1) s'ajoute aux compteurs existants pour permettre le paiement préalable.
- L’introduction d’une pièce de monnaie déterminée dans la fente p (fig. 23 et 26), fait tomber cette pièce dans une coulisse dont un des côtés oscille. La pièce, arrivée sur la roue J ftîg. 24 et 25), est rejetée au fond de la boite, en faisant tourner J au moyen d’une manette Jr Dans ce mouvement la pièce rencontre le levier G, qu’elle fait osciller autour de/, et par suite, l’autre branche G de ce lev ier , actionnant un cliquet F, fait avancer la roue à rochet E d’un certain angle. Sur (*)
- (*) Brevet anglais, n° 9253, déposé le ior mai, accordé le to avril 1897. 6 figures.
- Taxe de la roue E sont fixés deux pignons D et N qui forment, avec deux autres roues B et C, un système différentiel. La roue B a plus de dents que C, mais les pignons sont égaux comme nombre de dents.
- Willy et Simpson.
- — Compteur à prép«;
- Les roues B et C sont montées sur des manchons concentriques, mais elles sont reliées seulement par les pignons D et N. La rotation de D entraîne celle de B et G ainsi
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- que leur déplacement relatif; ce déplacement,
- — Compteur à prépaie
- Wiily et Simpson.
- indiqué par un index c sur un cercle divisé,
- Fig. 26. — Compteur à prépaiement Wiily et Simpson.
- est proportionnel à la quantité de gaz payée d’avance.
- La consommation de gaz ou d’électricité amène la rotation de la roue O, laquelle entraîne une bielle B qui fait mouvoir un châssis M,, celui-ci. agissant sur un cliquet, entraîne la roue B sur un angle proportionnel à la consommation. Cet angle peur être réglé, selon le prix du gaz ou de l’électricité, en allongeant plus ou moins le bras de levier par le déplacement du bouton La rotation de B amène celle de C par l’intermédiaire des pignons et, quand la quantité payée a été consommée, tout revient en place. Un peu avant cet instant, la came du levier L, portée par B (fig. 23), est venue se prendre entre une pointe K, fixée sur C, et une autre pointcy, solidaire de B; ainsi fixée cette came appuie i sur Je levier KK, et ferme graduellement le 1 robinet de gaz, de façon à prévenir le consommateur de l’extinction prochaine. Cette disposition entraîne, avec l’électricité, l’emploi de rhéostats, ce qui rend la solution plus onéreuse.
- L’introduction de nouvelles pièces dans la fente a pour effet, après avoir tourné à la main le levier J2, de dégager la came L et d’ouvrir le robinet de gaz. On ne doit introduire qu’une pièce à la fois dans l’appareil et il faut tourner J autant de fois qu’on introduit de pièces d’avance. Pour obtenir ce résultat, la coulisse qui reçoit les pièces a son fond Q, (fig. 26) oscillant autour de P„ de telle sorte que la présence d'une pièce dans cette coulisse ferme la fentep.
- L’appareil de L.-S. Bitrohard (') s’ajoute aussi aux compteurs existants ; la transmission de mouvement se fait en munissant le dernier mobile du compteur d’une petite bielle dont l’extrémité extérieure est terminée par un cliquet as qui, à chaque tour du mobile, fait avancer d’une dent la roue à ro-diet b (fig. 27).
- La pièce de monnaie, introduite dans la fente Zr tombe dans une gorge ménagée dans
- (') Brevet anglais, n° 82^4, déposé le 18 avril 1896, accordé le 20 mars 1897, 7 figures.
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- un cylindre D ; un bouton extérieur permet de faire tourner ce cylindre, de façon à faire tomber la pièce dans une boîte disposée pour
- r. 27. — Compteur à prépaiement Bure
- cet usage. ' En tournant le cylindre D, la pièce, qui fait saillie sur celui-ci, rencontre une roue à rochet E et la fait avancer d’une dent ; un ressort qui est logé dans un barillet formé parla roue E, se trouve bandé d'une quantité convenable ; l’introduction successive de plusieurs pièces donne lieu, à chaque fois, à une manœuvre semblable et tend de plus en plus le ressort. Sous la pression du ressort le barillet entraîne un ergot e qui, en appuyant sur le levier de sonnette e,, ouvre la valve II et laisse passer le gaz. D’autre part, la roue£, actionnée par le compteur, agit sur les ressorts/^, /i5 et sur le bouton b., qui par l’intermédiaire du cliquet F font avancer E d’une dent à chaque tour de ^ ; il en résulte que le mouvement du compteur détend le ressort du barillet et, quand la quantité prépayée est consommée, le ressort est détendu, l’ergot e n’appuie plus sur le levier et la valve se ferme, supprimant le débit de gaz.
- L’instrument annoncé par H.-W. Couzens^1} est un compteur électrique disposé spécialement pour le prépaiement (fig. 28). .
- L’appareil de mesure, indiqué très vague-
- ment, est un solénoïde parcouru par le courant à mesurer ; un second solénoïde reçoit une dérivation proportionnelle à E, et un noyau de fer doux plongeant dan s les deux solénoïdes est plus ou moins attiré selon la puissance dépensée. Le noyau de fer doux est porté par un fléau h l’autre extrémité duquel se trouve un cli-
- Fig. 28. — Compteur à prépaiement C0112
- quet. Une roue étoilée à 6 branches est mue par un mouvement d’horlogerie d’une durée de 18 heures. Les branches de l’étoile, en tournant, rencontrent le fléau et l’abaissent jusqu'à une certaine position; selon la puissance, la rencontre a lieu plus ou moins haut et la conduite est plus ou moins longue. Pendant que l’étoile appuie sur le cliquet, celui-ci entraîne une grande roue à rochet sur laquelle se fait la totalisation.
- Une pièce étant introduite dans une fente convenable, on tire la barre horizontale vers soi, ce qui amène la fermeture du circuit, et, par une crémaillère, fait avancer la roue à rochet en sens opposé du mouvement donné par le compteur. Un cliquet retient l’interrupteur. Le fonctionnement est facile à.comprendre: à chaque pièce reçue, la roue avance d’une quantité déterminée, mais par l’effet de la consommation elle revient en arrière jusqu’au moment où la somme prépayée étant épuisée, la roue reprend sa position initiale, dégageant le cliquet de l’interrupteur qui coupc alors le circuit.
- Dans un autre ordre d’idées, J.-G. Dixon (*)
- p) Brevet anglais, n° 15677, déposé le 15 juillet 1896,
- P) Ti.'e Eiectrician, Londres, 6 août 1897.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- remplace les rouages successifs des compteurs de tours par une série de disques et d’élec-
- Un contact, -fixe sur l’arbre dont on veut compter le nombre de tours (fig. 29), envoie, à chaque tour, son courant dans l’clectro i\
- celui-ci attire son armature et le levier fait avancer d’une dent la roue à rochet g\ le disque h (fig. 30), avance également et fait apparaître un numéro dans la fenêtre C. Quand le premier disque a fait un tour complet, généralement après 10 émissions de cou-
- ' er.**
- Fig. 29. — Compteur à prépaiement Dixon,
- rant, un petit contact métallique, porté par l’axe de la roue à rochet, vient fermer un secondcircuitcomprenant un second électroq; celui-ci fait alors avancer d’une dent la roue
- et le disque correspondants. Le système se continue de même à chaque électro; on peut en mettre un.nombre quelconque, ce qui permet de compter des nombres très élevés.
- Le compas magnétique de J.-D. Rowao-tham Blalv(') est une de ces inventions qu’il faut citer une fois pour n’en plus parler. Dans le but de soustraire ce compas aux influences magnétiques extérieures, l’inventeur lui donne la forme d’une sphère creuse, formée de quatre segments, et il aimante
- 11} Brevet anglais, rr 16608, déposé le 27 juillet 1896, accordé le 19 juin 1897. 5 ligures.
- chaque morceau séparément. Le tout étant réuni, les lignes de forces se rejoignent h l’intérieur de la sphère, qui se trouve alors comme les dynamos cuirassées (ironclad). Il est permis de se demander ce qui pourra bien alors diriger ce compas à lignes de forces intérieures ? Ce qui est bon pour les dynamos ne l’est pas autant pour les boussoles.
- H. Armagnat.
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- 67
- LA CAPACITÉ ÉLECTRIQUE D’UN CONDENSATEUR ANNULAIRE
- Après avoir obtenu (l) l’expression de la capacité électrique d’un anneau donné, nous allons chercher à présent la capacité d’un condensateur annulaire, en désignant par ce nom le système de deux surfaces annulaires conductrices, dont les équations sont :
- * = (1)
- = (2)
- a est une des coordonnées pcripolaircs, dont nous avons parlé dans notre travail précédent.
- Si t’s = o, nous avons la surface infiniment éloignée et encore l’axe de l’anneau. Si c\ n’est pas égal rigoureusement à zéro, mais représente une grandeur très faible, l’équation
- exprime une surface de révolution dont la section méridienne est une circonférence d’un très grand rayon. Le contour de cette circonférence est d’autant plus près de l’axe de rotation que le rayon est plus grand ; la partie correspondante de la surface de révolution représente un tube très mince entourant l’axe de rotation. Ce tube s’élargit à mesure que l'on s’éloigne de l’anneau en se mouvant le long de l’axe. Ce cas correspond, en pratique, au système formé par un anneau et par un fil très mince, situé le long de son axe.
- L’expression du potentiel des masses électriques en un point de l’espace, situé entre les deux surfaces annulaires, doit avoir la forme
- Rs(MBJ#„Rj + N»A®„Ri)cosHu. (3)
- Soient V, le potentiel de la surface annulaire interne, dont l’équation est
- et V3 le potentiel de la surface externe. Nous avons vu, et cela s'obtient aisément à l’aide de l’expression (5'), que la somme
- est égale à l’unité. Par suite
- Vi = V\ Vl — 2C, COS r„ + C*
- ) J”, (.C,) + 2 V J°» te,) COS (
- Vjj = Vj(/l - K, COS ru q- Cp | J2 V J0„ je,) COS n,„ |
- Exprimons que la quantité (3) pour À = c, est égale à V1 et pour À = c2 est égale à V2. Nous avons :
- JN (O + N« AU (0 = 2 V, (O (S,) M» J°« lO + Ni! AN (c,) = 2 Vs JN [ct) (n > 0) (8*)
- M0j°o lcr) + NnAftn (c1)=VlJ°0(O MuJ°o (O + N0A°o (O = V;J°0 (O
- Nous obtenons
- (V,-V,)(,
- (8’,)
- .(»'.)
- >) <9I
- R —E'i — 2 ). cos w -j- A* (4'
- ’ A»0(Q j°u (O
- ; désignons, comme auparavant,
- *,(c)=aJJ/A„>.) do)
- Voir L’Éclairage Électrique, x. XII, p. 449, ri septembre 189“.
- U (c) —
- J°o (c)
- A\ le) ’
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- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. — N°2.
- nous pouvons écrire pour chaque valeur de i
- kn IA) , kn R,) Utilisons à prése'nt la relation
- 0 n
- • + -
- où ei est la densité électrique en un point de la surface (i) ; n et n' les directions des normales intérieure et extérieure à cette surface (la dernière normale est dirigée de la surface (t) vers la surface (2).
- Nous avons déduit
- Pour l’espace à l'intérieur de la surface (1: l’expression du potentiel a la forme suivante
- V^V.jnW + 2^ j% (X) cos »» j R (Ml
- et pour l’espace extérieur
- liY ' l"« 1X1- N„ An» ml COS IM. ix\
- '+rSj»'„(î.)+2Y j% (à)
- L'addition de (15) et (16' donne
- - 4 [NoA^'n A) - (V, - M„) r0 A)
- X cos n'.j ‘N« A"'* (<:,) — (2 V, - M» ) J°'« AÏ'], (17)
- car les termes contenant ^se détruisent < vertu des équations (8J et (8't).
- Or les équations (8,) et (8'4) donnent
- JsL A> A)
- r» A)
- ’n > 0)
- :e, = \ N„ |p„
- J°» (c,i
- > avons obtenu la relation :
- Nous avons donc
- 3 y,
- Ici on doit poser R,2 = 1 — 2 ci cos w c{-. L’expression de l’élément dS de la suriace st, comme nous l’avons obtenue,
- d S =
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- Prenons fedS et désignons < par E. Nous avons :
- fi&r-
- et en vertu de l’équation (5)
- E = 2 a 2 N„
- : intégrale
- La quantité d’électricité répandue urface (2) est égale à— E.
- îs donc pour expression de la 1 condensateur annulaire
- Si la deuxième surface manque, nous retrouvons l’expression de la capacité d’un anneau
- N. BOULGAKOPIL
- A PROPOS DE L’APPLICATION DES IMAGINAIRES
- A LA RESOLUTION DF.S PROBLÈMES SUR LES COURANTS ALTERNATIFS
- h'Eclairage électrique a donné, dans un de ses derniers numéros)1),une note de M.Janet, « sur une application des imaginaires au calcul des courants alternatifs », et au sujet de laquelle je voudrais faire quelques remarques.
- Une première remarque a trait au point de départ même de l’exposition de la méthode de Kennelly-Steinmetz. L’auteur, dans le but de se conformer aux notations de M.Stein-metz, change la direction de l’axe des ordonnées (2y Dans l’exposition que j’ai faite à diverses reprises delà méthode en question!3), j’ai, avec raison je crois, présenté les résultats sous la forme et avec les notations admises par tout le monde en France, à la fois parce qu’il n’y avait aucune raison a priori de changer ces notations, et aussi parce qu’elles sont en complet accord avec la repré-
- (') Voir L’Éclairage Électrique du 18 décembre 1S97,p. 329.
- (2) M.Steinmetz conserve en réalité les mêmes sens positifs d axes que nous ; mais compte les angles de phase comme positif dans le sens des aiguilles d’une montre. (Voir notre article sur « La théorie du transformateur général de M. Stein-metz ». t. VII, p. 97, 1896.)
- (3) Voir dans La Lumière Électrique notre article sur : « La méthode de M. Steinmetz .pour le calcul des courants alternatifs » ; t. L, p. 431. — Dans L'Éclairage Électrique,
- « Courants alternatifs et quantités complexes », t. Vf, p. 216.
- I sentation graphique des courants alternatifs. J L’expression sous forme d’imaginaire de l’impédance d’un circuit devait donc être mise sous la forme :
- r = r + s
- r étant la résistance ohmique et s la réactance, et c’est pourquoi j’ai employé cette forme dans l'exposé des nombreuses applications de la méthode des imaginaires faites par M. Steinmetz (*). Les résultats donnés différant de ceux de M. Steinmetz simplement par le signe du coefficient de y/^T, les modules des imaginaires conservaient la même valeur.
- Passons maintenant à la règle particulièrement simple à laquelle arrive M. Janet. Dans un premier article sur la question, je disais (2), au sujet de l’application des imaginaires à la recherche de la puissance maxima qu’on peut utiliser à l’extrémité d’une ligne inductive :
- « ... Dans le calcul précédent nous avons
- (*) Voir dans V Éclairage Électrique nos articles sur * La loi de l’hystérésis », t.V, p. 33; et 390; sur « La théorie du transformateur général de M. Steinmetz », t, VII, p. 97 ; « Courants oscillants et quantités complexes », t. X, p. 22.
- (2) Voir Lumière Électrique, loc. rit., p. 554.
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- L’ÉCLAIRAGE ELECTRIQUE
- supposé le circuit d’utilisation sans induction, et il faut bien l’avouer,pour n’avoir pas à tenir compte du décalage entre l’intensité et la tension dans ce circuit.
- « La puissance dans un circuit inductif n’est pas en effet exprimée par El ou RI2 lors même que El et R sont des grandeurs complexes.
- « La première expression doit être multipliée par le cosinus du décalage, et la seconde doit être remplacée par rP, r étant la résistance électrique du circuit.
- «Ccsvecteurs EIcos tp et r Pn’ont pas une môme phase, ce qui du reste a assez peu d’importance. Néanmoins il y a une lacune dont M. Steinmctz s’abstient de parler et qui pourtant mériterait d’être comblée. »
- Je ne jugeai pas à propos à ce moment de développer les calculs etde chercherlemo-dule des produits El cos ? ou r I2; M. Stein-metz revînt du reste peu après sur la question et développa ce calcul de la manière suivante : Si la tension aux bornes et le courant sont représentés sous forme d’imaginaire par les expressions :
- E = a + b y - i I = c + d y'=1
- la puissance est P = I E.l |:
- : El (
- (E.l):
- - bd
- expression algébrique que M. Janet met sous la forme d’une règle mnémonique très simple. Toutefois, grâce à la considération de l’ad-
- mittance, M. Steinmetz emploie plus particulièrement pour expression de la puissance la formule facile à établir P = pEa
- P étant la conductance 'apparente) équivalente :
- Quoique faisant souvant usage de la méthode des imaginaires, je ne suis pas aussi convaincu que M. Janet sur les avantages que l’on peut tirer de l’application de cette méthode à la résolution des problèmes sur les courants alternatifs. Les calculs restent. simples, il est vrai, tant que l’on n’a pas à les développer; mais à part quelques cas simples analogues à ceux considérés par M. Steinmetz lui-même, en général, comme je le disais dans un des articles précités (*), si l’on n’a pas l’habileté suffisante pour interpréter les formules sur leur forme complexe même, on est obligé de développer en une seule fois tous les calculs qu’on aurait pu développer en plusieurs, ce qui rend les simplifications plus difficiles.
- En fait, la méthode des imaginaires sert de véritable trait d’union entre les calculs algébriques purs et les méthodes graphiques, lesquelles constituent un mo}ren d’investigation autrement puissant que la méthode des imaginaires,comme le montre le beau travail de M. Blondel sur les moteurs synchones et auquel M. Janet fait allusion.
- C.-F. Guilbert.
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Accumulateur F.-W. Greengrass et S.-R. Dockings {*).
- Le dispositif adopté par ces inventeurs
- (*) Voir « On lew of Hystérésis «'.Transactions of American Institute of Electrical Engineers, mai 1894; « Dev Alîgemeine WechselstromtramformatOT ». Elektrotechnische Zeitschrift, n° 6, 1896; « Alternating current Plienomcna », p. 201. Johnston, éditeur, New-York.
- (5) Brevet anglais, n° 13644, demandé le 22 mars 1897, accordé le Ier mai i8yj.
- pour la fabrication des plaques homogènes est d’une très grande simplicité ; il consiste a découper, à l’aide d’un tour mécanique, des spirales de plomb autour d'un cylindre de ce métal, et à les appliquer ensuite, en. les entremêlant, sur les deux faces d’un support rigide.
- (’} Voir VÉclairage Électrique, loc. 1
- t.VI, p.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- L’ensemble est soumis à une faible pression. puis soudé aux bords pour donner plus de rigidité aux plaques ainsi construites. Le mode de formation est le même que pour les plaques homogènes ordinaires. L. D.
- Accumulateur F. Grunwald (M.
- Les plaques de cet accumulateur sont formées de trois pièces ajourées A,13,B (fig. i et 2I, réunies et maintenues par un cadre
- Pi—J nnnnn
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- Fig. 1 et 2. —Accumulateurs F. Grunwald.
- rectangulaire b, b. La lame du milieu A, est préparée de la façon suivante : on trace un certain nombre de carrés que l’on découpe sur trois côtés seulement et que l’on scie ensuite en deux, normalement au côté non découpé, pour les rabattre à la façon d’une patte de scellement; la matière active des cavités a est ainsi solidement maintenue.
- L. D.
- Supports de plaques d’accumulateurs, système G. Fabro (1 2).
- Le premier modèle de cet appareil (fig. 1 et 2) se compose de deux traverses en bois A et B assemblées, à jeu libre, par des boulons f enfilés dans des cylindres creux en caoutchouc qui maintiennent l’écartement en même temps qu’ils assurent une certaine élasticité au support. Les con-
- (1) Brevet anglais, n° 1.1732, demandé le 29 mai 1896, accordé le 10 avril 1897.
- (2) Brevet anglais, n° 8320, demandé le 21 avril 1896, accordé le 10 avril 1897.
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- T. XIV. -N» 2.
- 72 L’ÉCLAIRAGE
- nexions s’établissent à l’aide de la fourche g qui reçoit la queue de l’accumulateur, et dont la tige, faite d’un métal conducteur, porte le câble connecteur h. Ce support est particulièrement destiné aux accumulateurs employés pour la traction mécanique. '
- Le second modèle, que représentent les figures 3 à 5, se compose d’une traverse supérieure c, faite de deux pièces articulées en et ayant leurs extrémités libres engagées dans la fourche I). La plaque à supporter, en appuyant sur cette fourche, provoque le serrage des griffes <?,<? contre la queue de la plaque, de sorte qu’on obtient un contact d’autant meilleur que le poids de cette plaque est plus grand et, par suite, que sa capacité est plus considérable. Ce dispositif convient seulement, pour les accumulateurs à poste fixe, car toute secousse, en provoquant le desserrage des griffes, ferait varier la résistance du contact. L. D.
- Quelques expériences sur l’arc alternatif;
- Par Ch.-F. Smith (p.
- Dans quelques expériences pour la détermination des courbes de courant et de différence de potentiel d’un arc alternatif, l’auteur s’est servi d’un dispositif de contact qui paraît
- très pratique parce qu’il peut s’adapter à une dynamo quelconque.
- (') TLv Eleclririnu, 22 octobre 1897.
- ÉLECTRIQUE
- Un petit arbre s jlïg. i) est pressé par son extrémité terminée en pointe carrée dans la cavité centrale qui se trouve toujours à l’extrémité de l’arbre d’une dj’namo ou d’un moteur. Cet arbre auxiliaire tourne par son autre extrémité sur la pointe d’une vis. Il porte sur un manchon fou deux disques en bois di et d.2, dont l’un d{ est solidaire du manchon, tandis que l’autre di s’engage sur ce manchon à frottement dur. Le disque dt porte sur sa circonférence une bague métal-
- lique, le disque d2 est muni d’un contact, lequel, par un ressort, est toujours en relation avec la bague du premier disque. Lorsqu’on pousse l’ensemble des deux disques vers l’arbre de la dynamo, un doigt fixé sur cet arbre s’engage dans une cavité du disque dt et entraîne les deux disques dans son mouvement. A la circonférence de chaque disque frotre un balai. Pour changer la phase du contact sans arrêter la dynamo, on fait glisser le manchon sur l’arbre s pour le désembrayer et on tourne le disque d2 de l’angle voulu par rapport au disque dr
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- Les courbes déterminées à l’aide de ce dispositif en faisant usage d’un voltmètre à fil chaud et d’une résistance non inductive sont représentées parles ligures 235. Les courbes en trait plein sont celles de la différence de
- Fig- 4-
- potentiel aux bornes de l'arc, les courbes en pointillé représentent l’intensité de courant. La figure 2 donne la courbe du voltage de la machine travaillant sur une résistance sans self-induction.
- La fréquence était de 100 périodes par seconde, et dans les différentes expériences l’arc était toujours formé entre des crayons du même diamètre, 11 mm; mais la figure 3
- est obtenue avec deux crayons a mcche, la figure 4, avec un crayon plein et un crayon inférieur à mèche, et la figure 5, avec deux crayons pleins.
- Les quatres courbes, par la gradation de
- la déformation, montrent nettement l’influence de la mèche des crayons dont la présence semble favoriser l’établissement du courant après chaque inversion. Dans la figure 5, le voltage atteint une valeur élevée pendant que le courant est encore très faible, exactement comme si la colonne d’air offrait une résistance que le voltage devrait rompre après chaque inversion du courant.
- Il est à remarquer qu’il ne se produit pas de différence de phase entre le voltage et le courant, mais comme les maxima des courbes ne sont pas simultanés, la puissance apparente est très differente de la puissance réelle. Dans le cas des deux crayons pleins, par exemple, le quotient des volt-ampères par les watts réels est d’environ 1,25.
- Les differentes courbes ne sont pas dessinées à la même échelle; l’échelle de la courbe 5 est plus petite que celle des courbes 3 et 4 dans le rapport de 0,72 à 1. Pour les courbes 3, 4 et 5, le voilage moyen aux bornes de l’arc avait les valeurs respectives 36,
- 39,5 et 45- A. H.
- La décomposition, électrolytique des chlorures de sodium et de magnésium ;
- Par M. C. Beebe(’)
- L’auteur débute par l’historique des essais faits pour rendre industrielle la production des hvpochlorites alcalins par l’électrolyse. Il examine successivement les appareils, les propriétés colorantes et désinfectantes des solutions obtenues, les réactions probables qui ont lieu dans l’électrolyseur, et enfin les tentatives faites pour obtenir des anodes peu coûteuses et durables.
- Toutes ces questions sont tbien connues de nos lecteurs, La Lumière Electrique et L'Eclairage Electrique ayant constamment suivi l’application de l’électricité a la désinfection et au blanchiment depuis que cette application est née. Cependant et précisé-
- (•) The Wisconsin Engineer, t. J, p. 574-588. Extrait d’une thèse reçue avec « spécial lionars ».
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- ment à cause des nombreux articles qui leur ont été consacrés, il n’est peut-être pas inutile d’en rappeler les principaux points, et c’est ce que nous allons faire en prenant pour guide le travail de M. Becbe.
- Avec juste raison, l’auteur considère l’élec-trolvseur de M. Hermîte comme le premier appareil réalisant industriellement la fabrication électrolytique des hypochlorites. Comme nos lecteurs le savent, cet appareil consiste en un récipient de fer galvanisé dans lequel la décomposition électrolytique s'effectue entre des anodes en toile de platine fixée sur une monture d’ébonite et des cathodes en zinc. Ces cathodes, qui ont la forme de disques, tournent constamment autour d’un axe ; des racleurs frottent contre elles, de manière à enlever un dépôt blanc adhérent qui, s’il n'est pas enlevé, augmente considérablement la résistance de l’appareil ; ce dépôt est probablement un hydrate de magnésium résultant de la réaction suivante :
- MgCr-O- + 2H*0 — .MglLO2 + 2IICIO.
- L’électrolyte employé est, quand on le peut, l’eau de mer; à défaut d’eau de mer, on prend une solution contenant 5 gr de chlorure de magnésium et 50 gr de chlorure de sodium par litre. Le liquide, amené au fond du récipient électrolytique par un tuyau perforé, passe entre les électrodes, s’échappe par la partie supérieure du récipient, agit sur les matières à blanchir ou à désinfecter et retourne à l’appareil électrolyseur. La résistance de l’clectrolyseur est d’environ 0,00122 ohm.
- Quant à la puissance requise, elle s’établit facilement, sachant qu’un appareil de dimensions moyennes, capable de produire 1000 gr de chlore par heure, demande un courant de 1200 ampères avec une différence de potentiel de 5-,5 ou 6 volts (théoriquement la quantité de chlore libéré par ampère-heure devrait être de 1,32 gr\ D’après M. Hermlte lui-même, il faut dépenser 10 chevaux pendant 24 heures pour produire une quantité de solution équivalente à 100 kgr de chlorure de chaux sec.
- Un Américain, M. A.-E. Woolf, de New-York, s’est également beaucoup occupé de la fabrication électrolytique des hypochlorites. Son système, expérimenté dans plusieurs usines, ne diffère guère du procédé Hermite : Jes anodes sont également en platine allié à
- 5 p. 100 d’iridium, la densité de courant est d’environ 16 ampères par décimètre carre d’anode. Le rendement pratique aurait etc, d’après AI. Woolf, de 0,97 gr de chlore actif par ampère-heure, la différence de potentiel entre les bornes de l’électrolyseur étant de
- 6 volts environ.
- Pour l’application des hypochlorites à la désinfection, de nombreux essais ont été faits avec l’appareil Hermite. Parmi ces essais, M. Rcebe cite ceux effectués à Worthing, en Angleterre, qui ont montré qu’une solution contenant 0,25 gr de chlore actif par litre détruit toute mauvaise odeur des eaux d’égout, mais que pour la stérilisation de ces eaux il faut au moins 0,75 gr. de chlore par litre. Le docteur Ruffers a montre d’ailleurs que le pouvoir stérilisant d’une solution dépend du temps qui s’écoule entre sa préparation et son emploi : ainsi il a reconnu qu’une solution contenant 0,5 gr de chlore par litre n’en contient plus que 0,05 après 24 heures, soit 90 p. 100 de perte; quant aux solutions plus concentrées, elles sont plus stables, car une solution contenant 1,05 gr de chlore par litre ne perd que 7 p. 100 de cette quantité pen-
- 1 danr le même temps.
- 1 Les essais et expériences relatives au blanchiment par les hypochlorites électrolytiques sont encore plus nombreux. Un point intéressant mis en évidence par ces recherches est que, à titre chlorométrique égal, un hypo-chlorite préparé par l’électrolyse a un pouvoir décolorant plus grand qu’une solution du mêmchypochlorite préparé par voie chimique, ce qui semble indiquer que dans l’électrolyse il se forme quelque composé oxygéné du chlore possédant des propriétés décolorantes, mais n’agissant pas sur l’acide arsénieux employé dans les déterminations chloromé-
- i triques.
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- MM. Cross et Bcvan, qui se sont beaucoup occupés du blanchiment par le procédé Her-mite, ont fait quelques essais comparatifs sur le mode d’action des solutions électrolytiques et des chlorures décolorants chimiques. Ils ont reconnu qu'avec ces derniers il y a combinaison du chlore avec les constituants de la fibre soumise au blanchiment: avec les chlorures de chaux et de soude, 26 p. 100 du chlore sont employés ainsi; avéc l’hypochlo-rite de magnésium, la proportion est de 14 p. 100. Avec les liqueurs électrolytiques, le chlore n’agit que par oxydation, car on retrouve, après le blanchiment, tout le chlore à l’état de chlorure dans la liqueur.
- Deux Russes, MM. Ltdoff et Tikcomroff, ont, dès 1883, comparé les pouvoirs décolorants de diverses solutions obtenues par l’électrolyse et de dissolutions de chlorures de potassium, de sodium et de calcium. Ils ont constaté que les solutions potassiques sont préférables : en représentant par 100 le pouvoir décolorant de celles-ci, celui ejes solutions sodiques est 73 et celui des solutions calciques est 24.
- Des expériences comparatives ont etc faites par M. Saget avec la solution Hermite, la solution Gebauer et Knoeffler (résultant de l’électrolyse du chlorure de sodium seul) et le chlorure de chaux ordinaire agissant sur la cellulose. Dans une première série d’expériences, le tissu était complètement immergé dans le liquide et exposé au soleil ; dans ces conditions, les solutions Hermite devaient contenir au moins 0,2 gr de chlore par litre, les solutions Gebauer et Knoeffler 0,25 gr et les solutions de chlorure de chaux 0,54 gr pour qu’il y ait formation d’oxycellulose : la solution Hermite était donc la plus active. Dans une seconde série, le tissu n'était que partiellement immergé, le liquide l'imprégnant par capillarité; le chlorure de chaux était alors le plus actif, l’oxycellulose se formant dans des dissolutions de ce corps renfermant seulement 0,3 gr de chlore par litre, tandis qu’il ne s’en formait pas dans les solutions électrolytiques du même titre.
- M. Beebe conclut que des recherches nouvelles seraient utiles pour fixer sûrement sur les valeurs relatives des pouvoirs décolorants des diverses solutions employées dans le blanchiment.
- Passant à l'examen des réactions qui se produisent dans l’électrolyse des solutions de chlorure de sodium, M. Beebe est obligé d’avouer que sur cette question onn’est guère plus avancé et que les opinions diffèrent. Il est probable, dit-il, que les réactions suivantes se reproduisent simultanément : i° Electro-lyse de NaCl avec formation de NaOH, H et Cl ; 20 Electrolyse de NaOH avec formation de H et O; 3° Formation de NaCiO par l’action de Cl sur NaOH; 40 Formation de NaCiO* par oxydation de NaCIO ; 50 Élec-trolyse de NaCiO avec formation de NaOTi, H, HCiO et O; 6° Electrolyse de NaCiO* avec formation de NaOH, H, HCIO et O; 7° Réduction à la cathode de NaCiO en NaCl; 8° Réduction à la cathode de NaCiO3 en NaCl. Quant à l’influence de la température sur la nature des réactions, elle est hors de doute, car il a toujours été constate que la quantité de chlore utile produite par ampère-heure est plus grande quand la température est inférieure h 20° que lorsqu’elle est supérieure : on admet, ou bien que l’électrolyse donne naissance à une plus grande quantité de chlorate quand la température est élevée ou bien que l’hypochlorite formé par l’électrolyse est alors plus rapidement transformé en chlorate. La proportion de chlorate formée à une même température paraît d’ailleurs dépendre elle-même de la nature du chlorure soumis a l’action du courant, et d’après M. Fitzgerald le chlorure de magnésium serait celui des chlorures essayés qui donne la plus grande proportion de chlorate (résultat qui conduit M. Fitzgerald à regarder comme défectueux l’emploi de ce chlorure dans le procédé Hermite).
- M. Beebe termine son historique en signalant les essais tentés pour remplacer le platine des anodes Hermite par un corps-moins coûteux. Il rappelle que, le charbon, de cor-
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. — N° 2.
- nue n’ayant pas donné de résultats satisfaisants, M. Fitzgerald a proposé l’emploi d’anodes en lithanode, substance obtenue par une compression énergique d’un mélange de sulfate d’ammonium et de litharge : cette substance est transformée tout d’abord en peroxyde de plomb, et, une oxydation plus complète ne pouvant avoir lieu, elle se maintient sans altération dans le bain élcctrolytique.
- Après cet historique, M. Beebe décrit les expériences qu’il a faites dans le but d’élucider les points suivants :
- i° Quelle est la puissance nécessaire pour la production électrolytique des hypochlo-rites de sodium et de .magnésium ?
- 2° Quelle est l’influence de la densité de courant sur la quantité d’hypochlorite produite avec une puissance donnée ?
- 3° Quelle est l’influence de la densité de l’électrolyte?
- 4" Comment varie le rendement avec la température ?
- 5° Quelle est la teneur en hypochlorite qui correspond au maximum d’économie ?
- Les cuves élecirolyliques employées le plus souvent dans ces essais étaient des vases en verre ayant 15 cm de large sur 23 de long et 20 de hauteur; dans ces vases plongeaient des électrodes en charbon de 15 cm de large. 25 de hauteur et g d’épaisseur. Pour avoir un bon contact entre ces électrodes et les conducteurs, une des extrémités de chaque plaque de charbon était percée de deux trous, recouverte ensuite de cuivre électrolytique que l’on étamait, puis trempée dans du plomb fondu. La distance entre les électrodes variait d’une expérience à l’autre. Généralement les électrodes plongeaient de 15 cm dans l’électrolyte.
- Six de ces cuves contenant des solutions de nature et de densité différentes étaient ordinairement placées en série de manière à avoir la même densité de courant, qu’on faisait d’ailleurs varier d'une expérience à l’autre. Dans chaque expérience on mesurait la différence de potentiel aux bornes, l’inten-
- sité du courant, la température, et enfin, par un essai à l’acide arsénieux, la quantité de chlore actif.
- Pour la comparaison des résultats on calculait la quantité de chlore actif par ampère produite à différents moments de l’expérience, calcul d’ailleurs très simple et consistant à multiplier le poids de chlore par litre déterminé par l’essai chlorométrique par le nombre de litres de solution soumis à l’électrolysc, et à diviser ce produit par l’intensité du courant exprimée en ampères. On traçait ensuite des courbes en ponant en abscisse le temps et en ordonnée le poids de chlore par ampère correspondant à ce temps.
- Parmi les nombreux résultats obtenus par l’auteur, nous signalerons les suivants :
- 1* Avec une solution de chlorure de sodium à 13 p. 100, le poids de chlore actif produit par ampère est a peu près proportionnel au temps lorsque la densité de courant est de 1,5 ampère par cm2, ce poids étant d’environ 0,5 gr par ampère-heure ; pour une densité de courant de 7,5 ampères par cm‘% le poids par ampère-heure est plus grand au début (0,8 gr au bout de la première heure, 0,75 au bout de la seconde heure), mais décroît rapidement, sans doute à cause de réchauffement plus rapide de la solution et de la production de chlorate qui en est la conséquence ; pour des densités de courant intermédiaires, le poids de chlore par ampère-heure ne dépasse que très peu au début le poids 0,5 gr trouvé avec la première densité, et il décroît bientôt.
- 20 Avec une solution de chlorure de sodium à 25 p. 100 (solution presque saturée), le poids de chlore par ampère-heure est de près de 1 gr pendant les deux premières heures, pour des densités de courant de 3,6 et 13,5 ampères par cm2, mais ce poids diminue ensuite et, contrairement à ce qu’on pourrait penser, diminue plus vite pour la première densité de courant que pour la seconde.
- 3° Avec une solution de chlorure de sodium à 20 p. 100 et pour une densité de courant de 4,5 ampères par cm2, le poids de chlore
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- par ampère-heure dépasse i gr même au bout de quatre heures; avec une densité de courant de 9 ampères par cm2 les résultats sont encore plus satisfaisants au début de l’éiectrolyse, mais le rendement par ampère-heure diminue ensuite et pendant la troisième heure il 11’est plus que de 0,5 gr.
- 40 Avec des mélanges de chlorure de sodium et de magnésium en proportions diverses mais différentes de celles indiquées par Hermite, le rendement par ampère heure est plus grand pour les faibles densités de courant que pour les fortes, meme au début de l’éiectrolyse. Les résultats sont donc un peu differents de ceux trouvés avec les solutions de sel marin a 13 p. 100, puisque pour celui-ci le rendement par ampère est, au début de Félectrolyse. plus grand pour des courants intenses que pour des courants faibles.
- 5° Avec des solutions de chlorure de sodium et de magnésium dans des proportions voisines de celles indiquées par Hermite, le poids de chlore par ampère-heure est plus grand pour les fortes densités de courant (20 amp : cm-) que pour les faibles (6 amp : cnr:, après 7 ou 8 heures d’électrolyse, tandis qu’au début de l’éiectrolyse, c’est l’inverse qui a lieu.
- M. Beeb'c a en outre vérifié que la force contre-électromotricc de polarisation de diverses solutions polarisées par des courants de densités très différentes, qu’il mesurait au moyen d’un voltmètre à très grande résistance ou par la méthode du condensateur avec galvanomètre balistique, était indépendante de la densité de courant et égale à 2,3. Il a reconnu de plus qu’avec des cathodes en zinc, cette force contre-élcctromotrice est sensiblement la même qu’avec les cathodes en carbone.
- De ces résultats, M. Beebe déduit les conclurions qui suivent :
- iu Le poids de chlore actif produit n’est pas proportionnel à l’énergie dépensée.
- 20 Le poids de chlore actif produit par
- ampère-heure dépend beaucoup de la température de l’électrolyte ; il éprouve une diminution considérable vers 50" C.
- 3° Il dépend également de la quantité de produits de décomposition déjà formés dans l’électrolyte.
- 4° Il dépend dans une large mesure de la densité de la solution électrolytique, et est plus faible pour les solutions étendues que pour les solutions concentrées.
- 5° L’effet de la densité du courant sur le rendement n’est pas bien défini : dans quelques cas une grande densité de courant augmente le rendement ; dans d’autres, c’est l’inverse qui a lieu.
- 6° Si la température de l’électrolyte est maintenue au-dessous de 70 C, on peut parvenir à une concentration correspondant à 9,7 gr de chlore actif par litre et à un rendement de 0,9 gr par ampère-heure, avec une solution de chlorure de sodium de densité i,ioo. Avec uns solution Hermite ou une solution ayant à peu près la même composition, il est possible d’obtenir, avec des électrodes de carbone, une concentration correspondant à 8,8 gr de chlore actif par litre avec un rendement de 0,58 gr par ampère-heure ; dans les mêmes conditions on peut arriver à un rendement de 0,7 gr par ampère-heure, mais pour une concentration de 6.8 gr de chlore actif par litre. Ces résultats sont beaucoup plus élevés que ceux obtenus par An-dreoli, d’après lesquels il serait impossible d’avoir plus de 3 gr par litre avec la solution Hermite.
- 7° Les électrodes decharbon sc désagrègent plus vite dans une solution étendue que dans une solution concentrée.
- 8° Si l’on renverse fréquemment le sens du courant, comme on l’a proposé pour diminuer la polarisation de la résistance du dépôt qui se forme sur la cathode, on diminue considérablement le rendement.
- 9° La polarisation, pour un. électrolyte d’une densité donnée et maintenu à une température, donnée, est indépendante de la densité de courant.
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- En terminant, l’auteur ajoute que, faute de temps, il n'a pu déterminer quantitativement la désagrégation des électrodes, mais qu’il a pu constater que cette désagrégation se produit plus rapidement sur les bords et à la partie inferieure des électrodes que dans le voisinage de la ligne d’affleurement, contrairement à ce qu’avait observé Hermite.
- Ces expériences permettent de calculer la dépense nécessaire pour produire, dans des conditions données, une solution renfermant
- un poids fixé de chlore actif ; mais comme le pouvoir décolorant et désinfectant des hypo-chlorites électrolytiques n’est pas, comme il a été dit, le même que celui des hvpochlo rites préparés par voie chimique de titre chlorométriquc égal, ces expériences ne peuvent encore permettre de calculer le coût relatif de solutions électrolytique et chimique de même pouvoir décolorant. Aussi AI. 13eebe insiste-t-il pour que de nouveaux essais soient dirigés dans ce but. J. R.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Conductibilité des radioconducteurs ou conductibilité électrique discontinue. — Assimilation à la conductibilité nerveuse;
- Par Édouard Branly (').
- « Les substances conductrices discontinues forment un groupe extrêmement étendu. Tantôt la discontinuité est nettement apparente, tantôt elle pourrait passer inaperçue. Elles se reconnaissent toutes à ce que leur résistance éprouve une diminution sous diverses influences électriques, particulièrement sous l’action des étincelles à distance. La résistance primitive reparaît par le choc et par la chaleur. Ces substances se relient aux conducteurs continus par des intermédiaires tels que les lames métalliques minces qui n’offrent qu'à un faible degré les variations de conductibilité si considérables des limailles métalliques et des agglomérés à gangue isolante. En réalité, il n’y a pas de séparation absolument tranchée entre les deux groupes de conducteurs, continus et discontinus, et le conducteur discontinu à grains contigus noyés dans un milieu isolant peut être regardé comme le type du conducteur quel qu’il soit. Dans un bloc métallique, la compression a extrêmement réduit le milieu isolant qui
- T Comptes rendus, t. CXXY, p. 1163, séance du 27 dé cembre 1897.
- entoure chaque grain et les variations de conductibilité ne s’observent plus que sous l’action de la chaleur. Dans les conducteurs visiblement discontinus, la matière isolante maintient les grains conducteurs à une distance appréciable les uns des autres, et lorsque la matière isolante est en proportion suffisante, les variations de conductibilité, au lieu d’être persistantes, comme elles le sont en général avec les limailles métalliques, disparaissent immédiatement après avoir été provoquées par l'étincelle; enfin, pour une proportion plus grande encore de l’isolant, elles finissent par ne plus avoir lieu, même par l’application directe de violentes décharges.
- » Si la plupart des substances discontinues étudiées jusqu’ici ont une origine artificielle, il ne s’ensuit pas que les phénomènes auxquels elles donnent lieu ne puissent pas rencontrer des analogues dans les phénomènes naturels. Je me propose d’en donner un exemple dans cette communication.
- » Dès les premières recherches sur le fonctionnement du système nerveux, il a paru naturel d’admettre entre la conductibilité nerveuse et la conductibilité électrique une ressemblance qui a été exprimée par le terme de courant nerveux. Le système nerveux passait alors pour constituer un tout dont les diffé-
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- rentes parties étaient continues. Mais, dans ces dernières années, les recherches histologiques ont fait voir que le système nerveux est formé de neurones, cléments discontinus, sans soudures entre eux, qui ne sont en rapport que par leurs extrémités ramifiées et par contiguïté. Il en résulte que l’onde nerveuse se propage par contiguïté et qu’elle est arrêtée par un défaut de contiguïté. Si l’assimilation du système nerveux h un système de conducteurs métalliques n’est plus possible, une analogie frappante se présente entre le système nerveux et un conducteur discontinu. Un neurone se comporte comme un grain métallique d’un conducteur discontinu.
- » Plusieurs raisons, déduites de la comparaison dans certains cas du fonctionnement des conducteurs discontinus et de celui des neurones, paraissent justifier cet essai d’assimilation.
- >> De même que le choc affaiblit et fait meme disparaître la conductibilité des conducteurs discontinus, de même le traumatisme produit l’anesthésie et la paralysie hystériques, dues à une suppression de la transmission, soit sensitive, soit motrice, de l’influx nerveux, et, par conséquent, à un défaut de contiguïté des terminaisons nerveuses.
- » D’autre part, de même que les oscillations des décharges électriques établissent la conductibilité clés substances conductrices discontinues, ne voyons-nous pas ces décharges agir de la façon la plus efficace pour guérir l’anesthésie et la paralysie hystériques, ce qui conduirait à penser qu’elles ont pour efiet de déterminer dans l’un et l’autre cas la contiguïté ou une modification équivalente à la contiguïté des éléments.
- » Le parallélisme entre les effets du choc et des étincelles sur les radio-conducteurs et sur le système nerveux hystérique se poursuit dans la susceptibilité de réagir sous une action faible après qu’une action forte a produit un premier ell'et, ce que j’ai appelé la sensibilisation par un premier effet dans ma note du 6 décembre dernier.
- » Les décharges de haute fréquence et les oscillations électriques qui les accompagnent sont éminemment aptes à rendre conducteurs les conducteurs discontinus; nous les voyons, d’autre part, d’après les observations de MM. d’Arsonval et Apostoli, exercer un effet thérapeutique manifeste sur les affections causées par le ralentissement de la nutrition. Si ces affections sont nerveuses et peuvent être attribuées à une transmission imparfaite de l’influx nerveux, on est autorisé à supposer que les oscillations électriques agissent en rétablissant entre les éléments nerveux une contiguïté qui était devenue insuffisante.
- » J'ai montré autrefois que des courants continus d’une force électromotrice suffisante produisent par leur transmission dans les radioconducteurs les mêmes effets que les décharges électriques à distance ; cette action des courants continus est soumise aux mêmes lois générales que l’action des décharges électriques : persistance, disparition par le choc et par la chaleur; en outre, une première excitation par une pile d’une grande force électroniotrice détermine également après le retour la susceptibilité d’excitation par une pile d’une force électromotrice notablement moindre et graduellement décroissante (sensibilisation). Les courants continus agissant également sur le système nerveux, il y aurait lieu de rechercher si leur mode d’action dans les affections où ils ont été reconnus efficaces présente les mêmes particularités que sur les radioconducteurs.
- » Je n’insiste pas sur le rôle de la substance intermédiaire entre les neurones et entre les grains métalliques, ni sur le mécanisme par lequel s'établit la transmission. L’incertitude est trop grande dans le cas des neurones, aussi bien que dans le cas des conducteurs discontinus, pour que la concordance des hypothèses offre de l’intérêt.
- » Ces quelques aperçus ne sont pas de nature à permettre d’affirmer autre chose qu’une analogie d’effets, mais ils sont susceptibles de guider dans le choix des modes électriques à employer dans différents cas
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- (effluves, étincelles, etc.), et de provoquer des interprétations dont l’électrothérapie pourrait peut-être tirer parti. »
- Sur les impuretés de l’aluminium et de ses alliages;
- Par Ed. Defacqz (‘).
- « Depuis quelques années, on s’est beaucoup occupé des impuretés de l’aluminium, celles-ci modifiant quelquefois profondément les propriétés de ce métal. M. Moissan (*) a montré quel rôle important jouaient l’azote, le carbone et surtout le sodium ; ces corps ne sc rencontrent plus que rarement dans l’aluminium industriel, mais on y trouve encore du silicium, du fer et du cuivre ; il nous a paru intéressant de rechercher sous quelle forme se trouvaient ces divers éléments.
- » Pour cela, nous avons choisi de l’aluminium préparé par électrolyse et aussi pur que possible et un alliage de ce métal à 3 p. ioo de cuivre ; nous avons traité ces échantillons par les acides faibles (acides chlorhydrique au ou au —, eau régale de même concentration) et nous avons examiné les résidus.
- » Aluminium. — Nous avons pris 400 gr d’aluminium que nous avons attaqué par de l’acide chlorhydrique au (200 cm3 d’acide pour un litre d’eau) d’abord à froid, puis au bain-marie, jusqu’à ce qu’il ne se produise plus aucune attaque ; on obtient, dans ces conditions, un résidu de couleur marron, et 11 litres d’acide étendu sont nécessaires; 011 place le tout dans un grand flacon, on laisse déposer et on lave par décantation; les premiers lavages s’effectuent facilement, mais bientôt le précipité ne se dépose que très lentement ; on decante une dernière fois après avoir constaté que les eaux ne dis-
- ('jComptes rendus, t. CXXV, p. 1174, séance du 27 décembre 1897.
- (2j H. Moissan, Impuretés de l'aluminium industriel, Comptes rendus, t. CX1X, p. 12.
- ÉLECTRIQUE
- solvent plus rien, on filtre à la trompe et l’on sèche à 1 io°.
- » Examen de la liqueur. — La liqueur examinée qualitativement contient, outre de l’aluminium, du fera l’état de chlorure ferreux, et de la silice : cette dernière a été dosée, et l’on a trouvé en silice 0,06 p. 100 du métal employé, correspondant à 0,028 p. 100 de silicium.
- « Partie insoluble. — C’est une poudre brun chocolat paraissant homogène sous le microscope. La chaleur jusqu’au rouge sombre ne l’altère pas, mais à partir de cette température elle devient grisâtre : elle s’oxyde fortement. Elle est insoluble dans l’eau et dans les acides chlorhydrique, azotique, sulfurique : elle est attaquée par l’acide fluorhy-drique, le mélange nitrofluorhydrique la dissout très rapidement en laissant un léger résidu contenant du fer, de l’aluminium et des traces de cuivre. M. Vigouroux a montré (') que ces propriétés étaient celles d’un silicium impur.
- » Analyse. — Nous avons employé la méthode indiquée par M. Vigouroux : la substance est attaquée par un mélange d’azotate et de carbonate de potassium (6 p. 100 de carbonate pour 4 p. 100 d’azotate), et l’on continue comme pour un silicate ; on obtient la silice totale, le fer, l’aluminium, le cuivre; une attaque au chlore avec les précautions indiquées donne la silice préexistant dans la substance primitive; la différence des deux nous donne celle provenant du silicium.
- » Nous avons trouvé ainsi :
- Perte à 250" dans le vide. 9,26 9,41
- SiO2...................... 17,14 17»6 3
- Si............................ 66,29 66,50
- Fe-O3.......................... 1,69 1,42
- A1203.......................... 5,38 4.91
- Cu........................ traces traces.
- » Alliage d’aluminium et de cuivre.— Celui
- p) Vigoukoux, Thèse de doctorat, u° 881, p. S et suivantes.
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- dont nous nous sommes occupé contient 3 p. too de cuivre.
- » I. Action de l’eau régale. — Nous avons dissous 200 gr d’alliage dans de l’acide chlorhydrique au ; l’attaque, qui commence à froid, est terminée au bain-marie. On place le tout dans un ballon de io lit, et l’on ajoute 500 cent;i d’acide azotique ; le précipité abondant, insoluble dans l’acide chlorhydrique seul, se dissout en partie pour donner un résidu brun chocolat, la solution se colore fortement en bleu ; après quelques minutes d’ébullition, on laisse déposer et l’on décante ; la partie insoluble est lavée par décantation et, après plusieurs lavages et quand les eaux ne dissolvent plus rien, on filtre à la trompe; cette filtration est très difficile et l’on est obligé de perdre un peu de matière. (On peut éviter cet inconvénient en ajoutant aux eaux de lavage du chlorhydrate d’ammoniaque.)
- » Partie liquide. — La liqueur est analysée qualitativement : on y trouve de l’aluminium, du cuivre, du fer et de la silice ; celle-ci dans la proportion de : en silice, 0,21 p. 100 du métal employé, ce qui correspond à 0,08 p. 100 de silicium.
- » Résidu. — Le résidu, séparé, comme nous l’avons indiqué, est séché à l’étuve h no°; c’est une poudre marron chocolat, un peu plus foncée que celle provenant du métal ; comme elle, elle ne perd toute son eau d'hydratation que vers le rouge sombre sans être altérée ; vers 500° à 6oo°, elle devient gris noirâtre, elle s’oxyde ; elle est insoluble dans les acides chlorhydrique, azotique, sulfurique-partiellement soluble dans l’acide iluorhy-drique : elle est complètement attaquée par le mélange nitrofluorhydrique, sauf un léger résidu.
- » Analyse. — Effectuée comme précédemment, l’analyse a donné les résultats suivants :
- Perte à 250“ dans le Vide. 8,35 8,03
- SiO*...................... 18, ?7 19
- Si........................... 66.01 64.65
- Fe203 ........................ 2.08 3.04
- A1203 .................... traces traces
- CuO........................... 5-20 5.42
- » Action de l'acide chlorhydrique. — Quand on traite l’aluminium 33 p. 100 de cuivre par l’acide chlorhydrique au ~ , on obtient un résidu abondant d’une belle couleur rouge brun ; nous avons attaqué 200 gr de cet alliage, et le résidu, séparé du liquide, a été lavé par décantation, avec de l’eau bouillie puis refroidie à l’abri de l’air; quand les lavages sont terminés, on filtre à la trompe et l’on sèche à no0: ces lavages sont très difficiles : une partie de ce résidu s’altère et reste en suspension dans les eaux de lavage.
- » Partie liquide. — La liqueur est incolore, mais, au bout de quelque temps, au contact de l’air, elle devient bleu clair ; l’analyse qualitative révèle la présence du cuivre au minimum, de l’aluminium, du fer et de la silice; celle-ci dans la proportion en SiO- de 0,045 p. 100 de métal employé, ce qui correspond à 0,021 p. 100 de silicium.
- » Partie insoluble. — C’est une poudre , rouge brun qui, examinée au microscope, n’est pas très homogène ; soumise à l’action de la chaleur, bien avant le rouge, elle brûle comme de l’amadou, puis devient noire en s’oxydant.
- » Analyse. — Pour l’analyser on la dissout dans l’eau régale ; la partie dissoute est calcinée puis fondue avec du carbonate de sodium ; on reprend par l’eau, on acidulé, on réunit les deux liqueurs ; 011 insolubilise la silice; on la dose, ainsi que le cuivre, le fer et l’aluminium.
- » Nous avons trouvé :
- Cu total
- SiO3 . .
- Fe20:i. .
- A1203 . .
- 85,78 80,05
- 3-5« 343
- 0,58 0,65
- 0,85 pas dosable
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- JL L’ÉCLAIRAGE
- » Conclusions. — Le résidu obtenu en dissolvant l’aluminium dans l’acidc chlorhydrique possède les propriétés du silicium impur.
- « Celui obtenu par l’action de l’eau régale étendue sur l’alliage à 3 p. 100 de cuivre est de môme un silicium très impur.
- » Celui que l’on obtient par l’action de l’acide chlorhydrique au — sur le même alliage est un mélange complexe, peu homogène, de cuivre, de silicium, de fer et d’aluminium.
- » Les liqueurs contiennent de la silice provenant probablement de la décomposition des siliciures de fer, de cuivre et peut-être d’aluminium, qui accompagnent, en petites quantités, le métal.
- » En résume tous ces résidus sont des mélanges complexes, leur oxydabilité est très grande 3 certains fixent l’oxygène de l’air sur le filtre même à la température ordinaire ; de plus, dans l’attaque de l’aluminium ou de ses alliages, ces impuretés du métal se divisent inégalement entre le précipité et la partie liquide : 011 ne peut donc songer à utiliser comme procédé de dosage cette attaque de l’aluminium par les acides étendus f1). »
- Mesure du pouvoir inducteur et de l’absorption
- électrique des substances en petite quantité au
- moyen des ondes électriques dans les fils ;
- Par P. Drude (2).
- Les ondes électriques sont produites par un excitateur de Blondlot dont la construction et les dimensions ont été données dans les mémoires précédents (s) : les ondes ont dans l’air une longueur de 72 cm environ. La méthode de mesure est en principe analogue à celle de Lccher, mais modifiée de manière à en accroître la sensibilité et la précision. Le tube indicateur, au lien d’être placé sur les
- (1) Ce travail a été fait au laboratoire des Hautes Etudes de M. Moissan. à l'Ecole supérieure de Pharmacie.
- (2) Wied. Ann., t. LXI, p. 466-5 io.
- (s) L’Éclairage Électrique, t. XI, p. 129.
- ÉLECTRIQUE
- armatures du condensateurterminal, est placé sur les fils, à l’endroit du premier ventre de vibration, derrière le pont B, qui garde une position fixe. On obtient la résonance en faisant varier la longueur des fils comprise entre le condensateur et le pont. La luminescence du tube dépend alors, non de la capacité du condensateur (autant qu’on suppose celui-ci dépourvu d’absorption}, mais de la différence de phase entre l’onde incidente et l’onde réfléchie. La partie du système située derrière le pont B (secondaire) est en résonance avec la partie située en avant (primaire) mais c’est la première vibration harmonique du secondaire qui est mise en résonance avec la vibration fondamentale du primaire, par le changement de la self-induction.
- Si la capacité du condensateur est très grande, il agit comme un pont métallique et quand le tube présente le maximum d'éclat, la distance entre le condensateur et le pont est égale à un multiple de la demi-longueur d’onde, soit par exemple à---X. Si on diminue la capacité, il faut pour rétablir la résonance allonger le système en arrière de B d’une longueur/, laquelle devient égale à — ^ quand la capacité du condensateur est réduite à o. Ce réglage / varie avec la capacité, relation qui sera calculée plus loin. Puisque le pont B reste fixe, la période d’oscillation reste la même, et si en remplissant le condensateur successivement avec deux liquides, on obtient le même réglage, ces deux liquides ont le même pouvoir inducteur.
- F,g. 1.
- L’appareil lui-même est représenté schématiquement par la figure 1. Les deux fils de cuivre maintenus rigides par le morceau d’ébonite S, peuvent glisser facilement dans
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- «3
- les tubes MM. La pièce S glisse sur deux coulisses de métal, dont l’une porte une graduation en millimètres, sur laquelle glisse un index fixé à S. Les fils de cuivre se terrtii-nent dans deux petits creux pratiqués dans l’ébonite et renfermantune goutte de mercure. Les fils du condensateur reposent dans les rainures transversales RR et plongent aussi dans les gouttes de mercure ce qui leur assure une bonne communication métallique avec les premiers fils.
- Le condensateur doit avoir une capacité très petite, sans quoi il agit comme un pont métallique. Comme le pouvoir inducteur des liquides à expérimenter varie de 2 à 88, il. faut au moins deux condensateurs de capacité différente (quand ils ne renferment que de l’air). Ce sont de petits ballons de verre (fig. 2 et 3) dans lesquels sont scellés deux
- Fig. 2 et 3.
- fils de platine. Dans le condensateur de petite capacité (pour les liquides dont le pouvoir inducteur dépasse n), les deux fils se terminent en face l’un de l’autre à 4 mm de distance, sans capacité terminale. Dans le condensateur. de plus grande capacité, pour les autres liquides, les fils se terminent par de petits disques de platine (de 4 mm de diamètre) distants entre eux de 3 mm. La capacité ne dépend pas de la hauteur du liquide dans le col du ballon ; la température peut être indiquée par un petit thermomètre qu’on introduit dans le col du ballon.
- Pour faire une expérience, on place d’abord un fil métallique dans la gouttière R et on déplace le curseur S jusqu’à ce que le tube vide prenne le maximum d’intensité ; le pont se trouve alors sur le premier nœud de vibration. Ensuite on remplace le fil par le conden-
- sateur rempli du liquide étudié et on déplace de nouveau le curseur jusqu’à ce que la résonance soit rétablie : on détermine ainsi le réglage / etparsuite le pouvoir inducteur s du liquide, si le condensateur a été étalonné, comme il sera dit plus loin.
- Le réglage / n’est constant pour un même condensateur rempli d’un même liquide, que dans le cas où la longueur d’onde de la vibration reste elle-même constante, ce qu’on vérifie de temps à autre en mettant dans les tubes M des fils plus longs et mesurant la longueur d’onde au moyen d’un second pont placé sur ces fils.
- Quand le condensateur renferme certains liquides, de l’alcool éthylique ou de l’acidc formique, par exemple, le tube vide ne réagit pas ou réagit mal. Cette circonstance indique que les ondes électriques sont absorbées par le liquide, c’est-à-dire ne se réfléchissent qu’avec une perte d’énergie plus ou moins grande. Cette absorption électrique paraît liée à la présence dans la molécule d'un groupe OH : cependant il y a quelques exceptions.
- Quand l’absorption n’est pas trop considérable, on peut faire réagir de nouveau le tube en employant un pont courbé, plus long, ce qui augmente l’intensité des ondes ; mais il faut tenir compte du changement de position des nœuds et du changement de longueur d’onde.
- Par suite de la petite longueur d’onde employée, l’absorption provenant de la conductibilité du liquide est assez faible et devient sensible seulement quand la conductibilité est déjà notable. Ainsi l’eau des conduites agit comme un isolant parfait. L’absorption croît avec la concentration des dissolutions, mais elle doit passer par un maximum, puisqu’un liquide conduisant bien se comporte comme un métal et que le condensateur rempli de ce liquide joue le rôle d’un pont métallique ; les ondes se réfléchissent de nouveau sans perte. La théorie permet du reste de calculer pour quelle valeur de la conductibilité, l’absorption est maxima (voir plus loin).
- La même méthode peut servir à mesurer le
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. — N°2.
- pouvoir diélectrique de corps solides même en très petite quantité.
- Le corps solide est taillé en forme de plaque mince qu’on interpose entre les armatures du condensateur, celles-ci faisant ressort légèrement. La mesure se fait comme dans le cas précédent, par comparaison avec un liquide dont le pouvoir inducteur est connu. Si le corps solide peut être fondu dans le verre, on peut se servir encore de petits ballons décrits ci-dessus (fig. 2 et 3) ; s’il est à craindre que la dilatation de la substance au moment de sa solidification ne fasse éclater le verre, on se sert d’un petit tube à essai (fig. 4), dont le bouchon soutient les armatures du condensateur; en cas de rupture, le tube seul est à remplacer. Pour étudierTinfluencede la température, il est indispensable que la variation
- Fig.
- En appelant s la charge par. unité de longueur sur chacun des fils, d la distance des fils, R leur rayon, on a :
- Y —zyz log nép. (a)
- v étant la vitesse de la propagation des. ondes. D’autre part, s et i sont, en tout point du fil, liés par la relation :
- (3)
- dt
- étant compte parallèlement à l'axe des fils :t t désignant le temps. Ces deux équations {2) et (3) peuvent être appliquée à l’extrémité des fils où se trouve le condensateur ; pour la première, elle n’est vraie alors qu’ap-proximativement; mais cette approximation suffit dans le cas actuel. On obtient ainsi :
- ài
- = — 4v2 log nép. -rr- C
- + -V-
- àV
- (4)
- Les ondes émises par l’excitateur ont pour équation :
- de niveau résultant de la dilatation n’infiue pas sur le réglage /; cette condition est remplie par l’emploi du petit ballon représenté par la figure 5. Ce petit ballon est chauffé dans un bain d’huile de paraffine, que contient le fond d’un tube à essai coupé à environ 5 cm de hauteur.
- Théorie. — Dans un réseau de Lecher terminé par un condensateur, les ondes électriques arrivant au condensateur sont réfléchies avec un changement d’amplitude et de phase qu’il s’agit de calculer d’après les conditions aux limites. Si C est la capacité en unités électromagnétiques, r la résistance entre les armatures du condensateur, 2 V la différence de potentiel entre ces armatures, l’intensité totale du courant I est donnée par l’équation :
- ). désignant la longueur d’onde. D’après une méthode de calcul bien connue, on écrira :
- a=_.(+2x^.
- Si le condensateur est placé à la distance ^ = JS X de l’excitateur, l’équation de l’onde réfléchie sur le condensateur sera :
- er=m.e-(T+f). (6)
- Le coefficient de réflexion m sera, en général, une quantité complexe. Dans l’équation (3) nous avons à prendre :
- Les valeurs de ie et de ir se calculent en fonction de ee et de sr d’après les équations (3), (5) et (6) ; et ensuite on obtient :
- (0
- (7)
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- où a et 9 sont définis par La relation
- Supposons qu’au point ^ = o les deux fils parallèles soient réunis par un pont métallique, les ondes seront de nouveau réfléchies approximativement sans autre altération qu’un changement de signe. Pour que les ondes plusieurs fois réfléchies additionnent leurs effets sur les résonateurs, il faut que ni soit une quantité réelle négative, c’est-à-dire que :
- k étant égal à zéro ou à un nombre entier. Les valeurs de £ définissent les longueurs des fils, comptées à partir du pont, pour lesquelles la portion des fils située en arrière de R est en résonance avec la portion située en avant. Dans la méthode déjà décrite, on a pris K=*= i. Le réglage / de l’appareil a pour valeur :
- Pour calculer /, posons :
- 4log-^c4 +4) = a+M/-i
- c’est-à-dire
- l’équation (8) donnera :
- 2 b i
- tang 4 tco = at+-bï_1 ° < Ÿ <— • (n)
- Par conséquent :
- tang+U =*+lUr0<,<T- (,2)
- Le réglage l est donc compris entre o et
- — a,comme du reste l’expérience,le confirme; il est égal à o pour une capacité infiniment grande, à i_ \ pour une capacité nulle.
- Lorsque la résistance r a une valeur notable, le facteur a est petit, car le décrément y est toujours petit vis-à-vis de 2rt, cette résistance r n’a qu’une faible influence sur le réglage l : en effet tg 4r: -É dépend seulement de a-. Par contre, la résistance influe d’autant plus sur le coefficient de réflexion p, puisque p2 dépend de a : p décroît quand r décroît. Si r est petit, a prend une valeur très grande et la résistance influé notablement sur le réglage l qui tend vers zéro. L’amplitude de l’onde réfléchie croît de nouveau, pour atteindre la valeur 1 quand> = o ou a — 00 . Ce dernier résultat est d’ailleurs facile à prévoir, puisqu’un condensateur rempli d’un liquide bon conducteur joué simplement le rôle d’un pont métallique.
- I. Supposons d’abord que la résistance soit infinie, autrement dit que le diélectrique du condensateur soit un isolant parfait. On a le droit de négliger alors a2 vis-à-vis deô% et comme d’autre part y2 est toujours négligeable vis-à-vis de 4rca l’équation (12) se réduit à :
- cotang 2ît ~j- = b. (13)
- La capacité C qui entre dans l’expression de b se compose d’une somme de deux termes : l’un représente la capacité des portions de fil qui se trouvent dans l’air et dans les parois de l’ampoule et est à peu près constant; l’autre est la capacité des pièces métalliques situées dans l’intérieur de l’ampoule et est proportionnel au pouvoir diélectrique du liquide que renferme l’ampoule. On a donc :
- C = k0 + zk. (14)
- Cette équation n’est du reste qu’approximative, car, en toute rigueur, la capacité d’une pièce métallique quelconque est proportionnelle au pouvoir diélectrique e seulement si les lignes de force conservent la même répar-
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- tition avant et après le remplissage. Cette condition n’est remplie, dans la forme de condensateur adoptée, que d’une manière approximative; néanmoins cette hypothèse est assez voisine de la vérité pour qu’on puisse se servir de l’équation '14). Il vient alors ;
- cotang 2it-É =b = 8 tt log nép.
- D’après cette formule cotg 2-7: y doit être une fonction linéaire de s : c’est ce que l’expérience vérifie. On dispose ainsi d’une méthode pour comparer un pouvoir diélectrique £ à un autre déjà connu e'; il sulfit de faire trois expériences avec le même condensateur contenant successivement de l’air, le liquide z et le liquide s. Avec deux condensateurs pour lesquels 50 est le même, mais 0 différent, il est même possible de déterminer la valeur absolue de s; quatre expériences sont alors nécessaires; deux avec l’air, deux avec le liquide s.
- Les déterminations les plus précises s’obtiennent en construisant pour chaque condensateur, au moyen de deux ou plusieurs liquides connus, une courbe qui donne directement pour chaque réglage / la valeur du pouvoir diélectrique correspondant.
- En pratique, il est commode de pouvoir utiliser une courbe construite pour une longueur d’onde déterminée pour une autre longueur d’onde un peu différente À (1 -(- Ç) K2 étant supposé négligeable vis-à-vis de 1. Soit l (1 x), la valeur de l correspondant
- à l(i -j-Ç). D’après l’équation (15) :
- cotang 2 r. (-T . -L±JL) = cotang zr. 1~ (i - j)
- Cette relation, que vérifie l’expérience, permet de calculer la correction * en fonction de Ç.
- D’après la même formule (i5)onpeut juger
- de la précision des mesures. En effet, par différenciation, on obtient :
- et en remplaçant 0 par sa valeur tirée de l’équation
- dt _ _ 47: àl_
- Cette relation donne donc l’incertitude dz qui affecte s, en supposant que le réglage / soit affecté d’une incertitude dl. La précision est par conséquent d’autant plus grande que
- . _______. . t
- sin 4 - x 2 o0 sin 2 tc x
- est plus grand. Si ou était infiniment petit, les conditions les plus favorables correspondraient à l : \ = ~ . Avec les ondes de 72 cm de longueur comme on les emploie, l’incertitude dl est d’environ 1 mm; l’erreur-^- est alors d’environ 0,0174 ou à peu près 2 p. 100. Comme oa qui est proportionnel à la capacité des fils en dehors du condensateur, n’est pas nul, l’erreur est en réalité un peu plus considérable : entre ~ = 0,05 et-É= 0,20, elle varie de 3,1 p. 100 à 1,9 p. 100 (minimum) et remonte ensuite à 4,3 p. 100.
- Avec deux condensateurs convenablement choisis, on peut mesurer tous les pouvoirs inducteurs s, sans commettre sur $ d’erreur supérieure à 3 p. 100, si l’erreur de réglage dl ne dépasse pas 1 mm pour >. = 72 cm. Un condensateurpourlequel5o= 0,1 et 3= 0,215 suffit de s = 2 jusqu’à £ = 11,7, et un condensateur pour lequel o0=o,t et 0 = 0,03 suffit de e=n,7 à e = 85,5.
- IL — Supposons maintenant que le liquide remplissant le condensateur ait une conductibilité finie, c’est-à-dire que r soit fini.
- Admettons d’abord que le pouvoir inducteur d.e la dissolution soit égal à celui du dissolvant : alors b est constant et a varie. En différenciant p2 par rapport à a on trouve que
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- pOUr a = 1 -j- b3, pa est minimum et a pour valeur:
- La diminution d’amplitude est donc d’autant plus grande que b est plus petit, c’est-à-dire que la capacité du condensateur est plus petite. Soit V. la valeur du réglage quand le condensateur renferme de l’eau pure, c’est-à-dire quand a = o. Alors :
- cotang^T: b
- et par conséquent :
- De l’équation (12) il résulte que dans ce cas le plus défavorable, où le tube vide réagit le plus mal, le réglage l est la moitié de /'.
- La résistance qu’oppose au courant électrique l’intervalle compris entre deux électrodes qui plongent dans un liquide ne diffère de la capacité de ces électrodes que par un facteur dépendant de la nature du liquide. L’exactitude de cette relation est d’ailleurs subordonnée à cette condition que les lignes de courant soient parallèles aux lignes de force et que les surfaces limites du liquide soient partout parallèles aux lignes de force. Cette condition est à très peu près remplie dans les condensateurs employés dans les expériences dont il s’agit. En faisant usage de la relation rappelée ci-dessus, on arrive, pour déterminer la conductibilité <7 la plus défavorable, à l’cquation
- Cette conductibilité s dépend donc de autrement dit de la capacité du condensateur. Si le condensateur est tel que V il vient dans ce cas :
- _ vT
- ou en prenant \ = 72 cm, s = 81,80 =0,1 :
- <7 = 0,294.10-1"
- soit 276,50 ~8 fois la conductibilité du mercure.
- La conductibilité de l’eau distillée ordinaire est environ 7,10 —10 fois celle du mercure : c’est donc une solution aqueuse dont la conductibilité est environ 4000 fois plus grande qui transformera en chaleur de Joule la plus grande partie de l’énergie électrique des ondes longues de 72 cm.
- L’affaiblissement des ondes réfléchies est alors tel qu’on ne pourrait plus mettre de condensateur à l’appareil : il faut prendre la capacité plus grande, c’est-à-dire V plus petit, si on veut opérer avec des liquides de toute conductibilité ; quand V diminue, la conductibilité critique j diminue également.
- Admettons, au contraire, que le pouvoir inducteur et la conductibilité du liquide soient donnés. En exprimant a en fonction de b et considérant p3 comme fonction de b, on trouve que p* est minimum pour : b2 -f 4s3 (b — 5„)3 = 1 + 2
- Si onnéglige 30, qui estla plupart du temps très petit, on trouve que l’affaiblissement est maximum pour / = X et que :
- ?2 = s/l +4*9—2*
- en posant, pour abréger :
- Ce minimum est donc d’autant plus petit que c est plus petit et tend vers o, quand la capacité du condensateur tend vers o.
- Tant que s- peut être négligé vis-à-vis de 1, on obtient dans le cas le plus favorable, soit au voisinage de / \
- Comme l’appareil décèle des différences 1 —p assez petites, 0,05 par exemple, on
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- peut reconnaître ainsi des valeurs assez faibles de s ou de ?.
- Quant s a une valeur notable, on n’obtient de bons réglages que pour les petites valeurs de l, c’est-à-dire pour les grandes valeurs de b, sans quoi p serait trop petit. On trouve alors, en négligeant i vis-à-vis de a2-(-£%
- 2 •_
- 4“ X - i>(, +4 s* '
- L’expérience montre en effet qu’il faut, pour obtenir une bonne résonance du tube vide, prendre un réglage l d’autant plus petit que la conductibilité du liquide est plus grande. Tous les phénomènes d’absorption dépendent d’ailleurs de la quantité s. Ainsi pour un même pouvoir inducteur, il Liut que la longueur d’onde devenant deux fois plus petite, la conductibilité s devienne deux fois plus grande pour que l’absorption reste la même.
- Quand le liquide possède une grande conductibilité, il joue le rôle d’un diélectrique parfait dont le pouvoir inducteur serait s (i d-4Sa).Il faut donc connaître s pour calculer s.
- Si la conductibilité est grande, on utilise directement pour ce calcul l’équation (12), qui se réduit alors à :
- En construisant des ampoules dans lesquelles les fils de platine affleurent seulement la surface intérieure du verre, on peut réduire la valeur de 3 à 0,01 et celle de 20 à 0,1 ; dans ce cas, pour À — 72 cm, / 2=0,5 mm, pour s = o et / = 5,5 mm,pour s = 100, en supposant que la conductibilité soit celle de l’acide sulfurique à 80 p. 100.
- Des mesures grossières seraient encore possibles, si ce n’était l’absorption anormale de i’acide sulfurique.
- III. Pour déterminer le pouvoir induc-
- teur et le pouvoir absorbant d’une substance quelconque, même anormale, la meilleure méthode est de les calculer d’après le réglage î et le coefficient de réflexion p2.
- Le premier se lit directement sur l’appareil ; le second peut se déduire de l’intensité lumineuse du tube vide, en étalonnant ce dernier au moyen de dissolutions aqueuses connues, dont la conductibilité peut être mesurée et dont l’absorption correspond à cette conductibilité ; les solutions de sel marin remplissent ces conditions.
- Connaissant l et p2, on tire des équations (10; et (12).
- Des valeurs de a et de b, il est facile de déduire s et t au moyen des relations :
- Si la substance étudiée présente une absorption anomale, c’est-à-dire une absorption qui ne suit pas les variations de la conductibilité, il faut deux constantes pour les caractériser. La conductibilité peut être négligée dans ce cas et on choisira pour les constantes caractéristiques l’indice de réfraction pour les ondes électriques-« et le pouvoir absorbant A*.
- Le champ électromagnétique est caractérisé dans chaque milieu, pour les variations de période déterminée, sans amortissement, par l’équation différentielle :
- f) àfà __ « __
- v2 ôi2 àx2 i" dr2 1 ùf2
- & est une quantité complexe dont la partie réelle représente la force électrique, v est la vitesse de propagation de la lumière dans le vide, / et/7 deux grandeurs dépendant en général de la période T.
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- Pour les substances normales :
- f=Z f= 2W*T
- L’indice n et le pouvoir absorbant x se déduisent des équations :
- Ces coefficients pourront donc se calculer par les formules indiquées ci-dessus, en y posant :
- * = «*(i — v*TT = n*x-
- ou encore :
- Les quantités a et b' se déduisent aisément des données expérimentales l et a2. Des deux dernières équations, on tire :
- \JïT+ 'Iv'+tf _ JL
- Z _ -j-.
- Expériences. — i. Substances normales. — Les liquides choisis comme liquides de comparaison sont des mélanges de benzène et d’acétone, ou d’acétone et d’eau, au moyen desquels on peut obtenir toute la série des pouvoirs inducteurs de 2 à 82. Il est à remarquer que le pouvoir inducteur des mélanges d’acétone et de benzène ne peut se calculer par la règle des mélanges, quoiqu’il n’y ait pas de variation de volume.
- Les pouvoirs inducteurs trouvés par comparaison avec ces liquides pour l’aniline, I’iodure d’éthyle, les xylenes, sont d’accord avec ceux que donnent la méthode des longueurs d’onde et aussi d’autres méthodes, celle de Nernst, par exemple.
- Le pouvoir inducteur trouvé pour l’éther (4i36) est plus grand que celui donné par l’appareil de Nernst (4,25). Cette différence correspond sans doute à une faible dispersion normale de l’éther. Donnent lieu à la même remarque : l’éther amylique, l’acétone, la dicctone, l’aldéhyde ordinaire,l’aldéhyde ben-zylique.
- 2. Substances absorbantes.— Des mesures systématiques ont été faites à diverses reprises sur des solutions aqueuses de sel marin et de sulfate de cuivre.
- D’après Zeeman, qui a étudié l’absorption des ondes électriques d’une longueur comprise entre 660 et 1180 cm, par les solutions aqueuses, l’absorption réelle est plus grande que l’absorption calculée d’après la conductibilité : mais ces expériences ne semblent pas à l’abri de toute objection. Les expériences de M. Drude sont plutôt favorables k l’hypothèse d’une absorption normale des solutions aqueuses. Par la mesure des longueurs d’onde, M. Drude avait déjà constaté que le pouvoir inducteur d’une dissolution de sulfate de cuivre dont la conductibilité est 2,5 1er7 fois celle du mercure ne diffère pas du pouvoir inducteur de l’eau pure de plus de 2 P. 100 i1).
- LIQUIDES * 8
- Alcool méthylique. . i5°,6 0,08 t 32,5 0,0248
- » éthylique . . iS" 0,206 2i,7 0,089 0,089 0,197
- a propylique. . o,443
- » isopropylique 0 0,383 0,204 0,236 I3G 15,6 15*7 0,272 0,089 0,197
- » butylique 20° 0,227 0,446 16.9 8,65 0,272
- 19" 0,446 0,587
- » butylique secondaire. . l9° 0,32/ 11,4 0,272
- » butylique tertiaire . . . 19° 0,401 6.47 0,272
- » isobutylique. 18" °*474 (>.09
- » amylique . . 22° 0,407 5,36 0,587
- » heptvlique. . 2 1° 0.3' 4G3 ><,587
- » ailylique. . . 21°' 0,066 20,6 0,089
- 8 benzylique. . 21u o,i95 10,6 0,089
- Glycérine. ...... 20° 0,419 16,5 0,272
- Au contraire, M. Smale (2j trouve, pour les oscillations beaucoup plus lentes, un fort
- (') L’Eclairage Electrique,'.M, P- G*-
- (2) L’Eclairage Electrique, t. XJL, p. 226.
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- .accroissement du pouvoir inducteur avec la conductibilité, np. ioo pour une solution centinormaie de chlorure de potassium. Il paraît naturel de préférer les résultats obtenus
- avec les oscillations très rapides, parce que l’influence de la conductibilité sur la mesure du pouvoir inducteur est réduite au minimum. M. L.
- BIBLIOGRAPHIE
- Instruments et méthodes de mesures électriques, par H. Armagnat. — G.Carré et C. Naud, Éditeurs, Paris. Prix : 12 fr.
- La critique et l'analyse d'un livre écrit par un collaborateur de cette Revue et publié par les éditeurs de L Eclairage Electrique, n’est pas sans présenter quelques inconvénients. Toutefois, le livre actuel étant la réunion d’une série d’articles de l’auteur, notre tâche sera un peu facilitée de ce fait, puisque les lecteurs connaissent le livre aussi bien que le bibliographe chargé de lui souhaiter une réussite digne de lui.
- Quelques périodiques étrangers ont déjà donné des analyses suffisamment élogieuses de ce livre pour que la nôtre ne puisse être taxée de partialité.
- Comme on lésait, l'ouvrage de M. H. Armagnat est divisé en deux parties : l’une se rapportant aux instruments de mesure généralement employés dans l’industrie électrique, l’autre aux méthodes de mesure elles-mêmes.
- Le lecteur a certainement remarqué que contrairement aux autres traités, d’ailleurs très appréciés, sur les mesures électriques, les articles et le livre de M, Armagnat étaient remplis, dans la partie relative aux instruments de mesure, d’une foule de petits détails, de petits tours de main très instructifs, dont nous avons tous à tirer profit et que seul un ingénieur ayant de longues années de pratique dans une maison d'appareils de mesure dont la réputation, soit dit sans flatterie, est universelle. A ce titre le livre de M. Armagnat est sans précédent et constitue une véritable aubaine pour tous les électriciens.
- La seconde partie, quoique beaucoup moins personnelle, à part la question des erreurs, d'une exposition très claire, n’est pas moins intéressante. Le seul point sur lequel on puisse faire quelques critiques est le peu de développement que comporte la partie descriptive des appareils employés
- dans l’industrie, laquelle est plutôt écourtée et parfois incomplète.
- L’auteur avait fait du reste cette objection, puisqu'il dit dans sa préface que le choix des méthodes exposées acté, de même que pour les instruments, dicté par des questions personnelles. Quoique convaincu comme M. Armagnat que d'autres instruments de forme différente, maisde même principe, sont susceptibles de rendre les mêmes services, nous regrettons sincèrement que les fonctions de l'auteur ne l’aient pas conduit à étudier de plus près bon nombre d'appareils employés couramment dans l'industrie, et dont une appréciation d’une personne aussi autorisée que l’auteur eût été très précieuse pour les électriciens soucieux de bien connaître les appareils qu’ils emploient journellement.
- Malgré cette légère critique, bien anodine du reste, l'ouvrage de M. Armagnat est de beaucoup le plus sérieux que nous ayons sur les mesures électriques et atteindra certainement un grand succès.
- Le livre est très bien édité, mais pèche peut-être un peu par quelques figures schématiques, assez mal venues, et peu nombreuses heureusement, d’ailleurs.
- C.-F. Guilbkrt.
- Trasmissioni e distribuzioni polifasi (Transmissions et distributions par courants polyphasés), par M. Riccardo Arxo. Union typographique éditrice, Milan. Prix 3 francs.
- Ce petit opuscule constitue, comme ceux déjà publiés récemment par l’auteur sur les mesures et les grandeurs électriques (’) et sur la mesure de la différence de phase entre deux courants (5), les résumes de leçons faites à l'Institut Electrotech- * (*)
- (') Voir L'Éclairage Électrique, t. XI, p. 188.
- (*) Idem., t. XII, p. 428.
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- nique de Turin. Ce traité a un intérêt purement théorique.
- M. Riccardo Arno, après avoir donné la définition des systèmes de distributions polyphasées en général, prend plus particulièrement comme exemple la distribution par courants triphasés; les relations entre les tensions d'une part, et les courants de l’autre, ainsi que la mesure de la puissance totale à l’aide de deux wattmètres, font l'objet des chapitres I et II.
- Au troisième, l'auteur s'occupe, sans beaucoup de détails, de la transformation des courants diphasés en courants triphasés en donnant la description du transformateur à un seul enroulement du professeur Sylvanus Thompson et celle du système Scott.
- l,a question de la transformation du courant
- alternatif simple en courants diphasés ou triphasés est' par contre étudiée avec un peu plus de détails par la description du système imaginé par le regretté Ferraris en collaboration avec l'auteur.
- L'ouvrage se termine par quelques considérations sur le système monocyclique de Steinmetz et sa transformation en système triphasé.
- En somme, le livre de M. Riccardo Arno est un résumé très succint, un peu trop peut-être, des généralités qu'il est bon de connaître, lorsque, sans vouloir approfondir l'élude des phénomènes électriques, on veut cependant être au courant des rapides progrès accomplis depuis quelques années par la science électrique en matière de distribution de l’énergie par courants alternatifs.
- C.-F. Guilbert.
- CHRONIQUE
- Utilisation des rapides de Lachine. — La ville de Montréal utilise pour son éclairage différentes chutes situées a une distance relativement faible et dont la plus importante est celle située sur le Saint-Laurent, à une distance de 9 km de la ville.
- Cette chute formée d’une suite de rapides connus sous le nom de rapides de Lachine, est exploitée par 3a Lachine Rapid hydraulic and Land Company, dont les travaux ont commencé en 1895. Ces rapides sont divisés en deux séries par une suite d'îles ; c'est sur le côté gauche du Saint-Laurent, rive sur laquelle se trouve Montréal, qu'a été établie Lusine hydraulique. •
- Les eaux sont dérivés à l'aide d’une jetée d’environ i 600 m de longueur, et l'usine, probablement une des plus grandes dans son genre, est édifiée à 400 m de l'extrémité la plus basse de ce canal artificiel, sur une digue un peu plus élevée que la jetée. Elle comprend trois salles de machines et quatre salles pour les turbines ; sa longueur totale atteint 300 m et sa largeur est de 12 m ou 18 m suivant les salles.
- Les turbines, au nombre de 72, ont chacune 1,45 m. de diamètre et développent, à la vitesse de 83 tours par minute et sous une chute de 5 m, une puissance de 300 chevaux chacune. Elles sont à axe vertical et diviséees en groupes de six attaquant chacun, par engrenage et pignon, un arbre horizontal tournant à 173 tours par minute. Chaque groupe est gouverné par un régulateur à boules
- spécial. L'augmentation ou le ralentissement de vitesse détermine à l’aide d’un contact électrique le passage du courant dans une paire d’électroaimants disposés pour déplacer à droite ou à gauche une paire de disques de friction clavetés à jeu sur l’arbre et mettant en mouvement d’autres disques de friction commandant par un système de leviers les vannes des six turbines. Le mouvement de l’un de ces derniers [ disques provoque une ouverture des vannes et l’autre une fermeture. Turbines et régulateurs ont été construits par la Stillwell Bierce and Smith Voile Company de Dayton (Ohio).
- Sur chacun des douze arbres horizontaux indépendants est claveté un alternateur à courants triphasés de 7^0 kilowatts; la tension admise est de 4 400 volts et la fréquence de 60 périodes par seconde. Chaque machine a une excitatrice spéciale, commandée par courroie, d'ufte puissance de 40000 watts. Le matériel électrique sort des ateliers de la Canadian General Electric Company, à Peterborough (Ontario). Quatre seulement des groupes électrogènes sont en fonction.
- Il y aura huit tableaux de distribution, un pour chaque groupe de quatre alternateurs, mais aucun n’est encore en fonction ; un tableau provisoire assure le service en ce moment.
- La ligne aérienne est isolée sur porcelaines d’un type identique à celui adopté au Niagara; sa longueur jusqu'à la première sous-station est de
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- L’É CLAIR AGE ÉLECTRIQUE
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- 9 150 m. L’une des sous-stations est exploitée par la Citizens Electric I.ight Company et comprend trois transformateurs de la Wagner Electric xManu-facturing Company, de 150 kilowatts chaque et abaissant la tension à 2 000 ou 1 000, soit en courants triphasés, soit en courants diphasés. Ces appareils isolés à l'huile sont refroidis par un courant d’eau froide. Ils alimentent environ 2 000 lampes a incandescence.
- Une seconde sous-station utilise trois transformateurs et un convertisseur fournissant du courant continu à 250 volts pour les moteurs du réseau. Une troisième usine affectée uniquement à l'éclairage à arc, comporte deux moteurs synchrones de 200 kilowatts directement accouplés à deux génératrices à arc de 125 foyers chacune. Un moteur à vapeur conduisant une dynamo de 350 foyers est également installé dans cette sous-station.
- En dehors de ces trois centres récepteurs, l’installation comporte un réseau de distribution à voltage. même de la ligne avec transformateurs isolés ramenant la tension à 104 et 52 volts sur chaque phase pour les moteurs à courants alternatifs.
- La Lachine Company compte construire sous peu un chemin de fer électrique réunissant la station centrale à Montréal, dans le but de créer dans le voisinage des rapides, où elle possède des propriétés très bien situées, un centre de résidence d’été.
- Transports d’énergie à courants polyphasés. —
- Le dernier Bulletin de la Compagnie française pour l'exploitation des brevets’Thomson-Houston nous fournit les renseignements suivants sur les transports d'énergie par courants polyphasés, exécutés ou en cours d’exécution, installés par la General Electric C°.
- La plus grande distance atteinte dans ces installations est oelle de 136 km pour un transport de force de 4 000 chevaux, à Redlauds, en Californie ; le potentiel de la ligne est de 30 000 volts.
- La plus grande différence de potentiel employée a été de 40 000 volts, à Telluride, dans l’Utah, pour un transport de 1 000 chevaux à 88 km.
- Au point de vue de la puissance transmise, l'installation la plus importante a été faite à Montréal, auCanada. On transporte 12 000 chevauxà io km sous 4 400 volts.
- Viennent ensuite les installations suivantes de moindre importance, classées dans l’ordre de la puissance transmise :
- i° A Londres, pour la Compagnie centrale de Tramways, 6 833 chevaux transportés à 10 km sous 3 000 volts i
- 2n A Ogden, dans l’Utah, s 000 chevaux à 64 km sous 15 000 volts ; •
- 30 A Mechanicville, dans l'État de New-York, 3 000 chevaux, à 23 et 28 km, sous 12 000 volts ;
- 4" A Minneapolis, dans le Minnesota, 4 700 chevaux à 16 km, sous 11 000 volts ;
- 30 A Sacramento, dans la Californie, 4 000 chevaux à 36 km, sous 11 000 volts :
- 6’ A Bute City, dans le Montana, 4 000 chevaux à 34 km, sous 13 000 et 26 000 volts ;
- f A Niagara Falls, État de New-York, Compagnie du Tramway de Buffalo, 2 143 chevaux à 34 km, sous 11 000 volts ;
- 8" A Fresno, en Californie, r 400 chevaux à 56 km, sous 11 000 volts.
- Tramways électriques à caniveau souterrain à New-York. — La traction électrique à caniveau souterrain semble être en faveur aux Etats-Unis. On est, en effet, en train de terminer à New-York l'installation et l’équipement de 94 km de ligne à caniveau souterrain. Le caniveau est placé au milieu de la voie et la distance entre la cuvette du caniveau et l’affleurement du sol est de 77,3 cm.
- Pour donner une idée de l’activité avec laquelle les travaux de la ligne souterraine sont poussés, disons que pour construire et équiper un kilomètre de ligne souterraine, douze jours environ suffisent. Le prix d'installation du kilomètre de ligne est de 312 500 fr.
- La station génératrice sera à courant triphasé et l'énergie sera distribuée à la tension de 6 000 volts ; aux différents points du réseau des transformateurs rotatifs transformeront les courants polyphasés en courant continu à 330 volts. Les sous-stations seront au nombre de huit à dix pour l'ensemble du réseau.
- La puissance totale de l'usine génératrice, qui sera unique, sera de 70000 chevaux-vapeur; chaque groupe électrogène aura une puissance nominale de 4000 chevaux-vapeur pouvant être poussée jusqu’à 6 600. Les alternateurs triphasés seront directement calés sur les arbres des machines à vapeur, qui sont des machines verticales coin-pounds à condensation.
- Cette installation est faite par la Metropolitan Street Railway C" de New-York.
- Le Gérant : C. NAUD.
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- Tome XIV.
- Samedi 15 Janvier 189S
- >. — N“ 3.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ELECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l’Institut. — A. D’ARSONVAL. Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut, — G. LIPPMANN, Professeur à la.Sorbonne, Membre de l’Institut, — D. MONNIER, Professeur à l'École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARE, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER, Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut, — J, BLONDIN, Professeur agrégé,de l’Université.
- LA TARIFICATION DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
- Par deux intéressants articles publiés récemment, l’un sous la signature de M. Pel-lissier (* i, l’autre sous celle de MM. Brown et Routin (U L'Éclairage Électrique a payé sa large part au mouvement qui se dessine actuellement un peu partout, relativement à la nécessité de reprendre sur des bases plus larges et plus rationnelles la question de la tarification de l’énergie électrique. Mouvement justifié s’il en fut, étant donnée l’importance de cette question pour l’avenir des stations centrales, l’arbitraire des méthodes actuellement en usage et la médiocrité des résultats financiers qui, jusqu’à ce jour, ont été de cet état de choses la conséquence fâcheuse.
- S’il est inutile d’insister davantage sur ce point, que les articles précités ont mis en lumière avec toute la netteté désirable, si l’intérêt exceptionnel de la question ne peut faire de doute pour personne, on n’en saurait dire autamdes moyensdestinés àla résoudre: nombreuses ont été les méthodes proposées, et il est bien probable que la solution idéale
- l'j L Éclairage Électrique, i, XII, p. j ^ 7, 18 sep'.emiu ^ 1897.
- {*)Ibid., t. XIII, p, 157, 25 octobre 1897.
- n’a pas encore été mise au jour — si tant est qu’un problème . si complexe puisse comporter une solution unique.
- Je me permettrai de rappeler à ce propos que, dans une ctude publiée récemment dans JS Industrie Électrique 11), j’insistais sur les avantages d’un système de tarification genre Hopkinson (-), c’est-à dire basé sur deux éléments de perception tout à fait distincts : d’une part, une taxe d’immobilisation correspondant à la puissance maxima effective demandée par l’abonné Icelle qui est indiquée par l’appareil Wright' ; d’autre part, une taxe de consommation dépendant de l’énergie dépensée, mesurée au compteur. J’insistais en outre sur l’intérêt qu’il y aurait à compléter ce mode de perception en y introduisant la notion de diminution du prix unitaire avec l’importance du client, et pour cela : i° à rendre la taxe d’immobilisation par kilowatt graduellement plus faible à mesure qu’augmente la puissance immobilisée^) ; 20 d’autre
- (’) L'Industrie Électrique du 10 novembre 1897.
- (2) Voir l’article de M. Pellissier précédemment cité, p. 541 et 542.
- (3) Voir à ce sujet. L Industrie Électrique du jo janvier [898.
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- part, et tout à fait indépendamment, à diminuer le prix du kilowatt-heure, à mesure qu’augmente le coefficient de consommation du client, défini comme le rapport de sa puissance moyenne à sa puissance maxima.
- Dans ce .système, la cause de complexité résultant de la variation du tarif en fonction des heures de la journée pouvait être éliminée sans trop d’inconvénients, grâce au fait delà diminution du prix du kilowatt-heure avec le coefficient de consommation :• le consommateur utilisantpendant la soirée pour l’éclairage la puissanccàlaquclle il aurait droitde par sa taxe d’immobilisation, paierait très peu cher l’énergie qu'il consommerait en surplus pendant le jour, puisque son coefficient de consommation deviendrait très grand.
- Pourtant, il faut reconnaître que certains cas ne seraient pas satisfaits avec un tel système : par exemple, le client qui n’aurait besoin de l’énergie que pour quelques heures dans la journée pour alimenter des moteurs, et auquel on pourrait avec avantage céder cette énergie à bon marché, reculerait peut-être parce qu’à son coefficient de consommation trop faible correspondrait une dépense trop onéreuse. Ces défaillances des divers modes de tarification — et c’est justement à cela que j’en voulais venir — ces défaillances sont fatales parce qu’un tarif absolument rationnel devrait tenir compte d’une foule de facteurs dont un seul, négligé, correspond à certains cas dans lesquels les intérêts de l’usine ou ceux du consommateur sont lésés*
- En fait, on se trouve en présence d’un dilemme qui peut se formuler ainsi :
- Ou faire un tarif conçu de telle sorte qu’il puisse s’appliquer avec justice à tous les cas possibles, partant rationnel, mais en même temps si compliqué que le futur client n’3r comprendra rien, se méfiera et ne s’abonnera pas.
- Ou faire un tarif plus simple, susceptible par suite de certaines défaillances dans quelques cas particuliers, mais donnant satisfaction au plus grand nombre de cas possibles et aisément compréhensible,
- C’est évidemment cette dernière méthode qui doit être préférée en pratique ; mais, comme je le disais tout à l’heure, il y a manière et manière d’arriver, à son aide, au résultat cherche.
- Pour MM. Brown et Routin, précisément, la considération primordiale, ainsi qu’il résulte de l’article auquel il est fait allusion plushaut, dérive du fait que nos stations centrales sont en pratique chargées d’une façon fort inégale pendant les différentes périodes de la journée : par suite, il y a lieu déconsidérer l’énergie électrique comme une valeur périodiquement variable aux différentes heures de la journée, ce qui entraîne la nécessité d’une tarification variable en fonction du temps. Et ce raisonnement semble logique, car il est facile de voir qu’il satisfait aux trois buts distincts que l’on doit avoir en vue en édifiant un nouveau système de perception, à savoir :
- i° Pousser à la consommation les clients existants, et ceci, non pas tant au pointde vue de la puissance qu’ils immobilisent à un instant donné, qu’à celui de l'augmentation de leur coefficient de consommation ;
- 2° Attirer des éléments de consommation nouveaux, principalement aux heures peu chargées ;
- 3° Disposer de la tarification de telle sorte que chaque parcelle d’énergie vendue supplémentairement le soit avec bénéfice.
- Si le principe — fécond à notre avis —- de la diminution du prix unitaire avec l’importance du client est négligé dans ce système, il serait en somme assez facile et suffisamment peu compliqué de l’y introduire, si on le jugeait à propos, par la considération du coefficient de consommation.
- Cette variation du coût de l’énergie aux differentes heures de la journée étant posée en principe, MM. Brown et Routin ont cherché les moyens les plus efficaces de l’appliquer pratiquement. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le problème s’est posé, mais il n’a pas encore, à notre connaissance, été résolu par des moyens aussi élégants et aussi simples que ceux que nous allons décrire.
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- La méthode Brown et Routin consiste en principe à faire tourner les mobiles des compteurs des abonnés, pour une consommation donnée, d’autant plus vite qu’on se trouve à une période plus chargée de la journée. En fait, pour ne pas trop compliquer, les compteurs seraient seulement susceptibles de deux coefficients d’enregistrement différent : l’un plus grand, applicable pendant la période d’éclairage, l’autre, plus faible, applicable tout le reste du temps.
- Une chose digne d’être signalée c’est que, pour arriver à ce résultat, non seulement il n’y a plus besoin chez chaque abonné de deux compteurs différents, ainsi que la proposition ena souventété faite, mais que chaque compteur a dû être asse{ considérablement simplifié pour les besoins de la cause. C’est un résultat inattendu et qui, on en conviendra, a bien sa valeur.
- Et la chose est facile à comprendre. D’abord, ainsi qu’ils en ont justifié la nécessité par les expériences relatées dans leur étude (i), les auteurs ont éliminé d’une manière absolue les compteurs-moteurs, et se sont adressés aux compteurs à intégration discontinue comportant un watt-mètre ou un ampère-mètre, suivant les cas, et un système intégrateur dont les déclenchements successifs sont provoqués par les émissions d’une horloge.
- Mais cette horloge constitue nécessairement un appareil assez délicat, susceptible de se dérégler, soit par le fait de l’encrassement des contacts, soit pour toute autre cause : les difficultés que susciterait sa présence chez chaque abonné seraient d’autant plus grandes dans le cas particulier, par suite de la variation périodique à obtenir dans la rapidité des émissions. Il est donc à peu près impossible de songer à placer l’horloge près du compteur de chaque abonné, et on devra s’arranger de telle sorte qu’on puisse la placer à l’usine même : on ne devra pas hésiter à procéder de cette façon, puisqu'une
- 0) h’Édairage Électrifie, t. XIII, p. i6o, 23 octobre 1897.
- des conséquences immédiates qui en résulteront sera de ne plus avoir besoin pour tout le réseau que d’une horloge-mère unique, envoyant aux differents compteurs des émissions qui y seront recueillies à l’aide d’un simple électro-aimant dont l’armature fera fonctionner le système intégrateur. De la sorte, placée à l’usine—ou dans tel autre endroit où le contrôle de l’autorité municipale, si on le juge à propos, pourra s’exercer — l’horloge sera aisément surveillée et entretenue ; un simple commutateur à manœuvrer aux heures fixées, et la rapidité des émissions se trouvera modifiée dans tous les compteurs du réseau. Quant à ces derniers, leur mécanisme étant debarrassé d’une de de ses parties les plus importantes,l’horloge, le résultatannoncé précédemment sera atteint, c’est-à-dire que les compteurs seront plus simples, moins coûteux, moins sujets à se « détraquer ». Dans le cas où le compteur horaire pourra être appliqué chez certains abonnes du réseau, sinon sur le réseau tout entier, ce compteur se réduira à un simple électro commandé par l’horloge-mère et dont l’armature fera marcher un totalisateur.
- Mais comment établir entre l’horloge-mère et les différents compteurs la liaison nécessaire? S’il fallait pour cela un fil spécial réservé au service des compteurs, comme la chose a déjà été plusieurs fois proposée, l’inconvénient serait d’importance : pas trop grave à vrai dire dans le cas d’une installation nouvelle, car les dimensions de cefil seraient comparables à celles d’un simple fil pilote, cet inconvénient deviendrait presque prohibitif dans le cas d’une installation déjà exis-
- II fallait donc trouver le moyen d’utiliser les câbles eux-mêmes de la canalisation et de faire passer les émissions à travers,sans que ces émissions risquent de se confondre avec le courant principal : on a résolu des problèmes plus délicats à propos de télégraphie et de téléphonie simultanées, et cette difficulté n’était pas pour arrêter MM. Routin et Brown.
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- En fait, théoriquement, le problème pourrait être résolu en constituant pour l’horloge H et les électros récepteurs K des compteurs (fig. 1), un circuit spécial a l’aide d’un des câbles m de la canalisation, de la terre employée comme retour et d’une batterie de piles auxiliaires, P, comme le montre le schéma, figure 1.
- Fig. 1.— Liaison de l’horloge aux compteurs, cas théorique.
- Cependant, ce dispositif ne pourrait être appliqué pratiquement sans inconvénients; car, en supposant que le câble opposé soit mal isolé, il pourrait passer à travers les clcctros des compteurs un courant de fuite susceptible d’attirer leurs armatures d’une façon permanente et d’arrêter l’enregistrement. Or, s’il fallait appliquer le système Brown et Routin sur les seuls réseaux bien isolés, on peut tenir pour certain que les inventeurs ne feraient pas leurs frais !
- Heureusement, il est facile de faire mieux.
- Il suffit d’employer, pour alimenter le circuit spécial constitué par l’horloge, l’un des câbles, les compteurs et la terre, un courant auxiliaire différent de celui qui est distribué par l’usine : courant alternatif si la distribution est à courant continu; courant continu si le courant distribué est alternatif. En procédant de cette façon, il sera possible de mettre i\ profit les propriétés différentes du courant auxiliaire et du courant de fuite, de telle sorte que le circuit spécial soit aisément perméable au premier et très difficilement au second.
- Par exemple, supposons que la distribution soit à courant continu. Nous emploierons alors le montage représenté schématiquement par la figure 2, a étant une petite dynamo à courant alternatif commandée par
- un moteur à courant continu, H représentant toujours l’horloge-mère, K l’clectro récepteur correspondant à l’installation R d’un abonné, et C figurant un condensateur
- de capacité convenable. Les émissions de l’horloge-mère traverseront aisément le condensateur et viendront animer l’armature de K, mais on se rend aisément compte que le courant de fuite de l’autre câble ne pourra intervenir.
- Si au contraire la distribution est à couz’ant alternatif, deux cas peuvent se présenter suivant que la distribution est directe ou se fait par l’intermédiaire de transformateurs alimentant chacun un groupe d’abonnés.
- Dans le premier cas, on emploiera le montage de la figure 3, dans lequel A étant Palter-
- Fig. 3. — Liaison de l’horloge aux compteurs, cas d’une distribution directe par courants alternatifs.
- Dateur et E son excitatrice, on chargera cette excitatrice même de fournir le courant auxiliaire nécessaire, un de ses pôles étant relié à l’un des câbles et l’autre à la terre par l’intermédiaire de l’horloge H. Dans ce cas, on donnera à l’enroulement de K une impédance telle que le courant alternatif qui pourrait le traverser du fait des fuites ou de la capacité de l’autre câble soit nécessairement trop faible pour agir sur l’armature.
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- Si la distribution se fait par l’intermédiaire de transformateurs, on aura le choix entre deux dispositifs : l’un (fig. 4) exige l’emploi
- Fig. 4. — Liaison de l’horloge aux compteurs, cas d'une distribution indirecte par courants alternatifs, première solution.
- d’un fil spécial entre la station centrale et le point le plus voisin duréseausecondaire, mais il permet d’avoir l’horloge-mère à la station même, ce qui peut être un avantage dans le cas de stations peu importantes. Il faut d’ailleurs remarquer que, le courant nécessaire pour l’alimentation des récepteurs étant très faible, le coût de la ligne supplémentaire sera toujours minime.
- Fig. 5. — Liaison de l’horloge aux compteurs, cas d’une distribution indirecte par courants alternatifs, deuxième
- L’autre dispositif (fig. 5), applicable dans le cas où la sous-station est importante et peut être considérée elle-même comme une véritable usine, comporte un moteur spécial actionnant une petite génératrice à courant continu.
- La liaison nécessaire entre l’horloge et les compteurs ainsi réalisée dans tous les cas possibles par des moyens très simples, passons à l’examen de ces compteurs, lesquels, ainsi que nous l’avons dit, peuvent être indifféremment soit des watts-heure-mètres, soit des
- ampères-heure-mètres, soit même enfin de simples compteurs horaires.
- L’électro K récepteur (fig. 6) commande
- Fig. 6. — Description du compteur.
- un levier n mobile autour du point O. Chaque fois que l’horloge-mèrc établit une communication, l’électro K entre en fonction et attire le levier rigide; ce levier porte un cliquet p qui peut entraîner la roue à rochet r. Cette roue est montée concentriquement à l’axe de rotation de n et communique son mouvement au premier mobile du totalisateur.
- Le mouvement du levier n qui est constamment soumis à l’effort du ressort s est limité dans un sens par la vis de butée /, et dans l’autre par une came v montée sur l’axe de l’appareil de mesure (ampèremètre ou wattmètre). Cette came est taillée de telle façon que la roue r soit entraînée, a chaque fois, d’un angle proportionnel à la grandeur h mesurer (ampères ou watts).
- Pour permettre le libre déplacement de la came p, la vis t doit être réglée de telle façon que, même lorsque la consommation est nulle, l’extrémité du levier n’appuie pas sur ladite came ; une pièce q maintient le cliquet p écarté de la roue r tant que le levier n’etfectue que le petit mouvement correspondant à la consommation nulle, mais le laisse en prise avec r dès que, par suite du déplacement de p, l’amplitude de ce mouvement se trouve augmentée.
- Dans le cas d’un compteur horaire, la came v se trouve naturellement remplacée par une seconde butée fixe.
- La réalisation pratique de ces divers dispositifs est des plus simples : sans y insister
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- autrement, il est cependant nécessaire que nous nous arrêtions sur quelques perfectionnements intéressants qui ont été apportés aux wattmètres employés dans les compteurs que nous venons de décrire.
- ün sait que les wattmètres ordinaires, dans la mesuredes courants alternatifsdécalés, comme ceux qui résultent de l’emploi des moteurs alternatifs, présentent une cause grave d’inexactitude dans le fait de la self-induction de la bobine mobile, fait qui entraîne, lors de la mesure, une modification dans le décalage relatif de ladiffércncedepotentiel etde l’intensité. L’importance considérable de ce défaut pour des courants fortement décalés, signalée pour la première fois à notre connaissance par M. Meylan (*), a été suffisamment mise en évidence par les expériences de MM. Brown et Routin pour que nous insistions plus longtemps.
- Au lieu de chercher à diminuer ce décalage propre de la bobine en dérivation, comme on l’a tenté à diverses reprises sans y réussir dans une suffisante mesure, MM. Brown et Routin ont eu l’idée originale de l’augmenter le plus possible, de le rendre très voisin de 90° par l’addition en série, dans le circuit de cette bobine, d’une résistance fortement inductive.
- D’autre part, ce ne sera plus le courant principal lui-même qui agira sur le courant traversant la bobine en dérivation, mais un courant obtenu par induction de ce courant principal, et par suite, décalé lui aussi de 90°. De cette sorte, les deux courants réagissants, tous deux décalés de quantités égales, seront dans les mêmes conditions de décalage relatif que le courant principal et la différence de potentiel et l’erreur possible sera toujours beaucoup moindre que celle entraînée par l’emploi des wattmètres ordinaires.
- Dans des expériences effectuées avec des formes variées de fonctions alternatives, l’erreur résultant de ce dispositif ne s’est en aucun cas montrée supérieure à 3,8 pour 100,
- (*) IJÈlectricien, 3 mars 1894, p. 143 et 25 août 1894,
- p.I2I.
- ce qui est bien peu si l’on se reporte aux résultats obtenus par les auteurs sur quelques compteurs usuels dans le cas de circuits inductifs.
- Pour résoudre pratiquement ces vues, le wattmètre comporte un disque A ffig. 7),
- Fig. 7. — Principe du wattmètre à courants alternatifs.
- mobile autour d’un axe horizontal et muni d’un contre-poids réglable p. Le déplacement du disque est obtenu à l’aide d’un groupe de trois bobines fixes, dont l’une, 1, est parcourue par le courant principal, et les deux autres, 2 et 3, qui sont reliées en série, par un courant dérivé, décalé comme nous venons de le dire à l’aide d’une forte self-induction.
- On peut admettre que la bobine 1, traversée par le courant principal, induit dans le disque des courants proportionnels à ce courant, mais décalés sur lui de 90°. Ce courant induit est d’autre part soumis à l’action des champs créés par les deux autres bobines qui sont, eux, proportionnels au voltage et également décalés de 90°.
- Pour l’application au compteur, le disque A est taillé en forme de came à sa partie supérieure, et c’est cette came qui remplit le rôle indiqué précédemment.
- Quant à l’horloge, elle consiste simplement en un moteur à courant continu excité en dérivation, sur l’arbre duquel est montée une vis sans fin actionnant une roue dentée : cette roue porte elle-même les pièces de contact, et le couple développé est suffisant pour permettre au besoin d’intercaler un rhéostat. Pour changer le tarif, il suffit de manœuvrer un commutateur qui ajoute une résistance dans le circuit shunt du moteur.
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- II, n’a pas été prévu d’appareil indicateur du tarif momentané : les horaires étant fixés d’avance, on a jugé cet appareil superflu. Chaque abonné recevra donc de la Compagnie un tableau indiquant, soit pour chaque mois, soit pour chaque quinzaine, les horaires ainsi que le nombre d’émissions par minute correspondant a chaque tarif : il lui sera ainsi très facile de contrôler à chaque instant, à l’aide d’un chronomètre ordinaire, le tarif auquel il est soumis.
- Pour notre part, nous ne verrions pas d’inconvénient à ce que les choses soient plus nettement indiquées, et il nous semble qu’on pourrait arriver à de bons résultats par l’application du système suivant :
- Les horaires dont il vient d’ètre question continueraient a être remis au client, mais de plus, le changement de tarif se traduirait par l’apparition sur les compteurs mêmes d’un signal très apparent, d’un voyant portant, suivant les cas, les indications plein tarif, ou demi-tarif, ou tiers de tarif : rien ne serait plus facile que d'arriver à ce résultat en combinant le commutateur de l’horloge-mère de telle sorte que sa manœuvre ait pour premier résultat l’émission d’un courant auxiliaire intense et de courte durée. Ce courant intense aurait un autre but : le client disposerait sur un circuit spécial tous les appareils (ventilation, chauffage, moteurs divers) qui ne lui seraient pas indispensables et qu’il n’utiliserait que dans le seul cas où l’énergie coûterait très bon marché. Automatiquement, sans que l’abonné ait à s’en occuper, ce circuit spécial serait coupé par le courant auxiliaire intense précédant la période de plein tarif ; il serait rétabli par le courant auxiliaire suivant à la fin de cette période.
- C’est d’ailleurs un dispositif de ce genre
- que MM. Brown et Routin emploient dans un cas particulier, en vue du forfait rationnel quand cette application est possible (par exemple un industriel ayant un moteur à horaire et charge connue). Le seul procédé appliqué actuellement pour limiter la consommation d’un client à un nombre donné d’ampères consiste h placer des plombs sur son branchement. A ce procédé peu sur et brutal, les auteurs en substituent un autre consistant dans un déclencheur D qui, à l’instant où le régime maximum convenu est dépassé, met en action un compteur horaire
- Fig. 8. — Déclencheur à minima pour forfait naturel.
- (fig. 8) en même temps qu’un voyant apparaît et prévient le client.
- De cette façon, le consommateur qui prend momentanément plus que la puissance à laquelle il a droit ne se trouve pas brusquement privé de lumière, et cependant la Compagnie n’est pas lésée, car les heures indiquées par le compteur peuvent être, suivant convention, facturées au double ou au triple.
- Nous ne prolongerons pas davantage une étude déjà longue. Nous pensons, au surplus, en avoir assez dit pour prouver que le système que nous venons d’analyser a été de la part de ses auteurs l’objet d’une étude approfondie et constitue certainement une contribution des plus sérieuses à la question de la tarification rationnelle de l’énergie électrique.
- Georges Claude.
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- NOUVELLE DÉTERMINATION I)E L'OHM PAR LA MÉTHODE DE LORENZ
- L’appareil employé, construit par MM. Nal-der Bros, pour l’Université Mac Gill, à Montréal, est semblable comme dimensions et
- -Schéma de la disposition de l’appareil de Lorenz.
- dispositions générales à l’appareil décritdans les Philosophical Transactions of The Royal Society,, 1891, A, p. 1-42 (*).
- La bobine produisant le champ consiste en une simple couche de fil enroulé dans une
- (’) Une description de cet appareil a été donnée dans cette Revue (t. V, p. 208, 2 novembre 1895). La figure 1 représente le schéma des communications ; les figures 235
- Le rapport du Comité des étalons électriques de l’Association britannique à la session d'Oxtord (1894), auquel les auteurs renvoient le lecteur, a été analysé dans le numéro du 26 janvier 1895 (t. II, p. 176).
- On trouvera dans La Lumière Électrique, t. XXXVIII, p. 379, 22 novembre 1890, les communications faites à la .session de Leeds, par M. Glazebrook sur les déterminations récentes de la résistance absolue du mercure, et celle de M. Jones sur la détermination de l’ohm, communications qui se rapportent directement au sujet de cet article.
- Dans cette traduction, les dimensions des diverses parties de l’appareil sont, comme dans le mémoire original, exprimées en pouces. Rappelons qu’un pouce anglais vaut 2,539954 cm. (N, d. 1. R.)
- rainure hélicoïdale de section semi-circulaire, tracée sur la surface cylindrique d’un anneau massif de marbre d’environ 21 pouces de
- Fig., 2, — Vue latérale de l’appareil.
- diamètre externe, 15 pouces de diamètre interne et 7 pouces d’épaisseur. Cette rainure, dont le pas est de 0,025 pouce, comprend 201 tours complets. Le fil employé en premier lieu était un fil de cuivre nu do
- Fig. 3. — Vue en bout de l’appareil.
- 0,02136 pouce d'épaisseur. La mesure du diamètre externe de la bobine, effectuée, après l’enroulement, au moyen d’une machine de Whitworth, a fourni les résultats consignés dans le tableau suivant, où la première co-
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- lonne indique la direction du diamètre considéré ; la seconde, la longueur en pouces de ce diamètre mesurée près de la face avant de la bobine; la troisième, sa longueur près du milieu, et enfin' la quatrième, cette longueur près de la face arrière.
- Tableau I. — Longueurs des diamètres
- I)IÎ LA BOBINE A FIL NU
- —• ---
- „ _ ,8o» 21,047/2 21,04765 21,04765
- 10- — 190° 21.04795 21,04765 21,04952
- 20° — 200° 21,04768 21,04755 21,04905
- 30° — 2IOn 21,04805 21,04745 21,04818
- 40° — 220° 21,04785 21,04755 21,04825
- 5oo _ 230° 21,04808 21,04730 21,04812
- 60° — 24O0 21,04752 21,04755 21,04805
- 7o° — 250" *1,04755 21,04755 21,04822
- 8o° — 260° 21,04785 21,04795 21,04895
- 90" — 270° 2 ^,04812 21,04780 21,04942
- 100- — 280° 21,04805 21,04815 2I,0|925
- 110- — 290° 21,04808 21,04825 21,04898
- 120° - 300° 21,04785 21,04840 21,04905
- 130° - 310° 22,04828 21,04835 21,04915
- 140" — 320° 21,04828 21,04815 21,04908
- 15°° — 33°° 21,04805 21,04805 21,04932
- 160» - 340» 21,04872 21,04795 21,04858
- 21,04778 21,04785 21,048,2
- Moyennes. 21.04797 21,04784 21,04872
- Moyenne générale. . 21,04818 pouces.
- La température, qui était évaluée a chaque mesure, était comprise entre io°,9 C. et 2iü C. ; sa valeur moyenne était 20°,4 C. En tenant compte de la différence entre cette moyenne et la température à laquelle la machine Whitworth avait été étalonnée, nous avons obtenu, pour la valeur du diamètre èxternc de la bobine formée avec le fil nu de 0,02136 d’épaisseur, le nombre
- 21,04932 pouces à 2o°, i C.
- Ées chiffres du tableau il résulte clairement que le fil se trouvait enroulé sur une surface
- bien cylindrique.Mais avec ce fil il fut impossible d’obtenir un isolement suffisant entre deux spires consécutives, et, après avoir perdu
- D — Détail du disqut
- beaucoup .de temps à chercher à isoler les spires au moyen de paraffine, la bobine fut déroulée, puis refaite avec un fil il double couche de soie, préalablement desséché, passé
- ensuite dans un bain de paraffine et enfin desséché de nouveau a l’ctuve avant d’être enroulé. L’enroulement, rendu difficile par le grand diamètre et le poids considérable de la mon-
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- ture, dut d’ailleurs être recommencé trois fois avant que l’on obtînt une couche suffisamment uniforme.
- L’épaisseur moyenne du fi J à double couverture de soie employé dans le dernier enroulement était de 0,01914 pouces ; par suite le diamètre moyen de la bobine, calculé d’après les valeurs trouvées pour la bobine de fil nu, était de
- 21,04488 pouces à 2o°.4 C.
- La bobine était alors enduite de paraffine fondue, puis entourée d'un ruban de soie recouvert de gomme laque et enfin d’un ruban de soie enduit de paraffine.
- Pendant que l’anneau de marbre était dénué de fil, on mesura son coefficient de dilatation. Cette mesure,effectuée par MM. Spiers, Twyman et Waters, étudiants du City and Guilds Central Technical College, était délicate par suite de la difficulté d’amener à une température uniforme une masse aussi grande de substance mauvaise conductrice de la chaleur; on parvint néanmoins à l’effectuer avec assez de précision et l’on obtint 0.000004 par degré centigrade et par unité de longueur.
- A la suite des mesures de résistances relatées plus loin, les rubans de soie et la couche protectrice de paraffine furent enlevés avec soin jusqu’à ce que la soie couvrant les fils apparût, et l’on mesura le diamètre de la bobine dans deux directions rectangulaires. La plus grande différence entre les résultats de quatre mesures n’était que de 5 cent millièmes de pouce, et,.après avoir effectué la correction de température, on trouva pour la valeur moyenne du diamètre externe de la bobine
- 21,04687 pouces à 20°,4 C.
- Cette valeur est d’environ un dix-millième plus grande que la valeur calculée donnée plus haut; la différence est probablement due au gonflement de la couche de soie du fil au moment de l’application de la couche de paraffine fondue sur la bobine déjà enroulée. C’est pourquoi, dans le calcul du coefficient d’indue- I
- tion mutuelle, nous avons préféré nous servir de la valeur obtenue par la mesure directe. Retranchant de cette valeur (21,04 687) l’épaisseur du fil à double couche de soie (0,01914), nous trouvons pour le diamètre moyen de la bobine d’axe en axe du fil
- 21,02772 pouces à 20°,4 C.
- Un peu avant la dernière série de mesures de résistances, le bord du disque de bronze phosphoreux de l’appareil était aiguisé avec une petite roue d’émeri mue par un tour portatif, de telle manière que le bord coïncidât avec l’axe de rotation, et immédiatement après la fin des mesures, le diamètre de ce disque était mesuré; on trouva 13,01435 pouces à r9°,5. Le coefficient de dilatation du disque, déterminé préalablement par MM. Spiers, Twyman et Waters, étant de 0,0000125, on avait donc pour la valeur de ce diamètre
- 13,01451 pouces à 20°,4 C.
- En 1896, M. W. G. Rhodes, alors assistant au Central Technical College, avait exécuté le long calcul du coefficient d’induction mutuelle entre le disque et la bobine de fil nu, en suivant la méthode indiquée dans le mémoire des Philosophical Transactions dont il a été question plus haut, et en partant des données suivantes :
- Diamètre de la bobine . • . 2 A = 21,02673 pouces
- Diamètre du disque .... 2 a = 13,01997 »
- Longueur axiale de l’hélice 2 x = 5,025 w
- Nombre de tours......... n = 201
- 11 avait trouvé.
- M = 18056,36 pouces = 45862,33 cm.
- Ce calcul a été vérifié par M. Mather et, indépendamment, par l’un des auteurs.
- On reconnaît que pour les dernières valeurs de A, a, a et n on a la relation
- 4M
- M
- qui permet
- de calculer la valeur de M pour
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- les valeur données auparavant de 2 A, et 2 a, 21,02772 et 13,01451 •, on trouve ainsi M = 180-37,51 pouces = 45814,45 cm.
- C’est la valeur que nous avons adoptée dans nos déterminations finales, après avoir tenu compte de l’effet du balai central dont il sera parlé plus loin.
- L’exactitude des calculs précédents était vérifiée de la manière suivante : on prit des valeurs de 2 A et 2 a extrêmement peu différentes de celles employées par M. Rhodes, et au moyen de la formule donnant , M. Twy-man calcula la variation correspondante de M ; d’autre part les auteurs calculèrent cette valeur de M pour les nouvelles valeurs de 2 A et 2 a au moyen d’une nouvelle formule contenant une intégrale elliptique de troisième espèce (*).
- Le balai central consiste en un tube de 0,125 pouce de diamètre externe pénétrant dans un trou de 0,144 pouce de diamètre creusé suivant l’axe du disque. Les contacts avec les bords du disque sont obtenus au moyen de trois petits tubes de bronze phosphoreux disposés tangentiellement à 120 degrés l’un de l’autre et appuyant légèrement sur le disque. De chacun des quatre tubes s’échappe un jet de mercure, disposition qui a été reconnue excellente pour atténuer dans une très grande mesure les perturbations causées par les variations des effets thermoélectriques. L’emploi des trois balais périphériques, indiqué par Rowland, élimine les petites erreurs dues à un centrage imparfait de la bobine et du disque. Pour éviter que le mercure qui s'écoule par le tube-balai central vienne toucher le disque suivant une circonférence de rayon plus grand que celui du trou percé en son centre, on fixait au disque un anneau d’ébonite en saillie qui rejetait le mercure.
- Si nous prenons pour valeur effective du
- (*) Cette nouvelle formule ainsi que celle donnant viennent d'être publiées par le Professeur Viriamu Jones, à la réunion de la Société Royale.
- diamètre externe du tube-balai central, 139 p, moyenne de 0,135 et 0,144 pouce, la valeur du coefficient d’induction mutuelle donnée plus haut doit être réduite de 4,5 cm, de sorte que finalement la valeur de ce coefficient
- M = 4^09,95 cm.
- Comme la correction relative à l’effet du balai central diminue M de un dix-millième seulement de sa valeur, il est évident qu’une erreur de quelques centièmes dans l’estimation du diamètre de ce balai ne peut avoir d’importance.
- La manière de faire les observations était identique à celle qui a déjà été décrite à propos des expériences effectuées avec l’appareil de Cardiff (l). L’emploi d’un galvanomètre Ayrton-Mather du type d’Arsonval, extrêmement sensible, facilitait beaucoup les lectures. Deux bobines galvanométriques avaient été spécialement construites par M. Mather lui-même pour l’usage de cet instrument avec l’appareil de Lorenz. Les données relatives à cet instrument sont indiquées dans le tableau ci-dessous :
- Résistance de la bobine suspendue. 1,9 ohm
- sion......................... 5*75 ohms
- Période d’oscillation double.....7,6 secondes
- Distance de l’échelle . . . \ 1412
- f 1340 di.v. de 1 ecbeüe
- Déviation en divisions pour ( 137 par microampère la distance employée . . ( 23,8 par microvolt Déviation en divisions pour ( 204 par microampère une distance de 2000 div. ( 35,8par microvolt.
- Les bobines de résistance employées étaient celles précédemment utilisées à Cardiff pour la détermination de l’ohm (*), Elles ont été étalonnées une première fois par M. Glaze-brook, puis à deux reprises nouvelles par le
- (‘) Meeting of the British Association, Nottingham et Oxford ; rapport du Comité des étalons électriques, appendices 1893 et 1894.
- P) Rapport du Comité des étalons électriques, appendices II et III, 1894.
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- major Cardew, du Laboratoire d’étalonne- I tats obtenus sont résumés dans le tableau ment électrique du Board of Trade. Lesrésul- I suivant:
- Tableau IL — Résistances des bobines f.n ohms du board of 'brade
- A B C
- BOBINE M. Glazebrook. Board of Trade. Board of Trade.
- Janvier-Mars 1894. Novembre 1896. Août 1897.
- N° 3 873 '> 3874 ’> 4274 » 4275 9,9919 i4u,8 C. 9,9936 à i4°,9 C. 0,100050 à <50,2 C. 0,100053 à 15V C. 9,992994 à I4°,86 C. 9,993213 à 14“,91 C. 0,1000595 à 14»,77 C. 0,1000722 à i5°,i4 C. 10,00712 à »9°,3 C-10,00775 à 19°..3 C. 0,130078 à 19°,4 C. 0,100081 à i9°,4 C.
- Les bobines 3 873 et 3 874, construites par MM. Nalder, étaient en fil de platine-argent; les deux autres, 4 274 et 4275, étaient en fil de manganine.
- Dans le tableau suivant sont donnés les coefficients de température de ces bobines, d’une part, d’après les essais des constructeurs, d’autre part, d’après les essais A et C, et B et C :
- Tableau III.
- Coefficients de température des bobines
- BOBINE MM.Md.r JüT«*c. r::;
- N» 3873 0,000276 0,000360 0,000318
- » 3874 0,000300 0.000344 0,000331
- >' 4274 0,0000127 0,0000667 O.OOOOAQQ
- » 4275 0,0000127 0,0000667 0,0000207
- Les nombres de ce tableau montrent qu’une redétermination du coefficient de température est indispensable; cette opération est actuellement en cours d’exécution.
- Mais fort heureusement la dernière série de déterminations des résistances des quatre bobines put, grâce à la complaisance du major Cardew, que nous ne saurions trop remercier de sa célérité, être faite dans la quinzaine qui suivit la fin des mesures abso-
- lues, et comme la température à laquelle elle fut faite différait très peu de la température des bobines (18°,8 à i9°,4 C) pendant la der-nièrede nos séries de mesures, l’erreur pouvant résulter de la correction de température était négligeable. Nous avons donc adopté les valeurs trouvées en août 1897 au Board of Trade.
- Les thermomètres étalons employés dans nos mesures avaient été envoyés de Kew et étaient vérifiés par le Dr Chrec.
- La marche de l’horlorge de la section de mécanique du Central Technical College qui servait à inscrire les secondes au moyen d’un chronographe Bain était fréquemment vérifiée à l’aide d’un courant envoyé toutes les heures du General Post Office et d’un courant envoyé de Greenwich h 10 heures du matin.
- Les résultats des mesures de résistances absolues devinrent peu à peu très concordantes après que les nombreuses causes d’erreurs légères furent éliminées. Neuf séries de mesures faites en juillet donnèrent les résultats suivants pour la valeur de l’ohm du Board of Trade en ohms vrais, sans tenir compte de la correction due à l’horloge.
- 1,000286 1,000256 1,000285 1,000351 1,000295
- Moyenne
- 1,000306
- 1,000284
- 1,000307
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- Si l’on tient compte du retard de trois secondes par 24 heures de l’horloge, on trouve :
- 1 ohm du Board of Trade = 1,00020 ohm vrai.
- Il est important de considérer dans quel sens ce résultat se trouve affecté par les causes d’erreurs qu'on ne peut complètement faire disparaître. Ces causes sont assez nombreuses; nous les examinerons successivement, en indiquant pour chacune d’elles le sens de l’erreur correspondante.
- 1. Estimation trop grande du diamètre de la bobine, provenant, par exemple, de la compression que peut exercer le fil de cuivre sur la partie de la gaine de soie comprise entre ce fil et l’anneau de marbre.
- Le résultat obtenu serait trop faible.
- 2. Estimation trop petite du diamètre du disque de bronze phosphoreux, résultant de ce que les pointes des tubes-balais périphériques pouvaient peut être se trouver trop écartées du disque, par suite de la répulsion des jets de mercure.
- Le résultat obtenu serait trop faible.
- 3. Présence de canalisations ou de traverses de fer dans le voisinage de l’appareil.
- Le résultat obtenu serait trop petit.
- 4. Traces de fer dans le disque de bronze phosphoreux, etc.
- Le résultat obtenu serait trop petit.
- 5. Defaut d’isolement entre le support du balai central et les supports des balais périphériques.
- Le résultat serait trop grand.
- 6. Défaut d’isolement entre les spires de la bobine.
- Le résultat serait trop grand.
- 7- Traces de fer dans l’anneau de marbre.
- Le résultat serait trop grand.
- 8. Défaut d’isolement entre les diverses parties de l’appareil.
- Le résultat serait trop grand ou trop petit suivant le lieu où sc produiraient les pertes.
- 9- Champ magnétique permanent agissant sur l’appareil.
- Le résultat ne serait pas modifié, le sens
- du courant dans la bobine étant périodiquement renversé.
- Pour reconnaître si les causes d’erreurs 4 et 7 existaient, des balances d’induction lurent spécialement construites par AI. Ma* ther pour mesurer la perméabilité de l’anneau de marbre et du disque de bronze ; mais bien qu’une déviation d’une unité correspondît à une perméabilité de - ;^ aucune déviation ne put être observée. Quant aux causes d’erreurs 5 et 8, elles n’existaient pas car les mesures de résistances d’isolement de l’appareil, faites chaque jour avec le plus grand soin, donnèrent toujours des valeurs dépassant un millier de megohms.
- L’existence de la sixième cause d’erreurs, le défaut d’isolement entre les diverses spires de la bobine, 11e pouvait être reconnue dans le cas où le fil était recouvert de soie, car une légère perte entre deux spires consécutives ne changerait la résistance du fil de cuivre de la bobine que d’une quantité de l’ordre de grandeur de la variation résultant d’une variation de température d’une fraction de degré. Nous avons dû, par conséquent, nous contenter de prendre*' les précautions précédemment décrites dans le but d’obtenir un très haut degré d’isolement de l’enroulement de la bobine.
- Lorsque la bobine était formée d’un fil nu, il était possible de comparer grossièrement la résistance d’isolement entre les spires en faisant passer un courant constant dans cette bobine et mesurant la différence de potentiel entre deux spires consécutives. Ce procédé a été employé à plusieurs reprises, mais le nombre des spires étant de 201, l’opération était longue et fastidieuse.
- Lorsqu’on construira un nouvel appareil de Lorenz, il conviendra donc d’examiner s’il ne serait pas possible de tracer sur la surface cylindrique de l'anneau de marbre deux hélices séparées dans lesquelles seraient enroulés deux fils nus indépendants, de telle sorte qu’une spire de l’un se trouve, sauf aux extrémités, comprise entre deux spires de
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- l’autre. La résistance d’isolement entre les deux enroulements mesurerait l’isolement entre deux spires adjacentes, les deux enroulements étant connectés en série de manière à constituer une seule bobine lorsque l’appareil serait employé pour la mesure de résistances absolues. Dans ces conditions il serait possible de s’assurer de l’absence de la cause d’erreurs 6 plus facilement que lorsque le lil est recouvert de soie paraffinée, et en même temps d’éliminer entièrement la cause d’erreurs i.
- Il ne semble pas cependant que le résultat de nos expériences, qui indique que l’ohm Board of Trade est de 2 à 3/10000 plus grand que l’ohm vrai puisse être dû à cette dernière cause d’erreurs. Il ne peut non plus être attribué aux causes 2 et 3 car beaucoup d’expériences ont été faites dans le but de reconnaître si le diamètre effectif du disque était plus grand que le diamètre obtenu par
- électrique
- les mesures avec la machine de "Whitworth, et ni le changement de la pression exercée par les balais périphériques, ni une modification de la forme de leurs extrémités, etc., n’indiquaient que dans les conditions où ces balais étaient employés il y eût une différence entre le diamètre effectif du disque et son diamètre mesuré.
- Nous adressons nos remerciements aux trois étudiants, MM. Spiers, Twyman et Waters, pour l’assistance qu’ils nous ont apportée dans ces mesures; à M. Harrison, pour son obligeance à nous faire profiter de l’expérience qu’il avait précédemment acquise dans l’usage de l’appareil de Lorenz; enfin et tout particulièrement à M. Mather pour le concours qu’il nous a constamment apporté pendant toute la durée de ces recherches.
- W.-E. Ayrton et J.-V. Jones,
- Membres de )a RovaJ Society.
- ANALYSE ÉLECTROLYTIQUE (')
- DOSAGE DES METAUX PRÉCIPITABLES PAR LE SULFURE AMMONIQUE
- Max Engels/2; a consacré ses recherches au dosage électrolytique des métaux précipitables par le sulfure ammonîque et plus spécialement k la séparation du manganèse et du fer, problèmes intéressants, particulièrement pour les métallurgistes auxquels de bons procédés pourraient dans bien des cas rendre de sérieux services.
- Pour la séparation du fer et du manganèse, l’auteur a examiné d’abord la méthode indiquée par Classen dans son traité (T édit, allem., p. 207) et fondée sur l’électrolyse d’une solution oxalique, mais sans pouvoir obtenir de résultat satisfaisant, car le peroxyde de manganèse déposé sur le pôle positif conte-
- (!) Voir L'Éclairage Électrique du 3 juillet 189", t. XII, p. 49.
- (2) Thèse présentée à l’Université de Berne.
- naît toujours du fer. Les modifications qu’il essaya d’apporter à la méthode primitive n'eurent pas plus de succès. Il en est de même de la méthode de M. Becquerel, qui recommande l’électrolyse en solution acétique. La méthode de Vortmann (solution alcaline avec sel de Seignette),bonne pour le fer seul, fut également trouvée insuffisante pour la séparation du fer d’avec le manganèse. Les solutions citriques et celles de pyrophosphates doubles, suivant les indications de Brand, ne donnent pas de meilleurs résultats.
- Engels pensa alors à faire l’électrolyse en empêchant le mélange des liquides qui entourent les deux pôles, la solution des sels de fer et de manganèse étant acidulée avec de l’acide sulfurique. Les membranes animales se perçant en peu de temps et un vase poreux
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- en argile ayant fourni un depot de peroxyde de manganèse contenant du fer, on eut recours en définitive à la disposition suivante qui seule permit d'arriver au résultat. La solution à traiter est placée dans une capsule de platine qui servira de cathode et à côté de laquelle on place un gobelet de verre renfermant environ 100 cm3 d’eau acidulée avec de l’acide sulfurique ; un tube en U renverse dont une branche plonge dans chaque vase établit la communication entre les deux liquides que l’on y fait monter par aspiration. Une lame de platine servant de pôle positif est immergée dans le gobelet. Dans l’expérience citée, exécutée avec 0,1028 de fer et 0,07018 d’oxyde salin de manganèse, l’intensité du courant a varié de 0,4 à 0,6 et 0,8 ampère, avec des forces électromotrices correspondantes de 40, 50 et 60 volts. (Durée 12 heures.) Pour éviter la formation d’acidc permanganique qui empêche la séparation complète du manganèse, il faut faire passer pendant tout le temps un courant d’hydrogène dans la cellule positive. Toutes les heures, le peroxyde déposé sur la lame est lavé puis dissous dans de l’acide oxalique chaud.
- Grâce à ces manipulations assez longues et délicates, on peut obtenir deux liqueurs contenant l’une le fer, l’autre le manganèse. Dans chacune d’elles on pourra précipiter le métal qui s’y trouve par les méthodes usuelles. Dans l’opération citée précédemment, on a retrouvé 0,070 de MnsO*et 0,1025 de fer.
- D’après Engels, ce procédé est le seul qui permette de séparer correctement le fer du manganèse.
- Le fer se sépare de Y aluminium d’une manière complète et à l’ctat de pureté, par 1 élcctrolyse d’une solution contenant du sel de Seignette et rendue alcaline avec de la soude. Il est important de n’employer que la quantité juste nécessaire de tartrate double pour éviter le dépôt d’un sel de fer basique ; avec un excès de ce réactif, la précipitation du fer serait incomplète. La densité normale du courant a pu atteindre jusqu’à 1.6 ampère
- sans qu’il en résulte de perte. (Voltage : 2,2.)
- Le fer se sépare également bien en présence d’acide phosphorique.
- En présence du chrome, soit à l’état de chromate, soit à l’état d’alun, Engels n’a pas réussi à précipiter le fer, ni par la méthode de Classen (avec un excès d’oxalate d’amino' niaque), ni par la méthode de Smith. Même avec des courants de 2 ampères, aucune trace de fer ne s’est déposée. Il est bon de noter cette divergence avec des ouvrages classiques ; il reste peut-être là un point de détail à élucider, car Classen en particulier indique des exemples d’analyses parfaitement réussies.
- Pour séparer le fer du çwc, Engels a trouvé de bons résultats en employant la méthode de Vortmann.
- Si l’on doit séparer du nickel d’avec du fer dans la solution de leurs sulfates, il faut d’abord peroxyder le dernier métal au cas où il serait à l’état de protoxyde, ce qui est facile à l’aide d’un peu d’eau oxygénée pure. O11 ajoute ensuite un excès d’ammoniaque de manière à précipiter les oxydes et à redissoudre l’oxyde de nickel formé. Le nickel se dépose intégralement dans ce liquide non filtré, par l’action d’un courant pouvant atteindre jusqu’à 1 ampère. La fin de la réaction se reconnaît avec du sulfhydrate d’ammoniaque. Le dépôt est lavé à l’eau et à l’alcool puis séché à 40-60°. Dans le liquide décanté on peut recueillir Fe203 pour le peser (?).
- La séparation, du nickel et du manganèse peut s’effectuer de la même façon, après oxydation de la solution des sulfates par l’eau oxygénée. Après le dépôt du nickel qu’on traite comme il a été dit précédemment, on peut recueillir sur un filtre l’hydrate manga-nique Ain2 (OH)6 et peser après calcination au rouge vif.
- (') M. O. Ducru qui a étudié récemment la même séparation, a trouvé que de petites quantités de fer se déposent toujours en même temps que le nickel (1 à 2 mgr pour 400 à 500 mgr de nickel). Il y aurait donc lieu de faire une correction pour des expériences très précises. IC. R., sept. 1897, P. 4Ï/J
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- Engels a trouvé aussi que le procédé indiqué pour séparer le nickel du fer ne réussit pas pour précipiter le cobalt en présence du fer. le cobalt ne se précipitant jamais intégralement. Il en est de meme pour les mélanges de cobalt ex de manganèse. En essayant d’opérer avec un voltage plus élevé (6 volts par ex.) le cobalt déposé contient toujours du fer ou du manganèse.
- Dosage du cadmium
- D’après S. Avery et B. Dalks (*), le dosage du cadmium se fait aisément en liqueur formique, à condition que la solution, d’un volume de 150 cm3, ne renferme pas plus de 0,1 gr de me'tai et que la surface de cathode ne soit pas inférieure à 100 cm2. Pour l’élec-trolyse, on emploiera un courant ayant une force électroinotrice de 0,3 à 0,4 volt et une intensité de 0,15 à 0,20 ampère au plus.
- La solution contenant le cadmium est d’abord additionnée de 6 cnr1 d’acide formique (d =1,20), puis de carbonate de potassium jusqu’à formation d’un léger précipité permanent ; ce dernier est redissous à l’aide d’acide formique dont on ajoute encore 1 cm3 en excès.
- Le procédé doit être exempt des inconvénients inhérents aux autres méthodes déjà proposées. On se rappellera cependant que Classen indique l’élcctrolyse d’une solution d’oxalate double de cadmium et d’ammonium maintenue acide avec un peu d’acide oxalique, comme donnant également de bons résultats.
- Dosage de l’acide azotique (2)
- Il existe plusieurs méthodes pour doser l’acide azotique après l'avoir quantitativement transformé en ammoniaque, dans lesquelles la réduction de l’acide doit être attribuée à une action électrique, celle de G. Vort-mann par exemple. K. Ulsch a étudié un
- (*) Journ. Amer. chem. Soc., 1897, t. XIX, p. 379; Chem. Zeit., 1897, Repert, p, 149.
- (2) Zeils.für ekctrochem., 1896-1897, p. $46.
- procédé dans lequel on produit l’ammoniaque en présence d'une quantité mesurée d’acide sulfurique titré ; 011 détermine ensuite le poids d’ammoniaque formée en titrant l’acide sulfurique resté libre. Le procédé se distingue par l’emploi d’une cathode en cuivre compact, à la place du cuivre spongieux usité auparavant, en prenant toutefois certaines précautions, car l’expérience a montré que le pouvoir réducteur du cuivre dépend beaucoup de l’état de sa surface.
- Comme cathode, on emploie du fil de cuivre de 1,4 mm environ de diamètre tordu en hélice par enroulement sur un tube de verre de 15 mm. de diamètre. La longueur de fil à employer est de 2 m à peu près ; les 40 spires ainsi formées occupent une hauteur totale de 70 mm et se terminent par un bout droit de 15 cm tendu parallèlement à l’axe du cylindre. L’anode est constituée par un fil de platine de 1 mm d'épaisseur et de 20 cm de longueur. — Pour cellule de réaction, on fait usage d’un tube a essais de 20 mm de diamètre et de 17 cm de longueur; l’orifice de ce tube porte un bouchon de caoutchouc dans lequel passent les extrémités des électrodes et un petit tube de verre permettant le départ des gaz qui peuvent se dégager pendant l’opération. Lorsque l’appareil est monté, l’anode occupe l’axe du tube et se trouve entourée par les spires de la cathode, les deux touchant presque le fond du tube à essais. Avant chaque expérience, la spirale de cuivre est chauffée dans la flamme d’un brûleur Bunsen jusqu'au rouge faible, puis plongée immédiatement dans de l’eau froide; la surface du métal est ainsi dans l’état nécessaire pour la rendre active.
- Dans les expériences de l’auteur, l'électrolyte contenait 10 cm8 d'acide sulfurique normal et la quantité d’azotate à réduire dans un volume total de 20 cm3 placé dans le tube à essai. Le courant était réglé à 1,25 ampère, cc qui, avec la spirale indiquée,donne une densité de courant de 1,5 ampère environ (sous 4 volts, 2 accumulateurs).Le liquide s’échauffe pendant l’opération, circonstance qui paraît
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- favorable à la réduction, et ce n’est que vers la fin, lorsque la plus grande partie de l’acide nitrique est réduite en ammoniaque, que l’on voit se dégager un peu d’hydrogène.
- Après la réduction, il ne reste qu’à titl'er l’excès d’acide .sulfurique restant.
- On a pu traiter sans perte une solution contenant jusqu’à 0,3 gr de KAzO3 dans les 20 cms; la réaction était complète après
- 45 minutes. Le procédé est donc remarquable comme simplicité et comme rapidité ; malheureusement divers sels, notamment les chlorures, y introduisent des causes d’erreur. On ne peut pas songer k analyser les nitrates naturels par ce moyen.
- {A suivre.)
- G. Arth,
- APPLICATIONS MÉCANIQUES DE L’ÉLECTRICITÉ
- On a depuis longtemps (Clerk et Stand-fiei.d) appliqué l’électricité aux viveuses portatives et aux perceuses, en se servant de l’élec-
- Morgan (1897) pour tôles plates.
- tricité, non seulement pour en actionner l’outil, mais aussi pour les fixer sur le fer ou la tôle à travailler. C’est à ce genre d’appareils qu’appartient la viveuse de Morgan, représentée par la figure 1. Le frappeur A, suspendu par scs tourillons, est attiré sur la tôle
- par les électro-aimants FF, en regard de ceux JJ de la bouterolle H, également suspendue par tourillons. Pour placer le rivet,
- Fig. 2. — Riveuse Morgan pour cornières.
- on relève, par la came y, et malgré son ressort /, le piston K, puis on amène l’appareil au-dessus du rivet que l’on frappe, après avoir rabaissé K, par le marteau D, que commandent deux solénoïdes opposés.
- Le type analogue (fig. 2) est disposé de
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- manière à pouvoir travailler dans les coins.
- La riveuse (fig. 3) n’emploie l’électricité que pour se fixer sur la tôle par les électros CC, également à articulations sphériques d, et le rivetage se fait par une pression d’eau admise au-dessus du gros piston F2 avec rappel par eau admise en ca. En figure 4,
- jse hydro-électric
- les électros de fixation K. K, sont compris entre les mâchoires K„ K. du cylindre riveur K5 et disposés de manière à permettre le rivetage des cornières de plafond.
- La riveuse MM' du type figure 5 est portée par deux chariots Ls L2, sur les glissières LL, fixées à la tôle par les électros L, L, de manière à pouvoir se déplacer sur LL par les vis L3, en même temps que pivoter parM»MA au droit de ces glissières. On peut ainsi suivre deux rivures orthogonales sans déplacer les étectros LjL,.
- La petite perceuse de Holmes, représentée par la figure 6, est tenue par les poignées P et appuyée sur la tôle. La poussée du foret, que
- l’armature C commande par le train réducteur GH G, H,, est reçue par les rondelles M, et le tampon en caoutchouc R reçoit le choc de la machine sur la tôle au sortir du foret.
- perforatrice électrique Siemens et Halske représentée par la figure 7, est caractérisée
- hydro-électrique Morgan pour
- par l’emploi d’un double ressort FiF», dont les travaux se compensent, et dont celui d’avant, F,, assure le retrait facile du foret malgré l’encombrement du trou, retrait qui exigerait souvent, du solénoïde seul, un effort trop considérable.
- Le châssis A (fig. 8 et 9) delà haveuse Baus-cher porte, mobile sur a a, un chariot B, sur le front b duquel court la scie coupeuse que la dynamo C (fig. 10), montée sur B, commande par le train c,dd3. Quant à l’avance et au recul de B sur A, ils sont aussi commandés par C, la vis le pignon F et l’arbre/: l’avance par le train fh3 h et la cré-
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- maillère a; le recul, par fhihi et la crémaillère av Des griffes, manœuvrées par le ren-
- Morgan
- voi K Cî, embrayent à cet effet avec /’, tantôt/j, tantôt f.
- Fig. 6. —Perceuse Holmes (1896). crémaillères par leurs pignons. Quant à la
- Fig. 7. —Perforatrice Siemens et Halske (1896).
- butée de la vis elle est reçue par une ron- 1 l’effort permis par la résistance des pièces delle creuse E (fig. n) assez faible pour se I de la machine.
- briser sûrement dès que ccttc butée dépasse | Dans la machine «TAtkinson (fig. 12), la
- "W
- Fig. 8. — Haveuse
- Bauscher (1897). Plan.
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- dynamo A commande, par le train hélicoïdal DE, la roue I de la chaîne O, montée sur le bras Q, à châssis R, orientable par la vis S (fig. 14) et le pignon U. On attaque la taille avec Q dans l’axe de la voie des galets B,
- puis on la développe en l’amenant, par S, Q dans la position figurée. Grâce à la grande vitesse de la dynamo, cette machine, relativement légère et mobile, est d’un maniement très facile.
- M. J.-P. Wetherilt, qui ont fait faire le plu
- t l’un des i
- emeurs progrès au triage 'lectro-magnéiique des minerais (!) et les installations de ses appareils à la Lchigh Zinc and Iron C°, au New Jersey, sont des plus remarquables (*).
- Le minerai à traiter est mélangé de fran-klinitc (FeO, ZnO, MnO) (Fes O3 Mn5 O3), wil-lemite QZnO, SiO2), calcite, zincite (ZnO) fowlerite (Mnô, ZnO; (SiO5) téphroïte (2M11O, SiO1)... il s’agit de séparer la zincite et la willémite, riches en zinc, des autres minerais ferreux et manganésés.
- Les électro-aimants C C des appareils Wetherilt. ont (fig. 15) leurs moyeux, de 320X275X607 mm, réunis par une semelle Y
- (') Voir L’Éclairage Électrique, t. XIV, p. 13, 1
- de 790X275X65, entourés de 19 couches de fil n° 5, donnant 9,5 ampère-tours ; résistance 2 ohms, et terminés par des pièces polaires PP de 395 X 280X 65, avec leurs extrémités T arrondies à 30°. Poids total 590 kgr.
- Ces électro-aimants sont disposés horizontalement ou verticalement,
- Dans la disposition horizontale (fig. 16), le minerai est distribué en couche mince sur les courroies de toile aa% qui passent sur les pièces polaires PP, et font tomber entre elles le minerai, dont les parties non magnétiques tombent entre les vannes de bronze SS, tandis que les parties magnétiques, entraînées par leur adhérence, tombent, sur ces vannes ajustables. Le réglage se fait en variant l’écartement des vannes et des pôles, ains tensité du courant.
- On voit que le champ magnétiqu
- 1 que 1
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- jours extrêmement concentré entre les extré- I grande efficacité avec une intensité de cou-niités polaires TT, ce qui en explique la | rant qui ne dépasse guère 25 ampères : 10 à
- Fig. il et 15. — Haveuse Atkinson (1896). Fig. 14 et 14 bis. — Haveuse Atkinson.
- Elévation et plan. Détail de la tête.
- 20 pour la limonite et la pyrolosite, 4 à 8 pour I arriver à séparer ainsi les uns des autres ces les hématites, 1 à 4 pour la franklinite. On différents minerais. De là, l’intérêt de classer peut, en réglant convenablement l’intensité, | ces minerais suivant leur attractabilité, clas-
- Wetherül.
- Wetherill. Dispositif
- sentent difficile en raison des variations de la I sées jusqu’ici à peu près inutiles en pratique, perméabilité magnétique de ccs minerais, qui I Voici quelques résultats de concentrations fendent la ..plupart des classifications propo- | obtenus par les appareils Wetherill.
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- On a installé, pour le traitement des fran-klinites, une usine pouvant traiter 400 tonnes par jour.
- Les hématites fossiles de Clinton (Ala-bama) renferment 45 à 48 p. 100 de fer; 100 tonnes traitées au concentrateur Wethe-rill donnent les résultats, suivants :
- ; de qinc de Franklin (New-Jersey).
- Minerai primitif . . . Franklinitc magnéti-
- Willémite et zincite non magnétique. . 28
- Calcite non magnéti-
- Hématites
- Minerai primitif. . . Parties magnétiques. 49
- » non magnét. 51
- 3LQ9
- mges.
- 27,14
- 12,29
- 41,41
- Plombs argentifères. Galène et gangue de limom
- 20,31 9>34
- 35,5 13,62
- 56,47
- 34,6o
- Ag. eu
- Minerai primitif. 190
- Parties magnét. 8i 18
- 12,04 35,42 12,68 2,90 43 14,10
- tiques....... 19 900 51
- Minerais de manganèse.
- Minerai primitif... 43
- Parties magnétiques. 52 20,85
- * non magnét. . 48 67,20
- 3,10 6.60
- 28,78
- 40,91
- Minerai brut renfermant 41,58 de fer 37,51 de gangue.
- 57 tonnes magnétiques
- 100 tonnes ^ renfermant. . . . 57,10 13,10 ) 28 tonnes mélangées . 46,20 25,4
- l 15 tonnes résidus ... 10 70,8
- L’appareil de M. Pua;, représenté par les figures 17 à 19, a pour objet de faciliter, au moyen d’électro-aimants, l’amalgamation de l’or des minerais de fer magnétiques. Ce minerai tombe dans l’eau d’un récipient annulaire A, tournant et secoué par e. Au-dessous de l’eau, se trouve, sur le fond de cuivre à. palettes h et g (fig. 19', la couche
- de mercure amalgamante „r. Au-dessous de ce bac, se trouve un électro-aimant I, alternativement aimanté, désaimanté, puis inter-
- verti. Quand le minerai tombe dans l’eau du bac, l’or se sépare en partie, arrivant plus vite au mercure, grâce b. sa plus grande densité. Quand le minerai, qui renferme encore beaucoup d’or, arrive au-dessus de l’électroaimant I, cet clcctro attire le minerai au fond du bac, en même temps que l’or, autour duquel les particules du minerai s’agglomèrent par leur aimantation même, puis ces particules lâchent ensuite l’or quand l’électro-aimant se démagnétise et s’intervertit, change de polarité, de manière à ajouter sa répulsion à la force ascendante hydrostatique du mercure. Lorsque ce minerai, entraîné dans la rotation du bac et graduellement débarrassé de son or par sa remontée au tra-
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- vers du mercure, arrive au second éleCtro K, cet aimant le sort du mercure et l’amène au niveau de l’aspirateur J, par où il s’évacue. L’enveloppe qui sépare l’électro K de l’eau, a
- Milea (1897;.
- sa partie inférieure constamment nettoyée par les palettes supérieures h. qui y empêchent toute accumulation de minerai, et l’eau du bac se maintient à niveau constant par c C.
- L’électricité est très fréquemment employée comme moyen d'arrêter à distance des machines motrices ou des mécanismes quelconques. C’est ainsi qu’avec le dispositif de M. Milea, représenté par la figure 20, dès qu’on interrompt le circuit de l’électro w, le contrepoids t ouvre en retombant le robinet p, qui admet de la vapeur sous le piston /, lequel soulève alors le manchon g du régulateur de manière a arrêter la machine qu’il commande. Au con-Vaire, il faut, avec l’appareil Stoxk (fig. 21'.
- envoyer un courant dans l’électro B qui, déclenchant en e le poids F, le laisse retomber de manière, qu'après un lancé qui assure son action, il ferme par la chaine lâche L et le renvoie TW la valve avec un choc
- amorti par le ressort ivv La valve se rouvre ensuite et le contrepoids se remonte par la corde H et la poulie G, à déclic lâchant automatiquement F dès qu’il est rcnclenché par e.
- L'indicateur de niveau d’eau de J. Evans, représenté par les figures 22 h 26, fonctionne de la manière suivante. En s’abaissant ave le niveau à indiquer, le flotteur isolé 44 (fig. 25) fait tourner le bras 36 qui, lorsqu’il arrive à la position verticale, déclenche en 40 la masse 30. Cette masse porte deux touches 31, 32 qui, en passant sur le contact 29 de son châssis 28, ferme le circuit de la pile 63 sur le circuit principal 64,65 de l'avertisseur, puis la rompt de nouveau quand elle arrive au bas du châssis 28. Ce courant arrive aux
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- électro-aimants 8 et 27 (ûg. 22) de l’enregis- 1 ture dans la roue 6 et ferment en meme treur, qui engagent le doigt 24 de leur arma- | temps, par l’armature 79 de 27, le circuit
- Evans ( 1S97).
- local 74 de l’enregistreur sur le relais 13, dont l’armature polarisée 12, attirée par 8, oscille avec 13 et 24 autour de 14 etfait ainsi avancer d’un cran la roue 6 et son aiguille indicatrice. Quand la masse 30, arrivée au bas de sa course (fig, 25) rompt le circuit, le doigt élastique 24 lâche la roue 6, et le ressort 18 ramène 13 à sa position primitive. Si, au lieu de s’abaisser, le niveau monte, la roue 42 (fig. 26] du flotteur tourne en sens inverse de la flèche (flg. 25), et ses taquets 54 font bascu-
- ler le commutateur 53 de manièr
- renver-
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- ser le courant en 64, 65, de sorte que l’armature polarisée 12 de 13 fait tourner la roue 6 en sens contraire de précédemment. En outre, à chaque passage d’un cran de la
- roue 6, l’électro-aimant 27 frappe un timbre avertisseur.
- (A suivre.)
- G. Richard.
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Boite de jonction à interrupteur, système W. Illingworth (*).
- Dans les réparations de canalisations électriques on a souvent besoin d’isoler une partie plus ou moins importante des câbles ; la boîte de jonction Illingworth permet de réaliser facilement cette opération.
- Cette boîte est formée de deux parties ; l’une porte des boulons articulés à leur base et dont les têtes viennent s’engager dans les crans B que porte la seconde partie ; en serrant fortement ces boulons on obtient une fermeture hermétique.
- Au fond de la boîte se trouve, maintenue par les vis c,, aJ0, une épaisse plaque
- jonction
- d’ébonite portant deux fortes bornes hn auxquelles aboutissent les extrémités g- des câbles p. Le courant passe de l’un à l’autre de ces cables par l’équerre c, la touche ci de l’interrupteur i et le cylindre métallique d en communication par sa partie inférieure avec la borne de gauche. On rompt la communication en faisant tourner d’un demi-tour l’interrupteur f, à l’aide d’une clef spéciale engagée dans la tête E. L’interrupteur est d’ailleurs encliqueté par un mécanisme 7«,o, dont le détail n’est pas
- (‘) Brevet anglais n° 16373 > déposé le 24 juillet 1896, déli-vré le 19 juillet 1897.
- visible par la figure et qui empêche la manœuvre de l’interrupteur au moyen d’une clef ordinaire. J. R.
- Procédé S. Hammacher pour le durcissement de la matière active des accumulateurs (').
- De nombreux procédés ont été imaginés dans le but de donner à la matière active des accumulateurs une résistance mécanique suffisante pour permettre d’augmenter les di-
- (*) Brevet anglais, n° 17161, déposé le 4 août 1896, délivré le 5 juin 1897.
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- mensîons des pastilles et de diminuer par suite le volume et le poids du support.
- L’un d’eux consiste à former la pâte d’un mélange d’oxydes de plomb, de résidus de distillation des goudrons de houille, et d’alcool ou d’éther de pétrole ; il est employé pour la fabrication des accumulateurs Bœsc ; les plaques ainsi préparées ne se désagrègent pas dans l’acide sulfurique, mais, suivant l’auteur, leur conductibilité électrique n’est pas suffisante.
- Un autre consiste à broyer les oxydes de plomb avec des éthers butyriques ; il offre cet inconvénient qu’au séchage des plaques il y a saponification des éthers par les oxydes de plomb,' et qu’à la formation il y a dégagement d’hydrocarbures gazeux sur les plaques négatives et de gaz carbonique ou d’oxyde de carbone sur les positives, ce qui désagrège la matière active.
- Dans un troisième on provoque la formation d’un composé de plomb et de glycérine qui donne de la consistance aux oxydes dans lesquels il est réparti; il a donné, paraît-il, d’assez bons résultats mais il exige pour la formation des plaques un électrolyte contenant du permanganate de potassium destiné à oxyder la glycérine en excès, ce qui augmente le prix de revient des plaques formées.
- Un quatrième procédé, celui que l’auteur fait breveter et sur lequel il ne donne naturellement que des renseignements fort incomplets. consiste à former une pâte avec un mélange d’oxydes de plomb (litharge ou minium': et de substances du groupe de la p}rri-dine, telles que la picoline, la lutidine, etc.; on enduit les plaques de cette pâte et on fait sécher à l’étuvc pendant plusieurs jours. Les plaques ainsi constituées auraient une très grande dureté, ne s’altéreraient nullement pendant la formation, auraient une très grande capacité par kilogramme de matière active et enfin reviendraient à un prix relativement peu élevé. J. R.
- Dispositif pour l’essai des coupe-circuits magnétiques ;
- Par C.-M. Clark et C.-W. Mac Muixf.n (').
- Les plombs fusibles présentent, comme on le sait, plusieurs inconvénients dont le plus grave est de pouvoir supporter, pendant un temps souvent suffisamment long pour amener des dégâts, une intensité beaucoup plus grande que celle pour laquelle ils ont été calibrés. Les coupe-circuits magnétiques offrent sous ce rapport un grand avantage; mais encore est-il bon de s’assurer qu’il existe; c’est ce que permet de faire facilement la disposition emplo3'ée dans ce but par MM. Clark et Mac Mullen.
- Le coupe-circuit essayé par les auteurs est représenté en figure i ; il est construit par la
- Company.
- Cutter Electrical and Manufacturing Company, de Philadelphie. Il est formé d’un
- (*) The Electrical Engineer. N.-Y., t. XXIV, p. 25.
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- solénoïde B traverse par le courant et à l’intérieur duquel se trouve un noyau de fer doux E; quand l’intensité du courant devient trop grande, ce noyau est repoussé et provoque le déclenchement des loquets en prise F et G; en même temps le bras de levier H appuie sur le tampon élastique K du levier de l’interrupteur et fait tomber celui-ci ; un ressort, placé dans la boite cylindrique J, assure d’ailleurs une rupture rapide du courant. Oïl règle l’effet du solénoïde en enfonçant plus ou moins le noyau C, mù par la vis M.
- Les essais avaient pour but de déterminer l’intensité du courant au moment de la rupture et le temps pendant lequel l’intensité se
- maintient au-dessus de sa valeur normale avant que le coupe-circuit n’agisse. La figure 2 représente la disposition adoptée.
- Le courant traverse le primaire d’un traus-lormateur dont nous verrons l’usage, les coupe-circuits à essayer disposés en dérivation, un rhéostat à liquide permettant de faire varier l’intensité, un commutateur A et enfin un ampèremètre. Dans le circuit secondaire du transformateur sont intercalés un galvanomètre balistique et une résistance variable. Quand le circuit principal est rompu par le fonctionnement d’un des coupe-circuits, il se développe dans le secondaire du trans-
- formateur un courant d’induction produisant une impulsion de l’aiguille du galvanomètre, dont on peut déduire la valeur de l’intensité du courant principal au moment même de la rupture. Pour cela, donnant au courant principal une intensité connue et constante, on ouvre brusquement le commutateur A et on note l'impulsion correspondante, puis on dresse une table donnant les valeurs de l’intensité en fonction de la déviation galva-nométrique. La résistance variable intercalée dans le circuit du galvanomètre permet de maintenir la déviation dans les limites de l’échelle pour des valeurs très différentes de l’intensité.
- Le temps pendant lequel un coupe-circuit peut supporter une intensité supérieure à l’intensité normale avant de fonctionner, est déterminé à l’aide du dispositif suivant: une des bornes du rhéostat à liquide communique avec une pointe de fer que l’on peut appuyer sur un disque tournant recouvert d’une feuille d’étain et d’une feuille de papier buvard imprégnée d’une solution contenant du cyanure de potassium ; l’autre communique avec l’axe de ce disque ; des lampes placées en série sur ce dernier circuit permettent d’amener l’intensité du courant de dérivation à la valeur convenable pour que la pointe laisse, par suite de l’électrolyse du ferrocya-nure et de l’action sur le fer sur les produits de décomposition, une trace de bleu de Prusse. Le disque est mù par un moteur électrique ; la connaissance de la vitesse angulaire du moteur permet de connaître celle du disque, et par conséquent le temps correspondant à une trace de longueur et de rayon connus ; d’ailleurs comme contrôle on fait mouvoir au moyen du disque un interrupteur tournant intercalé dans le circuit d’une pile et d’un sounder télégraphique ; ce dernier sert à compter les interruptions et rétablissements du courant, et du nombre de ces interruptions par unité de temps on déduit la vitesse angulaire de l’interrupteur, et par suite celle du disque.
- Pour faire un essai on commence par ame-
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- ner l’intensité du courant a la valeur pour laquelle le coupe-circuit a été calibré, et l’on maintient ce régime pendant un certain temps. Puis, au mojœn du rhéostat à liquide on augmente l’intensité et en meme temps on presse la pointe de l’inscripteur sur le disque tournant. Le coupe-circuit rompt le courant, et en meme temps, par un dispositif non indiqué par la figure, rompt également le circuit du galvanomètre pour éviter un amortissement trop grand de celui-ci. L’impulsion galvanométrique observée fait connaître, comme il a été dit, la valeur de l’intensité au moment de la rupture ; la mesure du rayon et de la longueur de l’arc de cercle tracé par l’inscripteur permet de déterminer le temps qui s’est écoulé entre l’instant où l'on a augmenté l’intensité et celui où le coupe-circuit a fonctionne. J. R.
- Emploi du carbure de calcium pour la préparation des carbures métalliques et l'obtention des métaux ;
- Par Henri Moissan (';.
- Dans cette communication l’auteur indique quelques réactions du carbure de calcium, dont plusieurs, en particulier la réaction sur la silice, paraissent susceptibles dès maintenant d’une application industrielle.
- Le carbure de calcium peut en effet réagir avec énergie sur un grand nombres d’oxydes à une température qui dépend de la facilité de réduction de l’oxyde. Le plus souvent il est nécessaire d’amener le carbure de calcium à l’état fondu, mais avec les oxydes facilement réductibles comme l’oxvde de cuivre ou l’oxyde de plomb, la réaction s’effectue dès le rouge sombre. Le plus souvent il y a formation d’un carbure de l’élément combiné à l’oxygène dans l’oxyde réagissant ; dans le cas où l’élément ne forme pas de carbure, comme le plomb, l’étain et le bismuth, il est mis en liberté, et dès lors il peut être séparé
- (‘) Comptes rendus, t. CXXV, p. 839-844, séance du 2Cf novembre J897.
- ou il peut se combiner aux corps présents, suivant les conditions de l’expérience.
- Parmi les produits obtenus, M. Moissan signale les suivants :
- Carbure d’aluminium. — On chauffe au four électrique un mélange à parties égales de carbure de calcium et d’aluminium; on obtient un culot à cassure cristalline très nette où l’on peut distinguer à l’œil nu de grandes lamelles jaunes de carbure d’aluminium CPAL mélangées de cristaux de carbure de calcium. Dans la réaction il doit se former de la chaux, mais celle-ci est transformée en carbure par le carbone du creuset.
- Carbure de manganèse. — On chauffe des mélanges en proportions variables de carbure de calcium et d’oxyde de manganèse Mn3 O • ;
- on obtient du carbure de manganèse en globules fondus disséminés dans du carbure de calcium en fusion.
- Carbure de chrome. — Ce carbure se prépare très bien cristallisé et avec facilité de la façon suivante : on mélange parties égales (200 gr environ) de sesquioxyde de chrome et de carbure de calcium. Le tout est chauffé pendant cinq minutes dans le four électrique avec un courant de 900 ampères et 45 volts. On obtient ainsi, sous une couche de carbure de calcium en fusion, un culot métallique bien rassemblé recouvert d’aiguilles cristallines de carbure de chrome.
- Carbure de molybdène. — On le prépare de la même manière en prenant 250 gr d’oxyde de molybdène, Mo O2, obtenu par calcination du molybdatc d’ammoniaque, et 200 gr de carbure de calcium.
- Carbure de tungstène. — On prend un mélange d’acide tungstique et de carbure de calcium que l’on chauffe dans les memes conditions. On traite par l’eau le culot obtenu pour séparer le carbure de tungstène.
- Carbure de titane. — On chauffe pendant six minutes au four électrique (900 ampères, 43 volts) un mélange de 128 gr de carbure de
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- calcium et de 160 gr d’acide titanique. On traite par l’eau, puis par l’acide acétique étendu, d’abord froid, puis bouillant; il reste de petits cristaux très nets de carbure de titane.
- Siliciure de carbone. — Voici ce que dit yi. Moissan à ce sujet ; L’action réductrice du carbure de calcium fondu peut s’appliquer à la silice aussi bien qu’aux oxydes métalliques. Nous avons chauffé au four électrique un mélange de cristal de roche en poudre et de carbure de calcium répondant à la formule Si O3 -j- C2 Ca, et, après fusion de la masse de décomposition par l’eau, nous avons séparé une grande quantité de cristaux bien nets et faciles à caractériser de siliciure de carbone ou carborundum. Ces cristaux transparents sont incolores ou légèrement bleutés.
- Le carbure de calcium étant aujourd’hui un produit industriel, cette réaction pourra peut-être s’appliquer à la préparation du carbo-rundum.
- Plomb. — On chauffe au four Perrot îoogr de litharge et 9 gr de carbure de calcium, proportions qui répondent à l’équation suivante :
- C*Ca 4- 5PbO = 2CO* + CaO + 5Pb.
- On obtient un culot de plomb de 65 gr et une scorie qui renferme encore du métal disséminé dans la masse. La réaction est identique si on double la quantité de carbure de calcium. Le plomb obtenu ne renferme pas de calcium.
- Bismuth.— La réduction de 315 gr d’oxyde de bismuth par 43 gr de carbure de calcium donne, dans les mêmes conditions, un culot debismuth à cassure cristalline ne renfermant pas de calcium.
- Etain. — On chauffe pendant une demi-heure au four Perrot 45 gr de bioxyde d’étain et 12,5 gr de carbure de calcium. Après réaction il reste un mélange de chaux et de poussière d’étain très divisée et facilement oxydable que l’on réunit en un culot par fusion sous l’acide borique ; cet étain ne renferme pas de calcium. J. R.
- Préparation, au four électrique, des alliages de glucinium et de cuivre ;
- Par P. Lebe\u (j).
- Lorsqu’on chauffe au four électrique un mélange d’oxyde de glucinium et de charbon, il se forme un carbure de glucinium, qui a été antérieurement étudié par l’auteur mais il a été impossible jusqu’ici d’obtenir le glucinium métallique. Toutefois si l'on prend un mélange intime d’oxyde de glucinium et de cuivre, obtenu en calcinant un mélange d’azotates provenant de la dissolution de quantités déterminées des oxydes, on peut éviter la formation de carbure et préparer un lingot d’un alliage de glucinium et de cuivre.
- Deux mélanges ont été employés par l’auteur; les proportions des constituants étaient :
- Glucine.................25 gr 25 gr.
- Oxyde de cuivre.........50 190
- Charbon................. 10 25
- Ces mélanges étaient chauffés dans le four électrique à creuset de M. Moissan, pendant cinq minutes, avec un courant de 900 ampères sous 45 volts. Avec le premier on obtenait un culot métallique de 45 gr, et avec le'second, un culot de 142 gr. Ces rendements ont été à peu près constants dans d’autres essais similaires.
- Les alliages obtenus peuvent être brisés sous le marteau. Ils présentent alors une cassure d’un rouge rosé rappelant la cassure d’un cuivre aigre. Cette coloration n’est pas la véritable coloration de l'alliage, car on reconnaît, à l’examen microscopique, que le produit n’est pas homogène, et on peut en séparer par la chaleur, un alliage fusible, jaune pâle, quelquefois presque blanc, contenant de 5 h 10 p. 100 de glucinium.
- Les alliages ayant une teneur voisine de
- (P Comptes rendus, t. CXXV, p. 1172, séance du 27 décembre 1897.
- 12) Voir L’Éclairage Electrique, t, V, p. 277, 9 novembre 1895.
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- io p. roo sont jaune pâle, presque blancs.
- Les alliages à 5 p. 100 sont plus jaunes. Ils se liment et se polissent facilement. On peut les marteler à chaud et à froid. Us ne s’oxydent pas à l’air, mais se ternissent légèrement sous l’action de l’hydrogène sulfuré. L’acide azotique les dissout très facilement.
- En fondant ces alliages avec une quantité de cuivre convenable, on obtient des alliages moins riches, facilement fusibles et dont la teneur peut être prévue.
- A la dose de 0,5 p. 100 le glucinium change
- déjà notablement l’aspect du cuivre et lui donne une grande sonorité.
- Un alliage contenant 1,32 p. 100 de glucinium a été préparé par l’auteur. Cet alliage, d’un jaune d'or, est très sonore: il se lime facilement et peut être forgé.
- La méthode de préparation des alliages de cuivre et de glucinium permet aussi de préparer des alliages de ce dernier métal avec les métaux usuels et avec un certain nombre de métaux réfractaires, tels que le chrome, le molybdène, le tungstène, etc., dont l’auteur poursuit l’étude. J. R.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Relation entre la déviation des rayons cathodiques par le champ magnétique et le potentiel de décharge ;
- Par H. Kaufmann (l).
- L’appareil (fig. z) est formé d’un tube R assez large, fermé d’une part par une lame de glace P mastiquée sur les bords et qui se termine d’autre part par un tube plus étroit ponant un bouchon rodé S. Dans le tube étroit se trouve la cathode qu’on peut déplacer en faisant agir un électro-aimant sur un petit cylindre de fer doux, fixé à la tige qui porte le disque. L’anode est un fil de platine D de 0,5 mm de-diamètre, qui porte ombre sur la plaque P, laquelle porte une division : le déplacement de l’ombre, mesuré sur cette division, sert à évaluer la déviation du faisceau cathodique. Le champ magnétique est produit par les deux bobines figurées schématiquement; le courant qui traverse ces bobines est fourni par une batterie d’accumulateurs a et se règle au moyen d’un rhéostat p et du galvanomètre p.
- Le tube est excité par une machine à influence; le pôle positif de cette machine est relié au sol; le pôle négatif, à une bouteille (*)
- de Leyde, puis à un micromètre à étincelles dont l’autre boule communique avec la
- (*) Wied, Ann., t. LXI, p. 544-552, 1897.
- cathode : l’armature intérieure de la bouteille est reliée à un électromètre de Braun.
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- L’anode, la cage de l’électromètre, l’armature extérieure de la bouteille sont mises en communication avec le sol. En approchant plus ou moins du circuit une pointe reliée au sol, on peut faire varier la quantité d’électricité qui arrivé à la cathode.
- La pression dans la plupart des expériences varie entre 0,07 et 0,03 mm. Si le tube est rempli d'hydrogène, la pression est environ, pour le même potentiel de décharge, le double de ce qu’elle est avec l’air, le gaz de l’éclairage ou le gaz carbonique.
- Quand les électrodes sont bien nettoyées, l’éclat du tube et la position de l’aiguille de l’électromètre sont à peu près constantes; la bouteille de Leyde servant de réservoir suffît à effacer les irrégularités de marche de la machine. Au bout d’un certain temps, les électrodes se salissent et il se produit des décharges disruptives ; mais en passant les électrodes à l’émeri, on remet tout en ordre.
- Pour les faibles déviations, on admet que le déplacement de l’image sur la plaque P est proportionnel à la courbure du rayon; pour les déviations notables, on calcule la déviation A' en fonction du déplacement par la formule :
- où A est la double déviation observée, quand on renverse le sens du courant et x„ le chemin parcouru par les rayons dans le champ magnétique.
- On a souvent invoqué cette déviation des rayons cathodiques comme une preuve que ces rayons sont formés de particules électrisées négativement, qui sont émises par la cathode. L’énergie cinétique d’une particule qui passe immédiatement devant l’anode serait, dans cette hypothèse :
- m est la masse en gr de la particule, s sa charge et V0 le potentiel de décharge en unités électromagnétiques; la direction des
- rayons est l’axe des X, celle des lignes de force magnétique l’axe des Y et la déviation se fait dans la direction de Taxe des Z. En appelant H l’intensité du champ magnétique,
- d’où :
- ? = h4vW'
- D’après les expériences \ est inversement proportionnel à\/v^;-^-devrait être une constante. Cette condition est difficile à interpréter expérimentalement; cependant, si on fait l’hypothèse à peu près équivalente, que les particules en question sont des ions, ^ devrait avoir une valeur particulière pour chaque substance : la déviation dépendrait de la nature des électrodes ou de celle du gaz qui remplit le tube- Or ce n’est pas ce qui a lieu en réalité. D’autre part, si on admet que les particules se chargent simplement au contact de la cathode et que ~ soit très grand à cause de la petitesse de ces particules, la constance du potentiel de décharge devient inexplicable. L’hypothèse sus-rappelée est donc insuffisante pour expliquer les lois de la déviation.
- M. L.
- Production de rayons cathodiques de Lenard et expériences sur ces rayons;
- Par Th. des Cou près [x).
- Les rayons cathodiques sont d’autant moins absorbables, pour une pression déterminée du gaz dans lequel ils prennent naissance, que les oscillations de potentiel qui les provoquent sont plus rapides.
- Pour réaliser ce desideratum, M. des Cou-dres fait passer dans le tube les oscillations de Tesla obtenues dans l’appareil suivant. Les deux pôles d'une bobine sont reliés aux armatures d’une bouteille de Leyde (capa-
- p) Wied. Ann., t. LXII, p, 134-145,1897.
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- cité s= 1 400 cm) ; ie circuit de la bouteille est complété par deux rubans de cuivre aboutissant aux pôles d’un intervalle explosif et dont l’un forme trois spires enroulées sur un tube d’ébonite de 4 cm de diamètre et de ïo cm de longueur. La bobine secondaire en (il de cuivre de 1 mm, est enrouléeen 60 spires (1 mm de pas) sur un tube épais d’ébonite qui entoure le primaire. Ce transformateur est baigné dans l’huile de paraffine. En reliant les extrémités du secondaire aux pôles d’un tube de Lenard, on obtient des rayons cathodiques qui sortent dans l’atmosphère déjà à des pressions auxquelles les rayons que produit la bobine d'induction ne peuvent traverser la fenêtre d’aluminium. Il est préférable aussi de substituer aux tubes de Lenard un récipient en ébonite, tel que celui représenté par la figure 1.
- L’clcctrode d’aluminium est entièrement entourée d’ébonite, jusqu’à la surface qui fait face à la fenêtre. L’autre électrode est formée par la capsule B en laiton, vissée sur l’cbo-nite et présentant un trou de 2 mm pour la fenêtre d’aluminium; la plaque d’ébonite C empêche le passage direct des étincelles d’une électrode à l’autre. Le tube D, en métal, conduit à la pompe ; la vis b sert à fixer le tube E muni d’une tubulure de cuivre et dans lequel on peut introduire différents gaz à différentes pressions. La fenêtre en aluminium est en communication métallique en un point
- avec la garniture B; les joints sont faits à la glu marine. Pour obtenir les feuilles d’aluminium mince nécessaires pour la fenêtre, il est commode de laminer ce métal entre deux feuilles de cuivre chauffées.
- On peut répéter ainsi facilement les expériences de Goldstein sur la coloration des sels (*) et diverses autres.
- On reconnaît qne les rayons de Roentgen apparaissent bien avant que la pression soit assez basse et l’excitation assez forte pour les rayons cathodiques traversent la fenêtre d’aluminium En poussant davantage le vide et forçant l’excitation, on produit les rayons de Lenard, un écran fluorescent placé normalement à l’axe du tube montre les apparences représentées figure 2 et qui s’échangent quand
- Fig. 2.
- on renverse le sens du courant. Il y a donc trois faisceaux de rayons bien délimités, l’un axial et deux autres en forme d’entonnoir ; suivant qu’on relie A ou B au sol, on peut faire disparaître l’un ou les autres. Sous l’action d’un aimant, on obtient la figure 3. La
- F'g- 3-
- figure 4 reproduit la photographie de trois fenêtres rondes placées en ligne droite l’une à côté de l’autre.
- (*) L'Éclairage, Pjectrique, t. XII, p. 80.
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- Tant que les rayons cathodiques ne rencontrent aucun corps solide, ils ne donnent naissance à aucun rayon de Rœntgen. Ces derniers sont intenses surtout avec le platine, le plomb et le cuivre, beaucoup moins avec
- Fig. 4.
- l’aluminium et le verre; l’aluminium recouvert d’oxyde d’uranium ou un cristal de pla-tinocyanure de calcium donnent aussi de très bons résultats.
- Sous l’influence des rayons de Lenard, l’air devient conducteur. Un tube d’aluminium est placé tout près de la fenêtre du tube de Lenard et porte en face une autre fenêtre fermée aussi par une une lame mince d’aluminium (0,004 mm) ; un courant d’air passant dans le tube décharge un électroscope dès que le tube de Lenard entre en activité. L'effet diminue considérablement quand on interpose entre les deux fenêtres une feuille d’aluminium de 0,05 mm, quoique sous cette épaisseur l’aluminium n’affaiblit que peu les rayons de Roentgen. Il n’est pas invraisemblable que l’effet provienne pour une partie des rayons de Lenard eux-mêmes. M. 1>.
- Conducteurs isolés dans un champ à haute fréquence ; lueurs émises par de tels conducteurs ;
- Par H. Ebert etE. Wiedemann (').
- Le champ à haute fréquence est celui qui se trouve entre les armatures du condensateur de Lecher; les phénomènes sont le plus nets quand un pont est placé sur les fils.
- Décharge-type. — Une boule de verre, en communication avec la pompe à mercure est
- placée entre les armatures du condensateur; cette boule renferme une tige de métal isolée a, b (fig. 1). Quand la pression est encore
- U
- Kg- i-
- relativement élevée, une lueur bleuâtre apparaît aux deux extrémités de la tige ; cette lueur s’étale sur les parois de verre et prend des apparences ramifiées rappelant celles des figures de Lichtenberg. A mesure que la pression diminue, ces lueurs se rapprochent
- Fig. 2.
- peu à peu de la région médiane du barreau, qui était primitivement obscure, et finalement se trouvent réunies par un pont d de lumière
- {’) Wùd. Ann., t. LXII, p. 174-181, 1897.
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- rougeâtre, qu’une région obscure sépare de la tige métallique. Au delà de la lumière rougeâtre est une deuxième région obscure e, à laquelle succède un cylindre creux /1 rougeâtre; aux extrémités du barreau sont des ca-
- lottes bleuâtres séparées de f par un intervalle obscur.
- La diminution de pression provoque un agrandissement de la région obscure c, le pont lumineux d s’avance vers/et fait dispa-
- raître la région e (lig. 2) ; les phénomènes prennent de plus en plus l’aspect qu’ils auraient en l’absence du barreau.
- Barreaux massifs. — Les figures 3 représentent lesphénomènes qui se produisent dans un tubede verre fermé par des plaques de verre {20 cm de longueur et 4,5 cm de diamètre) suivant l’axe duquel se trouve un barreau de métal dont les extrémités sont arrondies.
- Aux pressions élevées (50 mm) des lueurs bleuâtres gl et ga apparaissent dans le voisinage des plaques terminales ; les extrémités du barreau sont recouvertes d’une lueur pareille G, et G2 ; entre gi et G, d’une part, entre ga et G2 d’autre part, on observe de la lumière positive qui est de chaque côté séparée de la lueur par une région obscure. Si on accroît le potentiel de décharge, les lueurs gt et g s’allongent. Dans un gaz plus raréfié, les
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- lueurs G, et se rapprochent du milieu du barreau. Pour/? =1,02 111m, ces lueurs se soulèvent un peu vers le milieu du barreau (fig. 3, 11), et pour p = 0,89 mm, un filament de lumière rougeâtre positive d s’étend d’une lueur à l’autre, séparé de chacune d’elles par une région obscure (fig. 3,111).
- Cet arc rougeâtre devient de plus en plus long quand on continue à diminuer la pression 'fig. 3, iv) : ses extrémités s’approchent de plus en plus de celles du barreau ; en même temps la lueur négative tend à disparaître et
- prend une teinte rougeâtre ; l’arc de lumière positive ne rejoint plus le barreau qu’à ses extrémités. Enfin, le vide étant poussé plus loin, tout se passe comme s’il n’y avait pas de barreau.
- Il n’est pas nécessaire que le métal du barreau soit en contact immédiat avec le gaz raréfié : les phénomènes sont les mêmes si le barreau est enveloppé de verre ou remplacé par un tube de verre plein de mercure ; ils disparaissent au contraire si le barreau est en verre.
- Cylindre de toile métallique. — Si le tube renferme à la place du barreau un cylindre de toile métallique, les phénomènes sont à peu près les mêmes à l’extérieur que dans le cas du barreau. Aux pressions élevées, des lueurs apparaissent à l’intérieur du cylindre sur ses bases ; ensuite des ponts de lumière rougeâtre se trouvent aussi à l’intérieur; cette lumière se sépare de plus en plus de la surface du cylindre, de tous les côtés, de manière à former, quand la pression est très, basse, un cylindre assez ténu qui s’étend de plus en plus vers les bases du cylindre (fig. 4).
- Influence des dimensions des barreaux. — La lueur s’avance d’autant plus rapidement et se soulève en face du milieu du cylindre d’autant plus tôt, quand on fait diminuer la pression, que le barreau est plus fin.
- Si, au lieu d’un barreau, on en dispose plusieurs dans le tube, la lueur s'avance moins rapidement ; le pont de lumière rougeâtre apparaît à une pression d’autant plus basse que le nombre des fils est plus considérable ; cette pression est plus basse encore quand les barreaux sont remplacés par des
- tubes de même diamètre. Mais le pont se montre plus tôt sur un fil court que sur un fil long placé à côté. M. L.
- Conditions dans lesquelles un tube à gaz raréfié cesse de s’illuminer dans un champ de haute fréquence (');
- Phénomènes dans un gaz raréfié contenu dans un vase métallique presque fermé à l’intérieur d’un champ de haute fréquence (*) ;
- Par E. Wiedemann et H. Ebert.
- Quand on diminue de plus en plus la pression dans un tube à gaz raréfié, placé entre les armatures du condensateur terminant le réseau de Lecher, le tube finit par cesser de s’illuminer.
- 1. Influence de la pression. — Les petits tubes sphériques cessent de s’illuminer à une pression plus élevée que les grands ; cependant les petits tubes se trouvent dans un champ plus intense, puisqu’ils permettent de
- {>) Wied. Ann., t. LXII, p. 182-186, 1897. (2) Ibid., LXII, p. 187-191, 1897.
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- rapprocher davantage les armatures du condensateur.
- 9,3 cm 8,2 0,057 mm
- 5 3>9
- 3 2-2 0,29
- 2,1 0,8 1,25
- 2. Influence de la forme el des dimensions des tubes. — La pression limite est beaucoup plus élevée dans les tubes courts que dans les tubes longs, pour un même diamètre. Pour la même longueur, la pression limite varie peu avec le diamètre.
- 3. Influence des surfaces terminales. — La nature des surfaces terminales n’a pas d’in-tluence sur la pression limite.
- 4. Influence de la forme. — La pression limite est plus élevée dans une sphère que dans un cylindre dont la longueur est égale au diamètre de la sphère.
- 5. Influence de la nature du ga-{. — Des expériences comparatives effectuées sur l’hydrogène, l’air et le gaz carbonique ont donné la même pression limite pour chacun de ces gaz.
- 6. Influence du champ magnétique. — Si la pression est abaissée dans un tube sphérique, de manière que le gaz ne s’illumine plus que d’une façon intermittente, la luminescence réapparaît un peu, quand l’on place le tube dans un champ magnétique dont les lignes de force sont parallèles à l’axe du condensateur. Si les lignes de force magnétique sont perpendiculaires à cet axe, le tube s’illumine vivement et on voit nettement comment les lueurs et la lumière positive sont infléchies vers les parois de verre au voisinage des armatures du condensateur.
- En augmentant l’intensité du champ magnétique, on rejette la lumière de plus en plus contre la paroi, jusqu’à ce qu'enfin elle s’éteigne.
- Quand la pression est assez basse pour que le gaz ne s’illumine plus avec un pont placé sur les fils, le champ magnétique ne provoque
- plus la luminescence, mais si on enlève le pont, la luminescence se produit et persiste ensuite quand on le replace ; mais elle disparaît quand on supprime le champ magnétique.
- En résumé, la luminescence cesse quand les régions obscures issues des deux cathodes se rencontrent: elle revient quand, au moyen du champ magne’tique, on repousse ces régions obscures vers- les côtés.
- Les expériences sur les tubes métalliques presque fermés prouvent que vis-à-vis des gaz raréfiés, les conducteurs ne jouent plus le rôle d’écran.
- Expérience. — Un tube cylindrique long de 17 cm et large de 3,2 cm est fermé à ses extrémités par des plaques de métal mastiquées (fig. 1). A est l’anode, K la cathode. A un endroit quelconque du tube se trouve une
- Fig. 1.
- cage cylindrique D, longue de 6 à 8 cm, faite d’une toile métallique assez serrée. A une pression déterminée, assez basse, on observe à la cathode les lueurs et la région obscure négatives, à l’anode, la lumière positive ; dans l’intérieur de la cage même se trouve une couche de lumière rougeâtre positive du côté D", dont l’aspect est pareil à celui de la lumière positive en A. Du côté de la cage qui est tourné vers la cathode, on observe aussi une lueur verdâtre. Cette lueur s’écarte de plus en plus de D" quand la pression diminue, et finalement se résout en une niasse lumineuse flouant librement dans l’intérieur de la cage. La pression diminuant encore plus, toute lumière disparaît dans laçage.
- Par conséquent, la décharge se produit dans l’intérieur de la cage métallique comme si celle-ci n’existait pas. On peut faire la sur-
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- face latérale ou l’une des bases de la cage avec une feuille de métal, la décharge y pénètre encore; elle n’est arrêtée que si les deux bases, comme la surface latérale, sont faites d’une feuille de métal sans solution de continuité.
- La lueur dans la cage est disposée comme dans le tube et conserve cette disposition quand on déplace la cage le long du tube, jusqu’à ce qu’on atteigne la région cathodique obscure. Si on la déplace vers l’anode, on peut obtenirqu’une stratification se trouve entre l’anode et la cage, une dans la cage et l’autre entre la cage et la cathode.
- Le chemin par lequel la décharge pénètre dans la cage est indiqué aux pressions un peu élevées par de petites aigrettes : ces aigrettes correspondent à des chutes rapides de l’énergie électrique. La lumière apparaît seulement du côté de la cage qui est tournée vers la cathode ; elle a une teinte bleuâtre qui prend une nuance rougeâtre vers l’intérieur de la cage. Aux pressions plus basses, les aigrettes disparaissent et à leur place viennent les rayons-canal.
- Expérience 2. — La pression est assez élevée pour qu’aucune lumière n’apparaisse dans la cage. En intercalant dans le circuit un intervalle explosif ou en reliant les extrémités du tube aux armatures du condensateur de Lecher, la lumière apparaît dans l’intérieur de la cage. Celle-ci ne fait plus donc l’office d’écran vis-à-vis des oscillations devenues plus rapides.
- Expérience 3. — Sur les bases d’un cylindre de laiton sont mastiquées des plaques de verre; surle milieu du cylindre est soudé normalement un tube de laiton plus étroit communiquant avec la pompe à mercure. La pression est réglée, de manière que le tube étant placé entre les armatures du condensateur de Lecher, le gaz y devient luminescent. Si on place immédiatement derrière les plaques de verre des toiles métalliques qui touchent partout les parois métalliques du tube, le gaz s'illumine surtout dans le petit
- espace qui sépare le verre de la toile métallique et forme un anneau au voisinage immédiat du métal : par quelques trous pénètrent de rares aigrettes qui communiquent au gaz intérieur une luminescence très faible.
- Expérience 4. — Dans une cage qui remplit presque tout l’intérieur du tube, la luminescence pénètre difficilement et se cantonne dans l’espace étroit qui reste vide entre le verre et le métal.
- Expérience S. — Si on introduit dans le tube une cage plus petite, qui d’un bout touche le verre et à l’autre bout est distante de 3,5 cm de cette plaque, l’extrémité libre du tube s’illumine brillamment et présente les diverses régions de la décharge normale. L’autre extrémité ne s’illumine que très faiblement. Si, au contraire, la cage se trouve dans le milieu du tube, les deux extrémités s’illuminent pareillement. La luminescence pénètre un peu dans l’intérieur de la cage, surtout vers les bords des bases.
- En résumé, si la décharge doit pénétrer dans un espace où se trouve un gaz raréfié partiellement enveloppé de métal, cette enveloppe ayant une série de trous plus ou moins grands dans la direction des lignes de force, il faut qu’il se trouve des deux côtés de l’écran métallique du gaz raréfié, susceptible de devenir luminescent. Si entre la paroi de verre et la paroi métallique l’intervalle est trop petit, aucune luminescence ne se produit. Le gaz luminescent dérive donc l’énergie électrique vers l’intérieur de l’enceinte métallique. M. L.
- Changements de concentration produits par l’élec-trolyse dans les solutions et les mélanges de solutions ;
- Par F. Kohi.rausch P).
- 1. Equations générales. — Soient A, B... les cations et R, S,... les anions qui coexistent dans la dissolution. Leurs concentrations
- (') Wied. Ann., t. LXII, p. 209-239; 1897.
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- seront comptées d’après le nombre d’ions qui se trouvent dans l’unité de volume, en prenant comme unité la quantité d’ions qui emportent avec elle l’unité de masse électrique : a, j3... et p, t... désigneront ces concentrations en un point déterminé de la solution à une époque déterminée. Ces concentrations doivent toujours satisfaire à la condition de neutralité :
- * + P + ... = P + « + • P)
- Une chute de potentiel V dans une direction quelconque correspond aux vitesses
- -j- aV du cation A..., etc.
- — rV de l’anion R..., etc.
- comptées dans la direction considérée. Ces coefficients <z, r... sont constants seulement dans les dissolutions étendues ; en général, ils doivent être déterminés expérimentalement d’après le degré de dissociation et la viscosité électrolytique de l’ion correspondant.
- Les composantes de ccs vitesses suivant les trois axes de coordonnées seront, au point \x.f. ?) :
- , . , dV (W ÔV
- pour le cation A.-»-jj-,-a 57 , - ^
- „ à\ dv dv
- pou,- 1 union R. — r — r -g—, — r
- et de même pour les autres ions.
- Un élément de volume dr=dx dy d\ reçoit, pendant le temps dt, à travers la face normale à l’axe des oc, une quantité de l’ion A,
- représentée par : •
- — a « —-dyd^dt
- tandis que par la face opposée, il sort une quantité de cet ion :
- [- “ Ir - ir fif)d*] J^dt
- La masse des ions A contenue dans l’élément dt s’est donc accrue, pendant le temps dt, de
- En faisant le même raisonnement pour les surfaces normales aux deux autres axes de coordonnées, on trouve pour l’accroissement total :
- (2)
- de même pour les autres cations ; pour les anions, il faut changer le signe, et les équations sont de la forme :
- Ces équations renferment comme cas particulier les équations de M. Planck relatives à la diffusion des électrolytes ; il suffit de considérer a, b... r, 5 comme des constantes.
- 2. Autre forme des équations. — Soit ix, l’intensité totale du courant dans la direction de l’axe des x,
- (a» + êp + ... +rp+ Sfr + ...) (41
- et en appelant x la conductibilité totale de la dissolution :
- *= ** + bp + ...+r P +« + .(5)
- Comme d’autre part
- et que dans le régime permanent :
- op peut mettre facilement les équations 2 et 3 sous la forme :
- ^fixdyd^U.
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- 3. Conset'vation de la neutralité électrolytique. — La conservation de La neutralité électrolytique s’exprime par les équations :
- _ds._ô£ dp
- dt dt dt df
- [9)
- même quand on n’impose aucune restriction aux coefficients a, ete. En effet, des équa-
- tions 8) on déduit par addition :
- V d* Vè? _ V. d / a* g- b$+ ... \
- woî Làt~ 2JX d* \ x /
- et le second membre est nul, ainsi qu’il résulte immédiatement de l’équation 5). Ceci prouve que, dans aucune circonstance, des ions ne peuvent être mis en liberté dans l’intérieur de la dissolution, mais seulement au voisinage des électrodes métalliques.
- 3 a. Remarque sur les charges électrostatiques provenant des ions libres. — Les ions libres ne peuvent exister dans la dissolution sans que la loi d’Ohm cesse d'être vérifiée, car s’il en était ainsi, la conductibilité dépendrait de la force électromotrice et de l’intensité du courant.
- U serait intéressant d’étudier la question par l’expérience; mais la quantité d’ions libres qui peut exister est tellement faible qu’elle ne serait pas appréciable par nos méthodes actuelles. Cette quantité, dans une colonne d’électrolyte ayant 1 cru3 de section, ne dépasserait pas io-'15 grde chlore.
- 4. Les coefficients <2, b... ne dépendent des coordonnées que par l’intermédiaire des concentrations qui varient d’un point à l’autre.
- 5- Déplacements de la concentration dans un électrolyte unique. — La concentration a des deux ions A et R de cet électrolyte est la même en chaque point; il vient, par consé-quent :
- X « + r
- Le nombre n représente le déplacement électrolytique de l’ion A rapporté à la somme c*es déplacements des deux ions : ce n’est I
- autre chose que le nombre de transport de Hittorf.
- Comme d’après l’équation 9 la concentration des deux ions reste la même, il suffit de considérer une des équations 3 ou 8.
- _ _ . àn_______. ôw ______ . dn_
- àt ~ lx dx ty ày d?
- Hittorf et d’autres physiciens ont déterminé expérimentalement n en fonction de la concentration et de ces données on peut déduire y, soit:
- *=/:*)
- on obtient alors l’équation :
- ô*__ dt ~~
- f(°)
- qui en dehors de l’espace, du temps et de l’intensité du courant ne renferme que la concentration.
- Par une transformation bien connue, on peut en appelant N la direction du courant, mettre cette dernière équation sous la forme :
- Cette relation montre immédiatement que la concentration se déplace dans la dissolution avec la vitesse -f- if{<*) dans la direction du courant.
- Si / (a) est positif, c’est-à-dire si le nombre de transport du cation croît avec la concentration, l’état de concentration se déplace dans la direction du courant ; si / (a) est négatif, en sens inverse.
- Quand le nombre de transport est indépendant de la concentration, c’est-à-dire si fia) est nul, on a toujours = o et la concentration en tout point reste invariable.
- 6. Dissolutions étendues mixtes. — En écrivant dans ce cas le système des équations 3 ou des équations 8, on remarque que les valeurs de etc. sont du même ordre de
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- grandeur que pour les solutions concentrées ; mais ces quantités sont toujours multipliées par ... etc., ce qui diminue leur influence. Lorsque le courant est très intense, les transports de concentration peuvent devenir notables, mais ils restent toujours petits vis-à-vis du transport total des ions.
- 7. Il n’y a pas de variation de concentration, quelle que soit l'intensité du courant, quand les solutions étendues soiitpartout mélangées dans le même rapport. — Cette proposition se déduit aussi immédiatement des équations. Il en t'ésulte, en particulier, que dans une dissolution étendue ne renfermant qu’un seul électrolyte, le courant ne peut provoquer aucune variation de concentration, quand bien même l’électrolyte ne serait pas réparti uniformément dans la dissolution.
- L’une manière plus générale, il en est ainsi toutes les fois que les nombres de transport de Hittorf sont indépendants de la concentration.
- 8. Fonction ~ -H-y -h ... -K y -f- ... en chaque point d’une dissolution étendue. — Cette fonction est indépendante du temps; on peut l’appeler l’invariant de la dissolution.
- q. Dissolutions disposées en couches parallèles et traversées par des courants linéaires. — Le cas le plus simple tant au point de vue théorique qu’au point de vue experimental, est celui des dissolutions ayant la forme d’un cylindre ; ce cylindre est supposé parcouru dans toute sa section, suivant son axe Ox par un courant d’intensité uniforme i ; les concentrations sont constantes dans toute l’étendue d’une section. Dans les équations différentielles, il reste seulement la coordonnée x; quant aux conditions limites, elles sont assez difficiles à formuler, car un état initial donné ne suffit que si la dissolution est indéfinie ; autrement, on pourrait se donner la concentration initiale dans les sections terminales, mais il est difficile d’introduire dans ces conditions les phénomènes qui se passent aux électrodes.
- io. Electrolyte unique en couches parallèles. — Soit un électrolyte cylindrique dont la concentration est a0 à l’époque t = o et est supposée connue sur toute la longueur du cylindre
- a0 = /(*.!,
- En appelant i l’intensité du courant, qui est constante dans chaque section, mais peut varier avec le temps, on a :
- ôr “ f è*
- L’intégrale de cette équation est de la forme :
- “=F[ *-/(*>£«']
- F est une fonction arbitraire, qui d’après la condition a0 = f (x) doit se réduire à/ : donc
- Dans le cas ou le courant est constant, on a simplement :
- A chaque instant la concentration a se déplace donc en un point quelconque avec une vitesse /f{a) dans la direction du courant et dans un sens qui dépend du signe de/(a). Si /(a) est> o, c’est-à-dire si le nombrede transport du cation augmente avec la concentration, le déplacement a lieu dans le sens du courant et inversement.
- Dans un grand nombre d’électrolytes, le nombre de transport n est une fonction linéaire n — p -j- q a de la concentration; alors :
- et
- * - /i
- Toutes les concentrations se déplacent alors avec la même vitesse qi. Tel est, par exemple, le cas du sulfate de cuivre; lenom-bre de transport diminue quand la concentration augmente : un courant de i ampères
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- par centimètre carré déplace la concentration dans le sens contraire au courant avec une vitesse de 0,00049 cm par seconde; de même dans le sulfate de zinc. Avec l’azotate d’argent, le déplacement a lieu dans le sens du courant avec une vitesse de 1,1 cm par heure; dans l'iodure de cadmium, la vitesse atteint 8 cm par heure, pour une solution normale.
- 11. Dissolutions étendues en couches parallèles. — Dans le cas des dissolutions très étendues, les coefficients de mobilité a, b, etc., peuvent être regardés comme indépendants de la concentration.
- 12. Electrolytes ayant un ion commun et disposés en couches parallèles. — Soient, par exemple, A, B, C... les cations, R l’anion commun. Les équations prennent alors la forme :
- _dy _ _____________a_____________
- ~dt [(a +r)*+ [b +r)p + (c + r) 7 + ...?
- OU
- à*
- dt
- LUI -+- n « -r [O -t r, p -+- ...|‘
- De là, on déduit :
- a + r 1
- « 01 ^ b dt 'h
- on a donc comme invariant dans chaque section :
- !3- Deux électrolytes avec un ion commun en solution étendue. — Ce cas est celui qui se présente le plus souvent dans la pratique : on peut donner des équations relatives à ce cas une intégrale générale.
- Elles sont de la forme :
- a \b 4- n _ /
- I' « +>'« + (» + r) 3]* ^ “ 0*
- b + <) ( . _o?
- [ÏJ + n » + (4 + r. fl l, P ,W
- L’intégrale générale est de la forme suivante :
- b [a + >)
- '» + a {b + r) ^ ta _ j
- - - i b» (a + r) + «P (b + *01
- ;«-j- r) d+ -[b +r) p ’
- En appliquant ces formules à un cas déterminé on trouve que les vitesses de transport ne sont plus constantes, mais proportionnelles à la conductibilité.
- 14. Deux électrolytes étendus, ayant un élément commun et les autres éléments ayant même mobilité. — La méthode d’intégration des équations différentielles n’est plus tout à fait la même que dans le cas précédent. On trouve que le rapport dans lequel les deux électrolytes sont mélangés, se propage avec la vitesse ;
- dx__ _ . a t "dt -l a y r * + ff
- le facteur i étant supposé constant dans chaque section; mais la somme des deux concentrations reste constante dans chacune des sections.
- 15. Discontinuité des solutions. — Un seul électrolyte. — Les discontinuités consistent dans des variations brusques de la concentration. Si le rapport «des nombres de transport indépendant de la concentration» le courant est traversera la surface de discontinuité sans provoquer aucun phénomène particulier. Le même nombre d’ions passerait à travers cette surface dans un sens et dans l’autre : mais leur vitesse éprouve une variation discontinue. Si n varie avec la concentration, la surface de discontinuité se déplace sous l’action du courant avec la vitesse i ~ .
- Lorsque n est une fonction linéaire de la concentration, c’est-à-dire que ~ est constant, la concentration se déplace dans toute la dissolution avec la même vitesse.
- Lorsque varie avec la concentration, les concentrations de valeur différente se pro-
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- pagent avec des vitesses inégales. Les chutes de concentration peuvent devenir plus rapides ou moins rapides suivant que la concentration la plus grande se propage avec la plus petite vitesse ou inversement. Dans le premier cas, il peut même se produire des discontinuités : c’est le cas de l’iodure de cadmium par exemple.
- Discontinuité dans les solations étendues. — Si la mobilité de chaque ion est indépendante de la concentration.
- i° Dans un électrolyte unique, les surfaces de discontinuité restent invariables;
- 2° Dans un mélange d’électrolytes qui ont un ion commun, la somme :
- est indépendante du temps.
- Solutions étendues, qui se pénètrent électro-lytiquement. — Les phénomènes en question ont été démontrés expérimentalement par Wetham et Nernst. S’il s’agit de deux solutions ayant un ion commun R, il faut, pour que la solution fi pénètre la solution a, que les autres ions A et B aient la même vitesse, c’est-à-dire que :
- a _ 3
- autrement dit, que l’invariant ait même valeur des deux côtés de la surface limite. Si cette condition n’est pas remplie au début, il sc
- produit à la surface limite primitive une discontinuité : en outre, la limite se déplace, et en arrière il se produit une solution de (A, Ri dont la concentration a pour valeur :
- Si deux électrolytes (À, R), (B, S) composés de quatre ions différents sont en contact, le courant forme entre les deux une solution (A, S) qui ensuite envoie ses ions dans les deux voisines, suivant le mécanisme indiqué ci-dessus.
- Si différents mélanges de deux électrolytes (A, R), (B, S) sont en contact et sont échangeables, c’est-à-dire que
- b (fl + r) «t -fa (fr + r) p, = b (a + r) as -fa [b -f r) p,
- la surface de séparation se déplace avec la vitesse :
- i[b (a + r)a + a<b + r)pi
- 7i y.»
- x, et x2 étant les conductibilités des deux solutions.
- Si les mélanges ne sont pas échangeables, on peut considérer une surface de séparation fixe, sur laquelle se produirait la discontinuité de la fonction invariant et une autre qui se déplace.
- Tout ceci suppose que les solutions se pénètrent en conservant des surfaces limites nettes : il y a lieu d’étudier si cette condition est remplie. M. L.
- BIBLIOGRAPHIE
- Leçons sur l’électricité, par Eric Gérard, directeur de l’Institut électrolechnique Montefiore. Cinquième édition. Deux forts volumes grand in-8ft, Gautkier-Villars etfils, éditeurs, Paris, 1897. Spécialement destiné aux ingénieurs, l'ouvrage de M. Eric Gérard est remarquable à tous points de vue. Il tient des ouvrages de science pure par la rigueur et l’élcgance de ses théories et des ou-
- vrages spéciaux de la pratique de l'ingénieur électricien par ses applications. Sa caractéristique est la clarté et la limpidité ; chaque mot a sa portée, tout est utile et rien n’est superflu.
- Ces qualités expliquent la rapidité avec laquelle ces leçons sont parvenues à leur cinquième édition. Ces éditions nombreuses ont d’ailleurs permis à l’auteur de toujours maintenir son travail au
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- courant des dernières applications et des théories les plus nouvelles ; c'est un mérite de plus et non des moindres.
- Mais il est presque inutile d'insister sur ces qualités et mérite ; les leçons de M. Eric Gérard sont connues de tous les électriciens et particulièrement de nos lecteurs auxquels la quatrième édition a été présentée. Bornons-nous donc à en rappeler les principaux points.
- Dans les préliminaires l'auteur expose d'une façon claire et rapide la théorie du potentiel et le théorème de Gauss. Il les fait suivre de quelques applications des théorèmes généraux sur les forces centrales. La notion du flux toujours délicate à présenter est originale dans son exposition.
- L’application du potentiel aux feuillets magnétiques, qui sert à établir l'identité d'un feuillet avec un courant de même périphérie, et celle de la conservation de l’énergie à l'élcctrolyse sont remarquablement présentées. A signaler aussi la démonstration de la loi de Laplace, empruntée à M. de Weydlich, qui est aussi ingénieuse qu'élé-
- La théorie des électro-aimants avec laquelle nous entrons dans les applications pratiques est traitée aussi rigoureusement qu'il est possible. M. Eric Gérard y fait ressortir des indications pratiques très utiles.
- A propos de l'hystérésis, l'auteur donne d’abord les courbes d’hystérésis pour un barreau de fer indéfini et la formule empirique de Frülicb. Il revient plus tard sur la question et recherche la perte de travail
- due à ce phénomène.
- Dans le chapitre relatif aux piles, nous signalerons particulièrement ceux qui se rapportent aux accumulateurs dont l’étude est fort bien présentée.
- Les machines dynamoélectriques et les transformateurs forment la matière des derniers chapitres et n'occupent pas moins de 340 pages sur 772 que contient le volume. C’est dire que leur étude est faite avec tout le développement nécessaire et que les ingénieurs y trouveront bon nombre de renseignements.
- E. Soleur.
- Le second volume dans cette cinquième édition est considérablement augmenté; ainsi cette partie
- des explications qui ne contenait que 613 pages dans la quatrième édition, atteint maintenant 747 pages. Cette augmentation n’est uniquement due aux progrès accomplis, depuis deux ans dans rutilisation et la distribution de l’énergie électrique, mais surtout à ce que l’auteur a tenu à combler quelques lacunes devenues par trop classiques pour être laissées de côté encore une fois de plus.
- La partie relative à la distribution électrique a reçu en réalité peu de nouveaux développements. Les quelques lignes ajoutées sur l’impédance des lignes, d’après M. Kennelly, auraient pu, à notre avis du moins, être heureusement augmentées par une analyse succincte des travaux beaucoup plus complets de M. Blondel sur ce sujet. Le paragraphe relatif à la distribution par courants polyphasés, ainsi que celui se rapportant aux transformateurs rotatifs sont également un peu plus développés que dans la précédente édition.
- Les canalisations électriques, pas plus que la télégraphie et la téléphonie qui ont été placées immédiatement après, n’ont reçu aucun développement nouveau à signaler. Par contre, la partie des électromoteurs a été considérablement revue et augmentée. La principale adjonction est relative aux moteurs à courants alternatifs, synchrones et asynchrones; au sujet des premiers, l'auteur donne une théorie un peu plus détaillée que dans l’édition précédente, en s'inspirant du travail connu de M. Picou,
- La théorie des moteurs asynchrones est également complètement remaniée et contient les éléments d’un projet de moteur à courants triphasés d’après les indications et la méthode donnée par M. Kolben en 1893.
- La partie relative à la distribution de l’énergie électrique, outre .une série de considérations nouvelles, comporte la description sommaire d'un grand nombre de transports' d’énergie installées dans ces dernières années.
- Les chapitres sur la traction sont complètement remaniés et présentés sous une forme un peu plus scientifique.
- Quant aux autres parties du traité : éclairage électrique, lampes électriques, électrochimie et électrométallurgie, ils sont restés sensiblement les mêmes à part quelques modificationsgénéralement peu importantes.
- Quoi qu’il en soit, le second volume du traité de M. Eric Gérard reste toujours l’ouvrage le plus
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- sérieux au point de vue didactique que nous ayons en français, comme en langues étrangères du reste, et justifie le succès réellement prodigieux obtenu.
- Un mot aux éditeurs pour finir. Jusqu'ici nous étions habitués à voir dans les livres édités par MM. Gauthier-Villars des figures très soignées et de dimensions convenables pour les dimensions des feuillets, c’est du reste ainsi que sont faites les
- figures provenant des éditions précédentes ; pourquoi dès lors joindre à cette nouvelle édition des figures absolument hors de proportion et d'autres faites à la main et avec écriture courante par une personne qui certainement n’a aucune prétention à la pureté des traits. Allons, messieurs, « noblesse oblige ».
- C.-F. Guilrert.
- CORRESPONDANCE
- A propos des clapets électriques.
- Monsieur,
- Veuillez me permettre de dire au sujet de mon redresseur électrolytique des courants encore quelques mots en guise de réponse aux aperçus et au questionnaire que me pose M. Leblanc dans sa réplique à ma communication du mois de septembre.
- Je suis enchanté que M. Leblanc tombe d’accord avec moi qu'il n’a fait, avec M. Hutin, que de signaler l’importance des clapets électriques ; de mon côté, je suis d’accord avec lui sur l’importance et des clapets et des condensateurs; c’est même un peu parce que je vois cette importance que je m’occupe de ces appareils.
- Et tout d’abord, je ne regarde jusqu’à présent ni mon redresseur, ni mon condensateur comme propres à l’usage industriel, et ne les ai présentés nulle part comme tels. Mes brevets ne couvrent qu’une partie de mon invention ; une autre étant secrète, je ne puis pas la divulguer.
- J’ai basé mon redresseur non sur la formation et la destruction d’une couche d’alumine à la surface de la plaque (il est connu qu’on ne peut pas la réduire à l'état métallique dans un bain électrolytique), mais bien sur sa désoxydation et réoxydation partielles. J'ai dit ailleurs, qu’avant tout, je prépare ma plaque d’une façon spéciale. Les me-
- sures approximatives m’ont donné un rendement suffisant pour l'usage pratique. Je m’eu suis contenté pour l'instant, remettant l’exécution des mesures exactes au moment où la durée de l’appareil me paraîtra suffisante pour l'usage industriel;, c’est ce qui constitue actuellement le sujet de mes recherches.
- L’aluminium mérite bien sa réputation de se dissoudre dans les alcalis (soude, potasse caustique), mais il se dissout notablement moins dans les bains de certains sels alcalins. Cependant l'usure, bien qu’infiniment plus lente, y a lieu encore, surtout, par voie mécanique.
- En somme, mes appareils, pour 86 phases, une tension des courants alternatifs de 57 volts, une intensité de 1 ampère en moyenne par décimètre carré de la plaque d'aluminium, durent actuellement, sans aucun changement, 40 à 60 heures consécutives; c’est insuffisant pour l’usage industriel.
- Lorsque j’aurai la chance d’arriver à une durée d’appareil de quelques centaines d'heures au moins, je m’occuperai de .mesures exactes de rendement, et je me ferai un plaisir de les publier.
- La durée de mes condensateurs est plus grande ; l'un d’eux a travaillé, sans arrêt, 20 jours consécutifs dans un circuit des courants alternatifs de 65 volts de tension.
- J’ai remis leur étude à la suite des redresseurs.
- Veuillez agréer, etc.
- C. Pollak.
- CHRONIQUE
- Applications chirurgicales et médicales des 1 les découvertes de Rœntgen, les chirurgiens et les rayons Rœntgen. — Presque immédiatement après | médecins ont utilisé l’ampoule de Crookes à Lob-
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- nervation des fractures, des objets métalliques avant pénétré les tissus des lésions internes, etc. ; nous avons à plusieurs reprises signalé quelques-unes des applications de ce genre. Deux récentes communications à l'Académie des sciences montrent que les recherches se poursuivent dans cette voieetquelesprocédés employés se perfectionnent.
- L'une de ces communications, faite par MM. Rémy et Contremoulins, donne la description d'un appareil destiné à déterminer d'une manière précise., au moyen des rayons X, la position des projectiles dans le crâne, et qui d’ailleurs peut être utilisé à d’autres usages d’un caractère moins chirurgical.
- L'appareil comprend un bâti portant d’un côté un châssis photographique spécial, et de l’autre deux tubes de Crookes (tube Chabaud, modèle 1897) orientables à volonté. Ce bâti est scellé sur le crâne au moyen d’un appareil plâtré, de manière à maintenir la tête complètement immobile par rapport à l’appareil. Il porte en outre un ensemble de tiges formant ce que les auteurs appellent un compas-repcre, servant à appliquer sur la face du sujet trois petits disques métalliques. On prend sur une première plaque un cliché, en actionnant l'un des tubes de Crookes, puis sur une seconde plaque, disposée exactement comme la précédente, un second cliché donné par l'autre tube. Ensuite on défait le scellement et on marque à l'encre de Chine, sur la face du patient, les centres des trois disques du compas-repère.
- Cette opération effectuée, on place entre les tubes et le châssis une lame de cuivre percée de quatre trous, et on radiographie deux fois cette lame sur la même plaque photographique, d’abord avec l’un des tubes, puis avec l’autre.
- Les trois clichés ainsi obtenus ayant été rapidement séchés à l’alcool (après développement), on écorche la gélatine sur les deux premiers au centre de l’image du projectile à retrouver et sur le dernier aux centres des huit pénombres des quatre trous de la lame de cuivre. On tire une épreuve de chaque cliché sur du papier au citrate, puis on place successivement ces épreuves sur une plaque de zinc (en s'aidant de points de repère pour les mettre dans la même position), et, avec un poin-îeau, on marque sur cette plaque les centres des pénombres et ceux des images du projectile ; enfin on perfore la plaque en ces points, on passe dans les trous des fils que l’on arrête derrière la plaque an moyen de nœuds, et on met cette plaque à la place du châssis photographique.
- Pour déterminer exactement le centre d’émission des rayons X dans des tubes, on tend les fils fixes aux centres des quatre pénombres correspondant à ces tubes, de manière à ce que ces fils passent également par les centres des trous de la lame de cuivre ; le point d'intersection des fils donne la position du foyer ; on y place un œilleton. On fait de même pour le second tube. Enfin on tend les fils passant par les centres des images du projectile de manière à ce que chacun d’eux passe aussi par le centre de l’œilleton marquant le foyer dans l'un ou l’autre tube: le point d'intersection de ces deux fils donne la position du centre du projectile. En remettant le compas-repère dans sa position primitive, on a alors la position du centre par rapport aux points de repère du compas.
- L'appareil est complété par un compas-schéma, plus robuste et plus rigide que le compas-repère, et par un compas d'opération, que l'on règle d'après le compas-schéma et qui sert à guider le chirurgien sur le centre même du projectile.
- Cet appareil est des plus précis. Dans douze expériences préalables, il a permis de déterminer sur le cadavre la position exacte des projectiles et des esquilles osseuses. Le docteur Remy s’en est servi ensuite pour opérer deux blessés; dans les deux cas l'extraction des projectiles, exécutée avec une sûreté complète, a parfaitement réussi.
- Dans la seconde communication, MM. Bergonié et Carrière indiquent quelques résultats comparatifs des méthodes cliniques ordinaires et de l'examen fluoroscopique dans les épanchements pleurétiques, méthodes qui ont déjà été l’objet de plusieurs notes des professeurs Bouchard et Bergonié (L'Eclairage Electrique, t. X, p. 43 et 144, t. XII, p. 86, 2 et 16 janvier et 3 juillet 1897).
- Voici les principaux de ces résultats :
- 3" La coïncidence des lignes d’opacité et de matité déterminées par l’examen clinique et par l'examen fluoroscopique a été le plus souvent constatée ; la non-coïncidence ne l'a été que dans deux cas, où l'on a retrouvé à l’autopsie des adhérences de la plèvre.
- 2’’ L'examen fluoroscopique a permis de voir nettement le déplacement du liquide avec les positions données au malade et avec les mouvements du diaphragme.
- 3° Il renseigne très complètement sur l’état du poumon au-dessus de l'épanchement, en permettant de déceler les lésions bacillaires peu perceptibles aux moyens cliniques ordinaires.
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- Usine génératrice hydraulique à courants biphasés de Moutier-Grandval (Suisse). — Cette usine, que décrit M. R.-B. Ritter dans le Génie civil du iCr janvier, a été inaugurée le 5 juin dernier: elle utilise une chute de la Birse, petite rivière à faible débit mais à grande pente, qui va se jeter dans le Rhin un peu en amont de Bàle,
- Un'peu au-dessus de Moutier, la Birse forme une suite de rapides, et sur trois kilomètres de longueur seulement, présente une différence de niveau de 95 mètres qui permettrait, avec le débit minimum de la rivière (500 à 600 litres par seconde), d’obtenir une puissance de 500 chevaux. Toutefois, en raison de la nécessité de percer un tunnel de 300 mètres environ de longueur pour capter la puissance totale et aussi de la difficulté d'utiliser immédiatement celte puissance, la chute a été divisée en deux, parties : l’une de 75 m de hauteur entre l'origine du rapide et le passage difficile, qui sera exploitée plus tard ; l'autre, de 15,3 m de hauteur, qui actionne l’usine nouvellement installée.
- L’eau est amenée par une conduite en fonte de 90 cm de diamètre, 2 mm d’épaisseur et 300 m environ de longueur, à une turbine Piccard et Pictet, de Genève, à axe horizontal, fournissant 90 chevaux avec un débit de 558 litres par seconde, mais pouvant développer 100 chevaux avec un débit plus grand; le rendement garanti est de 75 p. 100, mais il est en réalité supérieur. L’axe de la turbine est situé à 3,30 m au-dessus du niveau d’aval, afin que, dans les plus fortes crues, l'eau ne puisse atteindre la salle des machines; des tubes d’aspiration permetttent d'ailleurs d’utiliser toute la chute. La turbine étant accouplée directement à l’alternateur une vitesse de 5oo par minute était nécessaire; comme avec une chute de 13,3 m et pour une puissance de 90 chevaux, la vitesse normale est de 350 tours, il a fallu employer une turbine double, qui permet de réaliser une vitesse \! 1 fois plug grande que celle d’une turbine simple, La turbine est donc formée de deux turbines centripètes symétriques par rapport à un plan vertical, alimentées parle même tube d’amenée, mais portant deux tubes d'évacuation, Elle est réglée par un régulateur servo-mo-teur à déclic du système Piccard.
- L'alternateur, construit par la Société Alioth, de Bâle, est à induit fixe et à 12 pôles; la fréquence est donc de ço périodes; il est relié à l'arbre de la turbine par un joint élastique ; l’exci-
- tatrice est montée sur l’arbre même de l’alternateur. Le rendement, pour des charges de 100, 7 5, 50 et 25 p. 100 de la charge normale (90 chevaux) est de 94, 92, 88 et 80 p. 100. La tension des courants biphasés produit est de 2 100 volts par phase aux bornes de l'alternateur.
- Trois conducteurs, dont deux ont 4 111m de diamètre et le troisième 5 mm, conduisent les courants de haute tension aux transformateurs, situés à une distance maxima de 2 600 mètres, et qui ramènent la tension à 125 volts. Pour maintenir cette tension constante, quelle que soit la charge, il suffit d'agir convenablement sur le rhéostat d'excitation de l’alternateur; une échelle graduée indique d’ailleurs au mécanicien quelle tension il doit lire au voltmètre pour une charge de tant d'ampères, pour avoir une tension de 120 volts aux bornes des lampes.
- Les stations de transformateurs sont actuellement au nombre de huit, quatre sur chaque phase. Autant que possible les transformateurs sont placés dans un endroit inutilisé des habitations particulières ; quelques-uns sont installés dans des kiosques circulaires spécialement construits à cet effet. Chaque transformateur alimente un réseau secondaire à deux fils.
- L’éclairage public ne comprend que 66 lampes de 25 bougies; l’éclairage des particuliers comprend actuellement 1 350 lampes correspondant à 16 000 bougies.
- Les moteurs alimentés ne sont encore qu'au nombre de deux, l'un de 1 cheval, l’autre de 10 chevaux ; tous deux sont asynchrones à courants diphasés et font 1 450 tours par minute. Le premier est branché directement sur le réseau d’éclairage; i! est alimenté par quatre conducteurs dont deux partent des transformateurs d’éclairage branchés sur l’une des phases du courant de haute tension, et les deux autres d'un autre transformateur branché sur l’autre phase. T.e second est directement alimenté par le réseau de haute tension.
- Le coût total de l'installation prête à fonctionner a été de 140000 fr dont 75000 fr pour la partie hydraulique, ce qui, pour 100 chevaux, correspond à 750 fr. Rendu aux bornes de l’alternateur, le prix du cheval revient à 940 fr et à 1 627 fr lorsqu’il est rendu aux bornes des lampes, non compris l’installation dans les maisons, payée d’ailleurs par le client, et en comptant 5 p. 100 de perte dans la conduite primaire, 4 p. 100 dans les transformateurs et 3 p, 100 dans les conduites secondaires,
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- L'éclairage est payé à la lampe, suivant un tarif décroissant quand le nombre d'heures d'allu-inage augmente. Ainsi, pour la lampe de 16 bougies les prix sont de 13, 19, 25 et 40 fr par ait, suivant que le nombre d’heures d'allumage est compris entre o et 400, 401 et 800, 801 et 1 200, ou dépasse 1201. Pour la force motrice, les prix d'abonnement par cheval-an varient de 380 fr pour les moteurs de 1/4 de cheval, à 230 fr pour les moteurs de 5 chevaux, à 200 pour ceux de 10 chevaux et à 160 fr pour les moteurs de 30 chevaux; une réduction de 50 p. 100 sur ces prix est accordée aux clients qui s’engagent à ne pas faire marcher leur moteur pendant les heures d’éclairage.
- Les dépenses annuelles d'exploitation s’élèvent actuellement à iHooofr, dont 1 r 000 pour l’intérêt et l'amortissement du capital de premier établissement, 4 ooo pour les frais d’entretien et 3 000 fr pour les salaires d’un mécanicien et de son aide. Les recettes actuelles s’élèvent, sans tenir compte de l'éclairage public et des locaux communaux, à 22 483 fr, dont 20 343 pour l’éclairage, et 2 130 pour la force motrice. L’excès des recettes sur les dépenses est, par conséquent, de 4485 fr. Ce résultat est des plus intéressants et mérite qu’on y insiste, car il montre que dans beaucoup de cas, de petites communes possédant une chute d'eau pourraient arriver à éclairer sans bourse délier les voies publiques et les locaux communaux, et faire encore des bénéfices par la vente de l'énergie électrique.
- Les isolants. — La question de l'isolement dans les installations électriques a une importance capitale ; les défauts peuvent entraîner des accidents fréquents, surtout maintenant que les applications de l’électricité pénètrent dans toutes les classes de la société.
- Les matières isolantes sont indispensables à l’industrie électrique, elles ont permis bien des perfectionnements que l'on n’aurait pu obtenir sans elles. Leur nombre est déjà grand depuis celles connues anciennement, comme l'ébonite, la fibre vulcanisée, l’amiante, le celluloïd, jusqu'aux inventions récentes, telles que la micanite, la stabilité, l ætna, la vulcanite. Elles ont leurs inconvénients et leurs avantages, aussi est-il naturel de chercher des améliorations.
- L Electricien a décrit dernièrement une nouvelle substance isolante, l’ambroïne.
- Les matières qui entrent dans sa composition sout des résines fossiles, de l’amiante, du mica, etc. v les proportions varient suivant les diverses qualités que l’on veut obtenir. Les matières premières sont finement pulvérisées puis mélangées intimement ; on leur applique ensuite un traitement chimique spécial. L’ambroïne est alors placée dans des moules en acier et soumise simultanément à l’action de la chaleur et d'une pression considérable. Ainsi moulée la matière est inaltérable et parfaitement homogène,
- Le nouvel isolant a l'avantage de se mouler très aisément, sans variation de volume; de plus, sa surface est parfaitement lisse à la sortie du moule; le travail de finissage, assez coûteux avec les autres isolants tels que l’ébonite dont la surface est toujours rugueuse, est ici à peu près inutile.
- Les objets formés de plusieurs pièces s'emboîtant l'une dans Vautre n’exigent aucun ajustage, et les pièces fabriquées sont interchangeables. De môme les pas de vis sont absolument réguliers. 11 est seulement nécessaire d'établir des moules en acier parfaitement faits.
- La densité de l’ambroïne varie entre 1,2 et 1,7.
- Au point de vue isolant, une plaque de 0,34mm d'épaisseur a pu supporter une différence de potentiel de s 000 volts sans se laisser traverser par l’étincelle.
- Les substances isolantes doivent résister à l’action de Vair et de l’humidité. Une matière qui absorbe graduellement l'humidité perd ses propriétés isolantes et produit des dérivations. De plus, l’absorption de l'eau peut amener la rupture pendant les gelées. L'action de l'air et de la lumière peut aussi causer certaines modifications; c’est ce qui a lieu avec l'ébonite en particulier. L’ambroïne ne présente aucun de ccs inconvénients, parce qu’elle est elle-même composée d'éléments inaltérables à l'air humide ou même chargé de vapeurs acides.
- Voici les résultats d’essais sur la perméabilité à l’eau pour différents isolants : après un séjour d’une heure et demie dans l’eau à 750, l'augmentation de poids de chacun des échantillons était :
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- fibre vulcanisée,
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- L'ambroine résiste parfaitement à l’action de l’acide sulfurique à 4=,° B. et de la dissolution concentrée d’acide chlorhydrique. J,‘acide azotique à 24“ B. l’attaque légèrement. Cette inaltérabilité permet d’employer l'ambroine pour la fabrication des bacs d’accumulateurs.
- Les essais de résistance à la traction et à la compression ont aussi donné de bons résultats.
- On fabrique actuellement cinq variétés d'am-broïne.
- E. — Sert à la fabrication des socles d'appareils électriques, pièces isolantes pour ligne de tramways, coupe-circuits, carcasses de bobines de dynamos, plateaux de machines statiques. Cette variété résiste à l’action de l’eau bouillante et ne se ramollit qu’au bout d’une demi-heure au moins à la température de 200° C.
- C. — Résiste aux hautes températures, supporte sans altération une température constante de 200°C et une élévation instantanée d’un beaucoup plus grand .nombre de degrés. Cette variété sert pour les pièces qui doivent supporter des fortes étincelles. bagues de collecteurs, etc.
- Ac et Al. — Résistent, l’une à l’action des acides, l’autre à celle des alcalis, d'où leur emploi pour les vases de pile et les bacs d'accumulateurs.
- N. — Spéciale pour instruments de médecine et de chirurgie.
- La Société française qui exploite l’ambroine a fait construire à Ivrv-sur-Seine une importante usine occupant s 000 mètres carrés. L’un des bâtiments contient 9 presses hydrauliques et 14 fours; prochainement, ces nombres s’élèveront à 21 et 28. Dans les deux autres bâtiments s'effectuent les mélanges et se trouvent les ateliers pour la fabrication des moules.
- Emploi du carbure de calcium pour la préparation de l’alcool absolu. — On sait que lorsqu'on met du carbure de calcium en poudre grossière en contact avec de l'alcool concentré (90 à 95 centièmes), ce carbure est vivement attaqué et il se dégage de l'acétylène aussi longtemps qu’il reste de l’eau dans l’alcool; lorsque ce dernier est devenu anhydre, le dégagement gazeux cesse.
- Dans une communication faite à la séance de l’Académie des sciences du 27 décembre dernier, M. P. Yvon indique comment cette réaction peut
- servir, soit à constater qu'un alcool est anhydre, soit à obtenir rapidement de l’alcool absolu.
- Pour constater si un alcool est anhydre, il suffit de mettre dans un tube bien sec quelques centimètres cubes d'alcool et d’y projeter une pincée de carbure de calcium réduit en poudre grossière. Si l’alcool est absolu, on ne voit aucune bulle gazeuse se dégager, et par agitation le liquide reste transparent. Si. au contraire, l’alcool examiné renferme des traces d'eau, on voit de petites bulles gazeuses se former, et si l'on agite, le mélange se trouble et devient blanchâtre par suite de la formation d’hydrate de chaux.
- Pour préparer de l'alcool absolu, il suffit de placer dans un flacon de l’alcool a 90°, ou mieux à 95", avec le quart de son poids de carbure de calcium réduit en poudre grossière. Le dégagement gazeux, d’abord assez vif, se ralentit bientôt. On agite alors fréquemment pendant deux à trois heures, puisonlaisseenrcpospendantdouze heures. On s'assure alors que l’agitation ne donne plus lieu à aucun dégagement de gaz ; dans le cas contraire, on prolonge encore l’agitation et le contact de l'alcool avec le carbure ; au besoin, on ajoute encore une petite quantité de ce dernier, puis on transvase le mélange dans un appareil distillatoire et l’on procède à la séparation de l'alcool, en mettant à part les premières portions recueillies; elles renferment en dissolution une petite quantité d’acétylène. 11 est prudent de conduire loin du foyer les premières vapeurs dégagées, qui sont constituées par un mélange d'alcool et d’acétylène. L’alcool condensé est anhydre, si l'opération a été bien faite.
- Il est préférable de recueillir tout l’alcool dans le même récipient et de l’agiter ensuite avec une petite quantité de sulfate de cuivre desséché, qui s'empare de tout l’acétylène tenu en dissolution. On procède alors à une^ seconde distillation sans séparer l'acétylure de cuivre qui s'est formé.
- L’alcool absolu, préparé par ce procédé, ne précipite pas par l’alcoolate de baryte : le carbure de calcium est donc un réactif aussi sensible que ce dernier et permet d’obtenir par une seule distillation, deux au plus, de l’alcool absolu, en prenant comme point de départ de l’alcool à 950 et même à 90° C.
- Le Gérant : C. NAUD.
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- XIV.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Prolesseur à l'École Polytechnique, Membre de l’Institut. — A. D’ARSONYAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — p. MONNIER, Professeur à l’École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ, Professeur â la Sorbonne, Membre de l’Tnstitut. — A. POTIER, Professeur à l’École des Mines, Membre de l'Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- ÉTUDE THÉORIQUE SUR LES PILES RÉVERSIBLES
- Avant d’aborder le problème général des piles réversibles, il est indispensable d’étudier aussi complètement que possible celui de l’accumulateur au plomb, qui n’en est qu’un cas particulier.
- Cette étude ne sera point inutile, car si l’ingénieux appareil découvert par Planté est aujourd’hui entre les mains de tous, il n’en est point dont le fonctionnement intime soit, en réalité, moins connu.
- C’est ainsi que dans des études toutes récentes, parues dans la presse scientifique, on donne encore à l’hydrogène supposé occlus dans la plaque négative, un rôle prépondérant, alors que les analyses les plus rigoureuses ne permettent de recueillir que des traces de
- La recherche de la théorie chimique la plus probable de la pile au plomb fournira donc des indications précieuses pour le problème général.
- En mai 1892, j’ai exposé devant la Société internationale des électriciens un Essai de théorie chimique sur les accumulateurs êlec-
- (ll Bdletin de la Société Internationale des FAectiiciens, mai 1892.
- triques au plomb U, à laquelle il me paraît nécessaire de se reporter avant d’aborder l’ctude des expériences nouvelles qui en ont confirmé les conclusions.
- ESSAI DE THÉORIE CHIMIQUE SUR LES ACCUMULATEURS ÉLECTRIQUES AU PLOMB
- « Parmi les différentes théories émises sur les réactions qui donnent lieu à la décharge des accumulateurs électriques au plomb, celle qui est le plus généralement admise repose sur l’hypothèse de la double sulfatation des deux plaques positive et négative.
- « Elle suppose que, pendant la décharge, la plaque négative est le siège d’une combinaison conforme à l’équation
- Pb + O + S03= SO* Pb (1)
- et que la plaque positive subit clle-mcme une transformation représentée par l'équation
- PbO'1 -L H + SOs= Pb SO* + HO. (2)
- » L’électrolysc étant un phénomène d’orientation des molécules, il est peu probable qu’un même corps, SO3 par exemple, agisse sur les deux électrodes en même temps.
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- » Outre que, présentées sous cette forme, les réactions paraissent incomplètes et ne donnent qu'une interprétation absolument confuse des phénomènes, l'esprit peut difficilement admettre la formation du même corps aux deux électrodes, ce qui est contraire à la loi de Faraday: il n’est pas inutile de faire remarquer du reste que les différents auteurs qui se sont occupés de la question ont eu surtout pour but de mettre d’accord la loi de Thomson avec les mesures observées. La double sulfatation donnant le chiffre qui se rapprochait le plus des résultats' observés a été choisie pour ce motif.
- » La méthode suivie dans la présente étude, entièrement basée sur l’expérience et les résultats d’analyse, a eu pour objectif, au contraire, de tirer des faits observés les hypothèses les plus probantes, sans tenir compte a priori d’une loi toujours délicate à appliquer quand on en est réduit surtout aux hypothèses sur les réactions en jeu.
- » Avant d’étudier le phénomène de la décharge qui importe en tant que production d’énergie électrique, il faut rechercher d’abord quelle est la nature des différentes parties de l’accumulateur.
- » La connaissance de la nature de ces parties au début de la décharge donnera évidemment des indications précieuses sur ce que devra être cette décharge.
- » Cet accumulateur se compose :
- « i° D’une électrode positive;
- » 2° D’une électrode négative;
- » 3° D'un électrolyte.
- » Il y a lieu d’étudier quelles sont les modifications subies par ces trois parties pendant l’opération dite de charge; et, de l’état de ces parties avant la décharge, on pourra déduire les phénomènes probables se produisant pendant cette décharge.
- CONSTITUTION PHYSIQUE ET CHIMIQUE DE l’aCCUMU DATEUR AVANT DÉCHARGE
- » i° Étude de la plaque posrrrvE. — On
- suppose qu’au début de la charge la plaque positive est simplement du plomb : on sait alors par l’expérience ce qui se passe conformément aux lois d'électrolyse. Le plomb s’oxyde en prenant une teinte brune bien caractéristique; il est inutile, pour le moment, de chercher à connaître quel est le degré de cette oxydation. Interrompant la charge au moment où, la teinte étant uniforme, il se produit sur la plaque un dégagement gazeux abondant, si l’on retire cette plaque de l’accumulateur pour la plonger dans un vase plein d’eau pure, on observe les phénomènes sui-
- » Un liquide sirupeux s’écoule du bas de la plaque en se diluant dans l’eau, tandis que des bulles très fines de gaz viennent crever à la surface; ce phénomène s’observe très aisément en interposant le vase entre l’œil et un grand jour.
- » Appliquant la méthode d’analyse à la recherche de la nature du liquide sirupeux ainsi que du gaz dégagé, if est facile de reconnaître que l’on a affaire à de l’acide sulfurique et de l’oxygène. Dès lors, on est en droit de penser que le liquide ou la plaque positive contenaient un corps suroxygéné instable se décomposant dans l’eau pure.
- » En prenant un échantillon du liquide de l’accumulateur et en le traitant par I’iodure de potassium, additionné d’empois d’amidon, il se produit une décomposition qui met en liberté l’iode colorant l’amidon en bleu.
- » Ce premier point acquis, quel est le corps suroxygéné: En s’inspirant des recherches de M. Berthelet sur l’électrolysc des solutions diluées d’acide sulfurique entre des électrodes de platine, on constate qu’il peut se produire trois corps différents donnant lieu, à peu de chose près, aux mêmes réactions, l’acide per-sulfurique, l’eau oxygénée et l’ozone. Il s’agit de les différencier; il est admis déjà que l’action sur I’iodure de potassium est la même pour les trois corps.
- » En traitant ce même liquide égoutte de la plaque positive par l’acide chromique, il
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- ne se produit aucune coloration bleue; il est donc possible d’écarter déjà l’hypothèse de l’eau oxygénée dont l’action sur l’acide chro-inique, qu'elle transforme en acide perchro-inique, est des plus énergiques, même en solution très étendue.
- » Connaissant ensuite exactement la quantité de permanganate de potasse nécessaire, pour oxyder un poids connu d’acide arsénieux, si l’on fait agir sur cet acide arsénieux le liquide pris autour de la plaque positive, on constate que, avant comme après l’opération, la quantité de permanganate nécessaire pour transformer en acide arséniqué est strictement la même. Le liquide de l’accumulateur est, par suite, sans action sur l’acide arsénieux, il ne contient donc pas de l’ozone et l’on doit en conclure la présence d’acide persulfu-rique S2 O7, en ayant soin toutefois de filtrer toujours les liquides et de s’assurer qu’ils ne contiennent pas de composés plombeux, car le peroxyde de plomb décompose aussi l’iodure de potassium. Ces précautions prises, il sera possible de se servir de ce dernier corps comme réactif de l’acide persulfurique.
- « En opérant cette analyse à différentes périodes de la charge, on observe les faits
- » L’acide persulfurique apparaît dans le liquide qui baigne la positive dès les premiers moments de la charge, et la réaction qui le décèle est d’autant plus nette que la concentration du liquide en acide sulfurique est plus forte; avec un liquide acidulé à 5U B., elle apparaît difficilement.
- » Pr entière expérience. — Trois positives chargées a refus ont été mises dans un bac contenant 5 litres d’eau distillée, et l'acidité du liquide, évaluée en acide sulfurique, prise a différents moments; l’acidité a augmenté progressivement jusqu’à un chiffre de 14,490 gr d’acide sulfurique par litre: le liquide mis à part et remplacé par de l’eau distillée, on a recueilli encore environ 2,625 gr d’acide sulfurique par litre, ce qui donnait au total
- 17,115 gr par litre, soit, pour les 5 litres, 85,575 gr d’acide sulfurique, correspondant à trois plaques d’un accumulateur ' à sept plaques pesant ensemble 17,500 kg.
- » En cherchant, par un calcul grossier, le poids d’oxygène libre correspondant, on trouve environ 7 gr d’oxygerie libre, équivalant à 1,3 ampère-heure par kilogramme; on verra plus tard l’importance de ce chiffre qui est un gros maximum bien au-dessus du chiffre exact, attendu qu’il a été commis une erreur dans l’évaluation de l’acide total, dans lequel entre, pour une bonne part, celui dégorgé simplement par les plaques qu’il imprègne.
- » Deuxième expérience. — En reprenant la plaque positive et cherchant à mesurer le volume gazeux obtenu par décomposition de l’acide persulfurique, on procède de la façon suivante :
- » Lin poids déterminé de matière positive chargée est plongé dans, un flacon complètement rempli par un volume connu d’eau ; ce flacon est clos par un bouchon de caoutchouc traverse par un tube capillaire recourbé. Par le fait de l’enfoncement du bouchon, le tube est complètement rempli, de telle sorte que, par l’eau qui s’écoule, on ait une mesure du volume de gaz dégagé. L’eau employée était du reste exempte de gaz par une ébullition préalable.
- » Le volume d’oxygène obtenu ainsi a été de 1.1 cm3 environ; en chauffant à ioo°, la quantité d’oxygène s’est augmentée de 1 0111"; ce chiffre d’oxygène correspond à 0,15 ampère-heure par kilogramme de plaques. Constatons, pour le moment seulement, que ce nouveau chiffre correspond, lui, à un minimum dû aux erreurs de la méthode et à la difficulté de chasser la totalité du gaz.
- » Si l’on charge un accumulateur et qu’on le laisse au repos pendant plusieurs jours en faisant égoutter tous les jours les positives, le liquide qui s’écoule, filtré, accuse la présence de l’acide persulfurique, mais la réaction devient de plus en plus faible et disparaît
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- apres un laps de temps qui dépend de la charge plus ou moins complète.
- » Il a etc fait abstraction jusqu’à présent de la nature de la matière active positive; le seul point connu est qu’elle contient évidemment un oxyde de plomb. Le moment est venu de chercher le degré de cette oxydation.
- » En traitantpar l'acide azotique la matière brune obtenue après charge pour la plaque positive, on ne trouve aucun composé soluble; on peut donc dire déjà qu’il n’v a sûrement pas d’oxyde inférieur à PbO2. Ce résultat indique la méthode à suivre et qui consistera à traiter par l’acide chlorhydrique cette matière active; tout oxyde supérieur à PbO et de la forme PbO”, traité par l’acide chlorhydrique, donne heu à un dégagement de chlore régi par l’équation
- PbO» + «HCl — PbCl + «HO + («- t)C1;
- de la quantité de chlore dégagé on déduit le coefficient inconnu n.
- » Pour éliminer toutes causes d’erreurs et étant donné qu’on veut avoir seulement des résultats comparatifs, il paraît plus simple de procéder par analyses de poids déterminés de matière active positive chargée et de peroxyde de plomb obtenu par voie chimique : la comparaison des poids de chlore trouvés suffira pour dégager la conclusion.
- » Le chlore dégagé était recueilli dans l’iodûre de potassium et l’iode mis en liberré titré par l’hyposultite de soude.
- » La matière active positive chargée contient de l’acide persulfurique, corps suroxy-gené; traitée ainsi par l’acide chlorhydrique, elle doit fournir évidemment un chiffre de Cl supérieur à celui qui correspond réellement au coefficient d’oxydation du plomb. Avant traitement par l’acidé chlorhydrique, il faut donc éliminer toutes traces d’acide persulfurique ; il suffit pour cela de sécher la matière active positiveen l’étuvantà uo° après l’avoir lavée à l’eau pure ou bien à l’alcool et séchée dans le vide; on constate après cela que le liquide égoutté n’agit plus sur l’iodure de
- potassium, ou bien, si l’on ne prend pas cette précaution,-il faut doser l’eau et l’acide sulfurique contenus dans l'échantillon pour en déduire la proportion de PbO".
- » Trois expériences successives, faites avec l’une ou l’autre méthode, ont donné par gramme de matière active des poids de chlore respectivement égaux à
- 0,310 gr 0,315 gr 0,305 gr.
- «Une quatrième, faite sur un échantillon non séché, mais seulement lavé, a donné 0,308 gr.
- >> Une cinquième, faite sur un échantillon non séché ni lavé, traité par l’acide chlorhydrique, aussitôt après avoir été prélevé, a fourni 0,302 gr, résultats tout à fait comparables. Or 1 gr de PbO- doit donner théoriquement 0,301 gr de Cl, chiffre bien rapproché des préccdénts; il n’est pas inutile de faire remarquer d’ailleurs que l’erreur commise par cette méthode est par excès, et que, par conséquent, les chiffres trouvés sont trop forts, car l’acide chlorhydrique distillé en même temps que Cl met de l’iode en liberté; il est bon de faire observer, en outre, que la matière active insuffisamment séchée dégage au broyage une forte odeur d’ozone, due vraisemblablement à la décomposition de l’acide persulfurique; cet ozone produit également un chiffre supérieur de chlore.
- » On pourrait déjà conclure que l’oxyde formant la plaque positive n’est pas supérieur à PbOri pour le vérifier, il suffit de procéder par synthèse en constituant une plaque positive avec du peroxyde obtenu par voie chimique.
- » On obtient ce dernier en traitant le chlorure de plomb par une solution concentrée et chaude d’eau de Javel; une plaque positive ainsi constituée donne, avec des négatives chargées ordinaires, une force électromotrice de 1,88 volt.
- » Or une positive ordinaire chargée après lavage et étuvage minutieux, pour faire disparaître les traces d’acide persulfurique qu’elle contient, donne, avec des négatives chargées, une force électromotrice de 1,92 volt : le
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- rapprochement des deux chiffres paraît suggestif; la meme expérience répétée en prenant des négatives en zinc fournit dans les deux cas la meme force élcctromotrice, 2,36 volts, en prenant soin de bien agglomérer le peroxyde de plomb obtenu par voie chimique, pour avoir une bonne conductibilité. Un échantillon de matière active positive, prélevé après charge dans de la potasse ou soude caustique, donne un produit colloïdal qui précipite du peroxyde de plomb par l’acide nitrique.
- » L’identité paraît désormais complète entre Pb O2 et la matière positive apres charge et l’on peut admettre que la plaque contient fin charge du peroxyde de plomb imprégné d’acide persulfurique.
- » 20 Liquida. — Le liquide des accumulateurs au plomb est de l’eau acidulée par l'acide sulfurique à des densités variables; dès le début de la charge, en prenant des échantillons de liquide en différents endroits de la masse, on trouve que ce liquide donne la réaction de l’acide persulfurique; celte réaction, je le répète, est d’autant plus facile à décelerque ladensité du liquide estplus forte. Cela s’explique par ce que l’on sait des propriétés de l’acide persulfurique et de son instabilité dans l’acide très dilué, instabilité mise en évidence par l’exposition dans l’eau pure d’une plaque positive.
- » Dans un accumulateur chargé au repos, la présence de l’acide persulfurique est décelée dans toute la masse du liquide, aussi bien autour des négatives que des positives, mais elle disparaît très rapidement.
- » Le liquide prélevé autour des positives contient toujours des quantités très faibles d’acide persulfurique (0,010 gr par litre); autour des négatives les quantités sont trop faibles pour être dosées.
- » Rappelons enfin, sans l’interpréter encore, que la densité du liquide augmente pendant la charge.
- M3° Etude de la plaque négative. — Nou x
- supposons également que l’électrode était une plaque de plomb au début de la première charge; en arrêtant la charge quand le dégagement franc des gaz accuse la fin de l’opération, nous prendrons des échantillons de la matière active négative pour la soumettre à l’analyse. Deux hypothèses peuvent nous guider pour le choix de la méthode à employer; ou bien nous avons affaire à du plomb seulement, ou bien ce plomb à l’état de métal très divisé retient dans sa masse de l’hydrogène provenant de l’électrolyse à l’état occlus ou d’hydrure, en vertu de propriétés analogues à celles bien connues du palladium, de l’antimoine, du cüivre, etc. Il ne paraît pas possible d’émettre d’autre hypothèse en dehors de ces deux-là. La matière active négative traitée par l’acide azotique, dans lequel elle est entièrement soluble, montre bien d’ailleurs qu’il n’y existe que du plomb.
- » Pour le reconnaître, la méthode la plus efficace consiste à traiter un poids déterminé de matière active négative par l’acide chlorhydrique. L’hydrogcnc recueilli nous servira de mesure, car, si la matière active est formée de plomb seulement, l’hydrogène recueilli sera donné par la formule
- Pb -h HCl = PbCl + H.
- » Si c’est un hydrure, nous aurons au contraire l’équation
- PblI + HCl = PbCl+ 2II,
- soit dans le second cas un poids d’hydrogène double que du premier.
- » Une première expérience a été faite avec un appareil identique à celui décrit page 143. La matière négative d’un poids connu était introduite dans le flacon rempli jusqu'au bord d’acide chlorhydrique.
- » Le volume de liquide écoulé servait à'me-surer celui d’hydrogène dégagé.
- » On a recueilli ainsi 330 cm3 d’hydrogène, correspondant à 2,615 gi' de plomb dosé dans la totalité du liquide ; or la quantité théorique de plomb nécessaire pour produire
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- 330 cm1 d’hydrogène est de 2,987 gr, chiffre bien comparable au précédent si Ton tient compte de l’erreur commise par défaut, dans l’expérience.
- » Pour avoir des chiffres moyens précis,
- un grand nombre d’expériences comparatives entre des échantillons de matière active négative chargée et du plomb doux finement divisé ont été faites et sont résumées dans le tableau suivant :
- Tableau I
- Mesure du volume d'hydrogène fourni par le traitement du plomb et de la matière active négative par Vacide chlorhydrique.
- ( Plomb ordinaire
- ( Plomb chargé .
- ( Plomb chargé .
- { F'iomb chargé .
- Moyennes d’expériences.
- » Le chiffre plus faible trouvé pour le plomb chargé provient effectivement de la difficulté d’obtenir des charges complètes.
- » Les volumes d’hydrogène rapportés à 1 gr de matière active sont suffisamment concordants, surtout ceux des deux dernières expériences dans lesquelles l’erreur relative commise, inhérente à la méthode, a été réduite en opérant sur une plus grande quantité de matière, pour qu’on puisse conclure que la matière active négative chargée n’est autre chose que du plomb. En échantillon de cette même matière calciné dans une capsule en porcelainefond simplement comme du plomb ordinaire.
- » Traité par l’acide azotique étendu, il donne un dégagement de bioxyde d’azote et
- d’acide hypoazotique, sans trace de gaz hydrogène, tout comme le plomb ordinaire finement divisé, sur lequel, il faut ajouter, l’action est plus lente.
- « Si la matière négative après charge était formée d’un hydrure, en amalgamant cette matière, on devrait recueillir de l’hydrogène dégagé; or, dans une expérience de ce genre, on ne trouve qu’un volume absolument insignifiant de gaz.
- » Lin échantillon chargé, prélevé sous l’eau et réduit en petits fragments, a été introduit également sous l’eau dans une fiole ; le mercure était versé au fond de la fiole, qui était bouchée aussitôt hermétiquement. Aucun dégagement ne s’est produit pendant l’opération. Le volume d’hydrogène était mesure
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- toujours par le volume d’eau écoulée par un tube capillaire. En agitant, on favorise l'amalgamation, qui est très rapide et est à peu près terminée au. bout d'une demi-heure. Or i2 gr de matière, qui auraient dû produire plus de too cm8 d’hydrogène, n’oni donné qu’un volume insignifiant inférieur à i cm3.
- » Une seconde expérience a porte sur un échantillon de 28 gr de matière; l’amalga-tion a duré huit jours et n’a fourni que 12 env' d'hydrogène, alors qu'on aurait dû en avoir théoriquement plus de 400 par ampère-heure.
- » L’identité de la matière active négative chargée avec le plomb nous paraît désormais parfaitement' établie, et, en nous résumant, l’accumulateur chargé se trouve constitué par une électrode positive en peroxyde de plomb PbO% imprégné d’acide persulfu-rique, et d’une électrode en plomb contenant au début quelques traces d’hydrogène libre dans un liquide acidulé sulfurique donnant la réaction faible de l'acide persulfurique.
- » Conformément à la méthode d’investigation adoptée, et avant toute hypothèse ou interprétation, il faut chercher de même par différentes méthodes quelle est la nature des différentes parties de l'accumulateur après décharge.
- CONSTITUTION PHYSIQUE LT CHIMIQUE DE L’ACCU-MILATHUR APRÈS DÉCHARGE
- » i° Plaque positive. — La matière positive déchargée n’a plus le même aspect que la matière chargée : elle offre une teinte beaucoup plus foncée et un peu rougeâtre.
- » La matière active positive, après décharge, traitée par l’acide azotique, est en partie soluble; ce résultat fournit déjà une indication précieuse en ce qu’il montre que la constitution physique de la matière a subi one modification par le fait de l’action électroly-ttque delà décharge et qu’il existe désormais, dans cette plaque, des composés plombeux inférieurs à PbO-.
- 11 L’acétate d’ammoniaque neutre dissout
- en partie cette matière, ce qui laisse supposer que le composé soluble est un oxyde de plomb PbO et non plus du plomb métallique, ou contient également du sulfate de plomb ; la matière active positive après décharge serait donc un mélange de PbO' et de PbO, ce dernier en quantité fonction de l’énergie électrique fournie à la décharge.
- » Les expériences précédentes n’ont qu’une valeur qualitative ; il faut les confirmer par des anal}rses plus précises.
- » La méthode est toujours la meme ; s’il s’agit d’un oxyde encore égal à PbO- apres décharge , la quantité de chlore recueillie par décomposition de l’acide chlorhydrique sera la même que précédemment. Si PbO existe bien, au contraire, la formule à employer n’est plus la même et la quantité plus faible de chlore recueillie sera donnée par l’équation PbO3 1- PbO -j- 3HCI = 2PbCl -f 3HO + Cl.
- » Cette méthode donne en effet des volumes de chlore bien inférieurs à ceux trouvés pour la matière positive chargée ; les chiffres trouvés sont très variables, car ils dépendent de la quantité Totale d’électricité fournie à la décharge. Il ne faut donc leur attribuer qu’une valeur relative servant d’indication du changement d’état de la matière. C’est ainsi que plusieurs analyses ont donné des chiffres oscillant entre 0,180 gr, 0,201 gr, 0,210 gr de chlore pour igr de matière. La réduction du peroxyde en oxyde inferieur ne semble donc pas douteuse, mais il faut rechercher également si la matière active après décharge ne contient pas du sulfate de plomb; étant donnée la théorie la plus généralement admise jusqu’à ce jour, l’importance de ce point n’échappera à personne.
- » Dans ce but, des échantillons de matière active positive déchargée sont lavés à l’eau froide d’abord, afin d’éviter, dans la mesure du possible, toute action locale s’il pouvait s’en produire, puis à l’eau chaude jusqu’à élimination complète d’acide sulfurique libre. Le résidu, traité par le carbonate de soude et le chlorure de baryum, permet de doser,
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- par le sulfate de baryte, la quantité de sulfate de plomb qui existait dans l’échantillon.
- » En procédant ainsi, on trouve qu’après décharge la plaque positive contient toujours du sulfate de plomb, mais en quantités très variables, et qui ne sont pas fonction des ampères-heure fournis à la décharge.
- » Les résultats fournis par les analyses sont aussi consignés dans le tableau suivant; en consultant ces chiffres, on voit bien, en effet, que la quantité totale de peroxyde réduit dépend bien des ampères-heure de la décharge, mais que celle du sulfate esttw«-ticilement variable.
- Tableau II
- Tableau contenant les résultats d'analyses faites sur la matière active positive. l.cs échantillons de matière active ont été prélevés après chaque charge et chaque décharge d’un appareil contenant 2,300 kg de matière positive.
- a". de plomb ^ - plomb. de plomb de plomb de plomb
- I 2,33 3,6° 8,72 P4j4°i° 6,39 Po,Si 86
- H 0,21 o,47 <>,97 4,40 6.70 3,93 314 28,00
- III 0.40 0,90 8.4O 2,18 8,00 1,28 120 29,47
- IV 0.38 0,40 S,5Û 2,14 5,18 4-74 82 20,14
- V 2,44 0.95 10,92 4,01 8.48 3,o6 121 29.71
- VI 3,47 0,19 6,65 1,16 S.i8 °>97 76 18,66
- Une dernier î expérienc e a donné ,73 P- 100 de SCVPb apré= une décharge de 11 ampères-heure
- par kilogramme; la quantité de SO*Pb eût été de 27 p. 100 à cette décharge. s'» y avai eu sulfatation proportionnelle
- » 20 Liquide. — Les transformations observées tin décharge, dans le liquide, se réduisent, comme chacun le sait, à une variation de densité, la densité étant plus faible à la fin de la décharge qu’au commencement; en outre, les réactions de l’acide persulfurique deviennent de plus en plus faibles, à mesure que cette décharge se poursuit.
- » 3° Plaque xX^gative. — l)c même que pour la positive, l’aspect de la plaque n’est plus le même apres une décharge (dans tout le cours de cette étude, il n’est question que de décharges normales, c’est-à-dire arretées à 1,80 volt); la teinte de la matière est un peu plus terne qu’au début où elle a un carac-
- tère bien métallique. La méthode employée pour reconnaître les modifications qui ont pu se produire dans l’état moléculaire de la matière active est toujours la même; elle est basée sur le traitement par l’acide chlorhydrique d’échantillons de poids connus de matière active déchargée.
- » La quantité d’hydrogène recueillie donne, par comparaison avec les chiffres trouve's pour la matière chargée, une mesure de la transformation due à la décharge. Le tableau III donne pour chiffre moyen d’hydrogène, par gramme de matière, 74 cm3. Ce résultat, très inférieur à ceux fournis par la matière chargée, n’a du reste qu’une valeur qualitative pour déceler la présence dans la
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- matière d’un oxyde ou sel de plomb ne déga- I chlorhydrique; il y a donc eu élimination géant pas d’hydrogène par l’attaque de l’acide \ d’une partie du plomb libre.
- Tableau III
- Mesure du volume d'hydrogène fourni par le traitement de la matière active négative après décharge.
- EXPÉRIENCES deP,“ub d'h™. TEMPÉRATURE PRESSION d’Hydrogènc d’hydrogène
- I 0,98.1 78 180 765 73,5 74,2
- II Ï.133 88 20” 754 81,3 71,3
- III 2,073 164 20° 770 357,5 76,0
- IV 1,720 138 l8° 78. 129,7 75b
- v 8,892 304 20° 772 288,8 74,2
- VI 2,43. 193 20° 760 177,5 73b
- » Pour obtenir des chiffres ayant une valeur quantitative, il faut rechercher s’il existe bien du sulfate de plomb dans la matière déchargée et dans quelle proportion.
- » La recherche de ce sulfate de plomb a été faite d’une façon analogue à celle employée pour la recherche du même corps dans la positive. L’échantillon de matière active prélevé dans l’eau bouillie afin d’éviter la sulfatation locale possible, s’il existait un oxyde dans la matière, a été débarrassé de l’acide sulfurique par des lavages à l’eau bouillie, sans que cette matière active ait jamais été en contact avec l’air. Quand les
- dernières traces d’acide avaient disparu, l’échantillon était traité par une solution bouillante de carbonate de potasse, puis par le chlorure de baryum, le dosage du sulfate de baryte formé servant de mesure au poids initial de sulfate de plomb. Il est indispensable de dire en outre,que les eaux de lavage étaient recueillies et précipitées afin de s’affranchir des erreurs commises dans la méthode.
- » Le sulfate de plomb avait été également dosé dans la négative au préalable avant la mise en décharge ; les résultats fournis par plusieurs expériences sont réunis dant le tableau suivant :
- EXPÉRIENCES d’expériTuec. fo=y PROPORTION PROPORTION PROPORTION de plomb due PROPORTION
- 1 44 2 113 V3U 25b5 23,95 27,3
- II 44 1973 0,88 23,78 22,9° 254
- III 44 1 960 2,25 33,42 3M7 25b
- IV 44 2025 2,14 26,80 24,66 26,oy
- ,l II suffit, pour le moment, d’appeler l des deux dernières colonnes. Signalons enfin 1 attention sur la concordance entre les chiffres | que la matière active, déchargée, chauffée au
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- chalumeau, se transforme par parties en lithargc avec incandescence.
- DISCUSSION DES RÉSULTATS OBTENUS
- » -La méthode suivie et les résultats obtenus permettent d’aborder la discussion des phénomènes de la décharge.
- » L'accumulateur, en ta’nt que source d'énergie, est assimilable à une pile dans laquelle, au début, le métal brûle serait l’hydrogène à l’état occlus en quantités infinitésimales dans le plomb et, le dépolarisant, l’acide persulfurique libre dans le liquide et la plaque positive.
- » Ces réactions fugitives, causes du phénomène de surélévation de force électromotrice appelé coup de fouet, feraient place bientôt à une pile d’un autre ordre, dans laquelle l’électrode attaquée serait du plomb à un état moléculaire particulier qui se transformerait {en tant que résultat final) en sulfate de plomb, et la molécule d’oxvgène servant de dépolarisant serait fournie par la réduction de PbO2 en un terme inférieur d’oxydation, PbO par exemple.
- » En ce qui touche la réaction dont la négative est le siège, il ne semble pas qu’il puisse y avoir doute à cet égard : le rapprochement des chiffres de dosage de sulfate de plomb avec les ampères-heure de la décharge montre bien que l’écart est très faible.
- » La différence entre le chiffre de sulfate de plomb trouvé généralement dans les dosages et celui qui correspond aux ampères-heure fournis peut préci-sémentctre attribuée à l’utilisation préalable des traces d’hydrogène libre contenues dans la plaque.
- » La variation de densité du liquide pendant la décharge fournit une confirmation de plus de la réalité de la sulfatation de la négative.
- » En prenant les chiffres moyens d’un très grand nombre d’expériences, on trouve que, pour une décharge de 319 ampères-heure faite sur un appareil de 17,500 kg de plaques, la !
- densité du liquide a varié de 33°,3 B. avant décharge a 250 B. fin décharge. L’accumula-teur contenait 3,470 lit. de liquide.
- » La densité fin décharge à 250 correspond, pour une quantité totale de liquide 3470 cm3, <12998 gr d’eau et 1 202 gr d’acide, soit un poids total de 4 200. gr de. liquide.
- » Dans l’hypothèse de la sulfatation de la négative à la décharge, la charge décompose l’eau et met en liberté un équivalent de sulfate de plomb sur la négative ; la quantité d’eau électrolysée est, dans l'exemple choisi,
- 0,03738 gr x 9 x 3r9 — 107,3ri gr>
- et la quantité d’acide sulfurique formée aux dépens de la négative
- 0,03738 gr x 49 X 319 = 581 gr.
- « A la fin de la charge, l’électrolyte serait ainsi composé
- Lau...............2 998 gr — 107 gr = 2 891 gr
- Acide sulfurique . 1 202 gr -j 584 gr = i 786 gr
- soit un total de 4677 gr de liquide, ces chiffres correspondant à une proportion d’acide de 38,2 p. 100 et, par conséquent, à une densité de 32°,6 B.
- » L’écan entre ce chiffre et celui fourni par l’expérience, 33°,3, est très faible, et ce résultat, rapproché des dosages de sulfate de plomb dans la matière active négative, vérifie ccs derniers.
- » La question semble donc résolue pour cette électrode, et pourtant les faits ainsi exposés ne font pas la lumière complète ; comment expliquer en effet que, puisque cette électrode n’est autre chose que du plomb, si l’on prend comme négative une plaque de plomb ordinaire bien gratté et d’aussi grande surface qu’on le voudra, ort n'obtient qu’une force élcctromotrice passagère et aucun courant appréciable?
- » Cependant, dans ce dernier cas, il ne saurait y avoir de doute sur les réactions en jeu ; on est fondé alors à penser que les phénomènes principaux sont masqués par des réactions secondaires qu’il faut chercher à
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- éliminer. Ces actions secondaires ne pouvant être dues qu’au rôle joué par l’acide sulfurique, il est nécessaire de s’en débarrasser pour dégager la réaction principale.
- » Dans ce but, un accumulateur bien chargé a été vidé complètement, le liquide remplacé aussitôt par une solution de sulfate de soude neutre au maximum de conductibilité, et la décharge a été opérée dans ce liquide. Des échantillons de matière active négative ont été prélevés avant et après décharge; avant la décharge, il n’y avait pas trace de sulfate de plomb, et, après décharge, il n’en existait que des traces très faibles non dosables, dues évidemment au peu d’acide sulfurique libre dont la plaque était imprégnée; la décharge a fourni 58 ampères-heure, au voltage moyen de 1,89 volt, et la densité du liquide n’a pas varié pendant la décharge.
- » La capacité recueillie n’a aucune importance, étant donnée la grande résistance intérieure d’un appareil au sulfate de soude par rapport à celle des appareils à l’acide libre.
- » La matière active déchargée présente des caractères particuliers : elle est en partie soluble dans les acides ; chauffée à la flamme d’un chalumeau à gaz, elle devient brusquement incandescente, en laissant un résidu de litharge parsemé de globules brillants dus à des parcelles de plomb fondu. Cette expérience saisissante montre que la matière active négative déchargée dans le sulfate de soude est un mélange de plomb métallique et de sous-oxyde de plomb. Ce dernier corps, obtenu par la calcination à 300° de l’oxalate de plomb, donne lieu en effet au même phénomène d’incandescence.
- » Cette expérience, qui me paraît avoir une très grande importance, semble démontrer que la réaction principale de la décharge est la sous-oxydation pure et simple du plomb, l’appareil au sulfate de soude, dans lequel il n’y a pas trace de sulfatation, donnant à peu de chose près la même force clcc-tfomotrice (dans l’ordre des centièmes) que celui à l’acide sulfurique ; or le sous-oxyde
- de plomb se décompose spontanément, en présence de l’acide sulfurique, en plomb métallique et sulfate de plomb.
- » La sulfatation de la négative s’exercerait donc peut-être par simple action locale, et, en présentant les choses de cette façon, on s’expliquerait en quoi cette réaction doit être différenciée de celle qui a lieu sur une plaque de plomb ordinaire.
- » Dans ce dernier cas, en effet, la sulfatation est totale, et le plomb, se recouvrant aussitôt d’un voile de sulfate mauvais conducteur, ne peut fournir aucune énergie appréciable ; on comprend en outre pourquoi le sulfate de plomb, si justement considéré comme le chancre des accumulateurs par tous ceux qui ont manipulé ces appareils, n’est plus nuisible dans le cas de la décharge. Chaque molécule de sous-oxyde, en se décomposant, laisserait une molécule de plomb servant de conducteur à celle de sulfate, et ce n’est que lorsque la totalité de la matière est accidentellement sulfatée que le sulfate est long et difficile à réduire.
- » Pour vérifier par une autre méthode l’hypothèse du rôle joué par la sous-oxydation dans la décharge, il suffit de produire accidentellement cette oxydation par un moyen quelconque et d’observer les changements obtenus dans la capacité.
- » Le moyen employé a etc l’exposition à l’air des négatives d’un appareil de capacité bien connue, après charge complète, pendant des temps croissants ; les négatives étaient remises ensuite dans le liquide et l’appareil mis en décharge.
- » Dans ccs conditions, on constate que la capacité recueillie diminue au fur et à mesure que la durée d’exposition des plaques à l’air augmente.
- » A la capacité près, toutes les décharges ont d’ailleurs identiquement le même caractère et même force électromotrice moyenne. Si l’on trace la courbe des capacités en fonction du temps d’exposition à l’air, cette courbe part d’un point de l’axe des ordonnées correspondant à la capacité obtenue par une
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- décharge immédiate et s’abaisse rapidement. Elle présente une convexité vers l'origine des axes et devient asymptotique à l’axe des temps, des plaques négatives ayant donné 320 ampères-heure de capacité dans une décharge nouvelle ne donnant plus que 32 ampères-heure après un mois environ d’exposition à l’air.
- » Il ne peut y avoir de doute sur la modification moléculaire subie par les plaques. La matière active s’est transformée en sous-oxyde au contact de l’air : les apparences aussi bien que la méthode chimique le prou-
- » Quand la durée d’exposition atteint une demi-heure, les plaques chauffent sensiblement. Il est nécessaire d’ajouter enfin que, quel que soit le temps pendant lequel les négatives sont restées en contact avec l’air, la densité du liquide fin décharge est toujours la même que dans une décharge normale.
- » En partant de ce qui est connu déjà, on peut donc conclure que la quantité de sulfate formée sur les négatives est identiquement la même dans tous les cas ; mais, dans les expériences signalées, une partie de cette sulfatation est purement locale, par suite de l’action chimique de l’acide sulfurique sur le sous-oxyde formé, ce que l’on constate par l’abaissement de la densité du liquide quand on plonge les plaques négatives. Cette diminution de la densité est d’ailleurs fonction du temps d’exposition à l’air.
- » Il est juste de rappeler que l’illustre Gaston Planté avait entrevu l’hypothcsc de l’oxydation de la négative.
- » Pour ce qui est de la réduction du peroxyde de la plaque positive en un oxyde inférieur, il ne saurait non plus y avoir de doute, les quantités de plomb solubles dans les acides augmentant en proportion des durées de décharges. Les tableaux d’analyses fournissent bien, en outre, la preuve que le sulfate de plomb formé n’est en aucune façon fonction des ampères-heure recueillis et qu’il ne provient que d’une action locale due au couple PbO2, PbO dans l’acide sulfurique.
- Ce qui prouve bien que le sullate est dû à cette cause, c’est que, si on laisse séjourner dans le liquide une plaque positive déchargée, elle se transforme peu à peu tout entière en sulfate par suite de la réduction progressive de PbO2.
- » Enfin PbO2 est bien le dépolarisant principal de la décharge, car si on lave et sèche une plaque positive bien chargée pour la débarrasser de tout composé suroxygéné, et si on l’emploie comme électrode positive avec des négatives chargées ordinaires, on obtient une force électromotrice de 1,93 volt et une décharge normale.
- » En résumé, le travail électrochimique de l’accumulateur à la décharge se réduira à la formation d’un équivalent de sulfate de plomb sur les négatives et à la réduction d’abord d’un équivalent d’acide persulfurique, pendant quelques instants, puis du peroxyde en oxyde inférieur pendant la plus grande partie de la décharge.
- » A la charge, les phénomènes inverses se reproduiront ; il y aura formation d’un équivalent d’acide libéré sur la négative, correspondant à un équivalent de plomb libre réduit du sulfate, et aussi formation d’acide persulfurique sur la positive. Cet acide, en contact avec la plaque positive, se comporte différemment suivant qu’il s’agit de la première charge ou des charges consécutives aux décharges. A la première charge, l’acide persulfurique est en contact avec du plomb spongieux ; or l’expérience montre que ce plomb ne passe pas directement de Pb en PbO'2, car, si l’on traite la plaque positive par l’acide chlorhydrique, on constate qu'il n'y a pas dégagement de chlore tant qu’on n’a pas fourni au moins 20 ampères-heure par kilogramme. C’est donc que le plomb passe bien par un état d’oxydation inférieur (PbO par exemple) avant de devenir PbO’2 ; ces deux réactions obéiraient d’ailleurs aux équations successives
- Pb -f 2SO3 + O = PbO + 2SO3, '.1
- rbO + 2S0s + 0 = PbO2 + 2SO». ,21
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- » Ces deux équations ne concordent d’ailleurs qu’avec le résultat final, toujours le même, quel que soit le cycle de transformation de la matière. Par analogie, en effet, avec les résultats observés dans les mêmes conditions sur des anodes en cuivre, zinc ou fer, qui donnent lieu à des sulfates, on pourrait penser à la formation d’un persulfate de plomb, et il est possible en effet que ce corps prenne naissance dans le cycle, mais nous savons qu’il n'est pas stable et donne lieu spontanément k de l’acide sulfurique et du peroxyde de plomb, pour lesquels l’équilibre chimique existe seul.
- » Dans les charges ultérieures, les réactions de la charge sur la positive ne se passent pas tout à fait de la même façon ; ce n’est plus du plomb qui existe en effet sur la positive, c’est un mélange de peroxyde, d'oxyde inférieur et de sulfate.
- » L’action de l’acide persulfurique, pendant la charge, a pour effet de ramener la totalité de la matière active à l’état de peroxyde ; la transformation de PbO se fait suivant l’équation (2). et celle du sulfate conformément k l’équation suivante
- SOlPb + 2SO3 + O = PbOa -f 3SO3. (3)
- Ce résultat n’a rien que d’absolument conforme k ce que nous savons de l’action de l’acide persulfurique sur les métaux et notamment le plomb, par les travaux de Ber-thelot et de Marshall. Il n’est pas douteux, quoi que l’on en ait pu dire, que le sulfate de plomb puisse se peroxyder, aussi bien que se réduire par électrolyse ; une plaquette formée avec du sulfate de plomb du commerce, mise comme anode dans l’acide sulfurique, s’est peroxydéc peu k peu complètement, elle peroxyde produit, traité par l’acide chlorhydrique, a donné un volume de chlore de 0,320 gr par gramme de matière, chiffre qui concorde bien avec ceux déjà trouvés.
- » Le milieu formé par la matière active peroxydée étant suroxygéné, l’acide pcrsulfu-rique reste k l’état libre et la charge est termi-nee* Le rôle de l’acide persulfurique dans la
- charge est indispensable ; si l’on essaye de charger en effet un accumulateur dans de l’eau pure, il se forme aux dépens de la positive un hydrate de plomb qui s’électrolyse et précipite sur la négative un dépôt de plomb spongieux extrêmement volumineux.
- » Il suffit d’ajouter quelques gouttes d’acide sulfurique seulement au liquide (la densité étant k peine de i° B.', pour faire disparaître ce phénomène et obtenir la peroxydation.
- » On peut encore la produire dans le sulfate de soude neutre, dans tous les sulfates solubles.
- » L’opération se fait d’autant plus régulièrement que la densité est plus forte, l’acide persulfurique étant d’autant plus stable dans les liquides forts.
- APPLICATION DE l.A LOI DK THOMSON
- » L’application de la loi de Thomson aux réactions en jeu touche k la partie la plus délicate de cette étude ; c'est précisément pour faire cadrer cette formule avec les résultats, des mesures que l’on a émis l’hypothèse de la double sulfatation, qui, 011 vient de le voir, ne s’accorde pas avec les analyses faites et qui donnait pour la force électromotrice le chiffre se rapprochant le plus du chiffre pratique, cette approximation n’étant à notre avis qu’une simple coïncidence sans rigueur scientifique. Cherchons k appliquer cette loi.
- » Au début de la décharge, la loi concordé avec les mesures ; soit en effet que, sur la négative, il y ait formation d’un équivalent d’eau, ou tout de suite de sulfate, le résultat est le même :
- Chaleur de formation cVun équiva
- lent d’eau..................
- Chaleur de formation d’un équiva lent de sulfate de plomb. . . .
- Décomposition de l'acide persulfu rique (corps exothermique) . .
- 47>7 49-4
- Force électromotrice déduite de la loi de Thomson.................. . 2,07V.. 2,15V
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- » Dans les deux cas, les chiffres sont d’accord avec les mesures ; ils sont plus faibles que ceux fournis par les mesures au moment du coup de fouet (2,24 volts), mais l’écart est imputable au ternie correctif de la formule de Helmholtz, additif dans ce cas puisque l’accumulateur se refroidit pendant la décharge'.
- » Passant maintenant à la partie importante de la décharge, qui est constituée par la réduction de PbO3, si l’on applique la formule, le chiffre trouvé {1,32 volt) est manifestement très inférieur à celui qui mesure en réalité la force électromotricc d’un accumulateur.
- » Pourtant la même loi est entièrement d’accord, à la correction thermique près qui est sensiblement la même pour tous les couples en question, avec l’expérience quand il s’agit de couples constitués avec la meme positive et des négatives différentes, zinc, fer, cuivre, plomb ordinaire, etc., dans l’acide sulfurique.
- Tableau V
- COUPLES
- de The
- PbO*,Zn ....
- PbO2, Fe.......
- PbO8, Cu . . . . PbO2, Pb ordinair
- 1,07
- 032
- 2,3°
- 097
- 025
- 1,6
- » La réduction de PbOs en oxyde inférieur se trouve bien confirmée d’ailleurs par les chiffres précédents ; la différence constatée avec des négatives ordinaires d'accumulateur est donc tout entière imputable à ces négatives. Comment expliquer en effet la différence constatée ? Nous sommes amenés à nous demander, alors, puisque nous savons irréfutablement que la matière active négative chargée n’est autre chose que du plomb, si ce plomb n’est pas une modification allotropique jouissant de propriétés particulières.
- » Cette manière de voir est conforme
- aux conclusions tirées des savants travaux de Schutzenberger sur les divers états moléculaires des métaux, parmi lesquels le cuivre, l’argent et le plomb, et des expériences de M. Gore sur l’antimoine.
- » En étudiant les propriétés des métaux obtenus par électrolyse, ces savants ont constaté qu’on obtenait ainsi des états moléculaires différents de ceux des métaux ordinaires; parmi les propriétés de ces métaux sous une forme nouvelle, la plus importante pour nous est qu’ils dégagent de la chaleur en passant à l’état ordinaire.
- » Le plomb des négatives obtenu par réduction d’un sel subit un changement d’état allotropique ; il possède des propriétés réductrices que n'a pas le plomb ordinaire et ne saurait être complètement assimilé à ce dernier.
- » L’expérience suivante le démontre victorieusement. Une plaque est formée avec un sel de plomb quelconque, litharge, minium, sulfate ou chlorure. Cette plaque est mise en présence d’une plaque de zinc dans l’eau pour les deux derniers, dans l’eau acidulée pour les premiers, et la pile ainsi constituée fermée sur un circuit quelconque. A la fin de l’opération, le sel de plomb est entièrement réduit et l’on retire de l’appareil une plaque de plomb spongieux, n’ayant subi aucune action de charge ou de décharge, et qui ne peut être autre chose que du plomb.
- » Cela fait, si l’on mesure la force électromotrice donnée par une plaque positive lavée et séchée pour la débarrasser de l’acide per-suifurique, en présence d’une négative en plomb ordinaire fraîchement grattée, on trouve 1,6 volt; si, sans rien loucher à la positive, on substitue à la négative en plomb doux celle en plomb spongieux obtenue comme il a été dit précédemment, 011 trouve 1,93 volt. Avec une positive bien chargée, les résultats sont supérieurs, mais conservent toujours le même écart, t ,90 volt dans le premier cas, 2,13 volts dans le second.
- » Cette expérience est frappante et jette une lumière vive sur l’hypothèse émise en montrant sa grande probabilité ; elle prouve
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- que l’écart entre le chiffre fourni par la formule et le chiffre exact doit être attribué aux négatives ; elle nous explique pourquoi la loi de Thomson ne donne pas un chiffre comparable à celui trouvé pratiquement.
- » L’erreur commise n’est aucunement imputable à celle loi, mais à ce que, en faisant la somme algébrique des chaleurs de formation, nous négligeons les calories qui correspondent au changement d’état moléculaire, calories qui malheureusement, dans les travaux des savants cités plus haut, n’ont pas encore été déterminées.
- » Si l’on met en décharge un appareil ainsi formé avec des négatives n’ayant jamais subi aucune charge, on trouve les chiffres suivants :
- Poids des plaques....... 17,500 kg
- Intensité moyenne à la
- décharge................ 20,3 ampères-heure.
- Différence de potentiel
- moyenne................. r.92 volt
- Capacité recueillie..... 176 ampères-heure,
- soit 10 ampères-heure par kilogramme.
- » L’examen de ces chiffres, identiques à ceux des décharges normales, est de nature à lever les derniers doutes.
- » En résumé, l’accumulateur au plomb se compose désormais pour nous : fin charge, d’une plaque positive en PbO2 imprégnée d’acide persulfurique et d’une plaque négative en Pb à un état moléculaire particulier, état naissant pour ainsi dire ; fin décharge, d’une plaque positive contenant un mélange de PbO-, PbO ? SO* l Pb, ce dernier, produit en local par le couple PbO2, PbO dans l’acide, la quantité totale de PbO" réduit étant proportionnelle à la décharge et d’une plaque négative formc’c d’un mélange de Pb et de sulfate de plomb produit par action locale de l’acide sur le sous-oxyde de plomb. »
- Dans un prochain article nous exposerons les résultats d’expériences nouvelles, postérieures à la publication de la théorie précédente, qui en confirment la probabilité.
- (.4 suivre.)
- U. Darrieus.
- DÉTERMINATIONS RÉCENTES DU NOMBRE v DE MAXWELL
- Des formules qui définissent les unités avec lesquelles on mesure les diverses grandeurs électriques, on déduit aisément les relations :
- les lettres majuscules représentent les unités du système électromagnétique, et les lettres minuscules les unités du système électrostatique. La valeur commune de ces rapports v a les dimensions d’une vitesse et elle doit en effet représenter, dans les idées de Maxwell, la vitesse de propagation des ondes électromagnétiques et des ondes lumineuses. Dans le but de vérifier cette conséquence remarquable, un grand nombre de physiciens ont cherché à déterminer la valeur de
- celte constante v. Récemment encore, cette détermination a fait l’objet de deux séries d’expériences intéressantes : l’une due à M. Huvmuzescu ('), l’autre à Miss Mahby (*) ; ce sont ces expériences que nous nous proposons de décrire.
- D’après les relations (>) il se présente, au moins au point de vue théorique, cinq méthodes, ou plutôt cinq groupes de méthodes, pour déterminer v. En mesurant par voie expérimentale la valeur numérique d’une même grandeur concrète dans les deux systèmes d’unités, il suffira de diviser l’un par l’autre les deux nombres obtenus pour obtenir, ou bien v lui-même, ou bien une puis-
- (*) Thèse de doctorat. Paris, 1R96.
- i2) Wied. Ami., x. LXI, p. *53.
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- sancc de /'.'En réalité le nombre de ces groupes se réduit à trois par suite des difficultés qu’il y aurait a mesurer en unités électrostatiques, avec une précision suffisante, une résistance ou une intensité de courant ; on peut mesurer une quantité d’électricité, une force électromotrice, une capacité.
- La méthode de M. Hurmuzescu se rattache au second groupe, celle de Miss Maltby au troisième.
- I. Expériences de M. Hurmuzescu
- i. Principe de la méthode. — Le principe utilisé par M. Hurmuzescu a été indiqué par Maxwell, qui a effectué lui-mème une série de déterminations, mais dans des conditions expérimentalespeu précises. L’expérience consiste à rendre solidaires mécaniquement les parties mobiles d'un électromètre et d’un électrodynamomètre, et à compenser la force électrostatique agissant dans l’électromètre par la force éleetrodynamique agissant dans l’électrodynamomètre.
- Dans l’appareil de Maxwell, l’électromètre est un électromètre à anneau de garde de Thomson ; l’électrodynamomètre est formé de deux bobines plates. Le disque mobile de l’électromètre et l’une des bobines de l’élec-tfodynamomètre sont portés par une meme tige perpendiculaire à leurs plans; cette tige est fixée elle-même normalement à l’extrémité d’un lléau de balance. Par un réglage approprié, on amène le disque mobile dans le plan de l’anneau de garde, et c’est pour cette position qu’on cherche à réaliser l’équilibre. Les plateaux de l’électromètre sont reliés aux extrémités d’une résistance R que parcourt le courant d’une pile P ayant un très grand nombre d’éléments : une partie de ce courant se rend dans l’une des bobines d’un galvanomètre différentiel muni d’un shunt. Le courant d’une pile P' plus petite passe dans l’électrodynamomètre et dans la seconde bobine du galvanomètre. Pour, faire l’expérience, on règle le shunt de manière que l’aiguille du galvanomètre reste au zéro, et
- en môme temps on règle l’écartement des plateaux de l’électromètre de manière que le disque mobile reste dans le plan de l’anneau de garde. Le rapport r se calcule d’après l’équation d’équilibre, où v est la seule inconnue : les autres quantités qui y figurent sont données par l’expérience.
- Cette disposition de Maxwell a, entre autres, deux inconvénients graves. D’abord les forces électromotrices qui sont employées pour l’électromètre et pour l’élcctrodynamomètie sont indépendantes ; comme on ne ferme les circuits que pendant le temps nécessaire à l’expérience pour éviter les échautfements, il sc produit à partir de la fermeture des variations rapides des courants, lesquelles sont indépendantes. Ensuite, inconvénient plus grave, l’équilibre du système mobile est instable. En effet, l’attraction de l’électro-mêtre varie en raison inverse du carré de la distance, tandis que la répulsion entre les bobines de l’électrodynamomètre varie moins rapidement : ces deux forces ne peuvent donc se faire équilibre que pour une seule position du système. Nous allons voir comment M. Hurmuzescu a écarté ces difficultés.
- 2. Electromètre. — L’électromètre employé parM. Hurmuzescu est l’électromètre cylindrique. Cet instrument, construit pour la première fois par MM. Bichat et Blondlot, se compose de deux cylindres circulaires ayant même axe, qui pénètrent l’un dans l’autre sans se tou-cheret sans se recouvrir entièrement. Cesdeux cylindres sont mis respectivement en communication avec des sources ayant des potentiels V et V' : il s’exerce alors entre eux une attraction qui, par raison de symétrie, est dirigée suivant l’axe et qui est égale à :
- dC désigne la variation de capacité qui correspond à un déplacement relatif dx des cylindres dans la direction de leur axe. En supposant les deux cylindres très longs par
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- rapport à leur écartement, on peut prendre :
- dC ________i___
- à x ~ D
- ]°e~T~
- en appelant D et d les diamètres des deux cylindres. Cette formule suppose, bien en-
- tendu, que l’clectromètre est parfaitement réglé , c’est-à-dire que les axes des deux cylindres coïncident exactement. Si les axes sont seulement parallèles à une petite distance o l’un de l’autre, la force F est représentée parla formule plus compliquée due à Rlavier :
- f = — (v-vy2
- Comme cette expression passe par un minimum pour o = o et que, par conséquent, elle varie lentement au voisinage de cette valeur, les axes peuvent‘être assez éloignés du réglage sans qu’il en résulte une erreur sensible dans le calcul.
- Lorsque les axes ne sont pas parallèles, le calcul de la force F devient très compliqué : il est alors plus avantageux d’éliminer, par l’expérience, l’erreur qui résulterait de ce défaut de parallélisme.
- A cet effet, l’électromètre est double, c’est-à-dire qu’il est formé de deux cylindres extérieurs fixes, provenant d’un même cylindre tourné et coupé sur le tour; ceux-ci entourent un cylindre mobile commun (fig. t).
- Fîg. i.
- Pour obtenir le réglage des axes, on place dans les bases extérieures des deux cj'lindres fixes C et Ci' et dans les bases du cylindre mobile des bouchons en ébonite tournés; ces bouchons ont été percés sur le tour, exactement suivant leur axe, d’un petit trou de i mm de diamètre. On juge que les axes sont réglés quand un rayon de lumière blanche qui a traversé les quatre trous donne une image sans irisation. On arrive à ce résultat en agissant sur les vis calantes qui supportent
- les cylindres fixes. Le réglage peut être ainsi poussé assez loin pour que l’erreur ne dépasse pas le dix-millième d’après la formule de Rlavier.
- mètre double on élimine l’erreur due au non-parallélisme des axes. Supposons que les cylindres fixes C et C' 'fig. 2) aient même axe
- et que l’axe du cylindre mobile coïncide avec cette direction quand l’attraction s’exerce vers C ; le moment de l’attraction est alors :
- V, désignant le potentiel de C, V2 celui de C'. Soit a le déplacement angulaire de Taxe du cylindre mobile sous l’influence de l’attraction, et soit Kj le moment de l’attrac-
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. — Ne 4.
- tion dans ces conditions; ce moment K, sera égal au moment primitif FL plus le moment d’une certaine force qui sera proportionnel a sin a :
- K, = FL -h <?L sin*.
- En changeant les contacts, on portera C au potentiel V, et C au potentiel V4; l’attraction s’exercera de C vers C' et on aura :
- K* = FL - ?f. sin a.
- en supposant que l’angle a soit le même. Le terme correctif 9 L sin a s’éliminera quand on additionnera les deux équations membre à membre.
- Dans l’appareil définitif 'fig. 3), il y a deux électromètres identiques aux extrémités d'un même levier : ils sont disposés de manière que les couples qui agissent sur les cylindres mobiles soient de sens contraire. Les cylindres mobiles en aluminium (pourdiminuer le moment d’inertie du système) sont fixés aux deux extrémités d’un fléau horizontal L; leurs axes sont horizontaux et perpendiculaires à celui du fléau: le fléau est suspendu par un fil de torsion. Les cylindres fixes sont en laiton; ils reposent sur des supports à vis calantes
- par l'intermédiaire de cales en ébonite qui servent à les isoler.
- Le diamètre des cylindres en aluminium et le diamètre intérieur des cylindres en laiton, qu’il importe de connaître avec toute la précision possible, ont été mesurés au cathéto-mètre (cathétomètrc de la Société Genevoise à deux lunettes et à étalon séparé). Les écarts entre les diamètres des différentes régions et entre les différentes lectures portent seulement sur les centièmes de millimètre. Le diamètre moyen a été trouvé de 3,1785 cm pour l’un des cylindres en aluminium et de 3,1784 cm pour l’autre.
- Pour les cylindres en laiton dont ii faut mesurer le diamètre intérieur, les mesures sont un peu plus difficiles : les écarts ne dépassent cependant pas le 1/50 de millimètre, ce qui fait la même erreur relative que dans le cas précédent. Le diamètre moyen adopté pour les quatre cylindres est de 6,0208 cm et le rapport-^- est par conséquent :
- Si on tient compte de ce que ce rapport entre dans l’équation d’équilibre par la racine carrée de son logarithme, on trouvera que l’erreur provenant de ce chef ne dépasse
- Il faut connaître encore dans l’électromètre le bras de levier L. Le cylindre mobile passe dans un collier d’un diamètre un peu supérieur au sien et dans lequel il est serré doucement au moyen d’une vis : le collier est supporté lui-même par une tige qui entre à frottement doux dans un tube où elle peut être aussi serrée par une vis : enfin ce tube est fixé normalement à une bague glissant sur le levier et qui peut être maintenue par une vis de serrage. Le point de serrage de cette dernière vis est le point d'application de la force et détermine l’extrémité du levier ; mais comme le serrage se produit toujours sur une certaine surface, il règne une incertitude sur la position réelle du point d’appli-
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- cation ; on élimine cette incertitude en faisant deux séries d’expériences avec des longueurs de levier différentes, toutes les autres conditions restant les mêmes. Dans l’équation finale les deux bras de levier n'entrent plus que par leur différence.
- Le levier est formé d’un tube en aluminium, bien dressé, de 78 cm de longueur environ et assez fort pour porter les cylindres sans éprouver de flexion sensible : il porte une graduation tracée à la machine à diviser et repérée au cathétomètre, sur laquelle on lit la distance qui sépare les traits de repère marqués sur les bagues en face des vis de serrage.
- Electrodynamom'etre. — L’clectrodynamo-mètre est constitué par une longue bobine fixe G (fig. 4), à une seule couche de fil, et
- l-'ig. 4.
- d’une bobine mobile courte S' à plusieurs couches de fil et dont l’axe est perpendiculaire a celui de la bobine fixe. La bobine S' est serrée légèrement dans le collier C,, porté par une tige t ; cette tige t pénètre dans le tube en aluminium II deux fois recourbe h angle droit. Le tube II est suspendu en L au fil de torsion (le même qui supporte le levier de l’électromètre). et il est maintenu horizontal par le contrepoids M. Le courant arrive dans la bobine S' par le fil de suspension, puis par un fil isolé qui suit le levier, et sort par un autre fil isole qui suit aussi le levier et aboutit _au godet de mercure#1.
- Le couple directeur qui agit sur la bobine
- mobile par unité de courant a pour valeur :
- 4«h1S' (1 — c) — GS'.
- Dans cette expression, nt représente le nombre de spires de la bobine fixe par unité de longueur, c la correction des bouts et S'la surface magnétique totale de la bobine mobile.
- Le fil de la grande bobine est enroulé dans une hélice peu profonde tracée au tour parallèle sur un cylindre de laiton -, le cylindre avant l’enroulement et le fil ont été vernis plusieurs fois a la gomme laque pour assurer l’isolement. Le nombre ?/, est égal à l’inverse du pas de l’hélice; d’après les mesures de M. LimbC) effectuées sur la vis du même
- «1 16,53748.
- En développant le terme correctif c seulement jusqu’aux ternies enx2 et yi (a*, distance au centre de la bobine comptée sur l’axe ; y, distance à l’axe), on trouve :
- G = 203.0596.
- Pour déterminer la surface S; de la bobine mobile, il eût été peu précis de recourir à la mesure des diamètres ; cette mesure eut été fort incertaine, la bobine portant plusieurs couches de fil verni et guipé. Il était beaucoup préférable de comparer cette surface h celle d’une bobine d’un diamètre plus grand et n’avant qu’une seule couche de fil, et construite de manière que sa surface ne diffère pas trop de celle de la bobine S'. Cette comparaison s’effectue de la manière suivante. Les deux bobines sont suspendues par un fil de torsion dans le champ magnétique terrestre; leurs axes sont horizontaux et coïncident entre eux. O11 lance dans les deux bobines les courants I et L provenant d’une même force électromotrice, mais passant par des résistances différentes R et R' ; le système tend à s’orienter dans le champ magnétique et en réglant les résistances R et II', on
- P) Thèse de doctorat, 1895.
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- i6o L’ÉCLAIRAGE
- peut maintenir l'équilibre entre les deux couples : l’équation d’équilibre donne le rapport en fonction de
- La carcasse de la bobine S est tournée dans un bloc de bois forme de deux planches collées ensemble avec les fibres croisées; elle est évidée et creusée pour en diminuer le poids, et au centre est un trou dans lequel pénètre exactement la bobine Sfi
- Il faut naturellement éliminer plusieurs causes d’erreur : le défaut de coïncidence des axes, la surface parasite des fils de communi-
- ÉLECTRÏQUE T. xiv. — Nn 4.
- La sensibilité est maxima quand l’axe des bobines est perpendiculaire au méridien magnétique; dans cette position, on élimine les erreurs en retournant l’une des bobines bout pour bout.
- Le fil de torsion employé dans ces mesures est celui même qui a servi, dans les expériences définitives, b suspendre l’électromètrcetrélec-trodynamomètre. C’est un fil d’argent dont le diamètre est de 0,35 mm et la longueur de 2,60 m. Il a été soigneusement recuit pour faire disparaitre toute torsion résiduelle et assurer la constance du zéro.
- Résistance. — La résistance, au moyen de laquelle on doit régler l’équilibre entre l’élec-tromètre et l’électrodynamomètre, est formée de 21 bobines de fil de maillechort, ayant 0,35 mm de diamètre. Ces bobines sont enroulées d’après la méthode Chaperon pour réduire la self-induction ; elles sont suspendues à un couvercle d’ébonite dans un bain de pétrole; ce bain est renfermé dans une caisse de zinc à doubles parois entre lesquelles circule un courant d’eau de la ville.
- Après chaque expérience, la résistance employée est mesurée à l’aide d’une boite Elliot disposée en pont. Cette boite a été d’abord étalonnée en fonction de la première bobine des unités; celle-ci a été comparée ensuite à un ohm mercuriel légal dont on a
- déterminé la valeur en fonction d’une des copies du Bureau international des Poids et Mesures.
- Commutateur. — Le commutateur est arrangé de manière à établir simultanément les deux couples. II est en ébonite et estformé de trois plaques circulaires de t cm d’épaisseur superposées et vissées ensemble (fig. 5). Sur la plaque inférieure, qui est la plus grande, sont disposées les bornes ; sur la plaque supérieure sont les blocs communiquant avec les bornes ; la plaque intermédiaire sert seulement à séparer les fils de l’électromètre de ceux de l’électrodynamomètre. Les blocs sont disposés suivant deux cercles concentriques dont le centre coïncide avec le centre de rota-
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- tion d’un croisillon en ébonite dont les branches portent deux touches à chacune de leurs extrémités ; l’une des branches établit les contacts pour l'élcctromètre, l’autre pour l’clectrodynamomètre. Tous les fils de communication sont logés dans des rainures et recouverts de paraffine.
- Force éleclromolrice. — La force électro-motrice n’intervient pas directement dans les mesures; elle doit seulement être constante et avoir une grande valeur absolue. Elle a été obtenue par une dynamo de construction spéciale, pouvant donner jusqu’à z 500 volts, et qui a été décrite précédemment dans ce journal (*).
- en prenant la moyenne, on éliminera l’in-fiuence des dissymétries :
- ’ , D \/ GS'
- En outre, comme nous l’avons dit, il faut faire deux séries d’expériences avec des bras de levier de longueurs différentes pour éliminer l'incertitude sur le point d’application de la force. En appelant R, la moyenne des résistances trouvées dans une des séries, Rs la moyenne trouvée dans l’autre série, et supposant que toutes les circonstances restent les memes, sauf le changement de levier,
- Equation d'équilibre. — Calcul de v. — L’équilibre est obtenu quand le couple exercé surle fil de suspension par l’électromètrc, et représenté par l’équation (2), est équilibré par le couple exercé par l’électrodynamomètre. Si I est l’intensité du courant qui traverse les bobines de ce dernier instrument, le couple est égal à
- GS'I> = 'GS' XlZlYiÏ.
- L’équation d’équilibre est donc :
- L-P^Yll ! D 4log--j-
- = GS'
- (V, — v,]2 R2
- en évaluant toutes les grandeurs en unités électromagnétiques.
- Par suite :
- Si on fait une autre expérience en intervertissant le sens du courant de manière à changer le sens du couple, on aura de même
- (l) Ç*. Hurmuzescu. Une dynamo de laboratoire à haut potentiel, L’Éclairage Électrique, t. VI. p. 211.
- v= R, pL, A )’ = R* ÉÜ A
- le facteur A ayant la même valeur dans les deux cas.
- De ces deux relations, on déduit :
- -ar'rV^Â
- Cette équation ne renferme plus que la différence L, •— L2, qu’on peut mesurer d’une manière presque certaine.
- Limites de la précision. — Reprenons la formule ci-dessus :
- “V
- VcS
- Le premicrfactcur représente une résistance en unités électromagnétiques; cette résistance est évaluée en fonction de l'ohm dont la valeur absolue est connue au plus à 1/2000 près; quant à la comparaison expérimentale des résistances, elle peut se faire avec une précision de 1/10000 bien supérieure à celle que comportent les autres mesures.'
- Sous le premier radical se trouvent la longueur L du bras de levier et le rapport — des diamètres des cylindres extérieur et intérieur
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- de l’électroraètrc. Le bras de levier a environ 60 cm de longueur et peut être mesuré à 1/10 de millimètre près, ce qui fait une erreur de 1/6000. Le diamètre des cylindres (3 et 6 cm environ} est connu à i/iüo de millimètre, ce qui permet d’obtenir leur rapport à 1/2000 près environ. L’erreur commise sur le premier radical ne dépasse donc pas 1/3000.
- La détermination de G exige la connaissance du nombre », de spires que porte la bobine fixe par unité de longueur ; cela revient à mesurer le pas de la vis du tour et se fait avec une grande précision. Quant au terme correctif de rélectrodynamomètre, il est au plus de l’ordre du centième de la valeur totale, et l’erreur commise dans son évaluation est tout à fait négligeable. Reste la surface S' : la méthode de mesure décrite ci-dessus permet de l’obtenir à 1/5000 près. En résumé, le facteur qui multiplie R peut être déterminé a 1/3000 près.
- Résultats. — Six déterminations avec six valeurs différentes de la différence l des bras de levier, provenant de quatre séries d’expc-rienccs, ont donné les résultats suivants :
- 2,6646 3>t>o23
- 8,7958 3.0009
- 9,8901 5,0010
- i>57n3 3,0026
- 11,4604 3.0012
- la deuxième et la cinquième sont sûrement les moins précises à cause de la petitesse de l. Finalement l’auteur admet pour v la valeur
- qu’il considère comme exacte à 0,001 près.
- MESURE
- DU RENDEMENT DES MACHINES ÉLECTRIQUES A COURANT CONTINU
- On sait quelles difficultés l’on a, dans les ateliers de construction de machines électriques, pour déterminer, d’une façon exacte, le rendement des machines.
- Les méthodes au frein ne sont plus guère employées, à cause de leur peu d’exactitude et des différentes causes d’erreur qui résultent de leur emploi. D'autres méthodes, bien connues, exigent un matériel mécanique et des rhéostats dont on dispose rarement quand la puissance des dynamos à essayer atteint une certaine importance. La méthode que nous allons décrire n’a pas encore été proposée, croyons-nous, et nous estimons qu’elle peut avoir un certain intérêt pour les constructeurs.
- Cette méthode nécessite l’emploi de deux machines semblables.
- Les deux dynamos A et B à essayer (fig. 1}
- sont couplées en quantité à l’aide de conducteurs d’une section suffisante et de petite longueur, de façon à ne pas tenir compte des pertes d’énergie de ce chef. Les deux dynamos ont leurs induits accouplés rigidement, par un système quelconque, un manchon Raffard, par exemple, et les connexions sont disposées comme l’indique le schéma de la figure 1.
- On lance dans l’ensemble le courant produit par unetroisième dynamo C, dont la puissance peut ne pas être égale à celle des deux premières :
- Supposons que l’on ait à essayer deux machines de 140000 watts, sous 140 volts, il suffira, par exemple, d’avoir pour la troisième machine une puissance de 28 000 watts, soit 200 ampères, sous 140 volts.
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- L’ensemble rigide des deux machines à essayer se met à tourner; on diminue alors l’excitation de Tune d’elles, de telle sorte que l’équilibre électrique qui existait soit rompu; à ce moment précis, nous ferons remarquer que l’une des dynamos devient génératrice et l’autre motrice. On s’arrange de manière à amener le courant qui résulte de ce manque d’équilibre à avoir le débit normal, soit, dans le cas présent : 1 000 ampères.
- Les deux dynamos de 140000 watts fonctionnent alors à leur régime normal de 1 000 ampères et sous 140 volts, et il est évident que les pertes sont fournies par la troi-
- sième machine dont il suffit de mesurer le débit en ampères et en volts pour avoir les pertes totales des deux dynamos. La perte totale de l’une des deux dynamos à l’essai est égale h la moitié des watts fournis par la troisième machine.
- En opérant ainsi, l’on suppose que le rendement des deux machines est égal; ce qui n’est pas tout à fait exact, puisque l'une des machines est génératrice tandis que l’autre est motrice. Cette erreur est négligeable, car pratiquement elle est de l’ordre des millièmes, et c’est du reste une hypothèse qu’on retrouve dans d’autres méthodes.
- MaJmp HOiifte
- Il y a encore, dans cette méthode, une autre cause d’erreur que nous signalons, mais dont l’importance pratique est pour ainsi dire négligeable, surtout dans des machines puissantes.
- En effet, dans les watts fournis par la troisième machine et qui représentent la perte totale, entrent les pertes par effet Joule, qui devraient être exprimées par 2RT et qui le sont par
- R (I _ if + R (I + if =2 RI2 + 2 Ri*
- soit une augmentation, donnée par le terme 2 R*2. Mais remarquons que la résistance R est très faible dans les machines puissantes et que, de plus, cette erreur augmentativc est en sens inverse de celle due à la cause signalée plus haut, de sorte que pour ces deux raisons, elle est pratiquement négligeable.
- Si nous reprenons, comme exemple d’application de cette méthode, les deux machines
- de 140 kilowatts, citées précédemment, on a, à la tension de 140 volts :
- I = 1 ooû ampères i.— 160 »
- Ce qui donne une perte de :
- 160 .
- ---=r 80 ampères
- pour chaque machine, soit un rendement de :
- Comme on le voit, cette méthode est spécialement applicable à l’essai pratique des unités puissantes : elle a l’avantage d’être rapide et elle ne nécessite qu’un matériel très restreint qui se trouve dans tous les laboratoires d’essai des sociétés de construction. Nous crovons donc que cette méthode est très pratique, et comme telle, nous avons jugé utile de la faire connaître.
- P. Dupuy.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. - N° 4.
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Interrupteur automatique Schlatter.
- M. Schlatter, le directeur de la grande station centrale h courants alternatifs de Budapest, a dans Polytechnikai S\emlc- (*) donne d’intéressants renseignements sur les pertes dues aux transformateurs dans les distributions à courants alternatifs.
- Bien des palliatifs ont été proposés; mais aucun n’était satisfaisant : le meilleur procédé consiste évidemment à mettre hors circuit tout transformateur qui n’est pas en charge, et, jusqu’à ce jour, tous les essais dans ce sens étaient restés infructueux. La question semble résolue, caries interrupteurs de M. Schlatter fonctiormeut déjà depuis bientôt deux ans sur le réseau de Budapest.
- L’interrupteur de M. Schlatter ne permet pas de mettre complètement hors circuit le transformateur lorsque son circuit secondaire est ouvert ; mais la perte à vide est réduite environ de 95 p. 100. L’appareil auxiliaire est un petit transformateur t dont les enroulements primaire et secondaire sont respectivement en série avec les enroulements du transformateur T. Lorsque le circuit secondaire est ouvert, le courant primaire passe successivement dans les deux transformateurs, le petit transformateur t ne comporte que très peu de fer et son enroulement primaire est calculé de façon que la plus grande partie de la puissance soit absorbée par lui.
- Un levier H équilibré par un contrepoids G (fig. ij supporte des interrupteurs qui peuvent plonger dans les godets de mercure É et I,. A ce levier sont fixées les armatures des deux électro-aimants M, etMr Lorsque le courant secondaire passe dans le fil des bobines M, et M2, les armatures sont attirées et le levier H s'abaisse, faisant plonger les interrupteurs dans les godets de mercure;
- (')£’Éclairage Électrique, t. XIII, p. 383.
- lorsque le courant ne passe plus, le contrepoids G relève les interrupteurs. Dans cette position le courant primaire traverse les deux transformateurs placés en série. Si l’on vient à fermer le secondaire, le courant induit par les deux transformateurs suffit pour que le levier soit abaissé, sous l’influence des électro-aimants M, et Mj. Ceci a pour effet de mettre, par l’interrupteur \v. le transformateur t en court circuit, de sorte que le courant primaire passe seulement alors dans le grand transformateur.
- L’interrupteur I, est en même temps fermé de sorte que le fil de la bobine M, et l’enroulement secondaire de i sont fermés l’un sur l’autre, le courant secondaire ne passe plus que dans la bobine M2 calculée de façon à maintenir le levier H pour la plus faible intensité du courant secondaire : par suite le levier ne sera relevé que lorsque le courant secondaire sera nul. Le transformateur T est ainsi seul en service.
- L’interrupteur, avec deux électro-aimants seulement, n’est applicable que si la puissance secondaire est faible et si la chute de tension à pleine charge est inappréciable, c’est-à-dire si la résistance du réseau secondaire, les lampes non comprises, est très faible. Pour mainte-
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- nirla tension constante aux bornes des lampes, on emploie plusieurs électro-aimants AIa M4.., tous placés en série dans le circuit secondaire et dont les bobines ont des coefficients de self-induction différents. Les électro-aimants sont munis chacun d’un levier à contrepoids commandant un interrupteur, ils sont réglés de façon à n’attirer leur levier que chacun pour une valeur particulière de l’intensité secondaire, l’interrupteur correspondant met alors hors circuit l’électro-aiinant précédent. En tenant compte des différences de self-induction, on voit qu’il est possible de régler ainsi la tension secondaire.
- Fig. 2. — Dispositic
- de transformateurs.
- A la mise en service du transformateur, il peut se produire des à-coups, et l’électro-ai-mant pourrait lâcher le levier H. Aussi l’un des clectro-aimants auxiliaires M, permet de retenir H au moyen d’un échappement pendant un certain temps, ceci grâce à une lampe à incandescence placée dans le circuit de cet électro-aimant M; ; cette résistance permet au courant de n’atteindre que lentement dans M,- sa valeur normale puisqu’elle diminue progressivement sous l’influence du courant.
- L’appareil décrit peut être utilisé dans les stations secondaires comprenant un seul
- transformateur, ou encore un groupe de transformateurs dans le cas où ils doivent fonctionner tous ensemble.
- Dans le cas d’un groupe de transformateurs que l’on ne veut mettre en service que successivement suivant le besoin, M. Schlatter indique un autre dispositif. La figure 2 en représente le schéma pour trois transforma-. teurs. Le premier T4 est constamment en service ; dans le circuit secondaire est placé un électro-aimant qui agit sur un levier portant deux interrupteurs comme le levier décrit plus haut. Ces deux interrupteurs A et B mettent en service le transformateur Ti dont les enroulements sont en parallèles avec les enroulements correspondants de T,. L’électro-aimant est construit de telle sorte qu’il n’attire le levier que lorsque le premier transformateur est en pleine charge. Mais lorsque les deux transformateurs sont ainsi branchés, ils n’ont chacun que la moitié de la pleine charge et l’électro-aimant doit lâcher le levier, exécutant ainsi une série d’oscillations. Pour éviter cet inconvénient, le levier porte un tube de verre Q fermé et rempli en partie de mercure. Dans la position du levier relevé, l’action du mercure s’ajoute à celle du contrepoids G; au contraire elle se retranche lorsque le levier est abaissé. Le tube à mercure est réglé de façon que le levier ne puisse se relever que pour une charge légèrement inférieure à la demi-charge normale de Tn c’est-à-dire lorsque T4 est redevenu suffisant.
- G. G.
- Fabrication électrolytique de la soude aux usines Mathieson, à Niagara Falls ;
- Par J.-R. Hasxin(').
- Les environs de l’usine génératrice de la Niagara Falls Power C° se peuplent rapidement de grandes fabriques qui appliquent des procédés nécessitant de grandes dépenses
- (') The TUctrical World, 27 novembre 1897.
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- : 66
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
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- d’énergie électrique. Les premières usines de ce genre furent celles de la Carborundum C°et de la Pittsburg Réduction C°, tandis que la dernière venue et en meme temps une des plus grandes est l’usine de la Mathieson Alkali C°, Cette compagnie exerçait jusqu’à présent son industrie à Saltville, où elle fabriquait du chlorure de chaux et d’autres produits chimiques.
- L’installation électrique de cette usine a été faite par la Compagnie Westinghouse. La salle des transformateurs, de 40 m de long sur 13 de large, est séparée de la salle des bacs par un mur en brique. Dans le hall principal, les bacs sont reliés par groupes de dix; à ces groupes correspondent onze transformateurs rotatifs de 200 chevaux chacun convertissant le courant alternatif à 120 volts en courant continu à environ 200 volts; ces transformateurs sont du type ordinaire Westinghouse. Ces machines sont disposées sur une seule ligne et accompagnées chacune de son transformateur fixe et de son tableau de commutation. L’ensemble effectue la conversion de 2000 chevaux alternatifs à 2200 volts et
- 25 périodes par seconde en courant continu d’environ 200 volts.
- Comme il est nécessaire de faire varier le voltage suivant le nombre de bacs en série, chaque tableau porte un régulateur qui permet d’obtenir une variation continue de xoo volts, en changeant le nombre des spires primaires du transformateur réducteur.
- Le reste de l’équipement électrique de cette usine consiste en 20 moteurs biphasés à induction qui servent pour les usages les plus divers, actionncment de machines-outils, machines soufflantes, grues, pompes, etc. Quelques-uns servent k opérer le démarrage des transformateurs rotatifs; le moteur est à cet effet monté sur un chariot qu’on amène devant le transformateur à faire démarrer. Une fois un transformateur en route, il suffit de le coupler par transmission k courroie avec les autres pour obtenir le démarrage de ces derniers sans nouvelle intervention du moteur. A cet effet, chaque transformateur est muni d’une poulie folle, et le glissement de la courroie suffit pour laisser s’établir le synchronisme. A. H.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET
- SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DES ÉLECTRICIENS
- Séance dîi mercredi 12 janvier j S98.
- M. Voisknat expose Vhistorique de la télé-graphie sans f,l:
- Immédiatement après que les premières expériences faites avec le dispositif de M. Marconi eurent etc publiées, des réclamations de priorité se produisirent; elles pouvaient paraître justifiées, car l'inventeur italien avait utilisé des appareils déjà connus; on alla même jusqu'à dire que M. Marconi n’avait rien inventé du tout ; mais, pour tous ceux qui savaient la difficulté qu’on a k transmettre les ondulations hertziennes à très
- DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- faible distance, même en expériences de laboratoire, l’annonce que M. Marconi avait réussi k obtenir des transmissions k plusieurs kilomètres, dans des conditions industrielles, prouvait que quelque chose de nouveau avait été fait. Il convient donc d’examiner la question de plus près.
- M. Voisenat rappelle d’abord que le nom de télégraphie « sans fil », quelque peu inexact, n’appartient pas exclusivement au système de Marconi. Sans parler de la télégraphie aérienne de Chappe, de la télégraphie optique, très employée de nos jours par les services militaires, des essais de télégraphie sans fil avaient été, depuis longtemps déjà, tentés par des procédés électriques. Ces
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- essais peuvent être rangés en trois catégories d’après la nature des phénomènes mis en action :
- Systèmes basés sur la conductibilité;
- 2° Systèmes basés sur l'induction électrostatique;
- 3° Systèmes basés sur l’induction électro-dynamique.
- Nous les passerons successivement en revue.
- En 1837, un Écossais, nommé Lynsey, tenta de transmettre des signaux, k travers des rivières et des bras de mer, en utilisant la conductibilité du sol et de l’eau. Son système consistait à enfoncer dans le sol, à une distance suffisamment grande l’une de l’autre, deux plaques métalliques réunies par un fil conducteur aérien dans lequel étaient intercalées une batterie de piles et une clé ou interrupteur. Le circuit se complétait par le sol qui se trouvait parcouru par des courants dont la direction s’éloignait de côté et d’autre de la droite joignant les deux plaques de terre. En enterrant, dans la partie du sol parcourue par ces courants de retour, deux plaques métalliques suffisamment éloignées l’une de l’autre pour qu’il existât entre elles une différence de potentiel suffisante, et en reliant ces deux plaques par une ligne dans laquelle était intercalé un appareil indicateur du passage du courant, on pouvait obtenir la transmission de signaux entre deux points qui n’étaient pas réunis par des fils directs. L’inventeur dépensa beaucoup de temps et d’argent pour -réaliser pratiquement son système; en 1859, il parvint à transmettre des signaux entre des points distants de 2 km; il espérait pouvoir correspondre d’Europe en Amérique à travers l’Atlantique; son système, accueilli avec une certaine faveur, ne put être appliqué en grand faute de capitaux, et le pauvre inventeur mourut quelques années plus tard dans le plus grand dénùment.
- Les expériences du même genre furent reprises en 1871, par Bourbouze, lors du siège de Paris ; il voulait mettre Paris en communication avec les troupes de province
- en utilisant la conductibilité de la Seine ; il avait pu déjà échanger des signaux entre Saint-Denis et le pont de la Concorde. AI. d’Almeida, qui collabora à cesexpériences, partit de Paris en ballon, réunit à grand’-peine le matériel nécessaire, et lorsque tout allait être prêt, l’armistice fut signé; les expériences furent abandonnées.
- Elles ont été reprises depuis à différentes reprises : d’abord en Autriche, de 1880 à 1890 ; un élément nouveau avait été introduit, à cette époque : le téléphone, appareil beaucoup plus sensible que ceux qui avaient été employés j'usqu’alors, et qui surtout avait l’avantage énorme de ne pas être sensible aux courants telluriques et autres courants parasites. En employant des courants alternatifs ou interrompus pour la transmission, on obtint des résultats satisfaisants, paraît-il. Toutefois, les résultats de ces expériences, exécutées par les soins ded’autorité militaire, ont été gardés
- Un peu plus tard, l’autorité militaire allemande fit des expériences du même genre, avec le concours de YAllgemeine Elekirici-tâts Gesellschaft ; on pouvait conserver trace des signaux transmis grâce à un enregistreur photographique imaginé par M. Rittcr.
- Le principe de la télégraphie par induction électrostatique est très simple ; si deux plateaux sont places a une certaine distance l’un de l’autre, que l’un d’eux soit chargé par une source suffisamment puissante, l’autre s’électrisera par influence, et un appareil ad hoc étant mis en communication avec lui permettra de lire les signaux transmis. Ce système, qui a été essayé par Edison en 1884, n’a jamais donné des résultats suffisants.
- Avec les systèmes employant l’induction électrodynamique, on a pu obtenir des résultats jusqu’à un certain point pratiques.
- ün sait que si deux lignes téléphoniques parallèles à un seul fil sont voisines l’une de l’autre, les courants transmis sur l’une d’elles induisent dans la seconde des courants qui non seulement gênent la transmission sur cette dernière, mais encore permettent d’écouter
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- la conversation transmise sur la première.
- Lorsqu’au lieu d’employer des courants très faibles, comme en téléphonie, on emploie des courants de piies plus intenses, et que les émissions de courant sont plus régulières, comme en télégraphie, la distance à laquelle on peut entendre sur la deuxième ligne les signaux transmis sur la première, peut atteindre plusieurs centaines de mètres ; enfin, avec les courants alternatifs industriels, on peut atteindre plusieurs kilomètres.
- M. Preece a essayé un système de télégraphie sanslil basé sur ce principe (fi; les expériences eurent lieu en Angleterre, en 1892, plutôt a titre documentaire qu’en vue d’applications pratiques ; elles furent répétées ensuite en différents pays. On a propose d’appliquer ce système dans différents cas particuliers : d’abord, pour échanger des conversations entre la côte et les bateaux-phares : les mouvements dont ceux-ci sont animés sous l’action des vagues finissent par rompre les cables télégraphiques ordinaires ; 011 a donc proposé d’enrouler sur le fond de la mer, juste en dessous du bateau-phare, une bobine ou spirale de câble isolé reliée aux appareils de transmission sur la côte ; tout autour du navire, une spirale analogue était enroulée et communiquait avec les appareils récepteurs f2).
- Lorsque la profondeur 11e dépassait pas 4 ou 5 brasses (la brasse vaut 1,62 m), on pouvait entendre des conversations ; à 15 ou 20, on percevait des signaux télégraphiques, le courant étant engendré par une pile ou une petite magnéto ; enfin, à 200 brasses, on n’entendait plus rien.
- D’autres applications furent proposées, notamment par Edison, pour établir des communications entre les trains en marche et les stations.
- Un autre système de télégraphie sans fil employant l'électricité, c’est le photophone.
- (1 j Voir L'Éclairage Électrique, t. I, p. 462, et t. II, p. 227. (2) Voir L'Éclairage Èlechique, t. IV, p. 600, ei t. VIII, 287.
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- On sait que cet appareil est basé sur les propriétés du sélénium, corps isolant à l’ombre et qui devient conducteur lorsqu’il est éclairé ; si donc, dans un circuit comprenant une pile et un appareil enregistreur, on place un morceau de sélénium convenablement préparé et que celui-ci soit alternativement éclairé ou laissé dans l’ombre par un rayon lumineux, on enregistrera des signaux provenant du point d’où le rayon lumineux aura été émis, point qui peut être assez éloigné.
- Le photophone se rapproche beaucoup du télégraphe Marconi. En effet, le récepteur du photophone est formé par un corps dont la conductibilité électrique est modifiée lorsque des radiations lumineuses viennent le frapper; et le récepteur du télégraphe Marconi est formé par un corps dont la conductibilité électrique est modifiée lorsque des radiations électriques viennent à le frapper. Le principe est donc le même, mais les radiations électriques sont substituées aux radiations lumineuses ; or, on sait, depuis la géniale conception de Maxwell et les expériences de Hertz, que les deux radiations sont les mêmes, en principe, la fréquence et l’amplitude variant seules.
- Les expériences de Hertz et de ses successeurs ont toutes été utilisées par M. Marconi pour réaliser son système.
- En effet, le transmetteur se compose d’un excitateur de Righi, actionné par une bobine d’induction donnant 45 cm d’étincelleenviron ; une des boules extérieures de l’excitateur est reliée au sol, l’autre est reliée h un plateau ou volet métallique placé dans l’air, à une assez grande hauteur au-dessus du sol. Nous verrons plus loin la raison d’étre de ce s dernières communications accessoires.
- Le récepteur est formé par un résonateur à tube cohéreur placé dans le circuit d’une pile et d’un relais télégraphique; celui-ci actionne le télégraphe enregistreur et une sonnerie électrique dont le marteau frappe le tube cohéreur afin de le ramener au repos. De meme que pour l’excitateur au poste de transmission, une des extrémités du cohéreur est
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- à la terre et l’autre est en relation avec une plaque métallique isolée, de grandes dimensions, placée au bout d’un mât, à une grande hauteur dans l’air.
- M. Voisenat a insisté longuement sur l’origine du cohéreur ; notre collaborateur, 31. A. Hess, a déjà exposé l’historique de cet appareil (*) et l’étudiera plus complètement dans un prochain article. Nous résumerons donc brièvement cette partie de l’intéressante communication de 31. Voisenat.
- Zehnder avait remarqué que, si un tube à vide est placé dans le circuit d’une pile d’un grand nombre d’éléments et que la tension ne soit cependant pas suffisante, le tube restera obscur (2). Mais le courant s’établira d’une façon permanente si le tube agit pendant un instant comme résonateur de Hertz i0). De même, le courant s’établira d’une façon permanente entre deux conducteurs placés à l’air libre très près l’un de l’autre et placés dans le circuit d’une pile à tension élevée lorsque le système aura été soumis à l’excitation des ondulations électriques.
- Plus tard, M. Ed. Branly fit ses expériences sur les limailles métalliques (4) d’où le cohéreur est sorti.
- M. Branly terminait son étude en déclarant que les phénomènes qu’il avait observés semblaient peu susceptibles de recevoir des applications pratiques.
- Un savant italien, M. Calzecchi, avait devancé M. Branly dans la découverte de ces
- l'jA. Hess. La télégraphie. V Éclairage Electrique, t. XIII, P- 385, du 27 novembre 1897.
- I2) Zehnder. Recherches sur les rayons de force élec-Uique, production objective facile de ces rayons, L'Éclairage électrique, t.I, p, 560, i« décembre 1894.
- (3) Ce phénomène doit être rapproché de celui que M. Gaston Planté avait découvert auparavant, à savoir qu un tube à vide, placé dans des conditions analogues aux précédentes, s’illumine d’une façon permanente lorsqu’on fait onctionuer dans son voisinage une machine électrique ou t approche le plateau d’un électrophore. La distance ent considérable.
- G. P.
- à laquelle se produit l’amorça^
- d) Voir La Lumière Électrique, t. LX, p. 301 et 506; h, H P' 143, 1894; t. LI, p. 526, 1894; L’Éclairage électrique, t. VIII. p. 360, 1893.
- phénomènes, car des 1885 il les avait observés et décrits dans un mémoire inséré dans les Nitova Cimenta. Cependant les expériences du savant italien avaient passé inaperçues, et ce sont les travaux de M. Branly qui ont conduit M. O. Lodge à la conception du cohéreur (*), qui est un tube à limailles employé comme résonateur, application que n’avait pas prévue M. Branly. Il y a, ajoute M. Voisenat, entre les expériences de M. Branly et celles de M. Lodge toute la distance qui sépare la théorie de la pratique, une étude de laboratoire d’une application utile.
- M. Lodge avait appliqué le cohéreur à démontrer le caractère oscillatoire des décharges atmosphériques. D’autres savants suivirent son exemple, notamment M. Popofl, qui fit en Russie, vers 1895, des études très intéressantes à ce sujet (2). Son dispositif expérimental était différent de celui de ses prédécesseurs ; ce tube cohéreur était placé dans le circuit d’une pile et d’un relais ou d’un galvanomètre, suivant le mode de montage ordinaire, mais en outre, une de ses extrémités était mise en communication avec un paratonnerre ou avec un fil conducteur dirigé verticalement dans l’air à une assez grande hauteur, et l’autre avec la terre. Dans ces conditions, la sensibilité du cohéreur était infiniment plus grande que si ces communications auxiliaires étaient supprimées. C’est là l’origine des communications accessoires analogues adoptées parM. Marconi (*) et que .nous signalions plus haut.
- M. Marconi avait d'abord employé, pour le montage de son cohéreur, le dispositif ordinaire ; on ne pouvait ainsi transmettre qu’à de faibles distances ; il songea ensuite à munir les deux extrémités du cohéreur d’ai-lettcs de petites dimensions; les résultats furent meilleurs, mais encore insuffisants ; il
- Voir L’Éclairage Électrique, t. II, p. 1^5, 1895.
- (2j Voir l’Éclairage Électrique, t. XIII, p. 524, 1897.
- (3) Pour la description du système Marconi et des essais qui ont été faits avec lui, voir L’Éclairage Électrique, t. 'X, p. 238; t. XII, p. 220 ; t. XIII, p. 190 et 385.
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- remplaça les ailettes par des plaques de grandes dimensions élevées dans l’air ; mais il ne parvint à obtenir des résultats réellement satisfaisants qu'en supprimant une des plaques et en la remplaçant par une communication à la terre, c’est-à-dire par un montage analogue à celui de M. Popoff.
- En outre, il a étudié le cohéreur en vue de la plus grande sensibilité ; il s’est arrêté à un très petit tube en verre, de 2 mm environ de diamètre intérieur, très bien calibré, dans lequel est placée un peu de limaille et que ferment deux petits pistons en argent. La poudre adoptée est un mélange de 96 pour 100 de.nickel dur et de 4 pour 100 d’argent, avec des traces de mercure obtenues en amalgamant légèrement les pistons.
- La distance à laquelle on peut transmettre dépend de l’énergie mise en jeu par les décharges oscillantes de l’excitateur, de la dimension des plaques auxiliaires ou volers et de la hauteur à laquelle celles-ci sont placées dans l’air.
- On a pu transmettre, sur terre, à 18 km de distance, avec des plaques élevées à 40 m ; sur mer, à 16 ou 18 km avec des plaques situées au bout d’un mât, à 16 m; la bobine d’induction donnait 25 cm d’étincelles; la transmission dans le dernier cas était quelque peu irrégulière.
- D’une façon générale, la transmission semble plus facile sur mer que sur terre.
- Les essais de M. Marconi, faits avec l’aide puissante de M. Preece et mis en lumière par une habile campagne de presse, furent très remarqués. Les souverains les firent répéter en leur présence.
- En Allemagne, le professeur Slaby, avec l’aide du gouvernement, put, en employant des ballons, transmettre à 21 km de distance.
- En Autriche, on chercha à répéter les mêmes expériences en employant les courants de Tesla ; les résultats obtenus furent assez satisfaisants, mais aucun chiffre n’a été publié.
- En France, l’Administration des Postes : et des Télégraphesn’a fait que quelques essais
- modestes dans le but de se rendre compte des applications possibles.
- Comme conclusion, on peut dire que M. Marconi a montré qu’il y a une voie ouverte dans cette direction et que certaines applications peuvent être' réalisées ; mais, dans l’opinion de M. Voisenat, le système ne peut donner lieu à une « exploitation industrielle » ; quelques applications, dans des cas très particuliers, voilà tout. La télégraphie optique serait d’une application plus générale; elle permet de transmettre à des distances de 80 et 100 km ; son matériel est moins compliqué, plus facile à transporter et à établir, moins dangereux dans son maniement que celui du système Marconi ; en outre, il n’est pas démontré que les difficultés qu’on ren-contredans l’application des signaux optiques, telles que le brouillard, ne nuiraient pas aux transmissions du télégraphe Marconi.
- Un dernier point reste à traiter, c’est le rôle joué par le sol et par les plaques auxiliaires. Celles-ci sembleraient agir comme des sortes de lentilles qui concentreraient les ondes dans une direction donnée ; celles du cohéreur agiraient en recueillant un plus grand nombre d’ondes, mais il n’y a pas avantage à augmenter leurs dimensions au delà d’un certain point ; plus elles sont haut placées, mieux cela vaut ; en outre, la sensibilité augmente dans de très grandes proportions, comme nous l’avons dit, lorsqu’on supprime une des plaques et qu’on la remplace par une communication à la terre. La conductibilé de celle-ci jouerait donc un rôle important, et cette conclusion est encore appuyée par ce fait, que les résultats sont encore meilleurs lorsqu’on réunit les deux plaques de terre par un conducteur métallique.
- M. Boücherot décrit ensuite les moteurs à courants polyphasés à induits fermés sur eux-mêmes et démarrant en charge, qu’il a inventés et qui sont construits par la maison Bréguet.
- Ces moteurs seront décrits prochainement
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- dans nos colonnes par M. Bouchcrot lui-même; nous nous contenterons donc de donner ici un court résumé de sa communication.
- Après avoir exposé l’historique des moteurs à champ tournant, il rappelle que le principal inconvénient de ces moteurs était l’impossibilité où l’on se trouvait de les faire démarrer en charge. Aucune des solutions présentées ne donna satisfactionjusqu’au jouroù M. Maurice Leblanc, à qui on doit la première théorie exacte de ces moteurs, eût imaginé l’emploi de la résistance variable dans le circuit de l’induit.
- Les moteurs Boucherot réalisent l’application de ce principe de la façon suivante :
- Dans un premier moteur, l’induit est formé de plusieurs enroulements, deux au moins; l’un d’eux est calculé pour donner un couple de démarrage deux fois plus grand environ que le couple normal, mais avec un glissement considérable pour la marche normale ; l’autre est calculé pour donner un couple très faible au démarrage, maximum vers le régime normal, et un glissement très faible. L’ensemble fournit un moteur ayant un couple de démarrage très puissant, un glissement très faible et partant un bon rendement. En outre, par suite de la construction de l’induit, lorsque la vitesse angulaire est faible, au moment du démarrage, le flux magnétique agit sur les deux enroulements ; mais lorsque la vitesse angulaire augmente et avec elle la fréquence des courants induits dans les enroulements de l’armature, le flux magnétique se trouve dévié et tend alors h agir de moins en moins sur l’enroulement donnant le grand couple au démarrage, qui se trouve ainsi, en réalité, supprimé automatiquement.
- Pour mettre le moteur en marche, il suffit de fermer un commutateur; il n’y a donc aucune fausse manœuvre à craindre et la conduite peut être confiée à un ouvrier ou employé quelconque. L’intensité du courant absorbé par le moteur est proportionnelle au couple moteur fourni.
- Dans un autre modèle, le système inducteur est formé de deux parties identiques. L’une d’elles est fixe ; l’autre peut recevoir une rotation autour de l’axe du moteur au moyen de leviers, d’une vis, etc. L’induit est formé également de deux parties réunies, au milieu du moteur, par un anneau de grande résistance spécifique. Au moment du démarrage, on fait tourner l’inducteur mobile d’un angle tel que les courants induits dans les deux parties d’une même barre, de chaque côté de l’anneau de grande résistance, soient en opposition ; les deux parties de l’induit sont ainsi réunies en quantité sur l’anneau. Lorsque le démarrage est effectué, on remet l’inducteur dans sa position normale, et, dans ces conditions, les courants induits dans les deux moitiés de chaque section de l’armature ont la même direction. Les deux parties de l’armature sont ainsi reliées en série et shun-tées par l’anneau de grande résistance. Il est évident qu’au lieu de faire tourner l’ensemble de l’inducteur, 011 peut simplement modifier la position des pôles en commutant le courant; mais cette disposition n’est avantageuse à employer que si le moteur est difficilement accessible.
- Enfin, dans les applications où un couple moteur trois ou quatre fois plus grand que le couple normal est exigé au démarrage, M. Boucherot a recours à un groupement en dérivation des enroulements induits.
- Tous ces moteurs démarrent en pleine charge et l’intensité du courant consommé est proportionnelle au couple moteur fourni.
- G. P.
- Tension aux pôles de la bobine d’induction ;
- Par A. Oberbeck (').
- Dans les études expérimentales faites jusqu’ici sur la bobine d’induction, on a mesuré surtout la longueur maxima d’étincelle qu’une bobine déterminée est susceptible de fournir :
- (>) Wied. Ann., t. LXII, p. 109-137, 1897.
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- on concluait de cette longueur d’étincelle à la différence de potentiel maxima existant entre les pôles de l’enroulement secondaire.. Depuis les travaux récents de jYIM. Jau-mann(‘), Warburg (2), Swyngedauw (3), ces conclusions ne sont pas légitimes. M. Ober-beck a cherché à mesurer directement ces différences de potentiel. Cette mesure n’est pas sans difficultés, car les méthodes ordinaires ne peuvent plus servir, surtout si l’on veut étudier non pas un seul courant induit, mais une bobine d’induction qui fonctionne d’une manière permanente.
- Pour ce motif, M. Oberbcck a recours à la méthode suivante, basée surles propriétés des pointes. Un conducteur isolé est relié à un pôle de la bobine d’induction, dont l’autre pôle communique avec le sol; une pointe est placée en face du conducteur à une distance assez grande; l’électricité commence à s’écouler par cette pointe, lorsque la différence de potentiel a acquis une certaine valeur. Si le conducteur a une forme simple, on peut calculer le potentiel V' à l’extrémité de la pointe, quand celui du conducteur V est connu. Avec un conducteur sphérique, on aura par exemple :
- si R est le rayon du conducteur et r la distance de la pointe au centre de la sphère.
- En réalité, cette manière de raisonner n’est rigoureuse que dans le cas d’un champ électrique constant ou tout au moins qui varie lentement. Dans le cas actuel, le champ prend plusieurs fois par seconde sa valeur maxima pendant un temps très court; mais, comme l’écoulement par la pointe ne se produit que pour une valeur déterminée du champ, il est naturel d’admettre que ce phénomène dépend seulement de la valeur du potentiel et non de
- (>) U Éclairage Électrique, t. VI, p. 137. (2) Ibid., t. X, p. 472.
- (*) IM-, t- XI, p. 5-
- sa durée; c’est en effet ce qui peut être vérifié par l’expérience.
- La pointe est reliée à un électromètre, et on constate que la décharge se fait par la pointe en observant la première déviation permanente de l’électromètre. Lorsque le potentiel statique du conducteur est connu et que l’écoulement par la pointe commence à la même distance du conducteur quand celui-ci est relié à la bobine, il est permis de conclure à l’égalité du potentiel maximum de la bobine avec le potentiel statique.
- Enfin, dans certaines expériences, M. Oberbcck a mesuré directement la différence de potentiel totale comme fraction de cette différence; pour cela, les deux pôles sont reliés par une grande résistance liquide ou par l'intermédiaire d’une bouteille de Leyde. Ces communications ne diminuent pus la différence de potentiel, mais modifient seulement la loi de sa variation avec le temps.
- Les procédés ci-dessus sont applicables seulement aux différences de potentiel dont l’ordre de grandeur ne dépasse pas celui des différences observées dans les expériences d’électrostatique. Ces limites sont souvent dépassées dans les grandes bobines. Pour pouvoir poursuivre les mesures, on fractionne la différence de potentiel totale en reliant le pôle isolé à l’armature d’une bouteille de Leyde. Le rapport de fractionnement se détermine par des expériences préalables, effectuées avec une série de forces éiectromotrices primaires assez faibles pour que la différence de potentiel totale n’excède pas les valeurs mesurables directement.
- Pratiquement le conducteur est une boule de laiton de 5 cm de diamètre, portée par la tige d’une bouteille de Leyde. Les pointes sont des aiguilles de finesse moyenne, fixées à l’extrémité de tiges en laiton; celles-ci sont portées par un bâton de verre, monté sur un chariot qui peut se déplacer le long d’une règle graduée en millimètres. L’aiguille est reliée à un électromètre de Braun, dont la sensibilité correspond aux différences de potentiel à mesurer^trois instruments ont été employés).
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- En ce qui- concerne le rôle de la pointe dans le champ, il est à remarquer que la distance à laquelle la pointe commence à décharger un conducteur est plus petite pour une charge positive que pour une charge négative égale : l’électricité négative s’écoule donc plus facilement par la pointe, que l’électricité positive, ce qui est conforme aux observations antérieures. La valeur de la différence de potentiel à laquelle commence la décharge n’est pas constante; elle est plus élevée pour une charge forte et une grande distanse que pour une charge plus faible à une distance plus petite.
- Des deux bobines soumises aux expériences, l'une, munie d’un interrupteur Deprez, donne au maximum 30 mm d’étincelle, l’autre, fonctionnant avec un interrupteur Foucault, donne jusqu’à 30 cm. Le courant primaire est fourni par des accumulateurs ; les deux pôles sont réunis par une résistance aux extrémités de laquelle aboutissent les fils qui conduisent aux pôles du circuit primaire. Il est difficile, avec les interrupteurs Deprez et Foucault, d’obtenir des résultats constants, parce que, dans le premier cas, l’interrupteur agit aussi sur le courant secondaire ; dans le second cas, parce que le mercure se salit dans les godets et que le fonctionnement cesse d’être régulier. M. Oberbeck a imaginé, pour remédier à ces inconvénients, un interrupteur à double marteau. La lame vibrante d’un trembleur porte vis-à-vis du premier contact une lame de platine isolée ; celle-ci interrompt un deuxième circuit, parce qu’elle est reliée à une borne isolée en face de laquelle se trouve une colonne de laiton avec une vis à pointe de platine. Si le circuit du trembleur est fermé, le second est ouvert, et inversement.
- Résultait. — Le rapport de la différence de potentiel entre les extrémités du circuit secondaire à la différence de potentiel aux bornes du primaire est constant, ou peu s’en faut, pour une bobine déterminée fonctionnant avec un interrupteur déterminé. Lorsqu’on fait varier la vitesse d’interruption, ce
- rapport diminue quand la vitesse augmente.
- Ces lois peuvent être prévues théoriquement. Soient ii et is les intensités du courant primaire et du courant secondaire à une époque /, Lj et L2 les coefficients de self-induction des deux circuits, M leur coefficient d’induction mutuelle, C, et C, les capacités des condensateurs reliés respectivement au circuit primaire après l'ouverture de ce circuit et au circuit secondaire d’une manière permanente.
- Dans une première approximation, on représente la marche du courant induit d’ouverture par les équations :
- RÀ +1, + M - - v«
- ; — c XYi.
- 1 — dt
- RA + L,^- + M^=-V,
- dt
- dV., dt ’
- On supposera aussi qu’au temps
- et que V, est la différence de potentiel maximum aux bornes du primaire. En supposant Lj, T,;, M, Cj et C3 constants, on voit que d’après ce système V5 est une fonction du temps t qui est proportionnelle à V,. La valeur maxima de Vs est donc proportionnelle à Vj. Les équations ci-dessus ne sont rigoureusement valables que pour un seul courant de fermeture. Si la bobine fonctionne d’une manière continue, il faut écrire :
- Kjii + I-i + M -jf-— Vj/(0
- R,i,+ L.-§- + M^-=-V,
- Ici encore, la valeur maxima de Vâ est proportionnelle à Va. du moins tant que les coefficients L,, Lâ, M restent constants. Ces coefficients dépendent principalement de l’aimantation du noyau de fer doux : il faut, pour conserver la conclusion ci-dessus, ad-
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- mettre que l’aimantation du noyau est proportionnelle à l’intensité du courant, ce qui est assez vraisemblable dans les noyaux de fort diamètre. M. L.
- Sur la bobine d’induction;
- Par B. Walter (').
- La bobine sur laquelle ont porté les expériences peut donner jusqu’à 30 cm d’étincelle. L’interrupteur est mû à la main quand on veut observer seulement un courant, et par un moteur séparé quand on veut étudier le fonctionnement permanent de la bobine.
- 1. Courant de fermeture. — L’équation du courant de fermeture est :
- daire soit maxima. La self-induction Lt dépend de l’aimantation du fer doux contenu dans le noyau et par suite de l’intensité J„ comme l’indique le tableau ci-dessous :
- J, (en amp). . . 0,02 0,1 0,35 0,95 2,1
- L, (enhenrys) . 0,076 0,085 0,092 0,108 0,120
- 2,85 3,4 4,5 5,6 6>6
- 0,122 0,123 0,122 0,116 0,109
- D’après la résistance de la bobine, un courant primaire sous 4 volts correspondant à 6 ampères, doit suffire déjà pour obtenir l’étincelle maxima. C’est en effet ce que l’expérience vérifie; mais il. n’est pas avantageux d’employer une force électromotrice aussi faible, parce que cette intensité maxima, 6 ampères, est atteinte au bout de 0,36 sec seulement et que par conséquent l’interrupteur devrait donner au plus deux interruptions par seconde.
- où M. désigne le coefficient d’induction mutuelle des deux enroulements, it l’intensité dans la bobine secondaire, les lettres affectées de l’indice 1 se rapportant à l’enroulement primaire.
- Tant que l’enroulement secondaire est ouvert, on peut poser it = o et = o, et l’équation ci-dessus se réduit à la forme plus simple
- équation qui admet pour intégrale :
- La longueur de l’étincelle secondaire est proportionnelle à l’intensité maxima J2 que le courant primaire possède au moment où on interrompt son circuit. L’équation (3) permet de calculer à quelle époque l’intensité atteint cette valeur J2 et, par conséquent, quelle doit être -la période de l’interrupteur pour que la longueur de l’étincelle secon-
- 2. Courant d>ouverture. — Quand on interrompt le circuit, il se produit une forte étincelle dont on connaît mal les propriétés, en particulier la résistance ; il est donc impossible de traiter ce cas rigoureusement au point de vue théorique. On admettra que le courant cesse aussitôt après l’ouverture du circuit et passe avec la même intensité dans le condensateur. On peut également laisser de côté la force électromotrice E, et aussi la réaction de la bobine secondaire sur la bobine primaire. La force électromotrice Ej est petite vis-à-vis de la force électromotrice d’induction, et quant à la réaction du secondaire sur le primaire, elle influe seulement sur les phénomènes qui précèdent l’étincelle secondaire. L’équation du courant d’ouverture sera alors simplement :
- |V4 L,Ci — R,2C,2
- L 2 L,C1
- (') Wied. Ann., t. LXII, p. 300-322 ; 1897.
- les constantes A et B dépendant des constantes initiales. Au temps t — o, l’intensité
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- i est égale à Jj ; J, ayant la même signification que ci-dessus et, à la même époque, la charge j hdt du condensateur est nulle : donc
- ' V 4 LjL-, — Kpup
- L,C( — RpeT . „ /AA — R,aC* 1
- 2 L,C, arcrg VLA J'
- Dans les conditions expérimentales actuelles, C, est une quantité petite vis-à-vis des autres données, et il est légitime de négliger les termes en C, : en outre l’arc tg est toujours voisin de .
- Finalement, la valeur de se réduira à :
- ce qui correspond à une variation périodique de période :
- T = 2 - /LA.
- I/exponentielle négative indique que les oscillations sont amorties.
- L’étude de ces oscillations se fait d'une manière relativement commode à l’aide des rayons cathodiques, comme l’a indiqué récemment Braun. Le tube de Braun est placé de manière que le diaphragme se trouve sur le prolongement de l’axe de la bobine primaire. Le miroir tournant est mis en mouvement par le même moteur que le commutateur.
- La figure i représente la courbe obtenue
- par ce procédé avec le courant de fermeture, le circuit secondaire étant ouvert; les parties courbes BC, EF correspondent à la période d’établissement du courant, les parties CD et FG au courant de fermeture lui-même.
- Sur la fi gure 2 la courbe I correspond à un condensateur de plus petite capacité que
- la courbe II : on voit que le condensateur diminue la durée du courant d’ouverture à mesure que sa capacité augmente. Pour cette raison, la longueur de l’étincelle secondaire croit rapidement avec la capacité du
- condensateur. Mais quand la capacité augmente davantage, les oscillations se produisent et deviennent de plus en plus lentes h mesure que la capacité devient plus grande: si bien que la première chute du courant devient moins rapide (courbes III et IV : la seconde correspond à une capacité environ quatre fois plus grande).
- Les oscillations (voirfig. iv) sont en général plus fortement amorties que ne l’indique la théorie ; ceci prouve que les pertes d’énergie
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- due à la chaleur de Joule sont relativement faibles vis-à-vis des autres.
- Lorsque le circuit secondaire est fermé, les rayons cathodiques ne peuvent plus servir parce que le champ magnétique produit par le courant primaire est compensé a peu près complètement par le champ du courant secondaire. Le calcul montre en elîet que leur diiïérence de phase est voisine de r.. On observe alors les étincelles secondaires dans un miroir tournant. On trouve que les décharges correspondant aux périodes variables du courant primaire se font presque dans le même temps et changent comme elles avec la capacité du condensateur. La force élcctromotricc qui provoque l’étincelle
- (4f),„étant la valeur minima de d',' Dans
- une bobine bien construite, on a très sensiblement :
- .M =
- d’où ;
- La valeur maxima de la différence de potentiel aux extrémités du secondaire est donc proportionnelle à l’intensité maxima J, du courant primaire, à la racine carrée de la self-induction de la bobine secondaire et inversement proportionnelle à la racine carrée de la capacité du condensateur.
- Les grandes bobines, surtout si elles fonctionnent avec un interrupteur plongeant dans un isolant autre que l’air, exigent un condensateur de capacité beaucoup plus faible que les petites bobines.
- Il faut encore rendre la self-induction du secondaire aussi grande que possible, en augmentant le nombre des spires et en introduisant un noyau de fer. Conformément à la formule ci-dcssus, l’expérience a vérifié que
- est proportionnel à l'intensité maxima J1? si on admet que la longueur de l’étincelle est proportionnelle à la différence de potentiel maxima.
- Naturellement il se produit des pertes d’énergie qui abaissent la différence de potentiel maxima, par suite de l’amortissement. Dans un cas où le calcul donne 190000 volts, la différence de potentiel réelle ne dépasse pas 130000 volts.
- Le courant d’ouverture provoque aussi dans le circuit primaire une force électromotrice d’induction notable : environ 1 780 volts avec la bobine ci-dessus pour J, = 3,70 ampères. La force électromotrice maxima se calculerait comme celle du circuit secondaire :
- le calcul donne 2750 volts.
- Les valeurs numériques données par M. Walter ne me paraissent devoir être acceptées qu'avec réserve, car il est difficile d’admettre que la distance explosive soit proportionnelle à la différence de potentiel lorsqu’elle devient un peu grande. M. L.
- Interrupteur à mercure ;
- Par G. Hofmeister ('].
- Le courant arrive dans deux cuves renfermant du mercure ; dans l’une plonge un disque de cuivre monté sur l’axe d’un petit moteur, dans l’autre tourne une étoile à trois pointes montée sur le même axe, lequel établit la communication électrique entre cette étoile et le disque. Les pointes de l’étoile sont en platine, et pendant la rotation elles viennent plonger dans le mercure et en émerger ensuite ; c’est entre ces pointes et le mercure que se produit l’interruption.
- M. L.
- (') Wüd. Ann., t. LXIJ, p. 379-382, 1897.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Annuaire de l’Observatoire Municipal de Mont-
- souris pour 1898. : ]n-i8. avec diagrammes et
- figures. Gauthier- VUlars et fils. Paris, prix 2 lï.
- L'annuaire de Montsouris parait tous les ans depuis 1892, le dernier volume contient le résumé des travaux faits pendant l'année 1896.
- Ces travaux se divisent en trois sections principales qui, tout en poursuivant les recherches de science pure, s’occupent surtout des phénomènes courants de la climatologie et de l'hygiène de Paris.
- Le service de physique et météorologie a reçu, depuis le Cr janvier 1896, une importante modification due à l'annexion de la tour Saint-Jacques. 11 est chargé de l’organisation et de la surveillance des stations installées dans les divers quartiers de Paris et de la banlieue, de la discussion des résultats obtenus et de leur insertion aux recueils statistiques.
- Les stations suburbaines relèvent soit de l'administration municipale, soit de l'Etat, soit des services particuliers.
- C'est à l’aide de ces documents que l’observatoire publie un bulletin quotidien destiné auS services techniques de la Ville et faisant connaître les variations climatériques sur les différents points de Paris et des environs.
- Le service chimique étudie les variations de composition de l’air et des eaux distribuées, celles des eaux d’égout, de la Seine, etc. 11 recherche la valeur absolue et comparative des désinfectants proposés par la Ville ; enfin il surveille les effets de la désinfection par les différents agents.
- Le service micrographique s'occupe de l’étude des bactéries disséminées dans les eaux et dans 1 air, des variations de ces bactéries avec les conditions météorologiques. Enfin il est adjoint un laboratoire de bactériologie pour le diagnostic de la diphtérie et de toutes les maladies infectieuses dont le germe est établi scientifiquement. Les communes de la banlieue peuvent s’adresser aussi a ce laboratoire.
- L est le résultat de tous ces travaux qui est présenté dans l’annuaire avec l’indication des métho-des'employées.
- Vocabulaire technique en trois langues, par „M. Svii.OKOSSiTCH, ingénieur civil. Extrait des notes et formules de l’Ingénieur CL de Laharpe. — E. Bernard et Cie, imprimeurs-éditeurs, Paris.
- Ce petit vocabulaire contient les expressions usuelles en mécanique, chemins de fer, électricité, métallurgie, exploitation des mines, etc. L'auteur a limité son choix aux termes que Ton rencontre le plus fréquemment dans la lecture des journaux techniques. Tel qu’il est, cet ouvrage peut rendre service, son volume permet de l'avoir constamment avec soi. Il est évident qu’on ne peut lui demander d’être complet, mais on sait que les dictionnaires techniques sont très encombrants et malheureusement incomplets eux aussi à cause de l’introduction continuelle de termes
- La première partie se compose d’un vocabulaire français-anglais-allemand, c'est-à-dire que les mots français rangés alphabétiquement sont suivis du terme correspondant anglais, puis du terme allemand. La deuxième partie comprend un vocabulaire anglais-français, et enfin la troisième un vocabulaire allemand-français. Les terme» français sont imprimés dans tout le corps de l'ouvrage en caractères égyptiens, les termes anglais en italique et les termes allemands en caractères romains.
- Repertorium der technischen Journal-Littera-
- tnr (Répertoire des publications scientifiques), publié sous les auspices de l’Office impérial des brevets. Année 1896. — Cari Heymauns, éditeur. Berlin. Prix 22,50 fr.
- Comme les années précédentes, ce catalogue nous donne le titre des travaux relatifs à chaque sujet particulier.
- La première partie comprend la liste des publications citées. Ces publications sont rangées par ordre alphabétique des abréviations, dans la première colonne. La deuxième colonne donne l’explication de l'abréviation, elle indique en outre le lieu d'édition et les numéros des volumes dont les articles ont été cités. Ainsi on voit que les volumes de VEclairage Electrique, dans lesquels on a pris les sommaires s'étendent
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- du volume VI au volume IX, c'est-à-dire sur les quatre volumes qui ont paru dans l'année 1896. Lorsque le titre d’un périodique n’est pas à sa place dans l'ordre alphabétique, il est imprimé en italique, cette précaution simplifie la recherche des journaux cités dans le répertoire.
- Après l’explication des abréviations, commence le répertoire analytique, les articles sont cités dans l’ordre alphabétique en prenant le titre allemand ; ce titre est suivi de la traduction anglaise, puis française. Enfin lorsque le titre est trop général, on a placé à la suite une série de subdivisions avec sous-titres. Ainsi, pour les voitures automobiles, les subdivisions sont : i'-’ Courses ;
- 2° Voitures électriques ;
- 30 Voitures à vapeur ;
- 4° Voitures à pétrole ;
- 50 Voitures à gaz ;
- 6° Divers.
- Le volume se termine par une table où, pour fa.ciliter les recherches, les titres sont rangés dans l’ordre alphabétique, simultanément, en allemand, anglais et français ; en outre, lorsque besoin était, un même sujet a été répété sous plusieurs
- Le volume est très pratique ; malheureusement il n’est pas assez complet pour renseigner sur tout ce qui peut avoir paru à propos d’un sujet déterminé. 11 est vrai que pour atteindre ce but il faudrait une étendue bien considérable ; tel qu’il est, le répertoire peut encore rendre service.
- CHRONIQUE
- Les prix de l’Académie des Sciences.— Parmi les prix dont disposait l’Académie pour l’année 1897, se trouvaient les prix L. La Caze. Deux de ces prix importants ont été attribués dans la séance publique annuelle du lundi 10 janvier, l’un à M. Rœntgen, l’autre à M. Lenard, l’Académie ayant tenu à récompenser en même temps ces deux savants pour leurs belles recherches sur les rayons X et sur les rayons cathodiques.
- Le prix Gaston Planté a etc décerné à notre collaborateur M. A. Blondel, pour ses nombreux travaux en électricité ; nous sommes ccrtainsd’ètre l’interprète de tous les électriciens en adressant à M. Blondel nos félicitations pour cette récompense bien méritée.
- Une partie du prix Montyon (médecine et chirurgie) a étéattribuéeàMM. Rémy et Contrlmoulins qui ont été les initiateurs d’un grand nombre d'applications de la Radiographie aux sciences médicales.
- Parmi les autres récompenses accordées, signalons le prix Jecker (chimie) décerné à M. Haller. qui « en dehors des découvertes de laboratoire, a rendu à la science chimique des services de premier ordre par ses efforts heureux pour en développer renseignement en France ». Nos lecteurs savent en effet que M. Haller a fondé l’Institut de chimie de Nancy, auquel il adjoignait récemment, grâce au concours pécuniaire des industriels de la région, un laboratoire d’électrochimie, le premier laboratoire de ce genre existant en France.
- Nous reproduisons ci-dessous les rapports des commissions chargées du choix des lauréats des trois prix que nous signalions au début.
- Prix La Cazf. (Physique). — Commissaires : MM. Cornu, Lippmann, Becquerel, Potier, Violle, Bertrand, Berthelot, Caillctet; Mascart, rapporteur.
- En* 1889, l’Académie des Sciences décernait le prix La Caze (Physique) à M. H. Hertz, dont les expériences désormais célèbres ont été malheureusement interrompues par un deuil prématuré. C’est aussi dans le laboratoire de Hertz et sous son inspiration qu’a pris naissance une autre découverte, qui reste encore une énigme au point de vue théorique et qui s’est montrée féconde en applications de toute nature. L’Académie est heureuse de pouvoir consacrer à ces travaux une double récompense, attribuée à deux savants dont les mérites sont inséparables. La Commission de Physique décerne le prix La Caze à M. Ph. Lenard.
- Lespropriétés que présente l’étincelle électrique dans les gaz raréfiés ont déjà une longue histoire ; nous avons surtout à rappeler les belles et patientes recherches de Sir William Crookes. Aux très faibles pressions, l’électrode négative, ou cathode, paraît être le siège d’un rayonnement particulier, par lui-même invisible, mais capable de provoquer l’illumination ou la phosphorescence des obstacles qu'il rencontre. Suivant les vues de l’auteur, ces rayons cathodiques seraient formés par un ensemble de projectiles, une averse de molé-
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- cales emportant des charges électriques et dont les trajectoires sont modifiées par les aimants, h la manière des courants transmis par les conduc-
- Une curieuse expérience de Hertz a montré que de minces lames métalliques n'interceptent pas complètement l'action de ces rayons et laissent produire la phosphorescence dans leur ombre : observation importante qui soulève bien quelques difficultés sur l’hypothèse du transport des molé-
- M. Lénard a cherché si cette propriété des lames métalliques ne permettrait pas de faire sortir les ravons cathodiques des ampoules de verre où ils semblent prisonniers. La moisson fut beaucoup plus riche qu’il ne pouvait l'espérer.
- En munissant le tube à décharges d'une fenêtre fermée par une feuille d'aluminium, dans la paroi opposée à la cathode, il put en effet retrouver les propriétés des rayons cathodiques derrière la fenêtre, soit dans un gaz raréfié, soit dans l'air à la pression ordinaire. En même temps, cette fenêtre métallique devenait la source d'une autre espèce de rayons, insensibles aux forces magnétiques, mais capables à leur tour d’exciter les corps phosphorescents, d’illuminer les gaz, de traverser à des degrés différents les corps opaques à la lumière, tandis qu’ils sont mieux arrêtés par des milieux transparents, tels que l’eau, le verre et le quartz; d’agir rapidement sur les plaques photographiques; de décharger les corps électrisés, etc. Le verre lui-même n’était pas un obstacle absolu à leur propagation et l’on pouvait remplacer la fenêtre d’aluminium par une lamelle de verre, c’cst-à-dire utiliser la paroi même de l’am-
- poule.
- Ce beau travail ne fut pas apprécié d’abord comme il le méritait, Sans doute, la distinction n était peut-être pas complète entre ies rayons proprement cathodiques et ceux que M. Rœntgen a désignés sous le nom de rayons X, et il restait encore beaucoup à faire pour dégager les propriétés spéciales du rayonnement nouveau ; mais les titres de M. Lenard sont de premier ordre dans legrand événement scientifique qui a excité l'admiration générale et produit tant de merveilleux résultats; ces titres justifient pleinement la haute distinction que leur attribue aujourd’hui la Commission de Physique.
- Prix La Gaze (Physiologie), — Commissaires ;
- MM. Marey, Bouchard, Guvon, Fotain, Lannc-longue, Chauveau, Duclaux, Ranvier; d'Arsonval, rapporteur.
- Par les belles recherches que récompense aujourd’hui même l'Académie, M. Lénard avait pensé établir que les phénomènes qu'il avait le premier observés hors de l’ampoule à vide et les phénomènes lumineux dont l'intérieur de l’ampoule est le siège sont inexplicables dans la théorie de Crookes. Malgré la grande perspicacité dont M. Lénard a fait preuve dans cette étude, il ne songea pas qu’il pouvait y avoir dans l'ampoule, et hors de l’ampoule, deux actions distinctes, dont l’une était la conséquence de l’autre.
- Il était réservé à M. Rœntgen de réaliser l’expérience établissant la distinction entre les deux phénomènes.
- M. Rœntgen, en observant les phénomènes découverts par Lénard, se plaça dans des conditions telles qu’il lui était impossible d’admettre que les actions qu'il constatait fussent dues au rayon même échappé de la cathode et ayant traversé la paroi de l’ampoule.
- Il reconnut, par des expériences aujourd’hui classiques, que la source des nouveaux rayons était le point même de la paroi de l’ampoule frappé par les rayons cathodiques, et n'hésita pas à attribuer les phénomènes qu’il observait à une nouvelle espèce de rayons.
- Dans une ctude rapidement conduite il établit les principales propriétés des nouveaux rayons, reconnut qu’ils se propagent en ligne droite ou tout au moins que leur réfraction et que leur absorption dans les corps sont très différentes de celles que subit la lumière. Tl trouva, en particulier, ce fait capital qu’un grand nombre de corps, et notamment certains tissus vivants, opaques à toutes les lumières connues, sont traversés même sous de grandes épaisseurs par les nouveaux rayons.
- Il réalisa entre antres cette expérience merveilleuse qui permet d’explorer et de voir toutes les parties du squelette à travers les tissus qui le recouvrent.
- En présence d’une découverte qui apporte un agent nouveau à la thérapeutique, qui permet à l’exploration médicale de créer une méthode nouvelle rendant accessible à la vue ce qui n’avait encore pu être exploré que par l’ouïe ou par une palpation lointaine ; en présence enfin des modifi-
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- cations étranges que les nouveaux rayons font subir à la nutrition et aux actions élémentaires des tissus, la Commission du prix I,a Caze (Physiologie) a pensé être l'interprète de la gratitude et de l'admiration des physiologistes et des médecins en s'associant à la Commission du prix La Caze (Physique), pour qu'une égale récompense soit décernée aux deux principaux raiteurs de cette brillante découverte. Hn conséquence, votre Commission vous propose d’attribuer le prix La Caze (Physiologie), pour l’année 1897, à M. Rœnt-
- Prix Gaston Planté. — Commissaires: MM. Mas-cart, Lippmann, Becquerel. Potier, Viollc ; Cornu, rapporteur.
- La Commission décerne le prix à M. André Blondel, ingénieur des Ponts et Chaussées, dont les travaux se distinguent par la variété, l'étendue et la précision des connaissances mises en œuvre pour l’étude des phénomènes électriques : aussi les résultats obtenus s’étendent-ils depuis les régions délicates de la théorie jusqu'au domaine des applications à l’industrie et aux Travaux pu-
- L’extension croissante de l'emploi des courants dits alternatifs nécessitait des éludes beaucoup plus difficiles que celles auxquelles avaient donné lieu les courants continus des machines dynamoélectriques. On n’a pas tardé, en effet, à reconnaître, par l’apparition de particularités imprévues, que la loi sinusoïdale de l’intensité avec le temps, admise au début comme une approximation suffisante, représentait imparfaitement l'allure de certains phénomènes et qu’il fallait analyserde plus près le développement des forces électromotrices et la marche des courants. C'est à cc genre d’études que M. Blondel s'est consacré, et, grâce à une habileté expérimentale digne d'être signalée, le succès a répondu à ses efforts.
- Dès r89 r, M. Blondel, perfectionnant la méthode de M. Joubert, déterminait automatiquement et d’une manière continue les courbes périodiques des tensions et des courants et indiquait, pour la première fois, le moyen de les inscrire photographiquement. C'était un grand progrès, car il obtenait ainsi, en quelques secondes, ces courbes qui demandaient des heures entières d'observations discontinues et indépendantes.
- La méthode photographique lui permettait en même temps d'analyser les phénomènes dont l'arc
- à courant alternatif est le siège; en particulier, il démontrait directement ce fait jusqu'alors discuté, à savoir qu'un courant de particules se dirige toujours du crayon positif au négatif, et parvenait même à mesurer la vitesse de ce transport.
- Mais le résultat le plus important acquis dans cette étude des phénomènes périodiques est la réalisation d'un type nouveau d'appareils, Voscillo-graphe, capable de transmettre à un système mécanique la loi exacte de variation des courants avec le temps, quelque complexe que puisse être cette loi.
- La théorie de ccs appareils (dont les applications sont nombreuses) est assez délicate ; l’empirisme seul ne pouvait pas conduire à leur construction correcte ; il fallait mettre en œuvre toutes les ressources de connaissances mathématiques et mécaniques puisées dans nos grandes Écoles, ressources qui deviennent de plus en plus indispensables à mesure que l'étude et l'utilisation des forces naturelles exigent une précision plus considé-
- C’est ce même esprit, à la fois analytique et expérimental, qui a permis à M. Blondel d’élucider un certain nombre de questions intéressant à la fois la Science et l'Industrie, telles que le couplage des alternateurs, la théorie des moteurs synchrones, l'emploi des courants polyphasés, la discussion des méthodes de mesure relative au fonctionnement ou à la puissance des machines,
- L’arc électrique a été, à d’antres points de vue, l’objet des études dé M. Blondel. J.'absence ordinaire de différence de phase entre le courant et la tension aux bornes d’un arc alternatif l'a conduit à penser, contrairement à l’opinion répandue depuis Edlund, qu’il n’existe, dans l’arc en régime permanent, aucune force électromotrice inverse analogue aux forces éleclromolrices de polarisation. Une méthode ingénieuse, appliquée récemment à l'arc à courant continu, semble confirmer cette conclusion et démontrer que l'arc équivaut simplement à une résistance.
- Ses fonctions d'ingénieur attaché au service des phares l'ont amené à étudier les propriétés photo-métriques de l'arc électrique. Sous l'impulsion de l'éminent directeur des phares, M. Bourdelles (à qui l’on doit l’invention des feux-éclairs), M. Blondel a entrepris une longue série d'expériences qui ont conduit à d'utiles perfectionnements dans le matériel des phares électriques français.
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- A ces travaux se rattachent des recherches théoriques et pratiques sur la photoraétrie ; on peut les résumer en disant que M, Blondel simplifie notablement 1a théorie des mesures photométriques par la considération du flux lumineux et rectifie un certain nombre d’idées fausses introduites par une application erronée des règles de l'optique géométrique. De là un système de définitions et d’unités présenté au Congrès des Electriciens de Genève en 1896. Ce système, adopté par le Congrès et, depuis, par diverses grandes associations industrielles, est appelé (malgré le nombre un peu critiquable de dénominations nouvelles) à rendre de véritables services dans un domaine où régnait beaucoup de vague ou de
- En résumé, les travaux de M. Blondel répondent d’une manière complète aux intentions du fondateur, et c’est à l’unanimité que la Commission lui décerne le prix pour 1897.
- Formes simples de pompas de Sprengei. — Les pompes à mercure que Ton fabrique actuellement sont des instruments excellents, mais fort coûteux ; de plus, la rupture d’une partie de l'appareil entraîne souvent sa perte totale. M. Guglielmo, dans les Rcndiconii délia Accademia dei Lincci', nous indique quelques formes simplifiées, rapprochant du type donné par Sprengei, et qui permettent néanmoins d'obtenir la raréfaction des tubes à rayons X. Elles peuvent faciliter les recherches dans un grand nombre de laboratoires dont le budget serait fortement déséquilibré par l’achat d’une pompe perfectionnée; c’est à ce titre que nous les décrivons ici. Ces instruments sont d'ailleurs parfaits comme appareils de démonstration.
- L’une des pompes proposées se compose d'un tube de chute, long de 1,50 m, et ayant environ 3 mm de diamètre intérieur. A son extrémité supérieure est soudé un tube court, plus large, qui est terminé par un évasement conique usé à l’émeri, et dans lequel peut s’adapter au moyen d’un corps gras le tube relié au récipient où l’on veut obtenir le vide. Cette dernière liaison peut d'ailleurs être remplacée par une soudure. Au tube large et court est soudée latéralement une branche de siphon que l’on fait plonger dans le mercure ; son extrémité est capillaire et se ferme au moyen d’une aiguille maintenue par un manche. O11 peut subs-
- tituer aux soudures du tube gros et court avec le tube de chute et le siphon des liaisons au moyen de tampons de liège et de mastic.
- Afin de pouvoir faire la mesure de la raréfaction obtenue, on soude la branche du siphon au sommet du tube gros et court, et c'est au contraire le tube de liaison avec le récipient à vide que l’on fixe latéralement et aussi bas que possible.
- Dans ces deux formes, 011 n’a pas tenu compte de l’air entraîné mécaniquement par le mercure ; la quantité ainsi entraînée est très faible et ne rend pas indispensable une disposition spéciale. On peut s’en assurer aisément sur la deuxième dispo-
- Néanmoins, il est facile de retenir la quantité d’air même très faible qui peut être entraînée mécaniquement par le mercure. Il suffit de souder sur le siphon un petit récipient de verre que le mercure traverse à la partie inférieure avant de se rendre dans le tube de chute. Il sc débarrasse aussi de la plus grande partie de l'air entraîné. Il est avantageux que ce petit récipient porte en haut une ouverture, elle permet d'évacuer l’air rassemblé au bout d'un certain temps ou encore d’activer le fonctionnement de la pompe en y versant directement le mercure sans recourir à l’aspiration par le tube de chute.
- Pour réaliser la disposition de Rood, on fait avec le tube de chute un petit anneau à 7s cm environ de sa partie inférieure. Dans cet anneau, la colon-nette de mercure, qui reste toujours, empêche la rentrée de l’air.
- Pour amorcer la pompe, 011 aspire un peu Pair à la partie inférieure du tube de chute, de façon à diminuer la pression de quelques centimètres ; cela suffit pour faire monter le mercure dans le siphon, il continue à tomber ensuite.
- Si l’on a à sa disposition une machine pneumatique à piston, on peut la relier au tube de chute et faire le vide jusqu’à la limite en maintenant le siphon fermé par la petite aiguille indiquée plus haut. O11 évite ainsi la période dans laquelle la pompe à mercure est le moins
- Il est facile d'ailleurs de disposer l’aiguille de fermeture du siphon de façon à régler l'écoulement du mercure, et il n'est pas besoin que cette aiguille s’adapte exactement dans la partie capillaire du siphon ; on peut aussi obtenir une fermeture automatique pour éviter que le niveau du
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- mercure dans le réservoir s'abaisse trop et permette la rentrée de l’air.
- A cet effet, l'aiguille est fixée à la partie inférieure d’une boule de verre tenue par un manche qui glisse aisément dans un tube vertical et guide ainsi le mouvement de l’aiguille. Quand le niveau du mercure s’abaisse, l'aiguille qui flotte s'abaisse également et vient boucher l’extrémité du siphon.
- Pour éviter l’immobilisation d'une certaine quantité de mercure dans le fond du réservoir, on peut remplir celui-ci de cire, de façon à laisser seulement une cavité suffisante pour contenir l’extrémité du siphon et la base du flotteur.
- On augmentera la vitesse de la raréfaction en accouplant plusieurs tubes de chute.
- Un inconvénient capable de nuire à la rapidité du vide est la tendance du mercure à former, en tombant sur le verre, de toutes petites gouttes qui peuvent s'écouler en laissant passer l’air entre elles et la paroi. A ce propos on peut modifier l’orifice du siphon dans le tube gros et court, mais il est plus simple de produire un étranglement à la partie supérieure du tube de chute, qui force les gouttes à adhérer à la paroi et à se transformer en colonnettes.
- Installation électrique, à courants biphasés, de la .filature Glück et C'% de Mulhouse. — L’application des moteurs électriques à la commande des métiers de lissage fait constamment des progrès grâce à la régularité que l'on peut obtenir à l’aide des moteurs synchrones.
- L’installation suivante, faite par MM. Burghardt frères, de Mulhouse, et que décrivait M. P.-H.Zië-gler dans’ le Génie Çhil, nous en fournit un exemple.
- Dans une filature de laine peignée, comme celle qui nous occupe, l’uniformité de la vitesse angulaire des transmissions est un point capital et qui ne souffre pas d’à peu près. Or, les mécanismes à mettre en mouvement consistaient en 8 métiers à filer, dits« self-actings», pour laine, de 640 broches par métier, et absorbant chacun 7 chevaux environ à la sortie du chariot et seulement 2 chevaux à la rentrée de celui-ci. Par conséquent, en admettant, ce qui est d’ailleurs le cas le plusdéfavorable, que les 8 métiers marchent tous en même temps et de la même manière, on aurait une variation
- brusque de 40 chevaux, soit 71 p. 100 des 56 chevaux de la puissance totale.
- Pour obtenir une marche régulière, malgré cette variation considérable de la puissance, on a choisi pour l'installation, des moteurs synchrones qui ont, sur les moteurs asynchrones et les moteurs à courant continu, l'avantage de garder invariablement la vitesse de régime, quel que soit l'effort à développer, à la condition toutefois que la génératrice tourne toujours à la même vitesse, et que les limites de puissance pour lesquelles elle est construite ne soient pas dépassées.
- La station centrale delà filature comprend : un alternateur, produisant des courants biphasés à 600 volts; une excitatrice et un tableau de distribu-
- L’alternatcur est à induit fixe et à inducteur mobile. Le nombre de pôles qu'il comporte est de 16 et il fait 400 révolutions par minute, ce qui donne par conséquent pour la fréquence 16 x 400 , .
- --6o-= 53)33 périodes.
- Le fer de l’induit et de l'inducteur est formé de feuilles de tôle de Suède recuites, d’une épaisseur moyenne de 5 dixièmes de millimètre. L’enroulement est disposé en deux couronnes superposées ; les bobines, au nombre de 16 par phase, ont chacune 8 spires. L’induit possède 64 rainures dont la moitié a une profondeur double de celle des autres, et dans chaque rainure de même profondeur sont placées des bobines appartenant à une même phase.
- La section du cuivre de l’induit est de 84 mm‘ et l’isolation est faite au moyen de papier et de micanite. Chacun de 16 pôles de l’inducteur est muni d'une bobine de 280 spires.
- L'alternateur est monté sur un châssis à tendeur; il reçoit son mouvement d’un moteur à vapeur par l'intermédiaire d'une courroie, et nécessite une puissance d’environ no chevaux à pleine charge. La ventilation de l'alternateur estsuffisantc pour qu'il ne se produise aucun échauffement anormal pendant la marche.
- L'excitation est assurée par une dynamo qui est commandée par le même moteur. Cette dynamo produit, en tournant à 1 020 tours, 75 ampères à 120 volts et est parconséquent plus que suffisante, puisque la dépense d'excitation de l'alternateur n'exige que 20 ampères à 118 volts.
- Du tableau de distribution qui complète l’installation de la station génératrice, les courants biphasés sont transmis par 4 fils de cuivre de
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- 44 mnri de section, an moteur synchrone de la station réceptrice, moteur qui, comme construction, est semblable à l'alternateur générateur. Une partie du courant continu produit par la dynamo de la station génératrice est également transmise à la station réceptrice au moyen de trois conducteurs, deux pour l’aller, un pour le retour. Ce courant continu sert, d'une part à l’excitation du moteur synchrone et, d’autre part, à la mise en marche d'un moteur à courant continu monté sur le même axe que le précédent. Ce moteur à courant continu a une puissance suffisante pour entraîner le moteur synchrone et la transmission qu'il est chargé de conduire, les métiers étant désembrayés: il sert au démarrage du moteur synchrone.
- Ce démarrage est effectué par le mécanicien de la station génératrice. Quand la machine à vapeur est en marche, ainsi que l'alternateur et l'excitatrice qu’elle commande, il lance le courant de cette dernière dans le moteur à courant continu jusqu’à ce que celui-ci ait atteint une vitesse correspondante au synchronisme de l’alternateur et du moteur synchrone, ce dont il est averti par les indications de l'ampèremètre et du voltmètre. A ce moment, il lance les courants biphasés dans le moteur synchrone et coupe le circuit du moteur à courant continu. Ce mode de démarrage a donné des résultats très satisfaisants.
- Quant à la constance de la vitesse, elle est pratiquement parfaite. En faisant démarrer en même temps les 8 métiers à filer et 13 métiers de préparation, on 11’a constaté qu’une variation de 1 tour
- Téléthermomètres. — Il est souvent nécessaire dans certaines industries chimiques de suivre la marche de la température des récipients ou des chambres où s’effectuent des réactions. On ne peut pas toujours contrôler rapidement la marche des appareils si ceux-ci sont éloignés les uns des autres, et il peut arriver aussi qu’il y ait danger à approcher des appareils soit que ceux-ci dégagent des gaz délétères, soit que la présence de l’opérateur provoque des perturbations. Il est donc utile d avoir des appareils permettant de contrôler à distance la température de locaux plus ou moins éloignés. VÉlectricien a fait récemment une étude intéressante de l'état actuel de la question, étude
- dont nous profiterons pour en rappeler quelques points à nos lecteurs.
- Les piles thermo-électriques ont été utilisées avec succès pour la mesure des températures élevées. Les principaux appareils construits sur ce principe sont ceux de Pouillet, Becquerel, et dans ces derniers temps de M. Le Chatclicr. Des expériences de comparaison du thermomètre à air et de la pile thermo-électrique de M. Le Chatelier ont été faites à Charlottcnbourg par Holborn et Wien.
- Le thermomètre à air était en porcelaine vernissée ; à 1400° la porcelaine commence à se ramollir, mais clic résiste encore à cause du vernis qui la recouvre . L’élément thermo-électrique était forme d’une sonde platine et platine-rhodié ; ce couple conserve aux hautes températures une force électromotrice sensiblement proportionnelle à l'élévation de température. Avec des couples contenant plus de 10 p. too de rhodium, la sensibilité augmente, mais aux dépens de la proportionnalité des écarts de la température.
- L’aiguille d’ungalvanomètre genre Deprez-d'Ar-sonval se déplace sur deux échelles dont l’une indique la force électromotrice en microvolts, et l’autre la température en degrés.
- La pile est protégée parades tubes de porcelaine. Un tube étroit ouvert aux deux extrémités sert à isoLer l’un de l’autre les deux fils. Un autre tube fermé à l'extrémité enveloppe le tout et protège la soudure contre la flamme du foyer. On peut ainsi aller jusqu’à 1 6oo°. L’appareil a environ un mètre de long; les fils sont reliés par des gros fils de cuivre à un galvanomètre placé à distance. Le directeur d’une fabrique peut ainsi surveiller de son bureau la marche des fours.
- La méthode calorimétrique permet aussi l’évaluation des'températures, mais elle est peu précise à cause de la vaporisation d'une petite quantité d’eau ; en outre elle n’est pas pratique puisque la mesure est longue et ne peut se faire d’une manière continue.
- On a essayé également l’emploi d’un thermomètre à mercure ; lorsque le mercure monte le courant électrique se trouve établi ; quand il redescend, le circuit est ouvert. On peut ainsi connaître le moment où une température déterminée est atteinte. Mais s'il s'agit de suivre la marche de la température il faut un grand nombre de contacts différents pour les différents degrés, l'installation
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- se complique et le contrôle ne se fait encore que para-coups.
- Le pyromctre de Werner von Siemens est le premier dont la construction repose sur la variation de résistance d'un conducteur avec la température. Supposons un circuit présentant une dérivation, soient les intensités et r, rt les résistances dans les deux branches dérivées.
- On a
- Si les résistances sont égales, les intensités le sont aussi : un voltamètre, intercalé dans l’une des branches dérivées, permet de mesurer l’intensité par l'augmentation de poids d'une cathode de cuivre, par exemple, sur laquelle se dépose du cuivre : si la température de la branche 2 s'élève, la résistance augmente et l’intensité correspondant à la branche 1 où est le voltamètre augmente, d’où augmentation de poids plus rapide de la cathode. Mais ces expériences où il faut apprécier le 1/10 de milligramme sont longues et pénibles. Aussi un très grand progrès a-t-il été accompli par la suppression du voltamètre. La disposition est alors celle d’un pont de Wheatstone. Deux résistances A et B sont formées par des fils métalliques ayant un coefficient thermique différent. Les deux autres sont constituées par les deux portions d’un fil bien calibré sur lequel se déplace un curseur. Les deux résistances A et B sont placées dans le lieu dont on veut étudier la température et l'appareil est réglé pour une température déterminée. Si la température varie, les coefficients thermiques étant différents l'aiguille du galvanomètre se déplace et on peut mesurer la variation relative des résistances A et B; ccs variations étant proportionnelles à la variation de la température, on a donc une mesure de celle-ci. Aussi le curseur peut se déplacer sur une échelle qui donne la température par simple lecture. On peut remplacer le galvanomètre par un téléphone en employant le courant d’un appareil d'induction, le système est alors plus facilement transportable.
- Un téléthermomètre perfectionné reposant sur le même principe a été construit à Prague par le professeur Put.uj. Les deux résistances A et B sont remplacées par deux fils, l'un de charbon, l'autre d’argent, placés à l’intérieur de tubes de verre mince. Les trois fils qui partent de ce système
- sont reliés au pont et au galvanomètre par un câble triple bien isolé. Les deux substances employées ici sont avantageuses, parce que leurs coefficients thermiques restent très différents, quelles que soient les températures ; de plus, la longueur obtenue pour le degré est plus grande.
- Le téléthermomètre peut être employé comme appareil de sûreté en remplaçant le galvanomètre ou le téléphone par un avertisseur ou une son-
- I/éclairage des tramways électriques. — On a remarqué que les vibrations communiquées aux filaments des lampes à incandescence employées pour l’éclairage des tramways électriques mettaient rapidement hors de service ces lampes. Aussi, croyons-nous, qu'il serait avantageux d’employer des fanaux mobiles qui 11c seraient mis en place qu’à la tombée de la nuit. A ce propos nous signalerons un type de fanal très employé en Amérique pour éclairer l’avant de la voiture : c’est un projecteur, constitué par une lampe à arc de faible intensité et qui permet d’éclairer la voie en avant à plusieurs centaines de mètres. Pour l’éclairage intérieur des tramways, nous croyons également qu’il serait très avantageux d’employer des lampes à incandescence dont le filament serait ancré d'une façon spéciale pour assurer son immobilité. Ajoutons qu’il est recommandable de n’employer pour l’éclairage des tramways que des lampes à incandescence à monture à baïonnette ; on a, en effet, remarqué que les montures à vis pouvaient sous l'action répétée et constante des chocs et des vibrations de la voiture, se dévisser peu à peu et tomber ; avec la monture à baïonnette, cet accident est impossible.
- Ces quelques détails ont leur importance, parce qu'ils permettent de diminuer l'entretien résultant de ces petites ameliorations de détails et c’est à ce titre que nous les signalons, car diminuer le prix de revient d’une exploitation quelconque doit être le souci constant d'un bon administra-
- is Gérant : C. NAUD.
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- Tome XIV.
- Samedi 29 Janvier 1898
- 5« Année. — Ne 5.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l’Institut. — A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — D. MONNIER, Professeur à l’École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER, Professeur à l'École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- SUR QUELQUES RÉSULTATS NOUVEAUX RELATIFS AU PHÉNOMÈNE DÉCOUVERT PAR LE Dr ZEEMAN
- Des perfectionnements successifs apportés h l’observation du phénomène découvert par M. le l)r Zeeman m’ont conduit à quelques résultats en désaccord avec les observations primitives et susceptibles de modifier les idées émises sur le mécanisme de ce phénomène.
- La disposition générale de l’expérience est celle que j’ai décrite précédemment : la source lumineuse (flamme oxhydrique chargée de vapeurs salines, étincelle d’induction, etc.] est placée entre les deux pôles d’un fort électro-aimant, et l’image de cette source est projetée sur la fente d’un appareil spectral à grande dispersion muni des dispositifs biréfringents nécessaires.
- I. Observation dans le sens des lignes
- DE FORCE
- Les conclusions primitives relatives au dédoublement du faisceau de lumière naturelle en deux faisceaux circulaires subsistent entièrement (*).
- (l) A. Cornu, L'Éclairage Électrique, t. XIII, p. 241, 6 novembre 1897.
- Mais les mesures micrométriques ont montré que l’amplitude de ce dédoublement ne dépend pas exclusivement de la longueur d’onde de la radiation observée ; on peut résumer ainsi l’ensemble des observations :
- L'action du champ magnétique sur la période vibratoire des radiations d'une source lumineuse paraît dépendre non seulement de la nature chimique de la source, mais aussi de la nature du groupe de raies spectrales auquel appartient chaque radiation et du rôle qu'elle joue dans ce groupe.
- Il reste donc peu d’espoir d’exprimer la grandeur du dédoublement magnétique des raies d’un même spectre par une simple fonction de la longueur d’onde, ainsi qu’on avait pu l’espérer au début (*).
- C’est d’ailleurs ce point de vue de l’existence de différences essentielles existant parmi les raies d’un même spectre, différences reconnues déjà dans diverses circonstances (raies spontanément renversables (2), groupes
- (') H. Becquerel, L'Éclairage Électrique, t. XIII, p. 419, 27 novembre 1897.
- (2) A. Cornu, Comptes rendus, t. LXXIII, p. 332.
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- hydrogéniques (’), etc.), qui m’a engagé à poursuivre l’étude minutieuse du phénomène de Zeeman comme offrant une voie nouvelle susceptible de mettre en évidence ces familles de raies que les apparences optiques font déjà soupçonner.
- Effectivement l’observation de groupes bien connus par leur succession géométrique régulière révèle, sous l’action du magnétisme, des anomalies analogues à leur inégale facilité de renversement spontané.
- Ainsi le groupe b du magnésium observé par vision directe, le groupe des trois raies bleues du zinc enregistré par clichés photographiques montrent que le dédoublement magnétique de leurs composantes va en augmentant suivant une loi rapide avec la réfrangibilité, bien que la longueur d’onde varie d’une quantité insignifiante de l’une à l’autre.
- Contrairement à ce que les expériences de MM. Egoroff et Georgicwski pouvaient faire présumer, c’est la raie la plus facilement renversable qui donne ici le moindre dédoublement.
- IL Observations dans la direction normale
- AUX LIGNES DE FORCE.
- Le résultat principal, obtenu dans ce cas, modifie profondément sur un point important les conclusions primitives de MM. Zeeman et Lorentz.
- i° Sous l’influence du champ magnétique dans la direction normale aux lignes de force, une raie spectrale unique devient quadruple (et non triple comme on l’avait annoncé pri-. mitivement). Les deux raies extrêmes sont polarisées parallèlement aux lignes de force, les deux raies intermédiaires perpendiculairement à cette direction.
- 2° Le quadruplel ainsi formé est symétrique par rapport à la raie primitive et l'écart des deux l'aies de même polarisation est sensible-
- ÉLECTRIQUE
- ment proportionnel à l'intensité du champ magnétique (*).
- C’est le perfectionnement de l’appareil optique, bien plutôt que l’accroissement du champ magnétique, qui m’a permis d’effectuer le dédoublement de la raie médiane du triplet de Zeeman : ce dédoublement a dù déjà être aperçu par divers observateurs;, mais l’imperfection des images l’aura fait confondre avec un simple renversement.
- D’ailleurs, il est le plus souvent très petit et en tout cas très inégal suivant les radiations choisies, même dans des groupes très serrés.
- L’exemple le plus frappant et le plus facile à observer est celui que fournit le groupe Dt D2 du sodium.
- La raie D, (fig. i), la plus fine et la moins
- Di D3
- Fig. I.
- réfrangible des deux, se transforme en un quadruplet bien visible, car les deux raies médianes offrent un écartement moitié de celui des deux extrêmes. La raie D2, plus large, plus facilement renversable, devient un triplet, parce que la raie médiane reste simple ; cette composante médiane laisse, il est vrai, supposer l’existence d’une légère ligne noire au milieu de sa largeur ; mais comme les deux autres composantes, de polarisation inverse, offrent la même apparence, le dédoublement reste indécis. Ainsi la différence essefitielle de nature entre D, et Ds, décelée depuis longtemps par leur inégale facilité de renversement spontané, est accusée ici par un caractère singulièrement net, à
- (*) J’a» constaté également que, pour les champs magnétiques égaux, la distance des deux raies polarisées parallèlement aux lignes de force est sensiblement égale à la distance des raies polarisées circulairement ; mais la précision des mesures optiques ou magnétiques est encore trop imparfaite pour pouvoir démontrer cette égalité avec certitude.
- {') A. Cornu, Comptes rendus, t. C, p. 1181.
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- savoir l’inégale séparation des seules composantes médianes : cette séparation est très grande dans Dn très faible dans Dâ ; au contraire, la distance des composantes extérieures est sensiblement la même dans les deux. N’est-on pas en droit de penser que l’action du champ magnétique atteint une particularité des plus intimes du mécanisme de la genèse des radiations ?
- Le groupe b du magnésium composé de trois raies bv b2, bK (‘), est également instructif : on s’attendait à voir la raie la plus fine se transformer en quadruplet : il n’en est rien, elle devient un simple triplet; l’intermédiaire bà, au contraire, se divise nettement en quatre : la première la plus facilement renversable, se sépare également en un quadruplet, mais elle est trop diffuse pour que le phénomène soit aussi net.
- La raie verte du thallium est aussi trop large pour bien montrer le dédoublement de la raie médiane.
- La raie verte (n° 4) du cadmium se divise également en quatre, mais il faut un champ magnétique intense pour bien voir cette subdi-
- Si l’on pouvait douter, d’après les seules observations effectuées dans la direction des lignes de force de l’action spécifique du champ magnétique sur les radiations émises, les résultats précités obtenus dans la direction normale à ces lignes lèvent tous les doutes. Il n’y a d’ailleurs à craindre aucune erreur provenant d’un imparfait réglage du dispositif optique ; en effet, dans la direction normale aux lignes de force, on n’utilise, comme appareil séparateur, qu’un simple rhomboïde de spath d’Islande. Quant au champ magnétique dont l’uniformité n’est jamais parfaite, je me suis assuré (en donnant aux pièces polaires les formes les plus diverses) que si l’intensité moyenne du champ varie suivant la configuration de ces pièces, la distance relative des composantes du
- 0) Dans le groupe b du spectre solaire la raie b3 appartient au nickel.
- quadruplet reste inaltérée ; le phénomène ne dépend donc pas d’une disposition particulière des surfaces équipotentielles du champ (')•
- On pourrait enfin objecter, non sans quelque raison, que la faiblesse des déviations obtenues jusqu’ici rend très incertaine l’interprétation des images. Mais, dans mes expériences, cette objection n’est pas applicable ; grâce à diverses précautions résultant d’essais successifs, j’obtiens des images extrêmement lumineuses et fines séparées par des intervalles obscurs bien délimités (2).
- J’arrive h ce résultat par l’emploi de l’excellent réseau plan qui m’a servi aux études de spectroscopie solaire (*; et que je dois à l’amabilité de M. le professeur Rowland ; j’ai pu constituer un speclroscope à grande
- pour rendre visibles les surfaces équipotentielles magnétiques au voisinage des pièces polaires dans les champs très intenses ; je ne sais si elle est connue, elle est en tout cas fort commode. Elle consiste à faire éclater, dans le champ à explorer, l’étincelle (non condensée) d'une forte bobine d'induction entre deux électrodes métalliques assez écartées ; le trait de feu n'est pas dévié, mais l’auréole violette est soufflée ; elle s’épanouit d’un côté seulement, suivant une nappe lumineuse striée en courbes concentriques, qui épouse sensiblement la forme de la surface équipotentielle passant par le point où se fait la décharge, et elle offre une aire d’autant plus grande que l’intensité du champ y est plus grande.
- Cette nappe change de côté lorsqu’on inverse le sens du
- Avec des électrodes facilement volatilisables 1 thallium, sodium métallique, etc.) le phénomène est particulièrement brillant.
- Si l’on rapproche beaucoup les électrodes, une seconde nappe, symétrique mais plus étroite, apparaît de l’autre côté,
- due évidemment à la décharge du courant induit direct, à
- (2i En particulier les raies D, Dj de la soude s’obtiennent en réglant la proportion et la pression des gaz oxhydriques sur un globule de verre à la soude : avec un peu d'habitude on arrive à obtenir à volonté toutes les apparences spectrales connues, raies pâles et diffuses, raies brillantes et nettes,
- Dans l’étincelle d’induction jaillissant entre deux pôles de sodium métallique, le métal ne s’enflamme pas, môme avec une forte décharge condensée , mais les raies sont larges et renversées et l’on peut voir le quadrupler sombre sur fond brillant.
- (3) Ann. de Chimie et de Physique, 6e série, t. VII, p. 5.
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- l’éclairage électrique
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- dispersion (1) où le spectre du troisième ordre est particulièrement brillant, de sorte que les déviations atteignent une amplitude relativement considérable. Voici les nombres obtenus dans une observation faite dans un champ magnétique d’environ 13000 unités C. G. S. :
- Distances des raies extérieures 0,54 du micromètre
- du quadruplct D,.......... oculaire.
- Distances des raies intérieures 0,26 du micromètre
- du quadruplet Dj.......... oculaire.
- Distances des raies D,, D* à 3,61 du micromètre
- l’état naturel............ oculaire.
- Le pas de vis du micromètre est d’un demi-millimètre.
- La plus grande distance des composantes séparées par l'action magnétique atteint donc presque de la distance des raies I)i D*.
- Remarque. —Ce quadruplcment inattendu de la période vibratoire d’une source monochromatique, normalement aux lignes de force, contrarie au premier abord la simplicité de l’interprétation cinématique si élégante de formation du triplet, qui conduisait à conclure que l’amplitude vibratoire des radiations n’était pas modifiée dans le sens des lignes de force. Mais, à la réflexion, je me suis convaincu que la nouvelle donnée expérimentale, devant laquelle il faut s’incliner, s’accorde néanmoins parfaitement avec l’idée qu’on doit se faire d’une ligne de force magnétique, laquelle est définie par un vecteur ou quantité dirigée; les propriétés du système complexe qu’elle représente dépendent donc du sens dans lequel elle est portée. Or, l’amplitude vibratoire est aussi une quantité dirigée : il est donc naturel que l’influence réciproque de deux éléments parallèles, caractérisés tous deux par des vecteurs, puisse être de deux sortes suivant que les vecteurs en jeu sont de même signe ou de
- (l) Journal de Physique, 2e série, t. II, p. 53. Le spectros-cope décrit dans cet article donnait déjà de très bons résultats ; mais, en remplaçant le prisme de flint par le réseau, Ja netteté s’est considérablement accrue. (Voir plus loin.)
- signe contraire. C’est évidemment un argument un peu abstrait, mais qui n’en impose pas moins une condition nécessaire. L’effet résultant peut être nui ; c’est ce qui résultait des observations imparfaites du début; mais, n’étant pas nul, il a nécessairement deux valeurs égales et de signe contraire ; c’est justement ce que constatent les nouvelles observations, à savoir une variation de période symétrique de part et d’autre de la période primitive.
- Si l’interprétation cinématique du phénomène devient un peu complexe, elle acquiert une symétrie très suggestive relativement à la constitution mécanique du champ magnétique.
- Comme les composantes vibratoires normales aux lignes de forces, la composante parallèle à cette direction est dédoublée, et les périodes des deux parties sont 'altérées respectivement de quantités égales, de signe contraire et proportionnelles à l’intensité du champ.
- En résumé, on voit combien de questions importantes, au point de vue des relations de l’électricité avec la lumière, soulèvent ces nouvelles expériences. Bien que les observations soient très délicates et encore fort incomplètes, j’ai cru devoir les faire connaître, me réservant de les poursuivre lorsque les moyens d’action dont j’espère disposer me permettront d’accroître encore la grandeur des effets, et par suite la précision des mesures.
- III. —Description succincte de l’appareit.
- SPECTRAL
- L’appareil spectral est constitué par le spectroscope à grande dispersion que j’ai décrit autrefois au Journal de Physique (2ü série, t. II, p. 53). La dispersion est produite par un prisme de flint à travers lequel, grâce à des réflexions convenables, les faisceaux passent quatre fois. La disposition de l’appareil présente un grand avantage sur celle de la plupart des spectroscopes employés : le même objectif servant à la fois
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- pour le collimateur et pour la lunette, et le prisme toujours au minimum de déviation, le spectre est toujours au point dans toute son étendue sans autre manœuvre que celle d’un tambour divisé. Je renvoie‘à l’article précité pour la description de cet appareil qui donne à partir de la région de b une dispersion à peu près identique à celle du premier spectre d’un réseau Rowland concave de io pieds de foyer; pour les radiations plus réfrangibles, la supériorité dispersive du prisme sur le premier spectre du réseau devient de plus en plus grande, car dans le prisme, la dispersion grandit comme l’inverse du carré de la longueur d’onde, tandis que dans le réseau elle diminue proportionnellement à cette longueur d’onde.
- J’aurais adopté définitivement ce spectros-cope si le prisme de flint quoique assez pur n’avait pas quelques petits défauts; ces imperfections (qu’on pourrait d'ailleurs éliminer par une retouche des faces) enlevaient de la netteté aux images et obligeaient à diaphragmer beaucoup l’ouverture de l’objectif.
- Description de l'appareil transformé. —-Avant de me résoudre à reprendre cet ancien appareil (ce qui semblait un pas en arrière), j’avais essayé les spectres d’ordre supérieur du réseau concave : mais outre la faiblesse accidentelle de ces spectres dans les réseaux dont je disposais, Y astigmatisme inévitable du réseau concave, qui allonge démesurément les images dans le sens des traits, diminue beaucoup la clarté des images focales lorsque la source est très petite parallèlement à la fente. On verra plus loin qu’en effet on ne peut guère supposer à la source plus de 2 mm de hauteur. Pour bénéficier de tout le pouvoir dispersif des spectres d’ordre élevé des réseaux, il faudrait détruire cet astigmatisme si fâcheux ; il est difficile d’y parvenir autrement qu’en adoptant un réseau plan. C’est ce à quoi je me suis arrêté et j’ai remplacé le prisme de flint par un réseau plan R (fig. 2).
- Le collimateur est constitué par une fente F
- portée par un tube latéral dont l’axe est horizontal.
- Le faisceau lumineux, concentré par une lentille achromatique L, traverse la fente et se réfléchit horizontalement sur un prisme R à réflexion totale qui l’amène sur l’objectif O, et sur le réseau R. La fente étant au foyer principal de l’objectif, le faisceau émergent
- A
- arrive parallëlementetse diffractesurle réseau dont l’inclinaison est réglée de manière à renvoyer le faisceau diffracté choisi sur l’objectif dans la direction incidente. Une très légère inclinaison permet de diriger le faisceau devenu convergent à côté du prisme R (en réalité un peu au-dessus) dans la direction CH ; l’image focaie se fait dans le plan des fils du micromètre AL
- L’observateur peut donc faire défiler les spectres successifs de droite ou de gauche en manœuvrant la vis tangente T\T et choisir
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- igo
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- celui des spectres qui donne à la fois la plus grande dispersion et plus grand éclat.
- L’un des spectres du troisième ordre est celui qui m’a fourni les meilleures images. Comme l’objectif a 80 mm d’ouverture, il utilise toute la surface striée du réseau, et sa grande longueur focale (1.25 m) transforme la dispersion angulaire en une dispersion linéaire relativement considérable.
- Mode d’observation. — Pour faire une observation on projette l’image de la source, formée par la lentille L, sur la fente F réduite à 2 mm de hauteur : un rhomboïde de spath d’Islande S, dont les faces d’entrée et de sortie sont normales au faisceau incident, produit deux images de la fente, polarisées h angle droit et placées l’une au-dessus de l’autre. L’appareil ainsi disposé est prêt pour les observations du phénomène de Zeeman dans le sens perpendiculaire aux lignes de force. On obtient alors l’effet reproduit (fig. 1} qui n’a pas besoin d’autre explication. Si L’on veut opérer dans le sens des lignes de force, on place en avant de la fente en Q (fig. 2) un double mica (enfermé entre deux lames de clinquant convenablement percées) dont les sections principales sont rectangulaires entre elles et à 450 de la section principale du spath d’Islande.
- La ligne de séparation, qui doit être très fine, coupe normalement la fente à moitié de sa hauteur.
- La figure 3 donne une idée de l’effet produit par le dispositif :
- a est l’image de la fente du collimateur sans addition ni du spath S ni des quarts d’onde Q.
- b représente l’ouverture de la lame de clinquant et la ligne de séparation des deux
- c est l’image de la raie spectrale avec
- l’ombre de la ligne de séparation des deux micas, située au milieu de sa longueur.
- d est l’image précédente, dédoublée par l’adjonction du rhomboïde de spath d’Islande.
- C- d
- E3
- Fig. 3.
- e est l'aspect de la raie spectrale de la source placée dans le champ magnétique et observée dans le sens des lignes de force. Les deux rayons circulaires de sens contraire sont alternativement éteints et l’on obtient une ligne brisée très favorable à l’observa-
- T -,
- C’est a l’aide de ce dispositif qu’on peut mesurer au micromètre a fil les déviations des raies spectrales. S’il s’agissait seulement de les observer qualitativement sans faire de mesures, on remplacerait l’ensemble du dispositif placé sur le collimateur par l’un de ceux que j’ai décrits précédemment (t. XIII, p. 241), et qui se mettent à l’oculaire.
- L’un des avantages de l’appareil ainsi constitué c’est que le réglage de l’image focale effectué sur une raie choisie sert pour toutes les autres raies : en un mot, l’appareil est toujours au point aussi bien pour les radiations visibles que pour les radiations photographiques. Il est vrai que pour obtenir l’extrême perfection il faut tenir compte des légères aberrations d’achromatisme de l’objectif; mais on y arrive aisément en manœuvrant le tube de tirage du collimateur qui est gradue en millimètres et mù par une crémaillère.
- A. Cornu,
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- LE CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE DE L’EXPOSITION DE 1900
- f.A BEATE - FORME ÉLECTRIQUE A DEUX VITESSES, SYSTÈME BLOT, GUYKNET ET DE MOCOMBLE
- Les lecteurs se rappellent qu'à la fin de l’année dernière, le Commissariat général de l’Exposition ouvrait un concours pour l’établissement, dans l’enceinte de la future Exposition, d’un chemin de fer électrique (']. Bien que les conditions du cahier des charges fussent très sévères, cinq concurrents se sont présentes, et leurs offres, lues en séance publique le 28 décembre dernier, seront bientôt l’objet d'un rapport de la Commission chargée de leur examen et peut être même ce rapport sera-t-il déposé au moment où paraîtra cet article (2).
- Les cinq concurrents en présence sont, suivant l’ordre dans lequel leurs projets ont été lus en séance :
- i° La Société française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston ;
- 20 La Société nouvelle des Etablissements Decauville ;
- 3° M. Francq Léon ,
- 4n La Société du secteur électrique de la rive gauche 5
- 5° M. de Mocomble.
- Avant d’indiquer les particularités de ces divers projets, auxquels M. R. Soreau consacrait dans le Génie Civil du 8 janvier dernier un article d’où sont tirés en partie les renseignements qui suivent, il convient de dire quelques mots sur les conditions imposées par le cahier des charges.
- Les conditions du cahier des charges. — La ligne, tout entière sur la rive gauche de
- la Seine, formera un circuit fermé englobant le Champ-de-Mars et tout le pâté de constructions compris entre le Champ-de-Mars et l’Esplanade des Invalides : partant de l’Esplanade, elle suivra le quai d’Orsay, remontera l’avenue de Suffren, passera devant l’Ecole Militaire, regagnera l’Esplanade par l’avenue de La Motte Picquet, et enfin reviendra à son point de départ en longeant le côté ouest de l’Esplanade ; la longueur totale sera d’environ 4 200 111.
- La voie sera double ou unique, et aura une largeur comprise entre 0,60 m et 1 rri ; si la voie unique est adoptée, la bande de terrain affectée à l’établissement du chemin de fer pourra être réduite en largeur. A moins d’approbation préalable et à titre exceptionnel, le rayon des courbes ne descendra pas au-dessous de 40 m. Aux points où la ligne coupera les voûtes- d’égouts, celles-ci seront remplacées par des bâches métalliques étanches qui laisseront au-dessus des banquettes de circulation une hauteur libre suffisante pour l’écoulement des eaux.
- Le mode de traction sera électrique. Le matériel roulant aura au plus une hauteur de 2,60m au-dessus des rails et une largeur de 2,10 m, }• compris toutes saillies ; en aucun cas, cette largeur ne pourra être dépassée. Un intervalle d’au moins 0,70 m sera toujours ménagé, en voie courante, entre les obstacles et les deux verticales les plus saillantes du matériel roulant.
- L’exploitation, à la charge du concessionnaire chargé de la construction, se fera dans les conditions suivantes : l’espacement des trains sera d’au plus 2 minutes si la voie est unique, de 3 minutes si elle est double ; chaque train offrira un minimum de 6 800 places par heure, pour le premier cas, et de 3 600 pour le second ; le prix, pour le parcours total de la ligne, ne dépassera pas 0,50 fr en première classe et 0,25 fr en seconde
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- L’ECLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. — N° 5.
- classe, ou 0,25 fr s’il n’y a qu’une seule classe ; enfin l’exploitation devra pouvoir commencer le 15 janvier 1900.
- Lies PROJETS UES SOUMISSIONNAIRES. — Un seul soumissionnaire accepte sans réserve toutes les conditions du cahier des charges ; c’est la Société nouvelle des Etablissements DecauviUe, dont le projet comporte l’établissement d’une voie unique de 1 m de large avec prise de courant par troisième rail. lu 'exploitation se ferait à l’aide de dix tracteurs et 40 voitures de remorque ; il n’y aurait qu’une seule classe à 0,25 fr. Au-dessus de 1 800 000 fr, chiffre auquel sont évaluées les dépenses, déduction faite des reprises du matériel, la Société abandonne 55 p. 100 des recettes à l’Administration ; dans le cas où des modifications seraient ultérieurement demandées par celle-ci, toutes diminutions ou augmentations qui en résulteraient auraient pour effet d’abaisser ou d’élever d’autant la somme de 1 800 000 fr à partir de laquelle devrait se faire le partage des bénéfices.
- Le projet de la Société pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston consiste tout simplement dans l’établissement d’une ligne à voie unique, à écartement de 1 m, desservie par 22 voitures motrices et 33 voitures de remorque du type ordinaire des tramways de cette Société, et ne comprenant qu’une seule classe à 0,25 fr. La hauteur du matériel roulant serait de 20 cm plus grande que celle indiquée par l’Administration, soit 2,80 m. Une subvention de 1 500 000 fr est demandée à l’Administration, moyennant quoi celle-ci touchera toute la recette brute entre 9 000 000 et 15 000 000 de voyageurs payants, et les deux tiers de cette recette au delà de ce dernier chiffre ; enfin que somme à forfait de 100 000 fr est offerte à l’Administration par la Société pour les travaux de viabilité.
- La Société du secteur électrique de la rive gauche propose également une voie unique de 1 m de largeur, desservie par 10 tracteurs et 40 voitures de remorque, la prise de courant s’effectuant au moyen d’un troisième
- rail ; il y aurait deux classes, ào,5ofr et 0,25 fr. Pour la construction de la voie elle demande les modifications suivantes aux conditions imposées : passage en souterrain de la rue Fabert (qui limite à l’ouest l’Esplanade des Invalides; au quai d’Orsay ; réduction du rayon des courbes de 40 à 20 m ; réduction, sans minimum indiqué, de la distance entre les obstacles et le matériel roulant. Elle abandonne à l’administration, d’abord 20 p. 100 des recettes brutes, puis 25 p. 100 des recettes nettes, après revente du matériel et majoration de 5 p. 100 des dépenses de construction et d’exploitation.
- Le projet de M. Francq, auquel s’est associée la Compagnie de Fives-Lille, prévoit la construction d’une double voie à l’écartement normal de 1,44 m, desservie par 20 voitures automobiles et 40 voitures de remorque, chaque train composé de trois voitures pouvant transporter 180 à 200 voyageurs ; il n’y aurait en principe qu’une seule classe, à 0,30 fr, mais on pourrait toutefois établir des places de luxe à 0,50 fr. Le rayon minimum des courbes serait abaissé à 30 m. Tout excédent des dépenses de premier établissement au-dessus du chiffre de l’évaluation, 3 500 000 fr, serait à la charge de l’Administration et celle-ci n’aurait droit à une redevance qu’au delà de 15 000 000 de voyageurs transportés, savoir : 1 centime par billet, de 15 à 20 000000 ; 2 c de 20 à 25 000 000 ; 3 c de 25 à 30 000 000 ; 5 c au-dessus.
- Le projet présenté par M. de Mocombï.e, dressé avec la collaboration de M. Maréchal et le concours de la Compagnie générale de traction et de la Banque internationale de Paris, prévoit egalement l’établissement de deux voies mais avec une modification intéressante. L’une des voies serait desservie par des voitures ordinaires, l’autre serait desservie par une plate-forme roulante, analogue, mais plus perfectionnée que celle qui constituait l’un des éléments d’attraction de l’Exposition de Chicago. Le chemin de fer, à voie de 1 m, suivrait en plan le tracé imposé ; un rail central servirait à amener le courant
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- aux voitures ; il y aurait huit trains en service et trois en réserve de chacun 250 places à 0,25 fr. Les modifications au cahier des charges demandées sont : passage du carrefour Rapp-Bosquet en viaduc ; augmentation du gabarit du matériel roulant à 3,15 m en hauteur et à 2,50 m en largeur. La plate-forme serait constamment en viaduc; sur presque tout le développement de la ligne, elle serait parallèle ou superposée au chemin de fer et circulerait en sens inverse de celui-ci; mais elle formerait transversale avenue de La Bourdonnais et longerait les palais de l’Exposition, dont elle desservirait le premier étage. Le prix des places serait de 0.50 fr. La redevance consentie en faveur de l’Administration serait de 1 centime par voyageur payant transporté soit sur le chemin de fer, soit sur la plate-forme. Le chemin de fer serait livré à la circulation le 15 janvier 1900/ comme le demande le cahier des charges, la plate-forme le tcr mars suivant.
- Des cinq projets, celui présenté par M. de Mocomble est donc le plus intéressant au point de vue de la nouveauté des moyens employés ; pour cette raison il mérite de fixer notre attention.
- Comme nos lecteurs le savent par le compte rendu donné dans ces colonnes (') de ls séance du 12 novembre de la Société d’En-couragement, la plate-forme imaginée par M. de Mocomble, avec la collaboration de -MM. (myenet et Blot, comprend trois parties, à savoir : un trottoir fixe, une plate-forme se déplaçant avec une vitesse de 5 km à l’heure et une seconde plateforme se déplaçant avec une vitesse double. Dans ces conditions l’accès de la première ' plate-forme est des plus faciles, il présente beaucoup moins de difficulté que la montée dans un tramway en marche. Quant à l’ac-ces de la seconde, il est aussi facile, puisque P°ur le voyageur entraîné par la première
- 1897 ^ ^dail age Électrique, t. XIII, p. 418, 27 novembre
- plate-forme la vitesse relative de celle sur laquelle il veut monter n’est également que de 5 km : h. Le passage inverse ne présente pas plus de difficulté.
- Au point de vue technique le projet paraît d’ailleurs fort bien étudié. Dans son rapport à la Société d’Encouragement dont nous parlions plus haut, AI. Barbet donnait sur la plateforme des détails très circonstanciés : en même temps le rapporteur présentait un historique complet de la question. Nous croyons donc ne pouvoir mieux faire que de reproduire in extenso la communication de M. Bar-bet () :
- Rapport de M. Barbet sur la plate-forme mobile. — ADI. Guyenet et de Mocomble ont soumis à la Société d’Encouragement un projet de plate-forme mobile pour le transport des voyageurs.
- 1. L’idée de fa;re marcher le chemin qui porte le voyageur ou la marchandise paraît ancienne. Les courroies montées sur les poulies de transmission peuvent, si leur pente est faible, servir à transporteries objets que l’on pose sur Leur surface.
- Depuis longtemps, dans les fabriques de sucre, ce procédé est appliqué au transport des betteraves, des cannes et de la bagasse.
- Ce système peut être appliqué aux personnes : à New-York, un trottoir incliné de ce genre permet de monter sans effort à la gare du chemin de fer de Pennsylvanie située au-dessus de Cortland-Street.
- Une autre application vient d’en être faite aux grands magasins du Louvre, pour permettre aux visiteurs d’aller du rez-de-chaussée au premier ctage ((i) 2;. Un tablier flexible se déroule sur des rouleaux; à l’extrémité de la course, la voie mobile passe au-dessous du
- (i) Bulletin de la Société d’Encouragement, 5e série, t. II, p. 1425, novembre 1897.
- ragement, qui a bien voulu nous prêter gracieusement les clichés des figures qui illustrent cet article. (N. d. 1. RJ , 2) Voir L’Éclairage ÉlecU ique. t. XII, p. 604, 19 juin 1897.
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- plancher, auquel elle donne accès, par une ouverture fenêtrée, assez étroite pour éviter tout accident.
- Ce système a l’avantage de pouvoir servir d’ascenseur, mais il ne comporte pas un très grand développement. 11 ne parait applicable, en outre, que dans les parties droites.
- 2. MM. Blot, Guyenet et de Mocomble se sont proposé d’appliquer l’idée de la plate-forine mobile à un circuit fermé, tel que serait un métropolitain circulaireà grand trafic ou un chemin de fer de ceinture.
- La première solution qui se présente à la pensée est celle d’un train continu de wagons
- dont les châssis, au lieu de supporter des caisses séparées, seraient réunis par des couvre-joints formant un seul et même plancher continu. I,a force d’impulsion serait donnée soit au moyen d'un câble animé d’un mouvement de translation, soit à l’aide de machines électriques montées sur certains châssis... Pour permettre aux voyageurs l’accès du plancher mobile, il faut établir latéralement un ou deux trottoirs fixes, placés au
- même niveau. Le train continu circule ainsi dans une sorte de fosse, et, pour permettre la visite des organes mobiles, il est nécessaire de construire sous Ja voie des tranchées encadrées de murs de soutènement.
- Le poids énorme des châssis rend, d’autre part, coûteuse l’installation d’un viaduc en élévation. Cette solution est donc d’un prix de revient élevé.
- Pour réduire cet inconvénient, les inyen-
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- teurs ont cherché à diminuer le plus possible le poids de la partie mobile en rattachant au sol les mécanismes moteurs.
- 3. Premier projet Bîot. — La première étude dans ce sens a été faite par M. Blot en 1886. Son système se composait d’une plate-forme sans fin, mobile, circulant entre deux trottoirs fixes (fig. 1 et 2).
- La plate-forme était formée essentiellement d’une lame verticale centrale, en tôle, sans fin, à laquelle étaient attachés tous les éléments du plancher : d’abord des poutres transversales I, qui traversent la tôle et y sont solidement boulonnées; sur ces poutres, reposent quatre cours de longrines longitudinales H qui supportent un nombre égal de longrines semblables, sur lesquelles le plancher est posé. Entre les deux groupes de longrines superposées, sont placés, de distance en distance, des tampons en caoutchouc K, formant ressorts.
- Sous les poutres transversales boulonnées à la tôle verticale maîtresse et h leurs extrémités, sont fixés des coussinets. C’est par l’intermédiaire de ces coussinets que le système mobile qui vient d’être décrit repose sur deux files de rails sans fin E E.
- Chaque file de rails est indépendante de l’autre et repose dans les gorges de roues D.
- Les rails avancent à la commande de ces roues quand celles-ci se mettent à tourner.
- Les roues sont calées sur des essieux montés dans des coussinets fixés au sol et sont actionnées par des machines dynamo-électriques recevant le courant d’une usine centrale.
- Pour mettre le système en mouvement, il suffit de lancer le courant dans les dynamos; les rails supportés par les roues en suivent l’impulsion sans patinage possible ; les seuls frottements qui se produisent sont ceux des coussinets sur les rails dans les courbes.
- Dans le projet présenté par M. Blot pour le chemin de fer destiné à desservir l’Exposition de 188g, le mouvement du plancher ne devait pas être continu. L’auteur du projet
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- supposait le plancher mobile animé d’une vitesse assez considérable, en sorte que le voyageur inexpérimenté stationnant sur le plancher fixe d’embarquement n’aurait pas pu, sans risquer de tomber, pénétrer sur le plancher mobile. Pour éviter tout danger,
- M. Blot supposait que lé plancher mobile subissait toutes les demi-minutes des arrêts de quelques secondes. Ces arrêts devaient permettre au voyageur d’effectuer sans difficulté les mouvements d’embarquement et de débarquement.
- Fig. 3 et 4. — Plate-forme Schmidt et Silsbee. Élévation et plan.
- 4. V'oies mobiles de Chicago et de Berlin. — Le projet de M. Blot 11’eut pas de suite; c’est aux Américains que revient l’honneur de la
- Fig. 5. — Plate-forme Schmidt et Silsbee. Coupe
- première tentative d’application de la plateforme mobile au transport des foules.
- Deux ingénieurs américains, MM. Silsbee et Schmidt, installèrent à l’Exposition de Chicago, en 1893, une plate-forme mobile à
- deux vitesses. Plus tard, à l’Exposition d'. Berlin, en 1896, l’administration allemande établit une plate-forme à deux vitesses également, analogue à la précédente (fig. 3 à 5}.
- La description de ces plates-formes 11e rentre pas dans le cadre de notre rapport. Nous dirons néanmoins quelques mots sur l'ensemble de leur installation et sur les résultats qu’elles ont donnés.
- Le premier point remarquable est que la plate-forme ne marche pas par saccades, comme celle projetée par M. Blot, mais d’un' manière continue. Pour rendre facile ai: voyageur le passage du plancher fixe à la plate-forme mobile marchant à une vitesse de 10 km à l’heure, il a été créé une plateforme à vitesse • intermédiaire de 5 km à l’heure.
- Ainsi, le voyageur passe du plancher de la station à une plate-forme marchant à la vitesse d’un homme au pas, soit à 5 km à l’heure, puis de cette dernière, à la plate-
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- forme marchant à la vitesse de io km. A Berlin, la vitesse de la première plate-forme a été portée à 8 km et celle de la seconde à 15 km à l’heure.
- Des centaines de mille de voyageurs ont utilisé, tant à Chicago qu’à Berlin, ces plates-formes roulantes, et les passages d’un plan à l’autre, ou les passages d’un plan mobile à la terre ferme n’ont jamais produit aucun accident.
- Les Américains n’ont pas cherché comme M. Blot, à réduire le poids des parties mobiles. Les plates-formes étaient portées par une suite de wagonnets, dont un seulement, sur trente-six, était moteur. Comme dans le projet de M. Blot, l’électricité servait de mode de transmission de la force. Pour n’avoir qu’une seule série de wagonnets porteurs pour les deux plates-formes mobiles, les Américains fixèrent la plate-forme à marche lente sur les wagonnets et rirent porter la plate-forme rapide sur des rails mobiles reposant sur les jantes des roues des mêmes wagonnets.
- Nous avons déjà indiqué au début le défaut de ces voies mobiles posées sur des trucs : poids considérable de la masse mobile, difficulté de surveillance des mécaniciens et nécessité de tout arrêter pour les réparations. Et, en effet, quand elle fonctionnait, la plate-forme de Chicago donnait toute satisfaction au triple point de vue de la sécurité, de la commodité et des facilités de transporter en un instant des foules énormes; mais on reprocha au système les nombreux arrêts dans l’exploitation pour cause de réparations.
- 5- — Nouveau brevet Blot, 1895. — L’Exposition de 1900 a ranimé le zèle des inventeurs. M. Blot reprit le projet que nous avons déjà décrit et y apporta une modification. Nous avons fait observer que les rails mobiles de son système se prêtaient mal au passage des courbes. Pour remédier à cet inconvénient, l’inventeur suppose les alignements de sa voie raccordés à l’aide de courbes
- de même rayon. Chaque file de rails est formée de trois lames indépendantes et sans fin. Les galets qui supportent et actionnent ces lames sont à trois gorges, de diamètres différents et calculés de façon à ce que la lame du milieu avance à la vitesse moyenne et les deux autres lames aux vitesses correspondant aux rayons exterieuret intérieur des courbes (fig. 6).
- Ray 28.35
- Roua de 2855 de rayon. " - diamètre. 57JO 350 tours pour le pourtour co.
- Fig. 6. — Projet Blot de 1895.
- Par une disposition spéciale non complètement décrite, la plate-forme doit reposer en alignement sur la lame centrale et en courbe sur les lames avançant aux vitesses correspondant au grand et au petit rayon.
- 6. Brevet Guyenel, décembre 1895. —Dans le projet de M. Guyenet, la plate-forme mobile B (fig. 7 et 8) repose d’une part, suivant son axe, sur une tôle sans fin flexible, analogue à celle du projet Blot et, d’autre part, sur ses bords, sur deux files de galets CC, roulant sur des rails fixes D.
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- Le poids de la plate-forme et de sa surcharge est ainsi porté moitié par la tôle axiale, moitié par les deux files de galets, ou
- /
- de 1895. Coupe transversale
- ipe longitudinale 1 -2
- par quart pour chacune des files. Pour permettre ix la tôle axiale d’épouser la forme des courbes, M. Guyenet la suppose formée de tronçons de 4 m de longueur réunis (fig. y k 11) par des charnières à axe vertical.
- Le mouvement est donné à la plate-forme par l'intermédiaire de la poutre axiale. Celle-ci repose sur des poulies espacées sur le parcours et recevant l’action de dynamos.
- Ces poulies d’entraînement sont suspendues sur des ressorts sourds réglant l’adhérence nécessaire à l’avancement de la tôle axiale.
- Les galets latéraux reposant sur les rails sont indépendants ; suspendus sur ressorts, ils donnent la direction et assurent la stabilité dans le cas d’une inégale répartition des voyageurs.
- 7. Plate-forme à deux vitesses, système Blot, Guyenet et de Mocomble. — Dans le projet que MM. Blot, Guyenet et de Mo-Gomble ont dressé en vue de l’Exposition de
- 1900, ces messieurs ont abandonne l’idée d’une plate-forme unique marchant à une seule vitesse et nécessitant soit des arrêts pour l’embarquement des voyageurs, soit une marche lente permettant la montée des voyageurs en marche («g. 12 à 19).
- Entre le 'trottoir fixe de la station et la plate-forme mobile est intercalée, comme à Chicago, une seconde plate-orme mobile àdemi-vitesse servant d’embarcadère.
- Le système présenté comprend donc :
- i° Une première plate-forme mobile à vitesse de 10 km à l’heure, et de 1,30 m de largeur, roulant sur une voie de 0,90 m d’écartement :
- 20 Une seconde plate-forme marchant à demi-vitesse de la précédente, de 0,80 m de largeur, roulant sur une voie de 0,45 m d’écartement, et servant d’embarcadère ;
- 3° Un trottoir-station de 0,90 m de largeur ;
- 4° Une passerelle métallique portée par des colonnes en fonte et servant à supporter les
- 5° Des escaliers d’accès pour la montée et la descente des voyageurs.
- Chaque plate-forme mobile est composée de trucs appartenant à deux types : le premier est supporté par quatre roues indépendantes, alors que le second n’a aucune roue et prend appui sur les deux trucs voisins. Le plancher de chacun de ces trucs repose sur des longrines en bois qui prennent à leur tour appui sur des traverses. Ces traverses sont fixées en leur milieu k une poutre axiale qui est l’âme du système ; elles portent à leurs extrémités les roues dont il vient d’être question.
- La voie de ces roues repose à son tour sur des longrines en bois qui s’appuient sur des traverses métalliques reliées aux poutres maîtresses du viaduc.
- La poutre axiale, de son côté, repose tous
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- les 6 m, sur des galets tantôt moteurs, tantôt de soutien ; elle est constituée en tôle et cornières, avec un rail d’acier en forme de simple T à la partie inférieure. Pour permettre le passage facile dans des courbes de
- 6o m, cette poutre est divisée en tronçons réunis par des charnières.
- Le mouvement est produit par l’adhérence de la poutre axiale sur les galets moteurs. Le même arbre sert à la mise en mouve-
- -tj>- -<j>- -<î>
- -9- -W- -o-
- ment des deux plates-formes ; mais comme il se produira des dénivellations différentes entre les galets supportant les poutres axiales des deux plates-formes, il a fallu prévoir une disposition spéciale de l’arbre de commande.
- Chaque galet est monté sur un essieu de faible longueur, solidement maintenu entre deux paliers reposant sur u*ne suspension élastique. Ces deux essieux sont réunis
- ensuite au moyen d’un arbre et de deux joints h la Cardan permettant ainsi les déplacements verticaux des galets.
- Les galets moteurs sont espacés de 39 111 et les galets porteurs de 6 m.
- Le rapprochement des galets moteurs permet de se passer de surcharges pour assurer l’adhérence.
- La douceur du roulement est obtenue par
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- des suspensions en caoutchouc placées au droit des roues des trucs et des galets.
- Sur le parquet des trucs de la plate-forme à petite vitesse, sont fixés des poteaux en fer
- de i m de hauteur, ayant pour but de servir de point d’appui aux voyageurs inexpérimentés pour passer aisément du trottoir fixe à cette première plate-forme. Pour monter sur la plate-forme à grande vitesse, ils pourront se servir des montants des sièges qui sont en bordure.
- Des escaliers doubles à paliers droits, établis tous les 200 m environ, serviront à la montée ou à la descente des voyageurs, de façon à avoir un service rapide.
- Tel est ^ensemble du projet; les auteurs l’ont accompagné d’un devis de poids et de calculs justificatifs établissant la résistance suffisante des pièces. Nous extrayons de ce mémoire les quelques chiffres qui suivent.
- Le poids total au mètre courant de la plate-forme mobile de grande vitesse est de 217 kg. Si nous ajoutons le poids de quatre voyageurs b. 70 kg l'un, nous avons un poids maximum de 497 kg, soit 500 kg.
- Le poids total au mètre courant de la plate forme mobile de petite vitesse est de 109 kg; ajoutant le poids de deux voyageurs nous trouvons un total d’environ 250 kg.
- 15. — Projet Blot, Guyenet et de Mocomble pour l'Exposition de 1900. Disposition d’ensemble.
- D’autre part, la vitesse de la plate-forme I d’embarquement est de moitié, soit de 1,35 m rapide est de 10 km à l’heure, soit 2,70 m par par seconde. Prenons comme résistance seconde environ. La vitesse de la plate-forme | moyenne au roulement 3,2 kg par tonne, nous
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- aurons, pour travail résistant, par mètre courant, dans-le-cas où les plates-formes portent leur maximum de voyageurs :
- . 0,50 tonnes x 2,70 + 0,25 tonnes x 1,35 (3,2)
- = 5,4 kilogrammètres.
- Pour lin circuit formé de 4 km le travail sera en chevaux :
- - x 5,4 X 4000 = 288 chevanx.
- Prenons pour les réceptrices un rendement
- l'Expositic
- de 1900. Coupe
- de 80 p. 100, pour la ligne un rendement de 90 p. 100, et enfin, pour les génératrices, un rendement de 85 p. 100, les machines à vapeur de l’usine fixe devront développer une puissance de :
- 8. Conclusion. — Il résulte de l’étude qui précède que le projet de plate-forme élec-
- trique à deux vitesses, système Blot, Guyenet et de Mocomble, qui vous est soumis, présente le plus grand intérêt.
- Le système des plates-formes mobiles permettrait de transporter rapidement des foules énormes. En effet, la vitesse de la plate-forme étant de 2,70 m par seconde et le nombre des
- Fig. 1$. — Projet Blot, Guyenet et- de Mocomble pour l'Exposition de 1900. Coupes transversales par un axe moteur et en pleine voie. (Echelle de 0mO2 par mètre. '
- places offertes étant de quatre par mètre, il s’ensuit que le débit par heure du chemin serait de
- 4 x 2,70 x 3 600 = 38 880 voyageurs.
- Un chemin de fer ne pourrait pas atteindre une pareille puissance de trafic.
- Le projet s’applique donc à un système de traction pouvant rendre des services qu’on
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- ne saurait attendre des chemins de fer.
- Le Comité des Arts mécaniques croit que ce double caractère de nouveauté et d’utilité recommande le projet k l’attention de la Société d’Encouragement.
- Projet définitif. — Le projet qui est
- actuellement soumis h l’appréciation de la commission de l’Exposition est conforme, quant aux dispositions principales, aux données précédentes.
- Toutefois, sur les indications de M. Maréchal, on a élargi sensiblement la plate-forme à grande vitesse et l’on a supprimé l’emmar.
- — Projet Bîot, Guyeuet et de Mocomble pour l’Exposition de 1900. Plate-forme de petite vit
- chement primitivement prévu sur cette plateforme.
- La combinaison de la plate-forme et du chemin de fer présentait, au point de vue du plan et du profil en long, certaines difficultés. M. Maréchal s’en est très heureusement tiré, et il a apporté, k ce sujet, au programme du concours certaines modifications qui facilitent beaucoup le dégagement des parties les plus fréquentées de l’Exposition.
- C’est ainsi que le passage particulièrement
- difficile du boulevard Latour Maubourg est évité, grâce au choix fait, pour le tracé de la plate-forme, de la ligne comprise entre la deuxième rangée d’arbres du quai d’Orsay.
- Dans cette partie, les stations seront multipliées afin de faciliter l’écoulement des voyageurs. On compte, en outre, procéder le soir à des effets lumineux tout a fait inédits et embraser instantatément toute la passerelle.
- Le cahier des charges relègue le chemin de
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- de fer sur le côté droit du Champ de Mars. Or la foule se portera surtout du côté gauche, qui est le plus rapproché du quai d’Orsay et des Invalides.
- Avec le chemin de fer seul, cette foule serait donc obligée de faire un long parcours à pied.
- Pour éviter cet inconvénient, qui ne manquerait pas de soulever de vives réclamations, le projet prévoit que la plate-forme se détachera du chemin de fer à la hauteur de l’avenue La Bourdonnais. De plus, comme dans cette partie les palais posséderont un
- immense étage, on passera à un niveau tel que les visiteurs de cet étage puissent atteindre la plate-forme de plain-pied.
- L'avenue La Motte-Piquet a été indiquée par l'administration comme devant servir de jonction, pour les transports par rails, entre le Champ de Mars et les Invalides. Le projet suit le tracé ; mais pour éviter le déplacement de la chaussée centrale, auquel on serait conduit en se plaçant suivant son axe, on a
- installé la plate-forme sur la contre-allée paire et le chemin de fer sur la contre-allée impaire.
- Les longueurs du chemin de fer et de la plate-forme sont :
- Chemin de fer.............. . 4300 m.
- Plate-forme.............3325 m.
- Il y aura 7 stations pour le chemin de fer et 11 stations pour la plate-forme.
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- 204 L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE T.XIV.—N°5.
- L’usine génératrice qui distribuera Le courant à une tension de 5 à 600 volts aura une puissance de 2 000 chevaux.
- On compte que Je chemin de fer et la plateforme pourront écouler de 50 à 60 000 voyageurs à L’heure.
- Les avantages d’un tel projet sont évidents.
- Il convient toutefois de signaler quelques critiques qui lui ont été faites. F.n premier lieu les défenseurs à outrance de l'esthétique craignent que cette plate-forme élevée de plusieurs mètres au-dessus du sol 11e produise un effet des plus disgracieux en coupant la perspective des avenues. Certecrainte 11e nous paraît pas justifiée, car les promoteurs du projet qui nous occupe ont, tout autant que ses détracteurs, le souci de donner un cachet artistique à l’ensemble des constructions de la future Exposition, et ils ont pris leurs mesures pour que rien de choquant ne vienne attirer le regard du visiteur. Ils font d’ailleurs remarquer qu’une des considérations qui les ont guidés pour la détermination du tracé de la plate-forme est justement le respect des perspectives.
- En second lieu on a émis la crainte que le lait de forcer le voyageur à monter un escalier
- pour arriver au niveau de la plate-forme qui doit le transporter ne diminue considérablement le nombre des personnes employant ce moyen de locomotion. Mais les voyageurs qui consentiront a payer un très léger supplément sur le prix de leur place pourront utiliser soit des ascenseurs électriques, soit des plans inclinés mobiles dans le genre de celui qui fonctionne dans les grands magasins du Louvre.
- Il nous paraît donc que le projet proposé par M. de Mocomble doive mériter d’être essayé; le fait même de son emploi comme moyen de locomotion dans l’enceinte de l’Exposition, qui ne peut avoir qu’une durée éphémère, est une raison qui milite en faveur de son adoption dans ce cas. Ne servirait-il qu’à donner une preuve nouvelle qu’en augmentant les facilites offertes aux voyageurs 011 augmente leur nombre, que ce serait déjà un résultat satisfaisant et de nature à faire avancer la solution du problème si complexe du transport en commun dans Paris. Nous ne pouvons donc, nous plaçant au point de vue du développement de la traction par l’électricité, que souhaiter bonne chance à M. de Mocomble.
- J. Ri:yv-\t..
- DYNAMO DE 600 CHEVAUX POUR DISTRIBUTION A TROIS FILS AVEC BOBINE ÉGALISATRICE
- Les avantages économiques du système de distribution à trois fils, imaginé par Hop-kinson sont bien connus. Mais ce système présente un sérieux inconvénient, du moins pour la majeure partie des installations où il est actuellement appliqué ; ceci tient à ce que, jusqu’à ces derniers temps, la méthode habituelle consistait à avoir autant de groupes distincts de dynamos en parallèle que l’on avait de bras de ponts à alimenter, ces groupes de dynamos se trouvant ainsi réunis
- en série l’un par rapport aux autres : cette division, des groupes générateurs est très défavorable, non seulement au point de vue du prix d’achat et du rendement, mais encore e.t surtout au point de vue de la surveillance des machines qui se trouve augmentée de ce fait.
- Le système de distribution à trois fils par bobine égalisatrice a été imaginé par M. de Dubrowolskvq ingénieur de l’AUgemeine Elektricitilts Gesellschaft ; la description de ce système ayant été donnée antérieurement
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 205
- Fig. 1. — Dynamo pour distribution à trois fils de la Compagnie de Fives-Lille. Elévation.
- jmrf fi 11 * ü ;i hhuti,
- Dynamo pour distribution à trois fils de la Compagnie de Fives-Lille. Plan.
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- 2 o6
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. -• M°5.
- dans ce journal (*), nous n’aurons pas à y revenir : nous en retiendrons seulement qu’il permet l’emploi de dynamos fournissant le voltage total de la distribution et qui par suite peuvent être des unités de puissance double de celles correspondantes au mode habituel. La bobine égalisatrice, seul appareil dont l’adjonction s’impose, a l’avantage
- d’être un organe fixe, peu coûteux et de très bon rendement.
- La Compagnie de Fivcs-Lille a eu l’occasion d’exécuter dernièrement une génératrice de ce système d’une puissance de 600 chevaux ; cette génératrice est actuellement .en fonctionnement à la station Edison du faubourg Montmartre.
- 1%. 5. — Dyr.
- DYNAMO G K N K R A T R T C !•'
- Cette dynamo (fig. 1, 2 et 3} doit fournir une intensité de 1 400 ampères sous une différence de potentiel de 290 volts aux bornes h la vitesse angulaire de 300 tours par minute.
- Inducteurs. — La carcasse inductrice en acier Robert est octopolaire ; elle est en deux pièces ; la demi-carcasse inférieure porte deux patins par lesquels elle repose sur la plaque de fondation ; la demi-carcasse supé-
- P) Voir dans L'Éclairage Électrique : dynamo de la Compagnie de Fives-Lille, t. I, p. 115, 29 septembre 1894; dynamo Dettmar, t. X, p. 172, 23 janvier 1897 ; dynamo de Kando, t. XJI, p. 359, 21 août 1897.
- rieure lui est réunie au moyen de boulons, avec interposition de cales de réglage entre les deux pièces fondues.
- T,es noyaux inducteurs bobinés ont une section circulaire et sont munis d’épanouissements qui augmentent la section de l’entrefer.
- L’excitation est shunt ; les 8 bobines réunies en série présentent une résistance d’environ 46 ohms à 150 C.
- Induit. — L’induit est enroulé en tambour en parallèle avec connecteur du genre Mor-dey réunissant les points de l’enroulement qui sont au même potentiel. L’enroulement proprement dit se compose de 400 barres de
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- cuivre rouge enfilées dans des trous légèrement fendus à la périphérie et de fourches de connexion également en cuivre rouge.
- Les connexions réunissant les milieux des différentes fourches du côté du collecteur à ce collecteur sont constituées par des bandes droites de nickeline qui présentent l’avantage d’intercaler une résistance relativement impor-
- tante dans le circuit de la bobine en commutations, alors que cette résistance est faible néanmoins devant la résistance entière de l’armature.
- Les connexions du «Mordey» sont en cuivre rouge et partent du collecteur vers l’arbre.
- Le noyau induit est composé de segments de tôles empilés à joints chevauchants et
- réunis au moyen de boulons. Le diamètre extérieur du noyau est de 1730 mm.
- Les paliers sont à huilage automatique par bagues excentrées ; le dessin de ces paliers a été donné par M. Fishes-Hunien dans son ouvrage allemand sur les dynamos à courant continu.
- La dynamo de 600 chevaux est actionnée par une machine Wiilansde puissance correspondante par l’intermédiaire d’un accouplement Raffard à bracelets de cuir.
- La bobine égalisatrice (voir fig. 4 et 5). rappelle assez comme disposition les anciens transformateurs Xipernowski. Elle se com-
- pose d’un noyau formé de disques circulaires de tôle serrés au moyen de boulons isolés ; l’enroulement est divisé en deux parties symétriques par rapport au point moyen qui correspond au conducteur neutre de la distribution.
- Etant donnée l’intensité assez considérable du courant de retour qui peut traverser la bobine à certains moments, l’enroulement est constitué par plusieurs fils réunis en para-lèle. Les deux extrémités du bobinage aboutissent à deux bornes qui sont reliées à deux frotteurs appliqués sur deux bagues de contact montées sur l’arbre de la dynamo (partie de gauche de la figure 3). Ces bagues de contact sont réunies au moyen de câbles aboutissant, pour chacune d’elles, à autant
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- 208 L'ÉCLAIRAGE
- de points également espacés de l’enroulement qu’il y a de paires de pôles ; ceci nous faità l’intérieur de dynamo quatre câbles de retour par bague, soit huit en tout.
- Cet ensemble générateur a toujours fonctionné d’une manière parfaite : la ventilation de l’induit est excellente ; réchauffement des bobines inductrices est faible; celui de l’induit n’a rien d’exagéré; les balais ne donnent pas d’étincelles pour la plus forte charge et le supplément de décalage à appliquer au levier des balais pour l’intensité maxima est très réduit.
- ÉLECTRIQUE T. XIV. — N»5.
- En résumé, étant données sa puissance et ses conditions particulières de fonctionnement, cette machine représente un type tout spécial parmi les grosses unités actuellement en service dans les secteurs parisiens. Nous regrettons que les conditions défavorables dans lesquelles elle se trouve placée ne nous aient pas permis d’en obtenir une épreuve photographique satisfaisante, il est vrai que les questions panoramiques ne sauraient avoir grande importance dans l’établissement des stations centrales, à Paris du moins.
- P. GlRAUTT.
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Sur une nouvelle méthode pour éviter les étincelles dans les dynamos ;
- Par J. Fisciier-IIinnen p).
- L'auteur rappelle que dans la discussion qui a suivi l’intéressante communication de M. Mordey aux Ingénieurs Electriciens de Londresonaremis en vue l'enroulement compensateur dit de Ryan, consistant comme on se le rappelle à munir les inducteurs d'un enroulement en série avec l’induit et distribué sur toute la surface des pièces polaires.
- L’intention de M. Fischer-Hinnen n’est pas d’entamer à nouveau une polémique sur la priorité de l’invention de cet enroulement qu’il avait indiqué avant Ryan(2), mais de présenter quelques remarques intéressantes sur les procédés employés, pour faire disparaître les étincelles des machines à courant continu.
- On sc fait en général une idée fausse sur le fonctionnement de l’enroulement dit de Ryan, en admettant que pour supprimer la réaction d’induit et les étincelles, il faut que
- (>) EleUrotechnische Zeitschrift du 30 décembre 181 p. 786.
- (2) Voir Elektrotechnische Zeitschrift, n° 2, p. 153. janv 1892, et La Lumière Électrique, t. XL17II, p. 576.
- les ampcrctours de l’enroulement compensateur soient égaux à ceux de l'induit. Ceci n’est exact qu’en ce qui. concerne la réaction d’induit, car les étincelles n’ont aucun rapport direct avec celle-ci.
- Après avoir rappelé le phénomène de la commutation, l’auteur fait remarquer que l’enroulement compensateur empêche non seulement la déformation du champ, mais qu’il produit dans la direction de la zone neutre un flux magnétique de direction perpendiculaire au champ inducteur et décalé en arrière dans le sens de rotation de l’induit.
- En ce qui concerne ce second effet seul, on voit qu’il suffit de donner au circuit compensateur un nombre d’ampèretours suffisant pour que le champ produit suivant a b (fig. 1) soit tel que la commutation se fasse sans étincelles. Dans ce cas les balais peuvent rester à leur place dans la zone neutre pour un débit quelconque.
- Il est facile de voir que cette condition n’est pas toujours compatible avec celle nécessaire pour supprimer la réaction d'induit, mais au point de vue pratique, la suppression des étincelles est seule intéressante. L’expérience montre bien du reste que malgré ce genre de
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 209
- compensation la chute de tension reste sensiblement la même.
- On peut arriver au même résultat, suppres-
- b
- Fig. 1.
- sion des étincelles, en remplaçant l’enroulement distribué sur la surface totale par une seule bobine en c d, ou encore, comme l’a indiqué M. Swinburne, par des pôles petits supplémentaires N et S (fig. 2).
- Pour certains types de machine, comme ic type Manchester et les machines genre Tbury on peut supprimer l’enroulement compensateur en disposant l’inducteur comme nous allons l’indiquer.
- Dans les types rappelés 011 peut sans inconvénient disposer l’enroulement auxiliaire sur les bobines inductrices elles-mcmcs mais en bobinant (fig. 3) une moitié dans un sens et l’autre dans l’autre de façon à créer un pôle conséquent au milieu des inducteurs en n et s. Soit at le nombre d’ampèretours nécessaire pour créer le flux magnétique inducteur at, celui de l’enroulement compensateur. Les nombres d’ampèretours agissant respectivement sur les circuits magnétiques de
- chaque inducteur seront — -f- al, et —---al,
- et leur somme est at, c’est-à-dire égale aux
- ampèretours primitifs. Il suffit donc de partager chaque enroulement inducteur en deux parties de part et d'autre du pôle auxiliaire,
- de façon à ce que la bobine la plus en arrière dans le sens du mouvement ait .un nombre d’ampèretours différent de l’autre de 2 at,. Ceci suppose évidemment qu’on a affaire à une machine série ou à une machine com-pound; pour les machines shunt la méthode ne pourra être employée que pour supprimer les étincelles à une charge donnée, la pleine charge par exemple.
- L’auteur dit avoir eu l’occasion de constater les bons résultats obtenus avec sa méthode appliquée à une machine de 400 ampères, dont le débit pouvait être sans inconvénient porté au triple de sa valeur normale, 1200 ampères, sans qu’on puisse s’apercevoir à l’inspection des balais si la machine était ou non en fonction.
- Cette méthode appliquée au moteur présente le grand avantage de pouvoir permettre le réglage de la vitesse dans une très grande limite par variation unique du champ, sans introduire aucune résistance dans le circuit de l’induit.
- Prix de revient et prix de vente de l’énergie électrique, en Angleterre.
- A la suite des renseignements que nous avons publiés au mois de juin dernier sur « le prix de l’énergie électrique pour moteurs et éclairage, en France » (j1), un certain nombre
- (‘) L’Eclairage Électrique, t. XII, p. 44, 26 juin 1897.
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- 2 10
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. — N° 5.
- DONNÉES STATISTIQUES RELATIVES A
- NOMS DES VILLES
- x S
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- • ,
- Hampstead. . .AED Islington. ... C Saint-Pancras . C
- Aberdeen. . - • ci
- Ayr . AG
- Bedford ... . C
- Belfast .... . C
- Blackburn . . C
- Blackpool . . . AE
- Bolton .... . AE
- Bradford. . . C
- Brighton. . C
- Bristol. . • • C
- Burnley . . . . AE
- Burton. . . . C
- Cardiff. . . . C
- Coventry. . . c
- Dewsburv . . .AED
- Dublin .... C
- Dundee . . . . BF
- Ealing .... . AE
- Edimbourg. . . AE
- Glasgow . . • . AE
- Halifax. . . . . AE
- Hanley. . . . C
- Huddersfield . C
- Hull C
- Kingston. . . c
- Lancaster . . . AE
- Leicester. . . C
- Liverpool. . . . CH
- Manchester. . . AE
- Nelson. . . . . AE
- Newport. . . . AE
- Nottingham . . AE
- Oldham . . . . AE
- Portsmouth- . . AE
- Salford. . . . C
- Southampton. . AE
- Southport . . . AE
- Stafford . . . AE
- Sunderland. . . AE
- Taunton . . . C
- Turnbridge AV. AE
- : Walsall . . . C
- Whitehaven. . . c
- j Wolverhampto n AE
- Worcester . . . C
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- RECETTES
- « P •— £
- O
- H U IJ C
- 2 haute. 2 083 275 310950
- 1 — 2 552 525 i75 725
- 5 basse. 4678 375 641 925
- 2 basse. 869 500 ïo8 375
- 1 haute. 727 575 44 650
- 2 — 966 900 71 000
- 2 basse. 879675 98 200
- 1 bas.-hte. 881 650- 81 275
- 3 haute. 1 7°4 i75 245 925
- 2 — 1 172525 93 425
- 7 basse. 2 631 875 394 975
- 5 bas.-hte. 4 467 025 645 375
- 3 haute. 2 749 200 345 35o
- 3 basse. 658 975 84875
- 2 haute. 726 625 36 375
- 2 — 1 238 075 134075
- 1 — 588 900 3° 5°°
- 2 basse. 613 950 9° 25°
- 4 haute. 1 45o 75o 259 95o
- 3 basse. 886 850 116 125
- 2 haute. 1 245 325 112375
- 2 bas.-hte. 5 776 75o 622 325
- 5 basse. 3 541250 743 800
- 2 haute. 1 155 725 102 550
- 2 — 1 103 575 104 700
- 3 — 1 452925 159 900
- 4 basse. 1 174 575 i94 375
- 3 haute. 687425 66925
- 2 basse. 574 575 5° 675
- 2 haute. 955 35o 106 025
- 13 basse. 11 705625 558 55°
- 3 — 7 729 750 1 211 375
- 4 — 250 000 32 725
- 2 haute. 1 016 925 75 725
- 2 basse. 1 684 675 176425
- 3 — 990 100 134 300
- 2 haute. 2 493 575 3^250
- 1 — 1 036 775 34 075
- 6 basse. 710 600 85 225
- 2 haute. 1 247 725 106 075
- 1 basse. 467 375 28 600
- 2 bas.-hte. 983 525 62 425
- 6 haute. 580 000 66 150
- 1 — 598 075 101 600
- 1 — 483 900 37^0°
- 3 basse. 485 050 59 7°o
- 2 haute. 965 475 120325
- 2 — 1 5i7 95° 106 625
- 2 738 850 7i 175
- 9 300
- 6 875 8 225
- 4 975 1 975
- I 675
- 3 225
- 4 675 7400
- 18 723 9 950 17 800 i4 35o 4 600
- 1 650
- 4 675 .650
- 2 100 16 400
- 5 225 2 075
- 1 725
- 6 825
- 5 725
- 2 650 8 900 8 275 2 250
- 3825 12 475 H5 375 32 225 900 2 321
- 6 800 2 675
- II 150
- 1 625
- 2 050
- 4 575
- 1 325
- 5 425
- 2 975
- 3 600
- 77 5 3 575 2 300
- 6 950 2 375
- 'G
- l’exploitation
- Usines exploit&
- 188 825 142 225 451 700
- 57 875 47 000
- 51 925
- 62 600 42 650
- 152 825 54 75o
- 153 575
- 295 325
- 169 950 37 400 30 800 98 45o
- 52 i75
- 52 000 207 425
- 53 575 100 400
- 203 675 300 630 66 050
- 62 723 75 45o 82 125 61 500 28 675 66 825
- 156 225 382 100 12 025 36 400 97 425
- 63 325 149 850
- 68 700
- 50 475 59 200 14 900 49 825 49 125
- 51 200 27 225 32825
- 63 650 73 525 53600
- BÉNÉFICES BRUTS
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- 131425 40375
- 198 450
- 55 475 P- 375
- 21050 38 825
- 43 3°°
- 100 500
- 57 4°° 251 300
- 367 850
- 189 750
- 52075 7 225 4° 300 P. 1 025 4° 35o 68 925 67 775 14 050 420 375 449 975 42 225
- 44 Ô25 93 35o
- 120 525 7 675 25825 51 625
- 547 7°° 861 500 21 600 21 650 115 800 73 650 LS 55° P. 32 900 36 800 5i 45o 15025 18 025 23 000 54 000 10 050 3° 45°
- 58 975 40 050
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- 22 375
- 22 150 40 050 26 475
- 34 775 116 800 107 500 34 25o 32300 47 000 34 9oo
- 18 900 16 250
- 287 251 101 525
- :79 275 7 600 26 500 38 475
- 24 950 69 150 33625
- 23 575 32 125 11 975 21 800 14 650 14 400 11 475 14 600 28 650
- 43 5°° 19500
- 16675 18 450 70 950I
- 36875 14250 22 000
- 3 T75 22 900
- 32 725
- 27 575 145 °75 109 100 100 000 3i5 75o
- 24 800
- 21 35o
- IQ 2sO
- 29 275 57 350 :3 I25
- 20 825 219 225
- 304 300
- 28 000 17 050
- 35 5oo
- 36 675
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- 29525
- 161 775 261 923 10 125
- 19 200
- 20 225
- 22 625 49 475 45 95o
- 12 700
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- 19925
- 13 725 17 425
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- G 850 24 700 36 950 i5 850
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- 4 8251
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- 11775 P 125 20 700 P 2 5/5 48 700 H5 75o|i I2I75 ' 2 800
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- 63
- 39 45o| 35 075! 42 650! 11 °75: 28 475 28 175 P 41 550 84 35°: 38175: P 20025 P 4 725 10850
- 49 25° P 33000
- 2 200 P 6 625
- 284 400 420 300
- 3 875 P 24050
- 57 100 26 075 56 925: P 112 475 525'
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- 5625 40 4o0l 15 400i
- 29 Janvier 1898.
- revue d’électricité
- 211
- vTl0ss centrales municipalités.
- d’éclairage électrique, en Angleterre
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- DEREVIENT PAR KW-H. VENDU EN CENTIMES
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- PRIX DE VENTE PAR KW-H. VENDU en centimes.
- Prix fort.
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- 5,04 4,83 25,72 1 2,00 6,93 34,65
- 12,6 2,1 35,28 1 3. i5 9,66 48,07
- 7,56 g,66 29,4 1 i,o5 7,35 37> 8
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- 73,5
- 63-3D5
- 42
- 36,75
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- 0,84
- 2,10
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- 1,89
- 4.20 2,73 1,16 i,o5 0,84 1,26
- 2.41
- 4.20 2,00
- 2.41
- 2,00
- 3.15 o,63 0,73
- 4.20 2,00 0,52
- 0,95 2,3 I 2,41 2,00 0,73
- 1.15
- 1.26 2.83
- 1.26 0.52 U5S 736 1,47 i,o5 M5
- 2.20
- 2.21 7°| 0,84
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- Prix moyen obtenü
- LAMPES DE 8 BOUGIES installées.
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- 12,07 3,89 27,72 i,36 8,82 37,9° 73,5 73,5
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- 4,4i i,o5 I0,8l 3,26 4,93 19,00 52,5 26,25
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- 2,3l 4,09 I3> 86 0,94 3,15 i7,95 52,5 31,5-26,25
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- 6,93 3,25 23,83 2,52 12,18 38,53 73,5-47,25 3V5
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- 7,45 2,63 26.25 i,o5 9,35 36,65 63-36,75 63-31,5
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- 9,56 4-93 23,3I 6,3o 1 i,i3 4°, 74 63 42
- 5,67 3,04 15, 12 0,94 2,3 1 i8,37 52,5 »
- 7,25 4,62 I9,74 i,36 7,35 28,45 63 ))
- 7.56 0,95 16,17 o,63 5,35 22,15 52,5 3D5-i5,75
- 6,3o i,36 26,35 1 ,o5 6,98 H,33 63 42
- PUISSANCE des dynamos.
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- 52,82 47-67 25329 io,5 5,42 405 43°
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- 62,79 24-47 9 974 22,3 10,00 210 420
- 66,05 I i4 75o 11,8 7,71 240 5°°
- 53,55 46,94 12 704 17,0 8,75 261 45o
- 57,75 57,33 30 286 10,° 9,06 600 800
- 5o,5o 47,36 19 477 13,0 6,46 270 650
- 48,93 » 52406 18,5 8,96 1 040 2 143
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- 55,65 47,25 38 300 20,5 10,84 766 1 216
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- 63 I 5 984 10,8 6,6 7 100 198
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- 6o,59 40,43 6317 28, 2 16,78 125 250
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- 49,46 16,17 17924 U,2 7,20 325 624
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- 57,54 I 26 817 14,2 8,02 542 660
- 61,85 18,9 7 458 25,2 10,84 152 35°
- 5o,3 38,75 9 262 12,6 6,15 123 240
- 63 I 17 408 12,1 7,5o 359 675
- 66,57 )) 104 980 8,8 5,84 2 018 2 120
- 48,62 I i43 398 20,6 9,90 2 690 3600
- 47,78 49,77 5 108 14,5 6,88 89 93
- 54,8i 22,58 n 994 21,2 3D3 192 375
- 59,14 63 25 476 I5D 8,96 44° 957
- 60,48 42 G 763 16,4 9,7<? 300 432
- 52,19 2D53 39 407 23,9 8,96 660 800
- 65,63 I 11 400 5,2 3,45 » 360
- 65,10 I 8 948 16,6 io,73 187 3°3
- 61,22 !5,23 16 771 18,2 7,82 257 375
- 68,25 45,47 5 i°4 10,9 7,20 53 1U98
- 42,95 I 12 672 i4,9 C 35 220 446
- 56,9! 47,78 6 750 2D5 n,i5 146 302
- 63,74 11,76 14999 i5,4 8,96 199 290
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- 4L37 29,09 5 536 33,5 11,88 126 210
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- 32,55 29,4 21 958 17,8 5,62 3IQ 500
- 6i,95 24,36 8 209 23,0 10,42 178 45°
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- 58,8 43,26 40 291 . 16,6 9,38 , 440 625
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- 55,33 45D5 59 693 22,2 11,67 1 145 1 534
- 3325 5100
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- 2 025 2 850 2 300
- 1750
- 1950
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- 1 950
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- 2 i75 1 625
- 1 925 1 75o 1 800 1 775
- 1 95o
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- 1 400
- 3 75°
- 2 150
- 3 875 2 700
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- 3 3°° 2 35o
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- 2 000 2300 2 000 3025 1 625
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. — -NO 5.
- tah
- DONNÉES STATISTIQUES RELATIVES A l’eXPLOITATIo\
- _______ _ ______________ __ ____ ______ Usines exploit
- 29 Janvier 4898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 213
- II
- TIO
- N-S CENTRALES D’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE, EN ANGLETERRE
- compagnies privées.
- de nos lecteurs nous ont demandé de publier des renseignements analogues sur l’exploitation des stations centrales étrangères. Les tableaux suivants contiennent des documents très complets sur l’exploitation des principales
- stations anglaises; ils sont établis d’après les chiffres publiés par notre confrère anglais Liglitning, chiffres empruntés aux statistiques que les compagnies ou les municipalités sont obligées de publier tous les ans suivant
- • 1 NOMS | DES VILLES * s f ”"1 fi 0 Ct *0 Vl Cl V A g ~ et « c !T3 a) L- a 0> Cj , -û e 3 .2 -O m - c • w 3 ** et X , Capital I dépensé en fin d’exercice : en francs. Y Par vente \ de courant- J # en francs. / ^ > 2 [ Location \ £j. de’ compteurs ] 00 et divers j en franc».' / <5 2 8 c ' <L» U fi r* <u r- CL ^ ‘0)' ' G * Avant . \ tri- dépréciation, 1 2 amortissement,, 1 îjj réserve, etc. f £3 en francs. ) tu 1 en BRUTS .— 0 O.-‘U g g C fi o‘/° TJ g- 5. "fi 0 Intérêts sur les emprunts moinsles crédits en francs. <U > <u 'O . *' U c c 0 et • fi £ *~ fi £ « fi -i) P RESULTA i financie ’ . S 3 ^ O IL fi et L- C U — fi et - C/D ^ fl <u « TJ VT r. TJ . 0 «n\ 0 *2. <5 ^ Sjj 5 P DH V , 7Z c !EVIE> n « 3 et 0 C/D „ 1» '0 JT PA en tf> • c c O u et et fi fig O v 04 ^ El KILOW centimes S - c ï «t -y .s fi O 3 ATT-H 0 cT 0 <U t/T O <0 J CL e Appointements, ! q direction W frais généraux. m 1 VENDU 0 x fi CL PRIX DE Prix tj bfl ô 'W VENTE PAR K en centime fort. » 8 * ^ t 6 ° 3 fc 0 5 C J3 O W-H. VE Prix obi <L> *0 fi, 'U NDU moyen enu. <D L ., . J3 a O Q. 'U LAMPES ir <6 pj <U U 15 fi DE 8 B stallées =3 Q O „ Ü, -fi - 1 -> 45 jg TJ fi g g S £ O u £ fi 1 Recettes 1 G par lampe (K) j 2 en francs. / et s „• 's s 1 | 0) — gp Si 2 c * PUIS des dy ai 0 tn *0 *-• fi 2 X !> <u ». ^ S «§ 0 SANCE namos. •O 'Oj" fi fi fi tf- ü ^ u C c 73 fi'” es w 4J 1* ‘g- I s U *3
- - ? - H ils . .
- Charing Cross . C 51 basse. 7 74o 075 952 625 17 475 465 55° 503 550 7,62 89 475 136 925 277 150 6 o?4 3,36 2,63 15,96 2,83 5,36 24,45 63 42 49-35 I 73 464 32,4 15,84 I 065 1 800 4300
- Chelsea .... C • 7 — 5 365 275 499 025 21 375 261 625 258 775 5>5i 57 525 50 000 151 250 5 L 2,10 5,15 2,83 19,32 3,78 9,24 32,34 63 42 61,74 I 80 460 u,9 7,30 980 1 310 4 075
- City of London. B 4 haute. 28 197 750 2 602 550 73 850 1 402 400 I 274 000 4,81 240 750 33 45o • 999825 5 i: 2,52 8,40 4,62 25-83 5,25 5,67 36,75 84 84 68,25 68,25 202 897 22,2 15,00 )) D »
- House to House. C 7 V 3 344 &75 4°5 650 30 400 210 2 50 225 800 7,61 55 625 117 600 52 575 0 r,36 5,04 2,63 i9,43 3,36 10,08 32,87 63 52,5 63,53 I 55 265 43,i 8,23 658 1 325 2 500
- Kensington . . C 9 basse. 5 754 100 859 3°° 41 650 420 300 480 650 8,80 73 075 184 700 222 875 7 I.l6 3,25 5,04 16,48 3,57 7,88 27,93 57,75-63 63-42 57,23 I 1 !9 955 '4-3 8,02 I 402 1 866 3 075
- Metropolitan. . B 7 bas.-hte. 16 887 100 2 469 850 191 325 1 682 325 978 850 6,00 150275 325 000 503 575 4 2.83 6,72 7,°4 36,54 2,21 7,56 46,31 76,13 76,13 67,94 I 260 000 15-6 10,52 )> » »
- Noting-Hill. . . C 6 basse. 2 477 600 184 150 24 400 90 150 118 400 507 900 27 000 9° 5°o 4 1,89 4,51 4,83 18,69 2,83 17,75 39,27 84 63 80,33 I 25 706 10,3 8,13 235 435 5 675
- St-Jame’s . . . C 7 — 6033 175 1 349 175 49 300 573 475 825 000 !3,77 37 625 253 150 534 225 io,5 0.84 3.89 3,15 1303 2,83 8,09 24,05 63 42 56,60 35,39 108 801 24,0 x3,44 2 052 2 730 2 200
- Westminster. . C 6 — 11 971 750 2 030 350 109350 765 250 I 374 450 II?9I 118575 406 55° 849 325 9 0.94 4,10 2,41 13,02 1,68 7,25 2L95 63 42 58,38 I 249 3 18 15-2 8,75 3 000 3 753 3175
- Woolwich . . . C 3 haute. 355 925 39 650 3 I25 36 775 6 000 D93 2 550 825 2 625 2 3,04 c 8,40 4,62 34-44 7,88 6,51 48, 83 63 63 52,60 I 3 878 21,8 ",35 92 45o 775
- Birmingham. . C 5 bas.*hte. 4 595 650 416075 27°75 219 825 223325 5,58 0 74 250 H9 °75 4,5 . 2,00 5,88 2,3 I 17,64 2.94 8,61 29,19 52,5-73,5 42 55,44 I 5i 752 UD 9,38 » » *»
- Bournemouth . c 7 haute. 1 983 35° 189 700 14625 147 250 57 °75 3, 02 80 300 0 P 23225 P 4,3° 777 11,65 38,74 i.o5 I 2,92 52,71 73,5-52,5 52,5 67,94 I 23203 13,0 8,75 401 650 3050
- Cambridge. . . c 4 — 980 300 133 875 6 600 78 150 62325 6,54 2325 10 625 48~875 5 i,58 8,p3 2,73 28,04 - 2,62 9,H 39,8o 73,5 73,5 68,25 I 18633 12,0 7,i3 270 525 1 850
- Dover c X — 1 272 600 63 675 4 125 79 200 Pu 400 )) 40 675 0 P 52075 P 1,89 8,61 2,83 30,34 1,89 19,53 51,76 73,5-52,5 52,5 65,52 23,52 7 528 28,2 11,67 154 325 3 9°°
- Eatsbourne . . c H — 1 246 600 168475 11 925 101 875 78525 6,53 37 600 10 000 30 925 7,5 3,78 10,60 4,62 36,01 2,21 I 1,02 49,24 84 42 8i,59 » 16 690 13,1 10,52 229 310 4 000
- Exeter B 6 — 557 °75 63 125 6 900 52 175 17 850 3,22 3 000 0 14850 » 1; 2.99 0,54 5.78 39,69 1,26 6,72 47,67 63 63 57,75 I 7 206 16,2 9,2 7 !5X 222 2 5°o
- Hastings. . . . C 14 — 1 301 850 164 630 6 975 121 750 49 875 3,94 33 550 2 500 13 775 1 1,78 5,78 5,86 33,8i 1,68 6,20 41,69 94,5-63 42 80,22 21,63 n 532 2 7,7 15,42 266 35o 3 725
- Hove C 4 basse. 1 55° 55o i54 050 8925 78 600 84 375 5,64 29 525 i7 75o 42 100 5 1 1.68 6,72 4,31 21,21 2,84 16,38 40,43 84 52,5 76,65 76,65 21 756 9,8 7,7! 253 44° 3 5°o
- Kelvinside. . . C 3 — 640750 30 925 2650 25 175 8 400 1,25 13825 0 P 5 425 P 0,84 9.98 i,o5 16.49 4,93 18,58 40,00 63 3D5 49,04 I 7 964 9,3 4,48 51 150 4 250
- Leeds C 3 haute. 2 634 425 35o 875 37 875 126 875 261 875 n,5i 12875 137500 111 500 6 0.73 3,99 2,3 I 10,08 0,84 7,25 18,17 63 3D5 50,40 I 39 396 I9,5 9,69 784 900 2 925
- Liverpool . . . L 12 basse. 6617775 848 575 36 775 3°i 025 584325 9,04 6625 191 425 386275 6 t i.o5 2,3 1 5,88 15,02 2,73 7,88 25,63 78,5 52,5 72,03 I 68 449 19,6 x3,97 » 2 200 3 000
- Newcastle Dis-
- trict C 6 haute. 1 612 600 233 i5° 15 35° 129 225 119275 7,83 17 925 25 000 76 35o 7 1.89 5,36 i,36 15,12 2,84 6,09 24,05 63-3b5 36,75 43,68 37,8 3i 598 18,3 7,8i 464 969 1 650
- Newcastle - on -
- Tyne C 6 — 1918 050 23 45° 22 675 i3° 45° 125 725 7,5i 35 860 42 5oo 47 375 5 1 1,20 5,14 4,41 ï5,75 1,26 7,46 24,47 47,25 3D5 43,47 5o, 19 37 200 16,2 6,98 603 840 2 275
- Northampton . C 5 basse. 558 975 64 575 385° 34625 33 800 6,3° 9 075 12 500 12 225 2 5,88 473 23,84 i,36 13,76 38,76 84 47,25 72,77 I 8014 12,9 9,27 U7 238 2 325
- Norwich. . . . C 3 — x 641 525 230 125 9650 95 975 143 800 9,62 19500 62 500 61 800 4,5 - 3,57 4,31 16,70 0,73 4,73 22,16 84-42 3L5 53D3 I 27 585 18,5 9,69 579 7°3 2 325
- Oswestry . . . C 1 •— 123300 9 55o 975 6 375 4 150 3,8o 550 1 050 2550 > ! 15,94 0 63 17,22 i,5? 28,14 2,10 11,34 4D58 63 63 62,37 I 1 170 i9-5 11,88 38 9° 1 375
- Oxford C 4 haute. 1 897 575 183 025 5 675 104 500 84 200 4,68 38 750 0 45 45° 4o i j 3, 8,19 21,21 2,63 12,28 36,12 84 52,5 68,99 28,04 19058 16,9 10,63 271 600 3 150
- Pontypool. . . C 3 basse. 175 400 11 875 1 000 15 600 7 275 407 1 700 4250 1 325 )) 1IJI 13,33 2,84 2i,95 5,67 17,33 44,95 63 63 63 I 3 448 10,4 6,46 66 85 2 050
- Preston .... C 4 — t 767 000 160 200 5 525 65 100 100 525 5'84 27 900 39 600 33 125 2,5 j ,40 2,00 4u, 5 2,3i 7,56 20,37 73,5 42 53,34 32,55 18 313 19,6 9,80 354 602 2 925
- Reading .... C 2 haute. 880 300 51 400 1 925 44 000 8725 1,08 3 325 7 775 P 2375 P î ! A m n.97 2,73 37,7o 5,78 11,23 54,7T 63 3D5 63 I 8 700 12,5 7,81 178 375 2 35°
- Richmond . . . C 3 basse. 1 024 100 70 300 8 300 49 000 29 600 2,95 14 475 14275 850 » 9,98 5,46 28-35 7,46 15,12 5o,93 73,5 73,5 72,87 I 7 I25 i5,4 11,15 435 290 3 525
- Scarborough. . c 3 haute. 843 975 103 400 3225 66 025 40 600 5,°° 800 7 A00 32400 4,5 O.Oi /1&7 S If 5,04 26,78 1,26 10,08 38,12 68,25 55,r3 59,64 I 17 II7 n-3 7,09 244 525 1 600
- Sheffield. . . . c 9 — 2 175 200 276 050 35 875 in 075 200 850 10,32 29 375 69 850 101 625 7,2 • pu 3,15 *5,54 1,78 5,78 23,1 63 63 57,54 I 42 665 *5,7 8,96 642 800 2 700
- Shrewsbury . . c 1 basse. 441 500 14 700 675 12 575 2 800 0,07 0 0 2 800 )) s 4 °,94 28,45 5,04 19,74 53,23 73,5-63 52,5 62,16 I 2 461 i4,9 9,17 42 99 4 45°
- une forme prescrite par la loi. Les chiffres sont donc aussi exacts qu’on peut espérer les avoir.
- Les usines sont rangées dans deux catégo-ries suivant qu’elles sont exploitées par des
- compagnies privées ou par des municipalités. Les deux tableaux ne diffèrent d’ailleurs l’un de l'autre que par l’indication des dividendes payés par les compagnies privées.
- En face des noms des villes ou dans le
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. — N° 5.
- corps des tableaux sont des lettres qui ont trait à des renseignements qu’il eût été trop long de donner en entier dans ces tableaux déjà bien longs. Voici la signification de chacune de ces lettres :
- A. Exercice 1896-1897.
- B. » 1895-1896.
- C. » 1896.
- D. Résultats de quinze mois d’exploitation.
- E. Année financière clôturée fin mars.
- F. » » » » avril.
- G. » » » » mai.
- H. Liverpool, résultats de six mois seulement.
- I. Eclairage privé seulement.
- K. Sur la moyenne des lampes pendant l’exercice. Les moteurs, appareils de chauffage, etc., sont compris dans ce nombre à raison de 1 lampe de 8 bougie pour 30 watts.
- L. Exercice 1895, dernière année comme société privée; repris ensuite par la municipalité.
- P. Déficit.
- Pour les prix de vente, certaines usines sont indiquées comme ayant plusieurs tarifs pour une même application; cela tient en général à ce qu’elles ont adopté le tarif différentiel de Wright dont nous avons exposé précédemment le principe (*).
- Dans la traduction des monnaies anglaises en monnaie française nous avons admis les valeurs suivantes : 1 livre = 25 fr; 1 shilling = 1,25 fr; 1 penny = 0,105 fr-
- G. P.
- Théorie élémentaire de la méthode de l’auteur pour le démarrage des moteurs électriques asynchrones à courant alternatif simple ;
- Par Riccardo Arno (fi.
- « Messieurs, dans une première commu-
- 11) G. Pellissiek. Exploitation des staiions centrales, tarif de vente. L’ÉclairageÈlectrique du 18 septembre 1897, t. XII, P- S37-
- (2) Communication faite à la Société internationale des Electriciens le i*r décembre 1897 ; Bulletin de la Société des Electriciens, p. 595.
- nication (1), faite à l’Association électrotechnique italienne, j’ai démontré une nouvelle propriété des moteurs asynchrones à courant alternatif simple; c’est-à-dire que, pour une valeur critique de la résistance r des enroulements élémentaires de l’armature, valeur qui est fonction de l’inductance L des enroulements mêmes et de la fréquence n du courant, la courbe, dont les points ont pour abscisses les valeurs de la vitesse angulaire m de l’armature et pour ordonnées les valeurs du moment W du couple moteur, reçoit à l’origine une inclinaison telle qu’à de très petites valeurs de m, comme sont celles que l’on peut obtenir moyennant une légère impulsion à la partie mobile du moteur, correspondent des valeurs de W déjà supérieures au moment du couple résistant de l’appareil à vide ou sous faible charge. Et comme l’inclinaison, par rapport à l’axe, des abscisses, de la courbe du moteur à l’origine, est, comme je l’ai encore démontré, nulle pour r = o et pour r = 2t:wL, j’ai conclu que la valeur de la résistance critique est comprise entre zéro et 2-rmL.
- » Postérieurement, dans une seconde communication (a), j’ai exposé les résultats de nouvelles expériences exécutées sur des moteurs de grande puissance, jusqu’à no chevaux, distribués sur le réseau de l’établissement électrique deM. Sutermeister, à Intra. Ces moteurs, qui ont été construits par la maison Brown, Boveri et Cie, démarraient jusqu’ici à l’aide du procédé employé habi-
- Dans le numéro du 27 novembre 1897 de ce journal (t. XIII, p. 390) nous avons déjà indiqué le principe de la méthode de démarrage, préconisée par M. Arno, d’après les communications faites par l'auteur, en Italie, le 22 septembre et le 24 octobre derniers. Nous avons cependant cru utile de reproduire in-extenso la conférence faite devant la Société des Electriciens, la méthode d’exposition, complètement analytique, différant de celle employée dans les précédents mémoires où les considérations géométriques tenaient le principal rôle. (N. d. 1. R.}.
- (fi Communication faite à la section de Turin, le 22 septembre 1897, L’Éclairage Électrique, t. XIII, p. 391.
- (2) Communication faite à l’Assemblée générale, à Milan, le 24 octobre 1897, L'Éclairage Électrique, t. XIII, p. 394.
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- 29 Janvier 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- tuellement par Brown, avec lequel on obtient le décalage de phase du second courant, qui engendre, avec le courant principal, le champ magnétique tournant, au moyen d’une capacité voltamétrique. Eh bien, on vient de pourvoir, sans exception, au démarrage des moteurs en question, par l’application de ma méthode : ce qui prouve pratiquement qu’elle est non seulement plus simple et économique que celles qui ont été employées jusqu’à présent, mais aussi plus avantageuse.
- » Je vous demande, Messieurs, la permission, en vous exprimant les plus vifs remerciements pour l’extrême amabilité aveclaquelle vous m’honorez de votre précieuse attention, de vous exposer analytiquement la théorie élémentaire de ma méthode de démarrage des moteurs asynchrones à courant alternatif simple l1), ce qui aura pour résultat de nous conduire soit à la détermination de la valeur, en fonction de L et de n. de la résistance critique, soit à la connaissance des principales propriétés dont jouit le moteur par l’effet de la résistance critique même.
- » Puisque, dans le premier instant de la période de démarrage auquel correspond, dans ma méthode, une très petite vitesse angulaire de l’armature, on peut admettre que la courbe du moteur ait à se confondre avec la tangente à la courbe même à l’origine, ce qui est d’autant plus admissible, parce que la courbe présente en un tel point une inflexion, il suffira de trouver l’expression générale du coefficient angulaire de la courbe, c’est-à-dire de la tangente trigonométrique de l’angle que la tangente en un point de la courbe même fait avec l’axe des abscisses; en déduire, faisant m ~ o, l’expression du coefficient angulaire T à l’origine ; après quoi, supposant variable la résistance r, déterminer la valeur de r qui rend maximum T et qui représente, par conséquent, la valeur critique de la résistance même.
- (*) Grand merci, du plus profond de mon cœur, à M. le colonel Federico Pescotto, qui, avec la plus exquise courtoi-le’ ma puissamment aidé dans ce travail.
- » En désignant par B la moitié de la valeur maxima de l’induction dans le champ magnétique alternatif, par S la surface de chacun des enroulements élémentaires de l’armature et par N le nombre de ces enroulements, le moment W du couple moteur est donné par la relation suivante, qui a été indiquée, pour la première fois, par MM. Hutin et Leblanc (*) :
- W=«NB«ST
- r2 + 4 (tt -j- m;2 ] ’
- que l’on peut écrire en posant, pour abréger, nNB^S2 = a et 2r.h — b,
- W = ar - H+4> (» + «) J '
- » En dilférentiant par rapport à m on obtient
- d\V f — r'1 — b2 (n — m)'1 -j- 2 b2 [n — m)2
- dm ~~a ( [r* + b2 (u — w)*]*
- 4- b2 (n -j- w)a — 2 b2 {n + )
- [r2 + b2 [n + m)*j* j’
- et, pour m — o,
- dW _ T r - r* — + 2 b2n2
- dm, — ~ " L (r* + b‘ny
- r< + b‘n‘ — 2 W | b’n'- — r»
- + bW)‘ J (W + r-'f '
- » l)’où l’on déduit immédiatement que pour r = o et pour
- b2nl — r2 = 0,
- on a T = o.
- » Donc la tangente à la courbe à l’origine se confond avec l’axe des abscisses pourr — o et pour r = bn = 2-n L. Et si r2>Æ'V, c’est-à-dire r > 2*L, le coefficient angulaire T est négatif : dans tous ces cas la tangente à la courbe à l’origine passe au-dessous de l’axe des abscisses, et conséquemment l’appareil ne peut plus fonctionner comme moteur.
- » Cherchons à présent la valeur de r qui rend maximum T.
- (*) La Lumière Électrique, t. XL, p.42i, 1891.
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- L’ECLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. — N° 5.
- » En diffé'rentiant, par rapport à r, on a
- Ib'n* + r*)91W - 3 ^) - (b>n*r-f*)4r (b*«2) + r*)
- ( r8(t
- r4 — 6 b2«V2 +
- -2iï +
- » Et T est maximum pour la valeur de r qui satisfait à. [la condition ^ = o. c’est-à-dire
- r1 —6 b2tt’2r2 + bln1 = o.
- » Or les valeurs r' et ri' de r, par lesquelles cette équation est satisfaite, sont les suivantes :
- et en même temps par M. Galileo Ferraris (h et M. Blondel (*), dans laquelle on considère l’appareil comme un moteur à champ tournant différentiel : ce qui revient à dire que l’on considère le champ alternatif du moteur, dans lequel la valeur maxima de l’induction est 2B, comme la superposition de deux champs magnétiques tournant en sens inverse avec la fréquence du courant alternatif, dans lesquels la valeur constante de l’induction est B.
- « En désignant par W7 le moment du couple agissant sur l’armature d’un moteur polyphasé, dans le champ duquel l’induction est B, on a entre W' et la vitesse angulaire m de l’armature, la relation
- r' = btt — 2 V 2 — 0,414. 27r«L, r" —bn^3 + 2 ^2 = 2,414. 2 nnLl
- » Mais en correspondance de la résistance ri', dont la valeur est plus grande que 2r.nL, l’appareil, comme nous l’avons démontré, ne peut pas fonctionner comme mo-
- » Donc la valeur de r qui résout le problème, c’est-à-dire qui rend maximum T, est
- r' = bn\/3 — 2 f 2 = b), (3/2 — 0 = 0,414. 2 it«L.
- » En substituant alors à r, dans l’expression de T, la valeur critique trouvée, on en déduit immédiatement la valeur maxima de T, qui est exprimée par -
- T ____ cî ___ NB2S2
- lm- zbn ~ 4 L r '
- W' = itNB'-S2
- 2 +4«aL8 («— m)s
- » Or, si l’on porte, sur l’axe des abscisses OX (fig. 1), les valeurs de m et sur l’axe des ordonnées OY les valeurs correspondantes de W', la ligne dans laquelle se traduit cette formule se compose de deux branches QPMOj et OjN' Q', homothétiques relativement au point Oj, qui est un point d’inÜexion situé à la distance n de l’origine O ; chacune des deux branches étant asymptotique à l’axe des abscisses et présentant, en correspondance de la branche QPMO„ qui est celle que l’onaà considérer en pratique, unpointM d’ordonnée maxima
- MjM
- NB*S-
- 4L
- et dont l’abscisse est
- OM, =
- 2 L L
- » Or il est facile de décrire la courbe du moteur asynchrone à courant alternatif simple, en correspondance de la résistance critique ri, si l’on suit la méthode indiquée par M. Leblanc (*) et développée ultérieurement
- (4) La Lumière Électrique, t. XLVI, p. 651, 51 décembre 1892, article Frank GfRALDY.
- » Il résulte que, pendant que l’ordonnée
- (*) Un metodo per la trattazione dei vettrori rotanti ed ai-ternativi ed una applicazione di esso ai motori elcttrici a cor-renti alternate (Mémoires de l’Académie royale des sciences de Turin, série II, t.XLIV),
- (2) La Lumière Électrique, t. LI, p. 351, 24 février 1894» article Guilbert.
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- 29 Janvier 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- du point M est indépendante de r, son abscisse diminue lorsque r augmente : de manière que l’on peut dire qu’avec l’accroissement de r le point M se transporte sur une parallèle à l’axe des abscisses de droite à gauche, en se rapprochant premièrement de l’axe OY ; en passant par la position 'indiquée dans la figure, qui correspond au cas de r = 0,414. 2r.nL, pour lequel l’abscisse de M est
- OMt — H — 0,414 n — 0,585 n ; •
- jusqu’à se porter sur l’axe OY pour OM^o, c'est-à-dire pour r = 2~.nL, ; et en dépassant
- enfin l’axe OY du côté gauche, en correspondance des valeurs de r plus grandes que 2r.nL.
- » De la ligne QPMO„ on peut maintenant déduire celle dans laquelle se traduit la relation entre le moment W du couple agissant sur l’armature du moteur asynchrone à courant alternatif simple et la vitesse angulaire m. Il suffit, à cet effet, de tracer en PQ, la ligne symétrique, par rapport à OY, à la portion PQ de la ligne QPMO, et soustraire les unes des autres les ordonnées des deux courbes PMO, et PQ,. La ligne ONCH ainsi obtenue montre les propriétés du moteur I dans le cas particulier auquel se réfère la
- figure, où la résistance des enroulements élémentaires a la valeur critique r' — o,4i4 27i«L.
- » Pendant que pour w = oetra = OC le moment W du couple moteur est nul, pour m différent de o, mais tel que sa valeur ne surpasse pas celle qui est représentée par OC,W prend, en passant par un maximum, des valeurs différentes de o et positives, lesquelles, bien qu’en correspondance de très petites valeurs sont, en vertu de l’inclinaison relativement prononcée que la courbe prend à 1 origine, suffisamment grandes pour être supérieures au moment du couple résistant du moteur au démarrage.
- B Or nous venons de trouver l’expression du coefficient angulaire de la courbe en O
- » Et, si l’on observe que
- on peut écrire la relation suivante entre T,„ et :
- T M,M
- Si donc on mène de M une parallèle AIT à l’axe des abscisses jusqu’à rencontrer en T la ligne OjY, menée par O, parallèlement à OY, on a en OT la tangente en O à la courbe ONCH.
- •„ » Nous, avons établi la condition de r = 0,414. 2 r.nL — 2,6 «L,
- qui doit ctre satisfaite, afin qu’en • correspond-
- NB2S2
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- dance d'une très faible vitesse angulaire initiale imprimée à la partie mobile du moteur, vitesse qui, comme il a été prouvé par mes expériences, ne doit pas être supérieure à celle que l’on obtient en faisant parcourir une fraction de tour à la poulie ou en lançant la courroie à la main, il soit possible de faire démarrer le moteur sous l'action d’un seul courant alternatif. Et puisque la condition de r L (') est celle qui doit être satisfaite
- pour obtenir le meilleur démarrage des moteurs à courants polyphasés, la valeur de W étant alors maxima pour m =o, on peut en conclure que les résistances additionnelles à insérer dans chacun des enroulements élémentaires de l’armature, afin de pourvoir suivant ma méthode au démarrage des moteurs à courant alternatif simple, ont une valeur égale à 0,414 de la valeur des résistances qu’il faudrait y insérer s’il s’agissait d’en effectuer le démarrage sous l’action du champ magnétique tournant.
- » Et si maintenant l’on observe que les méthodes de démarrage employées jusqu’ici, qui sont indistinctement fondées sur la production d’un champ magnétique tournant, demandent encore, soit pour rejoindre la condition de r~2r.11 L, soit pour obtenir une diminution de l’intensité du courant au démarrage, l’emploi de résistances additionnelles dans les circuits des enroulements élémentaires de l’armature, on comprend toute l’importance présentée par la nouvelle méthode, puisque, avec son application, on vient de supprimer soit l’enroulement subsidiaire sur l’inducteur, soit l’appareil à réactance, au moyen duquel on produit le décalage de phase entre les deux courants qui engendrent le champ tournant.
- » Mais, permettez-moi, Messieurs, de vous assurer, en finissant, que le résultat le plus flatteur pour moi et qui me réjouit bien davantage, auquel m’a conduit l’étude que
- (l) Cette condition r — 2 raL a été indiquée pour la première fois par MM. Hutin et Leblanc (la Lumière Électrique, t. XL, p. 421, 30 mai 1891}.
- j’ai eu l’honneur de vous présenter, est celui de m’avoir offert aujourd’hui le bonheur incalculable d’avoir été bénignement écouté d’une si éminente Assemblée, ce dont je vous remercie du plus profond de mon cœur, tout en vous assurant que j’emporterai dans ma patrie et que je conserverai, en caractères indélébiles, le cher souvenir de l’exquise courtoisie avec laquelle vous avez bien voulu m’accueillir. »
- A la suite de cette communication s’engage une discussion dont nous avons déjà indiqué les principaux points (*}; nous reproduisons cette discussion d’après le compte rendu officiel de la séance.
- M. Leblanc. — « Le journal L'Éclairage Électrique publiait dernièrement l’intéressante étude que M. Riccardo Arno a bien voulu refaire devant nous. Dans le même article, on rappelait que Hutin et moi avions déjà travaillé la même question et étions parvenus à des résultats analogues.
- » Pour éviter tout malentendu, je vous demande la permission de régler immédiatement la question de priorité ainsi soulevée.
- » Dans un article publié enmai 1891, dans La Lumière Électrique, nous avons donné la théorie du moteur asynchrone à courant monophasé et sommes arrivés à la formule qui donne l’expression du couple moteur en fonction de la vitesse. Nous avons également prévu l’adjonction de résistances variables aux circuits induits de ce moteur et avons recherché ce que devenait le couple lorsqu’on réalisait à chaque instant la condition r — 2iwtL.
- » M. Riccardo Arno s’est proposé de rechercher quelle valeur il convenait de donner à cette résistance r pour que, dans le cas où le lancé du moteur devrait être déterminé par une simple impulsion initiale, celle-ci
- (•) L’Éclairage Électrique, t. XIII, p. 518, 11 1897.
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- pût être aussi petite que possible. C’était là un nouveau problème que nous n’avions pas abordé et nous voulons être les premiers à féliciter AI. Riccardo Arno de l’avoir résolu. »
- M. Désiré Korda. — « L’analyse que M. Arno a faite de l’expression generale du couple par rapport à la résistance de l’induit est très intéressante. Il arrive ainsi à déterminer la valeur la plus favorable de la résistance que l’on doit intercaler dans l’induit du moteur asynchrone au moment de la mise en mouvement. Toutefois, ce procédé ne permet pas le démarrage sans mise en mouvement antérieure par d’autres moyens. Il faut encore commencer à lancer le moteur à la main, à lui donner le coup de pouce. J'admets bien que, par le choix de la résistance initiale, on puisse réduire beaucoup l’effort à employer, mais encore on ne peut démarrer qu’à vide ce qui, dans beaucoup de cas, ne suffit pas et, en tout cas, complique les manœuvres.
- » Mais ic voudrais envisager le problème d’un point de vue plus général et résumer en quelques mots les efforts qui ont été faits jusqu’ici dans la voie de la solution. Nous verrons alors de combien le moyen préconisé par M. Arno ferait avancer cette solu-
- » Tout d’abord une première question générale se pose : a-t-on besoin d’un moteur a courants alternatifs simples ? Les réponses à cette question ne concordent pas toujours. A mon avis, pour une nouvelle installation, les courants polyphasés offrent une supériorité incontestable. On a la facilité des démarrages et du changement de marche, et la simplicité et la robustesse qui ne sont pas à dédaigner pour des moteurs exposés à des à-coups. On peut avoir un bon rendement et un coefficient de puissance très favorable. Enfin, avec le même poids de matières utilisées on a des génératrices, des lignes et des moteurs plus puissants que dans le cas des courants alternatifs simples.
- " Par contre, pour les installations exis-
- tantes, il faut pouvoir utiliser les courants existants et, tant qu’on n’aura pas trouvé un moyen simple et économique pour transformer le courant alternatif ordinaire encourants polyphasés, le problème du moteur dont il s’agit reste une préoccupation très encourageante.
- » De même pour la traction, l’emploi d’un moteur à courant alternatif, qui permettrait de n’employer qu’un seul fil avec retour par les rails, rendrait des services signalés.
- » Le problème est donc très intéressant, mais malheureusement il est loin d’être résolu.
- » En effet, passons rapidement en revue les tentatives qui ont été entreprises dans ce but.
- » Le moteur le plus simple serait la roue de Faraday. Les transformateurs statiques permettraient de réduire le voltage autant que l’on voudrait près du moteur. Malheureusement, en dehors même de la sujétion que cause la nécessité de feuilleter le fer dans un tel moteur, il se présente l’inconvénient très grave des courants de Foucault induits parle champ alternatif dans les bagues qui réunissent les conducteurs de l’induit.
- » L’inconvénient du feuilletage se fait également sentir dans les moteurs en série ou en dérivation disposés à la manière des dynamos analogues à courant continu. Ces moteurs, du reste, présentent, en même temps, bien d’autres défauts qui empêchent de les rendre pratiques. En effet, le champ alternatif induit des courants dans les spires mises en court circuit par les balais ; par conséquent, il n’existe aucune position pour laquelle l’étincelle ne se produirait pas au moment où la lame du collecteur quitte le balai. En outre, il est à peu près impossible d’avoir un facteur de puissance acceptable sans recourir à l’emploi de condensateurs ce qui, à l’heure actuelle, ne peut pas encore être considéré comme une solution pratique. Toutefois, pour de très petites puissances, on rencontre souvent des moteurs en série, comme dans quelques types de compteurs de puissances, par exemple.
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- » Nous pouvons en dire autant des moteurs à écrans magnétiques, qui ne conviennent également que pour de toutes petites puissances, comme le moteur du compteur Bla-thy, celui de la lampe à arc Benischke, etc. Je tiens à signaler ici une tentative intéressante de M. Leblanc, qui consisterait à mettre en mouvement à la main un écran magnétique cylindrique intercalé entre l’inducteur et l’induit d'un moteur asynchrone à courant alternatif simple. L’écran continue sa rotation presque synchrone en vertu des courants de Foucault induits par le champ et aide au démarrage de l’induit du moteur. Toutefois cette solution n’est restée jusqu’ici qu’a l’état de projet.
- >» C’est à dessein que je passe sous silence les moteurs synchrones formés par l’inversion des génératrices à courant alternatif. La nécessité d’avoir une excitatrice ou commu-tatrice à courant continu leur donne une situation à part. Du reste, ils ne peuvent pas se mettre en marche tout seuls, pas plus que les moteurs asynchrones ordinaires.
- » J’arrive enfin à ces derniers. Leur apparition a donné incontestablement une impulsion très sérieuse à la question des moteurs à courant alternatif simple. Parallèlement avec ceux à courant polyphasé, on a étudié soigneusement les choses qui se passent dans un tel moteur, et, par une analogie heureuse, amenée par l’application des théories de Fresnel sur la polarisation de la lumière, on est arrivé a l’idée de considérer le champ alternatif comme résultant de la superposition de deux champs tournant a vitesse égale, mais se déplaçant en sens inverse. Tant que ces deux composantes circulaires sont d’une symétrie complète, leurs efforts se neutralisent et le moteur ne démarre pas. Il n’est alors qu’un transformateur statique. Son enroulement secondaire (l’induit) est en équilibre stable ou, comme on dit couramment, ses spires embrassent le nombre maximum de lignes de force et n’ont, par conséquent, aucune tendance à changer de place. Mais dès que, par un moyen ou par un autre, une
- dissymétrie peut être créée entre les deux champs, au profit de la vitesse ou valeur vectorielle de l’un des champs circulaires et au détriment de l’autre, immédiatement l’équilibre cesse et le moteur part tout seul, pourvu que l’effort résultant de la dissymétrie puisse vaincre les résistances mécaniques passives. Cette dissymétrie offre une certaine analogie avec le phénomène optique de la double réfraction. En effet, lorsqu’un rayon polarisé rectilignement, c’est-à-dire composé de deux rayons équivalents circulaires opposés, tombe normalement sur un cristal biréfringent parallèle à Taxe, il en sort polarisé elliptiquement, car la vibration incidente se décompose alors en deux composantes rectangulaires, qui ont acquis une différence de phase, et la résultante est une vibration elliptique.
- » Les moyens pour obtenir la dissymétrie entre les deux champs circulaires sont divers. Le procédé le plus connu est de lancer le moteur mécaniquement, la vitesse de rotation imprimée à l’induit s’ajoute à celle de l’un des champs et se retranche de celle de l’autre. Elle provoque ainsi un effort de démarrage et détermine, en même temps, le sens de rotation. La valeur de l’effort de démarrage dépend de la puissance du moyen mécanique employé.
- » De même, une dissymétrie peut être créée par un artifice produisant, au moyen d’un appareil inductif intercalé dans le circuit du moteur, une différence de phase dans les branches du courant de l’inducteur, ce qui équivaut à l’addition d’une rotation magnétique au champ primitif. Cet artifice bien connu n’a pas donné jusqu’ici un moyen de démarrage bien puissant.
- » Je peux mentionner aussi le système préconisé par M. de Ivando et qui consiste à provoquer la dissymétrie nécessaire du démarrage par la suppression de quelques spiresdans des quadrants opposés du moteur. Cette méthode fut appliquée par la maison Ganz aux petits moteurs de ventilateurs, mais l’effort de démarrage ainsi obtenu ne doit pas
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- être assez important pour permettre l’emploi du système à des moteurs plus puissants.
- „ Le procédé qui, dans cette voie, a obtenu jusqu’ici les résultats les plus remarquables est celui de M. Heyland. Cet ingénieur a eu l’idée de provoquer la dissymétrie en question par la réaction môme de l’induit, ce qui rend sa méthode un peu analogue à celle de M. de Kando. Mais la réalisation du but dans la solution de M. Heyland est plus heureuse. L’inducteur est composé de deux sortes d’enroulement, en parallèle, l’une en spires nombreuses logées dans des trous finement divisés, et l’autre à peu de spires logées dans quelques grands trous symétriquement disposés sur la circonférence de l’inducteur entre les autres trous. La réaction de l’induit se fait différemment sentir sur les deux enroulements ainsi constitués et produit le décalage nécessaire entre leurs courants au moment du démarrage. Une fois l’induit mis en route, on réunit en série, au moyen d’un commutateur, les deux enroulements en question.
- » L'effet obtenu par M. Heyland avec un moteur de 4 chevaux est remarquable, car ce moteur, dont l’induit était muni d’un rhéostat de démarrage, pouvait démarrer avec un effort dépassant deux fois et demie celui du régime. Malheureusement, le rendement du moteur ne fut trouvé que de 74 p. 100 et son. facteur de puissance n’était que 0,77. Enfin le courant de démarrage avait une valeur double du courant de régime. Or, dans des moteurs polyphasés bien construits on peut obtenir pour la même puissance facilement un rendement de 85 p. 100 et un coefficient de décalage de 0,85 et même plus, et, en outre, si l’on prévoit, ainsi que M. Heyland l’a fait, un rhéostat de démarrage dans l’induit. le courant de démarrage ne dépasse pas celui du régime normal.
- " Pour finir, je pourrais encore mentionner les moteurs asynchrones dans lesquels la rotation du champ est produite au moyen de collecteur, comme les moteurs I)éry, Arnold, etc., mais je trouve que j’ai déjà abusé de votre patience.
- » Je me contente donc de faire le résumé en insistant sur le point que le procédé exposé par M. Arno, et que je viens de comparer aux autres méthodes connues, tout en étant d’un intérêt incontestable, ne permet qu’un démarrage à vide et cela aussi non automatiquement, mais en faisant intervenir un moyen accessoire de mise en marche.
- M. Riccardo Arno. — « Je remercie M Maurice Leblanc pour l’extrême amabilité avec laquelle il a bien voulu déclarer lui être absolument inconnu jusqu’ici le phénomène que je viens d’observer et qui est dû à l’effet de la valeur critique de la résistance des enroulements élémentaires de l’armature du moteur asynchrone à courant alternatif simple.
- » M. André Blondel, qui malheureusement n’a pu se présenter à la séance pour des motifs de santé, a bien voulu m’autoriser, avec la plus exquise courtoisie, à déclarer que, dans l’article de L’Eclairage Electrique, t. V, p. 540, du 21 décembre 1895 : « I)u rôle des fuites magnétiques dans les moteurs à champ tournant », il n’y est dit aucune chose qui fasse allusion au système préconisé par moi, système que M. Blondel trouve, au contraire, très intéressant et absolument nouveau.
- » Répondant aux observations faites par M. Désiré Korda : J’ai, avant tout, l’honneur de présenter à l’Assemblée une modification de ma méthode, dont l’étude est sur le point d’être terminée, avec laquelle on pourvoit à la légère impulsion initiale à la partie mobile du moteur, moyennant la production, dans le premier instant de la fermeture du circuit dans lequel 011 insère le moteur, d’une dissymétrie électrique dans l’enroulement de l’armature, et ceci à la seule condition, qu’il est toujours possible de satisfaire, que ladite partie ne se trouve pas au commencement dans une position correspondant à un point mort.
- » Un moyen d’obtenir une telle dissymétrie électrique dans le premier instant de l’insertion du moteur en circuit, consiste à tenir ouvert pendant cet instant et fermer
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- tout de suite le circuit d’un des enroulements de l’armature.
- » Supposons que le moteur soit bipolaire avec armature à enroulement triphasé, dont l’une des trois bobines soit maintenue ouverte, au moyen de l’interrupteur /z, pendant le premier instant dans lequel, en agis-
- sant sur l’interrupteur /r, on insère le moteur en circuit. La disposition des diverses parties peut être telle, comme il est indiqué dans la figure 2, que, en agissant sur le commutateur K, on vient d’abord à fermer le circuit PQ du moteur, et, après un très court intervalle de temps, le circuit C de l’enroulement d’armature, que l’on avait laissé ouvert. Conséquemment, il en résulte que, dans
- l’instant ou l’on agit sur k, se produit, par le fait que le circuit d’un des enroulements de l’armature est ouvert et en vertu du principe des répulsions électrodynamiques d’Elihu Thomson, une légère impulsion, après quoi, en venant agir sur /z, et conséquemment le circuit de l’enroulement dont il est question restant fermé, le moteur démarre, selon ma méthode, par l’effet de la résistance critique, obtenue moyennant l’insertion d’une résistance déterminée additionnelle R dans chacun des circuits des enroulements élémentaires de l’armature.
- » Enfin, quant à l’intensité du courant nécessitée par l’application de mon système de démarrage, voici les résultats des expériences exécutées sur un moteur de Brown de la puissance de 25 chevaux. Tandis qu’avec l’ancienne méthode l’intensité du courant, au démarrage, était de 250 ampères, avec la nouvelle méthode, ladite intensité n’était plus que de no ampères, presque la valeur de l’intensité du., courant de régime. »
- M. le Piu'iMDExNT adresse de vifs remerciements à M. Arno pour sa très intéressante communication.
- M. Korda se félicite d’avoir provoqué, par ses observations, le complément de communication donné par M. Arno, et dans lequel se trouve l’indication, pour obtenir le démarrage des moteurs, d’un moyen non mécanique qui lui paraît extrêmement intéressant.
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- revue des sociétés savantes et des publications scientifiques
- gur le changement de période de la polarisation de la lumière émise par une flamme de sodium placée dans un champ magnétique ;
- Par À. Cottom.
- Outre les mémoires originaux du Dr Zee-man 0, nous avons publié dans cc Journal plusieurs articles ou analyses (2) relatifs à l’étude du phénomène découvert par ce physicien. Quelques autres travaux (8) n’ont pu encore trouver place dans ces colonnes; nous v reviendrons bientôt, nous bornant actuellement à signaler les intéressantes expériences de M. Cotton.
- (') Zeeman (P.). L'influence du magnétisme sur la nature de la lumière émise*par une substance, t. XI, p. 513. — Lignes doubles et triples produites dans le spectre, sous l'influence d’un champ magnétique extérieur, t. XIT, p. 77 et t.Xlll, p. 274.
- (*) Poincaré (H.). — La théorie de Lorentz et les expériences de Zeeman, t. XI, p. 481,
- Egoroff (N. 1 et Georgiewski (N.). — Sur la polarisation partielle des radiations émises par quelques sources lumineuses sous l’influence du champ magnétique, t. XI, p. 518, et t. XII, p. 183.
- Dunstan (St.-C.), Rice (M.-E.) ctKnius (C.-A.). — L’élargissement des raies du sodium par un champ magnétique intense, t. XI, p. 565.
- Cornu (A.). — Sur l’observation et l’interprétation cinématique des phénomènes découverts par le Dr Zeeman, t. XIII, p. 274.
- Garbasso. — Sur l’interprétation des expériences de Zeeman, t. XIII, p. 276.
- Becquerel (Henri). — Sur une interprétation applicable au phénomène de Faraday et au phénomène de Lecman, v XIII, p, 419.
- (* *) Michelson (Albert-A.). - Radiation dans magnétique, Phïl. Mag., t. XLIV, p. 109-116, ju Larmor (J.), — Sur la théorie de l’influence magnétique sur le spectre et sur la radiation d'îoi vemPm «..v ir,~ - vr,r _ 503-513, décent m Wetenscbaffen
- —tent, Pbil. Mag., t. XLV, p, 503-513 Lorenta. — Kon. AkadrT,r-' da”11» P- 193-209, septemt Broca (A.). — Les variations de période d< ‘mies, Revue générale des sciences, t. VIII, p. 93 5 30 décembre 1897. — Sur le mécanisme de la rotatoire magnétique, Comptes rendus, t. CX) 8 novembre 1897. __ Sur la transmission d’én «ice, application à k polarisation rotatoire 'comptes rendus, t. CXXV, p. 765, 15 novembre
- Dans une première note à l’Académie f), M. Cotton indique un procédé simple pour constater les changements de période de la lumière du sodium dans un champ magnétique.
- Ce procédé utilise le phénomène suivant, observé pour la première fois par Crookes (2) et étudié par M. Gouy(3): Si l’on regarde depuis une flamme A renfermant de la vapeur de sodium au travers d’une flamme B contenant également de cette vapeur, les bords de la liamme A apparaissent noirs.
- Ce phénomène s’explique très aisément : la liamme A est entourée d’une gaine peu lumineuse, mais encore chaude et renfermant du sodium: les radiations qui en émanent sont absorbées par la flamme B et la gaine paraît noire.
- Or, les conditions où se trouve la vapeur de sodium dans la gaine, sont précisément celles dans lesquelles la lumière émise est la plus pure, et, en effet, si l’on observe au moyen d’un spcctroscope le spectre d’absorption, on n’observe que deux raies d’absorption extrêmement fines. Par conséquent si, comme Zeeman i’a découvert, le champ magnétique modifie la période de la lumière émise, on peut espérer que cette variation, si petite qu’elle soit, pourra être mise en évidence par le fait que les radiations modifiées de la liamme B n’absorberont plus les radiations de la gaine de A, et que par suite cette gaine cessera de se détacher en noir. C'est ce que l’expérience vérifie et l’on a ainsi un procédé très sensible de constater la variation de période produite par le champ magnétique.
- Dans ses expériences, M. Cotton employait
- (*) Compta rendus, t. CXXV, p. S65, 29 novembre 1897.
- (2) Cf, Mascart, Optique, t. III, p. 543.
- (3) Gouy, Annales de Chimie et de Physique, 56 série, t. XVIII, p. 51 et 89; 1879.
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- pour la flamme A celle d’une lampe à alcool dont l’alcool renfermait un peu de bromure de sodium et pour la flamme B, celle d’un bec Bunsen ordinaire dont on approchait une petite corbeille en fils de platine renfermant une trace de menu sel. Le champ magnétique était produit par un électro-aimant de Faraday excité par un courant de 14 ampères ; toutefois on pouvait constater l’affaiblissement, sinon la disparition, du bord noir avec un courant moitié moindre.
- Si l’on veut constater le changement de période de la lumière émise parallèlement aux lignes de force, on munit l’électro-aimant de deux armatures dont l’une est percée, et dont l’autre a, par exemple, la forme d’un cône arrondi. On place un peu au dessous de cette armature le brûleur B; puis, en dehors, à la sortie du canal traversant l’une des moitiés de l’électro-aimant, la seconde flamme A dont on amène le bord sur le champ éclairé, limité par l’ouverture. On observe que ce bord noir disparaît complètement quand on excite l’électro-aimant.
- Pour les observations faites perpendiculairement aux lignes de force, on place entre les armatures, formées par exemple de deux cônes arrondis, la flamme du brûleur B, et latéralement la seconde flamme. Le bord sombre de cette flamme s'éclaircit lors du passage du courant, mais ne disparait pas. Cela s’explique immédiatement puisque les vibrations parallèles aux lignes de force ne subissent aucun changement de période. En interposant, en effet, entre les deux flammes ou près de l’œil, un nicol, on observe qu’on n’a plus aucun changement lors de la fermeture du circuit, lorsque la petite diagonale du nicol est parallèle aux lignes de force. Si l’on tourne ce nicol de go°, de façon à ne laisser passer que les vibrations normales au champ, le bord s’efface complètement sous l’action du champ.
- On peut placer la flamme dont on observe le bord dans le champ magnétique, et l’autre flamme en dehors, de façon à étudier l’action
- du champ sur la couche absorbante elle-même. On observe encore la disparition du bord noir de la flamme lorsque le champ est suffi,
- M. Cotton ajoute que pour observer le bord noir il est très commode de projeter sur la seconde flamme, h l’aide d’une lentille convergente, l’image de la première. On peut utiliser une petite lunette pointée sur la seconde flamme, ce qui fixe la position de l’œil. Cette modification lui a été suggérée par M. Bouasse.
- La seconde communication (*) de M. Cotton est relative à la polarisation de la lumière émise par une Jlanime de sodium placée dans un champ magnétique.
- MM. Egoroff et Georgiewski ont observé que la lumière émise normalement aux lignes de force présente une polarisation partielle très nette, les vibrations (de Fresnel) perpendiculaires aux lignes de force- étant prédominantes ; en d’autres termes, dans le faisceau émis, la somme des intensités des raies latérales dépasse l’intensité de la raie centrale (ou plutôt la somme des intensités des deux raies centrales, puisque d’après les observations de M. Cornu, il v a deux raies centrales).
- La théorie de Lorentz ne fait rien prévoir de semblable : les deux sommes ne devraient différer que d’une fraction très faible de l’ordre du changement de période. Aussi Lorentz a étudié, dans un mémoire récent (fl, à la fois expérimental et théorique, cette question de la polarisation partielle produite par le champ magnétique. Il a fait la remarque, très importante, que l’intensité observée dépend non seulement de l’émission des radiations en un point de la source, mais encore de Y absorption que les rayons éprouvent en traversant les couches successives de la flamme. Lorsque le champ magnétique est excité, cette absorption diminuerait pour
- i'i Comptes rendus, t. CXXV, p. 1169. 27 décembre x897-l’4) Lorentz, Kon. Akademie van Welmschctffen (Amsterdam), p. 193-209 ; septembre 1897.
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- les vibrations perpendiculaires au champ qui éprouvent un changement de période.
- Mais il reste dans cette explication, un point obscur. Les modifications que l’on observe, dans les expériences de Zeeman, sur les raies d’émission s’observent aussi sur les raies d’absorption (et il est meme souvent avantageux de faire ces expériences en utilisant ces raies renversées). On ne s’expliquerait donc pas la polarisation observée, puisque l’émission et l’absorption seraient modifiées de la même manière. C’est pourquoi Lorentz, qui considère dans ses calculs une flamme homogène dans un champ uniforme, a dû, pour compléter sa théorie, recourir a des hypothèses supplémentaires.
- M. Cotton croit qu’on peut expliquer le phénomène d’Egoroff et Georgiewsky en. remarquant que jamais les différentes parties de la flamme ne sont identiques, et que l’effet Zeeman 11e s’y produit pas partout avec la même intensité. Cela peut tenir soit au défaut d’uniformité du champ, soit encore a la structure de la flamme elle-même.
- Le défaut d’uniformité du champ intervient certainement dans nombre de cas, et l’on peut même, en l’accentuant beaucoup, augmenter considérablement la polarisation observée. (C’est le cas d’une expérience de Lorentz, où il utilise deux flammes dont l’une est dans le champ, et l’autre en dehors.) Mais M. Cotton a observé que la polarisation partielle se manifeste encore lorsque la source est placée tout entière dans un champ magnétique uniforme.
- Il cite, à ce propos, une expérience où le champ était produit entre deuxgrandes armatures planes de 16 cm de diamètre, distantes de 1 cm environ. Une petite étincelle jaillissait, parallèlement aux lignes de force, entre Uflc pointe et une plaque de sodium, au milieu du champ magnétique uniforme ainsi produit. Malgré la valeur restreinte de ce-champ (certainement inférieure à 1000 C. G. S.) ta lumière émise est encore polarisée.
- Ce défaut d’homogénéité de la flamme elle-
- même doit donc être la cause de la polarisation observée.
- Il existe en effet dans la source diverses couches différant par la valeur de la température et la richesse en sodium. Ces deux causes (surtout la première) doivent faire varier, d’un point a l’autre, l'intensité de l’effet Zeeman. E11 particulier l'enveloppe extérieure de la flamme et les parties centrales sont affectées différemment. M. Cotton l’a constaté par l’expérience suivante :
- Une petite flamme de Bunsen, où l’on introduit un peu d’un sel de sodium, est contenue tout entière entre les armatures d’un électro-aimant pouvant donner un champ uniforme (intensité environ 6000 C. G. S.). On regarde cette flamme se projetant sur le champ éclairé obtenu à l’aide d’un petit miroir concave placé derrière. Pour cela on superpose à la flamme son image un peu agrandie, les parties correspondantes de la flamme et de l’image étant voisines au point observé. On voit les bords de la flamme apparaître en sombre, la couche absorbante traversée y étant plus épaisse. Lorsque le champ est excité, les bords s’éclaircissent notablement, et en outre toute la flamme devient plus brillante. Ces phénomènes deviennent plus nets lorsqu’on observe a travers un nicol ne laissant passer que des vibrations normales, au champ.
- Donc la gaine extérieure et la partie centrale de la flamme, placées dans le même champ, se comportent différemment. Le changement de période n’est pas le même dans les parties de la flamme qui envoient le plus de lumière, et à la périphérie où cette lumière est absorbée. Par conséquent les vibrations perpendiculaires au champ, qui subissent seules ce changement de période, doivent être moins absorbées lorsque le champ existe, ce qui explique les résultats d’Egoroff et Georgiewsky.
- L’explication de Lorentz, ainsi complétée, ne rattache pas seulement ces expériences à celles de Zeeman ; suivant M. Cotton, elle éclaircit d’autres faits expérimentaux:
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- T. XIV. — 5.
- i. Ainsique Lorentz l’a fait remarquer, on peut s’expliquer que la polarisation partielle n’ait été observée parÉgoroffet Georgiewsky qu’avec la lumière des raies spectrales spontanément renversables.
- z. On comprend de même que les expériences d’Egoroff et Georgiewsky ne réussissent que si l’on emploie une source aussi monochromatique que possible. Toute polarisation disparaît avec une source très chargée en sodium (1).
- 3. On s’explique encore le fait signalé indépendamment par Égorolf et Georgiewsky, et par Michelson (2), et que M. Cotton a constaté lui-même 'dans des observations faites parallèlement ou perpendiculairement au champ), que l’intensité lumineuse d’une flamme au sodium augmente par l'action du champ magnétique.
- 4. Enfin, dans un travail plus étendu, M. Cotton se propose de montrer comment les modifications plus compliquées des raies du sodium, observées, dans certaines conditions, par Lodge et’Davies, se rattachent d'une manière simple aux faits précédents. II. B.
- I Observations du phénomène de Zeeman ;
- Par W. KcenigC).
- 1. Dans la direction des lignes de force. — Pour reconnaître l’état de polarisation des raies, M. Kônig se sert d’un analyseur circulaire formé d’une lame quart-d’onde et d’un nicol. On double la sensibilité en plaçant côte à côte deux lames semblables dont les axes sont perpendiculaires l’un à l’autre et à 450 de la fente du collimateur : on peut également prendre une seule lame avec un prisme à double réfraction.
- 2. Normalement aux lignes de force.—La moitié de la fente est recouverte d’une lame ‘demi-onde et on observe à travers un nicol, ou bien on observe avec un prisme à double réfraction en supprimant la lame.
- Ces procédés ne se distinguent pas essentiellement, comme on le voit, de ceux dont M. Cornu a donné le détail récemment dans ce journal (*).
- CHRONIQUE
- Formes simples de tubes de Roentgen. — Nous avons déjà parlé, dans une précédente chronique (ce tome, p. i8t), de quelques dispositions extrêmement simples, proposées par M.Guglielmo pour les trompes de Sprengel, et faciles à reproduire par toute personne sachant un peu travailler le verre. Comme suite, nous allons indiquer une construction également très simplifiée des tubes de Rœntgen.
- A un tube à essais de 6 à 8 mm de diamètre, on soude latéralement un tube en T, dans l’une des branches duquel on fixe l'anode, l'autre branche sert pour la liaison avec la pompe. On découpe dans une lame d’aluminium un disque muni d'une tige et 012 rend ce disque concave en l’écrasant
- avec un bâtonnet de fer; la tige est repliée derrière le disque et fixée dans un bouchon de liège qui s'adapte aisément sur le tube à essais. On entoure la partie de la tige d'aluminium, comprise entre le disque et le bouchon, d’une couche de mastic, et on ferme le tube avec le bouchon; on chauffe alors de façon que le mastic fonde et forme au-dessus du bouchon une couche homogène de 5 à 10 mm. I.a fermeture obtenue est très bonne, facile à défaire et à refaire.
- Pour éviter le ramollissement du verre sous l'action des rayons cathodiques, on plonge l’extrémité sphérique du tube dans une petite boîte Je carton paraffiné, remplie d’eau. Au lieu de laisser les rayons frapper le verre, on peut les faire tom-
- (‘) Cf. Lorentz. loc. cit., p. 201.
- (®) Michelson, Phil. Mag. p. 115 (ennote); juillet 1897.
- (‘) XVied. Ann., t. LXII, p. 24O-248.
- (2) L’Eclairage Electrique, t. XIII, p, 242.
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- 29 Janvier 1898.
- ber sur une lame de spath-fluor ou d'aluminium et se servir des rayons ainsi émis ; mais cette disposition ne présente pas d'avantages.
- Si l'on veut réaliser un tube focus, on prend un tube ouvert à ses deux extrémités, on bouche l’une comme il a été indiqué ci-dessus, puis l'autre d'une façon analogue par un bouchon qui supporte la lame focus servant d’anode. Ce dernier bouchon est traversé par un tube de verre qui sert pour la liaison avec la pompe. On obtient ainsi des tubes focus sans soudure et qui donnent les mêmes effets que les précédents.
- En emoloyant comme mastic la cire à cacheter, les résultats ne sont pas satisfaisants ; cette cire émet en effet des vapeurs qui produisent une lumière blanche, de plus elle reste facilement visqueuse, ce qui rend la fermeture douteuse. Le mieux est d’employer de la colophane, à laquelle on mêle, pendant qu'elle est en fusion, une petite quantité d'huile d’olive ou de ricin , ou bien de la paraffine, ou de la vaseline débarrassée de ses produits les plus volatils, ou encore de la gomme élastique. Ce dernier mélange est le meilleur, la gomme est insoluble dans la colophane; il faut élever la température jusqu’à fondre la gomme, on peut alors en mettre une grande quantité,Tous cesmélanges peuvent être chauffés notablement au-dessus du point de fusion sans bouillir ; ils donnent ainsi un liquide bien fluide qui pénètre dans tous les intervalles et forme, par refroidissement, une masse compacte, homogène, assurant une fermeture excellente. Avec les huiles ou la paraffine, la masse est transparente, ce qui permet d'en voir les défectuosités. A propos de l'huile de ricin, il est bon de remarquer qu'un excès rend la masse plastique et que dans le vide il se dégage alors des bulles qui détruisent l’homogénéité.
- Un perfectionnement consiste à remplacer le mastic par l'alliage de Wood; comme il n’adhère pas bien au verre, on retire le bouchon et on 1 entoure d’une couche de mastic fondu.
- Avec ces tubes il suffît de peu d'aspirations pour obtenir la raréfaction des tubes de Crookes. Ainsi, on peut former l’oinbre très nette d’un réseau de fils de 0,05 mm, distants de 0,05 mm, en plaçant le réticule à égale distance (10 cm) du tube et de la plaque fluorescente. En cinq minutes on obtient sur une plaque photographique, par développe-ment, une image intense.
- Néanmoins il ne semble pas que l'on puisse obtenir les raréfactions extrêmes, et les rayons X
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- produits ne sont pas très pénétrants: les os d’un bras, même très petits, sont à peine visibles.
- Il reste acquis la possibilité d’obtenir facilement et à bon compte, des tubes de Crookes suffisants.
- Station centrale de la Blue Lakes Water Company (États-Unis). — Le développement des applications de l’électricité s’est fait en Amérique avec une étonnante rapidité. Les capitaux qui sont engagés dans les exploitations atteignent des sommes fantastiques. Les Américains ont appliqué aux exploitations électriques la phrase de Danton : « De l'audace, encore de l’audace, et toujours de l’audace. » On se rappelle l’utilisation des chutes du Niagara.
- Dans la Sierra-Nevada (Californie), à 3700 m d’altitude, se trouvent des sources et des lacs, entre autres les Lacs bleus, d'où la Compagnie a tiré son nom; et cette Compagnie, nous dit VElectricien, a eu la hardiesse d’exécuter des travaux à cette altitude, sous 7 m de neige. Les travaux ont duré cinq ans; ils ont commencé avec 50 millions de capital; la Société pouvait encore émettre 25 millions d’actions à 6 p. 100. Le 25 mai 1893, 3 623 000 fr d’actions étaient émis et le 23 août 1897 l'usine commençait à marcher.
- Les eaux suivent pendant 64 km le lit creusé dans le rocher de la rivière Mokelumne, puis sur 69 km environ le canal de l’Amador 'également creusé dans le rocher; elles traversent un tunnel, et à la sortie passent dans une conduite de tuyaux d’acier ou de tôle d’acier rivée. Une partie de la conduite, longue de 233 m, en tuyaux d’acier, est placée sur une pente de 47,7 p. 100.
- Tous ces tuyaux devaient résister, aux essais, à une pression de 80 kg par cm2.
- La station centrale est à 25 km du chemin de fer de Valley Spring à Blue Lake City; elle possède une grue roulante de 10 tonnes, trois turbines de 600 chevaux chacune, calées directement sur une dynamo Stanley biphasée de 430 kilowatts. Chaque unité occupe un emplacement de 4,12 m sur 3,96 m et 2,50 m de haut, pèse 10 tonnes; l'inducteur seul pèse 7 tonnes et le volant 2 tonnes.
- Chacune des dynamos Stanley biphasée de 450 kilowatts, à 600 tours par minute, donne 7 200 alternances par minute. J.e courant produit est au potentiel de 2 000 à 2 400 volts. Les excita-
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. xiv. — N°5
- trices sont deux dynamos multipolaires de io chevaux et 60 volts.
- La station distribuel'énergie aux deux comtés de Callaveras et d’Amador.
- Éclairage des bibliothèques et salles de travail publiques. — Il est facile d'eelairer largement une rue, une gare ou un magasin quelconque. Mais le problème est moins commode s'il s’agit de fournir un éclairage puissant quoique ne fatiguant pas la vue, tel que celui que réclame une salle de biblio-
- Depuis longtemps, on cherche la solution de ce problème. I] y a déjà près de vingt ans que l'ingénieur Jaspai* inventa, pour l'éclairage électrique de la salle des appareils télégraphiques, à la gare du Nord de Bruxelles, un procédé qui fut reproduit à l’exposition d’électricité de Paris en i88r. Ce procédé consiste à loger une puissante lampe à arc dans un réflecteur qui envoie la lumière sur le plafond. C’est le plafond très blanc et très lumineux qui éclaire la pièce. L’inconvénient est qu'il y a beaucoup de lumière perdue et que la vue de la marmite-réflecteur est d'un vilain effet.
- En 1881. un Américain, M. Partz, proposa de loger la lumière électrique sous le sol. Le faisceau de rayon lumineux montait dans une colonne creuse, de 3 m de hauteur, émaillée à l'intérieur, et venait frapper sur un réflecteur suspendu en l'air, d'où il se diffusait aux alentours.
- A New-York, pour l'éclairage de la nouvelle bibliothèque de l'Université de Colombia, on a utilisé une méthode à peu près semblable et qui conserve cependant un caractère d’originalité.
- Dans la grande salle, à 10 m au-dessous du dôme, est suspendue une sphère en bois de. 2,10 m de diamètre, recouverte d’une peinture blanche.
- Au second étage, installées dans des boîtes dissimulées parmi les rayons de la bibliothèque, se trouvent huit puissantes lampes à arc. Il est impossible de les voir. Qu'on regarde en l'air du rez-de-chaussée, ou qu’on regarde autour de soi au second étage, on ne distingue aucun foyer lumi-.neux. Cependant les huit faisceaux de rayons de lumière vont, à 22 m, frapper la surface de la boule. Leur combinaison est telle que les trois quarts inférieurs de la sphère sont enveloppés par la projection des huit arcs électriques et qu'un éclairage doux et diffus, reflété par cette lune
- artificielle, se trouve réparti dans toute la pièce. Le nom de lune artificelle a été donné à cette installation par les Américains. Il est juste. L'invention est ingénieuse et donne, paraît-il, de bons résultats, mais elle n'est pas économique. Il y a cependant moins de perte par diffusion que dans la lumière Jaspar ou Partz.
- Chariot électrique à trôlet aérien pour routes ordinaires- — U s’agit d’une voiture circulant sur la route qui avoisine la fonderie de MM. W.-G, Caffrey et H.-B. Maxson à Leno (Nevada, Etats-Unis). Au lieu de traîner des accumulateurs, la voiture prend l’énergie à un fîl aérien par un double trôlet. La ligne est formée de poteaux de 7,20 m de hauteur, placés à 38 m les uns des autres, et supportant deux conducteurs à 4,80 m du sol et distants de 0,46 m l'un de l’autre. Le trôlet se compose de deux roulettes réunies par un châssis articulé pour éviter les efforts et les contrecoups.
- Le chariot peut se déplacer sur la route, y contourner les obstacles, il garde sa liberté comme une automobile ordinaire. Pour permettre l'allongement nécessaire du fil du trôlet, la voiture est munie d’un dévidoir automatique sur lequel s'enroulent les deux fils et qui se déroule sous le plus léger effort de déviation de la voiture pour s'enrouler à nouveau dès que cet effort a cessé. i.e chariot peut ainsi s’éloigner de 60 m du pied des poteaux; enfin les autres voitures peuvent passer sous les fils sans les toucher.
- Le moteur Westinghouse qui actionne la voiture agit par engrenage sur les roues d’arrière. La dynamo génératrice employée dans les essais était une dynamo compound Westinghouse de 5 chevaux sous 550 volts; alors le chariot chargé de 1100 kg a atteint facilement une vitesse de 15 milles à l'heure.
- Une telle voiture peut rendre de grands services dans les vastes exploitations industrielles et agricoles. Comme voiture de luxe elle n'est pas pratique; on verrait difficilement des files d'automobiles se suivant sur une route livrées au caprice du premier conducteur.
- Le Gérant : C. NAUP-
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- Tome XIV.
- Samedi 5 Février 1898
- 5* Année. — K* 6,
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l'École Polytechnique, Membre de l’Institut. — A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — 6. LIPPMANN, Professeur â la Sorbonne, Membre de l’institut. — D. MONNIER, Professeur à l’École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARË, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER, Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- ÉTUDE THÉORIQUE SUR LES PILES REVERSIBLES (’)
- EXPÉRIENCES COMPLÉMENTAIRES
- Ainsi qu'il a été déjà dit plus haut, des expériences nouvelles, postérieures à la théorie précédente, sont venues en confirmer la probabilité.
- Il n’est pas inutile de rappeler que les résultats sur lesquels elle est basée offrent l’avantage d’assimiler le fonctionnement d’un accumulateur à celui d’une pile primaire quelconque, dans laquelle le métal brûlé est du plomb, le courant électrique n’ayant d’autre rôle que de remplacer par un travail d’électrolvse, les manipulations nécessaires à la reconstitution chimique de ces piles.
- La justification de ces hypothèses repose sur des expériences déjà décrites dans des études antérieures (2).
- Ces expériences montrent qu’on peut constituer de toutes pièces, avec de simples produits chimiques, un accumulateur au plomb et s’en servir comme d’une pile primaire ordinaire.
- {') L’Électricien, 13 octobre 1894.
- (!) Voir L’Éclairage Électrique du 22 janvier, p. 141.
- Dans le premier article, la figure représentant la disposi-lon employée pour mesurer les gaz (p. 143, 2e expérience) été omise; nous la donnons ci-dessus (fig. 1).
- Or, la théorie de la double sulfatation est -complètement en défaut sur ce point, car elle attribue à l’électrolyse de l’acide un rôle prépondérant dans les phénomènes chimiques et physiques observés.
- Les conclusions tirées des expériences de
- 1892 ont été vivement combattues dans une conférence faite à la Société des ingénieurs-électriciens de Londres, la même année, par MM. Gladstone et Hibbert (*), partisans toujours convaincus de la double sulfatation, puis en 1895 par MM. Elbs et Steintz en Allemagne (*).
- (‘) La Lumière Électrique, t. XLV, p. 38, 90, 142 et 188, 2, 9, 16 et 23 juillet 1892.
- (2) L'Éclairage Électrique, t. II, p. 368, 23 février, et t. IV, p. 466, 7 septembre 1895.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. — N°6.
- La notoriété de ces savants, imposait de réfuter leurs objections par de nouvelles expériences. Observons cependant en passant que les analyses ou recherches sur lesquelles la théorie nouvelle s’appuie, n’ont jamais été contestées et que les diverses controverses auxquelles elles ont donné lieu s’alimentent surtout d’arguments de sentiment.
- Jusqu’à cequ’il soit démontré par des expériences de même nature, que leurs résultats et par suite les conclusions qui en ont été tirées sont erronés, il sera permis de les considérer comme acquises.
- C’est ainsi qu’il a été contesté, à plusieurs reprises, que des oxydes inférieurs au peroxyde puissent exister en présence de l’acide sulfurique. Ce point est important, caria présence au sein de la matière active positive après décharge, d’un oxyde inférieur à PbO2, constatée dans les analyses du tableau n° 2, fournit le principal argument contre la théorie de la sulfatation de la positive.
- S’il était démontré que ces résultats sont en contradiction avec les principes bien connus de la chimie générale, c’est la base même de l’argumentation qui s’écroulerait.
- Il n’en est heureusement pas ainsi ; des expériences directes prouvent que des oxydes de plomb peuvent exister en présence de l’acide sulfurique dilué, tel que celui qui compose le liquide des accumulateurs (*).
- MM. Gladstone et Hibbert ont émis l’opinion que la surélévation de force électromotrice observée au début d’une décharge, ainsi que les variations de cette même force électromotrice pendant le cours de cette décharge, étaient dues aux inégalités de concentration de l’acide autour des plaques positive et néga-
- II est intéressant de montrer que les expériences qu’ils ont produites à l’appui de cette opinion, conduisent à des conclusions tout à fait différentes, et plus en concordance avec les phénomènes observés.
- Les expériences des savants anglais seront
- (*) L’Êkciricien, 27 avril 1895.
- discutées concurremment avec celles qui nous sont personnelles.
- Variation de t.a force électromotrice d’un
- ACCUMULATEUR
- Quelle est la cause des variations de force électromotrice d’un accumulateur ?
- Nous connaissons déjà celle qui produit la surélévation passagère du coup de fouet ; la présence bien et dûment constatée de l’acide persulfurique dans la plaque positive, suffit à expliquer les phénomènes fugitifs du début. Les analyses rigoureuses dont le détail a été donné ne permettent pas de doute à ce sujet.
- MM. Gladstone et Hibbert, contestant la présence de S*Ot, sans fournir toutefois de preuves expérimentales, ont fait observer qu’un accumulateur changé dans l’acide phos-phorique donnait aussi un coup de fouet de même ordre au début d’une décharge, ce qui tendait à prouver que l’acide persulfu-rique ne jouait aucun rôle, l’appareil à l’acide phosphorique ne pouvant évidemment pas en contenir.
- Mais dans ce dernier cas, l’eau oxygénée entre en jeu, sa chaleur de formation exothermique, très rapprochée de celle de l’acide persulfurique, donnant une surélévation initiale et passagère de force électromotrice, à peu près équivalente.
- Il ne peut y avoir de doute sur la présence de l’eau oxygénée après la charge, car son action sur l’acide chromique est tout à fait sensible; des échantillons de liquide pris à tout instant de la charge ont toujours donné la coloration bleue de l’acide perchromique. L’objection tombe donc d’elle-même.
- Nous montrerons plus loin, du reste, que le phénomène du coup de fouet s’observe dans tous les accumulateurs, y compris ceux dont le liquide ne contient pas d’acide, comme le couple à la potasse caustique, et qu’il est dû à la formation fugitive de corps exothermiques.
- Il était intéressant de rechercher tout
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- d’abord si les variations de force électromotrice pendant le cours de la décharge étaient bien dues à des différences de concentration de l’acide autour des électrodes, comme l’ont admis MM. Gladstone et Hibbert. Il suffisait de voir pour cela si les deux électrodes ne contenaient pas des quantités différentes d’acide. Le liquide baignant les électrodes accusant en effet, au pèse-acides, une densité toujours uniforme, l’écart, s’il en existe un, ne peut provenir que des liquides imprégnant la matière active.
- Dosage de l’acide sulfurique imprégnant
- les matières active et positive a la fin
- d’une charge.
- Dans un élément chargé à refus, on a pris, sans interrompre la charge, une plaque positive et une plaque négative, pour les plonger aussitôt chacune dans un vase rempli d’eau distillée. La matière active a été ensuite enlevée des plaques sous l’eau, pour faire dégorger tout l’acide qui y était contenu.
- La quantité de matière traitée était d’environ 300 grammes pour chacune des électrodes. L’acide dégagé par le peroxyde et le plomb spongieux a été soigneusement dosé. En outre, le sulfate de plomb formé aux dépens du plomb spongieux pendant le lavage à l’eau, a été recherché pour la détermination du chiffre exact d’acide contenu dans la négative.
- Plomb spongieux :
- Acide libre dégorgé............... 1,92 p. ioo
- Quantité de matière traitée 300 gr. :
- Acide du sulfate formé............1,10 —
- Qantité totale d’acide contenu dans
- la matière négative...........3,02 p. 100
- Peroxyde de plomb :
- Acide libre dégorgé...............2,31 p. 100
- Quantité de matière traitée, 300 grammes.
- Les quantités d’acide dégorgé sont approximativement dans le rapport—. Or, la densité du plomb spongieux des négatives était de 4 environ, celle du peroxyde des positives
- de 6 ; les densités sont donc dans le rapport inverse —. Les quantités d’acide contenues dans les plaques sont, on le voit, tout à fait comparables, et il n’y a pas lieu de rechercher plus longtemps, dans une différence de concentration, la cause des variations de la force clcctromotrice.
- Si, à une époque quelconque de la charge, il est vrai d’affirmer que l’acide s’oriente électrolytiquement vers la positive, il ne faut pas perdre de vue qu’il se diffuse au fur et à mesure dans la masse du liquide. Cette remarque est d’ailleurs tout à fait conforme aux observations constantes faites en électro-lyse. Il suffit de rappeler l’expérience de chargement d’un accumulateur dans le sulfate de soude neutre, expérience dans laquelle, par suite des actions secondaires en jeu, on ne constate jamais la présence d’acide libre.
- Et l’on comprend immédiatement pourquoi les conclusions que l’on pourrait tirer d’une expérience dans laquelle on aurait monté l’anode dans un vase poreux, comme l’ont fait MM. Gladstone et Hibbert, sont entachées d’erreurs à l’origine.
- On trouble, en effet, toutes les conditions de l’expérience, ou, pour parler d’une façon plus précise, on fait une expérience toute différente, par l’introduction du diaphragme. Si le liquide est de l’eau acidulée, la densité augmente dans le vase poreux avec la temps de charge, et diminue, au contraire, autour de la négative. De môme, avec le sulfate de soude, on retrouve, après une charge prolongée, de l’eau acidulée dans le vase poreux et de la soude dans le récipient extérieur.
- Il s’agit du reste ici de l’expérience classique des cabinets de physique, maintes fois répétée. Rien de semblable ne peut se produire quand le liquide est libre, condition expresse des recherches surles accumulateurs.
- Ecartons donc toute hypothèse basée sur une concentration variable de l'acide autour des électrodes et cherchons dans une tout autre voie pour expliquer les variations de la force électromotrice.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. — N° e.
- On sait déjà que l’état moléculaire des plaques subit des modifications profondes pendant tout le cours de la décharge ; la matière active positive formant réservoir d’oxygène, cède cet oxygène pour brûler le plomb de la négative. Primitivement composée de peroxyde de plomb presque en totalité, elle est bientôt transformée en un mélange de peroxyde, d’oxyde inférieur et de sulfate.
- Ces mélanges hétérogènes en proportions variables donneront-ils, en présence d’une même négative, les mêmes forces électromotrices que du peroxyde pur? On peut en douter à priori ; c’est donc dans ce sens qu’il faut pousser les recherches.
- Les expériences ont été conduites de la façon suivante :
- Le peroxyde employé a toujours été obtenu par voie chimique, afin de prouver une fois de plus sa parfaite identité moléculaire avec la matière active positive. Le peroxyde du commerce, aussi bien que ceux préparés spécialement pour l’expérience, en traitant soit le minium par l’acide acétique, soit le chlorure de plomb par l’hypochlorite de soude, ont donné identiquement les mêmes résultats. Les matières employées pour être mélangées au peroxyde, étaient elles-mêmes préparées chimiquement. Les corps en présence, autres que la plaque négative, n’avaient donc participé à aucune action électrolytique. Encore obtenait-on les mêmes résultats en se servant d’une plaque de plomb spongieux, préparée en réduisant par simple contact d'une plaque de zinc un sel de plomb empâté sur un support.
- Ces détails préliminaires sont indispensables, pour permettre de tirer les conclusions logiques des chiffres qui seront donnés plus loin et qui emprunteront précisément leur valeur au fait, que les réactions qu’ils traduisent sont simples et étrangères à l’élec-trolyse.
- Les corps préalablement réduits en poudre, pour que les mélanges fussent intimes, étaient introduits ensuite dans une capsule de platine en forme de cuvette, servant d’élec-
- trode conductrice, et plongés par ce moyen dans le bac contenant le liquide et la néga-tive (fig. 2).
- Les lectures au galvanomètre n’étaient adoptées que lorsque la déviation était stable, après le temps nécessaire pour que les matières pulvérulentes fussent bien imprégnées de liquide.
- Les premières expériences portent sur des mélanges de peroxyde et de litharge, les secondes, sur des mélanges de peroxyde et de sulfate de plomb.
- Les résultats des mesures sont inscrits dans les tableaux suivants et traduits dans les courbes qui les accompagnent.
- Une première inspection des tableaux montre que les chiffres font tout d’abord justice d’une légende qui est presque un article de foi, que le peroxyde de plomb est un corps mauvais conducteur. Alors que dans les expériences précédentes, le contact des mélanges avec le conducteur ne se faisait que par le simple poids des corps pulvérulents, il suffit de la présence dans le mélange PbO, PbSO1 de 15 p. 100 de peroxyde chimique, pour maintenir le voltage à la valeur de 1,99 volt qui s’écarte de moins de 3,5 p. 100 de la valeur maxima de la force électromo-
- Ces chiffres montrent bien, en outre, d’une façon irréfutable, que la valeur clevée de cette force électromotrice est bien due simplement au peroxyde, et non à on ne sait plus quelle cause mystérieuse provenant de l’élec-trolyse, qui serait renfermée dans les plaques et que tant d’expérimentateurs s’obstinent à rechercher. Cette valeur 2,06 volts obtenue
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- REVUE D’ÉLECTRÏCITÉ
- 5 Février 1898.
- Forces électromotrices
- Mélanges en proportions variables de PbO2 chargé et séché, et de PbO; négative, Pb spongieux, liquide 35* Baumé.
- PROPORTION PROPORTION VOLTAGE OBSERVATIONS
- go 8o 7° ' 6o 5° 3° 30 40 5° - 6o 70 80 90 1 »94 1.91 i»9°5 1,88 1,82 1.795 1,72 i’48 1,32 Mélange dans capsule de platine. Tend à baisser. Tend à baisser. Tend à baisser. Reste fixe à 1,43. Baisse à 1,24.
- „
- „
- „
- 6
- 8
- g n —
- Des mélanges PbO2, PbSO* avec négative Pb spongieux, les mélanges séjournant dans Vacide à 35° Baumé jusqu'à ce que le voltage soit stable.
- PROPORTION PROPORTION de PbSc* VOLTAGE OBSERVATIONS
- ! Pioo p. 100 Zl Mélanges dans capsule de
- 2 90 IO 2.045 platine.
- 3 80 20 2’°ï Les premières forces élec-
- 4 70 3° tromotrices atteignent
- 5 ... 60 40 2,015 rapidement leur valeur
- 6 5° 50 2,01 stable.
- 7 4° 60 2,01
- 8 3° 70 1.99 Les dernières ne l'attei-
- 9 80 i.99 gnent qu’après plusieurs
- 10 30 90 . 1,87 heures.
- 11 0 100 0,60
- 12 15 85 T99 Les trois dernières expé-
- «3 10 90 1,90 riences ont été faites
- 14 5 95 1.50 après coup, afin de bien déterminer le point du crochet.
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- T. XIV. - N° 6.
- avec du PbO* chimique, est absolument identique à celle que donne un élément d’accumulateur après quelques jours de repos.
- Elle est supérieure à celle que l’on trouve en se servant d’une positive lavée et séchée, comme celle qui a servi aux mélanges de PbOa et de litharge.
- Arrêtons-nous un instant sur ce chiffre de 2,06 volts. La force électromotrice mesurée du couple primaire, peroxyde de plomb, plomb doux ordinaire, eau acidulée sulfurique, est de 1,6 volt (voir tableau V, p. 154).
- D’autre part,' nous avons mesuré aussi la force électromotrice du couple primaire, plomb doux, plomb spongieux dans le même liquide ; elle a été trouvée de 0,46 volt (J).
- Si nous additionnons ces deux derniers chiffres nous retrouverons le chiffre primitif de 2,06 volts. Devant cetteconcordancefrappante, qui n’est le fruit d’aucune hypothèse, mais bien le résultat de mesures rigoureuses, n’est-on pas en droit de conclure que l’exactitude de la théorie émise sur la constitution intime de l’accumulateur au plomb, offre de grandes chances de probabilité. Et qu’est-il nécessaire de chercher des explications nuageuses, où la véi'iré semble apparaître si nette, et de vouloir trouver dans l’accumulateur un instrument compliqué et mystérieux, tandis qu’on peut le concevoir si simple ?
- Pour nous, la pile réversible au plomb n’est pas autre chose qu’une pile primaire, dans laquelle le réservoir d’oxygène nécessaire pour brûler le plomb est constitué par le peroxyde, les variations fugitives constatées au début dans la force électromotrice étant seules imputables à l’électrolyse.
- L’examen des tableaux et courbes qui précèdent donne lieu à des remarques intéressantes : l’allure des deux courbes est en effet sensiblement différente . Tandis que celle des mélanges de peroxyde et* de litharge s’abaisse d’une façon lente et continue, celle des mélanges peroxyde sulfate de
- {’) De l’emploi du plomb spongieux dans les piles primaires, Électricien, t. VIII, p. 237.
- plomb reste à peu près parallèle à l’axe des abscisses sur presque toute sa longueur, puis s’abaisse brusquement, en formant un crochet. Cette courbe offre ainsi une similitude tout à fait remarquable avec la courbe de décharge d’un accumulateur.
- En rapprochant cette constatation des résultats de nos connaissances déjà acquises sur la constitution intime d’une positive, nous pouvons déduire de l’ensemble des faits des conclusions intéressantes.
- Observons avant tout que les mélanges formés artificiellement pour les expériences ne peuvent jamais être aussi intimes que ceux qui existent sur une plaque, dans la réalité, par suite de réduction électrolytique.
- Il ne peut plus guère y avoir de doute sur la cause de la baisse continue de force électromotrice pendant la décharge; cette cause est la modification constante dans l’état moléculaire de la matière active positive, la proportion d’oxyde inférieur par rapport au poids initial de peroxyde, augmentant progressivement au fur et à mesure que se poursuit la décharge . On voit immédiatement combien il serait avantageux de favoriser l'action secondaire locale qui, sur la plaque positive plongée dans un liquide acide, donne naissaneeà du sulfate de plomb, puisqu’on obtiendrait par cela même la constance plus parfaite de la force clectromo-trice. On trouvera aussi dans cette formation locale du sulfate, rapprochée de la régularité plus parfaite de la deuxième courbe, une explication satisfaisante du phénomène d’accroissement de la force électromotrice d’un accumulateur au repos , qu’on désigne le plus communément sous le nom de charges résiduelles. Pour obtenir ce résultat, le moyen le plus sùr est de diviser le plus possible la matière active positive sur le quadrillage conducteur.
- On sait en effet que l’action électrolytique s’exerce surtout au contact du conducteur; paf suite, dès que la proportion d’ox}rde inférieur autour de ce conducteur atteint le pour cent correspondant à une baisse sensible de la
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- force électromotrice, ainsi qu’il a été vu plus haut, la pile est épuisée, bien qu’il puisse rester, en quelque autre point de la plaque, de l’énergie disponible dans du peroxyde non utilisé.
- Ces déductions peuvent être vérifiées expérimentalement. Prenons un élément d’accumulateur composé par exemple de onze plaques, parmi lesquelles cinq positives formées d’un quadrillage à grands alvéoles empâtés de peroxyde. Ce peroxyde est ainsi disposé en pastilles carrées, ayant environ 20 mm de côté (fig. 5).
- Fig- 5
- Evidons maintenant les pastilles de façon à ce que chacune d’elles ait un trou carré central de 15 mm de côté (fig. 6). L’appareil ainsi modifié n’a plus que 2,300 kg de peroxyde et fournit encore au même régime une capacité de 170 ampères-heure. L’utilisation de la matière active s’est déjà améliorée, car elle est devenue soit i3,5gr par ampère-heure.
- Poussant la diminution des pastilles à l’extrême, nous n’empâterons sur le quadrillage qu’une mince couche de matière, de façon à réduire encore le poids de PbO2 à L°2o kg; le nouvel appareil n’est plus pour ainsi dire qu’un squelette de plaque enduit de peroxyde; il donnera cependant encore au même débit 122 ampères-heure.
- On utilise cette fois soit 8,3 gr par ampère-heure ; le résultat se rapproche de 1 utilisation théorique et est en tout cas bien supérieur au premier.
- Cette constatation est importante, car c’est
- Un'tel élément a un poids total de 21,360 kg sur lesquels 11,280 de plaques positives. Le quadillage total des positives pesant 6,350 kg il reste comme poids total de matière active positive 4,930 kg. Or, la capacité de cet accumulateur au régime forcé de 60 ampères atteint 212 ampères-heure.
- Si nous cherchons l’utilisation correspondante du peroxyde, nous voyons que cet appareil exige 23,2 gr de peroxyde par ampère-heure ; l’utilisation théorique du PbO2 étant de 4,48 gr par ampère-heure, celle de l’élément considéré est tout à fait médiocre.
- et 6.
- le dépolarisant qui est coûteux dans une pile et on doit chercher à se rapprocher de son utilisation maxima. Dans cette étude, où des préoccupations d’ordre scientifique entrent seules en jeu, il n’y a pas à établir de préférence entre tel ou tel type d’accumulateur. Toute conclusion sera purement théorique.
- D’après ce qui précède, la plaque positive idéale serait celle dans laquelle le quadrillage serait ainsi constitué, qu’à chaque molécule de peroxyde correspondrait une molécule conductrice. Le meilleur quadrillage devrait donc être le plus divisé possible, formé d’alvéoles extrêmement petits et avoir en somme l’aspect d’un filet à mailles très serrées, dans lesquelles serait emprisonné le peroxyde.
- On réaliserait ainsi les meilleures conditions possibles pour maintenir la constance de la force électromotrice jusqu’à utilisation parfaite du dépolarisant.
- Pratiquement, on est limité dans cette voie par des considérations d’ordre mécanique, la solidité et la rigidité du support en plomb
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- antimonieux exigeant des fibres élémentaires d’une dimension minima.
- Les expériences citées plus haut ont démon-
- Hg. 7.
- tré qu’on ne perdait pas d’une façon appréciable sur la capacité, tant qu’on conservait une épaisseur de peroxyde de 1,4 mm autour
- des arêtes conductrices. Ce chiffre de 1,4 mm semble donc être une mesure du champ d’action électrolytique autour du quadrillage et donne une indication précieuse pour sa constitution. Tout le dépolarisant mis en plus est inutilisé. Dans les expériences qui précèdent, on s’explique très bien le rôle du sulfate de plomb qui, agissant comme un corps inerte, ne donne lieu en présence du peroxyde à aucune force électromotrice parasite, diminuant celle de la pile.
- Cette hypothèse se vérifie, si on reprend les mesures des mélanges, en remplaçant cette fois le sulfate de plomb par le sulfate de baryte, corps incontestablement inerte. Les résultats sont consignés dans le tableau et la courbe (fig. 7) ci-dessus.
- Forces électromotrices
- Entre une négative en Pb spongieux et des mélanges de PbO2 chargé et séché, et de sulfate de baryte, liquide à 340 Baume.
- PROPORTION PROPORTION de BaSo*.. OBSERVATIONS
- T 90 p. 100 2,02 Mélanges dans capsule de
- 3 80 20 2,015 platine.
- 3 70 30 2
- 4 ÔO 40 2
- 5 50 50 2
- 6 40 60 i,99 Pris les mesures quand la
- 7 30 70 1,98 déviation du galvano-
- 8 20 80 i,97 mètre est constante.
- 9 IO 90 1,78
- 10 " 100 0,60
- Actions locales.
- Nous avons déjà parlé, à plusieurs reprises, des actions secondaires qui s’observent dans les accumulateurs. Ces actions locales ont une importance considérable, car elles masquent un grand nombre de phénomènes. C’est ainsi que bon nombre d’électriciens sont encore convaincus de la mauvaise conductibilité du peroxyde de plomb . Cette
- erreur provient de ce que les mesures de force électromotrice du PbO2 chimique, en présence d’une négative d’accumulateur, ont été faites en empâtant ce peroxyde sur un support conducteur quelconque. La différence de potentiel entre PbO2 et son support suffit à troubler les résultats.
- Et, en effet, si on empâte du peroxyde sur un quadrillage tout neuf sortant du moule, la force électromotrice trouvée est insignifiante?
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- si au contraire, avant empâtage, on peroxyde superficiellement ce quadrillage, la force élec-troinotrice trouvée'est normale.
- U existe du reste des forces électromo-trices secondaires dans toutes les parties constitutives de raccumulateur, ainsi qu’il a été démontré dans une précédente étude (‘J.
- Et ce sont bien ces forces électromotrices parasites qui diminuent le travail utile de la pile, car si par un moyen quelconque on parvient à les atténuer, la force électromo-trice augmente et par suiteTénergie utilisable.
- (A suivre.)
- G. Darrieus.
- LES LAMPES A ARC(*)
- La lampe de Moyer, représentée par les figures i à 3 et construite par la Compagnie
- Fig. i à 5. '— Lampe Moyer à arc enfermé.
- Perkins, de Hartford, appartient a la variété déjà nombreuse des lampes à foyer fermé. La principale particularité de cette lampe est que le porte-charbon supérieur, seul mobile, est suspendu à une longue tige 22, dont la flexibilité se prête au guidage exact du charbon par la garniture 26 du globe, malgré les irrégularités de ce charbon. Le frein consiste en deux mâchoires ig, articulées à un levier >8, relié lui-même par une menotte 17 à l’armature du solénoïde 11, à dash-pot 16, de façon que sa levée le serre autour du tube 20, su haut duquel est vissée la tige 22.
- Dans la lampe, aussi à foyer fermé, de Mosher (fig. 4), les porte-charbons D et d sont conjugués par une chaîne et sc rappro-
- (*} L’tdtcirititt:. 17 novembre J894.
- (S) £ Éclairage Électrique du 17 juillet 1897,XII, p. 53.
- chent par le balourd de 1J chaque fois que l’électro-aimant K, monté en série, lâche le cliquet G. Le globe est pourvu de garnitures en carbone P, aussi étanches que possible sans trop frotter sur les charbons, — c’est une
- Fig. 4. — Lampe Mosher à arc enfermé.
- difficulté. La disposition de cette lampe permet d’enlever facilement le globe pour le nettoyer.
- La lampe à double globe de Bergmann est remarquable par la facilité avec laquelle on peut y renouveler les charbons. A cct effet, on commence par desseprer l'écrou 29 (fig. 5), puis on tourne le boulon 26, de manière à permettre à son verrou 27 de franchir le support 28 et de descendre le globe extérieur
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- dans la position fig. 8, après le déclenchement des cliquets 3, 3 de ses tiges 8, 8, pourvues de ressorts 7,7, amortissant le choc à la fin de sa descente. Pour retirer le charbon inférieur, il suffit de desserrer lavis 21 et d’ouvrir la porte 30; après quoi, l’on enlève le charbon supérieur 16 en desserrant la vis 42, dont la pointe maintient par le levier 39,
- 37, 38, ce charbon dans la douille ou porte-charbon 34, à ressorts de contact 44 (fig- 6). On peut comme on le voit en figures 5 et 7, et grâce au contact glissant 23-25, accrocher ou non le globe intérieur à l’entablement 14, l’accrochage permettant de ne donner à la lampe qu’une longueur de 0,60 ni.
- Dans le type analogue, figure 9, le grand
- globe, fermé par des garnitures élastiques dont l’une est indiquée en 3, les encoches 8 dans 'lesquelles passe le verrou 7, ont l’un de leurs côtés surélevé et le boulon 6 est pourvu d’un second verrou 7^ qui ne permet pas à 8 de franchir cette paroi surélevée, mais lui permettant de franchir le côté bas et de tourner 6 jusqu’à ce que 7* tombe dans les encoches 13, 13. On peut alors, par l’écrou 11, serrer le globe sur ses garnitures sans risquer de tourner le boulon 10. Le petit globe est fixé à son support par un serrage élastique à douilles 20, 22, inspiré de celui
- rgmann à arc enfermé.
- des lampes à incandescence. Le haut est fermé par un simple couvercle 30 (fig. 13)1 dont le poids règle la pression des gaz.
- Le frein très simple du charbon supérieur est à deux mâchoires 26, 26, (fig. 14) à leviers pivotés sur une plaque 27, dont le jeu est fait par les butées 28, 28, limite l’écartement des mâchoires.
- M. Spencer a proposé, pour rendre pratique l’emploi du courant alternatif en globe fermé, l’interposition en série avec cet arc, d’un amortisseur électromagnétique composé d’un enroulement E (fig. 15), d’une grande per-
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- xnéabilite magnétique, en fils ou lamelles de fer doux. Quand la tension de l’arc augmente
- Lampe Bergmar
- enfermé,
- descendu.
- l’intensité du courant diminue et l’armature F descend de manière à ramener l’arc à sa longueur normale ; mais cette descente de F diminue l’auto-induction de E et par suite
- la résistance au passage du courant, diminution qui, s’ajoutant à celle même provenant du rapprochement des charbons, augmente la sensibilité de l’appareil; il en est de même
- modèle.
- : enfermé,
- Fig. 9 à i z. — Lampe Bergmann à :
- quand la tension de l’arc diminue. Dans le dispositif fig. 16, l’atténuateur E agit indépendamment de Fécartement des charbons. D’après M. Spencer, on serait ainsi parvenu à réaliser des arcs alternatifs excessivement stables et ne salissant pas leurs globes a 8o volts 6 ampères, pour un courant de
- F‘g- tî
- 14. — Lampe Bergmann à arc enfermé ; lerr
- 100 volts et avec des charbons de 13 mm de diamètre.
- ^ Le solénoïde en dérivation a de la lampe Crahner agit (fig. 17) sur un levier coudé a dash-pot dont les bras immobilisent
- la chaîne de suspension x et arrêtent ainsi le rapprochement des charbons dès que l’intensité du courant en a devient trop faible pour empêcher le rappel de e, par le ressort h. réglable en k. Le mécanisme de rapproche-
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- ment des charbons, qui agit sur la roue de chaîne/’, est régularisé par un papillon ni.
- ô
- ture A dont le cliquet C lâche la roue R, de manière que les charbons se rapprochent par
- Fig. iS à 20. — Lampe BJaknit*.
- Le frein de la lampe Blaknitz est (fig. 18 à 20) des plus simples. Les charbons sont suspendus à une poulie folle 1, ordinairement
- leur poids jusqu’au contact. En ce moment il ne passe plus en E qu’un courant insignifiant, et le ressort R", rappelant l’armature A,
- Fig. J 7. —Lampe Gralnier.
- serrée par un frein 6, à ressorts 7 et 8. Quand le courant augmente dans les solénoïdes 9,9, leur attraction soulève autour de leurs axes 5 dans le sens de la flèche n, les disques en fer 4,4, qui desserrent le frein et laissent les charbons s’écarter par leur balourd jusqu’à leur arc normal.
- A l’amorçage, dans la lampe Tiepkk'représentée en figure 21, les charbons étant séparés, l’électro en dérivation E attire l’arma-
- Fig. 21 et 22. — Lampe Pieper.
- lui fait, par CR, séparer les charbons et jaillir l’arc. A partir de ce moment le cliquet C, isolé du levier L, est. dès qu’il lâche R, intercalé dans un circuit à résistance W, qu’il interpose dans celui de E, de manière à en diminuer notablement l’attraction indépendamment de la diminution produite par
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- l’écart des charbons, et a rendre ainsi très sensible l’action du cliquet C sur les dents très fines de R. L’attraction sur A reprenant sa valeur normale dès que C touche R, on voit que cette roue ne peut avancer que dent par dent, avec des mouvements extrêmement petits de A.
- La lampe pour courants à intensité constante porte (fig. 22) en série avec l’arc un solénoïde S, dont l’armature N attaque le levier L, à cliquet C interrompant, à chaque séparation d’avec R, le circuit- W, opposé-à S, dont on augmente ainsi l’attraction indépendamment de l’augmentation provoquée par le rapprochement même des charbons.
- Le frein de la lampe dilïerentielle I)avy se compose d’un quadrilatère articulé pt p9 r (fig. 23 et 24) appuve au repos sur la plaque e,
- avec les charbons au contact. Quand on ferme le circuit de la lampe, l’armature j\ du solénoïde en sériera,, attirée de bas en haut sou-lève par t., t, ce quadrilatère dont les galets ^centrés sst, saisissant la bande de suspen-slon des charbons l écartent ces charbons et amorcent l’arc, puis cet arc se maintient par le ’eu des deux solcnoïdes en série, et m,, en dérivation agissant en différentiel sur
- Au repos, l’armature M (fig. 25) du solénoïde en série A de la lampe Dobson, pesant sur H, maintient ouvertes les mâchoires bbx
- Fig. 25. — Lampe Dobson.
- du frein bc, bt c,, de sorte que les charbons tombent en contact. Quand le courant passe, l’armature M se relève, laissant le frein se serrer de lui-même en même temps qu’elle soulève le levier E, qui ainsi, par C, sépare le charbon inférieur du supérieur et amorce l’arc. Lorsque cct arc augmente, le solénoïde dérivé B, abaissant F malgré lecontre-poidsG, relâche le frein par aai jusqu’au rétablissement de l’arc à sa longueur normale. C’est une disposition simple et très accessible.
- Le solénoïde en dérivation de la lampe homofocale Hansen (fig. 26 a 29) est caractérisé par l’emploi d’un cône creux ra, en fer, sur lequel monte et descend l’armature creuse n, et qui a pour effet de maintenir la force contreélectromorrice du solénoïde sensiblement invariable pendant les mouvements de n. Cette armature agit, par le levier p, sur un châssis a, pivoté en un axe c c\
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- T. XIV. — N3 6.
- tel que ses oscillations n’agissent que sur le charbon inférieur, relié au charbon supérieur
- Fig. 26 à 29. —Lampe Hansen.
- par la corde cc qui passe sur la roue f de d. Quand l’arc augmente, p relève d autour de c c, de manière que la butée u} du levier m, pivoté en et soulevé par le galet dt de d,
- lâche comme en figure 29 l’arrêt si du pendule st d’un mouvement d’horlogerie, à échappement s, f, qui régularise le rappro-
- 50. — Lampe Blackbur
- chement des charbons, jusqu’à ce que le rappel de p par n ramène en face de ss.
- Quand on lance le courant dans la lampe de Blackburn et Fairali. représentée par la figure 30 le solénoïde en série I3 soulève autour de g le châssis A2 A3 par ji et le
- Fig. 31. —Dispositif de régularisation des projecteurs Schuckert.
- levier cb3 dont le cliquet C enclenche le ro- I de la roue de suspension G. Cette roue tour-cheta de la roue A, solidaire par le train LM [ nant d'une seule pièce avec As écarte alors les
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- charbons. Quand l’arc augmente A8, revient reposer sur N et C lâche \a, permettant aux charbons de se rapprocher avec une vitesse réglée par le serrage du frein £s£â£B, pivoté en et poussé par D, sur la jante a de A.
- La figure 31 représente schématiquement le principe de la régularisation des nouveaux projecteurs Shuckert. Quand on lance le courant avec les charbons 18 et 19 écartés, l’électro en dérivation 20, 20 attire son armature 21, malgré les ressorts 23, ce qui rompt son circuit en 25, 26, et de manière qu’elle vibre comme un tl'embleur et fait, par le cliquet 27 tourner la vis 10, laquelle, par 12, 13,
- 14, 15, rapproche les charbons jusqu’au contact ; en ce moment, le courant très intense qui traverse les électros en série 1,2, attirant l’armature 3, solidaire de la vis 10, sépare vivement les charbons et amorce l’arc ; puis quand cet arc s’allonge l’électro 20 rapproche de nouveau les charbons, etc. Lorsque les charbons sont presque totalement consumés, la crémaillère 15 rompt en 30, 31 le circuit de dérivation et l’arc s’éteint, ün peut aussi opérer le réglage à la main par la manette 32.
- (A suivre.)
- G. Richard.
- DÉTERMINATIONS RÉCENTES DU NOMBRE v DE MAXWELL f1)
- II. — Travaux de miss Margaret maltby
- La méthode de miss Maltby consiste à comparer une capacité et une résistance au moyen d’un réseau de Wheatstone dans lequel on provoque des oscillations électriques très rapides. La relation qui lie la capacité, la résistance et la période des oscillations employées s’établit de la manière suivante.
- Considérons le réseau dont la branche ab (fig. 6) renferme le condensateur V, de capa-
- Fig. 6.
- cité C, la branche bd la résistance sans induction R; les points a et sont reliés aux deux lames d’un électromètre de Hankél, le point b a la feuille d’or de cet électromètre. Le système reçoit en a un courant sinusoïdal :
- 1 — « sin 2 « T .
- En appelant V, la différence de potentiel entre les armatures du condensateur, V, cette différence entre les extrémités de la résistance R, on aura les deux équations de condi-
- CdV, = idt
- v2 - m.
- D’autre part, l’attraction éprouvée par la feuille d'or est fonction du carré de la différence de potentiel, et si on considère une différence périodique de période T, fonction de l’intégrale
- J>-
- Pour que la feuille d’or reste au zéro, il faut donc régler la résistance R de manière que :
- pY.'Jt = jpVaV.
- En combinant ces quatre conditions, on trouve la relation cherchée :
- T = *CR.
- On peut encore trouver entre ces trois quantités et la self-induction du circuit, une
- (*) Voir L’Eclairage Électrique^ du 22 janvier, p. 135,
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- relation qui est utilisée dans les expériences de contrôle, comme nous le verrons plus loin. Soit R, une résistance, dont le coefficient de self-induction est L, et qui se trouve en dérivation sur un condensateur dont la capacité est C, (fig. 7) ; soit V, la différence de poten-
- Fig 7.
- tiel entre les deux sommets de la dérivation, i l’intensité du courant sinusoïdal qui entre par A et sort par B, i\ l’intensité du courant dans la branche R, ; f'j, dans la branche qui renferme le condensateur. Ces intensités sont liées aux constantes du circuit par les relations.
- Si on relie au point 13 un réseau disposé comme le précédent, dont les données seront affectées de l’indice 2, on aura les memes équations que ci-dessus ; en admettant que ces deux systèmes forment les branches ab et cd de la figure 6, la condition d’équilibre :
- jf\v* = j 'Vs’A
- deviendra :
- IV j
- (-Æ)
- W )
- iv Y
- Dans les intégrations, les différences de phase entre les courants des differentes branches se sont éliminées ; l’équation ci-dessus exprime seulement que l’amplitude des oscillations de la force électromotrice est la même dans les deux branches. Lorsque les coefficients de self-induction sont assez petits, on peut écrire simplement :
- équation qui se réduit à la même forme que l’équation, si dans l’une des branches on rend la capacité très petite et dans l’autre la résistance très grande.
- Les calculs précédents ne tiennent pas compte de la capacité de l’électromètre ; si cette capacité n’est pas négligeable, il faut introduire un terme correctif en ajoutant à la capacité de chaque branche la capacité de la moitié correspondante de l’électromètre; ce qui donne :
- "T*" 'Cl + C'j) ~ + Tr ^
- ou bien, si l’électromètre est symétrique :
- -^-((V-baC^-jqr
- en supposant la résistance R2 très grande et la capacité C2 très petite ou nulle.
- Exprimons la période en secondes, la résistance en unités absolues électromagnétiques, la capacité en unités absolues électrostatiques, l’équation ne sera homogène qu’en y introduisant le facteur r.
- T -L_
- A l’aide de ces deux formules, on a donc le moyen simple et commode de déterminer: i° la période d’une force électro motrice sinusoïdale ; 20 le nombre v de Maxwell.
- Enfin, la même disposition paraît donner
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- H5
- aussi un moyen assez simple de mesurer un coefficient de self-induction, par une méthode de substitution. Il faudrait placer successivement, dans la même branche du réseau, la résistance R, dont on veut déterminer le coefficient de self-induction, une résistance R2 sans self-induction et enfin une capacité C, en établissant chaque fois l’équilibre avec la self-induction ou la capacité, ce qui est indifférent, de l’autre branche du réseau. Par un calcul analogue à ceux qui ont été faits déjà, on trouve pour la self-induction :
- L — CR^RT^TRp-.
- Pour produire les oscillations électriques, miss Maltby utilise les décharges d’un condensateur de capacité C connue, à travers un conducteur dont la self-induction L est également connue. La période T est calculée par la formule de Thomson :
- T = 7; y/CL •
- Le condensateur C, (fig. 8) est chargé par
- la bobine d’induction J ; les fils qui relient les armatures du condensateur aux pôles du secondaire de la bobine, forment un cercle presque complet ; l'intervalle explosif se trouve en Ft sur le même diamètre que le condensateur C,. Le réseau, disposé comme n°us l’avons vu (fîg. 6) est relié par les fils d et d! à deux points du cercle. Si C2 est la capacité du condensateur et R la résistance
- sans self-induction, la période de la force électromotrice sera :
- T = irCsR
- et par conséquent :
- pourvu toutefois que la présence de la dérivation ne modifie pas la durée de la période, ce qui sera vérifié.
- Pratiquement, la résistance R est une résistance électrolytique dont la conductibilité est suffisamment grande pour qu’on puisse négliger son pouvoir inducteur. L'électrolyte est contenu dans un tube cylindrique portant deux électrodes circulaires en platine platiné, dont l’une est mobile; la valeur de la résistance est déterminée après chaque réglage du réseau, par comparaison avec une boîte de résistances étalonnées; la comparaison se fait au moyen du réseau de Whcats-tone, avec les courants alternatifs et le téléphone.
- La capacité G, était celle d’un condensateur à air, plus souvent celle d’un condensateur à lame de verre ; le condensateur C4 était toujours à lame de verre. Ce dernier est formé de lames de verre mince, sur lesquelles sont collées des feuilles de clinquant. La capacité est mesurée avant et après chaque expérience, en la comparant à celle d'un condensateur à air, d’après une modification de la méthode de de Sauty.
- Dans les expériences préliminaires l’elec— trometre était un électromètre de Hankel dont la feuille d’or a été remplacée par un fil de quartz argenté, ce qui a l’avantage de diminuer la capacité de l’instrument ; mais en revanche, ce fil a une si grande résistance vis-à-vis des oscillations électriques très rapides, que la sensibilité de l’instrument ne reste pas longtemps suffisante.
- Pour accroître la sensibilité, miss Maltby substitua ensuite à cet instrument un électromètre à quadrants plongé dans uri diélectrique fluide. Les quadrants Q, en platine, sont pliés deux fois à angle droit (fig. 9),
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- et suspendus au couvercle de la cage par les rubans de platine B, B,..; les quadrants sont réunis par paires, en diagonale, par des rubans de cuivre, entre les vis qui les fixent
- au couvercle. L’aiguille N est suspendue à un fil de platine très fin portant un miroir M. Parmi les liquides essayés le toluol a donné les meilleurs résultats, tant à cause de son pouvoir inducteur peu élevé (2,235) que de ses propriétés isolantes presque parfaites.
- Les pôles de l’intervalle explosif F sont formés de deux cylindres courts, en zinc ; la période ne varie pas avec l’état des surfaces ou avec la longueur de l’intervalle, tant du moins que les étincelles jaillissent d’une manière continue : mais la force électromotrice est plus grande quand les surfaces des pôles sont bien nettes, et elle passe par un maximum pour une certaine longueur de l’étincelle.
- La self-induction du cercle de fil de cuivre se calcule d’après la formule de M. Wien, limitée aux termes du second ordre :
- r,= 1-R [ji+-^rj,og y ‘.75 - 0,0083 -|r]
- où R représente le rayon du cercle et p le rayon de la section du fil. Comme le cercle n’est pas complètemenl fermé, cette circonstance nécessite une correction : le coefficient d’induction réel À est égal à :
- l étant la longueur du fil, V la longueur de l’arc qui manque au cercle.
- Dans quelques expériences, le conducteur était enroulé en spirale pour obtenir une self-induction plus considérable; le coefficient de self-induction se calcule par les formules de Kirchoff. De plus, il était comparé au coefficient d’induction mutuelle de deux bobines en contact l’une avec l’autre, dans un réseau de Wheatstone, suivant la méthode de Maxwell. Lorsque les oscillations sont extrêmement rapides, il faut tenir compte aussi de la variation de la self-induction avec la période des oscillations.
- Lord Rayleigh a donné la valeur limite de la série proposée par Maxwell ; le terme correctif a pour expression :
- où / représente la longueur du conducteur, p. sa perméabilité magnétique, 7 sa résistance spécifique, p ie rayon de la section et T la période.
- Sources d'erreur. — La méthode telle qu’elle a été exposée ci-dessus suppose que la période des oscillations n'est pas altérée quand on met en dérivation le réseau de l’électromètre <fCER<f.
- Pour vérifier qu’il en est ainsi, on règle d’abord la capacité C et la résistance R, de manière que l’électromètre reste au zéro ; ensuite on met en dérivation sur deux points du cercle autres que d et d! un condensateur de capacité à peu près égale à C ; comme l’équilibre subsiste, il est prouvé que la présence de ce condensateur n’altère pas la période.
- Si l’électromètre présente un léger défaut de symétrie, on peut l’éliminer en échangeant la résistance et la capacité, celle-ci restant constante et prenant la moyenne des deux valeurs de la résistance qui correspond à l’équilibre ; cette moyenne sert à calculer la période vraie.
- La self-induction de l’aiguille de l’électro-
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- mctre devrait entrer aussi en ligne de compte ; mais l’erreur qui en résulte est inférieure aux erreurs d’observation ; il s’ensuit seulement une légère diminution de la sensibilité.
- Il est vraisemblable que la principale cause d’erreur réside plutôt dans le calcul de la self-induction L. U est en effet très difficile d’obtenir un cercle de forme parfaite, avec un lil qui n’est soutenu que par quelques points ; de plus, il est ausi très difficile d’évaluer l’influence des objets voisins, de l’intervalle explosif, etc. I)e ces divers chefs d’erreur peuvent résulter des écarts de plusieurs centièmes entre les valeurs de la période calculées d'après les dimensions du cercle, principal et les valeurs calculées d’après la capacité et la résistance du réseau de Pélectro-mètre, sans qu’il y ait lieu d’incriminer le principe même de la méthode.
- Pour éliminer les perturbations provoquées par les oscillations à longue période qui proviennent de la bobine, on relie un point a du circuit LL a la terre, par un fil présentant une grande self-induction : ce fil laisse passer les oscillations lentes, mais offre une résistance énorme aux oscillations rapides.
- La grandeur relative des capacités C, et C, influe notablement sur les valeurs trouvées pour la période. Tandis que ces valeurs coïncident à un ou deux centièmes près quand la capacité Q du réseau de l’électromètrc est petite vis à-vis-de C„ les différences atteignent 20 à 30 p, ioo quand C2 devient plus grand que G, : cela tient sans doute à ce que la .charge de C, n’est plus complète, ce qui diminue sa capacité apparente.
- Détermination de v. — L’essentiel est d’ob-tenir une force électromotrice rigoureusement sinusoïdale. Cette force électromotrice est fournie par un appareil d’induction, forme d une bobine dans l’intérieur de laquelle tourne un électro -aimant rectiligne. Le cou- j rant qui alimente cet électro-aimant est amené Par des contacts de mercure, pour éviter les implications dues aux balais.
- Lune des extrémités de l’arc est reliée par
- un arble flexible à un électromoteur ; l’autre, au compteur de tours.
- Le compteur de tours fait mouvoir à chaque centième tour le marteau d’une sonnerie ; en notant six fois l’époque à laquelle la sonnerie retentit, on obtient la durée de mille tours. I)e cette observation, on déduit la durée de cinq cents tours, en prenant la moyenne de la première et de la sixième époque, de la deuxième et de la cinquième, de la troisième et de la quatrième, et finalement la moyenne de ces trois moyennes ; le résultat est divisé par 500. La durée approximative ainsi calculée est utilisée pour trouver le nombre entier de tours effectués pendant le temps qui sépare deux scries d’observations consécutives. Enfin la moyenne de deux ou trois quotients, obtenus en divisant l’intervalle de temps compris entre deux séries consécutives par le nombre entier de tours effectués pendant cet intervalle, donne la valeur probable de la durée d’un tour ; d’après la notation adoptée plus haut, 2 T.
- La capacité du condensateur à air est calculée d’après ses dimensions géométriques, par la formule de KirchhofT; l’épaisseur des cales de verre qui séparent les armatures se mesure à l’aide d’une vis micrométrique dont le pas a été déterminé avec un cathétomètre de précision.
- Avec les périodes que peut fournir l’inducteur, nne résistance de plusieurs mégohms est nécessaire pour établir l’équilibre avec la capacité du condensateur.
- Cette résistance est celle de plusieurs traits tracés au crayon sur une lame de verre très finement polie. A l’extrémité de ces traits, le verre est recouvert de graphite, et par-dessus de petites feuilles de clinquant sur lesquelles reposent des blocs de laiton, assez lourds pour assurer un bon contact et auxquels sont soudés les fils de communication. La résistance de ces traits de graphite est mesurée par la méthode des déviations égales.
- On a supposé, en décrivant la méthode, que la capacité et la période restaient constantes et que le réglage s’effectuait sur la résistance :
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- en réalité, on maintenait fixes la capacité et la résistance, tandis qu’on faisait varier la période. On choisit la résistance de façon qu’elle soir en équilibre avec le condensateur, quand le moteur qui entraîne l’inducteur tourne avec une vitesse comprise entre, les limites où on peut la maintenir suffisamment constante, 'fout d’abord on mesure cette résistance. Puis l’un des observateurs règle la vitesse du moteur en agissant sur un rhéostat placé dans le circuit de l’armature de ce moteur, jusqu’à ce que l’électro-mètre reste au zéro ; à ce moment T — - CR. Une variation de 0,001 de la période T provoque une déviation de 0,9 mm sur félectro-mètre. L’observateur peut maintenir la variation de la vitesse dans ces limites pendant trois ou quatre minutes, temps necessaire à l’autre observateur pour faire une détermination de la période. On peut vérilier que le zéro de l’électromètre n’a pas changé, sans arrêter le moteur, en supprimant le courant dans féiectro-aimant de l’inducteui’ sinusoïdal. Aussitôt l’observation faite, on mesure une seconde fois la résistance du graphite. Ensuite on interchange le condensateur et la résistance et on mesure de nouveau la résistance avant et après une détermination de la période : la moyenne est adoptée comme valeur de R.
- Résultats. — Les résultats obtenus sont consignés dans le tableau suivant :
- Miss Maltby fait remarquer que ces résultats ne doivent être acceptés que comme provisoires; elle se propose de reprendre ces mesures dans des conditions plus favorables,
- c’est-à-dire avec un plus grand condensateur et une plus petite résistance.
- s R r fi g
- w e,i un.ia« abs. ¥ cm. scc. S
- I 12,90.10*” 1.380.IO-2 306 2,996.10'“ 0.019
- 11 11.24 1.186 306 3’011 0,001
- III 12.63 Moyenn 306 3>°3-1 0,019
- Les valeurs trouvées pour v par les divers expérimentateurs se classent donc maintenant comme il suit :
- {. Mesure d'une quantité d'électricité.
- Weber et Kohlrausch ^1856;......... 3,107.10'°
- IL Mesure d’une force électromot) ice.
- Maxwell (1868)...................... 2,840.1
- L. Kelvin et King (1869) ...... 2.807
- Dugald et M. Kichan (1-872)........ 2,894
- Shida (1880)....................... 2,954
- Kxncr (1883)....................... 3.010
- Lord Kelvin (r88o)................. 3^'H
- Pellat (1891)...................... 3>0o9
- Hurmuzescu (1896:.................. Sd'pi
- 111. Mesure d'une capacité.
- Ayrton et Perry (1879)............. 2,959
- J.-J. Thomson ;;88p................ 2,963
- Klemencic (1884)................... 3>OI9
- Himstedt (1888).................... 3
- Roviand (1889)..................... 2,982
- J.-j. Thomson et Searle (1890). . . . 2,996
- Rosa (1889)........................ 3>OÜO
- Abraham (1892)..................... 2>99T
- M. Lamottk.
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Allumeur électrique pour becs de gaz Borradaile (M.
- Cet allumeur ne présente d’autre intérêt
- (*) Brevet anglais, n" 10494, déposé le 27 avril 1897, accepté le 3 juillet 1897.
- que sa grande simplicité. Le levier coudé C (tig. i et 2} manœuvré par la tige T, ouvre ou ferme le robinet b b. La figure 1 représente l’appareil dans sa position normale; Ie robinet est alors fermé et il est maintenu dans cette position par l’effet de l’extrémité
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- d du ressort D sur le bras c du levier C En tirant sur la tige T, on amène ce levier
- dans la position de la figure 2 ; le robinet est alors ouvert, et il se maintient ainsi,l’effort de l’extrémité d et du ressort D s’exerçant maintenant normalement au plan dans lequel peut
- se mouvoir le levier C. Dans le passage de l’une à l’autre positions il y a eu contact, puis rupture de contact entre l'ergot a et le ressort c, respectivement en communication avec les pôles d’une course électrique et le gaz a été enflammé par l’étincelle résultant de la rupture du contact. Pour éteindre le bec de gaz, il suffit de soulever légèrement la tige T, ce qui, en déplaçant le levier C, permet au ressort d D d’agir sur la branche c de celui-ci et de terminer ainsi le mouvement de fermeture du robinet. J. R.
- Allumeur électrique Robert Bosch pour moteurs à gaz p).
- Parmi les nombreux dispositifs employés pour provoquer l’explosion des mélanges tonnants dans les moteurs à gaz, il en est qui utilisent l’étincelle de rupture d'un cou-
- rant de force électromotricc élevée engendré par une petite dynamo mue par le moteur lui-même. Le plus souvent la dynamo est formée d’une armature à enroulement Sie-utens mobile entre deux aimants permanents. Un levier, mû par l’arbre qui règle
- l’admission et l’échappement des gaz, fait tourner celle armature d’un angle de 20 à 30° que de forts ressorts tendent constamment à
- (') Brevet anglais, n° 1541 1, déposé le 28 juin 1897, accepté le 31 juillet 1897, 2 figures.
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- ramener dans la position initiale. Sous l’action de ces ressorts l'armature prend, en. temps voulu, un rapide mouvement de rotation amorti par d’autres ressorts, et un courant de force électromotrice élevée prend naissance. L’une des extrémités de l’armature étant reliée à une bague, reliée elle-même k une tige isolée pénétrant dans le cylindre du moteur, et l’autre extrémité étant en communication , par la masse même du moteur, avec une tige commandée par l'arbre de réglage, pénétrant aussi dans le cylindre et en contact avec la première au début du mouvement de l’armature, le circuit est fermé jusqu’à ce que, par suite du mouvement de la seconde tige, les deux tiges cessent d’être en contact. A ce moment une étincelle se produit et enflamme le mélange gazeux contenu dans le cylindre du mode dispositif offre quelques inconvénients : dépense de travail assez sensible pour la mise en mouvement de l’armature dont le poids est toujours assez grand, usure rapide des ressorts moteurs et des ressorts amortisseurs; difficulté d’entretien de la bague collectrice dont la surface, souvent grasse peut empêcher le passage du courant, etc. Pour y remédier M. Robert Bosch propose de mainte-nirfixes l’armature aussibien que les aimants, ce qui entraine la suppression de la bague, et de produire la variation de flux de force à travers l’enroulement de l’armature par le mouvement brusque de plaques de fèr formant écran, ce qui diminue la dépense d’énergie, le poids des plaques écrans étant considérablement moindre que celui de l’armature.
- Les figures i et 2 donnent une coupe longitudinale et une coupe transversale de l’appareil. En LLl sont des aimants en fer à cheval munis de pièces polaires k. Entre ces pièces se meuvent, par un dispositif analogue a celui décrit plus haut, deux lames de fer g, g fixées aux disques h clavetés sur l’arbre i, i. Le noyau a de l’armature est fixé au bâti b de l’appareil par les vis c auxquelles
- aboutit une des extrémités de l’enroulement d. L’autre extrémité de cet enroulement est soudée à la vis <?, laquelle est reliée la vis^ également isolée. J. R.
- La distribution à trois fils et les tramways électriques ;
- Par A.-K. Bayi.or, E.-W. Rice et H.-F. Parshai.i. (').
- Les tramways électriques s’étendent suides longueurs de plus en plus grandes; notamment, dans les environs de Boston, on peut faire des trajets de plus de 80 km. On s’est donc étonné qu’on n’ait pas eu recours, pour la distribution, au système à trois fils. Ce système a été applique à Portland (Oré.), à BaugoriMe.j, k Milwaukee (Wiss.) et k Saint-Louis (Mo.] ; mais, dans tous les cas, il a dù être abandonné par suite de la difficulté qu’on a rencontrée k équilibrer les charges sur les deux branches du pont. A Portland, on a eu recours ensuite à une transmission par courants polyphasés à haute tension alimentant des stations transformatrices ; les résultats obtenus ont été excellents et ce système est maintenant adopté dans toutes les nouvelles installations.
- Le système k trois fils, même pour les distributions d’éclairage électrique, n’a pas dofiné d’aussi bons résultats que l’indiquait la théorie, précisément à cause du manque d’équilibre des charges ; la section du fil neutre doit être beaucoup plus forte qu’on ne le prévoyait et la perte dans ce conducteur est considérable. Cependant le service d’éclairage se prête particulièrement bien a l’exploitation par le système k trois fils parce que, si la tension vient, sur une des branches du pont, k tomber au-dessous de sa valeur normale, la résistance des lampes correspondantes augmente et l’intensité du courant diminue; il y a une compensation automa-
- (y Résumé d’une discussion devant VInstitution of Electri-iaJ Engineers,
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- tique. En outre, les variations déchargé sont relativement peu importantes. En traction, c’est le contraire qui se produit ; si la tension vient à diminuer sur une des branches, par suite d’une consommation exagérée de courant, le mécanicien est obligé de modifier le groupement des'moteurs ou supprimer une partie de la résistance de réglage pour conserver la meme vitesse et effectuer le trajet dans les limites de temps fixées ; toute diminution de tension entraîne donc une augmentation d’intensité; de plus, les variations de charge sont très considérables.
- A Saint-Louis, le système à trois fils fut mis en exploitation sur un réseau important, c’est-à-dire dans des conditions bien plus favorables à une bonne répartition des charges que celles offertes par une ligne unique ; pourtant, après des essais consciencieux, il fut abandonné, les dépenses supplémentaires et les ennuis entraînés par la nécessité de compenser à tout moment dépassant, et au-delà, les avantages. Le réseau sur lequel celte expérience eut lieu était parcouru par plusieurs centaines de voitures et chaque voiture ne consommait qu’une très faible fraction de la charge totale ; les conditions se rapprochaient donc de celles qu’on rencontre sur les réseaux d’éclairage au point de vue des variations relatives de charge, mais pour la première raison exposée précédemment,le conducteur neutre devait avoir une section aussi forte que celle des conducteurs extérieurs ; la perte dans ce conducteur était considérable ; il en était de même à Portland. La perte dans le conducteur neutre et dans les compensatrices est égale à peu près, dans des conditions favorables, à la perte entraînée par les transformations d’une transmission par courants polyphasés. L’avantage de ce dernier système est dès lors évident puisque, la transmission se faisant à 5 000 volts au lieu de 1 000, le poids du cuivre est 25 fois moindre.
- Prenons comme exemple le chemin de fer de Londres central pour lequel les courants polyphasés avec stations transformatrices ont
- été adoptés et qu’on a cité comme se prêtant très favorablement à l’exploitation par le système à trois fils. Il comprend une voie montante et une voie descendante de chacune 11,25 km de longueur ;• l’usine est à une extrémité de la ligne, les trains partent toutes les 2 1/2 minutes dans chaque direction; chaque train pèse environ 120 tonnes; la vitesse commerciale, arrêts compris est de 24 km ; h, ce qui implique une vitesse maxima de 50 km : h environ et une accélération de 0,3 m : s au moins ; les essais prouvent que dans ces conditions chaque train pourra absorber jusqu’à 1 000 ampères, la régulation série-parallèle étant adoptée. Il y aura de 20 à 30 trains en service.
- La charge moyenne sur chacune des lignes, avec un système à trois fils, serait d’environ
- 3 000 ampères. Un seul des trains aborbe-rait donc, à lui seul, à un moment donné un tiers de la charge moyenne, et il faudrait employer des machines compensatrices très puissantes et nombreuses. Les rails étant employés comme conducteurs de retour, la résistance des quatre rails réunis serait d’environ 0,8 ohm par km ; une rupture d’équilibre de 500 ampères entraînerait donc une chute de potentiel de 4 volts par km, et comme les règlements interdisent une différence de potentiel supérieure à 10 volts entre deux points quelconques des rails, les stations compensatrices devraient être éloignées d’au plus
- 4 à 5 km, en admettant qu’il puisse y avoir un train non équilibré sur cette section. « D’après mon expérience personnelle dans l’industrie de la traction, ajoute M. Parshall, je ne pense pas qu’une aussi faible marge suffirait, car, dans les conditions les plus favorables, avec quatre trains sur une des branches, il est raisonnable de supposer que deux de ces trains absorberont en même temps leur puissance maxima, tandis que les deux autres absorberont leur plus faible puissance; dans ce cas, l’intensité du courant non équilibré serait double de ce que j’ai supposé. » En tenant compte de la réversibilité des machines compensatrices, chacune de
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- celles-ci devrait avoir • 300 kilowatts et il y long de la ligne. La sous stations et dans 1 serait considérable.-Si deux trains ne s’ côtés opposés d’une c ci doit à elle seule effe quand l’écart se prodi deux stations chacune la compensation, mais gnées n’y participent m en ter la puissance mente la détérioration Une autre difficulté voltage augmente bru des machines compensa diminue tout à coup : c alors une certaine qu système pour accélér laire et maintenir ce i défavorable pour des 1 teurs.
- Aucune de ces diffici mérées ne semble ave dération par les avocats
- Une dernière cause c dans une exploitation ways devant maintenir avec arrêts h heures fix minés, lorsque la perte tante et n’est pas corn variations de tension ai la ligne; avec un reni p. 100 de la ligne et de sera, par exemple, de t mité de la ligne et de 5< pour maintenir la vite points de la ligne, il ] une perte importante d; réglage des moteurs su dement de ces moteurs nué de 10 p. too par raj été avec une valeur coj en ligne.
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- Induits dentés et induits à trous.
- Par S. Wilson, Menges, Baily.
- Nous avons reproduit au fur et à mesure de leur publication les opininions émises, au sujet de l’expérience de M. Mordey(‘), par M. Dolivo-Dobrowolsky i'1), H. du Boisf% Fleichsmann (4), Baily (s), etc.
- L’article de M. Bailv a été depuis, l’objet de differentes critiques de la part de MM. S. Wilson et Menges, que critiques nous allons analyser rapidement.
- Dans une lettre adressée à l’éditeur de The Eleclrician (*), M. Wilson fait remarquer que, tout en disant qu’il suffit de tracer les lignes de force pour reconnaître immédiatement la cause de la réaction magnétique de l’induit sur l’inducteur. M. Baily donne une figure où la distribution des lignes de force est telle qu’il ne peut y avoir aucun effort résultant puisque, dit l’auteur, chaque ligne de force entre dans l'induit dans la direction même suivant laquelle elle sort à la partie inférieure du diagramme. Ceci est du reste toujours le cas lorsque les conducteurs de l’induit sont suffisamment à l’intérieur du fer pour que l’effet de la distorsion du champ ne se manifeste pas jusqu’à la surface.
- Les observations de M. Menges f) visent la même figure de l’article de M. Baily et prétendent tout d’abord que cette figure est théoriquement impossible, En effet les lignes de force viendraient couper le conducteur si l’armature était en mouvement ety développeraient par suite une force électromotrice sans qu'il
- (<j Voir L’Éclairage Électrique, t. XIII, p. iri et r20, 16 octobre 1897.
- (2) Voir L’Éclairage Électrique, t. XIII, p. 133, 16 octobre 1897.
- i3) Voir L'Éclairage Électrique, t, XIII, p. 136, 16 octobre 1897.
- (q Voir L’Éclairage Électrique, t. XIII, p. 363, 20 no-
- (“) Voir % Éclairage Électrique, t. XIII, p. 423, 27 no-
- (9) The Eleclrician du 23 octobre 1897, t. XXXIX, p.868.
- (') EleklrotecbnischeZeitschrijt du 28 octobre 1897, t. XVIII, p. 672. — The Eleclrician, du 12 novembre 1897, t. XL, p. 97.
- G. P.
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- !53
- y ait an effort mécanique entre l’induit et l’inducteur, ce qui par conséquent est impossible. Le cas d’un conducteur noyé très avant dans le fer est par suite mal illustré par la figure en question. En réalité les lignes de force passent dans l’armature en allant d’un pôle à l’autre de l’inducteur, sans pénétrer jusqu’au conducteur.
- Dans les bons moteurs le champ étant très puissant, la distorsion est très faible malgré l’importance du couple requis. Ce point est important si l’on veut considérer l'influence d’une rainure pratiquée le long de la
- génératrice du trou cylindrique la plus voisine de l’entrefer.
- La figure i donne la distribution des lignes de force telle qu’elle existe d’après l’auteur; on y a supposé pour plus de simplicité les lignes de force rectilignes dans le champ et dans l’entrefer, leur courbure étant en réalité très faible et sans importance dans les considérations actuelles. Les lignes, de force ne peuvent, il est vrai, couper les rainures pratiquées le long des trous, du moins pour la partie de l’armature à l’intérieur du champ, mais toutefois, pour les conducteurs situés dans le voisinage de la région neutre, les rainures empêchent bien la continuité du fer de l’induit le long de l’entrefer, et par suite aussi le développement du flux dû au courant induit. Les induits à dents diminuent donc ce flux et les pertes qui en résultent.
- Au sujet du point d’application de l’effort entre l’inducteur et une armature à trous, le diagramme de M. Menges montre que cet
- effort est du à l’inclinaison ou à la distorsion des lignes de force qui passent du fer de l’induit aux pièces polaires en traversant l’entrefer. L’effort à la circonférence de l’armature est la résultante des composantes tangentielles des forces dirigées suivant les lignes d’induction ; de plus la supposition de M. Baily, que l’effort entre l’induit et l’inducteur s’exerce à l’intérieur de l’armature conduit évidemment à supposer, par suite de la réaction égale et contraire à l’action, la production par les lignes de force d’une action à distance, ce qui est en contradiction flagrante avec le principe de la théorie des lignes de force.
- Comme M. du Bois dans sa réponse à M. Baily admet la possibilité de la figure n° i de sa note, il semble que l’opinion de M. Menges soit également différente de celle de M. du Bois. PourM. Menges le point d’application de l’effort entre l’induit et l’inducteurest forcément à la surface du fer si l’on admet la théorie des lignes de force, et la valeur qu’on en déduit est seulement celle correspondant à la surface ; elle en aurait une autre tout h fait différente si l’on admettait que l’effort s’exerce à l’intérieur du fer. L’expression de M. du Bois, que l’effort s’exerce principalement sur le fer, est donc inexacte et on doit y remplacer principalement par seulement, car seul l’effort à la surface de l’induit peut faire naître une réaction égale et contraire à la surface de l’inducteur.
- M. Baily (') répond en une seule fois à toutes ces lettres. A M. du Bois il dit que son article était écrit avant qu’il ait eu connaissance du sien.
- Comme lui, il est partisan de l’expression de « tubes de force » an lieu de lignes de force, aussi cette dernière expression a-t-elle été employée uniquement pour se servir d’un terme plus commun.
- M. Baily, à part le passage de la note de M. Menges l’accusant d’admettre l’existence d’une action a distance, trouve exactes les
- P) The Electrician cîu 19 novembre 1897, c- XL, p. 134.
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- observations qui lui ont été faites par MM. Wilson et Menges, et reprend la question à un point dcvueunpeuplusmathémati-que en considérant avec plus en détail la direction des lignes de force. Celles-ci. en passant
- d’un milieu d’une perméabilité donnée dans un autre de perméabilité différente, subissent une véritable réfraction. Si l’on désigne par o l’angle que fait une ligne de force avec la normale en B (fîg. 2) à la surface de la pièce polaire inductrice et par 4' l’angle de la ligne de force dans l’entrefer avec îa même normale, on a :
- tans 5_.~ u
- O11 aurait de même pour l’induit, 'U et g étant les angles des lignes avec la normale :
- tang S' _ ,
- tang 4»' 1 ‘ •
- Sauf dans le voisinage des cornes polaires, on a toujours (I> — <l>'. En pratique 4- est très périt, car rang «t» est le rapport entre l’effort tangentiel à la surface de l’armature a l’effort magnétique total entre l’induit et l’inducteur; la valeur de tang 4> est d’environ ^ et par suite est compris entre 1 et 2 degrés.
- Le diagramme de la figure 2 montre bien comment l’effort mécanique est transmis du
- fer, entourant le conducteur, à la pièce polaire en traversant l’entrefer. Pratiquement BC est perpendiculaire aux surfaces polaires et 4 très petit, mais comme u peut être très grand, égal à 1 000 ou plus, 0 et sont assez grands et les lignes de force sont fortement brisées en passant d’un milieu dans l’autre.
- L’auteur fait remarquer, malicieusement croyons nous, qu’en somme son ancien diagramme (fig. 1 de sa note) est moins théoriquement impossible (probablement parce qu’il satisfait en somme aux équations (1), tous les angles étant nuis) que celui de M. Menges où les angles faits par les portions de lignes dans l’entrefer avec les normales aux surfaces sont très grands, et ceux des portions de ligne dans le fer très petits.
- Les objections de M. Wilson sont exactes en tout point, et M. Baily n’y reviendrait pas si la réfraction subie par les lignes de force ne paraissait pas être ignorée universellement pour le tracé des diagrammes ; sur une demi-douzaine de traités très-conuus, un seul, celui de M. du Bois, en tient compte.
- M. Baily combat enfin l’assertion de M. Menges qu’il n’y a aucun effort même faible sur le conducteur lui-même, ce qui est en contradiction avec les idéesde M.du Bois.
- M. Miîngks, dans une dernière lettre (S, tout en se déclarant satisfait des nouvelles explications et du nouveau diagramme du professeur Baily revient toutefois à la charge pour prétendre que son diagramme n’est qu’une figure schématique sans aucune prétention didactique et que les explications données, par suite, sont les mêmes que celles du professeur Baily qui, d’après lui, n’aurait fait que les mettre sous une forme plus mathématique.
- Il se défend enfin d’avoir jamais attaqué les idées de M. du Bois, toute ses critiques n’ayant jamais eu pour objet que le premier diagramme de M. Baily. J- R-
- (rl The Electrician du 3 décembre 1897, t. XL, p-. 202.
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- 5 Février 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- :55
- revue DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Sur les aimants de Jamin ;
- Par M. Ascoli (').
- On sait que les aimants de Jamin sont formés par la réunion de plusieurs lames aimantées séparément ; l’aimantation obtenue est supérieure à celle que l’on obtiendrait pour le même champ avec le faisceau tout formé. On admet une manière d’ètre çiagnétique spéciale pour expliquer ce phénomène. M. Ascoli propose une explication très ingénieuse, sans avoir recours à aucune propriété nouvelle.
- Traçons, pour la matière considérée, le cycle d’aimantation qui correspond à une force magnétisante maxima OH (fig. i). Les
- abscisses représentent la force magnétisante et les ordonnées l’intensité correspondante du magnétisme induit. La courbe tracée sur la figure est celle que l’on obtiendrait au centre d’un cylindre infiniment long ou sur un tore. Supposons chaque lame du faisceau très longue par rapport à sa section, la courbe tracée ARC est vraie pour chacune des lames prise séparément ; OR est le magnétisme résiduel.
- Mais si l’on réunit toutes les lames, le faisceau formé a une grande section, et à tous (*)
- (*) Rendiconti délia Reale Accadsmia àei Lincei, t.VI.p. 61, 1 r août 1897.
- les points de celle-ci la force démagnétisante diffère. Mettons le faisceau dans le champ uniforme OH, laforce'magnétisante effective au centre du faisceau est beaucoup moindre, soit OH', et le cycle correspondant à ce point central est A'R'U. Le magnétisme résiduel n’estpas égala OR', car, si l’on retire lefaisceau du champ OH, il est alors ramené dans son propre champ démagnétisant, c’est-à-dire que le point considéré est soumis à une force magnétisante négative OD, le magnétisme résiduel est alors DS. La force démagnétisante peut s’exprimer par le produit de l’intensité d’aimantation par un facteur démagnétisant, ce facteur est donc la tangente de l’angle SOR.
- Si, maintenant, on aimante séparément chaque lame, son magnétisme résiduel sera OR; en les réunissant ensuite, au fur et à mesure qu’on en ajoute à la première, la force démagnétisante, insensible pour une lame, va peu à peu en croissant et le magnétisme décroît à partir de OR vers C. Quand le faisceau sera entièrement formé, la force démagnétisante sera égale au produit du facteur démagnétisant, (propre au faisceau c’est-à-dire tg. SOR) par l’intensité du magnétisme résiduel ; donc, si l’on prolonge OS jusqu’à sa rencontre en S' avec le cycle ARC, D'S' représente le magnétisme résiduel du faisceau obtenu en réunissant les lames aimantées séparément et l’on a
- D'S' > DS
- D'S' _ OS'
- DS ~ OS
- Vérification expérimentale. — La vérification présente quelques difficultés ; le raisonnement précédent s’applique à chaque point de la section centrale et peut s’étendre au faisceau total; mais, dans un aimant court, la distribution n’est pas uniforme: si l’on fait décrire un cycle d’aimantation au faisceau,
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- chaque point de la section décrit un cycle particulier, la valeur moyenne que l’on mesure avec la méthode balistique ne coïncide en général avec aucune valeur spéciale.
- Comme on manque d’une étude rigoureuse sur la distribution du magnétisme résiduel (comme est faite celle du magnétisme total), on suppose la distributian uniforme, et pour comparer les résultats théoriques et expérimentaux, on prend les rapports et non les valeurs absolues ; le défaut d’uniformité affectant également les mesures, les perturbations sont bien moindres. •
- Le faisceau expérimenté se compose de 200 fils d’acier, ayant 30 cm de longueur et 0,1 de diamètre, réunis dans une rainure de bois de section rectangulaire (2 X 1 cm) et tenus par des anneaux de caoutchouc de façon que le faisceau puisse facilement être décomposé, puis reformé.
- On trace le cycle d’aimantation ARS’C d’un seul fil par la méthode d’Edwing et Klaassen p) pour un courant de 3 ampères, par exemple; la longueur étant égale à 300 diamètres, la courbe peut être considérée comme la vraie courbe normale de la matière. On trace ensuite le cycle correspondant au faisceau de 200 fils en modifiant la spirale induite de façon que les résultats des deux cas soient comparables. La différence des abscisses correspondant à une même ordonnée donne la force démagnétisante ; en divisant par l’ordonnée, on a le facteur démagnétisant, ce qui permet de construire la droite OS.
- Ces mêmes courbes donnent la vraie valeur de la force magnétisante agissant sur le faisceau pour le courant maximum 3 ampères, cette force correspond à un courant de 1.07 ampère dans l’expérience de M. Ascoli, elle est donc réduite au tiers environ.
- On trace alors le cycle d’aimantation pour un seul fil, en faisant varier le courant entre ± 1,07, soit ARC'. On obtient ainsi les deux segments OS' et OS ; suivant la théorie
- énoncée plus haut, leur rapport doit être égal à celui des intensités résiduelles du faisceau aimanté fil par fil et du faisceau aimanté après la réunion des fils non aimantés, avec la même intensité de courant 3 ampères.
- On détermine alors, par l’expérience, ce rapport en plaçant, au centre du faisceau aimanté des deux façons, une spire que l’on éloigne rapidement.
- Pour donner une idée du rapprochement des valeurs théoriques et expérimentales nous OS’
- indiquons les résultats. Le rapport -Qg- déterminé suf les cycles tracés est 1,24; le rapport des déviations obtenues en écartant l’hélice interne est 1,25. La vérification est donc excellente, elle a été faite avec un égal succès en changeant les conditions de l’expérience.
- Ce résultat montre donc bien que les connaissances que nous avons sur.le cycle d’aimantation et l’hystérésis suffisent pour expliquer des phénomènes que l’on avait attribués à des propriétés spéciales de la matière.
- G. G.
- Sur le facteur démagnétisant dans les faisceaux et dans les cylindres de fer;
- Par M. Ascoli (* *).
- L’auteur adéjà montré, à propos de l’étude (*) de la distribution du magnétisme dans les corps cylindriques, que les différences existant entre la façon dont se comportent les cylindres et les faisceaux, ne peuvent influer d’une manière sensible sur les résultats.
- Ces différences équivalent à une petite diminution de la perméabilité du faisceau par rapport aux cylindres. Les conclusions des expériences faites sur les faisceaux peuvent donc s’étendre aux cylindres, rigoureusement au point de vue qualitatif, et avec une grande approximation au point de vue quantitatif.
- (') Rendiconti délia Reale Accadcmia dei Lincei, t. VI, p. 129» 5 septembre 1-897.
- (*) Rendiconti, t. III, m sera., p. 176, 279, 314 et 377-
- T) La Lu
- Électrique, t. LU, p. 156, 1894.
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- 5 Février 1898. REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- '57
- Les résultats dont il est ici question se rapportent aux expériences faites sur des cylindres massifs et sur des faisceaux de fil de différentes longueurs.
- Pour faire varier la longueur, on coupe aux deux extrémités du système des poids égaux de la matière, de façon que les spires induites en enveloppent toujours la même partie; on élimine ainsi l’effet possible de l’hétérogénéité.
- M. Ascoli a opéré sur un faisceau de 19 fils de 1 mm de diamètre, par conséquent équivalent a un cylindre compact dont la section aurait pour diamètre 4,36 mm; le cylindre compact en expérience avait 6 mm de diamètre. Il a dressé des tableaux contenant, pour les differentes valeurs de l’intensité i (en ampères) du courant magnétisant, les valeurs correspondantes du flux <i» (en millimètres de l'échelle du galvanomètre balistique), et cela avec les diverses valeurs delà longueurXexpri-mée en diamètres. Avec ces résultats, des courbes ont été tracées en prenant i comme abscisse et (I> comme ordonnée. Si on désigne par<ï>0Ie flux qui correspond à une longueur), infinie (c’est-à-dire suffisamment grande), la courbe d>0 est la courbe normale de la matière.
- Pour une même ordonnée, la différence entre l’abscisse de la courbe <ï>0 et celles des autres courbes,' donne la force démagnétisante. On sait que celle-ci est égale au produit d’un facteur démagnétisant N par l’intensité I d’aimantation ; comme <ï> est avec grande approximation proportionnel à I, le quotient de la force démagnétisante par I est proportionnel à N, soit n.
- Pour chaque valeur de X, les nombres obtenus n s’écartent assez peu d’une moyenne. On évalue alors N en unités C.G.S. et on obtient le tableau suivant :
- X N
- 68,2 0,0057
- 40,8 0,0178
- 22,7 0,0489
- *3,6 0,1067
- 9>i 0.1981
- Cylindres
- X N
- 83,0 0,0056
- 50,0 0,0132
- 16,7 0,0850
- Ceci fait, si l’on détermine les différents points qui ont X pour abscisse et N pour ordonnée, on constate qu’ils sont tous, qu’ils proviennent soit des faisceaux, soit des cylindres, sur une même courbe et cela avec une exactitude supérieure à celle que l’on pouvait espérer. A ce point de vue, il n’y a donc aucune différence entre les faisceaux de fils et les cylindres massifs.
- Le résultat n’est pas en contradiction avec les travaux faits antérieurement et qui ont conduit l’auteur à supposer une différence de perméabilité entre le faisceau et le cylindre: il peut y avoir différence entre la perméabilité et néanmoins égalité des facteurs démagnétisants. G. G.
- Contribution à i’étude des aimants permanents ;
- Par C. Ciustoni et G.-G. Vecchi (').
- Il est peu d’appareils de mesure qui ne se composent pas d’un ou plusieurs aimants, et en général ces aimants font obstacle à la précision des mesures. On recherche des aimants qui, étant suspendus, conservent un. moment magnétique constant par rapport à l’axe d’oscillation.
- Les aciers de Valtrompia ont été étudiés par les auteurs ; ces aciers sont de deux sortes, ils ont pour composition
- Tungstène........6,25 p, 100 4,15
- Carbone..........0,99 » 1,15
- Manganèse . ... 1 » 0,77
- Silicium.........0,19 » 0,2^
- le reste en fer.
- Les expériences ont été faites avec des cylindres pleins et des cylindres creux ; les rayons intérieur et extérieur de chaque barre ont été mesurés avec soin, l’erreur est moindre que un dixième de millimètre. La longueur, le poids et le volume sont aussi déterminés.
- La méthode employée pour magnétiser ces barres consiste à les faire passer une ou plu-
- ('; Il Nuovo Cimente, série IV, t. VI, p. 2x6, septembre ï897.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. - N* 6.
- sieurs fois dans un cylindre creux disposé suivant Taxe d’une bobine entourée d’un fil de cuivre par lequel passe constamment un courant. Le moment magnétique M augmente avec l’intensité du champ produit par le courant,avec le nombre des passages dans la bobine et avec le temps pendant lequel la barre est soumise au champ.
- La mesure du moment magnétique se fait de la façon suivante : soit deux aimants de moment M, et Ms, placés successivement sur la règle divisée du magnétomètre à distance égale D de l’aimant suspendu, ils produisent les déviations f, et ®s, on a :
- H étant la composante horizontale du magnétisme terrestre, pt et p% deux coefficients constants.
- Si les aimants employés ont la même longueur, px = pî
- D’où M„ si on connaît M,. On néglige le coefficient de température en admettant que le rapport du moment d’un aimant type aux moments successifs d’un aimant en formation est indépendant de la température.
- Pour faire la comparaison, les auteurs ont employédeux aimants magnétisés depuis 1888, afin que leur moment magnétique puisse être considéré comme définitif.
- L’un d’eux servait pour la comparaison directe des barres en expérience, et l’autre était réservé afin de s’assurer que le moment du premier n’éprouvait pas de variation.
- Voici les résultats auxquels a conduit cette étude :
- Dans le tableau suivant, la première série se rapporte aux aimants faits avec la première qualité d’acier, la deuxième série à ceux de l'autre qualité.
- V représente le volume en centimètres cubes à io°.
- P le poids en grammes.
- M le moment définitif permanent (C. G. S.),
- M, le moment maximum atteint.
- NUMÉRO V ÉPAISSEUR P M M, M P M, P M V M, V M 8P M, M
- 3 2,795 0,114 22,431 s?» 955 38,8 42,6 3n,3 34!,7 4,8 1,098
- JI 2,854 0,101 23>oi5 770 893 33,5 38,8 269,8 312,9 4,2 1,160
- 4 3,637 0,153 29,273 1150 1345 39,3 46,0 316,2 369.8 4,9 1,170
- 12 3,775 0,142 3o,45t 810 876 26,6 28,8 214,6 232,1 3,3 1,082
- U 7,759 62,224 1410 1510 22,7 24,3 181,7 194,6 2,8 1,071
- 6 7,886 63,601 131Q 1619 20,6 25,5 166,1 205,3 2,6 1,236
- 8 2,679 0,105 21,409 1020 1190 47,6 55^6 380,7 444,2 5,9 1,167
- to 3,93i 0,155 31,286 900 1080 28,8 34,5 229,0 274,7 3,6 1,200
- 5 4,265 0,169 34.076 980 1.344 28,8 39,4 229,8 3i5,i 3.6 i,37ï
- 9 4,953 0,199 39,523 1280 1447 32,4 36,6 258,4 292,2 4,1 1,130
- 7 7-979 63,1445 i545 1854 24,2 29,1 ,93.6 232,4 3,i 1,200
- Dans l’avant-dernière colonne ~ représente avec une grande approximation le rapport entre le moment magnétique et le moment d’inertie.
- Les valeurs obtenues pour le moment ma-
- gnétique spécifique ~ sont supérieures à celles que l’on obtient avec les aciers ordinaires; il est de même pour l’intensité d’aimantation ^ . Le rapport ^ varie peu, que les aimants soient pleins ou creux; les plus grands
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- écarts (n08 5 et 6) ont eu lieu sur des aimants qui avaient subi des fêlures par la trempe. Enfin le moment magnétique dépend de la trempe.
- A propos du choix des aimants, les auteurs font quelques remarques.
- A égalité de longueur et de diamètre externe, pour avoir le meilleur moment magnétique, on prendra des barres pleines et fortement trempées, ou mieux, trempées à plusieurs reprises.
- Si, au contraire, on recherche le maximum du rapport ^ , il faut choisir des barres creuses.
- Si Ton veut à la fois un grand moment magnétique et un moment d’inertie relativement petit, il convient d’employer un aimant creux, mais d’épaisseur assez grande.
- Des expériences précédentes, on peut encore déduire que le moment magnétique permanent augmente rapidement avec le champ. Quand on a atteint pour le champ 300 C.G.S., la barre est en général à saturation, un accroissement de la valeur du champ d’induction peut, pour quelques-uns, augmenter encore le moment, et au contraire pour d’autres le faire diminuer. Par exemple, l’aimant n° 10 a conservé dans un champ variant de 300 à 500 un moment magnétique égal à 1080, et dans un champ égal à 965, sôn moment s’est réduit à 1073.
- Variation du moment avec le temps. — Lorsque la valeur de l’intensité d’aimantation est assez petite en comparaison de la valeur maxima que la barre peut atteindre, il arrive souvent que le moment augmente au lieu de diminuer avec le temps.
- Si l’aimant a été porté à saturation, le montent diminue d’abord rapidement, puis la diminution se continue bien moins rapidement durant les premiers jours, très lente ensuite et enfin, l’aimant devient stationnaire. Si après l’aimantation, on fait osciller plusieurs fois la température entre o et 70°, 1 aimant parvient plus rapidement à l’état stationnaire.
- La diminution du moment est plus rapide et plus grande lorsque la trempe n’a pas suffisamment pénétré la barre que lorsqu’elle a bien pénétré.
- Le temps qu’une barre met à atteindre son moment stationnaire augmente avec la masse.
- A titre de renseignement sur la valeur de ces aimants comme déviateurs dans un ma-gnétometre, les auteurs donnent les résultats suivants, produits sur un aimant de 4,7 cm suspendu dans un magnétomètre des sinus, les aimants étant successivement placés à 30 cm de distance environ de l’aimant mobile.
- 3 i8°,3&'
- 4 24°>54'
- 8 22°,6'
- 9 28°,2'
- 10 i9°,3i'
- U i6°,2Ô'
- Les auteurs exposeront dans un prochain mémoire comment les aimants au tungstène se comportent au point de vue des coefficients de température et d’induction. G. G.
- Électrolyso de quelques sels complexes fluorés ;
- Par A. Miolati et U. âi.visi (l).
- L’étude des nombreux composés inorganiques complexes a conduit Werner à admettre que lorsqu’un atome est lié à d’autres atomes et paraît saturé, il peut néanmoins former encore des molécules complexes et donner de nouveaux groupements d’atomes bien déterminés.
- Tel est le chlorure platinique PtCl1, qui correspond à l’oxyde PtO2, où le platine est tétravalent ; il peut s’unir encore à deux molécules d’acide chlorhydrique ou d’un chlorure alcalin pour donner des composés bien définis PtCl“H2, PtCl8K% dans lesquels le
- 0 Rendiccnti délia Reale Accademia dei Liticei. t. VI, p. 576, 19 décembre 1897.
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- groupe PtCl* est un radical bivalent. On doit donc admettre que dans ce radical le platine fixe un nombre d’atomes de chlore supérieur à celui qu’indique sa valence.
- L’atome central, dans de tels composés complexes, peut être uni à d’autres atomes simples ou même à des groupes d’atomes, à des molécules saturées (ammoniaque, eau, etc.), et former ainsi des radicaux de valence variable avec la nature des atomes ou des groupes réunis.
- Exemple :
- LCo (AzHV; Cl» [Co ] Cl
- [pt£f.H:]K icmconcL».
- Les atomes placés dans les crochets forment un seul groupe qui passe d’une molécule à une autre en entier sans subir aucune altération.
- Le nombre qui exprime combien d’atomes ou de groupes d’atomes peuvent être unis à un atome donné a été appelé par Werner nombre de coordination, il varie pour un même atome central avec la valence et la nature des éléments qui lui sont- unis,
- Exemple :
- Pl tétravalent.
- [ptCPl^K^^ > Nombre de coordination 6
- [Pt O'*] K2 » 4
- Pt divalent-
- [Pt (AzHT] CP ) ,T , , t.
- [PtCP'l K3 1 Nombre de coordination 4
- D’accord avec les hypothèses stéréochi-miques et pour expliquer certains cas d’iso-méric, Werner a admis que dans les radicaux pour lesquels le nombre de coordination est 6, les atomes sont disposés symétriquement suivant un octaèdre régulier. C’est le nombre de coordination dans l'espace. A cette catégorie en correspond une autre pour laquelle le nombre serait 4, les atomes seraient disposés suivant un carré ; c’est le nombre de coordination dans le plan.
- Pour les atomes comme ceux du bore, du carbone, de l’azote, Werner admet un nom- I
- bre de coordination dans l'espace égal à 4 et dans le plan, égal à 3.
- Werner admet en outre que 6 est le nombre maximum des atomes ou groupes qu’un élément déterminé peut fixer uniformément autour de lui. Pour expliquer les exceptions qui se présentent, il a recours à des hypothèses secondaires ; c’est ainsi que pour les sulfates qui cristallisent avec 7 molécules d’eau MSO1 + 7 EDO, il admet qu’une double molécule d’eau occupe un seul poste.
- Mais il existe un très grand nombre de substances qui semblent faire exception, ce sont des composés fluorés dans lesquels l’atome fondamental, qui fait partie du groupe électro-négatif, est uni à plus de 6 autres atomes. Ainsi :
- |Ur02Fsl K®
- !UrOaFG[(AzH‘}*
- SiF7 (AzH'*)8 TaF8xNas. etc.
- Dans ces composés, le groupe négatif UrtTF% SiF7, TaF*, etc., est composé de l’atome central uni à plus de 6 atomes de fluor ou de fluor et d’oxygène. On devrait donc admettre un nombre de coordination supérieur à 6, soit 7 ou 8.
- L’auteur a étudié la conductibilité électrolytique de quelques-uns des composés précédents, afin de voir si la solution aqueuse se scinde nettement dans les groupes indiqués. La décomposition par l’ean limite beaucoup le nombre des corps sur lesquels on peut opérer. Les expériences ont réussi avecles fluo-uranates |_UrO-Fs]K3 et _UrO'3F5] (AzHys qui se dissocient normalement en solution aqueuse. Elles montrent que l’uranium est bien stablement uni à plus de 6 atomes et par suite que la limite admise par Werner est trop faible.
- On pourrait il est vrai supposer que deux atomes s’unissent pour former un seul groupe et ramener ainsi le nombre de coordination à 6, mais cette hypothèse est trop arbitraire.
- L’auteur a étudié d’autres sels fluorés, mais les résultats de la détermination de la conductibilité électrique lui ont montré que l’eau
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- décompose plus ou moins ces sels, par suite |CS nombres obtenus ont peu de valeur.
- Sur la pile-étalon Clark ;
- Par A- DkarlOve (')•
- Différents auteurs ont exprimé récemment les difficultés qu’ils ont éprouvées en cherchant à reproduire des éléments Clark uniformes; tous les défauts de cet élément ont été discutés. En ce qui concerne sa durée, pauteur mentionne un élément qui, confectionné en 1880, n’est arrivé à épuisement complet que l’année dernière et a par conséquent fourni une carrière de laboratoire de quinze années. Peu d’autres piles primaires se conservent aussi longtemps, qu’elles fournissent un service continu ou seulement intermittent.
- Lorsqu’une très grande précision est necessaire, son grand coefficient de température est certainement un défaut difficile à éviter, la variation de la force électromotrice avec la température étant due presque entièrement au zinc qui dans une solution saturée devient plus ou moins positif selon que la température s’élève ou s’abaisse. Les changements de température affectent le mercure dans le même sens que le zinc, mais a un degré beaucoup moindre (environ un huitième), et cette modification de la force électromotrice du mercure compense dans ce rapport l’effet produit sur le zinc.
- Le point à noter toutefois, dans les opinions émises sur ect élément, c'est la difficulté de reproduction. L’auteur a préparé de très nombreux éléments Clark, et toujours avec succès ; seulement, au lieu d’observer les spécifications établies par le 13oard of T rade, il s’en est toujours tenu aux règles indiquées dans le mémoire original de L. Clark « Sur une pile voltaïque étalon », >&73.
- C) The EUch ician, 14 janvier 1898.
- Récemment encore, il a préparé une vingtaine d’éléments en employant pour tous les mêmes substances et le même mode de préparation, principalement en ce qui concerne les sulfates.
- Zinc et sulfate de fine. — Le sulfate de zinc et les tiges de zinc ont été fournis comme purs par MM. Townson et Mercers.
- Sulfate tnercureux et mercure. — Le sulfate mercureux était conservé en flacon depuis une dizaine d’armées, et l’action de la lumière l’avait légèrement décoloré ; il avait été fourni par MM. Hopkin et Williams qui ont également fourni le mercure indiqué comme pur, redistillé.
- De bons résultats ont aussi été obtenus avec du sulfate mercureux préparé par l’auteur lui-même, mais les éléments n’atteignaient leur valeur constante qu’au bout de deux ou trois jours.
- Le mélange et la préparation des sulfates furent les mêmes pour les premiers 16 éléments, mais la nature des électrodes était variée : zinc pur et zinc amalgamé comme électrodes positives, mercure libre et spirales de platine amalgamées comme électrodes négatives. Cinq autres éléments furent constitués avec les mêmes substances, mais la préparation de la solution de sulfate de zinc et du sulfate de mercure fut effectuée en suivant strictement les instructions publiées par le Board of Trade sur ce sujet.
- Comme résultat des observations sur ces deux séries d’éléments, il faut noter l’unifor-mité des 16 premiers éléments qui ne diffèrent entre eux au maximum que de 4/10000, soit l’équivalent de La variation de force électromotrice produite par un changement de température de 0,5 C. D’autre part, les cinq éléments préparés suivant les spécifications du Board of Trade n’étaient ni uniformes ni constants, quoique durant quelques jours ils se soient approchés d’une même valeur en volts. Or, les mêmes précautions avaient été observées dans la préparation des deux séries d’éléments. L’auteur suggère donc aux expé-
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- rimentatcurs qui n’ont pas obtenu de résultats satisfaisants en sc conformant aux instructions du Board of Trade, de revenir aux procédés indiqués dans le mémoire original.
- Lord Rayleigh trouve des inconvénients au chauffage jusqu’à l'ébullition du sulfate de zinc, mais l’auteur n’a jamais obtenu de mauvais résultats à la suite de cette opération ; dans plusieurs cas, il a porté les sulfates de zinc et de mercure à une température dépassant de beaucoup la limite fixée par le Board of Trade.
- Au cours de ces expériences, le procédé électrolytique d’amalgamation du platine (employé pour le type d’élément portatif) a été essayé et trouvé non satisfaisant ; le chauffage au rouge de la spirale et son immersion dans le mercure donnentdes résultats plus certains, mais il est préférable et plus simple de placer la spirale dans du mercure bouillant, ou bien, si l’élément est déjà muni de sa spirale, de faire bouillir dans chaque élément un peu de mercure pur.
- L’auteur donne ensuite quelques résultats de mesure faites sur des étalons au cadmium Weston préparés par lui en 1892, qui, sans avoir été l’objet de soins particuliers, sont encore en bon état. Leur force électromotrice est représentée en volts vrais par les chiffres suivants :
- B =1,0197 E= 1,0197
- C= 1,0197 F =1.0184
- D = 1,0176 G= 1,0190
- A. H.
- Sur l’action mutuelle des rayons cathodiques ;
- Par Julius Bernstein (' )
- La répulsion mutuellededeux rayons cathodiques de même direction observée par Crookes a été le point de départ des expériences relatées ici. Cette répulsion peut être due aux faisceaux de rayons eux-mêmes, ou bien à une action directe de la surface de la cathode.
- E. Wiedemann et Ebert (‘), pour trancher cette question ont placé deux cathodes côte à côte et au-devant un écran percé d’une fente en face de chaque cathode ; l’une des fentes pouvait être interceptée par une trappe mobile. Ils ont observé dans ces conditions que la déviation du faisceau issu de la deuxième fente, produite par le fonctionnement de la première cathode, n’était pas altérée suivant que la trappe de la première était relevée ou abaissée. Il en résulte que les rayons n’agissent pas sensiblement l’un sur l’autre dans leur parcours au delà des fentes ; mais la répulsion pourrait être due à l’action des faisceaux compris entre les cathodes et leurs fentes respectives. Les expériences faites par l’auteur ont pour but de démontrer que la cause de la répulsion provient directement de la surface cathodique.
- Il y a lieu d’examiner d’abord l’action de deux faisceaux de directions opposées. Le tube employé pour cette expérience est représenté figure 1 ; K et K7 sont les cathodes, a l'anode, g* g-deux écrans de mica percés d’une fente et reliés par une plaque phosphorescente de mica p qui coupe les faisceaux cathodiques et permet de suivre leur marche. On relie alternativement puis simultanément K et K' au pôle négatif d’une machine à influence ou d’un inducteur à étincelles, Dans ces conditions on n’observe aucun déplacement des faisceaux.
- Si l’on approche un aimant en fer à cheval de façon que les lignes de force magnétique soient perpendiculaires à l’écran p, on peut observer que les deux faisceaux se courbent l’un vers l’autre, puis se confondent en présentant la forme d’un S, puis sc traversent et se dépassent tranquillement l’un l’autre. Ces phénomènes semblent opposés à l’hypo-thcse que les rayons cathodiques sont analogues à des conducteurs flexibles ou sont formés de particules électrisées. Au contraire ils s’accordent très bien avec l’hypothèse
- (*) med. Ann., t. XLII, p. 415, 1897.
- p) Witd. Ann., t. XLVI, p. 158, 1892.
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- d’une propagation d’ondes, admise par E. Wiedemann (*).
- Dans l’expérience faite avec le tube de la figure 1, c’est par leurs extrémités surtout que les faisceaux peuvent agir l’un sur l’autre. L’action, non perceptible dans ce cas, pourrait être sensible si l’on rapprochait les origines des faisceaux. Aucune modification n’a encore été observée en employant différents tubes analogues h celui représenté figure 2,
- mais en différant par ceci que les surfaces cathodiques étaient distantes de 4,5 cm a 1,5 cm, suivant l’axe du tube ; les revers des cathodes étaient recouverts d’une enveloppe de verre. Enfin, au moyen d’un tube dont les cathodes étaient situées dans le même plan {fig. 2), les revers de ces cathodes étant recouverts d’une couche vitreuse de façon à laisser les bords dégagés. M. Bernstein a constaté un écart sensible des faisceaux lorsque les cathodes fonctionnaient simultanément. Si l’enveloppe vitreuse recouvre aussi les bords des cathodes, l’écart précédent ne peut plus être observe ; cette enveloppe atténue donc considérablement l’action. On est ainsi conduit à la conclusion suivante : Deux surfaces cathodiques voisines situées dans un même plan influent l'une sur l’autre de telle sorte lue les deux faisceaux émis, soit dans la
- même direction, soit en directions opposées, s'écartent en divergeant. Ainsi (fig. 3), si les cathodes k k émettent séparément les rayons a, £,t’ou d, lorsqu’elles fonctionnent simultanément, ces rayons seront écartés suivant a,, c1 et quels que soient les faisceaux ab, cd, ad ou bc considérés.
- Mais les phénomènes précédents s’expliquent aussi bien par une action mutuelle des deux surfaces cathodiques, par une action d’une cathode sur le point d’émission du faisceau de l’autre, ou par une action de
- l’une des cathodes sur le faisceau de l’autre dans son parcours. Les expériences rapportées dans lesquelles les deux cathodes dirigées en sens contraires étaient à quelques millimètres de distance semblent condamner cette dernière supposition; mais les bords des surfaces cathodiques étaient recouverts d’une couche vitreuse qui affaiblit beaucoup l’action. Pour trancher cette questiôn, l’expé rience a été reprise avec le tube représenté figure 4. Les deux cathodes K, et K, sont à 4 cm de distance longitudinale. Le revers et les bords de K, sont entourés de verre; au contraire pour Ks le revers seul est protégé, les bords sont dégagés, de façon à pouvoir
- (’) Wied. Ann., t. X, p.252, 1889.
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- agir sur le faisceaude K, sans affaiblissement. On obtient avec ce tube une déviation du faisceau de K, lorsque K2 fonctionne, mais cette action est beaucoup plus faible que lorsque les surfaces cathodiques étaient disposées dans le même plan. D’où : une cathode agit directement sur le faisceau issu d'une autre cathode, et l'action est la plus vive au point d'émission.
- Remarquons que le faisceau est dévié totalement et qu’il ne se produit pas d’inflexion ou de brisement au voisinage de K2. En outre, on constate sur l’écran phosphorescent qu’un faisceau conique, issu des bords de Ks, se projette sur le faisceau de K, et qu’il y a un affaiblissement de la partie de ce faisceau tournée vers K2. Il semble donc que ce sont les rayons émis par les bords de Ks, dirigés presque perpendiculairement à l’autre faisceau qui agissent et produisent une espèce d’interférence. La direction de l’action de la cathode sur le faisceau est donc perpendiculaire à ce dernier.
- Si, dans le tube de la figure 4, on se sert de K, comme anode et qu’on relie alternativement a et K2 à la cathode, onpeut observer encore une action répulsive de la cathode K„ sur le faisceau issu de a et qui cette fois lui est directement opposé. Ce faisceau donne après passage à travers les deux fentes de K, et Ka deux images sur l’écran phosphorescent; lorsque K, est relié avec a ce s images sont raccourcies, cela tient à ce que le faisceau de a est oblique à l’écran, étant repoussé par K2; sa trace doit se rapprocher de a.
- L’action de la cathode sur la direction du faisceau émis par l’autre cathode est-elle une action électro-statique ou bien est-elle d’une autre espèce ?
- E. Wiedemann et G.-C. Schmidt (l *) ont été conduits par les résultats de leurs expériences à formuler la conclusion suivante :
- La déviation électrostatique des rayons cathodiques n’est pas un phénomène pri-
- (i) Wied. Ann., t. LX, p. $lo, 1897. L’Éclairage Électrique,
- t. XII, p. 1888, 17 juillet 1897.
- maire, mais un phénomène secondaire consécutif à des perturbations du champ électrique.
- M. Bernstein avait fait aussi des expériences analogues en plaçant une cathode à l’extérieur du tube de décharge et tout près de la paroi. Il avait obseivé une attraction du faisceau, mais les conditions de l’expérience ne sont pas assez simples.
- En somme, des expériences décrites ci-dessus il résulte que la cause de la déviation des rayons cathodiques ne peut être exclusivement électrostatique ; en effet, la cathode agit aussi sur le faisceau de l’autre cathode lorsque celle-ci est à distance. Mais si les deux cathodes sont voisines dans un même plan, il y a lieu de supposer une action électrostatique ; les épaisseurs de la couche électrique sur les cathodes sont certainement modifiées d’une manière importante, elles doivent diminuer aux bords qui sont en regard pour augmenter aux bords opposés, On peut aussi admettre que la raison de la divergence des rayons issus d’une même cathode plane est la variation de l’épaisseur de la couche électrique qui va en augmentant du centre vers les bords. Ceci serait évident si la distribution de l’clectricité était la même que dans l’état d’équilibre.
- L’hypothèse d’une action purement électrostatique est d’ailleurs en contradiction avec l’affaiblissement considérable de l’action, lorsque les bords de la cathode sont protégés par une couche vitreuse. Il en est de même de l’attraction produite par une cathode extérieure dans le cas où les oscillations des deux cathodes ont même phase. On sait d’ailleurs que l’on n’a pu arriver à des résultats nets en essayant des changements de phases (5).
- Si l’on accepte l’hypothèse d’une action secondaire due aux perturbations du champ électrique, on doit déduire des expériences décrites que l'enveloppe vitreuse de lacathode
- (')Jaumann, Wied. Ann., t. LVII, p. 147, 1896 et Ü.Éclairage Électrique, t. VII, p. 321, 18 mai 1896. E. Wiedemann et G.-C. Schmidt, Wied. Ann, loc. cit.
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- atténue très notablement ces perturbations; il y a lieu alors de prendre en considération la résistance diélectrique du verre.
- Une dernière hypothèse se présente : les rayons émis par une cathode agissent sur le faisceau de. l’autre cathode qui leur est presque perpeudiculaire ; les rayons cathodiques actifs sont en grande partie absorbés par l’enveloppe de verre.
- En résumé, ces différentes causes semblent pouvoir produire simultanément la déviation des rayons cathodiques :
- i(> Action électrostatique mutuelle des deux cathodes et perturbation du champ électrique produite par la cathode qui dévie les rayons ;
- 2° Action répulsive de deux rayons se rencontrant suivant un angle presque droit ;
- action maximum dans le cas où l’angle est droit et peut-être proportionnelle au sinus de cet angle.
- Alors, dans le cas d’une cathode plane unique, la première cause suffit pour expliquer la divergence des rayons. S’il s’agit de deux cathodes voisines et dans un même plan, la deuxième cause vient s’ajouter; c’est ce quia Iieudansl’expérience deCrookes et dans les expériences faites avec le tube de la figure 2. Enfin si les rayons se rencontrent à angle droit, cas de la figure 4, les causes du faible écart observé sont les perturbations du champ et l’action répulsive de deux rayons perpendiculaires. Il reste à décider si cette dernière cause subsiste lorsque les deux cathodes sont assez éloignées pour que les perturbations du champ soient négligeables.
- G. G.
- BIBLIOGRAPHIE
- Traité élémentaire de mécanique chimique fondée sur la thermodynamique. — T. [, par P. Duhem, professeur de physique théorique à la Faculté des sciences de Bordeaux. Hermann, rue de la Sorbonne, éditeur.
- Qu’est-ce que la mécanique chimique ? Qu’a-t-elle été jusqu’ici ? Que doit-elle être? Telles sont les questions que l'on se pose à la lecture du titre du nouveau livre de M. Duhem. Je pense qu’il serait prématuré de chercher dès aujourd'hui à y répondre et qu’il vaut mieux attendre l'apparition du troisième volume, qui complétera l’ouvrage, de façon à pouvoir embrasser l’ensemble des idées de l’auteur et les comparer à celles des savants qui l'ont précédé. Disons toutefois immédiatement que l’emploi du mot de « Mécanique » n’implique pour M. Duhem, aucune conception spéciale de la nature intime des phénomènes; il n’est question dans ce livre (au moins dans la première par-he) ni des atomes ni de leurs mouvements, ni des forces qu'ils exercent les uns sur les autres. Il ne s agit point de donner une représentation matérielle de la partie du phénomène chimique qui chappe à l’observation directe, mais uniquement I
- de chercher à déterminer suivant quelles lois varient les quantités soumises à l’expérience, celles que l’on peut mesurer.
- Le présent volume débute par une introduction dans laquelle M. Duhem rappelle quelques notions d'analyse et de mécanique; il suppose son lecteur en possession des matières du programme de la classe de mathématiques spéciales et il lui demande d’abord de compléter son instruction pour se mettre en mesure de suivre les développements analytiques qui se présenteront dans le cours de l’ouvrage. Le livre premier contient l’exposé des principes de la thermodynamique; notons le chapitre relatif à la thermochimie, où sont précisées les conditions dans lesquelles est applicable le principe dit de l’état initial et de l’état final; après avoir énoncé le principe de Carnot et défini l’entropie, on peut établir les restrictions qui limitent le principe du travail maximum ou, plus exactement indiquer dans quelles circonstances une réaction peut être accompagnée d’un dégagement de chaleur.
- Les chapitres qui terminent ce livre traitent des systèmes en équilibre stable, de ceux du moins
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- qui peuvent être, quand on modifie infiniment peu les conditions extérieures, le siège de réactions réversibles. C’est sur le sens de ces réactions que portent divers théorèmes relatifs à l’effet des variations isothermiques ou isentropiques (adiabatiques) ou enfin à l’influence d’un changement de température. Ce sujet a déjà été étudié par Van't-Hoff, Moutier, M. LeChatelier.
- Dans le livre II, intitulé Faux équilibres et Explosions, M. Duhem aborde une question beau' coup plus difficile et à la solution de laquelle il nous apporte une contribution très intéressante. Il observe d’abord que, dans un très grand nombre de cas, les conclusions qu’on déduiraitdela Ther~ modinamique classique sont contraires à l’expérience ; ainsi il a été établi, dans le livre I, que la quantité d’eau non dissociée que renferme un vase de volume constant est d’autant plus grande que la température est plus basse; cependant un système d’eau, d’oxygène et d’hydrogène peut conserver rigoureusement la même composition entre des limites de température très étendues. La démonstration antérieure supposait essentiellement qu'il y avait équilibre réversible entre l’eau et ses composants, ce qui n’est vrai qu'à des températures très élevées; il n’yadoncrien d’étonnant à ce que les conclusions précédentes ne se vérifient pas et je ne sais pas trop s’il était nécessaire d’accuser-les énoncés ctassiques de contradiction. Si nous remontons aux principes mêmes, nous voyons que la thermodynamique peut prévoir l’impossibilité de certaines réactions, qu’elle ramène à l’impossibilité fondamentale énoncée par Carnot et Clausius, mais elle n’annonce jamais que les réactions contraires se produiront nécessairement. L’eau ne se décompose pas spontanément à la température ordinaire en oxygène et hydrogène libres parce que s’il en était ainsi, on pourrait réaliser un système transportant de la chaleur d’un corps froid à un corps chaud sans dépense de travail extérieur, mais il sc peut que l'hydrogène et l’oxygène restent inertes vis-à-vis l’uii de l'autre sans que cela empêche jamais la chaleur ffe passer d’un corps chaud à un corps froid. Il faut bien reconnaître que les principes de la thermodynamique sont aussi impuissants à prévoir la nécessité d'une réaction possible que le principe du travail maximum : dans certaines conditions, que M. Berthelot s’est efforcé de préciser, toute réaction chimique dégage de la chaleur, mais il n’en résulte pas une tendante à la
- production du système dont la formation dégage le plus de chaleur ou du moins on cherche en vain à préciser cette tendance, elle ne consiste que dans l’impossibilité d’une direction inverse des réactions.
- M. Duhem appelleéquilibres ces états dans lesquels en définitive, un corps subsiste en présence de ses éléments séparés comme si composés et composants étaient absolument indépendants f). Il est clair que ces états ne sont pas entièrement définis par les conditions extérieures et la composition chimique brute du système et que, ces dernières quantités étant données, elles sont compatibles avec une infinité de valeurs de la composition vraie. M. Duhem voit dans cette circonstance une analogie avec les conditions d’équilibre d’un système à frottement, lesquelles s’expriment par des inégalités et non par des équations. Cette analogie reste d’ailleurs purement analytique, vu l'absence de toute hypothèse proprement méca nique sur la nature des réactions.
- L’existence de ces inégalités joue un rôle fondamental dans la théorie que développe M. Duhem et que de nombreuses représentations géométriques rendent facile à saisir.
- Imaginons, un système dont l’état soit entièrement défini, à une température suffisamment élevée, par la température seule, les transformations s’effectuant à pression constante ou à volume constant. Une courbe ayant pour abscisses les températures et pour ordonnées une variable qui définit la composition représentera tous les états que peut prendre le système; à basse température s’étendra, de part et d’autre de cette courbe, une région de faux équilibres en tout point de laquelle le système pourra garder sa composition initiale. Il n’y aura de réaction chimique que si le point figuratif sort de cette région. Une discussion très simple permet, en partant de ces hypothèses, d’étudier les phénomènes si inattendus qui se produisent dans les espaces inégalement chauffés et de rendre compte de certaines expériences dont les résultats sont exactement contraires de ceux que pourrait faire prévoir le principe de Watt, qui n’est pas ici directement applicable.
- Après quelques considérations sur la vitesse des réactions et l’influence de la rapidité du refroidissement, M. Duhem aborde la question impor-
- (1) Il iaut yjoindre le casou les composants existent seuls,
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- tante de la stabilité des états de faux équilibre, pes hypothèses précédemment faites, il résulte que toute modification dans laquelle on maintien* ]e corps à température constante, s’arrête d'elle' même ; l’équilibre est stable ou indifférent pour toute transformation isotherme. Il n’en est pas de même pour les transformations adiabatiques; dans la partie du plan qui renferme les points figuratifs des états où il n’y a pas équilibre; en d’autres termes, dans la région de transformation, on peu* tracer une courbe limitant un espace à l’intérieur duquel une réaction commencée ira s’accélérant, c'est-à-dire qu'à l’extérieur de cet espace la combinaison ou la décomposition deviendra explo-
- On sait que la réaction qui prend naissance en un point d’un système peut, dans certaines conditions se propager en une onde, de vitesse bien supérieure à celle du son, que MM. Berthelot et Vieille ont appelée onde explosive, M. Duhem aborde l’étude de cette question.
- Les résultats de son analyse sont assez singuliers. Dans le cas d'une combinaison exothermique, la vitesse de propagation calculée est réelle, tant que l’explosion ne se produit pas; elle croît .indéfiniment quand on approche de la limite d’instabilité, puis devient imaginaire, de sorte que la théorie semblerait indiquer des résultats presque directement opposés à ceux de l'expérience.
- La difficulté disparaît si l'on remarque que, dans l'expression onde explosive le mot onde ne doit pas être pris au sens habituel que nous lui donnons dans la théorie de l'élasticité.
- Les perturbations qui, dans un milieu élastique, peuvent se propager par ondes, sont nécessairement telles qu'un accroissement de pression y soit concomitant d’une diminution de volume; en
- d’autres termes, sont des variations qui se produisent au voisinage d’un état d’équilibre stable du milieu ; dans l’expression générale de la vitesse \J~> Ie coefficient d'élasticité E est posi-sitif, comme la dérivée — Si l’on considère au contraire des modifications dans lesquelles E est négatif, c’est-à-dire qui s’effectuent a partir d’un état d’équilibre instable, la vitesse de proportion devient imaginaire; il n’y a plus à'onde au sens propre du mot et c’est précisément â ce moment qu’il se produit une explosion, dont la propagation à travers la masse du gaz se fait par un mécanisme tout différent. L’étude de cette propagation reste à faire; elle se rattacherait à celle de ces états d’instabilité bien connus que nous présentent par exemple la surfusion et la sursaturation. M. Duhem, qui dit un mot en passant de ces phénomènes (p. 207-208), remarque que la thermodynamique peut expliquer pourquoi ces états se produisent en même temps que les états-d’équilibre normaux. Il ne se demande pas s’il y a une limite à ces infractions à la loi ordinaire et si, par exemple, on peut augmenter indéfiniment, à température constante, la pression d'une vapeur sans amener la condensation. Il serait pourtant impossible de le faire si, à partir d’un certain état, comme le veut l’hypothèse de James Thomson, le volume et la pression tendaient à varier dans le même sens. L’étude de cette question, tant au point de vue expérimental qu'au point de vue théorique, me semble être le premier pas nécessaire dans la voie de l’étude des explosifs, à laquelle elle serait ce que la découverte des lois qui régissent les changements d’état physiques réversibles a été à celle des lois de la dissociation. q Raveau
- CORRESPONDANCE
- Sur l’application des imaginaires au calcul des courants alternatifs.
- Paris, le 6 janvier i8q8.
- Cher Monsieur,
- J’ai peu de chose à ajouter aux remarques de M. Guilbert : le sens de l’axe des y me semble bien indifférent, puisqu’il 11’intervient en rien
- dans les méthodes graphiques ordinaires où l’on a besoin de se fixer seulement le sens de l'axe origine et le sens positif de rotation des vecteurs ; si j’ai conservé les notations de M. Steinmetz, c’est précisément en vue de montrer que ccs notations sont parfaitement légitimes et aussi compatibles que les notations inverses, avec nos habitudes sur le sens de rotation des vecteurs dans la
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- méthode graphique. Quant à la règle [mnémonique que j’ai donnée, elle n'a d'autre prétention que d'être particulièrement simple, et d’éviter jusqu'au bout des développements inutiles de calcul. Enfin, au point de vue de la simplicité des calculs, je citerai encore le cas suivant (Boucherot) :
- Fig. i.
- Dans un pont de Wheatstone (fig. i), alimenté en deux sommets opposés A et B, par une force électromotrice alternative constante, les côtés opposés AD, BC sont formés par une self-induction pure (sans résistance) L, les côtés AC, BD par une capacité pure C (sans résistance en dehors du diélectrique parfaitement isolant). Si ces éléments satisfont à la relation fondamentale :
- l’intensité dans le pont CD est constante.
- En effet, l’impédance (imaginaire) de AC est
- celle de CB est
- R3 = iL« = — Rj.
- Appelons i l'intensité (imaginaire) dans AC, ï dans CB, I dans CD ; on a :
- I = i -i'.
- D'autre part
- R,i + Rjf = Ri (î — i') = Va — Va = constante
- D'où :
- I = constante.
- Les autres procédés bien connus employés par M. Boucherot dans ses systèmes de distribution à intensité constante se traiteraient aussi facilement.
- P. Janet.
- CHRONIQUE
- Station génératrice hydraulique à courants polyphasés et courant continu de Saint-Anthony (Mississipi). — La ville de Minneapolis forme avec sa cité-sœur Saint-Paul une immense agglomération très industrielle qui utilise dans ses scieries et ses moulins une partie considérable de la force motrice hydraulique qu’offrent plusieurs chutes importantes du Mississipi. L’une de ces chutes, située au cœur même de Minneapolis, est en ce moment aménagée en station centrale génératrice d’énergie électrique. Le correspondant, américain de Y Electrician, de Londres, donne sur cette entreprise les détails suivants qui complètent ceux que nous avons déjà donnés (Voir L'Eclairage Électrique, t. XII, p. 88, 3 juillet 1897).
- Un barrage de 300 m de longueur avec écluses a été construit au travers du fleuve; l’usine hydraulique est sise sur ce barrage près de la rive gauche. La chute disponible en ce point est d’environ 6 m, avec un débit variable entre 180 à 7 m3
- par seconde, la moyenne annuelle étant d’environ 17 m3 par seconde, correspondant à une puissance moyenne de 12 000 chevaux. Cette chute a été cédée à bail à la Twin-City Rapid Transit Company, qui possède un réseau de traction électrique absorbant 5 000 chevaux, actuellement fournis par des usines à vapeur. La station hydraulique en construction servira à alimenter les tramways électriques ainsi que de nombreuses industries pouvant utiliser des moteurs électriques.
- Pour les besoins de la navigation, le barrage est coupé par des écluses dont les portes sont, chose curieuse, actionnées à l’aide d'unemachinerie hydraulique. C'est là une anomalie analogue à celle que l'on peut constater aux usines du Niagara, où' le courant absorbé par les ponts roulants du hall des turbines est produit... par la vapeur.
- L’usine de Saint-Anthony est construite au-dessus de 10 canaux parallèles dans chacun desquels sont installées quatre turbines « Victor » de
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- 250 chevaux couplées directement sur un arbre horizontal tournant à 130 tours par minute. Cet arbre est manchonné sur un alternateur de l0oo chevaux construit par la General Electric Co.
- Une particularité de cette usine, c’est qu’à côté de la partie hydraulique a été prévue, à titre de réserve,une installation de chaudièreset de’machines à vapeur d'égale importance. Chaque alternateur sera ainsi flanqué (d'un côté de sa turbine, et de l'autre côté d’un moteur à vapeur de 1 000 chevaux qui peut être manchonné 'avec l’alternateur au cas où l’eau viendrait à manquer ou à gelerl Le capital d’établissement sc trouve ainsi grevé de toute la dépense que nécessiterait une usine à vapeur complète de la même puissance.
- Dans une station hydraulique, la régulation des turbines estune question importante. Dans beaucoup d’usines américaines, les essais de régulation des turbines n’ont pas donné de résultats satisfaisants, et l’on se contente fréquemment d’absorber l’excédent de puissance des dynamos dans des résistances mortes. I.es ingénieurs de l’installation de Saint-Anthony ont plus de confiance dans les régulateurs, et, à l’instar de ce qui se fait au Niagara, ils ont décidé d’équiper leurs turbines avec des régulateurs mécaniques. Ce dispositif consiste en un régulateur du type Pickering qui gouverne un petit piston hydraulique. Celui-ci agit sur la distribution d’un second cylindre, lequel agit à son tour sur un troisième cylindre, qui commande la vanne. Il paraît que ce dispositif fonctionne entre charge nulle et pleine charge avec seulement 5 p. 100 de variation dans la vitesse et que son action est très rapide; mais il est difficile d’admettre qu’un semblable échelonnement de cylindres hydrauliques n’introduise pas de retard dans le fonctionnement.
- L usine de Saint-Anthony sera chauffée électriquement ; ce luxe lui coûtera pendant la saison froide une dépense d’environ 1 000 chevaux, soit près du dixième de la capacité totale de l’usine.
- Pour répondre aux besoins variés de la distribution, l’énergie électrique produite par l’usine est fournie à trois tensions différentes : à 12 000 volts pour les circuits triphasés à grande distance, à î 45° voltspour les circuits polyphasés de moindre rayon, et à 600 volts pour le courant continu utilisé par les tramways du voisinage immédiat. Les génératrices à courant continu pour les tramways s°nt actionnées comme les alternateurs, ces ma-
- chines étant directement couplées sur les arbres des turbines d’une part et sur des moteursà vapeur d’autre part.
- Pour les circuits à haute tension, on se servira de transformateurs amplificateurs, portant la pression normale de 3 450 volts des générateurs à 12000 volts, tension qui sera employée sur les câbles souterrains allant à Saint-Paul, à 16 km de distance. Ces transformateurs sont du tye à in-sufflage d’air produit par une soufflerie actionnée par un petit moteur. L’installation actuellc-comprend six de ces transformateurs d’une puissance globale de 1 400 kilowatts. Une caractéristique du système de transmission est l’installation en souterrain de tous les feeders. (lesquels sont constitués par des câbles isolés logés dans des conduits en poterie.
- Actuellement, une seule sous-station, celle de Saint-Paul, est en construction, mais deux autres seront établies pour le district de Minneapolis. Chaque sous-station sera pourvue de transformateurs réducteurs'et de convertisseurs rotatifs pour le courant destiné aux tramways.
- On indique que les dépenses de construction et d'aménagement de la station de Saint-Antony se monteront à 2 millions de francs, soit 200 fr par cheval disponible, chiffre qui, s'il comprend réellement tous les éléments de dépense, doit être considéré comme extrêmement avantageux, eu égard aux conditions de sécurité et de confort de cette installation. A. H.
- La station centrale à vapeur du Rand. — Le district des mines d’or du Rand s’étend sur une lon-gueurd’environ 40km à l’est et à l’ouest de Johannesburg. Les différentes opérations de l’industrie aurifère nécessitent une force motrice considérable ; on estime en effet à 25 000 chevaux la puissance globale des machines à vapeur qui ont été installées dans les mines de cette région. Les conditions de mauvais rendement dans lesquelles cette force motrice est produite par les petites unités génératrices existantes, combinées avec le prix élevé du charbon des mines, conséquence>des prix de transport excessifs par voie ferrée, rendent le prix de revient de l'énergie presque inabordable sous ce régime.
- En raison de cet état de choses, disait The Elec-trician du 24 décembre, on s’est rallié à la proposition de créer dans le district du Rand une station
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- centrale génératrice unique. La première idée avait été d'emprunter la force motrice aux chutes du Vaal River, mais le manque d’eau dans la saison sèche a fait abandonner ce projet. 11 fut décidé finalement d'ériger une usine à vapeur près du puits delà mine de houille de Brakpan, exploitée par la Transvaal Coal Trust Company.
- Une concession fut obtenue de la république du Transvaal pour l'éclairage de Johannesburg et pour la transmission de l'énergie sur une ligne ' aérienne allant au Rand. Un contrat fut également conclu avec la Compagnie houillère pour assurer pendant une période de 55 ans la fourniture du combustible nécessaire à l’usine centrale. La construction de l'usine a été. commencée en septembre 189s-
- La station est située à environ 2,5 km de la mine de houille, mais comme clic est placée en contre-bas par rapport à celle-ci, le travail de transport du combustible ne correspond qu'à la traction des trains vides retournant à la mine. Le combustible monté au-dessus des chaudières par un élévateur est distribué entre les grilles par deux transporteurs à hélice qui régnent tout le long de la salle des chaudières.
- Cette salle a 75 m de longueur et 15 m de largeur; elle présente deux ailes pouvant loger chacune cinq chaudières. Les deux cheminées en fer ont 4 m de diamètre à la base et 3 m au sommet. On emploie des chargeurs automatiques du système Leach qui sont actionnés ainsi que les transporteurs par des moteurs électriques. Huit chaudières sont actuellement installées; elles sont du type multitubulaire de Steinmueller et développent 600 chevaux indiqués avec une surface de chauffe de 300 m5 et une production de 9 kg de vapeur par heure et par mètre carré. La pression est d'environ 14 kg par centimètre carré. La quantité très limitée d’eau disponible a nécessité des dispositions spéciales pour l’alimentation des chaudières en eau pure. On emploie des condenseurs à surface, et un réservoir d'une contenance de 100 000 m3 a été prévu.
- Dans la'salle des machines, de 70 m sur 23, trois unités génératrices sont actuellement installées, au-dessus desquelles se déplace un pont roulant d'une force portante de 25 tonnes. Les moteurs à vapeur sont à triple expansion du type des machines marines verticales construites par la See-chische Maschinenfabrick, de Chemnitz. Les cylindres à haute pression ont un diamètre intérieur
- de 57 cm, les cylindres intermédiaires ont 91 cm et les cylindres à basse pression 14^ cm de diamètre, la course étant de 90 cm. Ces machines développent une puissance normale au frein de 1 000 chevaux et peuvent être poussées jusqu'à j 500 chevaux indiqués.
- Avec chaque machine est couplée directement une génératrice triphasée de 1 145 kilowatts. L’induit, en forme d’anneau, est fixe et présente un diamètre intérieur de 4,6 m, L’inducteur tourne à l'intérieur de l’induit. La vitesse angulaire est de 100 tours par minute. Chacune des génératrices pèse 80 tonnes et est montée avec son moteur sur une fondation continue de béton reposant sur la roche à environ 5 m au-dessus du sol. Trois des unités seulement sont constamment en marche, la quatrième formant réserve. Les génératrices fournissent le courant à une tension de 700 volts.
- Dansune galerie séparée sont installés les transformateurs amplificateurs qui portent la tension de 700 à 10 000 volts. La ligne de transmission consiste en six conducteurs de cuivre courant sur des poteaux en acier de 6 m de hauteur construits par la Mannesmann Tube Company, de South Wales; au-dessous des câbles est disposé unesorte de filet empêchant la chute des câbles sur le sol en cas de rupture. Les lignes sont disposées en hélice, elles sont surmontées d’un fil à pointes agissant comme parafoudre. Ce dispositif de protection est complété par l’adjonction de para-foudresSiemens et Halske qui sont formés de deux gros fils de cuivre courbés et disposés l'un par rapport à l’autre comme les branches d’un V. Sur une partie de leur longueur, ces fils sont très rapprochés l’un de l’autre et la distance qui les sépare'est réglable. Ces fils, montés sur des supports en fonte portés par des isolateurs, sont reliés l'un à la terre, l’autre à la ligne. L’arc qui s’établit entre eux en suite d’une décharge monte vers les parties de plus en plus écartées des fils et ne peut se maintenir. Cette propriété des arcs à haute tension permet de ne pas faire usage d’un dispositif à répulsion magnétique analogue à celui employé dans le parafoudre Thomson.
- Près de chaque mine qui consomme du courant est établi un poste de transformateurs muni des instruments de mesure et des dispositifs de sûrete nécessaires. Ces transformateurs réduisent la tension à 130 volts pour l’éclairage et à 240 ou 500 volts pour les moteurs.-
- On fait usage de deux modes de taxation. Sous
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- ]'uo des régimes, le consommateur paie 900 fr par an et par cheval sur l’arbredu moteur, la Compagnie se chargeant de l'installation et de l’entretien de tout l’appareillage électrique; sous l’autre régime le kilowatt-heure est vendu au compteur à raison de 20 centimes. Ce dernier tarif est toutefois passible de réductions proportionnées au taux de la consommation.
- ha ligne la plus longue est celle deKrugersdorp, situé à 45 km de la station. O11 a l'intention de fournir l'éclairage de certaines parties de la banlieue de Johannesburg, et l'on éclaire déjà plusieurs stations de chemin de fer. Huit ou 9 compagnies minières se sont déjà abonnées et emploient la force motrice électrique pour actionner les machines les plus diverses. 38 moteurs Je 3 à 250 chevaux sont actuellement reliés aux lignes.
- Toute l’installation a été établie par la maison Siemens et Halske. A. H.
- Station génératrice avec moteurs à gaz pauvre à Leyton (Angleterre). — Nous extrayons d’une étude publiée par Lightning les renseignements
- L’usine de Leyton, un faubourg de Londres, a été fondée il y a un peu plus d’un an ; sur le conseil du professeur H. Robinson, des moteurs à gaz pauvre, de Dowson, furent adoptés pour fournir la force motrice.
- La clientèle devait être surtout composée de particuliers et être, par conséquent, plutôt clairsemée ; en outre, beaucoup des locaux étaient de petites dimensions ; les lampes de 8 bougies devaient donc être employées en assez grand nombre. Pour ces raisons, on adopta une distribution à courant continu, 3 fils, t^o volts par pont, ce qui assurait une grande économie dans l'établissement du réseau de distribution tout en permettant l’emploi de lampes de 8 bougies d’une consommation spécifique assez économique, ce que n’aurait pas permis la tension de 200 volts par pont, d’abord proposée.
- h usine actuelle se compose de : 2 gazogènes Dowson avec leurs accessoires, d’une puissance de no chevaux; 1 troisième gazogène d’une puis-sance un peu moindre ; r gazomètre de 6 m de diamètre; 1 gazomètre de 3 mètres; 4 moteurs à gaz« Premier » entraînant chacun, par courroies, une dynamo de 35 kw. L’installation estcomplétée
- par une batterie d'accumulateurs, type Pescatore, d’une capacité de 880 ampères-heures, et par des dynamos compensatrices pour équilibrer les deux ponts du réseau à 3 fils. Afin que la batterie puisse être chargée en dérivation avec le réseau d’éclairage et conserver en tout temps les avantages de son action régulatrice, les 170 éléments qui la composent sont partages en deux groupes de 65 éléments qui sont chargés entre les deux câbles extérieurs, et les 40 .éléments complémentaires, avec une résistance additionnelle, sont groupés en dérivation avec l’un ou l’autre des deux groupes précédents, alternativement, afin d'obtenir une charge égale des trois groupes.
- Cette disposition entraîne des pertes assez.considérables, étant donné surtout que, l’exploitation étant à ses débuts, le coefficient de charge est assez faible et que par conséquent une grande partie du courant passe par les accumulateurs. C'est ce qui explique les différences énormes entre les résultats obtenus par kw-h engendré et par kvv-h vendu.
- Nous avons résumé les données relatives aux consommations de combustible dans le tableau suivant ; l’anthracite coûte 28,20 fr les iqoo kg à pied d’œuvre; la puissance calorifique du gaz engendré est de î 380 cal environ par m3 ; la consommation spécifique du moteur est d'environ 2,25 m3 par cheval-heure indiqué.
- L'influence du coefficient de charge sur le rendement —h et sur la consommation
- kw-h engendres
- de combustible est nettement mise en évidence par les moyennes de janvier et de septembre.
- Enfin, deux derniers points méritent l’attention. Le premier a trait au graissage ; on a reproché souvent aux moteurs à gaz de consommer beaucoup d’huile ; or, à Leyton, la dépense, depuis le commencement de l’exploitation, en huile, chiffons et eau n'a été que de 0,315 centime par kw-h vendu ; c'est un chiffre excessivement faible.
- Le second point est relatif au démarrage. Le dispositif adopté comprend une pompe à main pour introduire une charge de gaz et d’air dans la chambre d'inflammation et un système de leviers et de roues dentées pour amenerle piston en position pour la mise en marche. Pendant les essais, le 27 octobre, les quatre moteurs furent mis en marche par un seul homme en 4 minutes ; les dynamos furent ensuite mises en charge sur les quatre moteurs, en 4 minutes. Dans une autre occasion, la mise en marche d’un moteur dura
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- TABLEAU I
- -OWATT-HEURE
- MOTEURS
- CONSOMMATIONS
- COMBUSTIBLE
- Essais préliminaires......
- Moyenne d'une journée de
- Moyenne du
- Moyenne du mois de septembre
- [o Essai pendant 5 heures de deux moteurs et un gazogène à pleine charge (J). . . . 2U Essai pendant 5 heures des quatre moteurs et de deux gazogènes à 2/3 de charge (2)............................
- 5 minutes à partir de l’allumage du tube d’inflammation. En temps ordinaire, le tube d’inflammation du moteur qu’on doit mettre en marche est maintenu incandescent longtemps à l’avance.
- Perfectionnement aux piles Leclanché. — On sait que les piles Leclanché présentent de nombreux inconvénients : le liquide s’évapore assez rapidement; il se forme des sels grimpants qui détériorent le materiel, et même parfois, par capillarité, peuvent provoquer peu à peu l’écoulement du liquide hors du vase; en outre, il se dépose sur les bâtons de zinc des cristaux d’oxychlorure qui te recouvrent à la fin complètement et augmentent la résistance intérieure de la pile.
- Une fabrique allemande de piles genre Leclanché a apporté dans la fabrication de ses piles une modification qui supprime les inconvénients que nous venons de citer. Il suffit de former le liquide excitateur d’une solution de chlorure d'ammonium à 5 p. 100 et d’ajouter 5 p. 100 de glycérine. II est facile de se rendre compte de la valeur du procédé.
- Emploi du carbure de calcium contre le black-rot. — Nous signalions il y a quelques mois (t. XII, p. 336, 7 août 1897) les essais faits par M. Chuard pour l’utilisation du carbure de calcium contre le phylloxéra, essais qui ont montré que le carbure de calcium a pour effet de développer les vignes philloxérées et de leur donner la vigueur nécessaire pour résister au philloxéra.
- M. G. Rodier a cherché si ce corps pouvait également servir pour combattre le blackrot,
- Des grappilles encore vertes d’un plant de vin blanc de Sauternes, atteintes de black-rot, ont été saupoudrées de carbure de calcium, au commencement de septembre.
- Peu de jours après on a détaché la couche de chaux formée par la décomposition du carbure, et l’on a constaté que toutes les spores de black-rot avaient disparu.
- M. Rodier se propose de reprendre ces essais à la saison prochaine.
- Le Gérant : C. NAUD-
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- Samedi 12 Février 1898
- 5« Année. —
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l’Institut. — A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l'Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l'Institut. — D. MONNIER, Professeur à l'École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ, Professeur à la Sorbonne, Membre de l'Institut. — A. POTIER. Professeur à l’École des Mines, Membre de l'Institut. -3. BLONDIN, Professeur agrégé de l'Université.
- CHEMINS DE FER ET TRAMWAYS ÉLECTRIQUES
- CHEMINS DE FER DE BANLIEUE ET MÉTROPOLITAINS
- I. Par des essais raisonnés, faits sans bruit, mais dont la leçon est profitable, les électriciens s’acheminent vers un but depuis longtemps poursuivi: la substitution du moteur électrique au moteur à vapeur sur les voies de chemin de fer. Cette substitution est un fait accompli en ce qui concerne les chemins de fer métropolitains, aériens ou souterrains si quelques-unes de ces exploitations conservent encore l’ancien matériel à vapeur, c’est en raison des dépenses qu’entraîneraient l’abandon de ce matériel etl’acqui-sition de l’équipement électrique ; mais, en principe, la transformation est décidée. Puis, après le succès des chemins de fer électriques de Nantasket-Beach, de New Britain, Hartford et Berlin, sur le réseau de la Compagnie New-York, New-Haven et Hartford, voici que la puissante Compagnie de l’Illinois central décide l’équipement électrique de scs lignes dans la banlieue sud de Chicago ; la Compagnie des chemins de fer de l’Erié et plusieurs autres compagnies ont décidé des transformations semblables.
- Tous ces exemples viennent des États-Unis qui semblent vouloir prendre dans ces applications du moteur électrique une avance
- semblable à celle qu’ils ont prise pour les tramways. Aussi bien, l’un est la conséquence de l’autre: les progrès des tramways électriques ont non seulement rendu l’adoption des chemins de fer électriques possible, par la création d’un matériel approprié, mais ils l’ont rendue indispensable pour les raisons suivantes.
- II. Concurrence entre les chemins de fer à vapeur et les tramways électriques. — Dans bien des cas, principalement aux environs des grands centres, pour réunir des villages entre eux ou avec les villes, parfois à de grandes distances, des voies de tramways électriques ont été établies parallèlement aux voies de chemins de fer, et le trafic de ccs derniers a été presque totalement dérivé par les tramways. Les raisons de cette faveur du public pour les tramways sont bien connues : tarif moins élevé, départs plus fréquents, durée de voyage à peu près égale si l’on tient compte de toutes les pertes de temps entraînées par le chemin de fer, tandis que le tramway passe devant la porte des voyageurs, ou à peu près ; toutes autres choses égales, ce dernier avantage, qui flatte notre paresse, —
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- suppression d’un, trajet à pied, — suffirait pour gagner la faveur du public en général.
- Les compagnies de chemins de fer, voyant leurs recettes baisser, ont d’abord eu recours aux tribunaux ; elles voulaient que ceux-ci empêchassent les compagnies de tramways d’établir des lignes parallèlement aux leurs ; et dans certains cas elles réussirent à avoir la loi pour elles contre l’intérêt général. Mais d’autres compagnies, remarquant que les compagnies de rramwavs transportaient tous les ans beaucoup plus de voyageurs qu’elles-mêmes n’en transportaient auparavant, résolurent de transformer l’organisation de leur service, de façon à offrir au public les mêmes avantages que les tramways, ou même des avantages plus grands. L’expérience leur a donné raison, comme le prouvent les chiffres que nous donnons plus loin.
- L’emploi de la traction électrique s’imposait alors, car il ne s’agissait pas d’économie dans les frais d’exploitation, mais bien d’une question de recettes, c’est-à-dire d’une question vitale par excellence. Au premier point de vue, d’ailleurs, la comparaison entre l'électricité et la vapeur est très favorable à celle-là, la transformation ne s’appliquant qu’à des lignes à trafic très intense.
- III. Les chemins de fer électriques de Nan-laskei-Beach et de Hartford (*\ --- Les exemples ne sont pas encore bien nombreux, mais ils sont probants.
- Prenons d’abord la ligne de Nantasket-Beach ; elle se compose de deux sections; la plus ancienne, à conducteur aérien, va de Nantasket-Junction à Pemberton ; clic est longue de 11,2 km; la seconde, ne datant que d’un an et demi environ, va de Nantasket-Junction à East-Wevmouth ; elle est longue de 5,8 km et la distribution de courant s’y fait par rail latéral.
- Depuis l’organisation du service électrique,
- f1) Voir L’Èclàirage Electrique, t. IV, p. 574, 21 septembre 1895; t. VIII, p. 575, 19 septembre 1896; t. IX, p. 77, 10 octobre 1896; t. XII, p. 306, 7 août 1807, et les articles de N.-II. Heft dans le Street Kailway Journal.
- les départs ont été rapprochés ; ils ont lieu toutes les 30 minutes depuis 6 h. 30 du matin jusqu’à 11 h. 30 du soir; en outre, les dimanches et jours de fête, des trains express ne s’arrêtant pas à toutes les stations sont formés dans l’intervalle des départs réguliers, Le prix des places a été beaucoup diminué ; il était jadis de 0,50 fr de Pemberton à Nan-tasket-Junction et de 0,90 fr de Nantasket-Junction à East-Weymouth ; il n’est plus que de 0,25 fr pour chacun de ces trajets. Aussi, dès la première année, en 1895, le nombre de voyageurs transportés fut de 92,6 p. 100 plus grand qu’en 1894 « l’année 1896 vit une nouvelle augmentation de 45,1 p. 100 sur 1895, et enfin, en 1897, Ie nombre de voyageurs transportés fut de 300 p. 100 environ plus élevé qu’en 1894.
- Les résultats obtenus sur la ligne de Berlin, New-Britain et Hartford sont encore plus remarquables.
- Cette ligne, longue d’environ 20 km, équipée avec rail latéral, a été inaugurée en mai 1897, à la suite de la concurrence désastreuse que faisait au trafic des trains à vapeur un tramway électrique établi parallèlement aux voies de chemins de fer.
- Le prix des places en chemin de fer était de 1,15 fr, tandis qu’en tramway il. n’était que de 0,75 fr, et encore ce prix comprenait-il le droit à une correspondance sur les réseaux urbains. Avec la traction électrique, le prix du transport en chemin de fer, de gare à gare, sans correspondance il est vrai, fut abaissé à 0,50 fr ; en outre, les départs furent beaucoup plus fréquents : toutes les 30 minutes, depuis 6 heures du matin jusqu a 11 h. 30 m. du soir, tandis qu’avant il n’y avait que 8 trains par jour dans chaque direc-tion entre Hartford et New-Britain ; la durée du trajet, qui est de 55 minutes en tramway, fut réduite à 20 minutes èn chemin de fer. Le résultat de ces améliorations ne se lit pas attendre : pendant les trois mois d’été 1897. le nombre de voyageurs transportés augmenta de 400 p. 100 par rapport au nombre de voyageurs transportés pendant les trois moi*
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- correspondants de- 1896, bien que, pendant une partie de ce temps, le service n’ait pas été complètement organisé.
- De tels résultats se passent de commentaires et ont suffi pour déterminer les autres compagnies à suivre l’exemple de la Compagnie New-York, New-Haven et Hartford, qui, de son côté, se prépare à transformer la majeure partie de son réseau ; cette décision, du reste, était prise en principe dès 1891, parce que le trafic se rapproche beaucoup de celui des tramways. Cette compagnie, — dont le réseau, malgré un développement total de 5 000 km environ, ne s’étend que sur une faible superficie, — transporte en effet, par an, plus de 50 000000 de voyageurs ; les recettes, de ce chef, dépassent 80000000 de francs, plus de la moitié des recettes totales; la densité de population est d’environ loo habitants par kilomètre carré dans la presque totalité des régions traversées: enfin, je trafic est alimenté en grande partie par les relations quotidiennes entre les grandes villes et leur banlieue et par les voyages aux bains de mer, villes d’eaux et autres lieux d’excursion.
- Nous n’avons pas encore à notre disposition. de chiffres permettant de comparer les dépenses entraînées par la traction électrique avec les dépenses de la traction a vapeur; voici cependant quelques chiffres qui permettent d’évaluer la dépense en. charbon.
- A Nantasket-Beach, la dépense pour le combustible est de 2,8 cm par kw-h produit, lorsqu’on emploie du tout-venant coûtant •b,50 fries 1 000 kg à pied d’œuvre,et 1,4cm par kw-h lorsqu’on emploie les escarbilles retirées du foyer des locomotives à vapeur après chaque voyage et qui reviennent à environ 3,85 fr. les 1000 kg à pied d’œuvre. :
- A l’usine de Berlin, qui a été construite en vue d’un trafic plus élevé, la dépense est plus grande à l’heure actuelle ; elle atteint 6 cm par kw-h produit avec du charbon et 2 cm par kw-h produit avec les escarbilles.
- Nous verrons plus bas que la dépense d énergie à la jante des roues sur la ligne de
- Nantasket-Beach est de 52,1 watts-heure par tonne kilométrique et que le rendement entre les bornes des moteurs et la jante des roues est de 63 p. 100 au minimum ; en admettant une perte de 15 p. 100 en ligne, la dépense d’énergie à l’usine serait au plus de 100 watts-heure par tonne kilométrique ; cela correspondrait à une dépense de 0,0028 fr ou 0,0014 fr à Nantasket-Beach, et de 0,006 fr à 0,002 fr à Hartford-Ber-
- IV. — Calcul de Vespacement des stations. — Cette nouvelle application soulève de nombreux problèmes. Deux questions se posent principalement : une relative à l’organisation du service, l’autre relative au calcul du matériel.
- Les conditions dans lesquelles on doit opérer la transformation du service sur les anciennes voies ferrées pour lutter contre la concurrence des tramways, sont faciles à déterminer : c’est une question de tarif et de vitesse.
- Le prix des places peut être égal ou inférieur à celui des tramways, nous venons de le voir. Dans ces conditions, la vitesse du voyage influera seule sur la décision du voyageur.
- Or, la durée du voyage se compose non seulement du temps passé en voiture, mais encore du temps perdu en attendant le départ et du temps dépensé par le voyageur pour aller, à pied, de son domicile à la gare la plus voisine. La vitesse des trains peut être beaucoup plus grande que celle des tramways, parce qu’aucune limite n’est imposée par la sécurité de la circulation ordinaire; les tramways peuvent, au maximum, assurer une vitesse commerciale de 20 km : h, tandis que les chemins de fer permettent d’atteindre une vitesse double ; la fréquence des départs peut être aussi grande avec les deux modes de transport. Reste la question du trajet à pied. Le tramway passe devant la porte des voyageurs ou à une très faible distance ; c’est un de ses plus grands avantages, car il évite
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- une perte de temps, une fatigue et un ennui, ce qui est surtout appréciable par les mauvais temps. Pour se rapprocher des conditions offertes par les tramways, il est donc nécessaire que les gares ou stations soient beaucoup plus voisines les unes des autres que dans l’organisation actuelle du service. Leur espacement sera déterminé par cette condition que la somme du temps passé en voiture et du temps dépensé pendant le trajet à pied soit inférieure au temps pris par le tramway pour aller entre ces deux mêmes points ; l’économie de temps doit être d’au moins 5 minutes pour que le voyageur choisisse le chemin de fer de préférence au tramway. Le voyageur qui a le plus grand trajet à faire à pied est évidemment celui qui se trouve à mi-chemin entre deux gares consécutives. Soient donc 2x la distance qui sépare ces deux gares et L la longueur du trajet à effectuer en voiture. L'économie de temps sur ce trajet sera de i ’/8 minute par kilomètre, soit 1,5 L minutes pour le parcours total; la durée du trajet à pied ne pourra donc être que de 1,5 L — 5 minutes pendant lesquelles un piéton peut faire A ^1,5 L — sj km ; l’espacement possible des stations sera donc ^ ^1,5 L — 5^ km. Le tableau suivant a été calculé d’après ces données (*}.
- Ce tableau montre que les tramways sont toujours préférables pour des très petits parcours; qu’entre 6 et 12 km, on pourrait établir avec avantage des stations plus nombreuses qu’à l’heure actuelle et que pour des trajets plus longs le chemin de fer conserve l’avantage, l’écartement actuel des stations n’étant pas modifié.
- Ce raisonnement est général etpeut s’adapter à une ligne quelconque, en tenant compte, bien entendu, des vitesses respectives des
- [’j Sidney-H. Short. Electricity as a motive power for suburban Railway service of New-England, Street Raihuny Journal, octobre 1897, p. 675.
- tramways et des trains, du. tracé des lignes, de l’emplacement possible des gares, etc.
- Tableau I
- Distance possible entre les stations d’un chemin de fer suburbain en concurrence arec des tramways.
- V’. — Importance d’une accélération rapide. — En résumé, pour répondre aux exigences nouvelles créées par la concurrence des tramways, il fallait donc : i° diminuer le prix des places ; 20 augmenter la fréquence des départs; 3° augmenter la vitesse commerciale; 40 augmenter le nombre d'arrêts sur un parcours donné. Ces conditions ne pouvaient être réalisées économiquement qu’en diminuant autant que possible le poids total de chaque train et en augmentant la puissance des moteurs. En effet, d’un côté, le nombre de trains par jour étant plus grand qu’auparavant, le nombre de places dans chacun d’eux peut être plus restreint; d’un autre côté, les arrêts étant très fréquents, la dépense d’énergie pour l’accélération de vitesse du train prend une très grande importance.
- Des relations connues, V = % etf — y ï donnant la vitesse d’un mouvement unifor-
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- tnément accéléré et l’effort nécessaire pour communiquer à une masse ~ une accélération on tire facilement la valeur moyenne de l’effort nécessité par l’accélération : r— _L_V _ PV
- g t - 9i8i f '
- On voit qu’il est proportionnel au poids P, à la vitesse maxima V et inversement proportionnel au temps /dépensé pour acquérir cette vitesse.
- La résistance au roulement, qu’il faut ajouter à la résistance d’inertie, est elle-même proportionnelle au poids total P.
- La puissance nécessaire à l’accélération, égale au quotient de l’cnergie totale dépensée par le temps / employé à la dépenser est proportionnelle au produit — MV y; lorsque ces trois grandeurs ont des valeurs élevées, la puissance devient énorme. La locomotive à vapeur, en raison de son poids, ne pouvait donc donner satisfaction ; de plus, elle ne peut fournir des couples moteurs et partant
- une accélération comparables à ceux du moteur électrique dont le couple constant est particulièrement bien adapté à ce service.
- Dans les premiers temps, les moteurs adoptés n’avaient pas été construits pour donner une accélération très élevée. Cependant, les résultats obtenus furent de beaucoup supérieurs à ceux que l’on aurait pu obtenir avec la vapeur.
- Ainsi, sur la ligne de Nantasket-Beach, longue de 17 km, il y a en tout 17 stations ; deux d’entre elles sont éloignées de 400 m seulement, deux autres de 550 m (fig. 1) ; malgré ces conditions défavorables, le trajet s'effectue en 26 minutes, c’est-à-dire avec une
- vitesse commerciale de 40 km : h ; les arrêts aux stations terminus sont de 4 minutes seulement, pendant lesquelles s’effectuent la descente des voyageurs, le changement de voie, le retournement du train et la montée des nouveaux voyageurs. La figure 1 indique la distance entre les arrêts, la vitesse maxima atteinte dans chaque parcours, ainsi que l’énergie totale dépensée et le temps écoulé ; le train pesait 56,3 tonnes. On voit que la vitesse maxima fut de 68,7 km:, h; la vitesse moyenne, y compris les arrêts, fut de 30,6 km : h ; entre Windermere et Allerton,
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- sur un parcours de 550 mètres seulement, la vitesse atteinte fut de 50 km : h ; entre l’usine et Nantasket-Junction, sur un parcours de 1 770 m, la vitesse maxima fut de 63 km : h. Le nombre de watts-heure dépensés par train-kilomètre fut de 2 935, soit 52,1 watts par tonne kilométrique.
- La figure 2 se rapporte à la période exclusive du démarrage d’un wagon moteur de la même ligne ; son poids total est de 31 tonnes. Les courbes montrent que la tension moyenne fut de 606 volts avec une intensité moyenne de 209 ampères. La dépense d’énergie par tonne km fut d’environ 90 watts-heure.
- La vitesse maxima de 65 km : h environ est atteinte au bout de 67 secondes.
- Sur la ligne de New-Britain-Hartford, les trains ordinaires, formés d’une voiture motrice et de deux voitures de remorque, atteignent une vitesse moyenne de 45 a 50 ktn ; h ; les ‘trains spéciaux atteignent une vitesse moyenne de 90 km : h, ce qui implique une vitesse maxima de plus de 100 km: h; un train de 47,2 tonnes atteint une vitesse maxima de 80 km : h.
- Voici, k titre de comparaison, quelques chiffres relatifs aux chemins de fer métropolitains à vapeur ou électriques.
- Tableau II
- Données relatives au démarrage des trains de chemin de fer métropolitains, en Amérique.
- NOM DE LA COMPAGNIE EXPLOITANTE NATURE RÉSISTANCE NOMBRE DE WAGONS DÉCLIVITÉ I) % — 1 temps j MA
- Metropolitan F.levated (Chicago) . Électr. 7,5 40 Palier 10 79 4« 45 7 5 26,4 36.2 48.3 56
- Lake Street Elevated » 60,5 37.6 !9' 7 33 37'3 44> 4
- Aller Elevated » Vapeur 66 60,5 43.7 19.7 38,6 46
- Illinois Central » 106 35 t 5 13.2 23 33 41,2
- Manhattan Elevated (New-York) . 87 40 30 12 21,7 28,2 33-8
- General Electric Cn (ligne d’essais). Électr. Iù 23 141 20 93 48.3 61, 2
- 8,2 132 99-5 45 66
- 9 9 8,2 8i,5 9 63 26,4 39' 4
- La valeur du couple moteur dans les trois derniers cas, surtout dans l’antépénultième, atteint presque la limite supérieure de l’effort que peut transmettre, en moyenne, l’adhérence entre les roues et les rails. L’accélération est ainsi très considérable, et, au bout de peu de temps, la vitesse maxima est atteinte, ce qui permet de réaliser des vitesses commerciales très élevées même avec des arrêts très fréquents. Dans les essais faits pour la Compagnie de l’Illinois Central, un
- wagon de 25 tonnes, portant 18 personnes et équipé avec 4 moteurs GE 57 de 5° chevaux chacun, avec régulation série-parallèle, a atteint une vitesse de 66 km : h en 20 secondes. C’est un résultat remarquable ; mais on voit immédiatement à quel prix il est acheté et l’on peut se demander si cette puissance de 200 chevaux pour une voiture de 25 tonnes n’est pas exagérée.
- (A suivre.)
- G. Pellissier.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- SUR LES MODIFICATIONS MÉCANIQUES, PHYSIQUES ET CHIMIQUES
- Q.U'ÉPROUVENT LES CORPS PAR L’AIMANTATION (\i
- HL Influence du champ magnétique sur le dépôt électro-chimique des métaux magnétiques.
- Les expériences de Remsen que nous avons mentionnées dans notre article sur la force électromotrice d’aimantation (2) mettent en évidence cette influence. Rappelons qu’elles
- consistent à verser une solution de sulfate de cuivre dans une cuve en fer mince (deux ou trois dixiémes de millimètre) posée sur les deux pièces polaires d'un fort électro-aimant de Faraday. Lorsque l’électro-aimant n’est pas excite, la plaque sc trouve également attaquée sur toute sa surface; mais si l’on excite l’électro-aimant, l’attaque ne se fait plus
- d’une manière homogène et le cuivre se dépose suivant des lignes normales au champ magnétique. Dans la figure i ci-jointe, on voit les pièces polaires de l’électro-aimant; les lignes transversales sont les lignes d’égale intensité d’aimantation :
- J = constante.
- On peut varier cette expérience de la manière suivante :
- br
- P) Voir •e 1897.
- L'Éclairage Électrique, t. XIII, p. 357,
- O LÈclairage Électrique, t. II. p, 243 et 297, vner1895. ’
- On met dans la cuvette de l’acide azotique dilué dans l’eau; en lançant aussitôt le courant dans l’électro-aimant, on obtient sur la plaque ce réseau de lignes J = const, suivant lesquelles la plaque de fer se trouve attaquée, comme dans le dessin représenté par la figure 2.
- Sous cette forme, l'expérience est plus démonstrative, car il y a des parties du fer qui se trouvent être plus attaquées que les autres.
- On peut encore répéter cette expérience, sous différentes formes, en employant différents acides et aussi remplacer la plaque de
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- 280 L’ÉCLAIRAGE
- fer par une plaque d’un autre métal plus ou moins magnétique, comme le nickel, le cobalt: j’ai employé également des plaques de fer étainé ou galvanisé.
- De tous ces essais, il résulte qu’il n'est pas absolument exact de dire que les lignes des diagrammes obtenus correspondent aux surfaces d’intensité magnétique constante.
- Il y a lieu de considérer deux faits séparés dont les effets se superposent dans ces expériences : i° une attaque du fer d’autant plus grande que l’intensité d’aimantation est plus
- de l’attaque par l’acide
- Ces expériences conduisent à sc demander si la quantité de fer déposé par l’électrolvsc sur une électrode en fer est influencée par la présence d’un champ magnétique, c’est-à-dire si l’équivalent électrochimique a une valeur dépendant du champ magnétique; ou encore si, dans les chaînes moléculaires de Grothus, les forces électriques qui dirigent les molécules de fer peuvent être vaincues par les forces magnétiques en supposant que les propriétés magnétiques existent dans la molécule même (').
- (s) M. Lussana [Il Nuovo Chnento, 3" série, t. XXXiV, p. 149) a constaté une petite modification seulement sur le transport des ions par la présence d’un champ magnétique.
- ÉLECTRIQUE
- faible et qui donne naissance à des lignes suivant les traces des surfaces d’égale intensité d’aimantation; 20 un dépôt suivant les lignes des courants de convection du liquide, courants que l’on voit nettement dans un sel de sulfate de fer ou d’autre sel magnétique. On obtient des lignes dues seulement à ces déplacements lorsqu’on met une solution d’un de ces sels sur une plaque de fer étamé, galvanisé ou meme amalgamé. Ces courants de déplacement ne se produisent qu’avec des dissolutions magnétiques.
- plaque de fer soumise à l’action d’un champ magnétique.
- Dans les premières expériences que j’ai faites à ce propos, j’ai cherché à voir si la quantité de fer déposée sur une cathode fortement aimantée était plus grande ou plus petite que celle déposée sur une cathode absolument semblable mais non aimantée. Pour cela j’ai adopté le dispositif suivant : deux cuves semblables avec deux électrodes semblables (étant d’un même fil de fer) et à surfaces bien déterminées, étaient remplies avec le même électrolyte et disposées en série pat rapport au courant qui les traversait ; une seulement était fixée entre les pièces polaires de l’électro-aimant.
- En pesant les dépôts avec une balance au dizième de milligramme, je n’ai pas trouvé
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- de différences sensibles au dehors ou au dedans du champ magnétique, comme du reste on devait s’y attendre, car un résultat contraire et (par suite une variation de l’équivalent électrolytique)eût été en contradiction avec la loi de Faraday.
- Dans une autre expérience, j’ai disposé entre les 'pièces polaires de Télectro-aimant une seule cuve électrolytique en verre. Les électrodes principales a et b (fig. 3) sont aux deux
- bouts de la cuve; en son milieu se trouvent deux électrodes parasites c et ci toujours en fer doux, en face l’une de l’autre, fixées solidement sur la paroi.
- Les faces en regard de ces électrodes sont terminées par un angle solide d’environ 30°. La distance entre les deux arêtes est de 3 mm seulement.
- La dissolution électrolytique employée était la suivante :
- Eau.......................1 ooo gr
- Sulfate de fer et d'ammonium. 100 > Sulfate de sodium ...... 100 «
- Elle était additionnée de glycérine pour empêcher l’oxydation du sel.
- En reliant les électrodes a et b à deux accumulateurs (4 volts), il y a un dégagement d’hydrogène, non seulement sur la cathode a mais aussi sur c et d. sur les faces tournées du côté d’où venait le courant.
- On constate aussi un dépôt de fer sur ces parties. En excitant l’électro-aimant et laissant agir pendant quelques heures le champ magnétique, on voit que le dépôt n’est pas homogène, il est beaucoup plus abondant sur les arêtes mômes, comme si la force magné-
- tique attirait directement^ la molécule de fer.
- Dans une autreexpérience, j’ai employé une cuve électrolytique identique à la précédente, mais contenant du sulfate double de nickel et d’ammonium en dissolution saturée et du sulfate de sodium.
- L’électro-aimant donnait un champ magnétique de plus de8000 unités C. G. S.; laden-•sité du courant électrique était 0,03 ampère, les électrodes en nickel se trouvaient à 12 cm de distance et l’espace libre entre c, d était de 3 mm. Après deux heures de fonctionnement dans le champ magnétique, on observait un dépôt de nickel beaucoup plus abondant sur les faces des électrodes parasites normales au champ magnétique que sur les autres.
- Le même résultat a été obtenu avec une autre cuve 'disposée de la même manière, mais ayant l’anode cloisonnée par une substance poreuse pour empêcher la diffusion de l’oxygène dans l’électrolyte, et ainsi empêcher son altération.
- Dans une autre expérience, j’ai changé la disposition des électrodesparasites, en en met-
- Fig. 4.
- tant trois c, d, e (fig. 4}, de manière à laisser deux intervalles de 2 mm entre deux consécutives.
- Le liquide électrolytique était du sulfate double de fer et d’ammonium avec du sulfate
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- de sodium. En posant cette cuve dans le champ magnétique suivant les électrodes parasites, on observe, lorsque le courant passe entre a et b. des tourbillons dont le sens change suivant le champ magnétique, et de sens contraires dans les deux moitiés de la cuve (fig. 5).
- Le courant qui passait avait une intensité de l’ordre 0,1 d’ampère.
- La cathode avait une surface de 2,4X12 28,8 cm2.
- La densité du courant était donc 0,03 ampère comme dans les expériences précédentes.
- Le champ magnétique dans sa plus grande valeur ne dépassait pas 10 000 unités C. G. S.
- La vitesse de ces tourbillons dépend de la valeur du champ magnétique et varie dans le même sens que lui.
- Cette vitesse dépend aussi de la nature de la dissolution ; plus elle est magnétique, plus cette vitesse est grande.
- Pour vérifier, j’ai monte une cuve électrolytique identique à la précédente comme dimensions et dispositions, mais dont les électrodes a et b sont en cuivre, l'électrolyte étant du sulfate de cuivre ; en excitant l’élec-tro-aimant et en faisant passer le courant approprié dans la cuve, on n’obtient aucun mouvement tourbillonnaire ; mais après quelque temps, lorsque le sulfate de cuivre s’est transformé en sulfate de fer, on aperçoit ses mouvements, mais beaucoup plus faibles. A mesure que la solution devient plus magnétique, on voit s’accentuer ces mouvements tourbillonnaires. ;
- Par toutes ces expériences, on voit que si le dépôt n’est pas modifié en tant que quantité par l’influence du champ magnétique, il y a une modification notable en ce qui concerne la distribution de ce dépôt, c’est-à-dire son homogénéité. C’est ce qui est confirmé par les expériences suivantes :
- Dans une cuve clcctrolytique sont deux électrodes de fer doux de 0,4 mm d’épaisseur, de 10 cm de large et de 12 de long distantes de 3- cin; la cuve est disposée de telle sorte que ces électrodes soient normales au champ magnétique de l’électro-aimant, qui a comme pièces polaires les pièces coniques,
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- 23 mm de hauteur et 23 mm de petite sec- I cm2 et l’intensité du champ dans la région la tion. La densité du courant était 0,02 par J plus intense 8000 U. C. G. S. En enle-
- Fig. 7. — Distribution des dépôts sur une cathode et une anode en nickel disposées normalement à la direction du champ magnétique.
- vant les électrodes après une demi-heure de | cathode des cercles concentriques de dépôt marche (l’électrolyte étant le même que dans I plus abondant dans les parties où le champ les expériences précédentes), on avait sur la | était plus fort (fîg. 6).
- La ligure 7 représente, à gauche la cathode, a droite l’anode, toutes deux en nickel et disposées normalement au champ magnétique. On voit sur la cathode les cercles concen-
- triques provenant de la non-homogénéité de l’influence du champ magnétique.
- La figure 8 représente ces dépôts sur la cathode, lorsque le champ magnétique est
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- parallèle à la plaque formant cathode, disposée au-dessus des deux pièces polaires de leiectro-aimant.
- On voit les traces des contours de ces pièces polaires, et les lignes de dépôt prennent la forme hyperbolique et normale à la direction du champ magnétique.
- Dans un prochain travail, nous espérons montrer de nouveaux résultats conduisant k une explication possible de ces differents phénomènes (*).
- D. Hurmuzescu,
- TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ ALLEMANDE D’ELECTROCHIMIE
- CONGRÈS DE MUNICH (2)
- Sur quelques expériences iîlectrocapillaires
- L’auteur, M. le professeur Nernst, commence par rappeler les travaux fondamentaux de M. Lippmann sur les phénomènes électrocapillaires. La tension superficielle du mercure est déterminée par sa polarisation galvanique, et, inversement, toute variation de la surface de contact détermine une polarisation galvanique. Des raisonnements de thermodynamique permettent de relier numériquement ces grandeurs.
- Dans ce cas comme dans tous les autres, la thermodynamique ne suffit pas pour pénétrer le mécanisme intime des phénomènes. Helm-holtz, guidé par des considérations moléculaires, ramena la variation des forces capillaires à l’action électrostatique des couches doubles ; la tension superficielle du mercure est déterminée parla différence de potentiel entre le métal et l’électrolyte. Il est probable qu’on a encore affaire a d’autres facteurs inconnus, si bien qu’actuellement il paraît difficile de vouloir fixer définitivement la valeur et la différence de potentiel entre le mercure et un électrolyte.
- M. Nernst lui-même, appliquant une formule qu’il a démontrée dans d’autres cas (sur
- P) Ce travail a été commencé au laboratoire de recherches physiques à la Sorbonne sous la haute direction de M. Lippmann et continué dans le laboratoire du lycée-internat de
- (2j Voir L'Eclairage Éleclriqut, t. XIIf, p. 19 et 24, et p. 2 17 à 226, 2 et 30 octobre 1897.
- la différence de potentiel entre deux solutions de concentration différente), conclut que la tension superficielle du mercure dépend essentiellement de la concentration des ions mercu-reux (Hg monovalent).
- Paschen a effectué un grand nombre de mesures de constantes capillaires du mercure en présence des divers électrolytes ; si l’on examine ses résultats à cc nouveau point de vue, on ne peut méconnaître le rôle prépondérant que joue la concentration des ions mercureux.
- Pourfixercomplètement les idées et résoudre la question expérimentalement, M. Nernst se sert d’un petit appareil formé de deux tubes capillaires verticaux et communiquant par le
- Fig. 1.
- bas (fig. 1). Dans lctube de gauche, le mercure ne pénètre que dans la portion capillaire, laquelle est surmontée d'un entonnoir permettant l’introduction et le renouvellement des divers liquides ; une ouverture ménagée au-dessous de l’entonnoir assure l’égalité de niveau dans tous les cas. Dans le tube de
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- droite le niveau du mercure sort de la partie capillaire et présente une surface large sur laquelle il est possible d’exercer une pression en soufflant par un ajutage latéral ; de cette façon on peut faire monter et descendre le ménisque mercuriel capillaire et assurer son contact parfait avec les divers liquides.
- On commence par verser dans l’entonnoir une solution presque saturée de salpêtre ; une très petite quantité de mercure entre en dissolution; la concentration des ions mercureux est indéterminée et la valeur de la tension superficielle est sujette à quelque variation.
- Ajoutons maintenant une solution de salpêtre de la même concentration et renfermant en même temps de l’azotate mercureux vHgAz03—0,002 normal) ; la tension capillaire prend alors une valeur parfaitement déterminée et relativement petite.
- Introduisons de nouveau une solution de salpêtre contenant cette fois du chlorure de potassium (KC1 — 0,002 normal): par suite du peu de solubilité du calomel qui se forme nous obtenons une liqueur qui est environ cent millième normale par rapport aux ions mercureux.
- Cette quantité de mercure dissous est assez petite pour n’être plus que très difficilement décelée par les procédés chimiques ; elle suffit pour assurer la constance du niveau du ménisque capillaire. La tension superficielle va en croissant.
- Grâce à l’emploi du cyanure de potassium, il est possible de diminuer encore davantage la concentration, des ions mercureux (l). Après l’addition d’une solution de cyanure de potassium et de salpêtre, décime par rapport au cyanure, on aperçoit une nouvelle augmentation de la constante capillaire.
- Enfin, en introduisant une solution très concentrée de cyanure de potassium, on voit que le ménisque remonte un peu, c’est-à-dire fiue la tension superficielle recommence à
- ne renferme plus (Réd.)
- diminuer, et cependant il n'est pas douteux que la concentration des ions mercureux soit allée sans cesse en décroissant. On peut réaliser ainsi par des moyens purement chimiques la courbe de Lippmann.
- On arrive de cette façon à une explication un peu différente des phénomènes électrocapillaires. Par exemple, si l’on donne à l’électromètre capillaire une charge négative, le mercure, qui est dissous en minime quantité, est précipité électrolytiquement à mesure que la force électromotrice augmente. La marche du ménisque dépendant essentiellement de la concentration des ions mercureux, est la même que si l’on précipitait le métal par voie chimique.
- Considérons de même l'expérience suivante : un tube convenablement étiré laisse écouler goutte à goutte du mercure dans une solution de salpêtre ; on polarise positivement ; la concentration des ions mercureux va en augmentant, la constante capillaire diminue, la vitesse d’écoulement croit rapidement. On obtient le même résultat en ajoutant du nitrate mercureux.
- Dans les électrodes à gouttes, la force électromotrice dépend par conséquent de la concentration des ions mercureux de la solution où coule le mercure ; suivant cette concentration les ions mercureux se précipitent ou se dissolvent et le mercure se charge électriquement. Les variations de concentration qui déterminent seules les forces électro-motrices, ne peuvent guère se produire dans une solution de nitrate mercureux : aussi l’addition de ce sel annule presque complètement la force électromotrice du système, non point parce que le mercure qui s’écoule ne se charge plus d’ions mercureux, mais parce que les variations de concentration déterminées par ces charges deviennent extrêmement petites.
- SUR LE CAT.CUL DE LA CAPACITÉ d’üN ACCUMULATEUR A INTENSITÉ DE COURANT VARIABLE
- cyanure double qui
- M. Liebenow, l’auteur de cette coramuni-
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- cation, rappelle qu'un accumulateur présente une capacité d’autant plus petite que le courant de décharge est plus fort. Tous les prix courants donnent pour un seul et même élément plusieurs capacités avec l’indication des courants de décharge correspondants, Pour trouver ces valeurs on fait une série d’essais de capacités avec diverses intensités et, sur du papier quadrillé, on porte en ordonnées les capacités et en abscisses les intensités ou les durées de décharge, et on trace une courbe qui passe aussi bien que possible par les points obtenus. C’est a cette courbe qu’on emprunte (avec une certaine réserve) les données nécessaires.
- On peut naturellement faire usage de formules. La première formule commode est due à l’ingénieur Schrœder qui a montré que les plaques de la maison Müller et Einbeck, pour diverses décharges comprises entre trois heures vingt et huit heures quarante, avaient une capacité qui se laisse très bien représenter par la formule
- C afî=Mt (IJ
- où C représente la capacité, i l’intensité du courant et m une constante. Cette expression ne s'applique qu’aux courants relativement forts.
- Pour les petites intensités, M. Liebenow a proposé plus tard la formule
- C étant la capacité, i l’intensité du courant, M et « des constantes.
- Ces formules se complètent mutuellement ; elles peuvent être employées utilement quand le courant de décharge est constant, ce qui n’est cependant pas le cas général dans la pratique.
- Comment faut-il les modifier pour tenir compte d’un courant de décharge variable.
- Pour arriver au but il faut d’abord chercher l'effet d’une décharge de très courte durée sur la capacité de l’accumulateur, puis on essaiera de sommer tous ces effets.
- Supposons qu’au temps 4 un accumulateur se décharge pendant le temps infiniment petit d/j, avec l’intensité 4, quelle est l’action de cette décharge sur l’accumulateur ?
- Considérons un accumulateur qui n’a pas encore été déchargé; on peut lui enlever un nombre A d’ampères-heure avec un courant d’intensité i. Plus i est petit et plus A devient grand ; pour un courant de décharge infiniment petit, A prend une valeur maximum que nous appelons A»w* et qui représente tout le contenu de l’accumulateur.
- En déchargeant avec un courant fini/', on n’obtient qu’un nombre d’ampères-heure plus petit. La décharge commençant au temps /, et finissant au temps fs, on a
- A*«.
- En retranchant i' (4 — 4) de Amax il vient un reste a' qui semble ne plus exister dans l’accumulateur, qui dans tous les cas n’est plus disponible au temps 4- L’auteur appelle ce reste le contenu latent de l’accumulateur au temps 4.
- Ce contenu latent jouit d’une propriété très remarquable. Si l’on abandonne quelque temps l’accumulateur à lui-même, après sa décharge, il se remet peu à peu et il est possible de lui reprendre une nouvelle quantité d’ampères-heure. Plus le repos est long et plus est grand ce nombre. Le contenu latent redevient donc libre petit à petit.
- Appelons Af la partie redevenue libre au temps /, a'( la partie encore latente, on a
- Atnax = i' (ï, - g) [- A, + a\ .
- Il est évident que les termes du second membre existent, quel que soit le mode de décharge, sans qu’on ait besoin d’aller jusqu’à l’épuisement complet.
- Supposons que la décharge se fasse au temps t' pendant une durée infiniment petite d/, avec l’intensité i' ; le contenu libre de l’accumulateur à «une époque postérieure t sera
- A, = A max — i'di — da't.
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- Après une seconde décharge très petite, avec l’intensité i/!. au temps t", le contenu libre serait, si La décharge précédente n’avait pas eu lieu,
- At — Amax — i"dt — da"t.
- Quand les deux décharges otft lieu successivement, la question est de savoir si les grandeurs dat réagissent l’une sur l'autre. L’auteur admet provisoirement que cette réaction mutuelle — si elle existe — est suffisamment petite pour pouvoir être négligée dans un calcul pratique. On peut écrire dans ce cas :
- A/ - Amax — (i' + i") dt — (da’t •(- da"t ) ; et pour un grand nombre de ces décharges
- Quelle est maintenant la valeur de dat ?
- Cette quantité (contenu latent) est d’autant plus grande que le courant de décharge a été plus intense ; on peut la considérer comme proportionnelle à une fonction de i qu’on appellera y(i) ; elle dépend aussi du temps t écoulé depuis la décharge i'dt {-z = t — i') ; nous introduisons ainsi un facteur f {-) et nous écrirons
- dat = ç (/) f (t) dt.
- Par suite :
- A. = A»»»- //['+
- II reste à déterminer de plus près les facteurs »(i) et /(7). Choisissons le cas de la décharge complète à courant constant ; alors A = o ; / et œ (i) sont constants ; à la place de : on peut écrire /, et on a
- 0 = A„,- Ijw A,
- .______A„us_____________
- 1 dt
- On constate ici une certaine analogie avec la formule (2; donnée plus haut.
- L’auteur corrige les formules (1) et (2) l’une par l’autre et arrive à l’expression empirique . _ Amax
- qui ne renferme que les constantes A*** et b que l’on doit déterminer pour chaque accumulateur.
- Voici un exemple concernant un élément pour lequel on avait
- Amax = [04,326 et b ~ 1,478.
- On voit que la concordance est très satisfaisante.
- 11 est évident que si on voulait décharger avec un courant encore plus intense, ainsi qu’il est possible de le faire en employant certaines plaques dites à forts courants, les divergences seraient plus grandes et il faudrait introduire dans la formule (3) un terme de correction. Les limites du tableau ci-dessus ne sont qu’exceptionnellement dépassées dans la pratique.
- En identifiant les deux équations, qui donnent f/, il vient
- . • j • c (/) ,..
- c est-a-dire que est constant; ç(t) est
- directement proportionnel à i ; en posant
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- OU
- et par différentiation
- En reprenant t
- on arrive ainsi à l’expression générale
- A,= +-~)idt
- dont les constantes Am<]X et b sont faciles 11 déterminer pour chaque accumulateur d’après la formule (3) en faisant des essais de décharge à courants constants.
- Si, lors d’une décharge à courant variable, i pouvait être déterminé en fonction de t, on pourrait essayer d’effectuer directement l’intégration. Mais ce cas se présente rarement dans la pratique, peut-être jamais. On a d’habitude des décharges intermittentes,faites à courants continus, et on se sert de l’intégration directe dans chaque intervalle. On partage ainsi chaque décharge en un certain nombre de petites décharges partielles, on calcule séparément l’effet de chacune d’elles, et en faisant la somme on arrive à une valeur approchée qui suffit largement pour la pratique.
- C’est ainsi que l’auteur a opéré sur toute une série d’exemples pour lesquels il a toujours trouvé un accord satisfaisant avec l’expérience.
- Dans la pratique, on se demande constamment quelle est la grandeur de l’élément qui réalise telle ou telle condition. Il faut connaître pour cela les constantes Am(tx et b qui correspondent à 1 dem2 (décimètre carré) de plaques employées; pour n dem2 Amax devient n fois plus grand, tandis que b qui est, d’après l’auteur, déterminé par la densité du courant, devient «fois plus petit pour «dem2. Appelons A'max et b' les constantes rapportées
- à 1 dem2; nous aurons pour une surface de plaques de « dem®
- “ A'"“~ j’y,- = 0.
- En posant A’max = P ï J* idt = Q ; Z= R, on a
- _ q+^-mpït
- 2 P
- On connaît ainsi la surface des plaques que doit posséder l’élément
- M. NERNST se demande si l’on n’arriverait pas aux mêmes formules en se laissant guider par une image mécanique. Supposons un vase rempli d’un liquide avec un orifice d’écoulement à un certain niveau. Ce vase communique par un tube avec un second récipient dont le liquide h l’état d’équilibre possède le même niveau. Pendant que le premiervase se vide, le second, le suit comme il peut; le contenu de l’un des vases correspondrait à la capacité disponible, celui de l’autre à la capacité latente.
- M. Ostwald fait observer que la cause physique du phénomène doit être recherchée dans la diffusion. L’accumulateur que l’on charge très rapidement présente de très grandes différences de concentration de l’acide près des plaques; ces différences s’égalisent ensuite par diffusion. En soumettant tout ce processus au calcul on obtiendrait sans doute le même résultat.
- M. Liebenow communique une expérience prouvant qu’à l’intérieur d’une plaque de plomb spongieux il s’établit des différences de concentration qui tendent à disparaître par la diffusion. Il a essayé de calculer le phénomène à l’aide des lois de la diffusion, même sans tenir compte de la diminution graduelle des pores, due à la formation de sulfate de plomb. Malgré l’aspect simple de la question, les calculs sont extrêmement compliqués dans le cas des courants variables; c’est précisément pourcettc raisonque l’auteur a cherché à tourner la difficulté et à donner
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- une solution pratique du problème sans pénétrer au cœur même du sujet.
- Le professeur Graetz prend ensuite la parole :
- SUR UN PROCÉDÉ ÉLECTROCHIMIQUE DE
- NATIFS EN COURANTS CONTINUS.
- Après avoir indiqué à grands traits les principaux procédés qui permettent de résoudre mécaniquement le problème, l’auteur fait remarquer que le plus employé consiste à disposer sur le même axe un moteur à courants alternatifs et une dynamo à courant continu, le premier servant simplement de moteur qui actionne la dynamo. Dans cette méthode indirecte, la perte d’énergie est notable et le courant continu ainsi engendré n’est pas du tout composé de portions du courant alternatif, c’est un autre courant qui peut avoir une tension et une intensité tout à fait différentes.
- La question est susceptible d’être résolue d’une autre façon plus simple et tout aussi sûre en s’aidant des propriétés polarisantes de l’aluminium. On sait depuis longtemps (*) qu’une cellule clectrolytique renfermant une électrode en aluminium détermine un affaiblissement extrême du courant qui la traverse quand l’électrode est positive et qu’il s’y dégage de l’oxygène, tandis que la diminution du courant est inappréciable lorsque l’aluminium sert de cathode.
- On a d’abord (2) attribué le phénomène à la formation d’une couche d’oxyde, très mauvaise conductrice, à la surface de l’anode, c’est-à-dire à une véritable résistance, tandis qu’il s’agit probablement d’une sorte de condensation entre l’électrode et le liquide, c’est-à-dire d’uncespèce de polarisationdiélec-
- i1) Buff, Am. de Liebig, t. Cil, p. 296, 1857. — Du-Cretet, Journal de physique, t. IV, p. 84, 1875.
- (2)Beetz, Wiedem. Ann., t. II, p. 94, 1877.
- trique (*). Ce qui semble venir à l’appui de cette dernière opinion, c’est que chacune de ces cellules peut compenser une force électromotrice parfaitement déterminée qui croit avec la densité du courant — 22 volts pour les courants très faibles, d’après les mesures de l’auteur — si bien que des courants à tension faible sont incapables de traverser la cellule; les courants de tension supérieure la traversent comme si cette tension était diminuée de 22 volts. Si l’on admettait une résistance proprement dite, celle-ci devrait être inversement proportionnelle à l’intensité du courant, fait qui ne serait pas commode à interpréter. Tout porte aussi a croire qu’il ne s’agit pas d’une simple polarisation clectro-lyrique, d’abord la grandeur de la force contre-électromotrice, puis cette circonstance qu’il est impossible de la mettre en évidence aussitôt après la rupture de courant, la polarisation observée oscillant dans ce cas autour de 1 volt. Une action condensante expliquerait par contre aussi bien la grandeur de la force contre-électromotrice que sa disparition immédiatement consecutive à la rupture du courant.
- En disposant une série de ces cellules à la suite l’une de l’autre, on peut donc opposer à un courant, dans un certain sens, une force contre-électromotrice égale à autant de fois 22 volts qu’il y a de cellules. Dans le sens où l’aluminium est anode il ne passe effectivement aucune portion du courant primaire décelable avec un galvanomètre sensible; un courant qui passe dans le sens opposé n’est que faiblement diminué (à peu près 1 volt pour chaque cellule}.
- L’autre électrode de la cellule ne joue aucun rôle essentiel; elle peut être constituée par du platine ou un autre métal ^excepté, bien entendu, l’aluminium); l’auteur se sert ordinairement de charbon tel qu’on l’utilise dans les piles de Bunsen. Le liquide électrolytique doit jouir de la propriété de dégager de
- (•) Stkeistz, Wiedem. Ann., t. XXXII, p. 116, 1887; t. XXXIV, p. 751, 1888.
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- l’oxygène à l’anode, soit directement, soit par une réaction secondaire; les acides étendus conviennent bien, en particulier les solutions d’alun (aluns de soude et de potasse). Ces cellules sont donc comparables à des soupapes; elles empêchent le courant de passer dans l’un des deux sens.
- Supposons qu’on envoie un courant alternatif dans une pareille série de cellules dont on a choisi le nombre, de telle façon que la force contre-électromotrice des anodes soit supérieure ou au moins égale h la force électromotrice du courant. On voit que les parties positives du courant, où l’aluminium serait anode, ne passeront pas, que seules les parties négatives du courant pourront traverser le système. Ainsi on a supprimé dans le courant alternatif toutes les portions qui ne circulent pas dans le même sens et on recueille un courant continu saccadé. Ce courant continu ne possède naturellement que la moitié environ de l’intensité moyenne du courant alternatif primaire. Cela ne veut pas dire que la moitié de l'énergie primitive est perdue, car les parties positives du courant n’existent pas, on dépense pour les produire une énergie deux fois moindre.
- On pourrait employer directement les cellules à aluminium pour la transformation des courants alternatifs en courants continus; cette utilisation immédiate est cependant accompagnée d’inconvénients. Le courant continu ne marche qu’avec des interruptions régulières; pendant la première demi-période son intensité croît jusqu’à un maximum, puis diminue jusqu’à zéro, pour rester nulle pendant la seconde demi-période et passer ensuite par les mêmes phases. Un ampèremètre intercalé dans le circuit n’indique que la moitié de l’intensité du courant alternatif. Si l’on voulait actionner un moteur à courant continu ou des lampes avec des courants ainsi transformés, ces appareils n’utiliseraient que la moitié du courant primitif, alors que leurs dimensions exigeraient le courant total. Pour obtenir une marche normale il faudrait par conséquent doubler l’intensité du courant
- générateur. Le chargement des accumulateurs exigerait, toutes choses égales, un temps double. L’emploi direct du procédé n’occasionnerait donc pas de pertes d’énergie proprement dites, mais nécessiterait une augmentation de toutes les dimensions des appareils et la durée de chargement des accumulateurs serait double; on subirait de ce chef des pertes indirectes.
- Mais on peut recueillir aussi la seconde portion du courant alternatif dans un autre circuit en reliant aux pôles de la source électrique une autre batterie formée des mêmes cellules, mais disposées dans l’ordre inverse.
- Dans la figure 2, M est la source des cou-
- Fig. 2.
- rants alternatifs, A et B sont des cellules de séparation, les électrodes en aluminium sont représentées par les traits longs, les autres électrodes par les traits courts. Dans le fil R circule un courant de même sens, ainsi que dans le fil R(. Les deux portions du courant alternatif sont ainsi séparées.
- L’appareil tient complètement lieu de disjoncteur et ne renferme aucune portion mobile; mais ici encore chacun des fils R et R, ne conduit que la moitié du courant primitif.
- On peut faire un pas de plus et envoyer les deux portions du courant primaire dans le même fil et dans le même sens, si bien que le courant alternatif sera transformé tout entier en courant continu formé d’ondes qui sont toutes dirigées dans le même sens.
- Dans ce but on intercale entre chaque pôle delà source à courants alternatifs deux batteries Aj Ââ, B, B2 (fig. 3) et on relie en-
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- semble leurs pôles de même nom (A, avec B, Asavec B,), on joint enfin ces derniers fils de communication par le fil GH (marqué R) qui sera traversé par un courant continu, quelque soit le courant alternatif. Lorsqu’en effet c’est le pôle supérieur qui est positif,
- Fig. 3-
- le chemin parcouru par le courant est ALA^HGBj ; quand c’est le pôle inférieur qui est positif, le chemin suivi est MBjHGAj ; dans les deux cas la direction du courant dans R est HG. Le courant n’est donc jamais interrompu dans le fil R, lequel est parcouru ainsi par une série de pulsations toutes de même sens, et l’intensité est, en tenant compte des pertes inévitables, la même que celle du courant alternatif non transformé.
- De fait, l’auteur a pu, avec le courant transformé d’un petit alternateur, actionner un moteur à courant continu, il a obtenu des indications galvanométriques et des dépôts de cuivre, comme si la source M était une machine à courants continus.
- Le rendement dépend naturellement de la résistance des cellules et du rapport de la polarisation dans les deux sens, par conséquent de la nature de la seconde électrode. On peut diminuer la résistance des cellules en augmentant leur surface. La polarisation dans l’un des sens étant de vingt cinq à trente fois plus grande que dans l’autre sens, on reconnaît qu’avec des cellules de grandeur suffisante il est possible de transformer jusqu’à 93 p. ioo de l’énergie du courant alternatif.
- Il faut cependant observer que dans ces éléments il se dégage d’une façon continue de l’hydrogène à l’électrode en aluminium et de rox}rgène à l’autre électrode.
- Le Dr Askenasy fait observer (l) « que j\I. Charles Pollak, de Francfort, a fait des expériences analogues dès l’année 1895 (2). En Allemagne, un brevet a été pris il y a quelques semaines. M. Pollak, en employant des solutions alcalines, a notablement dépasse les résultats de M. Graetz ; avec une seule cellule il a pu empêcher le passage d’un courant de 110 volts tandis que M. Graetz n’a pu le faire que pour un courant de 30 volts. Les essais ont été tentés sur une plus vaste échelle ; on a pu actionner des moteurs à courant continu et des lampes à arc continu à l’aide du courant alternatif pris au réseau urbain de Francfort. On. a provisoirement interrompu ces expériences en grand, faute d’une quantité notable d’aluminium suffisamment pur. La pureté de ce métal est en effet une condition essentielle de la construction et de la durée de ces transformateurs. »
- SUR UNE MÉTHODE DE TITRAGE GAI.VANOMÉTRIQUE
- La communication portant ce titre, et duc à M. E. Sat.omon, est un extrait d’un travail plus considérable publié depuis (3).
- Si l’on fait passer un courant de force électromotrice très faible (courant de polarisation) dans une solution d’azotate de potasse qui renferme une quantité minime d’azotate d’argent, en employant des électrodes d’argent, ce courant ne s’interrompt pas. Dans ccs conditions la concentration des ions argent va en augmentant à la cathode et en diminuant à l’anode; cette différence de concentration donne naissance à un courant de concentration, c’est-à-dire à une force électromotrice contraire
- {') Zeitschrift fur Ekktrochemie, t. IV, p. yo, 20 juillet 1897.
- (>) Brevet anglais, n<* 24398, A- D- i895-
- (3) Zeitsch. f. physik. Chem,, t. XXIV, p. 55 à 80, sous le titre : Théorie du courant résiduel que l'on observe avec les électrodes polarisées. (Note du réd.)
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- à celle du courant de polarisation. Ce dernier devrait cesser de passer au moment où les forces électromotrices sont égales. Il en serait ainsi sans la diffusion qui tend continuellement à égaliser les concentrations. Cette diffusion trouble par conséquent le courant de concentration et il subsiste un courant résiduel dont la force électromotrice est égale à la différence entre la force électromotrice de polarisation et la force électromotrice du courant de concentration. Il est possible de calculer la vitesse de diffusion et la force électro-motrice de concentration à l’aide de formules dues à Nernst; puis, en écrivant qu’il existe un état stationnaire, on obtient une équation qui permet d’exprimer l’intensité du courant résiduel au moyen de la force électromotrice de polarisation et de la concentration des ions du métal des électrodes.
- On trouve ainsique quand la force électromotrice employée n’est pas très faible, tout en restant inférieure à la force électromotrice de décomposition de l’électrolyte employé, l’intensité du courant résiduel est proportionnelle à la concentration des ions du métal des électrodes. Avec des électrodes en argent plongeant dans une solution de chlorure de potassium, le courant résiduel n’existe pour ainsi dire pas ; il ne pourra passer que si la solution contient des ions argent.
- C’est sur ces faits que M. Salomon base son titrage galvanométrique. Supposons qu’à la solution précédente on ajoute peu à peu du nitrate d’argent, l’intensité du courant restera sensiblement nulle aussi longtemps que se produit la réaction :
- AgAzO3 + KC1 = AgCl + KAzO®,
- le liquide ne renferme en effet que le peu d’ions argent provenant de la très faible solubilité du chlorure d’argent, solubilité qui est encore diminuée par la présence de l’ion chlore du chlorure de potassium. Un galvanomètre sensible indique cependant un courant extrêmement faible. Chaque goutte d’azotate d’argent ajoutée détermine une petite augmentation de ce courant,
- car la précipitation progressive du chlorure d’argent diminue la concentration des ions chlore et augmente la solubilité du chlorure d’argent. Mais à partir de l’instant où tout le .chlorure de potassium est transformé en chlorure d’argent et azotate de potasse, une goutte de nitrate d’argent en excès provoque un accroissement rapide de l’intensité du courant.
- Voici un type de titrage fait par cette méthode des courants résiduels. Soit à déterminer la concentration d’une solution d’azotate d’argent (^. La disposition expérimentale comprend une cellule électrolytique, un galvanomètre et une force électromotrice d’environ 0,1 volt. Dans la cellule on introduit une solution de chlorure de potassium de titre connu, les électrodes sont constituées par des lames d’argent pur. On laisse couler goutte à goutte le nitrate d’argent d’une burette dans la cellule, on agite après chaque goutte et on observe la déviation du galvanomètre. Tant qu’il se forme du chlorure d’argent, l’aiguille ne s’éloigne pas beaucoup de sa position d’équilibre. Une augmentation subite de la déviation indique la ûn du titrage. Voici deux exemples d’analyses effectuées sur des solutions de nitrate d’argent de concentration connue pour contrôle.
- I. Dans la]burette : AgAzO3 de normalité 0,1034.
- Dans la cellule: 20 cm3 de KG, 0,1 normal.
- 10 » 10,6
- 15 » 10,6
- 16 » 15,4
- 17 » c6,o
- 18 » 16,5
- 19 • 12,0
- 19-4 » 18,5
- *9, 5 » 20,0
- 19-Ô » 29,5
- ï 9,7 » L’aiguille sort
- de la graduation.
- i1) Ibid , p, 78.
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- Ainsi 20 cm3 de KC1 ont exigé 19,6 cm8 de AgAzO8; d’après cela on calcule pour AgAzO3 une normalité égale à 0,10204.
- II. Dans la burette : AgAzO3, 0,070681 normal-
- Dans la cellule : 4 cm8 de KG, 0,1 normal.
- de la graduation.
- 5,65 cm3 de AgAzO3 correspondent à 4 cm3 de KG. On en déduit que la concentration de la solution argentique est 0,070796 nor-
- La fin de la réaction est indiquée à quelques centièmes de centimètre cube près.
- Avec les procédés ordinaires de titrage il y a souvent un inconvénient à dépasser le point où la réaction est exactement terminée ; ici c’est presque un avantage. D’après ce qu’on a vu plus haut, on peut, au moyen de la déviation galvanométrique , calculer à chaque instant la concentration des ions argent ; par interpolation il sera alors possible de fixer avec une grande exactitude le point précis où le titrage galvanométrique est réellement terminé.
- L’auteur se propose d’étendre cette méthode au dosage d’autres métaux, tels que le mercure, le cuivre, le plomb, le fer et le zinc.
- P.-Th. Mulur,
- CLAPETS ÉLECTRIQUES
- ET REDRESSEURS DE COURANTS ELECTROLYTIQUES
- La communication faite par M. Graetz, en juin dernier, au Congrès de la Société électrochimique allemande, et dont notre collaborateur M. Th. Muller donne ci-dessus (p. 289) une analyse étendue, a ramené l’attention des électriciens sur l’emploi des cellules électrolytiques à lame d’aluminium comme appareils de transformation des courants alternatifs en courants continus ou plutôt en courants redressés.
- L’importance industrielle, que des transformateurs de ce genre peuvent prendre dans le problème de la transmission et de la distribution de l’énergie au moyen de l’électricité, est en effet des plus considérables. Réduit à ses grandes lignes, ce problème consiste à engendrer l’énergie a l’endroit où elle peut être produite dans les meilleures conditions d’éco-nontie, à la transmettre à un centre de distribution avec la perte la plus petite et enfin à la distribuer sous la forme où elle
- est susceptible de rendre le plus de services. Or il est certain que cette dernière condition est le mieux remplie par le courant continu qui toujours, et souvent avantageusement, peut remplacer les courants alternatifs et qui, dans certaines applications, ne peut être remplacé par ces derniers ; c’est donc par courant continu que l’énergie devrait toujours être distribuée au consommateur. Malheureusement, pour des raisons techniques sur lesquelles il est inutile d’insister ici, c’est généralement sous forme de courants alternatifs que l’énergie est transmise à la station de distribution; une transformation des courants alternatifs en courant continu devrait donc y être effectuée. C’est ce que i’on fait dans quelques stations soit au moyen d’un moteur a courants alternatifs entraînant une dynamo distincte à courant continu, soit au moyen de transformateurs tournants (com-mutatrices, panchahuteurs); mais c’est aux
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- dépens d’une perce souvent considérable d’énergie, et pour cette raison, le procédé est peu employé. On conçoit donc que le jour où l’on pourra remplacer ces appareils de transformation par des transformateurs électrol}'-tiques d'un bon rendement, et ne demandant pas plus de surveillance que les transformateurs employés pour modifier la tension des courants alternatifs, un grand progrès se trouvera accompli dans la solution du problème de la transmission et de la distribution de l’énergie par l’électricité.
- On pourrait objectera cette conclusion que, puisque dans beaucoup de cas les courants alternatifs peuvent rendre les mêmes services que le courant continu, il n’est point nécessaire de livrer l’énergie sous cette dernière forme à tous les consommateurs et qu’il est préférable de laisser à ceux d’entre eux qui ont absolument besoin du courant continu le soin d’effectuer eux-mêmes la transformation. Mais il est évident que cette solution, bien qu’elle soit généralement adoptée aujourd’hui, n’est pas favorable au développement de l’industrie électrique, et qu’en tout cas elle ne fait qu’amoindrir, sans l’annuler, l’importance que les redresseurs électrolytiques peuvent être appelés à prendre dans cette industrie.
- D’ailleurs le redressement des courants alternatifs n’est pas la seule application à laquelle puissent donner lieu les cellules électrolytiques. Comme « clapets électriques», c’est-à-dire comme appareils permettant le passage du courant dans un sens sans permettre son passage dans le sens inverse, elles peuvent être utilisées dans quelques autres cas, dans la charge des accumulateurs, par exemple. En outre, elles peuvent être employées comme condensateurs, et l’on sait, comme le rappelait M. Bouchcrot dans l’intéressante conférence qu’il faisait mercredi dernier devant la Société internationale des Electriciens, les nombreux services que rendraient ces appareils dans les installations à courants alternatifs. Aussi M. Maurice Leblanc disait-il. dans une lettre publiée dans
- le numéro du 2 octobre dernier de ce journal (t. XIII, p. 40) « que l’invention d’un clapet électrique d’un bon rendement et durable ou, à son défaut, d’un condensateur électro-lytique peu résistant et pouvant supporter une différence de potentiel de 40 volts, transformerait complètement l’état de l’industrie électrique ».
- L’importance des cellules électrolytiques à lame d’aluminium étant hors de doute, une question se pose : A quel point est arrivée la construction de ces appareils ? Il ne semble pas que l’on soit encore parvenu à des résultats satisfaisants pour la pratique industrielle; on n’a guère fait jusqu’ici que des essais de laboratoire et nous aurions attendu pour en parler que la question fut plus avancée si elle n’avait cté récemment dans ce journal (' l’objet de communications diverses qui nous ont engagé à nous rendre compte de son origine et de son état actuel,
- La decouverte du fait qu’une cellule électrolytique contenant une lame électrolytique empêche le passage d’un courant, lorsque la lame sert d’anode, et le laisse passer quand cette lame sert de cathode est due à Buff (* 2). Dix-sept ans plus tard, cette propriété, passée inaperçue, était de nouveau signalée par M. Ducretet f), qui, en même temps, en indiquait quelques applications.
- Voici ce que disait à ce sujet M. Ducretet, dans le Journal Je Physique :
- c< Lorsque l’on place dans le circuit d’un courant électrique un récipient ou voltamètre contenant un liquide conducteur et deux lames métalliques, l’une d'aluminium A,
- i'! 1 Pollak. Sur un nouveau condensateur électrolytique de grande capacité et sur un redresseur électrolytique des courants, t. XII, p. 77, 3 juillet 1897. — Clapets électriques ou redresseurs électrolytiques des courants, t. XII, p. i"7> 17 juillet 1897. — Sur les clapets électriques, t. XIII, p. 39> 2 octobre 1897, et r- XIV, p. 136, 15 janvier 1898.
- M. Leblanc. Sur les clapets électriques, t. XIII, p- 4°i
- 2 octobre 1897.
- (2) Büff. Ann. de Litbig, t. LII, p. 296, 1857.
- (») Ducretet. Comptes rendus, t.LXXX, p. 280, 1874. " Journal de Physique, t. IV, p. 84, 1875.
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- l’autre de platine P, on constate : i° lorsque la lame P reçoit 1’clectrode positive d’une pile, et la lame A l’électrode négative, l’eau est décomposée; l’hydrogène se porte sur la lame négative A, l’oxygène sur la lame positive P, et le courant électrique traverse librement l’espace liquide qui sépare les deux lames métalliques; 20 si l’on renverse le courant, de telle sorte que l’électrode positive arrive en A et l’électrode négative en P, l’eau est plus décomposée, et le courant électrique ne passe plus que* très faiblement à travers l’espace liquide qui sépare les deux lames métalliques.
- » ... Cette résistance considérable ail
- passage du courant électrique se produit instantanément; elle est constante et durable, quel que soit le nombre d’inversions du coûtant de la pile à travers ce voltamètre, que je nomme r/iéo/oweUquide à direction constante.
- ” Il est préférable d’employer le platine; d’autres métaux, en s’oxydant, recouvrent la lame d’aluminium et nuisent à l’expérience. Cette résistance au passage du courant de la pile ne se produit pas en substituant à la lame d’aluminium, une lame d’or, d’argent, de platine, de cuivre, de zinc, de magnésium, d’étain, de plomb, etc. Elle tend à se produire avec une lame de fer; mais l’effet n’a pas lieu tout de suite, et pas complètement; de plus, la surface du fer est modifiée, altérée et dégage une mauvaise odeur : elle abandonne au liquide acide du sulfate de fer.
- » Quant à l'aluminium, sa surface ne paraît pas s’altérer, elle estpréservée par une légère couche d’alumine, sous laquelle on retrouve le poli de la plaque. Cette couche d’alumine se produit immédiatement et persiste, malgré l’inversion du courant de la pile.
- » Cette nouvelle propriété de l’aluminium Cectrisé positivement est susceptible d’applications que la pratique pourra sanctionner, ^oici une application intéressante que je S1gnale. Tout appareil placé dans ce circuit ne fonctionne que si le sens du courant est convenable. Ce rhéotome sera donc, dans ce cas, un appareil de sûreté, s'il y avait impor-
- tance h n’envover le courant que dans un sens déterminé. En accouplant deux rhéo-tomes liquides par les lames de nom contraire, ils permettront de produire des effets différents sur un même appareil électrique (tel qu’un télégraphe imprimeur) et, dans ce cas, avec un seul fil de ligne (retour par la terre). Cette application sera la même pour tout appareil télégraphique direct ou à relais. Il permettra la transmission simultanée dans les deux directions opposées, avec un seul fil de ligne, et cela sans aviser le poste intermédiaire, qui habituellement doit changer la direction. L’emploi de ce rhéotome à la télégraphie ne nécessitera aucune modification aux appareils employés. »
- Quelques années plus tard, Beetz, étudiant le phénomène, attribua l'arrêt du courant, lorsque la lame d’aluminium sert d’anode, à la résistance résultant de la formation d’une couche d’alumine mauvaise conductrice, cette couche se comportant comme une résistance ordinaire (s). Avec plus de raison, Streintz admit qu’il y a une véritable condensation électrique entre raluminium et le liquide conducteur, la couche d’alumine jouant le rôle du diélectrique dans un condensateur ordinaire (2).
- Dansun volumineux et intéressant mémoire, écrit en février 1891 et autographié à un petit nombre d’exemplaires, MM. Maurice Hutin et Maurice Leblanc montraient tout le parti qu’on peut tirer des cellules électroiytiques à lame d’aluminium pour la transformation des courants alternatifs en courants continus.
- « Le problème qui consiste à déterminer un mouvement continu de l’électricité dans un sens, au moyen d’une force électromotrice alternative, est, disent-ils (3), identique, au langage près, à celui qui se présente en hydraulique lorsque l’on veut élever l’eau
- ». Beetz. Wied. Ann., t. II, p. 94, 1877.
- Streintz. Wied. Ann., t. XXXII, p. 116, 1887; t. XXXIV, p. 751, 1888.
- (3) Étude sur les courants alternatijs et leurs applications industrielles, 2e partie, chap. x, p. 135, et brevet français n° 3I594S, '891.
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- au moyen de pompes ou de machines à colonne d’eau, où un piston doué d’un mouvement alternatif engendre des pressions, tantôt inférieures, tantôt supérieures à la pression atmosphérique. Aussi, nous n’avons qu’à, transporter dans le domaine de l’électricité les solutions qui ont donné de bons résultats dans le domaine de l’hydraulique.
- » La pompe est caractérisée par l’emploi de clapets, c’est-à-dire d’appareils ouvrant et fermant automatiquement des orifices sous l’influence du passage de l’eau.
- » On peut réaliser un clapet électrique avec un électi'olyte contenant des plaques d’aluminium et d’un autre métal...
- » Nous n’avons pas eu l’occasion d’expérimenter les clapets électriques. Mais si ces appareils ou d’autres de même simplicité fournissent de bons résultats pratiques, la transformation des courants alternatifs en courants continus de tension différente se fera aussi facilement que celle des courants alternatifs en courants alternatifs d’autre tension...
- ,> Sans doute on arrivera à découvrir un appareil jouissant de toutes les propriétés d’un bon clapet, mais en attendant le problème qui nous occupe peut recevoir une solution satisfaisante au moyen de distributeurs d’électricité. »
- La possibilité d’appliquer les propriétés des cellules électrolytiques à lame d’aluminium à divers cas de la pratique industrielle, n’a pas non plus échappé à M. Pollak qui, dans la «c provisional spécification » d’un brevet anglais (n° 24398) déposé le 19 décembre 1895, s’exprimait ainsi :
- » Il existe beaucoup de cas dans les applications pratiques de l’clectricité où il est nécessaire que le courant qui traverse un conducteur ait constamment un sens déterminé à l’avance, de ce sens dépendant soit l’obtention d’un effet à réaliser, soit la prévention d’un effet que l’on veut éviter. Ainsi, par exemple, dans une lampe à arc disposée pour fonctionner avec un courant continu, le cou-
- rant ne devra jamais entrer par le charbon le plus mince ; dans la charge d’une batterie d’accumulateurs par une dynamo, il ne devra pas pouvoir se renverser...
- » La présente invention a pour objet de fournir un procédé simple d’empccher les courants de circuler dans un conducteur électrique dans une direction autre que celle que l’on s’est assignée, quelle que soit la source productive du courant...
- « Ce procédé est particulièrement important et peut rendre de grands services lorsque, parmi la série de courants impulsifs fournis par un alternateur, ceux d’un sens déterminé doivent seuls avoir accès dans un conducteur, comme il arrive quand des lampes ou des moteurs à courant continu doivent être alimentés ou quand des accumulateurs doivent être chargés par des courants alternatifs.
- « Dans ces cas, une moitié seulement des courants impulsifs donnés par la source d’é-lcctricité passe à travers la cellule électroh -tique, l’autre moitié, de direction inverse, ne pouvant pénétrer dans le circuit.
- » Dans le but d’utiliser plus économiquement les courants on peut prendre deux séries de cellules disposées de manière que ces cellules reçoivent ou interceptent les courants impulsifs alternativement ; ou bien on peut prendre quatre séries et les disposer de manière que les impulsions conservent dans les conducteurs une direction invariable.
- » Les cellules à décomposition agiront ainsi d’une manière analogue à celle du tiroir d’une machine à vapeur. »
- Dans sa « complète spécification » déposée le 19 septembre 1896, M. Pollak est plus explicite sur les applications qui viennent d’être signalées. Cinq figures indiquent les montages relatifs à ces applications. La figure 1 (du brevet représente une dynamo sur le circuit de laquelle sont placées en série une batterie d’accumulateurs et une batterie de cellules à aluminium, cette dernière étant destinée à empêcher le renversement du courant. Les figures 2 et 3 (fig. 1 et 2 ci-contre) ont été reproduites
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- dans l’analyse succincte qui a été donnée de ce brevet ,'i) ; la première montre l’application des cellules à aluminium à l’alimentation d’une
- lampe à arc et d’un moteur à courant continu au moyen d’un alternateur; la seconde, une application semblable en utilisant les deux demi-périodes du courant alternatif. Les deux
- dernières ligures sont identiques, quoique d’un aspect un peu différent, a la figure 3 donnée page 291 de ce volume dans l’analyse de la communication de M. Graetz.
- Quant a la constitution des cellules et à la grandeur de leurs effets, voici ce que dit M. Pollak dans sa spécification provisoire ; « Prenons, par exemple, le cas d’une cellule à décomposition contenant une électrode de plomb et une d’aluminium et comme électrolyte de l’acide sulfurique dilué. Si le courant entre dans une direction, la polarisation s élèvera jusqu’à 2 volts environ et il en résultera une diminution correspondante de la tension. Si le courant entre dans la direction opposée il se formera sur l’une des électrodes
- 1 ' E Eclairage Électrique, t. XII, p. 177.
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- une couche, mauvaise conductrice ou non conductrice de l’électricité, qui accroîtra considérablement la résistance. La perte de tension dans ce cas s’élèvera jusqu’à environ 20 volts. Par conséquent si la source d’électricité donne un courant de moins de 20 volts, un tel courant sera incapable de traverser la cellule dans une direction tandis qu’il la traversera dans la direction opposée.
- » Ce phénomène s’observe toujours pourvu que l’une des deux électrodes — quand elle agit comme anode — forme une connexion mauvaise conductrice avec l’anion de l’électrolyte , et que l’autre électrode — quand elle agit comme anode — ne soit pas affectée par fanion ou plutôt ne devienne pas un conducteur indifférent. Le degré de résistance obtenu dépend de la nature des électrodes et de l’électrolyte Au lieu de la combinaison, plomb, aluminium et acide sulfurique dilué, qui a été jusqu’ici prise à titre d’exemple, on peut employer un grand nombre d’autres combinaisons, pourvu que les conditions indiquées ci-dessus soient remplies. Les électrolytes peuvent être ou des substances fluides, ou des substances dissoutes ou fondues. Enfin, il est bien entendu que les dimensions des électrodes et la distance qui les sépare dépendent des circonstances de l’opération que l’on, a en vue; et que la diminution de tension produite conjointement par la polarisation et la résistance peut être multipliée autant de fois qu’on le désire en arrangeant et connectant en série un nombre correspondant de cellules. » Dans sa rédaction définitive déposée dix mois plus tard, M. Pollak, après avoir signalé la possibilité d’employer des solutions alcalines au lieu de solutions acides, dit ; « Si le courant entre par la lame d’aluminium, il se formera immédiatement sur cette électrode une couche de polarisation capable de retarder le passage du courant, soit à cause de sa très grande résistance, soit à cause de la force contre-électromotrice qui s’y développera, même quand il existe une différence de potentiel très considérable entre les deux plaques de la cellule.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. — Nu 7.
- » Lorsque les plaques employées sont de bonne qualité, la résistance s’opposant au passage du courant dans cette direction est telle que la force contre-élcctromotrice est égale à la force électromotrice de la source, de telle sorte qu’aucun courant ne peut passer dans cette direction à travers la cellule. Un fait important à noter à ce point de vue est que, avec une seule des cellules décrites, la tension de la source peut être excessivement élevée — no volts et même plus — sans que néanmoins il y ait passage du courant à travers la cellule de l'aluminium au plomb : le courant de la source est complètement arrêté.
- » ...Le même phénomène peut être utilisé et rendu capable d’emplois industriels en prenant beaucoup d’autres métaux tels que le magnésium, le zinc et d’autres, l’électrolyte, dans ces cas, étant non seulement des solutions alcalines, mais beaucoup d’autres corps qui peuvent être employés à l’état solide, gazeux ou fondu ou sous tout autre état convenable. »
- Deux autres points ont encore été examinés parM. Pollak : le rendement et la durée de ces redresseurs de courants. Ces deux points sont encore a l’étude. Les cellules construites jusqu’ici ne durent, comme le disait M. Pollak dans la letre publiée dans le numéro du 15 janvier de ce journal, que 40 à 60 heures avec un courant de 86 phases, 57 volts de force électromotrice efficace et i ampère de densité par dm- de surface d’aluminium. C’est évidemment trop peu pour l’usage industriel.
- En résumé :
- i° Le phénomène sur lequel sont basés les redresseurs électrolytiques de courants a été découvert en 1857 par Bufî et retrouvé en 1875 par M. Ducretet.
- 20 L’application industrielle des cellules à lame d’aluminium a été signalée pour la première fois par M, Ducretet, en particulier pour la télégraphie; leur application à la transformation des courants alternatifs en courants redressés a été indiquée pour la première fois en 1891 par MM. Hutin et Leblanc ; cette mêrqe application a été étudiée quelques années plus tard parM. Pollak qui dès 1895 indiquait les différents montages susceptibles d’être employés dans cette application.
- 30 Les résultats d’études effectuées sur ces cellules en vue d’applications industrielles ont été publiés par M. Ducretet en 1875, par M. Pollak en 1895 et 1896, et par M. Greatz plus récemment; M. Pollak parvenait dès 1895 à empêcher le passage d’un courant donnant entre les électrodes d’une cellule une différence de potentiel d’une vingtaine de volts et, en 1896, celui du passage d’un courant donnant une différence de potentiel de plus de 120 volts.
- 4° Les résultats obtenus jusqu'ici, quoique des plus encourageants pour l’avenir, ne sont pas encore suffisants pour la pratique industrielle.
- Telles sont les diverses phases de la question. Nous les avons exposées avec impartialité, ayant en mains tous les documents que nous avons pu nous procurer. Nous avons tenu à reproduire ces documents. Cela nous a entraîné à sortir des limites que nous avions d’abord assignées à cette note. Nous ne le regretterons pas si, en rappelant l’importance de la question et en montrant les conditions qui restent à remplir pour arriver à une solution pratique, nous incitons quelques-uns de nos lecteurs à étudier expérimentalement le sujet.
- J. Blondin.
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- 12 Février 1898.
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- SUR LES EXPÉRIENCES D'ÉGOROFF ET GEORGIEWSKY
- ET L'EXPLICATION DE LORENTZ
- Je désirerais ajouter à l’analyse qu’on lira plus loin (p. 311d’un récent mémoire de Lorentz : i° quelques détails au sujet des expériences; 2° une remarque au sujet de leur explication.
- i. Les expériences d’Egoroff et Georgiews-ky sont faciles à répéter, mais à une condition essentielle : c’est qu’on emploie, pour les faire, une flamme dont la partie éclairante soit peu chargée de sodium, d’un éclat médiocre par conséquent. J’ai toujours vu la polarisation de la lumière émise devenir insensible, lorsque j'employais des sources très chargées de sodium, par exemple un brûleur dont la flamme contient une coupelle de platine imprégnée de bromure de sodium fondu.
- Il convient d’employer très peu de sel de sodium, et d’approcher seulement de l’extérieur de la flamme la coupelle renfermant le sel employé. Il suffit d’obtenir dans la flamme une bande lumineuse assez mince, pénétrant dans l’espace interpolaire.
- L’expérience de Lorentz avec deux flammes, dont l'une est en dehors du champ, est à essayer d’abord, car elle donne une polarisation plus marquée. Mais il ne faut pas non plus que la seconde flamme soit trop chargée de sodium. On peut placer cette flamme derrière, comme le fait Lorentz, ou bien regarder à travers cette flamme celle qui est dans le champ.
- Il faut, au préalable, s’habituer à l’emploi du polariscope employé (l). Les franges rectilignes du polariscope de Savart semblent se dessiner sur la flamme lorsqu’on met contre l’œil le polariscope convenablement orienté : elles sont pâles, et pour bien les (*)
- (*) En regardant la lumière réfléchie ou transmise par une glace de verre.
- voir il est bon de faire osciller un peu rapidement le polariscope devant l'aul.
- On peut employer bien d’autres appareils : le photopolarimètre de M. Cornu permettrait par exemple de faire des observations et des mesures. J’ai utilisé pour mon compte, avec avantage, un polariscope à deux plages dont on observe la différence d’éclat, constitué par une lame demi-onde, recouvrant la moitié d’un diaphragme et suivie d'un nicol (E. L’axe de la lame est à 45 degrés de la section principale du nicol de sorte que cette lame fait tourner d’un angle droit les vibrations qui la traversent. Si le faisceau est polarisé, les deux plages apparaissent avec des intensités différentes. La lame suivie du nicol est regardée à l’aide d’une loupe de quelques centimètres de foyer : en arrière de cette loupe, dans le plan où se forme l’image de la source, on place un diaphragme fixant la position de l’œil. On peut ainsi utiliser telle portion de la flamme que l’on veut, et môme employer des sources ayant un diamètre apparent très petit, par exemple une petite étincelle.
- 2. Au sujet de l’interprétation donnée par Lorentz de ces expériences, je ferai remarquer qu’il considère dans ses calculs une flamme homogène dans un champ uniforme: ces conditions ne sont généralement réalisées ni l’une ni l’autre (2). O11 peut alors interpréter les expériences, en remarquant que le
- !‘) On peut retirer l’appareil d'un polarimètre Laurent. Si la lame est libre, il est bon, comme l'ont fait MM. Cornu
- lame pareille inclinée de'450 sur la précédente. Cette précaution rend l’appareil plus symétrique, mais n’est pas nécessaire si la lame est collée sur une lame de verre.
- . -) On peut bien placer la flamme dans un champ uniforme, et alors la polarisation partielle s'observe encore ; mais il est difficile d’obtenir une flamme homogène, en par-
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- changement de période n’est pas le même dans les différentes parties de la flamme. Je renverrai à ce sujet à une note récemment analysée dans ce journal (‘) où j’ai établi le rôle de la couche absorbante plus froide qui entoure la flamme. Je reviendrai très prochainement sur cette question.
- On verra que Lorentz admet implicitement au sujet de l’absorption un énoncé du principe de KirchhofF différent de celui ordinairement donné : une vapeur, comme celle de sodium, absorbe les radiations qui ont la période des radiations qu’elle émet. Il faudrait dire : une vapeur absorbe les vibrations qui ont la même période, et la même direction que ses vibrations propres (*).
- C’est peut-être bien ainsi qu’il faut énoncer la loi de Kirchhoff, an moins quand la couche absorbante est placée dans un champ
- magnétique. Dans ce cas, les vibrations d’une certaine période qui s'y effectuent, ont nécessairement une direction ou un sens déterminé et sont en quelque sorte forcées. Lorsqu’une flamme est placée dans un champ magnétique et qu’elle est traversée par un faisceau de lumière donnant un spectre continu, on observe, comme l’ont montré Zec-man et Kœnig, les mêmes phénomènes, les mêmes caractères de polarisation sur les raies renversées que sur les raies d’émission proprement dites. En particulier les raies du doublet observé suivant 1,'axe sont complètement polarisées circulairement, et on ne les aperçoit que dans une des moitiés du champ avec les dispositifs de M. Cornu et de M. Kœnig.
- A. COTTON,
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Accumulateur Liardet (3).
- Dans le but d’éviter la chute de la matière activel’inventeur emploiedes plaquesformées de deux lames de plomb A et B (lig. i et 2), portantdes stries horizontales de forme trian-
- 11 *) 29 janvier, p. 223. — Rectifions une incorrection du texte de cette analyse. Il y est dit que les bords de la flamme A apparaissent en noir lorsqu'on la regarde au travers de la flamme B, supposée placée entre l'œil et la flamme A; o'r. en réalité, la disposition est inverse : c'est la flamme A qui est placée entre l'œil et la flamme B. En conséquence l’explication donnée dans le troisième alinéa de la seconde colonne doit être modifiée comme il suit dans
- absorbées par la gaine de A qui paraît noire.
- Dans le quatrième alinéa il faut également remplacer les mots : les radiations modifiées de la flamme B n’absorbent plus les radiations de la gaine de A, par : les radiations modifiées de la flamme B ne seront plus absorbées par la gaine de A (N. d. 1. R.i.
- ("h Cf. Kônig. Wied. Ann, l. LXII, p. 240. L'Éclairage Électrique, t. XIV. p. 226.
- (3) Brevet anglais, n" 21273, déposé le 25 septembre 1896, accepté le 25 septembre 1897.
- gulaire contenant la matière active, les bords supérieurs et inférieurs de l’une des lames étant rivés à ceux de l’autre par une compression énergique.
- Pour la confection de ces plaques on em-
- Fig. 1.
- ploie le dispositif suivant : les lames passent d'abord, le côté strié en haut, sous une sorte d’entonnoir qui y distribue régulièrement la matière active, puis entre des rouleaux, qui compriment celle-ci; ensuite elles sont amenées, par une toile sans fin, à une presse qui rive les lames deux à deux. ' J. R.
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- Lampe à arc Davy à globe clos (').
- Cette lampe à arc enfermé se fait en deux modèles : pour courant alternatif et pour courant continu. La lampe pour courant alternatif fonctionne avec un courant de 4 à 12 ampères et un voltage de 65 à 70 volts aux bornes de l’arc pour toutes les fréquences usuelles. La lampe à régulateur série se branche directement sur les circuits de 100 à 110 volts. Une lampe de 8,4 ampères a absorbé 70,3 volts pour l’arc, 27 volts pour la bobine série et 36 volts pour la bobine à réaction. Avec des charbons respectivement de 30 et de 12 cm de longueur et 13 mm de diamètre, la lampe peut fonctionner pendant 90 heures sans renouvellement des crayons, après quoi le résidu du crayon supérieur peut encore être employé comme crayon inférieur. L’arc est réglé à 12 mm de longueur. Ces lampes sont souvent placées par deux en série sur 200 volts.
- Les deux modèles ne différant que par quelques détails de construction, il nous suffira de décrire le modèle pour courant continu. Ce modèle se construit pour 2 à 8 ampères. La régulation est série, shunt ou différentielle. Le voltage de l’arc est de .65 à 75 volts, et sa longueur de 9 mm. Les deux charbons sont pleins et ont habituellement 13 mm de diamètre.
- Comme le montre la figure, une pièce de fonte A est vissée dans un couvercle C qui porte les bornes. A l’intérieur du tube B glisse un autre tube E auquel est fixé le noyau de fer annulaire F du solénoïde à cuirasse de fer G. A sa partie inférieure, le tube E porte la pince H qui enserre le crayon supérieur. Les bras 1,1 sont articulés en J, de sorte que la pince suit tous les mouvements du charbon jusqu’à ce qu’en descendant elle rencontre le fond de la cuvette A ; alors elle s’écarte et laisse descendre le crayon sous son propre poids.
- La pièce A porte en outre deux tiges L qui
- portent le cadre M. Sur ce cadre sont fixés le porte-charbon inférieur et le globe intérieur P
- Davy à globe clos.
- à l’aide d’une vis R. Le tube mobile E se termine dans un dash-pot amortisseur O.
- The Electrician,
- Dvembre 1897.
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- T. XIV. — M°7.
- Le courant est amené au charbon supérieur par l’intermédiaire d’un cordon flexible attaché au porte-charbon V.
- Plusieurs lampes de ce type fonctionnent depuis quelques mois a la station centrale du Havre. A. H.
- Accumulateur Frank King (').
- Après avoir rempli complètement de matière active b. (fîg. i et 2) les alvéoles d’un cadre en plomb a, on recouvre les deux faces des plaques d’une ou de plusieurs couches d’une solution de gutta-percha, par immersion ouaupinceau; puis on perforechaque parcelle de matière active d’un ou de plusieurs trous d, de forme quelconque, mais de façon à ne laisser qu’une faible épaisseur de matière active, soit entre les parois de deux trous, soit entre les parois d’un de ces trous et celles des éléments du cadre a.
- Suivant l’inventeur, la couche de gutta recouvrant les deux faces de la plaque aurait
- pour effets : i° de maintenir la matière active et de l’empêcher de tomber; 20 d’empêcher la formation des produits de I’électrolyse sur la surface de contact du cadre et de la matière
- !. — Plaque dTaccumu]atcurs Frank King.
- active, et d’éviter ainsi la sulfatation du support, le descellement des parcelles et l’augmentation de résistance qui en sont lesconsé-quences. J. R.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DES ÉLECTRICIENS
- Séance du mercredi 2feuriev 1898.
- Au début de la réunion, M. E. Branly présente quelques observations à propos de la communication faite précédemment par M. Voisenatsur Y historique delà Télégraphie sans Jïl f).
- M. Voisenat, on s’en souvient, avait parlé des expériences que M.Branly a faites dès 1890 sur la conductibilité des poudres métalliques, expériences qui ont conduit directement à la
- (') Brevet anglais, n" 29115, déposé le 18 décembre 1896, accepté le 23 octobre 1897.
- (2) L'Éclairage Électrique du 22 janvier 1898, p. t6o. Voir également la lettre de M. Voisenat, p. 313 .
- construction du récepteur Marconi, au cohé-reur, et il ajoutait que tout le mérite de l’application revenait à M. Lodge qui avait compris tout le parti qu’on pouvait tirer de ces propriétés remarquables des poudres métalliques, alors que M. Branly qui les avait observées déclarait qu’elles ne lui paraissaient pas susceptibles d’applications pratiques. M. Branly aurait, en outre, été devancé dans la découverte des phénomènes eux-mêmes par M. Calseschi.
- M. Branly proteste contre ces allégations. Le récepteur de Marconi, tout comme le cohé-reur de Lodge, n’est autre qu’un de ses tubes à limaille. Dès 1890, il avait reconnu et publié que les propriétés des limailles permettaient de révéler les courants induits par les décharges oscillantes; il avait observé que
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- l’action inductive produite par la décharge d’une bouteille de Leyde pouvait être décelée a une distance de 20 m. S’il n’avait pas été plus loin, c’est que les dimensions de son laboratoire ne le permettaient pas. De plus, puisqu’il disait que la variation de résistance était produite par l’action inductive des décharges oscillantes, il était évident qu’on pouvait se servir de cette variation de résistance pour déceler les ondes hertziennes. Le rôle attribué à M. Lodge par M. Voisenat serait donc en réalité moins important que ce dernier ne semble le croire.
- Quant aux expériences de Calseschv, que M. Branly ne connaissait pas, elles sont certainement très intéressantes, mais elles ne permettaient nullement de prévoir l’action à distance.
- M. Branly présente ensuite quelques observations sur le nom adopté de « cohéreur ». Il le croit faux, car il peut conduire à une interprétation erronée des phénomènes ; la cohésion ne semble pas jouer le rôle capital, caries mêmes phénomènes s’observent lorsque la limaille est noyée dans un isolant solide. On sait que M. Branly a proposé le nom de radio-conducteur.
- En résumé, bien que de nombreux savants aient repris l’étude de la conductibilité des limailles après M. Branly, aucun fait nouveau n’a été ajouté à ceux que ce savant avait décrits. Son étude est assez complète pour qu’on puisse, en se basant sur les résultats énoncés, construire des radio-conducteurs offrant les propriétés voulues pour des applications déterminées; M. Branly a indiqué plusieurs types de radio-conducteurs spécialement adoptés à la télégraphie sans fil et il pense qu’il serait intéressant de les voir essayer à grande distance.
- M. Bouchkrot entretient ensuite la Société des condensateurs industriels et de leurs aPplications à des distributions à intensité constante et à des alternateurs à auto-excita-tion.
- Les condensateurs qu’il a construits sont
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- du type bien connu, formé de feuilles alternées d’étain et de papier imprégné de paraffine. Pour qu’un condensateur puisse donner des résultats pratiques, il faut qu’il ne chauffe pas et que son isolant ne se laisse pas percer, qu’il ne «claque» pas.Ces deuxeonditions sont très difficiles à réaliser et exigent une attention particulière dans le choix des matériaux.
- Certaines qualités de papier sont très bonnes au premier point de vue, par suite de leur résistance élevée, mais se laissent percer facilement, tandis que d’autres, au contraire, de faible résistance électrique, ne se laissent percer que très difficilement. Il semble y avoir antagonisme entre les deux qualités.
- L’échauffement serait dû principalement à l'effet de Joule, c’est-à-dire que la résistance électrique jouerait un rôle capital ; l’hysté-. résis diélectrique, en admettant son existence, n’aurait qu’une action très faible. Il importe donc d’obtenir une résistance aussi grande que possible. A ce point de vue la nature de l’isolant dont le papier est imprégné a une importance capitale, comme le montrent les chiffres suivants relatifs à deux condensateurs qui ne différaient, que par la substitution de l’huile à la paraffine pour enduire le papier.
- Variation de la résistance intérieure d’un condensateur au papier selon la matière de l’isolant.
- PAPIER PARAFFINÉ PAPIER Ht.Tir.É
- 99n C 500 000 ohms 95° G 5 500 ohms
- 48° C 6 mégohms 44° C 150000 ohms
- 19“ C >10 mégohms 17° C i,54mégohm.
- La paraffine est donc de beaucoup préférable.
- Les chiffres précédents montrent l’influence de la température sur la résistance intérieure du condensateur et font voir que, pour donner de bons résultats, un condensateur ne doit pas s’échauffer du tout sous l’action du courant, car, s’il s’échauffe, sa résistance diminuant, la quantité d’énergie transformée en chaleur dans son intérieur
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- augmente, ce qui provoque une nouvelle diminution de résistance, et ainsi de suite jusqu’à ce que le condensateur soit brûlé.
- Un condensateur qui ne s’échauffe pas de plus de 8° C au-dessus de la température ambiante est bon ; un condensateur qui s’échaufferait de 30° sous l’action du courant doit être rejeté, car sa température irait constamment en augmentant.
- Les chiffres suivants indiquent les variations de résistance d’un condensateur avec la température :
- 370 C 2,6 mégobms
- 50» G o,7
- 8o° C 0,1
- Or, si l’on admet que ce condensateur soit soumis à une différence de potentiel de 1 000 volts, la quantité de chaleur dégagée dans son intérieur par effet de Joule sera, à chaque température :
- Le refroidissement produit par les surfaces extérieures ne sera pas suffisant, dans les deux derniers cas, pourdissiperl’échauffement résultant, et la température ira en augmentant de plus en plus, comme nous l’expliquions plus haut. Si l’on veut éviter ces échauffe-ments dangereux, il faut que la quantité d’énergie transformée en chaleur dans le condensateur soit plus petite que celle rayonnée par les surfaces extérieures. Admettons que celle-ci soit de 5 watts par décimètre carré ; un condensateur de 20 décimètres carrés, ayant une résistance de 300000 ohms à la température ambiante (30° C), pourra supporter une différence de potentiel maxima déterminée par la relation :
- ------= 100 watts,
- 300 000
- soit 5 000 volts environ.
- Mais, en pratique, il est bon de ne pas dépasser 1200 volts, et même 700 à 800 volts. Le condensateur avec lequel ces expériences ont été faites se perçait à 1 600 volts. D’autres, au contraire, fabriqués avec d’autres qualités de papier, ne se perçaient pas, mais chauffaient beaucoup; ils fondaient avant de se laisser percer.
- Ces conditions, bien que rendant plus difficile la construction des condensateurs industriels, sont assez favorables, en ce sens que, limitant forcément la quantité de chaleur perdue dans l’intérieur des appareils, elles obligent à n’employer que des condensateurs d'un rendement excellent; tout condensateur qui n’aurait pas un tel rendement ne tarderait pas à se brûler. Il s’établit ainsi, automatiquement, une sélection très avantageuse.
- L’emploi des condensateurs dans la pratique industrielle, présente d’autres difficultés, qui proviennent précisément de la nature des courants mis en jeu et des phénomènes entraînés par la complexité du réseau alimenté. Tandis qu’un condensateur donne de très bons résultats aux essais de laboratoire, il ne tarde pas à être mis hors d’usage, lorsqu'il est mis en service sur un réseau tel que celui du secteur des Champs-Elysées, où il se produit des élévations de tension et des aug-, mentations d’intensité considérables. On le savait déjà, car l’isolant des câbles a été percé alors qu’il avait résisté, en essais, à des tensions de beaucoup supérieures à la tension normale. M. Boucherot s’en est rendu compte rapidement en essayant scs condensateurs. Au bout d’un ou deux jours, souvent moins, des appareils ayant bien fonctionné aulaboratoire pendant desmois entiers, étaient percés. Pour déterminer si ce résultat fâcheux était dû, comme il le supposait, aux irrégularités du réseau, M. Boucherot fit l’expérience suivante : il groupa plusieursconden-sateurs en dérivation; les armatures extérieures furent mises en communication avec le réseau ; les armatures intérieures furent mises, séparément, en communica-
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- tion avec le sol, par des fils fusibles calculés pour ne fondre qu’à une intensité correspondant à une tension de 6 000 volts, la tension normale sur le réseau étant de 3000 à 3500 volts. Tous les fils furent fondus.
- L’intensité efficace est donnée par la formule
- Ieff — Eeff toc
- dans laquelle
- w= 2 — ,
- Elle augmente donc avec la fréquence ; or les alternateurs employés à cette époque à l’usine du secteur fournissant un courant dont la forme sinusoïdale était altérée par des harmoniques, on s’explique la fusion des fils fusibles.
- Au cours des essais, les rats alléchés par la paraffine, rongèrent plusieurs galettes de condensateurs, y compris les feuilles d’étain, bien que ces appareils fussent en réseau. Les animaux ont donc été soumis à la totalité de la différence de potentiel; pourtant ils n’ont pas été tués. M. Boucherot pense que ce fait est dû à ce que les deux points où la différence de potentiel était appliquée, tous deux dans la mâchoire, étaient trop rapprochés pour que le système nerveux entier des animaux fût affecté.
- En résumé, il ne faut appliquer les condensateurs sur les réseaux qu’avec la plus grande prudence, et il est probable qu’ils ne seront appliqués, sous leur forme actuelle tout au moins, qu’à de petites installations. Une autre raison qui corrobore cette conclusion, est tirée du prix de ces appa-reüs, qui est plus avantageux relativement, pour les petits appareils que pour les grands. Avant de le prouver, il faut définir ce qu’on entend par « un kilowatt de condensateur. »
- Nous avons vu plus haut qu’on a
- Ieff " Eeff aie ;
- Donc, on aura
- Ectïïcff — E2cff «c.
- La puissance d’un condensateur de capacité c augmente donc avec la fréquence w et avec le carré de la tension E.
- Quand on augmente la tension, il faut augmenter l’épaisseur du diélectrique pour que celui-ci ne soit pas percé; on diminue donc la capacité par unité de volume; mais d’un autre côté on diminue la proportion du papier d’étain contenu dans l’appareil et celui-ci est le plus cher. En résumé, le prix du kiiotvatt de condensateur, variable avec la tension et la fréquence, oscillera dans les conditions industrielles ordinaires, entre 100 et 150 fr pour une fréquence de 40 périodes par seconde.
- Voici maintenant les prix approximatifs des autres appareils employés dans l’industrie des courants alternatifs.
- MOTEURS
- ALTERNATEURS TRANSFORMAT. POLYPHASÉS
- 20 chev 150 fr i kw 300 fr 1 chev 500 fr
- Le prix des condensateurs se rapproche donc plus de ceux des autres appareils dans les petites installations que dans les grandes.
- M. Boucherot passe ensuite à deux séries d’applications qu’il a étudiées spécialement. Il rappelle qu’il a indiqué, en 1890, qu’en plaçant en série sur une force électromotrice efficace constante, une self-induction et une capacité reliées algébriquement par la relation o>2LC = i, on peut recueillir dans un circuit placé en dérivation sur la self-induction ou sur la capacité, un courant dont l’intensité est constante quelle que soit l’impédance de ce circuit.
- Depuis cette époque, il a trouvé une autre disposition qui donne le même résultat plus avantageusement : on groupe deux bobines
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- de self-induction et deux condensateurs ayant chacun des valeurs telles que u2LC=i, de manière à former un quadrilatère dans lequel les appareils semblables sont dans des côtés opposés. En reliant alors deux sommets opposés du quadrilatère à une source de force clcctromotrice constante, on recueille dans un circuit placé entre les deux autres sommets un courant dont l’intensité est constante quelles que soient la résistance et la réactance de ce circuit. Cette propriété se démontre facilement par les imaginaires (*). Cette dernière disposition est plus avantageuse que les deux premières, d’abord parce que la puissance des condensateurs et des self-inductions est moindre et ensuite parce que la génératrice à l’usine ne débite que proportionnellement k l’utilisation dans le circuit dérivé, tandis que les deux premiers modes de montage entraînent un débit continuel, meme lorsque l’utilisation est nulle. M. Eoucherot réalise devant l’auditoire une expérience de ce genre : sur une force électromotrice sensiblement constante de 1 000 volts il alimente en série des lampes à incandescence dont il fait varier le nombre de 1 à 18, sans que leur éclat varie sensiblement ; la différence de potentiel aux bornes du circuit des lampes varie donc de 100 à 1 800 volts et l’intensité reste constante à quelques pour cént près. En pratique, par suite des différences de potentiel considérables qui seraient atteintes avec un grand nombre d’appareils montés en tension, il serait utile de munir chaque appareil d’un petit transformateur afin que les ouvriei's n’aient pas à toucher au circuit à haute tension. Pour que l’extinction d’une lampe ne coupât pas le circuit entier, des bobines de self-induction seraient montées en dérivation aux bornes du circuit des lampes; lorsque les lampes sont allumées, ces bobines ne dérivent que fort peu de courant, mais lorsque les lampes sont mises hors circuit, tout le courant qui traver-
- (') Voir L'Éclairage Électrique du 5 février 1898, t. XIV, p 26S.
- sait les lampes passe par les bobines corres-pondantes et l’éclat des autres lampes n’est pas altéré.
- M. Boucherot expose ensuite deux systèmes d’alternateurs à auto-excitation qu’il a réalisés. Dans le premier, il n’y a pas d’in-ducteur ; un induit fixe et un induit mobile, identiques comme nombre de pôles, nombre de phases et nombre de spires, sont tous deux le siège de courants induits de même fréquence et même tension, par rotation d’un champ qui se déplace dans les deux avec une vitesse moitié de celle de l’induit mobile et qui est produit par le débit des forces électromotrices obtenues sur les condensateurs.
- Il a réalisé une machine de ce genre de 18 kilowatts. Elle doit être amorcée à chaque mise en marche, puisqu’il n’y a pas de pièces à aimantation constante susceptibles de garder du magnétisme rémanent; elle présente cependant une grande puissance spécifique qui peut la faire préférer dans certains cas à la suivante.
- Celle-ci comporte seulement deux circuits fixes et une pièce de fer mobile, le tout combiné de telle manière que le premier circuit ait une self-induction variable selon la formule À (i-f-sin 2 MÉn le deuxième une self-induction variable selon la formule À (1 —sin 2 tùt) et entre eux une induction mutuelle variable selon la formule — a cos 2 cot.
- L’addition de condensateurs permet alors d’obtenir des courants de forme sin <at et cos «f.
- La production de courants triphasés peut également être obtenue par l’emploi de trois circuits fixes.
- Dans cette machine comme dans l’autre, les condensateurs peuvent être intercalés dans chaque phase soit en série avec les circuits d’utilisation, soit en quantité.
- Si les condensateurs sont placés en dérivation, la caractéristique de la machine est la même que celle d’une dynamo shunt à courant continu.
- Si les condensateurs sont placés en série, la caractéristique est celle d’une machine
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- série à courant continu ; la combinaison de ces deux modes d’excitation permet d’obtenir des machines compoundées.
- Une .disposition particulière qui est très pratique consiste a placer les condensateurs en dérivation sur les circuits et à régler la tension du courant utilisé en faisant varier l’entrefer du transformateur chargé de réduire la tension de la machine pour alimenter les lampes à incandescence. La petite machine que l’auteur fait fonctionner devant l’auditoire et qui obtient un réel succès, produit 600 volts et 1 ampère et alimente une dizaine de lampes à incandescence.
- A la suite de cette communication, M. Désiré Korda expose qu’il a vu des condensateurs construits h Budapest, chez M. Ganz. Ils sont isolés h l’huile et imprégnés dans le vide, suivant la méthode de M Jean, pour éviter la présence si préjudiciable des buljes d’air. Il espère donner prochainement des détails intéressants sur ces condensateurs.
- G. P.
- SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE
- Séance du 4 février 1898
- M. Crémieu décrit un commutateur pour bobines de Ruhmkorff. — Entre les deux pôles d’un électro-aimant à courants alternatifs oscille l’extrémité d’une baguette de fer aimantée par un courant continu; cette baguette porte, sur une bague d’ébonite, deux contacts qui ferment le courant primaire, alternativement dans un sens et dans l’autre. On peut ainsi obtenir des effets semblables aux deux pôles de la bobine.
- Inversement, si on remplace le primaire Par un alternateur, on peut recueillir, dans le circuit qui contenait la pile d’excitation, un courant redressé.Pouréviter les étincelles °n rend mobiles par des ressorts les pièces qui amènent le courant, de façon que l’inter-^ption n’ait lieu que pendant un temps
- très court, précisément au moment où le courant change de signe(l). C. R.
- (l) A la séance du 21 janvier, M. Villard a fait connaître à la Société quelques propriété des rayons qui produisent 1 illumination hémisphérique des tubes focus au-dessus du plan de l’anticatliode. M. Sylvanus-P. Thomson a montré que ces rayons sont sensibles à un champ électrique ou ma-guétique (voir L'Eclairage Électrique, t. X, p. 126, 227, 3 30, 16 janvier, 30 janvier, 13 février 2897). Il s’agit en effet de rayons cathodiques véritables, assimilables à des charges négatives en mouvement. Le mouvement est rectiligne, parce que le champ est sensiblement nul dans un tube de Crookes, sauf tout près de la cathode. 11 semble permis de dire que les particules négatives du faisceau primaire, arrêtées par un obstacle, s'éparpillent en tous sens par répulsion réciproque, sauf celles qui ont pénétré dans l’obstacle. Les charges négatives se conservent, que l’obstacle soit isolé ou serve d’anode, ce qui d’ailleurs importe peu, puisque le champ est nul. L’éparpillement se produit aussi bien sur une anode en forme de cylindre Je Faraday que sur un corps isolant.
- Les rayons cathodiques qui émanent ainsi de Fanticatliode possèdent les principales propriétés des rayons primaires. Un pinceau de ces rayons, pris dans une direction quelconque, et conduit dans un tube latéral, donne des rayons X s’il rencontre une lame de platine par exemple, reliée ou non à l’anode et cette émission est facile à distinguer de celle des rayons X secondaires étudiés par M. Sagnac. De plus, l'éparpillement déjà observé avec le faisceau cathodique primitif se reproduit encore sur la seconde lame anticatliodique.
- Les phénomènes observés ne sont pas dus à des rayons cathodiques émis directement par l’anode cathodique, à la suite d’oscillations dans la bobine excitatrice. Ces oscillations sont aussi faciles à éviter qu’à reconnaître : avec les tubes focus elles se produisent quand le tube est dur et donnent lieu à une émission régulière de rayons cathodiques normalement à toutes les faces de la lame anticathodique et non dans une direction quelconque. Le tube n’est plus illuminé uniquement au-dessus du plan de la lame, et on est averti que les conditions ne sont plus celles dans lesquelles il convient de se placer pour ne pas compliquer les phénomènes.
- A propos des expériences de M. Villard, M. Broca appelait l’attention de la Société sur ce fait que l’anticathode est forcément le siège d’ondulations électriques, si le courant excitant est lui-même ondulatoire. Ceci se produit dès que le tube n’est plus mou. La bobine est en effet le siège d’ondulations amorties, comme l'a montré Mouton, lorsque ses deux pôles sont isolés. Si on les réunit par un conducteur, une seule ondulation se produit, et si, au lieu du conducteur, on place un tube de Geissler, à raréfaction convenable, il remplira le même rôle qu’un conducteur ; si la raréfaction est plus poussée, il deviendra isolant, et des ondulations reprendront naissance. L'énergie à la cathode se transformera partiellement seulement eu rayons cathodiques. Une ondulation se produisant, l’anode deviendra cathode à son tour.
- Si l’anticatliode est isolée,les ondulations ainsi produites se transmettront par induction, et le conducteur constitué par l’anticatliode deviendra par moments négatif, et émettra des rayons cathodiques.Ces phénomènes sont rendus trèsévidents avec certaines formes de tubes ; ils peuvent bien avoir un rôle dans la production des apparences indiquées par M. Villard.
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- Mesures concernant le phénomène de la radiation dans le champ magnétique ;
- Par le Dr Zeeman (*).
- « Dans le paragraphe 12 de mon mémoire sur les « Doublets et Triplets » (*) je mentionnai que je m’occupais déjà de photographier le spectre d’une source de lumière placée dans un champ magnétique ; toutefois ce n’est que depuis octobre que j’obtiens de bonnes photographies du phénomène ; j’en ai montré quelques-unes à la séance d’octobre de l’Académie d’Amsterdam (8).
- » C’est dans le but d’étudier quantitativement le phénomène de la radiation dans le champ magnétique que j’ai fait les mesures qui suivent. Dans ces mesures il est avantageux de photographier les composantes extérieures du triplet magnétique en arrêtant la lumière de la ligne médiane au moyen d’un nicol. De cette façon (4) il est possible de mesurer avec exactitude l'effet magnétique sur des lignes incomplètement séparées en triplets.
- » J’ai effectué les mesures sur les épreuves négatives, obtenues au moyen d’un réseau de Rowland, et en employant des électrodes métalliques diverses placées dans un champ magnétique très intense. Les mesures ne se rapportent cependant qu’à une portion relativement petite du spectre; je regrette qu’elle ne soit pas plus grande. Cela tient à une perte de temps considérable résultant de ce que les diverses parties de l’appareil n’ayant pas été prêtes en même temps, le réseau ne put être monté suivant la manière adoptée par Rowland. Le réseau et la chambre noire étaient placés sur des supports séparés; il
- f1) PhihsophicalMagazine, t. XLV, p. 197, février 1898.
- (2) Voir L'Éclairage Électrique, t. XIII, 274.
- (3) Cf. Nature, t. LVII, p. 192. La difficulté de photographier le phénomène caractéristique est indiquée dans un article de Nature, (t. LV1, p. 420). Les auteurs n’obtinrent que des résultats négatifs. M. Preston en travaillant probablement avec le même réseau est parvenu récemment à photographier avec succès toutes les apparences que j’ai décrites. (Nature, t. LVII, p. 17}.)
- (*} Et aussi par la méthode de Cornu et de Kœnig.
- était alors nécessaire de régler les positions de la fente, du réseau et de la chambre noire par une série d’essais laborieux et pour chaque partie du spectre. En outre les dimensions de la chambre ne permettaient que l’emploi de plaques de 13 cm ou 18 cm au plus. Aussi les résultats indiqués dans cette note ne doivent-ils être considérés que comme les préliminaires de résultats plus étendus que je me propose d’obtenir sur toute l’étendue du spectre avec un nouvel appareil, qui vient d’être terminé.
- » 2. La mesure de la distance entre les composantes extérieures d’un triplet permettra de se rendre compte du degré d’exactitude de l’hypothèse suivante : il y a une seule espèce d’ions, ayant des charges proportionnelles à leurs masses réelles, qui sont libres de vibrer dans l'atome ou la molécule. En effet, d’après cette hypothèse, dans un champ magnétique défini, l’intervalle entre les composantes extérieures d’un triplet devrait être (mesuré en variation de longueur d’onde) proportionnel au carré de la longueur d’onde, ou (mesuré en différence de fréquence) le même pour toutes les lignes des spectres de toutes les substances (*).
- » Les mesures obtenues, et communiquées plus loin, prouvent que pour différentes substances le changement magnétique est au moins du même ordre de grandeur et certainement ne dépend pas directement du poids atomique. La variation du phénomène avec la longueur d’onde paraît toutefois plus compliquée que celle qui résulte de l’hypothèse précédente, et, en réalité, dans la théorie de Lorentz il n’y a, a priori, aucune raison pour adopter cette hypothèse (3).
- » 3. Le réseau de Rowland employé avait 6 pieds de rayon et 14438 traits par pouce. Dans la plupart des cas on utilisait le second
- (') Becquerel, L'Eclairage Électrique, t. XIII, p. 419» 27 novembre 1897. Larmor. Phil. Magt. XLIV, p. 5°3-(s) Lorentz. Wied. Ann., t. LXIII, p. 278, 1897; Lar-
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- spectre. Avec une bobine d’induction de moyenne grandeur et une grande bouteille de Leyde, trente minutes d’exposition étaient suffisantes pour la partie la plus sensible du spectre. Comme électrodes on employait des métaux purs. Dans chaque position de l'appareil on prenait toujours deux (et souvent plusieurs) épreuves négatives, l’une avec et l’autre sans le champ magnétique. Les plaques employées étaient des plaques instantanées de Cadett et Neal et Marion ; elles étaient développées par l’hydroquinone. Le l)r Ernst Cohen a été assez bon pour me prêter son assistance pour surmonter quelques difficultés photochimiques.
- » L’identification des lignes des plaques était faite par comparaison avec le spectre du soleil. Les mesures étaient effectuées avec une machine à diviser et un microscope permettant de lire directement le centième de millimètre et d'apprécier le millième de millimètre à l’aide du micromètre oculaire. L’exactitude des mesures des intervalles entre les composantes d’un triplet varie considérablement avec la nature du métal employé pour électrodes. Dans les spectres à lignes étroites, comme ceux du zinc et du cadmium par exemple, les mesures d’intervalles peuvent être faites avec une précision dépassant celle des mesures magnétiques dans les conditions de mes expériences. Dans d’autres spectres, comme ceux du cuivre et de l’ctain par exemple, les raies sont si mal définies que toute mesure précise est impossible.
- » Comme exemple de la précision obtenue dans le cas de triplets formés par des raies brillantes et bien nettes, je citerai quelques nombres relatifs à la raie 4722 du spectre du zinc. Ces nombres sont les lectures en centièmes de millimètre faites sur la tète de la vis micromctrique quand la première et la seconde composante sont respectivement sous le fil du réticule.
- 28,8 49.8
- 28.8 48,7
- 28.9 49,9
- 28,8 48,7
- 28,2 48,9
- Moyennes. 28,6 49,3
- Différence ~ 20,7 x io-2 mm.
- » La plaque photographique était soumise à l’action du second spectre. Sur le négatif, 1 mm correspondait à environ 4,41 unités d’Angstrœm.
- » Les résultats suivants sont relatifs aux lignes situées dans la région bleue, violette et ultra-violette du spectre.
- » 4. Zinc.— Dans les tableaux, la première colonne indique la longueur d’onde ; la dernière donne les valeurs du champ magnétique H, mesuré au moyen d’une spirale de bismuth; il y a une légère incertitude sur ces valeurs, le coefficient de température du fil de bismuth n’étant pas connu avec une très grande précision.
- 3345 Imperceptible
- 3303 *
- 3282 o
- Angstrœm »
- — 2,94 un. » Angstrœm »
- Il semble, ainsi qu’il est indiqué dans ce tableau, que quelques lignes ne changent pas sous l’influence du champ, ou du moins changent si peu que l’effet magnétique, s’il existe, est extrêmement faible, Il est à remarquer qu’entre les trois premières lignes du tableau, qui montrent nettement l’effet du champ, et la dernière, qui ne le montre pas, il existe aussi une autre différence intéressante. En effet, les premières forment le groupe de trois lignes résultant de la seconde série de Kaiser et Runge, quand on donne la valeur 3 au coefficient n de leur formule. Le second groupe de trois lignes résulte de la première série en y faisant n égal à 4. Une étude plus approfondie permettra de reconnaître si toutes les lignes de la seconde série
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- ne subissent pas de changement, celles de la première étant seules influencées.
- » 5. Cadmium. — Pour le cadmium on a
- 4-678 24.2 =4,41 un.
- Àngs.
- Ces lignes appartiennent à la seconde série de Kavser et Runge, n étant égal a 3 (ç/’zinc). La ligne 5086, qui appartient également à cette série, n'a malheureusement pu être mesurée, étant située trop près des bords de la plaque.
- » 6. Cuivre. — Les lignes du spectre du cuivre sont, du moins entre 4800 et 4300, si faiblesqu’elles ne peuvent être mesurées. Une grossière estimation de quelques lignes donnait environ 30 millièmes de millimètre pour la distance entre les composantes.
- >’ 7. Etain. — On a trouvé :
- 4585 ±35 1 mm 2 32 X 103
- 4525 Impcrcept. =4,46ml. Angs.
- 4447 =fc ?
- 4 «84 ±:>
- » Les lignes du spectre de l’étain sont très faibles. En l’absence du champ magnétique toutes les lignes indiquées dans le tableau apparaissaient nettement après une exposition de 15 minutes. Mais lorsque le champ était excité, la première seulement de ces lignes apparaissait sur la plaque, bien que la durée d’exposition fût portée à 23 minutes, les autres conditions restant les mêmes qu’auparavant. Probablement la première et les deux dernières lignes subissaient un changement magnétique,mais les dernières, étant les plus faibles, ne pouvaient donner les images de leurs composantes sur. la plaque. Les composantes de la ligne 4585 étaient si faibles qu’elles cessaient d’ètre apparentes quand on les regardait avec le microscope. Pour cette raison j’ai dù faire une raie sur chacune des composantes au moyen d’une
- aiguille et mesurer la distance entre ces deux raies. J. B.
- Radiation dans un champ magnétique ;
- Par A. Mjchelson (’)
- M. Michelson a appliqué à l’étude des raies modifiées par le champ magnétique soit procédé général qui lui a fourni déjà tant de résultats sur la structure des raies des métaux : l’étude des variations dans la visibilité des franges d’interférence à différence de marche croissante.
- A l’époque où il faisait ce travail, Zeeman n’avait encore signalé que Y élargissement des raies : Michelson conclut de ses résultats l’existence d’un doublet, aussi bien dans ses expériences perpendiculairement aux lignes de force, qui sont les plus nombreuses, que dans les expériences parallèlement à ces lignes. Zeeman a depuis montré que si Michelson n’avait pas observé le triplet, c’était par suite d’une particularité de son réfracto-mètre interférentiel : les réflexions successives qui s’y produisent affaiblissent beaucoup la lumière polarisée verticalement (perpendiculairement aux lignes de force). Michelson s’est rallié à cette manière de voir.
- Les raies étudiées ont été : Raies du sodium (sodium dans un tube vide ou carbonate de sodium dans un chalumeau) ; Raies du cadmium dans un tube vide (rouge, verte, bleue ; la raie rouge qui a une structure très simple se dédouble plus nettement que celles du sodium; la raie bleue se dédouble mieux que la verte) ; Raie verte du mercure (la structure compliquée de cette raie semble disparaître lorsque le champ est excité pour donner un simple doublet). Dans tous ces cas, perpendiculairement aux lignes de force, les lignes se dédoubleraient et s’élargiraient un peu en même temps.
- Avec les raies de l’hydrogène (tube vide), du lithium et du thallium (chalumeau), on
- (*) Pbil. Mag., t. XLIV, p. 109-116, juillet 1897.
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- observe seulement un faible élargissement et un faible accroissement dans la distance 'des deux composantes : ces lignes étant normalement des doublets.
- Suivant le sens des lignes de force, le doublet se manifeste nettement {avec le sodium): mais les composantes du doublet ne paraissent pas plus larges que la raie primitive. Michelson propose une interprétation théorique de l’élargissement observé dans la direction normale au champ. Peut-être est-il dù simplement à la modification dans les raies produite par l’appareil lui-même et que Zeeman a signalée.
- Michelson signale en passant l’accroissement d’éclat de la flamme dans le champ : il est dù sans doute, ainsi que je l’ai fait observer, à la diminution d’absorption produite par le changement de période.
- A. Cottow
- Sur la polarisation partielle de la lumière d’une flamme placée dans un champ magnétique ;
- Par H.-A. Lorentz f1).
- i. Dans ce mémoire, à la fois expérimental et théorique, Lorentz s’occupe spécialement du phénomène découvert et étudié par Égo-roff et Georgiewsky (2) : la polarisation partielle de la lumière cmise, normalement aux lignes de force, par une flamme placée dans un champ magnétique.
- Il a répété leurs expériences, en observant comme eux les franges d’un polariscopc de Savart, utilisant parfois l’oculaire d’un pola-ristrobometre de Wild, qui permet de faire commodément l’observation de ces franges. Il a vérifié que La polarisation partielle se manifeste encore dans un champ magnétique relativement faible (de l’ordre de 1.000 C. G. S). Dans une expérience faite avec un champ intense, il mesure la proportion de lumière polarisée contenue dans la lumière
- ^ l1) Kon. Ak. van Wetenschappen (Académie des Sciences d Amsterdam), t. VI, p. 193-209 (septembre 1897).
- (*) Voir L’Éclairage Électrique, t. XI, p. 518, et t. XII, P- *83, 5 juin et 17 juillet 1897.
- émise, et trouve une fraction d'environ 12 p. 100, ce qui est conforme à ce qu’avaient annoncé Égoroff et Georgiewsky. Ajoutons qu’il trouve aussi que ce sont les vibrations (de Fresnel) normales au champ, qui l’emportent.
- 2. Il cherche alors à les relier aux expériences de Zeeman et à sa théorie sur le mouvement des ions dans un champ magnétique. Il remarque que si l’on désigne par I„ I5, les intensités des trois composantes du triplet (‘) observé par Zeeman, perpendiculairement aux lignes de force, dont les périodes sont T„ T2, T3 ; 011 doit avoir :
- I, + l,> h;
- de sorte que l’on est conduit a se demander si les mouvements circulaires des ions, qui produisent les raies latérales de périodes T,, T3 et les raies de même période du doublet observé suivant les lignes de force, ont plus d’importance que les vibrations parallèles aux lignes de force qui ont gardé la période primitive Tâ.
- A priori, il semble, en effet, que dans un champ magnétique les vibrations circulaires puissent être privilégiées. On est même conduit à se demander si les deux vibrations circulaires qui ont, les unes, le sens des courants d’ampère, les autres, le sens contraire, ont la même intensité.
- En examinant la lumière émise dans le sens des lignes de force, où les deux sortes de vibrations circulaires se propagent seules, Lorentz ne trouve entre çux aucune différence sensible d’intensité. Il emploie pour cela une lame quart d’onde qui transformerait la polarisation circulaire partielle en polarisation rectiligne, que le polariscope ordinaire permettrait de mettre en évidence (* *}.
- (') M. Cornu, on le sait, a signalé récemment Ici même (29 janvier) l’existence d’un quadruplet ; les vibrations parallèles au champ changent aussi de période. Mais ce changement étant plus faible, et ne se produisant qu’avec une des raies D, l'explication proposée par l'auteur subsiste.
- lyseur à deux plages polarisées circulairement, et obtenu
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- Lorentz remarque d’ailleurs que sa théorie ne fait prévoir rien de pareil. Si l’on désigne par t le changement de période :
- T, - Ta + Ta = T2 - t
- les intensités I,, Ia ne devraient, différer de - que d’une fraction très faible, de l’ordre .de . qui serait par suite tout à fait imperceptible.
- 3. Le phénomène d’Egoroff et Georgiewskv semblerait donc contraire à la théorie de Lorentz. Mais Lorentz fait la remarque suivante très importante : l’intensité réellement observée dépend non seulement de l’état vibratoire en un point de la source, mais encore de l'absorption que les vibrations éprouvent en se propageant dans les couches successives de la flamme. En particulier les vibrations provenant de l’arrière de la flamme sont affaiblies par leur passage dans la partie antérieure. Lorsque le champ magnétique est excité, cette absorption doit diminuer, d’après Lorentz, pour les vibrations perpendiculaires au champ qui éprouvent seules le changement de période,
- Voici le raisonnement que fait l’auteur à ce sujet : admettons que chaque composante du triplet soit donnée par un groupe déterminé d’ions, un premier groupe d’ions A3 comprendrait des ions vibrant parallèlement aux lignes de force avec la période T2 ; deux autres groupes vibreraient dans un plan perpendiculaire aux lignes de force, respectivement avec les périodes T,, rl’3 (').
- L’absorption des vibrations verticales (perpendiculaires au champ) provenant de l’arrière de la flamme, et qui ont la période T17 est produite seulement par un des groupes d’ions, le groupe A, formé d’ions, qui ont
- aussi un résultat négatif. Lorsqu’on excite le champ, ou ne voit pas apparaître de différence sensible entre les deux plages; niais elles augmentent toutes deux d'intensité, ce qu’il est facile d’expliquer.
- (') Ou peut encore admettre cette décomposition hors du champ ; la répartition des ions en ces groupes devant être telle que la lumière émise soit naturelle.
- ÉLECTRIQUE T. XIV. — n»7,
- précisément la même période. Si l’on supprime le champ cette absorption est produite par deux groupes d’ions A, As, puisque les périodes T, Ts se confondent avec la période primitive Ts. Mêmes remarques pour les vibrations verticales de période T3.
- Au contraire les vibrations parallèles aux lignes de force, de période Ta, seraient absorbées de la même manière, dans le champ et en dehors (par les ions AJ ; car Lorent^ admet que, même en dehors du champ, l'absorption d’un rayon polarisé est produite uniquement par ceux des ions qui vibrent dans le plan de vibration du rayon incident.
- La lumière naturelle observée hors du Champ se transformerait donc en lumière partiellement polarisée dans un plan horizontal, conformément à l’expérience.
- Je ferai observer qu’il y a dans ce raisonnement une hypothèse sur le mécanisme de l’absorption. Lorentz serait arrivé à un résultat différent s’il avait supposé que l’absorption dépend uniquement de la période (>,.
- Il remarque d’ailleurs lui-même que cette décomposition des ions en groupes peut paraître arbitraire : c’est pourquoi il revient à la fin du mémoire sur cette question (§ 9). Il précise alors par un calcul sa façon de considérer l'absorption, admettant que les vibrations provenant de l’arrière de la flamme viennent modifier le mouvement des ions de la partie antérieure. Pour tenir compte de cette action, il introduit dans les équations du mouvement une nouvelle force de la forme Ksin sin nt représentant la vibration incidente. Il calcule la quantité d’énergie qui est alors dissipée (en chaleur), et retrouve le résultat indiqué plus haut. Mais il y a là encore, on le voit, une hypothèse.
- 4. Lorentz fait l’expérience suivante pour démontrer que l’absorption dans la flamme placée dans le champ peut produire une polarisation partielle.
- Une flamme F, est placée comme précé- (*)
- (*) Voir quelques remarques à ce sujet dans la note de la page 299.
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- déminent dans le champ (13 000) de l’électro-aimant. On s’arrange, avec quelques précautions, de manière à ce que la flamme soit faiblement colorée par du sodium. Une deuxième flamme au sodium F2, limitée par un diaphragme, est placée en arrière de la première, sur la droite perpendiculaire au champ suivant laquelle on observe. On regarde à travers le polariscope de Savait le diaphragme placé contre F, : des franges très nettes apparaissent sur sa surface, indiquant que la lumière de cette flamme F* est polarisée par son passage à travers Fr La polarisation est de même sens, mais plus marquée que celle de la lumière envoyée par ; on l’aperçoit encore lorsque la lumière de F, est trop faible pour être étudiée au polariscope.
- 5. Dans certaines circonstances, et en particulier en répétant l’expérience avec une flammeF„très intense (chalumeau h oxj'gène), Lorentz a observé une polarisation de sens contraire à celles de F, : ce sont alors les vibrations horizontales qui l’emportent. Il interprète cette expérience en remarquant que les raies, dans la lumière de F2, sont alors très larges, plus larges que le triplet tout entier donné par la flamme dans le champ. Les vibrations verticales de période T, T9 contenues dans la lumière de F2 sont alors absorbées par les ions Ai A3 (').
- 6. Dans les paragraphes suivants, Lorentz développe quelques calculs sur la théorie du mouvement des ions dans le champ magnétique. Je n’insisterai pas sur ce point, M. Poincaré ayant, dans ce journal (t. XI, p. 481), exposé les idées de Lorentz et expliqué en particulier comment l’intervention d’une force électromagnétique, proportionnelle à la charge et à la vitesse des ions, conduit immédiatement auxrésultats deZeeman.
- Lorentz néglige complètement, dans ces calculs, l’inertie de l’éther entraîne (Cf. l’article de M. Poincaré'. Il examine l’influence de la période variable pendant laquelle le champ s’établit.
- Je ferai remarquer que la formule, à laquelle on arrrive immédiatement, et qui donne le changement absolu de période est la suivante :
- où T est la période primitive, H le champ, — le rapport de la charge de l’ion (unités électromagnétiques) à sa masse. D’après cette formule, le changement absolu de période serait, pour un ion donné, proportionnel au carré de la période et indépendant de la température. Le dernier point surtout paraît abordable à l’expérience.
- A. Cotton.
- CORRESPONDANCE
- A propos de la télégraphie sans fils. Monsieur le Directeur,
- Dans le compte rendu que vous avez publié de nia communication du 12 janvier à la Société des Electriciens, l’appréciation que j’ai formulée au sujet des recherches de M. Branly, est présentée
- Ç H est bon, je crois, d'ajouter que les radiations de la Période Tj, correspondant au milieu de la raie n’existent plus dans la lumière de F? ; car les raies de ces sources intenses apparaissent nettement renversées en leur milieu, lorsqu'on les observe avec une forte dispersion.
- d’une manière qui a rendu inexactement ma pensée et qui a provoqué de la part de ce savant une légitime réclamation.
- Après avoir cité les grandes lignes du travail de M. Branly relatif à l’action de certains phénomènes électriques sur la conductibilité de diverses substances, j’ai fait remarquer que les dispositifs réalisés à cet effet étaient des appareils de recherches dans lesquels on faisait varier à volonté divers éléments pour effectuer des comparaisons et des mesures, tandis que le coherer réalisé par M. Lodge, d’après la découverte de M. Branly,
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- était un instrument invariable utilisé comme détecteur d’oscillations hertziennes.
- Dans ma pensée, il y avait entre les deux genres de travaux la différence qui existe entre une étude générale des dilatations et l'emploi du thermomètre à une recherche particulière. L’étude générale a été faite par M. Branly, l’application particulière par M. Lodge. Toutes les deux ont contribué à la découverte de la télégraphie sans fils.
- T. XIV. - N° 7.
- La lecture des mémoires publiés en 1891 par M. Branly m’avait laissé l'impression qu’il ne songeait pas à une utilisation de ce genre ; en formulant cette opinion j’ai voulu'marquer une étape dans la marche du problème, je 11’ai jamais songé à diminuer le mérite d’un travail fondamental dont j'apprécie toute l’importance.
- Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de mes meilleurs sentiments.
- J. Voisemat.
- CHRONIQUE
- Le mica et ses applications. — L’emploi de plus en plus étendu du mica dans l’industrie électrique a fait augmenter dans de vastes proportions la consommation de ce minéral. Des gisements abondants de cette substance existent au Canada et attirent l’attention des capitalistes. Comme beaucoup de nos lecteurs ont à se servir du mica, il est peut-être intéressant de reproduire ici quelques'renseignements que notre confrère The Elec-Irician donne à son sujet.
- Les dépôts de mica du Canada sont connus de longue date, et le service géologique du Dominion cite eu particulier les gisements de muscovitc ou mica blanc et de mica ambré du comté d’Ottawa. Le mica est un minéral cristallin qui, associé avec le feldspath et des pyroxènes, forme les roches connues sous les noms de gneiss et de granit; on peut le cliver en lames élastiques extrêmement minces. Sa coloration ainsi que sa valeur commerciale dépendent des particularités minéralogiques des roches auxquelles il est incorporé, ainsi que des conditions dans lesquelles il a été déposé après la décomposition de ces roches.
- En suite de la découverte de ses propriétés isolantes et du rapide développement des applications électriques, la demande est allée rapidement en croissant en Amérique et en Europe. Les compagnies d'éclairage au gaz par incandescence ont remplacé les verres par des cylindres de mica et ouvert un nouveau et important débouché pour cette substance. Actuellement déjà, dès qu’une cargaison de mica arrive à Londres, elle est absorbée par le commerce britannique ou continental.
- Le pouvoir isolant du mica est supérieur à celui de toute autre substance applicable dans les induits et les collecteurs. Sa structure lamellaire est encore un avantage particulier dans cette appli-
- cation. Les constructeurs de dynamos peuvent facilement et avec précision obtenir des lames d’épaisseur uniforme. La dureté de cette substance empêche son usure trop rapide par le frottement des balais. De tous les isolants, le mica est aussi celui qui résiste le mieux à la chaleur. La plus haute température à laquelle un induit puisse être porté n’endommage pas les parties en mica. On peut l'exposer au contact de la flamme du gaz sans le brûler. Sa résistance aux grandes températures alliée à sa transparence le font employer largement dans les lampes, les poêles et dans un grand nombre de cas analogues où il remplace avantageusement le verre, A bord des navires de guerre, on en fait même des carreaux de sabords, parce que la répercussion des coups de feu ne peut le briser, comme cela arrive avec les carreaux en verre. Enfin, en raison de son inaltérabilité, on s’en sert dans l’ornementation pour préserver les dorures et les peintures, dont il n’altère pas l’éclat.
- Ce minéral est egalement beaucoup employé pour la fabrication de matières lubrefiantes pour les véhicules de chemin de fer, les cycles, etc. Les déchets peuvent encore servir pour la fabrication des petits objets, et l’on cite entre autres des lunettes préservatrices pour les ouvriers travaillant avec l’arc électrique ou devant des foyers à très haute température; ces lunettes ont l'avantage d'être incassables.
- Un des usages les plus récents du mica consiste dans la fabrication du produit appelé micanite, qui permet d’utiliser les plus petits déchets et les qualités inférieures de cette substance. Enfin, un procédé d'invention récente permet de fabriquer avec de petites pièces de mica des feuilles de 1 ru et plus de largeur. A. H.
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- Prix de revient de l’énergie électrique à Philadelphie.— Nous avons souvent publié des statistiques relatives au prix de revient de l’énergie électrique dans les stations centrales de tramways électriques. Les chiffres du tableau ci-contre sont particulièrement intéressant par le soin avec lequel les différents éléments de dépense ont été enregistrés et parce qu'ils permettent de se rendre compte de ce que coûte le chauffage électrique des voitures par la différence entre la consommation d’énergie électrique par kilomètre-voiture pendant les mois d’hiver et les mois d’été.
- Ils se rapportent à l’usine de Hestonville, Man-tua et Fairmount Passenger Railroad Company, de Philadelphie. L’usine comprend 4 machines à vapeur compound tandem, à condensation, de Greene, accouplées directement à 4 dynamos de 400 kilowatts, de la General Electric C° ; il y a 8 chaudières aquatubulaires de Babcock et Wilcox de 240 chevaux chacune. Le charbon est emmagasiné dans un parc adjacent à l’usine et transporté à pied d’œuvre par des transporteurs mécaniques. G. P.
- La traction électrique aux États-Unis. — Résultats financiers. — La Compagnie des Tramways de Montréal a publié tout dernièrement, dans le Street Railway Journal, son rapport annuel concernant l’exploitation de l’exercice 1897, arrêté au 30 septembre dernier. Si on le compare aux exercices des années précédentes, on trouve les chiffres suivants :
- ,892 1896 1897
- Recettes totales en francs. . . 2 822 03s 6324490 6 0
- ploitation en 2 333 24o 3 554 325 3682195
- Recettes nettes en francs. . . 488 795 2 779 9<>5 3 <>29 69s
- Recettes en p. 100 du capital » *»,55 12,41
- Voyageurs transportés. . 11631 386 29896 471 32047317
- L’augmentation du revenu net, qui de 488 79s fr. qu’il était en 1892 est de 3 029 695 fr. pour 1897, ainsi que l’augmentation correspondante du nom-
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- T. XIV. — N° 7.
- bre de voyageurs, qui de 11631386a passé à •32 047 317, pendant le même intervalle (soit environ un trafic triple), démontre d'une façon indiscutable l'influence de la traction électrique sur le développement des entreprises de traction, exploitées par ce système.
- Un autre rapport, celui de la West End Street Railway C°, concernant le même exercice (1897), arrêté également le 30 septembre, nous permet aussi de voir quel succès financier atteignent les entreprises de traction électrique aux Etats-Unis. Si l'on examine les chiffres indiqués au rapport, on trouve :
- Comme on le voit, les résultats financiers sont excellents puisque le dividende moyen distribué dépasse 10 p. 100.
- Pour donner, dans un autre ordre d’idées, les bas prix obtenus par voiture-kilomètre dans l'exploitation, nous donnons les dépenses se rapportant aux tramways de Brooklyn.
- Ces dépenses se rapportent à un trafic annuel de 80 millions de voyageurs. Les recettes totales ont atteint le chiffre de 22 500 000 fr.
- Les dépenses d’exploitation de l’ensemble du réseau, pendant l'exercice 1897, se terminant au 30 juin, se sont réparties de la façon suivante ;
- Recettes totales (en augmentation 1 885367 fr)..............
- Dépenses d'exploitation ;en diminution 604 552 fr)...........
- Recettes nettes (en augmentation 2489920 fr) ...... .
- Taxes diverses. . 1863301 fr’.
- Int. etloyer des /
- sols...........2539577 » )
- Balance .... Les dividendes payés ont répartis de la façon suivante : 8 p. 100 de dividende aux z tions de priorité 2560000 3,5 p. 100 de dividende aux act. ordin. àpayerle ier avril .... 1589875 4 p. 100 de dividende aux act. ordin. à payer le ior octobre ... 1 817000
- 43 595 i58 fr 31068542 »
- 12526616 fr
- 4 402 878 û
- 8 123738 fr
- 5966875 .
- Balance............
- De laquelle on doit soustraire : les charges des voies exploitées, les créances douteuses, etc., évalués à...........2846292 fr
- Les sommes laissées pour trans-fertetassurances. 397393 »
- [57863 fr
- 848899 »
- Excédent . ... 308964 fr
- T,T PAR VOITURE
- Dépenses générales . . 2 273 445 5.4”
- » de trafic. . . 8 579 280 20,432
- Entretien des voies et
- des chaudières . . . 1 124 960 2.674
- Entretien des équipe-
- ments électriques. . 1 862 610 4-447
- Coût de la force mo-
- trice 1367 050 3.234
- Taxes diverses .... 9/i 425 2,301
- Assurances «s 190 0,217
- Total général. . . 16 263 960 38,716
- Le coût moyen de l’énergie produite dans les différentes stations génératrices du réseau, pendant le même exercice, a été de 3,15 centimes par kilowatt-heure ; ce prix se subdivise ainsi :
- Combustible et diverses fournitures. 1,65 cent.
- Main-d’œuvre. . • ..............1,10 t
- Réparations.........................0,30 »
- 3,15 cent.
- La capacité des stations génératrices qui ont donné ce prix moyen est de 15 000 chevaux et il est reconnu que ce prix est un des plus économiques qui ait été obtenu aux Etats-Unis, car il résulte des statistiques faites aux Etats-Unis pendant l'exercice 1897 que le prix le plus bas du kilowatt-heure a été de 2,596 centimes. Comme on le voit, c’est un résultat remarquable. ' P. D.
- Ces résultats ont été atteints avec un nombre de voyageurs égal à 196 332 239.
- Chauffage électrique des voitures de tramways. — Les chiffres que nous avons publiés pre-
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- 3U
- cédemment sur le prix de revient de l’énergie électrique à Philadelphie semblent indiquer que le chauffage électrique d’une voiture entraînerait une dépense supplémentaire de courant de 200 à 220 watts par kilomètre-voiture; en admettant un parcours quotidien de 125 à 150 km par voiture, cela représenterait une dépense de r à 1,25 fr par jour et par voiture. Toutefois, les voitures d’hiver étant plus lourdes que les voitures d’été, le coefficient de traction étant plus élevé en hiver qu’en été par suite des chutes de neige, etc., et enfin l’éclairage électrique occasionnant une dépense importante d'énergie électrique pendant la saison d’hiver, on ne peut attribuer la totalité de l'excès de dépense au chauffage.
- Mais, d’autre part, les calculs précédents supposent que les radiateurs ont été en service pendant la durée totale du service pendant les mois d'hiver, ce qui est peu probable. Les dépenses réelles seraient donc probablement plus élevées dans un climat très froid, où lesradiateurs devraient être maintenus en service pendant toute la journée durant la totalité des mois d’hiver.
- C'est ce qu'indiquent les chiffres suivants tirés d'une expérience faite à Chicago sur des radiateurs « National ». U y avait 6 de ces appareils dans la voiture, et un commutateur permettait de faire varier le nombre de fils en service en chacun d'eux, suivant l'élévation de température dé-
- DÉPENSES OCCASIONNÉES PAR LE CHAUFFAGE ÉLECTRIQUE D’UNE VOITURE DE TRAMWAY
- ~;r
- imposition. II0„ watts. 0,240 fr. 0,650 fr.
- 2e I5OC) , 0,320 » 0,885 »
- 3e 3800 » 0,815 2,210 »
- 4* -J 4ÇOO » L°55 * 2,860 »
- 6500 « 1,400 » 3,800 »
- Le prix du charbon dépensé à l'usine par kilowatt-heure est de 0,012 fr. Le prix de revient du kilowatt-heure à l’usine est de 0,0325 fr, en y comprenant, outre le charbon, l’huile, les chiffons, les salaires. Ces dernières dépenses resteraient les mentes si le chauffage électrique n’était pas em-
- ployé ; il serait donc plus juste de ne pas les comprendre dans le prix de revient du chauffage, qui ne comprendrait alors que le. prix du charbon brûlé. Nous donnons lesdépenscs dans chaque cas.
- Le charbon brûlé coûtait environ 5 fr les rooo kg à prix d’œuvre. G. P.
- Chauffage à l’électricité. — Il y a longtemps que le chauffage par l'électricité est considéré comme parfaitement réalisable : il n’y a qu'à utiliser réchauffement d’une résistance par le courant électrique ou plus simplement le rayonnement des lampes à incandescence. Nombre d’appareils ont déjà été proposés, remplissant bien les conditions, mais occasionnant une dépense hors de proportion avec le chauffage obtenu.
- Ce chauffage semble devenu pratique, si l’on en croit les expériences de MM. Fernand Le Roy et Victor Bidet. Ces ingénieurs se sont proposé d’utiliser le matériel actuel de cuisine et de chauffage ; c’est déjà un avantage au point de vue des cordons-bleus un peu routiniers, car ils seront moins enclins à l'opposition.
- La source de chaleur est appelée par les inventeurs la bûche électrique, mot bien gros pour un petit bâton de silicium graphitoïde ayant 10 cm de longueur et de 40 à 50 mm- de section. Intercalée dans le circuit même de l’éclairage, c'est-à-dire mise en dérivation sur les bornes présentant une différence de 100 ou 110 volts, la bûche s’échauffe immédiatement jusqu'à 800 ou loocf C.
- On place une série de ces bûches dans un fourneau ordinaire comme on y dépose une rampe à gaz, et on règle la température en augmentant ou diminuant le nombre des bûchettes traversées par le courant. Placées dans un poêle, dans une cheminée d’appartement, elles donnent l'illusion agréable du feu.
- Les inventeurs ont perfectionné ces bûchettes en les enfermant dans des petits tubes de verre et faisant le vide dans ces ampoules; et nous voici revenus ainsi au chauffage par la lampe à incandescence.
- Décapage électrolytique des fers forgés.— Les .écailles d’oxyde magnétique qui se forment à la surface du fer pendant le forgeage sont, à cause de leur grande adhérence au fer sous-jacent, extrêmement difficiles à enlever. Le procédé ordi-
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- nairement suivi consiste à laisser la pièce à décaper dans une solution contenant i partie d'acide sulfurique ou chlorhydrique et 10 parties d’eau pendant un temps variant de 2 à 24 heures suivant l'état de la pièce. Ce procédé est long et coûteux; aussi a-t-on cherché à le perfectionner en utilisant l'élcctrolyse. Les premiers essais furent faits en prenant la pièce à décaper comme anode dans un bain acide; malheureusement le décapage s'effectuait irrégulièrement, le fer non protégé par les écailles d'oxyde magnétique étant plus rapidement attaqué que le reste. M. Sherard Cowper-Coles est parvenu à surmonter cette difficulté en prenant la pièce successivement comme anode et comme cathode.
- L'appareil imagincdansce but par l'auteur etque décrit The Electrical Review du 12 janvier, se compose d’un grand bac rectangulaire doublé de plomb contenant le bain acide dans lequel sont plongés les objets à décaper, suspendus à des tiges métalliques mises en communication tantôt avec lun, tantôt avec l'autre des pôles d’une source d'électricité. Au fond du bac débouche un tuyau amenant de la vapeur destinée à élever la température a un degré convenable pour activer le décapage. Un agitateur renouvelle constamment le liquide en contact avec les pièces. Enfin un faux fond placé à quelque distance de ces pièces reçoit les écailles qui s'en détachent; de temps à autre on soulève ce faux fond et l'on enlève du bain l’oxyde déposé , évitant ainsi une perte inutile d'acide.
- Dans un autre appareil, le liquide, mis en circulation au moyen de pompes, passe de la cuve à décapage dans une chambre doublée de plomb où sont de puissants électro-aimants qui arrêtent au passage l'oxyde magnétique et purifient ainsi l’électrolyte avant son retour dans le-bain de décapage.
- En Amérique on a fait des essais avec un procédé un peu différent ; les objets à décaper constituent les cathodes, des plaques de fer ordinaire servant d'anodes; l'électrolyte est une dissolution de sulfate de sodium ou de l’acide sulfurique étendu; l'hydrogène mis en liberté sur la surface des objets réduit la couche d’oxyde.
- Dans d’autres essais on a tenté d’enlever la couche d’oxyde en soumettant les plaques à décaper à l'action de puissants électro-aimants, après les avoir plongés pendant quelques instants dans un bain acide.
- Il semble donc résulter de ces renseignements que la question n’est pas encore complètement résolue, mais que l’électricité paraît capable d'en fournir la solution. H. B.
- Station centrale de Hartford (États-Unis). — La Compagnie électrique de Hartford possède actuellement une des plus importantes installations de force et de lumière.
- L’énergie est produite à 17,4 km de la ville par un barrage sur la rivière Farmington. La digue qui permet d'obtenir la chute nécessaire est construite eu granit et a une hauteur de 7 m.
- Les 8 turbines de la station de Farmington River sont du type Cormick et Rodney Hunt, avec régulateur système Lombard. Elles sont horizontales, montées par couple sur un axe, et leur puissance totale est de 1 600 chevaux.
- La station se compose de 2 générateurs à 22 pôles fournissant une puissance de 600 kilowatts, tournant à 325 tours par minutes avec une fréquence de 60 périodes à la seconde. Chaque générateur est relié par 2 courroies à deux des 4 couples de turbines. Le courant produit est triphasé avec une tension de 500 volts aux bornes des générateurs. Ce courant est transformé en courant triphasé à
- 10 000 volts et conduit ainsi jusqu'à 800 m de la station de Pearl Street à Hartford par feeders aériens; à partir delà, les câbles sont disposés sous terre. La perte par ce transport est de 10 p. 100 seulement.
- À la station de Pearl Street, le courant triphasé à 10 000 volts est transformé en courant diphasé à 2400 volts. Ce courant sert à alimenter les alternateurs de la ville, la station d’accumulateurs de State Street et un moteur Westinghouse d’une puissance de 600 kilowatts placé à Pearl Street.
- Le courant d’alimentation de la ville à 2 400 volts est fourni, partie par le courant diphasé provenant des transformateursde Pearl Street et, par suite, dû à l'énergie de la station de Farmington, et partie par le générateur de 600 kilowatts de Pearl Street actionné au moyen d'une machine Cooper-Corliss de 600 chevaux, type eompound à condensation. Le générateur Westinghouse de 600 kilowatts agit donc, soit comme moteur, soit comme générateur. Comme générateur il sert â compléter la puissance aux heures de forte charge ; comme moteur
- 11 peut actionner 2 générateurs de 200 kilowatts chacun, fournissant le courant à l’un des chemins
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- je fer suburbains. Ajoutons que ces 2 générateurs peuvent être aussi actionnés directement par la machine Cooper-Corliss.
- l.e moteur de 600 kilowatts permet, par suite de sa puissance, de faire varier le voltage du système alternatif dans d'assez larges limites, sans qu'il soit besoin de recourir à la station de Farmington. De plus, construit pour développer 2 400 volts, il n'a besoin d'aucun transformateur lorsqu’il sert de générateur.
- Nous avons vu plus haut que le courant de 2 400 volts obtenus à Pearl Street servait en partie à alimenter la station d’accumulateurs de State Street. Celle-ci est une des plus importantes des États-Unis. Le courant diphasé à 2 400 volts est transformé par des transformateurs tournants en courant continu à 240 volts. La batterie d'accumulateurs a été fournie par la Storagc Battery O’ Je Philadelphie; elle se compose de 130 éléments en bois de chêne avec revêtement en plomb, contenant chacun 31 plaques négatives formées de chlorure de plomb et 30 positives du type Planté. Le poids total des éléments est de 300 t ; les dimen-sionspour l'un quelconque sont 0,60X1,50X1,20. La quantité d'acide sulfurique nécessaire pour charger la batterie est de 90 000 kg.
- La batterie est placée en dérivation et sert ainsi Je régulateur du système, aussi bien aux transformateurs qu’aux alternateurs correspondants. La puissance de cette batterie est de 500 chevaux pendant 5 heures; par conséquent, lorsqu'elle est chargée, on peut, en utilisant à la fois la batterie, la puissance hydraulique de Farmington River soit 1 000 chevaux et le générateur de Pearl Street, obtenir une puissance totale d’environ 3 000 che-
- La batterie est chargée aux heures de moindre consommation ,et se décharge au contraire aux heures de forte charge, permettant ainsi d'utiliser toute la force hydraulique de la station de Farrington.
- Câble de protection contre le feu. — Le nouveau câble fabriqué par la Montank multiphase Cable Company à New-York peut servir de protecteur ou plutôt d'avertisseur d’incendie. C’est un câble qui est utilisable pour le téléphone, les sonneries et la transmission des signaux en géné-rah Le noyau contenant ou non un conducteur central en cuivre, est formé de fils fusibles et recouvert d’une couche isolante. Sur celle couche
- sont disposés un certain nombre de conducteurs et letoutest entouré d’une enveloppe protectrice.
- Les fils qui constituentle noyau ce’ntral fondent vers 185“ Ç ; la matière fondue s’écoule à travers l’enveloppe isolante et établit des courts-circuits entre les conducteurs nus, et ce sont ces courts-circuits qui produisent le signal d’alarme.
- Le câble Montank sert d’avertisseur d’incendie et, en même temps, les fils nus soigneusement séparés les uns des autres peuvent constituer un réseau pour annonciateurs.
- L’installation hydro-électrique de Paderne. —
- Cette station appartient à la Société générale italienne, système Edison, elle a été établie pour fournir les 13000 chevaux nécessaires aux services d'éclairage et de fo'rce motrice de Milan. Elle est construite sur les rapides del’Adda près de Paderne.
- Les premiers projets datent de 1890, I.a force utilisée est de T7280 chevaux, ce qui donne en comptant le rendement des turbines à 73 p, 100, 13 000 chevaux environ.
- L’eau est détournée de la rivière, nous dit L'E-lettricisia, dans les environs du pont du chemin de fer de Paderne. Pour la chute, la digue préexistante a été utilisée en disposant au-dessus une fermeture mobile avec cavaliers en fer et vannes de bois système Poirée.
- La surface de l’eau dans le bassin d'admission est à la cote de 180,22 tu, et le niveau du fleuve à la cote de 153,30. Latéralement au bassin est un grand déversoir à gradins formé de ’ 12 énormes saults.
- La prise d'eau est effectuée au moyen de 7 portes avec des vannes de fermeture. Chaque porte correspond à un groupe de moteurs. Mais comme un d'entre eux est toujours en réserve, 6 seulement des portes se trouvent ouvertes pour le maximum de charge de l'usine. L'eau est conduite aux turbines au moyen de 7 tubes d'acier de 2,10 ni de diamètre, d’où elle passe au bassin de décharge et rentre ensuite dans le fleuve par un canal.
- L’édifice où se trouvent les moteurs est presque entièrement construit en ciment ; il comprend la galerie des machines et quelques locaux de service et d'habitation. Une grue électrique construite par la maison Savigliano, capable de supporter 30 tonnes, se meut sur un rebord des murs, on y accède par des escaliers latéraux,
- Les turbines sortent de la maison Riva Monne-
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- ret et Ci0, de Milan, elles ont une puissance de a 160 chevaux ; .elles sont à axe horizontal et couplées, et font 180 tours à la minute. Il y en a 7, une de réserve. Le régulateur est du type Ganz à servomoteur actionné par la pression de l'eau qui fait mouvoir les turbines mêmes.
- A chaque turbine est associée directement un alternateur triphasé Brown Boveri. Cet alternateur de 1 300 kilowatts environ et à induit fixe, l'inducteur tournant à ses pôles disposés en étoile. Le diamètre de la partie, tournante est de 4,20 m. L’alternateur produit directement le courant triphasé à 13 500 volts, aussi l'enveloppe et l’isolement ont-ils été l’objet de précautions spéciales. Chaque alternateur porte, calée sur le même axe, l'excitatrice qui sert à lui seul ; la régulation de l'excitation se fait soit sur le courant principal d’excitation, soit sur le champ’de l'excitatrice.
- Les tableaux ont été disposés particulièrement pour les hautes tensions, ils sont composés d'une carcasse.de fer avec plaques de marbre; toute matière combustible a été exclue de la construction. Les connexions sont toutes en barres rigides et l'isolement complètement en porcelaine.
- Des tableaux, le courant est envoyé.directement sur la ligne de distribution. Celle-ci a 33 km de longueur, son parcours est presque rectiligne, elle se compose de 18 fils de 9 mm; afin de permettre les réparations pendant le fonctionnement de l’usine, la ligne est séparée en deux parties, il y a aussi deux séries de supports métalliques distantes de 2 m environ ; .chaque poteau porte 9 fils, fixés à 0,60 m de distance lés uns des autres ; la distance entre deux poteaux consécutifs est de 60 m,.ce qui en nécessite environ 500.
- A Milan, la ligne, passant derrière le cimetière, arrive directement à l'usine de la Porte Volta ; celle-ci comprend deux parties distinctes : une station transformatrice du courant fourni par l’usine de Paderne et une slalion génératrice à vapeur. Elles sont réglées de façon à fournir un courant unique de 3 600 volts, 42 périodes.
- La station à vapeur est composée de trois groupes de 1 000 chevaux et deux de 200 chevaux. Les trois moteurs de. 1 000 chevaux sont attelés directement sur les dynamos triphasées Brown-Bovers.
- Actuellement cette station à vapeur assure l’alimentation du réseau des tramways, d’une partie de l’éclairage électrique et de la distribution de force.
- Les courants engendrés par ces alternateurs et Ceux des secondaires des transformateurs pourront
- être réunis en parallèles sur les mêmes barres collectrices lorsque l’usine hydroélectrique sera achevée. Des collecteurs partiront les courants dans les différentes direcîionset pour les services suivants •
- i° Alimentation de la distribution d’énergie, de force motrice et de lumière dans la partie périphérique de Milan. Le réseau primaire correspondant sera à 4 600 volts et entièrement souterrain ; de nombreuses sous-stations seront établies pour réduire la tension à 150 volts de façon à alimenter les réseaux secondaires également souterrains.
- 2" Alimentation du service de traction. Celle-ci se faisant par courant continu, on a recours aux transformateurs tournants; Cette transformation est effectuée dans la nouvelle station de Sainte-Radegonde. Deux moteurs triphasés synchrones à 3 600 volts actionneront deux dynamos Thomson-Houston de soo kilowatts chacune à 500 volts. D’autres groupes seront ajoutés par la suite.
- 3° Alimentation de l’éclairage de l’ancien réseau à courant continu. Encore ici on-emploie les transformateurs tournants, ils sont installés aussi dans la station de Sainte-Ranegonde et comprennent un moteur synchrone de 223 kilowatts et un asynchrone de 60 kilowatts. Le courant fourni est à 115 volts.
- La station de la Porte Volta fonctionne déjà et les travaux de la station de Paderne sont assez avancés pour que l’on puisse espérer commencer l’exploitation au printemps prochain.
- Carbonisation électrique de la tourbe. — P. Jfbsex indique dans La Revue Industrielle un procédé de carbonisation de la tourbe qui permet de chauffer uniformément la masse aussi bien à l’intérieur-qu'à l’extérieur et de réduire la durée de l’opération.
- La tourbe est placée dans des cornues de fonte pouvant basculer autour de tourillons. L'intérieur des cornues est revêtu d’une couche mauvaise conductrice de l’clectricité, par exemple de l'amiante, dans cette couche se trouve enroulé en spirale un fil de fer qui constitue une résistance sur un circuit relié aux tourillons de la cornue. Un autre fil enroulé en spirale dans une masse d’amiante est disposé au centre et rend réchauffement uniforme. La température extérieure des cornues ne s'élève pas sensiblemenr. On peut encore laisser les fils à nu en contact direct avec la tourbe.
- Le Gérant : G. NAUL-
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- XIV.
- Samedi 19 Févrie
- 5« Ai
- — N" 8.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l’Institut. — A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — D. MONNIER, Professeur à l’École centrale des Arts et Manufactures, — H. POINCARÉ, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER. Professeur à l'École des Mines, Membre de l'Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- LE CALCUL GRAPHIQUE DES COURANTS ALTERNATIFS INDUSTRIELS
- L’emploi des méthodes graphiques pour la représentation et le calcul des courants alternatifs tend à se vulgariser de plus en plus. Malheureusement, il faut reconnaître quenombre d’auteurs, soit parnégligence, soit que les notions traitées leur sont très familières, n’apportent pas à ces constructions toute la rigueur, qui serait nécessaire pour en faire une méthode vraiment scientifique. C’est ainsi que la question des signes des forces électromotrices est trop souvent laissée de côté ou envisagée d’une façon erronée.
- Il serait, en outre, tout a fait désirable de voir adopter pour ces constructions des notations uniformes, qui faciliteraient beaucoup la lecture des mémoires aux débutants.
- 11 en résulterait au point de vue didactique tous les avantages qui ont été la conséquence de l’unification des notations électriques, unification à laquelle a contribué, tout particulièrement M. Hospitalier parla publication de son excellent formulaire si répandu dans E monde électrotechnique.
- C’est ce point de vue spécial qui nous a engagé à résumer aussi brièvement que possible les principes de la méthode graphique de calcul des courants alternatifs. Les pages qui suivent ne s’adressent donc pas aux auteurs
- expérimentés dont les nombreux et remarquables travaux ont paru dans celte Revue, mais à tous ceux qui désirent s’initier rapidement à l’ctude de ces ingénieuses méthodes.
- Les avantages que présentent les méthodes graphiques en général, au point de vue des applications, ne sont plus à démontrer. Ces méthodes offrent le plus souvent une grande rapidité de calcul, mais surtout se prêtent particulièrement bien à la vérification des résultats. Dans bien des cas, en effet, les erreurs apparaissent plus aisément à l’inspection d’un graphique qu’au vu d’une formule souvent compliquée.
- Aussi peut-on affirmer, a l’heure actuelle, que les méthodes graphiques dont le développement va toujours grandissant sont appelées a jouer dans la technique des courants alternatifs un rôle capital par la simplification et la rapidité qu’elles introduisent dans les calculs.
- On ne peut mieux comparer l’importance qui résulte de l’emploi de ces méthodes en électrotechnique, qu’aux avantages immenses que la statique graphique a introduits par exemple dans la technique des constructions en fer dont elle a favorisé le développement dans une large mesure et dont la tour Eiffel,
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE t.xiv.-n°8.
- malgré son apparente inutilité, est comme la consécration grandiose.
- historique
- L’idée de résoudre les problèmes relatifs aux courants alternatifs, au moyen de constructions graphiques rapides, à la portée des ingénieurs, semble avoir germé en Angleterre le pays où la méthode d’enseignement est peut-être la moins précise, mais où la routine a, par cela même, moins d’inertie et où l’originalité scientifique est certainement très grande.
- Je crois donc ne faire de tort à personne en disant que c’est M. Blakesley, professeur à Greenwich, qui peut être considéré comme l’initiateur de la méthode graphique de représentation des courants alternatifs par les vecteurs tournants (').
- L’opuscule dans lequel ce savant réunit ses divers travaux relatifs au calcul des courants alternatifs ne constituait pas un traité méthodique, mais il fut néanmoins très remarqué et eut l’honneur d’être traduit en français par l’ingénieur bien connu W.-C. Rechniewski qui fut frappé de la fécondité de ces méthodes.
- Ce n’est que plus tard, en 1892, que deux professeurs américains, MM. F. Bedell et A.-C.Créhore, publièrent un premier traité (*), présentant un ensemble à peu près complet, et indiquèrent les principes et les démonstrations qui devaient être à la base de ces constructions graphiques. Afin de montrer plus clairement les relations qui existent entre la méthode anah'tique et la méthode graphique, l’ouvrage était divisé en deux parties : l’une analytique, l’autre graphique, et les mêmes catégories de problèmes se
- (>) Si M. Blakesley peut, avec raison, être considéré comme l’initiateur de ces méthodes, il est juste de dire qu’avant lui Fresnel en avait en quelque sorte indiqué la base, en composant graphiquement les vibrations de lumière polarisée. L’étude de la composition des vibrations de direction différentes, faite par Fresnel, laisse même entrevoir un certain nombre des propriétés propres aux champs tournants.
- Étude analytique et graphique des courants alternatifs.
- trouvaient ainsi traitées simultanément par les deux méthodes.
- Ce traité, qui ne tarda pas à être traduit en français et en allemand, eut un grand succès et fut rapidement épuisé. Malheureusement, il était purement théorique. Les auteurs n’y faisaient, pour ainsi dire, mention d’aucune application industrielle ; il ne comprenait que l’étude des circuits électriques, et les phénomènes d’induction mutuelle d’une importance capitale, au point de vue des applications, n’étaient pas même mentionnés'1).
- Néanmoins les électrotechniciens s’emparèrent de ces méthodes pour les appliquer aux calculs industriels ; ils les appliquèrent tant bien que mal à l’étude des courants polyphasés, à celle des transformateurs et des dynamos, cherchant à les adapter aux notions qui leur étaient familières, telles que le circuit magnétique, le flux d’induction, les ampère-tours, etc., de sorte qu’à l’heure actuelle la méthode graphique des vecteurs tournants comprend et traite des problèmes dans tous les domaines de l’électrotechnique. Elle s’est même généralisée à tel point, qu’il n’est guère possible d’ouvrir une revue d'électrotechnique sans rencontrer ces constructions graphiques.
- Parmi les auteurs qui ont le plus contribué au développement de ces méthodes, il faut citer MM. Blakesley, Ferraris, Guilbert, Kapp, Bedell, Crehore, Legrand, Steinmetz et bien d’autres, et surtout M. A. Blondel, dont les études magistrales sur la synchronisation des alternateurs, les moteurs à champ tournant et l’inductance des lignes aériennes, sont en quelque sorte devenues classiques.
- HYPOTHÈSES SI M P 1.1 FI C A TI VE S
- Si l’on ne veut pas s’exposer à vouloir retirer de la méthode des vecteurs plus qu’ellene peut donner, il n’est pas inutile de rappeler
- (*) Il est juste de dire que cette la. par les auteurs eux-mêmes, dans parurent dans diverses revues et dan The principtes oj the transformer.
- ï fut comblée depuis : série d’articles q«* livre de M. Bedell.
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- les hypothèses simplificatives qui sont à sa base.
- Bien que ces hypothèses ne soient pas toujours rigoureusement vérifiées dans la pratique, elles s’cn rapprochent suffisamment pour rendre les calculs basés sur elles, assez approchés pour être utiles.
- Ces hypothèses sont les suivantes :
- in Dans la plupart des cas, et sauf quelques rares exceptions, on suppose que les forces électromotrices, les intensités, les jlux alternatifs peuvent être représentés par des fonctions périodiques simples du temps de la forme
- r=2,2si„(4y± 0).
- y représentant la valeur instantanée de la fonction ;
- ±9/ sa valeur maximum ou minimum;
- T la durée de la période;
- ±6 une constante dépendant du choix de l’origine du temps t
- En posant ~ w l’expression prend la forme plus simple.
- y = g/ sin («t ± 0)
- Cette supposition est, comme on sait, vérifiée d’une façon satisfaisante dans la plupart des cas de la pratique, les courbes représentatives des forces électromotrices des machines différant en général peu de la sinusoïde.
- Toutefois, lorsqu’une force électromotrice ou une intensité ne peut être rigoureusement représentée par une fonction périodique simple, on peut le plus souvent ramener le problème au cas précédent en ayant recours à la notion de la sinusoïde équivalente que nous définirons plus loin. Les résultats obtenus par cette méthode seront, dans la plupart ^es cas, ou absolument rigoureux ou suffisamment approchés pour les besoins de la pratique.
- ^ tel n’était pas le cas, il faudrait, alors en vertu d’un théorème de Fourrier, considé- I rer la force électromotrice ou l’intensité |
- comme une somme de fonctions périodiques simples de la forme
- r = sia(^r~ + e<)+ &sin (Jtri+I>’)+ -
- Il est alors théoriquement possible d'effectuer séparément les calculs et les constructions graphiques relatives à chacune des composantes sinusoïdales, et de combiner pour un instant quelconque les résultats obtenus par ces diverses constructions. Mais dans ce cas, la méthode graphique en se compliquant perd son principal avantage qui est de fournir rapidement des renseignements approchés.
- 20 En envisageant des forces électromo-trices et des intensités toujours sinusoïdales, la méthode suppose le régime permanent atteint; elle ne tient, par conséquent, aucun compte des phénomènes qui accompagnent l’introduction brusque des forces électro-motrices ainsi que l’établissement ou l’interruption du courant. Mais ces phénomènes, qui ne peuvent être étudiés que par la résolution complète des équations différentielles représentant le régime variable, sont d’importance secondaire au point de vue pratique ; d’ailleurs, ils ne sont appréciables que pendant un temps généralement très court.
- 3° La méthode graphique ne s’applique, cela va sans dire, qu’aux alternances relativement lentes, telles qu’on les rencontre généralement dans l’industrie (éclairage, transport de force et même téléphonie).
- Elle suppose aussi la résistance invariable et ne tient aucun compte des phénomènes de répartition inégale du courant à l’intérieur d’un conducteur. Ces phénomènes peuvent néanmoins être pris en considération à la condition de choisir pour les résistances et les coefficients de self-induction des valeurs fictives apparentes.
- 4° Lorsque les circuits renferment de la capacité, cette dernière est toujours supposée constante et localisée dans certaines portions du circuit (condensateurs). Les phénomènes complexes résultant d’une capacité unifor-
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- mément répartie le long d’une ligne, ne rentrent plus dans le domaine de la méthode des vecteurs tournants. Cette catégorie de problèmes ne peut, comme on sait, être traitée avec exactitude qu’en résolvant l’équation aux différentielles partielles du régime variable. Néanmoins, la méthode graphique peut fournir, dans bien des cas, une solution rapide et approchée de ce genre de problèmes.
- 5° Les coefficients de self-induction et induction mutuelle sont également supposés constants, ou tout au moins constants daris chaque cas particulier, tant qu’il s’agit de circuits immobiles et indéformables.
- Ceci revient à supposer que la perméabilité du fer ou des substances magnétiques employées à la construction des appareils est elle-même constante dans chaque cas particulier, ce qui n’est sensiblement vrai que si ces corps se trouvent suffisamment éloignés de leur point de saturation magnétique.
- 6° Enfin Vunité de temps (seconde), est toujours supposée renfermer un nombre exact de périodes, la fréquence des courants alternatifs industriels étant généralement un nombre assez grand pour permettre sans erreur appréciable cette supposition.
- Telles sont les simplifications qui étendent considérablement le champ d’investigation de la méthode graphique.
- Le but de cette étude étant de montrer quels sont les points qu’il serait particulièrement désirable de voir unifier au point de vue didactique, qu’il me soit permis de résumer aussi brièvement que possible le principe de la méthode graphique.
- REPRÉSENTATION D’UNE FONCTION PÉRIODIQUE
- SIMPLE AU MOYEN D’UN VECTEUR TOURNANT
- Soit une fonction périodique simple représentant une force électromotrice.
- Cette force électromotrice est susceptible d’une représentation graphique qui la rend
- particulièrement utile au calcul dans un grand nombre de cas.
- Que l’on suppose une droite OA de longueur ô, tournant avec une vitesse uniforme dansle sens inversedes aiguilles d’une montre autour du point O (fig. 1), sa projection ÜP
- Fig. 1.
- sur une droite fixe BB' représentera successivement les valeurs de la force électromotrice e aux différents instants.
- A cet effet, nous considérerons la direction B'B de la droite fixe comme positive, la direction BB' comme négative, et nous admettrons, comme sens positif de rotation, le sens inverse des aiguilles d’une montre, sens dans lequel il est d’usage le plus souvent de compter les angles.
- Positions de la droite correspondant aux valeurs nulles maxima et minima de la force électromotrice. — i° Les positions OH et OH' de la droite OA correspondent aux instants où la force électromotrice s’annule. Dans le premier cas, elle s’annule en passant d’une valeur négative à une valeur positive ; dans le second, en passant d’une valeur positive à une valeur négative.
- i° Le trajet HBH' correspond aux valeurs positives de la force électromotrice qui atteint sa valeur maxima + S lorsque la droite OA passe par la position OB.
- 3° Ln trajet H'B'H correspond aux valeurs négatives de la force électromotrice, qui atteint sa valeur minima — S lorsque la droite OA se confond avec OB'.
- 4° La longueur de la droite OA = S représente donc Yamplitude de la force électro-motrice périodique.
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- 5° Le temps que la droite représentative OA met à effectuer une révolution complète autour du point O correspond à la durée T de la période.
- 6° Le nombre de révolutions ou de périodes que la droite effectue dans l’unité de temps (seconde), c’est-à-dire se nomme la fréquence \ on la désigne par ?i, n étant toujours un nombre entier exact.
- 7° Si T est la durée d’une révolution, la vitesse angulaire de la droite représentative sera donc w - -4E- — 2-n.
- 8° Enfin pour définir complètement la force électromotrice périodique simple, il faut connaître sa valeur à l’origine du temps.
- Dans la représentation graphique adoptée, il faudra donc connaître la position de la droite mobile à l’instant zéro.
- Cette position est donnée par l’angle que fait la droite OA avec la droite OH à l’instant zéro. Cet angle se nomme angle d'avance ou de retard.
- Dans la figure i, si la droite mobile occupe la position OA à l'instant zéro, -h 9 sera l’angle d'avance compté positivement à partir de OH dans le sens positif de rotation.
- Il serait — 0 si la droite occupait la position ÔA' à l’instant zéro. L’angle — 0 se nomme alors angle de retard.
- 9° Nous appelons phase la fraction de circonférence déjà parcourue à un instant donné. La phase sera donc représentée par (wf -j- 0) ; tandis que l'on appellera époque l’instant correspondant à une position déterminée.
- Autant que possible, on fera coïncider l’origine du temps avec l’instant où la droite OA occupe la position OH; dans ce cas la force électromotrice devient comme on sait
- et l’angle d’avance ou de retard 9 est nul..
- En résumé et d’une façon générale, une fonction périodique simple peut être représentée à chaque instant par la projection sur Une droite fixe d’un vecteur tournant avec Une vitesse angulaire uniforme w.
- 1 II en résulte que les forces électromo-j trices (e), les intensités (/), les charges des I condensateurs (#)et même les flux de forces (ç), les ampères-tours (N/), les forces magnéto-motrices alternatives, qui sont aussi des fonctions périodiques simples du temps, pourront être représentés d’une façon analogue par des vecteurs tournants.
- Une première unification qui semble désirable, serait de voir les auteurs adopter autant que possible le même sens positif de rotation, le sens inverse des aiguilles d’une montre, par exemple, qui est celui dans lequel il est d’usage de compter les angles.
- Il conviendrait peut-être d’adopter également les minuscules pour désigner les valeurs instantanées des diverses quantités par exemple : i, e, », N/, etc.
- Les valeurs maxima que l’on a assez rarement à considérer, sauf peut-être en ce qui concerne les flux d’induction, pourraient être représentées par des majuscules : S S <I> £8 au lieu de
- E0 ï„ 'l’a B0 OU Emax Irnax ‘f'max. ..
- Tandis que les valeurs efficaces qui sont les plus usitées — puisque ce sont elles que fournissent les principaux instruments de mesure (ampèremètre et voltmètre) — seraient en même temps exprimées aussi brièvement que possible, par E, I, etc., au lieu des notations trop lourdes de Eeff, Ieir souvent em-ployées (‘).
- Cette simplification de notation, adoptée d’ailleurs par quelques auteurs, a d’autant plus sa raison d’être,que pratiquementles diagrammes de fonctionnement sont presque toujours construits à l’aide des valeurs efficaces.
- Qu’on nous pardonne cette digression élémentaire, dont le but est, comme je l’ai dit, purement didactique.
- (A suivre.)
- Ch.-Eug. Guyk,
- metz désignent les valeurs efficaces par E, I, etc. pour les distinguer des valeurs maxima, ou des valeurs relatives au
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- SUR LA DÉCHARGE PAR ÉTINCELLE
- M. Jaumann vient de publier dans le numéro de novembre 1897 des Wîedemanns Annalen (’) une réponse à notre travail sur les potentiels explosifs statique et dynamique (à) ;je me propose de la discuter.
- Le principe de l’égalité des potentiels explosifs statique et dynamique d’un excitateur a pour conséquence immédiate la proposition suivante vérifiable par l’expérience : Si deux excitateurs différents ont même potentiel explosif statique, ils ont aussi même potentiel explosif dynamique. Détruire cette conséquence, c’est détruire le principe lui-même : c'est le but poursuivi par M. Jaumann.
- Nous avons vérifie la proposition précédente par de nombreuses expériences avec des excitateurs à pôles identiques, mais de courbure très differente, soigneusement polis et placés à l’abri des radiations ultra-violettes, seul cas où la proposition est justifiée (3).
- M. Jaumann avait réalisé en 1888 une expérience analogue (*) ; il la reprend aujourd’hui en évitant l’action de la lumière ultraviolette et retrouve son premier résultat qui semble a priori contredire notre proposition et vérifier la loi de décharge qu’il essaye d’établir.
- I. Expérience de dérivation de M. Jaumann.
- « On dérive la décharge d’une machine à influence J entre deux excitateurs e,E, ct<?,Es identiques entre eux, mais dont les pôles ont des courbures différentes; les pôles e^ et
- I1) Zu den Bemerkungen von H» Swyngedauw über elektrische Etnladung. Wied. Ann., 1897, t. LXII, p. 396.
- (2) Thèses de la Faculté des sciences de Faris (mai 1897). L'Éclairage Électrique, t. XI, mai-juin, 1897.
- (3) Thèse, loc. rit. p. 26. L’Éclairage Électrique, r. XI, P- 433-
- (4) Sit{. Ber. àer Ahaà. àer Wiss. Vi Wicn, 1888, XCVII, p. 788.
- ont meme rayon (0,5 mm à 5. mm), les pôles E, et E, ont un rayon plus grand (supérieur à 15 mm). Les conducteurs qui unissent les pôles de la machine aux points de bifurca-cationt»,, v3 sont interrompus par de petites étincelles de 1 mm de long en /, et f3 (fig. 1),
- « Les distances explosives ex E, et e3 Es ont environ un centimètre ; on les égalise en mettant la machine en activité d’une façon continue et faisant en sorte que les étincelles passent avec la même fréquence par et E, et <?2 E2. Les divers conducteurs sont soigneusement isolés.
- « Si dans ces conditions on fait communiquer l’armature interne d’une petite bouteille de Lcyde (de 30 cm de capacité) avec un point quelconque du conducteur/^ j ^ , l’armature externe étant au sol, la décharge passe exclusivement par l’excitateur ea E4, on n’observe ni étincelle ni aigrette en ei E,.
- « Si on fait communiquer l’armature interne de la bouteille avec un point quelconque du conducteur ft 24 la décharge passe exclusivement par Et. Si on touche ces conducteurs avec la main, on observe des effets analogues et plus intenses.
- « La forme et la longueur des conducteurs bifurques n’ont aucune influence ; l’expérience réussit même quand on protège l’excitateur contre la lumière ultra-violette des étincelles voisines. »
- Si l’on fait abstraction d’une propriété dont nous parlerons plus loin et qui avait échappé à M. Jaumann, il faut conclure avec ce dernier que la décharge par étincelle n’est pas
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- déterminée uniquement par les propriétés statiques de l’excitateur (forme des pôles, diélectrique, etc.) ; les expériences précédentes doivent s’expliquer comme suit : par la mise en contact du conducteur bifurqué f vl | ^ avec la main ou avec la bouteille, les brusques variations de potentiel sont supprimées sur les pôles e, E2, mais elles subsistent sur les pôles e2 E,; ces variations exercent une diminution de potentiel explosif d’autant plus grande qu’elles ont lieu sur les pôles de plus petites dimensions ; par conséquent, le potentiel explosif de E2 primitivement égal à celui de e, Ë„ sera plus petit que ce dernier quand on mettra f | ^ en communication avec le sol (*).
- Pour donner une idée de la grandeur de ces effets, M. Jaumann fait les deux expériences suivantes:
- « Première expérience accessoire. — Quand on éclaire fortement l’excitateur ei E, par la lumière ultra-violette, la décharge y passe de préférence; mais si en même temps on touche de la main le conducteur/, a, \ e£ ,1a décharge passe immédiatement par es Es et s’y maintient aussi longtemps que dure le contact, quoique et E» ne soit pas éclairé par les radiations ultra-violettes. L’action du contact avec la main (la diminution de l’amplitude des ondes électriques envoyées par la machine aux excitateurs e, E, et e2 Eâ) est donc beaucoup plus forte que l’action de la lumière ultra-violette.
- » Deuxième expérience accessoire. — On choisit les rayons de courbure de el et e% suffisamment petits pour qu’ils laissent échapper une aigrette ou une effluve, et on égalise les potentiels explosifs de £,E, et eâE2 comme précédemment ; si alors on rapproche e, K, d’une quantité très faible pour que l’aigrette passe uniquement sur l’excitateur e*E3ne livrant passage à aucune décharge
- en touchant le conducteur/ avec l’ar-
- mature interne de la bouteille de Lcyde comme précédemment, immédiatement l’aigrette abandonne ei pour se porter sur e2, et cela dure aussi longtemps que le contact. L’action de la petite bouteille de Leyde est donc plus grande que réchauffement et l’éclairement par l’aigrette. »
- înterprélation des expériences précédentes. — Si notre proposition (est vraie, pour que la décharge passe plutôt par un excitateur que par un autre, il faut que le potentiel explosif statique de l’un soit plus petit que celui de l’autre. C’est en effet ce que l’expérience démontre.
- Le potentiel explosif d'un excitateur dissymétrique à pâles de courbure inégale change suivant qu'on met au sol le pôle de plus petit ou de plus grand rayon de courbure, le signe de Vélectrisation de chaque pôle l'estant le même ; il est le plus petit dans le cas où le plus grand pôle est au sol.
- Voici quelques expériences démontrant ces faits. Les excitateurs sont chargés lentement avec une machine électrostatique et en communication avec les armatures d’une bouteille de Leyde etl’électromôtrede MM. Bichat et Blondlot; les potentiels sont évalués en unités électrostatiques G. G. S.
- i° Excitateur formé de sphères, l’une de i cm, l’autre de 4 cm de diamètre ; distance
- explosive 1 cm.
- Grosse sphère au sol chargée — . 77,8
- Petite sphère au sol.......... 81,8
- 20 Sphère de 0,3 cm et de 4 cm de diamètre ; distance explosive 0,7 cm.
- Grosse sphère au sol chargée+. 39,5 Petite sphère au sol..... 41,1
- Cette proposition que nous croyions nouvelle a été surabondamment démontrée par M. Heydweiler ('). Elle explique complètement les expériences de M. Jaumann.
- IhSi'fç. Ber. \oc. cit. p. 788.
- P) Wieà. Ann., t. XLVÜI. p. 232.
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- Si on touche avec la main le conducteur f pi |^ ,( l’excitateur a sa petite
- sphère au sol ; l'excitateur et Eî? identique au premier, a sa grande sphère au sol ; comme les distances explosives des deux sont les mêmes, le potentiel explosif de et E, est plus petit que celui de e, E„ la décharge passera exclusivement pare2 E,2; pour la même raison quand on touchera avec la main le conducteur f% vi ^ les étincelles passeront exclusivement par el E,.
- Dans le cas où les excitateurs n’émettent pas d’effluve ni d’aigrette, on réussit aussi bien l’expérience en supprimant les petites étincelles ea/, /s et en chargeant lentement par la méthode statique; dans le cas où les excitateurs émettent des effluves, les étincelles f sont nécessaires pour permettre l’arrivée d’une quantité d’électricité suffisante pour produire la décharge brusque par étincelle. Bref, Vexpérience de M. Jaumann est une nouvelle preuve en faveur de la proposition que combat son auteur.
- L’explication précédente rend compte de toutes les particularités de l’expérience.
- i° La longueur et la forme des bifurcations n’ont aucune influence.
- 2° D’après les expériences précédentes, on conçoit qu’il puisse y avoir égalité des potentiels explosifs de a, E, et de esE8 lorsqu’on laisse tous les conducteurs isolés ; suivant les hasards des circonstances, le potentiel explosif de <?, E, sera inférieur ou supérieur à celui de et E2, suivant que la boule Et aura un potentiel plus ou moins voisin du potentiel du sol, et la décharge passera donc tantôt par e,E,, tantôt par etEt.
- 3° Les quantités d’électricité positive et négative fournies par une machine électrostatique étant sensiblement égales si on met l’armature interne d’une petite bouteille de Leyde dont l’armature externe est au sol en communication avec le conducteur^ v{ ; le conducteur f vt n’étant pas muni de condensateur, les pôles Es e, sont beaucoup plus voisins du potentiel du sol que les pôles
- E, de sorte que le potentiel explosif de e* E, sera plus petit que celui de et E, et la décharge passera par e3 E2. La différence des deux potentiels explosifs est plus petite que si on met directement le conducteur f directement au sol. s
- 4° Les expériences accessoires montrent que les variations de potentiel explosif dues à la lumière ultra-violette et à réchauffement par les décharges précédentes sont plus petites que celle qui se produit quand on met au sol le pôle de plus grand rayon au lieu de le laisser isolé.
- II
- Dans ce paragraphe, M. Jaumann nous fait remarquer que quoiqu’il ait fait l’expérience précédente en 1888, nous la passions sous silence dans notre travail.
- Dans un article antérieur (*), nous nous étions contentés de réfuter les expériences que nous croyions fondamentales, sans nous attarder à examiner une à une les expériences secondaires ; nous avions donc omis de parler de la précédente; nous réparons cette omission aujourd’hui.
- M. Jaumann attribue les résultats que nous avons obtenus à l’emploi exclusif d’excitateurs symétriques ; nous avons vu plus haut que les résultats sont identiques avec des excitateurs dissymétriques, et les critiques tombent d’elles-mêmes; d’ailleurs, d’après l’idée qui nous faisait agir nous n’avions aucun avantage à employer les excitateurs dissymétriques.
- III. — Excitation de i.a décharge par des
- OSCILLATIONS ÉLECTRIQUES
- D’après M. Jaumann, « des oscillations de force électrique au voisinage d’un excitateur provoquent une diminution du potentiel explosif, mais pour que ces oscillations aient un effet appréciable, il faut que le produit de
- (J) Sur certaines expériences et propositions de M. Jaumann, Éclairage Électrique, n° du 27 mars 1897, t. XI, P- 5-
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- l’amplitude A exprimée en imités électrosta-qucs C. G. S. par le nombre de vibrations par seconde N, soit égal à io'“ environ. »
- L’auteur avait émis cette proposition dans un mémoire précédent (*); il la fondait sur trois exemples pour lesquels il nous donne A et N sans développer les calculs, ou du moins sans les données suffisantes pour contrôler cette opinion. Ces trois exemples sont : t° la lumière ultra-violette pour laquelle A est calculée d’après la théorie de Maxwell ; 20 une expérience de M. Wanka avec les oscillations hertziennes, et 30 une expérience de l’auteur.
- De graves objections militent contre cette proposition.
- i° D’abord, comme l’a fait remarquer M. Poincaré, pourquoi la lumière ultra-violette agit-elle seule sur les potentiels explosifs d’un excitateur en laiton , tandis qu’une lumière visible reste inactive ?
- 20 En ce qui concerne les vibrations hertziennes qu’y a-t-il de surprenantque les vibrations tombant sur un excitateur déchargent ce dernier du moment que celui-ci est chargé à un potentiel très peu inférieur au potentiel explosif statique? n’est-cc pas l’effet d’un vibrateur hertzien de provoquer des oscillations de potentiel aux pôles d’un excitateur, alors même que ce dernier n’est pas en résonance avec lui ?
- 3° De plus, à cet exemple comme à celui qui est emprunté aux expériences de l’auteur lui-même, on peut faire cette objection qu’aucune précaution spéciale n’était prise contre la lumière des effluves, aigrettes ou étincelles qui peuvent échapper des fils pendant la charge.
- D’après M. Jaumann, « les oscillations de la bobine de Ruhmkorff et la décharge principale d’une bouteille de Leyde n’auraient aucun effet parce que le produit AN serait inférieur à io'°, mais les oscillations plus
- (l) Inconstanz des Funkenpotenlialcs. Wied. Ann., t. LV, P-M. — L'Éclairage Électrique, t. VI, p. 137, 18 janvier
- rapides qui se produiraient entre, un pôle de l’excitateur et l’armature qui lui est réunie par un conducteur court et droit auraient un effet sensible. »
- Pour le mettre en évidence, il faudrait charger l’excitateur non par une machine électrostatique (dont la charge ne serait pas statique d’après l’auteur, car elle produirait des oscillations électriques très intenses masquant l’effet que l’on veut démontrer) mais par une méthode de charge statique comme celle que nous décrirons plus loin.
- « L’expérience réussit encoreassezdifficile-ment; elle est plus aisée quand on excite la décharge avec les vibrations hertziennes. Toutes ces expériences sont accompagnées de retards. »
- On peut leur faire des critiques analogues fi celles que l’on vient de faire sur les expériences précédentes.
- Forme plus simple de l’expérience.— Sous ce titre, M. Jaumann décrit une expérience qui est une modification d’une expérience de Hertz {») et qu’il avait présentée, en 1894, à la Société des sciences.
- « Une grosse bouteille de Leyde a ses deux armatures isolées et en communication avec les pôles d’un excitateur par des fils courts, sans solution de continuité.
- On commence par éloigner les pôles de l’excitateur pour charger la bouteille, en enlevant les communications avec la machine, puis on rapproche les pôles à une distance un peu trop grande pour provoquer une étincelle et on touche l’armature isolée avec la main; la décharge par l’excitateur s’effectue en même temps ; cependant, la petite étincelle qui éclate à la main au moment du contact avec l’armature n’éclaire pas l’excitateur. »
- Nous avons essayé de répéter cette expérience à l’aide d’une grosse jarre de ^ de microfarad de capacité, dont les armatures communiquent avec les pôles de 2 cm dedia-
- (‘) Hertz. Untersucbungm überdie Auslteitung der ekktris-çher Kraft, p. 288'
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- 339 L’ÉCLAIRAGE
- mètre d’un -excitateur symétrique par des' fils, de laiton de' 3 mm de diamètre sensiblement rectilignes et longs de 50 à 60 cm; la jarre et l’excitateur sont portés sur des blocs en paraffine ; les armatures interne et externe peuvent être mises en communication avec les cylindres extérieur et intérieur de l’élec-tromètre de MM. Bichat et Blond lot : on charge le système avec une machine de Holtz par des conducteurs qu’on supprime après la charge.
- La déperdition de l’électricité se fait avec assez de lenteur pour permettre de bonnes mesures. En diminuant la distance explosive progressivement et suivant l’indication de J’électromètrc dans la lunette, l’étincelle éclate pour une certaine distance et un certain potentiel. On peut ainsi dresser un tableau des potentiels explosifs en fonction des distances explosives par une méthode de charge statique préconisée par M. Jaumann.
- L’expérience devient alors facile. Après avoir éloigné les pôles de l’excitateur à un potentiel un peu supérieur aux potentiels explosifs que l’on a déterminés, on enlève la communication avec la machine, et au moment où la différence de potentiel entre les pôles est égale au potentiel explosif pour une distance des pôles d, on supprime la communication de l’armature externe avec le sol et le cylindre intérieur de l’électromètre ; 011 amène la distance explosive à la valeur d et on touche avec la main l’armature interne. Si la décharge principale ne s’effectue pas, on diminue progressivement la distance explosive et on touche alternativement avec la main les armatures interne et externe jusqu’à ce que la décharge principale éclate.
- Nous avons fait plus de cent fois cette expérience et jamais l’étincelle principale ne s’est produite au moment du contact de la main avec l’armature isolée, elle a toujours éclaté par une diminution de distance explosive; et dans bien des cas si la diminution de potentiel explosif due à la variation brusque des potentiels avait été de ---, l’étincelle
- ÉLECTRIQUE
- tiréeà la main et l’étincelle principale auraient été simultanées.
- D’après le compte rendu de l’expérience donné par M. Jaumann, la réussite semble très facile et certaine, puisqu’il ne donne aucune indication sur les conditions dans lesquelles il faut se placer pour obtenir ce résultat. Il est donc regrettable de n’avoir pas les données suffisantes pour discuterou répéter une expérience qui semblerait tour à fait décisive.
- Quoi qu’il en soit, nous présenterons ici quelques observations qui pourraient rendre compte du résultat de M. Jaumann.
- i° Il faut que' l’excitateur soit placé non seulement à l’abri de l’étincelle secondaire, mais encore de tout effluve ou aigrette qui pourrait s’échapper d’un corps électrisé par l’approche du corps humain.
- 20 Si l’excitateur emplové est dissymétrique, on conçoit' qu’èn intervertissant la communication des pôles avec le sol, 011 puisse changer le potentiel explosif dans dés proportions suffisamment grandes pour décharger l’excitateur.
- 3° Enfin il est encore possible que l’excitateur étant placé à une faible distance de la jarre, le changement de potentiel de l’armature extérieure voisine modifie le champ de l’excitateur et diminue le potentiel explosif.
- I.A CHARGE STATIQUE d’un EXCITA’IEUR. —
- D’aprèsM. Jaumann, la charge parla machine électrostatique n’est pas une charge, statique, c’est-à-dire une charge où l’clectricité peut ctre considérée comme en équilibre à chaque instant, la machine à influence produirait des oscillations électriques d’amplitude considérable et de durée très courte sur les pôles de l’excitateur pour lesquelles le produit AN surpasserait de beaucoup io,0,et le potentiel explosif mesuré en chargeant l’excitateur par une machine à influence, serait, conformément à ses idées, de beaucoup inférieur an potentiel explosif mesuré par les méthodes statiques qu’il préconise.
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- M. Jaumann a publié des expériences semblant démontrer ces faits (J).
- Nous avons voulu nous renseigner sur ce point et avons mesuré le potentiel explosif d'un même excitateur par la méthode électrostatique et les méthodes employées par M. Jaumann.
- Première méthode. — On met les pôles-d’un excitateur en communication respectivement avec les armatures d’un condensateur plan chargé dont on éloigne lentement les armatures ; la différence de potentiel croît lentement jusqu’à ce que l’étincelle éclate ; en somme, on augmente le potentiel suivant la méthode employée par Volta. Dans nos expériences, le plateau inférieur d’un condensateur plan communique avec le cylindre extérieur d’un électromètre de MM. Richat et Blondlot, dont le cylindre intérieur communique avec le sol ; le plateau supérieur communique aussi avec le sol et peut se soulever lentement en enroulant sur un petit treuil la corde qui le supporte en passant sur une poulie.
- Deuxième méthode. —On charge un excitateur à un potentiel constant et on diminue progressivement sa distance explosive jusqu’à ce que l’étincelle éclate, comme le faisait Warren de la Rue. Dans nos expériences, les pôles de l’excitateur sont réunis aux cylindres extérieur et intérieur de l’électromètre dont on suit l’indication dans la lunette.
- Troisième méthode.— Les pôles de l’excitateur sont unis respectivement aux cylindres de l’électromètre et aux armatures d’une grande jarre de —1— de microfarad environ, on charge lentement, de façon que le cylindre mobile monte avec une lenteur suffisante pour qu’on puisse considérer la position occupée comme très voisine de la position d’équilibre. Dans nos expériences, la charge dure environ une minute.
- . Dans les expériences suivantes, les poten-
- tiels sont donnés en imités électrostatiques
- C. G. S.
- Premier exemple. — Excitateur à sphères de i mm de diamètre ; distance explosive, 4 mm.
- La première et la troisième méthodes donnent identiquement le même potentiel explosif, 33,5 ; l'expérience est répétée plusieurs fois de suite, on retrouve constamment et par chaque méthode, 33,5, avec une précision de —— environ.
- Deuxième exemple. — Excitateur à pôles de 2 cm de diamètre ; distance explosive, 2,go mm.
- La deuxième et la troisième méthodes donnent encore le même résultat et, à plusieurs reprises différentes, 34,7.
- Troisième exemple. — M. Jaumann croyant que cet effet est très sensible pour les distances explosives très petites, nous avons opéré avec un excitateur à pôles de 1 mm de diamètre ; distance explosive, 0,8 mm.
- On trouve, par la première et la troisième méthode, 12 ; les résultats des expériences faites avec chaque méthode sont concordants à — près ; la moyenne des résultats donnés par les deux méthodes est la même.
- La conclusion de ces expériences est donc ou que la charge par la machine électrostatique est une charge statique au même titre que les deux autres ; ou, si l’on admet que la machineproduit des oscillations électriques d’amplitude et fréquence très grandes, que ces oscillations ne diminuent pas le potentiel explosif.
- Mais les oscillations électriques de la machine à influence si puissantes et si fréquentes n’ont jamais été démontrées ; elles ont été imaginées par M. Jaumann pour expliquer certains résultats expérimentaux sur l’interprétation desquels nous reviendrons dans un instant ; de sorte que c’est la première conclusion que nous adoptons : (*)
- (*) Inconstanz des Funkenpotentiales, loc. cil., p. 669.
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- la charge pûr une machine électrostatique est une charge statique.
- La constance des résultats fournis par chacune des trois méthodes et leur identité contrastent singulièrement avec la variabilité des potentiels explosifs mesurés parM. Jau-mann.
- Chacune de ces méthodes fournit, en effet, a cet auteur, des potentiels variant du simple au double, et les potentiels mesurés par la première méthode sont sensiblement doubles de ceux donnés par la troisième (*) ; la deuxième méthode semble avoir été peu employée par l’auteur ; elle aurait probablement donné des résultats plus constants.
- Les résultats de nos expériences présentent avec celles de M. Jaumann un désaccord si manifeste que nous essayerons de l’expliquer.
- i° Nous croyons qu’une partie des irrégularités observées par M. Jaumann doit être attribuée à ce fait que son excitateur est placé en vase clos (î). Avant d’étudier l’action de la lumière ultra-violette, nous avions cru quelque temps pouvoir régulariser le phénomène des étincelles en plaçant l’excitateur dans un vase clos, dans une atmosphère constante. Nous remarquions, contrairement à notre attente, une variabilité plus grande des potentiels explosifs, analogue à celle observée par M. Jaumann et que nous ne pouvions atténuer qu’en agitant fortement l’air du vase par un agitateur approprié. Au point de vue de la constance du phénomène, le vase clos n’offrant que des inconvénients, nous avons dans la suite toujours opéré avec des excitateurs à l'air libre, et nous avons pu démontrer que les causes de perturbation résidaient surtout pour les potentiels dynamiques, sur les surfaces polaires (3) ; cette nouvelle cause de variabilité introduite par le vase clos est peut-être due à l’immobilité de l’air modifié par l’étincelle autour des pôles ; cet air, se renou-
- (•) Inconstanz, loc. cil., p. 670.
- (2) Inconstanz, foc. téz.
- (3) Thèse, foc. cil , p. U. L'Éclairage Électrique, Ioc. eu.,
- P' 337 *
- vêlant facilement à l’air libre ou par l’agitation, n’exercerait pas le meme effet.
- 20 Une deuxième cause d’irrégularité des résultats et de discordance de méthodes nie paraît être la différence des vitesses de charge de nos excitateurs : pour charger un excitateur nous mettons près d’une minute, quelquefois davantage. M. Jaumann ne met que cinq secondes ('). Il est vrai que nos électromètres ne sont pas identiques et que l’amortissement de l’appareil de M. Jaumann est peut-être un peu plus grand que celui de l’élec-tromèire de MM. Bichat et Blondlot ; néanmoins la durée de cinq secondes ne me paraît pas suffisante, surtout dans la charge, par la machine électrostatique où le potentiel est nul au début de la charge.
- Remarquons en effet que lorsque la charge est trop rapide, l’électromètre n’est pas en équilibre mécanique au moment où l’étincelle éclate, quoiqu’il soit en équilibre électrique à chaque instant de la charge. L’organe mobile n’ayant pas encore atteint son équilibre, le potentiel lu au moment de l’étincelle est plus petit que le potentiel explosif réel, c’est-à-dire celui qui serait lu sur l’instrument s’il avait été en équilibre.
- On comprendrait donc pourquoi les potentiels explosifs mesurés par la troisième méthode seraient inférieurs à ceux donnés par la deuxième.
- La première méthode doit aussi donner des potentiels plus élevés, car l’augmentation de potentiel due à l’éloignement des armatures se fait sans soubresaut; de plus, comme elle dure le même temps que dans la charge à partir du potentiel zéro, dans la troisième méthode, la variation du potentiel dans ce dernier cas sera plus rapide ; en outre, elle est plus irrégulière.
- Enfin, on se rend compte facilement de ce fait signalé par M. Jaumann-et observé par tous les expérimentateurs, que les mesures pour les faibles distances explosives ne sont pas aussi concordantes que celles des dîs-
- (') Inçonstam
- :. p. 670.
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- tances moyennes, chacun sait en effet que la machine à influence fournit un courant irrégulier présentant des minima et des maxima en relation avec la rotation des plateaux, de sorte que, pour un faible potentiel, les déperditions étant très faibles ou nulles, les irrégularités de la charge influent notablement sur te déplacement de l’organe mobile de l’électromètre, tandis qu’elles sont très atténuées par les déperditions pour des potentiels plus élevés, pour redevenir de nouveau plus marquées lorsque les déperditions redeviendront elles-mêmes irrégulières pour des potentiels très élevés.
- 3° Une étincelle éclate en général avec d'autant plus de facilité qu’elle suit une autre à plus bref intervalle : cette action est surtout très marquée en vase clos; nous avons déjà insisté sur ces faits, avec d’autres physiciens d’ailleurs fl). Au contraire, lorsque les étincelles éclatent à un excitateur placé à l’air libre, régulièrement toutes les minutes, les mesures sont très concordantes, à part la première qui donne un potentiel un peu plus élevé que les suivantes.
- M. Jaumann a signalé des irrégularités extraordinaires qu’on doit attribuer en partie à la présence du vase clos et à la différence des durées qui séparent deux étincelles successives.
- Bref, pour obtenir des résultats concordants dans la détermination des potentiels explosifs, il faut se mettre à l’abri de toutes les causes de perturbation; c’est un point sur lequel nous avons insisté ailleurs f).
- IV
- D’après M. Jaumann, les expériences que nous avons faites avec sa méthode fl) ont donné des résultats différents des siens parce que le produit AN relatif aux oscillations produites n’atteint pas io10.
- Nous ferons remarquer que pour obtenir
- f) Thèse, loc. cit., pr 15.
- (2) Thèse, cbap. il.
- fl) Thèse, p. 28. L'Iiclairagi Électrique, 29 mai 1897, p. 435.
- ces résultats il n’est nullement nécessaire, comme le croit M. Jaumann, d’employer des fils longs de plusieurs mètres et enroulés en spirale; nous nous sommes servis de fils de ce genre uniquement par raison de commodité; l’expérience réussit aussi bien avec des fils beaucoup plus courts et droits.
- Nous avons justifié plus haut l’emploi de la machine à influence critiquée par M. Jaumann.
- V
- Au sujet de nos recherches sur la lumière ultra-violette, M. Jaumann nous rappelle que Hertz et lui-même avaient annoncé que la décharge de la bobine de Ruhm-korff est plus sensible à la lumière ultraviolette que la décharge d’une machine à influence ; nous ne le contestons pas, nous ferons remarquer seulement que nous avons érigé en règle générale un fait particulier et donne pour cause à ce fait l’augmentation rapide de la différence de potentiel entre les pôles. Nous avons précisé cette loi fl) en disant que l’abaissement des potentiels explosifs par la lumière ultra-violette est une fonction croissante de la vitesse de variation de la différence de potentiel entre les pôles; nous publierons prochainement nos expériences à ce sujet.
- AI. Jaumann ne nous contestera pas cette dernière proposition puisqu'il la trouve bizarre fl).
- VI
- M. Jaumann se propose d’expliquer nos expériences sur la lumière ultra-violette par une nouvelle loi de décharge basée sur ses expériences personnelles et sur celles de M. Warburg.
- La décharge par étincelle est précédée par un phénomène préliminaire de retard dont la durée est T. Ce phénomène n’est pas une
- (<) Comptes Rendus, 11 mai 1896. IJÉclairage Électrique>
- t. VII, p. 57°-
- fl) Ueber die Remerkun^eu, etc., loc» cit., p. 402,
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- T. XIV. — N" 8
- L’ÉCLAIRAGE
- décharge, maïs serait de nature électromagnétique d’après Warburg (mais les expériences de cet auteur ne sont pas bien convaincantes; d’ailleurs elles ont été faites sur un excitateur placé dans l'air raréfié).
- La différence de potentiel explosive Y n’est pas uniquement fonction des propriétés statiques, mais de la durée du retard T et du produit AN de l'amplitude par la fréquence des oscillations de la force électrique.
- Ces trois fonctions sont reliées de la manière suivante représentée par la figure 2.
- Soient trois axes de coordonnées rectangulaires sur lesquelles on porte des longueurs proportionnelles à T, V et AN. La fonction qui lie ces trois variables est représentée par une surface telle que les sections parallèles aux plans coordonnés déterminées par les plans V = V0, T = o, AN = o, sont des courbes ayant pour asymptotes des parallèles aux,axes. Vu représente le potentiel explosif normal qui serait atteint pour T oc et AN = a; .
- i° La section AN — C!e représente la relation qui lie le retard de décharge T au potentiel explosif V f1).
- (>) Wid. Ann., t. I-V. p. 678.
- ÉLECTRIQUE
- 20 La section T ~ Cte représente la relation qui lie V à AN, excitation par oscillation de force électrique (').
- 3° La section V = Cte représente la relation du retard T avec les oscillations de force électrique AN, que l’auteur croit avoir démontré pour les oscillations hertziennes (y) et M. Warburg pour la lumière ultra-violette (s).
- On voit d’autre part, en déplaçant la section AN — C,c, que le retard de décharge est d’autant plus évident que les variations de la force électrique sont plus faibles; en déplaçant la section Y — Cte, que le retard de décharge est d’autant plus manifeste que le potentiel V, est plus voisin du potentiel explosif minimum V0 ; enfin, en déplaçant la section T =— Cte,que l’excitation de la décharge par des oscillations de force électrique est d’autant plus manifeste que la durée de charge T est plus courte.
- Un excitateur chargé par une bobine de Ruhmkorff ou une décharge doit donc être plus sensible à la lumière ultra-violette, aux oscillations hertziennes, que dans le cas où l’excitateur est chargé par une méthode statique, ce qui expliquerait nos expériences.
- Au sujet de ccs considérations, nous ferons les remarques suivantes. Nous -nous expliquons fort bien le retard de décharge dans le cas où les surfaces des pôles sont ternies sous l’action des étincelles par une couche d’oxyde plus ou moins mauvaise conductrice de l’électricité (v) ; nous ne le concevons point sur des pôles bien nettoyés et, de fait, nous avons commencé des recherches de ce genre et nous n’avons pas retrouvé les résultats annoncés ; néanmoins, nous ne voulons pas, avec le peu de documents dont nous disposons en ce moment,
- («) Wid. Ann., t. LV, p. 660.
- (2) Wid. Ann., t. LV, p. 68r.
- (3) Wid. Ann., t. LIX, p. 17. L’Éclairage Électrique, x. X, p. 472, 6 mars 1897.
- (*) Thèse, p. 16.
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- engager une discussion complète sur ce sujet ; nous y reviendrons ultérieurement.
- En résumé, nous maintenons intégralement nos conclusions antérieures. L’argumentation de M. Jaumann, pour maintenir sa loi de décharge, repose sur des expériences dont
- l’interprétation a été réfutée -ou qui ont été effectuées dans des conditions qui ne permettent pas d’en tirer les conclusions qu’il en a déduites.
- R. SWYNGEOAUW,
- CHEMINS DE FER ET TRAMWAYS ÉLECTRIQUES CHEMINS DE FER DE BANLIEUE ET MÉTROPOLITAINS (*)
- VI. Recherche de la puissance la plus économique. — D’une façon générale, la question qui se pose est la suivante : quelle est la puissance la plus économique à adopter pour les moteurs destinés à un service de banlieue ou de métropolitain où les arrêts doivent avoir lieu tous les L mètres et où la vitesse commerciale, arrêts compris, doit être de v km : h., ce qui revient à déterminer l’accélération et le freinage.
- Prenons comme exemple une ligne dont les stations sont distantes de i ooo mètres, où chaque arrêt est de io secondes et où la vitesse commerciale doit être de 3.9 à 40 km : h, ce qui correspond à une vitesse moyenne, en marche, de 45 km : h. (2)
- Pour obtenir une telle vitesse sur un aussi faible parcours en y comprenant le temps perdu au moment de la mise en vitesse et au moment du ralentissement pour l’arrêt, il est évident qu’on doit atteindre une vitesse maxima très élevée, et qu’à peine cette vitesse atteinte, il faut songer à ralentir le train pour l’arrêt. Le travail dépensé pour faire acquérir au train, pendant la première période, sa vitesse maxima, travail qui est représenté par la force vive du train égale à - m n2, prend donc une importance capitale. D’autre part, tout le travail absorbé par le frottement des
- (’) Voir L'Éclairage Électrique du 12 février, p. 273.
- B) Voir W.-B. Potter, Train accélération and braldng. Street Raihvay Journal, octobre, 1897, p. 670.
- freins est perdu; il faut le réduire au minimum.
- Au point de vue de la consommation d’énergie il est avantageux d’adopter une accélération aussi rapide que possible et un freinage très énergique.
- En effet, dans ces conditions, en peu de temps le train a pris une vitesse de marche très rapide; on peut dès lors supprimer complètement le courant, laisser le train continuer sa marche en vertu de sa vitesse acquise et, pour obtenir l’arrêt complet, n’appliquer les freins que pendant un temps très court vers la fin du trajet à condition qu’ils soient assezénergiques. Si l’accélération était moins grande, il faudrait un temps plus considérable pour parcourir un même trajet; les moteurs devraient donc être maintenus en service pendant plus longtemps et la vitesse maxima atteinte devrait être plus élevée, ce qui correspondrait a une force vive beaucoup plus considérable puisqu’elle croit comme le carré de cette vitesse maxima. D’autre part, il ne resterait plus suffisamment de temps pour utiliser la force vive en laissant courir le train par sa vitesse acquise; toute l’énergie accumulée dans la masse en mouvement devrait être absorbée par les freins; d’où le double inconvénient d’une dépense d’énergie très élevée -et d’une usure très rapide du matériel.
- La courbe de la figure 3 a été tracée en portant en abscisses les dépenses d’énergie en watts-heure par tonne kilométrique, et
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- 356 L’ÉCLAIRAGE
- en ordonnéesles couples moteurs disponibles par tonne de poids à remorquer ; le temps pendant lequel la force motrice est appliquée est d’autant plus court que le couple
- 3-
- moteur est plus puissant ; la résistance au roulement est supposée égale à io kg : t, et on admet que les freins peuvent développer, au moment de l’arrêt, une résistance de 75 kg : t. Dans ces conditions, on voit que la dépense d’énergie, qui est de 170 watts-heure environ par tonne lorsque l’effort disponible n’est que de 61 kg par tonne, s’abaisse à 30 watts-heure par tonne lorsque cet effort atteint 115 kg : t.
- Mais à chaque diminution dans la dépense d’énergie correspond une augmentation de la puissance, — moteurs des trains, générateurs à l’usine, feeders, lignes de distribution — et, en outre, les variations de charge à l’usine sont de plus en plus exagérées. Il existe donc évidemment une puissance des moteurs pour laquelle l’économie est maxima.
- Chaque cas particulier exige une solution spéciale suivant la distance séparant les stations, la vitesse moyenne de marche à obtenir,
- ÉLECTRIQUE T. xiv.-n» 8.
- la disposition des voies, le prix de revient de l’énergie électrique, etc. Il y aurait lieud’ctu-dier aussi la possibilité d’employer des voies en pente dans la direction des démarrages et en rampe aux arrêts pour utiliser la pesanteur tant pour l’accélération que pour le ralentissement, ou d’employer des stations de récupération, comme l’a proposé jadis M. Elihu Thomson (1). On pourrait aussi chercher quelle est la vitesse commerciale la plus économique, dans chaque cas, en tenant compte des considérations précédentes et de l’utilisation du matériel, du personnel, etc,
- L’étude de ces questions complexes nous entraînerait hors du cadre de cet article ; nous y reviendrons bientôt ; aujourd’hui, nous nous contenterons de citer, à titre d’exemple, quelques chiffres empruntés à M. W.-B. Potier.
- Les courbes de la figure 4 indiquent la
- Fig. 4.
- vitesse et le chemin parcouru h chaque instant par un train accomplissant un parcours de 1 000 mètres dans le même temps, soit 80 secondes, d’abord avec un effort total disponible, à la jante des roues, de 105 kg par tonne (courbe en trait plein) et ensuite avec un effort de seulement 65 kg : t. La partie de la première courbe relative à l’accélération a été tracée d’après les résultats d’expériences faites sur les
- (1) L’Éclairage Électrique, t. IV, p. 157.
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- voies expérimentales de la General Electric Company, à Schencctady, mais', comme la voiture d’essais n’était pas munie de freins assez puissants, le restant de la courbe a été tracé en admettant que le coefficient de résistance au roulement était de io kg : t et qu’on disposait, pour l'arrêt, de freins pouvant développer une résistance égale à 75 kg : t. La courbe en pointillé a été simplement calculée: on peut remarquer qu’elle donne des résultats trop faibles, car là ligne calculée pour l’accélération est une droite, tandis que, par suite de la résistance de l’air la proportionnalité de la vitesse au temps n’existe pas. Toutefois les courbes que nous publions montrent que tant que la vitesse ne dépasse pas 50 km : h environ, cette action est peu sensible; au delà, la courbe s’infléchit rapidement.
- Ceci posé, voici les résultats obtenus :
- La perte totale dans les rhéos^âts, le contrôleur, les engrenages et les moteurs, a donc été de 37 p. 100 de l’énergie électrique fournie aux bornes des moteurs; elle ne comprend donc pas les pertes en ligne.
- C’est un résultat très satisfaisant si l’on considère qu’il se rapporte exclusivement à la période du démarrage où le rendement est moindre qu’en marche normale par suite du groupement des moteurs en série et de l’emploi des rhéostats; le rendement des moteurs seuls est de 80 à 85 p. 100.
- Mais le point le plus important, et sur lequel il faut attirer l’attention, c’est qu’en substituant une puissance de 15 kw à une puissance de 11 kw environ, on a pu réaliser une économie de 58 p. 100 dans la consommation d’énergie, tout en accomplissant le même trajet pendant le même temps. Encore faut-il remarquer que la courbe en pointillé conduit à des résultats inférieurs à ceux que l’expérience indiquerait, puisque cette courbe a été tracée en négligeant la résistance de
- Durée d'application de la
- force motrice...........
- Vitesse atteinte au moment de la suppression du
- courant ................
- Energie mécanique dépensée à la jante des roues pendant la durée d’application de La force motrice, par tonne........
- Intensité moyenne du courant pendant les essais,
- par tonne...............
- Tension moyenne, aux bornes des moteurs, pendant les essais ........
- Puissance électrique, par
- tonne...................
- Energie électrique dépensée dans le circuit des moteurs, pendant la durée d'application de la force motrice, par tonner Rendement entre l’énergie électrique dépensée et 1 énergie mécanique uti-àsée à la jante des roues.
- 20 sec. 42.5 sec.
- 66,3 km : h. 82,1 km: h.
- 52,31 w-h. 82,84 w-h-
- 30 amp. »
- 500 volts »
- 15 kw. 11 kw.
- 83,33 w.-h.
- 63 p. 100
- II est évident que la puissance d’action des freins joue aussi un rôle important lorsque le trajet doit être effectué en un temps donné. Les courbes de la figure 5 se l'apportent
- Fig. 5.
- à un même trajet, long d’environ 600 mètres, effectué par deux trains, l’un avec des moteurs et des freins puissants, l’autre avec des moteurs et des freins beaucoup plus faibles, tels que ceux qui sont employés sur les lignes de chemins de fer métropolitains à vapeur.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- D’après ces''coùrbcs, nous avons calculé les chiffres suivants pour chacun des deux services :
- Effort de tract, disponible à ia jante des roues, par tonne.....................
- Résistance an roulement sur les rails, par tonne.
- Effort développé par les freins, par tonne ....
- Longueur du parcours en
- Durée du parcours . . .
- compris arrêts de io secondes à chaque station.
- Energie dépensée pendant l’application de la force motrice, par tonne : i° Pourles 6oo mètres. . 2° Par kilomètre ....
- Durée d’application de la
- Puissance nécessaire dans le circuit des moteurs. .
- 105 kg-
- io kg.
- 75 kg.
- 57 sec
- 32,8 kl
- î-h.
- /-h. /-h.
- 3o kg. 10 kg. 45 kg.
- 97 sec.
- 20,6
- 50 w-h. 60 sec. 3 kw.
- Ces chiffres font voir combien l’augmentation de vitesse commerciale est coûteuse à obtenir, surtout lorsque les stations sont aussi rapprochées qu’on l’a supposé dans cet exemple : la dépense d’énergie par tonne kilométrique est double, la puissance des moteurs de chaque train doit être plus que quintuplée. Cependant, à côté de ces inconvénients, il convient de mettre en lumière les avantages qui résultent de cette augmentation de vitesse : si le nombre des départs par heure est le meme sur les deux lignes , le nombre de trains en service sur une section de longueur donnée est d’environ 60 p. 100 plus faible sur la ligne à grande vitesse que sur l’autre, ce qui diminue d’autant la puissance nécessaire à l’usine ; si l’horaire est différent, ce qui serait le cas le plus fréquent, on peut, avec un même matériel roulant et un même personnel, assurer un nombre de départs moitié plus élevé avec la grande vitesse qu’avec la petite; enfin l’augmentation de la vitesse commerciale et du nombre
- dé déparis entraîne une augmentation considérable de recettes. Toutes ces considérations sont plus que suffisantes pour justifier l’adoption des vitesses élevées, la dernière surtout, qui, nous l’avons vu, est une question de vie ou de mort dans bien des cas.
- "NTI. Conséquences probables du mouvement actuel. — Les conséquences du mouvement actuel peuvent être prévues dès aujourd’hui.
- Peu à peu, des réseaux à traction électrique s’organiseront au tour des centres importants ; ils s’étendront de plus en plus, en raison même des services qu’ils rendront au public qui voyagera davantage. Un jour viendra où il ne restera plus que les grandes lignes qui seront exploitées par la vapeur. Ce jour-là, les progrès de la transmission de l'énergie électrique à grande distance aidant, la disparition de la locomotive à vapeur sera bien proche; et c’esi ainsi que les tramways électriques auront préparé l’avènement des chemins de fer électriques.
- L’exploitation, d’ailleurs, devrait être complétée soit par l’établissement de lignes de tramways électriques reliant chaque gare avec les points les plus éloignés de la localité, soit par une entente avec les compagnies locales, suivant les cas, afin que les voyageurs puissent profiter d’un service de correspondances gratuites. Cette organisation serait très avantageuse et sera certainement appliquée d’une façon générale dans l’avenir; les grandes lignes de chemins de fer seraient les branches maîtresses, et les tramways, devenant de véritables chemins de fer sur route, formeraient les rameaux. Ils serviraient de lignes « rabatteuses » pour alimenter le trafic des chemins de fer et donneraient lieu à un trafic local souvent important qui ne pourrait que se développer à l’avenir. Si les réseaux de chemins de fer étaient équipés électriquement, cette organisation serait d’ailleurs très facile et très économique, car les lignes de tramways seraient alimentées par les mêmes usines que les voies ferrées. L exploitation serait ainsi peu coûteuse et pro-
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- roquerait un accroissement considérable des recettes.
- Si la traction électrique devient un jour d’un emploi général sur les voies ferrées, il faut s'attendre à ce que cette organisation couvre rapidement toute la surface des diffé-
- rents pays d’un réseau complet de tramways électriques, au plus grand bénéfice des populations rurales et des compagnies exploitantes.
- (A i
- G. Pei.uss
- LES GRANDS MAGASINS A GRAINS DE BUFFALO
- Les grands magasins à grains construits I Dans les magasins de ce genre, les pous-récemment à BulTalo, par le Great Northern sières dégagées dans la manutention des Railroad, méritent de fixer l’attention tant I grains constituentun danger permanent d’in-par leur énorme capacité que par les perfee- I cendie, que l’on a cherché à atténuer autant tionnements apportés à leur installation. | que possible en n’employant dans la cons-
- Fig. t. — Vue générale des
- de Buffalo.
- truction des nouveaux magasins que des matières incombustibles 'pierre, brique, fer et acier, et en effectuant toutes les opérations mécaniques au moyen de l’électricité.
- Situés entre Ganson Street et Blackwell canal, ces magasins s’étendent sur une longueur de nom; leur profondeur est de 45 m et leur hauteur de 52 m. Ils reposent sur de solides fondations en pierre de taille supportées par des pilotis enfoncés de 9 à 15 m et
- atteignant le roc. Sur ces fondations s’élèvent de solides colonnes en maçonnerie supportant de grands réservoirs cylindriques a fonds coniques, en tôle d’acier : 30 d’entre eux ont 12 m de diamètre et 26 m de hauteur; 18 ont 4,65 in de diamètre et 18 m de hauteur; 18 autres réservoirs ont 3 m de diamètre et 18 111 de hauteur. La capacité totale est de 1 100000 hectolitres environ. La tôle d’acier employée dans la construction de ces-
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- réservoirsii une épaisseur variable de o.6 cm à J Les bâtiments en briques rentermant ccs 1,25 cm; son poids total atteint 600 tonnes. réservoirs sont surmontés d’une construction
- en briques également, régnant sur toute leur : de hauteur.> Cette hauteur est divisée en longueur, mesurant 12 m de largeur et 20 m j 4 étages par des planchers en tôle d’acier. Le
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- plus élevé est occupé par les tètes de 10 élévateurs et des engrenages. Le troisième étage est divisé par des tôles d’acier en 27 compartiments contenant chacun 350 hectolitres. Au second étage sont 10 trémies d’une même contenance, permettant de mesurer le volume et en même temps de déterminer le poids des grains avant leur emmagasinement. Enfin, au premier étage sont les coulottes ser-
- vant à la distribution des grains, soit dans des nettoyeurs, soit dans les réservoirs, et deux transporteurs k courroie régnant d’un bout k l’autre des bâtiments.
- Entre la façade sud des magasins et lé canal Blackwell, se trouve un quai en pierres de taille de 7,50 m de large sur lequel sont disposées deux voies ferrées parallèles. Sur ces-voies circulent trois tours, en acier, dites
- Fig. 3. — Vue du tableau de distribution.
- tours marines, munies chacune d’un élévateur permettant le déchargement des navires a raison de 6 500 hectolitres de grains à l’heure, soit environ 200 000 hectolitres pour les trois tours et par journée de 10 heures.
- Le long de la façade nord se trouvent des voies ferrées sur lesquelles circulent les wagons apportant ou emportant les grains! Les wagons apportant des grains sont déchargés k laide des élévateurs dont il a été question plus haut. Ceux qui les emportent sont chargés au nombre de 9 en même temps et 400 de ces wagons peuvent être chargés en un jour.
- Perpendiculairement au canal et latéralement à l'un des petits côtés des magasins est un quai de chargement permettant d’embarquer environ 30 000 hectolitres en une journée ; 60 000 hectolitres peuvent d’ailleurs être en outre embarqués journellement dans les navires accostés le long du grand quai du canal.
- L’énergie necessaire aux diverses opérations mécaniques est transmise électriquement des chutes de Niagara, situées k 48 km environ, et dans lesquelles vont se jeter les eaux du canal, de sorte que l’eau qui a servi
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- au transport .des grains contribue ensuite à la génération de J’énergie exigée par leur manutention.
- Comme les lecteurs de ce journal le savent (b, les génératrices de 5000 chevaux environ de la station de la Niagara Falls Company fournissent des courants à la tension de 2200 volts, que des transformateurs élèvent à la tension de 11 000 volts.
- Sous cette tension les courants sont transmis à Buffalo par une ligne (’) aérienne sur tout son parcours, sauf dans la ville meme de Buffalo. Là ils sont ramenés à la tension de 2 200 volts, et c’est sous cette tension qu’ils sont transmis à la Great Northern Elevator Company. Deux transformateurs d’une puissance de 600 chevaux abaissent la tension à 440 volts en même temps qu’ils transforment
- les courants triphasés en courants diphasés. Ceux-ci sont conduits, par des cables isolés, au tableau de distribution, composé de g panneaux en marbre sur lesquels sont disposés les appareils de mise en marche des moteurs et les appareils de contrôle des circuits d’éclairage.
- Les moteurs disséminés dans diverses parties des magasins sont commandés du tableau
- U) Voir L'Éclairage Éledriqtte. t. II, p. 125 et 431 ; t. III, p. 206 ; t. IV, p. 287 et 608 ; t. V, p. 583 ; t. VI, p. 440, 45 5» 549 et 577 i t- VII, p. 54, 143 ; t. VIII, p. 143 ; t. X,
- p. 4 J r.
- de distribution, à l’exception de ceux qui actionnent les élévateurs destinés au déchargement des grains amenés par bateaux. Tous ces moteurs sont à six pôles, et font 600 tours par minute sous la tension de 440 volts.
- Dans la construction élevée au-dessus des réservoirs se trouvent: iomoteurs de 5oche-vaux actionnant 10 élévateurs intérieurs de 52 m de hauteur capables d’élever 5000 hectolitres de grains par heure; 1 moteur de
- (1 ) Voir L’Éclairage Électrique, t. V, p. 48; t. IX, p. 271. 384, 571 ; t. XII, p- 335.
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- revue d'Electricité
- !00 chevaux actionnant les ventilateurs ; nettoyeurs de grains et des collecteurs poussières qui rejettent celles-ci à l’extcrii des bâtiments par plusieurs cheminées ; d moteurs de 20 chevaux faisant mouvoir le. deux transpor-
- Ifflf
- teurs a courroies sans fin, de i,5 ni de large, 115 m de long, pouvant transporter 14 000 hectolitres de grains par heure.
- Dans la salle du rez-de-chaussée, dans laquelle débouchent les orifi-
- L’élévateur de chacune de ces tours, capable d’élever 6 500 hectolitres à l’heure, est nui par un moteur de 100 chevaux. Le courant est amené aux moteurs par un conduc-du sol, s’éten-
- ces des cônes terminant inférieurement les réservoirs, sont placés deux moteurs électriques ; l’un, de 10 chevaux, actionne un ascenseur situé dans un angle du bâtiment et desservant les divers étages de 1 a construction supérieure ; l’autre, de 50 chevaux, actionne les ventilateurs d’un second collecteurde poussières, un câble passant sous les bâtiments, servant à la manœuvre des wagons amenant ou emportant les grains, et enfin un autre câble permettant de déplacer les tours marines.
- Créât Northern Railroad, à qui doit être attribué, ainsi d’ailleurs qu’au constructeur, M.D.-A. Robinson, le succèsde l’entreprise.
- Orbin E. Duni.ap.
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- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Le zinc électrolytique.
- Notre confrère . Engineering donne sur l’état actuel de l’industrie du zinc électrolytique les renseignements suivants :
- L’extraction et le raffinage électrolytique du zinc ne sont pas des opérations aussi faciles et aussi avantageuses que leurs analogues dans la métallurgie du cuivre. Cela tient tant à la moindre valeur du métal lui-meme qu’à la rareté relative des applications du zinc pur. Il s’ensuit que les procédés électrolytiques ne sont employés pour le zinc que dans des cas exceptionnels, et le procédé ordinaire par distillation continue à être employé pour l’extraction du métal des minerais ordinaires et son raffinage.
- Les procédés électrolytiques s’appliquent à l’extraction du zinc des minerais réfractaires et pour la galvanisation. Dans le premier cas, la nature du dépôt de métal est d’importance secondaire ; dans le second, la nature du dépôt prime l’économie.
- Trois procédés d’extraction sont actuellement exploités sur une échelle industrielle, et un ou deux autres sont à l’essai. Le procédé le plus important est celui employé pour le traitement du minerai de Rroken Hill, de la Nouvelle Galles du Sud. Ce minerai contient 30 p. 100 de plomb et autant de zinc sous la forme de sulfures, avec 700 à 800 gr d’argent par tonne.
- L’extraction de ces trois métaux est impossible par les opérations métallurgiques ordinaires. On a recours au procédé Ashcroft dont nous avons déjà eu occasion de parler j1). Ce procédé a été expérimenté à Grays, comté d’Essex, et est appliqué en grand depuis mars 1887 à Newcastle, Nouvelle-Galles du Sud.
- Rappelons les phases principales de ce procédé. Le minerai, concassé, puis grillé, est
- (‘) L'Éclairage Électrique, ier janvier 189S, p. 16.
- épuisé par lixiviation avec une solution de chlorure ou de sulfate ferrique. Le zinc entre en solution, tandis que le fer est précipité à l’état d’hydrate ferrique. Le résidu contenant le plomb et l’argent est traité comme d’ordinaire par fusion. La solution de zinc est, après élimination du fer, envoyée à travers les compartiments des cathodes d’une série de cuves à précipitation, où un tiers environ du zinc se dépose à l’état métallique. La solution circule ensuite dans les compartiments d’anodes des memes cuves, dont le premier tiers contient des anodes en fer et le reste des anodes en charbon. Du sulfate ferreux se forme donc dans la première série de cuves et se trouve retransformé en sulfate ferrique dans les dernières cuves. En sortant des cuves électrolytiques la solution peut donc servir pour la lixiviation d’une nouvelle quantité de minerai ; le procédé est par conséquent cyclique.
- Les brevets Ashcroft ont été acquis par la Sulphide Corporation, de Londres, dont le capital est de 27 millions de francs. Les rapports les plus récents sur les usines de la Nouvelle-Galles du Sud montrent que la production pendant les quatre premiers mois d’exploitation a été de 150 tonnes de zinc, mais les résultats économiques n’ont pas répondu à ce qu’on en attendait; et si l’exercice courant ne donne pas de résultats plus satisfaisants, les directeurs ont décide qu’il faudrait cesser l’exploitation du procédé électrolytique. Les diaphragmes et le précipité d’hydrate ferrique sont les points faibles du procédé et sans doute les causes des premiers insuccès.
- Le procédé Siemens et Halske est basé sur les mêmes principes généraux que celui d’Ahscroft, mais la lixiviation est opérée avec de l’acide sulfurique dilué ou avec une solution acide de sulfate de zinc. La solution de sulfate de zinc ainsi obtenue est électroly-
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- sée dans des cuves divisées en deux compartiments par des cloisons imparfaites en bois qui font office de diaphragmes. Les anodes sont en plomb et les cathodes en zinc. Dès que la solution contient plus de io p. ioo d’acide libre, on la renvoie dans les cuves à lixiviation. Ce procédé essayé à Berlin dans une petite usine est maintenant expérimenté sur une plus grande échelle à Illawarra, Nouvelle-Galles du Sud, par la Smelting Company of Australia au capital nominal de 12 millions. Jusqu’à présent on n’a pas publié de renseignements sur les résultats obtenus. Il est certain que le procédé est plus simple que celui d’Ashcroft, mais l’acidité de l’électrolyte est un inconvénient; elle donne lieu à une force contre-électromotrice plus élevée et la dépense d’énergie en est accrue.
- Un procédé qui paraît avoir résolu les difficultés économiques inhérentes à l’extraction électrolytique du zinc est celui breveté par Dieffenbach et actuellement à l’essai à Duisburg, en Allemagne. Le minerai traité est une pyrite de la région de Siegen en Westphalie. Ce minerai est d’abord soumis à un grillage chlorurant, puis épuisé avec une solution de chlorure de zinc, ou avec la solution provenant des cuves. La solution de zinc ainsi obtenue est clcctrolysée dans des cuves de disposition particulière. A l’aide de ce procédé on a produit jusqu’à présent 90 tonnes de métal par mois avec des résultats économiques assez satisfaisants pour justifier une extension des usines qui l’emploient.
- Les autres procédés mentionnés plus haut sont exploités en Angletterre et en Allemagne, mais rien n'a été publié sur les détails des installations ni sur les méthodes de travail.
- En ce qui concerne l’électro-galvanisation, le procédé breveté par Cowper-Coles est exploité par quatre maisons anglaises payant des redevances au syndicat proprietaire des brevets. En Allemagne, deux autres procédés brevetés sont en exploitation: l’un, celui d’Alexander} à Rothenfelde ; l’autre, celui de Eichter, à Witkowitz en Bohème.
- Le procédé d’Alexander diffère des deux autres par la nature du dépôt qui est un alliage de zinc et d’aluminium ou de magnésium au lieu de zinc pur. A part cette différence, les trois procédés sont semblables. L’article à galvaniser est employé comme cathode dans un bain de sulfate de zinc. La difficulté principale réside dans la tendance du zinc à se déposer sous forme spongieuse ; et le maintien des conditions nécessaires pour la production d’un revêtement métallique uni et brillant sur toute la surface de l’objet nécessite dans la pratique une surveillance continue de la densité de courant, de l’acidité et de la concentration de l’électrolyte. Dans tous ces procédés l’objet à galvaniser doit subir une préparation très soigneuse avant d’être placé dans le bain, et le coût de cette préparation forme une partie très importante des dépenses totales des procédés.
- Comme résultat, on use moins de zinc par unité de surface qu’avec l’ancien procédé; mais avec du métal à 450 fr la tonne la différence de ce chef ne peut pas être importante, et il est probable que l’électro-galvanisation ne sera employée que lorsqu’il s’agira d’obtenir des surfaces très unies. Il est à remarquer d’ailleurs que si les conditions pour l’obtention d’un bon recouvrement ont été remplies, l’adhérence est parfaitement satisfaisante, et la couche de zinc n’a aucune tendance à s’écailler même sous l’action des efforts les plus énergiques.
- Pour terminer, donnons une idée du coût de l’énergie électrique nécessaire pour précipiter, une tonne de zinc d’une solution de sulfate. L’énergie théorique est de 2 619 chevaux-heures ; au prix de 1 cent le cheval-heure, tarif moyen au Niagara et en Suisse, on a de ce fait une dépense de 26,20 fr. Mais le rendement moyen en énergie est de 33 p. 100 dans l’industrie du raffinage du cuivre et n’est sans doute pas plus élevé dans la précipitation électrolytique du zinc. On arrive donc par tonne de zinc à une dépense de 78,60 fr rien quepoui l’énergie électrique, même produite par une force motrice
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- hydraulique. Si l’on ajoute à .'cela la main-d’œuvre, les charges d’amortissement et d’in-tcrct et les redevances, il est évident qu’il ne •peut rester une grande marge de bénéfice. On doit donc conclure que, ainsi qu'on l’a fait remarquer au commencement de cet article, l'application industrielle de l’électrolyse au zinc ne peut avoir de succès que dans des conditions toutes spéciales. A. H.
- Notes sur l’arc électrique ;
- Par T. Heskett (').
- La lampe à arc, au point de vue du rendement lumineux, est restée sensiblement dans le même état que quelques années après la découverte de. l’arc électrique par Davy, en i8q2. Le .seul progrès qu’on ait fait dans cet ordre d’idées est la nécessité d’employer des charbons .plus durs et de meilleure qualité. Avec la tendance actuelle d’employer des lampes à arc à faible intensité, pour l’éclairage privé, la question du rendement lumineux prend une très grande importance, car l’on n’a aucun intérêt à lancer sur le marché des lampes de forme élégante, consommant un ou deux ampères, si la transformation de l’énergie en lumière ne s’y fait pas plus avantageusement que dans les lampes à incandescences.
- Les principaux facteurs qui modifient le rendement d’un arc à courant continu sont : la densité de courant dans Tes charbons, la qualité de ceux-ci et leur densité, le rapport entre les diamètres des crayons positif et négatif, et finalement la longueur de l’arc dépendant du voltage auquel celui-ci fonctionne. Chacun de ces facteurs a un effet entièrement distinct sur le rendement résultant, toutefois la valeur de chacun peut être altérée par des conditions de fonctionnement du mécanisme de réglage de la lampe, et une étude physique de l’ensemble est nécessaire.
- j1) Thi Etectrician, t. XXXIX, p. 707, 24 septembre 1897.
- Considérons une lampe à arc ordinaire munie de bons charbons de diamètres respectivement égaux à 18 mm pour le positif et à 12 pour le négatif. Avec un courant de 10 ampères et 44 volts aux bornes de l’arc l’intensité moyenne hémisphérique est d’environ t 200 à 1 500 bougies.
- Si l’on remarque que généralement on doit faire un sacrifice d'environ 60 p. 100 de la lumière émise, pour la diffuser de façon à la rendre supportable, on voit en somme qu’une lampe cotée 2 000 bougies par les constructeurs (intensité lumineuse maxima) donne en réalité 500 bougies (intensité moyenne hémi-sphérique).
- Dans ces conditions, la lampe consomme environ un watt par bougie et est par suite peu supérieure à la lampe à incandescence comme bonne utilisation de l’énergie.
- Toutefois la concurrence des lampes à arc enfermé et les essais d’adaptation de l’arc aux nombreuses exigences de l’éclairage privé, ont ramené l’attention sur les perfectionnements possibles pour améliorer le rendement lumineux.
- Le progrès le plus important actuellement est la réduction des diamètres des charbons. Pour montrer l’influence des diamètres des crayons, l’auteur a fuit une série de mesures photométriques avec des lampes identiques en tout point, sauf la grosseur du charbon négatif. Les résultats obtenus montrent qu'il y a intérêt à 11e pas employer deux charbons de même diamètre, mais que l’accroissement de rendement lumineux peut n’avoir pas d’utilité pratique dans certains cas,
- Dans une lampe ordinaire en effet la direction lumineuse maxima a lieu dans une direction inclinée de 45 à 48° sur l’horizontale et dépend de la tension aux bornes de l’arc, de la densité et de la composition des charbons. La diminution du diamètre du crayon négatif augmente l’intensité lumineuse dans les directions plus inclinées, et la diminue au contraire dans celles voisines de l’horizontale. C’est ce que montre bien la figürêt où sont portées les courbes photométriqiies
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- d’un arc dont le charbon positif a 18 mm de diamètre et le charbon négatif 12 pour la courbe pleine, et 7,5 pour la ponctuée; l’in-
- tensité est de 10,4 ampères et la tension de 45 volts. Les intensités moyennes hémisphériques sont respectivement de 535 et 602 bougies aux bornes de l’arc.
- Le bénéfice est sérieux, mais s’il s’agit d’éclairage public, le point intéressant pour l’auteur étant l’éclairement sur un plan horizontal, on voit sur la courbe d’éclairement en fonctionde la distance au pied du candélabre
- Lg-'2, — Courbes d’éclairémem horizontal des arcs de la figure 1 en fonction de la distance au pied du candélabre (hauteur de l'arc au-dessus du sol 6.1 m).
- faible diamètre n’est réellement plus avantage* que celui avec le crayon négatif plus gros, que jusqu’à une distance de 7’m; après le bénéfice est très faible et devient même négatif à partir de 13 m.
- Le cas des projecteurs rentre évidemment dans celui des arcs à direction'peu inclinée SUr Celle des charbons, aussi parait-il avantageux d’employer pour ces appareils de-s
- charbons négatifs dediamètre assez petit avec un dispositif permettant de réduire la résistance de ce charbon.
- Un point également intéressant est l’efïet de la longueur de l’arc sur le rendement, ainsi que son influence sur la direction de l’intensité lumineuse maxima. Le voltage peut pratiquement être compris entre 33 et 58 volts; on a représenté sur la figure 3 la courbe de l’intensité hémisphérique en fonction de la tension aux bornes de Tare pour des charbons de diamètres égaux à 18 et 12 mm et un courant constant de 10 ampères. Ce.s résultats, quoique différant un peu de ceux du professeur Carhart, qui trouve un maximum à 55 volts, montrent la possibilité d’obtenir encore un plus haut voltage avant que le nombre de bougies parwatt subisse une appréciable réduction.
- — Courbe des moyennes hémisphériques d’un arc 10 ampères eu fonction de la tension aux bornes.
- La courbe de la figure 3 est s entée par la formule
- V - K ~ \\ — K
- C
- bien repré-
- où I est l’intensité moyenne hémisphérique, C cette intensité à l’origine, Vl le voltage correspondant, V le voltage compris, entre 33 et 6ü volts et K une constante dépendant de la
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- qualité et de la densité des charbons et égale •à 19,5 dansle cas actuel (charbons de la General Electric;.
- Avec les arcs longs, le négatif, dégageant plus le cratère, n’empêche pas l’émission de la lumière, et le positif, par suite de l’augmentation du courant d’air, s’use plus en pointe.
- En outre, la chaleur étant générée sur une •moins grande surface, la perte d'énergie par conduction est moins grande, ce qui accroît proportionnellement la quantité de lumière produite.
- E11 dehors de ceci, l’inspection de l’arc conduit à cette conclusion que l’accroissement de lumière au-dessus d’un certain voltage peut être expliqué par les formes variables de la portion du charbon subissant la volati-lation. Pour des arcs courts, le champignon qui se forme à la partie extrême du négatif est dû au dépôt du carbone entraîné par le courant et au heurtement de l’arc, non sur l’extrémité du crayon, comme c’est le cas pour les hauts voltages, mais, par suite de volatisation rapide de la mèche, sur le bord intérieur du cratère et sur les points les plus voisins du négatif en ramenant la direction de cet arc plus horizontalement sur le bord dudit cratère. Cet effet fait prendre à celui-ci la forme d’un godet donnant une quantité de lumière inférieure de 30 à 40 p. 100 k celle émise par un cratère plus plat.
- On ne doit pas admettre, comme on le fait fréquemment, que le carbone consommé dans l’arc est entièrement volatilisé, car la quantité de charbon évaporé sous l’influence de la chaleur de l’arc est assez faible par rapport à celle brûlée par l’oxygène de l’air.
- Il est cependant un point accepté maintenant, c’est que la majeure partie du flux lumineux émis par l’arc émane du carbone soumis à la volatilisation; c’est ce que montrent bien les expériences de M. Trotter.
- On ne peut pas plus, comme le démontre M. S.-P. Thompson, augmenter la quantité de lumière émise par accroissement de la température de l’arc, qu’amener la glace ou
- l'eau à une température supérieure à son point de fusion ou de volatilisation. Les observations de M. Blondel (* *) corroborent ces déductions.
- La nécessité d’employer des charbons durs est évidente, les charbons tendres ne peuvent être tolérés à la rigueur que pour les arcs courts.
- La température de l’arc étant constante, la quantité de lumière émise ne peut être augmentée que par l’accroissement de la surface d’émission ; celle-ci est, pour un cratère hémisphérique, égale à la moitié de la surface du cratère; la suppression de la concavité par la réalisation d’un cratère plat doublerait donc la quantité de lumière émise. Ceci milite encore en faveur des arcs longs et des arcs enfermés. L’aire de-volatilisation est directement proportionnelle au courant.
- Arrivons maintenant à la cause principale de la faiblesse du rendement lumineux: la déperdition de chaleur.
- Les pertes de chaleur ont lieu par radiation, convection ou conduction. La radiation est inévitable ; il en est de même de la convection, laquelle doit être étudiée de préférence expérimentalement. L’influence de la conductibilité des charbons a une importance capitale ; elle a été étudiée d’abord par M. J. Rey (*), puis par M. Blondel (3;, qui à l’aide du lumcnmètre a obtenu les valeurs suivantes avec un arc de 10 ampères et 45 volts.
- 18 et 14 ' 2800 »
- 14 et 12 4100 46 p. 100
- L’auteur a fait une étude analogue en notant en plus la longueur du crayon consumé
- (!) Voir Tbi Electricien-, vol. XXXI, ier sept. 1895, c* Lumière Electrique sur l’éclairage électrique des pliares, t. XLIX, p. 331.
- (*) The Electrician, vol. XXXVIII, p, 793, 1897.
- (s) Voir L'Éclairage Électrique. Le rendement lumineux de l’are électrique, t. X, p. 289»
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- par heure, il a ainsi obtenu les résultats suivants :
- CRAYON POSITIF CRAYON NÉGATIF
- D,,”^Tr
- 18 1,78 12 1-65
- 14 2,67 9 2,71
- 13 3 > °5 8 3-55
- Les courbes photométriques des arcs correspondant aces diamètres de charbons, sont représentées sur la figure 4.
- Fig, 4. — Courbes pbotométriques d’un arc de 10 ampères et 46 volts avec différents diamètres de charbons.
- Les résultats précédents ainsi que ceux de MM. Blondel et autres montrent tout l’avantage qu’on peut tirer de l’emploi de crayons de faible diamètre. F. G.
- Sur l’arc voltaïque ;
- Par R. Herzfeld (').
- _ L’auteur a répété en premier lieu les expériences de Wild et Edlund, par lesquelles (*)
- ces physiciens cherchaient à démontrer l’existence d’une force contre-électromotrice dans l’arc voltaïque jaillissant entre deux électrodes de charbon.
- Les charbons (charbons de cornue de 4 mm ou charbons à mèche français de 6 mm de diamètre) sont disposés dans une lampe de Duboscq ; à l’aide d’un commutateur, on peut les relier ou aux pôles d’une batterie d’accumulateurs de 70 volts ou aux bornes d’un galvanomètre de grande résistance. La différence de potentiel observée entre les charbons après l’extinction de l’arc se réduisait à 2 volts ou à moins encore.
- Même en reliant d’abord les charbons aux armatures d’un microfarad, pour éliminer l’influence possible de la conductibilité de l’air chaud, la différence de potentiel observée ne dépasse pas 1,9 volt. Elle est encore plus faible quand les charbons sont portés par des pieds isolants et que les conducteurs amenant le courant sont en fil nu. Il paraît donc vraisemblable que cette différence de potentiel résiduelle est due à des forces électromotrices thermoélectriques ou à des phénomènes de condensation. Si on mesure la différence de potentiel 1/270 de seconde après l’extinction de l’arc, en supprimant et établissantles contacts au moyen d’un pendule, elle reste inférieure à 1 volt.
- Lorsque les charbons sont placés dans le champ compris entre les armatures d’un condensateur chargé à 1800 volts, la force électromotrice et l’intensité du courantnéces-saire à l’entretien de l’arc, ne varient pas, du moins dans les limites de sensibilité de l’ampèremètre et du voltmètre de Schuckert qui servaient aux mesures. Mais les particules de charbon émises par. l’anode sont toujours attirées vers l’armature isolée, qu’elle soit chargée positivement ou négativement. Quand les deux plaques sont isolées, le charbon se répand également sur les deux. La prétendue force électromotrice de l’arc n’est donc pas due à une polarisation des électrodes par les particules de charbon, puisqu’elle est indépendante de la répartition de
- (*) Wied. Ann.y t. LXII, p, 435-449, 1897.
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- cés particules. Il n'y a pas non plus de polarisation par. les corps gazeux qui existent dans l’arc, car la présence' d’un champ électrique, ne modifie pas ces gaz, comme on peut s’en rendre compte par l’analyse spectrale'.
- D’apres Sylv. Thompson, la formation d’un champignon à la surface de l’électrode négative caractérise l’arc sifflant ; au contraire, Ayrton démontre qu’il peut s’én former aussi quand l’arc est tranquille, à condition qu’il soit assez court. M. Herzfeld attribue la production de ce champignon à l’absence de l’oxygcne nécessaire à la combustion complète du charbon. Il enveloppe les tiges de charbon dans des tubes de verre fermés à une de leurs extrémités par des bouchons pour diminuer l’afflux d’air froid. Les particules de charbon non brûlées passent du cratère à la. pointe négative, où elles sc déposent. La longueur de l’arc reste constante pendant 5 ou 10 minutes, le cratère se creuse de plus en plus, tandis que la pointe négative s’allonge; le champignon a toujours la forme d’un tire-bouchon. Cette forme est la conséquence de l’action magnétique exercée par i’électro-aimant du régulateur. Effectivement, si on entoure l’un des charbons d’une bobine magnétisante, l’enroulement du tire-bouchon change de sens, quand on change le sens du courant dans la bobine. Les particules de charbon se meuvent en sens contraire des courants d’Ampère dans I’électro-aimant ; la spirale résulte de la composition de ce mouvement de rotation avec leur mouvement de translation.
- Pour étudier l’influence de la température des charbons, M, Herzfeld dirige sur l’un des charbons un jet An dé gaz carbonique provenant d’un réservoir à gaz liquéfié. La différence de potentiel croît de 5 à top. 100 quand on refroidit ainsi l’une des électrodes ; l’accroissement est plus grand quand l’anode se trouve vers le haut, de manière que le courant d’air chaud qui s’en échappe ne contrarie pas- le refroidissement. Quand l’arc siffle, l’effet du refroidissement ne'se fait plus
- sentir. Le" jet de gaz refroidit l’électrode d’une part, et d’autre part chasse les gaz chauds, conducteurs, ce qui augmente Ja résistance de l’arc, En effet, l’intensité du courant diminue quand on refroidit l’une des électrodes et augmente au contraire quand l’arc se met à siffler.
- Si les charbons sont entourés d’une atmosphère de gaz carbonique, l’effet du courant de gaz froid est notablement diminué.
- On peut aussi observer l’effet du refroidissement en introduisant au milieu de l’arc une tige de graphite et mesurant la différence de potentiel'entre cette tige et l’une ou l’autre électrode; comme Lecher l’a trouvé, cette différence est plus petite du côté de la cathode. Le refroidissement augmente la différence de potentiel du côté de l’clcctrode refroidie et aussi un peu de l’autre côté. Tous ces faits excluent les forces thermoélectriques qu’on pourrait invoquer pour expliquer la chute de potentiel.
- Quand on supprime le régulateur de la lampe, la différence de potentiel entre les extrémités de l’arc, toujours alimenté par une batterie d’accumulateurs de 70 volts, baisse jusqu’à 48 volts à mesure que l’arc devient plus long, puis l’arc s’éteint à 40 volts, au bout de quelques minutes au plus. L’anode reste encore quelque temps incandescente, tandis que la cathode se refroidit presque •immédiatement. Si on empêche l’arrivée de l’air frais sur les charbons en enveloppant l’arc d’un tube de verre, l’arc s’éteint à ji ou 52 volts pour la premiers fois ;de 40 volts à l’extinction, il se passe 1 */* ou 2 1/2 minutes. Les électrodes restent incandescentes plus longtemps qu’à l’air libre.
- II est difficile de déterminer les variations de l’cclat lumineux, à cause de l’absorption par la gaine de verre. A l’air'libre le voltage, depuis le moment où l’arc brûle tranquillement jusqu’à celui où il s’éteint est d’environ 42,8 volts et l’intensité de 6,6 ampères ; dans le tube fermé par en haut, 44.3 volts et 6,3 ampères; dans le tube fermé par en bas, 45,1 volts et 5 ampères. Dans ces expériences,
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- l’arc était assez court pour que la pointe négative sortît a peine du cratère.
- Si le tube hermétiquement fermé par en bas et bouché légèrement en haut, est rempli de gaz carbonique, la partie incandescente des charbons devient plus longue, il ne se forme pas de champignon, mais les charbons brûlent rapidement et la durée de l’arc est plus courte que précédemment. Cette circonstance paraît indiquer qu’aux températures très élevées le gaz carbonique est décomposé en oxyde de carbone et oxygène, lequel brûle le charbon. La présence de l’oxyde de carbone est attestée aussi par la flamme bleuâtre qu’on observe au moment où l'arc s’éteint. M. L.
- Étude expérimentale de l'éclat des projecteurs;
- Par A. Blondel et J. Rey p).
- « Dans un précédent mémoire (2), l’un de nous a indiqué, pour l’étude des appareils optiques industriels, une méthode générale qui la ramène à la détermination de l’éclat apparent en chaque point de la surface optique par laquelle sortent les rayons. Cette surface est considérée comme une véritable source secondaire de lumière dont l’éclat apparent, c’est-à-dire l’intensité lumineuse par unité de surface mesurée généralement dans la direction de l’axe optique, est une fonction des coordonnées qu’on peutécrirc sous la forme E — kui, en appelant i l’éclat de la source de lumière, k et u deux coefficients, l’un de transmission, l’autre d'effet optique, qu’on peut calculer pour chaque appareil.
- » Ces calculs ont montré que, pour les projecteurs dioptriques 'lentilles de Fresnèl), les coefficients k et u diminuent du centre au bord de l’appareil et que, par suite, l’éclat apparent va en s’abaissant assez rapidement, tandis que pour les projecteurs à réflexion
- {*) Comptes rendus, t. CXXVI, p. 404, séance du 3 1 janvier 1898.
- (Ù Théorie des projecteurs, par À. Blondel; Paris, 1894 (Lahure); voir pages 27 et suivantes.
- (réflecteursmétalliques, miroirs paraboliques en verre mince, anneaux catadioptriques) cet éclat est constant sur toute la surface. Les projecteurs Mangin se prêtent moins facilement au calcul; mais nous avons pu montrer cependant que leurs coefficients k et u varient en sens inverse et assez faiblement pour que l’éclat apparent dans la direction de l’axe optique puisse être considéré comme sensiblement uniforme sur toute la surface en dehors de la zone centrale occultée par le charbon négatif.
- Nous nous sommes proposé de vérifier cette conclusion expérimentalement par les méthodes photométriques dont nous avions indiqué le principe (’). Celles-ci consistaient, soit 'dans la photographie des appareils à grande distance, soit dans l’emploi du micro-photomètre de M. Cornu, ou de photomètres analogues, soit dans la mesure de l'éclairement produit sur un écran par un petit élément de surface, isolé au point considéré, le reste de l’appareil étant masqué.
- » Cette dernière méthode s’est montrée la plus simple en pratique; mais tandis que, pour les appareils dioptriques, il suffisait d’appliquer sur la surface d’émission un. écran opaque percé de petits trous, il a fallu pour les miroirs, par suite de la position de la lampe en avant de la surface, modifier cette disposition en plaçant, comme M. Rev en a eu l’idée, l’écran à. une certaine distance en avant du projecteur, à la place de la porté
- Fig. T.
- vitrée qui ferme ordiuairement l’appareil. Cet
- (’) toc. P- <7-
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- écran G (fig. i) est formé d’un disque en tôle percé de/trous de 5 mm de diamètre en mince paroi, répartis régulièrement le long d’un ou de plusieurs rayons.
- » Chaque trou T, lorqu’on le débouche, produit sur un écran d’observation D, placé à une certaine distance et perpendiculaire à l’axe OX, une image M de la source lumineuse O (ici le cratère de l'arc électrique, dont la forme varie naturellement suivant la position du trou). Nous avons l’honneur de mettre sous les yeux de l’Académie une photographie qui montre l’aspect des taches ainsi produites par des trous disposés suivant deux rayons horizontaux et un vertical, dans le cas d’un proj’ecteurparabolique de im de diamètre éclairé par une lampe de 75 ampères à charbons horizontaux.
- » Si au centre optique m de la tache M produite par un trou quelconque T, on remplace l’écran d’observation par l’écran même d’un photomètre, on obtient une mesure de l'éclairement E produit par le trou correspondant, et l’on peut en déduirel’éclatapparent i du miroir sur la piage M' découpée sur la surface dumiroir par le cône ayant poursommet w et pour base le trou T; on a, en effet, immédiatement la relation
- / étant la distance du photomètre au trou, 5 la surface de celui-ci. Il est facile de placer l’écran du photomètre à une distance suffisamment grande relativement à la dimension du trou pour que l’éclat, ainsi mesuré, ne diffère pas sensiblemeut de 'celui qu’on obtiendrait si le trou était sur la surface optique elle-même.
- » Il n’en est pas de même des divergences des pinceaux lumineux issus de trous, lesquelles diffèrent complètement des divergences vraies mesurées à la surface de l’appareil; par exemple, en appelant^ le dia-
- mètre de la tache M, la divergence correspondante du pinceau issu de mf est, non pas -j, mais ^ -p-, en appelant l' et l" les distances du trou au miroir et à lasource O, suivant la marche des rayons.
- » Nous avons fait de cette méthode l’objet d’une série très étendue d’expériences, à partir de novembre 1894, dans les ateliers de MM. Sauttcr, Harlé et Cic. Ces expériences, conduites par M .Rcy, ont porté sur des projecteurs paraboliques et surtout sur des projecteurs Mangin. L’épure annexée à la présente note est un des meilleurs spécimens des répartitions d’éclat obtenues pour l’un de ces derniers (projecteur Mangin à court foyer de 0,60 mm de diamètre, expérience du 6 décembre 1894); l’écran portait, suivant un rayon, 20 trous de 5 mm de diamètre, donnant l’éclat d’autant de zones de 39 mm de longueur, dont les surfaces sont indiquées au-dessous des trous. Le photomètre était placé à 30 mètres.
- » Cette épure montre que l’éclat reste bien sensiblement constant, sauf à l’extrême bord du miroir et dans la zone centrale du projecteur où le charbon négatif produit une occultation totale ou partielle.
- » Connaissant par cette épure la valeur de l’éclat moyen applicable à chaque zone circulaire et la surface, on en déduit l’intensité lumineuse totale de cette zone ; la somme de ces intensités élémentaires donne, suivant la définition de M. Bourdelles, la puissance lumineuse totale de l’appareil à grande distance. Dans l’exemple précédent, elle atteint 55719000 bougies décimales. Cette puissance est ainsi connue avec une grande précision sans sortir du laboratoire ; elle est rendue particulièrement commode dans le cas des miroirs Mangin parla grande perfection de la raille sphérique des surfaces, qui permet d’obtenir sur l’écran d’observation d’excellentes images du cratère. »
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- Transparence du bismuth dans un champ magnétique;
- Par H. Buisson {').
- u Dans la théorie électromagnétique de la lumière, la transparence des corps est liée à leur résistance électrique. En première approximation, le coefficient d’absorption est proportionnel à la racine carrée de la conductibilité. Des expériences faites pour vérifier cette relation sur différents métaux ont montré qu’ils sont plus transparents que ne le voudrait la théorie.
- » Il était intéressant de voir, sur un même métal, si en faisant varier la conductibilité on modifiait la transparence dans .le sens prévu.
- » On aurait pu employer les variations de température; j’ai préféré me servir de l'augmentation de résistance qu’éprouve le bismuth dans un champ magnétique : on a ainsi l’avantage d’une modification très rapide.
- » J’ai obtenu des lames transparentes de bismuth en clectrolysant une dissolution concentrée de citrate ammoniacal de ce métal, l’électrode étant une lame très mince d’argent, déposé chimiquement sur verre. L’ensemble obtenu est bien transparent dans certaines lames; dans d’autres, il est assez opaque pour nécessiter l’emploi d’une source lumineuse intense.
- » La lame est placée entre les pôles d’un électro-aimant, normalement aux lignes de force. L’intensité du champ est d’environ 15000 unités C. G. S. Cette intensité est mesurée par la rotation du plan de polarisation d’un faisceau lumineux qui traverse une lame de verre d’épaisseur et de pouvoir rotatoire connus.
- C) Travail fait au laboratoire de Physique de l’École Nor-ma!e supérieure, Comptes rendus, t. CXXVI, p. 462, séance du 7 février 1898.
- » On vise, à travers la lame, et suivant l’axe de l’aimant, une fenêtre vivement éclairée par une source lumineuse placée en arrière.
- » Avec les lames les plus minces, qui laissent passer assez de lumière, on peut juxtaposer, à l’image de cette fenêtre, celle d’une seconde fenêtre placée latéralement et dont on peut faire varier facilement l’intensité, à l’aide de deux niçois, pour obtenir l’égalité d’éclairement des deux plages lumineuses.
- » Quand on excite le champ, cette égalité n’est aucunement modifiée.
- » Pour les lames plus épaisses, elles laissent passer si peu de lumière qu’il est inutile de se servir de ce procédé de comparaison : l’éclairement très faible de la plage lumineuse ne varie absolument pas quand on crée le champ et quand on le supprime.
- » Dans les conditions où j’opérais, la résistance de la lame a augmenté d’au moins En supposant que l’absorption dépende de la conductibilité suivant la relation citée plus haut, on calcule aisément que l’intensité de la lumière transmise se serait accrue d’un tiers dans le cas de la lame la plus mince, et se serait triplée pour une autre lame. Enfin, pour les lames plus opaques on aurait eu des variations encore plus considérables. Or, je n’ai constaté aucune variation de la lumière transmise.
- » Pour être certain que la lumière que je recevais n’avait pas passé à travers quelques trous inévitables dans des lames aussi minces, quoique en très petit nombre, comme je m’en suis assuré au microscope, j’ai pris une lame d’argent tout à fait opaque et j’v ai fait plusieurs petits trous de façon à laisser passer une quantité de lumière de même ordre que celle qui traversait les lames de bismuth.
- » Mais alors la diffraction étale complè-
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- tcment l’image de la fenêtre éclairée, qui, avec le bismuth, était parfaitement nette. La lumière avait donc bien traversé le métal.
- » On doit conclure de ce résultat négatif que la résistance mesurée pour des courants continus n’est par le terme principal du coefficient d’absorption.
- » Lenard, puis Sadovsky, ont montré que le bismuth n’avait pas la même résistance pour un courant continu et pour un courant oscillant, que chacune d’elles varie d’une façon différente dans un-champ magnétique et particulièrement que, pour un fil perpendiculaire aux lignes de force, la résistance au courant oscillant croît avec le champ plus vite que la résistance au courant continu, defaçon à la dépasser à partir d’un champ de 6ooo unités C. G. S. De plus, elle dépend de la fréquence. Si donc on veut faire intervenir cette résistance dans les phénomènes lumineux, il faut supposer qu’elle varie avec la fréquence suivant une loi inconnue jusqu’à être sensiblement indépendante du champ quand la fréquence atteint celle de la lumière.
- » Il est plus vraisemblable d’admettre que la conductibilité qui intervient dans les phénomènes lumineux est d’un autre ordre que celle que l’on mesure ordinairement. ».
- Des cycles de torsion magnétique et de la torsion résiduelle du fer doux ;
- Par G. Moreau (l).
- » J’ai montré, dans une note (3) qui sera détaillée dans un mémoire prochain, qu’un fil de fer, placé suivant l’axe d’un solénoïde, se tordait sous l’action du champ, s’il avait été tordu primitivement. La torsion magnétique varie tout le long du fil et change de sens de part et d'autre du champ avec un maximum au voisinage de chaque bord. En un point Pet pour uu champ donné, la torsion magnétique croît d’abord linéairement avec la torsion du fil et ensuite plus lentement, jusqu’àune limite qu’elle conserve pour des torsions élevées.
- » Si l’on fait décrire au fil un cycle de torsion (+ T, — T), la torsion magnétique Tm en P décrit aussi un cycle.
- » Voici un cycle observé avec un fil AB de 156 cm de long, 0,04 cm de diamètre, fixé en A et tordu en B. Il est orienté normalement au méridien magnétique, suivant l'axe d’un solénoïde MM' de 30 cm. de long. La torsion magnétique en P est observée avec un [ miroir de 50 cm de foyer et une échelle divi-I sée en millimètres. Le courant est de 8 am-I pères dans la bobine qui donne 7ounitésC.G.S.
- | par ampère. AM = 121 cm, AP = m cm.
- o — 14*
- — 33d — 4°d
- o +147:
- + 33d»S° + 4°d
- T....... + i4« + 12* +107: + 8* +6r + 4*
- ta ... . + 39d,5 -r 34d + 2Ôd + l2d “ °di5 — P3d
- T... —1471 —12 77 — IOU — § 77 - 6 71 — 4*
- tm ... . -- 4od — 34<l — 26* — i2d + od,50 -h 12(1,50
- » Le cycle est symétrique par rapport à l’origine et coupe l’axe des T en deux points B et B' tels que O B — OB' = Tr, pour lesquels t,n = o.
- » La torsion Tr représente la torsion résiduelle, qui correspond à T pour les raisons suivantes :
- » I. Un fil, primitivement tordu et détordu librement, ne donne rien sous l’action du champ.
- » II. Quand le champ varie, on a des cycles de surface et d’inclinaison différentes, mais coupant l’axe des T aux mêmes points.
- » III. Pour des fils d’égal diamètre et de longueur différente, on a, pour la même torsion par centimètre, une égale torsion résiduelle.
- » IV. Le cycle observé en un autre point du fil donne les mêmes valeurs pour OB et OB'.
- » Par l’étude des cycles de torsion magnétique, on a un moyen précis de mesurer
- (1) Comptes rendus, t. CXXVI, p. 463, séance du 7 mer 1898.
- (2) L'Éclairage Électrique, t. VII, p. 565, 20 juin 1896.
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- la Tr des métaux magnétiques. On prendra des fils de même diamètre et on décrira avec eux des cycles à torsion croissante. Chaque cvclc donnera la torsion Tr relative à la torsion limite T du cycle.
- » J’ai fait des mesures avec des fils de fer doux dont les diamètres sont : 0,04; 0,07; 0,075 ; 0,11 ; 0,16 cm. Voici h titre d’exemple les observations relatives au fil de 0,075 cm. Les torsions T et Tr sont rapportées à 1 cm
- de longueur et exprimées en circonférences.
- Elles sont exactes à deux dix-millièmes.
- T. Tr. T. Tr.
- o'oio o%oi 0,046 °>«33
- 0,013 0,0007 0,050 °;°37
- 0,015 0,002 0,060 0,0475
- 0,020 0,007 0,064 0,051
- 0,025 0,012 0,080 0,067
- 0,030 0,0165 0,100 0,0865
- 0,040 0,027 0,120 0,107
- » La courbe de variation de Tr construite avec les nombres précédents offre deux parties : la première courte, très peu développée, se raccorde tangentiellement avec l’axe des T au voisinage du point 4 = oc,oog^ l’autre est rectiligne et son coefficient angulaire est l’unité. Elle coupe l’axe des T au point T„ = oc,oi3. Comme la première partie est très peu développée, on peut regarder la variation de T,, comme caractérisée par une droite.
- » Avec les autres fils, j’ai obtenu des droites qui sont parallèles. Dans le tableau suivant je donne les valeurs t0 et.T„ des cinq fils étudiés et les produits des torsions par les diamètres :
- d = tn = t„ x d. T0 = Tn x d.
- 0.04 0,018 0,00072 0,0245 0,000980
- 0,07 „ 0,014 0,000980
- 0,075 0,009 0,000675 0,013 0,000975
- o,n 0,006 0,00066 0,0088 0,000968
- °’ï6 °’°04 0,00064 0,0061 0,000976
- » Les produits sont sensiblement constants
- et les moyennes s
- t„d = 0,00067 T ,4 = 0,0 00976
- Le produit Tad est pl us exact que le pre-
- LECTRICITÉ
- mier, car les torsions T0 sont plus facilement mesurées que les t0.
- » On déduit de là :
- » I. Pour un fil donné, la torsion résiduelle apparaît pour une torsion qui est en raison inverse du diamètre. Pour un fil de fer de 1 cm de diamètre et de longueur,ccttc torsion est —de circonférence.
- » IL L’équation de torsion résiduelle est pour un fil de 1 cm de long et de diamètre d exprimé en centimètres
- » Les résultats précédents provoquent les remarques suivantes :
- » I. La manière la plus simple d’expliquer la torsion résiduelle d’un fil homogène est d’admettre que, après une torsion suffisante, les génératrices du fil se sont assez dilatées pour que les molécules qui les constituent ne reviennent pas à leurs. positions initiales quand le couple de torsion a disparu, les fibres étant partiellement brisées par la torsion. Pour un fil de diamètre d l’allongement de 1 cm pour une torsion T exprimée en circonférences est
- __
- » Pour T = et T = on a
- * = <976 x IO_0)3 = 0,047
- donc les fibres du fer doux seront partiellement brisées quand l’allongement de 1 cm dépassera 0^,022 ou tout au moins quand il dépassera 0^,047.
- » IL La formule (1) montre que T — Tr est constant pour un fil donné. Donc dans l’intervalle T — Tr la torsion magnétique variera de la- même façon quelle que soit T. Les cycles montrent, en effet, dans le voisinage de B et B' une allure rectiligne identique à celle de la courbe obtenue au début de la torsion, la limite de la torsion magnétique obte-
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- nue dans ce cas étant expliquée par ce fait qu’elle ne doit plus augmenter quand apparaît la torsion résiduelle. »
- Sur le spectre des rayons cathodiques ;
- Par Birket.and (‘).
- « Dans une note du 28 septembre 1896 (2), j'ai eu l’honneur de présenter à l’Académie quelques résultats expérimentaux obtenus en déviant convenablement un faisceau très étroit de rayons cathodiques par des forces magnétiques, de façon à laisser les rayons déviés se manifester par phosphorescence sur une surface de verre se trouvant en dehors d’autres luminosités qui pourraient troubler les phénomènes.
- » En effet, on reconnaît parce procédé une certaine dispersion des rayons déviés montrant qu’ils se constituent en groupes différents.
- » Dernièrement M. J.-J. Thomson (Phil. Mag\, oct. 1897) a trouvé que l’apparence de ce spectre est toujours la même pour des décharges à travers des gaz différents, pourvu que les différences moyennes de potentiel entre l'anode et la cathode soient aussi les mêmes.
- » De plus, il a trouvé que le même spectre peut être produit en déviant les rayons cathodiques par des forces électrostatiques au lieu de les faire dévier par des forces magnétiques.
- » Ces résultats se comprennent facilement par les recherches suivantes que je viens de faire après avoir aperçu que l’apparence du spectre varie, quelquefois même considérablement, avec des cathodes différentes successivement introduites dans un même tube. Il paraît que c’est moins la matière différente des cathodes qui en est la cause que les détails de leur construction mécanique.
- ('} Comptes rendus, t. CXXVI, p. 228, séance du 17 janvier 1898.
- {*) Voir VÉclairage Électrique, t. IX, p. 274.
- ÉLECTRIQUE
- » Cependant en prenant certaines précautions on réussit à obtenir des résultats réguliers et correspondants d’un tube de décharge à l’autre.
- » Je vais en décrire quelques-uns obtenus avec un tube à cathode ordinaire d'aluminium, dont le contact métallique entre les différentes parties et dont le contact avec le fil conducteur reliant la cathode au pôle négatif de la grande bobine employée étaient aussi parfaits que possible. En outre, le tube et les électrodes étaient, avant les expériences, débarrassés soigneusement même de gaz occlus; après quoi le tube fut rempli d’assez peu d’hydrogène pur pour que la différence du potentiel entre l’anode et la cathode au moment où la décharge éclate ne descende pas au-dessous de 10000 volts. Pendant les décharges, les rayons cathodiques doivent sortir régulièrement au milieu de la cathode.
- » Entenant compte des remarques ci-dessus j’ai trouvé dans un spectre spécial quatre bandes jaunes séparées par des bandes obscures. Dans chaque bande lumineuse j’ai souvent distingué des lignes d’une luminosité plus intense, et ces lignes paraissaient quelque fois bien nombreuses.
- » Pour étudier de près ces phénomènes, j’ai introduit devant la cathode et communiquant avec elle par un court fil fin de cuivre une résistance d’eau variable facile à régler.
- » Par ce procédé, on obtient une seule bande jaune, restant tranquille d’une décharge à l’autre, et qui peut facilement avoir une largeur de plusieurs centimètres, la résistance étant convenablement choisie. La largeur de la bande s’augmente du reste avec le courant primaire de la bobine employée et possède en outre un maximum très marqué, la résistance d’eau étant variable.
- « En regardant attentivement cette bande d’une luminosité, au premier coup d’œil, homogène, on aperçoit partout les traces d’un nombre énorme de lignes.
- « Si pourtant le fil de cuivre reliant la résistance d’eau à la cathode est mis en communication avec une boule métallique
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- isolée 'j’ai employé des boules de o.io m et de 0,30 m de diamètre), la bande jaune se contracte et se résout en raies fines changeant maintenant un peu de position d’une décharge à l’autre. Ces lignes sont, on le voit facilement sans pouvoir les compter, beaucoup plus nombreuses pour la boule de 0,10 m que pour la boule de 0,30 m, toutes choses égales d'ailleurs.
- » On pourra diminuer le nombre des lignes à son gré en introduisant des capacités en conséquence. J’ai employé trois bouteilles de Leyde de 120 cm3, 750 cm3 et 1200 cm3 de volume. Avec la première, j’estime avoir vu une trentaine de lignes, avec la seconde j’en ai compté cinq, avec la troisième j'en ai rarement vu plus d’une seule. Il faut remarquer pourtant qu’avec ces capacités le nombre des lignes augmente avec le courant primaire et qu’il diminue quand la résistance d’eau augmente.
- » II y a une manière de séparer les lignes de ces spectres l’une de l’autre à la distance voulue.
- » En effet, si par tâtonnements on arrive à fermer le courant des aimants déviant les rayons au moment où une décharge éclate, on voit le spectre s’étendre largement, et j’ai souvent réussi avec la plus petite bouteille de Leyde à produire une image phosphorescente d’une beauté parfaite sur le verre et presque identique aux images des décharges intermittentes, reproduites dans un Mémoire célèbre de Feddersen [Pogg. Ann., 103 ; 1858 ; Taf. I, fig. 18, 19). La variation rapide du système magnétique employé joue le même rôle ici que le miroir tournant de Feddersen dans ses expériences.
- ».Avec un arrangement automatique, j’ai fait varier le champ magnétique synchroniquement aux éclats de décharges. De cette manière j’ai observé que la distance des lignes du spectre augmente avec la capacité et la résistance d’eau, intercalées devant la cathode.
- » Si, au contraire, on intercale la capacité et la résistance d’eau devant l’anode,
- nous n’aurons pas les phénomènes décrits plus haut, mais d’autres résultats moins marqués et de nature à confirmer la théo-
- » Si la plaque cathode est mal fixée sur la tige qui la supporte, les résultats sont tout autres. Le spectre consiste dans ce cas en des bandes larges qui ne sont presque pas affectées d'une capacité ou d’une résistance d’eau intercalée.
- » Si les rayons cathodiques sortent de points différents et irrégulièrement répandus sur une plaque cathode, les résultats ne sont plus nets.
- » Les phénomènes que je viens d’exposer jettent une grande lumière sur la découverte des surfaces d’interférence des rayons cathodiques faite par M. Jaumann.
- » Il 111e paraît aussi que cette différenciation indiquée de la décharge panant de la cathode nous promet plus de clarté sur la question de stratification de la colonne positive.
- » D’après une expérience bien connue de J.-J. Thomson, il est certain que les strates apparaissent d’abord près de l’anode et plus tard dans le voisinage de la cathode. Mais s’ensuit-il que les décharges élémentaires qui se manifestent par ces strates sont émises par l’anode? Les strates n’existent pas dans le voisinage de la cathode; on admet pourtant que les décharges élémentaires se propagent aussi à travers cet espace.
- » Or, nous savons que la distance des strates de la cathode dépend beaucoup de la répartition de la force électrique dans le tube, et cette répartition est tout autre au moment de naissance d’une décharge que plus tard. D’autre part, M. Goldstein a montré, il y a seize ans ( Wied. Ann., t. XII, p. 271), que la position et les propriétés des simples strates bien definies dépendent complètement de la position et du caractère de la cathode, mais pas du tout des conditions de l’anode.
- » Je viens de démontrer que la distance des simples strates ne varie pas, si l’on inter-
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- cale des capacités devant les électrodes ; même de petites capacités, liées le plus intimement possible à la cathode ou à l’anode, n’influent pas.
- » Le nombre, dans l’unité de temps des chocs intermittents, se manifestant par des strates, est donc probablement réglé par le gaz seul, ou parles propriétés des chaînes de Grotthus qui s’y forment.
- » D’après ce que je viens d’exposer, je pense qu’il serait plus naturel de supposer que la cathode émet : i° des chocs de décharge intermittents, dont les propriétés sont surtout réglées par des conditions extérieures du tube de décharge : la différence du potentiel entre l’anode et la cathode, les capacités et l’état de conductibilité dans le voisinage de la cathode ; ces chocs se manifestent par les rayons cathodiques ; 20 des chocs dont les propriétés sont surtout réglées par les conditions du gaz inclus dans le tube ; ces chocs se manifestent par des strates. »
- Grandes forces électromotrices ;
- Par John Trowbridge (*)•
- Sous ce titre l’auteur indique quelques résultats d’expériences faites avec un appareil permettant d’obtenir des différences de potentiel atteignant 1200000 volts et produisant des étincelles de 48 à 50 pouces de longueur (125 a 130 cm). Cet appareil est une machine rhéostatique genre Planté permettant de mettre 60 condensateurs en parallèle pour la charge et en série pour la décharge ; la batterie d’accumulateurs employée pour la charge ayant une force électromotrice de 20 000 volts, on a à la décharge la force électromotrice indiquée ci-dessus.
- Les premières expériences avaient pour objet de rechercher comment varie, avec la longueur de l’étincelle produite, la force élec-
- (') Vhüoscphical Magazine, x. XLV, p. 98-100, janvier 1898.
- tromotrice nécessaire à la production de cette étincelle. Déjà en 1860, lord Kelvin avait cru pouvoir tirer de ses essais la conclusion que la différence de potentiel doit croître proportionnellement à la distance à partir d’une valeur suffisamment élevée de la distance explosive; c’est également la conclusion à laquelle arrive M. Trowbridge.
- II fait observer à ce propos que les résultats obtenus par plusieurs expérimentateurs opérant avec des appareils d’induction sont loin d’être concordants. Ainsi, d’après le professeur Elihu Thomson, la différence de potentiel entre les bornes d’un transformateur donnant des étincelles de 80 cm de longueur serait d’environ 500 000 volts, tandis que d’après Heydweiler (*) elle ne serait que de 100000 volts, et que suivant Oberbeck (2) une différence de potentiel de 60000 volts pourrait dans certaines conditions donner des étincelles de plus de 10 cm de longueur, Aussi l’auteur pense-t-il que l’emploi des appareils d’induction, bobines ou transformateurs, est à rejeter pour l’étude des distances explosives.
- Dans d’autres expériences, M. Trowbridge a cherché si les décharges de très grande force électromotrice seraient capables de traverser un espace raréfié où les décharges ordinaires ne peuvent plus se produire. Il a pris un tube de Crookes et y a fait le vide à un tel degré que les décharges de 8 pouces de longueur (20 cm environ) préféraient passer dans l’air plutôt que dans le tube. La. décharge disruptive de la machine rhéostatique traversait facilement ce tube en donnant des rayons Rœntgen de grande puissance ; le degré de raréfaction du tube n’était pas sensiblement altéré par ces décharges.
- En résumé : i° pour les grandes distances explosives la longueur de l’étincelle est proportionnelle à la force électromotrice ; 20 l’air
- (') Wieà. Ann., t. XLVIII, p. 231. 1893. La Lumière Électrique, t. XLVIII, p. 282, 13 mai 1893.
- (2) Wiei. Ann., t. LXII, p. 10g, j897. L'Éclairage Électrique, t. XIV, p. iji, 21 janvier 1898.
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- ajnené à un degré de raréfaction suffisamment élevé pour être considéré comme incapable de conduire l’électricité se laisse traverser par les décharges de très grande force électromotrice. J. B.
- Phosphorescence produite par électrisation ;
- Par John Trowbrîdge et John-E. Burbank(‘).
- Certaines substances luminescentes, ayant perdu leur luminescence à la suite d’un chauffage prolongé à une température élevée, reprennent la propriété de devenir luminescentes sous l’influence de la chaleur lorsqu’on fait jaillir dans leur voisinage des étincelles électriques. Ce phénomène étudié par E. Becquerel, qui en donne la description dans son ouvrage la Lumière, ses causes et ses effets (Paris 1867, t. Ier, p. 55I a été tout récemment étudié par MM. E. Wiedemann et G.-C. Schmidt ('!), M. Hoffmann (3) et M. Borgman (4). E. Becquerel attribuait la restitution de la thermoluminescence par l’étincelle à la lumière émise par celle-ci ; MM. E. Wiedemann et G. Schmidt ont montré qu’elle était principalement due à une radiation de nature inconnue accompagnant l’étincelle et à laquelle ils ont donné le nom de décharge radiante ou de rayons de décharge ; M. Hoffmann a confirmé cette conclusion, et M. Borgman a observé que les
- (') Philosophical Magazine, t. XLV, p. 100-102, janvier 1898.
- (2) Wied. Afin., t. LVI, p. 237, 1895.
- (3) Wied. Ann., t. LX, p. 269, 1S97. L'Éclairage Electrique, t. XI, p. 326, 8 mai 1897.
- (4) Comptes rendus, t. CXXiV, p. 895. L’Éclairage Électrique, t. XI, p. 320, 8 mai 1897.
- rayons Becquerel et les rayons Roentgen produisent sur un mélange calciné de CaSO4 5 p. 100 MnSO le même effet que les rayons de décharge.
- MM. Trowbridge et Burbank ont opéré sur de la fluorine en poudre grossière chauffée au rouge pendant une heure étayant ainsi perdu son pouvoir luminescent. Soumettant cette substance à l’action de décharges par aigrettes, ils ont observé qu’elle possédait alors de nouveau la propriété de devenir luminescente par la chaleur. Comme M. Hoffmann, dans le mémoire cité plus haut (p. 273), établit qu’il n’y a pas de rayons de décharge dans la décharge par aigrettes, ils en concluent que la restitution du pouvoir thermoluminescent constaté dans leurs expériences est dû à l'électrisation de la substance.
- Ils ont egalement constaté que la même fluorine soumise à l’action des rayons Rœntgen reprend aussi la faculté de devenir luminescente sous l’influence de la chaleur; par conséquent, disent-ils, les rayons Rœntgen possèdent comme la décharge par aigrettes la propriété d’électriser les corps et ils voient dans leurs résultats une nouvelle démonstration de cette propriété.
- En terminant les auteurs font remarquer que la lumière du soleil et la lumière diffuse du jour restituent aussi la thermoluminescence à un grand nombre de substances luminescentes. « Pouvons-nous en conclure, ajoutent-ils, que la luminescence excitée par la lumière du soleil ou du jour est due à une électrisation que dissipe ensuite la chaleur ? Cette hypothèse ne nous semble pas en contradiction avec la théorie électromagnétique de la lumière et la phosphorescence peut fort bien être une preuve de l’existence des forces électriques qui produisent la lumière ultraviolette. » J. B.
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- CHRONIQUE
- Dynamo de 800 chevaux à courant continu. — Nos lecteurs connaissent l’installation de la station centrale d’éclairage électrique de la ville de Rouen (.I.'Édairage Électrique, t. XIII, p. 585). La Société Normande d'Électricité qui dirige cette station, a dû augmenter la production d’électricité par suite du développement que ce mode d’éclairage a pris dans la ville. Elle s’est adressée à la Société Nouvelle des Etablissements Decauville aîné, pour faire construire une dynamo à courant continu. Cette dynamo, dont la puissance est de 800 chevaux, est montée sur l'arbre même d'une machine à vapeur de même puissance et faisant 75 tours par minute.
- C’est sans doute, avec la dynamo de la station Edison de l’avenue Trudaine à Paris, la plus puissante gcnératricede courant continu existant actuellement en France. Nous empruntons au Génie Civil une description rapide de cette machine.
- La dynamo de Rouen est composée de deux parties indépendantes reliées en tension pour la marche à trois fils. A égale distance des paliers, supportant un arbre de 0,50 m de diamètre et de 4m de portée, est placé un volant de 6 m de diamètre et pesant environ 15 tonnes. Adroite et à gauche du volant, sont clavetés sur l’arbre deux moyeux-disques sur chacun desquels se boulonne une couronne formantl’induit des dynamos. Le diamètre intérieur de ces couronnes est de 1,465 m ; cette dimension est nécessitée pour permettre le passage d’un des induits sans démonter la manivelle.
- Le diamètre des induits est de 2,50 ni et la longueur utile des polaires de 0,37 m.
- L’enroulement en tambour des deux induits est constitué par des câbles en cuivre reliés à leurs extrémités par des lamelles doubles également en cuivre, et servant en même temps à la connexion dès câbles et à la ventilation.
- Les collecteurs ont 1,77 de diamètre et une largeur utile de 0,37 m. Ces grandes dimensions assurent un fonctionnement parfait des balais en charbon.
- L’inducteur est constitué par un décagone dont les côtés, en acier coulé, sont directement boulonnés sur les polaires, également en acier coulé. Le tout est supporté par des patins en fonte, scellés sur la maçonnerie.
- Cet inducteur très puissant fonctionne avec un champ moyen dans l’entre-fer de 5 200 unités.
- Le potentiel normal est de 125 volts par côté. Toutefois, à wattage constant, c'est-à-dire avec une diminution proportionnelle du nombre des ampères, cette machine peut donner jusqu’à 125 volts. Dans ce dernier cas, il suffit d'une augmentation de vitesse de 5 tours par minute.
- Le rendement en pleine charge atteint 92 p. 100; il ne descend qu’à 89 p. 100 en demi-charge.
- Les avantages de ce système portent surtout sur le rendement obtenu, car il permet d'utiliser une machine à vapeur d’une faible vitesse, sans nécessiter l’emploi, soit de câbles, soit de courroies, absorbant toujours une partie notable de la force et nécessitant un entretien coûteux.
- La visite de l’induit est facilitée par la force même de l'inducteur qui permet un démontage facile. Enfin, le mode d'enroulement ainsi que la disposition de la couronne qui porte les tôles de l'induit, empêchent réchauffement anormal de la machine, même dans le cas où elle aurait à développer un surcroît important de puissance pendant quelques heures.
- ERRATA
- Dans les formules de la lettre de M. P.Ja-nkt, sur Vapplication des imaginaires au calcul des courants alternatifs, publiée dans le numéro du 5 février, se trouvent plusieurs erreurs d’impression. Ces formules (page 268, col. 2} doivent être rectifiées comme il suit :
- Ligne 3 : R, = -^-
- Ligne 5 : R, = — /Lu = - R,
- Rp-f- R/ =: R, (1 — 0 = Va — Va = constante
- Le Gérant : C. NAUD-
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- Tome XIV.
- Samedi 26 Février 1898
- 5e Année. — N° 9.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l'École Polytechnique, Membre de l’Institut. — A. D’ARSQNVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — D. MONNIER, Professeur à l'École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ, Professeur â la Sorbonne, Membre de l’Institut. •- A. POTIER, Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J, BLONDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES
- DYNAMOS A COURANT CONTINU
- M. de Ferranti, dans un récent brevet U a en vue la réalisation d’une machine à courant continu, dont la partie mobile a un diamètre et un poids suffisants pour servir de volant au moteur qui la commande directe-
- Comme l’inducteur est de beaucoup la partie la plus lourde, c’est lui qui est mobile dans ce genre de machine; l’auteur revient donc à l’emploi des balais tournants.
- Ceux-ci préconisés autrefois par MM. Ziper-nowsky et Déri ;L, dans leur transformateur de courants alternatifs, et à peu près à la même époque par M. Main ;(s), dans une machine h courant continu, à inducteur mobile du même genre que celle que propose aujourd’hui M. de Ferranti, ont reparu bien souvent dans les brevets Hutin et Leblanc (l), Fra-zer (s; sans beaucoup de chance de succès.
- (’) Brevet anglais, n° 17557, 4 figures. Déposé le 8 août 1896, accordé le 51 juillet.
- P) Brevet français, nn 195111. Déposé ie 21 septembre
- 1888.
- (3) Voir La Lumière Électrique, t. XXVIII, p. 307, et f-XXIX, p. 167, 1888.
- h) Voir La Lumière Électrique, t. LX, p. 201, 1891.
- U Voir, L’Éclairage Électrique, notre article sur les marnes dynamo-électriques, t. XII, p. 498, 1897.
- Un des inconvénients principaux de ce genre de machine est la difficulté du décalage des balais par rapport à la zone neutre ; cette difficulté, qui pourrait être surmontée facilement en rendant l'armature mobile autour de son axe soit sur rails courbes ou sur galets d’une quantité du reste très faible, esi tournée par l’inventeur en annulant le décalage par l’emploi de l’enroulement compensateur bien connu, sur lequel M. Fischer Hinnen ('} a fait dernièrement quelques remarques intéressantes et dont M. de Ferranti a breveté récemment quelques dispositifs spéciaux (y:.
- La machine de Ferranti représentée sur les figures 1 et 2 diffère notablement de la machine de Main, qui est à bobine inductrice centrale. L’armature en tôles feuilletées et serrées par les boulons à rainures intérieures (fig. 2), est supportée par une carcasse métallique annulaire, soutenue elle-même par une chaise fixée de préférence au bâti du moteur conduisant la dynamo.
- La carcasse inductrice placée extérieurement est maintenue par un moyeu de forme
- p) Voir L’Éclairage Électrique du 29 janvier 1898, p. 208. (2) Voir, L’Éclairage Électrique, notre article sur les machines dynamo-électriques, t. XIII, p. 14, 1S97.
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- spéciale/. Cette carcasse se compose d’un anneau de fer g- à la surface intérieure duquel sont disposés les noyaux polaires h coulés en même temps que l’anneau ou fixés après dressage des surfaces, et d’un second anneau/, formant les épanouissements polaires. Dans cet anneau sont pratiquées les encoches dans lesquelles sont logés les enroulements compensateurs en fer ou en métal non magnétique, que nous avons décrits précédem-
- ment Les petits noyaux p entre les pièces polaires peuvent recevoir des petits pôles auxiliaires pour combattre également la réaction d’induit.
- L’enroulement de l’armature aboutit aux lames 11 du collecteur fixe, sur lequel frottent les balais disposés dans des anneaux de bronze p, supportés parles boulons w. Ceux-ci sont fixés sur une caisse annulaire n qui entoure et protège les enroulements compen-
- Fig. 1 et 2. - Dynam
- satcurs. L'inducteur, dont les bobines / sont complètement noyées dans l’anneau g, a ses deux extrémités aboutissant à deux anneaux / en connexion fixe avec les anneaux -v, maintenus par les boulons y qui traversent les noyaux polaires sur toute la longueur de l’entrefer.
- .Les perfectionnements proposés par M. J.-V. Sherrin sont relatifs, a un moteur a courant continu, à armature et à inducteurs mobiles et par suite aussi à balais tournants. Le but de l’auteur est d’adapter à ce moteur déjà breveté, un engrenage quelconque et un frein permettant de faire varier la vitesse de l’inducteur et par suite, aussi la vitesse de l’armature (’)•
- Sur l’arbre du moteur B (fig. 3) sont cla-
- C) Brevet anglais, n° 20513, 2 figures. Déposé le 16 septembre 1896, délivré le ji septembre 1897.
- vetées deux roues dentées K, et K,; l’armature C est clavetée sur un manchon D, monté sur cet arbre et muni de deux bras à l’extrémité desquels sont fixés deux goujons GG,
- Fig. 3 et 4. — Moteur Sherrin à inducteur et induit mobiles
- portant chacun un double pignon FL libre de tourner autour de ceux-ci.
- L’inducteur mobile A est également muni de deux bras et de deux goujons sur chacun
- C) Voir L'Éclairage Électrique, ioc, ci!., t, XIII. p-1897.
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- desquels sè meuvent librement les doubles pignons dentés FtLj. F, engrène avec K, et F avec K,. Lés roues H, et Hs sont calées sur les manchons H, lesquels servent de coussinets à l’arbre du moteur.
- La figure 4, qui est une coupe par le plan XX, montre le dispositif de l’engrenage à billes consistant en un pignon denté M fixé au manchon D et dans les dents duquel se trouvent les billes ou les rouleurs N, lesquels, grâce aux logements qui leur sont ménagés dans une sorte de roue à rochets encastrée dans la roue K2, empêchent le déplacement relatif de M et K* lorsque IC
- tourne dans un sens, et le permettent dans l’autre.
- Le. cylindre P, entourant complètement l’ensemble, porte un anneau conique en Q, s’engageant dans une pièce de même forme R et pouvant glisser le long d’une' rainure Rj pratiquée dans le manchon H.
- Un frein quelconque, à bande par exemple; permet de retarder plus ou moins la vitesse de la caisse P, et par suite d’augmenter la vitesse de l’arbre (*).
- Les perfectionnements proposes par M.F.-E. Ei.mork (2) nous amènent aux machines
- Fig. 5 et 6. — Machine unipolaire Elmore.
- unipolaires, lesquelles peuvent être classées en deux types : celui à disque ou celui à cylindre tournant. Ces types sont constitués, comme on le sait, par un champ magnétique constant très puissant, dans lequel on fait tourner avec une grande vitesse un disque ou un cylindre, le courant étant recueilli entre l’arbre de rotation et un ou plusieurs balais portant sur le bord du disque dans le premier cas, ou entre les deux extrémités du cylindre ou de l’arbre dans le second.
- La vitesse tangentielle de ces machines est généralement très grande, aussi les pertes en frottement des balais, qui ont toujoursune surface relativement grande, et leur usure sont-elles assez fortes et diminuent-elles le rendement de ce genre de machine. L'appli-cation des roulements à.billes permettrait, ^ après M. Elmore, de diminuer ces frottements ainsi que l’usure des balais.
- Les figures 5 et 6 représentent deux coupes, suivant l’axe et perpendiculaire à l’axe, d’une machine du type à cylindre ou arbre tournant.
- L’arbre traverse deux anneaux de fer BB et le noyau C de l’électro-aimant, de façon à obtenir un double circuit magnétique peu résistant. Sur cet arbre sont fixés deux colliers E et F disposés chacun entre deux colliers H et G dont les parties inférieures plongent dans des auges pleines de mercure K et L lesquelles sont connectées avec les prises de courant principales. Tous ces colliers sont munis de rainures circulaires dans lesquelles sont disposées les billes de roulement qui
- f1) Un procédé analogue a déjà été employé pour les moteurs synchrones à courants alternatifs par M. P. Bary. Voir Lumière Électrique, î. XLVII, p. 420, 1893.
- (s) Brevet anglais, n° 21 009, 5 figures. Déposé le 22 sep--tembre 1896, délivré le 31 juillet 1897.
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- collectent le courant. La rotation des colliers fixes H et Gavée l’arbre est empêchée à l’aide d’un levier et d’un ressort fixé au bâti.
- On peut facilement en disposant sur un arbre plusieurs cylindres conducteurs isolés entre eux et munis de colliers analogues à ceux de la ligure 5, obtenir avec le même électro* aimant plusieurs éléments qu’on pourra monter en série.
- Les figures 7 et 8 montrent deux autres dis-
- positifs pour collecter le courant à l’aide de rouleurs R, se déplaçant sur la surface extérieure du collier E et les surfaces intérieures des disques collecteurs G et H.
- La dynamo de M. A.-W. Smith, dont nos confrères d’Angleterre et d’Amérique ont parlé à. différentes reprises (*), vers la fin de l’an dernier, a pour particularité d’employer un inducteur très peu volumineux et par suite un entrefer aussi réduit que les conditions mécaniques le permettent.
- Chaque inducteur de forme dissymétrique comprend, comme l’indique la figure 9, un noyau qui, contrairement à ce qui a lieu dans les autres machines, est placé de part et d’autre de la zone neutre. L’enroulement est reparti uniquement en arrière de cette zone dans le sens du mouvement, de façon a combattre en quelque sorte sur place l’effet de la distorsion magnétique; £1 cet effet, l’enroulement inducteur est partagé en plusieurs parties, 1, 2, 3,4, présentant entre elles des petits pôles ?zl5 «2,
- (J) Voir The Ekclrtcal World, vol. XXX, p. 200; The Ëkctrical Engineer de New-York, vol. XXIV ; TheEkctrician, vol. XXXIX, p. $86 et 794.
- «a, «4, sI5 s3, s3, s4. Ces noyaux inducteurs aa comportent simplement en avant du mouvement des épanouissements polaires S et N.
- Fig. 9. — Schéma de la machine dyna:
- de A.-W. Smith.
- Avec cette forme particulière d’inducteur le flux de réaction d’induit suit le chemin indiqué par les lignes ponctuées ee; il en résulte que la résistance du circuit magnétique, comprenant un espace d’air assez considérable, est très grande et que, par suite, la réaction d’induit est faible.
- Pour éviter les étincelles aux balais, M. Smith dispose des petits noyaux n et 5 portant chacun un enroulement en série avec le courant principal de l’induit ; cet enroulement est tel que le nombre d’ampèretours qui s’y développent soit égal et opposé à celui de la section en court-circuit, de façon à se compenser mutuellement et par suite, suivant l’opinion de l’auteur, à annuler la self-induction; c’est en somme le procédé des petits pôles auxiliaires de M. Swinburne appliqué uniquement au circuit magnétique de la section en court-circuit. Ils n’ont donc dans ce cas aucune action sur la distorsion du champ inducteur.
- Ce type de dynamo possède évidemment de nombreux avantages au point de vue de l’utilisation des matériaux, reste à savoir s’il répondra à toutes les exigences de la pratique ; c’est ce que nous ne tarderons pas probablement à connaître.
- On a souvent pensé à placer des dynamos sur les véhicules pour en assurer l’éclairage pendant la marche. La difficulté inhérente à ce mode d’emploi est évidemment l’extrême variation de la vitesse, la question pelJt
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- cependant être résolue dans de certaines limites de variation de vitesse en agissant automatiquement sur le champ inducteur ; mais MM. C.-H. Wade, J. Mookes et H,-O. F arreu, (j;, non ennemis de la'complication, préfèrent opérer autrement en faisant varier le nombre de spires de chaque section de l’armature de la dynamo.
- Pour plus de simplicité dans l’exposition de ce système, nous supposerons que l’armature a une seule section et comporte par suite deux lames au collecteur. L’enroulement induit C (fig. 10), dont une des extrémités est
- réunie directement à la coquille B7, est partagé en un certain nombre de parties à l’aide de conducteurs W aboutissant aux plots d’un commutateur fixe sur un disque A, lequel porte également le collecteur BB\ Sur ce commutateur peut glisser un contact D porté-par le ressort S fixé lui-même sur le pivot P, disposé excentricalement au disque A et en communication électrique avec la coquille B.
- Le déplacement du block D en fonction de la vitesse, est obtenu soit à l’aide d’un régulateur à force centrifuge, soit autrement. Le fonctionnement de l’appareil est facile à comprendre : pour une diminution suffisante de vitesse, le curseur D se déplace vers le haut et augmente le nombre de spires actives de 1 armature, non sans avoir coupé le circuit à chaque plot si la largeur du block D est un Peu inférieure à celle d’une touche du com-
- (*) Brevet anglais, 110 24177, 6 figures. Déposé le 30 oc* l0°re 1896, délivré le 4 septembre 1897.
- mutateur T, et mis en court-circuit si la largeur est un peu plus grande.
- La figure 10 donne quelques détails suffisants sur la construction du contact D, pour qu’il soit inutile d’insister autrement.
- Lors de la discussion de la communication de M. Mordey (J) sur la réaction d’induit dans les machines à courant continu, M. S.-G. Brown (2) a fait part d’expériences qui l’avaient conduit aux mêmes dispositifs que M. Mordey. La demande de brevet à ce sujet en Angleterre (3) date d’octobre 1896 et contient quelques indications non signalées par l’auteur. Nous dirons seulement quelques mots de celles-ci en renvoyant le lecteur à la communication de Brown pour les explications et les résultats obtenus avec cet ingénieux dispositif.
- Dansl'envoulemeut normal Brown-Mordey (fig. 11), l’angle que font entre eux les plans
- Fig. 11. — Section de l’enroulement S.-W. Brown, pour machine à courant continu.
- des deux spires d’une même section doit être tel que l’écart entre les deux conducteurs A et C soit un peu inférieur à l’espace compris entre deux pôles. On peut s’affranchir de cette condition en pratiquant dans les premiers polaires à l’endroit où doivent se trouver les conducteurs C et C, (fig. 12), disposes en
- (*) Voir L’Éclairage Électrique, t. XIII, p. ni, 1897.
- (2) Voir L’Éclairage Électrique, t. XIII, p. 131, 1897.
- (’8) Brevet anglais, 5 figures. Déposé le 3 octobre 1896 délivré le 28 août t S97.
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- avant du plan de commutation des sections en court-circuit, des encoches pour que ia
- roulement S.-W. Brc
- des pôles.
- variation de flux coupé par ces conducteurs soit, au moment où elles vont quitter ces rainures, suffisante pour produire la force électromotrice nécessaire à l’inversion du courant.
- Lorsque la machine doit pouvoir fonctionner dans les deux sens, il faut pratiquer deux autres rainures symétriques des premières par rapport à l’axe NS.
- On peut diminuer la complication de l’enroulement en faisant porter les conducteurs en avance par chaque spire elle-même; il suffit pour cela comme le montre la figure 13, de
- Fig. 13. — Section de l’enroulement S.-W. Brown, pour machine à courant continu.
- partager les tôles induites en deux piles et de ployer l'un des conducteurs de chaque spire
- de façon à ce qu’un des tronçons soit en avance sur l’autre.
- L’emploi des développantes avec ce genre d’enroulement, est un peu plus compliqué qu’avec l’enroulement tambour ordinaire, car il y a lieu de faire chevaucher celle-ci, ce que M. S.-G. Brown obtient à l’aide de petits ponts en forme d’U (fig. 14).
- Fig. J4. — Groupement des développantes dans la machine S.-W. Brown.
- La Compagnie de l’industrie électrique de Genève (*) propose l’emploi, pour les machines à grande intensité, où le nombre de pôles doit toujours être assez grand par suite de la nécessité de répartir l’intensité totale dans un certain nombre de circuits montés en parallèle, et pour les dynamos de faible puissance, d’un système d’inducteur, appartenant au type cuirassé, non inédit (8), mais en réalité peu connu.
- Comme le montrent les figures 15 et 16, l’inducteur est à bobine centrale et se compose d’un cylindre d’acier ou de fer A enveloppant complètement la machine et portant sur l’une des faces, trois pièces polaires A' également distantes entre elles. Sur l’autre face est fixé, par un procédé quelconque, un moyeu formé du manchon H, entourant l’arbre et d’un disque B; c’est sur le manchon H qu’est disposée la bobine inductrice B1.
- L’arbre B est supporté par deux paliers fixés directement, l’un a l’une des extrémités du moyeu, l’autre à un support s’appuyant
- (*) Brevet anglais, n° 29226, 2 figures. Déposé ie 19 décembre 1896, délivré le 24 août 1897.
- (2) Cette formese trouve en effet indiquée dans letableau des différents types d’inducteurs (tableau ji, fig, 40), dans l’excellent Traité des Machines Dynamos à courant continu (die Wirkungsmise, Btecbnmg uni Construction Elektrischer Gldchstrom Maschinen) de M. Fischer-Hinnen et paru en décembre 1896.
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- sur les deux pièces 'polaires inférieures. I légèrement plus faible que l’intérieur du L’arbre D est entouré d’un cylindre de fonte manchon H.
- ou d’acier C, clavetc sur lui et d’un diamètre ( Ce cylindre porte l’induit forme d’une
- Fig. ) 5 et 16. — Dynamo à courant continu et à un inducteur central de la Compagnie de l’Industrie électrique de Genève.
- pile de tôles annulaires C, serrée entre deux disques, et d’un enroulement en tambour F relié au collecteur G.
- Les flux magnétiques sortant des trois pièces polaires, de même polarité, entrent
- radicalement dans l’induit pour suivre ensuite le cylindre C; la machine est donc à 6 pôles avec trois pôles de même nom communs.
- C.-F. Guiuïf.rt.
- CHEMINS DE FER ET TRAMWAYS ÉLECTRIQUES CHEMINS DE FER DE BANLIEUE ET MÉTROPOLITAINS (»)
- VIII. Traction à grande vitesse. — L’avant-projet de MM. Ch.-H. Davis et F .-S. Williamson est plutôt une étude publiée dans le but de prouver « les énormes possibilités de la traction électrique à très grande vitesse »(2).
- Il s’agirait de relier New-York à Philadelphie par une voie ferrée spécialement établie sur laquelle des trains électriques circuleraient à grande vitesse. La distance entre les deux villes est de 137 km ; le trajet s’effectuerait en 36 minutes; en comptant 6 minutes et 13,7 km pour la mise en vitesse, au départ, et autant pour le ralentissement et l’arrêt à l’arrivée, on voit que la vitesse moyenne
- C) Voir L’Éclairage Électrique, des 12 et 19 février, P- 273 et 355.
- (s) Charles-Henry Davis et F. Stuart Williamson — The enormous possibilités of rapid electric travel — The Engineering Magazine, octobre et novembre 1897, p. 32 et 253.
- serait de 228 km : h et la vitesse maxima de 273,6 km : h, soit 73 m. : s.
- Le matériel serait formé de wagons automoteurs, longs de 47,55 111 de bout en bout et munis de 6 essieux moteurs, 3 à l’avant, 3 à l’arrière; la distance, d’axe en axe, entre les deux essieux médians, à chaque bout du train, serait de 36,6 m, et l’écartement entre deux essieux consécutifs serait de 2,75 m. Les roues auraient 2,15 m de diamètre ; à la vitesse maxima elles feraient donc 11,34 tours parseconde ou 680 t : m; les moteurs seraient à accouplement direct.
- Le poids de chaque wagon avec sa charge de 140 voyageurs serait de 150 short tons, soit 136,2 tonnes métriques.
- Un train serait formé par un ou plusieurs de ces wagons, cinq au plus. Les wagons seraient réunis par des soufflets, afin de réduire l’action de l’air ; toutes les formes
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- seraient du reste unies et arrondies dans le même but; l’avant et l’arrière seraient munis d’éperons.
- La voie serait établie avec une solidité exceptionnelle : les traverses reposeraient sur une couche de béton étendue sur un lit de pierre concassée. Les traverses seraient métalliques, distantes de o,6 m d’axe en axe,„ et seraient d’une longueur telle que les rails de toutes les voies soient fixés sur la même traverse, afin d’éviter les déformations des voies. Les rails en acier à forte teneur en carbone auraient de 25 a 30 cm de hauteur et seraient d’un modèle analogue au rail normal recommandé par l’American Society of civil Engineers, sauf la tète qui serait plus large et moins épaisse; ils pèseraient environ 125 kg : m et seraient fabriqués par bouts de 18 m environ.
- L’écartement normal serait adopté, ou un écartement légèrement plus grand.
- Pour éviter les oscillations latérales, un des rails serait légèrement surélevé.
- Il n’y aurait que quatre courbes : une de
- 6.5 km de rayon, deux de 19,5 km et une de
- 14.5 km. L’élévation du rail extérieur pour la courbe de plus petit rayon ne serait que de 8,75 cm en adoptant les règles ordinaires; elle pourrait être beaucoup moindre parce que le centre de gravité des trains électriques serait beaucoup plus bas que dans les trains ordinaires. Par suite de leur grand rayon, la résistance à la traction qu’elles offriraient serait très faible ; elle correspondrait à une puissance d’au plus 7,5 chevaux par wagon.
- La rampe maxima serait de 0,002, sauf en un point où elle serait un peu plus forte, mais sur une assez faible longueur pour que la vitesse acquise suffise à la franchir. A la vitesse de 76 m : s, la puissance nécessaire pour vaincre l’action de la pesanteur serait de 275 chevaux par wagon.
- Quant à la puissance totale exigée par la mise en mouvement des trains à une telle vitesse, on en est réduit aux conjectures par suite de l’importance capitale que prend la résistance de l’air, qui est loin d’être suffi-
- samment connue. Les auteurs du projet actuel admettent qu’une puissance totale de 2 000 HP (de 746 watts, soit 152000 kgm : s) serait suffisante. En admettant que la résistance au roulement, y compris le frottement des essieux dans leurs paliers, soit réduite à 4 kg : t par suite de la construction irréprochable de la voie et de la douceur de la traction électrique, la puissance à pleine vitesse, sur rampe de 0,002, serait de (4 -j- 2) X 136,2 X 76 = 62 107 kgm : s par wagon sans compter la résistance de l’air. On disposerait donc pour vaincre celle-ci d’une puissance de 152 000 — 62 107 = 89 893 kgm : s, correspondant à un effort de = r 1S3 kg, soit
- pour une surface offerte au vent, à l’avant, de ii à 12 m2, une résistance d’environ 100 kg par m\ Cela serait probablement trop faible, bien que des expériences, notamment celles de M. Crosby, tendent à autoriser de tels chiffres avec un avant parabolique.
- Aux deux terminus, les voies seraient en pente très accentuée sur une assez grande longueur, pour faciliter les mises en vitesse et les arrêts.
- Le courant serait fourni aux wagons par un rail latéral et un collecteur à patin, combiné spécialement pour assurer un contact certain malgré les vitesses envisagées. La transmission se ferait par courants triphasés à 10000 volts engendrés dans n stations centrales, et qui seraient transformés en courant continu h 1000 volts pour la distribution; 30 stations transformatrices seraient aménagées dans ce but. Les stations et sous-stations seraient établies dans les postes à signaux(‘). Toute la partie électrique de ce projet est peu détaillée et devrait être remaniée.
- Ce n’est pas là, du reste, ce qui constitue
- (’) Le service des signaux prend une importance capitale avec les grandes vitesses supposées. Il serait ici tout spécial et combiné de façon à non seulement avertir le mécanicien, mais encore, en cas de danger, à supprimer le courant, a appliquer automatiquement les freins, etc. La distance entre les postes à signaux serait déterminée par la distance nécessaire pour qu’un train lancé à toute vitesse puisse s arrêter sans danger pour les voyageurs.
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- le côté original de cette étude. Ce qui nous a engagé à en parler, c’est la façon vraiment hardie et neuve dont l’exploitation est envisagée.
- La population de New-York, avec sa banlieue et Brooklyn, Jersey-City, est d’environ 4 000 000 d’habitants •, celle de Philadelphie de 1 500 000 environ. Les auteurs du projet supposent que si ces deux villes étaient réunies par des trains très rapides, à départs très fréquents, et que si le prix des places était très réduit, il se produirait entre ces deux villes un mouvement de voyageurs comparable à celui qui se produit entre les villes et leur banlieue et même entre le centre des villes et leurs faubourgs : la longueur du trajet en kilomètres n’est pas importante, c’est le temps employé qui compte ; de même, ce n’est pas le prix du trajet par kilomètre qu’il faut considérer, mais la dépense totale pour aller d’un point a un autre.
- Dès lors, ils proposent de faire des départs toutes les 6 minutes en temps normal, dans chaque direction, et toutes les 1 1/2 minute en temps de grande affluence 1 En plus, le prix des places serait réduit à 1 frou 1,50 fr au maximum ! Si ce n'est qu’un rêve, c’est un beau rêve !
- Sans entrer dans les détails des calculs, qui demanderaient à être discutés longuement et souvent modifiés, nous indiquerons les traits généraux de cet exposé financier.
- Les auteurs supposent l’acquisition d’une
- 1 1/2 5 40 200
- 6 2 10 20
- 6 1 10 xo
- Le nombre de voitures-km par jour, dans les deux directions, serait donc de 191 800.
- Quant aux frais d’exploitation, malgré les grandes vitesses adoptées, ils seraient assez réduits parce que l’importance des salaires serait relativement faible, étant donnés le
- bande de terrain de 30,5 m de largeur, l’établissement du terminus de New-York, du terminus de Philadelphie, l’établissement de 3 voies, l’acquisition de 400 wagons moteurs, la construction des stations génératrices et des sous-stations transformatrices, l’organisation du service des signaux, etc., et estiment que les dépenses s’élèveront 3950000000 de francs, y compris l’intérêt, les impôts, etc., pendant la période d’organisation et de construction.
- Le capital serait formé de la façon suivante :
- Obligations 3 p. 100 d'intérêt, amortissables en 100 ans. . 500 000 000 fr.
- Actions privilégiées 4 p. 100 d’intérêt.................. 500000000 fr.
- Actions ordinaires........ 500000000 fr.
- Total.........1 500000000 fr.
- Le service d’intérêt et d’amortissement des obligations et des actions privilégiées exigerait annuellement 38 750000 fr.
- Le mouvement des trains serait établi d’après le nombre de voyageurs à transporter estimé à 200000 par jour, et réparti de la façon suivante :
- Maximum pendant 2 heures par jour
- 3 » du « » 8 »
- Le mouvement des trains serait donc le suivant, dans chaque direction :
- 2 48o
- 7 14°
- 8 80
- 700x137= 95 900
- grand nombre de voyages effectués par jour et l’absence de stations intermédiaires. En tenant compte de l’entretien et du renouvellement de la voie et des travaux d’art, de l’exploitation des usines, de leurs réparations et entretien (matériaux et main-d’œuvre), de
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- l’exploitation des trains (force motrice, matériaux, main-d’œuvre), des dépenses aux stations, des impôts, du service des signaux, des frais divers et enfin des accidents, mais sans tenir compte de l’intérêt ni de l’amortissement, ils estiment que les frais par voiture-kilomètre seraient de 0,47 fQ1). Dès lors, les dépenses de ce chef seraient, par jour, de 0,47 x 191 800 = 90 146 fr, et par an de 32900000, ce qui, joint au montant des charges fixes, ferait un total de 71 650000 fr.
- Les 200000 voyageurs par jour feraient 73 000 000 de voyageurs par an, ce qui, à 1 fr par place, donnerait 73000 000, et à 1,50 fr,
- 109 500 000 fr. Dans ces dernières conditions l’affaire pourrait vivre.
- Nous sommes loin d’être d’accord sur les chiffres donnés par les auteurs du projet. Celui-ci nous a semblé cependant intéressant à signaler en raison de l’idée hardie qui le domine. Peut-on prévoir ce qui se passerait si l’on rapprochait deux villes comme New-York et Philadelphie, dont les populations sont comme celles de Paris et de Berlin, à 36 minutes l’une de l’autre, et si l’on abaissait le prix de voyage à 1,50 fr.
- G. Peli.issier.
- ÉTUDE THÉORIQUE SUR LES PILES RÉVERSIBLES (suite1).
- AMALGAMATION DES NÉGATIVES
- Parmi les moyens à employer pour supprimer les actions locales, dues à l’hétérogénéité des plaques négatives, le premier qui se présente à l’esprit est celui que l’on a toujours utilisé avec succès dans la plupart des piles primaires, à savoir l’amalgamation des négatives. On peut amalgamer très aisément des plaques en plomb spongieux par deux procédés différents : soit en les immergeant dans une dissolution d’un sel de mercure, l’acétate par exemple, soit en précipitant du mercure par l’électrotyse. Dans le premier cas, l’opération a lieu par simple action chimique, grâce auxpropriétés réductrices du métal spongieux; il suffit après précipitation du mercure de laver fortement les plaques pour leur faire soigneusement dégorger l’acide acétique.
- Pour la seconde méthode, on se contente de mélanger au liquide même de l’accumu-
- (1) En admettant le chiffre de 2 000 chevaux pour la propulsion du wagon, la dépense d’énergie électrique par kilomètre serait d'environ 6, $ kw-h aux bornes des moteurs, ce qui absorberait déjà une grande partie de 47 centimes. Et la consommation d’énergie électrique n’est qu’une faible partie des dépenses totales. Ceci à titre d’exemple.
- (2) Voir L’Éclairage Électrique du 5 février, p. 229.
- lateur la quantité de sulfate de mercure correspondant au poids de métal que l’on désire déposer; à la charge suivante, l’amalgamation se produit par voie électrolytique.
- Quel que soit le procédé, les négatives amalgamées ont le même aspect; elles ont pris une couleur uniforme d’un blanc mat très caractéristique. L’amalgamation électrolytique offre d’ailleurs l’.avantage de ne produire aucune dégradation de la matière active, ce qui n’a pas lieu dans le traitement par voie chimique. L’étude attentive d’un accumulateur à négatives amalgamées permet de faire un certain nombre de constatations intéressantes.
- Aussitôt la charge interrompue, la force électromotrice d’un appareil semblable est toujours plus élevée que celle d’un élément ordinaire ; elle dépasse le plus souvent le chiffre de 2,35 volts, alors que la force électromotrice initiale normale de l’accumulateur au plomb est 2,24 volts seulement.
- On peut vérifier encore le fait de la façon suivante : en empâtant sur un quadrillage en plomb antimonieux un mélange formé de 80 p. 100 de chlorure de plomb et de 20 p. 100 de protochlorure de mercure, et en le rédui-
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- sant par le zinc, on obtient line plaque qui. mise en présence, dans l'eau acidulée sulfurique, d’une positive bien séchée, ayant séjourné à l’air, donne une force électromotrice de 1,97 volt, supérieure à celle qu'on trouve avec une négative ordinaire.
- Ce résultat n’est point surprenant et confirme ceux observés déjà avec les plaques obtenues par le procédé bien connu de Nézeraux, élimination du mercure d’un alliage plomb-mercure, pour produire du plomb très spongieux.
- Outre cette valeur initiale plus élevée, la force électromotrice moyenne d’un élément à négatives amalgamées se maintient plus constante dans les environs de 2 volts, pendant le cours d’une décharge, ce qui se traduit en définitive par une capacité plus grande de l’appareil.
- C’est ainsi que, un élément contenant [2,5 kg de plomb et composé de u plaques dont les 6 négatives avaient reçu, par traitement à l’acétate de mercure, une quantité totale de mercure de 416 gr, soumis à une série de trente décharges au régime forcé de 50 ampères, a fourni une capacité de 185 ampères-heures.
- Un élément de même type, mais dont les négatives n’avaient subi aucune transformation, ne donne au même débit que la capacité normale de 150 ampères-heures. L’amalgamation des négatives se traduisait par conséquent par un gain supérieur à 20 p. 100.
- La décharge étant arrêtée, dans tous les cas, quand la différence de potentiel tombait à 1,80 volt, on voit bien que la capacité supérieure était due à une constance plus parfaite de la force électromotrice.
- Remarquons dans tous les cas, une fois de plus, que l’ctat moléculaire des plaques intervient encore pour modifier la valeur de la force électromotrice, et que c’est bien dans ces changements d’état qu’il faut rechercher la cause initiale des variations de cette force électromotrice.
- A quelle cause doit-on attribuer cette constance? Evidemment à une homogénéité
- plus parfaite aussi de l’électrode négative ; l’amalgamation atténue, si elle ne la supprime pas complètement, la force électromotrice de contact entre la matière active et son support, et diminue ainsi une action parasite. Mais les phénomènes observés ne se bornent point à une augmentation de capacité.
- Si on examine attentivement un élément au repos, modifié comme nous venons de l’indiquer, on constate que le dégagement gazeux qui se produit d’une façon permanente dans tous les accumulateurs, est ici notablement plus faible. Or, on sait que ce dégagement est formé de fines bulles d’hydrogène, provenant de l’attaque en local du plomb spongieux par l’acide sulfurique. Le plomb électrolytique à l’état d’extrême division possède des propriétés réductrices considérables, et c’est cette attaque qui est la principale cause de la perte de charge d’un accumulateur au repos.
- Nous retrouvons ici des phénomènes de même ordre que ceux que l’on observe dans la plupart des piles et qui nécessitent l'amalgamation du zinc pour éviter l’attaque de l’clectrodc négative en circuit ouvert. De même que dans le cas général la présence du mercure sur le plomb spongieux produit des résultats certains qui sont dus aussi probablement, comme il a été dit plus haut, à une homogénéité plus parfaite de l’électrode, supprimant les couples locaux. A ces résultats déjà intéressants il faut ajouter la constatation suivante : pendant le cours d’une décharge, la variation de densité du liquide dans un appareil à négatives amalgamées est légèrement inférieure à celle que l’on observe dans un appareil normal identique au premier.
- La sulfatation de la matière active négative ne serait donc point dans ce cas aussi complète; le rôle exact joué par le mercure n’est du reste pas aisé à déterminer. Au surplus, le point le plus important à retenir est l’analogie de ce rôle avec celui qu’il remplit dans les piles primaires connues.
- Les résultats si probants qui précèdent n’ont malheureusement qu'une valeur théo-
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- rique; l’accroissement de capacité obtenu en amalgamant les négatives disparaît au bout d’un certain nombre de décharges et ne se retrouve plus. Bien plus, le plomb spongieux est souvent profondément dégradé en raison de phénomènes complexes d’clectrolyse qu’il est bien difficile de préciser et qui vérifient en tout cas, par leurs conséquences, l’importance des actions secondaires.
- De sorte que ce procédé, si intéressant en tant qu’il confirme les déductions théoriques, n’est point susceptible d’application industrielle pratique.
- DU SUPPORT CONDUCTEUR
- Nous avons déjà vu à plusieurs reprises que le support conducteur de la matière active était la cause d’actions secondaires nuisibles au bon fonctionnement de l’accumulateur; ce support est envisagé d’ailleurs dans son sens le plus général, qu’il s’agisse des couples à formation Planté, dans lesquels la matière active lui est empruntée ou de ceux à formation Faure, où il ne participe pas aux réactions de charge et de décharge.
- Dans tous les cas, les conclusions théoriques sont identiques et il n’est pas inutile de rappeler que Planté avait fort bien dégagé l’influence de ce support, puisqu’il utilisait le couple local dont il était le siège pour hâter la formation de ses batteries secondaires.
- Aucune supériorité bien établie ne peut à mon sens être attribuée à l’un des systèmes sur l’autre ; dans tous les accumulateurs en plomb, quel qu'en soit le type, les électrodes positives notamment perdent leur matière active au bout d’un tempsplus ou moins long. Et cet effet, oy’aucune disposition d’ordre mécanique, parmi les innombrables conceptions qui ont démesurément allongé la liste des brevets pris ces dernières années, ne saurait empêcher, est dû à des causes théoriques qu’il me paraît logique de signaler dans cette étude. Cette usure relativement rapide des plaques positives a préoccupé de tout temps les savants qui ont étudié la chimie des accumu-
- lateurs. M. Emile Reynier l’attribuait à un phénomène qu’il avait nommé foisonnement et qui n’est autre que la désagrégation de la matière, produite par les changements notables de volume dus aux modifications d’état chimique de cette matière, transformation des molécules de plomb en peroxyde, puis plus tard en sulfate.
- Ce foisonnement est bien en effet une cause déterminante des chutes de matière active, surtout dans les couples à formation Planté, mais ce n’est pas la seule; on peut en effet supprimer totalement le foisonnement dans un accumulateur à formation Faure, à la condition de partir d’un sel de plomb, tel que le plomb obtenu par la réduction de ce sel, ait une densité suffisamment faible pour que les épanouissements de matière puissent se produire en toute liberté. Or, avec des positives ainsi construites, le peroxyde de plomb tombe quand même; il existe donc d’autres causes.
- Sur une plaque positive neuve, le peroxyde offre l’aspect d’une pâte onctueuse et homogène qui se laisse percer par une épingle fine, comme du beurre.
- Après quelques décharges, l'aspect a déjà changé ; la surface du peroxyde semble plus friable, plus divisée. Enfin, après un service prolongé, la matière s’est désagrégée par croûtes et par places, et celle qui reste sur le support semble extrêmement divisée comme de la terre mouillée fraîchement remuée. Si on examine à travers un bac en verre ce qui se passe sur une plaque isolée, pendant et surtout à la fin d’une charge, on voit se former par points, au sein du peroxyde, des bulles gazeuses d’abord petites qui gonflent peu à peu et sc détachent quand elles ont acquis un certain volume. En se détachant, elles soulèvent un fin nuage poussiéreux qui est formé de particules de peroxyde tombant ensuite au fond du bac. Ces bulles sont de l’oxvgène qui, en prenant naissance dans le corps même de la matière active, agit sur elle à la façon d’un levier ayant pour points d’appui les parties plus solides reliées au conducteur, et la désagrège. On voit déjà l’inconvénient grave
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- des surcharges, trop fréquentes, malheureusement, dans la vie industrielle des accumulateurs, mais l’action mécanique de l’oxvgène est d’autant plus énergique que la matière est déjà plus friable. Or, par suite d’action secondaire locale, du sulfate de plomb s’ctant formé pendant la décharge aux dépens de la matière positive, à la charge suivante le nouveau peroxyde électrolytique provenant de cristaux de plomb d’autant plus petits que la solubilité du sel est plus faible, sera lui-même à un état de pulvérulence plus grande. La cohésion de la matière en est par cela même diminuée.
- Cette conclusion est justifiée par des observations d’ordre pratique; il existe en effet un moyen de rendre, à des plaques positives très endommagées en apparence, leur solidité première. Il suffit de les inverser et, après réduction complète en plomb spongieux, de les peroxyder de nouveau par le courant; la matière active restée sur le support conducteur aura repris son apparence normale.
- Ce résultat n’est point fait pour surprendre en se rappelant que la sulfatation du peroxyde est toujours partielle.
- De tout ce qui précède on peut conclure de nouveau que la constitution des plaques qui paraît la plus logique, la plus rationnelle, est bien celle où le support conducteur serait infiniment divisé et lié molécule à molécule à la matière active. Une semblable disposition favoriserait le dégagement de l’oxygène, en rendant minima son action mécanique d’entraînement de la molécule de peroxyde. Les considératons qui viennent d’être exposées montrent que le point faible de l’accumulateur au plomb réside en définitive dans son support conducteur.
- Si l’appareil inventé par Planté doit aboutir au réservoir d’énergie idéal que l’industrie attend avec une impatience aussi vive que justifiée, ce ne sera pas en tout cas sans de profondes transformations.
- Parmi les desiderata les plus considérables par leurs conséquences futures à réaliser, arrive en première ligne l’abaissement notable du poids des piles réversibles.
- Dans les accumulateurs au plomb, il y a peu à gagner du côté de la matière active dont la densité est de 4 environ et qui peut être abaissée encore. Mais il existe, par contre, une grande marge du côté du support conducteur dont la densité est supérieure à 11 et qui entre pour une proportion d’au moins 60 p. 100 dans la composition des éléments.
- Supposons, pour fixer les idées, que l’on découvre un conducteur possédant les mêmes avantages que le plomb au point de vue de son emploi dans l’eau acidulée sulfurique, mais n’ayant qu’une densité de 4 seulement;
- SoientP le poids constant de matière active, p et p' ceux du support en plomb et du nouveau support, K le poids total des plaques; nous aurons :
- P + p = K
- et dans le second cas :
- P -f p' =1 K' poids total nouveau ou comme y' peur être remplacé par y,
- ' P 'I—~ p = K'
- ce qui donne pour valeur de K' en fonction de K :
- k' = qp + Pp k
- et si l’on fait K = 1, en tenant compte des proportions normales citées plus haut :
- K' = 4P = 0,618
- Le kilogramme des anciennes plaques sera remplacé par un poids égal à 618 gr dans les nouvelles.
- L’énergie spécifique par kilogramme d’électrodes sera multipliée par q ^ soit 1,64, c’est-à-dire presque doublée.
- Ce rapide aperçu montre le perfectionnement que l’on pourrait apporter aux accumulateurs au plomb, en modifiant leur support conducteur. Mais il ne faut pas se dissimuler que le problème est difficile à résoudre, non point pour la négative, mais pour la positive,
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- a cause de la présence incontestable pendant l’électrolyse de l’acide persulfurique, qui attaque toutes les combinaisons conductrices connues autres que le plomb, y compris le charbon.
- Cette action différente de l’acide sur les deux électrodes confirme une fois de plus, malgré toutes les affirmations contraires de MM. Gladstone et Hibbert et de tous les par-
- tisans de la double sulfatation en général, la présence, pendant la charge, d’un corps suroxygéné très différent de l’acide sulfurique simple, et dont les propriétés oxydantes sont infiniment plus énergiques.
- Ce point mérite qu’on s’y arrête et fera l’objet de notre prochain article.
- (A suivre.)
- G. Darrieus.
- SUR LA NATURE DES RAYONS RŒNTGEN")
- Dès sa publication, la remarquable découverte du professeur Rœntgen attira l’attention des savants du monde entier; depuis, de nombreux physiciens se sont occupés de l’étude expérimentale du phénomène pour en découvrir les lois, en reconnaître, s’il est possible, la nature, ou en perfectionner les applications. J’ai ie regret de dire que personnellement je n’ai pas étudié ce sujet expérimentalement, et l’on peut trouver qu’il y a quelque présomption de ma part à venir en parler ici. Mon excuse est que j’ai suivi avec soin les travaux des autres et que ce sujet est connexe d’un autre qui m’est familier : le sujet de la lumière.
- Dans son mémoire original , Rœntgen dit que, d’après l’expérience, le siège de ces remarquables rayons est l’endroit où les rayons cathodiques rencontrent la paroi du tube à vide où ils sont produits. Cette assertion de Rœntgen ne fut pas, me semble-t-il, universellement adoptée. Quelques expéri-
- (') Meiuoirs and Proceedin^s of the Manchester îüierary and philosophical Society, t. XLI.
- Le 2 juillet dernier, Sir G.-G. Stokes, célèbre par ses remarquables travaux sur l’optique, faisait, à la Société de Manchester, une conférence sur les rayons Rœntgen, dans laquelle il exposait des idées nouvelles et des plus suggestives sur la nature-de ces rayons; l'importance de ces idées, qui paraissent jeter quelque lumière sur cette question encore si obscure, ainsi que l'autorité et la compétence deM. Stokes nous ont engagé à donner ici une traduction littérale de cette conférence. (N. d. 1. R.)
- mentateurs cherchèrent à élucider ce point par l’observation des positions des ombres de corps soumis à l’action des rayons Rœntgen. Recevant ces ombres sur une plaque photographique, joignant ensuite par des lignes droites les points du contour des ombres aux points correspondants des objets et prolongeant ces droites, ils trouvèrent qu’elles convergeaient approximativement vers un point situé à l’intérieur du tube, et ils admirent que ce point, ou plutôt ces points de convergence étaient les lieux d’émission des rayons. J’ai entre les mains une note publiée à Saint-Pétersbourg par le prince B. Galitzine et A. v. Karnojitski, qui contient quelques photographies obtenues comme il suit : sur un carton on traçait deux séries de lignes perpendiculaires également espacées, et en chaque point d’intersection on fixait une aiguille normalement au carton: ainsi préparé, le carton était place sur une plaque photographique protégée contre l’action de la lumière par une enveloppe opaque; on obtenait une image des ombres des aiguilles. La note contient un assez grand nombre de ces photographies, les contours des ombres y sont parfaitement nets, ce qui est remarquable, vu la surface relativement grande du tube sur laquelle tombent les rayons cathodiques; cette remarque peut d’ailleurs être faite à propos des ombres des os de la main, par exemple, que l’on est à même de voir si . fréquemment maintenant. Un autre fait inté-
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- ressant révélé par l’examen de ces photographies, est que dans certains cas il y a deux images d’une même aiguille, comme si ces étranges rayons provenaient de deux sources différentes, toutes deux situées à l’intérieur du tube.
- Mais avons-nous bien le droit de considérer le point de convergence des lignes joignant le contour des ombres aux contours des objets comme le siège d’action de ces rayons ? Je ne le pense pas. Si nous isolons une portion de la région du tube de Crookes frappée par les rayons cathodiques au moyen d’une lame de plomb percée d’un petit trou, un faisceau de rayons cathodiques passe à travers ce trou ; suivons sa marche et ses effets au delà du tube.
- Nous pouvons constater ainsi que l’influence est très sensiblement plus forte dans la direction normale que dans une direction oblique. Le professeur J.-J. Thomson, de Cambridge, qui a étudié expérimentalement ce sujet avec beaucoup de soin, me mentionna ce fait comme très frappant. Il peut permettre d’expliquer pourquoi les images semblent formées par une source intérieure au tube.
- Mais d’abord supposons, comme Roentgen le croyait, que le siège des rayons est l’endroit où les rayons cathodiques rencontrent la surface du verre; ceux qui vont dans Une direction oblique Ont à traverser une plus grande épaisseur de verre que ceux qui sont normaux. Or, le verre n’est q.ue partiellement transparent aux rayons Rœntgen; par conséquent, les rayons obliques seront plus absorbés par leur passage à travers, le verre que les rayons normaux. J’indiquai cette explication au professeur Thomson, mais il me répondit qu’il pensait que la différence entre les intensités des rayons obliques et des rayons normaux était trop grande pour pouvoir être expliquée ainsi (h.
- fl) J’ai ultérieurement appris que l’expérience dont il est question n’a pas été faite par le professeur Thomson lui-même, mais par M. C.-M. Mac Clelland, dans le labora-tQire Cavendish, et qu’en la répétant récemment avec le même tube la concentration des effets des rayons X suivant
- Jeconsidérerai donc comme un fait d’expérience, sans entrer pour l'instant dans une spéculation relative à son explication, que les rayons Rœntgen sortent des parois du tube en plus grande abondance suivant la directionnor-male que suivant toute autre direction. Admettant ce fait, nous pouvons dire hautement que les résultats obtenus par le prince Galit-zinc et AI. v. Karnojitski et les résultats semblables obtenus par d’autres expérimentateurs ne prouvent nullement que le siège des rayons Rœntgen soit à l’intérieur du tube. En effet, supposons que le tube soit sphérique et qu’une portion de la surface sphérique soit rencontrée par les rayons cathodiques ; si les rayons Rœntgen qui se propagent au dehors sont tous normaux à la surface, ils sembleront provenirdu centre du tube, et cependant nous n’avons pas le droit de dire qu’il y a quelque chose de particulier en ce centre. Les résultats du prince Galitzine, v. Karnojitski et autres sont donc parfaitement compatibles avec l’assertion originale de Rœntgen, qui me paraît d’ailleurs exacte, relativement au siège des rayons.
- De nombreux faits tendent à montrer que ces rayons Rœntgen sont quelque chose qui, comme les rayons lumineux, se propage dans l’éther. Quel est alors le mécanisme de la propagation?
- Quelques-unes des propriétés des rayons Rœntgen sont très surprenantes et très differentes de celles des rayons lumineux. Line des plus frappantes est la facilité avec laquelle ils traversent les corps opaques à la lumière,
- la normale ne paraissait pas aussi nette que la première fois. I! paraît probable que la différence observée est due à l’usage qui a été fait du tube entre les deux expériences, usage qui a produit une augmentation de la résistance du tube et L’a rendu capable de donner des rayons de plus grand pouvoir pénétrant, pour lesquels la variation de l’épaisseur du verre, quand on passe d'une direction oblique à la direction normale, a peu d’importance. Ce point est encore à l’étude. Le
- sonnement du texte ci-dessus, mais il peut fort bien se faire que dans les expériences des autres expérimentateurs les conditions aient été très voisines de celles de la première expérience, produisant, suivant la normale aux parois du
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- tels que le papier noir, le carton, etc. A la vérité, s’il n’v avait pas d’autres différences, celle-ci n’aurait pas une très grande importance. Un verre rouge arrête les rayons verts et laisse passer les rayons rouges; par suite les rayons Roentgen pourraient être de la même nature que les rayons lumineux, bien que certaines substances opaques pour les premiers soient transparentes pour les derniers. Mais il y a d’autres propriétés qui sont beaucoup plus difficilement conciliables avec l’idée que les rayons Rœntgen sont de la même nature que la lumière. Il y a l’absence ou mieux l’absence presque complète de réflexion et de réfraction. Une autre propriété remarquable est la netteté des contours des ombres que l’on obtient lorsque la source des rayons est suffisamment petite. Cette netteté des contours est beaucoup plus grande que celle que l’on obtient en opérant dans les mêmes conditions avec les rayons lumineux; car. dans le cas de la lumière, les ombres sont élargies par les effets de diffraction. Cette absence ou presque complète absence de diffraction constitue une nouvelle différence entre ces rayons et les rayons ordinaires de lumière. En présence de ces différences, ceux qui ont tenté d'expliquer la nature de ces rayons se trouvaient naturellement disposés à admettre une hypothèse telle qu’il y eût quelque différence essentielle avec le mécanisme admis pour expliquer la propagation de la lumière. Ceux qui se sont occupés de la théorie dynamique étaient conduits à admettre la possibilité de l’existence dans l’éther de vibrations longitudinales en même temps que celle des vibrations transversales que nous regardons comme constituant la lumière. Si nous supposions que les rayons Rœntgen sont dus à des vibrations longitudinales, cela constituerait évidemment une si grande différence de nature entre ces rayons et les rayons lumineux qu'il devrait forcément en résulter une très grande différence dans les propriétés. Par conséquent, en admettant que les rayons Rœntgen sont dus h une perturbation de
- l’éther, la question suivante se pose immédiatement : les vibrations sont-elles longitudinales ou sont-elles transversales?
- Si nous pouvions mettre en évidence quelque trace de polarisation de ces rayons, il serait prouvé que les vibrations ne sont pas longitudinales, mais transversales. Toutefois la réciproque n’est pas exacte ; si nous ne pouvons avoir aucune preuve évidente de polarisation, nous ne devons pas en conclure que les vibrations ne sont pas transversales ; car les propriétés de ces rayons nous font prévoir que, si cette polarisation existe, nous rencontrerons de grandes difficultés à la mettre en évidence. Plusieurs expérimentateurs ont essayé de la constater en prenant des tourmalines; l’ensemble des résultats est négatif : des deux épreuves photographiques qui eussent dû être d’intensité inégale dans l’hypothèse d’une polarisation, il était impossible de reconnaître nettement celle qui était laplus noire. Il y a bien un autre procédé de polarisation de la lumière, c’est celui qui consiste à faire réfléchir la lumière, sous un angle convenable, sur du verre ou sur une autre substance; malheureusement les rayons Rœntgen ne se réfléchissent pas ou tout au moins ne se réfléchissent pas avec une intensité suffisante pour que ce procédé leur soit applicable.
- Les auteurs de la note* que je signalais au début paraissent être parvenus à un résultat positif avec la tourmaline. Ils prenaient, comme d’ailleurs tous ceux qui ont cherché à élucider ce point, une tourmaline coupée parallèlement à l’axe et plaçaient sur elle deux autres tourmalines parallèles à l’axe, d’égale épaisseur, ayant leurs axes respectivement parallèle et perpendiculaire à celui de la première tourmaline. Ils complétaient cette disposition par un procédé d’expérience qui n’est pas expliqué dans la note, les auteurs renvoyant à un mémoire dans lequel on en trouvera la description — du moins •ceux qui connaissent la langue russe, ce qui .malheureusement n’est pas mon cas; je ne .puis donc que conjecturer sur ce procédé.—
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- Il y est question de feuilles photographiques superposées; je suppose que les auteurs superposaient plusieurs de ces feuilles, les soumettaient à l’influence des rayons, les développaient séparément et, après développement, les remettaient comme elles étaient primitivement. Ils estiment que, comme il a été dit plus haut, ils ont réussi à mettre en évidence la polarisation.
- Si nous regardons ce résultat comme établi, la question est résolue. Mais comme l’expérience est des plus délicates, il est utile de donner quelque autre preuve, et dans ce but je considérerai les rayons Becquerel. Si le temps me le permet, j’ajouterai quelques mots sur ces rayons à la fin de cette conlc-rence; pour l’instant je dirai seulement que, par leurs propriétés, ils paraissent être intermédiaires entre les rayons Rœntgen et les rayons lumineux. Il est hors de doute que ces rayons sont polarisables ; on doit en conclure, me semble-t-il, que les rayons Rœntgen sont, comme les rayons de lumière ordinaire, dus à des vibrations transversales et non a des vibrations longitudinales.
- Il reste à expliquer, si toutetois cela est possible, en quoi consiste la différence de nature entre les rayons Rœntgen et les rayons lumineux capable de rendre compte des divergences étranges et remarquables que l’on rencontre dans les propriétés des deux sortes de rayons. Je rappellerai que, quoique Cauchy, Neumann et quelques autres savants, qui ont écrit sur la théorie de la double réfraction, aient été conduits à admettreTexis-tence de vibrations longitudinales dans l’éther, Green a opposé a cette hypothèse un argument 'qui me semble décisif. Cet argument de Green me paraît avoir le même poids contre l’hypothèse que les rayons Rœntgen sont dus à des vibrations longitudinales, et conduit, comme les expériences par lesquelles la possibilité de leur polarisation paraît avoir été établie, à la conclusion que : si ces rayons sont dus à quelque perturbation se propageant dans l’éther, cette perturbation est transversale.
- Les rayons cathodiques sont les parents, pouvons-nous dire,des rayons Roentgen. Par conséquent, si nous cherchons à expliquer la nature de ces derniers, il est indispensable que nous ayons une idée aussi claire que possible de la nature des rayons cathodiques. Or, deux hypothèses ont cours sur ce sujet. Suivant l’une, ces rayons n’auraient aucune analogie avec les rayons lumineux : ils seraient dus à des molécules projetées de la cathode et atteignant, si le degré de vide du tube est suffisant, la paroi opposée du tube. C’est l’idée développée par Crookes dans ses expériences et c’est, je crois, l’hypothèse admise par tous les physiciens anglais. L’autre hypothèse, admise par quelques physiciens éminents, particulièrement en Allemagne, consiste à admettre que ces rayons sont, comme les rayons lumineux, dus à des perturbations se propageant dans l’éther.
- Le faisceau cathodique allant de la cathode à la paroi opposée est invisible lorsqu’on le regarde transversalement. En réalité il y a bien ordinairement, mais non nécessairement, une faible lueur bleue ; et Lenard dans ses remarquables expériences parvint à produire des rayons cathodiques dans un espace dont le degré de vide était tel que le faisceau cathodique qui s’y propageait ne présentait aucune trace de cette lueur bleue lorsqu’on l’observe transversalement. Ce faisceau produisait cependant les phénomènes ordinaires de phosphorescence sur la paroi opposée du tube. L’apparence est donc analogue à celle que présente un faisceau de lumière solaire passant entre les nuages : s’il n’y avait aucune poussière dans l’air, le faisceau, regardé transversalement, serait invisible ; mais comme l’air contient toujours des corpuscules en suspension, on voit le faisceau lorsqu’on le regarde transversalement, par suite de la réflexion de la lumière sur ces corpuscules. On peut donc admettre qu’il se passe quelque chose du même genre dans le cas des rayons cathodiques, si on les considère comme dus à des perturbations de l’éther.
- Mais cette hypothèse soulève de grandes
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- difficultés si l’on examine quelques-unes des propriétés des rayons cathodiques. En premier lieu ces rayons agissent mécaniquement. Dans ses expériences, Crookes parvint en effet à faire tourner rapidement sous l’action de ces rayons un léger moulinet ; lorsqu’il les faisait tomber sur une mince feuille de verre soufflé, celle-ci se courbait. Mais ce n’est pas tout : ces rayons paraissent s’échapper normalement de la cathode et se propager en ligne droite. Enfin — et ceci est le point le plus important — ils sont déviés de leur direction de propagation par les forces électrostatiques, magnétiques et électrodynamiques. Or rien de semblable n’a lieu av-ec les rayons lumineux et il y a des difficultés énormes et peut-être insurmontables dans l’explication de cette déviation, si l’on considère les rayons cathodiques comme dus à des perturbations de l’éther.
- Je n’indiquerai pas tous les arguments qui ont etc donnés pour et contre l’une ou l’autre hypothèse, principalement parce que les rayons cathodiques n’entrent qu’incidemment dans le sujet que j’ai choisi pour être exposé devant vous. Je me bornerai à signaler quelques-unes des principales difficultés que l’on rencontre en supposant que les rayons cathodiques sont dus à des projections de molécules. Dans ses admirables expériences, Lenard produisait des rayons cathodiques dans un tube dont le degré de vide était très élevé, mais cependant inférieur à celui qu’il est possible d’obtenir. Quand vous atteignez ces hauts degrés de raréfaction, la décharge ne peut passer dans le tube. Que fit alors Lenard pour arriver à produire néanmoins des rayons cathodiques ? Des expériences antérieures avaient montré que certains métaux, l’aluminium principalement, sont ou paraissent être transparents pour les rayons cathodiques. Admettant qu’une lame d’aluminium est jusqu’à un certain point transparente pour ces rayons, Lenard construisit un tube dont le degré de vide était très élevé, bien qu’au-dessous de la limite que l’on est capable d’atteindre. Une fenêtre d'aluminium,
- de très petite ouverture, pour des raisons mécaniques, était donc fixée à l’extrémité du tube, et cette extrémité était engagée dans un second tube contenant un écran phosphorescent. Les rayons cathodiques produits dans le premier tube tombaient sur la-lame d’aluminium, et, ainsi que Lenard le supposait, ils la traversaient comme la lumière traverse une lame de verre. Il obtint ainsi des rayons cathodiques dans le second tube sans avoir besoin d’y faire passer la décharge électrique ; rien ne l’empêchait plus dès lors d’y faire le vide le plus parfait que l’on sache produire. Les rayons cathodiques se comportaient dans ce tube comme les rayons cathodiques ordinaires. Si donc nous admettons, avec Lenard, que nous avons là un vide parfait, il ne peut être plus longtemps question de particules matérielles et nous devons considérer les rayons cathodiques comme une manifestation d’un mouvement de l’éther (*). Et, sans doute sur la foi de ces expériences très soignées, Rœntgen semble avoir été, dans son premier mémoire, partisan de l’hypothèse de mouvements de l’éther.
- Mais avons-nous bien le droit de considérer le vide obtenu par Lenard comme un vide parfait ? Je ne le pense pas. Je crois que l’obtention d’un tel vide surpasse nos moyens. Nous aurons toujours un résidu si faible qu’il soit, et les résultats obtenus par Lenard semblent bien indiquer l’existence de ce résidu.
- Lenard délimitait, au moyen d’écrans, une petite portion du faisceau cathodique dans le second tube et la recevait sur un écran phosphorescent. Il décrit la phosphorescence du tube comme consistant en un noyau brillant entouré d’un halo moins brillant. L’apparence du noyau brillant était semblable à celle que l’on aurait si les rayons cathodiques étaient des rayons de lumière
- (*) Le vide fût-il parfait et le résultat le même, que celane prouverait encore pas que les rayons cathodiques lie sont pas dus aux mouvements de particules matérielles, car ces particules peuvent provenir de la fenêtre d’aluminium elle-
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- pouvant être diffractés. Mais alors comment expliquer le halo ? La lumière bleue qui accompagne les rayons cathodiques dans les circonstances ordinaires est due, je crois, aux chocs des particules projetées avec les molécules gazeuses. Dans quelques-unes de ses expériences, Lenard recevait dans l’air les rayons cathodiques produits dans le premier tube et obtenait ainsi cette lumière bleue en plus grande quantité. L’apparence était celle que l’on produit en faisant tomber un faisceau lumineux dans un mélange de lait et d’eau. Aussi me semble-t-il, que le halo entourant le noyau brillant dans les expériences faites dans le vide le plus parfait obtenu par Lenard, est une preuve que ce vide n était pas parfait, et, jusqu’à ce que le contraire soit nettement établi, je persiste à considérer les rayons cathodiques observés dans le tube à vide très élevé, comme dus aux mouvements des molécules du gaz résiduel.
- Mais maintenant se présente une nouvelle ' difficulté relative au passage |des rayons cathodiques à travers la lame d’aluminium. Si les rayons cathodiques sont dus à des mouvements de l’éther, nous concevons très bien que la lame d’aluminium soit transparente pour ces rayons tout en étant opaque pour les rayons lumineux. Mais si les rayons cathodiques sont véritablement des molécules en mouvement, comment concevoir qu'ils puissent passer à travers la lame? Se propagent-ils à travers cette lame? Je ne le crois pas. La traversent-ils comme une balle traverserait une lame de bois mince? Je ne le pense pas.
- Considérons un vase contenant une dissolution de sulfate de cuivre dans laquelle plongent deux lames de cuivre ; si nous faisons passer un courant électrique à travers la dissolution, du cuivre est dissous à l’anode et du cuivre est déposé sur la cathode. Divisons maintenant le vase en deux compartiments par une autre lame de cuivre ; nous aurons encore du cuivre dissous à l’anode primitive et du cuivre déposé sur la cathode primitive. La plaque de cuivre divise la cellule électrolytique en deux cellules dans cha-
- cune desquelles I’électrolyse se produit, de
- ,s pas seulement disso-ivre aux deux extrémi-solution de cuivre sur cloison de cuivre et i. Nous pouvons donc l’aluminium dans l’cx-’onctionne d’une façon îalogie.avec celle dont de cuivre de l’expé-Imettre que la face de à celle qui reçoit les metionne comme une îttant à son tour des Cette conclusion est de celle a laquelle on n’avait pas en vue la rayons cathodiques •, :onviendra qu’elle ne dinairc ni de nature à rie.
- .lé une ou deux autres >ar cette théorie, mais aussi importantes que d’examiner; aussi les
- vier les rayons catho-ilectrostatiques et les e paraît être au con-conciliable avec l’idée iques sont dus à des r, tandis qu’elle s’ex-dans l’hypothèse que : mouvements de par-ssédant des charges ;hargé en mouvement n courant électrique, molécules chargées se tage de corps chargés
- I sorte lution tés, n l’un ( dépôt admet périen présen se cor rience cette rayons nouvel rayons sans e serait théorû
- présen faire r<
- Wic difficul elles n celles c passer:
- La ç diques forces traire t que les perturl plique ces ray ticules électric se com Par coi meuvei
- statiquement, positivement ou négativement,
- me par ce cathodi pense les raye molécu
- du tube -, x - -
- ttirees ou repoussees déviation des rayons iès lors expliquée. Je levons admettre que sont bien des flux de liant frapper la paroi thode.
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- Mais comment agit une molécule qui, partant de la cathode, vient rencontrer l’anii-cathode ? Elle peut agir de deux manières différentes. Elle peut agir comme une masse de matière, infinitésimale il est vrai, en vertu de sa force vive — c’est-à-dire en vertu de sa masse et de sa vitesse — et elle peut agir comme un corps statiquement chargé. Tous donner une interprétation physique convenable de ce qu’est un corps statiquement chargé, est au-dessus de mes forces. Il y a peu de temps, je m’entretenais de ce sujet avec Lord Kelvin — dont l’autorité en électricité est bien plus grande que la mienne — et il me disait qu’à son avis l’idée physique que l’on doit se faire d’un corps statiquement chargé est encore un mystère. Quoi qu’il en soit, nous devons regarder comme extrêmement probable que, quand les molécules chargées rencontrent l’anticathode , elles produisent quelque perturbation de l’éther. Cette perturbation de l’éther se propage dans toutes les directions autour du lieu où elle s’est produite, de telle sorte que chaque molécule devient, en atteignant l’anticathode, une source de perturbations éthériques se propageant dans toutes les directions.
- Quel est le caractère d’une perturbation de ce genre ? Le problème de la diffraction, considéré djmamiquemcnt, peut se réduire k celui-ci :
- Considérons un milieu élastique indéfini et supposons qu’une petite portion de ce. milieu soit le siège d’une perturbation absolument quelconque, que va-t-il se passer? Une onde de perturbation se propagera sphé-riquement à partir du lieu d’origine de la perturbation;1).
- Au premier abord vous pourriez penser que, dans une région limitée de cette onde, la perturbation transversale a dans toute l’épaisseur de l’onde la même direction, cette direction variant d’ailleurs lorsqu’on passe de (*)
- (*) Si le milieu est compressible il y aura deux ondes, les \ibrations de celle qui se propage Je plus vite étant longitudinales ; mais nous avons déjà dit plus haut que nous ne considérions que les ondes à vibrations transversales.
- la région considérée à une région plus ou moins distante. La dynamique montre que ce n’est pas possible. Dans une région limitée ou encore dans une aire élémentaire, lorsqu’on se déplace suivant une normale à l’onde, la direction de la perturbation passe d’une direction à la direction opposée, de telle sorte que finalement — du moins quand le rayon de l’onde est très grand par rapport à son épaisseur — l’intégrale de la perturbation dirigée suivant une direction que nous pouvons regarder comme positive est égale et de signe contraire à l’intégrale de la perturbation de direction opposée. La plus simple de ces perturbations, que j’appellerai pulsation, pour la distinguer d’une ondulation périodique, consiste donc en deux demi-ondes dans lesquelles les perturbations sont de directions opposées. Ces deux demi-ondes ne sont pas d’ailleurs nécessairement identiques, car l’une peut avoir une épaisseur plus grande que l’autre, pourvu que l’amplitude y soit plus petite; toutefois il est plus simple de les supposer identiques, sauf pour le sens de la perturbation. La figure 1 représente une
- pulsation de cette espèce, les demi-ondes positive et négative étant distinguées par le sens des hachures.
- Suivant nos idées, les rayons Rœntgen consisteraient en une succession de pulsations indépendantes, partant des points où les molécules projetées de la cathode rencontrent l’anticathode, et commençant àl’instant même de cette rencontre. A prefhière vue, il peut paraître impossible d’expliquer avec des pulsations si simples tous les effets observés, l’explication des phénomènes lumineux exigeant la Considération de séries de pulsations formées chacune d’un très grand nombre d’ondulations. Mais il ne faut pas oublier combien est grand, d’après nos vues
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- théoriques, le nombre de molécules contenues dans la plus petite quantité de matière pondérable que nous révèlent nos sens. Par conséquent, si petite que soit la quantité de matière projetée de la cathode dans un temps donné, elle sera suffisante pour donner naissance à un nombre immensément grand de pulsations.
- Montrons donc comment cette conception nous permet d’expliquer les propriétés les plus caractéristiques des rayons Rœntgen et surtout celles qui les éloignent des rayons lumineux.
- La différence qu’il convient d’examiner en premier lieu, parce qu’elle se rapporte uniquement à la propagation dans l’éther, est l’absence ou plutôt l’absence presque complète de diffraction des rayons Rœntgen. Comme les différentes pulsations sont, par hypothèse, complètement indépendantes les unes des autres, il nous suffit d’expliquer ce phénomène pour une seule pulsation.
- Soit CB (fig. 2) une portion d’une pulsation
- sphérique s’éloignant du centre de perturbation que j’appellerai O: soit P un point situé en avant de l’onde.'Du point P menons une normale PQ à l’onde et considérons une petite surface AB entourant le pied Q de cette normale et de dimensions négligeables par rapport à PQ et au rayon de l’onde, mais très grandes par rapport à l’épaisseur de l’onde. Soit CD un élément de l’onde de dimensions du même ordre que celles de AB, mais situé
- dans une direction formant un angle fini avec PQ. Supposant maintenant que toutes les perturbations autres que celles qui existent dans AB ou CD soient annulées, cherchons quelle sera la perturbation résultante produite en P.
- J'ai montré ailleurs (*) que la perturbation en P est exprimée par une intégrale double étendue à la surface située dans la région perturbée d’une sphère de centre P et de rayon bt, b étant la vitesse de propagation; dans le cas actuel la surface d’intégration sera comprise dans l’onde sphérique elle-même ou une portion de cette onde. Du point P comme centre, traçons des sphères de rayons bt, t ayant des valeurs croissantes. Pour la valeur de t telle que la sphère correspondante est tangente à l’onde et pour les valeurs un peu supérieures, la perturbation est sensiblement la même sur toute la portion de surface de la sphère comprise à l’intérieur de la région AB, et nous devrons lui donner la même valeur dans la partie de l’expression de la perturbation au point P dépendant de la perturbation (déplacement ou vitesse) sur la surface de la sphère de rayon bt, et dans la partie de cette expression qui dépend de la dérivée du déplacement par rapport à un rayon vecteur mené du point O. Par conséquent les portions positive et négative de la perturbation atteindront successivement le point P. Mais si au lieu de l’élément AB, nous considérons l’élément CD situé dans une direction assez différente de celle de la normale, il est facile de voir que les portions positive et négative de la perturbation, atteignant P presque simultanément, interféreront presque complètement l’une avec l’autre. Cette interférence des deux effets sera d’ailleurs d’autant plus complète que l’obliquité sera plus grande et que l’épaisseur de Fonde sera plus petite. Si donc la: perturbation produite dans l’éther par le choc des molécules contre Fanticathode ne dure qu’un
- « On the Dynamical Theory of Diffraction. . Cambridge Philosophicaî Transactions, t. IX, p. 1, ou ColUciei Fapers, t. II, p. 243, Arts, 19-22.
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- temps extrêmement petit, une faible fraction de la période d’une onde lumineuse par exemple, de manière que l’onde de.pulsation considérée soit extrêmement mince, il n’y aura pas propagation de perturbation sensible dans une direction autre que celle de la normale, et par conséquent il n’y aura pas diffraction.
- (On sait qu’il y a diverses espèces de rayons Rœntgen et que la décharge de Rœntgen peut être filtrée par absorption. On sait aussi qu’un tube de Crookes où le degré de vide est très élevé et où la décharge ne passe qu’avec difficulté, donne des rayons Rœntgen d’un pouvoir pénétrant beaucoup plus grand que celui des rayons produits par un tube où le vide est moins poussé. Il me semble que cette différence de propriétés peut être attribuée à une différence dans le temps nécessaire à la production de la perturbation de l’éther résultant du choc des molécules contre l’anti-cathodc, et conséquemment à une différence de l’épaisseur de l’onde qui se propage dans l’éther. Il paraît en effet probable que, lorsque le vide est très élevé, les molécules sont projetées avec une plus grande vitesse et produisent ainsi, lorsqu’elles rencontrent la paroi anticathodique, une perturbation plus rapide.)
- L’explication qui vient d’être donnée de l’absence apparente de diffraction des rayons Rœntgen est tout à fait analogue h l’explication ordinaire des rayons et des ombres. Elle en diffère cependant parce point que nous avons ici affaire à une pulsation unique, tandis que dans le cas des rayons lumineux nous avons à considérer une succession indéfinie de perturbations. Pour expliquer la netteté des contours des images produites par les rayons Rœntgen, nous ne sommes donc pas du tout obligés de supposer la perturbation périodique : il suffit qu’elle soit partiellement positive et partiellement négative, et alors, si l’épaisseur de l’onde est assez petite, la diffraction sera elle-même insensible. Ceux qui ont essayé de mettre en évidence la diffraction des rayons Rœntgen ont été conduits à cette conclusion que si ces rayons sont périodiques
- leur période est extrêmement petite, trente ou cent fois plus petite que celle des rayons verts. Or, il semble bien difficile d’imaginer par quel procédé il serait possible d’obtenir des vibrations aussi rapides. Il est certainement plus facile de comprendre comment des molécules chargées émanant de la cathode peuvent produire des perturbations extrêmement brusques.
- Voici dès lors ce que je conçois relativement à la constitution des rayons Rœntgen, Une pluie de molécules part de la cathode électrisée, molécules se suivant comme les gouttes d’eau dans une averse. Elles frappent successivement la paroi anticathodique, et le choc de chaque molécule produit dans l’éther une pulsation en partie positive et en partie négative. Il se produit ainsi une suite indéfinie de ces pulsations provenant des divers points de la région anticathodique non protégée par un écran.
- Ceci explique l’absence ou plutôt l'absence ; presque complète de diffraction. Mais ce n’est pas tout ce que nous avons à expliquer ; nous avons encore un point important à examiner. Pourquoi les rayons Rœntgen ne sont-ilspas réfractés ou plutôt ne le sont-ils qu’à un degré insensible, tandis que les rayons lumineux sont librement réfractés? L’examen de cette difficulté m’a conduit à une théorie, que je crois nouvelle, relative à la nature de la réfraction elle-même, relative à la nature du phénomène qui se produit quand, par exemple, la lumière est réfractée à travers un prisme. Supposons que nous a}rons une lumière de réfrangibilité définie et un prisme sur lequel nous pouvons la faire tomber. On s’imagine communément — du moins je le croyais — que, dès que la lumière est admise, elle est immédiatement réfractée, et qu'avec des moyens convenables elle donne un spectre. Immédiatement? Je ne le pense pas. Comment se fait-il que la lumière se propage plus lentement à travers les milieux réfringents qu’à travers le vide? A ce sujet, différentes hypothèses ont été émises. Suivant l’une, la
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- densité de l’éther serait plus grande dans un milieu réfringent que dans le vide. Suivant une autre, la densité serait la même, mais l’élasticité serait moindre.
- Prenez un piano. Si vous frappez sur une touche, une corde entre en vibration. Vous n’entendriez aucun son si cette corde était supportée rigidement. Mais elle est fixée'sur un cadre communiquant avec une caisse de résonance ayant une grande surface de contact avec l’air et qui est mise en vibration par la cordc. La caisse de résonance et la corde forment un système vibrant composé. De même, il peut se faire que les molécules de verre ou de toute autre substance réfringente forment avec celles de l’éther un système vibrant composé, et que, quand le mouvement est complètement établi, les deux sortes de molécules vibrent harmoniquement ensemble. Mais comment le mouvement s’établira-t-il: Nous pouvons parfaitement admettre que les molécules d’éther sont extrêmement rares par rapport aux molécules matérielles '.
- (') La manière d’envisager la nature de la réfraction que je viens d’exposer, me conduit à faire une remarque incidente sur un autre sujet qui, à vrai dire, n’a guère de connexité. Rœntgen reconnut le premier que le siège des rayons qu'il venait de découvrir était l’endroit où les rayons catho. diques rencontrent les parois du tube de Crookes. Cet endroit est indiqué à l’œil par la fluorescence du verre. Mais nous ne pouvons nous rendre compte si la fluorescence est la cause des rayons Rœntgen ou même si l’émission de Rœntgen est une sorte de fluorescence. D’autre part, j’ai vu interprétés comme n’indiquant pas une connexion intime entre les deux phénomènes ces faits, qu’avec une antica-thode métallique, on a une émission abondante de rayons Rœntgen, bien qu’il n’y ait pas fluorescence et que, quand “ne portion de la paroi d’un tube de Crookes a été pendant quelque temps exposée à une décharge cathodique plus intense, elle émet des rayons Roentgen aussi bien qu’aupa-ravam, quoique la fluorescence du tube soit incomparablement plus faible, comme si le verre était en quelque sorte fatigué par la fluorescence.
- ^ fluorescence indique sans aucun doute une perturbation
- produite par la décharge cathodique est un problème dont ,e ne puis indiquer la réponse. Toutefois, quelle que soit la nature exacte du phénomène, il est à peu près évident que ^ est seulement par des chocs répétés des molécules lancées e h cathode, qu’il peut se produire une perturbation molè-sibfre Ca^a^e se mjn'fl;ster pat une fluorescence vi-
- Eh bien, supposons que des vibrations éthériques prennent naissance et atteignent une série de molécules matérielles ; elles seront quelque peu gênées dans leur marche par ces molécules qu’elles tendront à mettre en mouvement. Comme ces molécules sont relativement lourdes, un temps considérable peut s’écouler avant qu’elles prennent un mouvement sensible. Or, si le système des molécules est extrêmement complexe, il peut y avoir un mode de mouvement des molécules ou des parties constituantes de ces molécules tel que le système tende k le prendre pour la période choisie, mode de mouvement qui différera d’ailleurs avec la valeur de la période et avec la direction suivant laquelle les molécules sont successivement mises en vibration. Je m’imagine que la différence que présentent les rayons Rœntgen et les rayons lumineux dans leur propaga-
- Supposons qu’une pluie de molécules de la cathode tombe soudainement sur la paroi anticathodique, et qu’après avoir duré quelque temps elle cesse brusquement. Suivant les vues que je viens d’exposer sur la nature des rayons Rœntgen, ces rayons commencent à prendre naissance en’même temps que k pluie de molécules, continuent à se produire tant que celle-ci dure et cessent en même temps qu’elle. Mais la fluorescence se produit seulement graduellement à partir du commencement de la pluie de molécules, quelque rapide que puisse être sa manifestation, et s'éteint peu à peu après que la pluie a cessé. La cause de l’émission Rœntgen est donc fort éloignée de celle de la fluorescence, et même si la fluorescence exerce quelque effet sur les rayons Rœntgen, cet etlet doit être plutôt nuisible que favorable. D’ailleurs il a été constaté que quand l’anticathode est métallique et qu'elle s'échauffe, la production de rayons Rœntgen se trouve annulée ; or, la fluorescence, comme une élévation de température, suppose une perturbation moléculaire bien que la perturbation soit différente dans les deux cas.
- Comme la fluorescence du verre et les rayons Rœntgen sont deux effets différents de la même cause, le bombardement moléculaire,l'inteûsitéderunnepeut être prise comme mesure de l’intensité de l’autre, même dans un même tube. Le premier effet paraît se produire plus facilement que l’autre. Cette remarque explique une difficulté mentionnée dans le mémoire du prince Galitzine et de A. v. Karnojitsky (p. io)à propos de l'hypothèse que les rayons Rœntgen émanent des points où les rayons cathodiques tombent sur la paroi du tube ou sur toute autre amicathode. Il n’y a rien en effet qui puisse nous surprendre dans ce fait que les ombres semblent indiquer plusieurs points d’émission des rayons Rœntgen, si nous remarquons que d’un même point il esj possible de mener plusieurs normales à une surface fermée donnée.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. —N» 9.
- tion lorsqu’un prisme est interposé sur le trajet des uns ou des autres, dépend précisément de cette multiplicité du mode de mouvement. Quand vous faites tomber un rayon de lumière sur un milieu réfringent, comme le verre, des mouvements prennent naissance dans les molécules constituant le milieu. Les mouvements sont d’abord plus ou moins irréguliers ; mais les vibrations qui finissent par s’établir sont telles qu'elles correspondent à une période donnée, la période de la lumière avant de pénétrer dans le milieu. Ces vibrations particulières se maintiendront, tandis que les autres s’amortiront, de sorte qu’après un certain temps, par exemple le temps qu’exige l’accomplissement de cent mille vibrations et qui n’est que la quarante biilio-nième partie d’une seconde, le mouvement des molécules du verre s’est graduellement accru jusqu’à ce que ses molécules vibrent harmoniquement avec cefles de l’éther. Dans le cas des rayons Rœntgen, si leur nature est celle que j’ai indiquée précédemment, nous aurons une sucession continue de pulsations indépendantes les unes des autres, et par conséquent il n’y a aucune chance pour que l’harmonie puisse s’établir entre les vibrations de l'éther et les vibrations du corps.
- Revenons au cas de la lumière traversant le verre. Quand la vibration régulière des molécules d'éther et des molécules matérielles est établie, l’énergie cinétique est due en partie au mouvement de l’éther et en partie au mouvement de la matière. Si nous faisons abstraction de la perte d’énèr-gie par réflexion, la quantité d’énergie qui passe dans le verre doit être la même que celle qui traverse dans le même temps une surface égale prise à l’extérieur ; par conséquent il doit y avoir par longueur d'onde, ce qui correspond à un temps égal à la période, la même quantité d’énergie à l’intérieur et à l’extérieur du verre. Mais si l’énergie cinétique de l’éther par unité de volume est la même au dedans et au dehors, comme nous avons en outre à l’intérieur une certaine quantité d’énergie due au mouvement des molé-
- cules matérielles, la somme de ces deux énergies par longueur d’onde ne peut être égaleà l’énergiepar longueur d’onde à l’extérieur que si la vitesse de propagation à l'intérieur est moindre qu’à l'extérieur. Telle est la théorie que je me suis trouvé conduit à adopter sur la nature de la réfraction, à la suite de d'idée que je me suis faite de la nature des rayons Rœntgen. Si vous l’adoptez, il me semble que tout s’explique facilement. Quand les rayons Rœntgen tombent sur un corps, le mouvement de l’éther qui leur est dû est contrarié plus ou moins par les molécules du corps. Aucun corps n’est parfaitement transparent pour les rayons Rœntgen et aucun corps n’est complètement opaque : ceci découle immédiatement de notre hypothèse sur la nature de l’action de l’éther sur les molécules matérielles. Et maintenant pourquoi les rayons Rœntgen traversent-ils aussi bien une feuille de papier noir qu’une feuille de papier blanc? Quelle est la cause du noir? La lumière en tombant sur le papier met en mouvement les molécules. Dans le cas d’un milieu transparent nous avons un système vibrant composé se mettant en vibration et vibrant ensuite sans changement. Mais dans le cas d’un milieu absorbant les vibrations qui, après un certain temps, se sont établies dans les molécules, s’étendent aux molécules voisines par communication de molécule à molécule : il y a constamment commencement de mise en vibration des molécules; mais, par suite de la communication du mouvement de molécule a molécule, le régime permanent ne peut jamais être atteint. Dans le cas des rayons Rœntgen, il faudrait un nombre de pulsations extrêmement grand avant qu’il y eût harmonie entre les vibrations des molécules d'éther et celles des molécules matérielles, de telle sorte qu’il n'y a jamais de vibrations considérables des molécules. Par conséquent, les rayons Rœntgen traverseront aussi bien une feuille de papier noir qu’une feuille de papier blanc.
- Je ne vous retiendrai pas plus d'une ou deux minutes; mais il me déplairait de finir
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- cette conférence sans dire quelques mots sur les rayons Becquerel. Que sont-ils? Pour être bref, je me bornerai à indiquer le phénomène le plus frappant. Prenons un morceau d’uranium, métallique. Il émet quelque chose qui, comme les rayons Rœntgen, possède la propriété de traverser le papier noir et d’impressionner une plaque photographique. Ce quelque chose est aussi capable de décharger les corps chargés statiquement. En apparence ces propriétés subsistent indéfiniment. Il n’est pas besoin d’exposer le métal à des radiations de haute réfrangibilité pour observer ensuite ces phénomènes. En quoi consistent ces rayons? A mon avis, la molécule d’uranium a une structure que l’on peut grossièrement comparer à une chaîne flexible soutenant un faible poids. Supposons que nous communiquions des vibrations à l’extrémité supérieure d’une telle chaîne ; ces vibrations se propageront graduellement jusqu’à l’extrémité inférieure et produiront près de cette extrémité des perturbations qui différeront beaucoup d’ondulations harmoniques. De même, si une vibration est communiquée à ce que j’appellerai le bout de la molécule d’uranium, elle donnera naissance dans l’éther à une perturbation n’ayant aucun caractère de périodicité. Nous concevons alors que nous puissions produire dans l’éther des vibrations n’ayant pas le caractère de périodicité des vibrations qui constituent la lumière et n’ayant pas encore le caractère de simplicité des perturbations produisant les rayons Rœntgen, elles se trouvent en quelque sorte entre ces deux espèces de perturbations. Par suite elles seront assez irrégulières pour permettre à la perturbation éthérique de passer à travers le papier noir et assez régulières pour donner lieu à la réfraction. Nous pouvons d’ailleurs mettre en évidence la polarisation de ces rayons et par conséquent la transversalité de leurs vibrations.
- La théorie de la nature des rayons Rœntgen que je viens de vous exposer très brièvement institue donc un ensemble dont les diverses Pitiés me paraissent bien s’adapter les unes
- aux autres. Nous partons des rayons de Rœntgen qui consistent en une succession rapide de pulsations indépendantes; nous passons aux rayons de Becquerel qui sont encore irréguliers mais qui commencent à avoir une certaine régularité ; nous arrivons enfin aux rayons lumineux. Suivant cette théorie, l’absence de diffraction dans les rayons Rœntgen s’explique, non pas en supposant que ce sont des rayons lumineux de longueur d’onde excessivement courte, mais une répétition irrégulière de perturbations isolées et indépendantes. Autant que je sache, l’idée que j’ai etc conduit à me faire de la nature de la réfraction et qui forme une partie intégrante de la théorie des rayons Rœntgen est tout à fait nouvelle. Tout d’abord je ne l’ai considérée qu’avec défiance, mais je m’y suis franchement rallié par suite de l’idée que je me suis faite de la nature des rayons Rœntgen, et je ne vois aucune objection sérieuse pouvant lui être adressée.
- G.-G. Stores
- NOTE ADDITIONNELLE
- Il est inutile d’entrer dans beaucoup de détails pour traiter le problème de la diffraction d’un système de pulsations indépendantes. Ce problème est plus simple que celui de la diffraction d’une série d’ondulations telles que celles qui constituent la lumière, parce que les pulsations peuvent être traitées séparément et indépendamment les unes des autres, comme on traite les rayons lumineux émanant de sources différentes. L’épaisseur totale d’une onde puisante paraissant être comparable à un millionième de pouce dans le cas des rayons Rœntgen, nous n’avons pas besoin de nous inquiéter de ce que sera la perturbation passant continuellement à travers une surface donnée de l’espace ; nous pouvons considérer l’onde à un instant quelconque comme constituant une perturbation initiale de l'éther, et alors examiner l’influence des diverses parties de cette onde sur la perturbation à un instant ultérieur en un point donné de l'éther en avant de la nappe.
- L’épaisseur de l'onde et la direction des perturbations ne sont pas nécessairement les mêmes en
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- divers points de Fonde; mais on peut néanmoins considérer comme constante l’épaisseur d’une petite portion de Fonde et admettre que la direction de la perturbation reste sensiblement la même quand on se déplace tangentiellement à Fonde, tandis qu’elle varie rapidement quand on se déplace suivant une tangente, la perturbation s’annulant sur les deux surfaces qui limitent Fonde.
- Les perturbations que nous considérons étant seulement des perturbations de distorsion, la perturbation à l’instant t en un point P en avant de Fonde pourra être déduite de la perturbation
- à l'instant o de Fonde dans la position qui est prise comme position initiale, au moyen de la dernière équation de l’article 22 de mon mémoire sur la diffraction déjà cité. Soient, R un point de la couche de perturbation dans la position consi-déréecomme position initiale, r et f les distances PR et OR, 6 et (F les angles de ces droites avec OP, 9 Fazimuth du plan PRO par rapport à un plan fixe passant par PO. La formule dont il vient d’être question donne
- dff = sin6d0d®.
- On a d'ailleurs
- rdô x sin (9 + 6') = dr'
- et
- Sin 0 r’ . r
- TîT(O-j-O') — ~Qp— =approximativement^-pr.
- Soit S le point où OP coupe la face interne de Fonde, et soit >. l’épaisseur QS de cette onde. Dans l’équation dont il est question, le terme en t provenant de la différentiation par rapport à t et placé sous le signe de la double intégration sera de l'ordre de-^-par rapport aux autres et pourra, par suite, être négligé. Le terme en t placé en dehors pourra être remplacé par et comme la fraction
- • ^ conserve une valeur sensiblement cons-
- tante entre les limites d’intégration, elle pourra être mise en dehors du signe d’intégration.
- Notre expression devient alors :
- l'indice bt indiquant que l’intégration doit être prise sur une surface sphérique de centre P et de
- Comme la perturbation considérée comme initiale est seulement la condition momentanée d'une onde qui se propage au delà avec une vitesse b, nous devons avoir
- et par conséquent
- Laissons l’expression sous cette forme, dans le but de montrer plus clairement la façon dont chaque portion de la perturbation contribue à la perturbation ultérieure au point P. Quand il n'y a aucun obstacle à la transmission, nous avons
- /* = ’* et
- Si bt < PQla sphère de centre P et de rayon bt ne coupe la région perturbée en aucun point et la perturbation en P est nulle. Si bt > PS les limites de r1 sont les distances de O aux points où la sphère de centre P coupe les surfaces limitant intérieurement et extérieurement l’onde, et comme les perturbations s’annulent encore, nous n’avons pas de perturbation en P. Mais si bt est comprls
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- entre ces limites, la sphère de centre P coupe OP en un point T compris entre Q. et S, les limites de f' seront OT et la distance de O à un point sur ]a face externe de l’onde, où par conséquent çc est nul. Par suite le déplacement en P est celui qui existait initialement en T, mais diminué dans le rapport de r h- r à r1.
- Revenant à l’expression de £ donnée par l'intégrale double, nous voyons que la seule portion de l’onde qui est efficace pour la production d'une perturbation ultérieure en P se trouve située entre la sphère de centre O et de rayon OQ. et la sphère de centre P et de rayon PS. Si p est la distance de OP à l'intersection de ces sphères, nous avons, en tenant compte de la petitesse de l’obliquité,
- En supposant r et r' tous deux égaux à 4 pouces et >. égal à un millionième de pouce, nous trou-
- vons 3 = 0,002 pouce, de telle sorte qu’à une distance au moins égale à 1/250 de pouce de la projection du bord d'un corps opaque interceptant les rayons Rœntgen venant d’un point situé à 4 pouces en avant et reçus sur un écran fluorescent placé à 4 pouces au delà, il y aura effet ou non suivant que nous considérerons la région lumineuse ou la région sombre de la projection. Nous voyons dès lors comment il est possible qu'il y ait une presque complète absence de diffraction si l’onde est aussi mince qu'il a été supposé; et comme ces rayons prennent naissance par un mécanisme tout à fait différent de celui qui donne naissance aux rayons de lumière (les chocs de molécules électrisées contrôla paroi anticathodique ou des vibrations des molécules de la matière pondérable], il n’y a aucune raison a priori pour nous empêcher de supposer une épaisseur extrêmement petite aux pulsations que les molécules électrisées excitent dans l'éther.
- G.-G. Stores.
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Régulateur de lampes à arc I.-H. Hegner (J). Le régulateur Hegner s’applique à des groupes de lampes (3 ou davantage) placées en série entre les fils distributeurs de courant. 11 permet d'éviter la perte d’énergie qui se produit dans les résistances avec les dispositions actuelles au moment de la mise en circuit, en utilisant cette énergie sous forme lumineuse.
- Lorsque des lampes sont disposées en série, y a deux facteurs indépendants l’un, de 1 autre qui influent sur le réglage ; en effet, '1 se produit des modifications différentes dans chaque lampe considérée séparément et ei) outre des changements d’ensemble. En faisant agir ces deux facteurs indépendamment sur le mécanisme de réglage des charbons, on conçoit que le rapprochement ne
- i') Brevet allemand du 9 novembre 1897.
- puisse avoir lieu que si les deux causes agissent ensemble et dans le même sens.
- Ainsi le mécanisme peut être disposé de telle sorte que le rapprochement des charbons d’une lampe n’ait pas lieu tant que la force électromotrice de l’arc est inférieure à une limite déterminée ; et qu’il se produise seulement dans les lampes où il est nécessaire (c’est-à-dire où la force électromotrice est supérieure à la limite), lorsque besoin s’en fait sentir dans le groupe des lampes.
- Dans la figure schématique rapportée ici, on a pour plus de simplicité supposé que le mécanisme se compose d’un tambour x sur lequel passe un fil dont les extrémités soutiennent respectivement les deux charbons 1 et 2. Deux freins y et % s’appliquent sur ce disque et correspondent à chacun des deux facteurs de réglage ; leurs mouvements sont commandés par les bobines a et b, a est en dérivation sur les charbons, b est en série ;
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- par conséquent l’action de a correspond aux changements produits dans la lampe considérée, tandis que l’action de b correspond aux modifications de l'ensemble.
- Supposons que la différence du potentiel des deux fils de distribution soit 100 volts et que l’utilisation totale de l’énergie sous forme lumineuse corresponde à une intensité de 6 am-
- pères; dans ce cas, la bobine a est calculée de façon que le frein^y cesse d’appuyer, lorsque la force électromotrice de l’arc a atteint 35 volts environ, dans le cas d’un groupe de 3 lampes. Alors si, par suite de l’usure, la distance des charbons établit une force électromotrice de 35 volts, ceux-ci se rapprocheront quand l’intensité sera descendue au-dessous
- de la limite, 5 ampères par exemple, pour laquelle est calculée la bobine b qui est en série avec la lampe; on voit que le rapprochement ne se produira que dans les lampes où la différence de potentiel aura atteint la limite. Par suite du rapprochement, la force ôlectromo-trice diminue, l’intensité augmente et atteint de nouveau 6 ampères; alors les bobines b cessent de retenir les freins ^ et le mouvement des charbons est interrompu. G. G.
- Sur le démarrage des voitures de tramways électriques.
- Une longue discussion vient d’avoir lieu à ce sujet, en Amérique. A la suite d’expériences faites sur les voitures de chemins de ferélcctriques,M. Heft, soutenuparM. L.-H,
- Parker, de la General Electric C°, déclara que lorsqu’une voiture doit accomplir un trajet déterminé dans un temps donné, tout en ayant des arrêts très fréquents, il est préférable de la mettre en vitesse le plus rapidement possible en manœuvrant le contrôleur dans le plus petit espace de temps admissible, afin que les moteurs donnent, dès le début, leur puissance maxima et assurent ainsi la plus grande accélération. La voiture atteignant alors en peu de secondes sa vitesse maxima, la vitesse moyenne de marche entre deux arrêts est plus élevée; par conséquent, la vitesse maxima qu’il faut atteindre pour accomplir le trajet dans un temps déterminé est moins grande. Comme la force vive emmagasinée dans la voiture en marche, qui représente la plus grande partie de la dépense d’énergie quand les arrêts sont fréquents.
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- est proportionnelle au carré de cette vitesse M V?j, et comme elle est en majeure partie absorbée inutilement lors du serrage des freins, il est évident qu’il y a tout avantage, au point de vue de la dépense d’énergie, à augmenter l’accélération en manœuvrant rapidement le contrôleur (').
- M. Short, de la Compagnie Walker, en se basant sur une étude théorique d’un de ses ingénieurs, M. Dodu, déclare qu’il ne devait pas y avoir de différence sensible dans la consommation d’énergie, quelle que tut la manœuvre du contrôleur, puisque avec un des procédés on avait une grande dépense de puissance pendant un temps faible, et de l’autre une dépense de puissance moindre pendant un temps plus long.
- A cela M, Cravatii, qui avait ouvert la discussion en citant les expériences deM. Knox que nous avons enregistrées jadis (Voir L'Éclairage Électrique, t V, p. 223', répondit en donnant les raisons théoriques et pratiques pour lesquelles la manœuvre lente était préférable, et M. Knox corrobora son dire en citant des résultats d’expériences. Celui-ci expliqua que, dans les premiers temps de l’exploitation électrique, à Chicago, alors que les mécaniciens, peu familiarisés avec les appareils, les manœuvraient avec précaution, la dépense de courant à l’usine était en moyenne de 7 à 8 ampères par voiture, y compris les voitures de remorque et de 12 ampères par voiture motrice; lorsque cette période de crainte fut passée, les fausses manœuvres commencèrent et la dépense monta à 14, 16 et 18 ampères au lieu de 12. 1 Il y avait une «fuite ». L’observation prouva qu’elle provenait exclusivement de la manœuvre trop rapide des contrôleurs. C’est alors que M. Knox entreprit ses expériences. Ea moyenne des essais donna les résultats suivants :
- C) Voir L'Éclairage Électrique du 19 février 1S08, t. XIV.
- P- 33S•
- DURÉE DE MANŒUVRE
- Temps nécessaire pour atteindre la même
- vitesse niaxima ... 91/2 sec. 12 sec.
- Chemin parcouru pendant ce temps. . . . 25,9m. 45,70m.
- Dépense d'énergie électrique pendant la première période de mise
- en vitesse......... 307176 w.-s- 22167(1 w.-s.
- L’avantage de la manœuvre lente est bien évident, d’autant plus que la moindre dépense d’énergie entraîne une moindre perte en ligne et un fonctionnement plus économique de l’usine génératrice. Il est dù en grande partie à ce que l'adhérence n’est pas suffisante pour transmettre l’effort considérable développé lorsque la manœuvre est trop rapide, et que, dans ces conditions, les roues patinent en absorbant une quantité considérable d’énergie. Ainsi, dans une expérience, la voiture parcourut 32,6 m en 12 secondes avec la manœuvre rapide, c’est-à-dire qu’elle avança en moyenne de 2,71 m par seconde, tandis qu’avec la manœuvre lente elle avança en mojœnne de 3,81 m : s.
- La pratique courante confirme entièrement ces résultats. Ainsi, une compagnie de tramways électriques, à Chicago, ayant forcé ses mécaniciens à adopter la manœuvre lente en installant des appareils de contrôle surchaque voiture, obtint les résultats suivants : pendant trois mois de 1897,1a dépense totale de charbon fut de 21,1 p. 100 moindre que pen-dantles moiscorrespondants de 1896, quoique le nombre de kilomètres-voitures parcourus fut de 8,5 p. 100 plus élevé. L’économie de charbon par kilomctre-voiture fut de 27,3 p. 100.
- Cette discussion, très intéressante en raison des faits ci-dessus dont elle a amené la publication, repose sur un malentendu qu’aucun des ingénieurs américains n’a semblé apercevoir. La théorie de M. Parker n’est juste que si le courant est utilisé seulement pour accélérer la vitesse ou tout au
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- moins si le temps employé pour atteindre ia vitesse maxima forme la plus grande partie du temps pendant lequel le courant est lancé dans les moteurs. L’augmentation de la vitesse moyenne qui résulte d’une rapide accélération permet alors, en effet, de diminuer la vitesse maxima et partant la force vive. Mais si une grande partie du parcours doit ctre effectuée h vitesse constante, l’importance de la durée du démarrage diminue de plus en plus avec la longueur du trajet effectué à vitesse constante. C’est le cas des tramways ; nous voyons en effet que, avec manœuvre lente, le chemin parcouru pendant la mise en vitesse est de 45.7 m seulement tandis que les voitures font, sans arrêt, desparcoursde plusieurs centaines de mètres. Dans ces conditions, c’est la valeur de la vitesse constante qui influe surtout sur la vitesse moyenne de marche. La vitesse maxima à atteindre est donc fixée, et ce qu’il faut déterminer ce sont les conditions les plus économiques dans lesquelles elle doit être atteinte. Les expériences de M. Knox prouvent que la manœuvre lente est préférable.
- En outre, il faut remarquer que l’accélération est obtenue par l’effort de traction utile produit par les moteurs ; il faut donc tenir compte des propriétés de ceux-ci dans la manœuvre du contrôleur, et, à ce point de vue encore, la manœuvre lente est préférable, comme le prouvent à la fois les expériences de M. Knox sur le patinage des roues et le raisonnement suivant de M. Cravath :
- Dans la manœuvre rapide, les mécaniciens groupent les moteurs en parallèle avant qu’ils aient atteint une vitesse suffisante pendant qu’ils sont groupés en série ; or les moteurs donnent, par ampère, lorsqu'ils sont en série, un effort horizontal double de celui qu’ils donnent lorsqu’ils sont groupés en parallèle 5 leur efficacité comme accélérateurs est donc diminuée par la manœuvre rapide. De plus, dans les moteurs où la vitesse est augmentée en diminuant le champ inducteur, la manœuvre rapide entraîne trop tôt cet affaiblisse- |
- ment du champ qui diminue aussi le couple moteur par ampère.
- Ainsi donc, même lorsqu’on désire une accélération très grande, il est inutile et même nuisible de manœuvrer le contrôleur trop rapidement, si les moteurs sont convenablement calculés pour le service k effectuer.
- G. P.
- Sur les essais d’isolement des installations à courant alternatif ;
- Par Wilkens (1J.
- Les mesures d’isolement sur les réseaux k courant continu se font aisément, comme on sait, k l’aide d’un voltmètre que l’on branche entre un pôle du réseau et la terre. Un ins-1 trament du type "YVeston, par exemple, pour 120 volts et présentant une résistance de 12000 ohms, permet de lire le voit et par conséquent de mesurer une résistance d’isolement maxima de
- I20_X^l 2 00° _ _ 0ü0 _ J 00D Qj-^g
- Pour le courant alternatif, on ne peut pas se servir de cet instrument si l’on veut faire la mesure avec le potentiel du réseau. Si l’on prend un voltmètre Weston pour courant alternatif, on constate que la sensibilité n’est plus suffisante. Un instrument pour 120 volts possède par exemple une résistance de z 582 ohms et chaque division de l’échelle représente 10 volts, de sorte que la plus grande résistance d’isolement que l’on puisse mesurer est de
- -1—'-X 2 ^-_2-2 582 = 28402 ohms
- valeur insuffisante pour la pratique.
- Dans le cas du courant alternatif, on doit donc, pour pouvoir employer un voltmètre à courant continu, faire les mesures avec une pile assez puissante. Pour éviter d’avoir à transporter une pile, l’auteur a essayé de se
- (!) EUktrotecknische Zeitschrift, 9 décembre 1897-
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- revue d’électricité
- 39:
- servir du potentiel alternatif du réseau en effectuant la mesure par la méthode du pont de Wheatstone, en employant comme galva-noscope le téléphone. Ces essais n’ont pas donné le résultat désiré parce que le téléphone s’est montré peu sensible pour la fréquence régnante, qui était de 100 périodes par seconde.
- L’auteur a donc trouvé préférable de revenir à la méthode directe du voltmètre en donnant à ce dernier une disposition appropriée. Ce qui manque dans le voltmètre alternatif, c’est une force suffisante capable de remplacer l’action des aimants permanents des voltmètres à courant continu. Si l’on construit l’instrument sur le principe de l’électro-dynamomètre, on peut obtenir un couple considérable en faisant passer dans une des bobines un courant d’intensité moyenne assez grande, ce qui ne présente aucun inconvénient pratique puisque l’instrument n’est branché sur les circuits que pendant les mesures. L’instrument qu’emploie l’Allgemeine Elek-tricitæts Gesellschaft sur le conseil de l’auteur, se compose donc d’une bobine fixe de résistance assez faible pour que, alimentée par la tension alternative du réseau, elle soit parcourue par un courant de plusieurs ampères, et d’une bobine mobile résistante qui s’intercale entre un des pôles et la terre. On a ainsi un instrument assez sensible qui peut être gradué directement en ohms et dont l’échelle va de 500 à 500000 ohms.
- L’emploi d’un instrument de ce genre simplifie considérablement les mesures. A. H.
- Sur les conditions de formation des carbures alcalins et du carbure de magnésium ;
- Par H. Moissan (!).
- Lorsqu’on traite au four électrique un. mélange de charbon et d’un oxyde ou carbonate métallique, on obtient généralement un
- (') Comptes rendus, t. CXXV1, p 302-306, séance du 24 janvier 1898.
- carbure, et par ce procédé général M. Moissan a pu préparer un grand nombre de carbures-définis et cristallisés. Les carbures alcalins font exception, bien que leur existence ne soit pas douteuse et qu’en particulier l’un d’eux, le carbure de sodium C^Na*, ait etc obtenu, en même temps que le composé C?HNa, par M. Berthelot, en faisant agir du sodium sur de l’acétylène à une température plus ou moins élevée. M. Moissan a voulu se rendre compte des causes de cet insuccès, et dans ce but il a fait plusieurs expériences dont nous indiquerons brièvement les résultats.
- Dans l’une il a soumis un mélange de carbonate de potassium et de charbon (COsFv--}- 2 C) à un courant de 45 volts et de goo ampères. Conformémentauxindications d’essais antérieurs, il n'a pas obtenu de carbure : au fond du creuset est un résidu de carbone à peu près pur.
- Dans une seconde, l’intensité du courant n’était que de 350 ampères, et, partant, la température moins élevée que dans l’expérience précédente. Le produit traité par l’eau donne lieu à un faible dégagement gazeux formé de 66 à 70 p. 100 d’acétylène, en laissant un résidu de charbon; la solution est très alcaline et renferme une petite quantité de carbonate et de cyanure.
- Ces deux expériences confirmant cetle idée que la température du four électrique est trop élevée pour l’obtention du carbure de potassium, M. Moissan a cherché à préparer ce corps par l'action de l’acétylène sur le potassium, action qui sc produit déjà à froid et sous la pression atmosphérique ; il a obtenu ainsi, après quarante-neuf jours d’absorption à la température ordinaire le composé C2HK ou acétylène potassé,déjà indiqué par M. Berthelot.
- Passant au sodium, M. Moissan a constaté que la réduction du carbonate de sodium par le charbon sous l’action d’un courant de 1 000 ampères, 70 volts, ne donne pas de carbure, mais qu’en chauffant dans un creuset-ferme un. mélange de soude et de charbon de sucre, avec un courant plus faible (350 am-
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- pères, 45 volts), on obtient une poudre noire fournissant au contact de l’eau froide un faible dégagement d’acétylène.
- Toutefois la préparation du carbure de sodium pur ne paraissant pas pouvoir cire effectuée par ce procédé, l’auteur est revenu au procédé de préparation par l’acétylène agissant sur le sodium. L’action étant plus faible que dans le cas du potassium, il a opéré en tube scellé avec de l’acétylène liquide ou de l’acétvlène comprimé et a obtenu l’acétylène sodé C*HNa. Ce corps chauffé lentement dans le vide donne un produit solide qui, au contact de l’eau froide, dégage de l’acétylène pur, il répond à la formule C* NaL Si on chaude jusqu’au rouge, il reste un résidu de carbone et il se forme un anneau de sodium métallique dans les parties froides du tube,
- Le carbure de lithium peut être préparé au four électrique, comme JVI, Moissan l’a montré il y a quelques années déjà, mais il ne faut pas prolonger l’opération outre mesure ; en particulier, avec un courant de 350 ampères, 50 volts, il ne faut pas chauffer de dix minutes, sans quoi il ne reste que du graphite au fond du tube de charbon dans lequel se fait l’expérience.
- En résumé il résulte de ces expériences que les composés acétylènes potassés et sodés peuvent être obtenus par l’action de l’acétylène sur le métal, que ces composés donnent, sous l’action d’une élévation de température les carbures C?K2 et C*Na9, et que ces carbures sont dissociés à une température plus élevée en métal et en carbone, dissociation qui explique l’impossibilité de préparer ces carbures au four électrique.
- Quant au carbure de lithium, il est un peu plus stable et peut être obtenu au four électrique en prenant quelques précautions.
- Le carbure de magnésium peut aussi se préparer, à l’état impur, par l’action de l’acétylène sur du magnésium chauffé avec précaution. Placé dans.un four électrique et soumis pendant six minutes à un courant de
- 600 ampères, 60 volts, ce carbure se décompose totalement en donnant un résidu de carbone. Ce résultat explique pourquoi M. Moissan a pu fondre la magnésie dans des creusets de charbon sans qu’il y eût réduction de cet oxyde, J- B.
- Sur la dissociation du carbure de calcium ;
- Far H. Moissan.
- Dans ce même mémoire, M, Moissan signale un fait dont l’influence sur le rendement des fours à carbure de calcium doit être prise en considération ; c’est la dissociation analogue de ce carbure aux températures très élevées que l’on peut atteindre en employant des courants très intenses, Voici ce qu’il dit à ce sujet :
- « i° Lorsque nous avons préparé de petites quantités de carbure de calcium avec des courants de 1 200 ampères et 60 volts, il nous est arrivé, si l’expérience dure dix minutes, d’obtenir un résidu formé de graphite pulvérulent, ne contenant plus que des traces de carbure de calcium.
- » Il n’y a pas eu volatilisation du composé, car le carbone en poudre est resté dans le creuset. Il est plus vraisemblable de penser que l’on se trouve en présence d’une dissociation du carbure, le calcium distillant avec facilité et le carbone pulvérulent restant comme résidu.
- » 20 Dans des expériences faites au moyen du tube froid de Deville, et qui avaient pour but d’étudier la condensation de la vapeur de carbone, nous n’avons jamais obtenu de condensation de carbure de calcium. Si l'on chauffe en effet, dans le four électrique, du carbure de calcium fondu, on ne retrouve sur le tube de cuivre, traversé par un courant d’eau froide, que de la poussière de graphite, de la chaux pulvérulente et du calcium ; ce dernier, au contact de l’eau, dégage de Thy-drogène dont la pureté a été vérifiée par une analyse eudiométrique.
- 1 » Comme les carbures de sodium et de
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- lithium, mais à une température beaucoup plus élevée, le carbure de calcium peut donc se décomposer en métal et en carbone. »
- Sur la dissociation du carbure de calcium ;
- Par Gin et Leleux.
- Dans une note intitulée « Contribution à l’étude des fours électriques (l) », MAI. Gin et Leleux avaient indiqué quelques expériences montrant égalementcette dissociation.
- Si l’on fait jaillir Tare dans le mélange pulvérulent de carbone et de chaux, maintenu immobile par rapport aux électrodes, l’arc creuse autour de lui une poche présentant a son pôle supérieur un petit cratère par lequel s’échappent de l’oxyde de carbone et des vapeurs de chaux, de calcium et de carbone. Après refroidissement, on observe que les parois de la poche sont stratihées en couches concentriques se succédant comme il suit de l’intérieur à l’extérieur : i° une couche de graphite brillant, à texture caverneuse et d’aspect bouillonné; 2° une couche de carbure de calcium cristallisée ; 30 la matière initiale inaltérée. On en déduit, disaient
- MM. Gin et Leleux, J que la température interne a été assez élevée pour que la tension de dissociation des vapeurs de calcium et de carbone s’opposât à la combinaison des deux corps, laquelle n’a pu se produire qu’au delà de la surface de niveau limitant la région des températures inférieures à celle de dissociation. Si l’on ne voulait pas admettre la dissociation du carbure de calcium, on pourrait expliquer l’existence de la couche de graphite par ce fait que la température très élevée de l’enceinte aurait provoqué une volatilisation si rapide de la chaux, qu’une partie de celle-ci aurait échappé à la réduction et à la carburation subséquente, en laissant un excès de carbone comme résidu. Il nous semble probable que les deux phénomènes sont simultanés.
- Une autre expérience consiste à introduire par le cratère d’évacuation des gaz, lorsque le four est en activité, du carbure de calcium granulé. Celui-ci fond rapidement et disparaît si la densité du courant est assez élevée. Les gaz qui se dégagent ne produisant pas d’acétylène, il semble que le carbure introduit a été dissocié et non simplement volatilisé. On retrouve dans la poche un dépôt de coke.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET
- SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE
- Séance du vendredi 18 février 1898
- M. Bouty fait une communication sur une Nouvelle méthode pour la mesure de l intensité des champs magnétiques.
- Le phénomène auquel M. Bouty a recours est l’induction réciproque de l’action électro-magnétique employée par M. Lippmann dans s°n galvanomètre à mercure. Un liquide con-
- ( )Comptes rendus, t. CXXVI, p. 236, séance du 17 janvier.
- DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- ductcur, qui pourra être simplement de l’eau de rivière, s’écoule normalement aux lignes de force du champ à mesurer. On détermine, à l’aide de l’électromètre capillaire, la force électromotrice constante induite entre la face supérieure et la face inférieure de la veine. Connaissant le débit, on en déduira l’intensité du champ.
- Supposons, pour simplifier, la vitesse v d’écoulement uniforme sur toute la section d’une veine rectangulaire d’épaisseur e dans le sens des lignes de force, de hauteur / dans la direction normale à la fois aux lignes de force et à la vitesse d’ccoulemem. La force
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- électromotrice induite est constante et a pour valeur
- E=Uvl. (1)
- Le débit est
- D = vel ; (2)
- on tire de lk
- Telle est la formule très simple que l’on aura à appliquer.
- D'après la formule (t) la force électromotrice induite est indépendante de la nature du liquide conducteur. M. Boutv a employé d’abord des solutions de sulfate de cuivre, saturées ou très étendues, s’écoulant par un ajutage ou cuvette rectangulaire en ébonite ; deux électrodes de cuivre, de 0,01 m de long et de largeur égale à l’épaisseur e de la cuvette, arasent exactement, à l’intérieur, la face supérieure et la face inférieure de la veine. On constate que la force électromotrice mesurée est parfaitement indépendante de la concentration, si bien que, sans rien changer à la disposition de l’expérience, on a pu substituer au sulfate de cuivre l’eau des conduites de la ville : la facilité des mesures est demeurée la même. La polarisation des électrodes n’introduit aucune perturbation.
- L’usage de l’eau comme liquide conducteur permet d’employer de grandes vitesses d’écoulement et d’accroître pour ainsi dire indéfiniment la sensibilité de la méthode En faisant varier la vitesse de 0,50 m à 17 m par seconde, on a vérifié la proportionnalité rigoureuse de la force électroimotrice à la vitesse, prévue par la formule (1), et on a mis en évidence des champs constants de l’ordre de grandeur de 0,5 C. G. S. Rien ne paraît s’opposer à ce que l’on aille encore plus loin.
- Si l’on veut se borner à des mesures relatives, il sera inutile de déterminer l’épaisseur de la cuvette et le débit, supposé constant.
- (!) Elle gn’est uère limitée pratiquement que par le débit
- On pourra même donner à la cuvette une forme quelconque. La seule précaution nécessaire est Xisolement rigoureux des électrodes.
- Pour faire des mesures absolues, on devra d’abord se procurer une cuvette étalon d’épaisseur e assez grande pour que la vitesse v puisse être considérée comme très sensiblement uniforme, ainsi que le suppose la formule.
- Les électrodes de cuivre, de largeur égale à l’épaisseur.e de la cuvette, devront être assez éloignées du tuyau d’amenée (*) pour que le régime d’écoulement soit bien uniformisé. Enfin, il faut introduire un facteur de correction, d’ailleurs assez voisin de l'unité, pour tenir compte de la diminution de vitesse au voisinage immédiat des parois latérales. Pour des cuvettes de 1 mm à 6 mm d’épaisseur, j’ai trouvé qu’il suffit de substituer, dans la formule {3), à l’épaisseur e mesurée, une épaisseur fictive e +0,13 mm.
- La proportionnalité des forces électromotrices, mesurées avec diverses cuvettes, se maintenant rigoureuse quand on fait varier arbitrairement le champ et la vitesse, il suffit de déterminer, par comparaison avec la cuvette étalon, l’épaisseur fictive à attribuer à une cuvette quelconque, que rien n’empêche de prendre très mince. Celle-ci pourra servir désormais d’étalon secondaire.
- Pour des applications où la sensibilité de la méthode électrométrique paraîtrait exagérée, on pourra employer une grande capacité, par exemple deux ou trois microfarads, la charger à l’aide de la force électromotrice induite et la décharger sur un bon galvanomètre balistique. Des champs de 50 C. G. S., par exemple, pourraient encore être mis en évidence assez aisément.
- Une expérience a été faite avec une capacité de 5,4 microfarads.
- M. Bouty a déterminé la courbe représentant le champ magnétique produit entre les armatures d’un électro-aimanten fonction du courant d’excitation; la méthode est assez
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- sensible pour permettre d’observer le point d’inflexion au voisinage de l’origine.
- IJn autre problème qui a pu être étudié est celui de l’étude du champ produit par un barreau rectangulaire aimanté (35 cm X 2 cm X 0,8 cm); on vérifie que l’action est identique à celle qu'exerceraient deux pôles de 230 unités, peu distants (2,6 cm) des extrémités. Enfin on a déterminé le champ d’une bobine sans fer; il y a une intégration à exécuter pour tenir compte de la variation du champ d’une extrémité à l’autre de la cuvette d’écoulement. C. R.
- Décharge par les rayons de Rœntgen.
- Effet secondaire ;
- Par Jean Perrin (*).
- « J’ai montré que les rayons de Rœntgen peuvent, sans les rencontrer, décharger des corps électrisés situés dans un gaz au repos, et j’ai trouvé quelques lois simples relatives à ce phénomène (s).
- » J’ai aussi fait quelques recherches, beaucoup moins étendues, dans le cas plus complexe où les rayons rencontrent les corps chargés. J’ai en particulier constaté que, pour l'air à la pression atmosphérique, il existe une couche mince adhérente aux régions atteintes, où l’ionisation devient beaucoup plus intense qu’elle ne serait sous la seule influence des rayons incidents. En première approximation, le rôle du métal frappé ne semblait pas s’étendre au delà de cette couche dont l’épaisseur, pour les métaux étudiés, ne pouvait être supérieure à 2 mm.
- » D’autre part, M. Sagnac a montré que les rayons secondaires, émis à partir des points où les rayons de Rœntgen rencontrent des obstacles matériels, sont électriquement actifs sur un parcours de plusieurs centimètres (3).
- Ci Comptes rendus, t. CXX.VI, p. 243, séance du 17 janvier 1898.
- {^L’Éclairage Électrique., t. VII, p. 545, 20 juin 1896; Comptes rendus, 10 août, et Thèse de doctorat.
- C) Comptes rendus. 3 janvier 1898.
- » La contradiction n'est qu’apparente et disparaît si l’on tient compte de l’ordre de grandeur des phénomènes. Je préciserai en résumant de nouvelles expériences que j’ai faites avec un condensateur plan.
- » Un pinceau de rayons de Rœntgen, perpendiculaire à ce condensateur, y pénètre au travers d’une feuille d’aluminium battu, entourée d’un anneau de garde, qui forme la première armature. Puis il vient s’écraser contre la deuxième armature, faite d’une lame épaisse en zinc ou en plomb et fixée à une vis micrométrique permettant de faire varier à volonté l’épaisseur du condensateur. Une. méthode de zéro, analogue à celles que j’ai déjà décrites, permet de voir si l’effet secondaire dû au métal varie lorsque cette épaisseur varie.
- » Pour le zinc, j’ai vérifié que l'effet secondaire croît d'environ —— quand l’épaisseur croît de 1 mm à 10 mm. D’une manière plus précise, l’épaisseur étant de 10 mm, 100 unités d’électricité neutre seront ionisées par effet gaz direct en même temps que 50 unités seront ionisées par effet secondaire dans la couche de 1 mm attenant au zinc, et que 5 unités seront ionisées par effet secondaire dans les neuf autres millimètres. Dans le cas du plomb, la variation d’effet secondaire est moins rapide encore.
- » En résumé, les résultats expérimentaux que j’avais indiqués subsistent, mais l’hypothèse provisoire d’un phénomène absolument superficiel perd de sa vraisemblance. Au contraire, on rendra compte de tous les phénomènes en admettant qu’une grande part des rayons secondaires étudiés par M. Sagnac, très fortement absorbés par les premières couches d’air qu’ils rencontrent, y produisent une ionisation énergique suivant des lois analogues à celles que j’ai trouvées pour les rayons directs (1). »
- (') Travail fait au laboratoire de Physique de l’École l Normale supérieure.
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- Etude sur l’action des rayons de Rœntgen sur les végétaux ;
- Par Giuglio Tolomei(4)
- Suivant A. Schober et L. Errera, les rayons de Rœntgen sont sans action sensible sur les végétaux; Schober a constaté que ces rayons ne font pas incliner l’héliotrope, et Errera (2), qu’ils n’ont pas d’action sur la Phycomyces nitens, qui cependant se courbe sous l’iniluence d’un grand nombre d’agents, et en particulier des ondes hertziennes, d’après Heyler. Mais ces expériences ont été faites en soumettant les végétaux pendant un temps trop court à l’action des rayons X; il ne s’ensuit pas qu’une action prolongée soit sans effet.
- Ces recherches présentent des difficultés particulières, parce que l’on ne peut faire fonctionner longtemps les tubes de Crookes, et l’auteur a constaté que, même en faisant agir les rayons X pendant trente minutes par jour pendant quinze jours, on n’obtient aucun résultat appréciable.
- La nature des rayons X n’est pas connue, et leur action sur les végétaux peut contribuer à apporter quelque éclaircissement sur la question.
- Ne pouvant faire d’expériences directes, G. Tolomei a employé la méthode dont Pril-lieux (3) s’est servi pour les autres radiations lumineuses; elle consiste à déterminer la quantité de gaz dégagé, sous l’action de la lumière étudiée, par une branche d’une plante aquatique immergée dans l’eau chargée d’anhydride carbonique.
- Voici les résultats obtenus par Prillieuxsur l’Elodea canadensis, en comptant le nombre des bulles de gaz dégagées par minute avec la lumière du soleil, la lumière du magnésium et la lumière électrique :
- (i) Rendront! delta reale Accademia dei Lineci, t. VII, p. 31, janvier 1898.
- (a) Comptes rendus, t. CXX1I, p. 787, 30 mars 1896.
- P) Comptes rendus, t. LXIX, p. 408.
- Lumière solaire......22,6 28,75 20,6 21
- » électrique .... 11,8 6,6 11,8 8^
- » solaire......21,4 27,6 21,8 21,4
- » du magnésium . . 13,2 11,4 n,8 9,6
- L’auteur, en employant une ampoule de Crookes, en forme de poire, à cathode sphérique de 3 cm de diamètre et à anode plane, a trouvé :
- Lumière solaire.........20,8 22,3 25,9 24,2
- » des tubes de Crookes 4,6 4,3 3,8 5,;
- Bien entendu le dégagement est nul dans l’obscurité, et celui qu’on a observé dans ces dernières expériences est bien dû aux rayons X. L’action est donc la même (en ce qui concerne le dégagement gazeux), que celle des autres lumières, mais beaucoup plus faible.
- La difficulté de ces expériences est dans la mesure du nombre de bulles obtenues avec les rayons de Rœntgen; il est presque impossible de voir les bulles et il faut compter exactement. A cet effet, on éclaire la branche avec une lanterne rouge ; le dégagement gazeux est très faible, il est facile de compter les bulles; on fait agir ensuite simultanément les rayons X, et on compte à nouveau ; l’augmentation montre bien qu’il y a action propre des rayons X. Pour déterminer le nombre des bulles dégagées, sans avoir recours à la lumière rouge, l'auteur a employé l’artifice suivant : le petit bassin, où la plante est immergée, est placé sur la tablette d’un microphone inséré dans le circuit d’une pile et d’un récepteur téléphonique; chaque bulle, en venant creveràla surface, produit un petit bruit que l’on perçoit assez distinctement pour pouvoir compter le nombre des bulles qui se dégagent.
- L’action des rayons X est très faible; l’auteur a alors cherché si le même phénomène se produit avec les végétaux inférieurs, qm sont beaucoup plus sensibles à la lumière.
- En opérant sur le Mycoderma aceti et mesurant l’action au moyen de l'oxygène absorbé pour la nourriture des ferments pendant un
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- temps déterminé, on constate que le développement, qui se fait très bien à l’obscurité et n’a pas lieu à la lumière solaire, est notablement entravé par l’action des rayons X. Les expériences sur les bactéries telles que le Bacillus antracis, ont donné des résultats analogues; à la lumière solaire une grande partie des bactéries meurent, et l’activité de celles qui restentesttrès amoindrie ; avec les rayons X, le phénomène est semblable mais moins marqué. Enfin, l’action se produit seulement sur la partie de la gélatine de culture qui reçoit les rayons X; des parties avoisinantes, protégées par un écran de zinc, par exemple, ne sont pas modifiées; c’est une analogie encore avec la lumière solaire.
- Il restait à voir si les rayons de Roentgen agissent directement sur les spores, ou bien s'il y a une action toxique due aux produits qui peuvent être engendrés dans le milieu de culture sous l’action des rayons. Voici les expériences qui ont été faites dans ce but. Des spores sont semées dans l’eau pure, et celle-ci maintenue dans des capsules à 70°, jusqu’à évaporation; on obtient ainsi une couche pulvérulente de spores ayant toute leur activité vitale. On prépare une plaque de culture bien stérilisée, on la recouvre d’une lame de zinc dans laquelle une partie est découpée, et on soumet le tout à l’action des rayons X. On applique ensuite la plaque de culture sur une couche de spores et on laisse le développement se faire, celui-ci se produit uniformément dans lés régions protégées et non protégées des rayons X. Les rayons sont donc sans action sur le milieu de culture. L’expérience inverse donne des résultats concordants : on place la plaque de culture puis la lame de zinc entaillée sur une couche de spores et on fait agir les rayons X : après développement, la partie découpée dans le zinc est nettement représentée.
- Par conséquent, l’action nocive des rayons X sur les spores est bien due à une modifica-tion de la substance même des spores, et non Pas à une altération du milieu de culture.
- Lomme conclusion, l’action des rayons de
- Rœntgen, au moins en ce qui concerne les recherches précédentes, est identique à celle de la lumière. G. G.
- Modifications des sels exposés aux rayons cathodiques ;
- Par R. Abegg (*).
- Goldstein regarde la modification éprouvée par les sels exposés aux rayons cathodiques comme de nature physique. Wiedemann et Schmidt attribuent au contraire ces modifications à une décomposition chimique du sel, et ont effectivement démontré, dans quelques cas, la présence dans le sel modifié de combinaisons nouvelles. M. Abegg a répété les expériences, en employant le dispositif indiqué par Goldstein {*). Le bouchon du tube est mastiqué à la glu marine, ce qui assure l’étanchéité et permet d’ouvrir facilement le tube pour introduire les sels.
- Les expériences effectuées sur le chlorure de potassium et le chlorure de sodium ont confirmé celles de Goldstein. L’action des rayons cathodiques était continuée jusqu’à ce que toute la masse, fréquemment remuée, présentât une coloration uniforme. S’il se formait, comme Wiedemann et Schmidt le disent, du sous-chlorure, du chlore serait mis en liberté, il en résulterait une augmentation de pression dans le tube. Cette augmentation ne saurait passer inaperçue s’il se dégageait une quantité de chlore appréciable à l’analyse chimique.
- S’il se décomposait seulement x mgr de chlorure, il en résulterait une augmentation de pression de 0,1 mm, qui aurait pour conséquence une modification sensible dans l’aspect de la décharge ; mais il serait encore difficile de reconnaître l’alcali libre en dissolvant la masse dans l’eau.
- Comme l’a signalé Goldstein, le chauffage décolore les sels modifiés ; les rayons catho-
- (*) Wied. Ann., t. LXII, p. 424-434, 1897. (3) L'Éclairage Électrique, t. XII, p. 80.
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- diques agissent de meme, quand on pousse davantage le vide, sans doute par la chaleur qu’ils produisent.
- L’hypothèse de Goldstein, reproduite par Wiedemann et Schmidt, d’après laquelle le sous-chlorure se transformerait par la chaleur en oxyde ou en hydrate métallique, présente peu de vraisemblance, car il n’y a dans le tube vide ni l’oxygène ni la vapeur d’eau qui seraient nécessaires à cette transformation. En réalité, la dissolution du sel modifié ne présente aucune alcalinité et ne réduit pas le permanganate de potassium, comme le ferait le sous-chlorure.
- Introduit dans une solution saturée du même sel, le sel modifié conserve la même couleur, à cela près qu’il prend en s’humectant une teinte un peu plus foncée ; le contraire avait été annoncé par Wiedemann et Schmidt. La coloration ne rétrograde guère quand on chauffe le chlorure de potassium devenu violet, dans sa solution saturée, si ce n’est à cause de l’accroissement de solubilité. Le chlorure de sodium, dont la solubilité varie peu avec la température, ne perd presque point sa coloration quand on le chauffe. La coloration ne disparaît pas davantage quand on fait passer un courant de chlore dans une bouillie de chlorure de sodium bruni par l’irradiation cathodique.
- D’après la manière dont se comportent les dissolutions, on est presque forcé d’admettre que le sel modifié et le sel primitif ont des solubilités différentes.
- Puisque la modification colorée subsiste assez longtemps dans la dissolution saturée du sel ordinaire, il s’ensuit que le sel modifié est à peine plus soluble que ce dernier, sans quoi, en se dissolvant, il provoquerait une précipitation partielle du sel primitif, et la transformation serait plus rapide qu’on ne l’observe. Si le sel modifié était moins soluble, il se produirait une précipitation de sel modifié, ce qui n’arrive pas, car la forme ordinaire est évidemment la plus stable. D’autre part, quand on verse avec précaution, sur une solution du sel ordinaire, une solution du sel
- modifié, on n’observe aucun déplacement de la surface de séparation même dans l’espace d’un mois.
- Les sels modifiés, qui perdent leur coloration quand on les chauffe, n’émettent aucune radiation susceptible d’impressionner les plaques photographiques. M. Abegg a soumis ensuite au rayonnement cathodique des chlorures dont la décomposition est connue déjà comme facile.
- Le chlorure cuivrique ne subit aucune modification de couleur. En chauffant quelques particules de ce chlorure qui s’étaient séparées du reste de la niasse, on a observé que, dès le commencement de la décomposition, le vide diminuait notablement, car la décharge présentait d’étroites stratifications; le mercure de la pompe était attaqué : or rien de pareil ne se constate sous l’action des rayons cathodiques.
- Le chlorure cuivreux irradié n’éprouve pas non plus de changement de coloration ; il prend seulement une belle fluorescence vert clair.
- Le chlorure d’argent se modifie aisément sous les radiations cathodiques ; sa belle fluorescence verdâtre disparaît pour faire place à une coloration bleu-noir, avec une pointe de brun quand le rayonnement est très intense. Ce chlorure prend, quand il est insolé, une coloration brun terreux, comme le chlorure ordinaire. Chauffé, il passe au gris, au voisinage de son point de fusion.
- Le bromure d’argent devient verdâtre, puis gris sombre, sous l’action des rayons cathodiques comme sous l’action des rayons solaires ; chauffé, il revient au jaune.
- Ces colorations des haloïdcs afgentiques ne sont accompagnées d’aucun dégagement sensible de gaz.
- Le chlorure mercureux jaunit légèrement aux rayons cathodiques comme à la lumière ; il prend une fluorescence jaune-rouge extrêmement vive quand le rayonnement est fa1' ble, et cette fluorescence s’étend même aux régions que n’atteignent pas directement l«s rayons. Si le rayonnement de vient plus intense-
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- la fluorescence disparaît, la coloration également et le sel se décompose en mercure et chlorure mcrcurique.
- Le sulfate de potassium rigoureusement pur est fortement fluorescent en bleu clair, mais sans changement de coloration.
- M. L.
- Conductibilité des électrolytes pour les oscillations électriques très rapides ;
- Par J.-A. Erskine (*).
- L’auteur compare les épaisseurs d’électrolyte qu’il faut interposer entre un excitateur et un résonateur pour supprimer la résonance ; ces épaisseurs sont inversement proportionnelles aux résistances spécifiques.
- L’excitateur est constitué par deux demi-cercles en fil de laiton, terminés par des boules et formant un cercle de 27 cm de diamètre. Les boules entre lesquelles éclate l’étincelle primaire ont 1,5 cm de diamètre et sont distantes de 0,1 cm; les autres ont 0,9 cm de diamètre et sont distantes de 2 cm. Le résonateur est semblable à l’excitateur,
- seulement les grosses boules sont distantes de 0,75 cm.
- L'excitateur est plongé dans un cristallisoir rempli de pétrole ; sur ce cristallisoir, on en pose un plus grand, dont le fond est formé par une lame de verre plane et qui renferme l’électrolyte et par-dessus est placé le résonateur. Le résonateur se trouve à 7 cm de distance de l’excitateur, la longueur d’onde des oscillations est de 170 cm environ dans le pétrole.
- Pour reconnaître la résonance, on relie les petites boules par un fil enroulé en spirales, le nombre des spires étant choisi de manière qu’il y ait résonance. Dans cette bobine on introduit une aiguille aimantée d’épreuve, formée de vingt petits morceaux de fil d’acier trempé, et on mesure ensuite la désaimantation éprouvée par cette aiguille sous l’action des oscillations. Il suffit pour cela de comparer la déviation produite sur un magnétomètre par cette aiguille avant et après l’expérience.
- La conductibilité ainsi déterminée ne diffère pas de celle que Kohlrausch a trouvée par les courants constants.
- Les diélectriques ne donnent aucun effet d’écran dans ces conditions. M. L.
- CHRONIQUE
- Sur la valeur absolue des éléments magnétiques au l,-r janvier 1898. — A l’une des' dernières séances de l’Académie des sciences. M. Th. Mou-reaux présentait sur ce sujet la communication suivante :
- Parc Saint-Maur, — L’enregistrement desvaria-tions des éléments magnétiques n’a subi aucune modification au cours de l’année 18971 ^es courbes diurnes sont dépouillées pour chaque heure, et les repères sont fréquemment vérifiés par des mesures absolues.
- Létat magnétique n'ayant pas paru suffisamment calme dans les derniers jours de décembre, les valeurs des divers éléments au icr janvier 1898
- d) Wied.Ann,. t. LXII, p. 455"459i lfi97-
- sont déduites de la moyenne de toutes les valeurs horaires du 28 décembre 1897 et du 4 janvier 1898, rapportées à des mesures absolues faites à ces deux dates. La variation séculaire résulte de la comparaison entre les valeurs actuelles et celles qui ont été données pour le ier janvier 1897. {Voir L'Éclairage Electrique, t. X, p. 178, 23 janvier
- Déclinaison............
- Inclinaison............
- Composante horizontale » verticale. . Force totale...........
- i4°56',o
- 64°58',9
- 0,19660
- 0,42125
- I'»9
- 0,00034
- 0,00013
- Nous introduisons ici, pour la première fois, dans le calcul de la composante horizontale, la
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- 9.
- correction — 0,00020 due à l'induction par la Terre et, de plus, une correction instrumentale de — 0,00047. D'après cela, toutes les valeurs relatives à l'intensité publiées antérieurement doivent subir les corrections ci-après : composante horizontale, — 0,00067; composante verticale, — 0,00144; force totale, — 0,00159.
- L’observatoire du Parc Saint-Maur est situe par o°9'25" de longitude est de Paris, et 48°48'34" de latitude nord.
- Perpignan. — Les observations magnétiques sont faites à Perpignan avec des instruments semblables à ceux du Parc Saint-Maur, et d’après les mêmes méthodes. Les courbes, relevées et réduites sous la direction de M. le Dr Fines, sont également dépouillées heure par heure. Les valeurs au iêr janvier 1898 résultent de la moyenne des valeurs horaires du 28 décembre 1897 et du 4 janvier 1898, contrôlées par des mesures absolues faites par M. Cœurdevache les 27, 29 et 90 décembre.
- Déclinaison............
- Inclinaison............
- Composante horizontale » verticale. . Force totale............
- JT49’»1 “ 4',2
- 60° 3',i — 2',I
- 0,22362 H- 0,00034
- 0,38812 + 0,00003
- ‘•>>44793 + 0,00020
- La valeur de la composante horizontale a subi une correction de — 0,00022 due à l'induction parla Terre, et une correction instrumentale de — 0,00066. Les corrections suivantes doivent être appliquées aux valeurs de l'intensité publiées antérieurement : composante horizontale, — 0,00088: composante verticale, — 0,00153; force totale, — 0,00177.
- L’observatoire de Perpignan est situé par de longitude est, et 42°42,8// de latitude nord.
- Nice. — Les instruments magnétiques de l’observatoire de Nice sont identiques à ceux du Parc Saint-Maur et de Perpignan. Les valeurs des éléments au itfr janvier 1898 résultent du dépouillement horaire des courbes de variations relevées pendant les journées du 31 décembre 1897 et du 1er janvier 1898, et des mesures absolues faites par M. Auvergnon, les 27, 29 et 31 décembre :
- Déclinaison............. i2°io',3 — 54
- Inclinaison............. 6o0i4'^3 — z',2
- Composante horizontale 0,22332 -h 0,00028
- » verticale. . 0,39054 — 0,00010
- Force totale................... *,44988 -f 0,00006
- L’observatoire de Nice est situé par 4°57'48 de longitude est, et 44°43/i7// de latitude nord.
- L’aimantation de l’argile par la cuisson et les hypothèses sur la fabrication de la vaisselle noire étrusque..— On sait que l’argile naturelle n’est pas magnétique ou du moins l’est si peu que, en l’approchant d’une petite aiguille aimantée suspendue à un long fil très fin et sans torsion, elle n'cxcrcc aucune action visible, même si- l'on observe avec une lunette. Après avoir été soumise à un champ magnétique puissant, elle ne montre encore aucune action sur l’aiguille. Si, au contraire, l’aiguille a été chauffée à haute température, elle devient un aimant permanent et souvent assez puissant ; en outre elle a perdu sa plasticité, et son carbonate de calcium s’est dissocié.
- L’étude des propriétés magnétiques de l’argile faite par G. Folgheraiter et publiée dans les Rendiconti delV Accademia dei Lincei peut apporter quelque éclaircissement à la question souvent agitée par les archéologues de savoir quel était le procédé employé par les potiers dans l'antiquité pour noircir les poteries connues sous le nom de boucliers étrusques.
- Ces vases sont faits, comme le montre l'analyse chimique, d'argile à poterie noircie avec du charbon. La surface externe est transparente et il semble qu'elle a été enduite de cire ou de résine incolore pour ne pas voiler la couleur du vase. Si l’on casse un de ces vases, on constate que la couleur noire est répandue quelquefois uniformément dans toute la masse tandis que d'autres fois la coloration passe au brun, puis au gris, à mesure que l’on avance de la surface externe vers l’intérieur. Ces vases sont en outre aimantés comme des aimants permanents; abandonnés longtemps dans l’eau, leur masse ne s’amollit pas: enfin, ils dégagent de l’anhydride carbonique sous l’action des acides.
- De nombreuses hypothèses ont été faites sur la manière de préparer et cuire l’argile pourqu’après la cuisson elle reste intimement mélangée de carbone.
- Barnabei a émis l’hypothèse d'une sorte d’argile particulière. (Monumentiantteki, vol. IV, p. 293-1894). En effet, si l'on chauffe un de ces vases seulement à 380°, il perd sa couleur noire, tandis que l’argile 11e devient magnétique qu’à une température plus élevée.
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- Toutes les autres hypothèses présentées peuvent se ramener aux deux suivantes :
- 1" Pour préparer la pâte, on a fait un mélange d’argile et de carbone pulvérisé ou de noir de fumée et les vases façonnés ont été cuits à température peu élevée pour éviter de brûler le charbon. .
- 2° Les objets ont été noircis après façonnage ou même après leur cuisson, puis entourés de charbon ou de sciure de bois ou enduits de substances organiques, et enfin chauffés à haute température en vase clos.
- Pour examiner la première hypothèse, l'auteur a fabriqué suivant ce procédé un certain nombre d'objets avec des argiles de provenances diverses. Ces objets furent ensuite chauffés uniformément au bain de sable, leur axe dirigé parallèlement au champ terrestre pour que l'action fût bien symétrique. Avant la cuisson, puis aux différentes températures des expériences, les objets furent approchés du magnétomètre ; le tableau suivant indique les déviations de l’aiguille du magnétomètre obtenues avec 7 cylindres d'argile :
- 3 o',5 o',3 o',7 o’,9 o',9 n',9
- 5 4,0 3,5 11',0 8',o 8',0 9',0
- . 5 i8\o i6%5 37',o 43',0 37’,0 34',o
- Ainsi, jusqu'à 380°, l'argile même soumise à l'action d’une bobine magnétisante 11’a aucune action sur l'aiguille. Aux températures plus élevées, et si l’on fait agir une bobine magnétisante, les déviations sont notablement plus fortes que celles indiquées ci-dessus et dues au champ terrestre seul.
- Dès 350°, le charbon commence à brûler, laissant des régions de la surface où l'argile présente sa teinte naturelle. A 380°, la couleur noire a complètement disparu de la surface, le charbon interne n’est pas encore altéré. A 420°, le charbon a disparu de partout.
- Après avoir été porté à environ 450° et suivant les espèces, l’argile ne reprend plus sa plasticité lorsqu’on l’abandonne sous l'eau. L'effervescence d acide carbonique a encore lieu si la température 3 atteint 460", mais si elle a atteint 8oo°, elle ne Sî produit plus.
- La première hypothèse est donc à rejeter puisque pour acquérir des propriétés magnétiques 1 argile a dû être portée à une température à laquelle tout le charbon est brûlé.
- Klitsche de la Grange a, suivant la deuxième
- hypothèse, admis que les objets étaient préalablement cuits, puis enfumés en vase clos. Par exemple, il suffirait de remplir à moitié un récipient de menus morceaux ou de sciure de bois résineux, de mettre ^au-dessus l’objet à noircir, de fermer hermétiquement et de chauffer à haute température pour que la teinte noire pénétrât dans toute la masse.
- En somme, avec la deuxième hypothèse, il faudrait admettre que les potiers antiques connaissaient le procédé de calcination. Mais le charbon obtenu par les procédés habituels des charbonniers s’enflamme entre 360 et 380°, tandis que le charbon calciné fortement ne brûle qu’à une tempé-raturebeaucoupplus élevée; or les vases étrusques perdent leur couleur comme ceux qui ont été préparés par le mélange d’argile et de noir de fumée, avant 38on; donc cette seconde hypothèse est encore à rejeter.
- L’auteur a ensuite fait une série de recherches pour connaître les meilleures conditions dans lesquelles le charbon s’infiltre et se dépose dans la masse. Prenant de l’argile naturelle (crue), de l’argile cuite et de l’argile crue imbibée de bitume et chauffant au rouge pendant un jour entier en vase clos rempli de charbon, il a constaté que l’argile cuite conserve sa couleur quoique quelques parcelles de charbon se soient introduites dans la masse ; l’argile primitivement crue présente une teinte grise, uniforme à l’intérieur aussi, due au carbone déposé; enfin les objets crus et imprégnés de bitume sont parfaitement et entièrement noirs.
- Il ne suffit donc pas de chauffer en vase clos plein de carbone pour noircir les poteries, iî faut ajouter une substance organique qui puisse pénétrer par capillarité et abandonner son carbone quand elle est carbonisée.
- Les objets ainsi noircis conservent leur couleur à 380° à l’inverse des vases étrusques; le charbon infiltré par carbonisation brûle à une température plus élevée.
- Aucune des hypothèses présentées ne peutdonc expliquer le noircissement des vases étrusques.
- Ajoutons que les vases déjà cuits, imprégnés de bitume, présentent quand on les chauffe à 300° une surface transparente et que la teinte s’éclaircit vers l’intérieur comme dans les vases étrusques.
- Il est à regretter que l'auteur n’ait pas étudié les propriétés magnétiques des vases qu’il a obtenus par ces derniers procédés.
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- La distribution de l’énergie électrique à Briançon.— C'est grâce au service militaire que la ville de Briançon a été dotée d’une distribution de force et de lumière électriques; le service militaire désirait en effet l’éclairage électrique pour ses casernes, tandis que le service du génie réclamait l'énergie électrique pour améliorer ses transports rapides par câbles aériens entre les magasins de la place et les hauts services.
- Un marché a été passé pour une durée de neuf ans, au prix de 0,06 fr l’hecto-watt-heure ; le prix du cheval-heure pour force motrice est de 0,09 fr. La somme annuelle garantie par les services militaire est de i^ôoofr.
- En même temps, les entrepreneurs ont obtenu de la ville de Briançon une concession de trente ans pour l'établissement de canalisations électriques et l’éclairage des voies de la ville ; pour ce service, l'énergie électrique est fournie à raison de 9 fr par bougie et par an jusqu'à dix heures du soir, 4 fr jusqu’à minuit et 5 fr pour toute la nuit. La force motrice est fournie au prix de 950 fr pour 1 cheval pendant dix heures par jour et par an, au prix de 200 fr pour 0,5 cheval et au prix de 125 fr pour 0,25 cheval.
- La force motrice a été empruntée à un cours d’eau, la Cerveyrette, qui traverse Briançon ; le débit d'eau est d'environ 70 litres par seconde ; on a constitué une chute de 95 m; une tuyauterie en tôle d'acier de 4 mm d’épaisseur et de 0,75 m de diamètreamène les eauxauxturbines de l’usine.
- La salle des machines renferme deux turbines à axe horizontal de 150 chevaux, à la vitesse de 500 tours par minute.
- Chacune d’elles commande directement par un embrayage élastique un alternateur d’Œrlikon qui donne, à 500 tours par minute, une intensité de 100 ampères à 2 000 volts pour 50 périodes par seconde. Ces alternateurs sont à induit fixe et à Inducteurs mobiles, et portent sur le même arbre la petite machine excitatrice.
- Du tableau de distribution partent deux canalisations, formées chacune de quatre fils, deux poulie circuit d'éclairage, deuxpour le circuit de force motrice. Les fils sont en bronze silicié, d’une section de 12 mm carrés ; ils sont fixés sur des isolateurs placés sur des poteaux de 12 m de hauteur.
- Les installations actuellescomprennent 661 lampes donnant 5 488 bougies dans les bâtiments militaires, et deux moteurs, l'un de 12 chevaux, l'autre de 6.
- Dans la ville de Briançon, on compte 1 303 lampes donnant 12 698 bougies, ainsi que sept moteurs d'une puissance totale de 18 chevaux.
- Les résultats de cette exploitation sont très remarquables; en 1896, les recettes ont atteint 45 000 fr, et les dépenses 27 000, laissant un bénéfice de 18 000 fr. Les dépenses totales d’établissement 11’ont pas dépassé 200 000 fr.
- Le chauffage dans une fabrique de chapeaux de paille.— C’est sous forme de chaleur que l’énergie électrique est utilisée dans la grande fabrique de chapeaux de paille de MM. William Carroll etC", à Matteawan, dans l'Etat de New-York. Les fers, les étuves, les chaudières sont chauffées électriquement ; bien entendu l'usipe est éclairée aussi électriquement, cela au moyen de quelques lampes à arc et de 500 lampes à incandescence.
- Avec le chauffage et l’éclairage au gaz, la production quotidienne ne dépassait pas 400 douzaines; avec l'électricité, la production a doublé, l'éclairage est plus intense et la dépense est de cinq à six fois moindre.
- La fabrique est située sur la Fishkill, petit affluent de l’Hudson; c'est cette situation qui a facilité la transformation de l’énergie utilisée. Un barrage permet d’obtenir une chute de 8,89 m, sur une turbine Leffel de 1,05 m. Dans les périodes de basses eaux, une machine Corliss de 150 chevaux permet d’actionner la dynamo génératrice ; elle est à courants alternatifs, genre Ferranti; elle est reliée parcourroie à une excitatrice, type Manchester et accouplée directement à la turbine; elle donne 65otours par minute du courant à la tension de 1000 volts, la tension est ramenée pourlescircuits de la fabrique à 104 volts par des transformateurs.
- Le matériel de chauffage électrique comprend vingt grands fers spéciaux, quinze autres grands ou petits, dix étuves circulaires de 20 cm de hauteur, six chaudières à colle et un certain nombre de presses. Si tous ces appareils fonctionnaient ensemble, la puissance nécessaire serait de 20 kilowatts; maisla consommation moyenne n’est que de 10 kw, parce que le courant est arrêté tantôt dans un endroit, tantôt dans un autre ; la facilité avec laquelle on arrête lechauffage,même*pour quelques minutes, procure une économie incontestable.
- Les fers électriques moyens sont des blocs de fer creux longs d’environ 15 cm étayant une poignée à chaque extrémité; l’une peut se dévisser
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- et démasque alors une ouverture par laquelle on introduit la petite bobine qui constitue le radiateur. Ces fers consomment s ampères et servent à repasser la coiffe et les bords des chapeaux. Des plus petits servent à coller la bande de soie qui porte la marque de fabrique sur le tulle de la doublure : on intercale une petite lame de caoutchouc et, en chauffant, celui-ci fond et réunit la soie et le tulle.
- Les petites étuves, qui sont employées pour chauffer fortement les chapeaux, sont munies au centre de noyaux autour desquels sont enroulés les fils de cuivre. Les grands fers à repasser les bords des chapeaux sont construits d’une manière analogue, iisont 27cmdelongueur et pèsent 7 kg.
- Les matrices des presses à main et des presses hydrauliques sont chauffées par des radiateurs circulaires consommant 8 ampères et disposés à l’intérieur ; ces presses permettent de façonner le fond des chapeaux très rapidement.
- Quant à la colle, elle est d'abord liquéfiée dans une marmite à bain-marie chauffée par un radiateur tubulaire consommant 2,5 ampères. La température de fusion est ensuite maintenue en plaçant la marmite sur une des étuves.
- L’énorme économie réalisée dans cette installation provient évidemment de ce que la force motrice ne coûte rien ; néanmoins, en employant un moteur à vapeur, l’électricité aurait encore l’avantage.
- L’éclairage à l’acétylène. — Nous avons déjà entretenu nos lecteurs des essais qui ont été faits en vue d'utiliser l’acétylène pour augmenter le pouvoir éclairant du gaz de houille. Ces essais ont été peu satisfaisants, d’abord en raison du prix de 1 acétylène plus élevé que celui des autres carburateurs, et ensuite en raison des difficultés que présente le mélange des deux gaz de densité très différente.
- D’après le professeur Vivian B. Lewes, on obtiendrait de très bons résultats en employant le mé-Ibane pour diluer l’acétylène.Le mélange suivant :
- Acétylène..................... 10 p. 100
- Méthane....................... 30 »
- llvdrogènefou oxyde de carbone, au gaz à l’eau, etc.). 60 »
- Total............~ 100 >>
- donnerait un gaz dont le pouvoir éclairant serait de 14 à 15 carcels-heures par mètre cube et dont e prix de vente serait d’environ 15 centimes Je
- mètre cube. Rappelons' que le gaz de houille, à Paris, qui est vendu 30 centimes le mètre cube, donne de 9 à 10 carcels-heures par mètre cube.
- Puisque nous parlons de l’acétylène, enregistrons deux nouveaux accidents produits par l'imprudence des inventeurs.
- Le 34 décembre 1897, à New-Jersey, les bâtiments de l'United States liqnefied Acetylene dis-tributing C° qui exploite les procédés de M, J.-J. Suckert, ont été complètement détruits par une explosion de bonbonnes d'acétylène liquéfié ; et, malheureusement, deux personnes ont été tuées et un grand nombre blessées. On se demande comment des inventeurs peuvent être assez imprudents pour employer encore l'acétylène liquéfié après les terribles castastrophes que ce corps a causées, et étant donnés les conseils de la science. Il suffit d’une imprudence légère pour entraîner une explosion générale, C’est ainsi que. dans le cas précédent une douzaine d’explosions successives se sont produites, la deuxième survenant 10 à 12 minutes après la première. La dernière a été provoquée par l'explosion de 75 bonbonnes de 16 litres de capacité.
- A Dijon, le 27 janvier 1898, un serrurier-mécanicien de Dijon, M. Mougin, en essayant un appareil à acétylène le fit sauter. L’explosion fut tellement violente que tous les ouvriers furent renversés ; heureusement aucun d’eux ne fut blessé. G. P.
- Préparation électrolytique de l’iodoforme. — Le procédé électrolytique a été donné par E. Sche-ring en 1884. Nos lecteurs savent que l’action se fait à chaud sur une solution d’iodure alcalin ou alcalino-terreux en présence d'alcool, d’aldéhvde ou d’acétone. Ainsi en électrolysant une solution formée de
- Iodure de potassium . . 50 parties en poids
- Eau.....................500 »
- Alcool.................. 30 »
- et traversée par un courant d’acide carbonique, on voit se déposer l’iodoforme sous forme cristalline. Suivant la concentration, on peut obtenir de plus ou moins gros cristaux.
- Des expérience ont été entreprises sur cette préparation par MM. K. Elbs et A. Hertz. L'Industrie électro-chimique nous en donne les résultats d’après Zeitschrift fiir Elektrochemie (1897).
- L’iodoforme prend naissance dans la réaction de l'iode sur de l'alcool chaud en présence d’un
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- alcali ou d’un carbonate alcalin d'après la formule. CH» CH2 OH + io 1+ IP 0 = CH1S + CO* + 7 H1 U)
- On peut produire cette réaction, en faisant passer un courant électrique dans une solution d’io-dure de potassium et de soude caustique, additionnée d’alcool. Sous l'action du courant électrique, il y a mise en liberté de potassium et d'iode. L’acide iodhydrique ou l’iodure formé par réaction secondaire est continuellement redécomposé par le courant électrique, de sorte que 1 iode, non utilisé pour la formation de l'iodoformc, est presque entièrement régénéré et qu'il ne se produit qu'une petite quantité d’iodate à l'anode.
- Il résulte de leurs essais que c’est entre 6o et 70° que l'on obtient le meilleur rendement, que l’augmentation de la proportion d’alcali dans l'électrolyte diminue le rendement en iodoforme et augmente la formation d’acide iodique. En augmentant la quantité d'iodure et en maintenant constante la quantité de soude, le rendement en iodoforme augmente, tandis que la production d’acide iodique diminue. Les résultats sont les mêmes, si on augmente la quantité d’alcool tout en maintenant constantes celles de soude et d'iodure de potassium. La densité du courant ne doit pas dépasser 1 ampère par décimètre carré. L’électrolyte doit renfermer 16 à 17 p. 100 d’alcool, 4 à 5 p. 100 de carbonate de soude et 8 à 9 p. 100 d'iodure de potassium. L’iodoforme formé doit être enlevé toutes les heures, et l’électrolyte doit être ramené aux teneurs voulues par addition d’alcool, de soude et d’iodure de potassium. L’acide iodique 11e se forme que très lentement, et il faut très longtemps avant qu’il s'en soit produit assez, pour gêner la réaction principale. Les rendements obtenus sont excellents. Ils ont, dans quelques essais, atteint 97,3 à 97,7 p. 100 du rendement théorique. Ce dernier, calculé d'après la formule (1), est de i,468grdeCHI3parampère-heure. L’iodoforme produit est cristallin et très légèrement coloré en jaune.
- Sur une cause d’erreurs dans l’interprétation des clichés radiographiques. — Dès la fi n de 1896, M. G. Sagnac signalait dans son article « Les rayons X et les illusions de pénombre » (L'Eclairage Électrique, t. IX, p. 408,-28 novembre 1896) une cause d'erreur dans l'interprétation des apparences observées sur les clichés radiographiques. Dans une note présentée à la séance du 8 février
- de l’Académie des sciences et intitulée « Influence de la diffusion des éléments du révélateur dans le développement photographique », M R. Col-son, répétiteur à l'École Polytechnique, appelle l'attention sur un autre phénomène « de nature à fausser l'interprétation de certaines expériences, par exemple dans le domaine des rayons Rœntgen, en donnant des apparences qui peuvent être attribuées à la marche des rayons, tandis qu'elles proviennent des circonstances du développement : bain tranquille, surtout en faible épaisseur, ou révélateur trop rapide ».
- Ce phénomène, auquel 1 auteur donne le nom de silhousitage, consiste en ce que, dans certaines conditions de développement, il se produit sur le bord d’une plage fortement impressionnée contiguë d’une plage à peine impressionnée un trait plus foncé que la teinte de la première plage, tandis que de l'autre côté de la ligne de séparation, sur le bord de la plage peu impressionnée, il se forme un trait plus clair que la teinte de cette plage.
- Ce silhouettage s’explique très facilement par la diffusion de la substance révélatrice : « Supposons qu'on développe une plaque sur laquelle se trouvent deux impressions lumineuses voisines, d’intensités notablement différentes; et considérons dans l’impression la plus forte une petite surface; la portion du révélateur qui est en contact avec cette surface s'appauvrit en éléments du révélateur par le développement, d’où appel tendant à puiser ces éléments par diffusion tout autour dans un certain rayon. Si la petite surface est loin du bord, les actions latérales sont symétriques; mais si, tout en restant à l’intérieur de l’impression forte, elle vient près de la région moins impressionnée, dans laquelle les éléments du révélateur sont moins consommés, ceux-ci répondent a l’appel en plus grande quantité. Il résulte que, le long de la limite commune, la teinte foncée est bordée intérieurement d'un trait encore plus fonce, et la teinte claire d'un trait encore plus clair. »
- On conçoit, par cette explication, que le phénomène soit favorisé par le repos du révélateur. Mais il peut aussi se produire avec un révélateur maintenu en mouvement si ce. révélateur agit très rapidement, comme le métal ; l’attaqueimmédiate de la surface bouche par le dépôt d argènt les potes superficiels, ce qui oblige l'appel à s'exercer latéralement dans l'intérieur de la gélatine.
- Le Gérant.: C. NÀUD.
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- Tome XIV.
- Samedi 5 Mars 1898
- 5« Ai
- ». — N° 10.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- 4. CORNU, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l’Institut. — A.. B’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à ha Sorbonne, Membre de l’Institut. — D. MONNIER, Professeur à l’École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ. Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. A. POTIER, Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l'Université.
- RADIATIONS DANS UN CHAMP MAGNÉTIQUE
- Dans une note récemment analysée dans ce journal, j’ai montré qu’on, peut constater très facilement le changement de période vibratoire de la lumière du sodium, à l’aide d’un procédé simple, qui n’exige aucun appareil dispersif.
- Désirant donner aujourd’hui quelques renseignements destinés à faciliter l’exécution de ces expériences, j’en profiterai pour donner quelques détails sur la propriété des flammes dont je me suis servi : la présence autour des flammes au sodium d’une gaine absorbante. Je montrerai en effet plus loin que cette couche absorbante, qui modifie l’aspect des raies spectrales, peut servir à expliquer les apparences compliquées signalées parfois pour les raies du sodium, modifiées par le champ magnétique, et qu’il faut tenir compte de cette influence dans des mesures précises sur le phénomène de Zeeman.
- U — Existence d’une couche absorbante
- AUTOUR DES FLAMMES DONNANT LÀ LUMIÈRE DU
- Sodium.
- Autour de ces flammes il existe normalement une gaine de quelques millimètres d’épaisseur, qui se trouve le plus souvent à
- l’extérieur de la partie lumineuse ('), mais qui est encore chaude et renferme du sodium libre (provenant du sel de sodium introduit dans la flamme et dissocié).
- Cette.couche absorbe la lumière des raies D. Le procédé le plus simple pour la mettre en évidence consiste à placer la flamme A devant une autre flamme B au sodium choisie convenablement. L’enveloppe étant absorbante, les bords de la flamme A apparaissent en noir.
- Crookes a signalé ce fait en observant deux flammes d’alcool placées dans une enceinte où l’on a fait brûler du sodium. J’ai répété son expérience avec des flammes où j’introduisais, par divers procédés, des sels de sodium ; j’ai constaté que Vexpérience ne réussit qu'à une condition essentielle : il faut que la partie éclairante de la flamme B soit peu épaisse et peu chargée de sodium. Si l’on opère avec une flamme d’un grand éclat, très chargée de sodium, les bords noirs disparaissent com-
- (’) La vapeur de sodium peut absorber 1a lumière des raies D. même lorsqu’elle n’émet pas de lumière sensible : du sodium en ébullition dans un tube plein d’hydrogène (Crookes) ou chauffé très légèrement dans un tube vide (Coulier) produit des fumées invisibles à la lumière blanche, mais tout à fait noires à la lumière de l’alcool salé. (Cité par Mascart, Opt. III, 543.)
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- T. XIV. — N° 10.
- plètement. Pour faire l’observation, il convient d’utiliser, pour la flamme R, l’un des procédés suivants ;
- Procédés pour avoir une jlammcpeu chargée de sodium. — On peut se servir des procédés habituels : utiliser par exemple un brûleur et une coupelle en fils de platine, très légèrement imprégnée de bromure de sodium (*) fondu, mais au lieu de la plonger dans la flamme, on l’approche seulement de façon à ce qu’elle l’affleure à peine.
- Un procédé plus commode consiste à introduire dans la flamme d’un brûleur un fil de platine portant à son extrémité un très petit globule de verre fondu (quelques dixièmes de millimètre de diamètre).
- On peut aussi, à l’exemple de Crookes ou de M. Gouy, charger le gaz ou l’air dans lequel brûle la flamme-de poussières renfermant du sodium. En faisant brûler dans la salle un fragment de sodium, on colore très commodément en jaune la flamme d’un brûleur. Plusieurs heures après la combustion, la flamme est encore suffisamment colorée pour servir aux expériences.
- Ou bien on place la flamme que l’on veut colorer à quelque distance au-dessus d’une autre flamme renfermant une coupelle au bromure de sodium. Les produits de la combustion entraînent assez de sodium pour colorer suffisamment la flamme supérieure.
- Enfin, je signalerai cet autre procédé. On introduit dans la flamme une coupelle au chlorure de lithium ordinaire. Ce sel renferme un peu de sodium qui altère la couleur de la flamme. Les bords d’une flamme A se projetant sur celle-ci., absorbent la lumière du sodium, purifient par suite celle du lithium, et les bords apparaissent d’un rouge franc.
- (*) On sait que le bromure de sodium (sec), beaucoup plus volatil que le chlorure, sc décomposant plus facilement, donne des flammes jaunes d’un très grand éclat quand on en met une quantité notable dans la flamme, mais il a l’inconvénient de donner des vapeurs désagréables de brome libre.
- Observation des bords noirs. — La flamme A, dont on observe les bords peut être, par exemple, celle d’une lampe à alcool (J) salé (ou renfermant Na Br). Elle peut renfermer beaucoup plus de sodium que l’autre ; et quand on veut simplement observer les bords noirs, il v a môme avantage à la charger beaucoup de sodium. Il est bon d'observer les bords de la partie inférieure, qui sont plus stables, ou bien de placer au-dessus de la flamme un verre de lampe qui diminue beaucoup les agitations de la flamme.
- Nous verrons plus loin que, pour les expériences sur l’action du magnétisme, il convient de ne pas mettre non plus beaucoup de sodium dans cette flamme A.
- On photographie facilement ces bords noirs avec des plaques sensibles au jaune. La ligure i reproduit une de ces photographies. Elle n’a pas été obtenue en plaçant simplement la flamme A devant la flamme R, mais la flamme A se projette sur la surface, uniformément éclairée d’une lentille éclairée par B. La flamme observée est ici celle d’une lampe à alcool salé, protégée à la partie supérieure par un verre de lampe dont on voit la trace sur la figure.
- On voit sur la photographie que la flamme absorbe sensiblement, même ailleurs que sur
- P) -Ou bien un brûleur dont la flamme est colorée par un morceau de papier d’amiante imprégné de sel de sodium, etc.
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- [es bords, les radiations envoyées par la première. Le centre de la flamme est en effet moins chaud et moins lumineux que les couches qui l’entourent. Il ne faut pas oublier d’ailleurs que la gaine absorbante extérieure existe tout autour de la flamme, mais c’est sur les bords qu'elle est traversée sous la plus grande épaisseur.
- Les bords noirs sont localisés sur l’enveloppe delà seconde flamme A. Il est très commode pour les observer de les pointer avec une petite lunette placée à quelques décimètres de distance, et de les obtenir comme précédemment surun champ uniformément éclairé. Dans les expériences sur Faction du champ un diaphragme est placé près de B et uniformément éclairé, et une lentille projette son image sur l’autre flamme (') regardée à l’aide de la lunette.
- Avec cette lunette, on voit très bien que, le plus souvent, ces bords noirs sont dans une région qui n’envoie aucune lumière sensible.
- Explication. — L’enveloppe extérieure de la flamme A absorbe, comme toute vapeur renfermant du sodium, les radiations D,, D2 de la lumière du sodium. Les bords (où la couche traversée est le plus épaisse) se détachent en noir, car ils n’envoient, le plus souvent, pas de lumière sensible (* *), et ils se détachent sur le fond éclairé formé par l’autre flamme. •
- C) On pourrait en effet, en plaçant la flamme A prés de la lentille, être gêné par les rayons qu’elle réfléchit et qui feraient apparaître les bords sombres.
- On» aperçoit en effet ces bords en plaçant la flamme peu colorée devant le champ éclairé obtenu avec un petit miroir concave placé derrière. Une flamme d'alcool paraît meme avec des bords sombres quand on met derrière une feuille de papier blanc.
- (*) Ces expériences et celles qui seront décrites plus loin, relatives aux raies, me semblent fournir une réponse à la question : Que deviennent les radiations absorbées ? On a prétendu souvent qu'elles étaient simplement diffusées dans toutes les directions, sans changer de nature. Cette interprétation est inexacte ; les radiations doivent être absorbées à la %on ordinaire, c’est-à-dire transformées en radiations invisibles. Je rapprocherais volontiers cette absorption (comme celle produite par les milieux colorés ordinaires) de la jlw-ftscence. Même Wiedemann et Schmidt ont montré récemment que la vapeur de sodium est fluorescente, au sens plus étroit attribué ordinairement à ce mot.
- 407
- Mais nous avons vu que les bords noirs n’apparaissent que si la première flamme B est mince et peu chargée de sodium. Ce sont précisément les conditions dans lesquelles la lumière émise est le plus pure. Il ne faut pas oublier que les raies D,D2 du sodium sont de véritables bandes de structure complexe (Michelson), qui s’élargissent d’autant plus qu’il y a plus de sodium dans la flamme ; et il résulte de l’ctudc qu’en a faite M. Gouv ('), que les conditions indiquées sont celles où ces raies sont le plus étroites et le mieux définies.
- Puisque les bords n’apparaissent que sous cette condition, c’est que l'enveloppe extérieure de la flamme A ne présente dans le jaune que deux raies d'absorption D, Ds très étroites. Cette particularité tient sans doute h la faible densité du sodium, libre dans cette partie de la flamme, et à la valeur de la température. On comprend de même que ces raies soient d’autant plus étroites que cette seconde flamme A renferme moins de sodium ; les remarques faites plus haut s’appliquent également aux spectres d’absorption.
- Nous verrons, dans la seconde partie de ce travail, que l’étude du spectre d’absorption de cette enveloppe de la flamme vérifie bien ce qui précède : les raies d’absorption y sont très étroites.
- II. — Application a l'étude du phénomène
- DE ZEEMAN
- Ces raies d’absorption étant très étroites, un changement dans la période de la lumière d’une source B se traduira par un changement notable de l’absorption; et on a là un dispositif particulièrement commode pour constater un changement de période de la lumière du sodium.
- En particulier, ccs raies sont asse^ étroites pour que le changement très faible de période produit dans la lumière R, par le champ ma-
- P) Gouy, Ann. de Ch. et Ph. (5), t. XVIII '1879).
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- 4o8 L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE T. XIV. - N° 10.
- gnétique supprime l'absorption et fasse disparaître les bords noirs de la flamme A.
- Observations parallèlement aux lignes de force. — Pour constater le changement de période de la lumière émise dans cette direction, on munit par exemple l’électro-aimant ordinaire de Ruhmkorff de deux armatures, dont l’une est percée, et l’autre a’la forme arrondie indiquée sur la figure 2. On place un peu en dessous de cette armature le brûleur B, et l’on obtient de la sorte une nappe lumineuse continue entre les armatures (*} écartées de un centimètre environ. L’ouver-ture pratiquée dans l’armature, regardée à travers le canal traversant une des moitiés de l’électro-aimant, apparaît comme undisque uniformément éclairé. On projette alors sur cette surface éclairée la seconde flamme(alcoolsa-lé}dontonobserve les bords noirs ; on constate que ces bords noirs disparaissent complètement quand on fait passer le courant, et réapparaissent lorsqu’on le supprime.
- La figure 3 représente un dispositif commode pour faire l’expérience. Une lentille est fixée sur la bonnette placée k l’extrémité de l’électro-aimant et projette à quelque distance, sur la seconde flamme, une image du trou circulaire pratiqué dans la pièce polaire. Le tout est observé, comme il a été dit
- (') Cette nappe ne se déplace pas sensiblement quand on excite le champ,
- plus haut, k l’aide d’une lunette k court foyer.
- Avec la distance interpolaire de i cm, on aperçoit immédiatement la disparition des bords de la flamme, en employant un courant qui n’a jamais dépassé 14 ampères. Mais on peut le diminuer considérablement, le réduire par exemple k 5 ampères, lorsque les flammes sont bien choisies; et, même pour des courants plus faibles, on voit l’affaiblissement des bords, sinon leur disparition complète. Le brûleur placé dans l’armature était coloré par un globule de verre, ou k l’aide de sodium métallique, com-l’a vu plus haut. L’autre flamme est une flamme d’alcool renfermant un peu de sel marin ou de bromure de sodium. Si l’on veut beaucoup de sensibilité, il faut en employer très peu etutiliserune couche absorbante fnince^), ce qui rétrécit les raies d’absorp-
- Au lieu d’observer les bords de la flamme d’alcool, on peut s’arranger de manière à ce qu’elle recouvre entièrement l’image de l’ouverture éclairée. On voit alors ce disque lumineux devenir brusquement plus brillant lorsque le courant passe. Cette disposition est plus sensible encore.
- On peut aussi employer deux armatures
- p) M. Izam a bien voulu m’écrire qu’en répétant l’expérience avec M. Harion, ils ont obtenu un résultat très net avec une flamme d’alcool très petite sur la mèche de laquelle ils déposent un fragment de bromure de sodium, et dont iis observent non pas la partie inférieure, mais la pointe.
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- planes et percées : en les écartant suffisamment (i2 mm par exemple), on peut placer à l’intérieur la flamme d’un brûleur à queue je poisson. Avec ce dispositif, j’ai mesuré le champ nécessaire pour que les expériences réussissent à coup sùr. Pour cette mesure, j’ai déterminé, à l'aide d'un poîarimètre à pénombre, convenablement disposé, le pouvoir rotatoire magnétique d’une lame de crown (’). J’ai trouvé ainsi que le champ utilisé n’a jamais dépassé 6ooo C. G. S., et on peut le diminuer considérablement, comme on l’a vu plus haut.
- 4°9
- Observations perpendiculairement aux lignes de force. — On place encore entre les armatures (deux armatures arrondies, ou deux armatures planes) la flamme d’un brûleur B, mais la seconde flamme est placée cette fois sur une droite horizontale perpendiculaire aux lignes de force, et on l’observe comme précédemment. Le bord sombre de cette flamme s'éclaircit lors du passage(du courant, mais ne disparaît pa*s. Cela s’explique immédiatement puisque les vibrations parallèles aux lignes de force ne subissent aucun chan-.
- gement de période (*). Si l'on interpose, avant ou après la seconde flamme, un nicol orienté de manière à ne laisser passer que les vibrations normales au champ, le bord noir s’efface complètement par l’action du magnétisme. Si l’on tourne ce nicol de 90°, de façon k placer la petite diagonale des faces terminales parallèlement aux lignes de force, on n’ob-serve plus de changement sensible lors de l’action du champ.
- I1) J’ai admis pour le rapport des rotations du crown et au sulfure de carbone, la valeur 0,48 donnée par M. Henri Becquerel, et pour la constante de Verdet la valeur O',045.
- . (â) Ceci était écrit avant la publication des récentes expé-n«nces de M. Cornu, d’après lesquelles il y a un changent de période pour les vibrations parallèles aux lignes de rce- Mais ce changement est plus faible et ne s’observe pour la raieD,.
- L’expcriencc réussit très bien avec le champ de 6000 C. G. S. utilisé dans l’expérience précédente : distance des petites armatures planes 12 mm (courant 14 ampères). Les mêmes remarques sont applicables à la valeur de ce champ qui peut être considérablement réduit.
- Je pense qu’en choisissant convenablement la source des radiations (peut-être un tube vide à sodium, à électrodes, comme en emploie Michelson) et la couche absorbante (également un tube vide renfermant du sodium), je pourrai mettre en évidence des changements de période plus faibles, et dans le cas particulier de ces expériences, utiliser des champs moins intenses.
- {A
- : physique
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- APPLICATIONS MÉCANIQUES DE L’ÉLECTRICITÉ (!)
- On sait avec quelle lenteur et dans quelles limites étroites se font en mer les communications de navire à navire au moyen de drapeaux, de sorte qu’il paraît tout naturel d’en essayer le remplacement par des signaux sémaphori-ques précis et beaucoup plus étendus. C’est ce qu’a récemment proposé de faire la Générai, Ecectric C", au moyen du dispositif représenté schématiquement par les figures i à 4.
- Fig. 1 et 2. — Signaux de la General Electric C" (1896).
- En figures 3 et 4, les solénoïdes G et H sont superposés, la course de l’armature étant avec G et H, le double qu’avec H seul. Les huit solénoïdes G H sont reliés par les fils 1 à 8 au commutateur L du circuit 9-10 de R dynamo I. On conçoit que l’on peut facilement reproduire, au moyen de ces sémaphores, toutes les lettres de l’alphabet, et d’une façon précise, les encoches N des bras les empè-
- Electric C"
- Ce système comprend, par exemple, disposées le long d’un màt E, quatre paires de sémaphores (A R CD), (A' B' C' D,r) avec leurs bras AA' B IL à angle droit, montés sur des bagues F. Les bras de chaque paire sont commandés simultanément et pivotes du meme angle par des solénoïdes G et H, l’armature de G ayant une course double de celle de H, c'est-à-dire pouvant tourner les bras de 90°, tandis que H ne les tourne que de 45°.
- chant, par leur enclenchement, de pivoter de plus de 90°. Les dash-pots P amortissent les mouvements de ces sémaphores dont Remploi ne supprimerait pas d’ailleurs celui de certains drapeaux indiquant à eux seuls un accident ou un appel bien défini.
- Il importe que l’on puisse, dans certains cas, commander à distance les bouées d un
- p) L’Éclairage Électrique du 15 janvier, p. 109 •
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- chenal ou d’une passe pour les faire surnager ou disparaître à volonté. A cet effet, la bouée de Siemens représentée par les figures 5 à 8. porte une pompe H, commandée par une dynamo D, que relie au rivage le câble ArS, et qui vide ou remplit d’eau le corps A suivant le sens de sa marche. La bouée est surmontée de lampes à incandescence L, qui l’éclairent, et indiquent le bon état des connexions. La dynamo D, triphasée, réversible et sans balais,
- Fig. 5 à 8. — Bouée électrique Sîe
- est séparée du corps A de la bouée par un diaphragme E, avec pignons tournant dans un bain d’huile F et reniflard V, maintenant légalité des pressions de l’air en A et D. La pompe H esta simple effet, pour que sa marche soit plus visible au galvanomètre de la génératrice, et avec des espaces nuisibles assez grands pourqu’après l’épuisement de A, elle puisse continuer à marcher sans y faire Ie vide. Si ce vide se produisait, l’eau rentrerait en A après l’arrêt de la pompe et subrogerait à tort la bouée. Quant à l’eau qui pourrait entrer par les fuites des clapets de *a pompe, elle s’arrêterait dès que la pression
- Fig. 9. — Sonde électrique Griffith (1895).
- de l’air en A atteindrait la charge de l’eau
- 13. — Sondeur Babcock (1897).
- sur la bouée, et n’aurait pour effet que de la faire plonger de a b (fig. 8).
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. - n* îo.
- La sonde électrique de M. G. Griffith se I garni de plomb à sa partie inférieure B compose (fi g. 9) d’un double cône en cuivre, I Quand la boule suiffée g de la tige / isolée
- iil Spiller (1!
- en / m, touche le sol, elle s'incline dans la membrane <?, et ferme en h le circuit//de la sonnerie avertisseuse.
- Le sondeur de M. J. Babcock est (fig. 10) guidé dans sa descente par la quille H; dès
- qu’il se couche ou que la boule D touche le fond, le ressort C ferme en a!' c" le circuit avertisseur. Le câble \ retient la sonde par sa prise G dans le maillon F. Le corps A de la sonde doit être absolument étanche, ce que
- Fig. 16. — Gouvernail Spiller. Ensemble du moteur.
- 'inventeur prétend obtenir par le serrage du cône en caoutchouc k.
- On a déjà appliqué très souvent l’électricité, comme le savent nos lecteurs, à la commande directe et surtout indirecte — par vapeur, eau ou air sous pression — des gou-
- vernails mécaniques dispositif de M. Spiller, représenté par les figures 14 à 24, construit par la P.veumatic Gu.v. Carriage C°, de Wheeling, est remarquable par l’ingéniosité de son ensemble et de ses détails : il falt partie de tout un système de machinerie auxiliaire de navires fonctionnant à l’air com-
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- primé et assez en vogue actuellement aux Etats-Unis.
- Fig. 17 à 19. — Gouvernail Spiller. Détail du cylindre
- L’appareil moteur du gouvernail comprend (fig. 14) deux cylindres AA2, dont la tige commune At commande par sa crosse a la barre B du gouvernail. L’air comprimé arrive aux cylindres par le tuyau C et s’en échappe par Cr Au repos, les extrémités extérieures des deux cylindres A et Aâ sont ouvertes à l’air comprimé, ainsi que les extrémités intérieures reliées par un tuyau as a3 de manière à immobiliser le gouvernail. La distribution de l’air aux fonds extérieurs se fait par un tiroir d (fig. 17) recevant l’air comprimé par C dans sa chambre D, l’admettant par d3 et d. aux cylindres A et As, et l’échappant par dK. La figure présente le tiroir d dans la position voulue pour maintenir le tiroir dans l’axe du navire, avec d3 et d6 légèrement ouverts de manière a admettre l’air comprimé aux extrémités extérieures des deux cylindres. La distribution aux extrémités intérieures des cylindres A
- et A., est commandée par le piston dont le cylindre Dt reçoit à ses extrémités les tuyaux a2 et a3 et les fait communiquer entre eux quand D, découvre les lumières centrales de D. Les fuites du système D a3 sont compensées par la prise a6 (fig. 15) qui met l’extrémité intérieure du cylindre A en communication constante avec le tutmu d’amenée d’air comprimé G. Les distributeurs d et d„ conjugués par le levier E, sont commandés par la tige Vf reliée au levier G d’un servomoteur##,#, (fig. 14). Ce levier G est actionné, de la dynamo Q, par la vis I (fig, 20). Cette dynamo commande I par un train d’engrenages q à débrayage q, qui fonctionne comme il suit, d’un point quelconque du navire.
- En chacun de ces points, d’où l’on veut manœuvrer le gouvernail, sc trouve (fig. 22) une roue de timonerie reliée par les pignons jf à l’arbre L et le renvoi 4 m M raâ w3, à l’un des treuils O,0s03 (fig 20) qui commandent l’arbre ï (avec la dynamo Q pour auxiliaire) par les poulies i, à embrayage 4 4. Chacunede ces roues commande en outre (fig. 22), par jf^
- une aiguille/^ indicatrice^’ (fig. 23) de la position du gouvernail, avec lampes à incandescence rouge et verte j7j8 (fig. 24) indiquant le.
- iil Spiller. Détail di
- -moteur.
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- bâbord et le tribord, et un commutateur k relié [ tcur B, relié par le train J H F, F, à la dyna-par le fil ru (fig. 21) à la glissière rs. Quand le I mo M, qui commande le gouvernail. De b„ le gouvernail arrive à bloc et le croisillon H au | courant passe par C 3 4, au relais R15 dont
- l’armature ferme, par 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 6, le courant de la dynamo auxiliaire AI, qui commande le commutateur E de AI par le train de White D K.
- Dès que A, quitte sa position neutre, le courant passe en M par 15, 16, 17,18,1g, et le fait tourner avec le gouvernail, en même temps qu’il entraîne par F H J le contact C. Quand la touche isolée c arrive ainsi en b2, le courant est rompu en Rn que lâche son armature, M, s’arrête, et M continuant à agir, mais alors seul, par G, sur le train D K, fait tourner K en sens contraire du mouvement que lui imprimait AL,, de manière à ramener en arrière le rhéostat commutateur E au zéro et à arrêter M, bout de ses courses, il rompt en par r31\ comme un servo-moteur, dans la position et le contact r5ru correspondant, le circuit de la correspondante à celle deA,. Le mouvement dynamo Q, qui s’arrête pour repartir en sens du moteur M est ainsi commandé par celui contraire dès que l’on renverse, par le com- de dont la concordance avec M est commutateur/r, le courant de manière à l’envoyer en r9par l’autre contact r6 resté fermé.
- En cas d’accident au st^s-tème mécanique, on décale sa barre B en s (fig. 14) et on commande le gouvernail par
- S.
- gouvei
- la barre auxiliaire 1
- La manœuvre nail de Sauter-H sentée schématiquement pa la figure 25 fonctionne comme il suit, entièrement par l’élec tricité.
- Quand le levier A< du transmetteur A, pourvu d’autant de touches que l’on veut imposer de positions au gouvernail, est au repos, comme sur la figure, le courant passe, par un contact correspondant à celui bs du récep-
- «T)/
- tamment maintenue par E au moyen du différentiel D K.
- Si, par accident, le moteur AI continuait à marcher après l’arrivée de csurb„ le courant passerait au relais Rs, qui, faisant tourner
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- en «ens contraire de précédemment, renverserait par E, la rotation de M, et le ramènerait au zéro.
- Fig. 27 et 28. — Manœuvre de
- des navires, brevetée par M. Moodie. Quand on ferme, d’un point quelconque du navire, le courant de la dynamo M, elle tourne, et son arbre /, fileté dans la vanne L, ouvre cette
- Fig. 29. — Régulateur de sûreté Folk et Ellis (1896'.
- vanne en avançantvers la gauche ;fig. 27) jusqu’à ce qu’il rompe, en repoussant le levier P, le circuit de M qui s’arrête ainsi à la fin de l’ouverture de L. Cette ouverture admet la vapeur à la machine des pompes H H, qui
- I Les figures 27 et 28 représentent une ingénieuse applicalion de l’électricité à la ma-[ nœuvre des portes des cloisons étanches à bord
- portes étanches Moodie (1896).
- refoulent dans le réservoir I, à soupapes de sûreté, l’eau sous pression admise à volonté,
- Fig. 30. — Régulateur de sûreté Northey (1896).
- par les branchements a et les robinets E, aux cylindres A qui commandent les portes B.
- On a souvent, comme le savent nos lecteurs, proposé l’emploi de l’électricité comme
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- T. XIV. — N° 10.
- régulateur de sûreté, empêchant les machines marines de s’emporter quand l’hélice sort de l’eau. MM. Folk et Elus emploient, à cet
- Régulaieur Northey. Détail dt
- effet, la pesanteur d’une armature D (fig. 29)., ordinairement soulevée parle passage du courant de la dynamo B, au travers d’un circuit
- comprenant les plaques A, reliées entre elles par l’eau de mer dans laquelle elles plongent. Dès que l’hélice se lève, la résistance de cette liaison augmente par l’évacuation de l’eau
- Northey. Schér
- Fig. 32. - Régir
- d’entre les plaques A, et l'armature D s’abaisse plus ou moins, manœuvrant ainsi le distributeur gdix cylindre à vapeur H, qui commande la valve de la prise de vapeur des machines motrices.
- Le régulateur de sûreté de M. Northey
- Fig. 33. — Régulateur Northey. Commande de la dynamo l (fig. 32).
- emploie, au lieu du rhéostat automatique à eau de l’appareil précédent, un flotteur bz (fig. 30), renfermé dans un cylindre b (fig. 31) en communication avec la mer par bx bi et terminé par deux petites masses de fer ; quand ces masses se rapprochent de l’un ou de l’autre des compartiments étanches elles y attirent, au travers du métal qui les ferme,
- une armature qui commande le circuit des solénoïdes correspondants dd(fig. 32) de manière à faire tourner dans un sens ou dans l’autre la dynamo /, et lui faire ouvrir ou fermer la prise de vapeur de la machine suivant que al plonge dans l’eau ou en sort. A cet effet, l’arbre a, de la dynamo commande celui h de la prise de vapeur par la vis g
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- (fjg. 33), rainurée sur al et le pignon h. En même temps que # tourne avec at. l’écrou i, que le coulisseau 4 empêche de tourner, entraîne# sur at, par sa tête 4, jusqu’à ce que# arrive au cône aL de la vis az, et en échappe
- Fig. 34, — Régulateur Northey. Commande aulographkjue de la dynamo !.
- le filet, prêt a le reprendre sous la poussée de l’un ou de l’autre des ressorts j\, à rondelles y, dès que le commutateur bs renverse la rotation de ar La longueur du filet a3 limite ainsi la rotation de hl à ce qu’il faut pour ouvrir ou fermer complètement la prise de vapeur. Pour assurer l’arrêt de / en ces points, son arbre a commande (fig. 34; par un commutateur automatique k kt h\ le circuit m de l’accumulateur moteur e.
- En outre, quand la machine du navire s’em-
- porte pour toute autre raison que la sortie de l’hélice, son régulateur à force centrifugeyj (fig. 35) soulevant son manchon, complète en 00, le circuit de la dynamo / dans le sens
- Korîhey. Détail de Lit
- de la fermeture de la prise de vapeur, et le manchon du régulateur reste enclenché dans cette position par les griffes fv
- G. Richard.
- LA THÉORIE DE LORENTZ
- M. Lorentz ayant exposé sa théorie en français ('), il peut paraître superflu de venir après lui faire un exposé de sa théorie. Mais le mémoire de M. Lorentz contient une partie mathématique très développée qui en rend la lecture pénible pour tous ceux qui ne s’occupent pas spécialement de mathématiques. Ce qu’il y a de plus intéressant dans cette théorie, à savoir la facilité avec laquelle elle explique l’entrainement partiel des ondes'lumineuses, se trouve établi comme le résultat de calculs laborieux, sans que l’on voie bien, parmi toutes les hypothèses faites, celles nécessaires a l’explication du phénomène' et celles qui ne
- O Archives Néerlandaises, t. XXV, p. 363-553. 1892.
- sont qu’accessoires. Il nous a donc paru intéressant de ramener la théorie deM. Lorentz à une forme plus simple, ne contenant que les parties essentielles pour arriver aux mêmes équations finales que lui.
- Ce qu’il y a de caractéristique dans la théorie de M. Lorentz, c’est qu'il superpose la théorie de Maxwell et la théorie de Poisson sur les diélectriques. Il considère un double déplacement : l’un dans l’éther, qui jouit des propriétés du déplacement de Maxwell et dont il représente comme lui les composantes par/, #, h; l’autre dans le diélectrique, produit par le déplacement de particules électrisées positivement et négativement. Au lieu de supposer comme Poisson que Téléc-
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- tricité se déplace à l’intérieur de sphères conductrices immobiles dans le diélectrique, M. Lorentz suppose l’électricité invariablement liée à certaines particules mobiles. Dans le cas des diélectriques, ces particules ne peuvent se déplacer que de très petites quantités autour de leurs positions d’équilibre. Dans les conducteurs au contraire, ces particules peuvent aller à toutes distances. On voit que si les mots different, les résultats doivent être les mêmes que dans la théorie de Poisson.
- Une seconde hypothèse caractéristique, c’est que M. Lorentz suppose l’éther entièrement immobile et répandu partout, même dans les parties de l’espace occupées parla matière. On peut rapprocher cette constitution de l’éther de celle imaginée par M. Hirn, sous le nom d’éther dynamique. L’éther dt’namiquede AI. Hirn est absolument différent des corps matériels, et sa fonction est « d’agir comme intermédiaire et comme cause de mouvement entre les parties finies et définies de l’espace occupé par la matière ». Dans l’une et l’autre hypothèse l’éther ne sert qu’à transmettre les forces à distance, en contenant l’énergie à l’état potentiel, tandis que la matière la contient k l'état cinétique. On devra donc considérer le déplacement diélectrique dans l’éther de M. Lorentz comme un simple vecteur représentant une perturbation électrique que cet éther est chargé de transmettre k distance, et qui ne porte le nom de déplacement que pour indiquer qu’il jouit des propriétés du vecteur désigné ainsi par Maxwell.
- Dans ce qui suit, nous conserverons autant que possible les notations de Lorentz et nous adopterons avec lui les unités électromagnétiques. Soient g, h les composantes du déplacement dans l’éther ; a, [3, y celles de la force magnétique; m, p, jv9 celles du courant de conduction ; nfw, un élément de volume ; p, la densité vraie électrique ; V, le rapport des unités électrostatiques et électromagnétiques dans l’éther, ou encore la vitesse de la lumière.
- Nous prendrons un système d’axes k gauche, c’est-à-dire tel qu’un observateur couché sur Taxe des x et regardant dans la direction de l’axe des j', doive se tourner de gou vers la gauche pour regarder dans ia direction de l’axe des y.
- Si d’abord l’on ne tient pas compte de la polarisation du diélectrique, mais que l’on ait égard au déplacement dans l’éther, on aura dans la théorie de Maxwell les relations suivantes :
- àg\-
- Ôf
- h)
- ;2)
- 3)
- (-1
- Ces équations supposent non seulement qu’il n’existe pas, dans le champ, d’aimant permanent, mais encore que le milieu n’est pas magnétique. Ce sont là deux hypothèses que M. Lorentz fait dans tout le cours de son mémoire.
- Ces équations supposent en outre que le milieu est au repos. Sinon, en plus des courants de conduction et de déplacement il faudra tenir compte du courant de convection dont les composantes seront p;, pr(, p Ç, si £, •/,, ^ représentent les composantes de la vitesse d’un point du milieu où la densité est p. (3) doit alors être remplacé par QO.
- ()•; O?
- ôr ôf
- ÈL
- ùt
- (3'i
- Lorsqu’un corps est en mouvement, il faut distinguer les fonctions ou les dérivées qui se rapportent à un point fixe dans l’espace, et celles qui se rapportent à un point matériel entraîne dans le mouvement du milieu. Dans '3') u se rapporte à un point materiel,
- c’est-à-dire que udtdS représente la quantité
- d’électricité qui dans le temps dt traverse par conduction un élément de surface dS normal à l’axe des a- et entraîné dans le mouvement du milieu.
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- Au contraire les dérivés ^ se rapportent à un point fixe de l’espace, puisque les vecteurs /, g, h ; a, (3, y représentent une perturbation dans l’éther et que l’éther est supposé entièrement immobile. Nous représentons toujours par ^ les dérivées par rapport au temps relatives a un point fixe dans l’espace, et par ^celles relatives à un point matériel entraîné.
- Voyons maintenant comment nos équations devront être modifiées pour tenir compte de la polarisation du diélectrique dont nous représenterons avec M. Lorentz les composantes parAI*, Mr, AI-,
- Comme, dans la théorie ordinaire des diélectriques de Poisson, ou celle du magnétisme induit, on démontrerait que, au point de vue du champ produit, la polarisation est équivalente a une distribution fictive d’élec-incité de densité - (^ + ^ ou - S si on pose pour simplifier (J)
- o ___ dAi* ôMr i)M<
- — (U* ' ày ~l~ (fi '
- Il faudra donc, dans les équations précédentes remplacer p par p— S. Mais ce n’est pas tout : lorsque la polarisation varie, il se produit un courant de déplacement dont il faut calculer les composantes.
- Soit dS un élément de surface normal à l’axe des x- et supposé entraîné dans le mouvement de la matière. A l’instant t. le déplacement à travers cette surface sera égal à M* dS. Au bout du temps dt, A'IX se sera changé en
- M* +
- dMx
- dt
- dt= M* + l
- _ÙM*_ „ ôM*
- dt + 4 dx
- My_,
- ày +
- De plus, l’élément dS se sera dilaté en devenant oblique sur O#, de sorte que ses pro-
- C) Ici et partout nous supposons que toutes les quantités varient d’une manière continue d’un point à l'autre de 1 espace, de sorte qu’il y a jamais lieu d’introduire de ternies de surface.
- jections sur les pla du temps dt ne set
- > de coordonnées au bout nt plus égales à </S, o, o,
- Pour toutes ces raisons le déplacement aura passé pendant le temps dt de la valeur M* dS à la valeur
- t- dt ô-v dy T‘ + (fi ' J
- +M* b + (w+Jk)
- — Mr-p-dSdt - M; ~dSdi. ày ' àj
- La composante ut suivant O.v du < de déplacement dans le diélectrique e
- 1* , dAl* -
- ’±l + Aj_
- , ày + «t /
- ày dS r ày
- • + 5
- ' dM*
- Si on tient compte des deux modifications indiquées, les équations (i) à '4) doivent être remplacées par le système
- ÂZT + + •
- àWy
- dy
- ày
- dr ~ L ^ (M*r, — Afi?) -
- <fi
- . AIL 4. UlU-v dt + dt
- jvu-o]
- I <fi _ r , , àg , f - ôj—'•’L” +v + ~3r +_ar
- 4 \ ôr dt J dt (
- . _v* (-%-____Vl\ =____\
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- équations qui correspondent aux équations fondamentales II à V de M. Lorentz (p. 451 et 452).
- On voit immédiatement que III est une intégrale du système V. Il est facile de vérifier que, de même, II est une intégrale du système IV. En effet, ajoutons les trois équations IV après les avoir multipliées par , ~, -É-. Toutes réductions faites il vient :
- «V • ôî
- du , ôx + dy
- à r df . dg , àh ô.Mr
- ê/ L ôr + ô1’ + ôf d-v
- , dMr , ÔMt 1 + ày + ôf -I '
- (7)
- Dans son mémoire, M. Lorentz ne considère que le cas des diélectriques parfaits non électrisés d’une manière permanente. Nous devrons donc, dans les équations précédentes faire p = o, et u = v = iv = o. Cela nous dispensera de rechercher la relation entre le courant de conduction et la force. On pourrait cependant, à l’exemple de Hertz, supposer qu’il y a proportionnalité.
- M. Lorentz 11e considère en outre que le cas d’un milieu animé d’un mouvement de translation de vitesse p parallèle à l’axe des x. Il faut alors faire \ = p et 4 — ^ = 0. Avec toutes ces simplifications et en tenant compte de (5), les équations fondamentales deviendront
- Pour démontrer que II est une intégrale de (7) il suffira évidemment de faire voir que
- Or, c’est à quoi on arrive immédiatement en éliminant -/V entre les deux équations.
- ( di , ôr, . ôr \ . do __ (du àv èiv \
- ?\ dx + dy ~ 0? / • dt ~ \ dx dy + ôf /
- dp _ _d?_ <1? - , é? ô? r
- "dt ~ dt + dx dy T‘ + ôf
- dont la première représente le principe de la conservation de l’électricité et la deuxième la relation entre les symboles ~ et •
- On pourrait donc dans les équations IV considérer p comme une simple quantité définie mathématiquement par l’équation II, et le calcul précédent montre que la quantité ainsi définie jouirait de la propriété de la conservation.
- Dans cet ordre d’idée, l’état du système serait caractérisé par la connaissance des vecteurs/1, g-, h; a, j3, y; M.v, Mr, M, ; u, r, m, et quant à la densité électrique, au lieu de correspondre à une notion fondamentale, ce ne serait qu’une expression analytique. On voit donc que l’on peut présenter la théorie de M. Lorentz sous une forme analogue à celle employée par Hertz pour exposer la théorie de Maxwell.
- ( v
- Ici on aura simplement ± ± + p .
- Si on remplace -^7-par sa valeur en fonction de™, ce qui revient a supposer maintenant les axes entraînés dans le mouvement de translation du milieu, il vient à la place de IV' et V'.
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- On peut obtenir des équations qui en plus des M ne contiennent qu’une seule des six lettres f, g, h, a, y. Par exemple pour avoir l'équation en /, il suffira de multiplier la première équation IV" par — p et les deux dernières équations V"par-^ ~ et
- — ~ jp • Si alors on tient compte de l’équation IL en vertu de laquelle
- _ d'-h ' _ d*f dS
- dxdy dxd% “ dx* ' dx ’
- si en outre, pour simplifier, symbole n l’opérateur
- W-J*L + -*-+J'L'l-
- ^ dx* ^ dy* + df* J nous trouverons l’équation _r^'2 21 di
- , d2Mx 1
- et de meme
- a désigne par
- Ug=-\V'
- dy
- — _ r\/2
- Pour avoir l’équation
- il faudra
- nultiplier la première équation V/'
- — — p et les deux dernières équ;
- tions IV" par 4 x Vâ et — 4 - Va ~ , E tenant compte de IIP il vient
- Ces groupes d’équation correspondent ê groupes (145) et {146) du mémoire de M. Lo-rentz. Je dis simplement « correspondent . et non pas « sont identiques ». En effet, pour que l’identification soit possible, il fau-
- drait remplacer dans les équations de M. Lo-rentz les dérivées
- La divergence provient de ce que M. Lorentz a considéré la quantité r comme constante pour tous les points d’une particule (§§ 119 et 142).
- De (8) et (9) on déduit facilement
- j = -|_!V-^)-3 d* Mr , d* M»
- dl2 ^ dydt
- b[*+7^] = - (
- Ces formules nous seront utiles plus tard. Avant" d’aller plus loin, il faut établir de nouvelles relations entre les composantes de la force magnétique, du déplacement dans l’éther et de la polarisation dans le diélectrique. En effet, nous n’avons jusqu’à présent que six relations distinctes entre ces neuf composantes. Il faut donc en établir trois nouvelles. Nous ne pourrons le faire qu’au moyen d’hypothèses nouvelles. La nécessité de ces hypothèses tient à ce que nous considérons deux déplacements différents enchaque point au lieu d’un seul...
- Supposons d’abord le système en repos et l’équilibre électrique établi. Un calcul de tous points semblable à celui de Poisson conduit à ce résultat que la polarisation du diélectrique doit être proportionnelle à la force électrique dont les composantes X, Y, Z ont pour valeur
- X = 4*Va/, Y = 4 Z = 4r.\Tih. (n)
- On pourra donc poser
- M* = (K- 1)/, = (K — 1) g, Mî=(K-i)A(i2)
- K étant un certain coefficient spécifique du diélectrique.
- Les équations II à V donnent alors, en tenant compte de ce que nous avons sup-
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- posé les corps en repos et l’équilibre établi.
- -£rW+ ir^+-sr'^ = f
- _àz_ dp à y
- 0* ày ôf
- ôy _ dj3 _ dh ùg _
- dy rij ”” ôv à?
- I.)'ou l’on déduit d’une part que l’intensité du champ magnétique est nulle, et d’autre part que le vecteur/, g, h dérive d’un potentiel ü tel que
- On déduirait de là toutes les lois bien connues de l’électrostatique.
- Supposons maintenant que les corps étant toujours en repos, l’état d’équilibre ne soit pas atteint. Puisque lorsque l’équilibre est établi M* doit être égal à (K — 1) /, il est naturel d’admettre que tant que l’équilibre n’est pas atteint la force qui tend à accroître M* est proportionnelle à (K — i) / — M*. D’ailleurs M. Lorentz admet que les charges électriques entraînent avec elles les particules qui les portent. Si m est la masse matérielle d’une particule, e sa charge électrique, X, Y, Z les composantes de son déplacement à partir de sa position d’équilibre, les composantes de l’inertie de cette particule seront , , s d2X m ,i*
- égalés a — m --, ou encore a----------------
- {e X), c’est-à-dire proportionnelles aux dérivées secondes du moment électrique de la particule écartée de la position d’équilibre. Or M* représente justement la moyenne des valeurs des expressions eX. Si nous écrivons donc qu’il y a équilibre entre la force qui tend à accroître la polarisation et l’inertie des particules, nous serons amenés à poser
- (K- (13)
- Si on admettait l’existence d’un frottement interne, il suffirait d’ajouter au premier membre de (13) un terme en - . Mais pour
- faire coïncider nos formules avec celles de M, Lorentz nous n’en introduirons pas'.
- La formule (13) doit-elle être modifiée et de quelle manière, lorsque le milieu n’est plus en repos î Pour simplifier, nous n’examinerons avecM. Lorentz que le cas d’un mouvement de translation uniforme pour ne pas avoir à considérer de force d’inertie d’entraînement ni de force centrifuge composée. Le dernier terme de l’équation (13) ne sera donc pas modifié, le symbole ~j- conservant sa signification ordinaire. Il n’en est pas de même du terme en /, et c’est ce changement introduit qui donnera aux équations finales la forme voulue pour expliquer l'entraînement partiel des ondes.
- Si le terme en f de l’équation (13) doit être modifié, cela tient à ce que les équations (n) ne sont plus vraies dans le cas d’un milieu en mouvement. Lorentz montre que, de la valeur de la force exercée dans sa théorie sur une particule électrisée placée dans un champ, on peut déduire la loi bien connue de l’induction dans un circuit fermé. Nous partirons donc de cette loi d’après laquelle X, Y, Z étant toujours les composantes de la force électrique en chaque point et >ï> le flux d’induction (qui se confond ici avec le flux de force magnétique), on a la relation
- j\xi„ + Y<ir + z^)=-Zî..
- l’intégrale étant étendue à une ligne matérielle fermée. D’après une transformation de calcul bien connue et qu'il est inutile de répéter, on sait d’ailleurs que l’on peut écrire
- “ "TT =—L — PO dx +
- -H (P5 — aï)) rff] ou encore d’après V
- ~^r = fX^ + ^~K>]ix..............>
- Donc au lieu des équations (n)nous devrons écrire
- X=4*V*/+Yii-*Ç )
- Y = 4*v*/r + «i:-ï5 N
- Z=4itV9&+(5$ —«TJ )
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- qui dans l’hypothèse £ = p, r, ~ Ç = o se réduisent à
- X = 4rV*/.
- Nous devrons donc dans l'équation (13), et ses deux analogues déduites par permutation tournante, remplacer/, g, h par /, g — h H---------^—, ce oui donnera
- 4-V-
- équation qui s’identifie avec l’équation (124) (§ 129) de M. Lorentz à la seule condition de poser
- 4^gV — K — 1
- Ne*V 4rV ~ K - 1 *
- D’autre part, si on élimine /, g, h entre l’équation IL et l’équation (13), il vient
- dt2
- \lrnj: mL ffliq
- j\ dx + iy + if j
- K + x-~js= o
- Pour avoir des équations ne contenant que
- les M il suffira d’éliminer /, g-----,
- h entre ces équations (15) d’une part
- et la première équation (8) et les deux équations (toi d’autre part. Le calcul est des plus simples et on trouve
- K - 1
- dS
- dt
- J* Mx d2Mx dt2 P dxdt
- K —
- K -
- - (' + *£) H Mr+.;v«
- __ dm-y ^ d2Mx _ _ dr 1 P dydt
- -(. + X^)EMî + (Vi
- _ _i_ dlb\~ __
- dt* + P d\dt "•
- .'16)
- Pour faire la comparaison avec les résultats obtenus par M. Lorentz, supposons d’abord •e diélectrique en repos. Il suffira de faire P ~ o dans les équations (16). Remarquant qu’alors le symbole rt se réduit à
- tt = v M J— 4- JL- + JL\ _ JL -
- { dx* + dr* + d? J dt* “ la première équation (16) devient
- JL
- dt2 ’
- = -fv
- équation identique à une autre équation (même §) de M. Lorentz, et d’où nous tirerons comme lui cette conclusion que. dans le cas de perturbations périodiques S est nul, c’est-à-dire que les vibrations sont transversales.
- Supposons maintenant que le milieu se déplace avec la vitesse p parallèlement à l’axe des a- et puisque M. Lorentz n’a pas écrit les équations générales (16), limitons-nous avec lui au cas de vibrations périodiques de période 0 de manière que M sera égal à — (ffir) Si nous considérons une onde plane parallèle au plan desyq ^ et dont nous représenterons la vitesse de propagation par"W, onde polarisée parallèlement à l’axe des y, on aura les relations
- La première et la troisième équation (16) sont satisfaites identiquement et la deuxième donne
- (17)
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- ou encore
- v2 2p p2
- wâ w w*
- Soit W0 la valeur de W lorsque je est nul. et n la valeur de l’indice de réfraction correspondant, (i 8} donne
- formule qui montre d’abord que l’indice de réfraction dépend de la période et que les vibrations sont d'autant plus réfrangibles qu’elles sont plus rapides. Au contraire, pour 0 suffisamment grand, on aurait sensiblement
- n* — K.
- C’est la relation de Maxwell. Remplaçons dans (18) V2
- par leurs valeurs en fonction de n et W0. Il
- _ \___l£___PL-n
- \ w2 7 W W2 -
- d’où l’on déduit, si l’on convient de négliger p2 devant W02.
- W = W0-----.
- Telle est la valeur de la vitesse de propagation par rapport à la matière pondérable. La vitesse absolue par rapport à l’éther sera donc égale à
- ±w„+P(i—7).
- On retrouve le coefficient d’entrainement partiel des ondes lumineuses introduit par Fresnel dans la théorie de l’aberration et qui permet de rendre compte des expériences de Fizeau sur la propagation de la lumière dans une colonne liquide qui se déplace.
- La variation du coefficient d’entraînement avec la couleur de la lumière, c’est-à-dire avec n, n'entraîne plus ici aucune difficulté.
- Si au lieu de prendre les expressions (14' de la force électrique pour un corps en mouvement, on continue a se servir des formules (u), on obtient au lieu de (18) l’équation
- d’où au même degré d’approximation
- w = ±w„- r ^4 0 .
- soit pour la vitesse absolue
- L’entraînement serait moitié moindre.
- Ce qui fait le succès de la théorie de M. Lo-rentz, c’est qu’il admet qu’il n’y a plus proportionnalité, pour les corps en mouvement, entre le déplacement de l’éther et la force électrique. Telle est l’hypothèse essentielle.
- (A suivre.)
- A. Liénard,
- 'Saint-Étienne,
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Le pont tournant électrique de Toronto. I semblables. Elle est effectuée par un moteur électrique placé sur le pont lui-même et qui La manœuvre de ce pont tournant diffère { entraîne un tambour sur lequel vient s’en-profondément de celle des autres œuvres } rouler une chaîne métallique fixée à scs
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- extrémités dans le sol; suivant le sens de la I Les figures 1 à4 représentent les détails de rotation du moteur, le pont peut être ainsi construction.
- ouvert ou fermé. | Le pont est formé de deux volées, une de
- chaque côté de la pile autour de laquelle il pivote; une d’elles a 48,70 m, et l’autre 30,50 m de longueur. Les poids sont équilibrés en partie par des contre-poids, et en
- le tablier du pont, comme l’indiquent les figures, et attaque le tambour d’enroulement par une transmission formée de trois trains d’engrenage et de deux roues d’angle, et qui réduit la vitesse angulaire dans un rapport détermine. La chaîne a 2,5 cm de largeur ; elle
- partie par l’appareillage électrique qui est fixé sur le bras le plus court.
- Le moteur a une puissance de 12,5 chevaux; il est d’un modèle spécial construit par la Compagnie Walker, pour la manœuvre des ponts tournants. Il est fixé sous
- est guidée dans un chenal circulaire creusé dans le sol par 10 poulies. Un verrou sert à maintenir le pont dans une position fixe quand il est fermé, et un frein amortit sa force vive au moment des arrêts. Comme ce sont là les seuls appareils accessoires, la ma-
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- nccuvre est très simple, et les appareils de commande sont peu compliqués.
- Lç courant est emprunté au réseau du tramway électrique, dont une ligne traverse le pont.
- Les avantages de la manœuvre électrique sont notables, étant donné surtout que le pont n’est tourné que peu de fois dans la journée. Avec une machine à vapeur, les frais de premier établissement eussent été beaucoup plus grands, l'encombrement plus considérable, et il aurait fallu maintenir la chaudière sous pression durant toute la journée afin d'être prêt à tout moment, ce qui aurait entraîné une dépense d’entretien plus grande, une main-d’œuvre et une surveillance plus coûteuses. La puissance de la machine à vapeur aurait dû être d’au moins 20 che-
- Cette installation est en service depuis plusieurs mois et a donné complète satisfaction.
- G. P.
- Chemins de fer électriques à unités indépendantes, système Sprague.
- Le système Sprague, que nous avons déjà signalé (*), a été soumis à des essais très sévères tant sur les voies expérimentales de la General Electric Company, à Schenectady, que sur les lignes du chemin de fer métropolitain 'West-Side) de Chicago. A la suite de ces épreuves qui ont été suivies par les ingénieurs et les directeurs de plusieurs grandes compagnies de chemins de fer et de métropolitains, son adoption a été décidée sur le chemin de fer élevé de Chicago, desservant les quartiers sud de la ville et Jackson Park où eut lieu l’exposition universelle de 1893.
- Cette ligne était desservie jusqu’à présent par des locomotives à vapeur.
- Le matériel comprendra 120 voitures motrices et 60 voitures de remorque.
- (*) L'Eclairage Electrique, du 13 novembre 1S97, t. XIII, p. 309.
- En principe, le système Sprague ne devrait comporter aucune voiture de remorque, chacun des wagons qui composent un train devant être muni d’un équipement complet: moteurs et contrôleur, prise de courant, compresseur d’air pour les freins, etc., afin d’être indépendant. Lorsque plusieurs de ces « unités indépendantes » sont accouplées pour former un train, tous les contrôleurs sont manœuvres simultanément afin que le groupement des moteurs soit identique sur toutes les voitures et que leur fonctionnement soit le même que si un seul contrôleur les commandait.
- Les voitures motrices du chemin de fer électrique de Chicago seront munies de deux trucks Mc Guire ; chacun de ceux-ci sera actionné par un moteur G. E. 57. Les deux moteurs de chaque voiture seront commandés par un contrôleur série-parallèle, type K2. Celui-ci est suspendu horizontalement au plafond du couloir d’entrée du . wagon ; sa manœuvre n’est pas faite directement, mais par l’intermédiaire d’un petit servo-moteur électrique; celui-ci est relié à la manette du contrôleur par des roues d’angle et au moyen d’un fort ressort; lorsque le servo-moteur est mis en mouvement, le ressort est tendu peu à peu, et, quand sa tension est suffisante, il fait brusquement sauter le cylindre porte-contacts d’une touche à la suivante, soit pour augmenter la vitesse de marche, soit pour la diminuer, suivant le sens de la rotation du servomoteur. Ce dernier est commandé par un dispositif analogue à celui des ascenseurs Sprague ; les boutons de manœuvre sont placés dans la cabine du mécanicien, à l’avant de chaque voiture. Les appareils de régulation sont complétés par des inverseurs à commande automatique et par des interrupteurs automatiques pour chaque position du contrôleur.
- Les conducteurs qui composent les circuit? de commande automatique viennent se terminer, à chaque extrémité de la voiture, dans les barres d’accouplement qui contiennent 5 conducteurs. Lorsqu’on accroche
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- deux ou plusieurs voitures à la suite les unes des autres, on établit automatiquement les connexions ; l’opération est analogue 'a celle que nécessite la connexion des tuyaux pour les freiris à air. La commande peut donc s’effectuer de l’un quelconque des wagons.
- Les avantages qu’on obtient en rendant tous les wagons auto-moteurs sont les suivants :
- On peut former des trains d’une longueur quelconque, le nombre de wagons accouplés dépendant de l’importance du trafic au moment considéré ;
- Aux aiguillages, on peut diriger une partie du train dans un sens et l’autre partie dans un autre sens;
- Quel que soit le nombre de wagons accouplés, les moteurs travaillent toujours également, tandis que si un seul des wagons était auto-moteur , la puissance que ses moteurs devraient développer serait proportionnelle à la charge remorquée, la vitesse étant supposée constante ; le rendement moyen des moteurs sera ainsi meilleur;
- Enfin, et c’est à notre avis le point capital, sinon l’unique raison d’être du système, quelle que soit la charge remorquée, la vitesse de marche peut être maintenue constante, même avec des arrêts très fréquents, comme c’est le cas sur les réseaux métropolitains ou de banlieue. Dans cc cas, en effet, la vitesse moyenne de marche dépend surtout de la valeur de l’accélération lors des départs (et aussi, évidemment, du ralentissement lors des arrêts). L’accélération est proportionnelle à l’effort de traction par tonne de poids total ; pour obtenir une même vitesse, il faut donc que l’effort de traction soit proportionnel au poids, c’est-à-dire au nombre de wagons qui composent le train. Si un seul de ces wagons est auto-moteur, cette condition est en général impossible à réaliser, d’abord parce que 1 effort que peut développer un moteur est limité, et ensuite parce que l’adhérence entre |es roues de cc seul wagon et les rails serait ^suffisante pour transmettre l’effort, même Sl le moteur pouvait l’engendrer. Par consé-
- quent, dans tous les cas où une grande vitesse commerciale avec horaire fixe et une accélération très rapide sont indispensables, nous croyons que la solution proposée par M. Sprague rendra de réels services qui compenseront sa complication, l’augmentation des dangers d’accidents provenant du plus grand nombre d’organes et d’appareils automatiques. G. P.
- Sur les facteurs d’économie des stations d’électricité ;
- Par C.-P. Feldmann [').
- Les résultats économiques d’exploitation d’une station d’électricité dépendent essentiellement du rendement des diverses parties de l’installation. La première partie du présent travail consiste en une étude de ce rendement et de ses valeurs normales et maxima.
- Cette notion du rendement peut d’ailleurs être généralisée et comprendre par exemple le rapport de l’énergie fournie dans une certaine période, année, mois, jour, à l’énergie qui, dans la même période, aurait pu être produite à pleine charge. Ce rapport, appelé facteur de charge par Crompton, est dénommé par l’auteur, facteur d’utilisation.
- La discussion des moyens à cmplot’er pour augmenter la valeur de ce factebr et par conséquent l’utilisation des stations centrales fait l’objet de la seconde partie de cette étude.
- I. Rendement. — Les cinq figures suivantes représentent le schéma des rendements d’une installation d’éclairage avec force motrice à vapeur. Chacune des figures donne le rendement individuel d’une partie de l’installation en prenant comme point de départ la dernière transformation mentionnée dans la figure précédente.
- La figure i montre d’après Kennedy (-)
- (l) Eleklroltchnische Zeitschrift, 23 décembre 1897. (i).The Electrician, t. XXXI, p. 362, 392, 414.
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- l’utilisation du combustible. Des calories contenues dans le charbon, 50 à 80 p. 100 seulement se retrouvent dans la vapeur, 50 p. 100 quand la surveillance est mauvaise, 80 p. 100 quand elle est bonne ; o à 5 p. 100 se perdent par suite de combustions incomplètes, 8 à 20 p. 100 dans la cheminée, 12 à 22 p. 100 par rayonnement. La perte par combustion incomplète peut être complètement évitée; mais les pertes par le tirage de la cheminée et le rayonnement sont inévitables. L’économie encore réalisable sur les 20 p. 100 de pertes ne peut pas être considérable.
- Prenons maintenant (fig. 2) la transformation thermique qui se déroule dans lamachiue à vapeur.
- xo à 20 p. 100 de la vapeur se perdent dans les conduites et dans les pompes; une petite économie est peut-être réalisable par l’emploi de revêtements calorifuges et de bonnes pompes.La transformation thermodynamique dans la machine à vapeur n’utilise que 5 à 15 p. 100 de l’énergie restante ; c’est bien peu, mais le maximum théorique pour un cycle idéal n’est que de xo p. 100 avec une mauvaise machine et de 32 p. 100 avec une bonne
- machine (droite A, fig. 2) ; le maximum pour une machine idéale avec son cycle réel est de 7 à 20 p. 100 (droite B, fig. 2}, et il ne reste pour la machine et le cycle de la pratique que 5 h 15 p. xoo. Des perfectionnements sont ici possibles, avant tout en améliorant le cycle et en augmentant le rapport entre la température finale et la différence des températures initiale et finale ; le succès du moteur Diesel est basé sur ce perfectionnement et il est possible que dans cette voie des progrès essentiels puissent encore être réalisés.
- Un examen superficiel des conditions du moteur à gaz promet au premier abord des résultats brillants ; la combustion s’opère dans la machine même à très haute température, et le rendement du processus thermodyna-
- mique atteint, comme le montre la ligne pointillceCde la figure 2, entre 75 et 80 p. 100; mais la température initiale est si élevée que nous ne connaissons pas de matériaux de construction pour machines qui puissent résister a des température aussi élevées: nous sommes donc obligés, par l’application d’une circulation d’eau froide, d’enlever entre 27 et 43 p. 100 de l’énergie théorique (droite D, fig. 2) afin d’cviter la destruction du moteur, lequel laisse d’ailleurs inutilisé encore 50 p. 100 du reste,de sorte quemême dans cesconditions théoriquement très avantageuses, on ne peut utiliser que 25 à 30 p. 100 de l’énergie totale du gaz. Ce résultat est très favorable si on ri compare aux 5 à 10 p. 100 de la machine a vapeur: et, si malgré tout les moteurs à gaZ
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- ne sont guère employés dans les stations centrales, cela tient à des causes particulières bien, connues.
- Sur la quantité d’énergie restant disponible à la fin de 3a transformation thermodynamique, 20 à 30 pour 100 sont dépensés dans la machine pour le rayonnement et la condensation ; le reste, qui représente l'énergie indiquée, n’apparaît comme énergie effectivement disponible sur l’arbre qu’au prorata de 76 à 80 pour 100; la dynamo n’en transforme en énergie électrique que 85 à 94 p. 100 dont 5 h 10 p. 100 sont encore perdus dans les lignes et appareils accessoires. Des 100 p. 100 disponibles après la transformation thermodynamique, 33 à 58 p. 100 seulement arrivent aux lampes, et cela seulement à pleine charge.
- A demi-charge les pertes par rayonnement sont à peu près les mêmes, tandis que les pertes dans la dynamo et les conducteurs sont un peu moindres en valeur absolue, mais le rendement total entre le processus thermodynamique et les lampes n’est plus (fig. 3) que de 25 à 44 p. 100. Nous reviendrons plus loin sur ce point.
- Il y a dans tout ceci peu de chose à récupérer en passant du meilleur mode de réalisation existant au mode idéal ; le rayonnement et la condensation sont inévitables, quoique ces deux causes de perte puissent être quelque peu réduites par l’emploi de chemises de vapeur. De même, on aura toujours des pertes par frottement aux coussinets de la machine à vapeur et de la dynamo, pour l’excitation, l’hystérésis et l’effet Joule; et il serait onéreux de chercher à améliorer les rendements très élevés des djmamos et des systèmes de distribution modernes.
- L’énergie fournie aux lampes n’est utilisée qu’avec un très faible rendement : 2 à 6p. 100 par les lampes à incandescence et 8 à 12 p. 100 par les lampes à arc. Sur ce terrain de grands perfectionnements sont donc possibles. Les propositions de Tesla ne paraissent pas conduire à la solution désirée ; mais on se rend bien compte qu’à la fin de toutes les transfor-
- mations énumérées 1 ou 2 p. 100 ont plus d’importance que 10 ou 20 p. 100 au commencement. Avec les procédés de fabrication et les prix actuels les lampes à incandescence peuvent être avantageusement poussées de façon à ne dépenser que 2 à 2,5 watts par bougie.
- II. Facteur d’utilisation.— Le rendement à charge maxima r, détermine jusqu’à un certain point le rendement annuel moyen g; ce dernier est d’ailleurs fonction du facteur d’utilisation f dont il a été question plus haut.
- Le facteur d’utilisation peut encore être défini de la manière suivante :
- En divisant l’énergie fournie pendant une certaine période par la puissance maxima. on obtient la durée d’utilisation à pleine charge. Le rapport de cette durée à celle de la période considérée représente le facteurd’utilisation /l
- Si l’on tient compte que f est en général très petit, on peut établir entre r0 g et f une relation
- facile à déduire, mais qui paraît inédite.Cette relation est utile pour apprécier l’influence des divers facteurs caractéristiques.
- Soit une machine à vapeur travaillant à pleine charge pendant 500 heures par an en dépensant 750 kg de charbon à l’heure, et fonctionnant à vide le reste de l’année, c’est-à-dire pendant 8 260 heures en absorbant 100 kg de charbon par heure; on a pour les divers facteurs
- y. _ 65° _
- ‘ ' ' 75o _ 500 _
- J~ 876a -
- .,86 7. 5,05;
- 5°° x 750_________ 375 ,
- 750 +8260 x 100 1 201 ,>3 ’
- tandis que la relation approchée donne :
- ____^?57______
- 0,133+0,057
- >,3°-
- Cette machine à vapeur, couplée directe-
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. — N° 10.
- ment avec une dynamo, fournirait en gros 400 kilowatts ; trois machines' semblables composeraient donc la partie génératrice d’une station ayant à fournir 1 000 kilowatts. L’influence de la durée d’utilisation sur la consommation de charbon totale, sur la consommation par kw-h et sur le nombre de watts-heures produits par kilogramme de charbon est mise en évidence par le tableau ci-dessous ; on a admis que la machine à vapeur marche toute l’année, à pleine charge pendant la durée d’utilisation et complètement à vide pendant le reste du temps, et que l’ensemble de toutes les pertes augmente de 25 p. 100 la consommation de charbon par kw-h.
- if! s 1 a | l î § 1 'S-HEURES tic 2
- s | si1= 11 a S "
- 5uo 375 826 1201 2,4 313 31-2
- 600 450 816 1266 2,1 360 35,6
- 700 5-5 8u6 1,9 400 3975
- 800 600 796 1396 xu 435 43i°
- 900 6/5 786 hôi ,6 478 .46,2
- 1000 750 . 776 1526 1.5 500 49-3
- 3000 2250 576 • 2826 0,9 835 80
- 6000 4500 276 4776 0,8 : 000 94
- Quoique les conditions d’exploitationréelles ne soient pas aussi simples, on peut admettre que les chiffres de la dernière colonne ne sont pas trop éloignés de la réalité.
- Mais la consommation de charbon n’est ni le seul ni même le plus important des facteurs qui déterminent les dépenses d’exploitation. Une station centrale, comme celle que nous considérons, coûte environ 250 fr par hectowatt relié, dont 140 environ pour la production du courant et 110 pour la distribution. Si l’on compte, d’après les indications de Kallmann, 62 000 fr par an pour administration et salaires, et 10 p. 100 de 2 500 000 fr pour intérêt et amortissement ; on a comme dépenses fixes, c’est-à-dire indépendantes de la quantité d’énergie vendue, 310000 fr, aux-
- quels il faut ajouter 6 p. 100 d’intérêt du capital d’établissement, soit 150000 fr, qui constitueront le bénéfice. Avec ces données largement choisies on obtient pour l’hccto-watt-heure les chiffres du tableau suivant :
- S H
- | | 1 ï! « i ~ 1 a
- a J S “1 1 ^ 121 t 1
- 500 0,62 6,25 6,90 3,oo 9,90
- 600 0,33 5,22 5,6/ • 2,50 8,28
- 700 4,88 4,47 4,95 2,14 7,22
- 800 o,45 .3,93 4.-37 1.88 ‘6,25
- 900 4,i3 3,4S 3-90 1,66 5,55
- 1000 o,39 343 3-52 1,50 5,02
- 3000 0,24 1,04 1,26 0.50 [,76
- 6000 0,20 o,53 0-75 0,25 0,98
- Pour les stations alimentant principalement des lampes, on ne dépasse pas en moyenne 500 heures ; le tarif moyen pour ces stations devrait donc être de 10 centimes par hecto-watt-heure. Les stations, au contraire, qui fournissent principalement de la force motrice peuvent atteindre 3 000 heures et pourraient abaisser le prix de vente jusqu’à 1,75 centime l’hectowatt-heure. Enfin, une usine qui travaillerait pendant 6 000 heures par an à pleine charge, comme par exemple une usine électrochimique, pourrait prendre pour base de son tarif environ un centime par hcctowatt-heure. A. H.
- (A suivre.)
- Appareil pour Fessai magnétique des fers ;
- Par R.-B. Treat et J.-W. Esterline (>)•
- Cet appareil, destiné aux essais des fers au point de vue magnétique (construction de la courbe d’induction en fonction de l’intensité du champ magnétique et évaluation du coefficient d’hystérésis), n’est basé sur aucune
- (p The Eledricaï WorU du ji décembre 1897, p. 696.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 43:
- méthode inédite; il a particularités nouvelles Les échantillons en fer pi de la perméabilité doivent
- :pendant quelqu
- 1 pour l’étude e mis sous la
- p; -a- r (QT
- | 0 nSüPTiJ
- forme d’un barreau cylindrique de 25,4 cm de long et de 1,46 cm de diamètre. Pour les tôles, on forme avec celles-ci une pile ayant même longueur et une largeur et une épaisseur égales toutes deux au côté du carré inscrit dans le cercle de 1,46 cm de diamètre, côté égal à environ 1,04 cm. Les arêtes duparallélipipéde sont légèrement arrondies après que les tôles ont été maintenues ensemble par une rivure à chaque extrémité.
- Les extrémités de ces barreaux sont serrées dans deux blocs de fer (fig. 1 et 2) ; les trous qui les reçoivent ont un diamètre légèrement plus grand et sont pourvus d’une rainure de façon à pouvoir serrer fortement les extrémités des échantillons. La réluctance des joints esttrès faible quoique non négligeable. La longueur de la partie de chaque barreau est entre les blocs de fer de 4 - cm; l’appareil est disposé pour recevoir deux barreaux à la fois, et chacun de ceux-ci est entouré d’une bobine de 100 spires capable de supporter un courant de 10 ampères.
- L’étude de la perméabilité se fait par com-
- paraison avec un barreau étalon dont on connaît la courbe des inductions en fonction de l’intensité du champ. Les deux bobines magnétisantes sont en série et enroulées de façon à ce que, lorsque les densités de flux dans les deux barreaux sont les mêmes, il n’y ait aucune différence de potentiel magnétique entre les deux blocs de serrage. Le nombre d’ampères dans la bobine correspondant à la barre étalonnée étant fixe, on fait varier celui correspondant a l’échantillon à étudier, en modifiant le nombre de spires actives de sa bobine à l’aide de deuxrhéostats(fig. 3). Les différentes résistances de ceux-ci sont égales entre elles et à celle de deux spires de cette bobine, et connectées de telle façon que l’adjonc-tiond’unerésistance surle réseau corresponde a la suppression de deux spires, de manière que l’intensité du courant reste la même.
- Pour reconnaître si la différence de potentiel magnétique est nulle entre les deux blocs de serrage, on a fixé sur ceux-ci les deux pièces polaires d’une petite dynamo dont l’induit est mis en mouvement par un procédé
- quelconque. Tant que les flux dans les deux barreaux ne sont pas égaux, la différence donne naissance dans l’induit de la dynamo a une certaine tension qu’on peut mesurer avec un galvanomètre.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. -n°io.
- La variation de la valeur de l’induction dans l’étalon se fait non seulement en agissant sur le courant, mais encore sur la bobine correspondante à l’aide du commutateur à trois directions M qui permet d'introduire 50, 75 ou too spires dans le circuit de sa bobine.
- La dynamo tourne à 4 000 tours et est étudiée de façon à avoir le moins d’entrefer possible pour augmenter la précision de la méthode. ...
- Le joint entre les blocs de serrage et les pièces polaires a une surface égale à trente-deux fois celle des joints des barreaux en essai. L’entrefer de la dynamo est de 0,25 mm, sa surface est égale à trente-six fois celle des joints des barreaux, et son enroulement en anneaux comporte 7 000 spires.
- Pour construire la boucle d’hystércsis on enlève la barre étalon et on fait passer seu-
- lement le courant dans la bobine de l’échantillon; il suffit pour cela déplacer la manette du commutateur N sur le plot T. Le flux total passe alors à travers l’armature et la densité de flux peut être déterminée en fonction de la tension aux bornes en laissant le courant constant et en faisant varier le nombre de spires actives. L’inversion du cou- . rant, lorsque le nombre de spires actives est nul, se fait à l’aide du commutateur O.
- Avec une induction de 17000 gauss la tension aux bornes à 4000 tours est de 90 volts environ.
- Cette dernière méthode pourrait également ctre employée pour construire la courbe cB-&€, mais il faut alors avoir soin de démagnétiser la barre après chaque essai.
- L’ensemble de l’appareil est disposé sur une base dont les dimensions sont de 30 et 40 cm. F. G.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Remarque sur uue Note de M. Moreau, intitulée :
- « Des cycles de torsion magnétique et de la torsion résiduelle du fer doux » ;
- Par II. Bouasse f1)-
- « Dans une Note parue le 7 février dernier (2), M. Moreau énonce sur la torsion résiduelle deux lois qu'il est facile de déduire des faits connus.
- » M. Brillouin et moi avons démontré que, très sensiblement, les courbes de torsion qui limitent un cycle de torsion fermé sont indépendantes des amplitudes du cycle ; que la partie descendante du cycle, toutes réserves faites sur les vitesses avec lesquelles le cycle est parcouru, est sensiblement rectiligne et a l’inclinaison typique r relative à une torsion élastique pure.
- (*) Comptes rendus, t. CXXVI, p. 5S5, séance du 21 février [898.
- (2) Voir L'Éclairage Électrique, t. XIV, p. 554, 19 février 1898.'
- » Ceci posé, soient = T, ± C les limites en angle et couple du. cycle, et Tr la torsion résiduelle; on a :
- » Pour les grandes torsions, le couple C tend vers une valeur limite Ci, d’où T — Tr~|- : c’est la première loi de M. Moreau.
- » La seconde loi se déduit immédiatement de la théorie proposée en 1848 par J. Thomson. Il démontre que si /est une constante caractérisant la plasticité du fil, le couple maximum C4 que peut supporter un fil est C, =*= Ra, R étant le rayon du fil.
- » Or il est généralement admis que T
- = [a — R‘. IVoù Ù =-4£ i.
- ‘2 r R
- » D’où enfin T == T,. 4- -iÇ- ; c’est la seconde loi de M. Moreau. »
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- 5 Mars 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 433
- Sur une analogie d’action entre les rayons lumineux et les»lignes de force magnétique ;
- Par M. I>1 R K Kl. A n d (b.
- L’auteur décrit un effet remarquable des forces magnétiques sur la cathode d’un tube de Crookes, sur lequel il se propose de donner plus de détails dans un Mémoire, Sur des décharges électriques à travers des ga\-, qui paraîtra plus tard dans le Bulletin de l'Académie norvégienne des Sciences.
- L’appareil employé se compose d’un fort électro-aimant disposé verticalement au-dessous d’un tube de décharge à deux électrodes, également vertical. Un mécanisme permet de régler très exactement la distance entre le tube et le noyau de l’électro-aimant. Une plaque d’ébonite assez large recouvre la partie supérieure de ce noyau pour éviter que des décharges passent des fils de connexion à la masse de l’électro-aimant. Une grande bobine de Ruhmkorff actionne' le tube et donne lieu à une production active des rayons cathodiques.
- Si l’aimant, suffisamment éloigné du tube, est mis en activité, le caractère de la décharge reste k peu près le même. Mais si, au contraire, l’aimant en est rapproché de plus en plus, il arrivera à une position critique où toutes les propriétés de la décharge sont subitement changées. Ainsi, la différence de potentiel entre l’anode et la cathode est souvent réduite au-dessous d’un dixième de sa valeur primitive, et les rayons cathodiques sont remplacés par des rayons qui lie produisent aucune phosphorescence sur le verre du tube, mais se manifestent immédiatement dans le gaz qui y est renfermé par une lueur rayonnant le long des lignes de force magnétique.
- L’auteur appelle distance critique la distance entre la plaque de cathode et le bout le plus rapproché de l’aimant dans sa position critique. Cette distance, qui varie avec l’in-
- (‘) Comptes rendus, t. CXX.VI, p. 586. séance du'2t février 1898.
- tensité de l’aimant, se mesure surtout exactement pour les tubes où le gaz n’-est pas trop raréfié et dont les parois et les électrodes ne sont pas trop débarrassées de gaz adhérent.
- Si l’on fait passer le courant d’une machine de Holz à travers le tube, on a l’avantage de pouvoir mesurer avec un voltmètre électrostatique les changements de potentiel au moment où l’aimant passe le point critique. Avec un voltmètre de Kelvin indiquant jusqu’à 20 000 volts, l’auteur a observé comment la différence de potentiel en question varie d’une façon continue quand l’aimant se rapproche du tube, pour ensuite tomber brusquement par exemple de 18 800 à 1 400 volts à l’époque où la distance critique se trouve atteinte. Cette position une fois dépassée, le potentiel varie de nouveau d’une façon continue, diminue d’abord un peu (dans le cas indique, jusqu’à 1 100 volts), pour augmenter ensuite lentement lorsque l’aimant continue k se rapprocher du tube.
- Cependant, quand le courant traversant le tube est continu et que l’aimant agit sans interruption, la distance critique n’est plus bien définie, mais varie quelque peu avec la durée de l’action de l’aimant. Pour préciser, on impose la condition que les changements brusques de décharge se manifestent moins d’une seconde après que l’aimant est mis en activité. Un exemple va mettre ce point en lumière. Supposons qu’on ait trouvé la distance critique-— 80 mm. A 75 mm, les changements de décharge paraissent presque immédiatement après que le courant excitant l’aimant est fermé, tandis qu’à la distance de 90 mm le voltmètre indique constamment 12000 volts pendant une minute et dix second es après la création de l’aimant, pour tomber ensuite brusquement à 1 000 volts.
- M. Birkeland fait un grand nombre de mesures' de la distance critique pour différentes intensités de l’aimant. En voici un exemple : un tube rempli d’hydrogène sous la pression de b,061 111m montrait'en marche une différence de potentiel de 3 900 volts entre l’anode et la cathode.
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- Pour les courants d’aimantation de 11,8 ampères, zi ,7 ampères et 41 ampères, les distances critiques trouvées en moyenne sont 98,7 mm, 128mm et 144 mm. D’autre part, des mesures de la force magnétique à ces distances de l’aimant pour ces trois degrés d’excitation donnaient 99, 101 et 102, c’est-à-dire une valeur sensiblement égale. Et ces résultats ont un caractère général : quand la force magnétique sur la plaque cathode atteint une certaine intensité, les changements brusques de décharge font leur apparition.
- Si donc l’action en question des forces magnétiques est localisée, cette force doit agir sur la plaque cathode ou sur son voisinage immédiat, cette plaque étant le seul endroit du tube où la force magnétique est la même
- pour les positions critiques de l’aimant.
- Les mesures de la distance critique se font surtout nettement en employant un Ruhmkorff comme source de décharge.
- M. Birkeland a fait aussi des mesures pour déterminer la relation entre le potentiel V (en volts) de la cathode, l’anode étant en communication avec le sol, et l’intensité de la force magnétique I sur la plaque cathode au moment critique. I étant donné dans une unité arbitraire, on a la densité de lignes de force en multipliantles valeurs de I par 0,6 environ.
- Dans le tableau suivant p désigne la pression en millimètres de mercure du gaz dans le tube, ce gaz étant de l’air dans les dix-sept premières colonnes du tableau et de l’hydrogène dans les dix suivantes :
- 41 44 48 50 54 59 63 68 74 82 87 92 96 102 109 115 126
- 180 168 152 140 120 102 90 82 73 66 60 5-1 49 45 41 37 31
- >26 2n2 194 189 172 154 142 135 124 ll8 III 106 IOO 98 94 90 84
- 193 217 238 265
- 100 72 60 48
- [58 140 121 105
- 312
- 37
- 96
- 332
- 32
- 94
- On voit que les distances critiques sont sensiblement les mêmes pour les deux gaz employés, le potentiel de la cathode étant le même. En outre, l’auteur a trouvé que les distances critiques sont sensiblement indépendantes de l’intensité du courant à travers le tube. Cela concorde avec le théorème précédemment énoncé par M. Birkeland (*) que la déviation magnétique des rayons cathodiques dépend uniquement de la tension entre la cathode et l'anode, la force magnétique étant la même.
- Quand l’aimant agit sur la cathode de la manière mentionnée plus haut, des particules de métal s’en détachent et sont projetées violemment. Même avec une cathode d’aluminium, on peut produire, en employant pendant une demi-heure des décharges intenses, un miroir opaque de métal déposé sur le verre.
- La pression du gaz dans le tube diminue vite
- dans les mêmes conditions de décharge. Dans un tube à électrodes d’aluminium rempli d’hydrogène à la pression initiale de 0,1176 mm, on fait disparaître, en quatorze reprises de vingt secondes chacune, 2 808 cm3 de gaz à la pression de 0,0382 mm, presque assez pour remplir une douzaine de tubes de Crookes ordinaires. D’après quelques analyses qui ont été faites, elle se retrouve en partie sur la surface intérieure du tube.
- La quantité de gaz disparu est proportionnelle, toutes choses égales d’ailleurs, au courant primaire de la bobine employée ; mais la relation entre le gaz disparu et le courant secondaire à travers le tube est plus compliquée.
- L’aimant n’agit sur l’anode du tube de décharge d’aucune des manières décrites plus haut; l’auteur l’a vérifié avec un tube de 90 cm de longueur et 6 cm de diamètre.
- (*) L’Eclairage Ekclrjque, t. IX, p. 274, 7 novembre 1896.
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- Influence du champ magnétique sur l’émission lumineuse;
- Par H.-A. Lorentz (').
- 1. M. Zeeman a exposé, dans ses mémoires sur le spectre d’une source lumineuse placée dans un champ magnétique, la théorie simple qui permet d’expliquer les phénomènes qu’il a découverts et même de les prévoir en partie. En se bornant a considérer une seule raie spectrale, il suffit d’admettre que chaque molécule (ou atome) lumineuse renferme un ion mobile unique, lequel est sollicité, dès qu’il a quitté sa position d’équilibre, par une force qui tend a l’y ramener : cette force est proportionnelle au déplacement, mais indépendante de sa direction. Tous les mouve- ! ments d’un tel ion se laissent décomposer en vibrations rectilignes dirigées suivant les lignes de force et en vibrations circulaires dont les plans sont perpendiculaires a ces lignes. Le champ magnétique ne modifiera pas la période des premières de ces vibrations, mais par contre augmentera la période des secondes ou la diminuera, suivant le sens de la rotation. Telle est l’explication de la plus simple des raies doubles et triples observées par Zeeman et de leur état de polarisation.
- Mais il est à supposer que les particules lumineuses sont de construction beaucoup plus complexe et il reste a savoir si les hypothèses simples que nous avons faites ci-dessus sontréellementnécessaires. C’est àcette question que nous allons essayer de répondre, non sans faire quelques restrictions : par exemple, nous ferons abstraction des forces magnétiques engendrées par le mouvement des ions.
- 2. Considérons une molécule lumineuse
- comme un système matériel qui possède un état d’équilibre stable, et dont la configuration et la position sont déterminées par n paramètres pn
- . (*) Wied. Ann., t. LXIIf, p. 278-284, 1897. (Traduction n extenso.)
- Ces paramètres s’annulent simultanément dans l’état d’équilibre et resteront infiniment petits pendant tous les mouvements dont nous nous occuperons.
- L’énergie cinétique T sera une forme quadratique homogène à coefficients constants, des composantes p, des vitesses relatives aux paramètres p. Tant que la molécule ne se trouve pas dans un champ magnétique, elle est sollicitée seulement par des forces intérieures, auxquelles correspond une énergie potentielle U; U sera également une forme quadratique, homogène par rapport auxcoor-données, et à coefficients constants. Le choix des coordonnées peut et doit être tel que T renferme seulement les carrés des p\ et U seulement les carrés des p, de sorte que :
- T— ~ (AP? + a* p\* + - + fl* p'2* )
- U — -L (ripj2 + i’îP-i2 + •• • — bn. pîn ).
- Les paramètres p3... p„ seront alors susceptibles d’osciller indépendamment l’un de l’autre, et les fréquences de ces vibrations seront :
- k,=sj\, *,=v/J.........
- Ces valeurs, si elles sont différentes l’une de l’autre, correspondent a autant de raies spectrales.
- D’après la théorie électromagnétique de la lumière, le système vibrant possède en outre des charges électriques qui participent au mouvement et dont la position est aussi fixée par les paramètres p. S’il n’existait qu’une seule molécule, vibrant pendant longtemps sans éprouver de perturbation, la lumière arrivant en un point de l’éther ambiant devrait être évidemment polarisée de quelque manière. On sait comment on explique qu’une source lumineuse renfermant ufl. grand nombre de molécules émette de la lumière non polarisée.
- 3. Il nous faut maintenant chercher com*
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T, XIV. — N" 10.
- 1
- ment varient les fréquences quand la molécule se trouve dans un champ magnétique uniforme. Les équations du mouvement sont de la forme :
- d / ,)T\ ot
- dt \ dp'J / f)r,
- OU
- àp,
- P0 etc.
- dans laquelle les lettres P représentent .les composantes des forces que le champ magnétique exerce sur les ions (ou éléments de volume électrisés). Chacune de ces forces élémentaires est, comme on le sait, proportionnelle à la charge et égale, pour l’unité de charge, au produit vectoriel de la vitesse v des ions par le champ magnétique H. Ses composantes suivant les trois axes sont, par suite, des fonctions linéaires homogènes d’une part des composantes vx, vy> jq, d’autre part des composantes H*, Hr, H.. En tenant compte de la manière dont les composantes trirectangulaires des forces élémentaires entrent dans les P, on en conclut que les P doivent être de la forme :
- etc.
- Les coefficients c sont encore des fonctions linéaires et homogènes des composantes H*, Hr, H?; nous les regarderons comme constants, de même que a et b et pour les mêmes raisons.
- De l’équation (i) on tire l’expression du travail des forces pendant le temps dt:
- Ei’iP'i2 + CvtP'*1 + * + (<Y* + ct + ...] dt.
- Cette expression s’annule pour toutes les valeurs des p\ puisque toutes les forces élémentaires sont normales au déplacement des ions : par suite,
- Crs= — Csr. (2)
- Les équations du mouvement devront, par conséquent, s’écrire :
- ( a,p'\ + hiPl — (c,.^ + ci.jf'a + -.. + c,.„ p'n ) — o biPi~ (*».if>'i + <W»+ —+ ) =°
- 4. Pour calculer les périodes des vibrations principales, on posera dans ces équations :
- a et / étant des constantes, et on éliminera .au L’équation résultante est assez
- simple, quand on néglige, en tenant compte de l’équation (2), tous les termes qui sont par rapport aux coefficients c d’un degré supérieur au deuxième. Cette approximation est légitime, puisque l’expérience apprend que le champ magnétique ne produit que de très petits changements dans la période.
- Pour abréger, désignons par 0 le produit (112 4- k*) 7* H- k\) (/* + k1n) et par nrj
- le produit qui reste quand on supprime dans la précédente expression les facteurs (/- -J-A2,.) et (/2 -j- A2S). L’équation cherchée deviendra alors :
- n + Si1 = 0 (4)
- S — -jÿ-iq., + ii,.b +.......Il2‘3'
- Considérons l'1 comme l’inconnue. Pour H —; o (champ magnétique nul),, l’équation se réduit à II = o; ses racines sont — A/, — A*§2...,— k'H. Si on veut savoir comment le champ magnétique influera sur la ligne spectrale, il faut chercher quelle variation de la racine — Aq2, par exemple, entraîne l’introduction dans l’équation du terme St2. Dans le calcul, on se bornera à une première approximation, en négligeant les puissances supérieures des coefficients c. Pour la première racine de l’équation (4), on obtient, quand les nombres A2,... k„ sont tous différents de A, :
- ata2 (A,8 — V
- +
- 3 (ks2 - *,*)
- 4-
- (5)
- Quant à l lui-même, il a la valeur imagi-
- (* 8y=r
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-
-
- 5 Mars 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 437
- et la fréquence est égale à
- A-j —L_ a.
- II peut se trouver, dans une source lumineuse, un très grand nombre de molécules identiques entre elles, mais orientées dans toutes les directions possibles.
- Rapportons chacune d’elles a un système de coordonnées particulier, de manière que chacune ait la même position relative dans le système qui lui appartient. Pour toutes ces molécules, cr2... cin seront les memes fonctions linéaires de HA-, Hy et H^, et d’après l’équation (5) la variation de la fréquence sera la même fonction quadratique de ces composantes. Mais puisque H*, Wy et Hj ne sont pas les mêmes pour les molécules diversement orientées, la correction — 0 prendra toutes les valeurs possibles entre deux limites (qui peuvent avoir le même signe ou être de signe contraire), c’est-à-dire qu’en général la ligne spectrale éprouvera un élargissement et un déplacement. L’effet dépendra du carré de H et sera probablement au-dessous des limites de l’observation, dans les champs magnétiques que nous pouvons réaliser.
- L’effet est tout différent quand un des nombres kt... A„ et un seulement est égal à kr Soit par exemple, A2 = A,; à cette première ligne spectrale répondent deux racines égales — A,'2, — k * de l’équation n = o et l’équation (4) a pour racines :
- P = -ki*± aê±.
- Les fréquences correspondantes sont :
- elles varient donc d’une quantité proportionnelle à la première puissance de H.
- Il est inutile de s’attarder plus longtemps SUr ce cas, qui, pas plus que le précédent, a est d’accord avec les faits observés jusqu’à Présent.
- M. Zeeman a trouve en effet que le champ magnétique provoque la décomposition d’une ligne spectrale en trois composantes. L’équation (4) doit avoir, par conséquent, trois racines différant infiniment peu l’une de l’autre. Effectivement, il est possible de rendre compte des observations, en admettant que deux des nombres A*2, A*s... U» sont égaux au premier kv Soit, par exemple, A1 = A2 = A3; tous les termes de l’équation (4) ont en facteur k -J- A:2,; — k'\ est toujours racine, c’est-à-dire que le spectre montrera toujours une ligne à la place de la ligne primitive. Pour trouver les autres racines différant peu de — A,2, remplaçons dans (4) le terme S/2 qui est petit, par— S.A,2, divisons par Z2 -J- A-,2 et conservons dans S seulement les termes en U,.,, I113V.. et II23.
- On peut ensuite diviser encore par (/2 -|-k’\)... (P -j- A2,,) et on obtient, en définitive:
- (' + v:! = v(4q + -07 + -0r)
- et pour la fréquence :
- * ± AV (4* + AAr) (0)
- Mais pour qu’on obtienne un triplet nettement séparé, une condition est encore nécessaire : il faut que l’expression (6) ait la même valeur pour toutes les molécules, ce qui est possible seulement si le facteur entre parenthèses est de la forme : • -
- c (H** + H2r + H*T ).
- Aux molécules lumineuses pour lesquelles cette condition est remplie, c’est-à-dire pour lesquelles, en premier lieu, trois vibrations principales ont même période et en second lieu l’influence du champ magnétique est indépendante de l’orientation, je donnerai le nom d’isotropes relativement à la ligne spectrale considérée. L’exemple le plus simple d’une telle molécule est celui de l’ion dont il était question dans le paragraphe 1. Maison peut imaginer encore d’autres exemples. Une sphère élastique et déformable, dans
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- 43§
- L’ÉCLAIRAGE ELECTRIQUE
- T. XIV. - N° 10.
- laquelle les charges électriques sont réparties symétriquement satisfait aux mêmes conditions, et autant qu’il me semble, on peut expliquer, en admettant de pareilles sphères, les phénomènes de polarisation.
- 7. Les considérations qui précèdent laissent subsister la possibilité qu’une ligne spectrale ne soit pas modifiée par le champ magnétique ou soit modifiée autrement que ne l’a observé Zeeman. S’il arrivait que toutes les lignes spectrales fussent décomposées en triplets, il faudrait admettre que les molécules lumineuses sont isotropes relativement à toutes les lignes spectrales; Mais on peut faire encore, dans ce cas, d’autres hypothèses. D'une part on peut se figurer une molécule composée de différents systèmes isotropes distincts, ou d’un seul ion mobile, et attribuer a chacun de ces systèmes la production d’une ligne spectrale; d'autre part, on peut imaginer des systèmes qui, comme les sphères dont nous avons parlé, soient susceptibles d’effectuer différentes vibrations principales et qui sont isotropes relativement à toutes ces vibrations.
- De toutes manières il me semble qu’on est en droit d'attendre beaucoup, pour la connaissance de l’émission lumineuse, d'une étude approfondie des phénomènes découverts par Zeeman. M. L.
- Expérience de cours montrant le phénomène de Zeeman ;
- Par W. Kœnig (‘).
- La méthode proposée par M. Kœnig repose sur l’absorption de la lumière provenant d’une flamme qui renferme du sodium par une autre flamme pareille dont la température est convenablement réglée. Si la première flamme est placée entre les pôles d’un électro-aimant tandis que la flamme absorbante reste en dehors de ce champ magnétique, l’établissement du champ magnétique provo-
- quera l’émission de nouvelles vibrations qui ne seront plus absorbées. Si la flamme d’émission paraissait d'abord obscure, elle redeviendra brillante au moment où on fermera le circuit de l’électro-aimant. On pourrait objecter que cette réapparition résulte d'un changement dans la constitution ou dans la température de la flamme, provoqué par le champ magnétique. Mais la lumière réapparue présente en outre une polarisation déterminée. Dans les observations faites suivant la direction des lignes de force, il n’est pas possible de mettre en évidence cette polarisation, parce que la lumière non absorbée est formée de deux moitiés polarisées circulairement en sens contraire. Dans la direction perpendiculaire aux lignes de force, les deux moitiés présentent au contraire la même polarisation rectiligne : la lumière totale est polarisée rectilignement dans la direction normale aux lignes de force magnétiques.
- La seule difficulté que présente l’expérience réside dans le réglage des deux flammes. L’appareil a pulvérisation de Bunsen, sous la forme perfectionnée que lui ont donnée Gouy et Ebert, conduit sûrement au but. On peut opérer plus simplement par le procédé qu’indique M. Kœnig. On recouvre la flamme d’un bec Bunsen d’une toile métallique vers le milieu de sa hauteur, et on place dans sa partie inférieure une perle de sel marin : les vapeurs de sodium qui traversent la toile émettent encore un peu de lumière et absorbent complètement les radiations d’une flamme de sodium de médiocre intensité. Pour écarter les radiations de la partie inférieure de la flamme qui pourraient gêner l’observation, on entoure celle-ci jusqu’à deux centimètres au-dessus de la toile métallique d’un cylindre de tôle.
- Sous cette forme, l’expérience peut être montrée à un nombreux auditoire. On la rend plus frappante encore en introduisant dans la flamme d’émission un sel qui D colore différemment, un sel de lithium ou de thallium, par exemple. La flamme absor-
- P) Wted. Ann, t. LXIII, p. 268-272, 1897.
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- bante apparaît alors rouge ou verte sur fond jaune rougeâtre ou jaune verdâtre.
- Pour étudier la polarisation, on peut se servir d’une loupe dichroscopique ou d’un prisme biréfringent; une seule des images devient brillante quand on excite le champ magnétique. Quand les deux flammes, sont convenablement réglées, cette polarisation est très nette et se distingue aisément de la polarisation partielle que présente la flamme d’émission observée directement. En regardant cette dernière, brûlant dans le champ magnétique à travers un polariscope de Savart, on ne voit que des franges très faibles qui deviennent au contraire très nettes dès qu’on interpose la flamme absorbante. M. L.
- Propriétés photoélectriques du spath fluor et du sélénium ;
- Par G. C. Schmidt {•).
- Les cristaux de fluorine, enveloppés dans du clinquant sauf la facette ou l’angle qui doit être observé, reposent dans une petite boîte remplie de limaille de cuivre; cette boite est placée sur un support métallique relié au sol. Le cristal reçoit la lumière d’une lampe Drummond concentrée par une lentille de quartz. Puis on approche de la surface irradiée l’extrémitc arrondie d’un fil de platine, isolé par une baguette de verre vernie à la gomme laque, qui communique avec la feuille d’or d’un électromètre de Hankel par un fil long d’environ 20 cm. On évite défaire toucher le cristal parle platine, pour n’avoir pas à craindre l’électrisation par frottement. La sensibilité de l’électromètre est telle qu’une force électroniotrice de 1/3 de volt provoque une déviation de 50 à 70 divisions sur l’échelle.
- Pour étudier la déperdition sous l’influence de la lumière, l’auteur a employé la méthode mdiquée par Righi et par Elster et Geitel.
- *') WUi. Ann. t. LXIIp. 406-414; 1897.
- Les échantillons de fluorine étudiés, au nombre de deux, provenaient d’Angleterre: ils sont d'un vert intense et donnent une fluorescence très vive. Les cristaux incolores de Stolberg ne sont pas photoélectriques.
- Voici les nombres qui se rapportent à la charge de l’une des faces cristallines : e désigne les sommets, c le centre, m les milieux des côtés. Après trois minutes d’irradiation, les déviations observées sur l’électromètre ont
- e, + 4)5 ”*h + û5
- ml2 — 9 e.j 4-3
- - 0,5 wM -- 6
- ma - 6 e* 4- 5)5
- c — 30
- (150 divisions correspondant à 1 volt.)
- Le phénomène a même allure pour toutes les faces; c’est-à-dire qu’en général les faces cristallines sont négatives dans la région centrale, positives dans les régionsdes sommets et aussi en partie vers les milieux des côtés. Ces résultats sont d’accord avec ceux de Hankel.
- Inversement, si on observe la déperdition, on trouve que la déperdition de l’électricité négative est maxinia précisément dans les régions qui prennent la charge positive la plus forte sous l’influence de la lumière, c’est ce qui s’observe sur les métaux. Néanmoins il y a aussi déperdition de l’électricité négative dans les régions qui sc chargent négativement : ce fait est en contradiction avec la théorie de J.-J. Thomson, d’après laquelle la charge et la déperdition seraient en relation étroite.
- Dans l’obscurité, la fluorine conserve une charge positive qu’on lui communique au moyen d’une pile de 2 volts ; sous l’action de la lumière elle perd cette charge peu à peu et se recharge négativement. Il est probable que la disparition de l’électricité positive est due non à la déperdition, mais à sa neutralisation par l’électricité négative développée parl’irra diation.
- Le sélénium dont l’affinité pour l’électricité négative est bien connue, laisse cependant perdre cette électricité, sous l’influence de la
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE T. xiv.-nmo.
- lumière, tandis que la lumière n’a aucune action si la charge est positive ; c’est ce que M. Schmidt a constaté par la méthode de E. Wiedemann et Ebert;le sélénium légèrement chauffé dans un creuset est chargé par une machine à influence, vis à vis se trouve la deuxième électrode et en dérivation sur ce système est disposé un micromètre à étincelles ou un tube de Geissler. Quand le micromètre est bien réglé, l’étincelle jaillit à la surface du sélénium quand il est éclairé, et revient au micromètre dès qu’on-supprime l’éclairement. Contrairement à la théorie de J.-J. Thomson, l’électrisation et la déperdition sous l’action de la lumière sont donc deux phénomènes différents.
- M. L.
- Absorption des oscillations électriques par les gaz luminescents : effets d’écran qui en résul-
- Par E .Wiedemann et G. Schmidt (j)
- Les gaz luminescents peuvent absorber les oscillations électriques de même origine que les oscillations qui excitent leur luminescence (2), et par suite ils sont susceptibles de servir d’écrans à l'égard d’autres. C’est ce qui arrive quand on place sur les armatures du condensateur terminal de Lecher (fig. i), un
- ÆIZZZZI^
- tube raréfié R et un autre r au-dessus. Mais l’effet d’écran cesse quand les régions obscures A A (fig. 2Ï, qui se forment en face des armatures Etet E2, s’étendentjusqu’àla paroi opposée du tube. Que le tube fasse écran ou non, cela dépend et de la pression et des dimensions de ce tube.
- (>) Wied. Ann. LXII, p. 460-467, 1897. (2) L'Éclairage Électrique, î. X1IJ, p. 347,
- Ga\ traversés par un courant. — Les électrodes et et e-t de la figure 1 sont reliées, aux pôles d’ttne machine Topler à 20 plateaux ou d’une batterie d’accumulateurs -de 1000 éléments. Le petit tube r est un tube sans électrodes, où le vide a été fait jusqu’à ce qu’il réponde facilement aux oscillations du système de Lecher. Le tube R est vidé, jusqu’à ce qu’une région obscure assez grande se forme autour de e3. Les régions A A (fig. 2) pénètrent alors assez loin dans . le tube, et
- TT^
- Fig. 2.
- quand le courant ne passe pas dans R, le tube r s’illumine. Si on lance le courant dans le tube R en prenant comme anode, la lumière positive se montre autour de é2f et le tube r s’éteint ou du moins diminue beaucoup d’éclat ; s’il reste de la lumière, elle est attirée vers r. Si on prend eî comme cathode, et qu’on place le tube r derrière la région obscure de cette cathode, il varie à peine d’éclat quand on supprime ou établit le courant. La région obscure n’absorbe pas les oscillations, elle se comporte comme un isolant. Il est à remarquer que si la pression dans le tube R est assez élevée pour que le gaz s’illumine faiblement sous l’influence des oscillations, et que le tube r ne soit pas excité, il peut arriver que ce dernier s’illumine quand on fait passer le courant en R. C’est que le courant augmente assez l’éclat de R, pour que celui-ci joue le rôle d’amorce vis-à-vis de r (‘y.
- Action des phénomènes cathodiques dans le tube principal sur les organes cathodiques, provoqués par le condensateur. — Aux basses pressions, il apparaît dans le tube R en face des armatures E, E,, des anneaux ovales de couleur verdâtre (fig. 3, a). Si on pousse davantage le vide, ces anneaux deviennent plusgrands,puis s’éteignent quand l’excitation
- (*) L'Éclairage Électrique, t. XIII, p. 342.
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- est insuffisante. En lançant alors le courant dans le tube, on les fait réapparaître. Il faut
- F>g- 5-
- en conclure qu’il règne entre E, et Ef des mouvements qui ne se propageaient pas dans la région obscure, mais que transmet le gaz luminescent. Aux pressions moyennes, les phénomènes sont d’aspect identique en face de Ej et de E2 ; mais quand la pression est si faible que la cathode e2 émet un faisceau intense de rayons cathodiques, on observe de grandes différences. L’anneau le plus éloigné de la cathode grandit lentement comme s’il n’y avait pas de courant; mais l’autre grandit beaucoup plus vite et semble coupé dans le milieu (fig. 3 a. b) ; les rayons cathodiques (issus de e2) paraissent repousser ceux qui émanent de la paroi vis-à-vis de Ej.
- Quand on fait avancer l’armature Ej vers la cathode e2, l’anneau vert paraît coupé du côté de e2 (fig- 4).
- Le phénomène suivant s’explique également par les propriétés de la région obscure cathodique. Dans un tube muni d’une, cathode percée (fig. 5), placé près des armatures
- F'g 4-
- E» Ej d’un condensateur de Lecher, de manière que la cathode soit entre les deux, on aperçoit de petites aigrettes, quand aucun courant ne passe de A à K. Aussitôt que ce courant passe, A étant l’anode et K la cathode, les aigrettes disparaissent ; un mouvement de E, à E2 ne peut traverser la région obscure qui entoure K.
- Effet d'écran des flammes. — La flamme est disposée entre R et r et brûle entre deux
- écrans, l’un de mica servant à isoler électriquement Et et E2 de la flamme, l'autre d’amiante protégeant r. La flamme d’un bec papillon, d’un bec de Bunsen seule, ou dans laquelle on introduit du chlorure de sodium, du sodium du chlorure de lithium ne donnent ni l’une ni l’autre un effet d’écran appréciable.
- Effets d'écran contre les forces électrostatiques.— Le tube raréfié est placé entre la boule d’un électroscope sensible et un bâton de résine électrisé. Quand on fait passer le
- Fig. 5-
- courant, la déviation de l’électroscope est réduite de moitié environ. L’effet est dû aux charges qui s’accumulent sur les parois du tube et annulent l’action du corps influençant, car si on supprime le courant, les feuilles de l’électroscope ne divergent pas de nouveau immédiatement, mais seulement quand, après avoir éloigné le bâton de résine, on le rapproche : les charges des parois soustraites pendant un moment à l’action de la résine, se sont recombinées par les électrodes.
- Ces charges proviennent selonto ute vraisemblance d’un courant transversal.
- Quand les rayons cathodiques apparaissent nettement, les feuilles de l’électroscope divergent d’elles-mèmes et sont chargées positivement. Le tube doit donc renfermer de l’électricité positive libre. M. L.
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- T. XIV. — N° 10.
- Sur le passage de l'électricité à travers les interruptions extrêmement petites ;
- Par E. Salvioni (jj.
- Quelques tentatives infructueuses faites pour substituer les piles ordinaires aux machines électriques et aux bobines d’induction dans la production des ondes électriques ont conduit E. Salvioni à étudier les circonstances dans lesquelles un flux continu d’électricité traverse une interruption de quelques dix-millièmes de millimètre. Cette étude nécessitait que les surfaces des électrodes fussent parfaitement travaillées pour que la mesure des distance ne fût pas illusoire ; en outre il fallait faire varier cette distance à volonté et de quantités bien mesurables.
- Les électrodes dont s’est servi l’auteur sont des petites sphères de platine amalgamé, obtenues en faisant éclater l’arc entre un ûl de platine et un bain de mercure ; ces surfaces sont d’une grande régularité. Deux de ces sphères sont fixées par des fils de platine à une lame de cuivre pliée deux fois à angle droit, mais elles sont isolées, de cette lame. Les coefficients de dilatation du platine et du cuivre sont différents ; en faisant varier convenablement la température, on modifiera à volonté la distance des sphères du micromètre à étincelles. A cet effet, l’appareil est placé dans une boîte de laiton à double paroi; entre ces parois se trouve de l’eau à laquelle on ajoute de l’eau plus chaude de 4 à 50, si l’on veut faire varier la température. Une pince thermo-électrique permet de mesurer la température du support de cuivre; un galvanomètre de Nobili en série avec l’interrupteur dans le circuit d’une' pile de 300 éléments sert à voir quand ce circuit est ou non interrompu.
- On ajoute de l’eau chaude à l’appareil ; la température, au bout de peu de temps, diminue, et il arrive un moment où l’interrupteur commence à laisser passer le courant de
- {*) Atti dell' Accademia Meiico Chirurgica de Pérouse, t. IX, fascicule 3, 1897.
- 300 cléments, mais ne laisse pas encore passer celui d’un moins grand nombre d’éléments. Puis, la température continuant à baisser, le circuit se ferme pour 200 éléments, et ainsi de suite jusqu’à 2 éléments seulement. La série des observations est donc complète.
- Ces expériences donnent lieu à quelques remarques intéressantes. Lorsque l’interrupteur s’est laissé traverser pour un certain nombre d’éléments, le courant d’un nombre moindre d’éléments passe ensuite, même si la distance est plus grande que celle qui est nécessaire dans les conditions ordinaires. La conductibilité ainsi provoquée par une décharge subsiste. Si la température est telle que le circuit ne soit pas fermé, mais soit tout près de l’être pour une certain nombre d’éléments, il suffit du plus petit heurt mécanique pour que le courant passe et se maintienne. Quand la conductibilité est ainsi établie il suffit de quelques chocs donnés à l’interrupteur pour le ramener dans les conditions primitives. L’interrupteur forme une espèce de cohéreur simplifié. Il semble qihaprèsune décharge il se forme entre les sphères une liaison conductrice qui se rompt lorsque par des chocs on augmente pendant un instant et au delà d’une certaine limite la distance des sphères.
- La distance des sphères dépend seulement des coefficients de dilatation linéaire des fils de platine et du support de cuivre. L’auteur, en mesuranteette distance, l’atrouvée extraordinairement inférieure à la plus petite de celles trouvées par lord Kelvin dans le cas d’étincelles éclatant entre deux plans légèrement courbés.
- Ceci s’explique peut-être en observant que la distance mesurée avec le galvanomètre ne correspond pas à la plus longue étincelle ; mais que, pour cette distance, avec une différence de potentiel déterminée, une première décharge produit une liaison conductrice permettant le passage continu du courant. G. G,
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- Sur l’électrolyse des acides p méthylglycidique et ,s méthylglycérinique ;
- Par Pisarjewski (').
- En étudiant l’électrolyse des oxyacides organiques, MM. Müller et Hofer(2) ont trouvé que le radical acide, séparé par l’action du courant électrique, subit une oxydation. Cette oxydation dépend de la concentration des électrolytes et donne généralement les produits suivants : aldéhydes formique et acétique; acides formique et acétique, et d’autres fois d’autres aldéhydes, telles que les aldéhydes propionique et crotonique.
- Il était intéressant d’étudier l’électrolyse des acides glycidiqucs qui ont le caractère des anhydrides intérieures.
- M. Pisarjewskv a choisi l’acide [3 méthylglycidique
- CEP. CH —CH —CO^H
- \ /
- \ /
- O
- acide le plus stable et qui s’hydrate le plus difficilement des acides glvcidiques. En même temps que l’acide [3 méthylglycidique^ l’auteur a soumis h l’électrolyse un dioxy-acide, l’acide [3 méthylglycérinique
- H.CO — CO — COH
- qui dérive du premier, dans le but de comparer comment ils se comportent envers le courant électrique.
- L'acide j3 méthylglycidique était électrolvsé sous forme de sel de potassium.
- Pendant l’électrolyse, on sentait une forte odeur d’aldéhyde formique.
- Les gaz qui se dégageaient ont été recueillis et analysés :
- CO2 74-5 72.°3
- P. ioo de gaz CO 14,45 15,84
- 0 10,62 11,54
- Hydrurcs de carbone absorbés par IPSO4 0,7 0,6
- [Concentration 1 : 1 = 1 de sel dans t d’eau j : 2. 1 de sel dans 2 d’eau].
- (f) Journal delà Société physico-chimique russe, t. XXIX. (a) Berichte, 27-260.
- L’examen des produits dissous montre qu’ils se composent principalement d’une grande quantité d'aldéhyde formique, d’une petite quantité d'aldéhvde acétique et un peu d’acides formique et acétique. En outre, on obtient une petite quantité d’une substance qui réduit fortement la liqueur de Fchling. L’auteur n’a pu déterminer la nature de cette substance. Il a cependant réussi à en préparer le sel barytique, par réaction sur le carbonate de baryum ; ce sel se présente sous forme d’une masse visqueuse, jaune, et réduit fortement la liqueur cuivrique. Ce corps est probablement un produit de condensation des restes (ions) de la décomposition de l’acide [3 méthylglycidique.
- Les produits obtenus par l’électrolyse démontrent que par l’électrolyse le radical
- LCH:i CH. CH CO. O]
- \ /
- ô
- se décompose en CO2 et le reste mondvalent [CH:!. CH. Cil]
- V"
- qui continue à se décomposer.
- La décomposition s’effectue par séparation des carbones liés à l’oxygène en aldéhydes acétique CH3. CH et formique HCO qui
- \>
- s’oxydent en acides acétique et formique et en oxyde de carbone dont la quantité augmente avec la diminution de concentration de l’électrolyte. Cette augmentation d’oxyde de carbone avait etc déjà observée par Müller et Hofcr dans l’électrolyse des oxyacides.
- L’acide [3 méthylglycidique se comporte envers le courant électrique de la même façon que les oxyacides. Ainsi Müller et Hofer ont obtenu -par l’électrolyse de l’acide glycéri-nique, de l’aldéhyde et de l’acide formique ; par l’électrolyse de l’acide lactique, l’aldéhyde acétique et l’acide formique ; avec l’acide phénylglycérinique , l’aldéhyde benzoïque correspondant à l’aldéhyde acétique de
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- T. XIV. - N° 10.
- l'acide fi méthylglycidique et [3 méthylgly-cérinrque.
- Acide |3 mêlhylglycérbnque.— L’élecrrolyse a été faite dans les mêmes conditions que pour l'acide [55 méthylglycidique. La concentration était différente i : 3,3.
- L’analyse des gaz dégagés a donné les résultats suivants :
- CO*p. 100 CO »
- .0
- Hydrures de carbone [par SOfliq
- On voit d’après cela que la quantité d’oxyde de carbone est plus forte que pour l’acide fi méthylglycidique. On peut expli-
- quer cela par la concentration de l’électrolyte, plus faible que dans le cas de l’acide fi méthylglycidique.
- Outre les gaz (CO2 CO et O) on obtient aussi comme produit d’électrolyse les aldéhydes formique et acétique, et les acides formique et acétique. Il est à remarquer que la quantité d’aldéhyde formique est beaucoup moins forte que dans le cas de l’acide fi méthylglycidique; au contraire la. quantité d’acide acétique est plus forte.
- En outre on obtient un produit réduisant la liqueur de Kehling qui jouit des mêmes propriétés que la substance décrite dans l’électrolyse de l’acide (3 méthylglycidique.
- N. Èradiss.
- CHRONIQUE
- Influence des rayons X sur la germination. —
- Dans notre dernier numéro (p. 396) nous signalions une étude de M. Giuglio Tolomei, d'après laquelle l'action des rayons X sur le développement des végétaux serait peu efficace et même nuisible. Dans un mémoire publié récemment dans la Revue générale de Botanique (t. X, 1898), et dans une note présentée à la séance de l'Académie des Sciences du 13 février dernier MM. Mal-diney et Thouvenin montrent que dans le phénomène de la germination les rayons X ont au contraire une action efficace.
- Nous avons, disent-ils, soumis aux rayons X un certain nombre de graines, appartenantaux espèces suivantes: Convolvulus arvensis, Lcpidium sativum et PanscuM miliaceum.
- Dans chaque expérience, les graines étaient placées sur une bande de tricot de laine, recouverte d'une légère couche de terre maintenue constamment humide ; entre le tube producteur des rayons X et les graines sur lesquelles devaient agir ces rayons, était interposée, pour détruire l'influence du champ électrique, une mince lame d’aluminium en communication avec le sol. En outre, pour que les graines témoins fussent exactement dans les mêmes conditions que les autres,
- sauf l’action des rayons X, elles ont été placées sur le même support, au-dessous de la lame d'aluminium, mais soustraites à l’influence des rayons X au moyen d’une épaisse lame de plomb qui les protégeait entièrement. Ces dernières graines se trouvaient donc placées, autant que possible, dans les conditions normales de la végétation.
- Dans chacune des expériences, il y a eu trois graines soumises aux rayons X et trois graines témoins.
- Toutes les expériences ont été faites avec un tube de la maison Chabaud ; l'intensité du courant était égale, en moyenne, à 8 ampères ; le tube était éloigné des graines de 0,08 mm.
- Expérience I. — Liseron. -- Les graines ont été mises en expérience le i" septembre à 10 heures du matin et exposées chaque jour, pendant une heure au moins, aux rayons X : le 3 septembre, à 8 heures du matin, elles avaient germé, et le 7 seulement apparaissaient les germes des graines témoins.
- Expérience II. — Cresson alénois. — Expérience commencée le it novembre à 3 heures du soir, une heure de rayons X ; le 1.3, trois heures ; le Ut une heure : ce jour, à 4 heures du soir, les graines
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- montrent leurs germes, et il faut attendre jusqu’au j-j novembre pour que les graines témoins germent à leur tour.
- Dans les deux autres expériences commencées le 3 décembre avec des graines de millet et de liseron, les graines de millet exposées aux rayons X commencent à germer, deux graines le 9 et la troisième le 10 décembre; les graines de liseron ont germé le 19.
- Les graines témoins de millet n'ont germé que le ai décembre, et celles de liseron le 24 n'accusaient encore qu’un léger gonflement.
- On pourrait peut-être nous objecter, ajoutent MM. Maldiney et Thouvenin, que les rayons X ont produit une élévation de température dans la terre soumise à leur action, et qu’alors il est tout naturel que les graines semées dans cette terre aient germé avant les graines témoins.
- Mais il n’en est rien : des expériences ayant été faites au moyen d’une paire d’aiguilles thermoélectriques reliées à un galvanomètre Thomson très sensible, aucune différence appréciable de température n’a pu être constatée entre la terre exposée pendant deux heures aux rayons X et celle qui ne l’était pas.
- Il semble donc qu’on peut conclure que les rayons X hâtent la germination, tout au moins pour les graines de liseron, cresson alénois et millet,
- En outre, comme les jeunes plantules, au sortir de la graine, offraient la coloration jaune pâle habituelle, on peut en déduire que les rayons X paraissent sans influence pour hâter la formation de la chlorophylle des plantules en germination.
- Influence des rayons X. sur le phénomène de l’osmose. — On sait que, pendant le phénomène de l’osmose, une différence de potentiel, vraisemblablement très faible, se produit entre les deux faces du septum à travers lequel s'effectue le passage des liquides.
- Etant données les propriétés électriques des rayons X, il était permis de se demander si les actions électrocapillaires produites par les courants d’endosmose et d’exosmose peuvent être codifiées parles radiations de Rœntgen, et si, par suite, la marche du phénomène de l’osmose est influencée d’une manière quelconque par ces radiations.
- M. Bordier a recherché cette influence, et, dans une communication faite à la séance de l’Académie des Sciences du 31 février, il exposait lesrésul-tats des premières expériences tentées dans ce
- 11 était indispensable que la cuve renfermant l’eau et destinée à recevoir l’osmomètre fût transparente aux rayons X, ce qui n'est pas le cas du verre. L’auteur s’est servi de petites caisses en bois mince, dans lesquelles on avait coulé de la paraffine pour obtenir une étanchéité parfaite.
- Quant à l’osmomètre, deux modèles ont été employés: l’un formé d'un simple tube à entonnoir, l’autre construit avec un entonnoir ordinaire auquel était rajusté un tube de verre. Chacun de ces osinomètres était fermé par du parchemin animal ; la surface de la membrane était, pour le premier, de 6,60 cm2 et, pour le second, de 38,46 cm2.
- Le tube de Crookes employé était un tube focus construit sur les indications de M. Monell,de New-York, spécialement pour être actionné par les décharges d'une machine statique ; cette dernière était une machine à grand débit (machine à deux grands cylindres en ébonite, de Bonetli).
- Les décharges très fréquentes étaient obtenues à l’aide des interrupteurs ou détonateurs de Van Houten et Ten Brœck, qui peuvent être fixés directement sur les manches en ébonite des deux pôles de la machine. On a ainsi un rendement considérable, qui peut être rapproché de celui que fournit une grosse bobine de Ruhmkorff de 0,5 5 mm d’étincelle.
- Première expérience. — Osmomètre n° 1 : S = 6,6o cm2; diamètre du tube osmométrique : 4 mm. On introduit dans l’appareil une solution de sucre canne à 30 p. 100,et l'on place l’osmomètre dans la cuve pleine d’eau. Le tube de Crookes est disposé en-dessous, de façon que les rayons X soient dirigés de bas en haut, perpendiculairement à la membrane.
- L'ascension du liquide dans le tube est notée d’abord sans excitation du tube focus, pendant trente minutes : on trouve 6 mm. On excite alors le tube et l’on trouve qu’après trente minutes le liquide ne s’est élevé que de 3 mm.
- O11 arrête la machine et l’on note l’ascension pendant les trente minutes suivantes : elle est de 6,1 mm.
- On met de nouveau la machine en marche, et
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- T. XIV. — N°10.
- l'ascension n'est plus que de 2,7 mm, pendant trente minutes.
- Enfin, le système étant abandonné à lui-même, sans rayons X, l'ascension est de 6 mm pendant chaque demi-heure suivante.
- Deuxième expérience. — Osmomètre n° 2 : S = ^8,46 cm2 ' diamètre du tube relié à l’entonnoir : 5 mm. Liquide introduit dans l'osmomètre : solution concentrée de sel marin.
- Ascension du liquide dans le tube après 30 minutes : 27 mm. Le tube de Crookes étant excité, l’ascension, après le même temps, n'est plus que de 16 mm 5.
- Troisième expérience. — Osmomètre n° 2 : S = 38,46 cm3; tube capillaire fixé à l’entonnoir. Liquide introduit : solution saturée de sucre de canne. On note l'ascension du liquide pendant dix minutes chaque fois.
- ri Sans rayons X . . . . 38 mm
- 2° Avec rayons X. ... 28'
- Ÿ Sans rayons X . . . . 40,2
- 4° Avec rayons X. ... 27
- Il résulte nettement de ces trois séries d’expériences que le phénomène de l’osmose, dans les conditions expérimentales indiquées, a été influencé dans sa marche par l'exposition de la membrane à l’action des rayons X : l’ascension du liquide a été chaque fois ralentie.
- Il y avait lieu de rechercher si cette action retardatrice était due aux rayons X eux-mêmes, ou bien au champ électrique provenant de la source servant à actionner le tube.
- M. Bordier a alors interposé, entre l'ampoule de Crookes et l'osmomètre, une lame d'aluminium reliée soigneusement au sol, qui était constitué par la gaine métallique d'une cheminée voisine.
- Les résultats ont été les suivants :
- I. Osmomètre n° 1. — Liquide introduit : solution de sucre.
- Après 30 minutes, l'ascension est de 6,2 mm.
- On actionne le tube de Crookes ; pendant le même temps, l'ascension notée est de 3,5 mm.
- II. Osmomètre n° 2. —Liquide introduit : solution de sel marin.
- Ascension, pendant trente minutes : 28 mm.
- Tube de Crookes excité pendant le même temps, ascension 17 mm.
- Les nombres relevés dans cesexpériences comparatives montrent que, malgré l'interposition d’une lame d'aluminium en communication avec le sol l'osmose est ralentie lorsque l'appareil est exposé aux rayons X. On ne peut donc attribuer qu’à l’influence des rayons le ralentissement observé. Ce ralentissement est dû probablement à l’action perturbatrice des rayons X sur les phénomènes électrocapillaires dont le parchemin est le siège pendant l’osmose.
- Quoi qu'il en soit, il est peut-être permis de rapprocher de la modification apportée par les rayons X dans la marche du phénomène de l'osmose certaines perturbations qu'ils produisent dans l'intimité des tissus vivants. Comme on le sait, un grand nombre des échanges intercellulaires se font chez l’être vivant par voie endosmotique ; il ne serait pas téméraire, par suite, d'admettre que, lorsqu’un faisceau de rayons X traverse pendant un certain temps une région de l'organisme, les échanges des liquides entre les cellules ainsi rencontrées soient ralentis et que la nutrition des tissus puisse se trouver ainsi plus ou moins altérée. Il est même possible que ce soit là l’explication de quelques effets thérapeutiques des rayons X déjà observés.
- Essais de traction électrique à Prague. — Le 17 janvier dernier ont eu lieu, à Prague, en présence d’une commission municipale et de l’ingénieur en chef de la ville, quelques essais de traction avec des voitures munies de moteurs Walker, essais qui ont donné toute satisfac-
- L’un des essais fut fait sur la ligne Remrse-Weinberge-Brentegasse. Sur la plus grande partie de son parcours cette ligne présente une rampe de 3 p. 100 qui, en certains endroits, atteint 4,8p. 100; les rayons des courbes descendent jusqu'à 30m.On avait imposé la possibilité d'obtenir sur cette ligne une vitesse de 12 km : h avec une voiture motrice et une voiture remorquée contenant le nombre maximum de voyageurs. On obtint facilement une vitesse de 16,3 km : h, les moteurs de la voiture motrice étant en parallèle, sans résistance intercalée.
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- g Mars 1898.
- Une autre épreuve fut faite sur la ligne Prager-Ringbahn, qui présente une rampe de 8,8 p. ioo. Le train d'expérience comprenait une voiture motrice et une voiture de remorque; ces voitures, construites par la maison Ringhoffer, à Prague, pèsent respectivement, à vide, io tonnes et 3 e, tonnes ; pour les essais on avait fait monter 6o personnes sur la première et 45 sur la seconde; le poids total du train était alors d’environ 20 tonnes. Dans ces conditions la rampe put être remontée avec une vitesse de 10 km : h. On calcule facilement que pour obtenir cette vitesse sur une rampe de 8,8 p. 100 et avec un train de 20 tonnes, la puissance fournie par les deux moteurs a dû s’élever à 85 chevaux; ces moteurs étant construits pour donner normalement chacun chevaux, on voit qu'ils sont capables de supporter une surcharge importante.
- A la suite de ces essais, les moteurs ont été essayés au frein sous diverses charges ; les résultats obtenus sont consignés dans le tableau suivant :
- w X s M g . 1
- -W 2 1 > -6 5
- > 5 * S. s - * " 1
- 504 26,5 I 160 18,1 II>74 65,2
- 499 35 890 23,7 18,1 76,1
- 496 42 "80 28,3 23>7 83,7
- 497 48 690 32,4 27,9 86,3
- 499 55,5 635 37» b 33,2 «5,4
- 508 •19 700 33,4 28,3 84,8
- 505 42.2 780 28,9 23^ 78,1
- 502 34-5 920 23Ô 18,6 70,2
- 508 26,2 1 300 • 18,1 13.1 67,2
- Les chiffres de la dernière colonne montrent que le rendement des moteurs est très satisfaisant pour des charges très différentes.
- La question de l’éclairage électrique de Saiut-Dizier devant le Conseil de préfecture de la Haute-Marne. — Le procès intenté par les concessionnaires du gaz contre la municipalité de Saint-Dizier s’est terminé par un arrêté du conseil de préfecture de la Haute-Marne, qui présente des
- indications très intéressantes pour les cas de litige analogue. Nous donnons ici le résumé de la discussion présentée par M. Charles Sirey dans L'Électricien. '
- Voici d'abord les points principaux de l'article Ier du traité de concession passé entre la compagnie du gaz et la municipalité : Le maire concède le droit exclusif de l’éclairage au gaz des rues et places publiques pendant cinquante ans. Les concessionnaires ont Y autorisation de placer les canalisations nécessaires pour l'éclairage public et privé. 11 est stipulé que le maire ne prend pas d'engagement pour les particuliers, qui restent libres de s'éclairer comme bon leur semble.
- Il semble donc que l’interprétation 11e puisse donner lieu à l'équivoque : privilège exclusif pour l'éclairage public, simple autorisation sans privilège pour l’éclairage des particuliers.
- La municipalité a donné l'autorisation à des électriciens d’établir une canalisation aérienne pour la distribution de l’éclairage électrique aux particuliers. Les concessionnaires ont alors revendiqué le privilège exclusif pour l’éclairage des.particuliers, en basant leur demande sur l’argumentation suivante :
- Au monopole de l’éclairage public correspond une obligation de garantie qui s’étend à toute concurrence, même par un mode autre que le gaz, en vertu de l’article 48 qui prévoit, en cas de découverte d’un nouveau mode d’éclairage public, la résiliation du traité moyennant une indemnité au profit des concessionnaires du gaz, auxquels est réservé à prix égal un droit de préférence. Cette obligation de garantie existe également pourl’éclai-rage privé, parce que, conformément aux conclusions de M. Valabrègue dans les affaires de Saint-Etienne et de Montluçon, il y a indivisibilité entre les clauses relatives à ces deux éclairages.
- Les revendications reposent donc sur cette ingénieuse théorie de l’indivisibilité que les sociétés gazières invoquent aujourd’hui à tout propos à l’appui de leurs prétentions. Le Conseil d’Etat en a pourtant fait bon marché dans l’affaire de Melun, où il a jugé que la clause par laquelle la ville de Melun s’était réservé, dans son traité d'éclairage au gaz, le droit de concéder à qui bon lui semblerait toute espèce d’autorisation pour l’établissement d'un nouveau mode d’éclairage, ne pouvait s’appliquer qu'à l'éclairage des particuliers, la concession de l’éclairage public devant subsister intégralement.
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- En tout cas. cette indivisibilité, qui n' esnulle-ment obligatoire en droit, ne peut exister en fait dans un traité lorsque les parties contractantes ont pris soin, comme dans le traité de Saint-Dizier, d'établir une distinction très nette entre l'éclairage public (privilège exclusif) et l’éclairage privé (simple autorisation).
- La ville a cité à l'appui de sa défense les projets de rédaction des premiers articles. La compagnie du gaz sollicitait le droit exclusif de l'éclairage public et particulier tandis que, dans le projet de la municipalité, le maire ne prenait pas d’engagement pour le service des particuliers, ceux-ci restant libres de s’éclairer commebon leur semblerait, et même d'employer dit ga.{ d'une fabrication autre que celle de la Compagnie.
- Dans le texte définitif, la compagnie avait obtenu la suppression du dernier membre de phrase ; il n’était donc pas douteux que les particuliers conservaient liberté d'action pour tout autre mode d'éclairage que le gaz; d’ailleurs, dans le's actes de cession successifs de l’usine, il est cédé seulement le privilège de l'éclairage public, et les abonnements des particuliers ne sont considérés que comme faisant partie de l'achalandage et de la clientèle de l’usine.
- Le conseil de préfecture a rejeté les conclusions de la compagnie du gaz par un arrêté soigneusement et longuement motivé, dont nous résumons les principaux passages :
- Les électriciens ont été autorisés à établir une canalisation électrique sous leur responsabilité personnelle, sans que la ville pût être inquiétée et sous réserve des droits des tiers. La ville n'a pu entendre se mettre à l'abri des revendications ultérieures à intenter contre elle, qu'en ce qui concerne les préjudices qui pourraient être causés à des tiers par l'installation des fils électriques et les indemnités correspondantes ; il n'est jamais entré dans la pensée de l'administration municipale que les électriciens devaient garantir la ville de toutes indemnités qui seraient allouées aux contractants de cette dernière, notamment la compagnie du .gaz, en raison de l’inexécution de ses engagements. Les électriciens sont donc exonérés de toute action en garantie de la part de la ville.
- Pour apprécier les revendications de la compagnie il y a lieu d'examiner le sens et la portée des conventions intervenues entre les parties et de rechercher la commune intention des parties,
- et pour cela d'examiner les actes qui ont préparé ces conventions.
- L’éclairage public est hors du débat.
- Pour l'éclairage privé, le contrat de concession est par sa nature un contrat de droit étroit, dont l’interprétation ne saurait être étendue au-delà de ses termes précis; pour juger que la ville se fût interdit d’autoriser ou favoriser aucun établissement d'éclairage privé faisant concurrence à U compagnie du gaz, il faudrait que cette restriction eût été expressément stipulée, tandis que c'est le contraire qui résulte des délibérations du conseil municipal ; la suppression du droit d'emplover d'autre gaz que celui de la compagnie dans le traité définitif prouve bien que la liberté des particuliers subsiste tout entière pour les autres modes d'éclairage ; la concession a d’ailleurs été portée de quarante à cinquante ans en compensation. La situation faite aux particuliers n’était pas favorable, puisque la compagnie ne devait établir que 7 500 m de canalisations et que pour qu’elle accrût cette canalisation, la ville devait prendre deux lanternes à sa charge et les particuliers 10 becs par 100 mètres.
- Cette situation a été un des motifs pour lesquels la ville a tenu à laisser les habitants libres de s'éclairer à leur guise. D'autre part, dans les actes de vente de l'usine, il n’est cédé que le droit exclusif de l'éclairage public. En conséquence, la ville n'a pas méconnu ses engagements en autori-risant, sur les voies urbaines, la pose de fils aériens pour la conduite et la distribution de l’électricité. Les électriciens sont mis hors de cause, la requête des concessionnaires du gaz est rejetée et les dépens seront supportés par ces derniers.
- Il y a à tirer de là un précieux enseignement pour les procès à venir. Il importe de consulter avec soin tous les projets, discussions, délibérations municipales, etc., ayant servi de préliminaires à la rédaction définitive des traités, ainsi que les actes de cession des usines à gaz. En présence de la guerre à outrance que poursuivent contre l'électricité les compagnies gazières, L cause de l’éclairage électrique n'aura jamais trop d’armes pour se défendre.
- Le Gérant : C. NAUD-
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- Tome XIV.
- Samedi 12 Mars 1S98
- 5e Ai
- >. — N” il.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur â l’École Polytechnique, Membre de l'Institut. — A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l'Institut. — D. MONNIER, Professeur à l’École centrale des Arts et Manufactures.—H. POINCARE, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER, Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de 1’Université.
- CHEMINS DE FER ET TRAMWAYS ÉLECTRIQUES
- USINE GÉNÉRATRICE
- La station mixte, pour éclairage et traction, deMM. A.-B. Blackburneet W.-L. Spence(’), se compose en principe d’une génératrice
- ordinaire pour tramways G, à 500 ou 550 volts, dont le pôle négatif est mis à la terre par les rails comme d'ordinaire, et l’alimentation du réseau de tramways se fait suivant les méthodes connues, soit directe-
- ). Réseaux de faible longue
- tion, système Blackburne et Sper
- pour éclairage
- ment, soit par feeders TF (fig. 1), et, au besoin, une batterie d’accumulateurs B, peut ctre intercalée. Le réseau d’éclairage est alimenté par la même génératrice (ou par le même groupe de génératrices accouplées au tableau de distribution), et par l'intermédiaire d’un réducteur de tension des mêmes inventeurs (2), tel que R„ Ra. Ce réducteur
- 0) Brevet anglais, n° 28884, année 1896.
- (8) Brevet anglais, n° 24 296, année 1895, et n6 11153, année 1895.
- de tension est formé par un transformateur rotatif dont les deux armatures, munies chacune d’un collecteur, sont montées en tension; un des câbles du réseau d’éclairage est branché au point de jonction des deux armatures; l’autre est mis à la terre, ainsi que le second pôle de la deuxième armature. Ces appareils sont calculés pour donner, autant que possible, une tension de 250 volts, soit moitié de la tension de transmission, sur le réseau d’éclairage où la distribution se fait suivant le système à deux fils; ils sont compoundés
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV.-N» il.
- ou réglés par un rhéostat, de façon que la tension sur le réseau d’éclairage reste constante en dépit des fluctuations de charge sur le réseau de traction. On peut adopter la distribution par îlots alimentés chacun par un transformateur spécial, tel que' Rt, R2, afin de profiter de l’avantage d’une distribu* tion à 500 volts.
- Les transformateurs de ce genre sont avantageux en ce sens qu’ils sont de faibles dimensions et qu’ils ont un rendement élevé. Ainsi, pour une demande de 100 .kw sur le réseau d’éclairage, un réducteur du type précédent n’exigerait que 50 kw par enroulement ; son rendement serait de 93 p. ' 100,
- mais comme la moitié seulement de la puissance dépensée est transformée, le rendement de la réduction est de v^°î93j soit plus de q6 p. 100.
- Lorsque la longueur du réseau de tramway ou d’éclairage dépasse les limites où la transmission à 500 volts est économique, on adopte le dispositif suivant (fig. 2).
- La ou les génératrices G sont munies d’armatures à deux enroulements et à deux collecteurs, montes en série. Le pôle négatif extérieur est mis a la terre par les rails. Le réseau de tramways, dans les régions voisines de l’usine, est alimenté par la barre du tableau reliée au point de jonction des deux
- Fig. 2. — Distribution mixte pour éclairage et traction, système Blackburne et Spe
- ). Réseaux de grande longueur.
- armatures, qui est par conséquent à 500 volts; les parties du réseau d’éclairage sont alimentées parla même barre, mais par l’intermédiaire d’un réducteur R,. Dans tous les cas, des batteries d’accumulateurs B„ B2, peuvent être utilisées.
- Les parties éloignées du .réseau de tram-"ways sont reliées au pôle positif extérieur de la génératrice qui est k 1000 volts, par l’intermédiaire du réducteur Rs qui ramène la tension de distribution à 500 volts. Quant au •réseau d’éclairage, les réducteurs donneraient une tension de 500 volts sur réseau à deux fils, ce qui serait inacceptable. Par conséquent, au lieu d’employer des réducteurs, -— dans lesquels les deux armatures sont reliées en série comme' nous l’avons expliqué , — on emploie des .transformateurs .rotatifs T dont les ideùx armatures sont séparées. La tension, aux bornes, du .secon-
- daire est de 500 volts, ce qui permet d’employer une distribution à trois fils à 250 volts par pont, en intercalant une compensatrice R3, ce qui est d’autant plus avantageux que, souvent, les parties éloignées du réseau sont situées dans la banlieue, où la répartition des lampes est peu dense.
- L’ensemble de l’installation représente une distribution h trois fils qui sera soumise à toutes les difficultés d’équilibrage des charges sur les deux ponts. L’emploi de lampes à incandescence à 250 volts est une difficulté encore incomplètement surmontée.
- CONTRÔLEURS
- Le contrôleursérie-parallèle de MM. En.-D-Prihst et F.-A. Merrick (General Electric Companj') diffère sensiblement des appareils du même genre employés jusqu’ici. Dans les
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- appareils ordinaires, le circuit est maintenu fermé sur un ou deux des moteurs pendant que s’effectue le changement de liaison des moteurs, tandis que dans le nouveau contrôleur les moteurs sont d’abord groupés soit en série, soit en parallèle, pendant que le circuit est complètement ouvert; en manœuvrant la poignée du contrôleur, on insère ensuite une résistance convenable dont on peut diminuer la valeur en la shuntant de plus en plus, jusqu’à la mettre en court-circuit', en avançant de plus en plus la poignée de manœuvre. Pour changer le groupement des moteurs, il faut d’abord ramener la poignée en arrière, ce qui a pour effct.de ramener la résistance à sa valeur première, puis de couper le circuit; en poussant la poignée encore plus en arrière, on agit sur un organe spécial qui a pour effet de modifier le groupement des moteurs; si, par exemple, dans la manœuvre précédente ils étaient en série, ils seront maintenant groupés en parallèle ; en manœuvrant ensuite la manette en avant, le groupement en parallèle subsistera et on insérera une résistance de plus en plus faible jusqu’à ce que toute résistance soit mise en court-circuit.
- L’appareil est construit pour être actionné par l’air comprimé. La figure 3 en fera facilement comprendre le principe.
- L’air comprimé arrive par en haut dans on tube (qui n’est pas figuré), ouvert à l’air libre à son autre extrémité et dans lequel aboutissent des tubes tels que a1? /; ces tubes communiquent avec des cylindres dont les pistons commandent les contacts D et R des résistances et P des moteurs. A l’intérieur de ce tube se meut de haut en bas un piston M7 qui le ferme entièrement et qui est solidaire de la manette du contrôleur. Lorsque ce piston avance, il met successivement chacun des tubes en relation avec le réservoir d’air comprimé, et les contacts sont actionnés. Le premier tube rencontré est ai qui, par l’intermédiaire du tiroir Ts, communique soit avec le cylindre Q, soit avec le cylindre Qx. dont les pistons,
- agissant sur le contact P, le mettent en communication soit avec Pn soit avecPp, dans le premier cas, les moteurs sont groupés en série ; dans le second, ils sont groupés en parallèle, comme 011 peut s’en rendre compte
- série-parallèle de Prie
- Merrick (1897).
- en suivant les circuits. Chacun des contacts D est ensuite poussé entre les griffes correspondantes telles que F* et F3; ce qui a pour effet de grouper un plus ou moins grand nombre de résistances r. en parallèle les unes avec les autres et en série avec le circuit des moteurs: lorsque le piston M- arrive à La fin de sa course, il ouvre le tube y, et le piston R2, amenant le couteau R en contact avec les griffes Ra, met toutes les résistances r en court-circuit; tout le courant passe alors dans les moteurs.
- Lorsque . le piston M, est ramené en arrière, les tubes /*, M, at sont successivement remis en communication avec l’atmosphère, et de puissants ressorts ramènent les pistons dans leur position de repos et rompent les contacts.
- Pour modifier le groupement des moteurs, il faut manœuvrer le tiroir T„ comme nous le verrons plus loin. Dans le dessin, on a
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- figuré quatre moteurs en deux groupes de chacun deux moteurs en série; ce sont ces groupes qui sont reliés entre eux en série ou en parallèle.
- Dans les figures suivantes (fig. 4 à 8) qui représentent les détails de construction de l’appareil, les lettres sont les mêmes que sur la figure schématique précédente, ce qui
- permet de comprendre ia marche des organes sans longues explications.
- Tout l’appareil repose sur une plate-forme
- .5. — Contrôleur scric-parallèle Priest Coupe transversale suivant la ligr
- horizontale A sur laquelle sont fixés les cylindres C3 qui commandent par leurs pistons C, munis de ressorts antagonistes C4, les contacts D qui insèrent les résistances r en réunissant les contacts F.t F3, comme indiqué ;
- chacun des contacts F2 est relié respectivement à une des résistances r par le cable F, (fig. 5); tous les contacts sont montés sur un même cadre métallique G, et sont par conséquent, en dérivation les uns avec les autres. Les contacts D sont formés de deux parties Dj réunies par une lame fusible pour protéger chaque partie de l’appareil en plus des coupe-circuits généraux. Chaque paire de contacts est munie d’un extincteur magnétique formé par une bobine H, enroulée sur un noyau commun H,, muni de projections polaires G1 G2, devant chaque contact. L’arc est soufflé à l’intérieur des entonnoirs J qui empêchent les accidents, courts-circuits, etc. Les cylindres Cs sont mis en relation avec le tube distributeur d’air comprimé M, par les tubes M (fig. 5, 6 et 7); ces tubes sont noyés dans le massif métallique, lors de la faute, pour obtenir une plus grande solidité et éviter les fuites. L’air comprimé arrive par le tube M,„ et se rend dans les tubes Ms et Ms entre les pistons M7 et M/, réunis par une tige rigide brisée par un joint universel M8; la pression s’équilibrant sur ces deux pistons, la tige Ma, qui les commande par l’intermédiaire de la poignée 0,
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- du contrôleur, peut être facilement manœuvré e. L’ouverture des tubes M dans le tube M4 peut être réglée et même fermée complètement par les pointeaux Mx.
- La manœuvre du tiroir T, se comprend sans peine d’après la figure 8. Le levier de commande ou manette du contrôleur O, est représentée dans la position du repos ; si on
- (fo © © Q O (y~
- rV rV n n r rV c,
- ÇvO 007
- b 5 g-V)—,
- t(K n est rV g Q
- rôleur série-parallèle Prie
- Fig. 6 et 7. - Ce
- Merrick 11897). Détails de
- la pousse vers C0, la tige Ma qui commande le piston M7 est entraînée vers la droite et les résistances sont modifiées: chaque cran, à partir de représentant. l’addition d’une nouvelle conductance; mais le groupement des moteurs ne sera pas modifié, puisque le
- Fig. 8. — Contrôleur série-parallèle Priest et Merrick {1897).
- Détail du commutateur et de sa commande.
- tiroir Ta n’a pas été manœuvré ; si la manette ayant été poussée jusqu’en Ca, est ensuite ramenée dans la position qu’elle occupe sur le dessin, les résistances seront modifiées en sens inverse, mais le groupement des moteurs ne sera pas modifié, pour la même raison que précédemment. Admettons mainte-
- nant que O, soit poussé vers C2, le bras T de ce levier viendra abaisser la tigeT4 contre l’action de son ressort antagoniste, et, par le taquet et la roue à rochets b, viendra manœuvrer le tiroir T2 qui fermera le passage de l’air en Q et l’ouvrira en Qn ou vice versa.
- On voit sur cette même figure le détail des commutateurs P des moteurs et du commutateur R servant à la mise en court-circuit des résistances. Ils sont munis d’un extincteur électro-magnétique formé par une bobine S, muni au bas d’épanouissements polaires Sj et s3 venant sous les contacts P,, P2 et R,, respectivement, tandis que le pôle supérieur est prolongé par la tige de suspension du contact mobile (P ou R), et par l’arc’de cercle en fer dont elle estmunie. Il est évident que les contacts proprement dits P et R sont isolés de ce circuit magnétique par du mica, par exemple, ou un autre isolant incombustible.
- Le truck Mac Ei.roy^1) est construit en vue de supprimer toute transmisssion par
- (').Brevet anglais nn 7 522, année 1897.
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- engrenages entre l’arbre du moteur H et les roues motrices B (fig. 9 à 12); celles-ci sont entraînées par des galets de friction C montés sur l’arbre du moteur et qui frottent sur
- Fig. 9. —Truck Mac Elroy (1897). Plan.
- talement dans le cadre du truck, ils viennent appliquer les roues B sur le galet C, d’autant plus fortement que le poids de la voiture est plus grand ; en choisissant convenablement les bras de levier, on peut obtenir d’ailleurs
- :i. — Truck Mac Elroy (1897). Détail du châssis.
- le bandage des roues. Pour que cette transmission puisse entraîner la voiture, il faut que l'adhérence entre le galet et la roue soit suffisante pour transmettre l’effort de traction, tant en palier a vitesse constante qu'en rampe ou pendant les démarrages.
- Fig. 10. — Truck Mac Elroy (1897). Elévatioi
- L’inventeur espère obtenir ce résultat de la façon suivante : le coffre de la voiture repose sur une plate-forme G sur laquelle il est pivoté en Gr La plate-forme G repose à son tour, par l’intermédiaire de ressorts S, sur un châssis F qui porte également le moteur H. Ce châssis est relié, à sa partie inférieure, par des leviers articulés D, aux paliers D des essieux des roues motrices; comme ces paliers peuvent coulisser horizon-
- une pression quelconque. Le moteur H entraîne les galets C par l’intermédiaire d’accouplements élastiques L.
- mit
- Truck Mac Elroy
- 57). Coupe
- ligne 1, 2,3, 4 de la
- Toutes les roues d’une voiture longue, nécessitant un double truck, peuvent ainsi ctre rendues motrices, et en outre l’empattement de chaque truck est très faible. Chaque galet peut évidemment 11’entraîner qu’une seule roue.
- Le trôlet à archet F, de la Compagnie L'Industrie Electrique (*) {fig. 13 et 14), est
- C) llrevet anglais n° 26246. année 1896.
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- 12 Mars 1898.
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- Des ressorts H fixés en C et F tendent à maintenir l’archet en alignement avec la fourche C. Sur l’axe inférieur de cette dernière est fixée une poulie D sur laquelle sont fixées les extrémités d’une corde ou chaîne d qu’un ressort E tend constamment. Cette dernière disposition a pour effet de tendre à maintenir la perche C constamment verticale. Le contact de l’archet avec le conducteur aérien est ainsi parfaitement assuré et l’ensemble a une souplesse suffisante pour que le trôlet se retourne automatiquement si lesens de marche de la voiture ast changé.
- Fig. 13 et 14. —Trôlet à archet île la Compagnie L'Industrie électrique. (1896).
- che C, qui est elle-même pivotée en B sui une base A fixée au toit de la voiture.
- Le trôlet à archet de Siemens (') est monté de façon à pouvoir être facilement couché sur le toit de la voiture et être ensuite remonté dans sa position normale par une
- simple traction opérée sur la corde b dont les extrémités aboutissent aux deux plates-
- Fig- 17. — Base de trôlet à archet de Siemens (1896) Détail des leviers de redressement.
- formes de la voiture (fig. 15 et 10). Cette corde soulève un levier coudé a pivoté en a,
- sur la base du trôlet qui est fixe et assujettie sur le toit de la voiture; les deux leviers a placés à chaque extrémité de la voiture sont rendus solidaires l’un de l’autre par une corde sans fin passant sur des poulies c, en sorte que, quelle que soit l’extrémité de la corde b qui ait été tirée, les deux leviers sont élevés simultanément. La perche C du trôlet, pivotée autour d’un axe horizontal à sa partie inférieure, est soulevée d’un certain angle par le mouvement des leviers et; ce mouve-
- (h Brevet anglais n° 29 83 r, année *896.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. — N° li.
- ment, insuffisant pour amener l’archet en contact avec le conducteur aérien, sert à amorcer le fonctionnement du jeu de leviers représenté en figure 17; sur l’axe horizontal portant la perche C sont fixées deux paires de coulisses A et B, convenablement inclinées l’une par rapport à l’autre et dans lesquelles roulent les galets e placés au bout des leviers d qui sont eux-mêmes sollicités par de forts ressorts à boudin, comme l’indiquent
- les dessins. Lorsque la perche C se redresse sous l’action des leviers a, l’inclinaison des coulisses sur la verticale augmente; lorsque cette inclinaison est suffisante, les galets e glissent sous l’action des ressorts et viennent occuper la position représentée en figure 17 qui correspond au redressement complet du trôlet.
- (A suivre.)
- G. Pki.ussier.
- LA THÉORIE DE LORENTZ (‘)
- Jusqu’à présent nous ne nous sommes pas occupés de déterminer les forces pondéro-motrices développées par un champ électrique et magnétique. Nous n’en avions pas besoin pour l’étude du mode de propagation de la lumière, mais il convient de ne pas passer sous silence’ce second côté de la théorie de M. Lorentz.
- M. Lorentz admet que la force pondéro-motrice développée sur une charge e concentrée en un point est égale au produit de cette charge par la force électrique. D’aprcs les expressions (14) de la force électrique, on voit que les composantes de la force pondéro-motrice sont :
- Fy~(4^72g-l-*Ç — TÉ)* [ (Ô
- — (4 rV'2/? jSç — ar() e )
- Ce sont les équations fondamentales I de M. Lorentz. 11 ne faut pas oublier que Ç, r(, Ç représentent les composantes de la vitesse de la particule qui porte la charge e.
- Pour M. Lorentz, un courant résultedc la circulation de particules, les unes, chargées positivement, dans un sens, et les autres, chargées négativement, en sens inverse.
- Si v,, % représentent maintenant les composantes de la vitesse du milieu au point où se trouve actuellement la particule, et yh, £,,
- (Ô Voir L’Eclairage Êkclrique_cîu 5 mars, p. 417.
- celles de la vitesse relative de la particule par rapport au milieu, la projection sur O* de la résultante des forces exercées sur les particules d’un élément de volume do est
- + 7S (7, + ïiJc- |9S + C.îe
- le signe 1 s’étendant à toutes les particules du volume dm. On peut faire sortir ^ et I des signes 2 et l’expression devient
- [4 "Vaf + w + ?£] ^ + ïs (>u*) -1*2 (?!«)
- t+^V*/ + 77, - R] Pdo> + fTv - M d* car Se représente la charge totale o do de l’élément, et Sr^e représente la somme des projections sur Oj- des courants de convection dus au mouvement relatif des particules par rapport au milieu. On retrouve l’expression connue de la force exercée sur un courant par un champ magnétique.
- J’ai mis simplement p, mais c’est p—S que j’aurais dû mettre, et de même il font remplacer w, n> par u + v -j- pn w -fi- n\, pour tenir compte non seulement du courant de conduction, mais aussi de celui de déplacement.
- Au total, la force élémentaire s’exerçant sur un élément de matière de volume do a pour expression
- dFx = [4 “T2/ + 77; — ps] (p — S) du + [7 (v + v,)
- - p {W + «01 du « 4 *v*/<p — S) du .
- + (ï Kp-S) •, -i-v +v,] — p[(p — s) ;+» +»•.)]
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- Examinons successivement si cette loi des forces pondéromotrices admise par M. Lo-rentz satisfait au principe de l'égalité de l’action et de la réaction et a celui de la conservation de l’énergie.
- matière. Intégrant donc dans tout l’espace et remarquant que/, g, h. a, jü, y et par suite A, B, C sont nuis a l’infini, il vient
- F* =f~àr ~ ^ d,Ji — (p*—<22)
- i° Principe de l'égalité de l'action et de la réaction. — Pour que ce principe soit satisfait, il faudrait que la résultante des forces ufF qui s’exercent sur la matière dans tout l’espace, fût nulle. Or cela n’a pas lieu.
- Les équations fondamentales IV peuvent s’écrire plus simplement.
- ___ô£_
- dy <H
- AL
- dt
- + (P — S) 4 +
- IV''
- Si on en tient compte ainsi que des équations II, l’expression de dF peut s’écrire
- dFx
- ày
- ô-v
- 4*
- dt
- .J.(ÈL
- 4" \dx
- ou en ajoutant un 1 du. identiquement
- \dx 1 ôr
- dv- T- a.
- ie’= i2
- + 4«V
- ml, vu III :
- 4*v> —rfg
- fh + 4 (
- fàg
- àr*?+ ...
- + '
- ,àg__
- 07 àh ) .
- ou enfin en tenant compte de V
- en désignant par A, B, C des expressions quadratiques de f\g, h, a, [3, y qu’il est inutile d’écrire.
- d F* est évidemment nul en dehors de la matière pondérable, car p, u, v, n», les M et par suite S sont nuis.
- Il revient donc au même de prendre l’intégrale de d F* par rapport à tout l’espace ou seulement dans la partie occupée par la
- F.vnesera nul que si l’intégrale f ($h—yg) du étendue à tout l’espace conserve une valeur constante. Cela n’aura pas lieu en général, et le principe de l’égalité de l’action et de la réaction n’est pas satisfait.
- Ce résultat n’a rien qui doive surprendre : du moment que l’on rejette la théorie des actions à distance, et que l’on admet au contraire que les forces mettent un certain temps à se propager à travers l’éther, il ne peut plus y avoir à chaque instant égalité entre l’action et la réaction, l’action et la réaction ne se produisant pas au même moment. Tout ce qu’on peut demander, c’est que la résultante de toutes les forces soit.nulle en moyenne, et c’est ce qui a bien lieu pour la théorie de M. Lorentz d’après l’équation (22). En effet la valeur moyenne de-F* pendant l’intervalle de temps /0àf0-(-S sera
- T/, =
- La perturbation électrique et magnétique ne pouvant pas croître au delà de toute limite, le deuxième membre de l’expression précédente sera d’autant plus voisin de zéro que l’intervalle de temps 0 sera plus grand. Si au commencement et à la fin le champ est nul, ou a la même valeur, la moyenne de F* sera même rigoureusement nulle.
- Le principe de l’égalité de l’action et de la réaction ne s’exprime pas seulement par l’égalité F* o (et ses deux analogues), mais encore par la suivante
- ®KX =J ( r^F, - î^Fj.) = o.
- Or on vérifie facilement ici que ©Té* est égal à
- -jïJ [r{*g—Pfi — ïhf— “*)]dm-
- 9îé* sera donc encore nul en moyenne. Il
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV.— N° U.
- semble donc que la théorie de M. Lorentz satisfait autant qu’il est possible au principe de l’égalité de l’action et de la réaction, du moment que l’on rejette la théorie des actions instantanées à distance.
- Au premier abord, il semble que la théorie de Hertz ne présente aucune contradiction avec le principe de l’égalité de l’action et de la réaction et soit préférable sur ce point à la théorie de M. Lorentz. Nous croyons qu’il n’en est rien, au contraire. En effet, lorsque, dans la théorie de Hertz, on veut vérifier le principe de l’égalité de l’action et de la réaction, on est obligé d’effectuer des intégrations dans tout l’espace. Or dans l’éther les charges magnétiques et électriques sont bien nulles, ainsi que les courants de conduction et de convection, mais il n’en est pas de môme du courant de déplacement. En effet, dans les théories de Hertz et de Maxwell, l’éther ne diffère des diélectriques pondérables que par la valeur particulière K i du pouvoir inducteur. Il y a donc un courant de déplacement de composantes K ^ qui subit, de la part du champ magnétique, une force différente de zéro. Le principe de l’égalité de l’action et de la réaction n’est donc vérifié qu’en tenant compte des forces exercées sur l’éther, et si on n’en tient pas compte, le principe ne sera plus vérifié même en moyenne. A ce point de vue encore, la théorie de M. Lorentz nous parait donc préférable.
- 2° Principe de la conservation de l'énergie. — Ajoutons les équations IV7" et V après les avoir multipliées respectivement par V2/,
- V2g\ V2h.----— , — —,--------et enfin le tout
- 5 4" 4U ’ 417
- par d<o dt. Il vient :
- + p ï* V p,dt + s 4nv/(?-S)SJ^(
- + X 4 itV2/(M + u\) diüdt. (23)
- Le vecteur radiant de Poynting ayant pour projection sur Ox, V- (yg—$h), le premier membre de (23) représente l’apport d’énergie à
- l’élément du> pendant le temps dt. Pour vérifier le principe de la conservation de l’énergie, il suffit de montrer que le second membre de (23) représente la somme de l’accroissement d’énergie interne de l’élément d«<>, de la chaleur dégagée et des travaux des forces.
- Dans ce second membre les termes en -~L ô* ,, • • <>'
- et peuvent s ecnre
- g' + />»)
- ce terme représente l’accroissement d’énergie électrique et magnétique, comme dans toutes les autres théories.
- Le terme en (p — S) peut s’écrire
- (? — S) d'odtz* [h t:V2/ 4- y*; — Pvl = (? — S) dtoZX;Jt
- car l’expressionï ? (yr,—[3Q est identiquement nulle. Ce terme représente le travail pendant le temps dt de la force développée par le champ tant sur la charge réelle fdo> que sur la charge fictive — S du.
- Passons aux termes en u et wr Si on y remplace /, g, h par leurs valeurs tirées des équations (14) ils deviennent
- S [X — y4 + (M + ui) d'.idt— XX (u -f- »,) dînât
- + [(M -|- u4) (ftÇ — Y'r() dudt + (v + vJ (y? — a?)
- -r \w + Jyi) («tj — ^ï}] = 2 [y ( v + Vj) — p (w + hQ %did'» + (Xu + Yv + Zw) d<»dt + (Xzq + Yr, q- Zwff duit.
- Le premier terme représente le travail pendant le temps dt des forces développées par le champ sur le courant de conduction et le courant de déplacement dans l’élément du>. Le deuxième terme {Xu-}-Y Z iv) ^ représente la chaleur de Joule (ainsi que celle due aux phénomènes Peltier et Thomson, s’il y a lieu).
- Reste à trouver la signification du dernier terme
- (X«, + Yv, 4- Zn\\du)dl.
- Pour cela nous nous reporterons aux équations (15) que j’écrirai à nouveau sous la forme (15')
- 4r:Va K —1
- M* —
- (K-i)
- ‘ dP
- / (ri!
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- Remarquons que pour établir les équations (15) ou [15') nous avons supposé le diélectrique animé d’un mouvement de translation. Nous devons donc nous borner à l’étude de ce cas. Cela aura d’ailleurs l’avan-lage de nous dispenser d’étudier la variation des coefficients spécifiques A et K par suite de la déformation du diélectrique, ainsi que de rechercher la chaleur dégagée dans cette déformation, chaleur qui ne doit pas être la même que si la polarisation était nulle. Avec la restriction faite un nq seront égaux i
- dMx
- d Mr
- d M;
- : Vo
- nplaçant X,
- Y, Z par leurs valeurs (15') (Xu1 + Yv1 + Z,»1)<M(=(x
- Ici, puisque ce sont les symboles ~ qui figurent au lieu des , nous devons considérer l’élément cUo non plus comme restant en repos pendant le temps dt, mais comme étant entraîné dans le mouvement. D’après l'hypothcse faite que le mouvement est de translation, dtM restera constant et on aura toujours le droit de le faire passer dans la parenthèse sous le signe d.
- Le dernier terme de la parenthèse représente évidemment la force vive des particules électrisées dont le mouvement produit le courant de déplacement. Quant au premier ternie il -représente l’énergie de polarisation qui rient s’ajouter aux termes déjà obtenus
- 3 xV2 </ + g' + h*) q- (V -f p* + f)
- de l'énergie électrique et magnétique.
- Dans son mémoire, M. Loremz tient compte de la force vive des particules chargées, Saisie terme -- (VI/-f-M/-|- M/) ne figure
- pas. La différence s’explique aisément : dans l’intérieur du diélectrique le vecteur f> g, h varie très rapidement et a entre les particules des valeurs très différentes de celles qu’il a sur les particules mêmes. Il y a donc lieu de distinguer les valeurs moyennes, que VI. Lo-rentz désigne par/, g-, /t, et les valeurs vraies en chaque point. Dans nos calculs nous 11’avons introduit que les valeurs moyennes. Or le carré d’une moyenne est plus petit que la moyenne des carrés. L’expression de l’énergie électrique 27cV2 (/8+g'> + À>) qui figure ci-dessus est donc plus petite que le terme 2-V2 (/" ri'éT2 "M*4) que M. Lorentz considère lorsqu’il traite du principe de la conservation de l’énergie. La différence est précisément représentée par le terme essentiellement positif q/rp M/ + M/-J-VI/).
- Supposons le système en repos et en équilibre. Alors la force magnétique et le courant de déplacement seront nuis et la polarisation du diélectrique sera proportionnelle au déplacement dans l’éther. L’expression de l’énergie par unité de volume sera
- *«v* y+**•!• **)+ yY[l K - v/1 + (K -1 )v
- + ;K =tr,V*K(/’ + g‘ + h’)
- = -^Y-[X‘ + y*+z*).
- On retrouve l’expression donnée par les théories ordinaires de l’électrostatique. Cette dernière constatation était nécessaire pour montrer qu’en électrostatique la théorie de VI. Lorentz conduit non seulement à la même distribution de la force électrique dans le champ, comme nous l’avons vu plus haut, mais aussi à la même valeur pour les forces pondéromotriccs.
- La théorie de VI. Lorentz conduit donc à un ensemble de formules très concordantes et dont les conséquences sont en parfait accord avec les faits d’expérience plus que pour aucune autre théorie. Il faut cependant signaler une lacune et une imperfection. D’une part. VI. Lorentz néglige systématiquement l’étude des aimants et des magnétiques ;
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- d’autre part, le mécanisme des courants de conduction est loin d etre satisfaisant. Pour M. Lorentz, les courants de conduction ne «diffèrent des courants de déplacement qu’en ce que les particules électrisées, au lieu d’osciller autour d’une position d’équilibre, peuvent aller à toutes distances. Cela semble d’abord difficile à admettre pour les conducteurs solides, et même en négligeant cette difficulté, il semble que l’inertie devrait entrer en jeu comme elle le fait pour les courants de déplacement. Heureusement que cette difficulté ne se fait pas sentir dans la mise en équation du problème.
- Pour terminer, je montrerai comment la théorie de Lorentz conduit très naturellement à l’explication du phénomène de Faraday. Il suffit pour cela de modifier, ou pour mieux dire de compléter les équations (13) ou (15). Pour établir ces équations, nous avons tenu compte de la force d’inertie et de la force qui tend à rendre la polarisation dans le diélectrique proportionnelle à la force électrique.
- Mais il convient de tenir compte aussi de la force que le champ magnétique exerce sur le'courant de déplacement que les particules produisent dans leur mouvement. Cela conduit à introduire, aux premiers membres des équations (13) et(is), des ternies y [y;y—pu»,] ja [a «y — y m,]; ja L,3 «1 — a *y], ja étant une nouvelle constante spécifique.
- Démontrons d’abord que cette correction ne modifie en rien nos conclusions sur la vérification des principes de l’égalité de l’action et de la réaction et de la conservation de l’énergie. D’abord, pour le premier principe nous n’avons pas eu recours aux équations (13) ou (15}. Pour le second, l’introduction des termes précédents fera varier la valeur de l’expression [X -f- Y i\ -j- Z ;*•',] cfw dt de la quantité
- en repos. L’équation '13).. modifiée deviendra
- (K-i)f-Mx +>
- ÔAh
- ùt
- ÔM? I cHMr àt J àt2
- Remplaçons dans les équations (8) p par zéro et /, g-, h par leurs valeurs tirées de (13') etdesdeux équations analogues déduites par permutation. Nous trouvons
- Dans le cas ordinaire des ondes lumineuses, on pourra considérer les quantités , Mÿ, M.-, x, [3, y comme des infiniment petits dont les produits sont négligeables; Les termes en [a disparaissent alors. Si au contraire les ondes lumineuses traversent une région où un champ magnétique fini est produit, x, (3,y diffèrent infiniment peu des valeurs au, y, dues au champ extérieur seul. Nous supposerons le champ uniforme et parallèle à 0A- (a0 >0). Si on se borne au cas d’une onde plane transversale se propageant suivant Oæ , M* sera nul, et seront indépendants de y et de {. La première équation (24) sera satisfaite identiquement et les deux dernières donneront
- - JlY:
- ' K— 1
- (Yri
- qui est identiquement nulle.
- Je n’examinerai que le cas d’un diélectrique
- 1 u.-, \ /W ô* à2 \__ ;av _ù_
- K—1\ 1 ' / v èv2 ô/- ’ + K-1 dt
- - fv* &—&)- )= >• <25)
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- On peut satisfaire . à cette équation, en
- posant ..............
- Si on prend le signe -| -, on aura un rayon circulaire positif, c’est-à-dire de même sens qu’un courant circulaire capable de produire le champ a,,. Si 011 prend le signe — on aura au contraire un rayon circulaire négatif. Substituant dans (25) cette valeur de My±/Mî5 on trouve pour déterminer W l'équation
- ou, au premier degré d’approximation, en considérant \x a0 comme un infiniment petit
- n représente l’indice de réfraction des vibrations de période 0 lorsque a0 est nul. W sera plus grand pour le rayon circulaire positif conformément à l’expérience. En outre on voit que. le terme en ;jl est inversement proportionnel à la longueur d’onde 0. C’est égale-
- ment ce que l’on devait trouver pour avoir une formule de dispersion satisfaisante.
- Pour une autre direction de propagation les vibrations ne pourraient plus, être rigoureusement transversales,, mais à cause dé l’équation II, une onde plane ne pourra tou-, jours propager sans altération que deux modes particuliers de vibrations, chacun avec une vitesse propre, vibrations qui redeviendront transversales lorsque les ondes sortiront du champ magnétique.
- Une remarque analogue s’applique à la propagation . d’ondes dans un diélectrique en mouvement, lorsque la direction de la propagation diffère de celle du mouvement.
- M. Poincaré (L'Eclairage Électrique, t. XI, p. 481} arrive, au contraire, à une formule de dispersion peu satisfaisante, mais cela tient à ce que les termes.qu’il introduit dans les équations pour expliquer le phénomène de Faraday ne contiennent que des dérivées du premier ordre au lieu du troisième. En étudiant la question de plus près, nous avons été amenés naturellement au contraire, à introduire des dérivées du troisième ordre. Ici encore la théorie de Lorentz n’est pas en défaut.
- Quant à l’explication du phénomène de Zeeman dans .la théorie de Lorentz, je renverrai à J’expose qu’en a fait M. Poincaré dans l’article précité. ;
- Liénaru, .
- ÉCLAIRAGE ELECTRIQUE DE LA PLACE DU THEATRE-FRANÇAIS
- Depuis plus d’un an, l’avenue de l’Opéra nous donne une idée de ce que sera, nous l’espérons, l’éclairage des grandes artères de Paris dans un avenir prochain.
- Cette superbe voie peut être donnée en exemple, au point de vue de la quantité, de la qualité et de la bonne distribution de la lumière. Mais, de l’abondance même de la lumière fournie à l’avenue, résultait pour la
- place du Théâtre-Français un effet d’indigence lumineuse relative qu’il était important de faire disparaître. Le nouvel éclairage électrique que le service municipal vient d’y installer supprime heureusement cette lacune, quoique d’une façon encore incomplète, car cct éclairage n’est qu’une fraction du projet à l’étude pour ce point, de la voie publique, qui demande une assez grande quantité de
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE T. xiv. — n° ü.
- lumière, en raison de son importance et des conditions du milieu environnant.
- Tous ceux qui ont eu à s’occuper de ces •questions savent l’influence considérable que jouent sur l'éclairement - les objets limitant l’espace à éclairer, suivant que ces objets absorbent ou réfléchissent plus ou moins la lumière.
- • L’avenue de l’Opcra est bordée de deux lignes presque ininterrompue-de maisons dont les surfaces claires réfléchissent, sans obstacle, une portion notable de là lumière émise par les foyers électriques de l’éclairage public. Il faut y ajouter l’eflet des éclairages, généralement assez brillants, des magasins. La chaussée de l’avenue est donc le point de convergence, d’une part, d’un grand nombre de’foyers d'éclairage, et, d’autre part, de véritabLes réflecteurs- lumineux, constitués parles maisons ellcs-inêmes. - '
- - La place du Théâtre-Français, au contraire, est environnée des trouées formées par les nombreuses voies qui y aboutissent, des masses sombres du terre-plein des fontaines et du rectangle ombreux situé devant le Théâtre, sur la rue Saint-Honoré. Ces vides et ces arbres représentent des espaces d’absorption de lumière, précisément dans une région où la chaussée a une grande étendue et où la circulation des piétons et des voitures est particulièrement active et enchevêtrée.
- L’éclairage intensif de ce carrefour si fréquenté était une nécessité et le complément obligé de celui de l’avenue de l’Opéra, qui devait avoir deux points terminus dignes d’elle : la place de l'Opéra et la place du Théâtre-Français.
- Le nouvel éclairage complète donc bien heureusement celui de- l’avenue.
- Comme pour cette dernière voie, le courant a été emprunté au réseau à haute tension de l’Usine municipale d’électricité des Halles Centrales, qui produit le courant alternatif à 88 périodes. Un poste de transformateurs a
- été établi dans une chambre souterraine située sousl’undes terre-pleins delà place, ainsi que l'indique le plan (ng. i). Ce poste comprend un transformateur Labour à double circuit
- secondaire ramenant la tension primaire de 2 400 volts à 110 volts sur chaque circuit. Ce transformateur est pourvu de deux coupe-circuits noyés dans l’huile, d’un interrupteur Patin et d’un appareil de mise â la terre sys-tèmeCardew.Lccourantsecondaire â 1 iovolts est divisé en deux groupes comprenant chacun deux circuits de deux lampes ; les circuits permanents (P} 11 et 12, qui restent allumes toute la nuit et les circuits variables (V) 13 et 14,que l’on éteint à une heure et demie du matin, comme sur l’avenue.
- Les appareils d’allumage et de réglage des circuits : coupe-circuits et bobines de réactance Midoz, sont également placés dans le poste et disposés sur deux tableaux placés au départ de chaque groupe.
- Le schéma (fig. 2) montre la disposition particulière adoptée pour l’alimentation des lampes à incandescence placées à l’intérieur du candélabre-horloge H. Afin d'éviter d’avoir à amener du poste un circuit spécial, une dérivation a été prise sur les deux circuits d’arcs passant au pied de ce candélabre, en
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- 12 Mars 1898. REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 463
- se branchant aux fils sur lesquels ne sont pas raccordées les' bobines de réactance. Par
- contre, les lampes d’éclairage du poste sont prises sur le groupe opposé.
- Les candélabres sont du modèle dit « de refuge », ainsi qu’il convient à un éclairage de place. Ils ont été fournis par la Société des établissements métallurgiques A. Durenne. Ces candélabres ont été placés symétriquement à l’axe prolongé de l'avenue de l’Opéra, sur lequel se trouvent deux d’entre eux, aux deux extrémités de la place. . .
- Les plateaux des fontaines ne comportent aucun appareil d’éclairage.électrique.' Cette anomalie apparente tient à ce que cette partie de la place a été réservée provisoirement et fera l’objet d’un projet spécial au sujet duquel quelques essais ont etc faits dernièrement.
- Les cléments du tableau de distribution sont les mêmes que ceux qui sont installés dans le kiosque de service de l’avenue de l’Opéra et qui ont déjà été décrits, d’une manière sommaire,dans cetle Revue (*).
- Fig. 3 et 4.— Bobine de réactance Midoz,
- Nous donnons (fig. 3 et 4) la disposition des bobines de réactance Midoz à entrefervariable. Ce type permet de graduer à volonté la self-induction, entre des limites très étendues et
- par degrés très faibles, ainsi qu’il résulte du
- (• ) Voir G. Pei.i.issirr. L’Éclairage. Électrique, t. X, p. 247, 1897.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. - N° 11.
- tableau suivant reproduisant les chiffres obte- / circuit d’un courant alternatif de 14' ampères nus avec un de ces appareils, placé dans le J à la fréquence de 88 périodes par seconde
- Nombre de spires en circuit . . 26 | 51 75 ,8 120 141 ,6, j "
- Résistance ohmique 0.015 | 0,031 0,049 0,067 0,083 0,097 0,103 Ohms.
- •Différence de potentiel ( 5,5 m aux bornes, avec des j m minim.j (non mesurée) 26 46 63 96 126 ! t Volts.
- entrefers de 22,3 m m maxim. ( non mesure <0 26. 4! 59 75 )
- Coefficient de self-in- ( 3,5 m duction avec des en- \ m minim-j (non mesuré) 0,0034 0,0059 0,0088 0,0124 °'mb3( i,„n
- trefers de'.' ( 22,3 m m maxim. j ' ( non mesur 5) 0,0034 0,0053 0,0076 °>co97; 1
- Essayée en série avec 5 lampes à arc Kre- [ 14,5 ampères, une même bobine avec iôispires menezky, sur 226 volts et sous un débit de j en circuit a donné :
- DIFFÉRENCE DE POTENTIEL A JX BORNES PUISSANCE APPARENTE PUISSANCE VRAIE
- — du circuit total . .. . . . 226 volts.. 3 280 watts. . -2.535 watts. .
- — pour les lampes seules. . . 160 » 2 320 2 160 o °>932
- — pour la bobine seule . . 155 “ 2 250 . 164 > °,°73
- Nous renverrons nos lecteurs à l’article précité de M, G. Pellissier, pour la description de ce modèle de lampe à arc, du type différentiel^ qui se prête au fonctionnement en série générale ou en dérivation à des intensités variant de 8 à 30 ampères.
- Toutefois nous compléterons les renseignements publiés sur ce type de lampes en donnant la courbe de répartition de l’intensité lumineuse d’un arc identique à ceux de l’avenue de l’Opéra, et muni des mêmes accessoires, lyre et globe opale, et placé dans les mêmes conditions de fonctionnement : 14,5 ampères, 33,2 volts et 88 périodes par seconde.
- Cette courbe, représentée sur la gauche de la figure 5, montre que, grâce h la présence du réflecteur placé a la partie supérieure de la lampe, la répartition des rayons lumineux est tout à fait comparable à celle d’un arc à courant continu. ' '
- La courbe des flux déduite de la précédente par la méthode bien connue de M. Rousseau (partie droite de la figure] permet de calculer l’intensité moyenne sphérique et l’intensité moyenne hémisphérique inférieure.
- Le coefficient de self-induction atteignant alors 0,0193 henry.
- L’éclairage de la place du Théâtre-Français est assuré par des lampes Kremenezky, du même type que celles déjà employées avenue
- de l'Opéra. Étant donnés leur proximité, et leur nombre réduit, elles ont été montées par deux, en série seulement, sur '110 volts. Le régime du courant est également le même que sur l’avenue, soit 14,5 ampères et 33 volts aux bornes de la lampe. . •
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- 42Mars 1&9S. REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- La première est de 238 bougies décimales; si on la compare à la valeur de l’intensité niaxima qui est de 580 bougies, on voit que le rapport des deux est de 0,394, et par suite peu différent de la valeur 0,35 admise par j\L Rousseau pour les arcs k courant continu.
- L’intensité moyenne .hémisphérique inférieure est de 430 bougies, elle est un peu plus éloignée du double de l’intensité moyenne sphérique, mais la différence est néanmoins assez faible. ' '
- Outre le type différentiel, il existe un modèle plus récent de lampe Kremenezky, comportant un seul enroulement en dérivation. La construction de cette nouvelle lampe est très simple et ses dimensions sont beaucoup réduites.
- Ce type est destiné aux intensités variant de 3 à 9 ampères par deux, trois ou quatre arcs en série sur 110 volts avec courant alternatif.
- Nous en donnons une vue, fig. 6. Il fonctionne aussi bien avec le courant continu par le seul changement du bobinage.
- Dans l’article rappelé sur l’avenue de l’Opéra, nous avons fait remarquer l’intérêt spécial qui s’attachait à cette installation ; c’était en effet la première fois que le courant alternatif était appliqué en grand pour l'éclairage d’une voie publique, à Paris. Or, l’essai ayant donné des résultats extrêmement favorables à tous les points de vue — fixité de lumière et sécurité’ du fonctionnement des lampes à arc — un nouveau point est acquis en faveur de l’application du courant alternatif à l’éclairage public.
- La question des meilleures conditions réalisant la transformation de l’énergie en éclairement vers le sol, étudiée comparativement entre des foyers à courant continu et des foyers à courant alternatif, est encore controversée. Les résultats expérimentaux donnés plus haut paraissent éclairer la question d’un nouveau jour.
- Nous devons à l’extrême obligeance de •M. Locherer, ingénieur de la première section des travaux de la Ville de Paris, la communica-
- tion des renseignements et des données expérimentales relatives au développement du réseau municipal. C’est sur ses ordres que M. Lartigue, chef du service extérieur de l’Usine municipale d’électricité des Halles Centrales, a réuni les éléments qui font l’ob-
- Fig. 6.
- jet de cet article, et en particulier les résultats des mesures photométriques relevées avec les lampes à arc de l’éclairage électrique assuré par le courant alternatif. Nous tenons à leur adresser ici tous nos remerciements.
- J. Rev val.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. — NM1.
- RECHERCHES SUR LA TRANSFORMATION DES RAYONS X PAR LA MATIÈRE
- J’ai déjà montré dans cette Revue (‘) que la'comparaison des rayons X et des rayons lumineux ne conduit à aucune analogie positive tant qu’on se borne à étudier la propagation des rayons X dans le vide. Quand la matière intervient, un fait capital apparaît : la diffusion, ou, pour ne pas faire d’hypothèse anticipée, la dissémination des rayons X. Je vais montrer qu’il s'agit là (2) d’une transformation des rayons X par la matière, en rayons d’une espèce nouvelle, qu’on est tenté de rapprocher, par certains caractères, des rayons ultra-violets, mais qui certainement forment une sorte de prolongement du groupe des rayons X connus, à peu près comme les ondulations herziennes ou calorifiques constituent l’extension du spectre lumineux.
- I. Rayons secondaires.
- Dissémination des rayons X sans réflexion. — Tout d’abord, il est facile de constater qu’une substance quelconque M, frappée par les rayons X, surtout quand elle est suffisamment absorbante, les dissémine sans les réfléchir.
- Soit un petit miroir plan M, par exemple un de ces petits miroirs d’acier qui servent à l’étude de la réflexion métallique. Dispo-sons-le sur le fond d’une boîte de carton bien étanche à la lumière, par exemple une de ces boîtes qui servent à renfermer les plaques photographiques. A quelques millimètres au-dessus de M, disposons parallèlement à M une plaque photographique pp (fig. 1), dont la face sensible est nue et tournée vers M. Fermons la boîte et recouvrons-la d’un
- P) L’Éclairage Électrique,x. XIII, p. 5 $ r, 18 décembre 1897.
- (2) Je laisse ici de côté les phénomènes analogues à la transformation des rayons X par les platinocyanures en lumière visible (Roentgen), et par le spath fluor en rayons ultra-violets (Winkelmann et Straubel).
- écran de plomb qui laisse passer les rayons X, issus de la lame focus / du tube à vide, seulement à travers une fente /.
- Après quelques minutes de pose, la plaque pp développée nous montre en a une bande noire intense, résultat de l’action photographique du faisceau /de rayons X. A droite
- de cette bande a est une zone plus large beaucoup moins impressionnée, mais cependant très nette; c’est le résultat de l’action des rayons X émis par la paroi de verre v située-vis-à-vis de la lame focus /. A gauche de a, au contraire, le tube n’a pas agi directement, et, en dehors de la partie située au-dessus du miroir M, la plaque n’a pas été voilée sensiblement. Mais en b, au-dessus de M, elle est très nettement impressionnée, avec une intensité comparable à celle de la zone impressionnée par le rayonnement direct de la paroi de verre v. Le miroir M, frappé par les rayons X, a donc impressionné à distance la plaque photographique. Il a émis un rayonnement.
- En comparant les impressions dues à deux miroirs de même matière, mais dont l’un est poli et l’autre rugueux, on reconnaît que lç degré de poli de la surface du miroir est sans influence sensible.
- D’ailleurs, la région b impressionnée n’a pas son milieu en a! synmétrique de a par rapport à la normale au point d’incidence h mais bien sur la normale en t elle-même. Elle est donc située précisément au-dessus
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- de la partie du métal qui reçoit les rayons X et qui émet ainsi un rayonnement dont l’intensité est maximum, suivant le chemin tb le plus court entre le miroir frappé M et la couche photographique pp. C’est bien le caractère d’une dissémination en tous sens, sans réflexion régulière.
- Absorption par l'air des rayons disséminés. — Dans l’expérience de la figure 1, quand la distance de pp à M augmente, l’impression en b s’affaiblit rapidement. L’influence de la distance comprend à la fois une influence géométrique et celle qui est due à l’absorption par l’air. Cette absorption par l’air est très énergique, comme on va voir : au lieu de faire tomber un simple pinceau de rayons X sur M, laissons les rayons X couvrir toute la surface de la lame A1, que nous aurons soin de prendre toujours de dimensions assez grandes par rapport à l’épaisseur d’air comprise entre pp et MM (fig. 2). L’impression
- Fig. 2.
- de la plaque résulte alors simultanément des rayons X qui ont traversé le verre de la plaque et des rayons S disséminés par la surface métallique MM.
- Pour distinguer la seconde action, on peut mettre le miroir très près de la couche sensible de pp et constater que l’impression photographique est considérablement renforcée sous le miroir MM avec la plupart des métaux ('). L’action des rayons S, quand le métal M est près de toucher la couche sensible de pp, est en général comparable à celle des rayons X incidents (2).
- I1) Ce renforcement a été signalé des le début par Rœntgen. r
- ( ) J ai vérifié avec soin que ni les effluves électriques pouvant venir du tube et agir au-dessus du métal M, ni les vapeurs pouvant se dégager du métal n’intervenaient dans ces
- expériences.
- Introduisons, entre une lame de plomb MM et pp, une bande de papier noir en contact avec la couche sensible de pp. Bien que le papier noir n’absorbe pas sensiblement ici les rayons X, nous voyons, sur la plaque pp développée, la trace de la bande de papier noir apparaître au-dessus du plomb sous forme d’une région bien moins impressionnée que la région de la couche sensible située au-dessus du métal nu. En expérimentant simultanément avec différents métaux, on reconnaît ainsi que les rayons du plomb, de l’étain sont très affaiblis par le papier noir; les rayons du zinc et surtout du cuivre le sont beaucoup moins.
- Une bande B de mica ou d’aluminium de 1/10 de millimètre d’épaisseur arrête encore bien mieux les rayons des métaux, et leurs images se retrouvent très nettes sur le négatif en gris sur fond plus noir (*). Il est clair que l’on a une idée de l’affaiblissement des rayons S d’un métal M, quand l’épaisseur d’air traversée par ces rayons S augmente, en observant comment l’image précédente d’une bande d’aluminium s’affaiblit d’une expérience à l’autre faite à une distance différente.
- La figure 2 montre comment on peut comparer, dans une même expérience, les actions de deux miroirs identiques MM et M'M', placés à des distances différentes de pp.
- Il est commode d’incliner légèrement une plaque pp sur un grand miroir MM de manière (2) qu’un bord p touche le miroir. Les différentes zones de pp parallèles au bord p correspondent à des épaisseurs d’air traversées qui vont en croissant graduellement à partir de zéro. La bande B d'aluminium ou de mica qui sert de témoin doit alors être disposée perpendiculairement au bord p, sur toute la longueur de la couche sensible.
- (p La trace de B se voit aussi au-dessus du carton qui, lui aussi, émet des rayons. Cette influence perturbatrice s’élimine en surélevant MM de quelques millimétrés au-dessus du fond de la boîte.
- (2) Le lecteur est prié de faire la figure.
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- On évite enfin l’affaiblissement des rayons X par le verre de la plaque, en employant une pellicule photographique. On peut d’ailleurs disposer à volonté cette pellicule, soit sur un plan incliné par rapport à MM, soit suivant un cylindre tangent à MM.
- La conclusion de toutes ces expériences est que les corps qui absorbent énergiquement les rayons X, comme les métaux lourds, émettent avec une grande netteté des rayons nouveaux bien plus difficilement transmis que les rayons X par le mica, l'aluminium, le papier noir et l’air lui-même. La plupart des métaux, à une faible distance de la couche sensible (une fraction de millimètre), donnent une impression photographique comparable à l’action directe des rayons X, et qui peut même la dépasser. A partir d’une épaisseur, en général d’un millimètre, d’air traversée, l’action rayonnante du métal subit un affaiblissement rapide. Au delà de
- 10 mm, l’action est déjà faible, vis-à-vis de celle des rayons X incidents.
- Ainsi, non seulement la réflexion régulière des rayons X est inappréciable, mais les rayons disséminés par un miroir de métal ne sont pas identiques aux rayons X incidents.
- L’absorption que les rayons émis par le métal éprouvent dans les premières couches d’air adjacentes au métal suffit à montrer qu’il ne s’agit même pas d’une diffusion d’une partie spéciale des rayons X incidents.
- 11 s’agit d’une véritable transformation des rayons X incidents, d’une sorte de. fluorescence du métal (‘).
- Les nouveaux rayons ne se présentent pas d’ailleurs comme des rayons lumineux caractérisés, car ils traversent encore en partie l’aluminium épais de i/io de millimètre, ou le mica.
- L’aluminium agit très peu dans les expériences précédentes, pour transformer les rayons X, et l’on doit se souvenir que l’alu-
- p) Cela n’en qu'une comparaison. II n’y a pas dans ma pensée assimilation nécessaire du mécanisme de cette transformation des rayons X au mécanisme de fa fluorescence.
- minium ne joue guère de rôle spécial dans le phénomène de la décharge d’un conducteur électrisé, frappé par les rayons X.
- Le là l’hypothèse suivante : les nouveaux rayons, absorbés parle gaz adjacent au métal, rendent ce gaz conducteur de l’électricité au même titre que les rayons X incidents eux-mêmes. Cette hypothèse sera justifiée ultérieurement.
- Rayons secondaires, rayons X et rayons de Renard.— Voilà donc de nouveaux rayons rappelant par certains caractères les rayons X dont ils dérivent, mais bien moins pénétrants qu’eux. Nous les appellerons des -rayons secondaires. Ils sont produits par transformation des rayons X à la surface du métal MM, comme les rayons X sont produits par transformation des rayons cathodiques à la surface de la lame focus / du tube à vide,
- Le mode de production des rayons secondaires S présente cet avantage que les rayons émis par la lame de métal MM n’ont à traverser aucun autre corps que l’air pour parvenir à la plaque photographique. Au contraire, les rayons X doivent traverser le verre v du tube de Crookcs qui arrête sans doute la partie la plus intéressante du rayonnement de la lame focus l.
- A ce point de vue, il n’y a pas lieu de s’étonner que les seuls rayons X que nous connaissions, et qui ont nécessairement été filtrés par la paroi de verre soient plus pénétrants que les rayons cathodiques intérieurs au tube ou que les rayons cathodiques étudiés extérieurement au tube par Lenard, 11 faudrait avoir étudié les rayons X émis par une lame focus l non plus à travers une paroi de verre v d’une fraction de millimètre d’épaisseur, mais à travers une paroi extrêmement mince, ou à travers une feuille d’aluminium telle que la feuille mince employée par Lenard. Je pense qu’on trouverait alors des rayons X beaucoup moins pénétrants que les rayons X actuellement connus. Si les rayons X ne sont réellement que des rayons cathodiques d’une espèce spéciale, c’est ainsi qu’on pour-
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- rait espérer le démontrer en faisant dévier par l’aimant les rayons issus d’un tube focus à travers une mince paroi d’aluminium battu. On pourrait dire alors aussi bien que la lame focus / a diffusé des rayons cathodiques. Mais, en poursuivant ce genre d’expériences, on arriverait peut-être à faire disparaitre toute distinction entre les rayons X et les ravons cathodiques.
- Si telle est la réalité, on peut penser que le groupe des rayons secondaires les moins pénétrants, qui sont absorbables dans une couche d’air bien plus mince que la couche de quelques centimètres qui arrêtait les rayons de Lenard, sont déviables par l’aimant. C’est ce que je me propose de soumettre à l’expérience. Si de telles tentatives échouent, la comparaison des rayons secondaires et des rayons ultra-violets, fournira une autre méthode de travail (*).
- Pour le moment, l’expérience montre que tout se passe comme s’il y avait dans le faisceau des rayons secondaires issus d’un métal donné plusieurs groupes de rayons dont les uns seraient arrêtés plus rapidement par l’air, tandis que les autres, plus pénétrants, continueraient plus loin leur course.
- Laissant pour le moment de côté l’étude des premiers, je vais indiquer les résultats généraux relatifs à l’étude des seconds. Cette étude correspond aux expériences faites sur des rayons déjà transmis à travers quelques centimètres d’air au moins.
- II. — Émission et propagation nus rayons S
- Transformation des rayons Xpar le mercure sans réflexion régulière. — En éloignant la plaque photographiquepp (fig. 3) à quelques centimètres du métal M qui reçoit un pinceau If de rayons X, nous ne pourrons plus
- (’} Cela ne veut pas dire que les deux manières de voir soient nécessairement incompatibles. Il peut se faire en effet que le bombardement électrique déviable par l’aimant qui produit les principaux effets dus aux rayons cathodiques résulte seulement de la décharge de la cathode par les rayons X intenses qui seraient liés aux rayons cathodiques.
- enregistrer l’action des rayons X particulièrement absorbables par l’air que nous avons étudiés jusqu’à présent. S’il y a une réflexion régulière des rayons X, c’est dans ces condi-
- tions que nous devrons la rechercher. S’il subsiste une diffusion générale des rayons X, les rayons diffusés s’éparpilleront en tous sens à partir de la zone du métal M frappée par les rayons X et pourront laisser voir le faisceau réfléchi régulier dont l’action sur la plaque pp sera concentrée en une petite région.
- Pour augmenter les chances de réflexion régulière, j'ai laissé la plaque pp enfermée dans un petit châssis de bois qui devait arrêter les rayons secondaires bien .plus que les rayons X qui pourraient être réfléchis. J'ai éliminé l’action diffusante de l’air sur le tra-jet/M en disposant en ee un petit écran de plomb dont une extrémité est très rapprochée de la surface du miroir M et qui achève de définir nettement le faisceau des rayons X incidents.
- Le métal emplot'é était le mercure dont le poli est aussi parfait que le permet la constitution particulière de la matière. L’incidence a été portée jusqu’à 750, condition éminemment favorable à la réflexion régulière.
- Malgré toutes ces précautions, après des poses de quelques heures (jusqu’à 15 heures pour çM — 5,5 cm), la plaque pp 11'a jamais enregistre aucune trace de réflexion régulière. Mais la zone linéaire du bain de mercure M qui a reçu les rayons X incidents a
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- projeté sur pp l’ombre t' d’une tige métallique t. Elle a rayonné dans tous les sens des rayons secondaires S jusque dans le plan tangent à la surface du mercure. Toute la partie de la plaque pp située au-dessus de la trace ^ de ce plan, est impressionnée fortement.
- Que l’impression soit produite par des rayons secondaires S provenant de la transformation des rayons X, c’est ce qui résultera de toutes les expériences ultérieures.
- Propagation rectiligne des rayons secondaires. — Elle résulte de l’existence de l’ombre t’ de la tige t. Mais elle est surtout démontrée par la netteté de la ligne située dans le plan du miroir M, qui limite sur pp la partie impressionnée par les rayons S.
- Il y a ainsi une nappe plane de rayons S envoyée par la tranche du miroir M, de même qu’il y a une nappe plane de rayons X envoyée par la tranche de la lame focus / du tube de Crookes. Mais ici, la netteté de la ligne ^est assez grande pour permettre l'emploi de la nappe plane correspondante de rayons S dans les expériences de propagation rectiligne. On peut alors simplifier le dispositif et abréger beaucoup la durée d’une expérience.
- Au lieu de définir un pinceau de rayons X
- exposons toute la surface du métal M au rayonnement d’une lame focus distante de quelques centimètres. Les rayons S émis obli-
- quement par la surface de M (fig. 4) passent 1 travers une fente/pratiquée dans l'écran di plomb EE, et produisent sur pp une impression limitée à la droite ^ située dans le plan miroir M. Avec un de ces petits miroirs icier dont j’ai parlé plus haut, quelques minutes de pose suffisent alors à constater la propagation rectiligne très parfaite des rayons secondaires.
- it
- Absence de réfraction des rayons secondaires. — Interposons maintenant sur le trajet de la nappe plane, contre la fente/, un petit prisme r de paraffine. Une moitié de la longueur de la fente/sera libre et une cloison opaque allant de fa pp séparera la région de l’espace parcourue par les rayons S directs et la région parcourue par les rayons S qui ont traversé le prisme de paraffine. On peut, comme l’a fait M. Gouy pour les rayons X, doubler la déviation possible par réfraction, en disposant un second prisme à côté du premier sur la seconde moitié de la fente / mais en sens inverse du premier .(l’arête en
- Dans tous les cas, la droite ^ se montre su y pp continue et sans brisure d’une moitié de pp à l’autre. C’est dire que la nappe plane des rayons S limites n’a éprouvé aucune déviation sensible par réfraction.
- Les expériences ainsi faites, à quelques centimètres de distance de M, montrent déjà que, s’il y a un indice n des rayons S, de l’acier ou du mercure dans la paraffine, [n — 1) doit être cherché tout au plus dans les millièmes.
- Faible pouvoir de pénétration des rayons secondâmes. — Qu’il s’agisse bien dans toutes ces expériences de rayons nouveaux, c’est ce qui résulte de l’expérience suivante :
- Filtrons les rayons X incidents par une feuille d’aluminium de 1/10 de millimètre d’épaisseur. L’intensité photographique des rayons S est fort peu affaiblie.
- Enlevons la feuille d’aluminum qui était placée entre le tube de Crookes et-le métal M et transportons-la contre la fente /à la place
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- du prisme r de la figure 4, de manière à filtrer maintenant les rayons secondaires S. L’impression photographique est considérablement diminuée au point d'être très faible avec une pose de quelques minutes, tandis qu'elle était très forte dans l’expérience précédente avec le même temps de pose.
- Or, si les rayons S étudiés à quelques centimètres de distance du métal étaient des rayons X simplement séparés par diffusion des autres groupes de rayons X qui forment le faisceau incident, il serait indifférent de les filtrer avant ou après cette sorte de diffusion élective. Il faut donc conclure :
- L'action de la matière M a transformé les rayons X en rayons nouveaux, bien moins pénétrants que les rayons X qui leur ont donné naissance.
- Toutefois les rayons S étudiés à quelques centimètres de leur source M sont déjà bien plus pénétrants que les rayons S que nous avons étudiés au début à une fraction de millimètre de M.
- Diffusion des rayons secondaires : rayons tertiaires. — Revenons au dispositif de la figure 4. Enlevons le prisme r et faisons tomber les rayons secondaires S sur un second miroir métallique m optiquement poli. S’il y avait réflexion des rayons S, la nappe plane des rayons S limites se réfléchirait suivant une nouvelle nappe plane, qui viendrait former en sur la plaque sensible^, la limite d’une zone impressionnée, tout entière située au-dessous de ^ tandis que l'impression directe était tout entière située au-dessus de Il n’en est rien. La plaque pp ne présente en ^ aucune particularité. Mais elle est impressionnée dans toute son étendue jusqu’au-dessus de la droite f située dans le prolongement du plan du miroir m. Les rayons secondaires S ont donc refusé de se réfléchir; fis se sont disséminés en tous sens suivant des rayons T que nous appellerons rayons tertiaires et qui diffèrent des rayons secondaires comme ceux-ci différaient des rayons X issus du tube de Crookcs.
- Le dispositif de la figure 1 permet de constater en quelques minutes la double trans-formationdes rayonsX en rayons secondaires, puis tertiaires. La figure 5 montre une coupe
- faite parallèlement à la fente /de l’écran EE de la figure 1. M, M; sont deux petits miroirs d’acier très rapprochés de la surface sensible (à un ou deux millimètres par exemple). Dans l’intervalle étroit qui les sépare est disposée une petite lame / d’aluminium perpendiculaire aux surfaces des miroirs et affleurant par exemple à un demi-millimètre de la surface sensible de pp.
- En l’absence des miroirs M, M', l’action de la lame / d’aluminium est insensible; mais, entourée des deux miroirs M, M' qui lui envoicntdes rayons secondaires, l’aluminium / impressionne la plaque pp, après quelques minutes de pose. Même, l’impression en c au-dessus de / est plus intense que l’impression produite en b ou en b' par les rayons secondaires de l’acier.
- Ainsi, les rayons secondaires d’un métal tel que l’acier se sont parfaitement diffusés sur l’aluminium, ce que les rayons X ne font pas sensiblement dans les mêmes circonstances.
- Si le miroir M' est supprimé, on reconnaît que les rayons de l’aluminium sont émis jusque dans le plan de la lame / d’aluminium sans pouvoir traverser cette lame. Les rayons de l’aluminium i sont des rayons tertiaires provenant d’une double transformation des rayonsX.
- Comparaison des rayons AT, des rayons secondaires S et des rayons tertiaires T. — Le dispositif de la figure 6 diffère de celui de la figure 4 en ce que l’ouverture de l’écran de plomb EE laisse passer un pinceau de rayons X, limité par le rayon îx^0 tangent intérieurement aux bords de l’écran EE, et
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- qui impressionne la plaque pp en y/0. La plaque pp' n’est qu’à quelques millimètres de EE. Une moitié de la fente de EE, par
- exemple celle qui est en avant du plan de la figure 6, est libre et laisse passer les rayons secondaires S issus du métal M, qui viennent impressionner la plaque pp' sur une région ui nettement limitée à la droite 7 située dans le prolongement du plan du miroir M. L’autre moitié de la fente de EE est recouverte d’une lame d’aluminium ab de i/io de millimètre d’épaisseur. Cette lame reçoit les rayons S et les transforme en rayon s T qui viennent impressionner le haut de la plaque pp! en une zone nettement limitée à la droite ç'prolongement du plan de ab. L’impression en yV peut être aussi forte que l’impression en pu, ou même la dépasser. Il faut prendre garde ici à la transformation des rayons X en rayons secondaires par les lèvres de la fente pratiquée dans l’écran de plomb EE. Pour éviter cette perturbation importante, les lèvres ont été entourées, comme le montre la figure 6, d’un revêtement d’aluminium qui n’intervient guère que pour supprimer les rayons secondaires du plomb.
- Cela étant, on peut comparer sur le meme cliché les impressions produites en p0;/0 par les rayons X directs, en \u par les rayons secondaires S issus de M, en pu' par les rayons tertiaires issus de l’aluminium ab. Or, la
- moitié de «0p0 qui est située en arrière du plan de la figure 6 et qui correspond aux rayons X filtrés par l’aluminium ab. n’est pas beaucoup moins intense que la moitié située en avant de la figure, laquelle correspond aux rayons X directs.
- Au contraire, les rayons S qui ont traversé ab ont impressionné la plaque beaucoup moins que les rayons S directs. Enfin, l’impression pV produite par les rayons T s’arrête très nettement en p'; d’où il faut conclure que les rayons T n’ont pas traversé en quantité appréciable raluminium de i/io de millimètre d'épaisseur et se sont montrés encore bien moins pénétrants que les rayons secondaires S.
- On voit ainsi clairement comment le pouvoir de pénétration va en diminuant quand on passe des rayons X aux rayons secondaires S, puis 'des rayons secondaires S aux rayons tertiaires.
- III. Actions de luminescence des rayons S.
- Jusqu’ici nous avons étudié les rayons secondaires en utilisant leur action photographique. Or, ils ont, comme les rayons X, la propriété d’illuminer les platinocyanures en se transformant en lumière visible, et nous pouvons, dans beaucoup des expériences déjà décrites, remplacer la plaque photographique pp par un écran au platinocyanure de baryum, par exemple.
- La figure 7 montre comment on peut faire tomber les rayons secondaires S, S, issus du métal M que frappent les rayons X, sur l’écran fluorescent ee qui émet à son tour des rayons lumineux visibles L, L. L’écran de plomb EE protège ee contre l’action directe de la lame focus /. Un objet 00, tel que la main de l’observateur, montre sa silhouette sur l’écran lumineux.
- On peut incliner le métal MM (zinc par exemple) de manière que les rayons S soient envoyés par la tranche de MM, dont on aperçoit alors la trace sur l’écran. C’est une vén-
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- fication nouvelle de ia propagation, rectiligne des rayons S,
- Fig* 7.
- Rayons secovdaij'es et rayons X des tubes doux; analogies et différences. — Dans ces conditions, un objet allongé parallèlement à la tranche de MM, et bien appliqué contre ee, montre sa silhouette sans pénombre notable, et l’on peut reconnaître que les os de la main n’apparaissent pas, c’est-à-dire que les rayons S n’ont pas traversé sensiblement les chairs. La silhouette de la main rappelle ainsi celle que l’on obtient en illuminant l’écran ee par les rayons X issus d'un tube où le vide n’est pas très poussé (tubes doux de Rœntgen).
- • On peut d’ailleurs se convaincre que le métal MM n’a pas fonctionné simplement en diffusant dans tous les sens, sans les transformer, les rayons X les moins pénétrants du faisceau incident. Si l'on filtre en effet les rayons_S par une feuille d’aluminium de 1/3 de millimètre d’épaisseur, par exemple, placée entre MM et ee, l’illumination de l’écran ee est bien plus affaiblie que lorsqu’on filtre les rayons X par la même lame d’aluminium placée entre la lame focus l et le métal MM. ^ s’agit donc bien, comme nous le savions déjà, d’une transformation des rayons X.
- Cette méthode de l'écran fluorescent permet de reconnaître que tous les corps frappés Par les rayons X les disséminent sous forme de rayons secondaires plus ou moins penchants suivant la nature du corps qui les a reunis. Citons par exemple l’aluminium; ce
- métal léger ne paraissait guère rayonner sous l’influence des rayons X quand on employait la . méthode photographique. L’écran fluorescent montre au contraire une action très nette de l’aluminium, inférieure assurément à celle du zinc, mais cependant comparable. Ce fait est à rapprocher du suivant : M. Rœntgen a montre que si des rayons d’un tube doux agissent sur un écran fluorescent avec la même intensité que les rayons d’un tube dur, ils agissent sur une plaque photographique ordinaire plus que les rayons X du tube dur. L’analogie se poursuit ici entre les rayons secondaires et les rayons X des tubes doux. Tout se passe comme si la matière transformait les rayons X incidents en rayons beaucoup plus doux.
- Mode d'emploi des écrans luminescents. — La méthode de l’écran fluorescent permet de constater dans l’air jusqu’à quelques décimètres de distance la propagation des rayons secondaires émis par une lame de zinc par exemple. Il est bierdentendu que ces rayons S, qui ont déjà traversé un décimètre d’air par exemple, sont bien plus pénétrants que les rayons étudiés à très petite distance du métal (à un millimètre par exemple), et l’on peut parfaitement les étudier avec un écran de carton recouvert de platinocyanurc. A ce sujet, je signale, en passant, l’avantage que présente sur le carton noir souvenf’employé un carton très blanc sur la face imprégnée de platinocyanure. La lumière émise par le pla-tinocyanure vers le carton blanc est en effet diffusée par celui-ci, retraverse la mince couche de platinocyanurc et augmente ainsi considérablement l’illumination de l’écran. Il y a d’ailleurs avantage à déposer le sel sur une simple feuille de papier blanc. On peut employer une pellicule de collodion imprégnée de platinocyanure; quand on vient à placer derrière la pellicule une feuille de papier blanc, l’éclat de la fluorescence est considérablement augmenté. Rien n’cmpêche enfin de tourner la face de l’ccran recouverte de platinocyanure vers la source des rayons S
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- ou X. On évite ainsi toute absorption autre que celle du platinocyanure lui-mème. On peut dans ce dernier cas renforcer la luminosité.de l’écran en adossant le platinocyanure à un miroir métallique qui renvoie très bien la lumière rayonnée en arrière par l’écran et augmente
- encore la luminescence de l’écran en émettant des rayons secondaires S ou tertiaires T sous l’influence des rayons X ou des rayons S qu’il reçoit à travers le platinocyanure.
- G. Sagnac.
- (A suivre.)
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Contact pour lampe à arc
- Les lampes à arc sont souvent accompagnées de fils conducteurs, pendant à côté, qui permettent d’abaisser la lampe pour la nettoyer et changer les charbons. Ces fils sont d’un effet disgracieux et ont en outre l’inconvénient de se couper facilement aux
- points de contact, par suite des brisements qui se produisent à chaque déplacement de la lampe.
- Le mécanisme représenté sur la figure i
- (*) Eleklroiecbnische- Zeitschrift, p. 2, 6 janvier 1898.
- permet d’éviter ces ennuis en supprimant les fils d’allongement. Le pilier-potence de la lampe se termine par un tube vertical en laiton b, dont la partie inférieure présente un évasement conique. Ce tube b porte une plaque d’une substance isolante c qui l’entoure et sur les faces de laquelle sont fixés deux anneaux métalliques d et en communication avec les fils conducteurs par les vis de contact p et pp, quatre ressorts/ et f sont reliés à chacun de ces anneaux.
- La lampe elle-même est attachée par un œilleton 0 à l’extrémité d’un cable a, placé à l’intérieur d’un cylindre qui peut glisser aisément dans le tube b\ ce cylindre est terminé à son extrémité supérieure par une partie conique g pour faciliter son introduction dans l’évasement de b. Ce dispositif guide le mouvement de la lampe lorsqu’on la relève, et permet de la replacer toujours exactement au même endroit.
- A la base du cylindre mobile, au-dessus de l’œilleton o, est une plaque isolante h; au-dessus de celle-ci, deux cylindres de contact concentriques k et k1 sont disposes, séparés par un intervalle d’air, de sorte qu’aucune communication électrique ne soit établie entre eux. Lorsqu’on relève la lampe, le cylindre/*, vient frotter les ressorts f placés à son intérieur, et le cylindre k les ressorts f placés a l’extérieur. Ces deux cylindres k et kt sont en communication électrique avec deux vis de contact l et reliées aux deux charbons de l’arc.
- Pour empêcher que l’eau provenant de L
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- pluie ou de la neige puisse pénétrer dans la monture, une sorte d’abat-jour a est disposée à l’extrémité du pilier et protège le mécanisme de contact ainsi que la lampe elle-même. Pendant le nettoyage, lorsque la lampe est abaissée, il peut s’introduire de l’eau, soit à l’intérieur du cylindre A*,, soit entre les deux cylindres k et kt. Pour obvier à cet inconvénient, le cylindre k est fixé à la plaque isolante par quatre points de contact seulement; entre ces points, on a laissé un intervalle vide par lequel l’eau recueillie entre k et k, peut s’écouler. En outre, une petite rainure est creusée à l’intérieur de /q dans la plaque isolante A, et des trous traversant cette plaque permettent à l’eau accumulée dans /q de s’échapper.
- Cet appareil n’exige aucun soin particulier, il a déjà donné toute satisfaction pendant l’hiver. Tel qu’il vient d’être décrit, il est construit par la E. A. G. vormals Schuckert et C°; un dispositif analogue a été aussi utilisé par la Siemens et Halske A. G. dans la gare de Cologne en 1894, et à Cassel en 1896. G. G.
- Indicateur électrique de niveau d’eau J.-E Hutton (J).
- Ce dispositif, représenté par la figure 1, est des plus simples. En P sont des plaques
- métalliques disposées à divers niveaux dans le réservoir et reliées aux touches d’un com-
- (*) Brevet anglais, n° 23778, déposé le 26 octobre 1896, aecepté le 28 août 1897, i figure.
- imitateur S. Le levier de celui-ci est connecté à l'un des pôles de la pile B par l’intermédiaire de l’électro-aimant du relais R. En E sont des plaques de terre. On se rend compte qu’en faisant tourner le levier du commutateur le circuit se trouvera fermé autant de fois qu’il y a de plaques P plongeant dans l’eau. A chacune de ces fermetures, le circuit de la pile b se trouvera également fermé par l’armature de l’électro-aimant R, et l’électro-aimant r fera avancer d’une dent la roue à rochet I. L’aiguille que porte cette roue fera donc connaître le nombre des plaques P immergées, et par suite le niveau de l’eau. J. R.
- Sur les facteurs d’économie des stations centrales ;
- Par C.-P. Feldmann (!).
- Les prix payés à Berlin, Hanovre et Dresde pour la consommation des tramways sont de 8, 12,5 et 19 centimes le kilowatt-heure. Les tramways constituent de bons clients avec environ 3000 heures d’utilisation annuelle, et les prix ci-dcssus correspondent k ceux indiqués comme économiquement justifiés dans le tableau précédent. On s’explique que les stations centrales pour tramways qui produisent l’énergie nécessaire à leur propre consommation puissent établir le kilowatt-heure à meilleur marché, par exemple à moins de 10 centimes, puisque les frais de distribution sont supprimés ou tout au moins affectés à d’autres positions, et puisque les frais d’administration sont réduits par le fait que ces frais se répartissent en même temps sur l’exploitation de la traction. Pour 3 000 h d’utilisation on a donc :
- Dépenses fixes, environ la moitié du chiffre indiqué plus haut. . 0.51 cent
- Dépenses variables, même chiffre que plus haut................. 0,24 »
- Bénéfice,moitiéduchiffreprécédent 0,25 »
- 1 cent
- par hectowatt-hcure.
- P) Voir L’Éclairage Électrique du 5
- 1898, p. 427-
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- Suivant les évaluations de Kallmann pour sept grandes stations centrales, le facteur d’utilisation est en moyenne de .6 p. ioo, le prix de vente moyen de 7,9 centimes, la recette annuelle de 39 à 56 francs par hecto-watt installé ou de 1,63 franc par habitant de la région desservie par la station. Dans ces exemples, la charge maxima est pourle réseau de 50 p. 100, pour les machines de 80 p. 100 et pour les branchements de 60 p. roo. A ce dernier point de vue il n’y a donc plus grand’chose à gagner, si ce n’est en augmentant la surface de la courbe de consommation par une répartition judicieuse des consommations nouvelles qui peuvent se présenter.
- La surface et la configuration générale de la courbe de consommation journalière dépendent de conditions locales et d’une série d’autres facteurs. Sous nos latitudes, presque toutes les stations centrales ont une courbe de consommation analogue à celle représentée parla figure 1 donnant, suivant M.Crompton,
- la consommation totale de toutes les usines de Londres pour tes journées des 19 et 20 décembre 1894. La charge maxima se produit le soir à 5 heures et demie avec 11 600 kilowatts correspondant à 232 000 lampes allumées ; la charge minima n’est que de 800 kilowatts et la consommation totale en 24 heures de 95 000 kilowatts-heures ; le facteur d’utilisation est de 33 p. 100. En été, ce facteur descend jusqu’à une fraction de 1 p. 100 et ne dépasse pas comme moyenne annuelle 6 p. 100.
- L’un des moyens d’améliorer le facteur d’utilisation réside dans la vente de courant pour les applications de jour, telles que tramways, moteurs, etc., mais pour ces applR cations le tarif doit être réduit. Kallmann indique les chiffres suivants pour la vente du courant pour les différentes applications, par an et par habitant :
- 20 hw-h à 8 C 1,60 fr. • 20 L à 2,5 c 0,50 »
- 100 » à 1,25 c 1,25 » •
- Mais il existe d’autres moyens d’augmenter le facteur d’utilisation. II faut citer en première ligne les efforts à tenter, à l’instar de ce que font les usines à gaz, pour appliquer le courant au chauffage et à la cuisine. L’extension de cette application n’est qu’une question de temps ; jusqu’à présent on ne se sert du chauffage électrique que dans des cas spéciaux, comme pour les tramways, dans les théâtres, etc.
- L’installation du Niagara fournit un exemple intéressant de chauffage électrique en grand; pour le chauffage des bureaux on emploie 175 chevaux de courant alternatif à 110 volts ; dans la salle des machines sont installés 15 appareils de chauffage qui absorbent 600 chevaux et sont alimentés directement avec du courant à 2 200 volts. 10 de ces appareils suffisent même pendant les plus grands froids, car il faut remarquer que les deux dynamos de 5 000 chevaux qui fonctionnent transforment elles-mêmes 3-00 chevaux en chaleur, de sorte que 800 chevaux environ sont absorbés pour le chauffage.
- La même usine ainsi que la nouvelle installation de l’A.-E.Gesellschaft,àRheinfelden, offrent des exemples pour l'augmentation du facteur d’utilisation par l’adjonction d’usines électrochimiques ; çes usines, même lorsqu’elles doivent être alimentées par l’intermédiaire de transformateurs rotatifs, comme au Niagara, ont une consommation très avantageuse pour les stations centrales, dès que la force motrice disponible est peu coûteuse et les quantités d’énergie à fournir
- Éclairage .... Force motrice. . Tramways . - .
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- considérables ; niais les applications électro-chimiques n’entrent pas encore en ligne de compte pour la grande majorité des stations centrales.
- En tout cas, comme les stations centrales alimentent principalement des lampes, c’est la consommation de courant pour l’éclairage qu'il faut chercher à rendre plus avantageuse par une meilleure répartition sur les différentes heures de la journée; ce que l’on peut obtenir par une tarification judicieuse.
- 3. Tarifs. — L’auteur développe ici les divers modes de tarification de l’énergie électrique et expose principalement les idées de Wright à ce sujet. Nos lecteurs ont été mis au courant de la question par un récent article de M. Pellissier (').
- L’AlIgemeine E.-G. applique à Rheinfelden le tarif mixte suivant. Cette société compte le kilowatt-heure pour l’éclairage à 50 centimes et pour la force motrice à 2 centimes, et accorde
- les rabais suivants :
- Pour 500 heures >. 600 > par an 5 p. ion
- » 800 » 20 »
- » 9°° 25 »
- . . I3o„ 45 »
- » 3 000 60 »
- >» 4 000 70 »
- » 5 000 75 *
- 80 1)
- L’abonné paie de plus annuellement par
- kilowatt installé pour u ie installation :
- De 0,1 à o, 9 kilowatt 200 fr
- » 1 à 4 » 375 »
- »» 5 a 20 » 160 »
- » 21 à 40 » i45 "
- » 41 à 80 » 130 »
- » 81 à 160 ». 120 «
- • 161 à 300 » I05 »
- (*) G. Pellissier, L'Éclairage Électrique, t. XII, p. 537.
- ,, 3oi à 500 .» 80 »
- » 5<>i à 800 » 78 »
- »> 801 à 1200 »> 70 »
- plus de 1200 » 65 »
- La durée d’allumage est déterminée par le rapport du nombre de kilowatts-heure fournis à la charge normale pour laquelle est'prévu le compteur ; ce mode de détermination laisse une certaine marge au directeur de l’usine et économise les opérations de comptage ou de mesure. En tout cas, le minimum qu’un abonné puisse avoir à payer dans cette combinaison, comme taxe fixe et pour le courant consommé, est de 125 francs par an. Les forfaits ne sont d’ailleurs pas exclus.
- Un tarif différentiel comme celui préconisé par Wright doit naturellement attirer la clientèle 11103'enne composée de consommateurs petits, mais très réguliers. Wright n’a malheureusement pas tort en disant qu’à en juger par la courbe de consommation des stations centrales, 011. pourrait croire que les 9/10 des habitants se couchent à 8 heures. Mais on dispose d’un dernier moyen d’obtenir la clientèle des classes moyennes et peu fortunées ; ce moyen est de plus en plus employé par les usines à gaz et a procuré à la Gas Light and Coke Co de Londres plus de 150000 clients nouveaux. Il consiste dans l’emploi de compteurs automatiques mis en fonctionnement par l’introduction d’une pièce de monnaie et dont le tarif est établi de manière à comprendre l’amortissement de l’installation fournie gratuitement.
- Ces différentes combinaisons appliquées suivant les conditions locales sont capables de rendre accessibles aux classes moyennes les bienfaits de l’éclairage électrique, et en meme temps d’augmenter le rendement fmancierdes stations centrales sans affecter notablement la puissance maxima de ces stations, et par suite sans nécessiter des agrandissements considérables. A. H.
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- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DES ÉLECTRICIENS
- Séance du mercredi 2 mars 1898.
- M. P. Janet présente, au nom deM. M.-R. Bouchet, des nouveaux interrupteurs et coupe-circuits à mercure. Ces appareils réalisent l’ouverture et la fermeture du circuit entre mercure et mercure, ce qui assure un contact excellent; la tension superficielle du mercure est utilisée pour obtenir la réunion et la séparation brusques des deux masses de mercure qui sont immédiatement après la rupture séparées par une cloison isolante, en sorte que les appareils peuvent servir à interrompre des courants à très haute tension et de grande intensité sans qu’aucun arc puisse se former.
- En principe, les interrupteurs se composent d’une cuve en matière isolante séparée au fond, par une cloison isolante, en deux compartiments contenant du mercure ; au-dessus de chaque compartiment est fixée une tige en fer reliée au circuit. Les proportions de l’appareil sont telles que, en temps ordinaire, les deux masses de mercure sont séparées par la cloison et ne touchent pas les tiges de contact aux bornes; si, par un artifice quelconque, on fait monter le niveau du mercure, celui-ci viendra d'abord en contact avec les bornes; le circuit ne sera pas encore fermé, puisque les deux masses de mercure sont séparées par la cloison isolante; le niveau du mercure, montant encore, atteindra dans chaque compartiment le bord de la cloison médiane ; le contact n’aura pas lieu immédiatement par suite de la formation de ménisques convexes dus à la tension superficielle ; lorsque le niveau sera suffisant, les deux masses de mercure se réuniront brusquement et le contact sera établi. Pour rompre le circuit, il suffira de faire baisser le niveau du mercure; les deux masses de mer-
- cure donneront lieu à des ménisques concaves et resteront réunies par un filet de mercure passant au-dessus de la cloison, jusqu’à ce que, le niveau s’étant abaissé assez au-dessous de l’arête supérieure de la cloison, la rupture brusque de contact ait lieu: la cloison isolante est ainsi automatiquement interposée entre les deux masses de mercure et aucun arc ne peut se produire; le contact entre le mercure et les bornes n’est rompu que lorsque le circuit est ouvert.
- Le fonctionnement de l’appareil étant basé sur des phénomènes physiques est indépendant de fa manœuvre ; que fa dénivellation du mercure soit lente ou rapide, la fermeture et l’ouverture du circuit seront toujours brusques, puisque cette qualité ne dépend que de la réunion et de la rupture des ménisques.
- On pouvait craindre que le mercure ne s’oxydât et ne métallisât la cloison isolante. Ces inconvénients ont été évités en employant du mercure bien pur et en l’enfermant dans un vase à peu près clos; dans ces conditions, il ne se produit qu’une légère volatilisation du mercure, sans oxydation.
- La durée de la cloison isolante lorsque sa forme est convenable est très longue; on a pu faire celle cloison en paraffine sans nuire au fonctionnement ni à. la durée de l’appareil; l’usure de la cloison dépend de sa forme; si celle-ci est trop aiguë au sommet, l’usure est d’abord très rapide, mais au bout de peu de temps, par suite de cette usure même, la cloison a pris la meilleure forme et l’usure devient très lente.
- Dans les appareils industriels destinés aux courants à haute tension, la forme élémentaire précédente est légèrement modifiée pour obtenir une meilleure séparation des bornes. La cuve isolante est partagée en cinq compartiments ; les deux extrêmes, qui contiennent les bornes, communiquent avec les
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- compartiments contigus par leur partie inférieure ; le compartiment du milieu communique avec ses deux voisins par des ouvertures pratiquées dans le haut des cloisons. Tous ces compartiments contiennent du mercure dans lequel peuvent être enfoncés des plongeurs en matière isolante pour produire la dénivellation du mercure. Le fonctionnement est le même que précédemment. Avec un appareil de ce genre, on a pu interrompre i ooo fois de suite en 20 minutes un courant de 110 volts et 20 ampères sans échauftement important ; à la fin de cet essai, la résistance d'isolement était encore de 1 mégohm.
- jVI. Janet décrit ensuite plusieurs appareils basés sur le meme principe, mais dans lesquels la dénivellation est produite par des procédés différents : pression d’air, rotation, etc.
- Des interrupteurs Bouchet ont été essayés en service courant sur le secteur des Champs-Elysées avec plein succès -, des courants alternatifs de 3200 volts et 12 ampères ont été interrompus sans arcs. Les appareils sont de très petit volume et très peu coûteux.
- Les coupe-circuits sont basés sur le même principe, mais la manœuvre des plongeurs est obtenue automatiquement au moyen d’un électro-aimant et d’un ressort. Le courant parcourt un petit électro-aimant cuirasse placé à la partie, supérieure de l’appareil ; tant que l’intensité de ce courant ne dépasse pas la valeur normale, l’armature de l’électro, entraînée par son poids, est abaissée ; lorsque l’intensité du courant atteint la valeur pour laquelle l’appareil est réglé, cette armature est soulevée ; dans les premiers instants, l’attraction magnétique n’a à vaincre que le poids de l’armature ; vers la fin de la course, l’armature vient buter contre une plaque qu’elle soulève légèrement, ce qui provoque la détente du ressort et le soulèvement des plongeurs. L’action mécanique exercée par l’armature est donc très faible, et comme elle a lieu lorsque la distance de l’armature à la pièce polaire est très faible, le fonctionne-
- ment de ce coupe-circuit est très précis ; il agit pour une intensité ne variant pas de plus de 2 ou 3 p. 100 de celle pour laquelle il a été réglé; un écart de 30 p. 100 dans la tension des ressorts est sans influence sensible. Ces appareils présentent tous les avantages des coupe-circuits magnétiques, tout en étant d’un prix beaucoup moins élevé et d’un fonctionnement plus précis.
- Ces appareils peuvent être munis d’une manette qui permet de les utiliser à la fois comme interrupteurs et comme coupc-circuits.
- En disposant convenablement l’électroaimant et les ressorts, on peut construire sur le même principe un disjoncteur à minimum.
- Une autre application consiste dans la construction d’un appareil limiteur de consommation d’abonnés sur les secteurs d’éclairage électrique, qui peut être utile lorsque la vente a lieu à forfait, en empêchant l’abonné d’allumer à la fois plus de lampes que ne le comporte son contrat.
- Dans tous ces appareils, la consommation n’est pas de plus de 1 watt, dont les 8/10 dans la bobine et les 2/10 dans le mercure.
- Enfin une dernière classe d’applications réside dans la construction d’appareils de commande à distance pour la rupture et l’ouverture des circuits, et dans la construction de conjoncteurs-disjoncteurs; ces appareils sont formés par la combinaison d’un appareil à maxinia et d’un appareil à minima dans un seul organe.
- Tous ces instruments, construits par la maison A. Guénée et Cie, seront décrits prochainement en détail dans nos colonnes.
- A la suite de cette communication, M. d’ARSONVAL rappelle qu’il avait jadis étudié la construction d’interrupteurs à mercure sur mercure (') ; il cherchait à obtenir une rupture graduelle, avec résistance de plus en plus grande ; ses essais l’ont conduit à reconnaître de sérieuses difficultés entraînées
- (') La Lut.
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- par l’emploi du mercure ; celui-ci s’oxyde, <c fait queue » et métallisé les parois ; pour éviter cet inconvénient, M. d’Arsonval cherchait à établir le contact dans la niasse même du mercure et non par la surface. Il désirerait savoir si M. Bouchet n’a pas rencontré ces mêmes difficultés et comment, le cas échéant, il les a vaincues.
- MM. Janet et Bouchet répondent que ces difficultés ont été observées dans les premiers temps, mais qu’elles ont été surmontées en employant du mercure absolument pur; celui-ci ne produit pas les memes ennuis. De plus, dans les appareils qu’il a réalisés, les bornes ne touchent les parois que dans des endroits où le mercure ne pénètre jamais; la métallisation n’est donc pas à craindre.
- - M. Barbarat entretient ensuite l’assemblée des câbles souterrains à isolement d'air employés par l'Administration des Postes et Télégraphes.
- Jusqu’en 1893, on employait pour les communications téléphoniques des câbles à •7 paires de conducteurs, isolés à laguita; ils étaient très encombrants et très chers; à partir de cette époque, la transformation du réseau de Paris, qui entraîne la nécessité d’amener dans chaque bureau un grand nombre de fils, conduisit à essayer d’autres câbles. On adopta les câbles isolés au papier construits par la maison américaine Western Electric C°. Ces câbles contenaient sous un faible volume jusqu’à 50 paires de conduc. teurs enroulés de papier; ils étaient enfermés dans un tuyau de plomb coulé directement, par des procédés spéciaux, sur le câble; des tampons de paraffine disposés tous les 200 111 environ séparaient le câble en sections et assuraient un bon isolement. Mais si l’enveloppe en plomb venait à être crevée accidentellement, comme cela se produit souvent dans les égouts où les rats ne respectent rien, l’eau ou même l’humidité pénétrait dans le câble; le papier cessait d’être isolant, et des réparations longues et difficiles étaient nécessaires.
- C’est alors que M. Barbarat proposa de maintenir les propriétés isolantes du papier en faisant circuler de l’air sec dans l’intérieur des tuyaux qui enferment les câbles. 11 publia une étude à ce sujet dans les Annales télégraphiques^ en 1894; les essais donnèrent d’excellents résultats. L’Administration résolut d’adopter les câbles à circulation d’air, non seulement parce qu’ils donnaient des résultats supérieurs aux câbles américains, mais encore parce qu’ils coûtaient moins cher, l’emploi du papier seul étant dans le domaine public; on mit les fournitures en adjudication et les prix actuels sont des 2/3 moins élevés que ceux des câbles américains.
- On construit des câbles de ce genre qui contiennent jusqu’à 224 paires de .conducteurs; par un ancien usage, sans raison aucune, le nombre de paires est toujours un multiple de 7.
- La construction est très simple ; tous les tampons de paraffine ont évidemment été supprimés pour permettre la libre circulation de l’air; aucune condition spéciale n’est imposée aux constructeurs, sauf d’employer des tubes étanches, de ne pas trop serrer le papier pour faciliter le passage de l’air, et enfin de câbler les conducteurs de façon à éviter l’induction.
- L’envoi d’air se fait au moyen de pompes spéciales, ou, plus simplement, à Paris, en branchant les tubes sur les canalisations de la Compagnie Popp. Il est essentiel de dessécher l’air aussi parfaitement que possible avant de l’envoyer dans les câbles; pour cela on le fait passer dans une batterie de 6 tubes de 1 mètre contenant du chlorure de calcium, produit peu cher et non corrosif qui donne des résultats excellents.
- Chaque extrémité de câble est munie d’un robinet et d’un branchement spécial sur le réservoir d’air comprimé et desséché. Lorsque l’isolement du câble a été endommagé pour une raison quelconque, il suffit de faire circuler l’air sec pendant quelques heures pour lui rendre ses qualités premières.
- Cette facilité de réparation entraîne une
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- simplification considérable dans la pose et dans l’exploitation. La pose des câbles américains était très difficile, parce que, lorsqu’on devait faire des soudures pour réunir deux tronçons de câbles, l'humidité pénétrait dans les tuyaux et détruisait l’isolement : ces opérations étaient longues et nécessitaient des ouvriers exceptionnellement habiles et soigneux. Avec les câbles actuels, les soudures, réparations, etc., s'effectuent sans aucune précaution spéciale, sans s’inquiéter de l’humidité qui pénètre dans les câbles, car une fois l’opération terminée, il suffit de faire circuler de l’air pour mettre le câble en état. Cela permet de faire aussi sur les câbles toutes les réparations nécessaires et d’établir des branchements.
- Si l’enveloppe du câble vient à être trouée, oti envoie de l’air sceaux deux extrémités du câble en même temps ; l’air entraîne l’humidité en s’échappant par la blessure ; au bout de cinq à six heures, l’isolement a repris sa valeur normale ; il suffit alors de boucher la blessure du tube. Si ce trou est grand, comme en font parfois les rats, et si l’eau a mouillé complètement le papier, on chauffe le câble dans les environs de l’accident, avec des lampes, pour activer l’évaporation qui sans cela durerait trop longtemps en raison de la- faible tension de la vapeur d’eau aux températures ordinaires. .
- A la suite des excellents résultats obtenus à Paris, on a adopté ces câbles pour d’autres services ; sur les lignes interurbaines et les lignes de banlieue, bien que les câbles aient souvent 7 et 8 km de longueur, l’air circule sans difficulté; on a pu en adoptant ces câbles, donner aux conducteurs un diamètre de 4 ou 5 mm et diminuer ainsi la résistance; la jonction avec les circuits aériens est ainsi facilitée.
- M. Barbarat estime que ces câbles pourraient être avantageusement employés pour les distributions de courants industriels. Nous reviendrons plus tard sur cette question.
- On a fait aussi des essais de ces câbles
- pour la télégraphie et la téléphonie à longue distance, sur la ligne de Marseille à Toulon; les conducteurs en cuivre ont 2 mm de diamètre; ils sont isolés au papier sans cloisonnements à la paraffine; le tube qui les renferme est muni de branchements fermés par des robinets placés de distance en distance; en cas d’avarie, on envoie de l’air sec, au moyen de pompes, par les deux branchements placés de chaque côté du trou ; les parties extrêmes du câble font tampon et l’air s’échappe par la blessure, entraînant avec lui l’humidité.
- Les résultats obtenus ont été parfaits quant à l’exploitation télégraphique (la ligne est longue de 64 km).
- Pour les essais téléphoniques, on a utilisé les différents conducteurs du câble qu’on réunissait aux extrémités de façon à former un conducteur replié de longueur double, triple, etc. On a ainsi reconnu qu’à partir d’une distance de 150 km, la conversation n’était plus commerciale ; la capacité de ces câbles est de 6/100 de microfarad par km. Pour chercher à sc rapprocher des conditions des lignes aériennes, l’administration procède actuellement à des essais sur un modèle de câble que M. Vaschy a indiqué à la suite d’une étude analytique : l’isolant resterait le même, mais le conducteur en cuivre serait recouvert d’une chemise en fer doux, dont l’épaisseur serait égale à la dixième partie du diamètre du cuivre. Cependant, en raison des phénomènes d’hystérésis dont on ne peut prévoir les effets, il est nécessaire d'attendre que l’expérience se soit prononcée pour savoir si ces câbles donneront les résultats attendus.
- G. P.
- SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE
- Séance du 4 mars 1898. . .
- M. Lamotte a étudié les ondes plus courtes que l'onde fondamentale dans les systèmes de Lecher et Blondlot.
- Le dispositif employé par Lecher pour étu-
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- dier les ondes électromagnétiques propagées le long des fils consiste, comme l’on sait, en un système de deux condensateurs dont deux armatures, dites primaires, sont réunies aux pôles entre lesquels éclate l’étincelle active, tandis que des deux autres partent deux fils parallèles qui vont se terminer à deux plaques métalliques placées en regard l’une de l’autre. Quand on déplace un pont métallique le long des deux fils, on divise le système en deux parties, et les vibrations sont particulièrement intenses lorsqu’il y a résonance entre les deux. Ce procédé permet de déterminer, avec des fils de longueur déterminée, un nombre fini de périodes; on peut étendre le domaine des recherches, en laissant les deux fils se terminer librement et en fermant un circuit h l’aide d'un deuxième pont. Si on laisse le premier fixe et qu’on déplace le deuxième en maintenant entre les deux un tube a vide, on voit se produire une illumination qui est particulièrement intense pour certaines positions du pont mobile; dans ces positions, le système formé par les deux ponts et les deux segments qu’ils découpent sur les fils a une période propre égale à l’une de celles que peut émettre le système constitué par le pont fixe, les parties antérieures des fils, les deux condensateurs et leur fil de jonction, qui se trouve fermé par l’étincelle. On peur faire plusieurs séries d’expériences en donnant au pont fixe diverses positions.
- Bans le dispositif de Blondlot, les deux fils de ligne sont directement réunis par un fil, courbé de façon à suivre de très près un conducteur circulaire ou rectangulaire, interrompu d’un côté par un condensateur et de l’autre par l’étincelle.
- La théorie de la propagation des ondes le long des fils a été faite par Kirchhoff. La force électromotrice agissant en un point est la somme de deux termes : l’un qui provient de l’induction, l’autre de l’action des charges électrostatiques distribuées le long des fils. Bans le cas où le courant aurait une intensité uniforme + i dans l’un des fils et — i dans l’autre, la force électromotrice, d’induc-
- tion serait, pour des fils de diamètre rf, pla_ cés à la distance R,
- i étant mesuré en unités électromagnétiques.
- Bans le système des fils, les charges et les courants sont égaux et de signe contraire en deux points placés en regard l’un de l’autre. Si l’on admet que la variation du courant et de la charge soit lente le long des fils, on peut appliquer la formule précédente. Bans les mêmes hypothèses on aura pour la force d’origine électrostatique E, en appelant e la charge de l’unité de longueur, V le potentiel, (mesuré en unités électrostatiques), et s l’abscisse d’un point du fil,
- v étant le rapport des unités.
- La conductibilité d’un fil étant extrêmement grande pour des courants de très haute fréquence, la force électromotrice totale est nulle; on a donc, en supprimant un facteur commun,
- PL. i PL —
- dt + v ùs ~ 0 '
- B’autrepart, la variation de la charge est due k l’apport d’électricité par le courant, ce qui s’ccrit,
- PP- dsdt = v ÉL dids \
- ôs df
- l’élimination de e entre les deux équations précédentes donne
- P1L- séü.
- dt* v <)*•-
- et une équation analogue pour e ; les phénomènes dont le fil est le siège se transmettent donc avec une vitesse v, dans un fil indéfini.
- Pour intégrer complètement l’équation, il faut connaître les conditions aux limites. Au centre d’un pont, où arrivent k chaque instant des ondes égales et de signe contraire?
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- la charge est toujours nulle; par suite, on a
- de___ di__
- àt~° ôs ° '
- L’influence du condensateur est plus difficile a étudier. M. Lamotte pense avec M. Drude qu’on peut tenir compte de sa présence en ajoutant à la longueur réelle des fils une longueur fictive constante, au moins dans une première approximation ; on trouve alors que les fréquences T„ des différentes vibrations d’un même système sont données par l’équation :
- dans laquelle / désigne la demi-longueur du circuit y compris les ponts, et a prend les valeurs successives qui satisfont à l’équation
- C étant la capacité de chacun des condensateurs.
- Pour résoudre cette équation .rtg;c — const.. on construit les deux courbes xy — const
- y — tg x
- et on détermine les abscisses de leurs points d'intersection. On remarque immédiatement que les courbes =tgx présentent, à quelque distance du point d’inflexion, des portions très sensiblement rectilignes sur une grande étendue; les points d’intersection avec les courbes xy = const. ont des abscisses qui different notablement des longueurs proportionnelles aux nombres entiers successifs; il y a une grande différence entre les ondes diverses d'un système dé Lecher et les harmoniques d’un tuyau sonore. Dans le circuit auxiliaire, limité par les deux ponts, la longueur d’onde de chaque vibration est la moitié de la longueur du circuit, comme pour une corde vibrante ; il faut, bien entendu, tenir compte de la longueur du pont, les conditions aux limites écrites ci-dessus se
- rapportant au milieu du pont. L’examen des nombres donnes par AL Lamotte montre que la concordance entre les conclusions de la théorie et les résultats de l’expérience est très satisfaisante. La sensibilité de la méthode étant limitée, AL Lamotte se propose de continuer ses recherches en employant l’électro-mètre ou le bolomètre.
- AL Villard expose de très intéressantes recherches sur les rayons cathodiques.
- La résistance d’un tube de Crookes, mesurée par la longueur de l’étincelle équivalente, varie avec la pression du gaz qu’on y a laissé, la forme et les dimensions des électrodes; de plus cette résistance n’est pas constante pour un même tube, elle va en croissant à mesure que l’on fait passer des décharges ; en même temps les apparences que présente le tube sc modifient; le faisceau des rayons cathodiques, d’abord très large, va se resserrant progressivement, pour aboutir à un mince faisceau.
- 1. La résistance d’un tube de Crookes dépend essentiellement de la section du faisceau des rayons cathodiques. — Pour le démontrer, M. Villard fixe sur une même canalisation une série de tubes cylindriques de même longueur et de diamètres différents, les cathodes sont des lames planes fixées au voisinage d'une extrémité des tubes; on emploie une même anode, éloignée de tous les tubes. On observe alors que : i° pour un tube large à large cathode, émettant un faisceau très épais de rayons,- la résistance est celle de quelques millimètres d’étincelle ; 20 cette résistance s’élève à celle de t ou 2 cm dans un tube plus étroit dont la cathode occupe toute la section ; 30 la résistance ne varie pas si on passe du tube précédent à un tube de section plus large, lorsque la cathode conserve la même surface et qu’en recouvrant de verre la tige que porte cette cathode, on empêche la production de rayons autre part que sur la surface plane regardant le tube ; f on arrive à 10 cm d’étincelle avec un tube de très petit diamètre, en protégeant toujours la cathode; 50 avec un tube aussi étroit que le
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- précédent, la résistance devient extrêmement faible si on emploie comme cathode un simple fil rectiligne, qui émet des rayons dans toutes les directions; on arriverait au même résultat en se servant d’un fil en hélice conique ; 6° un tube en tout semblable à celui du n° 1 peut présenter une résistance très grande si on limite par une plaque d’aluminium, placée à quelque distance en avant de la cathode, un mince faisceau de rayons cathodiques se propageant dans toute la longueur du tube.
- On voit immédiatement que si l’on réunit deux cathodes en surface on diminue la résistance; l’expérience a montré une réduction dans le rapport de 3 à 2.
- 2. De quoi dépendent les dimensions et le point de départ du faisceau cathodique.
- La forme du lube joue un rôle prépondérant. La position de la cathode n’a qu’une influence secondaire; dans un tube de révolution portant une cathode plane normale à l’axe, le faisceau, s’il est étroit, suit toujours l’axe, même quand la cathode est fortement excentrée. Dans les tubes qui présentent un plan de symétrie, comme les tubes focus que l’on construit actuellement, si l’on emploie une petite cathode en calotte sphérique avec des bords rabattus extérieurement jusqu’aux parois du tube pour empêcher toute émission irrégulière, on constate que la région d’où partent les rayons a une forme allongée présentant la même symétrie que le tube. On obtient des résultats analogues avec une cathode de même forme occupant toute la section d’un tube cylindrique, quand ce tube porte une dérivation latérale.
- On fait encore varier la section du faisceau cathodique en employant successivement pour un même tube différentes anodes de plus en plus rapprochées de la cathode. Le faisceau se resserre, et par suite, la résistance augmente, à mesure [que la distance que doit parcourir la décharge diminue. Cet effet s’explique par l’existence d’une charge positive de très grande densité à la surface
- du tube; cette charge se trouve répartie h peu près comme elle le serait sur un conducteur et le potentiel est constant sur toute la surface, sauf une variation très rapide au voisinage de la cathode. Avec un tube cylindrique, portant une cathode étroite, et présentant une résistance équivalente à celle de 8 cm d’étincelle, on constate qu’il y a égalité de potentiel entre l’extrémité du tube et un point situé h quelques millimètres de la cathode. Quand on rapproche beaucoup l’anode, on doit raccourcir notablement l’étendue de la région de potentiel variable. Le rétrécissement du faisceau résultant de ce resserrement, on pourra construire des tubes de résistance variable : en avant de la cathode .on dispose une électrode en forme d’anneau que l’on réunit h la cathode par l’intermédiaire d’une aigrette, de façon à maintenir entre les deux pièces métalliques une différence de potentiel plus faible que celle qui s’établirait naturellement. Il ne faut pas que cette électrode annulaire fonctionne elle-même comme cathode.
- Une charge électrique positive repousse le point d'émission du faisceau. —On le vérifie aisément au moyen d’un tube cylindrique à cathode sphérique; en approchant une lame métallique que l’on charge positivement ou négativement, on voit le faisceau se balancer autour du centre de courbure de la cathode.
- Les charges positives du tube ont donc pour effet de repousser le faisceau cathodique, d’où l’influence de la forme du tube. On pourra supprimer le faisceau central en employant un tube en forme de poire très aplatie, de petites dimensions, avec une cathode relativement grande.
- Le rôle des écrans montre que le volume entier du tube prend part à la production des rayons cathodiques. Si on place une lame mince d’aluminium en avant d’une cathode, on observe une vive fluorescence dans tout le volume intermédiaire, mais l’intensité des rayons cathodiques est assez faible pour que
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- la lame ne fonde pas. Si on ouvre un petit trou dans la feuille d’aluminium et qu’on ernpêche complètement l’émission de rayons parlafacepostérieuredelacathode, on constate que, dèsque l’espaceobscur adépassé lafeuille, il se produit un mince faisceau de rayons cathodiques centré sur le trou. La région d’émission est déplacée dans un champ électrique. Si la lame d’aluminium présente deux trous, on peut obtenir deux faisceaux assez intenses pour fondre le verre en peu de temps aux points où ils rencontrent le tube, mais en recouvrant l’un des trous d’une feuille d’aluminium très mince, on la voit rester intacte.
- 3. Il y a, vers la cathode, un afflux de molécules chargées positivement. — Si, dans les expériences précédentes, on dévie le faisceau cathodique par un champ électrique ou magnétique, on constate l’existence d’une masse lumineuse qui cesse de se superposer aux rayons cathodiques et forme sur la cathode une tache lumineuse violacée. AL Vil-lard considère cette lueur comme constituée par un transport de matière repoussée de toutes les parois du tube chargées positivement et portant, par conséquent, des charges de même signe ; ces particules seraient renvoyées par la cathode après avoir été chargées négativement. De nombreuses expériences justifient cette manière de voir.
- La cathode s’échauffe sous l’action de ces particules. Sur une cathode mince, faite d’un métal peu conducteur, tel que le platine, le point d’émission des rayons cathodiques est rapidement porté au rouge, et le platine est dépoli et paraît avoir été martelé. La lueur correspondante contient des rayons extraordinairement actiniques, comme le montrent plusieurs photographies, mais ne renferme pas de rayons X.
- On peut obtenir des rayons surune cathode quelconque, isolante ou conductrice ; l’expérience a été faite avec une calotte de cristal entourée d’un anneau métallique. En resserrant progressivement la section du faisceau °n le voit quitter le métal, le cristal est porté au rouge et fond.
- 4. L’afflux cathodique constitue les rayons de Goldstein. — Lorsqu’on coupe un tube cylindrique par une cathode percée d’une ouverture, on voit apparaître du côté de l’anode des rayons cathodiques, et de l’autre des rayons insensibles à l’aimant, produisant une lueur jaunâtre, portant ombre et échauffant le verre au point qu’ils frappent. Ces rayons sont insensibles au champ magnétique ; ils ont été découverts par AI. Goldstein. M. Villard a constaté qu’ils n’étaient pas déviés par un champ électrique. Mais on peut obtenir une déviation en faisant agir une charge sur les rayons, avant leur arrivée à la cathode, où ils perdent entièrement leur charge positive. La lueur jaune qui apparaît dans le tube ne présente au spectroscope que la raie du sodium.
- On conçoit ainsi le fonctionnement d’un tube de Crookcs comme une circulation continue de matière chassée par les parois positives du tube, puis renvoyée à nouveau par la cathode. Il est facile dès lors de comprendre pourquoi la région d’émission des rayons cathodiques présente la même symétrie que le tube.
- On prévoit aisément qu’une cathode convexe émettra surtout des rayons par ses bords, une cathode conique par sa pointe, qu’atteignent plus rapidement les particules positives ; une cathode plane enverra un faisceau à peu près uniforme.
- 5. Les rayons cathodiques sont constitués par des particules d’hydrogène. — Le verre dépoli, exposé aux rayons cathodiques, brunit. Cette coloration n'est pas due à une volatilisation du métal, laquelle ne se produit qu’au voisinage immédiat de la cathode. D’ailleurs les dépôts métalliques sont toujours attaquables par les réactifs ordinaires et leur dissolution a laissé le verre parfaitement net, même quand le dépôt atteignait un poids de 1 ou 2 décigrammes. Au contraire les acides ne font pas disparaître la coloration brune du verre ; cette coloration rappelle celle que présente le même verre ou le même cristal quand on le travaille dans une flamme réduc-
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- trice ; sur le cristal elle apparaît en quelques secondes.
- Dans les tubes ordinaires, on conçoit facilement l’existence de matières réductrices, provenant des graisses des robinets, de l’oxyde de carbone ou de l’hydrogène contenus dans le métal. Mais quand on fabrique ces tubes avec des soins particuliers, au moyen d’une trompe sans robinets en lavant le verre à l’acide azotique fumant ou bouillant, on observe toujours les mêmes effets parfaitement réguliers. Il en est encore de même quand on introduit de l’oxygène dans un tube, jusqu’à ce que le spectre de ce gaz apparaisse brillant, sans que celui de l’hydrogène soit visible, ou si l’on emploie un tube sans électrodes intérieures. La matière réductrice qui constitue les rayons cathodiques doit donc avoir une origine constante dans le verre lui-même. Il est vraisemblable que c’est l’hydrogène résultant de la décomposition de la vapeur d’eau qu’il est impossible d’extraire complètement de la surface du verre sur laquelle elle est condensée. Cet hydrogène peut exister, en clfct, dans des conditions où sa présence passe inaperçue : M. Villard a construit un tube de Crookes continué par un tube de Geissler ; en lançant le courant, on voit apparaître le spectre de bandes de l’azote et les raies de l’hydrogène, puis ces raies disparaissent complètement, même dans des tubes qui n’ont pas été desséchés avec un soin spécial ; elles deviennent faibles si le tube a été rempli d’hydrogène, mais elles reparaissent immédiatement dès qu’on renverse le courant, en rendant négative l’électrode fixée au tube de Geissler.
- On peut mettre en évidence de plusieurs façons l’action réductrice des rayons cathodiques : du verre vert à l’oxyde de cuivre est ramené au rouge par formation de sous-oxyde; le sous-oxyde est réduit à l’état métallique.
- Si l’hydrogène réducteur provient de la vapeur d’eau, l’oxygène mis en liberté doit se porter vers la région positive ; on constate en effet qu’au voisinage de la cathode du cristal noirci devient incolore et que du cuivre s’oxyde.
- Enfin les rayons de Goldstein, qui sont aussi constitués par de l’hydrogène, noircissent un morceau de cristal protégé électriquement.
- M. Villard termine en indiquant que les rayons émanés de l’anticathode, dont il a montré récemment l’existence et la parenté intime avec les rayons cathodiques, possèdent les mêmes propriétés réductrices : une lame de cristal placée au voisinage de l’anticathode noircit dans une région limitée par le plan de l’anticathode. C.R.
- Conductibilité des charbons pour la chaleur et l’électricité ;
- Par L. Cellier (*)
- L’auteur a comparé les conductibilités calorifique et électrique de quatre sortes de charbon : deux variétés de charbon pour lampes à arc, du graphite de Faber et du charbon de cornue.
- Les échantillons sont taillés en forme géométrique simple, prismatique pour le graphite et cylindrique pour les autres. A ces formes simples on applique les formules de Fourier pour la propagation de la chaleur, Les tiges de charbon sont chauffées à une température déterminée, ensuite on les met dans une enceinte maintenue à une température constante à laquelle on amène aussi l’une des extrémités de la tige : en observant ensuite la marche de la température, on déduit de ces observations et des formules la conductibilité calorifique.
- La conductibilité électrique se mesure au moyen d’un réseau de Wheatstonc.
- En comparant les deux conductibilités, on ne trouve entre elles aucune relation comme dans le cas des métaux; le charbon ne peut donc, à ce point de vue, être comparé aux me* taux. M. L.
- P) Wied. A»n.,t. LXI, p. 511-526, 1897.
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- Conductibilité des oxydes et des sulfures de fer ;
- Par A. Abt (’).
- Les échantillons naturels sont taillés en prismes à arêtes vives, de même section.
- Pour un même minéral, la conductibilité varie énormément d’un échantillon à l'autre. Certaine magnétite a une conductibilité 695 fois plus grande que celle d’une autre. Les différences sont moins grandes pour la pyrrhotite, la chalcopyrite ; pour l’hématite on trouve aussi des variations de 1 à 8.
- L’auteur attribue ces variations à la silice qui existe en plus ou moins grande quantité dans ces minéraux. M. L.
- Méthode magnétique pour la recherche du fer métallique ;
- Par W. Duane (2).
- La méthode consiste à suspendre le diélectrique dans lequel on veut déceler le fer dans un champ magnétique tournant : on observe la déviation au moyen d’un miroir et d’une lunette. C’est une application des phénomènes d’amortissement produits parle champ magnétique, que l’auteur a étudiés récemment en collaboration avec M. Stewart (3).
- La déviation éprouvée par des cylindres de soufre, de paraffine et de verre est à peu près indépendante de la vitesse de rotation du champ : ce qui démontre que cette déviation résulte d’une force coercitive.
- Un cylindre formé de soufre, qui avait été distillé cinq fois, a éprouvé une déviation correspondant à un déplacement de 176 mm sur une échelle placée à 1 m.
- M. L.
- G Wied. Ann. t. LXII, p. 474-478, 1897 , ('IWied. Ann., t. LXII, p. 544-546, 1897. (3) L Éclairage Électrique, t. XIV, p. 35.
- Remarque sur le rapport des températures aux pôles de la lampe à arc entre électrodes de mercure ;
- Par L. Arons (*)•
- Cette note se rapporte à un travail de M. Gurnlich analysé précédemment dans ce journal (2).
- M. Arons précise ses indications et montre qu’il n’a pas, comme le prétendait M- Gum-lich, attribué d’abord à la cathode, puis à l’anode de mercure la propriété de bouillonner. Il distingue deux phénomènes.
- A la cathode la lumière vacille et la décharge part d’une région plus ou moins étendue qui se déplace sans cesse : la surface du mercure est continuellement en mouvement.
- D’autre part, la température est plus élevée du côté de l’anode et le mercure distille de cette dernière vers la cathode ; le niveau baisse non pas à la cathode où se produit le bouillonnement, mais à l'anode dont la surface est tranquille. Les différences observées par M. Gurnlich tiennent aux variations des conditions expérimentales. M. L.
- Propriétés photo-électriques des sols colorés obtenus dans la vapeur des métaux alcalins ;
- Par J. Elster et H. Geitel (3).
- En chauffant un grand nombre de sels dans la vapeur des métaux alcalins, on obtient des colorations analogues à celles que prennent les memes sels quand on les expose aux rayons cathodiques. Seulement les colorations, au lieu d’être superficielles comme dans ce dernier cas, pénètrent toute la masse.
- Les sels colorés par la vapeur de métal alcalin possèdent les mêmes propriétés photo-électriques que les sels colorés par les
- (*) Wied. Ann., t. LXII. p. 569-570, 1897.
- (2) L’Éclairage Électrique, t. XIII, p. 186, 1897. (8) Wied. Ann., t. LXII, p. 599 602, 1897.
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- rayons cathodiques. Les auteurs ont étudié du sei gemme primitivement incolore, et qui, chauffé dans la vapeur de potassium, avait pris des teintes variant du jaune rougeâtre au bleu, — de la sylvine (KO) violette et du bromure de potassium bleu préparés de la môme manière. Tous ces produits sont plusieurs fois lavés à l’alcool pour éliminer le métal alcalin ou l’alcali libre.
- M. Kreutz a émis l’hypothèse que la coloration du sel gemme pourrait provenir de traces de fer et a préparé un produit ayant les mêmes propriétés que le sel gemme bleu, en précipitant par l’alcool une dissolution de
- sel gemme à laquelle on a ajouté des traces d’un sel de fer, un peu de cyanure jaune et d’acide chlorhydrique; MM. Elster et Geitel ont également étudié ce produit, ainsi que lç bromure traité pareillement.
- A part les sels colorés par le bleu de Prusse, tous les autres ont manifesté des propriétés photo-électriques très nettes. Cette identité de propriétés avec les sels colorés par les rayons cathodiques vient à l’appui de l’hypothèse de MM. Wiedeniann et Schmidt, qui attribuent les colorations à une réduction du sel par les rayons cathodiques.
- M. L.
- CORRESPONDANCE
- Sur la mesure du rendement des dynamos de grande puissance.
- Paris, le 2 mars i8q8.
- Monsieur.
- Je lis, dans le numéro du 22 janvier de VÉclairage Électriquey à la page 162. une note de M. P. Dupuy sur la mesure du rendement des dynamos de grande puissance.
- La méthode qu’indique M. Dupuy, et dont il semble revendiquer la paternité, est bien connue; elle nous avait été indiquée, en 1892, par M. Potier, pour la mesure du rendement du moteur du bateau sous-marin le « Gustave-Zédé », moteur
- construit dans les ateliers de MM. Sautter, Harlé et C‘e et essayé cette année-là.
- J’ai eu occasion de faire un travail d’ensemble sur les essais de ce moteur et je l'ai présenté à la Société internationale des électriciens au mois de juin 1894. .
- Le moteur du « Zédc » était de 720 chevaux et comportait deux induits, donnant chacun une puissance de 360 chevaux à 230 tours par minute. Dans la communication que je rappelle, j’ai été amené à discuter, d’une manière complète, les diverses formules qui permettent de calculer le rendement de l'ensemble.
- Veuillez agréer, etc.
- Jean Rey.
- CHRONIQUE
- Applications chirurgicales des rayons Rœntgen. — Dans notre chronique du 15 janvier, nous signalions i'p. 137) l’appareil imaginé par MM.Remy et Contremoulins, pour déterminer avec précision la position des projectiles dans le crâne; M. H. Mo-rize présentait, à la séance de l’Académie du 31. janvier dernier, une note sur le même sujet, intitulée ‘.Sur un nouveau procédé de détermination
- delà position des corps étrangers par la radiographie. que nous reproduisons :
- La difficulté trouvée jusque dans ces derniers temps pour la détermination exacte, par la radiographie, de la position des projectiles dans les régions profondes du corps, a suscité de la Part des expérimentateurs plusieurs méthodes inge‘ nieuses dont la plus perfectionnée est, sans con-
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- tredit, celle de MM. Contremoulins et Rémy.Tou-tefois, toutes ces méthodes, et surtout la dernière, sont d’une complication extrême, que ne me semble pas justifier la simplicité des données. Je crois que le procédé facile et rapide que j ’ai trouvé donnera ample satisfaction à tous les expérimentateurs et leur permettra de déterminer, avec une précision supérieure à 5 mm, la position d'un projectile dans une partie quelconque du corps.
- Le procédé consiste à définir la position du corps étranger par deux droites qui s’y coupent, et dont les extrémités sont des points situés à la surface du corps du patient.
- Le patient étant placé entre le tube et l’écran, on cherche une position telle que la balle, par exemple, se voie facilement. On prend alors un petit disque de plomb, rendu adhésif par de la cire ou du diachylum, qu’on place sur la surface du corps qui est tournée vers le tube, et l'on déplace ce tube jusqu’à ce que son image se superpose à celle de la balle ; on répète ensuite l’opération avec un autre disque placé du côté de l’écran. Quand les deux disques et le projectile se projettent sur l’écran en ne formant qu'une seule image, tous les trois se trouvent sur la même droite.
- On tourne alors le sujet d'un certain angle arbitraire et l’on détermine de la même façon une autre droite, dont l’intersection avec la première fixe la position du projectile. Les extrémités des deux droites sont déterminées sur la surface du corps par les disques de plomb, qu’on enlève ensuite et dont la place est marquée par un procédé quelconque, par le crayon dermographique par exemple.
- Les deux droites déterminent un plan qui contient le projectile et les quatre marques extérieures, qu’on désignera par a, b, c, d. Ces marques forment un quadrilatère dont on peut mesurer les quatre côtés et les deux diagonales, au moyen d’un compas d'épaisseur ou d’un craniomètre. En le dessinant à l’échelle, l’intersection des deux diagonales donne la place de la balle rapportée aux quatre sommets ; la distance qui l'en sépare étant directement mesurée sur l’épure avec une échelle millimétrique. Comme cinq longueurs suffisent pour la construction, et qu’on en a six, la dernière s>ert de vérification. La position de la balle est définie en disant qu'elle se trouve à n centimètres comptés à partir de a sur la droite ac, par exemple.
- L épure est faite en quelques minutes; des essais répétés, faits sur des crânes contenant don
- I balles placées à l'insu de l’opérateur, ont montré | qu’en moins de dix minutes le projectile était
- I retrouvé avec une précision de 1 ou 2 mm.
- La position de deux des quatre marques étant arbitraire, on doit les disposer de façon que les deux droites se coupent suivant un angle suffisamment grand pour que leur intersection soit bien définie.
- Il est évident que le procédé est applicable à une partie quelconque du corps et à toute substance opaque aux rayons X,la seule difficulté rencontrée provenant de la plus ou moins bonne visibilité sur l’écran.
- Indicateur électrostatique de terre. — On sait que, par suite de la capacité électrostatique des lignes conductrices, l'indicateur de terre à transformateur ne fournit que des indications assez grossières. D'après L'Industrie Electrique, la General Electric C" a exécuté un appareil simple qui se place sur le tableau de distribution et fournit une action permanente de l’état d’isolement des lignes à courant alternatif.
- L’appareil est en principe un électromètre à quadrants. L’aiguille est isolée et se meut autour d’un axe horizontal, entre les quadrants disposes verticalement. Les deux quadrants inférieurs sont reliés à la terre, les quadrants supérieurs respectivement aux deux fils de la ligne. L’aiguille est équilibrée de façon à rester dans la position verticale, en équilibre presque indifférent; c’est la position correspondant au cas où la ligne est bien isolée, le zéro de l'appareil. S’il y a contact d’un des fils avec la terre, l'action des quadrants n’est plus symétrique, et l’aiguille s'incline dans un sens ou dans l’autre, suivant le fil en défaut.
- L’appareil est établi pour les tensions de 1 000,
- 2 000, 5 000 et 10 000 volts; il présente l’avantage particulier de ne pas produire de court-circuit lorsque l’aiguille vient à toucher par hasard les quadra nts.
- Manœuvre électrique des tourelles des navires de guerre. — Le département des constructions navales aux Etats-Unis a publié un rapport dans lequel sont indiqués quelques résultats intéressants, relatifs à l’emploi de l’électricité pour la manœuvre des tourelles des navires de guerre. Sans parler des moteurs hydrauliques, qui présentent le grave inconvénient de ne pouvoir
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- servir par les températures très basses, les moteurs électriques présentent, nous dit L'Electricien. de nombreux avantages sur les moteurs à vapeur. Le démarrage du moteur à vapeur, en particulier, nécessite un certain temps ; il en est de même delà mise au repos; il faut dans les deux cas vaincre l'inertie du piston et de tous les poids morts auxiliaires. En employant le moteur à vapeur, le plus petit déplacement obtenu pour une tourelle de 4,60 m. de diamètre est de 10 cm. ; tandis qu’au moyen de l’énergie électrique une même tourelle peut être mise en marche, puis arrêtée environ vingt-neuf fois sur une longueur de 3 cm.; la sensibilité est près de 97 fois plus grande.
- L'électricité est donc un auxiliaire précieux pour la manœuvre rapide et précise des lourdes tourelles des bâtiments; mais il ne faut pas supprimer pour cela la manœuvre à la main, à cause des accidents toujours à prévoir avec des pièces aussi délicates.
- Les moteurs Sprague devant la Circuit Court de New-York. — Le 24 juin 1884, un brevet était accordé, sous le îV 300 827, à M. Wellington Adams pour des perfectionnements dans les moteurs électriques, et réservant tout dispositif analogue. Le brevet 324891, garanti à M. Frank I. Sprague, le 25 août 1885, est relatif à un moteur électrique de tramway consistant en un inducteur porté sur l'essieu des roues motrices à une extrémité, et reposant à l’autre bout sur un ressort fixé au truck ou au corps de la voiture, et dont l’arbre de l’induit est parallèle à l’arbre des roues motrices, avec un engrenage les reliant entre eux.
- Il a déjà été question de ces brevets devant la Cour des appels, dans l’affaire Adams Electric Railway C° contre Lindell Railway C°, et c'est le brevet Adams qui l’a emporté.
- Depuis, la Sprague Electric Railway and Motor C° a intenté, au sujet du même moteur, un procès contre la Union Railway C°. Sur les lignes de la Union Railway, dix moteurs Walker sont en service; la description en est donnée par les brevets de la Compagnie Walker. La question était donc de savoir lequel des deux brevets Sprague ou Walker était valable. La suspension du moteur, dit le jugement, quoique nouvelle, ne peut faire l’objet du brevet; mais ce qui peut être garanti, c’est le dispositif d’application de
- l’énergie électrique à la traction de la voiture. Le dispositif de la Union Railway C° diffère en quelques points de celui décrit dans le brevet Sprague. mais les organes actifs sont agencés de la même manière, pour le même but, et produisent le même résultat; le dispositif n’est donc pas différent de celui de Sprague, mais copié d'après le sien. Le jugement a donné gain de cause à la Sprague Electric Railway and Motor C°, annulant ainsi le jugement de l'affaire Adams-Lindell.
- La Compagnie Walker a porté le cas en appel afin de trancher définitivement la question ; il n’en résulte d’ailleurs aucun inconvénient pour elle, car ses moteurs actuels sont construits entièrement en dehors de la réserve Sprague.
- Les tramways électriques de Rome aux Castelli Romani. — La Compagnie Continentale pour les entreprises électriques de Noremberg a présenté, par l’intermédiaire des ingénieurs Tosi et Médina, aux conseils municipal et provincial de Rome, la demande en concession d’un tramway qui réunirait Rome à la charmante villégiature des Castelli Romani.
- Le projet comprend l’établissement et l’exploitation de :
- 1. Un tramway à traction électrique à voie unique d’écartement normal, suivant les routes ordinaires entre Rome et Marino, Grottaferrata, Rocca di Papa, Castelgandolfo, Albano, Arricia et Genzano;
- 2. Un tramway interurbain à double voie se réunissant au précédent et reliant la porte S. Giovanni à la place Saint-Pierre en suivant la place Victor-Emmanuel, le quartier de l’Esquilino, la route Milano, la galerie sous le Quirinal, la route des deux Marcel]us, le pont Marguerite et le quartier des Prati ;
- 3. Un funiculaire entre Rocca di Papa et le sommet du mont Cave ;
- 4. L’illumination publique et privée des Castelli et des environs de Rome.
- Le profil de la route est assez accidenté; le maximum de pente est à Marino, où il varie de 6 à 7 p. 100, et à Rocca di Papa, où il varie de 6 à 9,2 p. 100; cette dernière peut facilement être réduiteà 8 p. 100 en modifiantlégèrementletrace, ensorteque la pente de 8 p. 100 peut être considérée comme la pente maxima de tout le parcours.
- La station génératrice sera placée aux Frattoc-
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- chie, elle occupera ainsi le centre de répartition de la charge et se composera de moteurs à gaz pauvre, d’une force totale de 600 chevaux. La distribution le long des lignes doit être à trois fils, mais dans les centres habités on utilisera des batteries d’accumulateurs qui serviront en outre à l’éclairage des voitures.
- Pour la fraction du funiculaire qui réunira le mont Cave à Rocca di Papa, on installera à la station supérieure un moteur électrique de 50 chevaux. La voie écartement de 1 mètre se composera de 3 rails Vignole avec manœuvre d’échange à l’extrémité du parcours, et d’une crémaillère système Reggenbach.
- I<es tramways électriques à accumulateurs à Rome. — Des essais de traction électrique au moyen des accumulateurs Pescetlo ont eu lieu sur les lignes de la Société romaine des tramways-om-nibüs. La voiture qui a été utilisée pour ces expériences est une'voiture Thomson-Houston' qui servait pour le service de la traction par trôlet ; son poids est de 8 tonnes; elle est munie de deux moteurs et d’un contrôleur qui permet de les disposer en série ou en parallèle, d’introduire dans le circuit des résistances et de modifier l’excitation des moteurs.
- Les accumulateurs, rapporte L'Elctiricista. se composent chacun de' 7 plaques, 3 positives et 4 négatives, renfermées dans une petite caisse d’ébonite dont les dimensions sont 20 x 10 x 17 cm. Leur poids est de 800 grammes. 256 de ces accumulateurs, disposés en 4 batteries, furent placés sur la voiture dans l’espace réservé aux fumeurs, ce qui fait un poids d’accumulateurs de 2 tonnes; ce nombre permet d’obtenir le potentiel de 500 volts sous lequel fonctionnent les moteurs du réseau électrique actuel. 6 autres petit accumulateurs étaient ajoutés pour l’éclairage de la voiture. En service normal, la Société italienne d’électricité, concessionnaire des brevets Pescetto, adoptera un nombre d’éléments tel que le service puisse se faire à 450 volts et que le potentiel maximum de charge soit de 550 volts.
- Afin de permettre de toute manière la circulation de ' la voiture sur les lignes, cette voiture était munie d’un second contrôleur et d’un commutateur qui permettait de faire fonctionner a volonté les moteurs soit au moyen des accumulateurs, soit au moyen du trôlet. En particulier,
- une des lignes eh expérience a été celle de la Porta Pia à S. Agnese; cette ligne longue de 3 km environ, présente sur un parcours de 800' m une pente de r,6 p. 100, et dans quelques portions une pente de 4 p. 100. Sur la route nationale, une distance de 500 m avec une côte de 6 p. 100 fut parcourue en 1 minute 28 secondes.
- Les essais ont été satisfaisants, et la Société romaine des tramways et omnibus a décidé de faire circuler 10 voitures à accumulateurs sur quelques-unes des lignes qui sont encore exploitées par traction animale.
- Traction par accumulateurs à Chicago. — La ligne sur laquelle'a été faite cette importante expérience est longue de ï3 milles, et l’exploitation a commencé le 20 juin de l’année dernière;lesrésul-tats permettent donc maintenant'de juger le système.
- Le système d'accumulateurs se compose de 76 bacs en caoutchouc durci, chaque élément est formé de quatre plaques positives Tudor et de cinq plaques négatives au chlorure de plomb. Ces éléments sont disposés dans quatre boîtes portées sous le truck entre les essieux: Le poids est de 3 540 kg et la capacité de 400 ampères-heure à la décharge de 145 volts. Au dépôt, la voiture vient se garer, et les caisses'sont enlevées -et échangées au moyen d’une grue à moteur.
- Les voitures automotrices sont munies d'un moteur Walker à 4 pôles, débordant à l’une des extrémités du truck ; elles pèsent 12 tonnes;le poids des voitures remorquées est de 3 tonnes.
- Voici le résumé des essais qui ont été faits avec ce matériel. La station génératrice comprend deux chaudières, deux moteurs et trois génératrices. L’énergie calorifique du combustible utilisée est de 62,86 p. 100. La transformation de l’énergie mécanique en énergie électrique, du moteur à la dynamo, se fait avec un rendement de 79,3 p. 100; le prix du charbon pat" kilowatt-heure obtenu au tableau de distribution est de 0,003 fr- I-e rendement total du charbon est de 6 p. 100 environ.
- Pour les batteries, une charge de 36757 kilowals-heure donne une décharge de 19 715 kilowatts-heure, d’où le rendement de 60 p. 100. La dépense par voiture-mille est de 1,41 kilowatt-heure à la charge et de 0,87 au moteur, c’est-à-dire de 4,50 kg de charbon.
- Les essais de vitesse ont donné les résultats.sui-
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- vants : 4 milles à l’heure dans les cinq secondes qui suivent le démarrage, 8 milles à l’heure dans les cinq secondes suivantes, enfin la vitesse de 15 milles est atteinte une minute aprèsle départ.
- Les « elevated » de New-York. — La transformation de la traction à vapeur en traction électrique est maintenant décidée sur les chemins de fer elevated de New-York. Ce travail a une importance considérable et nécessitera environ deux années pendant lesquelles, bien entendu, le trafic ne devra pas être interrompu. On sait que les 4 lignes de l’elevated ont un très grand développement et qu'elles occupent un des premiers rangs au point de vue du trafic et de la longueur; plus de 300 locomotives sont continuellement en service et l’on estime que l'énergie électrique qui leur est nécessaire est de près de 80 000 chevaux.
- La consommation annuelle du charbon est de 200000 tonnes, tandis que la moitié suffira pour produire l’énergie électrique par moteurs fixes. Le nombre des stations, qui n’est pas encore fixé, doit dépendre naturellement des frais d’installation des feeders. Il est probable que l’on utilisera le système à troisième rail. En tout cas, cette transformation supprime en quelque sorte les voies souterraines.
- La commission du Rapid Transit est favorable à l’ensemble du projet, mais elle ne donnera de réponse définitive que lorsque la Manhattan elevated Railway Company lui soumettra des propositions précises.
- Il est probable que la Compagnie Walker et la General Electric Company seront parmi les concurrents pour l’adjudication des travaux; et le récent procès (VEclairage Electrique, t. XIV, p. 490) de New-York, au sujet du brevet Sprague pour moteurs électriques, aura un effet 'important sur la discussion des contrats.
- Traitement électrolytique des résidus stanni-fères. — La métallurgie de l’étain est des plus simples par suite de la facile réductibilité de ses minerais et en particulier de la cassitérite. L’affinage n’offre pas plus de difficulté, aussi les méthodes employées pour l’obtention de l’étain n’ont-elles pas été sensiblement modifiées. L’élec-trolyse a été utilisée dans les laboratoires pour la
- production de l’étain pur ; il suffit, par exemple de faire passer le courant d’une pile au bichromate à travers une solution très étendue de chlorure stanneux avec une anode formée d’un barreau d’étain commercial, l’étain pur se dépose en lamelles cristallines sur la cathode.
- L’électrolyse est aussi employée industriellement pour retirer l’étain du fer-blanc ; la fabrication des boîtes de conserves laisse un déchet de 7 p. 100 environ; les vieux objets étamés s’ajoutent à ces déchets et forment chaque année des quantités considérables de matière d’où l'on peut chercher à extraire l’étain et le fer. Le fer-blanc est recouvert d’étain, mais au-dessous de celui-ci est une couche d’un alliage de fer et d’étain dont il est moins facile de se débarrasser. Cet alliage est d'aspect cristallin, et si l’on dissout la couche d’étain, on le voit apparaître. Il est cause que l’on ne peut guère se servir du. fer provenant des fers-blancs ; en effet, tant qu’il contient plus de 0,2 p. 100 d'étain, le fer est cassant et 11e peut être utilisé dans les fonderies.
- Plusieurs procédés ont été essayés pour le traitement des résidus stannifères, mais les résultats ne sont pas des plus satisfaisants. Un des inconvénients dans l'action électrolytique est le volume occupé par les morceaux de fer-blanc, ainsi 100 kg occupent environ 2 m3.
- Un électrolyte qui donne de bons résultats est la soude. Keith a employé une solution de chlorure de sodium additionnée de soude caustique. La couche d’étain se dissout en donnant du stannate d'étain, mais l’alliage n’est pas attaqué; de sorte que le fer qui reste, étant trop chargé d’étain, n’a pas grande valeur; en outre, l’électrolyte se carbonate rapidement.
- On a essayé aussi, comme électrolyte, l’acide sulfurique dilué. L'étain qui se dépose d’abord est spongieux, puis quand une partie de l’acide est neutralisée, le dépôt devient cristallin, en même temps le fer se dissout et donne du sulfate de fer. Au bout de 6 heures, on retire les déchets et on les porte dans des bains d’acide sulfurique où le fer achève de se dissoudre en laissant l'étain que l’on recueille, et ajoute au dépôt des cuves élec-trolytiques. On obtient ainsi par ce mode de traitement le sulfate de fer comme sous-produit.
- Le Gérant : C. NA.LD-
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- Tome XIV.
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- 5® Année. — N“ 13.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l’Institut. — A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l'Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — D. MONNIER, Professeur à l'École centrale des Arts et Manufactures.— H. POINCARÉ, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER, Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- L’UTILISATION DES CHUTES DU NIAGARA
- Les travaux faits en vue d’utiliser les chutes du Niagara ont été -décrits en détail dans J'Eclairage Electrique, et les applications faites ont été étudiées (M. Nous n’y reviendrons pas. Le but de cette note est de décrire les nouvelles installations effectuées et d’indiquer les modifications aux plans primitifs que l’expérience a suggérées.
- On se rappelle que l’usine actuelle, construite sur la rive ouest du canal d’amenée, ne contenait, lors de l’inauguration de la période pratique, que trois turbines et trois dynamos de 5 000 chevaux; la longueur du canal d’amenée est suffisante pour qu’une usine contenant dixgroupes semblables puisse être construite sur chacune de ses rives ; le canal de fuite, creusé en souterrain sous la ville de Niagara Fails, permet l’écoulement des eaux de ces vingt turbines de 5000 chevaux, soit 100 000 chevaux en tout. Lorsque les deux usines auront été construites et que le développement industriel de la contrée
- (*) Voir dans L’Éclairage Électrique : Pellissier, l’Utilisation des chutes du Niagara, t. VI, p. 453, 549, 577 ; t. VII, P* $4, 145 ; Forbes. idem, t. II, p. 125 ;_BoisteL,idem, t. III, P-206 ; Rankine, idem, t. X, p. 431, ainsi que, t. VIII, P- 143; t- IL P-4U; t. V, p, 48; t. IX,. p. 271, 384, 571;
- VU, p. 386.
- exigera une nouvelle production d’énergie, il faudra creuser un nouveau canal d’amenée, un nouveau canal de fuite, soit sur les rives américaines, soit sur les rives canadiennes de la rivière de Niagara.
- Les nouveaux travaux viennent de complé-terla première usine, les trois anciens groupes ne pouvant plus suffire à fournir le courant demandé par les usines installées dans les environs des chutes et par les tramways électriques de Buffalo. Ils ont été commencés il 3^ a plus d’un an, et ont employé un grand nombre d’ouvriers. Il a fallu prolonger le puits des turbines, terminer les batiments de l’usine et installer de nouvelles turbines et de nouvelles dynamos. Actuellement, les excavations du puits des turbines sont achevées, les cloisons entre l’ancienne et la nouvelle section du puits enlevées ; les bâtiments de l’usine sont livrés aux ouvriers mécaniciens et électriciens qui montent le quatrième groupe générateur.
- La figure 1 représente l’aspect extérieur de l’usine et la figure 2 son aspect intérieur. Au premier plan de celle-ci, on distingue les trois anciennes dynamos et, en face de celles-ci, sur la gauche, la plate-forme du tableau de. distribution. Les -organes du nouveau
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- groupe sont encore emballés dans les caisses I sine. A l’arrière-plan, on voit le pont roulant qu'on voit un peu partout sur le sol de i’u- I électrique d’une puissance de'50 t qui a déjà
- Fig. i. — Vue extérieure de l’usine de la Niagara Falls Power Company.
- été décrit dans les articles précités et qui est 1 des dynamos et des turbines. Ce pont roulant employé pour le transport et la mise en place | peut aller d’un bout à l’autre du bâtiment
- et est actionné par un moteur électrique. I reils nécessaires pour le réglage et la ma-Le tableau de distribution est monté sur I nœuvre de quatre dynamos. Il sera complété une plate-forme élevée ; il est muni des appa- | pour desservir cinq génératrices. Lorsque
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- l’usine sera complétée, une nouvelle tourelle analogue sera construite en face du groupe des cinq autres alternateurs. La figure 3 représente ce tableau à une plus grande échelle, d’après une photographie prise lorsqu’il n’y avait encore que trois génératrices en service. On y reconnaît tous les appareils décrits dans la description publiée il y a deux ans.
- La figure 4 représente le puits des turbines
- pendant sa construction ; elle permet, en comparant les dimensions de cette oeuvre aux hommes et aux machines qui y figurent, de se rendre compte de l’importance et de la difficulté du travail. Ce puits a la forme d’une grande tranchée profonde de 55 m environ : sa largeur est en moyenne de 6 m; cependant, au sommet, cette largeur a été augmentée de façon à permettre l’établissement
- des murs en maçonnerie épais de 1,80 m et qui reposent directement sur la roche comme on le voit sur les figures 5 et 6; l'écartement entre ces murs est de 6,40 m. La construction de cette section du puits des turbines a nécessité de beaucoup plus grandes précautions que celle de la première section, surtout dans l’emploi des explosifs, en raison de la perturbation qu’on craignait d’apporter aux machines en service. C’est pourquoi on commença par couper le roc à la machine par bancs qui étaient ensuite minés par de faibles charges de dynamite.
- Sur la gauche de cette gravure et en haut, on voit l’embouchure des grands tubes qui conduisent l’eau du canal d’amenée sur les turbines; ces pièces ont été mises en place directement et fixées dans les murs en maçonnerie lors de la construction de ceux-ci ; lorsqùe les nouvelles turbines seront mises en place, il suffira de fixer la partie verticale des tubes h ces embouchures sans qu’il soit nécessaire d’effectuer le moindre travail de maçonnerie.
- Des pièces de fonte, fixées dans les parois du puits, s’aperçoivent de place en place ;
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- elles sont destinées à soutenir les trave servant à fixer les paliers de l’arbre ver
- cal
- de la turbine, comme figures 5 et 6. C’est un point particulier a cette nouvelle section du puits ; dans la première section, les extrémités des traverses étaient fixées directement dans les parois rocheuses.
- En
- sur
- de
- outre les conseil;
- M. Coleman Sel-lers, ingénieur er chef de la Niagan FallsPowerCom. pany, le montagt
- fond di
- rbinc 1 puits
- modifié. Les troi; premières turbi nés qui montées
- ete
- -supportées sur d’énormes traverses; dans lesnouvellcs installations l’enveloppe des turbines et la partie inférieure du tube d’amenée des eaux, qui est reliée directement à la turbine, seront munies de bras en fer qui viendront reposer sur des supports en fer, fixés dans
- les parois, comme l’indiquent les figures 5 et 7. Ces supports sont maintenus très solidement dans les parois du puits et dans leur revêtement de briques.
- La longueur de la nouvelle tranchée est d’environ 90 m; la longueur totale du puits, y compris l’ancienne tranchée, est donc d'environ 133 m.
- Un autre point particulier, dans la cons-
- truction de cette nouvelle section, c’est que le fond du puits a été recouvert jusqu’à une hauteur de 12 m environ d’un mur en briques de 0,75 m d’épaisseur pour le protéger contre l’action érosive de l’eau. La première section du puits n’avait pas été protégée ainsi, mais il a été décidé depuis qu’elle le serait ultérieurement; il est même probable que ce revêtement en briques sera
- sommet du puits et sur toute sa longueur, afin de consolider l'œuvre entière. Cette
- vait pas etc jugée nécessaire tout d’abord, le puits étant creusé à même la roche dure; on a reconnu depuis que l’on ne saurait prendre trop de précautions quand il s’agit d'un travail de cette impor-tancedanslequel, c’est le cas de le dire, sont engloutis des millions. L’annéedernière, la Niagara Falls Power Company ne constata pas sans étonnement et frajœur que les parois de son grand puits se rapprochaient graduellement l’une de l’autre, qu’elles rampaient l’une vers l’autre ! Les ingénieurs et les géologues les plus renommés furent appelés en consultation pour déterminer la cause de ce dangereux phénomène. On fit le possible et l’impossible pour arrêter ses progrès, sans y parvenir, lorsque, le 23 août, U s’arrêta de lui-même,
- construction.
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- aussi brusquement qu’il avait commencé. A la suite de cette chaude alerte, la Com-
- frg. 5. — Coupe verticale de l’usine et du puits des turbines.
- Pagnie a résolu de ne rien négliger pour éviter la destruction ou simplement des avaries à ses Machines; on a commencé par consolider les
- parois du puits au moyen de grandes colonnes en fer, longues de 5,50 m environ et larges de 76 cm dans la partie la plus épaisse ; elles sont munies de nervures pour résister à la courbure et sont creuses; des plaques, fixées à leur base, les ferment et empêchent qu’elles ne se remplissent de matériaux étrangers. Le poids de chaque colonne est d'environ 6 t; il y en aura 20 à peu près dans le puits.
- Les déblais provenant de l’excavation du puits des turbines ont etc employés pour former des remblais sur les lignes de la Compagnie des chemins de fer de Niagara Junction, une des sociétés alliées de la Niagara Falls Power Company, et qui sert à relier les terrains de celle-ci avec toutes les autres lignes de chemins dé fer. On se souvient que les déblais, lors des premiers travaux, avaient été jetés dans la rivière de Niagara et avaient servi à former des terrains rapportés, sortes de presqu’îles artificielles sur lesquelles des usines ont été construites depuis.
- I/excitation des alternateurs est obtenue, actuellement, au moyen de transformateurs tournants de 200 kilowatts qui sont placés à une des extrémités du tableau de distribution et qui transforment le courant des alternateurs en courant continu ; dans l’installation nouvelle, quatre petites turbines seront placées dans le puits et actionneront quatre excitatrices placées sur le sol de l’usine ; la méthode employée actuellement a donné de bons résultats, mais le nouveau procédé est préférable, car il assure une indépendance absolue entre les excitatrices et les génératrices.
- La longueur de la salle des machines construite à l’origine était de 45 m environ ; la longueur totale de l’usine aujourd’hui terminée est de 135 m environ. C’est un beau bâtiment construit en pierre à chaux provenant des carrières de Qucenstown, dans le Canada ^ sa solidité lui permettra de braver les injures du temps. Un fait remarquable, c’est que sa toiture n’est déformée par aucune cheminée, le chauffage y étant fait entièrement à l’électricité. A l’intérieur, sur une hauteur de 1,80 m au-dessus du sol, les murs sont en
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- briques émaillées blanches ; au-dessus de ce I Comme dans la première installation, les point ils sont en briques ordinaires peintes génératrices ont été fabriquées par la Wes-en blanc. | tinghouse Electric Company, de Pittsburg,
- 6 — Coupe
- ticaie partielle di
- et les turbines par la Compagnie I. P. -Morris,
- de Philadelphie, d’après les plans des constructeurs suisses Kaesch et Picard de Genève.
- Les travaux actuels ont été faits sous la direction de MM. Coleman Sellers, ingénieur en chef de la Niagara Falls Power Company; Wm A. Brackenridge, ingénieur de la Cataract Construction Company ; L. B. Stillwell, ingénieur-directeur des services électriques ; P. M. Lincoln, superintendant des mômes services, tous deux attaches à la Niagara Falls Power Company, et \V. R. Dunlap, ingénieur de la Compagnie Westinghouse.
- Ces nouvelles installations semblent confirmer le succès de l’œuvre grandiose entreprise par les ingénieurs américains, et c’est avec plaisir que nous les enregistrons.
- La plupart des documents contenus dans cette notice nous ont été communiqués par M. O.-E. Dunlap, à qui nous adressons nos sincères remerciements,
- G. Pellissier.
- ÉTUDE THÉORIQUE SUR LES PILES RÉVERSIBLES {suite1).
- Action électrolytique de l’acide sulfurique
- SUR QUELQUES ANODES
- Au cours des recherches qui devaient le
- conduire à la découverte de l'accumulateur
- (i) Voir L'Éclairage Électrique du 22 janvier, des 5 26 février, t. XIV, p. 141, 229 et 370.
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- industriel au plomb, Gaston Planté avait tout naturellement étudié l’action de l’acide sulfurique sur différents métaux (1). Il nous suffira de compléter ces expériences, au point de vue plus spécial de la théorie chimique des piles réversibles et en particulier de la pile au plomb.
- Parmi ces expériences bien connues, nous ne retiendrons d’ailleurs que celles qui s’appliquent au cas des électrodes en aluminium.
- Anode en aluminium. — Si on emploie, pour électrolyser une solution d’acide sulfurique, une anode en aluminium, la cathode pouvant être quelconque, on observe les phénomènes-suivants :
- L’intensité du courant baisse rapidement jusqu’à une valeur pratiquement nulle, et ce courant ne reprend sa valeur initiale que si on décape fortement la plaque d’aluminium. Le phénomène d’arrêt du courant se reproduit aussitôt-d’ailleurs ; il est dû à la couche superficielle d’oxyde qui s’est formée par électrolyse, aux dépens du métal, sans qu’on soit d’ailleurs exactement fixé sur le rôle exact (mauvaise conductibilité ou diélectrique) joué par cette couche d’oxyde. Réduite à ces simples faits, les seuls que Planté ait exposés, l’observation n’est pas complète ; l’action de l’électrolyse sur l’anode en aluminium ne se réduit pas à une oxydation simple.
- Si on prend en effet, à des époques differentes de la charge, des échantillons de liquide, on constate, par la simple analyse qualitative, la présence de l’alumine dans l’électrolyte; il s’est donc formé aussi du sulfate d'alumine qui augmente sa résistance. Ainsi ' s’expliquerait la désagrégation rapide des plaques de ces appareils tout d’actualité, les clapets électriques (2).
- Au point de vue plus spécial de notre étude, remarquons que l’aluminium est à peu près inattaqué dans les solutions sulfu-
- 0 Voir G. Planté. Recherches sur l'Électricité.
- (2) Voir Clapets électriques et redresseurs de courants électrolytiques dans L’Éclairage Électrique du 12 février 1898, t. XIV, p. 293.
- riques. Cette attaque énergique par les anions ne peut donc être attribuée qu’à la présence d’un agent puissant de suroxygénation.
- On peut poser d’ailleurs, d’une façon générale, que l’action de l’acide sulfurique électrolytique .sur toutes les électrodes se ramène aux deux termes suivants :
- Oxydation la plus forte de l’anode pendant la charge.
- Oxydation la plus faible de la cathode pendant la décharge.
- Exemple pour le plomb : peroxydation de l’anode à la charge, sous-oxydation de la cathode à la décharge.
- Les actions isolées de l’oxygène et de l’acide sulfurique ne fournissent du reste aucun des résultats signalés ; leur action combinée est indispensable pour retrouver les phénomènes, ce qui permet de conclure une fois de plus à la présence necessaire d’un suroxydant, l’acide persulfurique dans le cas présent, comme agent supérieur d’oxydation.
- Anode en antimoine spongieux. — Ces conclusions s’imposent avec plus de force encore si on substitue à l’aluminium un métal non encore étudié à ce point de vue, l’antimoine.
- Nous verrons dans un chapitre suivant qu'il est possible d’obtenir de l’antimoine spongieux, par des procédés tout à fait analogues à ceux que l’on emploie pour préparer le plomb spongieux.
- Ceci posé, si dans un bain d’eau acidulée sulfurique on monte comme anode une plaque en antimoine spongieux, on constate qu’à la charge cette plaque devient blanche, par suite de la transformation du métal en acide antimonique (oxydation supérieure). Dans un liquide de faible densité, l’action électrolytique se borne à cette ox}^dation; si on augmente la densité jusqu’à 30 ou 35° Baumé, on constate dans le liquide des traces d’antimoine, provenant d’une attaque plus énergique du métal de l’anode. La quantité d’antimoine en dissolution dans le liquide est toujours très faible. Ces résultats confirment déjà ceux qu’ont fournis les anodes en aluminium.
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- Ce point acquis, si on prend comme élec- 1 trode négative une plaque ordinaire d’accu-mulateuren plomb spongieux, cette électrode, en présence de la positive en antimoine spongieux surôxydé, donne naissance à un couple dont la force électromotrice, mesurée aussitôt après la rupture du courant de charge, est de 2,30 volts. Il est vraiment remarquable de constater la parfaite concordance de ce chiffré avec celui donné par l’accumulateur classique au plomb. Si toutes les déductions que nous avons tirées des nombreuses expériences ont été bien comprises, il est impossible de n’y voir qu’une simple coïncidence. On doit trouver le même chiffre, parce qu’au début les réactions sont identiques; le chiffre élevé de la force électromotrice tient évidemment au même dépolarisant exothermique.
- La suite des phénomènes va nous apporter des arguments plus décisifs encore.
- Un appareil basé sur le principe précédent et composé d’une positive en acide antirno-nique obtenu parla charge, entre deux négatives en plomb spongieux, dans l’eau acidulée sulfurique à 35° Baumé, est mis en décharge, au régime initial de 0,7 ampère par décimètre carré de surface.
- La différence de potentiel aux bornes débute à 1,98 volt, et baisse avec une extrême rapidité: elle n’est plus que de 1,20 volt au bout de 18 minutes et de 0,44 volt après 24 minutes. Elle se maintient ensuite rigoureusement constante, à la valeur moyenne de 0,35 à 0,40 volt pendant près de 15 heures.
- C’est cette valeur constante qui constitue la période pratiquement utilisable du générateur particulier que nous étudions.
- La courbe suivante (fig. 1) donne une image fidèle de l’allure du phénomène. On voit combien est nette et brusque la chute de la différence de potentiel aux bornes ; cette valeur élevée de la force électromotrice peut-elle être raisonnablement attribuée à d’autres causes qu’aux réactions fugitives que nous avons étudiées à propos de l’accumulateur' au plomb?
- Ces phénomènes passagers disparus, la matière active positive entre en jeu comme
- réservoir d’oxygène, tout comme le peroxyde dans la pile au plomb ; c’est la période normale de notre pile.
- Fig. 1. — Couple formé d’une négative en acide antimo-nique obtenue en oxydant par le courant dans l’acide à 5° Baumé une plaque de x dm2 de surface en antimoine spongieux, et de deux négatives en plomb spongieux de même surface, déchargé sur une résistance de 1.3 tu. Force électromotrice, 2,30 volts. Décharge dans l'acide à 35- Baumé.
- La courbe accuse, en effet, d’une façon très nette, un changement si brusque d’allure, qu’il est impossible de l’attribuer à une autre cause qu’à la succession de deux systèmes absolument différents de réactions.
- Si on applique la formule de Thomson à ce cas particulier, on trouve les résultats suivants :
- Pour la période du début, les réactions sont les memes que dans l’accumulateur à deux électrodes en plomb ; la formule donnera les mêmes chiffres que ceux déjà trouvés (1), et qui concordent avec les mesures.
- Pour la période de régime constant, nous devons écrire :
- Chaleur de formation d’un équivalent
- de sulfate de plomb................. 36.2
- Décomposition de l’acide antimonique et réduction en oxyde antimonieux. . 30.7
- Différence........ 5-5
- La force électromotrice correspondante serait soit 0,24 volt, mais à ce chiffre il faut ajouter celui qui correspond à l'état allotropique du plomb de la négative, opération non seulement légitime d’après les considérations et résultats d’expériences que nous
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- avons longuement discutés, mais indispensable pour appliquer rigoureusement la formule en tenant compte de toutes les réactions en jeu.
- - Le chiffre exact de la force électromotrice calculée, correspondant à la période constante devient ainsi 0,70 volt; or, celui donné par la mesure directe est de 0,72 volt.
- La concordance est assez grande pour qu’on puisse y trouver mieux que des hypothèses, la confirmation complète des déductions logiques tirées des expériences. Ainsi, avec une combinaison voltaïque très différente de celle qui constitue l’accumulateur au plomb, et dans laquelle le réservoir d’oxygène est un tout autre corps que le peroxyde de plomb, nous vérifions absolument les conclusions déjà posées. Cette expérience me paraît avoir une importance assez grande, en raison de ce que l’énergie chimique qui correspond à la période constante dans l’élément considéré, est très faible par rapport à celle de la période du coup de fouet. Tl devient en effet, impossible de torturer les chiffres, comme on l’a fait trop souvent dans les études théoriques sur l’accumulateur, pour trouver la justification des hypothèses les plus différentes, chose possible en raison du faible écart d’énergie calorifique entre les différentes réactions admises. Cet exemple montre nettement par cela même l’importance, pour une combinaison voltaïque parfaite, d’utiliser comme réservoir, du comburant un corps donnant naissance à une force électromotrice aussi voisine que possible de celle de la période du coup de fouet.
- Si ces deux valeurs étaient en effet égales, on obtiendrait par cela môme le rendement maximum compatible avec la combinaison.
- II est enfin indispensable de signaler le résultat peut-être le plus important au point de vue des conséquences théoriques à en tirer. La densité du liquide pendant la décharge baisse graduellement, mais cette baisse reste toujours rigoureusement fonction du sulfate de plomb trouvé sur la négative (par k méthode indiquée au début de cette étude),
- la'sulfatation du plomb spongieux étant elle-même proportionnelle aux ampères-heure dé la décharge.
- D’autre part, l’analyse de la matière active positive ne donne aucune trace d’acide sulfurique en combinaison chimique ; il n’existé en un mot aucune sulfatation de la matière dépolarisante.
- Ces faits ne donnent-ils pas une confirmation frappante des vues exposées au sujet de l’accumulateur au plomb ; par similitude de phénomènes on est encore en droit de conclure une fois de plus que la double sulfatation est une pure hypothèse qu’aucun résultat d’expérience ne vérifie.
- Action de l’électrot.yte sur différentes
- NÉGATIVES
- Nous venons d’étudier les effets de l’eau acidulée sulfurique sur quelques anodes; il est également intéressant d’examiner l’action de ce même électrolyte sur différentes négatives, en ne perdant pas de vue que ces considérations de nature très différente concourent toutes au seul but d’asseoir toujours sur de nouveaux faits expérimentaux, les théories émises sur le fonctionnement de l’accumula-
- Nêgalives en cuivre spongieux. — On obtient du cuivre spongieux par un procédé analogue à ceux qui servent à produire le plomb spongieux, c’est-à-dire, en partant d’un sel de cuivre ét en le réduisant, soit par électrolyse, soit par simple action chimique.
- Le sel qui donne les meilleurs résultats est le chlorure, cuivreux, qu’il suffit d’empâter sur un support conducteur et de plonger ensuite dans l’eau en le pressant entre deux plaques de zinc. Le chlorure étant extrêmement soluble, il sc formé au début un produit boueux, que l’on peut éviter par un deuxième procédé, en obtenant au four Ferrât la fusion ignée et en coulant avec le sèl en fusion des pastilles dans un moule approprié.
- Après réduction, la plaque de cuivré spongieux offre l’aspect d’un'e'fine moussé métal-
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- lique formée de petits cristaux de cuivre, laissant entre eux d’innombrables cellules; l’ensemble ne peut mieux se comparer qu’à une véritable éponge.
- Si, dans l’accumulateur au plomb, on substitue une plaque en cuivre réduit à la négative en plomb spongieux, on observe les phénomènes suivants :
- A la charge, l’hydrogène se dégage régulièrement sur la plaque de cuivre, et la différence de potentiel aux bornes atteint le chiffre élevé de 2,40 volts; on ne constate dans le liquide aucune trace de cuivre dissous.
- Aussitôt après la rupture du courant de charge, la force électromotrice mesurée est de 1,93 volt ; le couple mis en décharge donne lieu à.la courbe ci-jointe (fig. 2).
- Fig. 2. — Courbe de décharge dans l’acide à 250 Baumé d'un élément formé d'une positive en PbO* et d'une négative en cuivre spongieux.
- La différence de potentiel auxbornes débute à 1,40 volt et baisse d’abord assez rapidement, pour se maintenir ensuite à peu près constante à la valeur moyenne de 1,20 volt, qui correspond à une force électromotrice de 1,68 volt.
- Ces chiffres sont à examiner de plus près ; il faut remarquer une fois encore le chiffre élevé de la force électromotrice initiale et sa remarquable concordance, au chiffre des centièmes près, avec celui de la force électromotrice de la pile réversible type peroxyde de plomb, plomb. Cette concordance ne peut être encore une fois due à une simple coïncidence et provient au contraire d’une identité parfaite des phénomènes initiaux; ainsi se vérifie toujours le principe que nous avons déjà posé, de la liaison certaine entre la surélévation originelle de la force électromotrice et les réactions fugitives dues aux corps sur-
- oxygénés produits par l’électrolyse, ces facteurs qui caractérisent le coup de fouet étant du reste indépendants des corps en présence.
- Une autre conclusion intéressante est celle qui découle du chiffre de la force électromotrice correspondant à la période normale 1,68 volt.
- Nous avons trouvé antérieurement (*) que la force électromotrice du couple Pb02-cuivre était de 1,25 volt; cette valeur est bien aussi celle de l’accumulateur Sutton au sulfate de cuivre.
- Nos connaissances déjà acquises nous permettent de déterminer la cause la plus probable de cet écart de 1,68 — 1,25, soit 0,43 volt, entre le nouveau et l'ancien chiffre. Il est dù de toute évidence à ia nature du métal de la négative, cuivre réduit jouissant de propriétés réductrices plus intenses dont l’énergie chimique doit surélever la force électromotrice : et de nouveau nous arrivons logiquement à cette conséquence, que la formule de Thomson donne pour l’accumulateur une image toujours fidèle des faits, klacondition expresse de tenir compte en l’appliquant, de toutes les réactions en jeu, soit, dans le cas actuel, de l’énergie plus considérable due à la forme allotropique du métal.
- Le chiffre précédent 0,43 est aussi très voisin de celui déjà trouvé pour le plomb; cette remarque n’est d’ailleurs faite qu’à titre de simple rapprochement.
- L’analyse du liquide au cours de la décharge n’accuse des traces de cuivre en dissolution, qu’un temps appréciable après le commencement de cette décharge, 8 à 10 minutes environ.
- Et en effet, les dosages du cuivre dissous après décharge complète donnent les résultats suivants : (Tableau IX.)
- Les chiffres contenus dans ce tableau prouvent que le cuivre ne se sulfate pas au début de la décharge ; il doit donc exister une réaction initiale, à laquelle lemétal négatif ne participe pas.
- (lj L’Éclairage Électrique, t. XIV, p. 134.
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- Tableau IX
- Attaque des négatives en cuivre spongieux.
- CAPACITÉ QUANTITÉ
- . 4>4 8,416 10,362
- 2,75 6,136 6,476
- 3 3 6,790 7,065
- 4 U5 2,008 3,532
- Pour la rechercher, trairons le cuivre spon-gieux, après charge, par l’acide chlorhydrique; on n’observe aucune attaque à froid, c’est donc qu’il n’existe pas de combinaison à l’état d’hydrure. L’acide chaud produit un dégagement gazeux, en même temps que la dissolution du cuivre. L’eau chaude donne aussi les mêmes résultats ; on observe sur chacune des molécules de cuivre la formation d'une bulle gazeuse d’abord fine, qui grossit lentement à mesure que la température s’élève, puis se détache. Il s’agit évidemment d’hydrogène simplement occlus.
- Un échantillon de 2 300 grammes de cuivre négatif prélevé sous l’eau, sans contact avec l’air, a dégage ainsi à une température voisine de l’ébullition un volume de 2 centimètres cubes d’hydrogène.
- C’est à cet hydrogène qu'il faut attribuer la non-sulfatation du cuivre au début de la décharge, et son utilisation correspond bien aux phénomènes fugitifs de la période initiale du coup de fouet. Ce dernier résultat fait bien comprendre aussi pourquoi la force électromotrice initiale se retrouve sensiblement constante quels que soient les corps employés comme électrodes et ne dépend que des produits électrolytiques provenant de la décomposition du liquide, ainsi que nous l’avons fait ressortir à différentes reprises.
- Ces conclusions s’imposent avec une nouvelle force, quand on substitue aux négatives en plomb spongieux des plaques en antimoine ou bismuth spongieux. Nous touchons avec ces nouvelles négatives aux expériences les plus importantes et les plus intéressantes qui nous restent à examiner.
- (A suivre.)
- , G. Darrieus.
- LE CALCUL GRAPHIQUE DES COURANTS ALTERNATIFS INDUSTRIELS (’)
- Autres modes de représentation graphique
- DE I.A FONCTION SINUSOÏDALE,
- Nous avons représenté la fonction sinusoïdale au moyen de la projection d’un vecteur
- Fig. 2.
- de longueur constante tournant avec une
- vitesse uniforme to ; mais on peut imaginer d’autres modes de représentation parmi lesquels il convient de mentionner la sinusoïde en coordonnées rectangulaires (fig. 2) et cette représentation en coordonnées polaires (fig. 3).
- Dans ce dernier mode la sinusoïde est représentée par deux circonférences de diamètre L]j, tangentes en O ; la circonférence M correspondant aux valeurs positives, la circonférence >1/ aux valeurs négatives.
- Comme on le voit, la longueur et la position du vecteur maximum OA par rapport à l’axe polaire OX suffisent a définir la sinusoïde (amplitude et phase), abstraction faite du
- (l) Voir L’Éclairage Électrique du 19 février 1898, p. 32!
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- T. XIV. — N°12.
- reste de la-figure. Aussi nombre d’auteurs prennent-ils comme point de départ de la
- méthode graphique la représentation de la sinusoïde en coordonnées polaires, au lieu d’avoir recours à la notion des vecteurs tournants; ce qui revient au même.
- Une quantité sinusoïdale pouvant être représentée par un vecteur tel que OA (fig. i ou fig. 3), il convient de rappeler les règles de la composition graphique des vecteurs qui constituent la base de la méthode, et pour fixer les idées nous supposons que ces vecteurs représentent des f. é. m sinusoïdales.
- Composition des fonctions sinusoïdales
- Composition de deux f. é. m. de même période. — Soient les deux f. é. m.
- ei = S, sinw* ei = sin
- que nous représentons à l’instant zéro par les deux vecteurs OA et OB égaux à et
- Fig. 4-
- faisant entre eux l’angle — ÂOB (fig. 4), et soit e = & sin (wt ~h 0] leur résultante.
- Il est aisé de voir que la droite OC, diagonale du parallélogramme construit sur
- OA et OB, représente en phase et en amplitude la résultante sinusoïdale de même période au même instant.
- La géométrie nous montre en effet que
- ÔC = t/ÔÂ2 + 2ÜÂXÔB cosOa = &
- * n CD «jSÎnO,
- g _OD ê1 + ëacos0,
- Composition d'un nombre quelconque de /'. é. m. de même période. — On voit par la construction (fig. 4) que les fonctions périodiques simples de même période se composent à la façon des forces concourantes.
- Pour composer un nombre quelconque de f. é. m. on pourra donc composer la première avec la seconde ; puis la résultante des deux premières avec la troisième, et ainsi de suite, par la règle du parallélogramme (fig. 5).
- Fig- s-
- Mais on peut également leur appliquer la règle connue de la composition des forces ou des vitesses au moyen du polygone des forces.
- Soit un nombre quelconque de f. é. m. de même période
- sin è») + Oj)
- = sin («1 + 03)
- représentées en phase et amplitude par les vecteurs OA, OB, OC (fig. 5).
- Si l’on construit le polygone (fig. 6) en menant des droites OA, AB et BD respectivement égales et parallèles à OA, OB, OC? la ligne OD qui forme le polygone repre-
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- sentera l’amplitude et la phase de la f ê. m. résultante.
- La méthode précédente permet donc, par une construction très simple, de trouver la
- Fig 6.
- résultante d’un nombre quelconque dcf. é. m., intensités, f. m. m., flux alternatifs de même direction, etc.
- Il suffira de les représenter en phase et amplitude par des vecteurs et de construire le polygone en menant des droites égales et parallèles h ces vecteurs.
- Si le polygone se ferme de lui-même, cela signifiera que les f. é. m. ou les intensités se font équilibre et que leur résultante est nulle à chaque instant. Comme pour la composition des forces en mécanique, l’ordre dans lequel s'effectue la composition des f é. m. est indifférent.
- Remarque sur le signe des f. é. m. alternatives. — Afin d’éviter toute confusion, il est nécessaire de bien spécifier dans chaque problème quelle est la direction que l’on choisit comme direction positive du courant.
- On admettra alors que la f. é. m. est positive lorsqu’elle tend à produire un courant dans cette direction, négative dans le cas contraire.
- Considérons par exemple un conducteur AB dans lequel agit une f. é. m. alternative, et soit de A en B la direction du Courant choisie comme positive.
- Si la source alternative est représentée par l’expression e = ê sin u /, cela signifiera donc que la f. é. m. tend à produire le courant dans le sens de A vers B pendant la demi-période où cette expression est positive, et un courant de B vers A dans la demi-période pendant laquelle elle est négative.
- Supposons maintenant que sans rien changer à la f. é. m. l’on ait choisi comme direction positive le sens de B vers A. La même f. é. m. devra naturellement être représentée par e — — <§ sin ut afin de rester dans la convention.
- Dans la méthode des vecteurs tournants cette f. é. m. pourrait évidemment être représentée par un vecteur tournant dans le sens négatif de rotation avec la même vitesse angulaire w; sa projection sur B'B (fig. 1) représenterait à chaque instant la valeur de la f. é. m.
- Mais à dessein nous ne choisirons pas cette représentation ; autant que possible nous supposerons que tous les vecteurs tournent dans le sens positif de rotation, afin de pouvoir les composer d’après les règles établies.
- Dans ce but nous remplacerons la f. é. ni. négative par l’expression e = S sin (ut -f- -) équivalente à e = — <§ sin ut.
- Sous cette forme, la f. é. m. peut être représentée par un vecteur tournant dans le sens positif et la projection de ce vecteur sur RB est comme on voit à chaque instant égale à celle du vecteur tournant dans le sens né-gatif.
- On voit donc que toutes les f. ê. m. ou intensités agissant dans un circuit peuvent être représentées par des vecteurs tournant dans le sens positif de rotation, et par conséquent composées d'après les règles que l’on vient d'établir.
- Cette remarque trouve particulièrement son application lorsqu’il s’agit d'effectuer des calculs sur des réseaux de conducteurs; le calcul des tensions et des intensités polyphasées en est un cas particulièrement intéressant.
- DIAGRAMMES
- Diagramme des valeurs instantanées. —-Lorsqu’on a construit un diagramme quelconque et que l’on désire en tirer la valeur instantanée des f. é. m. ou intensités représentées
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- par les diverses droites, il suffit de supposer que toute la figure tourne autour d’un de ces points avec une vitesse angulaire o>, effectuant par conséquent une révolution pendant la durée d’une période. La projection de chacune des lignes de la figure sur une droite fixe donnée représentera à chaque instant la valeur correspondante des f. é. m. ou des intensités alternatives.
- Ail lieu de . supposer le diagramme mobile et la droite donnée fixe, on peut évidemment supposer l’inverse, c’est-à-dire le diagramme fixe et la droite donnée tournant avec une vitesse angulaire w, comme le font certains auteurs.
- Diagramme des râleurs efficaces. — Mais au point de vue pratique, la connaissance de ces valeurs instantanées est tout à fait secondaire. Ce qu’il importe de connaître avant tout ce sont d’ime part les râleurs efficaces des f. é. m. ou des intensités; et d’autre part les décalages qui peuvent se produire entre ces diverses intensités et f. é. m. sinusoïdales.
- Les valeurs efficaces des intensités et des f. é. m. sont généralement données par les ampèremètres et les voltmètres industriels: c’est, comme on sait, k l’aide de ces valeurs et des décalages que l’on calcule la puissance consomméedans un circuit et toutesles conditions pratiques qu’il est utile de connaître.
- Or, on sait que les f. é. m. et intensités efficaces sont proportionnelles aux f. é. m. et intensités maxima. Si donc on construisait les diagrammes à l’aide des valeurs efficaces comme vecteurs, les figures obtenues resteraient semblables, mais la dimension du diagramme serait seulement réduite dans la proportion de 0,707.
- Diagramme des valeurs moyennes. — U en serait de même si l’on considérait les f. é. m. et les intensités moyennes qui sont aussi proportionnelles auxf. é. m. et intensités maxima. La figure serait alors réduite dans la proportion de 0,637. Ce diagramme n’est pour ainsi dire jamais employé.
- En résumé, la dimension et la position relative des diverses lignes du diagramme supposé immobile fournissent généralement toutes les conditions pratiques qu’il est utile de con-naître.
- On remplacera donc pratiquement dans la construction des diagrammes les f. é. m. et intensités maxima par les f. é. m. et intensités efficaces qui leur sont proportionnelles.
- Représentation graphique des dérivées successives d’une fonction périodique. — On a souvent à représenter dans les constructions graphiques des f. é. m. d’induction proportionnelles aux dérivées du courant par rapport au temps, ou même à la dérivée du flux d’induction par rapport au temps.
- Soiîe = ci) sin i»t le flux d’induction qui traverse le circuit magnétique d’un appareil; ses dérivées successives seront
- 0 $
- Fig- 7-
- Si donc OA = <t> ; les deux premières dérivées seront représentées (fig. 7) par
- ÔB = wS»
- OC = — »9*.
- On voit donc que les phases de deux déri* vécs successives diffèrent toujours de -ri •
- FONCTION PÉRIODIQUE QUELCONQUE
- Sinusoïdes équivalentes. — Lorsque les courbes représentatives des tensions intensités ou flux alternatifs ne s’écartent pas trop
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- de la sinusoïde ('), on peut substituer à chaque courbe réelle la sinusoïde qui a la même valeur efficace et que l’on appelle sinusoïde équivalente.
- Si par exemple le courant et la tension aux bornes d’un appareil peuvent être représentés par deux fonctions périodiques quelconque e et i ayant pour valeurs efficaces E et I, on peut, pour la simplification des calculs, remplacer ces deux fonctions par les sinusoïdes équivalentes, ayant respectivement mêmes valeurs efficaces.
- La notion de la différence de phase entre ces sinusoïdes sera ensuite déterminée par la considération de la puissance W consommée dans l’appareil.
- Soit
- W = I e.i.dt
- cette puissance
- Lé cosinus de la différence de phase entre les deux sinusoïdes sera déterminé par la relation
- ! watts apparents
- On pourra donc remplacer la tension e et l’intensité i quelconques par les sinusoïdes équivalentes et les représenter par deux vecteurs E et I décalés d’un angle Q.
- Mais si les résultats obtenus par la substitution des sinusoïdes équivalentes aux courbes réelles sont rigoureux en ce qui concerne la puissance consommée dans l’unité de temps, il n’en est en général plus de même des autres effets; et la divergence sera d’autant plus grande que les courbes différeront davantage de la sinusoïde.
- Il en résultera par exemple que pratiquement les effets de self-induction et de capacité ne pourront plus être rigoureusement compensés, comme l’indique le calcul basé sur l’emploi de fonctions rigoureusement sinusoïdales.
- (J) On verra (Ile Partie) ies principales causes qui agissent pour déformer les courbes représentatives des f. é. m., flux
- De même les effets qui ne dépendent que des valeurs maxima de la fonction périodique ne pourront être calculés en partant de cette hypothèse. La manière dont se comportent les isolants, les pertes par hystérésis, fonctions de l’induction maximum., rentrent, dans cette catégorie ; la notion de la sinusoïde équivalente de même valeur efficace n’apportera donc aucun renseignement précis à cet égard.
- Il en est encore de même des effets électro-lytiques d’un courant alternatif redresse ; ces effets ne dépendent que de J" idt ; c’est-à-dire de la valeur moyenne (‘).
- Néanmoins dans bien des cas, comme on le verra plus loin, les graphiques basés sur l’emploi des sinusoïdes équivalentes fournissent des résultats absolument corrects.
- La figure 8 montre comment la courbe d’une f. é. m. peut être remplacée par une sinusoïde équivalente de même valeur efficace.
- Les trois exemples suivants (fig. 9, 10, 11)
- montrent l’influence de la forme de la courbe
- (h Au lieu d’envisager,commconvientde le faire, la sinusoïde équivalente de même valeur efficace, on pourrait également considérer la sinusoïde équivalente de même valeur maximum ou de même valeur moyenne. Mais ces deux sinusoïdes équivalentes seraient d’un emploi bien rare.
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- 5°8
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. — N° 12.
- sur le rapport entre les valeurs moyennes, efficaces et maxima des f. é. m(1).
- Le rapport de la valeur moyenne à la valeur efficace se nomme le fadeur de forme ;
- Y = Y = 9/
- Y = ol7o7g/=i,ni Y =1,414 Y =1,571 Y
- ÿ = 0,900 y = 0,637 y
- Y = 0,577 g/= 1,16 Ÿ qj=. 1,732 Y = 2,00 Y Ÿ = 0,86 Y = 0,50 V
- Fig. 9 à 11.
- il sert à définir en quelque sorte la nature de la courbe et permet de calculer l’influence de la forme de la courbe sur les phénomènes d’hystérésis, les courants de Foucault, etc.
- Dans les exemples précédents les facteurs de forme sont respectivement 1, o,g et 0,86
- Composition des f. é. m. de périodes différentes. — La composition graphique de f. é. m. de périodes différentes n’est presque jamais employée ; la complication de ce genre de constructions lui enlevant tout caractère utile.
- Un seul exemple suffit à en rappeler le principe.
- Soientà composeras deux f. é. m.
- La résultante e de ces deux fonctions sinusoïdales sera une fonction dont la période sera égale au plus petit commun multiple des périodes des deux composantes ; soit de même périodicité que ev
- Le vecteur OA = é, (fig 12) tourne avec
- une vitesse angulaire trois fois plus grande que le vecteur OB = <§2; il occupera la position OA' lorsque le vecteur OB sera encore en OB'. Leur résultante 0Ë; déterminera un des points de la courbe EË' FG ; et la projection sur DD' des droites OE', OE", etc., faite à intervalles de temps égaux, représentera la valeur de e à chaque instant et permet-
- dont les périodes sont commensurables.
- tra de construire la courbe (fig. 13) représentant la fonction résultante
- 0 Nous avons souligné les valeurs moyennes pour les distinguer des valeurs efficaces.
- Ch.-Eug. G
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- RECHERCHES SUR LA TRANSFORMATION DES RAYONS X PAR LA MATIÈRE (*)
- IV. Actions électriques des rayons S
- Les rayons secondaires possèdent comme les rayons X la propriété de décharger le? corps électrisés. Pour le constater, on peut, par exemple, recevoir les rayons secondaires S, issus d’une matière MM (fig. 8),
- dans la cage d’un électroscope à une feuille d’or f. X’écran de plomb E E protège l’éiec-troscope contre les rayons X. L’entrée de la cage de l’électroscope est recouverte par une mince feuille d’aluminium battu aa, qui laisse passer les rayons secondaires S mais ferme complètement le champ électrique intérieur.
- Si MM est une feuille de zinc, de cuivre, par exemple, on peut faire disparaître en une seule seconde une grande déviation de la feuille d’or/.
- La sensibilité de cette méthode permet de reconnaître que tous les corps rayonnent lorsqu'ils sont placés en MM. Mais l’action électrique de l’aluminium est bien plus faible qu’on ne pourrait s’y attendre d’après l’intensité de son action sur l'écran fluorescent. A
- ce point de vue, l’action électrique des rayons secondaires marche de pair avec leur action photographique (Voir le chapitre précédent).
- L’action de l'aluminium étant faible vis-à-vis de celle d’un métal tel que le zinc, l’expérience est très frappante quand on remplace en MM une feuille d’aluminium par une feuille de zinc de mêmes dimensions.
- L’expérience relative à l’influence de l’ordre des filtrages se répète ici avec une grande netteté. Une feuille d’aluminium de un demi-millimètre d’épaisseur, placée entre / et MM, ralentit seulement la vitesse de décharge de l’électroscope •, mais elle arrête presque complètement le mouvement de la feuille d’or / lorsqu’elle est placée entre MM et EE.
- L’action électrique des rayons secondaires se manifeste en même temps que l’action photographique et l’action sur l’écran fluorescent. La méthode électrique présente d’ailleurs, sur la méthode photographique, les mêmes avantages de sensibilité et de précision que pour l’étude des rayons X eux-mêmes.
- Nous allons maintenant approfondir le mécanisme de l’action électrique des rayons secondaires et nous en servir pour expliquer l’influence de la nature du métal d’un conducteur frappé par les rayons X sur la vitesse de décharge de ce conducteur.
- Décharge par les rayons X. Historique. — L’action des rayons X sur les corps électrisés a été découverte d’une manière indépendante par Benoist et Hurmuzescu à Paris, J.-J. Thomson à Cambridge, A. Righi à Bologne, H. Dufour à Lausanne.
- Le fait fondamental est que les électricités positive ou négative fuient complètement et avec la même vitesse sous l’influence des rayons X, tandis que l’électricité négative seule est dissipée par la lumière ultra-violette.
- (*) Voir ^L’Éclairage Électrique du
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- Dans un même gaz, la vitesse de la décharge augmente ou diminue en même temps que la pression du gaz et dépend de la nature du gaz (Benoist et Hurmuzescu, J.-J. Thom-
- Benoist et Hurmuzescu ont de plus montré que la vitesse de décharge du métal frappé par les rayons X dépend de la nature du métal et paraît principalement liée à l’absorption que le métal exerce sur les rayons X.
- J.-J. Thomson, Rœntgen ont reconnu que l’air traverse par les rayons X devient conducteur de l’électricité et conserve cette propriété pendant un instant; on peut décharger un conducteur en insufflant sur lui de l’air rœntgenisé.
- Il résulte des recherches de Righi, Villari, J.-J. Thomson, que la décharge peut avoir lieu pour un conducteur en dehors du parcours des rayons X supposés rectilignes, et que l'action des rayons X sur les corps électrisés s’exerce le long des lignes de force du champ électrique.
- J. Perrin a montré nettement que, si les rayons X traversent des tubes de force électrique réunissant deux conducteurs dans un gaz en repos, les tubes de force rencontrés par les rayons deviennent conducteurs de l’électricité. Il a isolé et étudié cet effet gai en faisant passer un faisceau de rayons X entre les armatures d’un condensateur formé de deux plaques métalliques parallèles qui ne recevaient point de rayons X.
- J. Perrin a de plus étudié, sous le nom d'effet métal, l’exccs de l’effet complexe obtenu avec un condensateur métallique plan Jrappé par les rayons X, sur un effet gaz obtenu comme il a été dit et de manière à compenser l’effet gaz nécessairement produit dans le premier cas.
- Les résultats de J. Perrin relatifs à l'effet gai ont éclairci un point fondamental dans la question de la décharge par les rayons X.
- Les résultats de J. Perrin relatifs à Y effet métal ne font connaître l’influence propre du métal que par différence avec l’effet précédent. Ils ont d’autre part été obtenus dans
- des conditions trop particulières pour que la théorie de l’effet métal donnée par J. Perrin, sous le nom de théorie de Vionisation superficielle, puisse être considérée comme fondée.
- Mécanisme de l'action du métal. Effet secondaire. — Avant mes expériences, on ne savait pas décharger un conducteur au moyen des rayons X sans diriger les rayons X sur le conducteur ou au moins à travers le gaz soumis au champ électrique du conducteur.
- Or, dans mon expérience de la figure 8, la décharge de la feuille d’or / a lieu sous l’influence des rayons S du métal MM sans que les rayons X pénètrent dans le champ électrique de f tout entier renfermé dans la cage de l’électroscope. Cette expérience isole une action propre du métal M.
- Fig. 9.
- Supprimons maintenant la feuille d’aluminium battu aa qui fermait le champ électrique de f et plaçons une lame d’aluminium AA (fig. 9) entre le tube de Crookes et la lame métallique MM, réduite aux dimensions de l’ouverture de EE, de manière à prolonger en quelque sorte la cage de l’élcc-troscope jusqu'à l’espace compris entre AA et MM. Des lignes de force électrique sont
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- maintenant échangées entre la feuille d’or y et le métal MM. Les rayons X agissent à la fois sur l’air que traversent ces lignes de force dans l’espace compris entre AA et MM {effet primaire) et sur le métal MM maintenant placé dans le champ électrique de f [effet secondaire).
- Mais le second effet est bien plus considérable que le premier : pour nous en assurer, disposons une nouvelle feuille d’aluminium A’A' à la place de la feuille métallique MM de la figure 9. La faible action que nous observons alors correspond assez exactement à l’effet primaire (elle lüi est môme un peu supérieure à cause de l’action propre de l’aluminium et de l’action de l’air placé derrière l’aluminium, qui émet aussi des ravons secondaires, comme nous verrons plus loin). Or elle est faible vis-à-vis des actions observées dans les expériences antérieures.
- Nous pouvons rendre l’effet primaire beaucoup plus considérable en reliant électriquement à la feuille d’or f une plaque métallique M (fîg. 9} isolée électriquement et assez rapprochée de MM pour échanger avec MM à peu près toutes ses lignes de force. L’effet ; primaire sera par exemple égal à l’effet (1) secondaire, c’est-à-dire que l’effet obtenu en plaçant le métal en MM étant représenté parc, l’effet obtenu en remplaçant le métal par une feuille d’aluminium de même forme sera représenté par 1.
- Quelle que soit la grandeur de l’effet primaire, supposons-nous d’abord dans le cas où cet effet se produit seul; nous avons alors remplacé MM par une feuille d’aluminium nuque nous prendrons très mince (de 1/300 de millimètre d’épaisseur environ/. Au-dessous de au, disposons parallèlement à aa. une lame de zinc ZZ qui puisse recevoir les
- ' ') Bien entendu, les rayons X ne rencontrent pas M'. Plus ils en passent loin, plus l’effet primaire est faible. On peut encore ici rendre l’effet primaire notablement plus faible que l’effet secondaire en faisant tomber les rayons X sur M sous
- des rayons X ne passe en avant de M sans toucher la surface de M.
- rayons X transmis à travers aa. La rapidité de décharge de l’électroscope augmente aussitôt.
- Rapprochons la lame de zinc de aa parallèlement à elle-même ; la rapidité de décharge augmente toujours. L’action est maximum et par exemple double de l’effet primaire, quand la lame de zinc touche aa.
- Enlevons enfin la feuille mince d’aluminium aa qui couvrait le zinc, de manière que le zinc forme maintenant la seconde armature du condensateur et que les lignes de force du champ électrique prennent naissance à la surface même du zinc. Si ces conditions nouvelles peuvent avoir une influence, c’est assurément peu de chose, car l’effet secondaire seuln’augmente guère que de i/iode sa valeur quand on met le zinc à nu.
- Ainsi la plus grande partie au moins de Yefffel secondaire est due à une action à dislance indépendante du champ électrique. Il est déjà bien manifeste que l’effet secondaire accompagne la production des rayons secondaires, leurs actions photographiques ou de luminescence ; elle suit d’ailleurs les variations d’intensité de ces rayons avec la distance, la nature du métal, etc. Il n’y a donc pas lieu de l'expliquer autrement que par l’action des rayons secondaires du métal, et le nom d’effet secondaire est pleinement justifié. Ce mot de secondaire ne doit pas évoquer d’autre idée que la précédente ; en particulier cet effet n’est pas nécessairement plus faible que l’effet primaire ; nous avons vu qu’il peut être aussi fort, beaucoup plus fort que l’effet primaire, ou enfin exister seul.
- Rien ne prouve d’ailleurs qu’il y ait une petite partie de l’effet secondaire localisée à la surface du métal. La légère diminution qu’on observe quand on couvre le zinc avec une feuille mince d’aluminium battu s’explique suffisamment par le léger affaiblissement de l’action des rayons secondaires qui ont du traverser la feuille d’aluminium.
- Les mêmes expériences réussissent aussi bien avec la plupart des métaux. Toutefois il peut arriver que la feuille d’aluminium aa
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- de 1/300 de nïm d’épaisseur affaiblisse notablement l’effet secondaire (de l’or, par exemple). Mais je me suis assuré qu’un affaiblissement comparable s’observe quand on tamise par la même feuille aa les rayons secondaires du métal agissant à distance et placé en dehors du champ électrique. L’absorption des rayons secondaires par aa suffit donc ici encore à expliquer l’affaiblissement de l’effet secondaire par aa (/;.
- Les expériences précédentes réussissent aussi bien quand les armatures du condensateur sont parallèles et qu’on fait pénétrer les rayons X normalement à la feuille d’aluminium électrisée et isolée qui forme l’une d’elles ; la seconde armature est toujours une feuille mince aa en aluminium battu, derrière laquelle on peut approcher une lame de zinc M reliée électriquement à la feuille aa et au sol (voir lig. 12).
- Maintenant, comment les rayons secondaires agissent-ils eux-mêmes ? Puisque les rayons X produisent leur effet primaire en rendant le gaz placé dans le champ électrique, conducteur de l’électricité, nous devons penser que les rayons secondaires absorbés comme nous avons vu par l’air adjacent au conducteur qui les émet, rendent ce gaz conducteur de l’électricité au même titre que les rayons X incidents eux-mêmes. C’est l’hypothèse que j’ai émise dès le début de ces recherches (2).
- J’ai vérifié en effet que les rayons secondaires peuvent décharger une surface métallique sans rencontrer ni cette surface ni les surfaces avec lesquelles la première échange des lignes de force ; ils agissent surtout en rendant l’air conducteur de l’électricité.
- Ainsi les rayons secondaires qui pénètrent dans la cage de l’électro'scope (fig. 8) déchargent la feuille d’or f parce qu’ils rendent
- métallique dont les mailles laissent passer librement les
- (2) Comptes rendus du 26 juillet 1897, t. CXXV, p. 232; L’Éclairage Électrique, t. XII, p. 316.
- l’air intérieur à cette cage conducteur de l’électricité. On pourrait se proposer de répéter avec les rayons secondaires les différentes expériences faites avec les rayons X (voir l’historique de la décharge au chapitre précédent). On peut se demander en particulier ce qui arrive lorsque les rayons secondaires frappent le conducteur électrisé, par exemple la feuille d'or de l’électroscope. Il peut alors se produire un effet tertiaire, les rayons tertiaires que le métal émet sous l’action des rayons secondaires pouvant à leur tour provoquer une nouvelle conductibilité dans l’air ambiant. Ici encore rien n’oblige à admettre qu’il puisse se produire un effet purement localisé à la surface du métal. On conçoit toutefois que, les rayons qui proviennent des transformations successives des rayons X étant de plus en plus absorbables par l’air, l’effet d’ordre supérieur puisse être localisé dans une couche d’air de moins en moins épaisse.
- En résumé, cesl dans le ga\ adjacent au conducteur que le phénomène de la décharge est localisé : chaque élément de volumeffi'du gaz adjacent au conducteur G (fig. 10) est tra-
- hi
- Fig. 10.
- versé à la fois par les rayons X incidents, par les rayons secondaires S que le métal émet sous l’influence des rayons X, parles rayons secondaires produits par le gaz lui-mème (voir le chapitre V). Si un autre conducteur C' est assez rapproché de C, l’élément de volume dp peut être traversé par les rayons secondaires S' émanés du conducteur G' ou par les rayons tertiaires T qui proviennent de la double transformation des rayons X par G puis G'.
- La masse gazeuse renfermée dans le volume
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- dv est ainsi rendue conductrice de l’électricité par tous les rayons qui la traversent. Nous avons appelé effet primaire la décharge qui résulte de la conductibilité du gaz ainsi provoquée par les rayons X ; effet secondaire, l’action analogue due aux. rayons secondaires S; effet tertiaire, celle qui est due aux rayons tertiaires T.
- Quelques singularités dans l'effet secondaire. — II peut sembler surprenant que l’action du métal dans la décharge ait paru àJ. Perrinxsensiblement localiséeauvoisinage de la surfaçe du conducteur, de telle façon que scs expériences particulières s’expliquaient suffisamment dans sa théorie de l’ionisation superficielle.
- Dans l’expérience que J. Perrin décrit p. 51 de sa thèse, le déplacement d’un pinceau de rayons X de c en d (flèches de la fig. 11) fait
- disparaitre l’action propre du métal de l'armature MM; comme c et d sont, l'un dans le champ électrique utile défini par le disque d’aluminium battu a j3 relié à l’électromè-tre, l’autre dans le champ de l’anneau de garde AA qui ne communique pas avec l’élec-troinètre, tout se passe comme si l’action était localisée sur la surface c du métal à la fois située dans le champ électrique utile et frappée par les rayons X. Voici l’explication de cette apparence :
- Le centre c d’émission des rayons secon-
- daires de MM se trouve transporté en d. La zone d’action hémicylindrique dt dt des rayons S sur l’air ambiant est transportée en dfdi tout entière à l’extérieur du champ électrique utile a fidr Son influence est complètement supprimée. La deuxième zone, comprise entre d, dl et a?s c7, est maintenant entre dt dt' et cd\. La seule étendue utile, c’est-à-dire située dans le champ électrique de à [i, est la région ombrée, dont i’étendue n'est environ que 1/4 de la deuxième zone. Les zones suivantes ont encore leur étendue utile et leur action très affaiblies pour les mêmes raisons. Enfin les zones d’ordre de plus en plus élevé ont leur action de plus en plus affaiblie par la traversée de l’air qu’ont subie les rayons secondaires avant d’arriver à ces zones. On s’explique ainsi que, pour deux armatures AA, MM, distantes de 2 cm, un déplacement cd\ du pinceau de rayons X, ail moins égal à 5 inm, fasse disparaître la majeure partie de l’effet secondaire (’).
- Maintenant il est évident qu’en y regardant de plus près, on verrait un léger effet subsister quand le pinceau de rayons X est déplacé de c en d.
- De même, l’action du métal étudiée dans le cas d’un condensateur plan ne saurait être entièrement définie avec un métal, un gaz et un champ électrique donné, par l’étendue de la surface du métal que frappent les rayons X. L’action des rayons secondaires augmente en effet à mesure qu’augmente le volume du gaz traversé par les rayons (2). C’est précisément ce que J. Perrin a reconnu lui-même (ÿ). Toutefois l’augmentation constatée par J. Perrin ne serait que de 1/10 de l’effet secondaire du zinc quand l’épaisseur d’air du condensateur augmente de 1 mm à 10 mm. Cela paraît trop peu, si l’on réfléchit que les effets dans les couchesd’air successives s’ajoutent pour produire l’effet observé et que la photographie (expériences de la figure (2) et expériences du
- (fi G. SaGnac, Comptes rendus du. 3 janvier 1898. (i) G. Sagnac, loc. cit., note.
- (g) J. Perrin, Comptes rendus du 17 janvier 1898.
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- même paragraphe) enregistre encore à quelques millimètres du zinc des rayons secondaires d’intensité non négligeable vis-à-vis de celle des rayons X incidents.
- Là encore il faut tenir compte des rayons perdus latéralement ou mal utilisés et aussi de l’effet tertiaire qui se produit sur l’armature d’aluminium sous l’influence des rayons secondaires provenant de l’armature de zinc. Ces influences diminuent l’accroissement que prendrait l’effet secondaire si elles n’existaient pas et font croire ainsi à une absorption des rayons X par l’air bien supérieure à l’absorption réelle.
- Ces remarques sont justifiées par les expériences que j’ai faites pour montrer que toute l'action du métal est bien due à l’action des rayons secondaires : le condensateur plan a ses deux armatures en aluminium, le zincZZ (fig. 12) est au-dessous d’une des deux armatu-
- res en aluminium battu très mince aa. Quand on l’éloigne à partir de cette feuille mince, les rayons secondaires sont obliges de traverser une épaisseur d’air croissante avant d’agir dans le champ électrique du condensateur ; cet air se borne à affaiblir les rayons secondaires sans les utiliser, car aucun champ n’existe entre aa et MM qui communiquent électriquement en c. C’est ainsi l’absorption par les premières couches d’air à partir du métal qui intervient ici, tant, du moins, que cette épaisseur d’air a est suffisamment faible par rapport aux dimensions de aa pour que l’éloignement de ZZ n’altcre pas sensiblement la perte latérale des rayons secondaires.
- Or, dans ces conditions, on trouve des résultats très différents de ceux qu’a trouvés J. Perrin. L’affaiblissement des rayons secon-
- daires par suite de la traversée préliminaire de l’épaisseur a d’air se montre bien plus faible que celui qu’on déduirait des résultats bruts de J. Perrin; il correspond assez bien à celui qu’enregistre une plaque photographique dans l’expérience de la figure 2 et dans les expériences du même paragraphe.
- En somme, les plus grandes précautions doivent être prises quand 011 cherche la loi suivant laquelle l’action des rayons secondaires s’affaiblit avec la distance comptée dans l’air à partir du métal. Il est clair que si l’étendue du récepteur (plaque photographique pp de la figure 2 ou armatures du condensateur électrique) est trop petite par rapport à la distance au métal frappé par les rayons X, une fraction seulement de l’énergie des rayons secondaires est utilisée et l’on peut croire à un affaiblissement par l’air considérablement supérieur à l’absorption réelle. Non seulement on peut trouver alors que l’effet secondaire dans un condensateur plan 11’augmente guère avec la distance des armatures, mais on peut trouver qu’il diminue quand la distance des armatures est suffisamment grande par rapport à leurs dimensions. l)’une manière générale, reflet secondaire dans un condensateur plan augmente avec la distance des armatures, passe par un maximum, puis diminue. Mais il augmenterait toujours dans le cas d’un condensateur fermé, à mesure que le volume d’air traversé par les rayons deviendrait plus grand {').
- i.1) Une complication se présente : tant que le champ électrique est suffisamment faible, h quanlitù d'électricité débitée par l’action des rayons X, soit sur le gaz, soit à la fois sur le gaz et sur le métal, va en augmentant avec l’intensité du champ (J. Perrin, J.-J. Thomson). Mais les expérience^dé-
- quantité d’électricité. Autrement dit, avant d’éloigner les armatures du condensateur, on les ramène aux potentiels primitifs ; clics conservent leur charge q quand on éloigne par exemple l’armature qui est au sol. Or, si le condensateur est plan, q — — F, s étant la surface des armatures qui ne change pas. Fie champ qui est ainsi le même que dans la
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- Accumulateur H. Mayes (').
- Des rectangles de toile métallique en plomb pur triplé sont-superposés les uns sur les autres; on les place dans un cadre enserrant les bords et on coule suivant ces bords du plomb antimonieux ; on obtient ainsi une plaque que l’on forme par les procédés ordinaires. L’inventeur revendique l’avantage d’avoir ainsi à peu de frais une grande surface active et une grande solidité.
- Accumulateur Méry de Contades (2).
- Les plaques positives de cet accumulateur (iig. i et 2) sont constituées par une feuille mince en alliage inoxydable recouverte de minium et repliée en zigzags; elles sont enfermées dans une enveloppe x (fig. 1) en
- Fig. 1 et 2. — Accumulateur Méry de Contades.
- celluloïd perforé maintenue par trois bandes D,, Ds, D, d’un métal ou alliage inoxydable. — Les négatives II sont des plaques homogènes du type Faure.
- première expérience puisque j n’a pas changé. L'influence du
- vitesses de débit de deux condensateurs plans d’épaisseurs différentes et de même charge initiale. Il n’en est plus de même pour un condensateur fermé; il faut alors que le champ soit assez énergique pour 11e plus influer sur le débit.
- (') Brevet anglais n“6743,déposé le l<> mars 1897, accepté le 12 juin '897.
- (2J Brevet anglais n° 30164, déposé le i« février 1897, accepté le 5 juin 1897.
- Accumulateur W.-H. Smith ('
- Chaque électrode est composée d’un support inoxydable en forme de gril à barrettes horizontales, entre lesquelles est maintenue une lame d’ébonite b (fig. 3) mince et ondulée,
- Fig. 1 à 3. — Accumulateur W.-H. Smith.
- d’une enveloppe perforée en celluloïd et de matière active placée entre l’enveloppe et le support.
- La figure 1 représente un de ces accumulateurs ; les bornes r et g.i sont les deux pôles; les plaques sont séparées par des intervalles h.
- L’invenieur revendique pour cet accumulateur l’avantage d’une grande capacité sons un faible volume.
- accepté le 5 juin 1897.
- [3646, déposé le
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- T. XIV.— N° 12.
- Réflecteur Hrabowski pour lampe à arc (').
- Le réflecteur Hrabowski se compose d’une partie supérieure en toile ABEF (fig. i), dont
- ski pour lampe à
- la surface est uniformément transparente, et d’un hémisphère d’albâtre L placé au-dessous de l’arc lumineux; en outre, un anneau G de section triangulaire en cristal entoure l’arc un peu au-dessous du foyer.
- Le réflecteur de toile est place au-dessus de la lampe, il recueille les rayons émis par celle-ci et dirigés vers le haut et les difluse. L’hémisphère d’albâtre laisse passer une partie de la lumière en la diffusant et renvoie le reste vers le haut contre la toile transparente. Les rayons qui ne viennent ainsi frap-
- ’ensemb;
- per directement ni le réflecteur de toile ni le globe d’albàtre, rencontrent l’anneau de cristal et sont déviés par lui de façon à venir en-
- p) Brevet allemand 54724; Sicmenset Halske A. G., Elek-trotechnische Zeitschrift.
- core frapper le réflecteur supérieur. Il en résulte qu’aucun rayon venant directement du foyer lumineux ne peut sortir sans avoir rencontré l’une ou l’autre des deux parties du réflecteur, la lumière est donc totalement diffusée et ne peut produire aucun éblouissement, en quelque point que
- La lumière produite n’est plus dure comme celle des lampes à arc, les ombres sont moins nettes, moins sombres, et l’effet est analogue à celui de la lumière du jour. Aussi cet appareil est-il employé avantageusement dans les salles de conférences, salles d’opérations, salles de peinture, etc. Il n’exige pas que les parois et le plafond de la salle soient blancs, et en particulier la forme du plafond est indifférente. T)e plus, l’appareil est léger et facile à déplacer. Il résulte des mesures pho-tométriques que le renforcement de la lumière que l’on obtient par l’emploi de ce réflecteur sur la lumière émise par un globe de verre opale est de 42/17.
- Détermination de l’état électrique variable d’un réseau ;
- Par O. Coi.ard
- Dans une communication faite récemment à l’Association des ingénieurs électriciens sortis de l’Institut électrotechnique Monte-flore, et publiée par le Bulletin de cette Association. M. Colard exposait une intéressante méthode d’étude de l’état électrique variable d’un réseau, pouvant trouver des applications pratiques de plusieurs genres, particulièrement en télégraphie et en téléphonie. Sans entrer dans tout le détail des calculs donnés par M. Colard nous nous proposons d’en indiquer la marche générale, mais auparavant nous laisserons la plume à l’auteur et reproduirons l’introduction dans laquelle il expose le principe de sa méthode de calcul :
- « Dans un réseau électrique qui comprend résistances, coefficients' de self-induction et
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- d’induction mutuelle, et capacités, et qui est ie siège de forces électromotrices, fondions du temps seul, les potentiels aux nœuds et les intensités de courant dans les branches sont donnés, en fonction du temps, par des équations différentielles linéaires simultanées, dont les seconds membres, fonctions du temps, sont les forces électromotrices appliquées aux diverses branches. Le système intégrale générale de ces équations est la superposition de deux systèmes : le premier est le système intégrale générale des équations supposées dépourvues de seconds membres ; le second est un système intégrale particulière des équations munies de leurs seconds membres.
- » Cette propriété analytique n’est que la traduction d’un fait physique, qu’on peut énoncer comme suit :
- » Irétat électrique du réseau avec forces électromotrices appliquées, fonctions du temps seul, est la superposition de deux états : le premier est l'état général, dans l'hypothèse oit aucune force électromotrice n'est appliquée au réseau; le second est un des états particuliers, dans lequel peut se trouver le réseau sous l'action des forces élcclromotrices appliquées. On peut choisir pour cet état particulier, l’état de régime, pour autant que les forces èlectromotrices soient telles que cet état de régime existe.
- > On peut donc encore dire, dans ce cas, que l'état électrique variable résulte de la superposition de l’état de régime dit aux forces èlectromotrices appliquées, et de la réaction propre du réseau, réaction dont les caractères généraux sont indépendants de ces forces électromotrices appliquées.
- » La forme générale de cette réaction une fois déterminée pour un réseau donné, on pourra s’en servir ensuite, très simplement, pour déterminer l’état variable dans l’hypothèse particulière d’un système donné de forces électromotrices fonctions de temps.
- » Nous allons démontrer qu’il ne reste ^déterminé, dans l’expression générale de la réaction du réseau, que des coefficients cons-
- tants : leur nombre sera égal à celui'des conditions aux limites, nécessaires et suffisantes pour que le problème soit complètement déterminé. On pourra donc calculer ces coefficients dès que Ton se sera fixé ces'conditions aux limites.
- » La question de la détermination de Fétat variable est ramenée à deux questions distinctes, et est rendue incontestablement plus aisée : i° la détermination de la réaction générale propre du réseau; 20 la détermination de l’état de régime particulier à la distribution particulière de forces èlectromotrices que l’on considère.
- » La première partie du problème reste la même pour le même réseau, quel que soit le système de forces électromotrices que l’on y appliquera ensuite, à part les quelques coefficients dont je viens de parler. La méthode qui va être exposée sera donc particulièrement avantageuse quand on se trouvera devoir étudier, pour le même réseau, Fétat variable qui serait dû à Fun ou Fautre système distinct de forces èlectromotrices appli-' quees.
- » En outre, la réaction électrique générale d'un réseau est une propriété caractéristique de ce réseau, indépendamment des forces électromotrices que l’on y applique. Il sera sans doute souvent intéressant de pouvoir comparer les propriétés caractéristiques types de divers types de réseaux.
- » Gomme on le verra d’ailleurs, la partie analytique du problème se réduira à la résolution d’une seule équation algébrique à une inconnue, de degré plus ou moins élevé; à des dérivations et à des calculs algébriques simples. Les calculs se prêtent particulièrement à l’emploi des déterminants, ce qui permet de les exécuter de façon méthodique, rapide et élégante.
- » Ce mode d’étude de Fétat variable pourra, je pense, être particulièrement utile quand on aura à considérer des systèmes télégraphiques et téléphoniques compliqués (système Van Rysselberghe et analogues, télégraphie multiple, etc.), dans lesquels, comme
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- T. XIV. — N° 12.
- on le sait, seule la période variable des courants a de l’importance, et pour la plupart desquels, jusqu’à présent, on manque d’indications précises.
- » La méthode que je vais donner n’a pas encore été, que je sache, exposée d’une façon générale. MM. Vaschy et Brilynski, notamment, ont employé, pour leurs belles recherches sur les phénomènes télégraphiques et téléphoniques, les mêmes méthodes d’élimination; mais ils n’ont traité que des cas particuliers. Ce qui, je crois, caractérise mon mode de résolution, est la mise en évidence de la réaction propre du réseau, abstraction faite des forces électromotrices qu’on y appliquera dans la suite, et la division du problème général en deux problèmes plus simples. »
- L’auteur considère donc en premier lieu le cas d’un réseau où il n’y a pas de forces électromotrices appliquées, en d’autres termes complètement indépendant du reste de l’espace, et comprenant £ branches distinctes formant v nœuds.
- L’état du réseau sera complètement déterminé si l’on connaît à chaque instant les intensités t\... ts des courants circulant dans les branches et les excès *v-i
- des potentiels des (v—i) premiers nœuds sur le potentiel du vs (que l’on peut d’ailleurs sans inconvénient supposer nul). Il faut donc chercher [3 -j- v — i équations indépendantes entre ces (3 v — i inconnues.
- Considérons une branche h réunissant deux nœuds k et /. Appelons ry{ sa résistance ohmique, P a la somme des inverses des capacités des condensateurs en série (*), wn*, m2h, ... ses coefficients d’induction mutuelle par rapport aux autres branches, waa son coefficient de self-induction (toutes quantités
- p) Dans le cas où aucun condensateur ne serait embroché
- revient en effet à celui où la branche comprendrait un condensateur dont les armatures seraient en contact et dont, par conséquent, la capacité serait infinie.
- que l’auteur suppose indépendantes du temps) et enfin q0 la charge initiale d’un condensateur quelconque de capacité c ; nous
- + + |>§=o
- d’où l’on déduit en dérivant par rapport à t et en représentant par les quantités affectées des indices ' " leurs dérivées,
- ->4+ ’V7, -H iV'*+ V mtor,= o. i;
- Telle est l’une des |3 équations des branches.
- La loi de la continuité du courant nous fournit v équations aux nœuds
- qui d’ailleurs se réduisent à v — i équations indépendantes, car si la condition de continuité est satisfaite en (v — i) des nœuds elle le sera nécessairement au ve et par suite l’équation relative à ce dernier nœud doit être une conséquence des autres.
- Les [3 équations (i) et les v — i premières équations (2) constituent le système d'équations du réseau.
- Ces équations étant des équations différentielles linéaires simultanées sans seconds membres, les fonctions i et v seront des sommes de fonctions exponentielles du temps. Posons
- », = Xt«“, U = X2e",.. X? ,
- v, = X? + 1 ext, Vt = X, + yc:... vv_l = Xp +
- et portons ces valeurs dans (1) et (2) ; il viendra après suppression de l’exponentielle qui est facteur commun dans toutes les équations
- y "hsX-s + (X3 + ; - X„ , * + h)
- + PaXa - 0 >3)
- Ho, (4-
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- En éliminant entre ces équations les quan- j rislique du réseau, et qui n’est autre que le tités X, on obtient une équation algébrique I déterminant A, éliminant du système, égalé en oc, que l’auteur appelle équation caractê- j à zéro.
- +P, x„„ x,mt> termes
- x*mlt „r'ô;m + *vi + P2 : ±X
- xhniz x*ma ; OU
- x'-*»# ^ + P>
- tftrniM-l-.niTn 0
- (v — ï lignes) iv — i) colonnes
- (3 colonnes)
- Si l’on fait abstraction des racines nulles de l'équation, dont on n’a pas à' tenir compte (*), on peut remplacer les termes zt x de la portiondroite supérieure du déterminant par des termes ± 1 et dès lors le déterminant devient symétrique par rapport à la diagonale des termes trinômes, propriété intéressante pour la facilité des calculs.
- Soit d le degré de l’équation caractéristique (5), degré que l’auteur appelle degré du réseau. On aura d racines, xn xsi... xj. Suivant qu’elles seront imaginaires ou réelles, les potentiels aux nœuds et les courants dans les branches seront oscillatoires ou non oscillatoires. Leurs valeurs ne dépendent que des constantes P, m, r du réseau, car les coefficients de x dans l’équation (5) ne dépendent que de ces quantités ; elles sont donc indépendantes des conditions aux limites et des forces électromotrices appliquées ; l’auteur propose de les appeler les constantes de réaction du réseau.
- Les valeurs de x étant déterminées au moyen de cette équation, il reste à déterminer les valeurs des-quantités X. Deux cas sont à distinguer suivant que toutes les racines de (5) sont distinctes ou quelques-unes d’entre
- (') E11 effet les termes en seront alors constants, indépendants du temps; leurs coefficients KX devront donc être nuis dans les expressions (8, écrites plus loin, puisque, aucune force électromotrice n’étant appliquée au réseau, il est impossible que, quel que soit le système de conditions initiales rendant milles les K relatifs aux autres racines x, il existe dans le réseau une distribution électrique, permanente lutre que f équilibre , c’est-à-dire qu’il faut alors que
- elles sont multiples. Envisageons d’abord le premier cas.
- Les équations (3) et (4) étant homogènes par rapport aux X, ces quantités ne pourront être déterminées qu’à un facteur constant K près. En désignant par Si, 3iV.. 3 (.3 ^ ,, les
- déterminants mineurs du déterminant A pris par rapport aux termes successifs de sa première ligne, nous aurons X[ = RS,, X,= K5Î,.... X? -, ,-1 = Ks -i- „ — 1 (6)
- où K est une constante ayant une valeur particulière pour chaque racine x et ouïes 3 sont des fonctions de x- où cette variable doit être remplacée par la racine considérée. On aura donc d systèmes de valeurs des X et par suite les fonctions i et v seront de la forme
- ii = q. -f-...+ ^-d?iideXdt
- Vj — K,3? h. r.ie*î( ..... | (8)
- + + i,deXdt j
- où les indices 1, 2,... d, indiquent les valeurs respectives des K et des 0 pour chacune des d racines.
- Dans ces expressions, il ne reste d’indéter-minc que les d constantes Kj, K2,... K^. Pour les déterminer, il faudra recourir aux conditions aux limites, et ces conditions, devant fournir d équations distinctes, devront elles-mêmes être au nombre de d et physiquement distinctes. Ainsi, le nombre d, ou le degré du réseau est égal au nombre de conditions aux limites, nécessaires et suffisantes pour que
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- T. XIV. — NM2.
- la distribution électrique soit physiquement indiquée.
- Quant au cas où quelques-unes des racines sont multiples, sans être beaucoup plus difficile à traiter, il conduit à des expressions des i et des v beaucoup plus complexes pour lesquelles nous renvoyons le lecteur au mémoire original.
- Reste maintenant à examiner la seconde partie du problème : les calculs des i et des ràun instant quelconque lorsqu’il y a dans le réseau des forces électromotrices appliquées fonctions du temps.
- Les équations différentielles en v et i auront alors un second membre. Il suffira de déterminer une solution particulière des équations avec second membre et de l’ajouter à l’expression correspondante de la réaction du réseau, pour obtenir l’expression générale de la fonction i ou v considérée. Les d constantes K se détermineront encore par les conditions aux limites.
- Cette solution particulière peut correspondre, ainsi qu’il a été dit, à la distribution à l’état de régime, si toutefois cette distribution existe. Il en sera ainsi pour les forces électromotrices constantes et les forces électromotrices susceptibles de se mettre sous la forme d’une somme d’exponentielles du temps.Telles seront les forces électromotrices périodiques, simples ou munies d’harmoniques, plusieurs forces électromotrices de grandeurs et de fréquences différentes pouvant exister dans chacune des branches du réseau.
- Dans le cas de forces électromotrices exponentielles, une méthode analogue à celle que nous avons employée dans l’étude de la réaction du réseau, permettra de déterminer très simplement cet état de régime.
- En effet, cet état est dû à la superposition des états dus à chacun des groupes de forces électromotrices différents et caractérisés par le multiplicateur du temps t dans l’exposant de l’exponentielle. Il suffira donc de déterminer l’état de régime dû à chacun de ces groupes.
- Soit par exemple f le multiplicateur constant caractéristique du groupe, et F, ef1 * F2 ef( ; F3 ef* ... F? ef1 les forces électromotrices appartenant à ce groupe, et appliquées respectivement dans les branches 1,2,3, ••• 3 du réseau.
- Soient encore vet i les potentiels aux nœuds et les intensités de courants dans les branches du réseau.
- Posons
- i, = i8 = YJK... i> = Y^ (36;
- V{= Y? + xeft, y, = + 2 v v_, = Yp + v— 1
- les quantités Y étant constantes.
- En substituant ces valeurs dans les équations différentielles en i et v, et divisant par eft, nous obtenons
- i° [3 équations aux branches
- p £ mtsY s + / ( Y, + ,-ï,.lt + r„ Y») + P l, Y» = /T,*(37>
- dans lesquelles h prend successivement les valeurs 1, 2, 3, ...
- 20 (v — 1) équations aux nœuds :
- = o (38,'
- soit en tout (^ -|- v —• 1) équations linéaires enYj Ya Ys ... Y?4-v- 1, mais non homogènes. On en tirera aisément les valeurs de ces coefficients Y.
- Pour le groupe des forces électromotrices appliquées constantes, on a f = o. Il en résulte d’abord que dans toutes les branches contenant un condensateur, c’est-à-dire comportant un terme P différent de zéro, la quantité Y relative à ces forces clcctromotri-ces est nulle. Pour les branches ne renfermant pas de condensateurs, P est nul et l’équation (37) se réduit à
- Y,', -Yp+A + rAYA=FA
- équation indépendante des coefficients d’induction. J- R-
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- Influence du fer doux sur le carré moyen de la , différence de potentiel aux extrémités d’une bobine parcourue par un courant de haute fréquence ;
- Par H. Pellat (1).
- « Un courant oscillatoire de haute fréquence est obtenu dans une bobine B par le procédé ordinaire, en joignant les extrémités du fil aux armatures extérieures de deux petites bouteilles de Leyde, dont les armatures intérieures communiquent avec les pôles d’une bobine de Ruhmkorff. Les boutons de ces bouteilles sont assez voisins pour que l’étincelle éclate entre eux à chaque oscillation du trembleur.
- » La fréquence du courant oscillatoire, obtenue d’après la connaissance des capacités et du coefficient de self-induction de B, étant 300000, si l’on introduit dans l’axe de la bobine B une seconde bobine B' à une couche de fil fin, on obtient entre les extrémités du fil de cette bobine des étincelles de 6 mm à 7 mm : c’est la disposition deTesla. Si l’on met ensuite la bobine B' à l’extérieur de la bobine B, de façon que les axes coïncident, la force électromotrice d’induction devient trop faible pour qu’une étincelle éclate entre les extrémités du fil de B'. Or, en mettant à l’intérieur des deux bobines un faisceau de fils de fer doux (de 0,25 mm. de diamètre, recouvert de coton pour isoler les brins), assez long pour occuper toute la longueur de l’ensemble des deux bobines, l’étincelle ne se produit pas davantage.
- » Cette expérience négative pourrait faire croire que le fer ne s’aimante pas dans un champ magnétique alterné de haute fréquence, puisque dans la bobine B' la variation du fiux d’induction est sensiblement nulle. Voici pourtant une autre expérience qui montre que le fer s’aimante dans ces con-
- <’) Comptes rendus, t. CXXVI, p. 731, séance du 7 mars 1898.
- DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- I ditions et que son aimantation peut avoir | une influence considérable sui certains phénomènes.
- » La bobine B' étant supprimée, les extrémités du fil de la bobine B, toujours réunies aux armatures extérieures des bouteilles de Leyde, sont mises en relation avec les deux plateaux d’un électromètre-balance très sensible 0 ; le déplacement du plateau mobile est observé au moyen d’un microscope à réticule.
- » Dès que l’appareil est en activité, le plateau mobile se déplace sous l’influence d’une force électrique proportionnelle au carré moyen U de la différence de potentiel entre les extrémités du fil de la bobine B
- = jf° V’æ) •
- » Or, j’ai constaté que l’introduction dans la bobine B d’un faisceau de fils de fer doux, à brins isolés, identique ou analogue à celui employé ci-dessus, diminue considérablement la valeur de U.
- » Cet effet n’est pas dù aux courants de Foucault dans le fer, car un faisceau semblable en fils de cuivre, introduit dans la bobine, ne produit aucune diminution de U. Bien plus, des niasses compactes de laiton ne donnent lieu qu’à une diminution insignifiante de U.
- » L’expérience a fourni le même résultat avec trois bobines différentes ayant respectivement pour coefficient de self-induction
- 4,604 xio9, 0,0124e xio9 et 0,000635x10®,
- qui, associées aux deux petites bouteilles de Leyde de capacité i,oo>< 10-18 et o,82X 10-18,
- (’} Cet appareil n’était autre que l’appareil que j’ai décrit (Comptes rendus, t. CXX, p. 773, 1895; L’Eclairage Électrique, t. III, p. 176, 1895) pour la mesure des pouvoirs inducteurs spécifiques, dont le plateau fixe inférieur avait été enlevé.
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- donnaient respectivement, par seconde, les nombres de périodes 3 500, 67 300 et 298 000.
- » Dans le cas de 298 000 périodes, la valeur de U, quoique très petite, correspondait à un déplacement du plateau dont on pouvait apprécier la 1/50 partie ; le faisceau de fer doux réduisait la valeur de U dans le rapport de
- 3 à 1.
- » L’introduction du fer donne lieu à un changement très net pour le bruit des étincelles qui éclatent entre les boutons des bouteilles de Leyde.
- » Quelques expériences ont été faites en immobilisant le trembleur de la bobine de Ruhmkorff et en lançant dans le primaire de celle-ci le courant d’un alternateur : les résultats ont été les mêmes.
- » Ces expériences montrent que la présence d’une quantité de fer, même petite, dans l’axe d’une bobine, ne permet plus de se servir de la formule classique
- ^R^V=«(av«i=C^, W
- pour obtenir l’intensité i du courant oscillant en considérant le coefficient de self-induction L comme une constante.
- » Cette formule conduit en effet, pour la valeur du carré moyen de la différence de potentiel U, dans le cas de L constant, à l’expression U = dans laquelle n repré-
- sente lenombre des interruptions du trembleur par seconde, V0 la différence de potentiel entre les boutons des bouteilles de Leyde au moment où l’étincelle va éclater et R la résistance de la bobine B. Or, L, considéré comme une constante, augmente par la présence du fer dans la bobine, ce qui devrait, d’après la formule ci-dessus, augmenter U, tandis que l’expérience indique une diminution considérable.
- » Ce phénomène doit être attribué a l’hys-térésis dont la relation (1) ne tient plus compte si l’on considère L comme constant : le flux d’induction dû au fer est en retard de phase sur celui dû au courant seul, et une
- partie de l’énergie de ce courant est transformée en énergie calorifique dans le fer doux. »
- Sur la température des lampes à incandescence-
- Par P. Janet (<).
- « J’ai indiqué autrefois (2) une méthode purement électrique de mesure de la température des lampes à incandescence et, plus généralement, d’un corps rayonnant quelconque. Cette méthode consiste à étudier : i° la variation de la résistance de la lampe en fonction de la différence de potentiel aux bornes; 20 la variation, en fonction du temps, de la résistance d’une lampe qui se refroidit. On en déduit aisément la courbe des watts rayonnés en fonction du temps, et, par suite, le nombre total de joules ou de petites calories abandonnées par la lampe. On pèse alors le filament, et, de la formule de M. Violle Q — °>355 1 + 0,00006t2,
- on déduit la température t (en admettant que le filament est formé de carbone pur).
- » Cette méthode a été appliquée, sur mes conseils, par MM. Gindre et Fréauff-Ozenne, alors élèves à l’École supérieure d’Électri-cité (3) ; la première partie des mesures se fait au moyen d’un ampèremètre et d’un voltmètre et ne présente aucune difficulté; la seconde est plus délicate ; voici comment elle a été exécutée :
- » Un interrupteur spécial permet d’effectuer les opérations suivantes :
- » i° Au temps zéro, le courant de la lampe est rompu ;
- » 20 Immédiatement après, la lampe est intercalée dans un circuit auxiliaire comprenant un accumulateur et une boîte de résistances ;
- (') Comptes rendus, t. CXXVI, p. 734, séance du 7 mars 1898.
- (2) Voir L'Éclairage Électrique, t. IX, p. 323, 14 n0* vembre 1896.
- (3) Les expériences ont été' faites au Laboratoire central d'Électricîté.
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- » 30 Au temps ?, un contact instantané met en communication les deux bornes de la lampe avec les armatures d’un condensateur ;
- » 4° Ce condensateur est déchargé dans un balistique.
- » Ces diverses opérations sont exécutées par une glissière qui se meut parallèlement à elle-même entre deux rainures ; les intervalles du temps se mesurent au moyen d’un diapason inscrivant ses vibrations sur un papier enfumé; il est évident, en effet, qu’à ces hautes températures le refroidissement est très rapide et qu’il est nécessaire de pouvoir mesurer avec précision des fractions de seconde. Un calcul facile permet de trouver alors la résistance de la lampe à un instant quelconque.
- » Les expériences ont porté sur quatre lampes A, B, C, D de 65 volts et xo bougies. Je désignerai par t la température, par R0 la résistance de la lampe à la température ordinaire, par Rx sa résistance à T, par p la masse du fi lament exprimée en milligrammes, par E la tension aux bornes. Voici les résultats obtenus.
- A...............65 6,3 175 0,53 1720
- B...............65 5,35 i;u 0,54 1610
- C...............65 5,2 170 0,52 1630
- D..............65 4,8 170 0,53 1620
- « On voit que les résultats relatifs aux lampes B, C, D concordent très sensiblement ; la lampe A, pour une raison quelconque, donne une température un peu plus élevée.
- » Quoi qu’il en soit, les résultats précédents présentent un certain intérêt, étant données les divergences des différents auteurs qui ont traité cette question. H.-F. Weber, en effet, indique des températures ne dépassant guère 1 300°, tandis que M. Le Chate-lier a donné (J) 1 8oo°. On voit que nos résultats se rapprochent de ces derniers ; ils s’en rapprochent même d’autant plus qu’il
- est permis de penser que nos lampes étaient moins poussées que celles de M. Le Chate-lier ; voici, en effet, les variations de résistances données par cet auteur :
- o,75
- 0,66
- 0,49
- » A la température de fonctionnement normal, le rapport -jÉ- était donc de 0,49 pour les lampes de M. Le Chatelier, tandis que ce même rapport atteignait la valeur 0,53 dans nos expériences : or, à cette valeur 0,53 correspond précisément la température de 1 6oo° dans la table de M. Le Chatelier.
- wLaprincipalc cause d’erreur des expériences précédentes réside dans la faiblesse du poids du filament : il serait facile d’y remédier en opérant sur des lampes à bas voltage. On. démontre en effet aisément que, à pouvoir éclairant égal, le poids du filament d’une lampe varie en raison inverse de la puissance ~ de la différence de potentiel aux bornes.
- « Des expériences précédentes on peut déduire des courbes de variation de la radiation totale en fonction de la température, mais la question est trop importante pour pouvoir être abordée ici. »
- Quelques propriétés des cathodes placées dans un champ magnétique puissant ; pAr André Bhoca (‘).
- K II y a deux ans, M. Birkeland, soumettant un tube à croix de Crookes à un champ magnétique puissant, vit que les rayons cathodiques émis par la croix prise comme cathode, dans un champ magnétique puissant et normal au plan de cette croix, se propa-
- (*) Comptes rendus, t. CXXVI, p. 736, séance du 7 mars
- (l) fouinai de Physique, 2e série, t. I, p. 203.
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- geaient suivant les lignes de force. Il vit dans ces conditions se produire deux images de la croix : l’une vers l’aimant, l’autre sur la paroi opposée. Les rayons deviennent alors visibles sur tout le trajet sous forme d’une traînée rose-violet. Les phénomènes sont indépendants du sens du champ magnétique. Quand le champ est assez intense, il se produit une convergence des rayons en un foyer assez puissant pour y fondre du verre. M. Birkeland attribue cette convergence à la non-uniformité du champ, et M. Poincaré a montré que, dans la théorie de l’ionisation, cette convergence devait avoir lieu dans un champ non uniforme. Il a montré que, dans ce cas, la molécule radiante devait se mouvoir sur un cône de révolution. Hittorlî avait déjà saisi par la photographie des faits semblables, et ses expériences viennent d’être répétées avec succès par son élève Prccht. J’ai répété des expériences analogues à celles de M. Birkeland, en me plaçant dans le cas de champs variables depuis zéro jusqu’à environ 15 000 C. G. S., entre les deux pôles d’un électro-aimant de Faraday, dont le courant excitateur était réglé au moyen d’un rhéostat de Cance.
- » A priori, les résultats de M. Birkeland doivent être incomplets, car nous savons qu’un rayon cathodique normal à un champ magnétique uniforme suit une trajectoire courbe et* située dans un plan normal au champ. Des expériences préliminaires m’ont montré que, dans les champs puissants, les rayons qui s’enroulent autour des lignes de force deviennent invisibles, parce qu’ils ne rencontrent plus de parois.
- » J’ai alors fait construire par M. Chabaud une ampoule sphérique de 5 cm de diamètre, portant une électrode sphérique centrale de 5 mm de diamètre, entourée d’un écran diamétral en verre ; c’est celle-ci qui est toujours prise comme cathode. Deux anodes, situées, l’une dans le plan de l’écran, l’autre dans le plan normal, m’ont montré que la position de l’anode était indifférente pour ces phénomènes.
- » L'intensité du champ a une action pré-pondérante sur les phénomènes ; son uniformité est peu importante, car tout reste identique si l’on place l'ampoule dans le champ de deux larges lames de fer, ou dans celui des deux cônes arrondis bien connus.
- » Les expériences suivantes ont été faites avec l’écran diamétral parallèle aux lignes de force. Les parties fluorescentes sombres dues aux irrégularités de la cathode permettent de voir que, dès que le champ est excité, les rayons cathodiques semblent s’enrouler autour des lignes de force, dans le sens du courant excitateur. Pour une certaine valeur du champ, les parois latérales du tube cessent d’être lumineuses, toute l’illumination se reporte sur l’écran diamétral. Puis subitement (‘) un jet lumineux intense semble jaillir de la cathode et illuminer l’écran diamétral jusqu’à la paroi, où il produit une petite tache à peu près circulaire. lia 2 min de large environ, et est plus ou moins excentré par rapport à la cathode suivant le degré de vide, mais toujours très légèrement. De chaque côté de cette ligne lumineuse s’étend un espace obscur, au delà duquel on voit la surface illuminée, limite du phénomène cathodique antérieur, qui a la forme dite en chapeau de gendarme. Fait très curieux, celle de ces deux dernières surfaces lumineuses qui correspond aux rayons émis par la cathode au-dessus de l’écran, si l’on suppose que le courant lui arrive par-dessous, possède une fluorescence jaune ; l’autre possède une fluorescence verte.
- » Quand le champ augmente, les deux chapeaux de gendarme se rapprochent du centre et se raccourcissent. La traînée lumineuse axiale devient moins intense, mais la tache qu’elle produit sur la paroi du tube reste aussi forte. D’ailleurs, le gaz lui-même, grâce à la luminescence violette indiquée par M. Birkeland, permet, quand la pression n’est pas trop faible, de la suivre sous
- ('} M. Birkeland a indiqué, il y a quinze jours, l’apparition subite de ce jet (Comptes rendus, t. CXXVI, p. 586).
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- forme d’un cylindre très mince, et les irrégularités de la surface de l’écran montrent la fluorescence partout où il y a une surface inclinée sur les lignes de force. L’excentricité du faisceau parallèle au champ n’existe plus. Enfin, pour une valeur assez grande du champ, les phénomènes cathodiques disparaissent presque complètement.
- » Quand on incline l’écran sur le champ, on voit l’illumination qui suit la force disparaître de l’écran, et la surface lumineuse, engendrée par les rayons qui tournent autour du champ, se modifier. Le canal central obscur s’efface, et pour la position normale au champ, l’illumination, très faible, est nettement circulaire.
- » Ceci ne peut rien préjuger sur la forme même de la trajectoire des rayons spiraux dans le champ magnétique. En effet, l’écran diamétral les arrête tous aussitôt qu’ils ont accompli une demi-révolution autour de la ligne de force. Cette expérience nous prouve donc seulement que la cathode sphérique émet des rayons d’espèces différentes, susceptibles de suivre, dans le champ magnétique, des hélices à pas différents.
- » Avec un tube à cathode cylindrique de 3 mm de diamètre et 2 cm de haut, placée parallèlement aux lignes de force, les phénomènes sont aussi de la plus grande netteté. On voit, sur la paroi située dans l’axe de la cathode, une large tache présentant des rayons sombres dus aux irrégularités de la cathode. Dans le champ magnétique, on voit la tache se rétrécir en même temps que les rayons se courbent, indiquant la trajectoire en hélice des rayons. Puis, pour une certaine valeur du champ, une ligne violette mince, parallèle aux lignes de force, apparaît brusquement et donne une tache cathodique sur la paroi. Quand le champ est assez intense, les deux ordres de rayons sont visibles dans le gaz, et l’on voit nettement l’espace obscur qui les sépare. Si l’on maintient le champ quelque temps, les rayons parallèles au champ fondent la paroi. Ce tube montre ^ ailleurs plusieurs propriétés curieuses
- des rayons cathodiques sur lesquelles je n’insisterai pas.
- » Tous ces phénomènes se coordonnent parfaitement, si nous admettons le faitconnu que la fluorescence, due aux rayons cathodiques, est d’autant plus vive que les rayons sont plus normaux à la surface qu’ils frappent. Dans cette hypothèse, nous voyons qu’une cathode placée dans un champ magnétique émet deux ordres de rayons. Les uns sont la limite des rayons ordinaires et s’enroulent autour du champ ; nous les appellerons rayons de première espèce. Les autres naissent subitement pour une certaine valeur du champ, commencent par s’enrouler autour de la ligne de force suivant une hélice tracée sur un cylindre très mince et à pas très allongé; nous les appellerons rayons de seconde espèce, Quand le champ augmente, deux hypothèses sont possibles : ou bien, les rayons émis restant les mêmes, le pas de ces hélices s’allonge indéfiniment, de manière à avoir pour limite une trajectoire rectiligne du rayon; ou bien l’émission de la cathode elle-même est modifiée de manière à ne plus émettre comme rayons de seconde espèce que des rayons qui suivent exactement la ligne de force. C'est k cette dernière opinion que je me rangerais le plus volontiers, ne sachant comment comprendre la première hypothèse. Quoi qu’il en soit, ces rayons forment un foyer très étroit et très puissant, susceptible de fondre le verre, et cela même dans un champ magnétique uniforme.
- » En résumé, il existe deux espèces de rayons cathodiques.: ceux de première espèce, qui s’enroulent autour de la ligne de force du champ magnétique, et ceux de seconde espèce qui suivent cette ligne de force. »
- Nouvelles recherches relatives à l’influence des rayons X sur la distance explosive de l’étincelle électrique;
- Par S. Guggenheimer'(')-« 1. Dans une communication anté-
- {') Comptes rendus, t. CXXVI,p. 416, séance du 31 janvier,
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- T. XIV. — N°l2.
- rieure (*), j’avais surtout étudié le phénomène en fonction de l’intensité des rayons Rœntgen. J’ai constaté que, si l’on fait éclater l’étincelle entre des pièces de zinc, de cuivre ou de laiton, l’action des rayons X sur la distance explosive est à peu près la même, tandis qu’elle est assez irrégulière avec des boules de fer. J’ai étudié ensuite l’influence de la forme des électrodes sur la sensibilité de l’étincelle. Dans ce but j’ai fait éclater l’étincelle entre deux pointes, entre un disque et une pointe, et entre deux boules. Ces électrodes étaient en laiton.
- » Voici les chiffres obtenus :
- riences, l’intensité des rayons Rœntgen rencontrant le micromètre restait la même.
- » Il ressort immédiatement de ces chiffres que l’augmentation de la distance explosiveest maxima si l’étincelle passive passe entre un disque et une pointe, dans le cas où c’est la pointe qui forme Je .pôle négatif du micromètre.
- » Si Tionisation du gaz intervenait seule pour expliquer l’accroissement de distance explosive, le maximum d’action aurait lieu quand le disque est négatif. On peut donc supposer qu’il intervient un autre facteur, la densité électrique au pôle négatif du micro-
- i. Étincelle entre deux pointes
- » Comme on le voit, l’action des rayons X sur une étincelle éclatant entre deux pointes est très irrégulière.
- 2. Étincelle entre un disque et une pointe a. Le disque forme le pôle négatif.
- 0,30 — 0,41 — 0,11 -
- o,2o — 0,36 — 0,16 —
- 0,42 — 0,58 — 0,16 -
- b. Le disque forme le pôle positif.
- » 2. On connaît les belles expériences de MM. Winkelmann et Straubel ('), relatives à la transformation des rayons X par la fluorine, et les effets photographiques intenses qu’ils ont obtenus avec ces rayons transfor-
- » Pour étudier l’action de ces rayons transformés, dans ce qui nous concerne, j’ai placé, à 1 mm au-dessus des boules du micromètre, une plaque de quartz d’une épaisseur de 0,5 mm environ, recouverte de fluorine en poudre grossière, sur une épaisseur de 0,3 mm. La face saupoudrée de fluorine était tournée vers le tube de Crookes. La distance entre ce dernier et le micromètre était de 0,10 m. Voici les résultats :
- A. Sans interposition de la fluorine.
- 3. Étincelle entre des boules de laiton
- 0,14 — 0,26 — o;i2 —
- Bien entendu, dans toutes ces expé-
- I (a). . 0,30 mm 0,42 mm 0,12 mm
- II (a). . 0,20 — 0,28 - 0,08 -
- 15. Avec interposition de la fluorine.
- » On voit donc que la transformation que les rayons Rœntgen ont subie pendant leur passage à travers la fluorine, a considérablement augmenté l'intensité de leur action. »
- mars 1897-
- (l) L'Éclairage Électrique, t. X, p. 419, 27 février 1897.
- (*) L’Éclairage Electrique, t. Xf, p. 59, 27
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- Renversement des soupapes électriques dans les tubes raréfiés ;
- Par Ed. Hagenbach (>).
- Le courant d’une bobine d’induction est envoyé dans le tube raréfié et passe une fois d’un disque à une pointe, l’autre fois de la pointe au disque ; un galvanomètre est intercalé dans le circuit, et d’après son élongation on détermine l’intensité du courant. Quand la pression est supérieure à 0,13 mm de mercure, le courant le plus intense passe de la pointe au disque ; au-dessous de cette pression, il passe au contraire du disque à la pointe.
- Sous cette forme l’expérience est assez complexe, parce que le courant d’ouverture et le courant de fermeture, qui ont des tensions inégales, se succèdent rapidement. Le phénomène est plus net quand on considère seulement le courant d’ouverture obtenu en rompant le circuit primaire par un poids qui en tombant sur un levier soulève une tige de platine plongeant dans du mercure. Au moyen d’un commutateur à godets de mercure, on peut faire passer le courant soit de la pointe à la surface, soit de la surface à la pointe.
- Un galvanomètre balistique intercalé dans le circuit secondaire permet de mesurer la quantité d’électricité correspondant à ce cou-
- Le tube à décharges est relié à une pompe à mercure d’une part et avec unejauged’autre part; on détermine la pression immédiatement avant chaque observation, car les gaz dégagés sous l’influence des décharges la font varier pendant le cours des expériences.
- Le premier récipient employé était un ballon de verre au centre duquel se trouvait une boule d’aluminium, et près de la paroi une pointe fine en platine, qui formaient les électrodes.
- Que le courant entre ou sorte parla pointe, les élongations du galvanomètre, quand on
- augmente la pression, croissent d’abord, atteignent un maximum et décroissent ensuite. Quand le courant sort par la pointe, le maximum se produit pour une pression relativement élevée. Le renversement des soupapes est en particulier très net, entre les pressions de 0,0081 mm et de 0,034 mm. Au-dessous de 0,0081 mm les élongations sont plus grandes quand le courant sort parla pointe; au-dessus de 0,034 mm c’est l’inverse qui se produit. On constate encore deux autres renversements, mais moins prononcés, au voisinage des pressions de 90 mm et de 500 mm.
- Avec un tube qui possédait comme électrodes un disque dont la tranche était recouverte de verre et un fil de platine enveloppé jusqu’à sa pointe d’une gaine de verre, les expériences étaient beaucoup plus régulières quand le courant entrait par la pointe. Dans le sens inverse, les élongations obtenues dans des circonstances identiques en apparence, différaient beaucoup l’une de l’autre et parfois croissaient brusquement.
- On observe, quand le courant sort par la pointe, une diminution très nette de l'élongation lorsqu’on fait croître la pression ; cette diminution est à peine indiquée quand le courant entre par la pointe. Les élongations sont, aux basses pressions, plus fortes dans le premier cas : le premier renversement se produit quand la pression est montée à 0,012 mm avec un courant de 12 ampères, et à 0,08 mm si le courant est de 24 ampères.
- Dans ces dernières conditions, les élongations atteignent un maximum à la pression de 11 mm pour le courant sortant par la pointe et à la pression de 4 mm pour le courant entrant par la pointe.
- On constate les memes renversements en mesurant les potentiels de décharge au moyen d’un micromètre à étincelles placé en dérivation sur le tube.
- Ces phénomènes de renversement sont étroitement liés aux autres phénomènes dont les tubes à décharge sont le siège, en particulier à l’émission et à la disparition des rayons de Rœntgen.
- (') Wied. Ann., t. LX1I, p. 1-8, 1897.
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- L’auteur voit dans ses observations une preuve à l’appui de cette manière de voir, -qu’il y a dans les tubes raréfiés deux sortes •de mouvements d’électricité : d’abord, quand la pression est relativement élevée, un cou- |
- rant de conduction de l’une à l’autre électrode ; ensuite, aux pressions plus basses, un rayonnement qui part seulement de la cathode et qui se traduit par l’apparition des rayons X. M. L.
- VARIÉTÉ
- Sur l’extension du système décimal aux mesures du temps et des angles. Par M. J. de Rey-Paii.ha.de (]).
- Les polémiques souleÿées par les décisions votées par la commission nommée l’an dernier par le gouvernement pour l’examen de l’extension de la division décimale aux mesures de temps et d’angles (2) sont loin d’être terminées. Tout récemment M. de Rey-Pailhade communiquait à l’Académie des sciences une note, présentée par M. Cornu, faisant ressortir les avantages de l’adoption du jour et de ses fractions décimales pour'la mesure du temps, et, par une conséquence logique, celle de la circonférence et de ses sous-multiples décimaux pour la mesure des angles. La question présentant, outre' son intérêt général, un intérêt particulier pour les électriciens, nous avons pensé qu’il n’était pas inutile de faire connaître à nos lecteurs une conférence de M. de Rey-Pailhade, l’un des champions de la décimalisation, dans laquelle il expose successivement l'historique de la question, les moyens d’arriver à la résoudre elles modifications qui résulteraient de l’adoption de la décimalisation du jour dans les unités usitées actuellement en physique, en mécanique et en électricité.
- Messieurs,
- Quand je commençai, en 1894, à traiter devant
- (M Conférence faite à la Société d'histoire naturelle de Toulouse.
- (2) Voir les articles de M. Cornu et de M. Poincaré sur '<> la décimalisation de l'heure et de la circonférence », dans L'Eclairage Electriqne des 22 mai et 12 juin 1897, t. XI, p. 3S5 et 529.
- le public scientifique l'extension du système décimal aux mesures du temps et des angles, ma voix resta presque sains écho. Cependant, je ne me rebutai pas, car j’avais la conviction profonde que notre système actuel ne pouvait persister pendant longtemps; je continuai donc ma propagande en France et à l'étranger. Aujourd’hui, l’idée a fait d’immenses progrès qui dépassent toutes mes espérances, .et qui me récompensent de mes efforts continus et persévérants. La question est cette fois si bien engagée, qu’il y a tout lieu de croire que le moment où cet important problème sera résolu est proche. Le gouvernement, en effet, a nommé, le 15 février dernier, une commission chargée d’étudier spécialement l'extènsion du système métrique aux mesures du temps et de la circonférence. Cette commission vient de prendre des décisions importantes. Elle propose : i° de-partager le jour en vingt-quatre heures décimalisées et comptées successivement de oà 24 ; 2,’d'adopter la division du quart de cercle en 100 grades.
- Ces résolutions méritent d’être examinées, d'abord au point de vue général du principe et ensuite des conséquences qui résulteront des unités choisies.
- I. La Commission n’a pas accepté les unités que j'avais proposées et qui avaient été admises par la Société de géographie de Toulouse, mais le principe qui dominait mes revendications et celles de la plupart des systèmes présentés a été accueilli favorablement,
- Afin de mettre les mesures du temps et des angles en harmonie avec notre système de numération décimale, on a décimalisé, d’une part, l'imite principale adoptée pour le temps, l’heure, et d’autre part, on a choisi pour l’unité principale des
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- mesures angulaires, le grade qui est décimalisé depuis bientôt un siècle.
- Il en résultera des simplifications évidentes, mais aussi quelques complications qui ont fait déjà juger ce système très sévèrement.
- Comparons de suite cette solution heure de jour) et grade de cercle^ avec celle
- de la commission de la Convention qui établit le système métrique décimal, savoir ; heure républicaine ^'^-dejour^ et grade de cercle^; on constate que c’est un pas de plus vers les propositions des illustres créateurs du système métrique, puisqu’il 11e restera plus que le jour décimal à prendre pour avoir le système complet.
- Il y a lieu de se demander pourquoi la Commission actuelle n’a pas proposé aussi l’emploi du temps décimal, ce qui aurait été le couronnement
- Cette assemblée de savantsa cependantreconnu, paraît-il, quela décimalisation dujouraurait offert de grands avantages. A mon avis, elle a craint non seulement de heurter les habitudes du public, mais aussi celles d’hommes de science qui redoutent d’être obligés de se familiariser avec de nouvelles unités différant sensiblement des autres.
- Il y avait deux manières d’envisager la question :
- faire la réforme uniquement au point de vue scientifique, sans s’occuper du public qui l’aurait apprise plus tard et très lentement ; et 2U améliorer l’état actuel des choses de manière à peu perturber les habitudes prises.
- Les questions posées par M. le Ministre de l’Instruction publique visaient d’une façon manifeste la deuxieme solution.
- Pendant un siècle, chacun a laissé dormir la question, à l’exception du service géographique de l'armée française qui a fait de magnifiques travaux dans la division décimale du quart de cercle, c’est-à-dire du grade.
- Toupies hommes compétents ont pu ainsi appré-. cier l'excellence de ce système, dont l'emploi se répand rapidement. Plusieurs nations font des relevés géodésiques officiels avec des instruments gradués en grades : la Belgique, la Roumanie, la Serbie, la Turquie, la République Argentine, le Mexique, le Chili, le Japon et la Chine.
- L’armée, n’ayant pas d’observations astronomiques à faire, s’est désintéressée de l'usage du 1 temps décimal.
- La marine française fit quelques efforts pour
- introduire la numération décimale dans la supputation du temps ; on sait que Borda fit calculer et publier les tables de' logarithmes décimales du grade, et, en 1800, M. de Flcurieu fit paraître son livre : Application 'du système métrique décimal à l'hydrographie et aux calculs de la navigation; moyens pour en faciliter l'établissement et tables à cet usage. La division hydrographique et l’appli-cationdusystème métrique obtinrent l’assentiment de deux commissions de Flnstitut. Je n’ai pu me procurer ce livre à Toulouse, maisM. du Bourguet, dans son Traité de Navigation, paru à Paris en 1808, en parle et décrit, page 336, un loch déchhal ayant des nœuds distants de 5 mètres et une am-poulette de 30 secondes de temps décimal valant 43//i2{sic), ancienne division. (Lisez 43 secondes et 12 tierces.)'Cet-ouvrage contient aussi la table des réfractions atmosphériques dans la division du grade.
- Le manque de cartes et d’instruments d’observation divisés dans ce système logique et rationnel et probablement la résistance des vieux routiniers firent échouer cette tentative. Si les pouvoirs publics avaient été plus énergiques, le temps décimal aurait fini par prendre comme le système des poids et mesures.
- Des horloges décimales publiques furent placées aux Tuileries à Paris et au Capitole à Toulouse; on construisit aussi des montres décimales simples et avec concordances.
- Pour que cette expérience réussît, il aurait fallu que le gouvernement l’encourageât ; mais-le maître de la France d’alors, Bonaparte, premier consul, trouvant que ces réformes rappelaient trop la Révolution, fit faire machine en arrière, à tel point que le système métrique décimal tout entier faillit sombrer.
- Un siècle après, au point de vue du temps et des angles, tout serait à refaire sans l’énergie de notre vaillante armée à qui nous devons l’adoption efficace de la division décimale du quart de cercle. Honneur donc à notre glorieuse armée qui a soutenu d’une main ferme le flambeau du génie-de la science française.
- Examinons maintenant si la réforme proposée par la commission actuelle sera définitive ou temporaire. Toutes les nations adoptant notre système métrique décimal des poids et mesures, il me semble que cette réforme n’étant pas vraiment décimale, logique et rationnelle, ne peutêtre définitive. Tous les auteurs, et nous, qui nous sommes
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- occupés de la question, avons été unanimes à reconnaître qu’il est désirable d’avoir une concordance absolue entre les divisions du temps et celles de la circonférence.
- Le système de l’heure décimalisée et du grade s'écarte précisément de cette règle, puisque pour passer des heures aux grades correspondants, il faut multiplier par le nombre fractionnaire incommensurable . Exemple : le quart du jour ou 6 heures multipliées par donnent ioo grades ou le quart du cercle. Ce simple calcul montre de suite que les cartes astronomiques ou géographiques ne donneront pas sans opérations -— une multiplication suivie de division,, ou une multipli-cationpar 0,06 — le temps équivalent à un nombre de grades. Exemple : soit 29,72 gr à convertir en temps, il faut multiplier par ~~ = 0.06, qui donne 1,7832 h.
- La nécessité d'abréger le plus possible les calculs fera chercher un moyen plus pratique. L'histoire de la science nous en donne d’ailleurs un exemple frappant. Il y a deux siècles, on n’allait pas dans les calculs au delà de la seconde de temps et de la seconde d'arc. Quand les progrès de la construc-truction des instruments d’observation eurent permis d'obtenir plus d’exactitude, au lieu d’employer les divisions régulières des tierces (60 dans la seconde), on préféra se servir des fractions décimales des secondes. Ainsi 43",12"' valent 43",20. Notre esprit, habitué au système métrique, s’y reconnaît mieux et sans efforts. Plus tard, on a vu apparaître, mais d’une manière non officielle, les fractions décimales de la minute de temps et d’arc, les fractions décimales du degré et aussi les fractions décimales du jour pour exprimer les révolutions sidérales des astres en années juliennes.
- L’idée de décimaliser l’heure n'a donc rien de nouveau et n’est qu’une étape vers le but final qui est la décimalisation du jour.
- L’extension du système décimal au jour compléterait donc très heureusement l'œuvre de la Commission de la Convention et rendrait les plus grands services à toutes les sciences.
- Depuis que je m’occupe de ce délicat problème, je ne cesse de dire qu’il ne faut viser pour le moment que les applications scientifiques, de manière à ne pas effrayer le public, le plus ferme soutien de la routine.
- L’homme du monde d’une certaine instruction comprendra seul la transformation des minutes
- en centièmes d'heure. Au lieu de 3 h 15 m, on dira 3 h. 25 centiheures. La belle affaire I II me semble qu’une pareille réforme doit le laisser indifférent d'autant plus qu'il n’a jamais, ou très rarement, à déterminer la correspondance d’une longitude avec le temps de sa montre. Les gens sans instruction seront troublés dans leurs vieilles habitudes sans aucun avantage. 1
- Pour le savant, le système heure décimalisée et grade sera un progrès sensible sur nos méthodes actuelles de l’heure et du degré, mais il faut se hâter d’ajouter qu'il ne résout pas définitivement le problème, puisqu’il y aura un rapport trop complexe — =16,6666... = entre l’unité de
- temps et l’unité d’angle.
- Considérons maintenant les conséquences qui découleront de ce changement. Il sera nécessaire de modifier les cartes, les cercles divisés et les chronomètres. Il faudra aussi modifier les unités physiques, mécaniques et électriques, comme avec le système delà Convention ou celui que j’ai proposé : jour en cent cés et cercle en cent cirs.
- II. Je vais d'abord prouver que l'établissement du temps décimal dans le domaine de la science, non seulement ne présente aucune dfficulté, mais pourrait se faire dans une période assez courte. Il faut : i° avoir des montres et des chronomètres de ce système; 2° avoir des instruments mixtes donnant les deux manières de façon à lire sans calculs, suivant les besoins du moment, le temps sexagésimal ou le temps décimal.
- Pendant la Révolution on construisit des montres décimales simples et avec concordances; aucune n’avait de trotteuse pour les secondes décimales.
- Je vous présente une montre décimale simple construite avec un plein succès par M. L. Leroy, directeur de notre meilleure fabrique d’horlogerie de marine. Elle a figuré à l'exposition géographique du Congrès international de géographie de Londres en 1895.
- L’aiguille courte du centre ne fait qu’un tour par jour, l’autre, plus longue, parcourt le cadran 10 fois, enfin la petite aiguille trotteuse tourne 1000 fois par jour.
- Le cadran est divisé en 10 divisions indiquées par des chiffres romains. Le X est en bas; puis 10 traits également espacés partagent de nouveau ces divisions principales ; le trait dumilieu est plus-épais pourle faire distinguerfacilement desautres
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- Le cadran excentrique de la trotteuse est divisé en ioo parties marquées de io en io, en chiffres arabes (*).
- J'ai proposé de prendre pour unité pratique de temps le cé, abréviation de centijour, qui vaut pratiquement notre quart d'heure actuel (14 m 4 ou 14 ni 24 s); puis d’appliquer les subdivisions décimales de dêcicês, centicés, millicês et dimicés.
- La lecture est facile, car la trotteuse marque les millicês, la longue aiguille du centre les cés par les divisions chiffrées à la romaine et les décicés par les traits intercalaires, enfin la courte aiguille du centre indique les dizaines de cés. Ainsi, on lit d'abord les millicês de la trotteuse qu’on note immédiatement 92 millicês, par exemple, puis les aiguilles du centre indiquent 41 cés 6 décicés; 011 écrit alors le nombre 41 cés 692.
- Dans la vie pratique courante, on n’a besoin que du décicé dont la valeur est environ t minute 1/2 ('exactement 1 m26s). Le millicé vaut 0,864s, valeur très voisine de la seconde actuelle.
- Voici maintenant un chronomètre décimal construit également par M. L. Leroy; il bat le 1/2 millicé, c’est-à-dire le demi-ccnt-millième de jour ou les cinq millionièmes de jour, valant 0,432 s. Le double battement par millicé est plus simple que les cinq battements chaque deux secondes des chronomètres actuels.
- Leurs valeurs sont d’ailleurs très voisines.
- Battement du décimai 1 millicé = 0,432 s — sexagésimal -- seconde = 0,400 s
- (l) M. L. Leroy, qui a l’amour-propre de se tenir au niveau du progrès de la science, vient de créer un type de montre décimale à deux cadrans.' Celui de devant a les 12 heures avec trotteuse à secondes; celui de derrière est divisé suivant le système décimal du jour. L’aiguille courte fait le tour du cadran en un jour, suivant ainsi le mouvement apparent du soleil autour de la terre; l’aiguille longue fait dix tours, en un jour. La mise à l’heure se fait en même temps des deux côtés, de sorte que la concordance est toujours parfaite dans les deux manières de compter le temps.
- Cet instrument très bien conçu et exécuté avec plein succès, rendra de réels services aux savants employant le temps décimal. Quand on compare cette montre à celles qui furent construites pendant la Révolution, on est frappé de la difficulté de lecture avec les primitives montres de la Révolution et au contraire de l’élégante simplicité de la montre décimale a deux cadrans. 11 n’est pas douteux pour moi que si, à 1 époque de rétablissement du système métrique, le public avait eu à sa disposition des montres du type si heureusement créé par M. L. Leroy, le temps décimal aurait réussi comme le système décimal des poids et mesures.
- . Lé chronométré décimal bat donc 200'000 fois par jour, et comme la circonférence de la terre est en moyenne de 40 000 000 de mètres, il eh résulte qu’à chaque battement le soleil parcourt 200 mètres autour de l’équateur terrestre.
- La construction desappareils de mesurede temps décimal ne présente donc aucune difficulté, puisque nous en avons les preuves en mains.
- Quand il a fallu établir les mesures décimales de longueur, on a fabriqué des règles ayant d’un côté les mètres et de l’autre les toises, pieds, pouces et lignes. Les hommes de science feront de même pour le temps. Ayant consulté les personnes compétentes par la voie du Moniteur de VHorlogerie, j’ai eu des réponses de MM. L. Leroy, de Paris; Villoutreix, de Ncxon, et L. Gaulme, de Besançon, qui m’ont affirme qu'il était très aisé de faire des montres à remontoir à deux cadrans, l’un devant à temps sexagésimal avec trotteuse à seconde, et l'autre derrière à temps décimal avec trotteuse à millicé. Le réglage se fera simultanément des deux côtés à la fois. Le prix d’une première montre de ce système établie dans des conditions parfaites, ira de 150 à 200 francs. La fabrication courante en ferait vite descendre lavaleurmarchandc. Je me propose d’ouvrir un concours honorifique spécial pour instruments de ce genre, qui me paraissent destinés à mûrir sérieusement le problème du temps décimal. En effet, on n'aura qu'à consulter le côté pour lequel on aura des préférences, et en retournant la montre on lira la correspondance. En tout cas, on apprendra ainsi sans efforts les principales concordances des deux
- J’ai à vous présenter également un troisième type de montre, que j’ai décrit depuis longtemps. C'est une montre à heures ordinaires dont le cadran est chargé de divisions supplémentaires qui permettent de lire à volonté les heures ordinaires et le temps décimal à un décicé près. Le principe est simple ; l'aiguille des heures faisant en un jour deux fois le tour du cadran, en 50 ces par conséquent, j'ai fait peindre en rouge, sur le bord extérieur, 50 traits également espacés valant chacun un cé, puis chaque cé a été divisé en 5 divisions plus petites d’une valeur de 2 décicés chacune.
- Les cés correspondant au matin sont inscrits en dehors du cercle décimal, o, 10, 20, 30, 40, et ceux qui vont avec les heures du soir sont placés en dedans, 50, 60, 70, 90. La lecture se fait en examinant la position du prolongement rouge de l'ai-
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- guille des heures, ayant Un bouton à la base. L’aiguille des minutes ne sert pas pour le temps décimal.
- On lit d’abord les dizaines de cés, puis le cé, et enfin le. nombre de traits indique les décicés. Exemple : 42 cés 8 décicés correspondent à 10 h 18 m du matin. Si c’était le soir on aurait lu 92 cés 8 décicés.
- Ces montres excellentes sont en vente chez M. Raffy, horloger constructeur, rue Saint-Rome, au prix de 30 francs (*).
- Il est à remarquer que cette modification du cadran permet de résoudre par des calculs très simples presque tous les problèmes décimaux du temps.
- A. — Supposons qu'au lieu des minutes on veuille connaître la fraction décimale de l'heure.. Lisons sur quel cé du matin se trouve Yaiguille des minutes, et doublons, c’est la fraction décimale de l’heurç. Exemple : quand il est 21 minutes on lit 18 cés environ, qui. doublés, donnent 36 cen-tiheures.
- R. — Soit à trouver la longitude en grades correspondant à un temps indiqué par la montre, par exemple 7 h 12 m. On lit en temps décimal 30 cés 1 et en multipliant par 4 on obtient 120 grades 4. Inversement, en divisant par 4 la longitude 11.6 gr de Ha'i-Phong donnée par une carte de l’armée, on trouve 29 cés que la montre indique correspondre à 6 h 55 m environ.
- Ces quelques exemples simples sont suffisants pour démontrer les avantages qu’on peut retirer de l’adjonction d’un cercle décimal au cadran des montres ordinaires. Ce cercle orne.le cadran et ne nuit nullement à la lecture du temps sexagésimal.
- Il me reste encore à vous apprendre à compter mentalement en temps décimal.
- Ce résultat s’obtient en moins de deux décicés, c'est-à-diré 3 minutes.
- Remarquons que :
- à minuit, origine du jour, il est en temps
- décimal............................... o cé.
- à 6 h du matin ou quart du jour......... 25 —
- à midi, ou moitié du jour............... 50 —
- à 6 h du soir, ou trois-quarts du jour. . . 75 —
- et enfin à minuit, ou fin du jour.......100 —
- (')M. Raffy, horloger à Toulouse, encouragé par le succès de ses premières montres, vient de créer un nouveau type dont il a pu abaisser le prix à 22 francs.
- Ces correspondances ne s'oublient jamais quand on les a observées une fois. Puis, en se souvenant qu’un cé vaut pratiquement un quart d’heure, on calcule avec assez d’approximation la concordance d’une heure donnée en ajoutant ou en retranchant un cé par quart d’heure, à partir d’une de ces principales correspondances. Ainsi, midi et demi vaut 52 cés, puisque c’est midi plus deux quarts d’heure. Notre société se réunit à 83 cés 4. En négligeant les 4 décicés pour plus de simplicité, c’est donc
- 10 cés ou 10 quarts d'heure, ou 2 h 1/2 plus tard que 6 h du soir, c’est-à-dire à 8 h 1/2 du soir {’).
- Dans les calculs de haute précision, il faut faire des opérations compliquées qui consistent à transformer les secondes de temps et les minutes en fractions décimales d’heure, par des divisions successives par 60, puis, en divisant de nouveau par 24, on trouve la fraction décimale du jour. Afin d’abréger ces calculs fastidieux, j'ai dressé un tableau pour la transformation rapide au moyen d'additions. Ce tableau a figuré d’abord dans le Bulletin de la Société de géographie de Toulouse, et puis dans une brochure intitulée : Projet d'Bphc-mérides astronomiques et géographiques dans le système décimal, 1896, dans laquelle j’ai proposé la fondation d’une Société internationale des Ephé~ mêrîdes décimales. Le .Mexique a répondu immédiatement qu’il adhérait et que M. de Mendizabal y Tamborrel, astronome à Mexico, me calculerait pendant trois ans les positions des étoiles dans ce système. Le directeur de l’observatoire de la capitale de cet antique foyer de civilisation, la Grèce, m’a aussi envoyé son vote favorable.
- M. Edwards S. Holden, directeur du célèbre observatoire de Lick, situe sur le mont Hamilton. près de San Francisco, croit que pour le moment
- 11 n’y a rien à changer. Mais, chose bizarre et qui donne beaucoup à réfléchir, ses aides astronomes, MM. Aitken et Scheberlé, se servent de la division décimale du jour et de la décimalisation du degré (*). Comprenne qui pourra I Quelques rares français m’ont aussi donné un avis-favorable.
- Ma table de transformation avec neuf chiffres
- (•) Des enfants.de 13 ans, de l’école primaire de Saint-Sylve, sous la direction de leur maître, M. Rumeau, ont appris en moins de trois petites séances à connaître le principe du temps décimal et à calculer mentalement comme je viens de l’indiquer.
- (2) Voir Bulletin de la Société astronom 1897, page 45.
- tique de France, janv.
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- décimaux donne les valeurs en cés, des 24 heures, des 60 minutes et des 60 secondes.
- Les nombres compliqués telsque n h 38 m 38 s, 62, ne permettent pas d’employer directement les machines à calculer, dont l'usage se répand avec raison de plus en plus, tandis qu'avec le temps décimal on pourra se servir avec profit de ce moyen mécanique.
- Un des avantages du temps décimal est de pouvoir exprimer par un seul et même nombre décimal la date du jour et le temps de ce même jour;
- Mai 5 85,4 cés, signifie le 5 mai à 8s,4 cés, c’est-à-dire à 8 h 1/2 du soir. Ouvrons une carte graduée en divisions décimales du cercle entier, système réclamé par l’éminent M. Faye, où nous trouvons que Nouméa, de la Nouvelle-Calédonie, est à 46 cirs (Est de Paris). Ajoutons 46 au nombre précédent :
- Mai. . . 585,4 cés temps de France-
- + 46,0 » longitude décimale de Nou-
- 631,4 cés temps local de Nouméa.
- Le résultat indique qu'il est à Nouméa, le 6 mai à 31,4 cés ou 7 h 35 m (Voir la carte dans Bull. Soc. Gêog. Toulouse. 1894).
- Cette précision dans les calculs de date et de temps a été très appréciée par la Chambre de commerce de Toulouse, qui a émis le vœu « que les pouvoirs publics fassent étudier sans retard le meilleur moyen d'appliquer le système décimal à la division du jour et du cercle d'après les principes posés lors de l'établissement du système métrique décimal ».
- Il faut féliciter cette Assemblée de son initiative, qui sera sans doute suivie par d'autres Chambres de commerce. Le système des 24 heures consécutives permet de trouver, par une seule et même addition, la date du jour et le temps. Aussi, la France a-t-elle eu raison de ne pas adhérer à la convention des fuseaux horaires établis depuis quelques années en Europe. IL faut trouver un système meilleur ; le temps décimal le donnera.
- Après toutes les explications que j’ai données, d résulte clairement ; i° que le temps décimal simpose; 2° qu’il faudrait, comme je le demande depuis 1894, que dans les lycées, collèges et écoles primaires, on donnât aux enfants des notions de l’emploi du temps décimal, en leur faisant faire des exercices variés sous forme de problèmes;
- 30 que les Sociétés et ouvrages de science mettent après l’heure ordinaire, le temps décimal entre parenthèses, 8 h. 1/2 du soir (temps décimal 85,4 cés), comme la Société de géographie et la Société d’histoire naturelle de Toulouse le font depuis 1894.
- Je suis convaincu que si ces prescriptions étaient observées, dans quelques années tous les Français prendraient l’habitude de s’exprimer couramment dans la notation décimale du temps. En tout cas, il y a là une expérience à tenter qui ne peut que préparer la solution définitive de ce grave problème.
- III. Afin de mettre une concordance entre l’unité de temps, le cé, et l’unité angulaire, j’ai proposé de diviser le cercle entier en cent parties égales appelées cirs (diminutif du mot latin circulas, cercle), divisés décimalementendécicirs, centicirs, millicirs et dimicirs.
- La correspondance est absolue, car pendant les 100 cés que le soleil emploie pour faire le tour de la terre, il parcourt les ioo cirs de sa circonférence équatoriale.
- Dans le système de la Convention, on a pris 400 grades, de sorte qu’on voit de suite qu’un cir v-aut quatre grades; le rapport est si simple qu’on peut à peu près indistinctement employer l’un ou l'autre, comme je vais le montrer.
- Aux points de vue général, géographique et astronomique, le cir est certainement plus avantageux que le grade; mais, d’autre part, certains calculateurs de profession paraissent préférer le grade pour les raisons suivantes ; on passe d’un quadrant au suivant, en ajoutant ou en retranchant une centaine de grades; ainsi ; 25 gr, 125 gr, 225 gr, 325 gr, etc., etc., sont des angles différant entre eux de nombres entiers de quadrants. Tandis qu’avec le système des cirs, l’angle droit vaut 23 cirs; — 12X (la lettre x indique des cirs), 37X, 62 x, 87X, sont des angles variant aussi de nombres entiers d’angles droits.
- Dans n’importe quel nouveau système, il faudra modifier la division des cartes et des cercles gradués.
- Actuellement, les constructeurs ont des machines à diviser qui leur permettent de livrer sans augmentation de prix des appareils gradués dans une division décimale du cercle. Les appareils neufs recevront la graduation nouvelle; quant aux anciens, on pourra les employer avec les degrés,
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- minutes et secondes, et transformer immédiatement ces nombres au moyen de la table que j’ai publiée dans mon Proj et d'éphémérides décimales. Cela fait, tous les calculs seront exécutés dans le système décimal à l’aide des tables contenues dans ce même ouvrage. Malgré la transformation préalable des angles anciens, les calculs gagneront en précision et en rapidité.
- Un grand nombre d’instruments de mesure pourront recevoir de nouvelles plaques d'argent sur lesquelles les angles sont gravés. La transformation d'un sextant sexagésimal en décimal ne s’élèvera pas au delà de 50 francs.
- Je vous présente le premier sextant divisé en cirs, sorti de notre excellente maison française Hurlimann de Paris. Il a figuré à l’Exposition géographique du Congrès international de géographie de Londres 189s.
- Les officiers de marine faisant fonction d’astronomes à l’observatoire de Montsouris à Paris, ont reconnu l’extrême facilité de lecture de cet instrument. Le cercle fixe porte, comme dans tous les appareils à réflexion, un nombre de divisions deux fois plus grand que dans les instruments à vision directe. Ainsi, dans mon sextant, le demi-cercle aurait 2 000 divisions valant chacune, considérée
- comme pour le cercle entier, • Q-- de cercle,
- soit —de cir ou 0,05 x (cinq centicirs = io'48"). Enfin, un vernier, où 49 de ces divisions sont partagées en ^oparties égales, donne, à la lecture à la loupe, 1 emiUicir qui vaut C’est la pluspetite
- grandeur angulaire que puissent donner les sextants, ou du moins qui permette une lecture précise.
- Nous avons une telle habitude du système décimal du mètre que de suite tout le monde sait lire dans un appareil de ce genre, tandis que dans les autres il faut en faire une étude sérieuse, comme vous pourrez vous en convaincre en le comparant à l’octant que j'ai apporté, et qui cependant est très simple.
- La question de la graduation des cartes se résoudra aussi facilement. Sur les nouvelles, on mettra des méridiens et des parallèles décimaux, comme sur toutes les cartes de l’armée française qui sont en grades. Mais je propose qu'on inscrive plus bas et en rouge, dans un petit cadre, la correspondance de la division décimale du jour. Il est à remarquer que la notation en cés, d’après les méridiens en grades, donnera un nombre fini puisqu'on divise par 4. Voici une carte du Tonkin, graduée et numérotée de la sorte.
- Les numérotages sont :
- Longitudes grades (noir) : 114,50 115,00 115.50 116,00 116.50 jj7,oo 117,50
- Longitudes en cés (rouge) : 28,625 28,750 28,875 29,000 29,125 29,250 29,375
- Par ce procédé, on voit combien il sera facile de donner satisfaction à tous les intérêts scientifiques : l'homme du monde, le géographe lira le numérotage inférieur rouge, et au contraire, le calculateur prendra ses données dans le numérotage inscrit en noir.
- Quant aux tables de calculs, tout existe déjà. L’armée a publié ses tables en grades avec 8 décimales, et indication du dernier chiffre forcé de milligrade en milligrade
- M. de Mendizabal y Tamborrel, astronome à Mexico, a publié en France des tables également à 8 décimales et indication du dernier chiffre forcé, de dimicir en dimicir (ri'apô), valeur trois fois plus petite que le milligrade.
- IV. La fixation de nouvelles unités de temps et d’angle va entraîner des modifications dans les unités usitées actuellement en physique, en mécanique et en électricité.
- Déjà les mécaniciens et les électriciens, qui
- viennent à peine d’établir leur système d'unités absolues C. G. S. (centimètre, gramme-masse et seconde), font entendre des doléances sur les ennuis inévitables d’un changement indispensable pour se mettre en harmonie avec la nouvelle unité physiquede temps.Comme dans ces sciences, on considère souvent le jour entier, il me semble qu'elles ont intérêt à l'établissement immédiat de la division décimale du jour. If y a d'ailleurs vraiment lieu d’etre surpris qu’en créant leur système C. G. S. les électriciens et les mécaniciens n’aient pas remarqué qu’en adoptant la seconde comme unité physique de temps, ils s’exposaient à une réforme prochaine de leurs unités. En effet, les peuples de langue anglaise, en acceptant notre centimètre et notre gramme-masse, reconnaissaient ainsi l’excellence de notre système décimal. On s'explique difficilement pourquoi les savants français n’ont pas réclamé à cette occasion 1 achèvement de l’œuvre de la Convention, qui proposait la cent-millième partie du jour moyen pour
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- 19 Mars 1898.
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- l'unité physique de temps. Un peu de réflexion aurait montré que le système actuel des heures, minutes et secondes ne pouvait durer longtemps à cause de sa complication qui ne répond à aucune nécessité. La réforme se fera ; à mon sens, elle est même imminente.
- Les mécaniciens nous ont prêché d’exemple. Remarquant que le cheval-vapeur, de 75. kilo-grammètres effectués en une' seconde en France, variait suivant les pays et ne correspondait nullement au cheval vivant, ils proposèrent de désigner par Poncelet le travail de 100 kilogrannnètres en une seconde. C’est une simplification évidente; mais l'unité de temps restait la 1/86400' partie du jour ou la 1/3600° de l'heure. Enfin, donnons le nom d'Archimède au travail de roo kilogram-mètres par cent millième de jour, appelé millicé dans mon système, et nous arrivons à la plus grande facilité possible pour les calculs.
- Soit, par exemple, à calculer le travail effectué pendant un jour par une machine de 25 chevaux-vapeur, il faut effectuer les opérations suivantes :
- x 75 X 86 400 kgm ; si la puissance est exprimée en poncelets, c'est un peu plus simple : 25 X J°°
- X 86400 ; enfin, avec la connaissance des archi-mèdes, il suffit d’avancer la virgule de 7 rangs à droite 25 X 100 X 100000.
- Le millicé ou 1/100 000e de jour valant 0,864 s apportera peu de changement dans les grandeurs des nouvelles unités. Ainsi les rapports entre le cheval-vapeur, le poncelet et l’archimède sont très simples:
- Travail du cheval-vapeur pendant 1 millicé. ._ . 64,8kgm = 75kgmx0,864 Travail d’un poncelet pendant 1 millicé......86,4kgm=iookgmx 0,864
- D’où on passe des chevaux-vapeur et des poncelets à l’archimède au moyen des coefficients suivants, finis et simples :
- Chevaux-vapeur. . x 0,648 — archimèdes.
- Poncelets.......x 0,864 = archimèdes.
- Quant aux unités physiques et électriques d'un nouveau système C. G. M. (millicé), les rapports avec celles de C. G. S. seront simples et finis. On pourrait distinguer les nouvelles des anciennes en mettant devant le préfixe no, comme novi-tesse, nodyne, etc.
- dyne ancienne X (0,8641* » la nodyne.
- erg ancien x (o,86|)« - le noerg.
- ohm ancien X (0,864) : » le noohm.
- volt ancien X (0,864)» » le novolt.
- ampère ancien X 0,864 d le noamp.
- watt ancien X (0,864)» « le nowatt.
- Vitesse linéaire. . . .
- Force................
- Travail..............
- Résistance électrique .
- Force électromotrice .
- Intensité du courant .
- Puissance du courant
- Comme dans le système G. G. S. un nowatt vaut io7 noergs.
- . Voici quelques exemples numériques :
- vaut dans le système C.G.M..........
- accélération dans le système C.G.M. long, du pend- batt. le millicé ....
- vitesse du son......................
- vitesse de la lumière...............
- On voit clairement que le millicé = 0,864 s admis comme unité physique de temps, on obtient des valeurs s’écartant peu des actuelles, tandis que le dix-millième d’heure qui vaut 0,36 s fournirait des nombresbeaucoup plus faibles, et enfin, il faudrait multiplier par 24 pour ramener les valeurs à la journée entière.
- Comme la réforme de la décimalisation de 1 heure me paraît temporaire, si jamais on l’applique sérieusement, il me semble que les méca-
- Le gramme qui vaut à Paris 980,896 dynes anciennes.
- 732,275 nodynes = 980,896 x (o,864)2
- 732,275 unités
- 74.195 cm
- 28500 unités
- 26 x io10 unités.
- niciens et les électriciens ont intérêt à ne pas s’y arrêter et à prendre des unités décimales du jour entier. D'ailleurs, dans le domaine du commerce de l’énergie électrique, l'unité la plus importante est le watt, de sorte que si on adopte le nowatt, pour avoir provisoirement, par exemple, la dépense par heure, il suffira de multiplier les nowatts par 4 167, nombre de millicés contenus dans une heure, qui, dans la pratique, pourra être remplacé par 4200. Actuellement, il faut multiplier les
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. - N° 12.
- watts par 3 .600, nombre de secondes dans l’heure. Plus tard, avec des divisions décimales du jour, les opérations seront encore plus simples.
- Quant aux appareils de mesure, voltmètres et ampèremètres, il n'y aura qu'à changer la plaque indicatrice sur laquelle se meut l'aiguille, pour les transformer en \_novôltmètres et noam.père-mètres»
- Comme la réforme décimale sera longue à s’établir, les électriciens qui ont-travailîé à l'établissement du système C. G. S. auront le temps de vieillir ou même de mourir avant d’assister à l’emploi pratique du nouveau système C. G. M. (millicé) ; ils n’auront pas ainsi la douleur d’assister à l’enterrement de leur enfant.
- Les idées n'ont de valeur qu’autant que par des procédés matériels on a démontré leur exactitude absolue. Or, pour l’extension du système décimal aux mesures du temps et des angles, il faut avoir des Ephcmérides décimales, qui seront l’équivalent des règles divisées en mètres, que l’on répandit partout au moment de l'établissement du système métrique.
- A la demande d’un des membres les plus compétents de la commission actuelle, M. le capitaine de.frégate Guyou, on va publier de petites Éphé-mérides dans le système décimal proposé. Ce sera la réalisation de ce que j’ai demandé déjà l’année dernière dans mon projet d’Lphémérides.
- Ce recueil fera plus pour' cette question que tous les raisonnements du monde. Ce sera un instrument qui facilitera et abrégera les calculs d’une manière indiscutable. Une fois qu’on a fait un calcul en décimal, on ne veut plus entendre parler de l’ancien système. C’est ce qui arrivera avec, ces Éphémérides qui trancheront ce nœud gordien. Toutes les personnes soucieuses du progrès doivent aider et soutenir de toutes leurs forces la publication de ce recueil.
- Toutes .les nations civilisées adoptent le système métrique décimal, parce que nous en avons montré la supériorité au moyen de preuves matérielles.' Il ne nous, reste ]ffus qu’un dernier effort à faire pour achever l’édifice scientifique de nos immortels aïeux. La France 11e faillira pas à son
- CHRONIQUE
- Préparation au four électrique du sulfure de baryum cristallisé. — Dans la séance de l’Académie des sciences du 28 février dernier, M. A..Mourlot communiquait deux procédés de préparation du sulfure de baryum au moyen du four électrique.
- L’un d’eux consiste à préparer d’abord le sulfure amorphe par l’action de l'hydrogène sulfuré sur le carbonate au rouge, dans un four à réverbère, en ayant soin de remplacer, à la fin de la chauffe, l’hydrogène sulfuré par l’hydrogène. Ce sulfure amorphe est placé dans une nacelle en charbon, disposée à l’intérieur d’un tube de la meme matière, et chauffé au four électrique avec le dispositif indiqué par M. Moissan ; le courant était de 900 ampères et de 30 volts. Lorsque la fusion est complète, on arrête la chauffe ; le sulfure fondu cristallise alors par refroidissement.
- Dans le second procédé, on mélange intimement du sulfate de baryum et du charbon dans les proportions convenables pour qu’il y ait transformation complète du sulfate en sulfure. On
- l'agglomère fortement et on l'introduit dans un four électrique à creuset, où il est soumis à un courant de 900 ampères sous 50 volts. Au bout de quatre minutes de chauffe, on laisse refroidir et on obtient une niasse présentant intérieurement des géodes de cristaux de sulfure.
- Les cristaux de sulfure de baryum, d'assez grandes dimensions, sont blancs, incolores sous une faible épaisseur, paraissant noirs et opaques quand on les examine sous une épaisseur assez grande par suite de la présence d’une petite quantité de carbone ; quelques-uns ont une teinte bleue paraissant due à quelques traces de fer.
- Les propriétés chimiques du sulfure de baryum cristallisé ne diffèrent guère de celles du sulfura amorphe ; toutefois le sulfure cristallisé est beaucoup moins altérable à l'air et,, en général, plus lentement attaqué par les divers réactifs.
- Le Gérant : C. NAUD-
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- Tome XIV.
- Samedi 26 Mars 1898
- >. — N" 13.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D'ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l’Institut. — A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — D. MONNIER, Professeur à l’École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER, Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- APPAREILS DE MESURES (')
- Tout le monde connaît les résistances de plusieurs megohms que l’on construit en traçant un simple trait de crayon de plombagine sur ébonite ou verre dépoli ; ces résistances s’altèrent très rapidement etne peuvent supporter que des courants de l’ordre du microampère. Pour fabriquer les très grandes résistances d’une façon économique, W.-M. Mordey (2) propose d’enduire de plombagine la surface d'un ruban d’une matière isolante flexible : ébonite, celluloïd, papier verni ou paraffiné, etc. Ce ruban, enroulé en spirale, avec un espace suffisant entre chaque spire pour faciliter le refroidissement, est monté dans une boîte avec des prises de courant appropriées.
- Dans le but d’éviter les corrections de température nécessaires dans les mesures de résistances un peu précises, R.-E. Bell Crompton (3) enroule trois résistances sur une bobine à triple filet. Les deux premières, égales entre elles à une certaine température,
- (*) Voir L'Éclairage Electrique du 8 janvier 1898, t. XIV, p. 58.
- (2) Brevet anglais n° 20 604, déposé le 17 septembre 1896, accepté le 21 août 1897.
- (*) Brevet anglais n° 27 446, déposé le 2 décembre 1896, accepté le 9 octobre 1897. 7 figures.
- sont constituées par un fil d’alliage et un fil de métal pur, platine-argent et platine pur par exemple, de façon à avoir des coefficients de variation avec la température très différents. La troisième peut être quelconque, elle reçoit un courant destiné à ramener la température de l’ensemble à la valeur d’étalonnage.
- L’emploi de cette disposition est facile à comprendre : la température à laquelle les deux premières bobines sont égales entre elles, et donnent la valeur exacte de l’étalon, est choisie plus élevée que la température ordinaire des laboratoires, de façon à être toujours atteinte par échauflement ; il suffit donc d’envoyer dans la troisième bobine un courant dont on règle l’intensité jusqu’à maintenir l’égalité des deux résistances. La figure 1 donne une idée de la forme sous laquelle l’inventeur réalise son idée.
- La protection des galvanomètres à aimants mobiles contre les variations magnétiques extérieures fait l’objet de deux brevets pris au nom de Siemens et Halske, de Berlin, par Siemens brothers, de Londres.
- Le premier (l) est relatif à de nouvelles
- (* *) Brevet anglais nu 20 242, déposé le 12 septembre 1896, accepté le 3 juillet 1797. 2 figures.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- formes d’équipages astatiques. Deux aimants
- auxiliaires (fig. 2), plus petits que les aimants actifs de l’équipage, sont montés à frottement doux sur la tige de celui-ci. La somme des
- Fig. 2. — Équipage astatique Siemens.
- moments magnétiques de ces aimants est à peine plus élevée que la différence des moments des aimants actifs, de telle sorte qu’une petite erreur dans leur position n’a pas d’influence sur l’astaticité du système. En les-tournant convenablement entre eux et par rapport aux aimants actifs, on peut amener leur résultante à être égale et opposée a la résultante de ceux-ci. Le système ainsi constitué a, dans un champ uniforme, une résultante nulle ; les variations extérieures du champ ne l'affectent pas quand elles agissent uniformément sur tout l’équipage, mais il
- n’en est pas de meme quand un corps magnétique approche assez près de l’équipage pour agir différemment sur les aimants du haut et du bas.
- On peut remplacer les deux aimants auxiliaires par un seul aimant susceptible de tourner en tous sens, de façon à faire varier sa composante horizontale, en grandeur et en direction.
- O11 obtient un système astatique indifférent à certaines variations du champ extérieur en constituant l’équipage au moyen d’un premier aimant central (fig. 3), puis de
- Dg. 3- — Équipage a:
- tique Siemens.
- deux autres ayant chacun un moment magnétique égal à la moitié du premier; des petits aimants extérieurs servent à compléter Testa-ticité du système. Toute variation magnétique uniforme ou affectant les aimants inégalement, mais de telle sorte que l’action totale sur les extrêmes soit égale à l’action sur celui du milieu, est sans action sur l’équipage lui-même.
- Dans le second brevet (’) Siemens et Halske revendiquent diverses dispçsitions dont la figure 4 donne une idée. Deux faisceaux de fer doux B"* sont placés de chaque côté, symétriquement et très près, des aimants d’un seul des groupes d’un équipage astatique. Par ce moyen, paraît-il, les lignes de force des variations extérieures sont dirigées suivant Taxe des aimants et, par suite, ne les font pas dévier.
- P) Brevet anglais n° 20243, déposé le 12 septembre 1896, accepté lé 3 juillet 1897. 4 figures.
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- L'ampèremètre de Siemens Brothers de Londres (* *), a pour organes essentiels le con-
- Fig. 4. — Écran magnétique pour la protection
- ducteur plat A (fig. 5 et 6) et deux petites tiges de fer H H„ recourbées en U. Ces pièces, au repos, n’embrassent pas entièrement le conducteur, mais, sous l’action du courant, elles sont attirées et transmettent leur mouvement à un petit châssis G qui repose sur un axe C, pivotant entre pointes. Sur l’axe sont également montés un ressort antagoniste L et un index E. Pour rendre le mouvement des tiges H aussi parallèle que possible, plusieurs dispositions peuvent être employées; dans les figures 5 et 6, la partie recourbée porte un prolongement muni d’une petite fourche dans laquelle tourne un galet : ce galet repose sur un rail J qui guide son mouvement.
- Le galvanom'elreàdilatation de A. Wright^)
- ('î Brevet anglais n° 28 158, déposé le 9 décembre 1896, accepté le 23 octobre 1897. 8 figures.
- (*) Brevet anglais 11” 22465, déposé le 10 octobre 1896, accepté le ti septembre 1897. 5 figures.
- diffère des appareils analogues par le mode
- Fig. 5. — Ampèremètre Siemens, vue de face.
- d’amplification du mouvement. Le fil chauffé
- par le courant, A (fig. 7 et 8) est tendu entre les points B D C D B\ Les points B C B'
- Fig. 7. — Galvanomètre à dilatation, coupe verticale.
- sont fixes. En D D il repose sur 2 poulies isolantes portées par un très léger tube métallique E, dont le coefficient de dilatation linéaire est égal à celui du fil. Les brins du fil et le tube E font entre eux un très petit angle, et, comme le tube est articulé en H.
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- la dilatation du fil A se traduit par un abais-
- Fig. 8. — Galvanomètre à dilatation, plan.
- sement très sensible de l’extrémité K. Cette déviation, déjà amplifiée, est encore augmentée
- en faisant appuyer K sur un galet L, porté par levier à l’opposé de l’index J.
- La vis de réglage M sert à remettre au zéro ou, au besoin, à tendre le fil de telle sorte que l’index J n’entre enjeu qu’à partir d’un certain courant ; cette disposition permet d’augmenter l’importance d’une partie de la division aux dépens des autres.
- H. Armagnat.
- RADIATIONS DANS UN CHAMP MAGNÉTIQUE
- DEUXIÈME PARTIE ((*) 1). RENVERSEMENT DES RAIES DU SODIUM ET APPLICATIONS
- Dans la seconde partie de ce travail, j’étudierai d’abord l’absorption produite par les.flammes donnant la lumière du sodium, et les conditions dans lesquelles on observe des raies renservées : nous verrons en effet quelles modifications considérables cette absorption peut apporter à l’aspect des raies d’émission, modifiées ou non par le champ magnétique. Je décrirai ensuite des observations spectroscopiques faites avec les raies renversées et perpendiculairement aux lignes de force, qui sont relatives au quadruplet récemment découvert par M. Cornu, et qu’il a décrit dans ce journal [!).
- I. Spectre d’absorption d’uxf. flamme
- au SODIUM
- On sait qu’on peut obtenir les raies du sodium en noir sur un fond brillant, c’est-à-dire renversées, lorsqu’on fait tomber sur la fente d’un spectroscopc un faisceau de lumière donnant un spectre continu, mais qui a traversé une flamme au sodium (ou de la vapeur de ce métal). La flamme n’absorbe en effet que d’une manière insensible les radiations différant des radiations qu’elle émet (Gouy); tandis qu’elle présente deux bandes
- (*) Voir L’Éclairage Électrique, meme volume, p. 405. l')W, P- 185.
- d’absorption plus ou moins larges dans la région comprenant les raies D4 D» du sodium, et cette absorption modifie l’intensité du faisceau primitif.
- Nous admettrons dans ce qui va suivre que la première source donne réellement un spectre continu, où l’on n’aperçoive pas du tout les raies D, ni sombres ni brillantes. Nous verrons bientôt comment on peut remplir cette condition : pour fixer les idées, la source sera le filament d’une lampe à incandescence convenablement poussée.
- L’intensité I des radiations envoyées par cette source ne subit pas, dans la région jaune du spectre, de variations très rapides avec la longueur d’onde. Après la traversée de la flamme absorbante, l’intensité devient la + i ('), a étant la réduction d’intensité produite par cette flamme, et i l’intensité des radiations émises, dans ces conditions (2)-, par cette flamme elle-même. Si cette expression est plus petite que I, les raies pourront apparaître renversées.
- (i) On néglige ici ce qui est relatif aux radiations absorbées : on n’aurait pas le droit de le faire si elles étaient simplement diftusées, comme on l’a dit parfois. Mais nous avons vu qu’il est préférable d’admettre une transformation
- (a) On admet ordinairement que l’intensité des radiations envoyées par la source absorbante reste la même lorsqu’elle est traversée par le faisceau provenant de l’autre source : c’est là une hypothèse.
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- Mais il ne faut pas en conclure que ce renversement apparaîtra nécessairement. Il faut en effet considérer, non pas, comme on le fait encore trop souvent, les pouvoirs êmissifs des deux sources, non pas même les intensités dans le faisceau qui tombe sur la fente du spectroscope, mais les intensités dans la région correspondante du spectre réellement observé. Or la distribution des intensité dans ce spectre n’est pas seulement déterminée par la nature des deux sources (en particulier la température, la richesse en sodium et ['épaisseur de la seconde). Il faut encore tenir compte : t° de la position de ces sources par rapport au spectroscope et aux diverses lentilles employées, et considérer les faisceaux utilisés effectivement ; 20 surtout il faut tenir compte du pouvoir séparateur du spectroscope employé. Si les raies d’absorption sont très étroites, il faudra pour les apercevoir un appareil donnant un spectre très pur ; autrement, les images de la fente correspondant aux radiations absorbées seraient complètement masquées par la superposition des radiations voisines.
- On. s’explique ainsi que L’on obtienne souvent un mauvais résultat avec un spectroscope ordinaire à un ou deux prismes, en essayant l’expérience du renversement des raies : on aperçoit à peine une légère trace grise dans la région intéressante. Le même faisceau, étudié avec un spectroscope doué d’un grand pouvoir séparateur, par exemple à l’aide d’un réseau de Rowland dont on observe le troisième et le quatrième spectre, montre avec la plus grande netteté les deux raies D comme deux lignes bien noires très nettes. On peut même les observer et les pointer, comme on le verra plus loin, alors même que les raies émises directement par la seconde flamme seraient à peine visibles.
- On peut cependant, comme on sait, faire l’expérience du renversement des raies avec ün appareil peu dispersif; mais en choisissait convenablement les deux sources.
- C’est ainsi qu’un spectroscope qui ne dédouble même pas la raie D, et même un petit
- spectroscope de poche, permet de faire l’expérience à l’aide du dispositif suivant. On prend comme première source une flamme blanche quelconque (bougie), et comme couche absorbante les vapeurs émises par un tube à essais rempli d’hydrogène, au fond duquel on a mis un morceau de sodium et que l’on chauffe avec un brûleur (Crookes). On peut remplacer l’hydrogène par du gaz d’éclairage. Les vapeurs formées dans ces conditions, n’émettent pas de lumière; elles sont très denses, surtout à la partie inférieure où elles sont colorées et visibles en lumière blanche ; au-dessus elles sont invisibles mais apparaissent comme des fumées noires à la lumière de l’alcool salé. La bande d’absorption, que l'on aperçoit dans le spectre est large et diffuse, parce qu’elle est produite par une couche épaisse et dense de sodium libre : c’est parce que cette bande est large que l'expérience réussit.
- De même, pour faire l’expérience en projection, on place à l’exemple de Tyndall, devant l’arc électrique un brûleur muni d’une coupelle où l’on a mis un morceau de sodium métallique , et on projette sur un écran le spectre des charbons. Lorsque le sodium est volatilisé, on voit dans le spectre une énorme bande noire. Un seul prisme un peu dispersif suffit : c’est que précisément la bande d’absorption recouvre une portion notable du spectre ; elle est encore produite par une couche épaisse rejifermant beaucoup de sodium libre. Dans ce cas, la flamme absorbante émet elle-même une quantité notable de lumière (en éteignant l’arc on voit une large bande brillante à la même place), mais le fond formé par le spectre continu est beaucoup plus éclairé.
- En répétant ces expériences avec une première source fixe et une couche absorbante renfermant de moins en moins de sodium, on vérifie qu’il faut employer un spectroscope
- (') [l est commode, pour éviter ViUuminaticm de l’écran par cette flamme de placer le brûleur dans la lanterne même entre l'arc et le condenseur.
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- de plus en plus dispersif, les raies d’absorption se rétrécissant de plus en plus.
- En outre, dans le cas où la couche absorbante émet notablement pour son propre compte, il faudra, pour apercevoir le renversement, un spectre continu suffisamment intense. Ainsi le filament d’une lampe à incandescence, dans les conditions normales de fonctionnement (lampe Gérard de 16 bougies sous 25 volts), suffit pour observer les raies renversées lorsqu’on emploie comme couche absorbante la llamme de l’alcool colorée par un sel de sodium. Mais si l’on remplace cette flamme par celle d’un brûleur colorée de même en jaune (petite perle de verre dans la flamme), les raies apparaissent brillantes, et pour les renverser il faut pousser beaucoup la lampe, la faire traverser par exemple par un courant double du courant normal, de manière à accroître considérablement l’intensité du spectre continu.
- II. Spectre d'absorption de l’enveloppe d’une flamme au sodium
- On a vu précédemment que ces flammes sont entourées généralement d’une gaine absorbante, et que l’absorption de cette enveloppe peut servir à mettre en évidence les très faibles changements de période produits par un champ magnétique.
- On peut en effet cpnstater directement que le spectre d’absorption de cette partie de la flamme se réduit à deux raies très étroites. Je me suis servi pour cette expérience d’un réseau de Rowland et du troisième spectre. Une lampe à alcool, dont la flamme est colorée par du bromure de sodium, est disposée de manière qu’un des brins de la mèche soit horizontal, et une lentille projette sur la fente du spectroscope une image du bord de la flamme placé au-dessous. Une autre lentille convergente, placée en arrière, projette sur cette flamme l’image d’un filament de lampe à incandescence, ou d’une flamme plate d’acétylène vue par la tranche, donnant un
- spectre continu intense (*), sur lequel se détachent en noir les deux raies D. Elles sont assez larges dans la partie qui correspond à la partie la plus épaisse de la flamme jaune* mais elles se terminent très nettement en pointe effilée, dans la région correspondant au bord de la flamme.
- III. Raies spontanément renversées
- Cette couche absorbante extérieure peut produire le renversement spontané des raies d'émission, conformément à l’opinion émise depuis longtemps par M. Cornu (Comptes rendus. 1870), qu’une couche mince de vapeurs peut suffire à le provoquer.
- On sait en effet depuis KirchhofF que les raies d’émission d’une flamme au sodium, étudiées avec une grande dispersion, sont presque toujours renversées par une ligne noire apparaissant en leur milieu. M. Gouy, dans son travail sur ces flammes (*), a précisément montré que ces lignes noires sont dues à la zone extérieure de la flamme. Il les a fait disparaître en entourant la flamme d’une autre flamme incolore à la même température.
- On peut répéter cette expérience en simplifiant son dispositif. Dans la flamme d’un
- Fig. 1.
- brûleur (fig. 1), on place une coupelle de platine renfermant du bromure de sodium, de façon qu’un côté seulement de la flamme soit coloré jusqu’à l’extérieur, en jaune très intense. Si l’on reçoit la lumière émise directement, dans le sens de la flèche (1), sur un
- (1) On peut, plus simplement, placer derrière la ffamme d'alcool un bec Auer.
- (1 2) Gouy, loc. cil. p. 76.
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- spectroscope très dispersif, on voit les deux raies D très larges, diffuses et renversées.
- Mais si l’on fait tourner la flamme de i8o°, la lumière émise dans le sens de la flèche (2) par la zone éclairante ne traverse pas la couche extérieure, mais le reste de la flamme ; et on observe alors, comme dans l’expérience de M. Gouy, des raies élargies et diffuses, niais sans renversement. Les bords noirs dont il a été précédemment question se voient très facilement sur une semblable flamme, en plaçant derrière une autre flamme, mais seulement sur le bord extérieur de la partie éclairante.
- De semblables raies noires produites par la zone extérieure des flammes existent probablement aussi dans les raies très fines obtenues avec peu de sodium, alors même que l’étude spectroscopique directe ne permet pas de les mettre en évidence. Peut-être faut-il tenir compte de ce fait dans l’interprétation des résultats que M. Michelson (1) a obtenus au sujet de la structure des raies du sodium.
- IV. Effet d’un champ macnétique sur les
- RAIES SPONTANÉMENT RENVERSÉES
- Si une flamme donnant de semblables raies est placée dans un champ magnétique, les radiations émises par la partie centrale sont modifiées ; mais les raies d’absorption de la couche extérieure sont-elles aussi modifiées. Ce changement est-il le même dans les deux cas? Il est difficile de l’admettre, puisque d’après Zeeman le changement de période dépend de la température (2). On ne s’expliquerait pas autrement, me semble-t-il, la divergence existant entre les valeurs numériques données par différents savants pour
- (') Les raies du sodium (D, — 5896 [V D2 = 5890 p.' d’après Rowland) seraient deux doublets, formés de deux lignes plus ou moins larges distantes de 0,07 p.' environ.
- ta ce fait à l’interprétation ' du phénomène d’Egorofl'et Georgiewsky. [L'Éclairage Électrique, t. XIV, p. 223, 299,
- la valeur du changement de période des raies du sodium : M. Zeeman (* *) indique pour la distance des deux composantes du doublet magnétique 1/9 de la distance des deux raies D, pour un champ de 22 400 G. G. S., tandis que M. Cornu (2) trouve (entre les composantes extérieures du quadruplet de D,), 1/6,7 pour un champ d’environ 13000 C. G. S.
- Les couches extérieures exerçant toujours leur absorption sélective, et le changement de période étant différent pour les parties centrales et extérieures, les modifications des raies spontanément renversées pourront être compliquées. Les phénomènes observés par Lodge et Davies r1) perpendiculairement aux lignes de force peuvent être ainsi expliqués.
- Voici comment ils résument leurs résultats : la flamme, à basse température, donne les deux raies D définies et distinctes. Elle est placée un peu en avant du champ ; lorsque celui-ci est excité, les raies s’élargissent et se doublent pour un champ suffisant. — Mais la flamme étant à température plus élevée, et placée un peu en arrière du champ, les apparences se compliquent et voici quelle est la succession des phénomènes : les lignes du sodium apparaissent hors du champ comme un doublet brumeux. L’action du champ élargit le doublet, puis le sépare complètement en deux parties (a, fig. 2). Si l’intensité du champ augmente, une ligne brillante apparaît au milieu de l’espace sombre élargi ; on a ainsi un triplet [b]. Enfin pour une très forte magnétisation, la nouvelle ligne se dédouble encore, donnant ainsi à chaque ligne l’apparence d’un quadruplet (c).
- Dans chaque cas, un nicol disposé de manière à intercepter les vibrations perpendiculaires au champ, supprimait l’action du
- (i) Voir Zeeman. Phil. Mag. (5), t. XIJII, p. 230, 1897. Ce résultat concorde avec ses premières déterminations et avec les résultats de Kônig, en admettant la proportionnalité
- (3) Cornu. L’Éclairage Électrique, t. XIV, p. 188, 1898.
- (*) Lodge et Davies. Proceedings Roy : Soc. London, t. LXI, p. 413, 1897.
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- champ magnétique et rétablissait les lignes dans leur état primitif (*).
- Fig. 2.
- renccs peuvent être expliquées par l’absorption produite par la couche extérieure de la flamme. La courbe A représente schématiquement la distribution des intensités dans une des raies, hors de l’action du champ. Cette raie diffuse porte une raie noire B produite par L’action du champ. Le champ remplace la raie A par deux autres de plus en plus écartées, et en même temps la raie noire B subit, mais plus lentement, ce changement : on s’explique ainsi les différents cas observés ; il suffit d'admettre que les vibrations de la couche extérieure de la flamme sont moins modifiées que celles des parties centrales.
- V. Observation du phénomène de Zeeman a j/aide des raies renversées
- On voit que les raies spontanément renversées peuvent donner, lorsqu’elles sont modifiées par l’action du champ, des apparences compliquées, chaque raie pouvant donner un quadrupler, même lorsqu’on utilise seulement les vibrations perpendiculaires au champ. On est conduit ainsi à employer des raies d’émission non renversées. Mais ces raies ont nécessairement peu d’éclat lorsqu’elles sont très fines; et il faut, pour étudier leurs modifications, un excellent appareil dispersif, comprenant, comme l’aopareil de M. Cornu (2), un très grand réseau de Rowland. * (*)
- P) Ceci est contraire à l’observation de M. Comu, mais il est bon de noter que les auteurs ont observé dans ces conditions de petits changements qu’ils attribuaient à un défaut d'uniformité du champ. 11 faudrait peut-être tenir compte de ce fait pour l’explication.
- (*) Cornu. L'Éclairage Électrique, t, XIV, p. 188.
- Aussi me paraît-il très avantageux d’observer, non pas les raies directes d’émission mais les raies renversées obtenues en faisant traverser la flamme par un faisceau donnant un spectre continu très intense. Zeeman a fait, au début de ses recherches, l’expérience sous ccttc forme. Konig (') s’est également servi de ces raies renversées et signale dans son travail l’avantage de ce mode d’observation. La lumière étant très intense dans le champ à étudier, il n’y a pas besoin de prendre de précautions contre la lumière étrangère, et on peut accroître beaucoup la puissance du spcctroscope.
- J’ajouterai que pour les mesures cet emploi des raies renversées est préférable, car on peut pointer exactement, avec un réticule qui n’a pas besoin d’être éclairé, la position de ces raies noires. On peut d’ailleurs faire varier dans de larges limites la composition et la température de la couche absorbante; la prendre par exemple très peu chargée de sodium, ce qui. donne des raies' noires très fines que l’on peut étudier, alors même que les raies directes d'émission seraient à grand' peine visibles.
- Il convient d’employer un spectre continu aussi intense que possible. Nous verrons tout a l’heure qu’on peut employer la lumière solaire. Mais à défaut d’elle, on peut se servir d’une source artificielle. Une lampe à incandescence sùffisamment poussée peut servir, mais l’arc est bien préférable, quand on Yemploie convenablement.
- Raies du spectre de l’arc. — La lumière d’un arc observée avec un spcctroscope très dispersif, donne normalement les raies du sodium, tantôt brillantes, tantôt renversées. Au lieu d’analyser la lumière en bloc, supposons qu’on étudie les différentes parties de la source en projetant sur la fente une image des charbons et de la partie gazeuse ; on observe que le spectre du charbon positif, le
- (!) Konig. Wieà. Ann., t, LXII, p. 240, 1897; L'Éclairage Électrique, t. XIV, p. 229.
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- plus brillant, donne les raies D renversées et très fines; et qu'au contraire, sur ie spectre du charbon négatif et dans celui de l’arc gazeux, ces raies sont brillantes. Elles ont la forme d’une pointe effilée, et sont surtout larges près du pôle négatif où elles sont souvent spontanément renversées. Quand elles sont peu visibles, on leur donne plus d’éclat en plaçant dans le voisinage un brûleur donnant la lumière du sodium ; car les poussières de l’air viennent en effet colorer l’arc comme une flamme quelconque (').
- Les raies noires du charbon positif peuvent être gênantes dans les expériences où on veut observer celles que produit la flamme : je suis arrivé à les éviter en disposant l’arc convenablement. Le charbon supérieur est de très petit diamètre (crayon de bougie Jablockoff), le charbon inférieur négatif est un charbon assez gros et à mèche. Le petit charbon positif devient incandescent sur une
- F'g- 3-
- longueur assez grande, et si l’on projette son image sur la fente, on trouve que, dans une partie notable du spectre correspondant, les raies D sont complètement invisibles, ou bien sont brillantes et ne peuvent être confondues avec les raies noires de la flamme. J’employais un régulateur à main permettant d’incliner les charbons, comme l’indique la figure 3, et un couvant de 8 ampères environ.
- (1) C’est ainsi que la raie rouge du lithium apparaît dans le spectre de l’arc, lorsqu’on fait la même expérience avec une flamme au chlorure de lithium. La raie apparaît seulement près du pôle négatif. Peut-être ce fait est-il dû à ce que les poussières de l’air, dans le voisinage d'un arc si riche en rayons ultra-violets, ne peuvent avoir que des charges statiques positives : ce serait à rapprocher de l’ex-plication ingénieuse proposée récemment par M. Brillouin de l’origine de l’électricité atmosphérique. L'Éclairage Électrique, t. XIII, p. 577, 25 décembre 1897.
- Flamme absorbante. Champ. — Les rayons partant du charbon positif, traversent une lentille qui projette entre les armatures de l’électro-aimant (de Ruhmkorff) une image un peu agrandie de l’arc. On place dans cette région la flamme absorbante, dont une seconde lentille projette l’image sur la fente du spectroscope. On a donc sur cette fente l’image de l’arc et celle de la flamme également au point.
- Pour avoir des raies noires très fines, on peut employer la flamme d’un brûleur Bunsen dans laquelle on introduit un petit globule de verre. Mais j’ai utilisé avec un résultat bien plus satisfaisant la flamme d’un petit brûleur Bunsen alimenté par de l'acétylène sous une pression assez forte (40 cm d’eau). Cette flamme est très stable et se loge facilement dans l'entrefer, alors même que les pièces polaires sont très rapprochées. Une perle de verre maintenue par un fil de platine un peu fort colore la flamme en jaune (*).
- Avec cette flamme on peut rapprocher les armatures, terminées par des disques de 3 cm de diamètre, jusqu’à 6 mm seulement de distance. Un courant magnétisant de to ampères suffit alors pour obtenir entre ces armatures un champ de 7 000 C.G. S, sensiblement uniforme.
- Spectroscope. — Le spectroscope que j’emploie comprend un réseau de Rowland de 4,5 cm de largeur seulement : ce réseau est plan et le spectre est formé à l’aide d’un collimateur et d’une lunette qui ont environ 34 cm de foyer. J’utilise le troisième, et surtout le quatrième spectre qui sont très brillants. Les rayons diflractés sont presque normaux à la surface du réseau : cette disposition est comme on sait avantageuse, comme celle du minimum de déviation (rayons diffractés revenant suivant la direction du rayon incident). — La lentille
- (*) Quand cette flamme de Bunsen à acétylène n'est pas refroidie par les armatures, elle est plus chaude que celle obtenue avec le gaz d’éclairage : un fil de platine un peu fin y fond immédiatement.
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- qui projette l’image de la source sur la fente du spectroscope doit être choisie et placée de manière que le faisceau qu’elle envoie soit tout entier utilisé pour la formation du spectre, et recouvre la plus grande surface possible du réseau. Cette précaution doit être prise pour toutes les observations spectroscopiques : on a ainsi un spectre plus lumineux, et on sait que la pureté du spectre dépend de l’étendue de la surface rayée utilisée (l).
- Bien que ce dispositif soit certainement inférieur à celui que M. Cornu a réalisé avec son grand réseau, nous allons voir que, grâce a l’emploi des raies renversées, il peut servir à répéter ses observations.
- Action du champ magnétique.—Je décrirai seulement les expériences faites perpendiculairement aux lignes de force : suivant ces lignes on observe nettement le doublet de lignes polarisées circulairement.
- On déplace l’image de la partie du charbon positif donnant le spectre continu de manière à ce qu’elle recouvre la partie supérieure de la fente, et qu’on aperçoive en outre dans le champ le spectre de la partie gazeuse de l’arc, avec ses fines raies brillantes.
- Lorsqu’on allume le brûleur à acétylène, les deux lignes noires Dj D, apparaissent sur le spectre continu; et les lignes brillantes du spectre de l’arc, qui sont très fines près du charbon positif, disparaissent complètement sur une longueur assez grande. Dans la région voisine du pôle négatif où elles sont plus larges, elles demeurent visibles, mais toujours renversées.
- Supposons alors qu’on fasse passer le courant, en observant i° directement sans aucun nicol. Les deux raies noires renversées s’élargissent nettement, et D, se dédouble. La raie brillante Da du spectre de l’arc s’allonge un peu, la raie brillante Dt s’allonge considérablement, jusqu’à empiéter parfois sur le
- (')VoirWadsworth. Journal de physique (3), t. VI, p. 409, 1897.
- spectre du charbon positif en pénétrant dans le doublet. Dans la partie de cette raie qui est visible, le renversement produit par la flamme disparaît (').
- 20 Un nicol est placé devant la fente du spectroscope de façon à ne laisser passer que les vibrations normales au champ. Les deux raies noires D, D2 deviennent nettement des doublets, les deux composantes de D4 étant plus fines et mieux délimitées (comme le dit M. Cornu, et aussi MM. Lodge et Davies). Les raies brillantes du spectre de l’arc s'allongent toutes deux, surtout D,. Si l’on observe les parties de ces raies qui étaient non pas supprimées, mais seulement renversées par la flamme, le renversement disparaît pour Dn la raie noire s’élargit pour Dr
- 30 Le nicol ne laisse passer que des vibrations parallèles au champ. La raie noire et la raie brillante X)i ne changent pas notablement ; mais il en est autrement pour Dr La raie noire s’élargit et se dédouble, quoique les deux composantes soient moins séparées que précédemment. La raie brillante s’allonge beaucoup, l’absorption que la flamme exerçait sur elle disparaissant. Ce phénomène est très net, et avec un arc long donnant dans tout le champ le spectre de l’arc gazeux, on peut faire réapparaître dans toute la hauteur du spectre cette raie brillante que la flamme supprimait.
- Cette raie brillante empiète parfois sur le spectre continu du charbon positif : elle pénètre alors au milieu de la raie noire dédoublée. Le spectre de la flamme est donc encore formé, dans ces conditions, d’un doublet pour D, (s).
- Tous ces phénomènes sont d’accord avec ceux qu’a observés M. Cornu. Dans l’observation sans nicol, on n’aperçoit pas distinctes les quatre composantes du quadrupler, mais
- (h Bien entendu il n’existait pas dans la raie avant l’interposition de la flamme.
- (2) Ce changement de période pourrait, je pense, être observé par la méthode des flammes, décrite précédemment, si l’on pouvait observer seulement avec la lumière de D, en supprimant la raie Da (la plus intense).
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- il faut sc rappeler que le champ n’est que de 7 ooo unités environ.
- Ce champ étant uniforme, et l’observation étant faite sur les raies renversées, on voit Tien que les phénomènes observés ne sont pas dus à un renversement partiel, et que les vibrations parallèles aux lignes de force subissent pour Df un changement notable de période par l’action du champ.
- Conclusions. — L’emploi des raies renversées est particulièrement commode poulies mesures et permet des observations dans des conditions où les raies directes d’émission seraient insensibles.
- J’espère poursuivre ces expériences en utilisant des champs plus forts, et faire varier 'dans de larges limites la température de la couche absorbante de façon à voir comment l’effet Zeernan dépend .de la température : c’est un point qu’il convient d’élucider avant de faire des comparaisons, à ce point de vue, entre diverses raies métalliques.
- La lumière solaire se prêterait fort bien à ces mesures. La présence des raies de Frauen-hofer ne serait pas un inconvénient; elles pourraient même servir à observer plus commodément les modifications des raies d’absorption. Rappelons que le déplacement relatif des raies solaires et telluriques voisines a permis a MM. Thollon et Cornu de constater directement les changements de période des I
- raies envoyées par les bords opposés de l’équateur du soleil : ces changements sont plus faibles que ceux que produit un champ magnétique facile à obtenir. On peut d’ailleurs employer un métal qui ne donne pas de raies noires de Frauenhofer. La raie rouge du lithium est par exemple dans ce cas : j’ai observé qu’on la renverse très facilement avec une flamme colorée par le lithium, et qu’on peut, avec la grande dispersion du réseau, l’obtenir très fine comme les raies voisines dp soleil.
- Au point de vue théorique, ces expériences sur les raies renversées viennent confirmer l’introduction, dans l’énoncé du principe de Kirchhoff, de la direction ou du sens des vibrations; je renverrai à ce sujet au mémoire de Kœnig et à la note publiée ici même (ce volume, p. 299).
- Le changement de période des vibrations parallèles aux lignes de force est contraire à la théorie de Zeernan; mais il est juste d’ajouter que M. Lorentz a publié, avant même que les résultats de M. Cornu aient été publiés, l’esquisse d’une théorie plus générale (l) qui permet de prévoir, pour les diverses raies d’un même métal, des changements différents de ceux qui avaient été jusqu’alors signalés.
- A. COTTON,
- RECHERCHES SUR LA TRANSFORMATION DES RAYONS X
- PAR LA MATIÈRE (*j
- V. Emission interne nus Rayons S
- Jusqu'ici nous avons étudié la propagation et les principaux effets des rayons S à l’extérieur du métal qui les émet, comme si la source des rayons S était la surface géométrique S du corps frappé. Il n’y aurait pas heu d’aller plus loin si la dissémination des rayons X par la surface d’un corps était une diffusion proprement dite, une réflexion
- irrégulière analogue à la diffusion,de la lumière surune surface imparfaitement polie. La petitesse extrême des longueurs d’onde possibles des rayons X nous empêcherait sans doute de pénétrer dans l’épaisseur de la couche
- T Lokentz. Wied. Ann., t. LXIII, p. 279. décembre.1897. L'Eclairage Électrique, t. XIV, p. 435, 5 mars 1898.
- !2) Voir L'Eclairage Electrique des 12 et 19 mars, p. 466 et 509.
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- superficielle active. Mais puisqu’il s’agit d’une transformation des rayons X par les particules des corps, nous pouvons affirmer d’avance que toute particule du corps atteinte par les rayons X rayonne en tous sens des rayons secondaires; si cette particule est assez près de la surface S du corps pour que les rayons transformés puissent atteindre 2 avant d’être complètement absorbés, cette particule rayonnera à travers la surface S par laquelle entrent les rayons X, et l’épaisseur de la couche active s’étendra au moins jusqu’à la particule considérée. De même, la particule pourra rayonner à travers la surface de sortie 2' des rayons X, et nous prévoyons ainsi que les rayons X peuvent être transformés par transmission.
- Transformation des rayons X par transmission. — Un écran ee au platino-cyanure de baryum (fig. 13), protégé par une plaque
- Fig. 13.
- de plomb E E contre l’action directe des rayons X, s’illumine quand on interpose en MM sur le trajet des rayons X un corps quelconque qui n'arrête pas complètement les rayons X. La surface par laquelle les rayons X sortent de MM émet des rayons secondaires S' qui ne different pas essentiellement des rayons S émis par la surface d’cntrcc. L’expérience est très frappante si MM est une feuille de zinc, d’étain, etc., et même d’aluminium. On peut voir, comme dans l’expérience de la fig. 7, la silhouette de la main projetée sur e e, mais non les os.
- Ici encore, on peut étudier le phénomène d’émission secondaire en remplaçant l’écran
- luminescenteeparune plaque photographique ordinaire, ou bien par un électroscope dans la cage duquel les rajmns S' pénètrent à travers une mince feuille d’aluminium battu ou une toile métallique (comparer au dispositif de la fig. 8).
- Pour démontrer que les rayons S' sont nettement différents des rayons X incidents et en sont la transformation, il suffit de filtrer par une même feuille AA d’aluminium, par exemple, d’abord les rayons X en plaçant la feuille AA en avant de MM (fig. 13), puis les rayons S' de MM en plaçant la même feuille en A’A' après MM. Ici, AA peut agir aussi bien que MM pour produire.des rayons S' par transmission. Mais cela n’empéchc point que s'il n’y avait pas réellement transformation des rayons X, la diffusion serait la même dans les deux cas. Or, par exemple, le système (aluminium, zinc) diffuse par transmission beaucoup plus que le même système retourné (zinc, aluminium).
- Influence de l'ordre des écrans sur la transparence apparente du système pour les rayons X. — Si nous transportons l’écran luminescent ee de la figure 13 sur le trajet des rayons X, il est clair que la luminescence de l’écran dépendra à la fois de l’action des rayons X simplement affaiblis par transmission à travers le système AM par exemple, qui continuent leur route en ligne droite, et des rayons S'. Comme l’intensité de ces derniers dépend de l’ordre des écrans, si nous retournons le système en MA', la luminosité de l’écran sera diminuée et la transparence apparente du système pour les rayons X semblerait moins grande à un observateur qui ignorerait le phénomène de transformation des rayons X en rayons secondaires. En plaçant côte à côte, contre I’ccran ee, les deux systèmes AM et MA' qui diffèrent seulement par l’ordre dans lequel ils sont traverses par les rayons X, on peut constater une légère différence entre l’éclat de la plage lumineuse située derrière AM et celui de la plage MA'.
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- I.a figure 14 montre comment on peut reproduire cette expérience en photographie en disposant sur la couche sensible nue d’une plaque photographique ordinaire un système de deux feuilles (a, b) et, à côté, un système identique, mais d’ordre inverse [b, a). Les plages ab et ba de la plaque sont inégalement impressionnées. Ainsi le système (cuivre,
- étain) parait plus opaque que le système (étain, cuivre). Le système (étain, papier noir) paraît fortement plus opaque que le système (papier noir, étain) (*).
- Le phénomène ne disparait nullement quand on interpose un même écran, tel qu’une même feuille d’aluminium de 1/300 de millimètre d’épaisseur entre la couche sensible et les systèmes ab, ba. Les épaisseurs des métaux employés dans les expériences précédentes sont comparables au centième de millimètre. On comprend très bien que le papier noir, par exemple, a arrêté la majeure partie des rayons de l’étain placé au-dessus, tandis que, placé au-dessus de l’étain, il ne jouait sensiblement aucun rôle. L’expérience démontre, sous une nouvelle forme, que les rayons secondaires par transmission enregistrés par la plaque photographique au contact du métal ou à petite distance du métal, agissent avec une intensité comparable à celle des rayons X incidents.
- Dans l’expérience sur le système (cuivre, étain) chaque métal émet des rayons secondaires ; seulement l’étain intercepte l’action photographique des rayons du cuivre notablement plus que le cuivre n’intercepte les rayons de l’étain, et les rayons secondaires de l’étain agissent moins que ceux du cuivre. Si l’on ajoute une feuille de papier noir aux deux systèmes, l’effet subsistera encore dans
- (*) J’ai découvert cette influence de l'ordre des écrans dès le début de ces recherches : Comptes rendus du 26 juillet 1897; L'Eclairage Électrique, t. XII, p. 316.
- le même sens parce que les rayons du cuivre passent mieux que les rayons de l’étain à travers le papier noir. Bien entendu, si l’on emploie pour troisième écran, au lieu d’un corps suffisamment mince et transparent, un corps capable d’arrêter indifféremment les rayons secondaires des deux écrans antérieurs a et b, les rayons S' étant arrêtés, l’ordre des écrans 11e peut plus influer sur leur transparence apparente.
- Si enfin on emploie pour a et b deux lames métalliques, par exemple, de zinc et de cuivre de 1 mm. d’épaisseur, et même de i/to de mm d’épaisseur, il devient bien plus difficile de voir une différence d’intensité entre les deux plages ab, ba de la plaque photographique, parce que chaque métal arrête complètement les rayons transformés par l’autre, affaiblit notablement les rayons X par absorption, et qu’on observe alors seulement la différence d’action photographique des faibles rayons secondaires que les métaux différents b et a en contact avec la couche sensible émettent par transmssion.
- Dans toutes ces expériences, on a eu soin de s’assurer que les différences de transparence apparente étaient bien dues à Y ordre du système des écrans; en retournant les deux systèmes sur place, ce qui change seule* ment l’ordre dans lequel les rayons X traversent les écrans successifs, on voit en effet la différence d’intensité des deux plages ab, ba s’intervertir. La plage la plus impressionnée est toujours celle qui touche le même corps : le cuivre dans le cas des écrans cuivre, étain, et l’étain, dans le cas des écrans étain, papier noir.
- Epaisseurs des couches minces qui émettent les rayons secondaires. — Dans l’expérience de la figure 8, prenons pour feuille MM une feuille d’or battu formée elle-même d’une ou plusieurs feuilles de 1/10 de micron d’épaisseur.
- Une seule feuille élémentaire exerce sur l’électroscope une action de décharge voisine du quart de l’action complète exercée par un nombre aussi grand qu’on voudra de feuilles.
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- .L’action de deux feuilles est déjà plus de la moitié de l'action complète. Celle de trois feuilles est déjà complète au' dixième près. Enfin à partir de quatre feuilles l’action parait sensiblement définitive. On peut dire ainsi que dans un paquet infini de feuilles d’or, ce sont seulement les quatre ou cinq premières feuiiles ayant ensemble une épaisseur d’environ un demi-micron qui participent à l’émission des rayons secondaires S. C’est l’épaisseur de là couche active mince.
- On peut faire simultanément l’expérience des figures 7 ou 8 et celle de la figure 13 en disposant la feuille MM comme sur la figure 15. On observe alors sur l’écran ce, ou sur la plaque photographique, ou bien encore sur I’clcctroscope mis à la place de ee, l’action des rayons secondaires anterieurs S à gauche de la face d’entrée des rayons X, et l’action des rayons secondaires postérieurs S' à droite de la face de sortie des rayons X. On peut reconnaître ainsi que les rayons S' produits par des rayons X déjà affaiblis par la traversée de la feuille MM sont moins intenses que les rayons S.
- - On n’affaiblit pas la production des rayons antérieurs S et l’on augmente progressivement celle des rayons postérieurs S' quand la feuille MM d’abord suffisamment épaisse est amincie jusqu’à l’épaisseur e de la couche
- •active déjà étudiée. A ce moment les particules de M, dans toute l’épaisseur de la feuille mince, rayonnent à la fois en avant et en arrière. Pour les épaisseurs de M supérieures à e, chaque surface de la lame MM avait donc sa couche active d’épaisseur e
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- (fig. ^émettant des rayons secondaires jusque dans le plan Z ou Z de cette surface. Les deux couches actives étaient séparées quand l’épaisseur E de MM était supérieure à 2 e (cas de la fig. 15); E diminuant, elles se sont rapprochées, ont empiété l’une sur l’autre et se sont enfin superposées quand E = e.
- Si l’épaisseur de la feuille MM diminue au-dessous de t’, l’intensité des rayons secondaires émis par les deux faces s’affaiblit rapidement. Il en résulte que l’émission par transmission des rayons S' passe par un maximum d’intensité au moment (’) où E — e.
- L'énergie totale du rayonnement secondaire est généralement indépendante de l'incidence des rayons X; elle est proportionnelle à la surface frappée. — Soit un pinceau sensiblement parallèle de rayons X tombant en ab (fig. 16) sur une surface plane, par exemple
- une surface d’or. Les couches sous-jacentes interviennent dans l’émission secondaire, mais seulement dans l’épaisseur e -- 0,0005 mm, considérablement plus faible que l’épaisseur qui arrêterait les rayons X.
- Si la surface ab est inclinée en ab' d'un angle i, elle reçoit une énergie rayonnante moins grande, mais les rayons X traversent la
- p) Cela n’est sensiblement exact que si e est très faible vis-à-vis de l’épaisseur du corps qui arrêterait les rayons X. Réellement le maximum d'intensité des rayons s' doit avoir lieu pour une épaisseur légèrement inférieure à l’épaisseur f de la couche active. Mais la différence est en général très faible.
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- couche e sous une épaisseur oblique P =- e . plus grande que e précisément dans le rapport inverse des sections actuelle et primitive du faisceau de rayons X. Ces deux influences se compensent en général, parce que dans la faible épaisseur e', l’absorption des rayons X est sensiblement plus grande que dans l’épaisseur e dans le rapport— . En d’autres termes, la quantité de rayons X absorbée par la surface ab' est la même que la quantité absorbée par ab parce que ce sont les volumes actifs abX e et ab'Xe qui interviennent dans la production des rayons secondaires, et ils sont égaux pour des surfaces égales.
- II en résulte que la surface ac oblique au faisceau et qui reçoit le faisceau entier, ni plus ni moins que aà, absorbe cependant dans sa couche active une énergie de rayons X plus grande que celle de ab dans le rapport des surfaces ac et ab. Comme les particules actives sont toujours distribuées de la même manière dans l’épaisseur utile e, l'énergie totale rayonnée sous forme de rayons secondaires doit être sensiblement proportionnelle à la surface frappée. Il est remarquable que la considération de l’émission par une couche profonde e conduise à une loi de proportionnalité de l’énergie rayonnée à la surface rayonnante comme si le phénomène était réellement localisé à la surface ab du corps actif. Cette apparence a été justement signalée par J. Perrin dans l’action propre du métal dans la décharge, action qui est due, nous l’avons vu. aux rayons secondaires; on voit bien comment cette nouvelle circonstance pouvait sembler donner raison à la théorie de l’effet métal de J. Perrin, fondée sur l’hypothèse d’une action purement superficielle. On voit aussi qu’il n’y a pas là de loi exacte et que la proportionnalité, à la surface de l’énergie secondaire totale rayon-née par cette surface cessera d’être exacte quand l’incidence des rayons X sera suffisamment rasante. Alors, en effet, l’épaisseur C' ^ cÔsT suivant ^quelle les rayons X traversent la couche active pourra être très
- supérieure à e, ne plus être négligeable vis-à-vis de l’épaisseur E qui arrêterait complètement les rayons X ; l’absorption correspondant à une même section du faisceau de rayons X n’étant plus proportionnelle à e[
- c’est-à-dire à----mais augmentant moins
- vite, l’énergie secondaire rayonnée ira en' diminuant; à la limite, quand ab se redressera complètement en ab" (fig. 16), il est clair que la largeur e de la lame intervient seule activement et que par suite l’émission secondaire est sensiblement supprimée. La loi signalée par J. Perrin, bien que très voisine de l’exactitude, n’est donc pas rigoureuse. Elle s’interprète par le mécanisme de l’émission des rayons secondaires.
- Remarques sur le mode d'enregistrement des rayons X et des rayons secondaires. — Nous venons de voir que les rayons secondaires de l’or, par exemple, sont absorbés par l’or lui' même dans une couche de ijz micron environ. D’autres rayons secondaires, émis par le cuivre, par exemple, ne seraient arrêtés que par une épaisseur d’or plus grande. La dénomination de rayons secondaires de l’or, du zinc, du cuivre n’indique pas qu’il s’agisse de rayons définis de manière à-rester inaltérés dans leur nature après une filtration par exemple. Mais on peut dire que ce sont des groupes de rayons ayant dans leur ensemble des pouvoirs de pénétration différents d’un métal à un autre. Nous ne savons rien de précis sur leur énergie et nous devons remarquer qu’à égalité d’énergie les rayons les plus pénétrants seront bien moins enregistrés par l’un des trois récepteurs actuels : la plaque photographique, l’écran luminescent ou l’élec-, troscope; l’intensité de l’effet produit dépend en effet de l’absorption des rayons par la1 couche sensible, le platinocyanure de baryum, l’air placé dans le champ électrique de i’élec-troscope. Par suite, si des rayons moins pénétrants produisent un effet plus grand que des rayons plus pénétrants, nous pouvons seulement en conclure que l’énergie absorbée par le récepteur est plus grande, mais non'que
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- l’énergie incidente est plus grande. C’est ainsi que les rayons S de l’aluminium n’agissent guère sur les plaques photographiques, tandis que ceux du zinc, du cuivre, etc., agissent fortement.
- Mais si le récepteur change, les effets peuvent être fort différents : sur le plalinocya-nure de baryum, qui absorbe beaucoup plus que la couche sensible photographique, l’action rayonnante secondaire de l’aluminium devient très visible. De même Rœntgen a montré (') que des rayons X issus d’un tube très dur peuvent agir assez peu dans des expériences de photographie, tandis qu’on constate très nettement, dans les mêmes conditions, l’action de rayons X. de tabes très doux qui cependant n'agissaient pas plus que les premiers sur le platinocyanure de baryum.
- Mais si nous ne pouvons encore comparer les énergies secondaires rayonnées par des corps différents, nous pouvons comparer, en ordre de grandeur, l’énergie secondaire rayonnée par un corps à l’énergie des rayons X qu’il reçoit. La première est en effet au plus égale, et vraisemblablement comparable, à l’énergie absorbée par la couche active e. La minceur de cette couche active . vis-à-vis de celle qui arrêterait complètement les rayons X incidents montre que l’énergie secondaire rayonnée par un corps n’est qu’une fraction parfois très faible de l'énergie incidente.
- Tl ne faut pas s’étonner qu’une énergie relativement .si faible produise néanmoins des effets comparables et parfois très supérieurs à ceux des rayons X ; cette énergie est mieux utilisée par les récepteurs que l’énergie des rayons X, parce qu’elle revêt la forme d’un rayonnement beaucoup plus absorbable par tous les récepteurs actuels. On peut dire à ce point de vue qu’il y a une sorte de réciprocité entre le mode d’émission et le mode actuel d’enregistrement des rayons secondaires : s’ils ne représentent qu’une
- (P L'Éclairage Électrique du 17 juillet 1897, t. XII, p. 166. seconde 'colonne.
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- faible fraction de l'énergie des rayons X incidents, c’est parce qu’ils sont trop peu pénétrants pour pouvoir émerger du corps quand la particule qui les produit est à une profondeur, encore faible, seulement supérieure à e; or, c’est justement ce défaut dans l’intensité de l'émission qui reparaît sous forme de qualité dans l’intensité de l’effet produit sur les récepteurs
- Que devient l’énergie secondaire que les feuilles d’or situées au-dessous de la cinquième à partir de la surface rayonneraient si on enlevait celles qui les recouvrent? Va-t-elle revêtir une forme supérieure : tertiaire, quaternaire, etc., devenir lumière, puis chaleur? Les expériences récentes de M. Dorn nous apprennent en tout cas que les rayons X échauffent (2) les corps qui les absorbent.
- Cet écbauffement permettra sans doute de constituer un bolomètre à rayons X et sans doute aussi à rayons secondaires. Alors seulement on pourra avoir quelque idée de l’intensité du rayonnement émis dans telle ou telle condition par telle ou telle lame focus frappée par les rayons cathodiques, ou par tel ou tel corps frappé par les rayons X. L’ordre de grandeur du rayonnement de la lame focus, dans des conditions voisines de celles où l'on se place d’habitude est connu : M. Dorn a trouvé qu’en une seconde une lame focus peut rayonner, par exemple, un millième de petite calorie. C’est, je crois, moins que l’énergie qui serait rayonnée par une lame focus, non pins h travers le verre v des tubes, mais à travers une feuille d’aluminium mince comme dans l'expérience de Lenard sur les rayons cathodiques.
- L’intérêt de la méthode bolométrique serait de donner des mesures plus voisines de mesures absolues que la meilleure des méthodes actuelles : la méthode de l’électros-cope.
- Nous avons vu en effet, que l’ordre des
- (') Les mêmes remarques s'étendent. immédiatement au (2) Dorm, Wiedewann's Annahn, 11 déc. 1897, p. 160.
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- écrans influe énormément sur la transparence apparente du système, et que, par suite, il n’y a pas, pour ce système, de coefficient de transmission défini. Cela tient à la nature variable des rayons qu’il laisse passer suivant que l’on expose aux rayons X l’une ou l’autre des faces extrêmes du système. De même, un seul écran laisse passer des rayons X et des rayons secondaires dont la nature dépend de la nature de l’écran. La petite fraction de cette énergie transmise qui est seule absorbée dans l’électroscope par le gaz soumis au champ électrique ou transformée par les surfaces métalliques, ne mesure donc pas l’énergie transmise; elle ’dépend du plus ou moins grand pouvoir de pénétration des rayons transmis par rapport au gaz qui environne les conducteurs électrisés et par rapport à ces conducteurs eux-mêmes. Un bolomètre qui arrêterait toute l’énergie reçue et en rayonnerait peu mesurerait bien mieuxl’cncrgie incidente par le changement de résistance électrique qui résulterait de son échauffement.
- Emission en masse. Rayons secondaires de l'air. —Tandis que la couche active de l’or n’a qu’un demi-micron d’épaisseur, celle de l’aluminium a plus d’un millimètre, soit une épaisseur plus de 2000 fois aussi grande. Enfin les couches actives des deux surfaces extrêmes du corps se prolongent et se recouvrent dans la masse entière du corps actif, si celui-ci est suffisamment transparent. C’est en particulier le cas de l’air atmosphérique.
- Dans mes expériences antérieures sur la transformation des rayons X par transmission, le platinocyanurcdebaryum, le gélatinobromure d’argent ou l’électroscope décèlent encore une dissémination (*) appréciable des rayons X lorsqu’on éloigne tous les corps qui
- (' ) Au sujet de l’action des rayons dissémiués par l’air sur
- fV.-C. Rœntgen, Ritrgingsberichte der Rai. .4h., mai 1897 et L'Éclairage Électrique, t. XII, p. 157. — G. Sagnac. Comptes rendus, t. CXXV, p. 168 et IdÉckirage Électrique, t. XII, p. 281. — P. Vii.i.akd, Comptes rendus, t. CXXV, p. 232 et L’Éclairvge Èleciriaue, t. XII, p. 318.
- disséminaient des rayons derrière l’écran de plomb. Cette action résiduelle est due à l’air.
- En limitant les rayons X par un tube métallique T ifig. 17) et en canalisant les
- rayons disséminés par un second tube opaque T', on constate que la région M de l’atmosphère, vue à la fois de la source de rayons X et de l’intérieur de l’électroscope, est une véritable source qui rayonne en tous sens, par exemple à angle droit des rayons X incidents, ün supprime naturellement le phénomène en fermant l’entrée du tube T, ou du tube T', par un écran susceptible d’arrêter les rayons X, ou les rayons S émis par l’air.
- L’expérience précédente est complètement analogue aux expériences que j’ai antérieurement décrites au sujet des rayons secondaires émis par différents corps solides. Il devient alors extrêmement probable, comme je l’avais annoncé, que les différents gaz, et en particulier l’air atmosphérique (*), transforment les rayons X en rayons secondaires, relativement peu intenses, mais qui proviennent encore, comme dans le cas des corps solides, d’une transformation des rayons X. Avec l’air, cette transformation est bien moins profonde qu’avec le zinc, par exemple. Mais j’ai cependant constaté qu’une même feuille d’aluminium disposée d’abord en AA (fig. 17), puis en A'A', de manière a filtrer successivement les rayons X, puis les rayons secondaires, affaiblit davantage la rapidité de décharge de l’électroscope dans le second cas. L’incidence moyenne des rayons S sur A1 A1
- (q G. Sagnac, hc. cit.
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- était cependant sensiblement égale à celle des rayons X sur AA. Les rayons secondaires émis par AA ne pouvaientpénétrer dans l’élec-troscope, et l'effet subsistait même quand le tube T ne voyait aucune partie intérieure au tube T'. Il faut donc penser que les rayons secondaires de l’air sont des rayons transformés et devenus moins pénétrants.
- La comparaison de l’émission secondaire de l’air à la diffusion de la lumière par la fumée de tabac est donc incomplète à ce point de vue. Mais il est permis, dans une certaine mesure, de comparer le phénomène à l’émission en tous sens qui prend naissance sur tout le trajet d’un faisceau lumineux dans un liquide qui renferme une petite quantité de fluorescéine ou de toute autre matière fluorescente.
- J’avais constate dans mes essais de diffraction des rayons X à grande distance (') que les plaques photographiques qui enregistraient la trace du faisceau des rayons X présentaient un voile général. J’en avais conclu que les rayons X étaient disséminés par les particules des gaz de l’atmosphère, et cette remarque a été le point de départ de toutes mes expériences sur la diffusion et la transformation des rayons X.
- Remarques générales. — L’analogie, que j’ai indiquée au début de ces articles, entre l’émission des rayons secondaires S par un corps qui reçoit des rayons X, ou des rayons tertiaires T par un corps qui reçoit des rayons S, et l’émission des rayons X par la lame focus qui reçoit les rayons cathodiques, n’est peut-être pas très profonde. Elle ne m’a pas jusqu’ici servi comme moyen de recherche ; je me suis servi, au contraire, de l’analogie qui existe entre la transformation desrayons X parla matièreet latransfor-màtion des rayons lumineux par luminescence (fluorescence' ou phosphorescence).
- De même que les longueurs d’onde d’un
- (‘) G. Sagnac. Sur la diffraction et la polarisation des rayons Rœntgen, Comptes rendus du jo mars 1896, t. CXXI1, p. 785. Comptes rendus du 15 juillet 1897, t. CXXV, p. 168, et L'Éclairage Électrique, t. XII, p, 281. ' -
- groupe de radiations lumineuses deviennent plus grandes par luminescence, de même le pouvoir de pénétration d’un groupe de-rayons secondaires, défini par l’action d’une matière donnée sur les rayons X d’un tube à vide donné, est plus faible que le pouvoir de pénétration des rayons X incidents. Il y a d’ailleurs dans les rayons secondaires émis par un corps donné des sous-groupes inégalement absorbés par les différents corps, en particulier par l’air. Les rayons S les plus absorbables se rapprochent peut-être davantage des rayons lumineux. A l’appui de cette hypothèse, ii semble permis de citer ce fait que les rayons secondaires du zinc, par exemple, semblent dissiper un peu plus rapidement l’électricité négative d’un conducteur que l’électricité positive. On sait en effet que les rayons X déchargent également vite les corps électrisés négativement ou positivement, et que les rayons ultra-violets déchargent seulement les corps électrisés négativement.
- Il n’est pas douteux d’ailleurs que.pour combler le fossé entre les rayons X et les rayons lumineux, si réellement ces rayons sont de même espèce, il faut opérer dans des gaz raréfiés avec des plaques photographiques convenables. On sait en effet que chaque préparation photographique a un maximum de sensibilité pour certaines radiations et n’enregistre pas toutes les radiations lumineuses. En particulier, les rayons ultra-violets les plus extrêmes que l’on connaisse, découverts par Schumann, ne peuvent être étudiés qu’avec des plaques photographiques spéciales et dans des gaz très raréfiés, car l’air à la pression de l’atmosphère les arrête déjà après un parcours de 1/10 de millimètre seulement. Y aurait-il entre les rayons X et les rayons de Schumann des rayons intermédiaires plus absorbables par l’air que les rayons X? Ce seraient sans doute les rayons secondaires, tertiaires, etc.
- Il y a maintenant deux manières bien distinctes de développer l’hypothèse qui précède :
- La transformation des rayons X peut être
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- réellement de même nature que la transformation des rayons lumineux par luminescence. On peut alors comparer le phénomène à 'une résonnance des particules des corps sous l'influence des ébranlements de l’étber particulièrement rapides qui constitueraient les rayons X. Un modèle électromagnétique du phénomène est le suivant : un résonna-teur électrique excité par une oscillation électrique peut émettre des vibrations amorties correspondant à un spectre dans lequel le maximum d’énergie a lieu pour une période de vibration plus grande que la période excitatrice supposée simple. C’est dans ce sens qu’il faudrait peut-être préciser la loi de Stokes.
- D’autre part, nous pouvons supposer que les rayons X sont constitués par des ébranlements séparés en trahis indépendants. Chacun de ces trains est formé de vibrations très rapides. Maintenant, si une particule d'un corps diffracte l’un de ces • ébranlements, il allonge le train : les ébranlements élémentaires qui passent d'un côté ou de l’autre de la particule sont en effet retardés relativement, et quand un train provenant d’un chemin parcouru plus court arrive en un point M, un train provenant du même train initial, mais qui a suivi un chemin plus long, n’a pas encore atteint le point M. Plus tard, les
- mouvements provenant de divers chemins parcourus se superposent et interfèrent d’après leurs différences de marche, puis les queues des derniers trains élémentaires défilent successivement au point M, et en somme, tout se passe comme si le point M avait reçu directement un train d’ébranlements comparable aux trains reçus par la particule, mais de longueur plus grande. La nature du mouvement en M peut donc différer de la nature du mouvement reçu par la particule, comme un ébranlement moins amorti diffère d’un ébranlement plus amorti. Or, par exemple, une vibration pendulaire v moins amortie qu’une autre vibration v0 de même type, correspond à un spectre dans lequel le maximum d’énergie se présente pour une période plus grande que dans le casdela vibration plus amorties. J’espère montrer prochainement que l’expérience est loin de contredire cette manière de voir quia l’avantage d’être purement cinématique.
- Quel que soit d’ailleurs le sort réservé aux hypothèses que suscitent les phénomènes d'émission secondaire, il n’est pas douteux que ce mode de transformation absolument général des rayons X, par une matière quelconque, est intimement lié à la nature des rayons X. G. Sagnac.
- ÉTUDE THÉORIQUE SUR LES PILES RÉVERSIBLES (*)
- ACTION DE L’ÉLECTROLYTE SUR DIFFÉRENTES NÉGATIVES
- Négatives en antimoine spongieux. — L’antimoine spongieux s’obtient comme le plomb, le cuivre, etc., par réduction simplement chimique ou bien électrolytique d’un sel d’anti-nioine, ou encore par élimination d’un métal allié à l'antimoine.
- Parmi les composés de l’antimoine, celui qui donne lieu aux manipulations les plus simples est l’oxyde SbO3 dont on obtient
- facilement la fusion ignée au rouge et qu’il suffit de couler ensuite en plaques, pastilles, etc., de quelque forme que ce soit.-Une plaque ainsi préparée, montée comme cathode dans un bain d'eau acidulée sulfurique, en présence d’une anode en plorrib est réduite par l’hydrogène et le résultat final de l’élcctrolyse est de l’antimoine à un état d’extrême division,
- (') Voir L’Éclairage Électrique des 22 janvier, 5 et 16 février, 19 mars, p. 141, 229, 370 et 498.
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- La réduction du sel de protoxyde peut aussi bien être obtenue par simple contact de la plaque avec une lame de zinc dans de l’eau acidulée. Bien que le premier procédé soit le seul à recommander, car il permet d’obtenir des négatives dès la première charge, tandis que le second exige des lavages répétés pour éliminer le sulfate de zinc qui imprègne la plaque, il était indispensable de mentionner ce dernier.
- Le métal réduit donne en effet les mêmes résultats, que que soit le procédé employé, ce qui prouve que, comme pour le plomb, ces résultats tiennent à la constitution intime de ce métal et sont entièrement indépendants du phénomène électrolytique.
- Un alliage d’antimoine et d’étain, traité à froid par l’acide chlorhydrique, donne lieu à une dissolution d’étain, l’antimoine restant inatlaqué. On possède ainsi un moyen très commode d’obtenir le métal spongieux, à un état de division aussi grand qu’on le veut, puisqu'on peut augmenter la proportion du métal à éliminer; un des meilleurs alliages à employer est celui qui contient 33 p. 100 de Sb et 66 p. 100 de Sn.
- Cette dernière méthode offre par contre l’inconvénient d’être très longue, car elle exige des changements très fréquents de liquides, surtout à la fin du traitement, où les dernières traces d’etain sont très difficiles à éliminer.
- Vu à la loupe, l’antimoine réduit présente l’aspect d’un corps extrêmement divisé, formé d’innombrables alvéoles très petits ; contrairement à ce qui se passe pour le plomb et le cuivre, il n’a pas l’apparence métallique et a plutôt une teinte noirâtre et terne qui montre bien qu’il s’agit d’un état allotropique du métal. De plus, et par exception encore aux cas des autres métaux déjà cités, la matière active est dure et résistante ; elle ne se laisse pas traverser par une épingle.
- En raison de sa rigidité, l'antimoine spongieux peut former des plaques homogènes sans support conducteur, ou tout au moins comporter un simple cadre en plomb anti-
- monieux, entourant une surface active de grande dimension. Cette propriété vient à l’appui de ce qui a été dit déjà dans les considérations ayant trait au support conducteur. C’est ainsi qu’une plaque négative en antimoine spongieux provenant de l’alliage dont il a été fait mention plus haut, et ayant une surface de un décimètre carré, sous une épaisseur de 6 millimètres, pesait après réduction 200 grammes; le poids total, cadre en plomb antimonieux compris, atteignait 316 grammes.
- Une plaque négative d’accumulateur au plomb, ayant les mêmes dimensions exactement, pèse 480 grammes; or, dans les deux cas, le poids de matière active est la même, à quelques grammes près. Le gain de poids réalisé, 164 grammes, est donc dû entièrement à l’allègement du support conducteur. La proportion d’allègement des négatives est dans ce cas de ^ ? soit 34 p. 100, et suffit à prouver le rôle parasite important que joue le support dans la constitution physique de l'accumulateur.
- Pour accentuer encore cette conclusion, il n’est pas inutile de faire observer qu’on pourrait obtenir un résultat diamétralement opposé, même en composant la matière active d’un corps ayant à l’état ordinaire une densité sensiblement plus faible que celle du plomb, si ce corps une fois réduit avait une densité plus forte que celle du plomb spongieux. Le résultat dépend en effet, essentiellement, des sels qui dans les deux cas servent à obtenir le métal réduit.
- C’est ce qui se produit dans le cas de l’antimoine qui, réduit du protoxyde, a encore une densité sensiblement supérieure à 4, relativement peu inférieure par conséquent à sa valeur normale, par comparaison avec le plomb.
- Une négative en antimoine spongieux, mise en présence d’une positive en peroxyde de plomb, dans l’eau acidulée sulfurique, donne naissance à un couple dont la force électromotrice est de 2,03 volt aussitôt après la rupture du courant de charge ; elle est encore
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- de 1,74 voit après une heure de repos. Cette force électromotrice baisse ensuite jusqu’à 1,64 volt où elle se maintient sensiblement constante.
- Relevons sans commentaires la valeur initiale 2,03, chiffre élevé qui provient évidemment des mêmes causes que nous avons retrouvées jusqu’à présent dans tous les couples étudiés, dépolarisant exothermique, métal brûlé hydrogène, toutes réactions passagères.
- Le chiffre 1,64 représente au contraire la force électromotrice normale du couple peroxyde de plomb, antimoine spongieux. Nous verrons plus loin qu’il est difficile d’appliquer à ce couple la formule de Thomson, parce que le degré d’oxydation de la négative àla décharge qu’indique l’analyse, correspond à un oxyde dont la chaleur de formation n’a pas été déterminée.
- Mais à défaut de ce dernier chiffre on peut procéder par comparaison avec le couple normal au plomb ; la force électromotrice mesurée d’un couple formé d’antimoine spongieux et de plomb spongieux dans l’acide sulfurique donne 0,34 volt 5 ce chiffre ajouté à celui de 1,64 trouvé plus haut donne bien 1,98 qui représente avec une grande
- approximation la valeur de la force électromotrice normale du couple au plomb.
- Etudions maintenant le couple, en tant que générateur d’énergie électrique. Cet élément mis en décharge aussitôt après la charge, donne une différence de potentiel sensiblement constante à 1,45. volt, après une courte période de coup de fouet. Cette différence de
- — Courbe de voltage de décb
- potentiel correspond au régime pratiquement utilisable et baisse graduellement jusqu’à la valeur de 1,20 volt, au-dessous de laquelle la baisse s’accentue rapidement.
- La succession des phénomènes est fidèlement représentée par la courbe de la figure 1,
- Fig. 2. — Courbe de voltage, en charge à l’intensité de 1 ampère, de l'accumulateur à nèj
- représentation de la différence de potentiel aux bornes en fonction du temps.
- L’allure générale de la courbe montre bien que le couple peroxyde de plomb antimoine spongieux, constitue une combinaison voltaïque constante. Pour s’assurer qu’elle réunit en outre les conditions de la réversibilité, il suffit de lui appliquer après
- décharge une différence de potentiel convenable, de la soumettre en un mot à une charge. Cette opération faite à intensité constante se poursuit régulièrement, la différence de potentiel aux bornes montant graduellement, comme l’indique la courbe de la figure 2, qui on le voit, est identique à celle d’un accumulateur ordinaire au plomb.
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- Cette différence de potentiel atteint le chiffre de 2,36 volts où elle se maintient constante ; pendant la première période de la charge, aucun dégagement gazeux appréciable ne se montre sur l’électrode négative ; ce dégagement est abondant au contraire pendant la seconde période qui caractérise l’état complet de charge de l’élément.
- Aucune altération du liquide n’étant observée d’autre part, le couple remis en décharge restitue une énergie électrique fonction de celle qui a été emmagasinée sous forme de charge, ou, pour parler d’une façon plus scientifiquement exacte, le couple primaire reconstitué par voie électrolyique fournit un nouveau fonctionnement, et ainsi de suite.
- Nous sommes bien en présence d’une pile réversible, telle que nous les avons définies ; son réservoir d’oxygène nous est déjà bien connu, c’est le peroxyde de plomb qui cède son oxygène pour brûler l'antimoine.
- Procédant comme nous avons déjà fait pour le plomb, nous pouvons dans une pile primaire connue, la pile Bunsen par exemple, remplacer le zinc par l'antimoine spongieux.
- Une combinaison semblable donne une force électromotrice de 0,93 volt et son fonctionnement dynamique est représenté par la
- I
- courbe de décharge de la figure 3, qui montre pendant près de onze heures une constance absolument remarquable du courant, telle qu’on n’en trouve pas de semblable dans les couples à électrodes solubles.
- Je rappellerai à ce sujet ce que j’ai dit déjà au sujet de l’emploi du plomb spongieux dans les piles primaires; toutes les fois que dans des travaux de laboratoire on aura besoin d’un courant rigoureusement constant, il y aura un avantage considérable à choisir un couple à électrodes négatives spongieuses insolubles.
- Après ce qui a été dit pour le plomb, ce rapide aperçu sur l’utilisation de l’antimoine spongieux comme métal brûle suffit a confirmer les premières expériences.
- Il est maintenant utile de rechercher sous quelle forme s’opère l’oxydation de l’antimoine spongieux dans l’acide sulfurique, à la décharge; ainsi qu’il .a été dit plus haut, le liquide ne subissant aucune altération, les réactions donnent lieu à des corps insolubles; c’est clans la matière active qu’il faut chercher.
- Prélevant-un poids déterminé de matière active négative après décharge, nous la traiterons par l’acide chlorhydrique étendu à froid ; elle sc dissout en partie, sans dégagement galeux, et laisse un résidu d’antimoine métallique.
- Lnfin, cette matière active ne contient pas d’acide sulfurique à l’état de combinaison, car il suffit de quelques lavages à l’eau pour faire disparaître toutes traces d’acide.
- Signalons, pour mémoire, qu’avant la décharge la matière active est complètement insoluble dans l’acide chlorhydrique.
- Cette analyse sommaire nous permet de faire deux constatations importantes :
- i° L’acide sulfurique est sans action sur l’oxyde formé et n’intervient pas dans les réactions de la décharge.
- 20 L’absence de dégagement gazeux pendant l’attaque partielle prouve, par contre, qu’il s’est formé un oxyde.
- Le premier point est confirmé par l’observation de la variation de la densité du liquide pendant la décharge ; à l’encontre de ce qui se passe pour l’accumulateur au plomb, où elle est fonction du nombre d’équivalents d’oxygène dépensés pour brûler le plomb, la baisse de densité est ici extrêmement faible; le
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- pèse-acide le plus sensible décèle dans le liquide une diminution de la teneur en acide sulfurique, incomparablement plus petite que celle qui correspond à la décharge normale d’un couple peroxyde de plomb, plomb, la comparaison étant faite sur deux éléments placés dans les mêmes conditions au point de vue des ampères-heures débités.
- Cette disparition minime, toujours variable de quelques équivalents d’acide sulfurique représente simplement, dans le cas présent, la sulfatation locale également variable de la positive; elle ne saurait en aucun cas être comparée au nombre d’équivalents d’acide, qui d’après ia loi fondamentale de Faraday devrait être déplacé, en tenant compte de la quantité d’électricité fournie à la décharge.
- Ce fait important, mieux encore que tous les raisonnements que nous avons pu fournir, que tous les résultats d’expériences que nous avons pu discuter, prouve victorieusement que la théorie de la double sulfatation ne repose sur aucune base vraiment scientifique et n’est qü’une simple hypothèse à coup sûr ingénieuse, mais qui ne résiste pas à l’examen expérimental.
- Si cette théorie était exacte, elle devrait s'appliquer aussi bien aucas du couple à l’antimoine; or, nous venons de voir qu’elle est tout à fait en défaut, la baisse de densité étant insignifiante, quand la négative ne se sulfate pas.
- On peut encore vérifier la non-sulfatation d’une négative en antimoine spongieux déchargée, en la laissant séjourner pendant plusieurs jours dans l’eau acidulée sulfurique. Au bout de ce temps, le pèse-acide n’accuse aucune variation.
- Constatons en passant que cette propriété constitue une qualité très précieuse du nouveau couple ; on sait en effet, combien il faut employer de précautions quand on monte un accumulateur ordinaire avec des plaques ayant séjourné à l’air et étant par conséquent oxydées. Il faut les soumettre, avant tout, à l'opération longue et coûteuse du bain d'hydrogéné, qui devient inutile avec des négatives en antimoine spongieux.
- La deuxième conclusion formulée plus haut conduit à se prononccrpour la présence d’un oxyde formé aux dépens de la matière active.
- Parmi les oxydes d’antimoine, celui qui répond le mieux aux conditions de l’attaque par l’acide chlorhvdrique, est évidemment le sous-oxyde, qui d’après Eerzélius se forme à la surface de l’antimoine au contact de l’air humide, nouvelle analogie avec le cas du plomb spongieux.
- Cet oxyde traité par Cl donne bien du protochlorure d’antimoine et de l’antimoine métallique, exactement comme la matière négative après décharge.
- Étudié au point de vue de l'énergie emmagasinée, l’élément à négatives en antimoine donne des résultats très intéressants.
- Un appareil formé de cinq plaques ayant chacune un décimètre carré, sur lesquelles trois négatives en antimoine spongieux, a fourni, au régime moyen de 1,75 ampère, une décharge de 59 ampères-heures au voltage moyen de 1,45 volt. Un élément similaire au plomb possède au même débit une capacité utile de 36 ampères-heures au voltage moyen de 1,92 volt.
- Les premiers chiffres correspondent a un travail de 85,5 watts-heures et les seconds à 69,1 watts-heures seulement; si l’on tient compte encore de ce que le couple à l'antimoine est plus léger que celui au- plomb, la différence entre les énergies spécifiques s’augmente encore, à l’avantage du nouveau couple, malgré sa force électromotrice plus faible.
- Malheureusement, et précisément h cause de ce dernier point, le rendement de l’accumulateur à l’antimoine est mauvais. La différence de potentiel moyenne en charge étant sensiblement la même que pour le couple au plomb, le coefficient de baisse du rendement en énergie est donné par le rapport des deux différences de potentiel moyennes à la décharge = 0,76.
- Or, le rendement en énergie le plus élevé
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- sur lequel on puisse compter avec la pile réversible au plomb est de 0,75 et encore faut-il des conditions exceptionnellement favorables, fort difficiles à trouver dans la pratique industrielle.
- II en résulte que le rendement maximum qu’on puisse espérer obtenir avec le couple à négatives en antimoine est de 0,75X0,76, soit 0,57, valeur tout à fait médiocre qui rend l’appareil inutilisable industriellement.
- L’inaltérabilité des négatives dans l’acide rendrait pourtant ce couple très précieux dans certains cas spéciaux, car grâce à cette propriété il conserve sa charge pendant un temps considérable, s’il est placé dans de bonnes conditions d’isolement.
- Quoi qu’il en soit, les considérations qui précèdent font ressortir avec plus de force l’inconvénient qu’on ne peut éviter, des réactions fugitives parasites dues aux corps suroxygénés produits de l’électrolyse de l’acide, et par cela même l’avantage déjà signalé de choisir une combinaison voltaïque dont l’énergie chimique résultante soit aussi voisine que possible de celle qui caractérise le coup de fouet.
- Négatives en bismuth spongieux. — Les renseignements fournis sur le couple précédent dispenseront de s’étendre longuement sur l’élément à négatives en bismuth spongieux. Ce métal réduit s’obtient en partant du protoxyde fondu, ou bien en attaquant par l’acide chlorhydrique un alliage de bismuth et d’étain, dont l’étain seul est dissous. La fusion du protoxyde attaque très fortement les creusets et donne des pastilles très fragiles; en outre la réduction par l’hydrogène électrolytique est extrêmement lente, en raison de la très forte densité du métal réduit.
- Le second procédé est donc ici préférable ; il ne présente aucune difficulté.
- Le bismuth réduit est aussi très dur et compact; il se comporte dans l’acide sulfurique en présence d’une positive en peroxyde de plomb, d’une façon tout à fait analogue à l’antimoine réduit.
- La force électromotrice du couple PbO2, Bi est de 2,26 volts aussitôt après la rupture du courant de charge; cette force électromotrice tombe, après trois minutes de repos, à 2,05 volts.
- La valeur qui correspond à la période de décharge normale est de 1,65 volt.
- La capacité utilisable d’un semblable élément est tout à fait comparable à celle de l’appareil similaire au plomb, mais sous une différence de potentiel moyenne de 1,42 volt seulement.
- Le bismuth s’oxyde à la décharge, sans se sulfater; la variation de densité est insensible. L’oxyde formé est probablement l'oxy-dule.
- Le rapide examen de ces données, fournit un appui nouveau aux considérations maintes fois développées.
- Couple platine, plomb spongieux. — La force électromotrice de ce couple mesurée est de 0,35 volt; si on soumet ce couple a l’clec-trolyse, la différence de potentiel aux bornes monte rapidement et atteint 2,48 volts concordant avec un dégagement gazeux abondant sur les deux électrodes. Aussitôt après la rupture du courant de charge, la force électromotrice esqsupérieure à 2 volts; elle baisse-en quelques secondes à 1,90, puis 1,09, enfin à 0,68, pour redescendre plus lentement au chiffre normal voisin de 0,35.
- Le rôle joué par l’acide persulfurique dans la surélévation éphémère de la force électro-motrice apparaît encore nettement.
- On le met aussi bien en lumière, dans l’étude du voltamètre à électrodes de charbon dont nous dirons -quelques mots pour terminer.
- Voltamètre à électrodes de charbon. — Si, pour décomposer l’eau acidulée sulfurique, on se sert d’électrodes en charbon très poreux, la différence de potentiel augmente progressivement jusqu’au chiffre de 2,50 volts où elle se maintient constante (les deux électrodes sont le siège d’un vif dégagement gazeux).
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- A circuit ouvert, la force élcctromotrice débute à 2,22 volts et baisse avec une extrême rapidité à 1,80, puis 1,70, et enfin 1,60 volt, valeur aux environs de laquelle elle reste constante.
- Ce dernier chiffre représente la force électromotrice du couple, oxygène hydrogène, auquel la formule de Thomson donnerait pour valeur théorique (*) = 1,5 volt, tout à fait comparable à la précédente.
- Le voltage surélevé du début provient une fois de plus du dépolarisant exothermique.
- Si j’ai trop longuement peut-être insisté sur les preuves de l’existence d’un corps suroxygéné autour de l’anode, c’est parce que le rôle que j’attribuais à l’acide persulfurique a été manifestement exagéré par tous ceux qui, comme MM. Gladstone et Hibbert ont émis des doutes sur son existence.
- Nous savons désormais que cette existence n’est pas douteuse, mais que son action est essentiellement fugitive et constitue une dépense d’énergie qui affecte le rendement de toutes les piles réversibles.
- Résumé et conclusions. — En résumé, les nombreuses expériences discutées au cours
- de cette longue étude nous permettent d’adopter les conclusions suivantes :
- Le nom d’accumulateur est fort improprement donné à cette classe particulière de piles qui jouissent de la précieuse propriété de pouvoir être reconstituées par l’électrolyse.
- Parmi les piles réversibles, le couple au plomb est une simple pile primaire qui, débarrassée de réactions fugitives n’affectant qu’une très courte période initiale, est constituée de la façon suivante :
- Métal brûlé. — Plomb h un état allotropique augmentant ses propriétés réductrices et par conséquent l’énergie chimique de ses réactions.
- Réservoir comburant ou dépolarisant. — Peroxyde de plomb.
- L'oxygène emprunté au réservoir brûle le plomb, et l’oxyde formé se sulfate, comme dans toutes les piles à l’eau acidulée sulfurique connues.
- Réduit à l’extrême simplicité de ces deux termes, le fonctionnement de la pile au plomb s’explique sans aucun mystère et sans faire intervenir aucune hypothèse plus ou moins hasardée.
- G. Darrieus.
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Accumulateur à gaz E. Commelin et R. Viau (*;.
- L’appareil se compose d’un récipient très résistant A (fig. 1) contenant de l’eau acidulée par l’acide sulfurique dans laquelle plongent deux électrodes formées chacune d’une tige en plomb antimonieux C ou E entourée d’un cylindre de charbon 13 ou D. L’hydrogène et l’oxygène dégagés pendant la charge s’accumulent d'ans ces cylindres en X et Y (fig. 2)*, des manomètres O, O, indiquent la pression.
- f1) Chaleur de formation d’un équivalent d’eau.
- (2) Brevet anglais, n° 8080, déposé le 16 avril 1896, accepté le 10 avril 1897.
- Fig. 1 et 2
- t. — Accumulateur Commelin et Viau.
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- D’après les inventeurs l’appareil peut fonctionner comme source de courant électrique, après une première charge, tout simplement en envoyant dans les cylindres X et Y de l’oxygène et de l’hydrogène sous pression préparés par voie chimique ; c’est là le point principal de leurs revendications.
- Interrupteur V. Crémieu pour bobines d’induction (’).
- Par suite du fonctionnement des interrupteurs usités dans les bobines de Ruhmkortf, les forces électromotrices induites, de sens inverses, ne sont pas égales en valeur absolue; on peut les représenter par la courbe (fig. i),
- ''Y 'ï
- Fig. i. — Courbes des f. é. m, induites dans une bobine de Ruhmkorfî avec interrupteur ordinaire.
- dans laquelle er. désigne la force clectromo-trice induite à la rupture du circuit primaire, ef celle qui est induite à la fermeture. Cette différence, qui est considérable, présente de nombreux inconvénients pour les usages des bobines d’induction.
- En envoyant dans l’induit un courant alternatif, on peut, pour de très faibles voltages, obvier à cet inconvénient ; mais ce moyen ne peut plus servir lorsqu’on veut obtenir des étincelles de plusieurs centimètres de longueur.
- M. Crémieu a résolu la question, au moyen de l’appareil suivant, dont il a déjà été dit quelques mots ici même (2).
- (!) Comptes rendus, t. CXXVI, p. 523. séance du 14 février 1898.
- Rappelons que divers interrupteurs ont été proposés récemment et décrits dans ce journal : Interrupteur à mercure f*) U Eclairage Électrique, x. XIV, p. 307, 12 février 1898.
- Un électro-aimant EE' est excité par un courant alternatif (fig. 2). Entre ses deux
- Fig. 2. — Interrupteur V. Crémieu.
- pôles, peut osciller l’extrémité d’une tige TT', mobile autour d’un axe passant à peu près par son milieu et perpendiculaire au plan de la ligure. T,a partie inférieure est en fer doux, la partie supérieure en ebonite ou toute autre substance isolante. Sur la partie inférieure se trouve enroulée une petite bobine V parcourue par un courant continu. Il en résulte en T un pôle magnétique déterminé. Quand le courant alternatif parcourt EE', la tige T prend, par suite, un mouvement oscillatoire dont la période est égale à celle du courant alternatif. Sur la partie supérieure de la tige • oscillante, on a fixé deux lames de platine DI)' en relation, à l’aide de deux fils flexibles, avec i les bornes CC'.
- Pendant le mouvement, les deux lames DD' viennent successivement au. contact des
- A. Londe (t. X, p. 336); interrupteur Sayen et Willyoung (t. XI, p. 426)'; interrupteur à mercure Ducretet et Lejeune (t. XII, p, 71) ; interrupteur rapide Margot (t. XII p. 129,'-
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- bornes a£ puis a'j!' ; celles-ci sont reliées deux à deux avec les bornes BB' d’arrivée du courant inducteur; la disposition de l’appareil montre de suite que si, par exemple, le pôle -f- du courant est en B, le pôle — en B', le courant qui circule entre C et C, par suite des fermetures successives dues au mouvement de la tige, ira alternativement de C en C' et de C en C; le sens du courant entre ces deux bornes se trouvera inversé entre deux ruptures successives. On voit, par suite, que les forces électromotrices induites, de sens inverses (fig. 3), vont être, à chaque
- Fig. 3. — Courbes des f. é. m. induites dans uns bobine de Ruhmkorff avec interrupteur Crànieu.
- instant, la somme de deux quantités toujours les memes, et de même signe. Elles seront donc égales en valeur absolue.
- L’appareil marche très bien. Pour un courant inducteur intense, on plongera les contacts a?/, et la partie supérieure de la tige dans un liquide approprié.
- Le seul inconvénient, d’ailleurs facile à prévoir, est une perte d’énergie assez grande; il faut, pour obtenir une même longueur d’étincelles, envoyer dans cet interrupteur un courant de force électromotrice double de celle qui est nécessaire avec un interrupteur Foucault.
- L’appareil est en outre réversible, c’est-à-dire que, si l’on relie les bornes CC; avec les deux pôles du courant alternatif dont une dérivation excite l’aimant EE', on recueille entre les bornes BB' un courant alternatif redressé. Si le courant arrivant en CG' est représenté par la courbe (fig. 4), celui recueilli
- entre BB' sera représenté par la courbe (fig- 5)-
- Mais il faut éviter que les ruptures successives se. produisent au moment où la force
- Fig- 5-
- clectromotrice périodique a sa valeur maximum, ou même une fraction notable de cette valeur.
- Un dispositif très simple permet de produire les ruptures au moment où cette force électromotrice est nulle : les vis des bornes . de contact aa', sont percées, suivant leur axe, d’une cavité cylindrique (fig. 6). Au fond
- de cette cavité, on engage un ressort à boudin R. très doux, et une pièce en platine TP cylindrique ayant la forme d’un piston dont la tige T glisserait au centre d’un chapeau taraudé en laiton, C, qui vient se visser à l’extrémité de la vis.
- La tige TT' étant au repos (fig. 2), on règle les quatre vis de façon qu’elles viennent toucher sans pressionTes contacts DD', l’extré-
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- mité T se trouvant a égale distance des deux pôles de l’élément EE'.
- Dès que la tige TT/ oscille, les contacts DD; se portent à droite et à gauche, repoussant alternativement ' les pistons en quittant a{3', puis repoussant a';3' en quittant ap.
- Si l’on remarque d’ailleurs que la tige TTy passe par sa position d’accélération nulle juste au moment où la force électromotrice du courant alternatif qui excite EE1' est nulle aussi, et que les ruptures se font à cet instant précis, on voit qu’il n’y aura pas d’étincelle de rupture en asc'Pjü'.
- En pratique, il se produit des étincelles extrêmement faibles. La perte d’énergie ne dépasse pas le quart de l’énergie primitive.
- Tramway électrique de la côte Sainte-Marie, au Havre
- En septembre dernier a été mise en exploitation régulière la ligne de tramways reliant la ville du Havre au cimetière de la côte Sainte-Marie. Longue de 750 mètres seulement, cette ligne, dont la figure 1 montre le profil (en même temps que celui des lignes de Lausanne et de Remscheid, regardées comme les plus accidentées de l’Europe), présentait des difficultés d’exploitation particulières, tant à cause de la raideur des rampes qu’à cause de l’étroitesse des rues qu’elle emprunte.
- Cette exploitation avait été tentée une première fois dans le courant de l’année 1895.au moyen d’un système mixte, consistant dans l’emploi de deux voitures automotrices à vapeur surchauffée, actionnant ensemble un câble aux deux extrémités duquel elles étaient attachées. Ces deux voitures circulaient sur une voie unique pourvue d’un garage ou voie d’évitement située au milieu du parcours, les seuls arrêts prévus ayant lieu aux points terminus. Les conducteurs des deux véhicules étant dans l’impossibilité de se voir ou de correspondre d’une façon quelconque, par le fait des sinuosités du parcours, il arrivait que, quand l’une des voitures se trouvait
- arrêtée par une circonstance quelconque, l’autre continuait sa marche et produisait, selon qu’elle était montante ou descendante, une tension exagérée du câble, pouvant produire une rupture ou un mou tel que le câble quittait ses galets dans les courbes. Au bout de quelques semaines et à la suite de nombreux accidents, le service dut ctre arrêté.
- Dans l’exploitation actuelle, tout câble est supprimé : l’adhérence suffit pour assurer la marche des voitures, qui sont mues électriquement.
- Cette heureuse modification, du mode d’exploitation, a été faite par la Compagnie Thomson Houston qui, d’ailleurs, n’a fait ainsi que compléter l’important réseau de tramways électriques qu’elle a installé au Havre/
- Pour effectuer cette modification, la voie primitive, qui ne présentait pas la solidité désirable, fut enlevée et remplacée par une voie en rails Broca, de 28 kgpar mètre courant, dans les parties empruntant la voie publique, et en rails Vignole, de 25 kg, dans les autres parties ; en outre les courbes ont été rectifiées de manière a obtenir un rayon minimum de 35 mètres.
- Le courant, à 550 volts, est fourni par la station de la Société l’Énergie électrique, par des feeders d’aller et retour aboutissant au terminus inférieur de la ligne, distant de l’usine de 1 600 mètres environ. Le fil de trôlet, placé suivant l’axe de la voie, est porté par des poteaux consoles sur la voie publique, et par des supports scellés dans la voûte, dans le tunnel percé sous la côte Sainte-Marie.
- Le matériel roulant se compose de 4 voitures automotrices (fig. 2), pouvant recevoir chacune 20 voyageurs d’intérieur et 32 voyageurs de plates-formes. Ces voitures, spécialement construites en vue de ce service, possèdent chacune deux moteurs GE 1 200 capables de développer ensemble une puissance de 100 chevaux. Les équipements électriques sont du type BA de la Compagnie Thomson Houston.
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- Les freins ont été l’objet d’une étude spéciale ; ils sont au nombre de trois, chacun d’eux étant à lui seul suffisant pour assurer l’arrêt de la voiture. Ces trois freins sont :
- i° un frein magnétique; 20 un frein à quatre sabots, manœuvré par vis sans fin ; 30 un frein à patins, manœuvré également par vis sans fin et assez puissant pour soulever la voi-
- Sainte-Marie (trait plein), de Lausanne (trait pointillé), de Remscheid (trait ponctué).
- ays de la
- ture sur les patins. En outre, deux sabots d’enrayage, manœuvrables des deux plates-formes à la fois, permettent d’éviter à la voiture montante tout mouvement de recul dans le cas d’une rupture de courant. Ces
- sabots permettent aussi de desserrer tous les freins quand la voiture est au repos, ce qui facilite considérablement la mise en route.
- Les voitures sont munies de sablières, capables d’éviter tout glissement à la]descente.
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- Par surcroît de précautions, des’sablières supplémentaires, indépendantes des premières, sont placées comme réserve pour inonder le rail de sable dans le cas, fort peu probable, où un glissement se produirait.
- Jusqu’ici il 11'a jamais été nécessaire de recourir à ces sablières de réserve.
- La durée du parcours est de 4 minutes h la montée et de 5 minutes et demie à la descente, ce qui correspond respectivement à des
- vitesses moyennes de 12 et 8,5 km à l’heure.
- L’intensité du courant traversant les moteurs varie de go à 140 ampères suivant les rampes et les courbes.
- Mesure de la résistance des lampes à incandescence;
- Par R. Apt et H.-W. Heu k.uanx Pour évaluer la résistance d’une lampe à incandescence parcourue par un courant, on emploie habituellement un voltmètre placé en
- p; Eiektiüleclmische Zeilsclrrijt. p. 122, 24 février 1898.
- dérivation sur les deux bornes de la lampe et un ampèremètre placé eu série, et on applique la loi d'Ohm.
- Les résultats suffisants en pratique ne sont pas rigoureusement exacts. L’ampèremètre indique l’intensité totale des courants qui traversent la lampe et le voltmètre, d’où erreur d’autant plus forte que la résistance I est plus grande. D’autre part, si on sup-I prime le voltmètre pendant la mesure, les | valeurs de la force électromotrice et de j l'intensité ne sont plus simultanées
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- E. Wicdemann(‘; a employé le pont de Wheatstone (fig. U. X est la résistance à me-
- surer, W une résistance connue aussi proche que possible de X, et R, et R., sont deux très grandes résistances. Cette méthode, plus précise que la précédente, ne permet pas de profiter de tous les avantages du pont de Wheatstone ; en effet, celui-ci donne des résultats d’autant plus justes que les quatre résistancesX, W, R, et R.( sont plus voisines; or, pour que la lampe soit parcourue par le courant avec lequel on veui évaluer la résistance, il faut prendre R, .et R, beaucoup plus grands que X et W.
- Les auteurs proposent d’employer le pont en le faisant traverser par un courant auxiliaire qui passe dans la lampe en même temps que le courant intense. La disposition est analogue à celle du bolomètrc-dynamo de Paal-zow et Rubens (')•
- Pour pouvoir faire passer dans un même circuit deux courants indépendants l’un de l’autre, il faut que l’entrée et la sortie de l’un des courants soient disposées en deux points de l’autre courant au même potentiel. Le circuit commun sera par exemple un quadrilatère 1, 2, 3, 4 (fig. 2) dont les résistances des quatre côtés sont telles que :
- ~V=~’
- plaçant le voltmètre en dérivation à la fois sur la lampe et l'ampèremètre: l’erreur relative est moindre pour k force électromotrice dans ce cas que pour l’intensité dans le cas précédent. En outre, pour des mesures précises, il suffit dans le premier cas de tenir compte de la perte d’intensité dans le voltmètre, ou d’employer un voltmètre statique.
- I.’) IVied. Ann., t. XLVIII. p. 197, 1889.
- [-) Wied. A1111., t. XXXV11, p. 529-539, 1889; t. XLII, P' 154-164, 1891; t. LXI, p. 295-512. La Lumière Electrique, t. XXXIV, p. 141, 1889; t. XLII, p. 142, 1891. L'Éclairage Électrique, t. XIII, p. 87, 1897.
- 1 et 3 étant les points d'entrée et de sortie de l’un des courants, 2 et 4 sont au même poten-
- tiel ; et si on les relie par un fil, celui-ci n’est traversé par aucun courant. On satisfait à la relation précédente, en particulier, en pre-
- a ~ b — c — d.
- Un courant passant par 2 et 4 ne produira aucune perturbation.
- Voici la disposition adoptée (fig. 3).
- Les résistances des quatre côtés du quadrilatère sont formées par quatre lampes semblables. Le courant qui produit l’incandescence passe par 1 et 3, tandis que 2 et 4 (fig. 2), c’est-à-dire K et J (fig. 3) sont les bornes de la résistance inconnue W qui constitue l’une des quatre branches d’un pont de Wheatstone WBCD, auquel on peut appliquer le calcul habituel. Le courant qui traverse le pont est fourni par la pile E, il peut être interrompu en I. Pour réaliser l’indépendance des deux courants qui traversent le quadrilatère il faut que K et J soient exactement au
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- même potentiel ; aussi, les quatre lampes n’étant pas forcément identiques, on réunit c et d aux deux extrémités /‘et g d’un fil régulateur en nickel sur lequel se déplace un contact glissant H qui sert d’arrivée au courant intense, le courant de la pile est interrompu et on règle le contact H de façon que le galvanomètre G reste au zéro.
- A est un ampèremètre, L un rhéostat destiné à faire varier l’intensité du fort courant.
- Si l’on néglige la résistance du fil régulateur fg) la valeur obtenue pour W est la moyenne des valeurs des résistances des quatre lampes.
- Pour tenir compte de la résistance fg on opère de la façon suivante. Soit .v la valeur moyenne de la résistance des lampes, a, et a, les résistances des deux portions du fil fg, on a, d’après la loi de Kirchhofî :
- ' w“ “ 2i + fli _i' “E+^T'
- Posant ctj -(- a.2 = a, on a :
- iW—lirtw'+ï’- Ï'ÏaJ
- Et si,comme cela a lieu en général, est au moins égala 5 on peut négliger àr —4a, ai:
- l’erreur commise sur x sera inférieure à 1/4 p. 100.
- Si on veut calculer les résistances différentes des quatre lampes, on dispose successivement aux extrémités / et g du fil de réglage les lampes c, d; b, a; a, c; b9 d. On obtient ainsi quatre valeurs W,, W2, W3, WA d’où quatre équations pour déterminer les résistances des quatre lampes.
- Le plus souvent, dans la pratique, on se contente de la valeur moyenne et l’on néglige la résistance du fU/g*, l’erreur pour une lampe de 50 ohms est de 2 p. 100 environ.
- La réunion de quatre lampes en un système dont on mesure la résistance a l’avantage de
- rendre inutiles les rhéostats à grande intensité ; mais si l’on veut faire des mesures exactes, il est incommode de tirer la valeur d’une résistance des quatre égalités dont on a parlé.
- On peut simplifier de la façon suivante.
- Trois des lampes sont remplacées (fig. 4) par
- Fig. 4.
- des résistances variables connues jvs, n\. Le courant du pont passe suivant JJ et le fort courant suivant SS. La résistance W du système est telle que
- d’où .v.
- Mais il faut régler les résistances de façon que
- Ce réglage est particulièrement facile lorsque l’on emploie des résistances à fil rec-
- Fig- 5-
- tiligne (fig. 5) : on interrompt le courant du pont et on dispose les longueurs de telle sorte que les résistances soient très voisines et satisfassent à la relation précédente.
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- Ce réglage suffirait pour déterminer x, mais pour les mesures de précision, les auteurs trouvent qu’il vaut mieux se servir d’un courant faible dans le pont, en laissant le courant fort traverser les lampes; l’avantage est surtout net lorsque le courant des lampes est alternatif.
- La méthode proposée est bien compliquée et présente en outre un inconvénient très grave : si l’une des lampes vient à être éteinte accidentellement, le courant intense traverse la batterie et le galvanomètre et les détériore.
- G. G.
- REVUE des sociétés savantes et des publications scientifiques
- Mesure directe de la période des oscillations hertziennes:
- Par L. Décombe {').
- « A cause de son extrême petitesse, la période d’un excitateur électrique a été jusqu’ici regardée comme n’étant pas susceptible de mesure directe. On la déterminait par le calcul au moyen de la formule T — 2 T. y/LC
- qui résulte de la théorie de Thomson; on remplaçait C dans cette formule soit par la valeur théorique de la capacité [excitateur de Hertç), soit par sa valeur expérimentale déterminée par Tune des méthodes connues, celle de Maxwell par exemple [excitateur de M. Blondlot); quant à la self-induction, on la déduisait de la formule de Neumann cos s ds ds'
- » II était cependant utile de chercher a obtenir une valeur purement expérimentale de la période.
- » Déjà, en 1863, Feddersen (* *} avait réussi, en dilatant par la rotation d’un miroir concave l’image de l’étincelle explosive d’une bouteille de Leyde, à mettre en évidence le caractère oscillatoire de la décharge. Les
- (') Comptes Rendus, t.CXXVI, séance du 14 février 1898. Ce travail a été fait dans la galerie de 60 ra du laboratoire des Recherches physiques de la Sorbonne.
- (-) Feddersen, Ann. de Chim. et de Phys., Je série, LXXIX, p. 178; 1863.
- bords de l’image dilatée présentaient des alternances lumineuses très nettes qui correspondaient aux oscillations du courant.
- » Le phénomène pouvait être fixé sur une plaque sensible. De l’étendue d’une alternance lumineuse mesurée avec soin, on pouvait alors déduire la période de l’oscillation, une fois connues la vitesse de rotation du miroir et sa distance f à la plaque sensible.
- » Les oscillations étudiées par Feddersen avaient des périodes comprises entre et ~oQooq de seconde (*). Je me suis proposé d’appliquer la même méthode aux très rapides oscillations découvertes par Hertz en 1887.
- » A priori, cette application de la méthode du miroir tournant à de si courtes oscillations pouvait paraître présenter de sérieuses difficultés; celles-ci, cependant, ne semblaient pas insurmontables, étant donnés les progrès réalisés depuis Feddersen par. la science photographique. La découverte du gélatinobromure d’argent a permis, en effet, d’obtenir des émulsions d’une sensibilité presque illimitée.
- » Ces prévisions ont été confirmées par l'expérience.
- » J’ai pu fixer sur la plaque au gélatinobromure des oscillations dont la durée est inférieure à —qqq-— de seconde (2).
- f1) Sauf deux qui avaient respectivement pour valeur 0,00000240 et 0,00000132 seconde.
- (*) C’est en 1894 que j’ai soumis l’idée de ces expériences à M. le professeur Lippmann; diverses circonstances indé-
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- » L’objet de la présente note est de décrire sommairement les conditions d’expérience qui ont permis ce résultat.
- » Principe. — Pour que le phénomène oscillatoire puisse être analysé par la rotation du miroir, il faut que l’image de l’étincelle se déplace sur la plaque d’une quantité au moins égale à sa propre largeur o pendant la durée d’une demi-oscillation.
- « La réalisation de cette condition dépend à la fois de la vitesse angulaire <> du miroir et du rapport y -
- » Pour de très courtes oscillations, il faudra prendre « très grand et y très petit.
- » On ne peut pas augmenter indéfiniment la vitesse du miroir; la plus grande valeur qu’elle puisse atteindre est déterminée par la résistance mécanique à la rupture des pièces tournantes. Pratiquement, et par mesure de précaution, on donnera à w une valeur sensiblement inférieure à cette valeur critique.
- » Pour réduire y j’ai employé le dispositif suivant :
- » L’étincelle explosive est située dans le plan focal d’une lentille collimatrice de foyer F. Les rayons parallèles qui émanent de cette lentille tombent sur le miroir tournant (qui est concave) et viennent former leur image dans le plan focal de celui-ci.
- » Si nous désignons par 0 la largeur du trait de feu qui constitue l’étincelle explosive, nous avons
- » On peut toujours prendre F assez grand
- pendantes de ma volonté ne m’ont pas permis de les réaliser aussitôt. Je suis donc obligé de signaler deux travaux parus depuis cette époque et relatifs au même sujet. Le premier, publié en 1895 (PM. Mag., 5e série, vol. XL, n° 243), a été exécuté au laboratoire de physique dejefferson (Cambridge, U. S.) par MM. John Trowbrklge et William Duane, qui ont pu photographier des oscillations du même ordre de grandeur
- 5 x To5)' deuxième, effectué pat M. Clarence Saun-ders, au laboratoire de l’Université de Clark, ne comporte que l’étude d’oscillations environ vingt fois moins rapides iPhysical Revieiv, sept.-oct. 1896}.
- pour que y soit aussi petit que l’on veut, et cela, sans affaiblir l'intensité lumineuse de l'image, car si, d’un côté, la quantité de rayons qui contribuent à former cette image est proportionnelle à , d’un autre côté, sa surface varie proportionnellement au carré de 0, c’est-à-dire à puisque l’on a. à cause de (i),
- » L’éclairement de l’image par unité de surface est donc indépendant de F.
- » On vérifie aussi aisément la proposition suivante :
- » On peut, sans altérer le rapport y , rendre l’éclaircmcnt de l’image aussi grand qu’on le désire en diminuant suffisamment la distance focale du miroir.
- » Ces considérations permettent de fixer les conditions de l’expérience : on prendra une lentille collimatrice d’assez long foyer pour que la dissociation soit possible; en même temps on donnera au miroir une distance focale assez faible pour que l’image de l’étincelle soit capable d’impressionner une plaque sensible.
- » Appareil ('). — L’appareil tournant dont je me suis servi a été construit par Froment.
- » Il est essentiellement formé d’une monture d’acier portée par un axe vertical de même métal.
- » Le miroir est en verre épais de 3 mm environ (s). Il est maintenu dans la monture par deux bagues formant écrou. Sa face concave est argentée; l’autre face est plane et recouverte d’un vernis noir. Une petite poulie de laiton, chaussée sur l’axe, transmet à celui-ci la rotation qu’elle reçoit.
- » La vitesse du miroir, que l’on déduit de
- (’) Cet appareil a été très obligeamment mis à ma disposition par M. Benoist, professeur de physique au lycée Henri IV.
- f2) Il est dû à l’habileté bien connue
- de M. Werlein.
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- la hauteur du son d'axe, peut atteindre des valeurs considérables. Elle était généralement
- comprise entre 400 et 500 tours par seconde.
- « Le mouvement était produit par un moteur électrique Limb, à induit denté, d’une puissance nominale de 440 watts et excité en dérivation (i).
- » Résultats. —Lorsque l’épreuve est bonne et que la période n’est pas trop petite, on peut distinguer très nettement les oscillations à la simple vue. Leur mesure se fait à la machine à diviser.
- » Le nombre d’oscillations que présente une seule étincelle dépend, pour une période donnée, de la capacité de l’excitateur. On a pu en compter jusqu’à quatorze dans la même décharge.
- » Ces expériences confirment évidemment la théorie de MM. Poincaré et Bjerknes, d’après laquelle l’excitateur n’émet que des radiations d’une seule longueur d’onde. »
- Méthode de mesure des faibles résistances ;
- • Par R. H. Housmàn (2).
- M. Ayrton ayant dit dans un récent article
- T1 Ce moteur m’a été gracieusement prêté par MM. Gin-(*; The Electrician du 24 décembre 1897, p. 300.
- qu’il était assez difficile de mesurer les faibles résistances, l’auteur indique une méthode assez simple qu’il emploie depuis trois ans au laboratoire de Mason College. Cette méthode comprend deux parties distinctes et nécessite l’emploi d’une résistance auxiliaire, d'un pont de Wheatstone ordinaire et d’un galvanomètre d’Arsonval de faible sensibilité (environ un millimètre par microvolt). On peut ainsi mesurer des résistances comprises entre un millième et un dix-millième d’ohm à un dixième de microhmprès.
- La résistance auxiliaire consiste en un fil de manganine long de 2,75 mètres et d’un diamètre de 1,2 millimètre. Sa résistance doit être aussi voisine que possible d’un ohm, ce qu’on peut vérifier en le comparant avec un ohm étalon quelconque ; sa valeur a été reconnue exacte à un trente-millième près.
- Les résistances des barres réunissant les résistances et les contacts sont éliminées en faisant les comparaisons par une méthode de double pesée.
- On mesure d’abord le rapport de la résistance auxiliaire S à la somme de cette résistance, des résistances de contact des barres de connexions r, et d’une résistance étalon B. Soit ace rapport, on a :
- S
- S + r + B
- On mesure ensuite la valeur du rapport de la résistance étalon à cette même résistance augmentée des contacts et connexions r et de la résistance auxiliaire.
- Le rapport [3 est donc :
- De ces deux égalités, on déduit :
- Celte méthode peut servir à comparer deux faibles résistances avec beaucoup d’exactitude, puisque les effets des barres de connexions et des contacts sont éliminés.
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- La résistance de manganine peut supporter deux ampères pendant quelques secondes sans variation appréciable de résistance ; elle est connectée à la résistance à mesurer à l’aide d’une barrette de manganine d’environ un centième d’ohm et capable de supporter 50 ampères.
- La première partie de l’opération consiste à mesurer le rapport = a de la ré-
- sistance llj de la barrette de connexion et des contacts augmentée de la résistance R, à mesurer à la résistance auxiliaire S. Le schéma du montage est représenté sur la figure x.
- Fig. 1.
- L’étalon auxiliaire S est pouvu à ses extrémités de deux bornes servant de prises de potentiel pour les connexions au pont et au galvanomètre; le pont est employé uniquement comme potentiomètre.
- On a :
- R, +.R2 bras AB S - bras BC *
- L’approximation est d’environ I0^QQ .
- Le courant est produit par un seul accumulateur et par suite est à peu près de deux ampères.
- Dans la seconde partie, on mesure la valeur du rapport ^R--,il suffit pour cela de déplacer le fil du galvanomètre de E à F et celui de la pile de D à E (fig. 2); S fait alors partie de la branche variable du pont. On voit qu’aucun des contacts mesurés dans la première partie n’a été modifié.
- Le courant traversant Rj et R2 est alors de 50 ampères et la différence de potentiel entre F et G est d’environ-^-de volt. Si donc R2
- variait de IOqQO de sa valeur, il en résulterait une variation de --de volt aux
- bornes FG et de-----------de volt aux bor-
- 2 400 000
- nés du galvanomètre. On peut par consé-
- quent, avec un galvanomètre de 100 ohms de résistance donnant une déviation de 1 mm par microvolt, obtenir-^—^ ^ = b à près.
- On a alors
- R, = abS.
- Les résistances des fils de connexion des branches du pont ne doivent pas dépasser un dix-millième de la résistance de la branche adjacente, c’est-à-dire 0,1 ohm pour la partie CD et 0,01 ohm pour AG ; ces résistances peuvent être choisies de façon à s’équilibrer l’une l’autre approximativement, ou encore la résistance entre A et G doit être obtenue dans la première partie de la mesure en notant la déviation du galvanomètre dont les extrémités sont réunies aux points A et G, lorsque la résistance du pont est de 200 ohms et par suite le courant de 0,01 ampère. La résistance ainsi trouvée devra être ajoutée à celle de la branche AB.
- L’ensemble des deux mesures est évidemment plus court que la mesure de deux résistances ordinaires et ne présente aucune difficulté.
- Si l’on employait un galvanomètre cent fois plus sensible, on obtiendrait évidemment la valeur des résistances inférieures à un dix-millième d’ohm avec une approximation d’un millième.
- Dans toutes les mesures, le circuit du gai-
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- vanomètre doit toujours être fermé de façon à éviter les effets thermo-électriques ; de plus, pour éviter les déviations dues aux effets d’induction, on maintient dans la seconde partie de la mesure les bornes du galvanomètre fermées sur la plus faible résistance, de façon à faire les inductances approximativement dans le rapport de R, à R2.
- A une observation de M. Appleyard sur la variation des résistances en manganine observée par M. Watson et attribuée aux soudures faites avec un alliage contenant du zinc, M. Housman répond que les soudures ont été faites avec un alliage de plomb et d’étain et que l’étalon auxiliaire a été comparé fréquemment depuis trois ans avec un étalon du Board of Trade, et que sa valeur n’a éprouvé que de très légères variations. F. G.
- Sur la détermination de la conductivité des liquides en couches minces ;
- Par. G.-B. Bryan (').
- Koller avait cru devoir conclure de mesures faites sur certains liquides (essence de térébenthine, eau, alcool, éther, etc...) en couches minces que la résistance spécifique de ces liquides augmente quand l’épaisseur diminue f). L’auteur a voulu vérifier l’exactitude de cette assertion. Disons immédiatement qu’en se mettant à l’abri de certaines causes d’erreur il a constaté que, contrairement à l’opinion de Koller, la'résistivité est indépendante de l’épaisseur.
- Koller mesurait la résistance r d’une lame liquide comprise entre deux plaques métalliques bien planes (plaques de cuivre doré ou plaques de zinc amalgamé) disposées horizontalement dans le liquide et séparées par des lamelles de verre dont l’épaisseur d faisait connaître celle de la lame liquide ; ces plaques servaient d’électrodes et étaient intercalées dans le circuit d’une pile constante
- (') PhÜosophical Magazine, t. LXV, p. 253-273, mars 1898. (2) Koller. Wien. Berichte, t. XCXVIi, 2a, p. 201, 1889.
- contenant également une résistance connue ; la comparaison des différences de potentiel entre les extrémités de cette résistance et entre les électrodes permettait de déterminer la résistance liquide r; comme le vase renfermant le liquide avait un diamètre de très peu supérieur à celui des plaques, on déduisait de ces mesures la résistivité par la formule p = -j-; ci désignant la surface d’une plaque. Comme nous l’avons dit, Koller trouva ainsi des valeurs de p très différentes suivant l’épaisseur et crut que des phénomènes diélectriques entraient en jeu pour les petites épaisseurs.
- Pour éviter les perturbations pouvant résulter de l’emploi de lamelles de verre pour la séparation des plaques et pour permettre de faire varier d’une manière continue la distance de celles-ci, M. Bryan disposa l’une des plaques bien horizontalement au fond d’un vase de verre et fixa l’autre plaque aune vis micrométrique. La mesure de la résistance était faite par l’une des trois méthodes suivantes : i° Comparaison avec une résistance étalon au moyen des déviations d’un galvanomètre très résistant et très sensible, le courant traversant les résistances étant continu; 20 comparaison avec une résistance étalon avec emploi d’un commutateur tournant envoyant dans la résistance liquide et la résistance de comparaison des courants alternativement dans un sens et dans l’autre tout en laissant le sens du courant invariable dans le circuit gal-vanométrique ; 30 méthode du pont Wheats-tone aveccourantrendu alternatif par un commutateur tournant, un second commutateur redressant le courant dans le galvanomètre servante reconnaître l’équilibre dupont. Les plaques employées étaient, en premier lieu, des disques de cuivre de 10 cm de diamètre, de 3 mm d’épaisseur, puis des disques de zinc doré de 5,64 cm de diamètre et 1 cm d’épaisseur, et enfin, dans les essais définitifs, des disques de cuivre doré travaillés avec le plus grand soin.
- Les premiers essais, faits avec l’aniline,
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- indiquèrent bien une variation de la résistivité avec l’épaisseur, mais cette résistivité diminuait en meme temps que l’épaisseur au lieu de croître quand l’épaisseur diminuait, conformément aux résultats obtenus par Koller pour différents autres liquides. A'I. Bryan constata en outre qu’elle variait avec le temps, surtout lorsqu’on employait un courant continu pour la mesure de la résistance, et qu’elle dépendait de l’état du corps, prenant une valeur beaucoup plus grande lorsque l’aniline venait d’être distillée que lorsqu’elle avait déjà servi. D’autres essais faits sur l’eau donnèrent des résultats semblables. Il était donc bien probable que la polarisation et l’action du liquide sur les électrodes étaient les causes principales de la variation de conductivité. Comme en outre l’augmentation de résistance produite par une meme augmentation de l’épaisseur (correspondant à une même fraction de tour de la vis micrométrique) était toujours la même quelle que fût l’épaisseur, il était aussi probable que la variation de conductivité était uniquement due à ces causes et qu’en les évitant on obtiendrait des valeurs constantes de la conductivité.
- C’est en effet ce que M. Bryan a vérifié dans une série d’essais définitifs, en employant les disques de cuivre doré dont il a été question plus haut et en apportant à l’appareil quelques modifications de détails. En outre, dans le but d’éviter aussi complètement que possible l’influence de la polarisation des électrodes dans la mesure de la résistance, il porta de 60 à 200 la fréquence du courant alternatif envoyé dans le pont de Wheatstone. Dans ces conditions, les résultats obtenus avec l’eau distillée, des dissolutions de sulfate de cuivre (1 gr dans 5 000 cm1' ou dans 50 000 cm* d’eâu), de chlorure de potassium (1 gr dans 10000 cm3 ou dans 50000 cm3 d’eau), l’alcool absolu et l’aniline, montrent nettement que dans les limites des erreurs expérimentales la résistivité de ces liquidés est constante quand l’épaisseur varie de 0,1 mm à 17 mm. A titre d’exemple nous
- reproduisons parmi les tableaux donnés par M. Bryan celui où les valeurs de la résistance spécifique présentent entre elles les plus grandes différences (eau distillée) et celui où elles présentent la plus grande concordance (aniline). Dans ces tableaux la première colonne indique le nombre n de tours delà vis micrométrique à partir de la position correspondant au contact des disques, la seconde la distance d de ces disques en millimètres, la troisième la résistance mesurée r, enfin la dernière la résistance spécifique.
- Tableau XII- Eau distillée.
- ,„L d e» ohm.. P_
- 0,1 0,0846 54 133
- 0,2 0,169 95 117
- 0,5 0,423 110.5
- ï 0,846 433 108,5
- 1,692 875 io7,5
- 5 4.23 2J49 105,6
- 7 5,92 3026 106.3
- 10 8,46 4310 106
- Tableau XIII. Aniline.
- » P(>
- 0,2 0,1692 00500 252
- 0,4 .0,3384 41100 252
- o,5 0,423 5>5°o 253
- 1 0,846 103 900 256
- 2 1,692 005800 253
- 5 1,23 505 000 248
- 10 8,46 1010 000 248
- On voit que même dans le cas de l’eau où, comme nous le disions, les nombres présentent le plus grand écart, les valeurs trouvées pour la résistivité sont très concordantes dès que l’épaisseur est plus grande que celle qui correspond à un demi-tour de la vis micromé-trique. Si l’on tient compte de la grandeur considérable de l’erreur relative que Ton peut
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- commettre dans l’évaluation d’épaisseurs plus petites et de celle résultant d’un nettoyage imparfait des plaques, on peut attribuer à ces erreurs la variation de la résistivité pour les faibles épaisseurs, d’autant mieux que cette variation avait un signe différent suivant la nature du liquide et qu’elle était d’autant moins importante qu’on prenait plus de soins dans le nettoyage. Il semble des lors bien établi par les expériences de M. Bryan que la résistivité d’un liquide ne dépend pas de l’épaisseur. J. B.
- Influence des rayons-canal sur les propriétés électriques des tubes à décharge ;
- G.-C. Schm
- L’appareil destiné à produire les rayons-canal, construit par Stuhl, de Berlin, est représenté par la figure 5 d’un mémoire précédemment analysé (p. 441 de ce tome). Ces rayons se propagent en arrière de la cathode vers 5, à travers une fente pratiquée dans la feuille d’aluminium qui forme cette cathode.
- Plus commode est le dispositif figuré ci-contre (fig. 1) ; les tubes A et B sont masti-
- qués l’un sur l’autre, et entre eux se trouve la cathode K formée d’une toile métallique à mailles fines. Quand on prend at pour anode, on obtient, si la pression est convenable, un faisceau de rayons-canal en B ; pour les étudier, on ferme l’extrémité <z2 du tube, soit à la lampe, soit par un robinet. Dans certaines expériences il est nécessaire d’avoir deux cathodes, comme le montre la figure 2. Dans l’un et l’autre appareil, les rayons-canal forment un faisceau conique très délié : ils apparaissent comme les rayons catho-
- ) Wied. Ann. t. LXII, p. 468-473, 1897.
- diques à i les tubes
- î pression d’autant plus élevée que nt plus étroits.
- Fig. 2.
- Effets d'écran produits par les ga\ que traversent les rayons-canal. — E, et E2 (fig. 5 page 441) sont les armatures du condensateur de Lecher, à côté d-u tube R on place un tube p, sensible, tandis que dans R la pression est assez réduite pour qu’il ne réagisse que faiblement aux oscillations de Lecher; le tube p est au contraire vivement illuminé. Aussitôt que le courant passe de l’anode A à la cathode K et que les rayons-canal pénètrent en R, le tube p s’éteint, ou tout au moins la lumière est entièrement attirée vers le tube R. Si on renverse le sens du courant, l’effet est beaucoup plus faible.
- Quand le courant ne traverse pas le tube R et que le vide est assez poussé pour qu’il y ait à peine luminescence, les ovales verdâtres dont il a été question dans le mémoire précédemment analysé sont très larges ; au moment où on établit le courant, ils deviennent plus étroits et plus intenses : l’absorption des oscillations a donc augmenté.
- Abaissement du potentiel explosif par les rayons-canal. — Le tube de la figure 1 est raréfié fortement et les électrodes a2 et K reliés aux pôles de la machine de Toplcr ; la lumière verte et la région obscure apparaissent. Au moment où 011 envoie entre a» et K le courant d’une deuxième machine, la lumière verte disparaît et le potentiel de décharge diminue.
- En employant le tube 2 qui renferme deux cathodes, on est plus certain que les courants en A et B sont indépendants l’un de l’autre. Dans trois expériences successives on a
- Sans les rayons-canal . 6000 14400 19500 Avec les rayons-canal . 1500 3400 3800
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- L’abaissement est très considérable. Les rayons-canal qui tombent sur le partie antérieure d’une cathode abaissent aussi le potentiel de décharge dans une forte proportion.
- Courants transversaux dans les rayons-canal. — Dans ces expériences le tube renferme une cathode Ken toile métallique (fig. 3),
- A
- K
- Hg. 3.
- les anodes a„ aâ et les fils d2 servant de prises pour le courant transversal. Ces fils sont reliés aux pôles, soit de la machine de Tôpler, soit d’une grande batterie d’accumulateurs, soit d’un seul accumulateur.
- Les rayons-canal abaissent le potentiel de décharge de la machine entre les fils dt et d^ de 17000 à 4000 volts : la région obscure entourant la cathode d3 se contracte dans tous les sens. L’influence des rayons-canal est encore plus nette quand les fils dt et dt sont entourés de verre jusqu’à leur extrémité.
- Un courant de 0,01 ampère passe de d2 en dï sous une force électromotrice de 250 volts, quand l’intervalle est parcouru par des rayons-canal. Ce courant est plus intense que si le courant principal va de K en a, ou inversement, de façon que le courant transversal soit obligé de traverser la lumière positive ou les rayons cathodiques. Un seul accumulateur produit un courant transversal de 10-5 ampère. M. L.
- Influcnco de la charge électrique de l’aérostat sur
- les observations électriques faites pendant les
- voyages aériens ;
- Par R. Bôrnstein (*).
- Les différentes déterminations du champ électrique effectuées pendant des ascensions en aérostat sont loin d’être concordantes. Certains observateurs ont trouvé que le champ est constant, d’autres qu’il croît, les autres qu’il décroît avec la hauteur. Ces divergences résultent peut-être de la charge électrique qui se trouve sur l’aérostat.
- Si on admet que l’aérostat est conducteur, ce qui se présente en réalité dans la plupart des cas, il possédera au moment du lâcher la même charge que la surface du sol. Comme les appareils de mesure sont suspendus au-dessous de la nacelle, cette charge agira en sens contraire de l’électrisation du sol et la différence de potentiel observée sera plus petite qu’elle n’est en réalité. La charge du ballon demeurerait-elle constante pendant la traversée, elle n’influerait pas sur la variation du champ avec la hauteur, mais seulement sur sa valeur absolue. Ce n’est pas ce qui arrivera en général, car la charge diminue plutôt constamment, en particulier quand on jette du lest; le ballon et le jet de sable forment une sorte d’égalisateur de potentiel à écoulement. Le maniement et le fonctionnement des appareils de mesure agissent dans le même sens : l’effet de la charge du ballon diminuera donc de plus en plus, et il n’y aura pas lieu d’en tenir compte si nous voulons déterminer seulement la loi de variation du champ.
- Supposons maintenant que le ballon ne soit pas conducteur. Il est arrivé en effet dans quelques cas, d’ailleurs assez rares, que l’enveloppe du ballon et les cordages étaient isolants; cela se produit surtout par le beau temps, quand le ballon a été longtemps exposé au grand soleil. Le délestage n’entraîne pas dans ces conditions de perte
- (') Wùd -Ann., t. LXIf, p. 680-686, r897.
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- d’électricité et il n’est pas certain que le ballon puisse ou non acquérir pendant la traversée une électrisation propre, par l’action des rayons solaires ou par le frottement du filet sur l’enveloppe. Il faudrait alors connaître l’action de cette charge sur les mesures.
- On a proposé d’effectuer simultanément les mesures du champ dans la direction verticale et dans la direction horizontale : comme la composante verticale du champ terrestre a seule une valeur notable, on pourrait attribuer a la charge du ballon la composante horizontale trouvée. Mais ce procédé rencontre des difficultés pratiques à peu près insurmontables.
- Il ne paraît pas impossible de déduire des mesures de la composante verticale du champ électrique des indications sur la charge du ballon. M. Bôrnstein propose d’employer simultanément trois égalisateurs de potentiel placés à des hauteurs différentes sous la nacelle. Soient A, B, C, ces trois égalisateurs, V le potentiel au point situé à la hau-
- teur h; le champ peut être calculé d’après la différence de potentiel (A—B) ou d’après ( B—C). Si la différence de hauteur entre A et B et entre B et C est de i ou 2 m, cette différence est peu de chose vis-à-vis de la distance au sol, mais non vis-à-vis de la distance au ballon. S’il y a une différence entre (A—B) et 'B—C), on a donc le droit de l’attribuer à la charge du ballon. Cette différence fait connaître en môme temps la dérivée seconde . En désignant par M la charge du ballon, par r la distance comptée à partir du ballon vers le bas :
- d2V _ ô2V _ 2 M
- a*2 àr2 — r2
- Ces observations permettraient de savoir si le ballon acquiert réellement une charge et comment cette charge varie pendant la traversée. Elles n’exigeraient d’autre part que l’addition au matériel déjà employé d’un égalisateur et d’un électromètre. M. L.
- BIBLIOGRAPHIE
- Manuel pratique du monteur électricien ; par
- J. Laffargije; y édition. Unvol. in-8° de 670 pages
- avec 436 fig. dans le texte et planches hors texte.
- Paris 1897. Bernard Tignol, éditeur. Paris. Prix :
- 9 francs.
- Cet ouvrage est le développement du cours fait par M. Laffargue à la Fédération des chauffeurs-mécaniciens ; il est écrit dans un but de vulgarisation pratique ; toute formule qui n’est pas absolument élémentaire en est bannie; par contre, l'auteur entre dans de nombreux détails sur le principe, la description et l'emploi des appareils que l’ouvrier rencontre tous les jours sous sa main. Ce sont ces qualités qui ont valu à cct ouvrage les honneurs de trois éditions consécutives.
- La nouvelle édition, beaucoup plus étendue que les précédentes, débute par les définitions générales indispensables dans un ouvrage de ce genre ; puis viennent ensuite l'étude des sources d’énergie électrique : piles hydro et thermo-électriques, dy-
- namos à courants continus et à courants alternatifs, mono et polyphasés ; l’étude des appareils de transformation: accumulateurs, transformateurs de courants alternatifs en courants alternatifs de tension différente ou en courants continus, etc.; l’étude des appareils de mesure et de manœuvre.
- Dans la troisième partie sont étudiés les modes de distribution de l'énergie électrique par courants continus et alternatifs simples ou polyphasés.
- La quatrième partie est consacrée à l'installation et à l’exploitation de l’usine génératrice.
- Les canalisations dans les rues et les installations intérieures sont décrites dans les deux chapitres suivants. Viennent ensuite l'étude des appareils d’utilisation, desaccidentset de leurs remèdes. Enfin l’ouvrage est terminé par des instructions pratiques, des descriptions d’usines et d’installations privées et la reproduction des règlements officiels; des problèmes par demandes et réponses
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- sur les sujets traités précédemment le complètent très utilement.
- Pour tous les ouvrages de ce genre qui s’adressent au personnel inférieur des usines et en général à toute la classe des lecteurs ne pouvant guère discuter et devant accepter le texte même de l’auteur, la plus grande correction dans les définitions
- et les descriptions est indispensable;' nous ne saurions donc trop recommander à M. Laffargue de relire avec soin les épreuves de son Manuel, lors des éditions futures qui auront certainement lieu afin de corriger bien des points de détail qu’une rédaction hâtive a laissés imparfaits.
- G. Pellissier.
- CORRESPONDANCE
- Sur la mesure du rendement des dynamos do grande puissance.
- Paris, le t5 mars 1898.
- Cher monsieur,
- En décrivant dans VEclairage Electrique une méthode de mesure du rendement des dynamos de grande puissance, je ne crois par avoir dit que j’en étais l’auteur ; j'ai simplement voulu attirer l’attention sur un procédé susceptible de rendre
- quelques services et qui était assez fréquemment employé, dès l’année 1893, dans les ateliers Wev-her et Richemond. Il semble d’ailleurs que cette solution se soit immédiatement présentée à plusieurs ingénieurs pour résoudre un problème rendu difficile par l’absence d’une machine à vapeur d’une puissance convenable, car on m’apprenait il y a quelques jours que Kapp l'a égale-
- Veuillez agréer, etc...
- P. Dupu-r.
- CHRONIQUE
- Sur la préparation du phosphore. — Parmi les récents procédés brevetés en vue de la préparation du phosphore, L Industrie Electro-Chimique signale ceux de MM. Gin et Lcleux, de M. Bou-blique et de M. Collardeau.
- Le procédé Gin et Leleux consiste à chauffer, dans un four électrique approprié, un mélange de phosphate de chaux et de coke. Ces deux produits doivent être finement pulvérisés et le mélange doit être homogène. Lorsque, sous l'action de la chaleur, la masse est devenue pâteuse, on ferme toutes les issues du four, sauf celle destinée à l’évacuation du phosphore, qui distille et est recueilli de la manière ordinaire.
- Dans le procédé Boubi.ique on décompose élec-trolytiquement du phosphure de fer, produit par fusion du phosphate de chaux avec un sel de fer. Le phosphore qui se dégage est entraîné par un courant de gaz inerte.
- Le procédé Collardeau consiste à préparer au
- four électrique un mélange de carbure et de phosphure de calcium. En prenant un mélange de 310 parties de phosphate de chaux, de 260 parties de chaux vive et de 160 parties de coke, presque tout le phosphore passe à l'état de phosphure de calcium. L'hydrogène phosphore obtenu au moyen de ce dernier produit est conduit dans un tube garni intérieurement de coke et chauffé au rouge, où il est décomposé en hydrogène et en phosphore. L'inventeur revendique aussi le traitement, au four électrique, du phosphure de calcium, additionné de phosphate de chaux et de silice, ainsi que la réduction du phosphure de calcium par la silice seule. Dans les deux cas, il y a formation de silicate de chaux et mise en liberté du phosphore.
- Le Gérant : C. NAUf).
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- TABLE MÉTHODIQUE DES MATIÈRES
- ÉLECTRICITÉ ET MAGNÉTISME
- Théories et généralités.
- Les progrès de la science électrique en 1897. I Les progrès de l'industrie électrique-en 1897.
- — C. Raveau................... 5 | — G. Pcllissier et J\ Reyval. ... 49
- Conducteurs.
- A propos de l'application des imaginaires à la résolution des problèmes sur les courants alternatifs. — C.-F. Guil-
- bert................................... 69
- Sur l'application des imaginaires au calcul des
- courants alternatifs. —P. Janet. 267, 360 Le calcul graphique des courants alternatifs
- industriels. — Ch.-Eug. Guye. 321, 303
- Conductibilité des radio-conducteurs ou conductibilité électrique discontinue. Assimilation à la conductibilité nerveuse. — Edouard Branly....................... 78
- Conductibilité des charbons pour la chaleur
- et l’électricité. —L. Cellier. . . . 486
- Conductibilité des oxydes et des sulfures de
- fer. — A. Abt.......................487
- Électrolytes.
- Conductibilité des électrolytes pour les oscillations électriques très rapides. —
- J.-A. Erskine.....................
- Sur la détermination de la conductivité des liquides en couches minces. —
- G.-B. Bryan.......................
- Sur la dépolarisation du mercure et du platine. — K.-R. Klein........................
- Changements de concentration produits par l’électrolyse dans les solutions et
- les mélanges de solutions. — F. Kohlrausch............................129
- Sur l’électrolyse des acides p méthylglyci-dîque et p méthylglycérinique. —• Pisarjezvski....................................443
- Sur les phénomènes électrocapillaires. —
- U. Behn............................... 35
- Sur quelques expériences électrocapillaires.
- — Nernst..............................284
- Diélectriques.
- Calcul de la pression électrique. — C.-A.
- Mcbius............................
- Vitesse de dépolarisation et pouvoirs inducteurs aux températures très basses.
- — R. Abcgg........................
- Mesure du pouvoir inducteur et de l’absorption électrique des substances en
- 35
- petite quantité au mo)'en des ondes
- électriques dans les fils. — P.
- Drudc.............................. 82
- La capacité électrique d‘un condensateur
- annulaire. —. N. Boulgakoff. ... 67
- Viscosité des liquides isolants dans un champ
- électrique constant. — G. Quincke. 37
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- T. XIV. — N° i3.
- L’ECLAIRAGE
- ;LECTRIQUE
- Décharge électrique.
- Sur la décharge par étincelle ; réponse à
- M. Jaumaun. — R. Sxcyngedanw. . 326
- Sur le passage de l’électricité à travers les interruptions extrêmement petites.
- — E. Salvioni.....................442
- Nouvelles recherches relatives à l'influence des rayons X sur la distance explosive de l’étincelle électrique. —
- S. Guggcnhcimer.....................525
- Mesures des résistances à l’étincelle de différentes huiles. — E.-F. Norihrup et
- G.-W. Tierce . .................... 26
- Résistances des huiles à l'étincelle. — Ch.-
- Protetis Steinmet^ . . ............ 28
- Phosphorescence produite par électrisation.
- — John Trowbridge et John-E.
- Burbank............................ 359
- Conducteurs isolés dans un champ à haute fréquence ; lueurs émises par de . tels conducteurs. — E. Wiedcmann et H. Ebert................................. I25
- Décharge dans les gaz raréfiés. — Décharges électriques dans les gaz raréfiés. Influence du magnétisme. — P.-G.
- Mclani.............................. 29
- Phénomènesdansun gaz raréfié contenu dans un vase métallique fresque fermé à l'intérieur d’un champ de haute fréquence.— E. Wicdemannet H. Ebert 127 Conditions dans lesquelles un tube à gaz raréfié cesse de s'illuminer dans un champ de haute fréquence. — E. Wiedcmann et H. Ebert........................127
- Oscillations
- Conductibilité des électrolytes pour les oscillations électriques très rapides. —
- J.-A. Erskine.......................399
- Ondes plus courtes que l’onde fondamentale dans les systèmes de I.echer et Blon-
- dlot. —.M. Lamotte................. 481
- Absorption des oscillations électriques par , les gaz luminescents; effets d'écran qui en résultent. — E. Wiedcmann et G- Schmidt................................440
- Influence des rayons-canal sur les propriétés électriques des tubes à décharge. —
- E. Wicdemann et G.-C. Schmidt . 373
- Renversement des soupapes électriques dans les tubes raréfiés. *— Ed. Hagen-bach.......................................527
- Rayons cathodiques.— Production de rayons cathodiques de Lenard et expériences sur ces rayons. — Th. des Cou-
- dres..............................123
- Relation entre la déviation des rayons cathodiques par le champ magnétique et le potentiel de décharge. — H.
- Kaufmann..........................122
- Quelques propriétés des cathodes placées dans un champ magnétique puissant. — André Broca........................523
- Sur l'action mutuelle des rayons cathodiques.
- -—Julius Bernstein................262
- Recherches sur les rayons cathodiques. —
- Villard............’.............483
- Quelques propriétés des rayons qui produisent l'illumination hémisphérique des tubes focus au-dessus du plan de l'anti cathode (Note). — Villard. . 307
- L’anticathode est le siège d'ondulations électriques si le courant excitant est lui-même ondulatoire (Note). —Broca. 307 Sur le spectre des rayons cathodiques. —
- Birkeland.........................356
- Modifications des sels exposés aux rayons
- cathodiques. —R. Akegg............397
- hertziennes.
- Mesure dupouvoirinducteur et de l’absorption électrique des substances en petite quantité au moyen des ondes électriques dans les fils.— P.Drnde. . 82
- Conductibilité des radio-conducteurs ou conductibilité électrique discontinue ; assimilation à la conductibilité ner-
- veuse.— Edouard .Branîy........... 7^
- Mesure directe de la période des oscillations
- hertziennes .....................569
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- 26 Mars 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 58:
- Rayons Rœntgen.
- Sur la nature des rayons Rœntgen. — G.-G.
- Stokus...........................374
- Recherches sur la transformation des rayons
- X par la matière. —G.Sagnac. . . 466, 5°9.555
- Décharge par les rayons de Rœntgen ; effet
- secondaire. — Jean Perrin. . . . 395
- Formes simples de pompes de Sprengel. —
- Guglielmo.......................... 181
- Formes simples de tubes de Rœntgen. —
- Guglielmo...........................226
- Nouvelles recherches relatives à l’influence des rayons X sur la distance explosive de l'étincelle électrique. —
- 5. Guggenheimer.................... 525
- Etude sur l’action des rayons de Rœntgen
- sur les végétaux.— Giuglio Tolomei. 396 Influence des rayons X sur la germination.
- — Maldiney et Thouvenin .... 444
- Influence des rayons X sur le phénomène
- de l’osmose. — Bordier..............445
- Sur une cause d’erreurs dans l’interprétation
- des clichés radiographiques. — R. Co/sou............................404
- Propriétés photo-électriques du spath fluor
- et du sélénium. — G--C. Schmidt.. 439
- Propriétés photo-électriques des sels colorés obtenus dans la vapeur des métaux alcalins. — /. Elstcr et H. Geitcî. 487
- Applications. — Applications chirurgicales et médicales des rayons de Rœntgen.......................... .... 136, 488
- Résultats comparatifsdcs méthodes cliniques ordinaires et de l’examen fluoroscopique dans les épanchements pleurétiques. — Bergonié et Carrière. . 137
- Appareil destiné à déterminer d’une manière précise au moyen des rayons X, la position des projectiles dans le crâne. — Rémv et Contremoulins . 137
- Sur un nouveau procédé de détermination de la position des corps étrangers parla radiographie. — H. Morice. 488
- Magnétisme.
- Sur les aimants de Jamin. — M. Ascoli. . . 235
- Sur le facteur démagnétisant dans les faisceaux et dans les cylindres de fer.
- — M. Ascoli.......................236
- Contribution à l’étude des aimants permanents. — C. Chistoui et G.-G.
- Vecchi............................237
- Aimantation d’un tore par une bobine ne le
- recouvrant qu’en partie.—J. Sauler. 39 Des cycles de torsion magnétique et de la torsion résiduelle du fer doux. —
- G. Moreau..........................33^
- Remarque sur la note précédente. — H.
- Bonasse........................... 452
- Sur une analogie d'action entre les rayons lumineux et les lignes de force magnétique. — Birkeland.......................433
- Sur les modifications mécaniques, physiques et chimiques qu'éprouvent les corps par l'aimantation. — D. Ilurmu-
- £1escu.............................279
- Propriétés magnétiques des aciers trempés.
- — Mme Sklodowska-Curie. . ... 46
- Appareil pour l'essai magnétique des fers.
- — R.-B. Trcat et J. W. Esterline.. 430 Méthode magnétique pour la recherche du
- fer métallique. — W. Duane. . . . 487
- Sur la valeur absolue des éléments magnétiques au ier janvier 1898. — Th.
- Monceaux...........................399
- Ecrans magnétiques dans les champs oscillant avec amortissement. — J.-A.
- Erskine............................ 40
- Amortissement produit par le champ magnétique sur la rotation des diélectriques. — W. Duane et W. Stewart. 33
- Sur la viscosité magnétique. — J. Klémen-
- cic................................ 38
- Transparence du bismuth dans un champ
- magnétique. — II. Buisson......... 333
- Quelques propriétés des- cathodes placées dans un champ magnétique puissant.
- — A ndré Broca.................... 323
- Phénomène de Zekman. — (Voir Èlectro-opti-
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. xiv. - N» 13
- Sources d’électricité.
- Grandes forces électromotrices. — John
- Trowbridge..........................
- Pile-éfalon au cadmium de la Reichsan-
- stalt. — W. Jaeger..................
- Sur la pile-étalon Clark. — A. Dearlove. . .
- Bobiné d'induction. — Influence du fer doux sur le carré moyen de la différence de potentiel aux extrémités d'une
- Électro-optique.
- 558
- 31
- 261
- La théorie de Lorentz. — A. Liénard. . 417, 456
- Observations du phénomène de Zeeman. —
- W. Kœnig........................ 226
- Expériences decours montrant lephénomène
- de Zeeman.— W. Kœnig.............438
- Sur quelques résultats nouveaux relatifs au phénomène découvertpar le Dr Zeeman. — A. Cornu...........................185
- Sur le changement de période et la polarisation de la lumière émise par une flamme de sodium placée dans un champ magnétique. — A. Cotton . 223
- Influence du champ magnétique sur l’émission lumineuse. — H.-A. Lorent43^
- bobine parcourue par un courant . de haute fréquence. — H. Pellai. 521
- Sur la bobine d'induction. —B. Walter. . 174
- Tension aux pôles de la bobine d’induction.
- — A. Oberbeck..................... 171
- Commutateur pour bobines de RuhmkorJT.
- — Crêmieu...................307, 562
- Interrupteur à mercure. — G. Hofmeister . 176
- Mesures concernant le phénomène de la radiation dans le champ magnétique.
- — Dr Zeeman........................ 308
- Sur les expériencesd’EgorofïetGeorgiewsky et l'explication de Lorentz. —
- A. Cotton.......................299
- Radiations dans un champ magnétique. —
- A. Cotton....................405, 540
- Radiation dans un champ magnétique. —~
- A. Michelson....................310
- Sur la polarisation partielle de la lumière d'une flamme placée dans un champ magnétique. — H.-A. Lorent{ . . 311
- APPLICATIONS
- Génération, transformation de l’électricité.
- Génération et distribution de l'énergie électrique (1897) J. Reyval.................... 49
- Dynamos et transformateurs.— Enroulement pour machine à courant continu. —
- S. ' W Brown.......................363
- Induits dentés et induits à trous,— S. Wilson. Mengcs et Baily.........................252
- Sur une nouvelle méthode pour éviter les étincelles dans les dynamos. —
- J. Fischer-Hinnen................. 208
- Machines dvnamo-électriques; dynamos à
- courant continu. — C. F. Gnilbert. 361 Dynamo à courant continu formaût volant
- de Ferranti....................... 361
- Machine unipolaire F. E. Elmore.............363
- Dynamo à courant continu A. W. Smith . . 364
- Dynamo à nombre de spires variable dans l’induit. C.-H. Wade,Moores.H.-O. Farrell......................................365
- Dynamo à courant continu de la Compagnie
- de l’Industrie électrique de Genève. 366 Dvnamo de 800 chevaux à courant continu. 360 Dynamo de 600 chevaux pour distribution à trois fils avec bobine égalisatrice. —
- P. Girault.........................204
- Sur un alternateur unipolaire auto excitateur. — J.-L. Routin....................... 19
- Recherches théoriques et expérimentales sur les transformateurs de phase Ferraris-Arno. — L.'Lombardi. . . 21
- A propos des clapets électriques.— C. Pollak 136 Sur un procédé électrochimique de transformation des courants alternatifs en courants continus. — Graet^ . . . 289,
- Observation, —Dr Askcnasy...................291
- Clapets électriques et redresseurs de courants électrolytiques (Buff, Ducretet,Hu-tin et Leblanc, Pollak). —J. Blon-din..........................................293
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- 26 Mars 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- •583
- Piles et accumulateurs. —‘Perfectionnement
- aux piles Leclanché.................272
- Etude théorique sur les piles réversibles; essais de théorie chimique sur les accumulateurs au plomb. — G. Dar-
- "ràs..........' 141, 119, 370, 498, 547
- Accumulateur F.-W. Greengrass et S.-R.
- Dockings............................ 70
- Accumulateur'F. Grunwald..................... 71
- Supports de plaques d'accumulateurs système G. Fabro............................... 71
- Procédé S. Hammacher pour le durcissement de la matière active des accumula-
- Accumulateur Liardet.........................300
- Accumulateur Frank-King......................302
- Accumulateur H. Mayes........................313
- Accumulateur Méry de Contades................315
- Accumulateur W. H.-Smith.....................313
- Accumulateur à gaz E. Commelin et R.Viau. 361 Sur le calcul de la capacité d'un accumulateur à intensité de courant variable.
- — Libenow.......................... 283
- Distribution do l’f
- Génération et distribution de l'énergie électrique '1897),—J.Reyval..................... 49
- Détermination de l’état électrique variable
- d'un réseau. — O. Colard .... 316
- Indicateur électrostatique de terre de la General Electric C°..........................48.9
- Condensateurs industriels, leurs applications à des distributions à intensité constante et à des alternateurs à autoexcitation. — Boucheroi.....................303
- Boîte de jonction à interrupteur, système
- W. Illingworth......................117
- Interrupteur automatique Schlatter.......... 164
- Dispositif pour l'essai des coupe-circuits ma-
- Applications
- Applications mécaniques de l'électricité.—
- G. Richard..................109, 410
- Moteurs électriques. — Moteurs à courants polyphasés à induits fermés sur eux-mêmes et démarrant en charge. —
- Bouchcrot.......................... 170
- Moteur à courant continu, à armature et
- inducteurs mobiles J.-V. Sherrin. . 362
- Discussion. — Ncrnst, Ostwald ef Liebenow. 288 Stations centrales. — Utilisation des rapides
- de Lachinc.........................-91
- Usine génératrice hydraulique à courants bi-
- phasesdeMoutier-Grandval (Suisse). 138 Station centrale de la Blue Lakes Water
- Company aux États-Unis.............227
- •Station génératrice hydraulique à. courants polyphasés et courant continu de ‘ Saint-Anthony (Mississipi). .... 268
- La station centrale à vapeur du Rand. . . . 269
- Station génératrice avec moteurs à gaz
- pauvre à Leyton (Angleterre). . . 271
- Station centrale de Hartford (Etats-Unis). . 318
- Installation hydro-électrique de. Paderne. . 319
- L'utilisation des chutes du Niagara.— G. Pci-
- .......................... • 493
- Sur les facteursd'économie des stations d'électricité. — C.-P. Feldmann . . 427, 473
- Prix de revient de l'énergie électrique à Philadelphie .....................................313
- Prix de revient et prix de vente de l'énergie
- électrique en Angleterre.........209
- uergie électrique.
- gnétiques. — C.-M. Clark et
- C.-W. Mac Malien.................118
- Nouveaux interrupteurs et coupe-circuits à
- mercure. — M.-R. Bouchet .... 478
- Les isolants.............................. 139
- Le mica et ses applications................314
- Sur les essais d'isolement des installations à
- courant alternatif. — Wilkens. . . 390
- Transport d’énergie à courantspolyphasés. . 92
- Installation électrique à courants biphasés, de la filature Glück et C!c‘, de Mulhouse,— P-.H. Zieglcr................ 182
- La distribution de l'énergie électrique à
- Briançon.........................402
- mécaniques.
- Théorie élémentaire de la méthode de l'auteur pour le démarrage des moteurs électriques asynchrones à courant alternatif simple. —Riccardo Arno. 214
- Discussion.—Leblanc.........................218
- Désire Korda......................219
- Riccardo. Arno....................221
- Machines-outils. — Riveuse Morgan .... 109
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- 584
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. - N° 13.
- Perceuse de Holmes.............................no
- Perforatrice électrique Siemens et Halskc . 110
- Haveuse Bauscher..............................110
- Haveuse Atkinson ..............................ni
- Trieur électro-magnétique J.-P. Wethe-
- rill........................... 13, 112
- Appareils dé levage. — Le pont tournant
- électrique de Toronto...............424
- Marine. — Les nouveaux magasins à grains
- de Buffalo. — OrrinF. Danlap. . 339
- Signaux semaphoriques de la General Electric C'1.....................................410
- Bouée électrique Siemens.....................410
- Sonde électrique G. Griffith.................412
- Sondeur J. Babcock...........................412
- Commande Spiller pour gouvernail .... 412
- Manœuvre de gouvernail Sauter-Harlé. . . 414
- Manœuvre des portes des cloisons étanches
- à bord des navires, Moodie .... 4^
- Régulateur de sûreté Folk et Ellis pour machines marines................................415
- Régulateur Northey, pour machines marines. 416 Manœuvre électrique des tourelles des navires de guerre...............................489
- Appareils divers. — Téléthermomètres. . . 183
- Indication de niveau d'eau de J. Evans. . . 115
- Indicateur électrique de niveau d'eau. —
- J.-E. Hatton.........................475
- Arrêt à distance Milea..................... 115
- Arrêt à distance Stone........................115
- Allumeur électrique pour becs de gaz. Borra-
- daile................................248
- Allumeur électrique Robert Bosch pour moteurs à gaz.................................. 249
- Traction.
- Généralités— Traction électrique (1897).—
- G. Pellissier..................... 52
- Chemins de fer et tramways électriques ;
- chemins de fer de banlieue et mé-tropolilains.— G. Pellisier. 273, 335, 367. Chemins de fer et tramways électriques. —
- G. Pellissier.....................449
- Traction électrique à très grande vitesse. —
- Ch.-H. Davis et F.-S. Willamson. 367 Le prix de la voiture-kilomètre d’une automobile à vapeur............................... . 47
- L’éclairage des tramways électriques .... 184
- Chauffage électrique des voitures de tramways ..................................316
- Distribution de l'énergie. — La distribution
- à, trois fils et les tramways électriques. — A.-K. Baylor. E-IV.
- Rice et H.-F. Pars hall.........
- Distribution mixte pour éclairage ettraction,
- système Blackburn et Spence. . . 449
- Equipement et appareillage. — Trôlet à archet de Siemens..............................455
- Trôlet à archet F de la Compagnie l’Industrie électrique..............................454
- Contrôleur série-parallèle de Ed.-D. Priest et F.-A. Merrick (General Electric
- Company)...........................450
- Truck Mac-Elroy pour chemins de fer et
- tramways...........................453
- Sur le démarrage des voitures de tramways
- électriques. — Hclft, L.-H. Parker,
- Short, Cravalh, Knox.................388
- Descriptions et informations. —L'automobile
- électrique Elieson................... 46
- Chariot électrique à trôlet aérien pour routes ordinaires.— IV.-G. Cafjrcy. . . 228
- Chemins de fer électriques à unités indépendantes système Sprague.........................426
- Tramways électriques à caniveau souterrain
- à New-York.......................
- Le chemin de fer électrique de l’Exposition de 1900. La plate-forme électrique à deux vitesses, système Blot,
- Guyenet et de Mocomble. — J.
- Reyval.............................191
- Les chemins de fer électriques de Nantasket-Beach et de Hartford. — G. Pellissier......................................274
- La traction électrique aux Etat-Unis .... 315
- Essais de traction électrique à Prague . . . 446
- Les tramways électriques de Rome aux Castelli Romani.................................490
- Traction par accumulateurs à Chicago. . . 491
- Les tramways électriques à accumulateurs à
- Rome...............................491
- Les « elevated » de New-York................492
- Tramway de la côte Sainte-Marie, au Havre. 564
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-
-
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- 26 Mars 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 585
- Télégraphie et téléphonie.
- Télégraphie, téléphonie, éclairage électrique, électrochimie (1897'). —J. Reyval. .
- Conductibilité des radio - conducteurs ou conductibilité électrique discontinue. Assimilation à la conductibilité nerveuse.— Edouard Branly. . . .
- Historique de la télégraphie sans fil. — Voi-
- I Sur l'historique de la télégraphie sans fil. —
- 55 I E. Branly.............................302
- I A propos delà télégraphie sans fil. —J. Voi-
- senat............................... 313
- Câble de protection contre le feu. — Mon-
- 78 tank................................. 3T9
- , Câbles souterrains à isolement d'air. —Bar-166 | barat................................ 480
- Applications thermiques.
- Chauffage à l'électricité. — Fernand Le Roy
- et Victor Bidet.......................317
- Le chauffage électrique dans la fabrique de chapeaux de paille de William Car-roll et Cic..................................-, 402
- Chauffage électrique des voitures de tram-
- Carbonisation électrique de la tourbe. — P.Jebsen..................................
- 3I6
- Éclairage.
- Eclairage électrique (1897). — J. Reyval. . 5 s Sur l'arc voltaïque. — R. Hertfeld . . . , 349
- Notes sur l’arc électrique. — T. Heskctt. . 346
- Quelques expériences sur l’arc alternatif. —
- Ch.-F. Smith....................... 72
- Remarque sur le rapport des températures aux pôles de la lampe à arc entre électrodes de mercure.— L. Avons. 487 Conductibilité des charbons pour la chaleur
- et l'électricité. —L. Cellier. . . . 486
- Etude expérimentale de l’éclat des projecteurs. — A. Blondel et J. Rey. . . 351
- Les lampes à arc. — G. Richard.............237
- Lampe à arc enfermé Moyer..................237
- Lampe à arc enfermé Mosher..................237
- Lampe à arc à double globe Bergmann. . . 237
- Lampe à arc enfermé Spencer.................238
- Lampe à arc Grahncr.........................239
- Lampe à arc Blaknilz........................240
- Lampe à arc Pieper..........................240
- Lampe différentielle à arc Davy............241
- Lampe à arc Dobson......................241
- Lampe homofocale à arc Hansen...........241
- Lampe à arc Bîackburn et Fairall........242
- Projecteurs Shuckert....................243
- Lampe à arc Davy à globe clos...........301
- Lampe à arc alternatif Kremenezky. .... 464
- Réflecteur Hrabowski pour lampes à arc. . 516
- Régulateur de lampes à arc, I.-H. Hegner . 387
- Contact pour lampe à arc................474
- Sur la température des lampes à incandescence.— P. Janet..................... 522
- Mesure de la résistance des lampes à incandescence.— R. A pl et H.- W. Hojf-
- mann...........................566
- Eclairage des bibliothèques et salles de travail publiques. ...........................228
- Eclairage électrique de la place du Théâtre-
- Français.—J. Reyval............461
- L’éclairage des tramways électriques. . . . 184
- L'éclairage à l'acétylène. — Viviau.-B. Lc-
- wes............................4°3
- Électrochimie et Électrométallurgie.
- Généralités. — Electrochimie et électrométallurgie. — A. Eless......................
- Electrochimie (1897). —J. Reyval...........
- Clapets électriques et redresseurs de courants électrolytiques (Buff,Ducretet, Hutiu et Leblanc, Pollak). — J. Blondin....................................
- Travaux de la Société allemande d'électrochimie (Congrès de Munich). — P.-Th. Muller. . . . ....................
- Traitement des minerais. — Procédé Siemens et Halske pour le traitement des I minerais.......................
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-
-
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- 5^6
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. — N° 13
- Procédé Sinding Larsen pour le traitëment
- des minerais...................... 13
- Procédé Hœpfner pour l’extraction du cuivre
- de ses minerais..................... 13
- Procédé Hœpfner pour l’extraction du zinc
- de ses minerais...................... 16
- Procédé Hœpfner pour l’extraction du nickel des minerais calédoniens ... 16
- Procédé Àshcroft pour l’extraction du zinc
- de ses minerais............... 16, 344
- Procédé Siemens et Halske pour la métallurgie électrolytique du zinc. . . 344
- Le zinc électrolytique.........................344
- Procédé Dieffenbach pour l'extraction électrolytique du zinc.............................343
- Métalloïdes. — Sur la préparation du phosphore. — Gin et Leïeux, Boubliqne,
- Collardeau'..........................378
- Métaux. — Préparation électrolytique du
- sodium et du potassium............... 48
- Préparation autour électrique du sulfure de
- baryum cristallisé. — A. Mourlot. 536 La décomposition électrolytique des chlorures de sodium et de magnésium.
- — M.-C. Beebe......................... 73
- Décapage électrolytique des fers forgés. —
- Sherard Cowpcr-Coles.................317
- Traitement électrolytique des résidus stanni-
- fères................................492
- Procédé d’Alexander pour l’électro-galvanisation.........................................343
- Préparation au four électrique, des alliages de
- glucinium et de cuivre. — P. Lebeau. 12 r Électrolyse de quelques sels complexes fluorés. — A. Miolati et U. Alvisi . . 239
- Procédé Graham pour l’obtention des dépôts métallique avec une grande densité de courant...................................... 15
- MES
- Mesures et méthodes df. mesure. — Nouvelle détermination de l’ohm par la'mé-Ihode de Lorenz. — W.-E. Ayrton
- et J.-V. Jones,................ 100
- Déterminations récentes du nombre v de Maxwell ; travaux de M. Hurmu-zescu et de iniss.Margaret Maltby.
- — M. Lamotte..............133, 243
- Amalgameur Pike................................114
- Statistiques relatives, à la fabrication de l’aluminium............................... . . . . i-j
- Emploi de l'aluminium en lithographie. . .
- Sur les impuretés de l’aluminium et de ses
- alliages. — Ed. Dcfacqi.............. 80
- Carbures. — Sur la dissociation du carbure
- de calcium. — H Moissan .... 392
- Sur la dissociation du carbure de calcium. —
- Gin et Leïeux....................... 593
- Emploi du carbure de calcium pour la préparation de l’alcool absolu. —
- P. Yvon..............................140
- Emploi du carbure de calcium pour la préparation des carbures mélalliqueset l’obtention des métaux, — H. Mois-
- Emploi du carbure de calcium contre le
- blackrot. — G. Rodier..............272
- Sur les conditions de formation des carbures, . alcalins et du carbure de magnésium. — H. Moissan....................391
- Matières organiques. — Préparation électrolytique de Piodoforme. — E. Sche-
- ring, K. Eïbs et A. Hert{..........403
- Analyse et dosage. — Analyse électrolytique, dosage des métaux précipitables par.
- le sulfure ammonique. — G. Arth. 106 Dosage et séparation du manganèse et du fer.
- — Max Engels.................... 106
- Dosage du cadmium.—S.Avery et B. Dalcs. 108
- Dosage de l’acide azotique.— K. Uïsch . . 108
- Stations élf.ctrochimiques. —Les usines élec-
- trochimiques de l’Arc (Savoie). . . 48
- Fabrication électrolytique de la soude aux usines xMathieson, à Niagara-Palis.
- — J.-R. Haskin.................. 163
- RES
- Détermination du nombre v de Maxwell. —
- Hurmuçescw.....................233
- Détermination du nombre v de Maxwell. —•
- Miss Margaret Maltby...........243
- Mesure du pouvoir inducteur et de l'absorption électrique des substances en petite quantité au moyen des ondes électriquesdansles fils.—P. Drnde. 8a
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-
-
- 26 Mars 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 587
- Mesure directe de la période des oscillations
- hertziennes. — L. Décombe .... 569
- Nouvelle méthode pour la mesure de l’intensité des champs magnétiques. —
- Bouty...........................393
- Mesure des faibles résistances. — R.-H.
- Housman........................- 571
- Sur la détermination de la conductivité des liquides en couches minces. —
- C.-B.Bryan......................573
- Mesure de la résistance des lampes à incandescence. — R. Apt etH.-W. Hoffmann ........................................566
- Sur une méthode de titrage galvanométrique.
- — E. Salomon....................291
- Analyse électrolytique, dosage des métaux précipitables par le sulfure ammo-
- nique. — G. Arth............... 106
- Dosage du cadmium. —S. Avery et B. Dales. 108
- Dosage de l’acidc azotique. —K. Jlsch . . 108
- Dosage et séparation du manganèse et du
- fer. — Max Engels....................106
- Influence de la charge électrique de l'aérostat sur les observations électriques faites pendant les voyages aériens.
- — R. Bœrnstein.......................576
- Mesure du rendement des machines électriques à courant continu de toute puissance. — P. Dupuy . . . 162, 578
- Remarque sur l’article précédent. — Jean
- Rey..................................488
- La tarification de l’énergie électrique ; tarif mobile système C.-E.-L. Brown et Routin. — G. Claude........................... 93
- Instruments de mesure. — Appareils de mesure. — H. Armagnat............58, 537
- Sur la pile-étalon Clark. — A. Dearlove . . 261
- Pile-étalon au cadmium de la Reichsanstalt.
- — \V.,Jaeger...................... 31
- Appareil pour l’essai magnétique des fers. —
- R.-B. Treat et/.-H7. Esterline. . . 430
- Etalon de résistance à compensation de température R.-E. Bell Crompton. . . 537
- Grandes résistances W.-M. Mordey .... 537
- Galvanomètre enregistreur G.-K. Buller
- Elphinstone....................... 58
- Galvanomètre à dilatation de A. Wright. . 539
- Equipage asiatique Siemens et Halske . . . 537
- Ampèremètre Siemens brothers ...... 539
- Ecran magnétique pour la protection des galvanomètres à aimants mobiles Siemens et Halske.............................538
- Compas magnétique . de J.-D. Rowbothain
- Blain.............................. 66
- Compteur à pendule G. A. J. Telge .... 59
- Compteur de Siemens et Halske.............. 59
- Compteur pour courant continu ou alternatif
- de A. Lotz......................... 60
- Compteur pour courant alternatif Cari Raab. 61 Compteurpour courant alternatif Hartmann
- et Braun .......................... 62
- Compteur à prépaiement H.-A. Willy et
- Stephen Simpson................... 63
- Compteur à .prépaiement L.-S. Burchard. . 64
- Compteur à prépaiement H.-W. Couzens . . 65
- Compteur à prépaiement J.-G. Dixon ... 66
- Compteur Brown etRoutin pourtarif mobile. 97
- DIVERS
- Bibliographie.
- Die Mechanik des Weltalls ; L. Zehndcr,
- analysé par M.-L.................... 43
- Instruments et méthodes de mesures électriques ; H. Armagnat, analysé par
- G.-F. Guilbert....................... 90
- Trasmissioni e distribuzioni polifasi ; Rie-cardo Arno, analysé par C.-F. Guilbert......................................... 90
- Leçons sur l’électricité; Eric Gérard, analysé par E. Scieur et C.-F. Guilbert...........................................134
- Repertorium der technischen Journal-Litte-
- ratur................................177
- Vocabulaire technique en trois langues. —
- Svilokossitch........................177
- Annuaire de l’observatoire de Montsouris
- pour 1898............................177
- Traité élémentaire de mécanique chimique fondée sur la thermodynamique ;
- P. Duhem, analysé par C. Raveau. 265 Manuel pratique du monteur électricien ; J.
- Laffargue, analysé par G. Pellissier 577
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-
-
- 588
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV.—N° 13.
- Sociétés
- Travaux de la Société allemande d’électrochimie (Congrès de Munich 1897). P.-Th. Muller..............................284
- Société française de Physique. — Séance du
- 21 janvier 1898...................307
- Quelques propriétés des rayons qui produisent l’illumination hémisphérique des tubes focus au-dessus du plan de l’anticathode. — Villard. . 307
- L’anticathode est le siège d’ondulations électriques si le courant excitant est lui-même ondulatoire. —
- Broca................................307
- Séance du 4 février 1898......................307
- Commutateur pour bobines de Ruhm-
- korff, Crémieu.......................307
- Séance du 18 février 1898..................
- .Nouvelle méthode pour la mesure de l’intensité des champs magnétiques.— Bouty...........................393
- Séance du 4 mars 1898.........................481
- •Ondes plus courtes-que l’onde fonda-
- Sur l’extension du système décimal aux me-
- , sures du temps et des angles. —J.
- de Rey-Pailhadc................... 528
- L’aimantation de l'argile par la cuisson et les hypothèses sur la fabrication de la vaisselle noire étrusque. — G. Folg-
- heraiter...........................400
- Les moteurs Sprague devant la Circuit Court
- de New-York........................490
- savantes.
- mentale dans les systèmes de Lecher
- et Blondlot. — M. Lamotte .... 481
- Recherches sur les rayons cathodiques. — Villard...............483
- Société internationale des Electriciens. — Séance du 12 janvier 1898. — Historique de la télégraphie sans fil ;
- Voisenat............................ 166
- Moteurs à courants polyphasés à induits fermés sur eux-mêmes et démarrant en charge yHoucherot. . 1^0
- Séance du 2 février 1898............... 302
- Sur l’historique de la télégraphie sans
- fil ; E. Brandy......................302
- Condensateurs industriels, leurs appli-• cations à des’ distributions à intensité constante et à desalternateurs à
- 1 -auto-excitation ; Boucherot......... 303
- Séance du 2 mars 1898..........................478
- 'Nouveaux interrupteurs et coupe-circuits à mercure ; M.-R. Bouchet.. . 478
- Câbles souterrains à isolement d’air ; Barbarat...............................480
- La question de l’éclairage électrique de Saint-Dizier devant le Conseil de préfec-
- - .ture.de la Haute-Marne. — Charles
- Sirey..............................447
- Les prix de l’Académie des Sciences. . . . 178
- Prix La Caze (physique).................. 178
- Prix La Caze (physiologie)................179
- Prix Gaston Planté..........................180
- Le Dr Wietlisbach ; notice nécrologique. . . 45
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-
-
-
- TABLE DES NOMS D’AUTEURS
- A
- Abego (R.)* — Vitesse de dépolarisation et • pouvoirs inducteurs aux- températures très basses................................ 40
- Modifications des sels exposés aux
- rayons cathodiques...................397
- Abt (A.) — Conductibilité des oxydes et des
- sulfures de fer......................487
- Alexander. —- Procédé d’élcctro-galvanisa-
- tion.................................343
- Alvisi (U.). — (Voir Miolati et Alvisi.)
- Apï (R.) et Hoffmann (H.-W.). — Mesure de la résistance des lampes à incandescence .....................................566
- Armagnat (H.). — Appareils de mesure. 58, 537 Arno (Riccardo). — Théorie élémentaire de la méthode de l'auteur pour le démarrage des moteurs électriques asynchrones à courant alternatif
- simple...............................314
- Discussion.............................221
- Arons (L.). — Remarque sur le rapport des températures aux pôles de la lampe à arc entre électrodes de mercure . 487
- Arth (G.). — Analyse électrolytique, dosage des métaux précipitables par le
- sulfure ammonique.................... 106
- Ascoli (M.). — Sur les aimants de Jamin . . 255
- Sur le facteur démagnétisant dans les faisceaux et dans les cylindres de
- fer................................ 256
- Ashcroft. — Procédé pour l'extraction du
- zinc de ses minerais..........16, 344
- Atkinson, —Haveuse. ............................ni
- Avery (S.) et Dales (B.). — Dosage du cadmium.................................108
- Ayrton (W.-E.) et Jones (J.-V.). — Nouvelle détermination de l’ohm par la méthode de Lorenz.............................. 100
- B
- Babcock (J.). — Sondeur..................412
- Baily. — Induits dentés et induits à trous. . 253
- Barbarat. — Câbles souterrains à isolement
- d'air............................480
- Baylor (A.-K.), Rice '(E.-W.) et Parshau.
- (H.-F.). — La distribution à trois fils et les tramways électriques. . . 250
- Barbet. — Rapport sur- la plate-forme mobile de Mocomble.................... 193
- Bauscher. — Haveuse....................... 110
- Bf.ebe (M.-C.). — La décomposition électrolytique des chlorures de sodium et
- de magnésium..................... 73
- Behn (U.). — Sur les phénomènes électrocapillaires.......................... 35
- Bell Crompton (R.-E.). — Étalon de résistance à compensation de température................................ 537
- Bergmann. — Lampe à arc à double globe. . 237
- Bergonié et Carrière. — Résultats comparatifs des méthodes cliniques ordinai-- -res et de l’examen fluoroscopique
- dans les épanchements pleurétiques. 137 Bernstein (Julius). — Sur l’action mutuelle
- des rayons cathodiques...............262
- Bidet (Victor). — (Voir Le Roy et Bidet.) Birkelaxd. — Sur le spectre des rayons cathodiques ...................... ; . . . . 356
- Sur une analogie d'action entre les rayons lumineux et les lignes de
- force magnétique................» 433
- Blackburx et Fairall. — Lampe .à arc . . . 242
- Blackburn et Spence. — Distribution mixte
- pour éclairage et traction...........449
- Blaknïtz. — Lampe à arc.......................240
- Blondel (André). — Prix Gaston Planté . . 180
- Blondel (A.) et Rey (J.). — Étude de l’éclat
- des projecteurs..............» 351
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-
-
-
- 590
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. — N° 13.
- Bi.ondin (J.).— Clapets électriques et redresseurs de courants électrolytiques. . Blot. — Brevet de plate-forme mobile. 195, Blot, Guyenet et de Mocombi.e. — La plateforme électrique à deux vitesses. 191, Bordier. — Influence des rayons X sur le
- phénomène de l’osmose.............
- Bornstein (R.). — Influence de la charge électrique de l'aérostat sur les observations faites pendant les voyages
- aériens...........................
- Borradaile. — Allumeur électrique pour
- becs de gaz.......................
- Bosch (Robert). —Allumeur électrique pour
- moteurs à gaz.....................
- Bouasse (H.). — Remarque sur une note de M. Moreau, intitulée : « Des cycles de torsion magnétique et de la torsion résiduelle du fer doux. »... Boublique. — Sur la préparation du phos-
- Ph°re.............................
- Boucherot. — Moteurs à courants polyphasés à induits fermés sur eux-mêmes
- et démarrant en charge............
- Condensateurs industriels, leurs applications à des distributions à intensité constante et à des alternateurs
- à auto-excitation.................
- Bouchet (M.-R.). — Nouveaux interrupteurs et coupc-circuits à mercure .... Boulgakoff (N.). — La capacité électrique
- d'un condensateur.................
- Bouty.— Nouvelle méthode pour la mesure de l’intensité des champs magnétiques .......................................
- Branly (Edouard). — Conductibilité des radio-conducteurs ou conductibilité électrique discontinue. — Assimilation à la conductibilité nerveuse. Sur l'historique de la télégraphie sans
- fil...............................
- Braun. — (Voir Hartmann et Braun.)
- Broca. — L’anticathode est le siège d'ondulations électriques si le courant excitant est lui-même ondulatoire
- (Note)............................
- Quelques propriétés des cathodes placées dans un champ magnétique
- puissant..........................
- Brown (C.-E.-L.) et Rouïin. — Tarification -de l’énergie électrique....................
- Brown (S.-W.). — Enroulement pour machine à courant continu......................365
- Bryan (G.-B.). — Sur la détermination de la conductivité des liquides en couches minces................................. 573
- Buff. — Redresseurs de courants électroly-
- ‘><Iues............................=93
- Buisson (H.). — Transparence du bismuth
- dans un champ magnétique. . . . 353
- Buller Elphisstone (G.-K.). — Galvanomètre .enregistreur............................. 58
- Burbank (John-E.). — (Voir Trowbridge et Burbank).
- Burchard (L.-S.). — Compteur à prépaiement ......................................... 64
- C
- Caffrey (W.-G.). — Chariot électrique à
- trôlet aérien pour routes ordinaires. 228 Carrière. — (Voir Bergonié et Carrière.)
- Carroll (William) et Cie. — Le chauffage électrique dans une fabrique de chapeaux de paille................................402
- Cellier (L.).— Conductibilité des charbons
- pour la chaleur et l’électricité. . . 486
- Chistoni (C.) et Vecchi (G.-G.). — Contribution à l’étude des aimants permanents .........................................257
- Clark (C.-M.) et Mac Mullen (C.-W.). — Dispositif pour l’essai des coupe-
- circuits magnétiques..................118
- Claude (G.). — La tarification de l'énergie électrique, tarif mobile C.-E.-L.
- Brown et Routin....................... 93
- Colard (O.).— Détermination de l'état électrique variable d’un réseau .... 516
- Collardeau. — Sur la préparation du phosphore................................578
- Colson (R.). — Sur une cause d'erreur dans l’interprétation des clichés radiographiques .......................................404
- Commelin (E.) et Viau (R.).— Accumulateur
- à gaz.............................5él
- Compagnie de Fives-Lille. —Projetde chemin de fer électrique pour l’Exposition
- de 1900 ..............................192
- Compagnie de l’industrie électriquede Genève.
- — Dynamo à courant continu. . . 366
- Compagnie générale de traction. — Projet de chemin de fer électrique pour l'Exposition de 1900.....................192
- 293
- » *97
- 198.
- 445
- 576
- 248
- 349
- 43 2
- 578
- 3°3
- 478
- 67
- 393
- 78
- 302
- 307
- 523
- 93
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-
-
- 26 Mars 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 59'
- Compagnie l’industrie électrique. — Trôlet
- à archet........................
- Contremoulins.— (Voir Rémy et Contremou-
- Cornu (A).—Sur quelques résultatsnouveaux relatifs au phénomène découvert
- par le Dr Zeeman................
- Cotton(A-). —Sur le changement de période et la polarisation de la lumière émise par une flamme de sodium placée dans un champ magnétique.
- Sur les expériences d’Egoroffet Geor-giewslcy et l'explication de Lorentz.
- Radiations dans un champ magnétique .........................405,
- Coudres (Th. des). — Production de rayons cathodiques de Lenard et expériences sur ces rayons.......................
- Couzens (H.-W.). — Compteur à prcpaic-
- ment............................
- Cowper-Coles (Sherardl. — Décapage électrolytique des fers forgés...............
- Cravath. — Sur le démarrage des voitures
- des tramways électriques........
- Crémieu. — Commutateur pour bobines de Ruhmkorff................................
- D
- Dales. — (Voir Avery et Dates.)
- Darrieus (G.). — Étude théorique sur les piles réversibles ; essais de théorie chimique sur les accumulateurs au
- plomb..........141.229,370,498,
- Davis (Ch.-H) et Williamson’ (F.-S.) — Traction électrique à très grande vitesse. Davy. — Lampe différentielle à arc . . . .
- Lampe à arc à globe clos..........
- Dearlove (A.). — Sur la pile-étalon Clark . Décombe (L.). — Mesure directe de la période des oscillations hertziennes. . Defacqz (Ed.). — Sur les impuretés de l'aluminium et de ses alliages................
- Dieffenbach.— Procédé d'extraction électrolytique du zinc..........................
- Dixon (J.-G.). — Compteur à prépaiement.
- Dopsox. — Lampe à arc....................
- Dockings. —(VoirGreengrass et Dockings), Drudr (P,). — Mesure du pouvoir inducteur et de l'absorption électrique des substances électriques en petite
- quantité au moyen des ondes électriques dans les fils............ 82
- Duane(W.). — Méthode magnétique pour la
- recherche du fil métallique .... 487
- Duane (W.) et Stewart (W.). —Amortissement produit par le champ magnétique sur la rotation des diélectriques .................................. 33
- Duçreïet. — Redresseurs de courants électrolytiques..................................293
- Dunlap (Orrin E.). — Les nouveaux magasins à grains de Buffalo..................339
- Dupuy (P.). — Mesure du rendement des machines électriquesà courant continu de toute puissance. . 162,488,578
- E
- Ebert. —- (Voir Wiedamann et Ebart)
- Elbs (K.) et Hertz (A.). — Expériences sur la préparation électrolytique de l'iodo-
- forme............................403
- Elieson. — Automobile électrique......... 46
- Ellis. — (Voir Folk et Elit s.)..........
- Elmore (E.-F.). — Machine unipolaire . . . 363
- Elroy (Mac). — Truck de chemins de fer ou
- tramways............................453
- Rester (J.) et Geitel (H.). — Propriétés photo-électriques des sels colorés obtenus dans la vapeur des métaux
- alcalins............................487
- Exgels (Max). — Dosage et séparation du
- manganèse et du fer................106
- Erskine (J .-A.).— Écrans magnétiques dans les champs oscillant avec amortissement ....................................... 40
- Conductibilité des électrolytes pour les oscillations électriques très rapides ................................399
- Esterline (J.-W.).— (Voir Treal et Esterlinc.)
- Evans (J.).—Indicateur de niveau d’eau . . 115
- F
- Fabro (G.'.—Supports de pîaquesd’accumu-
- lateurs........................... 7*
- Fairall. — (Voir Blackburn et F air ail,)
- Farrell (H.-O.). — (Voir Wade, Moorcs et Farrell.)
- Feldmann (C.-P.). — Sur les facteurs d’écono-
- nomie desstations d’électricité. 427,475
- 454
- 185
- 233
- 299
- > 54°
- !23
- 65
- 317
- 389
- 3°7
- 547
- 367
- 241
- 301
- 261
- 569
- 80
- 345
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-
- 592
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. — N" 13.
- Ferranti (de) — Dynamo a courant continu
- formant volant..................361
- Fischer-Hinnen (J.). — Sur une nouvelle méthode pour éviter les étincelles dans
- les dynamos.....................20&
- Folgheraiter (G.). — L'aimantation de l’argile par la cuisson et les hypothèses sur la fabrication de la vaisselle noire
- étrusque...........................4°°
- Folk et Ellis. — Régulateur de sûreté pour
- machines marines....................4U
- Franck.—Projet de chemin de fer électrique
- pour l’Exposition de 1300..........192
- G
- Geitel (H.). — (Voir Eîster et Geitel.) General Electric C1’. — Signaux scmapho
- riques............................410
- Contrôleur série-parallèle Priest et
- Merrick...........................45»
- Indicateur électrostatique de terre. . 489
- Gin et Leleux. — Sur la dissociation du carbure de calcium.......................593
- Sur la préparation du phosphore. . . 578
- Girault (P.). — Dynamo de 600 chevaux pour distribution à trois fils avec
- bobine égalisatrice....................204
- Graeiz. — Sur un procédé électromagnétique de transformation des courants alternatifs en courants continus .... 289
- Graham. — Procédé pour l’obtention des dépôts métalliques avec une grande
- densité de courant..................... 15
- Graiiner. — Lampe à arc.........................239
- Greexcrass (F.W.) et Dockings (S. R.). —
- Accumulateur........................... 70
- Griffith (G.). — Sonde électrique...............412
- Grunwald (F.). — Accumulateur................... 71
- Guggenheimer (S.). — Nouvelles recherches relatives à l'influence des rayons X sur la distance explosive de l’étincelle électrique............................. 525
- Guglielmo. — Formes simples de pompes de
- Sprengel...............................181
- Formes simples de tubes de Rœntgen. 226
- Guilbert (CL-F.).—-A propos de l’application
- des imaginaires à la résolution des problèmes sur les courants alter-
- natifs............................ 69
- Machines dynamo-électriques ; dynamos à courant continu ........361
- Guye (Ch. Eug.). — Le calcul graphique des
- courants alternatifs industriels. 321, 503 Guyenet. — (Voir Bîot, Guyenet et de Mo-cotnbïc.)
- Brevet de plate-forme mobile. . . . 197
- H
- IIagenbach (Ed.). — Renversement des soupapes électriques dans les tubes ra-
- réfiés ..............................527
- I-Ialske. — (Voir Siemens et Haïske.)
- Hammacher (S.).— Procédé pour le durcissement de la matière active des accumulateurs...........................117
- Hansen. — Lampe à arc homofocale .... 241
- Hartmann et Braun. — Compteur pour courant alternatif ............................. 62
- Haskin (J.-R.). — Fabrication électroty ique de la soude aux usines Mathieson, à
- Niagara-Falls................... 165
- Hegner (I.-H.).—Régulateur delampes à arc. 387 Helft, — Sur le démarrage des voitures de
- tramways électriques.............388
- Hertz (A.). — (Voir Elbs et Hert{.)
- Herzfeld (R.). — Sur l'arc voltaïque. . . . 349
- Heskett (T.). — Notes sur l'arc électrique . 346
- Hess (A.). —Électrochimie et électrométallurgie. . . •............................
- Hœpfxer. — Procédé pour l'extraction du zinc, du cuivre et du nickel de
- leurs minerais.................... 16
- Hoffmann(H.-W.).—(Voir Apt et Hoffmann.) Hofmeister (G.). — Interrupteur à mercure. 176
- Holmes. — Perceuse .......................100
- Housman (R,-H). — Mesure des faibles résistances................................... 571
- Hrabowski. — Réflecteur pour Lampes à arc. 516 H urmuzescu. — Détermination du nombre v
- de Maxwell...................... 155
- Sur les modifications mécaniques, physiques et chimiques qu'éprouvent les corps par l’aimantation . . 279
- Huîin (M.) et Leblanc (M.). — CelLules électrolytiques ............... .... 293
- Hutton (J.-E.). —Indicateur électrique de
- niveau d'eau.................... . 475
- I
- Illingworht (W.). — Boîte de jonction à interrupteur...................... 117
- p.592 - vue 591/744
-
-
-
- 26 Mars 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 593
- J
- Jaeger (W.). — Pile-étalon au cadmium de la
- Reichsanstalt........................ 31
- Janet (P.). — Sur l'application des imaginaires au calcul des courants alternatifs..........................267, 360
- Sur la température des lampes à incandescence ..............................522
- Jebsen (P.). — Carbonisation électrique de la
- tourbe...............................320
- Jones. — (Voir Ayrton et Jones.)
- K
- Kaufmann (H.). — Relation, entre la déviation des rayons cathodiques par le champ magnétique et le potentiel
- de décharge........................122
- King (Frank). — Accumulateur................302
- Klein (K.-R.). — Sur la dépolarisation du
- mercure et du platine.............. 42
- Klrmencic (J.). —Sur la viscosité magnétique. 38
- Knox. — Sur le démarrage des voitures de
- tramways électriques............. 383
- K<enjg (W.). — Observations du phénomène
- de Zeeman..........................226
- Expériences de cours montrantle phénomène de Zeeman.....................438
- Kohlrausch (F.). — Changements de concentration produits par l'électrolyse dans les solutions et les mélanges de
- solutions......................... 129
- Korda (Désiré). — Discussion sur la méthode
- de démarrage de Riccardo Arno. . 219
- Kremenrzky. — Lampe à arc alternatif . . . 464
- L
- Lamotte iM.) — Déterminations récentes du nombre v de Maxwell; travaux de
- M. Hurmuzescu....................153
- Travaux de miss Margaret Maltby . . 243
- Ondes plus courtes que Fonde fondamentale dans les systèmes de Lecher
- et Blondlot......................481
- Lebeag (P.). — Préparation au four électrique, des alliages de glucinium et de cui-
- Leblanc. — Discussion sur la méthode de
- démarrage de Riccardo Arno . . . 218
- Leblanc. —- (Voir Hulin et Leblanc.)
- Leleux. — (Voir Gin et Leleux.)
- Lénard. — Prix La Caze (physique) .... 178
- Le Roy (Fernand) et Bidet (Victor). —Chauffage électrique..............................317
- Lewes (Vivian B.). — L’éclairage à l’acétylène ........................................403
- Liardet. — Accumulateur......................300
- Liebenow. — Sur le calcul de la capacité d’un accumulateur à intensité de courant variable................................285
- Lienard (A.). — La théorie de Lorentz. 417, 456 Lombardi (L.). —Recherches théoriques et expérimentales sur les transformateurs de phase Fcrraris-Arno ... 21
- Lorentz (H.-A.). — Sur la polarisation partielle de la lumière d'une flamme placée dans un champ magnétique. 311 Théorie électromagnétique . . . 417, 456
- Influence du champ magnétique sur
- l’émission lumineuse................435
- Lotz(A.). — Compteur pour courant continu
- ou alternatif....................... 60
- M
- Maldiney et Thouvenin. — Influence des
- rayons X sur la germination. . . . 444
- Maltby (Miss Margaret). — Détermination
- du nombre v de Maxwell.............243
- Maréchal. — Projet de chemin de fer électrique pour l’Exposition de 1900. 192
- Mates (H.). — Accumulateur..................513
- MebiUs (C.-A.). — Calcul de la pression électrique ..................................... 33
- Melani (P.-G.). Décharges électriques dans les gaz raréfiés. Influence dit magnétisme . ................................. 29
- Mexges. — Induits dentés et induits à trous. 232, 234
- Merrick (F’.-A.). — (Voir Pricst QtMcrrick.)
- Mjlry de Contades. — Accumulateur. ... 313
- Michelson (A.). — Radiation dans un champ
- magnétique.........................310
- Milea. — Arrêt à distance..............115
- Mîolati (A.) et Alvisi (U.). — Electrolyse
- de quelques sels complexes fluorés. 259 Mocomble (de). — (Voir Blot, Guyenct et de Mocomble.)
- Projet de chemin de fer électrique pour l’Exposition de 1900............192
- p.593 - vue 592/744
-
-
-
- 594
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. — N” 13.
- Moissan (H.). Emploi du carbure de calcium pour la préparation des carbures métalliques et l’obtention des métaux .....................................
- Sur les conditions de formation des carbures alcalins et du carbure de
- magnésium......................391
- Sur la dissociation du carbure de calcium ................................392
- Montauck. — Câble de protection contre le
- feu............................319
- Moodie. — Manœuvre des portes des cloisons
- étanches à bord des navires . ... 411)
- Moores (J.). — (Voir JVade, Moorcs et Far-rell.)
- Mordey (W.-M.). — Grandes résistances . . 337
- Moreau (G.). — Des cycles de torsion magnétique et de la torsion résiduelle du
- fer doux.....................354i432
- Morgan. — Riveuse.......................109
- Morizk (H.). — Sur un nouveau procédé de détermination de la position des corps étrangers par la radiographie. 488
- Mosher. — Lampe à arc enfermé.......237
- Moureaux (Th.), — Sur la valeur absolue des éléments magnétiques au ier janvier 1898..................................599
- Mourlot (A.). — Préparation au four électrique du sulfure de baryum cristallisé ......................................536
- Moyer. — Lampe à arc enfermé.................237
- Mullen (C.-W. Mac). — (Voir Clark et Muî-len.)
- Muller (P.-Th.). — Travaux de la Société allemande d’électrochimie (Congrès de Munich 1897). ..........................284
- N
- Nernst. — Sur quelques expériences électro-
- capillaires. ......................284
- Northey. — Régulateur pour machines ma-
- Northrup (E'-F.) et Pierce (G.-W.). — Mesures des résistances à l’étincelle de différentes huiles..................... 26
- O
- Oberbeck (A.). — Tension aux pôles de la
- bobine d’induction...............171
- P
- Parker (L.-H.). — Sur le démarrage des voitures de tramways électriques. . . 388
- Parshall (H.-F.). — (Voir Baylor, Rice et Parshall.)
- Pellat(H.). — Influence du fer doux sur le carré moyen de la différence de potentiel aux extrémités d'une bobine parcourue par un courant de haute
- fréquence............................521
- Pellissier (G.). — La traction électrique en
- 1897....................../ • ; 52
- Chemins de fer et tramways électriques ; chemins de fer de banlieue et
- métropolitains............273, 335, 367
- Chemins de fer et tramways électriques ............................... 449
- L’utilisation des chutes du Niagara . . 493
- Perrin (Jean). — Décharge par les rayons de
- Rœntgen. Effet secondaire .... 395
- Pieper. — Lampe à arc......................240
- Pierce (G.-W.). — (Voir Northrup et Pierce.)
- Pike. —Amalgamcur.............................114
- PiSARjEWSKi. — Sur l’électrolyse des acides £
- méthylglycidique et ji méthylglycé-
- rinique..............................443
- Pollak (C.). — A propos des clapets électriques .....................................136
- Transformation des courants alternatifs en courants continus.............391
- Clapets électriques et redresseurs de
- courants électrolytiques.............293
- Priest (Ed.-D.) et Merrick (F.-A.). — Contrôleur série-parallèle........................ 45°
- Q
- Quincke (G.). — Viscosité des liquides isolants dans un champ électrique constant ............................... 37
- R
- Raab (Cari). — Compteur pour courantalter-natif......................................
- Raveau (C.). — Les progrès de la science élec-
- trique en 1897.................... 5
- Rémy et Contremoulins. — Appareil destiné à déterminer d’une manière précise, au moyen des rayons X, la position des projectiles dans le crâne. ... r37
- p.594 - vue 593/744
-
-
-
- 26 Mars 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 595'
- Rey (J.). — (Voir Blondel et Rey.)
- Rey-Pailhade (J. de). — Sur l'extension du système décimal aux mesures du
- temps et des angles •............ 528
- Reyval (J.). — Génération et distribution
- de l'énergie électrique en 1897. . -, 49
- Té-légraphie téléphonie, éclairage électrique, électrochimie (1897).......... 53
- Chemin de fer électrique de l'Exposition de 1900........................ 191
- Eclairage électrique de la place du
- Théâtre-Français. ................. 461
- Rice(E.-W).— (Voir Baylor. Rice et Farshall.) Richard (G.).— Applications mécaniques de
- l’électricité ..............109, 410
- Les lampes à arc.................... 297
- Rodier (G.). — Emploi du carbure de calcium contre le blackrot.......................272
- Rœntcex. --PrixLaCaze (Physiologie). . . 179
- Routjn (J.-L.). —Sur un alternateur unipolaire auto-excitateur......................... 19
- Routix. — (Voir Brown et Routin.)
- Rowbotham Blaïn (J.-D.). — Compas magnétique . ,........................... 66
- S
- Sagnag (G.). — Recherches sur la transformation des rayons X par la matière........................... 466, 509, 533
- Salomon (E.). —Sur une méthode de titrage
- galvanométrique................... . 291
- Salvioni (E.). — Sur le passagè de l’électricité à travers les interruptions extrêmement petites......................442
- Sauter(J.). —Aimantation d'un tore par une
- bobine nele recouvrant qu’en partie 99 Sauter-Harlé. - - Manœuvre de gouvernail. 414
- Schlatter. — Interrupteur automatique. . . 164
- Schmidt (G.-C.). — Propriétés photoélec- .
- triques duspath fluor etdusélénium. Schmidt (G.).— (Voir Wiedeniann etSckmidt.) Sherrin (J.-V.). — Moteur à courant continu à armature et inducteurs mobiles . Shering (E.). — Préparation électrolytique
- de l’iodoforme..................
- Short. — Sur le démarrage des voitures de
- tramways électriques............
- Schuckert. — Projecteurs.................
- Siemens. — Bouée électrique..............
- Trôlet à archet...................
- 439
- 962
- 409
- 389
- 249
- 410 455
- Siemens Brothers. — Ampèremètre...........539
- Siemens et Halske. — Procédé pour le traite-
- > ment des minerais ........ 14
- Métallurgie électrolytique du-zinc . ) 344
- Compteur.............................. 39
- Perforatrice électrique 110
- Ecran magnétique pour la protection desgalvanomètrcsà aimants mobiles 338 Équipage asiatique............338
- Simpson. — (Voir Willy et Stephen). Sinding-Larsen. — Procédé pour le traitement
- des minerais........................ 13
- Sirey (Charles). — La.question de l’éclairage électrique de Saint-Dizier devant le Conseil de préfecture de la Haute-
- ‘ Marne.............................. 447
- Sklodowska-Curie (Ml"e). — Propriétés ma-
- • gnétiques des aciers trempés. ... 46
- ' Smith (A.-W.). — Dynamo à courant con-
- tinu- • ..................
- Smith (Ch.-F). — Quelques expériences sur
- l’arc alternatif . . 72
- Smith (W.-H.). — Accumulateur ..... 513
- Société du secteur électrique de la rive
- gauche. — Le chemin de fer électrique de l’Exposition de 1900 . . .. 192
- Société nouvelle des établissements Decau-vii.le. — Le chemin de fer électrique de l'Exposition de 1900 . . . 192
- Société pour l’exploitation des procédés
- Thomson-Houston. Le chemin de fer électrique de l’Exposition de
- . i9°°............................ i92
- Spence. — (Voir Blackburne elSpeme.)
- Spencer. — Lampe à arc enfermé. . . . . . 298
- Spiller.— Commande des gouvernails. . . 412
- Sprague. — Système de chemins de fer électriques à unités indépendantes. . . 426
- Stf.inmetz (Ch.-Proteus). — Résistances des
- huiles à l'étincelle............. 28
- Stewart (W.). — (Voir Duane et Stewart.) Stores (G.-G.). — Sur la nature des rayons
- Rœntgen..........................374
- Stoxe. — Arrêt à distance................ 113
- Swyngedauw (R.). — Sur la décharge par
- étincelle ; réponse à M. Jaumann . 926
- T
- Telge(G.-A.-J). — Compteur à pendule . . 39
- Thouvenin. — (Voir Maldiney et Thouvenin.)
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-
-
-
- 596
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XIV. —N°13.
- Tolomei (Giuglio). — Étude sur l'action des rayons de Rœntgen sur les végétaux,..............................396
- Trkat (R.-B.) et Esierline (J.-W.). — Appareil pour l'essai magnétique des fers. 430
- Trowbridge (John}. — Grandes forces élec-
- tromotrices....................358
- Trowbridge (John) et Burbank (John-E.). — Phosphorescence produite par électrisation..........................339
- U
- Ulsch(K.). — Dosage de l’acide azotique , . 108
- V
- Vecchi (G.-G.). — (Voir Chistoni et Vccchi.)
- Viau (R.). — (Voir Commelin et Vian.)
- Vjllard. — Quelques propriétés des rayons qui produisent l’illumination hémisphérique des tubes focus au-dessus du plan de l’anticathode (Note) . . 307
- Recherches sur les rayons cathodiques 483 Voisenat. —Historique delà télégraphie sans
- fils............................... 166
- A propos de la télégraphie sans fil. . 313
- W, Y, Z
- WaDe(C.-H\), MûORES(J.) etE'ARRELL(H.-0.),
- — Dynamo à nombre de spires
- variable dans l’induit...........36^
- Walter (B.)..— Sur la bobine d’induction . 174
- Wetherill (J.-P.). — Trieur électromagnétique............................. 13 et 112
- Wiedemann (E.) et Ebert (H.). — Conducteurs isolés dans un champ de haute fréquence ; lueurs émises par de tels
- conducteurs.....................
- Conditions dans lesquelles un tube à gaz raréfie cesse de s'illuminer dans un champ de haute fréquence. . . Phénomènes dans un gaz raréfié contenu dans un vase métallique presque fermé à l’intérieur d’un champ de haute fréquence.................
- Wiedemann (E.) et Schmidt (G.). — Absorption des oscillations électriques par les gaz luminescents; effets d’écran
- qui en résultent......................440
- Influence des rayons-canal sur les propriétés électriques des tubes à
- décharge............................. 575
- Wilkens. — Sur les essais d'isolement des
- installations à courant alternatif. . 390
- Williamson (F.-S,), —(Voir Davis et Williamson.)
- Willy (H.A.) etSiMPSO.v(Stcphen). — Compteur à prépaiement........................... 63
- Wilson (S.). — Induits dentés et induits à
- trous................................ 252
- Wright (A.). — Galvanomètre à dilatation.
- Yvon (P.). — Emploi du carbure de calcium
- pourlapréparation del’alcool absolu 140 Zeeman. — Mesures concernant le phéno-
- mène de la radiation dans le champ
- magnétique........................308
- Ziegler (P.-H.). — Installations électriques à courants diphasés, de la filature Glück et Cie, de Mulhouse........... 182
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- r
- Supplér
- à L’Éclairage Èleclriq
- NOUVELLES
- Syndicat professionnel des industries électriques (Séance du 7 décembre 1897). — La séance est ouverte à 5 h. 20 sous la présidence de M. F. Mkyer.
- Membres présents : MM. Berne, Clémançox, Hart.é, Hillairet, de Loménie, Meyer, Mildé, Radiguet, Sartiaux, Violet.
- Excusés : MM. Ducretet, Grammoxi, Jupfont, PoRTEVIN, TrICOCHE.
- M. Lavigne, directeur de l’usine d'Oloron-Sainte-Marie, a donné sa démission de membre du syndicat.
- Le Comité central des Chambres syndicales, auquel notre syndicat est rattaché, demande à ses adhérents d’élever de 125 à 250 fr. la cotisation annuelle qui comprendra désormais les frais accessoires de bibliothèque, médailles, etc. La chambre décide d’accepter cette proposition.
- Le président fait connaître que certains journaux, rendant compte de l’incendie qui a éclaté le 3 décembre à Alfort, en ont attribué l'origine à un court circuit qui se serait produit dans les canalisations électriques de l’usine incendiée. Notre collègue, M. Mildé, a procédé à une enquête dont les résultats ont été absolument différents. — Pour réagir contre l’habitude fâcheuse de certains esprits qui, dès qu’il survient un sinistre dont la cause est difficile à démêler, l'attribuent spontanément à l'électricité, le président a cru devoir, au nom de l’industrie intéressée, adresser une protestation aux journaux qui l’ont enregistrée.
- M. Goichot, ingénieur de la Compagnie des mines de Blanzy, demande un bon chef électricien. — Cette demande sera renvoyée à M. Laf-fargue, directeur des cours d’électricité professés a la Fédération des mécaniciens-chauffeurs.
- M. Harlé propose, à cette occasion, de fournir une ou deux fois par an, pour être insérée au procès-verbal, la liste des demandes d’ouvriers qui lui
- sont adressées, surtout de la part des mécaniciens de la marine au moment de leur libération. Cette proposition est acceptée avec remerciements.
- Plusieurs entrepreneurs d’installations électriques ont appelé l’attention de la Chambre sur la façon de procéder du Bureau de contrôle qui, en omettant parfois de les convoquer à ses vérifications, peut leur causer involontairement un préjudice dans l’esprit de leurs clients.
- La chambre, à la suite d’un échange d’observations, invite le président à rappeler au Bureau du contrôle qu'il a été institué par le Syndicat en vue de faciliter les rapports entre les installateurs d'électricité et leur clientèle, pour donner à celle-ci toutes assurances de sécurité, en faisant d’autre part appliquer strictement les règles techniques élaborées par la chambre syndicale en 1892, qui ont été adoptées par l’administration préfectorale de la Seine dans l’arrêté du 25 juillet 1893. — Le Bureau de contrôle devra par conséquent apporter tous ses soins à concilier les difficultés qui pourraient survenir, et continuer à donner au public toute confiance dans les industries qui touchent à l’électricité.
- M. Thirion, directeur de l’usine électrique de Guelma, signale la concurrence qui, en Algérie, est faite à l’électricité par l'acétylène, et le traitement de faveur dont paraît jouir le carbure de calcium par rapport aux autres matériaux d’éclairage. — La Chambre décide de mettre cette question à l’étude.
- La Chambre a été saisie d'une protestation adressée au Sénat par la maison Mildé et la Société des Etablissements Cail, à la suite de l'adoption par la Chambre des députés, d’un projet relatif à son éclairage électrique. — Un concours a été ouvert officiellement en 1894 et après en avoir annulé les résultats, une commission parlementaire a décidé de donner la commande à l'un des concurrents qui n'avait été classé qu’à un rang inférieur. — La Chambre syndicale décide, pour
- 1/0US TROUVEREZ RÉUNIES
- à écrire
- La seule machine à écrire qui ait obtenu le « DIPLOME D’HONNEUR » à l'Exposition universelle de Bruxelles 1897.
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-
- Supplér
- à L'Éclairage Electriq
- du i*r jar
- faire respecter le principe du concours, de s’associer à la réclamation de la maison Mildé.
- Le Président rend compte des démarches faites, après une délibération de la commission de la chambre, associée aux représentants de la chambre syndicale des usines électriques, auprès de M. le député Guillain, rapporteur d’un projet de loi sur les distributions d'énergie.
- M. de Loménie y joint les renseignements relatifs à l'application du même projet de loi aux entreprises de traction.
- M. de Loménie signale à la chambre syndicale l’utilité d’étudier, sans plus tarder, l'application de la loi sur les accidents du travail qui, votée récemment par la Chambre des députés, va être incessamment soumise aux délibérations du Sénat. — Il fait ressortir l’avantage qu’auraient les électriciens à s’associer avec quelques autres industries de même nature pour constituer une assurance mutuelle.
- M. Harlé rappelle qu'il a, avec M. Sciama, fait une démarche auprès de M. le sénateur Trabieux, et a l’espoir que certains adoucissements pourront être introduits dans le texte définitif de la loi.
- La Chambre nomme unecommission composée de MM. Sciama, Harlé, Clémançon, et de Loménie, qui devra s’entendre avec les chambres syndicales de l’industrie du gaz et celle des usines d’électri-
- La séance est levée à 7 heures.
- Traction électrique. — Guéret. — Voici le projet de tramway électrique proposé par M. Lacôte pour desservir le département de la Creuse.
- Une force hydraulique considérable fournie par une chute d'eau des environs de Saint-Etienne-de-Fursac, donnerait seule le courant électrique néces-
- Le point de départ de la ligne serait Saint-Etienne-de-Fursac et Guéret ; le point terminus par la Souterraine, le Grand-Bourg, le Trois-et-Demi,Saint-Vaüry et Guéret.
- Une station serait installée route de la Souterraine, à l’entrée de Guéret, et une autre place Bonnyaud.
- Le tramway irait de la place de Bonnyaud à la gare par le faubourg de l’Etang, la route de Moulins et l’avenue de la Gare.
- — Lille. — Il est question de substituer la traction électrique à la traction animale.
- En 1894, la Société actuelle succéda à l’ancienne Compagnie des tramways du Nord. Elle soumit à la ville un programme de réformes et d’améliorations. En particulier :
- « Sur les deux parcours de Lille-Roubaix et Lille-Tourcoing. elle proposait la traction électrique par
- câbles aériens en dehors de la ville et par accumulateurs à l'intérieur.
- « Sur les autres lignes extérieures, elle offrait d'adopter la traction à vapeur ordinaire ou la traction par moteur Scrpollet.
- « Enfin, pour les lignes urbaines, la Compagnie désirait remplacer la traction animale par la traction électrique ou le moteur Serpollet. »
- Jusqu’ici, à part de timides essais, la Compagnie n’a pas tenté de mettre ce programme à exécution .
- Le cahier des charges actuel doit être refondu et présenté à l'approbation du gouvernement et du Conseil d’État. La Compagnie demande la création de nouvelles lignes et le prolongement de certaines des lignes actuelles; elle désire aussi un prolongement de la concession.
- Mais vis-à-vis de l’État, c'est la ville qui est concessionnaire du réseau de tramways qu'elle a rétrocédé aux compagnies successives. La concession prend fin le 12 octobre 1922. A partir de ce jour, l’Etat sera subrogé à tous les droits du concessionnaire sur la voie ferrée et ses dépendances, et il entrera immédiatement en jouissance de tous ses produits. Si donc une prolongation de concession est demandée, c’est avec l’Etat qu’il va falloir traiter.
- La Compagnie sollicite aussi le révision de l'article 4. et c’est là le point capital de l’affaire; en effet, cet article est ainsi conçu :
- « A partir du 4 octobre 1903 et jusqu’à l’expiration de la concession, la Compagnie payera à la Ville, pour la jouissance du matériel fixe, dont elle conservera la charge d’entretien, un loyer annuel de 100000 fr, payable par trimestre et d’avance, plus un quart des bénéfices nets après attribution d’un intérêt.de 6 p. 100 aux actionnaires. »
- La charge est lourde, et on comprend que la Compagnie essaye de l’éviter ou cherche au moins à la diminuer.
- L’ancienne municipalité avait refusé de s’occuper du remaniement de la convention avant que les travaux promis par la Compagnie fussent exécutés. Actuellement, les voies ont été refaites dans les parties les plus mauvaises, le matériel roulant a été amélioré ; la Compagnie a exécuté an moins en partie ses engagements.
- Il paraîtrait que la Compagnie propose la traction électrique par conducteurs souterrains au centre de la ville, et la traction par fils aériens dans les autres partiesde la ville.
- Nous tiendrons nos lecteurs au courant de la traction lilloise.
- — Lorient. — Les travaux d’installation des tramways électriques vont enfin commencer très prochainement. Voilà bientôt trois ans que Ion s’en occupe. Une ligne ira jusqu’à Hennebonf
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- une autre à Ploemeuret à Larmor. On pense livrer les lignes au public pour la fin de juillet.
- Les voitures seront au nombre de 44 et se suivront en ville' environ à vingt minutes d'intervalle. Le matériel de l’usine est attendu incessamment.
- — Paris. —Depuis longtemps déjà les habitants de Saint-Denis se plaignaient des retards qu'éprouvaient, au retour de Paris, les tramways électriques partant de l’Opéra et de la Madeleine. Par suite de la fatigue des appareils moteurs, la plupart des véhicules restaient en panne au moment de gravir les dos-d’àne des ponts qui précèdent l'entrée de Saint-Denis; d’où des pertes de temps fort désagréables.
- Des plaintes furent adressées au directeur des tramways de Paris et du département, M. Broca, qui répondit que la Compagnie étudiait précisément des modifications pour remédier à cet état de choses. Des expériences ont été faites dernièrement et ont donné satisfaction. Le riouveau type des moteurs est dûà M Johannet et tout le réseau en sera prochainement pourvu. Les nouvelles voitures ne craignent ni les rampes ni les courbes et ne dégagent plus l'odeur de gutta brûlée si habituelle aux anciennes; la suspension a été amélio-
- La question du sectionnement des tarifs de la barrière au terminus de Saint-Denis est presque réglée, de façon que la traversée de l’agglomération de Saint-Denis ne coûte plus que 5 et 10 cent suivant la classe, au lieu de 10 et 20 cent ; il suffira pour cela de transférer le bureau de la place aux Gueldres à la Porte-Paris.
- — Pyrénées-Orientales. — Aux termes d’un arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales en date du 17 novembre, MM.1 les ingénieurs et agents de la Société dé éclairage électrique de Bordeaux, chargés de faire sur le terrain les études nécessaires à l'établissement de lignes de tramways dans le département des Pyrénées-Orientales, sont autorisés à l'expiration de dix jours qui suivront la publication de l'arrêté, à pénétrer, avec les aides qui les accompagnent, dans les propriétés non closes, à poser au besoin des jalons, signaux, bornes et repères dans les territoires des communes de Thuir-Canohès-Toulouges-Perpignan-Bompas-Pia - Rivesaltes -Claira-Saint-Hippolyte-Saint-Laurent-de-la-Salanque-Arles-sur-Tech-Cor-savy-Montferrer- Saint-Laurent-de-Cerdans-Serra-longue - Le Tech - Prats-de-Mollo-Olette-Cana-veilles-Thuès-Fontpédrouse -Sauto-La Cabanasse-Mont - Louis-Saint-Pierre - dels-Forcats-Bolquère-Byne-Odeillo-Llo-Saillagouse-Err-Sainte-Léocadie-
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- Les mêmes agents sont également autorisés à pénétrer dans les propriétés closes et à abattre les
- arbres fruitiers et d’ornement qui gêneraient les opérations, après l’accomplissement des formalités prescrites par l’art. icrde la loi du 29 décembre 1889.
- Les indemnités qui pourront être dues pour dommages causés aux propriétés seront réglées, à défaut d’accord amiable, conformément aux prescriptions delà loi du 22 juillet 1889.
- Toute personne qui, après l’accomplissement des formalités prescrites, s'opposerait aux opérations ou arracherait les bornes et les jalons, sera poursuivie conformément à la loi.
- — Rennes. — La Compagnie des tramways électriques procède dans le nord de la ville à des essais intéressants. Elle double le service dans la section du carrefour d’Antrain au faubourg de Fougères, de manière à assurer sur cette section des départs toutes les six minutes au lieu de toutes les douze. A cet effet, les voitures arrivées à l’octroi de Fougères reviennent immédiatement en arrière jusqu’au carrefour d’Antrain, de manière à s’y rencontrer avec les voitures de la ligne Cimetière-du-Nord, dont elles remmènent immédiatement les voyageurs par transbordement.
- Ces essais ont été satisfaisants au point de vue des correspondances.
- — Vienne (Autriche). • Depuis longtemps déjà de superbes projets existent pour la transformation des lignes actuelles de tramways en tramways électriques — sur le papier. Celles de la première période de construction, la ligne de ceinture (Gürthelinie) et la ligne des faubourgs (Vo-vortelinie) devaient être prêtes à fonctionner à la fin de 1897. Elles ne le seront qu’au mois de mai 1898 — à ce qu’on espère. Quant à la Wienthallinie de Protersten à Huttersdorf, la Donaüca Wallinie, elles ne seront pas transformées avant 1899 et même 1900.
- La traction électrique sur les lignes de l’Etat belge. — Les essais de traction que l’administration des chemins de fer de l’Etat belge organise vont bientôt prendre cours. Ces expériences, instituées d'après un programme défini, dont nous avons parlé antérieurement, visent simplement le trafic intensif par trains-tramways légers aux environs des grands centres et à vitesse modérée.
- Leur but immédiat est l’étude du moteur.
- Ces moteurs seront de cinq modèles différents fournis par quatre maisons distinctes. Ils sont tous du type « gearless», c’est-à-dire sans intermédiaire de réduction de vitesse, les uns à induits flottants, les autres à induits calés sur l’essieu même.
- Devant circuler sur des lignes de profils variés, les voitures portent la source d’électricité sous forme d’accumulateurs. Le poids de la batterie est de 12 tonnes. La fourniture en est déjà faite, et ils sont, en partie, installés. Leur emploi
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- est provisoire, borné à la période d'essai des moteurs et des appareils régulateurs de leur mar-
- Moteurs et régulateurs ont presque tous, à l'heure actuelle, fait l'objet d'expériences dans les ateliers des fournisseurs ou dans ceux des chemins de fer de l'État. Deux paires d’entre eux sont en montage sur les voitures.
- L’éclairage électrique du Bois de Boulogne. — L'administration municipale étudie actuellement une proposition qui lui a été faite et qui a de grandes chances d'être adoptée. Le locataire d'un des grands restaurants du Bois de Boulogne offre d’éclairer l’île du grand lac à l'électricité.
- Un puissant réflecteur serait installé à la pointe nord de l'îlc et éclairerait le Rond-Royal et ses abords. Des foyers puissants seraient établis, l’un en face du Racing-Club. l'autre dans la perspective de la Muette, un troisième au sommet du charmant petit kiosque qu’avait fait construire l'impératrice.
- Utilisation des chutes d’eau en Suède. — La Société le Fnur électrique de Laval commencera sous peu la fabrication du carbure de calcium à Trollhættan, suivie probablement de celle d’antres produits obtenus au moyen du four électrique. La Société louera l’excédent de puissance dont clic dispose,sous forme d'énergie électrique,aux autres fabricants qui auront là une occasion unique de se procurer une puissance considérable pour la production de hautes températures.
- La situation de Trollhættan est exceptionnelle sous tous les rapports, car elle est en communica-
- tion directe avec la mer par des canaux et des chemins de fer. C’est une station du chemin de fer de Bergslag, située à 72 km de Gothenbourg et à 285 km de Christiania : de plus la ville communique par voie d'eau avec Stockholm et Gothenbourg. Les routes de communication sont faciles et commodes.
- La puissance des cascades est de 220 000 chevaux-vapeur; aussi de grandioses projets ont-ils été faits par l'Etat et par des particuliers et Trollhættan a été élevée au rang des places d'industrie suédoises de premier ordre.
- Pose d’un câble téléphonique entre Marseille et le Frioul. - La Charente, navire chargé de l’entretien des câbles sous-marins, vient d'immerger un câble téléphonique entre Port - des-Auffes (Marseille’' et les îles du Eriouî. Ces îles sont fort importantes au point de vue stratégique, car elles commandent la rade de Marseille ; en outre c’est là que se fonfles quarantaines des navires.
- La ligne est de 3 500 m ; le câble est renforcé à cause du fond rocheux, du ravage des ancres et des courants violents. Aussi le prix courant du mètre, qui est ordinairement de 1 à 1 fr 10, est ici de 2 fr 30.
- La Charente va procéder au relèvement d'un des câbles qui relient la France à l’Algérie. Un défaut est signalé à 200 milles de la côte africaine et à 3 000 m de profondeur.
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- BREVETS D’INVENTION
- Liste, communiquée par l'Office E. fiarrault, ü8 bis, rue de la Chaussêe-d'Anlùi, Paris.
- 268 372., D Arsonval. l«r juillet 1897. — Perfectionnements
- 2«8U379.1CF\^a°brièi et Angenot. 2 juillet 1897. — Perfectionnements aux lampes électriques à incandescence.
- 268 386. Von Siemens. 2 juillet 1897. — Four électrique.
- 268 389. Berthet. Mollard et Dulac. 2 juillet 1897. — Procédé pour isoler les appareils conducteurs électriques tout genre employés pour la production, la transforma et l’utilisation ou le transport de l’énergie électrique s
- 268 392. Bouchet. 2 juillet 1897. — Système de coupe-circuit
- 268 isallïuïler et Tudor. 3 juillet 1897. - Système de pulsion à courant polyphasé pour les voitures et les
- 268 432, Pisca et Leroy. 3 juillet 1897. — Transformateur de vitesse clectro-mécanique.
- 268 440. Reynard. 3 juillet 1897. — Procédé pour l’immobili-
- 268 448. Jungner, 5 juillet 1897. - Disposition d’électrodes pour accumulateurs électriques.
- 268 462. Waldthausen. 5 juillet 1897. — Dispositif protecteur
- cédés Thomson-Houston, fi juillet 1897. — Contrôleurs pour moteurs électriques.
- 268 491. Pullen, fi juillet 1897. — Perfectionnements dans les piles électriques.
- 268 894. Oxley. 6 juillet 1897. — Perfectionnements apportes aux appareils Switcheurs de sûreté pour systèmes de distribution électrique.
- 268 499. Erlacheret Besso. 6 juillet 1897. — Nouveau système de commutateur pour accumulateurs île courant.
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- Supplément à L'Éclairage Électrique du 8 janvit
- NOUVELLES
- Traction électrique. — Algérie. — La ville de Constantine sera bientôt pourvue de tramways électriques. La force motrice sera fournie par la cascade du Rhumel qui actionnera deux turbines de 160 chevaux, une de 350 et une de 450.
- A Alger, sur la section d’Hussein-Dey aux Deux-Moulins, l'installation électrique suit' son cours, en attcn'dantla déclaration d'utilité publique qui ne peut tarder à intervenir, tous les services de l'État ayant donné un avis favorable à la substitution de l’électricité à la vapeur et à la pose d’une double voie sur tout le parcours, afin d’éviter les causes nombreuses d’accident,
- D’autre part, la Ville et la Compagnie étudient le projet de déplacement de la voie de l'Esplanade Bad-el-Oued à la rue Amiral-Pierre.
- Les négociations sont sur le point d’aboutir.
- Les travaux du tramway électrique de l’Hôpital à la Colonne-Voirol ne chôment pas. (V. Supplément, t. XIII, p. LXI.)
- (• Peut-être qu'un léger temps d'arrêt, dans l'ouverture de la ligne, se produira par suite de la nécessité qu'il y a, pour le service des postes et télégraphes, de doubler tous les fils du réseau téléphonique afin d'éviter dans le service téléphonique des interruptions qui ne manqueraient pas de se produire, par suite de l’influence qu’exercera fatalement le fil aérien du tramway sur les fils téléphoniques.
- Une convention doit intervenir entre l’administration des postes et télégraphes et celle des tramways algériens pour régler la question. Une somme de 72 000 fr doit être versée par la Compagnie dans les caisses de l’État pour faire face à la dépense du doublement des fils, dont les travaux dureront trois mois.
- La convention sera soumise très prochainement à la sanction du ministère.
- Tout laisse à présumer que rien ne viendra retarder la date de l’ouverture de la ligne.
- Le Conseil général ayant donné un avis favorable à la concession de la ligne de tramways d’Al-
- ger à Bouzaréa, le préfet va procéder à la rédaction de l'acte de concession, et les demandeurs en rétrocession seront mis en demeure de profiter de la concession en commençant les travaux qui leur seront ainsi confiés.
- Préalablement, un décret devra autoriser les communes d’Alger, de Bouzaréa et de Saint-Eugène à s’organiser en syndicat.
- — Avignon. — Le Conseil municipal d’Avignon a été informé à sa dernière séance que les difficultés relatives à l'établissement des tramways électriques sont aplanies.
- Le Conseil général du Vaucluse a accepté les propositions du Conseil municipal pour ce qui touche la route départementale sur le boulevard extérieur et dans la traversée de Saint-Ruff : le concessionnaire devra opérer l’empierrement de l'entrevoie et paver l’extérieur de la voie sur une largeur de 50 cent de chaque côté des rails.
- Le concessionnaire versera en outre à la ville une somme de 20 000 fr. Cette somme sera imputée à d’autres travaux de voirie.
- En attendant que l’on puisse faire circuler les ' tramways électriques sur les ponts de la Ville, la municipalité s’est entendue avec le concessionnaire pour établir des communications avec Ville-neuve, soit par des automobiles, soit à l'aide de voituresattelées. Enfin le concessionnaire a accepté diverses modifications aux tarifs, notamment la délivrance gratuite de certains tickets de correspondance.
- — Cannes. — La question des tramways est enfin résolue; les terrai;is destinés à la construction de l’usine sont définitivement choisis. (V. Supplément, t. XIII, p. xxii.)
- Les constructions, dont les plans sont à l'étude, couvrent 3 000 m2; elles comprennent une remise pour 26 voitures, un bâtiment pour les machines et un pavillon pour l’administration.
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- les ateliers de réparations, les magasins et les dépôts de charbon.
- Au cours de la prochaine saison d'été, les travaux de l’usine seront commencés ainsi que le placement des rails de la voie comprise entre le pont de Grasse et le Cannct.
- Au mois de mai prochain les travaux de la voie seront attaqués sur tous les points, et, d'après les ingénieurs, le service des tramways fonctionnera en décembre 1898.
- — Gand. — Nous avons annoncé déjà (Supplément, t. XIII, p. xxx) la transformation de la traction à Gand.
- La concession des tramways électriques qui vient d'être accordée par la Ville pour une durée de cinquante ans. à partir du 20 novembre dernier, est intéressante en raison des conditions suivantes imposées aux concessionnaires :
- Le concessionnaire estt.enu d'admettre de préférence dans le nouveau service les agents de la Compagnie actuelle, après qu’ils auront subi un examen montrant qu'ils réunissent les conditions techniques requises.
- Un salaire minimum de 4 fr par jour est imposé pour les conducteurs et percepteurs; un salaire minimum de 3,50 fr pour les ouvriers.
- La journée de travail est fixée au maximum, en été, à 14 h. 1/2. en hiver, à 13 h. 1/2, y compris une interruption d'au moins 1 h. 1/2.
- Les heures supplémentaires seront payées à raison de trois heures de salaire pour deux heures de service effectif.
- Le concessionnaire devra assurer tout son personnel contre les accidents, sans exercer de ce chef aucune retenue sur les salaires.
- Tous les dix jours les employés auront un jour de congé.
- Le tarif des places est fixé à 15 centimes en rrc classe et ro centimes en 2e classe, quel que soit le parcours. Le concessionnaire est libre de renoncer à la 1’e classe.
- — Glasgow. — La municipalité de Glasgow
- s’est décidée il y a quelque temps à remplacer les tramways ordinaires par des tramways électriques. Elle a cru devoir adopter le système à trôlet à traction aérienne (comme ceux qui circulent à Versailles), comme étant « celui qui offre le plus d’économie, le plus de sécurité et le meilleur de ceux qu'a consacrés l'expérience ».
- « Les tramways n’auront pas d’impériale, à cause du peu d’élévation des nombreux ponts sous lesquels ils auront à passer. Le prix des courses reste fixé à un « half-penny » (cinq centimes).
- — - Le Mans. — Une excellente amélioration va tout probablement être apportée au service des tramways électriques, sur la ligne Pontlieue-l’Hô-
- Précédemment, le voyage entre ces deux points était pour ainsi dire coupé en deux.
- Les voyageurs se rendant de Pontlieue à l'Hôpital et réciproquement devaient dcsc endreplace de la République, la voiture qui les y amenait s'y arrêtant, et attendre l’arrivée d'une autre voiture, chargée, celle-là, de les conduire au point ter-
- Dorénavant, les voyageurs n’auront plus à changer de tramway place de la République, la mèmè voiture les conduisant directement de l’Hôpital à Pontlieue et vice versa.
- — Montpellier. — Le maire de Montpellier, considérant que l’application du système des tramways électriques à Montpellier est en vigueur; considérant que ce modèle de traction nécessite quelques précautions, qu’il appartient à l'autorité municipale de prescrire dans l'intérêt de la sécurité publique;
- Arrête : Article premier. —11 est rigoureusemen t interdit de laisser stationner les voitures ou véhicules quelconques sur la voie des tramwuiys. 11 est également interdit de les faire circuler sur ladite voie, si ce n’est en cas de nécessité et sur le moindre parcours possible.
- Art. 2. — Les conducteurs de voitures devront ralentir la marche de leurs véhicules au croisement
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- des rues traversant les voies de tramways, de façon à éviter toute possibilité de collision.
- Cette disposition s’applique également aux vélo-cipédistes.
- Art. 3. — Lorsqu’un conducteur de voiture ou véhicule quelconque aura été obligé d’emprunter une voie de tramways, il devra s’en écarter immédiatement et rendre la voie complètement libre dès qu’il aura été possible d’apercevoir le car de tramway ou d’entendre le signal avertisseurannon-çant son approche.
- Art. 4. — L'article précédent est également applicable aux piétons.
- 11 leur est également interdit de stationner ou de circuler sur la voie des tramways, si ce n’est en cas de nécessité.
- Dans toute autre circonstance, ils devront suivre les trottoirs ou les parties latérales de la voie publique.
- Art. 5. — Il est rigoureusement interdit, sous peine d’arrestation immédiate et de poursuites criminelles, de jeter ou de placer sur les rails des tramways aucune pierre ou objet quelconque susceptible de faire dérailler les cars ou d’entraver d’une façon quelconque leur circulation.
- — MM. Merlin etChassary ont constitué la société qui exploitera les tramways électriques de Béziers et de la plage de Sérignan.
- Le dossier a été remis à la municipalité le lundi matin 6 décembre. L'administration municipale a dressé son mémoire explicatif et le dossier est parti pour Montpellier.
- M. Mas compte que l'enquête sera bientôt
- ordonnée, fin janvier ou commencement de février.
- Dès que l’enquête sera terminée, la Compagnie des tramways est dans l'intention d'entreprendre les travaux de la ligne de la mer, sans attendre l’autorisation.
- La Société abandonne le projet de la nouvelle ligne des Arènes.
- Elle demande à être exonérée de l’obligation de paver la double voie partout où elle sera établie, soit depuis la gare du Midi jusqu’au théâtre.
- —-Montreux. — Le consortium qui s'était formé il y a quelques années, en vue d’établir un chemin de fer à crémaillère de Montreux à Montbovon, et qui avait en mains les concessions nécessaires, vient d’abandouner ses droits à MM. Dufour, aux Avants, qui établiront un tramway ou chemin de fer sur le même parcours.
- — Paris [banlieue). — Nos lecteurs savent qu’il est question depuis quelque temps déjà d’un tramway devant relier le pont de Neuilly à Paris en traversant Levallois.
- MM. Bonnet, Durand et Sinchollc ont soumis à l'approbation du préfet de la Seine l’avant-projct d’une ligne de tramways à traction électrique reliant la rue Balagny (Paris) à la porte des Sablons (Neuilly) et au pont de Neuilly.
- Cette ligne partirait, dans Paris, du carrefour forméparla rue Balagny et l'avenue dcSaint-Ouen ; elle emprunterait les vues de la Jonquière et Pou-chet; elle sortirait de Paris par la porte Pouchet;
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- VIII
- Supplément à L'Éclairage Electrique du 8 janvier 1898
- elle suivrait, dans Clichy, la route départementale n" io, le boulevard de Lorraine, la rue du Bois (chemin de grande communication n° 7) ; elle emprunterait, dans Levallois, les rues Gravel et de Dresde; puis, dans Neuilly, le boulevard Inker-mann, le boulevard d’Argenson, la rue du Château et l’avenue de Neuilly (route nationale n° 1^) jusqu'au pont de Neuilly; un embranchement partirait du boulevard Inkërmann, dans Neuilly, pour aboutir à la porte du bois de Boulogne, dite porte des Sablons, en suivant l’avenue d’Orléans et l’avenue des Sablons.
- La ligne rendrait de grands services en reliant les communes de Neuilly, de Levallois-Perret et de Clichy. Il y a en outre demande en concession d’une ligne reliant le terminus, rue Balagny, à l’avenue Parmentier.
- — Rosendael (Nord). — La commission départementale du Nord a émis un avis favorable au projet de création d’un tramway à Rosendael.
- Elle a refusé son approbation à la demande de la Compagnie des tramways de Valenciennes tendant à substituer aux arrêts fixes les arrêts à toute réquisition des voyageurs.
- — Saint-Nazaire. — Le 27 novembre dernier, M. Bernard, notaire à Lyon, a reçu l’acte constitutif d’une société en nom collectif, au capital de 2600000 fr, ayant pour but la construction et
- l’exploitation des tramways électriques de Saint-Nazaire, dont M. de Brancion a été déclaré concessionnaire.
- M. de Brancion, rétrocessionnaire d’un projet de lignes de tramways à établir entre Saint-Joachim, Penhouët, Saint-Nazaire, Ville-ès-Martin et Pornichet, vient, par acte d’huissier en date du Ier décembre, de notifier la constitution de sa société en nom collectif à l’administration municipale de Saint-Nazaire.
- La société en nom collectif a été formée pour se substituer aux droits et obligations de M. de Brancion dans les conventions existant entre la ville de Saint-Nazaire et lui, portant rétrocession en sa faveur d’un réseau de tramways, mais sous la condition qu’il sera apporté quelques légères modifications dont les études ont démontré la nécessité, tant dans l’intérêt du public que dans celui de l’exploitation.
- Le capital apporté par cette société est de 2 600000 fr ; elle se compose d’entrepreneurs et constructeurs honorablement connus et d'un groupe financier.
- Voici les modifications que M. de Brancion demande à la Ville d’apporter au traité primitif :
- La traction sera électrique par conducteur aérien, sauf pour la ligne comprise entre les bassins de Penhouët et Saint-Joachim etses embranchements où il pourra être fait usage de la vapeur.
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- On installera la voie de façon à ne pas modifier le profil des chaussées, et après la pose des rails, le sol de l'entre-rails sera rétabli comme il l’est actuellement.
- Quelques modifications nécessitées par l'exploitation seront introduites d'accord avec la municipalité.
- Eclairage électrique. — Auxerre. — Au conseil municipal :
- M. Potin demande où en est la question du gaz et de l’électricité.
- Le maire. — Elle suit son cours.
- M. Potin. — Ça ne me renseigne pas beaucoup.
- Le inaire. — Voulez-vous le dossier de l’affaire ?
- La question'en reste là.
- Adjudications, offres, demandes. — Anna (Espagne, province de Valence). — Les autorités municipales demandent des plans et devis pour une concession de quinze ans de l'éclairage électrique de cette ville.
- — Tàrragona (Espagne).— La Direccion generale de Correos y Telegraphos (callé de Carretas, io, Tarragona) demande des offres pour la construction et l’exploitation d’un réseau téléphonique
- dans cette ville. Les devis doivent être envoyés avant le 20 janvier et être accompagnés d’une provision de 2.000 pesetas.
- Les bornes téléphoniques devront être du modèle employé par le service télégraphique; les isolateurs seront en porcelaine dure et du type à double cloche ; les supports seront en fer galvanisé. Les conducteurs seront en fil de bronze de 1,1 mm de diamètre, ayant une résistance électrique de 54 ohms par kilomètre et une résistance mécanique de 78 kg par mm2; des fils de fer et d’acier pourront également être utilisés. Les microphones et téléphones devront remplir les conditions que remplissent ordinairement les appareils
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- Traction électrique. — Cambrai. — "Nous avons déjà annoncé (.Supplément, t. XII, p. lxv) que le Conseil municipal de Cambrai avait accordé la concession d'un réseau de tramways électriques destiné à desservir les principales artères de la
- Le mode de traction adopté est celui de la prise de courant dite à archet. Ce système est déjà employé à Fontainebleau et il sera appliqué prochainement dans plusieurs villes du Nord, notamment à Armentières, Beauvais et Cassel.
- L'installation complète de Cambrai sera faite avec le matériel de la Société alsacienne de constructions mécaniques de Belfort.
- Libourne. — La commission départementale de la Gironde, dans sa dernière réunion, a donné un avis des plus favorables à la construction d'une ligne de tramways électriques de Libourne à Branne, avec embranchement sur Sainte-Terre.
- L'établissement de cette ligne, impatiemment attendue par toutes les populations intéressées, et au transport desquelles ne peuvent suffire les voitures qui font le service entre Branne, Sainte-Terre et Libourne, rendra les plus grands services à une région qui manque totalement de moyens de communication.
- D’ailleurs, depuis longtemps la reconstitution des vignobles, dans les régions traversées par le tramway projeté, amène un plus grand nombre de marchandises, et, d'autre part, le nombre des voyageurs entre les divers points desservis ne cesse d’augmenter.
- Les intéressés espèrent que le décret d'utilité publique ne se fera pas longtemps attendre, afin que la réalisation de ce projet soit poursuivie dans le plus bref délai.
- Manchester. — Le Conseil municipal de Manchester a décidé qu'à l’expiration du traité passé avec la Compagnie actuelle de tramways, la ville
- prendrait elle-même .en main l'exploitation. Le traité expire l'année prochaine. La municipalité s’est décidée pour la traction aérienne, comme ne devant pas interrompre le service. Les frais d'ins-tallationsont évaluésàqjooooliv. st. (i 175 000 fr.).
- L'électricité sera fonrnie par une usine appartenant également à la ville. Toutes les villes voisines de Manchester et qui lui sont reliées par un réseau de tramways vont être amenées à suivre cet exemple. Salford, Oldham, Ashton-under-Lyne et Stockport ont déjà commencé les travaux nécessaires, et Manchester deviendra ainsi le centre du réseau de tramways le plus important de l’Angleterre.
- Paris. — Nous avons déjà, à plusieurs reprises, signalé les projets de tramways de pénétration pour Paris (Supplément, t. XIII, p. xmet lxii et ce tome, p. vu.)
- Voici les nouvelles lignes pour l'établissement desquelles le Conseil général a émis un avis favorable, dans sa séance du 22 décembre dernier.
- i° Ligne de la place de la République à Fonte-nay-sous-Bois, concédée à M. Claret, agissant au nom de la Compagnie du tramway électrique de Paris à Romainville, qui exploite déjà la future ligne sur un parcours de 2480 m.;
- 20 Ligne de la place de la République au Raincy, concédée à MM. Cauderay et Renard, agissant comme administrateurs de la Compagnie générale de traction, boulevard des Capucines, 24, à Paris. La ligne aura 14,07 km dans le département de la Seine, et 670 m en Seinc-ct-Oise, sur le territoire du Raincy. L'exploitation est sans subvention ni garantie d’intérêt et la concession doit expirer le 1" janvier 1993.
- 30 Ligne de Issy-les-Moulineaux à la porte de Versailles, concédée à MM. Cauderay et Renard. Cette ligne desservira la commune d'issy dans toute sa longueur, entre la porte de Versailles et la limite du territoire de Meudon, aux Moulineaux.
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- Voici d’autre part, les lignes sur le projet desquelles l’enquête, ouverte en décembre, doit finir dans le courant de janvier.
- i° Ligne de Chatenay au Champ-de-Mavs, par l'avenue de la République à Montrouge, et, dans Paris, par l'avenue de Châtillon, rues d’Alésia, Labrouste et des Fourneaux, boulevard Pasteur, avenue Suffrcn, Ségur, de La Bourdonnais.
- La longueur à exploiter dans Paris est de 5,662 km.
- 2” Ligne de Billancourt au Champ-de-Mars parles rues de Saint-Cloud, de Billancourt et Ernest-Renan, entrée par la porte de Versailles, puis boulevard Victor, rues Lecourbe et Croix-Nivert, avenues de La Motte-Piquet et de La Bourdonnais.
- La longueur totale est de 8,884 km.
- Ÿ Ligne de Vanves au Champ-de-Mars, parles rues du Val, de la Mairie et de Paris à Vanves. entrée par la porte Brancion, puis rues de Brandon, des Morillons, Labrouste, le reste suivant la ligne de Chatenay au Champ-de-Mars. La longueur totale est de 6,145 ^m-
- Les tarifs sont, pour ces trois lignes, de 0,15 fr en ire classe et 0,10 en 2' hors Paris, et mêmes sommes à l'intérieur de Paris.
- 4° Tramway de Montreuil à Boulogne, par Vin-1 cennes, Saint-Mandé, porte de Vincennes, rues Michel-Bizot, de Wattignies, de Dijon, pont de Tolbiac, rues de Tolbiac, d’Alésia, de Vouillé, de la Convention, pont Mirabeau, rues Rémusat, Chardon-Lagache, Molitor, Michel-Ange, porte de. Saint-Cloud.
- La longueur est de 19,146 km; les tarifs seront de 0.15 fr et 0,10 fr suivant la classe par sections : Montreuil — porte de Vincennes — pont de Tolbiac — pont Mirabeau — pont de Billancourt.
- 50 Tramway de Boady à la place Saint-Michel par Noisy-le-Sec, Romainville, les Lilas, Bagnolel, entrée par la porte de Bagnolet, puis rues de Bagnolet, de Charonnc, place de la Bastille, boulevard Bourdon, rue Mornay, pont Sully et les quais jusqu’à la fontaine Saint-Michel. La longueur totale est de 16.346 km et les tarifs seront 15 et 10 centimes suivant la classe par sections: place Saint-Michel — porte de Bagnolet — place Jeanne-d’Arc (à Noisv-lc-Sec) et de 10 et 5 centimes de Noisy à I Bondy et de Bondy à Gargan. j
- Pour les cinq lignes précédentes, les demandeurs en concession sont MM. Cauderay et Renard. Le traction sera faite au moyen de moteurs électriques actionnés par le courant fourni alternativement par un fil aérien relié à l'usine de production et par contact superficiel ou accumulateurs dans les parties où l'établissement du fil aérien ne serait pas autorisé.
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- M. Rollin, le directeur de la Compagnie du gaz, a déposé, entre les mains du maire, une demande officielle à l'effet d'obtenir l'autorisation d’installer l'éclairage électrique à Chalon.
- La question va donc être mise à l’étude, souhaitons qu'elle aille vite, et la population aura tout lieu de se féliciter de l’initiative prise par la Compagnie du gaz.
- — Compïègne. — La ville de Compiègne vient de perdre un procès que lui avait intenté la Compagnie du gaz pour violation du traité de 1864 renouvelé en 1882.
- Dans le jugement se trouve le paragraphe sui-
- 'i Considérant que si les communes ne peuvent constituer au profit d'uu tiers le monopole de l’éclairage privé, il leur appartient, pour assurer sur leur territoire le service d’éclairage public ou privé, de s'interdire d'autoriser ou de favoriser sur leur domaine communal tout établissement pouvant faire concurrence à leurs concession-
- La ville ne devait donc pas consentir l’installation de l’électricité au détriment de la Compagnie du gaz avec laquelle elle avait pris des engagements. C’est en 1925 que prendra fin le monopie du gaz consenti par la ville.
- La Compagnie du gaz a le droit de mettre la Compagnie de l’électricité en interdit ; mais la ville ne peut manquer à ses engagements envers celle-ci. ni priver ses abonnés des avantages de l'électricité. La meilleure solution est donc la conciliation. C'est d’ailleurs cette solution qui a été adoptée dans le même cas par plusieurs villes et dernièrement à Ncvcrs,
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- vallée du Grésivaudan a commencé le 24 décembre par les bourgs de Villard-Bonnot et de Bri-gnoud. L'église de Villard-Bonnot resplendissait de lumières pendant la messe de minuit.
- La Tronche et les communes vont être éclairées au fur et à mesure de la pose des transfor-
- — Limoges. — Les essais faits dans un certain nombre de maisons reliées au transformateur du carrefour Tourny ont donné toute satisfaction.
- Le soir on a commencé à envoyer d’une façon régulière l’électricité dans les branchements dépendant de ce même transformateur et, chaque jour, de nouveaux quartiers sont mis en exploitation {Supplément, t, XIII, p. xxvi).
- Un certain nombre de moteurs électriques demandés par divers établissements sont arrivés en gare et leur installation va se faire sans tarder.
- Le brouillard et la consommation d’électricité. — Le mercredi 24 novembre, un brouillard s'est abattu subitement sur Paris.
- Les stations centrales doivent toujours être prêtes, soit à l'aide d'accumulateurs, soit au moven de chaudières en pression, à parer à ces éventualités. Le débit habituel à dix heures du matin pour cette époque de l'année est de 5 000 ampères sous 100 à 115 volts, il s'est élevé le jour du brouillard à 20 000 ampères.
- Voici le tableau de la consommation en ampères-heures :
- 24 au 25 novembre,
- brouillard. . . . 157000 140000 297000
- 25 au 26, jour normal............ 76000 142000 218000
- Rapports des consommations. . . 2.06 0.99 1,36
- La recette de jour a plus que doublé et la recette des vingt-quatre heures s’est accrue de 36 p. 100, sans que les dépenses aient augmenté dans la même proportion.
- Sociétés. — Compagnie Edison. — En Italie, la Compagnie Edison exploite depuis le commencement de l’année dernière le réseau de tramways électriques de Milan. Elle va augmenter son capi-
- tal de 4 millions et demi. Un syndicat à la tête duquel se trouve la Banca commerciale, est chargé de cette opération.
- Les actions de la Compagnie sont actuellement à la cote de 240 p. 100.
- — Compagnie des automobiles électriques. — La Société des voitures électriques, système Krieger, qui s'était constituée en Société d'études, le Ier décembre 1895, va prochainement, sous le titre probable de Compagnie des automobiles électriques, se transformer en Société anonyme au capital de 5 millions de francs.
- Cette Société assure que, d’un calcul comparatif de tous les frais d'installation et d'exploitation exigés tant par la traction animale et la traction au pétrole que parla traction électrique, il résulte que l’économie est toute en faveur du système électrique.
- En ce qui concerne les frais d’exploitation, ils seraient, par jour, de :
- 15.44 fr pour les voitures à traction animale;
- 13,20 fr pour les automobiles au pétrole ;
- 8,13 fr pour les automobiles électriques, système Krieger.
- Ces chiffres étant donnés, et la recette moyenne de 16,09 fr. qui est celle de la Compagnie générale, étant acceptée, le bénéfice net, par journées de travail, serait de :
- 0,65 fr par voiture attelée d'un cheval (Compagnie générale) ;
- 2,89 fr par voilure antomobile au pétrole (système Roger) ;
- 7,96 fr par voiture automobile électrique (système Krieger).
- La Société évalue le prix de chaque voiture à 8 000 fr. Voici ce que leur exploitation coûterait journellement :
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- Ce 11'est pas d’ailleurs le seul emploi quelle prévoit pour ses véhicules. Elle se propose de les utiliser comme omnibus pour services urbains, pour messageries et factages, et même pour certains transports postaux de Paris pour Paris.
- En résumé, voici les chiffres par lesquels la Société des voitures électriques totalise ses calculs :
- Bénéfices provenant de l’exploitation de
- cent automobiles Kriegcr..............315,840 fr
- Bénéfices de l’exploitation de cinq voitures de commerce, travaillant trois
- cents (ours........................... 34.65» »
- Bénéfices provenant de la cession de licences en France et à l’étranger. . . . 80,000 »
- Adjudications, offres, demandes. — Berlin. — Une série de lignes de tramways électriques est en projet. Les demandes de concessions doivent être adressées avant le 13 mars, avec la mention : « Angebot und neue Strassenbahnlinien »à la Stad-lische VerkehrsDéputation, Rathhaus 111, Zimmer, 10 A, Berlin.
- — Braila iRoumanicl. — Une concession pour l’éclairage de la ville par l'électricité étant en projet, la municipalité demande aux constructeurs de lui adresser des offres avant le 4 mars.
- — Guipuzcoa (Espagne). — Une ligne de tram-
- ways électriques dont la longueur atteindra, y compris les embranchements, so à 60 km, est en projet, entre Zumarraga et Zumaya, dans la province de Guipuzcoa. O11 demande des plans et devis, à livrer avant le 28 février. S'adresser à senor Alcalde Aspeitia, Guipuzcoa.
- — Neuilly-sur-Seine. — La municipalité de Neuilly se propose d’accorder une concession pour ' l'éclairage de la commune. Les offres relatives à la construction de la station centrale doivent être ’ adressées avant le 28 janvier.
- — Tarragona (Espagne). — La Direccion generale de Correos y Telegraphos (calle de Carrctas, 10, Tarragona) demande des offres pour la construction et l’exploitation d’uu réseau téléphonique dans cette ville. Les devis doivent être envoyés avant le 20 janvier et être accompagnés d’une provision de 2 000 pesetas.
- — Tunis. — La Société Immobilière d’Hamman-Lif, près de Tunis, demande des devis pour la construction d’un tramway électrique entre Tunis et Hamman-Lif. via Maxula-Rades ; longueur 10 km environ : aucune date n’est fixée pour l’envoi de ces devis,
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- 268 750. Société The American Silex Company. 13 juillet 1897. — Perfectionnements apportés aux canalisations pour conducteurs électriques.
- 268 772. O’Farrel. 15 juillet 1897. — Nouvel appareil de télé-
- alT ôprendek et Sarkany. 17 juillet 1897. — Perfectionnements dans les téléphones.
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- 268 855. Brun et Puvilland. 29 juillet 1897. — Indicateur de passage de courant pour tableaux de sonnerie et autres
- 268 891. Société anonyme pour le travail électrique des métaux. 20 juillet 1X97. — Nouveau mode d'établissement de plaques ou électrodes de piles secondaires ou accumula-
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- Traction électrique- — Aubonne. — Le tramway Aubonne-Allaman a transporté en décembre 5 610 voyageurs et a fait une recette de i 616 fr. Le total des voyageurs pour l'année dernière est de 75 436, soit une moyenne de 207 par jour. La recette totale s’est élevée à 22 932 fr, non compris 1 500 fr pour le service postal.
- — Béziers. — Après le vote du Conseil municipal en date du 26 août dernier, qui leur rétrocédait la concession du réseau des tramways électriques de Béziers, MM. Chassary et Merlin, d’accord avec MM. P. et B. Durand, l’un des groupes de tramways les plus importants de Lyon, constituaient la Compagnie des tramways électriques de Béziers et extension au capital provisoire de un million. (Voir Supplément, t. XIII, p. 1.)
- L’assemblée générale du 11 septembre, après vérification des versements eflectués sur le capital social, déclarait la Société définitivement constituée.
- Le relevé du tracé du réseau et l’établissement des plans étaient immédiatement commencés,
- Les 100 000 fr de cautionnement de l’entreprise furent versés le 12 novembre.
- Quant a u dossier complet, qui a nécessité l’établissement de nombreux plans, la longueur du réseau dépassant 28 km, il a été remis à la municipalité dès le commencement de décembre, et il dépend actuellement de l'administration d’activer les formalités nécessaires pour la mise à l’enquête du projet.
- Mais elle ne semble pas pressée, car le dossier n’est pas encore parti pour Montpellier.
- — Blois. — Une société importante de transport vient de déposera la préfecture une demande de concession d’une ligne de tramways électriques dans la ville de Blois.
- Cette ligne relierait la gare des tramways de Vienne, celle du chemin de fer d’Orléans et celle de Saint-Lazare, par l’avenue de Saint-Gervais, le Pont, la rue Denis-Papin, la rue Gallois et le Bourg-Neuf ; elle desservirait les quais, probablement du Sanilas aux Imberts.
- Le Conseil municipal va être saisi prochainement de la question.
- — Bordeaux. — La question de la transformation des tramways est, depuis quelques mois, toujours pendante. (Voir Supplément, t. XIII, p. xxxvii). A la "suite d’une discussion très mouvementée, la proposition suivante a été adoptée à la majorité de 2 voix. Il ne sera procédé à l’adjudication de la transformation du réseau actuel des tramways qu’après avoir épuisé, avec le concessionnaire actuel, les négociations en vue d’un accord amiable, de nature à sauvegarder les intérêts du public, les siens et ceux de la ville.
- On sait qu'il s’agit de faire pénétrer les voitures du réseau suburbain sur le réseau urbain.
- C’est même, on ne l’a pas oublié, à l’occasion de cette demande qu’a été provoquée la consultation du ministre des Travaux publics, au sujet de la redevance à payer pour cette pénétration, redevance qui, d'après le ministre, devait comporter trois éléments : l’usure des rails, l’emprunt du courant électrique et le détournement de trafic.
- Sur ce point encore, l’entente n’est pas faite entre les deux compagnies bordelaises. La Compagnie urbaine a fait la proposition suivante :
- La Compagnie accepterait de laisser circuler les tramways de banlieue sur ses lignes en correspondance directe avec les lignes suburbaines, en leur fournissant la traction par son courant, moyennant le paiement, par les pénétrants, de 10 centi-times par voyageur, sur lesquels il leur serait abandonné 10 p. ioo du montant des recettes brutes ainsi effectuées.
- La question ne semble pas devoir être résolue bientôt, et cela toujours au détriment du public.
- — Lyok. — Le Journal officiel du 10 janvier publie un décret déclarant d'utilité publique l’établissement dans le Rhône d’un tramway entre Lyon-Vaise-Pont-Mouton et Saint-Cyr-au-Mont-d'Or. La ligne sera divisée en deux sections : Lyon-Vaise — chemin de Rochecardon — Saint-Cyr-au-Mont-d'Or. •
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- Éclairage électrique. — Aurusson. — L'éclairage électrique a commencé à Aubusson dans un certain nombre de magasins et de cafés. L’énergie est fournie par MM. Sallandrouze. Les travaux d’installation continuent, et d’ici peu les particuliers pourront profiter du nouvel éclairage.
- — Déville (banlieue de Rouen). — La commune de Deville «avait par traité renouvelé le 16 juin 1887 concédé à la compagnie du Gaz * le droit exclusif de conserver et d’établir des tuyaux pour la conduite du gaz d’éclairage et de chauffage sous les voies publiques ». L'article Ilï du traité porte: « Si par suite des progrès de la science, le conseil municipal jugeait convenable de demander l’emploi de procédés étrangers au système actuel de fabrication du gaz et qui seraient déjà adoptés par la ville de Paris, la Compagnie serait tenue de se conformer à ces prescriptions sous peine de la résiliation du présent traité. »
- La commune a concédé depuis à la Compagnie électrique de la banlieue de Rouen, dont M. Raoul Lemoine est directeur, l'autorisation d’établir l’éclairage électrique, et la Compagnie du gaz a intenté un procès à la suite de ce traité, en réclamant pour elle le monopole de l’éclairage électrique.
- La question est assez souvent posée, aussi nous résumerons ici les conclusions du Conseil de préfecture de la Seine-Inférieure. Celui-ci considère qu’il s'agit de déterminer le sens et la portée des traités, d'après la commune intention des parties contractantes. Or, dans la délibération du conseil municipal où a été consentie la prorogation de la Compagnie du gaz, se trouve le paragraphe suivant, qui montre bien que la commune a désiré conserver toute liberté d’action au sujet de l’éclairage qu’elle croirait devoir adopter par la suite :
- « La commune est également maîtresse d’employer, quand elle le jugera nécessaire, un autre système d’éclairage, tel que, par exemple, l’électricité,sansdemander aucuneautorisationà la Compagnie du gaz et sans lui devoir une indemnité. »
- D’autre part, la Compagnie du gaz n'a fait aucune réserve en ce qui concerne l’éclairage électrique, quoique, à l’époque de la prorogation, en 1887, cet éclairage fût connu et même installé en plusieurs villes. Elle a même, par lettre du i) décembre 1893, sollicité la concession de l’éclairage électrique des propriétés communales et particulières indiquant ainsi qu’elle ne se croyait pas en possession du privilège qu'elle a réclamé par la suite. Dans une lettre du 23 octobre 1895 de la Compagnie on trouve la phrase suivante : « Mais nous comptons bien que la commune ne donnera aucune autorisation ni concession nouvelle pour la pose des fils électriques, jusqu'à ce que nous-mêmes ayons eu le temps d’installer notre usine électrique. »
- Le Conseil de préfecture conclut qu’il résulte de là que, dans l’esprit de la Compagnie du gaz elle-même, celle-ci ne se considérait pas comme ayant exclusivement le privilège qu’elle réclame aujourd’hui; par conséquent sans qu'il soit besoin d'ordonner une enquête, la Compagnie doit être déclarée non recevable dans ses prétentions.
- La demande de la Compagnie du gaz de Déville est rejetée, et ladite Compagnie est condamnée
- Ajoutons qu'il 11’en résulte pas pour cela que la Compagnie électrique de la banlieue de Rouen ait un monopole ni un droit exclusif pour l’éclairage électrique. Le traité relatif porte en effet que l’autorisation est accordée sans privilège ni monopole d’aucune sorte.
- Par suite, la Compagnie du gaz peut s’organiser pour faire également l'éclairage électrique à Maromme et à Déville, et entrer ainsi en concurrence avec sa rivale.
- Transport des bagages dans les gares. — Les wagonnets sur lesquels les hommes d’équipe de nos gares poussent les bagages, sans se soucier des passants et sans même sc préoccuper outre mesure de maintenir les susdits bagages en équilibre, vont peut être disparaître. Les Anglais ont innové à
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- Les Anglais trouvent le système confortable, il n'y a pas lieu d'être d’avis contraire.
- Les progrès de l’éclairage électrique. — Nous nous plaignons toujours d’être mal éclairés, et pourtant, depuis l’antique chandelle, les progrès dans l’éclairage ont suivi une marche bien rapide. En particulier, le développement de l’éclairage électrique s’est fait en quelques années. C’est au commencement du siècle que parut la première lampe à arc ; on attribue généralement sa découverte à sir Humphrey Davy, qui la fit connaître publiquement en 1803 ; mais le nouveau mode d'éclairage mit longtemps avant de faire quelque progrès. La première lampe à incandescence semble dater seulement de septembre 1882, lorsque Edison inaugura son usine de Pearl Street. Depuis, on a marché à pas de géant. Ainsi aux Etats-Unis seulement, il y avait en 1896 deux mille cinq cents stations centrales d’éclairage, deux cents installations municipales et sept mille cinq cents installations particulières, le tout représentant un capital de deux milliards et demi environ. Il y a environ cinq cent mille lampes à arc et on fabrique chaque jour de cinquante à soixante-quinze mille lampes à incandescence.
- Distribution des lettres par l’électrioité. — En Suisse, où les forces motrices naturelles sont si considérables, il n’est pas étonnant de voir se produire à chaque jour de nouvelles applications de l’électricité. Nous en citerons une qui permet dans une maison de distribuer les lettres aux différents étages; le procédé ne serait pas à dédaigner à Paris où nous n'aurions plus ainsi à nous plaindre de la lenteur des concierges.
- Au rez-de-chaussée de la maison, se trouve installée une boite ayant autant de compartiments que l’on veut desservir d'étages. En déposant une lettre dans l’un d’eux, il s'établit un contact qui
- actionne une sonnerie à l’étage correspondant jusqu’à ce que la lettre ait quitté la boîte ; en même temps le courant ouvre un robinet à eau placé au haut de la maison, qui remplit un cylindre servant de contrepoids à la boîte à lettres; lorsque le contrepoids est suffisant pour entraîner celle-ci, l’ccoulement du liquide cesse. La boîte à lettres s’élève et lorsqu'elle est arrivée à un étage, le compartiment correspondant déverse le courrier dans une boîte fixe placée à cet étage. Lorsque le cylindre est vide, la boîte redescend par son'propre poids. Au fond de la boîte se trouve un contact dont le ressort antagoniste cède au moindre poids.
- Adjudications, offres, demandes. — Berlin. — Traction électrique, 15 mars, voir le Supplément du 13 janvier.
- — Braila (Roumanie). — Eclairage électrique,
- 4 mars, voir Supplément du 13 janvier.
- — Bucharest (Roumanie). — La Direction des Postes et Télégraphes de Roumanie demande avant le 13 mars des soumissions pour la fourniture de 36 000 m de fils de fer et d’acier galvanisés.
- — Guipuzcoa (Espagne). — Traction électrique, 38 février, voir Supplément du is janvier.
- Hanovre (Allemagne). — La Direction des chemins de fer de l’Etat prussien demande des soumissions pour la fourniture de 300 tonnes de fil galvanisé, 39000 isolateursenporcelaine, rooosup-ports et 2 -jQo kg de fil isolé. Le cahier des charges est adressé contre l’envoi de 1,25 fr au Rechnungs bureau, Joachimstrasse, 7 I. Les soumissions doivent être envoyées à la Kônigliclie Eisenbahn-Dircktion, Hanover, avant le samedi 29 janvier.
- — Tarifa (Espagne). — Les autorités municipales demandent des soumissions pour la concession de l’éclairage de la ville, soit par l’électricité, soit par le gaz, pendant une période de 30 ans. S'adresser avant le ier février à El Secretario del Ayuntamiento de Tarifa (Cadix), Espagne.
- — Tunis. — Traction électrique, voir Supplé-I ment du 15 janvier.
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- Influences contraires des différentes parties d'une cathode; E. "WlEDEMANN (W A. p. 246).
- Action électrique des rayons cathodiques sur l’air atmosphérique; P. Lenard (AV A, p. 253).
- Mesure de la température des électrolytes à la surface de très petites électrodes; F. Richard et W. Zieci.f.r (\V A, P- 261,.
- Démonstration simple du phénomène de Zeernan ; W. Kceniû
- (W A, p. 268).
- Sur l’influence des forces magnétiques sur leinission de la lumière; H.-A. Lorektz (AV A, p. 278).
- Vent électrique et magnétique; 0. Lkbmàxn (AV A, p. 285).
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- l'action électrique des pointes ; Svante A le magnétisme; C. Froî
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- Action des s p. 314).
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- Sur la protection magnétique; H. du Bois (W A, p. 348).
- Transformation du sulfate de zinc dans l’élément de Clark ; AV. JaegeriAVA, p. 354).
- Sur la polarisation au contact des membranes métalliques minces; W. Nernst et A.-M. Scott (AV A, p. 386).
- Sur l’emploi de l'électrodynamomètre en dérivation ; M. AVien (W A, p. 390).
- Electrisation de l’air par la décharge des pointes ; E. A\ ardiirg (AV A, p. 411).
- Notice sur la théorie de l’amortissement des oscillations électriques; M. Planch (AV A, p. 419i.
- Phénomènes d’électrolyse du chlorure de platine; Friedrich Koiilrauscii (W A, p. 423).
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- Moteurs thermiques. — Electricité par moteur à gaz (ER, p. 925, 31 déc.j.
- Economie et rendement des grandes machines à gaz; Dugald Cleiik (E M, p. 615, janv.;.
- Les moteurs à gaz tonnant et l'éclairage électrique ; le moteur Charon; Jean I.ocbat iElé, p. 4, 1er’janv.).
- La direction des chaudières et du matériel à vapeur (suite et fin) ; A.-B. Mountain (E 1, p. 355, 7 janv.).
- La direction des chaudières et du matériel à vapeur avec détails sur les conduites de vapeur et leur adaptation (suite et fin); A.-B. Mountain (E R. p. 942, 31 déc.i.
- Les destructeurs de gadoues : J. Ravvorth (E R, p. 928, 31 déc.).
- Les destructeurs de gadoues; J. AVhitchf.r, II.-E. Krrsiiaw iE R, p. 8 et 10, 7 janv.ï.
- Dynamos et moteurs électriques. — Quelques notes pratiques sur le calcul d'une dynamo shunt; V. /isoler (E 1t. p. 6, "janv.;.
- Les moteurs électriques système AValkcr; Ed. Boyer (T P, p. 161, 1" janv.).
- Générateurs électriques ; II.-F, Parsiiaij, et II.-M. IIobart (E, p. 1 et 41, 7 et 14 janv.).
- Brevets R.-M. Hunter sur le système des alternateurs (E En, p. 632, 30 déc.).
- Appareil de contact pour dynamos à courant alternatif; J. Sahui.ka (Z E T. p. 4, 2 janv.).
- Formation des étincelles; cause et effets; Thorburn Rf.id ill, p. 27, 14 janv.).
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- Appareillage. — L’ambroïne; J.-A. Montpellier (E lé, p. 17,
- La gutta-percha; E.-F.-A. Obach iS A, p. 117, 137, 31 déc. et 7 janv.ï.
- Piles et accumulateurs. — L’élément étalon Clark ; Arthur Dearlove iE 1, p. 386, 14 janv.).
- Sur un élément à gaz au charbon (fin' ; V. Borschehs (E En, p. 630, 30 déc.).
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- CeutrEtL des stations électriques; J.-B. (Elé, p. 29,
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- à L'Éclairage Électrique du 29 janvier 1898
- XXV
- NOUVELLES
- Traction électrique. — Paris. — Nous continuons nos informations sur les tramways de pénétration (voir Supplément, ce tome, p. xm).
- Par decret du 27 décembre dernier, est déclaré d'utilité publique l’établissement de la ligne de tramway du Çhamp-de-Mars à la Mairie de Saint-Ouen. Cette ligne doit être à traction mécanique et pourra éventuellement servir aux messageries. Le décret approuve la convention passée les 6 et 20 décembre 1897, entre le préfet de la Seine au nom du département et la Compagnie générale de tramways de Paris et du département de la Seine. Tant que l'autorisation n’en aura pas été donnée par le ministre des Travaux publics, les voitures du tramway du Champ-de-Mars à la Mairie de Saint-Ouen ne traverseront pas la place de l’Etoile. Le sectionnement delà ligne n’entraînera aucune augmentation de prix pour les voyageurs, à qui devront être délivrés des tickets assurant le parcours sur la totalité du trajet.
- D'autre part, sont mises à l’enquctc du 10 jan-
- iu Ligne de Maisons-Alfort au Châtelet par prolongement delà ligne de tramways de Charen-ton à la Bastille, d'une part, de Charenton à Maisons-Alfort, et d'autre part, de la Bastille au Châtelet.
- Le demandeur en concession est la Compagnie Générale parisienne de tramways. La longueur totale de la ligne sera de 10.666 km. La traction se fera électriquement : extra-muros par fil aérien ; intra-muros par système mixte pouvant comprendre le caniveau, le trôlet, les accumulateurs ou autres procédés acceptés par l’Administration.
- La concession aura son terme en 1995 avec faculté de rachat en 1910 moyennant le remboursement des dépenses qui n’auraient pas été amorties à cette époque.
- La Compagnie est autorisée à percevoir dans Paris le prix du tarif en.vigueur sur la ligne de Bastille-Charenton. Extra-muros, le tarif sera :
- Des fortifications à Saint-Mandé : ire classe, 0,10 fr ; 2e classe, 0,05 fr.
- De Saint-Mandé à Charenton : iro classe, 0,10 fr ; 2° classe, 0,05 fr.
- De Charenton à Maisons-Alfort : ire classe, 0,15 fr ; 2e classe, 0,10 fr.
- Toutefois, pendant l’essai de traction électrique que vient d’autoriser l'administration préfectorale sur la ligne Bastille-Charenton, empruntée par la nouvelle concession, comme aussi dans le cas où cet essai prendrait tin caractère définitif, les tarifs de la nouvelle seraient réduits conformément à ceux de l'ancienne, savoir :
- Paris (sans correspondance) : ire classe, 0,20 fr ;
- Hors Paris :
- Des fortifications à Charenton : ire classe, 0,15 fr ; 2e classe, o, 10 fr.
- Des fortifications à Saint-Mandé : ire classe, o,io fr ; 2ù classe, 0,0s fr.
- De Saint-Mandé à Charenton : ire classe, 0,10 fr; 2e classe, 0,05 fr.
- De Charenton à Maisons-Alfort : irc: classe, 0,15 fr ; 2'’ classe, 0,10 fr.
- 20 Ligne de Bonncuil à la place de la Concorde. par Créteil (ou par Sairit-Maur-des-Fossés et Créteil), Maisons-Alfort, Alfortville et Ivry, et les quais de la rive gauche avec embranchements d'Alfort à Charenton et d’Ivry à Vitry.
- Les demandeurs en concession sont, d’une part, l'Omnium lyonnais de chemins de fer et tramways, 3<5, rue de la Bourse, à Lyon, et d'autre part, la Compagnie générale de traction, 24, boulevard des Capucines, à Paris. La ligne doit avoir une longueur totale de 16 900 m ; pour les tarifs elle sera sectionnée.
- La traction doit être mécanique, soit électrique (Compagnie générale de traction), soit à vapeur entre Bonneuil et Maisons, et à air comprimé entre Maisons et Paris (Omnium lyonnais).
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- XXVI
- du 29 janvit
- L’Éclairage Êlectriq
- Michel, les voitures circuleront sur la même voie, que celles de la ligne Bondy-place Saint-Michel; l’enquête de cette dernière ligne que nous avions annoncée (voir ce tome, p. xiv), a été close le lundi 17 janvier, et le terminus place Saint-Michel a soulevé quelques objections ; les voitures pourraient sans difficulté aller jusqu'au pont de la Concorde, soit 2 km plus loin.
- Signalons encore la clôture de l’enquête de la ligne Montreuil-Boulogne (voir ce tome, p. xiv). Nombre de signataires protestent contre la tarification sectionnée, comme devant faire payer inégalement les voyageurs sur une même longueur suivant le point de départ. On demande également que les voyageurs du matin, employés et ouvriers se rendant à leur bureau ou à leurs ateliers, reçoivent en payant un ticket donnant droit au retour gratuit dans la soirée.
- Il serait peut-être plus simple de réduire les tarifs à certaines heures, comme le fait la Compagnie générale des omnibus pour ses départs mati-
- — Tours. — Nous extrayons du rapport de M. Cador ce qui suit :
- L’important projet sur lequel vous vous étiez prononcés favorablement le 3 avril 1896 avait pour but la création d’un nouveau réseau de tramways à traction électrique souterraine, d’un système spécial dû à l'inventeur breveté M. Diatto.
- Il a fait l'objet d’un traité intervenu entre la Ville et M. de Brandon, le 17 du même mois d'avril 1896.
- M. de Brandon a déposé les plans et les profils des lignes à construire.
- Le dossier en fut transmis au service compétent dont le premier examen est consigné dans deux rapports de MM. les ingénieurs des Ponts et Chaussées, datés des 3 et 10 avril dernier, et dont je vais avoir l'honneur de vous présenter le résumé succinct.
- M. l'ingénieur en chef remarque notamment ce qui suit :
- D’une façon générale, la ville de Tours s’attribue des droits réservés en principe à l'autorité concédante, tels que : la propriété du réseau, la surveillance des travaux et de l'exploitation, le droit de rachat, la mise en déchéance des concessionnaires, la reprise en cas de retrait ou de déchéance. Nous sommes convaincus que ces dispositions ne sont pas approuvées sans réserve par l'.administration.
- Nous touchons là à une question de principe qu’il est de mon devoir d’essayer de bien mettre en lumière, afin de montrer qu'en inscrivant les stipulations critiquées nous avons été guidés par un sentiment de simple équité, et, comme l’a si bien dit l’honorable rapporteur de 1896, nous
- avons voulu affirmer un droit, celui de la Ville.
- Le bon sens nous permettait de supposer que le 'futur réseau de tramways, installé sur des voies communales qui ont été payées et sont entretenues avèc l’argent des contribuables de la ville de Tours, devait naturellement revenir à celle-ci, sauf à s'entendre avec l'État et le département pour la portion des voies qui leur seront empruntées.
- M. l’ingénieur en chef lui-même, dans son rap»-port, n’affirme pas le contraire ; il se borne en effet à dire que ces dispositions ne seront pas approuvées sans réserve par l’administration.
- Sous le prétexte que les lignes projetées couperont la route nationale, on conclut que c’est à l’Etat, partie concédante, qu’appartient le droit de devenir propriétaire de la concession par le rachat en cas de déchéance du concessionnaire, ou à l’expiration du délai prévu par le décret.
- On se base pour soutenir cette opinion sur l’article 6 delà loi du 11 juin 1880.
- Nous n’entendons pas ouvrir ici une discussion juridique. Qu'il nous soit permis cependant de faire remarquer que la même loi précise sous son article 11 comment une voie ferrée peut être distraite du domaine public départemental ou communal et classée par une loi dans le domaine de l’État.
- Il y. est dit que l'État est substitué aux droits du département et de la commune, à l’égard des entrepreneurs ou concessionnaires, tels que ces droits et obligations résultent des conventions légalement autorisées.
- En terminant, cet article porte qu’en cas de désaccord entre l’État et le département, ou la commune, les indemnités ou dédommagements qui peuvent être dus par l’Etat sont déterminés par un décret.
- On le voit, le droit de reprise de l'État inscrit en principe sous l'article 6 ci-dessus relaté, n'est pas absolu ; il est subordonné à des conditions que la loi a pris le soin de spécifier.
- Aurions-nous donc tort de croire avec le législateur que la tutelle de l'État ne saurait avoir pour conséquence de dépouiller ipso facto la commune de ses droits naturels pour les faire passer aux mains de son tuteur; moyen nouveau d’acquérir la propriété, mais encore prévu par le Code civil.
- Représentants de la ville de Tours, on ne comprendrait pas que nous adoptions une pareille théorie sans au moins protester et réserver pour nous et nos successeurs toute liberté d’action dans l'avenir, en attendant que l’heure de l'autonomie et des franchises municipales ait enfin sonné.
- Donc, si nous devons nous incliner devant l’autorité supérieure, nous le ferons, contraints et forcés, en formulant toutes réserves et sn exprimant l’espoir de voir adopter une juris-
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- r
- Suppléi
- du 29 jar
- XXVII
- ment à L'Éclairage Ele
- prudence plus conforme à l’intérêt communal.
- En ce qui concerne la surveillance des travaux et de l’exploitation, il nous a paru juste que la Ville, qui traite avec M. de Brandon, ne soit pas tenue à l’écart et mise dans l'impossibilité de suivre l'exécution des engagements souscrits à son
- Mais, en même temps, nous avons tenu à respecter les droits du contrôle et à n'y porter aucune atteinte.
- Dans ces conditions, les objections faites cessent, croyons-nous, d’avoir leur raison d’être.
- Indépendamment des lenteurs administratives, la question se compliquait d'une difficulté toute particulière et qu'il convient de placer au premier plan.
- Comme vous le savez, Messieurs le futur réseau, parfaitement distinct du réseau actuel, le croise cependant en divers points.
- Or, la Compagnie générale française applique sur son réseau le tarif uniforme de 15 cm, tandis que sur les lignes projetées, chaque voyageur n’aurait à payer que 10 cm avec droit à correspondance. De là, concurrence de lignes et de tarifs, opposition d’intérêts entre les exploitants, rivalités probables, fâcheuses pour le service et à coup sûr nuisibles au public.
- Aussi M. de Brandon se mit-il à la recherche de la seule solution radicale et logique que commandait la circonstance, c’est-à-dire réunir les deux réseaux en un seul et les placer dans une seule
- Par une lettre du 6 août dernier, nous apprenions que la combinaison était sur le point d’aboutir, et, après des phases diverses, M. de Brancion nous fait connaître que l'accord s’était fait entre la Compagnie générale française de tramways et la Compagnie industrielle de traction pour la France et l’Etranger, siège à Paris, 28, rue du Rocher, ayant agi au nom et pour le compte de la Compagnie des tramways de Tours, société en formation.
- Nous avons ainsi la satisfaction de voir disparaître l’obstacle le plus sérieux, car la population, pour être bien servie, devait souhaiter de n’avoir qu’un réseau confié à une seule administration.
- L’ensemble des dispositions qui résultent de la fusion en un unique réseau des lignes actuelles et futures se traduit par des avantages si certains que l'hésitation ne saurait se produire.
- Us sont le résultat d’une combinaison qui compense largement les réductions apportées au réseau primitivement projeté.
- En effet, la population pouvait être obligée d’attendre l’expiration delà concession de la Compagnie générale, c’est-à-dire jusqu’en 1917, soit encore vingt années, pour avoir un réseau de près de 13 km, la desservant de l’est à l’ouest par une
- double ligne complétant les lignes actuelles, et pour jouir de l’abaissement du tarif de 1^ à 10 cm par correspondance.
- M. de Brancion n’avait pu que promettre de faire le possible pour s’entendre à ce sujet avec la Compagnie générale.
- Aujourd'hui, grâce au sacrifice d’une somme de 1 200 000 fr formant le prix du rachat de l'exploitation de cette compagnie, la ville de Tours va jouir immédiatement du bénéfice qu’elle n’avait qu’en perspective, et cela sans qu’elle fournisse une garantie d’intérêts ou autre, ni sans qu’elle s’expose à une perte quelconque.
- En résumé, un voyageur pourra circuler sur le réseau actuel et futur moyennant 10 cm, alors 1 qu'il eût payé to cm sur le nouveau réseau plus 15 cm sur l'ancien, soit au total 25 cm par place, si le traité qui vous est soumis n’était pas adopté.
- L'économie sera donc des 3/s, et si vous songez encore que nous sommes en droit d’espérer une traction régulière préférable à celle en usage, vous conclurez, avec votre commission de voirie et votre commission générale, que repousser le nouveau projet serait contraire aux intérêts de nos concitoyens.
- — Le 14 décembre dernier a été tenue la seconde assemblée générale constitutive de la Compagnie des tramways de Tours, société anonyme au capital de 2 soo 000 fr.
- Cette société fondée par M. de Brancion doit faire l'installation du réseau urbain de Tours avec le système électrique Diatto, à contact superficiel.
- La même société exploite l’ancien réseau de la Compagnie générale française de tramways, avec ce même système Diatto, et les lignes suburbaines de Luynes et Saint-Avertin.
- Cette fondation complète la série des formations de sociétés relatives aux nombreuses concessions obtenues par M. de Brancion.
- — Toulon. — M. Isnard lit la demande de concession de M. Poney, relativement à l’établissement d’un tramway électrique entre Toulon et Hyères, via La Garde. Le Directeur de la Compagnie des tramways de Marseille n’exige absolument rien que l’autorisation, et offre en outre de déposer un cautionnement de 40 000 francs. Un avis favorable est donné.
- Établissement d’une ligne de tramway électrique en 24 heures. — Ce tour de force a été réalisé, nous dit The Eledrical Enginecr, sur une ligne de tramway longue de 4 km entre Bound-Brook et Somerville, aux États-Unis.
- La New-York and Philadelphia Traction Com-; pany s’était adressée à la Compagnie J.-G. White I pour cette construction ; la Société de traction I était en concurrence avec la New-Brunswick J Traction Company et ne voulait pas que ses pro-
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- Supplér
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- ment a L'Éclairage Électrique du 2'.'» janvier 1898
- jets de construction pussent être soupçonnés; il n’y avait donc aucun préparatif fait le long de la route et il fallait opérer très rapidement pour que la Compagnie concurrente n’eût pas le temps de s'opposer au travail. Un train spécial emporta de Baltimore 250 ouvriers plus six wagons d'outils et d'approvisionnements; il prit encore 300 ouvriers italiens à Philadelphie.
- Le travail commença le samedi 23 octobre, à minuit; par un train précédant celui des ouvriers on avait apporté des appareils à incandescence et des lampes à gazoline qui furent disposés en moins d’une heure et demie pour éclairer la voie. Après •le débarquement, à 1 heure du matin, les ouvriers se mirent à l’œuvre; la préparation du sol fut achevée à 10 heures du matin; les rails aussitôt posés étaient assemblés et en même temps les fils de trôlet étaient disposés; le travail se termina par une pluie torrentielle; néanmoins à n heures du soir la première voiture circulait sur la voie, soit vingt-deux heures après le début des travaux.
- Ce tour de force nous rappelle un fait assez rare qui s'est passé à Paris avant 1860. Il s'agissait de la construction d'une maison sise au coin de la rue Lafayette et de la rue Cadet. L'entrepreneur s’était engagé avec un très fort dédit à terminer son travail à une date fixée. Des empêchements imprévus avaient retardé beaucoup les fondations et l’entrepreneur comptait que cette raison lui permettrait d’obtenir un peu de temps. 11 n’en fut rien, et pour éviter de payer le dédit, il parvint à élever la façade de six étages en pierre de taille dans un délai de moins de huit jours ; les pierres taillées et préparées furent apportées, élevées, posées et scellées dans ce temps. Ceci était déjà bien beau pour l'époque.
- Éclairage électrique. — Angers. — L'éclairage électrique n'a pas fait grand progrès (voir Supplément, t. XII, p. xi.v). Une commission avait été nommée, de nombreux pourparlers ont eu lieu entre elle et la direction de la Compagnie du gaz, sans aboutir.
- L'adjoint au maire et le directeur de la Compagnie du gaz sont allés étudier la question à Nantes et y puiser des arguments. A Nantes, les rues et quelques magasins sont éclairés par des lampes à arc,
- et il y a un assez grand nombre de lampes à incandescence. A la suite de ce voyage, la commission de l’éclairage s'est réunie, le 4 janvier, pour discuter. Le directeur de la Compagnie du gaz, qui '< ne croit pas à l'électricité », est opposé à l'éclairage électrique, objectant que la clientèle riche, qui presque seule l'emploierait, s'absente une grande partie de l'année, et que par suite les bénéfices réalisés ne couvriraient pas les frais d’une exploitation constante.
- Le point de la controverse est l'article 8 de la convention passée entre la Ville et la Compagnie, et qui permet à la Ville de mettre en demeure la Compagnie de réaliser un nouveau mode d'éclairage, le jour où cet éclairage sera reconnu supérieur à l'éclairage au gaz. La Compagnie a d'ailleurs un droit de préemption.
- La commission se prononce pour la supériorité de l’électricité, la Compagnie est d'avis contraire ; d'où querelle de Normands. Malheureusement, pendant cette discussion, ce sont les intérêts des habitants d’Angers qui sont lésés.
- Beaucoup de personnes prendront l'initiative d'installer elles-mêmes l'électricité dans leurs locaux, en voyant que la question d'électricité rentre dans une nouvelle période de statu qno.
- Le directeur va encore s'aliéner l'opinion publique, en même temps que préparer un préjudice matériel trèsappréciable à la Compagnie dont il a la charge. Et tout cela uniquement pour gagner une année ou deux années encore, et amener la Ville à faire des concessions.
- Etant donné le droit de préemption de la Compagnie, il est de son unique volonté de prendre ou non l’éclairage électrique aux conditions que fixera l'administration.
- Deux cas peuvent se présenter, savoir :
- i° L'administration municipale traiterait de gré à gré avec la Compagnie du gaz, à des conditions etsuivant des tarifs convenus en commun;
- 2" L’administration ferait appel au plus grand nombre possible d'entrepreneurs, choisirait parmi leurs offres celle qui offrirait le plus d'avantages et de sécurité en même temps pour la Ville, et mettrait la Compagnie du gaz en demeure d’exécuter l'installation aux mêmes conditions sous peine d’être déchue de son monopole. Il est im-
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- portant de remarquer que les deux chemins ci-dessus énoncés conduiraient à des résultats bien differents.
- Il est en effet bien naturel de penser que, pour si bien que puisse faire la commission dans le premier cas, elle acceptera toujours un tarif trop élevé ; elle y sera amenée malgré elle, par le principe même de sa façon de faire dans ce cas, qui serait de traiter de gré à gré, c'est-à-dire au prix de concessions réciproques. Ces concessions seront toujours au détriment des consommateurs.
- Tandis que, de son côté, la Compagnie du gaz doit justement trembler de voir venir un concurrent sur la place, la Ville est maîtresse absolue de la situation. Si quelqu'un a des concessions à faire, c’est le Gaz, mais pas la Ville.
- En résumé, nous pensons qu'une entente amiable immédiate serait plutôt onéreuse pour les habitants d'Angers, si habilement que se conduisent les membres de la commission municipale et avec eux l'administration.
- Tout autre est le second cas :
- Un appel fait à un grand nombre d’entrepreneurs procurerait à la commission des offres incomparablement plus avantageuses que celles qu'elle obtiendra de la Compagnie.
- Elle ferait son choix en toute connaissance de cause, et, seulement dans ce cas, pourrait affirmer avoir tout fait pour sauvegarder les intérêts
- Si la Compagnie du gaz profitait de son droit de préemption, nous reviendrions au premier cas, mais avec des conditions bien meilleures.
- Si elle n'acceptait pas, tout serait pour le mieux au point de vue des tarifs. En effet, la Compagnie d'électricité ne manquerait pas de tout faire pour se créer une clientèle étendue, et alors vraiment la population bénéficierait des bienfaits de l’électricité; la Compagnie du gaz de son côté résisterait de son mieux contre l’envahissement de la nouvelle venue, et le gros clément de cette résistance serait l'abaissement du tarif du gaz.
- Les deux Compagnies, à un moment venu, se départageraient l’éclairage de la ville, chacune y trouverait raisonnablement son compte et pourrait distribuer des dividendes courants de 4 p. 100 environ, et les particuliers auraient probablement la lumière à un prix équivalent à 0,15 fr ou 0,20 file mètre cube de gaz.
- Une réunion devait encore avoir lieu le ro janvier, mais le directeur de la Compagnie s’est refusé à accepter la convocation. On voit que la question est loin d’avancer. Nous tiendrons nos lecteurs au courant.
- — Lille. — L'inauguration de l'électricité au Grand-Théâtre a eu lieu à la représentation du dimanche 12 décembre dernier ; tout a marché sans accroc. La salle est bien éclairée par les diverses appliques de troispoires placées à chaque rangée des loges. Le lustre, qui a été remonté au plafond, est très beau ; il est probable qu’il devra être baissé au moins d’un mètre. Pour les couloirs de tous les étages, l’éclairage est tout à fait insuffisant, il faut le doubler.
- Sur la scène, le changement de système d’éclairage donne un aspect moins brillant aux costumes des artistes; dureste.il n’est pas encore complètement réglé, et il faudra quelques représentations pour bien déterminer le degré d’intensité néces-
- -- Paris. — Nous avons à plusieurs reprises parlé du renouvellement des concessions d’électricité à Paris (voir L’Eclairage Électrique, t. XII, p. 431, et le Supplément, t. XII, p. xxvet lvii). La question semble maintenant renvoyée aux calendes grecques et nous résumons ici la dernière phase : la discussion du rapport de M. Bos au Conseil municipal.
- Le rapporteur a exposé les raisons qui militaient en faveur de cette prolongation, les avantages qu'en retireraient les particuliers et la Ville, ainsi que les ouvriers et employés des sociétés. Il a envisagé également les conséquences qui résulte-
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- Supplément à LÉclairage Electrique du 29 janvier 1898
- raient de cette prolongation qui obligerait les sociétés à dépenser plus de 120 millions pour étendre leurs canalisationset agrandir leurs usines.
- Le projet soumis par le rapporteur au Conseil municipal se résume ainsi : prolongation, sansmo-nopole ni privilège, jusqu’au 31 décembre 1925, des permissions actuellement accordées à chacune des sociétés suivantes : i° la Compagnie parisienne de l'air comprimé; 20 la Société d'éclairage et de force par l'électricité à Paris ; 30 la Compagnie continentale Edison ; 40 la Société de l'éclairageélectrique du secteur de la place Clichy ; 5° la Compagnie d’éclairage électrique du secteur des Champs-Elysées; 6° la Compagnie électrique du secteur de la rive gauche.
- La Ville se réserve d'étendre ses canalisations et d’exploiter un service municipal d'électricité dans toute l’étendue des réseaux des sociétés, Le projet détermine enfin les conditions du travail et le maximum des tarifs.
- Après une discussion d'une confusion extrême et dont il est impossible de donner la moindre idée, le Conseil a repoussé, à l’unanimité des votants, une proposition de M. Caplain disant « qu’il y a lieu d’accorder une prolongation aux compagnies d’électricité existantes»; diverses autres propositions ont été renvoyées à la commission pour une étude nouvelle delà question.
- Le 13 décembre, est revenue devant le Conseil municipal de Paris la question du renouvellement des concessions accordées par la Ville aux compagnies d’électricité. La discussion de vendredi n’ayant produit aucun résultat, M, Caplain a demandé si la question figurerait de nouveau à l’ordre du jour.
- Toutes les propositions relatives à cette question ont été renvoyées à la première commission.
- La proposition de M. Labusquière et de quarante de ses collègues est ainsi conçue :
- Le Conseil invite l’Administration et sa ire commission à étudier et à lui soumettre, le plus rapidement possible, un projet d’organisation d'un service public municipal d’éclairage par l'électricité, avec ses différents modes d’exploitation.
- Voici le texte de la proposition de M. Ambroise Rendu :
- iu La Ville de Paris ne concède aucun monopole aux compagnies d’électricité, mais clic leur accorde l’autorisation de canaliser sous les voies publiques pendant une période de 27 ans.
- 20 Elle se réserve, à partir de... le droit de ra-
- cheter les usines d’électricité et les exploitations en résultant dans des conditions à déterminer.
- La Ville ne pourra donner d’autres autorisations que si une Société concurrente, présentant toutes garanties, offraitde fournir l’électricité pour l’éclairage public et privé et pour les usages industriels,
- à un prix inférieur d’un tiers au moins au tarif des compagnies actuelles.
- 40 En ce cas, la Compagnie concurrente devrait fournir un cautionnement de.....et partager ses bé-
- néfices avec la Ville à concurrence de 10 p. 100.
- Le tarif des compagnies d’électricité, fixé actuellement à un maximun de 10 et 4 centimes l’hecto-wat, sera réduit d'un centime toutes les cinq années, à partir de 1898,
- Mais cette réduction ou une réduction plus forte devrait être accordée si les dividendes des sociétés d’électricité dépassaient un certain chiffre par an ou si la science découvrait un moyen de produire l’énergie électrique à un prix inférieur d’un tiers au moins au prix actuel.
- MM. Hattat, Alexis Muzct et Cornet ont enfin déposé la proposition suivante :
- « La première commission est invitée à étudier dans le plus bref délai un nouveau cahier des charges d’électricité permettant de réaliser immédiatement un abaissement notable des prix, sans aucun monopole, et en réservant entièrement le droit de la Ville. »
- — Saint-Brieuc. — Un différend est survenu à Saint-Brieuc entre la Ville et la Compagnie du gaz, celle-ci proposant l’installation de l’éclairage électrique concurremment à la Société d’énergie électrique.
- La Ville devait mettre la Compagnie du gaz en demeure d’adopter le nouveau mode d’éclairage, et ne pouvait s’adresser à un autre concessionnaire que sur le refus de la Compagnie. Or, le nouveau système d’éclairage est fourni par une autre société, et la Compagnie du gaz le réclame. Il semble donc que la Ville n’a pas, avant de traiter avec la Société d’énergie électrique, mis en demeure la Compagnie du Gaz d’adopter l’éclairage électrique.
- Mais la Ville a eu soin de se mettre à couvert vis-à-vis de la Société électrique contre tous les désagréments. De sorte que si la Compagnie du gaz fait un procès, c’est la Société qui devra en supporter les conséquences. Voici en effet les conditions de l’autorisation accordée par la Ville à la Société :
- Article premier. — La Société anonyme d énergie électrique est autorisée à poser, à ses frais, risques et périls, dans les rues et places dépendant de la voirie urbaine de Saint-Brieuc, des fils conducteurs aériens destinés à fournir l’éclairage électrique ou la force motrice aux particuliers. Cette autorisation est accordée sous les conditions énumérées aux articles ci-dessous, pour la durée de la Société; mais elle sera révocable, sans indemnité, le jour où la Ville serait condamnée à des dommages-intérêts pour un fait quelconque résultant de l’éclairage électrique.
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- du $) je
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- Article 2. —La Société devra s’engager à couvrir la Ville de tous frais et indemnités et à la garantir contre toute action qui pourrait lui être intentée par qui que ce soit à raison de l’installation ou du fonctionnement de l'éclairage électrique.
- Article). — Pour assurer autant l'efficacité de la garantie stipulée à l'article précédent, la Société fournira, préalablement à toute occupation de la voirie urbaine, un cautionnement représenté par une première hypothèque de 75 000 fr sur tous scs immeubles par nature ou par destination.
- Article 4.—• Au cas où la ville de Saint-Brieuc le jugerait utile, elle pourrait exiger que l’éclairage public lui soit fourni par la Société d’énergie électrique dans un délai maximum de six mois à partir du jour où l'avis lui en serait donné, et à des conditions aussi favorables que celles dont jouirait toute autre ville de même importance éclairée par l’électricité.
- Article ). — Dans l’établissement de ses fils et appareils, la Société se conformera à tous decrets, lois, arrêts ou règlements auxquels est ou serait soumise l’installation projetée. Elle devra prendre toutes les dispositions nécessaires pour prévenir non seulement les accidents, mais même les inconvénients dont le public pourrait avoir à se plaindre, les droits des tiers étant d’ailleurs entièrement réservés.
- Article 6. — La présente autorisation est accordée sous réserve expresse des droits de l'administration supérieure, en ce qui concerne tant la police des voies télégraphiques, que la police de la grande voirie et de la voirie départementale.
- — Saixt-Genikz (Aveyron). — La Société pour l’éclairage électrique de la ville de Saint-Geniez, constituée au début avec un capital d'environ 80000 fr, promet un bel avenir et de grands avantages.
- Les constructions et matériel existants représentent un capital de 40000 fr; l'émission pour l’achat et l’installation de l'appareillage électrique ou mécanique fournira 40 000 fr.
- L'installation comprendra un minimum de 450 lampes d’une intensité de 16 bougies.
- Plus tard, suivant les besoins, par l'accouplement des moteurs déjà existants dans l’usine centrale du Moulin de la Ville, l’énergie électrique pourra alimenter jusqu'à 500 lampes.
- M. E. Cayzac s’est déjà assure pour la première année un abonnement de 100 à 150 lampes, qui, à 36 fr, donnent déjà un revenu brut de 5 400 fr.
- Dans cette somme ne sont pas compris les x 500 fr, paiement de l'éclairage municipal, réservés pour garantir dès la première année le revenu de l’émission, c’est-à-dire de 40000 fr.
- Si l'on ajoute le bénéfice de la prime dont joui-
- -ront les actionnaires usant delà lumière, lesrevenus assurés aux uns pourront monter successivement de 4 à 10 p. 100, et pour les seconds jusqu'à
- Dès que l'installation de l'usine électrique pour l’éclairage sera terminée, la construction d’une ligne avec tramway à traction électrique sera mise à l’étude.
- — Saint-Sauveur. — L'éclairage électrique es en cours d'installation à Saint-Sauveur, à côté de Honfleur. On pense que tout sera terminé vers la fin de janvier et il est question de fêtes publiques pour l'inauguration que l'on fera dans le courant de février.
- Transmissions directes ou par courroie. — On vient de faire à Chester (Etats-Unis) des essais comparatifs, afin de déterminer les différents rendements des transmissions directes ou par courroie. Une machine compound tandem à condensateur était directement accouplée à une génératrice de 400 kilowatts marchant à une vitesse de 100 tours par minute ; puis, dans un autre essai, deux moteurs marchant à 80 tours entraînaient par courroies une génératrice de 22s kilowatts. Le résultat a donné une économie de charbon de 37 p. 100 en faveur de la machine à accouplement direct. La différence comparée au prix d'installation est cependant beaucoup moindre et n’accuse en réalité qu’un bénéfice de 7,5 p. 100.
- Transmetteurs électriques pour tir. —On vient d’expérimenter au champ de tir de Flamicourt (Somme) des cibles à transmetteurs électriques qui indiquent sur un tableau placé à côté des tireurs les points obtenus. Si cet appareil continue à bien fonctionner, il sera certainement à bref délai installé dans tous les champs de tir; on pourra supprimer par suite ainsi les marqueurs et les accidents.
- La valse lumineuse. — La première fête de l’Exposition de 1900 a eu lieu le samedi 18 décembre à l'Opéra, sous forme d'un bal de bienfaisance, organisé par les Comités d’admission.
- C’est devant une salle comble qu’a été montrée, pour la première fois, une application fort ingénieuse de l'électricité, sous le nom de valse lumineuse.
- Ce titre donné par M. Gaillard à la production rythmique de dessins en feux électriques colorés et d’ondes lumineuses projetées sur le corps du ballet évoluant aux sons de l'orchestre, était on ne peut mieux employé dans la circonstance.
- Cette expérience a permis aux directeurs de l'Exposition de 1900 de se rendre compte des effets qu'il est permis d’espérer, par l’application en plus
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- Supplér
- iu 29 j£
- 1898
- grand des procédés et systèmes inventés par M. E. Champion, un ingénieur électricien qui a déjà fait parler de lui à propos de ses illuminations électriques avec globes en celluloïde.
- Adjudications, offres et demandes. — Berlin. — Traction électrique, 15 mars (Voir Supplément du 15 janvier).
- — Breslau (Allemagne). — La direction des chemins de fer de l'Etat prussien demande des soumissions pour la fourniture d'une quantité considérable de charbons de lampes à arc. Les conditions sont envoyées contre la somme de so pfennings. Adresser les offres avant le 3 février à die Konigliche Eiscnbahn Direktion, Breslau.
- — Braïla (Roumanie). — Eclairage électrique, 4 mars (Voir Supplément du 15 janvier).
- — Bruxelles. — Des soumissions sont demandées par les autorités provinciales pour l'installation de l’éclairage électrique dans les bureaux du gouverneur du Brabant, rue de Chêne, Bruxelles. Les devis devront ctre adressés avant Le 11 février au gouvernement provincial, Bruxelles. Les plans sont délivrés, contre la somme de 4,85 fr, 17, rue des Augustins, à Bruxelles.
- — Bucharest (Roumanie). — Fils télégraphiques et téléphoniques, 15 mars (Voir Supplément du 23 janvier).
- — Gloucester (Angleterre) — M. Geo Sheffield Blakeway ouvre un concours pour la fourniture et l’installation d’une usine d’électricité : chaudiè-
- res, pompes et accessoires, machines, dynamos et accessoires, grue roulante, commutateurs et instruments, accumulateurs, câbles, lampes à arc et à incandescence, poteaux pour lampes à arc, etc. Le cahier des charges et la formule de soumission sont délivrés moyennant un cautionnement de 3 liv. st. 3 sh (79,40 fr), chez M. Robert Hammond, ingénieur de Ormond House, Great Trinity lane, Londres, E. C.
- — Guipuzcoa (Espagne). — Traction électrique, 28 février (Voir Supplément du 15 janvier).
- — Saint-Chamond (France). — Concession de l’éclairage électrique; s'adresser à la mairie de Saint-Chamond (Loire).
- — Novorossisk (Russie). — L’Administration municipale de cette ville ouvre un concours pour l’établissement et l'exploitation d’un tramway électrique. Le cautionnement est de 5 000 roubles. Elle met également au concours la concession de l’éclairage électrique de la ville et demande un cautionnement de 3 000 roubles.
- — Tarifa (Espagne). — Eclairage électrique, ier février (Voir Supplément du 22 janvier)-
- — Tordesillas (Espagne). — La municipalité de cette ville demande des soumissions pour l’éclairage électrique de la ville pendant une période de vingt ans. Les soumissions doivent être adressées avant le 8 février à el Secrctario del Ayuntamiento de Tordesillas (Valladolid), Espagne.
- . — Tunis.—Traction électrique (Voir Supplément du 13 janvier).
- BREVETS D’INVENTION
- Liste communiquée par l'Of/ice E. Barrault, 68 bis, rue de la Chaussèe-d'Anlin, Paris
- 268 935, Lacko. 21 juillet 1897. — Perfectionnements app
- 268 949. Rowland. 21*1 juillcf^897. — Perfectionneme apportés aux télégraphes multiples imprimants.
- 269 017 Schlatter. 24 juillet 1897. — Interrupteur autor tique pour transformateurs, système Schlatter.
- 269 036 Peyramale. 29 juillet 1897. — Appareil nom arc allumoir et qui sert à produire du feu à l’aide du c rant électrique.
- 269 047 Lalande. 26 juillet 1897. — Sablier électrique av tisseur à mercure.
- 269 072. Rowbotham. 26 juillet 1897. — Perfectionneme dans les batteries électriques primaires.
- 269 077. Compagnie française pour l’exploitation des p cédés Thomson-Houston. 27 juillet 1897 . — Appa pour redresser les courants alternatifs.
- 269 098. Ventrillon. 27 juillet 1897. — Vases pour sépa les liquides des piles ou accumulateurs.
- 269 103. Boty. 27 juillet 1897. — Mode nouveau d’éclair ou d’illumination électrique en plein air
- 269 107, Bradley. 27 juillet 1897. — Perfectionnements d les condensateurs électriques.
- 269 118. Société d’électricité Alioth. 27 juillet 1897. Appareil de mise en marche des récepteurs de cour alternatif possédant une force contrc-électromotrice ni au^moment du démarrage, comme par exemple les mote
- ) 132. Bomel. 28 juillet 1897. — Nouvelle électrode p,
- accumulateurs au plom ' 191. Société d’électricité Alioth. 30 juillet 1897. —
- ransformateur réducteur pour lampes à arc.
- ) 220. Steiner-Pons. 31 juillet 1897. — Four électrique à à I’étectro-chimie et en particulier à la
- grand débit
- 269 284. Compagnie française pour l’exploitation des pro-
- 269 296. Boije. 3 août, phones de campagne 169 298. Gulcher. 3 ac fabrication des accun
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- Supplément à L’Éclairage Électriq
- février 1898
- XXXIII
- NOUVELLES
- Syndicat professionnel des industries électriques. — Séance du n janvier 1898. — La séance est ouverte à 5 heures 1/4 sous la présidence de M. F. Meyer.
- Membres présents : MM. Banceijn, Cance, Clé-mançon, Ducretet, Geoffroy, Harle, Meyer, Radi-
- OUET, SARTIAUX.
- Exsusé : M. Hillairet.
- M. Hecht a envoyé sa démission de membre du Syndicat.
- M. R. Vinchok, propriétaire de la station d’électricité de Monceau-sur-Oise, présenté par MM. Harlé et Sautter, est admis comme membre adhérent du Syndicat.
- M. Eugène Mathieu, ingénieur-constructeur de machines à Go urlancy, près Reims (Marne) demande à la chambre de lui indiquer des bobiniers et des ajusteurs électriciens; à ce sujet, M. Harlé indique qu'il prépare une liste des ouvriers monteurs et électriciens qui demandent à être employés dans l'industrie à leur sortie du service de la marine de
- Le Comité central des chambres syndicales (Union des syndicats professionnels) auquel notre groupe est rattaché, a fixé définitivement à la somme de 200 francs le chiffre de la cotisation annuelle. La chambre décide d'accepter cette proposition.
- La chambre a reçu du. Ministère du Commerce le modèle des circulaires destinées à faire donner, par les agents consulaires aux colonies et à l’étranger, les renseignements commerciaux sur les négociants de ces pays, aux maisons françaises qui voudraient étendre le cercle de leurs affaires et trouver des débouchés hors de France.
- La chambre a reçu une lettre par laquelle la Compagnie du secteur de la rive gauche proteste contre les conditions, irrégulières dans lesquelles, négligeant les concours auxquels il avait été procédé, le Parlement a cru devoir approuver un projet pour l’éclairage électrique de la Chambre
- des Députés. De plus, il est question aujourd'hui d’agrandir l’usine d’électricité de la Chambre pour l’éclairage du ministère des Affaires Étrangères, ce qui transformerait la Chambre des Députés en marchande d’électricité.
- Après discussion, la chambre décide qu’il y a lieu d'adresser une requête à la Chambre des Députés, et au besoin de donner à cette protestation toute la publicité nécessaire.
- Plusieurs membres du Syndicat ayant demandé à figurer aux comités d’admission de l'Exposition de 1900, et n'ayant pas été compris dans les listes primitives, la chambre engage ceux de ses membres qui voudraient figurer aux listes supplémentaires à s’adresser aux présidents de la classe à laquelle se rapporte leur industrie.
- La chambre du Syndicat des industries électriques étant arrivée au terme de son mandat, il y aura lieu de procéder à de nouvelles élections lors de la prochaine assemblée du mois de mars. La chambre décide de reporter à sa séance de février l’examen de cette question.
- L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 6 heures.
- Adjudications, offros et demandes. — Braila (Roumanie). — Eclairage électrique, 4 mars (Voir Supplément du 15 janvier). Dans son numéro du 37 janvier, le Journal des travaux publics publie un long extrait du cahier des charges. Disons seulement que l’éclairage public se fera par lampes à arc de 650 et 470 bougies décimales, l’éclairage des bâtiments communaux par 1250 lampes à incandescence de ro à 25 bougies. Le voltage maximum sera de 3000 volts; la distribution se fera à 110 volts; la canalisation sera enpartiesouterraineet en partie aérienne.
- — Valderas (Espagne). — Des soumissions sont demandées pour la concession pendant 17 ans de l’éclairage public. S’adresser avant le 11 février à El Secretario del Ayuntamiento de Valderas (Léon). Espagne.
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- XXXIV
- Supplér
- à L'Éclairage Électrique du 5 février
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES
- The Electrician.
- L’Electricien.
- L Elektrotechnischer Neuigkeits-Electrical Review (Londres). Elektroteclinisehe Zeitschrift. The Elcctrical World.
- Le Gcnie civil.
- L'Industrie électrique.
- Méthode pour la détermination des pertes par hystérésis
- 1 " •" """Z, p. 5,- • - ,A “ ;.....
- .étique c l cylindre de
- )sphorescence prodi iiidoe et John-É. Bu forces éleetroi
- hes expérimen______ ...
- ;t ; C. Chiustjansen (W A, p. 545, n« 12, vol. 62). Remarque sur les rapports de température des eleetn dans les lampes à arc à mercure; Léo Arons (W A, p. n° 12, vol. 62.).
- Absorption des ondes électriques par les électrolytes ; A.Eic
- )(WA,p. 571, n®
- toi. 62.1
- ar la réflexion des rayons cathodiques; W. Kaifm E. Aschkinass (W A, p. 588, n» 12, vol 62).
- ... jnétique des rayons cathodiques {Supplt
- (WA, p. 596, u° 12, vol. G2).
- ’ i sels colorés par < étal alcalin; J. Ei.s
- H. Geiwl (WA, p. 599, .
- La déviation magnétiqi W. Kaufmann (WA, x Une propriété photoélectrique des sels
- Sur les ravons cathodiques (E. Wiedemakn et G.-C. Schmid (WA, p. 603, n- 12, vol. 62).
- Y propos de la démonstration de l’influence réciproque d deux interruptions à étincelles ; Joseph-Iren Karolv (WA p. 612, n° 12, vol. 621.
- Sur les transformations non réversibles. Lois des'très grande résistances; O. Wiedebuhg (WA, p. 652, n* 12, vol. 62).
- A propos de la théorie des phénomènes électromagnétiques présentés par le fer, le nickel et le cobalt; P. Drude (W A, _p. 887, n-12, vol. 62).
- étincelles {Supplément); P. Diiude (WA,
- balistique
- Sur l’actii
- p. 693, , .
- Sur l’étalonnage d’un gaL
- K*
- lings of the Thysical !;
- Z E C Zeitschrift, fiir Elektrochemie.
- Z E T Zeitschrift fur Elektrotechnik.
- AV A Annalen der Physik undChemiede G.e
- self-induction connue; Max Wien (Wj
- Phénomènes ljydro-dynamiqucs analogues électriques inverses. Passage des statiques C.-A. Bjeiîknes (WA, p. 91, n« 13, vol. ' Images magnétiques; H. Jaeger (AV A, p. 1 Etalon d’induction en forme d’anneau ; I.
- p. 142. n" 13, vol. 63).’
- Relation entre la lumière positive et lespac cur; F. AVieuhmann ,Tr x - ^ Considération de la . courant alternatif < ficient de self-indu, vol. 63).
- ne de la tension s la mesure de 1; u; H.-F. Weber
- rieures sur les propriétés des raye (WA, p. 1-38, n" 1, t. 64).
- Sur une forme non encore observée du rayonnement par décharge d’induction à la cathode; E. Goldstein (AVA, p. 38, n" 1, t. 65).
- Sur la distribution du potentiel dans les tubes do Geissler ; W.-P. Graham (WA. p. 49, n* I, t. 6
- Sur la coloration des sels halogènes al Schmidt (WA, p. 78, i
- i alcalin
- /.-C. Roent<
- ; E. A\rn
- Remarque à propos d’un travail de Callendar et Barnes i l’élément Clark ; K. Kaiile (WA, p. 92, n”, 1, t. 64).
- A propos de la théorie de la dispersion électrique anomal P. Drudf. (WA, p. 131, n« 1, t. 64).
- Mesure des capacités au moyen de ta balance; AV. Pecki (E T Z, p. 51. 20 janv.). ’
- Calcul de la résistance électrique des alliages, son emj
- - pour trouver les métaux composants; C. Liebenow (ET p. 28,6 janv.).
- Décomposition d’un courant alternant en deux autres deçà dans leur phase; R. (ET R, p. 77. 15 janv.).
- Recherches avec le nouveau cohcreur de Righi ; Jo, Tu.ua (Z ET, p. 46, 23 janv.).
- Etude sur l'action des rayons de Rœntgen; Tolomei iR p. 31, 2 janv.).
- Distance explosive; E. Jona (E T.s. p. I, janv.).
- Génération et Distribution.
- Moteurs thermiques. — Une installation privée mue } machine à gaz (E AV, p. 69, 8 janv.).
- Chauffage par la vapeur d échappement (E Un, p. 67. 13 jam
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- Système de tarification de L'énergie électrique ; W.-S. Bars-tow (E En, p. 49, 13 janv.).
- La direction des systèmes de compteur dans les stations centrales; Caryl-D. Haskiss (E AV, p. 31, 1" janv.).
- La tarification de l’énergie électrique ; Georges Claude (le, p. 5, 10 janv.).
- Notes sur l’estimation d’installation d’énergie électrique d’aprcs l’unité de chaleur (S R J, p. 19. janv.).
- Détermination de l'isolement des installations à courant alter-
- ' natif ; M.-K. Wilkens (le, p. 29, 25 janv.).
- Distribution. — Distribution de force électrique (E R, p. 78, 21 janv.).
- Litige technique et la question du bon travail dans les installations intérieures ; AV. Zinglek (E R, p. 102, 28 janv.i.
- Appareil Schuckert indiquant la rupture de l’un des conducteurs d’une distribution par courants polyphasés ; AI. Au.t-met (Elc, p. 38, 15 janv. h
- Interrupteur de courant d’Andrews (E T Z, p. 52, 20 janv.).
- Interrupteur pour transformateur de sous-station (ER, p. 31. 14 janv.).
- Commutateur pour résistances inductives: Hermann Muller ;E T Z, p. 6», 27 janv.).
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- Un nouveau système de transmission (S R J. p. ?>h. janv.i.
- I. entraîneur A olta : Georges Claude lie, p. 8. 1(1 qanv.>.
- Ascenseur- eleetnque a irein hydraulique, svstoine. (mvenut et de Mocomble : h - Herard lEle. p. 05. 29 ]anv. i.
- Machines auxiliaires et transmission de force sur les navires \sude\ ; Georges-W . Dicicie il I, p. 4a. 21 j anv.).
- Emploi de leJectncite dans la construction dun egoul a Worcester (Mass.) (E En. p. 08, la ianvd. ^
- |E En. p. 07. In janv, >.
- TJn coftre-iorl électrique a 1 epreuve des voleurs (E AA, p. 97, ' Davis fEAV^p!^. 1er janv.)U
- Comparaison.du coût de la torcopar la vapeur et pat- 1 électricité {suite): Trvmg-A. Taylor (E En. p. W». 13 janv.i.
- Traction.
- Traction électrique [fin); Philip Dawson (E. p. 91. - 21 janv.).
- La tractiun électrique au point de vue mécanique : Philip Dawson (El, p. 449, 28 janv.).
- Coût du courant pour la traction (ER, p. 30. 14 janv.).
- Traction électrique si
- ou à conducteurs; E. H. {le, p. 29,
- Le problème de la traction électrique p. 417 et 458, 2L et 28 janv.).
- Los possibilités et les limites de la traction électrique (E En, p. 31, 6 janv.).
- L’avenir de la traction électrique (B E M, p. 397, 18 dec.). Remarque sur la distribution à longue distance pour la traction électrique ; André Blondel (Èw, p. 21, 1e’ janv.;.
- Le troisième rail des tramways électriques ; J. Bush 'E16. p. 71, 29 janv.).
- Machines pour stations de force motrice pour chemins de fer électriques ; Charlcs-K. Kmery (S RJ, p. 23, janv.).
- Origine du svstème mixte de traction électrique; E.-E. Ries (S R J, p.* 14, janv.).
- L’union électrique des rails;AV.-E.HARRiNC'roN{SRJ,.p.42,janv.) Progrès dans l'installation des éclisses des rails ; llarold-F.
- Brown (E AV. p. 28 et 05. l°f et 8 janv.).
- Durée des roues de tramways, des engrenages, pignons et roues de trôletà Phtsbourg (S R J. p11, janv.).
- Rouas mortes et roues vivantes ; E.-tL. (le, y. iû, 10 janv.). Atlrape-trôlet (S RJ, p. 59, janv.).
- Nouveau générateur pour traction (K AV, p. 45, 1er janv.). Moteurs de chemins do fer électriques (S R J, p.^9, janv.). Moteur de tramway de trente chevaux (S R J, p. 59, janv. I.
- triques ; Charles-Froteus Sthinmetz (E AV, p. 20, l‘r janv.). Diminution des frais de réparations aux moteurs de tramways électriques ; M.-IL Mc. Adoo (S R J, p. I L janv.).
- (E Ls, p. 19, janv.).
- r le cnemin ae 1er eieve ...........
- p. 129. 28 janv. : E En. p. 61,13 janv,).
- Le chemin de fer électrique à courants triphasés de Zermatt au Gornergrat (Suisse) (Gc, p. 193, 22 janv.).
- Tramway à contacts superficiels électromagnétiques, système Raoul* Demeuse ; E Pierard (Elé, p. 36, 15 janv.). Tramways électriques en Allemagne (E R, p. 129, 28 janv.).
- Les tramways de Mexico (.S R J, p. 8, janv.).
- Les possibilités de développements des tramwavs en Europe (S R J, p. 13, janv.).
- Situation des tramways électriques dans la Grande Bretagne;
- 15 janv.).^ ^
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- XXXIX
- Discours présidentiel do M. J.-W. Swan à l'institution des ingénieurs électriciens (L’état de l’industrie électrochimique, production électrolytiquo des alcalis) (El, p. 413 et 447,
- M.2Ravvàrt^det l'électricitc (E, p, 122. 28 janv.).
- La Société septentrionale des ingénieurs électriciens (E R, p. 37. 14 janvier.).
- Grève de mécaniciens (ER, p. 39, 77, 107, 14, 21 et 28 janv.).
- Les inconvénients du droit de propriété de l’Êtat sur les canaux (EEn, p. 30, fi janv.i,
- pales {suite) ; R.-R. Bowj.kr (E En, p. 27 et (55, B et 13 janv!).
- Jurisprudence , la Compagnie du gaz contre la ville de Compïègne (Elé, p. 44. 15 janv.).
- New-York au point de vue électrique (E \V. p. 3, 1'' janv.).
- Célébration de l'agrandissement de Ncw-Yurk, le soir, la veille du nouvel an iE En, p. 55, 13 janv.).
- L’électricité à la célébration do la nouvelle année à New-York (EW. p. 70,8 jmv.).
- La chevauchée électrique ; Max de Nansouty (Elé, p. 61. 22 janv.).
- p. 57, 13 janv.).
- Quelques méthodes américaines (ER, p. 130, 28 janv.).
- Maires et Les phénomènes connexes; Delta (HZ. p. 72, 21 janv.).
- jfmold-F.' H ixSARii (E R, p. 106, 28 janv. ).
- de clLarhon par L’électricité ; IIeisë et Tiukm (E T Z. p. 3, 34 et 40, 0,18 et 20 jan.).
- Sur la cause de mort, par la commotion électrique ; H.-Levis Joshs (ER, p. 76, 21 janv.j.
- (ER, p. 126, 28 janv.).
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- Traction électrique. — Lyon. — La Compagnie des tramways a commencé la pose des poteaux nécessaires à l’établissement des lignes électriques sur tout le réseau de Lyon. On a commencé par la ligne de Bellecour-Montplaisir, et déjà les poteaux sont placés du point terminus à la rue Saint-Maurice. Quand on sera parvenu à l’octroi, on s'occupera de la ligne de Montchat.
- L’entrepreneur doit placer 40 poteaux par jour et en a r8oo pour tout le réseau. Il devra également établir 1 km de fil par jour.
- — La Compagnie lyonnaise sollicite l'autorisation desubstituerla traction électrique à la traction à vapeur par locomotives, sur la ligne de tramways de Perrache aux Brotteaux, et d'appliquer également la traction électrique à la ligne en construction de la place des Cordeliers à Cusset et à la Croix-Luizet,
- Le système proposé par la Compagnie consiste à diviser le parcours en plusieurs sections, qui sont, disposées de telle façon qu'à une section comportant l’emploi du trôlet avec conducteur aérien, succède une section où la traction a lieu au moyen,d'accumulateurs.
- Ceux-ci, qui sont d'un type spécial dit « à charge rapide », sont placés à demeure dans les voitures, et en dérivation sur la ligne aérienne ; pendant le parcours de la section qui comporte l’emploi du trôlet, ils emmagasinent, au moyen de ce dernier, l'énergie nécessaire pour faire parcourir à la voiture la section où il n’existe pas de conducteur aérien.
- Ce système de traction électrique mixte offre, entre autres avantages, celui de supprimer, dans certaines voies publiques, les fils aériens dont l’emploi, au point de vue esthétique, est parfois regrettable, et d’éviter les détériorations que le retour du courant par les rails peut causer par électrolyse aux conduites métalliques d’eau et de gaz.
- Saixt-Maur-les.-Fossès. — Nous publions le rap-
- port de M. Piettre à la séance du Conseil général de la Seine du 27 décembre 1897.
- Le vote qui a suivi l’exposé du rapporteur est de fâcheux augure pour les établissements scien-
- — Messieurs, la Compagnie des tramways de Saint-Maur-des-Fossés a soumis un projet en vue d’obtenir l’autorisation d’employer la traction électrique par fil aérien et trôlet oblique :
- i° Sur les lignes de tramways de Charenton à la Varenne-Saint-Hilaire et de Saint-Maur à Vin-ccnnes ;
- 20 Sur la ligne de tramways à établir entre Join-ville-le-Pont et Champigny, dont la Compagnie vient d'être déclarée concessionnaire.
- Ce projet a été soumis à l’enquête réglementaire dans les formes prescrites par le décret du 18 mai 1881,
- Cette instruction a donné des résultats qui sont, en général, favorables.
- Tous les conseils municipaux des communes intéressées, à l’exception du conseil municipal de Vincennes, se sont prononcés en faveur de la transformation projetée.
- M. Mâscart, directeur du bureau central météorologique, a déposé une protestation dans laquelle il signale que le mode de traction proposé par la Compagnie des tramways de Saint-Maur est de nature à porter un grave préjudice aux travaux sur le magnétisme terrestre poursuivis à l’observatoire du Parc Saint-Maur.
- M. Mascart a renouvelé sa protestation devant la commission d’enquête ; il a demandé que, pour sauvegarder les intérêts scientifiques que représente l’observaloire du Parc Saint-Maur, la Compagnie fût tenue d’employer un système de traction comportant l'établissement d’un double fil, ce qui permettrait de supprimer le retour du courant par les rails.
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- devant la commission d’enquête, ont déclaré que le système suggéré par M. Mascart était à peu près inconnu, qu’il présentait de nombreux inconvénients et que la Compagnie ne saurait en entreprendre l’essai.
- La commission d’enquête, considérant que les travaux de l'observatoire du Parc Saint-Maur, malgré l'intérêt qu'ils présentent au point de vue scientifique, ne sauraient faire obstacle à l'amélioration d’un service public, s’est contentée de prendre acte, tant de la protestation de M. Mascart que des déclarations de la Compagnie, et a émis un avis favorable à l’adoption de la traction électrique à fil aérien et trôlet oblique sur le réseau de la Compagnie des tramways de Saint-Maur.
- Une lettre de M. le ministre de l'Instruction publique relative à la protestation de M. Mascart est d'ailleurs jointe au dossier d’enquête.
- Au nom de la 2e commission, j’ai l’honneur, en conséquence, de vous proposer le projet de délibération suivant :
- « Le Conseil général,
- « Vu le mémoire, en date du 21 décembre 1897, par lequel M. le préfet de la Seine lui soumet les résultats de l’enquête relative à la demande formée par la Compagnie des tramways de Saint-Maur, en vue d’être autorisée à employer la traction électrique avec fil aérien et trôlet oblique :
- » iu Sur les lignes de tramways de Cbarenton à la Varenne-Sainl-Hilaire et de Saint-Maur à Vin-ccnncs;
- » 2* Sur la ligne de tramways à établir entre Joinville-le-Pont et Champigny, dont la Compagnie vient d’obtenir la concession ;
- » Vu les pièces de l’enquête ;
- » Vu le rapport des ingénieurs du contrôle des tramways ;
- » Sur le rapport de sa commission mixte des omnibus et tramways ;
- » F-met un avis favorable à l'adoption de la traction électrique avec fil aérien et trôlet oblique :
- » i° Sur lesjignes de tramways de Charenton à la Varenne-Saint-Hilaire et de Saint-Maur à Vin-cennes;
- J » 20 Sur la ligne de tramways à établir entre Jo.inville-le-Pont et Champigny. »
- Ce projet de délibération est adopté.
- — Suisse. — Le chemin de fer de Zermatt, au sommet du Gornergrat, vient d’être terminé et sera inauguré en avril. Le chemin de fer sur la Yung-frau a fait des progrès tellement inattendus, qu'on pourra inaugurer, au commencement du mois de juillet, la première section allant jusqu’au glacier de l’Eiger. Les travaux exécutés jusqu'à présent prouvent que les ingénieurs ont surfait les difficultés de la construction et que celle-ci marchera beaucoup plus vite qu’on n’avait calculé. Le grand tunnel offre des conditions excellentes d’exécutbn et avance à souhait.
- Éclairage électrique. — Isère. — Une des plus importantes installations d’éclairage électrique de France vient d'être mise en route avec plein succès dans la vallée du Gresivaudan (Isère). (Voir Supplément, ce tome, p. xrv.)
- La canalisation primaire à 12 000 volts altcrnatifs rayonne sur plus de 40 km et dessert c,o villages. L’usine génératrice se trouve à Lanccy, dans la papeterie Bergès, et les transformateurs d'utilisation au nombre de 50 sont placés sur des poteaux dans chacun des villages éclairés.
- L’installation a été faite par la Société « L’Eclairage électrique », 53 bis, rue de Châteaudun, et tout le matériel est du système E. Labour.
- — Paris. - - Chambre des députés. A propos de l’établissement de l'éclairage électrique au Palais-Bourbon (voir Supplément, t. XIII, p. xlv et ce tome, p. xxxiii), nous recevons la lettre de protestation suivante, adressée par le Syndicat professionnel des industries électriques au Président de la Chambre des députés.
- La Chambre syndicale des industries éleo licitce par plusieurs de ses membres, d exai
- des intérêts qu’elle représente, la situatio:
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- La proposition de loi votée par la Chan sur ce rapport, dans la séance du 11 no porte seulement, îi est vrai, * qu’il est ouv
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- XLUI
- des Finances, un crédit de 350000 fr qui sera inscrit à un chapitre 44 bis du budget'de l’exercice 1898 : Etablissement de l’éclairage électrique dans le palais de la Chambre des députés ».
- Mais il ressort du rapport que ce crédit a été demandé en vue de l’adoption du projet de MM. Jean et Bouchon, projet qui a été établi et accepté sans avoir été soumis à aucune concurrence, alors qu’une précédente résolution de la Chambre des députés, en date du 22 novembre 1894, avait décidé que, pour la substitution de l’électricité au gaz, un appel serait adressé aux industriels sur les bases d’un cahier des charges arrêté par une commission technique spéciale, alors que le concours dont il s'agit est môme qualifié d'adjudication dans une phrase suivante de la résolution.
- 11 a été donné suite à cette résolution; une commission composée des plus hautes personnalités a dressé un cahier des charges, provoqué les offres des industriels, examiné leurs propositions et classe leurs projets dans un rapport du 18 mai 1895.
- Les auteurs du projet dont la commission a recommandé l’adoption ont cru pouvoir, après de nombreuses lettres échangées avec la commission de comptabilité, mettre en mains les études définitives d'exécution du matériel ainsi que les modèles des machines et appareils principaux.
- C'est dans ces conditions, qu'aujourd’ui la commission de comptabilité, sans appeler, ni les industriels présentes en premier rang par la commission technique, ni l’ensemble des maisons ayant pris part au concours, à faire de nouvelles propositions, s’est décidée à traiter avec une maison que le résultat du concors ne semblait pas désigner à son choix.
- Elle a traité avec elle pour un projet dont les bases, il est vrai, diffèrent de celles qui avaient été établies en 1894 par la commission technique. Mais ce motif ne suffit pas pour expliquer et justifier sa décision.
- La Chambre syndicale des industries électriques ne se croit nullement autorisée à préconiser, auprès de la Chambre des députés, tel programme plutôt que tel autre. Elle est encore plus éloignée de toute pensée d’appuyer les proposi-sitions d'une maison, de préférence à celtes des autres mai-
- Elle est uniquement préoccupée en la circonstance présente de la question de principe.
- Le concours institué par la Chambre des députés avait fixé l’attention de tous les représentants des industries électriques de France, il avait été institué, la commission de comptabilité le déclare dans son rapport, pour couper court aux réclamations des maisons qui se plaignaient de n’avoir pas été appelées à soumissionner antérieurement, lors de la réparation d’un premier marché degré à gré, et pour assu-
- rer les plus absolues garanties d’équité à la décision qu’aurait à prendre la Chambre des députés.
- Le concours a eu lieu ; des personnalités techniques éminentes y ont présidé. Il n'est pas possible que ce concours soit aujourd’hui considéré comme non avenu, sans qu’un trouble grave soit jeté dans les esprits de tous ceux qui, concurrents ou non, en ont suivi avec soin la préparation et l’issue. L’inconvénient serait bien plus grand encore que s’il avait été donné suite au projet primitif de marché de gré à gré ; et l’injustice qu’il y aurait à ne tenir aucun compte du travail demandé et produit à l’occasion du concours, travail que la commission technique a déclaré être considêtable, serait ressentie par tous les membres de notre corporation.
- Les bases du concours ayant été modifiées après coup, comme il est dit dans le rapport de la commission de comptabilité, le seul moyen d’empêcher l'inconvénient et l’injustice que nous avons i cœur de prévenir, est de recommencer le concours, sur les bases ainsi remaniées, d’appeler les mêmes concurrents à faire de nouvelles propositions, et de soumettre ces propositions nouvelles au môme jury tech-
- *La Chambre syndicale prend la liberté de soumettre respectueusement les observations qui précèdent aux organes de la représentation nationale, convaincue qu’elle sera toujours écoutée lorsqu’elle invoquera auprès d’eux l’intérêt supérieur de la loyauté de la concurrence commerciale, dans les marchés passés par les pouvoirs publics.
- Adjudications. Offres et demandes. — Belmonte (Espagne). — I.a municipalité demande des soumissions pour la concession de l'éclairage public par l’électricité pendant une période de quinze ans. S'adresser, avant le 15 février, à El secretario del Ayuntamiento de Belmonte (Oviedo) Espagne.
- — Braïla (Roumanie). — Eclairage électrique, 4 mars (voir Supplément du 15 janvier et du is février).
- — Bruxelles. — La Société nationale des Chemins de fer vicinaux demande des soumissions pour la fourniture de 58 tramways électriques. Le cahier des charges est envoyé, contre 1 fr, par la Société, 26, rue de la Science, Bruxelles; les
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- Lo centenaire de la pile. — En 1899 s'ouvrira à Côme une exposition de la soie, et, pour célébrer le centenaire de la pile de Vol ta, la cité de Côme lui adjoindra une exposition internationale d'électricité, Cette exposition prise entre celle de Turin 1898 et celle de Paris 1900 risque d’avoir peu de succès.
- E. ]on\,àai\sL>Elettricista-i propose, pour sauver cette exposition de l'indifférence générale à laquelle elle semble condamnée, d'en faire une exposition spéciale de la pile. La pile a été pendant longtemps l'unique source d'électricité, et malgré l'invention des dynamos elle a encore un bien grand nombre d'applications. En réunissant toutes les formes et tous les types de piles (il y en a pas mal) et faisant leur classification, on obtiendrait une exposition historique déjà très intéressante. On pourrait faire plus encore, mettre en activité une grande batterie de piles de quelque 100000 éléments, Nombre d’expériences pourraient être faites ainsi, grâce à une force électromotrice de 190000 à 140000 volts. En particulier il serait possible d’obtenir de précieux renseignements sur la distance explosive, car on aurait à sa disposition une source tranquille, dépourvue des perturbations et des irrégularités des machines électrostatiques ou des alternateurs. Ce projet pourrait être réalisé, même avec les faibles ressources de l'exposition, car les instituts, les administrations publiques et les industriels ne manqueraient pas de contribuer aux dépenses.
- Malgré l’enthousiasme du promoteur de cette idée, il ne semble pas que cela suffise encore à tirer l'exposition de Côme de la fâcheuse position où la place le voisinage de l'exposition de
- L’agrandissement de New-York. — C'est à partir du 51 décembre à minuit que les cités, villes et villages qui entouraient New-York, Brooklyn, etc., ont été réunis à New-York, perdant leur indivi-
- dualité pour ne plus faire qu’une seule ville.
- La nouvelle ville a 360 milles carrés de superficie et 3 300 000 habitants; c’est donc après Londres la première ville du monde comme étendue et comme population.
- On sait que la vieille cité de New-York est constituée par l'île Manhattan qui représente la plus grande agglomération d'habitants. La partie élevée de cette île est recherchée pour les habitations et il existe tout un système de trains elevated qui permettent de se rendre au sommet de l’île; ces trains transportent 600 000 voyageurs par jour; ils sont encore à traction à vapeur, mais il est probable que la traction électrique sera appliquée avant longtemps.
- La totalité des voies ferrées dans New-York a une longueur de 230 milles, elles appartiennent presque toutes à la Metropolitan Street Railway Company, et l’énergie électrique est distribuée pat des conduites souterraines.
- Dans Brooklyn il y a 400 milles de voies ferrées 5 la traction y est faite par trôlet, le nombre des voitures qui y circulent est de 1 500 automotrices et 900 remorquées.
- Si l’on fait le total des voies à traction électrique de New-York, Brooklyn et des diverses cités qui sont maintenant réunies, on arrive au chiffre de 650 milles pour le nouveau New-York.
- L'éclairage électrique n'est pas moinsdéveloppé. La puissance totale des installations est de 46000 kilowatts, et le nombre des lampes alimentées est de 47s 000 lampes à incandescence et 3 000 lampes à arc. Pour la force motrice il y a 11 000 chevaux disponibles.
- Le service téléphonique est confié à deux compagnies ; l'une, la New-York Téléphoné Company, possède 13 stations centrales, 25000 postes, ses lignes ont une longueur de 50 000 milles en ligne souterraines et 6 400 milles en lignes aériennes. Le nombre annuel des appels sur ces lignes est d’environ 41 600000.
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- L’électricité dans les mines. — Dans l’ardoisière de Saint-Joseph à Fumay, les treuils, les pompes, etc., dans les galeries souterraines, sont mis en activité par l’clcctricitc ; l'éclairage est fait aussi électriquement. La solution intéressante de ce problème fournira des données pratiques aux constructeurs. Le travail a été exécuté par M. Ch. Brezol, ingénieur-constructeur à Charleville.
- L’union des sociétés d’électricité en Allemagne.
- Les usines électriques les plus importantes de l’Allemagne se sont fait jusqu’ici une concurrence acharnée. Bien souvent elles avaient été amenées à consentir à des réductions de prix qui leur faisaient préjudice ainsi qu’à leurs concurrentes; cette situation ne pouvait durer longtemps, une entente devenait inévitable à la première occasion.
- La Compagnie des tramways de Vienne ayant décidé de remplacer par la traction électrique la traction à vapeur, ouvrit un concours. Les maisons allemandes, qui auraient pu se mettre en ligne, paraissent disposées à s’entendre entre elles, plutôt que de se nuire par une concurrence ouverte.
- Les sociétés électriques les plus considérables de l’Allemagne se seraient mises d'accord, nous dit la Petite République, pour se charger en commun des travaux nécessaires.
- S'il en estainsi, la formation d’un syndicat parmi les Compagnies électriques se trouverait assez avancée; à la Bourse, les actions sont montées sur cette nouvelle, sans qu’on puisse apparemment l’attribuer à une manœuvre comme il s'en produit bien souvent à la Bourse.
- A la vérité, la maison Siemens et Halske, la plus importante des maisons électriques de l'Allemagne, a démenti la nouvelle d'une entente, mais il ne faut pas y donner trop de valeur, car on a voulu sans doute affaiblir l’impression que l'opinion publique en aurait ressentie.
- 11 ne faut pas, d’ailleurs, s'étonner si dans l’industrie électrique, malgré sa date toute récente, on voit déjà se former un syndicat capitaliste, un trust, leur constitution étant une nécessité économique dans les branches industrielles surtout, où le capital fixe joue un rôle prépondérant comparativement au capital variable.
- Les maisons et les Compagnies électriques sont obligées d’engager à l’avance des capitaux considérables dans les usines d’électricité, et s'exposent pendant de longues .années à des risques assez graves. On s'explique, dès lors, qu'on ne veuille pas augmenter encore les périls auxquels on s’expose par la concurrence réciproque et accentuer ainsi les pertes qu’on pourrait pcut-ctre subir. La formation d’un syndicat paraît être le moyen le plus pratique pour neutraliser ces effets.
- L'évolution économique, sous le régime actuel, impose .la formation des trusts ou syndicats capitalistes, favorisée d'ailleurs par le système protectionniste, et par l’application de plus en plus étendue du machinisme, c'est-à-dire par l’importance toujours grandissante du rôle du capital fixe vis à-vis du capital variable.
- Traction électrique. — Auxerre. — I.c conseil municipal a voté l'installation, à Auxerre, d’une ligne de tramways. La durée de la concession sera de trente-huit ans au lieu des cinquante ans demandés par les entrepreneurs. Un délai de deux ans est accordé pour accepter la concession.
- Aucune subvention ne sera faite par la Ville. Deux lignes seront installées. Il n’y aura qu'une seule classe de voyageurs et le prix des parcours est fixé à o, 15 fr, avec droit à la correspondance pour 0,05 fr et au transport de 50 kg de bagages. La rétrocession est interdite.
- — Barbizon. — Le joli petit village de Barbizon, si fréquenté par les peintres et les touristes, va être en communication régulière et rapide avec le chef-lieu du département, Melun.
- Depuis la fin de décembre, la Société qui prend
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- 19 février 1838
- XL VU
- le nom de Société anonyme des tramways sud de Seine-et-Marne, est constituée. Les statuts sont déposés en l’étude de Mc Dubée, notaire à Fontainebleau; la Société aura une durée de soixante-cinq ans à partir du 12 octobre 1897.
- Les travaux de construction vont être commences incessamment.
- — Berlin. — L'empereur a sanctionné le projet de loi autorisant la substitution des tramways électriques aux tramways à chevaux, résultant de l'accord intervenu entre le conseil municipal et la Grosse Berliner Pferdebahngeselischaft.
- — Bourges. — Samedi 15 janvier a été inaugurée, en présence de la municipalité et des autorités, l’usine électrique des tramways de Bourges.
- Quelques voitures ont effectué une sortie et les essais ont parfaitement réussi; mais l'installation du réseau n'a pas encore été autorisée, aussi les tramways ne circuleront-ils pas avant plusieurs
- Des démarches vont être faites pour activer la solution de cette affaire qui concerne les intérêts du commerce et des habitants.
- — Buenos-Ayres. — Les grandes Compagnies d’électricité allemandes viennent de s'intéresser dans plusieurs entreprises à Buenos-Ayres. Après l’achat fait par une de ces sociétés d'un fort stock d’actions de la Société des tramways de Buenos-Ayres, l'Allgemeine de Berlin vient de demander la concession pour l'établissement d’une grande usine d'électricité dans La même ville. Elle projette, en même temps, la fondation à Buenos-Ayres d'une grande société allemande d’outre-mer qui s’occuperait de tous les travaux d’électricité à exécuter dans la République Argentine. Le capital initial a été fixé à 20 millions de marks, mais on pense qu'il sera bientôt augmenté. 11 sera fourni entièrement par des capitalistesétablisen Argentine.
- — Cannes. — La Société L'Omnium Lyonnais-, concessionnaire des tramways de Cannes et du Cannel, vient, après adjudication, de traiter avec un entrepreneur de notre ville pour la construc-! tion des bâtiments de l’usine génératrice et des salles de garage, qui,'comme on le sait, seraient édifiés sur les terrains que la Société concessionnaire a achetés au quartier des Gabres, à la hauteur de L’hôtel des Anges, sur la routé d’Antibes.
- Les travaux ont commencé récemment; ils sont exécutés par M. J. Cadot, l'entrepreneur avec qui la Société des Tramways a traité.
- Les travaux d’installation de la voie et de l’usine doivent marcher assez rapidement, car on espère que l’exploitation pourra commencer en septembre. Dans tous les cas la prochaine saison méditerranéenne aura ses tramways électriques.
- — Montpellier. — L’exploitation du réseau des tramways électriques de Montpellier a commencé le 20 décembre par la ligne de la place de la Comédie à Castelnau, et par celle de l’Hôpital suburbain.
- 11 y a deux employés sifr chaque voiture, le mécanicien et le conducteur. Des contrôleurs s’assurent pendant la route que les voyageurs ont leur ticket.
- Les voilures actuelles ne sont que provisoires, heureusement, car elles sont peu confortables et l’on y ressent une trépidation assez brusque.
- Les voitures marchent à la vitesse moyenne de 15 km à l’heure.
- Celle première mise en exploitation a eu un plein succès et nombre d'habitants de Montpellier voyagent sur la ligne de Castelnau, sans même descendre à Castelnau, pour le plaisir de se faire transporter à bon marché. Il en résulte que les habitants de Castelnau n’ont pas grand'place à certains moments de la journée pour venir à Montpellier. 11 serait simple de faire descendre tous les voya-
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- geurs à la tête de ligne, on éviterait ainsi bien des mécontentements.
- Enfin, la Compagnie débute et modifiera certainement des points de détails ; tout ne peut être fait en même temps.
- En raison de l'affluence des voyageurs sur les deux lignes mises en exploitation, on procède avec la plus grande activité à la construction de la ligne circulaire et de celle de la rue de la Loge.
- La place de la Comédie, entre autres, sera l'objet d'une installation toute particulière, au point de vue esthétique (poteaux ornementés avec bases semblables à celles des candélabres existant sur la place).
- En attendant que le matériel nécessaire soit arrivé, ce qui demande encore assez de temps, et afin de livrer à la circulation au plus tôt toutes les lignes passant sur la place de la Comédie, la Compagnie s'est décidée à faire une installation provisoire.
- Une fois l'installation déliniüve terminée, la place de la Comédie ne perdra rien de son aspect.
- — Paris. — Tramways de pénétration (suite), voir Supplément, ce tome, p. xin et xxv.
- — Ligne à'Epinay à la plaça de la Trinité par Saint-Denis et Saint-Ouen. L’enquête est ouverte du 22 janvier au 22 février.
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- I.'itinéraire proposé est le suivant : à Epinav. les routes départementales 9 bis, nationale 14 et départementale ;i, puisa Saint-Denis la rue delà Briche,le boulevard de Châteaudun et la route de la Révolte ; à Saint-Ouen, boulevard Victor-Hugo, avenue des Batignolles, porte de Montmartre ; à Paris, rues du Poteau, Damrémont, Cau-laincourt, boulevard et place Clichy, puis rue d'Amsterdam et de Londres pour les trains descendants, rue de Clichy pour les trains montants.
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- — Chemin de fer sur route de Paris à Arpajon. Une enquête est ouverte du 24 janvier au 24 février sur le projet présenté parla Compagnie de ce chemin de fer, pour remplacer la traction à vapeur par la traction électrique avec fil aérien et trôlet entre la porte d'Orléans et Antony. Le'but de cette modification est d’augmenter le nombre des trains circulant entre î’Odéon et le pont d’An-
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- — Bordeaux. — La ville de Bordeaux ayantauto-risé l'établissement de fils aériens pour la distribution de l’énergie électrique servant à l'éclairage, la Compagnie du gaz fit des réclamations judiciaires.
- Voici le texte de l’arrêt rendu le 24 décembre par le Conseil d’Etat ;
- « Le Conseil d’État :
- « Considérant que si le traité intervenu entre la Compagnie du gaz et la ville de Bordeaux constitue un marché de travaux publics dont le contentieux appartenait à la juridiction administrative, le Conseil de préfecture 11’a pas été appelé par les parJes à statuer au fond, mais simplement à connaître d’une dcmandcd'intcrprctationderarticle 55 du cahier des charges de la Compagnie en exécution d'un jugement du tribunal civil de Bordeaux, qu’elles avaient saisi de leur contestation à l’occasion de ce marché ;
- « Que, dans ces circonstances, la juridiction administrative ne peut que statuer sur la question d’interprétation portée devant elle;
- «Au. fond, . .
- « Considérant que, si l’article Ier du cahier des charges qui concède à la Compagnie le droit exclusif de distribution et de vente du gaz d'éclairage au moyen de tuyaux placés sous la vole publique ne prévoit que l’éclairage par un gaz extrait de la houille, qui était le procédé habituellement employé, il résulte du rapprochement des articles 34 et 35 que la Ville a entendu concéder à la Com pagnie le service de tout l'éclairage, tant public que privé, pendant la durée de la concession;
- « Qu’en effet, il est établi par l'examen de ces textes que le premier de ces textes prévoit l’hypothèse dans laquelle les progrès de la science viendraient apporter des perfectionnements au système de fabrication du gaz, et fixe les conditions dans lesquelles l’emploi de ces nouveaux procédés pourrait être imposé à la Compagnie; et que le second, rédigé en termes généraux, s’applique à la découverte de tous les autres systèmes d’éclairage qui pourront se produire et limite le droit réservé à la Ville, dans cette hypothèse, pendant la durée de la concession, à la faculté d'autoriser des essais sur une longueur de voie publique fixée à 1500 m, sans que les produits de ces essais puissent être l’objet d’aucun trafic;
- « Qu’en insérant cette dernière stipulation dans le traité de concession, la Ville a précisé le sens et la portée des engagements qu’elle contractait et du droit exclusif qu'elle entendait conférer à son concessionnaire ;
- « Qu’ainsi elle n'est pas fondée à soutenir que les stipulations du contrat lui laissaient la faculté, sans porter atteinte aux droits de la Compagnie du gaz, d'autoriser l’établissement de fils aériens.pour la distribution de la lumière électrique en dehors des conditions insérées audit article 3 5 ;
- « Décide :
- « Art. ifr. L’arrêté attaqué est annulé.
- « Art. 2. Il est déclaré que l'article 35 du cahier des charges de la concession de la Compagnie du gaz doit être interprété en ce sens qu’il s’applique à tous les nouveaux systèmes d'éclairage qui pourront se produire par quelque procédé qu’ils soient réalisés, et que le droit de la Ville d’autoriser sur la voie publique les installations nécessaires à l'établissement de ces systèmes est limité par les conditions insérées dans cet article.
- « Art. 3. Les dépens exposés par la Compagnie du gaz seront supportés par la Ville, »
- Le Métropolitain de Paris. — Le Conseil d'Etat a commencé le 22 janvier l’examen du projet sur le métropolitain ; le rapport était soumis par M. Bousquet.
- On sait que le gouvernement et le conseil municipal sont aujourd'hui d'accord pour reconnaître à ce chemin de fer un caractère exclusivement urbain. Le projet actuel est donc pour ainsi dire
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- 10 février 1808
- un métropolitain fermé qui ne pousse du côté de la banlieue aucune amorce ni aucun tronçon. Bien plus, le projet, tel qu'il est soumis aux délibérations de. la haute assemblée, comprend une voie de 1,30 m seulement, alors que les grandes lignes ont 1,44 m. Il est vrai que, s'il faut en croire certains avis, l’élargissement de la voie étroite ne serait pas impossible et ne donnerait pas lieu à des dépenses exagérées si jamais il venait à être décidé. Quant au gabarit des ouvrages d'art, il est de 6 m, de manière à permettre une largeur maxima de 2,to m pour le matériel.
- Le tracé comprend :
- 1. Une ligne de la porte Dauphine à la porte de Vincennes, par les Champs-Elysées, la rue de Rivoli, la rue de Lyon et le boulevard Diderot, presque entièrement en souterrain, et d'une longueur de 11 km. Elle serait la première exécutée.
- 2. Une ligne de la porte Maillot à Ménilmon-fant par l’avenue de la Grande-Armée, les boulevards extérieurs, les rues de Rome, Auber, du 4-Septembre, Réaumur, Turbigo, la place et l'avenue de la République.
- 3. Une ligne de la porte de Cliguancourt à la porte d’Orléans par les boulevards Ornano, Barbés, Magenta, la rue de Strasbourg, le boulevard de Sébastopol, les Halles, la rue de Rennes, le boulevard Raspail, l'avenue d'Orléans.
- 4. Une ligne de la gare de l'Est à la place d’Italie, par le boulevard Magenta, la place de la République, le boulevard Richard-Lenoir, la Bastille, les boulevards de la Contrescarpe et de l’Hô-
- 3. Une ligne de la porte de Vincennesà la porte d’Italie.
- 6. Enfin la ligne circulaire par les boulevards extérieurs.
- La Ville de Paris concéderait l’exploitation à la Compagnie générale de traction, qui aurait à sa charge la superstructure, estimée 60 millions. Quant à l’infraslructur'e, elle serait exécutée par la Ville qui y consacrerait une somme de 150 millions, réalisables par un emprunt remboursable en soixante ans. Elle s’engagerait à livrer au concessionnaire la ligne de la porte Dauphine à la porte de Vincennes. la ligne de la porte Maillot à Ménilmontant et la ligne circulaire dans un délai maximum de huit années. Le concessionnaire commencerait alors immédiatement les travaux de superstructure. Mais, comme on débuterait par la ligne de la porte Dauphine à la porte de Vincennes, on pense pouvoir la livrer à l’exploitation dans un délai de dix-huit mois,
- Le prix uniforme des places serait de 0,23 fr en irc classe et 0,13 fr en 2e classe. La Ville se couvrirait de ses débours par un prélèvement de 0,10 fr sur chaque billet de rro classe, et de 0,03 fr sur'chaque billet-de 2e classe, et, èri outre', par un
- prélèvement progressif sur la recette brute. Il suffirait, paraît-il, de 110 millions de voyageurs pour que la Ville rentrât dans ses déboursés.
- Il faut remarquer que le projet soumis au Conseil d’Etat comprend certaines clauses desquelles il résulterait que les salaires ne pourraient descendre au-dessous d’un minimum donné. La journée ne pourrait dépasser dix heures. Il y aurait un jour de repos par semaine.
- Le Conseil d'État n’a pas accepté les conditions du travail et a demandé la transformation du gabarit de façon à substituer la voie large à la voie étroite.
- Le bureau du conseil municipal, dans sa réunion du 28 janvier, a repoussé en principe les transformations proposées par le Conseil d’État. La question reviendra devant le conseil municipal vers la fin de février.
- Téléphonie.— Blois-Amboise. — M. le directeur des postes et télégraphes de Maine-et-Loire a demandé à la Chambre de commerce de Saumur de vouloir bien se mettre en rapport avec les villes d’Amboise, de Tours, d’Angers, en vue de la constitution d’un circuit téléphonique Blois-Am-
- Approximativement, les dépenses à engager s'élèveraient à 13 300 francs environ, et il n’y aurait pour les prêteurs que la perte d’intérêts des sommes avancées jusqu’au remboursement, lequel s’effectuerait au furet à mesure de l'encaissement des produits.
- La Chambre de commerce a décidé de réserver sa réponse et d’ouvrir une enquête afin d’établir si les relations commerciales entre Saumur et les i villes de Blois et d’Amboise sont suffisamment importantes pour motiver le sacrifice pécuniaire demandé.
- — Bourg. — La somme de 31 000 fr est nécessaire pour l’établissement de la ligne téléphonique qui doit relier Bourg à Lyon. La somme doit être avancée à l’État qui remboursera sans intérêts, au fur et à mesure des recettes de la ligne, créée et
- Le conseil municipal décide de participera l'affaire et que la Ville avancera le capital nécessaire ; en outre la municipalité s'abouchera avec le groupe des souscripteurs.
- Information — Le siège de la Société de traction électrique sur les voies navigables, 28 rue Saint-Lazare, est actuellement transféré 19 boulevard Montmartre.
- Adjudications, offres et demandes. — Braïla (Roumanie). — Eclairage électrique, 4 mars (voir Supplément du 15 janvier et du 15 février) .
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- 1898
- — Bucharest fUsumarnej. — Fils télégraphiques et téléphoniques, 15 mars (voir Supplément du 22 janvier.)
- — Burgo de Osma (Espagne). — Eclairage électrique, 20 février (voir Supplément du 12 février).
- — Copenhague. — La Frederiksberg Sporveis-og Electricitets Aktieselkab demande des soumissions pour la fourniture de machines motrices, dynamos, accumulateurs et tableau de distribution.. Les soumissions doivent être adressées avant le 12 mars, avec l’indication « Tilbud paa del elec-, triske Aulaeg til Frederiksberg Central station » à la Frederiksberg Sporveis-og Electricitets Aktieselkab, Gl. Kongevei, 140, Copenhague, V.
- — Erfurt (Allemagne). — La direction des chemins de fer de l'Etat prussien demande des offres pour la fourniture de 70000 charbons de lampes à
- arc. Adresser les offres avant le 35 février à la Kœnigliche Eisenbahn-Direktion, Bahnhofstrasse, 23, Erfurt, Allemagne.
- — Guipuzcoa (Espagne). — Traction électrique, 28 février (voir Supplément du 15 janvier).
- — Segorbf. (Espagne). — La municipalité de cette ville demande des soumissions pour la concession de l’éclairage électrique des rues pendant cinq ans. S’adresser, avant le 25 février, àElSecre-tariodel Ayuntamiento de Segorbe, Espagne.
- — Sofia (Bulgarie). — La municipalité de cette ville demande, avant le 17 mars, des soumissions pour l’éclairage électrique des rues, de la mairie et de la caserne des pompiers, ainsi que pour l’établissement d’un réseau de tramways dans la ville et la banlieue.
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- Quelques notes sur les moteurs monophasés (suite); A.-C. Eborali. (E R, p. 136 et 172, 4 et 11 fév.).
- Suris fonctionnement stable et instable des moteurs synchrones ; C.-F. Guii.beiit (le, p. 48, 10 fév.).
- Notes sur les alternateurs synchrones; Il'.-E.-M. Kensit (El, p, 478, 4 fév.).
- Commutation dans les dvnamos à courant continu (El, p. 520, 11 fév.').
- L’ctincelle, ses causes et ses effets; Thornburn Rio» (El, p. 515, H fcv.).
- Protection des conducteurs; Alfred Stii.i. (BR, p. 104 et 176, 28 janv.. Il fév.).
- Sur la protection magnétique (suite) : H. du Bois (El, p. 511, 11 fcv.).
- Dvnamo de 800 chevaux pour 1 éclairage de la ville de Rouen ‘(Gc, p. 226,29 janv.).
- Alternateurs de la Compagnie Walkcr ; M. Aliamet (Elc, p. 81, 5 fév.).
- Moteurs Mayer et dynamos d‘éclairage (EEn, p. 96, 20 janv.).
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- Supplément à L'Éclairage Électrique du 19 février 1 898
- vitesse lente et modérée de la G. E. C. (E En, p. 90, 20 janv.).
- Rhéostats d(
- Une nouvelle bobine d'induction (ER, p. lôo, 4 fév.).
- Appareillage. —Un frein pour l'essai des moteurs (El, p. 321,
- Piles et accumulateurs. — La fabrication des accumulateurs au chlorure (E R, p. J85, 11 fév.).
- Stations génératrices et installations. — Sur la disposition dos machines de réserve dans une installation à trois fils ; A.-R. Kuüler (ETZ.p. 97, 19 fév.J.
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- mportants projetés à Pittsburg (SRJ, p. 97
- Moyen d’assurer la communication avec les feeders dans pont tournant (S RJ, t>. 74, fév.).
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- Détecteur de terre électrostatique (EW,
- Nouveau coupc-circuit R.-C.
- W
- ). 103, 29 janv.) line (fin) (ZET, (Suisse) ; Henry
- Distribution d’énergie électrique de Schwy Martin (Gc,_p.229, 5 fcv.).
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- Divers. — Sur l'utilisation de l'électricité atmosphérique;
- Sahülka (Z K T. Applications mé par l’électricité (ETR, p.
- Applications mécaniques. — Machine à papier actionnée
- ley Fletcher (II, j.
- Un chasse-neige élec
- Pompe triplex mue , , . * , ,
- Bloc-signal magnéto-électrique automatique de Wilfrid Boult (2ET, p. 65, 6 fév.).
- ï concentration magnétique des minerais système Il fév.
- Eam, p. 90, 22 janv.;
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- Contact poi
- s de tête électriques (SRJ, p. 85, fcv.).
- Nouveau système de troisième rail. Une sécurité du système de traction â troisième rail (E W, p. 162 et 163, 29 janv.). Une machine de traction électrique cst-cllo exposée à des chocs on ne l’esl-elle pas ? Rawort, k Emery; James • F. Rossitek (E R, p, 147, 177, 4 et 11 fév.).
- Les possibilités et les limites de la traction électrique; E.-J. Sprague iEM, p. 752, fév.'
- Moteurs polyphasés pour traction électrique (El, p. 486, Archet de prise de courant pour tramways à conducteur aérien
- marchandises (SRJ,
- Locomotive"électrique pour manœuvres (DEl,p, 3, S janv,), La nouvelle locomotive électrique Heilmann ; L. Bavj.y (EEn,
- Locomotives clectriques (Z E T, p. 68, 6 f Locomotive électrique pour trains de n p. 111, février).
- Nouvelles voitures à xAtlanta Ga (S RJ, p. 81, février). Voiture électrique pour le service postal (El, p. 479, 4 fév.). la voiture automobile de route à trôlel Calïrey ; W.-G. Ca (E En, p. 86, 20 jai '
- Les tramways électriques en Danemark et dans la péninsule
- Scandinave (SRJ, p. 102, fév.
- 3 de Waterloo à Cedar Falls (SRJ,
- Établissement d'un chemin de fer électrique do 22 heures (D El, p. 6, 8 janv.).
- Sur un nouvel emploi de l'électricité dans le service des lions (DEl. p. 9, 8 janv.).
- Données sur les travaux électriques du projet de train terrain à New-York (EEn, p. 8-7, 20 janv.).
- Sur la construction des récents tramways électriqi terre (Hahoi.u Lomas (E W, p. 143, 29 janv.).
- Télégraphie et Téléphonie.
- Les perturbations télégraphiques (au point de vue des employés); Chas. fl. Garland (ER, p. 94. 166, 21 janv.’et
- L'installation de la génération du courant dans le bureau télégraphique central de Stuttgart {suite) ; G. Ruter et Jul. H. Wass (ET Z, p. 78, 96, 3 et 10 fcv.).
- Le câble àu Pacifique (E R, p. 163, 199, 4 et 11 fév.)..
- Essais du synchronographe sur les lignes télégraphiques du gouvernement britannique ; Albert Cushino Creiiore et George Owf.n Squier :E W, p. 145, 29 janv.).
- Le problème de la transmission de l’cnergie à distance par les milieux naturels, à propos de la télégraphie sans fil; L. Poincaré (Rgds. p. 53, 80 janv.).
- La télégraphie sans fil. Une prédiction ; J. Rees (ER, p. 175,
- Le svstème téléphonique du Royaume-Uni; Charles Rarhai (El, p. 488. 4 fév.).
- Applications thermiques.
- Examen des possibilités du chauffage et de la cuisine par l'électricité; W.-P. Adams (ER, p. 162, 200, 4^et 11 fév.). Soudoir par l’arc électrique de LA. E. G. (ET R, p. 87, 1er fév.).
- Appareil à soudure électrique (D El, p. 7, 8 janv.).
- Eclairage.
- Sur les lampes à arc (ET R. p. 86, 1®' fèv.).
- L’action des arcs alternatifs enfermés; G.-B. Frai.ey (EEn, p. 81, 20 janv.). •
- Lampe à arc, système L. Bardou à .point-lumineux fixe pour courants alternatifs (E C, p. o, janv.).
- L’arc électrique; Walter D. Jamiëson (ER, p. 175, 11 fév.). Charbons pour l’éclairage électrique et autres usages ; Francis
- Une nouvelle lampe régcnèrable ; R. Mayer (DE1. p. 6,
- Avantagé de l’éclairage électrique; Alexandre Dow (EW, p. 148, 29 janv.). .
- Eclairage électrique et destructeurs de gadoues à Glocester (E R, p. 165, 4 fév.).
- Wattrnètre portatif pour le service d’inspection des lampes (E W, p. 164, 29 janv.).
- Electrochimie
- Une nouvelle application du four électrique ; C, Matignon (Rgds, p. 51,30 janv.).............
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- Supplément h (.'Éclairage Électrique du 19 février 1898
- f
- Influence des anodes dans la déposition de l’or des solutions de cyanure; E. AsmÊnu {Eam, p. 100, 22 janv.).
- Notes sur le traitement électrochimique des minerais conte-tenant les métaux précieux: C.-E. \Vf.biiEt: (II, n. 102 11 fév. ; E, p. 180, 11 lév.; Ei, p. 517, 11 fév.).
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- Sur la galvanisation élcctro-chimiquc. — Traitement électro-lytique des résidus stanniferes. — Préparation des hypo-chlorites. — Préparation du phosphore. — Four Patin pour la fabrication du carbure de calcium. — L’élcctrolyscur Peyrusson. — I,a carbonisation électrique de la tourbe (IE C, janv.),
- Mesures.
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- Electro-moteurs et règlements d’incendie; Fred. p. H7,4icv.).
- Prescriptions de sécurité pour les installation., édictées par l’Eleklrotechnischen Yerein de Tienne ; E.-,
- Bhvxswick (Elé, ,
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- Contrôle public, droit ou application des franchises municipales {suite) ; R.-R. Bowleu (E En, p. 27, 65 et 89, 6, 13 et
- Dbjec
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- Convention de la'Northvvestern Electrical Association (E \Y
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- Cmémicrophonograplie. — MM. Eugène Peceire, président de la Compagnie générale transatlantique du Havre, et Jaubert ont eu l'idée de combiner dans de grandes proportions le cinématographe et le microphonographe Dussaud. Cette combinaison est destinée à représenter des scènes de la vie maritime, en‘particulier les ports du Havre et de Marseille avec toute leur activité.
- Le cinémicrophonographe Bertho-Dussaud-Jau-bert se compose exclusivement d'un cinématographe spécialement construit pour cet usage et dont l'arbre, mû par "un moteur électrique d'un cheval environ, commande douze microphonographes. Quand l'appareil sert d’enregistreur, par exemple pour un chanteur sur la scène, le cinématographe photographie les gestes tandis que les douze microphonographes disséminés sur la scène et à l'orchestre enregistrent le chant et raccompagnent.
- Lors de la restitution de ect enregistrement, les douze micro phonographes, tournant synchroniquement, envoient dans l’oreille du spectateur, par deux embouchures téléphoniques dissimulées dans le dossier du fauteuil où il est assis, le chant ou les paroles accompagnant les gestes de l’acteur projetés par le cinématographe.
- Coups d’électricité. — Avec les courants que l'on emploie maintenant communément', les températures, et les intensités lumineuses atteintes produisent des phénomènes pathologiques sur l’homme qui est exposé à leur rayonnement : tuméfaction de la peau, œdème et desquamatiô-n, comme cela se présente dans l'érysipèle. Il y a là une action analogue à celle qui est connue sous le nom de coup de soleil.
- Pour y remédier, nous dit La Vie scientifique, il suffit de se couvrir la figure d'un voile jaune, en taffetas gommé. Les lunettes à verres gris mélangé de rouge et de vert rendent également de grands services..
- L’Exposition de Dijon. — Lès travaux de l’expo-
- sition internationale et universelle qui doit avoir lieu à Dijon du 1er juin au 30 octobre 1898 sont poussés avec activité. Déjà le nivellement de l'admirable emplacement de cette exposition : le Carrousel, situé près du beau parc de la capitale de la Bourgogne, promenade favorite des Dijon-nais, a été exécuté par les soins de la municipalité. J.es divers travaux seront terminés en temps
- De leur côté, le comité d'organisation du concours international de musique qui doit avoir lieu sous le patronage de la municipalité, au mois d'août prochain, et le comité des fêtes du commerce et de l’industrie préparent une série de réjouissances qui viendront augmenter l’attraction pour les nombreux visiteurs de l’exposition dijon-
- ' Pour tous renseignements, prière de s'adresser au siège du comité d’organisation, à l'adresse de M. Félix Benoit, commissaire général, ingénieur, officier de l'instruction publique, 38, rue Monge, à Dijon, ou à la Direction générale de l’Exposition, r, rue d’Auxonne, à Dijon.
- Le halage électrique des bateaux à Gand. — Il est question d’établir le long du canal de Terneu-zen et du canal de Gand à Bruges, un système de halage électrique des bateaux et allèges.
- La traction se ferait au moyen de fils aériens et-à l’aide d’une automobile qui circulerait le long de ces canaux.
- Les fils seront placés d’abord de Gand à Selzaete. Plus.tard, la Société étendra son réseau le long de l’Escaut.
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- Le temps employé pour le halage serait réduit de moitié comparativement au temps qu’emploient les chevaux.
- Traction électrique. —Clamart. — Un traité a étc;passé entre la Compagnie Générale Parisienne de tramways et la municipalité de Clamart pour régler les conditions d’exploitation de la ligne de Clamart-ville à la gare de Clamart. Voici les principales clauses de l’accord intervenu :
- La Compagnie aura 4 mois de délai, pour livrer la ligne à l'exploitation, à compter de la date du commencement des travaux.
- I.a voie actuelle sera complètement refaite, et les joints des rails devront ctrc particulièrement soignés, pour faciliter le retour du courant et éviter les déperditions qui pourraient nuire aux canalisations d'eau et de gaz.
- Le câble du trôlet sera élevé à 7 m au-dessus du sol, et des dispositions seront prises pour éviter tout accident en cas de chute, et tout contact avec les fils télégraphiques et téléphoniques.
- La tension du courant ne pourra dépasser 550 volts.
- Les voitures seront chauffées en hiver, et d’un modèle agréé par la municipalité.
- S’il est fait emploi de voitures à impériales, ces impériales seront couvertes et protégées à l’avant par un écran vitré.
- La municipalité pourra se servir des poteaux de la Compagnie du tramway pour éclairer la rue de Paris à l'électricité, mais la Compagnie aura un droit de priorité pour la fourniture de l’éclairage.
- La voiture venant de Saint-Germain-des Prés n'aura droit au remorquage par les automobiles électriques, que si elle n'a pas plus de 2 minutes de retard, afin de ne pas entraver le service de h gare à la mairie.
- — Douai. — Le tramway électrique de Douai à Aniche et à Dorignies, dont nous avons annoncé la déclaration d’utilité publique (Supplément, t. XIII, p. xxii), est en pleine installation. Les terrassements de l’importante usine d'électricité de Guesnain entre Douai et Aniche sont presque terminés.
- Le concessionnaire, M. Fave, espère que la ligne sera livrée à l'exploitation en mai. La ligne
- avec les embranchements a 19 km de longueur
- La durée de la concession est de soixante années.
- Il avait été réservé à M. Paye, dans la convention, un délai de six mois pour se substituer une Société anonyme, avec laquelle il resterait solidairement responsable de l'exécution de ses engagements.
- En conséquence, M. Fave a, le ier octobre dernier, dressé les statuts de ccttc Société anonyme, constituée au capital de un million et demi, divisé en ) 000 actions de 500 fr chacune, toutes émises contre espèces.
- Le siège social est à Lyon, rue Grolée, 4.
- Le réseau, établi sur une voie normale de 1,44 m, a une longueur de 24 km environ. Jl se divise en deux parties : le réseau urbain et le réseau suburbain. Le premier desservira les 45000 habitants composant la population de Dorignies, Douai et Sin-lc-Noblc. Le second mettra cette agglomération en rapport avec les communes de Dechy, Guesnain, Lewarde, Masny, Aniche et Auberchi-court qui, avec d'autres villages plus ou moins éloignés, donnent un total d'environ 49000 habitants. La population desservie est donc de 78000 personnes.
- Le matériel roulant comprendra 22 voitures automobiles à deux moteurs de 20 à 25 chevaux chacun et 8 voitures de remorque. L’usine sera placée au centre du réseau, sur la commune de Guesnain, à proximité de la mine appelée Fosse Renée.
- — Eu-Le Tréport. — Le dossier du tramway électrique de Eu au Tréport (voir Supplément, t. XIII. p. xxii) a été remis avec, avis favorable à la préfecture par l’ingénieur en chef du département; il a été transmis de là à la direction des chemins de fer, au ministère des travaux publics.
- Il est donc probable que l'administration va autoriser prochainement la mise à l'enquête.
- Le travail doit être exécuté par la Compagnie générale de traction.
- — Glion (canton de Vaud, Suisse). — La Société électrique Vevey-Montreux a déposé en septembre dernier une demande de concession pour un che-j min de fer funiculaire allant des Planches (Mon-
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- La différence des altitudes est de 238 m, la rampe moyenne de 60 p, 100 et la rampe maximum atteint 67 p. 100. L'écartement des rails est de 1 m. Au milieu de la ligne une voie d'évitement permettra l’exploitation par deux voitures une montante, l'autre descendante ; le trajet durera 7 minutes. Les voitures auront 30 places assises et l'emplacement pour 3 tonnes de marchandises.
- Le devis est de 470000 fr.
- Le Conseil d'Etat du canton n’a rien objecté.
- Le département fédéral des postes et des chemins de fer a fait observer que la rampe maximum admise jusqu’ici ne dépassait pas 60 p. 100 et que le Conseil fédéral devait se réserver le droit de décider, lors de l’examen-du projet définitif, s’il autoriserait ou non une rampe plus forte.
- — Grenoble, — Le conseil municipal a donné un avis favorable à la demande de concession présentée par la Société grenobloise des tramways électriques.
- L’exploitation comprend un réseau urbain de quatre lignes et un réseau suburbain de deux lignes.
- foutes réserves sont faites en ce qui concerne l’emplacement des voies et les dispositions de détail qui seront examinées lors de la présentation du projet définitif.
- — Lucerne. — On va établir un réseau de tramways électriques à Lucerne. Le conseil municipal s’était jusqu'ici opposé aux demandes de concessions parce qu’il voulait attendre la fin de certains travaux qui devaient modifier l’état des lieux ; maintenant ces travaux sont terminés. La ville de Lucerne a besoin de tramways à cause des grandes distances qu'elle présente d’une extrémité à l'autre, relativement à sa population ; de plus, le nouveau réseau devra faciliter les communications avec certaines communes suburbaines.
- L’énergie sera fournie par les établissements électriques de Rathausen, qui ont déjà passé un contrat à ce sujet. Elle sera transmise par fils aériens. Toutefois pour des raisons d'esthétique, on emploiera sans doute les accumulateurs sur certaines parties du parcours.
- Le conseil exprime le vœu qu’on laisse ouverte la question de savoir si la commune entreprendra à son propre compte la construction et l'exploitation du tramway.
- — Montreux-Montbovon. — L'Assemblée fédérale vient d’accorder à MM. Dufour frères et consorts. aux Avants-sur-Montreux, p'our le compte
- d'une compagnie par actions à constituer, une concession pour l’établissement et l’exploitation d’un chemin de fer électrique, en partie sur routes, de Montreux à Mon tbovon, par les Avants.
- Cette ligne doit remplacer, comme nous l'avons annoncé (voir Supplément, ce loine, p. vu), celle de Montreux à Montbovon par le col de Jaman, concessionnée à MM. Vuichoux et consorts par arrêté du 26 septembre 1890.
- Il résulte de l’exposé général que l’origine de la ligne projetée serait Vernex-Montreux. Delà, elle utiliserait lesroutes actuelles et projetées jusqu’au kilomètre 12 à l'entrée du grand tunnel.
- La seconde section est formée du tunnel sous la Dent-de-Jaman, d’une longueur de 3 740 mètres.
- La troisième section comprend le reste de la ligne à partir de la tête orientale du tunnel jusqu’au point terminus de xMontbovon.
- La longueur totale de cette entreprise est de 21 780 mètres, dont 14 soo sur le territoire du canton de Vaud et 7 280 sur celui du canton de Fribourg.
- Le mémoire technique indique 8 p. 100 comme rampe maximum. On n’aura pas besoin de crémaillère. Le rayon minimum est de 35 mètres, et l'écartement des rails d’un mètre.
- Les voitures marcheront isolément et comporteront une seule classe de voyageurs. Elles seront mixtes, c’est-à-dire pourront transporter les voyageurs et les marchandises.
- La traction se fera par l’électricité. L’énergie sera livrée, en première ligne, par l’usine que les pétitionnaires font construire actuellement sur le torrent de la baie de Montreux au-dessous des Avants. L’usine Genoud et Oe, à Montbovon, fournira le supplément de force en cas de besoin.
- Le devis sommaire est établi comme il suit :
- Ir0 section. IIe » .
- tlh » Divers el in prévu . Total .
- 600000 fr soit 50 1 041000 fr » 300>
- 7S7200 Û- » . 120 601800 fr
- fr par km. fr » fr
- Il n'y a pas de calcul de rendement.
- — Munich. — Munich est en train, comme tant d'autres villes, de transformer son ancien réseau
- Dans une des dernières séances du conseil municipal, l’un des membres a déposé une motion tendant à substituer la traction électrique par accumulateurs, dans une partie de la ville, à la traction aérienne, par motif esthétique et pour ne pas nuire à l’organisation des cortèges qui sont une des spécialités de Munich. Le conseil a voté le renvoi à la commission spéciale.
- — Nancy. — La Compagnie française des tram-
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- Supplémei
- nt à LÊcluiruf/e EleclrU/ue du février 1898
- ways de Nancy substitue la traction électrique à la traction animale 'voir Supplément, t. XIII, p. xxm). La ligne de Maxéville-Bonsecours peut être considérée comme terminée.
- La transmission de l'énergie se fait par trôlet : c'est mardi 17 janvier, à deux heures du matin, qu'ont eu lieu les premiers essais ; l'opération n'a réussi qu'à moitié; on a pu constater le bon ionc-tionnement du courant fourni par l'usine; mais, la perche du trôlet étant trop courte, le contact s’est rompu à 300 m environ de l’usine et on a dû rentrer la voiture en la tirant à l'aide de chevaux.
- De.nouveaux essais dans l'après-midi ont donné de bons résultats. En somme, les modifications à apporter sont peu importantes et la Compagnie assure la mise en marche des nouvelles voitures pour la fin de février au plus tard.
- — Poitiers. — L'autorisation ministérielle de mise à l’enquête des deux lignes de tramways à traction électrique projetées dans Poitiers a été accordée au commencement de novembre.
- L'enquête a été ouverte du 22 novembre au 22 décembre, à la mairie, elle n'a soulevé aucune protestation. Le commissaire enquêteur a immédiatement dressé son rapport ; la commission départementale d'une part, et d'autre part la chambre consultative des arts et manufactures ont émis un avis absolument favorable sur l'utilité et la convenance d’un réseau de tramways électriques.
- On espère que les travaux vont pouvoir commencer.
- — Roanne. — Le maire de Roanne a annoncé au conseil municipal de cette ville que la Société pour l’exploitation de la ligne des tramways électriques, définitivement formée au capital d’un million de francs, a versé à la Ville un acompte de 100000 fr, et qu’elle s'est engagée à donner le surplus, soit 130000 fr, le jour où l’enquête sera ordonnée. (Voir Supplément. t. XIII, p. xxm et xxxm).
- La Compagnie des Tramways électriques de Roanne (Loire), c’est le nom de la Société, a été constituée à compter du 2s novembre 1897. Elle a pour objet la construction et l’exploitation par traction électrique des réseaux de tramways dans la ville de Roanne, ses faubourgs, et même les communes environnantes.
- Le capital est de un million, divisé en 2 000 actions de 300 fr, toutes émises contre espèces, payables un quart en souscrivant et les trois autres quarts lorsque le conseil d'administration le décidera, au fur et à mesure des besoins de la Société ; toutefois le dernier quart ne devra être appelé qu'à l'ouverture de l’exploitation du réseau.
- — Saint-Nazaire, — Depuis bientôt deux ans, un traité a été passé entre la Ville de Saint-Nazaire et
- M. de Brandon, pour l'établissement d'une ligne de tramways électriques entre Saint-Joachim, Saint-Nazaire et Pornichet.
- Après bien des délais, la question semblait ne pas devoir être résolue.
- M. de Brandon demandait de remplacer, sur la ligne de Saint-Joachim à Méan, la traction électrique par la traction à vapeur, à cause de l’irrégularité du trafic. Il y a en effet un mouvement intense aux moments de l’arrivée et du départ des ouvriers, tandis que le trafic serait à peu près nul le reste du temps.
- Dans ces conditions, la traction à vapeur aurait même l’avantage de permettre la circulation de véritables trains de 10 à 12 voitures.
- Après de nombreux pourpalers, cette substitution a été acccordée, Le projet de traction a été adopté dans le courant de décembre et signé le 19 par le maire; voici ses principales lignes :
- La concession est accordée pour soixante-quinze années.
- J.es lignes à exploiter seront à traction électrique par conducteur aérien, ainsi que les lignes qui pourraient être créées ultérieurement sur le territoire de la commune.
- Toutefois la traction à vapeur sera' employée sur la ligne du quai de Penhouët à Saint-Joachim et ses embranchements ou prolongements ultérieurs en dehors de la commune de Saint-Nazaire.
- Si les recettes annuelles pour l’ensemble du réseau présentement concédé venaient à dépasser 600000 fr, la Ville pourrait exiger la substitution du système Diatto ou de tout autre système plus perfectionné au système aérien dans toutes les rues de la ville proprement dite.
- La voie aura 1 m d’écartement, elle sera établie en rails Broca ou Marcillon de 56 kg, posés de la manière la plus sérieuse, de façon à réunir toutes les conditions de solidité, de stabilité et de durée.
- Le maximum de vitesse, sur le réseau ui‘bain,est fixé à 20 km par heure ; au croisement de chaque rue. l'allure devra être ralentie sensiblement. Elle ne pourra être inférieure à 8 km par heure en tenant compte des arrêts normaux. Des démarches pourront être faites auprès du service du contrôle pour que le maximum de vitesse soit porté à 30 km à l'heure au lieu de 20, sur les parties situées en rase campagne.
- Le service sera quotidien sans aucune exception. Chaque jour, les voitures seront mises en circulation sans interruption.
- La Société concessionnaire est autorisée à percevoir, pendant tonte la durée de la concession, tant à l’intérieur des voitures que sur les plates-formes, un tarif unique de 0.10 fr par voyageur, quels que soient l'étendue du réseau urbain et le parcours effectué, soit sur une seule ligne, soit sur deux,
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- La recette kilométrique moyenne brute sur l'ensemble du réseau venant à dépasser 20000 fr par an, la Compagnie versera à la Ville, à titre de participation, 25 p. 100 par an de l’excédent de la moyenne de 20ooofr.
- Dès que les recettes brutes sur le réseau actuellement rétrocédé atteindront 400000 fr annuellement, le rétrocessionnaire versera à la Ville 1 p. 100 sur les recettes, destiné à l’asile d.es vieillards.
- Le rétrocessionnaire mettra à la disposition de la Ville de Saint-Nazaire, si elle le demande, les courants disponibles pour l'assainissement par l’eau de mer élcctrolysée, à un prix qui sera compris entre 0,15 et 0,30 le kilowatt-heure, suivant la quantité et aussi suivant que cette fourniture pourra ou non avoir lieu pendant les heures d'arrêt du service des tramways.
- — Rodez. — O11 sait qu’il est question depuis assez longtemps déjà d'établir un tramway entre la gare et la ville de Rodez.
- L'affaire a traîné quelque peu parce que l'administration des Ponts et Chaussées a demandé des renseignements complémentaires. Ceux-ci viennent d’être fournis, et l’enquête préalable pour la déclaration d’utilité publique va pouvoir avoir
- — Sables n'Ot.oxs'F.. — M. Gaillaud, entrepreneur à Paris, a demandé la concession d’un tramway électrique aux Sables d’Oionne dans les conditions suivantes :
- Ce tramway partira de la gare, fera le tour de la ville, par les quais, le Remblai, et fera ensuite le tour de la forêt de la Rudelière, soit un parcours de 6300 mètres. La concession de l’exploitation est faite pour cinquante ans. L’usine où seront les machines pour la production de l’énergie motrice sera située derrière le lavoir actuel, appelé Cour-ceau, et comprendra une superficie de 10000 mètres carrés environ. M. Gaillaud ne demande aucune subvention à la Ville, tous les frais d’étude du projet, d'installation, d’exploitation, les dommages, qui pourraient être causés soit à la Ville, soit aux particuliers, sont .à sa charge. Il s’engage à marcher du 15 juin au 30 .septembre de chaque année et à livrer son entreprise à l'exploitation trois mois après le décretdecession desterrainsoù doiventpasserles voies et être construites l’usine, gare, haltes, etc... En revanche, la Ville , au cas où elle voudrait, dans un avenir plus ou moins prochain, s’éclairer à l’électricité, et au cas où elle ne voudrait pas ins-
- taller elle-même une usine à électricité, donnera, à conditions égales, la préférence à M . Gaillaud parmi les concurrents en présence à ce moment-là.
- Cette dernière condition ressemble fort à une demande de monopole de l’électricité. Le conseil municipal a pu éviter cet écueil ; l’exemple des monopoles accordés un peu à la légère dans bien des villes lui a profité. En somme, le résultat obtenu est très avantageux pour le. développement des Sables d’Oionne.
- Eclairage électrique. — Abbeville. — La Compagnie du gaz a fait des propositions en vue d’éclairer les rues d’Abbeville à l'clectricité, se conformant à une clause du traité de sa concession. Cette modification 11e sera pas onéreuse pour la ville.
- La Compagnie va pouvoir lutter contre la concurrence qui lui est faite par la Compagnie particulière qui fournit depuis plusieurs années l’éclairage électrique à un grand nombre d’habitants. La station centrale sera installée au centre de la ville.
- — Avignon’. — Un arrêt qui intéresse un grand nombre de municipalités, les compagnies d'éclairage par le gaz et par l’électricité, et les conseils de préfecture, vient d’être rendu par le Conseil d’Etat.
- Il est-le dénouement, attendu depuis plusieurs années, d'un procès intenté à la Ville par la Compagnie du gaz, à propos de l'introduction à Avignon de l’éclairage électrique.
- Voici, essentiellement, le fond du procès :
- La municipalité, appuyée parle conseil municipal, avait donné à une société d’électricité plusieurs autorisations de voirie, demandées successivement par clic, en vue de la distribution de l’éclairage électrique à des particuliers.
- Chacune de ses demandes avait été soumise, isolément, à la Compagnie du gaz pour qu'elle pût user du droit de préférence, à prix égal, que lui réservait son traité avec.la Ville.
- La Compagnie du gaz entendait, au contraire, être appelée à exercer son droit de préférence sur des conditions établies, soit pour l’ensemble de la ville, soit au moins pour certaines de ses parties, en vue de l’éclairage électrique des particuliers, et c’était là le point essentiel du procès.
- Devant le conseil de préfecture, la Compagnie du gaz avait succombé; elle vient de succomber définitivement devant le Conseil d’Etat.
- Voici sur ce point les considérants de son.arrêt :
- En ce qui concerne l'éclairage particulier :
- Considérant que si la Compagnie requérante a été exclusivement chargée, en vertu des dispositions du traité de 1883, du service d’éclairage tant oublie que privé de la ville d'Avignon, il résulte de l'article 17 du cahier des charges qu'en cas de
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- LXII
- Suppléi
- à L’Éclairage Électrique
- découverte d'un procédé d'éclairage autre que l’éclairage par le gaz. l'administration municipale s'est réservé le droit de concéder toute autorisation nécessaire pour l’établissement de ce nouveau système, « au profit des particuliers, sans être tenue, envers la Compagnie, à aucune indemnité » et que celle-ci a simplement stipulé, à son profit, « un droit de préférence à prix égal ».
- Considérant,
- Qu'il est établi par l'instruction que chacune des demandesde la Société régionale d’électricité a été communiquée parle maire à la Compagnie du gaz, afin quelle fît ses contre-propositions; que le droit stipulé au profit de l’administration par l'art. 17, de délivrer des autorisations de voirie nécessaires à l’établissement du nouveau système, étant restreint par cet article à l’éclairage des particuliers, devait par là même s'appliquer aux demandes isolées qui seraient présentées par ces derniers;
- Qu'ainsi la Compagnie du gaz n'est pas fondée à soutenir que la réserve stipulée ne pouvait s’entendre que de l'application du nouvel éclairage à tout ou partie de Ja ville; que les pi'opositions de la Compagnie régionale d’électricité étaient suffisamment précises pour permettre à la Compagnie du gaz de se rendre compte des offres faites par la Compagnie d’électricité, et que c’est également à bon droit que la municipalité d’Avignon a refusé de garantir à la Compagnie du gaz (dans lb cas où elle obtiendrait la préférence) le monopole du nouvel éclairage pendant toute la durée de la concession, alors que, dans le silence du cahier des charges, la situation de la Compagnie vis-à-vis de la Ville ne pouvait être réglée que par les clauses du nouveau traité à intervenir.
- Considérant que, de ce qui précède, il résulte que la Compagnie du gaz a été régulièrement mise en demeure d'exercer, pour l’établissement du nouveau système d'éclairage, le droit de préférence qui lui était garanti; qu'il est établi par l'instruction que ses propositions étaient moins avantageuses que celles présentées par la Société d'élec-tricitc; que, dans ces conditions, la ville d'Avignon n’a violé aucune des dispositions du cahier des charges en accordant à celle-ci les autorisations dont se plaint la Compagnie du gaz en vue de la distribution de la lumière aux particuliers...
- En ce qui concerne l'éclairage publirc, l'arrêt du Conseil d'Etat dit que cet éclairage étant concédé par traité d'une façon ferme à la Compagnie du gaz, la Ville est responsable du dommage qu’elle a pu causer à la Compagnie du gaz, en acceptant, à titre gratuit, de la Société d’électricité, quelques lampes électriques qui ont été placées sur la voie publique ou dans les édifices municipaux.
- Le dommage, s’il y a, sera évalué à dire d’experts.
- — Bucarest. — L'installation de l'éclairage à la lumière électrique de la gare du Nord, à Bucarest et de tous les bureaux de la direction générale des chemins de fer, est complètement terminée.
- Cette installation a été faite par la Société « L’Eclairage électrique » de Paris, au prix de 185 000 fr. Les moteurs ont été fournis par la maison L. Piguet, de Lyon; les chaudières par la direction générale des chemins de fer roumains. L’exploitation sera faite par la direction.
- — Châlons. — La ville de Châlons élabore un projet de traité avec la Compagnie du gaz pour l’éclairage électrique. L’usine à gaz n’est pas placée dans Je meilleures conditions qu'un industriel quelconque pour fournir l’éclairage électrique de la ville. Indépendamment du peu d’empressement qu'elle pourrait mettre à recueillir les abonnements nécessaires, étant donné qu'elle n'a aucun intérêt à voir développer à Châlons l’éclairage électrique, puisqu'elle dispose d’une exploitation complète d'éclairage au gaz en plein rapport, elle propose à la Ville un prix qui nécessite une dépense supplémentaire énorme pour faire usage du nouvel éclairage ; c’est peut-être ce qu’elle demande.
- . L’hectowatt est proposé par l'usine à gaz au prix de o, 10 fr ; même en admettant une réduction de 15 p. 100 sur ce prix, dans le cas d’un établissement important qui utilise par exemple pour son éclairement une valeur de^oo bougies, l’éclairage par l’électricité revient beaucoup plus cher qu'avec les becs Auer.
- La Ville ferait bien de provoquer les offres d'autres Sociétés d'éclairage afin d’obtenir une réduction par suite de la concurrence.
- — Fribourg (Suisse). — Le Grand Conseil du canton de Fribourg a voté, à l’unanimité, le projet d’établissement d'un barrage de la Sarine à Thusy-Hauterive pour fournir l'éclairage électrique de la ville de Fribourg et de toute la région inférieure de ce canton. La chute de Hauterive permettra d'utiliser une puissance de 5 600 chevaux, pouvant être portée à 12000 chevaux au moyen de réservoirs. L’idée de ces réservoirs est due à M. Vicarino, ingénieur à Bâle; ils sont destinés à recueillir le surplus de l’eau disponible et seront établis au fur et à mesure de l’emploi de la puissance initiale.
- On considère que cette entreprise est une excellente affaire pour l’État de Fribourg, dont le trésor percevra les bénéfices, et d'autre part pour le développement de la grande industrie dans cette même ville, qui fut, vers la fin du moyen âge, la capitale industrielle de la Suisse.
- — Gijéret. — Nous communiquons à titre de renseignement le tarif de l'éclairage électrique appliqué à Guéret à partir du i8r janvier 1898. Un tel tarif sans être encore un modèle de modération
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- tion des
- aux Parisiens, en attendant l'expira-
- 2>85 0,0315 0,0245 0,065
- 3.f)0 2,75 0,03 0,0235 1
- Prix à forfait jusqu'à
- r horaire, 0,40 fr par r , 0,80 frpar t
- les installations, ainsi que pour l'entretien ;
- 20 T.a fourniture et le remplacement par la
- 3° La visite périodique des installations par les employés de l'usine, de façon à assurer un éclairage régulier et parfait.
- Les avantages que présentent ces trois derniers paragraphes aux yeux des abonnés n'ont pas peu •contribué au développement de l'éclairage de Guéret.
- La Société se propose de fournir aussi l'éclairage le matin, elle s'assure en ce moment du débit
- — Ham. — M. le maire de Ham, conseil municipal, est en an environ, pour Péta-
- COMPAGNIE GÉNÉRALE de TRACTION
- EXPLOITATION DES PROCÉDÉS ÉLECTRIQUES WALKER
- "»PIDITi TRAMWAYS ÉLECTRIQUES
- The ll\üli RUBBER, GUTTA-HMAi TËLEGRAPI1 WORKS C° 0
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-
- LXIŸ
- Suppléi
- Après diverses études et combinaisons, l’administration indique le raccordement direct à Chaul-nes, au réseau général, comme étant le plus économique.
- Le projet de convention à passer avec l’admi-
- nistration évalue les frais d’établissement à 10200 fr.
- — Londres. -— Le Comité des rues et chaùssées du County-Council vient de présenter à celui-ci un rapport concluant à l’installation d’un service téléphonique municipalindépendantpour Londres.
- BREVETS D'INVENTION
- Liste communiquée par /’Office E. Barraull, 58 bis, rue de la Cha
- été Chauvin et Arnoux. 16 septembre 1 dilatation
- mesure de courants électriques 270 541. Bouquet. 17 septembre 1897. —
- clcctromotrices variables site du champ inducteur 270 576. Holsstein. 18 ser
- Spirale électrique
- 270 586. Rudolph. ^septembre 1897. - Dispositif pour Ibb-
- 22 septembre^ly-. — Nouveau téléphone. >« o—1 " *. Machine dynamique
- 270 729. Vai 270 735. Liardet. 24 septer
- : 1897. — Perfection!
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- SEEEEE
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- F
- Supplér
- à L'Éclairage Électrique du H
- 1898
- NOUVELLES
- Manifestation en l’honneur de Zénobie Gramme. — Nous recevons à ce propos la lettre suivante :
- Par arrêté royal du 50 décembre dernier, M. Z. Gramme a été nommé Commandeur de l’Ordre de Léopold. A cette occasion, le jury international des classes d’électricité de l’Kxposition de Bruxelles, 1897, a décidé, à l’unanimité de ses membres, d’organiser,
- l’honneur du célèbre électricien belge et de fêter sa promotion dans I-Grdre de Léopold par un banquet auquel les électriciens des diffé-
- sera consacré par une médaille commémorative'dont il sera frappé
- M. Gramme le jour de la manifestation. § ^ 5Cr°U
- Nous croyons; Monsieur, qoe vous serez désireux de vous associer à cet hommage rendu au modeste savant dont les travaux ont contribué si puissamment au développement de l'industrie électrique.
- Vous trouverez ci-joint un bulletin de souscription que nous vous prions de vouloir bien renvoyer, après l’avoir rempli, accompagné d’un mandat-poste de l’import du montant de votre souscription, à M. Alfred Roosen, secrétaire adjoint du Comité d'organisation, rue Vondel, 64, Bruxelles.
- M. le sénateur Montefiorf.-Levi, fondateur de l’Institut clectro-tcchnlque de Liège, Président d'Wor.neui de la Société belge d’éléctridens et de l’Association des ingénieurs sortis de l’Institut Montefiore, a bien voulu accepter la présidence d’honneur de notre
- T.c Comité d'organisation, présidé par M. Mas-cart,- comprenddes électriciensallemands, anglais, belges et français.
- La souscription au banquet est fixée à 25 fr ; la souscription à la médaille commémorative est de 10 fr pour un exemplaire en bronze- et de 50 fr pour un exemplaire en argent.
- Syndicat professionnel des industries électriques. — Séance du février i8y8. — Là séance est ouverte à s h 1/4 sous la présidence de M. F. Meykr.
- Membres présents : MM. Berne, Baxcelin, Cance, Clémançon, Ducretet, Harlé, de Loménie, Meyer, Sartiaux, Violet.
- Excusé : M. Pokïevin.
- M, le maire de Neuilly a adressé une demande tendant à faire désigner par le Syndicat trois de ses membres pour faire partie d'un jury chargé de
- juger le concours ouvert pour l'éclairage électrique de Neuilly.
- La Chambre désigne MM. Meyer, Sar.tia.ux et
- M. Clémançon appelle l’attention de la Chambre sur la façon dont le bureau de contrôle des installations électriques, malgré de fréquentes observations, s'acquitte de ses fonctions vis-à-vis de ses abonnés. — Il signale notamment l'abus de ce bureau, en ce qui concerne le règlement des mémoires présentés par les appareilleurs.
- Après üne longue discussion, la Chambre observe que le directeur du bureau de contrôle, qui s’est absenté pendant de longs mois, n'aurait pas dû le faire sans y avoir été autorisé par la Chambre syndicale et sans avoir laissé à son personnel les instructions convenables.
- Elle décide de décliner toute responsabilité dans les opérations pratiquées par ce bureau en dehors des attributions que la Chambre lui avait conférées, et du règlement qu'elle avaitapprouvé.
- Là Chambre invite le président à intervenir chaque fois qu'il en sera requis par les entrepreneurs, membres du Syndicat, pour tâcher d’aplanir les difficultés qu'ils auront avec leurs clients.
- Le mandat de la Chambre expirant au mois de mars 1898, il est rappelé aux membres du Syndicat professionnel que les élections pour son renouvellement auront lieu à la prochaine assemblée générale.
- Cette assemblée aura lieu le 22 mars.
- Éclairage électrique. — Limoges. — On sait que l’éclairage électrique fonctionne depuis quelques semaines {voir Supplément, ce tome, p. xv). Au conseil municipal, la commission a demandé une somme de 4000 fr pour le paiement des dépenses occasionnées par l’éclairage. Aux termes des conventions avec la Compagnie d’électricité, la Ville doit en effet procéder à l'installation de l’éclairage électrique sur certains points de la ville. La {somme a été accordée.
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- LXVI
- Supplément à L’Éclairage Électrique du 5 mars 1898
- — Mirebeau (Vienne). — L’administration, comptant remplacer l'ancien éclairage par l’éclairage électrique, avait fait supprimer celui-là, en plein hiver, au moment des plus longues nuits. Malheureusement les essais à l’électricité n’ont pas réussi, nous dit 1 & Journal de la Vienne, et les habitants en sont réduits aux falots pour éviter de se casser le cou sur les obstacles qui encombrent toujours les rues.
- — Paris. — Imprimerie nationale. — L’Imprimerie nationale à Paris a été, il y a un peu plus d'un an, dotée de la lumière électrique d'une façon assez curieuse.
- Le directeur de l’Imprimerie nationale voulait, audouble point de vue de l’éclairage et de l’hygiène, remplacer l’éclairage au gaz par l’éclairage électrique; mais il n’avait pas d'argent et aucun espoir d’en recevoir.
- La Société générale des industries économiques offrit alors au ministère de la Justice de faire l’installation de cet éclairage sans qu'il en coûtât rien à l'Imprimerie nationale, et voici ce qu’elle proposa :
- Elle ferait à ses frais l'installation de l'éclairage ; mais, en revanche, elle serait chargée de l’exploitation de la station pendant treize ans, date à partir de laquelle l'installation appartiendrait à l’Imprimerie nationale ; elle fournirait l’éclairage à un prix inférieur à celui payé pour l'éclairage au gaz.
- Si la Société des industries économiques s’est ainsi engagée, c’est qu’elle savait et qu’elle tenait à prouver aussi que l’éclairage électrique obtenu parle gaz revenait à meilleur marché que l’éclairage au gaz.
- La différence est notable, puisque la Société donne l’éclairage à meilleur marché que celui au gaz, et que, en treize ans, elle est obligée d’amortir le coût de son installation et d'obtenir un certain bénéfice de son avance de fonds.
- Cette installation a été faite entièrement par les ingénieurs de la Société des industries écono-
- miques, sous le contrôle de MM. Ribourt et Vigrcux, ingénieurs-conseils de l'Imprimerie.
- Elle comprend :
- i° Une salle de machines avec quatre moteurs à gaz Charon de 45 chevaux chacun, actionnant, par l’intermédiaire de courroies, quatre dynamos tétrapolaires, construites par la Société de Fives-Lille dans ses ateliers de Givors ;
- 20 Une canalisation électrique avec2500lampes;
- 30 Une salle d’accumulateurs comprenant une batterie de 61 éléments Michel Pisca, d’une capacité de 1 050 ampères-heure. Chaque élément est composé de 48 plaques pesant ensemble 209 kg. Les plaques positives sont rainées à formation mixte et électrochimique. Les plaques négatives sont à pastilles, à grande capacité.
- La Société vend l’éclairage électrique à raison de 0,085 fr l'hectowatt, amortissement compris, ce qui correspond à une dépense inférieure à celle que l’Imprimerie payait lorsqu’elle s'éclairait au gaz. De plus, l’intensité lumineuse est maintenant très sensiblement supérieure à l'ancienne.
- Adjudications, offres et demandes. — Bucha-rest (Roumanie). — Fils télégraphiques et téléphoniques, 15 mars (voir Supplément du 22 jan-vier).
- — Copenhague. — Machines motrices, dynamos, accumulateurs, 12 mars (voir Supplément du 19 février).
- — Seraing (Belgique). — La municipalité de Seraing demande des soumissions pour la concession de l'éclairage public et privé par l’électricité pendant trente ans à partir du Ier février 1899. Le cahier des charges est envoyé contre 2 fr. Envoyer les soumissions au Collège des Bourgmestre et Echevins, à Seraing, (Belgique), avant le ier avril.
- — Sofia (Bulgarie). — Eclairage et traction électriques, 17 mars (voir Supplément du 19 fé-
- SOCIÉTÉ FRANÇAISE POUR LA CONSTRUCTION
- DES
- ACCUMULATEURS ELECTRIQUES
- Exploitation des brevets P. Dujardin
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- Supplément à L'Éclairage Electrique du 5
- i.xvn
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES
- B E M The Build
- Engineering
- leering and Mining Journal.
- The Engineering and Mining Journal.
- ... The Electrician.
- Elé L’Electricien.
- Elektrotechnisoher Neuigkeits-Anzeiger (Vienne), u Electrical Roview (Londres).
- TR Elekirotechnische Rundscliai
- ET/ Elektrotechnische Zeitschrift. E W The Electrical World.
- Gc Le Génie civil, le L’Industrie électrique.
- IEC L Industrie élertrochimicpie.
- I I Industries and Iron.
- J EE Journal of the Institution of Electrical Engineers.
- J T Journal de Physique.
- J T Journal télégraphique.
- NC II Nuovo Gimcnto.
- PCR Journal de, la Société physico-chimique russe.
- PM Philosophical Magazine.
- PSL Procecdings of die Pliysical Society ot London.
- Rgds Revue générale des Sciences, lli Revue industrielle.
- R L Rendiconti délia Rcale Accademia dei Lincei.
- R N Rendiconti dell'Àccademia di Napoli.
- S A Journal of the Society of Arts.
- Sie Bulletin de la Société Internationale des Electriciens. S R J Street Railway Journal.
- T P Revue des Transports parisiens.
- Z B1 C Zeitschrift j'iir Elektrochemie.
- 7. E T Zeitschrift fur Klektrotechhik.
- W A Annalen der Physik undChemie de G. et K.Wiedemann
- Théorie.
- Décharge électrique ; W. Weiler (ETR. p. !U, 11» fév.).
- Sur la force contre-oLectro motrice de l’&rc d'alutninnim ; Y. von Lang (Z E T, p. 92, 20 fév, ;WA. p. 191, n" 13. 1897, vol. 63).
- Détermination, do l’ohm par la méthode de Lorerm.; W.-E. Avkton et J.-V. Joniss (ZE T, p. 78, 13 fév.).
- Curieuses observations magnétiques; J.-E. Newbv, Geo. Herbert Llttle (E, p. 185 et 249, 11 et 23 fév.).
- Théorie électromagnétique {mute) ; Oliver IIeaviside (Kl, p. 555, 18 fév.).
- Une méthode, de détermination de la perte par hystérésis magnétique dans les lames de fer rectilignes : J.-A. Fleming (El, p. 587, 25 fcv.).
- Relation entre l'étude graphique des courants alternatifs et la représentation des imaginaires par ia méthode d’Argand (A T, p. 570, nov.-déc. 97).
- La transformation directe de la chaleur en travail mécanique par l'emploi du ferro-nickel ; M. Deprez (E R, p. 239, 18 fcv.).
- Méthode de mesure des différences de phases par les courants alternatifs de même période ; H. Martienssen (Z ET, p. 93,
- L’electi-iclté tirée directement du combustible; C.-J. Reed (EW, p. 125 et 190, 22 janv. à fév.).
- Génération et Distribution.
- Moteurs thermiques et hydrauliques. — Machine à pétrole Diesel (E R, p. ‘2TA, 25 fév.).
- Essais d'anthracite (ER, p. 273. 25 fév.).
- Les destructeurs de gadoues de Shoredîtch ; Robert Hammond (E R. p. 255, 23 lev.).
- Rendement mécanique des machines à vapeur (ER, p. 218,
- La question de la combustion |E R, p. 219, 25 fév.).
- Dynamos et moteurs électriques. — Générateurs électri-ques (.siale); H.-F. Parsiiai.l et H.-M. Hobart (E, p. 132, 103 et 227 4, Il et 25 fév.).
- Machines à courant alternatif pour tension constante (ET R, p. 96, 15 fév.).
- Machines à courants alternatifs ; Edwin-J. Hocstos et A.-E.
- Kenxfly (EW, p. 124 et 192, 22 janv.. 5 fév.).
- Un alternateur à auto-excitation sans commutation (E W, p. 182, 5 fév.).
- Une dynamo à courant direct et à voltage variable (E W, p. 183, 5 fév.).
- Une méthode simple de démarrage des moteurs à courant alternatif monophasé; Riccardo Arno (ETZ, p. 111,
- Note sur les Courants périodiques et les transformateurs ;
- J.-B. Pomey |AT, p. oÜ3, nov.-déc. 97).
- Quelques notes sur les moteurs monophasés (suite); A.-C.
- Eborai.i. (E R, p. 130, 172 et 270, 4, Il et 25 fév.).
- Quelques lois des transformateurs tournants; J.-E. Woou-• bridge et Charles T Chii.d (EW, p. 12 ei 210, Ie’ janv. et
- 17 fév.}.
- Contribution à la théorie des courants alternatifs ; AV.-G. Rhodes (E R, p. 273, 25 fcv.)..
- Commutation des dvnamos à courant continu; R.-U. Housuas (El. p. 598, 25 fév.).
- Svnchronisme des alternateurs; II.-H.-N. (El. p, 568, 23 fév.).
- Mise en parallèle de dynamos compound; George-T. Han-ciiktt (E W. p. 220. l2 fév.).
- Quelques progrès récents dans la régulation des courants alternatifs; (E W, p. 218, 12 fév,).
- Etincelle dans les dynamos ; Eustacc Thomas (El, p. 557,
- 18 lcv.).
- Appareillage. —Parafcmdre à cornes pour conducteurs électriques (Ri, p. iO. 29 janv.). i Nouveau type de coupe-circuit (E W, p. 229, 12 fcv.).
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- >rt (EW, p- 227, r AUan (El, p. Ü97,
- La fabrication des accumulateui et 223, 11 et 18 fév.).
- Stations génératrices et installatioi
- Transmission de force électrique; H-G. Dimick (II, p. 122, 18 fév.).
- Distribution. — Considérations sur la distribution de l’électricité (E R, p. 205, 18 fé'
- a (El, p. 599, 25 fév.).
- e pour hauts voltages ; Alfred Sciil
- 5 (El,
- e ; P.
- (Ri, p. 25, 15 janv.)
- Applications mécaniques.
- Ascenseur électrique à frein hydraulique système Guyenet et de Mocornble (Ri, p. 61, 12 fév.).
- Monte-charge électrique (EU, p. 226, 18 fév.).
- Nouveau régulateur â frein électrique pour moteurs hydrauliques, svstème E.-H. Rieter (Ri. p. 73, 19 fév.).
- Une transmission élecr.ro-pneumatique (E W, p, 180,5 fcv.l. L’élévateur du Grcat Northern ; Albert ViCKERS (E W, p. 2H,
- 12 fé’ l'ondée
- Comparaison du coût de ïa force
- par l'électri
- R, p. 137,17; Traction.
- 236,4
- Le plus grand générateur pour tramways (E W, p, 2 12 fév.).
- Batterie d’accumulateurs pour traction sur route Englew< et Chicago lE R, p. 2i7, 25 fcv.).
- Essais d’accumulateurs Englewood pour ia traction 1E p. 184, 5 fév.).
- Voitures à trôlet sur 5 fév.).
- Chemin de fer de campagne électrique transportable, sy; Arthur Koppcl; Richard Markgraf (Z E T, p. 81, 13
- ? le pont de Brooklyn (K 5
- de fer de Koppcl; Rich le électrique (
- Sur la construction des r
- (Harold Louas (E ^
- 143 et 180, 29 janv. et Chemin de fer à courant triphasé de Zermatt au Gornergrat ;
- 5 fév.).
- Ihemin de W. Hcekic (ZET, p. 89.* 20 f
- tion électrique (ETR, p. 98,15 fév.).
- La ventilation des tunnels à tramways métropolitains (ER, p. 247, 25 fév.).
- Paliers à rouleaux (Gc, p. 272, 20 fév.).
- Contact à archet pour tramways électriques ; Stobrawa (ET Z, p. 108, 17 fév.).
- Les progrès dans l’éclissage des rails (E W, p. 193, 5 fév.. Encore Ses systèmes à troisième rail (E R, p. 248, 25 fév.).
- Télégraphie et Téléphonie. ir un mode d’accouplement des poteaux télégraphiques; Cau.ho (AT, p. 536, nov.-dcc. 97).
- i trafic télégraphique en Autriche pendant les aimées 1895 iusqu’à 1897 (ZET, p. 96, 20 fév.).
- fcgraphie sans fil par ondulations électriques ; Voisenat
- (Sie, p. 7, jan'
- Essais du sync.hi
- Svcrnement britannique rge Owen Squieu(ER, p. 145, 29 janv.).
- Les perturbations télégraphiques (au point de vue des e ploycsJ^Chas-H. Garland (E.R, p. 94. 166 et 275, 24 jan
- • les lignes télégraphiques Albert Cusijino Crkkof-t 272,18
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- Supplèr
- LXXI
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- •ir ou à fermer le circuit pour électriques.
- > 1897. — Machine perfection-bouchons des batteries secon-
- . — Application du joi tux lampes électriques nsommation des charbo
- hydrauliq
- arc dans le but de diminuer 1; ou bougies électriques.
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- 270805. Compagnie française pour l'exploitation des procédés Thomson-Houston. 28 septembre 1897. — Perfec-
- o-n2n?eî?cms apportés aux compteurs d’énergie électrique.
- 2/0 805. Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston. 28 septembre 1897. — Perfec-tionnemenls apportés aux compteurs denergie électrique.
- 270817. Darling et Harrison. 28 septembre 1897. — Porfec-Uonnemonts apportés au diaphragmes poreux pour Les appareils clectrolytiques.
- 270 818. Bradley. 2i septembre 1897. — Perfectionnements dans les fours électriques.
- 270 827. Goodhue et Hart. 28 septembre 1897.— Perfectionnements d’appareils de securité applicables aux fils fusibles dans les conducteurs électriques.
- 270 851. Arno. 29 septembre 1897. — Moteur électrique asynchrone à courant alternatif monophasé.
- 270 859. Adolph. 29 septembre 1897. — Dispositif d’attache démontable s'adaptant aux réflecteurs ou autres abat-jour pour lampes électriques à incandescence.
- 270 932. Société dite Union Élektricitats Gesellschaft. 1" octobre 1897. — Svstùme de connexion pour induits permettant. de dériver les courants alternatifs de basse fréquence des machines dynamo-électriques à courants cun-
- 270 933. Société Boucherot et Cia. J" octobre 1897. — Per-polaires ^ un polaues ou homo
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- à L’Éclairage Électrique du
- 1898
- t.xxin
- NOUVELLES
- Les fiacres électriques à Paris. — C'est chose décidée. Le Conseil d’administration de la Compagnie générale des petites voitures de Paris vient de voter la construction de 250 fiacres électriques. Les fiacres seront du type à caisse d'accumulateurs transportables, semblables à celui qu’on a pu voir circuler à Paris pendant quelque temps.
- L’équipement électrique sera fait au moyen d'un moteur de 2,5 chevaux, d’un système anglais, dont la Compagnie est en possession du brevet pour la France.
- Le type d’accumulateurs à employer n’est pas encore décidé, la Compagnie se réservant la faculté d’essayer tous les genres d'accumulateurs que les constructeurs voudront bien lui présenter. Elle fera ces essais, étant entendu quelesaccumulateurs seront fournis gratuitement par les intéressés, avec des séries de 10 batteries semblables; elle pourra-donc reconnaître, sans bourse délier, quel sera le type qui lui donnera les meilleurs résultats, et cela d’une façon industrielle, car les essais dureront suffisamment longtemps pour déceler les qualités et les défauts des accumulateurs concurrents, et la comparaison sera chose facile.
- L’essai en grand des fiacres électriques sera fait sous les auspices et .avec-le-concours-d'une Société spéciale d’exploitation, créée par la Compagnie générale des petites voitures de Paris.
- Comme on le voit, il y a des chances pour que, lors de l'Exposition, les Parisiens fassent leurs courses en fiacres électriques.
- On ne peut qu’applaudir à cet essai de la Compagnie générale des petites voitures de Paris. Reste à savoir, maintenant, si les secteurs électriques vont suivre de mouvement et fournir le kilowatt-heure à 0,25 fr pour, la charge des batteries. Ils feront bien toutefois de réfléchir, car il se pourrait que' des usines' centrales fussent créées d'ici peu, s’ils lie font pas quelques conces-
- Voiture d’été et voiture d’hiver pour tramways électriques. — Plusieurs compagnies américaines de tramways électriques viennent d’inaugurerl’em-ploi de voitures pouvant se transformera volonté en voitures fermées pour l’hiver, et en voitures ouvertes pourl’élé. Ce système permet de supprimer les voitures d!été, très employées en Amérique,’ et qui pendant plus de six mois restaient au dépôt, d’où économie du matériel et meilleure utilisation.
- Les sièges de ces nouvelles voitures sont disposés perpendiculairement à l’axe de la voie, avec un couloir central. La voiture d’hiver devient voiture d'été en enlevant tout simplement les parois de la caisse.
- Ce système de voiture paraît très pratique, et le jour où les compagnies parisiennes se décideront à supprimer l’impériale de leurs tramways, elles pourront employer ce' système qui donne toute satisfaction aux voyageurs américains. Nul doute qu’il n’en soit de même dans notre pays, où-voyager l'été dans nos tramways non aérés, est un ennui que le -public parisien verrait disparaître avec satisfaction.
- Chemin de fér électrique en Amérique- — Un railway électrique de 82 milles de longueur de voie est projeté entre Ogdcn, Sait Lake City et .Provo,
- ’ dansl’Utah; cette installation doit être établie par la Utah American and Forcing development Company, de Londres. La région traversée est,.parait-il, très riche au double point de vue de l'agriculture et des mines; elle contient des dépôts de charbon et de fer que la Compagnie exploitera au moyen ! de l’énergie meme alimentant le chemin de fer.
- La voie sera double, les rails en acier pèseront 40,80 kg ; la distribution sera faite par trôlet. La station d’énergie sera établie entre Sait Lake City et Provo ; l’extrémité de la ligne esta 42 milles de là environ. . *
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- Le matériel aura une puissance total de 20 000 chevaux ; il y aura 8 moteurs compound de 1500 chevaux chacun, accouplés directement à des dynamos à courant alternatif Stanley de 750 kw ; des transformateurs élèveront le voltage.
- La même Compagnie compte utiliser aussi les chutes de Schoshone Idaho, sur la rivière Snake, qui peuvent fournir en tout temps une puissance de 50 000 kw.
- L’équipement des automobiles électriques. — Les automobiles électriques, qui font chaque jour de nouveaux progrès et dont le nombre augmente assez rapidement, vont être encore favorisées par une compagnie américaine qui vient de se fonder à Chicago, la Fischer Equipment C°. Celle-ci livre le matériel électrique complet d'une voiture : accumulateurs, moteur et coupleur ; toutes les parties sont remplaçables et interchangeables, et, moyennant une redevance annuelle, la Compagnie garantit l’entretien de la batterie pendant quatre années.
- Les batteries sont du système Willard, disposées en 4 groupes de 11 éléments; la capacité est suffisante pour assurer un parcours de 50 km ; le couplage de la batterie correspond aux trois vitesses : 5, 10 et 20 km-h. Le contrôleur, qui permet le couplage, se place à volonté sous le siège ou sous le véhicule ; il peut être commandé à droite ou à gauche.
- Quant au moteur, il peut se fixer sur la voiture, dessus, dessous ou de côté ; l'induit est entièrement enveloppé par l'inducteur.
- Voilà bien des facilités pour les carrossiers, elles leur permettront sans doute de créer enfin un type de voiture élégant.
- L’éclairage électrique dans les théâtres de Mo-dène. — La Compagnie Union des gaz de Londres a construit une nouvelle usine à.Modène pour fournir la lumière électrique au théâtre Storchi et au théâtre municipal. L’usine comprend 3 moteurs à gaz du type Otto de 50 chevaux chacun et un de 40 chevaux qui actionnent par courroies 3 dynamos Siemens et Halske du type A de 33 kilowatts chacune, et une dynamo Thury de 20 kilowatts.
- A cause des dispositions préexistantes, la distribution est faite à deux fils par courant continu avec une tension maxima de 125 volts à l'usine et de no aux théâtres. Le théâtre municipal a 900 lampes et le théâtre Storchi doit réunir 300 lampes, outre les lampes à arc.
- Le premier est à 400 m de l’usine et le second à 500 m, ils sont alimentés au moyen de conducteurs souterrains.
- L’installation fonctionne régulièrement depuis la deuxième quinzaine de décembre.
- Charbons siliciés pour lampes à arc. — Ed.-G.
- Achcson propose de préparer les charbons de lampes à arc avec un mélange de carbone et de carbure de silicium.
- Ces deux corps sont finement pulvérisés, mélangés avec du brai liquide ou quelque goudron. On peut aussi, pour former ces baguettes, réunir des filaments de carbure de silicium au moyen d’une pâte de charbon.
- On sait que ce carbure se forme à la température de l’arc; il ne contient d'ailleurs aucune matière volatile et résiste parfaitement à l'oxydation ; la lumière que l’on obtient ainsi est intense. Le carbure n'est pas assez conducteur pour être employé seul, le charbon ajouté lui donne de la conductibilité.
- Le balayage des rues à l’électricité. — Une application de l’électricité qu'on ne prévoyait pas encore, c’est le balayage électrique des rues ; il est pratiqué dans plusieurs villes des Etats-Unis et à la satisfaction de tous, paraît-il.
- La machine à balayer est un gros chariot placé sur quatre roues ; il a 2 m de largeur, 7 de longueur et 3 de hauteur. La vitesse est de 9312 km à l’heure.
- On en construit une autre devant atteindre une vitesse bien supérieure, environ 40 km à l'heure ; c'cst de la rapidité dans le nettoyage à côté des lentes voitures de balayage qui brossent les chaussées parisiennes.
- Les progrès de l’industrie du cuivre électrolytique.--• L’Industrie Electrique nous donne, d'après Industries and Iron, la progression suivie depuis son origine par l'industrie électrolytique du cuivre.
- Il y a vingt-cinq ou trente ans, la production totale ne dépassait pas 10 à 13 tonnes par semaine.
- En 1882, à la suite de la mise en exploitation d'usines nouvelles à Swansea, la production a monté à 60 tonnes. A quelques années de là, plusieurs affineries américaines furent fondées et le chiffre s'éleva à 300 tonnes.
- Depuis, sur le nouveau continent et sur l’ancien, en France, en Angleterre, en Allemagne, au Japon, d'importantes usines ont été établies en grand nombre, et la production est sensiblement de 500 tonnes par jour, soit 180 000 par an. On extrait encore de ce cuivre 620 000 kg d'argent et 3 100 kg d’or.
- L’usine éiectrochimique de Mieussy (Haute-Savoie). — Une société locale vient d’acheter une chute d’eau permettant l'utilisation d’une puissance d'environ 8 500 chevaux que la Société des forces motrices de Grenoble fait actuellement aménager sur le Giffre, entre le pont du Risse et .Mieussy (Haute-Savoie).
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- LXXV
- Pour utiliser cette importante chute d'eau,-on se propose de créer une usine électrochimique sous la direction de la Société électrochimique du GiiTre, au capital d’un million, ayant son siège social à Chambéry.
- Grâce au concours financier des capitalistes de Chambéry, qui a permis de clore rapidement la souscription, les organisateurs de cette grosse affaire espèrent obtenir facilement de l’assemblée générale [le maintien à Chambéry du siège social, afin que cette ville puisse profiter des transactions importantes qui seront la conséquence de cette industrie nouvelle.
- L’Exposition de Lyon. — Les travaux d’installation de l’exposition internationale du commerce, de l’art industriel et des inventions nouvelles, qui doit avoir lieu à Lyon (de mars à mai 1898), sont poussés avec activité.
- Les vastes salles et dépendances de l'ancienne Brasserie Nationale du cours Lafayette, 136, auront un aspect artistique.
- Il est question d’adjoindre à cette exposition une exposition spéciale d’acétylène et d’automobiles qui serait organisée par un comité lyonnais. L'idce est très bonne. Cela ne manquerait pas d’attirer un grand nombre d'étrangers dans la ville de Lyon.
- Le succès de l’exposition est d’ailleurs assuré; la section étrangère sera importante. Les négociants, industriels et propriétaires de vignobles qui désirent se faire inscrire, doivent s’adresser sans retard au siège de l'exposition, ou à M. Barde, commissaire général, rue Boileau, 90, à Lyon.
- Traction Électrique. — Boulogne-Vincennes. — L’enquête relative à la ligne de tramways électriques devant relier Boulogne à Vincennes est terminée.
- L’itinéraire se fera par Issy, Vanves, Malakoff, Gentilly, Kremlin-Bicêtre, Ivry, Alfortville, Mai-sons-Alfort, Charenton, Saint-Maurice et Saint-Mandé.
- — Bruxelles. — La Compagnie des tramways bruxellois a soumis à la municipalité un projet aux termes duquel la Société met à la disposition de la Ville une somme de deux millions pour le percement de l'impasse du Parc et consent à des réductions de tarif importantes. En retour, la Ville consent à l'unification des diverses concessions et à la prorogation des traités jusqu’en 1942, et auto-risela Compagnie à substituer la traction électrique à la traction animale.
- La Ville a accepté en principe ces propositions,
- — Laon. — On vient d’adjuger, à Laon, les travaux du chemin de fer à crémaillère de Laon-gare à la ville.
- La ligne aura 1 m de largeur et la traction sera
- faite par la force électrique que fournira la Compagnie du Nord.
- T.e montant du projet, compris terrains, travaux et matériel fixe et roulant,' s'élève à 350000 fr.
- Les travaux mis en adjudication comprenaient l'infrastructure et la superstructure, moins la crémaillère.
- — Liverpool. — Il est fait à Liverpool des essais de traction électrique avec trôlet aérien. Si les résultats sont satisfaisants, tout le réseau sera équipé électriquement. Le matériel a été installé à la station centrale municipale d’éclairage électrique ; les lignes sont montées et les rails posés. Quelques voitures sont déjà prêtes ; on y pénètre par le côté, la partie avant est fermée et confortablement pourvue de sièges séparés les uns des autres, l'arriére est réserve aux fumeurs; il n'y a pas d’impériale. Le nombre des places est de 36 ; il y aura 8 points d’arrêt spéciaux, la vitesse moyenne doit être de 8 milles à l’heure.
- — Paris. — La Compagnie générale des omnibus de Paris est en train de transformer ses systèmes de traction. Hile a fait des essais d’accumulateurs sur quelques voitures de la ligne Bastille-Saint-Ouen, où est appliqué actuellement le système Serpollet. En outre elle a mis au concours la transformation à la traction animale en traction par accumulateurs à charge rapide sur les lignes de Vincennes-Louvre et Cours de Vincennes-Louvre, la charge devant se faire aux terminus, et dans aucun cas en cours de route.
- Il s’agissait en outre de l’établissement de l’usine au dépôt de Vincennes, des postes de chargement aux terminus et d’une remise pour les voitures.
- Enfin l’éclairage et le chauffage doivent être assurés par l'électricité.
- La Compagnie a l’intention de faire, si elle en obtient l’autorisation, un emprunt de 25 millions pour équiper électriquement toutes les lignes.
- Tramways de pénétration (suite). — (Voir Supplément\ p. xlviii.) On vient de clore les enquêtes relatives aux lignes suivantes, dont la concession est demandée par la Compagnie parisienne des tramways:
- — Ligne de Malakofj aux Halles, longueur 6297 m. Le parcours est la route de Châtillon. et dans Paris, le boulevard Brune, la rue Didot. avenue du Maine, place de Rennes, rues de Rennes et du Four, boulevard Saint-Germain, rue Danton, places Saint-Michel et du Châtelet, rues des Halles, Baltard, Rambuteau et Coquil-
- Les tarifs doivent être de 0,10 uniquement hors Paris, et 0,30 et 0,10, suivant la classe, dans Paris.
- — Ligne de Bagneux à la Place de la République, longueur 9 450 rti. La traction sera électrique, par
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- LXXVl
- juppléi
- xrs 1898
- I
- fil aérien hors Paris, et dans Paris jusqu’aux boulevards extérieurs, puis par caniveaux ou accumulateurs pour le reste du parcours.
- L’itinéraire passe par la voie de Fontenay, la roule de Châtillon, et dans Paris, les boulevards Arago et de l'Hôpital, pont d'Austerlitz, place de la Bastille et boulevard Beaumarchais.
- Hors Paris le tarif sera uniquement 0,10, dans Paris le tarif ordinaire sera appliqué.
- — Prolongement sur la rive droite de la ligne actuelle de Fontcnay-aux-Roscs à Saint-Germain-des-Prés. L’enquête sera close le 14 mars sur le prolongement jusqu'au palais Bourbon ou jusqu’à la place des Victoires.
- — Ligne de la Place de la République à Auber-viUiers. La Compagnie des Tramways de Paris et du département de la Seine substitue sur cette ligne la traction électrique à la traction animale. Les voitures présentent quelques améliorations sur le type en usage entre l’Opéra et la Madeleine et Saint-Denis : l’impériale est close par des portes, l'intérieur est plus grand, plus confortable, et le chauffage est perfectionné,
- — Troyes. — La réunion des actionnaires de la Société des tramways troyens, dont les actions, comme on sait, appartiennent en majorité à des Lyonnais, a eu lieu dans la grande salle de l'Hotel de Ville.
- Le conseil d’administration est autorisé à traiter, avec XOmnium Lyonnais, la rétrocession de la concession accordée aux fondateurs.
- Un actionnaire a demandé qu’il soit sursis à toute décision définitive , des propositions très avantageuses devant être faites par une grande société parisienne avant huit jours.
- Il n'a pas été tenu compte de cette demande; les fondateurs ont immédiatement signifié, par ministère d'huissier, une opposition à la décision prise.
- Nous verrons, dans la suite, ce que vaut cette opposition.
- Éclairage électrique. — Metz. — La ville de Metz a décidé l’établissement d’une station municipale centrale d'électricité destinée à fournir le courant électrique aux particuliers. Mais comme la Compagnie du gaz aurait pu soulever certaines difficultés, les deux parties sont entrées en négociations.
- La Compagnie s'engage à ne pas faire d’opposition au projet de la Ville si celle-ci consent à prolonger de 23 années le traité actuellement existant. La Compagnie s’engage, de plus, à abaisser le prix du gaz à 14 1/2 pf. (18 centimes) et vers 1920 à 12 1/2 pf. (15,062s cent) lorsque la consommation aura atteint 4 millions de mètres cubes.
- La-Ville n’a pas encore accepté ces propositions qui paraissent cependant avantageuses. *
- ] — Montauban. — C'est la Compagnie Lombard-
- J Gérin qui est chargée de la distribution de l'énergie électrique ; mais pour l’instant elle ne paraît pas donner signe de vie. Les habitants se plaignent de ces aternoiements qui semblent remettre l'éclairage'électrique aux calendes grecques.
- — Monteboueg (Manche). — La ville de Mon-tebourg sera probablement munie de l’éclairage électrique avant l’hiver prochain. Le conseil municipal a en effet adopté un projet de traité avec MM. Leconte et Ponsinet, ingénieurs à l’Etang-Bertrand.
- D'après ce traité, la concession est consentie jusqu’au ior septembre 1925, et l’éclairage doit être mis en exploitation à partir du ier septembre 1898. Les lampes auront un pouvoir éclairant de seize bougies; l'éclairage sera fourni du 15 septembre au 15 avril, de la tombée du jour jusqu’à onze heures du soir; et du 15 avril au 15 septembre, de cinq heures du soir jusqu’au lever du jour; il devra être assuré toute la nuit les jours de fête et les veilles de foire.
- Les concessionnaires fourniront gratuitement un minimum de 44 jusqu'à 80 lanternes publiques avec leurs supports. Le prix annuel de l'éclairage sera de 27,27 fr. par lampe. Ils devront en outre éclairer gratuitement l'hôtel de ville au moyen de deux lampes de 20 bougies. Toute interruption de plus de vingt-quatre heures donnera lieu à une retenue proportionnelle à l'éclairage non fourni.
- Un délai de deux mois est accordé pour le commencement des travaux, et de dix mois pour leur achèvement.
- Dans le cas où un procédé nouveau donnerait une économie de 50 p. 100 au moins dans la production de l'électricité, la ville désira bénéficier dans les proportions de l'économie.
- — Montpellier. — La commission d’éclairage recherche en ce moment si la Ville peut compter sur une participation quelconque dans les bénéfices de la Compagnie d'électricité. La presse locale estime qu’avant de s’occuper des bénéfices que peut réaliser la Compagnie, la commission pourrait développer l’éclairage qui est insuffisant. Jusqu’ici il n’y a de lampes â arc que sur la place de la Comédie; en en élevant de nouvelles sur les principales avenues on y augmenterait le mouvement et le commerce, surtout lorsque les tramways électriques auront commencé à sillonner la ville,
- — Nantua. — Les actes de vente sont passés entre les promoteurs de l’idée de faire venir la force électrique à Nantua et les propriétaires riverains de l'Oignin sur les propriétés desquels cette société doit monter ses usines. Disons tout de suite que 350 chevaux de force seront amenésà Nantua. 100 chevaux serviront à l’éclairage électrique et les 250 autres seront mis à la disposition des usi-
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- Supplément b. L'Éclairage Électrique du 12
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- Supplément à L'Eclairage Electrique du l'J mars 1898
- LXXVI1
- niers qui en feront la demande. Les travaux d'installation commenceront aux premiers beaux
- — Morzixe. — On installe l'éclairage électrique dans certains établissements deMorzine. Plusieurs lampes seront en outre placées dans les endroits les plus fréquentés.
- Les appareils peuvent fournir pour le début une force électrique suffisante pour alimenter 60 lampes.
- — Poxt-de-Poitte (Besançon). — Dans peu de temps le bourg de Pont-de-Poitte sera éclairé à l’électricité.
- La force motrice sera prise à la scierie Jcannier, située sur l’Ain et à peu de distance.
- Le prix de revient de l’éclairage sera, paraît-il, tout à fait bon marché.
- — Sedan. — En 1882, un traité est intervenu entre la ville de Sedan et la Compagnie d’éclairage par le gaz, dont le siège social est à Paris, 18 avenue de l’Opéra.
- En 1890, la ville de Sedan a autorisé, par des arrêtés municipaux, des particuliers à établir, sur ses voies, des fils aériens conducteurs pour l’éclairage électrique du public.
- 11 est résulté de cette autorisation un procès qui s’est déroulé devant plusieurs juridictionsadminis-tratives et qui finalement s’est terminé par la condamnation de la ville de Sedan à payer à la Compagnie du gaz des dommages-intérêts relativement considérables.
- Le traité de 188a prend fin le Ier janvier 1917. Pour obtenir une prorogation, la-Compagnie du gaz offre à la Ville quelques modifications ; en ce qui concerne l’électricité elle propose :
- Lorsqu'on aura des engagements assurant pour trois années l’éclairage de 300 lampes électriques permanentes de 10 bougies (ou leur équivalent en lampes plus ou moins puissantes) dans un périmètre comprenant la partie centrale de la ville, lampes donnant une recette brute de 40 fr chacune au moins, la Compagnie française établira une usine électrique et un réseau de canalisations aériennes suffisant pour l’éclairage de ces lampes.
- Dans le délai de dix mois, la Compagnie établirait une usine électrique fonctionnant, hors le cas de force majeure, de la chute du jour à minuit, avec une prolongation jusqu’à deux heures du matin le ier janvier, à Carnaval, la Mi-Carême, Pâques, la Pentecôte, 14 juillet, 15 et 16 août, 24 décembre, courses et fêtes légales et patronales ou fêtes accidentelles autorisées par la municipalité.
- Aucun supplément de canalisation ne sera fait ensuite, à moins d’une recette brute de 40 fr par j décamètre de canalisation nouvelle. I
- Les prix ne peuvent dépasser 0,1 s fr par hecto- |
- watt heure. Pour les engagements minimum de cinq ans, la Compagnie s'engage à ne pas dépasser les prix suivants pour les consommations assurant un minimum par bec et par an de :
- 800 heures : 0,12 fr par hectowatt-heure.
- 1 000 heures : 0,10 fr,
- 1 200 heures et au-dessus : 0,09 fr.
- La Ville bénéficiera d’une réduction de 10 p. 100 sur les prix ci-dessus.
- La Ville-accorderait à la Compagnie la concession gratuite et exclusive jusqu’au i" janvier 1930 de toutes les canalisations d’éclairage existant sur et sous les voies publiques au 1er janvier 1917. En outre la Compagnie aurait un droit de préférence à la fin de ces concessions.
- La Compagnie donnera décharge pleine et entière à la ville de Sedan de tous les dommages-intérêts lui restant dus par celle-ci en vertu de la dernière décision du conseil de préfecture.
- Les avis sont partagés au sujet de ce projet et malgré bien des discussions la question ne semble pas avancer. Les opposants, gardant peut-être rancune à la Compagnie du procès qu’elle a gagné, demandent l’éclairage par becs Auer, provisoirement, et .estiment qu’il y aurait grand avantage pour la Ville à avoir des usines pour son éclairage propre.
- — Soissoxs. — La question de l'éclairage électrique de Soissons vient enfin d’être résolue. Elle durait depuis bien longtemps, on peut en juger : le maire ouvrait la discussion à ce sujet dans la séance du 13 novembre dernier par la phrase suivante : « Il y a des années que l’on a commencé l'étude de la question de l'éclairage. Plusieurs commissions s’en sont occupées. On n’a pas encore abouti... »
- La dernière commission 11’avait pu arriver à s’entendre avec la Société anonyme des usines à gaz du Nord et de l'Est à laquelle avait été accordée la concession de l’éclairage au gaz par traité du 21 août 1863 et avenant du 24 août 1881. Finalement la commission et la Compagnie avaient élaboré séparément un projet de convention et chacune trouvait le projet de l’autre inacceptable.
- Par lettre du 19 novembre, l’administrateur-directeur de la Compagnie du gaz avait refusé définitivement les propositions de la Ville et décidé de rester sous le régime du dernier traité.
- La ville fit appel à des Compagnies d’électricité et c’est alors que la Société du gaz revint à la discussion. Enfin, après concessions mutuelles, les deux parties purent s’entendre et le maire fut autorisé au commencement du mois de janvier à traiter et faire diligence pour obtenir les autorisations nécessaires de l'autorité supérieure.
- Voici quelques points principaux de la conven-
- Article premier. — La ville de Soissons autorise
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- Supplément à L’Éclairage Êlectnq
- du 12
- 1898
- 1
- par les présentes et aux conditions indiquées ci-après, la Société anonyme des Usines à ga% du Nord et de l'Est à installer sur ou sous les places et voies publiques, dans toute l’étendue du territoire de Soissons, les fils et câbles pour la transmission et la distribution de l'énergie électrique destinée à l'éclairage et à toutes autres applications domestiques ou industrielles non monopolisées par l'Etat.
- Pour les voies et places dépendant de la grande voirie du même territoire, la Ville devra obtenir des autorités compétentes et rétrocéder à la Société pareilles autorisations, conformément aux instructions ministérielles actuellement en vigueur.
- Art. 2. — Cette autorisation est accordée par la Ville, sans monopole ni privilège, pour une durée de trente ans à partir de l'approbation.du présent traité par l’Administration supérieure.
- Art. 3. — Toutefois, la municipalité s’interdit d'accorder semblable autorisation d’utiliser la voie publique pour le transport de l'énergie électrique à toute autre personne ou compagnie pendant les dix-huit premières années de l’installation, sauf le cas où la Compagnie cesserait de faire usage de son'autorisation ou celui d’installation à Soissons de tramways électriques.
- Tout particulier produisant de l'électricité pour son usage personnel pourra emprunter la voie publique, avec l'autorisation des autorités compétentes, pour le transport de l'énergie électrique dans les divers locaux qu’il occupe.
- Art. 4. — Cependant la Ville se réserve le droit absolu de concéder en tout temps, sur les voies publiques de son territoire, l'exploitation de tous procédés d’éclairage et de transmission de force motrice autres que celui dont il est question dans le présent traité.
- Art. 8. —En dehors du périmètre désigné, la Société desservira les abonnements d’un an au moins lorsque ces demandes lui garantiront 20 lampes de 10 bougies ou l'équivalent par 100 m de parcours de canalisation nouvelle, dans les conditions établies par les polices.
- Art. 9. — La canalisation qui comprend les fils aériens ou souterrains servant au transport de l'énergie électrique, ainsi que les lampes, consoles, colonnes, etc., en un mot toute l'installation en dehors de l’usine, sera la propriété de la Ville à l’expiration du traité.
- Art. 12. — En cas de refus formel de la part des propriétaires, la Ville autorisera la Société à poser des poteaux sur la voie publique aux emplacements fixés d'accord avec la voirie.
- Art. 31. — A titre de garantie de tous ses engagements, la Compagnie des Usines à gaç du Nord et de l'Est versera à la caisse du receveur municipal un cautionnement de 15 000 fr dans le délai d’un
- mois à partir de l'approbation du présent traité, ou délivrera une première hypothèque de même valeur sur son usine de Soissons.
- Art. 32. — Ce cautionnement, s'il est versé en numéraire, rapportera au concessionnaire un intérêt annuel de 2 1/2 p. 100.
- Art. 34. — Pour les particuliers, le prix de l'hec-towatt-heure ne pourra en aucun cas être supérieur à 0,08 fr pour l’éclairage et à 0,045 fr Pour la force motrice ou tout autre usage.
- Art. 35. — Les abonnements seront de un an au moins.
- Art. 44. — Pour l'éclairage des voies publiques, le prix de l’hectowatt-heure est fixé à 0,05 fr pour les lampes à incandescence et à 0,04 pour les lampes à arc. Il sera établi à forfait d’après la consommation de chacune de ces lampes.
- En ce qui concerne les bâtiments communaux, la consommation sera déterminée au compteur.
- L’extinction des lampes à arc aura lieu à mi-
- La Compagnie sera tenue d’allumer à partir de ii heures et demie un certain nombre de becs de gaz qui sera fixé par la municipalité.
- — Sin-le-Noble (Nord). — Le conseil municipal a nommé une commission pour étudier la question de l’éclairage public de la commune. La construction du tramway électrique à travers les rues de Sin-le-Noble rend cette amélioration plus indispensable que jamais. Des moyens de locomotion rapides, l’éclairage des voies de communication , un territoire très salubre, voilà qui va attirer du côté de Sin le développement que prend l'agglomération douaisienne.
- . — Yverdon (Suisse). — Les ateliers de construction et de réparation de la Compagnie Jura-Simplon sont depuis quelque temps éclairés à l'électricité, 36 lampes à arc éclairent les grands espaces. Dans les ateliers, plusieurs centaines de lampes à incandescence mobiles se prêtent à toutes les nécessités du travail des ouvriers.
- Télégraphie et téléphonie. — Condom. — Le conseil municipal a voté une somme de 400 fr. nécessaire pour faire face à la première annuité d'intérêts pour frais d’installation du téléphone à Condom.
- Le réseau à installer comprendra Agén, Porl-Sainte-Marie, Aiguillon, Tonneins, Marmande, Lavardac, Nérac et Condom.
- Cette dernière ville sera reliée par Nérac, Lavardac et Agen, au réseau Cette-Bordeaux-Paris.
- Le tarif de la conversation sera de 0,50 fr. par 100 kilomètres.
- Les personnes qui voudront installer le téléphone chez elles auront à payer : i° l'installation à domicile; 20 30 francs par roo mètres pour les
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- relier au bureau public, et un abonnement annuel de 50 francs.
- — Londres. — Le service téléphonique de Londres est entre les mains de deux compagnies, la National Téléphoné C° et le General Post-Office. La population se plaint de l'élévation des tarifs et de l'insuffisance du service. Aussi les autorités songent-elles à établir elles-mêmes un service public dont elles dirigeront aussi l’exploitation. On sait que des essais de ce genre ont été tentés à Glasgow, mais qu’ils n ont pas donné de résultats très satisfaisants.
- — Montiuçon-xMouuns. — Suivant les instructions données par le sous-secrétaire d’Etat, un ingénieur électricien du ministère du commerce a arrêté les devis définitifs pour la construction du réseau de Montluçon-Néris-Commentry-Moulins, et du réseau Montluçon-Doyct. Ces devis ont été expédiés au sous-secrétariat des postes et des télégraphes. Aussitôt qu'ils auront reçu l'approbation ministérielle on entrera dans la période d’exécution.
- — Paris-Marseille-Nice. — Une ligne téléphonique Paris-Marseille-Nice est résolue en principe. Il ne reste plus qu’à établir l’entente avec les communes intéressées. Dans le cas où cette entente n’interviendrait pas à bref délai, M. le ministre du commerce est décidé à ouvrir la ligne par Grenoble et les Alpes.
- — Péronxe. — L’administration des postes et télégraphes va faire procéder à l’établissement d’un nouveau circuit dans le périmètre du réseau téléphonique de Péronne.
- — Société industrielle des téléphones. — L'année 1897.2 été particulièrement bonne pour cette Société. Elle a été chargée de la pose du câble français des Antilles et a réalisé un bénéfice brut de 3,4 millions, soit net 2,58 millions, c’est-à-dire 1,08 million de plus qu’en 1896. Aussi elle a pu distribuer à ses actionnaires un dividende de 15 fr au lieu de 12 fr l'année précédente.
- E. G. Félix Singer und C°. — La Société d’électricité Félix Singer et C'°, qui s'occupe de chemins de fer et tramways électriques, a fait paraître un élégant fascicule où sont représentés les principaux tramways qu’elle a établis. On sait que cette société a la licence pour l’établissement des. tramways avec moteurs du système Walker. Le petit volume illustré qu’elle a publié donne une description des moteurs Walker, accompagnée de la discussion des avantages de ce système. Viennent ensuite une série de gravures représentant les voitures des tramways de Chicago, Akron, Newark, etc., puis les wagons automoteurs de la Rapid Railway C° d’Amérique et d’autres types.
- Informations.—Électrochimie. — Le procédé E. Andréoli pour le traitement des minerais aurifères a été acheté dernièrement par la société qui exploite le procédé Siemens et Halske.
- — Le procédé Girard et Street, pour la transformation du charbon de cornue en graphite, sera exploité prochainement à Francfort, dans une usine qu’y construit la Société « Le Carbone ».
- — Société d’automobiles Mors. — La Société anonyme d'électricité et d’automobiles Mors, au capital de 2 millions, vient de se former.
- La Société .Mors a pour objet : la fabrication des voitures automobiles, toutes constructions mécaniques, installations téléphoniques, télégraphiques et électriques, la fabrication, la vente et l’entretien de tous les appareils s'y rattachant; l'exploitation des inventions brevetées, ainsi que l’acquisition, la vente et la mise en valeur de tous brevets et licences; toutes opérations industrielles, commerciales et financières se rattachant à l’objet social.
- Le siège social est établi à Paris-Grenellc, rue du Théâtre, 48.
- Adjudications, offres et demandes. — Amiens. — L’administration municipale vient de préparer un projet de cahier de charges pour l’installation d’une station centrale d’électricité.
- — Bucharest (Roumanie). — Fils télégraphiques et téléphoniques, 15 mars (voir Supplément du 22 janvier).
- — Fribourg (Suisse). — La municipalité demande des projets pour l’établissement d’une station génératrice d’électricité à Hautcrive. La station sera hydraulique et sa puissance d’environ 6 000 chevaux. Des prix de 3 000 fr seront accordés aux trois projets considérés comme les meilleurs. Les projets doivent être adressés avant le ier avril au Département des Travaux Publics, Fribourg, qui, sur demande, donnera aux constructeurs tous les renseignements nécessaires.
- — Intkodacque (Italie). — La municipalité d’Introdacque a décidé d’ouvrir un concours pour l’éclairage public, qui comprend 70 lampesà incandescence, d’une intensité totale de 1 000 bougies, et 2 lampes à arc de 500 bougies chacune.
- — Seraing (Belgique). — Éclairage, zer avril (voir Supplément du 5 mars).
- — Sofia (Bulgarie). — Eclairage et traction, 17 mars (voir Supplément du 19 février).
- — Varsovie (Russie). — La municipalité demande des projets pour l’établissement d'une station génératrice d’électricité et l’installation de l’éclairage et de tramways électriques. S'adresser au Président de la ville de Varsovie.
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- l.XXXt
- Suppl
- L Éclairage Électrique du 19 mars 1898
- NOUVELLES
- Exposition internationale ot. universelle de Londres 1898. — Cette exposition s'ouvrira au . commencement de mai 1898 et restera ouverte environ cinq mois. Toutes les demandes d'admission devront être adressées à l'agence générale de la section française, 12, boulevard des Italiens, à Paris.
- Parmi les articles du règlement nous relevons les suivants :
- Les exposants ont à leur charge : les frais
- d’emplacement ; 2" les frais de transport et de manutention de leurs colis ; 3“ le magasinage des caisses vides; 40 l’emballage et le déballage des produits; 50 les installations particulières ou collectives ; 6U le réemballage et l'enlèvement des produits.
- L'éclairage électrique des objets autres que l'éclairage général des galeries sera fourni au prix de 45 fr environ pour toute la saison par lampe de 16 bougies (lampe et installation comprises). La demande doit être faite sur une formule spéciale; le paiement sera fait d’avance.
- Les demandes d’admission ne seront plus reçues après le 31 mars.
- Toutes les marchandises devront être arrivées à l'Exposition au plus tard le 20 avril.
- Le délégué de la section française nous fait savoir que plusieurs pays étrangers prendront une large part à cette exposition, laquelle sera installée à Earl’s Court, au milieu de jolis jardins où existent des attractions diverses ouvertes le soir au public.
- II y a lieu de croire que l’exposition de 1898 aura le même succès que l’exposition du Jubilé de la Reine, installée l’an dernier dans les mêmes bâtiments et où se sont rendus plus de deux millions de visiteurs.
- Adjudications, offres et demandes. — Amiexs. — l.a municipalité a dressé un cahier des charges pour la concession du réseau de distribution d’é-
- nergie électrique ; voici quelques-unes des principales clauses de ce cahier des charges.
- La concession sera de trente ans ; pendant les vingt-cinq dernières années des concessions pourront être accordées pour l’établissement de réseaux concurrents ; pendant toute la durée de la concession, l'installation de conducteurs reliant deux ou plusieurs établissements municipaux ou particuliers pourra être autorisée.
- La concession ne s’applique qu'à la distribution de l’énergie aux particuliers. L’éclairage public (voies et établissements municipaux) pourra être ultérieurement exigé et devra être installé dans le délai d’un an à partir de la notification. Le concessionnaire supportera tous les frais de cette installation, mais la Ville s’interdit le droit de donner une partie de l’éclairage public à tout autre concessionnaire pendant la durée entière de la concession. La Ville paiera 40 centimes par kilowalt heure fourni.
- L’énergie sera fournie aux particuliers suivant un tarif décroissant de 1 franc à 0,75 le kw-h pour l’éclairage et le chauffage et au tarif de 0,50 fr le kw-h pour la force motrice. Ces chiffres sont des maxima. modifiables tous les cinq ans. La vente par contrat est admise.
- L’usine sera érigée dansle périmètre del’octroi. 11 sera prélevé par la Ville 10 p. 100 sur les recettes brutes perçues pour l’éclairage et le chauffage des particuliers et 5 p. 100 sur les recettes brutes perçues pour l’éclairage des administrations et pour la force motrice.
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- Syndicat professionnel des industries électriques. -- Séance du rir mars 1898. — La séance est ouverte à 5 heures 1/4 sous la présidence de M. F. Meyer.
- ^Membres présents : MM. Bancelin, Berne, Du-cretet, Geoffroy, Harlé, Hillairet, Meyer, Radi-guet, Sartiaux, Sciama, Violet.
- "Excusés : MM. Bernlieim, Cance, Clémançon, Mildé. •
- La Chambre syndicale s’occupe de l’organisation du banquet du 22 mars,'qui suivra'l’Assem-blée générale.
- Elle arrête la liste des candidatures quront été proposées pour le renouvellement de la’Ghanibre.
- M. Hamm, remplaçant M. Roux, directeur du bureau de contrôle, actuellement.absent de Paris, dgnne lecture du rapport relatif, aux opérations de ce bureau pendant l’exercice écoulé. — Cé rapport sera-publié in .extenso à l’Annuaire
- M. Harlé annonce qu’il tient à la disposition de nos collègues une liste des quartiers-maîtres mécaniciens de la marine, libérés ou près de l’être, qui sollicitent un emploi dans l'industrie.
- Le président rappelle que le délai assigné aux jeunes ouvriers appartenant à la prochaine classe militaire qui veulent bénéficier de la dispense accordée aux « ouvriers d’art», expire le 27 mars prochain, et que ces jeunes gens-doivent avant cette date se faire inscrire à leur mairie pour pouvoir être admis à l’examen.
- La séance est levée à 6 heures.
- Syndicat professionnel des industries électriques (Banquet). Le banquet annuel du Syndicat a eu lieu mardi dernier,_ 22 mars,, au restaurant Margucrÿ, sous la présidence de M. Guillairi, député du Nord, rapporteur de la loi sur les dis-< tributions d'énergie. Près de soixante membres du Syndicat y ont pris part ; parmi les invités se trouvaient-;.MM. Mascart et d’-ArsorivaL deTInstilut;
- Astier et Bos, conseillers municipaux Borcux, ingénieur en chef de la ville de Paris ; Herbault, président du Syndicat professionnel des usines électriques; Bourdon, président du Syndicat des mécaniciens; Raymond, Wunschendorfïet Darc/q, de l’administration des Télégraphes, etc.
- A la fin du banquet, M. F, Meyer, président du Syndicat, prononce un discours très documenté et fort applaudi. Après'avoir remercié'ses hôte's au nom de l’Association, il rappelle qu’une large part a été faite au Syndicat des industries électriques dans les classes du groupe Électricité de l’Exposition de 1900. Faisant ensuite l'exposé de la situation de l'industrie électrique en France, il signale le développement que les affaires d’éclairage et de traction ont pris pendant c.es dernières années et cite quelques chiffres à l'appui, il ajoute qu'il n'y a cependant pas lieu de se féliciter de ce développement si on le compare à. l’extension énorme qu’ont prise les affaires électriques'eu Allemagne. 11 termine en faisant appel,à l’énergie des industriels, au concours des banquiers,à l’appui des pouvoirs publics pour faire cesser cet état de choses si préjudiciable à nos intérêts et si blessant pour notre orgueil national.
- Si l’on en'juge parlés nombreuses marques d'approbation qui ont souligné 'cette dernière partie du discours, qu’en raison de son intérêt nous reproduisons ci-dessous, les industriels sont tout prêts à entrer dans la voie indiquée par l’orateur.
- M. Guillaîn prend ensuite la parole. Il rappelle que pendant sa direction au ministère des Travaux publics, il a eu à intervenir dans les désaccords entre les municipalités et les compagnies gazières, expose la jurisprudence qui a été admise à cette époque et en développe les motifs. Il'fournit d’intéressants détails sur le projet de loi qui doit donner aux distributions d’énergie le caractère d’utilité publique auquel elles n’ont pu atteindre jusqu'ici que' par exception. Il" exprime l’espoir que l'appui
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- des pouvoirs publics ne fera pas défaut à l'alliance pacifique ef féconde de toutes les forces industrielles, financières et politiques dont parlait M. Meyer.
- M. Mascart, après un hommage à M. Potier, qui s'est toujours montré si dévoué à l’industrie électrique, demande aux électriciens d’unir tous leurs efforts en vue d'assurer à la prochaine Exposition, où l'électricité tiendra une si large place, un succès éclatant.
- M.M. Astier, Loreau et Ch. Bos font successivement ressortir les services que l’on attend et que l’on est en droit d'attendre de l'électricité, les facilités quelle apporte dans le problème de la transmission de l’énergie, et enfin la place importante qu’elle est destinée à prendre dans les affaires municipales.
- Extrait du discours de M. Meyer
- Il semble mes chers collègues, que l’année 1897 ait été favorable à notre industrie et que les usines électriques aient retrouvé, au cours de l’année qui vient de finir, une activité nouvelle.
- N’oublions pas — les statistiques douanières sont là pour le prouver — que nous avons dû, pour faire face aux besoins nationaux, importer encore, en 1897, 1 350 ooo kg de dynamos et 338000 kg de pièces détachées, sans compter
- 10 200 kg de lampes à arc, le tout représentant une valeur d’environ 5 millions, tandis que nous exportions à peine 490000 kg de dynamos et 5 30 000 de pièces détachées, représentant la moitié des importations. — Notre propre marche est donc, hélas, largement ouvert à l’étranger, et, ce qui est plus grave encore, le marché étranger ne connaît plus l’industrie française.
- Non, nous n'avons pas le droit de nous féliciter d’une année prospère, lorsque nous voyons à côté de nous quelle intense activité anime nos voisins; quelle magnifique, formidable et menaçante extension ils prennent de jour en jour. Chaque voyage au-delà du llhin me laisse cette éternelle et douloureuse impression et m’impose un sentiment qui tient à la fois de l’admiration et de la crainte.
- Les économistes, les hommes d’Etat, les chambres de commerce ont depuis longtemps jeté des cris d’alarme en voyant quel chemin merveilleux ont accompli depuis vingt ans les industriels allemands. Je n’ai pas qualité pour répéter ici tour de pu’ils ont dit. Je ne veux vous parler que des eutreprises électriques qui sont votre domaine, et, si dur qu’il soit de constater que nous avons trouvé nos maîtres, j’estime que ce sera faire bonne œuvre et œuvre française, que de démêler et de dire tout haut devant vous les vraies causes de la supériorité de nos voisins.
- Personnellement, j’ai quelque honte à rappeler que c’est à la Compagnie continentale Edison que, en 1885 et 1886 la Deutsche Edison Gesellschaft et la maison Siemens et Halske achetaient pour l’Allemagne les brevets dont notre compagnie s’était rendue concessionnaire. —Avouons, sans croire que péché avoué soit à demi pardonné, que nos acquéreurs en ont tiré meilleur parti que nous n’avons fait
- C’est que le grand art des Allemands n’a pas été d’inventer des procédés nouveaux : il a été d’utiliser la puissance, l’autorité, le prestige de leur paj's pour s’assurer dans l’univers entier des fournitures de matériel et des concessions d’entreprises et, pour la plus grande prospérité de leurs usines, de faire affluer les commandes des quatre parties du monde vers les bords de la Sprée, du Rhin et de l’Oder.
- L’an dernier, la société Schuckert. de Nuremberg, a traité plus de 60 millions d'affaires. Lorsque j’ai visité ses ateliers,
- 11 y a 4 ans, elle occupait 3 500 ouvriers. La Compagnie l’Union de Berlin, qui exploite les brevets Thomson-Houston, a, dit-elle, plus de travaux en cours que toutes les maisons françaises réunies. L’Allgemeine Electrîcitaets
- Gesellschaft, qui emploie 7060 à 8000 travailleurs, vient d’exécuter — je ne parle pas de l’Allemagne — les stations centrales de Séville, Barcelone, Buénos-Ayres, les tramways de Bilbao, Gènes, Kiew et j'en passe. — Partout, sous une ardente impulsion venant d’en haut, et dont nous avons peine à nous faire l’idée, un personnel commercial de premier ordre s’en va au loin, étudie les affaires, provoque les entreprises, recherche les concessions, et s’ingénie à inspirer aux villes, aux Etats et aux administrations publiques le désir de faire à leurs populations l’application la plus large, la plus intégrale, la plus universelle, des progrès représentés par l’industrie allemande.
- Ainsi, chaque fois que vous entendez dire que, en Espagne ou au Brésil, au Transvaal ou en Russie, il va se faire une installation d’électricité, vous pouvez être assurés qu’elle a été inspirée et préparée par quelqu’une des puissantes sociétés allemandes qui ont étendu partout leurs filets et qui, admirablement aidées par leurs représentants à l’étranger, servent de parrains à toutes les entreprises nouvelles. — Et voilà comment et à quel profit a été accaparé, depuis 15 ans, l’univers industriel.
- Mais avoir les affaires, ne suffit pas: encore faut-il, pour les réaliser, de puissantes ressources financières. Les banques allemandes n’ont pas failli à leur tâche, et voici ce qu’elles
- A l'heure présente, le groupe Je l’Allgernefne Electricitaele Gesellschaft représente 47 millions de mark actions et 39 d’obligations ; — le groupe Siemens et Halske, 63 millions d’actions, 30 d’obligations ; —le groupe de l’Union, 41 millions d’actions, 12 d’obligations; — le groupe Schuckert, 57 millions d’actions et 6 d’obligations; — le groupe Hélios, 24 millions d'actions. — En y joignant les maisons de moindre importance, on voit que la haute Banque d’Allemagne a su en quinze ans consacrer plus de quatre cents millions de francs aux maisons mères de l'industrie élec-
- Et nous qu’avons-nous à mettre en face de ces chiffres ? C’est presque un proverbe banal que de dire combien l’épargne française a été jusqu’ici réfractaire aux affaires et combien notre pays, économe jusqu’à l’avarice et prudent jusqu’à la pusillanimité, a refusé sa confiance aux entreprises industrielles, sauf à l’accorder maladroitement à des spéculations hasardées. Ilsemble cependant qu’un léger réveil s'annonce, et que le monde financier ait éprouvé quelques remords de son apathie ancienne. Depuis deux ou trois ans, en effet, quelques Compagnies se sont formées chez nous, sous les auspices d’hommes rompus aux affaires et qui, s’inspirant des principes et de l’exemple de nos voisins, essayent de rendre à l’industrie l’immense service de lui gagner les sympathies du public financier. Nous sommes encore loin des 400 millions de tout à l’heure, mais l’initiative heureuse dont je parle n’en est encore qu’à ses premiers efforts.
- D’ailleurs, à côté des industriels et de leur valeur commerciale, à côté des Banques et de leur puissance financière, l’Allemagne a pu compter aussi, et c’est là un point capital, sur ses hommes d'Etat et leur politique générale. S011 gouvernement, fort de l’appui de la nation entière, s’est fait un point d’honneur de porter à son degré le plus élevé la puissance commerciale de son pays. Et certains d’entre nous pourraient, s'ils n’étaient liés par le secret professionnel, vous raconter comment ce gouvernement encourage ses industriels et leur facilite la lutte, à l’étranger et jusque dans l'Extrême-Orient, contre leurs concurrents de France et d’Angleterre. Et nous, sans aller jusqu’à réclamer des primes à ^exportation, ne pouvons-nous pas solliciter du moins des pouvoirs publics la plus large tolérance et l’appui le plus assidu en faveur des initiatives privées, lorsqu’elles vont à la conquête de marchés nouveaux? Déjà nous donne quelque espoir la prochaine création d’un Office national du commerce extérieur, œuvre à laquelle nos amis de la chambre de commerce de Paris ont pris une part importante, mais ce n'est qu’un commencement, et il faut, il faut absolument que le Gouvernement, s’il connaît les vrais intérêts de la nation, nous promette qu’en France, à l’étranger et dans nos colonies l’esprit d’entreprise trouvera en toutes circonstances les encouragements et les sympathies dont il a besoin. Et puisque j’aborde ce sujet, qu’il me soit permis de combattre, avec ma plus sincère etardente conviction, le système que je crois dangereux à tous égards, des exploitations
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- Immédiatement après le banquet, à neufhcures, aura lieu le raoût offert par l'administration communale de Bruxelles, à tous les souscrip-
- Le lendemain lundi, M. le Bourgmestre offrira un déjeuner aux étrangers et aux membres du comité.
- Parmi les délégués étrangers qui prendront part à cette manifestation, signalons : M. d’Arsonval, président de la Société internationale des électriciens; MM. S.-P. Thompson et Ayrton, représentant la Société des Ingénieurs électriciens de Londres.
- De nombreux électriciens français se rendront également à Bruxelles; rendez-vous est donné à la gare du Nord pour dimanche prochain, huit heures du matin ; le retour aura lieu lundi matin ou lundi
- La station centrale de Rheinfelden (Suisse). — Les installations électriques de Rheinfelden surpasseront les plus considérables de la Suisse; on est en train de terminer actuellement leur aména-
- gement. Vingt turbines de 800 chevaux chacune enlèveront au cours du Rhin une puissance totale de r6000 chevaux. L'énergie électrique servira, partie à actionner une fabrique d'aluminium, partie à la distribution électrique du grand-duché de Bade et des régions suisses voisines. Le chemin de fer projeté entre Friek et Aarau, sera mû à l’électricité que lui fournira l'usine de Rheinfelden.
- Nouveaux ozonateurs. — Si les applications prévues de l’ozone sont nombreuses, les applications réalisées sont très restreintes. Cela tient sans doute au faible rendement des appareils employés jusqu'à ces derniers temps, d’où résultait un prix de revient trop élevé de l’ozone. Depuis un an cette question du rendement paraît avoir fait un pas considérable, Dès le commencement de 1897, M. Otto annonçait qu'il était possible d'obtenir industriellement de 100 à- iso grammes, d'ozone par cheval-heure, et peu de temps après, M. An-dreoli disait avoir obtenu des résultats aussi satisfaisants. S'il faut en croire une circulaire du Electric Ozone Syndicate, constructeur des ozonateurs Andreoli, ces appareils seraient maintenant à point pour la marche industrielle : construits entièrement en aluminium, ils donnent plus de ioû grammes d'ozone par cheval-heure, pouvant fonctionnerd’une manière continue,sans élévation de température, même avec une puissance absorbée de 10 chevaux, et par suite, une production de plus de 1 kgr d'ozone à l’heure.
- Conducteurs souples pour installations électriques. — Le plus souvent les défauts d'isolement dans les installations proviennent des conducteurs souples employés pour relier les appareils portatifs aux conducteurs fixes; dans les locaux humides ces défauts d'isolement sont encore plus à
- La maison Geoffroy et Delore, de Clichy, nous informe qu'elle vient de réussir à fabriquer des conducteurs souples couverts de soie ou de coton qui, sous un faible diamètre, présentent une résistance d’isolement plus que suffisante pour assurer la sécurité des installations même après une immersion de vingt-quatre heures dans l'eau ; ils peuvent s'employer non recouverts pour le montage intérieur des lustres et autres appareils.
- Exposition, internationale d’automobiles. - Une exposition d'automobiles, organisée par l’Automo-bile-Club de France, aura lieu à Paris au Jardin des Tuileries, du 1} juin au ) juillet 1898.
- La direction et le commissariat sont installés, 4, place de l'Opéra.
- Voici les renseignements principaux extraits du règlement général.
- Art. 2. — L’Exposition sera internationale et comprendra les différentes classes ci-après :
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- Supplément à L'Eclui
- i° Voitures automobiles en tous genres et mo-tocycles ;
- 2° Moteurs pour automobiles;
- Ÿ Bandages de roues de voitures automobiles et de motocycles;
- 4° Carrosserie pour automobiles;
- Ÿ Pièces détachées, accessoires et fournitures diverses pour automobiles et pour carosserie d'automobiles ;
- 6° Matériel de construction et outillage pour la fabrication des automobiles;
- 7” Costumes, habillements et accessoires pour l'automobile;
- 8° Journaux, publications, photographies et dessins relatifs à l’a-utomobile.
- Art. 6. — Des emplacements de toutes dimensions, depuis i mètre jusqu’à'200 mètres superficiels, seront mis à la disposition des exposants.
- Art. 7. — Les droits afférents aux emplacements concédés aux exposants sont fixés à :
- 25 francs le mètre carré nu, dans les grandes tentes A ;
- 20 francs le mètre carré nu, dans les tentes B;
- 10 francs le mètre carré nu, pour les emplace-ments de plein air non couverts.
- Art. 8. — Les demandes d’emplacement devront être adressées au commissariat de l’Exposition, 4. place de l'Opéra, avant le 10 mai 1898.
- Art. 9. — Les demandes d'admission devront contenir la désignation exacte des objets à expo-
- Art. xo. —• Toutes les demandes seront soumises à la Commission d’organisation qui statuera sans recours sur les refus ou admissions et cela sans donner les motifs de scs décisions.
- Art. 11. — Ne seront admis dans la classe I,que les véhicules automobiles, voitures et motocycles ayant effectué préalablement le parcours de Paris-Versailles et retour, sous le contrôle d'une commission de réception, déléguée à cet clïetpar l’Automobile-Club de France.
- Art. 28. — Les travaux d'installation se feront du 5 au 10 juin 1898, et devront- être terminés à cette dernière date.
- La traction électrique sur les canaux belges. —
- Nous avons donné dans L'Eclairage Electrique (t. XII, p. 513, 11 septembre 18^7} une description complète des procédés de traction électrique sur les voies navigables. Nos voisins les Belges vont appliquer à leurs canaux ces procédés qui sont ceux de la Société de traction électrique sur les voies navigables (Denèfle et O1). Une première série d’expériences avait été tentée le 30 décembre dernier à Houdeng (province du Hainaut), sur le canal du Centre.
- Ces expériences avaient lieu devant toutes les autorités compétentes réunies : M. de Bruyn,
- ministre des travaux publics; MM. Dufaisny, G, Sonisée. de Rote, Lambrie, etc.
- Les essais ont été concluants, et les Belges, en gens pratiques, ont constitué immédiatement une puissante société, qui va appliquer et exploiter les procédés électriques sur les principaux canaux belges.
- Le trafic pourrait ainsi être augmenté et les voies navigables seront dotées, d'ici peu de temps, d’un procédé de traction puissant, facile à conduire, pratique- et économique. Les Belges ont compris que c’était favoriser les intérêts industriels de leur pays et, comme on le voit ils ne tarderont pas à devancer pratiquement les efforts faits en l-rance, où, pour la première fois il y a quatre ans environ, les procédés mentionnés ont été essayés et appliqués sur le canal de Bourgogne par la Société Denèfle et C'“.
- D’autre part des sociétés viennent de se créer en Hollande, pour le même but.
- Traction électrique. — Llbeuf. — L'installation des tramways électriquesaété retardée par la difficulté qu'ont eue les ingénieurs pour rencontrer la nappe d'eau souterraine qui devait alimenter les usines de Saint-Aubin. Maintenant tout marche à souhait et les essais de voitures ont été faits et ont donné des résultats satisfaisants.
- Les voitures se comportent très bien mênie à la vitesse de 40 km à l’heure et parcourent les voies sans secousses ni trépidation.
- Il est fort probable que les tramways seront mis en circulation ces jours-ci.
- — Lyon. — La Compagnie des omnibus et tramways a demandé une prolongation de concession de dix années. Par suite de la jurisprudence adoptée par le Conseil d’Etat, elle devra abandonner ses usines à la fin de la nouvelle concession. La ville a tout intérêt à accorder cette prolongation car elle profitera aussi des avantages consentis par la Compagnie d’après le nouveau cahier des charges ; tandis que en refusant c’est l'État qui bénéficierait en prenant possession des usines dans trente-neuf ans.
- La Compagnie propose en outre le remplace-m-entdela traction animale par la traction électrique et elle a déjà fait des travaux dans ce sens (.Supplément, t. XIV, p. xli) ; ainsi les lignes de Montplaisir, Montchat et Bon-Coin sont prêtes à fonctionner.
- Ces propositions ont été acceptées par le cou-eil municipal dans sa séance du 15 mars avec de très légères modifications: l'enquête d'utilité publique n'avait d'ailleurs pas soulevé de protestations sérieuses.
- L’unification des tarifs a été adoptée pour l'étendue du territoire de Lyon seulement : o,2ofr en première classe et 0,10 fr en seconde. Lescom-
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- mîmes avoisinantea avaient demandé les unes un abaissement des tarifs, les autres que l’unification des tarifs leur fût étendue. Ces demandes ont été repoussées; cela en effet ne pourrait que développer les communes surburbaincs en favorisant l'émigration d’une partie des habitants, puisque ceux qui résident à Lyon supporteraient en plus des habitants de la banlieue des impôts dont le revenu est en partie affecté à des travaux d'édilité.
- Un décret, en date du 24 février 1898, déclare d’utilité publique l’établissement, dans le département du Rhône, d’une ligne de tramway à traction électrique destinée au transport des voyageurs entre la gare de J.yon-Saint-Just, de la Compagnie de Fourvièrcs et Ouest-Lyonnais, et Francheville-le-Haut, et approuve une convention passée le 10 février 1898 entre le préfet du Rhône et la Compagnie de Fourvières et Ouest-I.vonnais pour la concession dudit tramway.
- Les travaux d’installation de la traction électrique entre Lyon et Vaugneray, sont poussés avec activité. Les voitures électriques circuleront dans le courant de mai, avec départ d'heure en heure.
- Les Lyonnais auront donc, à partir de ce printemps toutes facilités pour aller dans les belles montagnes du Lyonnais ou passer l’été dans les gracieux environs de Vaugneray.
- Sociétés. — Une société vient de se former à Bruxelles sons le nom de Compagnie Thomson-Houston de la Mediterranée. Son capital est de 5 millions ; ses opérations sont restreintes à l’Espagne, le Portugal, FTtalie, la Grèce et l’Egypte.
- — Il est forméunesociété dite Société anonyme des voitures électriques Krieger, siège, 80, rue Taitbout. Capital, 4 millions pour 40 000 actions de 100 francs, dont «2 000 attribuées pour apports, les 18 000 autres souscrites, un quart versé. Parmi les administrateurs, figurent MM. de Heredia, Ar-genvillier, Imbault, Krieger, etc. (Voir p. xv).
- lïüEVKTS O’
- Liste communiquée par l'Office E. Barrault.
- 269 925. Société E. DucietetetL. Lejeune. Onovembre 1897.--Certiflcat d'addition au brevet pris, le 25 août 1897, pour perfectionnement!- aux trembleurs interrupteurs électriques. 271 381. Bourseuil. 16 octobre 1897.^ Pertectionnemente
- 27^39-2! pSS art. 16 octobre 1897. — Perfectionnement à l'établissement des piles secondaires.
- 271 393. Dejardin et Pellet. 16 octobre 1897. — Lampe électrique à arc et incandescence combinés.
- 27.1 399. Delavan et Brerat. 22 octobre 1897. — Système de lampe électrique à arc et à répétition (perfectionnement au brevet pris le 2 février 1897, n° 263 il'Jj.
- .271 413. Fabian. 18 octobre 1897. — Electrodes pour piles primaires et secondaires et pour appareils d’électrolyse.
- 271 434. Compagnie française pour l’exploitation desp
- Adjudications, offres et demandes. — Fribourg (Suisse). — Concours pour rétablissement d’une station génératrice hydraulique, ior avril (Voir Supplément du zer mars).
- Ghent (Belgique). — La municipalité de Ghent demande des soumissions pour la construction et l'installation d'une station génératrice pour l’éclairage électrique des docks de cette ville. S'adresser, avant le* mars, à l’hôtel-de-ville, Ghent, Belgique.
- — Hawthorn (Australie).— Le conseil de la ville demande des soumissions, pour la construction d'une usine génératrice et pour la fourniture de l’installation, ou seulement pour la fourniture : i° des chaudières, surchauffeurs et pompes; 20 des machines motrices, dynamos, tableau de distribution, transformateurs, compteurs, lampes à arc, isolateurs, instruments d’essai ; y des supports de lampes. Le cahier des charges est délivré par l’agent général de Victoria, 15 Victoria Street, Londres, moyennant la somme de 26,25 fr qui sera remboursée à tout soumissionnaire. Les soumissions doivent être adressées, avant le 24 juin, à His Worship the Mayor of the City of Hawthorn, Victoria, Australie.
- — Paris. .Vente du matériel de lumière élec-
- trique du Crédit Lyonnais (Voir Supplément du
- ril
- — Seraing (Belgique). — Éclatrag*
- (Voir Supplément du 5 mars).
- — Sueca (Espagne). — Des soumissions sont demandées par la municipalité pour la concession de l’éclairage électrique pendant dix ans. S'adresser à El Secretario del Ayuntamiento de Sueca, province de Valence, Espagne.
- — /.aéra. (Espagne). — Des soumissions sont demandées par la municipalité pour la concession de l’éclairage électrique de la ville pendant vingt ans- S’adresser avant le 29 mars, à Fl Secretario del Ayuntamiento de Zafra, Badajoz, Espagne.
- 1NVJ5NTI0N
- , 08 bis, vue de la Chaussée-d' Anlin-, Paris 271 458. LLoyd. 19 octobre 1897. — Perfectionnements
- s apportés aux
- . . mçaise . cédés Thomson Houston. 19 octobre 1897.
- ixpioitation des pro-
- . Brown et Rou
- .ctobre 1897. — Non
- . Tischendorfor. 22 octobre 1897. — Procédé
- bmiauon et d’utilisation d’une force électromotrice
- .onstante.
- 271^594 ^Tschieret. 23 octobre 1897. — Lampe à arc u selle.
- 271 691. Hawkins. 23 octobre 1897. — Perfections dans le mode d'isolation des conducteurs électriques 271 602. Hawkins. 23 octobre 1897. — Nouvelle matiè I an te pour conducteurs électriques.
- 271 603. Hawkins. 23 octobre 1897. — Perfections
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- XCIV
- ACCUMULATEURS ÉLECTRIQUES
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- TABLE DES SUPPLÉMENTS
- Manifestation en l’honneur de Zénobie
- Gramme.........................i
- Les progrès de l'industrie du cuivre électrolytique ..............................
- Coups d’électricitc.....................
- Cinémicrophonographe....................
- L’agrandissement de New-York............
- Transmissions directes ou par courroies. .
- La valve lumineuse......................
- Le brouillard et la consommation d’électricité..................................
- Utilisation des chutes d’eau en Suède. . . I.’usine électro-chimique de Mieussy
- (Haute-Savoie).................
- L'exposition de Dijon...................
- L’exposition de Lyon....................
- Exposition internationale et universelle
- de Londres 1898................
- Exposition internationale d’automobiles .
- Le centenaire de la pile................
- Transport des bagages dans les gares. . . Distribution des lettres par l’électricité. .
- Transmetteurs électriques pour tir.......... xxxi
- L’électricité dans les mines................ xlvi
- Le halage électrique des bateaux à Gand. lvii Le balayage des rues à l’électricité. . . . lxxiv L'union des sociétés d’électricité en Aile-
- Compagnie Edison........................
- Compagnie des automobiles électriques .
- Nouveaux ozonateurs.....................
- Conducteurs souples pour installations
- électriques. ..................
- Société d’automobiles Mors............... .
- Société d’électricité Félix Singer et C°. . lxxix
- Société industrielle des téléphones. . . . lxxix Syndicat professionnel des industries électriques. — Séance du 7 décembre 1897.................................... 1
- Séance du 11 janvier 1898........... xxxm
- Séance du ier février................ lxv
- Séance du i*r mars.................lxxxix
- Banquet annuel...................lxxxix
- Télégraphie et Téléphonie
- Pose d’un câble téléphonique entre Mar- I Ham.................................. lxiii
- seille et le Frioul............. iv Londres....................................lxiv, lxxix
- Bourg-Lyon................................... l Montluçon-Moulins........................ lxxix
- Blois-Atnboise............................... l Paris-Marseille-Nice..................... lxxix
- Condom..................................lxxviii I Péronne................................ lxxix
- Traction Électrique
- Etablissement d’une ligne de tramway
- électrique en 24 heures.........
- L’équipement des automobiles électriques. Voiture d’été et voiture d’hiver pour tramways électriques........................
- Les fiacres électriques à Paris.........
- Chemin de fer électrique en Amérique. . Le métropolitain de Paris...............
- La traction électrique sur les lignes de
- l'Etat belge....................... m
- La traction électrique sur les canaux belges. xcii
- Algérie.................................... v
- Aubonne.................................... xvn
- Auxerre................................... xlvi
- Avignon...................................... v
- Barbizon.................................. xlvi
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-
- Béziers........
- Blois.......
- Bordeaux.. . . Boulogne.. . . Bourges. . . . Bruxelles. . . . Buenos-Ayres.. Cambrai. . . .
- Cannes.........
- Clamart. . . .
- Elbeuf. . . . Eu-Le Tréporl.
- Gand..........
- Glasgow. . . . Glion (Suisse).. Grenoble.. . .
- Guéret.........
- Laon,..........
- Le Mans. . . . 'Le Trcport . . Libourne . . .
- Lille..........
- Liverpool . . .
- Lorient , .................,.......... i
- Lucerne.................................... ux
- Manchester................................. xm
- Montpellier...........................vi, xlvu
- Montreux-Montbovon (Suisse)...........vii, lix
- Munich.................................... lix
- Nancy. ...... i........................... lix
- Paris...........m, vu, xm, xxv, xivni, lxxv
- Poitiers................................... lx
- Pyrénées-Orientales......................... m
- Rennes..................................... m
- Roanne..................................... lx
- Rosendaël ................................. vm
- Sables-d’Olonne........................... lxi
- Sain t-Ma ur-les-Fossés.................. xli
- Saint-Nazaire .......................vm, lx
- Suisse, chemin de fer de Zermatt au Gor-
- nergrat...........’.........., ; xlii
- Touion . . . ............................ xxvn
- Tours.................................... xxvi
- Troyes................................... lxxv
- Vienne (Autriche)........................... m
- Vin cennes............................... lxxv
- Éclairage Électrique
- Les pro'grès'dé l'éclairage électrique . . . xix Charbons siliciés pour lampes à arc ..... lxxiv L’cclairage électrique dans les théâtres de
- Modène......................... lxxiv
- L’éclairage électrique du Bois de Bou- -
- Abbeville..........
- Angers..........
- Aubusson.. ... .
- Auxerre.........
- Avignon . . . .
- Berlin..........
- Bordeaux . . . .
- Bucarest........
- Chalon-sur-Saône.
- Châlons.........
- Cotnpiègne . . ..
- Déville.........
- Fribourg (Suisse). Grenoble . . . . Guéret..........
- Isère . . . ..............
- Lille ... . . ... . . .
- Metz
- Mirëbeau (Vienne'. . . . ;
- Montauban . . 1 . .
- Montebourg. .......
- Montpellier . . .
- Morziue.................
- :Nantua.............•. . .
- Chambre des Députés. Imprimerie nationale.
- Pont-de-Poitte............
- Saint-Brie-uc .
- Saint-Geniez..............
- Saint-Sauveur...............
- Sedan. ....... •. •. . .
- Soissons...............
- Sin-le-Noble...............
- Yverdon...................
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